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Timestamp: 2019-10-19 12:13:14+00:00
Document Index: 119735934

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 42', '§ 64', '§ 44', '§ 3', '§ 45', '§ 61', 'arrêt ', '§ 75', '§ 62', '§ 67', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 1', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 1', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 1', 'arrêt ']

>Bulletin d’information n°687 du 15 septembre 2008
Par arrêts du 16 avril dernier, la première chambre civile a jugé qu’"aucune disposition légale n’impose au juge de choisir, par priorité, parmi les membres de la famille, le tiers à qui il délègue tout ou partie de l’autorité parentale", qu’il peut "dans la détermination des besoins et des ressources en vue de la fixation de la prestation compensatoire (...) prendre en compte la durée de la vie commune postérieure à la célébration du mariage" et n’a pas "à tenir compte de la vie commune antérieure au mariage pour déterminer les besoins et les ressources des époux en vue de la fixation de la prestation compensatoire" (infra, n° 1288, 1305 et 1306, avec note). Le lecteur pourra se reporter aux commentaire de F. Luxembourg (Dalloz 2008, actualité jurisprudentielle, p. 1410), pour le premier, de Valérie Avena-Robardet les deux suivants (op. cit., p. 1271), qui rappelle que "les critères énumérés à l’ancien article 272 du code civil (...) n’ont rien de limitatif".
Elle a également jugé, par trois arrêts du même jour, que "la proximité immédiate exigée par l’article L. 552-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est exclusive de l’aménagement spécial d’une salle d’audience dans l’enceinte d’un centre de rétention" (infra, n° 1317), se prononçant également à cette occasion sur la recevabilité de l’intervention volontaire d’un syndicat d’avocats contestant les conditions de fonctionnement de la juridiction appelée à statuer sur la prolongation de la rétention administrative, tandis que la chambre criminelle, par arrêt du 2 avril 2008 (infra, n° 1279), a jugé qu’"il résulte de l’article 10 du code de procédure pénale que l’action civile est recevable devant la juridiction répressive lorsqu’elle est engagée avant la prescription de l’action publique", reprenant la solution énoncée en cas d’abrogation de la loi pénale, d’amnistie ou de décès du prévenu (cf. Michel Véron, "Comment un beurre transocéanique fit progresser la procédure pénale", Droit pénal, juin 2008, commentaire n° 87).
La deuxième chambre civile a, pour sa part, par arrêts du 17 avril 2008 (infra, n° 1286 et 1342) et selon l’expression de Luc Mayaux ("Etendue de la garantie dans le temps : la Cour de cassation prend position", JCP 2008, éd. G, II, 10112), "posé en principe qu’en assurance de personnes, les prestations prévues en cas d’incapacité de travail ou d’invalidité (...) sont dues par l’assureur quand bien même ces événements seraient postérieurs à l’expiration des garanties, l’essentiel étant qu’ils soient la conséquence d’un fait générateur (maladie ou accident) qui lui est antérieur". Ce dernier note encore que "c’est tout le problème de l’étendue de la garantie dans le temps en assurance de personnes qui se trouve posé et résolu de manière extensive" et que cette solution, apparemment protectrice de l’assuré, présente néanmoins des "dangers redoutables" pour l’assureur, "qui devra provisionner des sommes inconnues pour des faits générateurs qui le sont pareillement".
Enfin, par avis du 16 mai 2008, la Cour a estimé que "Le juge de l’exécution est tenu de trancher les contestations relatives à la validité des déclarations de créance soulevées au cours de l’audience d’orientation", que "La saisie immobilière et la distribution du prix constituent les deux phases d’une même procédure" et que "Les déclarations de créance mentionnées aux articles 46 et 47 du décret n° 2006-936 du 27 juillet 2006 doivent être faites par acte d’un avocat inscrit au barreau du tribunal de grande instance devant lequel la vente est poursuivie, les dispositions de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 demeurant en vigueur".
Dans l’arrêt X... c/ France, requête n° 7801/03, rendu le 19 juin 2008, la Cour conclut, à l’unanimité, à la violation de l’article premier du Protocole additionnel n° 1 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (protection de la propriété).
Dans cette affaire, la Cour européenne devait se prononcer sur la compatibilité de la procédure de cession de bail de terres appartenant à des exploitations agricoles, prévue aux articles L. 331-2, L. 411-35 et suivants et L. 411-64 du code rural, avec l’article premier du Protocole additionnel n° 1 à la Convention.
Les requérants sont agriculteurs, le premier est propriétaire de terres agricoles et le second, son fils, est également exploitant agricole.
En 1980, le premier requérant avait donné à bail une partie de ses terres à M. Y... et son épouse. Le bail fut reconduit par tacite reconduction. En 1997, M. Y..., qui arrivait à l’âge de la retraite, demanda au premier requérant l’autorisation de céder son bail à son fils, lui-même agriculteur. Le premier requérant ne répondit pas à la demande, mais lui délivra successivement deux congés pour l’ensemble des parcelles louées, sur le fondement de l’article L. 411-64 du code rural.
Les congés furent contestés par M. Y... mais, le 16 novembre 1998, le tribunal des baux ruraux saisi de l’affaire valida le second congé. La décision fut en partie infirmée par la cour d’appel, qui autorisa la cession du bail au profit du fils de M. Y..., le preneur.
La Cour de cassation rejeta le pourvoi des requérants par un arrêt de la troisième chambre civile en date du 18 décembre 2002.
Les requérants se plaignaient d’une violation de l’article premier du Protocole n° 1 (protection de la propriété), en raison de l’impossibilité pour le premier requérant de reprendre possession de ses terres à l’échéance du bail, en vue de leur exploitation par le second requérant.
Sur la recevabilité de la requête du second requérant :
La Cour retient l’irrecevabilité de la requête du fils du premier requérant, soulevée par le gouvernement.
Dans un premier temps, elle rappelle qu’"à supposer même que le second requérant, qui est intervenu dans la procédure interne en tant que repreneur désigné des terres, puisse être considéré comme victime, au sens de l’article 34 de la Convention (...), [celui-ci] ne peut se plaindre d’une violation de l’article 1 du Protocole n° 1 que dans la mesure où les procédures qu’il incrimine se rapporteraient à des « biens » dont il serait titulaire, au sens de cette disposition" (§ 42).
Or, en l’espèce, elle constate "qu’aucune conséquence juridique n’est attachée par le droit interne au fait que le second requérant ait été désigné comme repreneur éventuel des terres louées en vue de leur exploitation et qu’en cette qualité, il n’est titulaire d’aucun droit ou créance en son propre nom qui découle de la législation interne ou de la jurisprudence. Il ne peut donc prétendre être titulaire ni d’un bien actuel ni d’une créance certaine (Anheuser-Busch Inc. précité, § 64 [req. n° 73049/01])" (§ 44). Elle en déduit que "le second requérant n’est titulaire d’aucun intérêt substantiel et actuel relevant du champ d’application de l’article 1 du Protocole n° 1 et que sa requête est incompatible ratione personae avec les dispositions de la Convention, au sens de l’article 35 § 3" (§ 45).
Sur la violation de l’article premier du Protocole additionnel n° 1 :
Pour la Cour, la situation de l’espèce, à savoir l’impossibilité pour le requérant, en qualité de propriétaire, de récupérer ses terres agricoles à l’échéance du bail, s’analyse en une réglementation de l’usage des biens : l’article premier du Protocole additionnel n° 1 trouve bien à s’appliquer. Cette ingérence, organisée par les dispositions du code rural, était bien prévue par la loi.
Par ailleurs, elle "accepte l’argument du gouvernement selon lequel les dispositions en cause poursuivent des buts d’intérêt général, à savoir, d’une part, garantir au locataire exploitant la sécurité du maintien dans les lieux pour rentabiliser ses investissements et, d’autre part, soutenir les exploitations agricoles moyennes comme modèle de développement de l’agriculture française, en facilitant la transmission familiale" (§ 61).
S’agissant de l’existence d’un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé, les juges européens, citant notamment l’arrêt X... et autres c/ France, requêtes n° 25088/94, 28331/95 et 28443/95, (§ 75) reconnaissent "à l’Etat une marge de manoeuvre tant pour choisir les modalités de mise en œuvre que pour juger si leurs conséquences se trouvent légitimées, dans l’intérêt général, par le souci d’atteindre l’objectif de la loi en cause" (§ 62). Ils estiment que le statut du fermage permet, tant par la prise en compte des intérêts respectifs du locataire et du propriétaire que par la recherche de la continuité de l’exploitation, d’assurer un équilibre entre les intérêts en jeu. Par ailleurs, ils relèvent que le propriétaire dispose de voies de recours, devant le tribunal paritaire des baux ruraux ou la cour d’appel, pour trancher un conflit éventuel relatif à la cession du bail ou la reprise.
La Cour reprend la démarche juridique suivie par la cour d’appel, ainsi que les motivations avancées pour autoriser la cession du bail. Elle constate en l’espèce que ce n’est qu’après avoir vérifié que toutes les conditions prévues par l’article L. 411-53 du code rural étaient réunies que la cour d’appel a autorisé la cession. Enfin, elle relève que "même si le premier requérant n’a pu reprendre les terres en question au terme du bail, il perçoit, pour leur exploitation, un loyer dont il n’allègue pas qu’il serait insuffisant" (§ 67).
Dans ces conditions, elle estime qu’un juste équilibre a été ménagé entre les exigences de l’intérêt général et la protection du droit au respect des biens du requérant et conclut, à l’unanimité, à la non-violation de l’article premier du Protocole additionnel n° 1.
Juge de l’exécution Titres et sommaires
1° JUGE DE L’EXÉCUTION
Compétence. - Saisie immobilière. - Contestations soulevées lors de l’audience d’orientation. - Contestations relatives à la validité des déclarations de créances. - Office du juge. - Etendue. - Détermination. - Portée.
Procédure. - Procédure (ordonnance du 21 avril 2006). - Phases. - Détermination. - Portée.
3° SAISIE IMMOBILIÈRE
Procédure. - Procédure (ordonnance du 21 avril 2006). - Déclaration de créances. - Conditions. - Avocat inscrit au barreau du tribunal de grande instance devant lequel la vente est poursuivie. - Nécessité.
1° Le juge de l’exécution est tenu de trancher les contestations relatives à la validité des déclarations de créances soulevées au cours de l’audience d’orientation.
3° Les déclarations de créance mentionnées aux articles 46 et 47 du décret n° 2006-936 du 27 juillet 2006 doivent être faites par acte d’un avocat inscrit au barreau du tribunal de grande instance devant lequel la vente est poursuivie, les dispositions de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 demeurant en vigueur.
"- Dans le cadre du décret n° 2006-936 du 27 juillet 2006 relatif aux procédures de saisie immobilière et de distribution du prix d’un immeuble, le juge de l’exécution, au moment de l’audience d’orientation, peut-il statuer sur la validité des déclarations de créances reçues ?
- Les déclarations de créances doivent-elles être déposées impérativement sous la constitution d’un avocat inscrit au barreau du tribunal de grande instance devant lequel est poursuivie la procédure de saisie immobilière, en application combinée des dispositions des articles 5, alinéa 2, 1 III, alinéas 1 et 2, de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 et des articles 5, 109 et 41 4° du décret n° 2006-936 du 27 juillet 2006 ?"
Vu les observations écrites déposées par Me Spinosi pour l’ordre des avocats du barreau des Hauts-de-Seine, représenté par son bâtonnier en exercice ;
Sur le rapport de M. Jean-Michel Sommer, conseiller référendaire, et les conclusions de M. Patrice Maynial, premier avocat général, entendu en ses observations orales ;
N° 08-00.003. - T.G.I. Nanterre, 10 janvier 2008.
M. Lamanda, P. Pt. - M. Sommer, Rap., assisté de Mme Bernard, greffier en chef. - M. Maynial, P. Av. Gén. - Me Spinosi, Av.
Action civile 1278-1279
Action en justice 1280
Alsace-Moselle 1281
Appel civil 1282-1283-1284
Assurance de personnes 1285-1286
Astreinte (loi du 9 juillet 1991) 1287
Autorité parentale 1288-1305
Bail commercial 1289
Bail d’habitation 1290
Bail rural 1291
Banque 1292
Cassation 1293-1330
Cession de créance 1294
Chose jugée 1295
Communauté européenne 1296
Contrat de travail, durée déterminée 1297
Contrat de travail, exécution 1298-1299
Contrat de travail, rupture 1300-1301
Conventions internationales 1302
Détention provisoire 1303
Divorce, séparation de corps 1304-1305-1306
Douanes 1307-1308
Droit maritime 1309
Elections 1310-1311-1312
Elections professionnelles 1313
Entreprise en difficulté 1314
Etat 1315
Etranger 1316-1317
Expert judiciaire 1318
Fichier national automatisé des empreintes génétiques 1319
Fonds de garantie 1320
Indivision 1334
Juge de l’exécution 1321
Juridictions correctionnelles 1322
Lois et règlements 1323
Majeur protégé 1324
Mesures d’instruction 1325
Mineur 1326
Peines 1327
Presse 1328
Procédure civile 1329
Prud’hommes 1330-1331-1332
Régimes matrimoniaux 1333-1334
Représentation des salariés 1335-1336
Responsabilité pénale 1337
Restitution 1338
Sécurité sociale 1339-1340
Sécurité sociale, contentieux 1341
Sécurité sociale, prestations familiales 1341
Sécurité sociale, régimes complémentaires 1342
Statut collectif du travail 1343-1344
Transports terrestres 1345
Travail 1346
Urbanisme 1347
Préjudice. - Réparation. - Exclusion. - Homicide et blessures involontaires. - Faute de la victime. - Faute constituant la cause unique et exclusive du dommage.
En matière de poursuites exercées pour des blessures involontaires, la faute de la victime n’exonère le prévenu de la responsabilité de l’accident que si elle en a été la cause unique et exclusive.
Doit, en conséquence, être rejeté le pourvoi dirigé contre l’arrêt d’une cour d’appel qui, pour recevoir la constitution de partie civile de la victime, blessée par l’explosion d’une bombe artificielle qu’elle avait contribué à fabriquer, retient que cette victime n’a pas été poursuivie du chef de blessures involontaires et que les autres prévenus, non appelants, ont été définitivement condamnés pour ces blessures sur sa personne, de sorte que le lien de causalité entre l’action des auteurs et le dommage ne pouvait plus être discuté.
Crim. - 1er avril 2008. REJET
N° 07-87.433. - CA Poitiers, 1er octobre 2007.
M. Farge, Pt (f.f.). - M. Delbano, Rap. - M. Salvat, Av. Gén. - Me Le Prado, Av.
Recevabilité. - Engagement avant la prescription de l’action publique. - Acte engageant l’action. - Acte d’appel.
Il résulte de l’article 10 du code de procédure pénale que l’action civile est recevable devant la juridiction répressive lorsqu’elle est engagée avant la prescription de l’action publique.
