Source: http://www.institutmaritimedeprevention.fr/2013/09/les-equipements-de-protection-individuelle-contre-les-chutes-de-hauteur/
Timestamp: 2017-09-21 01:24:21+00:00
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Les équipements de protection individuelle contre les chutes de hauteur | INSTITUT MARITIME DE PRÉVENTION
Les équipements de protection individuelle contre les chutes de hauteur
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Les risques de chutes de hauteur peuvent être efficacement limités grâce aux protections collectives (garde-corps, crinoline, etc.). Mais parfois cela ne suffit pas, ou ce n’est pas réalisable, et il faut s’orienter vers les équipements de protection individuelle (EPI). Ce guide d’achat a pour objectif de décrire ce type d’EPI et d’attirer l’attention sur les contraintes liées à leur utilisation.
Constat statistique
Types de systèmes, vérification et stockage
Éléments de liaison pour l’arrêt de chute
Longes de positionnement
Dans le secteur des pêches maritimes, les accidents liés à des chutes de hauteur sont aussi fréquents en mer qu’à quai. La démarche de prévention de ces risques se décline en trois points :
Éviter le risque : supprimer le travail en hauteur et/ou travailler depuis le pont,
Utiliser des équipements de protection collective permanente (échelles à crinolines, passerelles, plate-formes, gardes-corps,) ou temporaire (échafaudage, nacelle),
Utiliser des équipements de protection individuelle : système antichute ou de restriction d’accès.
Sur les navires de pêche, existants, il est souvent difficile de mettre en œuvre les deux premiers points de la démarche de prévention des risques. Les équipements de protection individuelle (EPI) contre les chutes de hauteur sont complexes
et variés. L’objectif de ce guide est de fournir aux marins et aux personnels d’armement, les informations techniques, pratiques, réglementaires et normatives pour les aider à choisir un équipement adapté.
Les équipements de protection individuelle (EPI) sont des dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité (art. R4311-8).
Sources : QCATM (Questionnaire ENIM sur les circonstance des accidents du travail maritime), période 2001-2011.
Chaque année, à bord des navires de pêche, une centaine d’accidents déclarés font suite à des chutes de hauteur. Dans 10% des cas, le marin tombe à la mer.
Les chutes par-dessus bord
Une chute par-dessus bord est une chute de plain- pied ou une chute de hauteur qui se termine mal (le marin aurait tout aussi bien pu tomber sur le pont). Dans la plupart des situations de travail en équipage, c’est le vêtement de travail à flottabilité intégrée (VFI) qui est l’équipement de protection individuelle le mieux adapté. La problématique du pêcheur en solitaire est tout autre et fait l’objet d’une publication spécifique.
Les chutes de hauteur à bord
La proportion ainsi que la gravité des chutes de hauteur à bord sont légèrement supérieures lorsque le navire est à quai (51% du total des chutes de hauteur qui génèrent dans 82% des cas un arrêt de travail) que lorsqu’il est en mer (45% du total des chutes de hauteur qui génèrent dans 77% des cas un arrêt de travail).
A quai, la majorité des chutes de hauteur se produit lors de l’embarquement ou le débarquement du personnel (44%) et de la maintenance du pont et de la machine (22%). Elles génèrent principalement des fractures/luxations (30%) au niveau des membres inférieurs/bassin/ cheville (33%).
En mer, elles se produisent principalement lors du traitement des captures (27%) et lors de la préparation et la manœuvre de l’engin de pêche (26%). Les chutes de hauteur génèrent principalement des fractures/luxations (28%) au niveau du tronc/abdomen (27%) et des membres inférieurs/bassin/cheville (26%). Le mouvement du navire est impliqué dans une chute de hauteur sur trois.
Même si les EPI contre les chutes de hauteur ne sont pas la solution à toutes les situations de travail à risque, la présence à bord de cet équipement et une bonne connaissance de ses conditions d’utilisation et d’entretien, contribuera à la réduction du nombre d’accidents graves.
Les différents types de systèmes
Les EPI contre les chutes de hauteur sont répartis en trois systèmes :
￼Systèmes d’arrêt de chute : ils sont destinés à permettre à un utilisateur d’atteindre des zones ou des positions où il existe un risque de chute. Ils arrêtent cette chute si elle se produit et assurent la suspension de l’opérateur après l’arrêt de la chute. Un tel système se compose toujours d’un point d’ancrage sur lequel est relié, par un élément de liaison comportant une fonction d’absorption d’énergie, un harnais antichute comme dispositif de maintien du corps.
