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Timestamp: 2016-10-28 02:35:34+00:00
Document Index: 111267239

Matched Legal Cases: ['art. 29', 'in dubio', 'art. 305', 'art. 19', 'art. 10', 'art. 100', 'art. 100', 'in dubio', 'in dubio', 'in dubio', 'ATF ', 'art. 32', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 90', 'art. 277', 'art. 273', 'art. 277', 'art. 269', 'art. 277', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 100', 'art. 100', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 100', 'art. 100', 'art. 100', 'art. 100', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 100', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 100', 'ATF ', 'art. 100', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 100', 'art. 152']

6P.157/2001 (16.01.2002)
6P.157/2001
6S.611/2001/svc
Composition de la Cour: M. Schubarth, Pr�sident, M. Wipr�chtiger et M. Kolly, Juges.
et le pourvoi en nullit� form�s par
l'arr�t rendu le 2 mai 2001 par la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois, dans la cause qui oppose le recourant au Minist�re public du canton deV a u d;
(art. 29 al. 2 Cst. , 32 al. 1 Cst. et 100bis CP: droit d'�tre entendu, principe "in dubio pro reo", placement
dans une maison d'�ducation au travail)
A.- Par jugement du 12 f�vrier 2001, le Tribunal criminel de l'arrondissement de La C�te a notamment condamn� X.________, ressortissant albanais n� le 25 ao�t 1974, pour infraction grave � la loi f�d�rale du 3 octobre 1951 sur les stup�fiants (LStup; RS 812. 121), blanchiment d'argent (art. 305bis CP) et infraction � la loi f�d�rale du 26 mars 1931 sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers (LSEE; RS 142. 20), � la peine de treize ans de r�clusion. Il a en outre ordonn� son expulsion du territoire suisse pendant quinze ans et l'a reconnu d�biteur de l'Etat de Vaud � hauteur d'une cr�ance compensatrice de 80'000 francs.
B.- Cette autorit� a retenu en bref ce qui suit:
a) D'ao�t 1998 au moins � f�vrier 1999, X.________ s'est livr� � un important trafic de stup�fiants.
Appartenant � un r�seau, il a exerc� son activit� principalement avec les d�nomm�s A.________ et B.________, alias Z.________. Il assurait l'approvisionnement aupr�s de grossistes, tandis que ses deux comparses se chargeaient de la vente au d�tail aupr�s des consommateurs.
Pendant la p�riode en cause, de 180 jours environ, il a ainsi acquis et vendu au moins 10 kg d'h�ro�ne, r�alisant un chiffre d'affaires et un b�n�fice �lev�, compte tenu d'un prix au gramme variant de 40 � 50 francs. En outre, il a vendu au moins 20 g de coca�ne.
b) Ces conclusions d�coulaient des faits suivants:
"- Entre le mois de juillet 1998 et le 16 f�vrier
1999, (...) X.________ a utilis� l'accus�e dame
E.________, son amie, pour dissimuler, transporter
ou envoyer � l'�tranger 92'500 fr. au moins
provenant de son trafic de drogue. (...).
-D�s le mois d'octobre 1998, l'accus� a admis
avoir vendu 1'170 g d'h�ro�ne pr�par�e par ses
soins avec 4 g de produit de coupage pour 5 g
d'h�ro�ne (...). Selon le m�me proc�d�, il a encore
vendu 500 g d'h�ro�ne suppl�mentaires
-Entre octobre 1998 et f�vrier 1999, � Cossonay,
l'accus� X.________, A.________ et B.________
(...) ont utilis� l'appartement de l'accus�e
dame E.________ afin de pouvoir recevoir de la
drogue et la conditionner dans des sachets pour
la vendre. Ils ont ainsi re�u et pr�par� 4 kg
d'h�ro�ne au moins.
-Vers la fin janvier 1999, l'accus� s'est appro- visionn� de 900 g d'h�ro�ne. Le 8 f�vrier 1999,
il en a livr� 300 g � C.________ (...). L'analyse
de cette drogue a r�v�l� un taux de puret�
variant entre 4,2 et 14,5 %. L'un des �chantillons
trouv� en possession de C.________ a r�v�l�
la pr�sence de Prom�tryne (herbicide).. "
En outre, l'int�ress� avait fourni en stup�fiants des toxicomanes, dont deux l'avaient convoy� dans le cadre de son trafic, � raison de deux, respectivement six � sept trajets, moyennant une r�mun�ration de 5 g d'h�ro�ne par voyage. Enfin, l'accus� avait vendu � B.________ 2,5 kg d'h�ro�ne pour 75'000 fr. A ce dernier �gard, le tribunal a refus� de tenir compte du t�moignage de B.________ aux d�bats, consid�rant que "le moins que l'on puisse dire est qu'il avait une m�moire s�lective s'agissant des quantit�s d'h�ro�ne vendue � X.________.. "
c) Ces faits ressortaient notamment d'une vaste enqu�te de police, aux r�sultats consign�s dans des rapports du 26 novembre 1999. Les enqu�teurs avaient men� de multiples auditions, notamment des consommateurs et, surtout, de dame E.________. Ils avaient de plus proc�d� � de nombreuses �coutes t�l�phoniques. A ce propos, ils avaient �tabli une repr�sentation graphique des connexions t�l�phoniques, qui r�v�lait, pour les journ�es du 9 au 24 f�vrier 1999 et du 27 f�vrier 1999, "que la seule et unique activit� de l'accus� lors de son s�jour en Suisse a consist� dans la mise sur pied et le contr�le de son trafic de produits stup�fiants".
