Source: http://gazettenucleaire.org/2013/270p23.html
Timestamp: 2018-03-18 07:32:36+00:00
Document Index: 87162225

Matched Legal Cases: ['§8', '§4', '§5', '§9', '§4', '§8', '§4']

GEOWATT AG RESOURCES (Zurich)
Rapport D1320/01:
Revue du déroulement des opérations du forage géothermique au Trias réalisé par l’ANDRA,
avis critique et seconde opinion sur l’évaluation du potentiel géothermique
Contact: Dr. Vincent Badoux/ badoux@geowatt.ch /+41 44 242 14 54
Le Comité Local d’Information et de Suivi (CLIS) a pour mission d’informer ses membres et les populations concernées sur les activés menées dans le laboratoire de recherche souterrain de Bure, exploité par l’Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
Les missions du CLIS sont les suivantes:
- recueillir le maximum de données (environnementales, épidémiologiques...) qui pourront servir de références dans l’avenir,
Suite à des demandes de la population locale à l’Andra, par l’intermédiaire du CLIS, le potentiel géothermique de la région de Bure a été évalué.
Selon l’Andra, dans l’Est du Bassin de Paris, seules les formations du Trias peuvent présenter un intérêt géothermique (Andra, 2005), T.1, §8.1.4). Le potentiel géothermique de l’aquifère du Trias a donc été évalué. Les résultats sont présentés dans la synthèse du programme de reconnaissance de la zone de transposition 2007-2008 ( (Andra, 2008), §4.3.3). A la vue de ces résultats, l’Andra considère que la ressource géothermique à l’échelle de la zone de transposition est faible (Andra, 2008, §5.3).
Certaines personnes se questionnent aujourd’hui sur la fiabilité de ces résultats et remettent en cause notamment les conditions dans lesquelles se sont déroulées les opérations de forage.
Dans le cadre de ses missions, le CLIS souhaite aujourd’hui clarifier ce point en mandatant un bureau d’expertise indépendant pour évaluer les conditions dans lesquelles s’est déroulé le forage.
Dans ce contexte, le CLIS a mandaté GEOWATT AG, société privée spécialisée en géothermie, basée à Zürich (Suisse). Les objectifs du mandat sont les suivants:
1 Procéder à une revue des rapports de forage et d’opération,
2 Emettre un avis critique sur le programme de forage, de tests et de logging,
3 Fournir une seconde opinion sur le potentiel géothermique de la région de Bure.
Les résultats des investigations menées par GEOWATT AG font l’objet du présent rapport.
2 Limites de la prestation
A la vue de la quantité d’information disponible, la première tâche a consisté en un cadrage de la prestation sur les opérations jugées significatives quant à l’évaluation du potentiel géothermique de l’aquifère du Trias.
Le cahier des charges d’exécution des forages en boue à base d’huile de la zone de transposition CCE_FZT2 constitue le programme de réalisation des forages en boue à base d’huile ou de polymère (pour le forage à objectif Trias).
Le cahier des charges est décrit dans le document Andra D.SP.0SCA.07.0007 qui constitue le document de base de la présente étude.
Le CCE_FZT2 comprends trois phases:
1. La phase de chantier en présence de l’appareil de forage,
2. La phase de mesures à long-terme après le départ de l’appareil de forage,
3. Des mesures de laboratoire hors-site.
Les objectifs de CCE_FZT2 sont résumés dans la partie 1 du document:
1 Fournir pour fin 2008 des éléments scientifiques permettant de préciser la variation éventuelle des caractéristiques du Callovo-Oxfordien en éclairant de manière homogène l’ensemble de la zone de transposition (en contribution au resserrement de la reconnaissance prévu au-delà de 2009, en vue de l’implantation d’un projet de stockage),
2 Compléter la connaissance phénoménologique à l’échelle de la zone de transposition et du secteur (en support aux dossiers prévus au-delà de 2011), cette connaissance concernant essentiellement les écoulements et les transferts dans les formations encaissantes et profondes, ainsi que l’évaluation des ressources géothermiques du Trias.
