Source: http://www.ih2ef.education.fr/fileadmin/user_upload/Modules/Ressources/Conferences/html/13-14/bidar_a_pedagogie_laicite/co/bidar_a_pedagogie_laicite.html
Timestamp: 2019-08-22 20:12:48+00:00
Document Index: 39632037

Matched Legal Cases: ["l'article 6", "l'article 15", "l'article 2", "l'article 11", "l'article 12", "l'article 12", "l'article 13"]

Introduction - 1min53s
Avant-propos - 5min6s
Voyage dans la charte de la laïcité - 34min4s
Introduction - 2min3s
Articles 1, 2, 3 : la laïcité dans la République. Comment articuler la compréhension de la laïcité avec la compréhension de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ? - 12min18s
Article 11 : neutralité des personnels de l'école - 13min11s
Article 12 : questionnement scientifique et pédagogique - 6min32s
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité - 12min46s
Introduction - 34s
Loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 (le port de signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics) - 2min35s
Ressources disponibles sur le site web Éduscol - 2min57s
Mise en ligne des parcours de E-formation - 1min21s
Ouvrage 'Pour une pédagogie de la laïcité à l'école' - 5min19s
Réponses à des questions concrètes - 6min52s
Introduction - 1min20s
Exemple au sujet de l'identification des signes religieux - 3min0s
Comment faire lors de sorties scolaires ? - 58s
Savoir faire et savoir appliquer la règle - 1min33s
Conclusion - 2min48s
Voyage dans la charte de la laïcité>Introduction
Voyage dans la charte de la laïcité>Articles 1, 2, 3 : la laïcité dans la République. Comment articuler la compréhension de la laïcité avec la compréhension de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ?
Voyage dans la charte de la laïcité>Article 11 : neutralité des personnels de l'école
Voyage dans la charte de la laïcité>Article 12 : questionnement scientifique et pédagogique
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité>Introduction
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité>Loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 (le port de signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics)
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité>Ressources disponibles sur le site web Éduscol
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité>Mise en ligne des parcours de E-formation
D'autres outils pour une pédagogie de la laïcité>Ouvrage 'Pour une pédagogie de la laïcité à l'école'
Réponses à des questions concrètes>Introduction
Réponses à des questions concrètes>Exemple au sujet de l'identification des signes religieux
Réponses à des questions concrètes>Comment faire lors de sorties scolaires ?
Réponses à des questions concrètes>Savoir faire et savoir appliquer la règle
[présentoir]
Chargé de mission sur la pédagogie de la laïcité au Ministère de l'éducation nationale
Membre de l'Observatoire national de la laïcité.
Bonsoir à tous. Bonsoir à chacun d'entre vous. Je vous remercie de venir participer à ce dernier moment de la journée, après une journée, comme vous l'avez rappelé, qui a dû être un petit peu longue. Ce dernier moment de la journée qui va être consacré à la question de la laïcité à partir d'une question. La question m'a été proposée par la direction et je l'ai acceptée volontiers est : quelle pédagogie de la laïcité aujourd'hui à l'école ? Je vais y répondre. Enfin, je vais essayer de vous donner un certain nombre d'éléments de réponse à cette question en tant que chargé de mission en laïcité à la D.GESCO, c'est-à-dire à la direction générale de l'enseignement scolaire. Je précise cela parce que je suis aussi membre de l'Observatoire national de la laïcité qui a été installé par François Hollande en avril 2013. Je ne parle pas ici au nom de l'Observatoire national de la laïcité. Je parle de la laïcité simplement en tant que chargé de mission à la D.GESCO sur cette question. Je me suis saisi de cette question, comme cela a été rappelé également, à partir de ma formation de philosophe. Je suis docteur en philosophie. J'ai travaillé, notamment, sur la question de la philosophie de la religion et en particulier, à l'intérieur de cette question qui est très générale de la philosophie de la religion, j'ai travaillé sur la philosophie de l'islam. Malgré tout, on m'a demandé de me charger de la question de la laïcité. [L'audience et lui-même rient]. Mais je dis cela sans aucune ironie, mais avec beaucoup d'ironie. Alors, quelle pédagogie de la laïcité à l'école ? Je vais centrer la réflexion que je vais vous proposer sur l'examen que nous allons conduire ensemble d'un certain nombre de points, plus précisément d'un certain nombre d'articles de la Charte de la laïcité à l'école qui a été présentée et publiée par Vincent Peillon dans la première quinzaine de septembre, je crois que c'était le 9 septembre 2013. C'est, je dirais, le dernier événement en date de la longue histoire de la laïcité à l'école ou de la laïcité et de l'école, de la laïcité scolaire en France. Je vous propose donc de considérer que le défi que nous avons à relever aujourd'hui est de nous inscrire dans une histoire longue, de trouver notre place et la pierre que nous allons ajouter à une histoire longue qui est celle de la laïcité scolaire en France, et que la difficulté du défi, c'est non seulement de nous inscrire dans une longue histoire, mais de savoir en même temps comment adapter aux temps présents, en les renouvelant, un certain nombre d'acquis et un certain nombre d'outils qui sont les nôtres. Quelque chose nous a été légué, dont nous devons savoir aujourd'hui être les héritiers, mais les héritiers actifs et non pas les héritiers passifs, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de répéter comme un certain nombre d'incantations les grands textes fondateurs sur la laïcité. Par exemple, il ne s'agit pas pour nous de répéter comme une incantation la loi de 1905, la fameuse loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, mais il s'agit de savoir comment, aujourd'hui, elle peut nous être utile dans un certain nombre de contextes de société qui ont, évidemment, entre le début du vingtième siècle et ce début du vingt-et-unième siècle, beaucoup changé. Notre difficulté, au moment de nous saisir collectivement à l'école de cette question de la laïcité, c'est une difficulté classique. C'est un défi classique qu'on résume souvent de la façon suivante : comment trouver l'action juste, la pensée juste et l'action juste, la pensée juste dans l'action juste ? Je fais mon Bergson. Bergson, qui disait toujours qu'il s'agit de savoir penser en homme d'action et d'agir en homme de pensée. Voilà. Donc, il s'agit de savoir trouver l'action juste dans un double souci, qui est un souci de fidélité à un héritage et de mouvement, qui consiste à faire évoluer cet héritage. L'autre élément du défi ou de la difficulté, c'est qu'il s'agira, dans notre action de tous les jours à l'école, d'articuler, de savoir articuler avec intelligence, avec à propos, avec discernement, de savoir articuler la connaissance des principes et le savoir-faire de leur application, et le savoir-faire de leur transmission. C'est quelque chose qui là aussi, au jour le jour, est difficile. C'est quelque chose qui nous renvoie d'ailleurs à la définition même de notre métier, quel que soit ce métier particulier à l'intérieur de l'école. Nous avons un métier qui a cette particularité d'être un métier à la fois d'intellectuels et de praticiens. Les métiers de l'Éducation nationale sont des métiers d'intellectuels. On nous demande d'avoir des connaissances. Mais ce sont aussi des métiers de praticiens, c'est-à-dire qu'on nous demande d'être capables d'appliquer ces connaissances dans un certain nombre de contextes précis et de les incarner dans des savoir-faire, en l'occurrence dans des savoir-répondre, à tout un ensemble de sollicitations qui nous sont faites sur la question de la laïcité, sur toute autre question également. Mais aujourd'hui, on se concentre sur la question de la laïcité. Alors, par rapport à ça, je voudrais, pour nous mettre en capacité d'être à la hauteur de ce défi, fidélité et mouvement, connaissance des principes, capacité de leur application et de leur transmission, qu'on voyage ensemble un petit peu dans la Charte. Je ne vais pas vous faire une énumération complète et une récitation pieuse. Je ne vais pas vous infliger ce paradoxe qui serait là une contradiction, d'un catéchisme de la Charte de la laïcité. Je dis cela avec une absence totale d'innocence, puisqu'on sait très bien que c'est la tentation constante de la laïcité française. Ce n'est pas son essence, j'ai dit que c'était sa tentation. Mais la tentation constante de la laïcité française, au cours de l'histoire, de se transformer en idéologie concurrente de tout un ensemble d'autres idéologies, ce qu'elle n'est pas. On va essayer, là aussi, de clarifier ensemble cette question. On va voyager ensemble dans la Charte. C'est-à-dire que je vais vous expliquer quelle pédagogie de la laïcité à l'école on a essayé d'instituer et d'impulser avec l'écriture de cette Charte. Nous avons été un petit groupe à rédiger cette Charte. Ça a été un travail extrêmement difficile, passionnant. Difficile, pourquoi ? Parce que notre objectif était de produire un discours sur la laïcité qui ait l'ambition d'une véritable consistance, d'une véritable densité, et qui en même temps soit accessible parfaitement par tous, y compris par des élèves jeunes, peut-être pas les plus jeunes d'entre les élèves de nos établissements, mais par des élèves jeunes. Donc il fallait à la fois faire dense et simple. J'espère qu'on y a réussi. Quel a été notre souci majeur ? Notre souci majeur a été de rendre accessible une idée. L'idée que la laïcité est un bénéfice. L'idée que la laïcité est une garantie. L'idée qu'il y a tout un ensemble de valeurs positives à la laïcité. Je n'ai pas dit qu'il y avait une laïcité positive. J'ai dit qu'il y avait tout un ensemble de valeurs positives de la laïcité et qu'il s'agissait donc d'être capable de rendre intelligible, voilà pour la densité, et de rendre accessible, voilà pour la lisibilité, ces vertus de la laïcité, ce bénéfice que constitue la laïcité à l'école, cette garantie que constitue la laïcité à l'école. Je voudrais vous donner un certain nombre d'exemples d'articles de la Charte dans lesquels on a essayé de rendre à la fois intelligible et accessible la laïcité comme bénéfice et comme garantie. Je vais partir des premiers articles de la Charte. [Il prend les documents en main] . Notamment au départ, les articles 1, 2 et 3. D'abord, ce sont, je le précise, des articles qui concernent la laïcité dans la République. Il y a deux parties distinctes dans la Charte. Il y a d'abord cinq premiers articles qui énoncent le principe de laïcité, le sens et les enjeux du principe de laïcité dans la République. Les articles suivants, à partir de l'article 6 jusqu'à l'article 15, précisent la question en montrant comment la laïcité, de quel point de vue la laïcité est un bénéfice ou offre un certain nombre de garanties aux élèves dans le cadre de l'école. Alors, je commence donc par des articles qui sont situés dans la première partie de la Charte de la laïcité, les articles 1, 2 et 3. Ici, on a essayé de rappeler la solidarité, voilà donc le premier élément de cette pédagogie de la laïcité à l'école, la solidarité entre la laïcité et les autres principes constitutionnels de la République. C'est-à-dire que nous avons voulu que la laïcité ne se défende pas toute seule ou ne se promeuve pas toute seule. Nous avons voulu montrer que le sens de la laïcité et que la valeur de la laïcité ne pouvaient être expliqués et justifiés, ce sens et cette valeur, qu'à la condition d'articuler, et que nous soyons tous à l'intérieur de l'école capables d'articuler notre compréhension de la laïcité avec notre compréhension de la liberté, notre compréhension de l'égalité, notre compréhension de la fraternité, notre compréhension de la citoyenneté. Souvent, quand j'interviens sur cette question, je demande à mon auditoire de faire un petit exercice mental, ou plutôt intellectuel. Je ne vais pas vous l'infliger ici sous la forme d'un temps de silence de cinq minutes, mais quand vous aurez cinq minutes, faites-le, si ça vous chante. Faites le test de savoir si vous êtes capable, pour vous-même et pour un interlocuteur, en quelques minutes, de lui expliquer clairement le bénéfice de la laïcité pour la liberté, l'égalité, la fraternité, la citoyenneté. Je crois, plus exactement, il me semble que cela fait partie des choses qu'on imagine volontiers savoir, dont on imagine volontiers qu'on en est capables, mais qui, à l'épreuve des faits, s'avèrent peut-être plus difficiles qu'il n'y paraît. C'est, si vous voulez, ce qu'on a voulu essayer d'initier dans cette Charte de la laïcité et là, en l'occurrence, dans chacun de ces articles 1, 2 et 3. Par exemple, pour lier de façon intelligible, dans une double perspective de connaissance et de transmission, la laïcité et la liberté, on a l'article 2. Je vous le lis. La République laïque organise la séparation des religions et de l'État. L’État est neutre à l'égard des convictions religieuses ou spirituelles. Il n'y a pas de religion d'État. Bon. Quand on dit qu'il n'y a pas de religion d'État, on fait donc référence à la loi de séparation de 1905, on se donne un moyen d'entrer facilement dans la compréhension du lien entre la laïcité comme bénéfice et la liberté comme résultat. Parce qu'à partir du moment où il n'y a pas de religion d'État, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'individu est libre vis-à-vis de l'État. Évidemment, dit comme ça, ça peut paraître être une évidence, mais encore faut-il penser à passer par là, et puis encore faut-il être capable d'aller à partir de là jusqu'à la loi de 1905. La loi de 1905, on connaît tous au moins ses deux premiers articles. Je vous cite le premier. Je ne sais pas si je vais y arriver de mémoire, parce qu'à chaque fois j'y pense et puis j'oublie, comme dirait l'autre, ou plus exactement, j'ai l'impression de le savoir par cœur, et je me rends compte que je ne le sais plus. La liberté de la, non, ça commence mal, c'est pas ça du tout. Pardon. [Il rit] Je vous le récite : la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous la restriction énoncée ci-après de l'intérêt de l'ordre publique. Voilà. J'ai réussi. [L'auditoire applaudit] Non, non, franchement, je n'ai aucun mérite. Je devrais aller beaucoup plus vite, comme je passe mon temps à travailler sur la laïcité. Toute plaisanterie mise à part, ce qui est intéressant dans cette loi, c'est que, justement, on peut, à partir de l'article de la Charte, s'en servir pour une intelligibilité du principe de laïcité. Ce qui est intéressant dans ce premier article, c'est de noter que toujours la référence à la laïcité passe par l'affirmation première de la liberté. On dit que la République assure la liberté de conscience. Mais la deuxième phrase est aussi intéressante et aussi nécessaire. Elle garantit le libre exercice des cultes, donc là, il est question de la liberté de conscience, mais aussi de la liberté d'expression de cette liberté de conscience, puisqu'il s'agit de l'exercice des cultes, mais pas à n'importe quelle condition. Pas de façon sauvage, pas sans aucune limite, selon un certain nombre de restrictions qui sont relatives à l'intérêt de l'ordre public. Et là, je crois qu'il y a un point d'appui qui nous permet une intelligibilité et une transmission du principe de laïcité au-delà de la pétition de principe général que la laïcité a à voir avec la liberté. En l'occurrence, cette loi de 1905 telle qu'elle est rappelée dans la Charte, dans cet article, nous dit quoi ? Elle nous dit que la laïcité est ce dispositif, si vous voulez, ce principe, mais ce principe qui, en acte, donne un dispositif, un dispositif politique, et ce dispositif politique, grâce auquel, en France, on a essayé de rendre conciliables deux choses extrêmement difficiles à rendre conciliables. La première chose, c'est le désir, légitime jusqu'à un certain point, de chacun d'exprimer sa liberté de conscience, y compris sa liberté de religion, sa liberté de culte. Et deuxième élément de ce qui est à concilier, la même liberté offerte à chacun. Ce qui est présent dans l'article sous la forme de l'intérêt de l'ordre public. Qu'est-ce que ça veut dire, l'intérêt de l'ordre public ? Ça veut dire qu'il s'agit de faire en sorte que les revendications individuelles et personnelles d'expression par chacun de sa propre liberté n'entrent pas en guerre les unes avec les autres, et que l'état social ne soit pas un état de guerre de tous contre tous, comme le disaient un certain nombre de nos philosophes des Lumières, que l'état social ne soit pas un état de guerre de tous contre tous à cause de l'affrontement de revendications individuelles de liberté, qui n'auraient pas de frein, qui ne sauraient pas mettre entre elles de frein susceptible de les rendre compatibles. Donc en réalité, vous voyez comment, à partir de l'article de la Charte, on entre progressivement dans une compréhension du principe de laïcité, qui est une compréhension plus complexe. Pourquoi ? Parce que spontanément, on va associer laïcité et liberté. Okay, très bien. On en a plein nos journaux encore aujourd'hui sur la question de la laïcité. On nous dit que la laïcité, c'est ceci ou cela. On a des affirmations simples, quand je dis simples, je pense simplistes, sur le rapport entre laïcité et liberté. Les uns vont nous dire, et vous entendez ça tous les jours, que la laïcité est liberticide. Que la laïcité, c'est le contraire de la liberté. Que c'est une arme inventée par le républicanisme pour reléguer de force les religions dans la sphère hyper étroite du for intérieur et de l'espace privé. Donc, et certains s'en réjouissent, d'autres veulent en pleurer, la laïcité est liberticide. C'est une arme de guerre, une arme de destruction massive, je le dis en des termes contemporains, une arme de destruction massive de la diversité religieuse. Quand on rentre dans l'intelligibilité du principe de laïcité tel qu'on commence à le faire là, on se rend compte que c'est un peu plus compliqué que ça, et surtout pas ça. Donc on entend que la laïcité est quelque chose de liberticide. À l'autre extrême, on entend très volontiers aujourd'hui dans l'espace public que la laïcité est ou devrait être le droit donné à la diversité religieuse, à la diversité d'opinions, à la diversité de croyances, de s'exprimer. C'est plus complexe que ça. L'ambition est plus difficile à réaliser que ça. Le défi que j'évoquais au départ, et dans ce cas-là, c'est un défi pérenne et pas seulement d'aujourd'hui, est d'arriver à concilier par le dispositif de la laïcité le Je et le Nous ! C'est-à-dire la volonté, légitime jusqu'à un certain point, que chacun exprime sa liberté individuelle, mais qu'en même temps, il ait la structure d'éducation éthique suffisante qui lui permette de comprendre que la liberté de l'autre a des droits qui doivent être des droits égaux à l'expression par chacun de sa propre liberté. Donc il y a un double maximum à réaliser, qu'on a tenté de réaliser historiquement en France par le principe de laïcité, par le dispositif de laïcité : maximum de liberté pour chacun, maximum de la même liberté égale pour tous. C'est difficile. Mais c'est quelque chose qu'on peut expliquer aux élèves, avec une entrée qui est suggérée par la Charte, qui est très simple : la liberté des uns s'arrête là où commence celle d'autrui. La liberté d'expression de chacun ne peut pas être une liberté sauvage, asociale, apolitique. Ce qu'on appelle aujourd'hui le vivre-ensemble, le faire- société, pour employer les termes de base dont on se sert toujours, impliquent une réflexion critique de chacun sur les limites de sa propre liberté. Quand vous avez à l'école des règles laïques, par exemple, la loi du 15 mars 2004, la loi du 15 mars 2004 sur l'interdiction pour les élèves d'afficher à l'école des signes ostensibles d'appartenance religieuse, une justification fondamentale de cette loi est justement la nécessité imposée à chacun d'un regard et d'une réflexion critique sur la limite qu'il doit imposer à sa liberté pour entrer dans un espace partageable avec les autres. Évidemment, avec cette difficulté supplémentaire, mais là encore, il s'agit d'être formé là-dessus, cette difficulté supplémentaire que l'école n'est pas n'importe lequel de nos espaces publics, que peut-être à l'école, les règles de la laïcité sont différentes, peut-être qu'elles sont plus contraignantes que dans un autre espace public. Pourquoi ? Parce que là nous n'avons pas affaire à n'importe quel vivre ensemble, à n'importe quelle rencontre sociale, nous avons affaire à ce lieu dans lequel il s'agit d'éduquer et d'instruire, et où, à partir de là, la question du vivre ensemble se pose nécessairement dans des termes qui sont particuliers. De là, par exemple, une autre règle laïque de l'école, et là je passe à un autre article de la Charte de la laïcité, l'article 11. Donc, de là, cette autre règle de l'école qui est la règle de neutralité à laquelle les personnels de l'école sont astreints. Il en va, là aussi, d'une question de liberté. Je lis cet article 11. Les personnels ont un devoir de stricte neutralité. Ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l'exercice de leurs fonctions. Bon, là, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à dire. Je vais en dire deux. Ça suffit pas, mais je vais en dire deux. Première chose, en rapport direct avec ce que j'évoque depuis le départ, à savoir les entrées que donne la charte dans une pédagogie de la laïcité expliquée comme bénéfice. Cet article est très précieux de ce point de vue-là, parce qu'il peut expliquer concrètement aux élèves le sens de ce bénéfice de la laïcité de l'école. Les élèves sont face à des adultes, et je crois qu'ils doivent en être rendus tout à fait conscients, ils sont face à des adultes de la part desquels les élèves ont la garantie que ces adultes ne cherchent pas, ne sont pas là pour, et ne cherchent pas à les influencer idéologiquement. Est-ce que nos élèves en ont conscience ? Vous allez me demander si nos personnels en ont conscience. Oui. Est-ce que nos élèves en ont conscience ? Est-ce que nos élèves en ont conscience ? Passons des élèves aux personnels. Est-ce que les personnels de l'Éducation nationale aujourd'hui ont conscience, comme le leur rappelle le préambule de la Charte de la laïcité à l'école, là encore, cette dimension pédagogique est toujours à l'œuvre, que, je lis : la nation confie à l'école la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République ? C'est-à-dire qu'en l'occurrence, il s'agit bien pour chacun des personnels de l'Éducation nationale à la place qui est la sienne dans un établissement, de participer à cette transmission des valeurs de la République, évidemment, comme bénéfice. Donc en l'occurrence, ma question devient : est-ce que chacun des personnels de l'Éducation nationale aujourd'hui a conscience qu'il est en devoir professionnel de transmettre l'intelligibilité de ce devoir de neutralité aux élèves et aux parents, en présentant ce devoir de neutralité comme un bénéfice ou comme une garantie, et en étant capable de l'expliquer comme tel ? C'est-à-dire que dans un monde, le nôtre, où les élèves sont, je dirais, bombardés en permanence par une publicité idéologique constante, comme nous le sommes tous, nous ouvrons la télévision, nous ouvrons notre ordinateur, nous allons sur Internet, la publicité pour des idéologies est permanente, ne serait-ce que la publicité qui nous incite à consommer, mais tout un ensemble d'autres publicités également. Éh bien, par rapport à ce monde assourdissant d'une publicité idéologique permanente, il peut être tout à fait intéressant pour l'école de rappeler que là, il y a un lieu où pour une fois, et je dirais par exception, l'enfant a la garantie d'avoir en face de lui quelqu'un qui est là pour lui transmettre des connaissances, une éducation, les plus objectives possible. C'est quelque chose probablement qui demande à être thématisé, sans que cela soit évidemment idéalisé. Nous savons tous que là, nous avons affaire à un modèle qui, justement, a une valeur idéale. Il n'empêche que même si cet idéal n'est pas toujours atteint, mais si nous ne sommes pas toujours à sa hauteur, cela reste une vocation fondamentale de l'école que d'être une enceinte. Pas une forteresse non plus, il ne s'agit pas de bunkeriser l'école par rapport au monde extérieur, mais une enceinte dans laquelle la personnalité de l'élève est mise en gestation, sa personnalité, c'est-à-dire qu'on lui transmet là, à cet endroit-là, un certain nombre d'outils intellectuels et culturels qui vont lui permettre de développer sa propre personnalité, son propre jugement, son propre regard critique sur les choses. Et c'est rendu possible justement grâce à cette neutralité des personnels. Donc là aussi, il y a une entrée. Je voulais lire une deuxième chose sur cet article 11 : les personnels ont un devoir de stricte neutralité. Ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses, dans l'exercice de leurs fonctions. Il y a toute une réflexion à mener, pour soi d'abord, c'est toujours le même schéma, et dans une perspective de transmission ensuite, sur la notion même de neutralité. Est-ce que chacun d'entre nous est au clair sur le rapport entre laïcité et neutralité ? Est-ce qu'on n'a pas la tentation spontanément de dire que la laïcité, c'est la neutralité, point ? La Charte emploie le terme de neutralité pour parler de cette laïcité des personnels. Elle emploie le terme de neutralité. Mais en quel sens est-ce qu'elle l'emploie ? Là aussi, il s'agit d'être clair, c'est-à-dire d'être capable de dire ne serait-ce qu'une chose très simple, enfin, très simple, c'est que les personnels ont un devoir de neutralité par rapport à l'expression de leurs convictions politiques et religieuses. Ce n'est pas une neutralité générale ou généralisée. C'est une neutralité dont la Charte précise bien le périmètre d'extension et de validité. C'est-à-dire qu'en l'occurrence, le personnel n'a pas à faire la publicité de ses convictions personnelles. En revanche, je relis tout simplement le préambule de la Charte. La nation confie à l'école la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. C'est-à-dire que cette neutralité va de pair avec le devoir de transmettre des valeurs. Donc ce n'est pas du tout une neutralité tout court. Le premier à l'avoir dit dans notre histoire de la laïcité, c'est Jean Jaurès. Souvenez-vous, dans les grands textes de Jean Jaurès, celui qu'on cite tout le temps s'intitule Pour la laïque. Pour la laïque de Jean Jaurès. Jean Jaurès disait toujours que la laïcité n'est pas la neutralité, ou en tout cas, pas la neutralité, point, pas la neutralité tout court. Parce que, disait-il, et c'est la formule qui est passée à la postérité, il n'y a que le néant qui soit neutre. C'est une grande formule de Jaurès. Il n'y a que le néant qui soit neutre. C'est vrai. Ici, en l'occurrence, cette neutralité qui est imposée à chacun et qui représente une garantie pour l'élève de ne pas être influencé va de pair avec la transmission d'un certain nombre de valeurs. Alors, vous allez me dire, soyons un peu intellectuellement inquisiteurs, qu'alors du coup, on se donne quand même le droit d'influencer les élèves ? Est-ce qu'on n'est pas dans un paradoxe de la laïcité qui montre sa contradiction ? Alors, attention, ici, la difficulté pour nous est encore plus grande parce qu'il s'agit d'être au clair sur quelque chose qui est vraiment complexe. Parce qu'il s'agit d'être capable de concevoir pour soi et de transmettre à autrui quelque chose qui n'est pas une contradiction, mais qui est un paradoxe, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas illogique. En l'occurrence, le paradoxe est le suivant : la laïcité qui parle au nom de la liberté de conscience, c'est forcément une idéologie paradoxale. Parce qu'en réalité, elle parle au nom d'une valeur qui met chacun en situation de choisir par lui-même. Voilà pourquoi cette influence-ci est acceptable. Vous comprenez ? C'est-à-dire que quand vous influencez quelqu'un en lui inculquant une vérité toute faite, en lui disant ce qu'il doit penser, en lui disant comment il doit agir, là, vous êtes dans la promotion ou la propagation d'une idéologie qui est liberticide. Mais quand vous exercez sur quelqu'un une influence qui lui donne les moyens de former son propre jugement, quand vous êtes donc, en l'occurrence, un pédagogue, que vous donnez à l'autre, en l'occurrence, à l'élève, un certain nombre de ce que j'ai appelé tout à l'heure des outils intellectuels et culturels de former ce jugement, et que vous les lui donnez d'une façon qui est la plus objective possible, sachant que vous n'êtes pas vous-même un saint laïc, vous exercez une influence qui est l'influence qui permet à l'autre de trouver le chemin de sa propre liberté, d'émanciper sa propre personnalité. Là, il y a quelque chose qui commence à devenir un petit peu compliqué et sur lequel il s'agit d'être véritablement au clair. Si vous voulez, cette difficulté, c'est ce dont nous avons voulu donner à tous les personnels de l'éducation les moyens de l'affronter, à travers cette Charte et un certain nombre d'outils qui vont de pair avec la Charte. Parce qu'on s'est rendu compte que partout où il y a des conflits sur la laïcité, et il y en a beaucoup actuellement, des conflits sur la laïcité. J'étais l'autre jour dans la même situation devant une assemblée d'I.E.N de l'académie de Créteil. On était trois conférenciers. Il y avait Laurence Loeffel, qui est, vous le savez, un des trois auteurs du rapport sur l'enseignement laïc de la morale. Bon. Il y avait Dominique Borne, qui est un grand spécialiste de l'enseignement laïc des faits religieux. Il y avait moi. Bon. Et la situation sur certaines questions très concrètes est extrêmement sensible. On a été littéralement interpellés sur la question des mères accompagnatrices de sortie scolaire et quelques I.E.N nous ont dit : écoutez, vous êtes très sympathiques, [il ricane] avec vos grandes considérations générales sur la laïcité, mais nous, sur le terrain, on a des problèmes concrets, et on veut une réponse qui soit une réponse prescriptive. Dites-nous ce qu'on a à faire. Bon. Okay, okay. Simplement, encore une fois, on s'est rendu compte, par tout un ensemble d'autres retours concordants, que partout où les personnels étaient formés, rodés à la réflexion sur la laïcité, les situations de contestation, les situations de conflit, les situations d'incompréhension, ne disparaissaient pas par enchantement, bien entendu, la formation n'est pas une baguette magique. La capacité d'expliquer les choses n'est pas une baguette magique, mais, quand même, partout où la laïcité était un principe sur lequel les personnels avaient vraiment réfléchi, les risques de conflit ou d'hystérisation des conflits, ou que les conflits dégénèrent, on ne dit pas dégénérescence, mais que les conflits dégénèrent, ces risques diminuaient. Donc en l'occurrence, il s'agit d'être capable d'entrer dans cette intelligibilité, si vous voulez, qui est complexe, et d'être capable de le transmettre à travers des choses simples. Là, l'entrée était très simple. Être capable d'expliquer à des élèves et à des parents que l'école, avec la garantie de neutralité des personnels, c'est une chance pour l'élève. Donc il s'agit d'être vraiment capable de l'expliquer comme tel. Alors, je ne veux pas dépasser le temps qui m'est imparti. [Il vérifie l'heure sur son portable]. Ça va, j'ai encore du temps. Je continue un petit peu à répondre à la question de la pédagogie de la laïcité à l'école, en choisissant un certain nombre d'articles de la Charte. [Il consulte ses notes et hésite]. Je voulais vous parler de l'article 12, mais, enfin, là tout de suite, si, je vous parle de l'article 12. Je vous le lis rapidement. Les enseignements sont laïcs. Afin de garantir aux élèves l'ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde ainsi qu'à l'étendue et à la précision des savoirs, aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'à l'école, on parle de tout. Et en l'occurrence, pour mettre les pieds dans le plat, ça veut dire qu'à l'école, on parle des faits religieux. A l'école, il y a un enseignement laïc des faits religieux. Vous savez qu'aujourd'hui autour de cet enseignement des faits religieux, il y a, là aussi, tout un ensemble de contestations. Comment désamorcer ces contestations ? Comment anticiper sur ces contestations ? Comment y répondre lorsqu'elles se produisent ? Éh bien, en étant là encore au clair sur ce qu'on appelle un enseignement laïc des faits religieux. En étant capable de le faire passer de façon simple aux élèves. En l'occurrence, il s'agit de faire entendre aux élèves que cet enseignement laïc des faits religieux dissipe à l'avance toute confusion sur l'idée que lorsqu'on parle de faits religieux à l'école, il y aurait là un catéchisme dans un sens ou dans un autre. Un enseignement laïc des faits religieux n'est pas un cours de religion. C'est-à-dire que ce n'est pas un cours dans lequel la religion de l'un va être encouragée tandis que la religion de l'autre va être mise en danger ou contestée ou ridiculisée. C'est quelque chose dont les élèves doivent absolument avoir conscience pour dissiper, si possible à l'avance, leur objection qui serait, et elle se manifeste dans un certain nombre de cas, leur objection qui serait : non, non, non, non, non, je ne peux pas entendre parler de ça, parce que c'est contraire à ma religion ! Ou une objection qui serait : ah mais Monsieur ou Madame, face à un professeur, non, non, non, non, non, vous ne pouvez pas nous parler de la Bible. Moi, je peux pas écouter votre cours sur la Bible ou votre cours sur le Coran parce que je suis ceci ou cela. Je ne peux pas écouter votre cours sur le Coran. Pourquoi je ne peux pas l'écouter ? Parce que vous n'avez pas le droit d'en parler, vous n'êtes pas musulman ! On entend des choses comme ça. Ou, pourquoi je ne peux pas écouter votre cours sur la Bible ? Parce que c'est pas ma religion. Moi, je suis pas chrétien. À partir de là, je n'ai pas à subir le prosélytisme qui est le vôtre parce que vous allez vous mettre à nous parler de la Bible. Vous comprenez à quel point il y a malentendu ? En réalité, ce qu'a voulu faire la Charte par rapport à ça, le point le plus important dans l'article est le suivant, je lis. Il s'agit de donner à chacun l'ouverture a plus objective possible à la diversité des visions du monde. C'est-à-dire qu'en l'occurrence, le professeur ne prétend pas être un spécialiste de telle ou telle religion, il n'a pas la vocation à être le représentant de telle ou telle religion. Il n'est pas le représentant de commerce, il ne fait pas ce que j'appelais tout à l'heure la publicité idéologique de telle ou telle religion. Il est là pour transmettre en toute impartialité, à tous les élèves qui sont devant lui, un certain nombre d'outils culturels qui vont lui permettre de comprendre la plus grande diversité possible de visions du monde dans un monde, le nôtre, aujourd'hui, ce fameux village global ou village planétaire où nous avons les pieds, où nous sommes continuellement les uns avec les autres avec la différence de nos visions du monde. Donc, en réalité, il s'agit là d'expliquer aux élèves le bénéfice de la laïcité, c'est-à-dire de cette approche distanciée des faits religieux, comme une nécessité tout à fait actuelle, tout à fait particulière dans un monde où nous sommes constamment les uns et les autres en rapport les uns avec les autres. C'est-à-dire en rapport les uns et les autres avec la diversité de nos visions du monde. Donc, il s'agit là encore d'être capable de le voir comme un bénéfice, comme le bénéfice d'une approche distanciée. A cet égard, on peut dissiper un autre préjugé, moi je l'ai entendu très souvent, qui est qu'à l'école, on ne parle pas de religion. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que je suis professeur, un élève dit : moi, dans ma religion, ceci. Je réponds : non, non, non, tais-toi, tu n'as pas à dire ce qui se passe dans ta religion, tu es à l'école laïque. Eh bien non, ce n'est pas ça, la laïcité. C'est-à-dire que l'école, ce que j'ai appelé tout à l'heure l'enceinte de l'école, n'interdit pas à un élève de parler de sa conviction religieuse. Elle implique simplement, et là, on est renvoyés à ce qu'on disait au départ, vous voyez comment les choses sont solidaires et demandent à être mobilisées ensemble avec une véritable intelligibilité globale, à être mise en rapport avec la question de la limite, par chacun, de sa liberté d'expression, par souci de conciliation et de respect de la liberté d'expression des autres. En l'occurrence, si un élève exprime une conviction religieuse, fait part aux autres de sa croyance religieuse, mais en le faisant d'une façon ouverte, d'une façon qui est sans agressivité, sans prosélytisme, en étant capable aussitôt après de se taire et d'écouter la façon dont un autre présente soit sa conviction religieuse, soit son absence de conviction religieuse. À égalité entre les visions du monde, que l'option existentielle soit celle de l'athéisme ou qu'elle soit celle de la foi. L'école devient à ce moment-là un espace à l'intérieur duquel, grâce encore une fois au dispositif laïc, les libertés peuvent à la fois s'exprimer et en même temps, où elles sont éduquées à une capacité de se concilier ou de s'harmoniser les unes avec les autres. Voilà donc là, nous avons des questions extrêmement concrètes vers lesquelles nous avons essayé de donner un certain nombre de points d'entrée dans la Charte. Je vais m'arrêter avec la Charte. Je vais m'arrêter avec la Charte, parce que je ne vais pas énumérer tous les articles. Je voulais simplement vous donner un certain nombre d'exemples, et je voulais aussi, toujours dans le souci de répondre à la question posée sur la pédagogie de la laïcité à l'école, aller vers d'autres, car il y en a plusieurs en réalité, vers d'autres outils, ou vers d'autres supports dont vous pouvez vous servir. Je pense à trois supports. Outre la charte. D'abord, vous connaissez tous, je l'ai mentionnée tout à l'heure, la loi du 15 mars 2004. Cette loi du 15 mars 2004 a eu, je dirais, un défaut, au moins en termes de communication, en termes publicitaires, elle existe, bon, elle existe, il ne s'agit pas du tout de la remettre en question, c'est son caractère extrêmement lapidaire, sa très grande sécheresse. Elle disait: il est interdit aux élèves de manifester ostensiblement par des signes ou des tenues, leur appartenance religieuse. Bon. Là encore, vous voyez, souci de compréhension pour soi, de transmission à autrui, et donc qu'est-ce qu'on appelle ostensible, que veut dire ostensiblement ? Pourquoi est-ce l'ostensible qui pose problème ? De ce point de vue-là, le caractère extrêmement lapidaire de la loi du 15 mars 2004, est compensé par la circulaire d'accompagnement de la loi du 15 mars 2004 qui gagnerait à ne pas rester aussi inconnue qu'elle l'est. Je dirais que moi, je l'ai ressentie souvent, j'exagère un petit peu, ça fait sentimental de dire ça, presque comme une injustice. Quand on mobilise la loi du 15 mars 2004 de façon critique, en disant mais qu'est-ce que c'est que cette loi qui dans sa sécheresse se contente d'interdire ? Oui, mais elle s'est accompagnée d'une circulaire qui avait justement déjà, elle-même, avant même la Charte de la laïcité à l'école, cette volonté pédagogique que d'expliquer le bénéfice de la laïcité en rapport à un certain nombre d'autres valeurs. Je vous lis juste un tout petit morceau de cette circulaire. En protégeant l'école des revendications communautaires, la loi conforte son rôle en faveur d'un vouloir vivre ensemble. Elle doit le faire de manière d'autant plus exigeante qu'y sont accueillis principalement des enfants. L'État est le protecteur de l'exercice individuel et collectif de la liberté de conscience. La neutralité du service public est à cet égard un gage. Vous voyez cette thématique de la garantie ou du bénéfice que j'ai essayé de développer, était déjà présente. Je continue : un gage d'égalité et de respect de l'identité de chacun. Je vous invite à la lire in extenso, parce que là, vous aurez des outils qui vous permettront de faire valoir un certain nombre d'exigences et de faire respecter un certain nombre de rappels à la loi laïque, en étant capable en même temps que ce rappel à la loi de donner un certain nombre de justifications qui fondent, qui explicitent le bien-fondé de cette loi. Il y a la loi, il y a la circulaire de la loi du 15 mars. Nous avons mis à la disposition de tous les personnels de l'Éducation nationale Éduscol. Il y a sept rubriques principales dans Éduscol, vous avez une rubrique intitulée Vie scolaire et établissement, non, Établissement et vie scolaire, c'est dans ce sens-là. À l'intérieur de ça, vous avez une sous-rubrique Citoyenneté, et à l'intérieur de la rubrique Citoyenneté, vous avez Laïcité, deux points, principe et pédagogie. Nous l'avons complètement refaite, cette page Éduscol, à partir de la publication de la Charte, et nous avons mis à disposition des personnels de l'Éducation nationale trois types d'outils d'accompagnement, de documents d'accompagnement de la Charte. Il y a d'abord un truc très simple, très basique, mais encore fallait-il y penser, et ça va encore mieux en le disant, on a fait un commentaire de texte de chacun des articles de la Charte. C'est aussi simple que ça. Et donc, qu'est-ce qu'on a fait ? On a pris chacun des articles et sur 15 lignes, on a voulu expliciter son sens et ses enjeux. Premier outil disponible. Deuxième outil disponible, on a remis à disposition, en les articulant avec des articles de la Charte précis à chaque fois, tout un ensemble de textes sur la laïcité à l'école. Donc là, vous avez un corpus qui est à votre disposition qui est, pas exhaustif, mais qui est relativement complet. Et troisième chose, plus à destination des professeurs. Il peut être utile de leur signaler l'existence de cette chose et d'attirer leur attention là-dessus, nous avons sélectionné dans la Charte onze mots-clés qui sont des concepts fondamentaux, comme République, discrimination, croyance, notamment. Et nous avons fait à partir de ces mots-clés, des entrées-programmes. C'est-à-dire que nous avons montré comment les aborder dans les programmes. Parce qu'on fait tout un ensemble de griefs aux programmes, en disant que ça n'existe pas. Bon, en réalité, il y a beaucoup de choses. Donc, nous avons montré comment l'opportunité est donnée, lorsque l'on aborde tel ou tel point du programme, par l'intermédiaire du mot-clé, d'aller vers un article de la Charte. Et donc, au lieu de se dire, en levant les yeux au ciel, qu'une fois de plus, la prescription de parler de la laïcité va être quelque chose qui va s'ajouter au reste, du dehors, comme une exigence qui serait hors-sol. Là, on a montré comment, de façon tout à fait naturelle, le pas peut être fait, l'opportunité peut être donnée, lorsqu'on aborde telle question du programme, de faire ce pas de côté vers la laïcité. Donc ça, c'est le deuxième outil qui existe, qui est important. J'ai parlé de la circulaire, il y a les ressources. Il y a, on est en train de l'élaborer, je touche du bois, j'espère que ça va sortir avant la fin de l'année civile, c'est-à-dire avant fin décembre, c'est notre calendrier à la D.GESCO. Vous savez que comme tout le monde, on est saisis par la fièvre des MOOC. Vous savez, les fameux cours en ligne, les Massive Open Online Courses. Nous aussi, on fait du MOOC, ou on MOOC peut-être, je ne sais pas, je MOOC, tu MOOC ? [L'audience rit, lui aussi]. Donc, on est en train de mettre en ligne tout un ensemble de parcours de formations Internet sur un site qui s'appelle Magistère, qui est, dans sa vocation étroite si vous voulez, destiné au premier degré. Mais en réalité, si vous allez voir sur le site le parcours de formation sur la laïcité que je suis en train de construire, enfin j'ai fait ma part, maintenant, c'est quelque chose qui est rendu opérationnel par rapport à l'outil, vous allez voir qu'en réalité, tout le monde, avec ces parcours de e-formation, peut se former à partir d'un certain nombre des pistes que j'ai ouvertes ici, mais à partir de bien d'autres pistes également. Là aussi, il y a quelque chose qui permet à chacun d'approfondir, justement, sa compréhension de la notion de laïcité pour être capable de la transmettre d'une façon plus opérative et plus efficace. J'avais annoncé trois types d'outils, j'en signale un quatrième. Je ne sais pas pourquoi je l'ai oublié, alors qu'il est sur ma table. C'est ce volume paru l'an dernier à la Documentation française en décembre 2012. Il a pour titre Pour une pédagogie de la laïcité à l'école. Il y a mon nom sur la couverture, comme si j'étais le seul auteur, c'est une injustice. En réalité, j'ai tenu la plume, oui, souvent je tiens la plume et on me corrige. Voilà, je passe des examens toute ma vie. J'ai tenu la plume et j'ai été corrigé par toute une commission de membres de la D.GESCO notamment, d'inspecteurs généraux notamment, et on a essayé, là encore, de proposer une pédagogie de la laïcité à l'école, pardon pour le caractère trivial de l'expression, hyper applicable. Pas clé en main, mais très applicable. On a procédé de la façon suivante. Si vous regardez l'organisation en chapitres de Pour une pédagogie de la laïcité à l'école, ça donne d'abord la chose suivante : Pédagogie de la laïcité dans la vie scolaire. Donc là, on a pris les unes après les autres tout un ensemble de situations de vie scolaire dans lesquelles la question de la laïcité va se trouver déclinée. C'est quoi la laïcité avec le C.D.I ? C'est quoi la laïcité à la cantine ? C'est quoi la laïcité dans les sorties scolaires ? Et ainsi de suite. Ensuite, Pédagogie de la laïcité dans l'enseignement du français ou de la philosophie, on a ciblé sur quelques disciplines dans lesquelles la question se pose de façon particulièrement sensible. Pédagogie de la laïcité dans l'enseignement de l'histoire, géographie, éducation civique, juridique et sociale. Pédagogie de la laïcité dans l'enseignement des sciences de la vie et de la Terre. Voilà. On a vraiment essayé d'être concrets. Je signale une chose qui est intéressante, c'est que ce livre a été préfacé par Vincent Peillon. J'ai beaucoup apprécié que ce soit préfacé par Vincent Peillon, tel qu'il l'a fait. C'est-à-dire qu'un ministre est sollicité pour donner sa plume et donner sa préface à beaucoup de choses. Là, en l'occurrence, l'exercice a été fait d'une façon qui n'est pas du tout formelle. C'est-à-dire qu'il y a du contenu dans cette préface. Et il y a en particulier quelque chose que j'ai particulièrement apprécié, c'est que, justement, le ministre insiste sur le fait que la laïcité, telle que nous voulons la transmettre à l'école, ne peut pas être transmise, ne pourra pas être transmise si nous ne sommes pas capables de montrer ce que j'ai appelé tout à l'heure sa solidarité avec les autres valeurs constitutionnelles. Je parle d'autres valeurs constitutionnelles parce que la Constitution de 1958, elle dit que la République est indivisible, laïque, démocratique et sociale. La laïcité est un principe constitutionnel, c'est pas la loi de séparation qui a été constitutionnalisée. Souvenez-vous, c'était dans le programme de François Hollande. Mais en tout cas, elle est constitutionnelle de cette façon-là, à travers cette formule-là. Vous savez, il y a des choses intéressantes même dans l'ordre des épithètes. En l'occurrence, pourquoi est-ce qu'on a mis dans notre Constitution que la laïcité est indivisible. La laïcité, non, je me trompe, pardon. Mais ce serait intéressant de dire que c'est la laïcité qui est indivisible. Non, finalement, ça ne veut rien dire. La République est indivisible, laïque, démocratique et sociale. Pourquoi laïque avant d'être démocratique ? Qui sait répondre à cette question ? C'est très difficile. Je vous renvoie sur ce point-là à un texte extraordinaire. Extraordinaire ! Dans le cadre d'une formation sur la laïcité, il doit être intéressant de le lire. Je l'ai mis dans les fameuses ressources sur Magistère qui vont paraître. Le texte de Jean Jaurès, si ma mémoire est bonne, du 30 octobre 1904. Vous savez, c'est le fameux discours de Castres, car il était député du Tarn, discours de Castres dans lequel Jean Jaurès dit que démocratie et laïcité sont identiques. Il ne dit pas que la laïcité est importante pour la démocratie, il établit une co-substantialité entre laïcité et démocratie. Est-ce que nous sommes capables de la justifier intellectuellement ? Eh bien, Jaurès le fait. Et il ne s'agit pas de dire qu'il l'a fait, et que donc ce n'est plus à faire, il s'agit d'entrer dans l'intelligibilité, de retrouver ce type d'intelligibilité. En l'occurrence, enfin non, je ne vais pas me lancer là-dedans, s'il y a une question là-dessus, je vous dirai comment il fait, comment il s'en sort. Mais il s'en sort de façon très limpide, très accessible, très utilisable pour nous. Bref, toujours est-il que cette préface de Vincent Peillon est très intéressante parce que, justement, elle insiste sur la nécessité d'être capable de solidariser toutes ces questions qui sont un ensemble de principes. Voilà, c'était pour les ressources. Je voudrais terminer mais combien me reste-t-il de temps ? Je peux tenir encore un quart d'heure, ça vous dérange pas ?
Un homme à sa gauche : [on ne le voit pas à l'image]
Je vais essayer d'être rapide. Je voudrais vous parler, pour terminer, de la nécessité d'être au clair sur cette notion de laïcité et de la transmettre par rapport à des questions qui sont, mais alors, comme je le disais tout à l'heure à propos de cette interpellation sur les sorties scolaires, des questions qui sont hyper concrètes. C'est ce qui ressort de l'exposé que j'ai essayé de faire, je crois que ce serait une tentation un peu facile de dire que la capacité de répondre à des questions concrètes se suffit à elle-même. Je crois que la capacité de répondre à des questions concrètes sera d'autant plus importante que notre architecture, notre formation théorique sur la question de la laïcité sera elle-même importante. Ce que je veux dire, très concrètement, c'est qu'il ne s'agit pas d'avoir une réponse toute prête sur une situation toute faite, pour être capable de convaincre l'interlocuteur. En l'occurrence, vous allez voir, je vais vous mentionner un certain nombre de questions auxquelles nous sommes confrontés, qui nous remontent, probablement, de vos établissements, que vous pouvez rencontrer. L'autre jour, je reçois un mail d'un chef d'établissement. On a un service de réponses aux questions à la D.GESCO. Je reçois un mail formulé de la façon suivante : Bonjour, monsieur. Bon, jusque-là, tout va bien. Bonjour, monsieur, se multiplient depuis quelques temps dans mon établissement des longs draps couleurs hallal. [L'assistance rit et il répète]. Se multiplient dans mon établissement des longs draps couleurs hallal, deux points, prune, marron, vert bouteille, virgule, au secours ! Non, ce au secours, j'invente. Mais, voilà, c'est typique. Je plaisante, mais au-delà de la formulation, je dirais plus que discutable, de la question, qu'est-ce qui permet d'imputer a priori que tel type de vêtement soit de couleur hallal, qu'on puisse donc le référer à une appartenance islamique, à, je dirais, al-Qaïda dans la Seine-Saint-Denis islamique, bon. Comment peut-on présenter les choses comme ça ? À partir de quelle analyse de la situation la déduction a été faite qu'il s'agissait bien de quelque chose qui pouvait être référé à un signe ostensible d'appartenance islamique ou, si c'est un intégrisme, islamiste ? [Il a appuyé le ton de sa voix sur la fin du mot]. Donc vous voyez la difficulté. La difficulté pour moi de répondre à ce type de question, et puis la difficulté sur le terrain d'un certain nombre de situations. J'étais, de la même façon, l'autre jour, à une réunion qui était un groupe de travail organisé par la rectrice de l'académie de Créteil. Il y avait un certain nombre de chefs d'établissement et le retour d'un certain nombre de chefs d'établissement était que, effectivement, dans ces établissements, se multipliaient ce qu'on appelle souvent dans les médias, les abayas, vous voyez, les longues robes noires. Bon. Comment fait-on pour agir dans ce type de situation ? Dans un contexte qui est un contexte social souvent un petit peu réactif, un petit peu sensible. Dans un contexte qui est aussi un contexte médiatique où on sait que toute intervention un petit peu sévère d'un chef d'établissement risque de trouver un écho médiatique qui va renvoyer de l'école l'image d'un lieu quasi fasciste. Comment fait-on pour répondre à ce type de question ? De la même façon, on peut en débattre ensuite dans les questions, comment fait-on à propos des sorties scolaires ? Le sujet sur lequel j'ai été interpellé l'autre jour avec les autres personnes qui intervenaient. Comment fait-on ? Que dit exactement la loi ? Est-ce que chacun d'entre nous sait ce qui existe actuellement à ce sujet ? Il y a une jurisprudence du tribunal administratif de Montreuil sur cette question, je l'ai mobilisée dans ce livre, sur cette question des sorties scolaires. Mais que fait-on dans une situation de sortie scolaire où une mère voilée se présente ? Est-ce qu'on la renvoie chez elle ? Vous voyez, ce sont des questions qui sont extrêmement difficiles et pour lesquelles je dirais que, et finalement, en disant ça la boucle est bouclée, il y a à la fois dans notre métier une dimension intellectuelle et une dimension pratique, la dimension du praticien. Il y a un savoir-faire. Il y a même un savoir-appliquer la règle. Avec pédagogie, avec discernement, en étant capable de tenir compte d'un contexte. Il y a un juste milieu à trouver. Et quel que soit la clarté de la règle, la difficulté restera la même. Il y a un juste milieu à trouver entre, je dirais, la sur-réaction et le laxisme. Il y a un certain nombre de choses qu'on ne peut pas laisser passer. Il y a un certain nombre de choses par rapport auxquelles Il s'agit d'être ferme, mais d'être ferme en étant capable d'y mettre l'art et la manière, de telle façon que ça ne déclenche pas les hostilités ou que ça ne réponde pas, ça peut être le cas parfois, à une hostilité déclarée, par une hostilité supérieure. Comment fait-on dans ce cas-là pour désamorcer une situation ? Vous voyez ici qu'on peut en débattre. Ensuite, chacun est renvoyé lui-même à son propre savoir-faire et à la nécessité de développer un propre savoir-faire. Voilà, alors, je termine. Ce que j'ai essayé de dire, ce que j'ai essayé de faire valoir, c'est que nous essayons de nous installer dans une perspective de long terme. Il s'agit, la formule peut paraître naïve, dite comme ça, d'être fidèle à l'histoire de transmission et de capacité de transmission du principe de laïcité qui est la nôtre. Je parle de cette histoire-là. Il s'agit donc, pour cela, que chacun d'entre nous soit suffisamment au clair, soit suffisamment formé, qu'il s'assure de deux choses. D'abord, de sa propre compréhension du principe de laïcité et ensuite, de sa capacité à le transmettre. Et à la capacité, je dirais, à le faire vivre à l'intérieur d'un établissement. Il s'agit en même temps d'être capable, sur le terrain, d'adapter les réponses en fonction d'un certain nombre de contextes, de conduire un certain nombre de dialogues avec des professeurs, avec des parents, avec des élèves, à chaque fois que c'est nécessaire. Sachant que le dialogue n'est pas une négociation de la règle. Ça aussi, c'est quelque chose qui doit être clair. C'est-à-dire que par exemple, la loi du 15 mars 2004, c'est la loi du 15 mars 2004. De la même façon que par exemple, l'article 13 de la Charte. La Charte n'a pas valeur prescriptive, mais elle est adossée, vous pouvez le voir dans les ressources disponibles sur Éduscol, elle est adossée, disais-je, à un ensemble de textes qui, eux, ont une valeur prescriptive. Lorsque la Charte dit, article 13, je cite, que nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l'école de la République, si un élève, par exemple, refuse systématiquement de se présenter dans un cours d'E.P.S en prenant le prétexte de sa religion, il est évident que là, il contrevient aux règles de la laïcité à l'école. Il ne s'agit pas ici de négocier pour que la chose soit rendue acceptable. Il s'agit d'être capable d'appliquer la règle, c'est-à-dire d'appliquer éventuellement la sanction. Mais, encore une fois, dans un contexte qui est extrêmement sensible d'une part et d'autre part pour être, je dirais, fidèle à cette vocation de transmission, donc d'explication, qui est la nôtre, il s'agit de transmettre la connaissance de la règle en étant capable d'une pédagogie de la laïcité. Et ça, c'est quelque chose qui est réellement difficile. Voilà. Merci.