Aux d�bats, les d�nonciateurs avaient pr�cis� que le relev� du t�l�phone cellulaire de X.________ comptait 3'848 appels entre le 18 septembre 1998 et le 25 f�vrier 1999. Ils estimaient de plus "que les mises en cause de dame E.________ sont absolument fiables et que les quantit�s d'h�ro�ne et les sommes d'argent �voqu�es par celle-ci sont un minimum: il ne faut en effet pas perdre de vue qu'au moment de rencontrer l'accus� en juillet ou en ao�t 1998, ce dernier �tait d�j� en Suisse depuis le mois de f�vrier 1998.. "
De son c�t�, l'accus� avait admis la vente ou la mise sur le march� de 2'570 g d'h�ro�ne (1'170 + 500 + 900), dont 600 g avaient �t� ramen�s � Zurich en raison de leur mauvaise qualit�. Il avait toutefois contest� pour le surplus les faits reproch�s. A cet �gard, le tribunal a retenu:
"La nouvelle et troisi�me version des faits donn�e
par l'accus�, d'apr�s laquelle il aurait �t� forc�
sous la menace d'autres Albanais de participer � un
trafic d'h�ro�ne est absolument farfelue et d�nu�e
de pertinence. (...) En cela, l'autorit� de jugement
se base non seulement sur les mises en cause
de dame E.________, qui n'a jamais vari� dans ses
versions m�me confront�e � l'accus� le 30 avril
1999 (auditions 3, 16 et 17), mais �galement sur
les �l�ments fournis par les d�nonciateurs, qui ont
r�alis� un travail tr�s fouill� et m�ticuleux, sur
les condamnations rendues � l'endroit de A.________
et des fr�res D.________ et C.________ (pi�ces 95
et 106), comparses cl�s dans la mise sur pied de ce
trafic de produits stup�fiants, sur la pi�ce 55
dont le tribunal n'a aucune raison de croire
qu'elle est le fruit de l'imagination de dame
F.________, elle-m�me objet d'une enqu�te distincte,
et sur les diff�rents t�moignages recueillis
au cours des d�bats. Enfin, l'accus� a admis
aux d�bats avoir jou� le r�le d'interm�diaire en
prenant les commandes d'h�ro�ne en particulier pour
A.________. Or, il n'est pas inutile de rappeler
que ce dernier a �t� condamn� le 26 avril 2000 pour
avoir vendu � lui seul et pour le compte de
X.________ 6,8 kg d'h�ro�ne.. "
d) Pour ces faits, X.________ a �t� reconnu coupable d'infraction grave au sens de l'art. 19 ch. 1 al. 2 � 6 et ch. 2 let. a � c LStup. S'agissant des circonstances aggravantes de la lettre a, le tribunal a encore pr�cis�:
"Il ne fait aucun doute au tribunal que les 92'500
fr. remis par l'accus� � dame E.________ � charge
pour elle de les dissimuler, de les transporter
puis de les envoyer � l'�tranger, correspondent bel
et bien au b�n�fice r�alis� par l'accus� par son
trafic de produits stup�fiants. En effet, il ressort
de l'instruction et des d�clarations m�mes de
l'accus� que l'argent envoy� en Albanie �tait destin�
� l'entretien des siens, voire � l'achat d'une
maison pour ces derniers et non pas pour payer la
marchandise re�ue. D�s lors, partant du principe
que le b�n�fice minimum r�alis� par l'accus� sur
chaque sachet Minigrip de 5 g �tait de 45 fr., on
obtient une quantit� minimum �coul�e par X.________
de 10'277 g arrondis au gramme (...). En tenant
compte du taux de puret� le plus favorable � l'accus�,
soit 4,2 %, ces 10'277 g d'h�ro�ne vendus par
l'accus� repr�sentent environ 431 g d'h�ro�ne pure.
