Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F19-02-2004-4C-307-2003
Timestamp: 2016-10-21 23:55:08+00:00
Document Index: 152988068

Matched Legal Cases: ['art. 64', 'art. 189', 'in fine', 'art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 63', 'ATF ', 'in fine', 'art. 17', 'art. 2', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 116', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 116', 'art. 116', 'art. 1', 'art. 6', 'art. 62', 'art. 305', 'art. 112', 'art. 117', 'art. 21', 'art. 1', 'art. 305', 'art. 305', 'art. 8', 'art. 189', 'art. 4', 'art. 63', 'art. 53', 'art. 61', 'art. 62', 'art. 62', 'in fine', 'in fine', 'art. 160', 'art. 18', 'art. 1', 'art. 11', 'art. 16', 'art. 1', 'ATF ', 'art. 305', 'art. 18', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 305', 'art. 306', 'art. 101', 'art. 101', 'ATF ', 'art. 101', 'art. 307']

4C.307/2003 (19.02.2004)
d�fendeur et recourant, repr�sent� par Me Christian Luscher, avocat,
demanderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Jacques Python, avocat.
vente internationale de marchandises; contrat de pr�t � usage,
recours en r�forme contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 19 septembre 2003.
A.a A.________ SAS (ci-apr�s: A.________ ou la demanderesse), soci�t� par actions simplifi�e de droit fran�ais, sp�cialis�e dans la livraison de mat�riaux de construction, a all�gu� avoir livr� et factur� entre janvier et mars 1998 � X.________ (le d�fendeur), qui exploite dans le canton de Gen�ve en raison individuelle une entreprise de second oeuvre dans le b�timent, des r�sines pour un montant total de 97'957,60 francs fran�ais (FF), repr�sentant 22'732 fr.70 au cours moyen du 7 novembre 2000. Aucune des sept factures �mises par A.________ n'a �t� honor�e.
A.b.a A.________ est propri�taire d'une machine de collage automatique, de type UMC, qu'elle a achet�e en mars 1997 pour la somme de 188'136 FF, TVA comprise.
Le 13 janvier 1998, A.________ a transport� la machine de collage sur le chantier de l'H�tel C.________, � Gen�ve, et l'a remise � X.________ qui y travaillait. Il a �t� retenu que ce jour-l� deux employ�s de la demanderesse ont expliqu� au personnel du d�fendeur le fonctionnement de la machine de collage, lequel �tait alors parfaitement correct.
Du 13 au 14 janvier 1998, afin de proc�der � des collages de renfort sur les balcons, la machine a �t� mont�e � l'aide d'un treuil au premier �tage du b�timent, o� elle a �t� sangl�e � l'�chafaudage. Les employ�s de A.________ ont quitt� le chantier alors que l'engin �tait suspendu en l'air. Il a �t� constat� qu'il n'�tait pas pr�vu que ces derniers reviennent le lendemain de la d�monstration, mais les jours suivants.
Le 14 janvier 1998, Y.________, employ� de X.________, qui voulait redescendre la machine avec le treuil, a provoqu� la chute de celle-ci au sol. L'engin a �t� d�truit � 80%, les frais de r�paration s'�levant � 133'500 FF, soit 30'980 fr.90 au cours moyen du 7 novembre 2000. Le 27 janvier 1998, X.________ a r�dig� un avis de sinistre pour son assurance de responsabilit� civile, qui indiquait que l'accident avait �t� caus� par son employ� Y.________, alors que la machine de collage �tait � la disposition de son entreprise en vertu d'un contrat de pr�t � usage.
Le c�ble qui soutenait la machine ainsi que le treuil qui avait permis de soulever celle-ci avaient �t� mis � disposition du d�fendeur par la soci�t� B.________ SA (ci-apr�s: B.________).
A.b.b Le 15 mai 1998, A.________ a adress� � X.________ le devis de r�paration de la machine. Ce dernier ayant r�pondu qu'il avait transmis ce document � B.________, la demanderesse a fait savoir � X.________ que c'est � lui qu'elle avait pr�t� la machine, de sorte qu'elle le consid�rait comme son seul interlocuteur.
Par fax du 2 juin 1998, le d�fendeur, reconnaissant que la pr�sence de la machine sur le chantier de l'H�tel C.________ s'inscrivait dans un cadre contractuel relevant du Code suisse des obligations (art. 64 al. 2 OJ), a �crit � la demanderesse que la r�paration du dommage subi incombait � B.________, qui avait mont� l'�chafaudage, voire au propri�taire du treuil.
Mis en demeure le 5 f�vrier 1999 par A.________ de verser les frais de r�paration de la machine de collage d'ici au 10 f�vrier 1999, le d�fendeur a r�torqu� qu'il ne lui avait pas emprunt� l'engin en question et qu'il contestait toute responsabilit� dans la survenance du pr�judice.
B.a Le 7 novembre 2000, A.________ a ouvert action devant les autorit�s judiciaires genevoises contre X.________, auquel elle a r�clam� la somme de 30'980 fr.90, plus int�r�ts � 5% d�s le 16 janvier 1998, correspondant aux frais de r�paration de la machine de collage, ainsi qu'un montant total de 22'963 fr.50, avec divers int�r�ts, pour l'ensemble des r�sines livr�es au d�fendeur. La demanderesse a soutenu que X.________ n'avait pas contest� la livraison, pas plus que la qualit� et le prix des r�sines. S'agissant de la machine de collage, A.________ a affirm� qu'elle l'a livr�e sur le chantier de C.________ en ex�cution d'un contrat de pr�t conclu oralement avec X.________ les 14 et 15 janvier 1998 et que, d�s l'instant o� ce dernier n'a pas �t� en mesure de rendre la machine dans l'�tat o� il l'a re�ue, il a viol� une obligation d�coulant de ce contrat.
X.________ a conclu � lib�ration. Dans son m�moire de r�ponse du 5 avril 2001, il a reconnu que la demanderesse lui avait adress� entre janvier et mars 1998 plusieurs factures relatives aux ventes de r�sines, mais a fait valoir en compensation une cr�ance de 40'000 fr. d�coulant de probl�mes survenus en relation avec la pose de produits r�sin�s dans deux autres chantiers (chantier de D.________ et chantier du parking de E.________). Le d�fendeur a encore pr�tendu qu'aucun contrat de pr�t n'avait �t� conclu entre les plaideurs et que la machine de collage n'avait jamais �t� mise � sa disposition. En r�alit�, pour le d�fendeur, sont seuls responsables de l'accident les employ�s de B.________, lesquels ne sauraient �tre assimil�s � des auxiliaires de l'entreprise X.________.
Lors de l'audience de comparution personnelle des parties tenue le 15 mai 2001, le conseil du d�fendeur a d�clar� que son mandant ne contestait aucunement le montant des factures relatives � la livraison des r�sines, mais invoquait la compensation.
Au cours de la seconde audience de comparution personnelle des parties du 29 mai 2001, le d�fendeur a d�clar� ne pas contester les livraisons des r�sines, tout en niant �tre en possession de factures y aff�rentes et de rappels les concernant. Il a notamment insist� sur la mauvaise qualit� des r�sines livr�es.
Il r�sulte d'un rapport d'expertise �tabli par Z.________ le 11 d�cembre 1998, d�pos� le 18 novembre 2001, que la r�sine utilis�e sur le chantier de D.________ �tait de bonne qualit�.
Dans ses conclusions motiv�es apr�s enqu�tes d�pos�es le 25 janvier 2002, le d�fendeur est revenu sur ses pr�c�dentes all�gations pour d�sormais contester s'�tre fait livrer la r�sine qui a donn� lieu aux factures litigieuses; renon�ant � invoquer la compensation, il a conclu � ce que la demanderesse soit d�bout�e de ses conclusions en paiement desdits factures. X.________ a encore d�clar� que la machine avait �t� endommag�e � cause de la d�fectuosit� du treuil install� par B.________.
B.b Par jugement du 7 mars 2002, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a fait droit aux conclusions de la demanderesse. Il a ainsi condamn� le d�fendeur � payer � A.________ les sommes de 22'963 fr.50 avec int�r�ts � 5% d�s le 7 novembre 2000 pour les r�sines que celle-ci lui a livr�es et 30'980 fr.90 plus int�r�ts � 5% d�s le 10 f�vrier 1999 au titre des frais de r�paration de la machine de collage.
Saisie d'un appel du d�fendeur, la Cour de justice du canton de Gen�ve, par arr�t du 19 septembre 2003, a confirm� le jugement susmentionn�. La cour cantonale a tout d'abord admis sa comp�tence � raison du lieu, d�clar� applicable � la vente des r�sines la Convention des Nations Unies, conclue � Vienne le 11 avril 1980, sur les contrats de vente internationale de marchandises (CVIM, RS 0.221.211.1), puis consid�r� que, s'agissant de la machine endommag�e, les parties avaient pass� une convention de renvoi en faveur du droit suisse. Passant � l'examen du fond du litige, la Cour de justice a jug� que le d�fendeur avait reconnu, sous forme d'un aveu judiciaire au sens de l'art. 189 LPC/GE, que la demanderesse lui avait livr� et factur� les r�sines, si bien que le prix total de la marchandise �tait exigible et d� � celle-ci, par 22'732 fr.70, aucune compensation n'entrant en ligne de compte (cf. consid. 5 in fine en p. 19 de l'arr�t pr�cit�). Les magistrats cantonaux ont enfin retenu que les parties avaient conclu oralement un contrat de pr�t � usage portant sur la machine de collage, que le d�fendeur n'avait pas �t� en mesure de restituer � la demanderesse cet appareil dans son �tat d'origine, cela en raison du comportement d'un de ses auxiliaires dont il devait r�pondre, et que X.________ devrait par cons�quent supporter les frais de r�paration de la machine arr�t�s � 30'980 fr.90.
X.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal. Il conclut � ce que la demanderesse soit d�bout�e de toutes ses conclusions.
L'intim�e propose principalement l'irrecevabilit� du recours, subsidiairement son rejet, l'arr�t d�f�r� �tant confirm�.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre une d�cision finale rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu � rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ; ATF 127 III 248 ibidem). Dans la mesure o� une partie recourante pr�sente un �tat de fait qui s'�carte de celui contenu dans la d�cision attaqu�e, sans se pr�valoir avec pr�cision de l'une des exceptions qui viennent d'�tre rappel�es, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 127 III 248 consid. 2c). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appr�ciation des preuves et des constatations de fait qui en d�coulent (ATF 128 III 271 consid. 2b/aa p. 277; 127 III 543 consid. 2c; 126 III 189 consid. 2a).
Le Tribunal f�d�ral ne saurait aller au-del� des conclusions des parties (qui ne peuvent en prendre de nouvelles: art. 55 al. 1 let. b OJ), mais il n'est pas li� par les motifs qu'elles invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par l'argumentation juridique retenue par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 128 III 22 consid. 2e/cc in fine; 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a).
Il est indubitable que le pr�sent litige contient un �l�ment d'extran�it� du moment qu'il a trait � l'existence d'un contrat de vente et d'un contrat de pr�t � usage conclu entre une soci�t� de droit fran�ais dont le si�ge est en France et le titulaire d'une raison individuelle domicili� dans le canton de Gen�ve.
2.1 Les parties ne contestent pas que la Cour de justice �tait comp�tente ratione loci pour statuer sur le pr�sent litige. A bon droit.
Comme l'a bien vu la cour cantonale, la Convention de Lugano du 16 septembre 1988 concernant la comp�tence judiciaire et l'ex�cution des d�cisions en mati�re civile et commerciale (RS 0.275.11; ci-apr�s: la Convention ou CL) �tait applicable au regard du domicile dans le canton de Gen�ve du d�fendeur et du si�ge de la demanderesse en France, puisque les parties ont l'une et l'autre leur domicile dans un Etat signataire de la Convention (Yves Donzallaz, la Convention de Lugano, vol. I, n. 1101, p. 419/420).
Les parties n'ayant d�sign� aucun tribunal se trouvant sur le territoire d'un Etat contractant pour conna�tre des diff�rends de nature contractuelle pouvant les opposer (cf. l'�lection de for pr�vue par l'art. 17 CL), la r�gle de comp�tence g�n�rale ancr�e � l'art. 2 CL trouve application, de sorte que le d�fendeur, domicili� dans le canton de Gen�ve, pouvait �tre recherch� devant les tribunaux de ce canton suisse.
2.2 Dans un litige aff�rent � des contrats internationaux (cf. sur cette notion, Tercier, Les contrats sp�ciaux, 3e �d., n. 57 p. 10), la juridiction f�d�rale de r�forme doit contr�ler d'office la question du droit applicable au litige (ATF 118 II 83 consid. 2b; 79 II 295 consid. 1a). L'examen du droit applicable � un contrat se fait sur la base du droit suisse en tant que lex fori (cf. ATF 111 II 276 consid. 1c; 79 II 295 consid. 1a), en particulier de la loi f�d�rale sur le droit international priv� du 18 d�cembre 1987 (LDIP).
2.2.1 L'art. 116 LDIP pr�voit que le contrat est r�gi par le droit choisi par les parties (al. 1). L'�lection de droit doit �tre expresse ou ressortir de fa�on certaine des dispositions du contrat ou des circonstances; elle est r�gie par le droit choisi (al. 2). Elle peut �tre faite ou modifi�e en tout temps; si elle est post�rieure � la conclusion du contrat, elle r�troagit au moment de la conclusion du contrat (al. 3, 1e et 2e phrases).
Toutefois, il a �t� jug� que, selon les circonstances, lorsque les deux parties invoquent le m�me droit, on peut y voir l'expression d'une �lection de droit consciente mais tacite, ou, � tout le moins, un indice en faveur d'une telle �lection (ATF 99 II 315 consid. 3a). L'exigence de clart� requise par le l�gislateur implique en tous les cas l'existence d'une d�claration de volont� expresse ou tacite qui permette objectivement � son destinataire d'en conclure, selon le principe de la confiance, � une offre d'�lection de droit (ATF 123 III 35 consid. 2c/bb). La r�f�rence � un certain droit ne suffit pas, � elle seule, � admettre une telle d�claration de volont�. Il faut des �l�ments suppl�mentaires pour �tablir la volont� des parties d'appliquer un autre droit, en d�rogation � la r�gle objective de conflit (ATF 119 II 173 consid. 1b in fine). Ces �l�ments peuvent r�sulter tant du contrat que des circonstances entourant sa conclusion. Forment notamment des indices � cet �gard la langue du contrat, l'utilisation de concepts juridiques d'un certain droit (ATF 123 III 35 consid. 2c/bb) et l'attitude des parties durant le proc�s (Amstutz/Vogt/Wang, Commentaire b�lois, n. 43 ad art. 116 LDIP; Dutoit, Commentaire de la LDIP, 3e �d., n. 3 ad art. 116 LDIP).
2.2.2 Comme la demanderesse exerce cumulativement deux actions ayant un fondement contractuel diff�rent, il convient de d�terminer pour chacune d'elles � quel droit la convention entrant en ligne de compte doit �tre rattach�e.
2.2.2.1 La soci�t� intim�e, sise en France, a all�gu� avoir, entre janvier et mars 1998, vendu au recourant, domicili� en Suisse, des r�sines, pour lesquelles elle a �mis sept factures, qui sont toutes rest�es impay�es. Il appara�t ainsi que la demanderesse fonde cette action sur la conclusion avec le d�fendeur d'un contrat de vente internationale de marchandises.
D'apr�s l'art. 1 al. 1 let. a CVIM, le trait� s'applique aux contrats de vente de marchandises entre des parties ayant leur �tablissement dans des Etats diff�rents, lorsque ces Etats sont des Etats contractants. La CVIM, qui est entr�e en vigueur le 1er janvier 1988 pour la France et le 1er mars 1991 pour la Suisse, r�git donc la vente de r�sines survenue au d�but 1998.
Il r�sulte en effet de l'�tat de fait d�terminant que les parties n'ont pas exclu l'application de la CVIM, comme le leur permettait l'art. 6 de ce trait�.
En effet, l'intim�e, en p. 12 de sa demande en paiement du 7 novembre 2000, s'est express�ment pr�value de la CVIM au sujet "du droit applicable � la relation de vente". Quant au recourant, il n'a jamais contest� l'application de la CVIM. Au contraire, dans son appel du 22 avril 2002, en p. 9, il s'est r�f�r� audit trait� international, en citant - partiellement - la teneur de l'art. 62 CVIM.
Il suit de l� que la CVIM est bien applicable aux questions soulev�es en relation avec les ventes de r�sines litigieuses.
2.2.2.2 La demanderesse pr�tend qu'elle a c�d� gratuitement l'usage de la machine de collage de type UMC au d�fendeur, avec lequel elle a conclu un contrat de pr�t � usage au sens des art. 305 ss CO. Le recourant nie la passation d'une telle convention entre les parties.
Les litiges sur l'existence m�me du contrat rel�vent en droit international priv� du statut contractuel (Dutoit, op. cit., n. 2bis ad art. 112 LDIP).
D'apr�s l'art. 117 LDIP, � d�faut d'�lection de droit, le contrat est r�gi par le droit de l'Etat avec lequel il pr�sente les liens les plus �troits (al. 1); s'agissant d'un contrat conclu dans l'exercice d'une activit� commerciale, ces liens sont r�put�s exister avec l'Etat dans lequel la partie qui doit fournir la prestation caract�ristique a son �tablissement (al. 2); par prestation caract�ristique, on entend la prestation de la partie qui conf�re l'usage, dans les contrats portant sur l'usage d'une chose (al. 3 let. b).
On voit donc que si les parties n'avaient rien pr�vu, le contrat de pr�t � usage litigieux serait assujetti au droit fran�ais, puisque la demanderesse, qui a c�d� l'usage de la machine, a son si�ge en France (art. 21 al. 3 LDIP).
Toutefois, l'attitude des plaideurs en cours de proc�s permet d'admettre qu'ils sont convenus de soumettre leur litige au droit suisse.
Ainsi, l'intim�e, en p. 8 de sa demande en paiement, n'a pas ignor� que la question du droit applicable se posait. On en veut pour preuve les d�veloppements qu'elle a effectu�s � ce sujet au ch. 2.1, au terme desquels elle a notamment d�clar� accepter l'application du droit suisse propos�e par le d�fendeur dans sa t�l�copie du 2 juin 1998, o� il �tait fait express�ment r�f�rence au Code suisse des obligations. Tant dans son m�moire de r�ponse que dans ses conclusions motiv�es apr�s enqu�tes, le d�fendeur a invoqu�, sous l'intitul� "conclusions", les art. 1 et ss CO, et singuli�rement les art. 305 ss CO. Enfin, dans son appel, en p. 12, X.________ a fait r�f�rence � l'art. 305 CO en citant l'exact contenu de cette norme.
Les r�f�rences r�it�r�es au droit suisse �manant du recourant pouvaient �tre comprises de bonne foi par leur destinataire (i.e. l'intim�e), en vertu du principe de la confiance, comme la volont� clairement manifest�e de voir la querelle n�e de la mise � disposition de la machine de collage examin�e � la lumi�re du droit suisse.
3.1 A l'appui de son premier moyen, fond� sur une violation de l'art. 8 CC, le recourant soutient que la cour cantonale n'a pas tenu compte que l'aveu survenu lors de l'audience du 15 mai 2001, � teneur duquel il a d�clar� ne pas contester le montant des factures aff�rentes aux livraisons de r�sines, avait �t� r�voqu� au cours de l'audience du 29 mai 2001. Il en d�duit que la demanderesse n'a jamais pu prouver les livraisons des r�sines sur lesquelles se fondent les sept factures qu'elle a �mises.
3.2.1 Le point de savoir si et � quelles conditions un aveu judiciaire peut �tre r�voqu� ne concerne pas le droit f�d�ral, mais le droit de proc�dure cantonal. La question est ainsi r�gl�e dans le canton de Gen�ve par l'art. 189 LPC/GE. Le Tribunal f�d�ral, en instance de r�forme, ne saurait, comme on l'a vu, contr�ler l'application du droit cantonal. Le moyen est irrecevable dans cette mesure.
3.2.2 La CVIM est d'application exhaustive, en ce sens qu'elle r�git l'ensemble du contrat, � savoir la formation de celui-ci, les droits et les obligations des parties, de m�me que les cons�quences d'une inex�cution. En principe, l'application suppl�tive du droit national est exclue (arr�t 4C.105/2000 du 15 septembre 2000 consid. 2a, in SJ 2001 I p. 304 ss).
M�me si la CVIM ne contient aucune r�gle directe quant au fardeau de la preuve, le juge saisi ne devrait pas se fonder sur sa loi interne, car, de mani�re indirecte, le trait� contribue � la r�partition du fardeau de la preuve, cela en raison de la teneur des termes qui y sont employ�s ou de l'�tablissement d'une relation entre une r�gle et son exception. D'une mani�re g�n�rale, il convient de s'en tenir � l'adage "actori incumbit probatio". Autrement dit, celui qui se pr�vaut d'un droit supporte la charge de la preuve des conditions de son existence; inversement, l'autre partie doit prouver les faits qui excluent la pr�tention invoqu�e ou s'y opposent (arr�t 4C. 105/2000 du 15 septembre 2000, consid. 5a, in SJ 2001 I p. 304 ss; Neumayer/Ming, Convention de Vienne sur les contrats de vente internationale de marchandises: commentaire, n. 13 ad art. 4 CVIM).
Selon l'�tat de fait d�terminant (art. 63 al. 2 OJ), la demanderesse, � laquelle incombait le fardeau de la preuve, a prouv� avoir livr�, entre les mois de janvier et mars 1998, des r�sines au d�fendeur pour un montant repr�sentant 22'732 fr.70; celui-ci a d�clar� en outre ne pas contester les montants des sept factures de la venderesse. Le recourant a en revanche �chou� � �tablir qu'il �tait titulaire � l'encontre de l'intim�e d'une cr�ance susceptible d'�tre oppos�e en compensation.
L'art. 53 CVIM dispose que l'acheteur s'oblige (...) � payer le prix et � prendre livraison des marchandises. Quant � l'art. 61 al. 1 let. a CVIM, il prescrit que si l'acheteur n'a pas ex�cut� l'une quelconque des obligations r�sultant pour lui du contrat de vente ou de la CVIM, le vendeur est fond� � exercer les droits pr�vus aux art. 62 � 65. D'apr�s l'art. 62 CVIM, le vendeur peut exiger de l'acheteur le paiement du prix, la prise de livraison des marchandises ou l'ex�cution des autres obligations de l'acheteur, � moins qu'il ne se soit pr�valu d'un moyen incompatible avec ces exigences.
A consid�rer ces dispositions, il est patent que le d�fendeur, qui n'a r�gl� aucune des factures de la demanderesse, est d�biteur envers celle-ci du prix des r�sines qu'elle lui a livr�es, lequel atteint la somme totale de 22'732 fr.70, contre-valeur de 97'957,60 FF, avec int�r�ts � 5% d�s le 7 novembre 2000, date du d�p�t de la demande.
Le Tribunal de premi�re instance et la Cour de justice ont mentionn� cette somme dans les motifs respectifs de leur d�cision (cf. consid. VI in fine pour le premier et consid. 5 in fine pour la seconde), mais de mani�re inexplicable ont d�clar� le d�fendeur redevable � ce titre de sa partie adverse du montant de 22'963 fr.50 avec les m�mes int�r�ts. Il suit de l� que par rapport aux consid�rants, le dispositif de la cour cantonale contient manifestement un montant inexact. Il appartiendra au recourant d'obtenir r�paration de cette erreur mat�rielle en s'adressant, conform�ment aux exigences de la proc�dure cantonale, � la Cour de justice (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, Commentaire de la loi de proc�dure civile genevoise, n. 6 ad art. 160 LPC/GE).
4.1 Le recourant all�gue que la machine de collage a �t� amen�e � Gen�ve dans le seul but de proc�der � une d�monstration, car il avait �voqu� la possibilit� d'acqu�rir un tel engin. Ce seraient les employ�s de l'intim�e qui auraient pris la d�cision de monter la machine au moyen d'un treuil. Comme cette machine n'aurait jamais �t� laiss�e � disposition du d�fendeur, poursuit ce dernier, les parties n'auraient conclu aucun contrat de pr�t. Enfin, le recourant fait valoir qu'il aurait commis une erreur en cochant la case "pr�t � usage" dans sa d�claration de sinistre. Il affirme que la cour cantonale a admis un lien contractuel au m�pris de l'art. 18 CO.
4.2 Le moyen repose pour partie sur une pr�sentation des faits, qui diverge de celle constat�e souverainement par l'autorit� cantonale. Le grief est irrecevable dans cette mesure.
Pour le reste, la question litigieuse a trait au point de savoir si, en janvier 1998, les plaideurs ont conclu un contrat de pr�t � usage portant sur la machine de collage automatique de type UMC, propri�t� de la demanderesse.
4.3 En droit suisse, le contrat est parfait lorsque les parties ont, r�ciproquement et d'une mani�re concordante, manifest� leur volont� (art. 1 al. 1 CO). La conclusion du contrat n'est subordonn�e � l'observation d'une forme particuli�re que si la loi le prescrit sp�cialement (art. 11 al. 1 CO) ou si les parties ont entendu r�server une telle forme (art. 16 al. 1 CO). Lorsqu'une forme particuli�re n'a pas �t� prescrite, la manifestation de volont� peut �tre expresse ou tacite (art. 1 al. 2 CO). Il convient toutefois de ne retenir l'existence d'une manifestation de volont� tacite qu'en pr�sence d'un comportement univoque, dont l'interpr�tation ne permet pas de douter de la port�e; cette restriction d�coule du principe de la confiance (ATF 123 III 53 consid. 5a et les r�f�rences).
Le pr�t � usage est un contrat par lequel le pr�teur s'oblige � c�der gratuitement l'usage d'une chose que l'emprunteur s'engage � lui rendre apr�s s'en �tre servi (art. 305 CO). La conclusion dudit contrat n'est soumise � aucune exigence de forme (Tercier, op. cit., n. 2694, p. 388). Du moment qu'il n'a pas �t� constat� que les parties aient pr�vu de se lier sous une forme particuli�re, la conclusion du contrat en cause ne peut r�sulter, en l'absence de d�clarations expresses, que d'actes concluants. En cons�quence, il y a lieu de proc�der � l'interpr�tation des d�clarations des parties et du comportement qu'elles ont adopt�.
4.4 Pour d�terminer, � partir des manifestations de volont� des parties constat�es par l'autorit� cantonale, si un contrat est venu � chef, le juge doit tout d'abord s'efforcer de rechercher la commune et r�elle intention des parties, sans s'arr�ter aux expressions ou d�nominations inexactes dont elles ont pu se servir (art. 18 al. 1 CO). S'il y parvient, il s'agit d'une constatation de fait qui ne peut �tre remise en cause dans un recours en r�forme (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 128 III 419 consid. 2.2).
Si la volont� r�elle des parties ne peut pas �tre �tablie ou si elle est divergente, le juge interpr�tera les d�clarations faites et les comportements selon la th�orie de la confiance; il doit donc rechercher comment une d�claration ou une attitude pouvait �tre comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances (cf. ATF 129 III 118 ibidem et les arr�ts cit�s). Le principe de la confiance permet d'imputer � une partie le sens objectif de son comportement, m�me si celui-ci ne correspond pas � sa volont� intime (ATF 129 III 118 ibidem; 127 III 279 consid. 2c/ee p. 287). L'application du principe de la confiance est une question de droit que le Tribunal f�d�ral, saisi d'un recours en r�forme, peut examiner librement (ATF 129 III 118 ibidem; 127 III 248 consid. 3a).
Pour trancher cette question de droit, il faut cependant se fonder sur le contenu de la manifestation de volont� et sur les circonstances, lesquelles rel�vent du fait (ATF 129 III 118 ibidem et les arr�ts cit�s).
Il incombe � celui qui se pr�vaut d'un lien contractuel d'�tablir les circonstances qui l'am�nent � conclure, au regard du principe de la confiance, � la volont� juridique de l'autre partie (art. 8 CC; ATF 116 II 695 consid. 2b/bb p. 698).
4.5 In casu, la Cour de justice n'a pas constat� chez les parties de volont� commune. Il sied ainsi, pour d�terminer si un contrat a �t� pass�, d'interpr�ter leurs d�clarations et attitudes selon le principe de la confiance.
Il a �t� retenu d�finitivement que, le 13 janvier 1998, l'intim�e a remis la machine de collage au d�fendeur, sur le chantier de l'h�tel genevois o� ce dernier effectuait des travaux de construction. Le fonctionnement de la machine a �t� expliqu� le m�me jour au personnel du d�fendeur par des employ�s de la demanderesse. Il n'�tait pas pr�vu que le recourant verse une r�mun�ration � l'intim�e en contrepartie de la remise de la machine.
Du 13 au 14 janvier 1998, afin de proc�der � des collages de renfort sur les balcons du b�timent, la machine a �t� hiss�e � l'aide d'un treuil au premier �tage et sangl�e � l'�chafaudage. Les employ�s de la demanderesse, qui ont quitt� le chantier alors que la machine �tait suspendue en l'air, devaient revenir sur place les jours suivants.
Il appara�t donc avec nettet� que la demanderesse a c�d� au d�fendeur, � titre gratuit, l'usage de la machine en cause pour plusieurs jours et que celui-ci s'est engag� � restituer l'appareil � A.________ � l'issue de ce terme. En pr�sence de deux acteurs de la vie commerciale, on ne saurait en effet admettre, sans autres �l�ments, que la chose a �t� donn�e, ce qui impliquerait un transfert de propri�t�. Le recourant n'a d'ailleurs jamais pr�tendu que tel ait �t� le cas. Du reste, le fait que des employ�s de l'intim�e, qui avaient amen� la machine � Gen�ve, devaient se rendre � nouveau sur le chantier quelques jours apr�s le 14 janvier 1998 d�montre que l'engin devait �tre rendu � son propri�taire � la fin du contrat.
Ces circonstances - obligation de c�der l'usage de la chose pour une certaine dur�e, gratuit� de la remise, obligation de restitution - sont caract�ristiques de la conclusion d'un pr�t � usage (art. 305 ss CO).
Il n'a pas �t� retenu qu'entre le 13 et le 14 janvier 1998, le d�fendeur ou ses auxiliaires se soient servis eux-m�mes de la machine pour effectuer des collages. Il n'importe, puisque l'emprunteur, � d�faut de convention contraire, n'a pas l'obligation d'utiliser la chose (Sch�rer/Maurenbrecher, Commentaire b�lois, 3e �d., n. 1 ad art. 306 CO; Tercier, op. cit., n. 2705, p. 389).
C'est donc sans violer le droit f�d�ral que la cour cantonale a admis la conclusion entre les parties du contrat pr�cit�.
5.1 Dans un dernier moyen, le recourant pr�tend qu'il n'est pas responsable des graves d�g�ts subis par la machine le 14 janvier 1998, �tant donn� que son auxiliaire Y.________ a exerc� la diligence que le cr�ancier, soit la demanderesse, pouvait l�gitimement attendre. Il est donc d'avis que s'il avait personnellement agi comme son auxiliaire, on ne pourrait lui reprocher aucune faute, ce qui impliquerait son absence de responsabilit� en vertu de l'art. 101 al. 1 CO. A l'en croire, l'intim�e n'aurait jamais apport� la preuve d'une violation du contrat dont il devrait r�pondre.
5.2 La responsabilit� du d�biteur pour ses auxiliaires institu�e par l'art. 101 CO permet � celui-ci de se lib�rer s'il prouve qu'on n'aurait pas pu lui reprocher une carence quelconque s'il �tait intervenu lui-m�me. En d'autres termes, le comportement de l'auxiliaire est imput� au d�biteur, qui en r�pond dans la m�me mesure que s'il avait agi personnellement de mani�re identique (ATF 119 II 337 consid. 3c/aa; cf. �galement Th�venoz, Commentaire romand, n. 26 et 27 ad art. 101 CO).
La cour cantonale a retenu en fait que l'auxiliaire du d�fendeur Y.________ a provoqu� la chute au sol de la machine alors suspendue en l'air en voulant la redescendre avec le treuil. Partant, il appert sans conteste que si le d�fendeur avait agi comme son auxiliaire et laiss� tomber brutalement la machine, causant la destruction � 80% de l'engin, il aurait viol� l'obligation d'entretenir la chose (art. 307 al. 1 CO), laquelle comprend la prise de toute mesure utile pour pr�venir sa d�t�rioration (Tercier, op. cit., n. 2707, p. 389).
D�s l'instant o� le d�fendeur doit r�pondre comme du sien propre du comportement contraire au contrat de son auxiliaire, qui a fait l'objet de constatations par la cour cantonale, il saute aux yeux que l'inex�cution contractuelle a �t� �tablie par l'intim�e.
La critique est d�nu�e de tout fondement.