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Timestamp: 2016-10-24 18:35:31+00:00
Document Index: 19147451

Matched Legal Cases: ['art. 6', 'art. 6', 'art. 82', 'ATF ', 'art. 89', 'art. 12', 'in fine', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 25', 'art. 7', 'ATF ', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 7', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 19', 'art. 2', 'art. 41', 'art. 25', 'art. 67', 'art. 65', 'art. 68']

1C_644/2012 (04.09.2013)
1C_644/2012 � � Arr�t du 4 septembre 2013
MM. les Juges f�d�raux Fonjallaz, Pr�sident, Aemisegger et Merkli.
SOS Arvel,
A.________ et Dame A.________,
B.________ et Dame B.________,
C.________ et Dame C.________,
tous repr�sent�s par Me Pierre Chiffelle, avocat,
Carri�res d'Arvel SA,
repr�sent�e par Me Jean-Michel Henny, avocat,
Direction g�n�rale de l'environnement, Conservation des for�ts,
Direction g�n�rale de l'environnement, Administration g�n�rale,
Municipalit� de Villeneuve,
Municipalit� de Noville.
Plan d'extraction et autorisation de d�frichement,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 12 novembre 2012.
Les Monts d'Arvel sont englob�s dans le p�rim�tre du site n� 1515 "Tour d'A�-Dent de Corjon" de l'inventaire f�d�ral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP; RS 451.11), qui s'�tend sur les cantons de Vaud et Fribourg sur une centaine de km2.
La roche des Monts d'Arvel, dans sa partie situ�e sur le territoire de la commune de Villeneuve, est exploit�e de mani�re r�guli�re depuis le d�but du XIXe si�cle. Les sites de la "Br�l�e", de la "Charmotte", de "Planche Boetrix" et du "Ch�ble du Midi" ont �t� successivement mis en activit�; les deux premiers ont �t� ferm�s en 1990. Le permis de "Ch�bles du Midi" est �chu depuis le 30 juin 2011 et celui de "Planche Boetrix" est valable jusqu'au 30 juin 2013. L'exploitation est conduite actuellement par la soci�t� Carri�res d'Arvel SA au b�n�fice d'un permis d'exploiter d�livr� le 30 mai 1974, qui a fait l'objet de plusieurs avenants. La carri�re d'Arvel est mentionn�e dans le plan directeur des carri�res adopt� le 9 septembre 2003 par le Grand Conseil vaudois. Le site est class� en premi�re et deuxi�me priorit�. Le plan directeur pr�voit une extension d'un volume d'extraction de 30 millions de m3, par rapport au plan directeur de 1991, pour l'ensemble des sites compris dans le secteur de Montreux, � savoir Arvel, Sur le Moulin, Tombey et Planche Boetrix.
En 2001, sur requ�te de l'exploitante, les autorit�s cantonales ont autoris� une extension de la carri�re d'Arvel. Cette autorisation a �t� annul�e par le Tribunal f�d�ral le 13 mars 2007 (arr�t 1A.25/2006) au motif que le projet d'extension ne r�pondait pas � un int�r�t national pr�pond�rant au sens de l'art. 6 de la loi f�d�rale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451). Il appartenait au surplus aux autorit�s f�d�rales et cantonales de mettre en place une conception nationale pour l'approvisionnement de la Suisse en roches dures.
A la suite de cet arr�t, le Conseil f�d�ral a compl�t� le plan sectoriel des transports, en d�cembre 2008, y int�grant les principes applicables � l'approvisionnement en roches dures.
Le 12 d�cembre 2008 � 4h30, un important �boulement s'est produit dans la zone sup�rieure de la carri�re "Le Ch�ble du Midi". Une masse d'environ 20'000 m3 de roches s'est d�tach�e du sommet de la zone d'exploitation � environ 800 m d'altitude. Survenu hors des heures d'exploitation, l'�boulement a d�truit une foreuse sans autre dommage. L'exploitation a �t� imm�diatement interrompue.
A la suite de l'�boulement, le site a fait l'objet d'une analyse par la soci�t� CSD Ing�nieurs SA et par l'Institut de g�omatique et d'analyse de risque de l'Universit� de Lausanne (ci-apr�s: l'IGAR). Les r�sultats figurent dans un rapport intitul� "Etudes des instabilit�s rocheuses, Partie 1: Analyse de l'�boulement du 12 d�cembre 2008 et du di�dre potentiellement instable" �tabli en mars 2009. Il en ressort qu'au sud-ouest de l'�boulement de 2008, � la m�me cote de 825 m, une instabilit� potentielle a �t� observ�e. Le volume de l'instabilit�, pouvant r�sulter d'une fracture arri�re du di�dre potentiellement instable, est �valu� entre 19'000 et 21'000 m3. La fracture arri�re n'�tant pas visible, un �v�nement de plus grande ampleur ne peut pas �tre exclu. Pour la zone sud-est de la partie sup�rieure de la carri�re, les instabilit�s d�tect�es sur le terrain et les tests cin�matiques montrent une grande susceptibilit� aux glissements de di�dres. L'�tude conclut qu'au vu de la grande persistance des fractures d�limitant le di�dre instable et le di�dre �boul�, la stabilit� de cette zone sera toujours probl�matique. Dans la mesure du possible, l'orientation du front topographique devrait �tre modifi�e dans cette zone avec l'avancement de l'excavation. Outre une surveillance r�guli�re du di�dre instable avec une attention particuli�re lors de la fonte des neiges et lors de fortes pluies, la mesure suivante �tait propos�e: "Le minage du bloc semble �tre la seule solution envisageable. Les premiers �l�ments du pr�sent rapport tendent � montrer que cela devrait �tre faisable dans de bonnes conditions en p�riode s�che. Toutefois, en minant un bloc, il faudrait s'assurer que la nouvelle topographie ne recr�e pas de nouveaux di�dres potentiellement instables au vu des discontinuit�s pr�sentes dans le massif".
En octobre 2009, la soci�t� CSD et l'IGAR ont �tabli la deuxi�me partie de l'�tude des instabilit�s rocheuses intitul�e "Suivi du di�dre potentiellement instable et analyse de la stabilit� du Ch�ble du Midi". En d�finissant et en �tudiant cinq zones de fracturation homog�nes, l'�tude rel�ve que la partie haute de la carri�re (domaine structural I en rive gauche comprenant le di�dre �boul� et le di�dre potentiellement instable) ainsi que la zone au niveau de la niche d'arrachement de l'�boulement de 1922 (domaine structural III situ� en rive droite au pied de la falaise) pr�sentent la susceptibilit� de rupture la plus �lev�e avec des volumes potentiellement instables, mobilisables en une seule fois, sup�rieurs � 200 m3. La zone de propagation des blocs peut atteindre les installations situ�es au niveau de la plaine.
La s�curisation des di�dres instables (restes non �boul�s du di�dre de 2008 et di�dre instable voisin), situ�e au sommet de la carri�re, a conduit � l'�laboration d'un projet d'assainissement situ� en partie en dehors et en partie � l'int�rieur du p�rim�tre du permis de 1974. Le projet d'assainissement a fait l'objet d'un m�moire technique du 13 septembre 2010.
Le m�moire technique combine les mesures suivantes: reprofilage des fonts (fronts de hauteur r�duite � 20 m d'une pente de 5: 1 alternant avec des bermes interm�diaires d'une largeur de 6 m, minage soign� des fronts d�finitifs pour une pente globale de 65� environ), r�orientation des fronts, r�duction de la pression de l'eau par drainage profond et superficiel ainsi que clouage des petites instabilit�s. Ces travaux �l�vent le front d'exploitation de 80 � 100 m au-dessus de la limite sup�rieure actuelle autoris�e et requi�rent de ce fait une extension du plan d'extraction. Le sommet de l'exploitation actuelle se situe � la cote d'altitude 820-840 m alors que le nouveau sommet se situera � environ 920 m. Une piste d'acc�s est �galement n�cessaire pour r�aliser l'op�ration de s�curisation. Concernant ce dernier point, il est pr�vu de prolonger la piste d'acc�s actuelle d'environ 500 m � travers la for�t, avec une d�clivit� moyenne de 30%, une largeur de planie de 5 m et une largeur d'emprise totale de 7 m avec les talus amont. L'ensemble de ces mesures devrait augmenter le facteur de s�curit� d'environ 20 � 30 % de mani�re � atteindre des valeurs garantissant une stabilit� acceptable sur le long terme.
Les mesures projet�es n�cessitant une intervention en amont du p�rim�tre d'exploitation, elles impliquent le d�frichement de 13'415 m2 de for�t, dont 10'160 m2 pour l'extension du p�rim�tre de la carri�re et 3'255 m2 pour le prolongement de la desserte. Le projet d'assainissement a fait l'objet d'un dossier de d�frichement r�alis� par le bureau F.________ SA dat� du 12 juillet 2010. Ce rapport technique relatif au "plan d'extraction, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" conclut que les d�frichements sont justifi�s pour des raisons s�curitaires et que l'impact des d�frichements est principalement d'ordre paysager. S'agissant des reboisements pr�vus, il convient d'ajouter � la surface de 13'415 m2 une surface 1'801 m2 r�sultant d'une pr�c�dente autorisation de d�frichement de 2005 qui n'a pas pu �tre compens�e. Les d�frichements ne pouvant pas �tre compens�s sur place en raison de l'�troitesse des terrasses qui seront cr��es et qui seront partiellement remplies avec des pierres tomb�es des falaises, il est propos� de r�aliser un boisement au pied du versant dans la surface r�serv�e dans le cadre du plan partiel d'affectation d'Arvel. Cette surface s'�l�ve � 14'976 m2 et correspond � un cordon de 30 m de largeur et d'environ 340 m de longueur. Le reboisement compensatoire vise � renforcer le corridor � faune du Mont d'Arvel.
Parall�lement au projet d'assainissement, une demande de prolongation d'exploitation - qui ne fait pas l'objet du pr�sent litige - sous la forme d'un dossier complet de plan d'extraction avec demande de permis d'exploiter, accompagn�e d'un rapport d'impact sur l'environnement a �t� d�pos�e aupr�s des autorit�s concern�es. Le projet vise � permettre une prolongation temporaire de l'exploitation afin de pouvoir extraire le solde de roche dure exploitable selon la concession de 1974 (environ 1'800'000 m3 de roche dure exploitable).
En juin 2010, lors du Congr�s europ�en de m�canique des roches Eurock � l'EPFL, le bureau CSD et la soci�t� Carri�res d'Arvel SA ont contact� deux experts internationaux de la m�canique des roches et de l'analyse des risques en les invitant � se prononcer sur le projet d'assainissement. Apr�s examen des documents et visite des lieux en septembre, respectivement octobre, le Prof. Giovanni Crosta et le Prof. H.H. Einstein ont rendu un avis sous la forme de r�ponses aux questions pr�alablement pos�es par le bureau CSD relatives � la n�cessit� des mesures d'assainissement projet�es et ont valid� globalement la solution propos�e.
Sur la question des travaux de s�curisation, les diff�rents services cantonaux ont �t� consult�s et leur pr�avis ont �t� r�pertori�s dans une synth�se CAMAC du 7 septembre 2010. Le Service des for�ts, de la faune et de la nature, Centre de conservation de la faune et de la nature (ci-apr�s: le SFFN-CCFN), le SFFN, section conservation des for�ts (ci-apr�s: le SFFN-COFO), le Service du d�veloppement territorial, Hors zone � b�tir (ci-apr�s: le SDT-HZB) ainsi que le Service de l'environnement et de l'�nergie, Division environnement (ci-apr�s: le SEVEN) ont �mis des pr�avis positifs.
Ont �t� mis � l'enqu�te du 17 septembre au 18 octobre 2010, la demande d'extension du plan d'extraction et de permis d'exploiter concernant des travaux de stabilisation g�ologique de la partie sup�rieure de la falaise du Ch�ble du Midi ainsi que la demande de d�frichement. Le projet a suscit� 35 oppositions dont celle d�pos�e conjointement par Helvetia Nostra, Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage, SOS Arvel, A.________ et Dame A.________, C.________ et Dame C.________, B.________ et Dame B.________, E.________ et D.________. Les opposants ont �t� auditionn�s dans le cadre d'une s�ance de conciliation qui a eu lieu le 25 janvier 2011.
Le m�moire technique du 13 septembre 2010 a �t� compl�t� d'une note technique dat�e du 31 janvier 2011 par la soci�t� CSD. Elle fait �tat des travaux r�alis�s entre octobre 2010 et janvier 2011, � savoir la r�alisation dans le massif instable de quatre forages destructifs inclin�s d'une longueur comprise entre 50 m et 70 m, les relev�s des forages � l'aide d'un scanner optique pour la d�tection des principales failles et discontinuit�s affectant le massif instable ainsi que la mod�lisation 3D du massif sur la base des r�sultats obtenus. Les r�sultats ont confirm� "de mani�re tr�s claire l'existence et la persistance des failles ayant provoqu� l'�boulement de 2008, � l'int�rieur du massif, jusqu'� plus de 40 m derri�re la surface actuelle". Une figure illustre un volume instable de 100'000-150'000 m3 au dessus du di�dre �boul� et du di�dre instable de 20'000 m3. En conclusion, la note technique rel�ve que le risque potentiel d'un d�clenchement d'un �boulement massif est bien pr�sent et que les travaux sont urgents.
La Commission cantonale pour la protection de la nature du canton de Vaud (ci-apr�s: la CCPN) a �galement �t� invit�e � se prononcer sur le projet de s�curisation du Ch�ble du Midi. Dans son pr�avis du 16 mai 2011, elle s'est d�clar�e favorable au projet de s�curisation en raison de sa n�cessit�, malgr� l'ampleur et l'emplacement des travaux pr�vus. Elle a relev� que les changements pr�vus de fronts qui seront de taille r�duite permettront d'am�liorer l'int�gration paysag�re de la carri�re et offriront des possibilit�s imm�diates de v�g�talisation.
La Commission f�d�rale pour la protection de la nature et du paysage (ci-apr�s: la CFNP) a �t� invit�e, le 13 mars 2011, par l'Inspection cantonale des for�ts � se prononcer simultan�ment sur deux objets, d'une part sur les "travaux de s�curisation au sommet de la falaise, plan d'extraction et demande simultan�e de permis d'exploiter", et d'autre part, dans le cadre d'une consultation pr�alable, sur la "prolongation du permis en vigueur, plan d'extraction et demande de permis d'exploiter". La CFNP a rendu deux pr�avis distincts le 15 juin 2011. Tant les travaux de s�curisation et d'extension de la carri�re que la prolongation du permis d'exploiter ont �t� jug�s conciliables avec les objectifs de protection de l'objet IFP n� 1515 sous r�serve de certaines conditions. S'agissant des travaux de s�curisation et extension de la carri�re, la CFNP a relev� que l'intervention permettait d'am�liorer l'int�gration finale de la carri�re dans le site IFP par la recolonisation - certes partielle - de la for�t. Selon elle, la r�alisation des travaux d'assainissement ouvrirait, avec la constitution d'une succession de falaises et de bermes plus basses la perspective d'un remodelage final plus appropri� du site qui permettrait, apr�s la fin de l'exploitation, une reconqu�te naturelle et progressive de la for�t depuis les bermes remodel�s.
