Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F01-11-2006-4C-261-2006
Timestamp: 2016-10-22 07:16:27+00:00
Document Index: 201795111

Matched Legal Cases: ['art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 30', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 259', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 260', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 267', 'in fine', 'art. 8', 'in fine', 'ATF ', 'art. 267', 'in fine', 'art. 267', 'art. 267', 'art. 32', 'art. 3', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 55']

d�fenderesse et recourante, repr�sent�e par Me Dominique de Weck,
contrat de bail; indemnit� de remise en l'�tat � la charge du locataire,
A.a Le 20 novembre 1985, N.________ a remis � bail � Y.________ SA, dont C.________ �tait administrateur, un magasin d'exposition avec arcade commerciale, � Gen�ve, que le locataire destinait � l'achat, la vente et l'exposition d'automobiles; le bail commercial �tait conclu pour une dur�e de 10 ans, renouvelable de 5 ans en 5 ans.
La faillite de Y.________ SA ayant �t� d�clar�e le 9 d�cembre 1993, deux nouveaux baux ont �t� conclus, en remplacement de l'accord pr�cit�, entre N.________, en tant que bailleur, et, conjointement, Z.________ SA et M.________, �pouse de C.________, en tant que locataires. Le premier contrat portait sur la location du magasin d'exposition avec l'arcade commerciale, alors que le second avait trait � une annexe au magasin. Ces baux, pass�s pour une dur�e initiale de 5 ans, soit du 1er mars 1994 au 28 f�vrier 1999, �taient renouvelables ensuite tacitement d'ann�e en ann�e. Les loyers annuels, sans les charges, avaient �t� fix�s � 74'670 fr. pour le magasin d'exposition et � 25'470 fr. pour l'annexe.
A.b A une date ind�termin�e, X.________ SA a acquis les biens-fonds de N.________, auquel elle a succ�d� dans tous ses droits et obligations de bailleur.
Par avis officiels du 16 janvier 1998, X.________ SA a r�sili� les deux baux pour l'�ch�ance du 28 f�vrier 1999; ces cong�s n'ont pas �t� contest�s par les locataires.
Les locataires n'ayant pas restitu� les locaux � la fin du bail, X.________ SA a d�pos� une demande d'�vacuation. Par accord du 21 juin 1999 intervenu devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Gen�ve, Z.________ SA et M.________ ont pris l'engagement de quitter les locaux au 30 juillet 1999.
Par la suite, � une date inconnue, Z.________ SA a �t� d�clar�e en faillite.
A.c Le 31 juillet 1999, un premier proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie a �t� �tabli. Sous la rubrique "le locataire reconna�t �tre responsable des d�g�ts mentionn�s ci-dessous. Il s'engage � payer les travaux de r�paration ou de remise en �tat sur simple pr�sentation des factures et devis", les travaux suivants �taient indiqu�s :
� - R�parer et peindre la devanture,
- Nettoyer et d�caper le blanc sur les vitrines,
- D�poser tous les miroirs contre murs et piliers,
- Terminer le d�montage du bureau int�rieur,
- Nettoyer les ext�rieurs et �vacuer deux v�hicules,
- D�monter paroi bois poster L�mania,
- D�monter le bac � sable,
- Suite d�montage du bureau remettre en �tat le faux plafond �.
Ce constat, r�dig� par D.________, employ� de la r�gie de la bailleresse, a �t� sign� par le pr�nomm� et par C.________. Il a �t� retenu que d�s l'instant o� les locaux �taient encore occup�s le 31 juillet 1999, il �tait entendu que C.________ allait effectuer les travaux susd�crits dans la semaine suivante.
Un second proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie a �t� �tabli le 2 ao�t 1999. Ce document, dress� et sign� par un autre employ� de la r�gie susmentionn�e, qui constatait l'existence de douze d�g�ts et �num�rait les r�parations � op�rer, n'a pas �t� sign� par les locataires. L'employ� en question a d�clar� sous la foi du serment que le 2 ao�t 1999 � il n'y avait pas de gros d�g�ts ... (mais) des interventions que le locataire sortant devait effectuer �.
C.________ a restitu� les cl�s des locaux le 3 ao�t 1999.
