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Timestamp: 2016-10-25 10:23:29+00:00
Document Index: 291673631

Matched Legal Cases: ['art. 60', 'art. 57', 'art. 55', 'art. 19', 'art. 44', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ']

U 300/06 (22.06.2007)
U 300/06
Arr�t du 22 juin 2007
C.________, 1965,
recourant, repr�sent� par Me Alain Berger, avocat, boulevard des Philosophes 9, 1205 Gen�ve,
C.________, n� en 1965, a �t� engag� en juin 1997 en qualit� de frigoriste par l'entreprise X.________. A ce titre, il �tait assur� contre le risque d'accidents aupr�s de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA).
Le 8 ao�t 1997, le pr�nomm� a �t� victime d'un accident de la circulation. Alors qu'il circulait sur un scooter, il s'est vu refuser la priorit� par le conducteur d'une auto roulant en sens inverse et d�sirant obliquer � gauche. Il a �t� renvers� par ce v�hicule et conduit � l'H�pital Y.________. Il a s�journ� � l'H�pital Y.________ jusqu'au 12 septembre 1997. Dans un rapport de sortie, les docteurs M.________, G.________ et H.________ ont diagnostiqu� une luxation post�rieure de la hanche droite avec fracture intra-articulaire de la t�te f�morale droite infra-for�ale, accompagn�e d'une fracture du cotyle tectale et partiellement du mur post�rieur (Pipkin IV), une fracture transverse du p�le inf�rieur de la rotule droite, ouverte stade II selon Gustillo ainsi qu'une fracture du col scapho�de (carpien) gauche. L'assur� avait subi des interventions chirurgicales (les 8 et 9 ao�t 1997); les suites post-op�ratoires �taient simples et af�briles. L'int�ress� avait �t� maintenu au lit strict pendant trois semaines et avait b�n�fici�, notamment, d'une r��ducation � la marche, laquelle devait se d�rouler sur une dur�e totale de trois mois. La mobilisation progressive du genou droit devait intervenir, en principe, dans un d�lai de six semaines, selon l'�volution radiologique. La mobilisation du poignet gauche d�pendait �galement de cette �volution. La CNA a pris en charge le cas.
Le 10 mars 1998, l'assur� a d�pos� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�.
Du 13 mai au 1er juillet 1998, C.________ a s�journ� � la Clinique Z.________. A la sortie, l'�volution �tait satisfaisante. Il subsistait des douleurs et limitations � la hanche et au genou droit. Des contr�les r�guliers au niveau de la hanche �taient n�cessaires. Psychiquement, la situation �tait difficile et l'assur� devait se faire suivre par un psychiatre. Il n'�tait pas r�aliste que l'int�ress� reprenne son occupation de monteur-�lectricien dans le domaine de la r�frig�ration. En revanche des mesures professionnelles �taient indiqu�es (par exemple dans le vente et l'administration dans le domaine �lectrotechnique; rapport de sortie du 8 juillet 1998).
Le 4 novembre 1998, le docteur O.________, sp�cialiste en chirurgie orthop�dique, a proc�d� � l'ablation du mat�riel d'ost�osynth�se.
Une radiographie du 25 f�vrier 1999 de la colonne lombaire (face et profil) a mis en �vidence, une lyse isthmique bilat�rale L5 avec ant�listh�sis de premier degr�, une discopathie L5-S1 et une ancienne maladie de Scheurmann dorsale inf�rieure, avec discopathie secondaire D10 � D12 (rapport du 26 f�vrier 1999 du docteur I.________, sp�cialiste en radiologie). Par ailleurs, une tomodensitom�trie des hanches du 24 mars 1999 a r�v�l� une coxarthrose droite nette ainsi qu'une g�ode sous-chondrale au niveau du bord sup�ro-interne de la t�te f�morale d'environ 15 mm de diam�tre (rapport du docteur I.________ du 1er avril 1999).
Dans un rapport du 23 avril 1999, le docteur R.________, m�decin d'arrondissement de la CNA a constat� que l'assur� se plaignait de la hanche droite (limitation fonctionnelle et douleurs), du genou droit (douleurs) et de fourmillements au poignet gauche. Ce m�decin partageait le point de vue du docteur O.________ selon lequel une intervention chirurgicale au niveau de la hanche, sous forme d'une arthroplastie proth�tique, se justifiait � moyen terme, mais devait intervenir le plus tard possible au vu de l'�ge de l'assur�.
Le 20 juillet 2000, C.________ a �t� examin� par le docteur N.________, m�decin d'arrondissement de la CNA. Celui-ci a relev� des plaintes au niveau de la hanche et du genou ainsi que des douleurs lombaires. L'incapacit� de travail �tait totale dans la profession de frigoriste et les possibilit�s de r�adaptation d�pendaient de la mise en place d'une proth�se de la hanche. Le seul traitement envisageable �tait l'op�ration (rapport du 21 juillet 2000).
Le 29 novembre 2000, le docteur O.________ a proc�d� � une arthroplastie proth�tique ciment�e de la hanche.
Le 15 mars 2001, un CT lombaire a r�v�l� une lyse isthmique bilat�rale L5 avec ant�listh�sis de 1er degr� de L5 sur S1, ainsi qu'une protrusion discale globale d'accompagnement mais pr�dominant en r�gion foraminale droite avec compression des racines L5 des deux c�t�s dans leur trajet foraminal mais de fa�on l�g�rement plus marqu�e � droite (rapport du 15 mars 2001 de la doctoresse S.________, radiologue). Un examen myographique du docteur J.________ du 16 mars 2001 a mis en �vidence des signes de d�nervation mod�r�s et chroniques dans le myotome L5 (� droite), de m�me qu'une discr�te d�nervation dans le p�dieux � gauche et une activ� fibrillatoire bilat�rale dans les muscles paravert�braux lombaires (rapport du 19 mars 2001).
Selon un rapport du 22 mai 2001 du docteur E.________, chef de service adjoint du service de neurochirurgie de l'H�pital Y et de l'H�pital V.________, les r�sultats des examens pratiqu�s d�montraient une compression radiculaire, ainsi qu'un listh�sis du premier degr� avec lyse isthmique bilat�rale et comblement dans le contexte du r�cessus L5-S1. Le port d'un corset permettrait au patient d'�tre mis en condition de contention externe. Une proposition de spondylod�se et de r�alignement L5-S1 devait toutefois �tre entreprise rapidement. Il s'agissait d'une l�sion logiquement ant�rieure � l'accident, mais les suites de l'accident avec boiterie cons�quente durant une longue p�riode avaient suffi, � son avis, � d�compenser de mani�re importante la pathologie pr�existante. Le port du corset �tait pr�vu durant quatre semaines. Le docteur E.________ a pr�cis� par la suite � l'intention de la CNA que les dorsalgies de l'assur� �taient bien en relation avec l'accident de 1997 (lettre du 5 septembre 2001).
Au terme d'examens pratiqu�s le 17 septembre 2001 au niveau du genou gauche, le docteur A.________, sp�cialiste en radiologie, a conclu � l'existence possible d'une arthrose tibio-f�morale interne a minima. Par ailleurs, l'aspect de la rotule pouvait �voquer un ancien status post-traumatiqe.
Le 15 novembre 2001, le docteur O.________ a expos� que les lombo-sciatalgies droites non d�ficitaires �taient la r�sultante d'une d�compensation d'un spondylolisth�sis avec lyse isthmique bilat�rale de L5 par l'accident du 8 ao�t 1997. Le patient s'�tait plaint d�s le d�but des lombo-sciatalgies droites; avant l'accident il n'avait jamais pr�sent� de symptomatologie � ce niveau-l�, nonobstant les importantes sollicitations du dos requises par son m�tier de frigoriste. Par ailleurs, la violence du traumatisme - qui s'est fait en position de flexion de la hanche avec un choc dans l'axe du f�mur et qui a occasionn� une fracture comminutive de la rotule, puis une fracture du pilier post�rieur du cotyle - avait certainement dispers� de l'�nergie �galement au niveau de la charni�re lombo-sacr�e et d�compens� le spondylolisth�sis existant, jusqu'alors asymptomatique. De plus, la persistance d'une importante boiterie apr�s l'ost�osynth�se du cotyle et de la fracture de la rotule avait �galement contribu� au maintien d'un conflit au niveau lombo-sacr�. Pour corollaire, cette symptomatologie lombaire avait nettement r�gress� apr�s la mise en place de la proth�se de la hanche le 29 novembre 2000, qui a permis la suppression quasi totale de la boiterie.
