Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F21-02-2013-6B_687-2012
Timestamp: 2016-10-28 21:45:06+00:00
Document Index: 127621317

Matched Legal Cases: ['art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 113', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 113', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 112', 'art. 111', 'art. 112', 'art. 111', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 64', 'art. 65', 'art. 68', 'art. 68']

6B_687/2012 (21.02.2013)
X.________, repr�sent� par Me Jean-Pierre Moser, avocat,
2. A.________, repr�sent�e par Me Sofia Ars�nio, avocate,
recours contre le jugement de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 30 ao�t 2012.
Par jugement du 26 mars 2012, le Tribunal criminel de Lausanne a condamn� X.________ pour tentative d'assassinat, l�sions corporelles simples qualifi�es, s�questration et menaces qualifi�es � une peine privative de libert� de 12 ans, sous d�duction de la d�tention avant jugement, et ordonn� un traitement psychiatrique ambulatoire.
Par jugement du 30 ao�t 2012, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a tr�s partiellement admis l'appel form� par X.________. Elle l'a ainsi acquitt� du chef d'accusation de menaces qualifi�es, confirmant le jugement de premi�re instance pour le surplus.
En bref, il ressort les �l�ments suivants du jugement cantonal.
B.a X.________ a fait la connaissance de A.________ en 2002 alors qu'elle �tait mari�e. Une relation amicale a laiss� la place � des sentiments amoureux. Afin que X.________ puisse rester en Suisse, A.________ a convaincu l'une de ses amies de l'�pouser. A.________ a divorc� en 2005 et X.________ en 2006, et tous deux se sont mari�s en novembre 2006. Ils habitaient toutefois ensemble d�j� depuis 2003 et jusqu'en octobre 2007. Ils ont divorc� en novembre 2010. Au moment du d�p�t de la demande unilat�rale de divorce form�e par A.________ en janvier 2010, les �poux �taient s�par�s depuis plus de deux ans.
Quelques mois apr�s le d�but de leur relation, X.________ est devenu violent verbalement et physiquement avec A.________, lui donnant des coups de poing et de pied sur tout le corps � l'exception du visage, seule partie visible.
B.b Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2007, A.________ a annonc� � X.________ son intention de le quitter. Apr�s avoir tent� de la faire changer d'avis, X.________ s'est rendu dans la cuisine, s'est empar� d'un couteau, s'est rendu dans la salle de bain o� se trouvait A.________ et lui a plac� le couteau sous la gorge. Il l'a maintenue ainsi sous la menace du couteau une bonne partie de la nuit, lui intimant l'ordre de prendre une d�cision, l'avertissant que si elle le quittait soit il la tuait, soit il se tuait. Sous les supplications de A.________, il l'a laiss�e partir, au petit matin, tout en l'avertissant que de toute fa�on cela finirait mal. A.________ n'est pas rentr�e chez elle et a trouv� refuge chez une amie. Un ou deux jours plus tard, X.________ s'est taillad� les cuisses au cutter et a �t� hospitalis� au CHUV, puis � la clinique psychiatrique de Prangins. D�s ce moment, le couple n'a plus v�cu ensemble.
