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Timestamp: 2016-10-24 03:42:51+00:00
Document Index: 320397575

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 322', 'art. 341', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 1', 'art. 322', 'art. 1', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 322', 'art. 322', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 322', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 322', 'ATF ', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 100', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 67']

4A_653/2014 (11.08.2015)
4A_653/2014 � � Arr�t du 11 ao�t 2015
Mmes et M. les Juges f�d�raux Kiss, Pr�sidente, Klett, Kolly, Hohl et Niquille.
1. A.A.________ Group SA,
2. B.A.________ SA,
toutes les deux repr�sent�es par Me Christian Favre,
B.________, repr�sent� par Me Olivier Rodondi,
bonus, gratification ou �l�ment du salaire, crit�re de l'accessori�t�, notion de tr�s haut revenu;
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 28 juillet 2014.
A.a.�Engag� par la soci�t� B.A.________ SA (ci-apr�s: la banque ou l'employeuse) en 1985 en qualit� de stagiaire universitaire, B.________ (ci-apr�s: l'employ�) a atteint, d�s le 1er janvier 2001, le rang de " Managing Director " au sein du " Senior Management ".
L'employ� �tait au b�n�fice d'un syst�me de r�mun�ration comprenant deux postes, soit un salaire de base fixe et un bonus qui �tait fonction des performances de l'entreprise, du secteur concern�, de la cat�gorie d'employ�s et des performances du travailleur. Le bonus servait d'une part � r�mun�rer la performance pass�e et d'autre part � fid�liser l'employ�.
Chaque ann�e, au moment du versement du bonus, il �tait rappel� que celui-ci avait un caract�re discr�tionnaire.
A.b.�En 2007, l'employ� a �t� soumis � un nouveau plan d'int�ressement (" A.A.________ Group Master Share Plan ") pr�voyant que des " Incentive Share Units " (ISU) lui seraient dor�navant vers�s, le solde du bonus demeurant vers� en esp�ces.
Il �tait pr�vu que l'employ� ne recevrait aucun bonus, m�me pas prorata temporis, si, au cours de l'ann�e consid�r�e, son contrat de travail �tait r�sili�, par lui ou l'employeuse. Ce genre de clause est usuel dans la pratique bancaire. Il �tait pr�cis� que le bonus �tait un paiement exceptionnel qui ne pouvait pas �tre assimil� � une partie du salaire. Enfin, il �tait pr�vu qu'en cas de d�mission de l'employ�, les actions ISU et les actions suppl�mentaires qui n'auraient pas encore �t� d�finitivement acquises (en fonction de p�riodes d�termin�es entre les parties) seraient annul�es imm�diatement.
D�s le 1er avril 2006, l'employeuse a fix� le salaire de base de l'employ� � 300'000 fr. par ann�e.
En 2007, l'employ� a ainsi per�u son salaire fixe de 300'000 fr. et re�u effectivement l'�quivalent de 485'938 fr. d'ISU et un bonus en esp�ces brut de 1'064'062 fr., calcul�s sur la base de donn�es (r�sultats de l'entreprise, performance du travailleur, etc.) de 2006.
En 2008, sa r�mun�ration s'est �lev�e au total � 2'050'000 fr., soit 300'000 fr. de salaire fixe, l'�quivalent de 761'719 fr. d'ISU et 988'281 fr. � titre de bonus en esp�ces brut, calcul�s sur la base de donn�es de l'ann�e 2007.
A.c.�Le 18 d�cembre 2008, la banque a inform� l'employ� de son intention d'introduire un nouveau syst�me d'int�ressement, appel� " Cash Retention Award " (CRA), pour le bonus en esp�ces calcul� en fonction de donn�es de l'ann�e 2008 et qui devait �tre vers� en 2009. Il �tait �galement pr�vu que le CRA pourrait faire l'objet d'une r�cup�ration au prorata (clause de " Clawback "), notamment si l'employ� devait d�missionner (" Clawback Event ") dans une p�riode de deux ans � compter du 21 janvier 2009 (" Clawback Period ").
Dans le syst�me du CRA mis en place, la performance pass�e de l'employ� n'est pas prise en compte, le but �tant de fid�liser celui-ci. La banque a introduit ce syst�me de r�mun�ration pour anticiper l'adoption de diverses r�gles alors discut�es par la FINMA.
Le 21 janvier 2009, l'employ� a accept� ce nouveau syst�me. Le bonus en actions de 501'719 fr. (" Retention ISU Award ") et le bonus en esp�ces de 848'282 fr. (CRA), calcul�s selon les donn�es 2008, lui ont �t� vers�s le 25 f�vrier 2009. L'employeuse a pr�cis� que l'ISU Award et le CRA repr�sentaient une prestation volontaire de sa part.
A.d.�Le 3 mars 2009, l'employ� a sign� un contrat de travail avec la Banque C.________, qui pr�voyait, en faveur de l'employ�, des indemnit�s sp�ciales dans l'�ventualit� d'une perte qu'il subirait " pour le bonus sur l'exercice 2008 ".
Par lettre recommand�e du 4 mars 2009, l'employ� a annonc� sa d�mission avec effet au 30 juin 2009. La banque l'a lib�r� de son obligation de travailler depuis le 10 mars 2009.
L'employ� a �t� avis� que son CRA �tait soumis � un remboursement partiel, le " Clawback Event " �tant survenu au jour de la fin du rapport de travail, soit le 30 juin 2009. L'employ� n'ayant effectu� qu'un peu plus de cinq mois de travail � compter du 21 janvier 2009, le montant � restituer s'�levait � 636'210 fr.95, comme si le d�part de l'employ� �tait intervenu 18 mois avant l'�ch�ance du d�lai de 24 mois. La banque a interpell� l'employ� � plusieurs reprises pour obtenir le remboursement de son CRA; faute d'ex�cution de la part de celui-ci, elle a exerc� la compensation � due concurrence par le d�bit du compte de l'employ� ouvert aupr�s d'elle.
En 2009, l'employ� a donc per�u effectivement un salaire de 150'000 fr. (pour six mois) et un bonus en esp�ces de 212'071 fr. 05.
B.a.�Le 15 juin 2010, l'employ� (ci-apr�s �galement: le demandeur) a ouvert action, aupr�s de la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, contre A.A.________ Group SA, et, le 22 octobre 2010, il en a fait de m�me contre B.A.________ SA (employeuse), en prenant des conclusions identiques.
