Source: http://lrc.lu/index.php/guidelines/110-guidlines-erc-2015-brc
Timestamp: 2019-05-19 17:22:12+00:00
Document Index: 273769072

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Résumé des Directives ERC 2015 (Traduction par BRC)
Le présent résumé décrit les algorithmes de traitement essentiels concernant la réanimation des adultes et des enfants ainsi que les principales modifications apportées aux Directives depuis 2010. Des recommandations détaillées sont proposées dans chacune des dix sections, apparaissant sous forme d'articles individuels dans le cadre de cette édition. Les Directives ERC 2015 comportent les sections suivantes :
Réanimation cardio-pulmonaire de base de l'adulte et défibrillation externe automatique
Réanimation cardio-pulmonaire avancée de l'adulte
Arrêt cardiaque dans des cas particuliers
Soins post-réanimation
Réanimation et aide à la transition du nouveau-né
Prise en charge initiale des syndromes coronariens aigus
Éthique en réanimation et décisions de fin de vie
Les Directives ERC 2015 détaillées ci-après ne définissent pas la seule manière dont les pratiques de réanimation doivent être menées. Elles proposent simplement un point de vue largement admis sur la manière de procéder lors d’une réanimation sûre et efficace. La publication de recommandations de traitement nouvellement élaborées et révisées ne signifie pas que les soins cliniques actuellement dispensés sont dangereux ou inefficaces.
Les Directives ERC 2015 soulignent l'importance cruciale des interactions entre l’opérateur du centre de secours 112, le témoin procédant à la RCP et l'utilisation à temps d'un DEA. Une réponse collective, à la fois coordonnée et efficace, réunissant tous ces aspects, est primordiale afin d'améliorer la survie dans le cas d'un arrêt cardiaque extra-hospitalier (Figure 1.1).
L’opérateur du centre de secours 112 joue un rôle important dans l'établissement du diagnostic rapide d'un arrêt cardiaque, la réalisation d'une RCP avec l'aide de l’opérateur du centre de secours 112 (également appelée Phone CPR), la localisation et le déploiement d'un DEA.
Le témoin formé et qualifié devrait évaluer rapidement la victime en collapsus, afin de déterminer si cette dernière est inconsciente et si elle présente une respiration anormale, pour alerter ensuite immédiatement les services d'urgence.
Si la victime ne réagit pas et ne respire pas normalement, elle est en arrêt cardiaque. Elle requiert donc une RCP. Les témoins et les opérateurs du centre de secours 112 devront suspecter un arrêt cardiaque chez les patients souffrant de convulsions. Il leur faudra alors évaluer attentivement si la victime respire normalement ou non.
Les personnes assurant la RCP devraient procéder à des compressions thoraciques sur toutes les victimes d'un arrêt cardiaque. Si ces personnes ont été formées et qu'elles sont capables de réaliser des insufflations, elles devraient combiner compressions thoraciques et insufflations. Nous ne sommes pas suffisamment sûrs de l'équivalence entre une RCP par compressions thoraciques seules et une RCP standard pour recommander la modification des pratiques actuelles.
La réalisation d'une RCP de haute qualité reste une pratique essentielle pour améliorer la survie. Les personnes assurant une RCP devraient réaliser des compressions thoraciques d'une profondeur adéquate (environ 5 cm, mais pas plus de 6 cm chez l'adulte moyen) selon une fréquence de 100-120 compressions par minute. Après chaque compression, il faut s’assurer du relâchement thoracique complet en minimisant l'interruption des compressions thoraciques. En cas d’alternance de compressions et de ventilations, il faut insuffler un volume d'air suffisant pendant environ 1 seconde pour permettre l'élévation visible de la cage thoracique. Le rapport compressions thoraciques/ventilations reste de 30/2. Ne pas interrompre les compressions thoraciques pendant plus de 10 secondes pour réaliser les insufflations.
Une défibrillation dans les 3 à 5 minutes après le collapsus permet d'obtenir des taux de survie de 50 à 70 %. Toute personne pratiquant une RCP peut procéder à une défibrillation précoce en utilisant les DEA publics et disponibles sur place. Il conviendrait de mettre activement en place des programmes d'accès public à la défibrillation dans les espaces publics très fréquentés.