Encourt en conséquence la cassation l’arrêt qui déclare irrecevable la demande de l’administration des douanes tendant au paiement des droits éludés en relevant que les citations à comparaître devant la cour d’appel ont été délivrées aux prévenus postérieurement à la prescription des actions publique et fiscale, alors que la cour d’appel avait été régulièrement saisie par la déclaration d’appel de l’administration des douanes de l’action en paiement des droits éludés engagée avant la prescription de l’action publique.
Crim. - 2 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-86.384. - CA Montpellier, 18 janvier 2006.
M. Cotte, Pt. - Mme Labrousse, Rap. - M. Mouton, Av. Gén. - SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
L’intérêt à agir n’est pas subordonné à la démonstration préalable du bien-fondé de l’action.
3e Civ. - 16 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 07-13.846. - CA Rennes, 7 décembre 2006.
M. Weber, Pt. - M. Philippot, Rap. - M. Cuinat, Av. Gén. - SCP Peignot et Garreau, SCP Vincent et Ohl, Av.
Travail. - Code local des professions. - Jours fériés. - Délit d’ouverture illicite d’un établissement commercial. - Domaine d’application. - Journée de solidarité. - Journée de solidarité fixée par l’employeur en l’absence de convention ou d’accord en déterminant la date.
Encourt la cassation l’arrêt d’une cour d’appel qui, saisie d’une poursuite exercée, sur le fondement des articles 41 a, 105 a et 105 b du code local des professions en vigueur dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, contre le dirigeant d’un établissement commercial ayant ouvert son magasin à la clientèle et occupé des salariés le jour du 11 novembre, jour férié et chômé, relaxe ce dirigeant au motif que, conformément aux prescriptions de l’article L. 212-16 du code du travail, non pénalement sanctionnées, instituant la journée de solidarité en vue d’assurer le financement des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, le prévenu a seulement choisi la date qu’il allait retenir à ce titre parmi les jours fériés précédemment chômés autres que le 1er mai ou un jour de réduction du temps de travail, alors qu’en l’absence d’un des accords énumérés par l’article L. 212-16 précité, devenu à ce jour l’article L. 3133-8 du code du travail, la journée de solidarité est fixée au lundi de Pentecôte et que les dispositions du code local des professions devaient recevoir application.
Crim. - 8 avril 2008. CASSATION
N° 07-87.826. - CA Colmar, 12 octobre 2007.
M. Joly, Pt (f.f.). - Mme Guirimand, Rap. - M. Mathon, Av. Gén.
Acte d’appel. - Mentions nécessaires. - Intimé. - Désignation. - Irrégularité affectant la désignation de l’intimé. - Cas. - Décision et son acte de notification ne mentionnant pas d’autre partie que celle ayant interjeté appel. - Portée.
L’irrégularité affectant la désignation de l’intimé dans une déclaration d’appel n’est pas sanctionnée par la nullité lorsque la décision et son acte de notification ne mentionnaient pas d’autre partie que celle qui a interjeté appel.
2e Civ. - 17 avril 2008. CASSATION
N° 07-12.743. - CA Basse-Terre, 20 novembre 2006.
M. Gillet, Pt. - M. Boval, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - SCP Rocheteau et Uzan-Sarano, SCP Thouin-Palat et Boucard, Av.
Ouverture. - Conditions. - Décision ordonnant une mesure d’instruction ou une mesure provisoire. - Décision rejetant une demande de changement et de récusation d’expert. - Portée.
Une ordonnance d’un juge de la mise en état qui rejette une demande de récusation et de remplacement d’un expert ne tranche aucune partie du principal et ne met pas fin à l’instance.
L’appel formé contre une telle décision est en conséquence irrecevable.
Est tout autant irrecevable, en application des articles 606, 607 et 608 du code de procédure civile, un pourvoi formé contre un tel arrêt.
2e Civ. - 17 avril 2008. IRRECEVABILITÉ
N° 07-11.132. - CA Saint-Denis de la Réunion, 10 mars 2006.
M. Gillet, Pt. - M. André, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - Me Rouvière, Av.
Procédure sans représentation obligatoire. - Acte d’appel. - Mandataire. - Pouvoir spécial. - Production. - Moment. - Détermination. - Portée.
Un intimé ayant soulevé la nullité de l’acte d’appel, viole les articles 931 et 932 du code de procédure civile une cour d’appel qui, pour déclarer l’appel irrecevable, retient que ce pouvoir spécial doit être annexé à l’acte d’appel et qu’à défaut, il doit en être justifié dans le délai de recours, peu important qu’il soit produit ultérieurement à l’audience, alors qu’elle n’était tenue que de vérifier que le pouvoir spécial avait été donné avant l’expiration du délai d’appel.
N° 07-11.333. - CA Paris, 30 novembre 2006.
M. Gillet, Pt. - M. Héderer, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Gatineau, Me Le Prado, Av.
Recours contre le tiers responsable. - Subrogation. - Subrogation conventionnelle. - Assiette. - Limites. - Définition. - Cas. - Indemnisation des préjudices résultant d’une atteinte à la personne limitée au remboursement des prestations présentant un caractère indemnitaire.
Selon l’article L. 131-2, alinéa 2, du code des assurances, dans les contrats garantissant l’indemnisation des préjudices résultant d’une atteinte à la personne, l’assureur ne peut être subrogé dans les droits du contractant ou des ayants droit contre le tiers responsable que pour le remboursement des prestations prévues au contrat qui présentent un caractère indemnitaire.
2e Civ. - 17 avril 2008. REJET
N° 06-20.417. - CA Agen, 5 septembre 2006.
M. Gillet, Pt. - M. Grignon Dumoulin, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Boré et Salve de Bruneton, Me Cossa, Me Balat, Av.
Règles générales. - Assurance de prévoyance collective. - Résiliation. - Prestation différée. - Article 7 de la loi du 31 décembre 1989. - Définition.
Assurance de groupe. - Souscripteur. - Assurance contractée par un employeur au profit de ses salariés. - Résiliation par l’employeur. - Absence d’information du salarié des modifications relatives à cette prestation. - Portée.
1° Ayant retenu que le classement d’un salarié en invalidité de deuxième catégorie par la sécurité sociale était consécutif à une maladie dont ce salarié avait été atteint antérieurement à la résiliation du contrat d’assurance de prévoyance souscrit par son employeur au profit de ses salariés, une cour d’appel a exactement décidé que le versement du capital-décès par anticipation, prévu dans un tel cas par le contrat résilié, constituait une prestation différée, au sens de l’article 7 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, et relevait de l’exécution de ce contrat.
2° Un employeur ayant résilié le contrat d’assurance de prévoyance souscrit au profit de ses salariés, viole l’article 1147 du code civil une cour d’appel qui, pour le condamner à verser à un de ses salariés une certaine somme à titre de dommages-intérêts pour non-versement par l’assureur d’une prestation différée au sens de l’article 7 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, retient que l’employeur n’a pas informé le salarié des modifications relatives à cette prestation lors du changement de contrat de prévoyance et qu’il n’a pas prévu le maintien de la prestation différée auprès de l’ancien ou du nouvel assureur, alors que le non-versement du capital par l’assureur n’était pas la conséquence de la faute imputée à l’employeur.
2e Civ. - 17 avril 2008. CASSATION PARTIELLE SANS RENVOI
N° 06-45.137. - CA Colmar, 12 septembre 2006.
M. Gillet, Pt. - M. Grignon Dumoulin, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Delvolvé, Me de Nervo, Av.
Condamnation. - Distinction avec les dommages-intérêts.
L’astreinte est indépendante des dommages-intérêts et a, par sa nature même, pour but de contraindre la partie à exécuter une décision judiciaire.
Dès lors, la cour d’appel qui a constaté que l’astreinte ne figurait pas dans la définition des risques garantis par le contrat d’assurance responsabilité en a à bon droit déduit que l’assureur n’avait pas à prendre en charge la condamnation à une astreinte et n’avait pas à supporter les conséquences de la résistance de son assuré.
N° 07-10.065. - CA Chambéry, 29 août 2006.
M. Gillet, Pt. - M. de Givry, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, SCP Le Bret-Desaché, SCP Baraduc et Duhamel, Av.
Délégation. - Délégation à un tiers. - Tiers. - Désignation. - Office du juge. - Etendue. - Détermination.
Aucune disposition légale n’impose au juge de choisir, par priorité, parmi les membres de la famille, le tiers à qui il délègue tout ou partie de l’autorité parentale.
Il lui appartient seulement de rechercher si les circonstances exigent une telle délégation et si elle est conforme à l’intérêt de l’enfant.
1re Civ. - 16 avril 2008. REJET
N° 07-11.273. - CA Montpellier, 1er décembre 2006.
M. Bargue, Pt. - M. Gueudet, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Vier, Barthélemy et Matuchansky, Av.
Renouvellement. - Droit d’option. - Exercice. - Défaut. - Portée.
Dès lors que le bailleur n’a pas exercé l’option de l’article L.145-57 du code de commerce, il n’existe aucun litige potentiel permettant d’ordonner une mesure d’instruction sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile.
3e Civ. - 16 avril 2008. REJET
N° 07-15.486. - CA Paris, 9 mars 2007.
M. Weber, Pt. - M. Terrier, Rap. - M. Cuinat, Av. Gén. - SCP de Chaisemartin et Courjon, SCP Choucroy, Gadiou et Chevallier, Av.
Bail soumis à la loi du 6 juillet 1989. - Résiliation. - Demande. - Notification au préfet. - Défaut. - Sanction. - Détermination.
La demande en résiliation d’un bail d’habitation, lorsqu’elle est motivée, notamment, par l’existence d’une dette locative, doit, à peine d’irrecevabilité, avoir été notifiée au représentant de l’Etat dans le département, et ce dans le respect du délai de deux mois imparti à l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
M. Weber, Pt. - Mme Monge, Rap. - M. Cuinat, Av. Gén. - SCP Coutard et Mayer, SCP Piwnica et Molinié, Av.
Note sous 3e Civ., 16 avril 2008, n° 1290 ci-dessus
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de l’article 114 de la loi du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, prévoyait qu’à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation devait être notifiée au représentant de l’Etat au moins deux mois avant l’audience, afin de permettre à ce dernier de saisir les organismes sociaux compétents
Aux termes de l’article 188 de la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, qui a complété l’article 24 susvisé d’un nouvel alinéa, cette exigence de notification a été étendue, sous la même sanction, aux assignations tendant au prononcé de la résiliation du bail, lorsqu’elle était motivée par l’existence d’une dette locative.
La question soulevée dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt commenté était double : la demande en résiliation fondée à la fois sur un défaut de paiement de loyers et un manquement à l’obligation de jouissance paisible était-elle recevable en dépit de l’absence de notification de l’assignation au préfet ? L’omission de notification pouvait-elle faire l’objet d’une réparation en cours d’instance ?
En donnant à cette double question une réponse négative, la troisième chambre civile a pris en compte à la fois la lettre et l’esprit du texte.
Le législateur, soucieux d’accorder aux locataires assignés aux fins de prononcé de la résiliation de leur bail le même accès aux services sociaux qu’aux locataires assignés aux fins de constat de cette résiliation, a fait, dans les deux cas, obligation aux bailleurs de notifier leur assignation au préfet.
La loi du 18 janvier 2005, en son article 100, a encore renforcé ce dispositif protecteur des preneurs en difficulté sur lesquels pèse une menace d’expulsion, en ajoutant que cette obligation de notification incombait également au bailleur qui formait une demande reconventionnelle aux fins de constat ou de prononcé de la résiliation motivée par l’existence d’une dette locative, satisfaisant ainsi la demande de modification législative formulée par la Cour de cassation dans son Rapport annuel de 2002.
Dans aucune des rédactions du texte, il n’a été précisé que l’exigence de notification disparaissait si la demande en résiliation, quelle que fût sa forme procédurale, n’était pas exclusivement motivée par l’existence d’une dette locative, de sorte que la troisième chambre civile n’était pas tenue de distinguer là où le législateur ne l’avait pas fait.
Ce faisant, elle a également pris en compte le fait qu’il aurait pu devenir tentant pour le bailleur d’ajouter, à un grief de non-paiement de loyers, un autre grief, pour s’affranchir, sans risque, de l’exigence de notification, privant par là le texte - que sous-tendaient les préoccupations d’ordre social de faciliter l’apurement de la dette locative et de rechercher, en cas d’échec, des solutions de relogement - de toute efficacité. De surcroît, à supposer que le juge se fût, dans une telle hypothèse, astreint d’office à faire abstraction du défaut de paiement de loyers allégué pour n’examiner la demande en résiliation qu’au regard de l’autre grief invoqué, l’exercice, que ne requérait de lui aucune disposition légale, n’aurait guère été aisé. En toute hypothèse, en l’espèce, la cour d’appel n’avait pas fait mystère de ce que, pour prononcer la résiliation du bail, elle s’était principalement déterminée en considération de la carence du locataire dans le paiement de ses loyers, carence qui avait, au demeurant, été le motif unique de la décision de résiliation du bail du premier juge.
Quant à la possibilité d’une régularisation en cours d’instance, outre qu’elle ne reposait sur aucun texte, elle se heurtait à la constatation qu’il n’apparaissait pas sain de faire dépendre la recevabilité d’une demande de la volonté discrétionnaire du juge d’accorder un report, qui plus est de la durée utile, et non de la seule diligence de la partie qui y avait intérêt, étant fait observer que le bailleur qui engage une action en résiliation de bail maîtrise la date de son envoi, et donc est à même de respecter le délai qui lui est imparti pour satisfaire à l’obligation de notification que le législateur a voulu préalable à l’audience.
Enfin, dans une matière qui concerne autant les professionnels de l’immobilier que les bailleurs profanes, il n’est pas dénué d’intérêt que les règles soient lisibles et les mêmes pour tous.
Bail à ferme. - Bailleur. - Bailleur usufruitier. - Obligations. - Obligation de s’assurer du concours du nu-propriétaire. - Inexécution. - Effets. - Responsabilité. - Responsabilité vis-à-vis du preneur. - Exonération. - Limites. - Détermination.
L’usufruitier, ayant seul l’obligation de s’assurer du concours du nu-propriétaire pour consentir un bail sur un fonds rural, ne peut s’exonérer de son entière responsabilité à l’égard du preneur dont le bail, faute de ce concours, a été annulé, en lui opposant l’absence de vérification personnelle, par le preneur, de l’existence de l’accord du nu-propriétaire.
N° 07-12.381. - CA Douai, 15 décembre 2005.
M. Weber, Pt. - Mme Monge, Rap. - M. Cuinat, Av. Gén. - SCP Le Griel, SCP Parmentier et Didier, Av.
Chèque. - Présentation et paiement. - Paiement. - Subrogation de la banque remettante. - Action à l’égard du tireur. - Exercice. - Possibilité.
Viole l’article 1251 3° du code civil l’arrêt qui rejette la demande en paiement dirigée par une banque remettante qui a crédité le compte de son client bénéficiaire d’un chèque qu’elle a égaré à l’encontre du tireur, alors que la banque pouvait exercer l’action en recouvrement de sa créance, à l’égard de laquelle elle était légalement subrogée après en avoir payé le montant.
Com. - 15 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-13.346. - Juridiction de proximité de Montmorency, 16 septembre 2005.
Mme Favre, Pt. - Mme Cohen-Branche, Rap. - M. Bonnet, Av. Gén. - SCP de Chaisemartin et Courjon, Me Hémery, Av.
Mémoire. - Mémoire du demandeur. - Signification. - Défaut. - Effet.
Conformément à l’article 978 du code de procédure civile, la déchéance du pourvoi est encourue lorsque le demandeur a, dans le délai imparti, notifié par lettre recommandée son mémoire contenant les moyens de droit invoqués contre la décision attaquée, mais ne l’a pas signifié par huissier de justice.
1re Civ. - 16 avril 2008. DÉCHÉANCE
N° 07-11.828. - CA Poitiers, 20 décembre 2006.
M. Bargue, Pt. - M. Falcone, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - Me Le Prado, Av.
Retrait litigieux. - Domaine d’application. - Etendue. - Détermination. - Cas. - Cession au profit d’un fonds commun de créances.
La circonstance que la cession des créances litigieuses se réalise au profit d’un fonds commun de créances, aux conditions prévues par la loi n° 88-1201 du 23 décembre 1988, codifiées aux articles L. 214-43 et suivants du code monétaire et financier, ne fait pas obstacle à l’exercice du droit au retrait litigieux prévu à l’article 1699 du code civil.
N° 03-15.969. - CA Basse-Terre, 17 février 2003.
Mme Favre, Pt. - Mme Cohen-Branche, Rap. - M. Bonnet, Av. Gén. - SCP Thouin-Palat et Boucard, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Autorité du pénal. - Infractions diverses. - Faux en écriture privée ou de banque, usage de faux et d’abus de confiance. - Condamnation. - Etendue du préjudice. - Caractère. - Portée.
L’étendue du préjudice ne constitue pas le soutien nécessaire de la condamnation pénale pour faux en écriture privée ou de banque, usage de faux et abus de confiance.
En conséquence, viole le principe de l’autorité, au civil, de la chose jugée au pénal et les articles 314-1 et 441-1 du code pénal la cour d’appel qui, pour condamner l’auteur d’un détournement de sommes à verser les dommages-intérêts réclamés par la victime, retient que le jugement correctionnel l’a reconnu coupable et qu’il n’appartient pas à la juridiction civile de déterminer l’étendue du droit à réparation.
N° 06-20.992. - CA Toulouse, 5 septembre 2006.
M. Gillet, Pt. - M. Moussa, Rap. - Me Le Prado, Me Bouthors, Av.
Cour de justice des Communautés européennes. - Question préjudicielle. - Interprétation des actes pris par les institutions de la Communautés. - Règlement (CE) n° 2201/2003 du 27 novembre 2003 (Bruxelles II bis).
Il convient de surseoir à statuer sur le pourvoi et de renvoyer à la Cour de justice des Communautés européennes aux fins de répondre à la question suivante :
1°) Faut-il interpréter l’article 3 § 1 b du Règlement (CE) n° 2201/2003, du 27 novembre 2003 (Bruxelles II bis) comme devant faire prévaloir, dans le cas où les époux possèdent à la fois la nationalité de l’Etat du juge saisi et la nationalité d’un autre Etat membre de l’Union européenne, la nationalité du juge saisi ?
2°) Si la réponse à la question précédente est négative, faut-il alors interpréter ce texte comme désignant, dans le cas où les époux possèdent chacun deux nationalités des deux mêmes Etats membres, la nationalité la plus effective, parmi les deux nationalités en présence ?
3°) Si la réponse à la question précédente est négative, faut-il alors considérer que ce texte offre aux époux une option supplémentaire, ceux-ci pouvant saisir, à leur choix, l’un ou l’autre des tribunaux des deux Etats dont ils possèdent tous les deux la nationalité ?
1re Civ. - 16 avril 2008. RENVOI DEVANT LA COUR DE JUSTICE DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES
N° 07-11.648. - CA Paris, 12 octobre 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Monéger, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - Me Rouvière, SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, Av.
Contrat emploi-jeune. - Rupture. - Rupture anticipée. - Rupture anticipée par l’employeur. - Résiliation judiciaire. - Nécessité. - Cas. - Inaptitude du salarié consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Il résulte de la combinaison des articles L. 322-4-20 et L. 122-32-5, alinéas 1 et 2, du code du travail que lorsque le salarié titulaire d’un contrat emploi-jeune est déclaré inapte à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, l’employeur qui est dans l’impossibilité de le reclasser et qui souhaite rompre le contrat ne peut que demander la résiliation judiciaire du contrat de travail.
Encourt dès lors la cassation l’arrêt qui, pour débouter le salarié de sa demande en paiement d’une indemnité en raison de la rupture anticipée de son contrat emploi-jeune, après avoir constaté que l’employeur avait loyalement exécuté son obligation de reclassement, retient que le motif tiré de l’inaptitude du salarié à tout poste de travail est avéré et constitutif, au sens des dispositions de l’article L. 322-4-20 du code du travail, d’une cause réelle et sérieuse fondant la rupture anticipée du contrat à durée déterminée emploi-jeune.
Soc. - 18 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-43.846. - CA Aix-en-Provence, 9 mai 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Bouvier, Rap. - M. Cavarroc, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, Av.
Employeur. - Discrimination entre salariés. - Principe communautaire d’égalité de traitement. - Principe de non-discrimination en raison de la nationalité. - Domaine d’application. - Etendue. - Détermination. - Portée.
Le principe de non-discrimination en raison de la nationalité énoncé par l’article 12 du Traité CE n’a vocation à s’appliquer que dans les situations régies par le droit communautaire. Ainsi en matière d’emploi, il n’est destiné, en vertu de l’article 39 du Traité, qu’à garantir la libre circulation des travailleurs.
Il en résulte que ces dispositions ne peuvent pas être invoquées par un salarié qui n’a pas exercé cette libre circulation pour travailler dans un autre Etat membre.
Soc. - 17 avril 2008. REJET
N° 06-45.270. - CA Grenoble, 13 septembre 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Leprieur, Rap. - M. Aldigé, Av. Gén. - SCP Piwnica et Molinié, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Employeur. - Pouvoir disciplinaire. - Avertissement. - Procédure. - Formalités légales. - Respect. - Nécessité. - Portée.
Dès lors qu’il a choisi de convoquer le salarié selon les modalités de l’article L. 122-41 du code du travail, l’employeur est tenu d’en respecter tous les termes, quelle que soit la sanction finalement infligée.
Par suite, une cour d’appel qui, exerçant le pouvoir qu’elle tient de l’article L. 122-43 du code du travail, a annulé des avertissements au motif que l’employeur les avait notifiés plus d’un mois après les entretiens préalables, loin d’avoir violé L. 122-41 de ce code, en a fait une exacte application.
Soc. - 16 avril 2008. REJET
N° 06-41.999. - CA Poitiers, 14 février 2006.
Mme Collomp, Pt. - M. Chauviré, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Gatineau, SCP Vuitton, Av.
Licenciement. - Cause. - Cause réelle et sérieuse. - Faute du salarié. - Défaut. - Applications diverses. - Utilisation du crédit d’heures accordé aux maires, adjoints, conseillers municipaux, sans dépassement du forfait trimestriel. - Cas.
Selon l’article L. 2123-2 du code général des collectivités territoriales, les maires, les adjoints et les conseillers municipaux ont droit à un crédit d’heures forfaitaire et trimestriel leur permettant de disposer du temps nécessaire à l’administration de la commune ou de l’organisme auprès duquel ils la représentent et à la préparation des réunions des instances où ils siègent, et l’employeur est tenu d’accorder aux élus concernés, sur demande de ceux-ci, l’autorisation d’utiliser le crédit d’heures prévu par ce texte ; selon l’article L. 2123-8 du même code, aucun licenciement, aucune sanction disciplinaire ne peuvent être prononcés en raison des absences résultant de l’application des dispositions de l’article L. 2123-2 sous peine de nullité et de dommages-intérêts au profit de l’élu, la réintégration ou le reclassement dans l’emploi étant de droit.
Une société qui licencie pour faute grave une salariée, maire-adjointe, qui avait demandé l’autorisation de s’absenter afin d’exercer son mandat, au motif que le constat d’huissier effectué auprès des services de la mairie faisait ressortir l’abus fait par celle-ci de cette autorisation, puisqu’il en résultait qu’elle avait demandé à bénéficier du crédit d’heures trimestriel pour prendre les congés payés qui lui avaient été refusés, a violé les textes susvisés, alors que l’employeur, tenu d’accorder aux titulaires de mandats municipaux l’autorisation d’utiliser le crédit d’heures prévu par la loi et qui n’a pas invoqué le dépassement du forfait trimestriel, ne peut contrôler l’usage qui en est fait.
Soc. - 16 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-44.793. - CA Amiens, 28 juin 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Perony, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Boutet, SCP Bouzidi et Bouhanna, Av.
Licenciement. - Cause. - Cause réelle et sérieuse. - Faute du salarié. - Faute grave. - Etat de grossesse de la salariée. - Portée.
L’article L. 122-25-2 du code du travail, interprété à la lumière de la Directive 92/85/CEE du 19 octobre 1992, n’autorise l’employeur à résilier le contrat de travail d’une salariée en état de grossesse que dans des cas exceptionnels, s’il justifie d’une faute grave de l’intéressée non liée à son état de grossesse ou de l’impossibilité où il se trouve, pour un motif étranger à la grossesse, l’accouchement ou l’adoption, de maintenir le contrat.
En conséquence, encourt la cassation un arrêt de cour d’appel qui a considéré que le licenciement pour faute grave était justifié, sans avoir caractérisé un manquement dépourvu de lien avec l’état de grossesse de la salariée, rendant impossible son maintien dans l’entreprise.
N° 06-46.119. - CA Fort-de-France, 16 janvier 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Quenson, Rap. - M. Cavarroc, Av. Gén. - SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle, Hannotin, SCP Masse-Dessen et Thouvenin, Av.
Accords et conventions divers. - Convention franco-marocaine du 5 octobre 1957. - Bordereau de transmission des actes judiciaires ou extrajudiciaires. - Traduction. - Défaut. - Portée.
Il résulte de l’article 2 de la Convention franco-marocaine du 5 octobre 1957 que les actes judiciaires ou extrajudiciaires ne seront pas traduits, mais que la lettre ou le bordereau de transmission sera rédigé dans la langue de l’autorité requise et devra contenir certaines indications.
Dès lors, viole ce texte la cour d’appel qui, pour dire les assignations irrégulières, retient que le bordereau de transmission doit être traduit et que cette traduction était à la charge des auteurs de l’assignation, alors que la Convention précitée n’assortit l’absence de traduction d’aucune sanction.
1re Civ. - 16 avril 2008. CASSATION
N° 06-13.829. - CA Paris, 21 février 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Pascal, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, Me Spinosi, Av.
Ordonnances. - Ordonnance du juge des libertés et de la détention. - Ordonnance statuant sur l’opposition à la publicité du débat contradictoire aux fins de placement en détention provisoire. - Décision insusceptible de recours.
Une personne mise en examen ne peut être admise, à l’occasion de son appel de la décision l’ayant placée en détention provisoire, à critiquer les motifs de l’ordonnance, non susceptible de recours, par laquelle il a été statué sur son opposition à la publicité du débat contradictoire.
Crim. - 15 avril 2008. REJET
N° 08-80.701. - CA Papeete, 11 décembre 2007.
M. Farge, Pt (f.f.). - Mme Radenne, Rap. - M. Boccon-Gibod, Av. Gén. - SCP Piwnica et Molinié, Av.
Règles spécifiques à la séparation de corps. - Procédure. - Demande principale en séparation de corps. - Substitution par une demande en divorce. - Recevabilité (non).
L’époux qui a formé une demande en séparation de corps ne peut lui substituer une demande en divorce.
N° 07-14.891. - CA Chambéry, 25 septembre 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Monéger, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - Me Spinosi, SCP Ancel et Couturier-Heller, Av.
Règles spécifiques au divorce. - Prestation compensatoire. - Fixation. - Critères. - Ressources et besoins des époux. - Détermination. - Eléments à considérer. - Durée de vie postérieure à la célébration du mariage. - Possibilité.
Exercice. - Exercice par les parents séparés. - Contribution à l’entretien et à l’éducation. - Fixation. - Eléments à considérer. - Charges de chacun des parents. - Charges découlant de l’arrivée d’un enfant issu d’une nouvelle union. - Portée.
1° Dans la détermination des besoins et des ressources en vue de la fixation de la prestation compensatoire, le juge peut prendre en compte la durée de la vie commune postérieure à la célébration du mariage.
2° Viole les articles 310 et 371-2 du code civil une cour d’appel qui, pour réformer le jugement de divorce et augmenter le montant de la contribution d’un père à l’entretien et à l’éducation des enfants issus du mariage, énonce que les nouvelles charges de l’intéressé n’ont pas à être prises en considération et qu’il lui incombe de faire son affaire personnelle des obligations qu’il a contractées envers un enfant né pendant la procédure de divorce, "conçu au mépris de l’obligation de fidélité entre époux et dont les droits ne sauraient préjudicier à ceux des enfants légitimes".
1re Civ. - 16 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 07-17.652. - CA Orléans, 8 août 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Trapero, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Bachellier et Potier de la Varde, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Règles spécifiques au divorce. - Prestation compensatoire. - Fixation. - Critères. - Ressources et besoins des époux. - Détermination. - Eléments à considérer. - Exclusion. - Vie commune antérieure au mariage.
Les juges du fond n’ont pas à tenir compte de la vie commune antérieure au mariage pour déterminer les besoins et les ressources des époux en vue de la fixation de la prestation compensatoire.
N° 07-12.814. - CA Montpellier, 8 février 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Trapero, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, Me Haas, Av.
Note sous 1re Civ., 16 avril 2008, N° 1305 et 1306 ci-dessus
Les questions relatives à l’allocation d’une prestation compensatoire donnent lieu à un abondant contentieux devant la Cour de cassation.
Aux termes de l’article 270 du code civil, l’un des époux peut être tenu de verser à l’autre une prestation compensatoire si la rupture du mariage crée une disparité dans leurs conditions de vie respectives.
Selon l’article 271, la prestation compensatoire est fixée selon les besoins de l’époux à qui elle est versée et les ressources de l’autre.
Par deux arrêts du 16 avril 2008, la première chambre civile a précisé sa jurisprudence relative aux éléments à prendre en compte pour fixer le montant de la prestation compensatoire.
L’énumération de l’article 272 du code civil, dans sa rédaction antérieure à la loi N° 2004-439 du 26 mai 2004, comme celle du nouvel article 271, n’est pas limitative ; il peut ainsi être tenu compte de la collaboration d’un époux à la profession de l’autre : 2e Civ., 1er avril 1987, Bull. 1987, II, N° 77 ; 1re Civ., 28 février 2006, Bull. 2006, I, N° 117.
Un arrêt de la deuxième chambre civile du 18 mars 1992 (pourvoi N° 90-21.539) avait affirmé que la cour d’appel, pour apprécier le droit de l’épouse à une prestation compensatoire, n’avait pas "à tenir compte de la vie commune antérieure au mariage".
Plus récemment, la première chambre a cependant approuvé une cour d’appel d’avoir fixé la prestation compensatoire en prenant en considération la durée de leur vie commune et non celle du mariage. Selon la Cour, "l’énumération de l’article 272 du code civil n’étant pas limitative, la cour d’appel pouvait aussi tenir compte, dans la détermination des besoins et des ressources des époux, d’éléments d’appréciation non prévus par ce texte" (1re Civ., 14 mars 2006, Bull. 2006, I, N° 155 ).
Par les deux arrêts ci-dessus reproduits, la première chambre précise sa jurisprudence.
Dans la première affaire (pourvoi N° 07-12.814), les époux avaient contracté mariage en 1999. Pour la fixation de la prestation compensatoire, l’épouse sollicitait la prise en compte du concubinage, d’une durée de vingt ans, qui avait précédé la célébration du mariage. La première chambre approuve la cour d’appel d’avoir refusé de prendre cet élément en considération, en indiquant "que les juges du fond n’ont pas à tenir compte de la vie commune antérieure au mariage pour déterminer les besoins et les ressources des époux en vue de la prestation compensatoire". Le concubinage, même de longue durée, ne peut en effet justifier l’attribution d’une compensation lors de sa rupture ; il n’y a pas lieu en conséquence de tenir compte d’une vie commune ayant précédé l’union pour la fixation de la prestation compensatoire au moment du divorce.
Dans la seconde affaire (pourvoi N° 07-17.652), les époux avaient contracté mariage en 1993 et s’étaient séparés en mars 1999, une procédure de divorce avait été introduite en 2001 et le divorce prononcé par un jugement de 2005. Il était reproché à la cour d’appel, qui statuait en 2006, de n’avoir tenu compte que de la durée du mariage (treize ans), et non de la durée effective de la vie commune des époux pendant ce mariage (six ans). L’arrêt est cassé au motif que "dans la détermination des besoins et des ressources en vue de la fixation de la prestation compensatoire, le juge peut prendre en considération la durée de la vie commune postérieure à la célébration du mariage". Une durée de cohabitation très brève après le mariage, suivie d’une longue séparation de fait, peut, dans certains cas, justifier une diminution du montant de la prestation compensatoire.
Si la durée de la cohabitation effective, postérieure à la célébration du mariage, est donc susceptible d’être prise en compte par le juge, tel n’est pas le cas d’un concubinage antérieur à l’union, les obligations découlant du mariage ne naissant qu’à compter de la célébration de celui-ci.
Navires. - Droit de francisation et de navigation. - Droit sur le moteur. - Calcul. - Modalités. - Détermination.
Navires. - Droit de passeport. - Calcul. - Modalités. - Détermination.
Navires. - Droit de passeport. - Abattement pour vétusté. - Application. - Conditions. - Détermination.
1° Pour les navires équipés de plusieurs moteurs, la puissance administrative à retenir pour le calcul du droit sur le moteur est égale à la puissance cumulée des moteurs.
2° Il résulte des articles 223, 224, 238 du code des douanes et premier du décret du 10 septembre 1968 que lorsque le droit de passeport est perçu à l’occasion de la délivrance en cours d’année, par le service des douanes, du premier acte de francisation d’un navire ou du premier passeport, il est calculé au prorota du temps qui reste à courir, jusqu’au 31 décembre, tout mois incomplet étant compté pour un mois entier.
3° L’abattement pour vétusté n’est pas applicable à la taxe spéciale propre aux moteurs d’une puissance supérieure à 100 chevaux fiscaux.
Crim. - 2 avril 2008. CASSATION
N° 07-82.973. - CA Versailles, 6 avril 2007.
M. Dulin, Pt (f.f.). - Mme Labrousse, Rap. - Mme Magliano, Av. Gén. - SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Procédure. - Action publique. - Mise en mouvement. - Ministère public. - Condition.
L’article 343 du code des douanes n’interdit pas au procureur de la République de saisir le juge d’instruction de délits de droit commun et des infractions douanières qui leur sont connexes.
Justifie dès lors sa décision la chambre de l’instruction qui écarte l’exception de nullité du réquisitoire introductif prise de ce que les contraventions douanières de troisième classe ne font encourir que des pénalités fiscales.
Crim. - 2 avril 2008. REJET
N° 08-80.166. - CA Aix-en-Provence, 22 novembre 2007.
M. Dulin, Pt (f.f.). - M. Rognon, Rap. - Mme Magliano, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Navire. - Propriété. - Copropriété. - Personnalité morale. - Attributs. - Capacité d’ester en justice.
La copropriété instituée pour l’exploitation des navires par le chapitre IV de la loi n° 67-5 du 3 janvier 1967 dispose de la personnalité morale lui donnant la capacité d’ester en justice.
Com. - 15 avril 2008. REJET
N° 07-12.487. - CA Poitiers, 25 octobre 2006.
Mme Favre, Pt. - M. Potocki, Rap. - M. Bonnet, Av. Gén. - Me Foussard, SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Piwnica et Molinié, SCP Coutard et Mayer, Av.
Liste électorale. - Inscription. - Action du tiers électeur. - Tiers électeur contestant le refus d’inscription d’une personne sur la liste électorale. - Moyen soulevé d’office. - Observations préalables des parties. - Nécessité.
Le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-même le principe de la contradiction. Il ne peut fonder sa décision sur les moyens de droit qu’il a relevés d’office sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations. Lorsque la procédure est orale, la présomption de respect du principe de la contradiction cède devant la preuve contraire.
Viole le principe de la contradiction le jugement qui rejette la demande présentée par un tiers électeur tendant à contester la décision de refus d’inscription d’une personne sur une liste électorale prise par une commission administrative au motif que le représentant ne justifie pas que la demande d’inscription a été présentée au cours de la période légale ni que la commission a statué sur cette demande, alors qu’il résulte du jugement et des pièces de la procédure que les parties n’avaient pas été avisées du moyen relevé d’office ni invitées à présenter leurs observations.
N° 08-60.374. - TI Sartène, 16 février 2008.
M. Gillet, Pt. - Mme Fouchard-Tessier, Rap. - M. Mazard, Av. Gén.
Liste électorale. - Inscription. - Domicile. - Domicile réel. - Conditions. - Exclusion. - Electeur n’ayant pas mis la mairie en mesure de procéder à sa radiation de la liste électorale de la commune de son ancien domicile.
Selon l’article L. 11 1° du code électoral, sont inscrits sur la liste électorale, sur leur demande, les électeurs qui ont leur domicile réel dans la commune ou qui y habitent depuis au moins six mois.
Viole ce texte, en soumettant son application à une condition qui n’y figure pas, le tribunal d’instance qui rejette le recours d’un électeur - ayant contesté le refus d’une commission administrative de l’inscrire sur la liste électorale en vue des élections municipales - en retenant que cet électeur n’a pas mis la mairie en mesure de procéder à sa radiation de la liste électorale de la commune de son ancien domicile.
N° 08-60.375. - TI Digne-les-Bains, 25 février 2008.
M. Gillet, Pt. - Mme Fontaine, Rap. - M. Mazard, Av. Gén.
Procédure. - Commission administrative. - Décision. - Notification. - Régularité. - Appréciation. - Conditions. - Electeur n’ayant pu exercer un recours dans le délai légal.
L’irrégularité de la notification de la décision de la commission chargée de la révision de la liste électorale, qui n’a pas été effectuée dans les deux jours suivant celui où cette décision a été rendue, ne peut être prise en considération par le tribunal d’instance que si elle a mis l’électeur dans l’impossibilité d’exercer son recours au fond dans le délai de dix jours requis par l’article R. 13 du code électoral.
N° 08-60.381. - TI Prades, 6 mars 2008.
M. Gillet, Pt. - M. Grignon Dumoulin, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - Me Balat, Av.
Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. - Délégation du personnel. - Désignation. - Attribution des sièges. - Modalités. - Détermination. - Portée.
Le fait que certains sièges soient réservés à la catégorie des cadres et agents de maîtrise lors de la désignation des membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail n’emporte aucune modification des règles de l’élection ni du nombre des sièges revenant à chaque liste, de sorte qu’il convient de répartir les sièges entre les listes avant de les attribuer aux candidats selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.
Doit dès lors être cassé le jugement qui, après avoir retenu qu’au titre du quotient électoral, deux sièges avaient été attribués à une première liste et trois à une seconde liste, et constaté que le sixième siège devait être attribué à la plus forte moyenne à la première liste, retient qu’il devait revenir à la seconde qui, seule, présentait des candidats agents de maîtrise ou cadres, alors qu’il convenait de désigner élus sur cette seconde liste, en plus du premier candidat non-cadre ou agent de maîtrise, les deux candidats appartenant à la catégorie des cadres et agents de maîtrise, nonobstant l’ordre de présentation sur la liste, et non pas de lui attribuer le sixième siège.
Soc. - 16 avril 2008. CASSATION
N° 07-60.408. - TI Rouen, 6 août 2007.
Mme Morin, Pt (f.f.). - M. Béraud, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Célice, Blancpain et Soltner, Av.
Redressement judiciaire. - Période d’observation. - Créanciers. - Déclaration des créances. - Créancier titulaire d’une sûreté publiée ou d’un crédit-bail. - Qualité. - Moment d’appréciation.
La qualité de créancier titulaire d’une sûreté publiée, au sens de l’article L. 621-43 du code de commerce, dans sa rédaction antérieure à la loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises, s’apprécie à la date du jugement d’ouverture de la procédure collective.
Dès lors, le créancier titulaire d’un nantissement inscrit sur le fonds de commerce du débiteur au jour de l’ouverture de la liquidation judiciaire doit être personnellement averti d’avoir à déclarer sa créance par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du représentant des créanciers, peu important que la validité de la publicité de la sûreté puisse ultérieurement être contestée.
Com. - 15 avril 2008. CASSATION
N° 07-10.174. - CA Limoges, 26 octobre 2006.
Mme Favre, Pt. - Mme Vaissette, Rap. - M. Bonnet, Av. Gén. - SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, Av.
Dans deux arrêts prononcés le 16 avril 2008, la première chambre civile de la Cour de cassation a reconnu le droit des victimes par ricochet d’un fonctionnement défectueux du service public de la justice d’engager la responsabilité de l’Etat sur le fondement des dispositions de l’article L. 141-1 du code de l’organisation judiciaire.
Dans le premier dossier, une personne mise en examen s’est suicidée en prison après avoir été placée en détention provisoire. Sa veuve a assigné l’Etat en réparation du préjudice causé par ce décès, en soutenant qu’il résultait d’une défaillance du service public de la justice.
Dans les deux cas, la cour d’appel de Lyon a déclaré leurs demandes irrecevables, au motif que les demandeurs n’avaient été ni parties aux instances concernées ni usagers du service public de la justice.
Considérant qu’il n’y avait pas lieu de réserver aux victimes par ricochet d’un dysfonctionnement du service public de la justice un sort plus défavorable que celui accordé par le droit commun aux victimes par ricochet en général, la première chambre de la Cour de cassation a cassé les arrêts de la cour d’appel de Lyon, en énonçant que « l’Etat est tenu de réparer le dommage personnel causé aux victimes par ricochet par le fonctionnement défectueux du service public de la justice lorsque cette responsabilité est engagée par une faute lourde ou un déni de justice ».
Dès lors qu’elles invoquaient un préjudice qui leur était propre, fût-il par ricochet, elles étaient recevables à engager la responsabilité de l’Etat sur le fondement de l’article L. 141-1 du code de l’organisation judiciaire.
Responsabilité. - Fonctionnement défectueux du service public de la justice. - Dommage. - Victimes. - Définition.
Il résulte de l’article L. 781-1 du code de l’organisation judiciaire, devenu l’article L. 141-1 du même code, que l’Etat est tenu de réparer le dommage personnel causé aux victimes par ricochet par le fonctionnement défectueux du service public de la justice lorsque cette responsabilité est engagée par une faute lourde ou un déni de justice.
N° 07-16.286. - CA Lyon, 12 mars 2007.
M. Bargue, Pt. - M. Falcone, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Thomas-Raquin et Bénabent, Me Foussard, Av.
N° 07-16.504. - CA Lyon, 29 mars 2007.
M. Bargue, Pt. - M. Falcone, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, SCP Ancel et Couturier-Heller, Av.
Mesures d’éloignement. - Rétention dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire. - Conditions de la rétention. - Transfert de la personne retenue. - Compétence du juge des libertés et de la rétention. - Appréciation. - Moment. - Détermination.
En matière de rétention administrative, en cas de transfert de la personne retenue, la compétence du juge des libertés et de la détention doit être appréciée au moment de la saisine régulière de ce magistrat.
N° 07-14.783. - TGI Nanterre, 4 mai 2007.
M. Bargue, Pt. - M. Falcone, Rap. - M. Domingo, Av. Gén.
La proximité immédiate exigée par l’article L. 552-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est exclusive de l’aménagement spécial d’une salle d’audience dans l’enceinte d’un centre de rétention.
N° 06-20.390. - CA Aix-en-Provence, 6 septembre 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Ingall-Montagnier, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, Av.
1re Civ. - 16 avril 2008. CASSATION SANS RENVOI
N° 06-20.391. - CA Aix-en-Provence, 14 septembre 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Ingall-Montagnier, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, Me Odent, Av.
N° 06-20.978. - CA Aix-en-Provence, 27 septembre 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Ingall-Montagnier, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, SCP Bachellier et Potier de la Varde, Av.
Liste de la cour d’appel. - Inscription. - Inscription initiale en qualité d’expert sur la liste dans une rubrique particulière. - Effets. - Période probatoire d’une durée de deux années. - Prolongation. - Faculté. - Exclusion.
Il ne résulte d’aucun texte que puisse être prolongée la période probatoire d’une durée de deux années, instituée par l’article 2 II de la loi n° 71-498 du 29 juin 1971 modifiée, pour l’inscription initiale en qualité d’expert sur la liste dressée par la cour d’appel.
2e Civ. - 17 avril 2008. ANNULATION PARTIELLE
N° 07-21.465. - CA Bordeaux, 9 novembre 2007.
M. Gillet, Pt. - M. Sommer, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - SCP Peignot et Garreau, Av.
Refus de se soumettre à un prélèvement biologique. - Domaine d’application.
La dispense de peine ne constitue pas une condamnation permettant, en application des dispositions de l’article 706-54, alinéa premier, du code de procédure pénale, l’inscription au fichier national automatisé des empreintes génétiques.
Crim. - 9 avril 2008. REJET
N° 07-85.972. - CA Grenoble, 5 juillet 2007.
M. Le Gall, Pt (f.f.). - Mme Ponroy, Rap. - M. Finielz, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Condamnation. - Condamnation au paiement de l’indemnité allouée à la victime ou à ses ayants droit. - Intervention (non).
En aucun cas l’intervention du fonds de garantie ne peut entraîner sa condamnation.
