Source: https://studylibfr.com/doc/10054555/pec-mtev--texte-innvate-22-11-2016
Timestamp: 2020-05-26 04:28:17+00:00
Document Index: 240702862

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

PEC MTEV -Texte-INNVATE-22-11-2016
Telechargé par VPanh
Propositions pour une optimisation
de la prise en charge de la MTEV,
dans sa dimension hospitalière
Travail de réflexion sous l’égide
LE RAPPORT-QUI-PIQUE
Pr P. Mismetti - (St Etienne) Pharmacologie clinique
Pr V. Aboyans (Limoges) Cardiologie
Dr S. Aquilanti (Arras) Médecine vasculaire
Pr L. Bertoletti (St Etienne) Thérapeutique
Pr X. Bohand (Paris) Pharmacie Clinique
Pr F. Couturaud (Brest) Pneumologie
Pr JM. Davy (Montpellier) Cardiologie
Pr P. Lacroix (Limoges) Médecine Vasculaire
Pr K. Lacut (Brest) Thérapeutique
Pr Nicolas Méneveau (Besançon) Cardiologie
Pr G. Pernod (Grenoble) Médecine Vasculaire
Pr PM. Roy (Angers) Thérapeutique et Médecine d’Urgence
Pr O. Sanchez (Paris) Pneumologie
Pr J. Schmidt (Clermont-Ferrand) Médecine d’Urgence
Pr MA. Sevestre (Amiens) Médecine Vasculaire
Pr François CHABOT - Société Française de Pneumologie
Dr Antoine ELIAS - Groupe de travail Maladie Thrombo-Embolique
Veineuse - Société Française de Médecine Vasculaire
Pr Bruno HOUSSET - Fédération Française de Pneumologie
PRISE EN CHARGE DE L'EP À LA PHASE INITIALE HOSPITALIÈRE.................................... 8
PRISE EN CHARGE DE LA TVP À LA PHASE INITIALE HOSPITALIÈRE................................ 15
PRISE EN CHARGE DE LA MTEV : CONSULTATION À 1 MOIS.......................................... 19
PRISE EN CHARGE DE LA MTEV : ÉVALUATION À DISTANCE........................................... 22
BILAN ÉTIOLOGIQUE DE LA MTEV : POUR QUI ? COMMENT ? QUAND ?......................... 25
L'INFORMATION THÉRAPEUTIQUE DU PATIENT................................................................ 29
Durant les 10 dernières années, de nouvelles données épidémiologiques, diagnostiques et
thérapeutiques nous amènent à repenser le parcours de soins des patients présentant une
Dans notre pays, la prise en charge de cette pathologie est polymorphe, impliquant de multiples intervenants, venant de spécialités différentes, qu’ils exercent en milieu hospitalier privé
ou publique ou en milieu libéral.
Nous proposons ici d’aborder la prise en charge de la MTEV à partir de structures hospitalières. Ce travail a été réalisé à l’initiative du GIRC thrombose devenu INNOVTE. Cette initiative est justifiée et légitimée par le fait qu'INNOVTE :
• a été fortement impliqué dans la réalisation de nombreuses études cliniques évoquées
• illustre parfaitement la pluralité des disciplines concernées,
• concerne quasi exclusivement des médecins hospitaliers.
Cependant, ce document a vocation à être diffusé largement, raison pour laquelle, un texte
initial établi par le groupe de travail, présenté en page 3 de ce document, a été soumis à discussion au cours d’une réunion nationale regroupant 172 professionnels de santé impliqués
dans la prise en charge de la MTEV en France. Les noms et une présentation succincte de ces
professionnels sont fournis en annexe de ce document.
Le document actuel est issu des réflexions, commentaires et critiques issus de cette journée
et d’une synthèse établie par le groupe de travail. Il a été proposé au conseil scientifique des
différentes sociétés savantes pour endossement.
Notre objectif n'était pas de ré-écrire de nouvelles recommandations, mais de travailler à
l'établissement du plus petit dénominateur commun en termes d'organisation pour permettre
la mise en œuvre et l'application des recommandations établies par ailleurs. Dans ce sens,
l'ensemble du document s'appuie sur les références citées dans ces recommandations (ACCP
2012, ESC 2014, AFSSAPS 2009, actualisation des recommandations ACCP 2016).
Compte-tenu de la multiplicité des intervenants, une part importante a été faite dans ce document sur le partage d’information entre les différents professionnels de santé pour aller dans
le sens d’un dossier-patient type et de courriers type. D’autres documents utiles tels que des
check-lists sont également proposés.
Ce plus petit dénominateur commun a bien sûr comme vocation d’être renforcé par des procédures prenant en compte les spécificités de chacune des structures concernées.
Cette démarche à orientation hospitalière pourrait servir de base à une démarche similaire
initiée par nos collègues libéraux dans la mesure où bon nombre de patients sont aujourd’hui
suivis en ambulatoire.
Une démarche concertée pour aboutir à un document conjoint est bien sûr souhaitable.
Prise en charge de la maladie thrombo-embolique veineuse
Confirmation Traitement
diagnostique intensif
CS ≤ 72 h
CS J5-J7
et thérapeutique initiale
Confirmation spécialisée
PHASE DE PRÉVENTION SECONDAIRE
Arrêt ou poursuite du traitement :
type / posologie
CS 1er mois
CS 3-6 mois
Debriefing patient
Diagnostic étiologique RBR
Évaluation séquelles
Durée optimale ttt
Nature ttt et posologie
L'EP À LA PHASE INITIALE
Dans ce document, nous avons retenu un schéma
général de prise en charge, adaptable à chacune
des organisations déjà existantes ou à développer.
et thérapeutiques initiées doivent être rapidement
validées (au plus tard à H72) et confirmées par une
structure spécialisée dont le rôle sera également
de programmer le suivi ultérieur du patient.
On peut définir ainsi différentes structures et différents intervenants dans la prise en charge d'un
malade souffrant d'une EP :
1. la structure d’accueil en urgence des patients,
par admission directe ou sur avis médical,
2. la structure d’hospitalisation ou ambulatoire
spécialisée dans la prise en charge des EP et
plus généralement de la MTEV,
3. le médecin référent de médecine générale et,
le cas échéant, les médecins référents spécialistes d’organe,
4. le médecin référent de la structure d’accueil
d’aval (SSR, EHPAD), le cas échéant,
5. le pharmacien d’officine habituel et le laboratoire d'analyses biologiques du patient,
6. le personnel paramédical libéral assurant la
1. CONFIRMATION DIAGNOSTIQUE DE L'EP
La qualité de la démarche diagnostique est un élément fondamental conditionnant l’ensemble de la
prise en charge. Une erreur par défaut, comme
une erreur par excès, peut engager le pronostic
fonctionnel ou vital du patient.
La stratégie diagnostique à suivre est aujourd’hui
un élément fondamental conditionnant l’ensemble
de la prise en charge. Elle est aujourd’hui relativement bien établie et repose en premier sur deux
éléments fondamentaux : l’analyse du contexte
clinique et du niveau d’urgence et l’estimation de
la probabilité clinique de l'EP. De ces deux éléments, dépendront les examens paracliniques
d’exclusion ou de confirmation diagnostique qui
devront être réalisés.
Dans tous les cas, l'objectif est d’arriver à des critères d’exclusion ou de confirmation diagnostique
fiables (cf. Tableau 1).
Cette démarche s'appuie donc sur la réalisation
d'un angioscanner (si celui-ci est immédiatement
disponible et que l'état clinique du patient permet
son transfert en salle de radiologie) sinon sur la
réalisation d'une échocardiographie au lit/box du
patient. L'échocardiographie, en éliminant les
principales autres causes à l'origine d'un état de
choc (tamponnade, insuffisance cardiaque, hypovolémie) et en mettant en évidence un cœur pulmonaire aigu, apportera suffisamment d'éléments
pour retenir l'hypothèse d'une EP grave et initier
un traitement, même si les emboles ne sont pas
À noter que la structure d’accueil et la structure
spécialisée peuvent être une seule et même entité, soit par admission directe des EP dans la
structure spécialisée, soit parce que la structure
d’accueil des urgences est elle-même spécialisée
dans la prise en charge de la MTEV.
La phase initiale de la prise en charge de l’EP correspond :
 à la confirmation diagnostique de l’EP,
 à la mise en place d’une stratégie thérapeutique initiale optimale (lieu de prise en charge
et nature du traitement), à l’information et/ou
éducation thérapeutique des patients et à la
transmission d’informations entre les différents intervenants.
émarche diagnostique en présence de
signe de gravité immédiate
Cette démarche diagnostique et thérapeutique
peut être initiée soit par une structure d’accueil des
urgences non spécialisée, soit directement par
une structure spécialisée.
Dans le premier cas, les stratégies diagnostiques
La présence d’un état de choc ou d’une instabilité hémodynamique avec hypotension caractérise
Tableau 1 - Critères diagnostiques permettant d’exclure ou de
confirmer l’hypothèse d’une embolie pulmonaire de façon fiable
en fonction de la probabilité clinique initiale
Figure 1 : Algorithme diag. EP avec choc ou hypoTA
angioscanner disponible
Exclusion diagnostique (pas d’EP)
D-dimères (valeur seuil < 500 ug/L)
- technique ELFA (VIDAS ®)
- turbidimétrie (LIATEST®,
TURBIQUANT®)
D-dimères (valeur seuil < âgex10 après
- scanner multibarette avec analyse
sous-segmentaire
- scanner sans analyse sous-segmentaire et échographie veineuse
- Scintigraphie de perfusion normale
- Scintigraphie non diagnostique et
échographie veineuse proximale
VD ok
- Haute probabilité (critères PIOPED)
Echographie +/- doppler veineuse
- Thrombus proximal (poplité ou supra)
- Thrombus distal
dysfonction VD
pts stabilisés
pts instables
de choc - hypoTA
*ETO (thrombus) ou EDC (TVP)
instabilité hémodyn ?
d’après Torbicki et al. ESC guidelines. Eur Heart J 2014;35:3033-73.
ce score) et sa facilité d'utilisation, il est proposé
d'utiliser en premier le score révisé de Genève (cf.
Tableau 2). Une évaluation complémentaire en
sus du score par un médecin expérimenté semble
1.2.2. Examens paracliniques :
 Les D-Dimères : avec une technique quantitative à très haute sensibilité, comme
celle dérivée de l’ELISA (VIDAS®), un dosage négatif permet d’éliminer le diagnostic d’EP si la probabilité clinique n’est pas
forte. Avec ces mêmes techniques, le seuil
de négativité retenu, dès à présent, est
ajusté à l’âge, permettant d’exclure une
EP sans imagerie thoracique chez 30 %
des personnes âgées suspectes d’EP :
500 μg/l avant 50 ans,
- < 10 x âge au-delà de 50 ans
Avec une technique moins sensible, un résultat négatif n'écarte le diagnostic d'EP que
si la PC est faible et ne permet pas d’utiliser
une borne adaptée à l’âge.