(...) Et en m�langeant notamment de l'herbicide �
l'h�ro�ne, l'accus� �tait parfaitement conscient du
danger qu'il faisait courir aux consommateurs.. "
e) Dans son rapport du 6 d�cembre 2000, l'expert psychiatre ayant examin� X.________ a relev� ce qui suit:
"(...) X.________ s'est donc montr� tr�s collaborant,
d�sireux de bien faire et de se montrer sous
le meilleur jour possible. (...) Comme il le reconna�t
lui-m�me, l'expertis� s'est souvent contredit
lors des auditions et a souvent menti; dans ce
sens, il ne nous est �videmment pas possible de
nous d�terminer quant au v�ritable cr�dit des propos
de X.________ (...). Pourtant, l'expertis� nous
est apparu comme plus d�muni que manipulateur
R�pondant aux questions relatives aux art. 10 et 11 CP, l'expert a conclu � "un �tat d�pressif moyen actuellement en r�mission partielle chez une personnalit� pr�psychotique � l'intelligence limite". La facult� de l'int�ress� d'appr�cier le caract�re illicite de son acte n'�tait pas diminu�e, tandis que celle de se d�terminer d'apr�s une appr�ciation l'�tait l�g�rement. Quant � la r�cidive, l'expert ne pouvait exclure que l'accus� commette � nouveau des actes punissables de m�me nature. Un encadrement solide, �ventuellement une mise sous tutelle, diminuerait probablement ce risque. En ce qui concernait une mesure d'�ducation au travail, l'expert a retenu:
"(...) l'accus� ne pr�sente pas un d�veloppement
caract�riel gravement perturb� ou menac�. (Oui,
l'accus� a souffert d'un �tat d'abandon, au sens
o�) l'expertis� a v�cu dans des conditions familiales
difficiles, ses parents divor�ant dans un contexte
de violence lorsqu'il est �g� de quatre ans;
par ailleurs, les acquisitions scolaires n'ont pu
�tre que partielles, en partie en raison du contexte
socio-�conomique dans lequel a v�cu
X.________. (...) X.________ nous est apparu comme
authentiquement motiv� � acqu�rir une formation
professionnelle; dans le cadre bien structur� de la
prison du Bois-Mermet, il n'a pr�sent� aucune difficult�
d'adaptation � un travail r�gulier. (...)
l'expertis� pr�sente un retard dans ses connaissances
scolaires de base et son niveau d'intelligence
est limite (Q.I. � 75). Il pr�sente cependant de
bonnes capacit�s d'adaptation et d'apprentissage
lorsqu'il est bien encadr�. (...) il semble avoir
les capacit�s et la volont� n�cessaires � accomplir
une formation professionnelle de base.. "
Aux d�bats, l'expert a pr�cis� que l'�tat d�pressif observ� n'�tait pas li� � la commission d'actes illicites.
Il a en outre estim� que le cadre structur� dont avait besoin X.________ importait peu. Quant � ses "manques s�lectifs", ils ne pourraient pas forc�ment �tre combl�s par le biais d'une formation.
f) S'agissant des circonstances personnelles de l'int�ress�, le tribunal a relev�:
"X.________ (...) a �t� �lev� par sa m�re en
Albanie. (...) Le 12 f�vrier 1998, il est arriv� en
Suisse (...) o� il a d�pos� une requ�te d'asile
(...). Alors que sa demande lui avait �t� refus�e,
il a s�journ� ill�galement � Yverdon jusqu'au
5 janvier 1999 avant de se rendre � Munich en Allemagne
(...). A la mi-f�vrier 1999, il est revenu en
Suisse (...) il a �t� intercept� le 25 f�vrier 1999
alors qu'il gagnait l'Italie (...). C�libataire, il
n'a personne � sa charge. Les renseignements de police
ne comportent rien de n�gatif et son casier
judiciaire est vierge. Enfin, dans un courrier du 29 janvier 2001, la Direction des maisons d'arr�t
et de pr�ventive, Prison du Bois-Mermet, a pr�cis�
que l'accus� travaillait � la cuisine depuis le
29 d�cembre 1999 � l'enti�re satisfaction du surveillant
responsable et que durant sa d�tention, le
comportement de X.________ a �t� bon, aucune sanction
disciplinaire n'ayant �t� prise � son endroit.. "
g) Quant � la peine, le tribunal a estim� "gravissimes" les fautes commises par l'accus�, d�s lors que, sans �tre lui-m�me toxicomane, l'int�ress� avait mis sur le march� une quantit� "impressionnante" de produits stup�fiants, et sur une p�riode tr�s courte, en y m�langeant en outre consciemment de l'herbicide. De plus, tout laissait croire que les faits retenus ne repr�sentaient qu'une petite partie du trafic r�el. L'int�ress� ne s'�tait pas satisfait de son statut de requ�rant d'asile et n'�tait "venu en Suisse visiblement que dans le seul but de tirer un profit plus que substantiel par son organisation criminelle". Par ailleurs, son comportement froid et calculateur d�notait une totale absence de scrupules. Il n'avait au demeurant jamais manifest� le moindre regret, devait �tre consid�r� comme dangereux et un risque de r�cidive n'�tait de loin pas exclu. A sa d�charge, il fallait tenir compte d'une l�g�re diminution de responsabilit�.
h) Enfin, si l'int�ress� �tait un jeune adulte au sens de l'art. 100 CP au moment d'agir, les motifs suivants emp�chaient de le placer dans une maison d'�ducation au travail:
"Premi�rement, l'exigence d'un d�veloppement caract�riel
gravement perturb� ou menac� pr�vue �
l'art. 100bis CP n'est � l'�vidence pas remplie si l'on se r�f�re � la r�ponse n� 11 du rapport d'expertise
du 6 d�cembre 2000. Deuxi�mement,
X.________ n'est manifestement venu en Suisse dans
le seul et unique but d'organiser un trafic extr�mement
lucratif de produits stup�fiants, d'assurer
ses propres besoins et ceux de sa famille rest�e en
Albanie (...). Troisi�mement, n'�tant pas lui-m�me
toxicomane, on ne saurait dire non plus que les infractions
reproch�es sont li�es � un d�veloppement
gravement perturb� ou menac� de l'accus�, qui s'est
complu dans la facilit�. Selon la m�re de l'accus�
(...), ce dernier a termin� ses �tudes et poursuivi
le gymnase. Il a effectu� son service militaire
avant de travailler comme ma�on, � Tirana. Aux dires
m�mes de l'accus�, il a encore des contacts
avec sa famille rest�e dans son pays natal, famille
qu'il a entretenue par son trafic de produits stup�fiants.
