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Timestamp: 2016-10-28 14:08:22+00:00
Document Index: 213796416

Matched Legal Cases: ['art. 754', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 97', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 754', 'art. 756', 'art. 530', 'art. 754', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 754', 'art. 754', 'art. 717', 'ATF ', 'art. 717', 'art. 754', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 42', 'art. 43', 'ATF ', 'art. 43', 'art. 43', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 43', 'art. 44', 'art. 66']

4A_467/2010 (05.01.2011)
4A_467/2010
X.________, repr�sent� par Me Daniel Tunik,
toutes les trois repr�sent�es par Me Gilles Crettol,
4. D.________, repr�sent� par Me Michel Bergmann,
responsabilit� de l'administrateur,
A.________ SA, B.________ SA et C.________ SA (ci-apr�s: les soci�t�s immobili�res) sont des soci�t�s anonymes ayant leur si�ge � Gen�ve et appartenant �conomiquement � Z.________; elles sont propri�taires de plusieurs immeubles � Lausanne et � Gen�ve.
X.________, expert-comptable de formation domicili� � Gen�ve, a �t� membre du conseil d'administration de la premi�re soci�t� immobili�re cit�e de 1971 � 1997 et des autres de 1974 � 1997.
D�s 1978, les soci�t�s immobili�res ont confi� la g�rance de leurs immeubles � la r�gie H.W.________ SA.
Le 22 f�vrier 1990, T.________, qui avait rachet� la r�gie H.W.________ SA peu auparavant, en est devenu l'administrateur d�l�gu�. X.________ a �t� administrateur de la r�gie H.W.________ SA de mars � septembre 1992, puis pr�sident de son conseil d'administration de fin septembre 1992 � d�cembre 1997; d�s septembre 1992, il est �galement devenu pr�sident du conseil d'administration des r�gies I.W.________ SA et r�gie J.W.________ SA. Ces trois r�gies (I.W.________ SA, r�gie J.W.________ SA et H.W.________ SA) constituaient un groupe int�gr� (ci-apr�s: le groupe W.________) qui �tait g�r� par T.________.
D�s le d�but de leur gestion par T.________, soit d�s 1992, les trois r�gies formant le groupe W.________ ont �prouv� des difficult�s financi�res dues notamment � un manque de liquidit�s. En 1993 d�j�, l'organe de r�vision, dans son rapport sur les comptes au 31 d�cembre 1992, relevait des risques de surendettement et des probl�mes de tr�sorerie, soit la non-couverture de certains comptes de propri�taires.
D�s 1992, T.________ a utilis� une partie des loyers des immeubles g�r�s par H.W.________ SA, notamment les loyers revenant aux soci�t�s immobili�res cit�es, pour payer les frais de fonctionnement courants de la r�gie et pour couvrir des frais relatifs � ses affaires immobili�res personnelles et celles de sa famille.
Lors d'une s�ance du conseil d'administration des trois r�gies tenue le 1er juillet 1993, � laquelle a particip� X.________, l'�ventualit� d'un d�p�t du bilan a �t� �voqu�e; il a �t� constat� que les comptes des propri�taires de la r�gie H.W.________ SA n'�taient plus couverts au 31 d�cembre 1992, mais qu'ils l'�taient � nouveau au 30 juin 1993; en revanche les comptes des propri�taires des deux autres r�gies n'�taient plus couverts tant au 31 d�cembre 1992 qu'au 30 juin 1993. A la fin de l'ann�e 1993, T.________ a obtenu un pr�t de la Banque cantonale vaudoise, ce qui a permis de r�gler de mani�re temporaire les probl�mes de liquidit�s du groupe W.________.
Selon les d�clarations d'un autre administrateur des r�gies (U.________), la possibilit� de cr�er un compte bancaire distinct pour chaque propri�taire a �t� envisag�e, en �t� 1994, � la demande de X.________, mais aucune suite n'a �t� donn�e.
