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Justice : Norbert Dabira et Me Jean Martin Mbemba bientôt devant la barre
Publié le jeudi 10 mai 2018 19:34
Longtemps attendu, le procès du général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien candidat à la présidentielle incarcéré à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville depuis juin 2016 pour atteinte à la sûreté de l’Etat, s’est ouvert le 7 mai 2018. L’inculpé sera jugé, ainsi que le général Norbert Dabira et Me Jean Martin Mbemba, accusés également d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Les débats s’annoncent houleux et les avocats peaufinent leurs armes pour mieux préparer la défense de leurs clients.
On se souvient encore qu’à l’ouverture de la session criminelle le 29 mars dernier, le président de la Cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba, avait indiqué que des affaires non inscrites à l’ordre du jour des assises pourraient y être inscrites.
Après une longue attente, Jean-Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira et Me Jean Martin Mbemba vont devoir passer devant la barre. Les trois accusés vont être fixés sur leur sort. Le chronogramme des audiences publié par la Cour d’appel de Brazzaville siégeant en session criminelle indique que le général Jean-Marie Michel Mokoko comparaîtra du 7 au 13 mai.
Il est accusé, entre autres, d’atteinte à la sûreté de l’État et de détention illégale d’armes de guerre. Un arrêt a été pris pour le traduire devant la Cour criminelle de Brazzaville. Mais ses avocats attendent toujours une décision de la Cour suprême qu’ils ont saisie pour contester cet arrêt qu’ils ont jugé illégal. Car leur client, rappellent-il, «bénéficie d’une immunité qui implique qu’aucune juridiction nationale ne peut le juger».
Le débat de procédures étant épuisé, le général à la retraite s’est présenté devant le prétoire. Tout comme Jean-Marie Michel Mokoko, le général Norbert Dabira est désormais fixé sur la date de son procès. Il passera à la barre le 15 mai. Incarcéré à la Maison d’arrêt de Brazzaville, le général Dabira est poursuivi pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’État».
Norbert Dabira, 68 ans, est soupçonné d’avoir évoqué un projet de coup d’État contre le président Denis Sassou-Nguesso fin 2017. Ce que l’intéressé nie. Jusqu’à présent, son complice présumé, le général Ngatsé Nianga Mbouala, limogé de son poste de commandant en chef de la Garde républicaine, «a été interpellé, mais pas soustrait de la circulation», déplore-t-on dans l’entourage de Dabira.
Le général Dabira était placé en détention à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) le 11 janvier 2018, puis transféré et placé en détention à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville, le mardi 6 février. Ce transfert a été décidé par le procureur de la République, André Oko Ngakala, à l’issue d’une audition qui a duré près d’une heure. A la retraite, le général Dabira, ancien haut-commissaire à la réinsertion des anciens combattants et patron de la chaîne de télévision DRTV, se trouve toujours dans le collimateur de la justice française dans l’affaire dite des disparus du Beach de Brazzaville.
Ancien ministre de la Justice, Jean-Martin Mbemba est, quant à lui,soupçonné depuis mai 2013 d’être mêlé à une «tentative de déstabilisation des institutions». La Direction de la surveillance du territoire (DST) avait ouvert à son encontre une enquête pour possession d’armes de guerre. Plusieurs des co-accusés sont incarcérés à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville.
Président de l’Union pour le progrès (UP), Me Jean Martin Mbemba serait impliqué dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de trafic d’armes de guerre dans une affaire de braquage commis par deux jeunes le 7 mai 2013.
A noter que dans ce deuxième rôle, les affaires concernant André Okombi Salissa, Frédéric Bintsamou alias «Pasteur Ntumi», Paulin Makaya, Jean Ngouabi, Jacques Banangandzala, Ghys Fortuné Dombé Bemba, Jean Didier Elongo ne sont toujours pas inscrites. Les intéressés doivent encore attendre pour être fixés sur leur sort.
C. A.Y-Ng