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Timestamp: 2016-10-21 18:39:05+00:00
Document Index: 120753680

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 98', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 175', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 9', 'art. 75', 'art. 9', 'art. 176', 'art. 317', 'art. 272', 'art. 66', 'art. 68']

5A_828/2014 � � Arr�t du 25 mars 2015
repr�sent�e par Me Lionel Halp�rin, avocat,
repr�sent� par Me Shahram Dini, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 8 septembre 2014.
A.________ et B.________, tous deux n�s en 1954 et de nationalit� am�ricaine, se sont mari�s en 1982. Ils n'ont pas eu d'enfant. L'�poux a quitt� le logement conjugal le 1er f�vrier 2013.
Par jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 25 f�vrier 2014, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a notamment condamn� l'�poux � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement de 15'600 fr. par mois d�s le prononc� du jugement (3); il devait payer en sus les imp�ts (IFD et ICC) du couple en Suisse jusqu'� l'obtention d'une taxation s�par�e (4), ainsi que les frais hypoth�caires (int�r�ts et amortissements) de la villa de U.________, la liquidation du r�gime matrimonial �tant r�serv�e (5).
Statuant le 8 septembre 2014 sur appel de l'�pouse, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a r�form� le jugement en ce sens que la contribution d'entretien est fix�e � 18'500 fr. par mois.
Par m�moire du 23 octobre 2014, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris, principalement � sa r�forme, en ce sens que la pension alimentaire en sa faveur est fix�e � 33'686 fr. A titre subsidiaire, elle sollicite le renvoi de la cause � la juridiction pr�c�dente pour nouvelle d�cision.
Invit�s � se d�terminer, l'intim� a conclu au rejet du recours et la cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans les formes l�gales (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien due � l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�Comme la d�cision entreprise porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF, la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ( " principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s).
2.2.�De jurisprudence constante, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318 s.); il ne suffit pas qu'une solution diff�rente apparaisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339).
2.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans le cadre d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1). Il ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (cf. supra consid. 2.1; art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.). Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 p. 325).
Le litige a pour objet la contribution d'entretien due � l'�pouse dans le cadre d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale.
Selon la jurisprudence, m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune (art. 175 s. CC), l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 138 III 97 consid. 2.2 p. 98 s.; 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux (art. 163 al. 1 CC). En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s peuvent �tre couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100 s.; arr�t 5A_937/2012 du 3 juillet 2013 c. 4.2.1). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien de ce train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Il appartient au cr�ancier de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de rendre celles-ci vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425; arr�t 5A_743/2012 du 6 mars 2013 consid. 6.1.2).
En l'esp�ce, il ressort de l'arr�t attaqu� que l'�poux a per�u un salaire net de 1'329'339 fr. en 2008, 1'797'483 fr. en 2009, 3'727'257 fr. en 2010, 1'643'184 fr. en 2011, et 2'093'495 fr. en 2012. L'�pouse a cess� son activit� lucrative pour suivre son mari au gr� de ses mutations professionnelles. Compte tenu de la situation financi�re du couple, la Cour de justice a fix� la contribution d'entretien de l'�pouse en se fondant sur le train de vie tr�s �lev� men� par les parties durant la vie commune, � savoir avant le 1
er�f�vrier 2013. Sur cette base, la contribution d'entretien a �t� fix�e � 18'500 par mois.
La recourante ne conteste pas, en tant que telle, la m�thode de calcul de la contribution d'entretien. En revanche, elle reproche � l'autorit� cantonale d'avoir proc�d� � une d�termination manifestement inexacte du train de vie qui �tait le sien pendant la vie commune, estimant avoir besoin de 33'686 fr. pour pouvoir le maintenir. Elle soul�ve � cet �gard les griefs d'�tablissement arbitraire des faits, d'appr�ciation arbitraire des preuves et d'application arbitraire des art. 163 et 176 al. 1 CC.
La recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves concernant le montant de plusieurs postes de charges.
