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Timestamp: 2016-09-27 01:54:19+00:00
Document Index: 6956256

Matched Legal Cases: ['art. 24', 'art. 71', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 98', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 296', 'art. 276', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 296', 'art. 9', 'art. 274', 'art. 179', 'art. 273', 'art. 176', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 274', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 274', 'ATF ', 'ATF ', 'in casu', 'art. 274', 'art. 8', 'art. 13', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 274', 'ATF ', 'art. 179', 'art. 179', 'art. 179', 'art. 276', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 229', 'art. 179', 'art. 272', 'art. 229', 'art. 232', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 317', 'art. 317', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 285', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'art. 93', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 276', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 179', 'art. 9', 'art. 179', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 172', 'art. 179', 'art. 134', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 179', 'art. 134', 'art. 134', 'art. 179', 'art. 296', 'ATF ', 'art. 276', 'art. 179', 'art. 134', 'art. 179', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 317', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

5A_745/2015 (15.06.2016)
5A_745/2015, 5A_755/2015 � � Arr�t du 15 juin 2016
5A_745/2015
repr�sent�e par Me Jean-Marc Reymond, avocat,
repr�sent� par Me Julien Fivaz, avocat,
5A_755/2015
du 19 ao�t 2015.
A.________, n� en 1971, et dame A.________, n�e en 1968, tous deux de nationalit� belge, se sont mari�s le 2 septembre 2000 � D.________ (Belgique).
B.________ (2001) et C.________ (2003) sont issues de cette union.
A.________ travaille en Belgique depuis le 1
er�octobre 2013, o� il est �galement domicili� depuis une date ind�termin�e.
B.a.�Le 19 janvier 2011, les parties ont sign� une convention partielle ratifi�e par le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te pour valoir ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale. Cette convention pr�voyait notamment l'attribution du domicile conjugal � dame A.________, l'attribution de la garde des enfants � celle-ci, un droit de visite de A.________ dans un premier temps en pr�sence d'un tiers, puis selon les modalit�s propos�es par le Service de protection de la jeunesse (ci-apr�s: SPJ), la mise en oeuvre d'un mandat d'�valuation confi� au SPJ portant sur les aptitudes �ducatives des parents et sur l'organisation des relations personnelles, et l'engagement des parties � mandater conjointement un p�dopsychiatre ou tout autre professionnel habilit� aux fins d'entreprendre une th�rapie familiale.
La curatelle d'assistance �ducative a �t� instaur�e et confi�e au SPJ en juillet 2011.
Par arr�t du 9 f�vrier 2012, statuant sur renvoi du Tribunal f�d�ral (arr�t 5A_508/2011 du 21 novembre 2011), la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a fix� la contribution d'entretien due par A.________ pour l'entretien de sa famille � 4'325 fr., du 1
er�f�vrier 2011 au 31 mai 2011, puis � 4'390 fr. d�s et y compris le 1
er�juin 2011.
B.b.a.�Le 18 d�cembre 2012, dame A.________ a d�pos� une demande unilat�rale en divorce aupr�s du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te (ci-apr�s: le tribunal).
B.b.b.�Le m�me jour, A.________ a d�pos� une demande en divorce aupr�s du Tribunal de premi�re instance de Bruxelles.
Par jugement du 6 novembre 2013, le Tribunal de premi�re instance de Bruxelles a prononc� le divorce des parties, ordonn� la tenue des op�rations d'inventaire, de comptes de liquidation et de partage du r�gime matrimonial des parties et d�clar� irrecevable l'exception de litispendance soulev�e par dame A.________.
Par arr�t du 2 octobre 2014, la Cour d'appel de Bruxelles a d�clar� non fond�e l'exception de litispendance soulev�e par dame A.________ dans son appel contre le jugement pr�cit�.
Le 11 mars 2015, dame A.________ s'est pourvue en cassation devant la Cour de cassation belge, concluant au renvoi de la cause devant une autre cour d'appel.
C.a.�Parall�lement � cette proc�dure de divorce en Belgique, A.________ a saisi, le 26 d�cembre 2013, le Pr�sident du tribunal d'une requ�te de mesures provisionnelles. Il a conclu notamment � ce que la contribution d'entretien due � chacun de ses enfants soit fix�e � 650 fr., � ce que dame A.________ doive assumer l'int�gralit� des frais et charges relatifs au domicile conjugal, comprenant notamment les imp�ts fonciers, les charges hypoth�caires ainsi que les primes d'assurance conclues en garantie du cr�dit hypoth�caire, � ce qu'elle doive payer imm�diatement en mains de Zurich Assurances les sommes de 20'458 fr. 35, due selon la police d'assurance-vie n� 897.185 et 21'370 fr., due selon la police d'assurance n� 1.414.595, avec int�r�ts de retard en sus, � ce qu'elle lui rembourse toutes sommes pay�es par lui au titre de charges et frais du domicile conjugal, notamment 1'455 fr. pay�s au titre d'imp�t foncier, et � ce qu'une expertise p�dopsychiatrique soit ordonn�e aux fins de d�terminer la cause de la rupture des relations personnelles entre lui et ses enfants et de formuler toutes propositions susceptibles de permettre une reprise de ces relations.
Par acte du 5 mars 2014, puis par proc�d� �crit compl�mentaire du 29 ao�t 2014, dame A.________ a conclu, principalement, � ce que la requ�te soit d�clar�e irrecevable. Subsidiairement, elle a conclu � ce qu'elle soit rejet�e, � ce que l'autorit� parentale lui soit exclusivement attribu�e, � ce que l'exercice du droit de visite soit suspendu, � ce que A.________ soit condamn� � verser, � titre r�troactif sous d�duction des pensions d�j� vers�es, des contributions d'entretien en faveur de sa famille, �chelonn�es de 6'200 fr. � 6'450 fr., du 1
er�f�vrier 2011 au 31 d�cembre 2013, puis de 6'550 fr. d�s le 1
er�janvier 2014, allocations familiales dues en sus, et � ce que A.________ doive payer � titre r�troactif un montant compl�mentaire de 60 fr. par mois d�s le 1
er�f�vrier 2011 si elle �tait condamn�e � prendre en charge la taxe fonci�re dont il �tait d�biteur.
Lors de l'audience du 6 mars 2014, les parties ont convenu de mandater le SPJ pour r��valuer la situation des enfants et de suspendre la proc�dure.
A.________ a requis la reprise de la proc�dure le 6 mai 2014 et le SPJ a rendu son rapport d'�valuation le 21 ao�t 2014. Une audience s'est alors tenue le 9 septembre 2014, au terme de laquelle l'instruction a �t� suspendue dans l'attente de la production de pi�ces et de d�terminations sur le rapport du SPJ par chacune des parties.
C.b.�Le SPJ a rendu plusieurs rapports et bilans dans la cause.
Le 29 ao�t 2013, il a �tabli un bilan p�riodique. Il y a expos� que les enfants voyaient un th�rapeute tous les deux mois. Elles n'avaient pas eu de contacts avec leur p�re, si ce n'est une carte pour leur anniversaire o� il �tait indiqu� qu'elles pouvaient le contacter par courriel. Les enfants ne d�siraient aucun contact avec leur p�re.
Le 21 ao�t 2014, il a d�pos� un rapport d'�valuation dat� du 15 ao�t 2014, lequel comprenait un compte rendu des auditions de chaque membre de la famille ainsi que du psychologue et psychoth�rapeute ayant suivi les enfants. Des auditions des enfants, il ressort que celles-ci refusaient de voir leur p�re, qu'elles craignaient qu'on les y oblige�t, et qu'elles estimaient que leur p�re n'avait pas chang� car il ne s'�tait jamais remis en question. De l'audition de la psychologue et psychoth�rapeute, il ressort que celle-ci estimait qu'une reprise des visites n'�tait pas envisageable car les enfants avaient peur de rencontrer leur p�re, m�me fortuitement, et que cette peur �tait fond�e sur des faits v�cus de violence verbale et physique qui les avait traumatis�es. On ne se trouvait, selon elle, pas dans une situation d'ali�nation parentale puisque c'�tait B.________ qui s'�tait exprim�e, en 2008, au sujet des violences du p�re envers C.________ et des conflits conjugaux avant m�me que la m�re ne pr�t conscience de la gravit� de la situation et demand�t la s�paration, laquelle avait finalement eu lieu en d�cembre 2010. De l'audition de A.________, il ressort qu'il ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas voir ses enfants, qu'il consid�rait que le SPJ n'�tait pas suffisamment comp�tent pour g�rer la situation, qu'il pensait que dame A.________ avait mont� les enfants contre lui et qu'il ne se reconnaissait pas dans les dires des enfants au sujet des maltraitances. Au vu de ces �l�ments, le SPJ a consid�r� que le refus des enfants de voir leur p�re �tait une position r�fl�chie et m�rie en th�rapie, position qu'il lui semblait primordial de suivre. Il a estim�, compte tenu du fait que dame A.________ n'�tait pas oppos�e aux visites, qu'elle n'�tait pas parvenue auparavant � se positionner face � son �poux au vu du traumatisme dont elle souffrait et que c'�tait l'enfant a�n�e qui avait demand� � son p�re de quitter le domicile conjugal, qu'on ne se trouvait pas dans un cas d'ali�nation parentale. Il a en outre consid�r� que les capacit�s parentales de dame A.________ �taient ad�quates alors que celles de A.________ l'" interpell[ait] " vu que celui-ci n'�tait pas concr�tement impliqu� dans la vie de ses filles et qu'il n'avait jamais pris en consid�ration les propos des enfants. Le SPJ �tait d'avis que la curatelle d'assistance �ducative devait �tre maintenue afin de pourvoir suivre l'�volution des enfants.
Le 7 juillet 2015, il a �tabli un bilan p�riodique. Il a indiqu� que des bilans r�guliers avaient lieu avec la m�re et les enfants ainsi qu'avec les th�rapeutes. Il a expos� que les enfants maintenaient fermement leur position de ne pas voir leur p�re. B.________ ne voyait pas la n�cessit� de consulter ce dernier pour les d�cisions importantes la concernant. C.________ avait, quant � elle, exprim� le d�sir que l'autorit� parentale soit confi�e � sa m�re. Le SPJ a pr�cis� qu'il n'avait aucun moyen de joindre A.________, les coordonn�es � sa disposition �tant erron�es.
C.c.�Par ordonnance du 20 mars 2015, la Pr�sidente du tribunal a suspendu tout droit de visite de A.________ sur les enfants et l'a condamn� � contribuer � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 4'950 fr. du 1
er�f�vrier 2011 au 31 mai 2011, de 5'000 fr. du 1er juin 2011 au 31 d�cembre 2013, et de 3'400 fr. d�s le 1
er�janvier 2014, allocations familiales dues en sus et sous d�duction des �ventuels montants d�j� vers�s � ce titre. Elle a rejet� toutes autres ou plus amples conclusions, dont l'attribution exclusive de l'autorit� parentale � dame A.________.
Le 14 avril 2015, dame A.________ a fait notifier par huissier de justice � l'employeur de A.________ une saisie-arr�t conservatoire au sens du droit belge, au titre d'arri�r�s de contributions d'entretien pour la p�riode de janvier 2014 � avril 2015. A la suite de cette saisie, le montant de 8'387 euros 93 en avril 2015 et de 15'483 euros 25 en mai 2015 ont �t� retenus sur le salaire de A.________. Le 4 juin 2015, cette mesure a �t� transform�e en saisie-arr�t ex�cutoire.
Les deux parties ont fait appel de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 20 mars 2015. A.________ a conclu, entre autres, � ce qu'il doive contribuer � l'entretien de chacun de ses enfants par le versement d'une pension mensuelle de 880 fr. du 1
er�octobre 2013 au 31 d�cembre 2014, et de 758 fr. d�s le 1
er�janvier 2015, allocations familiales dues en sus, et � ce qu'une enqu�te p�dopsychiatrique soit ordonn�e aux fins de d�terminer la cause de la rupture des relations personnelles entre le p�re et les enfants et de formuler toutes propositions susceptibles de permettre une reprise de ces derni�res. Dame A.________ a conclu, entre autres, � ce que A.________ doive contribuer � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 5'870 fr. d�s le 1er janvier 2014, puis de 6'100 fr. d�s le 1er janvier 2015, allocations familiales dues en sus, et � ce que l'autorit� parentale lui soit exclusivement attribu�e.
Par arr�t du 19 ao�t 2015, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel de A.________ et partiellement admis celui de dame A.________. En cons�quence, il a r�form� l'ordonnance attaqu�e en ce sens que A.________ contribuera � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 3'815 fr., allocations familiales dues en sus, d�s le 1er janvier 2014. L'ordonnance a �t� confirm�e pour le surplus.
Les deux parties forment un recours en mati�re civile contre cet arr�t devant le Tribunal f�d�ral.
A.________ conclut principalement � sa r�forme en ce sens qu'une expertise p�dopsychiatrique est ordonn�e aux fins de d�terminer la cause de la rupture des relations personnelles entre lui et ses enfants et de formuler toutes propositions susceptibles de permettre une reprise de ces derni�res, et qu'il doit contribuer � l'entretien de chacun de ses enfants par le versement d'une pension mensuelle de 880 fr. allocations familiales non comprises, du 1
er�octobre 2013 au 31 d�cembre 2014, puis de 758 fr. d�s le 1
er�janvier 2015, son obligation �tant cependant suspendue d�s le 1
er�avril 2015 jusqu'� ce qu'il per�oive � nouveau son salaire. Subsidiairement, il conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Dame A.________ conclut principalement � la r�forme de l'arr�t entrepris en ce sens que A.________ doit contribuer � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 5'030 fr. d�s et y compris le 1
er�janvier 2014 puis de 6'090 fr. d�s le 1
er�janvier 2015, allocations familiales dues en sus, et que l'autorit� parentale lui est exclusivement attribu�e. Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
A.________ a requis d'�tre mis au b�n�fice de l'assistance judiciaire.
Invit�s � r�pondre, dame A.________ a conclu au rejet du recours de A.________, alors que celui-ci a conclu de m�me concernant le recours de celle-l�. L'autorit� cantonale s'est pour sa part r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Par acte post� le 4 mai 2016, dame A.________ a r�pliqu�. Par acte du 18 mai 2016, A.________ a dupliqu� et produit le jugement du 21 d�cembre 2015 du Tribunal de premi�re instance de Bruxelles. Par acte du 27 mai 2016, dame A.________ a d�pos� encore une triplique et produit sa requ�te d'appel du 12 mai 2016 aupr�s de la Cour d'appel de Bruxelles.
1.1.�Les recours sont dirig�s contre la m�me d�cision de sorte qu'il convient de joindre les causes, pour des motifs d'�conomie de proc�dure, et de statuer � leur sujet dans un seul arr�t (art. 24 PCF applicable par analogie vu le renvoi de l'art. 71 LTF; ATF 131 V 59 consid. 1).
1.2.�Les recours ont �t� interjet�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF; ATF 133 III 393 consid. 2) par une autorit� cantonale sup�rieure statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte tant sur les contributions d'entretien que sur le droit de visite et l'autorit� parentale, de sorte que l'affaire est, dans son ensemble, de nature non p�cuniaire. Chaque recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3), seule peut �tre invoqu�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (" principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les r�f�rences). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Il doit exister un lien entre la motivation du recours et la d�cision attaqu�e (ATF 134 II 244 consid. 2.3). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 139 II 404 consid. 10.1 et les r�f�rences).
Saisi d'un recours fond� sur l'art. 98 LTF, le Tribunal f�d�ral ne revoit l'application du droit f�d�ral que sous l'angle de l'arbitraire. Une d�cision est arbitraire (art. 9 Cst.) lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut� ou qu'elle heurte d'une mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une solution autre que celle de l'autorit� cantonale semble concevable, voire pr�f�rable (ATF 132 III 209 consid. 2.1). Pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; il faut encore que cette d�cision soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 140 III 16 consid. 2.1, 157 consid. 2.1; 137 I 1 consid. 2.4 et les r�f�rences).
2.2.1.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits constat�s dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Le Tribunal f�d�ral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3 et les r�f�rences); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme ici, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3).
2.2.2.�Aucun fait nouveau ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF). Est en particulier exclue la pr�sentation de vrais faits nouveaux (vrais nova), soit de faits qui se sont produits post�rieurement � la d�cision attaqu�e, dans les proc�dures de recours au Tribunal f�d�ral (ATF 139 III 120 consid. 3.1.2; 133 IV 342 consid. 2.1; arr�t 5A_318/2014 du 2 octobre 2014 consid. 1.3). Il s'ensuit que les pi�ces produites dans la duplique et la triplique sont irrecevables.
Recours de A.________ (5A_755/2015)
Le recourant soul�ve plusieurs griefs � l'encontre du refus d'ordonner une expertise p�dopsychiatrique et de la suspension du droit de visite.
3.1.1.�L'autorit� cantonale a jug� qu'il n'y avait pas lieu de mettre en oeuvre une expertise p�dopsychiatrique �tant donn� que le SPJ avait rendu trois rapports complets, que ce service estimait que les enfants allaient bien et que celles-ci avaient fait part de mani�re r�it�r�e et r�fl�chie de leur volont� ferme de ne pas revoir leur p�re. De plus, il ne ressortait du dossier pas le moindre �l�ment qui laisserait � penser que le p�re se serait remis en question ou aurait tent� de reprendre contact avec les enfants.
3.1.2.1.�Le recourant se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 296 CPC. Il soutient que l'autorit� cantonale s'est exclusivement bas�e sur les d�clarations des enfants pour lui refuser son droit de visite alors qu'il est n�cessaire de mettre en oeuvre une expertise p�dopsychiatrique pour d�terminer les r�elles motivations des enfants. Il affirme �galement qu'une telle expertise peut �tre mise en oeuvre dans le cadre d'une proc�dure sommaire et qu'il a �t� priv� d'un moyen de preuve.
3.1.2.2.�Les mesures provisionnelles, comme les mesures protectrices de l'union conjugale dont les dispositions s'appliquent par analogie (art. 276 al. 1 2
�me�phr. CPC), sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire avec limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance. Il n'y a pas de violation du droit � la preuve (art. 29 al. 2 Cst.) lorsque le juge parvient � se former une conviction de la vraisemblance des faits en se fondant sur les preuves administr�es (arr�ts 5A_1025/2015 du 4 avril 2016 consid. 4.2; 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 1.3). Il suffit donc que les faits soient rendus plausibles. Dans cette proc�dure, il s'agit d'am�nager le plus rapidement possible une situation optimale pour les enfants. De longs �claircissements, notamment par expertise, ne sauraient �tre la r�gle, m�me dans les cas litigieux; ils ne doivent �tre ordonn�s que dans des circonstances particuli�res (abus sexuels sur les enfants, par exemple). Le sort des enfants est r�gi par la libert� de la preuve. L'expertise p�dopsychologique est l'une des mesures d'instruction que le tribunal peut, mais ne doit pas, ordonner dans les affaires concernant les enfants r�gies par la maxime d'office; la d�cision sur ce point rel�ve de son pouvoir d'appr�ciation. Dans la mesure o� le tribunal peut d�j� se forger son opinion sur la base des preuves administr�es, son refus d'administrer encore d'autres preuves requises ne viole ni le droit � la preuve (art. 29 al. 2 Cst.) ni la maxime inquisitoire (arr�t 5A_265/2015 du 22 septembre 2015 consid. 2.2.2 et les r�f�rences). Le Tribunal f�d�ral contr�le l'appr�ciation anticip�e des preuves sous l'angle de l'arbitraire (ATF 131 I 153 consid. 3; 130 II 425 consid. 2.1).
3.1.2.3.�En l'esp�ce, l'autorit� pr�c�dente a proc�d� � une appr�ciation des preuves disponibles et a jug� que l'expertise requise n'�tait pas pertinente pour l'issue du litige compte tenu des rapports du SPJ. De nature essentiellement appellatoire, les critiques que le recourant forme � cet �gard ne permettent pas de retenir que l'autorit� cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en consid�rant qu'elle �tait suffisamment renseign�e sur l'int�r�t des enfants � renouer des liens avec lui. Il se borne en effet � exposer son point de vue selon lequel une expertise serait n�cessaire.
Ainsi, les griefs de violation du droit d'�tre entendu et d'arbitraire dans l'application de l'art. 296 CPC doivent �tre d�clar�s irrecevables.
3.2.1.�L'autorit� cantonale a retenu que les enfants, �g�es l'une de 14 ans et l'autre de 12 ans, avaient fait part de fa�on r�it�r�e au SPJ de leur volont� ferme de ne pas revoir leur p�re, et que ce service, qui avait p�riodiquement rencontr� les enfants, avait estim� que celles-ci ne souffraient d'aucun syndrome d'ali�nation parentale, que leur refus proc�dait d'une m�re r�flexion, et que le recourant n'avait jamais pris en consid�ration les d�clarations de ses filles et n'avait entrepris aucune d�marche pour renouer une relation avec elles. Sur la base de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a jug� que les enfants avaient fait part de leur volont� claire � ce sujet, que leur int�r�t ne r�sidait pas dans une reprise forc�e des relations personnelles avec leur p�re, et qu'on ne voyait pas le moindre �l�ment au dossier qui permettrait de retenir que le recourant s'�tait remis en question ou avait tent� de reprendre contact avec ses filles. Elle a donc confirm� la suspension du droit de visite.
3.2.2.1.�Le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 274 al. 2 CC. Il soutient que l'autorit� cantonale a motiv� sa d�cision en se fondant uniquement sur des rapports du SPJ et les propos des enfants alors que les d�clarations de celles-ci auraient d� �tre appr�ci�es avec la plus grande retenue, sauf � admettre qu'il suffise qu'un enfant refuse de voir son p�re pour que tout droit aux relations personnelles soit supprim�. Il ajoute qu'on ne voit pas en quoi l'exercice des relations personnelles compromettrait le d�veloppement des enfants, qu'il avait entrepris de nombreuses d�marches afin de renouer avec celles-ci, que c'est l'intim�e qui a refus� qu'il v�t les enfants, et qu'il avait fourni des coordonn�es exactes au SPJ mais que ce service ne l'avait jamais contact�.
3.2.2.2.�Les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur m�me au-del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce. Pour modifier la r�glementation du droit de visite (art. 179 al. 1 2
�me�phr.�
cum�134 al. 2 et 273 s. CC), il faut que le pronostic du juge sur les effets des relations personnelles entre le parent auquel la garde n'a pas �t� confi�e et l'enfant se r�v�le erron� et que le maintien de la r�glementation pr�c�demment ordonn�e risque de porter atteinte au bien de l'enfant. Ainsi, il faut surtout garder � l'esprit que le fait nouveau est important et suffisant pour modifier le jugement lorsqu'un tel changement appara�t comme n�cessaire pour r�pondre au bien de l'enfant (arr�t 5A_866/2013 du 16 avril 2014 consid. 3.1 et les r�f�rences).
En vertu de l'art. 273 al. 1 CC, auquel renvoie l'art. 176 al. 3 CC, le p�re ou la m�re qui ne d�tient pas l'autorit� parentale ou la garde ainsi que l'enfant mineur ont r�ciproquement le droit d'entretenir les relations personnelles indiqu�es par les circonstances. Le droit aux relations personnelles est consid�r� comme un droit de la personnalit� de l'enfant qui doit servir en premier lieu l'int�r�t de celui-ci (ATF 131 III 209 consid. 2; 127 III 295 consid. 4a; 123 III 445 consid. 3b); dans chaque cas, la d�cision doit donc �tre prise de mani�re � r�pondre le mieux possible � ses besoins (ATF 117 II 353 consid. 3; 115 II 206 consid. 4a et 317 consid. 2), l'int�r�t des parents �tant rel�gu� � l'arri�re-plan (ATF 130 III 585 consid. 2.2.1 et les r�f�rences).
Si les relations personnelles compromettent le d�veloppement de l'enfant, si les p�re et m�re qui les entretiennent violent leurs obligations, s'ils ne se sont pas souci�s s�rieusement de l'enfant ou s'il existe d'autres justes motifs, le droit d'entretenir ces relations peut leur �tre retir� ou refus� (art. 274 al. 2 CC). Il y a danger pour le bien de l'enfant si son d�veloppement physique, moral et psychique est menac� par la pr�sence m�me limit�e du parent non gardien (ATF 122 III 404 consid. 3b).
Une limitation des relations personnelles doit respecter le principe de la proportionnalit�. Le retrait du droit � des relations personnelles constitue l'�
ultima ratioet ne peut �tre ordonn� dans l'int�r�t de l'enfant que si les effets n�gatifs des relations personnelles ne peuvent �tre maintenus dans des limites supportables pour l'enfant. En revanche, si le risque engendr� pour l'enfant par les relations personnelles peut �tre limit� gr�ce � la pr�sence d'un tiers, le droit de la personnalit� du parent non gardien, le principe de la proportionnalit� et le sens des relations personnelles interdisent la suppression compl�te de ce droit (ATF 122 III 404 consid. 3b; arr�t 5A_200/2015 du 22 septembre 2015 consid. 7.2.3.1 et les autres r�f�rences, publi�
in�FamPra.ch 2016 p. 302).
Le refus de l'enfant d'entretenir des relations personnelles avec le parent non gardien peut trouver sa cause dans l'une des hypoth�ses de l'art. 274 al. 2 CC ou constituer un juste motif. Pour appr�cier le poids qu'il convient d'accorder � l'avis de l'enfant, son �ge et sa capacit� � se forger une volont� autonome, ce qui est en r�gle g�n�rale le cas aux alentours de 12 ans r�volus, ainsi que la constance de son avis, sont centraux, m�me s'il s'agit d'un crit�re parmi d'autres. Admettre le contraire reviendrait � mettre la volont� de l'enfant sur un pied d'�galit� avec son bien, alors que ces deux notions peuvent �tre antinomiques. Pour les enfants plus �g�s, une volont� constante et fermement exprim�e est cependant � consid�rer au premier plan (arr�ts 5A_200/2015 pr�cit�; 5A_719/2013 du 17 octobre 2014 consid. 4.4; 5A_107/2007 du 16 novembre 2007 consid. 3.2, publi�
in�FamPra.ch 2008 p. 429).
Lorsque l'enfant adopte une attitude d�fensive envers le parent qui n'en a pas la garde, il faut, dans chaque cas particulier, d�terminer les motivations qu'a l'enfant et si l'exercice du droit de visite risque r�ellement de porter atteinte � son int�r�t. Il est en effet unanimement reconnu que le rapport de l'enfant avec ses deux parents est essentiel et peut jouer un r�le d�cisif dans le processus de sa recherche d'identit� (ATF 130 III 585 consid. 2.2.2; 127 III 295 consid. 4a et les r�f�rences). Il demeure toutefois que, si un enfant capable de discernement refuse de mani�re cat�gorique et r�p�t�e, sur le vu de ses propres exp�riences (ATF 126 III 219 consid. 2b [�
in casu�: violences]), d'avoir des contacts avec l'un de ses parents, il faut les refuser en raison du bien de l'enfant; en effet, face � une forte opposition, un contact forc� est incompatible avec le but des relations personnelles ainsi qu'avec les droits de la personnalit� de l'enfant (arr�ts 5A_459/2015 du 13 ao�t 2015 consid. 6.2.2; 5C.250/2005 du 3 janvier 2006 consid. 3.2.1, publi�
in�FamPra.ch 2006 p. 751).
3.2.2.3.�En l'esp�ce, les enfants sont �g�es l'une de 14 ans et l'autre de 12 ans. Elles ont refus� de mani�re r�p�t�e de rencontrer leur p�re, refus qu'elles ont expliqu� en raison des violences physiques et psychiques qu'elles ont subies de sa part, et qui s'est traduit par la rupture de tout contact avec lui depuis plusieurs ann�es. Elles ont �t� suivies par un psychologue qui a pu �tablir qu'elles ne souffraient d'aucun syndrome d'ali�nation parentale mais que la perspective d'entretenir des relations personnelles avec leur p�re �tait une source importante d'angoisses. Dans de telles circonstances, c'est sans arbitraire que l'autorit� cantonale a jug� qu'il fallait tenir compte de la r�solution ferme et r�fl�chie des enfants et qu'on ne pouvait pas leur imposer de voir leur p�re si elles ne le d�siraient pas. Par ailleurs, on ne voit pas en quoi un quelconque am�nagement de l'exercice du droit de visite pourrait am�liorer la qualit� des relations entre le recourant et ses filles. Au demeurant, au vu de l'attitude du recourant, qui ne s'est en rien investi pour ses enfants, sa critique selon laquelle il appartenait aux juges de prendre des mesures en ce sens n'est pas convaincante. Ses affirmations selon lesquelles l'appr�ciation de son attitude serait erron�e �tant donn� qu'il a envoy� des cartes d'anniversaire et engag� des proc�dures ne sont � l'�vidence pas de nature � d�montrer sa prise de conscience quant aux besoins et au ressenti de ses enfants.
Il suit de l� que le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 274 al. 2 CC doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
3.3.1.�Le recourant soutient encore, en invoquant la violation des art. 8 � 1 CEDH et 13 al. 1 Cst., que, pour statuer sur le droit de visite, l'autorit� cantonale s'est content�e d'une simple audition des enfants par un employ� du SPJ et de rapports d'anciens intervenants qui n'ont jamais �t� entendus durant la proc�dure. Il soutient qu'aucune solution n'a �t� propos�e ou tent�e par le SPJ ou par les premiers juges pour comprendre et modifier la situation, alors qu'on ne peut retenir la moindre faute � son �gard sur ce point.
3.3.2.�L'art. 13 al. 1 Cst., qui accorde dans le domaine du droit de garde et de visite une protection qui correspond mat�riellement � celle de l'art. 8 � 1 CEDH (ATF 129 II 215 consid. 4.2; 126 II 377 consid. 7), garantit notamment le droit au respect de la vie familiale. La cour de c�ans n'est tenue d'examiner le moyen tir� de la violation de cette norme constitutionnelle que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise (art. 106 al. 2 LTF; cf.�
3.3.3.�En l'esp�ce, le grief du recourant doit �tre d�clar� irrecevable: bien qu'il invoque la violation des normes pr�cit�es, il s'en prend en r�alit� � la force probante des rapports du SPJ par une argumentation purement appellatoire. En outre il n'explique pas, m�me succinctement, en quoi ces dispositions auraient, dans ce contexte, une port�e propre par rapport au grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 274 CC qu'il a pr�c�demment soulev� (ATF 133 III 585 consid. 3.4; arr�t 5A_345/2014 du 4 ao�t 2014 consid. 4.1).
Sous le titre g�n�ral d' " arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC " et de " m�thode de calcul des contributions d'entretien ", le recourant soul�ve plusieurs griefs en lien avec le montant de la contribution d'entretien due � sa famille: l'�tablissement erron� du montant de l'imp�t � la source, le fait que l'autorit� cantonale n'a pas pris en compte la chute du taux de l'euro par rapport au franc suisse et sa saisie de salaire, et, enfin, l'application de la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent au lieu de celle des pourcentages.
4.1.1.�Les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur m�me au-del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce. Une fois ordonn�es, elles ne peuvent �tre modifi�es par le juge des mesures provisionnelles qu'aux conditions de l'art. 179 CC (arr�ts 5A_131/2014 du 27 mai 2014 consid. 2.1; 5A_933/2012 du 17 mai 2013 consid. 5.2). La modification des mesures provisoires ne peut �tre obtenue que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, ou encore si le juge s'est fond� sur des faits qui se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vu (art. 179 al. 1 CC, applicable par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC). Une modification peut �galement �tre demand�e si la d�cision de mesures protectrices est apparue plus tard injustifi�e parce que le juge appel� � statuer n'a pas eu connaissance de faits importants. En revanche, les parties ne peuvent pas invoquer, pour fonder leur requ�te en modification, une mauvaise appr�ciation des circonstances initiales, que le motif rel�ve du droit ou de l'�tablissement des faits all�gu�s sur la base des preuves d�j� offertes; pour faire valoir de tels motifs, seules les voies de recours sont ouvertes, car la proc�dure de modification n'a pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 141 III 376 consid. 3.3.1; 129 III 60 consid. 2; arr�ts 5A_155/2015 du 18 juin 2015 consid. 3.1 et les r�f�rences; 5A_501/2015 du 12 janvier 2016 consid. 2 et les r�f�rences).
Lorsque la modification de la contribution d'entretien est requise et que le juge admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, il doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent et litigieux devant lui (ATF 138 III 289 consid. 11.1.1; 137 III 604 consid. 4.1.2; arr�t 5A_937/2014 du 26 mai 2015 consid. 4 et les autres r�f�rences). En ce qui concerne la modification de la contribution d'entretien due � un enfant, la survenance d'un fait nouveau - important et durable - n'entra�ne toutefois pas automatiquement une modification de la contribution d'entretien. Ce n'est que si la charge d'entretien devient d�s�quilibr�e entre les deux parents, au vu des circonstances prises en compte dans le jugement pr�c�dent, en particulier si cette charge devient excessivement lourde pour le parent d�birentier qui aurait une condition modeste, qu'une modification de la contribution peut entrer en consid�ration (ATF 134 III 337 consid. 2.2.2). Le juge ne peut donc pas se limiter � constater une modification dans la situation d'un des parents pour admettre la demande; il doit proc�der � une pes�e des int�r�ts respectifs de l'enfant et de chacun des parents pour juger de la n�cessit� de modifier la contribution d'entretien dans le cas concret (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1).
4.1.2.�En l'esp�ce, il n'est pas contest� que le fait nouveau qui a justifi� d'entrer en mati�re sur la requ�te de modification des mesures protectrices de l'union conjugale est le fait que A.________ d�ploie son activit� lucrative exclusivement en Belgique depuis le 1
4.2.1.�L'autorit� cantonale a retenu que, depuis le 1
er�octobre 2013, le recourant �tait soumis par l'Etat belge � l'imp�t sur le revenu fond� sur le syst�me de l'imp�t � la source calcul� sur la base du revenu brut et tenant compte de la situation familiale du contribuable. Se basant sur les d�veloppements du premier juge, elle a retenu un montant d'imp�t repr�sentant 21,72% du salaire brut du recourant, calcul� � l'aide d'un outil de simulation disponible sur le site Internet europa.eu. Pour justifier ce pourcentage, elle a jug� que le recourant, qui faisait valoir un imp�t repr�sentant 36,65% de son salaire brut annuel, n'avait d�montr� ni qu'il avait indiqu� sa situation familiale aux autorit�s belges, ni que celles-ci avaient pris en compte cette situation. Selon l'autorit� cantonale, le recourant n'avait donc pas �tabli qu'il avait tout mis en oeuvre pour b�n�ficier des d�ductions autoris�es.
4.2.2.�En l'esp�ce, la question litigieuse, soit le montant de l'imp�t, rel�ve des faits. Pour obtenir la r�forme de l'arr�t attaqu�, le recourant doit donc en d�montrer l'�tablissement arbitraire (art. 9 Cst.; cf.�
supra�consid. 2.2). Or, se bornant au demeurant � invoquer l'arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC, le recourant pr�tend qu'il faut prendre en compte l'int�gralit� des montants pr�lev�s sur son salaire et qu'on ne peut pas appliquer un r�gime diff�rent � chacune des parties; par cette argumentation, il ne s'attaque pas au motif de l'arr�t attaqu� selon lequel il n'a pas d�montr� avoir pris les mesures n�cessaires pour obtenir une r�duction de ses imp�ts. En tant qu'il soutient qu'il a d�pos� sa d�claration fiscale 2014 avant l'�ch�ance du d�lai imparti le 26 juin 2015 et qu'on ne peut lui reprocher de n'avoir pas produit une d�cision de taxation qui n'a pas encore �t� rendue par les autorit�s belges, cette argumentation est incompr�hensible: on ne saisit pas en quoi celle-ci lui permet de d�montrer qu'il aurait annonc� sa situation familiale aux autorit�s fiscales belges et que cette situation ne r�duirait pas le montant de l'imp�t.
Il s'ensuit que la critique du recourant est irrecevable.
4.3.1.�L'autorit� cantonale a rejet� la critique du recourant selon laquelle la contribution d'entretien devait �tre r�duite en raison de l'abolition du taux plancher de 1 fr. 20 pour 1 euro le 15 janvier 2015. Premi�rement, elle a jug� que le recourant aurait d� invoquer ce fait nouveau d�j� en premi�re instance. Deuxi�mement, elle a jug� que la baisse de l'euro ne constituait pas une circonstance impr�visible, durable et notable justifiant une modification des contributions d'entretien. Troisi�mement, elle a consid�r� que, au vu des revenus cons�quents du recourant et de son niveau de vie �lev�, lequel se manifestait notamment dans l'appartement luxueux qu'il louait dans une banlieue hupp�e de Bruxelles au prix de 2'150 euros par mois, alors que le loyer moyen d'un appartement de m�me taille �tait de 1'117 euros dans la r�gion, le recourant �tait en mesure de continuer � s'acquitter de la contribution d'entretien.
4.3.2.1.�Le recourant soutient que l'audience de mesures provisionnelles s'est tenue le 9 septembre 2014, alors que l'abolition du taux plancher n'avait pas encore eu lieu, de sorte que l'instruction �tait close � l'issue des plaidoiries et qu'il a respect� les art. 229 et 317 CPC en invoquant ce fait dans son appel le 2 avril 2015. Il ajoute que, dans tous les cas, il s'agit d'un fait notoire, qui entra�ne une baisse importante et durable de son salaire, soit de 15%.
4.3.2.2.�L'intim�e reprend les arguments de l'autorit� cantonale, en avan�ant que le recourant a all�gu� tardivement le fait nouveau. Elle ajoute que l'abolition du taux plancher n'est pas une circonstance nouvelle au sens de l'art. 179 CC.
4.3.2.3.�La maxime inquisitoire s'applique � la proc�dure de mesures provisionnelles ordonn�es lors d'un divorce (art. 272 CPC). Dans un tel cas, le juge admet des faits nouveaux jusqu'aux d�lib�rations (art. 229 al. 3 CPC). Pour les juridictions fonctionnant avec un juge unique, la d�lib�ration correspond au moment de la prise de d�cision, activit� purement intellectuelle et qui ne s'ext�riorise d'aucune mani�re. Dans ce cas, la phase de prise de d�cision commence d�s la cl�ture des d�bats principaux, soit � la fin des plaidoiries orales, lorsqu'il y en a, ou � l'�ch�ance du d�lai, le cas �ch�ant prolong�, pour d�poser des plaidoiries �crites selon l'art. 232 al. 2 CPC (ATF 138 III 788 consid. 4.2; arr�t 5A_445/2014 du 28 ao�t 2014 consid. 2.1).
Le taux de conversion des monnaies est un fait notoire, qui ne doit �tre ni all�gu� ni prouv�. Il peut notamment �tre contr�l� par chacun sur Internet, qui permet d'acc�der rapidement au taux de conversion en vigueur � une date donn�e (ATF 137 III 623 consid. 3; 135 III 88 consid. 4.1).
4.3.2.4.�En l'esp�ce, le juge de premi�re instance devait prendre en consid�ration les faits nouveaux jusqu'au moment de statuer. Le taux de conversion de l'euro �tant un fait notoire, les parties n'avait ni � l'all�guer ni � le prouver. Par ailleurs, comme dit pr�c�demment, lorsque le juge admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, il doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent et litigieux devant lui (cf.�
supra�consid. 4.1.1). D�s lors, contrairement � ce qu'a retenu l'autorit� cantonale, la question de l'ampleur de la modification du taux de conversion n'est pas pertinente; cette modification doit �tre prise en compte pour actualiser les param�tres de calcul de la pension. En ne suivant pas ces principes, l'autorit� cantonale a viol� l'art. 9 Cst.
Le grief doit donc �tre admis et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle actualise le taux de conversion. Apr�s s'�tre conform�e � ce consid�rant, ainsi qu'aux autres pour lesquels la cause lui est �galement renvoy�e, il lui appartiendra de proc�der � une appr�ciation globale de la situation des parties pour d�cider si les pensions initiales doivent effectivement �tre modifi�es (cf.�
supra�consid. 4.1.1).
4.4.1.�S'agissant de la saisie de salaire dont le recourant fait l'objet suite � la requ�te de l'intim�e, l'autorit� cantonale a jug� qu'elle n'avait pas � en tenir compte et que, au demeurant, le recourant ne pr�tendait pas que cette saisie aurait �t� prononc�e � tort. Elle a ajout� qu'en droit suisse, un avis au d�biteur est sans cons�quence sur l'existence de l'obligation d'entretien.
4.4.2.1.�Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC et de la violation du droit d'�tre entendu au motif que l'autorit� cantonale n'aurait pas saisi son argumentation et n'en aurait d�s lors pas trait�. Il souligne qu'il a toujours relev� la distinction entre le r�le du juge de l'ex�cution et celui du juge du fond et qu'il " sollicite la suspension du versement de toutes pensions d�s lors que, selon l'issue du pr�sent litige, il sera admis qu'aucun arri�r� de pension n'est d� et ainsi que les montants actuellement vers�s par retenues sur le salaire constituent en r�alit� le versement de pensions ". Le recourant se plaint encore de la violation de l'art. 317 al. 2 CPC.
4.4.2.2.�En tant que le recourant se plaint de la violation de l'art. 317 al. 2 CPC, son grief, qui n'est pas de nature constitutionnelle, est irrecevable. Dans tous les cas, la critique n'est pas pertinente: l'autorit� cantonale a seulement relev� que la recevabilit� de la requ�te tendant � constater, � titre de mesure provisionnelle, la saisie de salaire �tait discutable mais est n�anmoins entr�e en mati�re. En tant que le recourant se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu, sa critique doit �tre rejet�e: l'autorit� cantonale a motiv� sa d�cision sur le vu du grief soulev� par le recourant. Pour le reste, la motivation de l'autorit� cantonale selon laquelle la mesure d'ex�cution du jugement condamnant le recourant au paiement de contributions d'entretien ne constitue pas un motif pour modifier celles-ci n'appara�t pas arbitraire. A supposer que, par sa critique, le recourant soutiendrait le contraire, son grief doit �tre rejet�. En effet, il n'expose pas le contenu du droit belge sur les possibilit�s du d�biteur de faire modifier une saisie de salaire.
Les griefs doivent donc �tre rejet�s, dans la mesure de leur recevabilit�.
4.5.1.�S'agissant de la m�thode de calcul de la contribution d'entretien, l'autorit� cantonale a jug� qu'il n'y avait pas lieu de s'�carter de celle du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent utilis�e dans la d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale au motif que le recourant n'avait pas remis en cause cette m�thode et que, en 2012 d�j�, la reprise de la vie commune semblait impossible.
4.5.2.1.�Le recourant soutient qu'� l'�poque du prononc� des mesures protectrices de l'union conjugale, les �poux venaient de se s�parer et que la situation s'est consid�rablement modifi�e � cet �gard vu qu'il n'y a maintenant plus d'espoir de reprise de la vie commune. Il affirme que d�sormais les crit�res applicables � l'entretien apr�s divorce gagnent en importance, de sorte que, l'intim�e disposant d'une pleine ind�pendance �conomique, elle ne peut plus pr�tendre � une pension pour elle-m�me. Il ajoute que son salaire doit �tre qualifi� de moyen, de sorte que la m�thode des pourcentages pour calculer la contribution d'entretien due aux enfants est ad�quate, contrairement � celle du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Il ajoute enfin que, son droit de visite �tant suspendu, on ne peut maintenir d'obligation d'entretien � sa charge.
4.5.2.2.�En mati�re de mesures provisionnelles durant la proc�dure de divorce, la rupture d�finitive du lien conjugal est � ce stade tr�s vraisemblable (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). En cons�quence, le but de l'ind�pendance financi�re des �poux, notamment de celui qui, jusqu'ici, n'exer�ait pas d'activit� lucrative, ou seulement � temps partiel, gagne en importance (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'arr�t paru aux ATF 128 III 65). Le juge doit par cons�quent inclure, dans le cadre de l'art. 163 CC qui demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux, les crit�res valables pour l'entretien apr�s le divorce (art. 125 CC) et examiner si, et dans quelle mesure, on peut attendre de l'�poux d�sormais d�charg� de son obligation de tenir le m�nage qu'il investisse d'une autre mani�re sa force de travail ainsi lib�r�e et reprenne ou �tende son activit� lucrative (arr�t 5A_298/2015 du 30 septembre 2015 consid. 3.1). La prise en consid�ration des crit�res applicables � l'entretien apr�s divorce ne signifie pas que le juge des mesures provisionnelles puisse trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint. Ainsi, il ne saurait refuser � un conjoint une contribution au seul motif que le mariage n'a pas eu d'impact sur la vie de ce dernier (ATF 137 III 385 consid. 3.1; arr�ts 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1, publi�
in�FamPra.ch 2011 p. 993; 5A_591/2011 du 7 d�cembre 2011 consid. 4.1.1; 5A_522/2011 du 18 janvier 2012 consid. 4.1). Le principe du�
clean break�ne joue par cons�quent pas de r�le dans le cadre des mesures provisionnelles (cf. arr�t 5A_1008/2015 du 21 avril 2016 consid. 3.3.1 et 3.4.1).
La contribution d'entretien due � un enfant (art. 285 al. 1 CC) doit correspondre � ses besoins ainsi qu'� la situation et aux ressources des p�re et m�re, compte tenu de la fortune et des revenus de l'enfant ainsi que de la participation de celui des parents qui n'a pas la garde de l'enfant � la prise en charge de ce dernier (arr�t 5A_11/2014 du 3 juillet 2014 consid. 4.3.1.1�
in fine). Sauf abus de droit, l'absence de relations personnelles avec l'enfant ne justifie pas qu'on modifie la contribution d'entretien qui lui est due (ATF 120 II 177 consid. 3 et 4).
La loi ne prescrit pas de m�thode de calcul particuli�re pour arr�ter la contribution d'entretien (ATF 128 III 411 consid. 3.2.2); sa fixation rel�ve de l'appr�ciation du juge, qui applique les r�gles du droit et de l'�quit� (art. 4 CC; ATF 127 III 136 consid. 3a). L'une des m�thodes pr�conis�es par la doctrine, qui est consid�r�e comme conforme au droit f�d�ral, en pr�sence de revenus moyens (arr�t 5A_287/2012 du 14 ao�t 2012 consid. 3.2.3), est celle dite du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Selon cette m�thode, lorsque le revenu total des conjoints d�passe leur minimum vital de base du droit des poursuites (art. 93 LP), auquel sont ajout�es les d�penses non strictement n�cessaires, l'exc�dent est en r�gle g�n�rale r�parti par moiti� entre eux (ATF 114 II 26), � moins que l'un des �poux ne doive subvenir aux besoins d'enfants mineurs communs (ATF 126 III 8 consid. 3c et les r�f�rences) ou que des circonstances importantes ne justifient de s'en �carter (ATF 119 II 314 consid. 4b/bb).
S'agissant sp�cifiquement de la contribution d'entretien due aux enfants, une autre m�thode de calcul � laquelle le juge peut se r�f�rer est celle dite abstraite. Cette m�thode consiste, �galement en pr�sence de revenus moyens, � calculer la contribution sur la base d'un pourcentage de ce revenu - 15 � 17% pour un enfant, 25 � 27% pour deux enfants, 30 � 35% pour trois enfants, en vertu des art. 276 et 285 CC. Il s'agit d'un taux approximatif qui doit �tre pond�r� au vu des circonstances, selon l'�quit� (ATF 107 II 406 consid. 2c). La pension fix�e de cette mani�re doit toutefois rester en rapport avec le niveau de vie et la capacit� contributive du d�biteur, de sorte que le minimum vital du d�birentier ne doit pas �tre entam� (ATF 135 III 66 consid. 4; 116 II 110 consid. 3; arr�ts 5A_84/2007 du 18 septembre 2007 consid. 5.1; 5A_178/2008 du 23 avril 2008 consid. 3.3, publi�
in�FamPra.ch 2008 p. 988).
4.5.2.3.�En l'esp�ce, par son argumentation, le recourant ne d�montre pas l'arbitraire de la d�cision: en tant qu'il soutient que la rupture est nouvellement devenue irr�m�diable, ce fait n'a pas d'influence sur la m�thode de calcul de la contribution d'entretien mais seulement sur la question de savoir si le juge doit, ou non, prendre en consid�ration les crit�res valables pour l'entretien apr�s divorce. En tant qu'il se borne � soutenir que l'intim�e poss�de une pleine ind�pendance �conomique, sans aucune argumentation chiffr�e, il pr�sente une critique appellatoire. Pour le reste, le recourant pr�tend lui-m�me que ses revenus sont moyens. Or, c'est pr�cis�ment � ce type de revenus que la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent est adapt�e. Son application par l'autorit� cantonale ne saurait d�s lors �tre tax�e d'arbitraire. Par ailleurs, se bornant � r�clamer une autre m�thode de calcul que celle retenue par la cour cantonale, il ne pr�tend pas,�
a fortiori�ne d�montre pas, que le montant fix� en faveur des enfants serait manifestement in�quitable. En tant qu'il soutient que la suspension du droit de visite influence la contribution d'entretien due aux enfants, la jurisprudence consacre la r�gle contraire, sauf abus de droit que le recourant ne d�montre pas.
Pour ces motifs, le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC quant � la m�thode de calcul de la contribution d'entretien due � la famille doit �tre rejet�, dans la faible mesure de sa recevabilit�.
Cela �tant, il sied de rappeler, � l'attention de l'autorit� cantonale � qui la cause est renvoy�e (cf.�
supra�consid. 4.3.2.4 et�
infra�consid. 5.2.3, 9.2.4 et 11.2.3), que la possibilit� de fixer une contribution de mani�re globale pour l'ensemble de la famille ne ressort pas de la loi et que le juge doit fixer de mani�re diff�renci�e la pension due � l'�pouse et celle due aux enfants (arr�ts 5A_874/2015 du 2 mars 2016 consid. 3; 5A_743/2012 du 6 mars 2013 consid. 6.2.2).
Le recourant se plaint ensuite d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 179 CC en tant que l'autorit� cantonale a admis un effet r�troactif � la modification des mesures provisionnelles jusqu'au 1
er�f�vrier 2011.
5.1.�L'autorit� cantonale a relev� que le premier juge avait constat� que, contrairement � ce qu'il avait pr�tendu, le recourant n'assumait aucun des frais li�s � ses d�placements entre la Suisse et la Belgique, retenus pourtant � hauteur de 500 fr. dans l'arr�t du 9 f�vrier 2012, et qu'il n'avait finalement pas exerc� son droit de visite. L'autorit� cantonale a jug� que, dans la mesure o� elle n'avait pas pu tenir compte, dans son arr�t du 9 f�vrier 2012, de ces circonstances importantes relatives � la situation financi�re du recourant, il y avait lieu de proc�der � une correction r�troactive. Elle a d�s lors confirm� le jugement de premi�re instance en tant qu'il modifiait la pension due � la famille d�s le 1
5.2.1.�Le recourant soutient que la r�troactivit� de l'obligation d'entretien ne peut avoir lieu jusqu'� la date du d�p�t de la requ�te de modification, sauf � violer la r�gle selon laquelle la proc�dure de modification n'est pas une voie de recours. Selon lui, c'est donc de mani�re insoutenable que l'effet r�troactif a �t� accord� au-del� du 5 mars 2014, date � laquelle l'intim�e a d�pos� ses conclusions reconventionnelles dans la proc�dure de modification des mesures provisionnelles. Il pr�cise qu'aucune circonstance exceptionnelle justifiant le contraire n'est r�alis�e. Le recourant affirme aussi que l'intim�e ne pouvait pas invoquer l'absence des frais pr�cit�s (d�placements, garde) pour fonder sa requ�te en modification " puisque ceux-ci rel�vent du droit ou de l'�tablissement des faits all�gu�s durant la premi�re proc�dure de 2011 sur la base des preuves d�j� offertes ". Il ajoute que les frais de transport avaient fait l'objet d'une instruction en 2011 et 2012 et qu'il n'est pas responsable du fait que le droit de visite ne peut pas �tre exerc�.
5.2.2.�L'intim�e soutient qu'une modification r�troactive des pensions est possible si des circonstances exceptionnelles le justifient. Selon elle, tel est le cas en l'esp�ce au vu des faits qui se sont r�v�l�s faux par tromperie des autorit�s pr�c�dentes.
5.2.3.�La d�cision de modification des mesures protectrices ou provisoires ne d�ploie en principe ses effets que pour le futur, l'ancienne r�glementation restant valable jusqu'� l'entr�e en force formelle du nouveau prononc�. En mati�re de contributions d'entretien, la modification peut aussi prendre effet - au plus t�t - au moment du d�p�t de la requ�te (ou � une date ult�rieure), l'octroi d'un tel effet r�troactif relevant toutefois de l'appr�ciation du juge. Seuls des motifs tr�s particuliers peuvent justifier une r�troactivit� dans une plus large mesure, par exemple un comportement contraire � la bonne foi d'une partie (ATF 111 II 103 consid. 4; arr�t 5A_501/2015 du 12 janvier 2016 consid. 4.1 et les r�f�rences).
5.2.4.�En l'esp�ce, la d�cision de mesures provisionnelles du 9 f�vrier 2012, rendue suite au renvoi de la cause par le Tribunal f�d�ral (cf.�
supra�B.a), condamnait le recourant au paiement d'une contribution d'entretien en faveur de sa famille de 4'325 fr. d�s le 1
er�f�vrier 2011 puis de 4'390 fr. d�s le 1
er�juin 2011. Le recourant a introduit sa requ�te en modification de ces mesures le 26 d�cembre 2013. L'intim�e en a fait de m�me, dans ses conclusions reconventionnelles subsidiaires, le 5 mars 2014.
Par son argumentation, le recourant n'expose pas en quoi il serait arbitraire de consid�rer qu'il a agi de mauvaise foi en faisant valoir des frais de d�placement � hauteur de 500 fr., alors qu'il ne pouvait ignorer qu'il ne les supportait en r�alit� pas.
En revanche, en consid�rant que l'absence des frais de visite devait �galement �tre prise en compte � titre r�troactif, l'autorit� cantonale a appliqu� de mani�re arbitraire la jurisprudence pr�cit�e. En lien avec ce poste, aucune circonstance exceptionnelle n'est r�alis�e. Par ailleurs, il est �galement arbitraire d'admettre une augmentation de la pension due � la famille avant le jour du d�p�t de la requ�te reconventionnelle de l'intim�e, le 5 mars 2014.
Ainsi, le grief doit �tre partiellement admis, en ce sens que la modification des contributions d'entretien prend effet d�s le 1er f�vrier 2011, mais seulement en ce qui concerne des charges r�duites de 500 fr. pour le recourant. Pour le reste, une augmentation de ces contributions ne peut prendre effet avant le 5 mars 2014. La cause doit �tre renvoy�e � l'autorit� cantonale pour que celle-ci calcule la pension due � la famille en fonction de cette correction.
Sans citer de norme constitutionnelle, le recourant se plaint encore d'in�galit� de traitement au motif que l'autorit� cantonale n'a pas d�clar� irrecevable le m�moire de r�plique sur plaidoiries �crites de l'intim�e. Il se plaint �galement de la violation de son droit d'�tre entendu en tant que l'autorit� cantonale ne lui a pas imparti de d�lai pour se d�terminer sur ce m�moire.
En l'esp�ce, le principe de l'�galit� de traitement (art. 8 Cst.) est une garantie constitutionnelle dont le recourant ne peut pas se pr�valoir directement � l'appui d'un recours dirig� contre une d�cision rendue - en mati�re matrimoniale - dans une affaire opposant deux particuliers (ATF 136 I 178 consid. 5.1; arr�t 5A_973/2013 du 9 mai 2014 consid. 3). Dans tous les cas, l'autorit� cantonale a laiss� ouverte la question de savoir si le m�moire pr�cit� �tait recevable, �tant donn� qu'elle a consid�r� que l'intim�e n'y apportait aucun �l�ment nouveau pour l'issue du litige. Par ailleurs, contrairement � ce que pr�tend le recourant, la protection du droit d'�tre entendu n'impose pas toujours au juge d'octroyer formellement aux parties un d�lai pour se d�terminer (ATF 138 I 484 consid. 2.4, arr�t 5A_897/2015 du 1
er�f�vrier 2016 consid. 3.2.1); or, le recourant n'expose pas en quoi sa situation imposait qu'un tel d�lai lui soit octroy�. Autant que recevable, ce grief doit �tre rejet�.
Toujours sans citer de norme constitutionnelle, le recourant se plaint enfin de la violation de son droit d'�tre entendu au motif que l'autorit� cantonale n'a pas examin� son grief relatif � la violation du principe de c�l�rit� ainsi que de celle de l'art. 172 CC en tant qu'elle a ni� que ce principe, consacr� selon lui dans cette norme, n'a pas �t� respect�. Il soutient que c'est l'intim�e qui a inond� la proc�dure d'�critures et de pi�ces mais qu'il ne s'agit " certainement pas d'un motif valable qui pourrait justifier 15 mois de proc�dure avec 6 mois pour rendre un jugement ".
En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a jug� que, compte tenu de l'attitude des deux parties qui �taient largement responsables de l'ampleur disproportionn�e prise par la cause, notamment au vu du volume des pi�ces produites et du mandat au SPJ qu'elles ont voulu mettre en oeuvre, suite auquel la proc�dure a �t� suspendue, le grief du recourant frisait la t�m�rit�. Cette motivation traitant du grief soulev� et �tant compr�hensible, l'autorit� cantonale n'a pas viol� le droit d'�tre entendu du recourant, de sorte que le grief doit �tre rejet�.
Dans le reste de sa critique, non seulement le recourant ne soul�ve pas la violation d'une norme constitutionnelle, mais il s'attaque de mani�re appellatoire � la d�cision attaqu�e. Ses d�veloppements sur le taux de change de l'euro n'ont aucun lien avec le principe de c�l�rit� et il n'expose aucune mesure de sa part ou de son mandataire tendant � faire avancer la proc�dure et/ou � obtenir les d�cisions qu'il attendait; sa critique est d�s lors irrecevable.
Recours de dame A.________ (5A_745/2015)
La recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu (cf.�
infra�consid. 8.2) ainsi que d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et dans l'application de l'art. 179 al. 1 CC en lien avec les art. 134 al. 1 et 2 et 298 al. 1 CC (cf.�
infra�consid. 8.3) au motif que l'autorit� cantonale ne lui a pas attribu� l'autorit� parentale exclusive.
8.1.�L'autorit� cantonale a jug� qu'il �tait pr�matur�, au stade des mesures provisionnelles, de se prononcer sur l'attribution exclusive de l'autorit� parentale, que la recourante ne faisait valoir aucun �l�ment d�montrant une modification notable et durable des circonstances � ce sujet depuis le 9 f�vrier 2012 et qu'elle ne soulevait aucun fait d�montrant que l'intim� aurait rendu difficile le partage de l'autorit� parentale.
8.2.1.�La recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu. Elle soutient que l'autorit� cantonale n'a pas trait� son grief concernant la prise de en consid�ration de l'avis des enfants au sujet de l'autorit� parentale.
8.2.2.�La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst. l'obligation pour le juge de motiver ses d�cisions afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours � bon escient. Le juge doit ainsi mentionner, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � l'examen des questions d�cisives pour l'issue du litige. D�s lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guid� la d�cision de l'autorit�, le droit � une d�cision motiv�e est respect� m�me si la motivation pr�sent�e est erron�e (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 et les r�f�rences).
8.2.3.�En l'esp�ce, la motivation de l'autorit� cantonale ne viole pas le droit d'�tre entendu de la recourante. En effet, elle a trait� du grief relatif � l'attribution de l'autorit� parentale exclusive et a expos� les motifs pour lesquels elle refusait celle-ci. Si elle consid�re qu'un crit�re n'a pas �t� pris en consid�ration, la recourante doit s'en plaindre en d�non�ant l'arbitraire de la d�cision.
Le grief doit donc �tre rejet�.
8.3.1.�La recourante se plaint d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et dans l'application de l'art. 179 al. 1 CC (en lien avec les art. 134 al. 1 et 2 et 298 al. 1 CC). Seul ce dernier grief est en r�alit� pertinent en tant que la recourante reprend les �l�ments de fait de l'arr�t attaqu� pour soutenir que l'autorit� cantonale aurait d�, sur cette base, lui attribuer l'autorit� parentale exclusive, notamment en accordant une importance particuli�re � l'avis des deux enfants qui avaient �mis ce souhait.
La recourante soutient tout d'abord que l'attribution exclusive de l'autorit� parentale entre dans la comp�tence du juge des mesures provisionnelles. Ensuite, elle affirme que l'autorit� cantonale aurait d� examiner si les circonstances s'�taient modifi�es de mani�re notable et durable depuis le 14 f�vrier 2011, date � laquelle la convention des parties sur le sujet a �t� ratifi�e, et non depuis le 9 f�vrier 2012, date � laquelle la question des pensions a �t� tranch�e, et qu'une telle modification a bien eu lieu vu que le postulat pr�vu par les parties dans leur convention ne s'est jamais r�alis� en raison du litige qui les oppose. En reprenant des passages du bilan du 7 juillet 2015 du SPJ, elle met en exergue que les deux enfants ont exprim� les motifs pour lesquels elles ne souhaitaient pas que leur p�re demeure au b�n�fice de l'autorit� parentale conjointe. Elle soutient que l'autorit� cantonale a �cart� cet avis sans raison et qu'elle aurait d� retenir que l'autorit� parentale conjointe ne pouvait �tre maintenue vu que l'intim� ne s'est jamais impliqu� ni remis en question pour r�tablir une relation avec ses filles. Elle rel�ve aussi qu'on se trouve dans une situation de violence domestique et que le conflit conjugal s'est envenim� � un point tel qu'on se trouve dans une situation d'incapacit� qualifi�e de coop�rer des parents. Elle prend pour exemple le fait que l'intim� a d�cid� de r�duire de plus de 70% la contribution d'entretien sans l'en informer. Relevant encore la bonne �volution des enfants, ses capacit�s �ducatives ad�quates, l'�loignement g�ographique du p�re et la violation de son obligation d'entretien, la recourante conclut que l'autorit� parentale doit, pour toutes ces raisons, lui �tre exclusivement attribu�e.
8.3.2.�Aux termes de l'art. 134 al. 1 CC, applicable par analogie dans une proc�dure de mesures provisionnelles (cf. art. 179 al. 1 2
�me�ph. CC�
cum�276 al. 1 CPC), � la requ�te du p�re ou de la m�re, de l'enfant ou de l'autorit� de protection de l'enfant, l'attribution de l'autorit� parentale doit �tre modifi�e lorsque des faits nouveaux importants l'exigent pour le bien de l'enfant.
La nouvelle r�glementation doit ainsi s'imposer imp�rativement, en ce sens que le mode de vie actuel nuit plus au bien de l'enfant que le changement de r�glementation et la perte de continuit� dans l'�ducation et les conditions de vie qui en est cons�cutive (arr�t 5A_483/2011 du 31 octobre 2011 consid. 3.2 et les r�f�rences, publi�
in�FamPra.ch 2012 p. 206).
La d�cision sera ainsi prise en application des m�mes crit�res que ceux qui r�gissent l'attribution de l'autorit� parentale (arr�t 5A_645/2008 du 27 ao�t 2009 consid. 4.3.1, publi�
in�FamPra.ch 2009 p. 1076, SJ 2010 I p. 185 et Pra 2010 (71) p. 515). Or, l'autorit� parentale conjointe est d�sormais la r�gle (art. 296 al. 2 CC). Il n'est qu'exceptionnellement d�rog� � ce principe, lorsqu'il appara�t que l'attribution de l'autorit� exclusive � l'un des parents est n�cessaire pour le bien de l'enfant. Une telle exception est en particulier envisageable en pr�sence d'un conflit important et durable entre les parents ou d'une incapacit� durable pour ceux-ci � communiquer entre eux � propos de l'enfant, pour autant que cela exerce une influence n�gative sur celui-ci et que l'autorit� parentale exclusive permette d'esp�rer une am�lioration de la situation. De simples diff�rends, tels qu'ils existent au sein de la plupart des familles, d'autant plus en cas de s�paration ou de divorce, ne constituent pas un motif d'attribution de l'autorit� parentale exclusive, respectivement de maintien d'une autorit� parentale exclusive pr�existante (ATF 142 III 56 consid. 3; 141 III 472 consid. 4).
Le juge des mesures provisionnelles est en droit de confier l'autorit� parentale � un seul parent pour la dur�e de l'instance d�j�. N�anmoins, il ne faut pas perdre de vue le caract�re provisoire des mesures fond�es sur l'art. art. 276 CPC. Pendant la proc�dure de divorce, le juge doit, autant que possible, �viter d'ordonner des mesures qui cr�eraient une situation irr�versible ou pr�jugeraient d�finitivement des d�cisions � prendre dans le jugement au fond, ce qui n'est cependant pas toujours �vitable en mati�re d'attribution des enfants, la stabilit� �tant un crit�re important dans ce domaine. Si l'attribution du droit de garde � un seul des parents appara�t suffisante pour garantir le bien de l'enfant, il n'y a pas lieu de modifier aussi l'exercice de l'autorit� parentale (dans ce sens sous l'ancien droit: cf. arr�t 5A_271/2012 du 12 novembre 2012 consid. 2.1 et les r�f�rences, publi�
in�FamPra.ch 2013 p. 181).
8.3.3.�En l'esp�ce, ind�pendamment de la question de savoir si les circonstances se sont modifi�es depuis la d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale, la recourante ne d�montre pas l'arbitraire de la d�cision qui maintient provisoirement l'autorit� parentale conjointe. Elle ne fait qu'�voquer un conflit matrimonial, sans donner un seul exemple concret o� ce conflit, qui doit �tre important et durable, aurait eu pour cons�quence que des d�cisions essentielles pour les enfants n'auraient pas pu �tre prises. Quant au d�veloppement favorable des enfants, d'apr�s les propres arguments de la recourante, celui-ci tient au fait que les enfants ne sont plus expos�es au conflit conjugal, qu'elles se trouvent sous la garde de leur m�re et que les visites avec leur p�re ne leur sont pas impos�es. Enfin, pour ce qui est de l'avis des enfants, celui-ci ne repose pas non plus sur une situation concr�te o� les enfants auraient �t� emp�ch�es de mener leur vie en raison d'un conflit important et durable entre les parents sur des d�cisions les concernant.
Il s'ensuit que le grief de l'application arbitraire de l'art. 179 CC en lien avec les art. 134 et 298 CC doit �tre rejet�.
La recourante estime que l'autorit� cantonale a retenu de mani�re arbitraire un imp�t foncier de 60 fr. 60 et des primes d'assurance-vie relatives � l'hypoth�que de la maison familiale de 1'719 fr. dans les charges mensuelles de l'intim�.
9.1.�S'agissant de l'imp�t foncier, l'autorit� cantonale a consid�r� que, dans la mesure o� le premier juge avait r��valu� la situation financi�re des parties, il pouvait prendre en compte certains postes qui auraient d� l'�tre dans la pr�c�dente d�cision. S'agissant des primes d'assurance-vie, elle a retenu que si, par lettre du 27 janvier 2015, Zurich Assurances indiquait la lib�ration du paiement de ces primes, elle pr�cisait cependant que la police se trouvait en nantissement aupr�s de Credit Suisse. Pour ce motif, elle a maintenu cette charge dans le budget de l'intim�.
9.2.1.�La recourante soutient que tant l'imp�t foncier que les primes d'assurance-vie �taient d�j� dus lors de la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale et qu'il appartenait � l'intim� de faire valoir ces charges � ce moment-l�. Il est selon elle exclu qu'une proc�dure en modification puisse servir � corriger ce type d'erreur. S'agissant des primes d'assurance-vie, elle ajoute que cette charge est inexistante, puisque l'intim� est lib�r� de son paiement depuis le 1
er�d�cembre 2012 et qu'il ne s'en acquittait plus depuis 2011, et que le fait que la police d'assurance se trouve en nantissement aupr�s de Credit Suisse indique qu'une partie de la fortune de l'intim� y est plac�e en garantie mais n'a aucune incidence sur les primes d'assurance.
9.2.2.�L'intim� affirme qu'il paye encore des primes d'assurance-vie puisque la police est en nantissement aupr�s de Credit Suisse et qu'il n'a eu de cesse d'invoquer que ces charges incombaient � la recourante.
9.2.3.�Comme dit pr�c�demment, lorsque le juge admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, il doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent et litigieux devant lui (cf.�
supra�consid. 4.1.1). A cette occasion, le juge peut certes aussi corriger certains �l�ments qui ne sont pas modifi�s, mais qui �taient d'embl�e erron�s, en ce sens qu'ils ne correspondaient pas � la r�alit� (arr�t 5A_506/2011 du 4 janvier 2012 consid. 6.2). En revanche, le juge ne peut pas pallier les manquements que les parties ont commis lors de la proc�dure initiale. Il suit de l� que le juge n'a pas � prendre des �l�ments de calcul qui existaient d�j� lors de la pr�c�dente proc�dure mais que les parties ont omis de faire valoir.
9.2.4.�En l'esp�ce, l'intim� ne d�montre pas avoir all�gu� les charges pr�cit�es lors de la proc�dure initiale de mesures protectrices de l'union conjugale alors qu'elles existaient, �tant donn� que le couple �tait propri�taire foncier et que l'assurance-vie �tait d�j� conclue. Des pi�ces qu'il cite, il ne ressort pas qu'il aurait all�gu� que les charges pr�cit�es devaient �tre enti�rement assum�es par la recourante. Du reste, dans la d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale, seule la part de l'imp�t foncier due par la recourante figure dans ses charges. En revanche, la part d'imp�t foncier due par l'intim� et les primes d'assurance ne sont mentionn�es nulle part. En admettant ces charges dans le budget de l'intim�, l'autorit� cantonale a m�connu le sens de la proc�dure en modification des mesures provisoires et a, ce faisant, vers� dans l'arbitraire.
Le grief de l'application arbitraire de l'art. 179 CC doit �tre admis. La cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale sur ce point �galement, afin que les montants de 60 fr. 60 et de 1'719 fr. soient exclus des charges de l'intim�.
La recourante se plaint de la violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) en tant que l'autorit� cantonale n'aurait pas trait� de son grief relatif � l'augmentation des revenus de l'intim�e � compter du 1
er�janvier 2015.
En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a �tabli le revenu de l'intim� et expos� les motifs de son calcul (cf.�
supra�consid. 8.2.2), de sorte que le grief doit �tre rejet�.
La recourante se plaint de l'�tablissement arbitraire (art. 9 Cst.) des revenus de l'intim� � compter du 1
11.1.�Dans la partie en fait de son arr�t, l'autorit� cantonale a retenu que, pour la p�riode post�rieure au 1
er�janvier 2014, le premier juge avait �tabli que l'intim� avait r�alis� un revenu annuel brut de 139'445 euros 62, dont il fallait d�duire des cotisations sociales (13,07%, soit 18'225 euros 54) et des imp�ts � la source (30'300 euros), de sorte que son revenu net se montait � 90'920 euros 10, soit, compte tenu d'un taux de change de 1,22, 110'922 fr. 50 par an ou 9'243 fr. 55 par mois. Au vu de pi�ces nouvellement produites en appel, elle a ensuite retenu que, de f�vrier � mai 2015, le salaire de l'intim� s'�tait �lev� � 60'577 euros 81 brut, soit 32'716 euros 27 net. Dans la partie en droit, elle a retenu que " pour la p�riode post�rieure au 1
er�janvier 2014, [...] les revenus de [l'intim�] s'�l�vent � 110'922 fr. 50, comme retenu par le premier juge " et, sur cette base, a fix� une pension globale de 3'815 fr. d�s cette date, sans modification pour 2015.
11.2.1.�La recourante soutient que, alors que le salaire brut de l'intim� �tait de 139'445 euros 62 en 2014, celui de 2015 ne sera en tout cas pas inf�rieur � 163'046 euros 59, sur la base des fiches de salaire de f�vrier � mai 2015. De ce montant, il y a lieu selon elle de d�duire 13,07%, soit 21'310 euros 19, � titre de cotisations sociales, et 38'599 euros 33 d'imp�ts � la source, ce qui correspond � un revenu net de 103'137 euros 07, soit, compte tenu du taux de conversion de 1 fr. 22, 125'827 fr. 22 par an ou 10'485 fr. 60 par mois.
11.2.2.�L'intim� soutient que la recourante ne soul�ve aucun grief de nature constitutionnelle � l'appui de son propos. Il affirme en outre que la diminution du taux de l'euro a entra�n� une baisse de son salaire et que ses imp�ts � la source se montent � 69'345 euros et non � 38'599 euros.
11.2.3.�En l'esp�ce, la recourante pr�tend que le salaire de l'intim� a augment� d�s janvier 2015, alors qu'elle se r�f�re � des fiches de salaire concernant les mois de f�vrier � mai 2015. Son argumentation n'est donc pas pertinente pour le mois de janvier 2015. En revanche, la recourante doit �tre suivie lorsqu'elle affirme que l'autorit� cantonale a rendu une d�cision arbitraire (cf.�
supra�consid. 2.1) en retenant que le salaire mensuel net de l'intim� �tait de 9'243 fr. en 2014 puis de 9'978 fr. d�s le 1
er�f�vrier 2015 ([32'716 euros 27/4] x 1,22), mais en ne modifiant pas la pension � compter de cette date, malgr� cette augmentation.
En tant que l'intim� soutient que la recourante ne soul�ve aucun grief d'ordre constitutionnel, il ne peut �tre suivi, celle-ci se plaignant d'arbitraire dans l'�tablissement des faits. En tant qu'il revient sur le taux de l'euro, la cause est d�j� renvoy�e � l'autorit� cantonale afin que celle-ci tienne compte de ce fait pour actualiser les �l�ments de calcul des pensions (cf.�
supra�consid. 4.3.2.4). Dans la mesure o� il discute du montant de ses imp�ts per�us � la source, non seulement il n'expose pas l'arbitraire de l'arr�t attaqu� sur les imp�ts admis, mais il ressort de la partie en fait de l'arr�t attaqu� que le salaire net tient compte de toutes les retenues, y compris l'imp�t � la source.
Il s'ensuit que la d�cision viole sur ce point l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 179 CC. La cause doit �tre renvoy�e � l'autorit� cantonale afin que celle-ci d�termine l'imp�t � la source d� par l'intim� d�s f�vrier 2015, � supposer que cette autorit� consid�re que le montant qui serait d�j� retenu doive, comme en 2014, �tre corrig� au vu des d�ductions auxquelles l'intim� aurait pu pr�tendre en remplissant son devoir de collaboration.
La recourante se plaint de l'�tablissement arbitraire (art. 9 Cst.) de ses revenus � compter du 1
er�janvier 2015 au motif que l'autorit� cantonale a renonc� � prendre en compte le fait qu'elle ne percevrait pas de bonus en 2015, entra�nant une baisse de 688 fr. 15 de son revenu mensuel moyen.
12.1.�L'autorit� cantonale a retenu que la recourante avait per�u un bonus de 12'582 fr. en 2013 et de 10'691 fr. en 2014, mais que, par attestation du 26 mars 2015, la�
manager�des ressources humaines de l'entreprise qui l'emploie a certifi� que la recourante ne percevrait pas de bonus pour l'ann�e 2014, la performance de son d�partement ayant �t� inf�rieure aux objectifs fix�s. Sur ces �l�ments, elle a jug� que cette absence de bonus n'entra�nait pas une p�joration notable et durable de la situation financi�re de la recourante et que cet �l�ment de son budget, par nature al�atoire, ne saurait constituer une modification durable de sa situation. Elle a alors refus� de modifier le salaire mensuel moyen net de la recourante.
12.2.1.�En se basant sur un arr�t du Tribunal f�d�ral du 1
er�d�cembre 2009 (5A_561/2009), la recourante affirme qu'il ressort de la jurisprudence que le fait qu'un bonus ne soit plus vers� ou m�me r�duit de mani�re importante constitue une modification notable et durable � prendre en compte dans une proc�dure en modification des mesures provisionnelles et qu'il est erron� de se fonder sur le revenu moyen gagn� durant les ann�es pr�c�dentes pour calculer le bonus lorsqu'il est �tabli que celui-ci est supprim�.
12.2.2.�Si certains �l�ments du revenu, dont font partie notamment les bonus, sont irr�guliers ou de montants irr�guliers ou m�me ponctuels, le revenu doit �tre qualifi� de fluctuant (arr�ts 5A_304/2013 du 1
er�novembre 2013 consid. 6.2.4.2; 5A_686/2010 du 6 d�cembre 2010 consid. 2.3, publi�
in�FamPra.ch 2011 p. 483). De jurisprudence constante (arr�ts 5A_860/2011 du 11 juin 2012 consid. 3..2; 5A_687/2011 du 17 avril 2012 consid. 5.1.1; 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1 et les r�f�rences, publi�
in�FamPra.ch 2010, p. 678), pour obtenir un r�sultat fiable dans ce cas, il convient de tenir compte du revenu net moyen r�alis� durant plusieurs ann�es.
12.2.3.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a manifestement viol� les r�gles pr�cit�es sur le revenu variable en refusant de tenir compte du fait que la recourante ne toucherait pas de bonus en 2015. Pour s'y conformer, elle aurait d� calculer son salaire moyen sur plusieurs ann�es. Cela �tant, si la recourante all�gue que son salaire de base net est de 157'524 fr. 50 en 2015, elle ne se r�f�re � aucune pi�ce; elle ne pr�tend pas non plus que l'autorit� cantonale aurait arbitrairement omis de d�terminer son revenu de base pour l'ann�e 2015 alors qu'elle aurait produit les pi�ces � cet effet. Le salaire de base de la recourante pour 2015 n'�tant pas �tabli, celle-ci ne parvient pas � d�montrer l'arbitraire de la d�cision dans son r�sultat sur ce point. Le grief d'arbitraire doit ainsi �tre rejet�.
La recourante reproche � l'autorit� cantonale de n'avoir pas pris en compte ses conclusions nouvelles tendant � obtenir une pension globale de 6'930 fr. d�s le 1
er�janvier 2015. Elle ne soul�ve toutefois � cet �gard que la violation de l'art. 9 Cst. dans l'�tablissement des faits, qui n'est pas pertinente pour juger de la question de la recevabilit� des conclusions nouvelles, et celle de l'art. 317 al. 2 CPC, qui ne lui conf�re aucun droit constitutionnel.
Son grief est donc irrecevable.
En conclusion, les cause 5A_745/2015 et 5A_755/2015 sont jointes. Le recours de A.________ et celui de dame A.________ sont partiellement admis. La cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants (cf.�
supra�consid. 4.3.2.4, 5.2.3, 9.2.4 et 11.2.3). La requ�te d'assistance judiciaire de A.________ est rejet�e. En effet, celui-ci se borne � renvoyer � ses requ�tes formul�es lors de la proc�dure cantonale sans actualiser sa situation financi�re, �tant rappel� que le recourant ait obtenu l'assistance judiciaire devant l'autorit� pr�c�dente n'est nullement d�cisif (ATF 122 III 392 consid. 3a), � affirmer que son salaire est actuellement saisi alors que la dur�e de cette mesure n'est pas �tablie, et, de mani�re appellatoire, que c'est de mani�re erron�e que l'autorit� cantonale a retenu qu'il a manqu� de transparence et est en mesure de s'acquitter des pensions. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de A.________ � raison de 4'000 fr. et � la charge de dame A.________ � raison de 1'000 fr. (art. 66 al. 1 LTF). A.________ versera � dame A.________ une indemnit� de 4'000 fr. � titre de d�pens pour la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral (art. 68 al. 1 LTF).
Les causes 5A_745/2015 et 5A_755/2015 sont jointes.
Le recours de A.________ et celui de dame A.________ sont partiellement admis. La cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de A.________ � raison de 4'000 fr. et � la charge de dame A.________ � raison de 1'000 fr.
Une indemnit� de 4'000 fr., � verser � dame A.________ � titre de d�pens, est mise � la charge de A.________.