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Timestamp: 2016-10-27 03:26:13+00:00
Document Index: 196470126

Matched Legal Cases: ['art. 105', 'art. 82', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 89', 'art. 29', 'ATF ', 'CourEDH ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 22', 'art. 48', 'art. 22', 'ATF ', 'art. 22', 'art. 48', 'art. 95', 'art. 95', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 85', 'art. 5', 'art. 85', 'art. 34', 'art. 85', 'art. 85', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 1', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', "l'article 6", 'art. 5', 'art. 17', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 85', 'art. 5', 'art. 17', 'art. 3', 'art. 11', 'art. 4', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 13', 'art. 5', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 65', 'art. 68']

1C_44/2011 (27.09.2011)
1C_44/2011
Arr�t du 27 septembre 2011
MM. les Juges Fonjallaz, Pr�sident, Aemisegger et Raselli.
1. A.________ et consorts,
tous repr�sent�s par Me Sandrine Osojnak, avocate,
Swisscom (Suisse) SA,
toutes deux repr�sent�es par Me Am�d�e Kasser, avocat,
Commune de Pully, avenue du Prieur� 2, case postale 63, 1009 Pully, repr�sent�e par Me Philippe-Edouard Journot, avocat,
D�partement de la s�curit� et de l'environnement du canton de Vaud, Service des for�ts, de la faune et de la nature, chemin de la Vulliette 4, Chalet-�-Gobet, 1014 Lausanne.
Autorisation de construire une installation de t�l�phonie mobile,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 15 d�cembre 2010.
La commune de Pully est propri�taire sur son territoire de la parcelle n� 1942, d'une surface totale de 18'019 m2, dont 1'139 m2 de for�t et 14'910 m2 de place-jardin, le solde �tant construit de plusieurs b�timents d'habitation et garages. Ce bien-fonds est inclus dans le p�rim�tre du plan de quartier "Les Liaudes", approuv� par le Conseil d'Etat du canton de Vaud le 6 janvier 1998 (ci-apr�s: le plan de quartier). Ce plan de quartier comprend un secteur destin� � un habitat group� dans sa partie est, ainsi qu'un parc public dans sa partie ouest. Au sud-ouest du p�rim�tre se trouve une aire de "d�gagements et places d'accueil destin�s � recevoir les places de parc pour voitures". Une surface goudronn�e et cl�tur�e s'�tendant sur cette aire ainsi que sur une partie du parc public est utilis�e comme d�p�t par les services communaux de la voirie.
Du 7 mars au 6 avril 2009, les soci�t�s Swisscom (Suisse) SA et Sunrise Communications SA ont mis � l'enqu�te publique un projet de construction d'une installation de t�l�phonie mobile sur la parcelle n� 1942, avec l'accord de la commune propri�taire. Ce projet pr�voyait la construction de cabines au sol et d'un m�t d'une hauteur de plus de 24 m supportant huit antennes �mettant sur les fr�quences GSM et UMTS - et non pas six, fait rectifi� d'office par le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 2 LTF) -. Cette installation devait prendre place � l'endroit o� est situ� le d�p�t pour la voirie.
Ce projet a suscit� diverses oppositions. La Centrale des autorisations CAMAC a communiqu� les prises de position des services cantonaux et rendu sa synth�se le 5 ao�t 2009: il en ressort que le Service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature, Inspection des for�ts du 5�me arrondissement (ci-apr�s: le Service cantonal des for�ts) a d�livr� l'autorisation sp�ciale requise, soit la d�rogation � la construction d'un ouvrage situ� � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t; le Service cantonal de l'environnement et de l'�nergie (ci-apr�s: le Service cantonal de l'environnement) a quant � lui relev� que les valeurs limites de l'installation et d'immissions d�finies dans l'ordonnance f�d�rale du 23 d�cembre 1999 sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI; RS 814.710) �taient respect�es, tout en imposant diverses exigences.
Le 12 mars 2010, la Municipalit� de Pully a lev� les oppositions et d�livr� le permis de construire requis. Des opposants, dont A.________ et consorts, ont recouru contre cette d�cision aupr�s de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal). Le 4 novembre 2010, le Tribunal cantonal a proc�d� � une inspection locale en pr�sence des parties. Par arr�t du 15 d�cembre 2010, il a rejet� le recours.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ et consorts demandent principalement au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t du Tribunal cantonal, en ce sens que les d�cisions de la Municipalit� de Pully du 12 mars 2010 sont annul�es, la demande de permis de construire litigieuse �tant rejet�e. Ils concluent subsidiairement � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouveau jugement au sens des consid�rants.
Le Service cantonal des for�ts n'a pas de remarque particuli�re � formuler. Dans sa d�termination du 15 f�vrier 2011, le Tribunal cantonal s'est r�f�r� aux consid�rants de son arr�t et a conclu au rejet du recours. Les intim�es, la Municipalit� de Pully et l'Office f�d�ral de l'environnement ont fait de m�me. Par courrier du 21 mars 2011, le Service cantonal de l'environnement a pr�sent� des observations. Le 25 mai 2011, les intim�es ont produit une nouvelle fiche de donn�es sp�cifique au site concernant les stations de base pour t�l�phonie mobile et raccordement sans fil, qui tient compte des remarques de l'Office f�d�ral de l'environnement. Les recourants ont r�pliqu�, par courriers des 27 et 30 mai 2011. Le Service cantonal de l'environnement a produit de nouvelles d�terminations, le 30 mai 2011. Par courrier du 30 ao�t 2011, l'Office f�d�ral de l'environnement a expos� que, m�me si sa prise de position du 11 avril 2011 ne pr�cisait pas que l'installation de t�l�phonie mobile litigieuse se composait de deux antennes UMTS et de trois antennes � deux bandes utilisant simultan�ment les services de radio-communication GSM 1800 et UMTS, il a �t� tenu compte de toutes les antennes et services de radio-communication dans ses calculs. Les recourants ont renonc� � d�poser des d�terminations compl�mentaires, par lettre du 12 septembre 2011.
Par ordonnance du 18 f�vrier 2011, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif, formul�e par les recourants.
La voie du recours en mati�re de droit public au sens de l'art. 82 let. a LTF est ouverte contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) portant sur l'octroi d'une autorisation de construire une installation de t�l�phonie mobile. Les recourants ont particip� � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal; il n'est pas contest� qu'ils sont domicili�s � l'int�rieur du p�rim�tre de 1007,67 m d�fini comme distance maximale pour pouvoir former opposition dans la fiche de donn�es sp�cifiques au site produite par les constructrices. La qualit� pour agir en vertu de l'art. 89 al. 1 LTF doit leur �tre reconnue. Les autres conditions de recevabilit� du recours sont r�unies, de sorte qu'il convient d'entrer en mati�re.
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent de diverses violations de leur droit d'�tre entendus.
2.1 Ils font d'abord valoir une violation de leur droit � la r�plique.
2.1.1 Compris comme l'un des aspects de la notion g�n�rale de proc�s �quitable au sens des art. 29 Cst. et 6 CEDH, le droit d'�tre entendu garantit le droit pour une partie � un proc�s de prendre connaissance de toute argumentation pr�sent�e au tribunal et de se d�terminer � son propos, que celle-ci contienne ou non de nouveaux �l�ments de fait ou de droit, et qu'elle soit ou non concr�tement susceptible d'influer sur le jugement � rendre. Il appartient en effet aux parties, et non au juge, de d�cider si une prise de position ou une pi�ce nouvellement vers�e au dossier contient des �l�ments d�terminants qui appellent des observations de leur part. Ce droit � la r�plique vaut pour toutes les proc�dures judiciaires. Toute prise de position ou pi�ce nouvelle vers�e au dossier doit d�s lors �tre communiqu�e aux parties pour leur permettre de d�cider si elles veulent ou non faire usage de leur facult� de se d�terminer (ATF 133 I 100 consid. 4.3 ss p. 102 ss, 98 consid. 2.2 p. 99; 132 I 42 consid. 3.3.2 - 3.3.4 p. 46 s.; cf. les arr�ts de la Cour europ�enne des droits de l'homme dans les causes Schaller-Bossert contre Suisse du 28 octobre 2010 � 39 s. et Nider�st-Huber contre Suisse du 18 f�vrier 1997, Recueil CourEDH 1997-I p. 101 � 24 ss).
2.1.2 En l'occurrence, m�me si un second �change d'�critures n'a pas �t� formellement ordonn�, les recourants ont d�pos� une �criture finale le 15 novembre 2010. De plus, dans sa d�termination devant le Tribunal de c�ans, le Tribunal cantonal a pr�cis� que les int�ress�s avaient spontan�ment adress�, les 22 octobre et 4 novembre 2010 des �critures compl�mentaires accompagn�es de diverses pi�ces. Enfin, au cours de l'inspection locale du 4 novembre 2010, le pr�c�dent avocat des recourants a demand� � plaider: il a ainsi eu tout loisir de se d�terminer encore une fois sur les arguments des autres parties, de d�velopper ses griefs, d'invoquer de nouveaux moyens et de produire de nouvelles pi�ces. Il r�sulte de ce qui pr�c�de que les recourants ont pu exercer leur droit de r�plique. L'argument doit donc �tre �cart�.
2.2 Les int�ress�s reprochent ensuite � l'instance pr�c�dente de les avoir emp�ch�s de participer � l'administration des preuves.
2.2.1 Le droit d'�tre entendu comprend �galement le droit pour l'int�ress� de prendre connaissance du dossier, d'offrir des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 135 II 286 consid. 5.1 p. 293; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arr�ts cit�s). Toutefois, le droit d'�tre entendu ne peut �tre exerc� que sur les �l�ments qui sont d�terminants pour d�cider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer � l'administration de certaines preuves offertes, lorsque le fait dont les parties veulent rapporter l'authenticit� n'est pas important pour la solution du cas, lorsque les preuves r�sultent d�j� de constatations vers�es au dossier ou lorsque le juge parvient � la conclusion qu'elles ne sont pas d�cisives pour la solution du litige ou qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236; 131 I 153 consid. 3 p. 157; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135; 124 I 208 consid. 4a p. 211).
2.2.2 Les recourants pr�tendent avoir �t� priv�s de la possibilit� d'�tablir que le p�rim�tre des bancs publics et de la cage de football, situ� � l'ouest du parc public, �tait utilis� par des enfants pour y jouer et devait ainsi �tre consid�r� comme un "lieu � utilisation sensible" (LUS). Ils reprochent au Tribunal cantonal de ne pas avoir donn� suite � leur demande d'audition de t�moins � ce sujet. Ce grief doit �tre d'embl�e rejet�, dans la mesure o� il ressort du proc�s-verbal de l'inspection locale du 4 novembre 2010 - figurant en page 6 de l'arr�t attaqu� - que la Municipalit� de Pully "reconna�t qu'une partie du parc public (en pente) est fr�quemment utilis�e comme terrain de football par les jeunes du quartier, qu'elle y a fait installer une cage de but amovible et que [l'ancien conseil des recourants] renonce par cons�quent � l'audition de t�moins sur cette question".
Sur le fond, les recourants pr�tendent que l'installation de t�l�phonie mobile litigieuse n'est pas conforme � la zone � b�tir, d�s lors que l'endroit o� elle devrait �tre implant�e ne correspond pas � une zone n�cessitant une am�lioration de la couverture du r�seau mobile. Ils se plaignent � cet �gard d'une violation de l'art. 22 al. 2 let. a LAT et d'une application arbitraire de l'art. 48 de la loi vaudoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions du 4 d�cembre 1985 (LATC; RSV 700.11).
3.1 Les installations de t�l�phonie mobile, en tant qu'�l�ments d'infrastructure dans les zones � b�tir, ne peuvent pas �tre admises de fa�on g�n�rale et ind�pendamment de leur affectation. Dans le cadre d'une proc�dure ordinaire d'autorisation, il faut d�montrer qu'elles sont conformes � l'affectation de la zone dans laquelle elles sont construites (art. 22 al. 2 lit. a LAT). A l'int�rieur des zones � b�tir, les installations de t�l�phonie mobile ne peuvent �tre consid�r�es comme conformes � l'affectation de la zone que si leur emplacement et leur configuration sont en rapport fonctionnel direct avec le lieu o� elles doivent �tre construites et si elles desservent essentiellement des terrains dans la zone � b�tir. Une infrastructure peut �tre consid�r�e comme conforme � l'affectation de la zone si, suivant les circonstances, elle �quipe la zone � b�tir dans son entier et pas seulement le secteur en question (ATF 133 II 321 consid. 4.3.2 p. 325).
3.2 En l'esp�ce, les recourants soutiennent que dans la mesure o� l'installation litigieuse devrait �tre implant�e sur une zone � b�tir o� la couverture est jug�e tout � fait suffisante, elle serait uniquement destin�e � combler le manque de couverture d'autres zones � b�tir. Ils d�plorent l'absence de rapport direct et fonctionnel entre l'endroit de l'implantation et l'obligation de desservir avant tout un secteur de la zone � b�tir. Ils perdent de vue cependant qu'il n'est pas indispensable que l'installation de t�l�phonie mobile ne couvre que la zone dans laquelle elle doit �tre �rig�e. Les constructrices ont d�montr�, en produisant les plans de couverture, que l'installation litigieuse �tait destin�e � assurer la couverture du r�seau UMTS non seulement dans les deux secteurs dans lesquels il est actuellement insuffisant, mais �galement dans le secteur concern� par le plan de quartier "Les Liaudes" � l'extr�mit� duquel elle doit �tre �rig�e. C'est donc � juste titre que le Tribunal cantonal a consid�r� que l'installation litigieuse �tait conforme � la zone � b�tir. Le grief de violation de l'art. 22 al. 2 let. a LAT et d'application arbitraire de l'art. 48 LATC doit �tre �cart�.
Les recourants se plaignent d'une application arbitraire de certaines prescriptions du droit cantonal et communal sur la police des constructions.
4.1 Sous r�serve des cas vis�s � l'art. 95 let. c � e LTF, la violation du droit cantonal ou communal ne constitue pas un motif de recours. Elle peut en revanche �tre constitutive d'une violation du droit f�d�ral au sens de l'art. 95 let. a LTF, telle que l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Appel� � revoir l'application faite d'une norme cantonale ou communale sous l'angle de l'arbitraire, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue en derni�re instance cantonale que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut� ou si elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de la d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318 s.; 135 V 2 consid. 1.3 p. 4; 134 I 263 consid. 3.1 p. 266; 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
4.2 Les recourants soutiennent d'abord que l'octroi d'une d�rogation � l'art. 5 du r�glement du plan de quartier, sur la base de l'art. 85 LATC ne peut se justifier par l'int�r�t public � assurer une couverture optimale du r�seau de t�l�phonie mobile, alors que l'installation litigieuse n'a pas pour but de couvrir la zone � b�tir o� elle est sise, aucun manque de couverture n'y �tant � d�plorer.
4.2.1 L'art. 5 du r�glement du plan de quartier pr�cise que "la partie ouest du p�rim�tre du plan de quartier qui n'est pas d�volue � l'habitation est destin�e � un parc public et � d'autres fonctions de loisirs tels que les jardins familiaux".
Conform�ment � l'art. 85 al. 1 LATC, des d�rogations aux plans et � la r�glementation y aff�rente peuvent �tre accord�es par la municipalit� pour autant que des motifs d'int�r�t public ou des circonstances objectives le justifient et � condition qu'elles ne portent pas atteinte � un autre int�r�t public ou � des int�r�ts pr�pond�rants de tiers.
L'art. 34 du r�glement communal de Pully sur l'am�nagement du territoire et des constructions du 12 mars 2001 pr�voit que la municipalit� peut accorder des d�rogations aux dispositions r�glementaires communales dans les limites de l'art. 85 LATC.
4.2.2 Les dispositions exceptionnelles ou d�rogatoires, telles que l'art. 85 LATC, ne doivent pas n�cessairement �tre interpr�t�es de mani�re restrictive, mais selon les m�thodes d'interpr�tation ordinaires. Une d�rogation importante peut ainsi se r�v�ler indispensable pour �viter les effets rigoureux de la r�glementation ordinaire (ATF 120 II 112 consid. 3d/aa p. 114; 118 Ia 175 consid. 2d p. 178/179; 108 Ia 74 consid. 4a p. 79 et les r�f�rences cit�es). En tous les cas, la d�rogation doit servir la loi ou, � tout le moins, les objectifs recherch�s par celle-ci: l'autorisation exceptionnelle doit permettre d'adopter une solution refl�tant l'intention pr�sum�e du l�gislateur s'il avait �t� confront� au cas particulier. L'octroi d'une d�rogation suppose une situation exceptionnelle et ne saurait devenir la r�gle, � d�faut de quoi l'autorit� comp�tente pour d�livrer des permis de construire se substituerait au l�gislateur cantonal ou communal par le biais de sa pratique d�rogatoire (ATF 112 Ib 51 consid. 5 p. 53). Il implique une pes�e entre les int�r�ts public et priv�s de tiers au respect des dispositions dont il s'agirait de s'�carter et les int�r�ts du propri�taire priv� requ�rant l'octroi d'une d�rogation, �tant pr�cis� que des raisons purement �conomiques ou l'intention d'atteindre la meilleure solution architecturale, ou une utilisation optimale du terrain, ne suffisent pas � elles seules � conduire � l'octroi d'une d�rogation (arr�t 1A.22/2004 du 1er juillet 2004 consid. 4.1 et les r�f�rences cit�es).
En mati�re d'installations de t�l�phonie mobile, les prescriptions cantonales et communales relatives aux constructions et � l'am�nagement du territoire doivent en outre respecter les limites du droit f�d�ral telles qu'elles r�sultent en particulier du droit f�d�ral de l'environnement et des t�l�communications: elles ne peuvent notamment pas violer les int�r�ts publics que consacre la l�gislation sur les t�l�communications et doivent tenir compte de l'int�r�t � disposer d'un r�seau de t�l�phonie mobile de bonne qualit� et d'une concurrence efficace entre les fournisseurs de t�l�phonie mobile (art. 1er de la loi sur les t�l�communications du 30 avril 1997 [LTC; RS 784.10]; cf. ATF 133 II 64 consid. 5.3 p. 67; voir aussi Benjamin Wittwer, Bewilligung von Mobilfunkanlagen, 2�me �d. 2008, p. 92 s.).
4.2.3 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a proc�d� � une pes�e des int�r�ts pour arriver � la conclusion que des circonstances exceptionnelles justifiaient cette d�rogation. Il a �cart� l'hypoth�se d'un choix d'implantation par convenance, soulignant au contraire que l'emplacement choisi �tait le fruit d'un compromis entre les zones � b�tir � couvrir et la puissance des antennes: il s'agissait du meilleur emplacement possible en termes de couverture, eu �gard � la topographie accident�e des lieux (vallon travers� par une rivi�re). Si le m�t litigieux ne pouvait pas �tre r�alis� � cet endroit, il serait alors n�cessaire de le remplacer par plusieurs antennes sur d'autres sites � proximit� imm�diate des habitations ou par un seul m�t mais d'une hauteur plus importante afin d'obtenir une couverture radio�lectrique �quivalente. Il existait donc des raisons objectives importantes qui faisaient appara�tre l'emplacement retenu comme plus favorable que d'autres, car il se trouvait � l'endroit le plus �loign� des b�timents d'habitation et permettait de regrouper les antennes de deux op�rateurs diff�rents sur le m�me m�t. L'installation litigieuse r�pondait donc � un besoin.
Les recourants soutiennent au contraire que le choix des intim�es d'implanter une seule installation sur une zone � b�tir d�j� couverte, afin de couvrir deux zones voisines en manque de couverture serait bas� sur des consid�rations purement �conomiques. Ils font aussi valoir que la d�rogation serait arbitraire en raison de l'ill�galit� des travaux d'am�nagement des lieux entrepris par la commune � cet endroit, dont on sait qu'il sert depuis 1950 de d�p�t � la voirie. Selon eux, c'est parce que des travaux ill�gaux y ont �t� ex�cut�s que les juges cantonaux admettent aujourd'hui que l'on peut y greffer une installation de t�l�phonie mobile. Ces critiques ne sont toutefois pas de nature � d�montrer le caract�re manifestement insoutenable de l'argumentation du Tribunal cantonal. En effet, la solution retenue ne m�conna�t pas grandement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, et ne heurte pas de mani�re choquante le sentiment de la justice.
Dans ces conditions, en consid�rant que l'octroi de la d�rogation se justifiait compte tenu des circonstances exceptionnelles - en particulier de la topographie accident�e des lieux - et de l'int�r�t public � assurer une couverture optimale du r�seau de t�l�phonie mobile, le Tribunal cantonal n'a pas fait preuve d'arbitraire. Au demeurant, l'octroi de la d�rogation est conforme au droit f�d�ral de l'environnement et des t�l�communications.
4.3 La construction de l'installation litigieuse, situ�e � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t, requiert l'octroi d'une d�rogation au sens de l'art. 5 al. 2 let. a de la loi foresti�re vaudoise du 19 juin 1996 (LVLFo; RSV 921.01). Les recourants reprochent au Tribunal cantonal de ne pas avoir analys� toutes les conditions pour octroyer ladite d�rogation et soutiennent en particulier que la condition de la lettre a de l'art. 5 al. 2 LVLFo n'est pas remplie.
4.3.1 Aux termes de l'art. 5 al. 1 LVLFo, l'implantation de constructions � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t est interdite. L'alin�a 2 de cette disposition pr�voit que le d�partement ou la commune par d�l�gation peut toutefois autoriser des d�rogations lorsque les conditions suivantes sont r�unies: la construction ne peut �tre �difi�e ailleurs qu'� l'endroit pr�vu (let. a); l'int�r�t de sa r�alisation l'emporte sur la protection de l'aire foresti�re (let. b); il n'en r�sulte pas de s�rieux danger pour l'environnement (let. c); l'am�nagement des zones limitrophes r�pond aux conditions de l'article 6 de la pr�sente loi (� savoir que, en principe, l'acc�s du public � la for�t et l'�vacuation des bois doivent �tre garantis) (let. d).
L'art. 5 LVLFo met en oeuvre l'art. 17 de la loi f�d�rale du 4 octobre 1991 sur les for�ts (LFo; RS 921.0), qui pr�voit que les constructions et installations � proximit� de la for�t peuvent �tre autoris�es uniquement si elles n'en compromettent ni la conservation, ni le traitement, ni l'exploitation et que les cantons fixent la distance minimale appropri�e qui doit s�parer les constructions et les installations de la lisi�re de la for�t, cette distance �tant d�termin�e compte tenu de la situation et de la hauteur pr�visible du peuplement.
4.3.2 En l'occurrence, le Tribunal cantonal a retenu que l'implantation de l'�quipement de t�l�phonie mobile litigieux �tait pr�vue sur une place de d�p�t, goudronn�e et cl�tur�e, d�j� construite et empi�tant sur la bande inconstructible de 10 m. Il s'est ralli� � l'avis du Service cantonal des for�ts, selon lequel cet espace de transition ne constituait plus un milieu favorable � la faune et � la flore, du fait de la cl�ture: le projet litigieux ne touchait ainsi aucun site ou biotope prot�g� (cf. art. 5 al. 2 let. c LVLFo). Le Service susmentionn� a d�livr� l'autorisation sp�ciale requise au motif que l'emplacement choisi utilisait de mani�re judicieuse la place de la voirie, se trouvant � l'int�rieur du p�rim�tre d�j� cl�tur� (cf. art. 5 al. 2 let. d LVLFo); par cons�quent, la construction envisag�e n'aggravait pas l'impact d�j� existant sur la for�t, �tant rappel� que le m�t et les antennes seront de couleur verte afin de s'adapter aux boisements pr�sents sur le site (cf. art. 5 al. 2 let. b LVLFo). Enfin, dans la mesure o� la solution retenue n'aura pratiquement aucune incidence sur la for�t, l'int�r�t public � la protection de celle-ci devait c�der le pas aux int�r�ts public et priv� � la r�alisation du projet (cf. art. 5 al. 2 let. b LVLFo).
Quant � la condition que la construction ne puisse �tre �difi�e ailleurs qu'� l'endroit pr�vu (art. 5 al. 2 let. a LVLFo), les juges cantonaux ont admis que des raisons objectives et techniques justifiaient la r�alisation de l'ouvrage projet� � l'emplacement pr�vu, en se r�f�rant aux motifs d�j� �voqu�s dans le cadre de l'application de l'art. 85 LATC (cf. supra consid. 4.2.3). Se r�f�rant � l'inspection des lieux � laquelle ils ont proc�d�, ils ont constat� que m�me si l'on �loignait l'installation de la for�t, cela ne permettrait pas de r�duire la hauteur du m�t; au contraire, un rapprochement du milieu b�ti obligerait les op�rateurs � installer un m�t encore plus haut afin de surplomber les b�timents d'habitation environnants et d'obtenir ainsi la m�me couverture. Ils ont aussi estim� que l'emplacement choisi pr�sentait d'autres avantages: d'un point de vue esth�tique, il permettait la meilleure int�gration possible du m�t d'antennes au site du fait de la faible distance � la for�t.
Le Tribunal cantonal a ainsi implicitement analys� chacune des conditions de l'art. 5 al. 2 LVLFo. Il ne peut lui �tre reproch� d'avoir vers� dans l'arbitraire en confirmant l'octroi de la d�rogation, laquelle de surcro�t est conforme � l'art. 17 LFo.
Les recourants reprochent � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir consid�r� comme un "lieu � utilisation sensible" le p�rim�tre entier de la parcelle n� 1942 et d'avoir retenu que le terrain de jeu mis � disposition des enfants par la commune de Pully �tait un "lieu de s�jour momentan�". Ils font valoir une mauvaise application de l'art. 3 al. 3 ORNI.
5.1 L'art. 11 al. 1 de la loi f�d�rale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement (LPE; RS 814.01) pr�voit que les rayons sont limit�s par des mesures prises � la source (limitation des �missions). Conform�ment � l'art. 4 al. 1 ORNI, les installations doivent �tre construites et exploit�es de telle fa�on que les limitations pr�ventives des �missions d�finies � l'annexe 1 chiffre 64 ne soient pas d�pass�es. Selon l'annexe 1 chiffre 65 ORNI, les valeurs limites de l'installation doivent �tre respect�es dans les lieux � utilisation sensible dans le mode d'exploitation d�terminant. A teneur de l'art. 3 al. 3 ORNI, ces lieux � utilisation sensible (LUS) comprennent les locaux situ�s � l'int�rieur d'un b�timent dans lesquels des personnes s�journent r�guli�rement durant une p�riode prolong�e (let. a), les places de jeux publiques ou priv�es, d�finies dans un plan d'am�nagement (let. b), les parties de terrains non b�tis sur lesquelles des activit�s au sens des let. a et b sont permises (let. c).
Ainsi, les lieux o� les jeunes s�journent r�guli�rement tels que les �coles, les jardins d'enfants et les places destin�es aux jeunes sont consid�r�s comme des lieux � utilisation sensible au sens de l'art. 3 al. 3 ORNI (arr�t du Tribunal f�d�ral 1C_429/2010 du 15 octobre 2010 consid. 7). Selon la Recommandation d'ex�cution de l'ORNI portant sur les stations de base pour t�l�phonie mobile et raccordement sans fil (WLL), �dict�e par l'Office f�d�ral de l'environnement en 2002, "en g�n�ral, les installations sportives et de loisirs ainsi que les piscines ne sont pas consid�r�es comme des LUS" (p. 16). Dans le guide intitul� "T�l�phonie mobile: guide � l'intention des communes et des villes", �dict� en 2010 notamment par l'Office f�d�ral de l'environnement, l'Office f�d�ral de la communication et l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial, "les �coles et jardins d'enfants" sont mentionn�s comme des LUS, mais pas les terrains de sport ou de loisirs (p. 22).
5.2 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a d'abord confirm� la qualification comme "lieu � utilisation sensible" de la place de jeux pour enfants, laquelle est clairement circonscrite et regroupe plusieurs engins de jeux. Il a ensuite distingu� celle-ci de la partie du parc public - comprenant une cage amovible de but de football et deux bancs publics - utilis�e comme terrain de football. Il a consid�r� que cette portion du parc public n'�tait pas r�serv�e exclusivement aux jeunes et n'�tait pas par cons�quent une "place destin�e aux jeunes", mais devait �tre assimil�e � une installation sportive ou de loisirs qui entre dans la cat�gorie des lieux de s�jour momentan� (LSM; cf. art. 13 al. 1 ORNI). Les bancs publics devaient �galement �tre d�finis comme des LSM.
Les recourants ne remettent pas en cause cette appr�ciation de fa�on convaincante. Ils all�guent que l'activit� d�ploy�e � cet endroit correspond � celle � laquelle on s'adonne g�n�ralement dans les places de jeux, qu'il ne s'agit pas d'un terrain de football - il n'y a au demeurant qu'une cage de but -, mais d'un endroit du parc non d�limit� o� les enfants jouent, entre autres, au ballon. Ces �l�ments ne suffisent cependant pas � qualifier la portion ouest du parc public de LUS. Ce d'autant moins que la zone de parc public telle qu'elle est d�finie � l'art. 5 du r�glement du plan de quartier (cf. supra consid. 4.2.1) ne peut pas �tre assimil�e � une place de jeux. Dans ces conditions, � l'instar du Service cantonal de l'environnement, le Tribunal cantonal a jug� � bon droit qu'il se justifiait de qualifier la portion ouest du parc public de lieu de s�jour momentan�. Au demeurant, le permis de construire est assorti de l'obligation pour les intim�es de faire proc�der, � leurs frais, � des mesures de contr�le dans les six mois qui suivent la mise en exploitation des installations dans la configuration d�finie dans la fiche de donn�es sp�cifique. Les r�sultats de ces mesures devront �tre transmis au Service cantonal de l'environnement pour contr�le et � la commune; ces mesures devront �tre effectu�es par un organisme ind�pendant et certifi�. L'installation devra �galement �tre int�gr�e � un syst�me d'assurance qualit�, conforme � la circulaire du 16 janvier 2006 de l'Office f�d�ral de l'environnement.
5.3 Les recourants reprochent aussi au Tribunal cantonal de ne pas avoir ordonn� le calcul du rayonnement du lieu � utilisation sensible situ� � l'angle nord-est du b�timent sis sur la parcelle n� 6602, manifestement plus expos� que l'angle choisi par les intim�es, situ� � l'angle sud du b�timent. Ce grief tombe � faux, dans la mesure o� il ressort de la synth�se CAMAC du 5 ao�t 2009 que le Service cantonal de l'environnement a pr�cis�ment demand� aux constructrices d'effectuer ce calcul: la d�termination compl�mentaire � l'angle nord-est du b�timent a montr� que l'exposition maximale pour le b�timent pr�cit� se situait bien � cet angle et non pas � l'angle sud. De surcro�t, apr�s avoir v�rifi� le pronostic des immissions pour le b�timent sis sur la parcelle n� 6602, l'Office f�d�ral de l'environnement a confirm� devant le Tribunal de c�ans, que l'angle choisi pour le calcul est plus expos� que l'angle nord-est, celui-ci �tant certes situ� plus pr�s de la station �mettrice litigieuse, mais en m�me temps plus en dehors des directions principales de propagation, de sorte que le rayonnement � cet endroit est clairement plus faible qu'au point de calcul.
5.4 Les int�ress�s font enfin grief � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir v�rifi� si l'existence d'installations de t�l�phonie mobile avoisinantes avait un impact sur les mesures effectu�es. Il est vrai que le Tribunal cantonal n'a pas proc�d� � cette v�rification. Dans ses d�terminations devant le Tribunal de c�ans, l'Office f�d�ral de l'environnement a toutefois examin� si d'autres installations �mettrices de t�l�phonie mobile existaient � proximit� de l'installation litigieuse, qui devraient �tre trait�es avec celle-ci comme une installation unique au sens de l'ORNI. Il a retenu qu'il n'y en avait pas: le rayon du p�rim�tre pour la prise en compte de ce groupe d'antennes �tait de 152 m et, conform�ment au cadastre des antennes de l'Office f�d�ral de la communication, la station de t�l�phonie mobile la plus proche se situait � environ 360 m de l'endroit planifi�. Le Service cantonal de l'environnement a confirm� cet examen. Ces d�terminations doivent �tre prises en compte. Au demeurant, les recourants ont vu leur droit d'�tre entendus respect� par la possibilit� qui leur a �t� offerte de se d�terminer sur lesdites observations (ATF 133 I 100 consid. 4.8 p.105). Ils supporteront toutefois des frais judiciaires r�duits, le Tribunal cantonal n'ayant pas r�pondu � leur requ�te pertinente (art. 66 al. 1 LTF).
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet�. Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais judiciaires r�duits (art. 65 et 66 LTF). Ils verseront en outre une indemnit� de d�pens aux intim�es, qui ont eu recours � un avocat (art. 68 al. 2 LTF).
Les frais judiciaires r�duits, arr�t�s � 3'000 francs, sont mis � la charge des recourants.
Une indemnit� de 2'000 francs est allou�e aux intim�es � titre de d�pens, � la charge des recourants, solidairement entre eux.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Municipalit� de Pully, au Service de l'environnement et de l'�nergie et au Service des for�ts, de la faune et de la nature du D�partement de la s�curit� et de l'environnement et � la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud, ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement.