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Timestamp: 2016-10-28 16:23:38+00:00
Document Index: 70489827

Matched Legal Cases: ['art. 45', 'art. 47', 'art. 55', 'art. 55', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 107', 'art. 107', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 29', 'art. 8', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'in casu', 'art. 55', 'art. 101', 'art. 101', 'art 42', 'art. 55', 'in fine', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 55']

4A_416/2013 (28.01.2014)
4A_416/2013 � � Arr�t du 28 janvier 2014
A.X.________, repr�sent�e par Me Christian van Gessel
Z.________ SA, repr�sent�e
par Me Philippe Ducor,
responsabilit� aquilienne, responsabilit� de l'employeur; rapport de causalit�,
recours contre l'arr�t rendu le 28 juin 2013 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
A.a.�L'H�pital V.________, � ..., est un h�pital priv� qui, jusqu'en octobre 2007, �tait exploit� par la soci�t� W.________ SA, et depuis lors par la soci�t� Z.________ SA. Avant novembre 2007, Z.________ SA exploitait le service d'urgence de l'h�pital pr�cit� sous la forme d'une permanence m�dicale � l'enseigne de la Permanence W.________.
A la fin 1998, B.X.________, citoyen am�ricain n� le 26 ao�t 1980, fr�quentait un �tablissement scolaire priv� en vue de l'obtention d'un certificat de maturit� f�d�rale. Il projetait de faire ult�rieurement des �tudes. Fils unique, B.X.________ vivait � ..., avec sa m�re A.X.________, son p�re �tant d�c�d� d'un cancer en 1994. De constitution forte (101 kg. pour 1,83 m.), le pr�nomm� �tait en bonne sant� jusqu'en novembre 1998.
A.b.�En d�cembre 1998, B.X.________ a commenc� � souffrir d'un essoufflement (dyspn�e) avec acc�l�ration cardiaque (tachycardie). Ces sympt�mes, accentu�s � l'effort, se manifestaient par des crises qui pouvaient entra�ner une perte de connaissance.
Entre le 24 et le 29 d�cembre 1998, B.X.________ s'est rendu � deux reprises chez le Dr A.________, m�decin g�n�raliste � ..., lequel lui a d'abord prescrit des antibiotiques, avant de faire une radiographie thoracique du patient, qui n'a rien r�v�l� d'anormal. Pensant � une intol�rance � l'effort, le Dr A.________ a envoy� B.X.________ chez le Dr B.________, cardiologue � ..., en communiquant � ce dernier les r�sultats de la radiographie.
Le 4 janvier 1999, B.X.________ a consult� le Dr B.________, qui, bien que l'auscultation et un test d'effort n'aient rien r�v�l� d'anormal, a sugg�r� � son patient de proc�der � une �chocardiographie, fix�e au samedi 9 janvier 1999. Cet examen a �t� repouss� par B.X.________, car il avait exprim� le d�sir d'aller skier ce jour-l�.
Apr�s avoir subi une crise ce m�me 9 janvier 1999, B.X.________ a �t� victime d'une nouvelle crise le lendemain 10 janvier 1999. Le pr�nomm� s'est alors entretenu avec sa m�re, qui �tait partie quelques jours aux Etats-Unis. Sur les conseils de celle-ci, il s'est fait conduire dans l'apr�s-midi par des voisins de ... au service d'urgence de l'H�pital V.________, � .... Pendant le trajet, B.X.________ se sentait tr�s mal; pour soulager ses difficult�s respiratoires, il se servait d'un sac en plastique, mani�re de faire qui lui avait �t� conseill�e contre l'hyperventilation par un pratiquant du judo, sport auquel il s'adonnait.
Arriv� au service d'urgence, B.X.________ a d� se faire aider de ses voisins pour entrer dans les locaux. Le Dr C.________, m�decin assistant au b�n�fice de 15 mois de pratique, �tait de garde le dimanche 10 janvier 1999, le Dr D.________, qui occupait la fonction de chef de clinique, �tant � sa disposition pour discuter des cas probl�matiques, voire examiner personnellement le patient.