Confirmation diagnostique (présence d’une EP)
- Embol(s) segmentaire(s) ou supra
- Embols sous-segmentaires multiples
Critères non validés non acceptés
La mise en evidence d’une image de thrombus distal n’est pas un critère
valide pour le diagnostic d’embolie pulmonaire. Cependant, si le patient a une
thrombose veineuse symptomatique et si les explorations thoraciques sont non
diagnostiques ou contre-indiquées, le diagnostic de thrombose veineuse justifie
la mise en place d’un traitement anticoagulant
 L’angioscanner thoracique multibarette :
examen permettant le diagnostic positif ou
(-) = non validé
Tableau 2 - Score révisé simplifié de Genève
une situation mettant en jeu le pronostic vital du
patient. La démarche diagnostique vise alors à objectiver, en urgence immédiate, une EP grave ou à
mettre en évidence une autre étiologie à l’origine
de l’état de choc (cf. Figure 1).
ATCD de TVP et/ou EP
Immobilisation ou chirurgie < 4 semaines
Cancer actif (ou en rémission < 1 an)
émarche diagnostique en l’absence de
1.2.1. Probabilité clinique (PC)
Les performances des différents scores (score de
Wells, de Genève…) et de l’évaluation implicite
En raison de sa bonne reproductibilité (notion
subjective de diagnostic alternatif non inclus dans
Rythme cardiaque 75-94 bpm
Rythme cardiaque ≥ 95 bpm
Douleur à la palpation et œdème unilatéral de jambe
< 2 : PC faible, 2-4 : PC modérée, ≥ 5: PC forte
1.2.3. Stratégie diagnostique
négatif et portant le diagnostic de gravité (retentissement ventriculaire droit) ou proposant
un diagnostic différentiel, le cas échéant. Il
est contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale
sévère (ClCr < 30 ml/min) ou en cas d’allergie
avérée aux produits de contraste iodés. Un résultat positif en proximal ou montrant plusieurs
défects sous-segmentaires affirme le diagnostic d’EP. Un résultat négatif élimine le diagnostic, excepté en cas de probabilité clinique forte.
La qualité du scanner doit alors être vérifiée (cf.
Figure 2). Si la qualité du scanner est insuffisante, au niveau segmentaire ou supra, un
second scanner ou une scintigraphie pulmonaire devra être réalisé. Si le scanner ne permet
pas une bonne analyse du réseau pulmonaire
sous-segmentaire, une échographie veineuse
est souhaitable, l'absence de thrombose permettant d'exclure l'hypothèse d'une MTEV de
façon suffisamment fiable pour ne pas anti­
coaguler le patient.
L’arbre décisionnel, décrit Figure 2, correspond à
une stratégie diagnostique validée en cas d’embolie pulmonaire hémodynamiquement stable.
La qualité de l'angioscanner est un élément majeur ; elle est appréciée sur la prise de contraste
dans les cavités cardiaques qui est plus marquée dans les cavités cardiaques droites, et sur
la bonne visualisation de l’arbre artériel pulmonaire. Tout doute sur la qualité de l’exploration
doit conduire à rediscuter les conclusions initiales
de son interprétation avec un radiologue référent.
Si l’examen reste techniquement non-conclusif
après relecture ou s’il est négatif chez un patient
en probabilité clinique forte, il faut poursuivre les
investigations thoraciques, soit par une scintrigraphie de ventilation/perfusion (ou refaire un angioscanner dans les 24-48 heures), ou rechercher
une TVP proximale associée par une échographie
 La scintigraphie pulmonaire ventilation/
perfusion : examen utile en l’absence d’antécédent de pathologie pulmonaire, en cas de radiographie thoracique normale et/ou chez des
patients jeunes ainsi qu’en cas de contre-indication au scanner. Une scintigraphie normale
élimine le diagnostic d’embolie pulmonaire et
une haute probabilité scintigraphique l'affirme
(en dehors des faibles probabilités cliniques).
La scintigraphie peut remplacer l’angioscanner,
notamment en cas de contre-indication à l’injection de produit de contraste iodé, chez le sujet
jeune et/ou en cas de radiographie thoracique
normale. Une scintigraphie non diagnostique (probabilité scintigraphique faible ou intermédiaire selon PIOPED) doit conduire à compléter les investigations.
Cet arbre diagnostique est applicable chez les
femmes enceintes. Cependant, l’utilité des
D-dimères est diminuée à partir du second trimestre, leur valeur étant souvent supérieure à
500 µg/l, donc non diagnostique. Leur dosage
reste toutefois indiqué dans une optique de limitation des examens irradiants de même que
la réalisation d’une échographie veineuse avant
l’imagerie thoracique ; un examen échographique
positif est suffisant pour débuter le traitement. La
scintigraphie peut être préférée au scanner bien
que l’irradiation fœtale soit comparable et reste
très en-dessous des seuils de toxicité. Pour la
femme enceinte, la scintigraphie limite l'irradiation des seins et réduit le risque théorique de cancer induit en cas d’examens répétés.
 L’échographie ± doppler veineux : examen
non invasif sans contre-indication, utile lorsqu’on souhaite limiter le recours aux examens
irradiants, comme chez la femme enceinte, ou
en complément de la scintigraphie. Son intérêt
est majoré en cas de signes de thrombose veineuse et chez les personnes âgées. Un examen
positif en proximal (poplité ou supra) confirme
le diagnostic d’EP. Un examen négatif n’élimine
pas le diagnostic d’EP sauf chez les patients
ayant une probabilité clinique faible et une scintigraphie non diagnostique.
Dans toutes les situations particulières conduisant à ne pas appliquer cet algorithme, l’essentiel
est d’aboutir à des critères fiables affirmant ou
écartant le diagnostic d'EP. Une fois le diagnostic
d'EP retenu, un examen échodoppler veineux des
membres inférieurs peut être utile pour compléter le bilan de la MTEV.
2. DIAGNOSTIC DE GRAVITE DE L'EP
Cette étape est cruciale dans la démarche diagnostique car elle va déterminer le traitement initial et permettre de savoir où orienter le patient.
Les principaux éléments qui peuvent être pris en
compte dans l’analyse de gravité sont les antécédents du patient, les données cliniques, les paramètres biologiques de souffrance myocardique, la
fibrinolytiques permettent de réduire le risque
d’aggravation hémodynamique secondaire et
de décès, mais au détriment d’un sur-risque
intra-crânien.
Compte-tenu de ce rapport bénéfice risque
défavorable, les fibrinolytique ne sont pas recommandés en 1ère intention dans cette indication.
 En cas d’EP de gravité intermédiaire élevée,
les expériences avec les AOD prescrits d’emblée restent limitées, mais les données disponibles dans cette situation sont compatibles
avec leur prescription, le plus souvent après
24-48 heures de traitement parentéral.
Figure 3 : Diagnostic de gravité
PESI ou sPESI = 0
Taille VD
(Troponine ou BNP)
sPESI ≥ 1 ou PESI > 85
Tableau 3 : Gravité clinique des EP : score de PESI simplifié
présence d’une dilatation des cavités cardiaques,
la présence d’une thrombose veineuse associée.
Plusieurs scores ou stratégies sont proposées
En considérant le risque de décès à un mois et en
visant une démarche la plus simple et la plus sûre
possible tout en limitant les investigations, nous
proposons une analyse en 3 étapes (cf. Figure 3) :
 étape 1 : présence d’un état de choc ou d’une
instabilité hémodynamique (TAS < 90 mm Hg
sur 15‘) => EP grave
 étape 2 : en cas d’embolie pulmonaire stable, mesure du score de
embolism severity index), sPESI=0 => EP non
grave (cf. Tableau 3).
 étape 3 en cas de gravité intermédiaire (sPESI ≥ 1), évaluation du retentissement ventriculaire droit (RVD, right ventricular dysfunction) :
- anatomique avec l’estimation du rapport VD/
VG soit par l’angioscanner, soit par échocardiographie (pas de RVD en cas de rapport
- biologique par la mesure de biomarqueurs :
troponine (I ou T) ou BNP ou NT pro-BNP.
- si aucun ou un seul critère de RVD (anatomique ou biologique) => EP de gravité intermédiaire faible ;
si présence de 2 critères (anatomique et
biologique) => EP de gravité intermédiaire
Insuf. cardiaque/respiratoire
TAS < 100 mmHg
FC > 110 bpm
Mortalité à J30
PESIs = 0
1.0 % [0.0 ; 2.1]
PESIs ≥ 1
10.9 % [8.5 ; 13.2]
EP non grave
Le score simplifié de PESI (sPESI) s’interprète de la manière
- score de sPESI = 0 => EP non grave
- score de sPESI ≥ 1 => EP de gravité intermédiaire
D'après Jimenez et al. Arch Intern Med 2010;170:1383-9
En cas d’insuffisance rénale sévère (ClCr < 30 ml/mn),
les HBPM, le fondaparinux et les AOD sont contreindiqués.
Les stratégies thérapeutiques sont décrites dans les
Tableaux 4 et 5 (page 12).
3. TRAITEMENT INITIAL DE L’EP
Dans le cadre des traitements anticoagulants, le
seuil de 30 ml/min est estimé selon la méthode de
Cockcroft et Gault. Le but n'est pas ici d'obtenir une
estimation fiable et précise de la fonction rénale,
mais d'estimer un risque hémorragique associé à
certains de ces traitements anti­coagulants.
En cas de contre-indication à un traitement anti­
coagulant et en particulier d’hémorragie active ou
de risque hémorragique majeur (voir Score de Riete,
Tableau 6, page 12), ainsi qu’en cas d’EP survenant
sous traitement anticoagulant bien conduit, la pose
d’un filtre cave est indiquée en privilégiant un filtre
La stratification des EP selon leur gravité permet
de définir une stratégie thérapeutique adaptée et
En l’absence d’insuffisance rénale sévère (clairance de la ClCr ≥ 30 ml/mn), les stratégies thérapeutiques recommandées en 1ère intention sont
définis ci-dessous. Quelques éléments sont essentiels :
 Une stratégie de reperfusion par fibrinolytiques n’est recommandée en 1ère intention
qu’en cas d’EP grave (signes des choc ou instabilité hémodynamique artérielle),
 En cas d’EP de gravité intermédiaire forte, les
Afin de fournir sur un seul document des outils
d’aide à la prise en charge des patients, les différents produits utilisés pour le traitement initial des
EP ainsi que leurs posologies sont fournis dans le
Tableau 4 - Traitement initial de l'EP :
clairance créatinine ≥ 30 ml/min
EP NON
EP DE GRAVITÉ
NON en 1ère intention
précoce dès J1
après ≥ 5 jours de traitement
après ≥ 5 jours
≥ 5 jours de traitement parentéral et
stabilisation clinique
d'emblée ou après
4. ORIENTATION / LIEU DE PRISE EN CHARGE
Cette stratification selon la gravité potentielle de
l’EP permet aussi une rationalisation de l’orientation des patients (cf. Tableau 8).
