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Timestamp: 2016-10-24 09:00:00+00:00
Document Index: 181464087

Matched Legal Cases: ['art. 29', 'art. 9', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 29', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 9', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 301', 'art. 298', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 317', 'art. 176', 'art. 276', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 66', 'art. 68']

5A_266/2015 � � Arr�t du 24 juin 2015
du 20 f�vrier 2015.
A.a.�A.A.________, n�e en 1977, et B.A.________, n� en 1970, se sont mari�s en 2008. De cette union est issu C.________, n� le 4 novembre 2010. En avril 2011, les �poux ont engag� E.________ en qualit� d'employ�e de maison et de gouvernante pour leur fils.
�Les �poux vivent s�par�s depuis le 1
er�d�cembre 2013 en tout cas. Depuis lors, B.A._______ occupe le domicile conjugal � U.________ alors que A.A.________ loue un chalet de neuf pi�ces � V.________ pour un loyer mensuel de 12'500 fr. Depuis la s�paration des parties jusqu'au 1er avril 2015, C.________ a v�cu avec sa m�re. La gouvernante a continu� de prendre soin de l'enfant aupr�s du parent chez qui il se trouvait, y compris durant certains week-ends.
A.b.�La situation financi�re des parties a �t� arr�t�e comme suit devant l'instance cantonale:
�Au b�n�fice d'un forfait fiscal, B.A.________ n'exerce aucune activit� lucrative. Il vit de sa fortune qu'il estime � 20-25 millions d'euros.
�A.A.________ per�oit un salaire mensuel net de 8'850 fr. environ de la soci�t� D.________ GmbH, dont elle est l'unique g�rante, qui exploite une galerie d'art � V.________. Elle d�tient en outre une fortune et/ou des revenus dont elle refuse de faire �tat, notamment en retenant les pi�ces comptables relatives � la situation financi�re de la soci�t� pr�cit�e, d�s lors qu'elle a �t� en mesure de s'acquitter d'une somme totale de 300'000 fr. (remboursement de pr�ts � son �poux et paiement d'honoraires � son avocat) apr�s la s�paration des parties et qu'elle a per�u 100'730 fr. r�sultant de la sous-location de son chalet pour la p�riode du 20 d�cembre 2014 au 3 janvier 2015.
�Les �poux menaient un train de vie durant la vie commune qui impliquaient des d�penses de 20'750 fr. par �poux.
B.a.�Le 22 d�cembre 2013, les �poux ont ouvert une action en divorce par requ�te commune avec accord complet. Au cours de l'audience du 15 mai 2014, les �poux ont remis en cause leur convention mais confirm� leur volont� de divorcer. Ils ont ensuite d�pos� chacun plusieurs requ�tes de mesures superprovisionnelles et provisionnelles afin de r�gler leur vie s�par�e, les derni�res du 21 ao�t 2014 (modifi�es en audience du 19 septembre 2014) portant notamment sur le sort de l'enfant (garde, curatelle �ducative) et la contribution d'entretien due � l'�pouse.
�Le 25 septembre 2014, le Service social du Saanenland a d�pos� un rapport portant sur le sort de l'enfant, dans lequel il recommandait le maintien de l'autorit� parentale conjointe avec une prise en charge principale par le p�re.
�Apr�s avoir tenu audience le 19 septembre 2014, au terme de laquelle elle a rendu une ordonnance partielle notamment sur la garde l'enfant, puis le 28 octobre 2014, la Pr�sidente du Tribunal civil d'arrondissement de l'Est vaudois a, par ordonnance de mesures provisionnelles du 18 d�cembre 2014, attribu� la jouissance du domicile conjugal � B.A.________, ratifi� une convention des parties du 19 septembre 2014, laquelle pr�voyait entre autres l'attribution provisoire de la garde de l'enfant � la m�re et r�servait le droit de visite du p�re jusqu'� fin mars 2015, et astreint B.A.________ � contribuer, du 1
er�d�cembre 2013 au 31 mars 2015, � l'entretien de son fils par le versement d'un montant mensuel de 2'000 fr., les allocations familiales et diff�rents frais �num�r�s �tant dus en sus, et, d�s le 1
er�d�cembre 2013, � l'entretien de son �pouse par le versement d'un montant mensuel de 23'950 fr. Elle a ensuite attribu� la garde de C._______ � B.A.________ d�s le 1
er�avril 2015, sous r�serve du droit de visite de la m�re. Enfin, elle a condamn� B.A.________ � verser en mains du conseil de son �pouse le montant de 50'000 fr. � titre de�
provisio ad litem, ordonn� une expertise en lien avec le sort de l'enfant et nomm� un curateur de repr�sentation en faveur de celui-ci.
B.b.�Les deux parties ont form� un appel contre cette d�cision. B.A.________ a conclu � ce que la contribution d'entretien due � son �pouse soit r�duite � 12'000 fr. par mois et � ce qu'il ne lui doive aucune�
provisio ad litem. A.A.________ a conclu � ce que la garde de C.________ lui soit confi�e, sous r�serve du droit de visite du p�re, � ce que sa contribution d'entretien soit fix�e � 46'055 fr., et � ce que la�
provisio ad litem�soit fix�e � 150'000 fr.
�Par ordonnance du 3 f�vrier 2015, la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� les mesures d'instruction requises par l'�pouse, notamment l'audition de t�moins, parmi lesquels des amis du couple et un psychologue qu'elle avait consult� au sujet de son fils, en estimant que ces preuves suppl�mentaires ne la feraient pas changer d'avis.