A la fin de l'ann�e 1994, le conseil d'administration, en pr�sence de X.________, a �t� inform� par le responsable de la comptabilit� (P.________) et par le directeur (Q.________) que les comptes des propri�taires n'�taient plus couverts par les liquidit�s et le disponible � court terme en raison de pr�l�vements non autoris�s effectu�s par T.________. L'administrateur U.________ a alors d�cid� de d�missionner. Il a d�clar� qu'il en avait assez de lutter contre T.________ qui continuait � puiser dans les comptes des soci�t�s alors qu'il savait que le conseil d'administration y avait mis son veto. Par la suite, la situation a �t� assainie gr�ce � un apport de fonds provenant apparemment de tiers. Selon ses propres d�clarations, X.________ savait que la situation financi�re de H.W.________ SA �tait serr�e; il savait �galement que T.________ utilisait les fonds g�r�s par ses soci�t�s pour le compte de propri�taires � d'autres fins que celles de la gestion des trois r�gies, et ceci contrairement aux instructions du conseil d'administration. Il avait cependant constat� que T.________ �tait toujours parvenu � r�tablir la situation. X.________ a �galement d�clar� au directeur qu'il ne pouvait pas r�agir par crainte de perdre le mandat.
Par courrier recommand� du 8 d�cembre 1995, le directeur a inform� X.________ et T.________ qu'apr�s le r�tablissement des liquidit�s au 31 d�cembre 1994, la situation s'�tait � nouveau d�grad�e. Il a pr�cis� que le manque de liquidit�s risquait "d'engendrer des poursuites p�nales auxquelles il n'avait pas l'intention d'�tre complice". Il a mis en demeure X.________ et T.________ de r�gler la situation d'ici au 18 d�cembre 1995, faute de quoi il serait contraint de r�silier son contrat de travail avec effet imm�diat. Cette r�siliation a �t� accept�e. A la fin de l'ann�e 1995, T.________ a re�u un montant qui lui a permis de faire face au manque de liquidit�s.
Il a �t� retenu - ce qui constitue l'objet du litige soumis au Tribunal f�d�ral - que X.________, en sa qualit� d'administrateur des soci�t�s immobili�res, aurait d�, en tout cas � la fin de l'ann�e 1995, compte tenu des signaux alarmants en sa possession, exiger que les loyers encaiss�s pour les soci�t�s immobili�res soient vers�s sur un compte bancaire s�par�. La suite des �v�nements peut donc �tre r�sum�e de mani�re plus succincte.
Lors d'une assembl�e g�n�rale tenue le 22 octobre 1996, les soci�t�s immobili�res ont d�cid� de proc�der � la r�fection de certains de leurs immeubles, une partie des travaux devant �tre r�gl�e par la r�gie H.W.________ SA au moyen des loyers comptabilis�s et encaiss�s pour le compte des soci�t�s immobili�res; X.________ a ainsi laiss� s'accumuler des loyers sur le compte des soci�t�s immobili�res aupr�s de la r�gie. Constatant que celle-ci ne parvenait pas � payer les factures malgr� les montants port�s au cr�dit des soci�t�s immobili�res, X.________, agissant par sa fiduciaire, a exig� que les avoirs des soci�t�s immobili�res soient transf�r�s sur un compte ouvert au nom de A.________ SA aupr�s de la Banque cantonale vaudoise. D�s la fin du mois de septembre 1997, voire d�but octobre 1997, les loyers des immeubles appartenant aux soci�t�s immobili�res ont �t� directement vers�s sur le compte ouvert au nom de A.________ SA aupr�s de la Banque cantonale vaudoise.
Les comptes �tablis au 31 d�cembre 1996 ont montr� que la r�gie H.W.________ SA �tait surendett�e. La proc�dure p�nale a r�v�l� que cette situation existait d�j� au 31 d�cembre 1993. Par courrier recommand� du 6 d�cembre 1997, X.________, en tant qu'administrateur des r�gies du groupe W.________, a adress� un avis de surendettement, pour ces trois r�gies, au Tribunal du district de Lausanne. La faillite a �t� ajourn�e � trois reprises dans l'espoir d'un encaissement de 2'000'000 USD que T.________ attendait pr�tendument, mais qu'il n'a jamais re�u. Le 16 septembre 1998, la faillite des trois r�gies a �t� prononc�e. La liquidation a �t� suspendue faute d'actifs. Les soci�t�s immobili�res ont produit dans la faillite de la r�gie H.W.________ SA une cr�ance d'un montant de 1'029'890 fr.15.
