Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F10-02-2012-5A_661-2011
Timestamp: 2016-10-23 07:55:02+00:00
Document Index: 179053460

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 8', 'art. 29', 'art. 172', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 75', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 271', 'art. 172', 'art. 254', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 175', 'art. 163', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 272', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 106', 'art. 42', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 9', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'in fine', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'in fine', 'in fine', 'art. 125', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 66']

5A_661/2011 (10.02.2012)
5A_661/2011
repr�sent� par Me Alain Steullet, avocat,
repr�sent�e par Me Fran�oise Desaules-Zeltner, avocate,
recours contre l'arr�t de la Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Jura du 24 ao�t 2011.
X.________, n� en 1950, et dame X.________ n�e en 1961, se sont mari�s le 16 mars 2005. Ensemble, ils ont adopt� une fille, n�e en 2001. L'�poux a quatre autres enfants, tous majeurs, issus d'une pr�c�dente union.
Le 27 janvier 2011, l'�poux a requis des mesures protectrices de l'union conjugale.
Par jugement du 19 mai 2011, la juge civile du Tribunal de premi�re instance du canton du Jura (ci-apr�s: la juge civile) a notamment autoris� les �poux � vivre s�par�s d�s le 15 avril 2011, attribu� la jouissance du domicile conjugal et du mobilier le garnissant � l'�poux, confi� la garde provisoire sur l'enfant � la m�re et fix� le droit de visite du p�re. La juge civile a en outre astreint l'�poux � contribuer � l'entretien de sa femme et de sa fille, d�s la s�paration, par le versement mensuel d'un montant de 28'500 fr. pour la premi�re et de 3'600 fr., allocations familiales en sus, pour la seconde.
Statuant le 24 ao�t 2011, la Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Jura a partiellement admis l'appel form� par l'�poux et r�duit le montant des contributions d'entretien, en ce sens que l'�poux est condamn� � verser une pension mensuelle de 24'500 fr. � sa femme et de 2'500 fr., allocations familiales non comprises, � sa fille.
Par acte du 23 septembre 2011, l'�poux interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � l'annulation de l'arr�t attaqu� en tant qu'il le condamne � contribuer � l'entretien de son �pouse, subsidiairement, au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente. A l'appui de ses conclusions, l'�poux se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), notamment dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves, ainsi que de violation du principe d'�galit� de traitement (art. 8 Cst.) et du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.).
L'arr�t attaqu� portant sur des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF; elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.). Comme le litige porte sur le montant de la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, le recours a pour objet une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Il a par ailleurs �t� d�pos� par une partie ayant un int�r�t � l'annulation ou � la modification de l'arr�t entrepris (art. 76 al. 1 LTF), dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, contre une d�cision prise sur recours par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable de ce chef.
2.1 D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation ("R�geprinzip", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400; arr�t 5A_99/2011 du 22 septembre 2011 consid. 2.1). Par ailleurs, en vertu de l'art. 75 al. 1 LTF, le recours n'est ouvert qu'� l'encontre des d�cisions rendues par une autorit� cantonale de derni�re instance, ce qui suppose que la partie recourante ait �puis� toutes les voies de droit quant aux griefs qu'elle entend soumettre au Tribunal f�d�ral (ATF 135 III 1 consid. 1.2 p. 3 s. et 424 consid. 3.2 p. 429; 134 III 524 consid. 1.3 p. 527).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre que celles-ci sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst., conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1; ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252; arr�t 5A_338/2010 du 4 octobre 2010 consid. 3.2). Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF; ATF 135 I 221 consid. 5.2.4 p. 229; 133 IV 342 consid. 2.1 p. 344).
2.3 Aux termes de l'art. 271 let. a du Code de proc�dure civile du 19 d�cembre 2008 (ci-apr�s: CPC), les mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 � 179 CC) sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire (HOHL, Proc�dure civile, tome II, 2�me �d., 2010, nos 1900 � 1904). Bien que les moyens de preuve ne soient pas restreints aux seuls titres, l'administration des moyens de preuve doit pouvoir intervenir imm�diatement (art. 254 al. 2 let. c et 272 CPC). La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale est en principe provisoire et rev�tue d'une autorit� de la chose jug�e limit�e, d�s lors qu'elle pr�c�de g�n�ralement la proc�dure de divorce. La jurisprudence rendue avant l'entr�e en vigueur du CPC demeure applicable (en particulier l'ATF 127 III 474 consid. 2b/bb p. 478): la cognition du juge est limit�e � la simple vraisemblance des faits et � un examen sommaire du droit.
