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Timestamp: 2016-10-27 11:14:40+00:00
Document Index: 31858186

Matched Legal Cases: ['art. 837', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 48', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 42', 'art. 59', 'art. 59', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 105', 'art. 373', 'art. 373', 'ATF ', 'art. 84', 'art. 374', 'ATF ', 'art. 374', 'art. 374', 'art. 8', 'art. 374', 'art. 374', 'art. 105', 'art. 373', 'art. 58', 'art. 365', 'art. 8', 'art. 105', 'art. 59', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 38', 'art. 38', 'art. 38', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'art. 105', 'art. 66']

4A_183/2010 (27.05.2010)
4A_183/2010
X.________ SA, repr�sent�e par Me Robert Wuest,
Me Michel Ducrot,
contrat d'entreprise; prix unitaire,
recours contre le jugement du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour civile II, du 23 f�vrier 2010.
Y.________, propri�taire de deux parcelles au lieu-dit "R.________" � ..., a d�cid� de construire, sur l'une d'elles, un chalet, avec un parking et un acc�s couverts.
Pour ce faire, il s'est associ� les services de l'atelier d'architecture V.________ SA pour la conception du projet, et de l'ing�nieur civil A.________, pour la direction des travaux. B.________ avait pour t�che de surveiller ceux-ci.
Par contrat des 13/19 mai 2004, le ma�tre de l'ouvrage a confi� � X.________ SA les travaux de ma�onnerie pour un montant de 2'051'249 fr.55 net, TVA comprise. Le contrat renvoyait � diverses normes SIA, entre autres � la norme 118. Pour ces travaux en particulier, les parties ont d�cid� d'arr�ter la r�mun�ration de l'entrepreneur selon un syst�me de prix unitaires fermes. Entre autres frais, le co�t de l'installation du chantier a �t� arr�t� en bloc � 100'000 fr.
En cours de chantier, V.________ SA et A.________, qui �taient investis du pouvoir de commander des ouvrages, ont charg� X.________ SA d'ex�cuter des travaux suppl�mentaires sans en arr�ter le prix (travaux en r�gie).
X.________ SA a ?uvr� pour la derni�re fois sur le chantier au d�but du mois de d�cembre 2005.
L'entrepreneur a adress� ses factures, en fonction de l'avancement des travaux, entre le 13 juillet 2004 et le 20 d�cembre 2005. A cette derni�re date, il a pr�sent� un r�capitulatif des factures pr�sentant un solde de 2'080'062 fr. 67, rectifi� � 2'134'100 fr. 64 le 6 juin 2006, en sa faveur.
Le ma�tre de l'ouvrage s'est acquitt� de divers acomptes, mais a contest�, partiellement ou totalement, plusieurs factures. En particulier, il a contest� celle du 24 mai 2005 relative � la ma�onnerie, d'un montant total de 434'490 fr.95, en ce qui concerne le poste compl�ment d'installation de chantier pour un montant de 50'000 fr., hors TVA.
Le 2 mars 2006, X.________ SA a saisi le juge du district de Sierre d'une requ�te tendant � l'annotation provisoire d'une hypoth�que l�gale de l'entrepreneur d'un montant de 2'080'62 fr. 67 sur les deux immeubles du ma�tre de l'ouvrage.
Par d�cision du 2 mars 2006, le juge a admis � titre superprovisoire la requ�te. Le m�me jour, le registre foncier a inscrit l'hypoth�que, conform�ment � la d�cision du juge.
Le 28 mars 2006, le juge a confirm� l'annotation de l'inscription provisoire de l'hypoth�que l�gale jusqu'� l'entr�e en force du jugement au fond et fix� un d�lai de trois mois � X.________ SA pour ouvrir action sur le fond.
Le 20 juin 2006, X.________ SA a ouvert action devant le juge du district de Sierre � l'encontre de Y.________. Lors du d�bat final, l'entrepreneur a conclu � ce que le d�fendeur soit condamn� � lui payer le montant total de 2'114'524 fr. 29, sous imputation de 1'699'517 fr. 75 d�j� vers� par le ma�tre de l'ouvrage en date du 3 octobre 2007, et � ce que l'hypoth�que l�gale soit inscrite d�finitivement � charge des deux parcelles � concurrence de 415'006 fr. 54.
Le ma�tre de l'ouvrage a conclu au rejet de la demande.
Par jugement du 23 f�vrier 2010, la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan, apr�s avoir examin� chacune des factures contest�es, a condamn� Y.________ � payer � X.________ SA 329'609 fr. 95 avec int�r�ts � 5% d�s le 20 f�vrier 2006, ainsi que 137'358 fr. 30 (montant en capital repr�sentant les int�r�ts, non encore acquitt�s, sur la somme de 1'699'517 fr. 75 d�j� pay�e par le ma�tre de l'ouvrage). Concernant le poste contest� de 50'000 fr. (seul restant litigieux devant le Tribunal f�d�ral), la cour cantonale a estim� que cette d�pense suppl�mentaire, all�gu�e par l'entrepreneur, ne pouvait �tre mise � la charge du ma�tre de l'ouvrage. L'autorit� pr�c�dente a encore pr�cis� que X.________ SA pouvait requ�rir, sur pr�sentation du jugement cantonal muni d'une attestation d'entr�e en force, en sa faveur et � titre d�finitif, l'inscription d'une hypoth�que au sens de l'art. 837 al. 1 ch. 3 CC d'un montant de 329'609 fr. 95, avec les int�r�ts correspondants, � charge d'une des parcelles.
X.________ SA exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 23 f�vrier 2010. Elle conclut � l'admission du recours et, principalement, � ce que Y.________ soit condamn� � lui verser le montant de 379'259 fr. 95 (somme accord�e par la cour cantonale + montant litigieux), ainsi que la somme de 137'358 fr.30 et � ce que l'inscription de l'hypoth�que l�gale puisse porter sur le montant correspondant, subsidiairement, au renvoi du dossier � la cour cantonale, le tout sous suite de frais et d�pens.
L'intim� conclut au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�, sous suite de frais et d�pens.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� partiellement dans ses conclusions en paiement (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un jugement final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 et 130 al. 2 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est en principe recevable puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 48 al. 1 et 100 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400).
Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire (ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5 p. 401; 135 II 145 consid. 8.1. p. 153) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Il incombe � la partie recourante, qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente, d'expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287 s. et consid. 6.2 p. 288). Si la partie recourante invoque l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits, elle doit montrer, par une argumentation pr�cise en se r�f�rant si possible aux pi�ces du dossier, que la d�cision cantonale est insoutenable (arr�t 4A_621/2009 du 25 f�vrier 2010 consid. 1.3). Encore faut-il que la correction demand�e soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
2.1 La cour cantonale rappelle que, dans le contrat initial, le co�t de l'installation du chantier a �t� arr�t� en bloc � 100'000 fr. (prix global au sens de l'art. 42 al. 3 SIA 118). Elle expose que, selon les experts entendus au cours de l'instruction, "le forestier avait accept� que l'acc�s se fasse � travers la for�t et qu'il �tait par la suite revenu sur sa d�cision" et que "cette circonstance avait compliqu� l'installation du chantier". La cour pr�c�dente indique que, "si l'on en croit les experts, il y aurait donc eu accord au sens de l'art. 59 al. 2 SIA 118 sur une r�mun�ration suppl�mentaire [de 50'000 fr.] due en raison des circonstances extraordinaires". Elle s'�carte n�anmoins de cette conclusion, consid�rant que l'entrepreneur n'a pas �tabli les circonstances justifiant un suppl�ment au prix global de 100'000 fr. L'autorit� pr�c�dente pr�cise qu'il appartenait � l'entrepreneur de questionner W.________ (l'entreprise W.________ ayant �galement particip� au chantier), comme cela a d'ailleurs �t� sugg�r� par l'un des experts, afin de d�montrer la n�cessit� de modifier l'acc�s au chantier. Consid�rant que l'existence d'un accord sur le montant du suppl�ment n'est pas d'avantage d�montr�, la cour cantonale conclut que les conditions d'application de l'art. 59 SIA 118 ne sont pas remplies en l'esp�ce.
La recourante adresse divers reproches � l'autorit� cantonale quant � "l'�tablissement inexact des faits". Elle affirme en particulier que V.________ SA et A.________, tous deux investis du pouvoir de commander des ouvrages, l'ont charg�e d'ex�cuter en r�gie des travaux suppl�mentaires, notamment ceux portant sur les d�placements de l'installation de chantier, et que c'est donc � tort que la cour cantonale a consid�r� comme non �tablies les circonstances justifiant un suppl�ment de 50'000 fr. Elle soutient aussi, en rappelant les conclusions des experts, que ce montant a bien �t� convenu par les parties.
2.2 En l'esp�ce, une inexactitude manifeste sur un fait d�terminant n'appara�t pas, de sorte qu'une rectification d'office sur la base de l'art. 105 al. 2 LTF n'entre pas en consid�ration (cf. ATF 133 IV 286 consid. 6.2 p. 288).
La recourante n'invoque pas le grief de l'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.); dans la partie de son m�moire "Sur l'�tablissement inexact des faits" (p. 10 s.), elle se limite � montrer son d�saccord avec l'appr�ciation de la cour cantonale. Elle n'indique pas que l'appr�ciation de cette derni�re serait "insoutenable" ou que les faits auraient �t� �tablis de fa�on "manifestement inexacte" (ce qui correspond � la notion d'arbitraire [cf. supra consid. 1.3]). La recourante ne renvoie en outre pas aux pi�ces du dossier (sur l'exigence, cf. supra consid. 1.3), alors m�me que, selon elle, ses affirmations ressortent "pr�cis�ment des pi�ces d�pos�es". Enfin, pour appuyer ses propos, elle se r�f�re simplement aux conclusions des experts; elle ne pr�tend toutefois pas que les juges cantonaux seraient tomb�s dans l'arbitraire en ne suivant pas les conclusions de ceux-ci (cf. � ce sujet: arr�t 4P.329/2005 du 21 f�vrier 2006 consid. 3.2) et ne pr�sente aucune motivation sous cet angle. Le grief, qui ne r�pond pas aux exigences strictes des art. 105 al. 2 et 106 al. 2 LTF, est d�s lors irrecevable.
On rel�vera d'ailleurs que les explications donn�es par la recourante, concernant principalement V.________ SA et A.________ et leur pouvoir de commander des ouvrages suppl�mentaires, n'ont aucune incidence sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Si elles permettent de comprendre que les repr�sentants du ma�tre de l'ouvrage ont parfois command�s certains travaux suppl�mentaires (ce qui n'est d'ailleurs pas contest�), elles n'indiquent pas qu'ils auraient eux-m�mes ordonn� le d�placement du chantier.
L'autorit� pr�c�dente n'ayant pas sombr� dans l'arbitraire en appr�ciant les preuves, c'est sur la base des faits retenus dans l'arr�t attaqu� (art. 105 al. 1 LTF) que l'analyse juridique doit �tre entreprise.
3.1 Invoquant une violation de l'art. 373 CO, la recourante fait grief � la cour cantonale de ne pas avoir retenu qu'un accord a �t� pass� entre les parties, � tout le moins tacitement ou par actes concluants, sur le principe du d�placement du chantier et le montant des frais suppl�mentaires y relatifs (50'000 fr.). Elle pr�tend ainsi � l'existence d'une modification de commande contractuelle (sur la notion, cf. entre autres auteurs: Peter Gauch, Le contrat d'entreprise [adaptation fran�aise de Beno�t Carron], 1999, n. 770 s. p. 229 s.).
3.2 Le caract�re ferme du prix forfaitaire (en l'occurrence, le prix de 100'000 fr. pr�vu initialement pour l'installation du chantier) n'est pas absolu. L'art. 373 al. 2 CO pr�voit une premi�re exception lorsque l'ex�cution de l'ouvrage est emp�ch�e ou rendue difficile � l'exc�s par des circonstances extraordinaires, impossibles � pr�voir, ou exclues par les pr�visions des parties (cf. infra consid. 3.5). Une seconde exception est r�alis�e quand intervient une modification de commande par rapport � l'objet du contrat initialement convenu; le prix ferme arr�t� par les parties n'est, en effet, d�terminant que pour l'ouvrage alors projet�, sans modifications qualitatives ou quantitatives (ATF 116 II 315 consid. 3 p. 315 s.; arr�t 4C.23/2004 du 14 d�cembre 2004 consid. 4.1).
Les modifications de commande donnent en principe droit � une augmentation du prix en cas de prestations suppl�mentaires de l'entrepreneur. La modification de commande contractuelle - invoqu�e par la recourante - n'est pas r�gl�e par la norme SIA 118. Il n'a pas �t� �tabli que les parties se sont mises d'accord, ne serait-ce que tacitement, pour soumettre la r�mun�ration des prestations suppl�mentaires sur la base des dispositions relatives � la modification de commande unilat�rale (art. 84 ss SIA 118). La recourante ne tente d'ailleurs pas de soutenir qu'un tel accord serait intervenu entre les parties. En cons�quence, on ne peut donc appliquer les articles y relatifs de la norme SIA 118 (pour les d�tails: Gauch, op. cit., n. 807 p. 238); la r�mun�ration des prestations suppl�mentaires doit ainsi �tre calcul�e sur la base de l'art. 374 CO (arr�t 4C.23/2004 du 14 d�cembre 2004 consid. 4.1 et les nombreuses r�f�rences). Selon cette disposition, si le prix n'a pas �t� fix� entre les parties, il doit �tre d�termin� d'apr�s la valeur du travail et les d�penses de l'entrepreneur. Le crit�re d�terminant est celui des co�ts effectifs qu'un entrepreneur diligent aurait engag�s pour une ex�cution soign�e de l'ouvrage (ATF 96 II 58 consid. 2 p. 61). Autrement dit, seuls les co�ts n�cessaires � cette ex�cution sont pris en compte (Fran�ois Chaix, in Commentaire romand, CO I, nos 9, 10 et 15 ad art. 374 CO; Gaudenz G. Zindel/Urs Pulver, Basler Kommentar, OR I, 4e �d. 2008, no 13 ad art. 374 CO; Gauch, op. cit., n. 964 s. p. 283 s.). Il appartient � l'entrepreneur de d�terminer le montant des co�ts effectifs, donc �galement de d�montrer la n�cessit� des frais engag�s (art. 8 CC; Chaix, op. cit., no 15 ad art. 374 CO; cf. Zindel/Pulver, op. cit., no 18 ad art. 374 CO).
3.3 En l'esp�ce, il n'est pas utile de rechercher si, sur le principe, un accord est v�ritablement intervenu entre les parties. L'existence d'un accord sur le montant du suppl�ment (50'000 fr.) n'a, elle, pas �t� �tablie. Or, il ressort des faits constat�s par l'autorit� cantonale - qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) - que la recourante n'a pas r�ussi � prouver qu'il �tait n�cessaire de modifier l'acc�s au chantier (cf. supra consid. 2.1). Elle n'a donc pas d�montr� la n�cessit� d'engager les frais suppl�mentaires dont elle requiert aujourd'hui le paiement.
Le grief est mal fond�.
3.4 Dans un deuxi�me moyen intitul� "En cas de faute du ma�tre", la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir retenu que les conditions d'ex�cution ont �t� modifi�es en raison d'un fait dont r�pond le ma�tre (le changement d'avis du forestier). L'argumentation de la recourante repose sur des fondements diff�rents et se r�v�le peu claire. La recourante pr�sente ses arguments dans la partie de son m�moire faisant �tat d'une violation de l'art. 373 CO (traitant � son alin�a 2, des circonstances extraordinaires justifiant notamment une augmentation du prix; cf. infra consid. 3.5); elle cite l'art. 58 al. 2 SIA (sur les cons�quences de la faute du ma�tre de l'ouvrage, en particulier lorsqu'il donne, dans les documents de soumission, des indications inexactes sur la nature du sol), fait r�f�rence � l'art. 365 CO (obligations de l'entrepreneur relativement � la mati�re fournie) et parle d'un fait imputable au ma�tre. De fa�on g�n�rale, on comprend toutefois que la recourante tente de d�montrer qu'elle ne saurait supporter les cons�quences financi�res du revirement du forestier, ce fait �tant imputable au ma�tre. Le paiement en sa faveur du montant de 50'000 fr. serait justifi�, en raison de ce fait.
Dans son argumentation, la recourante oublie que la seule existence d'un fait imputable au ma�tre ne suffit pas � fonder une r�mun�ration suppl�mentaire. Il appartient encore � l'entrepreneur de prouver (art. 8 CC) que ce fait est la cause des frais suppl�mentaires factur�s au ma�tre de l'ouvrage (lien de causalit�). En l'esp�ce, il ressort des constatations cantonales (art. 105 al. 1 LTF) que l'entrepreneur n'a pas r�ussi � d�montrer que le revirement du forestier a rendu n�cessaire la modification de l'acc�s au chantier et ainsi g�n�r� les frais en question. Le grief est donc infond�.
3.5 Enfin, la recourante revient � la charge en soutenant que les nouvelles mesures d�cid�es par une autorit� constituent des circonstances extraordinaires au sens de l'art. 59 SIA 118 (et de l'art. 373 al. 2 CO) et qu'elles justifient donc �galement le versement en sa faveur de la somme de 50'000 fr. L'argumentation - qui est par ailleurs en contradiction avec le moyen pr�c�dent tir� de la "faute" du ma�tre (cf. arr�t 4C.137/1995 du 26 octobre 1995 consid. 2b) - tombe � faux. D'une part, la cour cantonale a expliqu� que les experts avaient fait �tat d'un forestier qui, apr�s avoir accept� l'acc�s au chantier � travers la for�t, est revenu par la suite sur sa d�cision. Le jugement n'indique pas que le forestier en question aurait donn� une autorisation en tant que membre d'une autorit� comp�tente. D'autre part, � consid�rer que l'on est en pr�sence d'une circonstance extraordinaire au sens de l'art. 373 al. 2 CO, il appartiendrait encore � l'entrepreneur de d�montrer que cette circonstance a caus� les frais suppl�mentaires pr�tendument g�n�r�s par la modification de l'acc�s au chantier (sur le fardeau de la preuve: Gauch, op. cit., n. 1108 p. 318; Chaix, op. cit., no 37 ad art. 373 CO; Zindel/Pulver, op. cit., no 40 ad art. 373 CO). En l'esp�ce, l'entrepreneur n'a pas apport� cette preuve (cf. supra consid. 3.4) et le moyen doit �tre d�clar� mal fond�.
4.1 La recourante invoque, subsidiairement, une violation de l'art. 38 CO. Elle fonde son moyen sur un �tat de fait �maill� d'affirmations qui ne trouvent aucun appui dans les constatations de l'arr�t attaqu�, voire qui sont en contradiction avec ces constatations. Dans la mesure o� elle tente de substituer sa propre appr�ciation des preuves � celle de l'autorit� cantonale, son grief est irrecevable.
A bien comprendre l'argumentation de la recourante, celle-ci semble soutenir que le ma�tre de l'ouvrage aurait ratifi�, � tout le moins tacitement, la facture approuv�e par le surveillant du chantier, B.________ (celui-ci ne disposant pas de la comp�tence d'engager le ma�tre).
4.2 Selon l'art. 38 al. 1 CO, lorsqu'une personne contracte sans pouvoirs au nom d'un tiers (en l'occurrence le ma�tre de l'ouvrage ou ses repr�sentants), celui-ci ne devient cr�ancier ou d�biteur que s'il ratifie le contrat.
La ratification d'un contrat selon l'art. 38 CO est une manifestation de volont�. Comme toute manifestation de volont� non soumise � une forme sp�ciale, la ratification peut �tre implicite, r�sulter d'actes concluants, voire de la passivit� ou du silence du tiers pour lequel on a contract�. Une ratification peut intervenir tacitement lorsque la bonne foi exige que la partie en cause manifeste son d�saccord si elle n'entend pas �tre li�e; la question n�cessite toujours une appr�ciation de l'ensemble des circonstances (ATF 93 II 302 consid. 4 p. 307 s.; arr�t 4C.335/1999 du 25 ao�t 2000 consid. 4a.cc).
4.3 Il ressort des constatations cantonales - qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) - que, dans son d�compte du 20 d�cembre 2005, la recourante a r�duit sa facture (relative � la ma�onnerie) � 353'802 fr hors TVA, "ce qui prouve que [la recourante] �tait consciente que le suppl�ment requis pour le compl�ment d'installation n'�tait pas admis" (jugement cantonal, p. 19). A l'�vidence, la recourante, qui ne conteste pas l'appr�ciation des preuves entreprise par l'autorit� cantonale sous l'angle de l'arbitraire (art. 9 Cst), ne saurait pr�tendre que l'intim� n'a pas manifest� son d�saccord et en conclure que la ratification est ainsi intervenue; non seulement il a �t� constat� (art. 105 al. 1 LTF) que le suppl�ment d'installation n'a pas �t� admis par le ma�tre de l'ouvrage, mais la recourante en avait, toujours selon les constatations cantonales, parfaitement conscience. Le moyen est d�s lors mal fond�.
Les frais et les d�pens sont mis � la charge de la recourante, qui succombe (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'500 fr., sont mis � la charge de la recourante.
La recourante versera � l'intim� une indemnit� de 4'000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour civile II.