Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F06-11-2007-U_48-2007
Timestamp: 2016-10-26 05:57:11+00:00
Document Index: 223589264

Matched Legal Cases: ['art. 132', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 43', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 43', 'art 43', 'ATF ', 'art. 43', 'ATF ', 'art. 44', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 134']

U 48/07 (06.11.2007)
U 48/07
Arr�t du 6 novembre 2007
Fr�sard et Geiser, suppl�ant.
Vaudoise G�n�rale, Compagnie d'Assurances, avenue de Cour 45, 1007 Lausanne,
recours de droit administratif contre le jugement du Tribunal des assurances du canton de Vaud du 27 juillet 2006.
J.________, n� en 1951, �tait employ� en qualit� d'infirmier en soins intensifs par l'H�pital X.________. A ce titre, il �tait assur� contre le risque d'accident aupr�s de la Vaudoise Assurances. Le 19 janvier 1999, alors qu'il rentrait du travail au guidon de son scooter, l'assur� a �t� surpris par une voiture qui s'est engag�e dans un carrefour o� il b�n�ficiait de la priorit�, avant de s'arr�ter � un m�tre au-del� de la marque au sol "c�dez le passage". J.________ a frein� �nergiquement tout en faisant un �cart � gauche, ce qui l'a d�s�quilibr� et fait chuter. Tandis que le scooter se couchait sur le c�t� gauche, glissant sur la chauss�e jusqu'� heurter la roue avant gauche de la voiture en question, son conducteur, qui portait un casque, a fait plusieurs culbutes sur le sol avant de s'immobiliser sous le pare-choc avant de ce dernier v�hicule . L‘assur� a �t� conduit par la police � l'H�pital X.________ o� il a �t� trait� ambulatoirement pour une l�g�re tum�faction et des douleurs en regard des 2�me et 3�me m�tacarpiens de la main droite, sans fracture, une dermabrasion et plaie peu profonde � bords contus au coude gauche, qui a n�cessit� deux points de suture, ainsi qu'un h�matome � la cuisse lat�rale gauche (rapport de la doctoresse M.________ du 4 f�vrier 1999). Le cas a �t� pris en charge par l'assureur-accidents. Le 3 f�vrier 1999, J.________, se plaignant de douleurs r�siduelles du coude gauche, du genou gauche et du bassin, a consult� le docteur E.________ qui lui a prescrit un anti-inflammatoire non st�ro�dien et de la physioth�rapie. L'int�ress� a repris le travail le 21 f�vrier 1999.
Dans le rapport du 30 juin 1999 adress� � la Vaudoise Assurances, le docteur Y.________, chirurgien orthop�dique �galement consult� par l'assur�, a pos� le diagnostic de chondropathie f�moro-patellaire externe sur contusion de la rotule gauche, n'occasionnant toutefois aucun arr�t de travail. Cependant, apr�s un examen d'image par r�sonance magn�tique (IRM) ayant mis en �vidence une d�chirure du m�nisque interne du genou gauche chez son patient, le docteur Y.________ a proc�d�, le 9 septembre 1999, � l'H�pital Z.________, � une arthroscopie et m�niscectomie interne. L'assur� n'a plus travaill� depuis le 3 septembre 1999, une tentative de reprise � mi-temps le 15 novembre 1999 ayant �chou�.
Le docteur P.________, m�decin-conseil de la Vaudoise Assurances, a examin� J.________ le 19 janvier 2000. Dans son rapport du 14 f�vrier suivant, ce sp�cialiste en chirurgie orthop�dique a estim� que l'assur� souffrait de s�quelles de l'accident du 19 janvier 1999 qui expliquaient qu'il ne puisse pas travailler, savoir des gonalgies bilat�rales, surtout gauches. Le docteur P.________ a en revanche exclu que les lombalgies dont se plaignait l'int�ress� fussent en lien de causalit� avec cet �v�nement. Malgr� divers traitements dont une cure au Centre de r�habilitation W.________, J.________ n'a pas pu reprendre le travail et s'est vu cong�dier par son employeur avec effet au 31 ao�t 2000.
