Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F04-10-2010-5A_338-2010
Timestamp: 2016-10-26 21:27:00+00:00
Document Index: 243792737

Matched Legal Cases: ['art. 628', 'art. 626', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 103', 'art. 100', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 90', 'art. 76', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 74', 'art. 93', 'art. 106', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 602', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 602', 'art. 652', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 626', 'art. 626', 'art. 626', 'art. 42', 'ATF ', 'in fine', 'art. 626', 'art. 626', 'ATF ', 'art. 626', 'art. 626', 'art. 626', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 626', 'art. 471', 'art. 626', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 626', 'ATF ', 'art. 626', 'art. 626', 'art. 626', 'art. 626', 'ATF ', 'art. 626', 'art. 527', 'ATF ', 'art. 533', 'ATF ', 'art. 21', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 7', 'art. 6', 'art. 7', 'art. 9', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 68']

5A_338/2010 (04.10.2010)
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 12 mars 2010.
A.b Le 27 d�cembre 1978, il a donn� � sa fille A.________, la nue-propri�t� de la parcelle n� 2072 (actuellement n� 1065) du registre foncier de la commune de G.________, qu'il a continu� � exploiter au b�n�fice de l'usufruit qu'il a conserv� jusqu'� sa mort.
A.c Le 18 juin 1983, X.________ est d�c�d� sans avoir r�dig� de testament, laissant pour h�ritiers son �pouse, dame X.________, et ses cinq enfants, D.________, A.________, E.________, C.________ et B.________. Apr�s le d�c�s de son p�re, D.________ a continu� d'exploiter le domaine familial. Il ne s'est jamais acquitt� d'aucun fermage, ni n'a fait participer les autres h�ritiers au r�sultat de l'exploitation; il s'est en revanche charg� seul du paiement des int�r�ts hypoth�caires.
B.a Le 16 octobre 2000, D.________ a ouvert action en partage de la succession de X.________ devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, demandant notamment que le domaine agricole lui soit attribu� moyennant paiement d'une soulte � chacune de ses soeurs. Le 12 f�vrier 2002, A.________ a form� action en partage de la succession de dame X.________. Les deux causes ont �t� jointes par jugement du 23 mai 2002.
B.b Statuant sur le fond le 17 juin 2004, le Tribunal de premi�re instance a ordonn� le partage des successions de feus X.________ et dame X.________, dit que le droit de chacun des h�ritiers, � savoir D.________, B.________, E.________, C.________ et A.________, �tait d'un cinqui�me de la succession, dress� l'inventaire estimatif des actifs et des passifs de la succession, attribu� le domaine agricole � D.________ � charge pour lui de reprendre la dette hypoth�caire ainsi que de verser des soultes � ses soeurs, d�sign� un notaire � l'ex�cution du partage et compens� les d�pens.
B.c Par arr�t du 18 f�vrier 2005, la Cour de justice du canton de Gen�ve a partiellement admis le recours form� par B.________ et C.________ en introduisant dans les actifs de la succession une cr�ance de fermage contre D.________ de 95'365 fr. pour les cinq derni�res ann�es et renvoyant la cause au Tribunal de premi�re instance pour qu'il assujettisse au rapport la parcelle donn�e � A.________, conform�ment aux art. 628 ss CC, et proc�de � toute enqu�te utile � cet effet. Par arr�ts du 30 juin 2005, le Tribunal f�d�ral n'est pas entr� en mati�re sur les recours form�s contre cet arr�t par B.________ et C.________, d'une part, et A.________, d'autre part.
B.d Par jugement du 23 avril 2009, le Tribunal de premi�re instance a arr�t�, sur renvoi, les actifs et passifs de la succession en retenant notamment un fermage de 95'365 fr., ainsi que 19'073 fr. par ann�e � compter de l'arr�t de la Cour de justice du 18 f�vrier 2005 et une valeur de rendement de 45'925 fr. pour le bien de G.________ assujetti au rapport. Un notaire a en outre �t� d�sign� pour l'ex�cution du partage.
B.e Statuant sur appel de D.________, d'une part, et de B.________ et C.________, d'autre part, ainsi que sur appel incident de A.________, la Cour de justice du canton de Gen�ve a modifi� ce jugement par arr�t du 12 mars 2010, en ne retenant que le seul montant de 95'365 fr. pour le fermage et en comptabilisant la parcelle de G.________ � une valeur v�nale de 217'750 fr. La Cour a d�s lors attribu� le domaine agricole � D.________ � charge pour lui de reprendre � son seul nom la dette hypoth�caire et de s'acquitter de soultes � hauteur de 68'065 fr. 25 chacune en faveur de B.________ et de C.________, de 72'619 fr. 25 en faveur de E.________ - qui s'est vu attribuer les comptes bancaires du d�funt - et de 45'025 fr. 25 en faveur de A.________, cette derni�re �tant condamn�e � verser une somme de 28'787 fr. 50 � chacune de ses soeurs.
C.a Le 30 avril 2010, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. A titre principal, elle conclut, avec suite de frais et d�pens, � ce que, une fois constat� le caract�re non rapportable de la donation qui lui a �t� faite le 27 d�cembre 1978 et la parcelle n� 2072 �t�e des actifs de la masse � partager, le domaine agricole soit attribu� � D.________ � charge pour lui de reprendre � son seul nom la dette hypoth�caire et de payer des soultes � hauteur de 53'302 fr. 80 chacune en faveur de B.________ et de C.________, de 57'856 fr. 80 en faveur de E.________ - � qui les comptes bancaires du d�funt sont attribu�s - et de 59'050 fr. 50 pour elle-m�me, lesdits montants portant int�r�ts � 5 % l'an � compter de l'arr�t du Tribunal f�d�ral. A titre subsidiaire, elle conclut � ce que, une fois constat� que la parcelle n� 2072 est rapportable pour un montant de 45'925 fr., le domaine agricole soit attribu� � D.________ � charge pour lui de reprendre � son seul nom la dette hypoth�caire et de payer des soultes � hauteur de 62'487 fr. 80 chacune en faveur de B.________ et de C.________, de 67'041 fr. 80 en faveur de E.________ - � qui les comptes bancaires du d�funt sont attribu�s - et de 22'310 fr. 05 pour elle-m�me, lesdits montants portant int�r�ts � 5 % l'an � compter de l'arr�t du Tribunal f�d�ral. � titre pr�alable, elle requiert que l'effet suspensif soit accord� au recours. Elle invoque une violation des art. 626 al. 2 CC, 9 Cst., ainsi que 7 et 17 de la loi f�d�rale du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural (LDFR, RS 211.412.11).
