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Timestamp: 2016-10-24 10:37:20+00:00
Document Index: 76570598

Matched Legal Cases: ['art. 97', 'art. 64', 'art. 8', 'art. 398', 'art. 481', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 64', 'art. 100', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 100', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 100', 'in casu', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 3', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 100', 'art. 398', 'art. 156']

4C.357/2000 (08.05.2001)
X.________ S.A., demanderesse et recourante, repr�sent�e par Me Olivier Brunisholz, avocat � Gen�ve,
Y.________ S.A., d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Serge Fasel, avocat � Gen�ve;
(art. 97 CO; responsabilit� de la banque qui verse � un tiers non autoris� les fonds que son client lui a confi�s)
A.- a) C.________, citoyen fran�ais, est actif depuis 1965 dans le domaine de la construction et de la promotion immobili�re. En juin 1985, il pria la fiduciaire R.________ (ci-apr�s: la Fiduciaire), � Gen�ve, d'entreprendre les d�marches n�cessaires aux fins de cr�er une soci�t� panam�enne. Cela fut fait sous le nom de X.________ S.A. (ci-apr�s: X.________), soci�t� au capital de 10'000 dollars am�ricains (USD), dont les titres ont �t� d�tenus aupr�s de la Fiduciaire pour le compte de C.________, qui devenait ainsi propri�taire et seul ayant droit �conomique de la soci�t� panam�enne.
La Fiduciaire avait pour mandat d'administrer et de g�rer X.________. Le 5 juin 1985, elle fit ouvrir un compte aupr�s de la Y.________ S.A. (ci-apr�s: la Banque).
X.________ conf�ra � la Banque un pouvoir de gestion des avoirs figurant sur ce compte, ainsi qu'un pouvoir sp�cial autorisant celle-ci � proc�der � des placements fiduciaires.
Le m�me jour, X.________ signa en faveur de la Banque une d�charge relative aux ordres t�l�phoniques et t�l�graphiques qui a la teneur suivante:
"Le(s) soussign�(s), titulaire(s) et/ou mandataire(s)
du compte X.________ SA aupr�s de Y.________
SA � Gen�ve, d�sirant transmettre ses (leurs)
instructions � ladite Banque par t�l�phone, t�lex
ou t�l�gramme sans chiffre de rep�re ni confirmation
�crite, d�charge(nt) express�ment par la pr�sente
responsabilit� pour avoir ex�cut� lesdites instructions.
Toute ex�cution d'ordre t�l�phonique, par t�lex ou
t�l�gramme, re�u par ladite Banque et donn� par
tiers, sera consid�r�e comme valable et accept�e. ".
Toujours � la date du 5 juin 1985, X.________ donna � la Banque des "instructions relatives � la correspondance banque restante", lesquelles sp�cifient que toute la correspondance, extraits de compte, formules de bien-trouv�s, notifications et actes de toutes sortes destin�s � X.________ devaient �tre retenus � la Banque, c'est-�-dire lui �tre adress�s "banque restante"; ces divers documents �taient alors consid�r�s comme ayant �t� valablement communiqu�s, � la d�charge de la Banque (art. 64 al. 2 OJ).
Au nom de X.________, C.________ signa le 21 juin 1985 en faveur de la Banque une d�charge relative aux ordres donn�s au moyen d'un nom de code, laquelle a la teneur suivante:
1. Ordres donn�s par t�l�phone, t�lex ou t�l�gramme.
Le(s) soussign�(s), titulaire(s) et/ou mandataire(s)
du compte susmentionn�, aupr�s de Y.________
SA � Gen�ve, d�sirant transmettre ses/leurs instructions
� la Banque, par t�l�phone, t�lex ou t�l�gramme,
sans chiffre de rep�re, mais en utilisant
le nom de code d�sign� cidessus, d�charge(nt) express�ment
responsabilit� pour avoir ex�cut� lesdites instructions,
donn�es par le(s) titulaire(s), son/ses mandataire(s),
ou encore par un tiers. Toute ex�cution
d'ordre re�u par la Banque par t�l�phone, t�lex ou
t�l�gramme accompagn� du nom de code sera consid�r�e
comme valable et accept�e. ".
C.________ ne d�posa pas un sp�cimen de sa signature manuscrite aupr�s de la Banque.
Par la suite, C.________ fut pr�sent� aux divers gestionnaires de la Banque qui ont eu � s'occuper du compte ouvert au nom de X.________; il a ainsi �t� consid�r� comme l'ayant droit �conomique de ce compte.
b) Le 23 septembre 1988, S.________, employ� de la Banque qui g�rait le compte de X.________ en l'absence de la gestionnaire habituelle, H.________, re�ut un appel t�l�phonique d'un homme qui lui d�clara �tre le propri�taire de X.________ et lui donna pour instruction de payer, le 26 septembre suivant, les montants de 1'600'000 FF et de 250'000 USD � un certain D.________ qui devait se pr�senter aux guichets de la Banque, muni de son passeport ou de sa carte d'identit�. S.________ dit avoir reconnu la voix de C.________, qu'il avait rencontr� un mois auparavant. Il a cependant demand� � son interlocuteur de d�cliner son identit� et de donner le nom de code. Celui-ci a indiqu� qu'il se nommait C.________ et a prononc� le nom de code "Z.________".
S.________ ayant indiqu� � l'int�ress� que l'ordre de renouveler des placements fiduciaires avait �t� donn� la veille, celui-ci fit valoir qu'il avait un besoin urgent d'argent pour une op�ration immobili�re. S.________ lui r�pondit qu'il �tait possible de lui accorder une avance � terme fixe, garantie par le placement fiduciaire. L'avance � terme fixe fut accord�e par le chef du service des cr�dits et les fonds furent mis � disposition du b�n�ficiaire d�sign� qui se pr�senta aux guichets de la Banque le 26 septembre 1988. L'individu exhiba une carte d'identit� fran�aise au nom de D.________, dont la Banque conserva une photocopie, et prit possession des fonds. Il signa deux re�us, les signatures ne diff�rant pas de celle figurant sur la carte d'identit�.
c) Lors d'une visite � la Banque, le 27 janvier 1989, C.________ nia �tre l'auteur de l'appel t�l�phonique du 23 septembre 1988; il contesta la validit� des d�bits effectu�s le 26 septembre 1988 et r�voqua les d�charges relatives aux ordres t�l�phoniques et aux ordres donn�s au moyen d'un nom de code, tout en maintenant active la relation bancaire.
Il s'est av�r� par la suite que D.________ n'existait pas et que la carte d'identit� remise � la Banque �tait un document vol� et falsifi�.
B.- Le 18 novembre 1998, X.________ saisit le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve d'une action tendant au paiement par la Banque de 1'601'283 fr.80, avec int�r�ts � 5% d�s le 26 septembre 1988.
La d�fenderesse conclut au rejet de l'action.
Par jugement du 27 janvier 2000, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve rejeta l'action.
Par arr�t du 6 octobre 2000, la Cour de justice du canton de Gen�ve rejeta le recours interjet� par X.________ contre ce jugement, qu'elle confirma.
C.- X.________ exerce un recours en r�forme contre l'arr�t cantonal. Invoquant la violation des art. 8 CC et 100 al. 2, 481 al. 1, 120 et 398 al. 2 CO, elle conclut principalement � la condamnation de la Banque � lui payer la somme de 1'601'283 fr.80 plus int�r�ts � 5% d�s le 26 septembre 1998 (sic). A titre subsidiaire, la recourante requiert que la cause soit retourn�e � la Cour de justice pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
2.- Apr�s avoir rappel� que les relations contractuelles entre les parties �taient notamment r�gies par les conditions g�n�rales de la Banque, la cour cantonale, se pla�ant sur le terrain de la responsabilit� contractuelle d�rivant d'un contrat de mandat liant les plaideurs, a consid�r� que la d�fenderesse ne pouvait se voir reprocher aucun manquement � ses devoirs de diligence (art. 398 CO) pour s'�tre fi�e � l'ordre t�l�phonique de remettre les sommes litigieuses � D.________ et n'avoir pas proc�d� � d'autres v�rifications avant de verser effectivement ces sommes � celui qui s'est identifi�, faussement, sous ce nom.