Par d�cision incidente du 3 d�cembre 2010, les deux causes ont �t� jointes.
Le 17 janvier 2011, le demandeur a d�pos� une demande unique (contenant des conclusions modifi�es) concluant, avec suite de frais et d�pens, � ce que A.A.________ Group SA soit condamn�e � lui verser, int�r�ts en sus, les montants suivants: 636'210 fr.95, 707'000 fr., 62'728 fr.90, 156'816 fr., 161'508 fr., 503'904 fr., 501'545 fr. (conclusions ch. I � VII). Il a repris les m�mes conclusions (sous ch. VIII � XIV) � l'encontre de B.A.________ SA.
Les d�fenderesses ont conclu, dans une r�ponse commune du 6 mai 2011 et avec suite de frais et d�pens, au rejet de la demande.
Par jugement du 3 d�cembre 2013, la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a condamn� la d�fenderesse B.A.________ SA � payer au demandeur les sommes de 461'483 fr.50, sous d�duction des cotisations l�gales, et de 636'210 fr.95, int�r�ts en sus (I.), arr�t� les frais de justice � 22'219 fr. pour le demandeur et � 10'768 fr.05 pour les d�fenderesses B.A.________ SA et A.A.________ Group SA, solidairement entre elles (II.) et condamn� les d�fenderesses, solidairement entre elles, � verser au demandeur le montant de 32'109 fr.60 � titre de d�pens (III.).
B.b.�Par arr�t du 28 juillet 2014, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a partiellement admis l'appel interjet� par les d�fenderesses et r�form� le jugement de premi�re instance en ce sens que B.A.________ SA doit payer au demandeur la somme de 249'999 fr., int�r�ts en sus (ad ch. I.), les d�pens de premi�re instance �tant compens�s (ad ch. III.). La cour cantonale a mis les frais judiciaires de deuxi�me instance, arr�t�s � 11'976 fr., � la charge des appelantes, solidairement entre elles, et condamn� l'employ� � verser � celles-ci, solidairement entre elles, la somme de 11'317 fr. � titre de d�pens et de restitution partielle d'avance de frais de deuxi�me instance.
B.A.________ SA et A.A.________ Group SA exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal du 28 juillet 2014. Elles concluent � sa r�forme en ce sens que l'ensemble des conclusions de l'employ� soient rejet�es, que celui-ci soit condamn� � verser � B.A.________ SA et � A.A.________ Group SA les d�pens de premi�re instance (y compris le remboursement des frais judiciaires), soit un montant total de 57'768 fr.05, que l'employ� soit condamn� � payer les frais judiciaires de deuxi�me instance (11'976 fr.) et � verser � B.A.________ SA et � A.A.________ Group SA, solidairement entre elles, la somme de 16'976 fr. � titre de d�pens et de restitution totale d'avance de frais de deuxi�me instance. Subsidiairement, les recourantes concluent � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale.
L'employ� intim� conclut, avec d�pens, au rejet du recours, subsidiairement � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision.
Les recourantes ont d�pos� des observations.
1.1.�On peut d'embl�e observer que A.A.________ Group SA n'entendait pas recourir contre l'arr�t cantonal, mais simplement demeurer partie � la proc�dure pour pouvoir, le cas �ch�ant, b�n�ficier des effets, s'agissant des frais et d�pens des instances cantonales, d'une r�forme de la d�cision en faveur de B.A.________ SA. Il s'agit donc uniquement d'examiner le recours en mati�re civile en tant qu'il est interjet� par B.A.________ SA (ci-apr�s: l'employeuse ou la banque).
1.2.�D�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par la d�fenderesse qui a succomb� partiellement dans ses conclusions lib�ratoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu sur recours par le tribunal sup�rieur du canton (art. 75 LTF) dans une contestation en mati�re de droit du travail dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 15'000 fr. (art. 72 al. 1 et 74 al. 1 let. a LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353 consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
1.4.�Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit (art. 106 al. 1 LTF) � l'�tat de fait constat� dans l'arr�t cantonal. Cela ne signifie pas que le Tribunal f�d�ral examine, comme le ferait un juge de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser. Compte tenu de l'obligation de motiver impos�e par l'art. 42 al. 2 LTF, il ne traite que les questions qui sont soulev�es devant lui par les parties, � moins que la violation ne soit manifeste (ATF 140 III 86 consid. 2; 133 III 545 consid. 2.2).
2.1.�La Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a retenu que A.A.________ Group SA n'avait pas la l�gitimation passive et elle a rejet� les conclusions prises par le demandeur � son encontre.
Quant aux pr�tentions visant B.A.________ SA, elle a estim� qu'un salaire de base de 277'500 fr. (moyenne du salaire annuel fixe de l'employ� entre 2004 et 2008) n'�tait pas un salaire particuli�rement �lev� qui repr�senterait un multiple du salaire moyen (cf. ATF 139 III 155 consid. 5.3 p. 159). Elle en a inf�r� que le crit�re de l'accessori�t� conservait toute sa pertinence, que la part du bonus vers�e en esp�ces ne pouvait �tre consid�r�e comme accessoire par rapport au salaire fixe et qu'elle constituait par cons�quent (en totalit�) un �l�ment variable du salaire, d� en vertu de l'art. 322a al. 1 CO, la renonciation par l'employ� � cette part salariale �tant nulle conform�ment � l'art. 341 al. 1 CO.
En rapport avec les donn�es de l'ann�e 2008, la cour civile a consid�r� que le demandeur �tait titulaire d'une cr�ance de 848'282 fr.; comme il a re�u � ce titre en 2009 un montant de 212'071 fr.05, il �tait fond� � obtenir le remboursement de 636'210 fr.95.
Pour �tablir les donn�es de l'ann�e 2009, la cour cantonale s'est fond�e sur la moyenne des montants accord�s entre 2004 et 2008, et elle a fix� le bonus - d� � l'employ�
prorata temporis�- � 461'483 fr.50.
