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Timestamp: 2020-02-27 20:58:48+00:00
Document Index: 154095569

Matched Legal Cases: ['art. 1832', 'art. 526', 'art. 2257', 'art. 1315', "l'article 1233", 'art. 1014', 'art. 1157', 'art. 689', 'art. 1171', 'art. 1273', 'art. 80', 'art. 24', "l'article 986", 'in fine', 'art. 2251', 'art. 1033', 'art. 1243', 'art. 1148', 'art. 931', 'art. 1040', 'art. 1139', 'art. 1659', 'art. 1204', 'arrêt ', "l'article 32"]

Les locutions latines et le droit positif québécois - Locutions latines - A à H
1. AB INTESTAT
Sans avoir fait de testament intestat
Intestate (without having made a will)
On dit d'une personne qu'elle est décédée ab intestat lorsqu'elle est décédée sans avoir fait de testament, ou lorsque cette personne ne laisse aucun bien successible.
Le mot est aussi souvent utilisé pour représenter la personne elle-même.
Mayrand, p. 4 et 5
2. ABSOLUTA SENTENTIA EXPOSITORE NON INDIGET
Une phrase claire n'exige pas d'explication.
A clearly expressed sentence needs no explanation.
Lagarde, p. 3061
3. ABUNDANS CAUTELA NON NOCET
Un surcroît de précaution ne nuit pas.
There is no harm done by taking great caution.
4. ACCESSIO CEDIT PRINCIPALI
L'accessoire échoit au principal.
L'accessoire s'incorpore au principal.
The incidental yields to the principal.
The accessory yields to the principal.
Voir « accessorium sequitur principale ».
Accessio solo cedit.
Ulpien, Dig. 1 : 34, 2, 19, 13.
Mayrand, p. 5
5. ACCESSORIUM SEQUITUR PRINCIPALE
The incidental follows the principal.
Accessorius sequitur na turam rei principalis.
L'accessoire suit la nature de la chose principale.
The incidental follows the nature of the principal.
Accessorium non ducit sed sequitur suum principale.
L'accessoire ne mène pas, mais suit son (le) principal.
The incidental does not lead but rather follows its (the) principal.
Res accessoria sequitur rem principalem.
Selon l'interprétation de Broom, « the incident shall pass by the grant of the principal, but not the principal by the grant of the incident ».
Pothier, Inst. coutum. 2,1, reg. 14
6. ACCUSARE NEMO SE DEBET
Personne n'est tenu de s'incriminer.
No one is bound to accuse oneself.
7. A CONTRARIO
Au contraire, dans un sens opposé
On or to the contrary
La locution complète est a contrario sensu; raisonnement a contrario : à l'inverse — par l'inverse; on parle également de l'argument a contrario. Cette expression en est une des plus fréquentes de toute une série qu'on peut énumérer :
a fortiori : à plus forte raison (all the more (so));
a majori ad minus : du plus au moins (from the greater to the lesser);
a minori ad majus : du moins au plus (from the lesser to the greater);
a pari : par analogie (by analogy, similarly);
a posteriori : à partir de ce qui est postérieur, donc « après coup », (from effect to cause), voir cette maxime;
a priori : de ce qui précède, donc, au préalable, (from cause to effect), ant. : a posteriori.
Broom, p. 606.
Mayrand, pp. 3 et 4
FRÉQUENCE D'OCCURRENCE : 19
Montclair Automobiles c. McLellan et al., (1959) C.S. 483
Tellier c. la Reine, (1967) C.S. 211
L. Chaput Fils & Cie Ltée et al. c. Cité de Montréal, (1945) C.S. 117
Dame Dion et Vir c. Dion et al., (1951) C.S. 160
Dame Raymond c. Malo, (1965) C.S. 335
Crevier c. Lavigne et al., (1952) B. R. 743, 744 (ter)
Dame Duchesneau-Lasnier c. Cook et al., (1954) B.R. 341
In re: Inter-British Import Co., Cohen c. Grobstein ès-qual., (1954) B.R. 365
Dame Thomassin c. Bélanger et al., (1955) B.R. 291
Commercial Acceptance c. Marcoux, (1964) B.R. 416
Denis c. Barabé, (1958) B.R. 559
Hébert c. la Reine, (1972) C.A. 783
Dame Surprenant et al., c. Air Canada, (1973) B. R. 126
Vachon c. Lemoine, (1973) C.S. 1051
Commission de Transport, Communauté Urbaine Montréal c. Syndicat du Transport de Montréal et al., (1974) C.S. 230
Randolph c. Flanz, (1975) C. S. 122
8. ACTA EXTERIORA INDICANT INTERIORA SECRETA
Les actes extérieurs révèlent les secrets intérieurs.
Acts indicate the intention.
Dans certains cas, la loi évalue les intentions d'une personne à la lumière de ses actes. Selon Halkerston, on peut dire en anglais : « externat actions point out secret intentions within ».
Mayrand, p.6
9. ACTA GESTIONIS
Acts of administration, or administrative acts
LOCUTION APPARENTÉE : Acta imperii
Les actes de commandement
Acts of command
La présence de cette locution soulève la question de la distinction entre les acta gestionis et les acta imperii (les actes du pouvoir souverain). Généralement, on qualifie de acta gestionis les actes accomplis par un état souverain à titre de particulier dans des opérations commerciales et de acta imperii, ceux qui relèvent du pouvoir souverain de l'état.
Gouvernement de la République Démocratique du Congo c. Venne, (1969), B.R. 822, 825
10. ACTIO DE IN REM VERSO
Action du retourné pour la chose
Action instituted against the thing
C'est l'action dérivant d'un quasi-contrat qui ne permet pas à une personne de s'enrichir sans cause légitime aux dépens d'autrui et qui suppose que la personne enrichie a reçu de l'autre une valeur qui est entrée dans son patrimoine (Planiol, Tr. de dr. civ., T. II, u. 936).
11. ACTIO JUDICATI
L'action d'un jugement, l'action prise en vertu d'un jugement
Action instituted after judgment
Procureur Général de la Province de Québec c. Vallières, (1959) C.S. 142 City of Sherbrooke c Fortin, (1960) B.R 117
12. ACTIO PERSONALIS MORITUR CUM PERSONA
Une action personnelle meurt avec la personne.
Un droit personnel d'action meurt avec la personne.
A personal action (or right of action) dies with the person.
L'origine de cette maxime remonte au droit d'Angleterre. Selon Broom, elle n'a plus aujourd'hui grand valeur alors qu'autrefois, elle avait proprement trait seulement à l'extinction de la responsabilité, bien qu'elle ait été mésinterprétée comme régissant aussi dans un délit l'extinction de responsabilité à cause de mort.
Mayrand, p. 6
Dame Vineberg et al. c. Dame Larocque et al., (1950) B.R. 17
Samson c. Dame Holden et al., (1961) B.R. 240, 246
Lévesque c. Malinosky et al., (1956) B.R. 371
Green et al., c. Elmhurst Dary et al., (1953) B.R. 87, 88
Driver c. Coca-Cola Ltd, (1961) S.C.R. 211
Cairney c. MacQueen, (1956) S.C.R. 566, 568, 573, 575
13. ACTIO PRO SOCIO
Action en faveur du sociétaire
Action for the associate
C.c. fr., art. 1832
14. ACTIO QUAE TENDIT AD MOBILES MOBILIS EST, AD IMMOBILES IMMOBILIS
Une action qui porte sur des meubles est une action mobilière, sur des immeubles, une action immobilière.
An action involving moveables is a « moveable action », one involving immoveables is an « immoveable action ».
Acti ad mobile est mobilis, ad immobile est immobilis.
L'action pour la réclamation d'un meuble est mobilière, d'un immeuble est immobilière.
An action on moveables is a « moveable action » and on immoveables is an « immoveable action ».
Actio est mobilis quum tendit ad quid mobile; actio est immobiles quum tendit ad quid immobile.
L'action tendant à la revendication d'un meuble est mobilière; l'action tendant à la revendication d'un immeuble est immobilière.
An action that involves claiming a moveable is a « moveable action »; an action that involves claiming an immoveable is an « immoveable action ».
Selon Jouanneau, la traduction française de cette maxime serait : « L'action qui tend à la réclamation de meubles est mobilière, et d'immeubles est immobilière. » Par ailleurs, en anglais, on peut dire : An action for claiming moveables is a « moveable action », and for claiming immoveables is an « immoveable action ».
C.c. fr., art. 526 et 529.
Dame Tremblay c. Chartrand, (1953) B.R. 815
15. ACTIONES QUAE TEMPORE PEREUNT SEMEL INCLUSAE JUDICIO SALVAE PERMANENT
Les actions qui s'éteignent avec le temps sont closes une fois pour toutes et demeurent à l'abri de tout procès.
Actions that become extinct with the passage of tune remain as such forever and are free from further suit.
Actiones quae tempore vet morte semel inclusae judicio salvae permanent.
Les actions qui s'annulent avec le temps ou la mort sont closes et demeurent à l'abri de tout procès.
Actions that become extinct with the passage of time or because of death remain extinct and are free from further suit.
Actiones semel inclusae judicio salvae permanent.
Une fois closes, les actions demeurent à l'abri de tout procès.
Once settled, actions remain free from further suit.
Selon Jouanneau, une variante de cette expression serait : Actiones quae tempore vel morte..., ainsi, il la traduit : « Les actions qui s'éteignent par le temps ou la mort sont conservées dès qu'elles sont consacrées par un jugement. »
Droit romain - Dig., L. 139, De Reg. Juris
Lussier c. Marquis, Patenaude c. Marquis, (1960) B.R. 39
Cité de Sherbrooke c. Fortin, (1960) B.R. 117
Marquis c. Lussier et Dame Robert, (1960) S.C.R. 447
16. ACTIONI NON NATAE NON PRAESCRIBITUR
Une action qui n'est pas née ne se prescrit pas.
One cannot raise objection to a non existant action.
Une prescription ne doit pas commencer à courir avant que les éléments nécessaires pour donner naissance au droit d'action ne soient réunis. Une traduction plus littéraire de cette locution serait : On ne fait pas opposition à une action qui n'est pas née.
C.c, fr., art. 2257.
Girouard c. Corporation Municipale du Canton de Godmanchester, (1960) C. S. 437
Lussier c. Marquis, Patenaude c. Marquis, (1960) B.R. 66
17. ACTORI INCUMBIT PROBATIO
The burden of proof rests upon the person taking action.
The burden of proving lies upon the prosecutor.
Le fardeau ou la charge de la preuve incombe au demandeur.
The burden of proof rests upon plaintiff.
Actori incumbit probatio; reus excipiendo fit actor.
La preuve incombe au demandeur; le défendeur devient demandeur en opposant une exception.
The burden of proof rests upon plaintiff, the defendant becomes plaintiff by invoking an exception.
Selon Jouanneau, C.c. f r., art. 1315.
Incumbit onus probandi ei qui dicit.
Le fardeau de la preuve incombe à celui qui parle.
The burden of proof rests upon he who speaks.
Conservée dans le droit québécois à l'article 1233 du Code civil, elle s'applique dans tous les domaines du droit puisqu'il s'agit d'un principe de la procédure elle-même (C. p.c. 289).
Mayrand, p. 7
Ostiguy c. La Fédération, Cie d'Assurance, (1959) C.S. 494
Mathieu et al., c. Poulin et al., (1959) C.S. 614
Pineault c. Dame Rochon, (1951) C.S. 119
Dupras ès-qualité c. Brunet, (1951) B.R. 615
Dame Longtin c. Legault, (1961) B.R. 83
Commission de Relations de Travail c. Canadian Ingersoll-Rand, et al., (1968) S.C.R. 705
Procureur Général de la Prov. de Québec c. Rousseau, (1950) C.S. 169
18. ACTUS INTELLIGENDI AUT INTERPRETANDI SUNT POTIUS UT VALEANT QUAM UT PEREANT
Les actes (ou les contrats) doivent être entendus (ou compris) plutôt dans le sens où ils produisent un effet que dans celui où ils n'en produisent pas.
Acts or contracts must be understood in such manner as to have sonne meaning rather than in a way which produces none.
C.C. qué., art. 1014 et suivants
C.c. fr., art. 1157
19. ACTUS NON FACIT REUM, NISI MENS SIT REA
L'acte ne fait pas le coupable, à moins que l'esprit ne soit coupable, c'est-à-dire à moins d'une intention criminelle.
Un acte ne devient coupable que si l'intention est coupable.
An act does not make one guilty unless the mind be guilty.
The act does not constitute guilt unless done with guilty intent.
Cette maxime provient du Common law où on dit que l'intention et l'acte doivent être en concordance pour constituer un crime. Dans la pratique, on abrège l'expression pour ne parler que de la mens rea.
Mayrand, pp. 8 et 9
Butler et Guy c. Castonguay et al., (1949) C.S. 63
R. c. Grant E. King, (1962) S.C. R. 759
Beaver c. the Queen, (1957) S.C.R. 537
Acte coupable
Côté c. la Reine, (1965) B.R. 873
T. c. the Queen, (1965) B. R. 884
R. c. Rees, (1956) S.C.R. 641, 646, 648, 652
R. c. Grant E. King, (1962) S.C.R. 749, 758 (bis)
Lafrance c. la Reine, (1975) 2 S.C.R. 202
21. AD AETERNUM
Proulx c. Hotte et al., (1968) B. R. 632
22. AD AUGENDAM IPSORUM OBLIGATIONEM
Pour augmenter leur propre obligation (alourdir le fardeau des débiteurs)
To increase their own obligation
Ad conservandam et perpetuandam non ad augendam obligationem.
Pour conserver et perpétuer l'obligation, non pour l'augmenter.
To conserve and perpetuate the obligation, not to increase it.
Le fait ou la demeure de l'un des débiteurs solidaires ne préjudicie pas aux autres.
Gravel c. Dame Joncas et al., (1971) C.S. 305
23. ADEO ARCTA EST, UT CUM EA CARNALE COMMERCIUM HABERI NEQUEAT
Elle est à ce point étroite qu'il est impossible d'avoir avec elle un commerce charnel.
She is narrow to such extent that it is impossible for him to have intercourse with her.
Sur l'impuissance de la femme.
24. AD FUTURUM ou IN FUTURO
In the future or at a future time
S'oppose à in praesenti. La jurisprudence fait état de l'action in futurum.
Rothenberg et al., c Frieberg et al., (1958) C.S. 18 (bis)
Dutrisac c. Goldback, (1960) C ,S 85, 86 (in futurum)
Succession Ludger Bastien et al., c. J.E.M. Import et Export Inc., (1963) C.S. 708, 709 (ter)
Robineau c Charbonneau et al., (1964) C.S. 169 (in futurum)
Sperling et al., c. Wexler, (1945) C.S. 221, 223
King c. Clack, (1946) C.S. 274
Rochefort c. Dame Godbout, (1948) C.S. 312 (ter), 313 (in futurum)
Baril c. Bolduc et al., (1952) B. R. 620 (bis)
Robitaille c. Regem, (1950) B.R 621
Dugas c. Mastelak, (1957) B R 73 (bis)
Komery c Restaurant Komery Inc , (1965) B.R. 857
Trust General du Canada c Dame Bouchard et al., (1971) C.A. 769
25. AD HOMINEM
Selon le dictionnaire Robert, « ... argument... dirigé contre la personne de l'adversaire et, a une valeur toute particulière dans son cas (en lui opposant notamment ses actes ou ses déclarations) ». En anglais, on ajoute que cet argument peut faire appel aux préjugés plutôt qu'à la raison. Ainsi, il est évident que le syntagme ad hominem possède à la fois en français et en anglais une signification dépassant celle des termes ad et hominem, d'où la difficulté de trouver une équivalence dans ces langues.
