Source: https://ch.oddb.org/fr/gcc/fachinfo/reg/41060
Timestamp: 2020-02-27 07:12:13+00:00
Document Index: 230542552

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Home - Ipro sur Cordarone® Solution injectable
Information professionnelle sur Cordarone® Solution injectable: Sanofi-Aventis (Suisse) SA
Excipients: alcohol benzylicus 20 mg, polysorbatum 80.
Cordarone ne devrait être administrée que lorsque d'autres traitements ont échoué (voir «Mises en garde et précautions»).
·Arythmies d'origine auriculaire: flutter et fibrillations auriculaires;
·Arythmies d'origine ventriculaire gravement symptomatiques et invalidantes;
·Arythmies d'origine jonctionnelle: tachycardies jonctionnelles par rythme réciproque.
L'amiodarone par voie injectable ne doit être utilisée qu'en milieu hospitalier spécialisé et sous surveillance permanente (ECG, tension artérielle).
Traitement de charge: en moyenne 5 mg/kg dans 250 ml de solution de glucose 5% exclusivement, passés en 20 minutes à 2 heures et renouvelables 2 à 3 fois par 24 heures. Adapter le débit aux résultats.
L'action se manifeste dans les premières minutes et s'épuise peu à peu. Une perfusion relais doit être instituée.
Traitement d'entretien: 10 à 20 mg/kg/24 h (en moyenne 600 à 800 mg/24 h, jusqu'à 1'200 mg/24 h) dans 250 ml de solution de glucose 5% pendant quelques jours. Prendre le relais par voie orale dès le premier jour de perfusion.
Injection i.v. directe (Voir «Mises en garde et précautions» et «Contre-indications»)
5 mg/kg. La durée d'injection ne doit en aucun cas être inférieure à 3 minutes. N'ajouter aucun autre produit dans la seringue.
(Informations concernant le Polysorbate et Instructions spéciales concernant le mode d'application: voir «Remarques concernant la manipulation».)
Réanimation cardio-pulmonaire lors de fibrillation ventriculaire résistant à la cardioversion électrique: la dose initiale par voie intraveineuse comporte 300 mg (ou 5 mg/kg de poids corporel) dilués dans 20 ml de glucose à 5%, injectés rapidement. L'administration d'une dose additionnelle de 150 mg (ou 2,5 mg/kg de poids corporel) peut être envisagée en cas de persistance de la fibrillation ventriculaire.
A ce jour, ni l'administration ni la sécurité de l'emploi de Cordarone solution injectable n'ont été étudiées chez l'enfant et l'adolescent (voir «Mises en garde et précautions»).
·Hypersensibilité connue à l'encontre de l'amiodarone ou de l'iode ou à l'un des excipients,
·Bradycardie sinusale, bloc sino-auriculaire,
·Bloc auriculo-ventriculaire, troubles de conduction bi- ou trifasciculaire non appareillés. Dans ces cas, l'amiodarone injectable peut être utilisée en milieu spécialisé et sous couvert d'entraînement électrosystolique,
·Collapsus cardio-vasculaire, hypotension artérielle sévère,
·Affections thyroïdiennes (hypo- ou hyperthyroïdie),
·Thérapie combinée avec des médicaments qui peuvent provoquer des «torsades de pointes» (voir également «Interactions»),
·Allongement de QT préexistant,
·Grossesse, sauf en cas d'indication vitale, à cause du risque d'une hypo- et hyperthyroïdie, d'un goitre ainsi que d'effet cardio-dépressif chez le nouveau-né (voir «Grossesse/Allaitement»),
·Allaitement (voir «Grossesse/Allaitement»),
Toutes ces contre-indications ne sont pas applicables quant à l'administration de l'amiodarone dans les cas de réanimation cardio-pulmonaire lors de fibrillation ventriculaire résistant à la cardioversion électrique.
Contre-indications particulières à la voie injection i.v. directe
La voie i.v. directe est contre-indiquée en cas d'hypotension, d'insuffisance respiratoire sévère, dans les myocardiopathies ou l'insuffisance cardiaque (risque d'aggravation).
L'amiodarone par voie injectable ne doit être utilisée qu'en milieu hospitalier spécialisé et sous surveillance permanente (ECG, TA).
Afin d'éviter les réactions au site d'injection, l'amiodarone i.v. devrait si possible être administrée par voie centrale (voir «Effets indésirables»).