C.b Par m�moire du 3 mai 2010, D.________ a �galement form� un recours en mati�re civile contre cet arr�t aupr�s du Tribunal f�d�ral. Il conclut � ce que, une fois constat� que les actifs de la succession ne comprennent aucun fermage, l'arr�t attaqu� soit r�form� en ce sens qu'il est condamn� � payer des soultes � hauteur de 48'992 fr. 25 chacune en faveur de B.________ et de C.________, de 53'546 fr. 25 en faveur de E.________ et de 25'952 fr. 25 en faveur de A.________. Pour le surplus, il r�clame la confirmation de l'arr�t entrepris et la condamnation des intim�es au versement de d�pens. Il fait valoir l'arbitraire dans l'�tablissement des faits ainsi qu'une violation des art. 1 ss de la loi f�d�rale sur le bail � ferme agricole du 4 octobre 1985 (LBFA, RS 212.213.2) et des art. 1 ss CO en tant que la cour cantonale a retenu la conclusion tacite d'un bail � ferme agricole entre le recourant et l'hoirie.
C.c Apr�s avoir invit� les intim�s � se d�terminer sur la requ�te d'effet suspensif d�pos�e par A.________, le Tribunal f�d�ral l'a d�clar�e sans objet par ordonnance du 3 juin 2010 d�s lors que l'acte entrepris est un arr�t constitutif au sens de l'art. 103 al. 2 let. a LTF.
C.d Le recours d�pos� le 29 avril 2010 au Tribunal f�d�ral par B.________ et C.________ contre les arr�ts de la Cour de justice du 18 mai 2005 et du 12 mars 2010 a �t� d�clar� irrecevable par arr�t du 2 ao�t 2010.
C.e Invit�e � se d�terminer sur le recours form� par A.________, E.________ s'en est remise � justice par courrier du 8 septembre 2010. Dans leur r�ponse du 16 septembre 2010, B.________ et C.________ ont conclu principalement au rejet du recours et subsidiairement � la r�duction de la donation faite � leur soeur � hauteur de 35'800 fr., soit 17'900 chacune. La Cour de justice se r�f�re aux consid�rants de son arr�t et D.________ n'a pas r�pondu � l'invitation. En ce qui concerne le recours d�pos� par ce dernier, les intim�es n'ont pas �t� invit�es � r�pondre.
Interjet�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) - compte tenu des f�ries de P�ques (art. 46 al. 1 let. a LTF) - ainsi que dans les formes l�gales (art. 42 al. 1 et 2 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF), par deux parties qui ont succomb� en derni�re instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF et art. 75 al. 1 LTF), dans une affaire de partage successoral (art. 72 al. 1 LTF) dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), les recours en mati�re civile sont recevables.
Conform�ment � l'art. 93 al. 3 LTF, chaque recourant s'en prend aussi implicitement � l'arr�t incident du 18 f�vrier 2005 qui a manifestement influ� sur le contenu de l'arr�t du 12 mars 2010 d�s lors que la Cour de justice y a d�termin� les actifs et passifs de la succession, en particulier en tenant compte du caract�re rapportable de la donation qui a �t� faite � la recourante le 27 d�cembre 1978 ainsi qu'en comptabilisant un fermage � charge du recourant.
3.1 Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Cela �tant, eu �gard � l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), il n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 134 II 244 consid. 2.1; 134 III 102 consid. 1.1; 133 III 545 consid. 2.2). Le recourant doit par cons�quent discuter les motifs de la d�cision entreprise et indiquer pr�cis�ment en quoi il estime que l'autorit� pr�c�dente a m�connu le droit; il suffit qu'� la lecture de son expos�, on comprenne clairement quelles r�gles de droit auraient �t�, selon lui, transgress�es par l'autorit� cantonale (arr�t 5A_129/2007 du 28 juin 2007 consid. 1.4; ATF 121 III 397 consid. 2a). En outre, le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation des droits fondamentaux ou du droit cantonal que si ce grief a �t� soulev� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF ; ATF 134 I 83 consid. 3.2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Si le recourant se plaint de la violation de tels droits, il doit satisfaire au principe d'all�gation (R�geprinzip, principio dell'allegazione). Il doit ainsi indiquer pr�cis�ment quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e et d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation. Le Tribunal f�d�ral n'examine en effet de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s, c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de fa�on claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4; 133 II 249 consid. 1.4.2). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 II 396 consid. 3).
3.2 Saisi d'un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), c'est-�-dire que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2), doit satisfaire au principe d'all�gation susmentionn� (consid. 3.1).
Un jugement rendu sans que les faits n�cessaires � l'application de la loi soient constat�s est contraire au droit (art. 95 let. a LTF; ATF 133 IV 293 consid. 3.4.1; 134 V 53 consid. 4.3 et les r�f�rences cit�es). La facult� de rectifier ou compl�ter d'office les constatations de l'autorit� pr�c�dente que l'art. 105 al. 2 LTF conf�re au Tribunal f�d�ral, ne dispense pas le recourant de son obligation d'all�gation et de motivation (ATF 133 IV 286 consid. 6.2). Aussi, lorsque le recourant entend faire compl�ter les faits, il doit les d�signer avec pr�cision en se r�f�rant aux pi�ces du dossier; le compl�tement suppose en effet que les all�gations de fait correspondantes aient �t� introduites r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, qu'elles aient �t� consid�r�es � tort comme d�pourvues de pertinence ou aient �t� simplement ignor�es; si ces exigences ne sont pas respect�es, les faits invoqu�s sont r�put�s nouveaux (art. 99 al. 1 LTF), partant irrecevables (arr�t 5A_249/2007 du 12 mars 2008 consid. 4.3; arr�t 4A_290/2007 du 10 d�cembre 2007 consid. 5.1; cf. � propos de l'art. 55 al. 1 let. c OJ: ATF 115 II 484 consid. 2a et la jurisprudence cit�e).
La Cour cantonale a constat�, dans son arr�t incident du 18 f�vrier 2005, que la proposition de partage �tablie le 26 avril 1984 sous l'�gide de la Chambre genevoise d'agriculture attestait de ce que le principe d'un fermage avait �t� �voqu� entre les h�ritiers lors de la reprise du domaine par le recourant. Elle a ainsi consid�r� que, m�me si la proposition n'a pas �t� ent�rin�e, aucun des h�ritiers n'avait contest� le bien-fond� d'un fermage, dont le versement fut �galement repris dans la seconde proposition de partage du 20 ao�t 1984 qui n'a pas davantage �t� concr�tis�e. Elle a en outre estim� que, le contrat de bail � ferme agricole �tant par principe on�reux, il convenait de pr�sumer que les bailleurs n'avaient pas renonc� � tout versement en leur faveur et que le recourant, qui a per�u les fruits ou produits de l'exploitation agricole, devait logiquement s'acquitter d'un fermage. Elle en a d�duit la conclusion tacite d'un contrat de bail � ferme agricole, le fermage annuel convenu correspondant au montant �voqu� lors de la premi�re proposition de partage, � savoir 19'073 fr. La Cour de justice a enfin estim� que, dans la mesure o� aucune disposition n'avait �t� entreprise pour interrompre la prescription, le montant entrant dans la masse successorale se limitait aux cinq annuit�s pr�c�dant le 30 juin 2003, date � laquelle elle a arr�t� l'attribution du bien.
Le recourant se plaint tout d'abord d'arbitraire dans l'�tablissement des faits d�s lors que l'autorit� cantonale n'a mentionn�, ni dans l'�tat de fait de l'arr�t incident, ni dans celui de la d�cision querell�e, l'existence de la seconde proposition de partage dat�e du 20 ao�t 1984 et pr�voyant le versement d'un montant de 18'275 fr. En outre, il fait valoir que cette omission a conduit la Cour de justice � retenir arbitrairement et sans motivation que le montant contenu dans la premi�re proposition valait fermage convenu entre les parties.
En l'occurrence, l'autorit� cantonale a express�ment mentionn�, dans la partie "en fait" de son arr�t incident du 18 f�vrier 2005, la seconde proposition de partage intervenue le 20 ao�t 1984 en indiquant le montant de 18'275 fr. Elle fait �galement r�f�rence � cette proposition dans la motivation dudit arr�t en ce qui concerne la conclusion tacite d'un contrat de bail. En cons�quence, il n'y a pas lieu de compl�ter l'�tat de fait sur ce point.
Le recourant conteste ensuite l'existence d'une quelconque manifestation de volont� unanime des membres de l'hoirie concernant la conclusion d'un bail � ferme agricole, faute de son propre consentement ainsi que de celui de A.________ et de E.________, qui ont toujours ni� avoir demand� le paiement d'un montant en contrepartie de l'exploitation agricole par le recourant. Il fait �galement valoir l'absence de tout accord tacite entre les parties quant � la conclusion d'un tel contrat puisqu'il ne s'est jamais acquitt� d'un quelconque fermage, dont on ne lui a par ailleurs jamais r�clam� le paiement avant le d�p�t du m�moire de r�ponse des intim�es B.________ et C.________ en date du 21 septembre 2001. Il invoque en outre que le fermage pr�tendument convenu n'a jamais �t� soumis � l'approbation de l'autorit� comp�tente comme l'exige la LBFA et indique que les montants pr�vus dans les propositions de partage s'inscrivent dans une autre perspective que celle d'un contrat pass� entre l'hoirie et l'exploitant puisqu'ils �taient destin�s � leur m�re usufruiti�re. Enfin, il argue que, des deux montants contenus dans les propositions de partage, l'autorit� cantonale a retenu celui de 19'073 fr. sans pr�ciser les motifs de son choix ni m�me mentionner l'existence d'un autre montant.
6.1 � teneur de l'art. 602 al. 2 CC, les h�ritiers sont propri�taires et disposent en commun des biens qui d�pendent de la succession. Tous les membres de la communaut� h�r�ditaire ont le droit d'utiliser les biens successoraux dans les limites des droits des autres ainsi que de participer aux fruits et aux revenus des biens successoraux dans la mesure de leur part h�r�ditaire (STEINAUER, Le droit des successions, 2006, p. 566). Selon la jurisprudence, un h�ritier qui ne peut r�clamer l'attribution d'un bien que lors du partage de la succession, mais en use auparavant, doit indemniser ses coh�ritiers pour la jouissance du bien entre le d�c�s du de cujus et le moment du partage (ATF 101 II 36 consid. 3; arr�t 5A_141/2007 du 21 d�cembre 2007 consid. 4.2.3 publi� in: Revue suisse du notariat et du registre foncier [RNRF] 2009/90 p. 359; arr�t 5A_776/2009 du 27 mai 2010 consid. 10.4.1; STEINAUER, op. cit, p. 566; STUDER, Die Teilung in der Praxis, in: DRUEY/BREITSCHMID(�d.), Praktische Probleme der Erbteilung, 1997, p. 93). Le loyer ou le fermage d� par cet h�ritier pour l'usage du bien se d�termine en fonction de la valeur du march�, soit selon les crit�res qui pr�vaudraient en cas de remise � bail � un tiers ou, cas �ch�ant, en fonction de la valeur d'attribution arr�t�e par le de cujus (ATF 101 II 36 consid. 3; STUDER, op. cit., p. 94).
6.2 En l'esp�ce la question de savoir si un contrat de bail � ferme a effectivement �t� conclu entre les membres de la communaut� h�r�ditaire et le recourant peut rester ind�cise d�s lors que l'obligation � charge du recourant doit �tre admise m�me en l'absence de tout contrat. En effet, en se fondant sur le rapport de droit successoral liant les membres de la communaut� (art. 602 CC en lien avec les art. 652 ss CC), le recourant est tenu d'indemniser ses coh�ritiers pour l'usage exclusif de l'exploitation agricole entre le d�c�s de son p�re et le partage, le domaine agricole �tant, durant cette p�riode, propri�t� de la communaut� h�r�ditaire. En outre, concernant la fixation de cette indemnit�, la jurisprudence et la doctrine pr�conisent de recourir au prix du march� lorsque le d�funt n'a pas arr�t� une valeur d'attribution pour le bien en cause, de sorte que la comptabilisation d'un fermage dans les actifs de la succession se r�v�le justifi�e.
S'agissant du montant retenu pour le fermage annuel, l'autorit� cantonale n'a pas motiv� son choix de retenir le montant de 19'073 fr. contenu dans la premi�re proposition de partage. Cela �tant, dit montant s'inscrit dans les limites licites puisque la Commission d'affermage du canton de Gen�ve a arr�t�, par d�cision du 17 septembre 2009, le montant maximum du fermage � 20'064 fr. par an. En outre, m�me si la seconde proposition pr�voyait un montant l�g�rement inf�rieur, le recourant n'a pas d�montr� en quoi la comptabilisation dans les actifs de la succession du montant de 95'365 fr. se r�v�lerait insoutenable. Par ailleurs, il sied de relever que l'autorit� cantonale a arr�t� l'attribution du bien au 30 juin 2003 et n'a, en cons�quence, pris en compte des fermages que jusqu'� cette date, alors que le partage n'interviendra qu'une fois l'entr�e en force du pr�sent arr�t. Une modification de l'arr�t querell� sur ce point conduirait cependant � une reformatio in pejus, prohib�e dans les causes soumises au principe de disposition (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1, 481 consid. 3.3).
Il s'ensuit que, mal fond�, le recours form� par D.________ doit �tre rejet�, aux frais de son auteur.
Dans l'arr�t incident du 18 f�vrier 2005, la Cour cantonale a consid�r� que l'acte de donation de la parcelle de Meiner faite par le de cujus � sa fille ne contenait aucune indication quant � une �ventuelle dispense de rapport et que le de cujus n'avait pas non plus manifest� une telle volont� dans un testament subs�quent. Elle en a conclu � l'absence de volont� expresse du de cujus de dispenser la recourante du rapport. La juridiction a en outre constat� que la parcelle attribu�e � la recourante repr�sentait une valeur consid�rable, propre � am�liorer la situation patrimoniale de celle-ci. De plus, dans la mesure o� il s'agissait d'un bien-fonds agricole re�u par une exploitante, elle a jug� que cette attribution �tait de nature � assurer ou am�liorer l'�tablissement de la b�n�ficiaire dans l'existence. Elle a enfin jug� que les motifs de dite donation, � savoir remercier la recourante de sa collaboration b�n�vole depuis plusieurs ann�es dans l'exploitation de l'entreprise agricole du d�funt, n'�tait pas � m�me de modifier le caract�re rapportable de l'attribution.
La recourante conteste tout d'abord le caract�re gratuit de l'attribution et, donc, qu'elle soit rapportable.
8.1 Selon la jurisprudence, la cession d'une valeur patrimoniale est sujette � r�duction ou rapport lorsque l'acte de disposition du de cujus a eu lieu totalement ou partiellement � titre gratuit, � savoir quand il n'y a pas eu de contre-prestation ou que celle-ci �tait de valeur sensiblement moindre de sorte qu'il existe une disproportion entre les prestations (ATF 120 II 417 consid. 3a; 116 II 667 consid. 3/b/aa), en d'autres termes, lorsque la fortune du futur de cujus a subi une diminution en raison de la lib�ralit�, pour laquelle aucune compensation �conomiquement �quivalente n'a �t� per�ue. Ce sont les circonstances au moment de l'attribution qui d�terminent si la lib�ralit� doit �tre qualifi�e de gratuite (ATF 120 II 417 consid. 3a; 84 II 338 consid. 2; ESCHER/ESCHER, Z�rcher Kommentar, 3e �d.,1960, n. 18 ss ad art. 626 CC; PIOTET, Trait� de droit priv� IV, 1975, p. 281 ss; EITEL, Berner Kommentar, 2004, n. 25 et 100 ss. ad art. 626 CC; STEINAUER, op. cit., p. 118; FORNI/PIATTI, Basler Kommentar, 3e �d., 2007, n. 9 ss ad art. 626 CC).
8.2 La recourante soutient en substance que l'attribution de la parcelle s'inscrit dans une relation contractuelle et repr�sente la contre-prestation, soit le salaire d�, pour l'activit� qu'elle a d�ploy�e dans l'exploitation agricole de son p�re. En d'autres termes, elle conteste le caract�re gratuit de l'attribution excluant ainsi tout rapport.
� l'appui de cette critique, la recourante se borne � invoquer que, selon le texte m�me de l'acte d'attribution, son p�re entend la remercier. Contrairement � son devoir de motivation (art. 42 al. 2 LTF), elle ne mentionne pas sur la base de quelles all�gations et de quelles preuves offertes en proc�dure cantonale l'autorit� pr�c�dente aurait d� d�duire le caract�re on�reux de l'attribution (cf. consid. 3 supra). Le contrat pass� en la forme authentique �tant intitul� "donation", il lui appartenait en effet d'all�guer et de prouver une simulation, � savoir que l'acte n'�tait en r�alit� pas gratuit mais avait eu lieu � titre on�reux en paiement du salaire qui lui �tait d� pour l'aide apport�e (ATF 131 III 49 consid. 4.1.1 in fine; 112 II 337 consid. 4a). Or, rien de tel ne ressort des constatations de l'arr�t querell�. De plus, dans son recours au Tribunal f�d�ral, la recourante ne mentionne nullement que, en proc�dure cantonale, elle aurait all�gu� et offert de prouver la simulation, en indiquant pr�cis�ment des passages de ses �critures et les pi�ces y relatives. Au contraire, dans sa r�ponse � l'appel cantonal, elle s'est limit�e � all�guer que son p�re lui avait fait don de la parcelle en cause pour la remercier de l'aide apport�e dans l'exploitation. En cons�quence, faute de satisfaire aux exigences de motivation (cf. supra consid. 3.2), sa critique est irrecevable.
La recourante fait ensuite valoir que, son p�re s'�tant r�serv� l'usufruit de la parcelle, la donation ne pouvait �tre destin�e � assurer ou am�liorer son �tablissement dans la vie. Elle conteste par l� le caract�re de dotation retenu par l'autorit� cantonale.
9.1 � teneur de l'art. 626 al. 2 CC, les lib�ralit�s, telles que constitutions de dot, frais d'�tablissement, abandons de biens, remises de dettes et autres avantages semblables, faites � des descendants sont assujetties au rapport, � moins que le donateur n'ait express�ment dispos� le contraire.
9.1.1 Selon la jurisprudence, l'�num�ration des lib�ralit�s contenues � l'art. 626 al. 2 CC n'est pas exhaustive, mais n'a qu'un caract�re exemplatif; leur caract�re commun est la dotation, � savoir le fait que la lib�ralit� est destin�e � cr�er, assurer ou am�liorer l'�tablissement du descendant dans l'existence. Le but recherch� par le de cujus est d�terminant, non l'emploi effectif qu'en fait le b�n�ficiaire (ATF 131 III 49 consid. 4.1.2, 124 III 102 consid. 4a; 116 II 667 consid. 3; 107 II 119 consid. 3b; 98 II 356 consid. 3a; Escher/Escher, op. cit., n. 32 ss ad art. 626 CC; Piotet, op. cit., p. 284 ss; Eitel, op. cit., n. 69 ss ad art. 626 CC; Steinauer, op. cit., p. 120 s.; Forni/Piatti, op. cit., n. 14 ss ad art. 626 CC). Les lib�ralit�s ayant pour objet des immeubles sont sujettes � rapport lorsqu'il s'agit de biens importants (ATF 131 III 49 consid. 4.1.2; 116 II 667 consid. 3b/aa; 107 II 119 consid. 3b; 84 II 338 consid. 7b).
9.1.2 Le transfert d'un immeuble grev� d'un droit d'habitation ou d'un usufruit constitue un cas particulier de donation mixte; il faut tenir compte de la valeur capitalis�e de ceux-ci pour mesurer l'�tendue de la lib�ralit� lors de l'acte d'attribution (ATF 120 II 417 consid. 3a et b; 116 II 667 consid. 3b/cc; Steinauer, op. cit., p. 118, Mooser, Le droit d'habitation, 1997, p. 78 s.; Moser, Die erbrechtliche Ausgleichung gemischter Schenkungen, 2e �d., 1973, p. 2 s.). Le fait que le bien immobilier soit grev� d'un usufruit ou d'un droit d'habitation n'emp�che pas, � lui seul, que la lib�ralit� soit qualifi�e de dotation (ATF 120 II 417 consid. 3a et b; 116 II 667 consid. 3b/cc; Moser, op. cit., p. 42).
9.2 En l'esp�ce, la cour cantonale n'a pas d�termin� la volont� r�elle du de cujus, mais a d�duit sa volont� objective de l'acte de donation lui-m�me. Elle a en effet consid�r� que la parcelle litigieuse a �t� et pourra �tre affect�e � l'exercice de la profession de la donataire de sorte qu'elle est bien destin�e � am�liorer son �tablissement dans l'existence, le motif de la donation, � savoir remercier la b�n�ficiaire pour sa collaboration b�n�vole, n'�tant pas � m�me de modifier le caract�re de celle-ci.
9.2.1 Invoquant la violation de l'art. 9 Cst., la recourante se plaint tout d'abord de constatation incompl�te et inexacte des faits dans la mesure o� l'instance inf�rieure n'a pas examin� la cause de la donation que lui a faite son p�re, ni les circonstances qui l'entouraient. Sa critique purement appellatoire ne satisfait pas aux exigences de motivation (cf. consid. 3.2 supra) et est donc irrecevable.
9.2.2 La recourante invoque ensuite que la donation qui lui a �t� faite ne saurait �tre qualifi�e d'avancement d'hoirie puisque seule la nue-propri�t� lui a �t� transf�r�e. Sur ce point, elle pr�cise que l'attribution de la parcelle n'�tait pas en mesure d'am�liorer son �tablissement dans l'existence d�s lors que, du vivant de son p�re, elle ne pouvait en tirer aucun b�n�fice. Elle se contente ainsi d'objecter que le fait que son p�re se soit r�serv� un usufruit sur l'objet de la donation s'oppose � ce que celui-ci ait le caract�re de dotation. Or, un tel argument a d�j� �t� r�fut� par la jurisprudence (ATF 120 II 417 consid. 3a et b; 116 II 667 consid. 3b/cc). Mal fond�, le recours doit donc �tre rejet� sur ce point.
Enfin, dans l'hypoth�se o� l'attribution de la parcelle de G.________ ne serait pas consid�r�e comme une r�mun�ration, la recourante se pr�vaut de la dispense de rapport du de cujus contenue dans l'acte du 27 d�cembre 1978. Elle fait en particulier r�f�rence au fait qu'il a pr�cis� le caract�re irr�vocable de la donation, puis a exprim� la cause de la donation, � savoir la remercier pour sa collaboration b�n�vole depuis plusieurs ann�es dans l'exploitation de l'entreprise.
10.1.1 Selon le syst�me instaur� par l'art. 626 al. 2 CC, une dotation en faveur d'un descendant ne doit pas rompre l'�galit� des h�ritiers ab intestat. Toutefois, cette disposition n'entend nullement restreindre la libert� de disposer � cause de mort, le de cujus n'�tant � cet �gard limit� que par les r�gles relatives � la quotit� disponible et aux r�serves fix�es � l'art. 471 CC. Dans ces limites, il peut d�cider si une lib�ralit� donn�e entre vifs � un h�ritier doit �tre imput�e sur sa part, ou lui demeurer acquise � titre pr�ciputaire. Le champ d'application de l'art. 626 al. 2 CC est ainsi r�duit aux situations dans lesquelles le d�funt n'a pas exprim� sa volont�, ou, du moins, ne s'est pas �cart�, d'une mani�re ou d'une autre, du syst�me pr�vu par la loi. En d'autres termes, les r�gles relatives aux rapports successoraux sont de nature dispositive si bien que le de cujus peut, dans les limites de la quotit� disponible, pr�voir une dispense totale ou partielle de rapport (ATF 124 III 102 consid. 5a; 131 III 49 consid. 4.2; 126 III 171 consid. 2; 118 II 282 consid. 3).
10.1.2 Les dispositions sur l'obligation ou la dispense de rapport sont des dispositions pour cause de mort, qui ne sont soumises � aucune exigence de forme (ATF 118 II 282 consid. 3 et les r�f�rences cit�es). L'art. 626 al. 2 CC pr�cise cependant que les dotations en faveur des descendants sont assujetties au rapport faute pour le d�funt d'avoir express�ment dispos� le contraire. La dispense doit donc prendre la forme d'une d�claration expresse de volont� du de cujus, � l'exclusion d'actes concluants. Mais il n'est pas n�cessaire que cette d�claration soit explicite; si elle n'est pas claire, elle peut �tre interpr�t�e (ATF 89 II 72 consid. 2; 84 II 338 consid. 7; 69 II 71 consid. 2; arr�t 5C.135/2005 du 2 novembre 2005 consid. 2.3; ESCHER/ESCHER, op. cit., n. 48 ss ad art. 626 CC; TUOR/PICENONI, Berner Kommentar, 1964, n. 45 ad art. 626 CC; PIOTET, op. cit., p. 329 ss; EITEL, op. cit., n. 154 ss ad art. 626 CC; STEINAUER, op. cit., p. 128; FORNI/PIATTI, op. cit., n. 19 ad art. 626 CC).
10.1.3 Les dispositions sur le rapport peuvent �tre unilat�rales ou conventionnelles; les clauses d'ordonnance ou de dispense de rapport contenues dans un contrat ou un pacte successoral peuvent avoir un caract�re unilat�ral ou bilat�ral selon la volont� des parties, qu'il y a lieu, cas �ch�ant, d'interpr�ter. Sauf indices contraires, ces clauses sont pr�sum�es contractuelles lorsque le cocontractant du de cujus y a int�r�t, ce qui est toujours le cas quand il s'agit de dispositions en faveur du cocontractant (ATF 118 II 282 consid. 5; arr�t 5C.256/2004 du 2 juin 2005 consid. 3.2; Piotet, op. cit., p. 327).
10.2 En l'occurrence, force est de constater que l'acte du 27 d�cembre 1978 contient une d�claration de volont� expresse du de cujus qui doit �tre interpr�t�e (cf. consid. 10.1.2 supra). En outre, la clause dont se pr�vaut la recourante est contenue dans le contrat de donation pass� en la forme authentique; elle est d�s lors bilat�rale. Il s'agit donc d'interpr�ter objectivement l'acte en cause pour d�terminer si le de cujus entendait ou non dispenser sa fille du rapport, la recourante n'invoquant pas qu'une volont� r�elle du d�funt puisse �tre �tablie sur la base d'all�gu�s et d'offres de preuves qu'elle aurait formul�s. � ce sujet, il n'est pas logique d'admettre qu'un p�re donne entre vifs un immeuble � un descendant, en en pr�cisant le caract�re irr�vocable ainsi que les motifs, � savoir la reconnaissance pour l'aide fournie, et dans le m�me temps qu'il ait l'intention de maintenir une stricte �galit� entre les parts successorales de ses h�ritiers. Au contraire, l'indication du caract�re irr�vocable de l'attribution, ainsi que de la causa donandi doit �tre comprise comme une dispense de rapport de la part du de cujus. Le fait que celui-ci a proc�d� � cette donation de son vivant, tout en conservant l'usufruit du bien c�d� jusqu'� son d�c�s vient en outre corroborer cette interpr�tation. En effet, si son intention consistait uniquement en ce que sa fille se voie attribuer la parcelle en imputation sur sa part successorale, une simple r�gle de partage contenue dans un testament e�t suffit. En cons�quence, il y a lieu d'admettre que le de cujus a express�ment dispens� la recourante de rapporter la parcelle de G.________. Le recours doit donc �tre admis sur ce point.
M�me si le caract�re rapportable de la parcelle de G.________ a ainsi �t� �cart�, il convient encore d'examiner si la donation est sujette � r�duction d�s lors que cette exception a �t� soulev�e par certains intim�s. La recourante avait, quant � elle, invoqu� dans sa r�ponse � l'appel des intim�es, B.________ et C.________, qu'une action en r�duction serait prescrite.
11.1 Constituant une lib�ralit� au sens de l'art. 626 al. 2 CC dont le b�n�ficiaire a �t� dispens� du rapport, l'acte de donation se r�v�le r�ductible en vertu de l'art. 527 ch. 1 CC (ATF 126 III 171 consid. 3a; 116 II 667 consid. 2b). Selon la jurisprudence constante, la r�duction peut toujours �tre invoqu�e par voie d'exception dans le proc�s en partage opposant les h�ritiers. L'art. 533 al. 3 CC pr�voit express�ment que la r�duction peut �tre oppos�e en tout temps par voie d'exception. La position proc�durale de l'h�ritier concern� dans le proc�s est sans importance; seule sa qualit� de copossesseur de la succession est d�terminante (ATF 120 II 417 consid. 2; 108 II 288 consid. 2).
11.2 En l'esp�ce, les intim�s, h�ritiers r�servataires, sont habilit�s � se pr�valoir de la r�duction pour autant qu'ils l'aient soulev�e devant l'instance cantonale. Or, B.________ et C.________ avaient, dans leur appel du 17 ao�t 2004, conclu � la r�duction de la donation du 27 d�cembre 1978 dans l'hypoth�se o� celle-ci ne serait pas rapportable. Les conditions pour faire valoir la r�duction par voie d'exception sont donc remplies en l'esp�ce, s'agissant de B.________ et de C.________. Il est en outre sans pertinence que la r�duction concerne une lib�ralit� que le de cujus avait effectu�e de son vivant: la pr�tention litigieuse est en effet dirig�e contre un coh�ritier copossesseur de la succession, � savoir la recourante. En revanche, D.________ et E.________ n'ont � aucun stade de la proc�dure oppos� l'exception de r�duction en lien avec la donation per�ue par la recourante si bien qu'il ne sont plus habilit�s � s'en pr�valoir. Il convient d�s lors d'examiner si les r�serves de B.________ et de C.________ sont l�s�es.
Avant de calculer le montant des r�serves, il faut encore �tablir si la parcelle de G.________ doit �tre r�unie � sa valeur v�nale ou � sa valeur de rendement, la recourante contestant une �valuation � la valeur v�nale.
12.1 En vertu de l'art. 21 al. 1 LDFR, s'il existe dans une succession un ou plusieurs immeubles agricoles qui ne font pas partie d'une entreprise agricole, un h�ritier peut en demander l'attribution au double de la valeur de rendement lorsqu'il est propri�taire d'une entreprise agricole ou qu'il dispose �conomiquement d'une telle entreprise et que l'immeuble est situ� dans le rayon d'exploitation de cette entreprise, usuel dans la localit�. Le droit � l'attribution ne peut �tre exerc� que lorsque le pr�tendant est d�j� propri�taire d'une entreprise agricole, et non lorsqu'il a pris une partie de celle-ci � ferme ou est propri�taire commun d'une entreprise agricole en vertu d'un contrat de mariage contenant une clause permettant � l'�poux du pr�tendant d'exiger que l'entreprise agricole lui soit attribu�e au cas o� les rapports contractuels de propri�t� commune sur l'exploitation agricole prendraient fin (ATF 134 III 433 consid. 2.4, 1 consid. 3.4.1). Lorsque le droit � l'attribution n'existe pas, l'imputation de l'immeuble doit avoir lieu � la valeur v�nale (STEINAUER, op. cit., p. 615; STUDER, in: Le droit foncier rural, Commentaire de la loi f�d�rale sur le droit foncier rural du 4 octobre 1991, 1998, n. 13 ad art. 17 LDFR; DOSIOS PROBST, La loi sur le droit foncier rural: objet et conditions du droit d'attribution dans une succession ab intestat, 2002, p. 144 s.; BEELER, B�uerliches Erbrecht, 1998, p. 259 s.).
L'art. 7 al. 1 LDFR d�finit l'entreprise agricole comme une unit� compos�e d'immeubles, de b�timents et d'installations agricoles qui sert de base � la production agricole et qui exige, dans les conditions d'exploitation usuelles dans le pays, au moins une unit� de main-d'oeuvre standard.
12.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a jug� que la recourante ne disposait pas d'une entreprise agricole au sens de la LDFR, quand bien m�me son conjoint �tait propri�taire d'autres parcelles dont elle assure elle-m�me l'exploitation, d�s lors que les �poux ne poss�daient aucun b�timent agricole ou installation agricole. Elle a par cons�quent ni� un droit � l'attribution pr�f�rentielle de celle-ci et �valu� la parcelle en cause � sa valeur v�nale.
12.3 Cette appr�ciation ne pr�te pas le flanc � la critique. En effet, on ne saurait suivre la recourante lorsqu'elle pr�tend que la parcelle doit �tre �valu�e au regard de son rattachement au domaine du de cujus. En effet, depuis l'ouverture de la succession du p�re d�funt, l'usufruit de celui-ci a pris fin et la recourante a obtenu, en sus de la nue-propri�t�, l'enti�re jouissance de la parcelle qu'elle a exploit�e, alors que son fr�re s'est occup� du reste du domaine. La parcelle en cause constitue donc bien, lors de l'ouverture de la succession, un immeuble agricole isol� au sens des art. 6 al. 1 et 21 al. 1 LDFR. La recourante ne peut ainsi pr�tendre � une imputation au double de la valeur de rendement que si elle est propri�taire d'une entreprise agricole ou qu'elle dispose �conomiquement d'une telle entreprise; encore faut-il que l'immeuble soit situ� dans le rayon d'exploitation de cette entreprise, usuel dans la localit�. � cet �gard, elle n'all�gue pas �tre propri�taire d'autres immeubles agricoles que la parcelle re�ue de son p�re et reconna�t qu'� elle seule, celle-ci ne saurait �tre consid�r�e comme une entreprise agricole. Elle fait en revanche valoir que son �poux est propri�taire d'immeubles agricoles dont l'exploitation en commun constitue l'essentiel des revenus du couple. Or, la recourante ne peut se fonder sur la propri�t� de son �poux pour pr�tendre disposer d'une entreprise agricole. En effet, la jurisprudence exige que le pr�tendant dispose lui-m�me de l'entreprise; le b�n�fice d'un bail ou d'une propri�t� commune - conf�rant � un autre propri�taire commun un droit d'attribution en cas de fin de la communaut� - a notamment �t� jug� insuffisant (cf. consid. 12.1 supra). En l'esp�ce, force est d�s lors de constater que la recourante ne dispose pas d'une entreprise agricole au sens de la LDFR. Dans ces circonstances, la question de savoir si les terres de la recourante et de son �poux peuvent �tre qualifi�es d'entreprise agricole au sens de l'art. 7 al. 1 LDFR et celle concernant la qualit� d'exploitante � titre personnel de la recourante peuvent rester ind�cises (art. 9 LDFR). Il s'ensuit qu'� d�faut de droit de la recourante � l'attribution pr�f�rentielle, la parcelle de G.________ devra �tre r�unie � sa valeur v�nale.
L'immeuble transf�r� ayant �t� grev� d'un usufruit jusqu'au d�c�s du de cujus, il convient de tenir compte de la valeur capitalis�e de celui-ci pour mesurer l'�tendue de la lib�ralit� � r�unir (cf. consid. 9.1.2 supra), calcul auquel n'a, en l'occurrence, pas proc�d� l'autorit� cantonale. Le Tribunal f�d�ral proc�dera � ce calcul d�s lors que les chiffres r�sultent clairement de l'expertise du 26 mars 2008, qui n'a pas �t� contest�e, ainsi que de l'arithm�tique.
La parcelle de G.________ re�ue entre vifs par la recourante doit donc �tre r�unie � une valeur de 206'383 fr., � savoir la valeur v�nale de 217'750 fr. � laquelle il sied de retrancher 11'367 fr. correspondant � la valeur capitalis�e de l'usufruit dont le de cujus a joui jusqu'� son d�c�s (la valeur de rendement de l'immeuble agricole de 45'925 fr. repr�sente en effet le capital dont l'int�r�t [rente] calcul� � un taux de 5.5 % - selon l'ordonnance sur l'estimation des domaines et des biens-fonds agricoles du 26 d�cembre 1951 dans sa teneur du 18 juin 1979 - correspond, en moyenne pluriannuelle, au revenu du bien-fonds exploit� selon les conditions usuelles, soit 2'526 fr. par an durant 4 ans et demi).
Pour obtenir la masse de calcul des r�serves, il convient ainsi d'ajouter la lib�ralit� per�ue par la recourante aux actifs de la succession avant d'en retrancher les passifs, � savoir (450'036 fr. + 206'383 fr.) - 154'785 fr. 75 = 501'633 fr. 25. La r�serve de chacun des h�ritiers s'�l�ve d�s lors aux 3/4 de 1/5 de 501'633 fr.25, soit � 75'245 fr. (montant arrondi).
Reste � examiner si les r�serves de B.________ et de C.________ sont atteintes. Le solde de la succession s'�l�ve � 295'250 fr. 25 (actifs de la succession: 450'036 fr. - passifs de la succession: 154'785 fr. 75) de sorte que la part revenant � chacun des h�ritiers correspond � 59'050 fr. 05, soit � un cinqui�me. Le partage des biens extants ne permet en cons�quence pas aux intim�es B.________ et C.________ d'obtenir leur r�serve, � hauteur de 75'245 fr., si bien qu'il convient de les reconstituer au moyen de la part successorale de la recourante b�n�ficiaire de la lib�ralit� sujette � r�duction. D.________ et E.________ n'ayant pas oppos� la r�duction, ils ne percevront que leur part.
En d�finitive, d�s lors que B.________ et C.________ ont d�j� per�u une somme de 5'747.25 fr., D.________ - lequel a obtenu l'attribution de la quasi-totalit� des actifs de la succession - s'acquittera du solde de 69'497.75 en faveur de chacune d'elles. Pour ce faire, il pr�l�vera un montant de 32'389 fr. 90 (2 x 16'194 fr. 95 [75'245 fr. - 59'050 fr. 05]) sur la part successorale de la recourante � laquelle il versera ainsi une soulte de 26'660 fr. 15 (59'050 fr. 05 - 32'389 fr. 90). Enfin, E.________ percevra de D.________ 57'856 fr. 80 puisqu'elle a d�j� re�u 747 fr. 25 et s'est vu attribuer des avoirs bancaires � hauteur de 446 fr.
Sur le vu de l'ensemble de ce qui pr�c�de, le recours de D.________ doit �tre rejet� alors que celui de A.________ doit �tre partiellement admis dans la mesure o�, m�me si la parcelle de G.________ n'est pas sujette � rapport, il convient de reconstituer les r�serves de B.________ et C.________ qui ont subsidiairement invoqu� la r�duction. L'arr�t cantonal est donc r�form� en ce sens que D.________ est condamn� � payer 69'497 fr. 75 � B.________, 69'497 fr. 75 � C.________, 57'856 fr. 80 � E.________ et 26'660 fr. 15 � A.________ laquelle n'est astreinte au versement d'aucune soulte.
Les frais judiciaires sont arr�t�s � un montant global de 15'000 fr. Ils sont pour 5'000 fr. mis � la charge de D.________ qui succombe s'agissant de son recours; il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens aux intim�es qui n'ont pas �t� invit�es � r�pondre. Le solde des frais est mis solidairement pour 6'600 fr. � la charge de B.________ et C.________ qui succombent dans leurs conclusions principales concernant le recours de A.________ et pour 3'400 fr. � la charge de cette derni�re qui n'obtient que partiellement gain de cause (art. 66 al. 1 et 5 LTF). B.________ et C.________ verseront en outre � A.________ une indemnit� de d�pens � hauteur de 2'000 fr. (art. 68 al. 1 et 4 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours form� par D.________ est rejet�.
Le recours form� par A.________ est partiellement admis, l'arr�t cantonal est r�form� en ce sens que D.________ est condamn� � payer 69'497 fr. 75 � B.________, 69'497 fr. 75 � C.________, 57'856 fr. 80 � E.________ et 26'660 fr. 15 � A.________, lesdits montants portant int�r�ts � 5% d�s l'entr�e en force du pr�sent arr�t, et que A.________ n'est astreinte au versement d'aucune soulte.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 15'000 fr., sont pour 5'000 fr. mis � la charge de D.________, pour 6'600 fr. solidairement � la charge de B.________ et C.________ et pour 3'400 fr. � la charge de A.________.
Une indemnit� de 2'000 fr., � payer � A.________ � titre de d�pens, est mise solidairement � la charge de B.________ et C.________.