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Timestamp: 2016-10-23 06:19:28+00:00
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⭐Conception des cuisines de restauration collective
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1 Conception des cuisines de restauration collective2 L Institut national de recherche et de sécurité (INRS) Dans le domaine de la prévention des risques professionnels, l INRS est un organisme scientifique et technique qui travaille, au plan institutionnel, avec la CNAMTS, les CARSAT-CRAM-CGSS et plus ponctuellement pour les services de l État ainsi que pour tout autre organisme s occupant de prévention des risques professionnels. Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires qu il met à la disposition de tous ceux qui, en entreprise, sont chargés de la prévention : chef d entreprise, médecin du travail, CHSCT, salariés. Face à la complexité des problèmes, l Institut dispose de compétences scientifiques, techniques et médicales couvrant une très grande variété de disciplines, toutes au service de la maîtrise des risques professionnels. Ainsi, l INRS élabore et diffuse des documents intéressant l hygiène et la sécurité du travail : publications (périodiques ou non), affiches, audiovisuels, site Internet Les publications de l INRS sont distribuées par les CARSAT. Pour les obtenir, adressez-vous au service prévention de la Caisse régionale ou de la Caisse générale de votre circonscription, dont l adresse est mentionnée en fin de brochure. L INRS est une association sans but lucratif (loi 1901) constituée sous l égide de la CNAMTS et soumise au contrôle financier de l État. Géré par un conseil d administration constitué à parité d un collège représentant les employeurs et d un collège représentant les salariés, il est présidé alternativement par un représentant de chacun des deux collèges. Son financement est assuré en quasi-totalité par le Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les Caisses d assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT), les Caisses régionales d assurance maladie (CRAM) et Caisses générales de sécurité sociale (CGSS) Les Caisses d assurance retraite et de la santé au travail, les Caisses régionales d assurance maladie et les Caisses générales de sécurité sociale disposent, pour participer à la diminution des risques professionnels dans leur région, d un service prévention composé d ingénieurs-conseils et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement formés aux disciplines de la prévention des risques professionnels et s appuyant sur l expérience quotidienne de l entreprise, ils sont en mesure de conseiller et, sous certaines conditions, de soutenir les acteurs de l entreprise (direction, médecin du travail, CHSCT, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation. Ils assurent la mise à disposition de tous les documents édités par l INRS. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l INRS, de l auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l adaptation ou la transformation, l arrangement ou la reproduction, par un art ou un procédé quelconque (article L du code de la propriété intellectuelle). La violation des droits d auteur constitue une contrefaçon punie d un emprisonnement de trois ans et d une amende de euros (article L et suivants du code de la propriété intellectuelle). INRS, Création maquette Stéphane Soubrié. Réalisation ALTAVOX. Schémas Atelier Causse. Illustration de couverture Brigitte Laude.3 Conception des cuisines de restauration collective Repères en hygiène et prévention des risques professionnels ED 6007 juin 20074 Cette brochure a été réalisée par un groupe de travail composé : de représentants de l institution prévention : - la CRAM Île-de-France (MM. Christophe Ballue, Jean-Luc Haegy et Gérard Lavergne), - la CRAM Sud-Est (M. Vincent BAUD), - l INRS (M me Régine Marc, M. Guy Vernois) ; de représentants des pouvoirs publics en charge de la sécurité sanitaire des aliments : - l AFSSA-Lerqap, Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Laboratoire d études et de recherches sur la qualité des aliments et les procédés agroalimentaires (M me Élisabeth Morelli), - la DGAL, Direction générale de l alimentation (M me Karine Boquet) ; de représentants de la profession : - le CCC, Comité de coordination des collectivités, l association de la restauration collective en gestion directe (M me Annick Geslin), - la CICF R & H, Chambre de l ingénierie et du conseil de France, restauration