Source: https://fr.readkong.com/page/ptme-et-prise-en-charge-de-l-infection-a-vih-chez-l-enfant-5344883
Timestamp: 2020-08-05 02:18:48+00:00
Document Index: 160460519

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

PTME et prise en charge de l'infection à VIH chez l'enfant
PTME et prise en charge
.............................................................................................................   de l’infection à VIH
La transmission du VIH de la mère à l’enfant (TME) est une cause majeure de sida en Afrique.
L’ e s s e n t i e l à r e t e n i r
Sa prévention (PTME) nécessite en premier lieu d’encourager les futures mères à la réalisation          •   Toute femme enceinte doit se voir proposer un dépistage de l’infection à VIH dès la
d’un test de dépistage, en insistant sur son importance pour la santé des enfants à naître. Une fois        1 re consultation prénatale.
le dépistage effectué, la PTME chez une femme enceinte séropositive a trois objectifs essentiels :
convaincre la femme de se soigner pour rester en bonne santé (non seulement pour pouvoir élever         •   Pour faciliter l’acceptation du dépistage du VIH par la femme enceinte, il est
correctement son enfant, mais aussi pour elle-même), prévenir l’infection chez l’enfant et organiser        fondamental d’insister sur l’intérêt du test pour la santé de l’enfant.
son suivi après la naissance. Ces objectifs n’impliquent pas obligatoirement d’importants moyens        •   Lors du dépistage, tout doit être fait pour que le résultat du test soit donné le jour
financiers et plusieurs études réalisées en Afrique montrent qu’ils sont atteignables, à condition          même de sa réalisation.
d’une bonne organisation du parcours de soins. Dans le monde, entre 2004 et 2008, le pourcentage
•   Le dépistage doit être réalisé en salle d’accouchement si l’on ne dispose pas d’un test
de mères infectées par le VIH ayant bénéficié d’un traitement destiné à diminuer la transmission du
virus à l’enfant a augmenté de 8 à 45 % : l’idéal serait d’arriver à 100 % des femmes.                      récent fiable ou si une femme dépistée négative en début de grossesse présente des
Si un enfant naît malgré tout infecté par le VIH, la précocité du diagnostic et celle de la mise            facteurs de risque d’infection.
sous traitement sont fondamentales pour l’avenir : en l’absence de prise en charge adaptée,             •   Toutes les femmes enceintes infectées par le VIH doivent recevoir un traitement ARV,
plus de la moitié des enfants infectés par le VIH meurent avant l’âge de 2 ans, et environ 10 %             dont le moment d’introduction dépend du stade clinique et immunologique de l’infection,
seulement atteindront leur dixième année.                                                                   sans dépasser 14 semaines de grossesse.
•   Le traitement ARV de choix pour la PTME pendant la grossesse est une trithérapie,
Obj ectifs du module                                                                choisie en fonction des recommandations nationales.
•   Le traitement ARV dans le cadre de la PTME a soit l’objectif unique de la prévention
À la fin du module, vous serez en mesure de :
de la transmission du VIH à l’enfant si la mère n’a pas besoin de traitement pour
1– Décrire les modalités du dépistage de l’infection à VIH chez la femme enceinte.
elle-même (prophylaxie qui sera arrêtée après l’accouchement ou l’allaitement), soit
2–    Citer les moments de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et les interventions de             l’objectif double de prévenir la TME et de traiter la mère si son état clinique et/ou
PTME qui leur correspondent.                                                                          immunologique le nécessite (traitement poursuivi à vie).
3–    Citer les éléments permettant de savoir chez une femme enceinte s’il faut débuter un              •   Une césarienne doit être programmée à 38 semaines d’aménorrhée si la charge virale
traitement pour elle-même ou dans le cadre d’une prophylaxie.                                         de la femme est supérieure à 5 000 copies/ml en fin de grossesse ou si la femme
enceinte n’a reçu aucun traitement ARV préventif durant la grossesse.
4–    Préciser le moment de la mise sous traitement ARV chez une femme enceinte séropositive
dans le cadre de la prophylaxie et du besoin de traitement pour la mère.                          •   Le choix de l’allaitement artificiel ne peut se faire que s’il est socialement acceptable,
faisable, abordable, sûr et soutenu de manière exclusive pendant toute la durée prévue.
5–    Citer les critères qui permettent de poser l’indication d’une césarienne chez la femme
enceinte séropositive.                                                                            •   En cas d’allaitement maternel, celui-ci doit toujours être protégé par un traitement
ARV chez la mère et/ou préventif chez l’enfant.
6–    Citer les arguments permettant de guider la femme séropositive dans le choix d’une
modalité d’allaitement pour son enfant.                                                           •   Le diagnostic précoce de l’infection à VIH chez l’enfant né de mère séropositive est
essentiel pour pouvoir mettre en place rapidement un traitement ARV.
7–    Expliquer en quoi consiste un allaitement maternel protégé chez l’enfant né d’une
mère séropositive.                                                                                •   Pour faire le diagnostic d’infection à VIH chez un enfant de moins de 18 mois né de
mère séropositive, il faut utiliser la technique de PCR.
8–    Citer les critères orientant le choix des tests biologiques de diagnostic de l’infection à VIH
chez l’enfant né de mère séropositive.                                                            •   Chez l’enfant de moins de 5 ans, l’état immunitaire s’évalue d’après le pourcentage de
lymphocytes CD4 et non pas sur leur nombre total.
9–    Décrire les critères cliniques, biologiques et immunologiques qui définissent l’indication
d’un traitement ARV chez un enfant infecté par le VIH.                                            •   Tous les enfants nés de mère séropositive doivent bénéficier d’une prophylaxie des
IO par CMX.
10– Décrire les principes du traitement ARV de l’enfant.
•   Tout enfant pour lequel le diagnostic d’infection à VIH a été fait avant l’âge de 2 ans
11–   Énumérer les étapes de préparation de l’enfant et de la famille à la mise sous traitement ARV.
doit être mis sous traitement ARV.