La procédure de RCP de l'adulte peut être appliquée sans danger aux enfants sans réaction et ne respirant pas normalement. La profondeur des compressions thoraciques effectuées chez les enfants devra être d'au moins un tiers de l’épaisseur de la cage thoracique (4 cm chez les nourrissons, 5 cm chez les enfants).
Tout corps étranger entraînant une obstruction sévère des voies respiratoires constitue une urgence médicale qui doit être traitée immédiatement, soit en donnant des tapes dans le dos, soit, en cas d'échec de celles-ci, en pratiquant des compressions abdominales. Si la victime ne réagit plus, il conviendra de commencer immédiatement une RCP et d'appeler à l'aide.
Les Directives ERC 2015 relatives à l'ALS (Advanced Life Support) mettent l'accent sur l’amélioration des soins et sur une meilleure implémentation des directives pour améliorer le devenir des patients. Les principales modifications apportées depuis 2010 sont détaillées ci-dessous:
● L'accent reste placé sur l'utilisation de systèmes de réponse rapide pour soigner les patients dont l'état se détériore et favoriser la prévention des arrêts cardiaques intra-hospitaliers.
L'accent reste placé sur l'importance de réaliser des compressions thoraciques de haute qualité et interrompues de manière minimale au cours de toute intervention ALS : les compressions thoraciques ne sont interrompues brièvement que pour permettre des interventions spécifiques. Cela inclut par exemple de minimiser les temps d'interruption des compressions à moins de 5 secondes pour procéder à une tentative de défibrillation.
L'accent doit être maintenu sur l'utilisation d'électrodes autocollantes pour la défibrillation et sur une stratégie de défibrillation minimisant la pause précédant le choc. Cependant, nous admettons que des palettes sont toujours utilisées dans certaines situations.
Une nouvelle section a été ajoutée concernant le monitorage durant l'ALS, avec une insistance accrue sur l'utilisation de la capnographie pour confirmer et surveiller en permanence la position du tube trachéal et la qualité de la RCP et pour donner une indication rapide du retour à une circulation spontanée (RACS).
Il existe diverses approches pour la prise en charge des voies respiratoires pendant la réalisation de la RCP. Il est recommandé d'adopter une approche par étapes, fondée sur des facteurs propres au patient et sur les compétences du secouriste.
Les recommandations portant sur les traitements médicamenteux pendant la RCP n'ont pas changé mais il y a un meilleur consensus concernant leur rôle dans l'amélioration des résultats suite à un arrêt cardiaque.
Le recours systématique à des appareils mécaniques pour les compressions thoraciques n’est pas recommandé mais ceux-ci peuvent constituer une alternative raisonnable dans des situations où des compressions thoraciques manuelles de haute qualité sont irréalisables ou compromettent la sécurité de l’intervenant.
L’échographie lors d’une réanimation peut permettre d'identifier des causes réversibles d'arrêt cardiaque.
Les techniques de réanimation extracorporelles peuvent servir de traitement de secours chez certains patients pour lesquels les procédures ALS standards sont inefficaces.
Causes spécifiques
Cette section a été élaborée de manière à couvrir les causes potentiellement réversibles d'arrêt cardiaque, qu'il convient de confirmer ou d'exclure dans le cadre de toute réanimation. Elles sont classées en deux groupes de quatre, à savoir 4 H et 4 T : hypoxie, hypo-/hyperkaliémie et autres troubles électrolytiques ; hypo-/hyperthermie ; hypovolémie ; pneumothorax sous tension (tension pneumothorax) ; tamponnade (cardiaque) ; thrombose (coronaire et pulmonaire) ; toxiques (intoxication).
La survie suite à un arrêt cardiaque par asphyxie est rare et les survivants souffrent généralement de troubles neurologiques graves. Pendant la RCP, une ventilation efficace et précoce des poumons avec de l'oxygène supplémentaire est essentielle.
Un haut degré de suspicion clinique et un traitement agressif peuvent prévenir la survenue d'un arrêt cardiaque lié à des anomalies des électrolytes. Le nouvel algorithme propose des directives cliniques pour le traitement d'urgence de l’hyperkaliémie mettant en jeu le pronostic vital.
Il est possible de réchauffer de façon externe les patients hypothermiques sans signes d'instabilité cardiaque en faisant appel à des techniques invasives a minima. Les patients présentant des signes d'instabilité cardiaque devraient être transférés immédiatement vers un centre pouvant procéder à une réanimation extracorporelle (ECLS, Extracorporeal Life Support).
Une reconnaissance précoce et l'administration immédiate d'adrénaline par voie intramusculaire restent les piliers d'une thérapie d'urgence en cas d'anaphylaxie.
Un nouvel algorithme de traitement pour les arrêts cardiaques d’origine traumatique a été mis au point afin de privilégier la séquence des mesures destinées à sauver des vies.
Continuer la RCP pendant le transport peut être bénéfique pour certains patients s’il y a un hôpital à proximité offrant un accès immédiat en salle de cathétérisme et du personnel expérimenté dans les interventions coronaires percutanées (ICP) avec une RCP en cours.
Les recommandations pour l'administration de fibrinolytiques en cas de suspicion d'embolie pulmonaire à l'origine d'un arrêt cardiaque circulatoire restent inchangées.
Cette section propose des recommandations concernant le traitement d'arrêts cardiaques intervenant dans des endroits spécifiques. Ceux-ci peuvent être des établissements de soins spécialisés (par ex. bloc opératoire, chirurgie cardiaque, laboratoire de cathétérisme, service de dialyse, chirurgie dentaire), des avions commerciaux ou des ambulances aériennes, un terrain de jeu, un site en plein air (par ex. noyade, terrain accidenté, haute altitude, ensevelissement sous avalanche, foudre et blessures d'origine électrique) ou bien un site avec de nombreuses victimes.
Une nouvelle section couvre les causes fréquentes et les modifications correspondantes apportées aux procédures de réanimation chez des patients subissant une intervention chirurgicale.
Lors d’une chirurgie cardiaque majeure, la clé d'une réanimation réussie est la reconnaissance de la nécessité d'une sternotomie immédiate en urgence, particulièrement dans un contexte de tamponnade ou d'hémorragie, lorsque les compressions thoraciques externes risquent d'être inefficaces.
Tout arrêt cardiaque associé à des rythmes choquables (fibrillation ventriculaire [FV] ou tachycardie ventriculaire sans pouls [TVsP]) survenant lors d'un cathétérisme cardiaque devrait immédiatement être traité en administrant jusqu’à trois chocs successifs avant de commencer les compressions thoraciques. Il est recommandé d'utiliser des dispositifs mécaniques de compression thoracique pendant une angiographie afin d'assurer des compressions thoraciques de haute qualité et de réduire l’irradiation du personnel pendant une angiographie réalisée en maintenant la RCP.
Des DEA et des équipements de RCP appropriés devraient être obligatoires à bord de l'ensemble des avions commerciaux en Europe, y compris pour les compagnies régionales et les compagnies “low-cost. Il convient d'envisager une RCP en se positionnant au-dessus de la tête de la victime en cas d'accès limité empêchant l'application d'une méthode conventionnelle.
L'évanouissement soudain et inattendu d'un sportif sur le terrain est probablement d'origine cardiaque et nécessite une reconnaissance rapide et une défibrillation précoce.
Toute immersion de plus de 10 minutes est associée à un pronostic défavorable. Les témoins jouent un rôle primordial pour les secours et la réanimation précoce. Les stratégies de réanimation chez ce type de victimes, en arrêt cardiaque ou respiratoire, continuent de donner la priorité à l'oxygénation et à la ventilation.
Les chances d'issue favorable suite à un arrêt cardiaque en montagne ou en terrain accidenté risquent d'être limitées, compte tenu d’un accès tardif et d’une durée de transport prolongée. L’utilité des secours aériens et la disponibilité de DEA sur des sites éloignés mais régulièrement visités est communément admise.
Les seuils appliqués à la RCP prolongée et au réchauffement extracorporel de victimes d'avalanche en arrêt cardiaque sont désormais plus stricts afin de réduire le nombre de patients bénéficiant inutilement d’une réanimation extracorporelle (ECLS).
Les mesures de sécurité sont renforcées durant la RCP d'une victime d'une blessure électrique.
Dans les situations d’urgence collective, si les ressources de soins de santé sont insuffisantes, ne pas commencer la RCP chez les victimes sans signe de vie.
Patients spécifiques
Cette section propose un guidage pour réaliser la RCP chez les patients souffrant de comorbidités graves (asthme, insuffisance cardiaque avec dispositifs d'assistance ventriculaire, maladie neurologique, obésité) et chez ceux présentant des conditions physiologiques spécifiques (femmes enceintes, personnes âgées).
En ce qui concerne les patients porteurs de dispositifs d'assistance ventriculaire (DAV), il peut s'avérer difficile de confirmer l’arrêt cardiaque. Dans les 10 premiers jours après l'intervention chirurgicale, si la défibrillation n’est pas efficace, procéder immédiatement à une nouvelle sternotomie.
Chez les patients présentant une hémorragie subarachnoïdienne, des changements peuvent apparaître sur l'ECG, suggérant un syndrome coronarien aigu (SCA). La réalisation d'une tomodensitométrie (TDM) cérébrale avant ou après l'angiographie coronaire sera fonction du jugement clinique.
Aucune modification de la séquence d’actions n'est recommandée chez les patients souffrant d'obésité, bien que la réalisation d'une RCP efficace puisse s'avérer difficile. Prévoir un remplacement des sauveteurs plus fréquemment que l'intervalle standard de 2 minutes. Il est recommandé de procéder à une intubation trachéale précoce.
Concernant les femmes enceintes en arrêt cardiaque, une RCP de haute qualité associée au déplacement utérin manuel, à une réanimation médicale avancée (ALS) précoce et à la sortie du fœtus en l'absence de retour rapide à une circulation spontanée (RACS), restent des interventions essentielles.
Cette section fait son apparition dans les Directives de réanimation du Conseil Européen de Réanimation. Dans la version 2010, ce thème était intégré à la section consacrée à l'ALS. L'ERC a développé ces directives sur les soins post-réanimation en collaboration avec des représentants de l'European Society of Intensive Care Medicine (ESICM, Société européenne de médecine de soins intensifs) ; l'idée étant de reconnaître l'importance de soins post-réanimation de haute qualité en tant que maillon vital dans la chaîne de survie.
Les modifications les plus importantes apportées aux soins post-réanimation depuis les directives de 2010 sont présentées ci-dessous :
La nécessité de procéder en urgence à un cathétérisme coronaire et à une intervention coronaire percutanée (ICP) suite à un arrêt cardiaque extra-hospitalier d'origine probablement cardiaque est accentuée.
La prise en charge en fonction d’une température cibe (Traitement « température cible » - TTC) reste indispensable. En revanche, il est désormais possible de cibler une température de 36°C au lieu de celle préalablement recommandée (32-34°C). La prévention de la fièvre demeure très importante.
Les pronostics sont maintenant établis selon une stratégie multimodale, tandis que l’accent est mis sur le fait de laisser suffisamment de temps pour permettre la récupération neurologique et l'élimination des sédatifs.
Une nouvelle section a été ajoutée concernant la rééducation de patients ayant survécu à un arrêt cardiaque. Elle inclut des recommandations portant sur l'organisation systématique d'un suivi, lequel devrait prévoir le dépistage d'éventuels troubles émotionnels et cognitifs ainsi que la communication d'informations.
Des modifications ont été apportées aux directives sur la base de nouvelles preuves scientifiques convaincantes. Elles ont été adaptées à partir des conclusions de travaux cliniques, organisationnels et pédagogiques, de manière à promouvoir leur utilisation et à faciliter leur enseignement.
La durée d'une insufflation est d'environ 1 seconde, comme pour l'adulte.
En ce qui concerne les compressions thoraciques, la partie inférieure du sternum devrait être comprimée d'au moins un tiers du diamètre antéro-postérieur du thorax (4 cm pour le nourrisson, 5 cm pour l'enfant).
Prise en charge de l'enfant en état critique
En l'absence de signes de choc septique, tout enfant atteint de fièvre devra se voir administrer des solutés avec précaution et faire l'objet d'une réévaluation après leur administration. Pour certaines formes de chocs septiques, une utilisation restreinte de solutés cristalloïdes isotoniques peut s'avérer bénéfique comparativement à leur administration en plus grande quantité.
Concernant la cardioversion d'une tachycardie supraventriculaire (TSV), le dosage initial a été révisé, passant à 1 J/kg.
Algorithme de l'arrêt cardiaque de l'enfant
Il présente de nombreuses caractéristiques communes avec celles pratiquées chez l’adulte.
Il convient d'empêcher l'apparition de la fièvre chez les enfants qui présentent un retour à la circulation spontanée (RACS) dans un environnement extra-hospitalier.
La gestion de la température des enfants après un RACS devra cibler soit la normothermie, soit une hypothermie modérée.
Il n’y a pas de facteur prédictif unique pour déterminer à quel moment la réanimation peut être interrompue.
Réanimation et soutien à l’adaptation à la vie extra-utérine du nouveau-né
Voici les principales modifications apportées aux recommandations ERC de réanimation à la naissance en 2015 :
Aide à la transition :il convient de reconnaître la situation particulière d'un nouveau-né, lequel requière rarement une réanimation, mais qui parfois, a besoin d'une aide médicale lors du processus de transition à la naissance. Le terme « aide à la transition » a été introduit afin de mieux faire la distinction entre les interventions nécessaires pour rétablir les fonctions d'organes vitaux (réanimation) et les mesures d'aide à la transition au moment de la naissance.
Clampage du cordon ombilicalpour les nouveau-nés qui vont bien, qu'ils soient nés à terme ou non, un délai pour le clampage du cordon ombilical d'au moins 1 minute, à partir de l'expulsion complète du nouveau-né, est maintenant recommandé. À l’heure actuelle, il n’y a pas suffisamment de preuves, pour recommander un délai précis de clampage du cordon ombilical chez les nouveau-nés qui requièrent une réanimation à la naissance.
Températurela température des nouveau-nés sans signes d’asphyxie devra être maintenue entre 36,5 et 37,5°C après la naissance. L'importance de ce paramètre a été soulignée et renforcée, compte tenu de sa forte association avec la mortalité et la morbidité. La température à l'admission devra être enregistrée en tant que prédicteur d'évolution et en tant qu'indicateur de qualité.
Maintien de la température :à un âge gestationnel < à 32 semaines, il peut être nécessaire de combiner plusieurs interventions après la naissance durant l'admission et la stabilisation, en plus du maintien de la température entre 36,5 et 37,5°C ; à savoir, l’utilisation de gaz respiratoires chauffés et humidifiés, l’augmentation de la température de la chambre avec un emballage du corps et de la tête sous plastique et l’utilisation d'un matelas chauffant, ou comme alternative, l’utilisation d'un matelas thermique uniquement. Toutes ces pratiques se sont avérées efficaces pour réduire l'hypothermie.
Évaluation optimale de la fréquence cardiaque :il est suggéré d'utiliser l'ECG chez les nouveau-nés nécessitant une réanimation afin d'obtenir une estimation rapide et précise de la fréquence cardiaque.
Méconium:l'intubation trachéale ne devra pas être systématique en présence de méconium. Cette pratique ne devra être exécutée qu'en cas de suspicion d'obstruction trachéale. Il conviendra de mettre en œuvre une ventilation au cours de la première minute de vie du nourrisson en arrêt respiratoire ou ne respirant pas efficacement ; cette procédure ne devra pas être retardée.
Air / oxygène :chez les enfants nés à terme, il est recommandé de débuter l'assistance respiratoire à l'air ambiant. Pour les prématurés, il convient d'utiliser initialement soit de l'air, soit une faible concentration en oxygène (jusqu'à 30 %). Si, malgré une ventilation efficace, l'oxygénation (idéalement mesurée par oxymétrie de pouls) demeure insuffisante, l'utilisation d'une concentration en oxygène plus élevée doit être envisagée.
CPAP:une assistance respiratoire initiale par CPAP plutôt que par intubation peut être mise en œuvre chez les nourrissons prématurés respirant spontanément bien qu’en état de détresse respiratoire.
Les nouvelles opinions et modifications apportées aux recommandations concernant le diagnostic et le traitement de syndromes coronariens aigus (SCA) sont résumées ci-dessous.
Interventions diagnostiques concernant les SCA
L'enregistrement préhospitalier d’un électrocardiogramme (ECG) à 12 dérivations est recommandé chez les patients avec une suspicion d’infarctus aigu du myocarde avec ST sus-décalé (STEMI). Pour ces patients, cette pratique facilite la reperfusion pré- et intra-hospitalière et réduit la mortalité.
L’interprétation d’un ECG avec STEMI par un non-médecin avec ou sans l’aide d’un programme d’interprétation informatique est suggérée, à condition que la qualité du diagnostic puisse être garantie dans le cadre d’un programme d’assurance qualité scrupuleusement contrôlé.
L'activation pré-hospitalière du protocole STEMI du laboratoire de cathétérisme permet non seulement de réduire les délais de traitement mais aussi la mortalité des patients.
Le dosage négatif des troponines cardiaques hypersensibles (cTn-hs) lors de l'évaluation initiale du patient ne peut, à elle seule, permettre d'exclure un SCA. En revanche, chez les patients présentant un niveau de risque très faible, elle peut justifier leur sortie rapide de l'hôpital.
Interventions thérapeutiques sur les des SCA
Des antagonistes des récepteurs de l'adénosine diphosphate (ADP) (clopidogrel, ticagrelor ou prasugrel –avec certaines restrictions) peuvent être administrés soit en pré-hospitalier, soit dans un service d'urgence, chez les patients victimes d'un STEMI pour lesquels une ICP primaire est prévue.
De l'héparine non fractionnée (HNF) peut être administrée soit en pré-hospitalier, soit en intra-hospitalier, chez les patients présentant un STEMI avec ICP primaire planifiée.
L'énoxaparine peut être utilisée en pré-hospitalier comme d'alternative à la HNF en cas de STEMI.
Les patients qui souffrent d'une douleur thoracique aiguë avec suspicion de SCA ne nécessitent pas d'oxygène supplémentaire, sauf s’ils présentent des signes d'hypoxie, de dyspnée ou d'insuffisance cardiaque.
Décisions de reperfusion en cas de STEMI
Les décisions de reperfusion ont été révisées dans diverses situations locales possibles.
Dans les cas où la fibrinolyse est la stratégie thérapeutique prévue, nous recommandons de recourir à une fibrinolyse pré-hospitalière plutôt qu'intra-hospitalière pour un STEMI si la durée du transport dépasse 30 minutes et si le personnel pré-hospitalier est bien formé.
Dans les régions avec des installations d'ICP disponibles, la régulation directe et le transfert de la victime d'un STEMI en vue d'une ICP est préférable à une fibrinolyse pré-hospitalière.
Les patients se présentant avec un STEMI au service des urgences d'un hôpital ne pouvant pas pratiquer une ICP devraient être immédiatement transférés vers un centre compétent, à condition que l'ICP puisse être pratiquée dans un délai maximal de 120 minutes (60 à 90 minutes pour les patients s'étant présentés précocement et pour les infarctus étendus). Dans le cas contraire, les patients devraient subire une fibrinolyse et être transférés vers un centre pouvant pratiquer une ICP.
Les patients traités par fibrinolyse au service des urgences d'un centre ne pouvant pas pratiquer une ICP devraient être transférés si possible pour une angiographie de routine précoce (endéans 3 à 24 heures après la fibrinolyse). Il ne faut pas attendre une ischémie avérée pour transférer ces patients.
Il est déconseillé de procéder à une ICP dans un délai inférieur à 3 heures suivant l'administration de fibrinolytiques, excepté en cas d'échec de la fibrinolyse.
Décisions de reperfusion hospitalière après un retour à la circulation spontanée
Nous recommandons une évaluation urgente en laboratoire de cathétérisme cardiaque (ainsi qu'une ICP immédiate, si nécessaire) chez certains patients adultes avec RACS, suite à un arrêt cardiaque extra-hospitalier (ACEH), d'origine cardiaque présumée, avec ST sus-décalé sur l'ECG, comme pour les patients victimes d'un STEMI sans arrêt cardiaque.
Pour les patients dans le coma après un RACS, suite à un ACEH d'origine présumée cardiaque sans ST sus-décalé sur l'ECG, il est raisonable d’envisager une évaluation urgente en laboratoire de cathétérisme cardiaque pour ceux qui ont le plus haut risque d'arrêt cardiaque d'origine coronaire.
Une nouvelle section consacrée aux premiers soins fait son apparition dans les Directives ERC 2015.
« It takes a system to save a life »(Il faut tout un système pour sauver une vie). Les systèmes de santé prenant en charge des patients en arrêt cardiaque (ex. Aide Médicale Urgente, centres de réanimation spécifiques) devraient évaluer leurs processus pour s’assurer qu’ils sont capables de prodiguer les soins garantissant les meilleurs taux de survie.
Les Directives ERC 2015 proposent des informations détaillées sur les principes éthiques qui régissent la réanimation cardio-pulmonaire.
Catégorie : Guidelines