L'infirmi�re de service a re�u B.X.________ � 17 h.10 audit service d'urgence. Elle lui a pris le pouls, la tension et a mesur� la saturation en oxyg�ne de son sang art�riel. Cette saturation a affich� une valeur de 89%, puis de 92%, soit une valeur inf�rieure � la normale.
Le Dr C.________ a ensuite pris en charge le patient, qui est rest� couch� pendant la consultation. Pour d�crire les sympt�mes de celui-ci, le praticien a pris note d'une � dyspn�e au moindre effort depuis le 22/12 dernier avec hyperventilation et syncope �. Ayant appris que B.X.________ avait d�j� consult� un g�n�raliste, puis un cardiologue et que la radiographie thoracique et le test d'effort n'avaient rien montr�, le Dr C.________ s'est focalis� sur un probl�me psychique, d�s l'instant o� il a �crit sur la fiche de consultation que le patient �tait stress� par son travail scolaire et par des probl�mes familiaux du fait du d�c�s de son p�re et de l'absence de sa m�re pour les f�tes de fin d'ann�e.
Comme B.X.________ proposait au Dr C.________ de lui montrer ses difficult�s � la marche, le praticien a refus� cette d�monstration et s'est montr� contrari� lorsqu'une des deux personnes qui avaient accompagn� l'int�ress� lui a d�clar� que de tels troubles ne pouvaient pas �tre provoqu�s par un simple stress. Le Dr C.________ a administr� un comprim� d'anxiolytique au patient et l'a renvoy� � son domicile avec une prescription pour d'autres comprim�s du m�me type. Ce praticien a ensuite fait valider son diagnostic par son sup�rieur (le Dr D.________) apr�s le d�part du patient. B.X.________ a d� �tre soutenu pour atteindre et monter dans la voiture, puis, arriv�, � son domicile, pour qu'il puisse se coucher.
Le lendemain 11 janvier 1999, B.X.________ s'est rendu chez le Dr E.________, m�decin interniste � .... Ni l'auscultation, ni les examens sanguins effectu�s par l'interniste n'ont r�v�l� un quelconque probl�me.
Le 12 janvier 1999, B.X.________ est d�c�d� chez lui apr�s une ultime crise. Il a �t� d�couvert � 15 h 45 par sa m�re, qui �tait rentr�e des Etats-Unis.
L'autopsie m�dico-l�gale a r�v�l� que le d�c�s avait �t� essentiellement caus� par une thrombo-embolie pulmonaire massive sur une thrombose de la veine f�morale droite.
A.c.�Apr�s avoir fait notifier une poursuite � W.________ SA le 28 janvier 2000, A.X.________, avec l'accord de cette soci�t�, a requis une expertise priv�e, qui a �t� confi�e au Professeur F.________, m�decin-chef � l'H�pital de ... et professeur associ� � la Facult� de Gen�ve. Pour l'expert priv�, qui a �tabli son rapport le 23 octobre 2002, les m�decins consult�s par le d�funt, en omettant d'envisager l'hypoth�se d'une embolie pulmonaire, ont commis une erreur de diagnostic. Il a attribu� la survenance de cette erreur � la faible probabilit� d'une embolie chez un homme aussi jeune, aux d�clarations plut�t rassurantes du patient au Dr C.________ quant aux r�sultats des examens cardio-pulmonaires effectu�s ant�rieurement, � l'absence de douleurs ou d'oed�me d'un membre inf�rieur et, enfin, � l'utilisation d'un sac en plastique par le patient pour respirer, ce qui aurait renforc� l'impression de dyspn�e d'origine psychog�ne. Le Professeur F.________ a consid�r� que les anxiolytiques prescrits par le Dr C.________ n'avaient pas favoris� ou d�clench� le d�c�s de B.X.________.