2.2.�La Cour d'appel civile, apr�s avoir rappel� le contenu de l'ATF 139 III 155, consid�re qu'au-del� d'un revenu de 500'000 fr., il convient de faire pr�valoir la libert� contractuelle et la libert� de l'employeur d'accorder des gratifications sans risquer une requalification en salaire. Elle pr�cise �galement que le bonus en esp�ces de 848'282 fr. ne doit �tre requalifi� en salaire que dans la mesure n�cessaire � assurer le respect du principe de l'accessori�t�, soit pour la part jusqu'� 500'000 fr.
Sur la base des donn�es r�colt�es en 2008, le salaire de base de l'employ� se montant � 300'000 fr., la requalification du bonus (848'282 fr.) ne doit donc intervenir, selon la cour cantonale, qu'� concurrence de 200'000 fr.; le solde de 648'282 fr. constitue ainsi une gratification, susceptible de remboursement selon l'accord des parties. Le d�part du demandeur �tant intervenu 18 mois avant l'�ch�ance du d�lai de 24 mois, le montant � rembourser par l'employ� est ainsi fix� � 486'211 fr (648'282 : 24 x 18). La banque ayant d�j� r�cup�r� la somme de 636'210 fr.95, elle est tenue de r�troc�der � l'employ� le montant de 149'999 fr. 45 (636'210 fr.95 - 486'211 fr. 50).
Sur la base des donn�es de l'ann�e 2009, la Cour d'appel civile consid�re �galement que la part du bonus qui doit �tre requalifi�e en salaire doit �tre vers�e � l'employ�. Elle nie toutefois que l'existence et la quotit� de ce bonus puissent �tre �tablies en se r�f�rant � la moyenne des montants accord�s � l'employ� sur les cinq ann�es pr�c�dentes. Elle retient plut�t que, aucun �l�ment ne laissant croire qu'en 2009 les donn�es permettant de calculer le bonus auraient �t� inf�rieures � celles relatives � 2008 (caract�ris� par des r�sultats particuli�rement mauvais de la banque et consid�r� comme " r�duit au maximum " par un t�moin), on peut retenir, en application de l'art. 42 al. 2 CO, que le bonus calcul� sur la base des donn�es 2009 aurait �t� semblable � celui calcul� sur la base des donn�es 2008, soit de 848'282 fr. La cour cantonale estime alors (pour autant que l'on ait bien saisi son raisonnement) que le bonus aurait �t�,�
prorata temporis�(6/12), de l'ordre de 424'000 fr., montant qui doit �tre requalifi� en salaire � concurrence de 200'000 fr. (cf. supra). Le contrat de travail �tant arriv� � �ch�ance � la fin du mois de juin 2009, l'employ� serait alors fond� � recevoir, pour le bonus calcul� sur la base des chiffres 2009, un montant de 100'000 fr. (6/12 x 200'000 fr.) au titre de bonus requalifi� en salaire (arr�t entrepris consid. 6c p. 23).
En rapport avec 2008 et 2009 (bases de calcul), B.A.________ SA a �t� condamn�e � verser � l'employ� le montant total de 249'999 fr.45 (149'999 fr.45 + 100'000 fr.), int�r�ts en sus, et les frais judiciaires de deuxi�me instance ont �t� mis solidairement � la charge des d�fenderesses.
Les parties sont en litige au sujet du syst�me d'int�ressement appel� " Cash Retention Award " (CRA) r�glementant la partie en esp�ces du bonus destin� � l'employ�. Ce dernier estime que le bonus doit �tre consid�r� comme une part salariale, qu'il lui est d� pour l'exercice 2008 (plus pr�cis�ment, il s'agit du bonus calcul� sur la base de donn�es 2008 mais pay� l'ann�e suivante) et que la banque ne pouvait en " r�cup�rer " une partie, et qu'il lui est �galement d� pour la premi�re partie de l'exercice 2009 (plus pr�cis�ment il s'agit du bonus calcul� sur la base de donn�es 2009 qui aurait �t� pay� l'ann�e suivante). La banque, elle, soutient qu'il s'agit d'une gratification et que, m�me si elle avait d�j� vers� � l'employ� au d�but 2009 l'entier du bonus relatif � l'exercice 2008, elle a, sur la base de la convention contenant une clause de " Clawback ", l�gitimement (soit sans contrevenir aux r�gles r�gissant le salaire) obtenu la restitution d'une partie d�termin�e de ce bonus; elle soutient qu'elle ne doit aucun bonus en relation avec la premi�re partie de l'exercice 2009.
4.1.�Le droit suisse ne contient aucune disposition qui d�finisse et traite de fa�on sp�cifique du bonus. D�terminer s'il s'agit d'un �l�ment du salaire (art. 322 s. CO) ou d'une gratification (art. 322d CO) rev�t une grande importance, d�s lors que le r�gime de la gratification est beaucoup plus flexible pour l'employeur que celui applicable aux �l�ments du salaire (cf. arr�t 4C.426/2005 du 28 f�vrier 2006 consid. 5.1 et les arr�ts cit�s).
Pour qualifier un bonus dans un cas d'esp�ce, il faut interpr�ter les manifestations de volont� des parties (cf. art. 1 CO).
4.2.�Il s'agit tout d'abord d'�tablir si le bonus est d�termin� (respectivement d�terminable) ou ind�termin� (respectivement ind�terminable).
4.2.1.�Si le bonus est d�termin� ou objectivement d�terminable (ce qui est le cas lorsque la r�mun�ration ne d�pend plus de l'appr�ciation de l'employeur), l'employ� dispose d'une pr�tention � ce bonus (cf. REHBINDER/ST�CKLI, Berner Kommentar, 2010, no 1 ad art. 322d CO; en lien avec l'art. 1 CO: KRAMER/PROBST, Bundesgerichtspraxis zum Allgemeinen Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, 2003, p. 28 et les r�f�rences cit�es). Dans cette hypoth�se, l'employeur doit tenir son engagement consistant � verser � l'employ� la r�mun�ration convenue (�l�ment essentiel du contrat de travail) et le bonus doit �tre consid�r� comme un �l�ment (variable) du salaire (ATF 139 III 155 consid. 3.1 et 3.3).
4.2.2.�Si le bonus n'est pas d�termin� ou objectivement d�terminable, l'employ� ne dispose en r�gle g�n�rale d'aucune pr�tention: la r�mun�ration d�pend du bon vouloir de l'employeur et le bonus est qualifi� de gratification.