Par jugement du 6 d�cembre 2006, le Tribunal correctionnel du canton de Vaud a condamn� T.________, pour abus de confiance, banqueroute frauduleuse, gestion d�loyale qualifi�e et faux dans les titres, � la peine de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis pendant quatre ans; il a en outre retenu que T.________ �tait d�biteur envers A.________ SA de la somme de 978'932 fr.05 avec int�r�ts, en raison des loyers d�tourn�s.
Par acte d�pos� au greffe du Tribunal de premi�re instance de Gen�ve le 19 juillet 2001, les soci�t�s immobili�res ont form� une demande en paiement � l'encontre de X.________, fond�e sur sa responsabilit� en tant qu'administrateur de ces soci�t�s, et lui ont r�clam� finalement la somme de 877'849 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er novembre 2007, avec mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e au commandement de payer.
Par jugement du 5 novembre 2009, le Tribunal de premi�re instance a allou� aux soci�t�s immobili�res l'entier de leurs conclusions.
Saisie d'un appel de X.________, qui conteste la pr�tention en totalit�, la Chambre civile de la Cour de justice, par arr�t du 25 juin 2010, a confirm� le jugement attaqu� avec suite de d�pens. En substance, la cour cantonale a retenu que X.________, en sa qualit� d'administrateur des soci�t�s immobili�res, aurait d� exiger, compte tenu des indices alarmants dont il avait connaissance, au plus tard en d�cembre 1995, que les loyers dus aux soci�t�s immobili�res soient vers�s directement sur des comptes ouverts en leur nom aupr�s d'une banque, ce qui aurait �vit� le dommage tel qu'il a �t� �tabli par l'organe de contr�le. Durant la proc�dure de premi�re instance, X.________ avait appel� en cause D.________, qui avait �t� �galement administrateur des soci�t�s immobili�res, mais aucune des parties n'a pris de conclusions contre celui-ci devant la Cour de justice.
Ayant re�u cet arr�t le 1er juillet 2010, X.________ a d�pos� dans un bureau de poste suisse, le 1er septembre 2010, un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Invoquant l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits, ainsi qu'une violation de l'art. 754 al. 1 CO, il conclut � l'annulation de la d�cision attaqu�e et au d�boutement de sa partie adverse avec suite de frais et d�pens; subsidiairement, il demande le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale; il d�clare d'autre part renoncer � toute conclusion � l'encontre de D.________. Dans sa motivation, il soutient � titre subsidiaire que les dommages-int�r�ts mis � sa charge devraient �tre r�duits pour des raisons d'�quit�.
Les soci�t�s immobili�res ont conclu au rejet du recours avec suite de d�pens.
D.________ a conclu, sous suite de frais et d�pens, � la confirmation de l'arr�t attaqu� en tant qu'il ne prononce aucune condamnation � son encontre.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un jugement final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. b, 48 al. 1 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389). Par exception � la r�gle selon laquelle il examine le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
En l'esp�ce, le recourant pr�sente un "bref r�sum� des faits" sans se pr�valoir de l'une des circonstances pr�vues � l'art. 97 al. 1 LTF; il n'est donc pas possible d'en tenir compte.