La prudence est recommandée en cas d'hypotension, d'insuffisance respiratoire sévère, de myocardiopathie décompensée ou d'insuffisance cardiaque grave.
Avant d'initier le traitement par l'amiodarone, il est important de corriger l'hypokaliémie, l'acidose et l'hypoxie. Il convient d'identifier tout allongement de QT préexistant (développé ou congénital) avant de choisir le meilleur traitement pour le patient.
En raison de son potentiel d'effets secondaires, Cordarone ne devrait être administrée que lorsque d'autres traitements ont échoué.
Sous Cordarone, l'électrocardiogramme est modifié. Cette modification «cordaronique» consiste en un allongement de QT traduisant l'allongement de la repolarisation, avec éventuellement l'apparition d'une onde U tout comme une prolongation et déformation de l'onde T. Un allongement excessif de QT augmente le risque d'apparition de torsades de pointes.
Comme les autres antiarythmiques, l'amiodarone peut aggraver des arythmies existantes ou causer de nouvelles arythmies (effet pro-arythmogène) parfois d'issue fatale. Il est important, mais difficile de déterminer si l'effet pro arythmique est provoqué par le manque d'efficacité de l'amiodarone ou s'il s'agit d'une péjoration des conditions cardiaques.
L'effet pro-arythmogène de l'amiodarone présente une incidence d'environ 3-5% et survient particulièrement dans un contexte de facteurs allongeant QT tels que lors de certaines associations médicamenteuses ou de troubles électrolytiques (voir «Effets indésirables» et «Interactions»). La co-administration d'amiodarone avec des médicaments connus pour prolonger l'intervalle QT ou pour inhiber le CYP3A4 doit être basée sur une évaluation attentive des risques potentiels et des bénéfices pour chaque patient sachant que le risque de torsades de pointes peut augmenter. Les patients doivent être surveillés pour un allongement de QT. Malgré un allongement de l'intervalle QT, l'amiodarone montre une faible activité torsadogénique. Un déséquilibre ionique (en particulier du potassium et du magnésium) doit être corrigé (risque accru d'effet arythmogène) (voir «Interactions» et «Effets indésirables»).
Des cas de bradycardie sévère et de troubles de la conduction, ayant entraîné une mise en jeu du pronostic vital, ont été observés lors de la co-administration d'amiodarone avec sofosbuvir en association à des antiviraux à action directe (AAD), tels que daclatasvir, siméprévir ou lédipasvir, pour le traitement du virus de l’hépatite C (VHC).
Par conséquent, une co-administration de ces médicaments contre l’hépatite C avec l’amiodarone n’est pas recommandée et est à éviter autant que possible (voir «Indications/possibilités d’emploi» et «Mises en garde et précautions»).
Si l'utilisation concomitante de l'amiodarone est jugée absolument nécessaire, il est recommandé de surveiller étroitement les patients lors de l'initiation du traitement par sofosbuvir en association à des ADD. Les patients identifiés comme étant à risque élevé de bradyarythmie doivent faire l'objet d'une surveillance continue pendant au moins 48 heures en milieu hospitalier adapté après l’initiation du traitement concomitant avec sofosbuvir. La poursuite de la surveillance doit être décidée individuellement en accord avec le cardiologue.
Tous les patients traités avec ces médicaments contre le virus de l’hépatite C et recevant de l'amiodarone avec ou sans autres médicaments bradycardisants doivent également être avertis des symptômes de bradycardie et de troubles de la conduction, et ils doivent être informés de la nécessité de consulter un médecin en urgence s'ils ressentent ces symptômes.
Hyperthyroïdie (voir «Mises en garde et précautions» et «Effets indésirables»)
Une hyperthyroïdie peut apparaître durant le traitement par l'amiodarone, et jusqu'à quelques mois après l'arrêt du traitement. Le médecin doit être systématiquement alerté devant des signes d'appel souvent discrets tels que perte de poids, apparition d'arythmie, d'angor, d'insuffisance cardiaque.
L'effondrement de la TSHu permet d'affirmer le diagnostic. L'arrêt du traitement est alors impératif. Il entraîne habituellement la guérison clinique dans un délai de quelques mois. Les formes sévères d'évolution, parfois fatale, représentent une urgence thérapeutique; le traitement doit être adapté à chaque cas: antithyroïdiens de synthèse dont l'action peut être inconstante, corticoïdes, bêtabloquants, etc.
