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Timestamp: 2016-10-22 23:48:50+00:00
Document Index: 149942082

Matched Legal Cases: ['art. 310', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 99', 'art. 105', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 107', 'art. 99', 'art. 107', 'art. 29', 'art. 310', 'art. 318', 'art. 327', 'art. 318', 'art. 405', 'art. 308', 'art. 318', 'ATF ', 'art. 310', 'in fine', 'art. 310', 'art. 93', 'art. 100', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 316', 'art. 188', 'art. 188', 'art. 8', 'art. 42', 'art. 9', 'art. 4', 'art. 4', 'art. 106', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 44', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 92', 'art. 318', 'art. 66']

4A_22/2013 (31.07.2013)
4A_22/2013 � � Arr�t du 31 juillet 2013
X.________ S�rl, repr�sent�e par Me Luc Pittet,
3. A.C.________,
4. B.C.________,
5. C.C.________,
tous repr�sent�s par Me Mich�le Meylan,
responsabilit� contractuelle, dommage,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 27 septembre 2012.
En tant qu'h�ritiers de Z.________, A.________, B.________ et C.________ sont devenus propri�taires de la parcelle 221 de la commune de ... (Vaud), sur laquelle est �difi� un b�timent comprenant des locaux commerciaux et des habitations. C.________ est d�c�d� le 30 janvier 2007 et ses h�ritiers, A.C.________, B.C.________ et C.C.________ lui ont succ�d�.
Les propri�taires ont souhait� r�nover et transformer le b�timent.
A cette fin, ils ont pris contact avec le bureau d'architecture R.________ SA, qui leur a propos� diverses variantes. Une demande de permis de construire a �t� d�pos�e le 16 juillet 2001 et le permis a �t� accord� le 28 mars 2002.
Les propri�taires ont �t� approch�s par S.________, qui leur a pr�sent� une carte de visite � l'en-t�te de la soci�t� X.________, et leur a conseill� de consulter cette soci�t�. S.________ n'�tait ni organe, ni employ� de cette soci�t�. Par la suite, des missions d'architecte lui ont �t� confi�es � titre ind�pendant, pour lesquelles il a �t� r�mun�r�.
Suivant les conseils de S.________, les propri�taires sont entr�s en contact avec la soci�t� X.________ S�rl qui a son si�ge � Gen�ve. Les parties ont conclu, le 21 juin 2002, un contrat, comportant une �lection de for en faveur des tribunaux vaudois, par lequel les propri�taires chargeaient la soci�t� de fournir les prestations suivantes: le devis g�n�ral, les appels d'offres et leur analyse, le calendrier de l'ex�cution, la phase de l'ex�cution, la phase finale, le d�compte et les travaux de garantie. Les parties ont pr�vu l'application de la norme SIA 102 (�dition 1984). La soci�t� devait respecter le devis g�n�ral qui avait �t� �tabli et elle devait �tre r�mun�r�e, selon la norme SIA 102, sur la base d'un montant des travaux de 960'000 fr.
Les propri�taires, qui n'avaient pas de fonds propres disponibles, avaient sollicit� un pr�t de la banque V.________, qui leur a �t� refus�. Les travaux ont finalement �t� financ�s par un pr�t de la banque W.________, dont le collaborateur a bien compris qu'il �tait primordial pour les propri�taires que le budget devis� soit tenu.
En cours de chantier, les propri�taires, repr�sent�s par B.________ (qui est d�corateur d'int�rieur), se sont plaints de ne pas �tre correctement inform�s par X.________ S�rl, que le chantier prenait du retard et qu'il y avait des malfa�ons. Des diff�rends sont survenus avec des entrepreneurs qui n'�taient pas pay�s et avec des locataires de l'immeuble en raison des retards. Apr�s l'ach�vement des travaux, des finitions et des corrections de malfa�ons ont d� �tre effectu�es. Le budget n'a pas �t� tenu, de sorte que le cr�dit de construction accord� par la banque W.________, fix� initialement � 1'250'000 fr., a �t� augment� successivement � 1'650'000 fr., puis � 1'800'000 fr. en premier rang et 200'000 fr. en deuxi�me rang.
Un appartement a �t� am�nag� dans les combles, ce qui n'�tait pas pr�vu � l'origine.
X.________ a envoy� aux propri�taires une note d'honoraires finale, leur r�clamant, apr�s d�duction des acomptes vers�s, un solde de 109'488 fr.80.
Par lettre de leur avocat du 5 mars 2009, les propri�taires se sont oppos�s totalement � cette pr�tention, ont invoqu� la compensation et se sont r�serv�s de r�clamer des dommages-int�r�ts pour cause de mauvaise ex�cution du mandat.
Par demande du 4 mai 2004 d�pos�e au greffe du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, X.________ S�rl a conclu � ce que les propri�taires soient condamn�s solidairement � lui payer la somme de 99'999 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 29 f�vrier 2004.
Les propri�taires ont conclu au rejet de la demande et ont form� une demande reconventionnelle, r�clamant � la soci�t� la somme de 499'990 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 6 septembre 2009.
En raison de la modification de la valeur litigieuse, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a transmis la cause � la Cour civile du Tribunal cantonal.
En cours d'instance, une expertise a �t� confi�e � l'architecte T.________, qui a rendu un rapport, puis un rapport compl�mentaire.
Par jugement du 2 octobre 2009, la Cour civile a rejet� les conclusions prises par X.________ S�rl et a condamn� cette derni�re � payer aux propri�taires la somme de 333'183 fr.40 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004.
Saisie par X.________ S�rl, la Chambre des recours du Tribunal cantonal, par arr�t du 21 f�vrier 2011, a annul� le jugement attaqu� et renvoy� la cause � la Cour civile.
Par jugement du 30 septembre 2011, la Cour civile a derechef rejet� les conclusions prises par X.________ S�rl et a condamn� cette derni�re � payer aux propri�taires, solidairement entre eux, le montant de 305'650 fr.20 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004.
Saisie d'un appel form� par X.________ S�rl, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 27 septembre 2012, a admis partiellement l'appel en ce sens qu'elle a r�duit le montant d� par X.________ S�rl � 255'525 fr.90 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004, statuant par ailleurs sur les frais et d�pens. Bien que le montant � payer ait �t� r�duit d'environ 50'000 fr., la cour cantonale n'a pas modifi� le montant des d�pens qui avaient �t� allou�s aux propri�taires pour la proc�dure de premi�re instance, � savoir 54'069 fr.20. En substance, la cour cantonale a retenu que le devis des travaux figurant au contrat avait �t� d�pass� de 561'685 fr. Apr�s avoir d�duit les plus-values par rapport aux travaux initialement pr�vus, elle a r�duit ce montant � 356'518 fr.40. Consid�rant que la soci�t� avait mal ex�cut� son mandat et que les propri�taires n'avaient qu'une utilit� subjective r�duite de travaux aussi co�teux, elle a mis les deux tiers de cette somme, soit 237'678 fr.90 � la charge de la soci�t�. Elle y a ajout� le montant de 31'950 fr. pour des pertes de loyers dues � des retards et des honoraires d'avocat de 5'738 fr.65 pour des activit�s hors proc�s rendues n�cessaires par la conduite chaotique du chantier. Elle a soustrait de cette somme (la compensation ayant �t� invoqu�e) un montant de 19'841 fr.70 � titre d'honoraires r�duits pour X.________.
X.________ S�rl exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal du 27 septembre 2012. Invoquant une violation du droit d'�tre entendu, un d�ni de justice, l'arbitraire, ainsi qu'une violation des art. 310, 106 CPC et 8 CC, elle conclut, sous suite de frais et d�pens, � son annulation, � ce que les intim�s soient condamn�s solidairement � lui payer la somme de 19'841 fr.70 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 29 f�vrier 2004, � ce que la demande reconventionnelle soit rejet�e et � ce que tous les frais judiciaires de premi�re et deuxi�me instances cantonales soient mis � la charge des intim�s; subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision.
Les intim�s concluent, sous suite de frais et d�pens, au rejet du recours dans la mesure o� il est recevable.
1.1.�Interjet� par une partie qui a succomb� dans ses conclusions en paiement ainsi que partiellement dans ses conclusions lib�ratoires et qui a donc qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. c, 45 al. 1, 48 al. 1 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Il peut donc �tre form� �galement pour violation d'un droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313).
Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit dont il peut contr�ler le respect (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336; 137 II 313 consid. 4 p. 317 s.). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400).
�Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356; 136 I 184 consid. 1.2 p. 187). La partie recourante qui invoque l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits doit motiver son grief d'une mani�re qui r�ponde aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62). Une rectification de l'�tat de fait ne peut �tre demand�e que si elle est de nature � influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
En l'esp�ce, il n'y a pas lieu de tenir compte de l'�tat de fait pr�sent� par la recourante, d�s lors que celle-ci n'invoque avec pr�cision aucune des exceptions pr�vues par l'art. 105 al. 2 LTF. Dans la mesure o� l'argumentation de la recourante s'�carte des constatations cantonales, il n'est possible d'entrer en mati�re que si, ayant soulev� le grief, elle a soutenu de mani�re pr�cise que la cour cantonale aurait retenu ou omis un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62).
1.4.�Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (art. 107 al. 1 LTF). Toute conclusion nouvelle est irrecevable (art. 99 al. 2 LTF).
S'il admet le recours, le Tribunal f�d�ral peut statuer lui-m�me sur le fond comme la cour cantonale aurait pu le faire ou lui renvoyer la cause pour nouvelle d�cision (art. 107 al. 2 LTF).
2.1.�Invoquant un d�ni de justice et une violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 1 et 2 Cst.), ainsi qu'une transgression de l'art. 310 CPC, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir, en tant que juridiction d'appel, revu librement la cause en fait et en droit. Elle se r�f�re au consid�rant 2 de l'arr�t attaqu� (p. 73), o� la cour cantonale a consid�r� qu'elle ne pouvait revoir les questions de fait qui ont �t� examin�es et tranch�es d�finitivement par la Chambre des recours.
La Cour civile a rendu un premier jugement le 2 octobre 2009 qui a fait l'objet, selon le droit de proc�dure en vigueur � l'�poque, d'un recours aupr�s de la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois. Celle-ci a annul� le jugement attaqu� et renvoy� la cause � la Cour civile. Dans une telle situation, on admet que l'autorit� inf�rieure � laquelle la cause est renvoy�e se trouve li�e par les consid�rants �mis par l'autorit� sup�rieure, ce qui d�coule logiquement de la hi�rarchie des juridictions. Ce principe s'applique d'ailleurs �galement aujourd'hui en cas de renvoi prononc� sur appel ou sur recours (FF 2006 p. 6983; Nicolas Jeandin, Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 4 ad art. 318 CPC et n� 5 ad art. 327 CPC; Karl Sp�hler, Basler Kommentar, ZPO, n� 3 ad art. 318 CPC) et il n'y a aucune raison de penser qu'il ne s'appliquait pas �galement en proc�dure vaudoise. La Cour civile a rendu un nouveau jugement le 30 septembre 2011. Les voies de recours contre cette d�cision �taient alors r�gies par le nouveau droit (art. 405 al. 1 CPC). C'est donc � juste titre qu'un appel a �t� interjet� (art. 308 ss CPC).
�On admet g�n�ralement que lorsqu'un recours est interjet� contre une d�cision rendue � la suite d'un arr�t de renvoi, l'autorit� de recours ne revoit pas les questions qu'elle a elle-m�me d�finitivement tranch�es dans l'arr�t de renvoi. Ce principe d�coule de la constatation que la juridiction sup�rieure n'est pas autorit� de recours contre ses propres d�cisions. Ainsi, dans le nouveau droit, on admet que la juridiction d'appel saisie � nouveau n'a pas � revenir sur les questions qu'elle a d�j� tranch�es dans l'arr�t de renvoi (Sp�hler, op. cit., n� 3 ad art. 318 CPC). Le Tribunal f�d�ral applique le m�me principe lorsqu'une cause lui revient alors qu'il a rendu pr�c�demment un arr�t de renvoi (ATF 125 III 421 consid. 2a p. 423; 443 consid. 3a p. 446).
Certes, en raison de l'entr�e en vigueur du CPC, la d�nomination de l'autorit� sup�rieure a chang�, en ce sens que la Chambre des recours est devenue Cour d'appel. Il n'emp�che qu'il s'agit toujours de l'autorit� sup�rieure � la Cour civile. Il est vrai que le pouvoir d'examen a chang�, mais la cour cantonale, dans le consid�rant critiqu�, a pr�cis� qu'elle �tait pr�te � entrer en mati�re sur toutes les questions que la Chambre des recours ne pouvait pas examiner. La recourante n'a pu citer aucun cas o� une contestation de fait aurait �t� tranch�e par la Chambre des recours en consid�rant simplement que l'arbitraire n'�tait pas d�montr�, avec cette cons�quence qu'un libre examen aurait pu peut-�tre conduire � un r�sultat diff�rent. On ne voit donc pas, concr�tement, que la cour cantonale ait limit� son pouvoir d'examen d'une mani�re contraire � l'art. 310 CPC. En constatant simplement qu'elle n'est pas une autorit� de recours contre les d�cisions de la Chambre des recours, la Cour d'appel n'a viol� aucun principe juridique. On ne saurait dire que la cour cantonale, telle qu'elle s'est exprim�e, a perdu de vue que son pouvoir d'examen �tait plus �tendu que celui de la Chambre des recours et qu'elle ait refus� de l'exercer dans la mesure de cette diff�rence.
Si l'on examine les passages de l'arr�t attaqu� dont la recourante se plaint, on constate, � la page 74, que la cour cantonale examine en d�finitive librement le grief par la conjonction " par ailleurs ". Elle proc�de de la m�me fa�on au bas de la page 87, adoptant le raisonnement de la Chambre des recours. L'affirmation de la page 78 in fine est suivie � la page 79 d'une discussion telle que l'on ne voit pas quel point n'aurait pas �t� r�examin�. Enfin, � la page 81, la cour cantonale a reproch� � la recourante d'avoir pr�sent� tardivement une contestation de fait, ce qui est un autre probl�me.
Ainsi, hormis l'affirmation un peu trop g�n�rale figurant au consid�rant 2 de la page 73, on ne voit pas, concr�tement, que la cour cantonale n'ait pas exerc� pleinement son pouvoir d'examen, de sorte qu'il n'y a pas eu de d�ni de justice, de violation du droit d'�tre entendu ou de transgression de l'art. 310 CPC.
Il faut au demeurant observer que l'arr�t de renvoi est une d�cision incidente, de sorte que la recourante conserve la possibilit�, si elle y a int�r�t, de l'attaquer devant le Tribunal f�d�ral � l'occasion de son recours dirig� contre la d�cision finale (art. 93 al. 3 LTF).
Les intim�s soutiennent que la recourante est forclose � se plaindre d'une violation du droit f�d�ral pour le motif qu'elle n'a pas recouru au Tribunal f�d�ral contre le jugement de la Cour civile du 2 octobre 2009. Cette argumentation ne peut pas �tre suivie. En effet, selon l'art. 100 al. 6 LTF en vigueur � l'�poque, le d�lai pour recourir contre cette d�cision ne courait qu'� partir de la d�cision de la Chambre des recours. On ne peut donc pas reprocher � la recourante d'avoir attendu la d�cision de la Chambre des recours. Comme cette derni�re a annul� le jugement de la Cour civile, il n'y avait plus d'objet pour un recours au Tribunal f�d�ral. En cons�quence, la recourante n'est nullement forclose et le Tribunal f�d�ral peut examiner tous les griefs de fait et de droit dans les limites trac�es aux consid�rants 1.2 et 1.3 ci-dessus.
2.2.�En invoquant une violation de son droit � la preuve d�duit de l'art. 8 CC, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir ordonn� une contre-expertise.
Il r�sulte de l'art. 8 CC que la partie demanderesse doit prouver les faits qui fondent sa pr�tention, tandis que sa partie adverse doit prouver les faits qui entra�nent l'extinction ou la perte du droit (ATF 130 III 321 consid. 3.1 p. 323). En l'absence d'une r�gle sp�ciale instituant une pr�somption, l'art. 8 CC r�partit ainsi le fardeau de la preuve pour tous les litiges fond�s sur le droit priv� f�d�ral et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24; 127 III 519 consid. 2a p. 522). Il a �t� d�duit de l'art. 8 CC un droit � la preuve et � la contre-preuve, � la condition qu'il s'agisse d'�tablir un fait pertinent, non encore prouv�, par une mesure probatoire ad�quate, laquelle doit avoir �t� r�guli�rement offerte selon les r�gles de la loi de proc�dure applicable (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). L'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es, comment le juge doit appr�cier les preuves et sur quelles bases il peut parvenir � une conviction (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522).
En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a ordonn� une expertise et elle a recueilli un rapport de l'expert et un rapport compl�mentaire. La recourante aurait souhait� une contre-expertise, qui lui a �t� refus�e pour le motif que l'autorit� cantonale s'estimait suffisamment renseign�e. Comme on vient de le voir, l'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es et comment le juge peut parvenir � une conviction. D�s lors que l'autorit� cantonale s'estimait convaincue par les constatations de l'expert, le refus d'ordonner une contre-expertise ne saurait violer l'art. 8 CC.
Savoir si l'expertise est convaincante ou non est une pure question d'appr�ciation des preuves, que le Tribunal f�d�ral ne peut revoir que sous l'angle de l'arbitraire. S'agissant d'appr�cier des preuves, la d�cision attaqu�e n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait une d�duction insoutenable (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
Comme le rel�ve la recourante, il n'est nullement exclu d'administrer des preuves en appel (art. 316 al. 3 CPC). Cependant, une contre-expertise est soumise � des conditions fix�es � l'art. 188 al. 2 CPC. Le juge peut faire appel � un autre expert si le rapport est lacunaire, peu clair ou insuffisamment motiv�. La recourante ne pr�tend pas que l'expert n'a pas r�pondu � une question pertinente qui lui �tait pos�e. Il n'est donc pas question d'un rapport lacunaire. Savoir si le rapport est peu clair ou insuffisamment motiv� est essentiellement une question d'appr�ciation des preuves que le Tribunal f�d�ral ne peut revoir que sous l'angle de l'arbitraire.