Le 4 ao�t 1999, � la requ�te de la soci�t� X.________ SA, l'huissier judiciaire E.________ a examin� les locaux en cause; il a dress� un proc�s-verbal de ses constatations, auquel il a joint 20 photographies en couleur, illustrant ce qui suit:
� - l'enl�vement d'un cache-radiateur,
- le d�montage d'un lavabo,
- le d�montage, voire l'arrachage d'interrupteurs et de prises �lectriques,
- le d�montage, voire l'arrachage de canaux �lectriques,
- les d�tritus alentour�.
Le 10 ao�t 1999, X.________ SA, par la plume de son conseil, a avis� les locataires des d�fauts ayant fait l'objet du constat d'huissier.
A.d Le 19 ao�t 1999, l'entreprise W.________, a remis � la bailleresse un rapport �manant d'un ing�nieur �lectricien sur l'�tat des installations �lectriques des locaux. Il a �t� constat� que cet ing�nieur �lectricien a relev� que le 11 ao�t 1999 les installations �lectriques pr�sentaient un caract�re de dangerosit� et que � certaines parties � manquaient, le montant des r�parations �lectriques �tant estim� � un minimum de 12'000 fr.
B.a Apr�s l'�chec d'une tentative de conciliation, X.________ SA (la demanderesse) a saisi le Tribunal des baux et loyers et requis que M.________ (la d�fenderesse) soit condamn�e au paiement de diverses r�parations, qu'elle a chiffr�es comme il suit:
� - Electricit� 12'000.00 fr.
- Ma�onnerie pour marbrier 1'562.00 fr.
- R�paration sol carrosserie 700.00 fr.
- Evacuation de divers d�chets 3'222.00 fr.
- D�molition socle b�ton et container 2'257.50 fr.
- R�paration porte coulissante carrosserie 1'657.20 fr.
- Peinture et restauration int�rieure 39'131.30 fr.
- R�fection imposte 1'076.00 fr.
- D�molition miroirs, parois, bureau et estrade 10'836.00 fr.
- Frais d'expertise �lectrique 1'769.00 fr.
total: 115'956.00 fr. �.
Ce total est toutefois erron�, l'addition des diff�rents postes de la demande donnant un total de 114'817 fr.50.
M.________ s'est oppos�e � la demande. Elle a notamment fait valoir que les locaux au moment de leur restitution �taient dans le m�me �tat que lorsqu'elle en avait pris possession 15 ans auparavant et que toute d�gradation qui serait survenue rel�verait de l'usure normale. De plus, en l'absence d'un �tat des lieux d'entr�e, la comparaison avec l'�tat des lieux de sortie ne serait pas possible, de sorte que la demanderesse n'est pas � m�me de prouver un quelconque dommage. La d�fenderesse a form� une reconvention tendant au paiement de 28'802 fr. 75 � titre de solde de chauffage.
X.________ SA a admis la reconvention � concurrence de 10'508 fr.30 et diminu� le montant r�clam� initialement, qu'elle a ramen� � 112'234 fr., sous d�duction du montant dont elle s'est reconnue d�bitrice.
Le Tribunal des baux et loyers a ordonn� des enqu�tes. Il en ressort que c'est apr�s le d�part de la locataire que des d�pr�dations ont �t� constat�es (bris de miroirs, arrachage d'installations �lectriques et de moquette, d�montage d'un faux-plafond, descellement d'un coffre-fort, sciage de m�ts porte-drapeaux), en sorte que les locaux paraissaient laiss�s � l'abandon.
B.b Par jugement du 13 octobre 2003, le Tribunal des baux et loyers a condamn� la d�fenderesse � payer � la demanderesse 2'657 fr. 20, et, sur demande reconventionnelle de M.________, condamn� X.________ SA � lui payer 10'508 fr. 30.
Saisie d'un appel de la demanderesse, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve, par arr�t du 5 avril 2004, a annul� le jugement pr�cit� et renvoy� la cause au Tribunal des baux et loyers pour compl�ment d'instruction. La cour cantonale a jug� que la demanderesse avait avis� en temps utile les locataires des d�pr�dations constat�es, si bien qu'il y avait lieu, contrairement � l'opinion du Tribunal des baux et loyers, d'entrer en mati�re sur la totalit� des d�g�ts d�crits dans la demande. Sous cet angle, la Chambre d'appel a relev� que ledit Tribunal n'avait pas proc�d� � des enqu�tes pour d�terminer le montant d�finitif du dommage � r�parer en tenant compte de l'usure normale des installations pendant la dur�e du bail, d'o� la d�cision de lui renvoyer la cause.
