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Timestamp: 2016-10-28 16:08:32+00:00
Document Index: 10196390

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 172', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 272', 'art. 57', 'art. 9', 'art. 311', 'ATF ', 'art. 314', 'art. 271', 'art. 296', 'art. 29', 'art. 311', 'art. 9', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 285', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

5A_862/2014 � � Arr�t du 17 f�vrier 2015
repr�sent�e par Me Jean-Fran�ois Ducrest, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 26 septembre 2014.
A.A.________ (1971), et B.A.________ (1967) se sont mari�s le 16 juin 1995. Deux enfants sont issus de leur union: C.________, n�e en 1999, et D.________, n� en 2002. Les �poux vivent s�par�s depuis le 14 avril 2012. L'�pouse est rest�e avec les enfants au domicile conjugal, et l'�poux s'est install� dans un appartement.
Depuis f�vrier 2013, l'�poux a pris en charge l'�colage des enfants (3'546 fr. par mois en moyenne), tous les frais relatifs � leurs activit�s extra-scolaires (979 fr. en moyenne), ainsi que les frais li�s au domicile conjugal (hypoth�que, charges d'entretien, etc.), repr�sentant selon ses dires un montant mensuel moyen de 8'226 fr. Il a vers� en sus � son �pouse 8'000 fr. par mois � titre de contribution � l'entretien de la famille.
Par jugement du 21 f�vrier 2014, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribu� la jouissance exclusive du domicile conjugal (2) et la garde des enfants � la m�re (3) et condamn� le p�re � verser une contribution d'entretien mensuelle de 2'500 fr. par enfant (7); le p�re devait prendre en charge, en sus, les frais de scolarit� des enfants et leurs frais parascolaires, culturels et sportifs (5), et continuer � prendre en charge l'ensemble des frais li�s au domicile conjugal (6). La pension due � l'�pouse a �t� fix�e � 7'000 fr. par mois (8).
L'�poux a fait appel de ce jugement, concluant notamment � l'annulation des chiffres 7 et 8 du dispositif, et � ce que la pension alimentaire en faveur de chaque enfant soit fix�e � 1'000 fr., ce montant devant �tre augment� dans l'hypoth�se o� son �pouse devrait s'acquitter d'un loyer, la contribution d'entretien en faveur de celle-ci devant �tre d�termin�e en fonction du gain hypoth�tique qu'elle pourrait r�aliser. L'�pouse a conclu au rejet de l'appel. Statuant par arr�t du 26 septembre 2014, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a r�form� les chiffres 7 et 8 du jugement en ce sens que les contributions d'entretien mensuelles sont fix�es � 1'000 fr. par enfant et � 2'650 fr. en faveur de l'�pouse.
Par acte du 3 novembre 2014, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, sollicitant l'annulation de l'arr�t entrepris et principalement sa r�forme, en ce sens que la contribution d'entretien en faveur de chaque enfant est fix�e � 2'500 fr. et celle en sa faveur � 7'000 fr. Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans les formes l�gales (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur les contributions d'entretien en faveur de l'�pouse et des enfants mineurs, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 et art. 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur le prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 � 179 CC), lesquelles sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e. Le Tribunal f�d�ral n'examine les griefs de violation de droits constitutionnels que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (" principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400; arr�t 5A_99/2011 du 22 septembre 2011 consid. 2.1).
2.2.�Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable ou m�me pr�f�rable. Le Tribunal f�d�ral n'annule la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il que le recourant d�montre qu'elle se r�v�le arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339; 138 I 305 consid. 4.3 p. 319; 133 I 149 consid. 3.1 p. 153).
2.3.�Le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement juridique sur la base des faits constat�s dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 1 LTF). Il peut compl�ter ou rectifier, m�me d'office, les constatations de fait qui se r�v�lent manifestement inexactes, c'est-�-dire arbitraires aux termes de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252), ou �tablies en violation du droit (art. 105 al. 2 LTF), si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Cette partie ne peut toutefois pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; elle doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1) est irrecevable (ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 et les r�f�rences).
