Source: http://www.stop-tabac.ch/fr/les-mises-en-garde-illustrees
Timestamp: 2015-10-07 04:08:57+00:00
Document Index: 298448964

Matched Legal Cases: ['art. 11', 'arrêt ', 'art. 4', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Les mises en garde illustrées - Stop-tabac.ch
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Les avertissements illustrés sur les paquets de cigarette sont-ils utiles ?
En Suisse, depuis le 1er janvier 2010 - et en France, dès avril 2011 - selon une recommandation de la convention-cadre pour la lutte antitabac de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des mises en garde graphiques ont été imprimées sur les paquets de cigarettes. Ce moyen de prévention ne coûte rien à l'Etat et semble séduisant puisque ce sont les fabricants de tabac qui passent à la caisse. Mais ces illustrations dissuadent-elles vraiment ? Que permet de conclure la littérature scientifique à ce sujet ?
L’Organisation mondiale de la santé a adopté en 2003 un traité international, la Convention-cadre pour la lutte antitabac, dans le but d’enrayer le fléau sanitaire qu’est le tabagisme. Après ratification, l’Etat concerné s’engage à prendre plusieurs mesures législatives, dont certaines concernent l’étiquetage des paquets de cigarettes. Par exemple, la Convention-cadre (art. 11) recommande d’imprimer des mises en garde bien visibles couvrant 30 à 50% des faces principales des emballages sur les paquets de tabac, ces avertissements pouvant se présenter sous forme graphique.La Suisse a signé mais pas encore ratifié cette Convention-cadre. Pourtant, dès janvier 2010 elle a introduit cette mesure d’avertissement graphique sur les paquets de cigarettes à la suite d’autres mesures de mise en garde établies au préalable (dès 1978, des messages en petits caractères ont été introduits sur les paquets et, depuis 2004, des textes sur 35% de la face principale des paquets). Depuis 2010, des mises en garde illustrées compatibles avec celles proposées par l’Union européenne et représentent des photos de maladies et d’autres conséquences du tabagisme ont été introduites. Elles sont accompagnées du numéro de téléphone de la ligne « stop-tabac », où les fumeurs peuvent obtenir de l’aide pour arrêter de fumer [0848 000 181]. En outre, l’Ordonnance Fédérale prévoit une rotation des mises gardes pour prévenir de l’effet d’usure, pour que les gens ne deviennent pas trop insensibles au message par la force de l’habitude : 41 illustrations apparaîtront à raison d’une série tous les deux ans. La série actuelle se terminera le 31 décembre 2011.
Un premier état de fait a été relevé en Hollande : les appels à la ligne d’aide à l’arrêt du tabac ont explosé quand le numéro est apparu sur les paquets de cigarettes. L’utilisation de messages de prévention sur les paquets de cigarette frapperait-elle autant les esprits ? Est-ce scientifiquement fondé que susciter la peur ou le dégoût aide à prévenir du tabagisme? Voici quelques éléments de réponse...Une revue de la littérature scientifique sur les messages sanitaires suscitant la peur a conclu à leur efficacité : plus particulièrement, le plus efficace est de combiner des messages forts suscitant la peur à des messages sur l’efficacité du changement de comportement. Les mises en garde illustrées tiennent compte de ces conclusions puisqu’elles accompagnent des messages forts sur les risques par un numéro de téléphone où les fumeurs peuvent obtenir aide et conseils sur les méthodes efficaces pour arrêter de fumer. Elles reposent donc sur une base théorique et scientifique solide.L’introduction de ces mises en garde illustrées a été retardée dans plusieurs pays, dont la Suisse, notamment par crainte de conséquences négatives, en particulier la baisse des ventes de cigarettes ! Ces mises en garde illustrées ont été critiquées notamment parce qu’elles pourraient susciter inutilement de l’anxiété, parce que les fumeurs allaient simplement les ignorer ou les éviter, parce que les illustrations allaient décrédibiliser les messages, voire même que les fumeurs allaient, en réaction, augmenter leur consommation de tabac. Ces critiques sont-elles fondées ? Des mises en garde illustrées ont été introduites dans d’autres pays il y a plusieurs années déjà, et on dispose maintenant de suffisamment de recul pour évaluer leur impact.
D’abord, les mises en garde informent
Ces mises en garde ont pour but de modifier les comportements, notamment en augmentant la perception des risques liés au tabagisme. Le tabagisme tue environ 9'000 personnes en Suisse chaque année, les autorités ont donc une forte obligation morale d’informer les fumeurs sur les risques du tabagisme. Avoir conscience des risques n’est bien sûr pas suffisant pour arrêter de fumer, mais cela a néanmoins une forte influence sur le comportement tabagique. En effet, le risque pour la santé est la raison la plus souvent invoquée par les fumeurs pour arrêter de fumer. On croit souvent que les fumeurs sont suffisamment informés sur les risques du tabagisme, mais en réalité, ils sous-estiment ces risques ou pensent ne pas être concernés personnellement. Il s’agit de ce que les économistes appellent le biais d’optimisme. De plus, les fumeurs sont particulièrement peu informés sur les ingrédients et additifs chimiques qui représentent pourtant 15% du contenu des cigarettes. La plupart des emballages d’aliments portent plus d’informations sur leur contenu que les paquets de cigarettes, ce qui est tout même surprenant compte tenu de la dangerosité respective de ces deux types de produits.Informer sur les risques du tabac doit donc être un objectif prioritaire de santé publique. Un des principes directeurs de la Convention-cadre de l’OMS précise du reste que : « Chacun doit être informé des conséquences pour la santé, du caractère dépendogène et du risque mortel de la consommation de tabac » (art. 4).La littérature scientifique médicale suggère que les mises en gardes illustrées sont efficaces pour augmenter la perception des risques. Par exemple, au Canada, où ces mises en garde parlent du risque d’impuissance, les fumeurs sont plus nombreux à connaître ce risque que les fumeurs d’autres pays où ce thème n’est pas abordé dans les mises en garde. Au Canada, les mises en garde sur les paquets de cigarettes sont ainsi devenues l’une des principales sources d’information des fumeurs sur les risques du tabac, juste après la télévision.
