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Timestamp: 2016-10-26 19:20:29+00:00
Document Index: 80857606

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 6', 'art. 173', 'art. 61', 'art. 292', 'art. 173', 'art. 10', 'art. 6', 'art. 29', 'art. 32', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 32', 'art. 29', 'art. 6', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 32', 'art. 6', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 32', 'art. 9', 'art. 30', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 32', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 10', 'art. 173', 'art. 10', 'art. 152', 'art. 156', 'art. 159']

6P.68/2000 (01.11.2000)
6P.68/2000/ROD
Jean Musy, � Bernex, repr�sent� par Me Jean-Pierre Garbade, avocat � Gen�ve,
l'arr�t rendu le 10 avril 2000 par la Chambre p�nale de la Cour de justice genevoise dans la cause qui oppose le recourant �la Fondation Hirondelle, � Lausanne, repr�sent�e par Me Charles Poncet, avocat � Gen�ve, et au Procureur g�n�ral du canton de G e n � v e;
(art. 9, 29, 30 et 32 Cst. ; art. 6 et 10 CEDH;
arbitraire, droit d'�tre entendu, droit � un
tribunal ind�pendant et impartial, droits
de la d�fense, libert� d'expression)
A.- a) Dans le cadre de la guerre civile et du g�nocide survenus en 1994 au Rwanda, l'association "Reporters Sans Fronti�res" (ci-apr�s: RSF) a cr�� une station de radio libre charg�e de fournir une information impartiale aux populations concern�es, sous l'appellation "Radio Agatashya" (ci-apr�s: RA) signifiant en langue kinyarwanda "Radio Hirondelle". Celle-ci a commenc� � �mettre depuis la r�gion de Bukavu, au Sud Kivu, en �t� 1994. A la fin de 1994, RSF s'est retir�e du projet, lequel a �t� repris par la "Fondation Hirondelle pour une information en cas d'urgence" (ci-apr�s: la Fondation Hirondelle), qui fut inscrite au Registre du commerce de Gen�ve le 22 mars 1995 et dont le comit� directeur �tait compos� des journalistes Philippe Dahinden, Fran�ois Gross et Jean-Marie Etter.
Bukavu se trouvait � proximit� imm�diate des principaux camps de r�fugi�s, lesquels �taient �galement consid�r�s comme abritant des responsables du g�nocide et des massacres perp�tr�s au Rwanda en 1994. Bukavu �tait en outre le si�ge du gouvernement rwandais en exil, dont un grand nombre d'observateurs estimait qu'il continuait � exercer un contr�le sur les camps.
RA �tait essentiellement financ�e par la coop�ration publique suisse, soit la Direction du D�veloppement et de la Coop�ration (ci-apr�s: DDC).
A Bukavu, une cinquantaine de personnes ont travaill� sous la direction de Philippe Dahinden.
Les activit�s de RA ont pris fin au d�but de l'ann�e 1997.
b) Le journaliste Jean Musy a r�dig�, sign� et fait publier, dans le num�ro du 28 f�vrier au 13 mars 1997 du p�riodique "L'Objectif", un article intitul� "Et si la "machine Agatashya" �tait une formidable escroquerie morale?"
Cet article �tait pr�c�d� d'un pr�ambule en caract�res gras ayant la teneur suivante:
"Les documents que nous r�v�lons ici sont accablants.
Diktat de la coop�ration suisse sur le
projet, employ�s au service des responsables du
g�nocide, cassettes des programmes "v�rifi�es"
par un ex-ministre de l'ancien r�gime rwandais,
copinage entre journalistes, utilisation des
organisations humanitaires. Bref, la "machine"
Agatashya se r�v�le une formidable escroquerie
morale pour les populations africaines et le
contribuable helv�tique qui lui a vers� depuis
quatre ans plusieurs millions de francs.. "
L'article comportait notamment les passages suivants:
"(...) En d�cembre dernier, le Conseiller
national Jean Ziegler (soc.) interpellait le
gouvernement au sujet de Radio Hirondelle, un
projet suisse de station � vocation humanitaire,
� Bukavu, au Za�re. Il y d�non�ait les millions
de francs du contribuable engag�s dans la "malheureuse
entreprise" depuis deux ans et demi
pour un "effet nul, sinon n�faste". En Suisse
comme au Rwanda, plusieurs voix proches des
victimes du g�nocide avaient d�j� d�nonc� le
caract�re tendancieux des informations, diffus�es
par la station lanc�e en �t� 1994 par
Reporters sans fronti�res section suisse, �
destination des populations r�fugi�es
(...) Le Conseil f�d�ral vient de lui r�pondre.
Il ne veut plus financer la radio Agatashya,
"Radio Hirondelle" en kinyarwanda. Sans vouloir
se d�juger sur son soutien pass�, le gouvernement
suisse prend d�sormais ses distances avec
le projet. Pour s'assurer une sortie honorable,
il a pris soin de confier une �valuation externe
du travail de la station � trois experts
"neutres et ind�pendants" qui confirment en
substance son appr�ciation (...).
(...) Bien que pr�sent�e par ses initiateurs
comme le projet pilote de l'information objective
et neutre, nous avions r�v�l� dans ces
colonnes comment "la radio qui ne penche pas" a
servi de couverture � des op�rations douteuses
pour le compte de la coop�ration suisse. Celle- ci en a fait son instrument d'intervention dans
la r�gion, derri�re le paravent de l'action
humanitaire. Un v�ritable diktat (...).