12– Décrire les modalités spécifiques de l’éducation thérapeutique des familles d’enfants
•   En cas d’infection à VIH chez l’enfant, les parents et la famille sont au centre de
infectés par le VIH.
l’éducation thérapeutique et de l’accompagnement proposés, mais l’enfant doit être
13– Citer les mesures nécessaires à un accompagnement de qualité des enfants infectés par                   impliqué dès que possible.
le VIH et de leur famille.
196                                                                                              Module 9    PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                 197
I. Dépistage de l’infection à VIH chez les femmes enceintes                                            Que dire à la future maman après un dépistage positif ?
•    Il faut rassurer la future maman, en lui expliquant que le bébé aurait pu être infecté et
Une démarche fondamentale                                                                                   mourir en bas âge si le dépistage n’avait pas été réalisé.
•   Le dépistage de l’infection à VIH chez les femmes enceintes est fondamental car il consti-         •    Il faut la prévenir qu’un traitement sera nécessaire et que ce traitement lui permettra de
tue le point de départ de toute démarche de PTME.                                                       rester en bonne santé pour élever ses enfants.
•    Il faut la rassurer sur la possibilité de grossesse(s) future(s).
•   L’idéal est un dépistage précoce, dès la première consultation prénatale, répété en cours
de grossesse s’il est négatif (notamment s’il existe des facteurs de risque).
•   Si aucun dépistage n’a eu lieu pendant la grossesse, ce qui est une situation fréquente,
il n’est jamais trop tard pour le réaliser au moment de l’accouchement : à ce stade, il est
+                    DÉSIR DE GROSSESSE ET INFECTION À VIH
encore possible de décider d’un traitement préventif pour l’enfant.
• La question de la procréation doit être abordée dès les premières consultations qui suivent la décou-
re                                                                verte de l’infection à VIH : l’objectif est de rassurer sur le fait que l’infection ne contre-indique pas une
Dépistage précoce, lors de la 1 consultation prénatale                                                       grossesse et d’informer sur les moyens de prévenir la transmission du VIH au sein du couple lors de la
•   Lors de la première consultation prénatale, un dépistage de l’infection à VIH doit être sys-             conception et de la mère à l’enfant une fois la grossesse amorcée.
tématiquement proposé, quels que soient les résultats des dépistages antérieurs.                       • Si la femme est séropositive et l’homme séronégatif :
– un bilan biologique et clinique chez la femme est indispensable avant toute tentative de grossesse ;
•   Si les deux parents sont présents, il convient de leur proposer de se faire dépister ensemble.
– si un traitement ARV doit être mis en place, il est préférable d’attendre de pouvoir juger de son
•   Pour simplifier le parcours de soins de la femme, il est important que le dépistage et l’annonce          efficacité et de sa tolérance avant d’envisager une grossesse ; pendant la période d’évaluation
de son résultat aient lieu le même jour et au même endroit que la 1re consultation prénatale.             (6 mois en moyenne), une contraception peut être proposée en complément du préservatif (en évitant
•   Le counseling associé à la proposition de dépistage doit être centré sur l’intérêt que la femme           les contraceptifs oraux dont l’efficacité peut être diminuée par interactions médicamenteuses avec les
ARV, NNRTI et IP) ;
a à connaître son statut vis-à-vis du VIH pour sa santé personnelle et celle de son futur bébé.
– si un traitement ARV est déjà en place, il convient de vérifier qu’il est compatible avec une grossesse
•   Le counseling doit également permettre à la femme de comprendre que, en cas de                            (EFV contre-indiqué au premier trimestre, association ddi + d4T contre-indiquée) ;
dépistage positif :                                                                                     – pour limiter le risque de transmission du VIH à l’homme, la méthode de procréation à moindre risque
– elle ne sera pas stigmatisée par l’équipe de soins ;                                                    doit être conseillée : poursuite des rapports protégés avec surveillance de la période de l’ovulation
– elle pourra bénéficier d’une prise en charge permettant de diminuer de façon très im-                   (± 2 jours après la date théorique de l’ovulation, survenant habituellement 14 jours après le premier
portante le risque d’infection chez l’enfant ;                                                          jour des dernières règles), puis rapport protégé au moment de l’ovulation avec récupération du
– elle sera guidée pour pouvoir allaiter son enfant.                                                      sperme par retournement du préservatif en vue d’une insémination intravaginale (utiliser alors des
préservatifs sans spermicide), voire rapports non protégés si charge virale indétectable durable-
ment chez la femme (voir plus loin).
Dépistage répété en cours de grossesse
• Si la femme est séronégative et l’homme séropositif :
•   Si le dépistage lors de la première consultation prénatale est négatif, il est important de
– dans ce contexte où la procréation va nécessiter un rapport non protégé, il n’existe pas de méthode
le répéter en fin de grossesse car la future mère peut s’être contaminée entre temps,                     permettant de protéger la femme à 100 % de la transmission du VIH ;
surtout si elle réside dans une zone de forte prévalence du VIH.                                        – pour limiter le risque, il convient de vérifier que la charge virale de l’homme est indétectable depuis
•   Une primo-infection (séroconversion) en cours de grossesse entraîne en effet un risque                    plus de 6 mois et que son observance du traitement ARV est parfaite, puis de vérifier qu’il n’existe
majeur de contamination de l’enfant (à cause d’une très forte charge virale).                             aucune IST en cours d’évolution avant d’envisager pour la conception des rapports non protégés
pendant l'ovulation (voir Module 1 pour les facteurs de risque de transmission sexuelle du VIH).