La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir omis d'examiner l'�tat de fait qu'elle a pos� � la lumi�re des art. 481 al. 1 et 100 al. 2 CO. Elle soutient que la d�fenderesse ne s'est pas lib�r�e de son obligation de restituer � l'ayant droit, c'est-�-dire � la demanderesse, les fonds que cette soci�t� lui avait confi�s, car l'�tablissement bancaire ne peut s'abriter derri�re ses conditions g�n�rales la lib�rant de son devoir de payer une seconde fois les montants vers�s � tort � un tiers, d�s l'instant o� de graves fautes ont �t� commises dans la gestion des fonds de la recourante.
3.- La cour cantonale n'a pas d�fini si les fonds remis par la recourante � l'intim�e ont fait l'objet d'un pr�t ou d'un d�p�t, mais peu importe en l'esp�ce. Par l'ouverture du compte de la demanderesse, la d�fenderesse s'est engag�e � remettre tout ou partie de l'avoir disponible � la cr�anci�re (cf. ATF 111 II 263 consid. 1a). Lorsqu'elle r�clame le remboursement des montants vers�s ind�ment � un tiers, augment�s des int�r�ts non per�us, la demanderesse exerce une action en ex�cution du contrat (ATF 112 II 450 consid. 3a; 111 II 263 ibidem).
La preuve de la bonne ex�cution d'une obligation contractuelle incombe au d�biteur. En r�gle g�n�rale, c'est le d�biteur - la d�fenderesse en l'occurrence - qui supporte le risque d'une prestation ex�cut�e en main d'une personne non autoris�e (ATF 112 II 450 consid. 3a; 111 II 263 consid. 1b; arr�t du 4 juillet 1995 in: SJ 1996 p. 225, consid. 4c).
Il arrive cependant que les parties adoptent conventionnellement une clause dite de transfert, qui a pour effet de faire supporter au client le risque assum� en principe par la banque (ATF 112 II 450 consid. 3a); ainsi, le contrat pr�voira que le dommage r�sultant d'un d�faut de l�gitimation ou d'un faux non d�cel� sera � la charge du client, sauf faute grave de la banque (ATF 112 II 450 consid. 3 in initio p. 453).
En l'esp�ce, l'art. 3 des conditions g�n�rales de la d�fenderesse, sous le titre "Examen des signatures, l�gitimation et capacit� civile", constitue une clause de ce type.
Elle pr�voit:
"La Banque compare les signatures qui lui sont donn�es
avec les sp�cimens d�pos�s chez elle, mais aucune
responsabilit� ne lui incombe pour les cons�quences
de falsifications ou de d�fauts de l�gitimation
ou de capacit� civile qu'elle n'a pas d�couverts
lui �tre imput�e. La Banque n'est pas tenue de proc�der
� un contr�le plus �tendu" (art. 64 al. 2
L'art. 100 al. 1 CO, qui r�git les conventions exclusives de responsabilit�, s'applique par analogie � une telle clause (cf. ATF 112 II 450 consid. 3a). Celle-ci sera ainsi d�nu�e de port�e si la banque se voit imputer un dol ou une faute grave (art. 100 al. 1 CO). En cas de faute l�g�re de la banque, le juge pourra tenir pour nulle une clause mettant d'embl�e � la charge du client le risque d'une ex�cution en main d'une personne non autoris�e � recevoir la prestation (art. 100 al. 2 CO; ATF 112 II 450 consid. 3a p. 455).
4.- Que la querelle soit analys�e sous l'angle de la responsabilit� contractuelle, comme l'ont fait les instances cantonales, ou sous celui de l'ex�cution du contrat de d�p�t ou de pr�t, comme le sugg�re maintenant la recourante, il convient d'examiner les moyens de la demanderesse en ce qui concerne les agissements pr�tendument fautifs de l'intim�e, pour autant que lesdits moyens ne remettent pas en cause de mani�re inadmissible l'�tat de fait retenu par la cour cantonale (art. 55 al. 1 let. c OJ).
a) Pour la demanderesse, qui se r�f�re � l'art. 100 CO, la cour cantonale aurait donn� � l'institution du nom de code une port�e excessive en admettant que son utilisation par le client en relation avec un ordre donn� � la Banque dispensait celle-ci de toute autre v�rification. Cette mani�re de voir erron�e aurait conduit la Cour de justice, en violation du droit f�d�ral, � n�gliger de v�rifier si la d�fenderesse avait agi in casu avec pr�caution et prudence.