Albion Construction c Moreau, (1956) B.R. 834
Gallia Building Inc. c. Douglas et al., (1953) B.R. 341
Gagnon et Vallières c. la Reine, (1971) C.A. 473
26 AD IMPOSSIBILIA NEMO TENETUR
No one can be held to do the impossible.
Djamous c. Alepin, (1949) C S 358
27. AD INFINITUM
Idefinitely, endlessly, forever, without limit
Banque Canadienne Nationale c. Lefaivre et al., (1951) B.R. 114
Diemer c Dame Le May, (1958) B. R. 646
Dominion Engineering Works c. Cité de Lachine, (1966) B.R. 626
Tétrault Frères, c. Canadian Wineries (Québec) Ltd, (1946) B.R. 473
Beaudry c. Randal et al., (1962) B.R. 598
Laflèche et al., c. Travelers Indemnity et al., (1962) B.R. 913
Sun Life Assurance Co. c. City of Montreal, (1950) S.C.R. 227
R. c. Walker et al., (1970) S.C.R. 678
Banque Canadienne Nationale c. Martella, (1972) S.C. 763
Arcand c. Dupont, (1967) R. P 47
Janelle c. Les Promotions Succès Ltée, (1973) R.P. 372
28. AD INFORMANDUM JUDICANDIS ANIMUM
Dans le but de prédisposer celui qui se prononcera
To prédispose the person judging
Chambre des Notaires du Québec c Cour de Bien-être Social et al., (1971) R.P. 241
29. AD INSTRUENDAM DOMUM
Pour garnir la maison
Si posita sunt ad instruendam domum
Si elles sont placées pour garnir la maison
If they are installed to furnish the house
Ad integrandam domum
Désigne un « immeuble par destination » par opposition à « immeuble par nature ». Choses qui servent d'ornement et d'ameublement ou pour l'exercice du métier de la personne qui habite la maison. Elles ne sont pas censées faire partie de la maison; simples meubles.
Terreau & Racine Liée c Hôtel Loretteville et al., (1965) C.S. 315, 316
Cité de Sherbrooke et al., c. Commissaires d'Écoles de Sherbrooke, (1957) S.C.R 500 (bis)
30. AD INTEGRANDAM DOMUM
Pour être intégré à la maison, pour compléter la maison
To be permanently affixed
Quum posita sunt ad inteqrandam domum
Ad instruendam domum
C'est ce qu'on appelle « à perpétuelle demeure »; c'est le cas d'un objet qui est maintenant intégré à la maison, devenu immeuble par nature.
Terreau & Racine c. Hôtel Loretteville et al., (1965) C.S. 315, 316 (ter)
Cité de Sherbrooke et al., c. Commissaires d'Écoles de Sherbrooke, (1957) S.C.R. 500 (ter)
Horn Elevator Ltd c. Domaine d'Iberville, (1972) C.A. 406
31. AD LIBITUM
Selon l'inspiration du moment, à volonté, selon son bon plaisir
Marien c. Ville St-Laurent, (1952) B.R. 792
Hayes c. Miron et al., (1957) B. R. 567
Bellerose c. Talbot et al., (1957) B.R. 648
Dinham c. Canadian Car & Foundry, et al., (1958) B. R. 857
Coca-Cola Ltée c. Bélanger, (1953) B.R. 368
Hines c. Armour, (1953) B.R. 633
Industrial Acceptance Corp, c. Beaupré et al., (1953) B. R. 645
32. AD MEDIUM FILUM AQUAE (ou VIAE)
Vers le milieu du cours d'eau (ou du chemin)
Toward the mid point of the stream (or road)
Usque filum aquae
Jusqu'au milieu du cours d'eau
Up to the mid point of the stream
Usque ad medium filum aquae
Même traductions
Se dit d'une ligne ou d'un fil imaginaire où se divisent deux propriétés, soit au milieu d'un chemin ou d'une rivière. On dit que le chemin ou la rivière appartient à chacun des propriétaires à parts égales. Les usages cités ci-après proviennent du Common law.
Canadian Exploration Ltd c. Rotter, (1961) S.C.R. 15, 17, 19, 22 (bis)
Turgeon c. Dominion Tar & Chemical Co., (1972) C.S. 649 (bis)
33. AD MINUENDAM OBLIGATIONEM
Pour restreindre un engagement, amoindrir une ogligation
To diminish an obligation
Blumberg et Consolidated Moulton Trimmings c. Wawanesa Mutual Ins., (1960) B.R. 1174
Selon la jurisprudence : « C'est pour les codébiteurs, leur volonté de s'engager envers le créancier ad servandam obligationem, qui dans notre droit actuel, explique tout le système ». (p. 1174).
34. AD NAUSEAM
Jusqu'à la nausée, à satiété, à l'excès
To the point of disgust, to a sickening degree
Michaudville c. Maheu, (1959) B.R. 309
Azoulay c. the Queen, (1952) 2 S.C.R. 500
35. ADPROMISSIO
La promesse faite pour un autre
A promise given for another
En droit romain, l'obligation de celui qui se porte garant d'un débiteur au moyen de stipulations. Les différentes formes de cautionnement étaient le sponsio, le fideiussio et le fideipromissio. Par ailleurs, le terme adpromissio n'existe pas en latin classique. Par décomposition des termes, on en arrive au sens de promesse pour un autre, garantie.
Jolicoeur c. Beaudoin et al., (1950) C.S. 474
36. AD QUAESTIONEM FACTI NON RESPONDENT JUDICES :
AD QUAESTIONEM JURIS NON RESPONDENT JURA TORES
Les juges n'ont pas à statuer sur une question de faits;
les jurés n'ont pas à décider un problème de droit.
Judges do not determine questions of fact.
juries do net determine questions of law.
Lagarde, p 3061
Brown, c the Queen, 11962) S.C R 382
37. AD SERVANDAM OBLIGATIONEM
Pour remplir (protéger ou assurer) l'engagement
To respect an obligation
Exprime la volonté de débiteurs de s'engager entre eux; ils deviennent débiteurs solidaires. Il s'agit, en l'occurrence, d'une subrogation, remplacement de créancier premier dans le rapport obligatoire par un tiers qui assure et acquitte la créance envers le débiteur.
Blumberg et Consolidated Moulton Trimmings c. Wawanesa Mutual Ins., (1960) B.R. 1174 (bis)
38. AD VALOREM
Selon la valeur ou pour la valeur
In proportion to or according to value
Dans le contexte, l'expression serait mieux rendue par « sur valeur », c'est-à-dire les droits sur valeur de marchandise importée.
Deputy Minister of National Revenue et al., c St. John Shipbuilding & Dry Dock, (1966) S.C.R 201
Canadian Admiral Corp. c Deputy Minister of National Revenue et al., (1959) S.C.R 834
39. AD VINDICTAM PUBLICAM
Pour la protection publique
Selon la jurisprudence citée ci-après, l'expression serait ad vindicatam publicam, ce qui n'a pas de sens. Ne serait-ce pas plutôt : À ou pour la vindicte publique ou populaire? Selon Littré : « la poursuite d'un crime au nom de la société ».
Batary c. Attorney General for Saskatchewan et al., (1965) S.C.R. 487
40. AEGIS
Égide, bouclier, protection
Aegis, protection, sponsorship
Dans la mythologie grecque, le terme désigne le bouclier porté par Zeus et plus tard par sa fille Athène, et parfois par Apollon. Dans la mythologie romaine : bouclier de Jupiter.
Composers, Authors & Publishers Ass. c. Western Fair Ass., (1951) S.C.R. 600
41. AFFECTUS PUNITUR LICET NON SEQUITUR EFFECTUS
L'inclination (au mal) est punie, bien qu'aucun effet n'en résulte.
The intention is punished although the intended result does not follow.
Tel que décrit par Coke : « ... dans ces cas, la Common law est une loi de miséricorde, elle prévient le malin de faire le mal et l'innocent d'en souffrir ».
L'intention est punie, malgré que le résultat attendu ne se produise pas. (Jurisp.)
42. AFFIRMANTI NON NEGANTI INCUMBIT PROBATIO
C'est à celui qui accuse non à celui qui nie qu'il incombe de faire la preuve.
The burden of proof is upon him who affirms, not upon him who denses.
43. ALIQUIS NON DÉBET ESSE JUDEX IN PROPRIA CAUSE QUIA NON POTEST ESSE JUDEX ET PARS
On ne doit être juge dans sa propre cause car on ne peut être juge et partie.
No man ought to be a judge in his own case, for he cannot act as judge and at the same tune be a party.
44. ALIQUOT
Un certain nombre, une partie quelconque, la quote-part
Some, a few, a given number
Glass c. Glass et al., (1969) C.S. 486
Bouck c. Minister of National Revenue, (1952) 2 S.C.R. 30
In the matter of a reference respecting the Farm Products Marketing Act, R.S.Q. 1950, Chapter 131, as amended, (1957) S.C.R. 241
45. ALIUNDE
D'une autre source, de quelque part, du dehors, d'ailleurs
From another source, elsewhere or outside
Utilisé souvent avec le mot « preuve » (evidence en anglais) : preuve venant de l'extérieur, d'une autre source. Dans certains cas, un document écrit peut être expliqué par une preuve aliunde, c'est-à-dire d'une preuve tirée d'autres sources que le document lui-même. À titre d'exemple, le témoignage de quelque témoin à une conversation, à un aveu ou à des négociations préliminaires.
Cobetto c. Bélanger Bowling Alley & Restaurant et al., (1955) C.S. 310
In re : Inter-British Import Co., Cohen c. Grobstein ès-qual., (1954) B.R. 369
Bisson c. Commissaires d'Écoles de St-Georges de Windsor, (1950) B.R. 782
Batary c. Attorney General for Saskatchewan et al., (1965) S.C.R. 485
46. ALLEGANS CONTRARIA NON EST AUDIENDUS
Celui qui allègue des contradictions ne doit pas être entendu;
il ne faut pas écouter un plaideur (ou un témoin) qui se contredit.
He is not be heard who alleges things contrary to each other;
a person alleging contradictory things ought not to be heard.
L'expression provient du Common law et de façon précise des Jenkin's Centuries of Reports of Exchequer Chamber 1220-1623 où l'on affirme « qu'on n'entend pas le témoin qui se contredit, ni la partie qui contredit son propre témoin ». Selon Byrnes, la doctrine de « l'estoppel » (principe en matière de preuve) en Common law est fondée en grande partie sur cette maxime.
Byrnes, p. 45
Hunt c. Ethel Hunt, (1955) 1 S.C.R. 14
In re : Regina c. Coffin, (1956) S.C.R. 240
47. ALLEGANS SUAM TURPITUDINEM NON EST AUDIENDUS
Celui qui allègue sa propre turpitude ne peut réclamer en justice.
He who alleges his own infamy is not to be heard.
48. ALLOCATUR
Ce qui est alloué
Un mot formellement utilisé pour noter qu'un bref ou un ordre a été donné. Notons qu'en latin classique, le verbe alloco n'existe pas. II serait de formation récente, par la combinaison de ad « auprès de » et loco, locare, « placer ».
Nickel Rim Mines c. Attorney General for Ontario, (1967) S.C.R. 673, 677
Second soi-même ou un autre moi-même
Le sens de cette expression fréquemment entendue est « ma copie conforme », « ma doublure » ou « mon double ». On dit en droit canon que le vicaire général est l'alter ego de l'évêque.
Integrated Consultants Ltd c. B.D. Bohna & Co. Ltd, (1967) B.R. 343
Marcoux c. Plante et al., (1961) B. R. 743, 746
Traders General insurance Co. c. Segal, (1963) B.R. 748
Roy c. Mailloux et al., (1966) B.R. 474
Minister of National Revenue c. T.E. McCool Ltd, (1950) S.C.R. 105
Marwell Equipment Ltd et al., c. Vancouver Tug Boat Co., (1961) 1 S.C.R. 50, 52, 54
Leval & Co. Inc. c. Colonial Steamships, (1961) S.C.R. 227
Gordon Wardle c. Manitoba Farm Loans Ass. et al., (1956) S.C.R. 12
Minerals Ltd c. Minister of National Revenue, (1958) S.C.R. 493
Canada Safeway c. Minister of Natural Revenue, (1957) S.C.R. 725
Dame Millar c. Dame Charbonneau, (1970) C.A. 26
Canadien Trucking Ass et al., c. Canadian National Railway et al., (1970) C.A. 304
Corporation Mun. de Shannon c Maple Leaf Services et al., (1071) C.A. 433
Flamand c. Bienvenue, (1971) R.P. 137, 138
Barwick & Sons Ltd c. Farmers' and Merchants' Trust et al., (1968) R.P. 65
Procureur Général du Canada c. Marcotte, (1975) C.A. 570
50. ALTERUM NON LAEDERE
Alterum non laedere suum cuique tribuere.
Ne pas nuire à autrui, attribuer à chacun ce qui lui est dû.
Do no wrong to anyone, give every man his due.
Voir « Sic utere tuo ut alienum non laedas ».
Priestman c. Colangelo et al., (1959) S.C.R. 635
51. ALTIUS NON TOLLENDI
(Servitude) de ne pas construire ou de ne pas élever plus haut.
(Servitude) not to construct or build any higher.
Mayrand, p. 16
Voir aussi : Mignault, Dr. Civ. canadien, Planiol et Ripert
C.c. fr., art. 689
52. ALUMNAE
Les élèves (au féminin)
Students (female)
Guaranty Trust Co. c. Minister of National Revenue, (1967) S.C.R. 139, 140 (ter), 152
53. ALUMNI
Les élèves (au masculin)
Students (male)
University of Toronto c. Zeta Psi Elders Association, (1969) S.C.R. 456
Guaranty Trust Co. c. Minister of National Revenue, (1967) S.C.R. 133, 137 (ter), 138, 139 (bis), 148
54. AMICUS CUAIAE
Ami de la cour, allié du tribunal
Amicus curialis
Ami de la cour
A mica veritas.
La vérité est mon amie.
Truth is my friend.
Platon est un ami, mais la vérité m'est une amie encore plus chère.
Plato is a friend, however truth is a still dearer friend.
Il va de soi que cette maxime retrouve une application dans tous les domaines, son emploi n'étant régi que par la présence de la personne à laquelle elle s'applique. L'amicus curiae est ce qu'on appelle aujourd'hui un « témoin-expert » qui donne un avis au tribunal sans s'impliquer pour ou contre les parties. Notons au passage un emploi curieux : dans la cause de Rose V, la Reine, le juge emploie l'expression à l'endroit d'un avocat qui fait une intervention en cour au nom de l'accusé.
Mayrand, p. 17
In re : Atlantic Felt Inc., Goldsmith & Co. c. Druker et al., (1962) C.S. 201
Webster c. Dame McKay, (1969) C.S. 135
Atkinson c. Dame Kennedy, (1947) C.S 460
Goodyear Employees Union et al., c. Keable, (1967) B.R. 50
Canadian National Railway c. North-West Telephone, (1961) S.C.R. 178
Moshos et al., c. Minister of Manpower and Immigration, (1969) S.C.R. 890
Sanders c. la Reine (1970) R.C.S 133
Bell c. Ontario Human Rights Commission et al., (1971) S.C.R. 772
Rose c. la Reine, (1973) C.A 603
R. c. Hemlock Park Coop., (1974) R.C.S 124
55. ANIMO DOMINI
(Avec) l'intention d'être propriétaire
(With) the intention of being owner
56. ANIMO FURANDI
(Avec) l'intention de voler
(With) intent to steal
Marsh c. Kulchar, (1952) 1 S.C.R. 335
57. ANIMO INJURIENDI
(Avec) l'intention de nuire
(With) the intention of doing wrong
Animo injuriae faciendae
L'intention d'offenser une personne, exigée à l'époque classique du droit romain, pour qu'il y ait un délit d'injurier.