B.c Le Tribunal des baux et loyers a ordonn� l'ouverture de nouvelles enqu�tes, entendant en particulier sept t�moins.
Par jugement du 30 novembre 2005, il a consid�r� que le dommage que la d�fenderesse devait rembourser � la bailleresse se montait � un total de 85'106 fr.50, plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005, et qu'il fallait donner acte � la demanderesse de son engagement de verser � son adverse partie la somme de 10'508 fr.30, la compensation avec le premier montant �tant ordonn�e � due concurrence.
Cette autorit� a retenu que 20 postes de dommage devaient �tre mis � la charge de la d�fenderesse. Il s'agit 1) du sol de l'arcade, 2) du sol du d�p�t, 3) des objets laiss�s par la d�fenderesse, 4) de la d�molition du � socle en b�ton du local container �, 5) de la r�paration des portes du local carrosserie, 6) du remplacement des vitres d�truites, 7) du grattage de la peinture sur les vitres, 8) de la repose des m�ts sci�s, 9) de la fourniture et pose des deux portes du garage, 10) de la r�fection du faux plafond, la d�pose du plafond en bois et la pose d'un faux plafond en pl�tre, 11) de la r�fection des murs, vitrages, radiateurs et ma�onnerie du b�timent A, 12) de la r�fection du plafond du b�timent B, 13) de la r�fection des murs, vitrages, radiateurs et ma�onnerie du b�timent B, 14) de la r�fection du plafond des WC et du local d'acc�s du b�timent B, 15) de la remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage, 16) de la r�paration d'une imposte ab�m�e, 17) des travaux de remise en �tat de l'installation �lectrique, 18) de la remise en place de l'auvent de la carrosserie, 19) des frais de l'entreprise W.________ et 20) de la note d'honoraires de l'huissier judiciaire E.________.
Le Tribunal des baux et loyers, � part les postes 1) �sol de l'arcade� et 15) �remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage�, n'a pas pris en compte l'usure normale, dans la mesure o� les locaux avaient �t� volontairement saccag�s.
B.d Statuant par arr�t du 12 juin 2006 sur l'appel de la d�fenderesse, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve a confirm� le jugement du 30 novembre 2005. En substance, la cour cantonale a consid�r� que la bailleresse avait indiqu� � temps � la locataire les d�fauts qui avaient �t� constat�s apr�s la remise des locaux et que la d�fenderesse devait donc indemniser la demanderesse � raison des d�g�ts d�passant l'usure normale. Etant donn� qu'il avait �t� �tabli que la chose lou�e avait subi des d�gradations volontaires apr�s l'�tablissement des �tats des lieux de sortie, l'objection de la locataire relative � l'usure normale des locaux constituait un abus de droit. A supposer qu'il faille entrer en mati�re sur cette objection, a poursuivi la cour cantonale, force serait alors de tenir compte que les premiers juges ont largement pris en compte le facteur de v�tust�; la d�fenderesse, en se voyant condamner � payer 85'106 fr.50, a en effet b�n�fici� d'une erreur de calcul de ces derniers, puisque l'addition correcte des r�parations se montait � 94'935 fr.50 (recte: 93'216 fr.50). De toute mani�re, le Tribunal des baux et loyers a r�duit les frais relatifs au sol en marbre de l'arcade en fonction de la dur�e de vie de ce sol. Enfin, s'agissant des m�ts qui ont �t� sci�s, leur niveau d'usure doit �tre consid�r� � comme total et non conforme � l'usage convenu �.
Parall�lement � un recours de droit public qui a �t� rejet� dans la mesure de sa recevabilit� par arr�t de ce jour, M.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t susmentionn�. Elle conclut � l'annulation dudit arr�t et � l'annulation du point 1 du dispositif du jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 30 novembre 2005. Cela fait, elle requiert que le Tribunal f�d�ral prononce ce qui suit:
� - Donner acte � Mme M.________ de son engagement de verser � X.________ SA les sommes de CHF 340.-- (sol arcade), CHF 322.20 (�vacuation objets), CHF 1'657,20 (r�paration portes local carrosserie) et CHF 1'000.-- (grattage peinture sur vitres) soit au total la somme de CHF 3'319.40.