S'agissant de la dalle, l'expert a constat� que le devis �tabli par la recourante ne mentionnait qu'une seule dalle et qu'il a �t� r�alis� une dalle de structure identique � l'arri�re de la boutique " M.________ " et du commerce " N.________ ". L'expert en d�duit qu'il s'agit de la dalle qui a �t� devis�e. On ne voit pas en quoi il serait arbitraire de suivre cette d�duction de l'expert. La recourante le conteste en faisant observer que la dalle figurant dans le devis R.________ co�tait beaucoup plus cher. Il ressort cependant des constatations cantonales que la recourante, pour enlever le march�, devait proposer des solutions moins co�teuses que celles du devis R.________. Dans ces circonstances, on ne voit pas qu'il soit arbitraire de renoncer � �lucider les raisons de cette diff�rence de prix et de se d�clarer convaincu par l'analyse de l'expert.
S'agissant des d�g�ts d'eau, l'expert a constat� qu'il n'avait pas pu d�terminer si le dommage avait �t� couvert par l'assurance. Savoir si un dommage imputable � la recourante a �t� couvert par un tiers est une question qui touche l'extinction de la dette incombant � la recourante. Or, comme on l'a vu, c'�tait � elle qu'il incombait de prouver les faits permettant de constater que sa dette �tait �teinte. La recourante ne pr�tend pas avoir apport� � l'expert ou au juge la moindre preuve (lettre de l'assurance ou t�moignages) pour �lucider la question. En l'absence de toute preuve, il n'y a rien d'arbitraire � conclure que la recourante n'a pas prouv� que sa dette �tait �teinte. Il n'y a pas � ordonner une contre-expertise pour rechercher un fait non technique qu'il incombait � la recourante de prouver.
S'agissant de la marquise, l'expert a constat� que l'entrepreneur avait choisi une formule l�g�re et il est apparu que celle-ci ne permettait pas un usage normal des balcons du 1er �tage. L'entrepreneur a affirm� qu'il n'avait re�u aucun plan de la part de la recourante et celle-ci n'est pas parvenue � prouver le contraire. L'expert en a d�duit que la recourante avait viol� son obligation de contr�ler la solution propos�e par l'entrepreneur en fonction de ses plans. M�me si la recourante tente de faire d'autres hypoth�ses, on ne voit pas ce qu'il y a d'arbitraire � croire l'expert dans sa d�duction sur ce point.
Ainsi, on ne voit pas que le refus de la contre-expertise ait viol� l'art. 188 al. 2 CPC ou l'art. 8 CC.
2.3.�Invoquant une m�connaissance de la notion juridique de dommage (art. 42 et 99 al. 3 CO) et subsidiairement l'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.), la recourante critique la mani�re dont les honoraires d'architecte ont �t� pris en compte.
La cour cantonale a estim� que cette critique, intervenant pour la premi�re fois apr�s trois d�cisions cantonales, �tait tardive. Dans leur r�ponse, les intim�s observent que les deux parties avaient jusqu'alors toujours sorti les honoraires d'architecte dans leur calcul du dommage. La recourante ne le conteste pas dans sa r�plique. On peut se demander si ce revirement, par rapport au calcul que la recourante avait elle-m�me propos�, qui tend � faire rebondir le litige, ne peut pas �tre consid�r� comme contraire aux r�gles de la bonne foi (venire contra factum proprium).
Quoi qu'il en soit, l'argumentation pr�sent�e ne convainc pas. Elle est d'abord plut�t obscure en ce sens que la recourante s'en prend aux honoraires de S.________ (p. 22), puis �voque conjointement les honoraires de ce dernier et les siens propres (p. 23), pour parler ensuite exclusivement des siens (p. 24), puis exclusivement de ceux de S.________ (p. 25). D'apr�s ce que l'on comprend, la recourante ne conteste pas que les honoraires d'architecte ont �t� trait�s s�par�ment par la cour cantonale. Elle estime cependant que cette m�thode est fausse sur la base d'un exemple chiffr� qui figure au deuxi�me alin�a de la page 24 du recours. Cette d�monstration n'emporte pas la conviction. Si l'on reprend les chiffres propos�s, le co�t des travaux, sans les honoraires d'architecte, est devis� � 900'000 fr. Le co�t final, toujours sans les honoraires d'architecte, s'�l�ve � 1'160'000 fr. Il en r�sulte bien que le surco�t assum� par le ma�tre de l'ouvrage est de 260'000 fr. (1'160'000 fr. - 900'000 fr.). Si les honoraires d'architecte sont ensuite r�duits, c'est parce que l'architecte n'a pas fourni enti�rement ou correctement les prestations auxquelles il s'�tait engag�, raison pour laquelle il ne peut pr�tendre au montant qui �tait pr�vu. Les prestations fournies n'�tant pas celles qui �taient convenues, cette r�duction ne constitue en aucune fa�on un b�n�fice pour le ma�tre de l'ouvrage, qui devrait venir en d�duction de son dommage par la compensatio damno cum lucri. Ainsi, on ne discerne ni violation du droit f�d�ral, ni arbitraire dans l'�tablissement des faits.
2.4.�Invoquant les m�mes principes juridiques, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte d'une marge de tol�rance au moment de d�terminer le d�passement du devis.
La recourante s'appuie sur l'arr�t 4A_187/2009 du 14 juillet 2009 (consid. 4.1) pour affirmer que la jurisprudence met l'architecte au b�n�fice d'une marge de tol�rance de 10%, � d�faut d'une convention expresse excluant tout d�passement. Elle souligne qu'un tel accord n'existe pas en l'esp�ce.
�La recourante tire argument de ce pr�c�dent en ignorant les principes qui y sont sous-entendus. L'arr�t 4A_187/2009 se r�f�re express�ment � l'arr�t 4C.424/2004 du 15 mars 2005 (consid. 3.2.2 et consid. 3.3) et ne manifeste aucune volont� de changer la jurisprudence qui y est expos�e. Dans ce dernier arr�t, la Cour de c�ans a rappel� que sauf accord expresse des parties, m�me lorsque le d�passement de devis est inf�rieur � 10%, l'architecte ne peut, sur la base de la norme SIA 102, se pr�valoir de cette marge d'erreur de mani�re absolue que s'il a correctement renseign� le ma�tre sur celle-ci et sur ses cons�quences. Quand bien m�me les parties sont convenues d'appliquer la norme SIA 102, l'architecte ne doit pas s'attendre � ce que le ma�tre lise son contenu et en comprenne la port�e. Si l'architecte s'est abstenu de donner un tel renseignement, il faut d�terminer dans le cas d'esp�ce quelle confiance concr�te le ma�tre pouvait accorder � l'estimation des co�ts, selon le principe de la confiance. Ainsi, le devoir d'information de l'architecte porte aussi sur le degr� de son estimation. S'il estime qu'il aura � compter avec des surco�ts, il doit alors le communiquer au mandant (arr�t 4C.424/2004 d�j� cit� consid. 3.2.2.2).
�La cour cantonale a constat� que la norme SIA 102, � laquelle se r�f�re le contrat des parties, pr�voit certes une marge d'erreur de 10% pour un devis g�n�ral (art. 4.2.5), mais prescrit aussi que cette marge doit �tre indiqu�e dans le devis (art. 4.2.5). En l'esp�ce, la cour cantonale a retenu, s'agissant de l'obligation de renseigner sur le degr� d'impr�cision du devis, que la marge n'a pas �t� indiqu�e sur ce dernier document et que la recourante n'avait pas attir� l'attention des intim�s sur cette marge; il a �galement �t� �tabli que les intim�s ne se trouvaient pas dans une situation o� ils pouvaient - comme mandants - d�terminer par eux-m�mes le degr� d'impr�cision du pronostic. La recourante ne pr�tend pas que ces constatations de fait soient arbitraires (cf. art. 106 al. 2 LTF).
�Cela �tant, les intim�s pouvaient se fier de bonne foi aux indications donn�es dans le devis et on ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir ni� que la marge de tol�rance �voqu�e d�coulait de l'application de la norme SIA 102.
�L'usage - et non la norme - permet sans doute de dire qu'une certaine marge d'erreur est tol�r�e en ce sens qu'un l�ger d�passement ne constitue pas encore de la part de l'architecte une violation de son devoir de diligence. En revanche, lorsque le d�passement est massif et qu'il est d� � un manque de diligence de l'architecte - comme c'est le cas en l'esp�ce -, la violation du contrat est manifeste. L'architecte qui a viol� son devoir de diligence doit alors r�parer tout le dommage qu'il a caus�, conform�ment aux principes g�n�raux et sans qu'il y ait lieu de faire une d�duction qui n'a pas �t� convenue.
�Ainsi, le raisonnement suivi par la cour cantonale ne viole pas le droit f�d�ral, ni ne donne lieu � une constatation arbitraire des faits.
2.5.�Invoquant l'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.), la recourante se plaint de ce que certains postes n'ont pas �t� retranch�s du dommage.
Dire si la notion de dommage a �t� m�connue est une question de droit, mais savoir s'il y a eu un dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait (ATF 132 III 564 consid. 6.2 p. 576; 129 III 18 consid. 2.4 p. 23).
Sous ce grief, la recourante reprend son argumentation selon laquelle les dalles fournies ne correspondent pas � la dalle devis�e. Il a d�j� �t� constat� ci-dessus (cf. consid. 2.2) que la cour cantonale n'est pas tomb�e dans l'arbitraire en croyant sur ce point l'opinion de l'expert, qui a constat� qu'il y avait une seule dalle devis�e et que la dalle fournie �tait de m�me nature devant les deux commerces, de sorte qu'il s'agissait pour lui d'une seule et m�me dalle. Il n'y a pas � y revenir.
La recourante reprend la question des d�g�ts d'eau qui a d�j� �t� examin�e ci-dessus. Elle ne pr�tend pas avoir prouv� que ce dommage avait �t� couvert par l'assurance, de sorte que c'est sans arbitraire qu'il a �t� conclu qu'elle n'avait pas �tabli avoir �teint sa dette. Dans la mesure o� la recourante discute les causes de ces d�g�ts d'eau, elle ne parvient pas � d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la cour cantonale aurait retenu ou omis un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).
En ce qui concerne la marquise, il a d�j� �t� jug� ci-dessus que le probl�me �tait n� d'une absence de contr�le suffisant de la part de la recourante, qui n'a d'ailleurs pas remis de plans � l'entrepreneur. Dans la mesure o� la recourante voudrait introduire d'autres faits, il faut constater qu'elle n'est pas parvenue � �tablir que la cour cantonale aurait retenu ou �cart� un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).
En ce qui concerne les carrelages, la cour cantonale a constat� que les propri�taires ont command� un carrelage d'une qualit� sup�rieure � ce qui �tait pr�vu, ce qui a �t� mis � leur charge. En revanche, il a �t� constat� que les quantit�s �taient trop importantes et qu'il incombait � la recourante, en vertu du contrat, de donner les indications n�cessaires sur les quantit�s. On ne voit pas en quoi ce raisonnement pourrait �tre qualifi� d'arbitraire. L'id�e que les intim�s auraient d�lib�r�ment command� une quantit� trop importante est insoutenable. L'interpr�tation de la t�che confi�e � la recourante ne pr�te pas le flanc � la critique.
2.6.�La responsabilit� de l'architecte en cas de mauvaise �valuation du co�t des travaux rel�ve en principe des r�gles du mandat (ATF 134 III 361 consid. 6.2.2 p. 364 s.). Si, l'architecte ayant viol� son devoir de diligence, le ma�tre doit payer une somme plus �lev�e que celle qui avait �t� convenue, l'architecte est en principe responsable du dommage caus�. Il se peut cependant que la valeur du travail livr� corresponde au prix, plus �lev� que ce qui avait �t� convenu, que le ma�tre de l'ouvrage doit en d�finitif payer. Dans ce cas, la jurisprudence a estim� que la r�paration due par l'architecte correspond � la diff�rence entre la valeur objective de la construction et son utilit� subjective pour le ma�tre de l'ouvrage (ATF 122 III 61 consid. 2 p. 62 ss). Suivant cette jurisprudence, la cour cantonale a estim� que l'architecte devait prendre � sa charge les deux tiers du d�passement. On observera que cette cl� de r�partition est l'inverse de celle retenue dans l'arr�t cit�, o� les deux tiers avaient �t� mis � la charge du ma�tre de l'ouvrage (ATF 122 III 61 consid. 2c p. 63 et 2c/cc p. 65 s.). Comme il s'agit cependant d'une estimation du dommage en vertu de l'art. 42 al. 2 CO (ATF 122 III 61 consid. 2c/bb p. 65), c'est-�-dire d'une question de fait (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 364), le Tribunal f�d�ral ne pourrait l'examiner que sous l'angle de l'arbitraire (cf. supra consid. 1.3). Comme la recourante n'a pas invoqu� l'arbitraire et ne l'a pas d�montr� au sujet de cette quote-part, le Tribunal f�d�ral ne peut revoir la question (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62).
Dans ce contexte, la recourante critique l'admission du rapport de causalit�, en consid�rant que les propri�taires, s'ils avaient �t� correctement inform�s des co�ts r�els, auraient de toute mani�re command� les travaux.
Il ressort cependant de faits constat�s - au sujet desquels l'arbitraire n'est pas invoqu� - que les propri�taires, d�s l'origine de leur projet, s'inqui�taient de conna�tre le co�t effectif des travaux. Comme ils n'avaient pas de fonds propres, on comprend ais�ment qu'ils ne souhaitaient pas trop s'endetter par des emprunts bancaires, lesquels entra�naient pour eux une charge d'int�r�ts, alors qu'ils couraient le risque, en tant que propri�taires, que des locaux demeurent vacants ou qu'il y ait un fl�chissement du march� immobilier. Ils ont d'ailleurs retenu l'offre de la recourante plut�t que celle du bureau R.________ en raison du co�t inf�rieur des travaux. En admettant dans ces circonstances que les propri�taires n'auraient pas conclu le contrat ou ne l'aurait pas conclu pour le m�me ouvrage s'ils avaient connu le co�t effectif de la construction, on ne saurait dire que la cour cantonale a appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire quant � la causalit� naturelle ou qu'elle a viol� le droit s'agissant de la causalit� ad�quate.
La recourante nie �galement l'existence d'un dommage, en faisant valoir que le surco�t a �t� couvert par des emprunts bancaires et que les int�r�ts suppl�mentaires qui en d�coulent ont pu �tre r�percut�s sur les locataires. Cette argumentation est impropre � d�montrer que la cour cantonale aurait arbitrairement d�termin� l'utilit� subjective du surco�t. Certes, la valeur sup�rieure des travaux a eu pour effet d'augmenter la valeur v�nale de l'immeuble, ce dont les propri�taires pourraient b�n�ficier en cas de vente. Cependant, comme le surco�t a �t� enti�rement financ� par des emprunts, l'augmentation de valeur en cas de vente instantan�e devrait �tre enti�rement consacr�e � rembourser le pr�t suppl�mentaire accord� par la banque. Quant au fait que les int�r�ts suppl�mentaires ont �t� r�percut�s sur les locataires par des hausses de loyers, il faut relever que les bailleurs - qui n'ont ajout� aucun fonds propres - n'ont aucun avantage � une hausse de loyer qui est enti�rement destin�e � payer des int�r�ts bancaires. L'argumentation pr�sent�e est donc impropre � d�montrer que la cour cantonale aurait arbitrairement appr�ci� l'int�r�t subjectif au surco�t.
2.7.�La recourante reproche � la cour cantonale d'avoir mis � sa charge des indemnit�s pour perte locative.
Il a cependant �t� constat� que les d�faillances de la recourante dans la direction des travaux ont caus� des retards importants et il a �t� admis qu'il en �tait r�sult� des pertes locatives, dont la recourante devait r�pondre.
A ces constatations, la recourante oppose des objections de nature appellatoire, sans d�montrer qu'un fait aurait �t� retenu ou omis de mani�re arbitraire. Invoquant l'art. 44 CO, elle voudrait que l'architecte S.________, en tant qu'auxiliaire des intim�s, soit tenu pour partiellement responsable. Elle ne d�montre cependant nullement qu'il �tait arbitraire de ne pas retenir une responsabilit� de S.________ dans ces retards.
2.8.�Des frais d'avocat hors proc�s ont �t� mis � la charge de la demanderesse en consid�rant que ses manquements avaient provoqu� des litiges avec des entrepreneurs et des locataires. Sur ce point �galement, la critique de l'appelante est purement appellatoire et il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re. Elle ne d�montre nullement qu'un fait aurait �t� retenu ou omis de mani�re arbitraire. Elle se borne � soutenir, en substance, que les preuves sont insuffisantes.
2.9.�Invoquant une violation de l'art. 106 al. 2 CPC ou une violation arbitraire (art. 9 Cst.) de l'art. 92 CPC/VD, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir r�examin� les d�pens pour la proc�dure de premi�re instance, alors m�me qu'elle lui donnait gain de cause pour environ 50'000 fr.
Devant la Cour d'appel, la valeur litigieuse s'�levait � 325'491 fr.90 (la recourante demandait 19'841 fr.70 et les intim�s, en concluant � la confirmation du jugement attaqu�, lui r�clamaient 305'650 fr.20). En condamnant la recourante � payer 255'525 fr.90 au lieu de 305'650 fr.20, la cour cantonale lui a donn� gain de cause pour 50'124 fr.30, ce qui n'est pas n�gligeable, puisque cela repr�sente 15.4% de la valeur litigieuse.
Dans une pareille situation, la Cour d'appel devait, en vertu de l'art. 318 al. 3 CPC, revoir le montant des d�pens allou�s pour la premi�re instance - comme la recourante le demande devant le Tribunal f�d�ral -, cette conclusion �tant incluse,�
a maiore minus, dans celle tendant � ce que les d�pens soient mis � la charge des parties adverses. En cons�quence, la cause doit �tre renvoy�e � la cour cantonale pour statuer � nouveau sur ce point.
La recourante n'obtient gain de cause, sur une question touchant les frais accessoires, que pour un montant minime par rapport � la valeur litigieuse dans son ensemble. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte au moment de statuer sur les frais et d�pens pour la proc�dure f�d�rale et il faut consid�rer que la recourante a succomb�.
Il faut ainsi mettre les frais judiciaires et les d�pens de la proc�dure f�d�rale � la charge de la recourante (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours est partiellement admis et l'arr�t attaqu� est annul� dans la mesure o� il confirme la d�cision sur les d�pens pour la proc�dure de premi�re instance.
La cause est renvoy�e � la cour cantonale pour statuer � nouveau sur cette question.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'500 fr., sont mis � la charge de la recourante.
La recourante versera aux intim�s, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 7'500 fr. � titre de d�pens.