Dysfonction primaire du greffon après transplantation cardiaque
Des études rétrospectives ont démontré que l'utilisation d'amiodarone avant une transplantation cardiaque augmente le risque de dysfonction primaire du greffon chez le patient transplanté. Une dysfonction primaire du greffon cardiaque (défaillance ventriculaire gauche, droite ou biventriculaire) est une complication potentiellement mortelle survenant pendant les premières 24 heures après la transplantation cardiaque et pour laquelle aucune cause secondaire apparente n'existe (voir «Effets indésirables»). Une dysfonction primaire du greffon cardiaque sévère peut être irréversible.
Un traitement antiarythmique alternatif chez les patients qui sont inscrits sur une liste d'attente d'une greffe cardiaque doit être pris en considération le plus tôt possible avant la transplantation cardiaque.
Organes respiratoires (troubles respiratoires, thoraciques et médiastinaux) (voir «Effets indésirables»)
De très rares cas de pneumonies interstitielles ont été rapportés avec l'amiodarone i.v.
Le traitement par l'amiodarone doit être réévalué puisque la pneumonie interstitielle est généralement réversible à l'arrêt précoce de l'amiodarone.
En cas de suspicion d'induction par l'amiodarone de pneumopathie due à l'hypersensibilité, le traitement par Cordarone doit être interrompu et la possibilité d'une corticothérapie doit être évaluée.
La survenue de quelques cas de syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) en phase postopératoire, parfois d'issue fatale, a également été rapportée. Une possible interaction avec une concentration élevée d'oxygène a été évoquée (voir «Interactions» et «Effets indésirables»).
Anesthésie: avant toute intervention chirurgicale, l'anesthésiste devrait être informé que le patient est sous traitement à l'amiodarone (voir «Interactions»).
En cas d'utilisation prolongée ou de passage prévu à la voie orale, il est recommandé avant le début du traitement de faire un test TSH ultrasensible.
Patients âgés: en raison de l'expérience clinique limitée chez les patients âgés (>65 ans) le dosage chez ces patients devrait être effectué avec précaution. En règle générale, les dosages devraient être commencés en bas de la zone du dosage, en tenant compte que chez les patients plus âgés les fonctions hépatiques, rénales ou cardiaques sont souvent diminuées ainsi que des maladies concomitantes et d'autres médications.
Pédiatrie: à ce jour, ni l'administration ni la sécurité de l'emploi de Cordarone solution injectable n'ont été étudiées chez l'enfant et l'adolescent. L'administration d'amiodarone intraveineuse n'est pas recommandée chez l'enfant et l'adolescent. Les ampoules de Cordarone contiennent de l'alcool benzylique (voir «Composition»). Des cas fatals de toxicité chez des nouveau-nés ont été rapportés après administration de solutions intraveineuses contenant de l'alcool benzylique. Les signes de toxicité chez le nouveau-né se manifestent par une acidose métabolique évoluant vers une dépression respiratoire avec parfois hypotension et collapsus cardiovasculaire («gasping syndrome»).
Par ailleurs, l'amiodarone i.v. peut libérer des plastifiants, tels que le DEHP, lors de contact avec les tubulures de perfusion (voir «Remarques particulières», Incompatibilités physicochimiques). Basé sur les études animales, il pourrait y avoir un risque d'effets défavorables du DEHP sur le développement du tractus génital chez le fœtus, le nouveau-né et le jeune enfant de sexe masculin (voir «Contre-indications»).
Précautions particulières à la voie injection i.v. directe
Cette voie d'administration est généralement déconseillée à cause des risques hémodynamiques (hypotension sévère, collapsus cardiovasculaire); on lui préfèrera l'administration par perfusion veineuse chaque fois que cela est possible.
Elle doit être limitée aux situations d'urgence, en cas d'échec des autres alternatives thérapeutiques et n'être utilisée qu'en Unité de Réanimation Cardiologique et sous surveillance monitorée.
La posologie est en moyenne de 5 mg/kg.
La durée d'injection ne doit, en aucun cas, être inférieure à 3 minutes, exception faite des cas de réanimation cardio-pulmonaire lors de fibrillation ventriculaire résistant à la cardioversion électrique.
Ne pas pratiquer de seconde injection i.v. directe moins de 15 minutes après la première injection, même si celle-ci n'a été que d'une ampoule (risque de collapsus irréversible).
N'ajouter aucun autre produit dans la seringue. Si le traitement doit être poursuivi, prendre le relais par une perfusion. Voir également «Posologie/Mode d'emploi».