- Ordonner la compensation des montants mentionn�s pour l'un sous chiffre 2 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 et pour l'autre ci-dessus, � concurrence de CHF 3'319.40, la diff�rence devant �tre � la charge de l'intim�e.
- D�bouter l'intim�e de toutes autres ou contraires conclusions.
- Condamner l'intim�e en tous les d�pens, lesquels comprendront une �quitable indemnit� valant participation aux honoraires d'avocat de la recourante �.
Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un arr�t final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
2.1 Le pr�sent recours a pour partie un contenu identique au recours de droit public connexe que la d�fenderesse a d�pos�. Dans sa jurisprudence, le Tribunal f�d�ral a qualifi� d'abusif le proc�d� consistant � d�poser deux recours, dans des �critures certes distinctes, mais en m�langeant les griefs propres � une voie de droit avec ceux propres � une autre (ATF 116 II 92 consid. 1; 115 II 396 consid. 2a p. 397). Il ne s'ensuit pas que deux recours sont irrecevables du seul fait qu'ils ont la m�me motivation. Mais il ne sera pas entr� en mati�re si les moyens tir�s de la violation du droit f�d�ral et ceux tir�s de la violation du droit constitutionnel sont expos�s p�le-m�le, � telle enseigne que les arguments avanc�s � l'appui des deux recours apparaissent irr�m�diablement enchev�tr�s les uns aux autres (cf. � ce sujet les arr�ts les plus r�cents suivants: 4P.173/2006 du 5 octobre 2006, consid. 2.1 et 4P.17/2006 du 2 mai 2006, consid. 2.1). Lorsque le Tribunal f�d�ral est confront� � deux recours dont la motivation est similaire, il contr�lera si, pour chaque acte de recours, les moyens invoqu�s sont recevables dans le cadre de cette voie de droit et satisfont aux exigences de motivation qui y sont propres. Si la r�ponse est affirmative, le recours est recevable, quand bien m�me le recourant reprend textuellement le m�me grief dans une autre �criture (ATF 118 IV 293 consid. 2a p. 294 s.).
Dans le recours de droit public connexe, la recourante a d�velopp� notamment un grief ayant trait � la garantie constitutionnelle du juge impartial (art. 30 al.1 Cst.), alors que dans le recours en r�forme elle se pr�vaut explicitement, citations de doctrine et de jurisprudence � l'appui, d'une violation de l'art. 267 CO. C'est dire que les deux recours sont recevables, bien qu'ils comportent dix pages rigoureusement identiques.
2.2 Aux pages 9 � 14 de son m�moire de recours, la d�fenderesse expose comment les d�positions recueillies par le Tribunal des baux et loyers, dans le cadre des nouvelles enqu�tes qu'il a ordonn�es, auraient d'apr�s elle d� �tre interpr�t�es et invoque au surplus un dossier de photos. Au vu des principes qui viennent d'�tre rappel�s, elle y est irrecevable.
La recourante pr�tend que la cour cantonale a enfreint l'art. 267 al. 1 CO en ne tenant pas compte de l'usure normale de la chose lou�e dans la fixation de l'indemnit� due par la locataire � la bailleresse. Elle fait grief aux magistrats genevois d'avoir confirm� le jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005, par lequel cette autorit� avait sciemment omis de prendre en consid�ration cette usure, au motif que les locaux avaient �t� volontairement saccag�s sur ordre du mari de la locataire, et avait cons�quemment mis presque tous les co�ts de remise � neuf aux frais de cette derni�re.
La d�fenderesse s'en prend aux 20 postes de dommage retenus par le Tribunal des baux et loyers dans le jugement susrappel�, dont a fait �tat la Chambre d'appel aux pages 10 � 12 de l'arr�t d�f�r�.
