Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20000524-201580
Timestamp: 2016-10-21 00:46:44+00:00
Document Index: 299923112

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 75", "l'article 38", "l'article 38", "l'article 38", 'arrêt ', "l'article 75", "l'article 75", 'arrêt ', "l'article 1", "l'article 75", 'art. 75']

France, Conseil d'État, 24 mai 2000, 201580
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 201580Numéro NOR : CETATEXT000008077679 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-05-24;201580 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LES BENEFICES DES SOCIETES ET AUTRES PERSONNES MORALES.Texte : Vu la requête sommaire et les mémoires complémentaires, enregistrés le 6 novembre 1998, le 4 mars 1999 et le 17 mars 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE, dont le siège social est ... (25084 Cedex 9), représentée par son président-directeur général en exercice, venant aux droits et obligations de la caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura ; la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'arrêt en date du 6 août 1998 de la cour administrative d'appel de Nancy, en tant que cet arrêt a remis à sa charge la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle la caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura a été assujettie au titre des années 1985 et 1986 à raison des commissions de placement de produits d'épargne perçues de la Caisse nationale de crédit agricole ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15.000 F en application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;
- les observations de la SCP Lesourd, avocat de la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE,
Considérant qu'en vertu des articles 38 et 209 du code général des impôts, la créance acquise sur un tiers par une personne morale passible de l'impôt sur les sociétés doit être rattachée à l'exercice au cours duquel cette créance est devenue certaine dans son principe et son montant ; que, dans le cas où la créance se rapporte à la fourniture de services, le 2 bis de l'article 38 précise qu'elle doit être rattachée à l'exercice au cours duquel intervient l'achèvement de la prestation ; que le même texte énonce, toutefois, que les produits correspondant notamment à des prestations continues doivent être pris en compte au fur et à mesure de leur exécution ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond qu'au cours des années 1985 et 1986 la caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura, aux droits de laquelle vient la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE, a placé auprès de sa clientèle divers produits d'épargne pour le compte de la Caisse nationale de crédit agricole qui lui versait, dès la date de souscription de ces produits, une commission de placement dont le taux unique était égal à 0,6% de la valeur nominale des souscriptions, d'autre part, à la date de remboursement des titres, une commission variable, dont le taux trimestriel, calculé selon un barème fixé par accord entre la caisse nationale et la caisse régionale, variait , suivant ladurée de conservation du titre par le client, entre 0,020% et 0,30% du montant des souscriptions ; que, par cette rémunération variable, la caisse régionale était incitée à convaincre ses clients de garder leurs titres jusqu'à une date aussi proche que possible de l'échéance ; que la commission correspondante rémunérait ainsi la prestation continue de suivi du placement fournie par la caisse régionale à la caisse nationale pendant la période comprise entre la souscription du titre et son remboursement ; que, par application des dispositions ci-dessus rappelées du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, et alors même que la caisse nationale les comptabilisait en charges à payer dès l'année de souscription et pour les montants correspondant à leur taux maximal, qu'elles n'étaient versées à la caisse régionale qu'à la date de remboursement des titres et qu'elles étaient dues à la caisse régionale ayant reçu la souscription, y compris dans le cas où le remboursement était effectué par une autre caisse régionale, les commissions variables devaient être prises en compte au fur et à mesure de l'exécution des prestations correspondantes ; qu'ainsi, en jugeant que les commissions perçues par la caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura en contrepartie du placement de produits d'épargne effectué pour le compte de la Caisse nationale de crédit agricole au cours des années 1985 et 1986 ne rémunéraient que ce placement et devaient être regardées comme acquises, dans leur totalité, dès la conclusion des contrats de souscription et, par suite, rattachées, pour ce montant total, aux résultats imposables des exercices correspondants, la cour administrative d'appel de Nancy a inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis et appliqué de manière erronée les dispositions du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, relatives aux produits correspondant à des prestations de services continues ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de sa requête, la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE est fondée à demander l'annulation de l'arrêt attaqué, en tant qu'il a remis à sa charge, à la demande du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, le supplément d'impôt sur les sociétés auquel la caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura a été assujettie au titre des années 1985 et 1986, à raison des commissions de placement de produits d'épargne perçues de la Caisse nationale de crédit agricole ; Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer le jugement de ces conclusions à la cour administrative d'appel de Marseille ;
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991:Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 et de condamner l'Etat à payer à CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE la somme de 15 000 F qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : L'arrêt en date du 6 août 1998 de la cour administrative d'appel de Nancy est annulé en tant qu'il remet à la charge de la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE le supplément d'impôt sur les sociétés auquel la Caisse régionale de crédit agricole mutuel du Jura a été assujettie au titre des années 1985 et 1986, à raison des commissions de placement de produits d'épargne perçues de la Caisse nationale de crédit agricole.
Article 2 : Le jugement des conclusions relatives au supplément d'impôt sur les sociétés mentionnéà l'article 1er ci-dessus est renvoyé à la cour administrative d'appel de Marseille.
Article 3 : L'Etat versera à la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE une somme de 15 000 F en application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE FRANCHE COMTE, au président de la cour administrative d'appel de Marseille et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.Références : CGI 38, 209Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 24 mai 2000, n° 201580Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. SénersRapporteur public : M. TouvetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 24/05/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page