Cette critique est d�pourvue de fondement, d�j� en raison du fait que la cour cantonale ne s'est pas content�e de contr�ler si l'employ� de l'intim�e avait demand� le nom de code, mais a analys� soigneusement tous les griefs formul�s par la demanderesse concernant le pr�tendu d�faut de diligence de la Banque. Ces griefs, repris par la recourante en instance de r�forme, seront examin�s ci-dessous. Cela �tant, la d�charge conc�d�e par la recourante au sujet des instructions donn�es en utilisant le nom de code, dont les termes ont �t� rappel�s supra, est parfaitement claire. Elle permet � la Banque d'ex�cuter l'ordre donn� par t�l�phone, t�lex ou t�l�gramme sans autre v�rification concernant l'authenticit� dudit ordre. Il va de soi que la Banque n'est pas pour autant d�charg�e de son devoir de diligence et qu'elle doit proc�der � des v�rifications si des circonstances s'�cartent du cours normal des op�rations pr�vues par le contrat ou r�sultant de la pratique (cf. ATF 116 II 459 consid. 2a).
b) Selon la recourante, plusieurs indices montreraient que la d�fenderesse n'avait pas vou� � l'op�ration de retrait litigieuse toute l'attention n�cessaire. En premier lieu, elle aurait d� �prouver des doutes au vu de l'importance du retrait qui s'effectuait en esp�ces et repr�sentait pr�s des trois quarts des avoirs d�pos�s sur le compte. Le fait que, comme le rel�ve la cour cantonale, "les retraits importants en esp�ces au guichet n'�taient pas rares � l'�poque", ne suffirait pas � conf�rer � ladite op�ration un aspect ordinaire.
Or, la recourante oublie que la cour cantonale a aussi retenu que l'importance du retrait a �galement �t� justifi�e aux yeux de la Banque par une pr�tendue op�ration immobili�re, laquelle faisait partie des activit�s usuelles de la demanderesse telles qu'elles �taient connues de l'intim�e.
L'importance du retrait et le fait qu'il devait �tre effectu� en esp�ces ne devaient pas en soi inciter l'�tablissement bancaire � redoubler d'attention.
c) La demanderesse n'ayant jamais op�r� de retrait sur son compte auparavant, l'important montant demand� aurait d�, selon la recourante, �veiller l'attention d'un banquier prudent et diligent.
Le recours n'est pas conforme sur ce point aux exigences de motivation pos�es par l'art. 55 al. 1 let. c OJ.
Il ne suffit pas de r�p�ter des arguments soutenus devant l'autorit� cantonale; encore faut-il tenter de d�montrer l'insuffisance ou la fausset� de l'arr�t attaqu�, ce que la recourante ne s'emploie pas � faire.
Au demeurant, la Cour de justice a d�j� r�pondu � cet argument et ses consid�rants � cet �gard sont convaincants:
la demanderesse avait convenu de donner des ordres t�l�phoniques en utilisant un nom de code; elle n'avait en outre pas laiss� entendre que les fonds d�pos�s ne devaient pas �tre utilis�s � d'autres fins que pour effectuer des placements; l'ordre de retirer les montants litigieux ne pr�sentait d�s lors en soi aucun caract�re exorbitant.
d) D'apr�s la recourante, l'attention de l'intim�e aurait d� �tre mise en alerte par le fait que, outre les circonstances pr�cit�es, la somme en question devait �tre remise � un tiers inconnu du gestionnaire.
Par l�, la recourante demande au Tribunal f�d�ral de prendre sp�cialement en consid�ration un fait qui n'a pas �t� retenu par la cour cantonale, ce qui n'est pas admissible, comme on l'a vu.
Du reste, la circonstance que la personne qui s'est fait remettre la somme litigieuse �tait inconnue de la d�fenderesse n'est pas d�terminante, puisque cette personne correspondait � celle qui avait �t� indiqu�e par l'ayant droit du compte.
e) A suivre la recourante, S.________, du fait qu'il n'�tait que le rempla�ant de la gestionnaire attitr�e du compte, aurait d� faire preuve de pr�cautions accrues et contacter la personne qu'il rempla�ait.