3.1 L'art. 267 al. 1 CO dispose qu'� la fin du bail, le locataire doit restituer la chose dans l'�tat qui r�sulte d'un usage conforme au contrat. Il s'ensuit qu'au terme du contrat le locataire doit tout d'abord assumer les travaux de nettoyage et les petites r�parations au sens de l'art. 259 CO (SVIT-Kommentar Mietrecht, 2e �d., n. 9 ad art. 267-267a CO; David Lachat, Commentaire romand, n. 3 ad art. 267 CO). Selon les circonstances, il doit ensuite r�gler les frais de remise en �tat des locaux � la suite d'une r�novation ou une modification qu'il a op�r�e sans l'accord du bailleur (art. 260a al. 2 CO a contrario; David Lachat/Daniel Stoll/Andreas Brunner, Das Mietrecht f�r die Praxis, 6e �d, chap. 32, ch. 3.2, p. 616; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 20 ad art. 267-267a CO). Il incombe enfin au locataire de prendre en charge les d�g�ts qui exc�dent l'usure normale de la chose (art. 267 al. 1 CO a contrario; parmi d'autres auteurs David Lachat, Le bail � loyer, chap. 31, ch. 5.1).
L'usure normale des locaux, qui est fonction de leur destination, s'appr�cie sur la base de tabelles d�terminant la dur�e de vie moyenne des installations (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 24 ad art. 267-267a CO; David Lachat, Commentaire romand, n. 4 ad art. 267 CO). Les tables de long�vit� des installations n'ont toutefois qu'une valeur indicative (Pierre Engel, Contrats de droit suisse, 2e �d., p. 187).
Le locataire doit donc supporter les frais de r�paration de l'installation qui est affect�e d'un d�faut d� � l'usage anormal de la chose lou�e. Si une r�paration est impossible ou si les co�ts en seraient disproportionn�s, le preneur ne r�pond pas de la valeur � neuf de l'installation, mais de sa valeur actuelle (Zustandswert) compte tenu de la d�pr�ciation de la chose due � l'�coulement du temps (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 22 ss ad art. 267-267a CO; Peter Higi, Commentaire zurichois, n. 113 ss ad art. 267 CO).
Partant, le bailleur ne dispose d'aucune pr�tention en dommages-int�r�ts � l'�gard du locataire lorsque les d�g�ts touchent une chose qui devait de toute mani�re �tre remplac�e � consid�rer son degr� de v�tust� (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322). En effet, l'indemnit� due au bailleur n'a pas pour fin de l'enrichir (Peter Higi, op. cit., n. 108 ad art. 267 CO; Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., chap. 31, ch. 5.5 in fine, p. 600).
Conform�ment � l'art. 8 CC, il appartient au bailleur d'apporter notamment la preuve du d�faut exc�dant l'usure normale, du dommage en r�sultant et de son �tendue ( arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2 in fine, in SJ 1996 p. 322).
Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait qui lie le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en r�forme. C'est en revanche une question de droit de dire si la notion juridique du dommage a �t� m�connue et de d�terminer si l'autorit� cantonale s'est fond�e sur des principes de calcul admissibles pour le fixer (ATF 129 III 18 consid. 2.4; 128 III 22 consid. 2e, 180 consid. 2d; 127 III 73 consid. 3c, 543 consid. 2b).
En cons�quence, il convient de s'attacher � v�rifier si pour les diff�rents d�g�ts �num�r�s dans l'arr�t entrepris - dont il est admis que la locataire a �t� avis�e par la bailleresse en temps utile au sens de l'art. 267a al. 1 CO - la cour cantonale a correctement appliqu� les principes juridiques relatifs au calcul du dommage concret qu'ils entra�nent.
3.2.1 La recourante ne conteste plus devoir supporter 340 fr. pour avoir endommag� le sol de l'arcade. Il n'y a pas lieu d'y revenir.
3.2.2 La d�fenderesse reconna�t avoir laiss� quatre trous dans le sol du d�p�t. Lorsqu'elle all�gue que ce local a �t� construit par ses soins, elle se pr�vaut de faits non constat�s, donc irrecevables. Et on ne voit pas quels principes juridiques les magistrats genevois auraient viol�s en retenant que ces trous, non n�gligeables puisqu'ils pr�sentaient chacun une surface de 80 cm2, avaient �t� r�par�s pour la somme globale - du reste modique - de 700 fr., dont la locataire �tait ainsi redevable.
3.2.3 Il a �t� retenu d�finitivement que la recourante, apr�s avoir quitt� les locaux lou�s, y a laiss� de nombreux objets, � telle enseigne que les lieux paraissaient � l'abandon.
L'�vacuation de tous ces objets, qui rel�ve de travaux de nettoyage, a �t� factur�e � la bailleresse par l'entreprise qu'elle avait mandat�e pour un total de 3'222 fr. Ce montant doit sans conteste �tre support� par la d�fenderesse.
3.2.4 Il a �t� constat� que la locataire a fait d�molir, � coups de barre � mine, le mur dans lequel �tait scell� un coffre-fort, ce qui a entra�n� des frais de r�paration ascendant � 2'257 fr. Briser un mur d'un local lou� exc�de bien �videmment l'usure normale, de sorte que les frais en question doivent �tre mis � la charge de la locataire.
3.2.5 La recourante admet devoir assumer la r�paration des portes du local carrosserie, par 1'657 fr.20. Ce point est acquis au d�bat.
3.2.6 La recourante pr�tend que les vitres d�truites, dont la long�vit� pour un garage est r�duite de 50 %, avaient atteint leur dur�e de vie maximale lorsqu'elle a restitu� les locaux, si bien qu'elle ne doit rien de ce chef.
Selon la table de long�vit� des installations donn�e par David Lachat, Le bail � loyer, Annexe III, p. 567, la dur�e de vie des vitrages est de 30 ans. Cet auteur pr�cise que selon la destination des locaux, cette long�vit� doit �tre r�duite. Pour les lieux o� est exerc�e une industrie, � l'instar des locaux remis � bail � la d�fenderesse, Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., Anhang VIII, p. A-43 in fine, proposent un taux de r�duction de 25 � 50 %.
Le remplacement des vitres a entra�n� en l'esp�ce la d�pense de 4'100 fr. Selon l'arr�t cantonal, les locaux lou�s �taient destin�s au commerce d'automobiles. Si l'on prend en compte un facteur de r�duction de 30 %, la dur�e des vitrages d�terminante est de 21 ans. La d�fenderesse ayant reconnu avoir occup� les lieux pendant 14 ans (cf. p. 19 in initio de son recours en r�forme), seul un tiers de la facture pour l'installation de nouvelles vitres peut �tre mis � sa charge, soit 1366 fr.65, arrondi � 1367 fr.
3.2.7 Le grattage de la peinture sur les vitres et le nettoyage de divers sols a occasionn� une facture de 2'900 fr. Le nettoyage des locaux avant leur restitution devant �tre fait par le locataire (cf. consid. 3.1 supra), la d�fenderesse est d�bitrice de cette note.
3.2.8 Il a �t� retenu que la recourante a sci� � ras des m�ts, dont la repose par une entreprise a entra�n� une facture de 11'550 fr. Comme la destruction de m�ts n'a rien � voir avec l'usure normale des locaux, la recourante doit indubitablement payer cette facture.
3.2.9 La recourante ne conteste pas avoir emport� deux portes du garage. Il s'agit l� d'un usage totalement anormal de la chose lou�e. La facture pour remplacer ces deux portes, par 10'560 fr., doit �tre prise en charge par la d�fenderesse.
3.2.10 A propos de la r�fection du faux plafond, de la d�pose d'un plafond et de la pose d'un nouveau en pl�tre, la recourante pr�tend que ces cloisons �taient arriv�es en fin de vie � son d�part des lieux et qu'elle ne doit de toute mani�re pas supporter le co�t de l'application de deux couches de peinture, par 3'161 fr. 60.
La cour cantonale a jug� que ces travaux, qui ont engendr� une facture d'un montant de 6'529 fr.15, doivent �tre mis � la charge de la locataire, � en vertu des effets de l'engagement du 31 juillet 1999 �.
Le proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie du 31 juillet 1999 mentionne express�ment que le locataire s'engage � payer les travaux de r�paration ou de remise en �tat qui y sont indiqu�s. Un tel constat sign� engage le locataire en ce sens qu'il vaut convention d'indemnisation ( SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 37 ad art. 267-267a CO; Higi, op. cit., n. 134 ss ad art. 267 CO).