Troubles hépato-biliaires (voir «Effets indésirables»)
Les effets secondaires hépatiques sont fréquents. La surveillance étroite de la fonction hépatique (transaminases) est recommandée dès le début du traitement par amiodarone et régulièrement en cours de traitement.
En cas d'ictère choléstatique ou d'hépatomégalie, des troubles hépatiques sévères aigus (incluant l'insuffisance hépatocellulaire ou la défaillance hépatique, parfois fatale) et des troubles hépatiques chroniques peuvent apparaître dans les premières 24 heures suivant l'injection intraveineuse d'amiodarone. Par conséquent, le dosage d'amiodarone doit être réduit ou le traitement interrompu si l'augmentation des transaminases dépasse trois fois la normale.
Le tableau clinique et biologique d'hépatopathies chroniques peut être discret (hépatomégalie, augmentation des transaminases jusqu'à 5 fois la normale); il est donc recommandé de surveiller régulièrement la fonction hépatique au cours du traitement. Une hyper transaminasémie, même modérée, survenant après un traitement de plus de 6 mois, doit faire évoquer le diagnostic. Les troubles cliniques et biologiques sont réversibles après arrêt du traitement; des cas d'évolution fatale ont néanmoins été rapportés.
Des réactions cutanées sévères potentiellement létales tels le syndrome de Stevens-Johnson (SJS) et une nécrolyse épidermique toxique (NET/syndrome de Lyell) peuvent être provoquées par l'amiodarone. En cas d'apparition de signes ou symptômes de SJS, NET (par exemple éruption cutanée progressive accompagnée de lésions vésiculaires ou muqueuses) le traitement par Cordarone doit être arrêté immédiatement.
Lors du traitement par Cordarone, il est conseillé d'effectuer régulièrement des examens ophtalmologiques incluant une fondoscopie et un examen à la lampe à fente.
Monitoring (voir «Mises en garde et précautions» et «Effets indésirables»)
Un contrôle régulier et à intervalles réguliers du taux des transaminases (voir «Mises en garde et précautions») est recommandé au cours du traitement.
Si certains paramètres électrocardiographiques se détériorent, tels qu'une augmentation anormale des intervalles PR ou PQ et QRS ou une augmentation des dysfonctionnements du rythme cardiaque, il convient de réévaluer le traitement et des ajustements peuvent être nécessaires.
L'amiodarone pouvant provoquer des hypothyroïdies ou hyperthyroïdies, particulièrement chez les sujets à risque thyroïdien (antécédents personnels incertains), un contrôle régulier de la fonction thyroïdienne (TSHu) est particulièrement recommandé avant de débuter le traitement par l'amiodarone. Ce monitoring doit être poursuivi au cours du traitement et plusieurs mois après son arrêt.
Hypothyroïdies: l'élévation franche de la TSH ultrasensible (TSHu), tout comme la diminution de T4 signent le diagnostic. L'arrêt du traitement entraîne le retour à l'euthyroïdie dans un délai de 1 à 3 mois. En cas d'indication vitale, l'amiodarone peut être poursuivie, en associant une thérapie substitutive par L-thyroxine, la TSHu constituant un guide posologique (voir «Mises en garde et précautions»).
Anesthésie (voir «Interactions» et «Effets indésirables»)
Avant toute intervention chirurgicale, l'anesthésiste devrait être informé que le patient est sous traitement à l'amiodarone.
Médicaments induisant des torsades de pointes ou allongeant QT
Médicaments induisant des torsades de pointes
Associations contre-indiquées: de façon générale, l'association de l'amiodarone avec un des médicaments ci-dessous, ne sera envisagée qu'en fonction de la pharmacocinétique des produits et en tenant compte du rapport bénéfice/risque de l'association.
En raison du risque majoré de trouble du rythme ventriculaire et plus particulièrement de torsades de pointes:
·Antiarythmiques: Classe IA: quinidine, procainamide, disopyramide; Classe IC: flecainide; Classe III: sotalol, ibutilide.
·Antibiotiques inhibiteurs de la gyrase: lévofloxacine, moxifloxacine.
·Anti nauséeux: dompéridone, ondansétron.
La co-administration d'amiodarone avec des médicaments connus pour prolonger l'intervalle QT doit être basée sur une évaluation attentive des risques potentiels et les bénéfices pour chaque patient sachant que le risque de torsades de pointes peut augmenter. Les patients doivent être surveillés pour un allongement de QT (voir «Mises en garde et précautions»).
