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Timestamp: 2016-10-21 20:10:53+00:00
Document Index: 191447004

Matched Legal Cases: ['art. 95', 'art. 308', 'art. 129', 'art. 41', 'art. 83', 'art. 92', 'art. 9', 'art. 91', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 405', 'art. 319', 'art. 319', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 91', 'ATF ', 'art. 82', 'art. 319', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 404', 'art. 83', 'art. 88', 'art. 8', 'art. 86', 'art. 129', 'art. 3', 'art. 86', 'art. 83', 'art. 83', 'art. 83', 'art. 129', 'ATF ', 'art. 83', 'art. 577', 'art. 577', 'art. 86', 'art. 3', 'art. 86', 'art. 29', 'art. 326', 'art. 29', 'art. 326', 'art. 92', 'art. 92', 'art. 92', 'art. 92', 'art. 92', 'art. 92', 'art. 66']

5A_191/2013 � � Arr�t du 1er novembre 2013
Fondation B.X.________,
tous les deux repr�sent�s par Me Jean-Christophe Diserens,
tous repr�sent�s par Me Gilles Favre, avocat,
appel�s en cause et intim�s.
A.a.�P.X.________ �tait un armateur grec disposant d'une fortune importante, compos�e notamment de nombreux tableaux de ma�tre. Il �tait mari� � B.X.________. Le couple vivait � R.________ et �tait propri�taire d'un chalet � Gstaad et d'un appartement � Paris.
En 1978, P.X.________ a cr�� une fondation, connue d�sormais sous le nom de " Fondation P.________ et B.X.________ ", assurant le fonctionnement d'un mus�e sur l'�le U.________, � laquelle il a transf�r� de nombreuses oeuvres d'art. La Fondation F.________, cr��e en 1987 et sise � V.________ (Liechtenstein), doit l'appuyer financi�rement.
P.X.________, dont le dernier domicile �tait � R.________, est d�c�d� ab intestat � W.________ le 27 avril 1994. Sa succession a �t� partag�e entre ses h�ritiers l�gaux et trait�e en partie par les autorit�s fran�aises.
A.b.�Les 18 juin et 8 juillet 1997, B.X.________ a cr�� la Fondation B.X.________, sise � W.________, qui vise notamment l'enrichissement et le fonctionnement du Mus�e de U.________.
B.X.________ est d�c�d�e le 25 juillet 2000 � W.________.
�La d�funte a laiss� un testament olographe, dat� du 7 octobre 1997. Elle institue h�riti�re la Fondation B.X.________, laquelle doit acqu�rir tous les �l�ments de son patrimoine ne faisant pas l'objet d'une disposition contraire dans la suite du testament, et d�signe un ex�cuteur testamentaire en la personne de C.________. Sous ch. 4 et 5 de son testament est pr�vu ce qui suit:
4. Parmi les biens mobiliers qui m'appartiennent, C.________ s�parera tout ce qu'il consid�re comme �tant des pi�ces antiques de valeur, propres � un mus�e. Ceux-ci parviendront � la Fondation mentionn�e ci-dessus�[Fondation B.X.________].�
Le reste parviendra � mes quatre ni�ces et, plus concr�tement, � E.Y.________ fille de Q.________ (1/3), � G.Y.________�fille de S.________ avec ses fr�res (1/3) et � A.________ et J.________ filles de T.________ (en commun 1/3 les deux).
�Le partage entre elles sera fait par C.________ qui constituera trois parts et proc�dera au tirage au sort parmi les l�gataires.
Si une de mes ni�ces et neveux conteste�(...)�
le jugement ou les actes de C.________ quant au partage des biens mobiliers, celui qui aura contest� perdra sa part du legs vis� par la contestation et cette part devra parvenir aux autres l�gataires par une proc�dure analogue�(...) ".
�Un certificat d'h�ritier a �t� d�livr� � l'unique h�riti�re, � savoir la Fondation B.X.________, le 24 juillet 2002.