Le point de savoir si le degr� de vraisemblance requis par le droit f�d�ral est atteint dans le cas particulier ressortit � l'appr�ciation des preuves (ATF 130 III 321 consid. 5 p. 327; arr�t 5A_535/2009 du 13 octobre 2009 consid. 3.2). Dans ce domaine, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les r�f�rences). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque - comme en l'esp�ce - le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb p. 478).
S'agissant de la situation financi�re des parties, la Cour civile a retenu que l'�poux a vendu en 2007 l'entreprise dont il �tait le copropri�taire et que cette transaction lui a rapport� 50 millions de francs. Elle a constat� que l'�poux travaille toujours au sein de cette entreprise en qualit� de directeur et qu'il a per�u en 2010 un salaire annuel de 544'033 fr. Les juges pr�c�dents ont relev� que l'�poux envisageait de cesser son activit� lucrative en automne 2011 ou au printemps 2012, en d�pit du courrier que le mari a envoy� le 23 ao�t 2011 � la Cour civile indiquant, entre autres choses, qu'il cesserait son activit� professionnelle d�s le 1er septembre 2011. La cour cantonale a en effet estim� que l'all�gation du p�re relative � sa situation professionnelle �tait un fait futur dont il ne pouvait �tre tenu compte � ce stade de la proc�dure, invitant l'�poux � introduire, cas �ch�ant, une nouvelle requ�te en modification des mesures protectrices de l'union conjugale. Le rendement de la fortune de l'�poux a �t� estim� � plus de 700'000 fr. par ann�e. En ce qui concerne l'�pouse, l'autorit� pr�c�dente a constat� que celle-ci est originaire d'Ukraine, mais de nationalit� allemande; elle vivait et exploitait un salon de beaut� dans ce dernier pays lorsqu'elle a rencontr� son mari. La fortune mobili�re et immobili�re de l'�pouse provient de dons de son �poux et produit un rendement annuel estim� � environ 100'000 fr.
Pour fixer la contribution d'entretien due � l'�pouse, la Cour civile s'est fond�e sur les crit�res de l'art. 163 CC, eu �gard aux d�clarations de l'�pouse, selon lesquelles le divorce des parties ne serait pas in�luctable. Les juges pr�c�dents ont consid�r� que la situation �conomique du couple est tr�s ais�e, les parties b�n�ficiant d'une fortune sup�rieure � 31 millions de francs et de revenus cumul�s de plus de 110'000 fr. par mois, de sorte qu'ils ont adopt� un train de vie luxueux. La cour cantonale a jug� que le montant de 2'079'287 fr., all�gu� par le mari comme correspondant � ses seules d�penses personnelles pour une ann�e, couvrait en r�alit� les besoins annuels du couple, compte tenu du dossier de la cause et des d�clarations de l'�poux qui a notamment affirm� r�aliser au surplus une �pargne. La Cour civile a constat� que le train de vie des parties �tait financ� exclusivement par le mari et que la fortune de la femme n'�tait pas entam�e durant la vie commune, de sorte que celle-ci ne devait pas l'�tre pour contribuer � son entretien. Selon l'appr�ciation des juges cantonaux, le budget mensuel de l'�pouse se monte � 34'500 fr., � savoir 2'000 fr. pour la nourriture et les besoins de base, 4'000 fr. de loyer, 10'000 fr. affect�s � l'habillement, aux loisirs et vacances, 500 fr. pour l'assurance-maladie, 1'000 fr. de frais de transport, 15'000 fr. pour les imp�ts, 500 fr. de t�l�phone, 500 fr. d'assistance au m�nage et enfin 1'000 fr. d'entretien des r�sidences secondaires. L'autorit� cantonale a ensuite d�duit des charges mensuelles de l'�pouse le revenu qu'elle tire de sa fortune, soit 10'000 fr. par mois; la Cour civile a ainsi fix� la contribution d'entretien de l'�pouse � charge du mari � 24'500 fr. par mois afin que celle-ci puisse globalement maintenir le niveau de vie qui �tait le sien lors de la vie commune.