Monier, Raymond, Vocabulaire du droit roman, Ed. Domat Montchrestien, 1948, p. 44.
58. ANIMO LUCRI FACIENDI
(Avec) l'intention de faire un bénéfice ou un gain
(With) the intention of making a profit
59. ANIMO NOCENDI, NON UTILITATIS CAUSA
Avec l'intention de nuire, non d'être utile.
Par esprit de nuire, non pour cause d'utilité.
With intent to harm, not through cause of utility,
60. ANIMO NOVANDI
(Avec) l'intention de novation
(Avec) l'intention de remplacer
(With) the intention of novation
(With) the entent to substitute
C.c. qué., art. 1171;
C.c. fr., art. 1273
61. ANIMO RETINETUR POSSESSIO
La possession est maintenue par l'intention.
Possession is maintained by entent.
Paul, Dig., L. 41, 3, 4, 11.
62. ANIMUS CONTRAHENDAE SOCIETATIS
L'intention de former une société
The intention of forming a partnership (or company, as the case might be).
63. ANIMUS DONANDI
The intention of giving
Animo donandi
(Avec) l'intention de donner
(With) the intention of giving
Voir « animus testandi »
L'intention de léguer ses biens
The intention of bequeathing
L'expression de l'intention de donner est nécessaire pour constituer un cadeau.
Mayrand, pp. 17 et 18.
Barnhardt c. Canadian Bank of Commerce, (1952) C.S. 270 (aussi version française)
Tétreault et al., c. Gagnon, (1962) S.C.R. 770
Dame Lemire c. Laroche (1971) C.S. 674, 678
Charlebois et al., c. Charlebois, Racicot et al., (1974) C.A. 101
In re : Gérard Nolin Ltée, Bellavance c. Trust Général du Canada, (1975) C.S. 771
64. ANIMUS ET FACTUM
L'intention et le fait accompli
The entent and the accomplished fact
Voir « animus manendi »
L'intention de demeurer
Selon le dictionnaire juridique Black, pour constituer un changement de domicile, il faut qu'il y ait un animus et un factum, le factum étant le transfert de la présence physique et l'animus l'intention d'y élire domicile pour une période indéterminée.
65. ANIMUS MANENDI
L'intention de demeurer, d'établir résidence
C'est l'intention d'élire domicile de façon permanente, qui détermine le caractère domiciliaire ou résidentiel du geste d'une personne. Selon le Code civil, art. 80 : « Le changement de domicile s'opère par le fait d'une habitation réelle dans un autre lieu, joint à l'intention d'y faire son principal établissement ».
Mayrand, p. 18
66. ANIMUS OCCIDENDI
L'intention de tuer
67. ANIMUS POSSIDENDI
L'intention de posséder
The intention of possessing
Dépendant du contexte : le sentiment de posséder... c'est « l'âme de propriétaire »...
Dame Wheeler c Sheehan, (1961) C S 484
Dame Fisher c Dame Holland et al., (1951) B.R. 129
Bélanger c. Carrier, (1954) B.R. 132 (bis)
Schwebel c. Hava Urigar, (1965) S.C.R. 153
Karim c. Ali, (1911) C.S. 441
68. ANIMUS REVOCANDI
L'intention de révoquer
The entent to revoke
LOCUTIONS APPARENTÉES : :
Voir « animus donandi »
Langlais c. Langley et al., (1952) 1 S.C.R. 75, 80, 83 (bis)
Bégin c. Bilodeau, (1951) S.C.R. 705, 710
69. ANIMUS TESTANDI
Voir « animo testandi »
Avec l'intention de tester
With the intent to bequeath
Il s'agit de l'intention arrêtée de faire une disposition des biens à la mort, un testament.
Dame Guay c. Royal Trust et al., (1964) B. R. 265
Bégin c. Bilodeau, (1951) S.C.R. 705
Molinari c. Winfrey, (1961) S.C.R. 95, 97
Estate of M. W. Gray, Bennet et al., c. Toronto General Trusts et al., (1958) S.C.R. 398
70. A PACTIS PRIVATORUM PUBLICO JURI NON DEROGATUR
On ne peut déroger au droit commun (ou public) par des ententes privées.
A public law can not be altered by private agreements.
Jus publicum priva torum pactis mutari non potest (1.4.3 n).
On ne peut déroger au droit commun (ou public) par des ententes entre particuliers.
A public law or right can not be altered by the agreements of private persons.
Pacta privata juri publico derogare non possunt (Selon Black).
Les ententes privées ne peuvent déroger au droit commun.
Private bargains cannot derogate from public right.
Lorsqu'un contrat va à l'encontre des bonnes moeurs ou de l'ordre public, il est nul et de nul effet.
Tremblay et al., c. Lefebvre, (1968) C.S. 400
Jarry c. Jourdain, (1950) C.S. 16
71. A POSTERIORI
À partir de ce qui est postérieur donc, après coup.
From what comes later, from effect to cause.
Un raisonnement a posteriori procède de l'effet à la cause, et non de cause à effet, ce qui s'appelle un raisonnement a priori.
Mayrand, p. 19
Dame Roy-Terreau c. Chalifour et al., (1969) C.S. 226
Dupont of Canada c. St-Onge, (1970) C.A. 998
Miller et al., c. Brues, (1973) C.A. 904
72. APPELLATIONE AUTEM TIGNI OMNES MATERIAE SIGNIFICANTUR EX QUIBUS AEDIFICIA FIUNT
Toutes matières dont sont faites les constructions sont désignées par l'appellation « fignum » (matériau), donc on appelle matériau tout ce qui sert à la construction.
All things entering into the construction of buildings, even beams, are called material, thus material means anything which is used for building.
Appellatione autem tignis omnis materia significantur ex qua aedificia fiunt.
Le mot poutre signifie toute espèce de matériaux dont sont faits les édifices.
All that enters into the construction of buildings, even beams, is called material.
Justinien, Inst., 2, 1, 29.
Dulac c. Nadeau, (1953) 1 S.C.R. 184
73. ARDUA REGNI PRO BOND PUBLICO
Les difficultés du pouvoir (sont) pour le bien public.
The difficulties in ruling are for the general good.
In re : Cox, Baker c. National Trust Co., (1953) 1 S.C.R. 112
Attorney General of the Prov. of Québec c. Bank of Montréal, (1974) C.S. 376
74. ARGUMENTUM AB INCONVENIENTI PLURIMUM VALET IN LEGE
C'est la preuve par les inconvénients qui a le plus de poids dans la loi.
Argumentum ab inconvenienti.
Argumentum ab inconvenienti est validum in lege; quia lex non permitit aliquod inconveniens.
La preuve par les inconvénients est valide dans la ou en loi; car la loi ne permet qu'il y en ait aucun.
An argument from an incongruous thing is not valid in law; because the law does not allow anything incongruous.
La maxime signifie « raisonner en démontrant les inconvénients de la proposition ». On l'emploie là où une démonstration de ce genre est nécessaire. Lorsque l'expression de la loi est claire, on interprétera selon la lettre de la loi, malgré les inconvénients qui en résultent. Toutefois, si elle est équivoque ou les circonstances laissent planer un doute, les tribunaux ont tendance à modérer leurs décisions à la lumière de ces considérations. C'est ainsi qu'un argument fondé sur l'inconvénient peut parfois avoir une grande valeur pour régler une question de l'intention de la loi. Quand, dans un instrument, il existe une équivoque et son interprétation crée un tort, il devient utile de discuter de la véritable intention de l'auteur. Toutefois, un instrument bien rédigé, donc sans équivoque, ne laisse supposer qu'une interprétation.
Brown, p. 387
Desjardins c. Jacob et al., (1951) B.R. 381
75. ASSUMPSIT
Il a pris sur lui, il a assumé, il s'est réservé (une réclamation au nom ou à la place d'un autre).
Terme provenant du Common law qui décrit une promesse ou un engagement par lequel une personne assume ou entreprend de faire quelque chose ou de payer quelque chose à un autre. Généralement, l'assumpsit est oral ou écrit, mais pas sous forme notariée.
Mayrand, p. 20
Meunier c. Demers et al., (1962) C.S. 279
Cayouette Ltée c. Billet, (1962) B.R. 435
Ranger c. Warren Ross Lumber Co., (1962) B.R. 676 (bis)
Deglman c. Guaranty Trust Co. of Canada et al., (1954) S.C.R. 735
Car & General insurance Corp. c. Seymour et al., (1956) S.C.R. 324
M. Gordon & Son Ltd c. Debly, (1956) S.C.R. 524
Carris c. Buxton, (1958) S.C.R. 446 (bis)
Ruptash et al., c. Goyan et al., (1971) S.C.R. 561 (aussi version française)
Georges V. Auto Body Enrg c. Page. (1966) R.P. 127
Anderson c. Consolidated Building Corp., (1966) R.P. 159
Wibert c. Cantin, (1973) C.A 924
76. AUDI ALTERAM PARTEM
On doit entendre l'autre partie (les deux parties). Entends l'autre partie.
Hear the other side, both sides.
Selon Lagarde : « Personne ne peut être condamné sans avoir eu l'opportunité (sic) de se défendre. »
Mayrand, p. 20.
Commission de Relations de Travail de Québec c. Canadian Ingersoll-Rand Co. et al., (1968) S.C R 701
77. AUDITA QUERELA
Plainte écoutée, plainte reçue, ou la plainte ayant été entendue
Complaint heard or the complaint having been heard
Audita querela defendentis
La plainte du défendeur ayant été entendue
The defendant's complaint having been heard
Aujourd'hui désuet, selon la vieille pratique du Common law, l'audita querela était un bref accordé à un défendant, sur sa demande, dans une action où à la suite du jugement, il a été question de se défendre.
78. AUT UBI QUISQUE UTIQUE EO LOCO INTELLIGITUR, QUO NEGOTIUM GESTUM SIT; SED QUO SOL VENDA EST PECUNIA
Du moins, on comprend qu'une affaire serait engagée là où on doit en payer la note.
At least, it is understood that sonne business is involved wherever one must pay the bill.
Cette phrase est à peu près intraduisible, telle quelle. À tout hasard, nous suggérons une adaptation : Le lieu où quelqu'un est censé avoir conclu un contrat, c'est là où il s'est engagé à en régler le coût; autrement exprimée en meilleur français : On tient pour lieu d'un contrat l'endroit où une personne s'engage à en acquitter paiement. (The place of a contract is held to be wherever a person has piomised to make payment).
Smith Transport c. InTraCo Inc., (1974) C.S. 269
79. BONA DICUNTUR EX EO QUOD BÉANT, HOC EST BEA TOS FACIUNT; BEARE EST PRODESSE
On dit des choses qu'elles sont bonnes lorsqu'elles rendent heureux, c'est-à-dire lorqu'elles font des heureux; rendre heureux signifie être utile.
Things are said to be good when they bring about happiness, i.e. when they make people happy; bringing happiness means being useful.
Bona dicuniur ex eo quod beanf, id est beatos faciunt, beare enim est prodesse.
Hors contexte, il est assez difficile de traduire cette phrase. Beare signifie tout autant enrichir que rendre heureux, et rendre heureux est rendu par l'expression beatos faciunt. Quant à beare est prodesse, lequel est sujet, lequel attribut? On peut tout aussi bien traduire : enrichir, c'est être utile — que « servir à quelque chose, c'est rendre heureux » (celui à qui l'on sert...) Question d'interprétation... Quant à la traduction suggérée, on peut retenir que l'expression de Ulpien « beare est prodesse » est traduite dans le dictionnaire latin-français Quicherat et Daveluy par : « beare signifie être utile ». Il semble donc que pour Ulpien le sens de beare est d'abord : « rendre heureux »; et que pour expliquer le sens de « rendre heureux », il ait ajouté : « rendre heureux, c'est être utile » (à quelqu'un).
Dig. 20, 16, 49.
Covertite Ltd c. Fonds d'indemnisation des victimes d'accidents d'automobile, (1965) C.S. 143
80. BONA VACANTIA
Biens vacants, biens non réclamés
Vacants goods, unclaimed goods
Choses qui n'appartiennent à personne
Things belonging to no one
Des biens qui n'appartiennent à personne, si ce n'est à la Couronne. Le droit de propriété de la Couronne s'exerce en vertu des prérogatives royales et diffère de ce fait du droit de propriété par déshérence. Selon le dictionnaire juridique de Black, « Vacant, unclaimed or stray goods. Those things in which nobody claims a property, and which belonged, under the common law, to the finder, except in certain instances, when they were the property of the King ». L'étudiant de droit comparé aurait intérêt à comparer la portée respective de bona vacantia du Common law avec celle de res nullius du droit civil.
Byrnes, p. 127
Black's Law Dictionary, p. 223.
Banque Canadienne Nationale c. Lefaivre et al., (1951) B.R. 101
Johnson c. Attorney General of Alberta, (1954) S.C.R. 144, 146
Attorney General for Ontario c. Policyholders of Wentworth Ins. Co et al., (1969) S. C. R. 808, 809, 810
R. c. Lincoln Mining Synd., (1959) S.C.R. 742, 744 (bis), 745
81. BONUM
En général : un bien (matériel), le bien (moral)
Generally : a material thing or a moral good
82. BONUM VACANS
Vacant thing, goods, estate
Un bien qui n'appartient à personne.
Upper Ottawa Improvement Co., et al., c. Hydro-Electric Power Commission of Ontario, (1961) S.C.R. 492
83. BONUS ET INTELLIGENS PATERFAMILIAS
Père de famille bon et intelligent
Prudent and industrious man, person, or father of a family
Bonus et diligens paterfamilias
Père de famille bon et consciencieux
Prudent and consciencious man
Ce terme nous provient d'une époque où le père était réputé le chef de la famille, donc : paterfamilias. Dans d'autres circonstances, on voit bien que le mot materfamilias aurait pu le remplacer...
Banque Toronto-Dominion c. Consolidated Paper, et al., (1962) B.R. 810
84. BAEVI MANU
De main preste, sur le champ
Directly, by the quickest means
Utilisé en droit civil, ce terme signifie « par le plus court chemin », directement. En l'occurrence, il désigne la célérité avec laquelle le juge peut condamner un témoin pour outrage au tribunal.
Hébert c. Procureur Général, (1966) B.R. 203, 234
In re : Duncan, Esq., City of Toronto, P.O., (1958) S.C.R. 44
McKeown c. the Queen, (1971) S.C.R. 458
85. CAPIAS AD AESPONDENDUM
Littéralement : Que tu te saisisses (de quelqu'un) pour qu'il réponde (à la Cour).
That you seize someone so that he answers (the Court).
Ce sont les premiers mots d'un bref émis au shérif pour qu'il voie à ce qu'une personne désignée vienne en Cour, non comme accusé, mais comme témoin important.
Mayrand, p. 24
Mailloux c. Brault, (1952) C.c. 402
Silberberg c. Levesque et a1., (1951) B.R. 214
Sullivan c. Laurence, (1961) B.R. 803
(et 5 autres titres)
86. CAPUT
University of Toronto c. Zeta Psi Elders Association of Toronto, (1969) S.C.R. 448
87. CASUM FORTUITUM
Cas fortuit, hasard
C.c., art. 24
88. CASUS OMISSUS
Un cas oublié (omis)
A case unprovided for (omitted)
Voir 4 « per incuriam 2 »
Vacuum juris
L'absence ou la non-application de la loi
Absence or non-enforcement of law
Casus omissus pro omisso habendus est.
Un cas oublié doit être considéré comme oublié.
A case omitted is to be considered as forgotten.
Un sujet que la loi, un règlement ont omis; cas d'espèce non prévu par la loi.
Mayrand, pp. 24 et 25
Perrault Limitée c. Breault et al., (1957) B.R. 835 (bis), 836
89. CAUSA CAUSANS
Cause déterminante
Tancelin, p. 280
90. CAUSA PROXIMA NON REMOTATE SPECTATUR
On doit considérer la cause immédiate et non la cause éloignée.
The immediate and not the remote cause is to be considered.
Tancelin, p. 284
91. CA VEAT EMPTOR
Let the purchaser (or buyer) beware
La maxime comporte un devoir de se renseigner; l'acheteur est réputé avoir accepté aussitôt qu'il a pris possession sans se plaindre. Il appartient à l'acheteur d'examiner l'objet du contrat. En Common law, cette maxime signifiait à l'origine qu'à régard de la vente d'un bien, lorsque l'acheteur n'exigeait pas de garantie, il lui incombait le risque de la qualité et n'avait pas de recours s'il avait choisi de se fier aux représentations du vendeur, à moins de démontrer que celles-ci aient été frauduleuses. On peut mettre l'expression caveat emptor en opposition avec celle connue en droit civil caveat venditor (que le vendeur prenne garde) selon laquelle le vendeur serait tenu responsable des vices cachés du bien vendu.
Mayrand, p. 26
Perron c. Wawanesa Mutual Insurance Co., (1964) C.S. 330
General Motors Acceptance Corp. of Canada c. Western Assurance Co. et al., (1964) C.S. 405
Bourdon c. Lamontagne, (1945) C.S. 270
Jobidon c. Lambert, (1947) C.S. 213
Charpentier c. Beauchamps, (1947) C.S. 333
McDuff c. Fitzpatrick, (1948) C.S. 427
Bombardier c. Crombie et al., (1949) C.S. 190
Cedillot et al., c. Lalonde, (1951) C.S. 380
Tellier c. Proulx, (1954) C.S. 153
Boretsky et al., c. Amherst Bowling Recreation, (1965) C.S. 523
Tremblay c. Les Pétroles lnc. et al., (1961) B.R. 866
Gallia Building c. Douglas et Cité de Montréal, m.e.c., (1953) B.R. 344
Shortt c. McLennan, (1959) S.C.R. 6
Sport Togs c. Telio Trading Co., (1970) C.S. 267
Romanoexport c. Sutton Silk Mills, (1975) C.S. 901
92. CERTUM EST QUOD CERTUM REDDI POTEST
Est indubitable ce qu'on peut rendre certain.
That which is capable of being made certain is to be treated as certain.
Osborn, p. 65
93. CESSANTE RA TIONE LEGIS, CESSA T IPSA LEX
La raison de la loi cessant, la loi elle-même cesse. Sans raison d'être, la loi tombe d'elle-même.
The reason of the law ceasing, the law itself ceases.
Cessante ratione legis, cessa t et ipsa tex.
Cessante causa legis, cessat tex.
Cessante ratione legis, cessat ejus dispositio.
La raison de la loi venant à manquer, sa prescription manque.
The reason of the law ceasing, its force ceases.
La raison de la loi venant à manquer, ses effets se perdent.
The reason of the law ceasing, ils effects cease.
Mayrand, p. 29
Boucher c. the King, (1951) 1 S.C.R. 330
R. c. Morgentaler, (1973) C.S. 828
94. CETERIS PARIBUS
Les autres choses étant semblables (donc), toutes choses étant égales
Verdun c. Molyneux, (1946) C.S. 70
Il s'agit, en l'occurrence, d'une technique d'interprétation ad hoc :
« ... There is authority to the effect that positive evidence is ceteris paribus, to be preferred to negative evidence. » (p. 70)
95. CETERUM ESSE SATIS INJURIOSUM AIT, SI QUIS LONGO TEMPORE ABFUERIT, ET REVERSUS UXOREM PRAEGNANTEM INVENERIT ET ID CIRCO REJECERIT, SI QUID EX HIS QUAE SENA TUSCONSULTO CONTINENTUR, OMISERIT, SUUM HEREDEM El NASCI
Du reste, on affirme qu'il est (suffisamment) injurieux que naisse un héritier à quelqu'un qui omettrait une des formalités exigées par le sénatus-consulte si, absent depuis longtemps, il trouve à son retour sa femme enceinte et la répudie pour cela même.
Furthermore, if is stated to be insulting that an heir be born to someone who would omit one of the formalities required by the Senatur-Counsel if, absent for a longtime, he finds upon his return his wife pregnant and thus repudiates her.
L. c. Dame M., (1949) C.S. 126
96. COITUS INTERRUPTUS
Incomplete intercourse
L'expression démontre une relation sexuelle incomplète.
Webster c. Dame McKay, (1969) C.S. 136 (bis)
97. COLORE OFFICII
Sous couleur d'autorité
By colour of office
Pour qualifier un acte effectué illégalement, malgré son air légal. Par opposition à virtute officii.
R. c. Beaver Lamb & Shearling Co., (1960) S.C.R. 524 (bis)
98. COLOREM HABENT, VERO NON SUBSTANTIAM
Ils ont la couleur, mais non la substance.
They have the colour, but not the substance.
Bélanger c. Carrier, (1954) B.R. 131
99. COMITAS GENTIUM
La bienveillance des nations, la générosité des peuples, la courtoisie internationale
C'est la courtoisie avec laquelle les peuples amis consentent à tempérer la rigueur de leurs lois respectives dans le cas de conflit. (Juge Adjutor Rivard, in Monette c. Larivière, cité in Gouv. de Rép. Dém. du Congo c. Venne, (1969) B.R. 830).
Scottish Metropolitan Assurance Co. c. Graves, (1955) C.S. 91
Bilodeau c. Tremblay et al., (1962) C.S. 359
Gouvernement de la République Démocratique du Congo c. Venne, (1969) B.R. 830 (bis)
Gauvin c. Dame Rancourt et al., (1953) B.R. 665
100. COMMERCIUM
Commerce (de tout genre)
Trade, commerce (of all kinds)
Le droit d'acheter et de vendre de façon réciproque (d'après Épit. Ulpien 19.5).
Compagnie d'Entrepreneurs en Construction Ltée c. Simard, (1952) 2 S.C.R. 450
101. COMMITTIMUS
Nous livrons, abandonnons, confions, commettons... le coupable entre les mains de...
We deliver, abandon, render, commit... the guilty one Io the hands of...
Dénomination d'un « bref de contrainte ».
Farrugio c. Langlais ès qual., (1954) B.R. 667
Brunet-Ritter (Canada) Ltd. c. Rodi and Weinenberger Aktiengesellschaft, et al., (1960) B. R. 681
Juneau c. Juneau, (1950) B.R. 379, 380 (bis)
Rodi and Wienenberger Aktiengesellschaft c. Watchstraps Inc. et al., (1957) B.R. 761
Chassay c. Ronald Plastics Ltd. et al., (1957) B.R. 872
Rolling c. Langlais et al., (1958) B.R. 212
Côté c. Pelletier, (1958) B.R. 659, 672 (ter)
102. COMMODATI
Chose prêtée, prêt à usage : commodat
A thing loaned
Commodatum : le prêt gratuit d'une chose que l'emprunteur s'engage à remettre au prêteur selon les termes d'une entente. Se dit aussi du contrat de prêt lui-même.
Racine c. Barry et al., (1957) S.C.R. 103
103. COMMUNIS ERROR FACIT JUS
L'erreur commune devient la règle.
A common error becomes the rule.
104. COMPENSATIO
Compensation, rémunération, paiement compensatoire
Compensation, compensatory payment
Provient du droit classique romain. Lorsque le juge, en se fondant sur la bonne foi (bonae fidei iudicium), prenait en considération ce que le demandeur devait au défendeur lors d'un marché précédent et condamnait le défendeur de s'acquitter du compensatio seulement si celui-ci était plus élevé.
105. COMPOS MENTIS
Sain d'esprit, maître de son esprit
Sane, in control of his or her rond, of sound mind
Forme négative du précédant
Negative forrn of the preceding
Sui compos
Cette maxime trouve surtout son application dans le domaine des contrats où les parties à un contrat doivent avoir la capacité légale de contracter selon l'article 986 (in fine) du Code civil ainsi que dans les testaments.
Mayrand, p. 30
Talbot c. Talbot et al., (1959) C.S. 522
St-Jean c. St-Jean, (1962) C.S. 666
Warren c. Dame Béland et al., (1964) C.S. 136
H. et al., c. Dame T. et Prudential Ins., (1949) C.S. 28
Protestant Board of School Commissioners of the Village of Ayer's Cliff c. Wilson et al., (1954) B. R. 173
Moisan c. Shenker et al., (1960) B.R 1071
Yared c Dame Sigayer, (1958) B.R. 202, 203 (bis)
Langlais c. Langlais et al., (1952) 1 S.C.R. 50
McEwen c. Estate Jenkins et al., (1958) S.C.R. 724, 728
Héritiers de D. Allison c. Clough, (1970) C.A. 72
Plante c. Dugré, (1971) C.S 69
106. CONCEDO
Je concède, j'admets
107. CONDICTIO CAUSA DATA NON SECUTA
Action pour une cause qui n'a pas eu de suite.
Action for a cause having no follow-up.
Condictio causa non secuta
Action personnelle sans cause
Personal action without cause
Condictio causa data
Action personnelle ayant une cause
Personal action with cause
C'est l'action en vue d'une obligation future qui ne s'est pas réalisée. Selon le cas, elle oblige quelqu'un à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose.
Élizabeth Shoe Co. c. Racine et al., (1951) C.S. 343
108. CONDICTIO INDEBITI
Action sur indû, action de l'indû
Action for recovery (of something not owed)
C'est l'action personnelle accordée pour la répétition de ce qu'on ne devait pas et qu'on a payé par erreur.
Dame Anglehart et al., c. Chenel et al., (1950) C.S. 311, 312
Élizabeth Shoe Co. c. Racine et al., (1951) C.S. 343 (bis), 344
New York Central System c. Sparrow, (1957) B.R. 812, 815
Weston Bakeries Ltd c. Cité de Montréal, (1962) B.R. 55
109. CONDICTIO OB TURPEM VEL INJUSTAM CAUSAM
Action pour une cause immorale ou injuste
An action for an immoral or unjust cause
Action contre une obligation qui est de nature illicite ou immorale. Dans le dictionnaire Quicherat, l'expression turpem causam habere est traduite par : « soutenir une mauvaise cause ».
Girard c. Gariepy et al., (1975) C.A. 706
110. CONDICTIO SINE CAUSA
A personal action without cause
Une action intentée en faveur d'une personne qui a donné ou promis quelque chose sans cause.
New York Central System c. Sparrow, (1957) B.R. 812
111. CONFIRMATUR EX PRAXI ECCLESIAE QUAE MATRIMONIUM EJUSQUE USUM PERMITTIT PERSONIS QUAS CERTITUDINE MORALI CONSTAT PROLEM HABERE NON POSSE, DUMMODO POSSINT PONERE COPULAM, UT SUPRA
Ceci est démontré, en accord avec la « praxis », de l'Église qui permet le mariage et son « usage » aux personnes dont elle connaît, de certitude morale, l'incapacité de procréer, pourvu qu'elles puissent poser l'acte de copulation, tel que ci-dessus.
It is shown, in agreement with the Church « praxi » which allows marriage and its « use » to those whom she knows, with moral certainty, the incapacity to procreate, provided that they might be able to engage in intercourse as described above.
Gasparri, De matrimonio, T. 1, N. 586, p. 412
112. CONSENSUS AD LITEM
Consentement, accord des parties sur un même fait
Agreement as to the same thing
Lagarde, p. 3062
113. CONSILIUM FRAUDIS
L'intention de frauder
The entent to defraud
Consilium damni
L'intention (de causer) un dommage (ou un tort à quelqu'un)
The entent to cause some damage (or wrong)
Consilium fraudandi ex parte debitoris
Le dessein de frauder de la part du débiteur
The purpose of defrauding by the debtor
Consilium fraudis ex parte debitoris
Projet de fraude de la part du débiteur
Intent of defrauding by the debtor
L'un des deux éléments qui constituent la fraude, l'autre élément étant l'eventus damni.
Mayrand, p. 32
Wolfe c. Inns et al, (1963) B.R. 715
Butler c. Castonguay et al., (1949) C.S 60.62 (bis) Ross Bros. & Co c. Vermette ès-qual, et al., (1952) B.R. 185
114. CONSUMMATUM
Consommé, accompli, achevé
Consummated, fulfilled, accomplished
En l'occurrence, il s'agit du mariage.
Beaulne c. Thesserault, (1947) C.S. 24
115. CONTRA BONDS MORES
Adversus bonos mores
Against or contrary to good morals
Condictio turpis (illicita)
Action pour une mauvaise cause
An action for an immoral cause
Maxime souvent employée avec une autre contra pacem, sous la forme contra bonos mores ainsi que contra pacem. Les contrats contra bonos mores sont nuls.
MacKenzie c. Martin, (1954) S.C.R. 368
Frey c. Fedoruk et al., (1950) S.C.R. 527 (bis)
116. CONTRA JUSTITIAM NATURALEM ESSET, SI PUERI INVITIS PARENTIBUS BAPTIZARENTUR
Ce serait aller à l'encontre de la justice naturelle que de baptiser les enfants contre le gré de leurs parents.
Il would go against natural justice for children to be baptized against the will of their parents.
Somme théologique (St-Thomas d'Aquin), p. 717
Chabot c. Commissaires d'Écoles de Lamorandière, (1957) B.R. 717
117. CONTRA NON VALENTEM AGERE NULLA CURRIT PRESCRIPTIO
Aucune prescription ne court contre celui qui est incapable d'agir.
Contra non vaientem agere non currit praescriptio.
La prescription ne court pas contre celui qui est incapable d'agir.
Cette maxime est connue à la fois en droit français et anglais. C'est ainsi que dans le cas d'une dette, la prescription ne court qu'à partir du moment où le créancier a droit de poursuivre.
Broom, Max. 903
Droit français, C.c., art. 2251
Mayrand, p. 33
Lussier c. Marquis, Patenaude c. Marquis, (1960) B.R. 20
118. CONTRA PACEM
La formule complète est « Contra pacem domini regis », contre la paix du roi. Dans les plaidoyers modernes, elle signifie que l'offense alléguée a été commise contre la paix du Commonwealth, ou du peuple, donc, contre la paix publique.
Ce terme est utilisé dans une expression qui dit : Contra bonos mores, aussi bien que contra pacem.
Autrefois, en Common law, il était nécessaire d'alléguer dans un contra pacem que l'infraction alléguée avait été commise contra pacem domini Regis (contre la paix de Sa Majesté le Roi); cependant, selon la loi sur la procédure pénale de 1851, 5-24, cette procédure devint superflue, et une loi de 1915 l'a rendue désuète.
Frey c. Fedoruk et al., (1950) C.S.R. 527
119. CONTRA PROFERENTEM
Contre le proposant, contre celui qui produit (un écrit), contre l'orateur, le rédacteur
Against the proposer, against he who produces (something written), against the speaker, against the author
Verba chartarum fortius accipiuntur contra proferentem.
Le terme contra proferentem est l'abréviation de la locution au complet : Verba chartarum... etc. En droit, ces termes se réfèrent à une démarche où on interprète de la façon la plus restrictive le document que produit une personne.
FRÉQUENCE D'OCCURRENCE : 16
Kofman c. La Reine, (1975) C.F. 557
Compagnie française du Phenix c. Travelers Fire Insurance, (1952) 2 S.C.R. 193, 213
R. c. Canada Steamship Lines et al., (1950) S.C.R. 562
Clark's Gamble of Canada c. Grant Park Plaza et al., (1967) S.C.R. 617
Henwood c. Prudential Ins. Co. of America, (1967) S.C.R. 733
Wardle c. Manitoba Farm Loans Ass. et al., (1956) S.C.R. 19
Stevenson c. Reliance Petroleum et al., (1956) S.C.R. 949
Firth c. Western Life Assurance, (1957) S.C.R. 432
Marshall et al., c. Crown Assets Disposal Corp., (1957) S.C.R. 658
Canadian Indemnity Co. c. Andrews et George Co. Ltd, (1952) S.C.R. 22
Arrow Transfer Co. c. Royal Bank of Canada et al., (1972) S.C.R. 868, (1972) R.C.S. 869
North America Trust Co. c. Eaton et al., (1973) C.S. 497
Leepo Machine Products c. Western Assurance Co. et al., (1973) R.C.S. 172, 188
Rochette c. Travelers Indemnity Co., (1974) R.C.S. 30
120. CONTRARIA NEGOTIORUM GESTORUM
Les actes contraires des agents d'affaires
Contrary acts (performed) by managers of affairs
Action sur l'agent d'affaires
Action on the management of affairs
D'après la jurisprudence, cette expression réfère aux actes posés par un agent d'affaires contre la volonté de celui pour lequel il agit, mais qui ont quand même un effet bénéfique au mandant.
121. CONTRARIO VERDICTO
Par verdict contraire
By contrary verdict
Ce terme semble être du latin forgé dans nos temps modernes, ou du moins médiévaux.
Lajeunesse c. Lamarche, (1970) C.S. 74
122. CONTRAXISSE UNUSQUISQUE IN EO LOCO INTELLIGITUR, IN QUO UT SOLVERET, SE OBLIGAVIT
On tient pour lieu d'un contrat l'endroit où une personne s'est engagée à en acquitter paiement.
The place of a contract is held to be wherever a person has obliged himself to make payment.
Aut ubi quisque utique eo loco intelligitur, quo negotium gestum sit; sed quo solvenda est pecunia. (Voir cette locution).
Smith Transport c. In-Tra-Co Inc., (1974) C.S. 269
123. CORAM NON JUDICE
En présence d'un non-juge. Donc, ou bien un « profane », ou bien « un tribunal non compétent ».
Before one who is not a judge.
Cette expression s'emploie lorsqu'un tribunal outrepasse sa compétence. En Common law, le terme se réfère principalement aux procédures entendues devant les juges de paix.
Wright c. Wright et al., (1951) S.C.R. 744
Lefebvre c. Ledoux et al., (1973) C.A. 646
Béchard c. Roy et al., (1974) C.S. 23
Amyot et al., c. Collège des Médecins et Chirurgiens de la Prov. de Québec, (1974) C.A. 306
124. CORPUS DELICTI
Corps du délit; le point essentiel du crime
Fact(s) constituting an offence
125. CREDITOR NON PROTINUS CUM SACCO ADIRE DEBET
Le créancier ne doit pas aborder (sans délai) (le débiteur) avec une « sacoche » (à remplir).
The creditor must not immediately seek out the debtor with a bag (to be filled).
Selon la jurisprudence, la locution signifie : Il est de l'humanité, avant de pouvoir saisir au corps le débiteur, de lui laisser un certain temps pourchercherde l'argent. Dans un français plus littéraire, on pourrait dire : le créancier n'a pas à faire aussitôt bourse délier.
Juneau c. Juneau, (1950) B.R. 379
126. CUI JURISDICTIO DATA EST, EA QUOQUE CONCESSA ESSE VIDENTUR, SINE QUIBUS JURISDICTIO EXPLICARI NON POTUIT
Lorsque juridiction a été donnée à quelqu'un, il semble que l'on doit aussi avoir concédé ce sans quoi la juridiction ne pourrait être exercée (traduction littérale).
À la personne à qui l'on confère une juridiction, sont supposées être comprises les choses sans lesquelles la juridiction ne peut être exercée.
To the person to whom a jurisdiction is granted, are supposed to be included those things without which the jurisdiction can not be exercised.
De cette traduction littérale, on doit comprendre que : à qui l'on donne autorité, il est manifeste qu'on doive concéder aussi les pouvoirs sans lesquels l'autorité ne peut s'exercer. (Et en anglais : in bestowing authority (upon someone), it is evident that corresponding powers be also conferred without which such authority can not be wielded).
Vic Restaurant Inc. c. City of Montreal, (1959) S.C.R. 84
127. CUILIBET LICET RENUNTIARE JURI PRO SE INTRODUCTO
Il est permis à quiconque de renoncer à un droit qui lui a été conféré.
One may waive a right granted to him.
Voir « Quilibet potest renuntiare juri pro se introducto. »
Chacun peut renoncer au droit accordé en sa faveur.
Everyone may waive a right granted for his own benefit.
Ce principe d'interprétation est énoncé par Maxwell.
Lafond et al., c. Runciman, (1952) C.S. 185
128. CUJUS EST SOLUM, EJUS EST USQUE AD COELUM
À qui appartient le sol, il est sien jusqu'au ciel.
He who possesses land possesses also chat which is above it; whose is the soil, his is also that which is above it.
Cujus est solum, ejus debet esse usque ad coelum.
He who possesses land possesses also that which is above it; whose is the soit, his is also that which is above it.
En droit de propriété, l'expression signifie que celui qui est propriétaire du sol l'est également de l'espace. En citant le Code civil, article 414, Mayrand fournit une précision de plus : « La propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous. »
Byrnes, p. 267
Mayrand, p. 35
Berkheiser c. Berkheiser et al., (1957) S.C.R. 390
Morissette c. Cie d'Assurance Provinces-Unies, (1973) C.S. 104
129. CULPA CARET QUI SCIT, SED PROHIBERE NON POTEST
Celui qui est au courant (d'un acte) mais ne peut l'empêcher, est exempt de faute.
Est exempt de tout blâme celui qui sait, mais ne peut prévenir (ou empêcher un mal).
He is free from fault who knows but, cannot prevent.
Voir « Nullum crimen patitur is qui non prohibet, quum prohibere non potest ».
One does not condone crime by not preventing it, provided it is impossible to do so.
Byrnes, p. 268
130. CUM CERTUM EST AN ET QUANTUM DEBEATUR
Lorsqu'on est certain de l'existence et du montant d'une dette.
Since it is owed with certainty and for what amount.
Le mot cum peut signifier « lorsque » avec l'indicatif ou « puisque » avec le subjonctif. Par ailleurs, selon Jouanneau, « une dette est liquide lorsqu'il est certain qu'elle est due et combien ».
Hutkin c. Roy et al., (1959) C.S. 530
Langlois c. Munger, (1969) B.R. 956
131. CURIA DIOECESANA CAMPIVALLENSIS
La curie diocésaine de Valleyfield
The diocese of Valleyfield
Courcy c. Dame Grise, (1955) B.R. 336
132. CUSTOS MOREM
Gardien des moeurs
Anciennement, la cour de la Chambre étoilée (Star Chamber) et par la suite, la cour du Banc du Roi, étaient toutes deux considérées comme étant chargées de la surveillance des bonnes moeurs. C'est ainsi qu'à tour de rôle, on a appelé ces cours les custos morem.
Brodie c. the Queen, Dansky c. the Queen, Rubin c. the Queen, (1962) S.C.R. 700
133. DAMNUM ASSQUE INJURIA
Dommage sans injustice (sans la faute d'autrui) donc, perte pure et simple
Dammage without injury (without fault), hence pure and simple loss
Une perte qui ne donne pas un droit d'action pour dommages contre la personne qui l'a causée. Les deux exemples de jurisprudence cités ci-après proviennent du Common law.
Grynwald c. Playfair Knitting Mills, (1959) C.S. 207
Laporte c. Wawanesa Mutual Insurance, (1946) C.S. 179
134. DAMNUM EMERGENS
Le tort qui « fait surface », qui résulte, qui se dégage d'une transaction quelconque
Le préjudice naissant (ou apparaissant), le dommage évident
he wrong or injury appearing
Damnum emergens et lucrum cessans
Le dommage souffert et le gain manquant
The damage incurred and the earnings lost
Une perte réelle qu'on souffre à sa propriété, une perte qu'on peut évaluer en termes d'argent. L'antonyme : lucrum cessans, la perte d'un bénéfice raisonnable. Les deux termes ne font pas partie du langage juridique romain, toutefois la distinction entre les deux genres de perte est devenue classique.
Berger, p. 424
C.c. qué., art. 1033
Mayrand, p. 38
Wolfe c. Inss et al., (1963) B.R 715
135. DAMNUM SINE INJURIA
Dommage sans (injustice)
Damnun absque injuria
Dommage sans injustice
Damnum sine injuria esse potest.
Le dommage peut exister sans injustice.
There may be damage without injustice.
Il arrive des dommages ou des pertes qui surviennent à la suite d'actes que la loi ne considère pas comme des injustices.
Lafortune c. Poupart, (1970) CA 1156
136. DATIO IN SOLUTUM
Paiement final, don à l'acquit d'une dette, dation en paiement
Giving in payment, dation
L'acquit d'une dette par un don fait au créancier d'une chose autre que celle qui a fait l'objet de la dette et que celui-ci accepte pour éteindre l'obligation.
C.c. fr., art. 1243
C.c. qué., art. 1148
Proulx c. Deschamps et al., (1965) C.S. 283
Meunier et al., c. Héritiers Dubois et al., (1954) B.R. 779
137. DA TIO SUCCESSIONIS Don de la succession
Bequeathed gift
Cujas,
C.c. fr., art. 931
Martin et al., c. Dame Prévost et al., (1971) C.A. 42
138. DE BENE ESSE
Littéralement : Être bien mieux; signification : de façon conditionnelle ou provisoire, en anticipant un besoin futur.
Conditionally, provisionally, in anticipation of future need.
L'accomplissement d'une chose de bene esse signifie le fait de faire provisoirement ou d'anticiper l'occasion où on aura besoin de cette chose. C'est ainsi que dans des circonstances précises, les tribunaux anglais admettent la recevabilité d'une preuve sans passer par les procédures habituelles afin d'empêcher la perte de cette preuve. On qualifie cette démarche d'une recevabilité de bene esse et on la considère comme provisoire.
Byrnes, p. 279
Mayrand, p. 39
In re : Poirier et al., Clermont c. Verroeulst, (1969) C.S. 54
Lamothe c. Mason et al., (1946) C. S. 420
Ouimet c. Aloia et al., (1955) B. R. 670, 673
Alliance Ins. Co. of Philadelphia et al., c. Laurentian Colonies & Hotels et al., 1953) B.R. 262
The Ship « Sparrows Point » c. Greater Vancouver Water District et al., (1951) S.C.R. 414, 415, 418
Pepper c. Prudential Trust et al., (1965) S.C.R. 426, 429
Wilson c. Swanson, (1956) S.C.R. 814
Kaufman c. Toronto Transit Commission, (1960) S.C.R. 259, 263
Meyers et al., c. Freeholders Oil Co. et al., (1960) S.C.R. 767, 769 (ter)
Commission de Relations de Travail et al., c. Société d'Administration et de Fiducie et al., (1971) C.A. 492
Schmidinghen Construction c. Immeubles G. et L. Realties, (1968) R.P. 365
R. c. Caouette, (1973) R.C.S. 877, 881
Robitaille et al., c. Société Nationale de Fiducie, (1974) C.S. 588
139. DE BONIS ASPORTATIS
Au sujet des marchandises (des biens emportés par voiture ou par vaisseau);
Concernant le fret (selon le contexte, cargaison, chargement, etc.).
For goods (carried away)
En Common law, on dit « Trespass de bonis asportatis », c'est-à-dire une violation de propriété sur un bien foncier où on enlève des biens. C'est aussi le nom de l'action intentée pour se dédommager des biens ainsi emportés.
140. DE DIE IN DIEM
Attorney General for Ontario c. Barfried Enterprises, (1963) S.C.R. 575
141. DE EO QUOD SUPERSIT
Au sujet de ce qui est de reste; donc, quant au surplus, au reste.
As to what will be left over, hence, as to the rest, the surplus.
De eo quod supererit
De ce qui restera, ou du superflu
Of what will remain, be superfluous
Minister of National Revenue c. Smith et Montréal Trust Co., (1960) S.C.R. 484
142. DE IN REM VERSO
De ce qui est versé dans la chose.
That which is poured into the thing.
Autant qu'il le mérite
Mayrand, p. 41
Dame Anglehart et al., c. Chenel et al., (1950) C.S. 307
143. DELEGATUS NON POTEST DELEGARE
Un délégué ne peut déléguer (sa charge ou partie de sa charge).
A delegate cannot delegate (his office or a part of it).
Le délégué ne peut subdéléguer.
A delegate cannot subdelegate;
A person to whom some power is given to act on behalf of another, cannot delegate it.
On ne peut subdéléguer un pouvoir délégué.
A delegated power cannot be delegated.
Un agent ne peut déléguer ses fonctions à un sous-agent hors la connaissance ou le consentement de son supérieur; la personne à qui un bureau ou un pouvoir est délégué ne peut légalement les déléguer à un autre, à moins qu'il n'ait été expressément autorisé à le faire. Or, que ce soit dans le premier ou le deuxième cas, le consentement ou l'autorisation équivaudrait à une délégation et non une subdélégation.
SOURCE :	Lagarde, p. 3062
Mayrand, p. 42
Thinel c. Desrosiers, (1960) B.R. 816
Vic Restaurant c. Cité de Montréal, (1957) B.R. 12
Commission de la Fonction Publique c. Desbiens, (1970) C.A. 730
R. c. Walker, R. c. Clark & Son, (1970) S.C.R. 678
Béchard c. Roy et Collège des Médecins, (1974) C.S. 13, 19
Prime c. Town of St-Lambert et al., (1974) C.S. 536, 537
Lamoureux c. Ville de Beaconsfield, (1974) C.A. 168 (bis)
Procureur Général du Canada c. Section 375 de l'Ass. Internationale des Débardeurs et al., (1975) C.S. 478-489
144. DE MEDIETATE LINGUAE
Divisé quant à la langue (donc bilingue)
Divided by language (hence bilingual)
Ce terme est utilisé dans la formation d'un jury bilingue. Il s'agit d'un genre de jury qu'on trouvait autrefois dans les juridictions de Common law tant dans les procès au civil qu'au pénal où l'une des parties était étrangère et ne comprenait ni ne parlait l'anglais. Dans ce cas, le jury était formé de six autochtones et six étrangers de même provenance que l'accusé. Gluant à l'expression latine, elle fait pauvre figure. De medietate signifie « au sujet ou quant à la moitié ». À ce compte-là, linguae ne peut être un génitif singulier, car il faudrait alors comprendre « de la moitié de la langue ». C'est donc un nominatif pluriel : « les langues » (sous-entendues « parlées par le jury »).
Mayrand, p. 43
Goelman et al., c. Héritiers de feu H. Newman, (1958) C.S. 376
Auclair c. Canadian National Railway, (1954) C.S. 296
Commission du Transport de Montréal c. Nantel (1952) B.R. 410
Filiatrault c. Yaffe, (1953) B.R. 162, 463 (bis), 464, 466
Compagnie des Tramways de Montréal c. Leskiewicz, (1953) B.R. 331, 332
Duchesne Auto Ltée c. Dame Villeneuve, (1968) B.R. 681
Piperno c. the Queen, (1953) 2 S.C.R. 297
Weippert c. Mercier et al., (1976) C.A. 406
145. DE MINIMIS NON CURAT LEX
La loi ne se soucie pas des bagatelles.
The law does not concern itself with trilles.
La loi n'a cure des détails.
The law cares not about triffling matters.
Le prêteur ne s'occupe pas des insignifiances.
The practor does not concern himself with insignificant things.
Voir « De negligenfibus praetor non curat. »
Le préteur ne s'occupe pas des insignifiances.
The praetor does not concern himself with insignificant things.
Cette maxime visait autrefois à protéger la dignité de la cour et des justiciables. Elle n'a que peu d'applications aux instances inférieures puisque celles-ci sont établies en vue de régler des affaires de faible envergure.
Mayrand, p. 44
Lavigueur Ltée c. Entreprises Manault, (1959) C.S. 391
Scholer c. Vincent et al., (1962) C.S. 289
Dame Vineberg et al., c. Dame Larocque et al., (1950) B. R. 19
New York Central System c. Sparrow, (1957) B.R. 818
Paré c. Pelchat, (1965) B.R. 789 (bis)
Lévesque c. Malinosky et al., (1956) B.R. 359
Roy c. Giroux Ltée et al., (1969) B.R. 206
Village of Gracefield c. Bainbridge, (1959) B.R. 50
Runnymede Iron & Steel c. Rossen Engineering & Construction Co., (1962) 1 S.C.R. 34
Bechthold et al., c. Osbaldeston et al., (1953) 2 S.C.R. 182
Commission Scolaire Régionale de la Mauricie c. Caron et al., (1970) C.A. 357
Circle Acceptance Co. c. Kerr, (1968) R. P. 307
Deschamps c. Du rand, (1966) R.P. 7
Hyde c. Woodland Automobile (1964) Ltd, (1974) C.S. 101
Beaulieu c. Barreau de la Prov. de Québec et al., (1974) C.S. 636
Fondation Richard Lamer Inc. c. Office de la Construction du Québec, (1976) C.S. 1703
146. DE NEGLIGENTIBUS PRAETOR NON CURAT
Le magistrat ne tient pas compte des négligents.
The judge does not cake into account negligence.
Voir « De minimis non curat tex ».
147. DE NON APPARENTIBUS ET DE NON EXISTANTIBUS EADEM EST RATIO
La règle est la même pour les choses non apparentes et pour les choses inexistantes.
As to things not apparent, and those not existing, the rule is the same; that which does not appear will not be presumed to exist.
De non apparentibus et non existantibus eadem sit tex.
Cette maxime s'applique aux circonstances où un justiciable cherche à fonder sa preuve par des écrits qui ne sont pas produits devant la cour. Normalement, dans les cas pareils, on les considère comme non existants, à moins d'une preuve de leur existence.
Broom's Légal Maxims, pp. 99 et 101.
Warton, p. 277
Desrochers c. Dame Desrochers, (1950) B.R. 672
Langlois c. Drapeau et al., (1962) B.R. 284 (...eadem sit tex)
Sanders c. la Reine, (1970) R.C.S. 128 (aussi en version anglaise)
148. DE NOVO
La Cie Miron c. Sa Majesté, C.A., 1979 (500-10-000445-773)
149. DE OMNIBUS REBUS SCIBILLIS ET QUIBUSDAM ALIIS
À propos de toutes les choses qu'on peut savoir, et de quelques autres.
As regards all things one may know as well as some other ones.
Le mot scibillis semble être une invention de son auteur.
Pelletier c. Rouleau, (1956) C.S. 179
150. DE PERSONA AD PERSONAM NON FIT INTERRUPTIO CIVILIS
Il n'y a pas d'interruption civile (de prescription) d'une personne à une autre.
There is no civil interruption (of prescription) between, from one person to another.
Norwich Union Life Ins. c. Dame Faucher, (1973) C.A. 296
Commission des Accidents du Travail du Québec c. Ruthven, (1975) R.P. 360
151. DE PRAESENTI
Of or in the présent
Cotter c. General Petroleums Ltd et al., (1951) S.C.R. 172
152. DE VISU
De (mes) yeux vu (selon l'expression française courante)
Seen (with my own eyes)
De visu aut auditu
De mes yeux vu et pour l'avoir entendu
Seen (with my own eyes) and heard (by me)
De visu et de auditu
(Constatations faites) pour avoir vu et entendu
(Observations made) from having seen and heard
Mayrand, p. 46
Schneerer ès-quai. c. Thom, (1959) C.S. 276
Cayer c. Boivin et al., (1966) C.S. 406
P. c. Dame M., (1967) C.S. 52
Lapointe c. Globe Indemnity Co. of Canada, (1968) C.S. 484
Vermette c. Typewriter and Appliance Co., (1948) C.S. 140
Bélanger c. Carrier, (1954) B.R. 130 (... aut auditu)
City of Sherbrooke c. Fortin, (1960) B. R. 124
Leguerrier c. Légaré, (1950) B.R. 353 (... aut auditu)
Royal Insurance Co. et al., c. Gauthier, (1964) B.R. 885
Chrysler Corp. of Canada c. Roux et al., (1966) B. R. 971
Touron c. la Reine, (1962) B.R. 663
Pepin c. David Lord Liée, (1970) C.S. 383
Hébert et Fils, c. Dame Dupont et al., (1971) C.A. 289
Timrod Mining Co. et al., c. La Société minière Louvem et al., (1972) C.S. 365
Marinelli c. la Reine, (1973) B.R. 258
Hamel c. Dame Chartré, (1973) C.A. 409
153. DELECTUS PEASONAE
Le choix d'une personne
The choice of an individual
La personne choisie se dirait persona electa. Ici, delectus est un substantif masculin nullement accordé à personae. Quoi qu'il en soit, le terme s'emploie pour indiquer que dans une société, à moins d'entente particulière, un nouveau membre ne peut en faire partie sans le consentement de tous les sociétaires.
Byrnes, p. 270
The Lounsbury Co. Ltd c. Duthie et al., (1957) S.C.R. 597
154. DICTO TITULO
Au titre cité
In the title quoted
L'ouvrage cité
Se dit dans des références de citations, par exemple le juge cite Adversus bonos mores, L. 3, No. 1, FF. dicto titulo.
155. DICTUM
Dits, opinion
Tancelin, p. 75
156. DIES INCERTUS CONDITIONEM IN TESTAMENTO FACIT
La nature même du testament est fondée sur l'incertitude de l'échéance fatale.
Le délai incertain constitue une condition dans un testament.
The very nature of the testament is based upon the uncertainty of the final days.
An uncertain day is a condition of the testament.
Dies incertus pro conditione habetur.
On tient pour condition un jour incertain.
An uncertain day is held as a condition.
Elle est d'origine romaine et Migneault en traite brièvement.
Papinien, Dig. 35, 1, 75.
C. c. Ir., art. 1040 : 1
Dame Thoreson et al., ès-qualité, c. National Trust Co, (1955) B.R. 305 (bis), 306 (bis)
157. DIES INTERPELLAT PRO HOMIME
Le délai somme à la place de l'homme.
A day interrupts for the man, thus, the deadline for a term is not to be equated with the putting in default by the creditor.
La locution se rapporte à une mise en demeure automatique pour le déclenchement d'intérêts moratoires. L'échéance du terme n'équivaut pas à une mise en demeure du créancier.
C. c. fr., art. 1139
Dame Barry c. Prudential Transport Co., (1946) C.S. 305
158. DISPARITATIS CULTUS
De disparité de culte
Disparitatis n'est pas au dictionnaire. Ce serait sans doute disparilitatis, le génitif de disparilitas, différence, disparité. D'ailleurs, le résumé de la cause, en jurisprudence, parle de disparité de culte. De plus, cette expression est consacrée en droit canonique. La disparité de culte (un catholique avec une non-baptisée) constitue une empêchement invalidant le mariage. L'Église peut cependant accorder une dispense de cet empêchement de disparité de culte.
159. DISTRACTUS POTIUS QUAM NOVUS CONTRACTUS
La résiliation plutôt qu'un nouveau contrat
An avoidance rather than a new contract
Distractus est et non contractus novus.
C'est une résiliation et non un nouveau contrat.
It is an avoidance of and not a new contract.
C.c. fr., art. 1659
Dame Duchesneau c. Cook, (1955) 1 S.C.R. 218 (bis), 219
160. DIXIT
He has said, spoken
Dame Beaudet c. Beaudet et al., (1953) C.S. 347
Rose c. la Reine, (1972) C.A. 823
161. DOLUS BONUS
Dol (honnête)
Shrewdness, slyness, wilyness, a permissible « odolus »
Voir « Dolus malus »
Dol malicieux
En droit romain, dolus signifiait fraude accompagnée de l'intention ou de la volonté d'en faire. De cette façon, on opposait ce terme à culpa, qui signifiait tout simplement la négligence, à un degré plus ou moins grand. Dans l'application de la loi, on considérait certaines culpae graves comme dolus, selon la maxime culpa dolo comparatur. Une personne était toujours responsable d'un dolus causant des dommages, mais non pas toujours dans le cas d'une culpa, même si les dommages étaient importants. Certains juristes qualifiaient la ruse de dolus bonus, surtout lorsque son auteur complotait habilement contre un ennemi ou un escroc. Dans de telles circonstances, le dolus bonus ne produisait pas d'effets juridiques.
Berger, p. 440
Tremblay c. Les Pétroles Inc., (1961) B.R. 864
162. DOLUS MALUS
Dol malicieux, intention frauduleuse
Synonyme du seul mot dolus, l'adjectif malus accentue la valeur du substantif sans pour autant lui attribuer un degré supérieur de dolus.
163. DONATIO MORTIS CAUSA
Donation pour cause de mort
Donatio contemplatione mortis, propter mortis suspicionem
Donation en vue de la mort, en prévision de la mort
Donation faite à cause de la mort
Gift made because of death
Bien souvent, il s'agit d'une donation faite par une personne malade qui, craignant son décès prochain, remet ou fait remettre à une autre personne la possession de ses biens personnels, afin qu'elle les conserve comme siens en cas de décès du donateur.
La loi civile la traduit comme étant une donation à cause de mort; de cette façon, lorsque quelque chose est donnée sous cette condition, si le donateur décède, le donataire possèdera absolument, ou il le retournera si le donateur devait survivre ou devait reprendre sa donation, ou encore si le donataire devait décéder avant le donateur.
Un don pour cause de mort en est un qui est fait en prévision, peur ou crainte de la mort, et avec l'intention qu'il ne prenne effet seulement dans le cas du décès du donateur. Une donation mortis causa (en prévision de la mort) est un acte qui prend effet lorsque le donateur ne survivra pas, par lequel il dispose de l'ensemble ou d'une partie de sa propriété (biens), et qui est révocable.
Lamothe c. Mason et al., (1946) C.S. 420 (ter), 421
Gorkin et al., c. Minister of National Revenue, (1962) S.C.R. 366
St-Jean et al., c. Berthiaume, (1973) C.A. 1032
Gauthier c. Bournival et al., (1974) C.S. 136 (bis)
164. EMPTIO REI SPERATAE
L'acquisition de la chose souhaitée
Purchase of a thing expected
Acquisition d'une espérance
Acquiring of hope
La vente d'une chose qui n'existera que dans l'avenir (par. ex. une récolte, l'enfant à naître d'une esclave (partus ancillae)). La vente est annulée si la chose ne se réalise pas. À différencier de emptio spei : l'acquisition d'une espérance. Donc, une « promesse d'achat — de vente » en bonne et due forme...
Horn c. Noiseux et al., (1955) B.R. 712
165. EOINSTANTI
À cet instant, instantanément
At this instant, instantly
Langlais c. Langley, (1952) 1 S.C.R. 69, 75, 85
Cotter c. General Pet roleums Ltd et al., (1951) S.C.R. 172
166. EODEM LOCO
At or in the same place
Deschamps c. Durand, (1966) R.P. 9
167. ERGA OMNES
Envers, contre tous
Erga omnes et omnia
Contre tous et chacun
Against any and every
Contra omnes gentes
Against all people
Erga omnes et erga omnia
Contre tous et contre tout
Against all and any
Mayrand, p. 53
Cloutier c. Cité de St-Jean, (1949) C.S. 404
Banque Canadienne Nationale c. Lefaivre et al., (1951) B.R. 110
Yorkshire Insurance Co. c. Turgeon, (1960) B.R. 634
Thibault c. Roy, (1950) B.R. 25
Gervais c. Gervais et al., (1950) B.R. 752
Chaiken Enterprises c. Guardian Ins. Co., (1963) B.R. 702
Inns c. Traders Finance, (1965) B.R. 374
Metropole Parking c. Trans-Canada Corp. Fund, (1965) B. R. 511
La Prévoyance Cie d'Assurance c. Dulude et al., (1965) B. R. 592
Côté et al., c. Labrie, (1969) B.R. 694
Allaire c. Dominion Lime Ltd, (1973) R.P. 201
168. ET SIC DE SIMILIBUS
Et ainsi de choses semblables
And thus with similar things
Attorney General of Alberta et al., c. Huggard Assets Ltd, (1951) S.C.R. 436, 447
169. EUM QUI NOCENTEM INFAMAVIT NON ESSE BONUM ET AEQUUM OB EAM REM CONDEMNARI; PECCATA ENIM NOCENTIUM NOTA ESSE (ET) OPORTERE ET EXPEDIRE
Il n'est ni bon ni juste de condamner quelqu'un pour avoir déclaré un criminel; en effet, il est à la fois nécessaire et utile de connaître les fautes des coupables.
Il n'est pas bien juste que celui qui a diffamé un coupable soit condamné pour cela; car il faut et il est utile que les fautes des coupables soient connues.
It is neither just nor proper to condemn he who speaks ill of a bad person for that reason, for it is both necessary and fitting that the crimes of bad persons be known.
Jouanneau, p. 131
Roberge c. Dame Roussin et vir, (1950) C.S. 354
170. EX ABUNDANTIA CAUTELA
Voir « ex abundanti cautela »
In re : Estate of A. Loggie, Brewer et al., c. McCauley et al., (1954) S.C.R. 646
Canadian Broadcasting Corp, c. Attorney General of Ontario, (1959) S.C.R. 199
171. EX ABUNDANTI CAUTELA
Par excès de prudence
By measure of caution, carefully
Un surplus de précaution ne nuit pas.
L'expression est employée dans tous les domaines, sans exception, et on la retrouve dans tous les types de causes. Son domaine d'application se trouve dans la procédure elle-mème, ce qui explique son omniprésence.
Continental Casualty et al., c. Combined Insurance Co. et al., (1967) B.R. 824
In re : Hughson; The Diocesan Synod of Fredericton c. Perrett et al., (1955) S.C.R. 507
Attorney General c. Bégin, (1955) S.C.R. 599
Toronto St. Catharines Transport c. Corporation of the City of Toronto et al., (1954) S.C.R. 81
Canadian Pacific Railway c. City of Winnipeg, (1952) S.C.R. 452
Lehnert c. Stein, (1963) S.C.R. 45
Kilby et al., c. Myers et al., (1965) S.C.R. 27
Validity of Section 92 (4) of The Vehicles Act, 1957 (Sask.), (1958) S.C.R. 613
Beatty Bros. c. Lovell Manufacturing et al., (1959) S.C.R. 248
Minister of National Revenue c. Panko, (1972) S.C.R. 328 R. c. Sheer, (1974) R.C.S. 1055
172. EX AD VERSO
De l'autre côté, en face, à l'opposé
On the other or opposite side
Marien et al., c. Côté, (1961) C.S. 598
173. EXCEPTIO EST STRICTISSIMAE INTERPRETATIONIS
L'exception est d'interprétation très stricte.
An exception receives the narrowest interprétation.
Exceptiones strictissimae interpretationis sunt.
Les exceptions sont d'une très stricte interprétation.
Exceptions receive the narrowest interprétation.
L'exception (ou la disposition) qui crée un privilège doit recevoir une interprétation restrictive, dit le juge. Donc, il y a lieu d'être très strict dans l'interprétation d'un privilège.
Mayrand, p. 56
In re : Richelieu Oil Ltd, Coulombe et al., c. Duclos, (1950) B.R. 722 Thuotte c. Thuotte, (1958) B.R. 757
174. EXCEPTIO NON ADIMPLETI CONTRACTUS
L'exception d'un contrat non rempli
Exception for non-performance of contract
Il s'agit d'une exception dans une action fondée sur un contrat invoquant des devoirs ou des obligations mutuelles où le défendeur prétend que le requérant n'a pas le droit de poursuivre parce qu'il n'a pas lui-même rempli sa part de l'engagement.
Berger, p. 459
Viens c. Choinière, (1945) C.S. 108
Le Sabot Inc. c. Blumer's (St-Jean) Ltd et al., (1972) C.S. 1
MacDermid et al., c. Great Atlantic Tea Co. et al., (1975) C.S. 54
175. EXCEPTIO REI JUDICATAE OBSTAT QUOTIENS EADEM QUAESTIO INTER EASDEM PERSONAS REVOCATUR
Une exception de chose jugée surgit chaque fois que revient le même problème entre les mêmes personnes.
L'exception de chose jugée est soulevée toutes les fois que la même question surgit entre les mêmes personnes.
An exception to the thing adjudged crops up everytime the saure matter is raised between the saure persons.
L'exception de la chose jugée
An exception to the thing adjudged
Maynard c. Maynard, (1951) S.C.R. 358
176. EXCIPIENDO REUS FIT ACTOR
Le défendeur, par son exception, devient demandeur.
En faisant opposition, l'accusé devient poursuivant.
By opposing, the defendant becomes the plaintiff.
The defendant, by pleading becomes plaintiff.
Perreault et al., c. Poirier et al., (1959) S.C.R. 846
Deschamps c. Durand, (1966) R.P. 12
R. c. Canada Steamship Lines, R. c. H.J. Heinz Co. et al., (1950) S.C.R. 574
177. EX AEQUO ET B0N0
Selon ce qui est juste et bon
Selon l'équité et la conscience
According to equity and conscience
En justice et bonne foi, honnêteté
In justice and good faith, honesty
D'après l'équité et la justice (suivant ce qui est le plus équitable)
According to equity and justice (depending upon what is the most equitable)
Bonum et aequum (aequum et bonum)
L'équitable et le bien
In justice and honesty
(In) quantum aequius melius
Comme il est plus équitable et meilleur, en tout bien et toute justice
As it is more just and better, in all goodness and justice
Ces termes apparaissent dans la définition de ius faite par le juriste Publius Juventius Celsus (ius est ars boni et aequi), dans la formulation de actiones in aequum et bonum conceptae, ainsi que la tournure ex bono et aequo. Les mots bonum aequum apparaissent aussi au comparatif melius acquius. Il ne faut pas confondre la portée de cette expression avec l'Equity du Common law du fait que ce dernier suit un exemple de règles précises. Lorsqu'un tribunal peut statuer ex aequo et bono, il exerce son pouvoir à la limite de ce qu'on pourrait qualifier de « quasi législatif ou politique ».
Berger, p. 377
Mayrand, p. 54
Peter Kiewit Sons' Co. et al., c. Eakins Construction, (1960) S.C.R. 369
Canadian Bank of Commerce, c. T. McAvity & Sons, (1959) S.C.R. 481
178. EX CONTRACTU
Eu égard au contrat
From or out of a contract
Du quasi-contrat
Of a quasi contract
En droit civil comme en Common law, les droits et les causes d'action sont divisées en deux classes : provenant ex contractu (d'un contrat) et ex delicto, d'un délit ou dommage. Si la cause d'action prend pour origine la rupture d'une promesse, l'action est alors ex contractu. Lorsque l'action est ex contractu, elle provient généralement d'une entente écrite et notariée. Par ailleurs, quand l'entente est orale et faite sans l'intervention d'un notaire, on parle d'assumpsit.
Mayrand, p. 57
Ranger c. Warren Ross Lumber Co., (1962) B.R. 676
179. EX DEBITO JUSTITIAE
D'après une dette de justice, donc, en toute justice
As a debt to justice, hence as of right
Voir « ex gratia »
Employée surtout dans le droit criminel; nous n'avons retrouvé la maxime qu'une seule fois dans une cause civile, il s'agissait d'un outrage au tribunal.
Goldbar c. the Queen, (1960) S.C.R. 440
Smith c. the Queen, (1959) S.C.R. 651
Tony Poje c. Attorney General for British Columbia, (1950) 1 S.C.R. 518
Sanders c. la Reine, (1970) R.C.S. 121, 127, 142, 144
Patterson c. the Queen, (1970) S.C.R. 420
R. c. Jacobs, (1971) R.C.S. 94
R. c. Osborn, (1971) R.C.S. 190
F. Cotroni c. Gouverneur de la prison commune du district de Montréal et Hon. R.B. Lamb, (1974) C.A. 314
180. EX DOLO MALO NON ORITUR ACTIO
Un droit d'action ne naît pas de la fraude; donc, la fraude ne donne jamais droit à l'action.
D'un contrat immoral, une action ne peut naître.
From an immoral contract an action does not arise.
Aucune cour n'accordera son aide à un homme qui fonde sa cause d'action sur un acte illégal ou immoral.
Culina c. Giuliani et al., (1972) S.C.R. 355
181. EX GRATIA
De bonne grâce,à la façon d'une gracieuseté, une faveur, une indulgence ou une gratuité
Out of grave, as of favour, gratuitous
Ex gratiis
De bonne grâce, etc.
Out of grace, etc.
Dans tous les cas où il est question d'une faveur accordée, il s'agit de distinguer ce qui est ex gracia de ce qui est demandé ex debito. C'est donc un paiement qui est fait alors qu'on n'a pas é le faire, paiement fait selon la morale du débiteur.
Kelly c. Wheeler Air Lines, (1961) C.S. 531
De Seve et al., c. Lafontaine, (1967) B.R. 582
Compagnie française du Phenix c. Travelers Fire Ins. Co., (1952) 2 S.C.R. 222
Jerome c. Anderson et al., (1964) S.C.R. 309
La Reine c. Sylvain et al., (1965) S.C.R. 170
182. EX INTENTIONE CONTRA BONUM FIDEI IN MULIERE
Eu égard à l'intention contre la fidélité de la part de l'épouse.
Because of the spouse's intent not to abide by her promise of fidelity.
En droit canonique, l'intention contra bonum fidei, comme l'intention contra bonum prolis (bien de l'enfant), est un chef de nullité du mariage.
Dubé c. Dame Ouellet et Proc. Général, (1966) C.S. 16
183. EX INTERVALLO
Dans l'intervalle (de temps)
Mayrand, p. 59
Ostiguy et al., c. Loiselle, (1966) B.R. 152
184. EX JURE NA TURAE
Par le droit naturel
Bélanger c. Municipalité scolaire d'Henryville et al., (1964) C.S. 215, 216 Canadian Exploration c. Rotter, (1961) S.C.R. 22
Upper Ottawa Improvement Co. et al., c. Hydro-Electric Power Commission of Ontario, (1961) S.C.R. 493
185. EX MAJORI CAUTELA
Avec grandes précautions
186. EX MANDATO
En vertu du mandat
Because, in virtue of a mandate
Il s'agit d'une action ex mandato.
Garage Tremblay Ltée c. Vézina, (1948) C.S. 495
Mongeau et al., c. Imperial Oil, (1963) B.R. 146
187. EX PARTE
Sur un côté seulement; par ou pour une partie; fait pour, en faveur de, ou à la demande d'une partie seulement.
On one side only; by one party only; done or performed at the request of one party only.
Dans son sens premier, ex parte, lorsqu'appliqué à une demande en justice, signifie qu'elle est faite par une personne qui n'est pas partie au procès, mais qui a un intérêt en la matière qui lui donne droit de s'interposer dans le litige.
Dans son sens le plus usuel, ex parte signifie qu'une demande est faite par une partie lors d'une instance, en l'absence de l'autre partie.
Ex parte, dans l'en-tête d'une jurisprudence, signifie que le nom qui suit est celui de la partie pour laquelle la demande de l'affaire est entendue.
Mayrand, p. 60
St-Pierre c. Dames Religieuses de N.D. de Charité du Bon-Pasteur, (1951) B.R. 66
Boykowych et al., c. Boykowych, (1955) S.C.R. 157
British Columbia Hotel Employees' Union c. British Columbia Hotels Ass., (1955) S.C.R. 230
Tremblay c. Vermette, (1959) S.C.R. 701
Banque Canadienne Nationale, c. Dame Soucisse et al., (1970) C.S. 133 (bis)
Dame Valiquette c. Trust Général du Canada et al., (1970) C.S. 580, 581
Dame Perrier c. Perrier et al., (1970) C.A. 133
Tourbière Champlain c. Drouin, (1970) C.A. 726
Chambre des Notaires de Québec c. Cour de Bien-Être Social, (1971) C.S. 494
Anglin Norcross Maritime c. Francon Ltée et al., (1972) C.S. 519
North America Business Equipment c. Plante, (1972) R.P. 179
Blanchette c. Grandmaitre, (1971) R.P. 173
Chambre des Notaires de Québec c. Cour de Bien-Être Social, (1971) R.P. 264
Diamond Flooring c. Lawrence ès-qual., (1971) R.P. 268
Commission Hydro-Électrique de Québec c. Union Internationale des Journaliers et al., (1970) R.P. 8
Tremblay c. Côté, (1968) R.P. 41
Corporation Mun. de Beaulieu c. Château Bel Air Inc., (1968) R.P. 199 (bis) 204 (bis)
Sun & Sea Estates c. Aero-Hydraulics Corp., (1968) R.P. 210
Dame Denis c. Boisvert, (1968) R.P. 275
Rouleau c. Daigle, (1967) R.P. 401
Canadian Acceptance Corp. c. Bélanger, (1966) R.P. 34, 36
Banque de Montréal c. Laverdière Inc. et al., (1974) C.S. 568
Emilio Ceciola et al., c. Traders Group Ltd., (1974) C.S. 588
In re : Canadian Vinyl Industries Inc., Carber c. Shell Canada, (1975) C.S. 778
Cité de Lachine c. St-Aubin, (1975) C.A. 404
Lambert c. Lippens, (1976) C.A. 159
Jean c. Latulippe, (1976) R.P. 131
188. EXPRESSIO UNIUS EST EXCLUSIO ALTERIUS
L'expression d'une chose signifie l'exclusion de l'autre.
Expression of one thing means the exclusion of the other.
Expressio unius exclusio alterius (formule abrégée)
Expressio in unius exclusio alterius (formule incorrecte)
Expressio unitus est exclusio alterius (formule incorrecte)
Expressio unius personae vel rei est exclusio alterius.
La mention d'une personne ou d'une chose exclut toute autre.
The mention of a person or thing excludes all others.
Inclure une chose, c'est exclure l'autre.
Inclusion of one thing is the exclusion of another.
Inclusio unius fit exclusio alterius.
L'inclusion d'une chose signifie l'exclusion de l'autre.
Inclusion of one thing means the exclusion of the other.
Inclusio unius exclusio alterius (formule abrégée)
Celui qui affirme l'un nie l'autre.
He who mentions one thing, denies another.
Qui de uno dicit, de aitero negat.
To affirm one is to deny the other.
Lafleur c. Guay et Ministre du Revenu National, m.e.c., (1962) C.S. 263
Méthot c. Ideal Concrete Products et Commission de Relations Ouvrières, m.e.c., (1964) C. S. 109
Société Gazifère de Hull c. Cité de Hull, (1968) C.S. 266
Canadian Copper Refiners c. Labour Relations Board et Oil Workers International Union, m.e.c., (1952) C.S. 304
Syndics des Écoles Protestantes c. Cité d'Outremont et Lacroix, m.e.c., (1951) B. R. 696
Langlais c. Cascetta et Procureur Général, m.e.c., (1952) B.R. 402
Argus Adjusters & Appraisers c. Assistance Loan & Finance Corp. et autres, (1964) B.R. 379
Guay c. Lafleur, (1963) B. R. 641
Commission des Relations de Travail c. Civic Parking Centre, et Cartage & Miscellaneous Employees Union, Local 931, m.e.c., (1965) B.R. 668
C.J.M.S. Radio Montréal c. Audette, (1966) B.R. 763
Procureur Général c. Saumur et Jehovah's Witnesses, (1956) B.R. 574
Procureur Général c. Bégin, (1955) S.C.R. 599, 602, 603
Toronto-St. Catharines Transport c. Corporation of the City of Toronto and C.N.R., (1954) S.C.R. 81
Lussier c. Dame Tremblay, (1952) 1 S.C.R. 409
Rosconi c. Dubois, (1951) S.C.R. 562
Williams et al., c. Aristocratic Restaurants (1947) Ltd, (1951) S.C.R. 794
Minister of National Revenue c Trans-Canada Investment Corp., (1956) S.C.R. 64
Ruptash et al., c. Zawick, (1956) S.C.R 356
Alliance des Professeurs Catholiques de Montréal c. Commission des Relations de Travail et Commission des Écoles Catholiques de Montréal, m.e.c., (1953) 2 S.C.R. 153, 154, 166
Army & Navy Dpt. Store c. Minister of National Revenue, (1953) 2 S.C.R. 510
Balazzi c. Park Lane Construction et al., (1973) C.S. 720
Brant Dairy Co. et al., c. Milk Commission of Ontario et al., (1973) R.C.S. 154
Gaudreault c. Gendront, (1974) C.A. 35
Lowry et al., c. la Reine, (1974) R.C.S. 197
Aubin c. Morin, (1975) C.S. 185
Murray Bay Motor Co. c. Cie d'Assurance Bélair et Leduc-Ferland, m.e.c., (1975) 1 R.C.S. 74, 75 (bis)
Law Society of Upper Canada c. French, (1975) 2 R.C.S. 768
Roy c. Dupont, (1976) C.A. 609
Howe c. Howe, (1937) O.R. 57-61
Lowe c. Dorling & Son, (1906) 2 K.B. 772-785
189. EX RELATIONE
Selon le rapport (reçu de...)
Upon relation or information (received from...)
Se réfère aux procédures judiciaires instituées par une autorité compétente au nom de l'État. Le fondement de l'affaire provient des renseignements fournis par un particulier qui y a un intérêt. Dans ces circonstances, on dit que l'affaire est entreprise d'après l'information (ex relatione) reçue de telle personne et on l'intitule le plus souvent : Sa majesté ex rel., Dupont c. Smith.
Winner (McKenzie Coach Lines) c. S.M.T. (Eastern), (1951) S.C.R. 931, 943
190. EX TURPI CAUSA NON ORITUR ACTIO
Le droit d'action ne naît pas d'une cause indigne.
La turpitude ne donne pas droit d'action.
An action does not arise from a base cause.
À partir d'une cause indigne
From a base cause
Voir « Ex dolo malo non oritur actio »
Un droit d'action ne naît pas de la fraude.
Voir « Ex turpi contractu non oritur »
Signifie que le geste posé lors de la commission d'une illégalité ne donne pas ouverture à l'action.
Mayrand, p. 62
Carignan c. Boutaric et al., (1963) B.R. 235
Lavallée c. Commissaires d'Écoles Mun. de St-Germain de Grantham, (1965) B. R. 466
Miller c. Decker et al., (1957) S.C.R. 624, 625, 627
191. EX UTRAQUE PARTE
Butler et al., c. Castonguay et al., (1949) C.S. 63
192. EX TURPI CONTRACTU ACTIO NON ORITUR
D'un contrat immoral (ou frauduleux) une action ne peut naître.
From an immoral (or fraudulous) contract an action does not arise.
Un contrat fondé sur des considérations illégales ou immorales ne peut être contraint par une action.
193. EXTRA COMMERCIUM
En dehors du commerce
Excluded from or out of commerce, trade, business
Stanton Pipes (Canada) Ltd c. Sylvain et al., (1966) B.R. 865
194. EVENTUS DAMNI
L'effet d'un acte préjudiciable, l'accomplissement d'un tort (mal, dommage, préjudice, acte condamnable)
The effect of a wrongful act, the performance of a wrong (detrimental or injurious act)
L'autre élément de la fraude, avec le consilium fraudis ou damni.
Butler et al., c. Castonguay et al., (1949) C.S. 60, 62
195. FACTUM, ANIMUS MANENDI SINE ANIMO REVERTENDI
En réalité, c'est l'intention de demeurer sans intention de retour.
In fact, it is the intent to remain without intending to return.
Karim c. Ali, (1971) C.S. 441
Cicchillitti c. Hormaza, (1974) C.S. 526. 527
196. FACTUM PROBANDUM
Le fait à prouver
Fact to be proven
197. FALSA DEMONSTRATIO NON NOCET
Une description (ou indication) erronée ne nuit pas (au bien-fondé de la cause).
An erroneous description (of a person or thing) does not (necessarily) destroy (the effect of) an instrument.
An erroneous denotation is not prejudicial.
Se réfère à l'emploi de termes inappropriés dans la description d'une personne ou d'une chose, dans la rédaction d'un testament ou encore à l'emploi de mots comportant un sens autre que celui du langage habituel.
Berger, p. 431
Société Coop. Agricole de Granby c. Minister of National Revenue, (1961) S.C.R. 681
198. FALSI PRAESUMPTIO EST CONTRA EUM, QUI TESTIBUS PROBARE CONATUR ID QUOD INSTRUMENTIS PROBARE POTEST
Une présomption de faux (intention de tromper) existe contre celui qui s'évertue à prouver par des témoins ce qu'il veut prouver par des documents.
A presumption of falsity (intent to deceive) lays against someone who attempts to prove by witnesses that which he can prove by documents.
C.c. qué., art. 1204
Thibodeau et al., c. Association de Taxis LaSalle, (1956) C.S. 331
199. FAVORES AMPLIENDI
Les choses favorables doivent être amplifiées (augmentées).
Favours are to be enlarged.
Favores ampliendi sunt, odiosa restringenda.
Les faveurs doivent être amplifiées, les haines restreintes.
Favours are to be enlarged, things hateful restrained.
Une meilleure traduction serait : « Il faut insister sur les avantages, réduire les inconvénients ». Ou dans une autre optique, on pourrait aussi traduire : « Il faut ajouter aux faveurs qu'accorde la loi, en réduire les rigueurs ».
200. FINIS MERCATORIUM LUCRUM EST
Le but des commerçants est le profit.
The object (or goal) of business men is profit.
City of Montreal c. National Breweries Ltd, (1950) C.S. 339
201. FLAGRANTE DELICTO
In committing the offence
202. FRAUDEM LEGIS
(Au) préjudice de la loi
To defraud the law
En droit romain, on considérait un acte in fraudem legis comme une simple violation de la loi, ce qui entraînait les conséquences ainsi prévues.
Matte c. Matte, (1962) B.R. 523, 524
Mailhot c. Dame Brunelle, (1871) 15 L.C.J. 197
203. FRAUS OMNIA CORROMPIT
La fraude vicie tout.
Rejoint l'adage philosophique : Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu.
Mayrand, p. 65
Tancelin, p. 180
Berryman c. Taylor, (1945) C.S. 139
Dame Labbé c. Nolin et al., (1972) C.S. 421
Édifice Montcalm Inc. c. Cojal Ltée (1975) C.S. 118
Diamond c. Bikadoroff, (1976) C.A. 695
204. FRUCTUS EST QUIDQUID EX RE NASCI ET RENASCI SOLET
Un fruit, c'est tout ce qui a coutume de naître et renaître d'une chose.
A fruit is that which customarily is born and reborn of something.
Trust Général du Canada c. Maillet, (1972) C.S. 350
205. FRUCTUS VENTRIS
The fruit of a (or her) womb
L'expression est utilisée pour désigner l'enfant à naître.
206. FRUSTRA LEGIS AUXILIUM QUAERIT, QUI IN LEGEM COMMITTIT
Celui qui viole la loi recherche en vain son secours.
He who offends against the law vainly seeks the help of the law.
Frustra legis auxilium invocat, qui in legem committit.
Celui qui viole la loi invoque en vain son secours.
He who offends against the law vainly invokes the help of the law.
Frustra legis auxilium implorat qui leges ipsas subvertere conatur.
Celui qui tente de contourner la loi invoque en vain son secours.
He who seeks to get around the law vainly invokes its aid.
C'est en vain qu'on veut se prévaloir des lois lorsqu'on les viole. Un meilleur latin serait contra legem ou lege.
Mayrand, p. 66
Byrnes, p. 412
St-Lawrence Ceramics c. Zardo, (1969) C.S. 82
Robineau c. Charbonneau et al., (1964) C.S. 169
Sauvé c. Ville de St-Laurent, et al., (1956) B.R. 76
Circle Acceptance Co. c. Kerr, (1968) R.P. 307
207. FRUSTRA PROBATUR QUOD PROBATUM NON RELEVAT
C'est en vain qu'on prouve ce qui n'est pas concluant.
It is useless to prove anything which does not improve your case.
En suivant C.p.c., 306, cette expression subordonne l'exercice du droit à la preuve à une exigence de pertinence. Les points sur lesquels la preuve est demandée doivent être pertinents, c'est-à-dire tels, qu'une fois vérifiés, ils soient de nature à entraîner la conviction du juge.
Henri Girard (Québec) Inc. c. Union Canadienne Cie d'Assurances, (1971) C.A. 451
208. FUMUS JURIS
Apparence de fondement juridique
Shadow or appearance of legality
L'expression est utilisée en droit canonique dans l'examen préliminaire d'une cause de nullité d'un mariage. S'il y a fumus juris, c'est-à-dire apparence de fondement juridique, la procédure en nullité est entreprise.
Dame Bessette c. Meunier, (1959) C.S. 285
209. FUNCTA OFFICIO
(La Cour) s'étant acquittée de sa charge ou ayant rempli son office.
(The Court) having discharged ils duty.
S'étant acquitté de sa charge
Having discharged his duty
Highway Paving Co. c. Cour des Sessions de la Paix et al., (1963) B.R. 298
210. GENERALIA SPECIALIBUS NON DEROGANT
General things do not derogate from special ones.
Specialia generalibus derogant (locution inverse)
Les dispositions spéciales dérogent aux dispositions générales.
Special things derogate from general.
Generalia sunt praeponenda singularibus.
Les choses générales doivent être préférées aux choses singulières.
General things are to be preferred to special ones.
Le sens général des mots ne déroge pas de leur sens spécial. Par ailleurs, la disposition spéciale l'emporte sur la disposition générale.
Mayrand, p. 67
Collège des Pharmaciens Prov. de Québec c. Dame Besner, (1960) C.S. 528
La Ménagère Coop. c. Comité Paritaire du Commerce de Gros et Détail de Rimouski et al., (1962) C.S. 180
Houle c. Laramée et al., (1946) C.S. 397
Gibson c. Cité de Verdun et al., (1949) C.S. 164
Syndics des Écoles Protestantes, Cité d'Outremont c. Cité d'Outremont et al., (1951) B.R. 695
Commission de Relations Ouvrières de Prov. de Québec et al., c. Alliance des Professeurs Catholiques de Montréal et al., (1951) B.R. 770
Recorder's Court of City of Montreal et al., c. Laval Transport, (1952) B.R. 706
Ministre Revenu National du Canada et al., c. Lafleur, (1963) B.R. 605
District Registrar of Land Tities District of Portage-Laprairie c. Canadian Superior Oil of California et al., (1954) S.C.R. 360
Langlais c. Langley et a1., (1952) 1 S.C.R. 85
Massicotte c. Boutin, (1969) S.C.R. 821
Douglas Wright c. Laura Wright et al., (1951) S.R.C. 751
Charles Grass Greenshields et al. c. the Queen, (1958) S.C.R. 226, 229, 230
Local Union 1432 of Intern. Brotherhood of Electrical Workers c. Town of Summerside et al., (1960) S.C.R. 598
R. c. Lincoln Mining Synd., (1959) S.C.R. 749
Sanders c. la Reine, (1970) R.C.S. 128 (aussi version anglaise)
Cardinal c. Procureur Général d'Alberta, (1974) R.C.S. 723
Hudon c. Marcoux et al., (1976) C.S. 1504
211. GENUS
Lévesque c. J.B. Renaud & Cie, (1954) B.R. 29
Bureau des Commissaires d'Écoles Catholiques de Cité de Sherbrooke.c. Cité de Sherbrooke et al., (1956) B.R. 675 (bis)
District Registrar of Land Titles District of Portage-Laprairie c. Canadian Superior Oil of California Ltd et al., (1954) S.C.R. 333 (bis)
R. c. Assessors of the Town of Sunny Brae, (1952) 2 S.C.R. 79
Bogoch Seed Co. c. Canadian Pacific Railway Co. et al., (1963) S.C.R. 251
Boehringer Sohn c. Bell-Craig Ltd., (1963) S.C.R. 414
Frey c. Fedoruk et al., (1950) S.C.R. 529 (bis)
Hoechst Pharmaceuticals of Canada et al., c. Gilbert & Co. et al., (1966) S.C.R. 193
Western Minerais Ltd et al., c. Gaumont et al., (1953) 1 S.C.R. 351
Curr c. the Queen, (1972) S.c.R. 904, 906
Dupuis et al., c. Cité de Sherbrooke et al., (1973) C.S. 141
212. GRATIS
Gratuitement, librement, sans récompense
Free, gratuitously, given without consideration
Latour c. Pagé et Fils Ltée, (1956) C.S. 156, 158
Dionne c. Mun. Court of the City of Montreal et al., (1956) C.S. 291
Jarry c. Jourdain, (1950) C.S. 13
Deguire Avenue Ltd c. Adler et al., (1963) B.R. 104
Compagnie de Publication La Presse Ltée c. Simard, (1962) B.R. 698, 700
The Queen c. Toupin, (1964) S.C.R. 278, 281, 282
North-West Line Elevators Ass. et al., c. Canadian Pacific Railway et al., (1959) S.C. R. 242
213. GRAVAMEN
L'essence, la base, le coeur d'un grief ou d'une argumentation; la raison d'être ou la racine d'un plaidoyer.
Material part of a grievance
En droit ecclésiastique anglais, plainte portée par le clergé devant les évêques spécialement convoqués à cet effet. Quicherat et Daveluy traduisent par : incommodité (physique ou morale).
Black's Law Dictionary, p. 830
Carnegie c. Canadian National Railway, (1961) C.S. 345
Hébert c. Proc. Gen. de la Prov. de Québec, (1966) B. R. 207
De Angelis c. Vaillancourt, (1968) B.R. 372
Wright et al., c. the Queen, (1963) S.C.R. 554
Boucher c. the King, (1951) 1 S.C.R. 344
Fraser et al., c. the Queen, (1967) S.C.R. 42, 43
Russell D. Horsburgh c. the Queen, (1967) S.C.R. 763, 770
B.C. Telephone Co. et al., c. Marpole Towing Ltd., (1971) S.C.R. 335
R. c. Morgentaler, (1973) C.S. 834
214. GROSSO MODO
En gros, dans les grandes lignes, globalement
Generally, overall
Lanctôt c. Radius Exploration Ltd, (1963) B.R. 561
Dame Tremblay c. Chartrand, (1953) B.R. 813
Paterson & Sons Ltd. c. St-Lawrence Corp., (1970) C.S. 10
Dame Trudeau c. Ouellette, (1972) C.S. 700
Dansereau c. Caisse Populaire de Québec-Est, (1973) B.R. 229
Pacific Elevators Ltd c. Cie de Chemin de fer Canadien Pacifique, (1974) R.C.S. 817
Vitral Compania Naviera S.A. c. Caron, (1975) C.S. 831
215. HABEAS CORPUS AD SUBJUCIENDUM
Que tu amènes le corps (la personne elle-même) pour être soumis à...
That you produce the body (the person himself) to be submitted to...
En droit anglais, il s'agit d'un ordre émis par la Cour enjoignant celui qui détient une personne d'amener celle-ci devant la Cour en produisant les motifs de son arrêt et de sa détention. Cette procédure est qualifiée de « the great writ of liberty ».
En droit québécois, on retrouve ce terme à l'article 32 de la Charte des droits et libertés de l>
nne privée de sa liberté a droit de recourir à l'habeas corpus. »
Goldhar c. the Queen, (1960) S.C.R. 439 (bis), 440
216. HABENDUM
Premier mot de la clause « habendum et tenendum », pour avoir et détenir.
First word of the phrase « habendum et tenedum », to have and to hold.
Modde c. Dominion Glass Co. et al., (1967) S.C.R. 568
Canada-Cities Service Petroleum Corp. c. Kininmonth et al., (1964) S.C.R. 444 (bis), 446 (bis)
Canadian Superior Oil of Calif. c. Kanstrup and Scurry-Rainbow 0il, (1965) S.C.R. 104
Shell 0i1 c. Gunderson, (1960) S.C.R. 429 (bis)
Sohio Petroleum et al., c. Weyburn Security Co., (1971) R.C.S. 83, 84, 87 (bis) - aussi version anglaise
217. HABENT JURIDICTIONEM VOLUNTARIAM, SED NON CONTENTIOSAM
Ils ont un pouvoir de décision, mais non un pouvoir d'arbitrage.
They have a power of decision, but not one of arbitration.
En droit canonique, il existe un pouvoir de juridiction volontaire, c'est-à-dire extra-judiciaire ou administratif et un pouvoir de juridiction judiciaire, qui s'exerce par une procédure au contentieux ou au criminel. Ainsi, la traduction ci-dessus demeure juste dans son sens, mais on pourrait dire aussi : ils ont la juridiction administrative, mais non judiciaire.
Chambre des Notaires du Québec c. Cour de Bien-Être Social et al., (1971) R.P. 241
218. HIC ET NUNC
Ici et maintenant, immédiatement
Here and now, immediately
Mayrand, p. 70
Proulx c. Villiard, (1950) B.R. 55
Bissonnette c. Cie de Finance Laval et al., (1963) B.R. 394
Bissonnette c. Cie de Finance Laval et al., (1963) S.C.R. 620
Dallaire et Fils Ltée c. Société d'Entreprise de Crédit et al., (1970) C.A. 498
219. HOC CONSILIO, UT SPE ELECTIONIS ADDUCTI PARENTI OBSEQUERENTUR
... dans ce dessein, de sorte que ceux qu'a gagnés l'espoir d'être choisis (comme héritiers) se plient aux désirs de leur père (ou leur mère).
with such a goal, so that those desirous of being chosen (heirs) will conform to the will of their parent.
St-Aubin c. Dame St-Aubin et vir, (1952) B.R. 378
220. HOC VOLO, SIC JUBEO, SIT PRO RATIONE VOLUNTAS
Voilà ce que je veux, ainsi je l'ordonne, que ma volonté tienne lieu de règle.
This is what I want, hence I order it, might my will become law.
Commission des Accidents du Travail de Québec c. Forbes Dubé Lumber Ltd, (1956) C.S. 356
Locutions latines - I à O