Tel est le cas lorsque la quotit� du bonus n'est pas fix�e � l'avance, mais d�pend pour l'essentiel de la marge de manoeuvre de l'employeur (cf. ATF 139 III 155 consid. 3.1 et 3.3 p. 156 s.).
4.3.�Dans cette derni�re hypoth�se, soit lorsque le bonus n'est pas d�termin� ou objectivement d�terminable, la jurisprudence a op�r� des distinctions en fonction de l'importance du revenu de l'employ� (par quoi il faut entendre la r�mun�ration totale per�ue de l'employeur durant l'ann�e; cf. consid. 5.3.1 ci-apr�s).
4.3.1.�En cas de revenus moyens et sup�rieurs, le Tribunal f�d�ral a estim� qu'un bonus tr�s �lev� en comparaison du salaire annuel, �quivalent ou m�me sup�rieur � ce dernier, et vers� r�guli�rement, doit �tre, par exception, consid�r� comme un salaire variable m�me si l'employeur en r�servait le caract�re facultatif. La gratification (art. 322d CO) doit en effet rester accessoire par rapport au salaire (art. 322 s. CO); elle ne peut avoir qu'une importance secondaire dans la r�tribution du travailleur.
En cas de revenus modestes, un bonus proportionnellement moins �lev� peut d�j� avoir le caract�re d'un salaire variable (sur l'ensemble de la question: ATF 131 III 615 consid. 5.2 p. 621; 129 III 276 consid. 2.1 p. 279 s.).
4.3.2.�En revanche, lorsque l'employ� per�oit un tr�s haut revenu, il n'y a pas lieu d'admettre une exception: le bonus reste toujours une gratification.
A cet �gard, le Tribunal f�d�ral a r�cemment indiqu� que, d�s l'instant o� le revenu atteint un chiffre d�passant substantiellement le montant n�cessaire � la couverture des frais d'entretien de l'employ�, l'accessori�t� ne constitue pas un crit�re d�terminant pour d�cider du caract�re salarial d'une r�tribution sp�ciale. En effet, lorsque le revenu convenu d�passe largement celui n�cessaire � un train de vie appropri� et qu'il repr�sente en outre un multiple du salaire moyen, une restriction de la libert� contractuelle des parties ne saurait se justifier par un besoin de protection du travailleur (ATF 139 III 155 consid. 5.3 p. 159 et les arr�ts 4A_721/2012 du 16 mai 2013 consid. 2.2, 4A_447/2012 du 17 mai 2013 consid. 2.2 r�sum� in JdT 2014 II 305, et 4A_216/2013 du 29 juillet 2013 consid. 5.3 publi� in JdT 2014 II 307).
La jurisprudence a ainsi renonc� � l'application du crit�re de l'accessori�t� en mati�re de tr�s hauts revenus, comme le souhaitaient de nombreux auteurs (parmi d'autres: R�MY WYLER, Droit du travail, 2e �d. 2008, p. 168 s. cit� dans l'arr�t 4A_511/2008 du 3 f�vrier 2009 consid. 4.3.2.2; WOLFGANG PORTMANN, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 5e �d. 2011, no 19 ad art. 322d CO et les auteurs cit�s). Cette jurisprudence a �t�, sur le principe, largement salu�e par la doctrine (WYLER/HEINZER, Droit du travail, 3e �d. 2014, p. 163 s.; ROGER P. MORF, Akzessoriet�t von Gratifikationen: Die j�ngsten Entscheide des Bundesgerichts, Jusletter du 9 septembre 2013, ch. I.4; ANDREAS LIENHARD, Akzessoriet�t einer Gratifikation, Kommentar, ius.focus 5/2013 p. 9; SVENSSON/MEYER, Spitzenboni, L'Expert-comptable suisse 2014 p. 217; cf. RICHA/RAEDLER, Le caract�re accessoire du bonus, GesKR 2013 p. 415; critiques: GABUS/ROHMER, Bonus et hauts salaires: libert� contractuelle ou protection du travailleur?, SJ 2014 II p. 245 s.).
Il s'impose d'examiner d�sormais ce que l'on entend par tr�s haut revenu.
5.1.�Pour la cour cantonale, ce montant doit �tre fix� � 500'000 fr. La banque recourante estime que le seuil correspond � un montant de 300'000 fr., �ventuellement (et au plus) de 367'080 fr. (soit cinq fois le salaire m�dian suisse [secteur priv�] pour l'ann�e 2012). L'employ� intim� consid�re, quant � lui, que l'exclusion du principe de l'accessori�t� ne peut �tre envisag�e qu'� partir d'un montant de l'ordre de 2'000'000 fr.
5.2.�En jurisprudence et en doctrine, diff�rents montants ou modes de calcul ont �t� propos�s.
5.2.1.�Dans son arr�t du 26 f�vrier 2013 (ATF 139 III 155), le Tribunal f�d�ral, contrairement � ce que pense l'intim�, n'a pas tranch� la question. Il s'est limit� � constater que, dans les circonstances de l'esp�ce, la r�mun�ration (salaire de base et partie du bonus vers�e en esp�ces) de l'employ� s'�levait � 2'015'294 fr. et il a d'embl�e jug� qu'en pr�sence d'un tel chiffre (correspondant, selon les parties, � la contrepartie d'une prestation de travail � temps complet), la protection sociale accord�e au travailleur ne pouvait plus jouer aucun r�le (ATF 139 III 155 consid. 5.4 p. 159 s.).
Dans un arr�t rendu le 16 mai 2013 (4A_721/2012), le Tribunal f�d�ral s'est ralli� � l'approche du Tribunal cantonal zurichois (d�cision du 1er novembre 2012, LA120002) qui, apr�s avoir requalifi� partiellement le bonus promis � l'employ�, a arr�t� son salaire au sens strict � 425'000 fr., le solde du bonus demeurant une gratification � bien plaire accord�e � l'employ� (arr�t pr�cit� consid. 3.2). Si le Tribunal f�d�ral, en confirmant cette d�cision cantonale, a implicitement reconnu qu'un montant de 425'000 fr. atteint (ou d�passe) le seuil � partir duquel l'accessori�t� n'a plus � �tre respect�e, il n'a en revanche pas tranch� explicitement la question.
