Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20030226-248875
Timestamp: 2017-04-27 17:13:56+00:00
Document Index: 31349579

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 3", "l'article 27", 'art. 3', 'art. 8', 'art. 22', 'art. 27']

France, Conseil d'État, 26 février 2003, 248875
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 248875Numéro NOR : CETATEXT000008126213 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2003-02-26;248875 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 22 juillet 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Karim X..., ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 17 juin 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 mai 2002 par lequel le préfet des Yvelines a décidé sa reconduite à la frontière et fixé le pays de destination de la reconduite ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de statuer à nouveau sur sa situation dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte de 1000 euros par jour de retard ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 21 février 2001, de la décision du préfet des Yvelines du 20 février 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant que l'arrêté du 13 mai 2002, par lequel le préfet des Yvelines a décidé la reconduite à la frontière de M. X..., comporte l'indication des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement ; qu'il est ainsi suffisamment motivé ;
Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de M. X... avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, par décision du 20 février 2001 ;
Considérant qu'il ressort des visas de l'arrêté refusant un titre de séjour à M. X... que le préfet des Yvelines ne s'est pas fondé, pour prendre cette décision, sur la seule circonstance que la demande d'asile territorial avait été rejetée le 25 janvier 2001 par le ministre de l'intérieur et que, par suite, le préfet ne s'est pas estimé lié par cette décision de rejet ;
Considérant que si M. X..., entré en France le 9 février 2000, fait valoir que qu'il est marié depuis le 20 mai 2000 avec une ressortissante algérienne ; que si le couple a donné naissance à un enfant le 23 novembre 2000 sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. X... en France, dont l'épouse fait également l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, le préfet des Yvelines, en décidant sa reconduite à la frontière, ait porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé ;Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite :
Considérant que si M. X..., auquel le bénéfice de l'asile territorial a d'ailleurs été refusé par une décision du ministre de l'intérieur en date du 25 janvier 2001, soutient qu'en tant que militant du rassemblement pour la culture et la démocratie et qu'en raison du climat d'insécurité qui règne en Kabylie et des menaces qu'il a reçues, il encourt des risques sérieux pour sa liberté et sa sécurité en cas de retour en Algérie, ses allégations ne sont pas assorties de justifications suffisantes pour établir la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée doit être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ;
Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. X..., n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ; que dès lors les conclusions à fin d'injonction présentées par M. X... ne peuvent qu'être rejetées ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Karim X..., au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2002-05-13Code de justice administrative L761-1, L911-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 27 bisPublications :Proposition de citation: CE, 26 février 2003, n° 248875Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. LamyOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 26/02/2003Fonds documentaire : Legifrance Haut de page