Ce constat stipule en particulier que c'est la locataire qui supporte la remise en �tat du faux plafond. Il n'a toutefois pas �t� sign� par celle-ci, mais par son �poux.
Afin de d�terminer si un �poux est autoris� par l'autre � repr�senter l'union conjugale, il y a lieu de se r�f�rer aux r�gles g�n�rales des art. 32 ss CO (arr�t 4C.131/2006 du 4 juillet 2006, consid. 2.2). In casu, force est d'admettre que la d�fenderesse, qui a laiss� cr�er l'apparence d'un pouvoir de repr�sentation par l'effet d'une procuration externe apparente, se trouve li�e par les actes accomplis en son nom par son �poux, la bonne foi de la demanderesse - pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC) - ne faisant aucun doute (cf. sur cette probl�matique ATF 131 III 511 consid. 3 et les r�f�rences).
C'est donc sans violer le droit f�d�ral que la cour cantonale a fait supporter � la recourante la somme de 6'529 fr.15 pour les travaux en cause.
3.2.11 La recourante fait valoir que la r�fection des murs, vitrages, radiateurs, et ma�onnerie du b�timent A ne lui incombe pas, car ces installations avaient atteint la fin de leur vie � son d�part.
Il r�sulte du bar�me de Lachat (Le bail � loyer, Annexe III, p. 567) que la dur�e de vie des murs est au plus de 10 ans et celle des vitrages, comme on l'a vu, de 30 ans. Pour les radiateurs normaux, Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., Anhang VIII, p. A 43, indiquent 20 ans; ces m�mes auteurs donnent une dur�e de 40 � 100 ans pour le gros oeuvre, � l'exemple de la ma�onnerie (op. cit., p. A.39 in principio). La destination des locaux lou�s par la recourante commande de r�duire ces diff�rentes long�vit�s (cf. consid. 3.2.6 ci-dessus).
D'apr�s l'arr�t cantonal, les travaux susmentionn�s ont fait l'objet d'une facture de 8'825 fr.65, sans que l'on sache comment ils ont �t� ventil�s.
Dans un tel contexte, le Tribunal f�d�ral fait application de l'art. 42 al. 2 CO et consid�re que la moiti� de la facture r�sulte de l'usure nomale et qu'elle ne doit en cons�quence �tre support�e par la d�fenderesse qu'� concurrence de 4'412 fr.80.
3.2.12 La recourante soutient que la r�fection du plafond du b�timent B ne doit pas �tre mise � sa charge, puisque cet objet �tait d�j� amorti � son d�part.
Contrairement � ce qu'a retenu la Chambre d'appel, la d�fenderesse n'est pas li�e sur ce point par le constat du 31 juillet 1999, qui ne fait pas r�f�rence � ce d�faut.
Lachat (Le bail � loyer, Annexe III, p. 567) estime a au maximum 10 ans la dur�e de vie d'un plafond. C'est dire que la locataire, qui a occup� les lieux pendant 14 ans, ne doit rien de ce chef et c'est � tort que l'autorit� cantonale lui a fait supporter 6'112 fr.
3.2.13 La recourante all�gue que la r�fection des murs, vitrages, radiateurs, et ma�onnerie du b�timent B ne lui incombe pas, en raison de leur v�tust�.
A ce sujet, on peut se r�f�rer mutatis mutandis au consid. 3.2.11 ci-dessus. Il suit de l� que seule la moiti� de la facture globale de 10'399 fr.75, soit 5'199 fr.85, sera prise en charge par la d�fenderesse.
3.2.14 La recourante pr�tend qu'elle n'a pas � supporter la r�fection du plafond des WC et de celui du local d'acc�s du b�timent B, �tant donn� la dur�e de vie de ces cloisons.
Ce d�faut n'est pas mentionn� dans l'�tat des lieux de sortie du 31 juillet 1999, de sorte que la d�fenderesse, en d�pit de ce qu'a retenu la Chambre d'appel, ne s'est pas engag�e � en assumer le co�t.
La dur�e de vie d'un plafond �tant tout au plus de 10 ans (cf. consid. 3.2.12), la facture pour le remettre � neuf, par 2'016 fr.25, n'incombe pas � la locataire.
