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Timestamp: 2016-10-28 00:51:26+00:00
Document Index: 139000593

Matched Legal Cases: ['art. 646', 'art. 334', 'art. 84', 'art. 43', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 56', 'art. 57', 'ATF ', 'ATF ', 'in casu', 'ATF ', 'art. 104', 'art. 56', 'art. 56', 'art. 57', 'art. 57', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 102', 'art. 90', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 334', 'art. 329', 'art. 334', 'art. 329', 'art. 156']

recourant, repr�sent� par Me Philippe Schweizer,
intim�, repr�sent� par Me Beno�t Ribaux,
Ie Cour civile du Tribunal cantonal de la R�publique et canton de Neuch�tel, rue du Pommier 1, case postale 1161, 2001 Neuch�tel 1.
proc�dure civile, droit d'�tre entendu,
recours de droit public contre le jugement de la Ie Cour civile du Tribunal cantonal de la R�publique et canton de Neuch�tel du 31 octobre 2005.
Le 3 novembre 1990, B.________, A.________ et cinq tiers, formant une soci�t� simple, ont acquis, pour le prix de 750'000 fr., un immeuble, � La Chaux-de-Fonds. Les associ�s, sous la forme d'un consortium, ont proc�d� � d'importants travaux de r�novation sur le b�timent, lesquels ont provoqu� des d�penses �lev�es financ�es par un pr�t hypoth�caire de la banque X.________, devenue par la suite Y.________ SA.
L'affaire n'ayant pas procur� le rendement attendu, des mesures d'assainissement ont d� �tre prises, dans le cadre desquelles la banque pr�cit�e a partiellement abandonn� sa cr�ance, le pr�t �tant ramen� � 2'600'000 fr. en capital, valeur au 30 septembre 1994.
Par acte notari� du 2 juin 1995, les associ�s ont dissous, avec effet au 30 septembre 1994, le consortium qu'ils formaient et c�d� � B.________ et A.________ leurs droits indivis sur le bien-fonds susmentionn�; les cessionnaires ont d�clar� affecter l'immeuble au r�gime de la copropri�t� au sens des art. 646 ss CC, par part �gale entre eux, et reprendre comme cod�biteurs solidaires les dettes et engagements contract�s aupr�s du cr�ancier hypoth�caire pour un montant en capital de 2'600'000 fr.
En raison des retards survenus dans la couverture des int�r�ts hypoth�caires, Y.________ SA a d�nonc�, le 17 f�vrier 2000, son pr�t au remboursement et r�clam� paiement aux deux cod�biteurs solidaires du montant de 2'821'323 fr.15. Apr�s avoir introduit des poursuites en r�alisation de gage immobilier, Y.________ SA a requis le 22 f�vrier 2001 la vente de l'immeuble, dont une expertise a estim� la valeur � 1'875'000 fr.
Le 7 mars 2001, B.________ a sign� avec Y.________ SA une convention selon laquelle il s'engageait, d'une part, � verser � celle-ci imm�diatement un amortissement extraordinaire de 1'000'000 fr., montant pour lequel il �tait subrog� dans les droits de l'�tablissement bancaire, et, d'autre part, � acheter, lors de la vente aux ench�res � intervenir, l'immeuble au prix r�siduel de 1'600'000 fr. Le 10 juillet 2001, conform�ment � cet accord, B.________ a acquis le bien-fonds pour le prix pr�cit� au cours d'ench�res publiques.
B.a Le 12 ao�t 2002, B.________ a fait notifier une poursuite � A.________, que ce dernier a frapp�e d'opposition.
