Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020204-237266
Timestamp: 2016-10-22 07:24:33+00:00
Document Index: 8336102

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 12", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 25', 'art. 12']

France, Conseil d'État, 04 février 2002, 237266
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 237266Numéro NOR : CETATEXT000008113812 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-02-04;237266 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête et le mémoire complémentaire enregistrés les 13 août et 17 octobre 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés par M. Boujema X..., demeurant ... ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat :
1°) d'annuler le jugement du 30 mai 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 février 2001 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 18 septembre 2000, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 14 septembre 2000 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit : "( ...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ; Considérant, toutefois, que les pièces produites par M. X... sont insuffisantes pour établir qu'il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté de reconduite à la frontière ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait prendre à son encontre cet arrêté sans méconnaître les dispositions précitées ne peut qu'être écarté ;Considérant que si M. X... fait valoir que deux de ses soeurs possèdent la nationalité française et résident en France où il a tissé des liens affectifs, sociaux et professionnels et qu'il s'est associé dans une entreprise créée en 1996, il ressort des pièces du dossier qu'une partie de sa famille réside au Maroc et que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions du séjour de M. X... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 6 février 2001 n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que la circonstance que M. X... a créé une société dans laquelle il a des parts et qui est prête à l'embaucher ne suffit pas à établir qu'en prenant l'arrêté attaqué le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;
Considérant qu'en dehors du cas prévu par l'article L. 911-1 du code de justice administrative dont les conditions d'application ne sont pas remplies en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration ; qu'ainsi les conclusions de M. X... tendant à la régularisation de sa situation administrative ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Boujema X..., au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2001-02-06Code de justice administrative L911-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 04 février 2002, n° 237266Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mlle FombeurOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 04/02/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page