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Timestamp: 2016-10-27 10:48:29+00:00
Document Index: 204195947

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 8', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 8', 'art. 106', 'art. 745', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 176', 'art. 159', 'art. 278', 'ATF ', 'art. 276', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 278', 'art. 163', 'art. 9', 'art. 66', 'art. 68']

5A_440/2014 (20.11.2014)
5A_440/2014 � � Arr�t du 20 novembre 2014
repr�sent� par Me C�dric Aguet, avocat,
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 14 f�vrier 2014.
A.a.�A.A.________, n� en 1969, et B.A.________, n�e en 1963, se sont mari�s le 27 octobre 2001, sous le r�gime de la s�paration de biens. De leur union est issue une fille, C.________, n�e en 2002.
�A.A.________ a deux autres enfants n�s d'une pr�c�dente union, l'un en 1992 et l'autre en 1997, qui vivent aupr�s de leur m�re en Su�de et � l'entretien desquels il pourvoit.
�B.A.________ a une autre fille, D.________, n�e en 1996 d'une pr�c�dente union, qui a v�cu depuis son plus jeune �ge aupr�s de sa m�re et de son beau-p�re. Celui-ci a pris en charge la quasi totalit� des frais la concernant, en particulier ceux d'une �cole priv�e, de 28'000 fr. environ par ann�e, �cole que D.________ a fr�quent�e durant quatre ans.
B.a.�Par prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale du 29 novembre 2012, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a, notamment, dit que les int�r�ts hypoth�caires et les charges courantes du domicile conjugal sis � U.________ sont mis � la charge de l'�pouse, qui en a la jouissance, et condamn� le mari � contribuer � l'entretien de sa famille, y compris D.________, par le versement d'une contribution d'entretien de 21'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, d�s le 1
er�mars 2013, sous d�duction des montants d�j� pay�s en vertu des ordonnances de mesures superprovisionnelles rendues les 21 mars et 28 mai 2013.
B.b.�Chacune des parties a form� appel contre cette d�cision, contestant notamment le montant de la contribution d'entretien. Par arr�t du 14 f�vrier 2014, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejet� l'appel du mari et partiellement admis celui de l'�pouse, en ce sens qu'il a condamn� A.A.________ � contribuer � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension mensuelle de 24'000 fr., allocations familiales en sus, d�s le 1
er�mars 2013, sous d�duction des montants d�j� pay�s en vertu des ordonnances de mesures superprovisionnelles pr�cit�es.
Par acte post� le 26 mai 2014, A.A.________ exerce un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Il conclut principalement � sa r�forme, en ce sens qu'il est condamn� � contribuer � l'entretien de sa femme et de leur fille par le versement d'une pension de 6'000 fr. par mois, allocations familiales en sus, d�s le 1
er�mars 2013, et � s'acquitter des int�r�ts hypoth�caires ainsi que de l'amortissement de la dette hypoth�caire du domicile conjugal, les charges courantes �tant support�es par l'�pouse. Subsidiairement, il conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu et de celle de l'art. 9 Cst. dans l'�tablissement des faits de m�me que dans l'application des art. 8 et 176 CC.
Le Juge d�l�gu� s'est r�f�r� aux consid�rants de son arr�t.
Par ordonnance du 16 juin 2014, l'effet suspensif a �t� accord� pour les contributions d'entretien dues jusqu'au 30 avril 2014.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4) prise en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par l'autorit� sup�rieure du canton statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse et des enfants, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 et 4, 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a en outre qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 let. a et b LTF).
1.2.�D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 134 III 667 consid. 1.1; 133 III 393 consid. 5), seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 II 149 consid. 1.4.3).
�Saisi d'un recours fond� sur l'art. 98 LTF, le Tribunal f�d�ral ne revoit l'application du droit f�d�ral que sous l'angle restreint de l'arbitraire (ATF 135 III 232 consid. 1.2; arr�t 5A_59/2012 du 26 avril 2012 consid. 1.3 et les r�f�rences, non publi� in ATF 138 III 382). De jurisprudence constante, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit censur�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 138 I 305 consid. 4.4; 138 III 378 consid. 6.1; 137 I 1 consid. 2.6 et les r�f�rences). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 139 II 404 consid. 10.1; 136 II 101 consid. 3; 135 III 397 consid. 1.4 et les arr�ts cit�s).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, une rectification ou un compl�ment des constatations de fait n'entre en consid�ration que si l'autorit� pr�c�dente a viol� des droits constitutionnels, les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquant pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1, 585 consid. 4.1). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit pratiquement au m�me r�sultat: le Tribunal f�d�ral ne corrige les constatations de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le r�sultat de la d�cision (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2; arr�ts 5A_146/2014 du 19 juin 2014 consid. 1.3; 5A_875/2013 du 10 avril 2014 consid. 1.3; 5A_739/2012 du 17 mai 2013 consid. 2.2; 5A_567/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 2.2). Lorsque le recourant entend faire compl�ter les faits - pertinents et qui auraient �t� omis en violation de l'art. 9 Cst. -, il doit les d�signer avec pr�cision en se r�f�rant aux pi�ces du dossier; le compl�tement suppose en effet que les all�gations de fait correspondantes aient �t� introduites r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, qu'elles aient �t� consid�r�es � tort comme d�pourvues de pertinence ou aient �t� simplement ignor�es; si ces exigences ne sont pas respect�es, les faits invoqu�s sont r�put�s nouveaux, partant irrecevables (arr�ts 5A_582/2012 du 11 f�vrier 2013 consid. 2.2; 5A_559/2012 du 17 janvier 2013 consid. 1.7 et les r�f�rences).
�Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort du litige. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme en l'esp�ce, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3; 127 III 474 consid. 2b/bb).
Le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement de ses revenus.
�A titre liminaire, il faut relever que, sur ce point, le recourant invoque aussi la violation de son droit d'�tre entendu, sans toutefois que sa critique n'ait de port�e propre par rapport � celle d'arbitraire. Il y a donc lieu d'embl�e de rejeter ce grief, pour autant que recevable.
2.1.�L'autorit� cantonale a retenu, de mani�re g�n�rale, que le recourant est nu-propri�taire, avec son fr�re et ses deux soeurs, de la succession de son p�re d�c�d� en 1987. Sa m�re, E.A.________, en est usufruiti�re et encaisse les dividendes vers�s par les soci�t�s du groupe familial F.________ SA, dont le capital-actions est de 164'994'025 fr. En 2002, la fortune commune des h�ritiers a �t� estim�e � 118'524'555 fr.
�S'agissant des ressources du recourant, elle a consid�r� que, jusqu'en 2011, celui-ci avait v�cu essentiellement sur les donations de sa m�re, de l'ordre de 7 millions au total pour les ann�es 2003 � 2012. En effet, depuis 2003, celle-ci avait fait donation au recourant de 6'193'082 fr. (2'050'000 fr. le 8 avril 2003, 1'030'000 fr. le 1er avril 2010 et 3'113'082 fr. le 21 mars 2009) et lui avait en outre vers�, entre 2010 et 2012, des transferts d'usufruit � hauteur de 596'889 fr. au total (500'000 fr. en 2010, 72'000 fr. en 2011 et 24'889 fr. en 2012). Elle s'�tait aussi acquitt�e des frais d'�colage de C.________, de 30'000 fr. par an. Ce soutien avait pour origine le rendement des actions de l'entreprise familiale. Toutefois, en d�pit des difficult�s �conomiques rencontr�es par cette entreprise en 2008, E.A.________ avait continu� � effectuer des donations: notamment, alors que le recourant soutenait qu'il ne pouvait plus, d�s 2011, assurer � sa famille le train de vie d'antan en raison de la cessation des versements de sa m�re, il avait acquis cinq voitures de luxe en 2012 et d�pens� 40'000 fr. au moyen de sa carte de cr�dit pour le seul mois de d�cembre 2012. Dans tous les cas, les perspectives du groupe familial �taient actuellement favorables, celui-ci ayant d�gag� un r�sultat net de 27,7 millions en 2013 et son chiffre d'affaires ayant progress� de 7,1% pour atteindre 1,35 milliards. Pour ces motifs, et bien que E.A.________ e�t, dans une lettre du 18 juin 2013, attest� qu'elle ne ferait plus de pareilles lib�ralit�s � ses enfants, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'elle allait en r�alit� vraisemblablement continuer � en effectuer certaines. Sur la base de ces �l�ments, elle a donc retenu que le train de vie du couple pouvait �tre maintenu au-del� de l'ann�e 2011 alors m�me que le recourant soutenait le contraire.
�Le juge pr�c�dent a en outre constat� qu'en sus des lib�ralit�s pr�cit�es, le recourant retirait aussi des revenus de son activit� lucrative. Depuis le mois de septembre 2011, il travaillait en effet aupr�s de G.________ en qualit� de Senior Relationship Manager pour un revenu mensuel de 19'821 fr., gratification comprise. Il percevait en outre un salaire mensuel de 625 fr. 40 en tant qu'administrateur de la soci�t� F.________ SA et des loyers mensuels de 455 fr. pour la location de six places de parc, ce qui portait ses revenus � 21'000 fr. par mois au total.
�Enfin, l'autorit� cantonale a retenu que le recourant avait des expectatives de gains. Il �tait en effet copropri�taire � raison d'�, avec sa fratrie, de pr�s agricoles � V.________, d'une valeur fiscale de 919 fr. pour sa part, et de trois immeubles en France, grev�s d'une hypoth�que de 5'500'000 fr., d'une valeur fiscale de 669'595 euros pour sa part; E.A.________ avait c�d� � ses enfants son usufruit sur ces trois derniers biens. La communaut� h�r�ditaire qu'il formait avec sa fratrie �tait aussi propri�taire en main commune de huit immeubles � W.________, d'une valeur fiscale de 5'146'000 fr. au total. Il �tait encore propri�taire en main commune avec sa fratrie et une tante d'un immeuble � X.________, d'une valeur fiscale de 3'200 fr., et d'une part de copropri�t� d'un bien-fonds � Y.________, d'une valeur fiscale de 8'000 fr. Or, le recourant avait d�clar� que l'hoirie avait l'intention de vendre un certain nombre de ces biens, ce qui rendait vraisemblable la r�alisation prochaine de gains; elle avait d'ailleurs d�j� ali�n� en 2008 un chalet � Z.________, ce qui avait rapport� au recourant la somme de 715'104 fr. 25, tandis que les immeubles sis en France �taient mis en vente depuis 2009 et pouvaient au demeurant �tre lou�s. L'autorit� cantonale a aussi mentionn� que, par lettre du 4 mai 2006, E.A.________ avait, par l'interm�diaire de son mandataire, exprim� le voeu que le recourant devienne propri�taire et administrateur unique de H.________.
2.2.1.�Le recourant reproche � l'autorit� cantonale un �tablissement arbitraire des faits sur trois points. Premi�rement, il soutient que les revenus futurs de sa m�re ne peuvent pas lui �tre imput�s au motif que celle-ci est la seule � encaisser les dividendes vers�s par les soci�t�s du groupe familial et qu'elle a attest� dans un courrier de juin 2013 qu'elle ne continuerait pas � faire de pareilles lib�ralit�s � ses enfants. Il ajoute que c'est sans explication sur les perspectives r�elles de rendement des actions, sur le disponible de sa m�re et sur la d�cision de F.________ SA au sujet de la redistribution des dividendes 2014 que l'autorit� cantonale a d�duit que les lib�ralit�s pass�es perdureront avec certitude. Deuxi�mement, il soutient que c'est � tort que l'autorit� cantonale a retenu qu'il est propri�taire et administrateur de trusts. A cet �gard, il expose qu'en 1997, sa m�re avait constitu� un trust et une soci�t� offshore (H.________), que ceux-ci d�tenaient des avoirs qui lui appartenaient et qu'elle les lui destinait � son d�c�s seulement; en avril 2010, elle avait toutefois d�cid� de liquider cette structure et de lui faire don du solde des avoirs, soit la somme de 1'030'000 fr. Troisi�mement, le recourant pr�tend qu'il n'a pas obtenu 7 millions en dons de sa m�re. Il conteste avoir re�u, en sus des trois donations de 2'050'000 fr., 3'113'082 fr. et 1'030'000 fr., des transferts d'usufruit entre 2010 et 2012, mais admet avoir per�u 57'200 fr. en 2010, sur lesquels il a rembours� 24'000 fr., et 4'100 fr. en 2012.
2.2.2.�S'agissant, premi�rement, des lib�ralit�s octroy�es par sa m�re, le recourant se m�prend sur le degr� de preuve requis dans le cas particulier. Il soutient en effet que l'autorit� cantonale ne pouvait pas tenir pour certaines les lib�ralit�s futures de sa m�re. Or, le juge pr�c�dent n'avait pas � �tre convaincu de l'existence de ce fait: il suffisait que celui-ci soit rendu vraisemblable (ATF 130 III 321 consid. 3.3; 127 III 474 consid. 2b/bb et les r�f�rences; arr�ts 5A_557/2013 du 23 d�cembre 2013 consid. 1.3; 5A_810/2012 du 22 mars 2013 consid. 1.4). Pour le reste, le recourant ne s'en prend pas � l'opinion de l'autorit� cantonale selon laquelle il est vraisemblable que sa m�re verse encore ses donations malgr� le courrier de 2013 dans lequel elle affirme le contraire, puisqu'alors m�me que l'entreprise �tait en difficult�, en 2008, elle a pers�v�r� dans cette pratique, qu'elle a soutenu cesser ses lib�ralit�s seulement en raison des difficult�s de l'entreprise et qu'actuellement, les perspectives d'avenir de la soci�t� �taient favorables, enfin, que vu les termes utilis�s (�pareilles lib�ralit�s�), elle n'excluait pas tout versement futur, mais seulement des lib�ralit�s de l'ampleur de celles effectu�es jusqu'alors. Lorsque le recourant ajoute que l'�tat de fait lacunaire ne permet pas de d�terminer si sa m�re peut continuer ses versements, il m�conna�t que, pour d�montrer l'arbitraire sur ce point, il lui appartenait d'exposer avoir all�gu� et offert de prouver, conform�ment aux r�gles du CPC, les faits pr�tendument omis (cf. supra consid. 1.3).
Pour ce qui est, deuxi�mement, de la qualit� du recourant de propri�taire et d'administrateur d'un ou de plusieurs trusts, savoir si l'autorit� cantonale a ou non arbitrairement retenu ce fait peut rester ind�cis, vu que celui-ci n'a pas d'influence sur le r�sultat de la cause. En effet, m�me si l'autorit� cantonale a relev� cet �l�ment, elle a toutefois retenu que le recourant pouvait s'acquitter de la contribution d'entretien de 24'000 fr. au moyen de sa fortune immobili�re, des lib�ralit�s vers�es par sa m�re et des revenus de son activit� lucrative.