2.1 Le recourant invoque tout d'abord l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits.
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral n'annulera la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.; 134 I 263 consid. 3.1 p. 265 s.). S'agissant plus pr�cis�ment de l'appr�ciation des preuves, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
2.2 Sous le grief d'arbitraire, le recourant fait tout d'abord valoir que les comptes de la r�gie - dont il ignorait qu'ils �taient faux - ne faisaient pas appara�tre un surendettement avant l'exercice 1996. On ne voit pas pour autant que l'�tat de fait cantonal soit arbitraire, puisque les circonstances �voqu�es par le recourant sont mentionn�es de la m�me mani�re � la page 3 de l'arr�t attaqu�. La cour cantonale n'a donc pas m�connu cet �tat de fait, mais elle ne lui a pas accord� - en raison d'autres circonstances - l'importance que le recourant voudrait lui donner au moment de statuer sur l'existence d'une violation du devoir de diligence. Il ne s'agit pas d'un probl�me d'arbitraire dans l'�tablissement des faits.
De la m�me fa�on, le recourant fait valoir que la r�gie a pu remplir ses obligations � l'�gard des soci�t�s immobili�res jusqu'en �t� 1996. Ce fait est express�ment relat� dans l'arr�t attaqu�, � la page 6, auquel le recourant se r�f�re d'ailleurs. Sur ce point �galement, on ne voit pas d'arbitraire dans l'�tablissement des faits.
Se r�f�rant � la d�claration de l'autre administrateur (U.________), le recourant insiste sur le fait que T.________ n'aurait d�tourn� qu'� deux reprises des fonds sur les loyers encaiss�s pour les soci�t�s immobili�res et qu'il aurait ensuite r�tabli la situation. L'autre administrateur des r�gies pouvant lui-m�me craindre que sa responsabilit� ne soit engag�e, il n'est pas arbitraire de recevoir sa d�claration avec prudence et de ne pas lui accorder l'importance d�cisive que voudrait lui donner le recourant. Quoi qu'il en soit, que T.________ d�tourne des loyers re�us pour ses propres affaires ou celles de sa famille dans deux cas bien �tablis et malgr� les instructions re�ues du conseil d'administration constitue d�j� un fait s�rieusement alarmant, qui doit �tre mis en relation avec les autres �l�ments retenus (crise de liquidit�s � r�p�tition, d�mission du comptable et de l'autre administrateur) pour dire si le recourant, en tant qu'administrateur des soci�t�s immobili�res, aurait d� prendre des mesures pour prot�ger les int�r�ts de ces soci�t�s. L'argumentation pr�sent�e par le recourant est impropre � d�montrer que l'�tat de fait contenu dans l'arr�t cantonal serait arbitraire.
3.1 Le recourant conteste que les conditions de sa responsabilit� en tant qu'administrateur soient r�unies; subsidiairement, il estime que les dommages-int�r�ts devraient �tre r�duits pour des raisons d'�quit�.
3.2 Il ressort des constatations cantonales - qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) - que le recourant �tait membre du conseil d'administration des soci�t�s immobili�res intim�es pendant la p�riode en cause.
Selon l'art. 754 al. 1 CO, les membres du conseil d'administration et toutes les personnes qui s'occupent de la gestion ou de la liquidation r�pondent � l'�gard de la soci�t�, de m�me qu'envers chaque actionnaire ou cr�ancier social, du dommage qu'ils leur causent en manquant intentionnellement ou par n�gligence � leurs devoirs.
La soci�t� et chaque actionnaire ont le droit d'intenter action pour le dommage caus� � la soci�t� (art. 756 al. 1 CO).
En l'esp�ce, on se trouve en pr�sence d'une action en responsabilit� intent�e, hors faillite, par la soci�t� contre son administrateur. En raison de l'identit� des faits et du fondement juridique, les soci�t�s immobili�res intim�es ont form� entre elles une soci�t� simple (art. 530 al. 1 CO) pour mener le proc�s contre leur administrateur commun.
