Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19980518-135840
Timestamp: 2017-04-25 02:56:11+00:00
Document Index: 148109715

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 75", "l'article 126", "l'article 3", "l'article 131", "l'article 1", "l'article 3", "l'article 129", "l'article 114", "l'article 5", "l'article 10", "l'article 2", "l'article 9", "l'article 10", "l'article 10", "l'article 75", "l'article 75", 'art. 10', 'art. 1', 'art. 5', 'art. 45', 'art. 46', 'art. 46', 'art. 126', 'art. 131', 'art. 75']

France, Conseil d'État, 3 ss, 18 mai 1998, 135840
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 135840Numéro NOR : CETATEXT000007989452 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1998-05-18;135840 Analyses : FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - STATUTS - DROITS - OBLIGATIONS ET GARANTIES - STATUT GENERAL DES FONCTIONNAIRES DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES - DISPOSITIONS STATUTAIRES RELATIVES A LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (LOI DU 26 JANVIER 1984).Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 30 mars 1992 et 30 juillet 1992 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour Mme Françoise Y..., demeurant ..., pour Mme Dominique X... DE LIEGE, demeurant ..., pour Mme Anne B..., demeurant ..., pour Mme Edith C..., demeurant ... et pour Mme Lydie A..., demeurant ... ; les requérantes susnommées demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement en date du 12 décembre 1991 par lequel le tribunal administratif de Paris a, sur déféré du préfet de la Seine-Saint-Denis, annulé les arrêtés du président du conseil général de ce département en date du 4 avril 1989 portant reconstitution de leur carrière ;
3°) de condamner l'Etat à leur payer la somme de 20 000 F au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;
Vu la loi n° 82-213 du 2 mars 1982, modifiée par la loi du 22 juillet 1982 ;
- les observations de la SCP Lyon-Caen, Fabiani, Thiriez, avocat de Mme Françoise Y... et autres,
- les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement ;Sur la recevabilité du déféré du préfet :
Considérant que le département de la Seine-Saint-Denis a transmis au préfet le4 avril 1989 les arrêtés titularisant les requérantes dans l'emploi de psychologue et les faisant bénéficier d'une reconstitution de carrière ; que le préfet de la Seine-Saint-Denis a demandé au président du conseil général, le 11 avril 1989, de compléter cette transmission par l'indication de la date de recrutement des agents intéressés par l'administration départementale et par la production de la décision de recrutement, des justificatifs des services effectués antérieurement à leur nomination dans les services départementaux et des diplômes obtenus par ces agents ; qu'eu égard aux conditions dans lesquelles les agents titularisés dans le corps des psychologues du cadre départemental de la Seine-Saint-Denis peuvent bénéficier d'une bonification d'ancienneté ou d'une reconstitution de carrière, les renseignements et pièces demandés par le préfet constituaient des documents nécessaires pour mettre le représentant de l'Etat à même d'apprécier la portée et la légalité de l'acte qui lui avait été précédemment transmis ; que lesdits renseignements et pièces n'ont été reçus en préfecture que le 28 juin 1989 ; que, dans ces conditions, le déféré préfectoral enregistré au greffe du tribunal le 29 août 1989 n'était pas tardif ;
Sur la légalité de l'arrêté du 4 avril 1989 :Considérant qu'aux termes de l'article 126 de la loi du 26 janvier 1984 : "Les agents non titulaires qui occupent un emploi présentant les caractéristiques définies à l'article 3 du titre 1er du statut général ont vocation à être titularisés, sur leur demande, dans des emplois de même nature ou qui seront créés par les organes délibérants des collectivités ou établissements concernés ( ...)" ; que l'article 131 de la même loi dispose que : "Lorsque la nomination est prononcée dans un corps ou un emploi qui n'est pas régi par des dispositions statutaires qui autorisent le report de tout ou partie des services antérieurs accomplis en qualité d'agent non titulaire, des décrets en Conseil d'Etat déterminent les modalités de ce report qui ne peut être ni inférieur à la moitié, ni supérieur aux trois quarts des services rendus en qualité d'agent non titulaire ( ...)" ;