Dépistage tardif, au moment de l’accouchement                                                              • Si la femme et l’homme sont séropositifs :
– si l’un des partenaires ou les deux reçoivent un traitement ARV efficace, le risque de surinfection est
•   Dans ce contexte, le dépistage est proposé soit lors d’un counseling réduit au minimum
très faible ; dans ce cas, une procréation à moindre risque peut être envisagée lors de rapports non
(consistant à obtenir le consentement de la future maman en lui expliquant que le test                    protégés au moment de l’ovulation ;
peut sauver la vie du bébé), soit de façon systématique, en précisant seulement à la fem-               – la procréation médicale assistée peut être une alternative, mais elle n’est que très peu accessible
me qu’elle est en droit de le refuser (principe du dépistage opt-out, voir Module 3) : en                 dans les pays à ressources limitées.
pratique, il est rare que les femmes le refusent.
198                                                                                           Module 9       PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                                     199
II. Approche générale de la PTME
chez la femme enceinte séropositive
Figure 1 – Moment de la transmission du VIH de la mère à l'enfant
Quand se préoccuper de la PTME ?
•    Chez la femme enceinte séropositive pour le VIH, la TME peut avoir lieu pendant la gros-                        36 semaines                                                          Mois après la naissance
sesse, le travail et l’accouchement et l’allaitement maternel.                                                 d'aménorrhée
•    Même si le risque de transmission n’est pas le même à toutes les étapes (tableau I), la
PTME doit demeurer une préoccupation permanente, commençant pendant la grossesse
et se poursuivant au-delà de l’accouchement.
Comment se préoccuper de la PTME ?
1           ANTÉNATALE                 2         TRAVAIL ET ACCOUCHEMENT   3          ALLAITEMENT
•    Les principaux facteurs qui augmentent le risque de TME sont une charge virale mater-
nelle élevée (infection récente ou phase avancée du sida), la durée d’exposition de l’enfant
au virus et, pendant l’accouchement, toutes les situations qui accroissent le contact du
bébé avec le sang ou les liquides biologiques de la mère (figure I).
•    Les interventions clés de la PTME visent à limiter l’impact de ces facteurs et à assurer le suivi
de l’enfant jusqu’à ce que soit connu son statut définitif vis-à-vis de l’infection à VIH :
– instauration précoce d’un traitement ARV pendant la grossesse ;                                        0%                             20 %                    40 %                60 %     80 %        100 %
– choix de modalités d’accouchement à moindre risque ;
– choix de modalités d’allaitement permettant de protéger au mieux l’enfant ;
– dépistage biologique précoce de l’infection à VIH chez l’enfant après la naissance.
La moitié des infections a lieu au moment de l’accouchement,
et au moins un tiers au moment de l'allaitement
•    Pour que les objectifs de la PTME soient atteints, une excellente coordination entre la
prise en charge de la mère et celle de l’enfant est indispensable :
– si plusieurs équipes de soins interviennent (consultations prénatales, service de gyné-
cologie, service de pédiatrie, centre de traitement ambulatoire…), le rôle de chacune doit                   LES DEUX PREMIERS TRIMESTRES DE LA GROS-
être bien déterminé et le parcours de soin bien organisé ;                                                   SESSE : LE RISQUE DE TRANSMISSION DU VIH
– la solution idéale est que, dans chaque structure de prise en charge, il existe un protocole                 EST QUASI NUL CAR LE PLACENTA PROTÈGE
écrit définissant le rôle de chaque acteur ainsi que ses interactions avec les autres acteurs.               EFFICACEMENT LE BÉBÉ
LE   DERNIER TRIMESTRE DE LA GROSSESSE       :
Tableau I – Les facteurs qui augmentent le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant                      LE RISQUE DE TRANSMISSION DU     VIH   AUG -
MENTE CAR LE PLACENTA DEVIENT UN PEU
MOINS EFFICACE POUR PROTÉGER LE BÉBÉ
• Sévérité de la maladie chez la mère (stade 4 OMS)
AVANT L’ACCOUCHEMENT              • CD4 bas
LE   MOMENT DE L’ACCOUCHEMENT    : C’EST   LÀ
• Charge virale VIH élevée (y compris primo-infection)                    1
QUE SE FAIT L’ESSENTIEL DE LA TRANSMISSION
• Rupture prolongée des membranes
LES 6   PREMIERS MOIS D’ALLAITEMENT, LÀ OÙ
PENDANT L’ACCOUCHEMENT            • Accouchement par voie basse si la charge virale est élevée                  LE RISQUE DE TRANSMISSION PAR L’ALLAITE-
• Exposition de l’enfant au sang maternel                                     MENT EST LE PLUS IMPORTANT
APRÈS L’ACCOUCHEMENT              • Allaitement maternel                                                        LE   RESTE DE LA PÉRIODE D’ALLAITEMENT,
LE RISQUE DIMINUE MAIS RESTE RÉEL
200                                                                                                  Module 9       PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                      201
+                   CHEZ LA FEMME ENCEINTE VIH POSITIVE,
PENSER PTME MAIS AUSSI PRÉVENTION DU PALUDISME
• Chez la femme enceinte VIH positive, le paludisme a des conséquences encore plus sévères que chez
la femme enceinte VIH négative :
– il y a plus de formes cliniques graves du fait d’une parasitémie souvent plus élevée ;
– les anémies sont plus fréquentes et plus sévères ;
– le risque palustre ne diminue pas au fur et à mesure des grossesses ;
– au cours d’un accès palustre, le risque de transmission du VIH à l’enfant est (probablement)
– chez l’enfant, il y a davantage de morts fœtales in utero, de petits poids de naissance, de prématurité
et de mortalité post-natale.
• Toute fièvre doit faire évoquer le diagnostic afin de pouvoir mettre en route un traitement précoce.       Tableau II – Moments de la mise en route du traitement ARV de la femme enceinte dans
La prévention est fondamentale : elle doit associer les mesures de prévention vectorielle et soit          le cadre de la PTME, en fonction du stade clinique OMS et du taux de lymphocytes CD4
le cotrimoxazole s’il est indiqué en prophylaxie primaire, soit un traitement préventif intermittent       (selon les recommandations OMS 2009)
(TPI) renforcé comportant au moins 3 cures (en raison d’une moindre efficacité du TPI standard
comportant 2 cures que chez la femme enceinte VIH négative) (voir Module 4 pour les modalités
du TPI) ; il ne faut pas associer cotrimoxazole et TPI au Fansidar.
STADE OMS                 CD4 NON DISPONIBLES                      CD4 DISPONIBLES
Traiter de suite si CD4 < 350/mm3
III. PTME et traitement ARV pendant la grossesse                                                                           1           Traiter à partir de 14 semaines
Attendre 14 semaines si CD4 > 350/mm3
Moment de la mise sous traitement                                                                                          2           Traiter à partir de 14 semaines
•    Pour limiter le risque de TME chez la femme enceinte infectée par le VIH, le traitement                                                                                  Toujours traiter quel que soit
3           Traiter tout de suite
ARV est obligatoire, y compris si la femme n’était pas traitée jusqu’alors.
•    Le moment de la mise sous traitement dépend du stade de l’infection d’après les critères clini-                                                                          Toujours traiter quel que soit
ques de l’OMS (voir Module 2) et, s’il est disponible, du taux de lymphocytes CD4 (tableau II).                       4           Traiter tout de suite
– Tout doute sur le stade clinique doit profiter à la mise sous traitement : par exemple, si l’on
hésite entre stade 2 et stade 3 de l’OMS, il faut considérer que la femme est en stade 3.
– Au stade 3 ou 4 de l’OMS ou si les CD4 sont < 350 mm3 quel que soit le stade, le traitement
ARV doit être immédiatement débuté, quel que soit le terme de la grossesse (indication
pour la mère elle-même) :
• au-delà de 14 semaines de grossesse, la mise sous traitement doit être la plus ra-
pide possible, dans le cadre d’une éducation thérapeutique réalisée en un maximum
d’une semaine ;
• en cas d’infection à VIH diagnostiquée à un stade clinique ou biologique tardif, le traite-
ment doit débuter 7 jours au plus tard après le diagnostic.
– Au stade 1 ou 2 de l’OMS et si les CD4 sont > 350 mm3, le traitement ARV sera débuté à
partir de la 14e semaine de grossesse.
202                                                                                                      Module 9      PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                    203
Schémas thérapeutiques recommandés par l’OMS                                                                    IV. PTME et choix du mode d’accouchement
•     Comme pour le moment de la mise sous traitement, les schémas thérapeutiques recom-                        •    Si elle est réalisable, une césarienne doit être proposée si la charge virale est supérieure à
mandés par l’OMS sont fonction du stade de l’infection à VIH (tableau III).                                    5 000 copies/ml en fin de grossesse, si la femme enceinte n’a reçu aucun traitement ARV
préventif durant la grossesse ou si un traitement a été pris depuis moins de 4 semaines
sans charge virale de contrôle disponible :
Tableau III – Schémas thérapeutiques pour la mise en route du traitement ARV de la femme                             – l’objectif est d’éviter au maximum un contact du bébé pendant l’accouchement avec le
enceinte en PTME (d’après les recommandations de l’OMS 2009)                                                           sang et les sécrétions de la mère ;
– en pratique, elle doit être réalisée avant la rupture des membranes et sera pour cela
programmée à 38 semaines d’aménorrhée (y compris lorsqu’elle est indiquée pour
STADE DE L’INFECTION                                                                                               une raison obstétricale).
TRAITEMENT ARV                             REMARQUES
À VIH                                                                                                •    Dans tous les autres cas, l’accouchement par voie basse doit être préféré, en veillant à un
TRITHÉRAPIE SYSTÉMATIQUE                       Traitement à poursuivre                    accouchement « propre », limitant au maximum le risque exposition virale du bébé.
• Si infection à VIH-1 :                       indéfiniment : la femme a besoin      •    Une césarienne ne doit pas être proposée si la charge virale de la mère avant l’accouche-
d’un traitement pour elle-même
– AZT + 3TC + NVP                              et ce traitement aura le double            ment est basse ou si elle n’a pas d’intérêt obstétrical, car elle s’accompagne d’un risque
– AZT + 3TC + EFV si traitement débuté         objectif de traiter la mère et de          accru de complications infectieuses.
prévenir la TME
STADE 3 OU 4          après 14 semaines de grossesse*
DE L’OMS          – autres trithérapies possibles après
En cas d’utilisation de l’EFV,
14 semaines de grossesses : AZT + 3TC +
OU CD4 < 350 MM3                                                     avertir la femme que la molécule
LPV/r, TDF + FTC + NVP, TDF + FTC + EFV
QUEL QUE SOIT LE                                                     devra être obligatoirement
ou, si aucun autre traitement disponible,
STADE              d4T + 3TC + NVP ou d4T + 3TC + EFV
remplacée par une autre avant          En savoir                                            LES MODALITÉS DE L’ACCOUCHEMENT PROPRE
une nouvelle grossesse*
• Si infection à VIH-2
ET SI LA FEMME ENCEINTE EST      • Désinfecter le vagin.
(ou co-infection VIH-1 et VIH-2) :
trithérapie comportant un IP                                                            DÉJÀ SOUS TRAITEMENT ARV ?       • Limiter au maximum le délai entre la rupture des membranes et
Dans cette situation, il faut
Trithérapie pendant toute la                                                • Limiter les gestes invasifs : éviter l’épisiotomie, ne pas traire le cordon,
TRITHÉRAPIE PAR :                                                                        vérifier que le traitement est
• AZT + 3TC + EFV                              grossesse, poursuivie 1 semaine           virologiquement efficace et         utiliser deux paires de ciseaux différentes pour la section du cordon
après le sevrage (ou après                qu’il ne comporte pas de mo-        côté mère et côté enfant (recoupe), aspiration douce de l’enfant…
• TDF + FTC + EFV                              l’accouchement si la mère n’allaite       lécules contre-indiquées pen-
• AZT + 3TC + LPV/r                            pas) : dans ce cas, la trithérapie                                          • Laver le nouveau-né avec une solution antiseptique : solution de
dant la grossesse. Les ARV
a comme objectif unique de                contre-indiqués sont l’EFV au       chlorhexidine diluée au 1/10 ou aqueuse d’hypochlorite de sodium à
• AZT + 3TC + ABC
STADE 1 OU 2                                                      prévenir la TME (prophylaxie)             cours du premier trimestre          0,06 % diluée au ½ pour un bain d’environ 1 à 2 minutes.