La responsabilit� de l'administrateur, d�coulant de l'art. 754 al. 1 CO, est subordonn�e � la r�union des quatre conditions g�n�rales suivantes: la violation d'un devoir, une faute (intentionnelle ou par n�gligence), un dommage et l'existence d'un rapport de causalit� (naturelle et ad�quate) entre la violation du devoir et la survenance du dommage; il appartient au demandeur � l'action en responsabilit� de prouver la r�alisation de ces conditions (art. 8 CC) qui sont cumulatives (ATF 132 III 564 consid. 4.2 p. 572 et les arr�ts cit�s). Comme le rapport juridique entre la soci�t� et chaque membre de son conseil d'administration s'apparente � un mandat (ATF 129 III 499 consid. 3.3 p. 502), on peut toutefois consid�rer que la faute se pr�sume en application de l'art. 97 al. 1 CO (dans ce sens: Bernard Corboz, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. II, 2008, n� 39 ad art. 754 CO et les r�f�rences cit�es).
3.3 En vertu de l'art. 754 al. 1 CO, l'administrateur est responsable de tout manquement fautif � ses devoirs.
Il est tenu d'accomplir sa mission avec diligence (art. 717 al. 1 CO). Il lui appartient notamment de contr�ler de mani�re r�guli�re la situation �conomique et financi�re de la soci�t� (ATF 132 III 564 consid. 5.1 p. 572). La diligence due d�pend des circonstances; il faut se demander quel aurait �t� le comportement d'un administrateur raisonnable plac� dans les m�mes circonstances (Henry Peter/Francesca Cavadini, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. II, 2008, n� 8 ad art. 717 CO). En se pla�ant au moment du comportement reproch� � l'administrateur, il faut se demander, en fonction des renseignements dont il disposait ou pouvait disposer, si son attitude semble raisonnablement d�fendable (Corboz, op. cit., n� 22 ad art. 754 CO).
Pour dire si le recourant a viol� fautivement son devoir de diligence en tant qu'administrateur des soci�t�s immobili�res intim�es, il faut donc tout d'abord d�terminer ce qu'il savait en d�cembre 1995, date � laquelle - selon la cour cantonale - il aurait d� exiger le versement des loyers directement sur des comptes bancaires s�par�s au nom des soci�t�s.
Le recourant tente d'isoler les �l�ments qui pourraient plaider en sa faveur (les comptes de la r�gie ne r�v�laient pas de surendettement, la r�gie avait rempli ses obligations � l'�gard des soci�t�s immobili�res, qu'il n'y avait eu que deux cas de d�tournement par T.________ et que celui-ci parvenait toujours � r�tablir la situation), en occultant totalement les autres faits retenus par la cour cantonale, sans que l'arbitraire ne soit invoqu� � leur sujet.
En 1993 d�j�, l'�ventualit� d'un surendettement des trois r�gies formant un groupe avait �t� �voqu�e. Il avait �t� relev� en particulier que les comptes des propri�taires (c'est-�-dire leur cr�ance r�sultant des loyers encaiss�s pour elles par les r�gies) n'�taient pas constamment couverts. Lors d'une r�union � la fin de l'ann�e 1994, il a �t� constat� que les comptes des propri�taires n'�taient plus couverts en raison de pr�l�vements non autoris�s effectu�s par T.________. L'autre administrateur (U.________) a d�missionn�, parce que T.________ continuait � puiser dans les comptes des soci�t�s alors que le conseil d'administration avait mis son veto � de telles pratiques. Le recourant a eu connaissance de l'ensemble de ces faits, puisqu'il a assist� aux r�unions et qu'il a pu consulter les pi�ces. La d�mission de l'autre administrateur devait fortement l'interpeller et il ne pouvait s'imaginer s�rieusement qu'il n'y avait eu que deux cas isol�s, rapidement r�par�s. Comme il a �t� �tabli - sans que l'arbitraire ne soit invoqu� � ce sujet - que T.