·Inhibiteur de la protéase du VIH tels qu'amprenavir, indinavir, ritonavir.
·Médicaments bradycardisants: bêtabloquants, diltiazem, vérapamil, clonidine, digitaliques. L'utilisation concomitante d'amiodarone n'est pas recommandée avec les substances suivantes: bêtabloquants, inhibiteurs de canaux calciques permettant de diminuer le rythme cardiaque (vérapamil, diltiazem).
Anesthésie générale (voir «Mises en garde et précautions»)
Des complications potentiellement sévères ont été rapportées lors de l'association aux anesthésiques généraux; bradycardie résistant à l'atropine, hypotension, troubles de la conduction, baisse du débit cardiaque.
L'amiodarone et/ou son métabolite le déséthylamiodarone, inhibe(nt) le CYP1A1, CYP1A2, CYP 3A4, CYP 2C9, CYP 2D6 et le P-glycoprotéine et peuvent augmenter l'exposition à leurs substrats.
De part le long temps de demivie de l'amiodarone, les interactions peuvent être observées pendant plusieurs mois après l'arrêt de l'amiodarone.
L'amiodarone est un inhibiteur du P-gp. Une co-administration avec des substrats du P-gp devrait entraîner une augmentation à leur exposition.
Digitaliques: possibilité de trouble de l'automatisme (bradycardie excessive) et de la conduction auriculo-ventriculaire (synergie d'action) ainsi que, lors d'utilisation de la digoxine, d'une augmentation des taux plasmatiques de digoxine par diminution de la clairance de la digoxine.
Dabigatran: des précautions doivent être prises lorsque l'amiodarone est co-administrée avec le dabigatran en raison du risque de saignement. Il peut s'avérer nécessaire d'ajuster le dosage du dabigatran selon son label.
Une interaction entre l'amiodarone et les autres substrats du P-gp doit également être prise en considération (par ex. talindolol, doxorubicine, fexofénadine).
Anticoagulants oraux: L'association d'anticoagulants oraux et d'amiodarone peut augmenter l'effet anticoagulant et ainsi augmenter le risque de saignements. Cette association nécessite un contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et une adaptation de la posologie des anticoagulants oraux pendant le traitement par Cordarone et après son arrêt.
Phénytoïne: risque d'augmentation des taux plasmatiques de la phénytoïne par inhibition du cytochrome P450 2C9 avec signes de surdosage (en particulier neurologiques).
Flécaïnide: une augmentation du taux plasmatique de flécaïnide par inhibition du cytochrome 2D6, allant jusqu'au double, est possible. Il est indiqué d'adapter la dose de flécaïnide et le patient doit être régulièrement et soigneusement surveillé en raison des effets indésirables possibles (des déterminations du taux plasmatique sont recommandées).
Substances métabolisées par le cytochrome P450 3A4:
·Ciclosporine: risque d'augmentation des taux plasmatiques de ciclosporine en rapport avec une diminution de la clairance de ce produit: l'adaptation des posologies est nécessaire.
·Fentanyl: en association avec l'amiodarone, l'effet pharmacologique de Fentanyl peut augmenter ainsi que le risque de toxicité.
·Statines: le risque de toxicité musculaire (par ex. rhabdomyolyse) est augmenté par l'administration concomitante de l'amiodarone avec des statines métabolisées par CYP 3A4 telles que la simvastatine, l'atorvastatine et la lovastatine.
Autres substances métabolisées par le cytochrome P450 3A4: lidocaïne, tacrolimus, sildénafil, midazolam, triazolam, dihydroergotamine, ergotamine, (risque augmenté de toxicité musculaire), colchicine.
Il est recommandé d'éviter les inhibiteurs du CYP 3A4 (par ex jus de pamplemousse et certains médicaments, notamment la clarithromycine) durant un traitement avec l'amiodarone (voir «Mises en garde et précautions»).
Interactions d’autres médicaments avec l’amiodarone
L’utilisation concomitante de l’amiodarone avec sofosbuvir en association à des antiviraux à action directe (tels que daclatasvir, siméprévir ou lédipasvir) n’est pas recommandée et est à éviter autant que possible, car cette association peut induire une bradycardie symptomatique sévère. Le mécanisme n’est pas établi.
Cordarone ne devrait pas être employé pendant la grossesse, sauf en cas de nécessité absolue.