ET CD4 > 350/MM3                                                                                               (risque de malformations de       • Nettoyer les yeux du nouveau-né avec du sérum physiologique
ALTERNATIVE POSSIBLE :                         Cette alternative est moins               l’enfant) et l’association ddi-
AZT pendant toute la période prénatale,        efficace que la trithérapie et                                                avant d’instiller le collyre antibiotique.
d4T pendant toute la durée de
puis NVP en début de travail, puis AZT + 3TC   ne devrait être choisie que par
la grossesse (risque d’effets     • Pratiquer une désobstruction prudente des narines et de la gorge
pendant le travail, l’accouchement et les      défaut de trithérapie
secondaires graves).                en évitant de léser les muqueuses.
7 jours qui suivent
* L’EFV peut entraîner un risque de malformations chez l’enfant et doit être évité jusqu’à la fin du
204                                                                                                     Module 9      PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                                     205
V. PTME et choix des modalités d’allaitement de l’enfant                                                     – administrationde NVP au nourrisson pendant 6 semaines ou tant qu’il est allaité (en
fonction des modalités du traitement antérieur de la mère au cours de sa grossesse).
Pourquoi discuter des modalités d’allaitement ?                                                         •    Le choix de la méthode dépend de la politique PTME adoptée dans chaque pays, mais
aussi de l’historique du traitement ARV chez la mère :
•       Pour les femmes infectées par le VIH, l’allaitement maternel s’accompagne d’un risque de
– si la mère a été mise sous trithérapie avant la 14e semaine de grossesse, avec une indica-
transmission du virus à l’enfant :
tion au traitement pour elle-même en plus de celle en PTME (stades 3 ou 4 de l’OMS ou
– le risque est deux fois plus important en cas d’allaitement mixte (artificiel et maternel)           CD4 < 350 mm3), la poursuite de la trithérapie permettra de protéger l’enfant ;
qu’en cas d’allaitement maternel exclusif ;                                                        – si la mère a été mise sous trithérapie après la 14e semaine de grossesse sans indication au
– le risque augmente avec la durée de l’allaitement et, même s’il est maximal au cours des             traitement pour elle-même (stades 1 ou 2 de l’OMS et CD4 > 350 mm3), le choix pourra se
6 premiers mois, persiste sans jamais s’annuler ;                                                    faire entre poursuite de la trithérapie chez la mère jusqu’à une semaine après l’arrêt de
– il est possible de diminuer le risque à l’aide d’un allaitement « protégé » par un trai-             l’allaitement (choix souhaitable) ou traitement par NVP pendant 6 semaines chez l’enfant ;
tement ARV.
•       L’allaitement artificiel, à condition d’être strictement exclusif, n’entraîne aucun risque
de contamination de l’enfant, mais il nécessite plusieurs conditions contraignantes
(voir tableau IV).
LES POINTS À ABORDER AVEC LA MÈRE CONCERNANT L’ALLAITEMENT MATERNEL
Tableau IV – Conditions à remplir pour pouvoir proposer
De très nombreuses études montrent que, en Afrique, l’allaitement maternel est le plus souvent la
un allaitement artificiel : les critères « AFASS »                                                      meilleure solution pour la santé de l’enfant (alors que, à l’inverse, l’allaitement artificiel s’associe à une
•   « Acceptable » : acceptable dans cette culture ou société                                           surmortalité infantile) : il fournit en effet à l’enfant des anticorps maternels qui permettent d’éviter de
•   « Faisable » : faisable si la famille peut comprendre comment préparer le lait et être              nombreuses infections (diarrhées infectieuses notamment).
disponible pour le faire 8 fois par jour
Pour qu’il puisse être pratiqué dans de bonnes conditions, idéalement de manière exclusive, plusieurs
•   « Abordable » : la famille a les moyens de payer le lait et les autres éléments                     points sont à examiner avec la maman.
nécessaires à sa préparation
• Les conditions d’un bon état nutritionnel vont-elles être respectées de façon à pouvoir allaiter l’enfant
•   « Soutenu, ou durable » : au long terme, le lait artificiel est disponible en quantité                aussi longtemps que nécessaire ? Envisager si besoin une supplémentation alimentaire : Programme
suffisante pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant                                         Alimentaire Mondial (PAM), UNICEF, ONG, associations, en fonction des pays.
•   « Sûr » : la famille a accès à de l’eau propre pour nettoyer les biberons et préparer               • Les conditions d’hygiène sont-elles satisfaisantes ?
le lait ; le lait est suffisamment nutritif et conservé dans de bonnes conditions
• Comment la maman va-t-elle gérer ses absences auprès de l’enfant ? Est-ce que tout le monde (famille,
proches, nounou) aura bien compris qu’il faut que l’enfant ne prenne que le lait maternel ? Envisager
les différentes situations avec la maman. Lui proposer des solutions comme le tirage et le stockage
Quelle modalité d’allaitement choisir en pratique ?                                                           du lait lorsqu’elle va être absente.
• Comment l‘allaitement exclusif va-t-il être présenté à la famille ? Insister sur l’importance de l’informa-
•       La femme doit être guidée dans le choix du mode d’allaitement le plus adapté :
tion du père qui doit si possible être partie prenante.