Le 18 juillet 2011, l'Office f�d�ral de l'environnement (ci-apr�s: l'OFEV) a rendu un pr�avis positif quant au d�frichement et au reboisement de compensation, sous r�serve de trois conditions.
Par d�cision du 22 juillet 2011, le SFFN a autoris� le d�frichement d�finitif d'une surface de 13'415 m2, consid�rant qu'il �tait n�cessaire pour assurer la s�curit� du secteur qui avait �t� touch� par un �boulement en d�cembre 2008.
Par d�cision du 29 ao�t 2011, le D�partement cantonal de la s�curit� et de l'environnement (ci-apr�s: le DSE) a lev� les oppositions, adopt� le plan d'extraction "Carri�res d'Arvel, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" et confirm� l'autorisation de d�frichement du 22 juillet 2011.
L'autorisation de d�frichement du SFFN du 22 juillet 2011 et la d�cision du DSE du 29 ao�t 2011 ont �t� notifi�es le 26 septembre 2011 aux intervenants concern�s.
Sur demande du SFFN, en r�ponse au pr�avis du 15 juin 2011 de la CFNP sollicitant un plan d�taill� de remise en �tat du site ainsi qu'un plan de lutte contre les n�ophytes invasives, la soci�t� CSD Ing�nieurs a d�pos� un premier rapport intitul� "Remise en �tat de la carri�re lors des travaux de s�curisation et de prolongation de l'exploitation" dat� du 21 septembre 2011. Ce dernier fait �tat d'un "impact paysager important", d �j� � l'heure actuelle. S'agissant du projet de s�curisation trait� simultan�ment avec le projet de prolongation, le rapport mentionne qu'il pr�sente des impacts non n�gligeables sur le paysage, mais qu'il repr�sente �galement une opportunit� d'am�lioration du site en termes de paysage par rapport � la situation actuelle; une att�nuation de l'impact paysager, en phase d'exploitation, para�t en revanche difficilement envisageable. Le rapport souligne l'impossibilit� de retrouver � court et � moyen terme un site d'aspect similaire � celui qui existait avant l'exploitation du fait notamment du d�calage d'�chelle avec les autres �l�ments du paysage; une remise en �tat du site lui permettant de s'int�grer dans le paysage des Monts d'Arvel est possible. Afin d'illustrer le concept de remise en �tat, le rapport comporte des aquarelles repr�sentant l'�tat actuel de la zone d'exploitation, un �tat apr�s exploitation compl�te du site, puis apr�s 10 ans et 30 ans de remise en �tat. L'exploitation du site se faisant du haut vers le bas, la remise en �tat aura lieu au fur et � mesure de l'exploitation en commen�ant par les terrasses sup�rieures. Le rapport conclut que les deux projets, s�curisation et prolongation, constituent une opportunit� de remise en �tat du site � l'issue de l'exploitation afin d'en diminuer l'impact paysager.
Pour r�pondre aux inqui�tudes �mises par le Chef du D�partement de la sant� publique lors de la s�ance du Conseil d'Etat du 8 juin 2011 en raison de la proximit� du projet de construction du futur h�pital � Rennaz, le SESA a contact� le Professeur Jaboyedoff pour lui poser diverses questions relatives � la n�cessit� d'entreprendre les mesures d'assainissement. Ce dernier a rendu avis sous formes de r�ponses aux questions dans une note du 2 novembre 2011 dans laquelle il confirmait que la stabilit� du versant n'�tait pas assur�e � l'heure actuelle et que l'assainissement devait intervenir au plus vite.
Par acte du 7 novembre 2011, Helvetia Nostra, SOS Arvel, A.________ et Dame A.________, B.________ et Dame B.________, C.________ et Dame C.________ ainsi que D.________ ont recouru aupr�s de la cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) contre les d�cisions du DSE et du SFFN. A titre de mesures d'instruction, ils ont notamment requis qu'une expertise neutre soit ordonn�e tendant � d�terminer la n�cessit� de mesures de s�curisation du sommet de la carri�re du Ch�ble du Midi, cas �ch�ant, la nature et l'ampleur de celles-ci, de mani�re � pr�server le plus possible le site IFP.
La soci�t� CSD Ing�nieurs SA a fourni aux autorit�s cantonales la version finale du plan de remodelage intitul� �Sc�narios de remise en �tat� dat� des 5 et 21 d�cembre 2011. Trois sc�narios ont �t� d�velopp�s en fonction de l'obtention possible des autorisations:
- Carri�res d'Arvel SA n'obtient pas le permis du projet de s�curisation et ferme la carri�re du Ch�ble du Midi. Le site est laiss� dans son �tat actuel � son �volution naturelle et incontr�l�e, le permis de 1974 n'impliquant pas de remise en �tat apr�s la fin de l'exploitation. Le potentiel de remise en �tat de la situation actuelle est qualifi� de nul � faible;
- Carri�res d'Arvel SA obtient le permis de s�curisation de la zone instable: l'entreprise peut y travailler et remettre en �tat la zone s�curis�e, puis, dans un second temps, d�velopper un projet de d�charge et de remise en �tat du bas de la carri�re (zone actuelle du concasseur primaire). Le potentiel de remise en �tat est qualifi� de moyen;
- Carri�res d'Arvel SA obtient le permis de s�curisation de la zone instable ainsi que le permis de prolongation de l'exploitation du Ch�ble du Midi. L'entreprise peut ainsi travailler et continuer � exploiter l'ensemble du Ch�ble du Midi et le remettre en �tat. Dans un second temps, Carri�res d'Arvel SA d�veloppe un projet de d�charge et de remise en �tat du bas de la carri�re. Le potentiel de la remise en �tat de la zone s�curis�e et prolong�e est qualifi� d'important.
Il ressort du rapport que, des trois sc�narios, le dernier permet d'intervenir sur la plus grande surface et pr�sente un meilleur potentiel de remise en �tat du site, plus pr�cis�ment une surface de 96'000 m2 contre 41'000 m2 si seul le projet de s�curisation est r�alis�. Le projet de s�curisation de la zone des di�dres et le projet de prolongation sont bas�s sur le m�me principe de stabilisation des fronts et d'am�lioration des conditions d'exploitation. Il s'agit de recr�er une zone semblable aux structures paysag�res autour de la carri�re qui sont compos�es de structures essentiellement verticales et obliques. Pour que la carri�re ait sur le long terme l'air d'�tre la plus naturelle possible, l'id�e est de reproduire un ch�ble au centre de la carri�re et de l'entourer de plantations afin d'assurer la continuit� avec les massifs forestiers.
Le 14 f�vrier 2012, la CFNP a d�pos� des d�terminations en exposant que, lors de son pr�avis du 15 juin 2011, elle ne disposait pas encore des expertises UNIL/CSD. En �voquant ces deux rapports, elle a constat� qu'ils ne donnent pas, selon elle, d'indications sur la n�cessit� d'�liminer la t�te de falaise bois�e qui surmonte le domaine d'extraction. Elle est arriv�e � la conclusion que le projet d'exploitation et de modelage final des Carri�res d'Arvel SA qui vise � r�pondre aux probl�mes de stabilit� par une r�orientation et par un �tagement plus fin des parois d'extraction dans l'optique d'un remodelage final du site co�ncide avec les recommandations pour la minimisation des instabilit�s contenues dans les expertises UNIL/CSD concernant la m�canique de la falaise. Se r�f�rant � une zone d'instabilit� d'un volume de 100'000-150'000 m3 situ�e hors du p�rim�tre d'extraction dans la t�te bois�e de falaise surmontant le site d'extraction, elle s'est demand�e si l'�vacuation de la falaise et en cons�quence l'extension du site d'exploitation �taient r�ellement indispensables � la r�alisation des objectifs du modelage final. Si ce secteur devait �tre stable, elle n'aurait pas, dans son pr�avis du 15 juin 2011, accept� son �limination et aurait donc refus� l'extension du p�rim�tre d'extraction. La CFNP a estim� en conclusion que, pour autant que l'extension de la zone d'exploitation soit effectivement n�cessaire sous l'angle de la s�curit� et de la stabilit�, le projet tel que pr�sent� selon le sc�nario "s�curisation et prolongation de l'exploitation du Ch�ble du Midi" est conforme � l'art. 6 LPN.