En cas d’EP grave, une admission en structure de
réanimation, de soins intensifs et/ou continus est
En cas d’EP de gravité intermédiaire élevée, la
prise en charge des patients relève d’une unité
de soins continus afin de pouvoir proposer une
stratégie de reperfusion en cas de récidive et/ou
d’aggravation. Toutefois, ce type de patients peut
aussi être orienté vers un service hautement spécialisé dans la prise en charge de la MTEV.
Les EP de gravité intermédiaire faible sont prises
en charge en hospitalisation complète, si possible
dans une unité ayant l'expertise de la prise en
charge de la MTEV.
Tableau 5 - Traitement initial de l'EP :
clairance créatinine < 30 ml/min
En cas d’EP non grave, le pronostic favorable et
les traitements actuels permettent d’envisager
une prise en charge ambulatoire immédiate ou au
décours d'une très courte hospitalisation.
Cette stratégie n’est cependant envisageable
qu’avec un réseau établi de la prise en charge
permettant d'assurer une organisation parfaite du
suivi avec transmission des informations relatives
au malade quasiment en temps réel. Ainsi, si une
décision de traitement ambulatoire a été retenue,
une consultation auprès d’une équipe référente
spécialisée de l'hôpital « unité thrombose » doit
être envisagée à H72.
* différé après stabilisation clinique
Les critères conditionnant un traitement ambulatoire sont précisés dans la Figure 4.
Tableau 6 - Score Riete de risque d’hémorragie
fatale lors d’une MTEV
Immobilisation ≥ 4 jours
Hémorragie majeure récente (< 30jours)
ONSULTATION SPÉCIALISÉE
PRÉCOCE ET ORGANISATION DE LA PRISE
EN CHARGE ULTÉRIEURE
La notion de parcours de prise en charge optimale, a fortiori pour le traitement initial des EP,
exige une parfaite coordination et transmission de
l’information médicale entre les différents intervenants.
< 30 ml/mn
Plaquettes < 100 G/l
Anémie (H : Hb < 13 gdl, F : Hb < 12 g/dl)
Thombose veineuse distale
Si le diagnostic est porté aux urgences, c'est dans
un contexte où ni les intervenants, ni les patients
ne sont disponibles pour une explication sur la
maladie et sur sa prise en charge thérapeutique.
La transmission de l’information avec le médecin
traitant y est souvent limitée.
bas risque : 0, risque intermédiaire 1-4, risque élevé > 4
Tableau 7 : Traitement initial de l'EP
Tableau 8 - Orientation des patients en fonction de la
gravité de l'EP
Anticoagulants parentéraux
HNF iv au pousse seringue
18 UI/kg/h ajusté - au TCA 1.5 à
2.5 x valeur témoin (spécifique/
HNF sc :
500 UI/Kg/24h
en 2 à 3 fois par jour
HBPM* sc
daltéparine = Fragmine®
énoxaparine = Lovenox®
nadroparine = Fraxiparine®
nadroparine = Fraxodi ®
tinzaparine = Innohep®
Fondaparinux* sc Arixtra®
ajusté au TCA : 2 à
3 x valeur témoin
ou à l’activité antiXa (héparinémie) :
0,3 à 0,6 UI/ml
(mesure 4 heures
ou injection)
(plus numération
plaquettaire)
85 U/kg/12h
171 U/kg/24h
(sauf numération
7,5 mg/24h
5 mg si < 50 kg
10 mg si > 100 kg
- hospitalistion soins
service hautement
Le développement du traitement ambulatoire
ne se conçoit donc qu'avec une consultation
d’une équipe spécialisée réalisée soit pendant
la prise en charge à l’hôpital, soit au décours immédiat de celle-ci dans les 48-72 heures. Pour
ceux non traités en ambulatoire, cette consultation précoce peut aussi permettre de diminuer
leur durée d’hospitalisation.
Figure 4 : Proposition d'algorithme pour une hospitalisation
ou prise en charge ambulatoire d'une EP
Ajusté à l'INR : 2-3
warfarine = Coumadine®
acénocoumarol = Sintrom®
fluindione = Préviscan®
avec ou sans TVP
AOD** `
Score de sPESI > 0 ?
15 mg x2/j pdt 21 j puis 20
mg x1/j
cf AMM pour les aujustements
apixaban ((Eliquis®)
10 mg x2/j pdt 7 j puis 5 mg
x2/j
Hémorragie active ou
risque hémorragique majeur ?
150 mg x2/j
cf AMM pour les ajustements
(cl Cockcroft < 30 ml/min)?
Co-morbidité(s) justifiant
MTEV sous anticoagulant
ou suspicion de TIH ?
RCP en attente
Fribrinolytiques
rtPA (alteplase)
100 mg sur 2 heures
ou 0,6 mg/kg en bolus sur 15
min (sans dépasser 50 mg)
consultation rapprochée ?
250 000 UI en bolus sur 30 min
puis 100 000 UI/h sur 12 à 24 h
4 400 UI/kg en bolus sur 10 min
puis 4 400 UI/kg/h sur 12 à 24 h
Les objectifs de la consultation précoce sont de
confirmer le diagnostic étiologique et valider la
gravité de l’EP, de préciser la prise en charge
thérapeutique préconisée, de programmer le
suivi et la transmission des informations entre
les différents acteurs de soins.
* HBPM, fondaparinux : contrei-indiqués si clairance de la créatinine < 30 ml/min
**AOD : contre-indiqués/non recommandés sir clairance de la créatinine < 30 ml/min
onfirmation du diagnostic positif, du diagnostic étiologique et du diagnostic de
Les examens diagnostiques réalisés dans le
contexte de l’urgence peuvent être sub-optimaux
et leur interprétation parfois difficile. Une analyse
« à froid » améliore la qualité de l’interprétation et
permet de faire appel, si besoin, à l’avis d’un référent radiologue et/ou de compléter les investigations. De même, il s’avère plus aisé de rechercher
les facteurs de risques et circonstances favorisant
la MTEV lors d’une consultation spécialisée que
dans le contexte de l’urgence.
de revoir le patient en consultation une semaine
après sa sortie afin de voir l’évolution clinique et le
suivi thérapeutique. Les coordonnées de l’équipe
spécialisée thrombose lui sont transmises.
Un rendez-vous de suivi en consultation spécialisée est proposé à 3 semaines – un mois (cf. chapitre page 19).
5.3. Confirmation du choix thérapeutique
L’avènement des anticoagulants oraux directs
avec, pour certains, la possibilité d’une administration d’emblée augmente les possibilités thérapeutiques. Le choix le plus approprié doit tenir compte du contexte spécifique du patient et
de ses préférences ; il peut être aidé par l’avis
de son médecin traitant. Le traitement initié aux
urgences peut-être un traitement « d’attente »
qui sera réévalué lors de la consultation précoce.
Le médecin référent « thrombose » analysera le
risque thrombotique et hémorragique, vérifiera les
contre-indications éventuelles, expliquera et discutera les différentes options avec le patient, et
éventuellement son médecin traitant, et adaptera
si nécessaire le traitement mis en route initialement.
Les conseils et documents nécessaires à l’information du patient sont fournis et expliqués page
29 et en annexe.
5.4. Coordination entre les différents acteurs
Dans l’idéal, la transmission de l’information entre
la structure d’accueil et la structure spécialisée
« équipe thrombose » est instantanée avec la mise
à disposition d’un dossier partagé et/ou un dossier
« urgence » disponible par réseau informatique en
temps réel. Un exemple de dossier-type « EP »
est fourni en annexe.
La consultation spécialisée précoce doit être réalisée soit lors de la prise en charge initiale à l’hôpital, soit immédiatement au décours de celle-ci,
si le patient a été pris en charge en ambulatoire
ou après une hospitalisation de très courte durée. Dans l’idéal, le patient doit pouvoir quitter la
structure d’urgence avec un rendez vous dans les
72 heures. Le médecin traitant doit être informé,
par l'intermédiaire du compte-rendu de passage
aux urgences, du diagnostic porté, du traitement
initié et de la date du rendez-vous de consultation
précoce. Un double du courrier est remis au patient.
Lors de l’hospitalisation ou lors de la consultation
précoce, un compte-rendu détaillé est réalisé et
envoyé aux différents acteurs et en particulier au
médecin traitant. Il est proposé au médecin traitant
TVP À LA PHASE INITIALE
La prise en charge d’un patient atteint d’une thrombose veineuse profonde (TVP) dépend en partie de
la coexistence ou non d’une EP clinique associée.
La phase initiale de la prise en charge de la TVP correspond à la confirmation diagnostique, à la mise en
place d’une stratégie thérapeutique initiale optimale
(lieu de prise en charge et nature du traitement), à
l’information et/ou éducation thérapeutique des patients et au passage d’information entre les différents praticiens.
Ce chapitre est essentiellement dédié à la présence
d’une TVP isolée, car dans le cas contraire la TVP est
prise en charge concomitamment à l’EP, telle que décrite dans d’autres parties de ce document. Certains
aspects dans la prise en charge du membre affecté
et de son suivi peuvent s’appliquer dans les 2 cas
(TVP associée ou non à une EP symptomatique).
peut être initiée soit par une structure d’accueil
des urgences non spécialisée, soit directement par
une structure spécialisée. Dans le premier cas, les
stratégies diagnostiques et thérapeutiques initiées
doivent être rapidement validées et confirmées par
une structure spécialisée, dont le rôle sera également de programmer le suivi ultérieur du patient.
La TVP est considérée comme isolée lorsqu’elle ne
présente pas de signes cliniques d’orientation vers
une EP. Certaines études rapportent une forte prévalence d’ « EP silencieuse » chez des patients présentant une TVP, mais cette recherche est en pratique clinique inutile car elle n’affecte en rien, à ce
jour, la prise en charge de ces patients.
1. CONFIRMATION DIAGNOSTIQUE DE LA TVP
bien établie et repose sur une démarche probabiliste
dont la première étape consiste à estimer la probabilité clinique de TVP, puis sur la réalisation d’examens
paraclinique d’exclusion ou de confirmation du diagnostic. Le non respect de cette stratégie diagnostique est préjudiciable au patient.