5.1.�Elle conteste tout d'abord, pour deux motifs, le montant de 30'000 fr. (10'000 fr. de d�penses et 20'000 fr. de frais d'avion) retenu par la cour cantonale � titre de budget annuel pour ses vacances. Elle estime les d�penses n�cessaires � 17'000 fr. par an, de sorte que, une fois ajout�s les 20'000 fr. de frais d'avion qui ne sont pas remis en cause, le budget annuel de ses vacances atteindrait 38'000 fr., soit 3'200 fr. par mois, � savoir 700 fr. par mois de plus que ce qui a �t� retenu en instance cantonale. L'arr�t entrepris serait donc arbitraire dans son r�sultat.
5.1.1.�A ce sujet, la Cour de justice a consid�r� comme vraisemblable que les �poux �taient en voyage environ 120 jours par an, �tant pr�cis� que l'�pouse accompagnait parfois son mari dans ses d�placements professionnels. Les d�comptes de la carte de cr�dit Visa des �poux, dont il ressort clairement que celle-ci a servi � payer leurs d�penses � l'�tranger, pr�sentent un total de 150'000 USD sur trois ans, dont il fallait d�duire le co�t d'achat de bijoux par 87'000 USD, qui sont des cadeaux du mari � son �pouse � l'occasion de ses anniversaires et non pas des d�penses qui doivent �tre prises en compte dans le cadre du maintien de son train de vie. Les parties avaient donc d�pens� 63'000 USD en trois ans (150'000 USD - 87'000 USD), � savoir 10'500 USD par an et par �poux, ce qui correspondait � 9'600 fr. (au taux de change USD 1 = 0 fr. 914). Il avait �galement �t� rendu vraisemblable que les frais de billet d'avion ont �t� pris en charge par les points " avions " accumul�s par le mari lors de ses voyages professionnels, aucune d�pense de ce type ne ressortant des relev�s bancaires des �poux. Par cons�quent, le budget vacances de l'�pouse a �t� estim� � 30'000 fr. par an (10'000 fr. de d�penses et 20'000 fr. de frais d'avion pour quatre voyages par an, notamment aux Etats-Unis o� elle a de la famille), soit 2'500 fr. par mois.
5.1.2.�La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir mal calcul� les d�penses effectu�es par le biais de la carte Visa en 2012, ce qui aurait une influence sur le budget de ses vacances. Ces d�penses s'�l�veraient non pas � 36'405 fr. mais � 45'080 fr., un montant de 8'677 fr. d�pens� en d�cembre 2012 ayant �t� arbitrairement omis. Cela ressortirait pourtant sans �quivoque des relev�s bancaires produits par son mari (pi�ce 20 produite le 2 octobre 2013). A ce sujet, l'intim� indique qu'il est " possible " que la Cour de justice ait fait une erreur, mais pr�conise le rejet du grief faute pour son �pouse d'en avoir pr�cis�, de mani�re chiffr�e, les cons�quences sur le montant de la pension.
Dans la mesure o� la recourante ne se r�f�re pas � un passage d�termin� de la pi�ce � laquelle elle renvoie, et qui compte une trentaine de pages, la critique est insuffisamment pr�cise et, pour ce seul motif, irrecevable (cf. supra consid. 2.3).
5.1.3.�La recourante expose que dans le calcul de ses frais de voyage, l'autorit� cantonale aurait d�duit, � tort, la totalit� des d�penses de bijoux (87'000 USD) des d�penses effectu�es au moyen de la carte Visa. Selon elle, il serait pourtant �tabli qu'une partie de ces 87'000 USD, � savoir 44'966 USD, n'aurait pas �t� pay�e � l'aide de la carte Visa, mais par d�bit direct du compte Merrill Lynch des �poux. La recourante explique que sur la base de la pi�ce 3 produite le 2 octobre 2013, il serait d�montr� que les montants suivants li�s aux achats de bijoux n'auraient pas �t� r�gl� au moyen de la carte Visa: 5'090 USD en janvier 2010, 2'445 USD en juin 2010, 4'890 USD en d�cembre 2010, 8'541 USD en d�cembre 2011 et 24'000 USD en d�cembre 2011. Le calcul de la Cour de justice serait d'autant plus incompr�hensible qu'elle a elle-m�me constat�, � juste titre, que l'�pouse avait rendu vraisemblable avoir notamment achet� des bijoux pour 41'899 USD en 2010 et 46'314 USD en 2011, dont 13'778 USD pay�s avec la carte Visa et 32'541 USD pay�s par d�bit direct du compte Merril Lynch.
S'agissant de la pi�ce 3 produite dans le bordereau du 2 octobre 2013, on rel�vera que ce document compte pr�s de trois cents pages, et que la recourante se contente d'y renvoyer sans expliquer quels passages permettraient de d�montrer le caract�re arbitraire des faits retenus en instance cantonale, ce qui ne satisfait � l'�vidence pas au principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.3) : la critique est donc irrecevable � cet �gard. En revanche, comme l'a soulign� � juste titre la recourante, il ressort des faits de l'arr�t attaqu� que parmi les d�penses effectu�es lors de ses voyages, elle a rendu vraisemblable avoir achet� des bijoux pour 41'899 USD en 2010 et 46'314 USD en 2011, dont 13'778 USD pay�s avec la carte Visa et 32'541 USD pay�s par d�bit direct du compte Merrill Lynch, son �poux ayant autoris� ces achats en guise de cadeaux d'anniversaire (arr�t entrepris, p. 7). D�s lors que 32'541 fr. de bijoux ont �t� pay�s au moyen du compte Merrill Lynch, non pas avec la carte Visa, il �tait arbitraire de d�duire ce montant du total des frais r�gl�s par la carte Visa. Il en d�coule que sur le total de 150'000 USD pay�s avec la carte Visa, il fallait d�duire 54'459 USD de frais de bijoux (87'000 USD - 32'541 USD). Partant, si l'on suit la m�thode de calcul appliqu�e par la Cour de justice, les parties ont d�pens� 95'541 USD (150'000 USD - 54'459 USD) pour leurs voyages en trois ans (hors frais d'avion), soit 15'923 USD par an et par �poux, ou 14'554 fr. (15'923 x 0.914, en application du taux de change utilis� par l'autorit� cantonale, qui n'est pas contest�). Le budget vacances de l'�pouse devait donc �tre estim� � un total de 35'000 fr. par an, soit 15'000 fr. de d�penses (montant arrondi) et 20'000 fr. de frais d'avion, ce dernier montant n'�tant pas contest�. L'admission partielle du grief conduit � retenir, dans son budget mensuel, un montant arrondi de 2'900 fr. pour les voyages (35'000 fr. / 12), au lieu des 2'500 fr. pris en consid�ration par la juridiction pr�c�dente.
5.2.�Selon la recourante, concernant toujours le budget de ses vacances, il serait arbitraire de ne pas avoir tenu compte des d�penses effectu�es par le biais des cartes American Express.
5.2.1.�Apr�s avoir constat� que les cartes American Express des �poux ont �t� d�bit�es de 16'983 USD en 2010, 68'624 USD en 2011 et 2'278 USD en 2012, la cour cantonale a expliqu� qu'il n'�tait pas possible de dire par qui et dans quels buts ces d�penses ont �t� effectu�es, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte dans le cadre du calcul de la contribution d'entretien.
5.2.2.�Selon la recourante, il est insoutenable de ne pas avoir pris ces d�penses en consid�ration. La Cour de justice aurait " pourtant admis, � tout le moins implicitement, qu'il s'agissait de frais de nature personnelle, et non professionnelle ", puisqu'elle a retenu que les d�penses des �poux �taient effectu�es au moyen de trois comptes bancaires, et de cartes de cr�dit d�bit�es du compte aupr�s de Merril Lynch. L'�pouse affirme avoir all�gu� qu'elle et son mari poss�daient tous deux une carte American Express au nom de celui-ci, que le mari r�glait directement les factures, et qu'il avait en outre une carte de cr�dit American Express pour ses d�penses professionnelles. Elle aurait �galement all�gu� que certains frais de voyage �taient pay�s par la carte de son mari. Or, ces points n'auraient jamais �t� contest�s par l'intim�. D�s lors qu'il serait �tabli que les frais pay�s au moyen des cartes American Express sont de nature personnelle, il serait incompr�hensible qu'ils aient �t� ignor�s, quand bien m�me la Cour de justice n'�tait pas en mesure de d�terminer par qui les d�penses concern�es avaient �t� effectu�es. Il fallait donc attribuer au moins la moiti� des frais en question � ses propres d�penses, comme l'a fait l'autorit� cantonale pour les d�penses effectu�es par le biais de cartes Visa. La recourante rel�ve enfin qu' "il ressort des relev�s de compte Merrill Lynch que les cartes American Express des �poux ont vraisemblablement servi � payer les frais d'h�tel lors de leurs s�jours � l'�tranger ". En effet, par exemple, il serait d�montr� par le relev� des d�penses Visa du mois de juillet 2011 que les �poux ont s�journ� en Afrique du Sud, alors qu'aucun frais d'h�tel ne ressort des relev�s Visa. Ainsi, logiquement, ces frais auraient �t� r�gl�s par l'une des cartes American Express, ce qui para�t tout � fait vraisemblable puisque le relev� American Express s'est �lev� � pr�s de 27'000 USD pour le mois de juillet 2011. Concernant les montants dont les cartes American Express des �poux ont �t� d�bit�s, la recourante fait valoir une erreur de calcul. En r�alit�, le total des d�bits s'�l�verait non pas � 87'885 fr., mais � 97'908 fr. 50, la cour ayant omis les montants portant la mention " Amex ", qui serait " de toute �vidence " l'abr�viation d'American Express.
La Cour de justice aurait aussi �cart�, de mani�re insoutenable, et sans motiver sa d�cision � cet �gard, les d�penses pay�es par ch�ques au moyen du compte Merrill Lynch, alors que ces d�penses �taient clairement identifiables, � savoir un total de 18'371 USD (conseils juridiques en mai 2010, achats de tableaux en mars et avril 2011, retrait de dollars am�ricains lors des s�jours aux �tats-Unis en novembre et d�cembre 2011), dont au moins la moiti� aurait d� �tre prise en compte dans son budget. La d�cision entreprise r�sulterait donc d'une appr�ciation arbitraire des preuves.
5.2.3.�Comme il a �t� rappel� plus haut (cf. supra consid. 3), il appartient au cr�direntier de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de les rendre vraisemblables. La recourante ne conteste pas v�ritablement les consid�rations de l'autorit� cantonale, en tant que celle-ci a relev� qu'on ne savait pas par qui et dans quel but les cartes American Express ont �t� utilis�es. En se contentant d'expliquer que les cartes ont servi � des d�penses " personnelles ", la recourante ne d�montre pas avoir rendu vraisemblable, au cours de la proc�dure, qu'il s'agirait de d�penses personnelles n�cessaires � son train de vie, ni de quel type de frais il s'agissait. Elle ne pr�cise d'ailleurs toujours pas quelle �tait la nature exacte de ces d�penses, hormis en ce qui concerne de pr�tendus frais d'h�tel lors d'un voyage en Afrique du Sud, qui auraient vraisemblablement �t� pay�s � l'aide des cartes American Express. Outre que cette critique se fonde sur des faits nouveaux irrecevables (i.e le voyage en Afrique du Sud; cf. supra consid. 2.3), sans que la recourante ne se plaigne de l'arbitraire de leur omission, la critique est d�nu�e de pertinence. Quand bien m�me aucun frais d'h�tel n'aurait �t� d�bit� de la carte Visa pour ce voyage, la cour cantonale pouvait sans arbitraire ne pas consid�rer comme vraisemblable que ces frais d'h�tel, dont on ignore d'ailleurs le montant, auraient �t� pay�s au moyen de la carte American Express. Vu ce qui pr�c�de, il n'y a pas lieu d'examiner la critique relative au montant, pr�tendument inexact, des frais pay�s avec cette carte.
Concernant les d�penses qui auraient �t� pay�es par ch�ques au moyen du compte Merrill Lynch, la recourante ne pr�tend pas, ni a fortiori ne d�montre, avoir all�gu� et offert de prouver ces faits en instance cantonale, de sorte que la critique est irrecevable (art. 75 LTF).
5.3.�La recourante reproche � la Cour de justice d'avoir retenu des frais de 500 fr.�
par an�de pr�voyance � long terme, au lieu des 500 fr.�
par mois�dont elle s'acquitte en r�alit�, ce qui serait arbitraire au vu des pi�ces produites en premi�re instance d�j�. Selon elle, la prime annuelle d'assurance s'�l�verait � 7'060 USD, soit 6'453 fr. Or, l'autorit� cantonale aurait elle-m�me constat�, dans sa partie " en fait ", que le montant de 500 fr. �tait d� mensuellement (arr�t entrepris, p. 11). La correction de l'erreur susmentionn�e aboutirait � une augmentation de 400 fr. par mois de la contribution d'entretien.
Dans le cadre du calcul de la pension, la Cour de justice a effectivement pris en compte 500 fr.�
par ann�e�� titre de frais de pr�voyance � long terme, indiquant que ce montant avait �t� admis par l'autorit� de premi�re instance et n'�tait pas contest� par l'�poux. Or, comme l'indique � juste titre la recourante, et comme le reconna�t l'intim� dans son m�moire de r�ponse, le montant admis par l'autorit� de premi�re instance est de 500 fr.�
par mois, ce qui ressort d'ailleurs de la partie " faits " arr�t attaqu� (let. e p. 4). Le grief de la recourante doit donc �tre admis sur ce point.
Se plaignant d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application des art. 176 al. 1 ch. 1 et 163 CC, la recourante s'en prend � l'absence de prise en compte de sa charge fiscale dans le calcul des frais n�cessaires au maintien de son train de vie.
6.1.�Elle explique que l'�poux assumait la charge fiscale du couple depuis toujours. Dans la mesure o� la contribution d'entretien fix�e � 18'500 fr. par la juridiction pr�c�dente ne couvre que les d�penses n�cessaires pour maintenir son train de vie ant�rieur, il serait arbitraire de ne pas y avoir ajout� les imp�ts qu'elle devra payer sur ce montant; le fait qu'elle doive s'acquitter d'imp�ts serait " notoire ". Elle rappelle que son �poux a �t� condamn� � payer,
en sus�des pensions alimentaires, les imp�ts dus par le couple en Suisse jusqu'� l'obtention d'une taxation s�par�e; la Cour de justice ne pouvait donc ignorer que " d�s 2013 " elle devrait payer ses imp�ts suisses en tant que personne s�par�e. Selon ses dires, elle aurait soulev� cette probl�matique devant l'autorit� cantonale dans le cadre de sa r�plique du 25 avril 2014, en relevant que contrairement � ce que soutenait son mari dans son m�moire de r�ponse � l'appel, le montant de la contribution d'entretien ne pouvait s'entendre net d'imp�ts et que le Tribunal de premi�re instance " n'avait pourtant pas pris cet �l�ment en compte dans son calcul " (r�plique du 25 avril 2014, p. 2). La recourante explique qu'elle doit s'acquitter d'imp�ts sur la moiti� de la valeur locative de la villa et sur la moiti� des revenus de la fortune du couple (imp�t sur le revenu), ainsi que sur la moiti� de leur fortune mobili�re et immobili�re (imp�t sur la fortune). Elle devra s'acquitter en sus, " d�s 2014 ", d'imp�ts sur le montant de la contribution d'entretien que lui verse son mari. Elle expose avoir produit " ces informations " en premi�re instance, se r�f�rant � une pi�ce 16 produite le 2 octobre 2013, de sorte que la Cour de justice disposait donc de tous les �l�ments pertinents pour effectuer une simulation d'imp�ts et d�terminer ainsi sa charge fiscale, ce qu'elle a d'ailleurs fait concernant la charge fiscale de son mari. En d�finitive, la d�cision attaqu�e serait choquante dans son r�sultat puisqu'apr�s paiement de ses imp�ts, il ne lui resterait, sur les 18'500 fr. mensuels de pension, que 3'000 fr. par mois pour faire face � ses d�penses.