A ce titre, l’Andra souligne en section 1.4 qu’il est difficile de concilier deux objectifs différents dans un même forage. Le cahier des charges a ainsi été adapté en conséquence.
Les moyens mis en œuvre sont également résumées en section 1.5 du CCE_FZT2. Les différents objectifs (tant en termes de mode de foration qu’en termes de prestations scientifiques associées) ont conduit à scinder l’unité de programme en deux:
* une unité de programme «forage à l’air» (UP_FZT1), déjà rédigée (CCE_FZT1 : D.SP.0SCA.07.0004),
* une unité de programme «forage à l’huile» (UP_FZT2), objet du CCE concerné par la présente étude.
L’unité de programme «Forage à l’air» n’a pas été couverte par la présente étude, car non significative pour l’évaluation du potentiel géothermique au Trias.
Les forages concernés par le programme UP_FZT2 sont les forages EST413, EST423, EST433 et EST441 sur les différentes plates-formes A, B, C et D.
Seul le forage EST433 de la plateforme C a été prolongé jusqu’au Trias. Il s’agit du forage utilisé pour l’évaluation des ressources géothermiques du Trias au droit de la zone de transposition.
Les forages EST413, EST423 et EST441 n’ont pas été couverts par la présente étude. Seul le forage EST433 a été considéré.
Le forage EST433 a été réalisé pour répondre à de multiples objectifs, dont la caractérisation du Callovo-oxfordien. Ces études n’ont aucune implication importante en termes de potentiel géothermique du Trias et n’ont donc pas été couvertes par la présente étude.
En résumé, seules les opérations concernant les 300 derniers mètres (Trias) du forage EST 433 ont été couvertes par la présente étude.
Le résumé des prestations couvertes et non couvertes sont listée en Annexe 1.
4 Synthèse du cahier des charges et adéquation avec les rapports d‘exécution de forage, test hydrauliques, logging
L’objectif de ce chapitre est de vérifier l’adéquation entre le cahier des charges CCE_FZT2 et les rapports d’opération de forage, de tests hydrauliques et du programme de diagraphie (logging).
Dans un premier temps, l’ensemble du CCE_FZT2 a été passé en revue et les différentes prestations listées dans un tableau. Toutes les prestations non couvertes par la présente étude ont été marquée comme telle dans le tableau de synthèse (Annexe 1). Ces prestations sont jugées non significatives pour l’évaluation du potentiel géothermique au Trias.
Pour rappel, cela concerne les forages EST413, EST423 et EST441 ainsi que les prestations dans le Callovo-Oxfordien du forage EST433. Ainsi seuls les 300 derniers mètres du forage EST433 sont couverts par la présente étude.
L’examen des différentes prestations décrites dans le CCE_FZT2 démontre de manière générale une très bonne adéquation entre les prestations prévues par le CCE_FZT2 et les prestations réalisées.
Des programmes de forage, de tests hydrauliques et de logging sont planifiés sur la base d’informations indirectes de la structure et des propriétés du sous-sol, souvent à partir d’informations de surface, ou dérivées de forage adjacents. Il est donc tout à fait normal de constater des légères différences entre les prestations prévues et les prestations effectivement réalisées. Ces différences peuvent par exemple concerner des petites différences dans les cotes d’échantillonnage. Ces différences ne sont pas jugées significatives.
Quelques différences significatives ont néanmoins pu être constatées. Elles sont listées ci-dessous:
* Sur les trois tests hydrauliques prévus au Trias entre obturateurs dans le forage EST433 (§9.7.2, p103 et §4.5.5, p 194 du CCE_FZT2), seuls deux tests ont pu être réalisés.
(…) Le test 3 n’a pas pu être réalisé à cause de problèmes supposés de colmatage de l’outillage.
