Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20011219-227932
Timestamp: 2016-12-04 08:33:58+00:00
Document Index: 310795091

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 3 ss, 19 décembre 2001, 227932
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 227932Numéro NOR : CETATEXT000008108716 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-12-19;227932 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 8 décembre 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU RHONE ; le PREFET DU RHONE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 14 novembre 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 29 septembre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Y... et la décision du même jour fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite ;
- le rapport de M. Derepas, Maître des Requêtes, - les conclusions de M. Séners, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant que Mme Y..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 9 juin 2000, de l'arrêté du 5 juin 2000 par lequel le PREFET DU RHONE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y... a eu pendant son mariage avec M. X..., résident en France, deux enfants nés en France, respectivement en 1977 et 1981 ; qu'elle est repartie avec ses enfants en Algérie en 1981, que ceux-ci sont revenus s'installer en France, la fille en 1997 et le garçon en 2000, et ont acquis la nationalité française ; que Mme Y..., qui a été répudiée par son mari en 1995, est venue avec son fils rejoindre sa fille en février 2000 ; que dans les circonstances de l'espèce, les décisions du 29 septembre 2000 ont porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces mesures ont été prises et méconnaissent, par suite, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DU RHONE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé ses décisions du 29 septembre 2000 ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DU RHONE, à Mme Meriem Y... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-06-05Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 19 décembre 2001, n° 227932Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. DerepasRapporteur public : M. SénersOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 19/12/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page