Considérant que, selon l'article 1er du décret du 18 février 1986 pris pour l'application de ces dispositions : "Les agents non titulaires des communes, des départements, des régions ou de leurs établissements publics ( ...) qui occupent un des emplois définis à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et qui remplissent les conditions énumérées respectivement aux articles 126 et 127 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, ont vocation à être titularisés sur leur demande dans des corps ou dans des emplois classés en catégorie A ou B déterminés en application de l'article 129 de la loi du 26 janvier 1984 précitée, dans les conditions fixées au tableau de correspondance annexé au présent décret./ Ces agents peuvent être titularisés dans des emplois existants, relevant des statuts actuellement en vigueur en vertu de l'article 114 de la loi du 26 janvier 1984 précitée, sans attendre la création des corps de la fonction publique territoriale" ; que le premier alinéa de l'article 5 du même décret dispose que : "A défaut de règles statutaires autorisant le report de tout ou partie des services antérieurs dans le corps ou l'emploi d'accueil, l'agent non titulaire titularisé dans un corps ou emploi de catégorie A est classé en prenant en compte les services civils qu'il a accomplis dans un emploi de catégorie A à raison de la moitié de leur durée pour les douze premières années, et des trois quarts pour les années ultérieures" ;Considérant qu'aux termes de l'article 10 de l'arrêté du 23 décembre 1980 portant statut particulier du corps des psychologues du cadre départemental de la Seine-Saint-Denis : "Les psychologues n'ayant pas la qualité d'agent titulaire ou d'agent stagiaire en fonction à temps plein à la date de publication du présent statut et qui justifient des conditions de titres visés à l'article 2 ci-dessus, pourront être titularisés dans l'emploi de psychologue régi par le présent statut, sous réserve d'avoir satisfait à un stage d'un an./ Ils bénéficieront d'unereconstitution de carrière prenant en compte, le cas échéant, / la totalité des services accomplis en tant que psychologue à temps plein, / la moitié de la durée des services accomplis en qualité de psychologue à mi-temps, / les trois quarts de la durée des services accomplis en qualité de psychologue vacataire, calculés à raison d'une année pour 520 vacations de trois heures, / la bonification prévue à l'article 9 du présent statut" ; qu'il résulte des termes mêmes de ces dernières dispositions que seuls les agents en fonction à temps plein à la date de publication de l'arrêté du 23 décembre 1980 peuvent en bénéficier, ceux qui ne remplissent pas cette dernière condition pouvant seulement, lors de leur titularisation prononcée en application de la loi du 26 janvier 1984, se prévaloir le cas échéant des dispositions précitées du décret du 18 février 1986 ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mmes Y..., X... DE LIEGE, B..., C..., A..., psychologues vacataires recrutées par le département de la Seine-Saint-Denis, n'étaient pas en fonction dans ce département le 1er janvier 1981, date de publication de l'arrêté du 23 décembre 1980 ; que, titularisées dans le corps des psychologues du cadre départemental de la Seine-Saint-Denis au titre de la loi du 26 janvier 1984, les intéressées ne peuvent bénéficier pour la reconstitution de leur carrière des dispositions précitées de l'article 10 de l'arrêté du 23 décembre 1980 ; qu'ainsi, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué qui est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du président du conseil général de la Seine-Saint-Denis du 4 avril 1989 en tant qu'il a accordé aux intéressées le bénéfice d'une reconstitution de carrière en application des dispositions de l'article 10 de l'arrêté du 23 décembre 1980 ;
Sur les conclusions de Mme Z... et autres tendant à l'application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que les dispositions de l'article 75-I susvisé de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à Mme Z... et autres la somme qu'elles demandent au titre des frais engagés par elles et non compris dans les dépens ;
Article 1er : La requête de Mmes Y..., X... DE LIEGE, B..., C... et A... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mmes Françoise Y..., Dominique X... DE LIEGE, Anne B..., Edith C..., Lydie A..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1980-12-23 art. 10Arrêté 1989-04-04Décret 86-227 1986-02-18 art. 1, art. 5Loi 82-213 1982-03-02 art. 45, art. 46Loi 82-623 1982-07-22 art. 46Loi 84-53 1984-01-26 art. 126, art. 131Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 18 mai 1998, n° 135840Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BurguburuRapporteur public : M. StahlOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 18/05/1998Fonds documentaire : Legifrance Haut de page