Le 15 octobre 2012, la Cheffe du DSE a adress� un courrier � la CFNP, dont copie a �t� adress�e au tribunal et aux parties � la proc�dure. En se r�f�rant aux d�terminations du 14 f�vrier 2012 de la CFNP et � la "demande pressante de l'Association Helvetia Nostra de mise en oeuvre d'une nouvelle expertise g�ologique", elle demandait � la CFNP de lui proposer un expert apte � se prononcer sur le concept de s�curisation retenu par le DSE qui puisse produire le plus rapidement possible, au plus tard en novembre prochain, une expertise. Elle soulignait que "des mouvements ont encore �t� mesur�s r�cemment sur la falaise, qui soulignent la n�cessit� d'un accord rapide des parties encore opposantes au projet".
Par arr�t du 12 novembre 2012, le Tribunal cantonal a partiellement admis le recours dans la mesure o� il �tait recevable. Il a maintenu l'autorisation de d�frichement du 22 juillet 2011 et r�form� la d�cision du DSE du 29 ao�t 2011, en ce sens que les ch. II � IV de son dispositif ont la teneur suivante:
"II. Adopte le plan d'extraction "Carri�res d'Arvel, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" et fixe la dur�e probable du programme d'extraction en vue des travaux de s�curisation et de remise en �tat � six ans.
III. (annul�)
IV. Renvoie aux conditions d'exploitation qui r�sultent:
-��� du m�moire technique,
-��� du rapport CSD de "Remise en �tat de la carri�re lors des travaux de s�curisation et de prolongation de l'exploitation" du 12 septembre 2011,
-��� du pr�avis du Service des for�ts, de la faune et de la nature, Centre de Conservation de la faune et de la nature du 3 octobre 2011,
-��� du rapport CSD "Sc�narios de remise en �tat" du 5 d�cembre 2011 et de son addendum du 21 d�cembre 2011 relatif aux mesures de compensation,
-��� des d�terminations de la Commission f�d�rale pour la protection de la nature et du paysage du 14 f�vrier 2012 conform�ment au consid�rant 10b et lettre CC de l'�tat de fait, ainsi que
-��� de l'autorisation de d�frichement, r�put�e partie int�grante de la pr�sente d�cision".
Le Tribunal cantonal a estim� qu'il n'�tait pas n�cessaire de recourir � une expertise suppl�mentaire ind�pendante. Il a par ailleurs consid�r� que l'int�r�t � la s�curisation du site rev�tait une importance primordiale, les instabilit�s de la roche ayant �t� d�montr�es par l'ensemble des �tudes r�alis�es. Si le projet de s�curisation pr�sentait certes un impact paysager important, il repr�sentait �galement une opportunit� d'am�lioration du site en termes de paysage par rapport � la situation actuelle; sans mesures d'assainissement, le secteur risquait de se d�grader et de nouveaux �boulements n'�taient pas exclus. Les mesures d'assainissement propos�es paraissaient au demeurant ad�quates au vu de l'instabilit� et des risques engendr�s et r�pondaient � un int�r�t de s�curit� publique sup�rieur � celui de la pr�servation du paysage. Enfin, les travaux de s�curisation situ�s dans la zone � d�fricher ne pouvaient �tre r�alis�s qu'� l'endroit pr�vu et le d�frichement primait les exigences relatives � la pr�servation de la for�t.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, Helvetia Nostra, SOS Arvel, A.________ et Dame A.________, B.________e et Dame B.________, C.________ et Dame C.________ ainsi que D.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du 12 novembre 2012 et de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Subsidiairement, ils concluent � ce que l'arr�t attaqu� soit r�form� en ce sens que les d�cisions du SFFN et du DSE sont annul�es. Les recourants se plaignent d'une violation de la LPN. Ils font valoir que des solutions alternatives n'ont jamais �t� v�ritablement �tudi�es et qu'une expertise ind�pendante et neutre aurait d� �tre ordonn�e. La CFNP n'aurait par ailleurs pas donn� son accord, n'ayant pas estim� que les mesures propos�es �taient les plus aptes � s�curiser le site.
Le Tribunal cantonal, le DSE, la nouvelle direction g�n�rale de l'environnement qui regroupe depuis le 1er janvier 2013 notamment le SESA et le SFFN (ci-apr�s: la DGE), les municipalit�s de Villeneuve et de la Noville ainsi que Carri�res d'Arvel SA concluent au rejet du recours.
Carri�res d'Arvel SA a inform� le Tribunal f�d�ral, le 1er f�vrier 2013, que le projet de convention pr�par� par le SESA, visant � trouver une solution globale pour la s�curisation du site et la prolongation de l'autorisation d'exploiter, n'a pas �t� approuv� par les recourants. La DGE a indiqu� le 11 f�vrier 2013 que le Professeur Simon L�w, propos� par la CFNP, rendrait son expertise avant le 30 avril 2013.
Invit� � se d�terminer, l'OFEV estime que la question des relations statiques et dynamiques entre les diff�rents secteurs (secteur inf�rieur, correspondant � la zone d'�boulement 2008 et du di�dre instable; secteur sup�rieur, hors p�rim�tre actuel) a �t� insuffisamment �tudi�e et comprise. A son avis, toute intervention dans le secteur inf�rieur doit �tre subordonn�e � la r�alisation d'une expertise ou � un compl�ment d'�tude analysant de fa�on approfondie les relations entre les diff�rents compartiments: modification des contraintes pour le secteur amont suite � une intervention dans la zone du di�dre, et, si la preuve de la n�cessit� d'abattre �galement la partie amont pour assurer une stabilit� p�renne du site est apport�e, analyse "en cascade" des zones lat�rales et situ�es encore plus haut dans le versant. Un syst�me de rupture en domino remontant tr�s haut dans le versant ne peut a priori pas �tre exclu. Au vu de ce qui pr�c�de, l'OFEV indique ne pas �tre en mesure de se prononcer sur les mesures d'assainissement requises, ni sur la zone qui doit �tre trait�e pour assurer une stabilit� � long terme. Il propose au Tribunal f�d�ral de prendre en compte l'expertise � venir du Professeur Simon L�w.
Le Tribunal cantonal, la DGE, les recourants ainsi que l'intim�e ont d�pos� des �critures compl�mentaires.
Par ordonnance du 7 f�vrier 2013, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a d�clar� la requ�te d'effet suspensif sans objet dans la mesure o� elle concernait le d�frichement. La demande de suspension de la proc�dure �tait par ailleurs rejet�e.
Le Professeur Simon L�w a rendu son expertise le 3 mai 2013. Il propose une variante 4, consistant en la r�alisation de bermes entre les cotes 760 m et 820 m, sans extension du p�rim�tre autoris�, ou avec une extension restreinte. Il consid�re que les avantages de la variante 1 (� savoir celle propos�e par l'exploitant) sont de tr�s peu sup�rieurs � ceux offerts par la variante 4 et paraissent insuffisants pour justifier une extension aussi importante du domaine d'extraction. Il recommande d'examiner en d�tail la faisabilit� d'une solution telle qu'esquiss�e dans la variante 4.