Insatisfaite des conclusions du Professeur F.________, A.X.________ a sollicit� le 16 avril 2004 l'�tablissement d'un nouveau rapport d'expertise priv�e aupr�s du Professeur G.________, ancien chef du Service de r�animation et du SAMU du Centre hospitalier universitaire de ... (France). Dans son rapport du 15 septembre 2004, le Professeur G.________ a stigmatis� le diagnostic d'hyperventilation neurog�ne du Dr C.________ pour sa faible vraisemblance, affirmant que l'investigation du patient dans le service d'urgence devait amener � consid�rer une embolie pulmonaire. Pour ce Professeur, un traitement d'urgence d'une embolie pulmonaire confirm�e est � en g�n�ral efficace et salvateur �. A ses yeux �galement, la prescription d'anxiolytiques au patient n'avait jou� aucun r�le dans son d�c�s.
Par demande du 14 d�cembre 2005 d�pos�e devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, A.X.________ (demanderesse) a ouvert action contre W.________ SA en paiement du montant total en capital de 294'022 fr.50, se d�composant en 50'000 fr. � titre de tort moral, 201'120 fr. � titre de perte de soutien futur et 42'902 fr.50 au titre des frais d'avocat avant proc�s.
Le 2 octobre 2006, le Tribunal de premi�re instance a ordonn� la substitution de W.________ SA par la soci�t� Z.________ SA (d�fenderesse).
Par jugement du 31 mai 2007, ledit tribunal a d�clar� prescrite l'action ouverte par la demanderesse. Saisie d'un appel de celle-ci, la Cour de justice du canton de Gen�ve, par arr�t du 24 avril 2008, a annul� ce jugement et renvoy� la cause aux premiers juges pour instruction au fond et nouvelle d�cision.
Le tribunal a ordonn� des enqu�tes. Entendus comme t�moins, les Drs B.________ et E.________ ont d�clar� que le diagnostic d'embolie pulmonaire �tait difficilement envisageable dans le cas pr�sent en raison du jeune �ge du patient et de l'absence de facteurs de risque. Le Dr D.________ a estim� correcte la d�marche diagnostique et th�rapeutique suivie par le Dr C.________.
Par un nouveau jugement du 29 avril 2010, le Tribunal de premi�re instance a d�bout� la demanderesse de toutes ses conclusions. Saisie derechef d'un appel de cette derni�re, la Cour de justice genevoise a annul� ce jugement par arr�t du 18 f�vrier 2011 et retourn� la cause aux premiers juges pour �tablir, � l'aide d'une expertise judiciaire, si une violation des r�gles de l'art pouvait �tre reproch�e au m�decin assistant C.________ et/ou au chef de clinique D.________ et si l'organisation de la d�fenderesse r�v�lait des insuffisances concernant la surveillance du travail accompli par le m�decin assistant. En cas de r�ponse affirmative � l'une ou l'autre des questions, l'expert devait aussi indiquer quelles mesures auraient d� �tre prises et, surtout, si ces mesures auraient emp�ch� la mort de B.X.________, avec une haute vraisemblance, voire une vraisemblance confinant � la certitude.
Par ordonnance du 23 septembre 2011, le Tribunal de premi�re instance a d�sign� en qualit� d'expert judiciaire le Dr H.________, m�decin associ� au Service des urgences du Centre hospitalier ....
Dans son rapport dat� du 24 f�vrier 2012, l'expert judiciaire a retenu que l'absence d'identification de l'insuffisance respiratoire hypox�mique (taux d'oxyg�ne dans le sang art�riel du patient inf�rieur aux valeurs normales) constituait une violation des r�gles de l'art m�dical, mais non l'absence de diagnostic d'embolie pulmonaire vu la difficult� de l'�tablir. Pour l'expert, B.X.________ aurait d� �tre hospitalis� � fin d'investigation, mais �galement d'administration d'oxyg�ne. Lorsque le diagnostic d'embolie pulmonaire est pos�, un traitement anticoagulant doit �tre mis en route dans les plus brefs d�lais. Toutefois, au vu de la gravit� de l'ultime �pisode embolique, survenu sur une fonction cardiaque droite alt�r�e par plusieurs �v�nements similaires ant�rieurs, l'expert a estim� peu vraisemblable qu'un seul traitement anticoagulant ait pu �viter le d�c�s du pr�nomm�.