Ainsi, de par son comportement, l'accus�
d�note une attitude fonci�rement criminelle et m�me
plac� dans une maison d'�ducation au travail, il ne
se laisserait pas dissuader de commettre de nouveaux
crimes et repr�senterait un danger pour les
autres r�sidents.. "
C.- Statuant sur recours le 2 mai 2001, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois (ciapr�s:
le Tribunal cantonal) a repris les faits retenus par l'autorit� de premi�re instance et confirm� le prononc�.
D.- Agissant par les voies du recours de droit public et du pourvoi en nullit�, X.________ requiert le Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du 2 mai 2001 du Tribunal cantonal. Dans son recours de droit public, il invoque le principe in dubio pro reo et le droit d'�tre entendu.
Dans le pourvoi en nullit�, il se plaint du refus de le placer en maison d'�ducation au travail. Enfin, il demande l'assistance judiciaire.
E.- Le Tribunal cantonal s'est r�f�r� � son arr�t.
I. Recours de droit public (6P. 157/2001)
1.- Le recourant soul�ve une violation du principe in dubio pro reo.
a) Le recourant n'invoque la maxime "in dubio pro reo" qu'en ce qu'elle concerne la constatation des faits et l'appr�ciation des preuves. En ce sens, elle n'offre toutefois pas, en recours de droit public, une protection plus �tendue que celle de l'interdiction de l'appr�ciation arbitraire des preuves, si bien qu'elle n'a pas de port�e propre (cf. ATF 127 I 38 consid. 2a; 124 IV 86 consid. 2a; 120 Ia 31 consid. 2c et d et les r�f�rences cit�es). L'art. 32 al. 1 Cst. , entr� en vigueur le 1er janvier 2000, qui consacre sp�cifiquement la notion de la pr�somption d'innocence, ne fait que reprendre les principes pos�s dans ce domaine par la jurisprudence (FF 1997 I 1 ss, notamment p. 188/189; ATF 127 I 38 consid. 2b).
2.- Le recourant nie l'importance du trafic de drogue mis � sa charge. Les juges cantonaux se sont fond�s sur un b�n�fice total de 92'500 fr., soit de 9 fr.
par gramme, pour lui imputer un trafic portant sur plus de 10 kg de produits stup�fiants. Or, il est selon lui arbitraire de consid�rer cette somme de 92'500 fr. comme un b�n�fice: il ne s'agit que du produit de la vente de stup�fiants qu'il a reconnue, destin� comme tel en grande partie � ses fournisseurs. Du reste, contrairement � ce qu'a retenu l'autorit� intim�e, le dossier n'indique nullement qu'il aurait charg� son amie d'exp�dier cette somme - en tant que b�n�fice - � l'�tranger.
a) Certes, le jugement attaqu� est arbitraire dans la mesure o� il consid�re que le recourant a charg� dame E.________ d'envoyer � l'�tranger les 92'500 fr. en cause. En effet, comme le rel�ve le recourant, celle-ci n'a jamais fait �tat d'une telle mission et ses relev�s de versements postaux figurant au dossier sont insuffisamment probants � cet �gard (cf. rapports des 26 novembre 1999, n� 7.4).
Toutefois, cela ne signifie pas qu'il soit arbitraire d'imputer au recourant un trafic portant sur plus de 10 kg de produits stup�fiants ainsi qu'un b�n�fice de 92'500 fr. tir� de ce commerce. En effet, les autorit�s cantonales ne se sont pas born�es � se fonder sur ce montant pour �tablir l'�tendue du trafic mis � sa charge.
b) aa) Tout d'abord, les autorit�s cantonales ont �tay� leur conviction sur les dires de l'amie du recourant.
Celle-ci a notamment affirm� que son appartement avait servi au recourant et � ses comparses � recevoir et conditionner 4 kg d'h�ro�ne au moins, cette quantit� correspondant en outre, selon le dossier (auditions 3, 16 et 17 auxquelles se sont express�ment r�f�r�es les autorit�s cantonales), au stade avant m�lange.
bb) Puis, les autorit�s cantonales ont relev� les liens du recourant avec les fr�res C.________ et D.________ ainsi qu'avec A.________. Or, les fr�res C.________ et D.________ ont �t� condamn�s le 19 octobre 2000 par le Tribunal correctionnel d'arrondissement de la C�te pour un trafic de stup�fiants portant, selon ce jugement figurant au dossier, sur la vente d'au moins 5 kg d'h�ro�ne, le recourant apparaissant en outre comme leur principal fournisseur (jugement, p. 15 et 23). S'il est vrai que le recourant n'a admis leur avoir livr�, en une fois, que 300 g d'h�ro�ne, cette affirmation est d�s lors sujette � caution. De m�me, A.________ a �t� condamn� le 26 avril 2000 par le Tribunal correctionnel du district de Cossonay (jugement confirm� le 5 juillet 2000 par la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal puis le 1er f�vrier 2001 par le Tribunal f�d�ral [1P. 790/2000]), pour avoir acquis et vendu 6,8 kg d'h�ro�ne dont une partie avait �t� obtenue, selon le jugement figurant au dossier, � B�le, Zurich ou Gen�ve en compagnie du recourant (jugement, p. 6). De plus, le recourant a admis aux d�bats avoir jou� le r�le d'interm�diaire en prenant les commandes d'h�ro�ne en particulier pour A.________.
cc) Troisi�mement, les juges cantonaux se sont fond�s sur les rapports des d�nonciateurs du 26 novembre 1999 et sur leurs d�clarations aux d�bats. Comme l'a soulign� la d�cision attaqu�e, ceux-ci ont r�alis� "un travail tr�s fouill� et m�ticuleux". En particulier, ils ont tir� des communications t�l�phoniques des protagonistes un graphique - non contest� -, constituant pour le moins un indice important de la dimension r�elle de l'activit� du recourant. Enfin, ils ont indiqu� que le relev� du t�l�phone cellulaire du recourant comptait 3'848 appels entre le 18 septembre 1998 et le 25 f�vrier 1999, ce qui s'av�re tout aussi significatif � cet �gard.
dd) Ensuite, les juges cantonaux se sont r�f�r�s aux t�moignages des consommateurs. Certes, selon les d�tails donn�s par l'arr�t querell� (p. 9), les quantit�s achet�es par ceux-ci (hormis B.________) au recourant sont comparativement basses, soit au total 60 g d'h�ro�ne, 15 g de coca�ne et 5 boulettes de ce m�me stup�fiant, ainsi que 40 � 45 g d'h�ro�ne r�mun�rant huit � neuf transports. Toutefois, d�s lors que ces voyages servaient au trafic de stup�fiants, leur fr�quence, ainsi que la nature de la r�tribution, constituent un indice suppl�mentaire de l'importance de ce commerce.
ee) Enfin, les autorit�s cantonales se sont appuy�es sur la "pi�ce 55". Selon le Tribunal cantonal, ce document consiste en un rapport de gendarmerie r�sumant une conversation t�l�phonique entre B.________ et son amie dame F.________, dont il ressort que B.________, alors en Italie, a contact� t�l�phoniquement la gendarmerie vaudoise par l'interm�diaire de son amie et a spontan�ment reconnu s'�tre procur� 2,5 kg d'h�ro�ne aupr�s du recourant.
Plus pr�cis�ment, d'apr�s cette pi�ce figurant au dossier, c'est dame F.________ qui a appel� en Italie, du poste de gendarmerie, son ami d�sireux de contacter la police. Oeuvrant au surplus comme interpr�te, c'est elle aussi qui a r�p�t� les propos en cause de B.________.
Ainsi que le rel�ve le recourant, ce document est sujet � une certaine caution. D'une part en effet, il repose finalement sur les seuls dires de dame F.________.
D'autre part, il contredit les d�clarations de B.________ aux d�bats, o� celui-ci a reconnu n'avoir acquis du recourant que 200 � 350 g d'h�ro�ne. Toutefois, on ne voit pas pourquoi dame F.________ aurait menti; de m�me, il est ais�ment concevable que B.________ se soit r�tract� une fois en main de la justice suisse, aux fins de prot�ger ses propres int�r�ts. Par ailleurs, la pi�ce 55 n'a �t� utilis�e qu'� titre de renseignement, parmi d'autres �l�ments, de sorte que sa prise en consid�ration dans ces limites ne viole pas le droit d'�tre entendu, contrairement � ce que pr�tend le recourant.
ff) Quant au chiffre de 92'500 fr. lui-m�me, il ressort du dossier, soit des auditions pr�cit�es de dame E.________ selon laquelle cette somme provenant du trafic de stup�fiants lui a �t� donn�e "� garder" par son ami, en plusieurs fois (30'000, 20'000, 15'000, 18'000, 5'000 et 4'500). Or, conform�ment � ce que retient le Tribunal cantonal, la th�se soutenue par le recourant, selon laquelle les 92'500 fr. repr�sentaient le prix d'achat que lui-m�me devait verser � ses fournisseurs, n'est pas cr�dible:
d'une part, il est invraisemblable que ceux-ci l'aient laiss�, livraisons apr�s livraisons, accumuler une telle dette; d'autre part, il ressort de la d�cision attaqu�e et du dossier (rapports du 26 novembre 1999, nos 2.2.2 et 2.2.5) que le recourant contribuait � l'entretien des siens en Albanie, voire entendait leur acheter une maison, ce qui n�cessite des fonds importants. Par ailleurs, � supposer m�me que ces sommes n'aient pas �t� exp�di�es en Albanie, mais aient successivement servi � des achats ult�rieurs de stup�fiants, cela ne favoriserait en tout cas pas la cause du recourant.
c) Dans ces conditions, m�me si aucun des �l�ments pr�cit�s ne permet en soi de conclure � un trafic portant sur plus de 10 kg de coca�ne et g�n�rant un b�n�fice de 92'500 fr., leur prise en consid�ration dans leur ensemble autorise d'admettre un tel r�sultat sans violer le principe de la protection contre l'arbitraire.
