Source: https://citepa.org/fr/air-et-climat/analyse-sectorielle/foret?iccaldate=2019-5-1
Timestamp: 2019-07-21 22:02:20+00:00
Document Index: 242132348

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Forêt - CITEPA
Les émissions liées à l’utilisation des terres, aux changements d'affectation des terres et foresterie (UTCATF)
Ce secteur vise en premier lieu l’estimation des émissions/absorptions de CO2 par les terres grâce à un suivi des flux de carbone entre réservoirs de carbone. D’autres substances sont néanmoins associées à ces flux de carbone, parmi la liste des polluants et gaz à effet de serre estimés par le CITEPA, ceux émis par le secteur UTCATF sont présentés dans le tableau suivant.
NOx, COVNM, CO Acidification, eutrophisation, pollution photochimique
CO2, CH4, N2O Accroissement de l’effet de serre
Principes et spécificités du secteur
Le secteur UTCATF vise un suivi des flux de carbone (biomasse et matière organique des sols). Les flux principaux sont dus aux changements d’affectation des terres (ex : terres agricoles converties en terres urbanisées), à des changements de pratiques (ex : diminution du labour en cultures) ou à des dynamiques de long terme multifactorielles (ex : croissance forestière). Les terres forestières sont particulièrement concernées en raison du stock important de carbone que constituent les arbres, la litière et le sol. Les terres agricoles le sont également en raison du carbone contenu dans la matière organique des sols. En revanche, ce secteur ne couvre pas les émissions liées à la fertilisation azotée, aux amendements basiques, à l’élevage, ainsi que les émissions de particules dues au travail du sol, lesquelles sont incluses dans le secteur Agriculture. Apparu dans les lignes directrices du GIEC de 2006, le terme AFOLU permet de regrouper UTCATF et Agriculture dans un unique « secteur des terres ».
Ce secteur est généralement considéré à part des autres secteurs avec :
une méthode à part : il se focalise d’abord sur le suivi des surfaces (d’occupation et de changements d’affectation des terres) ce qui diffère de la notion d’activité (consommations ou productions) habituellement utilisée comme indicateur pour calculer les émissions dans les autres secteurs,
des résultats à part : il comptabilise à la fois des émissions (sources) et des absorptions (puits) : son bilan net est actuellement négatif en France, c’est-à-dire qu’il constitue un puits de carbone,
des règles à part : il est régi par des règles de comptabilisation et des modalités de rapportage spécifiques.
Suivi des terres
De manière schématique (cf. Figure 1), le secteur UTCATF correspond à un découpage du territoire en unités géographiques sur lesquelles les différents flux, émissions et absorptions liées à l'utilisation du sol, sont estimés.
Figure 1 : Représentation schématique du découpage géographique et des flux de carbone estimés en UTCATF
(Source : CITEPA)
Pour comptabiliser les flux de carbone du secteur UTCATF, le GIEC distingue six grandes catégories d’occupation du sol :
les forêts, en application des accords de Marrakech (2001) dans le cadre de la Convention Climat, la France retient, pour sa définition de la forêt, les valeurs minimales suivantes :
couverture du sol par les houppiers des essences ligneuses : 10%,
superficie : 0,5 ha (en deçà, les bosquets et arbres épars sont classés en « Prairie »),
hauteur des arbres à maturité : 5 m,
largeur : 20 m (en deçà, les haies sont classées en « Prairie »).
les terres cultivées (terres cultivées et labourées ainsi que les parcelles en agroforesterie pour lesquelles la définition de forêt ne s'applique pas) ;
les prairies (zones couvertes d'herbe d'origine naturelle ou semées il y a plus de cinq ans (contrairement aux prairies temporaires comptées en terres cultivées) ; la catégorie prairie inclut également les surfaces arborées ou recouvertes d'arbustes qui ne correspondent pas à la définition de la forêt et ne rentrent pas dans les catégories culture ou zone artificialisée comme la plupart des haies et des bosquets (surface boisée < 0,5 ha)) ;
les terres humides (terres recouvertes ou saturées d'eau pendant tout ou partie de l'année et qui n'entrent pas dans l'une des autres catégories - hormis la catégorie "Autres terres") ;
les zones artificielles (terres bâties incluant les infrastructures de transport et les zones habitées de toutes tailles, sauf si celles-ci sont comptabilisées dans une autre catégorie. Cette catégorie peut donc inclure des terres enherbées ou boisées si leur utilisation principale n'est ni agricole ni forestière, c'est le cas des jardins, des parcs ou des terrains de sport) ;
les autres terres (ex: roches, sols nus, sable...).
Sources et puits de carbone
L’essentiel des flux de GES du secteur UTCATF concerne le CO2 et donc le carbone. Le guide UTCATF du GIEC définit ainsi plusieurs réservoirs de carbone :
la biomasse vivante aérienne,
la biomasse vivante souterraine,
le bois mort,
la matière organique du sol,
les produits bois.
Dans le cadre des inventaires, l'objectif est de déterminer l'ensemble des flux de carbone issus des différents réservoirs de carbone. Le principe de ces flux de carbone entre réservoirs peut être schématisé comme à la figure 2 :
Figure 2 : Représentation schématique des flux entre les réservoirs de carbone pris en compte dans le secteur UTCATF
La France possède un puits estimé à environ 50 Mt CO2 pour l’ensemble du secteur UTCATF sur les années les plus récentes.
Les principaux flux de carbone observés sur les terres sont soit dus à des pratiques de gestion (forestière et agricole), soit à des conversions importantes d'utilisation (déboisement, urbanisation), soit encore à des aléas naturels (tempçetes, incendies).
Les forêts sont souvent le principal contributeur à ces flux de CO2 car ces derniers peuvent être à la fois importants et durables sur les terres forestières. C'est le cas en France, car la production brute forestière (croissance) entraîne actuellement un stockage de CO2 que la récolte forestière et la mortalité ne compensent pas entièrement. Les stocks de carbone en forêt sont donc croissants.
Selon les cas, les changements d'affectation des sols peuvent mener à un déstockage de carbone (conversion des forêts et des prairies en terres agricoles) ou à un stockage de carbone (conversion des prairies et terres agricoles en forêts).
Dans les inventaires, le stockage et le déstockage de carbone peuvent être estimés de manières différentes en fonction du type de conversion ou du réservoir concerné. Par exemple, dans le cas d'un défrichement (cf.figure 3), il est considéré que le carbone de la biomasse est perdu rapidement tandis que le carbone contenu dans la matière organique des sols est émis dans l'atmosphère sur une période longue de 20 ans.
Figure 3 : Représentation de l'évolution des stocks de carbone des différents réservoirs au cours du temps suite à un défrichement
Les données relatives aux évolutions des émissions du secteur UTCATF par sous-secteur sont disponibles et téléchargeables sur ce site dans la partie relative à SECTEN, section « Contribution des sous-secteurs par polluant atmosphérique et gaz à effet de serre ».
Exemple : En France, depuis 1990, la principale évolution des flux de carbone est liée à la croissance forestière (en surface et en volume) qui engendre un puits croissant de CO2. Cette tendance est néanmoins impactée par les deux épisodes de tempêtes en 1999 (Lothar et Martin) et 2009 (Klaus) qui provoquent à la fois une mortalité et des prélèvements ponctuels et importants et donc diminuent temporairement le puits de la France... (lire en ligne le rapport SECTEN via votre identifiant et mot de passe).