Des études chez l'animal ont montré des effets indésirables pour le fœtus (embryotoxicité) et il n'y a pas d'études contrôlées chez la femme. Les données sont insuffisantes pour exclure le risque de malformations congénitales du fœtus humain.
Etant donné le passage transplacentaire de l'amiodarone et de son métabolite principal en quantités significatives et le risque dû aux propriétés pharmacologiques (entre autres hypo et hyperthyroïdie: goitre, effet cardiodépresseur) chez le nouveau-né, l'administration chez la femme enceinte est contre-indiquée sauf indication vitale pour la mère.
Les femmes envisageant une grossesse devraient, en raison de la longue demi-vie du chlorhydrate d'amiodarone, planifier la grossesse au plus tôt 6 mois après l'arrêt du traitement. Ceci afin d'éviter l'exposition du fœtus à la Cordarone au début de la grossesse.
L'allaitement est contre-indiqué en raison du passage de l'amiodarone dans le lait en quantités significatives. Si le traitement s'avère absolument indispensable, l'allaitement doit être arrêté.
Ils sont classés par organe et par groupe de fréquence en utilisant la convention suivante: très fréquents (>10%); fréquents (>1/100, <1/10); occasionnels (>1/1'000, <1/100): rares (>1/10'000, <1/1'000); très rares (<1/10'000); fréquence inconnue (la fréquence ne peut pas être estimée avec les données disponibles).
Très rares: angioœdème, choc anaphylactique, atteinte rénale avec élévation modérée de la créatinine.
Très rares: ataxie de type cérébelleux, hypertension intracrânienne (pseudo-tumor cerebri) bénigne, céphalées.
Très fréquents: les micro-dépôts cornéens se forment pratiquement sans exception si la concentration tissulaire du médicament est suffisante. Habituellement localisés à l'aire sous-pupillaire et asymptomatique, ils ne contre-indiquent en rien la poursuite du traitement, ils peuvent s'accompagner de perception de halos colorés en lumière éblouissante ou de sensation de brouillard. Constitués de dépôts lipidiques complexes, les micro-dépôts cornéens sont réversibles suivant l'arrêt du traitement.
Fréquence inconnue: neuropathie/névrite optique évoluant parfois vers la cécité bilatérale après administration par voie intraveineuse et rare par voie orale (voir «Mises en garde et précautions»).
Quelques cas de névrites rétrobulbaire ont été décrits. La relation avec l'amiodarone n'apparaît pas actuellement établie.
Comme les autres antiarythmiques, l'amiodarone peut aggraver des arythmies existantes ou causer de nouvelles arythmies (effet pro-arythmogène) parfois d'issue fatale (voir «Mises en garde et précautions» et «Interactions»).
L'effet pro-arythmogène de l'amiodarone présente une incidence d'environ 3-5% et survient particulièrement lors de certaines associations médicamenteuses ou de troubles électrolytiques (voir «Mises en garde et précautions»).
Très rares: dans certains cas, notamment chez les sujets âgés et les patients présentant une dysfonction du nœud sinusal, une bradycardie marquée, plus exceptionnellement un arrêt sinusal.
Des cas isolés de torsades de pointes et de fibrillations ventriculaires ont été décrits.
Fréquents: baisse tensionnelle, généralement modérée et transitoire. Des cas d'hypotension sévère ou de collapsus ont été rapportés après surdosage ou administration trop rapide (en particulier lors d'administration i.v. directe).
Rares: vascularites.
Très rares: bouffées de chaleur.
Les effets secondaires pulmonaires peuvent survenir de manière aiguë au début du traitement ou sous une forme d'évolution subaiguë/chronique après une thérapie prolongée. Les symptômes sont: fièvre, douleurs pleurales, toux ainsi que dyspnée.
Une corticothérapie associée peut être proposée. Les signes cliniques disparaissent habituellement en 3 ou 4 semaines, l'amélioration radiologique et fonctionnelle étant plus lente (plusieurs mois) (voir «Mises en garde et précautions»).
Fréquents: des cas de toxicité pulmonaire parfois d'issue létale, tels que pneumopathie d'hypersensibilité/alvéolite allergique, une pneumopathie alvéolaire/interstitielle ou une fibrose pulmonaire ont été signalés lors d'administration par voie orale d'amiodarone.
La fréquence ne peut pas être déterminée pour la fibrose pulmonaire, parfois fatale, lors d'administration par voie intraveineuse. De rares cas de pneumopathie organisée avec bronchiolite oblitérante (BOOP) sont actuellement rapportés essentiellement après administration orale d'amiodarone.