Par demande du 26 juin 2003, B.________ a ouvert action contre A.________ devant l'une des Cours civiles du Tribunal cantonal neuch�telois. Le demandeur a conclu � ce que le d�fendeur lui verse 429'285 fr.75 plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le d�p�t de la demande, l'opposition form�e � la poursuite pr�cit�e �tant lev�e � due concurrence. Le demandeur a fait valoir qu'il avait vers� pour acqu�rir l'immeuble un montant total de 2'600'000 fr., auquel s'ajoutaient 15'977 fr. de frais du service des r�alisations immobili�res et 26'400 fr. � titre de droits de mutation ou "lods". Comme le bien-fonds ne valait que 1'875'000 fr., la perte qu'il avait subie repr�sentait 767'377 fr. Les parties �tant cod�bitrices solidaires, le d�fendeur devait lui rembourser la moiti� de la perte, soit 383'688 fr.50, plus la moiti� d'un d�compte d'int�r�ts s'�levant � 91'194 fr.55, c'est-�-dire 45'597 fr.25.
Par r�ponse dat�e du 1er d�cembre 2003, le d�fendeur a conclu au rejet de la demande; reconventionnellement, il a requis que le demandeur soit condamn� � lui payer 45'470 fr.15 avec int�r�ts � 5 % d�s le d�p�t de la r�ponse. Au sujet de la demande principale, A.________ a soutenu que l'action �tait pr�matur�e d�s lors que la soci�t� simple form�e par les plaideurs n'�tait pas liquid�e, que de toute mani�re le demandeur n'avait pas �prouv� de perte, l'immeuble valant bien 2'600'000 fr., et que le pr�judice �ventuellement subi par ce dernier r�sultait de la transaction que l'int�ress� avait conclue avec Y.________ SA. Sur la reconvention, le d�fendeur a expos� que l'accord pass� entre B.________ et Y.________ SA n'avait pas eu pour effet de le lib�rer de ses obligations � l'endroit de cette banque, laquelle lui avait impos� un plan de redressement en relation avec la cr�ance qu'elle d�duisait du certificat d'insuffisance de gages d�livr� le 6 d�cembre 2002 pour un montant en capital et int�r�ts de 221'981 fr.75. Le d�fendeur a ainsi all�gu� qu'au jour du d�p�t de la r�ponse, il avait pay� � Y.________ SA un montant de 90'940 fr.30, dont le demandeur lui devait remboursement de la moiti�, soit 45'470 fr.15.
Dans sa duplique du 16 f�vrier 2004, le d�fendeur a expos� que les versements qu'il avait effectu�s pour �teindre la cr�ance de Y.________ SA s'�levaient d�sormais � 137'079 fr.80 et que le demandeur �tait son d�biteur de la moiti� de cette somme, � savoir 68'539 fr.90.
Pour qu'il soit tenu compte en instance cantonale des versements successifs op�r�s par le d�fendeur au profit de Y.________ SA en remboursement du certificat d'insuffisance de gages, sans que ce plaideur soit oblig� de compl�ter � chaque fois ses m�moires, les parties ont conclu les 3 et 8 mars 2004 une convention de proc�dure, � teneur de laquelle le d�fendeur "(�tait) autoris�, avant cl�ture des d�bats, � all�guer et documenter tout paiement qu'il aurait pu effectuer en mains de Y.________ SA � compter de ce jour ... ...". Le juge instructeur a pris acte de cette convention � son audience du 16 mars 2004.
La proc�dure probatoire, qui a comport� le d�p�t de pi�ces litt�rales et l'audition de divers t�moins, a �t� cl�tur�e le 19 octobre 2004.
Le 14 d�cembre 2004, le juge instructeur a �crit aux mandataires des parties de lui indiquer si leurs mandants acceptaient que le jugement soit rendu par voie de circulation, en application de l'art. 334 al. 1 du Code de proc�dure civile neuch�telois du 30 septembre 1991 (CPC/NE), ou s'ils souhaitaient que la cause soit cit�e pour plaidoiries et jugement.
Par �critures des 19 et 24 janvier 2005, respectivement le demandeur et le d�fendeur ont d�clar� accepter que la Cour civile rende son jugement par voie de circulation.
