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Timestamp: 2017-04-30 08:58:20+00:00
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Cour de cassation 2012 dans Belgique C.08.0474.NCréer un compteConnexionCréer un compteConnexionCour de cassation - Arrêt du 9 février 2012 (Belgique)Montrer les détailsDate de publication :09-02-2012Langue :
Justel 20120209-4
C.08.0474.N
Larticle 94 du règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil, du 27 juillet 1994, instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales, tel que modifié par le règlement (CE) n° 873/2004 du Conseil, du 29 avril 2004, lu conjointement avec les articles 11, paragraphe 1, 13, paragraphes 1 à 3, 16, 27 et 104 dudit règlement, doit être interprété en ce sens que le titulaire ou le licencié peut intenter une action en contrefaçon contre un tiers qui a obtenu le matériel par lintermédiaire dun autre licencié ayant enfreint les conditions ou les limitations figurant dans le contrat de licence que ce dernier licencié a précédemment conclu avec le titulaire pour autant que les conditions ou les limitations en question portent directement sur les éléments essentiels de la protection communautaire des obtentions végétales concernée, ce quil revient à la juridiction de renvoi dapprécier ; sagissant dapprécier la contrefaçon, il est sans importance que le tiers qui a accompli des actes sur le matériel vendu ou cédé était informé ou aurait dû être informé des conditions ou des limitations contenues dans le contrat de licence (1). (1) C.J.U.E., C-140/10, http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf.
N°. C.08.0474.NGREENSTAR-KANZI EUROPE sa, (...), Me Johan Verbist, avocat à la Cour de cassation,contreJ. H.,J. G.,Me Ludovic De Gryse, avocat à la Cour de cassation.I. La procédure devant la CourLe pourvoi en cassation est dirigé contre l&apos;arrêt rendu le 24 avril 2008 par la cour d&apos;appel d&apos;Anvers.Alors que le premier moyen et le second moyen, en ses première et deuxième branches, ont été rejetés, la Cour a, lors de l&apos;examen de la troisième branche du second moyen, considéré, dans l&apos;arrêt rendu le 25 février 2010, devoir poser une question préjudicielle à la Cour de justice de l&apos;Union européenne, à laquelle cette dernière a répondu par l&apos;arrêt C-140/10 du 20 octobre 2011.Le 15 novembre 2011, maître Johan Verbist a déposé au greffe une note pour la demanderesse.Le premier président faisant fonction Edward Forrier a fait rapportL&apos;avocat général Guy Dubrulle a conclu.II. Les moyens de cassationDans la requête jointe au présent arrêt, en copie certifiée conforme, la demanderesse présente deux moyens. La troisième branche du second moyen à laquelle il faut encore répondre est ainsi libellée :Dispositions légales violées-	articles 11, 13, 16, 23, 27, 94 et 104 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales (JO L 227 du 1er septembre 1994) ;-	articles 774 et 1138, 2°, du Code judiciaire ;-	principe général du droit relatif à l&apos;autonomie des parties au procès en matière civile (principe dispositif) ;-	principe général du droit relatif au respect des droits de la défense.Décisions et motifs critiquésLes juges d&apos;appel ont rejeté la demande de la demanderesse tendant à entendre dire pour droit qu&apos;en offrant à la vente et en vendant des pommes de la variété Nicoter, sous la marque protégée Kanzi, les défendeurs commettent une infraction à la protection communautaire des obtentions végétales dont Better3fruit est titulaire, à entendre ordonner la cessation des pratiques indiquées ci-dessus et qui constituent une infraction aux usages honnêtes en matière commerciale et à entendre ordonner la publication de l&apos;arrêt à intervenir, sur la base des motifs suivants :« 1. La (cour d&apos;appel) présente les faits pertinents à la solution du litige de la manière suivante.Le bulletin de l&apos;Office communautaire des variétés végétales du 15 juin 2001 a publié la demande de la société anonyme Nicolaï pour la variété de pommes Nicoter, faite le 27 avril 2001.Il ne ressort pas des pièces (de la demanderesse et de Better3fruit) à quel moment une reconnaissance en tant qu&apos;obtenteur a été accordée. Il peut peut-être se déduire