– en lui expliquant les avantages et les inconvénients des différents modes possibles ;
• Le sevrage ne doit être ni trop brutal ni trop progressif, la durée optimale recommandée par l’OMS
– en examinant sa situation et celle de sa famille, notamment de ses conditions de vie                étant de 1 mois. Si possible, il se fera après 12 mois d’allaitement (un sevrage trop précoce entraîne
et d’hygiène.                                                                                       une augmentation de la mortalité, notamment par diarrhées et dénutrition). Comment l’enfant va-t-il
être nourri au moment du sevrage ? Les ressources de la famille sont-elles suffisantes pour nourrir
•       En Afrique, très peu de femmes peuvent assurer un allaitement artificiel remplissant les
l’enfant dès 12 mois (achat de bouillie…) ? Envisager avec la maman la faisabilité de ce sevrage brusque.
critères nécessaires (tableau IV) : dans l’immense majorité des cas, le choix se portera sur          Envisager les aides alimentaires possibles au moment du sevrage.
l’allaitement maternel protégé, en privilégiant un allaitement maternel strictement exclusif.
Comment mettre en place un allaitement maternel protégé ?
•       Deux méthodes de traitement ARV sont possibles pour protéger l’enfant allaité au sein du
risque de transmission du VIH :
– administration d’une trithérapie à la mère pendant toute la période d’allaitement et
jusqu’à une semaine après son arrêt ;
206                                                                                            Module 9       PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                                    207
– si la mère a été mise sous AZT en monothérapie après la 14e semaine (en alternative à         •    Le choix du type de test doit tenir compte de l’âge de l’enfant car, jusqu’à 12-18 mois,
la trithérapie aux stades 1 ou 2 de l’OMS avec CD4 > 350 mm3), un traitement par NVP               l’enfant né d’une mère infectée par le VIH a dans son sang les anticorps contre le virus
sera instauré chez l’enfant pour toute la durée d’exposition au lait maternel ;                    développés par sa mère qu’elle lui a transmis pendant la grossesse. Tant que les anticorps
– si la mère n’a pas été traitée pendant la grossesse et a été dépistée séropositive tar-
anti-VIH d’origine maternelle seront présents chez l’enfant, la sérologie ne sera pas fiable
divement (au moment de l’accouchement), il faut associer traitement de l’enfant par
NVP pendant 6 semaines et trithérapie maternelle (après avoir débuté celle-ci aussitôt             puisqu’elle ne permettra pas de distinguer d’éventuels anticorps produits par l’enfant de
porté le diagnostic d’infection à VIH, pour faire rapidement diminuer la charge virale             ceux provenant de sa mère.
dans le lait maternel).                                                                       •    Avant l’âge de 1 an, la sérologie ne doit pas être utilisée : le diagnostic de l’infection à VIH
•   Même s’il est protégé par une trithérapie maternelle, l’allaitement maternel doit être un            repose exclusivement sur les tests directs, en pratique la PCR, qui détecte les acides
allaitement maternel exclusif : on ignore en effet si, sous trithérapie, un allaitement mixte        nucléiques du virus (voir Module 3) ; le seul intérêt de la sérologie dans cette situation
devient possible sans risque de transmission du VIH à l’enfant.                                      est de confirmer l’exposition au VIH.
•   Quelle que soit sa durée (6 mois à un an avec un sevrage sur un mois selon les recom-           •    Entre 12 et 18 mois, si la PCR n’est pas disponible, la sérologie peut être pratiquée, mais
mandations de l’OMS, plus si une mère le décide), l’allaitement maternel exclusif protégé            en sachant que l’infection à VIH ne peut être exclue que si le résultat est négatif. En
doit être protégé de façon permanente : cela signifie que le traitement ARV chez la mère             cas de résultat positif, cela peut vouloir dire, soit que l’enfant est infecté, soit qu’il est
devra être obligatoirement maintenu pendant toute sa durée et poursuivi jusqu’à une se-              encore porteur des anticorps d’origine maternelle ; pour conclure, il faudra refaire une
maine après son arrêt complet.                                                                       sérologie à l’âge de 18 mois.
•    Après l’âge de 18 mois, la sérologie est contributive et toute positivité signifie que l’enfant
Comment décider de l’arrêt du traitement ARV chez la mère                                                est infecté par le VIH.
•   La décision repose sur une évaluation clinique et si possible biologique de l’état de
– s’il s’avère que la mère n’a pas besoin de traitement ARV pour elle-même, l’arrêt est
possible (selon des modalités en fonction des molécules utilisées, comme dévelop-
pées dans le Module 5) ;
– si l’état immunitaire de la mère est incertain, le doute doit profiter à la poursuite                      LES TECHNIQUES DE DÉTECTION DE L’ADN OU DE L’ARN DU VIH PAR PCR (PCR-ADN ET PCR-ARN)
La PCR-ADN peut être réalisée à l’aide d’une technique de prélèvement simple, utilisant un papier buvard
(technique dénommée DBS en anglais) : 5 gouttes de sang recueillies au niveau du talon de l’enfant sont
VI. Diagnostic de l’infection à VIH                                                                     déposées sur le papier buvard, le prélèvement pouvant être ensuite stocké à température ambiante
pendant plusieurs jours puis acheminé sans urgence au laboratoire. Le test lui-même nécessite toutefois
chez l’enfant né de mère séropositive                                                                   un appareillage de laboratoire complexe.
La PCR-ARN nécessite un prélèvement de sang standard, sans papier buvard, car l’analyse requiert un
Importance d’un diagnostic précoce                                                                      volume de sang plus important que pour la PCR-ADN. L’inconvénient est que le prélèvement ne peut pas
•   En Afrique, l’infection à VIH progresse de manière plus rapide chez l'enfant que chez               être conservé à température ambiante, en raison d’un risque de dégradation de l’ARN, et nécessite le
l’adulte et constitue une des principales causes de mortalité infantile : plus de la moitié         respect d’une chaîne du froid pour être acheminé au laboratoire.
des enfants infectés meurent avant l’âge de 2 ans et environ 10 % seulement atteindront
leur dixième anniversaire.
•   Plusieurs études ont établi que le traitement systématique chez tous les enfants infectés
par le VIH de moins de 24 mois diminue de façon importante la mortalité infantile.
Choix des tests diagnostiques selon l’âge
•   Deux types de tests sont possibles pour diagnostiquer une infection à VIH : la sérologie,
qui détecte les anticorps contre le VIH, et les tests virologiques, qui détectent le virus ou
ses composants (voir Module 3).
208                                                                                        Module 9       PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                              209
Situations nécessitant un dépistage systématique de l’infection à VIH                                   Classification clinique et immunologique
•   L’enfant né d’une mère séropositive pour le VIH peut être contaminé dès la naissance ou             •   Quel que soit l’âge de l’enfant au moment de la survenue de l’infection à VIH, une classi-
pendant l’allaitement si celui-ci est mal protégé.                                                      fication clinique et immunologique de la maladie est indispensable pour évaluer le stade
•   Pour assurer la précocité du diagnostic, la réalisation d’une PCR est indispensable dans les            de sévérité et décider de la nécessité d’un traitement ARV.
situations suivantes :                                                                              •   La classification clinique fait appel aux 3 stades de sévérité définis par l’OMS pour l’infec-
– dans tous les cas, 6 semaines après la naissance ;                                                    tion à VIH pédiatrique (voir Module 2) :
– dans les situations particulières suivantes :                                                         – le stade OMS doit être noté dès la première consultation et tout au long du suivi, qu’il y
• lors de la naissance, si la mère n’a reçu ni traitement ni prophylaxie pendant la grossesse ;         ait ou non apparition de nouvelles manifestations cliniques ;
• six semaines après l’arrêt d’une prophylaxie dont l’enfant a bénéficié ;                            – par convention, lors des changements de stade, seuls doivent être pris en compte les pas-
sages d’un stade inférieur à un stade supérieur : par exemple, un enfant initialement classé
• six semaines après la fin de son allaitement.
en stade 3 puis traité avec succès pour une IO ne sera jamais classé en stade 1 ou 2, même
•   Un enfant chez qui la recherche de VIH est négative 6 semaines après la dernière exposi-                  s’il ne présente plus aucune symptomatologie ; il peut en revanche être classé ultérieure-
tion au virus peut être considéré comme non infecté : l’objectif essentiel de la PTME aura                ment en stade 4 si des manifestations de ce stade apparaissent au cours de l’évolution.
été atteint (mais il ne faudra pas oublier le suivi de la maman !).                                 •   La classification immunologique permet d’évaluer la profondeur du déficit immunitaire et
repose sur la numération des lymphocytes CD4 en fonction de l’âge (tableau V) :
VII. Prise en charge de l’enfant infecté par le VIH                                                         – chez l’enfant de moins de 5 ans, la numération des lymphocytes CD4 est exprimée en
pourcentage du nombre de lymphocytes totaux. En effet, à cet âge, le pourcentage
de lymphocytes CD4 est mieux corrélé que leur nombre total au risque de survenue
Manifestations cliniques devant faire évoquer le diagnostic                                                   d’un sida ;
•   Les manifestations cliniques de l’infection à VIH chez l’enfant peuvent survenir tôt (forme             – chez l’enfant de plus de 5 ans, la numération des lymphocytes CD4 est exprimée comme
précoce) ou tardivement après la naissance (forme tardive) :                                              chez l’adulte en valeur absolue.
– la forme précoce est rare (10 % des enfants infectés) et fait habituellement suite à une
contamination avant l’accouchement ;
– la forme tardive est la plus fréquente (90 % des enfants infectés) et correspond le plus          Tableau V – Classification immunologique de l’OMS chez l’enfant,
souvent à une contamination en fin de grossesse, pendant l’accouchement ou pendant                en fonction du taux de CD4 et de l’âge
•   La forme précoce de l’infection à VIH donne lieu à un tableau clinique sévère (en raison de                                    < 11 mois         12-35 mois        36-59 mois           > 5 ans
l’immaturité du système immunitaire chez le tout-petit) :                                                  CATÉGORIE               (A)               (B)               (C)
– retard staturo-pondéral ;
– hépatosplénomégalie ;                                                                                 Pas de déficit           > 35 %            > 30 %             > 25 %           > 500/mm3
– adénopathies axillaires et inguinales ;
Déficit modéré         30 – 35 %          25 – 30 %          20 – 25 %       350 – 499/mm3
– troubles neurologiques : hypo ou hypertonie, défaut de coordination de la succion et
de la déglutition à l’origine de difficultés d’alimentation, absence d’augmentation du                Déficit sévère         25 – 30 %          20 – 25 %          15 – 20 %       200 – 349/mm3
– infections à germes banals (septicémie, méningite, pneumopathie, infections ORL,                         Déficit
< 25 %            < 20 %              < 15 %          ≤ 200/mm3
infections cutanées) ;                                                                                 trés sévère
– IO (pneumocystose pulmonaire, candidose buccale et œsophagienne à répétition,
•   La forme tardive de l’infection est d’évolution plus lente :
– le plus souvent, l’enfant ne présente jusqu’à l’âge de 6 ou 8 ans qu’un discret retard sta-
turo-pondéral, puis développe ensuite des manifestations de sida, avec une symptoma-
tologie identique à celle de l’adulte ;
– plus rarement, l’enfant ne présente aucun symptôme et peut mener une vie normale
jusqu’à l’adolescence ou l’âge adulte.