Dans ce document, nous avons retenu un schéma général, dans sa dimension hospitalière, en définissant
ainsi différents intervenants dans la prise en charge :
1. une structure d’accueil en urgence des patients,
par admission directe ou sur avis médical ;
2. une structure spécialisée dans la prise en charge
des TVP et plus généralement de la MTEV ;
3. un médecin référent spécialisé en médecine générale et le cas échéant des médecins référents
spécialistes d’organe ;
d’aval (SSR, EHPAD), le cas échéant ;
5. le pharmacien d’officine habituel et le laboratoire
d'analyses biologiques du patient ;
6. le personnel paramédical libéral participant à la
1.1. Probabilité clinique
 L’estimation de la probabilité clinique repose sur
l’utilisation de scores validés (score de Saint André pour les sujets hospitalisés, score aquitain
pour les sujets en ambulatoire, ou bien le score
de Wells applicable dans les deux situations).
 Selon le score de Wells, le plus utilisé, la probabilité clinique est classée soit en 3 catégories
(probabilité haute, intermédiaire ou faible) ou
bien binaire (TVP peu probable ou TVP fortement probable (cf. Tableau 1).
spécialisée peuvent être une seule et même entité,
soit par admission directe des TVP dans la structure
spécialisée, soit parce que la structure d’accueil des
urgences est elle-même spécialisée dans la prise en
L’estimation empirique de la probabilité clinique,
lorsqu’elle est effectuée par un médecin expérimenté dans le domaine de la MTEV, présente
Tableau 1 : Scores de Wells pour l'évaluation de la probabilité clinique
Score de Wells en 3 classes
Score de Wells en 2 classes
Néoplasie active (traitement en cours ou dans les six
derniers mois ou palliatif)
Paralysie, parésie ou immobilisation plâtrée récente
Alitement récent de plus de 3 jours, ou chirurgie majeure dans les 4 semaines
Alitement récent de plus de 3 jours, ou chirurgie majeure dans les 12 semaines
Douleur localisée au niveau d’un trajet veineux profond
Augmentation de volume diffuse d’un membre inférieur
Augmentation de volume d’un mollet (diamètre mesuré 10 cm sous la protubérance tibiale supérieure de
plus de 3 cm par rapport au mollet controlatéral)
Œdème prenant le godet (prédominant au niveau du
membre symptomatique)
Présence d’une circulation veineuse collatérale (non
variqueuse)
Diagnostic alternatif au moins aussi probable que celui
 L’examen écho-doppler : l'examen réalisé par
un expert explore le réseau veineux profond,
proximal et distal, ainsi que le réseau veineux
superficiel. Les performances sont bonnes en
termes de sensibilité et spécificité pour les
thromboses proximales. Elles sont plus modestes pour les thromboses distales. Cet examen négatif permet d’exclure le diagnostic,
quelle que soit la probabilité clinique initiale.
des performances équivalentes à celles des scores.
Les scores ont l’avantage d’une plus grande
1.2. Examens paracliniques
 Les D-Dimères : négatifs avec une méthode
de haute sensibilité, ils éliminent le diagnostic
de TVP quel que soit le contexte (hospitalier,
ambulatoire), si les scores de probabilité clinique sont faibles ou intermédiaires (score en
3 classes) ou peu probable (scores en 2 classes).
Ce test n’est pas indiqué en cas de probabilité clinique haute, car même devant un résultat négatif
les explorations dignostiques sont à poursuivre.
Le seuil classiquement retenu est de 500 μg/l.
Une adaptation du seuil selon l’âge est proposée pour l’EP (10 x âge au-delà de 50 ans). Cette
stratégie est en cours de validation pour la TVP.
Concernant l’examen limité à la compression à 4 points dont le résultat est négatif,
en cas de probabilité clinique faible ou intermédiaire il permet de laisser sortir le patient
sans traitement mais impose la réalisation
d’un examen de confirmation de l’absence de
thrombose par un expert dans les 3 à 5 jours.
En cas de probabilité clinique haute, il nécessite une confirmation de l’absence de
thrombose par un expert et le traitement anti­
coagulant est initié dans l’attente de l’examen de confirmation.
Avec des techniques moins sensibles, ils
n'éliminent le diagnostic que si la probabilité
clinique est faible.
charge en ambulatoire, à condition que l’état du patient le
permette, et que la prise en
charge soit clairement balisée.
Cela nécessite une organisation précise des soins avec l’information et l’implication des
différents acteurs (médecin
traitant, infirmière, entourage
familial…). Un temps d’éducation des patients doit être
Figure 1 : Algorithme diagnostique de TVP
D-Dimères*
Écho-doppler complet***
La Figure 2 propose un algorithme décisionnel pour la prise
en charge hospitalière ou ambulatoire du patient. D’autres éléments, tels que des facteurs
sociaux peuvent faire pencher
Autre diagnostic**
le clinicien vers une hospitalisation, dont l’objectif avant
* À envisager en dehors de tout autre phénomène thrombotique, hémorragique ou inflamatoire.
tout serait l’évaluation du rap** En cas d’évolution clinique défavorable, prévoir un autre écho-doppler ou autre imagerie.
port bénéfice/risque et le choix
***En cas de non accès à l'écho-Doppler complet, on peut pratiquer une échographie proximale
de compression. Les résultats doivent être confortés par un écho-Doppler complet dans les 3 à 5 jours.
de l’anticoagulation, l’initiation
du traitement, la surveillance
des tableaux cliniques sévères,
 La phlébographie : n’est plus réalisée dans la
l’éducation du patient, la mise en place de relai et
plupart des centres.
le suivi nécessaire au long cours.
1.3. Stratégie diagnostique
Lorsque qu’une TVP est diagnostiquée durant
une hospitalisation la découverte de celle-ci ne
En cas de suspicion de TVP associée à une embolie
modifie pas, dans la majorité des cas, la durée de
pulmonaire, la stratégie adoptée est celle de l’EP. Un
l’hospitalisation initialement prévue.
écho-Doppler veineux des membres inférieurs sera
Les thromboses veineuses superficielles et les
dans tous les cas réalisé, pour faire le point initial
thromboses distales (sous-gonales) relèvent
quant à la localisation et l’extension de la TVP.
d’une prise en charge en ambulatoire.
En cas de suspicion de TVP isolée, l’algorithme diagnostique est proposé Figure 1.
Tableau 2 - Score Riete de risque d’hémorragie fatale
lors d’une MTEV
2. DIAGNOSTIC DE GRAVITE DE LA TVP
En cas de TVP associée à une EP la prise en charge
est celle de l’EP et repose sur l’évaluation de la gravité de l’EP.
Certains tableaux cliniques imposent une attention
toute particulière nécessitant une prise en charge
hospitalière. La phlegmatia cerulea dolens correspond à un tableau clinique rare mais sévère, responsable d’ischémie d’origine veineuse, se manifestant
le plus souvent dans un contexte de terrain fragilisé
et impose une prise en charge en milieu spécialisé
pour une éventuelle désobstruction.
Les autres tableaux cliniques à risque sont la survenue d’une TVP bilatérale, ou celle survenant sous
Hémorragie majeure récente
(< 30jours) (cf définition p. 20)
Au-delà des tableaux cliniques évoqués ci-dessus, l’estimation de la gravité de la TVP doit intégrer également les caractéristiques du patient :
comorbidités multiples, cancer, risque hémorragique (cf. Tableau 2), sujet dépendant.
3. ORIENTATION / LIEU DE PRISE EN CHARGE
La grande majorité des TVP peut être prise en
Anémie (H : Hb < 13 gdl,
F : Hb < 12 g/dl)
mécanique endoveineuse sont l’objet d’évaluation
et ne peuvent être envisagées que dans des centres
Figure 2 : Proposition d'algorithme pour une hospitalisation
ou prise en charge ambulatoire d'une TVP isolée
TVP confirmée
5. TRANSMISSION DE L’INFORMATION
sévère ou TVP bilatérale ?
La notion d’optimisation de la prise en charge, exige
un passage en temps réel de l’information médicale
entre les différents intervenants.
Cette transmission concerne les différents intervenants impliqués dans la prise en charge du patient.
Nous proposons ici de fournir des documents type
à chacune des étapes de la prise en charge initiale.
MTEV sous anticoagulants
Hémorragie active ou risque
hémorragique majeur* ?
5.1. Transmission entre structure
d’accueil et structure spécialisée
(Cl Cockcroft < 30 ml/min) ?
Dans l’idéal, cette transmission est instantanée
avec la mise à disposition d’un dossier partagé et/ou
un dossier « urgence » disponible par réseau informatique en temps réel.
Un exemple de dossier-type « TVP» est fourni en
5.2.Transmission entre structure
spécialisée et médecins référents
Comorbidité(s) justifiant
Il s’agit là d’un courrier médical habituel de sortie
des patients et destiné au médecin référent spécialisé en médecine générale, aux médecins spécialistes d’organe suivant éventuellement le patient, et
le cas échéant au médecin référent de la structure
d’accueil d’aval.
* Le risque hémorragique peut être évalué à l'aide du score de RIETE (tableau 2)
4. TRAITEMENT INITIAL DE LA TVP
Pour faciliter la démarche de structuration un courrier type est fourni en annexe (annexe 3).
Les héparines à bas moléculaire, le fondaparinux
et les anticoagulants oraux directs (rivaroxaban,
apixaban) constituent les traitements médicamenteux de première intention. En cas d’insuffisance
rénale sévère (ClCr < 30 ml/mn), les HBPM, le
fondaparinux et les AOD sont contre-indiqués,
l’héparine non fractionnée est alors utilisée.
6. INFORMATION / ÉDUCATION
Les conseils et documents utiles et nécessaires à
l’information du patient sont fournis et expliqués
dans le chapitre page 29 et en annexe.
Les schémas de prescription sont communs à l’embolie pulmonaire et détaillés dans le chapitre correspondant.
Il n’y a pas de bénéfice à maintenir un alitement. Les
sujets sont mobilisés précocement avec une anticoagulation efficace.
La prescription du port d’une contention graduée
(30-40 mmHg) est de pratique courante. Cette
prescription impose une vérification préalable de
l’état artériel du membre du sujet.
La prise en charge des thromboses jambières (ou
TVP distale) isolées reste l’objet de débats. Un
traitement anticoagulant peut être instauré, sinon le patient doit être surveillé par des examens
écho-Doppler répétés afin de détecter une éventuelle progression vers le réseau proximal justifiant
alors l’anticoagulation.
pharmaco­
MTEV :
La consultation à 1 mois de l’épisode thrombotique
veineux est une consultation importante. À ce stade,
le diagnostic est confirmé, le contexte favorisant est
précisé, et le patient est traité.
à un mois peut être l’occasion de programmer ces
examens à 3 mois de traitement.
Pour évaluer une dyspnée résiduelle, les échelles
NYHA et MRC peuvent être utiles.
Cette consultation est un temps essentiel pour
réévaluer la thérapeutique initiée, en fonction du
rapport efficacité/tolérance, de l’observance et de
l’évolution du contexte clinique associé. C’est aussi
le moment pour décider ou non de la réalisation d’un
bilan de thrombophilie et d’évaluer l’impact personnel, professionnel et familial (debriefing) de la survenue de l’épisode thrombotique.
Classe I : Aucune limitation d'activité ; capacité d'effort normale pour l'âge. Les patients ne souffrent d'aucun
symptôme au cours des activités ordinaires. Des efforts
physiques inhabituels peuvent cependant être responsable
d'un essoufflement.
Classe II : Limitation d'activité légère à modérée. Pas de
limitation au repos mais apparaissant pour des activités
Classe III : Limitation au moindre effort.
Classe IV : Limitation au repos.
Cette consultation sera réalisée par une structure
spécialisée dans la MTEV, dont le rôle sera également de programmer le suivi et l’orientation ultérieurs du patient.
1. ÉVALUATION THÉRAPEUTIQUE
1.1. Efficacité du traitement
Quelle que soit la gravité initiale de l’événement
thrombo-embolique veineux et le traitement initié,
à 1 mois, les signes et symptômes cliniques doivent avoir régressé ou disparu.
En cas de non amélioration, il convient d’envisager
la possibilité d’une extension ou d’une récidive. Il
faut alors renouveler les examens diagnostiques,
en privilégiant ceux réalisés lors de l’événement
initial, pour permettre une interprétation comparative. Les D-Dimères n’ont pas d’intérêt. Si une
récidive est exclue, un diagnostic différentiel doit
Plus particulièrement pour l’embolie pulmonaire,
une non amélioration des symptômes doit faire
envisager une hypertension pulmonaire post-­
embolique (HTTPE) ; toutefois, il est recommandé
d’attendre au moins trois mois de traitement avant
de réaliser les examens diagnostiques de cette
entité qui reposent en premier lieu sur la pratique
d’une scintigraphie planaire de ventilation perfusion et une échographie cardiaque. La consultation
Échelle de dyspnée du Medical Research
Council (MRC) :
Stade 0 : Dyspnée pour des efforts soutenus (montée de
2 étages) ;
Stade 2 : Dyspnée lors de la marche sur terrain plat, en
suivant quelqu'un de son âge ;
Stade 3 : Dyspnée obligeant à s'arrêter pour reprendre
son souffle après quelques minutes ou une
centaine de mètres sur terrain plat ;
L’évolution d’une thrombose veineuse profonde
sera évaluée par la douleur et l’œdème, objectivé
par la mesure des circonférences du membre inférieur, et par le score de Villalta (cf. Tableau 1).
1.2. Tolérance du traitement
Pour apprécier la tolérance du traitement anti­
coagulant, on recherche, par l’interrogatoire et l’examen clinique, la survenue d’événements hémorragiques. En cas de complication hémorragique, il faut
Si le traitement initial est un AOD :
 S’assurer à 1 mois que le changement de posologie a bien été effectué comme recommandé :
Rivaroxaban (Xarelto®) :
15 mgx2/j pdt 21 j, puis 20 mg x1/j. Après J21,
ajustement à 15 mg x1/j si ClCr < 50 mg/min et
Apixaban (Eliquis®) :
10 mg x2/j pendant 7j, puis 5mg x2/j
 S’assurer à 1 mois que la fonction rénale permet
toujours de maintenir le traitement par AOD, en
particulier chez les patients pour lesquels la fonction rénale était initialement limite (entre 30 et 50
ml/min) ou chez lesquels il existe un risque de
dégradation de la fonction rénale depuis l’événement initial.
Tableau 1 - Score de VILLALTA
Symptômes subjectifs (patients)
Symptômes objectifs (médecin)
 Œdème
 Douleur à la pression des
 Induration de la peau
 Hyperpigmentation
 Rougeur
Pour chaque symptôme ou signe, des points sont attribués : 0 = absent ; 1 = léger ; 2 = modéré ; 3 = sévère. Ulcère présent = 1 ; ulcère
Interprétation : score ≤ 4 : absence de SPT, 5-14 : SPT modéré,
10-14 : SPT intermédiaire, ≥ 15 : SPT sévère ou ulcère présent.
Si le traitement initial est un AVK :
 Vérifier à la lecture du carnet de surveillance que
les INR sont bien en zone thérapeutique (entre 2
en préciser les circonstances favorisantes, le site, le
traitement spécifique et l’impact sur le traitement
anticoagulant : arrêt permanent ou transitoire, modification de la molécule ou de la posologie, mise en
place d’un filtre cave.
Si le traitement initial est une HBPM ou du fondaparinux :
 Vérifier l’adéquation de la posologie au poids et
à la fonction rénale, l’absence de thrombopénie
et la bonne tolérance locale aux sites d’injections.
 Si l’HBPM prescrite est la daltéparine (Fragmine®)
dans le cadre d’un cancer, s’assurer du changement de posologie à 1 mois (cf. Tableau 2)
 Si l'HBPM est la tinzaparine dans la même
indication, pas de modification de dose.
 Si l’HBPM est prescrite dans un contexte de
cancer, le praticien référent doit être alerté si
le taux de plaquettes est inférieur à 50 G/l.
Classification des hémorragies (selon l'ISTH) :
Hémorragie majeure : – hémorragie fatale ; – hémorragie symptomatique dans une zone ou un organe critique,
telle que : intracrânienne, intraspinale, intraoculaire,
rétro­péritonéale, intra-articulaire, péricardique, ou intra­
musculaire avec syndrome de compartiment ; – hémorragie entraînant chute de l’hémoglobine ≥ 2 g/dL ou conduisant à transfuser ≥ 2 unités de sang total ou de concentrés
Tableau 2 : daltéparine - changement posologique à 1 mois
Hémorragie mineure : toutes les hémorragies non
Hémorragie non grave mais cliniquement pertinente
sur le plan clinique : hémorragie aiguë ou subaiguë ne
répondant pas aux critères d’événement hémorragique
majeur, mais nécessitant une réponse clinique comme une
hospitalisation, une consultation ou un traitement chirurgical de l'hémorragie ou une modification du traitement
Il faut aussi détecter d’autres signes et symptômes
d’intolérance, propres à chaque type de molécule (allergies, nausées, reflux gastro-œsophagien, alopécie…). Il est important de ne pas méconnaître ces
signes de mauvaise tolérance car ils pourraient compromettre l’observance ultérieure du traitement.
1.3. Observance du traitement
Dose de daltéparine (UI/j)
durant le 1er mois 200 U/kg
X 1/j SC sans excéder
18 000U (seringue préremplie à 25 000 UI/ml)
Dose de daltéparine (UI/j) à
partir du 2ème mois
150 U/kg X 1/j SC sans
excéder 18 000U (seringue
préremplie à 25 000 UI/ml)
10 000 UI dans 0,4 ml
7500 UI dans 0,3 ml
12 500 UI dans 0,5 ml
15 000 UI dans 0,6 ml
18 000 UI dans 0,72 ml
Si le traitement initial est un filtre cave :
 Soit il s’agit encore du seul « traitement »
en cours : existe-t-il toujours une contre-­
indication à l’introduction d’un traitement
anti­coagulant ? Si non, débuter un traitement
 Soit le filtre cave a été mis en place initialement, mais est associé à un traitement anti-
L’observance du traitement à 1 mois doit être évaluée. Une mauvaise observance peut être une raison pour envisager une modification du traitement
anticoagulant (molécule, passage infirmier…).
1.4. Adéquation de la prescription du traitement
coagulant efficace et bien toléré : envisager le
retrait du filtre avant 3 mois si possible.
n’est jamais urgent, le mieux étant de la réaliser à
distance, si possible (excepté les mutations génétiques) après l’arrêt du traitement. Les thrombophilies suivantes sont proposées :
 Facteur V Leiden.
 Mutation G20210A sur le gène de la prothrombine.
 Protéine C, S (pas sous AVK) et Antithrombine
(pas sous héparine).
 Syndrome antiphospholipides (voir chapitre
1.5. Traitements concomitants
 Vérifier les interactions à l'aide des RCP de
chacun des médicaments anti­coagulants afin
de stopper les médicaments contre-indiqués
et d'être en conformité avec les précautions
d'emploi préconisées (notamment une surveillance rapprochée des INR en cas de traitement par AVK).
1.6. Évolution du contexte clinique
1.6.1. Cancer
 Rechercher par l’interrogatoire et l’examen clinique les signes et symptômes orientant vers
une pathologie néoplasique et devant conduire
à la réalisation d’explorations complémentaires.
 Si le cancer est déjà confirmé, discuter du maintien ou non d’un cathéter/CIP selon le contexte.
 Confirmer un cancer initialement suspecté.
À 1 mois de traitement, les bases de l'information
thérapeutique concernant le traitement seront rappelées et vérifiées.
Mais à un mois, c’est aussi le bon moment pour recueillir le vécu du patient concernant les différents
temps de la prise en charge de la MTEV :
 Étape de l’apparition des symptômes : une errance diagnostique transitoire est souvent rapportée par les patients comme étant vécue
douloureusement en raison de la sensation de
gravité et d’incertitude.
 Étape diagnostique : c’est à ce moment que la
situation se clarifie enfin, mais le diagnostic peut
être mal compris durant cette annonce et le patient ne perçoit pas encore les conséquences.
 Phase d’hospitalisation : beaucoup d’informations sont alors délivrées au patient sur la maladie et surtout sur le plan thérapeutique, souvent
techniques sans que le patient ne réalise encore
 Retour à domicile et semaines suivant l’hospitalisation : le vécu peut être douloureux et surtout
angoissant, lié aux incertitudes concernant son
état de santé et surtout des conséquences sur
sa trajectoire de vie, personnelles et familiale,
voire professionnelle. Le risque est une restriction de périmètre d’activité, voire un syndrome
1.6.2. Si MTEV sous œstrogènes :
Stopper les œstrogènes et recommander une
contraception alternative non thrombogène (microprogestatifs oraux, stérilets à la progestérone ou
non, implants à la progestérone).
