Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEBORDEAUX-20020924-98BX00286-98BX00807
Timestamp: 2017-04-26 14:07:23+00:00
Document Index: 40653190

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1494", "l'article 1469", "l'article 1498", "l'article 1496", "l'article 1499", "l'article 1498", "l'article 1498", "l'article 1498", "l'article 1498", "l'article 1498", "l'article 324", "l'article 324", "l'article 1498", "l'article 324", "l'article 1498", "l'article 324", "l'article 324", "l'article 1498", "l'article 324", "l'article 324", "l'article 324", "l'article 324"]

France, Cour administrative d'appel de Bordeaux, 3e chambre, 24 septembre 2002, 98BX00286 et 98BX00807
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 98BX00286;98BX00807Numéro NOR : CETATEXT000007502731 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.bordeaux;arret;2002-09-24;98bx00286 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOSITIONS LOCALES AINSI QUE TAXES ASSIMILEES ET REDEVANCES - QUESTIONS COMMUNES - VALEUR LOCATIVE DES BIENS.Texte : les requêtes enregistrées au greffe de la Cour administrative d'appel de Bordeaux les 25 février 1998 et 2 juin 1998 sous le n° 98BX00286, présentées, pour la SA MEUNIER, dont le siège social est situé ... B.P. 10, Sauzé-Vaussais (79190) ; la SA MEUNIER demande que la cour :
- annule le jugement en date du 4 décembre 1997 du tribunal administratif de Poitiers en tant qu'il n'a que partiellement fait droit à sa demande en réduction de la taxe professionnelle à laquelle elle a été assujettie au titre des années 1990, 1991, 1993, 1994 et 1995 dans les rôles de la commune de Raix (Charente) à raison d'installations situées sur le territoire de cette commune ;
- condamne l'Etat à lui verser la somme de 5.000 F au titre de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu 2°) les requêtes enregistrées au greffe de la Cour administrative d'appel de Bordeaux les 30 avril 1998 et 2 juin 1998 sous le n° 98BX00807, présentées, pour la SA MEUNIER, ainsi que le mémoire enregistré le 4 février 2000 ; la SA MEUNIER demande que la cour :
- annule le jugement en date du 19 mars 1998 du tribunal administratif de Poitiers en tant qu'il n'a que partiellement fait droit à sa demande en réduction de la taxe professionnelle à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 1996, dans les rôles de la commune de Raix à raison d'installations situées sur le territoire de cette commune ;
-ordonne le sursis à exécution du jugement susvisé ;
- lui accorde la réduction des taxes contestées en évaluant le valeur locative des biens en litige par comparaison, ou à défaut, par voie d'appréciation directe, en retenant un abattement total de 85 % sur le coût de construction ;
Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ainsi que le code de justice administrative ;
- et les conclusions de M. Heinis, commissaire du gouvernement ;Considérant que les instances enregistrées sous les numéros 98BX00286 et 98BX00807 tendent toutes deux à la réduction d'impositions directes locales, concernent un même site et émanent d'une même société redevable ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un même arrêt ;
Sur le bien fondé des taxes en litige :
Considérant que selon l'article 1494 du code général des impôts, applicable, en vertu du 1° de l'article 1469 du même code, en matière de taxe professionnelle pour ce qui est des biens qui, soumis à cette dernière taxe, sont passibles d'une taxe foncière, la valeur locative A est déterminée conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ; qu'aux termes de l'article 1498 de ce code : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux d'habitation ou à usage professionnel visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après :
Considérant que les installations de stockage à raison desquelles la SA MEUNIER a été imposée aux cotisations restant en litige de taxe professionnelle au titre des années 1990, 1991, 1993, 1994, 1995 et 1996 sont situées sur le territoire de la commune de Raix (Charente) ; que ces installations sont essentiellement formées d'un silo composé de hautes cellules de structure métallique ;