B.c Le 15 janvier 2010, A.________ a d�pos� une demande unilat�rale en divorce. X.________ lui a demand� de la retirer pour la remplacer, apr�s avoir attendu les quelques mois n�cessaires � la conservation de son permis de s�jour, par une requ�te commune. Le 22 f�vrier 2010, A.________ a fait part, par t�l�phone, � X.________ qu'elle n'�tait pas oppos�e � cette solution, � la condition qu'un accord soit pass� � ce sujet chez son avocat. X.________ n'�tait pas d'accord avec cette solution. Peu avant 20h, il s'est rendu chez A.________. Il a entendu une voix d'homme � travers la porte. Il a t�l�phon� � son �pouse pour qu'elle le rejoigne dans le hall de l'immeuble, ce qu'elle a fait. Apr�s un bref �change, A.________ est retourn�e chez elle rejoindre l'ami qui s'y trouvait et avec lequel elle avait partag� un repas. X.________ l'a suivie par les escaliers et une fois devant sa porte a compos� le num�ro de t�l�phone qu'il avait rep�r� comme figurant � plusieurs reprises sur la facture de portable de A.________. En entendant le t�l�phone sonner dans l'appartement, X.________ a tent� de d�foncer la porte par de violents coups. A.________ a alors appel� la police tandis que son ami s'est enfui par le balcon. Comme X.________ continuait de donner des coups � la porte, A.________ lui a ouvert pour tenter de le calmer. X.________ s'est introduit dans l'appartement en repoussant son �pouse qui est tomb�e. Pendant qu'il faisait le tour de l'appartement pour retrouver l'intrus, A.________ s'est relev�e et s'est rendue dans le salon. X.________, ayant vu les restes d'un repas pour deux, la rejointe au salon, l'a pouss�e par terre, a arrach� la prise du t�l�phone et l'a rou�e de coups avec. Paralys�e par la douleur, A.________ est rest�e au sol pendant que X.________ s'est rendu � la cuisine pour se saisir d'un couteau � viande avec lequel il a poignard� son �pouse qui se trouvait toujours au sol. Apr�s plusieurs coups, le couteau s'est bris� et X.________ est retourn� � la cuisine chercher un �plucheur. Ce dernier s'est courb� et il a alors �t� cherch� deux autres couteaux avec lesquels il a continu� � poignarder A.________. La lame du troisi�me couteau s'est bris�e apr�s s'�tre tordue. X.________ s'est empar� du quatri�me couteau qui a commenc� � se courber sous la violence des coups qui n'ont cess� qu'� l'intervention de la police, qu'avait �galement appel�e une voisine alert�e par les hurlements de A.________. X.________ a ainsi donn� quarante-quatre coups de couteau � A.________.
A.________ a souffert de quarante-quatre plaies cutan�es au niveau du tronc, de l�sions h�patiques des segments IV et VI et de l�sions de la s�reuse gastrique par plaie p�n�trante abdominale. Elle a subi une laparotomie exploratrice. Une r�vision de la cavit� abdominale avec suture du p�ritoine gastrique et h�mostase de deux plaies h�patiques ont �t� r�alis�es, de m�me que des sutures des l�sions cutan�es. Elle a �galement souffert de multiples plaies palmaires et dorsales de la main gauche. Sa vie a �t� mise en danger. Elle a �t� hospitalis�e du 22 f�vrier au 3 mars 2010 dans le service de chirurgie visc�rale du CHUV.
B.d X.________ a �t� soumis � une expertise psychiatrique. L'expert a diagnostiqu� un �tat d�pressif moyen et un trouble de la personnalit� �motionnellement labile de type borderline, impliquant une difficult� accrue dans la gestion des situations de crises affectives et de s�paration. L'expert a indiqu� que X.________ avait sa pleine capacit� d'appr�cier le caract�re illicite de ses actes, mais que sa capacit� de se d�terminer d'apr�s cette appr�ciation conserv�e �tait diminu�e du fait de son trouble de la personnalit�, la diminution �tant estim�e de l�g�re � moyenne.
X.________ forme un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 30 ao�t 2012. Il conclut, sous suite de frais et d�pens, � son annulation et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision. Il requiert, par ailleurs, l'assistance judiciaire.
Le recourant soutient que son acte constituerait une tentative de meurtre passionnel et non d'assassinat. La cour cantonale aurait refus�, � tort, de retenir qu'il avait agi sous le coup d'une �motion violente excusable.
1.1 Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF). Il n'en va diff�remment que si le fait a �t� �tabli en violation du droit ou de mani�re manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, soit pour l'essentiel de fa�on arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 136 II 304 consid. 2.4 p. 313; sur la notion d'arbitraire, v. ATF 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). L'invocation de ce moyen ainsi que, de mani�re g�n�rale, de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel (art. 106 al. 2 LTF), suppose une argumentation claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287), circonstanci�e (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les r�f�rences cit�es).
1.2 Le meurtre passionnel (art. 113 CP) constitue une forme privil�gi�e d'homicide intentionnel, qui se distingue par l'�tat particulier dans lequel se trouvait l'auteur au moment d'agir. Celui-ci doit avoir tu� alors qu'il �tait en proie � une �motion violente ou se trouvait dans un profond d�sarroi que les circonstances rendaient excusables (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204).
L'�motion violente est un �tat psychologique particulier, d'origine �motionnelle et non pas pathologique, qui se caract�rise par le fait que l'auteur est submerg� par un sentiment violent qui restreint dans une certaine mesure sa facult� d'analyser correctement la situation ou de se ma�triser (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 203; 118 IV 233 consid. 2a p. 236).
Pour admettre le meurtre passionnel, il ne suffit pas de constater que l'auteur �tait en proie � une �motion violente, il faut encore que son �tat ait �t� rendu excusable par les circonstances (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 203 s.; 118 IV 233 consid. 2a p. 235 s.). Ce n'est pas l'acte commis qui doit �tre excusable, mais l'�tat dans lequel se trouvait l'auteur. Le plus souvent, cet �tat est rendu excusable par le comportement bl�mable de la victime � son �gard. Il peut cependant aussi l'�tre par le comportement d'un tiers ou par des circonstances objectives (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204 s.). L'application de l'art. 113 CP est r�serv�e � des circonstances dramatiques dues principalement � des causes �chappant � la volont� de l'auteur et qui s'imposent � lui (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 205). Pour que son �tat soit excusable, l'auteur ne doit pas �tre responsable ou principalement responsable de la situation conflictuelle qui le provoque (ATF 118 IV 233 consid. 2b p. 238; 107 IV 103 consid. 2b/bb p. 106).
L'examen du caract�re excusable de l'�motion violente ou du profond d�sarroi ne doit pas se limiter aux seules circonstances objectives et subjectives permettant d'expliquer le processus psychologique en oeuvre au moment des faits. Le juge doit, surtout, proc�der � une appr�ciation d'ordre �thique ou moral. L'�motion violente, respectivement le profond d�sarroi, ne doit pas r�sulter d'impulsions exclusivement ou principalement �go�stes ou ordinaires, mais appara�tre comme excusable ou justifi�e par les circonstances ext�rieures qui l'ont caus�e (ATF 82 IV 86 consid. 1 p. 88). Il faut proc�der � une appr�ciation objective des causes de ces �tats et d�terminer si un �tre humain raisonnable, de la m�me condition que l'auteur et plac� dans une situation identique, se trouverait facilement dans un tel �tat (ATF 107 IV 103 consid. 2b/bb p. 106). Il convient, � cet �gard, de tenir compte de la condition personnelle de l'auteur, notamment des moeurs et valeurs de sa communaut� d'origine, de son �ducation et de son mode de vie, en �cartant les traits de caract�re anormaux ou particuliers, tels que la maladie mentale, qui ne peuvent �tre pris en consid�ration que dans l'appr�ciation de la culpabilit� (ATF 108 IV 99 consid. 3b p. 102; 107 IV 103 consid. 2b/bb p. 106; 107 IV 161 consid. 2 p. 162).
1.3 En substance, la cour cantonale a retenu que l'�tat de bouleversement �motionnel mentionn� par les experts dont se pr�valait le recourant ne pouvait jouer qu'un r�le au stade de la fixation de la peine mais non quant � la qualification juridique de l'acte. Quand bien m�me cet �tat serait retenu, il ne pourrait �tre rendu excusable ni par un comportement bl�mable de l'intim�e, ni par les circonstances objectives. Une rupture, d'ailleurs consomm�e depuis plusieurs mois, ne pouvait conduire un �poux au d�sir de tuer la femme qui le quitte. Si le recourant avait essay� de tuer, ce n'�tait pas en raison d'un immense amour d��u, mais du fait qu'il n'avait jamais accept� la s�paration - qui durait pourtant depuis plusieurs mois - et les cons�quences que celle-ci �tait susceptible d'avoir sur son statut de police des �trangers.