Le recourant reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir fait preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves, � trois �gards. Il critique d'abord l'appr�ciation des juges pr�c�dents qui ont refus� de qualifier la s�paration des parties de d�finitive. Le recourant consid�rant que le divorce est in�luctable, la Cour civile devait, selon lui, exclure la reprise de la vie commune pour fixer la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse. S'agissant ensuite de l'�tablissement de ses charges, il estime que la Cour civile devait "examiner et discuter les moyens de preuves invoqu�s", notamment tenir compte du d�compte de ses charges duquel il ressortirait que son niveau de vie s'�l�ve � 2'079'287 fr. 45 par an. Enfin, le recourant soutient que la fortune de son �pouse pouvait aussi �tre d�termin�e sur la base du dossier "de mani�re tr�s simple" et qu'il �tait n�cessaire que la Cour civile examine cet aspect pour savoir si l'�pouse doit �tre appel�e � mettre � contribution sa fortune, laquelle se monterait au minimum � 6'941'245 fr.
4.1 En mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, le Tribunal f�d�ral qui statue sur des mesures provisoires se montre r�serv� vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (cf. supra consid. 2.2 et 2.3). Il intervient - avec retenue -, du chef de l'art. 9 Cst., uniquement s'il appara�t apr�s un examen sommaire et provisoire (cf. supra consid. 2.3), que le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause.
4.2 Le recourant se plaint de ce que la cour pr�c�dente n'a pas qualifi� la s�paration des parties de d�finitive, estimant que la reprise de la vie commune est exclue. Le recourant affirme que si les juges cantonaux avaient �tabli que la s�paration des parties �tait d�finitive, ils n'auraient pas exclu l'application de l'art. 125 CC au cas d'esp�ce.
4.2.1 Lorsqu'une reprise de la vie commune est envisageable, l'obligation pour le conjoint de reprendre ou d'�tendre son activit� lucrative ne doit �tre admise que s'il n'existe aucune possibilit� d'utiliser des �conomies faites pendant la vie commune ou, momentan�ment, une fortune, si les moyens financiers disponibles - y compris le recours � la fortune - ne suffisent pas, malgr� des restrictions supportables, pour entretenir deux m�nages s�par�s et si la reprise ou l'extension de l'activit� lucrative est acceptable du point de vue de la situation personnelle de cet �poux (�ge, sant�, formation, etc.) et du march� du travail (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Dans l'hypoth�se o� l'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale (ATF 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss; ATF 130 III 537 consid. 3.2 p. 541 s.). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Dans certaines circonstances, le conjoint peut aussi devoir mettre � contribution la substance de sa fortune pour assurer le train de vie ant�rieur (ATF 134 III 581 consid. 3.3 in fine p. 583 s.; arr�t 5A_771/2010 du 24 juin 2011 consid. 3.2: fortune de plusieurs millions). Il s'ensuit que le point de savoir si la vie commune est encore envisageable ou non peut demeurer en l'esp�ce ind�cis, d�s lors que la diff�rence essentielle, � savoir la non-reprise d'une activit� lucrative par l'�pouse, n'est pas litigieuse.
En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100 ss; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.1; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425 s.), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Bien que la maxime inquisitoire soit applicable �galement � la contribution d'entretien du conjoint (art. 272 CPC), cela ne dispense pas le cr�direntier de son devoir de collaborer et donc de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de rendre celles-ci vraisemblables (arr�ts 5A_41/2011 du 10 ao�t 2011 consid. 4.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2).
4.2.2 En l'occurrence, la jurisprudence � laquelle se r�f�re le recourant (ATF 128 III 65 consid. 4 p. 67 ss), qui admet que le juge doit prendre en consid�ration les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce (art. 125 CC) pour statuer sur la contribution d'entretien dans le cadre des art. 163 et 176 al. 1 ch. 1 CC, doit �tre comprise en ce sens que le juge doit modifier la convention conclue par les �poux pour la vie commune pour l'adapter aux faits nouveaux, en particulier � la s�paration (ATF 137 III 385 consid. 3.1 p. 387 s.; arr�t 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2.3).