Crim. - 1er avril 2008. REJET ET CASSATION PARTIELLE SANS RENVOI
N° 07-80.675. - CA Colmar, 1er décembre 2006.
M. Farge, Pt (f.f.). - M. Blondet, Rap. - M. Salvat, Av. Gén. - SCP Delaporte, Briard et Trichet, Me de Nervo, SCP Baraduc et Duhamel, Av.
Pouvoirs. - Surendettement. - Procédure de rétablissement personnel. - Ouverture. - Conditions. - Situation irrémédiablement compromise du débiteur. - Définition. - Exclusion. - Cas. - Débiteur ayant bénéficié, avant l’entrée en vigueur de la loi du 1er août 2003, de mesures de désendettement.
C’est à bon droit qu’un juge de l’exécution, saisi d’une demande de rétablissement personnel, ne prend pas en considération, pour déterminer si le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise, le fait qu’il a bénéficié, avant l’entrée en vigueur de la loi du 1er août 2003, de mesures de désendettement.
N° 06-21.417 et 07-14.615. - CA Nancy, 22 juin 2006.
M. Gillet, Pt. - Mme Leroy-Gissinger, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - SCP Peignot et Garreau, SCP Tiffreau, Av.
Cour d’appel. - Pouvoirs. - Président de la chambre des appels correctionnels. - Ordonnance de non-admission d’appel. - Excès de pouvoir. - Cas.
Si, selon l’article 505-1 du code de procédure pénale, l’ordonnance de non-admission d’appel du président de la chambre des appels correctionnels prévue par ce texte n’est pas susceptible de recours, il en est autrement lorsque cette décision est entachée d’excès de pouvoirs.
Excède ses pouvoirs le président de la chambre des appels correctionnels qui, pour dire n’y avoir lieu à admettre un appel, énonce à tort que celui-ci est tardif.
N° 08-80.067. - CA Rennes, 15 novembre 2007.
M. Dulin, Pt (f.f.). - Mme Slove, Rap. - Mme Magliano, Av. Gén.
Application dans le temps. - Loi relative au régime d’exécution et d’application des peines. - Non-rétroactivité. - Exclusion. - Cas. - Loi relative aux mesures de réduction de peine.
Selon l’article 41 de la loi du 12 décembre 2005, quelle que soit la date de commission des faits ayant donné lieu à condamnation, les dispositions du deuxième alinéa de l’article 721 du code de procédure pénale, dans leur rédaction issue de ladite loi, qui fixent le mode de calcul du crédit de réduction de peine applicable au condamné récidiviste, sont immédiatement applicables aux condamnations mises à exécution après le 13 décembre 2005, date de l’entrée en vigueur de cette même loi.
Ces dispositions constituent une exception aux prescriptions de l’article 112-2 3° du code pénal, relatives à l’application dans le temps des lois fixant le régime d’exécution et d’application des peines, et celles de l’article 7 § 1 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui énoncent les principes de légalité des délits et des peines et de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère, ne leur sont pas applicables.
Crim. - 9 avril 2008. CASSATION SANS RENVOI
N° 07-88.159. - CA Paris, 7 novembre 2007.
M. Le Gall, Pt (f.f.). - M. Arnould, Rap. - M. Lucazeau, Av. Gén.
Sauvegarde de justice. - Mandataire spécial. - Mission. - Etendue. - Détermination. - Portée.
Le mandataire spécial qui a pour mission de s’acquitter des dettes courantes de la personne sous sauvegarde de justice doit s’enquérir des obligations contractées par celle-ci.
Dès lors, une cour d’appel qui constate que la cotisation due à une société de prévoyance n’a pas été payée et que cet incident de paiement, en rapport avec la clôture du compte bancaire de la personne protégée par le mandataire spécial, a entraîné la résiliation du contrat et la suppression de la garantie de soins dont elle bénéficiait caractérise la faute commise par le mandataire.
N° 06-16.662. - CA Douai, 13 avril 2006.
M. Bargue, Pt. - Mme Trapero, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Gatineau, SCP Célice, Blancpain et Soltner, SCP Delaporte, Briard et Trichet, Av.
Caractère contradictoire. - Expertise. - Expertise diligentée dans une autre instance. - Opposabilité. - Conditions. - Expertise versée régulièrement aux débats et soumise à la discussion contradictoire des parties.
L’expertise ordonnée dans une autre instance peut être prise en considération dès lors qu’elle a été régulièrement versée aux débats et soumise à la discussion contradictoire des parties.
Ainsi, c’est sans méconnaître le principe de la contradiction ni les limites de la chose jugée que la cour d’appel a statué en s’y référant.
N° 07-16.824. - CA Aix-en-Provence, 15 mars 2007.
M. Gillet, Pt. - M. Lacabarats, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - SCP Piwnica et Molinié, SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Célice, Blancpain et Soltner, Av.
Note sous 2e civ., 17 avril 2008, n° 1325 ci-dessus
Une expertise judiciaire, ordonnée dans une instance entre deux parties, peut-elle être opposée à un tiers à cette instance, ultérieurement assigné en garantie par l’une des parties ?
Telle était la question posée à la deuxième chambre, dans une affaire où la victime d’un accident de la circulation, contaminée par le virus de l’hépatite C lors de son traitement, avait obtenu, après expertise judiciaire ayant établi le lien de causalité entre les transfusions sanguines reçues par la victime et la contamination, la condamnation de l’assureur du responsable de l’accident à l’indemniser des conséquences dommageables de cette contamination.
L’assureur avait alors assigné l’Etablissement français du sang (EFS) en garantie de cette condamnation et l’EFS invoquait l’inopposabilité de cette expertise.
Cette question de l’opposabilité de l’expertise faisait l’objet d’appréciations divergentes de la Cour de cassation, certains arrêts censurant les décisions des juges du fond retenant comme seul élément d’appréciation une expertise à laquelle une partie n’avait été ni appelée ni représentée (par exemple : 2e Civ., 18 juin 1997, Bull. 1997, II, N° 195), d’autres arrêts admettant au contraire la prise en considération d’une telle expertise, dès lors qu’elle était régulièrement versée aux débats et soumise à la contradiction (par exemple, pour un expertise judiciaire : 2e Civ., 1er mars 1989, Bull. 1989, II, n° 57 ; pour une expertise "privée" : 3e Civ., 23 mars 2005, Bull. 2005, III, N° 73).
Pour clarifier cette question, la deuxième chambre civile, chambre de la procédure, a décidé, par l’arrêt du 17 avril 2008, d’affirmer clairement qu’une expertise judiciaire ordonnée dans une première instance peut être prise en considération par le juge dans une instance en garantie engagée contre un tiers par l’une des parties à la première procédure, à condition que cette expertise soit régulièrement versée aux débats du recours et soumise à la discussion contradictoire des parties à ce recours.
Tutelle. - Tuteur. - Reddition de comptes. - Action du mineur. - Prescription quinquennale. - Point de départ. - Majorité. - Exclusion. - Cas. - Continuation de la gestion par le tuteur.
Il résulte de l’article 475 du code civil que la prescription quinquennale de l’action en reddition de compte du mineur contre le tuteur a, en principe, pour point de départ la fin de la tutelle.
Toutefois, lorsque le tuteur a continué de gérer les biens de son pupille après la majorité de celui-ci, elle ne court qu’à partir du jour où l’administration a cessé.
N° 07-10.663. - CA Montpellier, 14 février 2006.
M. Bargue, Pt. - M. Gueudet, Rap. - M. Domingo, Av. Gén. - SCP Vier, Barthélemy et Matuchansky, Me Foussard, SCP Roger et Sevaux, Av.
Peines alternatives. - Interdiction d’exercer une fonction publique ou une activité professionnelle ou sociale. - Etendue. - Appréciation souveraine.
La cour d’appel qui, en application de l’article 131-6 11° du code pénal, prononce la peine principale de cinq ans d’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou sociale contre le prévenu déclaré coupable de tromperies et de faux commis à l’occasion de contrôles techniques automobiles apprécie souverainement l’étendue de l’interdiction.
N° 07-82.787. - CA Colmar, 23 mars 2007.
M. Farge, Pt (f.f.). - M. Palisse, Rap. - M. Salvat, Av. Gén. - SCP Ghestin, Av.
Diffamation. - Publicité. - Diffamation non publique. - Disqualification. - Contravention. - Effet.
Lorsque l’élément de publicité fait défaut, les imputations diffamatoires caractérisent la contravention prévue et réprimée par l’article R. 621-1 du code pénal, et la juridiction ayant constaté que les faits retenus constituent l’infraction de diffamation non publique a le devoir de statuer sur cette prévention.
Encourt la censure l’arrêt qui, en pareille occurrence, prononce une relaxe motivée par la prohibition de requalifier la prévention en matière de presse.
Crim. - 8 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 07-87.226. - CA Colmar, 2 octobre 2007.
Acte de procédure. - Nullité. - Cas. - Vice de forme. - Applications diverses. - Définition. - Désignation du défendeur par l’enseigne sous laquelle il exerce son activité. - Portée.
La désignation du défendeur par l’enseigne sous laquelle il exerce son activité constitue un vice de forme.
En application de l’article 114 du code de procédure civile, la cour d’appel, qui a souverainement relevé que cette partie s’était prévalue de la qualité de représentant légal d’une société et ne justifiait pas du grief résultant d’une erreur qu’elle avait elle-même suscitée, en a déduit à bon droit que la nullité des assignations ne pouvait être prononcée.
Sur le fond, c’est sans méconnaître le principe de la contradiction que la cour d’appel a fondé sa décision sur un contrat qui, pour avoir été régulièrement produit en instance d’appel, constituait un élément de fait dont les parties étaient à même de débattre contradictoirement.
N° 07-15.266. - CA Chambéry, 20 février 2007.
M. Gillet, Pt. - M. Lacabarats, Rap. - M. Mazard, Av. Gén. - SCP Bachellier et Potier de la Varde, Me Jacoupy, Av.
Cassation. - Pourvoi. - Déclaration. - Qualité pour la former. - Mandataire. - Conditions. - Pouvoir spécial. - Nécessité. - Exclusion. - Cas. - Personne habilitée par les statuts d’un syndicat à le représenter en justice.
Pourvoi. - Recevabilité. - Litige indivisible. - Portée.
1° Lorsqu’il résulte des statuts du syndicat qu’une personne est habilitée à le représenter en justice, la production du pouvoir spécial prévu par l’article 984 du code de procédure civile n’est pas nécessaire.
2° En application de l’article 615 du code de procédure civile, en cas d’indivisibilité à l’égard de plusieurs parties, le pourvoi de l’une produit effet à l’égard des autres même si celles-ci ne sont pas jointes à l’instance de cassation, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de leur notifier le mémoire ampliatif.
N° 07-60.157. - TI Villejuif, 6 mars 2007.
Mme Collomp, Pt. - Mme Morin, Rap. - M. Allix, Av. Gén. - SCP Gatineau, Av.
En matière prud’homale, dès lors que les causes d’un second litige relatif au même contrat de travail sont connues avant la clôture des débats relatifs à un premier litige encore pendant devant la cour d’appel, la règle de l’unicité de l’instance s’oppose à ce qu’une partie au contrat de travail, qui, disposant de la faculté de présenter de nouvelles demandes en appel, n’est pas privée de son droit d’accès au juge, introduise une nouvelle instance devant le conseil de prud’hommes.
N° 06-44.356. - CA Saint-Denis de la Réunion, 13 juin 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Pécaut-Rivolier, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, SCP Gatineau, Av.
Procédure. - Préliminaire de conciliation. - Bureau de conciliation. - Instance engagée par un agent d’un organisme de sécurité sociale contre son employeur. - Autorité de tutelle. - Mise en cause. - Défaut. - Régularisation. - Possibilité. - Conditions. - Détermination.
Dès lors que seules constituent des irrégularités de fond les irrégularités limitativement énumérées par l’article 117 du code de procédure civile, le défaut de mise en cause du préfet de région par le demandeur dans l’instance engagée par un agent d’un organisme de sécurité sociale contre son employeur, en application de l’article R. 123-3 du code de la sécurité sociale, constitue un vice de forme qui est susceptible de régularisation dans les conditions prévues par l’article 115 du code de procédure civile (arrêt n° 1, pourvoi n° 06-44.539), et doit être invoqué avant toute défense au fond, conformément à l’article 112 du code de procédure civile (arrêt n° 2, pourvoi n° 06-44.392).
Viole les textes précités la cour d’appel qui prononce la nullité de la procédure alors que le préfet avait été appelé dans la cause devant le bureau de jugement, lequel peut toujours concilier les parties (arrêt n° 1), ou alors que l’exception n’avait été invoquée qu’en cause d’appel (arrêt n° 2).
Soc. - 16 avril 2008. CASSATION PARTIELLEMENT SANS RENVOI
N° 06-44.539. - CA Poitiers, 13 juin 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Grivel, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Vuitton, SCP Gatineau, Av.
N° 06-44.392. - CA Montpellier, 31 mai 2006.
Mme Collomp, Pt. - Mme Grivel, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Gaschignard, SCP Masse-Dessen et Thouvenin, Av.
Communauté entre époux. - Actif. - Composition. - Bien acquis au cours du mariage. - Valeur patrimoniale du bien. - Portée.
La valeur patrimoniale d’une licence de taxi fait partie de l’actif de la communauté.
N° 07-16.105. - CA Paris, 4 avril 2007.
M. Bargue, Pt. - Mme Gorce, Rap. - SCP Choucroy, Gadiou et Chevallier, SCP Delaporte, Briard et Trichet, Av.
Communauté entre époux. - Liquidation. - Récompenses. - Récompenses dues à l’un des époux. - Montant. - Evaluation. - Office du juge.
Communauté entre époux. - Recel. - Constitution. - Moment. - Détermination. - Portée.
Communauté entre époux. - Indivision post-communautaire. - Immeuble commun. - Conservation. - Impenses nécessaires. - Définition. - Impôts locaux et charges de copropriété non relatives à l’occupation privative et personnelle d’un indivisaire.
1° Il appartient au juge de vérifier lui-même les éléments de preuve des parties et d’évaluer lui-même le montant d’une récompense.
Méconnaît son office et viole l’article 4 du code civil la cour d’appel qui énonce que le notaire liquidateur établira le droit à récompense d’un ex-époux sur justification des paiements effectués par la communauté et qu’il portera au crédit du compte d’administration de celui-ci les sommes par lui réglées.
2° Le recel de communauté peut être commis avant ou après la dissolution de la communauté, jusqu’au jour du partage.
Viole l’article 1477 du code civil la cour d’appel qui, pour écarter le recel de communauté invoqué par l’ex-époux en ce qui concerne des sommes figurant sur un compte bancaire ouvert au nom de l’ex-épouse, énonce que le compte présentait un solde débiteur à une certaine date et que celle-ci n’était pas tenue de produire les relevés postérieurs, dès lors que le jugement de divorce a pris effet, dans les rapports patrimoniaux entre les époux, quatre jours après.
