Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001120-220680
Timestamp: 2017-04-27 11:28:46+00:00
Document Index: 155130875

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", "l'article 12", 'art. 6', 'art. 22', 'art. 12']

France, Conseil d'État, 9 ss, 20 novembre 2000, 220680
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 9 ss, 20 novembre 2000, 220680
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 220680Numéro NOR : CETATEXT000008142184 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-11-20;220680 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 4 mai 2000 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 8 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a, d'une part, annulé son arrêté du 13 janvier 1999 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Ninko X... et, d'autre part, renvoyé devant une formation collégiale la requête de l'intéressé tendant à l'octroi d'un titre de séjour ;
- les conclusions de M. Courtial, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité yougoslave, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 30 juillet 1998, de la décision du 22 juillet 1998, par laquelle le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... a fait valoir qu'il n'a presque plus d'attaches familiales en Yougoslavie et que depuis son entrée en France, il vit de manière constante avec ses parents, installés régulièrement et de longue date sur le territoire français, et qui pourvoient à son entretien ; que, compte tenu des circonstances de l'espèce et notamment des conditions de séjour de M. X..., qui est célibataire et a vécu en Yougoslavie jusqu'à l'âge de 20 ans, cet arrêté n'a pas, eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que c'est, dès lors, à tort que, pour annuler l'arrêté susvisé du 13 janvier 1999, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, si M. X... justifie être entré une première fois en France le 31 août 1987, il n'établit pas y avoir résidé habituellement depuis cette date ; que, par suite, les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ne faisaient pas obstacle à ce que le PREFET DE POLICE puisse ordonner sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... expose qu'il parle couramment le français, qu'il justifie d'une promesse d'embauche au cas où sa situation viendrait à être régularisée, qu'il a noué en France des amitiés durables et participe à l'animation d'une association sportive ; que ces circonstances ne sont pas de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 13 janvier 1999 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Ninko X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1999-01-13Loi 80-539 1980-07-16 art. 6-1Loi 95-125 1995-02-08Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 20 novembre 2000, n° 220680Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. MahéRapporteur public : M. CourtialOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 9 ssDate de la décision : 20/11/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page