Systèmes de retenue : ils sont destinés à limiter les mouvements de l’utilisateur afin de l’empêcher d’atteindre des zones où une chute pourrait se produire. Ils ne sont pas capable d’arrêter une chute de hauteur et ne doivent pas être confondus avec un système d’arrêt des chutes, même s’ils sont mis en œuvre avec des composants qui peuvent sembler similaires. Ce dispositif n’est pas non plus destiné à assurer la fonction de maintien au poste de travail.
Systèmes de maintien au poste de travail : ils sont destinés à permettre à un utilisateur de travailler en appui ou en suspension : il ne peut glisser ou tomber en contrebas de la zone où il travaille. Il est nécessaire d’utiliser conjointement un système d’arrêt des chutes avec ces systèmes.
Les EPI contre les chutes de hauteur font partie des EPI de catégorie 3 (risques graves à effets irréversibles ou mortels). Qu’ils soient en service ou en stock depuis plus de 12 mois, ils sont astreints à une vérification périodique par une personne compétente (appartenant ou non à l’entreprise), au moins une fois tous les 12 mois. L’objectifde la vérification périodique est de s’assurer du bon état des composants du système antichute, afin de déceler tout défaut susceptible d’altérer le niveau de sécurité ou de protection requis ou d’être à l’origine de situations dangereuses pour les utilisateurs. Cette vérification concerne en particulier l’état général des coutures et des modes de fixation des harnais antichute,
Le résultat des vérifications générales périodiques doit être consigné sur le registre de sécurité ou la fiche d’identification de l’EPI.
L’intervalle entre les vérifications peut être réduit, en raison notamment des conditions d’utilisation, de stockage, d’environnement, de mode de fonctionnement ou de conception de certains organes soumis à des contraintes susceptibles de nuire à leur fonction protectrice (cas des longes antichute à rappel automatique par exemple, voir p.10).
Elle est estimée par le fabricant et dépend du type de matériel (harnais, longe, enrouleur, etc.) et du matériau constitutif (textile, métal). Cette durée de vie peut être réduite ou augmentée en fonction des conditions d’utilisation et de stockage et du résultat des vérifications périodiques.
Les éléments du système antichute doivent être stockés à l’abri des UV, des fortes sources de chaleur, de l’humidité et des produits chimiques.
Avant chaque utilisation, un contrôle visuel de l’EPI doit permettre de déceler la présence éventuelle de coutures effilochées, de décoloration, de déchirures, de crochets endommagés, ainsi que l’état général.
Une organisation permettant à l’utilisateur de ne jamais travailler seul doit être mise en place. L’organisation de secours rapides en cas de chute est également à anticiper.
Les utilisateurs doivent être formés à l’entraînement du port de l’EPI et informés des risques et conditions d’utilisation ainsi que des consignes à suivre. Ils doivent avoir une connaissance suffisante du navire.
Toute chute devra entraîner la destruction du matériel utilisé, accessoires compris.
Le bon état des EPI contre les chutes de hauteur est essentiel à la sécurité. Encore faut-il le vérifier tant à l’achat qu’à l’usage….
Quel que soit son type, le point d’ancrage du système d’arrêt des chutes doit être suffisamment résistant pour arrêter puis retenir l’utilisateur en cas de chute (capacité pouvant être évaluée en référence à la norme NF EN 795). La résistance du support doit être appréciée par une personne compétente et l’ensemble doit être vérifié avant utilisation. Par ailleurs, les points d’ancrage ne doivent pas être installés à proximité de parties tranchantes susceptibles d’endommager le système d’arrêt des chutes.
POINT D’ANCRAGE PERMANENT
Il s’agit d’un point d’ancrage soudé ou vissé à la structure du navire. Il doit offrir une résistance statique supérieur à 15 kN pendant au moins 3 minutes (norme EN 795-B).
Anneau soudé au portique d’un chalutier
Anneau d’ancrage normalisé à fixer
POINT D’ANCRAGE MOBILE
Il s’agit le plus souvent d’une sangle destinée à créer un ancrage sur lequel un système antichute peut être accroché. La structure sur laquelle la sangle se fixe doit être suffisamment résistante pour absorber l’énergie d’une chute de hauteur d’un utilisateur.
Sangle d’ancrage avec connecteur
POSITION DU POINT D’ANCRAGE
Le point d’ancrage devra être le plus possible installé au-dessus de la tête.
Cela permet de limiter :
la hauteur de chute libre en cas d’accident,
l’énergie du choc lié à l’arrêt de chute et ses conséquences sur l’opérateur.
La hauteur du point d’ancrage permet de définir le facteur de chute évalué sur 3 niveaux.
Les différents facteurs de chute et leurs conséquences
Il s’agit d’un dispositif de préhension du corps destiné à arrêter les chutes. Sa conception assure une répartition homogène des efforts à travers tout le corps, afin d’éliminer tout risque de lésions suite à une chute. Il est équipé d’un ou de plusieurs éléments d’accrochage (anneaux métalliques en forme de «D» ou anneaux de sangles), permettant la connexion de l’utilisateur au reste du système d’arrêt de chute, de retenue ou de maintien au poste de travail.
Il existe plusieurs types de harnais antichute :
Harnais antichute standard : il comporte au minimum un «D» d’accrochage dorsal ; les modèles les plus évolués peuvent comporter, en plus, un «D» d’accrochage sternal et deux latéraux,
Harnais antichute avec ceinture de maintien au poste de travail : il comporte au minimum un «D» d’accrochage dorsal et deux «D» de maintien sur ceinture ; les modèles les plus évolués peuvent comporter en plus, un «D» d’accrochage sternal et deux latéraux,
Harnais de suspension : il comporte au minimum un «D» de suspension ventral et deux «D» de maintien sur ceinture ; les modèles les plus évolués peuvent comporter en plus, un «D» d’accrochage dorsal et un sternal,
Harnais antichute spéciaux : le plus souvent, il s’agit de harnais antichute standard couplé à un autre EPI (vêtement à haute visibilité,VFI, etc.).
Seuls les harnais avec sangles aux jambes et aux épaules peuvent servir comme antichute. Il ne faut donc pas utiliser de ceinture lombaire ou abdominale comme protection antichute.
Harnias antichute standard
Harnais antichute avec ceinture de maintien au poste de travail
Harnais antichute couplé à un VFI
CHOIX DU HARNAIS
En choisissant un harnais, vérifier les points suivants :
Il doit être facile à mettre même pour des personnes qui sont habituées à porter un harnais ;
Des sangles aux jambes comme aux épaules facilement réglables sont préconisées, surtout si les harnais ne sont pas distribués personnellement ;
Des sangles élastiques aux épaules peuvent améliorer le confort s’il faut souvent se pencher ou travailler au-dessus de la tête ;
Des fermetures rapides sont plus confortables et faciles à manipuler que les fermetures plates classiques (boucle dans boucle) ;
Les harnais avec sangles droites pour les jambes réduisent plus les effets traumatiques de suspension que les harnais avec sangles dans l’aine (meilleure circulation sanguine).
La liaison peut se faire au moyen de 3 dispositifs : longes antichute, antichute à rappel automatique ou corde verticale avec bloqueur.
LONGES AVEC ABSORBEUR D’ÉNERGIE
Leur fonction est de freiner et d’arrêter une chute (au moyen d’un absorbeur d’énergie) de telle manière les forces exercées sur le corps de l’utilisateur soient inférieures à 6 KN. Sans cette absorption, les forces exercées peuvent dépasser 18 KN, ce qui peut provoquer de graves blessures internes. Les longes à absorbeur d’énergie sont fabriquées en cordes, élastiques ou sangles et ont généralement une longueur comprise entre 1,50 et 2 mètres.
N’utilisez jamais de longes ou de cordes sans absorbeur en cas de risque de chute.