Rares: un asthme bronchique, chez des patients prédisposés ou non, peut se manifester sous amiodarone. Un bronchospasme et/ou une apnée en cas d'insuffisance respiratoire, notamment chez les asthmatiques, ont été observés.
Très fréquents: troubles gastro-intestinaux (vomissements) ainsi que troubles du goût (goût métallique) habituellement contemporains du traitement d'attaque et disparaissant avec la réduction de posologie.
Très rares: nausées.
Fréquence inconnue: pancréatite, pancréatite aiguë.
Affections hépatobiliaires (voir «Mises en garde et précautions»)
Très fréquents: élévations des transaminases, isolées et généralement modérées (1,5 à 3 fois la normale), ont été rapportées dans 4 à 9% des cas lors de dosages modérés et dans 10 à 20% des cas lors de dosages plus élevés en début de traitement; elles peuvent revenir à la normale après une réduction posologique, voire spontanément.
Très rares: on a également rapporté la survenue d'hépatopathies chroniques (profil histologique d'une hépatite pseudo alcoolique, cirrhose). Une hyper transaminasémie, même modérée, survenant après un traitement de plus de 6 mois, doit faire évoquer le diagnostic. Des cas d'évolution fatale ont néanmoins été rapportés.
Très fréquent: photosensibilisation (10%), en général bénigne comme le coup de soleil (voir «Mises en garde et précautions»).
Fréquent: pigmentation ardoisée des parties découvertes de la peau, d'évolution lentement régressive après l'arrêt du traitement.
Très rares: ont été observés des cas d'érythème lors de radiothérapie, des rashs cutanés, généralement peu spécifiques, de l'urticaire, des sueurs. Ont aussi été rapportés de façon isolée: dermatite exfoliative, érythème multiforme.
Très rare: lors d'administration orale, myopathie.
Fréquence inconnue: douleur dorsale.
Fréquents: réactions au site d'administration tels que douleurs, érythème, œdème, nécrose, extravasation, infiltration, inflammation, induration, thrombophlébite, phlébite, cellulite, infection, changements de pigmentation.
Possibilité de phlébite avec les perfusions. Cet effet peut être évité par la technique du cathéter en position centrale.
Très rare: élévation de la créatinémie.
Fréquence inconnue: dysfonction primaire du greffon après transplantation cardiaque, associé à un risque de morbidité et de mortalité péri-opératoire important (voir «Mises en garde et précautions»).
Pour le moment, il y a peu de connaissances sur les effets d'un surdosage aigu par Cordarone.
Des cas de torsades de pointes, de dysfonctionnement gastro-intestinal et hépatique ont été rapportés. La bradycardie induite par Cordarone est résistante à l'atropine. Un stimulateur provisoire peut donc être nécessaire.
Le traitement d'un surdosage est de nature symptomatique.
Ni l'amiodarone ni ses métabolites ne sont éliminés durant la dialyse.
·Allongement du potentiel d'action de la fibre cardiaque sans modification de sa hauteur ni de sa vitesse d'ascension. Cet allongement isolé de la phase 3 du potentiel d'action résulte d'un ralentissement du courant potassique (classe III de Vaughan Williams) et exerce un effet inhibiteur sur les canaux sodium et calcium.
·Effet bradycardisant par ralentissement de l'automatisme sinusal. Cet effet n'est pas antagonisé par l'atropine.
·Ralentissement de la conduction sino-auriculaire et auriculo-ventriculaire d'autant plus marqué que le rythme est plus rapide.
Cordarone est capable de protéger l'animal contre divers types d'arythmies expérimentales aussi bien auriculaires que ventriculaires.
Cordarone s'est avérée être un antiarythmique efficace aussi bien dans les troubles du rythme auriculaires que ventriculaires. Les études ont porté notamment sur des troubles du rythme résistant à d'autres produits antiarythmiques.
La sécurité et l'efficacité de l'amiodarone injectable ont été évaluées au cours de deux essais cliniques randomisés en double aveugle pour la défibrillation et l'arrêt cardiaque hors de l'hôpital à la suite d'une fibrillation ventriculaire résistante à l'épinéphrine.
Dans l'étude ARREST, l'amiodarone (dose unique de 300 mg dilué dans 20 ml de glucose 5%, 246 patients) a été comparée à un placebo (258 patients). Les fréquences de survie lors de l'admission étaient de: amiodarone 44% et placebo 34% (p=0,03).