Entendu le 22 mai 2012 par le Tribunal de premi�re instance, l'expert a d�clar� que, selon sa conviction, B.X.________, m�me s'il avait �t� hospitalis� le 10 janvier 1999, serait n�anmoins d�c�d� le 12 janvier suivant.
Par jugement du 29 ao�t 2012, le Tribunal de premi�re instance a rejet� les conclusions de la demanderesse.
A.X.________ a appel� de ce jugement, reprenant les conclusions de sa demande du 14 d�cembre 2005.
Par arr�t du 28 juin 2013, la Chambre civile de la Cour de justice a confirm� le jugement du 29 ao�t 2012.
La cour cantonale a retenu qu'en mati�re de responsabilit� m�dicale, le tiers l�s� qui se pr�vaut d'une perte de soutien au sens de l'art. 45 al. 3 CO ou qui demande r�paration du tort moral au sens de l'art. 47 CO ne dispose que d'une pr�tention en responsabilit� d�lictuelle, faute d'�tre partie prenante au rapport contractuel qui liait le m�decin ou l'�tablissement hospitalier au patient d�c�d�. Comme les Drs C.________ et D.________ doivent �tre consid�r�s comme les auxiliaires de la d�fenderesse, la demanderesse peut actionner celle-ci dans le cadre de la responsabilit� objective simple qu'elle assume en vertu de l'art. 55 CO pour les dommages caus�s illicitement par lesdits auxiliaires. A l'instar des premiers juges, la Chambre civile a retenu que pouvait �tre reproch�e aux auxiliaires de la d�fenderesse une omission illicite, ayant consist� � poser un diagnostic d'hyperventilation d'origine psychog�ne sans proc�der aux examens n�cessaires (gazom�trie et radiographie) qui auraient permis d'exclure ce diagnostic. Mais, ont admis les magistrats genevois, � supposer que le Dr C.________ ait proc�d� aux examens qui s'imposaient et pos� ensuite le diagnostic correct, ce qui aurait conduit � l'hospitalisation du patient, cela n'aurait pas permis d'�viter, avec une vraisemblance pr�pond�rante, le d�c�s de ce dernier. L'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'omission illicite pouvant �tre reproch�e aux auxiliaires de la d�fenderesse et le d�c�s de B.X.________ a ainsi �t� ni�e. A titre superf�tatoire, l'autorit� cantonale a jug� que la d�fenderesse ne pouvait se voir reprocher d'avoir manqu� � son obligation de diligence dans le choix, l'instruction ou la surveillance de ses auxiliaires, de sorte qu'elle a apport� la preuve lib�ratoire instaur�e par l'art. 55 al. 1 CO.
A.X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Elle conclut principalement � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Subsidiairement, elle requiert que la d�fenderesse soit condamn�e � lui verser le montant total de 294'022 fr.50, � savoir;
- 50'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 12 janvier 1999,
- 201'120 fr. avec int�r�ts � 5% d�s la date de l'arr�t du Tribunal���f�d�ral,
- 3'160 fr.50 avec int�r�ts � 5% d�s le 2 juin 1999,
- 15'789 fr.65 avec int�r�ts � 5% d�s le 8 f�vrier 2011,
- 11'488 fr.45 avec int�r�ts � 5% d�s le 23 juillet 2002,
- 2'889 fr.05 avec int�r�ts � 5% d�s le 23 janvier 2003,
- 9'574 fr.85 avec int�r�ts � 5% d�s le 29 novembre 2005.
La recourante a r�pliqu�, alors que l'intim�e a renonc� � dupliquer.
