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Timestamp: 2018-01-21 14:10:25+00:00
Document Index: 85968364

Matched Legal Cases: ["l'article 72", 'art. 35', 'art. 35', 'art. 378', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'art. 50', 'art. 35', 'art. 378', 'art. 62', "l'article 226", 'art. 44', 'art.434', "l'article 1975", 'art. 56', "l'article 64", 'art. 40', "l'article 226", 'art.79', "l'article 226", 'art.47', "l'article 2", "l'article 2", 'art. 7', 'art. 226', "l'article 434", "l'article 223", 'art. 226', "l'article 1975", 'art.63']

secret medical - Conseil départemental de Lot et Garonne de l
Le secret professionnel, institué dans l'intérêt des patients, s'impose à tout médecin
dans les conditions établies par la loi.
Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession, c'est-à-dire
non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris.
. En effet, « il n’y a pas de soins sans confidences, de confidences sans confiance, de confiance sans secret ».
D'intérêt privé : le médecin doit garantir le secret à la personne qui se confie à lui ; elle doit être assurée de ne
pas être trahie. Sa confiance doit être sans faille, si elle a à donner une information intime utile au médecin et
aux soins. Respecter le secret est un comportement imposé par la nature des informations dont la divulgation à
des tiers pourrait porter atteinte à la réputation, à la considération ou à l'intimité de la personne qui s'est confiée
au médecin ; le droit au respect de l'intimité est inscrit dans la déclaration universelle des Droits de l'Homme.
D'intérêt public : l'intérêt général veut que chacun puisse être convenablement soigné et, ait la garantie de
pouvoir se confier à un médecin, même s'il est dans une situation sociale irrégulière/marginale, pour bénéficier
de ses soins, sans craindre d'être trahi ou dénoncé.
Le code de déontologie formule la règle du secret médical, dès son article 4 pour en montrer l'importance. Il le fait
de façon beaucoup plus explicite que le code pénal et sur le seul terrain de l'exercice de la médecine. L'article 4
en pose le principe et en définit la substance. Ses conséquences sont développées à l'article 72 en ce qui
concerne le personnel, aux articles 73 et 104 en ce qui concerne les documents médicaux.
Le secret n’est pas opposable au patient. Au contraire, le médecin lui doit toute l’information nécessaire sur son
état, les actes et soins proposés ou dispensés (art. 35). Si le médecin est amené à retenir une information vis-àvis du patient, usant ainsi de la faculté que lui ouvre l’art. 35, c’est pour le protéger d’une révélation traumatisante
et non au nom du secret médical.
Le code pénal de 1810 (art. 378) apporte pour la première fois une consécration légale au secret en citant au
premier rang des personnes qui y sont astreintes les médecins et les professionnels de santé. L’obligation au
secret figure aujourd’hui dans le nouveau code pénal (loi du 22 juillet 1992 en vigueur depuis le 1er mars 1994)
sous les articles 226-13 et 226-14.
Les codes de déontologie médicale successifs viendront en préciser la définition avant que n’intervienne l’article
L.1110-4 du code de la santé publique, introduit par la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002.
« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre
organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des information
Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des
informations concernant la personne venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du
personnel de ces établissements ou organismes ou toute autre personne en relation de par ses activités avec ces
établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé ainsi qu’à tout les professionnels
intervenant dans le système de santé.
Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent toutefois sauf opposition de la personne dûment avertie,
échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins
ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une
équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le
malade à l’ensemble de l’équipe.
Afin de garantir la confidentialité des informations médicales mentionnées dans les alinéas précédents, leur
conservation sur support informatique, comme leur transmission par voie électronique entre professionnels sont
soumises à des règles définies par décret en Conseil d’Etat pris après avis public et motivé de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés. Ce décret détermine les cas où l’utilisation de la carte professionnelle
de santé mentionnée au dernier alinéa de l’article L.161-33 du code de sécurité sociale est obligatoire .
Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en violation du présent article est
puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.
En cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical ne s’oppose pas à ce que la famille, les proches de
la personne malade ou la personne de confiance définie à l’article L.1111-6 reçoivent les informations
nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celles-ci sauf opposition de sa part.
Le secret ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses
ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la
mort, de défendre la mémoire du défunt, ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la
personne avant son décès. »
Notons que cet article (al. 3) précise la notion de secret partagé et en fixe les limites. Il punit par ailleurs (al.5)
d’amende et d’emprisonnement, non seulement celui qui trahit le secret mais aussi celui qui obtient ou tente
d’obtenir des renseignements en violation de la règle;
D’autre part, si les ayants droit se voient reconnaître sous certaines conditions l’accès aux éléménts du dossier
d’une personne décédée (al. 7) ce n’est que dans la limite de ce qui leur est nécessaire pour connaître les causes
de la mort, défendre la mémoire du défunt, faire valoir des droits, et sous réserve que le patient n’y ait pas fait
opposition de son vivant (CE).
«La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire, soit par état, ou par
profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de
15 000 euros d'amende. »
«L'article 226-13 n'est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret. En outre, il
n'est pas applicable :
1°) A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices, y
compris lorsqu'il s'agit d'atteintes ou mutilations sexuelles dont il a eu connaissance et qui ont été infligés à un
mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité
2°) Au médecin, qui, avec l'accord de la victime, porte à la connaissance du procureur de la République des
sévices ou privations qu'il a constatés sur le plan physique ou psychique dans l'exercice de sa profession et qui
lui permettent de présumer que des violences physiques sexuelles ou psychiques de toute nature ont été
Lorsque la victime est un mineur ou une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge
ou de son incapacité physique ou psychique, son accord n’est pas nécessaire.
3º) Aux professionnels de la santé ou de l'action sociale qui informent le préfet et, à Paris, le préfet de police du
caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles
détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur intention d'en acquérir une.
Le signalement aux autorités compétentes effectuées dans les conditions prévues au présent article ne peut faire
l’objet d’aucune sanction disciplinaire.
Le code pénal ne fait plus référence aux médecins. Il traite du secret professionnel et non plus de façon
spécifique du secret médical. Il ne s'agit plus du secret «confié» mais du secret dont le professionnel est
Il ne s’ensuit pas que cette rédaction modifie les contours ou la substance du secret médical. Il annonce, sans les
énumérer, des dérogations de deux ordres : les divulgations imposées et les divulgations autorisées.
Le code de la sécurité sociale rappelle lui aussi que le secret professionnel est au nombre des grands principes
de la médecine en France. L'article L.162-2 (loi du 3 juillet 1971) est ainsi libellé :
« Dans l'intérêt des assurés sociaux et de la santé publique, le respect de la liberté d'exercice et de
l'indépendance professionnelle et morale des médecins est assuré conformément aux principes déontologiques
fondamentaux que sont le libre choix, la liberté de prescription, le secret professionnel, le paiement direct, la
liberté d'installation... ».
Et l’article L.315, V « Les praticiens conseils du service du contrôle médical et les personnes placées sous leur
autorité n’ont accès aux données de santé à caractère personnel que si elles sont strictement nécessaires à
l’exercice de leur mission, dans le respect du secret médical. »
On peut rapprocher des devoirs des praticiens conseils des caisses de sécurité sociale les règles qui s’appliquent
aux médecins inspecteurs des affaires sociales (art. L.1112-1 et L.1421-3 du code de la santé publique) et
experts de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (art. L.1414-4 du code de la santé publique
La jurisprudence tant judiciaire qu'administrative, renchérit encore sur ces dispositions en proclamant que le
secret médical revêt un caractère général et absolu. La Cour de Cassation l'a affirmé la première, dès le XIX°
siècle (1885 - arrêt Watelet) et surtout dans un arrêt de la chambre criminelle du 8 mai 1947 (Degraene) :
«L'obligation du secret professionnel s'impose aux médecins comme un devoir de leur état. Elle est générale et
absolue et il n'appartient à personne de les en affranchir».
Cette portée générale et absolue du secret médical est reconnue également, avec toutefois quelques nuances,
dans les arrêts de la chambre civile de la Cour de Cassation, dans ceux du Conseil d'Etat (arrêt d'assemblée du
12 avril 1957 - Deve) et même dans les avis de la Section sociale du Conseil d'Etat (6 février 1951 - 2 juin 1953).
De ce caractère général et absolu du secret médical, les jurisprudences de ces deux cours souveraines tirent des
conséquences importantes. Ainsi, il a été admis que :
- le secret s'impose à l'égard de personnes elles-mêmes tenues au secret professionnel (agents des services
fiscaux) ;
- le secret couvre non seulement l'état de santé du patient mais également son nom : le médecin ne peut faire
connaître à des tiers le nom des personnes qui ont (eu) recours à ses services.
Il ne peut donc être dérogé au secret médical que par la loi. Cela explique l'annulation par le Conseil d'Etat de
plusieurs décrets ou circulaires organisant des procédures portant atteinte au secret médical. Mais ces
dérogations législatives peuvent ne pas être toujours formelles ou explicites. Une atteinte au secret médical peut
être jugée légale si elle est la conséquence nécessaire d'une disposition législative (CE 8 février 1989 - Conseil
national de l'Ordre des médecins).
Elles sont justifiées par la nécessité d'établir une communication maîtrisée d'informations médicales. Seule une
loi peut les instituer.
- de signaler les alcooliques dangereux pour autrui (pour les médecins des dispensaires, des organismes
d'hygiène sociale, des hôpitaux, des établissements psychiatriques) ;
- d'établir, pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, des certificats détaillés décrivant les
lésions et leurs conséquences ;
- de fournir à leur demande aux administrations concernées des renseignements concernant les dossiers des
pensions militaires et civiles.
- de communiquer à l’Institut de veille sanitaire les informations nécessaires pour prévenir et maîtriser les risques
- à signaler aux autorités compétentes et à témoigner en justice à propos de sévices ou mauvais traitements
infligés aux mineurs ou à des personnes qui ne sont pas en mesure de se protéger ;
- à signaler au procureur de la République (avec l'accord de victimes adultes) des sévices constatés dans son
exercice et qui permettent de présumer de violences sexuelles.
- à communiquer, lorsqu'il exerce dans un établissement de santé public ou privé, au médecin responsable de
l'information médicale, les données médicales nominatives nécessaires à l'évaluation de l'activité.
- à transmettre les données nominatives qu'il détient dans le cadre d'un traitement automatisé de données
- à informer les autorités administratives du caractère dangereux des patients connus pour détenir une arme ou
qui ont manifesté l’intention d’en acquérir une.
Ces dérogations légales prescrivent ou autorisent seulement une certaine révélation (maladie contagieuse
désignée par un numéro, symptômes d'un état mental dangereux, etc.) et pas n'importe quelle indiscrétion, à
n'importe qui, de n'importe quelle manière. Il faut s'en tenir à une information «nécessaire, pertinente et non
excessive». L'obligation du secret demeure pour tout ce qui n'est pas expressément visé par le texte.
D. NATURE DU SECRET MEDICAL
Le secret couvre tout ce qui est parvenu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession (cf. art.
L.1110-4 du code de la santé publique, définition du secret médical).
Le texte du code pénal parle d'une «information à caractère secret» ce qui pourrait faire penser que le médecin
n'a de secret à garder que lorsqu'il a reçu d'intimes confidences.
Cependant, dans l'exercice de sa profession, le médecin peut accéder indirectement à beaucoup d'autres
informations de caractère privé, sur le patient ou ses proches, qui doivent aussi rester secrètes : lorsqu'il est
admis dans l'intérieur des foyers, au cours d'une enquête anamnestique, etc.
Il n'y a pas de limite précise entre la confidence et le renseignement «anodin». Les commentateurs du code pénal
et de nombreux arrêts de jurisprudence ont interprété la loi en affirmant que le médecin ne devait rien révéler à
quiconque de ce qu'il a appris à l'occasion des soins donnés. C'est ainsi d'ailleurs que le public voit le secret (du
moins tant qu'il n'a pas besoin d'un certificat pour obtenir un avantage) : toute personne doit avoir la certitude
absolue qu'elle peut se fier à un médecin.
L'adjonction «institué dans l'intérêt des patients», voulue par le Conseil d'Etat, est importante. Elle coïncide avec
une évolution de la jurisprudence et l'assouplissement dans certains cas de la doctrine traditionnelle du «secret
Le secret médical a été institué dans l'intérêt des patients, mais ce n'est pas sa seule raison d'être puisque, nous
l'avons vu, il a un intérêt public. Il compte autant par sa virtualité que par son existence, il est fait pour les
malades présents comme pour les malades futurs ou potentiels.
Rien n'autorise le médecin à livrer des renseignements hors des dérogations légales. Même entre médecins, la
discrétion est de règle. La notion de «secret partagé» reste limitée aux membres de l'équipe soignante - qui
doivent partager certaines informations pour assurer des soins corrects - dans l'intérêt du patient(expressément
mentionné par l’art L.1110-4, al 3 du code de la santé publique qui définit la notion de secret partagé) ainsi qu'aux
médecins des régimes obligatoires de protection sociale (art. 50).
Il ne s'agit pas là d'un réflexe corporatiste. La rigueur des dispositions actuellement en vigueur et le caractère
impératif des règles déontologiques sont destinés à protéger le malade, non le médecin. Le respect du secret
médical est un devoir du médecin et non un droit.
Faire tomber en désuétude cette conduite séculaire du médecin serait mépriser l'un des droits fondamentaux de
l'homme : tous les patients doivent être assurés que leur confiance ne sera pas trahie lorsqu'ils livrent à leur
médecin une information les concernant ou mettant en cause des tiers.
L'infection due au VIH a provoqué une controverse quant au caractère intangible de la notion du secret
professionnel. Cette controverse est fondée sur le constat du conflit entre le droit des personnes infectées à la
confidentialité et le droit de leurs partenaires d'être avertis du danger qui les menace directement.
Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Bulletin de l'Ordre, décembre 1992) et la Commission de réflexion
sur le secret professionnel (1994) ont formulé les recommandations suivantes :
- dès lors qu'elle est faite à un proche ou à un tiers par la personne séropositive, mise en face de ses
responsabilités, la révélation ne pose pas de problème juridique en matière de secret ;
- lors de cette révélation au partenaire, par celui qui est séropositif, le médecin peut, selon la déontologie
traditionnelle, assister à l'entretien à la demande des intéressés et leur donner les éclaircissements et conseils
utiles en la circonstance ;
- la loi n'autorise pas le médecin à révéler au partenaire du patient séropositif le danger que lui fait courir le
comportement de ce dernier si celui-ci s'oppose obstinément à toute révélation ; il lui faudrait d'ailleurs une
certaine naïveté pour prétendre connaître le ou les partenaires exposés.
Une nouvelle dérogation pourrait-elle être envisagée ? En 1991, lors du 3ème Congrès international d'Ethique
médicale de l'Ordre des médecins, dans son exposé sur «Secret médical et sida», le Docteur Brunet, directeur du
Centre coordonnateur de l'OMS sur le sida en Europe, donnait une position très ferme sur ce sujet :
«L'affection chronique provoquée par le virus du sida, est une maladie longue ; elle nécessite une prise en charge
elle-même très longue, et très intense aussi bien sur le plan somatique que sur le plan psychologique. Le coût de
la perte de confiance est à l'évidence énorme, puisqu'elle peut remettre en cause la possibilité du suivi. Le
bénéfice qu'on pourrait en attendre n'est pas garanti. La révélation à l'autre n'est pas, en elle-même, un moyen de
prévention. Au cas où la trahison du malade par le médecin entraînerait des problèmes importants dans le
couple, elle ne garantit pas non plus contre la constitution d'un autre couple dont le nouveau partenaire serait
alors inconnu. La confiance est le premier objectif qu'il nous appartient de préserver dans le suivi des patients
infectés par ce virus.»
«Aucune dérogation, implicite ou même explicite, n'autorise le médecin à rompre le silence qui s'impose à lui et
les conditions d'application de la notion de non-assistance à personne en danger ne sont pas réunies. Il revient
alors au praticien, après avoir tout fait pour convaincre le patient et son entourage, du danger que fait courir son
état de santé, et, si possible, après avoir pris l'avis de confrères compétents, d'évaluer la situation et de prendre,
en conscience, sa décision et d'assumer les conséquences d'une liberté qu'il revendique ; les juges apprécieront
en fonction de ces cas d'espèces... Les dangers sont certains. Mais les conséquences de la révélation doivent
être aussi lucidement mesurées. En présence de ce dilemme, et même avec l'aval de confrères expérimentés,
c'est d'abord sa responsabilité personnelle, tant morale que juridique, qu'engage le médecin en prévenant luimême le partenaire de son patient.»
Le secret s’impose vis à vis de la famille et de l’entourage, mais en cas de diagnostic ou de pronostic grave il ne
« s’oppose pas à ce que la famille, les proches, ou la personne de confiance définie à l’article L.1111-6 reçoivent
les informations nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celle-ci sauf opposition de
sa part » (art. 35)
De même après le décès : « Le secret ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne
décédée soient délivrées à ses ayants droit, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de
connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt, ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté
contraire exprimée par la personne avant son décès. » (art. L.1110-4, al. 6 et 7 du code de la santé publique).
Seules les informations « nécessaires » peuvent être révélées dans l’un et l’autre cas (CE 26 septembre 2005,
Conseil national de l’Ordre des médecins : req n°270234) . D’autre part, si les ayants droit ont accès au dossier
d’une personne décédée il faut que la demande soit motivée et que ce droit s’exerce dans une des trois intentions
citées : connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir des droits. Le malade de
son vivant peut avoir fait opposition à cet accès. Sa volonté est respectée.
Les mineurs viennent souvent se confier aux médecins et, comme les adultes, ils ont droit au respect et à la
discrétion. Il est important, surtout à l’adolescence, qu’un mineur puisse trouver en son médecin un confident qui
n’ira pas révéler à ses parents les secrets qui lui sont confiés. Mais lorsque l’intérêt de l’enfant l’exige, ou qu’une
décision importante est à prendre, le médecin doit tout faire pour le persuader de tenir ses parents au courrant,
en sachant garder le secret sur ce qu’il n’est pas nécessaire de révéler.
Cependant, en dérogation au principe très général de l’autorité parentale, le médecin est tenu au secret
professionnel vis à vis des parents d’un mineur qui en fait la demande dans les conditions de l’article L 1111-5 du
« Toutefois le médecin doit dans un premier temps s’efforcer d’obtenir le consentement du mineur à cette
consultation. Dans le cas où le mineur maintient son opposition le médecin peut mettre en œuvre le traitement ou
l’intervention. Dans ce cas, le mineur se fait accompagner d’une personne majeure de son choix. »
Ce que le médecin a pu connaître à l'occasion des soins donnés ne peut lui être demandé en témoignage devant
la justice. Interrogé ou cité comme témoin de faits connus de lui dans l'exercice de sa profession, il doit se
présenter, prêter serment et refuser de témoigner en invoquant le secret professionnel.
L'article 62 de l'ancien code pénal fondait l'obligation de dénoncer toute personne que l'on savait coupable d'un
crime, si celui-ci n'avait pas encore produit tous ses effets ou si le coupable était sur le point d'en commettre
d'autres. Il existait un antagonisme entre deux articles du code pénal (art. 378 sur le secret et art. 62).
L'entrée en vigueur du nouveau code pénal lève toute ambiguïté. L'article 434-1 reprend les dispositions
générales de l'ancien article 62 mais excepte de ses prescriptions «les personnes astreintes au secret dans les
conditions prévues par l'article 226-13 », par conséquent les médecins.
De façon générale, confronté à des demandes - de renseignements ou de communication de documents
médicaux - émanant de la justice ou de la police, le médecin s'estime médiocrement armé : il connaît mal les
différentes obligations régissant le secret médical. Celles-ci sont trop souvent mal respectées, par ignorance.
Dans l'état actuel des textes, la règle du secret doit être opposée aux demandes irrégulières de renseignements
médicaux. Seule la saisie judiciaire du dossier, suivant les règles procédurales, doit permettre au magistrat de
disposer des renseignements nécessaires à la justice.
En revanche, le médecin peut signaler et témoigner dans des affaires de sévices à enfants (maltraitances,
incestes, viols, attentats à la pudeur, etc.)
(5). Il doit cependant faire preuve de prudence et de circonspection, car il ne dispose pas toujours de certitudes,
mais seulement de présomptions, et son action pourrait porter préjudice aux victimes. L'hospitalisation peut
permettre d'organiser la protection de l'enfant et d'alerter les services sociaux (art. 44).
De même, un médecin qui soupçonne que le patient, personne âgée et dépendante, est victime de sévices et ne
peut se défendre ou exprimer sa volonté, se demande s'il peut dénoncer. Encore une fois, si le médecin n'a que
des doutes et s'il pense pouvoir aider le malade en le soustrayant à son environnement familial, l'hospitalisation
offre la meilleure solution.
Enfin, bien qu'il n'y soit pas tenu, un médecin peut estimer devoir témoigner en justice si son témoignage peut
empêcher de condamner un innocent ( art.434 -11 du code pénal). Par ailleurs sa profession ne lui interdit pas de
témoigner à titre de simple citoyen, indépendamment de tout élément recueilli au cours de son exercice
En principe, aucun certificat concernant un patient ne peut être remis à un tiers : le médecin ne peut satisfaire aux
demandes de renseignements ou de certificats qui lui sont adressées par un juge, par un avocat ou par la police.
Dans certains cas, un prévenu ou son avocat peuvent vouloir obtenir, afin de les produire devant un tribunal, une
attestation prouvant par exemple un traitement pour troubles psychiatriques ou pour maladie susceptible
d'entraîner des séquelles pouvant atténuer sa responsabilité ; le médecin pourra, s'il l'estime utile, attester que
l'intéressé a été effectivement soigné par lui, mais il ne devra donner aucun détail. Il appartient au juge, s'il en voit
la nécessité lorsque le prévenu évoque un état pathologique, de le soumettre à l'examen médical d'un expert.
Par contre, lorsqu'un médecin est sollicité pour délivrer un certificat dans le cas de coups et blessures, il doit
décrire objectivement ce qu'il a constaté et dresser un bilan complet et descriptif des lésions observées. Il doit se
garder de tout commentaire, notamment de faire allusion à des faits ou à des circonstances dont il n'a pas été
Lors des procès concernant les rentes viagères, la jurisprudence admet que le médecin puisse indiquer sur un
certificat la date du début de la dernière maladie de la personne qui reçoit la rente, sans donner d'autre détail. En
effet, d'après l'article 1975 du code civil, un contrat de rente viagère est nul lorsque cette personne meurt dans
les vingt jours suivant la date de signature du contrat, de la maladie dont elle était déjà atteinte (Cour de
Cassation du 12 février 1963).
Dans le cas de donations ou testaments, certains tribunaux ont accepté que le médecin traitant puisse donner un
avis sur l'intégrité mentale du testateur ou du donateur, au moment de la signature de l'acte. Cependant, la Cour
d'Appel de Dijon a estimé, le 31 mars 1988, que «Viole le secret professionnel le médecin qui, à l'occasion d'une
contestation d'héritage et à la demande d'un notaire, délivre deux certificats par lesquels il atteste avoir soigné le
testateur pour une affection de longue durée, et que ce dernier, jusqu'au jour de son décès, était en pleine
possession de ses facultés intellectuelles et totalement lucide quant à l'appréciation des actes qu'il effectuait».
L' article L.4163-7 du code de la santé publique et les articles 60 et 77-1 du code de procédure
pénaleimposent aux médecins de déférer aux réquisitions de l'autorité publique pour pratiquer une prise de sang
ou un examen médical.
Le médecin requis doit, comme l'expert, rendre compte de ses constatations. S'il est le médecin traitant de
la personne à examiner, il doit se récuser.
Le code de procédure pénale prévoit que «le juge d'instruction procède conformément à la loi, à tous les
actes d'information qu'il juge utiles à la manifestation de la vérité». Il peut procéder à la saisie d'objets ou de
documents relatifs aux faits incriminés et «doit provoquer toutes mesures utiles pour que soit assuré le respect du
secret professionnel et des droits de la défense».
Conformément à l’art. 56–3 «les perquisitions dans le cabinet d'un médecin... sont effectuées par un
magistrat et en présence de la personne responsable de l'Ordre... ou son représentant».
La saisie judiciaire d'un dossier médical ne peut donc être faite que par le juge d'instruction (ou le
procureur de la République), lequel a toutefois la possibilité de mandater à cet effet un officier de police judiciaire.
Lorsqu'un médecin est poursuivi en justice par un malade ou sa famille, dans une action en responsabilité,
il peut porter à la connaissance du juge certains faits médicaux ou certains documents utiles à la manifestation de
la vérité et à sa défense.
Le juge peut diligenter une enquête en désignant un médecin expert. Le médecin concerné peut répondre
aux questions de l'expert, dans le cadre limité du litige.
L'application des lois sociales a apporté de nouvelles limites au secret médical. Le fonctionnement du
système de remboursement des dépenses médicales aux assurés est à l'origine de cette situation puisque les
feuilles de maladie sont nominatives et portent les indications des actes effectués, notamment le code
correspondant à l'acte et à la pathologie
Les feuilles de maladie sont transmises aux organismes de sécurité sociale accompagnées des
Les déclarations d'accidents et de maladies professionnelles font l'objet de certificats nominatifs et
descriptifs transmis aux caisses d'assurance maladie, par le médecin traitant pour les premiers, par
l’intermédiaire du patient pour les deuxièmes.
La jurisprudence, tant du Conseil d'Etat que de la Cour de Cassation a admis ces opérations par rapport
au secret professionnel (Conseil d'Etat, 12 avril 1957 Deve).
Est également reconnu, au nom du principe du «secret partagé», dans le cadre d'une consultation médicosociale, l'échange de renseignements entre le médecin traitant et le médecin-conseil, lui-même tenu au secret
Le médecin traitant fournit certaines indications sur la pathologie de l'assuré social concerné et le médecinconseil apporte sa compétence médico-sociale (possibilité de prestations spéciales, rééducation fonctionnelle,
entente préalable...).
- les renseignements doivent être communiqués, non au service de contrôle, mais à un médecin-conseil
nommément désigné, sous pli confidentiel ;
- le médecin-traitant ne confie que les données indispensables au médecin-conseil pour que celui-ci puisse
prendre sa décision (art. L.315-1, V du code de la sécurité sociale) ;
Le traitement des situations individuelles soumises à ces commissions nécessite des informations médicales
communiquées tant par l'intéressé que par son médecin traitant.
Le respect des droits de la personne au respect de son intimité et du secret professionnel n'est pas toujours bien
respecté à cette occasion.
Il convient de rappeler les règles qui permettent un équilibre entre les droits de la personne et le besoin
d'information de la commission qui doit prendre une décision motivée.
On prendra pour exemple l'instruction du dossier déposé devant la Maison Départementale des Personnes
La demande de la personne handicapée doit être accompagnée d'informations médicales, communiquées à l'aide
d'un certificat médical type, évaluées par une équipe technique pluridisciplinaire (médecin, infirmier,
ergothérapeute, psychologue, spécialiste du travail social, de l'accueil scolaire, ...). L'équipe technique propose
un plan personnalisé de compensation « en considération des besoins et des aspirations de la personne
handicapée tels qu'ils sont exprimés dans son projet de vie ».
A cette fin, les renseignements médicaux sont adressés, sous pli confidentiel, cacheté au médecin de l'équipe
technique qui communique les informations pertinentes et nécessaires aux différents membres de l'équipe dans
les limites de leurs attributions respectives et pour l'exercice de leur mission. L'équipe devra veiller à ce que la
synthèse de l'évaluation ne mentionne pas les raisons médicales qui motivent les recommandations concernant
les prestations, les orientations en établissements ou services, les préconisations ou conseils qui peuvent figurer
dans le plan personnalisé de compensation.
Celui-ci est présenté par un des membres de l'équipe à la Commission des Droits et de l'Autonomie des
Personnes Handicapées (CDAPH). Les membres de cette commission sont tenus au secret professionnel, c'està-dire qu'ils n'ont rien à révéler de ce qu'ils ont pu connaître ou apprendre à l'occasion de leur mission.
La personne handicapée est invitée à se présenter devant la Commission. Elle doit être informée qu'elle n'a pas à
y dévoiler sa pathologie, ni à y être incitée.
Il n'y a pas ici de «secret partagé». Le médecin traitant d'un malade ou d'un blessé ne doit donner aucun
renseignement à une compagnie d'assurances. Il doit refuser de répondre à une compagnie d'assurances qui lui
demanderait un diagnostic de maladie ou d'autres indications médicales
De même, la demande par une compagnie d'assurances au médecin traitant de la cause d'un décès, est
Un léger assouplissement de la jurisprudence existe cependant : il est admis que lorsqu'il s'agit de la seule
preuve possible permettant aux ayants droit de faire valoir leurs droits (par exemple, le paiement d'un capital
décès), le médecin traitant peut leur délivrer un certificat médical indiquant, suffisamment, sans qu'il soit besoin
de préciser quelle fut la maladie, que la mort a une cause naturelle et, partant, étrangère aux risques exclus
(Cour d'appel de Paris, 2 février 1962)
La situation est toute différente lorsqu'un sujet se présente chez un médecin en vue d'un examen médical
«de santé» pour une compagnie d'assurances. Le médecin n'est alors pas médecin traitant, n'a pas reçu de
confidences. Le sujet demande un compte rendu de son état et non des soins ; et il admet que les résultats de
l'examen soient révélés au médecin désigné par la compagnie. Le médecin peut accepter une telle mission, en
s'assurant cependant que les renseignements donnés sont destinés au seul médecin de la compagnie, et en
agissant avec prudence dans le cas où il constaterait, lors de l'examen, une affection de pronostic grave.
De même, lorsqu'un médecin (qui ne peut être le médecin traitant) est chargé par une compagnie
d'assurances d'examiner un blessé ou un malade et de rendre compte de son état, il peut le faire, mais comme
un médecin-contrôleur ; il doit prévenir le blessé ou le malade qu'il l'examine pour la compagnie d'assurances ; il
doit envoyer son rapport au médecin de cette compagnie, lui-même tenu au secret, à charge pour ce dernier d'en
assurer la confidentialité, notamment vis-à-vis de l'assureur. Ce rapport doit se limiter à la description objective
des symptômes et éviter toute indiscrétion débordant sa mission. Le médecin de la compagnie d'assurances doit
« traduire « les données médicales en termes techniques qu'il transmettra seuls à l'administration de la
compagnie. Une Cour d'appel a retenu à juste titre que le rapport du médecin d'une compagnie d'assurances,
établi après interrogation du médecin traitant de l'assuré et fondé sur la lettre de ce dernier, procédait d'une
violation du secret médical, le médecin d'assurances ne pouvant révéler à son mandant des renseignements qu'il
aurait reçus du médecin traitant de l'assuré, tenu lui-même au secret médical (Cass. Civ. 1ère - 6 janvier 1998 ;
dans le même sens Cass. Civ. 1ère, 12 janvier 1999).
La loi du 4 mars 2002 donne au malade libre accès à son dossier ; cela ne signifie pas que le médecin traitant
puisse répondre aux demandes de renseignements des médecins d’assurance. Le malade en possession de son
dossier après l’avoir régulièrement réclamé peut en disposer. La jurisprudence nous dira si les renseignements
obtenus dans ces conditions par une compagnie d’assurance tombent sous le coup de l’alinéa 5 de l’art. L.1110-4
du code de la santé publique :« Le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en
violation du présent article est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende »
L'exercice de la profession médicale conduit bien souvent les médecins à passer des contrats qui sont
communiqués à l'Ordre pour vérification de leur contenu déontologique. Parmi les stipulations qui leur sont alors
imposées figure l'obligation de rappeler le principe du secret professionnel et d'en fixer les modalités
C'est une des clauses essentielles qui doit figurer dans les contrats, et l'Ordre veille à ce que les parties
les y introduisent si elles font défaut dans ceux qui lui sont soumis.
La protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données nominatives est assurée par
la loi du 6 janvier 1978 modifiée, relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés
Son article 34 impose que des dispositions soient prises pour assurer la sécurité des traitements et des
informations, ainsi que la garantie des secrets protégés par la loi (dispositions mentionnées dans le dossier de
formalités préalables soumis à la CNIL). Des sanctions pénales sont prévues en cas de non-respect de ces
L’art L.1110-4, al. 4 du code de la santé publique ajoute qu’« Afin de garantir la confidentialité des
informations médicales… leur conservation sur support informatique comme leur transmission par voie
électronique entre professionnels sont soumises à des règles définies par décret en Conseil d’Etat…. »
L’accès du patient à son dossier informatisé doit se faire dans des conditions telles que les données
auxquelles il a droit lui soient accessibles et elles seules.
Les traitements automatisés de données nominatives ayant pour fin la recherche dans le domaine de la
santé ont fait l'objet de la loi du 1er juillet 1994. Elle a créé une nouvelle dérogation légale au secret professionnel
en autorisant les membres des professions de santé à transmettre les données nominatives qu'ils détiennent au
responsable de la recherche désigné à cet effet par la personne physique ou morale autorisée à mettre en oeuvre
Les personnes auprès desquelles sont recueillies des données nominatives ou à propos desquelles de
telles données sont transmises doivent, avant le début du traitement, être individuellement informées de la nature
des informations transmises, de leur destinataire, de la finalité du traitement. Elles ont un droit d'accès et de
rectification. Toute personne peut s'opposer à ce que des données nominatives la concernant fassent l'objet d'un
Les données nominatives doivent être codées avant leur transmission ; toutefois il peut être dérogé à ce
principe pour certaines recherches (études de pharmacovigilance, protocoles de recherche réalisées dans le
cadre d'études coopératives nationales et internationales, particularité de la recherche) sur autorisation motivée
de la CNIL, donnée après avis du comité consultatif pour le traitement de l'information en matière de recherche
La présentation des résultats du traitement de ces données ne peut en aucun cas permettre l'identification
directe ou indirecte des personnes concernées.
La loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 a complété la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978 d'un chapitre
relatif au traitement des données personnelles de santé à des fins d'évaluation ou d'analyse des activités de
soins et de prévention.
L'article 63 prévoit : « Les données issues des systèmes d'information visés à l'article L.6113-7 du code de
la santé publique, celles issues des dossiers médicaux détenus dans le cadre de l'exercice libéral des professions
de santé, ainsi que celles issues des systèmes d'information des caisses d'assurance maladie ne peuvent être
communiquées à des fins statistiques d'évaluation ou d'analyse des pratiques et des activités de soins et de
prévention, que sous la forme de statistiques agrégées ou de données par patient constituées de telle sorte que
les personnes concernées ne puissent être identifiées.
Il ne peut être dérogé aux dispositions de l'alinéa précédent que sur autorisation de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés dans les conditions prévues aux articles 64 à 66. Dans ce cas, les
données utilisées ne comportent ni le nom, ni le prénom des personnes, ni leur numéro d'inscription au répertoire
national d'identification des personnes physiques. «
Conformément à l'article 64, la Commission nationale de l'informatique et des libertés a pour mission
notamment de s'assurer de la nécessité de recourir à des données personnelles et de la pertinence du traitement
au regard de la finalité déclarée d'évaluation ou d'analyse des pratiques ou des activités de soins et de
prévention. Elle vérifie que les données personnelles dont le traitement est envisagé ne comportent ni le nom, ni
le prénom des personnes concernées, ni leur numéro d'inscription au répertoire national d'identification des
personnes physiques. Elle peut interdire la communication des informations par l'organisme qui les détient si le
demandeur n'apporte pas d'éléments suffisants attestant de la nécessité de disposer de certaines données
personnelles parmi l'ensemble de celles dont le traitement est envisagé.
Il est rappelé (art. 40-15) que les personnes qui procèdent à ces traitements sont soumises au secret
professionnel dans les conditions de l'article 226-13 du code pénal et que les résultats des traitements ne
peuvent faire l'objet d'une communication, d'une publication ou d'une diffusion que si l'identification des
personnes sur l'état desquelles les données ont été recueillies est impossible.
L'exercice médical à l'hôpital ne modifie en rien le sens profond attribué au secret professionnel ;
Néanmoins, les missions de service public qu'il faut détailler soulèvent des difficultés particulières qui sont
préoccupantes. Certes, si tout a été prévu en théorie pour le respect du secret et la protection des données
nominatives, on peut regretter de trop nombreuses violations du secret. Elles tiennent à une certaine spécificité
du service public et à son organisation :
- les contrôles opérés par les médecins membres de l'inspection générale des affaires sociales, les
médecins inspecteurs de la santé publique et les médecins conseils des organismes d'assurance maladie (art.
L.1112-1et L.1414-4 du code de la santé publiqueet L.315-1 du code de la sécurité sociale).
- l'intervention importante d'agents administratifs pour le fonctionnement quotidien de l'hôpital
(questionnaire d'admission, bordereau statistique de toutes les activités, etc.).
En pratique tout s'articule pour le médecin autour de deux éléments essentiels : l'information du malade et
la tenue du dossier médical.
Cette énumération amène à se poser un certain nombre d'interrogations inspirées par la pratique
quotidienne. Il suffit de suivre le patient dans son cheminement au cours d'une hospitalisation.
1°) L'admission comporte des demandes concernant le motif de l'hospitalisation et sa nécessaire
orientation vers un service spécialisé dont l'intitulé porte souvent le nom d'une pathologie ou d'un groupe de
2°) L'interrogatoire du patient pratiqué, tant par le personnel hospitalier que médical, peut se dérouler dans
des conditions de confidentialité discutables. Le patient lui-même révèle quelquefois des informations
susceptibles de porter atteinte au secret le concernant.
3°) L'examen clinique et la prise de décision médicale peuvent se dérouler en présence de plusieurs
personnes (élèves de toutes catégories, médecins ou non-médecins en cours de formation) dont l'intérêt est,
certes, de participer à des délibérations et qui sont tenues de respecter le secret de ce qu'elles ont vu et entendu
; mais sont-elles bien formées à cette obligation ?
4°) La circulation du patient dans les différents services d'explorations fonctionnelles nécessite la rédaction
obligatoire d'un document introductif portant généralement la mention du diagnostic et les questions posées lors
de l'investigation. Le personnel a-t-il conscience qu'il détient là des informations protégées par le secret dont il
pourrait faire état, par légèreté ou inconscience, auprès d'un tiers ?
5°) La manipulation des dossiers pour l'enseignement ou la recherche reste en principe anonyme, mais
l'utilisateur peut avoir involontairement connaissance du nom et de l'adresse d'un patient, du diagnostic et des
couverte par le secret. Toutefois les travaux de la commission des systèmes d'information sur les établissements
de santé (CSIES) ont montré qu'il n'était pas possible d'éliminer totalement le risque d'identification du séjour
d'une personne dans le fichier comprenant l'ensemble des séjours d'un établissement, l'identification pouvant
résulter du rapprochement d'informations connues par ailleurs sur la personne avec les données administratives
contenues dans le fichier. La loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 (supra 9c) tend à remédier à cette situation.
7°) Dans les aires de traitement, que sont les blocs opératoires, les centres de traitements spécialisés
(chimiothérapie, radiothérapie, etc.), tout le personnel se trouve en présence des révélations les plus détaillées et
parfois les plus graves.
- une formation devrait être dispensée au personnel. Il n'existe pas de texte particulier dans ce domaine ; il
ne s'agit pas non plus d'une préoccupation majeure des directeurs d'hôpitaux ou des chefs de services ; la
responsabilité du personnel doit devenir un sujet de réflexion ; les doyens sont encouragés à indiquer les règles
de base aux étudiants qui commencent leurs études de médecine ;
- la confidentialité est d'autant plus difficile à respecter que le nombre des soignants intervenant est plus
Si l’article L.1110-4 du code de la santé publique prévoit dans son alinéa 3 des échanges d’information
entre professionnels de santé participant aux soins (sauf opposition de la personne dûment avertie) et si « les
informations la concernant sont réputées confiées à l’ensemble de l’équipe (de soins) » rien autorise le personnel
administratif à partager ce secret. Maîtriser un secret «collectif» est une entreprise délicate qui exige le concours
et la discrétion de tous. Le médecin doit en rappeler les exigences en permanence.
1°) Garanti en France par le code de la santé publique et le code pénal, le secret médical est un droit du
malade (intérêt privé) mais aussi un devoir de tout médecin (intérêt public). En principe, le secret médical est
absolu, opposable à tous les tiers, portant sur tout ce dont le médecin a eu connaissance à l'occasion des soins.
2°) Le secret n'est pas la «propriété du malade». Il n'est pas non plus la «propriété du médecin» et encore
moins celle du corps médical ! Le secret n'appartient à personne, le médecin n'en est que le dépositaire et ne
peut se permettre aucune divulgation en dehors des cas où la loi l'oblige, l'autorise ou le laisse libre de donner
3°) Le principe du secret professionnel est parfois en conflit avec d'autres principes et d'autres intérêts.
L'étendue et le caractère absolu du secret médical sont mis en cause quand il constitue un obstacle à la
manifestation de la vérité dans certaines affaires judiciaires, qu'il rend plus difficile l'application des lois sociales
ou bien entrave la juste évaluation d'un dommage par une compagnie d'assurances.
4°) Certaines difficultés peuvent être résolues par la remise d'un certificat par le médecin à l'intéressé.
Mais le malade n'a pas toujours une parfaite connaissance de ce dont il va autoriser la révélation et il n'est pas
admissible que le malade soit mis en demeure de délier son médecin du secret.
5°) On soutient parfois que c'est l'intérêt du malade qui peut dicter la conduite du médecin. Cependant, il
ne peut s'agir que d'intérêt légitime et le médecin ne doit pas se laisser entraîner dans une complicité de
revendications illégitimes.
6°) Certes, le respect du secret médical ne doit pas être poussé jusqu'à l'absurde. Le médecin ne doit pas
refuser des explications à la famille. Dans certains cas, son silence porterait préjudice au patient.
Le médecin rencontre des cas de conscience car il s'agit là d'un domaine difficile où la diversité des cas
concrets et la variété des situations ne permettent pas toujours de donner une réponse assurée.
Le médecin, après avoir pris conseil, devra tenter de résoudre ces situations en conscience, sachant que
toute transgression engage sa responsabilité.
S'il a une hésitation, il fera prévaloir la conception rigoureuse du secret professionnel car, une fois le secret
révélé, il est trop tard pour revenir en arrière.
Certaines ont un caractère obligatoire, d'autres permettent aux médecins de faire état des informations qu'ils
détiennent sans encourir les sanctions prévues à l' article 226-13 du code pénal.
A - DEROGATIONS OBLIGATOIRES
Le médecin est tenu de déclarer à l'officier d'état civil la naissance d'un enfant à laquelle il a assisté, si
cette déclaration n'est pas faite par le père (absent, décédé ou inconnu).
Lorsqu'un enfant est décédé avant que sa naissance ait été déclarée à l'état civil, l'officier de l'état civil
établit un acte de naissance et un acte de décès sur production d'un certificat médical indiquant que l'enfant est
né vivant et viable et précisant les jour et heure de sa naissance et de son décès (art.79 -1 du code civil).
Ces dispositions sont applicables même si l'enfant n'a vécu que quelques heures et quelle que soit la
durée de la gestation (on retient comme limite basse d'enregistrement des enfants nés vivants, le terme de 22
semaines d'aménorrhée ou un poids de 500 g - circulaire du ministère de la santé n° 50 du 22 juillet 1993 relative
à la déclaration des nouveau-nés décédés à l'état civil).
- lorsque l'enfant, sans vie au moment de la déclaration à l'état civil, est né vivant, mais non viable :
l'officier de l'état civil dressera l'acte sur production d'un certificat médical quelle que soit la durée de la gestation ;
«L'autorisation de fermeture du cercueil ne peut être délivrée qu'au vu d'un certificat, établi par un médecin
attestant le décès.
Ce certificat, rédigé sur un modèle établi par le ministère chargé de la santé précise, de manière
confidentielle la ou les causes du décès à l'autorité sanitaire de la santé dans le département».
Le certificat comporte deux parties, l'une nominative signalant le décès, l'autre anonyme comportant le
diagnostic. En cas de mort violente ou suspecte, le médecin cochera sur l'imprimé du certificat de décès la case
«obstacle médico-légal». Le permis d'inhumer ne pourra être délivré que par l'autorité judiciaire après enquête.
- le certificat de décès néonatal , concernant les enfant nés vivants et décédés avant 28 jours, obligatoire
depuis le 1er avril 1997,
«Font l'objet d'une transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire par les médecins
et les responsables des services et laboratoires d'analyse de biologie médicale publics et privés :
2°) Les maladies dont la surveillance est nécessaire à la conduite et à l'évaluation de la politique de santé
Un décret pris après avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France définit la liste des maladies
correspondant aux 1° et 2°. Les modalités de la transmission des données à l'autorité sanitaire dans les deux
cas, en particulier la manière dont l'anonymat est protégé, sont fixées par décret en Conseil d'État.»
Le décret n° 99-362 du 6 mai 1999 institue deux procédures de transmission à l'autorité sanitaire des
données individuelles concernant les maladies énumérées par les articles D.11-1 et D. 11-2 du décret n° 99-363
du 6 mai 1999 :
- la notification par tout médecin ou biologiste qui a constaté l'existence de ces maladies, faite sous forme
nominative auprès du médecin inspecteur de santé publique ou au médecin désigné par arrêté préfectoral (art.
R.11-2) ;
- le signalement en urgence par tout médecin ou biologiste qui dépiste ou suspecte une de ces maladies,
fait sous forme détaillée et nominative au médecin inspecteur de santé publique ou au médecin désigné par
arrêté préfectoral (art. R.11-3).
Le décret rappelle que toutes les personnes appelées à connaître à quelque titre que ce soit, les données
individuelles ainsi transmises sont astreintes au secret professionnel sous les peines prévues à l'article 226-13 du
Elle est effectuée quand les troubles du patient «rendent impossible son consentement» et que «son état
impose des soins immédiats assortis d'une surveillance constante en milieu hospitalier». Le tiers demandeur peut
être un membre de la famille, un ami, une personne susceptible d'agir dans l'intérêt du patient. Il ne peut s'agir
d'un membre du personnel soignant de l'établissement d'accueil.
Deux certificats circonstanciés, attestant que les conditions prévues sont remplies et valables 15 jours sont
. le premier doit être impérativement rempli par un médecin n'exerçant pas dans l'établissement accueillant
le malade ; il constate l'état mental de la personne, indique les particularités de sa maladie et la nécessité de le
faire soigner sans son consentement ;
. le deuxième, confirmant le premier, peut émaner d'un médecin exerçant dans l'établissement accueillant
Ces médecins ne peuvent être parents ou alliés, ni entre eux, ni des directeurs d'établissements, ni des
personnes ayant fait la demande, ni de la personne hospitalisée.
Les personnes dont «les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des
personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public», attestés par un certificat médical circonstancié,
peuvent être placées dans un établissement hospitalier par arrêté préfectoral.
Le certificat est établi selon les mêmes règles générales que celui exigé pour l'hospitalisation sur demande
d'un tiers mais il doit mentionner que «le malade nécessite des soins en raison de troubles mentaux qui
compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public ». Il ne peut être
rédigé par un médecin exerçant dans l'établissement accueillant le patient.
Tout alcoolique présumé dangereux pour autrui doit être signalé à l'autorité sanitaire (médecin inspecteur
de la santé de la DDASS) par les médecins des dispensaires, des organismes d'hygiène sociale, des hôpitaux,
des établissements psychiatriques.
En outre, lorsqu'une personne est hospitalisée dans un établissement psychiatrique, le médecin est tenu,
s'il constate que le patient a besoin d'être protégé dans les actes de la vie civile, d'en faire la déclaration au
procureur de la République du lieu du traitement. Cette déclaration a pour effet de placer le malade sous
sauvegarde de justice ( art. L.3211-6 du code de la santé publique - ancien art. L.327).
Le praticien qui donne des soins à la victime d'un accident du travail doit établir en double exemplaire un
certificat indiquant l'état de celle-ci ainsi que les conséquences de l'accident ou ses suites éventuelles. Un des
exemplaires est adressé par le médecin à la caisse primaire de sécurité sociale, l'autre remis à la victime. Un
certificat détaillé doit être établi de nouveau au moment de la guérison ou de la consolidation.
Ces certificats doivent contenir «toutes les constatations qui pourraient présenter une importance pour la
détermination de l'origine traumatique ou morbide des lésions».
En vue, tant de la prévention des maladies professionnelles que d'une meilleure connaissance de la
pathologie professionnelle, est obligatoire, pour tout docteur en médecine qui peut en connaître l'existence,
notamment les médecins du travail, la déclaration de tout symptôme d'imprégnation toxique et de toute maladie,
lorsqu'ils ont un caractère professionnel.
Pour les maladies professionnelles indemnisables, il est demandé trois certificats (remis au malade) : l'un
destiné à la caisse de sécurité sociale, l'autre à l'inspecteur du travail, le troisième à l'intéressé.
Art.5 : «Nonobstant les dispositions légales relatives au secret professionnel, les médecins ainsi que les
organismes chargés d'assurer un service public, détenteurs de renseignements médicaux ou de pièces
médicales susceptibles de faciliter l'instruction d'une demande de pension, formulée au titre du code des
pensions militaires d'invalidité, et des victimes de guerre, sont autorisés à communiquer ces renseignements et
ces pièces, ou ampliation de celles-ci, aux postulants à pension eux-mêmes ou aux services administratifs dont
les agents sont eux-mêmes tenus au secret professionnel, chargés de l'instruction de leur demande, lorsque
lesdits services le requièrent.»
Art.L.31 : «La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles
entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciées par une commission de réforme
selon des modalités fixées par un règlement d'administration publique.
Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des
Nonobstant toutes dispositions contraires, et notamment celles relatives au secret professionnel, tous
renseignements médicaux ou pièces médicales dont la production est indispensable pour l'examen des droits
définis par le présent chapitre pourront être communiqués sur leur demande aux services administratifs placés
sous l'autorité des ministres auxquels appartient le pouvoir de décision et dont les agents sont eux-mêmes tenus
au secret professionnel.»
Les termes «pourront être communiqués» doivent s'entendre comme une obligation faite aux médecins de
donner les renseignements demandés (avis du Conseil d'Etat 19 mars 1963). Il en va de même en ce qui
concerne les pensions militaires d'invalidité (supra).
Pour obtenir réparation de leur préjudice, les victimes (ou leurs ayants droit) saisissent le fonds d'indemnisation et
lui communiquent tous les éléments dont elles disposent. Le fonds d'indemnisation examine si les conditions de
l'indemnisation sont réunies ; «il recherche les circonstances de la contamination et procède à toute investigation
et ce, sans que puisse lui être opposé le secret professionnel» (art.47 de la loi n° 91-1406 du 31 décembre 1991
portant diverses dispositions d'ordre social).
- informe son patient des risques qu'il court et lui propose soit de le diriger vers l'une des antennes
médicales mentionnées à l'article 2, soit, en liaison avec celle-ci et en fonction des nécessités, de lui prescrire des
examens, un traitement ou un suivi médical ;
- transmet obligatoirement au médecin responsable de l'antenne médicale mentionnée à l'article 2 les
constatations qu'il a faites et informe son patient de cette obligation de transmission. Cette transmission est
couverte par le secret médical» (art. 7 de la loi n° 99-223 du 23 mars 1999 relative à la protection de la santé des
sportifs et à la lutte contre le dopage).
A la demande de l’Institut de veille sanitaire, toute personne physique et morale est tenue de lui
communiquer toute information en sa possession, relative à de tels risques.
Lorsque ces informations sont couvertes par le secret médical (décret n° 2003-701 du 28 juillet 2003), elles
sont adressées à un médecin désigné pour les recevoir, sous double enveloppe, celle placée à l’intérieur devant
porter la mention « secret médical ».
Elles sont télétransmises, sous forme chiffrée, après apposition de sa signature électronique par le
médecin destinataire de la demande.
- Mauvais traitements infligés à des mineurs ou à une personne incapable de se protéger (art. 226-14, 2° du code
Cet article autorise les médecins qui en ont connaissance à dénoncer les sévices et privations. Le
rapprochement de ces dispositions avec celles de l'article 434-3 réprimant la non-dénonciation de crime et qui
exclut expressément leur application aux personnes tenues au secret professionnel montre clairement qu'il ne
s'agit pas d'une obligation de dénonciation pour le médecin.
Ce n’est pas l’objection du secret professionnel qui peut retenir le médecin. Mais la difficulté d’appréciation
de la situation peut le conduire au moins temporairement, à préférer d’autres mesures (hospitalisation par
exemple) que le signalement.
Il convient de rappeler, et qu'en cas de mauvais traitements un médecin ne saurait rester passif sans
encourir les peines prévues à l'article 223-6 du code pénal réprimant la non-assistance à personne en péril sont
Le médecin n’encourt aucune poursuite disciplinaire du fait d’un signalement adressé aux autorités
compétentes et dans les conditions fixées à l’article 226-14.
Cette déclaration ne peut être faite auprès du procureur de la République qu'avec l'accord de la victime, en
règle générale majeure.
Le certificat descriptif, avec mention éventuelle de l'état psychologique et psychique, doit être remis à la
victime. Il sera opportun de la diriger vers un confrère gynécologue ou un service compétent en gynécologie.
- Dangerosité pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes connues du médecin pour être détentrices d’une
arme à feu ou ayant manifesté leur intention d’en acquérir une (art. 226-14, 3° du code pénal).
L' article L.6113-7 du code de la santé publique prévoit que pour procéder à l'analyse de leur activité, les
établissements de santé publics ou privés, mettent en oeuvre des systèmes d'information qui tiennent compte
notamment des pathologies et des modes de prise en charge.
Les praticiens exerçant dans ces établissements transmettent les données médicales nominatives nécessaires à
l'analyse de l'activité au médecin responsable de l'information médicale pour l'établissement, dans des conditions
fixées par décret. Les échanges d'informations entre les établissements de santé, l'Etat et les organismes
d'assurance maladie sont eux-mêmes réglementés.
santé sont régis par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. L'article
55 prévoit :
«Nonobstant les règles relatives au secret professionnel, les membres des professions de santé peuvent
transmettre les données nominatives qu'ils détiennent dans le cadre d'un traitement automatisé de données
autorisé».
En principe les données permettant l'identification des personnes doivent être codées avant leur
Lorsqu’il s’avère nécessaire de prévenir et de maîtriser les risques pour la santé humaine, toute personne
physique et morale est tenue de communiquer à l’Institut de veille sanitaire, à sa demande, les informations en sa
possession relatives à de tels risques (art. L.1413-5 du code de la santé publique).
Lorsqu’il s’agit d’informations couvertes par le secret médical, ces informations ne peuvent être transmises
qu’à un médecin nommément désigné, sous double enveloppe, celle placée à l’intérieur du pli destiné à l’Institut
de veille sanitaire devant porter la mention « secret médical ». (art. R.1413-2-1 à R.1413-2-4 du code de la santé
Les médecins de l’Inspection générale des affaires sociales/IGAS, les médecins inspecteurs de la santé publique
(art. L.1112-1 du code de la santé publique), les médecins conseils des organismes d'assurance maladie (art.
L.315-1-V du code de la sécurité sociale) et les médecins experts de la Haute Autorité de Santé (art. L.1414-4 du
code de la santé publique), n’ont accès aux données de santé à caractère personnel que si elles sont strictement
nécessaires à l’exercice de leur mission, dans le respect du secret médical.
Selon l'article 1975 du code civil, un contrat de rente viagère est nul lorsque la personne qui reçoit la rente
meurt, dans les vingt jours de la date du contrat, de la maladie dont elle était atteinte au moment de la signature.
Les héritiers désirant faire prononcer la nullité d'une rente viagère dans ces conditions s'adressent au
médecin pour apporter la preuve de l'existence d'une affection préexistante. La Cour de Cassation (12 février
1963) a admis que le médecin traitant de la personne défunte peut sans violer le secret professionnel délivrer un
certificat pour dire (sans indiquer la maladie et sans donner de détails) si l'affection qui a entraîné la mort existait
à la date de la signature du contrat.
Lorsque les héritiers contestent le testament qui les a désavantagés, et cherchent à prouver que les
facultés mentales du testateur étaient altérées au moment de la signature de l'acte, ils s'adressent au médecin
traitant. Celui-ci peut apporter son témoignage (Cour de Cassation 26 mai 1964) mais n'y est pas obligé.
Le médecin n'a pas à communiquer à une compagnie d'assurances le moindre renseignement médical
concernant le décès d'un de ses patients. Il peut toutefois dans le certificat remis aux ayants droit, signaler que la
mort est étrangère aux risques exclus par la police d'assurance communiquée.
Le médecin requis ( art. L.4163-7 du code de la santé publique) pour constater un décès, pour examiner
une personne en garde à vue (art.63 -3 du code de procédure pénale)...n'est pas le médecin traitant de
Pour éviter tout malentendu sur le secret médical, il doit prévenir la personne de la qualité en laquelle il
l'examine et de la nature de sa mission.
Le certificat rédigé, après examen, ne doit faire état que des conclusions. Par exemple : « l'état de santé
est compatible (ou non) avec la garde à vue ; il y a lieu (ou non) de poursuivre un traitement médical pendant
celle-ci, de procéder à de nouveaux examens ou à une hospitalisation...»
Comme le médecin requis, l'expert commis par un juge doit prévenir la personne qu'il examine de sa
qualité et de sa mission.
Il rendra compte dans son rapport au juge de ses constatations médicales. Il ne peut révéler à personne
(en dehors de l'autorité qui l'a nommé) ce qu'il a constaté ou a pu apprendre à l'occasion de sa mission.
- incapables majeurs- accident du travail et maladies
- indemnisation de personnes
contaminées par le VIH pat transfusion
- mauvais traitements infligés à un mineur de 15 ans ou à
une personne incapable de se protéger
- internement : hospitalisation sur
demande d'un tiers, hospitalisation
Mon premier est une conjugaison du verbe "avoir"
Modèle courrier CDOM