L'assureur-accidents a soumis le pr�nomm� � l'expertise du docteur B.________, sp�cialiste en chirurgie orthop�dique, qui a examin� l'assur� le 23 avril 2001. Dans son rapport du 8 mai 2001, cet expert a conclu que parmi les plaintes de ce dernier, concernant le genou gauche, le genou droit, l'�paule gauche, la colonne lombaire, le coude gauche et la cheville droite, seule la premi�re se trouvait en rapport de causalit� tout au plus possible avec l'accident du 19 janvier 1999. Il a en outre retenu le diagnostic de troubles somatoformes douloureux persistants sans corr�lation naturelle avec ledit accident. Dans un bref rapport compl�mentaire, le docteur B.________ a pr�cis� que l'incapacit� de travail imputable � l'accident et les soins n�cessit�s par les suites de celui-ci pouvaient avoir dur� jusqu'� la date de son expertise. Se fondant sur ces conclusions d'expert, la Vaudoise Assurances a inform� J.________ qu'elle refusait ses prestations � compter du 1er mai 2001. Par d�cision formelle du 21 ao�t 2001, l'assureur-accidents a confirm� ce refus.
L'assur� ayant form� opposition contre cette d�cision, il a �t� soumis � l'expertise du docteur R.________, m�decin-chef du Centre V.________. Ce dernier a estim� qu'il y aurait lieu de proc�der � un examen compl�mentaire par IRM des genoux de l'int�ress�. Il a conclu, dans un premier temps, qu'on pouvait reconna�tre � l'expertis� une incapacit� de travail de l'ordre de 50 %, imputable � des lombalgies basses, � des douleurs au coude gauche, � des scapulalgies gauches et � un syndrome somatoforme douloureux. L'expert a relev� que les douleurs au genou et au coude gauches ainsi que le syndrome somatoforme douloureux �taient � rattacher � l'accident. Il a indiqu� que cette derni�re affection �tait vraisemblablement l'expression d'un syndrome post-contusionnel que l'on rencontre dans des accidents v�cus comme graves avec imminence de la mort, ce qui avait �t� le cas chez J.________ (rapport du 13 septembre 2001). De sa propre initiative, l'assur� s'est soumis � des IRM du genou gauche, du coude gauche, de la colonne lombaire, des hanches et de la cheville droite. Les r�sultats de ces investigations ont �t� soumis au docteur R.________, lequel a d�pos� deux rapports d'expertise compl�mentaires, le 29 octobre 2001 et le 26 mars 2002. Dans cette derni�re appr�ciation, le m�decin pr�cit� a estim� qu'aucune affection ost�oarticulaire ne justifiait une incapacit� de travail, en relevant que les effets des troubles somatoformes douloureux sur l'aptitude au travail devraient faire l'objet d'une �valuation par un sp�cialiste et que les lombalgies basses (sans rapport avec l'accident en cause) diminuaient en revanche cette capacit� de plus de 50 %.
Dans le cadre de l'instruction de l'opposition, la Vaudoise Assurances a encore recueilli divers �l�ments relatifs � la demande de prestations de l'assurance-invalidit� d�pos�e par J.________ le 29 septembre 2000. A ainsi �t� ainsi vers� au dossier en particulier un rapport du 8 janvier 2002 du docteur G.________, du service de rhumatologie, m�decine physique et r�habilitation du Centre T.________. Ce m�decin a retenu comme seul diagnostic ayant une r�percussion sur la capacit� de travail du pr�nomm� un probable stress post-traumatique depuis son accident du 19 janvier 1999; les autres atteintes � la sant� constat�es (troubles statiques et mod�r�ment d�g�n�ratifs rachidiens lombaires, gonarthrose gauche post-traumatique et p�riarthrite scapulo-hum�rale gauche chronique r�cidivante) n'ayant pas d'effet sur cette capacit�. Au vu de ce rapport, l'office AI a soumis l'assur� � l'expertise du docteur C.________, psychiatre et psychoth�rapeute. Ce dernier a retenu les diagnostics de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4, CIM-10), dysthymie (F34.1, CIM-10), majoration des sympt�mes physiques pour des raisons psychologiques (F68.0, CIM-10) et personnalit� parano�aque (F60.0, CIM-10). L'expert psychiatre a estim� que l'int�ress� ne pr�sentait pas d'incapacit� de travail pour des motifs psychiatriques (rapport du 9 octobre 2002).