de la pièce 11 du dossier [des défendeurs] que la reconnaissance n&apos;a été faite que le 15 août 2005.Le bulletin du 15 juin 2004 a publié la modification concernant le demandeur, le représentant pour la procédure ou le titulaire de la protection des obtentions végétales et, suivant cette mention, la détention de la protection des obtentions végétales pour la variété de pommes Nicoter a été transférée de Nicolaï à Better3fruit le 20 avril 2004.Suivant les indications de ce bulletin, Nicolaï est resté enregistré en tant qu&apos;obtenteur.Pour cette raison, il n&apos;est pas clair s&apos;il s‘agit d&apos;une modification du demandeur ou d&apos;une modification de l&apos;identité du titulaire de la protection de l&apos;obtention végétale déjà reconnue.Suivant la pièce 13 du dossier [des défendeurs] (la demanderesse et Better3fruit] ne déposent pas de pièces concernant le dépôt de marque la marque Kanzi a été déposée le 8 novembre 2001 et le titulaire de la marque est Better3fruit.Ce dépôt a été fait pour les classes 16, matériel d&apos;emballage pour fruits, matériel de promotion et brochures concernant le marketing de fruits et pour la classe 31, fruits frais.Les licenciés sont : la société coopérative à responsabilité limitée EFC (9 février 2005) et la société anonyme Greenstar Kanzi Europe (22 septembre 2006).La protection communautaire des obtentions végétales a été apportée dans Better3fruit par Nicolaï (suivant ses propres précisions du 3 septembre 2002).Better3fruit a accordé une licence exclusive sur la protection communautaire des obtentions végétales et sur les marques à Nicolaï en 2003 (aucune date plus précise n&apos;a été donnée ni par [la demanderesse ni par Better3fruit]).La société anonyme Greenstar Kanzi Europe (GKE) a été créée le 5 mai 2004.[La demanderesse] a obtenu en vertu d&apos;une sous-licence les droits d&apos;exploitation exclusifs de la protection communautaire des obtentions végétales sur Nicoter et sur la marque Kanzi en ce qui concerne la culture fruitière.Les parties contestent la date de ce contrat.Ce contrat de licence conclu entre Better3fruit et Nicolaï a été résilié le 20 janvier 2005.Suivant la facture n° 240255 du 24 décembre 2004, Nicolaï a vendu 7.000 arbres de deux ans d&apos;âge de la variété « Kanzi-Nicoter (cov) » au premier défendeur.Le 4 décembre 2007, l&apos;huissier de justice a constaté que [le second défendeur] vendait des pommes de la marque Kanzi sur le marché de Hasselt et qu&apos;elles provenaient de chez [le premier défendeur]. (...)En vertu de l&apos;article 104 du Règlement n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales, la demanderesse a le droit d&apos;introduire une action en cessation en ce qui concerne les prétendues infractions à la protection des obtentions végétales.7. Il ressort des pièces (notamment des brochures publicitaires) et des précisions données, que la dénomination Kanzi est destinée (à tout le moins jusqu&apos;à ce jour) à une pomme d&apos;une variété bien précise. Nicoter Kanzi est, dès lors, le nom qui est donné à une variété de pommes bien déterminée provenant d&apos;arbres de la variété Nicoter, afin de la distinguer d&apos;autres variétés de pommes.Il n&apos;est pas contesté que ces pommes proviennent des arbres Nicoter qui sont les seuls à produire les pommes Kanzi.À ce propos, il faut aussi se référer à l&apos;alinéa 3 de l&apos;article 13 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales en ce qui concerne le matériel de récolte.8. La violation invoquée de la protection communautaire des obtentions végétales concernant les pommiers Nicoter équivaut en bref à ce que [la demanderesse] reproche [au premier défendeur] d&apos;avoir acquis de manière illégale des arbres Nicoter et d&apos;avoir ainsi cultivé de manière illégale des pommes Kanzi en concluant que la commercialisation de la récolte en tant que pommes Kanzi constitue une infraction aux usages honnêtes du commerce.9. Il n&apos;y a aucune indication que la facture de Nicolaï du 24 décembre 2004 ne correspond pas à la réalité tant en ce qui concerne l&apos;objet de l&apos;achat-vente qu&apos;en ce qui concerne le moment de la vente. L&apos;achat-vente de Nicolaï [au premier défendeur] de 7.000 pommiers, définis