Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19971013-162014
Timestamp: 2017-04-29 00:30:54+00:00
Document Index: 211997128

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 5", 'art. 2', 'art. 39', 'art. 40', 'art. 42', 'art. 75']

France, Conseil d'État, 5 / 3 ssr, 13 octobre 1997, 162014
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 162014Numéro NOR : CETATEXT000007959325 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1997-10-13;162014 Analyses : FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - STATUTS - DROITS - OBLIGATIONS ET GARANTIES - STATUT GENERAL DES FONCTIONNAIRES DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES - DISPOSITIONS STATUTAIRES RELATIVES A LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (LOI DU 26 JANVIER 1984).Texte : Vu la requête, enregistrée le 29 septembre 1994 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Marco X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 20 mai 1994 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de la délibération du 27 novembre 1992 du conseil municipal de Marseille fixant à quatorze le nombre de danseurs de l'Opéra de Marseille, d'autre part, à l'annulation de la décision du 20 janvier 1993 par laquelle le maire de Marseille a résilié, à compter du 26 mars 1993, son contrat de danseur à l'Opéra de Marseille, enfin, à ce que la commune de Marseille soit condamnée à lui verser la somme de 10 000 F au titre des frais irrépétibles ;
Vu la loi n° 84-33 du 26 janvier 1984 ;
- les observations de Me Bertrand, avocat de M. Marco X... et de la SCP Coutard, Mayer, avocat de la ville de Marseille,
Considérant que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la délibération du conseil municipal de Marseille du 27 novembre 1992 n'avait pas été soulevé en première instance ; que, par suite, le tribunal administratif n'a pas omis à y statuer ;
Considérant que si le requérant peut invoquer, à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative, l'illégalité dont serait entaché un règlement devenu définitif, un tel moyen ne peut être accueilli que dans la mesure où la décision dont l'annulation est demandée constitue une mesure d'application de celle dont l'illégalité est invoquée par voie d'exception et où sa légalité est subordonnée à celle du premier texte ; Considérant que la délibération précitée du conseil municipal de Marseille en date du 27 novembre 1992, par laquelle il a été décidé de réduire l'effectif du corps de ballet de l'Opéra de Marseille à 14 danseurs et, par suite, de supprimer 15 emplois dudit corps, présente un caractère réglementaire ; que la décision du maire de Marseille en date du 20 janvier 1993 prononçant le licenciement de M. X..., danseur du corps de ballet, constitue une mesure d'application de cette délibération, à la légalité de laquelle sa propre légalité est subordonnée ; que, par suite, M. X... est recevable à invoquer par voie d'exception, même après l'expiration du délai ouvert pour en demander l'annulation pour excès de pouvoir, l'illégalité de cette délibération à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision précitée du 20 janvier 1993 prononçant son licenciement ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le comité technique paritaire de l'Opéra de Marseille a émis un avis, lors de sa séance du 25 novembre 1992, sur les suppressions d'emplois envisagées ; que, dès lors, le moyen tiré du défaut de consultation dudit comité technique paritaire manque en fait ; Considérant que si la ville de Marseille, après avoir réintégré M. X... à la suite d'un jugement du tribunal administratif du 19 juin 1992 annulant pour vice de forme la décision prise le 29 avril 1991 par le maire de ne pas renouveler le contrat de l'intéressé, a ultérieurement décidé par la délibération contestée de son conseil municipal de supprimer 15 emplois du corps de ballet eu égard aux besoins de l'Opéra, cette circonstance n'est pas, par elle-même, constitutive d'une violation de la chose jugée par le tribunal administratif ;
Sur les autres moyens relatifs au licenciement :
Considérant que la décision du maire de Marseille en date du 20 janvier 1993 prononçant le licenciement de M. X... mentionne que "le conseil municipal après consultation du comité technique paritaire de l'Opéra a décidé de supprimer les 15 postes précités en fixant à 14 au lieu de 29 l'effectif des danseurs de l'Opéra", et se réfère aux "besoins actuels de l'Opéra en matière de productions chorégraphiques" ; qu'elle est, par suite, suffisamment motivée ;
Considérant que ladite décision se borne à faire application de la délibération susmentionnée du conseil municipal de Marseille en date du 27 novembre 1992 ; queM. X..., danseur au ballet de l'Opéra de Marseille, n'est pas fondé à soutenir qu'elle revêt un caractère disciplinaire ou aurait été prise en considération de sa personne, et aurait dû pour ce motif être précédée de la communication de son dossier ;
Considérant que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;Considérant qu'il résulte des dispositions combinées des articles 39, 40 et 42 du décret susvisé du 15 février 1988 relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale que l'agent non titulaire engagé pour une durée indéterminée ne peut être licencié par l'autorité territoriale qu'après un préavis dont la durée est de deux mois au moins si la durée des services est égale ou supérieure à deux ans, la date à laquelle le licenciement prend effet devant tenir compte de cette période de préavis ainsi que des droits au congé annuel restant à courir ; que l'article 5 de ce même décret dispose que l'agent non titulaire en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires ; qu'après avoir précisé à son article 1er que l'année de service accompli s'entend de la période courant du 1er janvier au 31 décembre, ledit décret en date du 26 novembre 1985 dispose en son article 2 que les fonctionnaires qui n'exercent pas leurs fonctions pendant la totalité de la période de référence ont droit à un congé annuel dont la durée est calculée au prorata de la durée des services accomplis ;
Considérant que le maire de Marseille a, par lettre recommandée du 20 janvier 1993, informé M. X... que son licenciement interviendrait le 26 mars 1993, le point de départ du préavis étant fixé au 26 janvier 1993 ; que si cette décision a tenu compte des préavis de deux mois auquel M. X..., dont la durée de services était supérieure à deux ans, avait droit, elle l'a illégalement privé d'une période de congé rémunéré déterminée en fonction de la durée des services accomplis, laquelle doit tenir compte du préavis ; que cette circonstance, si elle n'est pas de nature à entraîner l'annulation totale de la décision de licenciement, rend celle-ci illégale en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de congé rémunéré auquel l'intéressé avait droit ; qu'ainsi, la décision attaquée doit être annulée dans cette mesure ; que le jugement du tribunal administratif de Marseille doit être annulé en tant qu'il a rejeté les conclusions de M. X... dirigées contre la décision du 20 janvier 1993 en tant qu'elle a pris effet avant l'expiration du délai de congé susmentionné ;
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Marco X..., à la ville de Marseille et au ministre de l'intérieur.Références : Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R102Décret 85-1250 1985-11-26 art. 2Décret 88-145 1988-02-15 art. 39, art. 40, art. 42Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 13 octobre 1997, n° 162014Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. LambronRapporteur public : Mme HubacOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 5 / 3 ssrDate de la décision : 13/10/1997Fonds documentaire : Legifrance Haut de page