J.________ a encore d�pos� deux expertises priv�es �manant des docteurs N.________, chirurgien orthop�dique, et A.________, interniste/rhumatologue. En r�sum�, le docteur N.________ a estim� que les atteintes suivantes �taient imputables � l'accident du 19 janvier 1999 : �tat apr�s contusion de l'�paule gauche, SLAP-l�sion type I de l'�paule gauche, �tat apr�s contusion-distorsion du coude gauche avec plaie et bursite ol�cr�nienne gauche, �tat apr�s contusion-distorsion lombaire, syndrome f�moro-rotulien post-traumatique bilat�ral, �tat apr�s distorsion-contusion ant�ro-interne des deux genoux, arthrose f�moro-tibiale interne d�butante bilat�rale, plus prononc�e � gauche, �tat apr�s m�niscectomie partielle interne gauche, �tat apr�s contusion-distorsion de la cheville droite, syndrome d�pressivo-anxieux post-traumatique et �tat apr�s choc psychique traumatique important. Selon le docteur N.________, en raison des affections susmentionn�es, son patient �tait totalement incapable de reprendre son ancienne activit� d'infirmier et aucune perspective professionnelle ne pouvait �tre envisag�e pour lui avant la stabilisation de son �tat psychique et une am�lioration somatique (rapport du 11 novembre 2002).
De son c�t�, le docteur A.________ a consid�r� que les plaintes de l'assur� concernant les genoux, l'�paule gauche, la colonne lombaire, la cheville droite et le coude gauche �taient dues de fa�on certaine � l'accident du 19 janvier 1999. Il a �galement estim� que la capacit� de travail de J.________ �tait nulle dans sa profession d'infirmier, sans exclure la reprise � terme d'une activit� � temps partiel (30 � 40 %) ne n�cessitant pas le port de charges, ni de trop longues marches, avec variation des positions assis/debout (rapport du 9 janvier 2003).
Au regard de cette documentation, la Vaudoise Assurances a voulu soumettre l'assur� � une nouvelle expertise m�dicale confi�e au Centre U.________. J.________ a oppos� un refus � cette d�marche, malgr� la sommation de l'assureur-accidents et l'avertissement qu'il pourrait �tre statu� en l'�tat du dossier.
Le 13 octobre 2003, la Vaudoise Assurances a rejet� l'opposition de l'assur� en consid�rant que les diff�rentes �valuations m�dicales ne concordaient qu'en ce qui concerne l'affection lombaire de l'int�ress� dont les m�decins s'accordent � reconna�tre qu'elle n'�tait plus en relation de causalit� avec l'accident du 19 janvier 1999 douze mois apr�s cet �v�nement. Selon l'assureur-accidents, ces �valuations ne permettent pas de � trancher entre l'hypoth�se d'un trouble somatoforme douloureux sans rapport avec l'accident et des s�quelles de nature authentiquement somatique pr�sent�es comme totalement ou partiellement post-traumatiques par N.________ et A.________ �. La Vaudoise Assurances a estim� que, vu le refus de l'assur� de se soumettre � une nouvelle expertise m�dicale, elle �tait fond�e � consid�rer que la preuve que le cas puisse encore la concerner post�rieurement au 30 avril 2001 n'�tait pas rapport�e � satisfaction.
Par jugement du 27 juillet 2006, le Tribunal des assurances du canton de Vaud a rejet� le recours form� contre la d�cision sur opposition de l'assur�. En bref, les juges cantonaux ont retenu que le cas avait �t� suffisamment instruit par l'assureur, que les troubles de la sant� physique de l'assur� n'�taient plus en relation de causalit� naturelle avec l'accident, plus de deux ans apr�s celui-ci, lequel n'avait pas entra�n� d'incapacit� de travail apr�s le 30 avril 2001, et qu'il n'y avait pas de lien de causalit� ad�quate entre cet �v�nement et les troubles psychiques de l'int�ress�.
J.________ interjette recours contre ce jugement, dont il requiert l'annulation. Il conclut � l'octroi des prestations l�gales pour les suites de l'�v�nement du 19 janvier 1999 post�rieurement au 30 avril 2001.