________ utilisait les fonds disponibles notamment pour ses affaires personnelles et celles de sa famille, il est �vident que ce comportement �tait pr�judiciable non seulement aux soci�t�s immobili�res intim�es, mais aussi aux r�gies composant le groupe; le recourant ne saurait donc se retrancher derri�re un conflit d'int�r�ts en invoquant qu'il �tait administrateur aussi bien des soci�t�s immobili�res que des r�gies (un conflit d'int�r�ts l'aurait d'ailleurs oblig� � d�missionner: arr�t 4A_317/2009 du 1er octobre 2009 consid. 2.5). A la fin de l'ann�e 1995 - et il s'agit sans doute de l'�v�nement que la cour cantonale a consid�r� comme d�terminant -, le directeur a d�missionn� en �voquant express�ment le risque de poursuites p�nales. Apr�s la d�mission de l'administrateur, cette nouvelle d�mission �tait extr�mement alarmante. La r�f�rence � des poursuites p�nales donne imm�diatement � penser que le directeur avait d�couvert soit que la comptabilit� �tait fausse, soit que T.________ se livrait � des d�tournements de fonds. Le recourant ne pouvait donc plus se fier � l'apparence des comptes, ni � l'id�e qu'il n'y avait eu que deux pr�l�vements isol�s. Un administrateur raisonnable, plac� en pr�sence de deux d�missions successives pour les motifs qui ont �t� invoqu�s, aurait per�u le danger d'insolvabilit� des r�gies et exig� sans attendre, dans l'int�r�t des soci�t�s immobili�res dont il �tait administrateur, que les loyers soient pay�s directement sur un compte bancaire ouvert au nom de celles-ci. Selon les constatations cantonales - au sujet desquelles le recourant n'invoque pas l'arbitraire -, il avait lui-m�me envisag� cette possibilit� d�s l'�t� 1994. Il savait donc exactement ce qu'il fallait faire, mais il ne l'a fait que beaucoup plus tard, puisque les loyers n'ont �t� vers�s sur des comptes au nom des soci�t�s immobili�res qu'� partir du mois de septembre ou d�but octobre 1997. En r�alit�, le recourant a tard� � r�agir, violant ainsi son devoir de diligence, parce qu'il esp�rait na�vement que T.________ parviendrait toujours � r�tablir la situation - ce qui n'est pas conforme aux r�gles de la prudence - et que par ailleurs, comme l'a d�clar� le directeur, il tenait � ne pas perdre son mandat.
Ainsi, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en retenant que le recourant avait viol� son devoir de diligence en n'exigeant pas un versement direct sur des comptes bancaires s�par�s � partir de d�cembre 1995.
Comme le recourant avait connaissance aussi bien des signaux alarmants que des mesures � prendre et qu'on ne voit pas ce qui l'aurait emp�ch� de r�agir en temps utile, il faut retenir que cette violation est fautive.
La cour cantonale n'a pas m�connu l'exigence et la signification des notions juridiques de causalit� naturelle et de causalit� ad�quate (sur la notion de causalit� naturelle: cf. ATF 133 III 462 consid. 4.4.2 p. 470; sur celle de causalit� ad�quate: cf. ATF 123 III 110 consid. 3a p. 112; sur la causalit� en cas d'omission: cf. ATF 132 III 715 consid. 2.3 p. 718 s.). Si le recourant avait fait ouvrir des comptes s�par�s en d�cembre 1995 - comme il le devait - � un moment o� la situation avait �t� r�tablie, les loyers dus aux intim�es ne se seraient pas accumul�s dans les comptes des r�gies o� ils ont pu �tre d�tourn�s de leur destination, ce qui n'avait rien d'impr�visible au vu des utilisations abusives d�j� constat�es. D�terminer l'existence et la quotit� du dommage est une question de fait (ATF 132 III 564 consid. 6.2 p. 576). Le Tribunal f�d�ral est donc li� par le montant retenu par la cour cantonale (art. 105 al. 1 LTF), �tant observ� que l'arbitraire n'est pas invoqu� � ce sujet. Le recourant ne pr�tend pas non plus que la notion juridique du dommage aurait �t� m�connue (sur la notion juridique du dommage: cf. ATF 133 III 462 consid. 4.4.2 p. 471), de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner cette question qui n'est plus discut�e devant le Tribunal f�d�ral.