Troisi�mement, en ce qui concerne le montant des lib�ralit�s effectu�es par la m�re du recourant, m�me si l'arr�t querell� ne le pr�cise pas, on comprend, � la lecture de la r�ponse de l'intim�e du 10 f�vrier 2014 � l'appel du recourant, que l'autorit� cantonale s'est fond�e sur les all�gu�s et offres de preuve cit�s en pages 4 s. de cette �criture, notamment la pi�ce n� 153; c'est ainsi que, en sus des donations non contest�es par le recourant, elle a admis le montant de 500'000 fr. pour l'ann�e 2010, alors que l'intim�e all�guait la somme de 532'000 fr., puis les montants de 72'000 fr. et de 24'889 fr. pour les deux ann�es suivantes, comme all�gu� par l'intim�e. Dans la mesure o� le recourant se borne � soutenir que les versements ressortant de la pi�ce n� 153 n'ont pas �t� effectu�s par sa m�re, sans toutefois donner d'explication sur leur origine, il ne d�montre pas l'arbitraire de la d�cision attaqu�e: soit ces versements sont effectivement le fait de sa m�re, soit ils ont une autre provenance, et il incombait alors au recourant de l'expliquer clairement pour qu'on puisse d�terminer s'il est insoutenable de consid�rer que cette source de revenus n'existe plus. Au demeurant, la question du montant exact des lib�ralit�s effectu�es par le pass� n'est pas d�terminante. En effet, le recourant ne pr�tend pas que son train de vie �tait financ� autrement que par les lib�ralit�s de sa m�re et par sa fortune, que ce soit par la substance de celle-ci ou les revenus qu'elle g�n�re; de plus, il n'a pas �tabli l'arbitraire de la constatation selon laquelle sa m�re continuerait � effectuer des donations qui, m�me si elles n'atteindraient plus un montant annuel moyen de 777'800 fr. (soit 7 millions sur 9 ans), seraient au moins suffisantes pour maintenir le train de vie existant durant la vie commune.
�Au vu de ce qui pr�c�de, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des revenus du recourant doit �tre rejet�.
Le recourant se plaint en outre d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et l'application de l'art. 8 CC s'agissant des charges de l'intim�e.
3.1.�L'autorit� cantonale a tout d'abord relev� qu'en premi�re instance, l'intim�e avait invoqu� des charges mensuelles de 20'974 fr.; en appel, elle s'�tait r�f�r�e � un tableau des d�penses indispensables au maintien de ses conditions de vie, dont il ressortait un montant de 56'366 fr. 70, mais concluait au versement d'une pension mensuelle globale de 47'000 fr. en d�taillant les postes � couvrir. Le recourant faisant valoir que les budgets successifs pr�sent�s par l'intim�e �taient �maill�s d'exag�rations, l'autorit� cantonale a ensuite examin� la vraisemblance de chacune des charges contest�es et a fix� les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie de l'�pouse et de ses deux filles � 25'239 fr. 55 par mois. Toutefois, l'intim�e ayant reconnu en audience qu'elle parviendrait � r�adapter ses charges pour que celles-ci ne d�passent pas 24'000 fr. par mois, l'autorit� cantonale a arr�t� la pension globale � ce montant.
3.2.�A l'encontre de l'�tablissement de ces faits, le recourant se borne � affirmer que, sous pr�texte que l'intim�e a fait plusieurs �tats de ses charges, en dernier lieu sous la forme d'un �tableau incompr�hensible� accompagn� d'un �nombre incalculable de factures pour 2005 � 2013�, et qu'elle a r�duit en appel ses charges � 24'000 fr., le budget de celle-ci serait �totalement fantaisiste�. Bien qu'il ne pr�cise pas lesquelles, il affirme que les charges retenues par le juge ne seraient pour la plupart pas prouv�es par pi�ces.
�Cette argumentation est manifestement appellatoire: d'une part, outre qu'il ne fait pas de r�f�rence pr�cise � des pi�ces du dossier, le recourant ne s'en prend pas � la motivation de l'autorit� cantonale qui, elle, a saisi la port�e du tableau produit et a �t� en mesure d'examiner chacun des postes contest�s; d'autre part, le recourant tient des propos contradictoires en tant qu'il pr�tend qu'il appartenait � l'intim�e de rendre son train de vie vraisemblable, mais lui reproche d'avoir produit des pi�ces pr�cis�ment � cette fin. Il suit de l� que le grief est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
4.1.�La majorit� de ses arguments doivent �tre d'embl�e rejet�s, pour autant que recevables. En tant qu'il rediscute � plusieurs reprises sa situation financi�re (principalement la question des lib�ralit�s faites par sa m�re, que ce soit � propos de leur existence, de leur r�gularit� ou de leur actualit�), il reprend le grief d'arbitraire dans l'�tablissement de ses revenus, qui a d�j� �t� rejet� (cf. supra consid. 2). A cet �gard, il reste seulement � pr�ciser que, dans la mesure o� l'autorit� cantonale a tenu pour vraisemblable que la m�re du recourant continuerait � effectuer des lib�ralit�s en faveur de celui-ci, le point de savoir si elle peut, ou non, �tre tenue de le faire n'a aucune port�e. De plus, en tant que le recourant soutient - tout en admettant que la substance de sa fortune peut �tre mise � contribution pour assurer le maintien des conditions de vie ant�rieures de sa famille - que ses immeubles sont impossibles � r�aliser au motif qu'ils sont en copropri�t� ou en propri�t� en main commune, il soul�ve une critique de fait qui ne r�pond pas aux exigences du principe d'all�gation, l'autorit� cantonale ayant retenu que la volont� concr�te de l'hoirie �tait vraisemblablement de vendre ces immeubles; lorsqu'il ajoute que certains immeubles ne peuvent pas �tre vendus car ils sont grev�s d'un usufruit en faveur de sa m�re, le recourant se m�prend en outre manifestement au sujet des effets de ce droit r�el limit� sur la propri�t�, qui conf�re seulement � son b�n�ficiaire un droit de jouissance complet sur la chose (cf. art. 745 CC). Enfin, dans la mesure o� il pr�tend que la substance de sa fortune ne peut pas �tre mise � contribution d�s lors que ses revenus suffisent � assurer l'entretien de sa famille, il reprend son grief d'arbitraire dans l'�tablissement des d�penses n�cessaires � maintenir le niveau de vie ant�rieur, grief qui a �t� d�clar� irrecevable (cf. supra consid. 3). Il r�sulte par ailleurs de ce qui pr�c�de que son moyen relatif � l'intangibilit� du minimum vital, qui repose lui aussi sur des faits dont il n'a pas d�montr� le caract�re arbitraire, est devenu sans objet.
�Ainsi, les deux seuls griefs d'arbitraire dans l'application du droit devant encore �tre trait�s sont, d'une part, celui portant sur la notion de d�penses indispensables, auquel est li�e la critique concernant l'octroi d'une contribution d'entretien anticipant sur la liquidation du r�gime matrimonial (cf. infra 4.2), et, d'autre part, celui portant sur l'obligation d'entretien du recourant envers la fille majeure de l'intim�e (cf. infra 4.3).
4.2.�Le recourant pr�tend que les charges mensuelles d'employ�e de maison par 3'500 fr., d'homme � tout faire par 1'000 fr., de vacances par 1'400 fr., de bien-�tre/fitness par 600 fr. et d'entretien du jardin et mat�riel de jardinage par 370 fr. constituent des d�penses exorbitantes, de sorte que la contribution d'entretien, qui comprend celles-ci, permet � l'intim�e de se constituer une �pargne, ce qui n'est pas le but de l'octroi d'une pension.
4.2.1.�En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il convient plut�t de se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (arr�ts 5A_798/2013 du 21 ao�t 2014 consid. 3, destin� � la publication; 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Le principe de l'�galit� de traitement des �poux en cas de vie s�par�e ne doit en effet pas conduire � ce que, par le biais d'un partage du revenu global, se produise un d�placement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 121 I 97 consid. 3b; 114 II 26 consid. 8).
�Dans un m�nage fortun�, il n'est pas insoutenable de prendre en consid�ration des d�penses de luxe pour fixer la contribution d'entretien. Sont en revanche exclues celles qui, de par leur nature ou leur montant, sont tellement insolites qu'on ne peut raisonnablement pas les faire entrer dans le concept d'entretien. Le Tribunal f�d�ral a ainsi jug�, en 1992, que des d�penses telles que la location � l'ann�e d'une suite de trois pi�ces dans un h�tel quatre �toiles, � raison de 300'000 fr. puis 400'0000 fr. environ par ann�e, alors que la personne loue un appartement, ainsi que des frais annuels de l'ordre de 20'000 fr. pour le coiffeur, 18'000 fr. pour le fleuriste et 11'500 fr. pour les taxis relevaient de la prodigalit�, m�me si le d�birentier avait assum� certains co�ts ou fait r�guli�rement des lib�ralit�s durant la vie commune; admettre le contraire serait revenu � lui imposer des d�penses exorbitantes, le plus souvent purement fantaisistes, consenties � bien plaire et incompatibles avec la notion d'entretien (arr�t 5P.67/1992 du 12 mai 1992 consid. 2a; cf. aussi arr�t 5A_793/2008 du 8 mai 2009 consid. 3.3). Savoir si une d�pense est insolite ou exorbitante rel�ve du pouvoir d'appr�ciation du juge.
4.2.2.�En l'esp�ce, le recourant se borne � �noncer les postes qu'il conteste en indiquant leur montant puis � les qualifier de d�penses exorbitantes. Ce faisant, il ne donne aucune indication concr�te qui permettrait de consid�rer que les postes relatifs � l'entretien de la maison et de ses ext�rieurs sont superflus. Il ne conteste pas non plus la motivation de l'autorit� cantonale sur ces questions. D�s lors, sa critique ne r�pond manifestement pas aux exigences de motivation requises (art. 106 al. 2 LTF). Quant aux postes susceptibles d'�tre appr�ci�s de fa�on plus abstraite, � savoir les frais de vacances et ceux de bien-�tre/fitness, leurs montants ne sont pas si �lev�s qu'il soit arbitraire de les comptabiliser dans les charges de l'intim�e. En tant qu'il est recevable, le grief d'arbitraire dans l'application de l'art. 176 CC doit donc �tre rejet� sur ce point ainsi que sur celui, qui lui est li�, relatif � la constitution d'une �pargne de l'intim�e en raison d'une contribution d'entretien trop �lev�e.
4.3.�Dans un dernier moyen, le recourant soutient qu'en sa qualit� de beau-p�re, il ne peut pas �tre tenu de payer les charges aff�rentes � sa belle-fille D.________, de surcro�t majeure depuis le mois de f�vrier 2014.
4.3.1.�L'autorit� cantonale a tout d'abord retenu que l'int�ress�e vivait depuis son plus jeune �ge aupr�s de sa m�re et de son beau-p�re, son p�re, qui r�side � Londres, ne participant que tr�s modestement � son entretien. Le recourant avait r�guli�rement pay� l'entier des frais d'�colage de celle-ci en sus des d�penses courantes la concernant sans solliciter de participation du p�re de l'enfant, qui n'avait pas donn� suite � une demande allant dans ce sens. Durant la vie commune, le recourant n'avait jamais �lev� d'objection � contribuer � l'entretien de la fille de l'intim�e. Le juge pr�c�dent a ensuite estim� que la s�paration des �poux ne justifiait pas qu'on s'�loigne de la convention tacite de ceux-ci au sujet de l'entretien de l'enfant, dont l'accession � la majorit� ne suffisait en outre pas � lib�rer le recourant de son devoir d'entretien envers elle. Il convenait ainsi d'int�grer les frais d'entretien de celle-ci dans les charges de l'intim�e.
4.3.2.1.�Le recourant soutient qu'il appartient aux parents biologiques de l'enfant de contribuer � son entretien, sa propre obligation �tant subsidiaire. Il ajoute que l'intim�e a une fortune de 200'000 fr., la fille de celle-ci une fortune de 35'000 fr., et que cette derni�re per�oit une contribution d'entretien de son p�re. Enfin, l'int�ress�e �tant majeure, il n'aurait en tout cas plus aucun devoir d'entretien envers elle.
4.3.2.2.�Il r�sulte du devoir g�n�ral d'assistance entre �poux selon l'art. 159 al. 3 CC, concr�tis� � l'art. 278 al. 2 CC, que les conjoints doivent en principe s'entraider financi�rement pour l'�ducation des enfants issus d'une pr�c�dente union ou n�s hors mariage (ATF 127 III 68 consid. 3). Le devoir d'assistance du conjoint - qui s'applique aussi � l'entretien de l'enfant majeur (cf. arr�ts 5A_685/2008 du 18 d�cembre 2008 consid. 3.2.4; 5C.53/2005 du 31 mai 2005 consid. 4.1, publi� in FamPra.ch 2005 p. 969) - est toutefois subsidiaire. Lorsque l'enfant vit aupr�s de sa m�re et de son beau-p�re, le p�re biologique r�pond donc en principe de ses besoins en argent (art. 276 al. 2 CC). Le devoir d'assistance du nouveau conjoint se r�sume alors � compenser une �ventuelle diff�rence entre une contribution insuffisante du p�re biologique et les besoins de l'enfant ainsi qu'� supporter le risque li� � l'encaissement des contributions d'entretien (ATF 120 II 285 consid. 2b).
�Lorsque l'enfant concern� vit dans la communaut� familiale, le co�t de son entretien est pris en compte selon les dispositions sur l'entretien de la famille, soit selon l'art. 163 CC. Le nouveau conjoint subvient aux d�penses d'entretien de la famille diminu�es des prestations vers�es pour l'enfant et remplit ainsi en m�me temps son devoir d'assistance en tant qu'�poux (art. 163 al. 1 CC) et beau-p�re (art. 278 al. 2 CC). Pour cette raison, quand, durant la vie commune, le nouveau conjoint a subvenu aux besoins de l'enfant de son �poux en ayant conscience que celui-ci a renonc� � la contribution d'entretien due par le parent biologique, il convient d'admettre qu'il existe une convention entre les �poux concernant le montant de l'apport financier du beau-p�re. Cette convention sur l'accomplissement du devoir d'entretien de la famille, au sens de l'art. 163 al. 1 et 2 CC, doit en principe �tre prise en consid�ration dans la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale (arr�t 5P.242/2006 du 2 ao�t 2006 consid. 5, publi� in FamPra.ch 2006 p. 950 et les r�f�rences).
4.3.2.3.�En l'esp�ce, par les arguments qu'il soul�ve, le recourant ne d�montre pas l'arbitraire de la d�cision attaqu�e. M�me si son devoir d'assistance est subsidiaire par rapport � l'obligation d'entretien des parents biologiques, il a accept�, en connaissant la situation financi�re tant de l'enfant que de ses parents, de prendre en charge son entretien. C'est donc sans violer l'art. 9 Cst. que l'autorit� cantonale a pris en compte cette convention dans la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, et ce quand bien m�me la fille de l'intim�e est devenue majeure (cf. supra consid. 4.3.2.2). Autant qu'il est suffisamment motiv�, le grief doit, partant, �tre rejet�.
En conclusion, le recours en mati�re civile doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge du recourant (art. 66 al. 1 LTF), qui versera en outre des d�pens � l'intim�e (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Une indemnit� de 5'000 fr., � verser � l'intim�e � titre de d�pens, est mise � la charge du recourant.