Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F04-03-2014-4A_485-2013
Timestamp: 2016-10-26 17:13:12+00:00
Document Index: 258099254

Matched Legal Cases: ['art. 72', 'art. 75', 'art. 90', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 548', 'art. 548', 'art. 548', 'art. 548', 'art. 548', 'art. 533', 'art. 548', 'art. 548', 'art. 532', 'ATF ', 'art. 548', 'art. 548', 'in fine', 'art. 66', 'art. 68']

4A_485/2013 (04.03.2014)
4A_485/2013 � � Arr�t du 4 mars 2014
X.________, repr�sent� par Me Pierre-Cyril Sauthier,
Z.________, repr�sent�e par Me Jean-Charles Bornet,
liquidation d'une soci�t� simple,
recours contre le jugement de la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais du 28 ao�t 2013.
X.________ et Z.________, n�e Y.________, ont v�cu ensemble de juin 1991 � juillet 2002.
Les parties ont entretenu des relations financi�res complexes, payant les factures les concernant r�ciproquement par leurs comptes respectifs. Entre 1997 et 2002, elles �taient titulaires d'un CCP commun, qui a notamment financ� leurs d�penses courantes et leurs frais communs. X.________ disposait en outre d'une procuration sur le compte de Z.________ � la banque V.________ Ltd (ci-apr�s: la banque V.________).
En 1993, Z.________ est devenue propri�taire d'un appartement � B.________, dans lequel les parties ont effectu� des travaux de r�novation. La valeur des travaux r�alis�s par X.________ est estim�e � 30'000 fr.
En juin 1996, X.________ a acquis de la tante de Z.________, pour 74'000 fr., un immeuble comportant une grange, sis sur la commune de B.________ Il a pay� le prix au moyen de ses fonds propres � concurrence de 14'000 fr. et d'un emprunt bancaire de 60'000 fr. Ce pr�t sera repris par la banque W.________ de B.________ et augment� � 385'000 fr. pour financer la transformation de la grange en une habitation (le "Chalet A.________"). En septembre 1999, X.________ a obtenu de la commune de B.________ une subvention de 19'125 fr. pour la r�fection de l'immeuble et sa modification en logement. Z.________ a particip� � l'acquisition et � la transformation du Chalet A.________ � hauteur de 192'729 fr.15; sur ce montant, 15'400 fr. correspondent � des amortissements et 43'849 fr.15 � des int�r�ts hypoth�caires.
A une date ind�termin�e, Z.________ a financ� � hauteur de 18'845 fr. l'acquisition d'une moto qui sera conserv�e par X.________.
En f�vrier 2005, X.________ a vendu pour 980'000 fr. l'immeuble sur lequel le Chalet A.________ est �difi�.
Par demande du 9 f�vrier 2005, Z.________ a ouvert action contre X.________. Ses derni�res conclusions tendaient � ce qu'il soit ordonn� la liquidation de la soci�t� simple conclue avec le d�fendeur et � ce que ce dernier lui paie un montant de 173'864 fr.15 plus int�r�ts � 4% d�s le 1
er�ao�t 2002.
Plusieurs expertises judiciaires ont �t� mises en oeuvre, en particulier pour �tablir la valeur du Chalet A.________ et les mouvements financiers de ou vers les comptes des parties.
Par jugement du 20 septembre 2011, le Juge du district de L'Entremont a rejet� la demande.
Statuant le 28 ao�t 2013 sur appel de Z.________, la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais a r�form� le jugement de premi�re instance en ce sens que X.________ doit payer � Z.________ la somme de 160'432 fr.05 avec int�r�ts � 5% d�s le 27 janvier 2005.
X.________ interjette un recours en mati�re civile. Il demande au Tribunal f�d�ral d'annuler le jugement cantonal, puis de rejeter la demande du 9 f�vrier 2005.
Par ordonnance du 24 octobre 2013, la Pr�sidente de la cour de c�ans a accord� au recours l'effet suspensif requis par le recourant.
Dans sa d�termination, Z.________ conclut au rejet du recours.
