Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001201-217029
Timestamp: 2017-07-22 18:47:27+00:00
Document Index: 10528635

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 5 ss, 01 décembre 2000, 217029
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 217029Numéro NOR : CETATEXT000008040414 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-01;217029 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 2 février 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Labib Ashraf Y..., demeurant ... ; M. Y... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 24 décembre 1999 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police, en date du 3 décembre 1998, ordonnant sa reconduite à la frontière ;
- les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y..., de nationalité égyptienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 8 juillet 1998, de la décision du 3 juillet 1998 par laquelle le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il était ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que, si à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. Y... fait valoir qu'il réside en France depuis 1991 et qu'il vivait maritalement depuis avril 1998 avec Mme Nadia X..., de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. Y... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;Considérant qu'à l'appui de sa requête, M. Y... invoque l'illégalité de la décision du 3 juillet 1998 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ; que, si cette décision mentionne à tort que l'intéressé a fait l'objet à titre principal d'une condamnation à une peine de trois ans d'interdiction du territoire français, cette inexactitude est sans incidence sur la légalité de ladite décision dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet de police aurait pris la même décision en mentionnant que cette condamnation avait en réalité été prononcée à titre complémentaire ;
Considérant que dans les termes où il est rédigé, l'arrêté du 3 décembre 1998 décidant la reconduite à la frontière de M. Y... doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de police a décidé que l'intéressé serait reconduit à destination de son pays d'origine ;
Considérant que, si M. Y... invoque qu'il courrait des risques en cas de retour en Egypte en raison de son appartenance à la communauté copte, l'intéressé, qui n'a d'ailleurs pas sollicité son admission au statut de réfugié, n'apporte pas au soutien de ses allégations d'éléments de nature à justifier la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé en cas de reconduite à destination de son pays d'origine ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Y... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté les conclusions de sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 3 décembre 1998 ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Labib Ashraf Y..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-12-03Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 01 décembre 2000, n° 217029Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. Fabre-AubrespyRapporteur public : M. OlsonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 5 ssDate de la décision : 01/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page