Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEDOUAI-20071127-07DA00569
Timestamp: 2017-07-20 13:05:14+00:00
Document Index: 199742804

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 230", 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 271", "l'article 230", "l'article 271", "l'article 230", "l'article 271", 'arrêt ']

France, Cour administrative d'appel de Douai, 2e chambre - formation à 3 (bis), 27 novembre 2007, 07DA00569
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieuxNumérotation : Numéro d'arrêt : 07DA00569Numéro NOR : CETATEXT000018624226 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.douai;arret;2007-11-27;07da00569 Texte : Vu la requête, enregistrée le 13 avril 2007 au greffe de la Cour administrative d'appel de Douai, présentée pour la SAS AMANDIS, dont le siège est 130 rue Henri Durre à Saint Amand les Eaux (59230), par Me Lelièvre ; la société AMANDIS demande à la Cour :
11) d'annuler l'ordonnance n° 0301472-0301562-0301563 rendue le 8 février 2007 par le président de la 4ème chambre du Tribunal administratif de Lille en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période allant du 1er juillet 1997 au 30 juin 1999 ;
3°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que les cotisations versées à l'association Cefilec avaient une contrepartie directe pour elle et présentaient ainsi le caractère de dépenses nécessaires à l'exploitation au sens de l'article 230-1 de l'annexe II au code général des impôts ; que l'association Cefilec constitue au même titre que le parrainage un maillon essentiel du développement du réseau Leclerc et que le même régime fiscal doit donc lui être appliqué ; qu'elle a versé ces cotisations pour respecter ses engagements envers le mouvement E. Leclerc et continuer à bénéficier des avantages procurés par cette appartenance ; que le refus de verser les cotisations à l'association Cefilec serait de nature à entraîner son exclusion de l'association des centres distributeurs Leclerc et la perte du panonceau Leclerc ; qu'elle retire une contrepartie à sa participation au développement du mouvement E. Leclerc à l'étranger ; qu'en effet, la contribution des centres E. Leclerc exploités à l'étranger permet une économie de charges pour les magasins français tant en ce qui concerne les centrales d'achat régionales que les structures de production du mouvement E. Leclerc et limite leur contribution au financement des charges de l'association des centres distributeurs Leclerc ; que les sociétés françaises retirent également des avantages financiers liés à l'appartenance à une plate-forme internationale et à un réseau international leur permettant de s'approvisionner à des conditions de prix plus favorables ; que l'ouverture des centres E. Leclerc enrichit directement le savoir-faire des exploitants français ; que la documentation administrative n° 3 CA-94 à jour au 8 septembre 1994 est opposable à l'administration ;
Vu l'ordonnance en date du 28 mai 2007 par laquelle le président de la 2ème chambre de la Cour administrative d'appel de Douai a, en application des dispositions de l'article R. 611-8 du code de justice administrative, dispensé d'instruction la présente requête, cette ordonnance ayant été suivie de la reprise de l'instruction ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2007, présenté par le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique ; il conclut au rejet de la requête ; il soutient que, faute de relations commerciales, financière ou capitalistique avec les magasins étrangers indépendants qui bénéficient des prestations de l'association Cefilec, les dépenses en litige ne peuvent être regardées comme nécessaires à l'exploitation ;
Vu le mémoire en réplique, enregistré le 6 novembre 2007, présenté pour la société AMANDIS ; elle conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ; elle soutient en outre que la Cour administrative d'appel de Lyon a statué dans un sens favorable à sa demande par un arrêt du 12 juillet 2007 et que le décret du 16 avril 2007 modifiant les articles 205 et suivants de l'annexe II au code général des impôts va dans le même sens ;
Vu le mémoire, enregistré par télécopie le 9 novembre 2007 et confirmé par la production de l'original le 19 novembre 2007, présenté par le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique ; il conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens ; il soutient en outre que l'administration s'est pourvue en cassation contre l'arrêt invoqué par la requérante ;
Considérant qu'aux termes de l'article 271 du code général des impôts : « I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. (…) » ; qu'aux termes de l'article 230 de l'annexe II au même code applicable au présent litige : « 1. La taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les biens et services que les assujettis à cette taxe acquièrent ou qu'ils se livrent à eux-mêmes n'est déductible que si ces biens et services sont nécessaires à l'exploitation (…) » ;
Considérant, en premier lieu, que la société AMANDIS, qui exploite un supermarché à Saint-Amand-les-Eaux sous l'enseigne E. Leclerc, verse des cotisations à l'association Cefilec, constituée au sein du réseau de sociétés dont elle est membre ; que l'association Cefilec a pour objet social « dans le cadre du mouvement Leclerc, de promouvoir la formation de tout personnel, employés, agents de maîtrise ou cadres, travaillant ou se destinant à travailler dans les magasins centres distributeurs E. Leclerc, en France ou à l'étranger » ; qu'il est constant que cette association, qui n'a dispensé aucune formation aux personnels de la société AMANDIS, ne lui a fourni aucune prestation ; que même si la requérante est susceptible de bénéficier des prestations de l'association Cefilec, la cotisation versée à cette association, en l'absence de toute prestation fournie par celle-ci au titre de la période en litige, ne saurait constituer un élément du prix d'une opération imposable au sens des dispositions précitées de l'article 271 du code général des impôts et des dispositions, applicables au présent litige, de l'article 230 de l'annexe II à ce code ;
Considérant, en deuxième lieu, que la société AMANDIS soutient qu'un client de bonne foi peut déduire la taxe qui lui est facturée par une personne non assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'il n'est pas manifeste que cette dernière échappe à un tel assujettissement et qu'il ne lui incombe pas de vérifier la réalité de cet assujettissement ; que, toutefois, la circonstance que la société AMANDIS serait de bonne foi est sans incidence sur l'application des conditions auxquelles est subordonné l'exercice du droit à déduction de la taxe en litige ;
Considérant, en troisième lieu, que la circonstance que les cotisations versées par la société requérante ont été admises au titre des frais généraux déductibles des résultats imposables à l'impôt sur les sociétés ne sauraient avoir pour conséquence de lui ouvrir droit à la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé ces cotisations dès lors que, ainsi qu'il est dit ci-dessus, ladite cotisation n'est pas un élément du prix d'une opération imposable au sens des dispositions de l'article 271 du code général des impôts qui fixent les conditions de déductibilité de la seule taxe sur la valeur ajoutée ;
Considérant, enfin, que la société AMANDIS n'est pas fondée à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'instruction administrative n° 3 CA-94 à jour au 8 septembre 1994 reprise au paragraphe n° 6 de la documentation administrative n° 3 A-1112 à jour au 20 octobre 1999 selon laquelle lorsqu'un organisme exerce une action collective qui va dans le sens des intérêts particuliers et dont les cotisants tirent un avantage, la condition tenant à la perception d'un avantage individualisé est satisfaite ; qu'en effet, ainsi qu'il est dit ci-dessus, si les actions de formation dispensées par l'association Cefilec sont présentées comme contribuant au développement du réseau des magasins de l'enseigne E. Leclerc tant en France qu'à l'étranger, il n'est pas établi qu'elles vont dans le sens des intérêts particuliers de la société AMANDIS ; que, par suite, l'administration était en droit de remettre en cause les déductions de la taxe sur la valeur ajoutée grevant les cotisations versées à l'association Cefilec ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la société AMANDIS n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président de la 4ème chambre du Tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période allant du 1er juillet 1997 au 30 juin 1999 ;
Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que la société AMANDIS demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée AMANDIS est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société par actions simplifiée AMANDIS et au ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
N°07DA00569Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : Mme HelmholtzRapporteur : M. Patrick MinneRapporteur public : M. Mesmin d'EstienneAvocat(s) : SCP DFC et ASSOCIESOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de DouaiFormation : 2e chambre - formation à 3 (bis)Date de la décision : 27/11/2007Fonds documentaire : Legifrance Haut de page