B.b Dans son jugement du 31 octobre 2005, la Ie Cour civile du Tribunal cantonal neuch�telois a condamn� le d�fendeur � verser au demandeur la somme de 370'488 fr. avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 31 juillet 2001 (1), condamn� le demandeur � payer au d�fendeur le montant de 83'540 fr. plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 1er mars 2004 (2), ordonn� la compensation entre les cr�ances pr�cit�es (3), prononc�, � concurrence de 360'258 fr., la mainlev�e d�finitive de l'opposition totale form�e par le d�fendeur � la poursuite qui lui a �t� notifi�e (4), rejet� toutes autres ou plus amples conclusions (5), enfin statu� sur les frais (6) et d�pens (6, recte: 7).
A.________ forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral contre le jugement pr�cit�. Invoquant une application arbitraire des r�gles cantonales de proc�dure et une double violation de son droit d'�tre entendu, il conclut � l'annulation de la d�cision cantonale.
L'intim� conclut au rejet du recours, alors que la cour cantonale d�clare se r�f�rer � son jugement.
Le jugement rendu par la cour cantonale, qui est final, n'est susceptible d'aucun autre moyen de droit sur le plan f�d�ral ou cantonal dans la mesure o� le recourant invoque la violation directe d'un droit de rang constitutionnel, de sorte que la r�gle de la subsidiarit� du recours de droit public est respect�e (art. 84 al. 2 et 86 al. 1 OJ). En revanche, si le recourant soul�ve une question relevant de l'application du droit f�d�ral, le grief n'est pas recevable, parce qu'il pouvait faire l'objet d'un recours en r�forme (art. 43 al. 1 et 84 al. 2 OJ).
Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqu�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31, 258 consid. 1.3 p. 261/262).
L'autorit� cantonale a consid�r� que le consortium qu'avaient constitu� les plaideurs avec cinq tiers avait pris fin, si ce n'est par la volont� unanime des associ�s, en tout cas lors de la vente forc�e de l'immeuble intervenue le 10 juillet 2001, de sorte que la demande introduite par B.________ n'�tait pas pr�matur�e. Elle a admis que le demandeur, lequel avait vers� � Y.________ SA un montant de 2'600'000 fr., avait �teint la cr�ance en capital de celle-ci, que ce paiement avait eu un effet lib�ratoire � l'encontre du d�fendeur et que B.________ disposait donc d'une cr�ance r�cursoire contre A.________. La Cour civile a calcul� le montant de cette cr�ance en prenant en compte le prix pay� par le demandeur pour acqu�rir l'immeuble aux ench�res (i.e. 2'600'000 fr.) plus les frais vers�s � l'Etat (i.e.15'977 fr.), soit 2'615'977 fr., somme qu'elle a divis�e par deux, d'o� un quotient de 1'307'988 fr., dont elle a d�duit 937'500 fr., c'est-�-dire la moiti� de la valeur du bien-fonds d�termin�e par expertise (i.e. 1'875'000 fr. / 2), pour obtenir en fin de compte le montant de 370'488 fr. (1'307'988 fr. - 937'500 fr.); elle a jug�, en se r�f�rant � la pi�ce 3 (cot�e D 8/3) des lots de documents produits par le d�fendeur, que cette cr�ance devait porter int�r�ts � 5 % d�s le 31 juillet 2001, �ch�ance de la mise en demeure.
Les magistrats neuch�telois ont encore jug� que le d�fendeur, sur la base du certificat d'insuffisance de gages obtenu par Y.________ SA, avait de son c�t� vers� � cette banque 167'079 fr.80 jusqu'� la cl�ture des d�bats, laquelle �tait intervenue � fin janvier 2005 puisque les deux parties avaient renonc� � plaider. A.________ disposait ainsi d'une cr�ance r�cursoire de la moiti� de ce montant contre B.________, soit de 83'540 fr. (apr�s arrondissement au franc sup�rieur), plus int�r�ts � 5 % d�s le 1er mars 2004, date moyenne des remboursements effectu�s.