A.________, ni�ce de B.X.________, est impliqu�e dans diverses proc�dures � l'�tranger ayant trait � la succession de sa tante.
Le 4 f�vrier 2005, A.________ a ouvert action en constatation de droit et en d�livrance de legs contre la Fondation B.X.________ et contre C.________ devant la cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud, demande qu'elle a compl�t�e le 11 janvier 2010, r�clamant essentiellement que l'h�riti�re soit condamn�e � lui d�livrer sa part des objets et oeuvres d'art, ainsi que diff�rents titres et actions qu'elle �num�re. L'int�ress�e dispose d'une part d'1/6 des biens attribu�s selon le ch. 4 du testament, mais pr�tend que sa part s'accro�t de celles de ses col�gataires qui n'ont pas agi en restitution.
Par r�ponse du 20 avril 2006, les d�fendeurs ont conclu � lib�ration des conclusions de la demande et, reconventionnellement, � ce que la demanderesse soit reconnue la d�bitrice de C.________, en sa qualit� d'ex�cuteur testamentaire de la succession de feue B.X.________, de la somme de 68'310 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 24 avril 2006, montant correspondant aux imp�ts successoraux dus par la demanderesse.
Par requ�te du 1er mars 2010, A.________ a requis que soit ordonn� l'appel en cause:
- de la Fondation D.________, de la Fondation F.________, de la soci�t� K.________ SA, avec si�ges � l'�tranger, essentiellement afin qu'il soit constat� que celles-ci ne sont pas propri�taires des oeuvres et objets d'art r�clam�s et qu'elles doivent les restituer aux d�fendeurs;
- de la soeur, domicili�e en Suisse, et des neveux et ni�ce de P.X.________, tous domicili�s � l'�tranger, principalement aux fins de leur rendre opposable le jugement � rendre au fond;
- des neveux et ni�ces de B.X.________, ses col�gataires, tous domicili�s � l'�tranger, essentiellement afin de leur rendre opposable le jugement � rendre au fond;
- de L.X.________, soeur de P.X.________, domicili�e en Suisse, afin d'obtenir la restitution des oeuvres et objets d'art appartenant � la succession;
- de M.X.________, neveu de P.X.________, domicili� � l'�tanger, afin d'obtenir la restitution des oeuvres et objets d'art appartenant � la succession et le versement du produit de la liquidation d'une soci�t� new yorkaise dont les actions seraient des biens mobiliers entrant dans la succession.
�Pour l'essentiel, A.________ conteste la validit� du contrat conclu le 27 mai 1985 entre P.X.________ et la soci�t� de droit panam�en K.________ SA, par lequel le premier nomm� a vendu � cette soci�t�, pour un montant de 31,7 millions USD, les oeuvres d'art r�pertori�es dans une " annexe A " (83 oeuvres), la soci�t� les ayant ensuite transf�r�es � la Fondation D.________ en 1991. Ce contrat fait l'objet d'une enqu�te pour faux dans les titres � la suite d'une plainte p�nale d�pos�e par A.________.
�Celle-ci conteste �galement que la Fondation F.________ soit propri�taire des tableaux qui se trouvaient dans un local au port-franc de Gen�ve, lou� par la d�funte. Elle vise � obtenir la restitution de ces biens � la succession et, par suite, � elle-m�me.
�A.________ entend aussi qu'il soit proc�d� � la liquidation du r�gime matrimonial et de la succession de P.X.________ et que des tableaux se trouvant pr�tendument en mains de la soeur de ce dernier - L.X.________ - ainsi qu'en mains de l'un de ses neveux - M.X.________ - soient restitu�s � la succession de B.X.________. Enfin, elle affirme que des actions d'une soci�t� ayant son si�ge � New York sont �galement des biens mobiliers appartenant � la succession et que le produit de leur liquidation doit �tre restitu� � celle-ci.
�Les d�fendeurs et les appel�s en cause se sont oppos�s � la requ�te.
�Par jugement incident du 5 avril 2012, le juge instructeur de la cour civile a rejet� la requ�te d'appel en cause. La Chambre des recours civile a rejet� le recours interjet� par la demanderesse le 12 d�cembre 2012.