1.1.�Le jugement attaqu� a �t� rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance statuant sur recours (art. 75 LTF). Il s'agit au surplus d'une d�cision finale (art. 90 LTF). La valeur litigieuse minimale de 30'000 fr. est atteinte (art. 74 al. 1 let. b LTF). Le recours est interjet� par la partie qui a succomb� en instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF). Enfin, il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336; 137 II 313 consid. 4 p. 317 s.; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400).
Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine). Ces exigences sont valables en particulier lorsque l'auteur du recours se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves. En l'esp�ce, le recourant invoque l'art. 9 Cst. en relation avec le co�t de construction du chalet A.________, mais n'explique pas de mani�re �tay�e et pr�cise pourquoi la cour cantonale aurait �tabli ce co�t de mani�re arbitraire. De m�me, le recourant ne motive pas sa critique lorsqu'il s'en prend � des �l�ments admis ou non par les juges pr�c�dents dans le calcul du r�sultat de la soci�t� simple, comme l'imp�t sur les gains immobiliers ou la commission de courtage. Dans cette mesure, le recours est irrecevable.
La cour cantonale a retenu que les parties avaient v�cu en concubinage de juin 1991 � juillet 2002. Elle a soumis la liquidation des relations �conomiques entre les parties aux r�gles de la soci�t� simple, laquelle portait sur le m�nage commun ainsi que sur l'acquisition et la transformation de la grange en chalet dans le but d'y vivre ensemble et durablement.
2.1.�Invoquant l'art. 9 Cst., le recourant para�t remettre en cause l'existence du concubinage, tout en admettant qu'il est "difficile de reprocher au Tribunal cantonal d'�tre tomb� dans l'arbitraire dans l'appr�ciation" des t�moignages et des pi�ces produites. Il ajoute que cette question peut rester ouverte.
Pour autant que le recourant formule effectivement un grief, ce dernier ne r�pond manifestement pas aux exigences de motivation en mati�re de pr�tendue violation d'un droit constitutionnel (cf. consid. 1.2). Il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re.
2.2.�Le recourant soutient �galement que la cour cantonale a retenu arbitrairement la volont� commune des parties de consacrer leur temps et leurs biens � la transformation de la grange en maison d'habitation dans le but d'y vivre ensemble et durablement. Il fait valoir, d'une part, que l'intim�e a accept� de ne pas �tre copropri�taire de l'immeuble ni cod�bitrice du pr�t hypoth�caire et, d'autre part, qu'il n'a pas fait l'apport du chalet A.________ en propri�t�, mais seulement en usage.
Il n'est pas contest� que, juridiquement, l'intim�e n'a jamais �t� propri�taire de l'immeuble litigieux, propri�t� exclusive du recourant, et qu'elle n'�tait pas cod�bitrice du pr�t hypoth�caire. Cette circonstance n'emp�che toutefois pas que le contrat de soci�t� simple liant les parties porte �galement sur l'acquisition et la transformation de la grange en vue d'y vivre ensemble. A cet �gard, il ressort de l'�tat de fait cantonal, non critiqu� sur ce point, que l'intim�e a particip� financi�rement � l'acquisition et � la transformation de la grange, soit pour un montant de 192'729 fr.15, qui comprend l'amortissement � concurrence de 15'400 fr. et les int�r�ts hypoth�caires � concurrence de 43'849 fr.15. Par ailleurs, le recourant lui-m�me reconna�t avoir fait un apport � la soci�t� simple puisqu'il soutient avoir limit� celui-ci � l'usage du chalet A.________.
Les �l�ments mis en avant par le recourant ne sont ainsi pas de nature � faire appara�tre comme arbitraires les constatations de la cour cantonale sur le contenu du contrat de soci�t� simple.
Selon le jugement attaqu�, le recourant doit � l'intim�e un montant de 160'432 fr.05 dans le cadre de la liquidation de la soci�t� simple. La cour cantonale a abouti � ce r�sultat par le calcul suivant:
Elle a �tabli � 153'943 fr.25 les apports au financement du chalet A.________ dont l'intim�e peut obtenir le remboursement; ce montant ne comprend pas les int�r�ts hypoth�caires vers�s par l'intim�e, car ceux-ci repr�sentent une charge courante du concubinage, qui n'est pas sujette � restitution.