1.4 Le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que s'il avait essay� de tuer l'intim�e, c'�tait en raison du fait qu'il n'avait jamais accept� la s�paration et les cons�quences que celle-ci �tait susceptible d'avoir sur son statut de police des �trangers. Il soutient qu'il ne se serait pas oppos� au principe du divorce, comme cela ressortirait d'un SMS adress� � l'intim�e le soir avant les faits.
Si le SMS auquel se r�f�re le recourant laisse certes entendre qu'il est pr�t � � faire son maximum pour que [l'intim�e] soit libre �, il n'en va pas de m�me des autres messages �chang�s ce soir-l� auxquels le recourant se r�f�re �galement. C'est ainsi qu'il a adress� deux autres messages, l'un indiquant � je t'aime tr�s fort. et je crois � une famille.je t'embrasse tr�s fort com m�me �, l'autre � Je sais je m excuse mais je sent que si notre derni� chance pr avoir une famille mon ange �. Ces messages d�montrent que le recourant tentait plut�t de reconqu�rir l'intim�e en lui proposant de faire un enfant et en lui demandant une derni�re chance. Cela ressort �galement des d�clarations de l'ami qui se trouvait chez l'intim�e le soir du drame � qui cette derni�re avait racont� son entretien du jour m�me avec le recourant au sujet du divorce (� En fait lui [le recourant] voulait se remettre avec elle [l'intim�e] et elle ne voulait pas �), dont le recourant admet lui-m�me qu'elles sont cr�dibles. Il n'�tait ainsi pas insoutenable, partant pas arbitraire, de retenir que le recourant s'opposait au divorce.
Le recourant soutient �galement que la cour cantonale aurait arbitrairement retenu qu'il avait refus� la condition pos�e par l'intim�e au report de la demande de divorce de quelques mois, � savoir qu'un accord �crit soit pass� chez son avocat. Ce faisant, le recourant ne fait qu'opposer une nouvelle fois sa propre version des faits � celle de la cour cantonale. On ne voit pas en quoi la d�claration de l'intim�e indiquant qu'elle �tait d'accord � de faire comme il [le recourant] voulait, qu'on le mette noir sur blanc � d�montrerait que ce dernier avait accept� cette condition, qu'elle ne fait que formuler. Appellatoire, son grief est irrecevable.
1.5 Le recourant soutient qu'il aurait agi en raison de la d�couverte d'apparences contraires � ce qu'aurait affirm� l'intim�e, cette d�couverte suscitant chez lui une �motion violente rendue excusable par le fait qu'elle lui retirait tout espoir de conserver son statut en Suisse. Ce faisant, le recourant se borne � opposer, une nouvelle fois, sa propre appr�ciation des faits � celle de la cour cantonale. Il soutient, � cet �gard, que la cour cantonale aurait arbitrairement omis de tenir compte des �changes de messages avec son �pouse dans les quelques jours pr�c�dents les faits. Ceux-ci d�montreraient que l'intim�e lui aurait fait croire qu'une reprise de la vie commune n'�tait pas exclue, � tout le moins qu'elle acceptait de retarder le divorce pour qu'il puisse conserver son permis de s�jour en Suisse, et qu'elle n'avait personne d'autre dans sa vie. Il se r�f�re ainsi � un message de l'intim�e, r�pondant aux sollicitations du recourant, indiquant � Khalid je t en prie laisse moi le temps les choses ne peuvent pas changer si vite, je t'appelle bient�t biz �, ainsi qu'� un autre message, toujours en r�ponse � ceux envoy�s par le recourant, indiquant � mais j'ai pas pr�vu de me marier arrete stp �.