210                                                                                            Module 9       PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                     211
•    Si l’appareil de mesure des CD4 ne fournit pas de résultat en pourcentage, il est possible    Indications du traitement ARV
de le calculer en utilisant le nombre total des CD4 et le nombre total de lymphocytes dé-
•    Conformément aux recommandations de l’OMS 2010, les indications du traitement ARV
terminé par une numération formule sanguine : le pourcentage de CD4 s’obtient alors en
chez l’enfant infecté par le VIH sont fonction de l’âge, du nombre total ou du pourcentage
divisant le nombre total de CD4 par le nombre total de lymphocytes, puis en multipliant
de lymphocytes CD4 et du stade clinique OMS (tableau VII).
le résultat par 100.
•    En l’absence de numération des lymphocytes CD4, le nombre total de lymphocytes (NTL)
Tableau VII – Indications du traitement ARV chez l’enfant infecté par le VIH en fonction de
peut la remplacer, à condition que l’enfant ait moins de 8 ans : une immunodépression sé-
l’âge, du nombre total ou du pourcentage des lymphocytes CD4 et du stade clinique OMS
vère peut alors être affirmée en cas de NTL < 4 000/mm3 chez l’enfant de moins de 11 mois,
< 3 000/mm3 chez l’enfant de 12 à 35 mois, < 2 500/mm3 chez l’enfant de 36 à 59 mois et
< 2 000/mm3 chez l’enfant entre 5 et 8 ans.
ÂGE                          24 mois                     24–59 mois           > 59 mois
Prévention des IO
•    La prévention des IO chez l’enfant infecté par le VIH est indiquée dans 3 situations :                                                                               < 25 %
% CD4                                                     (quel que soit
– nourrisson né de mère séropositive dans l’attente des résultats de la PCR (avant 18 mois)
le stade OMS)
ou de la sérologie (après 18 mois) ;
– nourrisson chez qui l’infection a été confirmée ;
Valeur absolue           Tous les enfants sont traités
– enfant de plus de 1 an symptomatique ou ayant un taux de CD4 < 15 % ou des lymphocytes                                                                         < 750/mm3           < 350/mm3
totaux < 1 500/mm3.                                                                                des CD4                  quels que soient l’âge,
les CD4 ou le stade OMS
•    Elle repose sur l’administration de CMX, à une posologie adaptée en fonction du poids
de l’enfant (tableau VI).                                                                                                                                        Stade 3 ou 4        Stade 3 ou 4
Stade clinique                                               (quels que soient   (quels que soient
OMS                                                         les CD4 ou          les CD4 ou
le stade OMS)       le stade OMS)
Tableau VI – Posologie du CMX en prévention des IO
•    De plus, avant l’âge de 18 mois, le traitement ARV doit être initié chez tous les enfants
CMX :                 CMX :             CMX :               CMX :                pour lesquels un diagnostic de présomption clinique d’infection à VIH est porté, en l’ab-
comprimés            suspension        comprimés           comprimés               sence de disponibilité de la PCR pour un diagnostic de certitude :
L’ENFANT         de 20 mg             de 40 mg          de 80 mg            de 160 mg
de TMP/100 mg         de TMP/200 mg           de                   de                 – exposition au VIH confirmée par une sérologie positive, associée à une manifestation
SMX (120 mg,       SMX/5 ml (240 mg)   TMP/400 mg          TMP/800 mg)                de SIDA (stade 4 de l’OMS) : par exemple, pneumocystose, méningite à cryptocoque,
dosage pédiatrique)                       SMX (480 mg)        SMX (960 mg)               cachexie, sarcome de Kaposi ou tuberculose extrapulmonaire ;
– présence d’au moins 2 des manifestations suivantes : candidose buccale, pneumopathie
sévère ou infection bactérienne sévère ;
1 à 4 kg        1 comprimé             2,5 ml          ¼ comprimé
– numération des lymphocytes CD4 en pourcentage < 20 % ;
– décès maternel lié à une infection à VIH ou infection à VIH maternelle au stade 4 de l’OMS.
5 à 8 kg       2 comprimés              5 ml           ½ comprimé          ¼ comprimé
En cas de mise sous traitement ARV avec un diagnostic de présomption, la confirmation
diagnostique de l’infection à VIH devra être réalisée le plus tôt possible.
9 à 16 kg                                10 ml          1 comprimé          ½ comprimé
Modalités du traitement ARV
17 à 50 kg                                             2 comprimés          1 comprimé
•    Les médicaments ARV disponibles pour l’enfant sont les mêmes que ceux de l’adulte
> 50 kg                                               2 comprimés          1 comprimé              (voir Module 5).
•    Chez l’enfant, la forme d’administration et le goût des médicaments sont deux critères de
choix importants pour favoriser l’acceptabilité du traitement. Les présentations les plus
adaptées sont, lorsqu’elles existent, les suspensions ou les sirops.
212                                                                                        Module 9      PTME et prise en charge de l’infection à VIH chez l’enfant                                       213
PLAN DE RATTRAPAGE DE L'AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE ACCÉLÉRER LE TRAITEMENT DU VIH D'ICI À 2018 →
Dépistage de l'infection par le VIH en France →
Herpès et grossesse: Point de vue pédiatrique. Recommanda9ons du CNGOF. →
A. introduction - CHU St Etienne →
Rupture prématurée des membranes avant terme →
Obstétrique - Première partie →
VIH, syphilis, gonorrhée et chlamydiose en Suisse en 2017 : survol épidémiologique →
RECOMMANDATIONS - Version 7.01 Novembre 2013 →
Expositions accidentelles aux liquides biologiques chez l'enfant →
VEILLE - ADALIMUMAB →
Le virus de l'hepatite c et la coinfection avec le vih - Treatment →
Recommandation de traitement de la dépression et de l'anxiété chez l'enfant et l'adolescent. →
GUIDE DE FORMATION SUR L'EDUCATION THERAPEUTIQUE DES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH →
Et maladies - infectieuses de jeunes enfants →
10 ans de traitement antirétroviral par msF au malawi →
Recommandations de bonne pratique pour la prise en charge de la maladie veineuse thromboembolique chez l'adulte. Version courte →
"Annexe de l'arrêté DFASM" 31 janvier 2013 →