Le 22 mai 2002, une IRM du genou gauche pratiqu�e par la doctoresse K.________, sp�cialiste en radiologie, a r�v�l� une fissuration de la corne post�rieure du m�nisque interne ainsi qu'une lame d'�panchement intra-articulaire (rapport du 23 mai 2002).
Lors de l'examen m�dical final du 25 juin 2002, le docteur N.________, sp�cialiste en chirurgie orthop�dique et m�decin d'arrondissement de la CNA, a constat� que la situation de la hanche �tait stable; celle-ci ne n�cessitait pas de traitement particulier, en dehors de contr�les orthop�diques r�guliers. S'agissant de la rotule droite, il y avait actuellement une gonarthrose avec une rotule basse; seuls des contr�les r�guliers s'av�raient utiles. Quant � la fracture du scapho�de gauche, elle �tait gu�rie. Au niveau lombaire, il n'y avait pas d'�vidence d'une d�compensation du spondylolisth�sis; le dos �tait souple, sans pr�sence d'une symptomatologie d'irritation radiculaire; sur le plan radiologique, la morphologie de ce spondylolisth�sis ne s'�tait pas modifi�e depuis 1999. La capacit� de travail dans le m�tier d'�lectricien �tait nulle. En revanche, l'assur� �tait apte � exercer des activit�s excluant les marches de longue dur�e, les stations debout de longue dur�e, les marches sur un terrain in�gal, le maintien de postures en flexion du tronc, le port de charges, les positions assises de longue dur�e. Dans de telles occupations, il aurait th�oriquement une capacit� de travail de 100 % en temps et rendement, � condition qu'il puisse disposer d'une certaine libert� sur le plan des changements de positions (rapport du 7 ao�t 2002). Par ailleurs, dans un rapport s�par�, le docteur N.________ a fix� � 40 % le taux de l'atteinte � l'int�grit�.
Par lettre du 4 octobre 2002, la CNA a inform� l'assur� qu'elle mettait fin � la prise en charge des soins m�dicaux (� quelques r�serves pr�s) et que l'indemnit� journali�re lui serait vers�e jusqu'au 30 novembre 2002. Elle a �galement enjoint � l'int�ress� de mettre en valeur sa capacit� de travail tout en l'informant qu'elle se prononcerait sur son droit � une rente d'invalidit� pour la p�riode subs�quente. L'assur� s'est vu allouer une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� de 38'880 fr.
Dans un rapport du 10 f�vrier 2003, le docteur B.________, sp�cialiste en neurochirurgie, a relev� que le spondylolisth�sis �tait une affection cong�nitale, mais que l'assur� n'en avait jamais souffert avant l'accident; la probabilit� de la d�compensation par l'accident confinait donc � la certitude; en revanche, ce m�decin ne pouvait pas se prononcer sur la dur�e de cette d�compensation. En particulier, l'examen �lectromyographique des membres inf�rieurs pratiqu� par le docteur J.________ le 16 mars 2001 confirme l'existence de signes de d�nervation mod�r�e et chronique dans le myotome L5 droit qui correspond au trajet d'une partie des plaintes douloureuses de l'assur�.
