Source: http://www.prevensectes.com/suisse_rael_cafe_feminite_tf.htm
Timestamp: 2017-04-28 16:05:39+00:00
Document Index: 102138443

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'art. 72', 'ATF ', 'arrêt ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 97', 'ATF ', 'arrêt ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'ATF ', 'ATF ', 'arrêt ', 'art. 68', 'arrêt ']

5A_328/2008 (26.11.2008)
Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 1/2} 5A_328/2008 / frs : Mouvement Raëlien Suisse, D.K.S. & M.D. Contre La Liberté Arrêt du 26 novembre 2008 IIe Cour de droit civil Composition MM. et Mme les Juges Raselli, Président, Hohl et Marazzi. Greffière: Mme Rey-Mermet. Parties Mouvement raëlien suisse, D.K.S, M.D. , recourants, tous les trois représentés par Me Elie Elkaim, avocat, contre Imprimerie et Librairies St-Paul SA, intimée, représentée par Me Pierre Perritaz, avocat, Objet protection de la personnalité, recours contre l'arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 12 novembre 2007. Faits: A. Le 11 avril 2005, le quotidien "La Liberté" a publié
un article intitulé «Deux "anges de Raël" tiennent les rênes d'un "café
féminité" ». Le texte de l'article relatait l'organisation dans un
restaurant lausannois de rencontres sur le thème de la féminité. Le
journaliste mettait en évidence les liens avec le Mouvement raëlien
(ci-après : le Mouvement) auquel appartiennent deux des organisatrices
de ces réunions, D.K.S et M.D. . Décrivant les
thèmes de prédilection du Mouvement, l'article comportait notamment les
passages suivants : "L'engagement de la secte pour le clonage, avec ses
relents d'eugénisme a défrayé récemment la chronique". Il présente
encore "la soumission sexuelle de ses disciples femmes" comme le centre
des principes prônés par Raël, l'instrument de cette soumission étant
l' "Ordre des anges" auquel peuvent adhérer "de belles jeunes femmes
prêtes à tout pour le plaisir de Raël". En fin d'article, les journalistes rapportent une
affaire judiciaire qui avait opposé le Mouvement raëlien au quotidien
"La Liberté" en ces termes : «"La Liberté", en 1997 et 1998 avait refusé de
publier un droit de réponse de la secte suite à un article qui
affirmait que cette dernière "prône théoriquement dans ses écrits la
pédophilie et l'inceste". Les raëliens avaient fait recours, mais le
Tribunal cantonal fribourgeois, puis le Tribunal fédéral, avait alors
admis que la secte "promeut bel et bien la pédophilie et l'inceste dans
ses écrits". La justice avait finalement donné raison à "La Liberté" :
un journal a le droit de refuser un droit de réponse lorsqu'il est
manifestement erroné. Comme l'était celui des raëliens lorsqu'ils
disaient réprouver la pédophilie et l'inceste» B. Le 2 mai 2005, le Mouvement a requis la publication
d'un droit de réponse; il estimait notamment que la fin de l'article du
11 avril 2005 était erronée, aucun tribunal n'ayant affirmé que le
Mouvement prônait la pédophilie et l'inceste. Le rédacteur en chef de
"La Liberté" a refusé de le publier dans la forme proposée mais a
néanmoins consenti à un rectificatif qui a paru sous ce titre :
"Rectificatif - Ce qu'ont vraiment dit les tribunaux sur les raéliens
SECTE - Notre article du 11 avril dernier contenait une phrase erronée.
Explications." Le journaliste y expose que la citation contenue
entre guillemets à la fin dudit article est erronée et indique sous
forme de citations les considérations du Tribunal cantonal fribourgeois
et du Tribunal fédéral. Il précise ensuite que "La Liberté" a refusé de
publier un droit de réponse requis par le Mouvement. C. Par demande du 11 avril 2006, le Mouvement raëlien,
D.K.S et M.D. ont conclu à la constatation du
caractère illicite des atteintes portées à leur personnalité par
l'article paru le 11 avril 2005, à ce que le quotidien publie la
constatation judiciaire de cette illicéité et au paiement à chaque
demandeur de 5'000 fr. à titre de tort moral. Par jugement du 23 avril 2007, le Président du Tribunal civil de l'Est vaudois a débouté les demandeurs de leurs conclusions. Statuant sur appel des demandeurs, la Chambre des
recours du Tribunal cantonal vaudois a, par arrêt du 12 novembre 2007,
confirmé le premier jugement. D. Le Mouvement raëlien suisse, D.K.S et
M.D. , forment un recours en matière civile au Tribunal fédéral
contre cet arrêt en reprenant les conclusions formulées devant la
première instance. Considérant en droit: 1. L'arrêt entrepris est une décision finale prise par une autorité cantonale de dernière instance (
). Il a été rendu en matière civile (
art. 72 al. 1 LTF
). L'action en constatation de l'atteinte à la personnalité est de nature non pécuniaire (
ATF 132 III 641
consid. 1.1 non publié;
102 II 161 consid. 1; 95 II 481
consid. 1). La conclusion tendant au paiement d'une indemnité pour tort
moral ne revêtant qu'un caractère accessoire, la cause doit être
considérée dans son ensemble comme une affaire de nature non pécuniaire
(arrêt 5A_205/2008 du 3 septembre 2008 consid. 2.3 et les réf. citées),
de sorte que le recours en matière civile est recevable indépendamment
de la valeur litigieuse.
2. Le Mouvement raëlien dénonce des violations de son droit d'être entendu sous son aspect du droit à une décision motivée (
2.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu
celui d'obtenir une décision motivée. Il suffit cependant que
l'autorité mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidée
et sur lesquels elle a fondé sa décision, de manière à ce que
l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et
l'attaquer en connaissance de cause (
ATF 129 I 232
consid. 3.2;
consid. 2b). L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter
tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties,
mais elle peut au contraire se limiter à l'examen des questions
décisives pour l'issue du litige; il suffit que le justiciable puisse
apprécier correctement la portée de la décision et l'attaquer à bon
escient (
ATF 134 I 83
consid. 4.1;
consid. 4.3;
consid. 2b). 2.2 Le recourant expose qu'il avait critiqué devant
la cour cantonale les faits retenus en première instance, en ce sens
qu'ils reflétaient de manière incomplète sa position sur le clonage et
l'eugénisme. S'il ne nie pas prôner le clonage et l'eugénisme, comme
l'a retenu le premier jugement, il était selon lui important de
préciser que c'est uniquement dans la mesure "où ils se rapportent au
seul progrès scientifique". La cour cantonale aurait passé sous silence
cette critique des faits, ce qui constituerait une violation du droit à
une décision motivée. En l'espèce, la question à résoudre pour les juges
précédents était de savoir si le passage de l'article "l'engagement de
la secte pour le clonage, avec ses relents d'eugénisme, a défrayé
récemment la chronique" constituait une atteinte à la personnalité. Ils
devaient en premier lieu déterminer s'il était exact que le Mouvement
raëlien s'était engagé en faveur du clonage et ensuite, examiner si par
l'expression "relents d'eugénisme", l'opinion exprimée n'excède pas le
cadre de la critique admissible ou conteste à la personne concernée
tout honneur d'être humain ou personnel (cf. consid. 3 infra;
ATF 126 III 305
consid. 4b/bb). Dans ce contexte, le complètement de l'état de fait que
le recourant souhaitait apporter quant à sa position sur le clonage et
l'eugénisme était manifestement sans pertinence. Dans ces conditions,
le recourant était en mesure de comprendre la décision litigieuse et de
l'attaquer à bon escient, ce qu'il a d'ailleurs fait. Il n'y a donc pas
de violation de l'
3. Devant l'instance fédérale, le Mouvement raëlien
reprend sa critique des faits retenus au sujet de sa position sur
l'eugénisme et le clonage. 3.1 Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente (
Il ne peut s'en écarter que si les faits ont été établis de façon
manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'
art. 95 LTF
), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (
art. 97 al. 1 LTF
La partie recourante qui entend s'écarter des constatations de
l'autorité précédente doit expliquer de manière circonstanciée en quoi
les conditions d'une exception prévue par l'
seraient réalisées; à ce défaut, il n'est pas possible de tenir compte
d'un état de fait qui diverge de celui contenu dans la décision
attaquée (cf.
ATF 130 III 138 consid. 1.4).