A nouveau, la recourante se contente d'affirmations p�remptoires et non �tay�es, que ne corroborent pas les faits retenus par la cour cantonale. Celle-ci a relev� que S.________ avait pris toutes les pr�cautions requises par les circonstances, compte tenu du fait qu'il avait reconnu la voix de C.________ et qu'il lui avait fait confirmer le nom de code et son identit�. Dans ces conditions, on ne voit pas ce qu'un contact avec le gestionnaire attitr� du compte, pour autant que cela f�t possible, ce qui n'est pas �tabli, e�t chang� � la situation. La recourante n'avance d'ailleurs aucun argument sur ce dernier point. En outre, les pr�cautions prises par S.________ sont all�es au-del� de ce qu'exigeaient les instructions donn�es par le client, lesquelles dispensaient la Banque de requ�rir une confirmation �crite d'un ordre t�l�phonique donn� en utilisant le nom de code "Z.________".
f) Les parties �taient li�es par les conditions g�n�rales de l'intim�e dont l'art. 3 a �t� rappel� ci-dessus, ainsi que par les conventions concernant la d�charge relative aux ordres donn�s par t�l�phone, dont la teneur a �t� �galement retranscrite supra.
La cour cantonale retient que S.________, bien qu'ayant reconnu la voix de C.________, ayant droit du compte de la demanderesse, avait cependant demand� � celui-ci de donner le nom de code et de d�cliner son identit�. Partant, il n'avait pas � prendre d'autres pr�cautions. La recourante all�gue que c'est pr�cis�ment le fait que l'ayant droit ait donn� son nom qui �tait anormal, du moment que la seule mention du nom de code suffisait. Cela aurait d� amener S.________ � se m�fier.
Le moyen est infond�. La recourante ne peut se plaindre � la fois d'un d�faut et d'un suppl�ment de pr�cautions.
Il est vrai que l'utilisation du nom de code dispensait en principe l'intim�e de proc�der � d'autres v�rifications.
Elle lib�rait l'�tablissement bancaire de toute responsabilit� pour avoir ex�cut� un ordre pourvu de ce nom. Il n'�tait cependant pas interdit � l'intim�e de demander d'autres renseignements, surtout en pr�sence d'un ordre vidant les trois quarts du compte au profit d'un tiers inconnu. Que, dans ces circonstances, l'interlocuteur de S.________ se soit en outre identifi� sous le nom de C.________ ne devait pas raisonnablement intriguer cet employ�.
g) En 1992, soit quatre ans apr�s l'entretien t�l�phonique qu'il avait eu avec l'interlocuteur qui s'�tait pr�sent� sous le nom de C.________, S.________ a r�dig� un rapport dans lequel il a mentionn� que cet interlocuteur avait fait r�f�rence � un d�p�t de la demanderesse en dollars am�ricains.
Entendu en 1999 comme t�moin par le Tribunal de premi�re instance, S.________ a confirm� ce rapport. Or, comme la demanderesse n'avait jamais proc�d� � des placements en dollars, elle tire argument des d�clarations de S.________ sur ce point pour mettre en doute l'ensemble des d�positions de ce t�moin.
Appr�ciant ledit t�moignage, la cour cantonale a retenu que S.________ s'�tait tromp� et que cela �tait compr�hensible, �tant donn� que les souvenirs d'une conversation datant de quatre ans, respectivement de onze ans lors de la d�position en justice de l'int�ress�, pouvaient �tre partiellement erron�s.
La recourante estime que S.________ ne s'est pas tromp� et que son interlocuteur lui avait bien parl� d'un d�p�t en dollars. Cette indication �tant fausse, ce qui pouvait ais�ment �tre v�rifi�, l'intim�e aurait commis une n�gligence grave en renon�ant � des contr�les.
Or, contrairement � ce qu'all�gue la recourante, la cour cantonale n'a pas seulement �mis une supposition au sujet de faits pass�s, mais elle a retenu un fait: la d�faillance de la m�moire du t�moin sur un point pr�cis. Cela lie le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme. La critique est irrecevable.
h) La Cour de justice admet en fait que lors de l'entretien t�l�phonique du 23 septembre 1988, S.________ a indiqu� � son interlocuteur que l'intim�e ne pouvait pas ex�cuter l'ordre donn�, les fonds de la demanderesse ayant fait l'objet de placements fiduciaires. Comme celui qui se pr�sentait comme �tant C.________ a insist� sur l'urgence de disposer des fonds en question, S.________ lui a d�clar� qu'une avance � terme fixe, garantie par les fonds plac�s, pouvait �tre octroy�e, ce qui fut fait.