et hôtellerie (M me Nicole Wyss, Arwytec), - Compass Group France, direction technique et qualité (M. Michel Bénard), coordination de sécurité prévention (M. Alain Renwick), - le CPRC, Comité permanent de la restauration collective : le cabinet d architectes 3 Bornes Architectes (M. François Tesnière), l installateur de cuisines professionnelles Ragueneau (M. Loïc Ragueneau), la DASCO, Direction des affaires scolaires de la mairie de Paris (M. Michel Ninat), - Qualicuisines, l association de qualification et de classification techniques des entreprises d Installation et de maintenance d équipements de cuisine professionnelle et de matériels pour collectivités (M. Jean-Bernard Ansoud), - le SNEFCCA, Syndicat national des entreprises du froid, d équipements de cuisines professionnelles et du conditionnement de l air (M. Philippe Roy), - le SNRPO, Syndicat national de la restauration publique organisée (M. Patrick Haution, Casino Cafétéria), - le SYNEG, Syndicat français des constructeurs de l équipement des grandes cuisines (M. Thierry Allix). Cette brochure s appuie notamment sur le Guide de conception cuisines collectives réalisé en 2004 par la CRAM Sud-Est et la Direction départementale des services vétérinaires chargée de la coordination régionale Provence-Alpes-Côte d Azur.5 Sommaire Page Introduction 7 1 La restauration collective Généralités La sécurité sanitaire des aliments Les règlements à destination des professionnels Une directive d abrogation Les atteintes à la santé Les accidents dans les cantines Les maladies professionnelles Le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles Le coût direct Le coût indirect 14 2 L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception Une démarche globale La structuration de la démarche La conception et la prévention Les phases d un projet La programmation La conception La réalisation La préparation de la mise en service 18 3 Repères généraux pour la conception des cuisines Rappel de quelques principes pour l implantation des différents locaux Les sols Le choix du revêtement de sol La pose du revêtement de sol Le nettoyage des sols Les évacuations 25 36 3.3 Les murs Les plafonds Les portes Les fenêtres Le traitement de l air L éclairage artificiel Le traitement du bruit Les réseaux : eau, électricité, air comprimé, gaz Les branchements électriques Les équipements de travail Choix des équipements de travail Implantation des équipements de travail Installation des équipements de travail Le nettoyage et la désinfection Les circulations Les circulations extérieures Les circulations intérieures 38 4 Les repères particuliers à chaque local La réception des matières premières Le stockage des denrées alimentaires Les chambres froides Le stockage des denrées alimentaires non périssables Les préparations préliminaires Le décartonnage des denrées Le déconditionnement ou déboîtage La légumerie Les préparations froides Le local de cuisson L extraction des vapeurs et des fumées Les postes de travail 47 47 4.6 La plonge-batterie La distribution et la salle de restauration Le local à déchets La laverie-vaisselle Les locaux sociaux et administratifs 53 Annexes 55 Annexe 1. Glossaire 56 Annexe 2. La nouvelle réglementation «hygiène» 56 Annexe 3. Les concepts de fabrication 57 Annexe 4. Les modes de gestion 57 Annexe 5. Arrêté du 27 juin 1994 relatif aux dispositions destinées à rendre accessibles les lieux de travail aux personnes handicapées 58 Annexe 6. Extrait du décret du 19 juillet 2006 relatif au bruit 61 Bibliographie 62 58 Introduction Ce guide s adresse à l ensemble des acteurs de la profession : les maîtres d ouvrage et les employeurs exploitant les cuisines à quelque titre que ce soit : les propriétaires, les gérants, les franchisés, les prestataires ; les salariés travaillant dans ces exploitations et leurs instances représentatives : comité d hy - giène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), délégués du personnel (DP), comité d entreprise (CE) ; les architectes, les bureaux d études, les constructeurs de matériel de grandes cuisines, les installateurs, les franchiseurs, les acheteurs ; les préventeurs des risques professionnels et de la sécurité sanitaire des aliments (inspecteurs du travail, médecins de travail, vétérinaires des services d hygiène, agents des services de prévention des divers régimes de sécurité sociale, préventeurs d organismes privés ) ; les enseignants de la formation initiale, les formateurs de la formation continue Il a