Agissant le 8 mars 2013 par la voie du recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, A.________ (ci-apr�s la recourante) conclut principalement � l'admission des appels en cause tels que requis le 1er mars 2010, subsidiairement au renvoi de la cause au juge instructeur de la cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud, subsidiairement � la Chambre des recours du Tribunal cantonal, pour nouvelle instruction et d�cision. La recourante se plaint de ce que les faits ont �t� �tablis arbitrairement ou en violation du droit (art. 95 et 97 LTF), de la violation des art. 308 ss et 319 ss CPC, des art. 129, 86 et 3 LDIP, de la fausse application des art. 41 ss CO, 485, 562, 577 et 598 CC et des principes relatifs � la recevabilit� des actions en constatation de droit, de l'application arbitraire du droit cantonal relatif aux conditions des appels en cause (art. 83 � 85 CPC/VD), de l'application arbitraire du droit cantonal en mati�re de d�pens (art. 92 CPC/VD) et de la violation des art. 9, 29 al. 2, 30 Cst. et 6 CEDH.
La requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par la recourante a �t� admise par le Pr�sident de la Cour de c�ans le 17 avril 2013.
Le refus d'appel en cause constitue une d�cision partielle susceptible de recours en application de l'art. 91 let. b LTF (ATF 134 III 379 consid. 1.1). La d�cision querell�e a par ailleurs �t� rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF), dans le cadre d'une affaire p�cuniaire, dont il est admis que la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF). La recourante, qui a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), a agi dans le d�lai l�gal (art. 100 al. 1 LTF), de sorte que le recours en mati�re civile est en principe recevable.
2.1.�Saisi d'un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), c'est-�-dire que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation. Le Tribunal f�d�ral n'examine en effet la violation de l'interdiction de l'arbitraire que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de fa�on claire et d�taill�e (principe d'all�gation; ATF 133 IV 286 consid. 1.4).
2.2.�Le recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral ne peut pas �tre interjet� pour violation du droit cantonal en tant que tel, mais il est possible de faire valoir qu'une mauvaise application du droit cantonal constitue une violation du droit f�d�ral, en particulier qu'elle est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. ou contraire � d'autres droits constitutionnels (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 III 462 consid. 2.3). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation des droits constitutionnels que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF; cf. consid. 2.1 supra).
Examinant tout d'abord quelle �tait la voie de recours ouverte en vertu de l'art. 405 al. 1 CPC, la cour cantonale a admis que le nouveau droit s'appliquait � cette question et que le recours des art. 319 ss CPC (art. 319 let. b ch. 1 CPC) �tait ouvert contre le refus de l'appel en cause. La recourante invoque la violation de l'art. 82 al. 4 CPC et soutient au contraire que c'est la voie de l'appel qui lui �tait ouverte, ce d'autant que certains des appel�s avaient soulev� une exception d'incomp�tence, admise par les juges cantonaux.
3.1.�Aux termes de l'art. 82 al. 4 CPC, la d�cision d'admission de l'appel en cause peut faire l'objet d'un recours.
La formulation utilis�e pourrait laisser penser que la d�cision refusant l'appel en cause, qui est qualifi�e de d�cision partielle au sens de l'art. 91 let. b LTF (ATF 134 III 379 consid. 1.1) et peut �tre assimil�e pour le CPC � une d�cision finale ( Jacques Haldy in: Bohnet et al. (�d.), Code de proc�dure civile comment�, n. 9 ad art. 82 CPC), serait susceptible d'un appel. Les versions allemande ("�
Der Entscheid�
�ber die Zulassung�
der Klage ist mit Beschwerde anfechtbar�") et italienne ("�
La decisione�
circa l'ammissibilit��
dell'azione � impugnabile mediante reclamo�"), dont les termes sont plus larges, permettent toutefois d'�carter cette d�duction et de retenir que la d�cision de refus d'appel en cause doit, comme son admission, faire l'objet d'un recours limit� au droit (art. 319 let. b ch. 1 CPC; Message relatif au code de proc�dure civile suisse, FF 2006 6841, p. 6898 "�
la d�cision 'sur la recevabilit�' de l'appel en cause est attaquable par le recours limit� au droit�"; Francesco Trezzini in: Cocchi et al. (�d.), Commentario al Codicie de diritto processuale civile svizzero, p. 311; Tarkan G�ksu in: Brunner et al. (�d.), Schweizerische Zivilprozessordung Kommentar, n. 15 ad art. 82 CPC; Ivo Schwander in: Sutter-Somm et al. (�d.), Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnug, 2e �d. 2013, n. 23 ad art. 82 CPC; ind�cis: Haldy, op. cit., n. 9 ad art. 82 CPC).
