Source: https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&idTexte=JURITEXT000007516877&fastReqId=529688067&fastPos=18
Timestamp: 2019-02-17 07:10:58+00:00
Document Index: 238297237

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Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 31 janvier 2007, 05-19.340, Inédit | Legifrance
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Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 31 janvier 2007, 05-19.340, Inédit
N° de pourvoi: 05-19340
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Bordeaux, 28 juin 2005) que M. X..., assuré auprès de la société Mutuelle assurance des commerçants et industriels de France (Macif), a confié la construction d'une maison à usage d'habitation à la société Maisons André Beau, assurée auprès de la société Groupe d'assurances européenne (GAE), depuis lors en liquidation judiciaire avec M. Y... comme liquidateur ;
que la réception de l'ouvrage est intervenue, sans réserves, le 16 janvier 1986 ; qu'en 1989, des fissurations en façade et un affaissement du dallage étant apparus sur cet immeuble, M. X... en a demandé réparation aux diverses parties en invoquant, notamment, l'influence de la sécheresse, reconnue par l'autorité administrative comme catastrophe naturelle ;
Attendu que sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, les dommages matériels directs ayant eu pour cause déterminante l'intensité anormale d'un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n'ont pu empêcher leur survenance ou n'ont pu être prises ;
Attendu que pour condamner la Macif à garantir M. X..., l'arrêt retient que l'état de catastrophe naturelle a été constaté par trois arrêtés ministériels successifs et que les désordres affectant les fondations ont pour cause essentielle la sécheresse des années 1989 à 1991, les conclusions de l'expert n'étant pas utilement critiquées sur ce point ;
Qu'en statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté qu'un précédent arrêt du 17 juin 1998 devenu irrévocable, avait jugé que la sécheresse invoquée, même reconnue par l'autorité administrative, ne présentait aucun caractère imprévisible et irrésistible pour un constructeur consciencieux, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constations, a violé le texte susvisé ;
Attendu que pour juger que la société Maisons André Beau, garantie par son assureur la société GAE, était responsable des dommages, à caractère décennal, résultant des fissurations en façade et de l'affaissement du dallage, l'arrêt retient que si ces désordres ne portent pas atteinte à la solidité de l'ouvrage, ils le rendent impropre à sa destination puisqu'ils entraînent un risque d'infiltrations par les fissurations et un risque important d'affaissement du dallage susceptible d'entraîner celui des sols, cloisons et plafonds ainsi qu'une rupture des canalisations sous dallage, et ce, quand bien même M. X... ne fait pas état d'une aggravation des désordres constatés ;
Qu'en statuant ainsi, sans constater que ces désordres étaient de nature à porter atteinte, avant l'expiration du délai de garantie décennale, à la destination de l'ouvrage, la cour dappel n'a pas donné de base légale à sa décision de ce chef ;
CASSE ET ANNULE l'arrêt rendu le 28 juin 2005, entre les parties, par la cour d'appel de Bordeaux, sauf en ce qu'il a rejeté les demandes de M. X... tendant à la démolition et à la reconstruction de l'ouvrage et à l'indemnisation pour relogement et perte de la valeur de l'immeuble ; remet, en conséquence, sur les autres points, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et pour être fait droit, les renvoie devant la cour dappel de Bordeaux, autrement composée ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du trente et un janvier deux mille sept.
Décision attaquée : cour d'appel de Bordeaux (1re chambre section A) , du 28 juin 2005