pour objectif, grâce à un langage commun à tous les acteurs, d intégrer la prévention des risques professionnels dès la conception ou la rénovation d une cuisine collective et de choisir des solutions qui satisfassent aussi à la problématique de la sécurité sanitaire des aliments. Celle-ci consiste à mettre en place un plan de maîtrise sanitaire comportant les bonnes pratiques d hygiène, le respect de la méthode HACCP (analyse des dangers, détermination des points critiques pour leur maîtrise) et la traça - bilité/gestion des non-conformités. La prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT/MP) participe à l optimisation des coûts de production et à l amé - lioration de la qualité des produits et services, du climat social et de l image de l entreprise. Cette prévention est d autant plus efficace, pérenne et économique qu elle est intégrée le plus en amont possible, c est-à-dire à la conception. Ce guide n aborde pas les points ou calculs techniques détaillés dans les ouvrages spécifiques (structures du bâtiment, résistance des matériaux, calcul de dimensionnement des hottes d aspiration ). Il ne traite pas des capacités de production, des process ainsi que des risques incendie et explosion. Ces deux derniers risques font l objet d une réglementation spécifique. 79 1 La restauration collective Généralités La restauration collective est destinée aux personnels et aux usagers des collectivités publiques ou privées afin de leur permettre de prendre un repas sur place. Les différents secteurs de la restauration collec - tive sont : l enseignement (collèges, lycées, univer sités ) ; la santé (hôpitaux, cliniques ) ; les entreprises et les administrations ; le social (maisons de retraite, crèches ) ; des secteurs spécifiques (armée, centres de vacances, centres de détention ). La restauration collective sert annuellement plus de 3,5 milliards de repas en France. INRS Halton Cuisine collective. Cuisine collective en activité. 1.2 La sécurité sanitaire des aliments La sécurité sanitaire des aliments est soumise depuis le 1 er janvier 2006 à une nouvelle réglementation dont l architecture générale est décrite ci-dessous. Le «paquet hygiène», composé de plusieurs textes législatifs adoptés par l Union européenne, vise à refondre, harmoniser et simplifier les dispositions très détaillées et complexes en matière d hygiène qui étaient dispersées dans dix-huit directives européennes. L objectif général est de mettre en place, au niveau européen, une politique unique et transparente en matière d hygiène, applicable à toutes les denrées alimentaires et à tous les exploitants du secteur alimentaire, y compris ceux de l alimentation animale, et à créer des instruments La restauration collective 910 efficaces pour gérer les alertes, sur l ensemble de la chaîne alimentaire. Plusieurs règlements constituent la nouvelle architecture réglementaire communautaire (voir annexe 2). En premier lieu, il s agit du règlement (CE) n 178/2002 aussi appelé «Food Law» : il constitue le socle de la sécurité sanitaire des aliments. Son champ d application couvre les denrées alimentaires et l alimentation animale ; il a créé l AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui est l équivalent européen de l AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et le réseau d alerte rapide européen ; il fixe un certain nombre de grands principes (principe de recours à l analyse des risques par les autorités compétentes, principe de précaution, principe de transparence, principe d innocuité ) et définit des obligations spécifiques aux professionnels : obligation de traçabilité, obligation de retrait de produits susceptibles de présenter un risque pour la santé publique, obligation d information des services de contrôle. Ce dispositif est complété par un ensemble de textes, séparant clairement les responsabilités, applicables : d une part aux professionnels, en englobant l ensemble de la filière agroalimentaire depuis la production primaire, animale et végétale jusqu à la remise au consommateur. Ils consacrent l obli - gation de résultat, les professionnels devant démontrer qu ils mettent en place les mesures de maîtrise adaptées pour atteindre les objectifs fixés par les règlements ; d autre part aux services de contrôle relatifs à l organisation générale des contrôles des denrées alimentaires, y compris animales, en instituant une méthodologie depuis la programmation des inspections jusqu à la communication de rapports explicites aux professionnels Les règlements à destination des professionnels Le règlement (CE) n 852/2004 établit, à l attention des exploitants du secteur alimentaire, des règles générales d hygiène applicables à toutes les denrées alimentaires. Il remplace la directive 93/43/CE dont il reprend les grandes lignes. Il définit les obligations majeures suivantes : l obligation de mise en place de procédures basées sur les principes de l HACCP est généralisée (hormis à la production primaire : agriculture, élevage, pisciculture ). Le règlement 852/2004 reprend désormais intégralement les sept principes du codex alimentarius 1 ; le recours aux guides de bonnes pratiques d hygiène et d application de l HACCP rédigés par les professionnels et validés par l administration est encouragé ; l obligation de la formation d au moins une personne à l HACCP ou au guide de bonnes pratiques d hygiène du secteur concerné. Ce texte sera complété par des règlements d application et des arrêtés. Dans le nouvel arrêté 2 venant remplacer l arrêté du 29 septembre 1997 fixant les conditions d hy - giène applicables dans les établissements de restauration collective à caractère social subsis - teraient notamment les dispositions relatives aux critères de température et aux couples temps/températures. En revanche, de nombreuses obligations de moyens (locaux, équipements) disparaîtraient. L obligation de conserver des plats témoins serait maintenue. Le règlement (CE) n 853/2004 établit, à l atten - tion des exploitants du secteur alimentaire, des règles spécifiques d hygiène applicables aux produits d origine animale. Ces règles viennent en complément de celles qui sont fixées dans le n 852/2004. Ce règlement ne s applique pas aux établissements de remise directe (commerce de détail) ni aux établissements fabriquant des denrées alimentaires contenant à la fois des produits végétaux et des produits d origine animale transformés. Le professionnel doit ainsi mettre en place un plan de maîtrise sanitaire (PMS) afin de respecter les obligations du paquet hygiène et assurer ainsi la maîtrise de la sécurité sanitaire de ses productions vis-à-vis de la santé du consommateur. Le plan de maîtrise sanitaire est un outil mis en place par les professionnels et décrivant les mesures prises pour assurer l hygiène et la 1. Ensemble des normes alimentaires reconnues au niveau international par les États membres de la Commission du codex alimentarius. La description du système HACCP et son guide d application sont disponibles sur le site du codex alimentarius : rubrique «normes officielles», norme CAC/RCP , Rev.3 (1997). 2. Projet d arrêté relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, d entreposage et de transport de denrées alimentaires. 10 La restauration collective11 sécurité sanitaire des aliments produits. Il doit être constitué : de prérequis ou bonnes pratiques d hygiène (BPH) ; de procédures fondées sur les sept principes de l HACCP ; de procédures de traçabilité et de gestion des non-conformités. Le plan de maîtrise sanitaire regroupe des obligations figurant dans les règlements (CE) n 178/2002 et 852/2004 : obligation de mise en place de système de traçabilité et de retrait rappel (art. 18 et 19 du règlement (CE) n 178/2002) ; obligation de mise place de BPH générales et spécifiques (art. 4 du règlement (CE) n 852/2004, renvoyant à l annexe II de ce même règlement) ; obligation de mise en place de procédures basées sur les principes de l HACCP (art. 5 du règlement (CE) n 852/2004). Le présent document s attache à détailler des mesures de prévention des risques professionnels compatibles avec ces obligations réglementaires, notamment en matière de locaux et d équipements Une directive d abrogation La directive 2004/41 abroge les directives sectorielles existantes. Elle précise que dans l attente d un règlement spécifique sur les températures des denrées, les dispositions correspondantes des directives abrogées restent d application. En outre, certaines décisions d application des directives abrogées restent d application. 