3.2.�Le grief de violation de l'art. 82 al. 4 CPC doit donc �tre rejet�.
�En tant que la recourante invoque que le premier juge a statu� � tort sur les exceptions de d�clinatoire de six des appel�s en cause, soit sur un probl�me de comp�tence, circonstance qui lui ouvrirait la voie de l'appel avec l'obligation pour la cour cantonale de tenir compte d'un nouvel �tat de fait (pas de vente de tableaux � K.________ SA, ni � la Fondation D.________, pas d'acquisition par la Fondation F.________ des tableaux se trouvant dans le local au port-franc), elle se m�prend de surcro�t sur l'institution de l'appel en cause, respectivement sur l'exception d'incomp�tence (cf. infra consid. 4.1.2.2).
La demande a �t� introduite avant l'entr�e en vigueur du CPC le 1er janvier 2011, de sorte que l'appel en cause est r�gl� par l'ancien droit de proc�dure cantonale (art. 404 al. 1 CPC). La cour cantonale en a examin� l'admissibilit� au regard des quatre griefs adress�s par la recourante au jugement de premi�re instance. Or, le premier juge a appr�ci� l'admissibilit� de l'appel en cause des douze personnes en les r�partissant en trois groupes distincts. Il y a lieu de suivre cette classification, en d�pit du fait que la recourante ne s'y tienne pas, sans que l'on sache vraiment pourquoi � la lecture de son recours particuli�rement long et confus.
4.1.�En ce qui concerne l'appel en cause des Fondations D.________ et F.________ ainsi que de la soci�t� anonyme K.________, le premier juge a rejet� la requ�te par une triple motivation, en se fondant sur les art. 83 et 88 aCPC/VD. La cour cantonale n'a examin� que les griefs formul�s � ce propos par la recourante, qu'elle a rejet�s.
4.1.1.�Le premier juge a premi�rement retenu que l'appel en cause ne pouvait �tre admis en raison du si�ge des appel�es � l'�tranger; en effet, l'attraction de comp�tence en faveur du juge saisi de la demande principale a une port�e exclusivement cantonale (art. 88 aCPC/VD) et intercantonale (art. 8 aLFors), et non internationale (sauf convention internationale non existante en l'esp�ce); ind�pendamment de tout appel en cause, les appel�es ne pouvaient �tre attraites devant un tribunal suisse, ni sur la base d'une action successorale, la demanderesse n'�tant que l�gataire et ne pouvant � ce titre intenter ni une action en p�tition d'h�r�dit�, ni une action en d�livrance du legs contre ces tiers (art. 86 LDIP), ni sur la base d'un acte illicite (art. 129 LDIP), qui n'avait pas �t� rendu vraisemblable, ni sur la base de l'art. 3 LDIP. Deuxi�mement, le premier juge a relev� que la demanderesse n'avait qu'une action personnelle en d�livrance du legs, � faire valoir contre l'h�riti�re institu�e; elle n'avait nul besoin de pouvoir attraire ces tiers, que ce soit pour faire constater que les biens qu'elle r�clamait faisaient partie de la succession, ou pour conclure � ce qu'ils fussent condamn�s � d�livrer ces biens aux d�fendeurs; quant � son chef de conclusions en dommages-int�r�ts, il n'avait �t� pris qu'aux fins de cr�er un for en Suisse. Troisi�mement, le premier juge a observ� que l'appel en cause n'avait pas �t� motiv� par les conclusions reconventionnelles ou par les moyens invoqu�s dans la r�ponse, de sorte qu'il ne pouvait �tre admis, sous peine d'�tendre l'objet de l'action primitive.
