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Timestamp: 2016-10-26 13:26:46+00:00
Document Index: 2801349

Matched Legal Cases: ['art. 112', 'art. 63', 'art. 112', 'art. 9', 'art. 32', 'art. 112', 'art. 63', 'art. 9', 'art. 32', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 32', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 152', 'art. 156', 'art. 112', 'art. 111', 'art. 112', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 112', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 112', 'art. 112', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63']

6P.254/2006 (23.02.2007)
recourant, repr�sent� par Me Fran�ois Canonica, avocat,
tous les trois repr�sent�s par Me Alexandra Lopez, avocate,
Proc�dure p�nale; arbitraire, principe de la pr�somption d'innocence; assassinat (art. 112 CP), fixation de la peine (art. 63 CP),
l'arr�t de la Cour de cassation du canton de Gen�ve
Par arr�t du 16 juin 2006, la Cour d'assises genevoise a condamn� A.________ pour assassinat (art. 112 CP) � la peine de quinze ans de r�clusion, sous d�duction de la d�tention pr�ventive, et ordonn� son expulsion du territoire suisse pour une dur�e de quinze ans. A.________ a �t� condamn�, en outre, � verser, � titre de r�paration du tort moral, 20'000 francs � la m�re de la victime, 20'000 francs au p�re et 3'000 francs � la tante.
Statuant le 29 novembre 2006, la Cour de cassation genevoise a rejet� le pourvoi en cassation de A.________.
En r�sum�, la condamnation pour assassinat de A.________ repose sur les faits suivants:
A.________, n� en 1977, et B.B.________, n�e en 1981, tous deux de nationalit� philippine, se sont connus � Gen�ve. Ils sont devenus amants en 2002. La jeune femme a mis fin � la relation en 2003. A.________ n'a pas admis cette rupture et a harcel� son amie, se montrant jaloux et possessif, la suivant et s'imposant dans ses activit�s sociales. Au d�but de l'ann�e 2004, la jeune femme a nou� une relation intime avec un tiers, ce que A.________ a appris.
Le 27 janvier 2004, A.________ est parvenu � obtenir de son ex-amie un rendez vous � la gare, sous pr�texte de venir reprendre des affaires personnelles dans l'appartement o� elle logeait. Ils se sont ensuite rendus dans un caf� o� ils ont rencontr� des connaissances et consomm� de l'alcool. Vers une heure du matin, l'une de celles-ci a raccompagn� le couple dans le logement o� la jeune femme avait une chambre.
Le couple s'est alors disput�. Vers 2h40, A.________ a ass�n� de violents coups de couteau � la jeune femme, l'a poursuivie dans la buanderie o� elle s'�tait enferm�e en appelant au secours. Il s'est empar� d'un autre couteau avec lequel il est parvenu � forcer la porte et a fait sortir la jeune femme de la pi�ce. Alert�s par un voisin, les gendarmes ont sonn� et frapp� plusieurs fois en vain � la porte blind�e de l'appartement, d'o� ils ont entendu la jeune femme appeler � l'aide. Pendant ce temps, A.________ a continu� de poignarder sa victime malgr� ses supplications, lui infligeant un total de 41 coups de couteau dont l'un a d�nud� ses vert�bres cervicales et un autre a fractur� et mis � nu l'os du coude, outre les deux coups imm�diatement mortels port�s au thorax.
Environ un quart d'heure apr�s l'alarme donn�e aux pompiers, les gendarmes sont parvenus sur les lieux par l'�chelle dress�e contre la fa�ade, apr�s avoir bris� une vitre. Ils ont d�couvert le corps sans vie de la jeune femme. Ils ont aussi trouv� A.________, porteur de 18 blessures superficielles. Lors de son interpellation, celui-ci a fait preuve d'un grand sang-froid. Il a accabl� sa victime en l'accusant de l'avoir agress� l�chement, quoiqu'elle ait �t� fr�le et menue (35 kg pour 150 cm).
L'alcool�mie de A.________ au moment des faits a �t� fix� � environ 1 o/oo, celui de la jeune femme �tait compris entre 0,82 et 0,92 o/oo.
Contre cet arr�t cantonal, A.________ d�pose un recours de droit public et un pourvoi en nullit� devant le Tribunal f�d�ral. Dans le recours de droit public, il se plaint d'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.) et de la violation de la pr�somption d'innocence (art. 32 al. 1 Cst.). Dans le pourvoi, il critique la qualification d'assassinat (art. 112 CP) ainsi que la mesure de la peine (art. 63 CP). Dans les deux recours, il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu� et sollicite l'assistance judiciaire.
Le recourant soutient que l'�tat de faits a �t� �tabli de mani�re arbitraire sur plusieurs points (art. 9 Cst.). En relation avec l'appr�ciation arbitraire des preuves, il d�nonce �galement la violation de la pr�somption d'innocence (art. 32 al. 1 Cst.).
3.1.1 Une d�cision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou lorsqu'elle contredit d'une mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue par l'autorit� cantonale de derni�re instance que si elle appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la d�cision critiqu�e soient insoutenables, encore faut-il que cette derni�re soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). A cet �gard, il ne suffit pas non plus qu'une solution diff�rente de celle retenue par l'autorit� cantonale apparaisse �galement concevable ou m�me pr�f�rable (ATF 128 II 259 consid. 5 p. 280; 127 I 54 consid. 2b p. 56).
3.1.2 Consacr�e par l'art. 32 al. 1 Cst., la pr�somption d'innocence interdit au juge de prononcer une condamnation alors qu'il �prouve des doutes sur la culpabilit� de l'accus�. Des doutes abstraits ou th�oriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent cependant pas � exclure une condamnation. Pour invoquer utilement la pr�somption d'innocence, le condamn� doit donc d�montrer que le juge de la cause p�nale, � l'issue d'une appr�ciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves � sa disposition, aurait d� �prouver des doutes s�rieux et irr�ductibles au sujet de la culpabilit� (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40; 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38, consid. 4b p. 40).
3.1.3 Lorsque, comme en l'esp�ce, l'autorit� cantonale de recours avait, sur les questions pos�es dans le recours de droit public, une cognition semblable � celle du Tribunal f�d�ral, ce dernier porte concr�tement son examen sur l'arbitraire du jugement de l'autorit� inf�rieure, � la lumi�re des griefs soulev�s dans l'acte de recours. Cependant, pour se conformer aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recourant ne peut pas simplement reprendre les critiques qu'il a formul�es en instance cantonale devant l'autorit� de cassation, mais il doit exposer pourquoi cette derni�re aurait refus� � tort de qualifier d'arbitraire l'appr�ciation des preuves par l'autorit� de premi�re instance. Le Tribunal f�d�ral se prononce librement sur cette question (ATF 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495 et les arr�ts cit�s).
3.2.1 Le recourant soutient qu'il a apport� des soins � la victime et lui aurait appliqu� comme pansement autour de la taille une �charpe imbib�e de whisky. A l'appui de sa th�se, il rel�ve que l'inspecteur F.________ a constat�, dans son rapport du 24 mars 2004, que la victime �tait v�tue "d'un bustier violet, d'une jaquette noire, d'une �charpe nou�e autour de la taille, d'un jeans bleu et de chaussettes grises". Il fait observer qu'aucune analyse n'a �t� effectu�e pour rechercher des traces d'alcool sur l'�charpe retrouv�e sur les lieux du crime. Enfin, il rel�ve qu'il a laiss� ses empreintes sur la bouteille de whisky se trouvant dans le hall d'entr�e et que des traces de sang de la victime ont �t� retrouv�es sur les draps de son lit, �l�ments qui confirmeraient la v�racit� de son r�cit.
Selon la cour cantonale, le dossier ne r�v�le pas l'existence d'une seconde �charpe. Une �charpe noire aurait certes �t� retrouv�e sur le corps de la victime, mais cette pi�ce d'habillement n'avait aucune trace d'alcool et portait des d�chirures correspondant aux coups de couteau qui avaient lac�r� le cou et la poitrine de la jeune femme. Par ailleurs, les photos du corps de la victime ne permettaient pas de visualiser une �charpe nou�e � la taille, contrairement � ce que relevait l'inspecteur deux mois apr�s les faits dans son rapport du 24 mars 2004. Quant aux traces de sang trouv�es sur le lit de la victime, elles ne signifient pas que le recourant l'a �tendue sur son lit pour la soigner; la victime a aussi pu y tomber lors de l'agression du recourant. Au vu de ces �l�ments, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en concluant que le recourant n'avait pas apport� des soins � sa victime. Mal fond�s, les griefs soulev�s doivent �tre rejet�s.
3.2.2 Le recourant fait valoir que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il avait unilat�ralement agress� la jeune femme, alors que, selon lui, une bagarre aurait �clat� entre eux et que des coups auraient �t� �chang�s de part et d'autre. Pour soutenir sa th�se, il invoque ses dix-huit blessures dont deux sur le flanc droit, �num�re les lieux o� des traces de son sang ont �t� retrouv�es et rel�ve que les couteaux utilis�s lors de la bagarre ont pu �tre manipul�s tant par la victime que par le recourant. Il ajoute que la plaie � sa main droite ne peut �tre qu'une plaie de d�fense puisqu'il est gaucher et qu'il n'est donc pas possible qu'il se soit bless� la main droite en enfon�ant la porte de la buanderie. Il qualifie enfin d'arbitraire l'hypoth�se de la cour cantonale selon laquelle il se serait mutil�.
Se fondant sur les constatations des m�decins l�gistes, la cour cantonale a retenu que toutes les plaies du recourant �taient superficielles ou du domaine superficiel. Elle en a conclu qu'elles avaient �t� inflig�es par la victime qui tentait de se d�fendre. La version du recourant selon laquelle il se serait fait agresser par la victime n'appara�t du reste gu�re vraisemblable, d�s lors que celui-ci aurait pu fuir lorsque la jeune femme s'est r�fugi�e dans la buanderie ou encore appeler au secours lorsque les gendarmes ont sonn� � r�it�r�es reprises � la porte. Les traces de sang retrouv�es dans plusieurs endroits de l'appartement d�montrent seulement que le recourant a poursuivi celle-ci dans tous ces lieux en la poignardant partout o� elle tentait de se r�fugier. Enfin, il est sans importance que les plaies que le recourant avait � l'abdomen gauche aient �t� inflig�es par la victime ou qu'il se soit mutil�. Au vu de l'ensemble des circonstances, la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant que le recourant avait agress� la victime et que ses blessures avaient �t� caus�es par les ripostes de cette derni�re. Infond�s, les griefs soulev�s doivent �tre rejet�s.
3.2.3 Le recourant se plaint d'arbitraire, reprochant � la cour cantonale d'avoir retenu que les bouteilles vides d'alcool fort r�pandues dans plusieurs pi�ces de l'appartement faisaient partie d'une mise en sc�ne. Il affirme avoir utilis� ces bouteilles pour soigner la victime.
Comme vu au consid�rant pr�c�dent, la cour cantonale a constat� qu'aucune �toffe imbib�e d'alcool n'avait �t� retrouv�e sur les lieux du crime et a donc exclu que le recourant ait donn� des soins � la victime. D�s lors que le recourant ne semblait pas avoir bu ces bouteilles au vu de son alcool�mie et que vingt minutes s'�taient �coul�es entre l'arriv�e de la police devant la porte de l'appartement rest�e close et son entr�e par une fen�tre, la cour cantonale a conclu que le recourant avait dispers� les bouteilles d'alcool vides en vue d'une mise en sc�ne, ce qui n'est pas arbitraire. Mal fond�s, les griefs soulev�s doivent �tre rejet�s.
3.2.4 Le recourant qualifie d'arbitraire la conclusion de la cour cantonale selon laquelle il aurait refus� de reconna�tre avoir port� plus que sept � huit coups � sa victime. Il soutient qu'il aurait �t� victime d'amn�sie circonstancielle partielle.
L'expert cit� par le recourant a expliqu� que certaines personnes pouvaient �tre victimes d'amn�sie partielle dans les cas d'un passage � l'acte particuli�rement violent. Il a d�clar� qu'il n'avait pas eu l'impression que le recourant avait simul� une amn�sie, mais a pr�cis� qu'il ne pouvait pas �tre formel car il n'existait pas de possibilit�s de le d�tecter (arr�t de la Cour d'assises, p. 7 et pi�ce 509). En l'absence de diagnostic d'une amn�sie partielle, la cour cantonale pouvait donc privil�gier le d�ni plut�t que l'oubli sans tomber dans l'arbitraire. Mal fond�, le grief soulev� doit �tre rejet�.
3.2.5 Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir vers� dans l'arbitraire en retenant qu'il avait menti en d�clarant avoir donn� un verre d'eau � sa victime. Il fait observer qu'il avait laiss� des traces de sang dans la salle de bain et qu'un verre d'eau avait �t� photographi� au bord de l'�vier.
La cour cantonale a constat� qu'aucun verre tach� de sang n'avait �t� retrouv� sur les lieux et en a conclu que le recourant avait menti. Cette conclusion n'est pas arbitraire. Infond�, le grief soulev� doit �tre rejet�.
Comme le recours �tait d'embl�e d�pourvu de chances de succ�s, la requ�te d'assistance judiciaire doit �tre rejet�e (art. 152 al. 1 OJ). En cons�quence, le recourant, qui succombe, doit supporter les frais (art. 156 al. 1 OJ), qui sont fix�s de mani�re r�duite pour tenir compte de sa situation financi�re.
6.1 Aux termes de l'art. 112 CP, se rend coupable d'assassinat celui qui tue avec une absence particuli�re de scrupules, notamment si son mobile, son but ou sa fa�on d'agir est particuli�rement odieux. L'assassinat constitue une forme qualifi�e d'homicide intentionnel, qui se distingue du meurtre (art. 111 CP) par le caract�re particuli�rement r�pr�hensible de l'acte. L'absence particuli�re de scrupules suppose une faute sp�cialement lourde et d�duite exclusivement de la commission de l'acte. Pour la caract�riser, l'art. 112 CP �voque le cas o� les mobiles, le but ou la fa�on d'agir de l'auteur sont hautement r�pr�hensibles, mais cet �nonc� n'est pas exhaustif (ATF 118 IV 122 consid. 2b p. 125).
L'auteur agit de fa�on particuli�rement odieuse lorsqu'il exploite avec perfidie la confiance de la victime ou lorsque son mode d'ex�cution est atroce ou barbare. Il en va notamment ainsi lorsque la victime doit endurer des souffrances morales ou physiques particuli�res (de par leur intensit� ou leur dur�e) et que l'auteur du crime a voulu ou tout au moins accept� d'infliger ces souffrances (ATF 118 IV 122 consid. 2b p. 126; Disch, L'homicide intentionnel, th�se Lausanne, 1999, p. 319). Les mobiles sont particuli�rement odieux lorsque l'auteur tue pour voler sa victime ou contre r�mun�ration (tueur � gages). Mais le mobile est aussi odieux lorsque l'auteur tue par vengeance sans raison s�rieuse (Rehberg/Schmid/Donatsch, Strafrecht III, Delikte gegen den Einzelnen, 8e �d., Zurich 2003, p. 7). Tel est le cas de l'auteur qui envoie un colis pi�g� � son ex-amie pour se venger de ce qu'elle l'avait quitt� (Schwarzenegger, Basler Kommentar, Strafgesetzbuch II, 2003, art. 112, n. 10; cf. ATF 120 IV 10). Pour que la vengeance constitue un mobile particuli�rement odieux, ce sentiment doit cependant �tre incompr�hensible et la raison doit en �tre futile (Schwarzenegger, op. cit.; Stefan Disch, op. cit., p. 316). Si l'auteur agit pour se venger de la victime qui l'a fait profond�ment souffrir, par exemple en l'humiliant constamment, on ne peut pas dire qu'il a tu� sans raison, pour un motif futile ou odieux. Une r�action de souffrance fond�e s�rieusement sur des motifs objectifs imputables � la victime exclut en g�n�ral la qualification d'assassinat (ATF 118 IV 122 consid. 3 p. 129).
Il ne s'agit-l� que d'exemples destin�s � illustrer la notion d'absence particuli�re de scrupules. On ne saurait cependant conclure � l'existence d'un assassinat d�s que l'on distingue dans un cas d'esp�ce l'un ou l'autre �l�ment qui lui conf�re une gravit� particuli�re. Il faut au contraire proc�der � une appr�ciation d'ensemble pour d�terminer si l'acte, examin� sous toutes ses facettes, donne � l'auteur les traits caract�ristiques de l'assassin. Tel est notamment le cas s'il ressort des circonstances de l'acte que son auteur a fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compr�hensibles, g�n�ralement dans une grave situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang froid, sans scrupules, qui d�montre un �go�sme primaire et odieux, avec une absence quasi totale de tendances sociales, et qui, dans le but de poursuivre ses propres int�r�ts, ne tient aucunement compte de la vie d'autrui (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 14; 118 IV 122 consid. 2b p. 126 et les r�f�rences cit�es).
6.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a consid�r� que la fa�on d'agir du recourant �tait d'une extr�me brutalit� et qu'elle d�montrait l'existence d'une d�termination, d'une froideur, d'un acharnement et d'une cruaut� sans bornes. Elle a ainsi relev� qu'il avait frapp� sa victime de 41 coups de couteau, ce qui lui avait occasionn� de tr�s graves blessures dont deux ont �t� mortelles et fait subir d'indicibles souffrances. La d�termination et la cruaut� du recourant sont confirm�es par le fait qu'il a refus� d'ouvrir la porte � la gendarmerie pendant que la jeune femme vivait encore et pouvait donc �tre sauv�e, pr�f�rant continuer � poignarder une victime qui le suppliait d'arr�ter.
Le recourant invoque la situation conflictuelle entre lui et la victime. La jeune femme a certes mis fin � leur relation sentimentale. Aucun comportement bl�mable ne peut cependant �tre reproch� � cette derni�re. Une simple rupture ne peut conduire l'amant au d�sir de tuer la femme qui le quitte. Si le recourant a tu� la jeune femme, c'est qu'il n'a pas accept� leur s�paration et qu'il a voulu se venger, faisant preuve d'un m�pris total de la vie de celle qu'il dit avoir aim�e. Le cas se distingue ainsi nettement de celui o� l'auteur tue une personne qui se trouve en conflit aigu avec lui ou qui l'a fait profond�ment souffrir.
Lorsque le recourant fait valoir qu'il a apport� des soins � sa victime apr�s un premier coup de couteau et que la mort de la victime serait intervenue � la suite d'une bagarre qui aurait �clat� ult�rieurement et lors de laquelle des coups auraient �t� �chang�s de part et d'autre, il s'�carte de l'�tat de fait cantonal, de sorte que son grief est irrecevable. En effet, l'arr�t attaqu� retient que le recourant a violemment agress� la jeune femme qui a tent� de se d�fendre, ne lui infligeant que des blessures superficielles.
Le recourant reproche � la cour cantonale de ne pas avoir examin� sa personnalit�. Il soutient qu'il ne serait pas un �tre froid et sans �motion, mais qu'il se serait trouv� sous l'emprise d'une �motion violente au moment des faits. Cette argumentation repose cependant sur des constatations de fait qui ne figurent pas dans l'arr�t attaqu�, de sorte qu'elle est irrecevable. En effet, la cour cantonale a pr�cis� que lors de son interpellation, le recourant a fait preuve d'un grand sang-froid. Contrairement � ce que semble penser le recourant, la pr�m�ditation, qui a disparu du texte de l'art. 112 CP, n'est pas une condition de l'assassinat. Quant aux remords et aux regrets que le recourant aurait �prouv�s, ils ne sont pas d�terminants pour la qualification de l'acte, mais pour la fixation de la peine.
6.3 Au vu des faits retenus, il n'�tait pas contraire au droit f�d�ral de conclure que le recourant avait agi avec une absence particuli�re de scrupules au sens de l'art. 112 CP et, partant, de consid�rer qu'il s'�tait rendu coupable d'assassinat. Le recourant a poignard� sa victime avec une grande sauvagerie, continuant son forfait pendant que la gendarmerie frappait � la porte et que la jeune femme le suppliait de l'�pargner. Aucun comportement bl�mable de la victime ne pouvait justifier cette haine homicide. Ayant mal support� la rupture de sa relation avec la victime, le recourant a �t� aveugl� par son d�sir de vengeance et a fait preuve d'un m�pris total pour la vie d'autrui.
Le recourant se plaint de la s�v�rit� de la peine qui lui a �t� inflig�e (art. 63 CP).
7.1 Selon l'art. 63 CP, le juge fixe la peine d'apr�s la culpabilit� du d�linquant, en tenant compte des mobiles, des ant�c�dents et de la situation personnelle de ce dernier. La loi n'�nonce cependant pas de mani�re d�taill�e et exhaustive les �l�ments qui doivent �tre pris en consid�ration, ni les cons�quences exactes qu'il faut en tirer quant � la fixation de la peine. Elle laisse donc au juge un large pouvoir d'appr�ciation, de sorte que le Tribunal f�d�ral n'admettra un pourvoi en nullit� portant sur la quotit� de la peine que si la sanction a �t� fix�e en dehors du cadre l�gal, si elle est fond�e sur des crit�res �trangers � l'art. 63 CP, si les �l�ments d'appr�ciation pr�vus par cette disposition n'ont pas �t� pris en compte ou enfin si la peine appara�t exag�r�ment s�v�re ou cl�mente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s. et les arr�ts cit�s).
7.2 En l'esp�ce, les premiers juges ont fix� la peine � quinze ans de r�clusion. Ils ont insist� sur la sauvagerie, avec laquelle le recourant s'en �tait pris � la victime, et ce pour des motifs purement �go�stes. Ils ont relev� le peu d'empathie qu'il avait manifest� aux proches de la jeune femme, tout en reconnaissait qu'aux dires des experts, il semblait �tre capable d'exprimer des sentiments de tristesse et de honte, et ont constat� qu'il n'avait pas vraiment collabor� � l'enqu�te. A d�charge, ils ont tenu compte du m�canisme d�clencheur tr�s particulier d'une querelle d'anciens amants qui a d�g�n�r� en un v�ritable massacre, de sa responsabilit� l�g�rement diminu�e, de son absence d'ant�c�dents et des renseignements de la police (arr�t attaqu�, p. 6 s.). Reprenant ces �l�ments, la cour cantonale a consid�r� que la peine de quinze de r�clusion respectait les crit�res de la loi et qu'elle n'�tait pas exag�r�ment s�v�re (arr�t attaqu� p. 14 s.).
Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir pris en compte une seconde fois, au niveau de la fixation de la peine, la sauvagerie avec laquelle il avait frapp� sa victime. Les circonstances qui conduisent � �lever le cadre de la peine ne peuvent certes pas �tre prises en consid�ration une seconde fois comme �l�ments aggravants dans le cadre modifi� de la peine, sans quoi l'auteur p�tirait deux fois de la m�me circonstance (interdiction de la double prise en consid�ration; ATF 72 IV 110 consid. 3 p. 114). Le juge peut cependant tenir compte dans la fixation de la peine de l'intensit� de cette circonstance. Dans ce cas, le juge ne fait pas autre chose que de mesurer la peine d'apr�s la culpabilit� de l'auteur (ATF 118 IV 342 consid. 2b p. 347; Wipr�chtiger, Basler Kommentar, Strafgesetzbuch I, 2003, art. 63, n. 57). La cour cantonale n'a donc pas viol� le droit f�d�ral en retenant � charge du recourant la sauvagerie dont il a fait preuve.
C'est en vain que le recourant reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait qu'il avait mal accept� la rupture qui a g�n�r� des conflits entre les deux amants et engendr� chez lui une jalousie envahissante. En effet, l'arr�t attaqu� dispose que la peine a �t� fix�e en fonction du "m�canisme d�clencheur tr�s particulier d'une querelle d'anciens amants qui a d�g�n�r� en un v�ritable massacre" (arr�t attaqu� p. 6, 14).
Si l'arr�t attaqu� constate que le recourant a exprim� peu d'empathie � l'�gard de la famille lors de l'audience, il ajoute cependant qu'� dire d'experts et de l'aum�ni�re de la prison, le recourant semblait �tre capable d'exprimer des sentiments de tristesse et de honte (arr�t attaqu� p. 6). Le reproche du recourant, selon lequel la cour cantonale n'aurait pas pris en compte les d�clarations de l'expert psychiatre au sujet de son sentiment de honte, est donc infond�.
Le recourant soutient qu'il a particip� � l'instruction, faisant valoir qu'il n'a jamais ni� les faits. Comme le rel�vent � juste titre les premiers juges, le recourant pouvait cependant difficilement faire autrement que de reconna�tre les faits, puisque la police l'avait trouv� sur les lieux du crime et qu'aucun mouvement n'avait �t� observ� dans l'immeuble qui aurait pu justifier l'intervention d'un tiers. Pour le surplus, l'arr�t attaqu� pr�cise que le recourant n'a cess� de mettre la faute sur le compte de la victime (arr�t attaqu� p. 6). Le grief soulev� par le recourant est donc infond�.
Enfin, les pr�c�dents que le recourant invoque ne pr�sentent pas une totale analogie avec son propre cas, de sorte que toute comparaison est exclue (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 142 s. et les arr�ts cit�s; cf. aussi ATF 123 IV 49 consid. 2e p. 52 s.).
7.3 En conclusion, la peine de quinze ans de r�clusion n'appara�t pas, au vu des circonstances, s�v�re � un point tel qu'il faille conclure � un abus du large pouvoir d'appr�ciation accord� � la cour cantonale. Cette derni�re a motiv� de mani�re d�taill�e et compl�te la peine, et le recourant n'invoque aucun �l�ment, propre � modifier la peine, qu'elle aurait omis ou pris en consid�ration � tort. Le grief de violation de l'art. 63 CP est d�s lors infond�.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties, au Procureur g�n�ral genevois et � la Cour de cassation du canton de Gen�ve.