Le 4 avril 2003, la doctoresse K.________ a proc�d� � une IRM lombaire qui a r�v�l� un discret ant�listh�sis de grade I de L5 sur S1 sur lyse isthmique bilat�rale, des discopathies D11-D12, L2-L3 et L5‑S1, sans image de conflit disco-radiculaire, une arthrose inter-facettaire bilat�rale L4-L5 et de fa�on plus marqu�e en L5-S1 ainsi que des images compatibles avec un petit kyste synovial en regard de l'articulaire post�rieure L5-S1 droite (rapport du 7 avril 2003).
Par d�cision du 15 octobre 2003, la CNA a confirm� � l'assur� qu'elle n'interviendrait pas pour les troubles lombaires. En revanche, elle continuerait � allouer des prestations pour la hanche et le genou droit.
Par acte du 14 novembre 2003, l'assur� s'est oppos� � cette d�cision en invoquant, notamment, les avis des docteurs E.________, O.________ et B.________.
Le 20 novembre 2003, l'H�pital F.________ a rendu un rapport d'expertise pluridisciplinaire. Selon les conclusions des experts, la situation m�dicale de la hanche droite et des genoux �tait jug�e satisfaisante tant sur le plan clinique que radiologique. Les lombes ne pr�sentaient pas de syndrome vert�bral. Il n'existait pas de restriction de la mobilit� dorso-lombaire et l'examen neurologique �tait d�nu� de sciatalgie irritative ou d�ficitaire. Du point de vue somatique, la capacit� de travail �tait totale dans une activit� l�g�re et adapt�e, sans port de charges lourdes. Sur le plan psychique, en revanche, l'assur� vivait une probl�matique d'encha�nement entre les facteurs personnels et accidentels avec une �volution vers un syndrome de douleurs ubiquitaires et omnipr�sentes, qui �tait devenu une v�ritable entit� psychosomatique; les troubles psychiques justifiaient � eux seuls une diminution de 50 % de la capacit� de travail de l'assur�. Une �volution positive �tait encore possible.
Invit� � se prononcer sur la cas, le docteur D.________, sp�cialiste en chirurgie orthop�dique et membre de l'�quipe m�dicale de m�decine des assurances de la CNA, a estim� qu'il n'�tait pas �tabli au degr� de vraisemblance pr�pond�rante que les troubles lombaires de l'assur� fussent attribuables � l'accident du 8 ao�t 1997 (rapport du 14 janvier 2004). Aussi, la CNA a-t-elle rejet� l'opposition (d�cision du 22 janvier 2004).
C.________ a recouru contre la d�cision sur opposition devant le Tribunal cantonal des assurances sociales du canton de Gen�ve en concluant, principalement, � ce que cette d�cision soit annul�e pour violation du droit d'�tre entendu. A cet �gard, il faisait grief � la CNA d'avoir demand� au docteur D.________ une appr�ciation m�dicale, sans l'en avoir avoir inform� et sans lui avoir donn� l'occasion de s'exprimer sur son contenu. Subsidiairement, il concluait � ce que la CNA soit condamn�e � prendre en charge les suites des affections lombaires dont il souffrait.
Dans le cadre de l'instruction, l'assur� a d�pos� un nouvel avis du docteur O.________ (du 9 mai 2005), lequel �voque deux hypoth�ses susceptibles de confirmer l'existence d'un lien de causalit� entre la symptomatologie dorsale de son patient et l'accident. Tout d'abord, l'onde de choc a pu vraisemblablement cheminer au niveau de la charni�re lombo-sacr�e et entra�ner une d�compensation du spondylolisth�sis existant, qui �tait jusque-l� asymptomatique. Alternativement, la longue p�riode de boiterie cons�cutive � l'accident aurait �galement pu jouer un r�le dans cette d�compensation. Selon ce m�decin, le docteur D.________ n'aborde pas la possibilit� d'une d�compensation d'un spondylolisth�sis existant par un traumatisme violent et n'a donc pas trouv� d'argument allant contre l'aspect plausible de cette hypoth�se. Par ailleurs, le docteur D.________ r�fute la deuxi�me hypoth�se en se fondant sur des analyses de marche effectu�es sur des sujets pr�sentant des in�galit�s des membres inf�rieurs, omettant de dire qu'une in�galit� de ces membres n'entra�ne pas syst�matiquement une boiterie qui est g�n�ralement due � une insuffisance des fessiers; il n'a pas non plus pris en consid�ration l'am�lioration de la symptomatologie lombaire apr�s la mise en place de la proth�se de la hanche qui a permis la r�gression de la boiterie.
Le 24 novembre 2005, la juridiction cantonale a proc�d� � l'audition du docteur B.________. Ce m�decin n'avait pas de preuve absolue que la d�compensation du spondylolisth�sis du patient �tait d'origine traumatique: aucun examen m�dical quelconque ne pouvait prouver ce fait. Cependant au vu de l'anamn�se et des rapports de confiance qui le lient � son patient, le docteur B.________ pouvait affirmer, avec un degr� de probabilit� confinant � la certitude, que tel avait �t� le cas en l'occurrence.
Le docteur D.________, s'est prononc� � son tour sur ces appr�ciations dans un rapport compl�mentaire du 1er f�vrier 2006.
Par jugement du 3 mai 2006, la juridiction cantonale a rejet� le recours.
C.________ a interjet� un recours de droit administratif contre ce jugement, dont il a requis l'annulation. Sous suite de frais et d�pens, il concluait, principalement, � ce que la CNA soit condamn�e � prendre en charge les cons�quences de ses troubles lombaires et subsidiairement, � ce que soit ordonn�e la mise en oeuvre d'une contre-expertise par un expert ind�pendant sp�cialis� en biom�canique. Tr�s subsidiairement, il demandait le renvoi de la cause � la CNA pour � mise en oeuvre d'une nouvelle expertise par un m�decin ind�pendant et respectant toutes les exigences l�gales relatives au droit d'�tre entendu �.
La CNA a conclu au rejet du recours, tandis que l'Office f�d�ral de la sant� publique a renonc� � se d�terminer.
2.1 Comme en instance cantonale, le recourant invoque en premier lieu une violation de son droit d'�tre entendu, au motif, d'une part, que la CNA ne lui a pas communiqu� la prise de position du docteur D.________ du 14 janvier 2004 et, d'autre part, que celle-ci constitue une expertise au sens de l'art. 60 PCF, soumise aux exigences des art. 57 et 55 PCF applicables par renvoi de l'art. 55 LPGA aux r�gles de la PA, en particulier l'art. 19 PA, qui renvoie lui-m�me aux dispositions de la PCF.
2.2 Le point de savoir ce qu'il en est, en l'esp�ce, de l'application de ces dispositions peut rester ind�cis. En effet, contrairement � ce que soutient le recourant, on ne saurait retenir que la prise de position du docteur D.________ est une expertise au sens des art. 44 LPGA et 60 PCF. Le docteur D.________ est rattach� � la division de m�decine de la CNA. A l'instar des m�decins d'arrondissement de la CNA, il participe, du fait de ses connaissances sp�ciales, � la pr�paration des d�cisions. M�me si les prises de position de ces m�decins constituent un �l�ment essentiel lors de la d�cision et ont, du point de vue mat�riel, toutes les caract�ristiques d'une expertise, elles ne sont pas des rapports d'experts. Elles s'apparentent plut�t, sur le plan de l'administration des preuves, � des renseignements �crits recueillis aupr�s d'autorit�s. Aussi, les prescriptions proc�durales particuli�res de la preuve par expertise ne sont-elles pas applicables (RAMA 2000 n� U 361 p. 39; cf. aussi arr�t du 14 juin 2004, U 233/02).
2.3 Dans le cas particulier toutefois, la CNA a recueilli l'avis de sa division de m�decine des assurances non pas en vue de rendre sa d�cision initiale, mais au cours de la proc�dure d'opposition. Avec les premiers juges, on doit consid�rer qu'une �ventuelle violation du droit d'�tre entendu du recourant a, en tout �tat de cause, �t� r�par�e puisque ce dernier a eu acc�s � toutes les pi�ces de son dossier dans le cadre de la proc�dure devant la juridiction cantonale et qu'il a pu faire valoir ses arguments devant une autorit� de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen - l'instance cantonale, puis le Tribunal f�d�ral - (ATF 130 II 530 consid. 7.3 p. 562, 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437/438, 126 V 130 consid. 2b p. 132 et les r�f�rences; voir �galement Moor, Droit administratif, vol. II, p. 190; voir aussi, pour un cas semblable, l'arr�t du 13 novembre 2005, U 45/02).
Le litige au fond porte sur l'existence d'un rapport de causalit� (naturelle et ad�quate) entre l'accident du 8 ao�t 1997 et les troubles lombaires dont souffre le recourant.
Les premiers juges ont expos� correctement les r�gles l�gales � la solution du litige. Il suffit de renvoyer au jugement attaqu�, singuli�rement aux consid. 9 et 10 o� sont rappel�es les notions jurisprudentielles de causalit� naturelle et ad�quate ainsi que les principes r�gissant l'appr�ciation des preuves dans le domaine m�dical.
La juridiction cantonale a repris � son compte les conclusions des docteurs N.________ et D.________. Elle a ainsi retenu qu'il n'existait pas de rapport de causalit� naturelle entre l'accident du 8 ao�t 1997 et les troubles lombaires du recourant.
5.1 Pour le docteur N.________, il n'y avait pas d'�vidence clinique d'une d�compensation et m�me si une d�compensation post-traumatique �tait th�oriquement possible, une discussion sur ce point �tait superflue en l'absence d'�vidence clinique ou radiologique d'un tel ph�nom�ne (rapport du 7 ao�t 2002).
5.2 Il ressort de l'appr�ciation du docteur D.________ du 14 janvier 2004 que la spondylolisth�sis sur lyse isthmique �tait d�j� identifiable sur la radiographie de la colonne lombaire de l'assur� prise le lendemain de l'accident. On pouvait d�s lors exclure une �tiologie traumatique � sa source (non pas seulement en raison du fait qu'il s'agit d'une l�sion exceptionnelle) mais �galement parce qu'il existait un discret glissement vert�bral, qui dans le cadre d'une lyse isthmique traumatique ne se d�veloppe qu'au fil du temps. En outre, le pincement discal L5/S1 exprimait la discopathie sous-jacente qui accompagne fr�quemment le ph�nom�ne de spondylolisth�sis isthmique. On pouvait �galement exclure une �tiologie traumatique indirecte (douleurs lombaires provoqu�es par la boiterie induite par les deux pathologies du membre inf�rieur droit � savoir incongruence articulaire, puis n�crose de la t�te f�morale et probl�matique f�moro-rotulienne suite � la fracture patellaire). A cet �gard, la doctrine m�dicale et les r�centes exp�riences men�es par les chercheurs d�montraient que le ph�nom�ne de boiterie n'�tait pas responsable de l'�mergence des lombalgies. Dans le cas de l'assur�, il n'�tait pas possible de documenter une progression du glissement vert�bral ant�rieur de L5 sur S1. En d'autres termes, il n'y avait pas sur le plan radiologique de d�monstration objective d'une p�joration de la situation au niveau lombaire. Par ailleurs, il �tait difficile d'admettre que la boiterie f�t impliqu�e dans l'�mergence des lombalgies. S'il �tait exact que l'assur� avait d�velopp� avant la mise en place de sa proth�se de la hanche une boiterie importante, la normalisation de la marche suite � cette op�ration ne s'�tait pas sold�e par un amendement progressif des lombalgies, ce qui aurait d� se produire pour le moins au courant de l'ann�e 2001, puisque l'op�ration avait eu lieu le 19 novembre 2000. Enfin, � la lecture du rapport d'expertise du COMAI on �tait en droit de s'interroger r�trospectivement sur l'impact clinique r�el du spondylosth�sis sur lyse isthmique de L5 dans la mesure o� � l'heure actuelle, et ce malgr� la persistance des plaintes, il n'existait plus aucun signe clinique �vocateur d'un syndrome lombo-vert�bral, voire lombo-articulaire. Le docteur D.________ en a d�duit qu'il n'�tait pas �tabli, au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante, que les troubles lombaires qui se sont install�s dans l'�volution ayant fait suite � l'accident du 8 ao�t 1997 repr�sentent une complication indirecte de ce traumatisme. En outre, pour le moins actuellement, il n'�tait pas certain que cette pathologie - asymptomatique - soit impliqu�e dans l'�tiologie des plaintes de l'assur�.
En r�ponse aux avis exprim�s par les docteurs B.________ et O.________ au cours de la proc�dure cantonale, le docteur D.________ a expos� que le diagnostic de spondylolisth�sis n'�tait apparu pour la premi�re fois que le 26 f�vrier 1999 (rapport du docteur I.________). Il n'�tait pas possible de savoir quand les douleurs lombaires s'�taient manifest�es, mais on pouvait conclure d'autres rapports m�dicaux (celui du 19 mars 2001 du docteur J.________ et celui du 14 mai 2001 [recte: 22 mai 2001 relatant une consultation de policlinique du 14 mai 2001] du docteur E.________) qu'elles �taient apparues apr�s un intervalle libre d'environ un an. Or, pour admettre qu'un rachis lombaire soit impliqu� dans un traumatisme, il fallait que les troubles sugg�rant cette id�e se d�veloppent rapidement apr�s l'accident. Si ce d�lai �tait de plusieurs jours, voire de semaines, il �tait pratiquement impossible d'�tayer le lien de cause � effet entre l'�v�nement traumatique et les sympt�mes subs�quents. L'argument d�cisif qui parlait indubitablement contre l'id�e d'une d�compensation traumatique du spondylolisth�sis pr�existant d�coulait donc de l'analyse de l'anamn�se et de la simple logique (rapport compl�mentaire du 1er f�vrier 2006).
6.1 A l'instar des premiers juges, le Tribunal f�d�ral n'a aucun motif de s'�carter des conclusions des docteurs N.________ et D.________. Ce dernier, en particulier, s'est appuy� sur l'ensemble des pi�ces m�dicales (y compris le dossier radiologique, ainsi que sur une analyse tr�s d�taill�e de l'anamn�se post-accidentelle, compl�t�e par des r�f�rences � une abondante litt�rature m�dicale. Les conclusions de ce m�decin r�pondent en tous points aux exigences permettant de lui reconna�tre pleine valeur probante au sens de la jurisprudence (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352).
6.2 Le recourant fait grief � la juridiction cantonale de n'avoir pas pris en consid�ration les �l�ments m�dicaux contraires (notamment les avis des docteurs O.________, B.________ et E.________). Cependant, le juge statue en mati�re de fait au regard de la vraisemblance pr�pond�rante. Par ailleurs, dans le cadre de l'appr�ciation des preuves, les premiers juges ont analys� les divers rapports m�dicaux des m�decins pr�cit�s et donn� dans chaque cas les motifs pertinents pour lesquels ils ont consid�r� que leurs conclusions n'�taient pas aptes � jeter un doute sur la valeur probante des rapports des docteurs N.________ et D.________. A raison ont-ils d�duit de leurs appr�ciations qu'il n'�tait pas �tabli au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante que les troubles lombaires du recourant �taient en relation de causalit� naturelle avec l'accident du 8 ao�t 1997.
Dans ces conditions, les pi�ces m�dicales vers�es au dossier permettent de statuer en pleine connaissance de cause sur le pr�sent litige, si bien que la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise s'av�rait (et s'av�rerait) superflue. Les premiers juges pouvaient s'en dispenser par appr�ciation anticip�e des preuves (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428/429). Partant, le grief du recourant tir� de la violation du droit d'�tre entendu par la juridiction cantonale dans ce contexte doit �tre rejet�.
Lucerne, le 22 juin 2007