1.1.�Interjet� par la partie qui a enti�rement succomb� dans ses conclusions en paiement et qui a donc qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. de l'art. 74 al. 1 let. b LTF, le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas li� par l'argumentation des parties (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336) et appr�cie librement la port�e juridique des faits; il s'en tient cependant d'ordinaire aux questions juridiques que la partie recourante soul�ve dans la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584). Le Tribunal f�d�ral n'examine la violation d'un droit constitutionnel que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de fa�on d�taill�e (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
1.4.�Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (art. 107 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile ayant le caract�re d'un recours en r�forme (art. 107 al. 2 LTF), le recourant doit prendre en principe des conclusions sur le fond du litige. Les conclusions qui, � l'exemple des conclusions principales du pr�sent recours, ne tendent qu'� l'annulation de l'arr�t d�f�r� et/ou au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouveau jugement sont irrecevables. Cela ne nuit toutefois pas � la recourante, d�s l'instant o� ses conclusions subsidiaires en paiement de divers montants sont chiffr�es et, partant, recevables (arr�t 4A_402/2011 du 19 d�cembre 2011 consid. 1).
Lorsque la d�cision attaqu�e comporte plusieurs motivations ind�pendantes dont chacune suffit � sceller le sort de la cause, il appartient au recourant, sous peine d'irrecevabilit�, de d�montrer que chacune d'entre elles est contraire au droit (ATF 133 IV 119 consid. 6.3; 131 III 595 consid. 2.2 p. 598). Le caract�re subsidiaire de l'une des motivations n'y change rien (arr�t 4A_454/2010 du 6 janvier 2011 consid. 1.3).
Se pliant � cette exigence, la recourante a invoqu� l'arbitraire dans l'appr�ciation de la causalit� naturelle ainsi que la violation du droit f�d�ral en rapport avec l'admission de la preuve lib�ratoire ouverte � l'intim�e par l'art. 55 al. 1 CO (diligence de l'employeur dans le choix, l'instruction et la surveillance des employ�s).
La recourante pr�tend que c'est en contradiction avec le rapport de l'expert judiciaire et le proc�s-verbal d'audition de ce dernier que la cour cantonale a retenu que si B.X.________ avait pu b�n�ficier d'un traitement anticoagulant, ce traitement n'aurait pas atteint le degr� d'efficacit� requis pour lui permettre d'atteindre des chances de survie de l'ordre de 90% � 92%. La recourante affirme qu'en plus de ce traitement anticoagulant le patient aurait pu �tre mis sous traitement fibrinolytique permettant de dissoudre les caillots de sang. En combinant ces deux traitements, le taux de mortalit� aurait �t� inf�rieur � 8% ou 10 %. La recourante en d�duit que la cour cantonale a sombr� dans l'arbitraire en retenant que, selon le principe de la vraisemblance pr�pond�rante, il n'avait pas �t� d�montr� qu'il existait un rapport de causalit� naturelle entre la violation fautive des r�gles de l'art pouvant �tre reproch�e aux Drs C.________ et D.________ et le d�c�s du patient ayant provoqu� le pr�judice dont elle requiert r�paration.
3.1.�Il y a causalit� naturelle entre deux �v�nements lorsque, sans le premier, le second ne se serait pas produit; il n'est pas n�cessaire que l'�v�nement consid�r� soit la cause unique ou imm�diate du r�sultat. L'existence d'un lien de causalit� naturelle entre le fait g�n�rateur de responsabilit� et le dommage est une question de fait que le juge doit trancher selon la r�gle de la vraisemblance pr�pond�rante lorsque, par la nature m�me de l'affaire, une preuve stricte n'est pas possible ou ne peut �tre raisonnablement exig�e de celui qui en supporte le fardeau; tel est en particulier le cas de l'existence d'un lien de causalit� hypoth�tique (cf. ATF 133 III 81 consid. 4.2.2 et les arr�ts cit�s, 462 consid. 4.4.2).
La question pr�sentement litigieuse a trait � la causalit� entre l'omission fautive imputable aux employ�s de l'intim�e (pose d'un diagnostic d'hyperventilation d'origine psychog�ne sans avoir identifi� de l'insuffisance respiratoire hypox�mique) et le d�c�s du patient.
Selon la jurisprudence du Tribunal f�d�ral � propos de la causalit� en cas d'omission (cf. ATF 132 III 715 consid. 2.3 p. 718 s.), pour retenir une causalit� naturelle en pareil cas, il faut admettre par hypoth�se que le dommage ne serait pas survenu si l'int�ress� avait agi conform�ment � la loi. Un lien de causalit� naturelle ne sera donc pas n�cessairement prouv� avec une exactitude scientifique. Le rapport de causalit� �tant hypoth�tique, le juge se fonde sur l'exp�rience g�n�rale de la vie et �met un jugement de valeur. En r�gle g�n�rale, lorsque le lien de causalit� hypoth�tique entre l'omission et le dommage est �tabli, il ne se justifie pas de soumettre cette constatation � un nouvel examen sur la nature ad�quate de la causalit�. Ainsi, lorsqu'il s'agit de rechercher l'existence d'un lien de causalit� entre une ou des omissions et un dommage, il convient de s'interroger sur le cours hypoth�tique des �v�nements. Dans ce cas de figure, le Tribunal f�d�ral, saisi d'un recours en mati�re civile, est li�, selon l'art. 105 al. 1 LTF, par les constatations cantonales concernant la causalit� naturelle, d�s lors qu'elles ne reposent pas exclusivement sur l'exp�rience de la vie, mais sur des faits ressortant de l'appr�ciation des preuves.
3.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale s'est fond�e sur le rapport de l'expert judiciaire et ses d�clarations � l'audience du 22 mai 2012 pour nier l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'omission illicite pouvant �tre reproch�e aux m�decins employ�s par l'intim�e et le dommage all�gu� par la recourante. Se r�f�rant au rapport de cet expert �tabli le 24 f�vrier 2012 (p. 15 en haut du rapport), elle a constat� - au consid�rant 4.3, p. 22, de l'arr�t attaqu� - que si l'embolie fatale et l'arr�t cardio-respiratoire qui en est r�sult� �taient survenus en milieu hospitalier, o� aurait �t� administr� au patient un traitement anticoagulant d�s le 10 janvier 1999 au soir, le risque de mortalit� se serait �lev� � 65%. Quant � l'administration d'une fibrinolyse � la suite d'un arr�t cardio-respiratoire, l'expert, lorsqu'il a �t� entendu (cf. p. 9, 3e �, du proc�s-verbal d'audition d'expert du 22 mai 2012), l'a qualifi�e de � proc�dure d�sesp�r�e avec une mortalit� effroyablement �lev�e � (cf. consid. 4.3 ibidem de l'arr�t critiqu�). En outre, sur la base des d�clarations de l'expert protocol�es dans le proc�s-verbal d'audition susrappel� (cf. p. 9, 1er �), les magistrats genevois ont retenu - au consid�rant 4.3 ibidem dudit arr�t - que le patient pr�sentait des facteurs aggravants qui s'�taient manifest�s dans les derni�res semaines avant son d�c�s (soit un fort taux d'obstruction du coeur droit ayant provoqu� des syncopes coupl� � une thrombose veineuse p�riph�rique), lesquels �taient propres � augmenter de fa�on significative le risque de mortalit�.
Dans de telles conditions, il n'y avait nul arbitraire pour l'autorit� cantonale � retenir, selon la r�gle du degr� de vraisemblance pr�pond�rante, que la recourante n'�tait pas parvenue � prouver que l'omission illicite reproch�e aux m�decins de l'intim�e n'�tait pas la cause naturelle du d�c�s de son fils.
Invoquant son droit � la preuve prot�g� par l'art. 29 al. 2 Cst., la recourante fait grief � l'autorit� cantonale de n'avoir pas ordonn� une expertise compl�mentaire. Elle all�gue que si le juge �prouve des doutes sur l'exactitude d'une expertise judiciaire ou si cette derni�re ne r�pond pas de mani�re compl�te et fiable aux questions scientifiques pertinentes, le juge doit recueillir des preuves suppl�mentaires. Sans disconvenir des qualit�s d'urgentiste de l'expert judiciaire, elle affirme qu'un angiologue aurait �t� mieux � m�me d'appr�cier l'�volution de l'�tat de sant� du patient, s'il avait �t� hospitalis� et qu'un traitement ad�quat pour pr�venir l'embolie pulmonaire lui avait �t� prodigu�.
4.1.�Dans le domaine du droit priv�, le droit � la preuve est r�gi par l'art. 8 CC, en tant que disposition sp�ciale par rapport � l'art. 29 al. 2 Cst. (arr�t 4A_228/2012 du 28 ao�t 2012 consid. 2.3, non publi� in ATF 138 III 625; arr�t 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1, non publi� in ATF 136 III 365).
Le droit � la preuve n'existe que s'il s'agit d'�tablir un fait pertinent - qui n'est pas d�j� prouv� - par une mesure probatoire ad�quate, laquelle a �t� r�guli�rement offerte selon les r�gles de proc�dure applicables (ATF 135 I 187 consid. 2.2 p. 190). Si l'autorit� cantonale se convainc que l'administration de la preuve sollicit�e serait sans effet sur la conviction qu'elle a d�j� acquise, elle peut �tre refus�e par une appr�ciation anticip�e des preuves r�sistant � l'arbitraire (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 129 III 18 consid. 2.6 p. 25).
Vu le large pouvoir qu'il reconna�t en mati�re d'appr�ciation des preuves aux autorit�s cantonales (cf. ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40), le Tribunal f�d�ral n'intervient, lorsque l'arbitraire est invoqu�, que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables; encore faut-il que la d�cision en soit vici�e dans son r�sultat (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560).
4.2.�Au consid�rant 4.3, p. 23 in fine, de l'arr�t attaqu�, l'autorit� cantonale a retenu qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner une nouvelle expertise, du moment que le rapport de l'expert judiciaire est parfaitement clair et circonstanci�, qu'il ne souffre ni de lacunes ni de contradictions. Elle a consid�r� que la recourante n'avait pas d�montr� qu'un angioloque serait mieux arm� pour appr�cier les chances de survie du patient dans une situation d'urgence telle que celui-ci a connue.
Il appert ainsi que les juges cantonaux, apr�s avoir pris connaissance du rapport de l'expert et entendu ce dernier lors d'une audience, n'ont pas �t� saisis de doutes sur le caract�re complet et s�rieux de l'expertise. Il sied de relever � ce stade du raisonnement que le rapport d'expertise comporte 19 pages � interlignes serr�s et que l'expert y a d�clar� in limine s'�tre fond� sur trente �l�ments document�s pour l'�tablir.
Pour refuser la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise, ces magistrats ont proc�d� � une appr�ciation anticip�e des moyens de preuve offerts, ce qui ne viole en rien le droit � la preuve, �tant pr�cis� que le droit f�d�ral n'impose en principe pas une seconde expertise (ATF 39 II 1 consid. 3 p. 4).
Interrog� le 22 mai 2012 sur son parcours acad�mique et professionnel, l'expert judiciaire a expliqu� qu'il a �tudi� � l'Universit� de Lausanne o� il a obtenu son dipl�me de m�decine, qu'il a suivi une formation postgradu�e en m�decine d'urgence hospitali�re et extra hospitali�re, que son dipl�me est reconnu par la Soci�t� suisse de m�decine d'urgence et de sauvetage et qu'il travaille depuis 2008 au service des urgences de ... comme cadre (m�decin associ�) (cf. proc�s-verbal d'audition d'expert, p. 2, 1er et 2e �).
Etant donn� la situation d'urgence qui se pr�sentait, laquelle n'a pas �t� per�ue par les auxiliaires de l'intim�e, on ne voit pas qu'un angiologue, soit un sp�cialiste des vaisseaux sanguins et lymphatiques, puisse mieux se prononcer que l'expert commis sur les chances de survie du fils de la recourante s'il avait �t� hospitalis� le 10 janvier 1999. En effet, la cour cantonale a constat� sur la base du rapport d'expertise, sans se voir reprocher l'arbitraire � cet �gard, qu'un traitement anticoagulant, dont l'efficacit� et la s�ret� rel�vent certes de l'angiologie, n'a pas pour effet de dissoudre un �ventuel caillot sanguin d�j� existant et qu'il n�cessite plusieurs jours pour se montrer efficace. La question � r�soudre in casu relevait ainsi plus de la m�decine d'urgence que de la m�decine vasculaire.
Il s'ensuit que la recourante n'a pas d�montr� que serait insoutenable le refus de l'autorit� cantonale de mettre en oeuvre une seconde expertise au motif que la premi�re �tait compl�te et circonstanci�e.
Les griefs de violation du droit � la preuve et d'arbitraire soulev�s en relation avec l'�tablissement des faits doivent donc �tre rejet�s.
Sous l'angle de la responsabilit� pour le fait d'autrui, la recourante soutient enfin que l'intim�e ne pouvait pas b�n�ficier de la preuve lib�ratoire au sens de l'art. 55 al. 1 CO, selon laquelle elle a satisfait � tous ses devoirs de diligence cumulativement, mais qu'elle devait r�pondre des actes de ses auxiliaires selon l'art. 101 CO. Puis elle fait valoir que l'appr�ciation de la preuve lib�ratoire susmentionn�e par la cour cantonale �tait arbitraire.
5.1.�La recourante, m�re de B.X.________, n'invoque aucune r�gle l�gale qui puisse �tre consid�r�e comme une norme de protection � l'�gard des proches du patient d�c�d� ayant consult� un �tablissement hospitalier. Le moyen, pris d'une violation de l'art. 101 al. 1 CO, est insuffisamment motiv� (art 42 al. 1 et 2 LTF).
5.2.�L'employeur, outre la preuve qu'il a pris tous les soins command�s par les circonstances pour d�tourner le dommage, peut �galement se lib�rer en �tablissant que sa diligence n'e�t pas emp�ch� le pr�judice de se produire (art. 55 al. 1 in fine CO). Il s'agit l� d'une r�f�rence � la notion juridique de preuve d'un comportement de substitution licite (cf. ATF 131 III 115 consid. 3.1 p. 119; ROLAND BREHM, Berner Kommentar, 4e �d. 2013, n
�s�91/92 ad art. 55 CO; FRANZ WERRO, in Commentaire romand, 2e �d. 2012, n� 17 ad art. 55 CO).
Or il a �t� constat� en fait, au consid�rant 4.3, p. 22, de l'arr�t d�f�r�, qu'il n'est pas possible d'admettre que l'hospitalisation de B.X.________ aurait permis d'�viter, au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante, le d�c�s de celui-ci. Par ce constat, dont l'arbitraire n'a pas �t� d�montr� par la recourante, l'intim�e a �tabli qu'en d�pit de toutes les mesures qu'elle aurait pu prendre, le dommage, soit le d�c�s du pr�nomm�, se serait de toute mani�re produit.
L��tablissement par l'intim�e de cette autre preuve lib�ratoire - ce qui a �chapp� � l'autorit� cantonale - dispense le Tribunal f�d�ral d'examiner si la premi�re, en tant qu'employeur des m�decins C.________ et D.________, a pris tous les soins command�s par les circonstances pour d�tourner le dommage qui s'est produit.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable.
Le recours est rejet� dans mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr., sont mis � la charge de la recourante.
La recourante versera � l'intim�e une indemnit� de 7'000 fr. � titre de d�pens.