3.2 En l'espèce, il appartenait au recourant
d'indiquer où et quand il a allégué les faits qui n'ont pas été
constatés dans l'arrêt attaqué, en particulier quant à sa position sur
le clonage et l'eugénisme. Il ne précise pas davantage laquelle des
différentes hypothèses visées par l'
justifierait le complètement des constatations de l'autorité
précédente. La Cour de céans statuera, dès lors, sur la base des faits
établis par cette autorité
4. Les recourants voient dans l'article litigieux divers passages qui porteraient atteinte à leur personnalité. L'
dispose que celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité
peut agir en justice pour sa protection contre toute personne qui y
participe (al. 1). Une atteinte est illicite, à moins qu'elle ne soit
justifiée par le consentement de la victime, par un intérêt
prépondérant privé ou public ou par la loi (al. 2). C'est la perception
du lecteur moyen qui permet d'apprécier l'atteinte à la personnalité,
d'en déterminer la gravité et de savoir quelles sont les assertions qui
doivent être tirées du contexte global d'une publication donnée (
ATF 132 III 641 consid. 3.1, 129 III 529 consid. 3.1; 127 III 481
consid. 2c).
La presse peut porter atteinte à la personnalité par la publication de faits ou par l'appréciation qu'elle en donne (
ATF 129 III 49
consid. 2.2;
consid. 4b). La diffusion de faits véridiques est en principe couverte
par la mission d'information de la presse, à moins qu'il ne s'agisse de
faits relevant de la sphère privée et secrète ou que le lésé ne soit
déprécié de façon inadmissible en raison de la forme inutilement
blessante de la présentation (
ATF 129 III 529
consid. 3.1). Lorsque les faits diffusés relèvent de la sphère secrète
ou privée, l'intérêt du public à être informé peut, dans certains cas,
l'emporter sur l'intérêt du particulier au respect de sa sphère privée;
cela dépend de la relation que le particulier entretient avec le public
ATF 122 III 449
consid. 3a et la référence). Une pesée des intérêts en présence est
indispensable; une atteinte ne peut être justifiée que dans la mesure
où il existe un besoin d'informer. La mission d'information de la
presse n'est donc pas un motif justificatif absolu; celle-ci doit avoir
un motif pertinent de porter atteinte à la personnalité (
ATF 126 III 209
consid. 3a p. 212 et les arrêts cités). La publication de faits
inexacts est en principe illicite en elle-même. Chaque inexactitude,
imprécision, raccourci ou généralisation ne fait pas à elle seule d'un
compte-rendu un mensonge dans son ensemble. Un article de presse
inexact dans ce sens n'est globalement mensonger et ne viole les droits
de la personnalité que s'il ne correspond pas à la réalité sur des
points essentiels et montre la personne concernée sous un angle si
erroné ou en présente une image si sensiblement faussée qu'elle s'en
trouve rabaissée de manière sensible dans la considération de ses
semblables (
consid. 4b/aa et les arrêts cités). La jurisprudence considère les opinions, commentaires
et jugements de valeur - qui par leur nature ne peuvent être soumis à
la preuve de la vérité - admissibles s'ils apparaissent fondés en
fonction de l'état de fait auquel ils se réfèrent. Toutefois, les
jugements de valeur et opinions personnelles peuvent, même s'ils
reposent sur des faits exacts, constituer une atteinte à la
personnalité lorsqu'ils sont exprimés dans une forme qui rabaisse
inutilement la personne. Puisque la publication d'un jugement de valeur
relève de la liberté d'expression, il faut faire preuve d'une certaine
retenue dans ce domaine lorsque le public peut reconnaître les faits
sur lesquels le jugement se fonde. Une opinion caustique doit être
acceptée et ne porte atteinte à la personnalité que si elle excède ce
qui est admissible et laisse entendre un état de fait qui ne correspond
pas à la réalité (
consid. 4b/bb). Le Tribunal fédéral revoit avec retenue le
raisonnement de l'instance cantonale, qui dispose à cet égard d'un
certain pouvoir d'appréciation (
; ATF 126 III 209
consid. 3a et l'arrêt cité
). Il n'intervient que si la décision
s'écarte sans raison sérieuse des règles établies par la jurisprudence
ou s'appuie sur des faits qui, en l'occurrence, ne devaient jouer aucun
rôle ou encore ne tient, au contraire, pas compte d'éléments qui
auraient absolument dû être pris en considération (
consid. 4a p. 306 et les références citées).
