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Timestamp: 2017-12-17 07:58:30+00:00
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Accord salarial et fin de la grève des cheminots algériens - La Mirabelle Rouge
Accord salarial et fin de la grève des cheminots algériens
Algérie : signature d’accord entre la direction de la SNTF et les cheminots<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
mardi 18 mai 2010 (site Aficscoop)
Les cheminots algériens ont obtenu une augmentation de leurs salaires, conformément à un protocole d’accord signé lundi entre la direction générale de la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) et la Fédération nationale des cheminots (FNC), a rapporté l’agence de presse APS citant une source de la SNTF.
Le protocole d’accord, conclu à la suite d’une grève de plus d’une semaine de cheminots, prévoit une augmentation d’environ 20% pour l’ensemble des cheminots, a expliqué Noureddine Dekhli, directeur des ressources humaines de la SNTF.
"L’application de la nouvelle grille des salaires alignera le salaire de base le plus bas des cheminots au SNMG (salaire national minimum garanti)", a précisé Noureddine Dekhli.
Il a précisé, à cet effet, que l’application de cette nouvelle grille "sera effective à partir du mois de mai, avec un effet rétroactif à partir du moi de janvier 2010".
Les négociations entre la SNTF et la FNC ont également débouché sur l’augmentation de certaines primes et indemnités telles que la prime du transport, l’indemnité du salaire unique, la prime de rendement kilométrique et la bonification de la gratification de fin de carrière, a ajouté M. Dekhli.
Les cheminots, qui avaient entamé une grève le 8 mai, ont repris le travail lundi. A Alger, les trains de banlieue ont repris leur service.
lundi 17 mai 2010 (site Africscoop)
Algérie : gel de la grève des cheminots
Les cheminots algériens ont gelé leur grève dimanche, a annoncé le secrétaire général chargé de la communication à la Fédération nationale des cheminots (FNC), Djamel Bechikhi, suite à la prise en charge des revendications des travailleurs.
"Nous avons diffusé un appel à toutes les structures de la SNTF pour mettre fin à la protestation et le trafic commence déjà à reprendre", a indiqué M. Bechikhi, précisant que "des trains de banlieue ont déjà commencé à circuler".
Le directeur des ressources humaines à la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), Noureddine Dekhli, a affirmé que la reprise totale du trafic ferroviaire se fera "dès ce soir, au plus tard demain matin".
Il a indiqué que la direction de la SNTF prendra en charge les revendications des cheminots, notamment celle concernant l'application de l'article 52 de la convention collective, avec effet rétroactif à partir de janvier 2010 sur les augmentations qui en découleront.
L'article en question stipule l'alignement du salaire minimal d'un cheminot sur le SNMG, ce qui n'était pas le cas pour certains travailleurs de la SNTF, selon les syndicalistes.
Les cheminots sont en grève depuis neuf jours pour réclamer une hausse de leurs salaires, ils devraient reprendre le travail le lundi 17 mai. (Xinhua)
La grève des travailleurs de la SNTF boucle sa première semaine
Les cheminots interpellent le président Bouteflika
Par : MALIKA BEN (Liberté Qutidien ) le 16.05.2010
L'intervention du SG de la Centrale syndicale, vendredi soir, auprès des travailleurs et l'appel à la reprise et au gel de la grève, en se portant garant pour l'application de l'article 52 de la convention collective, n'ont fait que verser de l'huile sur le feu.
Le bras de fer, opposant les cheminots à la direction générale de la SNTF, n'est pas près de connaître son épilogue. C'est le pourrissement. La grève boucle aujourd'hui sa première semaine sans que les deux parties en conflit n'arrivent à un consensus. En fait, il semblerait que la paralysie totale du réseau ferroviaire ne dérange point les responsables de la SNTF. Encore moins les pouvoirs publics qui, en dépit de cette crise, n'ont pu renoncer à leur week-end en vue de tenter de trouver une solution avec les travailleurs qui se sont retrouvés seuls avec le SG de la Fédération nationale des cheminots. "Les gens soucieux de l'avenir de l'entreprise sont là même le week-end mais la direction générale est au repos", fulmine un cheminot. Et d'ajouter : "Avec qui doit-on négocier si nos responsables ont
pris leur journée de repos sans se soucier de ce qui se passe ?" Allant plus loin, les travailleurs de la SNTF dont la colère a atteint son paroxysme samedi iront jusqu'à réclamer la démission du DG et de DRH.
Ils se tournent en désespoir de cause vers le premier magistrat du pays. "Nous demandons l'intervention urgente du président de la République en vue de l'application de l'article 52 de la convention collective." Une revendication primordiale sur laquelle les travailleurs ne comptent pas marchander. La réponse des cheminots aux tentatives de règlement du conflit n'a pas changé d'un iota. "Seule l'application de l'article 52 fera rouler les trains." Las des engagements sans lendemain, les grévistes exigent un protocole d'accord pour la concrétisation de cette revendication d'ici mardi prochain signé par la DG.
Faute de quoi, ils ne reculeront devant rien. Il faut noter à ce propos qu'au lieu d'ouvrir des négociations avec les travailleurs, les pouvoirs publics ont préféré se tourner vers le précieux soutien du SG de la Centrale syndicale. Sidi-Saïd a été sollicité, comme d'habitude, pour raisonner les travailleurs. Mais un mouvement lancé par la base est beaucoup plus difficile à faire reculer que celui d'un syndicat chapeauté par la Centrale. Il semble même impossible. Car les 10 000 cheminots "ne font confiance à personne". Le secrétaire de l'UGTA, qui a tenté une sortie de crise, a essuyé un échec cuisant de la base. En effet, Sidi-Saïd s'est réuni vendredi soir avec le SG de la Fédération des cheminots et des représentants des travailleurs. Un appel à la reprise du travail samedi dernier et "le gel du mouvement en vue de favoriser la négociation dans la sérénité" a été même signé. Le SG de l'UGTA s'est engagé "à prendre en charge les doléances des cheminots et particulièrement l'article 52 de la convention collective". Le communiqué a été paraphé à la surprise des cheminots par le chef de cabinet du SG de l'UGTA. Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire des travailleurs.
Ces derniers n'arrivaient pas à comprendre pourquoi Sidi-Saïd n'a pas signé son appel-engagement. "Il y a quelque chose qui cloche". Le doute et la méfiance s'installent. Les grévistes refusent le document et exigent la signature de Sidi-Saïd tout en lui signifiant qu'il n'y aura point de reprise sans un engagement concret. Le SG de l'UGTA signe l'appel mais demande un service minimum aux travailleurs. Les représentants ont, à leur tour, proposé de faire deux trains de banlieue avant 11 heures et si les pourparlers prévus cette matinée avec le DG ne donnent rien, la grève sera relancée. Mais les travailleurs des rails sont échaudés et ne cèdent pas en dépit de l'insistance du membre de la cellule de crise. "L'article 52 contre la reprise", persistent les cheminots. À signaler enfin que les membres du bureau fédéral de la Fédération des cheminots ont été écartés en raison de "leur défaillance et mauvaise gestion de la grève" avec l'aval du SG de la Centrale syndicale.
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Un cheminot de grade 1 reçoit 12 480 DA comme salaire de base, avec, en prime, la prison si le train déraille. Virée chez ces hommes du fer qui ne demandent qu'à être alignés sur le SNMG.
Derrière les nouveaux trains pimpants électriques récemment acquis par la SNTF, il y a les hommes de la graisse. Ces hommes responsables de la vie de millions de voyageurs, d'un matériel coûtant une fortune et de la bonne marche d'un bon bout de l'économie nationale. La plupart d'entre eux ne sont pas payés au SNMG. Un cheminot de grade 1 reçoit 12 480 DA comme salaire de base, avec, en prime, la prison si le train déraillait. Virée chez ces hommes du fer qui ne demandent pas grand-chose, sauf d'être alignés sur le SNMG.
Au commencement, c'était un communiqué. Celui envoyé par la direction aux travailleurs à l'occasion du 1er mai. «Après les félicitations d'usage, la direction a évoqué la situation de l'entreprise, laissant entendre qu'il n'y aura pas d'augmentation de salaires, du moins jusqu'à novembre prochain. Les cheminots étaient à bout. Ils disaient tous basta à l'injustice !» déclare Omar, un cheminot excédé.
La gare Agha, en cette matinée pluvieuse de jeudi, était pleine… de trains. A l'arrêt. Sur un quai, Hedda contemplait un beignet à travers ses grosses lunettes, dont les verres sont probablement obsolètes. Hedda habite ici, sur le quai. «Elle est cheminote à la retraite et n'a rien gagné dans cette vie. Elle n'a même pas un toit, alors elle a élu domicile ici à la gare», nous dit un cheminot, très angoissé à l'idée que son avenir ressemblerait à celui de sa collègue.
L'endroit est scindé en deux compartiments, l'un réservé aux vieux trains ressemblant à des boîtes de sardines, l'autre aux nouveaux trains électriques suisses. D'ailleurs, sur «la rive nord», un hangar aménagé luxueusement a été aménagé pour le suisse Stadler afin qu'il puisse maintenir les trains. «Ils ont signé un contrat de dix ans de maintenance. Ce hangar, à l'époque où nous l'utilisions, était dans un état dégueulasse. Nous, nous travaillons dehors maintenant, de l'autre côté de la rive !» dit Hocine, un agent de maintenance.
Un cheminot de grade 1 est rémunéré à 12 400 DA de salaire de base, en deçà du SNMG. Un chef-manœuvre, qui dirige toutes les manœuvres du train, est lui à 14 000 DA après 23 ans de service.
«Nous en avons marre des injustices. Le Président nous a augmentés le SNMG, alors nous voulons cette augmentation, c'est tout !» crient des cheminots. «Nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes exclus de toutes ces augmentations de salaires annoncées. Ce sont toutes ces injustices qui nous ont poussés à déclencher ce mouvement de grève», déplore un autre.
Le porte-parole de la cellule de crise est sollicité de partout. «Ecoutez, les choses sont simples. Il faut que l'opinion publique sache que nous avons une seule revendication : nous ne demandons pas la lune, nous voulons uniquement que nous soyons alignés sur tous nos camarades travailleurs algériens payés au SNMG. Nous exigeons l'application pure et simple de l'article 52 de la convention collective», dit-il.
A l'administration, on soutient que le taux de suivi de la grève s'essoufle à 40 %. En bas, la gare est vide. «Aucun train ne fonctionne. La grève est suivie à 100 % et à l'échelle nationale», déclare Saïd, le tableau des horaires des trains où est mentionnée l'annulation de toutes les rotations à la main.
Hypertension artérielle, asthme et hernie discale
L'anecdote est vraie. «Nous avons l'impression, lorsque nous sortons des soutes pleins de graisse et d'huile, d'être des rats d'égout, tellement nous sentons mauvais. Nous n'avons aucun moyen décent pour nous nettoyer correctement», dit Mouloud, agent d'entretien, 20 ans de service et 20 000 DA toute primes comprises. «A cause de la pénibilité de notre travail et du stress, nous avons chopé pas mal de maladies. Mon collègue a le diabète, un autre une hernie discale et moi-même de l'hypertension artérielle et des varices à trop de nous mettre debout et soulever du matériel hyper lourd. Et on ne veut même pas reconnaître que ces maladies sont dues à la pénibilité de nos tâches.
Au contraire, on veut nous prolonger la période de cotisation à 40 ans ! Vous savez, vous ne pourrez pas tenir plus de 20 ans dans ces conditions, c'est inhumain. Vous savez, un collègue a été récemment victime d'un AVC.
Nous l'avons transporté nous-mêmes dans la voiture de l'un de nos collègues à l'hôpital. Ils nous ont supprimé l'ambulance. C'est grâce à une quête entre nous que le malheureux a pu recevoir un peu d'argent pour survivre.»
«Un os et un demi verre de sang»
Ami Lakhdar a 30 ans de service à la SNTF. Cigarette à la main, il discute avec ses collègues sur la situation. Ils sont assis dans le bureau du chef de gare, un endroit complètement délabré. «Jadis, mon fils, nous fonctionnions comme une véritable entreprise professionnelle.
Nous étions l'une des boîtes les plus prospères du pays. Nous avions notre propre imprimerie, notre atelier mécanique et de tôlerie, notre service de plomberie, notre menuiserie… Il y avait même la CNAN qui nous sollicitait pour qu'on lui fasse des pièces !» La cigarette de ami Lakhdar n'était pas consumée qu'il en allume une autre. «Mon fils, quand j'ai intégré la SNTF, dans les années 1970, j'étais kil poupoune (beau, ndlr) et j'avais toute ma santé.
Maintenant, je suis devenu aâdma w'kasse dem (un os et un demi verre de sang, ndlr)», ajoute ami Lakhdar en nous montrant ses deux photos d'avant et après son intégration de l'entreprise.
Saïd, un chef-manœuvre un peu plus jeune que lui dans l'entreprise, réagit. «Nous risquons notre vie et la prison à chaque seconde. Nous sommes responsables des trains dès leur démarrage. Toute cette responsabilité, et même pas une prime.
Alors qu'on ne vienne pas nous bourrer les oreilles avec tout leur baratin d'administrateurs. Ils ne savent rien de ce que nous faisons ou de ce que nous vivons. Je crois qu'ils veulent vendre notre entreprise au privé comme ils l'ont fait pour notre imprimerie et autres !» Des agents chargés de la sécurité du matériel arrivent.
L'un d'eux nous prend par la main et nous emmène sur les rails. «Regardez où nous sommes obligés de travailler !, en nous montrant une bouche d'égout à ciel ouvert. Vous savez, en nous mettant ici pour pouvoir relier les trains entre eux, nous risquons de tomber à tout moment dans l'égout, si ce n'est pas une taupe qui vous tombe dessus. Cela sans parler du manque d'éclairage. La nuit, nous travaillons dans l'obscurité.»
Mohammed était un sportif de premier plan. Il était même entraîneur de karaté. «Hélas, je suis devenu un fumeur invétéré. Après quelques années passées ici, j'ai complètement changé de comportement, tellement la pression au travail est forte. Ma femme, le soir, ne peut pas m'adresser la parole sans que je m'énerve contre elle. Je suis devenu irritable.»
« l'argent va dans des futilités »
Il est vrai que la SNTF était l'un des fleurons de l'économie algérienne. Elle était, par exemple, la première à avoir introduit l'informatique dans son administration, bien avant Sonatrach. Elle avait même la capacité de devenir prestataire de services pour diverses entreprises et dans divers domaines.
Cela grâce à son tissu d'ateliers allant de l'imprimerie jusqu'à la plomberie. Que s'est-il passé donc pour qu'une entreprise de cette envergure continentale devienne «incapable» de payer ses employés au SNMG ? «Ecoutez, n'y allez pas loin.
Vous voyez ce parking attenant à la gare Agha ? Eh ben, il est donné au privé ! Imaginez un seul instant qu'on voulant garer votre véhicule dans le parking de l'entreprise où vous travaillez, on vous demande de payer ! C'est aberrant.
L'administration a installé un scanner aux guichets alors que la gare est ouverte à tous les vents. Notre argent va dans des futilités. Ils ont privatisé toutes les sections de l'entreprise, et maintenant ils nous ramènent un privé pour nettoyer les voitures des trains.
En quittant la gare Agha, fait inhabituel pour ce cinquième jour de grève des cheminots. Les quais grouillaient de monde. Mais, c'étaient des syndicalistes qui élisaient refuge sur les quais pour tenir une réunion d'évaluation. Le mot d'ordre était le même, la mobilisation continue.
Le ministre algérien des transports copie notre Pepy
Le travail devrait reprendre immédiatement et ………
ALGER - Le ministre algérien des Transports, Amar Tou, a déclaré samedi que les cheminots de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF, publique), en grève depuis une semaine, devraient reprendre le travail "immédiatement", selon l'agence APS.
"Le travail devrait reprendre immédiatement et instruction a été donnée à la SNTF d'engager des discussions sérieuses avec le syndicat pour négocier la convention de branche qui permettra à la SNTF de travailler comme les autres secteurs", a déclaré M. Tou à la presse en marge d'une visite sur un chantier d'Alger.
La SNTF "n'a pas les moyens financiers nécessaires. La masse salariale est supérieure au chiffre d'affaire, mais comme c'est un service public par excellence, il doit être traité de manière spécifique", a dit le ministre.
Une "solution transitoire" sera trouvée, a-t-il ajouté.
La direction de la SNTF estime ne pas pouvoir satisfaire les revendications en raison de la situation financière de l'entreprise.
Le Tribunal de Sidi M'hamed d'Alger a ordonné mercredi "l'arrêt du mouvement de grève" et la "reprise immédiate du travail", selon la SNTF.
Mais un responsable de la SNTF avait déclaré samedi à l'AFP que "la situation n'avait pas évolué".
Le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algérien (UGTA), Abdelmadjid Sidi Said, qui a apporté son soutien aux grévistes, a réitéré vendredi son appel aux cheminots à geler leur grève pour permettre à leurs représentants de "favoriser la négociation dans la sérénité", a rapporté l'agence APS.
(©AFP / 15 mai 2010 17h30)
Samedi 15 mai 2010 ( Le Maghreb- Quotidien de l'économie)
Malgré les appels de Sidi Saïd à observer une trêve
Les cheminots persistent dans leur mouvement de grève
La grève illimitée, déclenchée spontanément par les cheminots depuis dimanche dernier, s'est poursuivie hier. La décision de justice ordonnant l'arrêt de ce mouvement et la reprise immédiate du travail prononcée par le tribunal de Sidi M'hamed (Alger), ne semble pas altérer la détermination des travailleurs de la Societé nationale des transports ferroviaires SNTF à poursuivre le débrayage. Même les appels lancés par le patron de l'UGTA à l'endroit des grévistes en les incitant "à observer une halte et aller vers les négociations" sont tombés dans l'oreille d'un sourd. En effet, le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Abdelmadjid Sidi Saïd, a appelé jeudi les travailleurs de la SNTF à privilégier la voie des négociations. "Le dialogue et le consensus sont à même de permettre aux cheminots de satisfaire leurs revendications", a estimé M. Sidi Saïd sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. "Il y a une prise de conscience chez les cheminots et la centrale syndicale va désigner des personnes qui vont les assister dans leurs négociations pour trouver un consensus", a-t-il poursuivi. L'appel lancé par M. Sidi Saïd pour le retour à la table de négociations, intervient suite à celui de la Fédération nationale des cheminots qui a appelé, mercredi, les travailleurs, à reprendre leur travail, les rassurant que les négociations avec la direction générale de la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) se poursuivront avec détermination. "Mon souhait et celui du bureau fédérale est que les travailleurs reprennent leur service", a indiqué le chargé de l'information à la fédération, M. Djamel Bechikhi, au cours d'un point de presse.
En effet, en appelant les travailleurs à faire preuve de "sagesse", M. Bechikhi a tenu à préciser que ce n'est pas le syndicat qui a appelé au déclenchement de cette grève, mais que celle-ci est un "mouvement spontané" déclenché par les travailleurs. Concernant les revendications soulevées par les cheminots, il a indiqué que celles-ci sont surtout d'ordre salarial, d'autant, a-t-il souligné, que "l'article 52 de la convention collective stipule que le salaire du cheminot ne peut être inférieur au SNMG". Ajoutant que "le souci majeur des travailleurs est que cette entreprise se relève et qu'elle joue pleinement son rôle dans le développement économique du pays". Au sujet de la plainte déposée par la SNTF au sujet du "caractère illégal" de ce mouvement de grève, M. Bechikhi s'est refusé à tout commentaire, précisant toutefois que le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed a entendu les deux parties, dans l'attente d'une prise de décision par les instances judiciaires. De son côté, M. Abdelhak Boumansour, président de la section syndicale de la gare d'Agha et porte-parole de la cellule de crise mise en place par les cheminots, a insisté sur "l'aspect fondé" des revendications des travailleurs, qui, a-t-il dit, "ne demandent que l'application de la loi". Pour rappel, M. Sidi Saïd, qui s'exprimait en marge de la cérémonie d'ouverture des travaux de la 33e session du conseil général de l'Organisation syndicale de l'Unité africaine (OUSA), a affirmé que "c'est du droit absolu des cheminots de recourir à la grève".
Liberté -quotidien national algérien le 15.05.2010.
La grève des cheminots aura des conséquences économiques
La grève illimitée des cheminots boucle aujourd'hui son septième jour. Au vu de la détermination des grévistes et l'échec des pourparlers entre les travailleurs via la Fédération nationale des syndicats, le pire est à craindre.
La paralysie quasi totale du trafic ferroviaire aurait assurément des répercussions néfastes sur divers plans. Côté financier, la trésorerie de la SNTF, qui, à en croire ses premiers responsables, n'est pas très reluisante, prendra un sérieux coup. La DRH refuse d'avancer un quelconque chiffre concernant le manque à gagner, mais des indiscrétions estiment les pertes d'une seule journée de grève à des millions de dinars.
Les nombreux avantages qu'offre le réseau ferroviaire, que ce soit pour le transport des personnes ou de la marchandise est en pole position des moyens de déplacement le plus convoité. Son arrêt suppose le blocage de pas mal de prestations. Il faut savoir que les étudiants et fonctionnaires ne sont pas les seuls usagers pénalisés par cette grève.
Selon les cheminots, pas moins de 5 000 personnes transitent quotidiennement par les gares. Ceci, sans oublier les abonnements, notamment ceux conclus avec les universités et les personnes qui prennent le risque de ne pas payer leur ticket.
Cependant, plusieurs autres entreprises qui acheminaient leurs marchandises (matière première) le sont davantage. Car elles ne sont pas approvisionnées depuis dimanche dernier. C'est le cas notamment pour le carburant dont les nombreux conducteurs ne peuvent se passer.
Selon les travailleurs de la SNTF venus de diverses wilayas du pays, rencontrés à la Fédération nationale des cheminots, l'approvisionnement en carburant acheminé via les rails se fait à partir de Skikda vers d'autres wilayas qui, à leur tour, se charge de la distribution et du transport toujours via le réseau ferroviaire. La capitale, par exemple, est alimentée par la wilaya de Béjaïa.
En un mot, si la grève se poursuit encore, les conducteurs, qui n'ont pas fait le plein de leurs réservoirs ces derniers jours, risquent d'immobiliser leurs voitures pour manque de carburant qui, sans lui, même le véhicule sorti tout droit d'une prestigieuse maison ne démarrera pas. À en croire les mêmes travailleurs, les entreprises conventionnées avec la SNTF pour le transport de leurs marchandises et autres produits stratégiques s'inquiètent déjà du retard enregistré. L'inquiétude a également gagné la direction générale de la SNTF qui craint le pire.
"Nous faisons tout pour assurer le service minimum qui permettra d'assurer ces prestations de transport, notamment de produits stratégiques, mais il n'y a pas que le transport via les rails", nous dit le DRH qui craint que "les entreprises optent pour d'autres moyens de transport. Nous ne voulons pas perdre nos parts de marché public".
Pour le DRH de la SNTF, "chacun assumera sa part de responsabilité". Question : à qui reviendra la plus grosse part de responsabilité ? Quelle sera la part de responsabilité de la SNTF ?
Les trains ne sifflent toujours pas
Les cheminots poursuivent leur mouvement de protestation. En cette sixième journée consécutive (ndlr hier), le transport ferroviaire était bloqué à travers tout le territoire national. Aucune station n'est épargnée. Les usagers du rail ont été contraints de se rabattre sur d'autres moyens de transport. Gare Agha : Il est 10h.Un silence de nécropole y règne. Rassurezvous, ce n'est pas à cause de la journée de vendredi où l'activité est de tradition réduite à son strict minimum. Cet état de fait est lié à un tout autre fait : la grève des travailleurs de la Sntf. Pas un train ne siffle. Pas un voyageur n'y circule. Les quais sont désertés…bref, c'est la paralysie. Le porte-parole de la cellule de crise mise en place par les cheminots, Abdelhak Boumansour, dira que ces derniers sont déterminés plus que jamais à aller jusqu'à la satisfaction entière de leur doléance qui s'articule essentiellement sur un seul point: l'application de l'article 52 de la Convention collective. Celui-ci stipule que le salaire des cheminots ne doit pas être inférieur au salaire national minimum garanti (Snmg). Les arguments avancés par la direction pour justifier son refus d'augmenter les salaires des travailleurs ne «tiennent pas la route», selon notre interlocuteur. Explication : «Celle-ci évoque souvent l'argument du manque de ressources financières alors que l'entreprise, de par ses performances réalisées en terme de rentabilité, se porte bien», indiquera-t-il, non sans s'interroger : «Je n'arrive pas à comprendre pourquoi la direction évoque souvent l'argument de la dèche». Et de renchérir : «Dans le cas de mauvaise performance financière, c'est tout le monde qui est appelé à les assumer, direction et travailleurs.» Pour lui, les propos des responsables de la direction renseignent sur la politique de leur fuite en avant. Le même responsable affirme que les cheminots ne revendiquent pas la lune mais juste un salaire digne comme annoncé dernièrement par le président de la République, mais aussi comme le stipulent clairement les lois en vigueur. Il faut noter, ici, que le salaire de certaines catégories de fonctionnaires de l'entreprise ne dépassant point les 12 000 DA alors que le salaire minimal garanti est fixé à 15 000 DA.
DES POURPARLERS ET PUIS … C'EST TOUT
Des pourparlers avec la direction sont toujours en cours. Mais «jusqu'au jour d'aujourd'hui, aucune avancée n'est à signaler, encore moins une réponse favorable à notre revendication légitime et légale», ajoute Abdelhak Boumansour. Il convient de souligner que les appels à la reprise ordonnée par la justice, mais aussi par la Société nationale des transports ferroviaires (Sntf), n'ont pas eu l'écho auprès des grévistes. Pour ceux-ci, il n'y aura pas de reprise d'activité tant que la direction prône toujours la sourde oreille. Le président de la FNC, organisation affiliée à l'Ugta, Djamel Bechikhi, a, de son côté, appelé, mercredi dernier, à la reprise du travail. Peine perdue, les cheminots ne comptent pas, du moins pour hier, faire marche arrière. Ils ont décidé de poursuivre leur mouvement, contre vents et marrées. Une attitude qui rend compte de leur détermination à aller jusqu'au bout de leur action. « Seule la satisfaction de notre revendication salariale pourrait mettre fin à notre mouvement», dira le porte parole de la cellule de crise. Notons, enfin, la solidarité du patron de l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta) affichée avec le mouvement de protestation des cheminots qualifiant leur grève de légitime.
Amokrane Hamiche (le Courrier d'Alger le 14 mai au soir)
14 mai 2010...
Les cheminots algériens sommés de reprendre le travail après 4 jours de grève.....ils refusent et résistent !
Le mot d'ordre de grève lancé par les sections syndicales dissidentes
de la fédération des cheminots (UGTA) a paralysé plus de 50% du réseau national,
et au cinquième jour de ce mouvement, il n'y a pas de solution en vue.
La direction des chemins de fer algériens a saisi le tribunal administratif
qui a ordonné la reprise du travail et déclaré « illégale la grève des cheminots ».
Ce mouvement a été déclenché en dehors du syndicat officiel UGTA,
auquel est affilié le syndicat de l'entreprise.
Du coup, le secrétaire général de l'UGTA (Union générale des travailleurs algériens),
Madjid Sidi Said, a estimé que « c'est une grève logique et légitime »,
tout en appelant à « l'ouverture d'un dialogue ».
Entre cet appel solennel et l'injonction judiciaire,
les cheminots mécontents (environ la moitié des 20 000 salariés)
ont choisi de poursuivre la grève.
Ils exigent une augmentation, d'au moins 20% de leur salaire, avec effet rétroactif à janvier.
S'il n'y a pas d'opposition de principe à une hausse salariale,
la direction de l'entreprise souligne toutefois,
que l'entreprise n'a pas les moyens de payer des rappels.
Ce blocage se traduit par une paralysie d'environ 50% du trafic,
laquelle se répercute négativement sur le transport des voyageurs et du fret.
La grève entre dans son cinquième jour, et il n'est pas exclu que les cheminots soient réquisitionnés
pour empêcher une paralysie totale du réseau ferroviaire.
La gare d'Alger de nuit.
La grève illimitée est encore maintenue, en dépit de la décision de justice ordonnant l'arrêt de ce mouvement et la reprise immédiate du travail. Ils font même la sourde oreille aux tentatives de Sidi Saïd de calmer la situation en les appelant « à observer une halte et aller vers les négociations ». Les négociations ont eu lieu « mais sans aucun résultat ni avancée », selon Djamel Becheikhi, chargé de l'information au niveau de la Fédération nationale des cheminots, qui a affirmé hier à El Watan Week-end que « le directeur général de la SNTF a reçu dans la journée d'hier les représentants syndicaux des cheminots à deux reprises ».
Les négociations n'ont finalement pas porté sur la revendication principale des cheminots exigeant l'augmentation du salaire de base. La Société nationale de transport ferroviaire propose un débat sur les indemnités, ce qui n'intéresse pas les grévistes. « Nous ne savons toujours pas quand est-ce que cela se débloque. Nous sommes encore dans l'attente de résultats palpables. Il est inadmissible que les employés reprennent leur travail sans garantie ni résultats. », a-t-il déclaré, ajoutant : « La SNTF dit ne pas être en mesure d'injecter un budget dépassant un milliard de dinars pour répondre à notre exigence. Nous attendons des vraies négociations. » Sans l'intervention des pouvoirs publics, la situation risque d'aller vers un pourrissement dans la mesure où la SNTF, affirme toujours le syndicaliste, « veut obliger les grévistes à reprendre le travail de force ou d'assurer le service minimum ». « La fédération souhaite réellement que la situation soit débloquée le plus vite », explique encore le syndicaliste.
Les cheminots ayant entamé ce mouvement sans préavis exigent l'application de l'article 52 de la convention collective de branches stipulant que le salaire de base ne peut en aucun cas être inférieur au SNMG. La grille des salaires de cette corporation est restée inchangée et le niveau A1 demeure coté à 12 480 DA. n
Par Nassima Oulebsir (Le Quotidien d'Algérie 14.05.2010)
La Tribune d'Algérie ; Quotidien national d'Information (13.05.2010)
Conditions de travail, maladies, séquelles du terrorisme, mépris de la tutelle…
Les cheminots à cœur ouvert