Longe antichute avec absorbeur d’énergie
Longe antichute élastique avec absorbeur d’énergie
Longe antichute Y avec absorbeur d’énergie
ANTICHUTES A RAPPEL AUTOMATIQUE
Comme la longe antichute, ces systèmes freinent et arrêtent une chute (au moyen d’un absorbeur d’énergie) de telle manière les forces exercées sur le corps de l’utilisateur soient inférieures à 6 KN. Leur fonctionnement est comparable à celui d’une ceinture de sécurité : ils s’enroulent automatiquement et se bloquent en cas de grande et brusque accélération de la personne reliée, après courte distance de chute. Les antichutes à rappel automatique sont constitués :
d’un connecteur haut pour point d’ancrage (selon les modèles),
d’un carter en plastique ou en métal (étanche selon les modèles),
d’un câble (galvanisé ou acier inoxydable) ou d’une sangle enroulée dans le carter d’une longueur comprise entre 1,50 et 40 mètres,
d’un indicateur de chute,
d’un connecteur bas pour harnais antichute.
L’utilisation de longes antichute à absorbeur d’énergie ou d’antichute à rappel automatique nécessitent de prendre en compte deux critères de sécurité importants :
1. le tirant d’air du système,
2. l’effet pendulaire.
LE TIRANT D’AIR
Tirant d’air de l’EPI
Le tirant d’air du système d’arrêt de chute est égal à : Longueur de la longe ou de l’enrouleur à rappel automatique et des mousquetons + Longueur de l’extension de l’absorbeur d’énergie (lorsque la longe en a un) ou longueur de freinage de l’enrouleur à rappel automatique lors d’une chute + Distance entre la fixation du harnais et les pieds du travailleur + Distance minimale de sécurité de 1m.
Ainsi, le tirant d’air du système d’arrêt de chute doit toujours être inférieur à la hauteur entre le point d’ancrage et le sol ou l’obstacle inférieur le plus proche.
L’EFFET PENDULAIRE
Lorsque l’angle sous lequel l’utilisateur travaille est supérieur à 30°, un fort effet pendulaire se produit en cas de chute de hauteur. Cela peut entraîner, dans le cas de la longe antichute, des chocs contre la structure du navire et dans le cas du rappel automatique, des chocs sur le pont du navire.
Il faut donc veiller un conserver un angle de travail réduit entre le système antichute et le point d’ancrage pour limiter l’effet pendulaire.
Pour des applications verticales, il est possible de se protéger avec une corde de sécurité (installée de façon permanente) et un bloqueur. En cas de chute de hauteur, celui-ci se déclenche et stoppe la chute sur une courte distance d’arrêt. L’avantage de ce type de protection est la possibilité de se détacher après avoir accédé au lieu de travail, contrairement aux rappels automatiques, où le câble ou la sangle se rétractent dans le boîtier une fois que l’on se détache.
A l’inverse de la longe antichute et le rappel automatique qui peuvent être utilisés de façon temporaire, ce système nécessite d’installer une corde de sécurité de façon permanente.
Antichute mobile à blocage automatique
Antichute mobile à blocage automatique avec extension + mousqueton auto
Comme son nom l’indique, l’utilisation de ces longes est réservée exclusivement à une fonction de retenue. L’utilisateur ne doit en aucun cas pouvoir atteindre une zone présentant un risque de chute de hauteur. Le système de retenue est défini de façon précise pour chaque lieu d’intervention. Une information complète décrivant les EPI, ainsi que le point d’ancrage à utiliser, devra être communiquée à l’utilisateur pour garantir sa sécurité. L’utilisation d’un système de retenue peut être préférée à un système antichute comme mesure de prévention des risques lors d’interventions répétées dans un espace défini. L’utilisation d’un système de retenue nécessite, au préalable, la mise en place de points d’ancrage adaptés (points d’ancrage fixes ou ligne de vie permanente).
Longe de connexion corde
Longe de connexion Y
Longe de connexion sangle
Ce type de longe s’utilise uniquement avec les harnais équipés d’anneaux (ou «D») de positionnement. Elles ne peuvent pas servir comme dispositif d’arrêt de chute. Elles servent uniquement à travailler de manière stable avec les mains libres sur un poteau ou un mât, en combinaison avec un système antichute, ou en tant que longe de retenue en vue d’éviter toute chute.
Longe de positionnement réglable
Longe de positionnement avec bloqueur
Dispositifs de liaison entre les différents éléments d’un système antichute (longe, harnais, point d’ancrage). Ils peuvent être en acier galvanisé, en acier inoxydable ou en alliage léger.
Mousqueton à verrouillage manuel à vis
Mousqueton à verrouillage automatique par double gachette
Bien choisir son harnais antichute
Fonctionnement ASAP par altiusformation
Témoignage – Victime d’une chute de hauteur