Dans l'étude ALIVE, l'amiodarone (5 mg/kg dilué dans 30 ml 5% glucose, 180 patients) a été comparée à la lidocaïne (1,5 mg/kg, 167 patients). Les fréquences de survie lors de l'admission étaient de: amiodarone 22,8% et lidocaïne 12% (p=0,009).
Propriétés anti angineuses
·Diminution de la consommation d'oxygène par une chute modérée des résistances périphériques et une réduction de la fréquence cardiaque.
·Propriétés antagonistes non-compétitives alpha et bêta adrénergiques.
·Augmentation du débit coronaire par effet direct sur la musculature lisse des artères myocardiques.
·Diminution de la pression aortique et des résistances périphériques contribuant au maintien du débit cardiaque.
Les études de pharmacologie ont montré que l'injection intraveineuse directe d'une dose de 5 mg/kg d'amiodarone s'accompagne d'un effet vasodilatateur puissant (diminution de la post charge). Cet effet semble, en grande partie, être dû au solvant (polysorbate 80) de l'amiodarone injectable et s'accompagne habituellement d'une élévation de la fréquence cardiaque ainsi que d'une diminution de la pression artérielle systolique durant les 5 minutes qui suivent l'injection i.v.
Des études faites chez le volontaire sain ont montré qu'après administration d'une dose unique de 5 mg/kg de Cordarone injectable, la phase de distribution est extrêmement rapide.
Des études suggèrent que les taux plasmatiques efficaces, ne provoquant pas d'effets secondaires dose-dépendants, varient entre 1,5 µmol/l (= 1,02 µg/ml) et 4 µmol/l (= 2,73 µg/ml).
Il y a formation d'un métabolite actif, le N-déséthylamiodarone, ainsi que de métabolites non identifiés.
L'amiodarone et la N-déséthylamiodarone présentent aussi un potentiel d'inhibition sur certains transporteurs tels que le P-gp et le transporteur de cations organiques (OCT2). (Une étude montre une augmentation d'1,1% de la concentration de la créatinine (substrat de l'OCT2)).
In vivo, des données décrivent des interactions entre l'amiodarone et le CYP 3A4, CYP 2C9, CYP 2D6 et les substrats du P-gp et l'OCT2.
L'amiodarone et le N-déséthylamiodarone s'éliminent essentiellement par voie biliaire et fécale (65 à 75%). L'élimination urinaire est négligeable.
L'élimination urinaire du produit étant négligeable, on autorise l'utilisation du produit aux posologies usuelles chez l'insuffisant rénal.
Incompatibilités physiques: lumière et chaleur.
L'utilisation d'équipement ou de matériel médical contenant des agents plastifiants tels que le DEHP (di-2-éthyl-hexylphthalate) en présence d'une solution d'amiodarone peut libérer du DEHP dans cette solution. Afin de minimaliser l'exposition du patient au DEHP, il est préférable d'administrer la dilution finale de l'amiodarone au moyen de matériels médicaux ne contenant pas de DEHP.
Pour les perfusions, utiliser uniquement des solutions de glucose 5%. Ne pas mélanger d'autres médicaments à la solution injectable Cordarone.
·La présence d'iode dans la molécule fausse certains tests thyroïdiens (fixation de l'iode radioactif, PBI); néanmoins un bilan thyroïdien est toujours possible (T3, T4, TSHu).
·Sous Cordarone, l'électrocardiogramme est modifié. Cette modification «cordaronique» consiste en un allongement de QT traduisant l'allongement de la repolarisation et éventuellement dans l'apparition d'une onde U; c'est un signe d'imprégnation thérapeutique et non de toxicité.
Les ampoules de Cordarone sont à conserver à l'abri de la lumière et à une température entre 15 et 25 °C. Exclure le réfrigérateur.
Elles ne peuvent être utilisées au-delà de la date imprimée sur l'emballage avec la mention «EXP».
La solution de Cordarone contient du polysorbate (Tween) qui modifie la taille des gouttes de la solution vectrice. Il convient d'en tenir compte lors du réglage du débit de la perfusion.
Pour des raisons galéniques, il ne faut pas utiliser de concentrations inférieures à 2 ampoules (300 mg) dans 500 ml. Utiliser exclusivement une solution de glucose 5%. N'ajouter aucun autre produit dans le liquide de perfusion.
La solution de perfusion est à protéger de la lumière.
41060 (Swissmedic).
Ampoules à 150 mg/3 ml: 6 (B)