�Apr�s avoir tenu audience le 20 f�vrier 2015, la Juge d�l�gu�e a, par arr�t du m�me jour, rejet� l'appel de A.A.________ et admis partiellement celui de B.A.________. Elle a astreint celui-ci � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement d'un montant de 14'300 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2013, sous d�duction des montants d�j� vers�s, et dit qu'il ne devait aucune�
Par acte post� le 30 mars 2015, A.A.________ exerce un recours en mati�re civile devant le Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Elle conclut principalement � son annulation et au renvoi de la cause pour nouvelle instruction et nouvelle d�cision. Subsidiairement, elle conclut � sa r�forme en ce sens que l'attribution de la garde de C.________ soit maintenue en sa faveur, sous r�serve du droit de visite du p�re, � ce que B.A.________ soit condamn� � contribuer � l'entretien de l'enfant par le versement d'un montant mensuel de 2'000 fr. d�s le 1er d�cembre 2013, les allocations familiales et la prise en charge de diff�rents frais �num�r�s �tant dues en sus, � ce qu'il soit condamn� � contribuer � son entretien par le versement d'un montant mensuel de 46'055 fr. d�s le 1er d�cembre 2013, sous d�duction des montants d�j� vers�s, et � ce qu'il soit condamn� � verser un montant de 150'000 fr. � titre de�
provisio ad litem. Elle se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) ainsi que d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et dans l'application du droit (art. 9 Cst.).
�Des observations n'ont pas �t� requises. Toutefois, l'intim� a spontan�ment d�pos� une �criture par courrier post� le 16 mai 2015, � laquelle la recourante a r�pondu par courrier post� le 18 mai 2015.
Par ordonnance du 10 avril 2015, la requ�te d'effet suspensif de la recourante a �t� rejet�e quant au transfert de la garde de C.________, qui se trouve chez son p�re depuis le 1er avril 2015, mais accord�e quant aux pensions dues jusqu'� la fin du mois de f�vrier 2015.
�Par ordonnance du 16 avril 2015, la demande de reconsid�ration de l'ordonnance pr�cit�e d�pos�e par la recourante a �t� rejet�e.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige portant tant sur la garde que sur la contribution d'entretien due � l'�pouse, il est de nature non p�cuniaire dans son ensemble, de sorte que le recours est ouvert ind�pendamment de la valeur litigieuse. La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant partiellement succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5), de sorte que seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s ( "principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4).
�En particulier, une d�cision ne peut �tre qualifi�e d'arbitraire (art. 9 Cst.) que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit censur�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 138 I 305 consid. 4.4; 138 III 378 consid. 6.1; 137 I 1 consid. 2.6 et les r�f�rences). Partant, le recourant ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition, notamment en se contentant d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente. Il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 et les r�f�rences).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, la partie recourante ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t attaqu� que si elle d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf.�
supra�consid. 2.1); les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquent pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1; 133 III 585 consid. 4.1). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit pratiquement au m�me r�sultat: le Tribunal f�d�ral ne corrige les constatations de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le r�sultat de la d�cision (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 ).
�Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme en l'esp�ce, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3). Le recourant qui entend d�noncer la violation de l'art. 9 Cst. ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves. Une critique des faits qui ne satisfait pas aux exigence du principe d'all�gation est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3).
�Les faits nouveaux sont prohib�s dans la proc�dure f�d�rale (art. 99 al. 1 LTF). Il s'ensuit que l'�criture de l'intim� dans laquelle celui-ci se pr�vaut essentiellement d'une requ�te de mesures provisionnelles du 11 mai 2015 d'o� il ressortirait que la recourante aurait planifi� des vacances en Gr�ce avec son fils en �t� 2015 est irrecevable.
La recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) en reprochant � l'autorit� cantonale d'avoir refus� de prendre en compte des t�moignages �crits portant sur ses qualit�s de m�re.
3.1.�Premi�rement, l'autorit� cantonale a consid�r�, en se fondant sur l'art. 317 al. 1 CPC, que les t�moignages �crits produits par la recourante �taient irrecevables d�s lors qu'ils �taient dat�s post�rieurement � l'audience des d�bats du 28 octobre 2014 et qu'ils auraient pu �tre produits en premi�re instance, ou que ces t�moins auraient pu �tre cit�s � compara�tre ou �tre amen�s en audience en premi�re instance. Deuxi�mement, elle a ajout� que cinq de ces t�moignages �crits (pi�ces 111, 112, 122, 126 et 127) provenaient de personnes dont elle avait refus� l'audition par lettre du 3 f�vrier 2015 et que trois d'entre eux (pi�ces 111, 122 et 126) provenaient de personnes qui avaient auparavant �t� cit�es � compara�tre � l'audience du 19 septembre 2014, mais que la recourante avait renonc� � faire t�moigner. Troisi�mement, elle a pr�cis� que, dans son t�moignage, le Docteur F.________, mandat� par la recourante, proc�dait � une simple appr�ciation du rapport du Service social du Saanenland du 25 septembre 2014 sans apporter de nouveaux �l�ments d�terminants concernant l'enfant et qu'il n'avait pas entendu le p�re. En dernier lieu, elle a estim� que, m�me � supposer que tous les t�moignages �crits seraient recevables, ceux-ci n'influeraient pas sur l'issue du litige s'agissant de l'attribution de la garde de l'enfant.