Considérant qu'il est constant que les biens en litige n'étaient pas donnés en location à la date légale de référence au 1er janvier 1970 et que, par suite, la méthode d'appréciation par bail visée par le 1° de l'article 1498 du code général des impôts ne leur est pas applicable ; qu'il est également constant que ces biens présentent un caractère particulier au sens du 2° de l'article 1498 du code général des impôts, ce qui autorise dans le cadre de la méthode comparative, la recherche de termes de comparaison hors de la commune ;Considérant que les taxes professionnelles restant à la charge de la SA MEUNIER ont été établies par l'administration en fonction d'une valeur locative déterminée suivant la méthode par voie d'appréciation directe ; que l'administration soutient que, pour déterminer la valeur locative du site susdécrit, n'ont pu être trouvés, même hors de la commune, des éléments de comparaison qui satisfassent aux conditions posées par le 2° de l'article 1498 du code général des impôts ; que, dans sa requête, la société redevable demande à titre principal que soit appliquée la méthode par comparaison et à titre subsidiaire la méthode par voie d'appréciation directe ;
Considérant que les dispositions précitées du 2° de l'article 1498 du code général des impôts, qui décrivent la méthode d'évaluation par comparaison, imposent que les termes de comparaison qui servent à évaluer un immeuble commercial, même lorsqu'il s'agit comme en l'espèce d'un immeuble de caractère particulier ou exceptionnel, aient été normalement loués au 1er janvier 1970 ; que, par suite, cette méthode d'évaluation ne peut trouver à s'appliquer lorsque l'immeuble qui est invoqué comme terme de comparaison n'était pas loué au 1er janvier 1970 ou, dans l'hypothèse où cet immeuble a lui-même été évalué par comparaison, lorsque le second terme de comparaison n'était pas non plus loué au 1er janvier 1970 ; qu'ainsi, un immeuble dont la valeur locative a été déterminée non par référence à un bail existant au 1er janvier 1970, mais par voie d'appréciation directe, ne peut, dans la méthode comparative, servir de terme de comparaison ; qu'en outre, ces mêmes dispositions de l'article 1498 du code général des impôts, ainsi que celles de l'article 324 Z de l'annexe III au même code qui définissent l'évaluation par comparaison comme consistant à attribuer à un immeuble donné une valeur locative proportionnelle à celle qui a été adoptée pour d'autres biens "de même nature pris comme types", impliquent que ces autres biens soient Asimilaires à l'immeuble en cause et qu'ils soient situés, sinon sur le territoire de la même commune, du moins sur le territoire d'une localité à la situation économique analogue ; que si l'article 324 AA de la même annexe admet que des différences peuvent "exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer", c'est à la condition que celles-ci n'excèdent pas les facultés d'ajustement de valeur locative unitaire qu'il envisage du point de vue notamment "de la situation, de la nature de la construction, de son importance, de son état d'entretien et de son aménagement" ; que lorsque ne sont pas remplies les conditions cumulativement posées par le 2 ° de l'article 1498 du code général des impôts, c'est à dire la condition de location à la date légale de référence ainsi que les conditions de similarité des immeubles et d'analogie de leurs communes d'assiette, la méthode d'évaluation par comparaison doit être écartée et celle par appréciation directe appliquée ;Considérant, s'agissant plus particulièrement des sites composés de silos dits verticaux, que s'il n'est pas en principe nécessaire pour fixer leur valeur locative que les termes de comparaison soient eux-mêmes des silos verticaux et si d'autres installations de stockage, comme celles comprenant des silos dits horizontaux, peuvent en principe servir de références, leurs caractéristiques, notamment celles qui déterminent la capacité de stockage ou celles relatives à leur équipement, qui conditionnent l'acheminement des produits et la qualité de leur conservation, doivent être suffisamment proches des caractéristiques correspondantes des installations qui leur sont comparées pour que puissent s'appliquer les facultés d'ajustement autorisées par l'article 324 AA précité de l'annexe III au code général des impôts et, en tout état de cause, la condition de location à la date légale de référence doit être respectée ;
Considérant que, dans sa requête, la SA MEUNIER a demandé que ses installations de stockage des céréales soient évaluées par comparaison avec le silo vertical situé sur le territoire de la commune de Sauzé-Vaussais dans le département des Deux-Sèvres ; qu'à supposer ses caractéristiques comparables à celles du site en litige, il résulte de l'instruction que le silo de Sauzé-Vaussais n'étant pas loué au 1er janvier 1970, sa valeur locative a été estimée par comparaison et il n'est pas établi que les termes de comparaison aient eux-mêmes respecté la double condition de location au 1er janvier 1970 et d'homogénéité des caractéristiques posée par le 2 °de l'article 1498 du code général des impôts ; qu'ainsi, le site de Sauzé-Vaussais ne peut être légalement retenu pour évaluer par comparaison le site en litige ; que, pour aucun autre des termes de référence avancés par la société requérante, la double condition de location et de similarité ne peut être regardée, au vu des données de l'instruction, comme respectée ; qu'ainsi, la méthode comparative ne peut, en l'espèce, être appliquée ;
En ce qui concerne la méthode d'évaluation par appréciation directe :Considérant que, selon l'article 324 AB de l'annexe III au code général des impôts, "il est procédé à l'évaluation directe de l'immeuble en appliquant un taux d'intérêt à sa valeur vénale, telle qu'elle serait constatée à la date de référence si l'immeuble était libre de toute location ou occupation", le taux d'intérêt étant "fixé en fonction du taux des placements immobiliers constatés dans la région à la date de référence pour des immeubles similaires" ; qu'aux termes de l'article 324 AC de la même annexe : "En l'absence d'acte et de toute autre donnée récente faisant apparaître une estimation de l'immeuble à évaluer susceptible d'être retenue, sa valeur vénale à la date de référence est appréciée d'après la valeur vénale d'autres immeubles d'une nature comparable ayant fait l'objet de transactions récentes, situés dans la commune même ou dans une localité présentant du point de vue économique une situation analogue à celle de la commune en cause. La valeur vénale d'un immeuble peut également être obtenue en ajoutant à la valeur vénale du terrain, estimée par comparaison avec celle qui ressort de transactions récentes relatives à des terrains à bâtir situés dans une zone comparable, la valeur de reconstruction au 1er janvier 1970 du dit immeuble, réduite pour tenir compte, d'une part, de la dépréciation immédiate et, d'autre part, du degré de vétusté de l'immeuble et de son état d'entretien, ainsi que de la nature, de l'importance, de l'affectation et de la situation de ce bien" ;
Considérant que, dès lors que la méthode par voie d'appréciation directe est prévue par les dispositions de nature législative de l'article 1498 du code général des impôts, les moyens tirés de ce qu'elle méconnaîtrait les principes de l'égalité devant l'impôt et de l'égalité proportionnelle invoqués par la société sont inopérants ;Considérant que la valeur locative déterminée par l'administration dans le cadre de la méthode par voie d'appréciation directe a été calculée en fonction de la valeur de reconstruction des immeubles ; qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il existe des données de la nature de celles prévues par les dispositions de l'article 324 AC de l'annexe III au code général des impôts permettant d'estimer la valeur vénale des installations en cause autrement que par référence à la valeur de leur reconstruction convertie au 1er janvier 1970 ; qu'au demeurant, la société redevable, qui se prévaut à titre subsidiaire de la méthode d'appréciation directe, demande expressément dans sa requête que la valeur locative déterminée dans le cadre de cette méthode soit calculée à partir de la valeur de reconstruction ; que si la société fait valoir que l'administration aurait dû prendre comme prix de revient de ses installations leur coût d'acquisition d'un montant de 250.000 F, elle n'établit pas en quoi ce coût d'acquisition, dont les pièces du dossier de première instance montrent qu'il correspond à la valeur d'achat des biens en 1985 par la société de personnes qui en est devenue propriétaire puis à leur valeur d'apport comptabilisée en 1988 à la personne physique qui les loue à la société redevable, permettrait une meilleure approche du coût de reconstruction retenu par le service en fonction du prix de revient effectif, d'un montant de 840.570 F, des constructions qui ont été achevées en 1983 ; qu'en tout état de cause et, dans la mesure où la société redevable aurait entendu en invoquant le coût d'acquisition des biens taxables se prévaloir de ce qu'il révélerait leur valeur vénale, une telle valeur, à supposer même qu'elle réponde à la définition qu'en donnent les dispositions de l'article 324 AC de l'annexe III au code général des impôts, ne serait pas susceptible de faire l'objet de la réduction que la société revendique mais que ces dispositions réservent à la seule valeur de reconstruction ; qu'ainsi, c'est en l'espèce la valeur de reconstruction des installations qui doit être retenue comme base de la réduction prévue par les dispositions précitées de l'article 324 AC pour obtenir la valeur vénale des biens taxables et partant leur valeur locative ;Considérant qu'il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise à laquelle se réfèrent le ministre dans ses dernières écritures et la société requérante dans ses notes en délibéré, que la valeur de reconstruction des immeubles dont il s'agit doit être réduite d'un abattement total de 75% pour tenir compte, d'une part, à hauteur de 50% de la dépréciation immédiate résultant notamment de leur étroite spécialisation, et, d'autre part, à hauteur de 25%, de leur nature, de leur état d'entretien, de leur capacité de stockage et de leur localisation ; que le taux d'intérêt, que l'article 324 AC définit en fonction du taux des placements immobiliers constatés dans la région, doit être en l'occurrence fixé à 4% ; qu'ainsi, la valeur locative au 1er janvier 1970 servant de base aux taxes restant en litige doit être calculée en appliquant un taux d'intérêt de 4% à une valeur vénale elle-même établie à partir d'une valeur de reconstruction au 1er janvier 1970 des immeubles réduite par un abattement total de 75 % ; qu'il n'est d'ailleurs pas établi que la valeur locative estimée dans ces conditions de mise en oeuvre de la méthode par voie d'appréciation directe serait supérieure à celle pouvant résulter de l'application de la méthode comparative selon les termes de comparaison avancés par la société et les tarifs qui leur étaient attachés ; qu'ainsi, la SA MEUNIER est fondée à demander la réduction des taxes litigieuses procédant de la prise en compte de la valeur locative des biens, à raison desquels elle a été imposée, directement calculée suivant les modalités susdécrites ; que, toutefois, la société requérante, qui a expressément rappelé dans sa requête le montant des dégrèvements initialement demandé dans ses réclamations, doit être tenue pour avoir limité au dit montant, comme elle en avait au demeurant l'obligation, ses conclusions d'appel ; que, par conséquent, les dégrèvements découlant de la valeur locative définie ci-dessus ne pourront, en tout état de cause, excéder, après prise en compte des dégrèvements déjà accordés par le service, les sommes initialement demandées de 2.724 F au titre de 1990, de 2.293 F au titre de 1991, de 2.392 F au titre de 1993, de 5.793 F au titre de 1995 et de 6.405 F au titre de 1996 ;
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à verser à la SA MEUNIER la somme de 1 524 euros qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
Article 1 : Les cotisations de taxe professionnelle auxquelles la SA MEUNIER est restée assujettie au titre de 1990, 1991, 1993, 1994, 1995 et 1996 à raison de ses installations situées à Raix doivent être assises sur une base prenant en compte une valeur locative au 1er janvier 1970 des biens passibles d'une taxe foncière calculée en appliquant un taux d'intérêt de 4% à la valeur vénale de ces biens elle-même établie à partir d'une valeur de reconstruction au 1er janvier 1970 des immeubles réduite par un abattement total de 75%.
Article 3 : Les jugements du tribunal administratif de Poitiers en date des 4 décembre 1997 et 19 mars 1998 sont réformés en ce qu'ils ont de contraire au présent arrêt.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1524 euros à la SA MEUNIER au titre de l'article L.761- 1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.Références : CGI 1494, 1469, 1495 à 1508, 1498, 1496, 1499, 324 ACCode de justice administrative L761-1Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BoulardRapporteur public : M. HeinisOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de BordeauxFormation : 3e chambreDate de la décision : 24/09/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page