Il faut susciter l’émotion
Les illustrations choisies pour les mises en garde suisses évoquent sans détour et assez crûment les conséquences du tabagisme, dans le but de susciter la peur ou le dégoût. Des enquêtes sur les mises en garde illustrées canadiennes, elles aussi assez choquantes, montrent que ce but est atteint, et que les émotions de peur et de dégoût étaient associées à une plus grande efficacité des messages. C’est-à-dire que les fumeurs qui avaient ressenti le plus de peur étaient les plus nombreux à avoir arrêté de fumer après trois mois. En choisissant des images suscitant la peur, les autorités fédérales ont donc jugé que la fin justifiait les moyens, et qu’il valait la peine de générer de l’anxiété chez les fumeurs si cela les conduisait à arrêter de fumer.En réaction à la peur et au dégoût suscités par les avertissements canadiens, seule une petite minorité de fumeurs a adopté un comportement d’évitement, soit en choisissant de n’acheter que les paquets illustrés par les messages les moins agressifs, soit en cachant les avertissements en insérant, par exemple, le paquet dans un étui. Toutefois, les fumeurs qui avaient ainsi évité ces messages n’étaient pas moins nombreux à avoir arrêté de fumer trois mois plus tard.
Impact rapporté par les fumeurs sur la motivation à arrêter
Dans des enquêtes d’opinion au Canada, il a été demandé aux fumeurs si ces avertissements illustrés avaient un impact sur leur consommation de tabac. Les fumeurs ont déclaré que les avertissements canadiens (qui représentent 50% de la surface d’un paquet) les ont conduits à fumer moins ou à arrêter de fumer. Dans une enquête aux Pays-Bas, les fumeurs ont aussi rapporté que les avertissements prescrits par l’Union européenne (texte sur 30% de la surface du paquet) les motivaient à arrêter de fumer. En Australie, des mises en garde illustrées ont eu aussi un impact positif sur l’intention d’arrêter de fumer chez des adolescents.
Impact sur les comportements
Le but de ces mises en garde est bien entendu, en premier lieu, de diminuer le nombre de fumeurs. Cet objectif semble être atteint. En effet, une étude longitudinale au Canada a montré que le fait de connaître ces messages, de les avoir lus et discutés augmente les chances d’arrêter de fumer dans les trois mois. Il est vrai cependant que pour l’instant, il existe peu d’autres études longitudinales sur l’impact de ces mises en garde illustrées sur l’arrêt du tabac. A l’inverse, il n’existe à notre connaissance aucune preuve qu’en réaction à ces avertissements certains fumeurs augmenteraient leur consommation de tabac. Si ces avertissements n’étaient pas efficaces, l’industrie du tabac n’aurait sans doute pas agi aussi activement pour empêcher l’introduction de cette mesure. Au vu du faible nombre d’études sur l’impact de cette mesure sur la consommation de tabac, il serait important d’évaluer cet impact en Suisse. Le Monitoring tabac, mandaté par l’Office fédéral de la santé publique, documentera en partie cet impact mais des études plus approfondies seraient nécessaires.
Une mesure efficace touchant un large public
En utilisant les paquets de cigarettes comme support, les messages sont communiqués de manière répétitive au moment même de fumer, à tous les fumeurs. Ainsi, tous les fumeurs de vingt cigarettes par jour y sont exposés plus de 7000 fois par an. De plus, les mises en garde illustrées sont particulièrement adaptées pour informer les personnes les moins éduquées, qui sont moins facilement atteintes par les autres sources d’information, sur les risques du tabagisme. Enfin, cette mesure ne coûte rien au contribuable, elle est donc l’une des mesures les plus efficientes (rapport coût-efficacité très attractif) pour diminuer la morbidité et la mortalité causées par le tabac.
Oui ces mises en garde semblent utiles! Une étude canadienne a montré que voir ces images, lire les messages associés et en discuter (que l’on soit pour ou contre) augmentent les chances d’arrêt trois mois plus tard.Inversement, aucune étude n’est arrivée à la conclusion que les fumeurs augmenteraient leur consommation de tabac par esprit de contradiction à cette mesure.Et si ces avertissements n’étaient pas efficaces ou ne contrarieraient pas les projets de vente des industriels du tabac, pourquoi ont-ils essayé d’empêcher l’introduction de cette mesure ?
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L’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) lance une nouvelle campagne de prévention du tabagisme.Télécharger l’APP SmokeFree Buddy pour une aide interactive dans l’aide à l’arrêt du tabac.Disponible dans Play Store et Apple Store.
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