3° Les impôts locaux et les charges de copropriété qui ne sont pas relatives à l’occupation privative et personnelle d’un indivisaire doivent figurer au passif du compte de l’indivision et sont supportés par les coïndivisaires proportionnellement à leurs droits dans l’indivision.
Viole l’article 815-13, alinéa premier, du code civil la cour d’appel qui énonce qu’un ex-époux supportera seul les impôts locaux d’un immeuble et "la part dite locative" des charges de copropriété d’un autre immeuble, dès lors qu’il est seul à les occuper.
N° 07-12.224. - CA Versailles, 12 octobre 2006.
M. Bargue, Pt. - M. Chauvin, Rap. - SCP Thouin-Palat et Boucard, Me Foussard, Av.
Cadre de la représentation. - Unité économique et sociale. - Mandat. - Exercice. - Conditions. - Travail dans l’entreprise appartenant à l’unité économique et sociale. - Salariés exclus. - Salariés assimilés au chef d’entreprise.
Ne peut exercer un mandat de représentation du personnel ou syndical au sein d’une unité économique et sociale dont fait partie l’entreprise qui l’emploie le salarié qui ne remplit pas les conditions pour exercer un tel mandat au sein de cette entreprise, en raison de son assimilation au chef d’entreprise.
N° 07-60.382. - TI Marseille, 3 juillet 2007.
Mme Collomp, Pt. - Mme Pécaut-Rivolier, Rap. - M. Allix, Av. Gén. - SCP Choucroy, Gadiou et Chevallier, Av.
Comité d’entreprise. - Attributions. - Activités sociales et culturelles. - Congé de formation économique et sociale ou syndicale. - Prise en charge des frais exposés par le salarié. - Conditions. - Appartenance ou choix de nature syndicale. - Exclusion. - Nécessité.
Le bénéfice de prestations servies aux salariés au titre des activités sociales et culturelles pour compenser les frais exposés par eux dans l’exercice du droit individuel à congé de formation économique, sociale et syndicale qu’ils tiennent de l’article L. 451-1 du code du travail ne saurait dépendre de leur appartenance ou de leurs choix de nature syndicale.
Doit dès lors être rejeté le pourvoi dirigé contre l’arrêt d’une cour d’appel qui annule les délibérations d’un comité interentreprises aux termes desquelles une dotation globale affectée à cette prise en charge est répartie entre les organisations syndicales en fonction de leur représentativité au sein du groupe, les salariés bénéficiant du remboursement de leurs frais par le comité d’entreprise dont ils dépendent dans la limite de la dotation attribuée au syndicat organisateur du stage choisi par eux, une somme étant par ailleurs affectée à la prise en charge des frais exposés par les salariés suivant une formation dispensée par un organisme agréé n’appartenant pas aux confédérations syndicales représentatives au plan national interprofessionnel, après avoir constaté que certains salariés étaient ainsi privés du remboursement de leurs frais lorsque le plafond de remboursement prévu pour le syndicat dont ils avaient suivi les formations était atteint, alors qu’il ne l’était pas pour les autres organisations.
N° 06-44.839. - CA Paris, 15 juin 2006.
Mme Collomp, Pt. - M. Béraud, Rap. - M. Deby, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Homicide et blessures involontaires. - Faute. - Faute caractérisée. - Applications diverses. - Pharmacien.
Justifie sa décision la cour d’appel qui, pour déclarer coupables d’homicides involontaires un pharmacien d’officine ainsi que le représentant légal d’une société, spécialisée dans la fabrication de médicaments à base de plantes, qui lui a livré six kilogrammes d’une herbe importée de Chine sous la dénomination de Stephania tetranda, réputée pour ses vertus amincissantes, retient que les prévenus ont commis des fautes caractérisées, le premier en omettant d’analyser, en méconnaissance des bonnes pratiques des préparations officinales et des recommandations du conseil de l’ordre, l’identité de la matière première qui lui a été livrée, le second en n’effectuant pas les contrôles, prévus par la monographie de la pharmacopée chinoise, alors que ces vérifications auraient permis de détecter la présence d’Aristolochia fangchi, plante dont est issu l’acide aristolochique, substance cancérigène et néphrotoxique.
Crim. - 1er avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-88.948. - CA Aix-en-Provence, 13 novembre 2006.
M. Farge, Pt (f.f.). - M. Chaumont, Rap. - M. Salvat, Av. Gén. - Me Blanc, SCP Boré et Salve de Bruneton, SCP Piwnica et Molinié, SCP Waquet, Farge et Hazan, Av.
Objets saisis. - Action en restitution. - Délai. - Inobservation. - Portée.
Il résulte de l’article 41-4 du code de procédure pénale que si la restitution n’a pas été demandée ou décidée dans un délai de six mois à compter de la décision par laquelle la dernière juridiction saisie a épuisé sa compétence, les objets placés sous main de justice deviennent propriété de l’Etat, sous réserve des droits des tiers.
Faute de l’avoir présentée dans ce délai, le demandeur en restitution ne peut se faire un grief de ce que les juges ont rejeté sa requête, alors qu’ils auraient dû la déclarer irrecevable.
Crim. - 8 avril 2008. REJET
N° 07-84.440. - CA Paris, 11 juin 2007.
M. Joly, Pt (f.f.). - M. Beauvais, Rap. - M. Mathon, Av. Gén. - SCP Bouzidi et Bouhanna, Av.
Cotisations. - Cotisations ouvrières et patronales. - Cotisations ouvrières et patronales des personnes suivant un stage de formation professionnelle rémunéré par l’Etat. - Assiette. - Fixation. - Assiette horaire forfaitaire des taux de droit commun du régime général de sécurité sociale.
Il résulte des dispositions de l’article L. 980-3 (devenu l’article L. 962-3) du code du travail et de l’arrêté ministériel du 24 janvier 1980 que les cotisations ouvrières et patronales de sécurité sociale des personnes suivant un stage de formation professionnelle rémunéré par l’Etat, intégralement prises en charge par celui-ci, sont fixées par application à une assiette horaire forfaitaire des taux de droit commun du régime général de sécurité sociale.
N° 07-12.727. - CA Rouen, 10 janvier 2007.
M. Gillet, Pt. - Mme Duvernier, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Piwnica et Molinié, Av.
Financement. - Recettes diverses. - Financement des régimes de retraite à prestations définies. - Financement des retraites supplémentaires des salariés d’une société relevant d’un système de gestion externe. - Contribution de 6 %. - Calcul. - Modalités.
Il résulte de l’article L. 137-11 I 2° du code de la sécurité sociale, tel qu’il est issu de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003, que, dans les régimes de retraite à prestations définies, il est institué une contribution qui, lorsque l’employeur n’a pas opté pour son prélèvement sur les rentes liquidées, est assise :
a) sur les primes versées à un organisme régi par le titre III ou le titre IV du livre IX du code de la sécurité sociale, le livre II du code de la mutualité ou le code des assurances, destinées au financement des régimes visés au présent I ;
b) ou sur la partie de la dotation aux provisions, ou du montant mentionné en annexe au bilan, correspondant au coût des services rendus au cours de l’exercice.
Prive sa décision de base légale au regard de ce texte une cour d’appel qui retient que, les retraites supplémentaires des salariés d’une société relevant d’un système de gestion externe, les versements effectués par celle-ci au titre du financement du régime de retraite supplémentaire de ces salariés sont assujettis à la contribution définie au a, sans rechercher si cette société continuait à financer directement les prestations ou bien si elle versait une prime d’assurance à une caisse de retraite pour que cette dernière assume les risques de gestion du régime.
N° 07-14.061. - CA Chambéry, 20 février 2007.
M. Gillet, Pt. - M. Héderer, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Gatineau, SCP Boutet, Av.
1° SÉCURITÉ SOCIALE, PRESTATIONS FAMILIALES
Dispositions communes. - Paiement des prestations. - Prestations indues. - Action en recouvrement. - Prescription. - Moyen relevé d’office par le tribunal. - Respect du principe de la contradiction. - Obligation. - Violation. - Organisme social alléguant la violation du principe de la contradiction au préjudice de son adversaire, non comparant devant le juge du fond. - Recevabilité. - Portée.
1° Une caisse d’allocations familiales à laquelle un tribunal des affaires de sécurité sociale a opposé, lors d’une audience au cours de laquelle l’organisme social a pu faire valoir ses observations, le moyen relevé d’office tiré de la prescription de son action en répétition d’un indu n’est pas recevable à se prévaloir devant la Cour de cassation de la violation alléguée du principe de la contradiction au préjudice de son adversaire, non comparant devant le juge du fond.
2° La procédure devant les juridictions de sécurité sociale étant gratuite et sans frais, les dépenses liées à la signification effectuée, en application des dispositions de l’article R. 142-19, alinéa 4, du code de la sécurité sociale, pour convoquer une partie à laquelle la lettre de convocation adressée par le greffe n’a pu être remise doivent rester à la charge de l’organisme social concerné.
2e Civ. - 17 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 06-21.859. - TASS Saint-Etienne, 23 octobre 2006.
M. Gillet, Pt. - Mme Fouchard-Tessier, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Gatineau, Av.
Note sous 2e Civ., 17 avril 2008, n° 1341 ci-dessus
Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) tient de l’article L. 142-9 du code de la sécurité sociale le pouvoir de soulever d’office le moyen tiré des prescriptions prévues par ce code, notamment celle instituée par l’article L. 553-1 de ce code.
La procédure devant le TASS étant orale et sans représentation obligatoire, les moyens sont réputés avoir été débattus contradictoirement à l’audience (Soc., 14 décembre 1983, Bull. 1983, V, N° 623 ; 2° Civ., 23 novembre 2006, pourvoi N° 05-10.686). Toutefois, cette présomption tombe dès lors qu’une des parties était absente à l’audience. En outre, l’article 16 du code de procédure civile exige que le juge ne puisse fonder sa décision sur les moyens de droit qu’il a relevés d’office sans avoir, au préalable, invité les parties à présenter leurs observations (Soc., 17 mars 1994, Bull. 1994, V, N° 102 ; 2° Civ., 22 mars 2005, pourvoi N° 03-30.563 ; 2° Civ., 26 octobre 2006, pourvois n° 05-18.646 à 650).
Le présent arrêt précise que l’organisme social, qui a pu faire valoir ses observations sur le moyen relevé d’office par le juge au cours d’une audience à laquelle son adversaire n’était pas comparant, ne peut se prévaloir de la violation du principe de la contradiction alléguée au préjudice de ce dernier. Cette décision amène la Cour de cassation à revenir sur la position retenue par ses arrêts du 14 mars 2007 (pourvois N° 05-21.063, 05-20.750 et 06-14.040), dans lesquels l’irrecevabilité du moyen soulevé par une caisse de sécurité sociale devant la Cour de cassation n’avait pas été retenue, ces arrêts se limitant à retenir que la fin de non-recevoir tirée de la prescription ne pouvait être présumée avoir été débattue entre les parties devant le juge du fond.
La procédure devant le tribunal des affaires de sécurité sociale est, en vertu de l’article R. 144-10 du code de la sécurité sociale, gratuite et sans frais, l’article L. 144-5 du même code mettant à la charge des régimes de sécurité sociale les dépenses de toute nature résultant du contentieux général et du contentieux technique de la sécurité sociale.
Les convocations des parties aux audiences des juridictions de la sécurité sociale sont adressées par les secrétariats de ces juridictions. Cependant, lorsque la lettre de convocation adressée par le greffe n’a pu être remise au défendeur, le secrétariat invite le demandeur à procéder par voie de signification (article R. 142-19).
L’arrêt reproduit ci-dessus précise que les dépenses liées à cette signification doivent rester à la charge de l’organisme social concerné, les dispositions spécifiques du code de la sécurité sociale excluant l’application de l’article 696 du code de procédure civile, relatif à la charge des dépens.
Risques couverts. - Risques décès, risques portant atteinte à l’intégrité physique de la personne ou liés à la maternité, risques d’incapacité ou d’invalidité. - Garantie. - Versement des prestations immédiates ou différées. - Cessation de la relation de travail. - Absence d’influence.
Selon l’article L. 911-2 du code de la sécurité sociale, lorsque les salariés sont garantis collectivement contre les risques portant atteinte à l’intégrité physique de la personne ou liés à la maternité, le risque décès ou les risques d’incapacité ou d’invalidité, la cessation de la relation de travail est sans effet sur le versement des prestations immédiates ou différées, acquises ou nées durant cette relation.
N° 07-12.088. - CA Versailles, 8 décembre 2006.
M. Gillet, Pt. - Mme Aldigé, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - SCP Waquet, Farge et Hazan, SCP Gatineau, Av.
N° 07-12.064. - CA Paris, 14 novembre 2006.
M. Gillet, Pt. - Mme Aldigé, Rap. - M. Lautru, Av. Gén. - Me Odent, SCP Boré et Salve de Bruneton, Av.
Accords collectifs. - Dispositions générales. - Dénonciation. - Effets. - Conclusion d’un nouvel accord. - Accord de substitution. - Annulation. - Portée.
L’annulation d’un accord collectif conclu en vue de remplacer un accord dénoncé équivaut à une absence d’accord de substitution. Lorsque la convention ou l’accord qui a été dénoncé n’a pas été remplacé par une nouvelle convention ou un nouvel accord dans les délais prévus au troisième alinéa de l’article L. 132-8 du code du travail, les salariés de l’entreprise concernée conservent, à l’expiration de ces délais, les avantages individuels qu’ils ont acquis en application de l’accord ou de la convention.
Dès lors, viole l’article L. 132-8 du code du travail la cour d’appel qui fait droit aux demandes des salariés en paiement d’avantages individuels consistant en un sursalaire familial, qu’ils prétendaient avoir acquis en application d’un accord dénoncé, aux motifs qu’au jour de la dénonciation de l’accord, ils justifiaient d’un droit ouvert à sursalaire au titre de leurs premiers enfants et pouvaient ainsi prétendre au paiement des sursalaires pour les enfants puînés, nés postérieurement à la dénonciation de l’accord, alors qu’elle avait constaté que les enfants de salariés étaient nés après l’expiration du délai prévu à l’article L. 132-8 du code du travail.
Soc. - 17 avril 2008. CASSATION PARTIELLE
N° 07-41.465. - CA Lyon, 22 janvier 2007.
Mme Collomp, Pt. - M. Marzi, Rap. - M. Petit, Av. Gén. - SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, SCP Célice, Blancpain et Soltner, Av.
Conventions collectives. - Conventions diverses. - Etablissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. - Convention nationale du 15 mars 1966. - Article 8. - Délégué syndical. - Pluralité. - Désignation. - Conditions. - Détermination.
Si l’article 8 de la convention collective nationale du travail des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du 15 mars 1966 prévoit que l’exercice du droit syndical est reconnu dans toutes les entreprises et leurs établissements quelle que soit leur importance et que les syndicats représentatifs pourront y désigner leur délégué syndical, ce texte prévoit également que le délégué central et le délégué supplémentaire sont désignés conformément à la loi.
Il en résulte, selon l’article R. 412-1 du code du travail, qui dispose que le nombre de délégués syndicaux dont dispose chaque section syndicale d’entreprise est fixé soit par entreprise soit par établissement distinct, que le syndicat qui a désigné un délégué syndical au niveau de l’entreprise ne peut procéder à la désignation d’un délégué d’établissement qu’après avoir transformé le mandat du délégué syndical d’entreprise et fait de ce dernier un délégué syndical d’établissement.
Doit dès lors être rejeté le pourvoi formé contre un jugement retenant qu’un syndicat ayant déjà désigné un délégué pour l’ensemble de l’entreprise, il ne pouvait pas, ensuite, en désigner un second dans le cadre d’un établissement de cette même entreprise, dès lors qu’elle employait moins de deux mille salariés.
N° 07-60.414. - TI Haguenau, 5 septembre 2007.
Mme Collomp, Pt. - M. Béraud, Rap. - M. Allix, Av. Gén. - SCP Masse-Dessen et Thouvenin, SCP Ancel et Couturier-Heller, Av.
Marchandises. - Contrat de transport. - Lettre de voiture. - Réceptionnaire n’y figurant pas en qualité de destinataire. - Réceptionnaire ayant accepté la marchandise. - Défaut d’indication d’action pour le compte d’un mandant. - Portée.
Même s’il ne figure pas en qualité de destinataire sur la lettre de voiture, celui qui reçoit la marchandise et l’accepte sans indiquer agir pour le compte d’un mandant est garant du paiement du prix du transport envers le voiturier.
Viole l’article L. 132-8 du code de commerce la cour d’appel qui condamne au paiement du prix du transport celui qui est mentionné comme destinataire sur les lettres de voiture, et non celui dont le cachet figure sur les lettres de voiture, qui a reçu la marchandise, sans rechercher si, en recevant et en acceptant la marchandise, celui-ci avait indiqué agir comme mandataire du destinataire.
N° 07-11.398. - CA Lyon, 7 décembre 2006.
Mme Favre, Pt. - M. Potocki, Rap. - M. Bonnet, Av. Gén. - Me Le Prado, SCP Piwnica et Molinié, Av.
Hygiène et sécurité des travailleurs. - Responsabilité pénale. - Préposé. - Conditions. - Délégations de pouvoirs.
Encourt la cassation l’arrêt de la cour d’appel qui, dans la poursuite exercée à la suite d’un accident du travail contre le salarié d’une société assumant la maîtrise d’ouvrage déléguée d’une opération de construction de logements, déclare inopérante l’argumentation du prévenu prise d’un défaut de délégation de pouvoirs et retient à la charge dudit prévenu, outre le délit de blessures involontaires, une infraction aux règles de sécurité ne pouvant être imputée qu’au seul chef d’établissement ou à son délégataire, selon les dispositions de l’article L. 263-2 du code du travail, devenu l’article L. 4741-1 du même code.
N° 07-80.535. - CA Nîmes, 12 décembre 2006.
M. Joly, Pt (f.f.). - Mme Guirimand, Rap. - M. Mathon, Av. Gén. - SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, Av.
Permis de construire. - Construction non conforme. - Construction. - Définition. - Construction existante. - Construction illégalement édifiée. - Travaux de transformation.
Les travaux réalisés sur une construction existante, même illégalement édifiée, sont soumis aux prescriptions du code de l’urbanisme.
En conséquence, le propriétaire qui transforme en appartements des réserves édifiées sans titre, sans avoir obtenu un permis de construire, se rend coupable du délit de construction sans permis.
N° 07-84.150. - CA Aix-en-Provence, 22 mai 2007.
M. Farge, Pt (f.f.). - Mme Radenne, Rap. - M. Boccon-Gibod, Av. Gén. - SCP Bachellier et Potier de la Varde, Me Balat, Av.
Jurisprudence des cours d’appel relative à l’appel en matière prud’homale :
Prud’hommes 1348-1349-1350
Jurisprudence des cours d’appel relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique :
Expropriation pour cause d’utilité publique 1351-1352-1353
Jurisprudence des cours d’appel relative à la publicité :
Convention européenne des droits de l’homme 1356
Protection des consommateurs 1354-1355-1356
Référé 1356
Prêt 1357
Procédure civile 1358
Protection des consommateurs 1359
Responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle 1360
Sécurité sociale, assurances sociales 1361
Succession 1362
relative à l’appel en matière prud’homale
Appel - Représentation des parties - Moyens présentés au soutien de l’appel - Défaut - Portée.
Aux termes de l’article R. 517-9 du code du travail, les appels formés contre les jugements des conseils de prud’homme sont instruits et jugés suivant la procédure sans représentation obligatoire régie par les articles 931 et suivants du code de procédure civile.
Il résulte de l’article 946 du même code que la procédure étant orale, la cour d’appel ne peut que confirmer le jugement lorsqu’elle n’est saisie d’aucun moyen contre la décision entreprise par l’avocat qui représente l’appelant à l’audience.
CA Lyon (ch. soc.), 12 mars 2008 - RG n° 07/02250.
Appel - Taux du ressort - Montant de la demande - Pluralité de chefs de demande - Demande d’un syndicat intervenant supérieure au taux du ressort - Effet.
Si les syndicats sont recevables à intervenir devant le conseil de prud’hommes par exception à l’article L. 511-1 du code du travail lorsque la solution du litige présente un intérêt collectif pour leurs membres, la circonstance qu’un syndicat a présenté au cours de l’instance une demande en paiement d’un montant supérieur au taux du ressort n’a pas pour effet de rendre le jugement susceptible d’appel, la recevabilité de l’appel au regard du quantum de la demande ne devant s’apprécier qu’en fonction de la compétence d’attribution du conseil de prud’hommes.
CA Limoges (ch. soc.), 4 mars 2008 - RG n° 07/01334.
Compétence - Décision sur la compétence - Contredit - Effets - Exclusion de l’appel - Cas.
Selon l’article 80 du code de procédure civile, lorsque le juge se prononce sur la compétence sans statuer sur le fond du litige, sa décision ne peut être attaquée que par la voie du contredit, quand bien même le juge aurait tranché la question de fond dont dépend la compétence.
Il résulte de ces dispositions que le fait que le conseil de prud’hommes se prononce sur les éléments constitutifs du contrat de travail, et notamment sur l’existence d’un lien de subordination, dont dépend sa compétence, n’est pas de nature à ouvrir au salarié la voie de l’appel.
Par ailleurs, le formulaire de notification d’un jugement entrepris précisant : "la voie de recours qui vous est ouverte contre cette décision est : LE CONTREDIT", le mot "contredit" figurant en outre déjà dans le dispositif de la décision, le salarié n’a donc pu se méprendre sur la voie de recours dont le jugement du conseil de prud’hommes pouvait faire l’objet.
Par conséquent, son appel n’est pas recevable.
CA Lyon (ch. soc.), 13 février 2008 - RG n° 07/02665.
relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique
Indemnité - Appel - Mémoire - Dépôt et notification - Modalités devant la cour de renvoi après cassation - Détermination.
Les dispositions de l’article R. 13-49 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique ne peuvent être invoquées que devant le juge de l’expropriation et la chambre compétente en matière d’expropriation de la cour d’appel, mais non devant la chambre des expropriations de la cour saisie sur renvoi après cassation.
En effet, aucun texte particulier ne visant la procédure de renvoi après cassation, seules les dispositions particulières aux juridictions de renvoi, prévues aux articles 1032 à 1037 du code de procédure civile, doivent être respectées.
Dès lors, l’exception d’irrecevabilité du mémoire d’appel incident de l’expropriant intimé et des conclusions du commissaire du gouvernement, tirée de leur dépôt tardif, doit être rejetée.
CA Agen (ch. des expropriations), 12 septembre 2006 - RG n° 05/00005.
Mme Roger, Pte - MM. Dureysseix et Balista, juges de l’expropriation.
Indemnité - Fixation - Parcelle soumise à un droit de préemption urbain - Mutation antérieure de moins de cinq ans - Succession - Préemption ne portant que sur une partie des biens ayant fait l’objet de la succession - Estimation - Estimation inférieure à l’évaluation donnée à la totalité des biens - Portée.
Aux termes de l’article L. 13-17 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique, "Le montant de l’indemnité principale ne peut excéder l’estimation faite par le service des domaines... si une mutation à titre gratuit ou onéreux, antérieure de moins de cinq ans à la date de la décision portant transfert de propriété, a donné lieu à une évaluation administrative rendue définitive en vertu des lois fiscales ou à une déclaration d’un montant inférieur à ladite estimation".
En outre, selon l’article R. 13-44, alinéa 2, du même code, l’article L. 13-17 doit s’appliquer lorsque "l’expropriation ne portant que sur une partie des biens ayant fait l’objet de la mutation..., l’estimation [des domaines] est supérieure à l’évaluation donnée à la totalité des biens lors de ladite mutation..."
Mais il doit en être de même si l’estimation des domaines est inférieure à l’évaluation donnée à la totalité des biens faisant l’objet de la mutation, dès lors que cette estimation concerne un immeuble parfaitement individualisé, compris dans un actif successoral comportant d’autres biens meubles et immeubles totalement étrangers à la procédure d’expropriation ou à la déclaration d’aliéner.
Ainsi, une parcelle qui, après décès survenu le 25 janvier 2002, a été estimée à 168 000 euros dans la déclaration de succession - concernant un actif de 462 133 euros, comprenant d’autres biens immobiliers et mobiliers -, puis à 262 000 euros par le service des domaines, qui a été préemptée à la suite d’une déclaration d’aliéner et qui, par ailleurs, n’a fait l’objet d’aucune modification dans sa consistance matérielle ou juridique, son état ou sa situation d’occupation, doit voir sa valeur fixée au montant de l’évaluation administrative définitive chiffrée à hauteur de 262 000 euros, le délai de cinq ans visé par l’article L. 13-17 ayant, de surcroît, bien été respecté, puisque le point de départ du délai en matière de succession se situe à la date du décès et l’échéance à la date de la décision de première instance, c’est-à-dire du jugement rendu, en l’espèce, le 16 mars 2006, par le juge de l’expropriation.
CA Bordeaux (ch. des expropriations), 26 septembre 2007 - RG n° 06/04851.
M. Besset, Pt. - M. Coconnier et Mme Pouchet, juges de l’expropriation.
Indemnité - Fixation - Procédure - Commissaire du gouvernement - Position dominante - Défaut - Portée.
Aux termes de l’article L. 135 B du code de procédure fiscale, dans sa rédaction issue de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006, "l’administration fiscale transmet gratuitement, à leur demande, aux propriétaires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation... les éléments d’information qu’elle détient au sujet des valeurs foncières déclarées à l’occasion des mutations intervenues dans les cinq dernières années..."
Dès lors, les parties expropriées qui n’allèguent pas avoir vainement tenté d’obtenir de l’administration fiscale les éléments nécessaires à la défense de leurs intérêts ne peuvent, invoquant la jurisprudence de la Cour de cassation sur la position dominante du commissaire du gouvernement ainsi que l’article 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, soutenir que l’égalité des armes entre elles-mêmes et le commissaire du gouvernement n’a pas été assurée.
CA Versailles (4e ch. des expropriations), 22 janvier 2008 - RG n° 07/02623.
Mme Brégeon, Pte - Mme Mendoza, V-pte au tribunal de grande instance de Pontoise et Mme Muzzin, juge au tribunal de grande instance de Versailles.
Sur la position dominante du commissaire du gouvernement, à rapprocher :
- 3e Civ., 13 avril 2005, Bull. 2005, III, n° 94 (cassation), et l’arrêt cité ;
- 3e Civ., 29 mars 2006, Bull. 2006, III, n° 86 (cassation).
relative à la publicité
Publicité - Publicité comparative - Licéité - Conditions
Publicité -Publicité comparative - Discrédit d’un concurrent - Effet.
Publicité - Publicité comparative - Concurrence déloyale - Cas.
1° Une publicité comparative portant sur des contrats d’assurance-vie, fondée sur la comparaison des seuls frais mentionnés dans les conditions générales des contrats ou dans les fiches simplifiées visées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), présente un caractère trompeur et de nature à induire en erreur le consommateur, au sens de l’article L. 121-8 du code de la consommation, dès lors que, d’une part, l’annonceur n’ignorait pas que les frais conventionnels pris en considération étaient théoriques et donnaient lieu à des négociations entre assureurs et souscripteurs et que, pratiquant d’emblée des taux plus bas, il profitait de cette présentation fallacieuse, et, d’autre part, qu’en faisant usage de la notion d’indicateur de coût effectif global et d’indicateur de rentabilité effective globale, il a cherché à donner un caractère quasi officiel aux résultats de son comparateur.
2° En appuyant sa campagne publicitaire sur les résultats de son comparateur pour discréditer ses concurrents, l’annonceur a également contrevenu aux dispositions de l’article L. 121-9 du code de commerce.
3° Enfin, cette publicité comparative est constitutive d’actes de concurrence déloyale au préjudice de sa concurrente, dont l’image a été altérée dans l’esprit de ses adhérents ou de clients potentiels en ce que l’annonceur a présenté une comparaison tendancieuse sur la base de critères subjectifs dont elle n’établit ni la pertinence ni la représentativité, et en ce qu’elle a laissé planer un doute sur la loyauté de sa concurrente à l’égard de ses adhérents.
CA Colmar (1re ch. civ., sect. A), 13 mai 2008 - RG n° 07/04584.
Publicité - Publicité de nature à induire en erreur - Cas - Résultats qui peuvent être attendus de l’utilisation - Applications diverses - Publicité sans preuve pour des aérateurs assurant le rendement le plus élevé.
En application de l’article L. 121-1 du code de la consommation, est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des éléments ci-après : existence, nature, composition, qualités substantielles, propriétés de biens ou services qui font l’objet de la publicité, résultats qui peuvent être attendus de leur utilisation.
Tel est le cas de la société, fabriquant et commercialisant des aérateurs de surface, qui prétend, sans le prouver, disposer de l’équipement assurant en condition standard en eau claire le rendement en oxygène le plus élevé de tous les aérateurs de surface à entraînement direct, sans que puisse être produit un quelconque test comparatif à l’appui de la publicité massive qu’elle a organisée sur l’équipement en cause, laquelle était de nature à induire en erreur la clientèle de professionnels visée, particulièrement attentive aux critères de rendement et de résultats constituant une qualité substantielle du produit.
CA Versailles (12e ch., sect. 2), 15 mars 2007 - RG n° 02/01904.
Publicité - Publicité mensongère - Exclusion - Cas.
Article 10 - Liberté d’expression - Compétence du juge des référés - Exclusion - Cas.
3° RÉFÉRÉ
Mesures conservatoires ou de remise en état - Trouble manifestement illicite - Applications diverses - Concurrence déloyale ou illicite.
1° Une campagne de diffusion menée par un groupe de distribution destinée à obtenir le droit de vendre des médicaments non remboursés dans les parapharmacies de ses centres commerciaux, avec l’allégation que la concurrence serait susceptible de favoriser une baisse des prix des médicaments non remboursés, ne tombe pas sous le coup de la prohibition de la publicité mensongère régie par les articles L. 121-1 et suivants du code de la consommation, dans la mesure où la campagne litigieuse ne vise pas à promouvoir la vente d’un bien effectivement proposé sur le marché, mais à obtenir un changement de législation.
2° En vertu du principe de la liberté d’expression garanti par l’article 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales il n’appartient pas à la juridiction saisie d’arbitrer abstraitement le débat d’idées qu’entend ouvrir l’annonceur et de prendre position sur l’allégation d’un effet bénéfique d’une ouverture à la concurrence.
3° En l’absence de dénigrement certain des titulaires d’officine, aucun trouble manifestement illicite résultant de la communication n’est avéré.
CA Colmar (1re ch., sect. B), 7 mai 2008 - RG n° 08/02047.
M. Litique, Pt. - MM. Cuenot et Allard, conseillers.
1° PRÊT
Prêt à usage - Perte de la chose - Responsabilité de l’emprunteur - Domaine d’application
Prêt à usage - Objet - Prêt de matériel - Remise détachable de l’ensemble des relations contractuelles unissant les parties - Portée
1° Dans un contrat de prêt à usage, la substitution d’une chose par une autre équivalente ne modifie pas les conditions originaires du contrat.
L’emprunteur est tenu de réparer la perte de la chose survenue de son fait fautif, conformément à l’article 1880 du code civil.
2° Exerce une rétention abusive et doit réparation le préteur qui, pour obtenir paiement de sa créance, retient la chose de l’emprunteur alors que la créance née est sans relation avec la chose de l’emprunteur.
CA Pau (1re ch.), 11 septembre 2006 - RG n° 05/1392.
M. Parant, Pt. - Mmes Rachou et Perrier, conseillères.
Aux termes des dispositions de l’article 386 du nouveau code de procédure civile, l’instance est périmée lorsqu’aucune des parties n’accomplit de diligences pendant deux ans.
La question se pose de savoir si le point de départ de la péremption se situe au cas d’espèce à la date du 10 février 1999, date du courrier adressé par le conseil du demandeur au président du tribunal de commerce de Marmande et par lequel il sollicite la radiation de la procédure. Or, une diligence procédurale ne peut interrompre la péremption que s’il est constaté qu’elle est de nature à faire progresser l’affaire. Tel n’est pas le cas du courrier en question, par lequel le défendeur se plaint auprès du président du tribunal de commerce de Marmande du comportement de l’avocat du mandataire, lequel n’a pas communiqué ses pièces et n’a pas conclu, de sorte qu’il se trouve contraint de solliciter la radiation de la procédure, radiation motivée par le défaut de communication des pièces et de conclusions du demandeur.
Il en résulte que le point de départ de la péremption se situe au 15 septembre 1998, date des conclusions d’irrecevabilité déposées pour le compte du demandeur. Ni l’ordonnance de radiation du 6 avril 1999 ni la lettre de demande de radiation du conseil du demandeur ne sont constitutives d’actes interruptifs d’instance. Les conclusions "afin de remise au rôle devant le tribunal de commerce de Marmande", d’ailleurs non signées ni notifiées à la partie adverse pourtant constituée, sont de toute façon intervenues postérieurement au délai de deux ans prévu par la loi.
CA Agen (1re ch. civ.), 24 avril 2007 - RG n° 04/01060.
M. Salomon, P. Pt. - MM. Boutie et Brignol, Pts.
08- 161
Démarchage et vente à domicile - Exclusion - Existence d’un rapport direct entre l’activité exercée et le contrat proposé - Applications diverses.
Il résulte de l’article L. 121-22 du code de la consommation que ne sont pas soumis à ce code les ventes, locations, locations-ventes ou les prestations de services lorsqu’elles ont un rapport direct avec les activités exercées dans le cadre d’une exploitation agricole, industrielle, commerciale ou artisanale ou de toute autre profession, peu important que le professionnel agisse ou n’agisse pas dans le domaine de sa propre compétence.
Dès lors, les dispositions du code de la consommation ne peuvent être invoquées pour solliciter l’annulation d’un contrat concernant un matériel informatique destiné à être utilisé dans le cadre d’une activité de pharmacie.
CA Lyon (3e ch. civ., sect. A), 29 mars 2007 - RG n° 05/07318.
Associations sportives - Choses dont on a la garde (article 1384, alinéa premier, du code civil) - Applications diverses.
Sur le fondement de l’article 1384, alinéa premier, du code civil, la responsabilité d’une association sportive est engagée en cas de faute d’un de ses joueurs, la définition de cette faute ne se limitant pas à des actes de violences intentionnelles mais recouvrant plus largement, dans le cadre d’un jeu comportant des risques, des comportements dépassant le cadre d’une action normale de ce jeu.
En l’espèce, au moment où le joueur frappait le ballon avec son pied en direction du but, le gardien de but s’est élancé les pieds en avant en direction des jambes du tireur. Cette action brutale, faite sans aucun discernement, qui ne pouvait aboutir à l’interception du ballon dans le cadre du match en question, constitue bien une faute du gardien de but dont l’association sportive de Toulon Var doit répondre, dans les conditions de l’article 1384, alinéa premier, du code civil.
CA Aix-en-Provence (10e ch.), 2 octobre 2007 - RG n° 06/04492.
En l’absence de dispositions particulières, la loi n° 2006-1640 de financement de la sécurité sociale pour 2007 du 21 décembre 2006, qui a modifié les articles L. 376-1 du code de la sécurité sociale et 31 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, s’applique immédiatement aux effets à venir des situations juridiques non contractuelles en cours au moment où elle rentre en vigueur.
Il en résulte que le recours subrogatoire de l’organisme social, tiers payeur, ne s’exerce que poste par poste, sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu’il a pris en charge.
CA Aix-en-Provence (10e ch.), 26 juin 2007 - RG n° 06/07486.
Salaire différé - Conditions - Descendant d’un exploitant agricole - Participation directe et effective à l’exploitation - Définition - Tâches ménagères (non).
De simples tâches ménagères sont insuffisantes pour caractériser le travail direct et effectif à l’exploitation familiale, exigé par l’article L. 321-3 du code rural pour pouvoir bénéficier d’un contrat de travail à salaire différé.
CA Bourges (ch. civ.),15 mars 2007 - RG n° 06/01013.
M. Puechmaille Pt. - Mmes Ladant et Le Meunier-Poels, conseillères.
- 1re Civ., 22 octobre 2002, Bull. 2002, I, n° 241 (rejet).
- Pierre-Yves Gautier, observations sous 3e Civ., 14 novembre 2007, Bull. 2007, III, n° 207, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 117-119.
Résiliation - Résiliation anticipée - Résiliation amiable - Conditions imposées par le bailleur - Portée.
- Thierry Revet, observations sous 1re Civ., 16 janvier 2007, Bull. 2007, I, n° 24, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 123-126.
Objet - Chose dans le commerce - Définition - Cas.
- Hadi Slim, observations sous 1re Civ., 31 janvier 2008, Bull. 2008, I, n° 31, in La semaine juridique, édition générale, 16 avril 2008, n° 16, p. 33-35.
Responsabilité - Faute - Caractérisation - Défaut - Applications diverses - Omission d’invoquer un moyen de défense inopérant.
- Isabelle Corpart, observations sous 1re Civ., 22 novembre 2007, Bull. 2007, I, n° 366, in La semaine juridique, édition générale, 9 avril 2008, n° 15, p. 27-29.
- Patrice Jourdain, observations sous 1re Civ., 8 novembre 2007, Bull. 2007, I, n° 350, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 107-109.
Lien de causalité avec le dommage - Défaut - Caractérisation - Messages avertissant un fumeur des risques sans influence sur le comportement de ce dernier.
- Patrice Jourdain, observations sous 2e Civ., 11 octobre 2007, Bull. 2007, II, n° 228, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 111-112.
Dommage - Réparation - Préjudice économique - Préjudice professionnel - Montant - Fixation - Eléments pris en considération - Indemnité de licenciement (non).
- Jean Bigot, "L’assurance face à l’obligation de mise en garde : épouvantail ou épée de Damoclès ?", in La semaine juridique, édition générale, 16 avril 2008, n° 16, p. 19-24.
- Patrice Jourdain, observations sous 1re Civ., 12 juillet 2007, Bull. 2007, I, n° 270, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 109-111.
Recours contre le tiers responsable - Exclusion - Article L. 121-12, alinéa 3, du codes des assurances - Préposés - Recours contre l’assureur du préposé - Application.
- Bernard Vareille, observations sous 1re Civ., 23 mai 2006, Bull. 2006, I, n° 259, et 1re Civ., 31 octobre 2007, Bull. 2007, I, n° 351, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 141-143.
Liquidation - Récompenses - Récompenses dues à la communauté - Cas - Dette personnelle d’un époux acquittée par la communauté - Dette personnelle - Définition - Applications diverses.
- Michel Grimaldi, observations sous 1re Civ., 17 octobre 2007, Bull. 2007, I, n° 322, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 132-133.
Forme - Acte authentique - Nécessité - Domaine d’application - Clauses et conditions de la libéralité - Portée.
- Thierry Revet, observations sous 1re Civ., 31 octobre 2007, Bull. 2007, I, n° 337, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 126-130.
Clause d’inaliénabilité - Validité - Stipulation dans un acte à titre onéreux - Conditions - Limitation dans le temps et justification par un intérêt sérieux et légitime - Portée.
- Jean Hauser, observations sous 3e Civ., 14 novembre 2007, Bull. 2007, III, n° 211, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 89-90.
Etendue - Usage nécessaire pour l’habitation du bénéficiaire et de sa famille.
- Jean Hauser, observations sous 1re Civ., 14 novembre 2007, Bull. 2007, I, n° 360, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 90-91.
Enfant adultérin - Droits successoraux - Loi du 3 décembre 2001 - Application dans le temps.
- Michel Grimaldi, observations sous 1re Civ., 20 février 2007, Bull. 2007, I, n° 74, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 134-135.
Clause pénale - Exécution - Conditions - Détermination.
- Olivier Deshayes, observations sous Ass. plén., 21 décembre 2007, Bull. 2007, Ass. plén., n° 10, in Le Dalloz, 17 avril 2008, n° 16, p. 1102-1109.
Fondement juridique - Changement - Office du juge - Etendue - Limites.
- Olivier Salati, observations sous 2e Civ., 21 février 2008, Bull. 2008, II, n° 40, in La semaine juridique, édition générale, 16 avril 2008, n° 16, p. 36-37.
Liquidation - Compétence - Juge demeurant saisi après avoir ordonné l’astreinte - Applications diverses - Juge de la mise en état.
- Roger Perrot, observations sous 2e Civ., 25 octobre 2007, Bull. 2007, II, n° 241, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 159-160.
Identité de cause - Domaine d’application - Responsabilité civile - Action en responsabilité contractuelle engagée devant une juridiction civile et tendant à la même indemnisation - Décision de rejet d’une juridiction pénale à la suite d’une demande fondée sur la responsabilité délictuelle - Recevabilité - Portée.
- Roger Perrot, observations sous 2e Civ., 6 décembre 2007, Bull. 2007, II, n° 262, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 158.
Arrêt - Pouvoirs du premier président - Etendue - Détermination - Portée.
- Yves-Marie Serinet, observations sous Ch. mixte, 9 novembre 2007, Bull. 2007, Ch. mixte, n° 10, in La semaine juridique, édition générale, 9 avril 2008, n° 15, p. 30-33.
Intervention - Intervention volontaire - Intervention en appel - Conditions - Intervenant ni partie ni représenté en première instance - Prétentions des parties - Lien suffisant - Nécessité - Appréciation souveraine.
- Philippe Jacques, observations sous Com., 3 juillet 2007, Bull. 2007, IV, n° 182, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 66-71.
Agrément - Obtention - Défaut - Sanction - Nullité (non).
- Bertrand Fages, observations sous Com., 23 octobre 2007, Bull. 2007, IV, n° 220, in Revue trimestrielle de droit civil, janvier-mars 2008, n° 1, p. 105-106.
Transparences et pratiques restrictives - Rupture brutale des relations commerciales - Domaine d’application - Exclusion - Cas - Contrat d’exercice libéral de la médecine.
- Bruno Dondero, "De la durée des pactes d’actionnaires" ; au sujet de Com., 6 novembre 2007, non publié au Bull. civ., in Le Dalloz, 10 avril 2008, n° 15, p. 1024-1028.
- Philippe Delebecque, observations sous Com., 22 janvier 2008, Bull. 2008, IV, n° 16, in La semaine juridique, édition générale, 9 avril 2008, n° 15, p. 42-44.
Marchandises - Contrat de transport - Lettre de voiture - Mentions - Indication du destinataire - Destinataire recevant et acceptant la marchandise - Portée.
- Alain Lienhard, observations sous Com., 18 mars 2008, Bull. 2008, IV, n° 65, in Le Dalloz, 10 avril 2008, n° 15, p. 977-979.
Généralités - Loi du 26 juillet 2005 - Application dans le temps - Dispositions relatives à la résolution des plans de redressement par voie de continuation - Date du prononcé de la résolution - Effet.
- Grégory Damy et Sabrina Pelli, observations sous Soc., 7 mars 2007, Bull. 2007, V, n° 44, in La semaine juridique, édition générale, 9 avril 2008, n° 15, p. 13-19.
Clause de non-concurrence - Nullité - Cas.
- Jean Pradel, "Une double révolution en droit pénal français avec la loi du 25 février 2008 sur les criminels dangereux", in Le Dalloz, 10 avril 2008, n° 15, p. 1000-1012.
- Yannick Joseph-Ratineau, observations sous Crim., 20 novembre 2007, Bull. crim. 2007, n° 287, in Le Dalloz, 10 avril 2008, n° 15, p. 1035-1039.
Pouvoirs - Composition pénale - Saisine du président du tribunal aux fins de validation - Défaut - Portée.
- Emmanuel Dreyer, observations sous Crim., 15 janvier 2008, Bull. crim. 2008, n° 9, in La semaine juridique, édition générale, 16 avril 2008, n° 16, p. 42-45.
Diffamation - Personnes et corps protégés - Citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public - Faits liés à la fonction ou à la qualité - Constatations nécessaires.
- Didier R. Martin, observations sous Com., 12 février 2008, Bull. 2008, IV, n° 33, in Le Dalloz, 17 avril 2008, n° 16, p. 1113-1114.
Enregistrement - Droits de mutation - Mutation à titre onéreux d’immeubles - Champ d’application - Exclusion - Paiement de dividendes par remise d’un immeuble.
- Jean-Philippe Feldman, "Un Minority Report à la française ? Au sujet de la décision du Conseil constitutionnel n° 2008-562 DC du 21 février 2008, relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pour cause de trouble mental", in La semaine juridique, édition générale, 16 avril 2008, n° 16, p. 38-41.
- Adeline Gouttenoire et Frédéric Sudre, "La France est condamnée pour discrimination fondée sur l’homosexualité de la requérante", au sujet de CEDH, Grande chambre, 22 janvier 2008, requête n° 43546/02, in La semaine juridique, édition générale, 9 avril 2008, n° 15, p. 34-38.