Toutes les parties se sont exprim�es sur l'expertise et ont maintenu leurs conclusions. Dans ses d�terminations du 7 juin 2013, l'OFEV a estim� que l'�tude de la variante 4 devait �tre poursuivie et les conditions de sa faisabilit� pr�cis�es, de m�me que les �ventuelles atteintes en dehors du p�rim�tre actuellement autoris�.
1.1.�La voie du recours en mati�re de droit public (art. 82 ss LTF) est ouverte contre une d�cision prise par une autorit� cantonale de derni�re instance dans une contestation portant sur l'application du droit de l'am�nagement du territoire et de la protection de l'environnement.
1.2.�Selon la jurisprudence, le voisin a qualit� pour agir lorsque son terrain jouxte celui du constructeur ou se trouve � proximit� imm�diate de celui-ci (ATF 121 II 171 consid. 2b p. 174; 115 Ib 508 consid. 5c p. 511). Tel est le cas des recourants A.________ et Dame A.________ ainsi que C.________ et Dame C.________, propri�taires de parcelles situ�es dans le voisinage imm�diat de la carri�re d'Arvel, et de D.________, qui exploite un commerce en raison individuelle dans le centre K.________ (cf. arr�t du Tribunal cantonal AC.2005.0109 du 27 d�cembre 2005 consid. IIf).
Quant � Helvetia Nostra, elle est reconnue comme une association d'importance nationale vou�e � la protection de l'environnement, de la nature et du paysage (cf. ch. 9 de l'annexe � l'ordonnance relative � la d�signation des organisations habilit�es � recourir dans les domaines de la protection de l'environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS 814.076]). A ce titre, elle a la qualit� pour agir par la voie du recours en mati�re de droit public contre le plan d'extraction et l'autorisation de d�fricher (art. 89 al. 2 let. d LTFen relation avec les art. 12 LPN, 46 al. 3 de la loi f�d�rale du 4 octobre 1991 sur les for�ts [LFo; RS 921.0] et 55 de la loi f�d�rale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement [LPE; RS 814.01]).
La qualit� pour agir de SOS Arvel ainsi que de B.________ et Dame B.________ peut d�s lors rester ind�cise.
1.3.�Les autres conditions de recevabilit� sont remplies si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re.
Les recourants �l�vent divers griefs � l'encontre du plan d'extraction "Carri�res d'Arvel, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" approuv� par le DSE le 29 ao�t 2011 et confirm� en substance par l'arr�t attaqu�.
2.1.�En r�sum�, d'apr�s le rapport technique du 13 septembre 2010 qui est � la base du projet contest�, les travaux d'assainissement du secteur "Le Ch�ble du Midi" requi�rent une extension du plan d'extraction: selon les experts, l'�limination des restes non �boul�s du di�dre de 2008 et du di�dre instable voisin pourrait entra�ner une instabilit� d'un volume nettement sup�rieur au volume actuel, d'o� la n�cessit� de diminuer la pente du versant par l'�limination d'un volume rocheux total d'environ 270'000 m3, soit 140'000 m3 hors du p�rim�tre actuel plus 130'000 m3 � l'int�rieur du p�rim�tre d'exploitation actuelle.
Pour les recourants toutefois, le but de la pr�sente proc�dure serait non la s�curisation des lieux mais la prolongation du permis d'exploitation, comme le laisserait entendre la mise � l'enqu�te publique, le 12 juin 2012, de la demande d'extension du plan d'extraction et de permis d'exploiter des roches dans le Ch�ble du Midi. Ils font valoir que des solutions alternatives n'ont jamais �t� �tudi�es. Or, seule une expertise ind�pendante aurait permis de d�terminer si le projet contest� �tait la mesure la plus apte � s�curiser le site. La CFNP avait en effet estim� que les expertises au dossier ne r�pondaient pas � la question de savoir si l'extension du p�rim�tre d'extraction �tait r�ellement indispensable � la r�alisation des objectifs du modelage final.
2.2.�Il y a tout d'abord lieu de relever que l'exploitation de la carri�re du "Ch�ble du Midi" a �t� interrompue imm�diatement apr�s l'�boulement du 12 d�cembre 2008 et que le permis d'exploiter le site est �chu depuis le 30 juin 2011. En outre, le Tribunal f�d�ral avait pr�c�demment annul� l'autorisation d'extension de l'exploitation de la carri�re d'Arvel d�livr�e en 2001, dans la mesure o� aucun int�r�t public pr�pond�rant n'�tait �tabli pour justifier la continuation de l'exploitation de la carri�re situ�e dans une zone figurant � l'inventaire f�d�ral (arr�t 1A.25/2006).
La pr�sente proc�dure a formellement pour objet le plan d'extraction "Carri�res d'Arvel, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" adopt� le 29 ao�t 2011 et l'autorisation de d�frichement du 22 juillet 2011. Ces d�cisions ne doivent pas �tre confondues avec la proc�dure relative � la demande de prolongation de l'exploitation de la carri�re, mise � l'enqu�te en juin 2012. Il existe toutefois une confusion certaine entre ces diff�rentes proc�dures (cf. consid. 3 de l'arr�t attaqu�).
Cette confusion est aggrav�e par le fait que l'acte administratif principal, dont l'objet est la s�curisation et la remise en l'�tat des lieux, est pr�sent� sous la forme d'un "plan d'extraction et demande simultan�e de permis d'exploiter", sans que l'extraction ne soit toutefois fond�e sur des motifs li�s � l'approvisionnement en roches dures.
En l'occurrence, la s�curisation du Ch�ble du Midi, � savoir les mesures � prendre pour la protection des personnes et des biens susceptibles d'�tre atteints par un �boulement, constitue le point central de la pr�sente proc�dure (cf. consid. 5.3 in fine). La remise en l'�tat du site est une question secondaire � celle de sa s�curisation (cf. consid. 6.3). Quant � l'extraction des roches, dans ce contexte, elle ne peut �tre justifi�e par les motifs pr�cit�s que de mani�re accessoire.
Le site des Monts d'Arvel fait partie des objets port�s � l'inventaire f�d�ral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP).
3.1.�En vertu de l'art. 6 al. 1 LPN, l'inscription d'un objet d'importance nationale dans un inventaire f�d�ral indique que l'objet m�rite sp�cialement d'�tre conserv� intact ou en tout cas d'�tre m�nag� le plus possible, y compris au moyen de mesures de reconstitution ou de remplacement ad�quates. L'art. 6 al. 2 LPN ajoute que lorsqu'il s'agit de l'accomplissement d'une t�che de la Conf�d�ration, la r�gle suivant laquelle un objet doit �tre conserv� intact dans les conditions fix�es par l'inventaire ne souffre d'exception que si des int�r�ts �quivalents ou sup�rieurs, d'importance nationale �galement, s'opposent � cette conservation. Si l'accomplissement de la t�che de la Conf�d�ration risque d'alt�rer sensiblement un objet inscrit dans un inventaire f�d�ral, une expertise par une commission consultative f�d�rale (CFNP ou Commission f�d�rale des monuments historiques [CFMH] - cf. art. 25 LPN et 23 al. 2 de l'ordonnance sur la protection de la nature et du paysage [OPN; RS 451.1]) est �tablie afin d'indiquer si l'objet doit �tre conserv� intact ou de quelle mani�re il doit �tre m�nag� (art. 7 al. 2 LPN).