La cr�ance du demandeur, avec les int�r�ts courus, repr�sentait au jour du jugement 450'759 fr., alors que celle du d�fendeur, y compris les int�r�ts, se montait � la m�me date � 90'501 fr. Apr�s compensation, la cour cantonale a obtenu une somme de 360'258 fr., � concurrence de laquelle elle a prononc� la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par le d�fendeur � la poursuite qui lui avait �t� notifi�e le 12 ao�t 2002.
3.1 A l'appui de son premier moyen, qui se subdivise en trois volets, le recourant fait tout d'abord valoir que la Cour civile a statu� ultra petita et enfreint arbitrairement l'art. 56 al. 1 CPC/NE. Alors que le demandeur r�clamait un montant en capital avec des int�r�ts d�s le d�p�t de la demande, poursuit le d�fendeur, la cour cantonale lui a accord� des int�r�ts � compter d'une date ant�rieure de pr�s de deux ans au point de d�part requis.
Puis, le d�fendeur soutient que l'octroi desdits int�r�ts sur la base d'une mise en demeure qui n'a jamais �t� ni all�gu�e ni prouv�e consacrerait une application arbitraire de l'art. 57 al. 1 CPC/NE.
Enfin, le recourant d�clare qu'il ne pouvait pas s'attendre � ce que les magistrats neuch�telois fixent le point de d�part des int�r�ts dus � l'intim� d�s le 31 juillet 2001, si bien qu'il aurait �t� priv� de la possibilit� de faire valoir ses moyens et aurait �t� victime d'une violation de son droit d'�tre entendu. Il expose � ce propos qu'il a �t� condamn� au minimum � 6 jours d'int�r�ts qui n'�taient pas dus, cela sans avoir eu la facult� de se d�fendre
3.2.1 Le droit d'�tre entendu est une garantie constitutionnelle de nature formelle, dont la violation doit entra�ner l'annulation de la d�cision attaqu�e, ind�pendamment des chances de succ�s du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437). Il sied donc d'examiner en priorit� le dernier pan du moyen (ATF 124 I 49 consid. 1).
Le droit d'�tre entendu doit �tre reconnu et respect� lorsque singuli�rement le juge envisage de fonder sa d�cision sur une norme ou un motif juridique non �voqu� dans la proc�dure ant�rieure et dont aucune des parties en pr�sence ne s'est pr�value et ne pouvait supputer la pertinence in casu (ATF 125 V 368 consid. 4a p. 370 et les r�f�rences).
En l'esp�ce, l'intim� a conclu dans sa demande du 26 juin 2003 � l'octroi d'une somme en capital de 429'285 fr. 75 et au versement d'int�r�ts moratoires (art. 104 et 105 CO) au taux de 5 % l'an "d�s le d�p�t de la demande". Saisie de cette conclusion, la Cour civile devait ainsi juger du bien-fond� de la cr�ance invoqu�e, en fixer la quotit� si la pr�tention �tait justifi�e et arr�ter le dies a quo et le taux de la dette accessoire d'int�r�t. Dans ce contexte, il est totalement exclu d'admettre qu'en ayant d�termin� le point de d�part des int�r�ts moratoires dus par le d�fendeur � sa partie adverse, l'autorit� cantonale a statu� sur un point inattendu, au sujet duquel ce dernier n'a pas pu pr�senter ses moyens. Que le dies a quo fix� par les magistrats neuch�telois ne satisfasse pas le recourant n'a rien � voir avec une atteinte � son droit d'�tre entendu.
Ce pan du grief confine � la t�m�rit�.