La Vaudoise Assurances propose le rejet du recours, tandis que l'Office f�d�ral de la sant� publique a renonc� � se d�terminer.
La loi f�d�rale sur le Tribunal f�d�ral du 17 juin 2005 (LTF ; RS 173.110) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2007 (RO 2006 1205). L'acte attaqu� ayant �t� rendu avant cette date, la proc�dure reste r�gie par l'OJ (art. 132 al. 1 LTF ; ATF 132 V 393 consid. 1.2, p. 395).
Le pr�sent litige porte sur le point de savoir, si l'intim�e �tait fond�e � supprimer au 30 avril 2001 le droit du recourant � des prestations pour les suites de l'accident du 19 janvier 1999.
Le jugement entrepris expose de mani�re exacte et compl�te les dispositions l�gales et les principes jurisprudentiels relatifs � la n�cessit� d'une atteinte � la sant�, physique ou psychique, et d'un rapport de causalit� naturelle et ad�quate entre celle-ci et un accident pour que l'assureur-accidents soit tenu � fournir des prestations (v. jugement attaqu�, consid. 4 et 8). Il suffit donc d'y renvoyer.
On rappellera encore que, dans le contexte de la suppression du droit � des prestations, la r�gle selon laquelle le fardeau de la preuve appartient � la partie qui invoque la suppression du droit (RAMA 2000 n� U 363 p. 46 consid. 2, arr�t du 9 septembre 1999, U 355/98) entre seulement en consid�ration s'il n'est pas possible, dans les limites du principe inquisitoire, d'�tablir sur la base d'une appr�ciation des preuves un �tat de fait qui au degr� de vraisemblance pr�pond�rante corresponde � la r�alit� (ATF 117 V 261 consid. 3b p. 264). La preuve de la disparition du lien de causalit� naturelle ne doit pas �tre apport�e par la preuve de facteurs �trangers � l'accident. Il est encore moins question d'exiger de l'assureur-accidents la preuve n�gative qu'aucune atteinte � la sant� ne subsiste plus ou que la personne assur�e est dor�navant en parfaite sant�. Est seul d�cisif le point de savoir si les causes accidentelles d'une atteinte � la sant� ne jouent plus de r�le et doivent ainsi �tre consid�r�es comme ayant disparu (arr�ts du 10 mai 2007, U 172/06 consid. 6.2 et du 15 novembre 2006, U 151/06 consid. 2.2 in fine et les arr�ts cit�s).
4.1 Dans le domaine des assurances sociales notamment, la proc�dure est r�gie par le principe inquisitoire, selon lequel les faits pertinents de la cause doivent �tre constat�s d'office par le juge. Mais ce principe n'est pas absolu. Sa port�e est restreinte par le devoir des parties de collaborer � l'instruction de l'affaire. Celui-ci comprend en particulier l'obligation des parties d'apporter, dans la mesure o� cela peut �tre raisonnablement exig� d'elles, les preuves command�es par la nature du litige et des faits invoqu�s, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les cons�quences de l'absence de preuves (art. 43 et 61 let. c LPGA; ATF 125 V 193 consid. 2 p. 195 et les r�f�rences; cf. ATF 130 I 180 consid. 3.2 p. 183 sv.).
4.2 Aux termes de l'art. 43 LPGA, l'assur� doit se soumettre � des examens m�dicaux ou techniques si ceux-ci sont n�cessaires � l'appr�ciation du cas et qu'ils peuvent �tre raisonnablement exig�s (al. 2). Si l'assur� ou d'autres requ�rants refusent de mani�re inexcusable de se conformer � leur obligation de renseigner ou de collaborer � l'instruction, l'assureur peut se prononcer en l'�tat du dossier ou clore l'instruction et d�cider de ne pas entrer en mati�re; il doit leur avoir adress� une mise en demeure �crite les avertissant des cons�quences juridiques et leur impartissant un d�lai de r�flexion convenable (al. 3).