Pour d�terminer ce que signifie, dans un cas d'esp�ce, l'obligation de "conserver intact" un site prot�g�, il faut se r�f�rer � la description, dans l'inventaire, du contenu de la protection (ATF 127 II 273 consid. 4c p. 282; 123 II 256 consid. 6a p. 263). Tels qu'ils ont �t� d�crits par la CFPN dans son pr�avis du 15 juin 2011 et qu'ils figurent dans la d�cision du DSE du 29 ao�t 2011, les objectifs de protection pour la partie est de l'objet IFP n� 1515, o� se trouve la carri�re d'Arvel, consistent dans la conservation int�grale de l'ensemble paysager caract�ristique, surtout des pentes avec de vastes for�ts qui montrent une succession compl�te des �tages forestiers et qui sont actuellement intacts, dans la conservation int�grale de la mosa�que d'habitats rares et dignes de protection et de leur valeur floristique caract�ristique et dans la conservation int�grale de la richesse faunistique, en particulier la faune herp�tologique et entomologique.
L'inscription d'un objet dans un inventaire f�d�ral n'emporte pas une intangibilit� absolue. M�me une atteinte importante � un objectif de protection peut �tre autoris�e � titre exceptionnel, apr�s une pes�e compl�te des int�r�ts en pr�sence, lorsque le projet pr�sente une importance nationale ou sup�rieure (arr�t 1A.185/2006 du 5 mars 2007 consid. 7.1). Des exceptions ne sont tol�r�es que si l'objet reste m�nag� le plus possible. Dans tous les cas, il conviendra de prendre des mesures de reconstitution ou de remplacement ad�quates (Rapport explicatif du plan sectoriel des transports, p. 4, disponible sur le site de l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial).
3.2.�L'assainissement projet� de la carri�re du "Ch�ble du Midi" comporte la cr�ation de quatre nouvelles falaises d'une hauteur de 20 m chacune, remontant le sommet de l'exploitation de 80 � 100 m et n�cessite un d�frichement important. Ceci correspond � une extension de 10% de la surface du p�rim�tre d'exploitation d�j� autoris�. L'impact paysager �tant important, le projet d'assainissement doit r�pondre � un int�r�t d'importance nationale �quivalent ou sup�rieur pour �tre autoris� (art. 6 al. 2 LPN; cf. ATF 127 II 273 consid. 4c p. 282; 123 II 256 consid. 6a p. 263 et les r�f�rences).
En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a relev� que, d�j� � l'heure actuelle, le rapport de remise en �tat du 21 septembre 2011 signalait un "impact paysager important" d� notamment � la taille exceptionnelle de la zone d'exploitation, � la position dominante dans le paysage qui conf�rait � la carri�re une visibilit� depuis de nombreux points de vue m�me tr�s �loign�s, � la forme rectangulaire qui ne s'ins�rait pas dans la topographie du versant alentours, au contraste fort entre la zone exploit�e tr�s claire et le massif forestier environnant plut�t sombre et � l'absence de coh�rence paysag�re dans la r�gion. L'impact paysager suppl�mentaire du projet d'assainissement devait n�anmoins r�pondre � un int�r�t d'importance nationale �quivalent ou sup�rieur pour �tre autoris�. Or, l'int�r�t � la s�curisation du site rev�tait une importance primordiale, les travaux d'assainissement r�pondant � une n�cessit�.
En outre, selon le Tribunal cantonal, si le projet de s�curisation pr�sentait un impact paysager important, il offrait �galement une occasion d'am�liorer le site en termes de paysage par rapport � la situation actuelle. En effet, selon la CFNP, la carri�re, dans son �tat actuel, domin�e par les hauts plans verticaux de falaises rocheuses, insuffisamment rythm�s par les trop rares bermes, conjugu�s avec des instabilit�s de la partie sup�rieure du site d'exploitation, offrait des conditions peu favorables � la r�alisation d'un remodelage final. La r�alisation des travaux d'assainissement ouvrirait, avec la constitution d'une succession de falaise et de bermes plus basses, la perspective d'un remodelage final plus appropri� du site qui permettrait, apr�s la fin de l'exploitation, une reconqu�te naturelle et progressive de la for�t depuis les bermes remodel�es, avec cependant le risque d'un aspect "d'�tag�re", qui risque de contraster fortement avec l'aspect moutonn� de la for�t entourant le site (pr�avis de la CFNP du 15 juin 2011, p. 4).
Les mesures de s�curisation dont la n�cessit� �tait reconnue semblaient ainsi �tre susceptibles de cr�er des conditions plus favorables � une renaturation spontan�e du site apr�s l'arr�t de l'extraction que celles qui r�sulteraient de son abandon dans l'�tat actuel. La r�alisation du projet permettrait un remodelage final plus appropri� du site, alors que si des mesures d'assainissement n'�taient pas entreprises, ce secteur risquait de se d�grader et de nouveaux �boulements n'�taient pas exclus. Dans ces conditions, l'int�r�t � la s�curit� publique rev�tait une importance cardinale et primait l'int�r�t � la pr�servation du paysage.
Rappelant ensuite que, en conformit� avec l'art. 6 al. 1 LPN, c'�tait la solution la moins dommageable qui devait �tre retenue, le Tribunal cantonal a examin� les autres variantes propos�es en cours de proc�dure. Il les a toutes �cart�es, consid�rant que seules les mesures autoris�es paraissaient ad�quates au vu de l'instabilit� et des risques engendr�s. L'obligation de m�nager le plus possible le site �tait en l'occurrence respect�.
Les recourants ne contestent plus la n�cessit� de la s�curisation des lieux. En revanche, ils doutent que les travaux projet�s soient les plus aptes � s�curiser le site et estiment que des alternatives permettant de mieux m�nager le secteur auraient d� �tre propos�es. Ils rappellent que la CFNP n'a pas donn� son accord au projet, m�me si elle y �tait favorable dans un premier temps, car elle se demande si l'�vacuation de la t�te de falaise et en cons�quence l'extension du site d'exploitation sont r�ellement indispensables � la r�alisation des objectifs du modelage final; si ce secteur �tait stable, elle n'aurait pas accept� son �limination et aurait refus� l'extension du p�rim�tre d'extraction. A cet �gard, les recourants reprochent au Tribunal cantonal de n'avoir pas attendu les r�sultats de l'expert neutre mandat� par le DSE, alors qu'une expertise ind�pendante aurait notamment permis � la CFNP de se d�terminer sur le projet de s�curisation propos�.
5.1.�Le Tribunal cantonal a refus� de donner suite � la requ�te des recourants tendant � la mise sur pied d'une expertise par un sp�cialiste ind�pendant. Il a relev� que les diff�rents rapports de la soci�t� CSD avaient �t� compl�t�s par les avis de deux experts internationaux (Crosta et Einstein) et confort�s par la prise de position convergente du professeur Jaboyedoff. Au vu de l'ensemble de ces avis, des pr�avis de la CFNP, du CCFN et de l'OFEV, il n'apparaissait pas n�cessaire de recourir � une expertise suppl�mentaire ind�pendante.
Parall�lement � la proc�dure de recours cantonale, la cheffe du DSE a mandat� l'expert L�w pour qu'il se prononce sur le concept de s�curisation retenu par le d�partement, en particulier en relation avec la protection du paysage.
L'expert L�w a rendu son expertise le 3 mai 2013, laquelle a �t� transmise par la DGE au Tribunal f�d�ral le 8 mai 2013. Le rapport d'expertise a �t� transmis aux parties, qui ont toutes pu s'exprimer � son sujet.
5.2.�Il n'est pas contest� que les mesures de s�curisation pr�vues porteront atteinte � un objet inscrit dans un inventaire f�d�ral, rendant l'expertise de la CFNP obligatoire au sens de l'art. 7 al. 2 LPN. Cette expertise a pour but de garantir l'intervention d'un organe sp�cialis� ind�pendant pour l'appr�ciation d'un projet en regard de la protection de la nature et du paysage. On ne peut en principe s'�carter de l'avis de la commission que pour des motifs fond�s, m�me si l'autorit� de d�cision a un pouvoir de libre appr�ciation des preuves (ATF 127 II 273 consid. 4b p. 280 s. et les r�f�rences).
5.2.1.�La CFNP a rendu dans un premier temps un pr�avis favorable aux travaux de s�curisation, le 15 juin 2011. Appel�e � se prononcer une deuxi�me fois dans le cadre de la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal, elle s'est interrog�e dans ses observations du 14 f�vrier 2012 sur la n�cessit� d'agir sur l'instabilit� des di�dres situ�s en dehors du p�rim�tre actuel de la carri�re et a demand� une nouvelle expertise ind�pendante. Elle a fond� ce changement d'avis sur des faits nouveaux, puisque lorsqu'elle avait rendu son avis du 15 juin 2011, elle n'avait pas connaissance de l'expertise de l'UNIL/CSD de l'ann�e 2009, qui n'�voque pas d'instabilit� situ�e hors du p�rim�tre d'extraction dans la t�te bois�e de la falaise surmontant le site d'extraction. Si l'expertise ind�pendante parvenait � la conclusion que ce secteur �tait stable, la commission ne serait pas favorable � son �limination et refuserait l'extension du p�rim�tre d'extraction. Bien que ce deuxi�me avis ait �t� rendu apr�s la d�cision d'approbation du DSE, il doit �tre pris en compte dans le cadre de la proc�dure de recours (cf. Leimbacher, Commentaire LPN 1997 n. 6 ad art. 8).
5.2.2.�En l'occurrence, il est discutable que le Tribunal cantonal n'ait pas attendu le rapport de l'expert mandat� par le DSE, malgr� les doutes de la CFNP quant � la stabilit� de la zone hors p�rim�tre d'exploitation et � la n�cessit� pour la s�curit� de porter une atteinte suppl�mentaire � l'objet IFP. Ce faisant, le tribunal s'est en effet pass� de l'avis obligatoire de cette autorit� sp�cialis�e, jugeant quant � lui que les expertises au dossier d�montraient de mani�re suffisante l'existence d'un risque d'instabilit� rocheuse en dehors du p�rim�tre actuel de la carri�re (cf. consid. 2 et 6 de l'arr�t attaqu�). Or, d'apr�s les observations de l'OFEV du 11 mars 2013, il ne serait en l'�tat pas possible de se prononcer sur les cons�quences concr�tes d'une intervention dans la partie avale sur le secteur amont, quelle que soit la nature de l'intervention. Des divergences entre les diff�rents rapports d�montreraient que la question des relations statiques et dynamiques entre les secteurs est insuffisamment �tudi�e et comprise. L'OFEV a d�s lors indiqu� ne pas �tre en mesure, sur le vu des expertises figurant au dossier, de se d�terminer de fa�on concluante sur les mesures d'assainissement requises, ni sur la zone (p�rim�tre actuel, avec ou sans extension) qui doit �tre trait�e pour assurer une stabilit� � long terme. Une expertise suppl�mentaire, voire des compl�ments d'�tude, seraient ainsi n�cessaires, � une �chelle d�passant largement le seul secteur de l'�boulement, respectivement du di�dre instable.
Dans ces conditions, il appara�t que le Tribunal cantonal ne pouvait faire l'�conomie d'une nouvelle expertise pour clarifier la question des instabilit�s hors p�rim�tre, m�me s'il est patent que, au regard du caract�re urgent de la situation, l'affaire devait �tre jug�e le plus rapidement possible (cf. courrier de la cheffe du DSE au tribunal du 30 ao�t 2012). Il ne faut en effet pas perdre de vue que, m�me si la protection des hommes et des biens contre des dangers importants r�pond � un int�r�t national au moins �quivalent � celui de la protection de la nature (art. 6 al. 2 LPN; cf. ATF 115 1b 472 consid. 2e/dd p. 492) et peut, cas �ch�ant doit, justifier une intervention dans un site class� � l'IFP, il reste l'obligation de m�nager l'objet "le plus possible" (art. 6 al. 1 LPN). Il est pour cela indispensable d'�valuer les solutions alternatives. Une aggravation de l'atteinte au site des Monts d'Arvel ne pourra ainsi �tre admise pour des raisons de s�curit� que si un risque d'�boulement peut �tre �tabli dans la partie situ�e hors du p�rim�tre de l'exploitation ou si l'atteinte est clairement n�cessaire � la s�curisation de la partie avale.
5.3.�L'OFEV souligne dans ses d�terminations du 11 mars 2013 que, selon l'�tude des instabilit�s rocheuses UNIL/IGAR (partie 1, mars 2009), le minage du bloc instable semble �tre la seule solution envisageable, mais qu'il faudrait s'assurer que la nouvelle topographie ne cr�e pas de nouveaux di�dres potentiellement instables. L'OFEV estime qu'il reste d�s lors � �tablir par une expertise ind�pendante si le risque d'�boulement en dehors de la zone d'exploitation existe r�ellement en cas d'un minage des di�dres instables � l'int�rieur de la zone d'exploitation. Il propose au Tribunal f�d�ral de prendre en compte l'expertise du professeur L�w dans sa prise de d�cision.
Toutes les parties ont donn� leur accord � la nomination de l'expert L�w et se sont exprim�es sur son rapport au cours de la pr�sente proc�dure. Dans ces circonstances, le Tribunal f�d�ral tiendra compte de cette nouvelle expertise priv�e, l'affaire �tant de toute fa�on renvoy�e au DSE pour qu'il reprenne l'instruction (cf. consid. 7ci-apr�s), le dossier �tant en l'�tat insuffisant pour se d�terminer d�finitivement sur la s�curisation de la falaise.
Tant les ing�nieurs du bureau CSD que les sp�cialistes UNIL/IGAR craignent que la s�curisation des lieux, qui implique de supprimer les di�dres actuellement instables situ�s au sommet du p�rim�tre d'exploitation, ne d�stabilise le secteur en amont. Selon les ing�nieurs CSD, qui sont intervenus depuis le d�but et qui ont r�dig� les rapports techniques � la base de l'autorisation litigieuse, la meilleure solution consisterait donc � reprofiler et r�orienter les fronts, r�duire la pression de l'eau par drainage profond et superficiel et clouer les petites instabilit�s; ces travaux exigent d'intervenir �galement dans la zone situ�e hors p�rim�tre et permettraient par ailleurs de r�aliser un remodelage du site satisfaisant. Le Tribunal cantonal a estim� que ces mesures �taient ad�quates, la s�curit� �tant ainsi garantie et la remise en �tat des lieux optimis�e, et qu'elles constituaient la solution la moins dommageable.
6.1.�Dans son expertise du 3 mai 2013, le professeur L�w a valid� en substance les observations faites par les sp�cialistes jusqu'� ce jour. Par ailleurs, il relativise l'urgence de la situation: si des chutes de pierres ou de blocs sont en tout temps possibles � partir de la zone de d�crochement de l'�boulement de 2008, ce qui soumet les travaux dans ce secteur � de hauts risques, des �boulements importants de plus de 10'000 m3 pourront tr�s vraisemblablement �tre d�tect�s � temps gr�ce au syst�me de pr�alerte existant.
L'expert L�w n'�met certes aucune critique � l'encontre de diverses conclusions de la solution autoris�e par le DSE et confirm�e par le Tribunal cantonal (qu'il appelle la variante 1). Il souligne toutefois qu'elle ne r�sout pas le probl�me fondamental de m�canique des roches, puisque m�me en cas d'extension de la zone d'extraction au-del� du p�rim�tre actuel, les di�dres potentiellement instables ne peuvent pas �tre totalement �limin�s. L'OFEV partage ce point de vue lorsqu'il indique que la concr�tisation de la variante 1 pourrait occasionner "en cascade" de nouvelles mesures de confortation dans les nouveaux fronts sud et est, le risque �tant ainsi grand d'enclencher une spirale de mesures sans fin (observations du 7 juin 2013).
�L'expertise du 3 mai 2013 esquisse une variante 4, qui conduirait � une emprise restreinte hors du p�rim�tre. Le professeur L�w propose de supprimer les di�dres instables entre les cotes 760 et 820 en cr�ant des bermes, mais sans aller au del� de 820 m. Il ne serait ainsi pas n�cessaire de cr�er un nouveau chemin d'acc�s, mais il serait en revanche plus compliqu� de stabiliser la falaise. Pour l'expert L�w, les avantages de la variante 1 quant � la stabilit� globale de la carri�re seraient de peu sup�rieurs � ceux de la variante 4; toutefois, ces avantages seraient insuffisants pour justifier une extension aussi importante du domaine d'extraction. Le professeur L�w sugg�re d�s lors d'examiner la faisabilit� d'une telle variante par de nouvelles �tudes d�taill�es.
6.2.�L'OFEV est d'avis que l'�tude de la variante 4 doit �tre poursuivie. Il estime en effet, sur la base de la nouvelle expertise, que la variante 1 ne repr�sente pas la seule alternative permettant d'atteindre les conditions de stabilit� satisfaisantes du site et de cr�er les conditions favorables � une renaturation. Les conditions de sa faisabilit� devraient toutefois encore �tre pr�cis�es, de m�me que les �ventuelles atteintes en dehors du p�rim�tre actuellement autoris�.
La DGE rel�ve que la variante 4 propos�e par le professeur L�w avait �t� �tudi�e par le bureau CSD et �limin�e. Elle ne permettait en effet pas la renaturation pr�vue. Selon les d�terminations des Carri�res d'Arvel SA, qui se basent sur un rapport de la CSD du 13 juin 2013, les conditions de r�alisation de la variante 4 seraient tr�s difficiles et cette solution ne r�pondrait pas aux questions de la CFNP puisqu'elle est incompatible avec la renaturation du site.
6.3.�Il ressort de ce qui pr�c�de que la variante 1 autoris�e ne repr�sente pas la seule alternative permettant d'une part d'atteindre des conditions de stabilit� satisfaisantes et durables du site et de ses abords et, d'autre part, de cr�er les conditions favorables � une renaturation. A cet �gard, il sied de rappeler que la s�curisation du Ch�ble du Midi est l'objectif prioritaire et que la renaturation des lieux ne rev�t qu'un caract�re secondaire, d'autant que, au vu de l'�tat actuel de la falaise, de la carri�re et de l'importance de son impact sur les Monts d'Arvel, la r�int�gration paysag�re du site semble difficile � r�aliser de fa�on satisfaisante, � moyen terme en tout cas, et ce quelle que soit la solution retenue. Quoi qu'il en soit, on ne voit pas que la variante 1 offrirait, comme l'affirment les exploitants, des perspectives de renaturation nettement plus avantageuses que la variante 4.
En tout �tat de cause, il n'est pas possible d'affirmer, � ce stade, que les travaux de s�curisation autoris�s m�nagent "le plus possible" le site des Monts d'Arvel. Les mesures pr�conis�es par l'arr�t cantonal provoqueront ind�niablement une aggravation importante de l'atteinte au paysage (extension de 10 % de la surface du p�rim�tre d'exploitation d�j� autoris�), sans que l'on ne soit toutefois s�r, sur la base des expertises au dossier, qu'une intervention en-dehors du p�rim�tre actuel d'extraction est absolument indispensable � la s�curisation du site et ne provoque pas d'autres dangers susceptibles d'entra�ner des mesures de s�curit� suppl�mentaires. Les avantages que pourrait retirer l'intim�e de la variante 1, laquelle lui permettrait d'extraire un volume non n�gligeable de roches suppl�mentaires - alors que l'exploitation de la carri�re du "Ch�ble du Midi" est interrompue depuis l'�boulement du 12 d�cembre 2008 et que son permis d'exploiter est �chu depuis le 30 juin 2011 -, ne sont en outre pas d�terminants face aux int�r�ts public pr�pond�rants que sont la s�curisation des lieux et la protection du paysage. Il s'ensuit que le Tribunal cantonal a viol� l'art. 6 LPN en confirmant les mesures litigieuses sans proc�der � un examen plus approfondi des solutions alternatives, et notamment sans requ�rir une expertise compl�mentaire, alors que ces op�rations avaient pourtant �t� requises en proc�dure cantonale par la cheffe du DSE.
Le recours doit par cons�quent �tre admis. L'arr�t attaqu� est annul� ainsi que le plan d'extraction "Carri�res d'Arvel, travaux de s�curisation du sommet de la falaise" approuv� par le DSE le 29 ao�t 2011. L'autorisation de d�frichement du 22 juillet 2011 devient d�s lors sans objet.
La cause est renvoy�e au DSE pour reprise de l'instruction et nouvelle d�cision. Le d�partement devra en particulier faire compl�ter le dossier dans le sens pr�conis� par l'expert L�w, puis statuer en fonction des int�r�ts publics que sont en premier lieu la s�curit� des biens et des personnes - dont le canton, et, le cas �ch�ant, l'exploitant, apparaissent en premier chef les garants (cf. art. 19 LFo, art. 2, 10 et 59a LPE; cf. �galement art. 41 ss et 61 CO) - , en second lieu la protection du paysage et accessoirement la renaturation du site, l'int�r�t �conomique de l'intim�e n'�tant pas d�terminant � ce stade. Les op�rations devront �tre men�es dans les meilleurs d�lais au vu des probl�mes de s�curit� inh�rents � l'exploitation de cette carri�re.
�Dans cette nouvelle proc�dure, le DSE veillera � coordonner (cf. art. 25a LAT) les travaux de s�curisation de la carri�re, vis�s par le pr�sent litige, avec la demande de prolongation du permis d'exploitation, mise � l'enqu�te le 12 juin 2012. A cet �gard, il sied de rappeler que l'extraction de roches suppl�mentaires dans le Ch�ble du Midi ne peut �tre justifi�e que dans le contexte de la s�curisation des lieux (cf. consid. 2.2 ci-dessus). Enfin, pour �viter toute confusion et recentrer la probl�matique, il serait judicieux d'abandonner la d�nomination utilis�e jusqu'ici de "plan d'extraction" en relation avec les travaux de s�curisation du sommet de la falaise mais de parler, par exemple, de "plan de s�curisation".
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent � l'admission du recours et � l'annulation de l'arr�t attaqu�. La cause est renvoy�e au DSE pour instruction compl�mentaire et nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. L'affaire est �galement renvoy�e au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 67 et 68 al. 5 LTF).
Les frais judiciaires sont support�s par l'intim�e qui succombe (art. 65 et 66 al. 1 LTF). Celle-ci versera par ailleurs une indemnit� de d�pens aux recourants qui obtiennent gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 al. 1 LTF).
Le recours est admis. L'arr�t du Tribunal cantonal du 12 novembre 2012 est annul�.
La cause est renvoy�e au DSE pour reprise de l'instruction et nouvelle d�cision et au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale de recours.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 4'000 fr., sont mis � la charge de l'intim�e.
L'intim�e versera aux recourants une indemnit� de d�pens de 4'000 fr.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Direction g�n�rale de l'environnement, Conservation des for�ts, � la Direction g�n�rale de l'environnement, Administration g�n�rale, � la Municipalit� de Villeneuve, � la Municipalit� de Noville, au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, et � l'Office f�d�ral de l'environnement, Division Droit.
Lausanne, le 4 septembre 2013