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Timestamp: 2018-02-23 09:07:23+00:00
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Matched Legal Cases: ['art 14', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

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Envoi publication canadienne Enjeux. Conformité et réputation : le défi des médias sociaux. Conformité. sur le compte séparé
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Suzanne Stéphanie Bordeleau
1 Envoi publication canadienne Le magazine officiel des professionnels membres de la chambre de l assurance De dommages Volume 14 Numéro 4 HIVER 2013 Spécialité Le portrait de l assurance des galeries d art Enjeux Conformité et réputation : le défi des médias sociaux Conformité Toute la lumière sur le compte séparé Syndic De la nécessité, pour un dirigeant, de s assurer que son personnel est toujours dûment certifié
2 Sommaire Conseil d administration Présidente Diane Beaudry, CPA, CA, IAS.A., administratrice indépendante Vice-président Jean-Marc Laurin, FPAA, CRM, FCIAA, dirigeant de cabinet d expertise en règlement de sinistres, certifié Administrateurs Robert Beauchamp, dirigeant de cabinet de courtage, certifié Pierre Brien, administrateur indépendant Bernard Chagnon, dirigeant de cabinet de courtage, certifié Jean Denault, CPA, CMA, administrateur indépendant M e Lyne M. Giroux, dirigeante d assureur direct, non certifiée Hélène Grand-Maître, administratrice indépendante Jean-François Raymond, CRM, dirigeant de cabinet de courtage (15 certifiés et moins), certifié M e Julie-Martine Loranger, IAS.A., administratrice indépendante Donald Mercier, FPAA, dirigeant d assureur direct, certifié Hélène Moreau, dirigeante d assureur à courtiers, certifiée Michel Talbot, FPAA, dirigeant d assureur direct, certifié Comité de gestion Présidence et direction générale Maya Raic, présidente-directrice générale Service des affaires institutionnelles et de la conformité des pratiques M e Jannick Desforges, directrice Services administratifs et gestion des opérations de la formation continue Jocelin Pilon, directeur Service des communications et affaires publiques Joëlle Calce-Lafrenière, directrice Bureau du syndic Carole Chauvin, syndic Production Édition : Joëlle Calce-Lafrenière Rédactrice en chef : Véronique Lieutaud Publicités et insertions : Sylvie Thauvette Illustration : Jacques Laplante Graphisme : Communications Chevalier Révision et correction : Nataly Rainville Traduction : Wendy Green Impression : JB Deschamps 2 Opinion L alphabet des générations 4 Enjeux Conformité et réputation : le défi des médias sociaux 8 Dossier Recruter sans emprunter la voie de la pratique illégale 10 Spécialité Le portrait de l assurance des galeries d art 14 Conformité Toute la lumière sur le compte séparé 16 Jurisprudence L obligation d entretien des propriétaires de centres commerciaux : récent arrêt de la Cour d appel 18 Syndic De la nécessité, pour un dirigeant, de s assurer que son personnel est toujours dûment certifié 20 Discipline 26 Industrie Q&R 27 Formation Avez-vous acquis toutes vos UFC? Nouvelles formations en conformité Calendrier des formations chad.ca La ChADPresse est publiée quatre fois Pour nous joindre Chambre de l assurance de dommages 999, boul. De Maisonneuve Ouest, bureau 1200 Montréal (Québec) H3A 3L4 Tél. : ou Téléc. : chad.ca Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada N.B. La forme masculine désigne aussi bien les femmes que les hommes. par année par la Chambre de l assurance de dommages. Tirage : près de exemplaires Abonnement : 35 $ par année pour quatre publications Le changement étant la seule constante dans la vie, chaque génération bouscule la précédente avec ses nouvelles valeurs. Déjà, les Z talonnent les Y, ceux-là mêmes qui bouleversent aujourd hui l ordre établi, tant comme consommateurs que J comme employés. «e n ai plus aucun espoir pour l avenir de notre pays si la jeunesse d aujourd hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible.» Critique d un baby-boomer (BB) à l endroit de la génération Y? Pas du tout : cette phrase a été écrite par le poète grec Hésiode en 720 av. J.-C.! Somme toute, plus ça change, plus c est pareil sauf que c est la première fois dans l histoire de l humanité que cinq générations se côtoient, chacune avec des valeurs qui lui sont propres. On peut donc voir dans un même bureau des BB, des X, des Y et parfois même des vétérans, ces grands frères des BB qui repoussent l âge de la retraite ou reviennent sur le marché du travail, compte tenu du contexte économique actuel. Sans compter les Z (ou génération C), nés depuis la fin du siècle dernier, dont la première cohorte quitte à peine l adolescence. C est l alphabet des générations! Même s il faut éviter de généraliser, force est de constater que les jeunes provoquent une remise en question. Ils veulent connaître le pourquoi des choses avant d agir. Et si la réponse ne leur plaît pas, ils n hésiteront pas à partir. Au point où la fidélisation du personnel est sans contredit le plus gros casse-tête des gestionnaires à l heure actuelle. Prêter l oreille aux jeunes faciliterait pourtant les rapports. On dit que les Y recherchent l équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, du sens dans le 2 La ChADPresse Hiver 2013
3 opinion Pour faire face à ce défi, la Coalition met en place des initiatives en vue d attirer au sein de l industrie non seulement les jeunes, mais aussi les personnes en réorientation de carrière, les nouveaux arrivants et les retraités actifs. Maya Raic Maya Raic Présidente-directrice générale L alphabet des générations travail, une qualité dans leurs relations, de la rétroaction et un esprit d équipe. Qu ils prônent des valeurs de coopération, de souplesse et d écoute. Ces «exigences» ne seraient-elles pas bénéfiques à toutes les générations? Innover pour leur créer une place qui répond à leurs besoins évitera que les efforts de recrutement soient vains, s ils partent après quelques années pour un ailleurs qui leur semble plus vert. On estime qu en 2025, soit dans 12 ans à peine, la génération Y représentera 75 % de la population active à travers le monde 1. C est elle qui définira alors la culture des entreprises. Il est raisonnable de croire qu au Québec, la situation sera similaire. Pourquoi ne pas prendre les devants et revoir dès aujourd hui notre modèle d affaires? Pourquoi ne pas encourager une forme de mentorat qui favoriserait le transfert des connaissances dans les deux sens? Par exemple, les aînés transmettraient leur savoir acquis au fil des ans tandis que la relève partagerait ses connaissances en matière de nouvelles technologies. Revoir notre modèle d affaires implique aussi de tenir compte des attentes de cette génération de consommateurs qui diffuse sur les réseaux sociaux ses sources de satisfaction tout autant que ses critiques. La clientèle de demain est déjà à nos portes. À nous d y voir! 1 Gen Y Women in the Workplace Focus Group Summary Report, Business and Professional Women s Foundation, avril
4 Enjeux Les médias sociaux offrent de nombreuses occasions d affaires. Néanmoins, leur utilisation comporte des enjeux de conformité réglementaire.
5 «Les tribunaux ont tendance à considérer que le profil est public, malgré la présence du paramètre privé du profil, surtout si l utilisateur compte plusieurs» centaines d amis. M e Benoît Chartier Conformité et réputation : le défi des médias sociaux Chaque mois, 1,15 milliard d abonnés interagissent sur Facebook 1. Ils sont plus de 200 millions sur LinkedIn 2 et Twitter 3, sans compter les utilisateurs de plus en plus nombreux de Pinterest, Flickr, Tumblr, Google+ et autres plateformes de réseautage en ligne. Les réseaux sociaux font aujourd hui partie de la vie quotidienne d un grand nombre de personnes. La conformité s applique aux médias sociaux Les médias sociaux offrent de nombreuses occasions d affaires. Néanmoins, leur utilisation comporte des enjeux de conformité réglementaire. «Quand on se sert des médias sociaux, que ce soit à des fins d affaires ou personnelles, on doit agir selon les normes édictées par le Code civil du Québec et les diverses lois qui régissent les personnes dans leur milieu professionnel», rappelle l avocate Michèle St-Onge. L Autorité des marchés financiers (l Autorité) écrivait en 2012 sur cette question : «Les médias sociaux sont une forme de communication comme une autre. L Autorité est donc d avis que l encadrement législatif et réglementaire actuel s y applique. Ainsi, les règles concernant notamment la déontologie, la publicité, la convenance et la tenue de dossiers trouvent application dans le cadre d utilisation des médias sociaux. 4» Le Conseil canadien des responsables de la réglementation d assurance adoptera une position semblable l année suivante 5. Il est important de garder à l esprit que «le critère de la personne raisonnable responsable de ses actions demeure, quel que soit le média utilisé», ajoute M e St-Onge. «Les notions de respect de la confidentialité des renseignements et des documents confiés lors de l exécution des mandats comprises dans la Loi sur la distribution des produits et services financiers et les codes de déontologie applicables, ainsi que les notions de respect de la vie privée, en vertu du Code civil du Québec et de la Charte des droits et libertés de la personne, s appliquent aussi», poursuit-elle. Plusieurs utilisent Facebook pour publier des photos et des vidéos prises lors d événements organisés par leur entreprise. Cependant, le président qui convie son personnel chez lui à un barbecue estival souhaite-t-il vraiment que des photos de lui ou de sa demeure circulent dans les médias sociaux? Les représentations dans les médias sociaux Aujourd hui, il est facile de promouvoir ses services et de développer ses affaires par le réseau LinkedIn. Cependant, comme le précise le Guide des Règles sur les cartes professionnelles et les autres représentations de l Autorité, les règles inhérentes aux représentations s appliquent sur Internet et dans les médias sociaux. Ainsi, «un représentant qui s affiche sur LinkedIn doit utiliser le nom qui est inscrit au Registre de l Autorité, explique Sylvain Théberge, directeur des relations médias et affaires publiques à l Autorité. S il donne son titre, il doit mentionner le titre précis 1 «Facebook Reports Second Quarter 2013 Results», communiqué de presse paru le 24 juillet «LinkedIn Announces Second Quarter 2013 Financial Results», communiqué de presse paru le 1 er août Données diffusées le 22 janvier 2013 à blog.twitter.com par Shailesh Rao, vice-président, International Operations, Twitter. 4 Consultation relative à l offre d assurance par Internet, Autorité des marchés financiers, février Le commerce électronique des produits d assurance, énoncé de principes, Conseil canadien des responsables de la réglementation d assurance, mai La ChADPresse Hiver
6 «Ce qui s écrit dans les médias sociaux fait partie du cyberunivers,» et est donc accessible à tous. M e Michèle St-Onge qu il est autorisé à utiliser pour le compte de la société autonome ou du cabinet pour lequel il agit ou à titre de représentant autonome, selon le cas. Il pourra utiliser un titre qui est associé à une formation ou à un diplôme obtenu, à condition qu il soit lié à l exercice de ses activités de représentant, qu il ne soit pas incompatible avec ces activités et qu il ne prête pas à confusion. À titre d exemple, le représentant ne pourra afficher le titre de CRHA 6 dans ses représentations, ce dernier n ayant pas de lien avec ses activités.» L Autorité veille par ailleurs au respect des règles en matière de publicité : «L équipe de cybersurveillance utilise des moteurs de recherche élaborés qui permettent de scruter notamment les publicités et les petites annonces diffusées sur des sites comme Lapresse.ca, mais aussi Kijiji ou LesPAC.com, indique M. Théberge. Cette équipe surveille les fraudes potentielles, les représentations sous de fausses identités et plusieurs autres stratagèmes transposés aux médias sociaux et à Internet.» Protéger sa réputation en ligne Le réseautage et le marketing «à faible coût auprès d un grand nombre de personnes», comme les décrit M. Théberge, ne doivent pas occulter le fait que les médias sociaux peuvent également être le théâtre d enjeux de réputation. L affaire Oasis-Lassonde, qui a secoué les médias sociaux en 2012, en est un exemple probant. Les opinions négatives des clients ne sont malheureusement pas la seule menace. M e St-Onge donne l exemple d un employé qui mènerait une campagne de dénigrement à l endroit d un concurrent, créant «un sérieux problème à son employeur et l exposant à des poursuites potentielles». En agissant ainsi, le représentant contreviendrait aux articles 30 et 31 du Code de déontologie des représentants en assurance de dommages ainsi qu à l article 50 du Code de déontologie des experts en sinistre. Une recherche réalisée conjointement par l Université de Montréal et la Sûreté du Québec en 2011 a révélé que plus de 10 % des jugements en lien avec le Web au Québec sont des poursuites pour diffamation 7. Virtuel ne veut pas dire temporaire Le Web a ses propres archives, telles que le site The Wayback Machine 8, où subsiste ce que l on pourrait croire disparu. M e St-Onge précise : «Ce qui s écrit dans les médias sociaux fait partie du cyberunivers, et est donc accessible à tous.» La modération est donc nécessaire. Imaginez les répercussions pour un employeur si les propos de ses représentants en assurance de dommages s exprimant sur un forum en tant que consommateurs contre l arrivée sur le marché de la télématique, ressurgissaient quelques mois plus tard alors que le principal partenaire de son cabinet propose cette technologie. Pour Benoît Chartier, avocat chez Robinson Sheppard Shapiro, «une mention selon laquelle les opinions exprimées sont celles de l utilisateur, et non de son employeur» est fortement conseillée, surtout lorsque l employé affiche son affiliation professionnelle. On peut également choisir de séparer sa vie professionnelle et sa vie personnelle sur les réseaux sociaux et utiliser Facebook en son nom pour les amis et la famille, et une page professionnelle et son profil LinkedIn pour les affaires. Exercer une vigie Il faut «s assurer de garder l œil ouvert et d agir si l on apprend qu un employé a tenu des propos dans les médias sociaux qui pourraient nuire à l image ou aux activités du cabinet, ajoute M e Chartier. On comprendra alors l importance de confier à un porte-parole la responsabilité de parler pour l entreprise sur les réseaux sociaux.» La nature ayant horreur du vide, il revient à l entreprise d occuper sa propre place dans les médias sociaux avant qu un autre le fasse. M e St-Onge conseille de plus aux employeurs d informer leurs employés que «la propagation de propos diffamatoires au sujet de l entreprise, de concurrents, de clients, d un supérieur ou de collègues de travail» est interdite et de prévoir les «conséquences et sanctions en cas de défaut». 6 Conseiller en ressources humaines agréé. 7 «Les médias sociaux décuplent les poursuites pour diffamation», journal FORUM, 9 mai waybackmachine.org. 6 La ChADPresse Hiver 2013
7 Défi En 2012, l Autorité proposait dans la Consultation relative à l offre d assurance par Internet que les assureurs et cabinets adoptent des politiques et procédures encadrant l utilisation des médias sociaux au travail. Une enquête menée la même année par l Ordre des CRHA révélait que 42,78 % des entreprises québécoises avaient, pour leur part, déjà adopté de telles politiques. Éducation et prévention Il est faux de croire que nos propos sont privés sur Facebook : «Les tribunaux ont tendance à considérer que le profil est public, malgré la présence du paramètre privé du profil, surtout si l utilisateur compte plusieurs centaines d amis», rappelle M e Chartier. D autant plus que «même si l accès à votre profil Facebook est privé, il se pourrait que celui de vos amis ne le soit pas», poursuit-il. Un paramètre de confidentialité mal réglé chez l un des commentateurs ou une mauvaise manipulation, et le message peut facilement être diffusé auprès d un plus large auditoire que prévu. Comme ailleurs, il importe donc de «se former relativement aux différents réseaux sociaux en fonction des besoins de l entreprise, afin d en tirer le maximum et d éviter les faux pas», souligne M e Chartier. Les médias sociaux ne semblent pas près de disparaître. Pour prévenir les risques, les entreprises gagnent à intégrer un volet «médias sociaux» à leur plan de prévention et de gestion de crise. L entreprise doit tenir compte des «activités de ses salariés sur les réseaux sociaux en dehors des heures de travail», rappelle M e St-Onge et s assurer de «mettre à jour très fréquemment sa politique visant à encadrer l utilisation des réseaux sociaux, compte tenu de la vitesse à laquelle évoluent ces derniers», conclut M e Chartier. Les enquêtes 2.0 Outre les activités de marketing et de réseautage, les experts en sinistre «peuvent se servir des réseaux sociaux, surtout de Facebook, comme outil d enquête pour obtenir des renseignements sur les demandeurs», précise M e Chartier. Ce dernier met cependant en garde les experts en sinistre : «Il faut s assurer d obtenir les renseignements par des moyens légaux, c est-à-dire ne pas se constituer une fausse identité sur Facebook ou Twitter pour les obtenir, et ne s en servir pour enquêter sur une personne que si l on pense pouvoir y trouver des éléments pertinents à la réclamation.» La ChADPresse Hiver
8 Dossier La chronique Dossier présente un cas vécu lié à l assurance de dommages. Nous avons soumis le dossier à l Autorité des marchés financiers, au Service de l inspection et au Bureau du syndic de la ChAD ainsi qu à un dirigeant de cabinet de courtage et à un directeur du service de la commercialisation d un assureur direct afin de connaître leur opinion et d obtenir leurs conseils. L histoire Un client souhaitant assurer sa nouvelle voiture demande une soumission par Internet à un cabinet. Ce cabinet vient d ouvrir et fait passablement de publicité. Une fois la soumission finalisée au téléphone par un représentant, le client accepte le nouveau contrat d assurance automobile. Il écrit alors à son précédent assureur pour résilier le contrat d assurance automobile toujours en vigueur pour son ancien véhicule. Déçu d avoir perdu un client, l ancien représentant consulte le Registre des entreprises et individus autorisés à exercer sur le site Internet de l Autorité des marchés financiers (l Autorité), discute avec un agent d information de l organisme et constate ainsi que la personne qui a vendu le nouveau contrat d assurance automobile est sans mode d exercice. L ancien représentant téléphone alors au dirigeant du nouveau cabinet pour lui faire part de sa frustration. Le dirigeant déclare être au courant de la situation : l employé en question est dûment certifié, mais son certificat est actuellement «sans mode d exercice». Il explique qu il s agit d une situation temporaire, le temps que le processus de rattachement de ses employés auprès de l Autorité s effectue. La situation devrait se régulariser prochainement. Puisqu il ne peut pas se permettre de fermer son nouveau cabinet en attendant, il permet donc à ses employés d agir. Recruter sans emprunter la voie de la pratique illégale Le mode d exercice est obligatoire Conformément à l article 14 de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF), lorsque le représentant cesse de maintenir un mode d exercice ou, dans le jargon du métier, d être «rattaché à un cabinet», il n est plus autorisé à exercer. Il reçoit d ailleurs une lettre le confirmant de la part de l Autorité. Sylvain Théberge, directeur des relations médias et affaires publiques de l Autorité, explique : «Il s agit effectivement d une pratique illégale et l Autorité intervient rapidement auprès des cabinets et représentants concernés.» Lorsque le Bureau du syndic de la ChAD en est informé, le syndic, en vertu de l article 329 de la LDPSF, ouvre de sa propre initiative une enquête auprès du représentant certifié responsable qui a permis qu une telle situation se produise et qui contrevient ainsi aux articles 85 et 86 de la LDPSF et à l article 2 du Code de déontologie des représentants en assurance de dommages et du Code de déontologie des experts en sinistre. Le Bureau du syndic analyse les faits recueillis pour déterminer les causes de la situation. L absence de mode d exercice peut être de nature administrative ou liée au fait que le cabinet n a pas procédé au rattachement rapidement. Comme l explique le Bureau du syndic, «lorsque la situation est de courte durée et involontaire, on peut saisir 8 La ChADPresse Hiver 2013
9 Les dirigeants de cabinet gagnent à instaurer diverses mesures alternatives afin d éviter de se retrouver dans une situation de pratique illégale. ces professionnels des améliorations requises à leur pratique par des mesures administratives préventives. Lorsque la situation est connue et tolérée, nous assumons la conduite d une enquête qui peut mener à une plainte formelle contre le dirigeant responsable certifié.» Les délais de traitement «Lorsque l Autorité reçoit une demande de rattachement complète, celle-ci est normalement traitée dans un délai de cinq jours ouvrables, explique M. Théberge. Depuis mai dernier, l Autorité a mis au point un système de services en ligne. Ainsi, plus de 90 % des demandes de rattachement sont traitées instantanément pour les cabinets et les représentants qui transigent par l entremise de ces services en ligne.» Un délai dans le traitement d une demande pouvant se produire, notamment en raison d un dossier incomplet, les dirigeants de cabinet gagnent à instaurer diverses mesures alternatives afin d éviter de se retrouver dans une situation de pratique illégale. Être proactif Si le certificat du représentant est en mode «sans exercice», «ce dernier doit immédiatement cesser d offrir des produits et limiter sa pratique à des actes permis aux employés non certifiés, le temps d entamer rapidement des démarches pour régulariser sa situation auprès de l Autorité», rappelle le Service de l inspection de la ChAD. Maurice Lefrançois, directeur, Service de la commercialisation chez Wawanesa, explique ce qui est mis en œuvre dans son entreprise pour éviter de telles situations : «Dès que l embauche est confirmée, nous effectuons immédiatement la demande de rattachement à l Autorité. Le gestionnaire du cabinet ne peut en aucun cas encourager la pratique illégale et doit donc empêcher son employé certifié sans mode d exercice d agir auprès du public.» Période de formation «Le certifié peut être salarié», confirme le Bureau du syndic, mais il faut l occuper à d autres fonctions que le service à la clientèle. M. Lefrançois préconise d utiliser ce temps d arrêt pour accueillir le représentant et lui offrir de la formation : «Chez nous, les nouveaux représentants suivent un programme de formation qui dure quelques semaines. Cela suffit habituellement à couvrir à la fois le délai pour obtenir l autorisation d exercer et le cycle complet d accueil du représentant.» Claude Brosseau, président d Assurancia Groupe Brosseau, fait de même : «Lorsqu ils arrivent au cabinet, nos courtiers bénéficient toujours de mentorat, confie-t-il. Ils se familiarisent avec nos politiques internes, les systèmes informatiques des assureurs et le nôtre, les applications et la tarification en ligne. Nous faisons également des simulations de vente et des audits pour qu ils soient prêts dès que l Autorité donne son feu vert.» Dans le cas où un représentant serait le seul certifié, «il doit appliquer les mesures prévues à son plan de continuité des activités en cas d urgence et se tourner vers le cabinet ou le représentant prévu au plan pour assurer le soutien auprès des clients, le temps nécessaire à la régularisation de la situation», conclut le Service de l inspection. } Pour réagir à ce texte : La ChADPresse Hiver
10 «On se rend compte que plusieurs galeries sont mal conseillées et mal assurées. Émilie Grandmont-Bérubé»
11 Le Québec compte plus de 200 galeries d art privées, dont près de la moitié sont situées dans la région de Montréal. Si toutes vendent des œuvres d art, près d un tiers des galeries proposent également des activités connexes telles que l encadrement ou l entoilage (27 %), l évaluation d œuvres d art (21 %), la tenue d ateliers et de cours d art ainsi que des services-conseils aux artistes 1. Spécialité Le portrait de l assurance des galeries d art Des besoins particuliers Assurer le domaine des arts requiert une maîtrise de l industrie de l assurance de dommages, mais également une connaissance du milieu artistique. Émilie Grandmont-Bérubé, propriétaire de la Galerie Trois Points à Montréal et présidente de l Association des galeries d art contemporain, raconte : «Lorsque nous avons repris la galerie, il y a cinq ans, et que nous avons rencontré notre courtier, nous avons réalisé que nous n étions, pour ainsi dire, pas assurés. Si un sinistre était survenu, nous aurions tout perdu! On se rend compte que plusieurs galeries sont ainsi mal conseillées et mal assurées. Pour que je sois en confiance, mon courtier doit très bien connaître le milieu des arts et le fonctionnement d une galerie.» Comprendre la composition et la variabilité de l inventaire est une première étape : les œuvres peuvent appartenir à la galerie, être en consignation ou être simplement sous sa garde. Elles peuvent être exposées au sein de la galerie ou lors de foires, mais aussi être entreposées ou prêtées hors des lieux. Plus les œuvres sont manipulées, plus elles courent le risque d être endommagées lors de l exposition et du transport. Les besoins pouvant varier plusieurs fois par mois, les représentants doivent réagir presque instantanément aux demandes de leurs assurés : «Le client nous appelle parfois la veille d une foire pour obtenir une preuve d assurance, sans laquelle il ne pourra participer à l événement, explique Colette Mendenhall, présidente de S&C Assurance inc. / Assurart. On doit pouvoir répondre à sa demande rapidement.» Peu de spécialistes M me Mendenhall précise : «Il faut bien comprendre les rouages de l industrie pour être en mesure de saisir les enjeux liés aux activités de notre client et poser les bonnes questions.» Il y a d ailleurs peu d assureurs spécialisés dans le domaine : «Lloyd s mis à part, il y a trois principaux assureurs au Canada dont les primes minimums varient normalement de $ à $, ajoute-t-elle. Selon les besoins du client, on sait à qui s adresser.» Cette rareté a présenté un certain défi pour Antoine Ertaskiran, propriétaire et directeur de la galerie Antoine Ertaskiran : lorsqu il a voulu assurer sa nouvelle galerie, les assureurs spécialisés en art se sont montrés réticents. Consultant et partenaire dans la galerie de son père pendant des années, il a dû démontrer ses habiletés à gérer un inventaire de plusieurs centaines de milliers de dollars avant de trouver un assureur : «Peut-être est-ce à cause de la valeur des marchandises, surtout sur le marché secondaire, mais les assureurs ne voulaient pas assurer la nouvelle galerie que j allais ouvrir.» Afin de répondre à ce besoin particulier, l entreprise de M me Mendenhall a développé un produit pour les galeries débutantes. Dresser le portrait complet de la galerie Au bout du compte, M. Ertaskiran a pu assurer sa galerie auprès de deux assureurs distincts : «Mes locaux et le matériel sont protégés par un assureur, tandis que les œuvres d art sont couvertes par un autre contrat.» D autres galeries auront en revanche un seul assureur qui couvrira à la fois les lieux et l inventaire. De manière générale, l assurance pour les marchands d art «couvre les œuvres qui se trouvent à la galerie et hors des lieux, en consignation, chez un collectionneur et lors du transport, explique M me Mendenhall. Elle couvre aussi la responsabilité civile de la galerie, du collectionneur ou de l artiste. Puisque chaque galerie a un modèle d affaires qui lui est propre, les protections sont généralement établies sur mesure.» Il est donc essentiel de bien dresser le profil de l assuré et de déterminer ses besoins spécifiques. Outre les renseignements généraux d usage et l expérience du marchand d art, les lieux physiques, incluant les mesures de protection contre le vol et les incendies, seront analysés. 1 Statistiques en bref, n 20, juin 2006, Observatoire de la culture et des communications du Québec. La ChADPresse Hiver
12 MARCHÉS PRIMAIRE ET SECONDAIRE Les besoins pouvant varier plusieurs fois par mois, les représentants doivent réagir presque instantanément aux demandes de leurs assurés. Selon l Observatoire de la culture et des communications du Québec, 66 % des ventes concernent des œuvres d art vendues pour la première fois (marché primaire) et 34 % des ventes se déroulent sur le marché secondaire, celui de la revente, de la spéculation et des encans. Source : Statistiques en bref, n 20, juin 2006, Observatoire de la culture et des communications du Québec. Tenir compte des limites «de ses aptitudes Avant d accepter un mandat, le représentant en assurance de dommages doit tenir compte des limites de ses aptitudes, de ses connaissances ainsi que des moyens dont il dispose. Il ne doit pas entreprendre ou continuer un mandat pour lequel il ne dispose pas des habiletés nécessaires sans» obtenir l aide appropriée. La visite des lieux est incontournable : «Dans le cas d une galerie située en région, nous exigeons des photos des lieux», ajoute M me Mendenhall. La visite permettra également de vérifier où et comment sont entreposées les œuvres. Les dommages causés par l humidité et les variations de température étant habituellement exclus des contrats, il est en effet important de faire un entreposage adéquat des œuvres. L inventaire de la galerie est également essentiel, y compris sa valeur globale et le pourcentage d œuvres en consignation, d œuvres acquises et d œuvres qui lui sont confiées sans être consignées. Guylaine Isabelle, courtier chez Hub International, rappelle certaines questions à poser concernant l inventaire : La nature des œuvres : s agit-il de peintures, de sculptures, de bijoux ou autres? Le nom des auteurs, leur nationalité et l année de réalisation des œuvres : s agit-il d œuvres contemporaines ou d antiquités? D auteurs étrangers ou canadiens? Les dimensions et les matériaux : est-il question de sculptures en verre ou en argile, par exemple? Quelle est la valeur des œuvres? «Pour déterminer la valeur d une œuvre, il faut spécifier quelle méthode est utilisée, soutient M me Mendenhall. La valeur peut être fixée par l artiste, la cote du marché ou la valeur estimée par un expert en évaluation d œuvres d art. Elle peut aussi être basée sur le montant payé par la galerie pour acquérir l œuvre.» Code de déontologie des représentants en assurance de dommages, article La ChADPresse Hiver 2013
13 Déterminer les activités de la galerie Pour établir les limites du contrat, il est important de connaître les activités de la galerie. Au-delà des activités qui se tiennent sur les lieux mêmes, telles que les vernissages et les expositions, il faut également se renseigner sur les événements auxquels la galerie participe afin de lui offrir la bonne protection. Il y a plusieurs foires par année, notamment à Toronto, New York et Londres. «Si, une année, la galerie participe aux foires de Toronto et de New York, son avenant demeurera valide pour les années subséquentes, seule la limite de la couverture devra être révisée», mentionne M me Isabelle. Lorsqu une galerie prend part à une foire, «il faut obtenir la fiche technique des œuvres envoyées auteur, dimensions, valeur, etc. et des renseignements sur l événement dates, endroit, conditions de sécurité et d exposition, rappelle M me Mendenhall. On déterminera également tout ce qui concerne le transit de l œuvre de son lieu habituel d exposition ou d entreposage au lieu de l événement : transport, emballage, manipulation des œuvres. Bref, tout ce qui se passe entre les lieux de départ et de destination à l aller et au retour le principe de la protection clou à clou, qui varie d un événement à l autre.» Le représentant doit ainsi se tenir au courant des activités de son client pendant la durée du contrat pour lui offrir les avenants nécessaires. Cela permet également de préparer le renouvellement : «Les limites en transport varient d un assureur à l autre, précise M me Isabelle. Une galerie qui ne transporte qu une œuvre de $ par année aura sans doute besoin d une limite en transport plus basse. Il faut voir avec l assuré ses besoins passés et futurs.» La bête noire Contrairement à une idée reçue, le vol n est pas la cause de réclamation la plus fréquente dans le milieu des galeries d art : c est le transport qui arrive en tête. M me Bérubé-Grandmont explique : «Les œuvres d art, quel que soit le médium, sont fragiles. Il faut les manipuler avec soin. Or c est souvent lors du transport qu une œuvre court le plus grand risque d être endommagée.» Le choix de l emballeur est donc important. Il est en fait si crucial que certains assureurs peuvent exiger dans leurs contrats que les galeries fassent affaire avec des emballeurs formés et qualifiés pour accomplir ces opérations délicates. Cependant, «si le choix de l emballeur est important, le choix du transporteur l est aussi, mentionne M me Mendenhall. Par exemple, un transporteur qui n est pas familier avec le domaine de l art pourrait mal remplir les documents pour la douane, ce qui présente un risque. Si ces papiers sont mal préparés, le douanier déballera l œuvre pour la vérifier. Or il y a peu de chance qu il remballe l œuvre en prenant les précautions nécessaires. On a vu des œuvres complètement perdues à la suite d un passage aux douanes.» M me Isabelle ajoute : «Selon la valeur de la marchandise transportée, l assureur pourrait refuser d indemniser l assuré qui n aurait pas fait appel à un transporteur spécialisé et reconnu. Les camions de ces transporteurs sont conçus pour protéger l œuvre contre les vibrations ou la chaleur, par exemple.» «La plupart des contrats couvrant le transport dans la zone Canada États-Unis, il faudra prévoir un avenant pour un déplacement outre-mer, explique M me Mendenhall. Comme le trajet est souvent plus long, la possibilité que le vol comprenne une escale est grande. Il faut donc savoir si l œuvre sera en sécurité. On regarde également tout ce qui concerne le déchargement de l œuvre et son installation, pour s assurer, une fois de plus, du soin qui sera apporté à ces manipulations.» Il revient très souvent au représentant en assurance de dommages de la galerie de penser à tous ces détails. «Lorsqu on reçoit une invitation ou qu on entend parler d une activité organisée par la galerie, il importe d appeler le client pour réviser ses besoins, le cas échéant, précise M me Mendenhall. C est à nous de lui faire penser. Pour accompagner adéquatement son client, il faut entretenir une relation de proximité.» La ChADPresse Hiver
14 conformité Toute la lumière sur le compte séparé Les cabinets en assurance de dommages, les représentants ou sociétés autonomes ainsi que les cabinets d expertise en règlement de sinistres recevant ou gérant des sommes pour le compte de tiers ont l obligation légale d ouvrir et de maintenir un compte séparé. Cette obligation a pour but de protéger le consommateur en s assurant que les sommes d argent détenues pour autrui ne puissent être confondues avec les avoirs du cabinet. Le compte est qualifié de «séparé», car il doit être distinct du compte d opérations (courantes) du cabinet. Afin de rappeler ces obligations à l industrie, l Autorité des marchés financiers (l Autorité) a émis, en janvier 2012, un avis relatif à la gestion des comptes séparés 1. Cet avis rappelait, entre autres, les lois et les règlements applicables et le fait que la position du compte séparé ne doit en aucun cas être déficitaire. De plus, l avis fournissait quelques exemples de transactions autorisées à partir du compte séparé. Ainsi, les types de prélèvements ou de paiements permis à partir du compte séparé sont notamment : Pour l assurance de dommages : le dépôt des primes perçues, le paiement des primes aux assureurs, le remboursement des crédits aux assurés, la remise des taxes au gouvernement et le transfert des commissions à son compte d opérations. Pour l expertise en règlement de sinistres : les sommes reçues des assureurs pour la gestion des sinistres, le versement des indemnités aux assurés et le paiement des fournisseurs de services ou des spécialistes impliqués dans le règlement d un sinistre. Près de deux ans plus tard, plusieurs lacunes en lien avec la gestion du compte séparé sont toujours constatées lors des inspections menées par la ChAD dans les cabinets de 24 représentants et moins (mandat confié par l Autorité). Le Service de l inspection de la ChAD assure le suivi des correctifs pour les dossiers d inspection où une ou plusieurs lacunes ont été décelées. Il offre également du soutien aux cabinets et aux représentants autonomes qui ont de la difficulté à apporter les correctifs nécessaires. Pour certains cas plus complexes, l Autorité intervient pour assurer la mise en place des correctifs requis et même, à l occasion, pour sanctionner le cabinet qui refuse de corriger sa situation. Comptabilité d exercice versus comptabilité de fin de mois Une erreur répandue dans l industrie concernant la gestion du compte séparé consiste à gérer ce compte de façon à faire face aux obligations de fin de mois. Or ce sont les obligations totales, actuelles et futures, à une date donnée que l on doit considérer. Comment remplir le formulaire de conciliation globale du compte séparé Toutes les sommes indiquées au formulaire doivent être en lien avec la facturation agence des polices d assurance et doivent provenir, pour la plupart des cabinets, de rapports financiers, dont le bilan ou la balance de vérification du grand livre. Sont aussi utiles pour remplir le formulaire : l état des résultats, le relevé bancaire du compte séparé, le registre des sommes dues au cabinet et le rapport des comptes clients (âge des comptes ou «comptes à recevoir»). Idéalement, la conciliation du compte séparé devrait être effectuée à la fin de chaque mois afin de contrôler la position du compte. Ceci peut même permettre de déceler certaines erreurs qui auraient pu survenir au cours du mois et de les corriger rapidement. Comme le compte séparé ne contient que des sommes qui n appartiennent pas au cabinet exception faite des revenus dus au cabinet, la position du compte séparé ne peut en aucun cas être déficitaire. Dans un compte séparé géré de façon saine, la différence entre l actif et le passif devrait être nulle (à zéro) ou positive. Établir l actif Le total de l actif tient compte de toutes les sommes reçues (encaisse) et à recevoir (comptes clients) qui sont uniquement en lien avec la facturation agence du cabinet. Fait à noter, la préfacturation et les chèques postdatés ne doivent pas être inclus aux fins de calcul. De plus, les commissions à recevoir provenant de la facturation directe ne doivent pas être prises en considération. 14 La ChADPresse Hiver 2013
15 Le formulaire de conciliation du compte séparé ainsi que les instructions pour le remplir sont disponibles dans la boîte à outils à chad.ca/outils, section «Conciliation globale du compte séparé». Obligations Les obligations relatives au compte séparé sont prévues aux articles suivants : Règlement sur l exercice des activités des représentants, article 4 (2); Règlement relatif à l inscription d un cabinet, d un représentant autonome et d une société autonome, articles 2 (17), 4 (7), 6 (11) et 10 ; Règlement sur la tenue et la conservation des livres et registres, articles 6 et 7. Lacunes En 2012, on a constaté une ou plusieurs lacunes dans plus de 60 % des cabinets inspectés : 20 % des cabinets géraient un compte déficitaire ; 46 % des cabinets avaient effectué une ou des transactions non conformes ; 20 % des cabinets n étaient pas en mesure de déterminer ce que le compte leur devait en commissions, honoraires ou frais. Entre le 1 er janvier et le 31 août 2013, des lacunes ont été observées dans plus de 50 % des cabinets inspectés. Les sommes à recevoir pour les comptes en souffrance de plus de 90 jours, non contrôlés ou à risque doivent être déduites de l actif. Dans certains cas, des sommes provenant de la gestion des sinistres sont également des éléments qui doivent être considérés à l actif du compte séparé. Établir le passif À l inverse de l actif, le passif tient compte de la dette totale du cabinet provenant de sommes au compte séparé envers les assurés, les assureurs, le gouvernement et le cabinet. Les primes à payer aux assureurs, les taxes gouvernementales sur les produits d assurance et les remboursements aux assurés (si non inclus à l actif) sont des éléments du passif. Les sommes reçues pour des polices en préfacturation (celles dont la date d entrée en vigueur est après la date de clôture) doivent également être prises en considération. Les revenus de courtage dus au cabinet (commissions, honoraires, intérêts, frais de retard ou d administration) et non transférés au compte d opérations doivent être considérés pour établir le passif. Ces sommes sont dues au cabinet, à moins que ce dernier n y renonce. Idéalement, un registre doit faire état de la gestion de ces sommes. Par exemple, ce dernier doit tenir compte des revenus à une période donnée, moins les transferts effectués vers le compte d opérations du cabinet pour la même période. La différence entre les deux montants représente les sommes dues au cabinet. En conclusion Comme l Autorité entend prendre toutes les mesures nécessaires pour que l avis qu elle a émis soit respecté, l adoption d une saine gestion du compte séparé pourrait vous éviter beaucoup de désagréments au moment de l inspection. 1 Bulletin de l Autorité des marchés financiers, vol. 9, n 2, 13 janvier 2012.
16 L obligation d entretien des propriétaires de centres commerciaux : récent arrêt de la Cour d appel Depuis quelques années, les centres commerciaux à grande surface ont fait leur apparition dans le paysage québécois. Dans un arrêt récent 1, la Cour d appel s est prononcée sur les obligations d entretien et de sécurité des propriétaires de ce genre d établissements et sur le fardeau de preuve à rencontrer afin que leur responsabilité soit retenue. Le 15 mars 2008, Mario Castro, accompagné de sa fille, se rend au centre commercial. Une fine couche de neige recouvre le sol. Alors qu il marche dans l allée centrale entre deux rangées de voitures, il perd pied, glisse et se blesse. À la suite de sa chute, M. Castro a poursuivi le propriétaire du centre commercial, alléguant que ce dernier avait fait preuve de négligence en omettant d épandre de l abrasif dans les sections glacées du stationnement. Le propriétaire a appelé en garantie M.Y. Desjardins inc., à qui il avait confié l entretien du stationnement. Jugement de la Cour supérieure La preuve faite au procès a révélé que le stationnement du centre commercial comporte approximativement places. En hiver, l entretien des aires de stationnement est confié à M.Y. Desjardins inc. M e Caroline Tremblay, Gilbert Simard Tremblay, s.e.n.c.r.l. Jurisprudence Des agents de sécurité sont également sur place afin d assurer, notamment, que les trottoirs et le stationnement sont sécuritaires. Si un endroit semble glacé, ils ajoutent de l abrasif. S ils constatent que la surface glacée est grande, ils doivent, selon la procédure, téléphoner à leur supérieur afin qu un représentant de M.Y. Desjardins inc. vienne ajouter de l abrasif. Quant à la journée du 15 mars 2008, l agent de sécurité sur place a témoigné n avoir rien remarqué d anormal dans le stationnement. Son rapport ne fait état d aucun épandage supplémentaire d abrasif. Le représentant de M.Y. Desjardins inc. témoigne que lorsqu il doit entreprendre la tâche de déneiger ou de déglacer chez les clients, il commence toujours par le centre commercial, car tant le magasin d alimentation que le restaurant qui sert les petits déjeuners exigent que le stationnement soit sécuritaire très tôt le matin. M. Desjardins a également témoigné se rendre chez chacun de ses clients durant les chutes de neige. Les équipes déployées restent sur place jusqu à ce que la neige cesse de tomber. Finalement, lorsque les équipes ont terminé le déneigement et l épandage d abrasif, M. Desjardins revient sur chacun des sites pour s assurer de la sécurité des lieux. Actionnaires de cabinets recherchés Devenez courtier autonome et propriétaire de votre propre cabinet. Ayez accès à une diversité d assureurs. Profitez d un mode de rémunération innovateur reconnaissant de vos efforts. JOIGNEZ NOTRE ÉQUIPE D EXPÉRIENCE pour un appui à vos ambitions et une formation complète. Faites parvenir votre CV poste La ChADPresse Hiver 2013
17 Obligation d Entretien La juge Arcand rappelle que pour que la responsabilité du propriétaire soit engagée, il n est pas suffisant de prouver que la chute résulte de la présence de glace sur la chaussée, il faut également établir que l entretien des lieux est déficient. La juge de première instance conclut que M. Castro n a pas rempli son fardeau de preuve, soit d établir la faute du centre commercial ou celle de M.Y. Desjardins inc. La preuve porte plutôt sur le fait qu il savait que la chaussée était glissante, admettant l avoir constaté avant de descendre de son véhicule. De plus, selon la juge, M. Castro aurait dû redoubler de prudence, car il était chaussé de souliers. Ainsi, elle rejette le recours de M. Castro, concluant que sa chute n est qu un malheureux accident pour lequel le centre commercial et M.Y. Desjardins inc. ne peuvent être tenus responsables. Décision de la Cour d appel Devant la Cour d appel, M. Castro plaide que la juge Arcand lui a imposé un fardeau qui n était pas le sien. Il est d avis qu à partir du moment où il est établi que le stationnement était glacé, qu il n y avait pas d abrasif et qu aucun changement de température ne s est produit dans les jours précédant la chute, il revenait aux intimés de démontrer, de manière prépondérante, le bon entretien des lieux. Selon la Cour d appel, la juge de première instance n a pas erré au chapitre du fardeau de la preuve. Il n existe aucun renversement du fardeau de la preuve et aucune présomption légale ne peut découler de la seule présence de glace sur un terrain de stationnement. La responsabilité du propriétaire ne peut résulter que d une faute commise par lui ou ses préposés, et il appartient au demandeur de faire la preuve d un lien de causalité entre la faute et l accident dont il est victime. La Cour d appel est d avis qu il ressort de la preuve faite en première instance qu il y avait de la glace à l endroit où l appelant a chuté, mais pas partout dans le stationnement, ce qui aurait pu être un indice de mauvais entretien. La présence d une plaque de glace dans un stationnement de places où se produit un va-et-vient constant de véhicules ne permet pas de conclure à un mauvais entretien, puisqu il est manifestement impossible de déglacer chaque centimètre de la surface. Conséquemment, la Cour d appel rejette le pourvoi de M. Castro et confirme la décision de première instance. Conclusion Comme l écrivait l honorable juge Taschereau dans l affaire Garberi 2 : Dans notre pays, où les intempéries de nos saisons sont fréquentes, où la température hivernale présente des soudaines variations, on ne peut évidemment pas s attendre sur nos trottoirs à la sécurité dont bénéficient ceux qui vivent sous des ciels plus cléments. En raison de la nature même de nos hivers, les chutes sur des plaques de glace sont malheureusement monnaie courante et ne découlent pas nécessairement d un entretien déficient. Dans l arrêt Castro, la Cour d appel rappelle que ne sera pas suffisante la seule preuve de la présence de glace et de l absence d abrasif. Il devra également être mis en preuve que le propriétaire a été négligent dans l entretien du stationnement. Autrement, il ne pourra être tenu responsable des dommages subis à la suite d une chute. 1 Castro c Canada inc., 2013 QCCA Garberi c. Montréal (Cité de), [1961] R.C.S The English version of Let s Talk Case Law is available at chad.ca/chronicles La ChADPresse Hiver
18 Carole Chauvin, C.d A.Ass., Adm.A. syndic Syndic De la nécessité, pour un dirigeant, de s assurer que son personnel est toujours dûment certifié Ou votre responsabilité déontologique en tant que dirigeant responsable En lien avec l article Dossier (voir la page 8), voici quelques histoires qui ont mené à des plaintes disciplinaires et qui impliquaient du personnel non certifié. Ces affaires font notamment référence aux obligations professionnelles suivantes : Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF) Article 85 : Un cabinet et ses dirigeants veillent à la discipline de leurs représentants. Ils s assurent que ceux-ci agissent conformément à la présente loi et à ses règlements. Code de déontologie des représentants en assurance de dommages et Code de déontologie des experts en sinistre Article 2 : Le représentant en assurance de dommages / l expert en sinistre doit s assurer que lui-même, ses mandataires et ses employés respectent les dispositions de la Loi sur la distribution de produits et services financiers et celles de ses règlements d application. Article 37 (12) et article 58 (14) des mêmes codes : Constitue un manquement à la déontologie, le fait ( ) d agir à l encontre de l honneur et de la dignité de la profession, notamment : - D exercer ses activités avec des personnes qui ne sont pas autorisées à exercer de telles activités par cette loi ou ses règlements d application ou d utiliser leurs services pour ce faire. Négligence lors des mesures transitoires 1 Lors de l inspection d un cabinet par la ChAD, les inspecteurs croient aller rencontrer, selon la situation connue au registre des membres, deux professionnels certifiés. Sur place, les inspecteurs constatent que quatre employés, qui ne sont ni certifiés en assurance de dommages ni visés par les droits acquis prévus à l article 547 de la LDPSF, agissent directement auprès de la clientèle. Lors de l audition de la plainte formelle contre la responsable certifiée du cabinet, celle-ci avoue avoir fait preuve de négligence, en 1999, lors des mesures transitoires entre la Loi sur les intermédiaires de marché et la LDPSF. En effet, elle admet ne pas avoir veillé à maintenir la certification de certains employés et, pour d autres, à faire reconnaître leurs droits acquis. La dirigeante a été sanctionnée notamment par l imposition d amendes totalisant $. Ces amendes ont été réduites à $, en fonction du principe de la globalité, afin d éviter une sanction trop accablante. Pénurie de main-d œuvre 2 Après la fin d emploi d un employé certifié, un dirigeant de cabinet nous dénonce ce dernier pour certaines pratiques professionnelles jugées douteuses. Lors de l enquête, alors que nous étions dans les bureaux du cabinet plaignant, la présence d une employée non certifiée agissant directement auprès de la clientèle est constatée. Celle-ci nous informe candidement qu elle œuvre activement au sein du cabinet depuis trois ans. Le dirigeant certifié du cabinet nous indique que, selon lui, «il y a une tolérance en région vu le manque de main-d œuvre certifiée». 18 La ChADPresse Hiver 2013
19 Cette chronique est tirée de cas vécus au Bureau du syndic. Son objectif : faire en sorte que vous vous interrogiez sur votre pratique en regard de vos obligations déontologiques. } Imprimez ou partagez cet article à chad.ca/chroniques Le dirigeant du cabinet a plaidé coupable à ce que le Comité de discipline décrit comme des «actes de négligence ( ) en raison de ses propres faits, gestes et omissions ( )». Le dirigeant a été sanctionné notamment par l imposition d amendes totalisant $. Le Comité de discipline a tenu compte du fait que le cabinet avait fermé et son inscription radiée et qu il avait été sanctionné par le Bureau de décision et de révision (BDR) de l Autorité des marchés financiers (l Autorité) par des amendes de $. Ne pas agir dans le respect des limites de son certificat 3 Un expert en sinistre en assurance de dommages des particuliers ayant agi en assurance de dommages des entreprises pendant huit ans a plaidé coupable. Le dirigeant responsable du cabinet a lui aussi plaidé coupable à la plainte formelle contre lui selon laquelle il avait permis à cet expert en sinistre d agir dans une discipline qui n apparaissait pas à son certificat. Le total des amendes s est élevé à $. Le cabinet a ensuite été sanctionné par le BDR de l Autorité par l imposition d une pénalité administrative de $. Engager des étudiants 4 Les dirigeants responsables ont plaidé coupables à des chefs d infraction leur reprochant d avoir permis à des étudiants d agir directement auprès de la clientèle, et ce, pendant trois étés. Comme l écrit le Comité de discipline : «Essentiellement, les plaintes reprochent aux intimés d avoir permis à des employés non certifiés de cueillir directement auprès des clients les renseignements nécessaires pour la souscription du contrat d assurance et d effectuer des tâches ou des activités réservées à des représentants dûment certifiés.» Ils ont été sanctionnés notamment par des amendes totalisant $, vu la restructuration complète de leurs activités et leur engagement à éviter que de telles infractions se reproduisent. La participation à l exercice illégal Il n y a plus de place pour la tolérance en pareille matière. Voici d ailleurs quelques passages des décisions du Comité de discipline qui donnent le ton : «Il s agit d une infraction grave car elle met directement en péril la protection du public.» «Il est de commune renommée que l appartenance à une chambre professionnelle et le fait d être détenteur d un certificat valide est un gage de compétence qui permet d assurer la protection du public. L omission de mettre à jour son certificat est plus qu une simple erreur technique, une telle infraction touche l essence même de la profession.» «Suivant la jurisprudence traditionnelle, l exercice de la profession est un privilège dont la contrepartie exige le respect de règles strictes instaurées en vue de protéger le public.» (C) (C) (E) et (E) (C) et (C). The Syndic s column is available in English at chad.ca/chronicles VOUS ACCOMPAGNER DE TOUTES NOS FORCES. Pour concrétiser vos affaires en toute confiance. Notre réseau de courtiers d assurance indépendants regroupe plus de 100 membres qui profitent en tout temps : d une vaste sélection d assureurs; de rémunérations supplémentaires; d outils de travail complets et en constante évolution; d un service et d un soutien adaptés à votre réalité. Cabinets d expérience ou débutants dans l industrie, prenez place avec nous! Contactez Madame Renée Moore Directrice développement des affaires Sans frais : , p. 121 Mobile : courtiersunis.com S unir c est pouvoir La ChADPresse Hiver
20 syndic de la Chambre de l assurance de dommages, plaignant ; c. M me Claudia Royer (Québec) Agent d assurance de dommages, intimée Certificat n o Plainte n o (A) Plainte Le 4 février 2011, l assuré, propriétaire d une entreprise de transport d animaux, reçoit le mandat de transporter trois vaches holsteins. Or, une fois rendue à destination, une des vaches est incapable de se lever et, à la suite de son examen, un vétérinaire conclut que l animal a subi un accident traumatisant, entraînant la paralysie des membres postérieurs. L assuré réclame donc les dommages résultant de la perte de l animal. Il constate toutefois que sa police d assurance est inadéquate et qu il n est pas couvert pour le transport d animaux, alors qu il s agit de sa principale activité commerciale. La plainte comporte un chef d infraction. Il est reproché à l intimée, à titre d analyste de risques en assurance des entreprises au sein de Groupe Ledor, Mutuelle d assurance, de ne pas avoir agi avec compétence et professionnalisme dans le dossier de l assuré. De plus, lors de la soumission d assurance, l intimée n a pas cherché à savoir si l assuré obtiendrait une protection d assurance responsabilité civile et n a pas communiqué, ni à l assuré ni à l agent Paul-Armand Bruneau, que Groupe Ledor, Mutuelle d assurance n offrait pas la protection d assurance responsabilité civile concernant, notamment, le transport d animaux appartenant à autrui. Décision Le 10 juillet 2013, à la suite d un plaidoyer de culpabilité, le Comité de discipline a déclaré M me Royer coupable. Sanction Le 10 juillet 2013, le Comité de discipline a imposé à l intimée une amende de 2000 $ et le paiement de tous les déboursés. Comité de discipline M e Patrick de Niverville, président M me Mireille Gauthier, agent en assurance de dommages, membre M. Raymond Savoie, agent en assurance de dommages, membre syndic de la Chambre de l assurance de dommages, plaignant ; c. M. Yvon Lareau (Napierville) Courtier en assurance de dommages, intimé Certificat n o Plainte n o (C) Plainte Les assurés ont été propriétaires d un hôtel de 10 chambres de 1975 à En 2009, l hôtel est incendié. Les dommages subis sont estimés à un montant de $. L assureur a refusé d indemniser les assurés en raison principalement d une aggravation du risque qui n aurait pas été déclarée en temps opportun. L assureur a, de plus, décidé d annuler en cours de terme la police d assurance de la bâtisse. L intimé, en plus d agir comme courtier d assurance auprès des assurés, était également leur prêteur hypothécaire. La plainte comporte six chefs d infraction. De 2004 à 2009, l intimé s est placé directement ou indirectement dans une situation où il serait en conflit d intérêts en agissant à la fois comme représentant en assurance de dommages pour les assurés, par l entremise de son cabinet Lareau et Fils Assurances inc., et comme créancier hypothécaire de ces mêmes assurés, par l entremise de sa compagnie Les Placements Lareau inc. (chefs n os 1 à 5). À la suite du sinistre subi à la bâtisse des assurés faisant l objet du contrat d assurance des entreprises, l intimé se serait placé en situation de conflit d intérêts en tentant à la fois de représenter les intérêts des assurés et les intérêts du créancier hypothécaire Les Placements Lareau inc., dont il est le principal actionnaire (chef n o 6). Le chef n o 6 comprend les sous-chefs a à h qui énumèrent les situations dans lesquelles il est reproché à l intimé d avoir favorisé ses intérêts personnels au détriment de ceux des assurés. Décision Le 23 mai 2013, le Comité de discipline a déclaré l intimé coupable des chefs n os 1 à 5 et a acquitté l intimé des chefs n os 6 a à 6 h. Sanction Le 3 juillet 2013, le Comité de discipline a imposé à l intimé des amendes totalisant 8000 $ et le paiement de tous les déboursés. Appel L intimé a porté cette décision en appel devant la Cour du Québec. Comité de discipline M e Patrick de Niverville, président M me Lyne Leseize, courtier en assurance de dommages, membre M me Francine Normandin, courtier en assurance de dommages, membre Discipline syndic de la Chambre de l assurance de dommages, plaignant ; c. M. Daniel Gosselin (Montréal) Courtier en assurance de dommages, intimé Certificat n o Plainte n o (C) Plainte La plainte contre M. Gosselin comporte quatre chefs d infraction. En 2006, il est reproché à l intimé d avoir fait preuve d un manque de transparence dans les dossiers de deux assurés en permettant que soient émis des certificats d assurance contenant des informations fausses et trompeuses quant à l identité de l assureur au contrat et quant au montant de la limite de la garantie responsabilité civile primaire. Par la suite, l intimé n a pas procédé à l émission de nouveaux certificats d assurance (chefs n os 1 et 3). Il est également reproché à l intimé d avoir manqué de transparence dans les dossiers de deux assurés en leur faisant de fausses représentations quant au contenu de leur certificat d assurance, plus précisément en indiquant la garantie «umbrella» dans le tableau des assureurs alors qu elle n était pas inscrite dans le tableau des protections (chefs n os 2 et 4). Décision Le 22 avril 2013, le Comité de discipline a déclaré l intimé coupable des chefs n os 1 et 3 de la plainte et a prononcé un arrêt conditionnel des procédures concernant les chefs n os 2 et 4. Sanction Le 4 juillet 2013, le Comité de discipline a imposé à l intimé une amende de 1200 $ ainsi qu une réprimande. Le comité a, de plus, condamné l intimé au paiement de 50 % du tiers des déboursés. Comité de discipline M e Patrick de Niverville, président M. Marc-Henri Germain, C.d A.A., A.V.A., courtier en assurance de dommages, membre M me Lyne Leseize, courtier en assurance de dommages, membre 20 La ChADPresse Hiver 2013