Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F27-09-2011-2C_265-2011
Timestamp: 2016-10-21 20:23:55+00:00
Document Index: 222690374

Matched Legal Cases: ['art. 126', 'ATF ', 'art. 83', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 89', 'art. 99', 'art. 99', 'in fine', 'art. 102', 'in fine', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 62', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 96', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 96', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 96', 'ATF ', 'art. 96', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 62', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 8']

2C_265/2011 (27.09.2011)
repr�sent� par Me Laurence Brand Corsani, avocate,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, du 17 f�vrier 2011.
Ressortissant turc n� en Suisse en 1981, X.________ a �t� mis au b�n�fice d'une autorisation d'�tablissement et vit � Fribourg. Il est mari� � une ressortissante suisse depuis le 9 octobre 2009, avec laquelle il affirme vivre depuis dix ans. Le 5 mai 2009, une fille est n�e de leur union.
Sur le plan professionnel, X.________ a effectu� deux ans d'apprentissage en qualit� de ma�on, avant d'interrompre cette formation, alternant depuis lors des p�riodes de travail et d'inactivit�. Il a notamment exerc� une activit� temporaire de juillet � novembre 2008. Financi�rement, il faisait, au 30 d�cembre 2008, l'objet d'actes de d�faut de biens pour un montant de 7'029 fr. 75. Aid� depuis mai 2002 par le Service de l'aide sociale de la Ville de Fribourg, sa dette sociale s'�levait � 52'744 fr. 80 au 1er avril 2008, �tant pr�cis� qu'il n'est plus assist� depuis cette derni�re date.
Depuis l'�ge de quinze ans, X.________ a r�guli�rement fait l'objet de condamnations p�nales en Suisse. Ainsi, la Chambre p�nale des mineurs l'a sanctionn� le 16 octobre 1995, � deux jours de travail pour vol et conduite sans permis; le 28 janvier 1997, � quatre jours de d�tention ferme pour injures et menaces; le 26 mai 1998, � sept jours d'emprisonnement pour rixe; le 9 f�vrier 1999, � quatorze jours de d�tention ferme pour l�sions coporelles simples et dommages � la propri�t�.
A l'�ge adulte, X.________ a �t� condamn� par l'Office des juges d'instruction le 16 janvier 2002 � deux mois d'emprisonnement, avec sursis et d�lai d'�preuve de quatre ans, pour dommages � la propri�t�, violence ou menace contre les autorit�s et les fonctionnaires, opposition aux actes de l'autorit� et d�lit contre la loi f�d�rale sur les stup�fiants [LStup; RS 812.121]; le 27 octobre 2003, � trente jours d'emprisonnement, avec sursis et d�lai d'�preuve de cinq ans et 600 fr. d'amende, pour rixe et contravention � la loi f�d�rale sur le transport public [aLTP]; le 4 juin 2004, � dix jours d'arr�t et 200 fr. d'amende pour contraventions � la LStup et � l'aLTP; le 26 novembre 2004, � dix jours d'arr�t et 200 fr. d'amende pour contraventions � la LStup et � l'aLTP. Le 20 avril 2005, la Cour d'appel p�nal du canton de Fribourg a condamn� X.________ � dix-sept mois d'emprisonnement, avec sursis, d�lai d'�preuve de quatre ans et 100 fr. d'amende, pour vol en bande et tentative de vol en bande, dommages � la propri�t�, violation de domicile et contravention � l'aLTP. L'Office des juges d'instruction l'a encore condamn� le 30 octobre 2006, � vingt jours d'emprisonnement pour agression; le 31 octobre 2007, � vingt heures de travail d'int�r�t g�n�ral, avec sursis, d�lai d'�preuve de trois ans et 200 fr. d'amende, pour d�lit et contravention � la LStup; le 9 janvier 2009, � trente jours de peine privative de libert� pour agression.
Par jugement du 4 octobre 2010, le Tribunal p�nal de l'arrondissement de la Sarine a reconnu X.________ coupable de conduite en �tat d'�bri�t� et d'infraction � la LStup. Il l'a condamn� � une peine privative de libert� de trente mois, dont douze mois fermes et dix-huit mois avec sursis pendant un d�lai d'�preuve de cinq ans, et au paiement d'une amende de 500 fr., peine d'ensemble englobant celles prononc�es les 20 avril 2005 et 31 octobre 2007.
Par d�cision du 21 avril 2006, le Service de la population et des migrants de l'Etat de Fribourg (ci-apr�s: le Service cantonal) a menac� X.________ d'expulsion. A la suite de l'ouverture d'une proc�dure de r�vocation le 27 ao�t 2008, le Service cantonal a, par d�cision du 10 f�vrier 2009, r�voqu� l'autorisation d'�tablissement de l'int�ress� en lui impartissant un d�lai de trente jours pour quitter la Suisse. Par arr�t du 17 f�vrier 2011, la Ie Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a rejet� le recours de X.________ contre la d�cision du 10 f�vrier 2009.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, X.________ demande au Tribunal f�d�ral, sous suite de d�pens, principalement, de r�former l'arr�t du 17 f�vrier 2011 dans le sens o� la d�cision du 10 f�vrier 2009 est annul�e et l'autorisation d'�tablissement du recourant confirm�e; subsidiairement, d'annuler l'arr�t querell� et de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il rende une nouvelle d�cision.
Le Service cantonal se r�f�re aux consid�rants de l'arr�t attaqu�. Dans un message du 16 juin 2011 � l'attention du Tribunal cantonal, il a transmis � titre d'information un arr�t de la Cour d'appel p�nal du Tribunal cantonal fribourgeois du 8 juin 2011 confirmant la condamnation prononc�e le 4 octobre 2010 par le Tribunal d'arrondissement de la Sarine.
Par ordonnance pr�sidentielle du 30 mars 2011, le Tribunal f�d�ral a admis la requ�te d'effet suspensif form�e par X.________.
La proc�dure de r�vocation du permis d'�tablissement en faveur du recourant ayant �t� initi�e le 27 ao�t 2008, la pr�sente cause est soumise � la loi f�d�rale du 16 d�cembre 2005 sur les �trangers, qui est entr�e en vigueur le 1er janvier 2008 (RS 142.20; LEtr; cf. art. 126 al. 1 LEtr; arr�t 2C_478/2010 du 17 novembre 2010 consid. 1, non publi� aux ATF 137 II 10).
2.1 D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Il est recevable contre les d�cisions r�voquant une autorisation d'�tablissement ou constatant qu'une autorisation de ce type est caduque, parce qu'il existe en principe un droit au maintien de cette autorisation (ATF 135 II 1 consid. 1.2.1 p. 4). Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
2.2 Selon l'art. 99 al. 1 LTF, aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente. En tant qu'il s'agit de moyens nouveaux, les pi�ces d�pos�es par le recourant � l'appui de son recours ne sont pas recevables. En revanche, d�s lors que l'arr�t attaqu� a constat� que, le 4 octobre 2010, le Tribunal p�nal de l'arrondissement de la Sarine avait condamn� le recourant � une peine privative de libert� de trente mois, le fait que cette d�cision ait �t� confirm�e sur recours par un arr�t du 8 juin 2011, produit par le Service cantonal et notifi� � l'int�ress�, ne constitue pas un fait nouveau � proprement parler, mais la confirmation d'un fait ressortant de l'arr�t attaqu�, de sorte qu'il ne tombe pas sous le coup de l'art. 99 al. 1 LTF (cf. arr�t 5P.301/2006 du 27 juillet 2006 consid. 2.1 in fine).
2.3 La d�termination du Tribunal cantonal, re�ue le 22 juin 2011, ainsi que celle de l'Office f�d�ral des migrations, re�ue le 19 ao�t 2011, sont toutes deux tardives et ne pourront pas �tre prises en consid�ration (art. 102 al. 1 in fine LTF).
3.1 Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral v�rifie librement la violation du droit f�d�ral (cf. art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Aux termes de cet alin�a, le Tribunal f�d�ral n'examine la violation de droits fondamentaux que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant.
3.2 En outre, le Tribunal f�d�ral se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ceux-ci n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (cf. art. 105 al. 2 LTF). Si le recourant entend s'�carter des constatations de fait de l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 97 al. 1 LTF), il doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es. Sinon, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui qui est contenu dans l'acte attaqu�. En particulier, la Cour de c�ans ne tiendra pas compte des all�gu�s non �tay�s d'appartenance � la minorit� et � la langue kurdes, de pers�cutions ethniques auxquelles le recourant s'exposerait en Turquie ni du "rappel des faits", appellatoire, qui est contenu dans le m�moire de recours. Elle se fondera donc sur les faits ressortant de l'arr�t attaqu� (ATF 135 II 313 consid. 5.2.2 p. 322).
Le Tribunal cantonal a confirm� la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement du recourant. Selon les juges cantonaux, ce dernier ayant commis de graves et multiples infractions p�nales et s'�tant montr� incapable de modifier son comportement malgr� un avertissement et une d�cision de renvoi, ainsi qu'en d�pit de son mariage et la naissance de son enfant, il constituerait une menace grave pour la s�curit� et l'ordre publics. L'int�r�t public � son �loignement de Suisse devrait pr�valoir sur l'int�r�t du recourant, de son �pouse et de leur enfant � vivre en communaut� familiale dans le pays.
5.1 Aux termes de l'art. 63 al. 1 LEtr, l'autorisation d'�tablissement ne peut �tre r�voqu�e que dans les cas suivants: a. les conditions vis�es � l'art. 62 let. a ou b LEtr sont remplies; b. l'�tranger attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics en Suisse ou � l'�tranger, les met en danger ou repr�sente une menace pour la s�curit� int�rieure ou ext�rieure de la Suisse; c. lui-m�me ou une personne dont il a la charge d�pend durablement et dans une large mesure de l'aide sociale.
En vertu de l'art. 63 al. 2 LEtr, l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui, � l'instar du recourant, s�journe en Suisse l�galement et sans interruption depuis plus de quinze ans ne peut �tre r�voqu�e que pour les motifs mentionn�s � l'al. 1 let. b, et � l'art. 62 let. b LEtr. II d�coule de la syst�matique de l'art. 63 al. 1 LEtr que l'�num�ration des cas de r�vocation est alternative et qu'il suffit donc que l'un soit donn� pour que la condition objective de r�vocation de l'autorisation soit remplie. Il en va de m�me en ce qui concerne les deux cas de r�vocation mentionn�s � l'art. 63 al. 2 LEtr. En effet, il ressort du Message concernant la loi sur les �trangers du 8 mars 2002 que s'il souhaitait restreindre les possibilit�s de r�vocation d'une autorisation d'�tablissement pour les �trangers vivant depuis longtemps en Suisse, le Conseil f�d�ral proposait de le faire en limitant le nombre de cas de r�vocation et non en demandant leur application cumul�e (FF 2002 3469 p. 3566). De son c�t�, l'Assembl�e f�d�rale a modifi� la formulation de l'art. 63 al. 2 LEtr en �liminant la r�f�rence au motif pr�vu � l'art. 63 al. 1 let. e, mais n'a pas voulu s'�carter du concept propos� par le Conseil f�d�ral (BO 2004 CN 1089). Enfin, la doctrine se rallie � cette interpr�tation (ELISA FORNALE/STEFANIE TAMARA KURT/DIEYLA SOW/ROBIN ST�NZI, Les sp�cificit�s du renvoi des d�linquants �trangers dans les droits nationaux allemand, autrichien, fran�ais et italien, in: Les renvois et leur ex�cution, Berne 2011, p. 61 ss, 65; SILVIA HUNZIKER, ad art. 63 al. 2 LEtr, in: Bundesgesetz �ber die Ausl�nderinnen und Ausl�nder, Berne 2010, p. 620 N 22).
5.2 Aux termes de l'art. 62 let. b LEtr auquel renvoie l'art. 63 al. 1 let. a et al. 2 LEtr, l'autorit� peut notamment r�voquer une autorisation lorsque l'�tranger a �t� condamn� � une peine privative de libert� de longue dur�e. Selon la jurisprudence, cette derni�re est consid�r�e comme de longue dur�e lorsqu'elle d�passe un an d'emprisonnement (ATF 135 II 377 consid. 4.5 p. 383; arr�t 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 3.1), ind�pendamment du fait qu'elle ait �t� prononc�e avec un sursis complet ou partiel, respectivement sans sursis (arr�ts 2C_972/2010 du 24 mai 2011 consid. 4.1; 2C_651/2009 du 1er mars 2010 consid. 4.1.2).
Ce motif de r�vocation est rempli au regard de la condamnation du recourant � une peine d'emprisonnement de dix-sept mois en date du 20 avril 2005, ce qui suffit d�j� au sens de l'art. 63 al. 2 LEtr.
5.3 Au surplus, le recourant remplit �galement le second motif de r�vocation alternatif tir� de l'art. 63 al. 1 let. b LEtr.
5.3.1 Dans un arr�t r�cent, la Cour de c�ans a retenu qu'attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics, au sens de l'art. 63 al. 1 let. b LEtr, l'�tranger dont les actes l�sent ou compromettent des biens juridiques particuli�rement importants, telles que l'int�grit� corporelle, physique ou sexuelle (ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; arr�t 2C_722/2010 du 3 mai 2011 consid. 3.2). Se r�f�rant au Message du Conseil f�d�ral du 8 mars 2002 concernant la loi sur les �trangers, le Tribunal f�d�ral a ajout� que le crit�re de la gravit� qualifi�e de l'atteinte pouvait �galement �tre r�uni en cas de violation r�p�t�e, grave et sans scrupule de la s�curit� et de l'ordre publics par des comportements relevant du droit p�nal et montrant que l'�tranger n'avait ni la volont� ni la capacit� de respecter � l'avenir le droit (ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; arr�t 2C_722/2010 pr�cit�, consid. 3.2; FF 2002 3469, p. 3565 s.).
5.3.2 Certes, dans son arr�t querell�, il semble avoir �chapp� au Tribunal cantonal que l'art. 63 al. 1 let. b LEtr requiert une atteinte "tr�s grave" � la s�curit� et l'ordre publics, et non uniquement une atteinte "grave ou r�p�t�e" au sens de l'art. 62 let. c LEtr, de sorte que l'analyse conduite sous cet angle n'est pas conforme au droit f�d�ral. En l'esp�ce, cette m�prise reste toutefois sans cons�quence pour l'issue de la proc�dure, d�s lors que le Tribunal f�d�ral n'est li� ni par les motifs que les parties invoquent, ni par l'argumentation juridique de la cour cantonale. Il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux invoqu�s par la partie recourante et peut �galement rejeter un recours en adoptant une autre argumentation juridique que celle retenue par la cour cantonale (ATF 134 V 250 consid. 1.2 p. 252; 132 II 257 consid. 2.5 p. 262).
5.3.3 Or, en l'esp�ce, les conditions de l'art. 63 al. 1 let. b LEtr sont manifestement remplies, ce que le recourant ne conteste d'ailleurs pas (cf. recours, p. 9). D'une part, celui-ci a perp�tr� de multiples infractions graves contre ou mettant en danger l'int�grit� corporelle des personnes (rixe, agressions, conduite en �tat d'�bri�t�, violations de la LStup); d'autre part, les tr�s nombreuses et r�currentes condamnations p�nales dont il a fait l'objet � une cadence presque annuelle portent sur une p�riode �tendue allant de 1995 � 2010 et d�notent sa r�ticence durable � observer l'ordre juridique suisse, en d�pit des sanctions p�nales et avertissements r�p�t�s qui ont �t� prononc�s � son �gard.
5.4 Par cons�quent, les conditions permettant de prononcer la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement en faveur du recourant �taient r�unies tant au regard des art. 63 al. 1 let. a et 62 let. b LEtr qu'� celui de l'art. 63 al. 1 let. b LEtr.
Le recourant s'en prend, sous l'angle des art. 96 LEtr et 8 CEDH, � la pes�e des int�r�ts effectu�e par les juges cantonaux. Il reproche � l'arr�t attaqu� d'avoir donn� � ses condamnations p�nales un poids d�terminant, sans avoir suffisamment tenu compte de ses liens profonds avec la Suisse, de son absence totale d'attache avec son pays d'origine et de son statut d'�poux et de p�re de citoyennes suisses.
6.1 De m�me que sous l'ancien droit (cf. arr�t 2C_295/2009 du 25 septembre 2009 consid. 3.3.1, non publi� aux ATF 135 II 377), l'existence d'un motif de r�vocation de l'autorisation d'�tablissement ne d�bouche sur un tel r�sultat que si ce dernier respecte le principe de la proportionnalit� (cf. arr�t 2C_227/2011 du 25 ao�t 2011 consid. 3.1).
6.1.1 Exprim� de mani�re g�n�rale � l'art. 5 al. 2 Cst. et d�coulant �galement de l'art. 96 LEtr, dont se pr�vaut le recourant, ce principe exige que la mesure prise par l'autorit� soit raisonnable et n�cessaire pour atteindre le but d'int�r�t public ou priv� poursuivi (cf. ATF 136 I 87 consid. 3.2 p. 91 s.; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380). C'est au regard de toutes les circonstances de l'esp�ce qu'il convient de trancher la question de la proportionnalit� de la mesure de r�vocation. Lors de cet examen, il y a lieu de prendre en consid�ration la gravit� de la faute commise, le degr� d'int�gration, la dur�e du s�jour en Suisse, ainsi que le pr�judice que l'int�ress� et sa famille auraient � subir du fait de la mesure (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; 135 I 153 consid. 2.1 p. 154; arr�ts 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 3.3.1; 2C_739/2009 du 8 juin 2010 consid. 4.2.1). La peine inflig�e par le juge p�nal est le premier crit�re servant � �valuer la gravit� de la faute et � proc�der � la pes�e des int�r�ts (arr�ts 2C_722/2010 pr�cit�, consid. 3.1; 2C_464/2009 du 21 octobre 2009 consid. 5). En pr�sence d'une peine privative de libert� de longue dur�e, le Tribunal f�d�ral a jug� qu'il y avait lieu de s'en tenir � sa pratique selon laquelle un �tranger qui a �t� condamn� � une peine de deux ans ou plus ne saurait en principe b�n�ficier d'un titre de s�jour en Suisse, m�me lorsqu'on ne peut pas ou difficilement exiger de son conjoint suisse qu'il quitte son pays (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5 p. 382 s.; 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; 130 II 176 consid. 4.1 p. 185).
6.1.2 Comme le recourant est n� en Suisse, o� il vit avec son �pouse et son enfant suisses, il peut se pr�valoir de la protection offerte par l'art. 8 par. 1 CEDH (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.32 p. 146; 130 II 281 consid. 3.1 p. 285). Une ing�rence dans l'exercice du droit au respect de la vie priv�e et familiale est n�anmoins possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, � certaines conditions pr�cises (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381). La pes�e globale des int�r�ts command�e par cette disposition est analogue � celle requise par l'art. 96 al. 1 LEtr, si bien qu'il y sera proc�d� conjointement (cf. arr�t 2C_541/2009 du 1er mars 2010 consid. 3).
6.1.3 En pr�sence d'un immigr� de longue dur�e qui a pass� l�galement la majeure partie, sinon l'int�gralit�, de son enfance et de sa jeunesse dans le pays d'accueil, la jurisprudence de la Cour europ�enne des droits de l'Homme, suivie en cela par le Tribunal f�d�ral, pr�cise qu'il y a lieu d'avancer de tr�s solides raisons pour justifier son expulsion, surtout lorsque la personne concern�e a commis les infractions � l'origine de la mesure d'expulsion pendant son adolescence, et requiert une pes�e minutieuse des int�r�ts en pr�sence, comprenant la nature et la gravit� de l'infraction commise, la dur�e du s�jour dans le pays duquel il doit �tre expuls�, le laps de temps qui s'est �coul� depuis l'infraction et la conduite de l'int�ress� durant cette p�riode, ainsi que la solidit� des liens sociaux, culturels et familiaux avec le pays h�te et avec le pays de destination (cf. arr�ts de la Cour EDH Maslov c. Autriche [GC], du 23 juin 2008, req. 1638/03, par. 68-76; Mutlag c. Allemagne, du 25 mars 2010, req. 40601/05, par. 54; cf. ATF 130 II 176 consid. 4.4.2 p. 190; arr�t 2C_98/2009 du 10 juin 2009 consid. 2.4).
6.2.1 En l'occurrence, l'instance pr�c�dente a d�ment pris en consid�ration les difficult�s d'int�gration qu'un renvoi en Turquie engendrerait pour le recourant. N� en Suisse en 1981, celui-ci y a en effet pass� toute son enfance et sa vie de jeune adulte et ne poss�de donc pas d'attaches particuli�rement fortes avec son Etat d'origine. A cela s'ajoute l'int�r�t de l'�pouse et de la fille en bas �ge du recourant, toutes deux de nationalit� suisse, au maintien d'une vie familiale intacte en Suisse.
A juste titre, les juges cantonaux ont cependant contrebalanc� ces crit�res avec le fait que le recourant a �t� �lev� par des parents turcs, qu'il passait jusqu'� l'�ge de quinze ans un � deux mois par an en Turquie et qu'il pouvait s'exprimer en langue kurde, comme nombre de ressortissants turcs, de sorte que son int�gration sur le march� du travail turc ne serait pas irr�m�diablement compromise malgr� le handicap all�gu� de la langue turque dont il lui incomberait encore de faire l'apprentissage. Le recourant ne disposant d'aucune formation professionnelle achev�e en Suisse, son renvoi vers la Turquie ne le priverait de plus pas d'un niveau de vie sup�rieur � celui qu'il pouvait acqu�rir en Suisse.
6.2.2 Cette pes�e des int�r�ts n'est pas critiquable. Bien que le recourant soit n� en Suisse et y ait pass� toute sa jeunesse, il est permis, comme l'ont fait les juges cantonaux, de douter qu'il pr�sente un haut degr� d'int�gration dans notre pays. Hormis les infractions p�nales dont il s'est rendu responsable, les �l�ments suivants plaident en d�faveur de l'existence d'attaches fortes avec la Suisse: l'inach�vement de son apprentissage de ma�on, la pr�carit� de ses emplois et plusieurs p�riodes d'inactivit� professionnelle, ayant n�cessit� le recours � l'aide sociale jusqu'au 1er avril 2008 et la subsistance du risque de le voir retomber � la charge de l'aide sociale. De m�me, il sied de relever les dettes importantes du recourant, qui s'�l�vent � 52'744 fr. 80 vis-�-vis de l'assistance publique et plusieurs actes de d�faut de biens d'un montant de 7'029 fr. 75, qu'il est en l'�tat incapable de rembourser.
De surcro�t, le Tribunal cantonal a tenu compte du crit�re, primordial pour la pes�e des int�r�ts en pr�sence (cf. arr�t 2C_722/2010 pr�cit�, consid. 3.1) qu'est le comportement fautif du recourant, lequel se traduit en particulier par les condamnations p�nales dont il a fait l'objet en Suisse et le risque de r�cidive en r�sultant. Ces derni�res sont tr�s nombreuses ainsi que r�guli�res, et s'�tendent sur une p�riode allant de 1995 � 2010, dont les plus r�centes ont donn� lieu au prononc� d'une peine privative de libert� d'une dur�e de trente mois, qui a �t� confirm�e en proc�dure d'appel. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, ces infractions ne sauraient toutes passer pour relever de "l'expression d'un mal-�tre" v�cu durant sa jeunesse, d�s lors qu'elles ont �t� en grande partie commises apr�s qu'il avait atteint l'�ge adulte. Elles ne sauraient non plus �tre banalis�es en tant qu'elles impliquent fr�quemment le recours � la violence physique ou verbale (rixes, agressions, menaces). De plus, les infractions � la LStup commises par le recourant n'ont pas uniquement �t� dict�es par le besoin d'assurer sa consommation personnelle de drogue, ce qu'il a conc�d� dans son recours et ce qui est corrobor� par les faits (vente de 50 gr. de coca�ne pour environ 8'500 fr.) qu'il avait express�ment reconnus dans le cadre de la proc�dure ayant conduit au jugement p�nal du 4 octobre 2010.
Nonobstant la menace d'expulsion qui lui a �t� notifi�e le 21 avril 2006, le recourant a continu� � commettre d'autres infractions p�nales, en raison desquelles il a �t� sanctionn� en 2007 (d�lit et contravention � la LStup) et en 2009 (agression). Ce, alors que dans ses observations du 10 f�vrier 2006 au sujet de l'intention du Service cantonal de prononcer une menace d'expulsion � son encontre, le recourant avait indiqu� s'�tre r�solu, apr�s avoir travers� une p�riode difficile et notamment gr�ce � l'appui de sa famille et � son ambition de devenir ma�on, � changer radicalement de comportement. De m�me, l'ouverture de la proc�dure de r�vocation de son autorisation d'�tablissement le 27 ao�t 2008 et la proc�dure de recours y aff�rente n'ont pas emp�ch� le recourant de commettre une nouvelle violation de la LStup, ni de conduire en �tat d'�bri�t�, d�bouchant sur une lourde peine p�nale d'ensemble en 2010.
De m�me, la situation familiale du recourant et ses nombreuses condamnations p�nales, souvent assorties d'un sursis avec d�lai d'�preuve, qui ne se sont pas confin�es � l'enfance du recourant et qui ont constitu� autant d'avertissements � son �gard, ne l'ont pas non plus d�tourn� de poursuivre ses agissements d�lictueux � l'�ge adulte (cf. arr�t 2C_541/2009 du 1er mars 2010 consid. 3.1). Pour ces motifs, on ne saurait reprocher � l'autorit� comp�tente de ne pas avoir prononc� un second avertissement (art. 96 al. 2 LEtr) avant de r�voquer l'autorisation d'�tablissement du recourant, �tant en outre pr�cis� qu'il lui aurait �t� interdit d'envisager l'octroi d'une autorisation de s�jour en lieu et place du permis d'�tablissement r�voqu� (arr�ts 2C_268/2011 du 22 juillet 2011 consid. 7.2; 2C_254/2010 du 15 juillet 2010 consid. 4.3).
Relevant ces r�cidives p�nales et le fait qu'en d�pit des assurances r�p�t�es du recourant selon lesquelles il aurait compris ses erreurs et s'appr�terait � s'amender durablement, c'est � bon droit que le Tribunal cantonal a retenu que le recourant ne voulait pas s'adapter � l'ordre �tabli dans le pays qui lui offre l'hospitalit� ou qu'il n'en �tait pas capable.
6.2.3 En tant que le recourant se pr�vaut de son mariage avec sa compagne suisse et de la naissance de leur enfant, signes d'une stabilisation durable de sa situation socio-professionnelle et une "v�ritable prise de conscience" de la n�cessit� d'adopter un "comportement strictement conforme � la loi", son argumentation ne peut �tre suivie.
L'�pouse du recourant a, au vu des indications de ce dernier concernant la dur�e de leur vie commune, v�cu avec lui � une �poque o� il faisait d�j� l'objet de nombreuses proc�dures et condamnations p�nales (cf. arr�t 2C_651/2009 du 1er mars 2010 consid. 4.3 in fine), sans que leur communaut� ne p�t modifier le comportement fautif de l'int�ress�. On peut �galement douter que la naissance de l'enfant du recourant, le 5 mai 2009, puisse mettre un terme d�finitif � un parcours d�lictuel d'une quinzaine d'ann�es, �tant pr�cis� que la prochaine naissance de cet enfant, annonc�e au Service cantonal dans un courrier du 20 janvier 2009, n'avait pas d�tourn� le recourant des infractions � la LStup commises entre octobre 2008 et le 19 janvier 2009. On ne voit ainsi pas en quoi le mariage avec sa compagne suisse ou la naissance de leur fille modifieraient son attitude future vis-�-vis de l'ordre juridique suisse.
6.2.4 S'agissant de l'int�r�t de l'�pouse et de l'enfant du recourant � mener leur vie familiale en Suisse, il sied de rappeler que le couple s'est mari� apr�s que le Service cantonal eut prononc� une menace d'expulsion � son endroit et aussi apr�s le prononc� de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement le 10 f�vrier 2009. L'�pouse a partant pris le risque de devoir vivre sa vie de couple � l'�tranger et doit admettre de quitter la Suisse si elle ne supporte pas psychologiquement de vivre loin du recourant (arr�t 2C_418/2009 du 30 novembre 2009 consid. 5.2), quand bien m�me une telle d�marche l'obligerait � apprendre une nouvelle langue et � s'adapter � une culture diff�rente. Quant � la fille du recourant, elle avait un peu moins de deux ans lorsque l'arr�t attaqu� est intervenu. Vu son jeune �ge, il devrait lui �tre possible de s'int�grer au mode de vie et � la langue turcs � supposer que le recourant et son �pouse d�cident de quitter la Suisse pour s'installer en Turquie (quant au choix des parents, cf. les arr�ts 2C_972/2010 du 24 mai 2011 consid. 6.3; 2C_541/2009 du 1er mars 2010 consid. 3.2). Si l'�pouse du recourant et l'enfant restaient en Suisse, l'�loignement du recourant n'emp�cherait pas que p�re et fille aient des contacts r�guliers par t�l�phone, lettres ou messagerie �lectronique. En outre, le recourant pourrait venir voir son enfant lors de s�jours touristiques ou l'enfant et sa m�re rejoindre le recourant en Turquie durant certaines p�riodes de vacances.
6.2.5 Enfin, l'argument du recourant selon lequel son int�r�t priv� � pouvoir rester en Suisse serait pr�pond�rant du fait qu'il n'aurait pas subi de peine sup�rieure � deux ans de d�tention, tombe � faux. En effet, la limite issue de la "jurisprudence Reneja" (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.3 s. p. 381 ss; 110 Ib 201) n'est pas absolue et a �t� fix�e � titre indicatif (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; arr�t 2C_578/2009 du 23 f�vrier 2010 consid. 2.2); elle doit �tre appr�ci�e au regard de toutes les circonstances du cas d'esp�ce, l'accumulation d'infractions permettant de s'�loigner de la limite des deux ans de d�tention (cf. arr�t 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 4). En outre, on peut se demander si cette jurisprudence, pos�e en relation avec la r�vocation d'une autorisation de s�jour, s'applique �galement � la r�vocation d'une autorisation d'�tablissement.
De toute mani�re, en additionnant les nombreuses peines privatives de libert� inflig�es au recourant, dont l'une ascendait � dix-sept mois et la derni�re en date, confirm�e en proc�dure d'appel, � trente mois - dont il convient toutefois de retrancher les dix-sept mois relatifs � la r�vocation du sursis qui accompagnait la premi�re peine susmentionn�e -, on parvient � un r�sultat largement sup�rieur � la limite indicative de deux ans. Un tel cumul est en effet, contrairement � ce que pr�tend le recourant, possible au regard de la pes�e des int�r�ts et compte tenu de la limite indicative d�velopp�e dans ce cadre (cf. arr�ts 2C_661/2010 du 31 janvier 2011 consid. 4.2; 2A.193/1999 du 31 ao�t 1999 consid. 4b/ee); il n'est en revanche pas admis en relation avec la condition de la "peine privative de longue dur�e" consacr�e � l'art. 62 let. b LEtr, auquel renvoie l'art. 63 al. 1 let. a et al. 2 LEtr (ATF 137 II 297 consid. 2.3.6 p. 302).
6.3 Compte tenu de l'ensemble des circonstances, il appara�t que l'int�r�t public � �loigner le recourant l'emporte sur l'int�r�t priv� de celui-ci et de sa famille � pouvoir vivre ensemble en Suisse. Par cons�quent, en rendant l'arr�t attaqu�, le Tribunal cantonal a respect� le droit. En particulier, il a proc�d� � une pes�e des int�r�ts en pr�sence correcte. Bien que la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger dit de la deuxi�me g�n�ration pr�sente une mesure s�v�re qui doit demeurer l'exception, l'appr�ciation des autorit�s cantonales reste dans les limites pr�vues par le droit f�d�ral et l'art. 8 CEDH.
Le pr�sent arr�t est communiqu� � la mandataire du recourant, au Service de la population et des migrants du canton de Fribourg, au Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, et � l'Office f�d�ral des migrations.