Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19940729-116946
Timestamp: 2016-12-05 13:08:31+00:00
Document Index: 147444826

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 6", "l'article 6", "l'article 6", 'art. 6']

France, Conseil d'État, 4 / 1 ssr, 29 juillet 1994, 116946
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Sens de l'arrêt : RejetType d'affaire : AdministrativeType de recours : Recours en cassationNumérotation : Numéro d'arrêt : 116946Numéro NOR : CETATEXT000007846083 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1994-07-29;116946 Analyses : PROFESSIONS - CHARGES ET OFFICES - DISCIPLINE PROFESSIONNELLE - PROCEDURE DEVANT LES JURIDICTIONS ORDINALES - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - Intérêt à agir - Pharmaciens conseils - Traduction en chambre de discipline - Conditions - Demande ou accord des autorités administratives dont ils relèvent - Légalité.55-04-01-01 Les dispositions réglementaires de l'article 6 du décret du 24 mai 1969 et de l'article R.5015-I du code de la santé publique, qui précisent que les pharmaciens conseils ne peuvent être traduits en chambre de discipline pour des faits commis dans l'exercice de leur mission de service public que sur la demande ou avec l'accord des autorités administratives dont ils relèvent, ne méconnaissent aucune disposition législative ni aucun principe général du droit. Le conseil national de l'ordre des pharmaciens a dès lors pu en faire légalement application pour rejeter comme irrecevable la plainte introduite par le dirigeant d'un laboratoire à l'encontre de trois pharmaciens conseils.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 18 mai 1990 et 18 septembre 1990 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Pierre Y..., demeurant ... ; M. Y... demande au Conseil d'Etat l'annulation d'une décision du 23 février 1990 par laquelle le conseil national de l'ordre des pharmaciens a rejeté son recours dirigé contre la décision du 25 novembre 1988 par laquelle le conseil central de la section D de l'ordre des pharmaciens a rejeté sa plainte contre Mme X..., pharmacien-conseil près la caisse primaire d'assurance maladie de Toulouse ;
Vu le décret n° 69-505 du 24 mai 1969 ;
- les observations de la S.C.P. Boré, Xavier , avocat de M. Pierre Y..., de Me Vincent, avocat de Mme Claude X... et de la SCP Célice, Blancpain, avocat du conseil national de l'ordre des pharmaciens,
- les conclusions de M. Kessler, Commissaire du gouvernement ;Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 6 du décret susvisé du 24 mai 1969 : "A l'occasion des actes de leurs fonctions, les praticiens conseils ne peuvent être traduits devant la juridiction ordinale dont ils relèvent que par le ministre d'Etat chargé des affaires sociales ou le Procureur de la République conformément aux dispositions des articles 418 et 422 du code de la santé publique. Les dispositions de l'article R. 5015-I (1er alinéa) du même code sont applicables aux pharmaciens conseils" ; que, d'autre part, aux termes de l'article L. 418 dudit code "les médecins chargés d'un service public et inscrits au tableau de l'Ordre ne peuvent être traduits devant le conseil régional, à l'occasion des actes de leur fonction publique, que par le ministre de la Santé publique et de la Population, le directeur départemental de la Santé ou le Procureur de la République" ; qu'enfin, aux termes de l'article R. 5015-I : "les pharmaciens fonctionnaires qui exercent une activité pharmaceutique motivant leur inscription à l'un des tableaux de l'Ordre restent soumis pour cette activité à la juridiction de l'ordre. Ils ne peuvent être traduits en chambre de discipline que sur la demande ou avec l'accord des autorités administratives dont ils relèvent" ;
Considérant que les dispositions réglementaires précitées ne sont contraires à aucune disposition législative ni à aucun principe général du droit ; qu'en particulier le principe de l'égalité des citoyens devant la loi ne fait pas obstacle à ce que les pharmaciens-conseils ne puissent être traduits en chambre de discipline pour des faits commis dans l'exercice de leur mission de service public que sur la demande ou avec l'accord des autorités administratives dont ils relèvent ; que M. Y... n'est dès lors pas fondé à exciper de l'illégalité des dispositions de l'article R. 5015-I du code de la santé publique et de l'article 6 du décret du 24 mai 1969 ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que les trois pharmaciens-conseils contre lesquels M. Y... a introduit une plainte ont refusé la prise en charge de certaines analyses effectuées par le laboratoire dirigé par M. Y... dans l'exercice de leurs fonctions auprès des caisses primaires d'assurance maladie ; qu'en estimant que de tels actes relèvent de la mission de service public confiée aux pharmaciens conseils, le conseil national de l'ordre des pharmaciens a fait une exacte application des dispositions précitées et a, par suite, légalement rejeté comme irrecevable la plainte de M. Y... ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Pierre Y..., au conseil de l'ordre des pharmaciens, à Mme X... et au ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville.Références : Code de la santé publique R5015, L418Décret 69-505 1969-05-24 art. 6Publications :Proposition de citation: CE, 29 juillet 1994, n° 116946Mentionné aux tables du recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. CombarnousRapporteur : M. StasseRapporteur public : M. KesslerOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 4 / 1 ssrDate de la décision : 29/07/1994Fonds documentaire : Legifrance Haut de page