1.3 Les atteintes à la santé Les statistiques ci-dessous concernent le code risque Sécurité sociale 55.5 AA de l activité «cantines». Il est le plus représentatif des atteintes à la santé générées par l activité de restauration collective. Cette activité comprend notamment la fourniture et, éventuellement, la préparation de repas et de boissons, généralement à prix réduits, à des groupes de personnes clairement définis ayant un lien entre elles de nature professionnelle. Elle regroupe notamment : les restaurants d entreprise ; les restaurants d établissements publics ; les restaurants scolaires, universitaires ; etc. Cette activité comprend aussi les cuisines centrales de préparation de repas destinés à un ensemble de satellites, de restaurants et de consommateurs dispersés. Toutes les activités de restauration collective ne rentrent pas dans ces statistiques, par exemple les restaurants d entreprise des groupes industriels sont inclus dans le code risque de l activité dont ils dépendent. Les indices de fréquences (nombre d accidents avec arrêt pour salariés, source CNAMTS) pour l année 2004 sont de : 39,5 pour toutes les activés confondues ; 54,2 pour les services, commerces et industries de l alimentation ; 46,7 pour l ensemble des activités de restau - ration ; 64,3 pour les cantines. Les cantines apparaissent ainsi comme un secteur particulièrement à risque. La restauration collective 1112 1.3.1 Les accidents dans les cantines Les causes d accidents Causes des accidents avec arrêt Répartition Manipulation manutentions manuelles 35 % Accidents de plain-pied 27 % Outils individuels à main 10 % Chutes avec dénivellation 8% Appareils avec produits chauds 4% Chute d objets 3% Véhicules (sauf chariots de manutention) 1% Autres 12 % Total 100 % Source CNAMTS année 2004 Causes des AT Cantines Année 2004 Le siège des lésions Siège des lésions Répartition Mains 37 % Tronc 17 % Membres inférieurs (hors pieds) 15 % Membres supérieurs (hors mains) 11 % Localisations multiples 10 % Pieds 5% Tête (hors yeux) 2% Yeux 1% Non précisé 1% Siège interne 1% Total 100 % Source CNAMTS année La restauration collective13 Sièges des lésions Cantines Année 2004 Les conséquences des accidents En plus des conséquences physiques, les accidents du travail induisent très souvent pour les accidentés des répercussions psychologiques et sociales qui se ressentent dans leur vie professionnelle ainsi que dans leur vie privée. Après un accident, le climat de travail est perturbé et le chef d entreprise en porte toujours la responsabilité morale Les maladies professionnelles Une maladie est dite «professionnelle» si elle est la conséquence directe de l exposition d un travailleur à un risque physique, chimique, biologique, ou si elle résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. Tout employeur qui utilise des procédés de travail susceptibles de provoquer des maladies professionnelles inscrites dans les tableaux du régime général de la Sécurité sociale est tenu d en faire la déclaration à la Caisse primaire d assurance maladie et à l inspection du travail (art. L du code de la Sécurité sociale). Les maladies les plus fréquemment rencontrées chez les salariés travaillant dans les cantines sont les troubles musculosquelettiques (TMS) du membre supérieur et les lombalgies qui représentent 95 % des maladies professionnelles reconnues en La restauration collective 1314 1.4 Le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles Le coût direct Le coût direct des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT/MP) représente le coût lié aux prestations qui se rapportent à l accident du travail ou à la maladie professionnelle : frais d hospitalisation, indemnités journalières, rente Ce coût est entièrement à la charge des entreprises. Il est couvert par une cotisation annuelle versée par celles-ci à la branche AT/MP de la Caisse nationale de l assurance maladie des travailleurs salariés. Pour l année 2004, il est en moyenne de 3 : pour un accident avec arrêt (hors accidents de trajet) ; pour un accident grave avec incapacité permanente supérieure ou égale à 10 % (hors accidents de trajet) ; pour un décès Le coût indirect Le coût indirect d un accident du travail est généralement évalué à trois fois le coût direct. Il est supporté intégralement par l entreprise, quelle que soit sa taille. L accident peut augmenter : le coût de productivité : baisse de rendement et de qualité générée par l absence de la personne expérimentée et par la diminution temporaire ou permanente du rendement de la victime après la reprise du travail ; le coût salarial : salaires des autres salariés perturbés par l accident (secours à la victime), heures supplémentaires pour pallier l absence de la victime, surcoût dû au recours éventuel au travail intérimaire, complément de salaire sur les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale ; le coût matériel : produits ou équipements endommagés ; le coût administratif : frais de dossier, d en - quête, d embauche et de formation de remplaçant. Il induit un coût dû à la détérioration de l image de marque de l entreprise et à une éventuelle baisse de fréquentation du restaurant. En dehors du préjudice humain, une situation dangereuse est une gêne dans le travail. Elle est source de démotivation et de moindre productivité. Elle détériore le climat social. 3. Chiffres basés sur l analyse des statistiques de la Caisse natio - nale d assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). 14 La restauration collective15 2 L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception 2 Il faut associer dès l avant-projet tous les acteurs, y compris les agents de prévention, afin d intégrer la prévention des risques professionnels le plus en amont possible pour des raisons d efficacité, de coût Tous les choix doivent être faits en fonction de chaque situation et doivent tenir compte de la prévention des risques professionnels. L outil de travail doit être adapté aux objectifs à atteindre. 2.1 Une démarche globale Il s agit essentiellement de prendre en compte les aspects santé, sécurité et conditions de travail lors des choix effectués tout au long du projet. Cette démarche sera celle du maître d ouvrage à qui incombe la responsabilité juridique des choix de conception et qui est aussi le premier intéressé par la performance globale (économique et sociale) de l outil de production et de travail. Trois orientations guident cette démarche de conception : la pluridisciplinarité et la participation : la démarche consiste en la collaboration, dès la phase programmation du projet, de différentes disciplines, notamment ingénierie, ergonomie, architecture, hygiène et sécurité, médecine du travail. Elle cherche à adapter le travail à l homme en mettant en perspective les activités de travail futures probables et, à cet effet, en associant tout au long du projet les personnels concernés lorsqu ils sont désignés ; la globalité : c est une approche «multicritère» permettant la prise en compte de l ensemble des composantes du projet, notamment : - le nombre de repas à servir par jour, - la sécurité sanitaire des aliments, - l hygiène, la sécurité et les conditions de travail des salariés, - l organisation du travail, - l environnement de l entreprise (bâtiments existants ou non, en étages ou non, accès ), - l évolution possible des locaux en fonction d un développement futur de l activité, - etc. ; l itération : la démarche autorise à tout moment les retours en arrière afin d enrichir et de valider les choix effectués, facilitant ainsi la prise de décision éclairée. L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception 1516 2.2 La structuration de la démarche Le comité de pilotage est l instance de coordination et de décision qui assure, dans les limites fixées par le maître d ouvrage, la gestion du projet. Il est présidé par le maître d ouvrage, son représentant ou le chef de projet. Il est composé, outre les représentants des groupes de travail, des représentants du personnel ou du CHSCT, du médecin du travail et des intervenants extérieurs. Il forme les groupes de travail et fixe l échéancier des réunions. Le groupe de travail doit être une instance de propositions tandis que le comité de pilotage «structure» ; la décision finale relevant néanmoins du maître d ouvrage. Nota : Les intervenants extérieurs peuvent participer également aux groupes de travail A, B, C 2.3 La conception et la prévention L intégration de la prévention des risques professionnels dans la démarche de projet vise à évaluer les conséquences des choix de bâtiment et de process en termes de risques potentiels encourus par les personnes. L intégration de la prévention s appuie sur le respect des principes généraux de prévention (voir encadré ci-après). 16 L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception17 Principes généraux de prévention Résumé de l art. L concernant le maître d ouvrage : Le maître d ouvrage, le maître d œuvre et le coordonnateur de sécurité et de protection de la santé (SPS) doivent, au cours des diverses phases de conception et de réalisation de l ouvrage, mettre en œuvre les principes généraux de prévention prévus aux points a, b, c, e, f, g et h du II de l article L , notamment lors des choix architecturaux et techniques ainsi que dans l organisation des opérations de chantier, tant pour la sécurité du chantier que pour faciliter les interventions ultérieures sur l ouvrage. Résumé de l art. L concernant le chef d établissement : I Le chef d établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. II Le chef d établissement met en œuvre les mesures prévues au I ci-dessus sur la base des principes généraux de prévention suivants : a) éviter les risques ; b) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; c) combattre les risques à la source ; d) adapter le travail à l homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; e) tenir compte de l état d évolution de la technique ; f) remplacer ce qui est dangereux par ce qui n est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; g) planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l influence des facteurs ambiants ; h) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ; i) donner les instructions appropriées aux travailleurs. 2.4 Les phases d un projet La programmation La phase dite de programmation permet de définir les besoins. Elle comporte généralement deux aspects : une étude préalable d opportunité et de faisabilité (environnementale, technique, économique), dans le cas de construction de nouveaux bâtiments, portant sur le choix du terrain et son environnement ; un programme, document de synthèse traduisant la prise en compte des besoins exprimés par le maître d ouvrage en des termes fonctionnels et de performance. Il expose l énoncé des problèmes à résoudre par les concepteurs, clarifie les enjeux, les rôles de chacun, les attentes (en particulier celles des futurs utilisateurs) et hiérarchise les objectifs. Le rôle du programme est de traduire à l attention de la maîtrise d œuvre (architectes, bureaux d études), non seulement les attentes et les exigences du maître de l ouvrage (chef d entreprise, collectivité locale ), mais aussi les contraintes. Il vise aussi à intégrer dans le projet les dimensions humaines, sociales et organisationnelles. En conséquence, le programme a une importance fondamentale dans le projet, c est le document L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception 1718 «clef de voûte» pour les concepteurs du projet. Il est élaboré à partir des informations recueillies concernant les personnels concernés, l organisation, les équipements, le fonctionnement de l entreprise et les perspectives d évolution. La qualité du programme détermine la qualité des projets. La créativité du concepteur ne peut jamais compenser l absence de réflexion qui aurait due être conduite en amont. Il est donc de la responsabilité du maître d ouvrage (le client, le chef d entreprise) de réaliser ou faire réaliser des documents clairs et exhaustifs La conception L activité future des opérateurs peut être approchée par un travail sur plans, maquettes, prototypes, voire par une simulation informatique. Différents scénarios peuvent être envisagés se prêtant à la possibilité de mises en situation et d analyses d activité complémentaires. Naturellement, dans cette phase de conception, la participation des personnels concernés reste essentielle pour rechercher et valider, sur la base de leur connaissance de la situation et du résultat des analyses, les meilleurs compromis. La phase de conception consiste ensuite à élaborer plusieurs documents administratifs et techniques (avant-projet sommaire ou APS et avant-projet définitif ou APD), selon le programme fixé précédemment. Le maître d œuvre intervient dès le début de la conception : il est responsable de l exécution et du contrôle des ouvrages à réaliser. Le maître d ouvrage, public ou privé, doit organiser la coordination pour prévenir non seulement les risques générés lors de la construction, mais aussi ceux qu occasionnent l exploitation et la maintenance de l ouvrage. À cette fin, il désigne un coordonnateur pour le conseiller aussi bien lors de la conception que lors de la réalisation d une opération de construction. Le coordonnateur sécurité et protection de la santé (SPS) en conception gagne à être désigné dès la phase de programmation. C est au coordonnateur SPS qu il appartient d établir et de compléter le dossier rassemblant toutes les données de nature à faciliter la prévention des risques professionnels lors des interventions ultérieures La réalisation En phase de réalisation, le coordonnateur SPS rassemble dans le dossier d intervention ultérieure sur l ouvrage (DIUO) toutes les données de nature à faciliter la prévention des risques professionnels lors des interventions ultérieures sur les toitures, dans les vides techniques et sanitaires, sur les ascenseurs, et concernant aussi