La recourante soutient qu'en accordant ce cr�dit sans que soit �tabli l'accord expr�s de la cliente, la d�fenderesse a gravement viol� les directives de l'Association suisse des banquiers, applicables en l'occurrence, lesquelles interdisent, sans instructions sp�cifiques du client, de rendre d�biteurs ou potentiellement d�biteurs les comptes g�r�s, ce que la cour cantonale aurait d� stigmatiser. La recourante reproche au demeurant � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 8 CC en ayant admis que l'op�ration avait �t� approuv�e par X.________.
aa) La demanderesse fait fausse route. Selon les "instructions relatives � la correspondance banque restante", du 5 juin 1985, toute la correspondance �crite de la d�fenderesse devait �tre conserv�e � la Banque m�me et �tait consid�r�e comme ayant �t� valablement communiqu�e � la cliente.
Il en r�sulte que, contrairement � ce que croit pouvoir lui reprocher la recourante, l'intim�e n'avait pas � faire acheminer � sa cliente la confirmation du pr�t accord�.
bb) Pour toutes les pr�tentions relevant du droit priv� f�d�ral (cf. ATF 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC r�partit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) - en l'absence de disposition sp�ciale contraire - et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 126 III 189 consid. 2b; 125 III 78 consid. 3b). Cette disposition ne r�gle cependant pas comment et sur quelles bases le juge peut forger sa conviction (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a).
D�s l'instant o� l'appr�ciation des moyens de preuve administr�s a convaincu la Cour de justice que la demanderesse avait consenti � ce que lui soit octroy� un pr�t garanti par les placements fiduciaires, il n'y a plus place pour une violation de l'art. 8 CC. La seconde branche du grief est sans consistance.
5.- Se fondant sur les irr�gularit�s qu'elle pense avoir d�montr�es, la recourante estime que les fautes commises par l'intim�e sont graves. A l'en croire, la d�fenderesse aurait d� v�rifier par t�l�phone aupr�s de son client l'authenticit� des instructions donn�es.
Les consid�rations sur le degr� de la faute deviennent sans objet, d�s lors que la cour cantonale a consid�r� � bon droit qu'aucun manquement ne pouvait �tre reproch� � la d�fenderesse, au vu des diff�rentes d�charges sign�es par la recourante en faveur de la Banque.
Au demeurant, c'est pr�cis�ment le fait de solliciter une confirmation par t�l�phone des instructions en cause qui e�t pu mettre en danger la confidentialit� tr�s stricte des transactions voulue par la demanderesse et consacrer ainsi une violation du devoir de diligence de l'intim�e.
6.- Selon la recourante, ce serait � tort que l'autorit� cantonale aurait admis l'existence d'un contrat de pr�t valablement conclu, car des manifestations de volont� r�ciproques des parties ne seraient pas �tablies. Partant, la Banque ne pouvait pas �tre autoris�e � compenser le pr�t octroy� � la demanderesse avec les avoirs d�pos�s par celle-ci.
La critique repose sur un �tat de fait qui s'�carte compl�tement de celui retenu par la cour cantonale, laquelle a pos� que la d�fenderesse avait agi conform�ment aux instructions de sa cliente. Le grief est manifestement irrecevable.
7.- La recourante, renvoyant � ses arguments soulev�s � propos de la pr�tendue violation des art. 100 al. 2 et 481 CO, avance que l'intim�e a commis une faute grave dans sa gestion, dont elle doit r�pondre sur la base de l'art. 398 CO.
Du moment que l'autorit� cantonale a pu retenir, en parfaite conformit� avec le droit f�d�ral, que le comportement de la d�fenderesse �tait exempt de toute faute, le moyen est vid� de sa substance.
8.- Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit� et l'arr�t attaqu� confirm�.
Vu l'issue de la querelle, les frais et d�pens doivent �tre mis � la charge de la recourante (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
2. Met un �molument judiciaire de 15'000 fr. � la charge de la recourante;
3. Dit que la recourante versera � l'intim�e une indemnit� de 18'000 fr. � titre de d�pens;