Selon les circonstances, l'assureur social qui se heurte � un refus de collaborer d'une partie peut, apr�s lui avoir imparti un d�lai pour respecter ses obligations et l'avoir avertie des cons�quences de son attitude, se prononcer en l'�tat du dossier. Le cas �ch�ant, il peut rejeter la demande pr�sent�e par cette partie en consid�rant que les faits dont elle entendait tirer un droit ne sont pas d�montr�s. Au lieu de se prononcer sur le fond, en l'�tat du dossier, l'assureur peut �galement, selon les circonstances, rendre une d�cision d'irrecevabilit� de la demande dont il est saisi. Il ne doit cependant faire usage de cette possibilit� qu'avec la plus grande retenue, autrement dit lorsque un examen sur le fond n'est pas possible sur la base du dossier (art 43 al. 3 LPGA; cf. ATF 108 V 229 consid. 2 p. 230; voir �galement, Ueli Kieser, ATSG-Kommentar : Kommentar zum Bundesgesetz �ber den Allgemeinen Teil des Sozialversicherungsrechts vom 6. Oktober 2000, Zurich 2003, n. 41 ad art. 43; K�lz/H�ner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2�me �dition 1998, ch. 275; Ueli Kieser, Das Verwaltungsverfahren in der Sozialversicherung, Zurich 1999, no 229, p. 108 s.; Alfred Maurer, Schweizerisches Unfallversicherungsrecht, p. 256; Gabriela Riemer-Kafka, Die Pflicht zur Selbstverantwortung, Fribourg 1999, p. 210). Mais l'assureur ne peut se prononcer en l'�tat du dossier ou refuser d'entrer en mati�re que s'il ne lui est pas possible d'�lucider les faits sans difficult�s ni complications sp�ciales, malgr� l'absence de collaboration de l'assur� (ATF 108 V 229 consid. 2 p. 230; 97 V 173 consid. 3 p. 176; voir �galement sur ces questions et notamment sur le pouvoir du juge le consid. 3.1 de l''arr�t du 6 juillet 2007, U 316/06).
4.3 Dans la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral, sans en faire la proposition formelle, le recourant se d�clare dispos� � se soumettre � une expertise m�dicale pluridisciplinaire ordonn�e par le juge, all�guant avoir refus� de se soumettre � une telle mesure d'instruction lorsqu'elle fut ordonn�e par l'assureur parce qu'il avait perdu toute confiance en ce dernier. Un tel motif ne saurait rendre excusable le refus de se soumettre � une expertise m�dicale n�cessaire � l'appr�ciation du cas, les parties pouvant faire valoir au besoin, aupr�s de tout assureur, des raisons pertinentes de r�cusation de l'expert et pr�senter des contre-propositions (art. 44 LPGA). Il �tait donc loisible � l'intim�e de statuer en l'�tat du dossier.
En l'occurrence, les juges cantonaux ont estim� que la cause avait �t� suffisamment instruite par l'assureur-accidents et qu'une nouvelle expertise m�dicale ne se justifiait pas. Alors que, dans la d�cision sur opposition du 13 octobre 2003, l'intim�e a consid�r� que les diff�rentes �valuations au dossier ne concordaient que sur l'absence de lien de causalit� entre l'accident et l'affection lombaire du recourant apr�s un certain d�lai, la cour cantonale a retenu que les diff�rents avis m�dicaux en question ne divergeaient que sur l'appr�ciation de diagnostics similaires et que, au 30 avril 2001, les troubles � la sant� du recourant n'�taient plus en relation de causalit� naturelle avec l'�v�nement accidentel.
Le recourant remet en cause cette appr�ciation, essentiellement en critiquant l'expertise du docteur B.________.
5.1 Dans son expertise du 8 mai 2001, le docteur B.________ a retenu les diagnostics suivants: contusion-distorsion du genou gauche avec l�sion m�niscale interne trait�e et stabilis�e, insertionite du p�le sup�rieur et inf�rieur de la rotule et sur la face interne du genou gauche, �trang�re � l'accident, tendinite du sus-�pineux � l'�paule gauche avec syndrome d'impingment sous-acromial de l'�paule gauche, �trang�re � l'accident, contusion de la colonne lombaire, gu�rie, lombalgies sur discopathie L5-S1 et insertionite � la cr�te iliaque post�ro-sup�rieure gauche, �trang�re � l'accident et troubles somatoformes douloureux et persistants. A propos de chacune de ces affections, l'expert s'est prononc� de fa�on circonstanci�e sur son lien de causalit� naturelle avec l'accident du 19 janvier 1999. A la question de savoir si des facteurs �trangers � celui-ci influen�aient la gu�rison, le docteur B.________ a r�pondu :
� Normalement, on devait s'attendre � une gu�rison compl�te en un d�lai relativement court de un � deux mois de contusions multiples. Mais il a �t� constat� une l�sion m�niscale que l'on peut mettre en rapport avec l'accident, mais en plus des douleurs inexplicables au genou gauche, puis des douleurs au genou droit de caract�re semblable que l'on ne peut pas mettre en rapport avec une pathologie suite � l'accident. Enfin, toute une s�rie de sympt�mes douloureux se sont ajout�s avec des lombalgies, des douleurs au coude gauche, des douleurs � l'�paule gauche et des douleurs � la cheville droite qui n'ont pas de rapport avec l'accident. Tout cela fait penser � des troubles somatoformes douloureux persistants qui n'ont pas de corr�lation naturelle avec l'accident �.
Selon le docteur B.________, seules les plaintes de l'int�ress� qui concernent son genou gauche peuvent, de fa�on possible, �tre encore mises en relation avec l'accident au moment de l'expertise. En outre, l'expert susmentionn� s'est dit dans l'impossibilit� de se prononcer pr�cis�ment sur la dur�e de l'incapacit� de travail imputable � l'�v�nement accidentel et sur les soins n�cessit�s par les suites de celui-ci, en motivant son appr�ciation comme suit:
� En effet, ce patient a eu diverses contusions dont l'effet � mettre sur le compte de l'accident diminue progressivement avec le temps alors que les manifestations �trang�res � l'accident prennent progressivement plus d'importance. C'est pourquoi je pense qu'un d�lai raisonnable devrait �tre fix� � la date de mon expertise qui est une mise au point ponctuelle � (rapport compl�mentaire du 5 juin 2001).
Toutes les consid�rations qui pr�c�dent d�coulent d'une �tude circonstanci�e des points litigieux et des pi�ces du dossier, apr�s examen de la personne du recourant et en tenant compte de ses plaintes. Le rapport du docteur B.________ comporte en outre une description du contexte m�dical et une appr�ciation de la situation m�dicales claires. Ses conclusions et celles de son compl�ment sont d�ment motiv�es. Par cons�quent, elles remplissent toutes les conditions pos�es par la jurisprudence pour que leur soit reconnue, en principe, pleine valeur probante (v. ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352).
5.2 Au terme de l'expertise effectu�e � la demande de la Vaudoise Assurances (et qui a donn� lieu � trois rapports), le docteur R.________ a corrobor� en fin de compte les conclusions de l'expert B.________, sous r�serve du lien de causalit� naturelle entre l'accident du 19 janvier 1999 et les troubles somatoformes douloureux d�cel�s chez l'assur�. Le docteur R.________ a en effet conclu :
� On peut effectivement et tout logiquement rattacher � l'accident du 19 janvier 99 l'ensemble des douleurs sur contusions multiples, comme l'a fait le docteur E.________ dans son rapport du 13 avril 1999 qui mentionne des douleurs r�siduelles du coude gauche, du genou gauche et du bassin, en fait de l'h�micorps gauche. Il faut se rappeler que si cet accident a �t� v�cu comme dramatique avec sensation imminente de mort, il n'y a eu que des contusions qui n'ont pas n�cessit� d'hospitalisation. On peut consid�rer que les douleurs post-traumatiques dues aux contusions ont progressivement disparu et qu'il persiste de cet accident un syndrome somatoforme douloureux sans origine organique, sans corr�lation avec des �l�ments cliniques objectifs et qui est une psychosomatisation (douleurs r�elles d'origine psychologique).
En rapport avec l'accident, nous n'avons aucun argument ost�oarticulaire qui puisse expliquer l'incapacit� de travail. Les troubles somatoformes douloureux qui sont incontestablement post-traumatiques ne sont justiciables d'une incapacit� de travail que s'il existe une co-morbidit� psychiatrique � faire appr�cier par un sp�cialiste. (...)
Je r�it�re en revanche mon appr�ciation d'une incapacit� de travail sup�rieure � 50 % pour lombalgies basses (sans rapport avec l'accident) dans son activit� d'infirmier en soins intensifs alors qu'il n'y a aucune incapacit� de travail dans une activit� adapt�e, comme par exemple infirmier dans une consultation de policlinique o� les efforts sont relativement mineurs �. (rapport compl�mentaire du 26 mars 2002).
5.3 Le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant (CIM-10: F45.4) - lequel rel�ve de la psychiatrie (ATF 130 V 352 consid. 2.2.2 p. 353) - a �t� formellement pos� chez le recourant par l'expert C.________, sp�cialiste de cette branche de la science m�dicale, dans son rapport � l'intention de l'assurance-invalidit� du 9 octobre 2002. Ce dernier expert n'a toutefois pas retenu l'accident du 19 janvier 1999 parmi les causes possibles de ce trouble. Il a en effet relev� que le recourant avait, apr�s cet �v�nement, d'abord mis en place des m�canismes de r�paration et d'adaptation et que le processus d'accentuation ainsi que de g�n�ralisation s'�tait mis en route ult�rieurement. Le docteur C.________ a estim� que J.________ �tait, du point de vue psychique, apte � exercer normalement sa profession d'infirmier.
5.4 Le rapport m�dical tr�s succinct du docteur G.________ du 8 janvier 2002 adress� � l'Office AI ne permet pas de mettre en doute les conclusions des experts pr�cit�s, d�s lors que ce m�decin fait �tat, sans motivation, d'une gonarthrose gauche post-traumatique et qu'il ne se prononce pas sur l'origine des atteintes � la sant� constat�es chez le recourant. Ce dernier point fera l'objet plus loin d'un examen particulier (v. consid�rant 5.7 ci-apr�s).
5.5 Le docteur N.________, expert priv� d�sign� par le recourant, a ni� que l'�tat douloureux ne soit d� qu'aux s�quelles psychiques de l'accident (rapport du 11 novembre 2002). Dans son rapport compl�mentaire du 27 octobre 2003, il a pr�cis� qu'il n'est pas pensable de refuser ou de poursuivre un traitement organique (par exemple de l'�paule ou des genoux) sans �lucider l'�tat et les diagnostics psychiques et qu'un traitement psychiatrique devrait suivre selon les constatations psychiatriques, ajoutant :
� Suivant l'�volution psychique, on devra d�terminer si les douleurs ont toujours une racine organique nette, susceptible d'�tre trait�e par des mesures de la m�decine organique.
En d'autres termes: un traitement psychiatrique peut diminuer les douleurs d'aspect somatique autant que leur base est essentiellement psychique. Comme r�sultat de cette soustraction peuvent rester des douleurs organiques minimes ne n�cessitant aucun traitement organique ou des douleurs importantes, n�cessitant des traitements physiques appropri�s �.
D�s lors que le sp�cialiste en chirurgie orthop�dique mandat� par le recourant reconna�t la pr��minence des troubles psychiques et que, pour sa part, l'expert psychiatre a retenu le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant, on ne saurait d�duire des conclusions du docteur N.________ la n�cessit� de poursuivre un traitement physique au-del� de l'�ch�ance fix�e par l'intim�e.
5.6 Selon le docteur A.________, interniste/rhumatologue et expert priv�, tous les troubles aux genoux, � l'�paule gauche, � la colonne lombaire � la cheville droite et au coude gauche sont, de mani�re certaine, imputables � l'accident. De plus, ce m�decin estime qu'il est incorrect de parler, dans ce cas, de troubles somatoformes douloureux (rapport du 9 janvier 2003). Cet avis ne saurait �tre d�terminant au motif, d�j�, que le docteur A.________ n'a pas eu connaissance de l'expertise du psychiatre C.________. Par ailleurs, l'appr�ciation du docteur A.________ n'est corrobor�e par aucun autre avis m�dical.
5.7 Dans le recours de droit administratif, J.________ fait grief � l'expert B.________ d'avoir �cart� le diagnostic de gonarthrose pour son genou gauche, alors que le docteur P.________, m�decin-conseil de l'intim�e, comme d'autres sp�cialistes, l'a retenu. Ces divergences ne sont toutefois pas d�terminantes car l'origine traumatique des douleurs persistantes au genou gauche dont souffre le pr�nomm� n'est pas �tablie � un degr� de vraisemblance suffisant.
En effet, tant le docteur R.________ (rapport du 26 mars 2002) que le docteur N.________ (rapport du 11 novembre 2002) ont relev� que l'usure du cartilage f�moro-tibial, constat�e chez le recourant aux deux genoux, est souvent d'origine d�g�n�rative ou maladive. Le premier de ces m�decins a �cart� l'origine traumatique de la l�sion au regard de sa bilat�ralit�. Le second l'a retenue en indiquant pour seul motif de cette option qu'il serait judicieux de la reconna�tre. Quant au docteur A.________, il consid�re que les images IRM des genoux sont compatibles avec des contusions des plateaux tibiaux internes, en relevant que la m�niscectomie, m�me partielle, peut entra�ner une gonarthrose secondaire par usure acc�l�r�e du cartilage (rapport du 9 janvier 2003). La relation entre un traumatisme et l'atteinte � la sant� n'est donc ici que possible.
5.8 Une l�sion SLAP (superior ligament anteposterior) de type I � l'�paule gauche du recourant a �t� �voqu�e par les docteurs N.________ et A.________.
Ces deux m�decins se fondent sur un consilium du docteur D.________ du 26 septembre 2002 selon lequel les douleurs de l'int�ress� sont attribu�es � une telle l�sion et qui propose une arthroscopie diagnostique (v. rapport du docteur A.________ du 9 janvier 2003). Le docteur N.________ a indiqu� dans son rapport du 11 novembre 2002 que, lors de l'accident du 19 janvier 1999, une contusion-distorsion de l'�paule gauche du recourant avait certainement eu lieu, relevant que les douleurs gu�rissent apr�s quelques mois et qu'elles n'�taient pas ou peu pr�sentes initialement, ne s'aggravant qu'en juin 2000, lors de la cure subie par l'int�ress� � W.________. Soulignant que � la symptomatologie clinique est similaire pour un conflit sous-acromial du tendon sus-�pineux et pour une l�sion SLAP �, le docteur N.________ a estim� qu'une telle l�sion �tait tr�s probable en l'occurrence. Il a pr�cis� qu'une l�sion SLAP de type I est susceptible de gu�rir sans op�ration et il a n�anmoins envisag� l'�ventualit� d'une arthroscopie permettant une documentation (photographie) de cette affection et son traitement par r�section de fibres d�g�n�r�es selon l'�volution. C'est donc principalement une intervention diagnostique qui est propos�e � titre �ventuel. Sur ce point �galement la vraisemblance d'un lien entre l'atteinte � la sant� et l'�v�nement accidentel n'atteint pas un degr� suffisant.
Au surplus, le recourant n'�mettant plus de plainte ni de grief � ce sujet devant le Tribunal f�d�ral, cette �ventuelle l�sion ne semble plus source de litige.
5.9 Dans ces conditions, l'intim�e �tait habilit�e � mettre fin � ses prestations au 30 avril 2001 en ce qui concerne les atteintes � la sant� physique du recourant. Cela �tant, il reste � examiner si l'assureur-accidents demeure tenu de prester au-del� de cette �ch�ance en raison d'une atteinte � la sant� psychique de son assur�.
Au vu des conclusions de l'expertise du docteur C.________, qui ne sont pas contest�es en tant que telles, le lien de causalit� naturelle entre les troubles diagnostiqu�s chez le recourant et l'accident qu'il a subi le 19 janvier 1999 ne peut pas �tre reconnu (v. consid�rant 5.3 ci-dessus). L'expert psychiatre n'a en effet envisag� comme causes de ces affections que la personnalit� de l'expertis�, la maladie grave dont l'�pouse de ce dernier a �t� atteinte, la pression intra-familiale ou le processus engendr� et entretenu par l'int�ress� lui-m�me. La responsabilit� de l'assureur-accidents pour ces troubles est donc exclue.
Au demeurant, pour les motifs pertinents bri�vement indiqu�s dans le jugement attaqu� (consid�rant 8), le lien de causalit� ad�quate entre l'�v�nement accidentel et lesdits troubles n'est pas �tabli non plus.
Mal fond�, le recours doit �tre rejet�. Vu la nature du litige, la proc�dure est gratuite (art. 134 OJ).
Il n'est pas pr�lev� de frais de justice.