l entretien des façades, l électricité, l éclairage, l aération assainissement, désenfumage La préparation de la mise en service La préparation de la mise en service, juste avant le démarrage des unités de production, vise à s assurer de l adéquation du dispositif de production aux exigences de fonctionnement des opérateurs humains. Outre les vérifications techniques et de sécurité de fonctionnement, cette phase permet, toujours en participation avec les personnels, d évaluer la réalisation, de préciser les modes opératoires, d établir les fiches de poste et les procédures de sécurité. La démarche participative engagée en début de projet devient progressivement une structure de formation action permettant aux personnels de s approprier, au fur et à mesure et en toute connaissance de cause, leur future situation de travail. Des rappels de formation doivent être néanmoins prévus concernant des contenus directement liés à la sécurité (moyens de manutention, lutte contre l incendie, sauvetage et secourisme ). 18 L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception19 3 Repères généraux pour la conception des cuisines Rappel de quelques principes pour l implantation des différents locaux Les principes fondateurs de l agencement des locaux dans le domaine agroalimentaire, et en particulier en restauration, sont la «marche en avant des produits» et la séparation des secteurs (froid/chaud, propre/souillé) pour limiter le risque de contamination croisée 4. Les flux de personnes, de produits et de déchets doivent être étudiés et respectés de manière à ne pas générer de risques de contamination. En effet, la réception (présence de palettes, de cartons, lien direct avec l extérieur ) est une zone dite souillée, alors que la salle des préparations froides est une zone dite propre. Pourtant, les produits doivent tous passer par la réception. Il faut donc prévoir, dans l agencement des locaux, que les produits à travailler «n emportent» pas avec eux leur contamination initiale, au fur et à mesure de leur progression dans les locaux de transformation. Cette logique s applique également aux flux de personnes et aux flux de déchets. On peut aussi séparer ces flux dans le temps quand la structure des locaux ne permet pas de les séparer physiquement. Par exemple, si on ne peut pas sortir les poubelles sans passer par les ateliers, on peut les faire traverser en dehors du temps de production, juste avant le nettoyage des locaux. Lorsque les aliments sont élaborés et s ils ne sont pas servis aussitôt, ils doivent être conservés à l abri de toute contamination et dans le respect d une liaison chaude (étuve à plus de 63 C ) ou froide (barquette operculée, enceinte réfrigérée ). Si l établissement effectue des livraisons à l extérieur, il est alors soumis à agrément des services vétérinaires ou entre dans le cadre de la dispense d agrément. La qualité de l agencement des pièces lors de la conception est donc déterminante pour une rationalisation des flux à l intérieur de la cuisine. On retrouve derrière cet agencement trois enjeux : la productivité : des flux optimisés favorisent la production ; la qualité : des flux optimisés réduisent les risques de contamination ; la prévention des risques : moins on se déplace moins on a de risques de chute! Ainsi, les questions à se poser par atelier sont notamment : Comment les personnes entrent et sortent? D où viennent les produits qui doivent être travaillés? dans quelles quantités? Où doivent-ils être conduits après transformation? par quels moyens? Comment évacuer les déchets? Où stocker tout le matériel de travail et de manutention (bacs, chariots )? etc. 4. Contamination microbiologique croisée : les agents pathogènes peuvent être transférés d un aliment à un autre, soit par contact direct entre les denrées alimentaires, soit par vecteurs : opérateurs, équipements, surfaces en contact direct (table ) ou indirect (fragments du plafond ), air L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception 1920 Afin de bien prendre en compte les besoins réels des ateliers, la consultation des utilisateurs futurs des locaux est essentielle. Si l on tente de dresser un exemple de relations optimisées entre ateliers, dans le cas d une cuisine centrale hospitalière, on obtient le schéma suivant : Source : Guide de conception cuisines collectives, CRAM Sud-Est 20 L intégration de la prévention des risques professionnels dès la conception Montrer encore
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