En l'esp�ce, il importe peu de d�terminer le degr� de pr�visibilit� de reprise de la vie commune, d�s lors que la base l�gale de l'obligation d'entretien demeure l'art. 163 CC jusqu'au prononc� du divorce, le recourant ne pr�tendant pas que l'�pouse devrait exercer une activit� lucrative. Pour le surplus, le recourant n'invoque pas les circonstances que les juges pr�c�dents auraient d� prendre en consid�ration pour modifier la convention conclue entre les parties pour la dur�e de la vie commune ou celles dont ils auraient ind�ment tenu compte (art. 106 al. 2 LTF, cf. supra consid. 2.3 et 4.1). Le grief portant uniquement sur la nature de la s�paration des parties et les pr�rogatives que croit par erreur pouvoir en tirer le recourant, il est d�nu� de pertinence dans le contexte des mesures protectrices de l'union conjugale, ce qui justifie que la Cour civile n'administre aucune preuve � ce sujet.
4.3 La critique relative � l'�tablissement des charges du mari doit �galement �tre rejet�e. La cour cantonale a en effet tenu compte de la pi�ce produite par le recourant �tablissant que son train de vie annuel s'�l�verait � 2'079'287 fr., mais elle l'a interpr�t�e - sur la base notamment des d�clarations de l'�poux admettant ne pas pouvoir d�penser l'ensemble de ses gains et affirmant �tre en mesure de r�aliser une �pargne - comme �tant une liste des besoins annuels du couple, financ�s par l'�poux uniquement. Les juges pr�c�dents ont constat� en outre que l'int�gralit� du revenu du mari serait affect�e � ses d�penses personnelles si le train de vie annuel de celui-ci se montait effectivement � 2'079'287 fr., et il n'aurait pas �t� en mesure, durant la vie commune, de subvenir aux besoins de son �pouse, laquelle n'exerce pas d'activit� lucrative hors du foyer depuis le mariage. L'appr�ciation des juges cantonaux, qui consid�rent que la liste produite par le recourant correspond au train de vie des �poux, est ainsi conforme aux preuves administr�es, � tout le moins, elle n'est pas insoutenable. Par ailleurs, l'examen des charges et des besoins du d�birentier n'aurait, en l'esp�ce, pas d'incidence sur l'issue du litige, d�s lors que la contribution d'entretien due � l'�pouse a �t� fix�e en fonction du maintien du train de vie de la cr�direnti�re ant�rieur � la s�paration. Vu la situation financi�re tr�s ais�e des parties, la m�thode ordinaire consistant � r�partir l'exc�dent du minimum vital entre les �poux n'est pas applicable. Le recourant n'a d'ailleurs formul� aucun grief relatif � la mani�re de fixer la contribution d'entretien ni en instance d'appel, ni devant la cour de c�ans (art. 42 al. 2 LTF). Faute d'incidence du moyen invoqu� sur l'issue du litige, la cour cantonale n'avait pas � examiner les pi�ces produites par le recourant concernant son train de vie, ni � d�terminer les revenus et charges du d�birentier, d�s lors que la contribution d'entretien mise � sa charge ne porte manifestement pas atteinte sur ses moyens d'existence minimaux (cf. supra consid. 4.1 et 4.2.1).
4.4 Le recourant reproche encore aux juges pr�c�dents de ne pas avoir examin� la situation financi�re de l'�pouse, en particulier sa fortune, avant de fixer la contribution d'entretien en sa faveur car elle devrait �tre amen�e � entamer la substance de son patrimoine pour son entretien.
Or, pour fixer la contribution d'entretien dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale, le juge doit partir de la convention que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des ressources entre eux et l'adapter aux faits nouveaux (art. 163 CC, cf. supra consid. 4.2.1). En l'occurrence, il r�sulte de la d�cision entreprise que le train de vie des �poux durant la vie commune �tait enti�rement financ� par le mari, sans que l'�pouse mette sa fortune � contribution (cf. ci-dessus consid. 4.3). L'autorit� cantonale n'avait ainsi pas � modifier cet aspect de la convention des parties vu les moyens financiers suffisants du couple (cf. supra consid. 4.2.1); partant, elle n'avait pas � estimer la fortune de l'�pouse afin que celle-ci soit invit�e � entamer son patrimoine pour son entretien. Par ailleurs, selon la jurisprudence, la fortune des �poux ne peut �tre prise en consid�ration pour d�terminer leur capacit� financi�re s'agissant de la fixation de la contribution d'entretien, que lorsque le revenu des �poux ne suffit pas � couvrir le minimum vital de la famille; en l'absence de d�ficit - comme en l'esp�ce -, seul le rendement du patrimoine entre en ligne de compte (ATF 134 III 581 consid. 3.3 p. 583 et les r�f�rences). Seul le rendement de la fortune de l'intim�e a �t� pris en consid�ration par les juges pr�c�dents et d�duit de son train de vie pour d�terminer le montant de la contribution d'entretien, sans que les juges pr�c�dents exigent de l'intim�e qu'elle entame sa fortune, d�s lors qu'elle n'avait pas � le faire durant le mariage. Pour le surplus, la critique du recourant ne vise pas le montant retenu � titre de rendement de la fortune, mais bien l'�valuation de la valeur du patrimoine de l'�pouse. En cons�quence, d�s lors que le montant de la fortune de l'�pouse n'est pas pertinent pour le sort du litige vu la convention conclue par les parties durant la vie commune sur la r�partition de leurs ressources et leur situation financi�re tr�s ais�e, la cour cantonale n'avait pas � instruire sur ce point.