1.6.3. Si MTEV pendant la grossesse :
Organiser l'anticoagulation péri-accouchement et
1.6.4. Si chirurgie nécessaire semi-urgente :
Organiser l'anticoagulation péri-opératoire
Évolution d’une pathologie inflammatoire
1.6.5. chronique présente initialement
1.6.6. Terrain familial :
Préciser le nombre de membres atteints, l’âge de
survenue, le contexte de survenue (provoqué ou
non, contexte hormonal, cancer…).
Ainsi, cette consultation à 1 mois va permettre de
réaliser un debriefing, le patient ayant alors la parole
pour relater son vécu, exprimer ses craintes quant à
son devenir, aux risques de séquelles à court et long
terme, au risque de récidive ultérieur, aux contraintes liées au traitement.
Au terme de cette évaluation, une décision thérapeutique doit être proposée et porte sur les éléments suivants :
 poursuite ou non du traitement. Si poursuite,
sous quelles modalités (maintien de la molécule
et dose ou changement),
 proposition d’une durée de traitement anti­
- si MTEV provoquée par un facteur majeur ou
hormonal, durée de 3 à 6 mois
- si cancer, durée minimale de 6 mois (et modalités à préciser, HBPM ou AVK)
si MTEV non provoquée, 6 mois minimum,
prise de décision d’étendre à plus de 6 mois
ou non lors de la consultation des 6 mois.
2. DÉCISION D’UN BILAN DE THROMBOPHILIE
Les recommandations actuelles (GEHT 2009) recommandent un bilan de thrombophilie en cas de
MTEV idiopathique survenant avant 50 ans. Ce bilan
Le 3ème et le 6ème mois sont une période charnière
chez les patients souffrant d’EP et/ou de TVP. Il
s’agit en effet du moment où la décision d’arrêter
ou de poursuivre le traitement anticoagulant curatif
est prise. Cette décision, potentiellement lourde de
conséquences pour le malade, nécessite une analyse systématique et rigoureuse de plusieurs éléments dans le cadre d’une consultation spécialisée.
cers apparaît dans l’année suivant le diagnostic de
MTEV, la recherche de signes cliniques évocateurs
doit donc être systématique au cours du suivi clinique. Elle peut être approfondie en cas de MTEV
idiopathique, récidivante, bilatérale ou de localisation atypique.
Les buts de cette consultation sont :
1. d'évaluer la tolérance et l’efficacité du traitement
anticoagulant prescrit depuis le diagnostic ;
2. de récupérer et synthétiser le bilan étiologique ;
3. de rechercher des séquelles post-thrombotiques ;
4. de prendre une décision argumentée de poursuite
ou d’arrêt du traitement anticoagulant curatif.
Si elle a été réalisée, les résultats du bilan sont récupérés. Les implications éventuelles d’une recherche
positive sont habituellement rares.
1. SYNTHÈSE DU BILAN ÉTIOLOGIQUE
Les principales complications liées au traitement
sont la récidive de MTEV et l’hémorragie. La survenue d’une de ces complications va nécessiter une
enquête assez similaire, à savoir les conditions de
survenue, la gravité de l’événement, et l’existence
de facteurs favorisants, en particulier une modification des propriétés pharmacologiques des thérapeutiques anticoagulantes. Cette enquête est essentielle pour décider ou non la poursuite du traitement
anticoagulant, sa nature et sa posologie.
1.2. Recherche d’une thrombophilie biologique
2. ÉVALUATION DE L’EFFICACITÉ ET DE LA
L’évaluation du contexte de survenue (provoqué par
un facteur majeur transitoire (chirurgie…) ou permanent (cancer, SAPL)) de l’EP et/ou de la TVP est l’un
des plus puissants facteurs déterminant le risque de
récidive à l’arrêt du traitement anticoagulant. L’analyse de ces facteurs est effectuée et connue dès le
diagnostic (cf consultation à 1 mois, page 19).
Toutefois, certains éléments du bilan étiologique
peuvent être récupérés au cours du suivi et la
consultation du 3ème ou du 6ème mois est l’occasion
de synthétiser l’ensemble des éléments de ce bilan.
2.1. Récidive
Le risque de récidive de MTEV sous traitement bien
conduit décroit avec le temps.
En cas de récidive symptomatique confirmée, il faudra s’assurer :
 qu’elle a été objectivement confirmée sur un
examen d’imagerie dont le résultat aura été
comparé à celui de l’examen diagnostique initial,
 que le traitement était bien conduit, c'est-à-dire
prescrit à la bonne dose, pris et efficace biologiquement (INR pour les AVK, plus rarement
concentration sanguine en cas d'anticoagulant
oral direct). Une interaction médicamenteuse
avec un traitement diminuant la concentration
1.1. Recherche d’une néoplasie occulte
La réalisation d’un bilan extensif à la recherche d’une
néoplasie occulte n’est pas recommandée. En revanche, un examen clinique minutieux suivi par des
examens orientés par la clinique est recommandé.
La recherche de nodule pulmonaire et/ou d’adénopathie médiastinale doit être systématique chez les
malades ayant eu un diagnostic par un angio­-TDM,
en particulier si le patient est à risque de cancer pulmonaire (tabac). La place du TEP scanner devrait
être précisée prochainement. La majorité des can-
revanche, sa recherche doit être systématique en
cas de dyspnée persistante au décours d’une EP a
fortiori récidivante.
du traitement anticoagulant devra être recherchée (ex : Rifampicine).
Une récidive objectivée sous traitement bien conduit
doit faire rechercher principalement une néoplasie.
Une récidive de MTEV sous traitement antithrombotique justifie une adaptation thérapeutique, soit
en termes de dose (en cas de sous-dosage), soit en
termes de molécule (en cas de découverte de cancer par exemple).
La présence d’une dyspnée nécessite une évaluation spécialisée, du fait de son caractère souvent
 La première étape est de rechercher des séquelles perfusionnelles. La scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion est l’examen de
référence car ses performances sont meilleures
que celles de l’angioTDM pour rechercher des
séquelles d’EP. Une scintigraphie pulmonaire
V/Q normale exclut le diagnostic de séquelles
post-emboliques, ce qui n’est pas le cas pour un
angioTDM thoracique.
 Une échocardiographie doit être systématique à
la recherche de signes évocateurs d’une HTPPE
et d’une dysfonction cardiaque gauche. La réalisation d'une scintigraphie V/Q est importante
car une petite proportion de malades dyspnéiques peut se présenter avec des séquelles
perfusionnelles importantes sans hypertension
2.2. Hémorragie
En cas de complication hémorragique, il faudra préciser sa localisation, sa gravité et ses circonstances
favorisantes. Les critères de l’ISTH peuvent être utilisés pour définir une hémorragie grave :
 hémorragie fatale et/ou
 hémorragie survenant dans un organe critique :
système nerveux central, intraoculaire, rétropéritonéale, intra-articulaire ou péricardique, or intramusculaire avec syndrome de loge et/ou
 chute de l’Hb > 2/dL et/ou nécessitant la transfusion de plus de 2 culots globulaires
Comme en cas de récidive, il faudra s’assurer de
la bonne prise du traitement, c'est-à-dire sa dose,
les modalités d’administration et, si possible, son
effet biologique (INR pour les AVK, concentration
sanguine en cas d’anticoagulant oral direct) au moment de l’hémorragie. Il faudra ensuite rechercher
des facteurs modifiant les propriétés pharmacologiques du traitement anticoagulant : fonction rénale
ou hépatique, interactions médicamenteuses potentialisatrices...
En cas d’anomalies scintigraphiques et échographiques évocatrices d’HTPPE, une prise en charge
diagnostique (cathétérisme cardiaque droit, angiographie pulmonaire) et thérapeutique (évaluation
de l’opérabilité) doit ensuite être réalisée dans un
centre de compétence de l’hypertension pulmonaire.
L’absence de séquelle scintigraphique doit faire rechercher une autre cause de dyspnée et justifie la
réalisation d’épreuves fonctionnelles respiratoires,
à la recherche d’une pathologie respiratoire chronique, et d’une échocardiographie, à la recherche
d’une insuffisance cardiaque gauche.
3. RECHERCHE DE SÉQUELLES
POST-THROMBOTIQUES
La recherche de séquelles post-thrombotiques par
examens complémentaires ne doit pas être systématique, a fortiori si l’évolution clinique sous anticoagulant est favorable et que le malade est asymptomatique.
La présence de séquelles post-thrombotiques aux
membres inférieurs et/ou vasculaires pulmonaires
n’est pas un facteur justifiant, à lui seul, la poursuite
du traitement anticoagulant.
En cas de normalité de ces examens, une épreuve
fonctionnelle d’effort avec mesure des échanges
gazeux (VO2max) est un outil à la fois sensible et
intégratif pour le bilan étiologique d’une dyspnée.
La recherche systématique de séquelles scintigraphiques n’aide pas au diagnostic d’une éventuelle
récidive d’EP. En effet, l’angioTDM thoracique est
devenue l’examen diagnostique de référence et
permet le plus souvent de distinguer une EP aiguë
d’une séquelle (caillot marginé).
3.1. Dyspnée et hypertension pulmonaire
La persistance d’une dyspnée au décours d’une EP
est un symptôme fréquent retrouvé chez près d’un
malade sur 2. La recherche d’une dyspnée et sa
quantification (classe fonctionnelle NYHA) doit être
systématique à distance d’une EP, mais aussi en cas
de TVP initiale. En effet, une EP asymptomatique
est fréquemment retrouvée chez les patients présentant une TVP, en particulier en cas de TVP proximale. De plus, un antécédent de TVP était retrouvé
chez un patient sur deux dans le principal registre de
patients avec HTPPE.
3.2. Syndrome post-thrombotique
Le syndrome post-thrombotique (SPT) affecterait
20 à 50 % des patients présentant une TVP, même
en cas de traitement anticoagulant bien conduit.
Ses conséquences sont à la fois fonctionnelles affectant la qualité de vie des patients, notamment en
cas d’ulcères variqueux, mais aussi économiques
avec des coûts directs et indirects importants.
En cas de TVP, un syndrome post-thrombotique
devra être recherché et quantifié par un score de
Villalta (cf. Tableau 1). La présence d’un SPT est
une indication au port d’une contention veineuse,
idéalement de classe 3.
Un dépistage systématique de l’HTPPE après une
EP n’est pas recommandé étant donné la faible
prévalence de l’HTPPE au décours d’une EP. En
néoplasie sera présente et traitée. Sous réserve
d’une fonction rénale correcte, ce traitement reposera sur les héparines de bas poids moléculaires au moins pour les 6 premiers mois.
