Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020712-244690
Timestamp: 2016-10-23 12:19:21+00:00
Document Index: 177064493

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1", "l'article 1", "l'article 3", "l'article 3", "l'article 1"]

France, Conseil d'État, 10 / 9 ssr, 12 juillet 2002, 244690
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Sens de l'arrêt : AnnulationType d'affaire : AdministrativeType de recours : RéféréNumérotation : Numéro d'arrêt : 244690Numéro NOR : CETATEXT000008144950 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-07-12;244690 Analyses : PROCEDURE - PROCEDURES INSTITUEES PAR LA LOI DU 30 JUIN 2000 - REFERE SUSPENSION (ARTICLE L - 521-1 DU CODE DE JUSTICE ADMINISTRATIVE) - CONDITIONS D'OCTROI DE LA SUSPENSION DEMANDEE - MOYEN PROPRE A CREER UN DOUTE SERIEUX SUR LA LEGALITE DE LA DECISION - Absence - Moyen tiré de ce que la combinaison de l'instruction du ministre de la défense du 23 décembre 1996 et de l'article 1er de l'instruction du même ministre du 1er juillet 1996 créerait un droit pour tout ouvrier de l'Etat se trouvant dans un établissement faisant l'objet d'une restructuration ou participant aux opérations de restructuration menées au ministère de la défense - et qui en fait la demande - d'obtenir systématiquement l'indemnité de départ volontaire.54-035-02-03-01 Le juge des référés commet une erreur de droit en estimant qu'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision refusant à un ouvrier de l'Etat le bénéfice de l'indemnité volontaire de départ le moyen tiré de ce que la combinaison de l'instruction du ministre de la défense du 23 décembre 1996 et de l'article 1er de l'instruction du même ministre du 1er juillet 1996 créerait un droit pour tout ouvrier de l'Etat se trouvant dans un établissement faisant l'objet d'une restructuration ou participant aux opérations de restructuration menées au ministère de la défense, et qui en ferait la demande, d'obtenir systématiquement cette indemnité.Texte : Vu le recours du MINISTRE DE LA DEFENSE, enregistré le 29 mars 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat ; le ministre demande que le Conseil d'Etat annule l'ordonnance du 11 mars 2002 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu l'exécution de la décision du 23 novembre 2001 du MINISTRE DE LA DEFENSE refusant à M. X... le bénéfice de l'indemnité de départ volontaire, et enjoint à ce ministre de procéder, dans un délai de 8 jours, à un nouvel examen de la demande de M. X... ; Vu les autres pièces du dossier ;
- le rapport de M. Herondart, Auditeur, - les observations de Me Spinosi, avocat de M. X..., - les conclusions de Mme Mitjavile, Commissaire du gouvernement ;Sur la fin de non-recevoir opposée par M. X... :
Considérant qu'aux termes de l'article R. 523-1 du code de justice administrative : "Le pourvoi en cassation contre les ordonnances rendues par le juge des référés en application des dispositions des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 est présenté dans les quinze jours de la notification qui en est faite" ; qu'il ressort des pièces du dossier que l'ordonnance du 11 mars 2002 du juge des référés du tribunal administratif de Rennes a été notifiée au MINISTRE DE LA DEFENSE le 14 mars 2002 ; que le ministre a adressé son recours par télécopie enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 29 mars 2002, soit dans le délai de 15 jours prévu par l'article R. 523-1 du code de justice administrative pour se pourvoir en cassation ; que ce recours a été confirmé par un exemplaire dûment signé, enregistré le 4 avril 2002 ; qu'ainsi, le pourvoi n'est pas tardif ;
Considérant qu'aux termes de l'article 3 du décret du 31 janvier 1967 relatif à la détermination des taux de salaires des techniciens à statut ouvrier du ministère des armées : "Aux taux de salaires déterminés en application des articles 1er et 2 ci-dessus s'ajouteront les primes et indemnités fixées par instructions interministérielles" ; qu'aux termes de l'article 3 du décret du même jour relatif à la détermination des taux de salaires des ouvriers du ministère des armées : "Aux taux de salaires déterminés en application des articles 1er et 2 ci-dessus s'ajouteront les primes et indemnités fixées par décisions interministérielles" ; qu'il en résulte qu'une instruction ministérielle ne saurait conférer compétemment un droit au bénéfice de ces primes et indemnités ;
Considérant qu'en déduisant des dispositions combinées de l'instruction ministérielle du 23 décembre 1996 et de l'article 1er de l'instruction interministérielle du 1er juillet 1996 le droit pour tout ouvrier de l'Etat qui en fait la demande d'obtenir "systématiquement" l'indemnité de départ volontaire instituée par cette instruction interministérielle, dès lors qu'il se trouve dans un établissement faisant l'objet d'une restructuration ou participant aux opérations de restructuration menées au ministère de la défense, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a commis une erreur de droit ; que, par suite, le MINISTRE DE LA DEFENSE est fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée ;Considérant qu'aux termes de l'article L. 821-2 du code de justice administrative, le Conseil d'Etat, s'il prononce l'annulation d'une décision d'une juridiction administrative statuant en dernier ressort, peut régler l'affaire au fond si l'intérêt d'une bonne administration de la justice le justifie ; que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de régler l'affaire au titre de la procédure de référés engagée ;
Considérant que pour demander la suspension de la décision du MINISTRE DE LA DEFENSE lui refusant le bénéfice de l'indemnité volontaire de départ, M. X... soutient que cette décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle est intervenue après un avis défavorable de la direction des constructions navales de Brest, et qu'il remplit l'ensemble des conditions énoncées pour bénéficier de cette indemnité ; qu'aucun de ces moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ; que, par suite, la demande de suspension de la décision du MINISTRE DE LA DEFENSE doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. X... ;
Article 1er : L'ordonnance en date du 11 mars 2002 du juge des référés du tribunal administratif de Rennes est annulée.
Article 4 : La présente décision sera notifiée au MINISTRE DE LA DEFENSE et à M. Maurice X....Références : Code de justice administrative R523-1, L821-2, L761-1Instruction 1996-07-01 défenseInstruction 1996-12-23 défensePublications :Proposition de citation: CE, 12 juillet 2002, n° 244690Mentionné aux tables du recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. RobineauRapporteur : M. HérondartRapporteur public : Mme MitjavilleOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 / 9 ssrDate de la décision : 12/07/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page