L'autorit� pr�c�dente est partie ensuite de la valeur v�nale de l'immeuble litigieux au moment de la s�paration en 2002, telle que fix�e dans l'expertise T.________ du 27 novembre 2010 (715'000 fr.). De ce montant, elle a d�duit la dette hypoth�caire (366'205 fr.65), la subvention accord�e (19'125 fr.), l'imp�t sur le gain immobilier estim� (33'000 fr.), la valeur du bien-fonds apport� par le recourant (74'000 fr.) et les apports de celui-ci par le CCP commun (33'438 fr.55). Elle a obtenu ainsi un montant de 189'230 fr.80, dont elle a soustrait le montant susmentionn� de 153'943 fr.25; la diff�rence (37'287 fr.55) repr�sente le b�n�fice dont la moiti� (17'643 fr.80) revient � l'intim�e. En rapport avec la r�novation du chalet A.________, l'intim�e a ainsi droit � 171'587 fr.05 (153'943 fr.25 + 17'643 fr.80).
A ce montant, la cour cantonale a ajout� 18'845 fr. � titre de remboursement d'une moto financ�e par l'intim�e et reprise par le recourant. Elle a d�duit par ailleurs 30'000 fr. repr�sentant une cr�ance du recourant pour des travaux qu'il a effectu�s dans l'appartement propri�t� de l'intim�e. Le solde obtenu est donc de 160'432 fr.05 (171'587 fr.05 + 18'845 fr. - 30'000 fr.).
Le recourant critique plusieurs �l�ments de ce calcul. S'il ne conteste pas en soi les apports de l'intim�e dans le financement de l'acquisition et la r�novation du chalet A.________, il pr�tend que l'intim�e s'est d�j� rembours�e par des virements sur son propre compte � la banque V.________, effectu�s depuis le CCP commun ou d'autres comptes du recourant. Ces remboursements r�sulteraient des expertises ordonn�es dans cette affaire et la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en s'�cartant des conclusions claires de l'expert � ce sujet. De m�me, il ressortirait de l'une des expertises que le recourant a rembours� le montant de 18'845 fr.50 relatif � la moto par un transfert de l'un de ses comptes personnels sur un compte de l'intim�e.
4.1.�En mati�re d'appr�ciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
4.2.�Il est �tabli que des virements ont eu lieu du CCP commun - principalement aliment� par le recourant - et des comptes priv�s ou construction du recourant aux comptes de l'intim�e aupr�s de la banque V.________. Le recourant invoque trois transferts qui auraient servi � rembourser des avances effectu�es par l'intim�e en relation avec le chalet A.________, ainsi que le prix de la moto conserv�e par lui.
En ce qui concerne le montant de 45'815 fr. vir� en plusieurs fois du compte construction au compte de l'intim�e, la cour cantonale, fond�e sur l'expertise du 30 janvier 2007 �tablie par F.________ SA, retient - ce qui n'est pas contest� - qu'il a permis de payer des artisans ayant oeuvr� sur le chantier du chalet A.________. Ce montant n'a pas �t� rang� dans les apports de l'intim�e et il ne saurait d�s lors �tre question d'un remboursement d'une avance faite par la concubine. Le grief d'arbitraire est d�nu� de toute substance � cet �gard.