3.- Le recourant conteste les consid�rants de fait des autorit�s cantonales relatifs aux art. 63 et 100bis CP, selon lesquels il "n'est venu en Suisse visiblement que dans le seul but de tirer un profit plus que substantiel par son organisation criminelle" et, "par son comportement, (il) d�note une attitude fonci�rement criminelle et m�me plac� dans une maison d'�ducation au travail, il ne se laisserait pas dissuader de commettre de nouveaux crimes et repr�senterait un danger pour les autres r�sidents.. "
a) S'agissant des mobiles de sa venue en Suisse, le recourant affirme que leur expos� lors de ses auditions, lors des investigations de l'expert psychiatre (p. 2 du rapport) ainsi que dans la lettre de sa m�re d�montre qu'ils sont �trangers � un trafic de drogue. En t�moigne du reste le fait que six mois se sont �coul�s entre son arriv�e en Suisse et le d�but de son activit� d�lictueuse.
Quant � son degr� de dangerosit� et de risque de r�cidive, le recourant souligne les propos de l'expert, selon lesquels il s'est "montr� tr�s collaborant, d�sireux de bien faire et de se montrer sous le meilleur jour possible" et, si une r�cidive ne pouvait �tre exclue, un encadrement solide diminuerait probablement ce risque.
Puis, le recourant rel�ve le courrier du 29 janvier 2001 de la direction de la Prison du Bois-Mermet, selon lequel il "travaillait � la cuisine depuis le 29 d�cembre 1999 � l'enti�re satisfaction du surveillant responsable et que durant sa d�tention, (son) comportement a �t� bon, aucune sanction disciplinaire n'ayant �t� prise � son endroit. " Enfin, le recourant note que son casier judiciaire est vierge.
b) Ces arguments ne permettent toutefois pas de conclure � un arbitraire dans les constatations de fait litigieuses.
Le recourant se borne � se r�f�rer � diff�rentes pi�ces sans indiquer lui-m�me quels mobiles, autres que le gain facile par le trafic de stup�fiants, l'ont attir� en Suisse. Dans cette mesure, il est douteux que ce grief soit recevable au regard des exigences de motivation pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Au demeurant, le motif consign� dans le rapport de l'expert psychiatre figurant au dossier, soit l'espoir de travailler en Suisse dans le b�timent gr�ce � l'aide de cousins exer�ant cette activit� dans notre pays, est peu cr�dible: d'une part l'expert a lui-m�me soulign� que le recourant avait souvent menti; d'autre part, les activit�s professionnelles de sa famille en Suisse sont loin de se cantonner au b�timent, d�s lors que, selon les rapports des d�nonciateurs, l'un de ses oncles s'est notamment rendu � trois reprises � Cossonay pour le fournir en stup�fiants.
Par ailleurs, il n'est pour le moins pas arbitraire de consid�rer le recourant fonci�rement criminel, dangereux et susceptible de r�cidive, d�s lors qu'il a particip�, en tant que grossiste dans un r�seau, au trafic de plus de 10 kilos d'h�ro�ne sur une p�riode de six mois, en utilisant un toxique comme produit de coupage, au surplus sans manifester de regret par la suite.
4.- Vu ce qui pr�c�de, le recours de droit public est mal fond� en tant que recevable.
II. Pourvoi en nullit� (6S. 611/2001)
5.- Saisi d'un pourvoi en nullit�, le Tribunal f�d�ral est li� par les constatations de fait contenues dans la d�cision attaqu�e (art. 277bis al. 1 PPF). L'appr�ciation des preuves et les constatations de fait qui en d�coulent ne peuvent pas faire l'objet d'un pourvoi en nullit�, sous r�serve de la rectification d'une inadvertance manifeste. Le recourant ne peut pas pr�senter de griefs contre des constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 273 al. 1 let. b PPF).
Le pourvoi en nullit�, qui a un caract�re cassatoire (art. 277ter al. 1 PPF), ne peut �tre form� que pour violation du droit f�d�ral et non pour violation directe d'un droit de rang constitutionnel (art. 269 PPF). La Cour de cassation n'est pas li�e par les motifs invoqu�s, mais elle ne peut aller au-del� des conclusions du recourant (art. 277bis PPF), lesquelles doivent �tre interpr�t�es � la lumi�re de leur motivation (ATF 126 IV 65 consid. 1; 124 IV 53 consid. 1; 123 IV 125 consid. 1).
6.- Le recourant se pr�vaut de l'art. 100bis CP.
a) Pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, la loi p�nale pr�voit, en fonction de ces cat�gories d'�ge, une approche progressive du syst�me de sanction des adultes. S'agissant en particulier des jeunes adultes, � savoir des auteurs �g�s, au moment d'agir, de plus de 18 ans mais de moins de 25 ans r�volus (cf.
art. 100 al. 1 CP), ils sont normalement soumis au droit ordinaire des adultes, � moins que ne soient remplies les exigences pos�es pour un placement dans une maison d'�ducation au travail au sens de l'art. 100bis CP (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 239; 121 IV 155 consid. 2a; 115 IV 8 consid. IIa p. 16; Stefan Trechsel, Kurzkommentar, 2e �d., Zurich 1997, n� 1 ad art. 100 CP).