* Les logs de températures avaient été prévus en différé sur toute la longueur du forage, soit de 2.000 m jusqu’à la surface (§8.1.2, p 68 et §4.5.3,p 192 du CCE_FZT2). A cause du comblement du forage par des boues, les logs de température n’ont pas pu atteindre le fond du forage et s’arrêtent à une profondeur de 1855 m. Les 140 derniers mètres n’ont pas été mesurés par les diagraphies différées.
* Dans la partie III du CCE_FZT2 (programme après départ de l’appareil), il avait été prévu d’effectuer des pompages de longue durée, des diagraphies géochimiques et un test d’injectivité. L’objectif du test d’injectivité (Les tests d’injectivités sont réalisés pour tester la productivité d’un réservoir, en termes de débit. Comme une opération d’injection d’eau -pompe de surface- est plus simple et moins onéreuse qu’une opération de pompage -pompe de submersion au fond du puits-, ce type de test est préféré aux tests de pompage. Il est ensuite supposé que l’injectivité est égale à la productivité) était d’obtenir une valeur globale représentative de cette grandeur pour les formations du Trias. Ces tests n’ont pas été réalisés.
Selon l’Andra (communication écrite du 21.10.2013), «lors de la phase de tests dévolue en fin forage au programme de recherche académique une sonde de l’IPGP est restée bloquée à la base du Trias et n’a pu être repêchée. A la suite de ce coincement, le tube crépiné n’a été descendu que jusqu’au toit de la sonde, limitant ainsi la hauteur du Buntsandstein disponible pour la seconde phase de tests». Toujours selon l’Andra, «La mesure de température de l’été 2008 a montré que l’intérieur du tube crépiné était comblé à 1.856 m. Diverses opérations ont été envisagées pour retrouver un accès au Buntsandstein, mais durant la mesure de température de février 2009 l’outil a posé à 1.841 m, montrant que le phénomène continuait à se développer. La seconde phase de tests a été alors définitivement abandonnée.».
5 Pertinence du cahier des charges pour le forage, tests hydrauliques, logging
Dans son ensemble, l’ensemble du programme de forage, de tests hydrauliques et de logging tels que planifié dans le CCEE_FZT2, nous paraît tout à fait conforme pour permettre une évaluation quantitative du potentiel géothermique au Trias.
Quelques critiques sur la pertinence du cahier des charges en vue de l’évaluation du potentiel géothermique au Trias peuvent néanmoins être émises.
5.1 Forage
Comme mentionné par l’Andra en page 16 du CCEE_FZT2, «le retour d’expérience des campagnes passées (FSP et FRF) montre qu’il est difficile de concilier deux objectifs différents dans un même forage».
A la vue des complications rencontrées lors de la réalisation des tests entre obturateurs, cette crainte formulée par l’Andra s’est avérée justifiée. Nous pensons que cela est en partie dû au caractère multiple des objectifs du forage ainsi qu’au nombre et à la variété des intervenants qui ont effectués les différents tests dans le forage.
Le dimensionnement, les conditions de réalisation, le type de boue, les conditions de pression, etc. d’un forage géothermique sont très spécifiques et différent des forages réalisés dans d’autres domaines, comme les forages pétroliers par exemple. A nouveau, nous sommes d’avis qu’un forage qui n’a pas pour unique objectif de caractériser la ressource géothermique n’est pas une solution optimale et que cela peut entraîner certaines complications.
Lors de la réalisation d’un forage géothermique, l’expérience de l’équipe de forage dans la réalisation de ce type d’installation et dans les conditions attendues sont déterminantes.
5.2 Tests hydrauliques
Le programme des tests hydrauliques tel que prévu dans le CDE nous semble tout à fait pertinent pour une première évaluation du potentiel géothermique au Trias.
Les tests entre obturateurs sont réalisés sur des intervalles de 25 m. Les valeur de transmissivité sont donc valables sur ces mêmes intervalles. La question se pose sur la représentativité de ces valeurs pour l’estimation du Trias sur l’entier de son épaisseur. Pour rappel, l’épaisseur du Trias dans le forage EST433 est de 125 m.
Les tests entre obturateurs réalisés au Trias dans le forage EST 433 sont de relative courte durée (quelques heures). Leur interprétation permet, sous certaines réserves, de déterminer les propriétés du Trias dans l’environnement immédiat du forage. Nous nous posons la question de la représentativité des valeurs mesurées par rapport aux propriétés à échelle régionale.
Les tests de longue durée et les tests d’injectivités auraient peut-être permis d’évaluer la productivité du Trias sur toute son épaisseur et sur une plus grande zone. Malheureusement, la réalisation des tests entre obturateurs s’est avérée plus compliquée que prévu et des sondes ont été perdues en fond de trou. Tous les tests n’ont donc pas pu être réalisés.
Nous regrettons l’absence de tests spécifiques dans la partie inférieur du Buntsandstein, comme dans les grès de base par exemple.
Les opérateurs de l’Andra ont une très grande expérience dans l’interprétation de tests hydrauliques et disposent d’outils informatiques de pointe permettant la meilleure interprétation possible des tests hydrauliques effectués dans le forage EST433. L’effet pariétal lié au colmatage de la crépine est d’ailleurs pris en compte de manière explicite par les simulations (skin-effect et modèle composite). Une estimation des propriétés de la formation est possible, malgré cet effet.
L’interprétation des tests hydrauliques effectués dans le forage du Trias ont donc permis d’obtenir des estimations de la perméabilité du Trias au droit de la zone de transposition. Mais à notre sens, les résultats obtenus par l’Andra sont à prendre avec précaution, à cause des raisons suivantes:
- Colmatage important de la crépine lors des opérations de tests hydrauliques entre obturateurs,
- absence de tests dans la partie inférieure du Buntsandstein,
- absence de test d’injectivité,
- absence de tests sur l’ensemble du Buntsandstein (transmissivité totale de l’aquifère du Trias),
- Intervalles de confiance très faibles.
Nous sommes d’avis que le reste de la formation (non testée) peut également présenter de bonnes perméabilités et que les unités inférieures peuvent contribuer à la transmissivité totale du Trias.
Il nous paraît donc tout à fait probable, compte-tenu des incertitudes sur les interprétations, que les transmissivité du Trias au droit de la zone de transposition se situe dans la gamme des transmissivités rencontrées dans le Dogger en région parisienne, qui selon les données tirées de la littérature sont comprises entre 510-5 m2/s à 910-4 m2/s (Ungemach & Antics, 2013).
En termes de productivité (débit), des valeurs de 5 m3/h sont mentionnées et comparées à la gamme de débits des exploitations géothermiques en région parisienne (150-400 m3/h – Andra, 2008). Un débit de 5 m3/h n’est à notre sens pas du tout représentatif des débits pouvant être obtenus à partir de formations présentant de telles transmissivités, et cela même dans le cas de scénarios pessimistes. Pour rappel, cette valeur a été obtenue lors des tests hydrauliques entre obturateurs qui étaient clairement affectés par du très fort colmatage. Si ce colmatage permet d’estimer les conductivités hydrauliques de la formation (avec certaines réserves), il a par contre pour effet de diminuer très fortement les débits (pour un rabattement donné).
Il convient également de rappeler que lors de la réalisation de forages géothermiques, des opérations de nettoyage et de purge de l’aquifère sont généralement réalisées pour en augmenter la productivité. Des opérations de stimulation chimique par injection d’acides peuvent également être envisagées. Finalement, l’installation d’un massif filtrant correctement dimensionné est également à prendre en compte. Tous ces aspects font que la productivité du réservoir peut encore être augmentée.
Avec les transmissivités mesurées, nous estimons qu’il est possible d’obtenir des débits du même ordre de grandeur que les débits d’exploitation obtenus en région parisienne.
De par sa haute salinité, l’exploitation du Trias à des fins de géothermie peut entraîner quelques contraintes et coûts supplémentaires, notamment au niveau de la réinjection. Avec de tels niveaux de salinité, il convient d’évaluer si une réinjection au sein du réservoir est obligatoire (aspects légaux et environnementaux), auquel cas un deuxième forage de réinjection serait nécessaire.
La faisabilité économique d’une telle installation doit être évaluée.
En termes de potentiel géothermique de la région, le Trias a été considéré comme seule formation pouvant présenter un intérêt géothermique. Nos investigations se sont basées sur ce postulat de base. Néanmoins, le potentiel géothermique d’une région donnée se doit de considérer l’ensemble des formations aquifères présentes dans une région, de même que les technologies modernes type EGS. Ces formations peuvent concerner des aquifères superficiels pouvant être exploités pour du froid industriel, pour du stockage géothermique saisonnier, éventuellement au moyen de pompes à chaleur.
Il convient également de vérifier si des réservoirs plus profonds que le Trias sont présents dans la région et si ces derniers peuvent présenter un potentiel géothermique intéressant d’un point de vue économique.
Finalement, les récents développements des technologies type EGS (Enhanced Geothermal System) ou réservoirs stimulés sont également à considérer lors de l’évaluation du potentiel géothermique pour une région donnée.
Les investigations menées dans la présente étude permettent de formuler les conclusions suivantes. Ces conclusions sont basées sur l’état de nos connaissances actuelles et des informations et données disponibles dans les documents consultés. Si de nouvelles données ou informations venaient compléter les documents consultés, nos conclusions pourraient être revues et modifiées en conséquence.
Les conclusions formulées ci-dessous se veulent aussi factuelles que possible.
Elles contiennent néanmoins une part interprétative. Tout aspect interprétatif n’engage que GEOWATT AG et ne saurait être utilisé comme base de dimensionnement d’ouvrage ou pour des prises de décision, sans une consultation préalable de GEOWATT AG. Des investigations complémentaires peuvent s’avérer nécessaires.
- Dans l’ensemble, les prestations décrites par le cahier des charges CCE_FZT2 ont été réalisées comme prévu, mis à part les prestations listées ci-dessous:
* Sur les trois tests hydrauliques prévus au Trias entre obturateurs dans le forage EST433, seuls deux tests ont été réalisés.
* Les logs de températures prévus en différé sur l’intégralité du forage, s’arrêtent à une profondeur de 1855 m. Les 140 derniers mètres n’ont pas été mesurés par les diagraphies différées.
* Les pompages de longue durée, des diagraphies géochimiques et un test d’injectivité prévus après le départ de l’appareil de forage n’ont pas été réalisés.
- Les tests hydrauliques réalisés au Trias entre obturateurs ont permis d’obtenir 2 valeurs de conductivité hydraulique pour deux intervalles de 25 m du Trias. Ces valeurs sont considérées comme plausibles et peuvent être considérées comme valeur indicative de la conductivité hydraulique du Trias au droit de la zone de transposition.
- Du fait des forts effets de colmatage, la qualité des données lors des tests hydrauliques est relativement mauvaise, ce qui rend l’interprétation de ces tests très difficile.
- Au vue de la qualité des données ou des difficultés rencontrées pour l’interprétation des tests hydrauliques, nous estimons que les intervalles de confiance des conductivités hydrauliques sont d’un facteur 5 à 10 environ.
- Il est regrettable que les tests d’injectivité et que des tests de longue durée sur l’intégralité de l’épaisseur du Trias n’aient pas pu être réalisés. Ces derniers auraient permis d’obtenir une estimation de la transmissivité de l’intégralité de la formation du Buntsandstein.
- La transformation des conductivités hydrauliques obtenue par interprétation d’essai de pompage entre obturateurs en une valeur de transmissivité pour la formation du Trias est sujette à de grandes incertitudes. Seule une plage de transmissivité peut être déterminée.
-La transmissivité mesurée dans le forage EST433 est supérieure aux valeurs rencontrées dans les installations en exploitation du Bassin de Paris. Compte-tenu de l’incertitude sur les interprétations, nous pensons que la transmissivité du Buntsandstein au droit de la zone de transposition se situe dans la gamme des transmissivités rencontrées dans le Dogger parisien.
- A notre sens, les valeurs de productivités retenues par l’Andra (5m3/h) ne sont pas représentatives des débits d’exploitation qu’il serait possible d’obtenir, si un ouvrage géothermique était réalisé selon l’état de l’art des connaissances et techniques actuelles. Des débits comparables à ceux obtenus dans le Dogger parisien devraient pouvoir être obtenus.
-Les tests de diagraphies ont permis de déterminer une température de 66°C au Trias ainsi qu’un gradient géothermique d’environ 3K/100m, ce qui représente une valeur moyenne standard en Europe voire dans le monde.
-Les salinités des eaux de la formation du Trias sont élevées. Cet aspect n’est pas favorable à la réalisation d’une installation géothermique.
Néanmoins, les difficultés techniques que cela peut engendrer peuvent aujourd’hui être contournées par l’emploi de techniques et de matériel appropriés.
- Les gammes de températures rencontrées dans l’aquifère du Trias permettent une utilisation des ressources géothermiques pour du chauffage direct (éventuellement couplé à un réseau de chauffage à distance), ou pour des besoins agricoles ou industriels. Une utilisation en cascade des plages de températures peut améliorer la rentabilité économique d’un projet.
- D’autres ressources géothermiques peuvent également être considérés, comme les aquifères superficiels (rafraîchissement, utilisation de pompage à chaleur), des aquifères plus profond que le Trias (si existants), ainsi que les technologies EGS.
- Compte-tenu des données et informations disponibles, nous sommes d’avis que les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique avec l’emploi de techniques et de matériel appropriés.
- La réalisation d’une étude de faisabilité technique et financière par un bureau d’ingénieur spécialisé et indépendant devrait permettre de confirmer ces suppositions.
Les conflits liés à l’utilisation du sous-sol ne sont pas nouveaux. La présence d’une ressource énergétique au droit de la zone de transposition est indiscutable, vu que les ressources géothermiques sont présentes partout sous la Terre. Il s’agit donc de définir des priorités sur les aspects liés à l’utilisation du sous-sol.
Les ressources géothermiques concernées par l’enfouissement des déchets radioactifs peuvent facilement être quantifiées en termes d’énergie stockée ou d’énergie exploitable au moyen des techniques actuelles. Elles peuvent donc également être quantifiées d’un point de vue économique.
L’enfouissement des déchets radioactifs empêche l’accès aux ressources géothermiques dans une région donnée et crée ainsi une perte au niveau économique.
A notre sens, il convient de quantifier ces pertes afin de pouvoir les mettre dans la balance au moment de la définition des priorités sur l’utilisation du sous-sol.
- Andra. (2005). Dossier 2005 Argile - Référentiel du site de Meuse/Haute- Marne, Rapport Andra n°C.RP.ADS.04.0022.
- Andra. (2008). Synthèse du programme de reconnaissance de la zone de transposition 2007-2008, Centre de Meuse/Haute-Marne, Rapport Andra n°D.RP.ALS.08.1356.
- Ungemach, P., & Antics, M. (2013). International course on drilling, completions and testing of geothermal wells. IGA Education.
COORDINATION BURESTOP : Géothermie à BURE, la ressource confirmée par le rapport GEOWATT
L’étude réalisée par le cabinet suisse expert en géothermie GEOWATT (1), à la demande du CLIS de Bure, en octobre 2013, montre clairement que l'on a de la géothermie économiquement exploitable sous Bure, celle-ci restant à quantifier.