Les deux autres transferts invoqu�s par le recourant concernent des virements sur les comptes de l'intim�e � partir du CCP commun pour 120'707 fr. (126'062 fr.40 selon le jugement attaqu�) et � partir des comptes personnels du recourant pour 52'446 fr.95. D'apr�s la cour cantonale, l'expert n'est pas parvenu � �tablir l'affectation de ces montants. Les juges valaisans retiennent finalement que ces sommes ont �t� affect�es aux besoins courants du couple, de sorte qu'elles ne doivent pas �tre restitu�es. Ils fondent leur conclusion sur le fait que le recourant disposait d'une carte bancaire et d'une procuration sur les comptes personnels de l'intim�e, utilis�s pour les charges et d�penses du couple, ainsi que sur l'absence d'�l�ment permettant d'affirmer que ces montants ont servi � autre chose qu'aux charges communes des parties. Sur ce point, ils rel�vent que les parties n'ont pas �tabli de d�comptes durant leur concubinage et qu'elles ont ainsi convenu tacitement que les prestations apport�es par l'un et l'autre pour les besoins courants du couple se compensaient; ils en d�duisent aussi que si les virements susmentionn�s avaient �t� destin�s � rembourser les avances - importantes - de l'intim�e dans la r�novation du chalet, des quittances auraient �t� �tablies ou leur affectation aurait �t� mentionn�e dans les ordres de virement, ce qui n'avait pas �t� le cas.
S'agissant des montants d�bit�s du CCP commun au profit de comptes personnels de l'intim�e � la banque V.________, l'expert ne se montre pas cat�gorique au sujet de leur affectation. Il d�clare qu'ils ont "tr�s vraisemblablement servi, en partie, � rembourser des avances effectu�es pour le chalet A.________", tout en admettant que cet �l�ment est "difficilement contr�lable" (expertise F.________ SA du 26 novembre 2007, r�ponse n� 4, p. 644 du dossier cantonal). Plus loin, l'expert admet qu'il ne peut confirmer que l'intim�e se remboursait syst�matiquement tous les montants qu'elle avan�ait pour payer les factures relatives au chalet, mais r�p�te, "avec une assurance raisonnable", que le CCP commun et d'autres comptes du recourant ont servi en partie � rembourser l'intim�e ou du moins � alimenter ses comptes (r�ponse n� 15, p. 655 du dossier cantonal). Enfin, dans le rapport compl�mentaire du 15 octobre 2009, l'expert mentionne que les transferts du CCP commun aux comptes de l'intim�e par 126'062 fr.40 sont difficilement attribuables (r�ponse n� 6, p. 848 du dossier cantonal).
Contrairement � ce que le recourant pr�tend, il ne ressort pas clairement des expertises que les apports de l'intim�e dans l'acquisition et la r�novation du chalet A.________ ont d�j� �t� rembours�s; l'expert �met uniquement un avis, qui n'est pas suffisant pour faire appara�tre arbitraire la conclusion contraire de la cour cantonale.
En ce qui concerne le montant de 52'446 fr.95 vir� des comptes personnels du recourant aux comptes de l'intim�e, l'expertise d�montre, selon le recourant, qu'il a servi � rembourser la moto par 18'845 fr.50. En r�alit�, l'annexe 3 de l'expertise du 15 octobre 2009 de F.________ SA (p. 856 du dossier cantonal) indique que les comptes de l'intim�e � la banque V.________ ont servi � acheter la moto du recourant. Il n'est au surplus pas contest� que ladite moto ne constituait pas un cadeau de la part de l'intim�e. La cour cantonale ne s'est donc pas livr�e � une appr�ciation arbitraire des preuves en rangeant le montant de 18'845 fr.50 parmi les dettes � payer par le recourant.
5.1.�A titre subsidiaire, le recourant fait valoir que, comme le premier juge l'a admis, les pr�tentions de l'intim�e sont de toute mani�re compens�es int�gralement par le montant de 276'226 fr.95 qu'il a vers� au total � son ancienne compagne.
5.2.�Le montant de 276'226 fr.95 comprend les montants de 120'707 fr. et 52'446 fr.95 mentionn�s plus haut (consid. 4.2). Comme d�j� relev�, la cour cantonale a retenu que ces sommes avaient �t� affect�es aux besoins courants du couple de sorte qu'elles n'avaient pas � �tre restitu�es. A part pr�tendre, en vain (consid. 4.2 supra), que ces montants ont servi � rembourser l'intim�e de ses avances en relation avec le chalet A.________, le recourant n'explique pas en quoi il disposerait d'une cr�ance � hauteur de 173'153 fr.95 (120'707 fr. + 52'446 fr.95) dans la liquidation de la soci�t� simple.
Selon la cour cantonale, qui s'appuie sur l'expertise, le solde s'�levant � 103'073 fr. repr�sente des d�penses courantes de l'intim�e; en tant qu'argent d�pens� pour la satisfaction des besoins courants de l'un ou l'autre des concubins, il n'est pas susceptible d'�tre repris. L� non plus, le recourant ne d�montre pas que la constatation � la base de la d�duction juridique de la cour cantonale serait arbitraire, ni que le raisonnement en question violerait le droit f�d�ral.
En tant qu'il est recevable, le grief ne peut �tre que rejet�.
Le recourant s'en prend �galement au b�n�fice li� � la construction du chalet A.________, tel que calcul� dans le jugement attaqu�. A son sens, la cour cantonale ne pouvait partir de la valeur v�nale de 715'000 fr. �tablie par l'expert, mais devait prendre en compte la valeur r�elle de 595'000 fr. �galement fix�e par l'expert. Le recourant fait valoir qu'il a apport� � la soci�t� simple l'usage de l'immeuble et qu'en pareil cas, seule la plus-value non conjoncturelle intervenue jusqu'� la dissolution de la soci�t� doit �tre prise en consid�ration.
6.1.�L'apport au profit de la soci�t� simple peut intervenir selon diff�rents modes. Il peut �tre op�r� en pleine propri�t� (�
quoad dominium�), tous les associ�s en devenant propri�taires en main commune. Il peut �galement �tre effectu� en destination (�
quoad sortem�); l'associ� garde alors la propri�t� du bien, mais accepte de ne l'affecter qu'� un usage d�termin�. Il peut enfin �tre fait en usage (�
quoad usum�), les associ�s ne b�n�ficiant que de l'usage de la chose amen�e par l'un d'entre eux, lequel en reste propri�taire (arr�t 4A_398/2010 du 14 d�cembre 2010 consid. 5.2.3.2 et les r�f�rences).
Parmi les op�rations de liquidation de la soci�t� simple, la restitution des apports d�pend du mode selon lequel ils sont intervenus. En cas d'apport en propri�t�, l'associ� ne le reprend pas en nature (art. 548 al. 1 CO), sauf accord contraire ( FRAN�OIS CHAIX, in Commentaire romand, Code des obligations II, 2008, n� 14 ad art. 548-550 CO). Il a droit au prix pour lequel son apport a �t� accept� (art. 548 al. 2 CO); si ce prix n'a pas �t� d�termin�, la restitution se fait d'apr�s la valeur (v�nale) de la chose au moment de l'apport (art. 548 al. 3 CO; DANIEL STAEHELIN, in Basler Kommentar, Obligationenrecht II, 4
e��d. 2012, n� 9 ad art. 548/549 CO). L'associ� ne profite ainsi pas d'une �ventuelle plus-value; la diff�rence fait partie du r�sultat de l'exploitation et le b�n�fice sera r�parti entre les membres de la soci�t� simple, conform�ment � l'art. 533 CO ( STAEHELIN, op. cit., n� 9 ad art. 548/549 CO; CHAIX, op. cit., n� 14 ad art. 548-550 CO; PATRICK M. HOCH, Aufl�sung und Liquidation der einfachen Gesellschaft, 2000, n� 551 p. 192). Lorsqu'il consiste dans l'usage (�
quoad usum�) ou la mise � disposition (�
quoad sortem�) d'une chose, l'apport est repris, � la dissolution de la soci�t�, par l'associ� rest� propri�taire, qui participe en principe seul � une �ventuelle plus-value conjoncturelle (cf. arr�t 4A_70/2008 et 4A_230/2009 du 12 ao�t 2009 consid. 4.2; arr�t 4C.378/2002 du 1
er�avril 2003 consid. 4.2). En revanche, si la valeur de l'apport a augment� gr�ce � l'activit� de la soci�t� simple, la plus-value est consid�r�e comme un gain � partager entre les associ�s (cf. art. 532 CO; ATF 105 II 204 consid. 2b et c p. 208). Par ailleurs, en cas d'apport�
quoad sortem,�toute plus-value, m�me conjoncturelle, entrera dans le b�n�fice de la soci�t�, � r�partir entre les associ�s, lorsque ceux-ci ont trait� l'apport, dans les rapports internes, comme s'ils en �taient propri�taires collectifs, m�me s'ils ne pouvaient pas en disposer (Staehelin, op. cit., n� 10 ad art. 548/549 CO; Handschin/Vonzun, in Z�rcher Kommentar, 4e �d. 2009, n� 182 ad art. 548-551 CO).