Aux termes de l'art. 100bis ch. 1 CP, le juge peut, si l'infraction est li�e au d�veloppement caract�riel gravement perturb� ou menac� de l'auteur, � son �tat d'abandon, � sa vie dans l'inconduite ou � la fain�antise, prononcer, au lieu d'une peine, le placement dans une maison d'�ducation au travail, lorsque cette mesure para�t propre � pr�venir de nouveaux crimes ou d�lits.
Selon l'art. 100bis ch. 3 CP, tout intern� sera form� � un travail adapt� � ses capacit�s et lui permettant d'assurer son existence � sa lib�ration. L'affermissement de son caract�re, son d�veloppement intellectuel et corporel, l'accroissement de ses connaissances professionnelles seront encourag�s dans la mesure du possible.
En cons�quence, compte tenu des conditions pos�es � l'art. 100bis ch. 3 CP, le placement de l'art. 100bis ch. 1 CP appara�t comme une mesure visant � rem�dier par l'�ducation au travail et par l'affermissement du caract�re au d�veloppement caract�riel perturb� de jeunes adultes, et cela en vue de pr�venir de nouvelles infractions (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 239; 123 IV 113 consid. 4c p. 122; 100 IV 205 consid. 4). Constituent d'autres �l�ments d�terminants l'�tat d'abandon, la vie dans l'inconduite ou la fain�antise (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 239).
Un tel placement doit �tre r�serv� aux jeunes adultes qui peuvent encore �tre largement influenc�s dans leur d�veloppement et qui apparaissent accessibles � cette �ducation. Moins l'int�ress� semble encore mall�able, moins cette mesure peut entrer en consid�ration. En outre, les carences du d�veloppement pertinentes sous l'angle p�nal doivent pouvoir �tre combl�es par l'�ducation, en tout cas dans la mesure o� ce moyen permet de pr�venir une future d�linquance (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240; 123 IV 113 consid. 4c p. 122; 118 IV 351 consid. 2b et d).
Selon sa conception moniste, le placement - qui ne peut d�passer quatre ans (art. 100ter ch. 1 CP) - est prononc� en lieu et place d'une peine (art. 100bis ch. 1 CP). Or, la loi n'excluant pas qu'il soit ordonn� m�me en pr�sence de graves infractions (telles que le meurtre), la mesure de la peine qui serait sinon inflig�e devrait rester hypoth�tique et ne pas entrer en consid�ration (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240; 118 IV 351 consid. 2c � e).
Cependant, il convient de tenir compte de la dur�e suppos�e de la peine, au moins jusqu'� un certain point. En effet, plus elle appara�t importante, plus il y a lieu de douter de l'efficacit� d'une mesure �ducative et de durcir les exigences relatives au placement (ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240; 118 IV 351 consid. 2c et 2d). De m�me, plus l'auteur, pour des motifs tenant � sa structure de personnalit� et � ses actes, s'�l�ve dans l'�chelle d'approche du droit p�nal des adultes, plus il est susceptible d'�tre soumis exclusivement � celui-ci, plus les sp�cificit�s du droit p�nal des mineurs s'affaiblissent et plus le principe d'�galit� doit �tre pris en consid�ration (cf. ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240; 121 IV 155 consid. 2a; 118 IV 351 consid. 2e).
Par ailleurs, les auteurs dangereux n'ont pas leur place dans une maison d'�ducation au travail. D'une part, la dangerosit� parle d�j� en d�faveur de l'efficacit� de la mesure. D'autre part, de tels d�linquants peuvent mettre en cause la s�curit� des �tablissements: ces maisons, qui sont s�par�es de tous autres �tablissements (art. 100bis ch. 2 CP), ont une mission limit�e � l'�ducation et n'ont pas � assumer en premi�re ligne des probl�mes de s�curit�. Enfin, les auteurs dangereux peuvent exercer une mauvaise influence sur les autres intern�s.
Ainsi, pour statuer sur l'opportunit� d'un placement dans une maison d'�ducation au travail, il faut non seulement prendre en consid�ration la structure de personnalit� de l'int�ress�, mais �galement sa dangerosit�. Celle-ci doit �tre d�termin�e par un pronostic, notamment en fonction du type de d�lit et de la mani�re dont il a �t� commis.
Des actes de violence susceptibles d'�tre sanctionn�s par une peine �lev�e constituent en tout cas un indice de dangerosit�. Toutefois, ce qui est d�cisif est la dangerosit� de l'auteur, pas celle de l'acte (cf. ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 240 s.).
En r�sum�, le placement dans une maison d'�ducation au travail vise uniquement, compte tenu de ses objectifs tir�s du droit p�nal des mineurs, les auteurs qui peuvent encore �tre class�s, d'apr�s leur structure de personnalit� et leur mani�re d'agir, dans le large cercle de la d�linquance adolescente. Dans ce cadre, les crit�res essentiels permettant de prononcer un internement sont les carences dans le d�veloppement caract�riel (voire une "vie dans l'inconduite" ou une "fain�antise"), l'�ducabilit�, la pr�vention de la d�linquance et l'absence de dangerosit�. Si les conditions des art. 100 et 100bis CP sont remplies, le juge est tenu d'ordonner le placement (cf. ATF 125 IV 237 consid. 6b p. 241).
b) En l'esp�ce, plusieurs motifs s'opposent au placement du recourant dans une maison d'�ducation au travail.
aa) D'une part, si l'int�ress� �tait au moment d'agir un jeune adulte au sens de l'art. 100 CP, il ne peut �tre class� dans le cercle de la d�linquance adolescente.
En effet, alors �g� de vingt-quatre ans, il se situait dans la derni�re tranche de l'�ge requis. De plus, sa position dans le r�seau de trafiquants allant largement au-del� du simple ex�cutant, l'organisation mise en place, la dimension du commerce exerc� et l'utilisation de son amie � cet effet, d�montrent entre autres �l�ments que sa personnalit� correspondait bien � celle d'un adulte, et non d'un adolescent. En outre, s'il est vrai que les infractions commises ne peuvent �tre qualifi�es d'actes de violence � strictement parler, il n'en demeure pas moins que la quantit� des produits stup�fiants en cause, l'introduction d�lib�r�e d'un herbicide, l'absence de regrets, ainsi que, notamment, le fait que le recourant est venu en Suisse pour se livrer � ce trafic, t�moignent d'une certaine dangerosit� pour la maison d'�ducation au travail et pour les autres intern�s. A ce sujet, la question de savoir si ce degr� de dangerosit� est suffisamment �lev� pour s'opposer en soi � son placement, peut rester ind�cise, d�s lors que sa structure de personnalit� et ses actes emp�chent de toute fa�on de le consid�rer comme un d�linquant adolescent.
bb) D'autre part, comme l'a relev� le Tribunal cantonal, la r�ponse 11 de l'expert indique express�ment que le recourant "ne pr�sente pas un d�veloppement caract�riel gravement perturb� ou menac�". Or, le recourant ne remplit pas davantage les conditions alternatives de "vie dans l'inconduite" ou de "fain�antise" ni, contrairement � ce qu'il soutient, celle de "l'�tat d'abandon".
En particulier, si le recourant a v�cu selon l'expert "dans des conditions familiales difficiles, ses parents divor�ant dans un contexte de violence lorsqu'il est �g� de quatre ans", cette situation ne constitue pas un �tat d'abandon au sens de l'art. 100bis CP. En effet, selon les diverses d�finitions �manant de la doctrine, une telle situation survient en pr�sence d'une "dyssocialit� g�n�ralisante et continuelle caus�e par des soins �ducatifs insuffisants en quantit� et/ou en qualit�" (J�rg Rehberg, Strafrecht II, Strafen und Massnahmen, Jugendstrafrecht, 7e �d., Zurich 2001, � 11 n� 2b p. 126), quand le jeune adulte ne compte pas dans son entourage un minimum de relations susceptibles de l'assister moralement et mat�riellement lorsque le besoin s'en fait sentir (Patrick Rose, L'�ducation au travail des jeunes adultes d�linquants, th�se Lausanne 1987, Morges 1988, p. 77), en pr�sence d'une n�gligence dans les soins ou dans l'�ducation, imputable � ceux auxquels incombait ce devoir (Hans Schultz, Einf�hrung in den allgemeinen Teil des Strafrechts, vol. II, 4e �d., Berne 1982, p. 178) ou encore quand le jeune adulte est sans foyer et sans famille (ou que sa famille se d�sint�resse de lui) et qu'il manque visiblement d'appui (Paul Logoz, Commentaire du Code p�nal suisse, partie g�n�rale, 2e �d.
1976, p. 498; voir �galement G�nter Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Allg. Teil II, Berne 1989, � 13 n� 12 p. 451). Or, le recourant ne remplit aucune de ces hypoth�ses, d�s lors qu'il ressort de la d�cision attaque qu'il a �t� �lev� par sa m�re et qu'il conserve, aujourd'hui encore, des contacts avec sa famille rest�e dans son pays natal.
cc) Enfin, il n'a pas �t� �tabli qu'un tel placement soit la mesure ad�quate et n�cessaire (cf. Rehberg, op. cit. , � 11 n� 2d p. 126) pour d�tourner le recourant de nouvelles infractions.
Dans ces conditions, et quelles que soient les aptitudes du recourant � acqu�rir une formation professionnelle, les juges cantonaux n'ont pas m�connu le droit f�d�ral en refusant le placement requis.
c) Vu ce qui pr�c�de, le pourvoi est mal fond�.
7.- Le recours de droit public doit �tre rejet� en tant que recevable et le pourvoi en nullit� doit �tre rejet�. Le recourant a requis l'assistance judiciaire (art. 152 OJ). Ses recours n'�tant pas d'embl�e d�nu�s de chances de succ�s et son indigence pouvant �tre admise, il convient d'agr�er sa demande, de renoncer � percevoir des frais judiciaires et de verser � son mandataire une indemnit� � titre d'honoraires.
5. Dit que la Caisse du Tribunal f�d�ral versera au mandataire du recourant une indemnit� de 4'000 fr. � titre d'honoraires.
6. Communique le pr�sent arr�t en copie au mandataire du recourant, au Minist�re public du canton de Vaud et � la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois.