Source: https://whatit.info/fr/wiki/Ordre_du_Temple
Timestamp: 2020-01-22 17:36:58+00:00
Document Index: 225530400

Matched Legal Cases: ['§ 1', '§ 2', '§ 7', "l'article 87", '§ 66', "l'article 28", "l'article 661", '§ 4', '§ 1', 'art. 4']

L’ordre du Temple est un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers.
Cet ordre fut créé à l'occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129 [a], à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, du nom du temple de Salomon que les croisés avaient assimilé à la mosquée al-Aqsa (bâtie sur les restes de ce temple). Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif, avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.
Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 [a], date à laquelle le pape Clément V fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l'ordre du Temple, à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.
Le pape Urbain II prêchant la 1re croisade, Grandes Chroniques de France enluminées par Jean Fouquet vers 1455-1460.
Aux XIe et XIIe siècles, le renouveau du monachisme chrétien vit la fondation de nombreux ordres religieux avec notamment les convers qui privilégiaient le travail manuel, et la rénovation de la vie canoniale qui adopta la règle de saint Augustin, les chanoines (ordre de Saint-Lazare de Jérusalem) ou des moines (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) s'engageant dans des activités hospitalières ou dans la vie paroissiale. C'est dans ce contexte religieux que l'Église catholique incita les chevaliers du siècle à devenir des milites Christi, autrement dit des « chevaliers du Christ » désirant combattre les infidèles en Terre sainte[2].
Le pape Urbain II prêcha la première croisade le 27 novembre 1095 , dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d'exactions voire d'assassinats[3].
Le pape demanda donc au peuple chrétien d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux chrétiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! » et tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés (terme qui n'apparaît qu'au concile de Latran IV en 1215). Cette action aboutit le 15 juillet 1099 à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon[4].
Hugues de Payns, futur fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, vint pour la première fois en Terre sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage[5]. Ils en revinrent en 1107[b] puis y repartirent en 1114, se mettant alors sous la protection et l'autorité des chanoines du Saint-Sépulcre, avec leurs chevaliers qui œuvrèrent alors à la défense des possessions de ces chanoines et la protection du tombeau du Christ[2].
Après la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon fut désigné roi de Jérusalem par ses pairs, titre qu'il refusa, préférant porter celui d'avoué du Saint-Sépulcre. Il mit en place l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre qui avait pour mission d'aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d'hommes d'armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre[6].
Une institution similaire constituée de chevaliers, appelés chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), fut créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Par extension, les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Il est fort probable qu'Hugues de Payns intégra cette institution dès 1115[7]. Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient chez les Hospitaliers à l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem situé tout près.
Lorsque l'ordre de l'Hôpital, reconnu en 1113, fut chargé de s'occuper des pèlerins venant d'Occident, une idée naquit : créer une milice du Christ (militia Christi) qui ne s'occuperait que de la protection de la communauté de chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre sainte, alors en proie aux brigands locaux. Ainsi, les chanoines s'occuperaient des affaires liturgiques, l'ordre de l'Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire de protection des pèlerins. Cette répartition ternaire des tâches reproduisait l'organisation de la société médiévale, qui était composée de prêtres et moines (oratores, littéralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores)[8].
C'est le 23 janvier 1120 , lors du concile de Naplouse[9] que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Salomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem et de défendre les États latins d'Orient.
Dans un premier temps, Payns et Saint-Omer se concentrèrent sur le défilé d'Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins ; par la suite, l'une des plus grandes places fortes templières en Terre sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin.
Le nouvel ordre ainsi créé ne pouvait survivre qu'avec l'appui de personnes influentes. Hugues de Payns réussit à convaincre le roi de Jérusalem Baudouin II de l'utilité d'une telle milice, chose assez aisée au vu de l'insécurité régnant dans la région à cette époque. Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond de Picquigny la mission de « garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins » (« ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones »[10]) pour la rémission de leurs péchés, mission considérée comme un quatrième vœu habituel pour les ordres religieux militaires.
Le roi Salomon tenant le Temple dans ses mains. Sculpture du portail de la cathédrale Notre-Dame de Laon, France.
Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem qui correspond aujourd'hui à la mosquée al-Aqsa mais qui était appelée — à tort — à l'époque « temple de Salomon » car étant selon la tradition juive située à l'emplacement du temple de Salomon. C'est ce « temple de Salomon » dans lequel ils installèrent leurs quartiers (notamment les anciennes écuries du Temple) qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple[11]. Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. Voici donc la liste de ces chevaliers, précurseurs ou « fondateurs » de l'ordre[12],[13] :
André de Montbard, originaire de la Bourgogne, oncle de Bernard de Clairvaux[14] ;
Arnaldo (pt) ;
Le premier don (de trente livres angevines) reçu par l'ordre du Temple vint de Foulque, comte d'Anjou, qui devint par la suite roi de Jérusalem[15].
La notoriété de la milice ne parvenait pas à s'étendre au-delà de la Terre sainte, c'est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambault de Saint-Amand et Rolland), embarqua pour l'Occident en 1127[16] afin de porter un message destiné au pape Honorius II et à Bernard de Clairvaux.
Fort du soutien du roi Baudouin et des instructions du patriarche Gormond de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants[16] :
La tournée occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commença en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l'Angleterre où ils reçurent de nombreux dons, la Flandre et enfin la Champagne[17].
Cette démarche d'Hugues de Payns, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125[18].
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes.
Le 13 janvier 1129 [a], le concile s'ouvrit en présence de nombreuses personnalités religieuses dont le prologue de la règle primitive du Temple donne les noms[19] : le cardinal Mathieu d'Albano, légat du pape en France, les archevêques de Reims et de Sens, ainsi que dix de leurs évêques suffragants, quatre abbés cisterciens (ceux de Cîteaux, Clairvaux, Pontigny et Troisfontaines), deux abbés clunisiens (ceux de Molesmes et Vézelay), deux chanoines, deux maîtres et un secrétaire.
Le concile mena à la fondation de l'ordre du Temple et le dota d'une règle propre. Celle-ci prit pour base la règle de saint Benoît (présence des cisterciens Bernard de Clairvaux et Étienne Harding, fondateur de Cîteaux) avec néanmoins quelques emprunts à la règle de saint Augustin, que suivaient les chanoines du Saint-Sépulcre aux côtés desquels vécurent les premiers Templiers. Une fois la règle adoptée, elle devait encore être soumise à Étienne de Chartres, patriarche de Jérusalem.
L'Éloge de la nouvelle milice (De laude novæ militiæ) est une lettre que saint Bernard de Clairvaux envoya à Hugues de Payns, dont le titre complet était Liber ad milites Templi de laude novæ militiæ[20],[c] et écrite après la défaite de l'armée franque au siège de Damas en 1129.
« Il n’est pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seules forces de l’âme, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidemment rare, c’est de voir les deux choses réunies. (§ 1) »
« Le chevalier du Christ donne la mort en toute sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore. […] Lors donc qu'il tue un malfaiteur, il n'est point homicide mais Malicide. […] La mort qu'il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu'il reçoit, le sien propre[21]. »
Mais pour cela, il fallait que la guerre soit « juste ». C'est l'objet du § 2 de L'Éloge de la Nouvelle Milice. Bernard est conscient de la difficulté d'un tel concept dans la pratique, car si la guerre n'est pas juste, vouloir tuer tue l'âme de l'assassin :
Bernard fait donc bien l'éloge de la Nouvelle Milice, mais non sans nuances et précautions… Tous ses § 7 & 8 (dans le chap. IV) tracent un portrait volontairement idéal du soldat du Christ, afin de le donner comme un modèle qui sera toujours à atteindre. Le premier à critiquer saint Bernard est le moine cistercien Isaac de Stella qui voit dans la confusion des fonctions tripartites indo-européennes (« ceux qui prient » (oratores), « ceux qui combattent » (bellatores) et « ceux qui travaillent » (laboratores)) une « monstruosité[d] », mais les contradicteurs restent minoritaires[23].
Cet éloge permit aux Templiers de rencontrer une grande ferveur et une reconnaissance générale : grâce à saint Bernard, l'ordre du Temple connut un accroissement significatif : bon nombre de chevaliers s'engagèrent pour le salut de leur âme ou, tout simplement, pour prêter main-forte en s'illustrant sur les champs de bataille.
Exemple de bulle pontificale (ici, bulle pontificale d'Urbain VIII en 1687).
La bulle Omne datum optimum a été publiée par le pape Innocent II le 29 mars 1139 [24] sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre du Temple. Elle fut d'une importance capitale pour l'ordre puisqu'elle était à la base de tous les privilèges dont jouissaient les Templiers. En effet, grâce à elle, les frères du Temple eurent le droit de bénéficier de la protection apostolique et d'avoir leurs propres prêtres.
Les privilèges qu'elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne fut pas aisé de retrouver l'originale[25].
La bulle Milites Templi (Chevaliers du Temple) a été publiée le 9 janvier 1144 [26] par le pape Célestin II. Elle permit aux chapelains du Temple de prononcer l'office une fois par an dans des régions ou villes interdites, « pour l'honneur et la révérence de leur chevalerie », sans pour autant autoriser la présence des personnes excommuniées dans l'église. Mais ce n'est en réalité qu'une confirmation de la bulle Omne datum optimum.
La bulle Militia Dei (Chevalerie de Dieu) a été publiée par le pape Eugène III, le 7 avril 1145 [26]. Cette bulle permit aux Templiers de construire leurs propres oratoires, mais aussi de disposer d'une totale indépendance vis-à-vis du clergé séculier grâce au droit de percevoir des dîmes et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimetières. De plus, la protection apostolique fut étendue aux familiers du Temple (leurs paysans, troupeaux, biens…).
Des plaintes furent déposées par des Templiers auprès du pape concernant le fait que le clergé prélevait un tiers du legs fait par les personnes désireuses de se faire enterrer dans les cimetières de l'ordre. La bulle Dilecti filii ordonna en conséquence au clergé de ne se contenter que d'un quart des legs[27].
Lettrine du XIIe siècle représentant Bernard de Clairvaux.
Après le concile de Troyes, où l'idée d'une règle propre à l'ordre du Temple a été acceptée, la tâche de la rédiger fut confiée à Bernard de Clairvaux, qui lui-même la fit écrire par un clerc qui faisait sûrement partie de l'entourage du légat pontifical présent au concile, Jean Michel (Jehan Michiel)[28], sur des propositions faites par Hugues de Payns.
« … si vous en mentiez, vous en seriez parjure et en pourriez perdre la maison, ce dont Dieu vous garde. »
— (extrait de l’article 668)
Possessions de l'ordre des Templiers en Europe vers 1300.
Comme tout ordre religieux, les templiers étaient dotés de leur propre règle et cette règle évoluait sous forme de retrais (article statutaires) à l'occasion des chapitres généraux[29]. C'est l'article 87 des retrais de la règle qui nous indique la répartition territoriale initiale des provinces. Le maître de l'ordre désignait un commandeur pour les provinces suivantes[30],[31],[32] :
Allemagne, formée au XIIIe siècle, divisée en bailliages de :
Bohême, Moravie et Autriche
Brabant et de l'Hesbaye
Pologne, Poméranie et Nouvelle Marche
Angleterre, divisée en bailliages de :
Provence et partie d'Espagne, divisé en 1239 en :
Provinces d'Orient, dont il ne subsiste que la province de Chypre après la prise de Saint-Jean d'Acre en 1291.
L'expression « grand maître » pour désigner le chef suprême de l'ordre est apparue à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle dans des chartes tardives et dans les actes du procès des Templiers. Puis, elle a été reprise et popularisée par certains historiens des XIXe et XXe siècles. Elle est aujourd'hui largement répandue.
Or, ce grade n'existait pas dans l'ordre et les Templiers eux-mêmes ne semblaient pas l'utiliser[33]. Cependant, dans des textes tardifs apparaissent les qualificatifs de « maître souverain » ou « maître général » de l'ordre. Dans la règle et les retraits de l'ordre, il est appelé Li Maistre et un grand nombre de dignitaires de la hiérarchie pouvaient être appelés ainsi sans l'adjonction d'un qualificatif particulier. Les précepteurs des commanderies pouvaient être désignés de la même façon. Il faut donc se référer au contexte du manuscrit pour savoir de qui l'on parle. En Occident comme en Orient, les hauts dignitaires étaient appelés maîtres des pays ou provinces : il y avait donc un maître en France, un maître en Angleterre, un maître en Espagne, etc. Aucune confusion n'était possible puisque l'ordre n'était dirigé que par un seul maître à la fois, celui-ci demeurant à Jérusalem. Pour désigner le chef suprême de l'ordre, il convient de dire simplement le maître de l'ordre et non grand maître.
Durant sa période d'existence, s'étalant de 1129[a] à 1312[a], date à laquelle le pape Clément V fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l'ordre du Temple, soit 183 ans, l'ordre du Temple a été dirigé par vingt-trois maîtres.
Les premiers chevaliers de l'ordre du Temple à occuper cette fonction sont mentionnés par Malcolm Barber auprès du pape Alexandre III, sans que leur nom soit cependant cité[34].
C'est surtout à partir du milieu du XIIIe siècle que les Templiers vont se succéder à cette fonction, pour certains à plusieurs reprises, comme Giacomo de Pocapalea, ou Hugues de Verceil, et parfois en doublon comme sous Benoît XI. Les derniers Templiers cubiculaires de Clément V furent Giacomo da Montecucco, maître de la province de Lombardie, arrêté puis emprisonné à Poitiers en 1307[35], d'où il s'échappa en février 1308 , pour se réfugier dans le Nord de l'Italie[36], et enfin, Olivier de Penne de 1307 à 1308, également arrêté et parfois confondu avec Giacomo da Montecucco par certains historiens[37]. On retrouve ce dernier devenu commandeur hospitalier de La Capelle-Livron après la dissolution de l'ordre.
Nom des Cubicularii
(1159-1181) ?? Chevaliers de l'ordre du Temple[34] Nicolas III
(1277-1280) Hugues de Verceil (Uguccione di Vercelli, 1278-1282)[38],[39],
Giacomo de Pocapalea (ou Jacques (fr), Jacobo ou parfois Jacopo (la), 1277-1280)[40],[e] tous deux chevaliers de l'ordre du Temple
Giacomo de Pocapalea étant originaire de Pocapaglia dans le Piémont
(1198-1216) Francone[41] Chevalier de l'ordre du Temple Martin IV
(1281-1285) Giacomo de Pocapalea (1282)[42]
(1227-1241) Bonvicino (c. 1240) Chevalier de l'ordre du Temple Honorius IV
(1285-1287) Renaud d'Angerville / d'Argéville (c. 1285/86)[43]
Toujours vivant en 1301[44]
(1243-1254) Bonvicino Administrateur des biens de l'église de Rome en Toscane et à Ancône.
Participe au premier concile de Lyon (1245)[38] Nicolas IV
(1288-1292) Giacomo de Pocapalea (1288-1289)[45],[46],
Frère Nicolas, cubiculaire et notaire (1290-1292)[47] tous deux chevaliers de l'ordre du Temple
Giacomo de Pocapalea reçoit en récompense un fief et un château à Orte[48]
(1254-1261) Bonvicino † 1262[49] Boniface VIII
(1294-1303) Juan Fernandez (1296)[50],[51],
Giacomo de Pocapalea (1294-1297)[52],[53],
Giovanni Fernandi (1297-1300)[54],
Hugues de Verceil (1300-1302)[38],[39] Chevaliers de l'ordre du Temple,
Juan Fernandez, présent au chapitre général de l'ordre à Arles en 1296[50]
Hugues de Verceil étant de plus maître de la province de Lombardie
Giacomo de Pocapalea reçoit Acquapendente en 1297[53].
(1261-1264) Nicola, Paolo, Martino[45] Chevaliers de l'ordre du Temple Benoît XI
puis Clément V (1305-1314) en 1303 : il y avait deux cubicularii : un Hospitalier et un Templier (Giacomo de Pocapalea ?)[55],
Giacomo da Montecucco (ou Jacopo da Montecucco)[56] de 1304 à 1307[57] +
Giacomo da Montecucco, maître de la province de Lombardie
(1265-1268) Bernardo[45] Chevalier de l'ordre du Temple Clément V (1305-1314) Olivier de Penne (Oliverius de Penna, 1307-1308)[58] ? Olivier de Penne devenu ensuite commandeur hospitalier de La Capelle-Livron.
La vocation de l'ordre du Temple était la protection des pèlerins chrétiens pour la Terre sainte. Ce pèlerinage comptait parmi les trois plus importants de la chrétienté du Moyen Âge. Il durait plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied, ainsi qu'en bateau pour la traversée de la mer Méditerranée. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne[59]. Généralement, les pèlerins étaient débarqués à Acre, appelée aussi Saint-Jean-d'Acre, puis devaient se rendre à pied sur les lieux saints. En tant que gens d'armes (gendarme), les Templiers sécurisaient les routes, en particulier celle de Jaffa à Jérusalem et celle de Jérusalem au Jourdain. Ils avaient également la garde de certains lieux saints : Bethléem, Nazareth, le mont des Oliviers, la vallée de Josaphat, le Jourdain, la colline du Calvaire et le Saint-Sépulcre à Jérusalem.
Tous les pèlerins avaient droit à la protection des Templiers. Ainsi, ces derniers participèrent aux croisades, pèlerinages armés, pour effectuer la garde rapprochée des souverains d'Occident. Aussi, en 1147, les Templiers prêtèrent main-forte à l'armée du roi Louis VII attaquée dans les montagnes d'Asie Mineure durant la deuxième croisade (1147-1149). Cette action permit la poursuite de l'expédition et le roi de France leur en fut très reconnaissant. Lors de la troisième croisade (1189-1192), les Templiers et les Hospitaliers assuraient respectivement l'avant-garde et l'arrière-garde de l'armée de Richard Cœur de Lion dans les combats en marche. Lors de la cinquième croisade, la participation des ordres militaires, et donc les Templiers, a été décisive dans la protection des armées royales de saint Louis devant Damiette.
L'ordre du Temple a aidé exceptionnellement les rois en proie à des difficultés financières. À plusieurs reprises dans l'histoire des croisades, les Templiers renflouèrent les caisses royales momentanément vides (croisade de Louis VII), ou payèrent les rançons de rois faits prisonniers (croisade de saint Louis).
Reproduction de sceau templier lors d'une exposition à Prague.
Il n'y a pas de consensus établi sur le symbolisme des deux chevaliers sur un même cheval. Contrairement à une idée souvent répétée, il ne s'agirait pas de mettre en avant l'idéal de pauvreté puisque l'ordre fournissait au moins trois chevaux à chacun de ses chevaliers. L'historien Georges Bordonove exprime une hypothèse qui peut se prévaloir d'un document d'époque avec saint Bernard dans son De laude novæ militiæ[60].
« Leur grandeur tient sans doute à cette dualité quasi institutionnelle : moine, mais soldat […] Dualité qu'exprime peut-être leur sceau le plus connu qui montre deux chevaliers, heaumes en têtes, lances baissées, sur le même cheval : le spirituel et le temporel […] chevauchant la même monture, menant au fond le même combat, mais avec des moyens différents[61]. »
Alain Demurger explique pour sa part que certains historiens ont cru y reconnaître les deux fondateurs de l'ordre, Hughes de Payns et Godefroy de Saint-Omer. Il retient cependant une autre explication : le sceau symboliserait la vie commune, l'union et le dévouement[62].
Un chapitre (latin : capitulum, diminutif de caput, sens premier : « tête ») est une partie d'un livre qui a donné son nom à la réunion de religieux dans un monastère durant laquelle étaient lus des passages des textes sacrés ainsi que des articles de la règle. L'usage vient de la règle de saint Benoît qui demandait la lecture fréquente d'un passage de la règle à toute la communauté réunie (RB § 66, 8). Par extension, la communauté d'un monastère est appelée le chapitre. La salle spécifiquement bâtie pour recevoir les réunions de chapitre est aussi appelée « salle capitulaire », « salle du chapitre », ou tout simplement « chapitre ». La tenue se déroule à huis clos et il est strictement interdit aux participants de répéter ou de commenter à l'extérieur ce qui s'est dit durant le chapitre.
Le lien entre l'Orient et l'Occident était essentiellement maritime. Pour les Templiers, l'expression « outre-mer » désignait l'Europe tandis que « l'en deçà des mers » et plus précisément de la mer Méditerranée, représentait l'Orient. Afin d'assurer le transport des biens, des armes, des frères de l'ordre, des pèlerins et des chevaux, l'ordre du Temple avait fait construire ses propres bateaux. Il ne s'agissait pas d'une flotte importante, comparable à celles des XIVe et XVe siècles, mais de quelques navires qui partaient des ports de Marseille, Nice (comté de Nice), Saint-Raphaël, Collioure[59] ou d'Aigues-Mortes en France et d'autres ports italiens. Ces bateaux se rendaient dans les ports orientaux après de nombreuses escales.
Les Templiers d'Angleterre se fournissaient en vin du Poitou à partir du port de La Rochelle[63].
On distinguait deux sortes de bateaux, les galères, et les nefs. Certaines larges nefs étaient surnommées huissiers car dotées de portes arrière ou latérales (huis), ce qui permettait d'embarquer jusqu'à une centaine de chevaux, suspendus par des sangles afin d'assurer la stabilité de l'ensemble pendant le voyage[64].
Le port d'Acre était le plus important de l'ordre. La voûte d'Acre était le nom d'un des établissements possédés par les Templiers dans la ville, celui-ci se trouvant près du port. Entre la rue des Pisans et la rue Sainte-Anne, la voûte d'Acre comprenait un donjon et des bâtiments conventuels[65].
Voici les noms de navires du Temple[63] :
Le Templère, le Buscart, le Buszarde du Temple vers 1230 reliant l'Angleterre au continent ;
La Bonne Aventure en 1248, la Rose du Temple en 1288-1290 à Marseille ;
L'Angellica en Italie du Sud ;
Hommes du Temple imaginés au XIXe siècle. Illustration de 1870.
L'iconographie templière la présenta grecque simple, ancrée, fleuronnée ou pattée[66]. Quelle qu'ait été sa forme, elle indiquait l'appartenance des Templiers à la chrétienté et la couleur rouge rappelait le sang versé par le Christ. Cette croix exprimait aussi le vœu permanent de croisade à laquelle les Templiers s'engageaient à participer à tout moment. Il faut cependant préciser que tous les Templiers n'ont pas participé à une croisade. Il y a eu de nombreuses sortes de croix pour les Templiers. Il semble que la croix pattée rouge n'ait été accordée que tardivement aux Templiers, en 1147, par le pape Eugène III[67]. Il aurait donné le droit de la porter sur l'épaule gauche, du côté du cœur. La règle de l'ordre et ses retraits ne faisaient pas référence à cette croix. Cependant, la bulle papale Omne datum optimum la nomma par deux fois. Aussi est-il permis de dire que les Templiers portaient déjà la croix rouge en 1139. C'est donc sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre, que la « croix de gueules » devint officiellement un insigne templier. Il est fort probable que la croix des Templiers ait été issue de la croix de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dont avaient fait partie Hugues de Payns et ses compagnons d'armes.
Chevalier portant camail et chapel de fer.
Dans son homélie (1130-1136), appelée De laude novæ militiæ (Éloge de la nouvelle milice), Bernard de Clairvaux présente un portrait physique et surtout moral des Templiers, qui s'opposait à celui des chevaliers du siècle :
Dans l'article 28, la règle latine précisait que « les frères devront avoir les cheveux ras », ceci pour des raisons à la fois pratiques et d'hygiène dont ne parlait pas saint Bernard, mais surtout « afin de se considérer comme reconnaissant la règle en permanence ». De plus, « afin de respecter la règle sans dévier, ils ne doivent avoir aucune inconvenance dans le port de la barbe et des moustaches. » Les frères chapelains étaient tonsurés et rasés. De nombreuses miniatures, qui représentent des Templiers sur le bûcher, ne sont ni contemporaines, ni réalistes. À ce moment, certains s'étaient même rasés pour montrer leur désengagement de l'ordre.
« car de notre vie vous ne voyez que l'écorce qui est par dehors. Car l'écorce est telle que vous nous voyez avoir beaux chevaux et belles robes, et ainsi vous semble que vous serez à votre aise. Mais vous ne savez pas les forts commandements qui sont par dedans. Car c'est une grande chose que vous, qui êtes sire de vous-même, deveniez serf d'autrui. »
— Extrait de l'article 661 de la règle.
Cette vie était partagée entre les temps de prières, la vie collective (repas, réunions), l'entraînement militaire, l'accompagnement et la protection des pèlerins, la gestion des biens de la maison, le commerce, la récolte des taxes et impôts dus à l'ordre, le contrôle du travail des paysans sur les terres de l'ordre, la diplomatie, la guerre et le combat contre les infidèles.
Un ordre de chevalerie ne va pas sans cheval. Ainsi, l'histoire de l'ordre du Temple fut intimement liée à cet animal. Pour commencer, un noble qui était reçu dans l'ordre pouvait faire don de son destrier, un cheval de combat que les écuyers tenaient à dextre, c'est-à-dire de la main droite (donc à gauche). Après 1140, on comptait de nombreux donateurs de la grande noblesse léguant aux Templiers des armes et des chevaux.
Selon les retraits, la hiérarchie de l'ordre s'exprimait à travers l'attribution réglementaire des montures. Les retraits commencent ainsi : « Le maître doit avoir quatre bêtes… » indiquant l'importance du sujet. D'ailleurs, les trois premiers articles du maître de l'ordre (articles 77, 78 et 79) portaient sur son entourage et le soin aux chevaux. On apprend ainsi que les chevaux étaient nourris en mesures d'orge (céréale coûteuse et donnant beaucoup plus d'énergie aux chevaux que la simple ration de foin) et qu'un maréchal-ferrant se trouvait dans l'entourage du maître.
Les destriers étaient équipés d'une selle à « croce » (à crosse), appelée aussi selle à arçonnière, qui était une selle montante pour la guerre et qui permettait de maintenir le cavalier lors de la charge. Les commanderies du Sud de la France, mais aussi celles de Castille, d'Aragon et de Gascogne, étaient spécialisées dans l'élevage des chevaux[68]. Ceux-ci étaient ensuite acheminés dans les États latins d'Orient par voie maritime. Pour cela, ils étaient transportés dans les cales des nefs templières et livrés à la caravane du maréchal de l'ordre qui supervisait la répartition des bêtes selon les besoins. Lorsqu'un Templier mourait ou était envoyé dans un autre État, ses chevaux revenaient à la maréchaussée (article 107).
Le noble des XIIe – XIIIe siècles devait se faire confectionner un équipement complet (vêtement et armes) pour être adoubé chevalier. Ce matériel, nécessitant essentiellement des métaux, valait une somme importante qui pouvait impliquer de contracter un crédit ou de bénéficier d'un prêt. Les chevaliers et sergents templiers devaient disposer d'un tel équipement.
La protection du corps était assurée par[69] un écu, un haubert (cotte de maille) ainsi qu'un heaume ou un chapel de fer.
Les chausses de mailles attachées à la ceinture par des lanières de cuir.
Le haubert protégeait le corps et les bras. Il est à noter que le haubert fut raccourci au genou au cours du XIIIe siècle pour être plus léger, après quoi il fut appelé « haubergeon ». Il se distinguait par des manches courtes et l'absence de protection de tête solidaire.
Le camail ou coiffe de mailles. Un « mortier » ou casquette en tissu matelassé était posé sur la tête pour supporter le camail ainsi que le heaume.
Les mains étaient protégées par des gants en mailles appelés gants d'arme (article 325 de la règle).
Le casque était alors une calotte de fer comportant éventuellement une protection du visage fixe. Le chapel de fer devait son nom à sa forme très proche du chapeau de paille à larges bords ne protégeant pas le visage. Plus tard, le « heaume » apparut. Il couvrait toute la tête jusqu'au bas du cou.
Le sous-vêtement se composait d'une chemise de lin et de braies. La protection du corps était renforcée par le port de chausses éventuellement matelassées en tissu ou cuir et attachées par des lanières, ainsi que par un « gambison » ou « gambeson » en tissu matelassé et recouvert de soie. Pour finir, le surcot, porté sur la cotte, est aussi appelé jupon d'arme, cotte d'arme ou « tabard ». Il était cousu d'une croix rouge, insigne de l'ordre, devant comme derrière. Il permettait de reconnaître les combattants templiers sur le champ de bataille comme en tout lieu. Le baudrier, porté autour des reins, était une ceinture spéciale qui permettait d'accrocher l'épée et de maintenir le surcot près du corps.
Selon la règle (voir entre autres les travaux de Georges Bordonove), le Templier recevait comme armement une épée, une lance, une masse et trois couteaux lors de sa réception dans l'ordre[70].
Les épées suivaient les modes occidentales de l'époque. Elles étaient donc à lames droites à double tranchant, maniées à une main à la création de l'ordre puisque les modèles maniés à deux mains n'apparaîtront que plus tard (toute fin du XIIe siècle). La lance est une arme de cavalier, destinée à charger « à la lance couchée » sur l'ennemi. La masse d'arme est constituée d'une hampe courte (selon modèles, de 40 à 80 cm) et d'une tête ferrée ou entièrement constituée de fer présentant d'éventuelles protubérances. L'épée était accompagnée, selon la mode de l'époque, d'un couteau qui lui était esthétiquement appareillé de 30 à 40 cm de longueur totale. Les deux autres couteaux étaient des outils d'usage général, servant aux menus travaux, à l'entretien du corps, du cheval et à la nutrition.
Gonfanon baussant.
Selon l'historien Georges Bordonove[71], lorsque le gonfanon principal tombait parce que son porteur et sa garde avaient été tués, le commandeur des chevaliers déroulait un étendard de secours et reprenait la charge. Si celui-ci venait à disparaître à son tour, un commandeur d'escadron devait lever son pennon noir et blanc et rallier tous les Templiers présents.
Le gonfanon baucent est représenté dans les fresques de la chapelle templière San Bevignate de Pérouse en Italie. La bande blanche se situe dans la partie supérieure. Il est aussi dessiné dans la chronica majorum, les Chroniques de Matthieu Paris en 1245. Dans ce cas, la bande blanche se trouve dans la partie inférieure[72].
Peinture murale de saint Georges dans la chapelle de la commanderie de Coulommiers.
Saint Georges était un saint très vénéré par les ordres militaires et religieux[73], mais les Templiers considéraient Marie comme leur sainte patronne[74].
Les croisés dans leur ensemble étaient perçus par les Arabes comme des barbares ignorants parfois même accusés de cannibalisme, comme lors de la prise de la ville de Ma'arrat al-Numan, pendant la première croisade, et furent ensuite parfois désignés comme les cannibales de Maara[75]. Au début du XIIe siècle, les Templiers se révélèrent être les combattants les plus redoutables que durent affronter les Arabes. Cependant, en dehors du champ de bataille, on note qu'une certaine tolérance religieuse les animait. En 1140, l'émir et chroniqueur Oussama Ibn Mounqidh, par ailleurs ambassadeur auprès des Francs, se rendit à Jérusalem. Il avait l'habitude d'aller à l'ancienne mosquée al-Aqsa, « lieu de résidence de mes amis les Templiers »[76]. L'émir rapporta une anecdote pendant laquelle les Templiers prirent ouvertement sa défense lors de la prière. Alors que la façon de prier des musulmans était à la fois inconnue et incomprise des Francs nouvellement arrivés en Orient, les Templiers, eux, faisaient respecter ce culte, même si celui-ci était qualifié d'infidèle.
Quelques années plus tard, en 1187, lors de la bataille de Hattin, le chef musulman Saladin fit décapiter au sabre, sur place et en sa présence, près de deux cent trente prisonniers templiers. Le secrétaire particulier de Saladin concluait en parlant de son maître : « Que de maux il guérit en mettant à mort un Templier ». En revanche, les chefs militaires arabes épargnaient les maîtres de l'ordre prisonniers parce qu'ils savaient que dès qu'un maître mourait, il était immédiatement remplacé[77].
Dans l'action militaire, les Templiers étaient des soldats d'élite. Ils ont fait preuve de courage et se sont révélés être de fins stratèges. Ils étaient présents sur tous les champs de batailles où se trouvait l'armée franque et ont intégré les armées royales dès 1129[78].
Second siège d'Ascalon ( 16 août 1153 )
Bataille d'Ascalon, imaginée par Gustave Doré (gravure de C.W. Sharpe, 1881).
Le maître de l'ordre, Bernard de Tramelay, appuya l'avis du roi et l'attaque fut lancée le 16 août 1153 . Ce fut une hécatombe pour les Templiers qui pénétrèrent au nombre de quarante dans la cité derrière leur maître. En effet, ils furent tous tués par les défenseurs égyptiens de la cité et leurs corps suspendus aux remparts[79].
Toutefois, la ville d'Ascalon tomba le 22 août 1153 [80] et l'ordre du Temple élut un nouveau maître : André de Montbard. Il accepta cette nomination pour contrer l'élection d'un autre chevalier du Temple, Guillaume II de Chanaleilles, fils de Guillaume Ier (l'un des héros de la première croisade aux côtés du comte de Toulouse Raymond IV, dit Raymond de Saint-Gilles), favori du roi de France Louis VII et qui aurait permis au roi de contrôler l'ordre.
Bataille de Montgisard ( 25 novembre 1177 )
Bataille de Montgisard, imaginée par Charles-Philippe Larivière (tableau du XIXe siècle).
Article détaillé : Bataille de Montgisard.
Cette bataille, menée le 25 novembre 1177 [81], fut l'une des premières du jeune roi de Jérusalem Baudouin IV, alors âgé de seize ans. Les troupes du roi avaient été renforcées par quatre-vingts templiers venus de Gaza à marche forcée.
Bataille de Hattin ( 4 juillet 1187 )
Représentation de la bataille de Hattin, provenant d'un manuscrit médiéval.
Après la mort du roi Baudouin V, Guy de Lusignan devint roi de Jérusalem par le biais de sa femme Sibylle, sœur du roi Baudouin IV.
Le 4 juillet 1187 [82], Saladin encercla les Francs. Presque toute l'armée fut faite prisonnière (environ quinze mille hommes), ainsi que le roi lui-même. Saladin ayant une aversion particulière pour les Templiers, ceux-ci furent tous exécutés par décapitation (ainsi que tous les Hospitaliers). Un seul templier fut épargné, le maître en personne : Gérard de Ridefort.
Bataille d'Arsouf ( 7 septembre 1191 )
Bataille d'Arsouf, imaginée par Éloi Firmin Féron (tableau du XIXe siècle).
Après la chute de Jérusalem, une troisième croisade fut lancée à partir de l'Europe. Richard Cœur de Lion se retrouva seul après le retrait de la majorité des troupes allemandes de Frédéric Barberousse (après la noyade de ce dernier dans un fleuve) et le retour de Philippe Auguste en France. Le maître templier Gérard de Ridefort fut capturé puis exécuté le 4 octobre 1189 devant Acre, il fut remplacé dans sa fonction deux ans plus tard par Robert de Sablé, grand ami du roi Richard, ayant passé dix neuf ans à sa cour[83]. Richard fit marcher son armée le long de la mer, ce qui lui permit de rester en communication avec sa flotte et, ainsi, d'assurer continuellement l'approvisionnement de ses troupes. Formée d'une immense colonne, l'armée de Richard avait pour avant-garde le corps des Templiers mené par le nouveau maître de l'ordre du Temple, Robert de Sablé, venaient ensuite les Bretons et les Angevins, Guy de Lusignan avec ses compatriotes poitevins, puis les Normands et les Anglais et enfin en arrière-garde les Hospitaliers[84].
Dans les premiers temps de la bataille, Richard subit l'initiative de Saladin mais reprit la situation en main pour finalement mettre l'armée de Saladin en déroute par deux charges successives de la chevalerie franque et ce malgré le déclenchement prématuré de la première charge[85].
Conquête de Majorque ( 5 septembre 1229 )
Les chevaliers du Temple sont particulièrement actifs auprès du souverain Jacques Ier d'Aragon, tant pour préparer la bataille que pour la conduire. Ils joueront un rôle déterminant dans la gestion des terres conquises, dans leur peuplement et leur rattachement durable à la couronne d'Aragon.
Bataille de Mansourah ( 8 février 1250 )
Bataille de Damiette.
Le comte Robert Ier d'Artois, désobéissant aux ordres de son frère le roi Louis IX, voulut attaquer les troupes égyptiennes malgré les protestations des Templiers qui lui recommandaient d'attendre le gros de l'armée royale. L'avant-garde franque pénétra dans la cité de Mansourah, s'éparpillant dans les rues. Profitant de cet avantage, les forces musulmanes lancèrent une contre-attaque et harcelèrent les Francs. Ce fut une véritable hécatombe. De tous les Templiers, 295 périrent. Seuls quatre ou cinq en réchappèrent. Robert Ier d'Artois lui-même, instigateur de cette attaque sans ordre, y perdit la vie[86].
Les Templiers devaient exercer une activité économique, commerciale et financière pour payer les frais inhérents au fonctionnement de l'ordre et les dépenses de leurs activités militaires en Orient. Cependant, il ne faut pas confondre cette activité économique et financière avec celle plus sophistiquée des banquiers italiens à la même époque. L'usure, c'est-à-dire une tractation comportant le paiement d'un intérêt, était interdite par l'Église aux chrétiens et de surcroît aux religieux[87].
Comme le dit l'Ancien Testament (Deutéronome, 23,19) :
Les Templiers prêtaient de l'argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes… Le montant du remboursement était parfois supérieur à la somme initiale lorsqu'il pouvait être camouflé par un acte de changement de monnaie. C'était une façon courante de contourner l'interdit.
Lors de la croisade de Louis VII, le roi de France en arrivant à Antioche demanda une aide financière aux Templiers. Le maître de l'ordre, Évrard des Barres, fit le nécessaire. Le roi de France écrivait à son intendant en parlant des Templiers, « nous ne pouvons pas nous imaginer comment nous aurions pu subsister dans ces pays [Orient] sans leur aide et leur assistance. […] Nous vous notifions qu'ils nous prêtèrent et empruntèrent en leur nom une somme considérable. Cette somme leur doit être rendue ». La somme en question représentait deux mille marcs d'argent[88].
Articles détaillés : Effet de commerce et Lettre de change.
Tous les dons en argent de plus de cent besants étaient concentrés dans le trésor de l'ordre. Les commanderies de Paris ou de Londres servaient de centres de dépôts pour la France et l'Angleterre. Chaque commanderie pouvait fonctionner grâce à une trésorerie conservée dans un coffre. Au moment de l'arrestation des Templiers en 1307, il a été retrouvé un seul coffre important, celui du visiteur de France, Hugues de Pairaud. L'argent qu'il contenait a été confisqué par le roi et a immédiatement rejoint les caisses royales[89].
Que la suppression de l'ordre par Philippe IV le Bel ait eu pour objectif de récupérer le trésor des Templiers est une hypothèse cependant contestée, car le trésor du Temple était bien inférieur au trésor royal[90]. Le roi a en fait pallié ses difficultés financières en essayant d'établir des impôts réguliers, en taxant lourdement les Juifs et les banquiers lombards, parfois en confisquant leurs biens et en pratiquant les dévaluations monétaires[91].
Elle a débuté en 1146 lorsque Louis VII, en partance pour la deuxième croisade, avait décidé de laisser le trésor royal sous la garde du Temple de Paris. Cette pratique, qui ne mêlait en rien les activités financières du Temple et celles de la Couronne, prit fin durant le règne de Philippe IV le Bel.
La maison du Temple à Jérusalem fut le siège central de l'ordre depuis sa fondation en 1129 jusqu'en 1187, date de la chute de la ville sainte reprise par Saladin. Le siège central fut alors transféré à Acre, ville portuaire du royaume de Jérusalem. À la suite de la perte de la ville par les chrétiens en 1291, le siège de l'ordre fut à nouveau transféré dans la terre chrétienne la plus proche, l'île de Chypre. C'est à Chypre que vivait Jacques de Molay, le dernier maître de l'ordre avant son retour en France pour y être arrêté. Le siège de l'ordre n'a jamais été installé en Occident.
Forteresses templières en Orient[92].
Pour pallier la faiblesse de leurs effectifs, les croisés entreprirent la construction de forteresses dans les États latins d'Orient. Les Templiers ont participé à cet élan en faisant édifier pour leur besoin de nouveaux châteaux forts. Ils entreprirent également de reconstruire ceux qui avaient été détruits par Saladin vers 1187 et acceptèrent d'occuper ceux que les seigneurs d'Orient (ou d'Espagne) leur donnaient faute de pouvoir les entretenir. Certains d'entre eux permettaient de sécuriser les routes fréquentées par les pèlerins chrétiens autour de Jérusalem. Servant d'établissement à la fois militaire, économique et politique de l'ordre, la place forte représentait pour les populations musulmanes un centre de domination chrétienne[93]. Les Templiers occupèrent un nombre plus important de places fortes dans la péninsule Ibérique lors de leur participation à la Reconquista.
Au XIIe siècle, après la chute de la ville de Jérusalem devant les forces de Saladin en 1187, les Templiers parvinrent à résister quelques mois dans certaines de leurs places fortes mais, peu à peu, en perdirent la plus grande partie[94].
Le château d'Almourol au Portugal.
Ainsi, les Templiers espagnols ont participé à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, à la réunion de Majorque au royaume d'Aragon en 1229, à la prise de Valencia en 1238, de Tarifa en 1292, à la conquête de l'Andalousie et du royaume de Grenade. Au Portugal, les Templiers ont pris part à la prise de Santarém (1146) et à celle d'Alcácer do Sal (1217).
L'action de l'ordre du Temple dans la péninsule Ibérique fut donc secondaire, car l'ordre tenait à privilégier ses activités en Terre sainte. Cependant, il possédait bien plus de places fortes dans la péninsule Ibérique qu'en Orient. En effet, on dénombre au moins soixante-douze sites rien que pour l'Espagne et au moins six pour le Portugal (on compte seulement une vingtaine de places fortes en Orient). C'est également dans cette zone que l'on trouve les édifices qui ont le mieux résisté au temps (ou qui ont bénéficié de restaurations), comme les châteaux d'Almourol, Miravet, Tomar et Peñíscola[95].
Chapelle templière à Chwarszczany (Quartschen), Pologne.
Chapelle templière à Rurka (Rörchen), Pologne.
À la différence de l'Orient et de la péninsule Ibérique où les Templiers faisaient face aux musulmans, l'Europe de l’Est, où les ordres religieux-militaires étaient également implantés, les a confrontés au paganisme. En effet, les territoires de la Pologne, de la Bohême, de la Moravie, de la Hongrie, mais aussi de la Lituanie et de la Livonie formaient un couloir de paganisme, constitué de terres sauvages en grande partie non encore défrichées, pris en tenailles entre l'Occident catholique et la Russie orthodoxe. Borusses (Prussiens), Lituaniens, Lives ou Coumans, encore païens, y résistaient à l'avancée — lente mais inexorable — du christianisme depuis plusieurs siècles. La christianisation catholique, qui nous intéresse ici, se faisait à l'initiative de la papauté mais avec le soutien des princes germaniques convertis (qui y voyaient l'occasion d'agrandir leurs possessions terrestres en même temps que de renforcer les chances de salut pour leur âme) et avec l'appui des évêques, notamment celui de Riga, qui tenaient en quelque sorte des places fortes en territoire païen.
Après la disparition en 1238 de l'ordre de Dobrin (officiellement reconnu par le pape Grégoire IX sous le nom « Chevaliers du Christ de Prusse »), qui avait procédé aux premières conversions, les Templiers se virent invités formellement à prendre pied en Europe orientale. À cet effet, furent octroyés à l'ordre trois villages le long de la rivière Boug ainsi que la forteresse de Łuków (qu'ils se virent confier en 1257, en même temps que la mission de défendre la présence chrétienne dans cette région). Tout au long du XIIIe siècle, la présence des Templiers en Europe orientale est allée en augmentant et on compta jusqu’à quatorze établissements et deux forteresses templières[96],[97].
Autre région d'Europe orientale, mais plus méridionale, la Hongrie dut faire face tout comme la Pologne aux invasions dévastatrices des Mongols aux alentours de 1240. Présents là aussi, les Templiers envoyaient des informations aux rois occidentaux sans pour autant arriver à les alerter suffisamment pour qu'une réaction volontaire et efficace fût déclenchée[f].
La commanderie de Coulommiers en ancienne Champagne.
Articles détaillés : Commanderie templière et Liste des commanderies templières.
Une commanderie était un monastère dans lequel vivaient les frères de l'ordre en Occident. Elle servait de base arrière afin de financer les activités de l'ordre en Orient et d'assurer le recrutement et la formation militaire et spirituelle des frères de l'ordre. Elle s'est constituée à partir de donations foncières et immobilières. Le terme préceptorie, est employé à tort : « Il est donc absurde de parler de « préceptorie » alors que le mot français correct est « commanderie » ; et il est de plus ridicule de distinguer deux structures différentes, préceptorie et commanderie[100] ».
Dans les premières années de sa création, les dons fonciers ont permis à l'ordre de s'établir partout en Europe. Puis, il y a eu trois grandes vagues de donations de 1130 à 1140, de 1180 à 1190 et de 1210 à 1220[101]. Tout d'abord, on peut noter que tous les hommes qui entraient dans l'ordre pouvaient faire le don d'une partie de leurs biens au Temple. Ensuite, les dons pouvaient provenir de toutes les catégories sociales, du roi au laïc. Par exemple, le roi Henri II d'Angleterre céda au Temple la maison forte de Sainte-Vaubourg et son droit de passage sur la Seine au Val-de-la-Haye, en Normandie. Un autre exemple que l'on peut citer est le don fait en 1255 par le chanoine Étienne Collomb de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre d'un cens perçu dans le bourg de Saint-Amâtre[102].
Les vitraux de l'église templière de Marcenais. Œuvre de Carlo Roccella.
Même si les dons étaient en majorité composés de biens fonciers ou de revenus portant sur des terres, les dons de rentes ou revenus commerciaux n'étaient pas négligeables. Par exemple, Louis VII céda en 1143-1144 une rente de vingt-sept livres établies sur les étals des changeurs à Paris[103].
donation pro anima : il pouvait s'agir d'une donation importante (qui était souvent à l'origine de la création d'une commanderie) ou alors d'un don foncier mineur ne portant que sur quelques parcelles. La motivation du donateur était d'invoquer le salut de son âme ou la rémission de ses péchés.
Selon Georges Bordonove, on peut estimer le nombre de commanderies templières en France à 700[104] La qualité de ces vestiges est très diverse aujourd'hui. Très peu ont pu garder intégralement leurs bâtiments. Certaines commanderies ont été totalement détruites et n'existent plus qu'à l'état archéologique, ce qui est le cas par exemple de la commanderie de Payns dans le fief du fondateur de l'ordre. En France, trois commanderies ouvertes au public présentent un ensemble complet[g] : pour le nord, la commanderie de Coulommiers, en région centre se trouve la commanderie d'Arville et au sud la commanderie de La Couvertoirade.
Philippe IV le Bel d'après le Recueil des rois de France de Jean du Tillet, vers 1550 (BnF).
Portrait imaginaire de Clément V.
Le 28 mai 1291 [105], les croisés perdirent Saint-Jean-d'Acre à l'issue d'un siège sanglant. Les chrétiens furent alors obligés de quitter la Terre sainte et les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n'échappèrent pas à cet exode. La maîtrise de l'ordre fut déplacée à Chypre. Or, une fois expulsé de Terre sainte, avec la quasi-impossibilité de la reconquérir, la question de l'utilité de l'ordre du Temple s'est posée car il avait été créé à l'origine pour défendre les pèlerins allant à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Ayant perdu la Terre sainte et donc la raison même de leur existence, une partie de l'ordre se pervertit.
Le peuple percevait d'ailleurs depuis plusieurs décennies les chevaliers comme des seigneurs orgueilleux et cupides menant une vie désordonnée (les expressions populaires « boire comme un Templier » ou « jurer comme un Templier » sont révélatrices à cet égard)[106] : dès 1274 au deuxième concile de Lyon, ils durent produire un mémoire pour justifier leur existence[107].
Une querelle opposait également le roi de France Philippe IV le Bel au pape Boniface VIII, ce dernier ayant affirmé la supériorité du pouvoir pontifical sur le pouvoir temporel des rois, en publiant une bulle pontificale en 1302, Unam Sanctam. La réponse du roi de France arriva sous la forme d'une demande de concile aux fins de destituer le pape, lequel excommunia en retour Philippe le Bel et toute sa famille par la bulle Super Patri Solio[h]. Boniface VIII mourut le 11 octobre 1303 , peu après l'attentat d'Anagni. Son successeur, Benoît XI, eut un pontificat très bref puisqu'il mourut à son tour le 7 juillet 1304 . Clément V fut élu pour lui succéder le 5 juin 1305 .
Or, à la suite de la chute d'Acre, les Templiers se retirèrent à Chypre puis revinrent en Occident occuper leurs commanderies. Les Templiers possédaient d'immenses richesses (certains vivant dans un luxe ostentatoire alors qu'ils avaient fait vœu de pauvreté), augmentées par les redevances (droits d'octroi, de péage, de douane, banalités, etc.) et les bénéfices issus du travail de leurs commanderies (bétail, agriculture…). Ils possédaient également une puissance militaire équivalente à quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers[108] entraînés au combat, force entièrement dévouée au pape : une telle force ne pouvait que se révéler gênante pour le pouvoir en place. Il faut ajouter que les légistes royaux, formés au droit romain, cherchaient à exalter la puissance de la souveraineté royale ; or la présence du Temple en tant que juridiction pontificale limitait grandement le pouvoir du roi sur son propre territoire.
Enfin, certains historiens prêtent une part de responsabilité dans la perte de l'ordre à Jacques de Molay, maître du Temple élu en 1293 à Chypre après la perte de Saint-Jean-d'Acre. En effet, à la suite de cette défaite, un projet de croisade germa de nouveau dans l'esprit de certains rois chrétiens, mais aussi et surtout dans celui du pape Clément V. Le pape désirait également une fusion des deux ordres militaires les plus puissants de Terre sainte et le fit savoir dans une lettre qu'il envoya à Jacques de Molay en 1306. Le maître y répondit qu'il s'opposait à cette idée, craignant que l'ordre du Temple soit fondu dans celui des Hospitaliers, sans pour autant être catégorique. Cependant, les arguments qu'il avança pour étayer ses propres vues étaient bien minces. Enfin, Jacques de Molay manqua de diplomatie en refusant au roi d'être fait chevalier du Temple à titre honorifique[106].
Aujourd'hui, l’implication du pape dans l’arrestation des Templiers peut faire polémique. Certains historiens parlent de trois rencontres entre Philippe le Bel et Clément V, étalées de 1306 à 1308, au cours desquelles fut discuté le sort des Templiers[i].
Toutefois, ces historiens se fondent sur un chroniqueur italien du nom de Giovanni Villani, seule source contemporaine à indiquer une rencontre en 1305 entre le roi et le pape qui, selon ses dires, devait aborder la question de la suppression de l'ordre. Certains autres historiens estiment que cette source est sujette à caution, car les Italiens avaient alors un fort ressentiment contre Clément V, pape français[109],[110],[111]. Les mêmes historiens attestent d'une rencontre entre le roi de France et le pape au mois de mai 1307 , quelques mois donc avant l'arrestation. Les légistes royaux invoqueront, un an après, cette rencontre en affirmant que le pape avait alors donné son autorisation au roi pour procéder à cette arrestation[112].
Procès-verbal d’interrogatoire de treize Templiers du bailliage de Caen par quatre dominicains du couvent de Caen commis par Guillaume de Paris, inquisiteur de France et deux commissaires royaux, Hugues du Châtel et Enguerrand de Villers, Archives nationales.
L'idée de détruire l'ordre du Temple était déjà présente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une procédure. Ce fut chose faite grâce à un atout majeur déniché par Guillaume de Nogaret en la personne d'un ancien Templier renégat : Esquieu de Floyran (aussi dénommé « Sequin de Floyran », ou encore « Esquieu de Floyrac »). Selon la thèse officielle, Esquieu de Floyran (bourgeois de Béziers ou prieur de Montfaucon) était emprisonné pour meurtre et partageait sa cellule avec un Templier condamné à mort qui se confessa à lui, lui avouant le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et la sodomie.
Esquieu de Floyran n’ayant pas réussi à vendre ses rumeurs à Jacques II d'Aragon, y parvint en 1305 auprès du roi de France, Guillaume de Nogaret payant par la suite Esquieu de Floyran afin de diffuser au sein de la population les idées de « reniement du Christ et crachat sur la croix, relations charnelles entre frères, baisers obscènes exercés par les chevaliers du Temples »[113]. Philippe le Bel écrivit au Pape pour lui faire part du contenu de ces aveux[106].
En même temps, Jacques de Molay, au courant de ces rumeurs, demanda l'ouverture d'une enquête pontificale. Le pape la lui accorda le 24 août 1307 [112]. Cependant, Philippe le Bel n'attendit pas les résultats de l'enquête, prépara l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix[114]. Il dépêcha des messagers le 14 septembre 1307 [115] à tous ses sénéchaux et baillis, leur donnant des directives afin de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des Templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307 [116]. Le but d'une action menée en quelques heures était de profiter du fait que les Templiers étaient disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter que ces derniers, alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ne se regroupassent et ne devinssent alors difficiles à arrêter.
Au matin du 13 octobre 1307 , Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénétrèrent dans l'enceinte du Temple de Paris où résidait le maître de l'ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. À Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du maître de l'ordre.
Interrogatoire des Templiers par les commissaires royaux et inquisiteurs de la foi, 13 novembre 1307. Archives nationales AE/II/311.
Cependant, l'ordre du Temple était un ordre religieux et ne pouvait subir à ce titre la justice laïque. Philippe le Bel demanda donc à son confesseur, Guillaume de Paris, aussi Grand Inquisiteur de France, de procéder aux interrogatoires des cent trente-huit Templiers arrêtés à Paris. Parmi ces chevaliers, trente-huit moururent sous la torture, mais le processus des « aveux » avait été enclenché, donnant lieu aux accusations d'hérésie et d'idolâtrie[106]. Parmi les péchés confessés le plus souvent, l'Inquisition enregistra le reniement de la Sainte-Croix, le reniement du Christ, la sodomie et l'adoration d'une idole (appelée le Baphomet). Trois templiers résistèrent à la torture et n'avouèrent aucun comportement obscène.
Afin d'essayer de protéger l'ordre du Temple, le pape Clément V publia la bulle Pastoralis preeminentie qui ordonnait aux souverains européens d'arrêter les Templiers qui résidaient chez eux et de mettre leurs biens sous la gestion de l'Église. Le roi pour en tirer une légitimité au nom du peuple et pour impressionner le pape, convoqua à Tours les états généraux de 1308 qui approuvèrent la condamnation de l'ordre alors que le Pape avait fait interrompre la procédure royale enclenchée par Philippe le Bel[11]. De plus, le pape demandait à entendre lui-même les Templiers à Poitiers. Mais, la plupart des dignitaires étant emprisonnés à Chinon, le roi Philippe le Bel prétexta que les prisonniers (soixante-douze en tout, triés par le roi lui-même) étaient trop faibles pour faire le voyage. Le pape délégua alors deux cardinaux pour aller entendre les témoins à Chinon. Le manuscrit ou parchemin de Chinon qui en traite indique que le pape Clément V a donné l'absolution aux dirigeants de l'ordre à cette occasion[j].
La première commission pontificale se tint le 12 novembre 1309 [117] à Paris. Elle avait pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non les personnes physiques. Pour ce faire, elle envoya dès le 8 août une circulaire à tous les évêchés afin de faire venir les Templiers arrêtés pour qu’ils comparussent devant la commission. Un seul frère dénonça les aveux faits sous la torture : Ponsard de Gisy, précepteur de la commanderie de Payns. Le 6 février 1310 , quinze Templiers sur seize clamèrent leur innocence. Ils furent bientôt suivis par la plupart de leurs frères.
Celui-ci envoya au bûcher, le 12 mai 1310 [118], cinquante-quatre templiers qui avaient renié leurs aveux faits sous la torture en 1307 et étaient donc relaps. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311 [119].
Le concile de Vienne, qui se tint le 16 octobre 1311 [120] au sein de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne, avait trois objectifs : statuer sur le sort de l'ordre, discuter de la réforme de l'Église et organiser une nouvelle croisade.
Cependant, lors du concile, quelques templiers décidèrent de se présenter : ils étaient au nombre de sept et désiraient défendre l'ordre. Le roi, voulant en finir avec l'ordre du Temple, partit en direction de Vienne avec des gens d'arme afin de faire pression sur Clément V. Il arriva sur place le 20 mars 1312 . Le 22 mars 1312 [121], le Pape fulmina la bulle Vox in excelso qui ordonnait l'abolition définitive de l'ordre. Pour ce qui est du sort des Templiers et de leurs biens, le pape fulmina deux autres bulles :
Ad providam le 2 mai 1312 [122], concernait les biens du Temple qui furent légués en totalité à l'ordre de l'Hôpital (à l'exception de l'Espagne et du Portugal, où deux ordres naquirent des cendres de l'ordre du Temple, l'ordre de Montesa et l'ordre du Christ, et des sommes d'argent dans la tour du Temple, récupérées par Philippe le Bel)[123]
Considerantes dudum le 6 mai 1312 [124] quant à elle, déterminait le sort des hommes. Ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verraient attribuer une rente et pourraient vivre dans une maison de l'ordre alors que tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiraient un châtiment sévère (la peine de mort).
Toutefois, le sort des dignitaires de l'ordre du Temple restait entre les mains du pape[125].
Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le bûcher, miniature du Maître de Virgile. Grandes Chroniques de France, vers 1380 BL, Royal MS 20 C vii, f.48r.
Une commission pontificale fut nommée le 22 décembre 1313 [126]. Elle était constituée de trois cardinaux et d'avoués du roi de France et devait statuer sur le sort des quatre dignitaires de l'Ordre. Devant cette commission, ils réitérèrent leurs aveux. Le 11 ou 18 mars 1314 [127], les quatre templiers furent amenés sur le parvis de Notre-Dame de Paris afin que l'on leur lût la sentence. C'est là que Jacques de Molay, maître de l'ordre du Temple, Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, Hugues de Pairaud, visiteur de France, et Geoffroy de Goneville, précepteur en Poitou — Aquitaine, apprirent qu'ils étaient condamnés à la prison à vie.
Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent déclarés relaps et remis au bras séculier (en l'occurrence, la justice royale). Voici la description qu'en fit, dans sa Chronique latine, Guillaume de Nangis, un chroniqueur de l'époque : « Mais alors que les cardinaux pensaient avoir mis un terme à cette affaire, voilà que tout à coup et inopinément deux d'entre eux, le grand maître et le maître de Normandie, se défendirent opiniâtrement contre le cardinal qui avait prononcé le sermon et contre l'archevêque de Sens Philippe de Marigny, revenant sur leur confession et sur tout ce qu'ils avaient avoué[k]. »
Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l'île aux Juifs[l] afin d'y être brûlés vifs. Geoffroi (ou Godefroi) de Paris fut un témoin oculaire de cette exécution. Il écrivit dans sa Chronique métrique (1312-1316), les paroles du maître de l'ordre : « Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort. » Proclamant jusqu’à la fin son innocence et celle de l'ordre, Jacques de Molay s'en référa donc à la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jugé. La malédiction légendaire de Jacques de Molay « Vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération » lancée par des ésotéristes et historiens par la suite inspira Les Rois maudits de Maurice Druon. Les deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignité qu'ils moururent. Guillaume de Nangis ajouta : « On les vit si résolus à subir le supplice du feu, avec une telle volonté, qu'ils soulevèrent l'admiration chez tous ceux qui assistèrent à leur mort… »
La décision royale avait été si rapide que l'on s'aperçut après coup que la petite île où l'on avait dressé le bûcher ne se trouvait pas sous la juridiction royale, mais sous celle des moines de Saint-Germain-des-Prés. Le roi dut donc confirmer par écrit que l'exécution ne portait nullement atteinte à leurs droits sur l'île[129].
Giovanni Villani, contemporain des Templiers, mais qui n'assista pas à la scène, ajouta dans sa Nova Cronica que « le roi de France et ses fils éprouvèrent grande honte de ce péché », et que « la nuit après que ledit Maître et son compagnon eurent été martyrisés, leurs cendres et leurs os furent recueillis comme des reliques sacrées par les frères et d'autres religieuses personnes, et emmenés en lieux consacrés »[130]. Ce témoignage est toutefois sujet à suspicion, Villani étant un Florentin et ayant rédigé son ouvrage entre une et deux décennies après les faits.
L'original du parchemin de Chinon a été retrouvé en 2002 par l'historienne Barbara Frale aux archives secrètes du Vatican et publié en 2007 avec l'ensemble des documents relatifs au procès[m].
Il indique que le pape Clément V a finalement absous secrètement les dirigeants de l'Ordre. Leur condamnation et mise à mort sur le bûcher est donc bel et bien la responsabilité du roi Philippe le Bel et non celle du pape ni de l'Église[131] contrairement à une fausse idée largement répandue[132]. Les quatre dignitaires qui ont avoué ont tous été absous, mais seuls les deux qui ont ensuite renié leurs aveux ont été exécutés.
L'ordre étant déclaré éteint en 1312, le pape Clément V ordonne de faire comparaître tous les Templiers des provinces, et de les faire juger par des conciles provinciaux. S'ils sont absous, on pourra leur donner une pension prise sur les biens de l'ordre. En Catalogne par exemple, le mot de la fin est donné par l'archevêque de Tarragone, Guillem de Rocabertí, qui prononce, le 4 novembre 1312, l'innocence de tous les Templiers catalans[133]. La commanderie du Mas Deu, devenue possession hospitalière, verse des pensions aux chevaliers, mais également aux non-nobles et aux frères servants[134].
En décembre 1318, le pape Jean XXII s'adresse aux évêques de France, pour les avertir que certains frères de l'ex-ordre du Temple « avaient repris les vêtements laïques », et leur demande de supprimer les pensions aux Frères qui ne se soumettraient pas à cet avertissement[135].
Philippe le Bel voulant mettre la main sur certains des biens des Templiers, les Hospitaliers n'auront de cesse de faire respecter les décisions papales, et finiront par obtenir à peu près partout, là où était décidé la dévolution des biens des Templiers[n].
Article détaillé : Procès de l'ordre du Temple en Aragon et Majorque.
Dans le royaume d'Aragon, les Templiers se répartirent dans différents ordres, principalement dans l’ordre de Montesa, créé en 1317 par le roi d’Aragon Jacques II, à partir de la branche des Templiers reconnue innocente lors du procès de 1312 en France. Les biens du Temple y furent transférés en 1319[136], mais également dans l'ordre de Saint-Georges d'Alfama, créé dans la même période par fusion entre l’ordre de Calatrava et les Templiers de France réfugiés en Espagne.
Quant aux biens des Templiers, dans le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone, ils iront à l’Hôpital lorsque les Templiers ne les avaient pas déjà vendus à des personnes de confiance, et dans le royaume de Valence, les biens templiers et ceux des hospitaliers seront fusionnés dans le nouvel ordre de Montesa[o].
Articles détaillés : Ordre du Christ (Portugal), Procès de l'Ordre du Temple en Castille Léon et Portugal et Dévolution des biens de l'ordre du Temple dans le Royaume du Portugal.
Au Portugal, ils passèrent à l'ordre du Christ. Successeur « légitime du Temple »[137], la Milice du Christ est fondée en 1319 par le roi Denis Ier et le pape Jean XXII. Les biens des Templiers ont été « réservés » à l'initiative du roi, pour la Couronne portugaise à partir de 1309, et transférés à l’ordre du Christ en 1323. On retrouve de nombreuses influences de l’ordre du Christ dès le début des « Grandes découvertes » portugaises[138], dont on verra la croix sur les voiles des navires de Vasco de Gama lors du passage du cap de Bonne-Espérance en 1498 (alors que les voiles des navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l'Atlantique en 1492, portent plus probablement la croix de l’ordre de Calatrava).
En Angleterre, le roi Édouard II a tout d'abord refusé d’arrêter les Templiers et de saisir leurs biens. Il convoque son sénéchal de Guyenne et lui demande de rendre compte, à la suite de quoi, il rédige le 30 octobre , puis le 10 décembre 1307 , des lettres au pape, ainsi qu'au roi du Portugal, de Castille, d'Aragon et de Naples. Il y défend les chevaliers du Temple, et les encourage à faire de même[139],[140]. Le 14 décembre, il reçoit confirmation du Pape d'arrêter les Templiers. Il ordonne, le 8 janvier 1308 , que l'on se saisisse de tous les membres de l'ordre présents dans son pays, et qu'on les assigne à résidence, sans recourir à la torture[141].
Un tribunal est dressé en 1309, qui finit par absoudre en 1310 les Templiers repentis. Le transfert des biens des Templiers vers les Hospitaliers, ordonné par la bulle papale de Clément V en 1312, n’a de plus pas été exécuté avant 1324. C’est à cette date que l'église du Temple, siège des Templiers à Londres, fut transférée aux Hospitaliers, avant de revenir à la couronne d’Angleterre en 1540 lorsque le roi Henri VIII dissout l’ordre des Hospitaliers, confisqua leurs biens, et nomma le prêtre de l'église du Temple « the Master of the Temple »[142].
Article connexe : Templiers en Écosse.
En Écosse, l'ordre de Clément V de confisquer tous les biens des Templiers, n'est pas totalement appliqué, en particulier depuis que Robert Ier d'Écosse a été excommunié, et n'obéit plus au pape. William de Lamberton, évêque de St Andrew, accorde en 1311 sa protection aux Templiers en Écosse. En 1312, ils sont même absous en Angleterre et en Écosse par Édouard II, et réconciliés dans l'Église[143]. Puis en 1314, les Templiers auraient aidé Robert de Bruce à remporter la bataille de Bannockburn contre les Anglais[réf. nécessaire] mais leur présence au sein de cette bataille est hypothétique[p]. Par contre, de nombreuses traces templières ont été laissées en Écosse bien après 1307, dans le cimetière de Kilmartin par exemple, ou encore dans le village de Kilmory (en).
Article détaillé : Procès de l'ordre du Temple dans la Province d'Allemagne.
En Europe centrale, les biens de l'Ordre furent confisqués puis redistribués pour certains aux Hospitaliers, et pour d'autres à l'ordre Teutonique. Mais peu d'arrestations eurent lieu dans cette province, et aucun templier ne fut exécuté[144].
Les princes allemands, séculiers et ecclésiastiques, avaient pour grand nombre pris parti pour les Templiers. L'ordre, se sentant soutenu par la noblesse et les princes, semble s'être peu préoccupé de cet appareil judiciaire : le synode de la province ecclésiastique de Mayence renvoya absous tous ceux de sa circonscription. Le synode de la province de Trêves fut réuni, et après une enquête, prononça également une sentence d'absolution. Enhardis par ces deux jugements, les Templiers essayèrent de se maintenir sur les bords du Rhin, dans le Luxembourg et le diocèse de Trêves, et probablement aussi dans le duché de Lorraine[145].
Restés sous la protection de leur famille et des seigneurs locaux, beaucoup de chevaliers se virent attribuer une rente à vie, et d'importantes indemnités durent même être versées par les Hospitaliers, en dédommagement des biens confisqués, à tel point qu'ils durent parfois revendre les biens qui venaient de leur être attribués[144].
L'historien et archevêque Guillaume de Tyr rédige à partir de 1167 Historia rerum in partibus transmarinis gestarum, ouvrage dans lequel il se révèle d'abord favorable aux Templiers puis de plus en plus critique à leur égard à mesure qu'ils prennent de la puissance (privilèges pontificaux comme l'exemption de la dîme et de l'excommunication, droit de réaliser des quêtes dans les églises, comptes à rendre exclusivement au pape)[106]. Peu à peu, dit-il, les membres de l'ordre deviennent arrogants et irrespectueux envers la hiérarchie ecclésiastique et séculière : Guillaume de Tyr est ainsi à l'origine des premières légendes sur les Templiers, tantôt apologétiques (légende des neuf chevaliers[q] restés seuls pendant neuf ans), tantôt critiques, les accusant notamment à plusieurs reprises de trahir les chrétiens pour de l'argent[146].
La fin tragique des Templiers a contribué à générer des légendes à leur sujet. Parmi d'autres, leur quête supposée du Saint Graal, l'existence d'un trésor caché (comme celui envisagé à Rennes-le-Château par exemple), leur découverte éventuelle de documents cachés sous le Temple d'Hérode[147], certaines hypothèses de leurs liens avec les francs-maçons[148],[149]. De plus, certains groupements ou sociétés secrètes (tels que la Rose-Croix) ou certaines sectes[r], telles que l'ordre du Temple solaire (et ses survivances, comme la Militia Templi ou l’Ordo Templi Orientis, se réclameront par la suite de l'Ordre, affirmant leur filiation en s'appuyant sur la survivance secrète de l'Ordre, sans parvenir pour autant à le prouver, ou en produisant même parfois de faux documents.
↑ a b c d et e « À partir d'une minutieuse analyse des documents existants, Rudolf Hiestand a proposé une autre date pour le concile de Troyes et, en conséquence, une autre date pour la fondation de l'ordre. Les chartes du nord-est de la France sont alors datées dans le style (florentin) de l'Annonciation, qui fait débuter l'année non pas le 1er janvier , comme dans notre actuel calendrier, mais le 25 mars . L'année 1129 commence donc le 25 mars de notre année 1129, mais jusqu'au 24 mars les hommes d'alors vivaient toujours en 1128. Le concile de Troyes, réuni le 13 janvier 1128 selon les textes de l'époque, s'est donc tenu le 13 janvier 1129 de notre actuel calendrier. […] La démonstration a convaincu et la correction de date proposée pour le concile de Troyes est désormais acceptée par les historiens[1]. »
↑ Pour avoir le texte latin original : J. Leclercq et H.M. Rochais, « Liber ad milites Templi de laude novæ militiæ » dans Sancti Bernardi opera, III, Rome, 1963, p. 229-237.
↑ Isaac de l'Étoile y voit un « nouveau monstre » qu'il présente en ces termes : « À coups de lances et de gourdins, forcer les incroyants à la foi ; ceux qui ne portent pas le nom du Christ, les piller licitement et les occire religieusement ; quant à ceux qui de ce fait tomberaient durant ces brigandages, les proclamer martyrs du Christ »[22].
↑ plusieurs cubiculaires pouvaient être en fonction en même temps, comme cela est mentionné dans cette charte
↑ Pour l’ensemble de cette section[98],[99].
↑ Voir l'article « Attentat d'Anagni » pour plus de détails.
↑ « Au commencement d'avril 1306, Clément V se rendit de Lyon à Poitiers, pour conférer avec le roi de France… Plusieurs affaires furent débattues… mais la plus importante, ce fut celle qui eut pour résultat la ruine des Templiers » : Histoire des papes, vol. 3, par le Comte A. de Beaufort, Perisse 1841, p. 375 — « D'après Villani, le futur pape et Philippe se seraient rencontrés aux alentours de Saint-Jean-d'Angely… où ils auraient établi les conditions du pacte » : René Gilles, Les Templiers sont-ils coupables ?, p. 98 — « Une grave maladie qui manque de l'emporter à la fin de 1306 le retient aux environs de Bordeaux et ne lui permet de rencontrer Philippe le Bel une deuxième fois qu'en mai 1307 à Poitiers. C'est aussitôt après qu'éclate l'affaire des Templiers… Une troisième entrevue avec Philippe le Bel, toujours à Poitiers en 1308… » : Yves Renouard, La Papauté à Avignon, PUF 1962, p. 12.
↑ En 2002, Barbara Frale redécouvre une copie du parchemin de Chinon dans les archives secrètes du Vatican. Voir « Le Parchemin de Chinon : absolution papale du dernier Templier : maître Jacques de Molay », Journal of Medieval History no 30, 2004, p. 127.
↑ Guillaume de Nangis, cité par Malcolm Barber[128].
↑ Actes du procès des Templiers : publication ROME, jeudi 4 octobre 2007 (ZENIT.org) — Les Archives secrètes du Vatican publient les actes du procès contre les Templiers : une publication qui sera présentée à la presse le 25 octobre … Il s’agit d’une édition originale des actes du procès, reproduisant les pièces originales. Cette édition sera limitée à 799 exemplaires… Elle s’inscrit dans la série des Exemplaria Prætiosa, reproduisant fidèlement les documents les plus rares des archives secrètes du Vatican.
↑ Voir Dévolution des biens de l'ordre du Temple dans le Royaume de France pour plus de précisions.
↑ Voir l'article détaillé Dévolution des biens de l'ordre du Temple dans le Royaume d'Aragon pour plus de précisions.
↑ Si la source est Baigent et Leigh, Des Templiers aux francs-maçons, éditions du Rocher, J'ai Lu, 2005, p. 55, elle n'est pas historiquement fiable. On consultera par contre avec profit dans Ars Quatuor Coronati, l'article du Pr Robert L. D. Cooper : The Knights Templar in Scotland. The Creation of a Myth.
↑ Les deux fondateurs Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, accompagnés des chevaliers Geoffroy, Godemar, Roral, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambaud de Saint-Amand et André de Montbard.
↑ Groupements classés comme sectes selon le rapport parlementaire français no 2 468.
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L'auteur le nomme Regnaud d'Argeville.
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Templier, sur le Wiktionnaire
Éloge de la Nouvelle Milice, sur Wikisource
Article connexe : Historiographie de l'ordre du Temple.
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Documentaires audiovisuels :
La Caméra explore le temps – Les Templiers de Steffio Lorenzi et Alain Decaux. Source INA. [présentation en ligne].
Les Templiers. Émission de Radiofrance, octobre 2007 avec Patrick Huchet, octobre 2007. [présentation en ligne].
Les Templiers. Émission La Marche de l'Histoire avec Alain Demurger, France Inter, le 29 août 2012. Les Templiers / France Inter.
Projet Beaucéant par Christophe Staf
Site lordre-du-temple.com