3.2.15 A propos du poste � remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage �, la recourante soutient que toutes ces installations �taient amorties, de sorte qu'elle n'a m�me pas � supporter une partie de ces d�g�ts.
La cour cantonale, pour tenir compte de l'usure normale, n'a mis qu'un tiers de la facture globale engendr�e pour r�parer l'ensemble de ces d�fauts � la charge de la d�fenderesse, par 1'750 fr. La recourante n'apporte aucun �l�ment montrant la fausset� de ce calcul, qui doit ainsi �tre confirm�.
3.2.16 La recourante reconna�t avoir ab�m� une imposte en cours de bail, mais elle pr�tend l'avoir r�par�e six mois avant de quitter les locaux.
Il n'a pas �t� constat� que la d�fenderesse ait supprim� ce d�faut. Les frais de r�paration, par 1'076 fr., doivent incontestablement �tre mis � sa charge.
3.2.17 La recourante pr�tend qu'elle �tait en droit de reprendre les prises et luminaires qu'elle avait fait installer � ses frais.
Il a �t� constat� d�finitivement par huissier judiciaire, que, le 4 ao�t 1999, lendemain du d�part de la d�fenderesse, les interrupteurs et les prises �lectriques des locaux remis � bail avaient �t� d�mont�s, voire arrach�s et qu'il en allait de m�me des canaux �lectriques. La remise en �tat des installations �lectriques, qui pr�sentaient alors un caract�re de dangerosit�, a entra�n� un co�t de 12'000 fr. Il n'y a pas besoin de longues explications pour admettre que ces d�pradations, totalement contraires � l'usage normal des locaux, sont � la charge de la d�fenderesse.
3.2.18 La recourante pr�sente le m�me grief au sujet de l'auvent de la carrosserie, qu'elle pr�cise avoir � enlev� de fa�on soign�e � pour prot�ger les tiers d'un danger.
L'arrachage d'un auvent constitue � l'�vidence un usage anormal de la chose lou�e. Les frais de remise de cet objet, par 3'500 fr, doivent �tre support�s par la locataire.
3.2.19 La recourante conteste, en une ligne, devoir s'acquitter des frais de l'entreprise W.________, par 1'769 fr. Le moyen, d�nu� d'une motivation conforme � l'art. 55 al. 1 let. c OJ, est irrecevable.
En pure perte. Les constatations de l'huissier judiciaire ont �t� rendues n�cessaires par le comportement de la d�fenderesse, qui a caus� de graves d�pradations entre l'�tablissement du second �tat des lieux de sortie, le 2 ao�t 1999, et la remise des cl�s, survenue le lendemain.
4.1 En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis dans la mesure de sa recevabilit�. Il convient de condamner la d�fenderesse � payer � la demanderesse la somme de 72'742 fr.50 (340 fr. + 700 fr + 3'222 fr. + 2'257 fr. + 1657 fr.20 + 1'367 fr. + 2'900 fr. + 11'550 fr. + 10'560 fr. + 6'529 fr.15 + 4'412 fr.80 + 5'199 fr.85 + 1'750 fr. + 1'076 fr. + 12'000 fr. + 3'500 fr. + 1'769 fr. + 1952 fr.50), laquelle portera int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005. Les chiffres 2 � 5 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 seront confirm�s.
4.2 La recourante n'obtient une r�duction que d'environ 15 % de la somme qu'elle avait �t� condamn�e � payer en instance cantonale � la demanderesse. Au vu de ce r�sultat, il convient de mettre l'�molument judiciaire de 4'000 fr. � raison de 3'400 fr. � la charge de la d�fenderesse et de 600 fr. � la charge de la demanderesse. La d�fenderesse devra verser des d�pens � la demanderesse, r�duits selon cette proportion.
L'issue de la cause ne commande pas une nouvelle r�partition des frais de l'instance cantonale.
Le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable, en ce sens que la d�fenderesse est condamn�e � payer � la demanderesse la somme de 72'742 fr.50, avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005.
Les chiffres 2 � 5 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 sont confirm�s.
Un �molument judiciaire de 4'000 fr. est mis � raison de 3'400 fr. � la charge de la d�fenderesse et de 600 fr. � la charge de la demanderesse.
La d�fenderesse versera � la demanderesse une indemnit� de 3'500 fr. � titre de d�pens r�duits.