Source: https://www.gennievre.net/wiki/index.php?title=De_la_St%C3%A9_Boigues_Rambourg_et_Cie_%C3%A0_la_St%C3%A9_M%C3%A9tallurgique_d%27Imphy
Timestamp: 2019-12-15 20:49:58+00:00
Document Index: 226587530

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

De la Sté Boigues Rambourg et Cie à la Sté Métallurgique d'Imphy — Wiki58
De la Sté Boigues Rambourg et Cie à la Sté Métallurgique d'Imphy
3 1854-1884
4 1884-1914
5 1914-1930
6 1930-1954
La Société se crée en 1854 par la fusion d'entreprises existantes :
la Société Rambourg Frères, qui apporte la mine de Commentry pour une valeur de 10.400.000 Francs or,
la Société Boigues et Cie, qui apporte les usines de Fourchambault, Torteron et Feularde, La Guerche, le Fournay et Aubigny, les mines de fer du Berry pour une valeur de 8.461.267 Francs or,
la Société de Montluçon qui apporte ses fonderies et la mine de Monvicq pour une valeur de 2.500.000 Francs or,
la Société d'Imphy pour une valeur de 1.400.000 Francs or,
la Société de La Pique pour une valeur de 200.000 Francs or.
Mrs Hochet, Benoist d'Azy et Mony, gérants de la société avec Paul Rambourg et Émile Boigues qui apportent chacun 500.000 Francs or.
La dénomination sociale sous la forme d'une société en commandite est Boigues, Rambourg et Cie. Elle restera sous cette forme jusqu'à sa transformation en Société anonyme en 1874. Elle devient alors, la Société anonyme de Commentry-Fourchambault.
1880, l'usine de Torteron s'arrête et ses installations sont transférées à Montluçon(1).
1890, achat des mines de Brassac.
1892, absorption de la Société Nouvelle des Houillères et Fonderies de l'Aveyron(2).
1899, modification de la dénomination sociale. Elle devient la Société anonyme de Commentry-Fourchambault et Decazeville.
1901, arrêt de Fourchambault(3).
1905, création de la Société filiale des Mines de Joudreville.
1908, prise en main de la Société des Mines de Batère.
1911, arrêt de Commentry(4) et création, avec la Société des Mines de Lens, de la Société de Pont-à-Vendin(5).
1930, absorption de la Société Métallurgique de l'Ariège(6)(7) ; prise en charge de l'usine de Mazières située dans la banlieue sud de Bourges(8).
1936, cession de Montluçon au groupe de Pont-à-Mousson.
1940, participation pour moitié avec Pont-à-Mousson, à la création de la Société Métallurgique Ariégeoise et Lorraine (ARIELOR) à Pamiers.
1941, absorption de la Société des Charbonnages du Centre (concession voisine de celle de Brassac).
1942, création à Paris de l'établissement ADAMEL transformé plus tard en Société filiale.
1946, nationalisation des mines de Brassac et des mines de Decazeville.
1947, nationalisation des usines chimiques de Decazeville, création, en participation avec les Houillères du Bassin d'Aquitaine, de la Société des Usines Chimiques et Métallurgiques de Decazeville.
1949, création de la Société filiale de Fabrication de Matériel de Forage(9).
1950, absorption des Ets Lemoine(10).
Aucun de ces établissements n'a été créé entièrement, tous avaient une histoire et des traditions dont le personnel était fier.
Buste de Nicolas Rambourg
Nicolas Rambourg naît à Givonne (Ardennes) en 1757. À 23 ans, il est officier d'artillerie et très attiré vers l'industrie métallurgique par Ignace de Wendel (1741-1795), fils de maîtres de forges lorrains.
La Marine, qui possède un atelier de construction dans l'île d'Indret (Loire-Atlantique) décide, en 1777, d'y faire construire une fonderie par William Wilkinson connu pour être le « roi du fer » afin d'y fabriquer des canons neufs avec la fonte des vieux canons employés comme lest pour les navires. Cette affaire ne fut pas une réussite. En 1780, Wendel, pressenti par le gouvernement pour sauver la fonderie la prend à bail pour 15 ans. Il s'apercevra très vite que l'approvisionnement en vieux canons est insuffisant pour alimenter la fonderie et créera l'établissement du Creusot.
Nicolas Rambourg se voit confier la direction d'Indret.
Alors qu'il a acquis une très grande maîtrise de son métier aux côtés de Wendel, un travail considérable s'offre à lui : valoriser la forêt de Tronçais. Cette forêt pratiquement abandonnée, ne trouve aucun industriel qui se risque à utiliser les branchages qui pourrissent sur place tant les dépenses sont onéreuses. Seul Nicolas Rambourg relève le défi. Il s'installe dans une hutte de sabotier proche de Saint-Bonnet-le-Désert. Aidé par des ouvriers spécialisés et avec peu de ressources locales, il construit fours, digues et retenues d'eau pour faire fonctionner les roues hydrauliques qui fourniront la force motrice. L'entreprise rapidement menée, est un franc succès. Le transport du minerai, du charbon de bois et de la castine se fait à dos des quelques huit cents mulets qui parcourent la forêt, car il n'y a pas d'autres moyens de communication. L'industrie du fer est implantée.
Nicolas Rambourg part en Styrie (Autriche), en Carinthie (Autriche) et en Suède ; l'Angleterre, à la pointe du progrès pour ce qui concerne le fer et l'acier, est inaccessible. Il part pour y découvrir les secrets de la fabrication de l'acier fondu. L'ouverture des frontières en 1815 récompense ses efforts. Il garde en point de mire l'avenir du charbon minéral bien que cette exploitation remette en cause les installations existantes.
Il achète la concession de Commentry après la promulgation de la grande loi sur les mines de 1810. Le projet de construction du canal du Berry est en cours. Ce canal partirait de la Loire à Nevers, aboutirait au Cher à Vierzon et comporterait une branche sud en direction de Montluçon, donc proche de Commentry. Le premier coup de pioche est donné à Montluçon cette année 1810.
Nicolas Rambourg prend en main, dès 1811, l'exploitation de la mine dont la production était jusqu'alors peu importante.
Il meurt en 1827 avant d'avoir vu se réaliser les espoirs qu'il avait mis dans la mine de Commentry et destinée à un bel avenir. En effet, le canal du Berry n'est livré au commerce qu'en 1840. Reliant Commentry, la forêt de Tronçais, les forges du Nivernais et les minières du Berry, il permit ainsi le fort développement de Commentry et de Montluçon.
L'un de ses fils, Paul, (1800-1873) ingénieur des Mines lui succéde. Il donne à bail puis vend l'usine de Tronçais. Il laisse la direction de la mine de Commentry à Stéphane Mony (1800-1884), un de ses camarades de l'École des Mines, dès 1840. Il sera à l'origine de son essor.
Louis Boigues descend de souche catalane dont le nom Boïguès a été francisé. Il naît à Lascelle (Cantal) en 1784. Il est le fils de Pierre Boigues qui exploite un comptoir métallurgique au Marais à la fin du XVIIIe siècle. En 1809, Pierre Boigues s'implante dans la Nièvre en achetant le domaine du Chambon proche de Saint-Pierre-le-Moûtier tout en conservant son affaire de Paris à laquelle il associe Louis et Guillaume, ses deux fils. La dénomination sociale devient MM. Boigues et fils.
Tout comme Wendel et Rambourg, Louis Boigues se rend en Styrie (Autriche) et en Carinthie (Autriche). À son retour il s'intéresse à la tôlerie de Dillingen située dans la Sarre. Les traités de 1815 l'obligent à transférer ses installations en France. Il pense à utiliser l'usine créée à Montataire (Oise) par Georges Dufaud en 1811 et signe un contrat avec le propriétaire de l'usine. Louise Marie de Las de Prye, veuve Dubourg, exploite seule la forge d'Imphy depuis la mort de son mari en1788. Elle souhaite se libérer de celle-ci et la propose à bail. L'affaire se réalise et ce sont les sieurs Boigues, Debladis, Auriacombe et Guérin qui, en 1816, prennent la forge en ferme pour 20 ans. Louis Boigues transfère alors la tôlerie de Dillingen à Imphy.
L'usine d'Imphy est ensuite rachetée à sa propriétaire, mise en société (elle participera à la formation de la Société en 1854) et équipée de laminoirs à tôles mis en mouvement par une puissante machine à vapeur. De 20 personnes à l'origine, l'effectif passe à 450 personnes.
En 1831 est mise au point la fusion du laiton au four à réverbère et le laminage du bronze. En 1833, Imphy se consacre à l'étude de la construction de la colonne de Juillet en tant que maître d'œuvre. Malheureusement, le marché part à des sous-traitants qui s'installent place de la Bastille. Ceci occasionnera de lourdes pertes à Imphy.
Louis Boigues rencontre Georges Dufaud à Nevers au retour d'un voyage en Angleterre que chacun d'eux avaient effectué séparément. Georges Dufaud naît à Nevers en 1777 d'un père d'origine lyonnaise. Il se fixe à Nevers dès l'âge de 20 ans et se met au service de Babaud de la Chaussade, fondateur de l'usine de Guérigny. Le père de Georges Dufaud est Fondé de pouvoirs de Babaud de la Chaussade et habite les dépendances du château de Guérigny. En 1781, à la vente de Guérigny à Louis XVI, celui-ci s'installe pour son compte dans la forge de Beaumont-la-Ferrière. Georges Dufaud entre à l'École polytechnique en 1794, et à sa sortie, il s'ouvre à la fabrication du fer. En 1808, il monte à Pont-Saint-Ours, proche de Nevers, un four à réverbère pour démontrer que la fonte étant un mélange de fer et de charbon, il n'est pas nécessaire que celle-ci, pour son passage à l'état de fer, soit en contact direct avec le charbon en incandescence. Une très haute température suffirait à séparer la fonte du charbon.
L'usine qu'il a créée en 1811 à Montataire rencontre des difficultés suite aux événements de 1814. Il se voit alors confier l'exploitation des forges de Grossouvre par Mrs Paillot et Labbé, négociants en fer à Paris et fermiers de la forge de Grossouvre. Ces derniers l'envoie pour deux mois en mission commerciale en Angleterre afin d'étudier les techniques du puddlage et du laminage. Dès sa rentrée en France, il forme les ouvriers et commence, dans une dépendance de Grossouvre, Trézy, la fabrication du fer « à l'anglaise ». Fin 1817, c'est lui qui produira les douze premières barres de fer laminé fabriquées en France et fourni rapidement, cette fabrication au commerce. Le remplacement du marteau par le laminoir pour étirer le fer fut une avancée considérable pour le monde industriel.
Louis Boigues entre dans l'affaire de Mrs Paillot et Labbé dont le bail expire en 1825. Ils cèdent leurs parts et, en 1819, Boigues et Dufaud décident de créer une grande forge « à l'anglaise » ailleurs qu'à Grossouvre qu'ils trouvent mal situé. Leur choix se portera sur Fourchambault. La construction est commencée le 1er avril 1821, la première machine mise en fonction en 1822 et l'ensemble tourne à plein régime en janvier 1823.
Georges Dufaud développera les usines de Fourchambault jusqu'à la mort de Louis Boigues, le 20 novembre 1838. Il passera ensuite les commandes à son fils Achille Dufaud.
Émile Martin, un autre élève de Polytechnique, crée en 1824 la fonderie de fer et de cuivre à côté de la forge. Son fils, Pierre Émile sera l'inventeur du procédé Martin et du four qui porte son nom.
D'autres fourneaux seront sauvés par Louis Boigues et Georges Dufaud. Ce seront :
le fourneau de La Guerche (Cher) qui existait depuis le début du XVIe siècle et qui, en 1818, était très délabré. Une machine à vapeur y est installée en 1830 puis un deuxième haut fourneau et des fours à coke. L'activité durera jusqu'en 1869.
le fourneau de Torteron en 1822 qui appartenait à la famille du Fournay depuis 1736. Ce site, qui fabrique des tuyaux de fonte est modernisé, les étangs de Feularde et de Torteron asséchés. Des ingénieurs Anglais participent à l'installation de mouleries. Torteron eu pour client la ville de Paris qui commandait les tuyaux qui parcourront son sous-sol. Les arches du Pont du Carroussel et des éléments de la colonne de juillet sortent des ateliers de Torteron qui prospéreront jusqu'en 1880.
À sa mort en 1838, Louis Boigues laisse quatre frères et sœurs. Ils formeront la Société en nom collectif Boigues et Cie et c'est Meillard qui en prendra le commandement. Il connaît l'activité pour avoir exploité personnellement les forges de « Charbonnière », « Cramain » et « Meulot ». Il meurt en 1845 à l'âge de 58 ans. Son frère Émile, sera le seul à participer à la formation de la Société en 1854. Georges Dufaud meurt en 1852.
François-Gracchus Cabrol naît à Rodez en 1793. Polytechnicien et officier de la Grande Armée, il sera le cerveau du Duc Decazes (1780-1860) ambassadeur de France à Londres et admiratif des progrès de l'industrie anglaise. Élie Louis Decazes rentre en France en 1824, il n'apprécie pas la formation du ministère de l'époque. Il achète la concession des houillères de Lassalle et de Firmy (Aveyron) riche de seulement 100 ouvriers et décide d'exploiter le sous-sol. Pour cela il faut des capitaux et un homme de main. Les capitaux seront apportés par des banquiers et des capitalistes. Cabrol qui s'est rendu lui aussi en Angleterre a connaissance des projets de Decazes. Les deux hommes entre rapidement en contact, leurs vues se rejoignent. Cabrol est chargé de diriger les travaux pour la société qu'a créée Decazes et qui porte de nom de Société des Houillères et Fonderie de l'Aveyron. La tâche est rude car tout est à faire. Il y a peu de moyens de communication et le pays est pauvre et accidenté. Les deux premiers hauts fourneaux sont construits à La Forézie proche de Firmy. Le premier est mis à feu le 5 novembre 1828 et la première coulée a lieu dans la nuit de Noël en présence du duc Decazes.
Le pays est fouillé de fond en comble et, en 1828 un maximum de concessions sont obtenues. Au vu des bons résultats obtenus, il est décidé de construire une usine capable de produire 10.000 tonnes de fer par an. Des terrains proches de Lassalle sont choisis. Commence alors la construction de six hauts fourneaux, une fonderie, trois fours de finerie, des fours à puddler et des laminoirs. Les fonderies de Fourchambault fournirent une partie du matériel.
Le 11 novembre 1831, le conseil d'administration de la société décide que l'usine de Lassalle prendra le nom de « Decazes-Ville ». C'est en 1832 que cette usine sera mise en marche de manière régulière et que la fabrication du fer sera assurée dans le département de l'Aveyron. La commune de Decazeville sera créée en 1834 suite à une pétition organisée par Cabrol.
Bien qu'ayant connu de grosses difficultés dues à la qualité de la fonte et du fer, Decazeville connut une période de prospérité jusqu'en 1856 malmenée par la révolution de 1848 qui la fragilisa. Cabrol réussi a continuer la fabrication en engageant sa fortune personnelle et grâce à la garantie de Decazes. Les années qui suivirent 1856 furent compliquées par la loi sur le libre-échange. Les rails qui avaient rendu Decazeville prospère ouvraient la porte à la concurrence française et anglaise et conduisaient l'usine à sa perte. Les efforts de mise à niveau étaient trop importants et ne pouvaient être supportés. Decazes abandonne la présidence en 1860 et Cabrol quitte la direction. Il reste membre du conseil d'administration et meurt en 1882. La première liquidation de Decazeville a lieu en 1865.
C'est dans un contexte économique favorable et de développement des chemins de fer que se crée la Société Boigues Rambourg et Cie.
Malheureusement, dès 1855 une ombre pèse sur Imphy : une mesure adoptée par décret impérial de 1855 autorise l'admission en franchise de droits des fers et tôles venus de l'étranger et destinés aux constructions navales, passant ainsi d'un régime protecteur à un régime d'ouverture. La production métallurgique passe en 1857 de 57.000 tonnes à 48.000 tonnes pour arriver à 38.000 tonnes en 1859. Imphy dégage des pertes depuis trois ans malgré d'importants investissements qui avaient passé la production à 7.000 tonnes de tôles et 35.000 caisses de fer blanc par an destinées à la marine. Le traité du 23 janvier 1860 qui fixe pour dix ans les relations commerciales entre la France et l'Angleterre supprime les interdictions d'importation et limite à 30% de la valeur du produit les droits d'entrée. C'est un coup de grâce porté à l'usine. La fabrication des grosses tôles est arrêtée ; la fabrication du fer blanc est maintenue pour donner du travail aux ouvriers les plus chargés de famille mais Imphy est amené à suspendre son activité en 1861.
Il fallait donc trouver un débouché pour relancer Imphy. Les dirigeants de la Société s'y employèrent et Stéphane Mony rappela la découverte faite en Angleterre par Henry Bessemer en 1855. Il s'agit d'un procédé qui permet la fabrication de l'acier en grandes masses. Ce procédé a été introduit en France en 1858 par James Jackson et est expérimenté par William Jackson dans une aciérie située à Saint-Seurin-sur-l'Isle. Mony est très attentif à ses essais et pense que les fontes utilisées à Montluçon conviennent à cette nouvelle fabrication. Il décide de s'associer avec Jackson, une nouvelle société est créée pour la fabrication de l'acier. Imphy serait destiné aux grosses fabrications (chemins de fer, essieux, bandages de roues, rails ou tôles en acier etc...), Saint-Seurin le serait aux ressorts de toute sorte et aciers du commerce. Imphy rouvre donc ses portes et met en action le premier convertisseur Bessemer. Cette expérience ne fut pas des plus réussies car ce procédé ne s'appliquait pas à toutes les fontes et semble-t-il pas à celle de Montluçon. Pour obtenir un acier de bonne qualité il fallait utiliser de la fonte fabriquée à partir du minerai venant d'Espagne. L'usine de Saint-Seurin fut fermée en 1867, ses fabrications reprises par Imphy et le convertisseur Bessemer transféré à Montluçon.
Imphy prend la décision de s'orienter vers l'industrie de l'acier et repense ses fabrications.
Fourchambault abandonne la fabrication des rails en fer en voie de disparition au profit de l'usine d'Imphy qui produit des rails en acier. Cette fabrication qui se solde par des pertes reste néanmoins nécessaire pour amortir les frais généraux. La fabrication des tôles jugée trop faible sera développée, les améliorations faites à la fabrication des moulages seront profitables au développement, la fabrication des pièces de forge, très bénéficiaire, sera accrue.
Le fonctionnement d'Imphy ne sera pas très florissant mais résistera alors que les forges de Grossouvre, Trézy, La Guerche, Feularde, Charbonnière seront fermées.
Coulée au four Martin
En 1881, l'équilibre financier est suffisant pour installer des fours « Martin » qui permettent la refusion des chutes et l'élaboration de l'acier qui entre dans la fabrication des ressorts. La fabrication des rails fini par être abandonnée et Imphy se lance dans la sidérurgie fine.
Concernant le niveau de vie du personnel à cette période voir condition ouvrière Imphy.
La crise industrielle frappe la Société en 1884. La production métallurgique chute considérablement passant de 67.000 tonnes en 1883 à seulement 15.000 tonnes en 1889. Le dividende est de ce fait fortement atteint. De 32.50 Francs or pour une action de 500 Francs or, il chute à 20 Francs or en 1884 pour être nul jusqu'en 1889.
Les craintes d'épuisement du gisement de Commentry se rapprochent remettant en cause l'approvisionnement de Fourchambault où des travaux onéreux sont en cours et qui concernent l'adjonction d'une aciérie « Martin » et d'un ensemble de laminoirs. La fermeture de ce site semble inéluctable. Le conseil d'administration est en plein désarroi mais ne baisse pas pour autant les bras.
Après quatre mois de réflexion Henri Fayol, appelé à la direction générale en 1888 démontre que la fermeture de Fourchambault aggraverait les pertes de la Société et pourrait provoquer l'arrêt total des usines. Il préconise une meilleure administration et des perfectionnements ciblés d'outillage. Il pense même qu'un retour à l'équilibre est possible. Sur le suivi de ses conseils, la situation s'améliore vite et Fourchambault connaîtra un répit de quatorze années.
Une liquidation partielle de ce site a lieu en 1893 avec la vente des ateliers de construction à la Société Magnard et Cie. En 1896, la vieille forge à fer est arrêtée, un four « Martin » est installé pour développer la production d'acier, des laminoirs sont modifiés. Malgré tous ces efforts, la crise de 1901 et la concurrence des usines de l'Est, Fayol décide de fermer Fourchambault.
Imphy, situé à une dizaine de kilomètres de là est en pleine euphorie. Avec l'arrêt de la fabrication des rails en 1881, Imphy est devenue la plus grande fabrique de France (noté à l'exposition de 1889) de ressorts de chemin de fer et de carrosserie. Les moulages d'acier sont également une partie importante de son activité (9.000 tonnes de poutrelles de la Tour Eiffel reposent sur seize blocs en acier moulé d'Imphy).
En 1887 eurent lieu les premières tentatives de préparation d'aciers au nickel. Une étroite collaboration s'installe entre la Société et le « Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres » en 1895. Le but est d'éclaircir la théorie des aciers au nickel et de l'appliquer à différents domaines (métrologie, géodésie...). En 1896, le Suisse Charles-Édouard Guillaume, directeur du Bureau International, découvre un alliage à 36 % de nickel dont le coefficient de dilatation est inférieur à celle du platine. C'est l'Invar(11). La collaboration avec le chef des Établissements de Dion-Bouton remonte à la même période.
Imphy aborde le nouveau siècle avec une orientation vers les aciers spéciaux mais une nouvelle crise, celle de 1900-1903, l'affecte et l'oblige à rénover l'usine pour mettre ses moyens de production et de recherches au niveau de ses possibilités.
En 1890, achat de la mine de Brassac (Puy-de-Dôme) qui se meure car abandonnée depuis deux ans et noyée. La mine de Commentry est en cours de fermeture en 1910, elle le sera définitivement en 1911. Des familles de mineurs acceptent de venir travailler à Brassac ; ils logeront dans des nouvelles cités alors en construction.
Le 1er février 1892 la Société Commentry-Fourchambault prend possession de Decazeville qui appartient à la Société de l'Aveyron et qui a connu de sérieux troubles sociaux. L'usine de Firmy a été démolie et les feux règnent dans la mine de Decazeville. Henri Fayol qui a organisé la lutte contre les feux à Commentry est tout à fait qualifié pour tenter de sauver Decazeville. Des usines existantes, il n'y avait rien à en espérer : elles ne sortaient que 10.000 tonnes de fer par an. Après de nombreuses discussions sur l'orientation à donner au site, Pierre Girin qui avait contribué à l'orientation d'Imphy vers les fabrications spéciales est envoyé à Decazeville comme ingénieur principal. Un programme de rénovation est mis en place et l'exécution de ce programme se poursuite sans relâche. Il est décidé d'installer des fours « Martin ». Deux sont mis en marche en 1895. La production d'acier monte à 20.000 tonnes. Un haut fourneau est mis en marche en août 1897, un troisième four « Martin » en avril 1898, un second haut fourneau en août 1899. L'importance que prend Decazeville lui vaut que son nom soit ajouté à la raison sociale de la Société. À partir du 1er septembre 1899 la dénomination sociale sera Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville.
Un nouveau projet de développement est approuvé en 1905. Une augmentation de capital et une émission d'obligations seront nécessaires pour faire aboutir le projet. La production dépasse 76.000 tonnes d'acier et il est envisageable de la passer à 150.000 tonnes.
Aux environs de 1900, un décret accorde à la Société une concession dans le bassin de Briey en Lorraine. Le développement d'Imphy, de Brassac et de Decazeville mobilisant les énergies et les fonds disponibles, la Société est peu préoccupée par la région Lorraine. Malgré cela, il est difficile de refuser une telle offre. La Société de La Chiers, dirigée par l'ingénieur Paul Morard qui a débuté à Fourchambault, est preneuse de minerai et accepte de financer les travaux d'installations pour 1/3. La Société Civile des Mines de Joudreville prend ainsi naissance en 1905.
Une solution doit être trouvée pour utiliser l'excédent de minerai non utilisé par La Société de La Chiers et qui est à la disposition de la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville. Une étude faite par Théodore Zyromski, ancien directeur de Fourchambault et d'Imphy, démontre qu'une usine qui ne produit pas de fonte ne fait pas suffisamment de bénéfices et que l'écoulement des produits pourrait être compliqué. Il faut donc installer une aciérie complète, ce qui demande un investissement en capitaux très important. Or, la Société ne possède pas ces capitaux. Une opportunité se présente en 1910. La Société des Mines de Lens cherche un associé « bien sous tous rapports ». La Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville possède ces qualités bien que sa situation financière soit moins brillante que celle de la Société des Mines de Lens. Prend ainsi naissance une nouvelle société : la Société Métallurgique de Pont-à-Vendin. C'est dans cette commune du Pas-de-Calais que l'usine sera construite. La guerre 1914-1918 met fin prématurément à cette entreprise qui n'échappe pas aux démontages ou aux destructions faites par les Allemands. À la fin de la guerre la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville se retire de l'affaire qui fusionnera avec les Aciéries du Nord et de l'Est. La Société est restée présente à Joudreville.
L'épuisement des anciennes minières du Berry et de celles de l'Aveyron ont conduit la Société à une prise de contrôle de la Société Civile de Batère en 1908. La mine située sur le versant sud-ouest du Canigou (Pyrénées Orientales) produit un excellent minerai utilisé à Decazeville.
La mobilisation générale prive les usines de bras, certaines sont obligées de s'arrêter momentanément, telle Decazeville ; à Imphy l'effectif tombe de 800 personnes à 360 personnes.
L'activité reprend à Decazeville en novembre 1914 avec la fabrication de piquets de fortifications, de rails et de traverses pour voies étroites, et des ronds laminés pour obus de 75. Pendant quasiment toute la guerre, Montluçon fabrique des obus de fonte aciérée.
Un coin de la salle de physique
Imphy avec ses récents équipements et son laboratoire de recherches dirigé par Pierre Chevenard est prête à répondre aux demandes du Ministère de la Guerre. L'usine avait livré en 1894 ses premiers échantillons d'acier au nickel à l'Artillerie et, suite à l'intérêt manifesté par les pouvoirs publics, la mise au point des aciers spéciaux pour l'armement était devenue une préoccupation pour l'usine. Blindages, éléments de canons, obus de marine n'ont pas de secret pour Imphy. L'atelier de ressorts se consacre à la fabrication des lance-grenades.
Le Gouvernement demande à l'usine d'accroître sa production d'acier. Le programme de travaux neufs interrompu en août 1914 reprend début 1915. L'aciérie II est construite et il faut augmenter l'effectif du personnel.
Cité ouvrière du Bourg
Afin de loger celui-ci il faut construire 10 maisons d'ingénieurs, 9 de contremaîtres et d'employés, des cités ouvrières (cité de la gare et du Bourg), des baraquements en dur pour les familles étrangères (Portugais, Chinois, Grecs, Polonais) et des baraquements en bois pour les prisonniers. Il est à noter que 150 femmes sont embauchées pour la première fois à Imphy et que c'est une des premières usines de France à adopter le principe d'allocations pour charges de famille.
L'accroissement de la production est important mais aurait pu l'être beaucoup plus s'il n'avait pas été freiné par divers facteurs dus aux difficultés d'importer les approvisionnements nécessaires, aux contrôles de toute sorte, à l'embouteillage des transports par voie ferrée et par des effectifs difficiles à gérer.
Le 18 mai 1918, une grève générale due à des raisons d'ordre externe, se déclare de manière inattendue au sein de l'usine. Bien qu'elle ne durera que peu de temps, elle aura un effet négatif sur l'état d'esprit de certains membres du personnel.
Decazeville sortit en piteux état de cette période de guerre, matériel usé, lourdes charges d'impôts sur les « bénéfices de guerre » calculés d'après une méthode très éloignée de la réalité économique. Quelles décisions prendre concernant l'avenir de cette usine ? Sous l'arbitrage de Charles Georges-Picot, président de l'époque, un programme de réfection et de rajeunissement très onéreux est mis en exécution. Malheureusement, trois décès quasi simultanés d'hommes-clés mettent à mal l'aboutissement du projet qui s'arrête en 1928. Decazeville restera pour autant au sein de la Société mais « l'Aciérie Martin » et les laminoirs seront arrêtés.
Durant les deux années qui suivent les hostilités, les ateliers d'Imphy fonctionnent de manière irrégulière subissant ainsi un marché cahotant. Les besoins pour reconstruire les régions dévastées sont énormes, il faut reconstituer le parc ferroviaire mais se heurte à ce côté positif les grèves répétées dans les industries, la paralysie des chemins de fer, les tensions de change, les augmentations de salaires et la variation des commandes. Les prix étant très instables, la clientèle grossit ses commandes lorsqu'elle espère une baisse et les allège lorsqu'elle pressent une hausse.
Ateliers des ressorts
L'effectif de l'usine est, de ce fait, difficile à gérer, tantôt en surnombre, tantôt insuffisant. Les laminoirs et l'atelier de ressorts sont les mieux alimentés en commande.
Le 1er mai 1919 est pour la première fois chômé à Imphy. Un an plus tard, le 10 mai 1920 éclate une grève générale sous le prétexte d'une solidarité avec les cheminots et celui de ralentir la hausse du coût de la vie. Sous l'influence de Portugais dans le besoin, le Syndicat décide la reprise du travail et les esprits s'apaisent.
Les premiers indices de la crise industrielle de 1920-1923 apparaissent en juin 1920, les commandes se raréfient. Grâce a un carnet de commandes bien rempli, la crise n'aura pas d'effet immédiat sur la production de l'usine mais le chômage et les licenciements commenceront en janvier 1921. Ils continueront jusqu'en novembre. Durant ces trois années de crise le tonnage passe successivement de 18.700 tonnes à 11.200 tonnes puis à 8.800 tonnes.
Le « Service des recherches » poursuit ses études. C'est lui qui conditionne l'avenir de l'usine. Grâce à ses travaux sur les alliages spéciaux, notamment l'ATV qui fait ses débuts dans diverses turbines à vapeur terrestres et marines, et le BTG, il permit d'éviter une diminution du chiffre d'affaires due à la baisse du franc suivie de sa consolidation en 1926, durant les années qui précédèrent la crise mondiale de 1930. Le redressement du franc en 1927 provoque une baisse sensible des tarifs, suivie par deux hausses en 1928 et en 1929. Les tarifs sont maintenus en 1930 au prix d'importantes concessions. Ces fluctuations ne sont pas sans conséquences pour le personnel. Il est beaucoup plus facile de ne pas remplacer le personnel partant en période de baisse des commandes que de l'accroître en période de hausse. De plus, il est difficile d'embaucher des Français qui ne trouvent pas à se loger. C'est pour cette raison que furent construites les cités du Chaillou, des Grands-Champs et des Petits-Champs. L'effectif ouvrier atteint 1.300 unités en octobre 1929.
La vieille usine d'Imphy doit son installation à cet endroit à la rivière l'Ixeure. La dérivation de cette rivière qui passe par Chazeau et à la fois sous la route nationale et sous la ligne de chemin de fer fournissait l'énergie nécessaire à la forge. Décision est prise en 1928 de donner de l'oxygène à l'usine en faisant bon usage d'un grand terrain disponible à Chazeau. Pour cela, il faut assurer la jonction des deux usines séparées d'une part, par la route nationale 79 et, d'autre part, par la ligne de chemin de fer Nevers-Chagny. Les travaux sont réalisés en 1929. Un bief est aménagé en réduisant la partie réservée au passage de l'eau et par la création d'un rideau de béton laissant la place d'une voie ferrée. De nouveaux laminoirs y sont installés ainsi qu'un train dégrossisseur réversible.
Alliages fabriqués à Imphy
Entre 1931 et 1933, Imphy accuse une nouvelle baisse du tonnage. Il passe respectivement de 11.200 tonnes à 7.600 tonnes puis à 5.400 tonnes. L'aciérie chôme. La mise en marche du laminoir réversible de l'usine du Chazeau contraste avec les espérances et des aménagements complémentaires doivent être envisagés pour que le train puisse atteindre sa pleine capacité. L'année 1933 est particulièrement difficile. Les efforts faits pour développer les aciers semi-fins ne portent pas leurs fruits, ces aciers sont très concurrencés par les usines de l'Est. Les aciers à hautes caractéristiques ont peu de place dans l'activité de l'usine. Les services commerciaux, très occupés à commercialiser les alliages spéciaux, ont quelque peu délaissé les débouchés du gros de la production et la clientèle de l'industrie automobile et aéronautique.
Sous la houlette de Louis de Mijolla les contacts sont repris et des relations sont créées avec l'industrie des moteurs d'avion. Il paraît judicieux de freiner un peu et pour un temps, le développement des recherches vers de nouveaux alliages très spéciaux pour orienter l'activité des laboratoires vers la fiabilité et le progrès des fabrications. S'en suit l'adaptation des moyens de production aux nouveaux besoins de l'usine (installation de fours, de tours, agrandissement de l'atelier d'usinage...). En 1936, c'est au tour de l'aciérie et de la fonderie d'avoir sa complète transformation. Le tonnage reprend une courbe ascendante grâce, notamment à la production d'acier électrique.
Les services de l'Armement sont particulièrement attentifs aux possibilités que peuvent avoir les usines du Centre à subvenir aux besoins de la Défense Nationale, l'Allemagne étant toute proche. Imphy se tient prêt à un éventuel conflit...
Dès le 3 septembre 1939, date de la déclaration de la guerre, l'activité de l'usine est entièrement consacrée à la défense nationale. Le tonnage atteint le chiffre record de 16.675 tonnes(12) en dix mois et demi environ, temps que dura la « drôle de guerre ». En juin 1940, l'usine abandonne toute activité.
En août, une délégation d'officiers allemands vient rapporter qu'il a été trouvé chez Fichet des blindages d'avions faits avec du métal d'Imphy qui semble remarquable. A leur demande de fabriquer des blindages similaires, Louis de Mijolla qui se trouvait sur place, répond par une note écrite « que toute fabrication pour les Allemands est interdite à Imphy, tant qu'il n'y a pas d'ordres précis du Gouvernement ». En décembre 1940 l'usine est soumise à une occupation militaire, nul ne peut entrer sans laisser-passer. S'en suit en janvier 1941, une prise en tutelle de l'usine par une firme allemande ayant une activité analogue, la Deutsche Edelstahlwerke. Un chantage s'établit. Les rapports entre Imphy et l'usine allemande ne peuvent s'améliorer tant que la totalité des prisonniers d'Imphy ne seront pas rentrés. Cette attitude permet le retour de beaucoup de prisonniers.
L'usine travaille sous le contrôle du fondé de pouvoirs de l'entreprise allemande mais à contresens des contraintes exercées sur elle pour éviter de produire pour l'armement allemand. Les services allemands de Paris se plaignent et le sous-directeur de l'usine d'Imphy est menacé.
Des tôles de blindages destinées à l'aviation des armées d'Afrique sont passées en « zone libre » dans des wagons contenant, en principe, de l'outillage pour les mines de Decazeville. À partir de novembre 1942, les déportations de main-d'œuvre en Allemagne, ampute largement le personnel. Le directeur et le directeur général se rebellent ; ceci leur vaudra de passer en jugement devant la Kommandantur de Nevers en octobre 1943 et le directeur général devra payer une amende de 20.000 Francs.
Malgré ces périodes d'occupation les travaux se sont poursuivis soit dans l'intérêt de l'usine, soit pour une meilleure économie de son fonctionnement. Ils continuèrent après la guerre dans l'objectif de porter les fabrications de l'usine au niveau international.
Une facture à l'en-tête de la Sté
La Société Métallurgique de l'Ariège, est absorbée en 1930. Elle possède les usines de Pamiers créées en 1817 par le Sieur Sans. Elle a connu pas mal de difficultés et Louis Reclus, administrateur-délégué, est convaincu que son redressement ne peut se faire qu'au sein d'un groupe puissant semblable à Commentry-Fourchambault et Decazeville. C'est en effet une occasion à saisir de part son implantation et la mise en service du chemin de fer transpyrénéen qui ouvre le marché espagnol. Elle permettrait également de compenser la diminution de l'activité à Decazeville. Une ombre au tableau se profile : la tuberie de Pamiers doit être fermée. L'accord passé avec les tubistes permet de récupérer quelques fonds et d'ouvrir la conversation avec la Société Louvroil-Montbard-Aulnoye. Cette dernière achetara la partie de l'usine de Decazeville rendue disponible par l'arrêt de « l'Aciérie Martin » et des laminoirs.
Un important programme de modernisation de l'usine commence en 1938. Ce programme de modernisation est guidé par le désir du Gouvernement, mais surtout par celui de l'Aéronautique Nationale. En effet, l'usine de Pamiers est située loin des frontières de l'Est, et il est bon de la voir s'équiper pour la défense nationale et s'intégrer dans un programme de développement de l'industrie aéronautique dans le Sud-Ouest de la France. Elle pourrait alimenter l'usine de moteurs Hispano-Suiza en cours d'installation à Tarbes ainsi que les usines de cellules d'avion de la région toulousaine. Hélas ! Ce programme fut réduit à néant par l'effondrement de 1940.
La Société poursuivra malgré tout les travaux, estimant qu'elle devait le faire pour assurer l'après-guerre.
En 1931, l'usine de Mazières créée en 1847 par le marquis Léonce-Louis-Melchior de Voguë est prise en location. L'absorption de la Société propriétaire se fera en 1941. Le marquis avait choisi de construire une usine neuve au « Petit Mazières » en bordure de la branche sud du canal du Berry. Il pensait que la future voie ferrée de Vierzon à Montluçon y passerait. La municipalité de Bourges en décidera autrement, et, du coup, l'usine sera isolée de cette voie de communication.
Le marquis de Voguë était très attaché au confort de son personnel : logements, caisses de secours, caisses de retraites assuraient le maintien du personnel en place. 450 personnes y étaient employées en 1900 ; la fabrication consistait en de grosses pièces moulées et usinées pour les chemins de fer.
La chaudronnerie de l'usine de Mazières fut d'abord mise au service d'Imphy comme sous-traitante pour les installations du train réversible et pour des livraisons à l'usine synthétique de Béthune. Cette chaudronnerie sera transférée plus tard à Imphy. À partir de 1935, l'usine de Mazières trouve sa voie dans la fabrication d'alliages spéciaux complétant ce qui se fait à Imphy, la fabrication des pièces en fonte pour machines-outils, la fabrication des pièces d'automobiles.
La fonderie de Montluçon qui produit des tuyaux de fonte selon les anciens procédés utilisés à Torteron, ainsi que des sabots de feins ne correspond plus à l'organisation technique et commerciale donnée à la Société. Les procédés nouveaux de fabrication des tuyaux ne permettant plus à Montluçon de faire face à la concurrence. Il est décidé de mettre cette usine sous le contrôle du groupe Pont-à-Mousson, le seul capable de faire évoluer positivement ce site. On est en 1936.
Les relations avec le groupe Pont-à-Mousson ne se limiteront pas à la cession de Montluçon. Des pourparlers s'étaient engagés entre la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville et Pont-à-Mousson dès 1938 pour appliquer le procédé de centrifugation déjà appliqué à la fabrication des tuyaux de fonte à celui de la fabrication des tubes en acier. En accord avec l'Armement, qui envisageait la fabrication des tubes de canons centrifugés, la Société de Pont-à-Mousson transporta en octobre 1939 une de ses machines à Pamiers pour y faire des essais. Ces essais furent concluant et c'est en 1940 que fut créée la filiale ARIELOR, commune aux deux groupes qui participèrent chacun à la moitié du capital.
Avec la crise de 1930, les houillères françaises se trouvèrent face à une concurrence sans merci avec les Anglais, les Allemands, les Belges et les Polonais. Un décret de 1932 limitera de manière autoritaire les importations de charbon à 25 millions de tonnes contre 36 millions en 1929.
Decazeville fut particulièrement touchée, son charbon ne pouvait être utilisé qu'à des fins industrielles. Brassac s'en sortit mieux, son charbon convenait parfaitement aux usages domestiques. De nouvelles installations sont faites dans cette usine et pour en tirer le meilleur profit possible, la Société des Charbonnages du Centre est absorbée en 1941. La nationalisation qui intervint ultérieurement ne fut pas sans poser des problèmes complexes dus à la coupure des établissements. Trouver à Decazeville une activité compensant l'arrêt des activités passées et anticiper l'épuisement progressif du bassin fut une grande préoccupation pour la Société. Des pourparlers engagés avec les Houillères du Bassin d'Aquitaine pour maintenir une activité industrielle, naquit la Société des Usines chimiques et Métallurgiques de Decazeville.
Les Ets Lemoine, créés en 1842 par Nicolas Lemoine se présentent sous la forme d'une atelier de fabrique d'éléments de carrosserie situé 21 rue de Lappe à Paris et sous la forme d'une forge et d'une fonderie situées à Ivry créées par son fils Louis à partir de 1873 dans laquelle il développa la fabrication des essieux et des ressorts et, lorsque l'industrie automobile prit son essor, il se lança dans la fabrication de pièces détachées.
Louis Lemoine mourut en 1915. Les années qui suivirent furent difficiles pour sa famille qui se trouva face à de grosses difficultés. Un dépôt de bilan en 1930 suivit d'une tentative de redressement se solde par un échec en 1936. À partir de cette année 1936, la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville prend une part importante dans la gestion des Ets Lemoine pour, en définitive, les absorber en 1950. À noter qu'à l'approche de la guerre de 1939-1945, les Ets Lemoine était un important fournisseur de pales d'hélices.
Les instruments de mesure faisaient énormément défaut à Pierre Chevenard qui avait entrepris des recherches au laboratoire d'Imphy en 1911. Il décida donc d'en construire. Ce qui devait être, au départ, une activité accessoire pour le Service des Recherches prit une tournure imprévue. Ces instruments, rapidement remarqués par des organismes de recherches français et étrangers en demandèrent des répliques. Du coup, un atelier fut consacré à cette fabrication à Imphy. Devant l'essor croissant de cette activité, il parut judicieux de créer un établissement à Paris 21 rue de Lappe, là où était situé l'atelier de Nicolas Lemoine. L'établissement prend le nom de ADAMEL (Atelier d'Appareils de Mesure et de Laboratoire) en 1942 et sera porté en 1950 au rang d'une société filiale distincte.
Les recherches de pétrole en France n'avaient jamais abouti car les forages n'atteignaient pas les profondeurs suffisantes. Sous l'impulsion de Paul Ramadier des certitudes sont nées, dès juillet 1939, que du pétrole et du gaz existaient dans la région de Saint-Gaudens. Après 1940, la Régie Autonome des Pétroles (ex Centre de Recherches de Pétroles du Midi) demanda à l'Atelier de Construction de Tarbes (ancien Arsenal) d'assurer l'étude et la fabrication du matériel nécessaire à la continuation des forages. Un organisme fut créé, diligenté par le Ministère de la production Industrielle, Direction des Industries Mécaniques (D.I.M.E.), le Service des Matériels de Forage, qui avait pour activité la fabrication des pièces d'usure utilisées par l'industrie du forage. Cette fabrication qui avait lieu à l'intérieur de l'Arsenal fut ensuite transférée dans l'usine des Forges et Ateliers des Pyrénées. Après la Libération une situation confuse s'installa. L'État souhaitait se retirer de l'affaire mais ne souhaitait pas fermer l'usine. Un contact fut prit avec de Louis de Mijolla, directeur général de la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville afin de former un groupe capable d'assurer la continuité de l'affaire de Tarbes. Le maintien des activités à Tarbes intéressait particulièrement la Société du fait que l'usine de Pamiers orientée vers des fabrications de forge et d'estampage pouvait trouver un débouché intéressant. En 1949, Louis de Mijolla créa, pour la reprise de Tarbes, la Société de Fabrication de Matériel de Forage comprenant pour un tiers la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville, un tiers les Sociétés de forage qui n'avaient pas voulu se refuser à répondre au désir du Gouvernement, et pour le tiers restant, des industriels dont la Société Ugine.
Il prit la gestion complète du groupe et, malgré des difficultés et des résultats déficitaires l'usine de Tarbes finit par se développer et trouver une clientèle à l'étranger.
En 1954 la Société emploie plus de 2.000 personnes à Imphy, elle célèbre son centième anniversaire et, à cet effet, le Conseil d'Administration de l'époque qui est composé :
du Baron Henry FOY (décédé en février 1954),
de Henri FAYOL,
de Louis BALSAN,
de Pierre CHEVENARD,
de Pierre de COURTOIS,
de Jean BELANGER (Secrétaire du Conseil),
du Baron Pierre Hély d'OISSEL (Président),
de Louis de MIJOLLA (Directeur Général),
de René de MIEULLE,
du Baron Amédée GIROD de l'AIN,
du Baron Jacques de NERVO,
de Gilbert PLANCHE (-Imphy- Délégué du Comité d'Entreprise),
de Jean CHARLES (-Yvry- Délégué du Comité d'Entreprise),
décide de proposer à l'Assemblée Générale qui doit se tenir en avril, une nouvelle dénomination sociale de ses établissements et de les placer sous la raison sociale des Aciéries d'Imphy, cette nouvelle dénomination correspondant mieux à la structure de son patrimoine industriel. Le but de ce changement n'étant pas d'oublier le passé ni les traditions qui y sont liées mais de mettre en valeur l'usine d'Imphy. La dénomination sociale retenue sera la Société Métallurgique d'Imphy.
(1) Montluçon a été crée en 1840.
(2) Site de Decazeville créé en 1829.
(3) Fourchambault a été créé vers 1820.
(4) Le développement de Commentry eu lieu en 1811
(5) L'usine fut détruite pendant la guerre de 1914-1918.
(6) Site de Pamiers créé en 1817.
(7) À Bourges, la Société de ce nom n'a été absorbée qu'en 1941.
(8) Mazières a été créé en 1847
(9) Tarbes.
(10) Forges d'Yvry.
(11) Le terme Invar est une marque déposée depuis 1907, propriété d'Imphy Alloys, filiale d'Aperam.
(12) Le tonnage de production annuel était d'environ 21.000 tonnes.
Vue aérienne de l'usine d'Imphy
Source : La Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville. Livre mis aimablement à ma disposition par Catherine et Daniel RAYMOND.
Récupérée de « http://www.gennievre.net/wiki/index.php?title=De_la_Sté_Boigues_Rambourg_et_Cie_à_la_Sté_Métallurgique_d%27Imphy&oldid=32242 »
La dernière modification de cette page a été faite le 12 avril 2018 à 12:58.