Source: https://csem.morbihan.fr/dossiers/atlas_env/pressions/atteinte_eau.php
Timestamp: 2019-01-20 21:09:35+00:00
Document Index: 158857201

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Conseil départemental du Morbihan - Environnement - Atlas de l'environnement du Morbihan - Activités humaines et pressions sur l'environnement - L'atteinte à l'eau et aux milieux aquatiques
L'atteinte à l'eau et aux milieux aquatiques
La qualité des eaux douces de surface
- La matière organique
- La qualité biologique
L'atteinte aux habitats
- La morphologie du lit
- La continuité biologique et sédimentaire
La qualité des eaux marines et estuariennes
- Les estuaires
- Les plages et la baignade
- Les zones d'élevage et de pêche à pied conchylicoles
L'eau, élément essentiel à la vie, représente une ressource dont la qualité et la quantité disponibles varient en fonction de facteurs naturels et des pressions anthropiques qu'elle subit. La ressource en eau morbihannaise est d'autant plus vulnérable qu'elle trouve son origine principalement dans les eaux de surface (Cf. chapitre : “La géologie”).
Selon l'usage souhaité : consommation humaine ou animale, activités de loisirs, utilisation en agriculture, dans l'industrie… mais également en tant qu'écosystème réceptacle de la vie faunistique et floristique, l'eau doit respecter une certaine qualité, ou un bon état, selon le vocabulaire utilisé dans la Directive Cadre sur l'Eau -DCE- (Cf. chapitre : “La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques”). Cette qualité est appréhendée par la mesure de paramètres physico-chimiques, biologiques, et comparée à des normes prédéfinies ou des états de référence. Lorsqu'au regard d'une utilisation ou d'une destination souhaitée, la qualité de l'eau n'est pas jugée acceptable, on parle alors de phénomène de pollution.
Outre les pollutions, les pressions exercées sur le milieu aquatique peuvent également avoir des impacts importants, perturbant durablement l'écosystème aquatique et ses annexes (morphologie et fonctionnement). Parmi les principales causes identifiées, les prélèvements, influençant le régime hydrologique, et les aménagements modifiant la continuité des cours d'eau et les conditions hydromorphologiques demeurent prépondérants.
Une pollution se manifeste par l'existence en quantité anormale d'éléments naturellement présents ou pas dans l'eau. Les principales substances incriminées dans le Morbihan sont d'origine physico-chimique (nitrates, phosphore, phytosanitaires) et organique dont la source, selon l'importance et le contexte, provient d'activités agricoles, industrielles ou domestiques.
La mesure d'une pollution et son importance peuvent s'apprécier selon les objectifs recherchés. L'aptitude à la consommation humaine et l'aptitude à recevoir une vie biologique (qualité des milieux) sont généralement les deux principaux objectifs.
Concernant la consommation humaine, la qualité de l'eau est mesurée soit dans les eaux destinées à être consommées (“l'eau du robinet”), soit dans l'eau brute utilisée pour la production d'eau destinée à la consommation humaine, c'est-à-dire avant traitement de potabilisation. Selon les paramètres et au-delà de certaines valeurs seuils, cette eau brute peut être déclarée impropre à la consommation. Selon l'orientation choisie, les critères et surtout les valeurs seuils font référence à des réglementations différentes.
Pour la consommation humaine, les instances chargées de l'évaluation et de la réglementation des eaux s'appuient sur un arrêté du 11 janvier 2007 relatif “aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R1321-22, R1321-3, R1321-7 et R1321-38 du code de la santé publique”.
En ce qui concerne la qualité biologique des eaux de surface, son appréciation, en référence à la Directive Cadre sur l'Eau du 23 octobre 2000, s'appuie sur l'arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d'évaluation de l'état écologique, de l'état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l'environnement.
Les nitrates (NO3-) dans le Morbihan ont comme principale origine l'agriculture et, de manière plus restreinte, les rejets de stations d'épuration. Concernant l'agriculture, ils sont utilisés pour la fertilisation des cultures, apportés soit sous forme minérale (engrais chimique), soit sous forme organique (fumier, lisier). Les nitrates sont solubles ; lors d'apports mal adaptés ou décalés par rapport aux besoins des plantes, ils migrent facilement par lessivage dans les eaux de surface (rivière, plan d'eau) et atteindre les eaux marines (esturaire, littoral) mais peuvent également rejoindre les aquifères (eaux souterraines). Ce lessivage est favorisé lors d'événement pluvieux et par l'absence, à certaines périodes, de couverture de sol.
Le Morbihan, comme l'ensemble des autres départements bretons, a enregistré depuis les années 1970 une augmentation croissante des concentrations en nitrates de ses eaux.
Ces évolutions de concentration et de flux font l'objet de nombreux suivis (Cf. chapitre : “La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques”), soit pour l'eau brute (superficielle et nappe), soit pour l'eau potable. L'arrêté du 11 janvier 2007 fixe une valeur limite de 50 mg/l, au delà de laquelle l'eau brute ne peut pas être utilisée pour la production d'eau destinée à la consommation humaine. Cette valeur seuil est cependant accompagnée d'une valeur guide fixée à 25mg/l.
En terme d'état écologique, la concentration en nitrates doit être comprise entre 10 et 50 mg/l pour être classée en bon état.
Pour le Morbihan, le suivi des eaux brutes superficielles en 2010 (Cf. Carte 1) présente des concentrations moyennes (valeur moyennes du percentile 90* "Q90") relativement importantes comprises entre 25 et 50 mg/l, pour de nombreux cours d'eau. Par ailleurs, certains, comme l'Evel, l'Oust amont & moyen, dépassent, en valeur maximale, le seuil des 50 mg/l.
Carte 1 : Concentration en nitrates des eaux superficielles
du Morbihan en 2010
Le phosphore (P) se trouve à l'état naturel dans les sols et les eaux. Il est présent dans l'environnement sous forme dissoute et particulaire et ne possède pas de phase gazeuse. En dehors d'une élimination “physique”, par ruissellement principalement, le phosphore a donc tendance à s'accumuler et à constituer des stocks. Les sources d'apport dans les écosystèmes aquatiques ont trois origines, dont les parts respectives restent, selon les cas, difficiles à estimer. Il s'agit des apports industriels, domestiques (sources ponctuelles) et agricoles (sources diffuses et ponctuelles). En ce qui concerne le Morbihan, comme pour l'ensemble de la Bretagne, la source principale reste l'agriculture (60-80%) (Lemercier, 2003).
La contribution des déjections animales, par rapport aux apports sous forme minérale (engrais chimiques) tend à augmenter. Ceci s'explique en grande partie par une modifi- cation des pratiques agricoles cette dernière décennie.
Il n'existe cependant pas à ce jour de corrélation simple entre le développement d'élevage et les taux de phosphore dans les eaux de surface morbihannaises.
Les conditions de transfert (érosion, ruissellement) sont également déterminantes dans les flux (Bertrand & al, 2005).
De manière similaire aux nitrates, les concentrations en phosphore ont fortement augmenté dans les écosystèmes aquatiques au cours des décennies d'après guerre. Cependant à l'inverse du paramètre nitrates, les taux de phosphore dans les eaux bretonnes ont marqué une certaine stagnation, voire régression depuis ces 25 dernières années. Il n'en est cependant pas de même pour les teneurs dans les sols qui ne cessent d'augmenter (Cf. chapitre : “L'agriculture”).
Les eaux sont classées en bon état écologique pour des concentrations en phosphore total comprises entre 0.05 et 0.2 mg/l. Le suivi des eaux brutes superficielles en 2010 (Cf. Carte 2) présente globalement des concentrations moyennes (percentile 90* "Q90") comprises entre 0,05 et 0,2 mg/l. Plusieurs cours d'eau ont cependant en valeur maximale des teneurs de phosphore total comprises entre 0,2 et 0,5 mg/l.
A noter qu'il n'existe pas de norme (teneur) en phosphore total vis-à-vis des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine.
Carte 2 : Concentration en phosphore total des eaux superficielles
Impacts des pollutions azotées et phosphatées : eutrophisation et cynaobactéries
Les formes de pollution liées à l'eutrophisation sont nombreuses. Le facteur explicatif principal est l'excès d'apports en éléments nutritifs. Associés à des conditions climatiques favorables (fortes chaleurs, éclairement) et à certaines situations morphodynamiques (faible débit, eau stagnante), les phénomènes d'eutrophisation sont amplifiés. Si l'eutrophisation et la prolifération de cyanobactéries en particulier sont dues à la conjugaison de plusieurs polluants et plusieurs facteurs, l'élément clé reconnu de ces phénomènes en eau douce est l'excès de phosphore.
En tout état de cause, les principales formes de pollution se caractérisent par une croissance algale importante, qui détermine le phénomène d'eutrophisation. Dans les conditions climatiques et morphodynamiques les plus favorables, le phénomène provoque une accumulation d'algues avec à terme une asphyxie croissante du milieu. Les conséquences sont nombreuses tant sur les écosystèmes (perturbation des habitats, de la faune et de la flore), que pour l'homme et ses activités économiques et de loisirs.
L'eutrophisation peut provoquer des blooms d'algues microscopiques. Les cyanobactéries, encore appelées “algues bleues”, sont particulièrement suivies car elles sont susceptibles de produire des toxines. En fonction des toxines produites, les effets potentiels s'exercent principalement sur les systèmes hépatiques, nerveux, la peau, l'appareil gastro-intestinal ou le système respiratoire.
De manière induite, les proliférations de cyanobactéries ont des conséquences non négligeables sur les activités économiques, avec, par exemple, la fermeture de lieux de baignade et de centres de loisirs ou la nécessité de traitements supplémentaires lors de production d'eau potable. Pour les eaux de baignade et l'activités nautiques, selon le nombre de cyanobactéries (seuils de 20 000 et 100 000 cellules/ ml) et les teneurs en toxine (microcystines, seuil de 25 μg/l), plusieurs niveaux de mesures de gestion sont préconisés (circulaires DGS7a n°2033 du 4 juin 2003 et DGS/SD7A/2004-364 du 28 juillet 2004) qui vont, pour les eaux de baignade et les activités nautiques, d'obligations d'information du public pour le niveau le moins contraignant à l'interdiction de baignade pour le niveau de risque le plus élevé.
Concernant l'eau distribuée (AEP), le code de la santé public fixe à 1 μg/l la valeur maximale de microcystines présentes. Les suivis dans le Morbihan ces dernières années mettent en évidence des situations contrastées où les conditions climatiques et les apports en nutriments influent sur le niveau de contamination (Cf. Carte 3).
Le suivi réalisé depuis 2003 par les services de la DDASS/ARS fait apparaître une tendance à l'accroissement du phénomène (DRASS/ARS 2005 à 2011, Bertrand 2005, Jarron 2007). Plusieurs sites morbihannais ont fait ou font également l'objet de suivi en dehors du réseau de la DDASS/ARS (Etangs de la forêt (Brandivy), du Dordu (Langoëlan), de Pen Mur (Muzillac), d'Aleth (Saint-Malo de Beignon), du Bolan (Réguiny).
Le littoral, exutoire des cours d'eau, est également depuis de nombreuses années affecté par l'eutrophisation qui se caractérise par la présence de macroalgues. Ce phénomène, communément dénommé “marées vertes”, est du à l'apport de nitrates en eau salée, associé à certaines conditions (situation abritée de certaines anses et faible profondeur...) (Cf. ”Les marées vertes”).
Carte 3 : Résultat du suivi sanitaire des cyanobactéries dans le Morbihan de 2009 à 2011
“La matière organique (MO) est l'ensemble des molécules contenant du carbone (C), issues des organismes vivants ou les constituant” (Aurousseau, 2005).
Dans les écosystèmes aquatiques, les sources principales d'apports sont soit une production directe (autochtone), issue de la décomposition des plantes, des animaux et de la biomasse microbienne, soit une production indirecte (allochtone) issue des sols, de la chute des feuilles ou des rejets urbains.
Selon le contexte, la part respective entre les apports interne et externe varie. Les phénomènes d'eutrophisation (Cf. ”Le phosphore”) sont une cause directe de la surproduction végétale, notamment algale, au sein des écosystèmes aquatiques.
Le taux de matière organique dans l'eau est évalué soit par des analyses de teneur en carbone, soit par des mesures d'oxydabilité. La Demande Chimique en Oxygène (DCO) est couramment utilisée pour suivre le paramètre matière organique.
L'arrêté du 11 janvier 2007 (Cf. ”Les nitrates”) fixe un taux maximal de 30 mg/l pour les eaux douces. La DCE fixe une fourchette comprise entre 20 et 30 mg pour le classement en “bon état”.
Le suivi des eaux brutes superficielles du Morbihan en 2010 (Cf. Carte 4) présente pour près de la moitié des points des concentrations moyennes (percentile 90* "Q90") comprise entre 30 et 40 mg/l. Les valeurs élevées, notamment pour certains maximums, sont à mettre en corrélation avec les pics de concentrations en nitrates, la production de matière organique autochtone étant fortement influencée par le phénomène d'eutrophisation. Les cours d'eau côtiers présentent des concentrations globalement plus élevées qu'à l'intérieur. Cet effet littoral peut être mis en relation avec une densité de population et des rejets collectifs plus élevés.
Carte 4 : Demande Chimique en Oxygène (DCO) des eaux superficielles
Impacts des pollutions en matière organique
La présence de matière organique en grande quantité dans les eaux a de nombreuses conséquences. Parmi les plus remarquables, la baisse de volume des retenues par la production et la sédimentation des débris organiques et l'asphyxie de l'écosystème constituent un problème sensible (Gruau & al., 2004). Outre cette baisse quantitative d'eau utile, cela provoque sur le plan technique et dans le cadre de l'exploitation et de la distribution des eaux, des inconvénients importants nécessitant des traitements spécifiques par filtration, engendrant des surcoûts de production. La seule présence de matière organique peut dans certains cas être responsable d'odeur et de goût. Elle peut également se combiner avec des résidus de pesticides et retarder ainsi leur dégradation. Par ailleurs, dans le cadre de traitements de potabilisation, la matière organique associée au chlore peut former des composés cancérigènes tels que les trihalométhanes ou les acides haloacétiques.
Sont désignées comme pesticides, toutes les substances naturelles ou de synthèse susceptibles de limiter ou détruire les organismes vivants indésirables et/ou nuisibles (animal, végétal, microbien…). Ils sont utilisés dans des applications multiples et variées : agricoles, domestiques et industrielles. En agriculture, le terme phytosanitaire est souvent préféré. Il comprend notamment les herbicides (végétaux), les fongicides (champignons) et les insecticides (insectes).
Un pesticide est généralement composé de trois éléments que sont la matière active (molécule), le diluant et l'adjuvant. Ses propriétés, mais également son caractère polluant, sont liés à la nature de sa ou ses matières actives et de l'adjuvant. On désigne sous le terme générique de “résidus de pesticides” la part concourant à la pollution. Ce terme pouvant lui-même être décomposé en “résidus de produits phytosanitaires”, pour la part agricole et “résidus de biocides” pour le reste.
Les pesticides se trouvent aujourd'hui dans tous les compartiments (eau, sol, air), la faune, la flore, sous une forme native ou dégradée (métabolite). L'origine ou la source principale des résidus de pesticides dans les eaux est l'agriculture, au regard des surfaces traitées, mais la présence de certaines molécules souligne également une utilisation mal adaptée par les particuliers et les collectivités. Le transfert vers les eaux est favorisé par les événements pluvieux et leurs conséquences : ruissellement, infiltration. Les résidus peuvent également rejoindre les écosystèmes aquatiques par recombinaison après volatilisation des produits pendant l'utilisation.
Conformément à la législation, les contrôles et analyses portent sur de nombreuses matières actives. L'arrêté du 11 janvier 2007 (Cf. ”Les nitrates”) fixe un taux maximal de 2 μg/l par substance individuelle et 5 μg/l pour la somme des substances, pour les eaux brutes destinées à la production d'eau potable. Au-delà de ces valeurs, l'eau, sauf autorisation exceptionnelle délivrée par le préfet après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail	(ANSES), ne peut être utilisée pour la production d'eau potable. L'eau, issue d'une potabilisation destinée à la consommation humaine, ne doit pas dépasser par substance 0,1 μg/l, avec la somme des taux individuels inférieure à 0,5 μg/l.
A l'échelon de la Bretagne, la CORPEP (Cellule d'Orientation Régionale pour la Protection des Eaux contre les Pesticides) suit dans le cadre d'un réseau de référence (10 stations, dont une en Morbihan), la fréquence de dépassement des molécules les plus utilisées au seuil de 0,1 μg/l, (Cf. Figure 1).
Le CORPEP classe les matières actives selon leur grand type d'action. Le glyphosate, l'AMPA (métabolite du glyphosate) et le diuron sont classés comme “traitements herbicides généraux et en zone non agricole”. Ils sont utilisés en agriculture avant et après mise en culture, et pour le désherbage des zones non agricoles par les particuliers et les collectivités. L'isoproturon est classé “herbicides sélectifs du maïs” et l'atrazine (retrait de la molécule en 2003) “herbicides sélectifs des céréales”. Ces deux molécules ont des usages exclusivement agricoles. A l'échelon régional, la comparaison interannuelle de ces suivis met en évidence une baisse de fréquence de dépassement pour la majorité des molécules, synonyme de modifications d'usage aux cours des dernières années. Cependant ces suivis soulignent également une plus grande diversité des substances détectées (90 en 2010), avec en moyenne 7 molécules par échantillon. La somme des substances détectées dépasse dans 45% des cas, le seuil de 0,5 μg/l et 2.7% pour le seuil de 5 μg/l. Par ailleurs, le taux de fréquence de dépassement de l'AMPA, molécule de dégradation du glyphosate (dont les teneurs baissent) reste très élevé, voire en progression.
En 2010, la situation des prises d'eau superficielles dans le Morbihan met en évidence ces mêmes constats. Aucun prélèvement ne dépasse la concentration de 0,1 μg/l (percentile 90* – Q90) pour le glyphosate (Cf. Carte 5). L'AMPA reste cependant présent dans plusieurs échantillons. Quatre prises d'eau ont atteint un taux maximal compris entre 0,4 et 2 μg/l.
Figure 1 : Evolution des fréquences de quantification de quelques molécules
au seuil de 0,1 μg/l dans les eaux bretonnes
Source : CORPEP
Carte 5 : Teneur maximale de produits phytosanitaires aux prises
d'eau superficielles du Morbihan en 2010
Impacts des pollutions
Les pollutions par les résidus de pesticides peuvent avoir un impact sur les écosystèmes et la santé humaine. Dans le premier cas, cela se traduit directement par la perturbation des populations de faune et flore non cibles et la contamination de l'environnement proche. Bien que visibles et souvent spectaculaires (mortalité piscicole, végétation brûlée…), les effets aigus, liés à une forte toxicité, ne sont pas les seuls à affecter l'environnement aquatique. Les effets dits retardés, par toxicité chronique, peuvent se révéler tout aussi importants et destructeurs dans le temps. L'accumulation, par effets cumulés chez les organismes vivants, par des apports répétés, peut ainsi entraîner la régression, voire la disparition d'espèces (difficultés croissantes à se reproduire) et éroder ainsi la biodiversité, ou avoir des effets sur la génétique des espèces (ex : modification du sexe de certains batraciens et mollusques).
L'impact est également indirect sur la faune terrestre qui, par des phénomènes d'absorption, après abreuvement par exemple, peut être touchée.
Concernant l'impact sur la santé humaine, la pollution des eaux, selon le niveau d'exposition (aiguë ou chronique), peut provoquer des effets indésirables différents.
Les effets aigus se manifesteront par desirritations, des réactions allergiques, des toux, des gênes respiratoires…
A plus long terme, l'exposition et l'absorption répétées de résidus de pesticides peuvent être vecteurs de cancers, de troubles de la reproduction et de perturbations neurologiques.
De manière plus générale, de nombreuses substances, d'origine naturelle ou anthropique, regroupées sous le terme “perturbateurs endocriniens” peuvent agir sur le système hormonal humain et animal. Leur détection a été rendue possible progressivement gràce aux progrès des méthodes et outils de dosage chimique. Les concentrations mesurées s'expriment, bien souvent en ng/l (nanogramme/litre), soit 10−9g/l.
A ce jour, l'état de la connaissance (toxicité, exposition, mécanismes de perturbations, fonctionnement…) ne permet pas d'évaluer précisément les risques potentiels liés aux perturbateurs endocriniens. Plusieurs programmes de recherche sont actuellement en cours. Leurs résultats pourraient à terme permettre de dresser une liste de substances à suivre et déterminer les seuils de risque. Cependant, l'effet seuil utilisé pour la détermination d'une DJA (Dose Journalière Admissible), reste dans le cas de certains perturbateurs endocriniens difficile à appréhender. Leur simple présence, même à des doses très faibles pourrait avoir des impacts (Barbier, 2011).
Les cours d'eau sont le support d'une vie biologique dont l'intensité et la diversité varient en fonction de nombreux facteurs. A chaque type d'habitat (type de cours d'eau) est associée une communauté d'organisme qui le caractérise. Ces organismes vivants (poissons, invertébrés, algues microscopiques) sont très sensibles aux pressions. Toute modification dans la composition d'une communauté reflète généralement une perturbation du milieu. Dans le cadre de la DCE, l'importance de ces perturbations, et donc la qualité biologique des cours d'eau, est évaluée par la mesure d'un écart entre un état de référence, très peu modifié par l'homme, et un état observé.
Actuellement, plusieurs indicateurs intégrateurs, sont utilisés : l'Indice Poissons Rivière (IPR), l'Indice Biologique Global Normalisé (IBGN), l'Indice Biologique Diatomées (IBD) et l'Indice Biologique Macrophytique en Rivière (IBMR). Les valeurs seuil de classe et les méthodes sont précisées respectivement dans les arrêtés du 25 janvier 2010 et du 29 juillet 2011.
L'Indice Poisson Rivière (IPR) :
Cet indicateur est basé sur la mesure d'un écart de composition entre un peuplement de poissons observé, obtenu par pêche électrique, et un peuplement de référence attendu.
Les différents relevés effectués en 2010 dans le Morbihan (Cf. Carte 6) mettent en évidence des résultats bons à très bons pour une majorité de cours d'eau. Reflet d'une pression anthropique parfois forte, certains cours d'eau peuvent cependant présenter une situation moyenne, voire mauvaise.
Carte 6 : Indice Poissons Rivière (IPR) dans le Morbihan en 2010
L'Indice Biologique Diatomées (IBD) :
Les diatomées, algues microscopiques, sont très sensibles aux pollutions organiques d'origine agricole ou industrielle. Les perturbations se mesurent par une modification de la représentation des espèces au sein d'une population donnée, ou par l'observation de la déformation de leur squelette siliceux.
En 2010, plus de la moitié des points de suivi (Cf. Carte 7) sont classés en bon, voire très bon état. Les autres points sont classés en état moyen.
Carte 7 : Indice Biologique Diatomées (IBD) dans le Morbihan en 2010
L'Indice Biologique Global Normalisé (IBGN) :
Le calcul de l'IBGN, s'appuie sur la détermination de la macro-faune d'invertébrés benthiques. Classés par groupes de taxons en fonction de leur sensibilité aux pollutions, leur présence ou leur absence reflète l'état biologique des cours d'eau.
Pour la quasi-totalité des points de suivi sur le Morbihan en 2010 (Cf. Carte 8), la situation est très bonne. Seuls quelques points sont classés en moyen.
Carte 8 : Indice Biologique Global Normalisé (IBGN) dans le Morbihan en 2010
Les paramètres physico-chimiques avec des objectifs de qualité ont longtemps été considérés comme unique “juge de paix” dans l'évaluation des eaux. Avec la mise en oeuvre de la DCE et son classement par masse d'eau (Cf. chapitre : “La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques”), l'évaluation doit également tenir compte de paramètres environnementaux. L'évaluation finale prend la forme d'une mesure de l'écart à une référence fixée par type de masse d'eau, et résultant du croisement (le plus limitant) entre l'état chimique et l'état écologique. L'hydromorphologie constitue un facteur essentiel et limitant dans l'atteinte du bon état écologique. Plusieurs pressions peuvent la modifier et altérer ses caractéristiques. Sur le même principe que l'évaluation DCE, les altérations sont évaluées par la méthode “réseau d'évaluation des habitats”, mise au point par Office National de l'Eau et des Milieux Aquatique (ONEMA - ex Conseil Supérieur de la Pêche). Elle consiste, par comparaison à un état de référence d'un milieu naturel de même type écologique (au regard d'exigences d'un peuplement piscicole de référence), à expertiser l'altération de l'habitat naturel considéré par compartiment (débit, ligne d'eau, lit, berges/ripisylve, continuité, annexe/ lit majeur), et à en cerner les principales sources de pression. Dans le Morbihan, cette méthode reprise et adaptée dans le cadre des études préalables des Contrats Territoriaux Milieux Aquatiques (CTMA) (Cf. Chapitre "La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques") permet de dresser précisément l'état des habitats. (Cf. Carte 9). La situation établie lors de ces études préalables fait apparaître des niveaux d'altération différents selon les cours d'eau et les compartiments.
Carte 9 : Etat d'altération des principaux cours d'eau du Morbihan, avant intervention d'entretien et de restauration
Peu de cours d'eau sont exempts d'altération, avec des conséquences sur les variations de débit, et des accentuations sur l'intensité des étiages et des crues. Dans le cas de forts étiages, le phénomène peut être accentué par les prélèvements d'eau à usage de production d'eau potable, pour l'industrie ou l'agriculture. Dans le Morbihan, le volume d'eau prélevé comptabilisé en 2010 était de 76,254 millions de m3 (source AELB). Les parts contributives des prélèvements étaient de 80% pour l'alimentation en eau potable, 12% pour l'industrie et 5% pour l'irrigation agricole, et près de 82% du total provenaient d'eau de surface.La consommation journalière d'un français est de l'ordre de 150 à 200 litres d'eau.
Cependant, ces chiffres restent difficiles à apprécier en termes d'impact sur les débits, dans la mesure où les conditions de prélèvement et de restitution ne sont pas comparables selon les usages. Il est par exemple souvent considéré que la part restituée au milieu aquatique par l'industrie est importante alors que l'agriculture restitue peu ses prélèvements. Les prélèvements ne sont pas la seule cause de modification des débits. Ceux-ci peuvent également être modifiés par des impacts indirects, conséquence d'aménagements sur le bassin versant, visant à retenir, ralentir, ou à l'inverse accélérer la circulation d'eau. Parmi les principales causes, le drainage, l'arasement du bocage, le comblement de zones humides, l'imperméabilisation des sols, la création de retenues d'eau… contribuent à la modification du cycle de l'eau.
La qualité morphologique du lit d'un cours d'eau influence fortement l'aptitude des habitats à recevoir une vie biologique, notamment piscicole. Les principaux paramètres pouvant être altérés sont la sinuosité, la granulométrie (répartition entre éléments fins et grossiers), la stabilité des fonds…
De nombreux travaux peuvent contribuer à l'altération de ces paramètres : rectification, curage, extraction de matériaux, pose de buses… Outre l'impact direct sur la morphologie, ces travaux ont également un effet induit sur le débit. Ils peuvent favoriser l'accélération des flux d'eau en augmentant, en aval les risques (aléa et vulnérabilité) de crues et d'inondations (Cf. chapitre “Les risques naturels et technologiques”), ou à l'inverse engendrer une diminution des zones de frayère propices à la reproduction d'espèces comme le brochet.
Dans le Morbihan, la morphologie du lit est altérée de manière importante pour de nombreux cours d'eau. Ce paramètre a été identifié comme fortement déclassant dans le cadre de l'état des lieux des masses d'eau (Cf. Chapitre "La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques"). Les cours d'eau les mieux préservés restent, généralement, ceux présentant une occupation des sols peu anthropisée, avec un taux de boisement important notamment.
La continuité biologique et sédimentaire
La présence d'obstacles représente une contrainte forte pour la vie piscicole, particulièrement pour les espèces migratrices. Elle est également contraignante pour la libre circulation des sédiments. Lors du classement des masses d'eau demandé par la DCE, la continuité a également été identifiée, pour le Morbihan, comme un problème important mettant en doute l'atteinte du bon état en 2015.
L'inventaire et la collecte de données réalisés par l'ONEMA dans le cadre de la constitution du Référentiel des obstacles à l'Ecoulement sur les cours d'eau (ROE) mettent en évidence la présence de plus de 750 ouvrages de plus ou moins grandes importances dans le Morbihan. Ces ouvrages, selon les espèces piscicoles ou le type de sédiment considérés représentant potentiellement un obstacle à leur circulation. (Cf. Carte 10)
Carte 10 : Principaux ouvrages potentiellement obstacle à la continuité écologique dans le Morbihan en 2012
L'absence de continuité, principale cause d'impossibilité de circulation des espèces migratrices, peut avoir deux origines. La première est liée à la présence d'obstacles physiques (barrage, bief interdisant la circulation, buses…) sur le cours d'eau. La seconde est due à la présence sur l'année hydrologique d'une période d'assecs (absence d'eau permettant la circulation).
Afin de faciliter le franchissement, plusieurs ouvrages peuvent être équipés d'aménagements spécifiques (passe à poisson, échelle…). Selon les espèces, ces aménagements faciliteront leur migration.
Obstacle lié à un vannage
La configuration géologique du Morbihan ne permet pas le stockage d'eau sous la forme de nappes d'eaux souterraines importantes. On peut cependant trouver ponctuellement des réserves plus ou moins conséquentes au sein de réseaux de fracturation (Cf. chapitre : “L'eau”). Ces réserves peuvent être soumises à des pressions se traduisant par des phénomènes de pollutions.
En 2009, cinquante points de captage utilisés pour la production d'eau destinée à la consommation humaine ont fait l'objet de suivi de qualité d'eau.
Les concentrations maximales et moyennes présentent une situation 2009 hétérogène sur l'ensemble du département (Cf. Carte 11). Vingt-cinq captages ont des valeurs maximales comprises entre 25 et 50 mg/l, 20 captages ont des valeurs inférieures à 25 mg/l. Quatre captages dépassent la valeur seuil de 50 mg/l interdisant, ou tout au moins suspendant, l'exploitation à vocation d'eau potable.
Carte 11 : Concentration en nitrates des captages utilisés pour la production
d'eau à destination de la consommation humaine du Morbihan en 2009
Le suivi de la qualité des eaux estuariennes porte sur de nombreux paramètres. A ce jour cependant, l'évaluation et l'interprétation de la qualité des eaux des estuaires ne peuvent pas s'appuyer sur des normes établies faute de référentiel. Ces évaluations de qualité se fondent sur le résultat de travaux de recherche qui préconisent de tenir compte de trois éléments : la bactériologie (Escherichia Coli), pour évaluer la qualité de l'eau pour les usages (baignade, conchyliculture, pisciculture), la teneur en ammoniaque pour la toxicité des eaux et enfin l'oxygène dissous pour la capacité à recevoir de la vie biologique.
Durant la période 2002 - 2004, la qualité bactériologique des estuaires morbihannais reste peu satisfaisante avec des taux qualifiés de “médiocre” à “mauvais” (Cf. Carte 12). Elle s'améliore depuis (période 2005-2007), notamment gràce aux efforts faits en termes de performance et de mises aux normes des systèmes d'assainissement, les pics devenant plus ponctuels, en lien avec des accidents de rejets urbains via les stations d'épuration. Ce risque de dégradation est plus fort en période estivale, en raison d'une augmentation de population.
Durant la dernière période, 2008-2010, tous paramètres pris en compte, la qualité des estuaires se maintient pour la quasi-totalité des stations, voire s'améliore pour certaines. A noter cependant un recul de la qualité bactériologique et/ou de l'oxygène dissous pour plusieurs stations (Etel, Crac'h, Golfe du Morbihan, Penerf, Vilaine)..
Carte 12 : Qualité des eaux estuariennes du Morbihan
(périodes 2002-2004, 2005-2007 et 2008-2010)
La qualité des eaux de baignade s'apprécie principalement par la bactériologie de ses eaux (coliformes totaux, Escherichia coli, streptocoques fécaux). Depuis 2010, les normes relatives à cette évaluation découlent de l'application de la directive européenne 2006/7/CE du 15 février 2006.
Au même titre que les eaux estuariennes, les zones de baignade bénéficient de l'amélioration des systèmes d'épuration et d'assainissement des communes mais également des particuliers.
En 2010, 121 points de baignade ont fait l'objet de suivi. Ces contrôles ont donné lieu au classement, au regard de la directive européenne du 15 février 2006, de 88 points (73%) en “eau de bonne qualité”; de 24 points (20%) en “eau de qualité moyenne” et 9 points (7%) en “eaux pouvant être momentanément polluées” (Cf. Carte 13).
Une fréquentation élevée du littoral en été...
Carte 13 : Qualité des eaux de baignade du Morbihan en 2011
Les marées vertes sont dues à la prolifération d'algues vertes de type Ulva. Ces proliférations sont liées au phénomène d'eutrophisation (Cf. “Impacts des pollutions azotées et phosphatées”). Elles sont favorisées dans les eaux peu profondes et où l'hydrodynamisme est faible.
Dans le cas spécifique des marées vertes en milieu marin (contrairement à l'eutrophisation en eau douce), le phosphore apparaît toujours en quantité suffisante pour alimenter le phénomène et seul le dépassement d'un seuil de concentration en nitrates explique le déclenchement de la prolifération.
Un suivi du phénomène est réalisé par le Centre d'Etude et de Valorisation des Algues (CEVA) depuis de nombreuses années. Intégré, dans un premier temps dans le cadre du programme Prolittoral (2002 – 2006), ce suivi, et plus généralement les actions du CEVA s'intègrent dans le grand projet 5 du contrat de projets état – Région Bretagne 2007-2013: « Poursuivre la reconquête de la qualité de l'eau et atteindre le bon état écologique des milieux aquatiques » (Cf. chapitre : « La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques »).
Au regard des volumes ramassés par les communes, traduisant l'effort consenti par celles-ci, le département du Morbihan reste, jusqu'à présent, moins touché par le phénomène que les Côtes d'Armor et le Finistère (Cf. Figure 2). Sa contribution, en 2011, au volume total ramassé en Bretagne reste inférieure à 5%.
Les volumes ramassés dans le cadre du chantier expérimental de la baie de la Fresnaye ne sont pas comptabilisés ici (1600m3 en 2003, 3200m3 en 2004, 3400m3 en 2005, 0 de 2006 à 2008 : pas d'ulves sur la baie : essai portant sur 42m3 en 2009 sur ulvaria)
Les quantités d'algues ramassées par commune ne sont pas un indicateur de la production totale des baies considérées mais plutôt des nuisances ressenties localement et des efforts consentis par les communes ; les opérations de ramassage étant liées à des décisions des municipalités et leurs contraintes financières ou techniques. Certaines communes ramassent des quantités très faibles : moins de 50m3 pour 15 communes en 2011 (dont 7 communes moins de 10m3). Coût total déclaré par les communes pour le seul ramassage des algues vertes : 1 295 k euros (1 315 k euros en extrapolant au coût moyen les m3 des communes n'ayant pas estimé de coût)
Figure 2 : Evolution du volume d'algues vertes ramassé et du nombre de
communes concernées par la collecte
Source : CEVA 2011
En 2011, le suivi des surfaces touchées par des échouages d'ulves (Cf. Carte 14), met en évidence plusieurs sites touchés.
La surface cumulée des plages touchées varie de quelques centaines d'ares à plusieurs dizaines d'hectares.
Les surfaces maximales mesurées sur vasières peuvent atteindre, en un seul inventaire, quelques hectares à plusieurs centaines d'hectares.
Carte 14 : Suivi des échouages d'ulves en Morbihan en 2011
Les zones d'élevage et de pêche à pied conchylicoles
Elevage ostréicole sur table
La qualité des zones de production conchylicole et de pêche à pied tient compte de la qualité biologique et chimique de leur eau.
La synthèse des suivis de contrôles bactériologiques sur la période 2008-2010 présente une situation générale satisfaisante en ce qui concerne les coquillages fouisseurs : coques et palourdes (Cf. Carte 15), tant pour l'élevage que pour la pêche à pied.
Carte 15 : Qualité bactériologique des coquillages fouisseurs en Morbihan sur la période 2008 - 2010
La qualité bactériologique pour les coquillages non fouisseurs sur la période 2008 - 2010 (huîtres et moules), est dans son ensemble comprise entre “bonne” et “satisfaisante”, pour la production et entre “pêche à pied autorisée” et “pêche à pied tolérée” pour un usage récréatif (Cf. Carte 16).
Déjà constaté lors des années passées les résultats sur la période 2008-2010 sont, en classes de qualité, inférieurs à ceux du début des années 2000. Ceci met en évidence une dégradation générale de la qualité microbiologique.
Carte 16 : Qualité bactériologique des coquillages non fouisseurs
en Morbihan sur la période 2008 - 2010
Les zones de production, à caractère professionnel, sont soumises à un classement sanitaire visant à réglementer la récolte des coquillages. Ce classement s'appuie sur des analyses microbiologiques (E. Coli) et des dosages de métaux lourds (plomb, cadmium et mercure) sur les coquillages présents. Ceux-ci, en fonction de leur physiologie, sont répartis en trois groupes distints :
Groupe 1 : les gastéropodes (bulots etc.), les échinodermes (oursins) et les tuniciers (violets).
Groupe 2 : les bivalves fouisseurs, c'est-à-dire les mollusques bivalves filtreurs dont l'habitat est constitué par les sédiments (palourdes, coques...).
Groupe 3 : les bivalves non fouisseurs, c'est-à-dire les autres mollusques bivalves filtreurs (huîtres, moules...).
Les résultats donnent lieu à un zonage en quatre classes, définies par arrêté préfectoral :
Zone A : zones dans lesquelles les coquillages peuvent être récoltés pour la consommation humaine directe.
Zone B : Zones dans lesquelles les coquillages peuvent être récoltés mais ne peuvent être mis sur le marché pour la consommation humaine directe qu'après avoir subi pendant un temps suffisant soit un traitement dans un centre de purification, associé ou non à un reparcage, soit un reparcage.
Zone C : Zones dans lesquelles les coquillages ne peuvent être mis sur le marché pour la consommation humaine directe qu'après un reparcage de longue durée ou après avoir subi un traitement destiné à éliminer les micro-organismes pathogènes.
Zone D : Zones dans lesquelles les coquillages ne peuvent être récoltés ni pour la consommation humaine directement ni pour le reparcage, ni pour la purification.
Zone N : Les zones non classées sont des zones assimilées à une zone D.
Dans le Morbihan, le linéaire côtier est réparti en 60 zones. Chaque zone fait l'objet de trois classements distincts en fonction des groupes de coquillage (Cf. Carte 17)
Carte 17 : Classement de salubrité des zones de production des coquillages vivants
pour la consommation humaine en Morbihan (arrêté du 17/02/2010)
Evalué lors de l'état des lieux de la DCE, le département du Morbihan reste à bien des égards, à l'échelle du bassin versant Loire Bretagne, un département relativement préservé. De nombreux cours d'eau et milieux aquatiques annexes possèdent des conditions pour recevoir une faune piscicole, notamment migratrice (saumon, alose, anguille) de premier ordre. Ce classement ne doit cependant pas masquer les dégradations subies au cours du temps par ces milieux.
L'eau et les milieux aquatiques morbihannais supportent des pressions dont l'origine anthropique (agriculture, industrie, domestique) est importante.
La qualité physico-chimique de l'eau, après avoir connu une dégradation continue au cours de ces trente dernières années, se stabilise pour certains paramètres (phosphore, matière organique). Ces résultats sont à corréler avec les actions de lutte développées (réponse), mais dépendent également des conditions hydrologiques rencontrées. De bonnes conditions hydrologiques peuvent parfois masquer certains phénomènes (baisse ponctuelle liée à des dilutions). Les nitrates, quant à eux, avec des concentrations élevées, restent un paramètre souvent identifié comme dégradant pour la qualité des eaux.
Les produits phytosanitaires sont également régulièrement détectés dans les eaux brutes. Plusieurs molécules (glyphosate, AMPA, isoproturon…) dépassent régulièrement la norme des 0,1 μg/l.
La morphologie de certains cours d'eau et la continuité biologique et sédimentaire ont subi de fortes dégradations au cours du temps. Cela se traduit par des cours d'eau recalibrés et incisés, où les conditions de vie piscicole ne sont pas toujours optimales.
Afin de conserver les zones préservées, mais également de regagner des territoires aujourd'hui dégradés, de nombreuses actions sont mises en oeuvre depuis plusieurs années (Cf. chapitre : “La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques”).
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