(...) Rappelons que nombre de dignitaires de
l'ancien r�gime rwandais r�fugi�s dans les camps
za�rois et responsables du g�nocide de 800. 000
personnes au Rwanda, ont collabor� et dirig� des
projets suisses dans leur pays. Exemple: celui
des Banques populaires, le plus important. Pour
qui et pour quoi Philippe Dahinden est-il all�
tourner un film vid�o sur le fonctionnement des
Banques populaires dans ces camps de r�fugi�s?
Ces images, dont nous avons une copie, n'ont
jamais pass� � la t�l�vision. On y voit l'usage
du mat�riel pill� par les anciens responsables
rwandais du projet suisse. Les cadres des banques,
en exil, sont parfaitement identifiables.
(...) N'oublions pas non plus l'ouverture d'un
coffre-fort vol� des m�mes banques, dans la
maison suisse du projet Agatashya, � Bukavu.
Antoine Golay, responsable du bureau de coordination
de la Direction de la coop�ration au d�veloppement
(DDC) � Kigali, et Roland Tillmans,
journaliste de la Radio Suisse Romande et responsable
suisse de Radio Hirondelle au Za�re,
s'y �chinaient, en short et � quatre pattes, �
coup de pied-de-biche et de meule �lectrique ...
Une t�che peu journalistique dans un projet de
radio qui se veut impartial, neutre et � vocation
humanitaire (...).
(...) Que dire encore sur la lecture de cassettes
de Radio Agatashya et du courrier emmen�
depuis la Suisse � Bukavu ou � Kigali, par un
membre de l'opposition de gouvernement actuel du
Rwanda? Dans une note interne no 6, dat�e du 8 mai 95, Jean-Pierre Husi, futur directeur de
la Fondation Hirondelle, confirme ainsi au Comit�
de Fondation l'accord de James Gasana pour
cette t�che. Membre du Gouvernement du Pr�sident
Habyarimana � deux reprises, celui-ci a occup�
le poste de ministre de la D�fense d'avril 1992
� juillet 1993, avant de quitter le pays pour la
Suisse. Il est un opposant notoire au r�gime de
coalition en place � Kigali (voir encadr�). Son
recrutement manifeste-t-il le souci d'impartialit�
et de neutralit� tant affich� par les promoteurs
de Radio Hirondelle?
(...) D'apr�s la charte de Radio Agatashya, les
organisations internationales et les Ong partenaires
au projet lui transmettent "les informations
qu'elles jugent utiles". Est-ce � dire que
la station d�noncera abus ou erreur les concernant.
En tout cas pas � l'antenne. Le filtre de
l'info humanitaire, c'est cela aussi. La bonne
information est celle qui est rendue cr�dible,
qui rassure les populations. Elle n'est pas la
v�rit� journalistique.
(...) Comment rendre compte de l'�lection bidon
de chefs de camps de r�fugi�s rwandais, aux
mains couvertes de sang, comme nous l'avons
nous-m�mes constat� � Bukavu, sans l�gitimer la
prise d'otage des populations? Qu'importe. Et
m�me si des responsables de la radio sont compromis
ou d�lib�r�ment partisans, l'important
est que cela ne se sache pas (...)".
Ledit article faisait �galement �tat, dans un encart intitul� "Un ch�que en blanc sans fr�missement", d'une note interne n� 6 de Jean-Pierre Husi au Comit� directeur de la Fondation Hirondelle, en mai 1995, retranscrite comme suit:
"Armon Hartmann, DDA (l'ex-DDC, NdR) m'informe
que l'ordre de nous verser les 200. 000 fr. a �t�
sign� et que cette somme devrait nous arriver
dans les quinze jours. Je l'informe de notre
intention d'adresser � la DDA une nouvelle
demande de subvention f�d�rale pour l'ann�e en
cours. Pour M. Hartmann, cette demande devrait
couvrir la m�me p�riode que celle pour la
demande de 200. 000 fr., soit de mars 1995 �
avril 1996. Aucun fr�missement de sa part �
l'�vocation du chiffre possible de 500. 000 fr.
pour cette future demande de cr�dit (...)".
Cette retranscription �tait suivie d'un remarque de Jean Musy, pr�cisant notamment:
"(...) La Conf�d�ration a ainsi vers� "sans fr�missement"
plus d'un million et demi de francs
en 1995, sur ce mode-l�. Avis aux amateurs.
(...) A voir les largesses dont jouit la Fondation
Hirondelle, on comprend d'autant mieux la
politique de salaire pratiqu�e par la Fondation
Hirondelle envers ses cadres.. "
Etaient ensuite cit�s quelques exemples de salaires, notamment ceux per�us par Jean-Pierre Husi et Philippe Dahinden.
L'article comportait encore la liste des membres du Conseil de la Fondation Hirondelle ainsi qu'une photo de Jean-Marie Etter et Fran�ois Gross, membres du Comit� directeur de ce conseil.
Enfin, dans un autre encart plus restreint, intitul� "La Fondation ne r�pond plus", Jean Musy indiquait avoir contact� Jean-Pierre Husi, alors directeur de la Fondation Hirondelle, sans succ�s; il d�non�ait "ce m�pris du droit � l'information" de la part des responsables de la radio "qui ne penche pas".
c) Jean Musy a �galement r�dig�, sign� et fait publier, dans le p�riodique "Gauchehebdo" du 6 mars 1997, un article intitul� "Radio Hirondelle priv�e de cr�dits", dans lequel il reproduisait les affirmations d�crites sous let. b ci-dessus.
d) Le 28 mai 1997, la Fondation Hirondelle, sous les signatures de Jean-Marie Etter et Jean-Pierre Husi, qui �taient alors respectivement son pr�sident et son directeur, a d�pos� plainte p�nale, pour calomnie et diffamation, contre Jean Musy.
e) Par feuille d'envoi du 26 septembre 1997, le Procureur g�n�ral du canton de Gen�ve a renvoy� Jean Musy devant le Tribunal de police, retenant que les articles incrimin�s �taient diffamatoires en tant qu'ils affirmaient notamment:
- que la "machine" Agatashya s'�tait r�v�l�e une formidable escroquerie morale pour les populations africaines et pour le contribuable helv�tique;
- que, selon des voix proches des victimes du g�nocide, la radio avait diffus� des informations � caract�re tendancieux;
- que la radio avait servi de couverture � des op�rations douteuses pour le compte de la coop�ration suisse;
- que la radio �tait compromise avec les responsables du g�nocide, dont certains �taient employ�s par elle;
- que les informations diffus�es par la radio ne correspondaient pas � la "v�rit� journalistique".
B.- Par jugement du 9 novembre 1999, le Tribunal de police a condamn� Jean Musy, pour diffamation (art. 173 CP), � la peine de 2 mois d'emprisonnement avec sursis pendant 4 ans ainsi qu'� une amende de 1500 fr. Il a en outre ordonn�, en application de l'art. 61 CP, la publication du dispositif du jugement dans les p�riodiques "Gauchehebdo" et "L'Objectif" ainsi que dans le journal "Le Temps", selon des modalit�s qu'il a fix�es et sous la menace des peines pr�vues � l'art. 292 CP.
C.- Statuant sur appel du condamn�, la Chambre p�nale de la Cour de justice, par arr�t du 10 avril 2000, l'a rejet�, confirmant le jugement qui lui �tait d�f�r�.
En bref et pour l'essentiel, elle a consid�r� qu'il avait �t� admis � juste titre que les propos contenus dans les articles incrimin�s �taient diffamatoires au sens de l'art. 173 CP et que leur auteur n'avait pas prouv� la v�racit� de ses all�gations ni qu'il avait des raisons s�rieuses de les tenir de bonne foi pour vraies. La peine et la publication du jugement ont �galement �t� confirm�es.
D.- Jean Musy forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral. Il se plaint du refus de la cour cantonale de renvoyer les d�bats pour entendre des t�moins dont il avait demand� l'audition; il lui reproche en outre de n'avoir pas examin� certains moyens de preuve qu'il avait produits; il invoque encore une violation de la libert� d'expression garantie par l'art. 10 CEDH. Il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu�, sollicitant par ailleurs l'assistance judiciaire.
1.- Le recourant se plaint du refus de la cour cantonale d'ajourner les d�bats pour entendre des t�moins qui n'ont pu �tre entendus � une audience de la cour du 29 f�vrier 2000. Il soutient que ce refus viole son droit � la convocation et � l'interrogation de t�moins � d�charge, garanti par l'art. 6 ch. 3 let. d CEDH et pouvant �galement �tre d�duit du droit d'�tre entendu consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst. et de celui de faire valoir les droits de la d�fense consacr� par l'art. 32 al. 2 Cst. ; dans ce contexte, il invoque �galement la violation arbitraire de dispositions du droit cantonal et une violation de l'�galit� de traitement en relation avec l'octroi de l'assistance judiciaire, se plaignant en outre de ce que l'absence de certains t�moins leur ait �t� imput�e � faute et de ce que la pertinence de ces t�moignages ait �t� ni�e.
a) Le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur le sort de la d�cision � rendre est une composante du droit d'�tre entendu consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst. (cf. ATF 122 I 53 consid. 4a p. 55, 109 consid. 2a p. 112 et les arr�ts cit�s). Il peut �galement �tre d�duit de l'art. 32 al. 2 Cst. , qui concr�tise le droit d'�tre entendu consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst. , en garantissant � l'accus� le droit d'�tre mis en �tat de faire valoir les droits de la d�fense (cf.
FF 1997 I 189). Une garantie analogue a �t� d�duite de l'art. 6 ch. 3 let. d CEDH, qui concr�tise le droit � un proc�s �quitable consacr� par l'art. 6 ch. 1 CEDH (ATF 125 I 127 consid. 6a p. 132; 124 I 274 consid. 5b p. 284), en disposant que tout accus� a le droit d'interroger ou faire interroger les t�moins � charge et d'obtenir la convocation et l'interrogation des t�moins � d�charge dans les m�mes conditions que les t�moins � charge. Les griefs de violation de l'art. 32 al. 2 Cst.
et de l'art. 6 ch. 3 let. d CEDH, tels qu'ils sont soulev�s, se confondent donc avec celui de violation de l'art. 29 al. 2 Cst. , de sorte qu'il suffit d'examiner la question sous cet angle.
b) En principe, l'autorit� doit donner suite aux offres de preuves pr�sent�es en temps utile et dans les formes prescrites; il n'y a toutefois pas violation du droit � l'administration de preuves lorsque la mesure probatoire refus�e est inapte � �tablir le fait � prouver, lorsque ce fait est sans pertinence ou lorsque, sur la base d'une appr�ciation non arbitraire des preuves dont elle dispose d�j�, l'autorit� parvient � la conclusion que les faits pertinents sont �tablis et que le r�sultat, m�me favorable au requ�rant, de la mesure probatoire sollicit�e ne pourrait pas modifier sa conviction (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 134 s.; 124 I 274 consid. 5b p. 285; 122 V 157 consid. 1d p. 162; 121 I 306 consid. 1b p. 308 s. et les r�f�rences cit�es).
c) Lors de l'audience de la cour cantonale du 13 d�cembre 1999, le recourant a demand� de pouvoir prouver par des t�moignages que les propos contenus dans les articles incrimin�s �taient vrais ou du moins qu'il pouvait le croire de bonne foi. La cour cantonale a donn� suite � cette requ�te et ajourn� son audience au 29 f�vrier 2000. Le 19 janvier 2000, le recourant a d�pos� une liste de huit t�moins, � savoir: A.________, B.________, C._______, D.________, E.________, F.________, G.________ et H.________. Ces trois derni�res personnes �tant domicili�es � Bukavu, le pr�sident de la cour cantonale a fait savoir au mandataire du recourant, par courrier du 31 janvier 2000, que le d�lai restant jusqu'� l'audience du 29 f�vrier 2000, ne permettait plus de les citer en temps utile. Par lettre du 3 f�vrier 2000, le mandataire du recourant a toutefois persist� � requ�rir ces mesures probatoires.
A l'audience du 29 f�vrier 2000, la cour a enregistr� les d�positions de A.________, B.________ et C.________.
Bien que convoqu�s � cette audience, D.________ et E.________ ne se sont pas pr�sent�s; la premi�re s'�tait excus�e par courrier du 3 f�vrier 2000, indiquant qu'elle �tait en mission pendant trois mois � l'�tranger, et le second par t�l�fax du 28 f�vrier 2000, motivant son absence par "la longue bureaucratie pour l'obtention du visa et l'impr�cision des modalit�s d'indemnit�". La cour cantonale a relev� que D.________ ne s'�tait pas non plus pr�sent�e devant le tribunal de police, qui l'avait convoqu�e, produisant � deux reprises des certificats m�dicaux pour justifier ses absences; au demeurant, les questions que le recourant entendait poser � ce t�moin n'�taient pas d�terminantes; quant � E.________, le recourant n'avait pas demand� son audition en premi�re instance, ce qui indiquait que l'on pouvait se dispenser de ce t�moignage; dans ces conditions, il ne se justifiait pas de renvoyer une fois de plus les d�bats pour entendre ces deux t�moins.
S'agissant des trois personnes domicili�es � Bukavu, soit F.________, G.________ et H.________, la cour cantonale a relev� que, bien que l'audience avait �t� ajourn�e de plus de deux mois le 13 d�cembre 1999, le recourant n'avait sollicit� leur audition par la cour que le 19 janvier 2000; or, � cette date, il n'�tait plus possible de les citer � temps pour l'audience du 29 f�vrier 2000; sur requ�te du recourant du 18 janvier 1999, ces t�moins avaient d'ailleurs �t� convoqu�s � deux reprises devant le tribunal de police, aux audiences des 18 mai et 21 septembre 1999, mais ne s'�taient jamais pr�sent�s; un nouveau renvoi des d�bats, en vue d'une �ventuelle audition de ces t�moins, ne se justifiait donc pas.
d) Nonobstant l'intitul� de son grief, le recourant ne s'en prend qu'au refus d'entendre quatre t�moins, � savoir D.________ et les trois personnes domicili�es � Bukavu, et non cinq. Il ne conteste en effet nullement le refus de la cour cantonale d'ajourner les d�bats pour entendre le t�moin E.________, dont il n'avait d'ailleurs pas requis l'audition en premi�re instance.
e) Le refus de la cour cantonale de renvoyer l'audience pour entendre le t�moin D.________ repose sur deux motivations distinctes; d'une part, la cour cantonale a observ� que ce t�moin, qui avait vainement �t� cit� � plusieurs reprises en premi�re instance, ne s'�tait pas non plus pr�sent� en seconde instance; d'autre part, elle a consid�r� que, de toute mani�re, ce t�moignage ne serait pas d�terminant au vu des questions que le recourant entendait poser au t�moin, se r�f�rant � cet �gard � un document d�pos� par le recourant � l'audience.
Le recourant ne conteste pas qu'il �tait pertinent, pour juger de la n�cessit� de recueillir le t�moignage litigieux, de se fonder sur les questions qu'il avait indiqu� vouloir poser au t�moin dans le document qu'il a d�pos� devant la cour cantonale. Il ne pr�tend pas non plus que la cour cantonale aurait appr�ci� ce document de mani�re arbitraire. Contrairement � ce qu'il soutient, la cour cantonale disposait d'autres t�moignages au sujet des faits sur lesquels reposait l'accusation que la radio avait servi de couverture � des op�rations douteuses pour le compte de la coop�ration suisse, notamment des d�clarations de I.________, de J.________, d'Antoine Golay, de Roland Tillmans et de A.________, qui toutes infirment l'accusation litigieuse et la port�e attribu�e par le recourant aux faits all�gu�s � l'appui. La cour cantonale pouvait d�s lors admettre sans arbitraire que le r�sultat, m�me favorable au requ�rant, de la mesure probatoire sollicit�e ne pourrait pas modifier sa conviction selon laquelle l'accusation litigieuse �tait infond�e. L'une des deux motivations adopt�es suffisant � justifier le refus de renvoyer les d�bats pour entendre le t�moin D.________, ce refus ne viole pas le droit d'�tre entendu du recourant.
f) Le refus d'ajourner les d�bats pour entendre les trois t�moins domicili�s � Bukavu a �t� justifi� par le fait que le recourant, qui aurait pu le faire plus t�t, n'avait indiqu� que le 19 janvier 2000 qu'il demandait leur audition, alors qu'il �tait manifestement trop tard pour les citer � l'audience arr�t�e au 29 f�vrier 2000, �tant en outre observ� que, m�me si cette audience �tait report�e, il �tait douteux que ces t�moins puissent �tre entendus, d�s lors qu'ils avaient fait d�fection � deux reprise en premi�re instance.
Comme le recourant le rel�ve lui-m�me, ce n'est pas parce que le d�p�t de la liste de t�moins aurait �t� tardif au regard des dispositions du droit cantonal de proc�dure que la cour cantonale a refus� d'ajourner l'audience pour entendre les trois t�moins, mais parce que, s'agissant de citer des t�moins r�sidant � Bukavu, le laps de temps restant jusqu'� l'audience �tait manifestement trop court. C'est donc en vain que le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir m�connu arbitrairement les dispositions du droit cantonal relatives aux conditions et au d�lai pour faire citer des t�moins.
Le recourant ne pouvait manifestement ignorer que faire citer des t�moins r�sidant � Bukavu n�cessitait des d�marches qui prendraient un temps relativement important, puisque, sur sa demande, le tribunal de police avait d�j� effectu� � deux reprises ces d�marches. Il devait donc faire diligence pour indiquer le plus t�t possible � la cour cantonale de quels t�moins entendus en premi�re instance il entendait demander la r�audition.
Les trois t�moins domicili�s � Bukavu ayant �t� convoqu�s � deux reprises par le tribunal de police, on doit en d�duire que leurs noms et adresses figuraient au dossier, de sorte qu'une lettre ou un fax de quelques lignes suffisait, ce qui pouvait �tre fait tr�s rapidement et sans aucune difficult�. Le recourant objecte vainement que la cour cantonale, comme il le lui aurait propos�, aurait pu s'en remettre � lui pour les convocations et se borner � intervenir aupr�s des autorit�s f�d�rales comp�tentes pour que des visas soient d�livr�s aux t�moins; il est �vident, qu'une citation � compara�tre devant une autorit� judiciaire doit �maner de cette autorit�, et non d'une partie � la proc�dure. C'est en vain aussi que, pour justifier son retard � d�poser la liste de t�moins, il tente de tirer argument du fait que son pr�c�dent conseil avait abandonn� la cause et que son nouveau mandataire ne lui avait pas encore �t� d�sign� comme d�fenseur d'office; la transmission de la liste des t�moins faisait manifestement partie des d�marches urgentes que le nouveau mandataire du recourant avait accept� de faire pour sauvegarder les droits de ce dernier en attendant une d�cision formelle le d�signant comme d�fenseur d'office; preuve en est du reste que le mandataire du recourant n'a pas attendu cette d�cision, intervenue le 4 f�vrier 2000, pour d�poser cette liste; il avait d'ailleurs accept� de faire plus, puisqu'il a assist� le recourant � l'audience du 13 d�cembre 1999; au demeurant, comme le recourant le souligne lui-m�me, il �tait plus que pr�visible qu'il serait mis au b�n�fice de l'assistance judiciaire. A l'audience d'introduction du 13 d�cembre 1999, la cour cantonale a fait droit � la requ�te du recourant tendant � ce qu'elle proc�de � l'audition de t�moins et il est manifeste qu'elle �tait dispos�e � faire ce qui �tait n�cessaire pour que ceux-ci puissent �tre entendus � l'audience du 29 f�vrier 2000, d�t-elle convoquer les t�moins avant qu'une d�cision accordant l'assistance judiciaire au recourant soit rendue; on ne voit d�s lors pas en quoi le recourant aurait subi un pr�judice du fait que son nouveau mandataire ne lui avait pas encore �t� d�sign� comme d�fenseur d'office, ni en quoi son droit � l'�galit� de traitement en relation avec l'octroi de l'assistance judiciaire aurait �t� viol�.
En d�finitive, force est de constater que le recourant, qui aurait pu accomplir tr�s rapidement la d�marche simple consistant � transmettre la liste de t�moins � la cour cantonale, a mis plus de cinq semaines depuis l'audience d'introduction pour la lui faire parvenir, alors qu'il ne pouvait lui �chapper qu'il devait le faire sans tarder pour que les t�moins domicili�s � Bukavu puissent �tre cit�s � temps, et qu'il ne peut justifier ce retard par aucun motif s�rieux. On ne peut, dans ces circonstances, que douter de la volont� r�elle du recourant de faire en sorte que les t�moins domicili�s � Bukavu puissent �tre entendus � l'audience du 29 f�vrier 2000; il appara�t au contraire n'avoir voulu que retarder la proc�dure, de sorte que son comportement s'apparente � une manoeuvre dilatoire; il ne peut en tout cas le justifier par aucun motif s�rieux. Un tel comportement contrevient aux r�gles de la bonne foi. Dans ces conditions, la cour cantonale �tait fond�e � refuser de renvoyer une nouvelle fois l'audience pour convoquer et entendre les trois t�moins et le recourant ne saurait se plaindre d'une violation de son droit d'�tre entendu � raison de ce refus.
Du fait qu'en premi�re instance les trois t�moins avaient d�j� �t� convoqu�s � deux reprises sans succ�s, la cour cantonale �tait fond�e � d�duire que leur comparution n'�tait au demeurant pas assur�e. Contrairement � ce que sugg�re le recourant, ce raisonnement ne revient pas � affirmer que les t�moins n'auraient volontairement pas comparu; cette interpr�tation, que le recourant n'�voque d'ailleurs que comme une hypoth�se, ne trouve aucun point d'appui dans l'arr�t attaqu�. Toute l'argumentation du recourant visant � d�montrer que les absences des t�moins ne leur sont pas imputables et que ce sont bien plut�t les autorit�s suisses qui en seraient responsables est donc vaine. Au demeurant, le fait qu'en premi�re instance les t�moins aient �t� convoqu�s � deux reprises sans succ�s n'est qu'un argument subsidiaire de la cour cantonale, qui a essentiellement refus� de renvoyer � nouveau les d�bats pour entendre les t�moins en raison du retard du recourant � d�poser sa liste de t�moins; comme le refus fond� sur cette motivation principale ne viole pas les droits constitutionnels du recourant, il est superflu d'examiner la question plus avant.
Au reste, le recourant s'efforce vainement de d�montrer que les t�moignages des trois personnes domicili�es � Bukavu seraient aptes � �tablir les faits � prouver. Ce n'est pas parce qu'elle l'aurait ni� que la cour cantonale a refus� de reporter l'audience pour entendre ces t�moins.
g) Au vu de ce qui pr�c�de, le refus de la cour cantonale de renvoyer l'audience du 29 f�vrier 2000 pour entendre des t�moins ne viole pas les droits de rang constitutionnel invoqu�s par le recourant.
2.- Le recourant reproche � la cour cantonale de n'avoir pas examin� certains moyens de preuve qu'il avait produits en vue d'apporter la preuve de la v�rit� et de sa bonne foi. Il formule � cet �gard deux griefs distincts, pris, respectivement, d'une violation de son droit � une d�cision motiv�e d�coulant du droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. et du droit de l'accus� de faire valoir les droits de la d�fense consacr� par l'art. 32 al. 2 Cst. et d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst.
Sur certains points, la cour cantonale n'aurait pas expliqu� pourquoi elle a pr�f�r� certains t�moignages, d�favorables au recourant, � d'autres, qui lui �taient favorables; sur d'autres points, elle aurait op�r� un choix arbitraire entre les divers t�moignages recueillis, faisant m�me, sur l'un de ces points, preuve d'une partialit� contraire � l'art. 30 al. 1 Cst.
a) Le droit � une d�cision motiv�e est une composante du droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102). L'accus� peut �galement le d�duire du droit que lui conf�re l'art. 32 al. 2 2�me phrase Cst. d'�tre mis en �tat de faire valoir les droits de la d�fense. Le droit � une d�cision motiv�e correspond � l'obligation du juge de motiver sa d�cision, de mani�re � ce que son destinataire puisse la comprendre et l'attaquer utilement s'il y a lieu et � ce que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102); il suffit, pour r�pondre � ces exigences, que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de sorte que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause; il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les arguments invoqu�s par les parties et il peut passer sous silence ce qui, sans arbitraire, lui para�t � l'�vidence non �tabli ou sans pertinence (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102 s.; 124 II 146 consid. 2a p. 149; 124 V 180 consid. 1a p. 181; 123 I 31 consid. 2c p. 34; 123 II 175 consid. 6c p. 183 s.; 122 IV 8 consid. 2c p. 14 s.).
L'art. 9 Cst. garantit notamment � toute personne le droit d'�tre trait�e par les organes de l'Etat sans arbitraire. Selon la jurisprudence, il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorit� cantonale pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsqu'elle est manifestement insoutenable, se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut� ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. En outre, il ne suffit pas que la motivation de la d�cision attaqu�e soit insoutenable; il faut encore que celle-ci apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 124 V 137 consid. 2b p. 139; 123 I 1 consid. 4a p. 5 et les arr�ts cit�s).
b) Le recourant reproche d'abord � la cour cantonale de n'avoir pas expliqu� pourquoi, s'agissant du transport, � une occasion, de courriers � travers la fronti�re rwandaise, elle a pr�f�r� le t�moignage de Roland Tillmans � celui de B.________.
Les articles incrimin�s laissaient clairement entendre que la radio avait effectu�, en toute connaissance de cause, le transport de courriers �voqu� par le recourant en vue de "faciliter" les dignitaires de l'ancien r�gime rwandais et qu'elle avait ainsi servi de couverture � des op�rations douteuses. Le t�moin Tillmans n'a pas ni� que ce transport avait eu lieu, mais a expliqu� que "nous avons � ce moment-l� commis une erreur, par na�vet�, car "nous pensions que notre personnel, soit des journalistes rwandais ainsi que du personnel de maison, qui vivaient la trag�die, devaient pouvoir correspondre avec leurs familles au Rwanda et que nous devions les aider". La d�claration de B.________ cit�e par le recourant se borne � confirmer "qu'une fois des sacs de journalistes suisses de la radio ont �t� ouverts � la fronti�re et que des lettres de r�fugi�s des camps, � leur famille au Rwanda, ont �t� trouv�es dans ceux-ci".
Elle n'infirme nullement - et c'est ce qui est d�terminant - que la radio a agi en croyant erron�ment qu'elle aidait son personnel rwandais, et non pas dans le but insinu� dans les articles incrimin�s. La d�claration invoqu�e ne prouve donc aucunement la v�racit� de l'all�gation litigieuse, de sorte qu'il pouvait �tre admis sans arbitraire qu'elle n'�tait � cet �gard pas pertinente.
S'agissant de la preuve de la bonne foi, il y a lieu de rappeler qu'elle ne peut �tre apport�e que par des �l�ments dont l'auteur des propos diffamatoires avait connaissance au moment o� il a tenu ses propos (ATF 124 IV 149 consid. 3b p. 151 s. et les r�f�rences cit�es). Or le t�moignage de B.________ invoqu� par le recourant est largement post�rieur, puisqu'il remonte au 21 septembre 1999; il �tait donc � cet �gard d�pourvu de pertinence, de sorte que la cour cantonale pouvait le passer sous silence sans arbitraire.
En n'expliquant pas pourquoi elle ne faisait pas �tat du t�moignage invoqu�, la cour cantonale n'a donc pas viol� le droit d'�tre entendu du recourant.
c) Le recourant reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir retenu arbitrairement que le t�moignage de M.________ - selon lequel il n'y avait pratiquement pas d'employ�s tutsis au sein de la radio, dont la quasi totalit� des employ�s �tait des hutus, appartenant � l'ethnie m�me des g�nocidaires - n'�tait pas corrobor� par d'autres t�moignages.
Examinant si les t�moignages recueillis prouvaient la v�racit� de l'accusation du recourant selon laquelle la radio �tait compromise avec les responsables du g�nocide, la cour cantonale l'a ni�; c'est dans ce contexte qu'elle a �cart� le t�moignage de M.________, consid�rant qu'il n'�tait pas corrobor� par d'autres d�positions, qui, au contraire, l'infirmaient.
Il est notoire que toutes les personnes appartenant � l'ethnie des hutus n'ont pas particip� au g�nocide survenu au Rwanda en 1994. Que des hutus aient �t� employ�s par la radio ne suffirait donc pas � prouver que l'accusation du recourant selon laquelle la radio �tait compromise avec les responsables du g�nocide �tait vraie; encore faudrait-il qu'il soit d�montr� qu'il s'agissait de personnes ayant particip� au g�nocide et, au demeurant, que la radio, bien qu'elle aurait pu le faire dans le contexte de l'�poque, n'aurait rien entrepris pour �viter d'engager des personnes ayant collabor� au g�nocide.
Les d�clarations des t�moins Golay et K.________ auxquelles se r�f�re la cour cantonale l'infirment clairement. Quant aux d�clarations des t�moins B.________, N.________ et C.________ cit�es par le recourant, elles ne prouvent nullement que les collaborateurs hutus de la radio auraient particip� au g�nocide et n'infirment en tout cas pas que la radio s'est efforc�e, dans le contexte de l'�poque, d'�viter d'employer des hutus ayant collabor� au g�nocide. Il n'y avait d�s lors aucun arbitraire, ni de partialit�, � admettre que le t�moignage de M.________ n'�tait pas corrobor� par d'autres d�positions. Ce t�moignage �tant au contraire infirm� par deux autres, il n'�tait pas manifestement insoutenable de consid�rer que la v�racit� de l'accusation litigieuse n'�tait pas prouv�e.
d) Selon le recourant, le seul t�moignage de L.________ sur lequel s'est fond�e la cour cantonale pour nier que l'accusation selon laquelle la radio aurait diffus� des informations ne correspondant pas � la "v�rit� journalistique" "serait contredit par tous les autres, surtout par celui du r�dacteur en chef".
Contrairement � ce qu'il soutient, la cour cantonale s'est fond�e sur deux t�moignages concordants:
celui de L.________ - qui a d�clar� que la charte de la radio, qui pr�conisait que les commentaires et les �l�ments sur lesquels ils se basaient devaient �tre v�rifi�s, avait toujours �t� respect�e - et celui d'Antoine Golay, qui a dit avoir �t� impressionn� par le souci des journalistes d'�tre toujours au plus pr�s de la v�rit�.
A ces t�moignages, le recourant, quoi qu'il en dise, ne peut en opposer aucun qui les infirmerait. Les d�clarations faites le 21 septembre 1999 par le t�moin B.________, que le recourant cite de mani�re tronqu�e, tendent au contraire � confirmer les t�moignages retenus.
Selon ce t�moin, le contr�le de l'information se faisait en conseil de r�daction, puis il la v�rifiait encore avant la diffusion � l'antenne; par la suite, les cassettes �taient ramen�es en Suisse, o�, parfois, elles �taient encore contr�l�es a posteriori, par pointages; durant la p�riode o� il �tait r�dacteur en chef, c'est lui qui contr�lait les informations avant diffusion et il y avait une critique interne apr�s la diffusion de l'information.
Au reste, le recourant s'efforce vainement de d�montrer que le contr�le des cassettes, qui, parfois, �tait encore effectu� en Suisse a posteriori n'�tait pas fiable; ce qui est d�terminant c'est que les informations diffus�es par la radio �taient r�guli�rement contr�l�es avant leur diffusion � l'antenne, comme l'exigeait la charte de la radio, qui, selon deux t�moins, a toujours �t� respect�e sur ce point. Il n'est d�s lors aucunement �tabli que la v�racit� de l'accusation litigieuse aurait �t� ni�e arbitrairement.
e) Sous l'intitul� "faits pertinents pass�s sous silence", le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir laiss� de c�t� des �l�ments de preuve qu'il avait produits et qui �taient propres � prouver la v�racit� de ses propos ou qu'il pouvait les tenir de bonne foi pour vrais; de mani�re arbitraire, elle n'aurait retenu que les �l�ments qui lui permettaient de nier que ces preuves avaient �t� apport�es.
Sur une dizaine de pages, le recourant se livre � une longue critique appellatoire, dans laquelle il reproche � la cour cantonale de n'avoir pas ou que partiellement tenu compte de diverses d�clarations, en parlant d'arbitraire, sans exposer clairement dans quelle mesure elle aurait omis "d'expliquer pourquoi" elle aurait �cart� certaines d�clarations et dans quelle mesure elle aurait appr�ci� arbitrairement les �l�ments de preuve qui lui �taient soumis. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'a toutefois pas � rechercher lui-m�me, parmi celles qui apparaissent invoqu�es, de quelles atteintes � ses droits constitutionnels le recourant entend au juste se plaindre; il appartient � ce dernier d'indiquer clairement, quels sont les droits constitutionnels qui, selon lui, auraient �t� viol�s et de d�montrer en quoi consiste cette violation (cf. art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 122 I 70 consid. 1c p. 73 et la jurisprudence cit�e). L'argumentation pr�sent�e en l'esp�ce ne satisfait manifestement pas � ces exigences.
Autant qu'on le comprenne, le recourant para�t surtout vouloir se plaindre d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves, arbitraire qui n'est toutefois pas d�montr� d'une mani�re qui satisfasse aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 125 I 71 consid. 1c p. 76; 122 I 70 consid. 1c p. 73; 118 Ia 184 consid. 2 p. 189 et les arr�ts cit�s; cf. �galement ATF 110 Ia 1 consid. 2a p. 3). Le recourant n'�tablit nullement que la cour cantonale aurait appr�ci� arbitrairement les t�moignages concordants sur lesquels elle s'est fond�e et qu'il �tait manifestement insoutenable d'en d�duire que la v�racit� des affirmations litigieuses n'�tait pas prouv�e; il ne d�montre pas plus qu'il �tait arbitraire d'admettre qu'il n'avait pas prouv� avoir fait tout ce que l'on pouvait attendre de lui pour v�rifier l'exactitude de ses all�gations et n'avait m�me jamais expliqu� � quelles v�rifications il aurait proc�d�. Rediscutant les faits comme s'il s'adressait � une juridiction d'appel, il cite � l'appui des phrases extraites de d�clarations, qui ne suffisent manifestement pas � faire admettre qu'il �tait arbitraire de nier qu'il avait prouv� la v�racit� de ses all�gations et qu'il avait fait tout ce que l'on pouvait attendre de lui pour s'assurer de leur exactitude. Maints extraits de d�clarations qu'il invoque tendent essentiellement � d�montrer que la radio n'a pas pris le parti des opposants � l'ancien r�gime g�nocidaire, non pas, comme l'affirmaient les articles incrimin�s et comme devait le prouver le recourant, que la radio se serait pr�sent�e faussement comme une source d'information neutre. Autant qu'elles ne soient pas post�rieures aux all�gations incrimin�es et, partant, que le recourant pouvait s'en pr�valoir pour apporter la preuve de sa bonne foi, les d�clarations invoqu�es ne prouvent au reste nullement que le recourant aurait consciencieusement v�rifi� les propos qu'il reproduisait. Au demeurant, il n'est pas arbitraire d'accorder cr�dit � certaines d�clarations plut�t qu'� d'autres, si le choix ne repose pas sur des motifs manifestement insoutenables, ce qui, en l'occurrence, n'est pas d�montr�.
Le grief est par cons�quent irrecevable.
3.- Le recourant invoque une violation de la libert� d'expression garantie par l'art. 10 CEDH, faisant valoir que le condamner pour diffamation � raisons des propos qu'il a tenus, en tant que journaliste, n'est pas admissible au regard de la garantie ainsi consacr�e.
Le grief ainsi formul� revient � se plaindre d'une application de l'art. 173 CP incompatible avec la libert� d'expression garantie par l'art. 10 CEDH, soit d'une violation indirecte, et non pas directe, de la garantie de rang constitutionnel invoqu�e. Un tel grief, comme le recourant du reste l'admet, doit �tre soulev� dans un pourvoi en nullit�, non pas dans un recours de droit public; il a d'ailleurs �t� invoqu� et examin� dans le cadre du pourvoi d�pos� parall�lement par le recourant (cf. arr�t 6S.295/2000 consid. 6). Le moyen est par cons�quent irrecevable.
4.- Le recours doit ainsi �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Comme il �tait d�pourvu de chances de succ�s, l'assistance judiciaire doit �tre refus�e (art. 152 al. 1 OJ) et le recourant sera condamn� aux frais (art. 156 al. 1 OJ). Il n'y a pas lieu d'allouer une indemnit� � l'intim�e, qui n'est pas intervenue devant le Tribunal f�d�ral dans la proc�dure de recours de droit public (art. 159 al. 1 OJ).
4. Dit qu'il n'est pas allou� d'indemnit�.
5. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties, au Procureur g�n�ral du canton de Gen�ve et � la Chambre p�nale de la Cour de justice genevoise.
Lausanne, le 1er novembre 2000