Le recourant fait ensuite valoir que les juges cantonaux ont viol� le principe de l'�galit� de traitement (art. 8 Cst.) et ont arbitrairement (art. 9 Cst.) appliqu�, d'une part, les art. 163 et 176 CC, et d'autre part, l'art. 125 CC.
5.1 La garantie constitutionnelle de l'�galit� de traitement entre homme et femme (art. 8 Cst.) s'adresse � l'�tat et, sous r�serve de l'�galit� de salaire garantie par l'art. 8 al. 3, 3e phr. Cst., ne produit pas d'effet horizontal direct sur les relations entre personnes priv�es (ATF 136 I 178 consid. 5.1 p. 179 in fine; 133 III 167 consid. 4.2 p. 172 s.; 114 Ia 329 consid. 2b p. 330 s.). Le recourant ne peut donc pas s'en pr�valoir � l'appui d'un recours dirig� contre une d�cision rendue dans une affaire opposant deux particuliers, telle des mesures protectrices de l'union conjugale (arr�ts 5A_306/2011 du 21 novembre 2011 consid. 5; 5A_842/2010 du 22 mars 2011 consid. 5). Les critiques du recourant relatives � la fortune de sa femme doivent en cons�quence �tre examin�es uniquement � l'aune de la prohibition de l'arbitraire (art. 9 Cst.).
Selon la jurisprudence, une d�cision est arbitraire (art. 9 Cst.) si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une telle d�cision soit annul�e, il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les r�f�rences).
5.2 Le recourant rappelle d'abord qu'en vertu de l'art. 163 al. 2 CC, chaque conjoint peut pr�tendre � participer d'une mani�re identique au train de vie ant�rieur. Il soutient ensuite que la doctrine et la jurisprudence en la mati�re exigent du conjoint cr�direntier qu'il entame sa fortune pour subvenir � son entretien. Le recourant affirme que la d�cision attaqu�e va � l'encontre de cette exigence, car il serait contraint de pr�lever 73'273 fr. par mois dans sa fortune, soit 0,3 % de sa fortune par mois, pour subvenir � son train de vie et payer la contribution d'entretien � son �pouse, alors que celle-ci peut conserver intacte la substance de son patrimoine. Il consid�re que les juges cantonaux ne pouvaient pas dispenser l'�pouse de puiser dans sa fortune dans la m�me mesure qu'il est contraint de le faire, sans violer d'une fa�on crasse les art. 163 et 176 CC, rendant la d�cision d'arbitraire.
Le recourant se r�f�re en vain � l'ATF 129 III 7, ainsi qu'� l'arr�t 5A_599/2007 du 2 octobre 2008 pour soutenir que l'�pouse doit participer au maintien de son train de vie ant�rieur pendant la dur�e des mesures protectrices de l'union conjugale en puisant dans sa fortune. La jurisprudence qu'il cite n'est pas d�terminante dans le cas d'esp�ce, d�s lors qu'elle vise une situation diff�rente, � savoir un jugement pronon�ant le divorce des �poux. Quant � la doctrine � laquelle il se r�f�re, en ad�quation avec la jurisprudence rendue en mati�re de mesures protectrices de l'union conjugale, elle indique seulement que le pr�l�vement par un �poux d'une partie de sa fortune pour assurer son entretien n'est pas exclu, mais constitue l'ultima ratio (HASENB�HLER/OPEL, Basler Kommentar, 3�me �d., 2006, N 28 ad 163 ZGB). Au demeurant, lorsque le recourant invoque le fait qu'il doit entamer sa fortune pour assurer ses d�penses personnelles et verser la contribution d'entretien � son �pouse, sa critique est irrecevable, faute d'�puisement des instances (art. 75 al. 1 LTF, cf. supra consid. 2.1), d�s lors qu'il n'a formul� aucun grief � ce sujet en instance d'appel. Quand bien m�me ce grief serait recevable, il serait mal fond�, la mani�re dont le d�birentier finance les contributions d'entretien auxquelles il a �t� astreint �tant d�nu�e de pertinence, la fortune pouvant �tre mise � contribution exceptionnellement (ATF 134 III 581 consid. 3.3 in fine p. 583 s.; arr�t 5A_771/2010 du 24 juin 2011 consid. 3.2 in fine). Quoi qu'il en soit, le minimum vital du d�birentier n'est pas atteint par ces versements, � tout le moins le recourant ne le pr�tend pas, ni a fortiori ne le d�montre.
5.3 Le recourant s'en prend �galement � la mani�re dont la contribution d'entretien a �t� fix�e par les juges pr�c�dents. Estimant que le divorce d'avec son �pouse est in�vitable, partant la reprise de la vie commune exclue, il soutient que la cour cantonale devait appliquer l'art. 125 CC pour �valuer l'entretien. Il affirme que, dans le cas pr�sent, son �pouse doit �tre contrainte d'entamer sa fortune si elle veut maintenir un niveau de vie identique � celui qu'elle avait pendant la vie commune, cette exigence �tant "une cons�quence logique de l'application du principe du clean break". Selon le recourant, si l'on convertit la fortune de l'intim�e en capital, celle-ci disposerait d'une rente mensuelle de 27'430 fr. En tenant compte d'une diminution des imp�ts de son �pouse en cas de suppression de la contribution d'entretien en sa faveur, le recourant fixe le train de vie de son �pouse � 23'698 fr. par mois, somme largement couverte par la rente provenant de son capital.
Ainsi qu'il a d�j� �t� expos� ci-dessus (cf. consid. 4.2), m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale. L'autorit� pr�c�dente ne s'est ainsi pas �cart�e de la jurisprudence en mati�re de fixation de la contribution d'entretien pour la dur�e de la s�paration (art. 163 et 176 al. 1 ch. 1 CC). La Cour civile n'a pas vers� dans l'arbitraire en appliquant l'art. 163 CC, � l'exclusion de l'art. 125 CC, cette derni�re disposition et son corollaire, le principe de l'ind�pendance des �poux, n'�tant pas pertinents dans ce contexte.
Le recourant fait enfin grief � l'autorit� pr�c�dente d'avoir viol� son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Il soutient que l'autorit� pr�c�dente a failli � son obligation de motiver sa d�cision pour que le justiciable puisse en appr�cier la port�e, en ce qui concerne, d'une part, l'�tablissement de ses charges et, d'autre part, la d�termination de la fortune de l'intim�e.
6.1 De l'art. 29 al. 2 Cst. d�coule le devoir pour le juge de motiver sa d�cision afin que le justiciable puisse en saisir la port�e et, le cas �ch�ant, l'attaquer en connaissance de cause (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445 s. et les arr�ts cit�s). Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il s'est fond�; il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les arguments invoqu�s par les parties, mais peut se limiter � ceux qui lui apparaissent pertinents (ATF 136 I 229 consid. 5.2 p. 236; 136 V 351 consid. 4.2 p. 355).
6.2 En l'occurrence, comme il a d�j� �t� discut� (cf. supra consid. 4.3, 4.4, 5.2 et 5.3), l'�tablissement des besoins personnels du d�birentier et l'�valuation de la fortune de l'�pouse ne sont pas des aspects pertinents pour le sort de la cause, d�s lors que la contribution d'entretien fond�e sur les art. 163 et 176 CC doit �tre d�termin�e selon le train de vie de la cr�direnti�re, laquelle ne doit pas, dans le cas pr�sent, �tre contrainte d'entamer sa fortune pour assurer son entretien et maintenir le niveau de vie dont elle jouissait durant la vie commune. Partant, le grief est infond�.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires seront mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'octroyer une indemnit� de d�pens � l'intim�e qui n'a pas �t� invit�e � se d�terminer.