"Nous somme d'avis que les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent être exploitées de manière économique". Et, tout aussi important, "l’enfouissement des déchets radioactifs empêche l’accès aux ressources géo-thermiques dans une région donnée et crée ainsi une perte au niveau économique."
Il y a donc sous Bure de la bonne géothermie comme celle exploitée depuis plus de 30 ans en région parisienne. Pourtant l'Andra et l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) l'ont niée tout au long de leurs multiples rapports et demandes d'autorisation pour préparer le centre d'enfouissement Cigéo, et ils continuent. (2)
Cela fait plus de dix ans que des géologues indépendants ont lancé l'alerte. Ce bon potentiel était déjà annoncé dans les rapports BRGM, l'expert français en géothermie, établis entre 1976 et 1983 sur la base des données que l'on avait à l'époque. En vain. Il y a aujourd'hui une concordance parfaite entre ces travaux du BRGM (Bureau des Ressources Géologiques et Minières) à l'époque et les conclusions de GEOWATT.
Les artisans de Cigéo/BURE communiquent exclusivement aujourd'hui avec un outil cartographique BRGM qui traite du potentiel des "aquifères superficiels" pour "l'installation de pompes à chaleur". Cela n'a rien à voir avec la puissante géothermie profonde et trompe ainsi le public non averti. Et pourtant les cartes des années 1980 établies par le BRGM concernant la région Lorraine/BURE sont tout à fait valables et explicites (3). Tout est fait pour cacher cette ressource. A dessein...
L’installation d’un stockage nucléaire souterrain est soumise à des règles préalables et strictes: pas de ressources exploitables, ni de potentiel géothermique à l’aplomb du site, selon le guide de Sûreté 2008 de l’ASN (ex-Règle Fondamentale de Sûreté)...
1- Il faut préserver nos descendants à la recherche d'eau chaude souterraine, de possibles et dangereuses intrusions dans la poubelle nucléaire.
2- Il faut préserver des ressources d’un intérêt inestimable. A Bure, la production locale d’énergie pour nous et aussi pour les générations à venir.
La région de Bure doit préserver ses ressources!
A l'heure où l'énergie est au coeur d'enjeux majeurs, à l'heure de la transition énergétique, c'est une politique de l'absurde que de stériliser une ressource écologiquement remarquable par les déchets du nucléaire. La production d'énergie locale est un formidable potentiel de développement - positif -, à court ET à très long terme ; à mettre impérativement dans la balance des soit-disant retombées économiques de la poubelle nucléaire.
Quelles priorités pour l’utilisation des sous-sols? Qui décide? De telles décisions relèvent de la collectivité toute entière, pas d'une Andra seule, pressée d'enfouir au plus vite des déchets radioactifs encombrants pour la survie de l'industrie de la filière électro-nucléaire.
La Coordination BURESTOP demande:
- La poursuite par le CLIS des travaux d'investigations recommandés par le cabinet GEOWATT soit une étude de faisabilité technique et financière
- La réalisation d’un nouveau forage pour caractériser précisément la ressource et l’évaluation complémentaire du potentiel géothermique du bassin Permien de 2800 mètres d'épaisseur qui existe sous la région de Bure
- L'évaluation économique de la ressource géothermique
L'étude du cabinet GEOWATT va dans le sens de l'assignation en justice (4) contre l'Andra, déposée fin avril 2013, par 6 associations.
1/ 2/ 3: http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article564
4: http://groupes.sortirdunucleaire.org/article28661
Antoine Godinot: 03 52 45 01 29
BURESTOP 55: 06 85 50 82 77 - 06 86 74 85 11
MIRABEL LNE: 09 81 98 30 12
A BURE ou ailleurs, enfouir les déchets nucléaires n'est pas tolérable. L'urgence: arrêter d'en produire!