Source: http://www.malicom.net/coup-dur-pour-les-victimes-des-jihadistes-au-mali/
Timestamp: 2019-12-16 07:03:14+00:00
Document Index: 128051099

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Coup dur pour les victimes des jihadistes au Mali | Malicom - L'info sur le bout des doigts.
Tag: AMDH, FIDH, jihadistes, Sanda Ould Boumama
Sanda Ould Bouamama, ex-porte parole d’Ansar Dine à Tombouctou en 2012. Il a été libéré le 3 août 2015 en Mauritanie alors qu’il est poursuivi pour crimes contre l’humanité au Mali.
Vingt organisations de défense des droits de l’Homme, dont la FIDH et Amnesty, ont dénoncé mercredi la libération par la Mauritanie d’un ancien cadre du groupe jihadiste Ansar Dine, Sanda Ould Boumama, la qualifiant de « coup dur pour les victimes de la crise malienne ».
Sanda Ould Boumama a été le porte-parole d’Ansar Dine, un des groupes liés à Al-Qaïda ayant contrôlé le nord du Mali pendant près de dix mois avant d’en être chassés et en partie dispersés à partir de janvier 2013 par une opération militaire internationale.
L’homme, qui se dit mauritanien, s’était rendu aux forces mauritaniennes en mai 2013 sur la frontière avec le Mali, près de Bassiknou (sud-est de la Mauritanie). Il a ensuite été transféré à Nouakchott, puis détenu depuis lors dans une prison secrète sans être ni inculpé, ni jugé. Il a été libéré mardi, selon une source de sécurité mauritanienne.
« La libération de Sanda Ould Boumama par la Mauritanie est un coup dur pour les victimes de la crise malienne », déclarent les 14 ONG dans un communiqué commun publié par l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), au nombre des signataires avec son homologue mauritanienne, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et Amnesty International-Mali.
Selon ces ONG, M. Ould Boumama, dont le vrai nom est Sidi Mohamed Ould Boumama, est un binational malien et mauritanien. Il s’est rendu aux autorités mauritaniennes en 2013 « pour échapper à la justice malienne », qui a émis un mandat d’arrêt à son encontre en février 2013.
Il fait partie « de plusieurs présumés responsables de crimes les plus graves », dont « des crimes sexuels » commis dans le nord du Mali lorsque cette vaste région était sous la coupe des jihadistes, d’après elles.
Depuis juillet 2012, plusieurs ONG se sont constituées parties civiles au Mali aux côtés de victimes ou de l’Etat malien dans des plaintes visant des rebelles, des jihadistes – dont Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Dine – ou contre X pour les crimes commis durant la crise malienne, surtout dans le Nord.
Selon elle, la justice malienne a formulé adressé une demande d’extradition concernant M. Ould Boumama aux autorités mauritaniennes, qui n’y ont « accordé aucune suite favorable ».
« Si les enquêtes de la justice malienne avaient avancé et que la coopération sous-régionale était plus effective, Sanda Ould Boumama serait en train d’être entendu par un juge malien », affirme Me Moctar Mariko, président de l’AMDH, dans le communiqué.
La libération de Sanda Ould Bouamama par la Mauritanie est un coup dur pour les victimes de la crise malienne
20 organisations de défense de droits humains condamnent la libération de Sidi Mohamed Ould Mohamed Ould Bouamama dit Sanda Ould Bouamama par les autorités mauritaniennes, visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires maliennes et par des plaintes des victimes des crimes graves commis au Nord du Mali, notamment à Tombouctou.
Me Moctar Mariko, président de l’AMDH→
Le 3 août 2015, les autorités mauritaniennes ont libéré Sanda Ould Bouamama alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le juge d’instruction du 6ème Cabinet du Tribunal de Grande Instance de la commune 3 du district de Bamako le 23 juillet 2013. Le mandat d’arrêt avait été transmis à Interpol qui en avait informé les autorités mauritaniennes.
« Cette libération est un nouveau coup dur et une énorme déception pour les victimes et pour nos organisations. Si les enquêtes de la justice malienne avaient avancées et que la coopération sous-régionale était plus effective, Sanda Ould Boumama serait en train d’être entendu par un juge malien. C’est pour cela que nous avions déposé plainte en mars 2015 aux côtés de 33 victimes » a déclaré Me Moctar MARIKO, président de l’AMDH.
Nos organisations avec des organisations locales avaient également déposé le 6 mars 2015 au nom de 33 victimes et de nos organisations,une plainte contre 15 auteurs présumés des crimes commis à Tombouctou, dont Iyad Ag AGALY, Sanda Ould Bounama, Hammar MOSA et Cheick Ag Aoussa. Ces deux derniers ont à l’instar de 13 autres personnes bénéficié de la levée de mandats d’arrêt ordonnée le 15 juin 2015 afin de faciliter la signature par la CMA de l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.
« Cette libération vient s’ajouter à celles déjà effectuées en juillet, août et décembre 2014 par les autorités maliennes et des mains levées des mandats d’arrêt effectués en octobre 2013 et en juin 2015. Les victimes de violences sexuelles attendent des actes forts de la part du gouvernement pour poursuivre les auteurs de ces crimes, pas de les libérer les uns après les autres » a déclaré Mme Bouare Bintou Founè SAMAKE, Présidente de WILDAF.
Cette libération est d’autant plus paradoxale que lors de la libération par les autorités maliennes, en septembre 2010, de quatre détenus proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique la Mauritanie avait à l’instar de l’Algérie, rappelé son Ambassadeur pour protester contre la décision malienne de « remettre à une partie terroriste un Mauritanien réclamé par la justice mauritanienne ».
Le Nord du Mali, tombé aux mains des groupes rebelles et djihadistes entre janvier 2012 et janvier 2013, a été le théâtre des crimes les plus graves : viols massifs, tortures, amputations, flagellations, exécutions sommaires, destruction du patrimoine culturel. En juillet 2012, la justice malienne a ouvert plusieurs procédures judiciaires et a saisi la Cour pénale internationale des crimes relevant de sa compétence, laquelle a formellement ouvert une enquête le 16 janvier 2013. La signature de l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali le 20 juin 2015 entre le gouvernement malien et plusieurs groupes armés n’a pas ramené la paix au Mali où plus de 170 personnes sont mortes depuis le début de l’année 2015 dans les combats entre groupes armés ainsi que les attaques terroristes. Ansar Dine a revendiqué la dernière attaque en date, celle qui a visé, le 3 août 2015, une caserne de la Garde nationale malienne à Gourma-Rharous à environ 140 km à l’est de Tombouctou faisant 11 morts parmi les soldats maliens. A peine un mois plus tôt, le 2 juillet, un contingent burkinabè de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) avait été attaqué au sud-ouest de la ville de Tombouctou, faisant six tués dans leur rang. Une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
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