comme étant des arbres Kanzi-Nicoter, fin 2004, est ainsi établie.10. S&apos;il faut supposer qu&apos;en 2004, la protection communautaire des obtentions végétales avait déjà été reconnue conformément au règlement 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994, il apparaît qu&apos;au moment de l&apos;achat-vente de Nicolaï [au premier défendeur], Nicolaï était l&apos;obtenteur reconnu et qu&apos;en vertu du contrat de licence « de 2003 » (...), Better3fruit avait concédé le droit - même exclusif - de cultiver et de vendre les arbres Nicoter en faisant usage des marques y afférentes. L&apos;article 1er, 2, de ce contrat se réfère pour ces marques à l&apos;annexe n° 2 qui n&apos;est pas jointe à la copie produite du contrat mais il ne peut être mis en doute qu&apos;il s‘agit des marques Nicoter et Kanzi dont il est d&apos;ailleurs question dans l&apos;exposé introductif du contrat et à l&apos;article 6, 4, de celui-ci.Il n&apos;est pas établi que Nicolaï a été privé de ce droit fin 2004. Au contraire, selon la demanderesse et Better3fruit, le contrat n‘aurait été résilié que le 20 janvier 2005. Il peut d&apos;ailleurs se déduire de la lettre de Better3fruit de cette date que ce contrat a été effectivement exécuté jusqu&apos;à cette date, sauf que Nicolaï a omis de respecter ses obligations de paiement.Le contrat du 13 avril 2004, conclu entre Nicolaï et [la demanderesse] en création (pièce n° 6 du dossier [de la demanderesse et de Better3fruit]), doit être apprécié à la lumière de ce qui précède. En vertu de l&apos;article 2 de ce contrat, Nicolaï accorderait aussi à la demanderesse (aussi appelée licenciée Master Europe) une licence exclusive concernant tant la protection communautaire des obtentions végétales que les marques.L&apos;article 10 de cette convention énonce certes un certain nombre de conditions suspensives et il n&apos;apparaît pas que ce contrat ait jamais reçu une exécution effective alors que le contenu de ladite lettre du 20 janvier 2005 est inconciliable avec le contenu de ce contrat.Les autres contrats auxquels se réfèrent [la demanderesse et Better3fruit] datent tous de 2005 et ne sont pas de nature à déterminer les droits dont disposait Nicolaï à la fin de 2004 au moment de ladite vente [au premier défendeur].11. Sur la base de ce qui précède, (la cour d&apos;appel) décide qu&apos;en vertu d&apos;un contrat de licence conclu avec Better3fruit, Nicolaï avait le droit fin 2004 de vendre les arbres Kanzi-Nicoter [au premier défendeur], y compris le droit pour [le premier défendeur] de commercialiser les pommes produites par ces arbres en tant que pommes Kanzi.12. Dans cet achat-vente, [le premier défendeur] ne s&apos;est pas engagé à respecter certaines prescriptions concernant la culture de pommes Kanzi et la vente de la récolte.13. L&apos;article 6 du contrat de licence conclu entre Better3fruit et Nicolaï stipulait toutefois que Nicolaï « ne céderait ou ne vendrait aucun produit sous licence si la partie adverse concernée ne souscrivait pas au préalable et par écrit à la licence de culture figurant à l&apos;annexe 6 (en cas de partie adverse/obtenteur) ou ne souscrivait pas à la licence de marketing figurant à l&apos;annexe 7 (en cas de partie adverse/partenaire commercial) ».14. En vendant les 7.000 arbres Nicoter [au premier défendeur] sans que celui-ci souscrive à cette licence, Nicolaï a enfreint ses obligations contractuelles.15. Il n&apos;est pas établi que [le premier défendeur] connaissait l&apos;existence et le contenu de ces obligations contractuelles de Nicolaï.16. Il n&apos;est pas davantage démontré que l&apos;existence de la protection communautaire des obtentions végétales des pommiers Kanzi Nicoter (qui, selon les parties, résulterait d&apos;un ajout figurant sur la facture) implique que le fruticulteur-agriculteur doive savoir qu&apos;il ne peut acheter les pommiers en question qu&apos;en souscrivant à certaines obligations et qu&apos;il se rend coupable d&apos;une infraction à la protection communautaire des obtentions végétales s&apos;il ne le fait pas.Le dernier alinéa de l&apos;article 13 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales dispose que le titulaire peut subordonner son accord à des conditions et des limitation. Il n&apos;appartenait pas au premier défendeur de s&apos;informer pour savoir s&apos;il avait été fait usage de ces possibilités.17. Fait ainsi défaut la preuve que [le premier défendeur] savait ou devait savoir qu&apos;il avait acheté les pommiers en violation des obligations contractuelles précitées dans le chef de son cocontractant Nicolaï.En achetant les pommiers de la variété Nicoter de celui qui pouvait légalement vendre les pommiers en tant qu&apos;obtenteur, [le premier défendeur] pouvait commercialiser les pommes en tant que pommes Kanzi et [le second défendeur] pouvait vendre les pommes en tant que pommes Kanzi.Pour ces motifs, les demandes de [la demanderesse] sont non fondées.18. Il est donc superflu d&apos;examiner si avant la vente de pommiers [au premier défendeur] fin 2004, le droit de cultiver était déjà reconnu de sorte qu&apos;il ne faut pas davantage examiner quels effets doivent être déduits de l&apos;article 95 du Règlement quant à l&apos;action en cessation".Griefs[...]Troisième brancheConformément à l&apos;article 11 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales, a droit à la protection communautaire des obtentions végétales la personne qui a créé ou qui a découvert et développé la variété et qui est dénommée «obtenteur». La protection communautaire des obtentions végétales peut être transférée à un ou plusieurs ayants droit (article 23 du Règlement (CE) n° 2100/94).L&apos;article 13 de ce règlement dispose que la protection communautaire des obtentions végétales a pour effet de réserver à son titulaire le droit d&apos;accomplir les actes indiqués au paragraphe 2 de cette disposition. Ainsi, l&apos;autorisation du titulaire est requise pour les actes suivants en ce qui concerne les composants variétaux ou le matériel de récolte de la variété protégée : a) production ou reproduction (multiplication), b) conditionnement aux fins de la multiplication, c) offre à la vente, d) vente ou autre forme de commercialisation, e) exportation à partir de la Communauté, f) importation dans la Communauté, g) détention aux fins mentionnées aux points a) à f).L&apos;article 13, alinéa 2, du Règlement (CE) n° 2100/94 dispose encore que le titulaire peut subordonner son autorisation à des conditions et à des limitations.L&apos;article 13, alinéa 3, de ce règlement dispose que le paragraphe 2 de cet article s&apos;applique au matériel de récolte uniquement si celui-ci a été obtenu par l&apos;utilisation non autorisée de constituants variétaux de la variété protégée et sauf si le titulaire a raisonnablement pu exercer son droit en relation avec lesdits composants variétaux.L&apos;article 16 du Règlement (CE) n° 2100/94 dispose encore que la protection communautaire des obtentions végétales ne s&apos;étend pas aux actes concernant du matériel de la variété protégée ou d&apos;une variété couverte par les dispositions de l&apos;article 13, paragraphe 5, qui a été cédé à des tiers par le titulaire ou avec son consentement en un lieu quelconque de la Communauté, ou du matériel dérivé dudit matériel.Conformément à l&apos;article 27 du Règlement (CE) n° 2100/94, la protection communautaire des obtentions végétales peut faire, en totalité ou en partie, l&apos;objet de licences d&apos;exploitation contractuelles. Ces licences peuvent être exclusives ou non exclusives. Le titulaire peut invoquer les droits conférés par la protection communautaire des obtentions végétales à l&apos;encontre d&apos;une personne détenant une licence d&apos;exploitation qui enfreint l&apos;une des conditions ou limitations attachées à sa licence en vertu du paragraphe 1er.Conformément à l&apos;article 94 du Règlement (CE) n° 2100/94, toute personne qui accomplit, sans y avoir été autorisée, un des actes visés à l&apos;article 13, paragraphe 2, à l&apos;égard d&apos;une variété faisant l&apos;objet d&apos;une protection communautaire des obtentions végétales peut faire l&apos;objet d&apos;une action, intentée par le titulaire, en cessation de la contrefaçon. L&apos;action en contrefaçon peut être exercée par le titulaire. Un licencié peut exercer l&apos;action en contrefaçon (article 104 du Règlement (CE) n° 2100/94).Il résulte des dispositions précitées que le titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales est seul compétent pour produire ou reproduire les composants variétaux ou le matériel de récolte de la variété protégée, pour les conditionner aux fins de la multiplication, pour les offrir à la vente, pour les vendre ou les commercialiser sous une autre forme, ou pour les détenir aux fins mentionnées ci-dessus (article 13 du Règlement (CE) n° 2100/94).La protection communautaire est toutefois épuisée dès que le matériel de la variété protégée, ou du matériel dérivé dudit matériel, a été cédé à des tiers par le titulaire ou avec son consentement en un lieu quelconque de la Communauté (article 16 du Règlement (CE) n° 2100/94).L&apos;application de cette disposition requiert que le matériel soit cédé à des tiers par le titulaire ou avec son consentement.Le licencié peut, en vertu du contrat de licence, poser les actes prévus à l&apos;article 13, alinéa 2, dudit règlement qui, en principe, ne peuvent être posés que par le titulaire de la protection communautaire. Dès lors que le titulaire peut subordonner son autorisation à des conditions et à des limitations (article 13, alinéa 2, du règlement précité), celui-ci peut aussi subordonner la licence à des limitations (article 27, alinéas 1er et 2, du règlement).Si le licencié cède du matériel sans respecter les limites attachées à la licence, ce matériel est alors cédé sans l&apos;autorisation du titulaire de la protection communautaire et ce dernier reprend tous ses droits en ce qui concerne ce matériel (articles 13, 16 et 27 du règlement précité).Cela signifie que le titulaire de la protection communautaire ne peut pas uniquement invoquer ses droits à l&apos;égard du licencié qui ne respecte pas les limites attachées à la licence mais peut aussi s&apos;opposer au tiers auquel le licencié a cédé le matériel sans l&apos;autorisation du titulaire et qui, à son tour, pose des actes visés à l&apos;article 13, alinéa 2, dudit règlement. Il est sans intérêt à cet égard de savoir si le tiers est ou non de bonne foi et connaissait ou non les limites imposées au licencié.Il n&apos;était pas contesté entre les parties qu&apos;à la fin de 2004 Better3fruit était titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales Nicoter (conclusions d&apos;appel de synthèse de la demanderesse déposées au greffe de la cour d&apos;appel d&apos;Anvers le 27 février 2008, pp. 3-4, n°s 4-5; conclusions d&apos;appel des défendeurs en date du 21 février 2008, pp. 10-11, n°s 37-39). Les juges d&apos;appel ont constaté qu&apos;à la fin 2004 Nicolaï avait le droit, à la suite du contrat de licence conclu avec Better3fruit, de vendre les arbres de la variété Nicoter au premier défendeur avec le droit pour celui-ci de commercialiser en tant que pommes Kanzi les pommes récoltées sur ces arbres achetés. Les juges d&apos;appel ont toutefois constaté que, dans le contrat de licence conclu entre Better3fruit et Nicolaï, la vente des arbres au premier défendeur était subordonnée à des conditions que le licencié n&apos;a pas respectées lors de la vente au premier défendeur de sorte qu&apos;en vendant les arbres au premier défendeur, Nicolaï a enfreint ses obligations contractuelles à l&apos;égard du titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales, Better3fruit.Il ressort, dès lors, des constatations de l&apos;arrêt attaqué que les arbres de la variété Nicoter n&apos;ont pas été cédés avec l&apos;autorisation du titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales, de sorte que les actes posés par les défendeurs sans l&apos;autorisation de ce dernier constituent une infraction aux droits du titulaire de la protection communautaire et que ce dernier, comme la demanderesse, pouvait, dès lors, interpeller les défendeurs en vertu des articles 94 et 104 du Règlement (CE) n° 2100/94.Le seul fait que le premier défendeur ignorait et ne devait pas connaître les obligations contractuelles de Nicolaï n&apos; affecte pas ce qui précède.En décidant que les défendeurs n&apos;ont pas commis d&apos;infraction aux droits du titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales et que le premier défendeur pouvait vendre les pommes en tant que pommes Kanzi, par le motif que si, en tant que licencié, Nicolaï n&apos;avait le droit de vendre les pommiers que sous condition, les défendeurs ignoraient ces conditions, et que l&apos;on ne pouvait attendre d&apos;eux qu&apos;ils connaissent ces conditions imposées par le titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales, les juges d&apos;appel ont violé les articles 11, 13, 16, 23, 27, 94 et 104 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales.En décidant, en outre, qu&apos;il est sans pertinence de savoir si, avant la vente fin 2004, la protection communautaire des obtentions végétales a été accordée pour la vente de pommiers qui a eu lieu fin 2004, les juges d&apos;appel ont violé aussi les articles 11, 13, 16, 23, 27, 94 et 104 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales. Pour les motifs précités, Better3fruit pouvait en effet exercer ses droits à l&apos;égard des défendeurs et réclamer la cessation de la contrefaçon, dans la mesure où elle était effectivement titulaire de la protection communautaire des obtentions végétales fin 2004. En vertu de l&apos;article 104 du règlement (CE) n° 2100/94, le même droit appartenait aussi à la demanderesse.III. La décision de la CourSur le second moyen :Quant à la troisième branche :1. En vertu de l&apos;article 11.1 du Règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales, modifié par le Règlement (CE) n° 873/2004 du Conseil du 29 avril 2004, a droit à la protection communautaire des obtentions végétales la personne qui a créé ou qui a découvert et développé la variété, ainsi que ses ayants droit. Conformément à l&apos;article 94, 1, a), du Règlement (CE) n° 2100/94, toute personne qui accomplit, sans y avoir été autorisée, un des actes visés à l&apos;article 13, paragraphe 2, à l&apos;égard d&apos;une variété faisant l&apos;objet d&apos;une protection communautaire des obtentions végétales peut faire l&apos;objet d&apos;une action, intentée par le titulaire, en cessation de la contrefaçon ou en versement d&apos;une rémunération équitable.En vertu de l&apos;article 104, 1, du même règlement, l&apos;action en contrefaçon peut être exercée par le titulaire et un licencié peut exercer l&apos;action en contrefaçon, sauf si cette possibilité a été expressément exclue par un accord avec le titulaire dans le cas d&apos;une licence d&apos;exploitation exclusive ou par l&apos;Office, conformément à l&apos;article 29 ou à l&apos;article 100, paragraphe 1 (lire : paragraphe 2).2. Aux termes de l&apos;article 13 du même règlement (CE) n° 2100/94,« 1. La protection communautaire des obtentions végétales a pour effet de réserver à son ou ses titulaires, ci-après dénommés ‘titulaire&apos;, le droit d&apos;accomplir les actes indiqués au paragraphe 2.2. Sans préjudice des articles 15 et 16, l&apos;autorisation du titulaire est requise pour les actes suivants en ce qui concerne les constituants variétaux ou le matériel de récolte de la variété protégée, ci-après dénommés ‘matériel&apos; :a) production ou reproduction (multiplication) ;b) conditionnement aux fins de la multiplication ;c) offre à la vente ;d) vente ou autre forme de commercialisation ;e) exportation à partir de la Communauté ;f) importation dans la Communauté ;g) détention aux fins mentionnées aux points a) à f).Le titulaire peut subordonner son autorisation à des conditions et à des limitations.3. Le paragraphe 2 s&apos;applique au matériel de récolte uniquement si celui-ci a été obtenu par l&apos;utilisation non autorisée de constituants variétaux de la variété protégée et sauf si le titulaire a raisonnablement pu exercer son droit en relation avec lesdits composants variétaux ».3. En vertu de l&apos;article 16 de ce même règlement, la protection communautaire des obtentions végétales ne s&apos;étend en règle pas aux actes concernant du matériel de la variété protégée ou d&apos;une variété couverte par les dispositions de l&apos;article 13, paragraphe 5, qui a été cédé à des tiers par le titulaire ou avec son consentement en un lieu quelconque de la Communauté, ou du matériel dérivé dudit matériel.En vertu de l&apos;article 27, 1, de ce règlement, la protection communautaire des obtentions végétales peut faire, en totalité ou en partie, l&apos;objet de licences