Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021023-243237
Timestamp: 2017-04-24 04:16:21+00:00
Document Index: 79270818

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 13", "l'article 25", "l'article 8", "l'article 3", "l'article 9", "l'article 3", "l'article 2", 'art. 3', 'art. 9', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 8', 'art. 12', 'art. 13', 'art. 22', 'art. 25']

France, Conseil d'État, 23 octobre 2002, 243237
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 243237Numéro NOR : CETATEXT000008103361 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-23;243237 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 18 février 2002 présentée par Mme Rossitza X..., ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : 1°)° d'annuler le jugement du 11 octobre 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2001 du préfet de Tarn-et-Garonne ordonnant sa reconduite à la frontière et fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité bulgare, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 30 mai 2000 de la décision en date du même jour du préfet de Tarn-et-Garonne lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet de Tarn-et-Garonne a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme X... ; que, par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté ;
Considérant que si Mme X... fait valoir que l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière a été pris à une date à laquelle la décision du préfet de Tarn-et-Garonne refusant de lui délivrer un titre de séjour n'était pas encore devenue définitive, cette circonstance n'est pas de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme contraire aux stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... fait valoir qu'elle vit en France avec son concubin et que son enfant ne peut être reconduit à la frontière en application des dispositions de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, il ressort des pièces du dossier que le concubin de Mme X... est également en situation irrégulière sur le territoire français ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté ;Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : "Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale" ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ; qu' il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... qui n'implique par lui même aucune séparation entre l'intéressée et son enfant, ait méconnu les stipulations précitées ;
Considérant que les stipulations de l'article 9 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés ; que Mme X... ne peut donc utilement se prévaloir de ces stipulations pour demander l'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant que, dans les termes où il est rédigé, l'arrêté du 27 septembre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mme X... doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de Tarn-et-Garonne a décidé que l'intéressée serait éloignée à destination de la Bulgarie ; que si Mme X... soutient qu'elle et sa famille ont été agressées en Bulgarie en 1999 en raison de leur appartenance à la communauté tzigane, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée, n'apporte pas d'élément de nature à établir la réalité des risques que comporterait pour elle son retour dans son pays d'origine ; que, par suite, en prenant la décision fixant la Bulgarie comme pays de renvoi le préfet de Tarn-et-Garonne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 2 de ladite convention ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Rossitza X..., au préfet de Tarn-et-Garonne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-09-27Convention 1990-01-26 New-York droits de l'enfant art. 3-1, art. 9Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 2, art. 3, art. 8, art. 12, art. 13Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25Publications :Proposition de citation: CE, 23 octobre 2002, n° 243237Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. CollinOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 23/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page