Source: http://www.invs.sante.fr/beh/2014/reco/2014_reco_1.html
Timestamp: 2016-06-27 05:48:27+00:00
Document Index: 314922034

Matched Legal Cases: ['arte 1', 'arte 2', 'arte 2', 'arte 3', 'arte 3', 'arte 4', '§ 2', '§ 2', '§ 10', '§ 5', '§ 12', '§ 10', 'arte 1']

// Health recommendations for travellers, 2014 (for health professionals)
Avis du Haut Conseil de la santé publique du 28 avril 2014
1.11 Rotavirus
1.12 Rougeole
1.13 Tuberculose
3.1.2 Moustiques qui piquent plutôt le jour et peuvent transmettre des arboviroses comme la dengue et le chikungunya et des filarioses
8. Risques liés aux soins
8.1 Risques liés à des injections ou des actes invasifs
8.2 Risques liés à une hospitalisation
9. Risques liés aux pratiques de tatouages et de piercing
10. Précautions en fonction des personnes
10.1 Enfants
10.2. Femmes enceintes
10.3. Personnes âgées
10.4. Personnes atteintes d’affections chroniques
10.5 Personnes vivant avec le VIH et personnes immunodéprimées
10.6 Personnes se rendant à un grand rassemblement type pèlerinage en Arabie Saoudite (Hadj et Umra)
10.6.1 Mesures préventives d’ordre général
10.6.2 Vaccinations
11. Trousse à pharmacie
12. Aspects administratifs
12.1 Prise en charge médicale, assistance et rapatriement
12.1.1 Assurance maladie
12.1.2 Assistance rapatriement
12.1.3 Réserve de médicaments pour long séjour
12.2 Dossier médical
13. Retour de voyage et santé publique : reconnaitre les situations à risque et savoir alerter
13.1 Infections respiratoires émergentes
13.1.1 Grippes aviaires
13.1.2 Grippe humaine saisonnière
13.1.3 Coronavirus, SRAS et MERS-CoV
13.2 BMR et BHRe
13.2.1 Entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC)
13.2.2 Entérocoques : Enterococcusfaecium résistant aux glycopeptides (ERG)
13.3 Tuberculoses résistantes
13.4 Arboviroses : chikungunya, dengue, zika
13.4.1 Chikungunya & Dengue
13.4.2 Zika
13.5 Fièvre hémorragique virale Ebola
13.6 Rage
13.7 Punaises de lit
Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2014 (à l’attention des professionnels de santé).
Ces recommandations ont été élaborées par le Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation (CMVI) et approuvées par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) lors de la séance du 28 avril 2014 de la Commission spécialisée maladies transmissibles. Elles tiennent compte des données du Centre national de référence (CNR) du paludisme, du CNR des arboviroses, de l’Institut de veille sanitaire (InVS), et de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) pour les vaccins et médicaments.
La mise à jour des vaccinations recommandées en France dans le calendrier vaccinal 1, que ce soit pour les adultes ou les enfants, est la première étape de ce programme, sachant que certaines des infections visées peuvent être endémiques dans le pays de destination. Cette mise à jour est particulièrement importante pour la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, ainsi que contre la rougeole.
La vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est pas recommandée systématiquement pour tous les voyageurs qui se rendent en Asie ou en Océanie 2 ;
Les adultes à risque continu d'infection par le virus de l'encéphalite japonaise doivent recevoir une injection de rappel 12 mois après la primo-vaccination.
Le vaccin de l’encéphalite japonaise utilisé en France est produit à partir d’un virus inactivé. Ce vaccin est disponible uniquement dans les Centres de vaccination anti-amarile désignés par les Agences régionales de santé 3.
Carte 1 : Transmission aux populations locales du virus de l’encéphalite japonaise (données établies le 1er avril 2013, valables au 1er juin 2014)
La vaccination contre l’encéphalite à tiques est recommandée pour les voyageurs devant séjourner en zone rurale ou boisée dans les régions d’endémie (Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l’Asie centrale, nord de la Chine, nord du Japon) du printemps à l’automne 4 (Carte 2).
Carte 2 : Zones de circulation du virus de l’encéphalite à tiques et des tiques vectrices (données valables au 1er juin 2014)
La vaccination contre la fièvre jaune est indispensable pour un séjour dans une zone endémique des régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud (Carte 3), même en l’absence d’obligation administrative.
Cette vaccination est obligatoire pour les résidents du département de la Guyane. Le vaccin de la fièvre jaune (ou vaccin amaril) est disponible uniquement dans les Centres de vaccination anti-amarile désignés par les Agences régionales de santé 3.
Carte 3 : Pays ou zones où la vaccination anti-amarile est recommandée (données 2011, valables au 1er juin 2014)
La vaccination est recommandée à partir de l’âge de 9 mois pour les enfants se rendant dans une zone à risque. Exceptionnellement, elle peut être effectuée dès l’âge de 6 mois, si le nourrisson doit séjourner en milieu rural ou en forêt, ou si une épidémie sévit dans la région visitée.
Le don de sang doit être suspendu pendant la phase de virémie post-vaccinale ; il peut être repris quatre semaines après l'administration du vaccin.
Le vaccin amaril est en principe contre-indiqué en cas de déficit immunitaire congénital ou acquis. Il peut toutefois être administré dans certains cas (Tableau 1).
En revanche, les personnes dont le thymus a été irradié indirectement lors du traitement d’une autre maladie (en particulier cancer du sein), peuvent être vaccinées contre la fièvre jaune 5.
Si nécessaire, un certificat de contre-indication à la vaccination anti-amarile (4) peut être délivré par le médecin d'un Centre de vaccination anti-amarile ou par le médecin traitant (5).
Tableau 1 : Recommandations pour la vaccination contre la fièvre jaune chez les personnes immunodéprimées ou aspléniques, 2014
La vaccination contre la fièvre typhoïde est recommandée pour les voyageurs devant effectuer un séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions, dans des pays où l’hygiène est précaire et la maladie endémique, particulièrement dans le sous-continent indien (Carte 4). Quand le stock de vaccin est limité, son usage est provisoirement réservé aux Centres de vaccination anti-amarile désignés par les Agences régionales de santé 3.
La vaccination est recommandée à partir de l’âge de 1 an 8 pour tous les voyageurs devant séjourner dans un pays où l’hygiène est précaire, quelles que soient les conditions du séjour. Elle est particulièrement recommandée chez les personnes souffrant d’une maladie chronique du foie ou de mucoviscidose.
Cette vaccination est recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du virus 1. La recherche d’une infection occulte par le virus de l’hépatite B devrait être proposée avant la vaccination chez les personnes appartenant à des groupes à risque d’hépatite B : personnes originaires de pays où la prévalence de l’Ag HBs est supérieure à 2%, comportements sexuels à risque, entourage familial de porteurs de l’Ag HBs, usagers de drogue intraveineuse 9.
Chez l’adulte, si une immunisation rapide est nécessaire, un schéma adapté incluant trois injections rapprochées sur 21 jours (J0-J7-J21 avec EngerixB20®, J0-J10-J21 avec GenhevacB Pasteur®) et une 4e injection 1 an plus tard doit être proposé.
La vaccination contre les infections invasives à méningocoques est recommandée :
aux personnes se rendant dans une zone d’endémie, notamment la « ceinture de la méningite » en Afrique subsaharienne : zones de savane et Sahel, d’ouest en est, du Sénégal à l’Éthiopie, au moment de la saison sèche, favorable à la transmission du méningocoque (habituellement hiver et printemps) ou dans toute autre zone où sévit une épidémie, dans des conditions de contact étroit et prolongé avec la population locale :
pour les nourrissons âgés de 2 à 12 mois, en cas d’épidémie due au méningocoque de sérogroupe C : avec le vaccin méningococcique C conjugué ;
Une injection pour tous les vaccins et pour les adultes au moins 10 jours avant le départ. Pour les nourrissons, se référer au tableau 3.
Il existe également un vaccin exclusivement protéique, dont les indications ne concernent pas spécifiquement les voyageurs (cf. avis du Haut Conseil de la santé publique relatif à l’utilisation du vaccin Bexsero®)*.
Tableau 2 : Vaccins contre les méningocoques disponibles en France en 2014
Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès qu’ils marchent. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure et/ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure...).
Il n’y a pas de rappels systématiques à prévoir en pré-exposition pour les voyageurs ayant complété cette série primaire d’injections mais, en cas d’exposition avérée ou suspectée, deux injections de rappel espacées de 3 jours devront être faites impérativement et le plus tôt possible 10.
Le risque pour un nourrisson voyageur âgé de moins de 6 mois de contracter une gastro-entérite aiguë à rotavirus étant important, la vaccination orale contre le rotavirus est recommandée dans cette tranche d’âge. Une information sur le risque d’invagination intestinale aiguë post-vaccinale doit être fournie aux parents. Ce vaccin peut être administré avec les autres vaccinations du nourrisson.
Rotavirus – Schéma vaccinal
Deux prises orales à 2 et 3 mois de vie (vaccin monovalent) ou trois prises orales à 2, 3 et 4 mois de vie (vaccin pentavalent).
Les vaccins contre les infections à rotavirus sont produits à partir de virus vivants.
Pour les personnes nées avant 1980, sans antécédent de rougeole ou de vaccination complète et se rendant dans un pays de circulation virale intense, l’administration d’une dose de vaccin peut se discuter.
La vaccination par le BCG est recommandée pour les enfants dès la naissance, en cas de séjours fréquents ou supérieurs à un mois dans les pays à forte incidence tuberculeuse. Elle peut être réalisée jusqu'à l'âge de 15 ans.
les pays d’Europe Centrale et de l’Est y compris les pays de l’ex-URSS et, dans l’Union européenne, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal et la Roumanie.
Tous les schémas vaccinaux pour l'enfant et l'adulte sont récapitulés dans les Tableaux 3 et 4 ci-après.
Tableau 3 : Vaccinations de l’enfant, 2014
Tableau 4 : Vaccinations de l’adulte, 2014
Pour plus d'information, consulter la rubrique « Déclarer un effet indésirable » sur le site Internet de l’ANSM : http://ansm.sante.fr.
Pour l’année 2013, un total de 2 171 cas de paludisme a été déclaré au Centre national de référence (CNR) du Paludisme par les correspondants du réseau métropolitain. Aucun cas ne concerne un paludisme autochtone. Le nombre de cas de paludisme d’importation a été estimé à environ 4 100 cas pour l’ensemble de la France métropolitaine (représentativité du réseau 2013 : 52,4%, stable par rapport à 2012). À déclarants constants, une augmentation significative des cas, d’environ 14% par rapport à 2012, est observée. Comme pour les dernières années, les pays de contamination sont toujours majoritairement situés en Afrique subsaharienne (95,9%), les cas surviennent principalement chez des sujets d’origine africaine (80,1%), résidant en France ou arrivant d’Afrique, et ils sont dus en majorité à l’espèce Plasmodium falciparum (88,3%), stable par rapport à 2012.
Après la diminution exceptionnelle des cas observée pour les Comores en 2011 (-80%), le nombre de cas se maintient autour de 50, avec 53 cas rapportés en 2013 (45 en 2012) alors que l’on observe encore cette année une augmentation des cas pour la Côte d’Ivoire (+25 %), dans la continuité de ce qui avait été observé en 2012 (+23 %), et une augmentation très significative pour le Cameroun (+93 %) dont le nombre avait diminué d’environ 50% en 2012. Les cas en provenance du Mali restent stables (+8 %) par rapport à 2012, essentiellement du fait d’une augmentation des cas chez les militaires (39 cas en 2013 versus 0 en 2012). Les cas en provenance de République Centrafricaine diminuent de 23% par rapport à 2012 alors même que les cas chez les militaires sont en très forte augmentation (21 cas en 2013 versus 7 en 2012). Le nombre et la proportion des formes graves 267 (12,6%) sont en augmentation par rapport à l’année 2012 (198 soit 10,7%). Un total de 10 décès est déclaré, soit une létalité de 0,46% sur l’ensemble des cas et de 3,7% sur les formes graves ; ces chiffres sont stables par rapport à ceux de 2012.
Au final, l’année 2013 marque une inflexion par rapport à la tendance à la diminution des cas observée depuis 2000. On observe cette année une stabilisation du nombre de cas en provenance du Mali et une nette diminution des cas en provenance de République Centrafricaine en lien avec les opérations militaires en cours dans ces pays. Concernant les Comores, le nombre de cas se maintient encore cette année à un très faible niveau. Pour les autres pays, les variations observées ne sont pas significatives. L’augmentation de la proportion des sujets d’origine africaine dans la distribution des cas de paludisme persiste. De même, le nombre de cas graves continue d’augmenter sans que l’on observe d’augmentation concomitante de la létalité.
Les données sur l’évolution des chimiorésistances aux antipaludiques en 2012 et 2013 confirment les recommandations faites en 2008 (6). La forte proportion (46,1% en 2012) d’isolats provenant de Madagascar présentant une triple mutation sur le gène de la pfdhfr a incité les autorités sanitaires à inclure Madagascar dans le groupe 3 pour les recommandations de chimioprophylaxie du paludisme, en adéquation avec les recommandations internationales. Cette forte proportion d’isolats présentant une triple mutation sur le gène de la pfdhfr est confirmée en 2013 (33,3%). Les rares cas de chimiorésistance à la méfloquine, et les quelques échecs thérapeutiques à l’atovaquone-proguanil et à l'artéméther-luméfantrine en traitement curatif, incitent à recommander des contrôles post-thérapeutiques tardifs (J28) pour ces médicaments à longue demi-vie d’élimination. Le non-respect des recommandations de prévention est à l’origine de la plupart des cas de paludisme d’importation étudiés.
Un avis émis par le HCSP en février 2013 a recommandé l’artésunate injectable comme traitement de première intention des formes graves du paludisme chez l’enfant et l’adulte 11. Ce traitement est disponible dans le cadre d’une ATU nominative délivrée par l’ANSM.
des zones visitées, classées en pays du groupe 1, 2 ou 3 selon la fréquence des résistances aux médicaments antipaludiques (Tableaux 5 et 6) ;
Tableau 5 : Situation du paludisme et indication de la chimioprophylaxie selon les pays et territoires
Tableau 6 : Pays pour lesquels la situation du paludisme est complexe selon les régions, 2014
Plasmodium vivax (Asie, Amérique, Afrique de l’Est) et Plasmodium ovale (Afrique de l’Ouest) provoquent des accès palustres d’évolution généralement bénigne. La chimioprophylaxie, facultative, prévient l’accès primaire mais pas les rechutes, pouvant survenir dans les deux ou trois années qui suivent l’infection. Seule une cure de primaquine prescrite dès le premier accès préviendra ces rechutes. La primaquine est accessible avec autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative délivrée par l’ANSM sur demande des cliniciens. De rares cas de résistance de Plasmodium vivax à la chloroquine ont été signalés dans quelques pays d’Asie et d’Océanie.
Des cas de paludisme dus à un parasite du singe, Plasmodium knowlesi, ont été signalés assez fréquemment depuis 2004 chez l’homme, dans les zones forestières d’Asie (Bornéo, Malaisie péninsulaire, Philippines (île de Palawan), Singapour, Myanmar, Thaïlande, Cambodge, Vietnam), avec un risque d’accès grave, voire de décès. Douze cas ont été identifiés depuis 2008 chez des voyageurs en Europe (8 dont 1 en France), aux USA, en Australie et en Nouvelle Zélande. Il a été récemment montré que ce plasmodium a une sensibilité réduite à la méfloquine et une sensibilité modérée et variable à la chloroquine.
2.2.2 Schémas prophylactiques (Tableaux 7 et 8)
Chloroquine (Nivaquine® 100 mg et Nivaquine® sirop 25 mg/5 ml) :
Association chloroquine et proguanil :
soit un comprimé de Nivaquine® 100 (chloroquine) et deux comprimés de Paludrine® 100 (proguanil), chaque jour, en une seule prise au cours d’un repas ;
Association atovaquone (250 mg) – proguanil (100 mg) :
pour la femme enceinte, l’association peut être prescrite en cas de séjour inévitable dans les pays des groupes 2 et 3.
Le suivi de grossesses exposées à l’association atovaquone-proguanil est insuffisant à ce stade pour exclure formellement tout risque malformatif ou foetotoxique.
Méfloquine (Lariam® 250 mg) :
pour les enfants, la chimioprophylaxie obéit aux mêmes règles que pour l’adulte, à la dose de 5 mg/kg/semaine. Cependant, le produit n’existe que sous forme de comprimé quadrisécable qui ne permet d’adapter la prophylaxie que chez les sujets de plus de 15 kg. En France, la méfloquine n’a pas d’AMM en chimioprophylaxie du paludisme pour les enfants pesant moins de 15 kg. Cependant, l’OMS permet son utilisation à partir d’un poids de 5 kg et les recommandations américaines de 2014 recommandent une dose de 5 mg/kg/semaine pour un poids ≤ 9 kg et d’un quart de comprimé par semaine pour un poids compris entre 9 et 19 kg.
pour la femme enceinte, la méfloquine peut être prescrite en cas de séjour inévitable en pays de groupe 3 ; l’analyse d’un nombre élevé de grossesses exposées n’a relevé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier dû à ce médicament administré en prophylaxie.
Doxycycline (monohydrate de doxycycline : Doxypalu® comprimés à 50 ou 100 mg, Granudoxy® Gé comprimés sécables à 100 mg ; hyclate de doxycycline : Doxy® Gé 100 et Doxy® Gé 50 comprimés) :
La prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque et à poursuivre quatre semaines après l’avoir quittée. L’observance journalière est impérative, compte-tenu de la courte demi-vie de la molécule dans le sang. En cas de contre-indication et en fonction de la zone d’endémie concernée, les alternatives sont : méfloquine, atovaquone+proguanil, choroquine+proguanil (voir ci-dessus).	Tableau 7 : Chimioprophylaxie antipaludique chez l’adulte selon les groupes de chimiorésistance, 2014
Tableau 8 : Chimioprophylaxie antipaludique chez l’enfant selon les groupes de chimiorésistance, 2014
2.2.3 Chimioprophylaxie selon les zones (Tableaux 5 et 6)
Ce sont des zones où il n’y a pas de paludisme. La chimioprophylaxie est donc inutile. Après les Émirats Arabes Unis en 2007, le Maroc et le Turkménistan ont été déclarés indemnes de paludisme en 2010, l’Arménie et le Kazakhstan en 2012.
association chloroquine-proguanil ;
association atovaquone-proguanil.
méfloquine ;
association atovaquone-proguanil ;
Dans ce groupe, il existe des zones de méfloquinorésistance : Timor Oriental, zones forestières de part et d’autre des frontières de la Thaïlande avec le Cambodge, le Myanmar (ex-Birmanie), le Laos et le sud du Vietnam. Cas particuliers
Courts séjours en zone de faible risque (Tableau 5)
Pour un court séjour (inférieur à sept jours : durée minimum d’incubation du paludisme à P. falciparum) en zone de faible risque de transmission, la chimioprophylaxie n’est pas indispensable à condition de respecter scrupuleusement les règles de protection anti-moustique et d’être en mesure, durant les mois qui suivent le retour, de consulter en urgence en cas de fièvre, en signalant la notion de voyage en zone d’endémie palustre. Variabilité des niveaux de transmission selon les régions des pays
La répartition des zones de résistance de P. falciparum telle qu’indiquée dans le Tableau 5 doit être nuancée en fonction des niveaux de transmission. L’identification du pays de destination est insuffisante ; il faut aussi tenir compte de la région visitée (Tableau 6), des conditions de séjour et de la saison. Par exemple, un séjour en Thaïlande ou au Vietnam mais sans nuitée en zones forestières ou de rizière ne nécessite pas, a priori, de prévention antipaludique.
Zones de transmission sporadique
Il s’agit de pays pour lesquels la transmission est faible et limitée à des zones circonscrites. Il est admissible de ne pas prendre de chimioprophylaxie dans les pays de cette zone, quelle que soit la durée du séjour. Une protection contre les piqûres de moustiques nocturnes est nécessaire. Il est indispensable d’être en mesure, pendant le séjour et dans les mois qui suivent le retour, de consulter en urgence en cas de fièvre.
2.3 Séjours de longue durée (plus de trois mois) 12
Certains professionnels sont amenés à faire des séjours brefs et répétés pendant plusieurs années, voire toute leur carrière (navigants, ingénieurs et techniciens pétroliers ou miniers, commerciaux divers). Dans ces cas, une chimioprophylaxie antipaludique prolongée est inappropriée, voire contre-indiquée. Le médecin du travail de ces entreprises doit jouer un rôle essentiel d’information personnalisée, répétée annuellement, portant sur la prévention des piqûres de moustiques et l’incitation à consulter en urgence un médecin référent en cas de fièvre. La remise d’un document d’information sur les pays à risque, mis à jour tous les ans, s’impose. L’établissement, à l’initiative de la médecine du travail, d’une carte personnelle, nominative, jointe en permanence aux papiers d’identité, indiquant les voyages professionnels répétés en zone tropicale et le risque de paludisme est nécessaire. Cette carte comportera un numéro de téléphone d’urgence d’un contact professionnel capable d’informer sur les déplacements récents. La prescription d’un traitement présomptif (voir ci-dessous § 2.5) est envisageable chez ces personnes.
Un traitement antipaludique sans avis médical pendant le séjour doit rester l’exception et ne s’impose qu’en l’absence de possibilité de prise en charge médicale dans les 12 heures suivant l’apparition de la fièvre. Il doit toujours être l’application de la prescription d’un médecin, consulté avant le départ. La possession d’un médicament destiné à un traitement dit « de réserve » en zone d’endémie palustre peut se justifier lors d’un séjour de plus d’une semaine avec déplacements en zone très isolée, mais aussi dans des circonstances qui incitent, après avis d’un médecin référent, à ne plus poursuivre la chimioprophylaxie antipaludique, telles que les voyages fréquents et répétés (voir ci-dessus § 2.4) ou après six mois d’expatriation. Les tests de diagnostic rapide disponibles sur le marché ne sont pas recommandés pour l’autodiagnostic, plusieurs études ayant montré que la majorité des voyageurs ne sont pas en mesure de conserver ni de réaliser correctement ces tests ou d’en interpréter les résultats. Les molécules utilisables pour ce traitement de réserve sont les associations atovaquone-proguanil, artéméther-luméfantrine ou dihydroartémisinine-pipéraquine, en tenant compte pour cette dernière association du risque d’allongement de l’espace QTc sous traitement (Tableau 9).
Tableau 9 : Traitements curatifs antipaludiques présomptifs envisageables, chez l’adulte en 2014
Si le voyageur est amené à prendre de lui-même un tel traitement, il doit être informé de la nécessité de consulter, de toute façon, un médecin dès que possible. Dans le cas où une consultation médicale et une recherche parasitologique sont possibles dans l’immédiat, mieux vaut y recourir. L’halofantrine (Halfan®) ne doit pas être prescrite dans le cadre de l’auto-traitement par le voyageur d’une fièvre suspectée de cause palustre, en raison de sa cardio-toxicité potentielle.
Compte tenu des risques liés à un mésusage d’un traitement de réserve chez les enfants, il n’est pas recommandé de voyager avec des enfants dans une zone où une consultation médicale serait impossible dans un délai maximal de 12 heures. Un traitement de réserve ne doit jamais être pris au retour en France.
Les risques liés aux insectes et autres arthropodes sont principalement des risques de transmission de maladies parfois très graves, voire mortelles et sont à évaluer en fonction de la destination et des conditions de séjour. De façon générale, pour les voyages vers des destinations à climat chaud ou tropical, il est recommandé de :
se protéger contre les piqûres d’insectes, notamment avec des répulsifs sur les parties non couvertes (cf. Encadré ci-après sur les répulsifs cutanés) ;
Dans les habitations, la climatisation diminue les risques de piqûres ; des insecticides en bombes ou en diffuseurs électriques ainsi que les raquettes électriques pourront être utilisés en mesure d’appoint. À l'extérieur et dans les vérandas, les serpentins fumigènes peuvent constituer des répulsifs efficaces.
Les moustiques sont vecteurs de nombreux pathogènes tels que des virus et des parasites et sont également responsables de fortes nuisances (voir sites du Ministère des Affaires sociales, de la Santé http://www.sante.gouv.fr et de l’Institut de veille sanitaire http://www.invs.sante.fr). Il est donc recommandé de se protéger contre leurs piqûres avec un type de protection adapté au risque (Tableau 10). Il est également recommandé de ne pas favoriser la multiplication des moustiques en laissant de l’eau dans des récipients.
Ces moustiques appartiennent aux genres Anopheles et Culex. Les anophèles piquent habituellement entre le coucher et le lever du soleil et les Culex piquent surtout la nuit. Mais ces comportements ne sont pas toujours aussi stricts. Il est donc recommandé d’éviter les piqûres la nuit et de se protéger le jour. Ces moustiques se rencontrent dans toutes les zones tropicales d’Afrique, d’Amérique et d’Asie et aussi dans des zones plus tempérées notamment aux Etats-Unis, en Asie et parfois en Europe.
Ces moustiques appartiennent au genre Aedes et piquent habituellement le jour. La dengue sévit sur un mode endémo-épidémique sur tous les continents, dans l’ensemble des zones tropicales, mais des épidémies peuvent aussi émerger dans des zones plus tempérées comme à Madère en 2012. Le virus chikungunya est responsable d’épidémies survenant principalement dans le sous-continent indien, en Asie du Sud-est, en Afrique et dans les îles de l’Océan Indien, ainsi que dans les Caraïbes depuis fin 2013.
Les moustiques du genre Aedes transmettent également les filarioses lymphatiques en Océanie. La meilleure protection contre les piqûres de ces moustiques est l’application de répulsifs cutanés sur les parties non couvertes du corps et l’utilisation de vêtements couvrants, voire imprégnés d’insecticides (cf. Encadré ci-après sur les répulsifs cutanés et Tableaux 11 et 12).
Dans la stratégie de protection contre les vecteurs, les répulsifs sont nécessaires en fonction des risques (Tableau 10), de la même façon que l’utilisation de la moustiquaire. La surveillance et l’entretien intra- et péri-domiciliaire contre les gîtes sont également indispensables quand cela est possible. La tenue vestimentaire peut être un complément pour une meilleure protection.
La durée de la protection varie de 4 à 8 heures selon la nature et la concentration de la substance active ainsi que des conditions d’utilisation (sudation, température et humidité ambiantes...).
En cas d'utilisation de crème solaire, l'application de répulsif doit avoir lieu après un délai d'au moins 20 minutes. La crème solaire doit toujours être appliquée avant le répulsif.
Chez l’enfant et la femme enceinte leur utilisation doit respecter un mode d’emploi précis (Tableau 11).
Chez l'enfant, l'application ne doit pas être faite sur les mains.
Enfin, il faut éviter la surinfection des piqûres par grattage, en particulier chez l’enfant, en utilisant si nécessaire (et sur avis médical) un dermocorticoïde associé à un antihistaminique en cas de prurit intense.
Tableau 10 : Efficacité relative des moyens de prévention disponibles contre les piqûres de moustiques, 2014
Tableau 11 : Répulsifs pour la protection contre les piqûres d'arthropodes (hors araignées, scorpions, scolopendres et hyménoptères) : composition, nom commercial, présentation et mode d'utilisation en 2014
Tableau 12 : Liste de produits biocides insecticides pour l'imprégnation des vêtements, tissus ou moustiquaires en 2014
La moustiquaire imprégnée d’insecticide assure la meilleure protection contre les piqûres de moustiques nocturnes par son effet à la fois insecticide et insectifuge. Elle est disponible en pharmacie ou dans des magasins spécialisés. Il est possible d’imprégner soi-même une moustiquaire avec un kit d’imprégnation vendu également en pharmacie. Le produit disponible actuellement est la perméthrine. En cas d’imprégnation par trempage de moustiquaire, la rémanence du produit varie de un à trois mois et ne résiste généralement pas à plus de trois lavages. Il existe maintenant des moustiquaires imprégnées industriellement, dont certaines à longue durée d’efficacité, résistantes à des lavages successifs (Tableau 13).
Pour se protéger des piqûres de moustique en soirée ou en journée, l’usage de répulsifs cutanés est fortement recommandé (cf. Encadré sur les répulsifs cutanés et Tableaux 10 et 11). Les vêtements et les toiles de tente peuvent également être imprégnés par spray ou trempage dans la perméthrine, disponible en pharmacie ou dans les magasins spécialisés du voyage (Tableau 12).
Pour les enfants avant l’âge de la marche, l’utilisation de moustiquaires, de préférence imprégnées d’un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, sur les berceaux et les poussettes, reste la méthode la plus efficace (Tableau 13).
Tableau 13 : Liste de moustiquaires pré-imprégnées d'insecticide, 2014
les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide 13.
Les risques liés aux insectes piqueurs autres que les moustiques, sont également à prendre en compte pour toutes les destinations. Ces risques sont particulièrement importants pour des séjours en zone rurale et/ou dans des conditions de confort sommaire. Les insectes vecteurs de maladies, leurs zones de risques et les protections adaptées sont reportés dans le Tableau 14. Le voyageur devra se garder de ramener chez lui des punaises de lit, insecte susceptible de voyager dans les bagages, et nuisance ré-émergente dans le monde.
Tableau 14 : Insectes piqueurs autres que les moustiques, maladies transmises et prévention
Les tiques sont des arthropodes hématophages qui absorbent le sang de leurs hôtes et peuvent transmettre des virus et bactéries responsables de maladies telles que les borrélioses (la maladie de Lyme 14 en Europe et en Amérique du Nord), des encéphalites, des fièvres hémorragiques et certaines rickettsioses.
Les tiques s’accrochent sur un hôte de passage (animal ou être humain) qui circule dans leur milieu naturel. Il est donc impératif, après toute promenade en milieu rural et particulièrement en forêt dans les régions infestées, de bien s’examiner et d’examiner les enfants pour rechercher la présence éventuelle de tiques sur le corps et sur le cuir chevelu afin de les ôter très rapidement. Pour cela, un tire-tique ou une pince à épiler peuvent être utilisés : la tique doit être saisie délicatement et retirée sans forcer en lui imprimant un mouvement de rotation, afin d’éviter que son appareil buccal ne se casse dans la plaie ; cette plaie doit ensuite être désinfectée.
Les risques liés aux autres arthropodes piqueurs tels que les araignées, les scolopendres, les scorpions, et à certains insectes sociaux (guêpes, frelons, abeilles...) entrent dans la catégorie des envenimations (manifestations locales et/ou générales induites par la pénétration dans l’organisme d’une substance toxique). Toute piqûre qui entraîne des troubles importants (fièvre, nausées, douleur vive, gonflement, etc.) nécessite une consultation au service des urgences le plus proche si le déplacement est possible, ou l’appel des secours si le déplacement n’est pas possible.
En l’absence de possibilités de consultation rapide et de diagnostic étiologique, une antibiothérapie empirique est indiquée dans les formes moyennes ou sévères, fébriles ou avec selles glairo-sanglantes (syndrome dysentérique). La préférence doit alors être donnée à une fluoroquinolone ou à l’azithromycine (cf. schémas posologiques pour l’adulte et l’enfant dans le Tableau 15) :
Les contre-indications et les précautions d'utilisation doivent être prises en considération notamment en ce qui concerne le risque de tendinopathie (contre-indication en cas d’antécédents de tendinopathies après prise de fluoroquinolones), de photosensibilisation et de neuropathie périphérique. Il est important de sensibiliser les patients à certains effets et de les informer sur les signes d'appel.
L’allaitement est une contre-indication. Les fluoroquinolones sont contre-indiquées pendant toute la durée de la grossesse, à l’exception de la ciprofloxacine qui peut éventuellement être prescrite avec prudence.
Chez l’enfant et l‘adolescent, l’utilisation de fluoroquinolone doit être réservée pour des cas cliniques sévères compte tenu du risque de survenue d’arthropathies graves. Si besoin, il convient alors d’avoir recours à la ciprofloxacine qui est la fluoroquinolone la mieux étudiée en pédiatrie.
L’azithromycine est recommandé (hors AMM) en Asie en première intention plutôt qu’une fluoroquinolone, en raison du niveau de résistance des shigelles, des salmonelles et des Campylobacter, chez l’adulte, l’enfant et l’adolescent.
L’azithromycine chez l’adulte est une alternative en cas de contre-indication aux fluoroquinolones dans les situations où elles seraient justifiées. L’azithromycine est à éviter au premier trimestre de la grossesse par prudence en raison du manque de données.
Chez l’enfant et l’adolescent, l’azithromycine peut être utilisé dans toutes les formes de diarrhée quelle que soit leur sévérité.
Le risque identifié d'allongement de l'intervalle QT sous azithromycine doit être considéré chez les patients à risque d'allongement de l'intervalle QT ou chez ceux qui présentent une maladie cardiaque sous-jacente.
Tableau 15 : Schémas posologiques des antibiotiques * recommandés pour les formes cliniques moyennes ou sévères de diarrhées du voyageur chez l’adulte et chez l’enfant (remarque : la posologie quotidienne de l’enfant ne doit pas dépasser la dose adulte), 2014
Prendre un avis médical spécialisé avant le départ pour les personnes atteintes de certaines affections chroniques (cf. § 10.4).
Prévention des thromboses veineuses profondes liées à un voyage aérien 15
Le transport aérien apparaît comme un facteur de risque faible de thrombose veineuse, multipliant le risque par deux. Certains voyageurs peuvent aussi avoir un facteur de risque indépendant : âge, antécédents de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire (chez le sujet ou chez un parent proche), thrombophilie, contraception œstroprogestative ou œstrogénothérapie de substitution hormonale, obésité, varices, intervention chirurgicale récente concernant notamment l’abdomen, le bassin ou les jambes, tabagisme, grossesse. Les mesures suivantes peuvent être recommandées à titre préventif :
tous les voyageurs doivent s’hydrater régulièrement au cours du vol, bouger fréquemment leurs jambes, se déplacer dans l’avion et suivre les programmes d’exercices, proposés en cours de vol, réalisables sans quitter sa place ;
la présence d’au moins un facteur de risque de thrombose justifie le port d’une contention élastique (mi-cuisse plus confortable que sous le genou) de classe 2 (pression à la cheville de 15 à 30 mmHg), pour tous les voyages de plus de 6 heures ; cette mesure devrait même concerner tous les voyageurs qui ne déambulent pas régulièrement à bord ;
Il ne faut pas voyager en avion dans les 24 h qui suivent une plongée avec bouteille.
(Recommandations de l’Organisation mondiale de la santé) 15.
nourrissons âgés de moins de 48 heures ;
personnes souffrant d’une des maladies suivantes :
La liste ci-dessus n’est pas exhaustive et l’aptitude à voyager doit être décidée au cas par cas.
En croisière de tourisme, plus de la moitié des consultations d’urgence au service médical de bord concernent des personnes âgées de plus de 65 ans ; les problèmes de santé les plus fréquents sont les infections respiratoires, les traumatismes, le mal de mer et les affections gastro-intestinales.
En prévention, les antihistaminiques de première génération (sédatifs) (diménhydrinate, chlorphéniramine) peuvent être utilisés. La scopolamine est plus adaptée mais elle calme les nausées et pas les vomissements, et elle a des contre-indications chez l’adulte et n’est pas bien évaluée en pédiatrie. Le gingembre pourrait être efficace.
La prévention repose sur une ascension progressive et une adaptation à l’altitude de quelques jours, au repos. Le traitement préventif du mal d’altitude est possible ; il est à commencer 2 jours avant l’arrivée en haute altitude et à poursuivre pendant 2 jours après avoir atteint le point culminant. Plusieurs médicaments peuvent être recommandés : acétazolamide, administré en deux prises quotidiennes de 125 mg (chez l’enfant, 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises, maximum 125 mg/prise) en l’absence de contre-indications aux sulfamides, ou dexaméthasone (4 mg deux fois par jour), voire, hors AMM, en particulier pour la prévention de l’œdème pulmonaire, la nifédipine 16.
Quel que soit le lieu de baignade, il existe des risques d’hydrocution et de contracter certaines maladies telles que des gastro-entérites (risque féco-oral), des dermatites, des otites, des conjonctivites ou des infections respiratoires. Il existe, de plus, des risques propres à chaque situation de baignade.
envenimation par contact avec des méduses, des poissons venimeux (poisson-pierre...) ou des coraux.
En eau douce, les baignades exposent à des infections transmises par voie cutanée comme la leptospirose ou la bilharziose.
Le coup de chaleur est la conséquence d’une élévation de la température corporelle centrale dans des conditions climatiques particulières (température extérieure élevée, hygrométrie élevée). Il se traduit par une hyperthermie, d’abord accompagnée de sudation puis sèche, sans sudation, associée à un épuisement. Il se complique de troubles de la conscience et de déshydratation. Le pronostic vital peut être engagé : c’est une urgence médicale. Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement à risque.
bien s’hydrater (boire souvent, prendre des douches...) ;
rester dans des lieux ventilés, voire climatisés ;
Les effets délétères du soleil sont dus aux radiations solaires, dont les UVA et UVB. Les UVB sont principalement responsables de l’érythème solaire, des coups de soleil et des carcinomes spinocellulaires. Les autres effets indésirables des radiations UV sont le vieillissement cutané accéléré, les réactions allergiques, la kératose actinique (considérée comme une lésion pré-cancéreuse), le carcinome basocelullaire et le mélanome.
Les voyageurs les plus exposés aux complications de l’ensoleillement excessif sont les enfants, les personnes aux phototypes clairs (roux, blonds, châtains), les patients prenant des médicaments photosensibilisants et les personnes immunodéprimées. La doxycycline, conseillée en traitement préventif du paludisme, est photosensibilisante. Le risque exact, à doses préventives, est inconnu mais il est recommandé, pour diminuer ce risque, de prendre le médicament le soir au dîner.
éviter les périodes les plus lumineuses (entre 12 h et 16 h) ;
utiliser un écran solaire adapté à son phototype (de roux à noir). Un écran solaire appliqué correctement (2 mg/cm2 de peau exposée) filtrera 93% des rayons UVB, pour un indice de protection solaire de 15, et 98% des UVB pour un indice de 50 17. Appliquer le répulsif après l’écran solaire (cf. chapitre 2 Paludisme).
Concernant les enfants, une vigilance accrue doit être exercée car ils présentent plusieurs facteurs de moindre résistance au froid 18.
À l’exception des animaux répondant aux conditions réglementaires d’importation (espèces dont le commerce est autorisé, statut sanitaire et vaccinal faisant l’objet d’un certificat officiel), l’importation d’animaux domestiques ou sauvages est strictement interdite et peut donner lieu à des sanctions pénales et financières lourdes.
Les animaux venimeux (serpents, autres reptiles, batraciens, poissons, coquillages) provoquent des envenimations secondaires à l'inoculation de toxines présentes dans le venin de ces organismes.
Les lésions causées par morsure ou coup de bec sont les dommages les plus importants causés par les mammifères et les oiseaux, mais de nombreuses zoonoses peuvent également être transmises à l’être humain. Certaines sont graves, d’autres mortelles. La règle générale est de ne pas approcher les animaux, même familiers, même jeunes, même morts, de ne pas les caresser et de consulter rapidement en cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une peau lésée ou une muqueuse.
Dans ce cas, il est important de laver la plaie ou la zone léchée à l'eau et au savon, d'appliquer un antiseptique, puis de contacter les structures médicales locales qui prendront si besoin des mesures de prophylaxie post-exposition.
Une bonne hygiène corporelle est importante : se laver régulièrement à l’eau et au savon et bien se sécher. Apporter un soin particulier en cas de plaie ou de blessure cutanée : laver, couvrir, ne pas laisser macérer ;
Pour l’hépatite B, la vaccination constitue une protection efficace.
Il faut conseiller aux voyageurs ayant eu des conduites sexuelles à risque de consulter au plus tôt, dans les 24 heures suivantes, pour un éventuel traitement post-exposition notamment pour le VIH, dans leur intérêt et celui de leurs partenaires actuels et futurs.
Dans la plupart des pays aux structures sanitaires insuffisantes, les transfusions sanguines représentent un risque majeur de transmission par le sang de pathogènes, notamment les virus des hépatites B et C et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
refuser tout geste pour lequel il n’est pas sûr qu’il sera effectué avec du matériel neuf à usage unique (aiguilles, seringues, aiguilles d’acupuncture) ou soumis préalablement à une stérilisation appropriée ;
Les infections nosocomiales sont particulièrement fréquentes dans les pays en développement et les bactéries en cause souvent multirésistantes : staphylocoques dorés résistant à la méticilline et sécréteurs de la toxine de Panton-Valentine, entérobactéries sécrétrices de bêta-lactamases à spectre étendu, tuberculose MDR (multi-résistante) et XDR (ultra-résistante), entérobactéries sécrétrices de carbapénémases, Acinetobacter baumanii résistant à l’imipénème, Pseudomonas aeruginosa multi-résistant et mycobactéries environnementales.
Tout patient rapatrié sanitaire ou ayant été hospitalisé à l’étranger au cours de l’année précédente doit subir, lors d’une d’hospitalisation en France, un écouvillonnage rectal à la recherche du portage d’une bactérie multirésistante et être éventuellement isolé 19.
La pratique de tatouages et de piercing (dont le perçage des oreilles) représente un risque majeur de transmission par le sang de pathogènes, notamment les virus des hépatites B et C, et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Ils exposent aussi au risque d’infections par des mycobactéries environnementales. Les tatouages éphémères noirs à base de henné exposent à des risques d’eczéma de contact (eczéma allergique) 20.
En ce qui concerne les vaccinations, la prévention du paludisme, la prévention et la prise en charge des diarrhées il faut se reporter aux chapitres 1, 2 et 4, et pour les précautions générales se reporter aux chapitres 5 et 6.
l’exposition au grand froid, les enfants présentant plusieurs facteurs de moindre résistance au froid 18 :
Le volume céphalique proportionnellement plus important chez l’enfant, peut représenter une source importante de perte de chaleur en l’absence de protection. Les gelures chez l’enfant entraînent un risque spécifique de troubles de croissance et de déformations ultérieures par destruction des épiphyses ou des cartilages de croissance 21 ;
une hygiène corporelle rigoureuse, notamment pour le jeune enfant, comprenant une douche quotidienne (avec savonnage), terminée par un séchage soigneux des plis ;
les risques d’accidents domestiques, notamment pour les enfants qui retournent pour les vacances dans le pays d’origine de leur famille. Les parents doivent être particulièrement sensibilisés au risque de brûlure par chute dans un foyer posé à même le sol, et à celui d’ingestion de produits pétroliers ou caustiques, déconditionnés ou stockés à portée des enfants.
10.2 Femmes enceintes
le voyage en avion et notamment le risque particulier de thrombophlébite (cf. § 5.2 Transports aériens). Les longs voyages aériens sont déconseillés en fin de grossesse. La plupart des compagnies aériennes refusent les femmes enceintes au-delà du 7e mois de grossesse, certaines à partir du 6e mois ;
les longs voyages en voiture (état des routes, piste...) ;
les activités physiques inadaptées (trekking, plongée...) ;
10.3 Personnes âgées
L’âge en tant que tel n’est pas une contre-indication aux voyages. Compte tenu de l‘augmentation nette des pathologies chroniques aux environs de 65 ans et des risques liés au voyage, une consultation médicale est recommandée avant le départ afin de faire le point sur la compatibilité entre l’état de santé et le type de voyage.
Dans ces derniers cas, une consultation médicale avec avis spécialisé est nécessaire avant le départ afin de faire le point sur la compatibilité entre l’état de santé et le type de voyage.
10.4 Personnes atteintes d’affections chroniques
Une consultation médicale avec avis spécialisé avant le départ est nécessaire afin de faire le point sur :
la constitution d’un dossier médical de voyage. (cf. § 12.2) ;
Les personnes pour lesquelles une consultation spécialisée est justifiée avant le départ, sont notamment les personnes :
le risque lié à certaines maladies infectieuses chez le sujet porteur du VIH (leishmanioses, salmonelloses, tuberculose, infections dues à des coccidies intestinales, histoplasmoses, et les autres infections fongiques contractées par inhalation, etc.) ;
Les vaccins vivants atténués tel que le vaccin de la fièvre jaune, sont généralement contre-indiqués (cf. Tableau 4). Chez le patient vivant avec le VIH, un nombre de CD4 > 200/mm3 (> 15% chez l’enfant de moins de 5 ans) autorise la vaccination contre la fièvre jaune, mais le délai d’acquisition de l’immunité post-vaccinale semble augmenté et la durée de protection peut être inférieure à 10 ans.
Chez ces patients, le BCG est par ailleurs contre-indiqué quel que soit l’âge et le taux de CD4.
Les vaccins inactivés sont recommandés comme à l’ensemble des voyageurs (cf. HCSP. Vaccination des personnes immunodéprimées ou aspléniques. Recommandations. http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=322).
diminution des concentrations plasmatiques d'atovaquone et de proguanil par l'efavirenz, les associations lopinavir/ritonavir et atazanavir/ritonavir avec donc un risque d'échec des prophylaxies antipaludiques correspondantes dans ces situations 22 ;
Les règles de prévention s’appliquent à tous les grands rassemblements en France ou à l’étranger (pèlerinages, Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), Kumbha Mela...)
des conditions climatiques, surtout lorsque le pèlerinage se déroule pendant les mois d’été ;
des contraintes imposées par le rituel qui entraînent une fatigue pouvant aller jusqu’à l’épuisement.
la décompensation d’affections chroniques pré-existantes (maladies cardio-vasculaires, diabète, HTA, etc.). (cf. § 10.4).
hygiène des mains et hygiène alimentaire (cf. chapitre 4.1) ;
D’autres vaccinations sont exigées pour l’obtention des visas, pour les pèlerins en transit en provenance de pays où il existe un risque de transmission de poliomyélite ou de fièvre jaune. Les dispositions et recommandations sanitaires pour l’obtention des visas sont publiées chaque année par l’OMS dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire : « Dispositions sanitaires pour les voyageurs se rendant en Arabie Saoudite pour le pèlerinage de la Mecque (Hadj) » http://www.who.int/wer/fr/
La vaccination contre les infections à pneumocoques est également recommandée aux pèlerins à risque (âgés de 60 ans et plus, souffrant d'insuffisance respiratoire...).
Des médicaments systémiques :
antihistaminiques dernière génération (antiH1).
produit pour imprégner les vêtements (cf. Tableau 12) ;
moustiquaire imprégnée (si nécessaire) ;
crème écran solaire (index de protection maximal) ;
Pour le voyageur atteint d’une ou plusieurs maladies chroniques :
Il est souhaitable que le voyageur dispose de la totalité de son traitement pour le séjour, voire plus en cas de retard au retour ou de perte. Pour un séjour de longue durée (3-6 mois), une autorisation de délivrance doit être demandée à l’Assurance maladie.
Les formes liquides ou suppositoires ne sont pas préconisées. Les traitements qui requièrent des seringues, aiguilles ou stylos injecteurs peuvent être acceptés en cabine avec un certificat en anglais précisant le caractère indispensable des injections. Certains médicaments doivent être gardés à basse température et voyager en conditionnement isotherme (se renseigner auprès des compagnies aériennes)
Pour les voyages à risque particulier
Dans le contexte croissant de l’antibiorésistance pour des germes communs ou des pathologies du voyage, il paraît important de ne délivrer des antibiotiques qu’en formulant certaines recommandations : ils doivent être utilisés en cas d’accès limité aux soins, et toute antibiothérapie nécessite un diagnostic médical. Les modalités de prise de l’antibiotique (posologie, durée, conditions d’arrêt) et le contexte (diagnostic possible) de la mise en route de l’antibiothérapie doivent être explicités avec le médecin traitant avant le départ.
lieu et durée de voyage
antécédents personnels de l’individu
site potentiel d’infection selon les susceptibilités individuelles, les risques encourus.
Pour les séjours inférieurs à six mois, il est recommandé de contracter un contrat d'assurance couvrant les frais médicaux non pris en charge par l'Assurance maladie française.
L'assistance aux voyageurs est différente de l'assurance maladie (remboursement des soins). Le rapatriement sanitaire est l'une des possibilités offerte par un contrat d'assistance.
Pour les séjours inférieurs à trois mois, de nombreux contrats d'assistance sont liés aux contrats d'assurances habitations, véhicules, ou liés aux cartes bancaires.
Il existe des informations complémentaires sur le site de la Maison des Français de l'étranger : http://www.mfe.org/index.php
Une autorisation de délivrance d’un traitement pour six mois dans une pharmacie française, peut être demandée auprès de sa Caisse d’assurance maladie en cas de maladie chronique (diabète, insuffisance thyroïdienne, etc.).
l’ordonnance pour traitement régulier sous leur dénomination commune internationale ;
En termes de santé publique, il existe un certain nombre de pathologies émergentes, notamment infectieuses, qui nécessitent une attention plus particulière au retour de voyages car elles peuvent diffuser directement ou indirectement dans la population générale et être ainsi introduites sur le territoire français, métropolitain ou ultramarin.
Les pathologies de retour susceptibles de diffuser en France doivent faire l'objet d'un signalement rapide aux Agences régionales de santé (ARS). Dans le cadre des activités de veille et de gestion des alertes sanitaires assurées par les ARS, un dispositif a été mis en place pour réceptionner les alertes et signalements émanant des professionnels de santé, des établissements de santé ou du grand public, pendant et en dehors des heures d’ouverture de l’agence (Cellule de veille, d'alerte et de gestion sanitaire : CVAGS). Chaque ARS dispose d'une ligne téléphonique et de télécopie dédiée ainsi que d'une adresse courriel (site des ARS (7)).
Les infections respiratoires sont une des trois principales causes de morbidité chez le voyageur et la grippe est considérée comme la plus fréquente des maladies du voyageur pouvant être prévenues par une vaccination. Les infections respiratoires aiguës peuvent être dues à des agents pathogènes nouveaux, à l’émergence de nouvelles souches de pathogènes respiratoires déjà connus, à des recombinaisons de virus aviaires de type A(H7N9) ou à de nouveaux virus comme le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus, MERS-CoV) ou le SRAS, aujourd’hui disparu.
A(H7N9) – Depuis mars 2011, l'OMS rapporte des cas humains d’un virus de la grippe aviaire identifié comme A(H7N9) en Chine. À ce jour, tous les cas ont été signalés dans les régions voisines dans l'Est et le Sud-Est de la Chine. Des cas liés au voyage ont été rapportés à Hong Kong, à Taïwan et en Malaisie. Au 09/04/2014, l’OMS rapporte 412 cas confirmés de A(H7N9), dont 142 décès. D'autres confirmations de cas sont attendues. La plupart des personnes infectées ont développé une pneumonie grave et certaines sont décédées (létalité au 9 avril 2014 : 30%). Il semble que les personnes soient rendues malades par un contact étroit avec des oiseaux infectés (sauvages ou domestiques) qui ne présentent pas de signes cliniques apparents.
A(H5N1) – Depuis 2003, l'OMS rapporte des cas humains d’un virus de la grippe aviaire identifié comme A(H5N1). Au 09/04/2014, l’OMS a rapporté 664 cas confirmés de A(H5N1) dont 391 décès (létalité proche de 60%). La présence de la souche asiatique du virus de l'influenza aviaire A(H5N1) chez les oiseaux sauvages et chez la volaille a été confirmée dans plusieurs pays en Asie, Europe, Afrique et Moyen Orient. Les cas humains ont été décrits en Asie et en Afrique. Peu de cas sont signalés chez les voyageurs.
Un contact direct avec la volaille infectée ou des surfaces/objets contaminés par les excréments est présentement considéré comme la principale voie de transmission de l'infection humaine.
À ce jour, Il n’y a pas de vaccin disponible pour l’homme dirigé contre A(H7N9) ni A(H5N1).
évitez tout contact direct avec les oiseaux, notamment les poules, les poulets, les canards et les oiseaux sauvages ;
L’incidence de la grippe (8) a été récemment estimée à 1 pour 100 voyageurs et par mois de séjour à l’étranger. Un grand nombre d’épidémies de grippe ont été observées dans des groupes particuliers de voyageurs : participation à de grands rassemblements ou à de grandes tournées commerciales, fréquentation de foules, voyage à bord de navires de croisière.
La vaccination antigrippale n’est pas pratiquée, à ce jour, chez les voyageurs en dehors de ceux pour lesquels cette mesure est normalement conseillée par le calendrier vaccinal. Cette vaccination semble cependant intéressante à titre individuel et collectif (vaccination altruiste) pour limiter la diffusion des souches grippales et le coût économique engendré par cette affection. Ainsi, la vaccination antigrippale est indiquée chez les personnels de l’industrie des voyages en contact avec des groupes de voyageurs (guides...), le personnel navigant des compagnies aériennes et maritimes, ainsi que pour les voyageurs en groupe ou les pèlerins... Néanmoins, la prévention vaccinale chez le voyageur est rendue compliquée par les problèmes de délivrance du vaccin et l’inadéquation fréquente des souches vaccinales incluses dans le vaccin disponible aux souches circulant dans l’hémisphère opposé.
Les coronavirus sont ubiquitaires et peuvent infecter aussi bien les animaux que les humains. Ils causent en général des maladies des voies respiratoires supérieures d’intensité faible à modérée. Le SRAS, en 2003, avait pour origine un coronavirus. Depuis avril 2012, des cas de MERS-CoV ont été rapportés en Arabie Saoudite, au Qatar, en Jordanie, aux Émirats Arabes Unis, au Sultanat d'Oman, au Royaume-Uni, en France, en Tunisie, en Italie et au Koweït. Tous les cas européens et celui d'Afrique du Nord ont eu un contact direct ou indirect avec la péninsule arabique. Cependant, des cas de transmission interhumaine, locale et limitée, parmi les contacts étroits des cas (n'ayant pas voyagé au Moyen-Orient) ont été observés en France, en Italie, en Tunisie et au Royaume-Uni. Au 09/04/2014, l’OMS a rapporté 211 cas confirmés de MERS-CoV, dont 88 décès.
Les BHRe (bactéries hautement résistantes et émergentes) font l’objet de recommandations spécifiques qui ont été revues en 2011 par le HCSP, avec une incitation à un dépistage systématique à l’hôpital de tout patient ayant été hospitalisé à l’étranger dans l’année qui précède son hospitalisation en France (9). Les plus courantes et liées à un séjour à l’étranger, pour la France, sont les entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) et les entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG).
Les entérobactéries sont des bacilles Gram négatifs constituant l’une des plus importantes familles de bactéries : elles sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques. Les carbapénémases conduisent ainsi à une inefficacité partielle ou totale des antibiotiques de la classe des carbapénèmes (imipénème, méropénème, et ertapénème), considérés comme des traitements de dernier recours. Les EPC restent rares en France en comparaison avec d’autres pays, mais une augmentation des épisodes impliquant des EPC signalés à l'Institut de veille sanitaire (InVS) est observée depuis 2009. Cette augmentation invite à la plus grande vigilance. Le rôle du tourisme médical, décrit notamment comme facteur d’introduction du mécanisme NDM (New Delhi metallo-ß-lactamase) en Angleterre chez des patients colonisés/infectés ayant subi des hospitalisations récentes dans le sous-continent indien, est majeur et préoccupant. Étant donné la circulation des EPC dans de nombreux pays étranger, le rôle du voyage et de l’hospitalisation à l’étranger est parfaitement démontré sur les données françaises notamment (10).
13.2.2 Entérocoques : Enterococcus faecium résistant aux glycopeptides (ERG)
Des entérocoques résistants aux antibiotiques, comme la vancomycine et la teicoplanine, ont émergé au milieu des années 1980 (11) : ils sont appelés entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG). La plupart des ERG sont des E. faecium. Au niveau européen, l’Irlande est le pays qui signale le plus d’ERG en 2012, suivi par la République Tchèque, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Grèce et le Portugal. En France, les signalements ont été en augmentation jusqu’en 2008, puis en diminution à compter de 2009 et stables depuis 2010. Le taux de résistance dans l’espèce, selon les données EARS-Net, reste inférieur ou proche de 1% : l’émergence est à ce jour contrôlée mais les efforts doivent se poursuivre.
Pour la plupart des voyageurs, le risque de développer une infection tuberculeuse latente ou une tuberculose active est faible. Cependant, un voyage pour visite familiale ou à des amis dans un pays où l’incidence de tuberculose est élevée peut constituer un risque 23. Le risque de tuberculose maladie est plus élevé chez les voyageurs qui ont déjà été atteints d’une tuberculose active ou qui ont été en contact étroit avec des personnes atteintes d’une tuberculose active ou soupçonnées de l’être. Les voyageurs dont le système immunitaire est affaibli courent aussi un plus grand risque de voir leur infection tuberculeuse évoluer vers la tuberculose active (personnes infectées par le VIH, enfants âgés de moins de 5 ans, personnes traitées par des stéroïdes et personnes atteintes de diabète). De plus en plus de patients sont porteurs de Mycobacterium multirésistants : ces tuberculoses multirésistantes, de type pharmaco-résistante simple (MDR-TB), ou ultrarésistantes de type XDR (extensive drug resistant), sont la conséquence des thérapeutiques antérieures mal conduites, inadaptées ou arrêtées trop précocement : le bacille devient résistant et se transmet à d'autres personnes.
Comment signaler la tuberculose
La tuberculose étant une maladie à déclaration obligatoire depuis 1964, les médecins ou hôpitaux doivent le notifier à l’Agence régionale de santé (ARS) de leur région. Les fiches de déclaration sont transmises par les déclarants (cliniciens ou laboratoires) à l’ARS) de leur région (http://www.ars.sante.fr/portail.0.html) qui partage les informations avec les Centres de lutte antituberculeuse (Clat) afin que les investigations autour des cas puissent être menées.
Depuis son identification dans les années 1950 et jusqu’en 2005, l’infection à chikungunya était restée peu documentée. L’importante épidémie des années 2005-2006 qui a affecté l’Océan Indien a permis de mettre en évidence des formes graves, jusque-là méconnues, notamment chez des nouveau-nés infectés en per partum, et a révélé la fréquence des séquelles articulaires parfois invalidantes. Depuis décembre 2013, une épidémie de chikungunya sévit dans les Caraïbes et en Guyane, sur le continent sud-américain. C’est la première fois que du chikungunya est rapporté dans cette zone géographique. Ces épidémies confirment le potentiel de diffusion de la maladie par les voyageurs, dans des populations non immunes, et l’adaptation du virus à son environnement.
La dengue est l’arbovirose qui se développe le plus, tant en nombre de cas qu’en dispersion spatiale (cf. chapitre 3.1.2).
Ainsi, dès 2006, en France métropolitaine, afin de prévenir et limiter la circulation de ces virus, le ministère de la Santé a mis en place un dispositif de lutte contre le risque de dissémination de la dengue et du chikungunya en France métropolitaine. Ce dispositif est établi en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), les conseils généraux et les communes concernés, ainsi que les agences nationales de santé et les structures chargées de la surveillance entomologique et de la démoustication.
une sensibilisation des personnes résidant dans les zones où le moustique est présent et actif, afin de détruire autour et dans leur habitat toutes les sources d’eaux stagnantes, gîtes potentiels de reproduction des moustiques. Des actions d’information et de communication seront menées tout au long de la période estivale par les ARS, en lien avec les conseils généraux et les communes concernés ;
une surveillance des cas humains, renforcée à partir du 1er mai : un dispositif de signalement accéléré est mis en place du 1er mai au 30 novembre dans les départements où le moustique Aedes albopictus est implanté (12). Ce dispositif de surveillance épidémiologique renforcé est lié à la période d’activité du moustique (mai à novembre). Toute personne de retour de voyage d'une zone endémique (moins de 15 jours) et présentant au moins un des symptômes de dengue ou de chikungunya (cf. encadré ci-dessous) doit être signalée à l’ARS et faire l’objet d’une demande de confirmation biologique en utilisant la fiche de signalement, téléchargeable sur le site de l’InVS. Cette procédure permet l’intervention rapide des services de lutte antivectorielle autour des cas suspects afin d’éviter la transmission du virus. Sans attendre la confirmation biologique, il doit être conseillé aux cas suspects de se protéger de toute piqûre de moustique (répulsif, moustiquaire etc.) et de rester autant que possible à domicile pour éviter la mise en place d'une chaîne de transmission de la maladie.
Chikungunya ou dengue de retour de voyage, quand y penser ?
Tout cas de chikungunya (importé) défini par la mise en évidence d’une fièvre supérieure à 38,5°C d’apparition brutale et de douleurs articulaires invalidantes et consécutive à un voyage en zone endémique dans les 15 jours précédant les signes.
Tout cas de dengue (importé) défini par la mise en évidence d’une fièvre supérieure à 38,5°C d’apparition brutale, d’au moins un signe algique (céphalées, arthralgies, myalgies, lombalgies, douleur rétro-orbitaire) consécutive à un voyage en zone endémique dans les 15 jours précédant les signes.
13.4.2 Zika (13)
Le virus Zika (ZIKV) est un arbovirus, flavivirus de la même famille que la dengue et la fièvre jaune. Les formes asymptomatiques sont fréquentes (14) et quand les symptômes sont présents, la présentation clinique est de type syndrome « dengue-like » associant, à des degrés divers, des arthralgies, des œdèmes des extrémités, une fièvre modérée, des céphalées, des douleurs rétro-orbitaires, une hyperhémie conjonctivale et des éruptions maculo-papulaires. Les signes persistent généralement de 2 à 5 jours. La transmission est essentiellement vectorielle (moustiques Aedes) et le réservoir n’est pas encore formellement identifié. En 2007, ZIKV a été responsable d'une épidémie sur les îles de Yap (Micronésie) 24. Le virus Zika est, depuis cet épisode, considéré comme émergent : peu de cas ont été décrits ou rapportés depuis 2007. Actuellement, le virus Zika est responsable d'une épidémie majeure en Polynésie française (Pf) qui a débuté en octobre 2013, suivie d’une épidémie en Nouvelle-Calédonie en janvier 2014 et de cas sur les îles de Pâques et Cook dans le Pacifique. Des cas ont été exportés au Japon, en Norvège, en Australie et en France. L’infection à virus Zika est à l’origine, en moins d’une décennie, de deux épidémies majeures dans le Pacifique, dans des territoires préalablement naïfs. Cette arbovirose émergente transmise par les moustiques du genre Aedes, avec des cas importés dans d’autres pays indemnes, est à haut potentiel de diffusion dans les pays où le vecteur est présent. Pour les voyageurs, actuellement, il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin. Le traitement est symptomatique et la prévention de l'infection passe par la protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs, moustiquaire, etc., cf. Tableau 10).
Pour toute personne avec des signes évocateurs et revenant d’une zone d’épidémie, se référer à l’avis du HCSP du 10 avril 2014 25.
13.6 Rage (cf. chapitre 6.8.2)
La quasi-totalité des cas de rage survenus en France ces dernières années était la conséquence de l'importation clandestine illégale de jeunes chiens et chats. Une des dernières alertes, liée à l’importation illégale d’un chiot depuis le Maroc, remonte à 2004 dans la région de Bordeaux. Elle a entrainé le traitement post-exposition de 187 personnes en contact avec cet animal. Aucun cas de rage humaine n’a été déclaré sur le territoire français suite à cette alerte.
Tout animal rapporté en France sans certificat officiel doit-être immédiatement signalé aux services vétérinaires.
Comment signaler la rage
La rage justifie une intervention urgente locale, nationale ou internationale. Les médecins et les biologistes qui suspectent ou diagnostiquent une rage doivent le signaler sans délai et par tout moyen approprié (téléphone, télécopie) au médecin de l'Agence régionale de santé (ARS) de leur lieu d'exercice (http://www.ars.sante.fr/portail.0.html).
La notification intervient après le signalement et le plus souvent après confirmation du diagnostic. Les médecins ou les biologistes déclarants notifient le cas au médecin de l'ARS de leur lieu d'exercice au moyen d'une fiche spécifique à chaque maladie. 13.7 Punaises de lit
Les punaises de lit, Cimex lectularius (commun) et hemipterus (tropical), famille des Cimicidae, sont des petits insectes de couleur brun-rouge, environ de la taille d'un pépin de pomme aplati (de 4 à 7 mm de longueur), qui s’infiltrent à peu près partout dans l’environnement humain. Leur repas sanguin dure 3 à 5 minutes tous les trois jours, et elles peuvent piquer jusqu’à 100 fois en une nuit. La période d’apparition des signes de morsure de punaise de lit est variable et peut aller jusqu’à 14 jours. La punaise peut être véhiculée facilement en se camouflant dans les vêtements, les bagages et autres articles personnels, si bien que le voyageur international pourra transmettre sa nuisance de retour dans son pays (transport passif). Les endroits où les voyageurs courent le plus grand risque sont ceux où la rotation de personnes est élevée : dans les autobus, trains, avions mais aussi dans les hôtels même de luxe, les complexes touristiques, les bateaux de croisière...
À ce jour, il n’a pas été décrit de transmission de maladies infectieuses par l’intermédiaire de ces punaises.
En cas de doute (piqûres lors du voyage, traces suspectes dans les bagages et effets personnels), pour éviter les infestations domiciliaires de punaises des lits au retour :
un traitement systématique devra être entrepris, mécanique (aspirateur) et chimique (perméthrine) ; lavez l'ensemble de vos vêtements à 60°C au moins ; mettre tous les vêtements utilisés au cours du voyage dans une sécheuse à air chaud pendant 15 à 20 minutes (élimination mécanique).
Les coordonnées des Centres de vaccination anti-amarile sont consultables et téléchargeables sur le site Internet du ministère en charge de la Santé, à l’adresse : http://www.sante.gouv.fr/liste-des-centres-de-vaccination-habilites-a-effectuer-la-vaccination-contre-la-fievre-jaune-anti-amarile.html
Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé http://www.sante.gouv.fr/recommandations-sanitaires-aux-voyageurs.html
Institut de veille sanitaire (InVS) http://www.invs.sante.fr/presse/2004/le_point_sur/recommandations_voyageurs/index.html et http://www.invs.sante.fr/international/edito.htm
1 Le Calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2014 selon l’avis du Haut Conseil de la santé publique. http://www.sante.gouv.fr/calendrier-vaccinal.html
2 Avis du Haut Conseil de la santé publique relatif aux recommandations de la vaccination contre l’encéphalite japonaise par le vaccin Ixiaro®. 20 septembre 2013. http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=381
3 Liste des centres de vaccination habilités à effectuer la vaccination anti-amarile et à délivrer les certificats internationaux de vaccination contre la fièvre jaune (2014). Direction Générale de la Santé, 28 mars 2014. http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/TABLEAU_DES_CVFJ_MAJ_28_mars_2014.pdf
4 Avis du Haut Conseil de la santé publique du relatif à la vaccination contre l’encéphalite à tiques avec le vaccin Encepur®. 23 octobre 2009. http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspa20091023_encephatiquence.pdf
5 Yellow Fever Vaccine Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). Recommendations and Reports July 30, 2010/59(RR07);1-27.
6 Vaccines and vaccination against yellow fever. WHO position paper. WER June 2013;88(27):269-84. http://www.who.int/wer/2013/wer8827.pdf?ua=1.
7 Avis du Haut Conseil de la santé publique relatif à la vaccination de rappel contre la fièvre jaune pour la Guyane, 24 janvier 2014. http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=406
8 Avis du Haut Conseil de la santé publique du 13 février 2009 relatif aux recommandations de vaccination préventive ciblée contre l’hépatite A. http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspa20090213_HepARecomm.pdf
9 Stratégies de dépistage biologique des hépatites B et C. Haute Autorité de santé. Mars 2011, 114 pages. http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-05/strategies_de_depistage_biologique_des_hepatites_virales_b_et_c_-_argumentaire.pdf
10 Avis du Haut Conseil de la santé publique du 22 février 2013 relatif à la vaccination antirabique préventive, au traitement post-exposition et au suivi sérologique des personnes régulièrement exposées au virus de la rage (voyageurs, professionnels, chiroptérologues). http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=316
11 Avis du Haut Conseil de la santé publique du 1er février 2013 relatif à la place de l’artésunate injectable dans le traitement du paludisme grave chez l’adulte et l’enfant. http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=310
12 Ancelle T. Chimioprophylaxie du paludisme pour les séjours de longue durée en zone d’endémie. Lettre de l’Infectiologue 2008;23(6):216-43.
13 Société de Médecine des Voyages et Société Française de Parasitologie. Recommandations de bonnes pratiques cliniques (texte court). Protection personnelle antivectorielle. Recommandations 17 et 18, p. 28. (version du 29/09/2010). http://www.medecine-voyages.fr/publications/ppavtextecourt.pdf
14 Rapport du Haut Conseil de la santé publique du 29 janvier 2010. Borréliose et maladie de Lyme. http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspr20100129_Lyme.pdf
15 WHO. Voyages internationaux et santé. Edition 2012. http://www.who.int/ith/fr/
16 Lucks AM, McIntosh SE, Grissom CK, Auerbach PS, Rodway GW, Schoene RB, et al. Wilderness Medical Society. Wilderness Medical Society consensus guideline for the prevention and the treatment of acute altitude illness. Wilderness Environ Med. 2010;21(2):146-55. Erratum in: Wilderness Environ. Med. 2010;21(4):386.
17 Diaz JH, Nesbitt Jr LT. Sun exposure behavior and protection: Recommendations for travellers. J Travel Med. 2013;20:108-18.
18 Jean D. L’enfant en montagne : dangers de l’altitude, du froid et du soleil. Journal de Pédiatrie et de Puériculture. 2008;21(8):349-52.
19 Rapport du Haut Conseil de la santé publique du 16 novembre 2010. Maîtrise de la diffusion des BMR importées en France par des patients rapatriés ou ayant des antécédents d’hospitalisation à l’étranger. http://www.hcsp.fr/docspdf/avisrapports/hcspr20101116_bmrimport.pdf
20 Tatouages éphémères noirs à base de henné : mise en garde. Afssaps, 2009. http://ansm.sante.fr/Dossiers/Securite-des-produits-cosmetiques/Tatouages-ephemeres-noirs-a-base-de-henne/(offset)/5#paragraph_5857
21 Brown FE, Spiegel PK, Boyle WE. Digital deformity: an effect of frostbite in children. Pediatrics. 1983;71(6):955-9.
22 Van Luin M, Van der Ende ME, Richter C, Visser M, Faraj D, Van der Ven A, et al. Lower atovaquone/proguanil concentrations in patients taking efavirenz, lopinavir/ritonavir or atazanavir/ritonavir. AIDS. 2010;24(8):1223-6.
23 Bernard C, Brossier F, Sougakoff W, Veziris N, Frechet-Jachym M, Metivier N, et al.; on behalf of the MDR-TB Management group of the NRC. A surge of MDR and XDR tuberculosis in France among patients born in the Former Soviet Union. Euro Surveill. 2011;18(33):pii=20555. http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=20555
24 Duffy MR, Chen TH, Hancock WT, Powers AM, Kool JL, Lanciotti RS, et al. Zika virus outbreak on Yap Island, Federated States of Micronesia. N Engl J Med. 2009;360(24):2536-43.
25 Avis du Haut Conseil de la santé publique du 10 avril 2014 relatif à la conduite à tenir autour des cas suspects de maladie Ebola. http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=414
* http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=386
* En juillet 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), suivant l’avis du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE), a déclaré qu’une dose unique de vaccin amaril était suffisante pour conférer une immunité protectrice pour toute la vie 6. Cependant, le Haut Conseil de la santé publique ne recommande pas pour le moment la suppression des rappels décennaux pour les personnes résidant en Guyane ou celles de la métropole qui doivent s’y rendre 7. Au-delà des divergences sur la question de l'utilité des rappels décennaux de vaccination contre la fièvre jaune, deux points sont à souligner :
– le Règlement sanitaire international (RSI) n’ayant pas encore été modifié, la durée de validité administrative du Certificat international de vaccination anti-amarile est toujours de 10 ans, jusqu’à nouvel ordre ;
– chez les personnes ayant un facteur de moindre réponse à la vaccination au moment de leur primo-vaccination (immunodépression modérée ne contre-indiquant pas le vaccin amaril, femmes enceintes, enfants âgés de moins de 2 ans, personnes âgées de plus de 60 ans), la durée de protection conférée par le vaccin amaril ne peut pas pour le moment être considérée comme supérieure à 10 ans.
* Dans la mesure où l'information contenue dans les Autorisations de mise sur le marché (AMM) d'antibiotiques est susceptible d'évoluer, il convient de s'assurer au moment de la prescription de l'antibiotique du respect notamment des contre-indications, mises en garde et précautions d'emploi, en ayant un regard tout particulier sur les interactions médicamenteuses. Se référer à l’information disponible sur la Base de données publique des médicaments, accessible par Internet à l’adresse suivante : http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/
(3) Les pays concernés actuellement (tout ou partie du territoire – cf. carte 1) sont les suivants : Bangladesh, Cambodge, Chine continentale et l’île de Hainan, Corée du Sud, Corée du Nord, Hong Kong (SAR), Inde, Japon, Laos, Malaisie, Myanmar, Népal, Russie (Sibérie orientale), Sri Lanka, Taïwan, Thaïlande, Vietnam et, plus récemment, extrême nord de l’Australie, Indonésie, Papouasie-Nouvelle Guinée, Pakistan, Philippines, Timor oriental.
(4) Annexe 6-9. du Règlement sanitaire international – Si le clinicien responsable est d’avis que la vaccination ou l’administration d’une prophylaxie est contre-indiquée pour des raisons médicales, il remet à l’intéressé un certificat de contre-indication dûment motivé, rédigé en anglais ou en français et, le cas échéant, dans une autre langue en plus de l’anglais ou du français, que les autorités compétentes du lieu d’arrivée doivent prendre en compte. Le clinicien responsable et les autorités compétentes informent l’intéressé de tout risque associé à la non-vaccination ou à la non-utilisation de la prophylaxie conformément aux dispositions de l’article 23, paragraphe 4. (http://whqlibdoc.who.int/publications/2008/9789242580419_fre.pdf)
(6) BEH n° 25-26, 2008 : passage Afrique continentale en groupe 3. (http://opac.invs.sante.fr/index.php?lvl=notice_display&id=2935
(7) http://www.ars.sante.fr/portail.0.html
(8) Grippe chez le voyageur, Xè Journée Nationale des GROG. Paris, 17 novembre 2005. Disponible sur : (http://www.grog.org/documents/jour_2005/grippe_voyageurs_VF.pdf (12/01/2014).
(9) HCSP. Prévention de la transmission croisée des Bactéries Hautement Résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe). Juillet 2013. Disponible sur : http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=372 (12/01/2014).
(10) Surveillance des infections associées aux soins (IAS). Disponible sur : http://www.invs.sante.fr/epc (12/01/2014).
(11) HCSP. Maîtrise des entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG) dans les établissements de santé. Disponible sur : http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=134 (12/01/2014).
(12) Dates d’implantation du moustique Aedes albopictus dans les 17 départements concernés : Alpes-Maritimes (2004), Haute-Corse (2006), Corse du Sud et Var (2007), Alpes-de-Haute-Provence et Bouches-du-Rhône (2010), Gard, Hérault et Vaucluse (2011), Lot-et-Garonne, Pyrénées Orientales, Aude, Haute-Garonne, Drôme, Ardèche, Isère et Rhône (2012). (Source : INSTRUCTION N° DGS/RI1-3/2012/168 du 23 avril 2012 mettant à jour le guide relatif aux modalités de mise en œuvre du plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue en métropole (disponible sur : http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/05/cir_35302.pdf)
(13) Point épidémiologique. Virus Zika, Polynésie-2013-2014, Ile de Yap, Micronésie-2007. Janvier 2014. Disponible sur : http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/Points-epidemiologiques/Tous-les-numeros/International/Virus-Zika-en-Polynesie-2013-2014-et-ile-de-Yap-Micronesie-2007-Janvier-2014
(14) Direction de la santé, Pf, Note d’information à destination des professionnels de santé sur le virus Zika et sur l’épidémie en cours en Polynésie française, 30 octobre 2011 : http://www.hygiene-publique.gov.pf/IMG/pdf/info_professionnels_zika_30-10-13.pdf
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