6.2.�Les parties ont envisag� d'acqu�rir ensemble l'immeuble litigieux. Finalement, le recourant en est devenu le seul propri�taire et l'a mis � disposition du couple afin de transformer la grange inhabitable en maison d'habitation. L'apport a donc �t� effectu�
quoad sortemet le recourant, son propri�taire, l'a repris au moment de la s�paration, soit � la dissolution de la soci�t� simple. Durant la vie commune, l'intim�e a pay�, outre les montants qu'elle a investis dans les travaux de r�novation, l'amortissement et les int�r�ts hypoth�caires � hauteur de 15'400 fr., respectivement 43'849 fr.15.
Les travaux effectu�s par le couple ont ind�niablement augment� la valeur de l'apport. Conform�ment aux principes rappel�s ci-dessus (consid. 6.1), cette plus-value, r�sultant de l'activit� de la soci�t� simple, fait partie du r�sultat d'exploitation et doit profiter aux deux membres de la soci�t� simple. Par ailleurs, il appara�t que les parties se sont comport�es, dans leurs rapports internes, comme si elles �taient toutes les deux propri�taires (collectives) de l'immeuble, notamment en faisant payer l'amortissement et les int�r�ts hypoth�caires par l'intim�e dans le cadre de l'entretien du m�nage commun. M�me si le recourant en �tait seul propri�taire, l'immeuble litigieux a �t� trait�, entre les parties, comme un apport en propri�t�. En accord avec la solution pr�conis�e par la doctrine (consid. 6.1�
in fine�), il convient d'admettre qu'en pareil cas, toute plus-value, quelle que soit sa nature, entre dans le calcul du b�n�fice � partager entre les membres de la soci�t� simple.
Dans le calcul du r�sultat d'exploitation, la cour cantonale a pris en compte la valeur v�nale (�
Verkehrswert�) de l'immeuble en 2002, au moment de la s�paration, fix�e � 715'000 fr. par l'expert, alors que le juge de premi�re instance s'�tait fond� pour sa part sur la valeur r�elle (ou intrins�que;�
Realwert�), fix�e � 595'000 fr., laquelle est une valeur technique comprenant notamment le co�t de la construction � neuf diminu� de la d�pr�ciation (cf. d�finitions relatives aux expertises immobili�res de la Chambre suisse d'experts en estimations immobili�res CEIUSPI, ch. 1.4 [glossaire sous www.uspi.ch/Documentation]). En l'occurrence, la valeur de l'immeuble litigieux a augment� non seulement en raison des travaux de r�novation effectu�s, mais �galement en fonction d'un facteur conjoncturel, soit l'augmentation - notoire - des prix de l'immobilier dans la r�gion de Verbier � l'�poque en cause. Dans la mesure o�, comme on l'a vu, toute plus-value li�e � l'immeuble apport�
quoad sortem�doit en l'occurrence entrer dans le calcul du r�sultat d'exploitation, il n'est pas contraire au droit f�d�ral de prendre en compte, � l'instar des juges cantonaux, la valeur v�nale de l'apport au moment de la dissolution de la soci�t� simple plut�t que sa valeur intrins�que.
Le grief soulev� � ce propos par le recourant doit d�s lors �tre �cart�.
Le recourant, qui succombe, prendra � sa charge les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Par ailleurs, il versera des d�pens � l'intim�e (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 6'500 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et � la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais.