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Timestamp: 2017-08-20 00:29:04+00:00
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Libye : la CPI lance un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi : lebloglibredemonquartier
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La Cour pénale internationale accuse le leader libyen d'être responsable de persécutions et de meurtres commis par ses forces sur la population civile.
27.06 | 08h31
La Cour pénale internationale (CPI) a lancé, lundi 27 juin, un mandat d'arrêt à l'encontre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, pour crimes contre l'humanité commis depuis le soulèvement populaire du 15 février. "La chambre délivre, par la présente, un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi", a déclaré la juge Sanji Mmasenono Monageng, à l'issue d'une audience publique à La Haye.
Les juges ont également délivré des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité à l'encontre du fils de M. Kadhafi Saïf Al-Islam et du chef des services du renseignement libyens, Abdallah Al-Senoussi.
Le procureur Luis Moreno-Ocampo avait demandé mi-mai aux juges des mandats d'arrêt contre les trois hommes. Il les accuse d'être responsables de persécutions et de meurtres commis par les forces de sécurité sur la population civile depuis l'éclatement de la révolte, mi-février, notamment à Tripoli, Benghazi et Misrata. Saisi par le Conseil de sécurité des Nations unies le 26 février, le procureur de la CPI avait ouvert son enquête le 3 mars.
Dans une série de questions-réponses (PDF) disponible sur son site, la Cour explique qu'elle considère "qu'il existe des motifs raisonnables de croire que, à la suite des événements en Tunisie et en Egypte dans les premiers mois de l'année 2011, une politique d'Etat aurait été élaborée à l'échelon le plus élevé de l'appareil d'Etat libyen afin de prévenir et d'écraser, par tous les moyens y compris l'usage de la force mortelle, les manifestations des civils".
Luis Moreno-Ocampo accuse M. Kadhafi d'avoir personnellement ordonné des attaques contre des manifestants et des dissidents présumés. Son fils Saïf Al-Islam, "premier ministre de facto", a, selon lui, notamment organisé le recrutement de mercenaires. Abdallah Al-Senoussi, beau-frère et bras droit du colonel Kadhafi, a monté des attaques contre des manifestants, selon M. Moreno-Ocampo.
La révolte en Libye a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI. Elle a également entraîné la fuite à l'étranger de près de six cent cinquante mille Libyens et le déplacement à l'intérieur du pays de deux cent quarante-trois mille autres, selon l'ONU.
L'annonce des mandats d'arrêt intervient alors que la campagne de bombardements des pays membres de l'OTAN pour aider les rebelles libyens a franchi dimanche le cap des cent jours.
Mouammar Kadhafi est le deuxième chef d'Etat à faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, après le président soudanais, Omar Al-Bachir, recherché pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.
En réaction à ces mandats d'arrêt, le ministre des affaires étrangères britannique,William Hague, a pressé l'entourage du colonel à "le lâcher" ou "à rendre des comptes". "Ceux qui sont partie prenante au régime doivent abandonner Kadhafi. (...) Le mandat [de la CPI] démontre un peu plus à quel point Kadhafi a perdu toute légitimité, et pourquoi il devrait partir immédiatement", a déclaré M. Hague.
Le chef de la diplomatie italienne a lui aussi réagi, se disant satisfait de ce triple mandat d'arrêt. La décision de la CPI "confirme les graves responsabilités" du colonel, de son fils et du chef du renseignement libyen. La délivrance de ces mandats d'arrêt "représente une nouvelle légitimation de la nécessité absolue et de la haute valeur de la mission humanitaire de l'OTAN en Libye", a ajouté le ministère italien.
Parlant au nom de l'Afrique, le président sud-africain, Jacob Zuma, a haussé le ton face à l'OTAN, soulignant qu'elle n'avait pas été mandatée par l'ONU pour conduire"l'assassinat politique" de Mouammar Kadhafi. Il a souligné la "préoccupation" du comité et de l'assemblée de l'Union africaine devant les "bombardements continus de l'OTAN", ajoutant que "la finalité de la résolution 1973 était de protéger le peuple libyen et faciliter les efforts humanitaires".
La fiche d'information (PDF) réalisée par la CPI sur ce triple mandat d'arrêt.
La BBC a réalisé un récit multimédia de la crise libyenne depuis les premières manifestations du 16 février.
16:43 Publié dans Actualités, Droits de l'Homme, justice | Lien permanent | Commentaires (0)