3.2.1.�La recourante soutient que les attestations �crites sont toutes post�rieures � l'audience des d�bats du 28 octobre 2014 et qu'elles r�pondent d�s lors aux conditions de l'art. 317 CPC dans la mesure o� elles n'auraient pas pu �tre produites plus t�t. Elle pr�cise qu'elle n'a consult� le Docteur F.________ qu'en janvier 2015, raison pour laquelle il �tait impossible de le citer en premi�re instance. Elle ajoute qu'elle a renonc� � l'audition de t�moins parce qu'elle s'est fi�e � la convention conclue le 19 septembre 2014 qui, selon elle, lui confiait la garde de l'enfant jusqu'au terme de la litispendance, de sorte qu'on ne peut lui reprocher de s'�tre montr�e n�gligente dans ses offres de preuves.
3.2.2.�Selon l'art. 317 al. 1 CPC, un moyen de preuve nouveau n'est pris en compte au stade de l'appel que s'il est produit sans retard (let. a) et ne pouvait l'�tre devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Pour les�
pseudo nova, il appartient au plaideur qui entend les invoquer devant l'instance d'appel de d�montrer qu'il a fait preuve de la diligence requise, ce qui implique notamment d'exposer pr�cis�ment les raisons pour lesquelles le moyen de preuve n'a pas pu �tre produit en premi�re instance (arr�ts 5A_445/2014 du 28 ao�t 2014 consid. 2.1; 5A_739/2012 du 17 mai 2013 consid. 9.2.2; 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 consid. 3.1). La maxime inquisitoire, applicable lorsque le juge est saisi de questions relatives aux enfants dans les affaires de droit de la famille (arr�t 5A_891/2013 du 12 mars 2014 consid. 5.1), ne dit pas jusqu'� quel moment les parties peuvent invoquer des faits ou des moyens de preuve nouveaux. Le Tribunal f�d�ral a d�s lors jug� qu'il n'est pas arbitraire d'appliquer l'art. 317 al. 1 CPC dans toute sa rigueur m�me dans le cadre d'une proc�dure soumise � cette maxime (arr�t 5A_22/2014 du 13 mai 2014 consid. 4.2, publi�
in�SJ 2015 I p. 17 et les r�f�rences; sur l'�tat de la jurisprudence f�d�rale, cf. Escher/Levante, Drei Jahre ZPO in Familiensachen,�
in�Siebte Schweizer Familienrecht�Tage, 23./24. Januar 2014 in Basel, 2014, p. 65 [76 s.]).
3.2.3.�En l'esp�ce, la recourante se trompe de grief lorsqu'elle invoque la violation de son droit d'�tre entendue. C'est l'application arbitraire de l'art. 317 CPC qu'elle aurait d� invoquer. Dans tous les cas, la recourante se m�prend manifestement sur le sens de l'art. 317 CPC lorsque, sans all�guer que les faits sur lesquels les t�moignages portent se seraient produits apr�s la cl�ture de la proc�dure probatoire de premi�re instance, elle affirme que, pour la seule raison que les attestations ont �t� �mises post�rieurement � l'audience de premi�re instance, elles seraient recevables. Or, la question � laquelle il faut r�pondre pour d�terminer si la condition de l'art. 317 al. 1 CPC est remplie est celle de savoir si le moyen de preuve n'aurait pas pu �tre obtenu avant la cl�ture des d�bats principaux de premi�re instance. Au surplus, la recourante ne peut pas s�rieusement penser �tre suivie lorsqu'elle invoque, comme explication au sujet des raisons l'ayant emp�ch�e de produire ces moyens de preuve en premi�re instance ou de requ�rir l'audition des personnes dont elle produit des d�clarations lors des enqu�tes men�es alors, qu'elle pensait que la garde de son fils lui �tait d�j� attribu�e et qu'elle n'a consult� le psychologue qu'en janvier 2015. La garde �tait pr�cis�ment l'objet principal du litige ainsi que de l'instruction qui �tait en train d'�tre men�e et les parties avaient chacune pris des conclusions sur ce point. Quant au d�but des consultations, la recourante ne pr�tend pas que celles-ci n'auraient pas pu avoir lieu plus t�t. Dans tous les cas, elle se borne � r�citer les comp�tences du psychologue; elle ne d�montre pas l'arbitraire de l'argumentation de l'autorit� cantonale qui, devant les consid�rations tr�s g�n�rales �mises par le psychologue (soit, en substance, qu'il est risqu� d'imposer un changement abrupte de garde � un enfant en bas �ge), a consid�r� que celui-ci n'apportait aucun �l�ment d�terminant pour la cause et n'avait proc�d� qu'� une simple appr�ciation du rapport du Service social du Saanenland, sans entendre les deux parents, de sorte que la force probante de ce t�moignage �tait restreinte.
�Il s'ensuit que le grief de la violation du droit d'�tre entendu doit �tre rejet�, pour autant que recevable. Dans la mesure o� la recourante reprend les �l�ments qui ressortent de l'un de ces t�moignages dans le grief qui suit d'arbitraire dans l'�tablissement des faits, ceux-ci seront ignor�s.
Bien qu'elle invoque l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits, la recourante reproche en r�alit� � l'autorit� cantonale d'avoir appr�ci� de mani�re arbitraire les circonstances du cas, en particulier les capacit�s �ducatives de chacun des parents, en confiant la garde de l'enfant au p�re.
