Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19950106-147523
Timestamp: 2017-01-17 00:55:11+00:00
Document Index: 231973940

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 06 janvier 1995, 147523
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 147523Numéro NOR : CETATEXT000007870202 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1995-01-06;147523 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 29 avril 1993 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES YVELINES ; le PREFET DES YVELINES demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 26 mars 1993 par lequel le vice-président délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté en date du 23 mars 1993 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle X... ;
- les observations de Me Thomas-Raquin, avocat de Mlle Djamila X... ;
- les conclusions de M. Bonichot, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;
Considérant qu'il est constant que Mlle X..., ressortissante algérienne, se trouvait dans l'un des cas où, en application de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet pouvait ordonner qu'elle soit reconduite à la frontière ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que l'intéressée est, après le décès de son grand-père, entrée en France le 19 août 1988, trois jours avant sont dix-huitième anniversaire, pour rejoindre ses parents et ses jeunes frère et soeur ; que Mlle X... vit depuis cette date auprès de son père, qui est en France depuis plus de vingt ans, et de sa mère, titulaires d'un certificat de résidence ; que, dans ces conditions et en l'absence d'attaches familiales plus directes en Algérie, l'arrêté en date du 23 mars 1993, par lequel le PREFET DES YVELINES a ordonné la reconduite de Mlle X... à la frontière, porte au droit de celle-ci au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, le PREFET DES YVELINES n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le vice-président délégué par le président du tribunal administratif de Versailles en a prononcé l'annulation ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES YVELINES, à Mlle X... et auministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.Références : Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 06 janvier 1995, n° 147523Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : Mme LatournerieRapporteur public : M. BonichotOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 06/01/1995Fonds documentaire : Legifrance Haut de page