Examinant � cet �gard, les deuxi�me et quatri�me (multiples) moyens de la recourante, la cour cantonale a tout d'abord consid�r� - en relation avec la premi�re motivation ci-dessus - que les trois appel�es ne pouvaient �tre attraites devant les tribunaux suisses, d�s lors que, comme retenu par le premier juge, aucune action de nature successorale, ni d'action fond�e sur un acte illicite ne pouvait �tre invoqu�e � leur encontre: il ne pouvait ainsi y avoir de fausse application des art. 86 et 129 LDIP. Au surplus, l'argumentation de la recourante sur cette question �tait appellatoire en tant qu'elle reposait sur des faits qui n'avaient pas �t� �tablis. Puis, en lien avec la deuxi�me motivation d�taill�e plus haut, la cour cantonale s'est ralli�e � l'opinion du premier juge, ajoutant qu'une action de la recourante contre les d�fendeurs �tait suffisante pour que lui fussent d�livr�s les objets vis�s par le legs, voire pour fonder une pr�tention compensatoire en dommages-int�r�ts en l'absence de d�livrance, la conclusion de 100'000 fr. par mois de retard en raison de la commission d'actes illicites reposant toutefois sur des arguments appellatoires et n'�tant pas �tablie.
4.1.2.1.�Aux termes de l'art. 83 al. 1 aCPC/VD, il y a lieu � appel en cause lorsqu'une partie a un int�r�t direct � contraindre un tiers � intervenir au proc�s, a) soit qu'elle ait contre lui, si elle succombe, une pr�tention r�cursoire ou en dommages-int�r�ts; b) soit qu'elle entende lui opposer le jugement; c) soit enfin qu'elle fasse valoir contre lui des pr�tentions connexes � celles qui sont en cause. S'il en r�sulte une complication excessive du proc�s, le juge peut refuser l'appel en cause (al. 2).
�La condition premi�re et g�n�rale de l'appel en cause r�side dans l'existence d'un int�r�t direct, qui doit �tre appr�ci� restrictivement: seul est ainsi admissible un int�r�t suffisant pour pouvoir l�gitimement imposer l'alourdissement du proc�s � l'autre partie principale ( POUDRET ET AL., Proc�dure civile vaudoise, 3e �d. 2002, n. 2 ad art. 83 aCPC/VD; cf. arr�t 4P.161/2003 du 12 novembre 2003 consid. 4.3.2). L'existence d'un int�r�t est une condition pr�alable, que le juge doit tout d'abord v�rifier; il faut, en outre, que l'une des trois conditions sp�ciales, limitativement sus-�num�r�es soient r�alis�es ( POUDRET ET AL., op. cit., n. 3 ad art. 83 aCPC/VD).
4.1.2.2.�En ce qui concerne l'admissibilit� d'un appel en cause selon l'aCPC/VD, � savoir du droit cantonal, qu'il s'agisse de la question concernant la comp�tence, lorsqu'une partie est domicili�e � l'�tranger, ou celle de l'int�r�t direct � l'appel en cause, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si la motivation de l'arr�t cantonal et son r�sultat sont arbitraires. Il ne saurait d�s lors �tre question d'examiner la fausse application du droit f�d�ral, comme l'exige la recourante dans l'essentiel de son m�moire de recours (pour les art. 129, 86 LDIP, 41 ss CO, 485, 562, 598 et 577 CC).