Dans son arr�t du 17 mai 2013 (4A_447/2012), le Tribunal f�d�ral n'a pas eu besoin de revenir sur cette question. Il a observ� que les parties �taient convenues d'un revenu annuel brut de 334'000 fr. (salaire de base), mais, au terme de l'interpr�tation du contrat de travail, il a observ� que, contrairement aux all�gations du travailleur, elles ne s'�taient pas mises d'accord sur un montant en sus (bonus) (arr�t pr�cit� consid. 2.3).
Quant � l'arr�t rendu le 29 juillet 2013 (4A_216/2013), s'il rappelle les crit�res fix�s � l'ATF 139 III 155, il ne contient aucun d�veloppement � ce sujet, le salaire de l'employ� n'atteignant pas en l'esp�ce un ordre de grandeur n�cessitant de d�battre de cette question (arr�t pr�cit� consid. 5.3).
5.2.2.�Les tribunaux cantonaux ont �galement eu l'occasion de se prononcer sur cette question.
Dans une d�cision du 11 f�vrier 2008 (ant�rieure � l'ATF 139 III 155), publi�e in JAR 2009 p. 569, le Tribunal cantonal de St-Gall, bien qu'affirmant ne pas remettre en question l'application g�n�rale du crit�re de l'accessori�t�, a implicitement retenu que celui-ci n'�tait pas applicable � partir d'un seuil de 330'600 fr. (sur le constat: STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, Arbeitsvertrag, 7e �d. 2012, no 4 ad art. 322d CO p. 339).
Dans le canton de Zurich, l'Obergericht, dans une d�cision du 17 septembre 2013, a consid�r� qu'un salaire annuel de 335'000 fr. exc�dait de plusieurs fois le salaire moyen et d�passait largement le revenu n�cessaire pour assurer un train de vie convenable, ce salaire d�passant substantiellement le montant n�cessaire � la couverture des frais d'entretien du travailleur; aucun bonus n'a �t� allou� � l'employ� (cause NP120018).
Le 6 f�vrier 2014, la m�me autorit� judiciaire a jug� qu'un salaire fixe de 710'040 fr. d�passait substantiellement le montant n�cessaire � la couverture des frais d'entretien de l'employ� concern� (cause LA130003).
Le Tribunal cantonal de Zoug, dans un arr�t du 11 ao�t 2014, a jug� qu'un montant (salaire fixe et bonus) de 254'700 fr. (pour l'ann�e 2006), respectivement de 306'200 fr. (pour 2007), �tait un multiple du salaire moyen et permettait largement de couvrir les co�ts g�n�r�s par un train de vie appropri�, de sorte que l'accessori�t� ne constituait plus un crit�re d�terminant (cause A2 2012 3).
5.2.3.�Quant � la doctrine, elle propose divers montants dans une large fourchette comprise entre 280'000 fr. et 2'000'000 fr.
S'agissant du montant de 2'000'000 fr., un auteur estime, � la lecture de l'ATF 139 III 155, qu'il doit �tre consid�r� comme une ligne directrice; il n'exclut toutefois pas qu'un chiffre plus modeste puisse �tre fix� comme limite (MORF, op. cit. Akzessoriet�t, ch. I.4), ce qu'il avait d'ailleurs affirm� quelques ann�es auparavant, en consid�rant qu'un montant de 400'000 fr. constituait le seuil ad�quat (ROGER P. MORF, Lohn und besondere Verg�tungsformen im privatrechtlichen Arbeitsverh�ltnis, 2011, p. 326).
Un autre auteur semble fixer, dans un premier temps, cette limite � 300'000 fr., puis, il d�signe une valeur seuil plus �lev�e, soit le montant de 410'000 fr. correspondant (� l'�poque) au revenu d'un Conseiller f�d�ral (CONRADIN CRAMER, Der Bonus im Arbeitsvertrag, 2007, p. 110 et 112). D'autres mentionnent �galement ce dernier crit�re, sans toutefois prendre position (STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, op. cit., no 4 ad art. 322d CO p. 339; cf. aussi arr�t attaqu� consid. 3d p. 17).
Plusieurs auteurs professent qu'il convient de se fonder sur le salaire m�dian suisse. Partant de cette pr�misse, certains, pour �tre " en ligne avec la jurisprudence du Tribunal f�d�ral " (cf. arr�t 4A_721/2012 d�j� cit�) et tenir " compte du niveau de vie en Suisse ", consid�rent que le seuil de r�f�rence correspond � l'heure actuelle � un salaire de 500'000 fr. (RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 414). D'autres estiment qu'il convient de se baser sur un multiple du salaire m�dian suisse, soit, pour certains, cinq fois ce salaire (WYLER/HEINZER, op. cit., p. 165) et, pour un autre auteur, dix fois, soit un montant qu'il fixe � 720'000 fr. (AUR�LIEN WITZIG, La modification du rapport de travail, 2014, p. 62 s.). D'aucuns, enfin, donnent la pr�f�rence au salaire m�dian de la cat�gorie des " top managers ", soit 280'000 fr. en 2012 (VON DER CRONE/BRUGGER, Sal�rgovernance, RSDA 3/2014, p. 244).
La doctrine est donc partag�e s'agissant du montant � fixer en tant que limite au principe de l'accessori�t�. On y distingue toutefois deux tendances (non exclusives). La premi�re consiste � situer le seuil entre 280'000 fr. et 500'000 fr., les montants sup�rieurs auxquels font r�f�rence deux auteurs consistant en des positions plus isol�es. La deuxi�me tendance vise le mode de calcul pour fixer ce montant; plusieurs auteurs adoptent une position commune consistant � se fonder sur le salaire m�dian suisse.
5.3.1.�Pour fixer le seuil du tr�s haut revenu, il y a lieu de pr�ciser tout d'abord qu'il faut tenir compte de la totalit� de la r�mun�ration per�ue par l'employ� au cours d'une ann�e donn�e, � savoir le salaire de base et le bonus vers� et calcul� sur la base des donn�es de l'exercice pr�c�dent. En effet et en l'esp�ce, c'est la r�mun�ration effectivement re�ue au cours de l'ann�e 2009, soit le salaire de base de l'ann�e 2009 et le bonus vers� en 2009 sur la base des donn�es de l'ann�e 2008, qui est d�terminante pour d�cider s'il y a lieu de requalifier ce bonus de salaire sur la base du crit�re de l'accessori�t�; c'est � tort que la cour cantonale en a d�cid� diff�remment, en prenant en compte le salaire de base de l'ann�e 2008 et le bonus vers� sur la base des donn�es de l'ann�e 2008.