d&apos;exploitation contractuelles, ces licences pouvant être exclusives ou non exclusives.Conformément à l&apos;article 27, 2, dudit règlement, le titulaire peut invoquer les droits conférés par la protection communautaire des obtentions végétales à l&apos;encontre d&apos;une personne détenant une licence d&apos;exploitation qui enfreint l&apos;une des conditions ou limitations attachées à sa licence en vertu du paragraphe 1er.4. Dans l&apos;arrêt C-140/10 du 20 octobre 2011, la Cour de justice de l&apos;Union européenne a décidé que, dans des conditions telles que celles en cause au principal, l&apos;article 94 du règlement (CE) n° 2100/94, lu conjointement avec les articles 11, paragraphe 1er, 13, paragraphes 1er à 3, 16, 27 et 104 dudit règlement doit être interprété en ce sens que le titulaire ou le licencié peut intenter une action en contrefaçon contre un tiers qui a obtenu le matériel par l&apos;intermédiaire d&apos;un autre licencié ayant enfreint les conditions ou les limitations figurant dans le contrat de licence que ce dernier licencié a précédemment conclu avec le titulaire, pour autant que les conditions ou les limitations en question portent directement sur les éléments essentiels de la protection communautaire des obtentions végétales concernée, ce qu&apos;il revient à la juridiction de renvoi d&apos;apprécier.Dans le même arrêt, la Cour de justice a considéré que, s&apos;agissant d&apos;apprécier la contrefaçon, il est sans importance que le tiers qui a accompli des actes sur le matériel vendu ou cédé fût informé ou eût dû être informé des conditions ou des limitations contenues dans le contrat de licence.5. Les juges d&apos;appel ont constaté que:- à la fin 2004, Nicolaï avait le droit, à la suite du contrat de licence conclu avec Better3fruit, de vendre les arbres de la variété Kanzi-Nicoter au premier défendeur avec le droit pour celui-ci de commercialiser les pommes récoltées sur ces arbres en tant que pommes Kanzi ;- dans le contrat d&apos;achat-vente, le premier défendeur ne s&apos;est pas engagé à respecter certaines prescriptions concernant la culture de pommes Kanzi et la vente de la récolte ;- l&apos;article 6 du contrat de licence conclu entre Better3fruit et Nicolaï concernant la protection des obtentions végétales et des marques stipulait toutefois que Nicolaï « ne céderait ou ne vendrait aucun produit sous licence si la partie adverse concernée ne souscrivait pas au préalable et par écrit à la licence de culture figurant à l&apos;annexe 6 (en cas de partie adverse/obtenteur) ou ne souscrivait pas à la licence de marketing figurant à l&apos;annexe 7 (en cas de partie adverse/partenaire commercial) » ;- en vendant les 7.000 arbres Nicoter au premier défendeur sans que celui-ci souscrive à cette licence, Nicolaï a manqué à ses obligations contractuelles.Les juges d&apos;appel ont ensuite rejeté l&apos;action formée par la demanderesse contre les défendeurs pour violation du régime de protection communautaire des obtentions végétales au motif qu&apos;il n&apos;est pas établi que le premier défendeur savait ou devait savoir qu&apos;il avait acheté les pommiers en violation des obligations contractuelles incombant à son cocontractant Nicolaï.Ainsi, les juges d&apos;appel n&apos;ont pas légalement justifié leur décision.Le moyen, en cette branche, est fondé.PAR CES MOTIFSLa Cour,Casse l&apos;arrêt attaqué ;Ordonne que mention du présent arrêt sera faite en marge de l&apos;arrêt cassé ;Réserve les dépens pour qu&apos;il soit statué sur ceux-ci par le juge du fond ;Renvoie la cause devant la cour d&apos;appel de Gand.Ainsi jugé par la Cour de cassation, première chambre, à Bruxelles, où siégeaient le premier président faisant fonction Edward Forrier, président, le président de section Eric Dirix, les conseillers Eric Stassijns, Beatrijs Deconinck et Koen Mestdagh, et prononcé en audience publique du neuf février deux mille douze par le premier président faisant fonction Edward Forrier, en présence de l&apos;avocat général Guy Dubrulle, avec l&apos;assistance du greffier Frank Adriaensen.Traduction établie sous le contrôle du président Christian Storck et transcrite avec l&apos;assistance du greffier Chantal Vandenput.Le greffier, Le président,