 La mise en évidence d’une thrombophilie biologique majeure peut encourager à poursuivre le
traitement, notamment en cas de syndrome des
 En cas de bilan étiologique négatif (EP ou TVP
idiopathique), le traitement anticoagulant est
habituellement arrêté au bout de 6 à 12 mois,
après un 1er épisode de MTEV mais peut être
poursuivi si le rapport risque bénéfice est jugé
favorable. L’identification des sous-populations
à haut risque ainsi que la meilleure option thérapeutique (AVK, AOD à demi-dose ou non) font
actuellement l’objet de recherche.
 En cas de récidive de MTEV non-provoquée,
le traitement anticoagulant doit théoriquement
être poursuivi au long cours.
La réalisation systématique d’une échographie veineuse de compression est proposée en cas de TVP
au moment de l’arrêt du traitement anticoagulant,
a fortiori en cas de symptômes persistants aux
membres inférieurs pour aider au diagnostic de récidive ultérieure.
4.3. Séquelles thrombotiques
Il n’existe pas de données robustes justifiant la poursuite des anticoagulants curatifs en cas de présence
de séquelles d’EP ou de TVP. En fonction de l'intensité de ces séquelles, la poursuite du traitement
anticoagulant se discute au cas par cas.
4. DÉCISION D’ARRÊT OU DE POURSUITE DU
Au terme de cette consultation, une décision
d’arrêt ou de poursuite des anticoagulants sera
prise. Cette décision spécialisée sera dans la mesure du possible argumentée sur la base de l’analyse des éléments précédents.
En cas d’HTPPE confirmée, le traitement anticoagulant curatif est poursuivi indéfiniment.
Si le traitement anticoagulant est stoppé lors de
cette évaluation, il faut préciser aux correspondants
médicaux et au patient si une autre thérapeutique
antithrombotique est prescrite en relais (par exemple:
antiagrégant plaquettaire dans le cadre d’un athérome symptomatique). Les symptômes d’alerte,
les situations à risque de récidive (contraception,
grossesse, voyages prolongés, chirurgie majeure,
…) ainsi que les moyens éventuels de prophylaxie
doivent être rappelés au patient.
La perception du patient et son éventuelle anxiété
à arrêter ou poursuivre les anticoagulants sont également à prendre en considération pour motiver la
4.1. L’évaluation de la tolérance et de
La survenue d’une hémorragie sous traitement anti­
coagulant incitera à arrêter le traitement éventuellement de manière précoce (avant le 3ème mois). En
cas d’hémorragie chez un patient nécessitant théoriquement la poursuite du traitement anticoagulant,
la pose d’un filtre cave sera discutée du fait de son
possible impact pronostique.
La survenue d’une récidive non provoquée incitera à
une réévaluation thérapeutique et à la poursuite du
traitement de manière indéfinie.
Si le traitement anticoagulant est poursuivi, la posologie ainsi que les modalités de surveillance doivent
être rappelés. En cas de traitement par AVK, l’équilibre des INR doit être évalué par le temps passé
dans l’intervalle thérapeutique. Une forte instabilité
des INR est un argument pour remplacer les AVK
par un anticoagulant oral direct. En cas de traitement
par AOD, la dose pourra être adaptée à la situation
particulière du patient et la fonction rénale doit être
contrôlée. Il doit être rappelé au patient et à son médecin qu’une réévaluation annuelle du rapport risque
bénéfice est indispensable.
4.2. Bilan étiologique et contexte de survenue
En cas de MTEV provoquée par un facteur majeur transitoire, la durée recommandée de traitement est de
3 mois, possiblement allongée en cas d’événement
Dans tous les cas, on doit s'assurer du niveau d'information thérapeutique du patient.
En cas de MTEV non-provoquée, la durée recommandée de traitement dépend du résultat du bilan
étiologique ainsi que du rapport bénéfice/risque.
 Si une néoplasie a été mise en évidence, le traitement anticoagulant sera poursuivi tant que la
BILAN ÉTIOLOGIQUE DE LA
Tableau 1 - Facteurs déclenchants transitoires de MTEV
La maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV),
thrombose veineuse profonde (TVP) et embolie
pulmonaire (EP) est une maladie multifactorielle,
chronique et récidivante. Les études de cohorte indiquent que dans 50 % des cas, l’étiologie reste inconnue. L’évaluation étiologique doit être systématique sur le plan clinique, notamment en l’absence
de circonstances déclenchantes.
Majeurs (odds ratio > 6)
L’enquête étiologique s’attachera dans un premier
temps à identifier les circonstances de survenue de
la MTEV, et définir le caractère provoqué ou non provoqué de l’épisode.
1. Identifier les MTEV provoquées
Chirurgie majeure (anesthésie
générale > 30 min) dans les trois
Ex. : orthopédie (PTH, PTG, fracture
de hanche),
neurochirurgie, chirurgie abdominale
lourde, chirurgie carcinologique
Traumatologie avec immobilisation
dans les trois mois qui précèdent
Fractures des membres inférieurs,
immobilisation prolongée (plâtre,
attelle)
Affection médicale aiguë avec
immobilisation totale ou relative
de plus de 3 jours dans les trois
Ex : AVC, insuffisance cardiaque
aiguë, décompensation respiratoire
aiguë, sepsis…
Modérés (odds ratio 2 -6)
Environ 50 % des événements surviennent au décours d’une circonstance déclenchante (MTEV provoquée), qu’il est important de reconnaître. En effet,
la connaissance d’un facteur transitoire (cf. Tableau
1) permet d’identifier une population à faible risque
de récidive annuel (< 3 %, soit 3 à 4 fois inférieur à
une MTEV en présence d’un facteur persistant ou
une MTEV idiopathique)1, et donc de fixer la durée
de traitement2. Dans ces situations, aucun examen
Contexte hormonal (< 1 an)
CO œstroprogestative, THS, grossesse, postpartum
Voyage dans le mois qui précède)
Prolongé (avion > 6 h)
En ce qui concerne les antécédents familiaux, la survenue d’une MTEV avant 50 ans confère un risque
accru chez les collatéraux de 1er degré (OR 3,27,
IC95%, 1,68 to 6,38), y compris en l’absence de toute
thrombophilie biologique)3.
2. Identifier les facteurs persistants de MTEV
3. Explorations complémentaires
La connaissance d’un facteur de risque permanent
du patient (cf. Tableau 2), préalable à la survenue de
la MTEV, permet de comprendre celle-ci et aide également à la détermination de la durée de traitement.
L’examen clinique complet s’attache à rechercher
des signes spécifiques de certaines pathologies
(ulcérations buccales ou génitales, atteinte oculaire
du Behçet…).
Dans environ 50 % des cas, aucune circonstance de
survenue et aucun facteur de risque permanent ne
sont identifiés. Il s’agit alors de thrombose idiopathique ou « non provoquée ». Se posent alors classiquement deux questions, celle de la recherche d’un
cancer et d’une thrombophilie biologique, acquise ou
(1er degré) ayant eu un épisode de MTEV lorsqu'il était jeune.
 Chez les femmes en âge de procréer, certains
scores6 d’estimation du risque prennent en
compte ces anomalies et les intègrent dans
la décision thérapeutique de prévention. Ces
femmes pourraient ainsi faire l’objet d’une enquête plus large, notamment en dehors d’un
Tableau 2 : Facteurs étiologiques permanents de la maladie
Antécédent personnel de MTEV
Antécédent familial de premier degré de MTEV
Entéropathies inflammatoires
Behçet – Lupus - Buerger
3.2. Place de la recherche des thrombophilies
3.2.1 SAPL
Le SAPL est une thrombophilie acquise définie par
la combinaison de critères cliniques (thromboses ou
complications obstétricales) et biologiques. Le SAPL
primaire est rare, contrairement au SAPL secondaire
à un lupus. Le SAPL est considéré comme primaire
lorsqu’il n’est pas associé à une pathologie sousjacente auto-immune.
En pratique, compte tenu de l’impact du diagnostic sur la prise en charge thérapeutique :
 La recherche de SAPL est effectuée en cas de
thrombose proximale ou embolie pulmonaire
non provoquée (1er événement) ou en cas de
thromboses veineuses profondes récidivantes,
surtout chez un sujet jeune.
 Le diagnostic de SAPL doit reposer sur une
recherche systématique d’anticoagulant circulant et d'anticorps anticardiolipines et
anti-bêta2 glycoprotéine 1 par méthode ELISA.
Traitements hormonaux du cancer
Chimiothérapies, anti-angiogéniques
3.1. Place de la recherche d’une thrombophilie
3.2.2 Hémoglobinurie paroxystique nocturne
L’HPN est une pathologie rare (prévalence 1/500000).
La pathologie thrombotique est la cause majeure de
décès, survenant chez près de 40 % des malades.
Les thromboses peuvent affecter n’importe quel territoire, mais l’atteinte abdominale (veines porte, splénique, mésentérique et sus-hépatiques) et veineuse
cérébrale est prédominante. Le diagnostic est réalisé
par cytométrie de flux, permettant de quantifier la population cellulaire mutée7.
La recherche d’une thrombophilie constitutionnelle
ne doit pas être systématique. L’intérêt de cette recherche en pratique quotidienne reste en effet incertain et discuté4. Même si elle est identifiée chez
presque 40 % des cas de MTEV, elle n’explique pas
l’événement. D’autre part, exeptées de rares thrombophilies sévères (SAPL, déficit en antithrombine),
elle n’influence pas la durée de traitement.
Le risque de récidive conféré par les thrombophilies
biologiques est modéré, voire absent pour les FVL
et F2 20210 G>A hétérozygotes, comparé au caractère idiopathique de la MTEV5. Même si le risque de
récidive conféré par un déficit en inhibiteur physiologique, antithrombine (AT), protéine C (PC), protéine S
(PS) est plus important, il est souvent à la limite de la
significativité.
3.2.3 Syndromes myéloprolifératifs
La pathologie thrombotique veineuse (mais aussi
artérielle) peut révéler ou compliquer un syndrome
myéloprolifératif (SMP), essentiellement thrombocytémie essentielle (TE), polyglobulie de Vaquez (PV).
Ces pathologies myéloprolifératives sont des pathologies clonales de la cellule souche hématopoïétique
caractérisées par une prolifération des précurseurs
des lignées érythroïdes et mégacaryocytaires. Cette
prolifération est en relation avec une mutation ponctuelle du gène codant pour JAK28.
 Une MTEV provoquée avec circonstance déclenchante majeure ou modérée, en dehors
d’un contexte hormonal (contraception orale
œstroprogestative, grossesse et post-partum),
ne justifie pas d’une recherche de thrombophilie.
 En cas de MTEV non provoquées (TVP proximale
ou EP), l’exploration de thrombophilie constitutionnelle doit s’adresser aux seuls malades de
moins de 50 ans, avec un membre de sa famille
3.3 Recherche de pathologie néoplasique
Les résultats des études explorant la relation
entre MTEV et cancer sont hétérogènes. Dans la
méta-analyse de Carrier et al. en 20089, le taux de
cancer est de 6,3 % dans les 12 mois suivant le
diagnostic de MTEV toutes causes confondues, et
augmente à 10 % lorsqu’il s’agit d’un épisode de
MTEV idiopathique, vs 2 – 3 % attendu dans la population générale. En revanche, Van Doormaal et al.,
dans une étude interventionnelle, retrouvent une incidence plus faible, de 3 à 5 % sur un suivi médian
de 2,5 ans10.
2 ans. Le faible rendement du dépistage extensif et
l’absence d’impact sur la survie observés dans cette
étude ne sont pas en faveur de cette stratégie systématique en cas de 1er événement de MTEV.
 En l’absence d’orientation clinique, il n’y a pas
lieu de proposer un bilan extensif systématique
au décours d’un 1er événement de MTEV.
 Il convient de pratiquer un bilan minimal comprenant : examen clinique, bilan hépatique, radiographie pulmonaire, hémogramme.
 Il convient d’être attentif à des signes potentiellement évocateurs de pathologie néoplasique
(amaigrissement, altération de l’état général,
anémie….).
 Il convient également de s’assurer que le patient est à jour des dépistages proposés de
manière systématique en population générale,
notamment en cas d’antécédents familiaux de
pathologie néoplasique (sein, côlon…).
 On réserve l’extension du bilan en cas de point
d’appel, ou en ciblant les populations identifiées
comme les plus à risque, MTEV non provoquée
récidivante, notamment sous traitement, ou
thrombose bilatérale.
Le diagnostic de cancer est généralement porté
dans la première année suivant l’épisode de MTEV.
Le ratio d’incidence standardisé global (SIR) est de
2,2 à 4,4 pour la première année, vs 1 au-delà de la
première année. De plus, jusqu’à 60 % des cancers
diagnostiqués dans l’année qui suit le diagnostic de
MTEV sont métastatiques, contre 20 % attendu en
l’absence de MTEV. La mortalité est élevée (OR 2,46
- IC95% 2,25-2,40) chez les patients dont le cancer est
diagnostiqué au décours immédiat de la MTEV ou
La recherche systématique d’un cancer occulte devant un épisode isolé de MTEV fait actuellement
débat. La majorité des cancers sont en effet diagnostiqués au moment de la MTEV par le dépistage
clinique. La stratégie de dépistage intensif systématique permet de diagnostiquer 2 % de cancers supplémentaires dans le suivi, pour 28 % de faux positifs. A contrario, la sensibilité du dépistage extensif
permet de diagnostiquer 64 % à un stade précoce
(T1 – T2). En revanche, le dépistage extensif n’a montré pour l’instant aucune diminution de la mortalité à
En synthèse, le bilan étiologique est conduit selon le
Tableau 3 et la Figure 1.
Tableau 3 : Bilan étiologique
Toutes MTEV
MTEV provoquée
Pas d’exploration complémentaire
 La recherche de thrombophilie constitutionnelle
n’a pas lieu d’être réalisée en urgence.
 La recherche de thrombophilie doit faire l’objet
d’un avis expert.
Thrombose proximale ou embolie pulmo- SAPL
naire non provoquée (1er événement), ou
de thromboses veineuses profondes récidivantes
Les dosages ne doivent pas être effectués à la
phase aiguë de la thrombose en raison du statut inflammatoire du patient et du traitement anticoagulant qui peuvent fausser les résultats et les rendre
difficiles à interpréter.
MTEV non provoquée < 50 ans et ATCD Bilan de thrombophilie
familial non provoquée de 1er degré jeune
Le diagnostic du SAPL peut poser problème en
cours de traitement anticoagulant :
La recherche d’anticorps anti-cardiolipines ou
anti-bêta2 glycoprotéine 1 est toujours possible.
- La recherche d’anticoagulant circulant (ACC) est
possible sous AVK, sous réserve d’un INR < 3.
- La recherche d'ACC n’est pas réa‌lisable sous anti­
coagulants oraux directs. Il est proposé de faire
cette recherche au-delà de trois mois de traitement, avant la consultation de décision de prolongation ou non du traitement, après un arrêt temporaire de 48 heures.
MTEV non provoquée < 50 ans chez la Bilan de thrombophilie en cas de désir
de grossesse (pour gestion éventuelle
de la prévention)
MTEV non provoquée > 50 ans
Bilan hépatique, radiographie thoracique, hémogramme, mise à jour des
dépistages carcinologiques (hémoccult, frottis cervico-­vaginaux, mammographie, PSA)
Si point d’appel carcinologique : cibler
Si thrombose récidivante dans l’année,
ou récidivante sous traitement, ou bilatérale : dépistage de cancer (TDM)
Si stigmate d’hémolyse intravasculaire
Recherche HPN
Thrombocytose ou polyglobulie
Recherche de SMP (mutation JAK2,
culture de progéniteurs hématopoïétiques)
La surveillance du patient à la recherche d’éléments
en faveur d’une néoplasie s’effectue dans l’année
qui suit l’événement.
Figure 1 : Bilan étiologique : algorithme
non provoquée
MTEV non provoquée
< 50 ans et antécédent
familial non provoquée
de 1er degré jeune
< 50 ans chez la femme
en cas de désir de
grossesse (pour gestion
éventuelle de la prévention)
Thrombose proximale ou embolie
pulmonaire non provoquée (1 er évènement),
ou thromboses veineuses profondes récidivantes :
Recherche de SAPL
Si stigmate d’hémolyse
Bilan hépatique, radiographie thoracique,
hémogramme, mise à jour des dépistages
carcinologiques (hémoccult, frottis
cervico-vaginaux, mammographie, PSA)
ou polyglobulie
Recherche de SMP
(mutation JAK2, culture
de progéniteurs
hématopoïétiques)
Si point d’appel carcinologique :
ou récidivante sous traitement,
ou bilatérale :
dépistage de cancer (TDM)
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population. Ann. Intern. Med. 2004, 140: 330–7.
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5.Juul K, Tybjaerg-Hansen A, Schnohr P et al. Factor V Leiden
Différents supports d’information peuvent être utilisés : carnets de suivi (de l’ANSM pour les AVK, ou
du GITA pour les AOD), outils développés par certains établissements de santé, documents remis par
les laboratoires pharmaceutiques (brochures, dépliants, chevalets, jeux éducatifs), ou sites internet
institutionnels ou associatifs (sociétés savantes, associations de patients). Tous les outils peuvent être
utilisés, en les adaptant au patient et à sa demande
réelle, de façon continue et répétée (cf. Annexes).
L’information du patient sur son traitement anti­
coagulant est essentielle. Elle doit être à l’écoute du
patient et le conduire à devenir acteur de son traitement. Plus que l’acquisition de connaissances, elle
cherche à obtenir l’adhésion du patient et à favoriser
son observance au traitement anticoagulant.
Elle peut être dispensée par tous les personnels de
santé intervenant dans le parcours de soins du patient atteint d’une MTEV et doit ainsi être intégrée
aux soins en impliquant, dans une approche commune, médecins spécialiste et généraliste, pharmacien, biologiste et infirmière. Elle peut en effet
prendre différentes formes : information ciblée individuelle, séance d’éducation thérapeutique en atelier, ou encore entretien pharmaceutique (à l'hôpital
ou en officine).
ATTENTES, OUTILS ET OBJECTIFS DANS LA
Dans la MTEV, l’information thérapeutique doit être
progressive, avec des attentes, des objectifs et des
outils utilisés qui différent selon 4 phases du parcours de soins (Tableaux) : hôpital, à 1 mois, à 3-6
mois, et dans la MTEV chronique.
À 3 OU 6 MOIS
Les attentes du malade
Les cibles du médecin
Le traitement anti­
coagulant (TT AC)
La sécurité du TT
(hémorragie versus
Toutes les attentes/
récidive, guéri ou non cibles peuvent être
à l’arrêt du TT AC, appréhendées.
les circonstances à
risque, le risque pour
CARNET AVK/AOD
DANS LA MTEV CHRONIQUE
QUESTIONNAIRE DE COMPLIANCE
CHEVALETS DE CONSULTATION
DANS LA MTEV
LES OBJECTIFS : CHECK-LIST
NOM DU MÉDICAMENT AC
RÔLE DU MÉDICAMENT AC
RAISONS DU TRAITEMENT AC
RISQUE DES ANTALGIQUES
(AINS, ASPIRINE …)
RISQUES LIÉS À LA PRISE DE
VALEUR DE L'INR CIBLE
MODALITÉS DE RÉALISATION DE L'INR
SI SURVEILLANCE PLAQUETTAIRE
(X) (cancer)
(SAIGNEMENTS, THROMBOSE)
PRATIQUES À RISQUE (SPORT DE
CONTACT, JARDINAGE…)
DÉTECTION DES SIGNES DE SURDOSAGE
DÉTECTION DES SIGNES DE SOUSDOSAGE
LES OBJECTIFS : CHECK-LIST (SUITE)
HEURE HABITUELLE DE PRISE
MODALITÉS D'INJECTION POUR HBPM
MODIFICATIONS ENGENDRÉES PAR
L'OUVERTURE DES GÉLULES,
ÉCRASEMENT DES COMPIRMÉS …
INFORMATION DE TOUT PROFESSIONNEL
DE SANTÉ DU TRAITEMENT
DÉTENTION PAR LE PATIENT DU CARNET/
CONDUITE À TENIR EN CAS DE VOYAGE
AVEC DÉCALAGE HORAIRE
- s canner multibarette avec analyse
- s canner sans analyse sous-segmentaire et échographie veineuse
- S cintigraphie de perfusion normale
non diagnostique et
- h ospitalistion soins
- h ospitalisation
onfirmation du choix thérapeutique
oordination entre les différents acteurs
robabilité clinique
ransmission entre structure
fficacité du traitement
olérance du traitement
bservance du traitement
déquation de la prescription du traitement
VALUATION DE L’EFFICACITÉ ET DE LA
yspnée et hypertension pulmonaire
ÉCISION D’ARRÊT OU DE POURSUITE DU
4.1. L
’évaluation de la tolérance et de
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Traitement curatif de la maladie thromboembolique chez
Optimisation de l`interrogatoire dans l`évaluation du risque thrombo
Une thrombose veineuse profonde révélatrice d`un cancer gastrique
Cancer occulte et maladie thromboembolique veineuse : Résultats
Risque de TVP est - Groupe Francophone thrombose et cancer
La maladie thromboembolique veineuse chez les patients
Thrombose veineuse profonde. I. Généralités