3.1.�Le premier juge a relev� que les parties appuyaient leurs conclusions sur un nombre consid�rable de calculs et de pi�ces, mais que la loi ne dictait pas de m�thode pour le calcul des contributions d'entretien, le montant de celles-ci �tant laiss� � l'appr�ciation du juge, ce qui faisait " obstacle � l'application d'une pseudo-m�thode de nature purement scientifique ". Il n'appartenait d'ailleurs pas au juge des mesures protectrices " de se livrer � des calculs byzantins, dont le r�sultat resterait au demeurant largement approximatif (...) ". Compte tenu du train de vie des parties durant la vie commune et des revenus et de la fortune du mari, une pension de 2'500 fr. en faveur de chaque enfant pouvait raisonnablement �tre mise � la charge de celui-ci. L'�poux devait aussi assumer l'entretien courant de son �pouse; la contribution en sa faveur devait �tre fix�e � 7'000 fr. par mois.
3.2.�Il ressort de l'arr�t de la Cour de justice que l'�pouse ne travaille pas et qu'aucun revenu hypoth�tique ne peut lui �tre imput�. Pour sa part, l'�poux tire des revenus de son activit� lucrative ainsi que de ses biens mobiliers et immobiliers. Comme ces revenus sont tr�s fluctuants, la Cour de justice a tenu compte du revenu moyen des cinq derni�res ann�es. Son revenu annuel net �tait de 427'751 fr. en 2009 (dont 257'425 fr. de revenus immobiliers), 338'531 fr. en 2010 (dont 215'542 fr. de revenus immobiliers), 526'717 fr. en 2011 (dont 276'251 fr. de revenus immobiliers), 302'435 fr. en 2012 (dont 154'694 fr. de revenus immobiliers) et 426'139 fr. en 2013 (dont 197'265 fr. de revenus immobiliers); il en r�sulte un revenu mensuel net moyen de 33'693 fr. La cour cantonale a pr�cis� que le chiffre de 38'728 fr., articul� par le mari dans son m�moire de r�ponse � l'appel, se fondait exclusivement sur ses revenus estim�s pour 2013, compte tenu de revenus immobiliers bruts.
Les charges de l'�poux s'�l�vent � 24'504 fr. par mois, comprenant son loyer (5'380 fr.), sa prime d'assurance-maladie (593 fr.), son entretien de base (1'200 fr.), les frais d'entretien de la villa conjugale (4'761 fr.), les frais de transport (70 fr. pour un abonnement TPG �tant donn� qu'il n'a pas rendu vraisemblable avoir besoin d'un v�hicule dans le cadre de son activit� professionnelle) et ses acomptes d'imp�t (12'500 fr.). Son disponible est donc de 9'189 fr. (33'693 fr. - 24'504 fr.).
Le p�re s'est engag� � payer les frais d'�cole priv�e (3'545 fr.) et de loisirs (979 fr.) des enfants. En sus de ces frais, les charges des enfants comprennent leur prime d'assurance-maladie (estim�e � 150fr.) et leur entretien de base selon les normes de l'OP qui couvre notamment les frais de v�tements, de nourriture et de coiffeur (600 fr.), dont � d�duire 300 fr. d'allocations familiales. Ainsi, leurs besoins ont �t� chiffr�s � 450 fr. par mois et par enfant. En proposant de verser 1'000 fr. pour chaque enfant, le p�re couvrait ainsi largement leurs charges.
Quant � l'�pouse, elle n'avait produit pour �tablir ses charges qu'un tableau �tabli de sa main, qui ne saurait valoir plus qu'une all�gation de partie, ainsi que le relev� du compte bancaire de son mari. Ce dernier document permettait de constater des d�penses g�n�rales, mais pas d'identifier le type de d�penses r�alis�es. La r�partition des d�penses entre les �poux et les enfants �tait indiqu�e de mani�re manuscrite, ce qui �tait insuffisant pour rendre vraisemblables celles de l'�pouse qui, par ailleurs, n'avait produit aucune facture ou autre �l�ment permettant d'attester de ses charges. D�s lors que la s�paration a engendr� des charges suppl�mentaires pour la famille, l'�pouse ne pouvait pr�tendre au maintien de son train de vie ant�rieur, de sorte que, comme pour le mari, il ne serait tenu compte que de ses charges courantes. Ses charges vraisemblables s'�l�vent � 2'360 fr. par mois, dont 600 fr. de prime d'assurance-maladie, 140 fr. de frais d'alarme, 1'350 d'entretien de base OP (qui couvre notamment les frais de v�tements, de nourriture, de coiffeur et de beaut�, de t�l�phone, de redevance TV), 70 fr. de frais de d�placement et 200 fr. d'acomptes d'imp�ts. Il n'a pas �t� tenu compte de ses frais de v�hicule, puisqu'elle n'avait pas rendu vraisemblable en avoir un usage indispensable. Quant aux frais li�s � la maison, d'�lectricit�, de chauffage et d'assurance m�nage et responsabilit� civile, ils �taient pay�s par le mari. Par ailleurs, il n'a pas �t� rendu vraisemblable que les frais m�dicaux all�gu�s n'auraient pas �t� rembours�s par l'assurance-maladie. Par �galit� de traitement avec l'�poux, la Cour de justice n'a pas tenu compte des frais de femme de m�nage, de loisirs et de vacances.