Il ne ressort pas des messages all�gu�s par le recourant que l'intim�e aurait souhait� imm�diatement une reprise de la vie commune (� laisse moi du temps �), ni qu'elle n'entendait pas recevoir un ami � d�ner chez elle, mais seulement qu'elle n'avait pas l'intention de se marier avec quelqu'un d'autre. Contrairement � ce qu'affirme le recourant, les apparences dont il se pr�vaut n'�taient pas contraires aux affirmations de l'intim�e. Le fait de demander du temps au recourant, tout comme celui de lui indiquer une volont� de ne pas se remarier avec quelqu'un d'autre ne signifiait pas que l'intim�e entendait renoncer � toute vie sociale, notamment � recevoir un ami pour le d�ner. A cet �gard, le recourant ne pr�tend, ni ne d�montre que l'intim�e entretenait une relation amoureuse avec l'ami en question. Le fait de d�ner avec un ami ne signifiait pas non plus que l'intim�e n'entendait pas respecter sa proposition de retarder la demande en divorce pour permettre au recourant de conserver son permis, � la condition de passer un accord chez son avocat � ce sujet. Le recourant ne d�montre ainsi pas en quoi l'arr�t entrepris reposerait sur une constatation arbitraire des faits. Le grief du recourant doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
1.6 L'�tat de bouleversement �motionnel dont se pr�vaut le recourant a �t� constat� par les experts dans le cadre de leur analyse des troubles psychiatriques dont souffre le recourant. Ainsi, ils ont relev� que le recourant souffrait d'un trouble de la personnalit� �motionnellement labile qui avait pour cons�quence de limiter sa capacit� � pouvoir g�rer cette �motion, raison pour laquelle ils avaient envisag� une certaine diminution de sa responsabilit� p�nale. Conform�ment � la jurisprudence (cf. supra consid. 1.2 in fine), cet �l�ment pathologique n'a pas � �tre pris en compte pour ce qui concerne la qualification juridique de l'acte, et c'est � raison que la cour cantonale l'a exclu. Il convient ainsi d'examiner si un homme raisonnable, de la m�me condition que le recourant mais ne souffrant pas de sa pathologie, plac� dans la m�me situation conjugale et de police des �trangers aurait ressenti une �motion violente telle qu'il aurait pu �tre amen� � tenter de tuer son �pouse.
Selon les constations de faits de la cour cantonale, le recourant et l'intim�e �taient s�par�s depuis plusieurs mois et une proc�dure de divorce �tait en cours. Le recourant avait obtenu de l'intim�e qu'elle accepte de repousser sa demande de divorce des quelques mois n�cessaires � la conservation de son permis de s�jour. Celle-ci avait �mis comme seule condition qu'un document soit sign� � cet �gard chez son avocat. Ainsi, un homme raisonnable, qui a eu plusieurs mois pour se faire � l'id�e de la s�paration et qui a obtenu de son �pouse, sous une condition proportionn�e, qu'elle diff�re ses d�marches pour qu'il puisse conserver son permis de s�jour, ne se serait pas trouv� sous le coup d'une �motion telle, � la d�couverte du fait que son �pouse d�nait avec un homme chez elle, qu'il aurait pu �tre amen� � tuer celle-ci. On ne saurait consid�rer les circonstances comme suffisamment dramatiques pour amener un homme raisonnable � commettre un homicide. Sur la base des faits constat�s, sans arbitraire, par la cour cantonale, cette derni�re �tait donc fond�e � exclure la qualification de tentative de meurtre passionnel.
1.7 M�me � suivre la version du recourant (cf. supra consid. 1.5), la pr�tendue �motion violente sous le coup de laquelle il aurait agi n'�tait pas excusable. En effet, un homme raisonnable, dont l'�pouse de laquelle il est s�par� depuis plusieurs mois lui laisse entendre qu'une �ventuelle reprise de la vie commune n'est pas exclue et qu'elle n'entretient pas de relation amoureuse, d�couvrant qu'elle d�ne chez elle avec un autre homme, bien que l'on puisse admettre qu'il soit dans un certain �tat �motionnel, n'aurait pas �t� amen� � tenter de la tuer et ce m�me en tenant compte de la situation de police des �trangers du recourant. Dans ces circonstances aussi, la qualification de meurtre passionnel aurait �t� exclue.
1.8 Le recourant pr�tend �galement que la situation conflictuelle ne proviendrait pas du fait qu'il n'acceptait pas la volont� de l'intim�e de divorcer, comme l'a retenu la cour cantonale, mais des �changes de SMS susmentionn�s (cf. supra consid. 1.5). Ceux-ci �tant le fait de l'intim�e, le recourant ne serait pas � l'origine de la situation conflictuelle. Il semble en outre pr�tendre que l'intim�e aurait adopt� un comportement bl�mable en agissant contrairement � ce qu'elle aurait pr�tendu dans ses SMS.
Il ne ressort pas des faits que lors de la s�paration, l'intim�e aurait adopt� un comportement particuli�rement offensant ou humiliant. Le soir du drame, c'est le recourant qui s'est pr�sent� chez l'intim�e et qui lui a demand� des explications sur la pr�sence d'un homme chez elle. Il n'est pas �tabli que l'intim�e aurait �t� injuriante ou agressive lorsqu'elle lui a signifi� que cela ne le regardait pas, ce qu'elle avait parfaitement le droit de faire apr�s plusieurs mois de s�paration. Elle a ensuite quitt� les lieux pour retourner chez elle. Le recourant a lui-m�me provoqu� l'affrontement en se pr�sentant � la porte de l'appartement, en for�ant l'entr�e et en frappant l'intim�e sans autre motif que la pr�sence d'un homme chez elle. Il n'est nullement �tabli qu'au cours de la dispute, l'intim�e aurait eu un comportement bl�mable. Au demeurant, la situation conflictuelle provenait principalement du recourant qui, comme l'a constat� sans arbitraire la cour cantonale, s'opposait au divorce et ne supportait pas que son �pouse le contrarie. Quoiqu'il en soit, la condition jurisprudentielle de ne pas �tre principalement responsable de la situation conflictuelle est n�cessaire pour reconna�tre le caract�re excusable de l'�tat de l'auteur, mais elle n'est pas suffisante. C'est en effet l'ensemble des circonstances qui doit �tre examin�. En l'esp�ce, au vu des circonstances (cf. supra consid. 1.4 � 1.7), l'�tat du recourant n'est en rien excusable.
1.9 Au vu de ce qui pr�c�de, la cour cantonale pouvait, sans violation du droit f�d�ral, exclure que le recourant avait agi sous le coup d'une �motion violente excusable et, partant, la qualification de tentative de meurtre passionnel. Mal fond�, le grief doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
2.1 L'assassinat (art. 112 CP) se distingue du meurtre ordinaire (art. 111 CP) par le fait que l'auteur a tu� avec une absence particuli�re de scrupules. Cela suppose une faute sp�cialement lourde et d�duite exclusivement de la commission de l'acte. Pour la caract�riser, l'art. 112 CP �voque le cas o� les mobiles, le but ou la fa�on d'agir de l'auteur sont particuli�rement odieux, mais cet �nonc� n'est pas exhaustif. Pour d�terminer si l'on se trouve en pr�sence d'un assassinat, il faut proc�der � une appr�ciation d'ensemble des circonstances externes (comportement, mani�re d'agir de l'auteur) et internes de l'acte (mobile, but, etc.). Les ant�c�dents et le comportement de l'auteur apr�s l'acte sont �galement � prendre en consid�ration, s'ils ont une relation directe avec ce dernier et sont r�v�lateurs de la personnalit� de l'auteur. Il y a assassinat lorsqu'il r�sulte de l'ensemble de ces circonstances qu'il a fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compr�hensibles, g�n�ralement dans une grave situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang-froid, sans scrupules, qui d�montre un �go�sme primaire et odieux et qui, dans le but de poursuivre ses propres int�r�ts, ne tient aucun compte de la vie d'autrui. Chez l'assassin, l'�go�sme l'emporte en g�n�ral sur toute autre consid�ration. Il est souvent pr�t, pour satisfaire des besoins �go�stes, � sacrifier un �tre humain dont il n'a pas eu � souffrir. La destruction de la vie d'autrui est toujours d'une gravit� extr�me. Pour retenir la qualification d'assassinat, il faut cependant que la faute de l'auteur, son caract�re odieux, se distingue nettement de celle d'un meurtrier au sens de l'art. 111 CP (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 13 s.).