Que la r�gie ait pu remplir ses obligations contractuelles � l'�gard des soci�t�s intim�es jusqu'en �t� 1996 - circonstance plusieurs fois �voqu�e par le recourant - ne lui est d'aucun secours. En effet, il n'est pas n�cessaire qu'un dommage survienne effectivement pour qu'il soit n�cessaire, en pr�sence d'une situation dangereuse, de prendre les mesures de pr�caution n�cessaires.
3.4 A la fin de son �criture, le recourant, se r�f�rant � l'art. 4 CC, soutient que le montant des dommages-int�r�ts mis � sa charge devrait de toute mani�re �tre r�duit pour des raisons d'�quit�. Cette argumentation est extr�mement peu d�velopp�e et le recourant se r�f�re � ses �critures cantonales, ce qui n'est pas admissible dans la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral (Florence Aubry, in Commentaire de la LTF, n� 33 ad art. 42 CO et les arr�ts cit�s).
Dans la proc�dure cantonale, le recourant, invoquant l'art. 43 al. 1 CO, a soutenu que sa faute �tait l�g�re et justifiait une r�duction de l'indemnit� (ATF 99 II 176 consid. 2a p. 181; 92 II 234 consid. 3b p. 240 s.; 91 II 291 consid. 4 p. 297). Au vu des faits analys�s ci-dessus, il y a lieu d'admettre que le recourant a agi par n�gligence grave. On ne saurait qualifier la faute commise de l�g�re du fait que le recourant avait connaissance d'un paiement potentiel, en mains de T.________, d'une commission de 2'000'000 USD destin�e � assainir les r�gies formant le groupe W.________. Cette commission �tait pr�tendument due � la fin de l'ann�e 1997, alors que la faute a �t� commise d�s la fin 1995; au demeurant, la r�alit� de cette commission ne ressort pas de l'�tat de fait - sans que l'arbitraire ne soit invoqu� � ce sujet. Il s'ensuit que la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en �cartant l'argument pr�sent�, sans qu'il ne soit n�cessaire d'examiner le grief au regard des "circonstances" pr�vues � l'art. 43 al. 1 CO, qui comprennent notamment les conditions �conomiques et sociales des parties (Franz Werro, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2003, n� 15 ad art. 43 CO).
Le recourant a soutenu �galement, dans la proc�dure cantonale, que la r�paration l'exposerait � la g�ne et qu'une r�duction des dommages-int�r�ts �tait justifi�e sur la base de l'art. 44 al. 2 CO. Selon cette disposition, le juge peut �quitablement r�duire les dommages-int�r�ts, lorsque le pr�judice n'a �t� caus� ni intentionnellement ni par l'effet d'une grave n�gligence ou imprudence, et que sa r�paration exposerait le d�biteur � la g�ne. D�s lors que le recourant a agi par n�gligence grave, c'est � juste titre que les magistrats cantonaux ont refus� de r�duire l'indemnit� due par le recourant aux intim�es. Cela �tant, la question de la g�ne du d�biteur, qui suppose une appr�ciation des situations �conomiques des parties (Roland Brehm, Berner Kommentar, 3e �d. 2006, n� 78 ad art. 44 CO; Franz Werro, op. cit., n� 31 ad art. 43 CO), peut demeurer ind�cise. En conclusion, on ne peut pas dire que la cour cantonale ait viol� le droit f�d�ral en refusant d'accorder une r�duction de l'indemnit� sur la base de l'art. 44 al. 2 CO.
Les frais judiciaires et les d�pens doivent �tre mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Comme on ne sait m�me pas pourquoi le recourant a mis en cause devant le Tribunal f�d�ral l'intim� D.________ (contre lequel aucune conclusion n'est prise), il se justifie que le recourant lui verse �galement des d�pens, qui seront toutefois r�duits pour tenir compte du fait que son intervention n'a �t� que limit�e.
Les frais judiciaires fix�s � 11'000 fr. sont mis � la charge du recourant.
Le recourant versera aux soci�t�s immobili�res intim�es, cr�anci�res solidaires, une indemnit� de 13'000 fr. � titre de d�pens.
Il versera �galement � l'intim� D.________ une indemnit� de 3'000 fr. � titre de d�pens.