Si cette r�mun�ration totale d�passe le seuil du tr�s haut revenu, il n'y a pas lieu de qualifier le bonus de salaire, le crit�re de l'accessori�t� n'�tant pas applicable (cf. arr�t 4A_447/2012 d�j� cit� consid. 2.2; WYLER/HEINZER, op. cit., p. 164).
En revanche, si la r�mun�ration totale de l'employ� n'atteint pas ce seuil, le crit�re de l'accessori�t� s'applique et, sur cette base, une requalification (partielle ou totale) du bonus doit intervenir (nullit� partielle; cf. RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 415; GABRIEL AUBERT, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2e �d. 2012, no 16 ad art. 322d CO; WYLER/HEINZER, op. cit., p. 164; PORTMANN, op. cit., no 19 ad art. 322d CO; ROGER RUDOLPH, Focus: D�veloppements r�cents en mati�re de bonus en droit du travail, TREX 2/2011, ch. 2.2.3).
5.3.2.�Dans l'ATF 139 III 155, ainsi que dans les trois arr�ts ult�rieurs qui s'y r�f�rent, la Cour de c�ans a d�j� eu l'occasion d'indiquer que le seuil � partir duquel le principe de l'accessori�t� n'est plus applicable doit repr�senter un multiple du " salaire moyen " (cf. supra consid. 4.3.2). Cela �tant, il n'y a donc pas lieu de fixer un montant d�termin� (fixe). Dans la ligne d�j� esquiss�e par la jurisprudence, il faut d�terminer le facteur (ou multiple) par lequel le " salaire moyen " doit �tre multipli�.
Ce proc�d�, qui correspond � une tendance observ�e en doctrine (cf. supra consid. 5.2.3), pr�sente l'avantage de demeurer valable ind�pendamment des modifications salariales d'ann�e en ann�e, l'�volution de la valeur seuil �tant fonction de celle du " salaire moyen ".
Toutefois, comme le rel�ve la doctrine, la notion de " salaire moyen " n'est pas la plus adapt�e car elle est susceptible d'�tre influenc�e par des valeurs extr�mes. Il convient donc de lui pr�f�rer celle de " salaire m�dian ", soit la valeur qui divise l'ensemble consid�r� en deux groupes de taille �gale, une moiti� des postes de travail recevant un salaire y �tant inf�rieur et l'autre moiti� un salaire sup�rieur (RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 414 et la r�f�rence; WYLER/HEINZER, op. cit., p. 165; le m�me auteur, Chronique Droit du travail, Commentaire, JdT 2014 II p. 307; WITZIG, op. cit., p. 62).
5.3.3.�Il faut encore d�terminer le facteur par lequel le salaire m�dian doit �tre multipli�.
Un facteur de " cinq " est ad�quat (cf. WYLER/HEINZER, op. cit., p. 165). Le montant qui en r�sulte (environ 350'000 fr., cf. infra consid. 6.1) est dans l'ordre de grandeur des montants d�j� arr�t�s dans les pratiques cantonales, et il entre dans la fourchette qui comprend les propositions d�j� faites par une large part de la doctrine. Il s'int�gre en outre de mani�re ad�quate dans la ligne d�j� trac�e par la jurisprudence, en particulier dans l'arr�t 4A_721/2012 pr�cit� (o� il a �t� implicitement admis qu'un montant de 425'000 fr. de salaire excluait toute application du principe de l'accessori�t�).
Un facteur plus important (comme celui de " dix " propos� par WITZIG, op. cit., p. 62) serait en ce sens disproportionn�. Il aurait au demeurant pour effet de soumettre un montant cons�quent aux r�gles aff�rentes au salaire, ce qui r�duirait la marge de manoeuvre de l'employeur et l'emp�cherait de diff�rer, pour le montant en question, le versement de la r�mun�ration. Cela irait � contre-sens de la tendance actuelle qui, en lien avec l'instrument de la gratification, vise � pr�voir des " r�mun�rations diff�r�es [liant] la r�mun�ration � l'�volution future du succ�s et des risques " (cf. la circulaire de la FINMA sur la r�mun�ration [Circ.-FINMA 10/1], Principe no 7; sur l'ensemble de la question: BENO�T CHAPPUIS, Bonus des dirigeants: la jurisprudence du Tribunal f�d�ral � l'�preuve des r�gles de la FINMA, in La pratique contractuelle 2, Pichonnaz/Werro [�d.], 2011, p. 100 ss; cf. �galement: EHRENSTR�M/OLOFSSON, La libert� du salaire et ses (nouvelles) limites, Jusletter du 12 mars 2012 ch. 34).
5.3.4.�Le crit�re de " cinq fois le salaire m�dian " est ainsi un crit�re essentiellement objectif. Il est en ad�quation avec les motifs de l'ATF 139 III 155. Selon ce pr�c�dent, il s'agit de temp�rer, en cas de r�mun�ration tr�s �lev�e, la n�cessit� sociale de protection du travailleur et le besoin de limiter dans ce cadre la libert� contractuelle des parties (cf. ATF 139 III 155 consid. 5.3 p. 159; cf. THOMAS GEISER, �bersicht �ber die arbeitsrechtliche Rechtsprechung des Bundesgerichts, in St.Galler Tagung zum Arbeitsrecht 2013, ch. 1.8 et les auteurs cit�s � la note 10). Dans ce cadre, le crit�re permettant de fixer le seuil de la " r�mun�ration tr�s �lev�e " est n�cessairement une notion g�n�rale qui ne tient pas forc�ment compte des particularit�s de la situation concr�te de l'employ�. On ne peut en effet raisonnablement concevoir une pratique qui temp�rerait la n�cessit� sociale de la protection du travailleur en fonction des circonstances particuli�res de l'esp�ce. Cela reviendrait � prot�ger le travailleur dispendieux qui m�ne un train de vie �lev� et non celui qui, � salaire �gal, se contente de moins (sur le constat: RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 413).