En d�finitive, apr�s paiement de ses propres charges et de celles des enfants, l'�poux disposait encore d'un solde disponible de 2'665 fr. (33'693 fr. - 24'504 fr. - 3'545 fr. - 979 fr. - 2'000 fr.). Il fallait donc le condamner � verser � son �pouse une contribution d'entretien de 2'650 fr. par mois, correspondant � son solde disponible; l'�pouse disposait ainsi de 200 fr. par mois pour financer ses loisirs, �tant relev� que le mari disposait pour ses propres loisirs d'une fortune importante.
Tout au long du recours, la recourante base son argumentation sur le fait que les consid�rations du Tribunal de premi�re instance n'auraient pas �t� remises en cause par les parties; ces arguments sont d�nu�s de pertinence. En effet, la maxime inquisitoire est applicable devant l'autorit� cantonale pour l'ensemble de la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 272 et 296 al. 1 CPC), � savoir tant les questions relatives au conjoint que celles qui concerne les enfants. Par cons�quent, le juge d'appel �tablit les faits d'office, sans �tre li� par les all�gations des parties. Par ailleurs, l'autorit� d'appel applique le droit d'office (art. 57 CPC), ce qui signifie qu'elle n'est li�e ni par l'argumentation juridique des parties, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente (arr�t 5A_673/2011 du 11 avril 2012 consid. 3).
La recourante s'en prend � l'�tablissement des revenus de son �poux, soulevant � cet �gard, p�le-m�le, les griefs d'�tablissement arbitraire (art. 9 Cst.) des faits, de violation de l'interdiction de la�
reformatio in pejus, et d'application " particuli�rement erron�e " de l'art. 311 CPC.
5.1.�Elle explique que le Tribunal de premi�re instance avait �tabli les revenus immobiliers nets du mari � 363'142 fr. en 2011, 274'883 fr. en 2012 et 227'295 fr. en 2013. Aucune des parties n'avait contest� ces chiffres en deuxi�me instance. Pourtant, la Cour de justice aurait, de mani�re arbitraire, fix� les revenus immobiliers nets � 276'251 fr. en 2011, � 154'694 fr. en 2012 et � 197'265 fr. en 2013, � savoir des montants injustement plus bas que ceux retenus en premi�re instance et consentis par les parties elles-m�me. En s'�cartant aussi "excessivement " des conclusions prises par les parties, et sans motivation ad�quate, la Cour de justice aurait �galement viol� l'interdiction de la�
reformatio in pejus.�Elle ajoute avoir pourtant rendu la cour cantonale attentive au fait que le mari n'avait produit aucune pi�ce permettant de d�montrer la baisse des rendements de ses immeubles.
La recourante rappelle aussi qu'en premi�re instance, pour calculer les contributions d'entretien, il avait �t� tenu compte uniquement des revenus r�alis�s par le mari en 2013, � savoir 38'728 fr. par mois. L'�poux lui-m�me avait admis que ce montant avait �t� d�termin� " � bon droit " par le premier juge (appel, ch. 7 p. 6), et qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte des revenus r�alis�s les ann�es pr�c�dentes (cf. m�moire de r�ponse et r�plique). Il n'avait donc ni motiv�, ni all�gu� que le premier jugement �tait erron� sur ce point. La recourante n'avait pas non plus form� de critique � ce sujet. La Cour de justice s'�tait pourtant �cart�e, sans motivation, du premier jugement et des d�terminations communes des parties (qui ne s'�taient m�me jamais r�f�r�es aux ann�es 2009 et 2010) en tenant compte de la moyenne des revenus du mari entre 2009 et 2013. La d�cision �tait particuli�rement insoutenable dans son r�sultat, puisque le disponible du mari a donc �t� �tabli � 9'189 fr., alors qu'il aurait d� �tre fix� au moins � 14'224 fr. Le principe de l'interdiction de la�
reformatio in pejus�serait aussi viol�.