4.1.2.3.�Par ailleurs, lorsqu'une d�cision repose sur plusieurs motivations ind�pendantes, le recourant doit s'en prendre � chacune d'elles, sous peine d'irrecevabilit� (ATF 133 IV 119 consid. 6.3; arr�ts 4A_454/2010 du 6 janvier 2011 consid. 1.3; 6B_472/2007 du 27 octobre 2007 consid. 4.3); il suffit cependant que l'une de ces motivations r�siste au grief d'arbitraire pour que le recours soit rejet�.
4.1.3.�En tant qu'elle critique l'interpr�tation restrictive donn�e par la cour cantonale � la notion d'int�r�t direct au sens de l'art. 83 aCPC/VD, la recourante n'en d�montre pas l'arbitraire. Bien que les magistrats cantonaux lui d�nient, en tant que l�gataire, toute action contre les int�ress�es, la recourante se limite � affirmer le contraire, se bornant � souligner la pr�tendue entrave illicite des appel�es � l'exercice de ses droits de l�gataire. Ce faisant, la recourante ne fait toutefois qu'opposer sa propre interpr�tation de la notion d'int�r�t direct sans nullement s'en prendre au raisonnement tenu par les juges cantonaux, suffisant � lui seul pour sceller le sort du litige sur ce point (consid. 4.1.2.3).
4.2.1.�En ce qui concerne le second groupe d'appel�s en cause, � savoir les neveux et ni�ces de la d�funte, le premier juge a motiv� l'irrecevabilit� de la requ�te en trois arguments. Il a d'abord soulign� que l'appel en cause n'avait �t� motiv� ni par les conclusions reconventionnelles, ni par les moyens invoqu�s par les d�fendeurs dans leur r�ponse. Deuxi�mement, le premier magistrat a retenu que la recourante visait en r�alit� � obtenir de ses col�gataires la confirmation - contraignante - de leur absence de pr�tention sur les oeuvres d'art litigieuses, ce qui n'�tait pas envisageable dans le cadre d'un appel en cause du demandeur. Troisi�mement, le premier juge a relev� que la recourante ne rendait pas vraisemblable le fait que les appel�s aient pr�tendument r�pudi� leurs legs; au demeurant, le testament de la d�funte ne pr�voyait pas de l�gataires de remplacement en cas de r�pudiation, de sorte qu'� supposer que les appel�s eussent renonc� � leurs legs, c'est l'h�riti�re institu�e qui en b�n�ficierait en vertu de l'art. 577 CC et non la recourante.
�S'agissant de ce second groupe d'appel�s en cause, la cour cantonale a fond� l'absence d'int�r�t direct de la recourante � l'intervention des int�ress�s en reprenant la troisi�me motivation du premier juge: non seulement il apparaissait que les appel�s consid�raient avoir re�u les legs pr�vus en leur faveur par le testament, mais � supposer qu'ils eussent eu droit � davantage, c'est l'h�riti�re institu�e qui en aurait profit�, conform�ment � l'art. 577 CC, et non la recourante.
4.2.2.�Les critiques de celle-ci � cet �gard tombent � faux d�s lors qu'elle se contente d'affirmer qu'il se d�duirait au contraire du testament de la d�funte que, si un l�gataire ne recueillait pas sa part, celle-ci devrait revenir � ses col�gataires, interpr�tation qui ne trouve toutefois aucun appui dans les dispositions de derni�res volont�s de la d�funte.
4.3.1.�La motivation cantonale d�velopp�e pour le dernier groupe d'appel�s en cause - � savoir la soeur de P.X.________ et les neveux et ni�ce de celui-ci - se rapproche de celle formul�e pour le premier groupe (consid. 4.1 supra). A l'exception de L.X.________ - domicili�e en Suisse -, le premier juge a consid�r� que la recourante, qui ne disposait pas de la qualit� d'h�riti�re, ne pouvait attraire les int�ress�s, qui soulevaient l'incomp�tence des tribunaux suisses, ni sur la base d'une action successorale (art. 86 LDIP), ni sur la base de l'art. 3 LDIP. Le magistrat a ensuite relev� que ni les conclusions reconventionnelles des d�fendeurs, ni les moyens invoqu�s dans leur r�ponse ne justifiaient l'appel en cause des int�ress�s, de sorte qu'attraire ceux-ci � la proc�dure pendante reviendrait simplement � �tendre le proc�s � d'autres litiges, notamment la succession de P.X.________. A titre subsidiaire, le premier tribunal a conclu que les conclusions formul�es par la recourante �taient vou�es � l'�chec d�s lors qu'elle n'avait aucun int�r�t � l'appel en cause puisqu'elle ne disposait d'aucune action contre les appel�s, ni de droits r�els sur les biens r�clam�s, l'objectif consistant en fin de compte � d�tourner l'appel en cause de son objectif.