3.2.2 A teneur de l'art. 56 CPC/NE, le juge est li� par les conclusions des parties en ce sens qu'il ne peut accorder ni plus ni autre chose que ce qui est demand� (al. 1); il peut accorder moins (al. 2). Cette norme est l'expression de l'adage latin "Ne eat judex ultra petita partium". Cela signifie que le demandeur d�termine librement l'�tendue de la pr�tention qu'il d�duit en justice, alors le d�fendeur d�cide de la mesure dans laquelle il veut se soumettre � l'action (cf. par ex. Oscar Vogel/Karl Sp�hler, Grundriss des Zivilprozessrechts, 8e �d., chap. 6, n. 9; Max Kummer, Grundriss des Zivilprozessrechts, 4e �d, p. 81).
In casu, comme on l'a vu, le demandeur a sollicit� que le d�fendeur soit condamn� � lui verser le montant de 429'285 fr. 75, avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 26 juin 2003, jour du d�p�t de la demande. Le demandeur n'a pas r�duit ses conclusions pendant le proc�s. Dans le jugement attaqu�, la Cour civile a octroy� au demandeur la somme de 370'488 fr. plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 31 juillet 2001. Le montant accord� au recourant par l'autorit� cantonale, si l'on y ajoute les int�r�ts moratoires � partir du dies a quo qu'elle a fix�, repr�sentait en valeur au moment de l'introduction d'instance, � savoir au 26 juin 2003 (i.e., pour simplifier, 23 mois plus tard), la somme de 405'994 fr. (370'488 fr. + 18'525 du 31 juillet 2001 au 31 juillet 2002 (5% de 370'488 fr. ) + 16'981 du 1er ao�t 2002 au 30 juin 2003 (11/12e de 18'525 fr.)).
Partant, il appert que la cour cantonale, compte tenu des accessoires de la cr�ance admise, n'a pas appliqu� arbitrairement l'art. 56 al. 1 CPC/NE interdisant qu'il soit jug� ultra petita, puisque la somme dont le d�fendeur a �t� reconnu redevable est inf�rieure de plus de 20'000 fr. aux pr�tentions en capital que l'intim� avait pr�sent�es dans sa demande.
Cette partie du grief est priv� de fondement.
3.2.3 Selon l'art. 57 al. 1 CPC/NE, le juge ne peut ni suppl�er ni sugg�rer des faits qu'une partie n'all�guerait pas spontan�ment, mais il peut exiger des explications sur les moyens ou conclusions qui lui paraissent obscurs ou contradictoires.
Pour Fran�ois Bohnet (Code de proc�dure civile neuch�telois comment�, 2e �d., B�le 2005, p. 93 in medio), qui se fonde sur les dispositions de l'ancien Code de proc�dure cantonale, l'all�gu� doit pouvoir �tre interpr�t� largement et comprendre les faits qui normalement sont li�s au fait all�gu�.
De toute mani�re, le principe pos� par l'art. 57 al. 1 CPC/NE trouve ses limites dans la prohibition du formalisme excessif, qui est une forme particuli�re du d�ni de justice formel (cf. art. 29 al. 1 Cst.). Il y a formalisme excessif seulement lorsque la stricte application des r�gles de proc�dure ne se justifie par aucun int�r�t digne de protection, devient une fin en soi et complique de mani�re insoutenable la r�alisation du droit mat�riel ou entrave de mani�re inadmissible l'acc�s aux tribunaux; l'exc�s de formalisme peut r�sider soit dans la r�gle de comportement impos�e au justiciable par le droit cantonal, soit dans la sanction qui lui est attach�e (ATF 128 II 139 consid. 2a; 127 I 31 consid. 2a/bb; 125 I 166 consid. 3a).
Il r�sulte du dossier que l'intim� a all�gu�, sous chiffre 11 de sa demande, qu'" � de multiples reprises et sous diverses formes, (il) a invit� le d�fendeur ... ... � participer � la perte subie par le (premier)". Quant au recourant, il a produit dans sa r�ponse, � l'appui de ses all�gu�s 31 et 32, la pi�ce, cot�e D. 8/3, sur laquelle la cour cantonale s'est fond�e pour d�terminer le moment o� le d�fendeur a �t� interpell� par son adverse partie (cf. art. 102 al. 1 CO). Par ce document, dat� du 12 juillet 2001, le demandeur, par l'entremise de son conseil, mettait express�ment en demeure le d�fendeur de lui rembourser le montant de 792'800 fr. "jusqu'au 31 juillet 2001".
La Cour civile a certes proc�d� � une interpr�tation tr�s large de l'all�gu� 11 de la demande en rapprochant le fait qui y �tait �nonc� d'une pi�ce d�pos�e par le recourant � l'appui d'all�gations ayant un tout autre objet, � savoir les circonstances ayant entour� la conclusion de la convention du 7 mars 2001 entre l'intim� et Y.________ SA. Il n'en demeure pas moins qu'il n'�tait pas insoutenable, au vu de l'opinion de l'auteur pr�cit� et de l'interdiction du formalisme excessif, de prendre en compte cette �criture pour d�terminer le jour � partir duquel le d�fendeur �tait en demeure d'ex�cuter l'obligation dont le demandeur �tait cr�ancier � son endroit.
Le troisi�me volet du moyen est infond�.
4.1 En guise de second moyen, le recourant fait longuement grief � l'autorit� cantonale d'avoir fait abstraction des remboursements qu'il a effectu�s aupr�s de Y.________ SA au cours de l'ann�e 2005 et d'avoir lev� d�finitivement son opposition � la poursuite � concurrence d'un montant irr�el, cela au m�pris de l'accord de proc�dure intervenu en mars 2004. Il y voit une violation crasse de son droit d'�tre entendu et du "principe de fair play en proc�dure". Il fait grand cas d'une �criture qu'il a adress�e au juge instructeur de la Cour civile le 13 d�cembre 2004, dans laquelle il requ�rait la possibilit� d'ajuster ses conclusions jusqu'� la cl�ture des d�bats en fonction des paiements successifs op�r�s en faveur de ladite banque. Il pr�tend que ce magistrat est revenu par la suite sur cette "facult� proc�durale" sans aucun avertissement, contrairement � ce qu'il aurait laiss� entendre dans son pli du 14 d�cembre 2004.
4.1.1 On peut s�rieusement douter que le moyen, dont le caract�re appellatoire est pr�dominant, satisfasse aux exigences strictes de motivation instaur�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il n'importe d�s lors que la critique est infond�e.
4.1.2 Le recourant n'invoquant aucune r�gle du droit cantonal de proc�dure prot�geant son droit d'�tre entendu, le grief sera examin� exclusivement au regard des principes d�coulant de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 15 consid. 2a et les arr�ts cit�s).
La jurisprudence a en particulier d�duit de l'art. 29 al. 2 Cst. le droit pour le justiciable de participer � l'administration des preuves essentielles ou pour le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela pourrait influer sur le sort de la querelle (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505; 127 I 54 consid. 2b p. 56). Le droit d'�tre entendu conf�re ainsi aux plaideurs le droit de s'exprimer sur tous les points importants avant qu'une d�cision ne soit prise; cette r�gle s'applique sans restriction aux questions de fait (ATF 124 I 49 consid. 3c p. 52).
4.1.3 Dans le cas pr�sent, les parties ont pass� les 3 et 8 mars 2004 une convention de proc�dure, en vertu de laquelle le d�fendeur �tait d�sormais autoris�, "avant cl�ture des d�bats", � faire �tat des remboursements auxquels il pourrait proc�der en mains de Y.________ SA. Le juge instructeur a pris acte de cette convention le 16 mars 2004.
En application de cet accord, le recourant, par le truchement de son avocat, a requis du juge instructeur le 13 d�cembre 2004 qu'il fasse conna�tre la date � laquelle les d�bats seraient clos, afin qu'il soit � m�me, au besoin, d'"ajuster (ses) conclusions". Le 14 d�cembre 2004, ce magistrat a pri� les parties de lui indiquer jusqu'au 20 janvier 2005 si elles acceptaient que le jugement soit rendu par voie de circulation comme le permet l'art. 334 al. 1 CPC/NE ou si elles souhaitaient que la cause soit cit�e pour plaidoiries et jugement; le juge instructeur a encore ajout� que le point soulev� par le conseil du d�fendeur le 13 d�cembre 2004 serait examin� quand les parties auront "fait conna�tre leur d�termination sur le mode d'envisager le jugement".
Le conseil du demandeur a accept�, par courrier du 19 janvier 2005, que le jugement soit rendu par voie de circulation. Le m�me jour, le conseil du d�fendeur s'est born� � prendre note du contenu de l'�criture du juge instructeur dat�e du 14 d�cembre 2004 et � signaler qu'un nouveau versement de 5'000 fr. �tait survenu le 24 d�cembre 2004, sans toutefois se d�terminer sur l'option propos�e par ce magistrat. Relanc� par le Greffier du Tribunal cantonal, l'avocat du d�fendeur, par pli du 24 janvier 2004 re�u le lendemain, a affirm� qu'il �tait d'accord qu'il soit statu� sur le diff�rend par voie de circulation.
Les cantons d�terminent librement � quel stade du proc�s les moyens d'attaque et de d�fense doivent �tre formul�s (cf. Fabienne Hohl, Proc�dure civile, tome I, ch. 813 p. 157). En principe, les parties peuvent invoquer leurs moyens jusqu'� la cl�ture des d�bats (Kummer, op. cit., p. 83 in medio; Vogel/Sp�hler, op. cit., chap. 6, n. 104 et 105).
En droit neuch�telois, l'art. 329 al. 1 CPC/NE dispose que s'il y a plaidoiries, le pr�sident du tribunal accorde � chaque partie deux tours de parole, puis il prononce la cl�ture des d�bats. Quant � l'art. 334 al. 1 CPC/NE, il prescrit qu'en cas de d�faut ou d'acquiescement, ou si les parties y ont express�ment consenti, le pr�sident du tribunal peut proposer de juger la cause par voie de circulation, sans d�bat oral ni d�lib�ration en public.
Il r�sulte de ces �l�ments que dans l'instance divisant les parties, la cl�ture des d�bats est intervenue le 25 janvier 2005, soit le jour o� le greffe de l'autorit� cantonale a re�u la lettre exp�di�e par l'avocat du recourant manifestant sans restriction l'accord de celui-ci � la reddition d'une d�cision par voie de circulation. C'est ce qu'a retenu la Cour civile, qui a fix� ladite cl�ture � fin janvier 2005.
Apr�s avoir formellement renonc� � plaider, cela alors qu'en droit neuch�telois les plaidoiries pr�c�dent imm�diatement la cl�ture des d�bats (cf. art. 329 al. 1 CPC/NE), le recourant ne pouvait pas s'attendre � pouvoir par la suite pr�senter de nouveaux moyens de d�fense.
Les parties ayant ainsi consenti � ce que la cause soit jug�e par voie de circulation, la question soulev�e pr�c�demment par le recourant dans son pli du 13 d�cembre 2004 � propos de l'ajustement �ventuel de sa reconvention avait perdu son objet, de sorte que le juge instructeur pouvait se dispenser d'y r�pondre.
On ne discerne pas de violation du droit d'�tre entendu en l'occurrence.
Aucune volte-face inopin�e ne pouvant �tre reproch�e au magistrat instructeur, le grief de "fair play" en proc�dure, � supposer qu'il ait une port�e propre, est sans consistance.
Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Vu l'issue du litige, le recourant supportera l'�molument de justice et versera � l'intim� une indemnit� de d�pens (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
Un �molument judiciaire de 6'500 fr. est mis � la charge du recourant.
Le recourant versera � l'intim� une indemnit� de 7'500 fr. � titre de d�pens.