4.1.�Pour �tablir les capacit�s �ducatives de chacun des parents, l'autorit� cantonale s'est fond�e sur les �l�ments suivants: le rapport du 25 septembre 2014 du Service social du Saanenland, qui, relevant que le bien de l'enfant n'�tait compromis par aucune des parties, avait toutefois recommand� que l'enfant f�t principalement pris en charge par le p�re; les d�clarations de la curatrice de l'enfant, qui avait recommand� de maintenir la garde � la m�re jusqu'au d�p�t du rapport d'expertise au motif qu'il n'y avait pas d'urgence � d�placer l'enfant; le comportement de la recourante avant et en cours de proc�dure, soit son courriel du 21 septembre 2013 d'o� il ressortait qu'elle ne sacrifierait pas sa vie pour son enfant, ses menaces de supprimer tout contact entre le p�re et l'enfant en raison d'un d�saccord au sujet de leur infirmi�re � domicile, son opposition � ex�cuter le droit de visite instaur� par mesures provisionnelles du 29 juillet 2014, son refus de signer une autorisation de voyager en faveur de l'enfant en raison d'un acte de proc�dure de son �poux qui lui d�plaisait, ses tergiversations et exigences pour se rendre avec l'enfant � Berne afin de faire renouveler le passeport de celui-ci, son manque de transparence sur le lieu o� avait s�journ� l'enfant pendant la sous-location de son domicile, son manque de compr�hension du lien unissant son fils � sa gouvernante qu'elle avait d'ailleurs song� � licencier selon un courrier d'octobre 2014, ses d�marches proc�durales guid�es par son propre int�r�t plut�t que par le bien de son enfant, et ses propos inappropri�s visant � discr�diter son �poux contenus dans son courrier du 27 octobre 2014 adress� au premier juge.
�L'autorit� cantonale a ensuite expos� les motifs pour lesquels elle accordait un poids particulier au rapport du Service social plut�t qu'aux d�clarations de la curatrice. Premi�rement, celle-ci n'avait pas connaissance de l'entier du dossier, en particulier de l'attitude de la recourante avant et pendant la proc�dure; deuxi�mement, la curatrice �tait avocate alors que le service social �tait constitu� de professionnels de l'enfance; troisi�mement, ses propres constatations sur le comportement de la recourante rejoignaient le contenu du rapport selon lequel la m�re ne semblait pas tr�s pr�occup�e par les questions d'�ducation, que sa conscience des besoins sp�cifiques de l'enfant ne s'�tait pas exprim�e tr�s fortement et qu'elle d�l�guait le travail d'�ducation au profit de ses int�r�ts personnels, alors que le p�re faisait preuve d'empathie et d'int�r�t pour le d�veloppement de l'enfant, et qu'il semblait tr�s concern� par l'�ducation et les besoins de son fils.
�Outre les capacit�s �ducatives des parents, l'autorit� cantonale a pris en compte les disponibilit�s de ceux-ci. Elle a retenu que le p�re ne travaillait pas et que, durant la vie commune, si l'enfant �tait plus souvent pris en charge par la gouvernante que par ses parents, c'�tait le p�re qui passait le plus de temps avec lui, alors que la m�re voyageait plusieurs semaines par ann�e pour son activit� professionnelle, qu'elle travaillait � plein temps entre No�l et f�vrier et � 50% � domicile le reste de l'ann�e.
�Sur la base de ces �l�ments, elle a confi� la garde de l'enfant au p�re.
4.2.1.�La recourante soutient en substance que l'autorit� cantonale a accord� un poids trop important au rapport du Service social du Saanenland par rapport � d'autres �l�ments du dossier qui d�montrent sa propre aptitude � s'occuper de son enfant, en particulier des d�clarations de la curatrice qui, selon la recourante, se serait " montr�e inqui�te par les changements et la structure que [le recourant] souhaite mettre en place autour de l'enfant ". Elle ajoute qu'il ne ressort ni du rapport du service pr�cit�, ni des d�clarations de la curatrice qu'il y aurait une urgence � modifier le droit de garde.
4.2.2.1.�Les nouvelles dispositions du Code civil relatives � l'autorit� parentale sont entr�es en vigueur le 1
er�juillet 2014 (RO 2014 357). Selon l'art. 12 al. 1 Tit. fin. CC, elles sont d'application imm�diate. La garde est une composante de l'autorit� parentale (sous l'ancien droit: ATF 136 III 353 consid. 3.2; sous le nouveau droit: arr�t 5A_46/2015 du 26 mai 2015 consid. 4.4.4; GLOOR/SCHWEIGHAUSER, Die Reform des Rechts der elterlichen Sorge: eine W�rdigung aus praktischer Sicht,�
in�FamPra.ch 2014 p. 10 [13 s.]). En l'occurrence, tant le premier que le second juge ont statu� apr�s le 1
er�juillet 2014. N�anmoins, m�me lorsque l'autorit� parentale reste conjointe, la garde de l'enfant peut �tre attribu�e � un seul des parents. Un parent ne peut pas d�duire du principe de l'autorit� parentale conjointe le droit de pouvoir effectivement s'occuper de l'enfant (arr�t 5A_46/2015 pr�cit� consid. 4.4.3). Si ce n'est la comp�tence de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant (art. 301a CC), le nouveau droit n'en modifie ni le contenu, ni les r�gles d'attribution, de sorte que les crit�res d�gag�s par la jurisprudence restent applicables (arr�t 5A_46/2015 pr�cit� consid. 4.4.2; S CHWENZER/COTTIER,�
in�Basler Kommentar, 5
�me��d., 2014, n�4 et 5 ad art. 298 CC).