6.2.�L'autorit� cantonale a relev� qu'en application de l'art. 317 CPC, la simulation d'imp�ts produite par l'�pouse en appel �tait irrecevable. Dans les diff�rents postes de charge de l'�pouse, elle n'a pas pris en compte de montant � titre d'imp�ts.
6.3.�A titre liminaire, on pr�cisera qu'en l'esp�ce, il n'est en soi pas arbitraire - � tout le moins quant au r�sultat - de ne pas tenir compte, dans les frais de l'�pouse, de l'imp�t qu'elle devrait payer sur les �ventuels�
revenus de sa fortune; en effet, l'autorit� cantonale a fix� la pension en sa faveur en tenant compte du fait qu'elle n'avait pas de revenu propre, constatation qui n'est pas contest�e. Dans l'hypoth�se o�, comme elle le pr�tend, elle devait en r�alit� s'acquitter d'un imp�t sur les revenus de sa fortune, elle pourra parfaitement le faire au moyen desdits revenus tout en maintenant son train de vie gr�ce � la pension alimentaire qui lui a �t� octroy�e. Au demeurant, s'agissant du pr�tendu imp�t sur les revenus de la fortune et de l'imp�t sur la fortune, il appartenait � la recourante, nonobstant l'application de la maxime inquisitoire (art. 272 CPC), de collaborer � l'�tablissement des faits dans la mesure o� ces �l�ments ne d�pendaient pas de la d�cision qui allait �tre rendue.
Cependant, il est insoutenable de fixer une contribution d'entretien de l'�pouse de 18'500 fr. et de ne pas tenir compte du fait que la b�n�ficiaire devra payer des imp�ts sur celle-ci (cf. dans ce sens les arr�ts 5A_778/2012 du 24 janvier 2013 consid. 5.4; 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.5.2.4; 5A_679/2011 du 10 avril 2012 consid. 10). Le recours doit �tre admis sur ce point et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle proc�de � l'estimation de la charge fiscale de la recourante sur ces revenus, et qu'elle fixe � nouveau la contribution d'entretien en sa faveur en tenant compte du montant ainsi obtenu, � partir du moment o� les �poux sont (ou seront) tax�s s�par�ment, de telle mani�re qu'elle puisse maintenir le train de vie qui �tait le sien avant la s�paration.
En conclusion, le recours est partiellement admis, dans la mesure de sa recevabilit�. L'arr�t entrepris est annul� et la cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il lui appartiendra de statuer � nouveau sur le montant de la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, en tenant compte de montants mensuels de 2'900 fr. � titre de frais de voyage (cf. supra consid. 5.1.3) et de 500 fr. � titre de pr�voyance � long terme (cf. supra consid. 5.3); elle devra aussi estimer le montant de la charge fiscale de l'�pouse qu'il est ad�quat d'ajouter � son budget pour lui permettre de maintenir son train de vie (cf. supra consid. 6.3), et en tenir compte dans le cadre du calcul de la pension, � partir du moment o� les �poux sont ou seront tax�s s�par�ment.
Vu l'issue du litige, il se justifie de r�partir les frais judiciaires par moiti� entre les parties, l'intim� ayant conclu au rejet de l'entier du recours (art. 66 al. 1 LTF). Les d�pens sont compens�s (art. 68 al. 1 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 12'000 fr., sont mis pour 6'000 fr. � la charge de A.________ et pour 6'000 fr. � la charge de B.________.