Seul un crit�re essentiellement objectif permet de mettre en oeuvre les r�gles g�n�rales consacr�es � l'ATF 139 III 155, tout en permettant de r�pondre aux besoins de pr�visibilit� et de s�curit� juridique que la pratique appelle r�guli�rement de ses voeux (RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 415; WYLER/HEINZER, op. cit., p. 165; sur l'ins�curit� juridique en lien avec les tr�s hautes r�mun�rations cf. GROSS/ZUBER/MAYHALL, op. cit., p. 183 s.).
C'est dans cette optique que le salaire m�dian s'entend tous domaines �conomiques confondus (dans le secteur priv�), et non selon la branche d'activit� concern�e (cf. RICHA/RAEDLER, op. cit., p. 414; citant ces deux auteurs: WYLER/HEINZER, op. cit., p. 165, qui fait r�f�rence au " salaire m�dian suisse "; en ce sens: WITZIG, op. cit., p. 62; d'un autre avis: VON DER CRONE/BRUGGER, op. cit., p. 244, qui donnent la pr�f�rence au salaire m�dian des top managers).
5.4.�En conclusion, lorsque la r�mun�ration totale de l'employ� �quivaut ou d�passe cinq fois le salaire m�dian suisse (secteur priv�), son salaire doit �tre qualifi� de tr�s haut, de sorte que son bonus est une gratification, laquelle demeure au bon vouloir de l'employeur.
5.5.�Les critiques de l'employ� intim�, par lesquelles il propose la confirmation du dispositif cantonal par substitution de motifs, ne sont pas propres � remettre en question les consid�rations qui pr�c�dent (cf. infra).
5.5.1.�L'employ� admet que le principe de l'accessori�t� peut �tre exclu de mani�re g�n�rale, " et abstraction faite du cas d'esp�ce ", lorsque, comme cela �tait le cas � l'ATF 139 III 155, le salaire d'un travailleur d�passe deux millions de francs. Il soutient par contre que la fixation d'un seuil inf�rieur (comme celui correspondant au salaire m�dian multipli� par cinq, ou m�me le seuil de 500'000 fr. fix� par la cour cantonale), qui ferait fi de la situation concr�te du travailleur (notamment de ses co�ts concrets d'entretien), serait arbitraire et susceptible de conduire � des in�galit�s de traitement. Il insiste en particulier sur le fait qu'il " est inconcevable que les notions de 'train de vie appropri�' et de 'co�ts d'entretien' puissent avoir indiff�remment la m�me port�e pour tous les travailleurs ", soit aussi bien pour un jeune travailleur c�libataire (sous-entendu: dont les co�ts d'entretien sont moindres) que pour lui, p�re de famille et fid�le � la m�me entreprise durant plus de vingt ans, qui a adapt� son train de vie en fonction d'une r�mun�ration annuelle oscillant entre 1'400'000 fr. et 2'000'000 fr. Selon lui, ni son salaire fixe ni " le montant arbitrairement arr�t� � 500'000 fr. par la Cour d'appel civile ne lui permettraient de maintenir son train de vie et d'assurer ses co�ts d'entretien ".
L'existence de co�ts d'entretien diff�rents entre les employ�s (notamment entre un jeune travailleur et un employ� exp�riment� ayant adapt� son train de vie) tombe sous le sens; toutefois, on ne voit pas en quoi le fait de fixer une valeur limite - qui repose sur des crit�res essentiellement objectifs - au-del� de laquelle le crit�re de l'accessori�t� n'est plus applicable serait, comme le soutient l'intim�, " arbitraire "; dans ce contexte, il n'appartient en outre pas au droit du travail de corriger les pr�tendues " in�galit�s de traitement " �voqu�es par le travailleur.
Il faut rappeler ici que, pour les " revenus tr�s �lev�s ", l'employ� ne saurait se pr�valoir d'un besoin de protection pour justifier une restriction � la libert� contractuelle (cf. supra consid. 4.3.2) et il lui appartient donc, avant de changer d'activit� professionnelle (comme c'est le cas en l'occurrence), d'effectuer une pes�e d'int�r�ts � cet �gard et, ensuite, de faire son choix en toute connaissance de cause, soit de changer de travail (avec le risque de ne pas recevoir sa gratification), soit de rester � son poste (pour b�n�ficier de sa prime) (cf. en droit allemand: ULRICH PREIS, in Erfurter Kommentar zum Arbeitsrecht, 15e �d. 2015, no 534c ad � 611 BGB 230). Il faut d'ailleurs encore noter dans ce contexte que l'employ� a pu n�gocier, en partie du moins, l'�ventualit� d'une perte subie " pour le bonus sur l'exercice 2008 " avec son futur employeur.
5.5.2.�Dans le pan de son argumentation relatif � la protection de la bonne foi et aux garanties de proc�dure (droit d'�tre entendu), l'employ� intim� soutient que, pour retenir un seuil limite inf�rieur ou �gal � 500'000 fr., il faut n�cessairement tenir compte de la situation personnelle du travailleur. Il estime que la cour cantonale ne pouvait donc appliquer le seuil de 500'000 fr. sans en aviser les parties, afin de donner la possibilit� � celles-ci, le cas �ch�ant, d'all�guer de nouveaux faits et de fournir de nouvelles preuves portant sur le train de vie et les co�ts d'entretien.
La conclusion est irrecevable. En effet, il ne s'agit pas ici simplement d'examiner une s�rie de griefs soulev�s par l'intim�, � titre �ventuel, contre la d�cision attaqu�e, pour le cas o� les arguments de la recourante seraient suivis (cf. ATF 136 III 502 consid. 6.2 p. 503; 134 III 332 consid. 2.3 p. 334). Les moyens invoqu�s visent � obtenir une conclusion � son avantage, soit � renvoyer la cause � l'autorit� cantonale pour qu'elle entreprenne l'examen qu'il requiert (cf. la conclusion subsidiaire de l'intim�), ce qui n'est pas admissible. Dans ce cas de figure, l'intim� n'avait pas d'autre solution pour faire valoir ce grief que d'interjeter �galement, dans le d�lai de l'art. 100 al. 1 LTF, un recours (cf.�
mutatis mutandis�: ATF 86 I 224).
5.5.3.�L'employ� fait �galement valoir l'argument selon lequel la confirmation de l'arr�t cantonal, ou sa r�forme dans le sens voulu par la recourante, serait une modification ou, � tout le moins une clarification de la jurisprudence f�d�rale, qui implique que les parties soient averties et qu'elles puissent all�guer de nouveaux faits et apporter les preuves correspondantes.