5.2.�Le principe de l'interdiction de la�
reformatio in pejus�signifie qu'une autorit� de recours ne peut pas modifier l'arr�t attaqu� au d�triment de la partie qui a recouru, sauf si la partie adverse a interjet� un recours joint (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1 p. 419; arr�t 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1). En l'esp�ce, seul le mari a fait appel du jugement de premi�re instance, l'appel joint n'�tant au demeurant pas ouvert s'agissant d'une cause soumise � la proc�dure sommaire (art. 314 al. 2 CPC en lien avec l'art. 271 CPC), de sorte que, autant que la cour cantonale reste dans le cadre des conclusions prises par le mari, la recourante ne saurait invoquer en sa faveur le principe pr�cit�, �tant au surplus pr�cis� que la maxime d'office s'applique s'agissant de la contribution due pour l'entretien des enfants (art. 296 al. 3 CPC). En tant qu'elle affirme que la d�cision attaqu�e s'�carterait des conclusions prises par les parties, la recourante omet que de toute mani�re, celles-ci n'ont pas pris de " conclusions " concernant le montant des charges immobili�res du mari.
En tant qu'elle pr�tend que le raisonnement de l'autorit� cantonale concernant les charges immobili�res du mari ne serait pas suffisamment motiv�, pour autant qu'elle entende soulever le grief de violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), la recourante ne peut �tre suivie. Il ressort en effet de l'arr�t entrepris (p. 6) que la Cour de justice a proc�d� au calcul du rendement net des immeubles (en prenant pour base le montant des loyers, dont � d�duire les int�r�ts hypoth�caires et les frais d'entretien des immeubles locatifs), sans tenir compte de la valeur locative fiscale de la villa conjugale, puisqu'elle n'est pas lou�e. Le d�tail des calculs pour les ann�es 2009 � 2013 figure clairement dans la d�cision. L'�pouse �tait donc parfaitement en mesure d'en comprendre les motifs et de l'attaquer valablement.
Cela �tant, en ce qui concerne le montant des revenus immobiliers de l'intim�, les critiques formul�es ne sont pas de nature � d�montrer le caract�re arbitraire des chiffres retenus. La recourante se contente de faire valoir sa propre appr�ciation des faits, selon laquelle les montants d�termin�s en premi�re instance �taient corrects, ce qui ne satisfait pas aux exigences de motivation requises (cf. supra consid. 2.3); quand bien m�me les parties n'auraient pas contest� les chiffres retenus dans le premier jugement, on rappellera au passage que cet argument est d�nu� de pertinence dans le cadre d'une proc�dure soumise � la maxime inquisitoire (cf. supra consid. 4). Les m�mes remarques peuvent �tre faites s'agissant de l'�tablissement des revenus globaux de l'�poux; on pr�cisera que la cour cantonale a motiv� son approche par le caract�re fluctuant des revenus, de sorte que la recourante ne saurait pr�tendre que l'arr�t souffre d'un d�faut de motivation sur ce point. Au demeurant, la m�thode consistant � prendre en consid�ration la moyenne des revenus des cinq derni�res ann�es ne saurait �tre qualifi�e d'arbitraire, vu les fluctuations desdits revenus (parmi plusieurs, arr�t 5A_621/2013 du 20 novembre 2014 consid. 3.3.1). Quant au grief de violation de l'art. 311 CPC, outre qu'il est d'embl�e irrecevable puisqu'il n'est pas de nature constitutionnelle (cf. supra consid. 2.1), il est quoi qu'il en soit d�nu� de pertinence.
La recourante conteste le montant des contributions d'entretien retenu par l'autorit� cantonale, faisant valoir l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et dans l'application des art. 163, 176 et 285 CC. Elle s'en prend en particulier au calcul de ses charges et � celui des besoins des enfants, ajoutant que les pensions qui ont �t� fix�es seraient insuffisantes pour maintenir le train de vie de la famille.
6.1.�Concernant ses propres charges, l'�pouse explique que le Tribunal de premi�re instance a retenu qu'elle supporte un montant " gu�re �loign� de 20'751 fr. " pour elle-m�me et pour les enfants. Elle rappelle que son mari n'a jamais remis en cause la r�alit� des charges qu'elle a all�gu�es ni le fait qu'elles correspondent � son train de vie habituel, d�clarant uniquement qu'il ne voulait plus les assumer � l'avenir d�s lors qu'elles seraient d�raisonnables; la Cour de justice aurait occult� cet " aveu judiciaire ". Alors qu'elle a articul� un montant pr�cis des charges de la famille et produit un tableau et des relev�s de compte, la cour cantonale aurait arbitrairement retenu que ce montant n'avait pas �t� rendu vraisemblable, s'�cartant ainsi des " all�gu�s communs des parties " de mani�re arbitraire. Selon la recourante, il serait incontest� que les revenus du couple sont confortables (arr�t entrepris p. 14 s.) et que le niveau de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu. Le raisonnement de la Cour de justice serait insoutenable, puisque ses charges ont �t� calcul�es sur la base des besoins minimaux et des normes de l'Office des poursuites. Il aboutirait � un r�sultat arbitraire d�s lors que les charges ont �t� fix�es � 2'360 fr., soit 4'640 fr. de moins (66%) que le montant de 7'000 fr. retenu en premi�re instance et non contest� par le mari, qui serait pourtant n�cessaires pour maintenir son niveau de vie. La recourante pr�cise que les revenus de l'intim� se sont �lev�s � au moins 38'728 fr. par mois en 2013, qu'il est propri�taire de plusieurs immeubles � Gen�ve et de la villa conjugale, et que sa fortune s'�l�ve, de son propre aveu, au moins � 7'000'000 fr. Vu la pension fix�e, il serait manifeste que les �poux ne partageront plus le m�me " niveau de vie commun, et ce en violation crasse des art. 163 et 176 CC ".
La recourante critique aussi le montant retenu � titre de charges des enfants. Renvoyant en substance � ses explications relatives au tableau de charges et aux relev�s de compte qu'elle a produits, ainsi qu'au m�moire de r�ponse du mari, selon lequel il " importe de maintenir les d�penses de la famille ", elle affirme que les besoins des enfants et leur niveau de vie �lev� n'ont jamais �t� contest�s par les parties. La recourante conteste le calcul effectu� par la Cour de justice, en tant qu'il se base sur les lignes directrices existant en mati�re de poursuites, car il ne correspondrait de loin pas au niveau de vie des parties; cela aurait pour r�sultat choquant que le niveau de vie des enfants ne pourra pas �tre maintenu, de sorte que l'art. 285 CC serait arbitrairement viol�. Elle sollicite une contribution d'entretien de 2'500 fr. par enfant.
Selon la recourante, l'intim� aurait admis avoir r�guli�rement puis� dans sa fortune pour maintenir un train de vie tr�s �lev� (appel p. 6; r�plique p. 10). En outre, depuis f�vrier 2013, il a vers� 8'000 fr. par mois pour l'entretien de sa famille et, en sus, les frais d'�colage des enfants. Le Tribunal de premi�re instance a relev� que l'on pouvait douter que le mari ait d�cid� de fixer cette contribution � un montant sup�rieur � sa capacit� contributive (p. 6 du premier jugement). De fa�on arbitraire, la Cour de justice n'aurait pas tenu compte de cet �l�ment de fait pourtant incontest�. Le mari aurait pourtant lui-m�me expliqu� que ses revenus ne se seraient pas effondr�s (r�plique p. 14), de sorte que le train de vie de la famille devait �tre maintenu.
6.2.�La recourante semble critiquer l'application de la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent, exposant qu'il aurait plut�t fallu calculer sa contribution d'entretien en fonction du train de vie ant�rieur � la s�paration. Il est d'embl�e douteux que son grief soit suffisamment motiv� (cf. supra consid. 2.1). Quoi qu'il en soit, en l'esp�ce, il appara�t que la m�thode appliqu�e n'est pas arbitraire, � tout le moins dans son r�sultat, �tant relev� que le solde disponible des �poux, qui s'�l�ve � 305 fr. (disponible �poux 2'665 fr.; d�ficit �pouse 2'360 fr.), a �t� r�parti � raison de 290 fr. pour l'�pouse et 15 fr. seulement pour l'�poux. En tant que la recourante expose que le r�sultat est arbitraire dans la mesure o� il a pour effet de r�duire consid�rablement les pensions fix�es en premi�re instance, outre que cet argument n'est pas pertinent (cf. supra consid. 4), on rel�vera qu'en l'esp�ce, cette diff�rence s'explique par le fait que le premier juge n'a pas proc�d� � un calcul des contributions d'entretien ni appliqu� une quelconque m�thode � cette fin; il a fix� lesdites contributions � 2'500 fr. par enfant et 7'000 fr. pour l'�pouse en vertu de son " pouvoir d'appr�ciation ", sans que l'on ne puisse v�ritablement comprendre sur quels �l�ments il a fond� sa d�cision, mis � part peut-�tre sur le montant vers� spontan�ment par l'�poux depuis la s�paration, consid�ration qui, en soi, �tait insuffisante.
Dans la mesure o� les revenus du mari suffisent � couvrir les montants des contributions d'entretien calcul�s par la Cour de justice, il n'y a pas lieu de d�terminer si on pourrait attendre de lui qu'il entame aussi sa fortune. Par ailleurs, le fait que le montant global des pensions fix�es judiciairement soit inf�rieur au montant de 8'000 fr. que l'�poux a vers� spontan�ment dans un premier temps n'est, en soi, pas insoutenable.
S'agissant du montant de ses propres charges retenu par l'autorit� cantonale, les critiques pr�sent�es par la recourante rel�vent d'une approche essentiellement appellatoire, partant, irrecevable (cf. supra consid. 2.3). En effet, elle n'explique pas en quoi la Cour de justice aurait arbitrairement viol� le droit en consid�rant que le tableau et les relev�s bancaires qu'elle a produits ne suffisent pas � rendre vraisemblable ses charges. Elle ne pr�tend pas non plus avoir produit des factures ou tout autre �l�ment permettant d'attester de ses besoins, axant encore une fois sa critique sur le fait que les charges admises en premi�re instance n'auraient pas �t� contest�es (� ce sujet, il sera simplement renvoy� supra consid. 4). Elle ne s'en prend pas non plus aux consid�rations relatives � ses frais m�dicaux ou � ses frais de transport. En d�finitive, elle pr�sente sa propre appr�ciation de la cause sans m�me citer les postes de charges qui ne pourraient pas �tre couverts.
Concernant les besoins des enfants, la recourante ne pr�cise pas non plus quels postes de charge auraient �t� arbitrairement omis; or, m�me lorsque la situation des parents est particuli�rement favorable, la contribution d'entretien des enfants doit �tre calcul�e sur la base de leurs besoins concrets (ATF 120 II 285 consid. 3b/bb p. 290 s.; arr�t 5A_593/2014 du 24 d�cembre 2014 consid. 5.1). En tant qu'elle se plaint des r�f�rences faites par l'autorit� cantonale aux lignes directrices de l'Office des poursuites, elle semble oublier qu'en sus du versement de la pension, le mari s'acquitte des frais d'�cole priv�e des enfants (3'545 fr. par mois en moyenne) et assume aussi environ 979fr. par mois pour leurs loisirs; elle ne saurait donc pr�tendre que ses enfants sont r�duits au minimum vital. A cela s'ajoute que les besoins r�siduels des enfants (hors frais scolaires et loisirs) ont �t� fix�s � 450fr. chacun apr�s d�duction des allocations familiales, mais que le p�re a �t� condamn� � verser un montant bien sup�rieur, � savoir 1'000 fr. par enfant. On soulignera enfin que l'�pouse sollicite une pension mensuelle de 2'500 fr. par enfant en se r�f�rant au premier jugement (ce qui, on l'a vu, est en soi d�nu� de pertinence, cf. supra consid. 4), sans toutefois expliquer comment elle aboutit � ce montant.
En conclusion, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�, aux frais de la recourante (art. 66 al. 1 LTF), sans qu'il n'y ait lieu d'allouer une indemnit� de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer (art. 68 al. 1 et 2 LTF).