ll n'y a pas d'absence particuli�re de scrupules, sous r�serve de la fa�on d'agir, lorsque le motif de l'acte est compr�hensible et n'est pas d'un �go�sme absolu, notamment lorsqu'il r�sulte d'une grave situation conflictuelle (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 14; 120 IV 265 consid. 3a p. 274). Une r�action de souffrance fond�e s�rieusement sur des motifs objectifs imputables � la victime exclut en g�n�ral la qualification d'assassinat (ATF 118 IV 122 consid. 3d p. 129). Il faut en revanche retenir l'assassinat lorsqu'il ressort des circonstances de l'acte que son auteur fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui (ATF 120 IV 265 consid. 3a p. 274; 118 IV 122 consid. 2b p. 126).
2.2 La cour cantonale a retenu, sans arbitraire (cf. supra consid. 1.4), que si le recourant avait essay� de tuer l'intim�e ce n'�tait pas en raison d'un immense amour d��u, mais du fait qu'il n'avait jamais support� la s�paration, qui durait pourtant depuis plusieurs mois, et les cons�quences que celle-ci �tait susceptible d'avoir sur son statut de police des �trangers. Il avait agi car il ne supportait pas que son �pouse veuille la s�paration et, qui plus est, selon les conditions qu'elle posait, alors qu'il assimilait toute opposition de celle-ci � sa propre volont� comme un manque de respect envers lui. Le recourant avait fait preuve, � l'�gard de l'intim�e, de violences r�p�t�es, verbales et physiques au cours des ann�es, la rabaissant et la d�nigrant. L'annonce de la s�paration en 2007 avait �t� le pr�texte � un �pisode de s�questration. Le soir du 22 f�vrier 2010, le recourant s'�tait pr�sent� au domicile de l'intim�e sous un nouveau pr�texte, soit de discuter des conditions du divorce alors m�me qu'il venait de refuser de n�gocier sur ce point. Cela d�montrait bien que, sauf volont� d'en d�coudre, rien ne justifiait que le recourant se pr�sente inopin�ment au domicile de l'intim�e. Il avait d�montr� une absence de scrupules ainsi qu'un �go�sme crasse et primaire. C'est ainsi qu'il avait frapp� l'intim�e, la faisant tomber au sol, avait arrach� le fil du t�l�phone, puis commenc� � la poignarder alors qu'elle �tait toujours � terre et hurlait. Il avait fait preuve d'un d�cha�nement de violence exacerb�e en administrant quarante-quatre coups de couteau qu'il avait pris le soin de r�partir de la taille � la t�te, allant rechercher plusieurs couteaux pour remplacer ceux que la violence des coups avait cass�s. Cela d�notait d'une volont� d'an�antissement de la victime. Aucun comportement bl�mable de l'intim�e ne pouvait justifier cette haine homicide. Ayant mal support� la rupture de sa relation avec l'intim�e, le recourant avait �t� aveugl� par sa propension au d�nigrement et � la violence ainsi que par son d�sir de vengeance et avait fait preuve d'un m�pris total pour la vie d'autrui. Il ne supportait pas la contradiction et les cons�quences de la s�paration. Au regard des mobiles purement �go�stes et de la fa�on d'agir extr�mement brutale et d�termin�e du recourant, la qualification de tentative d'assassinat et non de tentative de meurtre devait �tre retenue.
2.3 Reprenant la th�se d�velopp�e � propos du meurtre passionnel, le recourant soutient qu'il aurait agi en raison de l'�tat �motionnel dans lequel il se serait trouv� � cause de la d�couverte d'un homme chez l'intim�e qui d�mentirait ce qu'elle lui aurait fait croire, c'est-�-dire qu'il y avait un espoir de reprise de la vie commune ou � tout le moins qu'elle acceptait de repousser de quelques mois la demande de divorce afin qu'il conserve son permis de s�jour. En substance, le recourant soutient qu'il a agi parce que le comportement de l'intim�e lui faisait craindre la perte de son permis de s�jour. Outre que ce mobile a �galement �t� retenu par la cour cantonale, il est tout aussi �go�ste que ceux de ne pas supporter la contradiction, la s�paration et ses cons�quences, ainsi que le d�sir de vengeance retenus par la cour cantonale. Au demeurant, la responsabilit� restreinte, l'�motion ou des particularit�s de caract�re n'excluent pas la qualification d'assassinat (arr�t 6B_359/2004 du 22 octobre 2004 consid. 2.2 5e paragraphe; 6S.21/2003 du 11 mars 2003 consid. 2.1 in fine et les r�f�rences cit�es). Ainsi, m�me si le recourant a agi sous le coup d'une certaine �motion, dont doit toutefois �tre exclue sa pathologie, il n'en demeure pas moins que ses mobiles, soit, la perspective de la perte de son permis de s�jour, la vengeance, le fait de ne pas supporter la contradiction et la s�paration, sont purement �go�stes. Au demeurant, comme d�j� relev� (cf. supra consid. 1.8), aucun comportement bl�mable, de nature � fonder une haine homicide, ne pouvait �tre reproch� � l'intim�e. Le recourant �tait pr�t, pour satisfaire son besoin de vengeance, � sacrifier la vie de l'intim�e dont il n'avait pourtant pas eu � souffrir. La mani�re d'agir ne vient nullement d�mentir l'absence particuli�re de scrupules que d�note le mobile de l'acte. Le recourant a ass�n� quarante-quatre coups de couteau, se rendant � deux reprises � la cuisine pour changer les couteaux qui s'�taient bris�s sous la force des coups. Il ne s'est arr�t�, malgr� les hurlements de l'intim�e, qu'avec l'intervention de la police. La sauvagerie avec laquelle le recourant a frapp� et poignard� l'intim�e d�note l'existence d'une d�termination et d'une grande froideur, qui r�v�lent le caract�re particuli�rement odieux de l'assassin.
En d�finitive, force est d'admettre que le recourant a agi dans des circonstances particuli�rement odieuses, pour des motifs purement �go�stes, avec d�termination et froideur. Tant les mobiles du recourant que les circonstances dans lesquelles il a agi manifestent une absence totale de scrupules qui justifie la qualification d'assassinat. C'est donc � bon droit que la cour cantonale a condamn� le recourant pour cette infraction. Mal fond�, le grief du recourant est rejet�.
Le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Il �tait d'embl�e d�nu� de chances de succ�s. L'assistance judiciaire doit �tre refus�e (art. 64 al. 1 LTF). Le recourant supporte les frais de la cause, qui seront fix�s en tenant compte de sa situation �conomique, qui n'appara�t pas favorable (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens au Minist�re public (art. 68 al. 3 LTF), ni � l'intim�e qui n'a pas �t� invit�e � proc�der (art. 68 al. 1 LTF).