4.2.2.2.�La r�gle fondamentale pour attribuer la garde est l'int�r�t de l'enfant. Au nombre des crit�res essentiels, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre parents et enfants, les capacit�s �ducatives respectives des parents, leur aptitude � prendre soin de l'enfant personnellement, � s'en occuper, ainsi qu'� favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution qui, au regard des donn�es de l'esp�ce, est la mieux � m�me d'assurer � l'enfant la stabilit� des relations n�cessaires � un d�veloppement harmonieux des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel. Lorsque le p�re et la m�re offrent des conditions �quivalentes, la pr�f�rence doit �tre donn�e, dans l'attribution d'un enfant en �ge de scolarit� ou qui est sur le point de l'�tre, � celui des parents qui s'av�re le plus disponible pour l'avoir durablement sous sa propre garde, s'occuper de lui et l'�lever personnellement. Si le juge ne peut se contenter d'attribuer l'enfant au parent qui en a eu la garde pendant la proc�dure, ce crit�re jouit d'un poids particulier lorsque les capacit�s d'�ducation et de soin des parents sont similaires (ATF 136 I 178 consid. 5.3; arr�t 5A_825/2013 du 28 mars 2014 consid. 4.3.1 et les r�f�rences).
�Pour appr�cier ces crit�res, le juge du fait dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Le Tribunal f�d�ral n'intervient que s'il s'est �cart� sans motif des principes �tablis par la doctrine et la jurisprudence, lorsqu'il s'est fond� sur des faits qui ne devaient jouer aucun r�le pour la solution du cas d'esp�ce, ou lorsque, au contraire, il n'a pas tenu compte de circonstances qui auraient imp�rativement d� �tre prises en consid�ration (ATF 132 III 97 consid. 1; arr�t 5A_319/2013 du 17 octobre 2013 consid. 2.1, publi�
in�FamPra.ch 2014 p. 177).
4.2.3.�En l'esp�ce, m�me si l'on suivait la recourante dans son argumentation principale selon laquelle ses propres capacit�s �ducatives auraient �t� mal �valu�es, rien dans le reste de son argumentation ne d�montrerait l'arbitraire de la d�cision dans son r�sultat. En effet, pour qu'on puisse arriver � une telle conclusion, il ne suffit pas que la recourante d�montre que la garde aurait tout aussi bien pu lui �tre confi�e, mais bien qu'il est arbitraire de l'attribuer au p�re. Or, les d�clarations de la curatrice, sur lesquelles la recourante fonde principalement son propos, ne discr�ditent en rien les capacit�s �ducatives du p�re et son investissement pour l'enfant, qu'elle rel�ve positivement d'ailleurs. Si la curatrice a conclu au maintien de la garde � la m�re, ce n'est pas en fonction ses capacit�s �ducatives qu'elle aurait jug� meilleures que celles du p�re, mais uniquement en raison du fait qu'elle trouvait ce changement pr�matur� au vu de l'expertise p�dopsychiatrique qui devait �tre rendue prochainement. En outre, la recourante ne s'attaque pas � l'argument de l'autorit� cantonale, qui l'a conduite � accorder un poids plus important au rapport du service social plut�t qu'� l'avis de la curatrice, selon lequel celle-ci n'avait pas connaissance du comportement de la recourante qui lui permettait de conclure en particulier qu'elle ne favorisait pas les contacts avec le p�re. Elle se borne � cet �gard � affirmer que la curatrice aurait d�clar� " conna�tre le dossier ". L� n'est pas la question; l'�l�ment d�terminant pour que l'argumentation de la cour r�siste � l'arbitraire est que la curatrice ne s'est pas prononc�e sur le comportement de la recourante avant et pendant la proc�dure.
�Pour le reste, la recourante ne s'attaque pas, ou seulement de mani�re appellatoire en se bornant � opposer � l'arr�t attaqu� de pures appr�ciations subjectives (cf. en particulier, n� 9 p. 11 du recours, premier par.), aux �l�ments autres que les capacit�s �ducatives des parents retenus pour attribuer la garde: la recourante a moins de disponibilit� que son �poux, qui ne travaille pas, pour prendre personnellement soin de l'enfant, elle n'a pas favoris� les contacts de son fils avec son p�re et celui-ci est le parent qui passait le plus de temps avec l'enfant durant la vie commune. Ensuite et surtout, m�me si l'enfant est rest� aupr�s de sa m�re depuis la s�paration des �poux et que ce crit�re rev�t une importance essentielle dans l'attribution de la garde, la recourante ne s'attaque pas � l'argument de l'autorit� cantonale qui a consid�r� que, en r�alit�, la personne de r�f�rence de l'enfant est sa gouvernante, � laquelle il est particuli�rement attach�. Par ailleurs, les d�clarations de la directrice de la garderie que fr�quente l'enfant, que la recourante cite aussi plusieurs fois, selon lesquelles l'�tat de C.________ s'est am�lior� depuis la s�paration des parents, ne permettent pas de conclure que ce changement est forc�ment d� au s�jour aupr�s de sa m�re; il est tout aussi possible que l'am�lioration r�sulte du fait que l'enfant soit moins expos� au conflit opposant ses parents depuis que ceux-ci se sont s�par�s. D�s lors, et compte tenu qu'il est �tabli que la gouvernante continuera � prendre soin de l'enfant aupr�s du p�re alors que la recourante a, au contraire, menac� � plusieurs reprises de la licencier, il n'appara�t pas arbitraire d'avoir confi� la garde au p�re, m�me si l'enfant n'est pas rest� aupr�s de lui durant la proc�dure cantonale. Enfin, l'argument de la recourante selon lequel il n'y aurait pas d'urgence � modifier la garde n'est pas pertinent: l'autorit� cantonale saisie d'un recours sur le prononc� de mesures provisionnelles �tait �videmment tenue de trancher la question de la garde.