Cette critique, m�me � consid�rer qu'elle aurait une port�e distincte de celle examin�e dans le consid�rant qui pr�c�de (cf. consid. 5.5.2), est sans consistance.
En d�terminant la valeur limite au-del� de laquelle le principe de l'accessori�t� est inapplicable, la Cour de c�ans - principalement en concr�tisant cette valeur qui repose sur un crit�re g�n�ral d�j� fix� � l'ATF 139 III 155 - ne fait que pr�ciser sa jurisprudence. Cette pr�cision s'applique imm�diatement aux affaires pendantes au moment o� elle est adopt�e (cf. arr�t 9C_282/2013 du 31 ao�t 2013 consid. 4.3; ATF 135 II 78 consid. 3.2 p. 85). En l'esp�ce, il ne s'agit pas d'une modification qui n�cessiterait que les parties en soient averties (cf. ATF 135 II 78 consid. 3.2 p. 85).
Il convient maintenant de d�terminer, sur la base des principes d�velopp�s plus haut (cf. supra consid. 4 et 5), si le demandeur peut r�clamer un bonus suppl�mentaire � celui qu'il a d�j� effectivement re�u en 2009 (bonus calcul� sur la base des donn�es de l'exercice 2008).
6.1.�Le 4 mars 2009, l'employ� a annonc� sa d�mission, avec effet au 30 juin 2009. S'il a �t� lib�r� de son obligation de travailler depuis le 10 mars 2009, la relation contractuelle entre les parties n'en a pas moins dur� six mois en 2009.
Durant cette p�riode, l'employ� a re�u, au titre de salaire, le montant de 150'000 fr. (compl�tement d'office selon l'art. 105 al. 2 LTF). Apr�s avoir re�u le montant de 848'282 fr. de CRA, " r�cup�r� " par la banque � hauteur de 636'210 fr.95, il a en d�finitive touch� le montant de 212'071 fr.05, qui a �t� calcul� sur la base des donn�es 2008 et en fonction des modalit�s de remboursement pr�vues par les parties dans la convention de restitution et qui correspond (� 55 centimes pr�s) au 6/24 du montant total du bonus (848'282 fr.).
En 2009, l'employ� a donc per�u la somme totale de 362'071 fr.05 (150'000 fr. + 212'071 fr.05) pour une relation contractuelle d'une dur�e de six mois.
Pour l'ann�e 2009 (ann�e impaire), il n'existe pas de donn�es statistiques sur le salaire m�dian suisse (secteur priv�). Celui-ci peut toutefois �tre d�termin� en partant des statistiques �tablies pour l'ann�e 2008 (ann�e paire). Il r�sulte des donn�es mises � disposition sur le site internet de l'Office f�d�ral de la statistique que le salaire m�dian suisse (secteur priv�) en 2008 �tait un salaire mensuel brut de 5'781 fr. (Tableau TA1_b " Salaire mensuel brut [valeur centrale] selon les divisions �conomiques, la position professionnelle et le sexe, Secteur priv�, Suisse 2008 ", disponible sur le site www.bfs.admin.ch). Pour l'ann�e 2009, le salaire m�dian peut alors �tre �valu� sur la base de l'indice suisse des salaires nominaux 2006-2010 (Tableau T1.05 disponible sur le site www.bfs.admin.ch), � 5'900 fr. (chiffre arrondi) (5'781 fr. x 2.1/100, soit la variation en pourcent par rapport � l'ann�e 2008). Le seuil au-del� duquel on est en pr�sence d'un tr�s haut revenu est donc de 354'000 fr. (5'900 fr. x 12 x 5), pour l'ann�e enti�re, et de 177'000 fr. pour six mois.
6.2.�D�s lors que la r�mun�ration effectivement per�ue par l'employ� en 2009 (362'071 fr.05) est sup�rieure � la valeur seuil (177'000 fr.), le bonus reste une gratification.
Le moyen soulev� par la banque est fond� et c'est donc � tort que la cour cantonale a condamn� la banque � verser � l'employ� le montant de 149'999 fr.95.
En ce qui concerne le bonus r�clam� par l'employ� pour 2010 (bonus qui aurait �t� vers� en 2010, mais calcul� sur la base des donn�es de 2009), il faut d'embl�e relever que les parties n'�taient plus li�es par un contrat de travail (la relation contractuelle s'�tant achev�e � la fin du mois de juin 2009) et que l'employ� n'avait droit � aucun salaire. Partant, contrairement � ce que la cour cantonale a estim� en retenant le chiffre de 100'000 fr., il n'y a �videmment pas � " reconstituer " un salaire pour l'ann�e 2010; la question d'une requalification du bonus en salaire ne se pose donc pas.
Le grief invoqu� par la banque est fond� et la demande doit �galement �tre rejet�e sur ce point.
Le recours en mati�re civile interjet� par B.A.________ SA (la banque) doit �tre admis et le jugement attaqu� annul�. Par voie de r�forme, il convient de prononcer le rejet total de la demande de l'employ�.
S'agissant des frais et d�pens de l'instance f�d�rale, il faut rappeler que A.A.________ Group SA entendait simplement, en demeurant partie dans la proc�dure, b�n�ficier des effets, s'agissant des frais et d�pens des instances cantonales, d'une r�forme de la d�cision en faveur de B.A.________ SA. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu, dans le calcul des frais et d�pens, de tenir compte de cette partie.
L'employ� ayant succomb�, il convient de mettre les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr., � sa charge (art. 66 al. 1 LTF).
L'employ� versera au B.A.________ SA une indemnit� de 7'000 fr. � titre de d�pens (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
La cause est renvoy�e � la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens cantonaux (cf. art. 67 et 68 al. 5 LTF). La situation de A.A.________ Group SA, toujours partie � la proc�dure, devra � cet �gard �tre prise en compte.
Le recours en mati�re civile interjet� par B.A.________ SA est admis, l'arr�t attaqu� est annul� et il est r�form� en ce sens que la demande est rejet�e.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr., sont mis � la charge du demandeur.
Le demandeur versera � B.A.________ SA une indemnit� de 7'000 fr. � titre de d�pens.
La cause est renvoy�e � la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens cantonaux.