�La cour cantonale a tout d'abord consid�r� - en relation avec la premi�re motivation ci-dessus - que les trois appel�s domicili�s � l'�tranger ne pouvaient �tre attraits devant les tribunaux suisses, en tant que, comme retenu par le premier juge, aucune action de nature successorale, ni m�me d'action fond�e sur un acte illicite (pour M.X.________ exclusivement) ne pouvait �tre invoqu�e � leur encontre: il ne pouvait ainsi y avoir de fausse application des art. 86 et 129 LDIP, l'argumentation de la recourante sur la pr�tendue violation de cette derni�re disposition �tant appellatoire dans la mesure o� elle reposait sur des faits qui n'avaient pas �t� �tablis. En lien avec la troisi�me motivation sus-�voqu�e, la cour cantonale s'est ensuite ralli�e � l'opinion du premier juge, ajoutant qu'une action de la recourante contre les d�fendeurs �tait suffisante pour que lui fussent d�livr�s les objets vis�s par le legs, voire pour fonder une pr�tention compensatoire en dommages-int�r�ts en l'absence de d�livrance.
4.3.2.�En se limitant � pr�tendre que l'action en constatation de droit lui serait ouverte, malgr� son absence de droits r�els sur les biens dont elle r�clame qu'il soit constat� que les appel�s n'en sont pas propri�taires, ou en se contentant de soutenir qu'il serait "�
hors de propos et faux�" de retenir que l'action en d�livrance de legs, voire en dommages-int�r�ts contre le d�biteur du legs, lui serait suffisante, la recourante ne d�montre une fois encore aucunement, conform�ment au principe d'all�gation, l'arbitraire du raisonnement des juges cantonaux constatant son absence d'int�r�t � l'appel en cause.
5.1.�La recourante soutient tout au long de ses �critures avoir �t� priv�e de son droit d'�tre entendue et invoque � cet �gard la violation des art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH. Pour l'essentiel, ses critiques demeurent n�anmoins sans objet d�s lors qu'elles sont formul�es en relation directe avec le refus de la cour cantonale d'entrer en mati�re sur sa requ�te d'appel en cause, refus dont elle n'est pas parvenue � d�montrer l'arbitraire.
5.2.�Seule peut �ventuellement �tre prise en consid�ration sous cet angle sa plainte de ne pas avoir �t� invit�e par le premier juge � d�poser une r�plique, critique qu'elle d�veloppe entre les lignes.
La Chambre des recours a relev� � cet �gard que l'int�ress�e ne s'�tait � aucun moment manifest�e apr�s le d�p�t des m�moires de ses parties adverses, que ce soit en d�posant spontan�ment une d�termination ou en requ�rant que la possibilit� lui soit donn�e d'en d�poser une. En se limitant � relever l'absurdit� de cette motivation et en arguant qu'elle ne pouvait pr�voir que le juge instructeur ne prendrait pas le soin de confronter ses �critures � celles des intim�s, la recourante ne d�montre toutefois pas � satisfaction la violation de la garantie constitutionnelle invoqu�e (consid. supra 2.1).
La recourante se plaint aussi de ce que les magistrats cantonaux auraient d�clar� irrecevables, d�s lors qu'elles �taient nouvelles, les pi�ces nos 71 � 138, produites devant l'instance de recours; elle y voit une violation grossi�re de l'art. 326 CPC ainsi qu'une violation des art. 29 Cst. et 6 CEDH.
La recourante ne nie toutefois pas le caract�re nouveau d'un certain nombre de pi�ces d�pos�es devant la cour cantonale, de sorte que le refus de la juridiction d'en tenir compte pour ce motif est exempt de toute critique (art. 326 CPC; � tout le moins pi�ces nos 71 � 75, 79, 92 � 94; 82, 83, 86 et 87). Pour le reste, les reproches de la recourante sont sans objet: l'essentiel des pi�ces dont elle r�clame la production est en effet sans pertinence pour �tablir l'existence de son int�r�t � l'appel en cause, �l�ment dont l'absence a �t� jug�e suffisante pour refuser d'entrer en mati�re sur sa requ�te (notamment: apport du dossier d'enqu�te p�nale [pi�ces 78, 80, 81, 88 � 91, 95 et 96, 98 � 138] cens� d�montrer que le contrat de vente conclu entre Wilton Trading SA et P.X.________ �tait un faux; idem pour les pi�ces 76 et 77).
La recourante soutient �galement que la cour cantonale aurait arbitrairement appr�ci� les faits, tentant en substance de d�montrer, en se fondant sur les offres de preuves formul�es en instance cantonale, que de nombreuses oeuvres d'art seraient sorties du patrimoine de P.X.________ par l'interm�diaire de certains appel�s en cause. Ces critiques sont toutefois vaines d�s lors qu'elles n'ont � nouveau aucun impact pour contester son absence d'int�r�t � l'appel en cause (supra consid. 4).
La recourante invoque enfin l'application arbitraire du droit cantonal en mati�re de d�pens (art. 92 aCPC/VD) et la violation des exigences de base l�gale et de motivation.
8.1.�La cour cantonale a consid�r� que les intim�s avaient tous proc�d� et conclu au rejet du recours, si bien que la recourante leur devait de pleins d�pens, dont elle a arr�t� le montant � 5'000 fr. par intim�.
La recourante soutient que les intim�s n'auraient pas qualit� de partie, de sorte que leur allouer des d�pens serait contraire � l'art. 92 aCPC/VD et 150 al. 2 aCPC/VD ainsi qu'au principe de l�galit� d�s lors que l'aCPC/VD ne pr�voirait aucune allocation de d�pens � la personne dont l'appel en cause avait �t� demand� mais refus� apr�s qu'elle ait proc�d�. En tant que la cour cantonale ne pr�cisait pas pourquoi des d�pens �taient attribu�s contrairement aux dispositions l�gales et principe susmentionn�s, la juridiction violait son droit d'�tre entendue.
8.2.�L'art. 92 al. 1 aCPC/VD pr�voit que les d�pens sont allou�s � la partie qui a obtenu l'adjudication de ses conclusions. Contrairement � ce que laisse entendre la recourante, l'art. 92 aCPC/VD s'applique � l'appel�, qui est partie par anticipation: en cas de lib�ration de celui-ci, le juge doit ainsi rechercher, au regard de l'ensemble des circonstances, � la charge de qui ses d�pens doivent �tre mis (Poudret et al., op. cit., n. 7.7 ad art. 92 aCPC/VD). Comme l'indique � juste titre la cour cantonale, les appel�s ont en l'esp�ce tous proc�d� et ont obtenu leur lib�ration. Ils ont donc droit � des d�pens, conform�ment � l'art. 92 al. 1 aCPC/VD. Le montant en a �t� fix� en r�f�rence au tarif des d�pens en mati�re civile (RSV 270.11.6), sans que la recourante en invoque l'application arbitraire. La d�cision cantonale sur ce point n'est donc pas critiquable.
En d�finitive, le recours est rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires sont mis � la charge de la recourante (art. 66 al. 1 LTF), �tant pr�cis� qu'aucune indemnit� de d�pens n'est accord�e aux intim�s qui s'en sont remis � justice quant � la requ�te d'effet suspensif d�pos�e par la recourante, requ�te admise par le Pr�sident de la Cour de c�ans.