�Il s'ensuit que le grief d'arbitraire dans l'attribution de la garde de l'enfant doit �tre rejet�, pour autant qu'il soit recevable.
La recourante reproche ensuite � l'autorit� cantonale d'avoir appr�ci� de mani�re arbitraire sa fortune et ses revenus.
5.1.�L'autorit� cantonale a tout d'abord jug� que la pi�ce n� 110 (attestation de la fiduciaire du 3 f�vrier 2015) produite par la recourante en appel �tait irrecevable, d�s lors qu'il y �tait fait mention de sa situation financi�re depuis le 1
er�janvier 2014 et que ces informations auraient pu �tre produites en premi�re instance. Elle a ensuite consid�r� que la recourante n'avait pas collabor� � l'�tablissement des faits relatifs � sa situation financi�re en refusant de produire les pi�ces comptables relatives � sa soci�t�, dont la situation restait opaque, ou tout autre document attestant de sa situation financi�re personnelle. L'autorit� cantonale a constat� que la recourante percevait un salaire de sa soci�t�, d'un montant net de 8'851 fr. 90. Elle a �galement constat� que la recourante all�guait avoir proc�d� � des pr�l�vements personnels de 707'628 fr. sur le compte de sa soci�t� mais que, faute pour elle d'avoir rendu vraisemblable qu'elle aurait utilis� ces fonds pour son entretien ou celui de sa famille durant la vie commune, il s'agissait d'une dette personnelle de la recourante envers sa soci�t�. Aucune pi�ce ne prouvait que la situation financi�re de la soci�t� serait gravement ob�r�e et, m�me si on admettait l'existence d'un pr�t entre la soci�t� et la recourante, il n'y avait aucune raison pour laquelle la recourante devrait consacrer l'int�gralit� de son salaire au remboursement d'une dette qu'elle avait elle-m�me cr��e.
5.2.1.�La recourante rel�ve que la comptable de sa soci�t� a confirm� que le compte courant actionnaire pr�sentait un solde d�biteur de 700'337 fr. au 23 mai 2014. Elle affirme que cette dette doit �tre amortie et qu'elle est donc dans l'incapacit� de se verser un salaire. Elle ajoute que la pi�ce n� 110 l'atteste �galement et que cette preuve a �t� ind�ment �cart�e �tant donn� que, dat�e du 3 f�vrier 2015, elle porte sur l'exercice de 2014 et janvier 2015.
5.2.2.�En l'esp�ce, s'agissant de la recevabilit� de la pi�ce n� 110, la recourante m�conna�t � nouveau les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC (cf.�
supra�consid. 3.2.2), norme qu'elle n'invoque d'ailleurs m�me pas: elle ne saisit pas que, pour d�montrer que l'autorit� cantonale aurait appliqu� de mani�re arbitraire cette disposition, il ne suffit pas de d�clarer que cette pi�ce a �t� �mise � une date post�rieure aux d�bats de premi�re instance et qu'elle porte sur l'entier de l'exercice 2014 ainsi que sur janvier 2015; il faut d�montrer que c'est � tort que l'autorit� cantonale a retenu qu'elle aurait pu offrir des preuves au sujet de la situation financi�re de la soci�t� en premi�re instance d�j�. S'agissant de son obligation de rembourser sa soci�t�, la recourante se borne � r�p�ter que sa comptable a attest� d'une dette, alors que l'autorit� cantonale l'a elle-m�me relev�, mais elle ne s'attaque pas � la motivation juridique de cette autorit� sur les raisons qui l'ont amen�e � retenir que la recourante devait consacrer son salaire � son entretien plut�t qu'� ce remboursement.
�Le grief d'arbitraire dans l'�tablissement de son salaire et de sa fortune doit donc �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir �tabli de mani�re arbitraire le train de vie des parties durant leur vie commune pour fixer la contribution d'entretien.
6.1.�Sur la base d'un courriel du 1
er�ao�t 2013 dans lequel l'intim� avait arr�t� les d�penses mensuelles du couple � 45'000 fr. environ ainsi que de la constatation du premier juge selon laquelle le budget mensuel des vacances des parties �tait de 3'333 fr., l'autorit� cantonale a �tabli que le train de vie des parties durant la vie commune s'�levait � 20'750 fr. chacune, compte tenu du co�t de 6'800 fr. aff�rent � l'enfant. Elle a pr�cis� que la recourante avait indiqu� que son �poux �tait un " radin ", qu'elle avait �t� " peu g�t�e " durant son mariage et que le train de vie des �poux �tait peu �lev�; elle en a d�duit que le montant pr�cit� de 20'750 fr. paraissait d�s lors tout � fait ad�quat, l'�pouse ne pouvant pr�tendre qu'au maintien du train de vie qui �tait effectivement le sien, et non � un train de vie sup�rieur que la fortune de son �poux aurait permis d'assurer. Elle a ensuite consid�r� que, le bail du chalet ayant �t� conclu au seul nom de la recourante, celle-ci devait en assumer le paiement. A cet �gard, elle a pr�cis� que les contrats de pr�t que les �poux avaient sign�s en novembre et d�cembre 2013 en relation avec la location de ce chalet (garantie de loyer, avance de loyers et commission de courtage) �taient des contrats internes et n'avaient aucun lien avec le calcul de la contribution d'entretien. L'autorit� cantonale a alors d�duit du montant de 20'750 fr. le salaire de la recourante, par 8'850 fr.; elle a ajout� � ce montant les imp�ts � la source de 19,81% dus par la recourante. Suite � ces op�rations, elle a fix� la contribution d'entretien � 14'300 fr.
6.2.1.�La recourante affirme qu'il ressort des pi�ces n� s 10 et 10bis de son bordereau du 2 juin 2014 que l'intim� a consenti � la location du chalet qu'elle habite, qu'il a n�goci� les termes du contrat et qu'il s'est en outre engag� � en payer le loyer, de sorte qu'il revient � l'intim� de prendre en charge le co�t de ce logement; � d�faut, il faudrait alors au moins additionner le montant du loyer � la contribution d'entretien qui lui est due. Elle soutient ensuite que le train de vie ressort de la pi�ce n� 17 de son bordereau du 2 juin 2014 et de la pi�ce n� 42 du bordereau de l'intim� du 11 ao�t 2014 et que l'autorit� cantonale n'en a pas tenu compte. Enfin, la recourante soutient que l'autorit� cantonale s'est m�prise au sujet de son argument portant sur le caract�re �conome de l'intim�. Selon elle, celui-ci a v�cu en dessous de ses moyens et il est notoire qu'un contribuable impos� forfaitairement n'a int�r�t � l'�tre que si ses d�penses sont inf�rieures � ses revenus r�els. La recourante en conclut que " les calculs aventureux de l'arr�t sur le train de vie des parties, qu'il r�duit en-de�� du revenu imposable, en raison de l'avarice de l'intim�, ne sont m�me pas vraisemblables ". Elle ajoute encore que l'autorit� cantonale a omis de prendre en charge l'augmentation des charges du couple due � la s�paration ainsi que les imp�ts sur son revenu. Enfin, la recourante affirme qu'elle n'a pas refus� de produire des pi�ces.
6.2.2.�Par cette argumentation en grande partie appellatoire, la recourante ne d�montre pas l'�tablissement arbitraire des faits (cf.�
supra�consid. 2.2). En tant qu'elle affirme qu'il ressortirait de pi�ces que l'intim� se serait engag� � payer le loyer, elle ne s'attaque pas, alors qu'elle aurait d� le faire pr�liminairement, � la constatation de l'autorit� cantonale selon laquelle l'intim� s'est seulement engag� � lui pr�ter de l'argent. En tant qu'elle affirme que le train de vie des parties ressortirait de deux pi�ces, elle ne s'attaque pas � la constatation de l'autorit� cantonale selon laquelle ce train de vie pouvait �tre �tabli sur la base d'un courriel de l'intim�; au demeurant, elle ne d�crit m�me pas le contenu des pi�ces qu'elle cite et ne chiffre pas quel serait d�s lors le train de vie des parties. S'agissant de son argument sur le caract�re " �conome " de l'intim�, non seulement celui-ci repose sur de pures sp�culations, mais la recourante m�conna�t, en droit, la notion de train de vie pertinent pour fixer les contributions d'entretien, soit celui qui �tait effectivement men� par les parties durant la vie commune. Quant aux charges suppl�mentaires dues � la vie s�par�e que l'autorit� cantonale aurait omis de prendre en consid�ration, le loyer mis � part, qui sera examin� ci-apr�s (cf.�
infra�consid. 7), la recourante ne les chiffre m�me pas et n'all�gue pas avoir offert des preuves pour les d�montrer; s'agissant des imp�ts sur le revenu, la recourante ne s'attaque pas � la motivation en droit de l'autorit� cantonale sur ce point. Enfin, pour ce qui est des pi�ces qu'elle aurait produites, la recourante ne tire aucune conclusion de cet argument sur le r�sultat de l'arr�t attaqu�; en particulier, elle n'expose pas quel �l�ment de fait susceptible de d�terminer le train de vie des parties il en ressortirait.
�Il s'ensuit que le grief d'arbitraire dans l'�tablissement du train de vie doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
7.1.�L'autorit� cantonale a appliqu� la m�thode fond�e sur les d�penses indispensables au maintien du train de vie men� avant la s�paration pour fixer la contribution d'entretien de la recourante. Elle a arr�t� ce train de vie � 20'750 fr. par personne sur la base d'un courriel du 1
er�ao�t 2013 r�dig� par l'intim�, en pr�cisant qu'il �tait vraisemblable que l'intim� ne payait pas d'hypoth�que sur le chalet qu'il avait acquis � U.________. Elle a ensuite jug� que le loyer mensuel de 12'500 fr. du chalet � V.________, o� la recourante habitait depuis la s�paration des parties, �tait compris dans ce montant, au motif que celui-ci constituait la limite sup�rieure de l'entretien. L'autorit� cantonale a ajout� que la location d'un chalet de neuf pi�ces pour un loyer de 12'500 fr. apparaissait manifestement excessive par rapport au budget de la recourante et encourageait vivement celle-ci � trouver un autre logement correspondant � ses moyens.
7.2.1.�La recourante soutient que la s�paration implique n�cessairement des charges suppl�mentaires et que le train de vie auquel elle a le droit s'entend comme le standard de vie choisi d'un commun accord. Elle affirme en outre que le chalet qu'elle loue correspond au standard de vie sur lequel les parties s'�taient mises d'accord, vu " l'immense et luxueux chalet de U.________ " dans lequel elles vivaient avant la s�paration. Elle conclut que le montant du loyer du chalet doit d�s lors �tre ajout� au montant relatif � son train de vie.
7.2.2.1.�Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (art. 276 al. 1 2
�me�phr. CPC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des conjoints. Le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux, l'art. 163 CC demeurant la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1). Quelle que soit la m�thode appliqu�e pour fixer la contribution d'entretien, le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien (arr�t 5A_445/2014 du 28 ao�t 2014 consid. 4.1, publi�
in�FamPra.ch 2015 p. 217).
7.2.2.2.�En cas de situation financi�re favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur soit maintenu. Pour fixer la pension, il faut alors se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (cf. not. ATF 140 III 485 consid. 3; arr�t 5A_440/2014 du 20 novembre 2014 consid. 4.2.1 et les autres r�f�rences).
�La limite sup�rieure � l'entretien que constitue le train de vie de la famille avant la s�paration ne se comprend pas en num�raire. En effet, la s�paration, notamment l'existence de deux m�nages, implique n�cessairement des charges suppl�mentaires. Le train de vie au maintien duquel le cr�direntier a droit lorsque la situation financi�re le permet s'entend donc comme le standard de vie choisi d'un commun accord (arr�t 5A_248 2012 du 28 juin 2012 consid. 6.2).
7.2.2.3.�Seuls les frais de logement effectifs ou raisonnables doivent �tre pris en consid�ration dans le calcul des charges des �poux, menant � celui de la contribution d'entretien (arr�ts 5A_905/2014 du 12 mai 2015 consid. 3.3; 5A_365/2014 du 25 juillet 2014 consid. 3.1; 5A_748/2012 du 15 mai 2013 consid. 5.2.2; 5A_361/2012 du 27 novembre 2012 consid. 6.1).
7.2.3.�En l'esp�ce, dans sa motivation, l'autorit� cantonale a manifestement viol� les r�gles qui pr�c�dent en estimant que le montant de 20'750 fr. permet � la recourante de maintenir son train de vie ant�rieur, alors qu'elle a �galement retenu en fait que ce montant ne comprenait pas de frais hypoth�caires. Ce faisant, l'autorit� cantonale est partie du principe erron� que le train de vie s'entend en num�raire. Au montant de 20'750 fr., il aurait fallu ajouter les frais suppl�mentaires induits par la constitution de domiciles s�par�s que la recourante avait rendu vraisemblables, soit en l'occurrence le loyer. Si le logement choisi par la recourante ne correspondait pas au standard de vie du couple, l'autorit� cantonale aurait alors d� estimer le montant du loyer raisonnable et ajouter ce montant aux autres d�penses n�cessaires � maintenir le train de vie ant�rieur de la recourante.
�Cela �tant, dans son r�sultat, la d�cision ne viole pas l'art. 9 Cst. En effet, l'autorit� cantonale a �tabli que la recourante a vraisemblablement, en sus de son salaire de 8'851 fr. 90, une fortune et/ou des revenus suppl�mentaires dont elle n'a pas fait �tat, constatation que la recourante conteste mais n'attaque pas conform�ment aux exigences du principe d'all�gation. Pour calculer le besoin d'entretien de la recourante, l'autorit� cantonale n'a toutefois pris en compte que le salaire �tabli, de sorte que l'on doit consid�rer que la recourante b�n�ficie de ressources suppl�mentaires non chiffr�es. Il en r�sulte que la recourante ne d�montre pas que, avec ses propres moyens et la pension de 14'300 fr., elle ne parvient pas � maintenir son niveau de vie, m�me si on y ajoute un loyer de 12'500 fr., que l'autorit� cantonale a, au surplus, et sans que la recourante n'attaque cette appr�ciation, qualifi� d'excessif. La violation du devoir de collaboration dans l'�tablissement de la situation financi�re s'oppose pratiquement � ce que la recourante puisse se pr�valoir avec succ�s d'arbitraire pour toute question impliquant que l'on connaisse ses revenus et sa fortune.
La recourante reproche enfin � l'autorit� cantonale d'avoir rendu une d�cision arbitraire en refusant d'accorder une�
8.1.�L'autorit� cantonale a r�p�t� que la recourante r�alisait un salaire mensuel net de 8'851 fr. 90. et qu'elle percevait d'autres revenus et/ou poss�dait d'autres fonds. Elle en a conclu que la recourante n'avait pas �tabli qu'elle se trouvait dans le besoin au point qu'elle devrait entamer les moyens qui lui sont n�cessaires pour couvrir son entretien courant. L'autorit� cantonale a ajout� que la recourante n'avait en outre pas besoin de s'adjoindre les conseils de deux avocats, ce qui augmentait consid�rablement le montant des honoraires. Sur la base de ces �l�ments, elle a d�s lors jug� que la recourante n'avait pas droit � une�
8.2.�En l'esp�ce, la recourante se borne � r�p�ter qu'elle n'a pas d'autres ressources que sa soci�t� d�ficitaire et endett�e, que la valeur litigieuse du divorce est consid�rable et que l'intim� peut, par sa fortune, s'adjoindre l'assistance de trois avocats.
�Cette argumentation manifestement appellatoire, par laquelle la recourante ne fait qu'opposer son propre point de vue aux consid�rants de l'arr�t attaqu�, conduit � d�clarer irrecevable le grief d'arbitraire.
En conclusion, le recours est rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas allou� de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer sur le fond et s'est oppos� partiellement � tort � la requ�te d'effet suspensif (art. 68 al. 1 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � C.________ et � la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile au Tribunal cantonal du canton de Vaud.