5. Le Mouvement raëlien est d'avis que le passage
suivant de l'article porte atteinte à sa personnalité : "au centre des
principes prônés par Raël, il y a la soumission sexuelle des disciples
femmes". 5.1 La cour cantonale a en premier lieu relevé que
cette affirmation constituait une appréciation subjective et qu'à ce
titre, il suffisait qu'elle apparaisse soutenable au regard des faits
auxquels elle se référait. Elle a approuvé l'opinion du premier juge,
lequel a cité des passages du texte fondateur de l' "Ordre des Anges"
de Raël, notamment sur "le voeu d'exclusivité sexuelle" que peuvent
faire les Anges de Raël en faveur des Elohim et de leurs Prophètes, les
Elohim étant les extraterrestres avec lesquels le Mouvement doit
assurer les premiers contacts et établir des relations. Elle a
mentionné que, selon ce texte, les Anges doivent être d'une "grande
beauté". Il s'agit d'un des critères de sélection lié à l'objectif de
Raël, qui est de "servir à temps complet les Elohim en veillant sur
tous les plans à leur confort". Selon l'autorité précédente, au vu de
ces éléments, il n'était pas exagéré de parler de "soumission
sexuelle". Dans une motivation subsidiaire, elle a considéré que cette
opinion était justifiée par un intérêt public prépondérant, en
l'occurrence la mission d'information de la presse à l'égard du public.
Plus précisément, selon les juges cantonaux, l'opinion en cause était
nécessaire à l'appréciation correcte, par le lecteur, de l'événement
relaté, soit l'organisation des cafés féminité. Le but de ces
rencontres était en effet de promouvoir les valeurs féminines que sont
"l'écoute, la compassion, la douceur", valeurs liées aux critères de
choix des Anges de Raël. L'idée de ces rencontres était née lors d'une
soirée réunissant des Anges sous la direction de D.K.S,
elle-même responsable pour la Suisse des Anges, dont l'un des buts est
de "diffuser les Messages mais en essayant de trouver de nouveau (sic)
Anges en suscitant des vocations parmi les jeunes femmes qu'elles
rencontreront dans la société". Ces éléments légitimaient la
publication de l'opinion incriminée.
5.2 5.2.1 Dans la mesure où le recourant reproche aux
juges précédents d'avoir constaté les faits de manière incomplète sur
la question de la sexualité des Anges, plus précisément sur leur
possibilité de faire un voeu d'exclusivité sexuelle, il n'y a pas lieu
d'examiner son argumentation. Il se contente d'opposer sa propre
version des faits sans expliquer de manière suffisamment motivée (cf.
consid. 3.1 supra) en quoi il se justifiait de s'écarter des
constatations cantonales. 5.2.2 Selon le recourant, l'opinion litigieuse porte
atteinte à sa personnalité car elle est fondée sur des faits
incomplets. Il reproche à la cour cantonale de n'avoir pas mentionné
que le voeu d'exclusivité sexuelle prononcé par les disciples est
librement consenti et révocable. Il estime que, dans ce cas, on ne peut
parler de "soumission sexuelle" ce qui ne peut être compris par le
lecteur moyen que comme une entrave au libre choix sexuel. En l'occurrence, sur la base des faits retenus par
l'autorité cantonale, à savoir la possibilité de faire un voeu
d'exclusivité sexuelle en faveur des Elohim et de leurs Prophètes, la
grande importance du critère de la beauté pour adhérer à l'ordre des
Anges dont le but est de "servir à temps complet les Elohim et leurs
Prophètes", il n'était pas insoutenable de conclure que Raël prônait la
soumission sexuelle de ses disciples. Cette formule rentre dans le
cadre des opinions admissibles au vu des faits constatés et n'est pas
inutilement blessante. Dans le langage courant, la soumission se
définit comme la disposition à obéir, à se conformer (cf. dictionnaire
Robert, éd. 2005). Contrairement à ce que prétend le recourant, elle
n'implique pas nécessairement une contrainte imposée de l'extérieur
mais peut résulter d'un libre choix. 5.3 Dans la mesure où le recourant reproche à la cour
cantonale une violation de son droit à une décision motivée pour ne pas
avoir examiné "les griefs soulevés", sans plus ample explication, sa
critique, pour autant qu'elle soit recevable, est manifestement
infondée. Le raisonnement de la cour cantonale a été exposé plus haut
(cf. consid. 5.1 supra); il est parfaitement compréhensible et
permettait à l'intéressé de l'attaquer en connaissance de cause. 6. Le Mouvement raëlien estime que l'article porte
également atteinte à sa personnalité en ce sens qu'il le relie de
manière faussée à la pédophilie et à l'inceste. Bien que le quotidien
ait publié dans une édition ultérieure un rectificatif, le recourant
estime que cette mesure n'a pas amoindri l'atteinte. 6.1 Selon les faits retenus, l'article du 11 avril
2005 rapporte que "La Liberté" avait refusé, en 1997, de publier un
droit de réponse de la secte suite à un article qui affirmait que cette
dernière prône théoriquement dans ses écrits la pédophilie et
l'inceste. L'article de 2005 relève que, suite au recours des raëliens,
le Tribunal cantonal fribourgeois, puis le Tribunal fédéral, avaient
ses écrits". Le journal a, dans une édition ultérieure du 4 mai 2005,
expliqué que la citation précédente était erronée car les tribunaux
n'avaient pas utilisé ces termes. En guise de rectificatif, il cite
précisément les propos suivants tenus en 1998 par le Tribunal cantonal
fribourgeois : « ...l'entreprise de médias a établi d'emblée et de
manière convaincante que l'affirmation du journaliste selon laquelle la
secte de Raël prône "théoriquement" dans ses écrits la pédophilie et
l'inceste n'était pas mensongère ni diffamatoire». Toujours dans l'article rectificatif du 4 mai 2005,
"La Liberté" a cité ce passage extrait de l'arrêt du Tribunal fédéral
du 24 août 1998 : « Considérant que ces écrits, relatifs aux relations
entre enfants et adultes, étaient pour le moins ambigus, voire sans
détours licencieux, et que le Mouvement des raéliens ne s'en était
jamais clairement distancié, l'autorité cantonale en a déduit que la
réponse était manifestement inexacte. Cette argumentation n'apparaît
pas contraire au droit fédéral : le recourant, qui se voit accusé de
prôner "théoriquement" la pédophilie et l'inceste, ne peut à l'évidence
affirmer dans sa réponse qu'il condamne formellement ces pratiques,
dans la mesure où, pour rédiger son article, le journaliste s'est fondé
sur des écrits qui émanent de son fondateur ou de ses membres et dont
la teneur équivoque contredit cette affirmation ». 6.2 En l'occurrence, l'article du 11 avril 2005
relatait en effet des faits inexacts en tant qu'il exposait que les
juridictions cantonale et fédérale avaient admis que la secte promeut
la pédophilie et l'inceste dans ses écrits. Le Mouvement a ainsi été
atteint dans sa personnalité par cette affirmation. Cependant, dans le
rectificatif paru le 4 mai 2005, le rédacteur en chef de "La Liberté" a
reconnu l'erreur et l'a corrigée en citant les passages topiques des
arrêts. Dans ces conditions, il apparaît que le trouble créé
initialement a disparu, étant précisé que le seul fait que la source de
l'atteinte puisse encore être retrouvée n'est pas suffisant, sauf si la
diffusion continue, par exemple sur Internet. En l'espèce, il
n'apparaît nullement que le recourant soit encore menacé d'une
incertitude concernant ses droits qui entraverait sa liberté d'action
et lui soit insupportable (
ATF 131 III 319
consid. 3.5;
consid. 3a et les réf.), ce qu'il lui incombait de démontrer (
ATF 127 III 481
consid. 1). En l'absence d'intérêt à la constatation requise, il n'y
avait pas lieu d'entrer en matière sur l'action en constatation (
consid. 1b/aa), de sorte que le recours doit être rejeté sur ce point également. 6.3 Le recourant invoque à nouveau une violation de son droit d'être entendu (
au motif que la cour cantonale n'a pas examiné de manière plus
détaillée la "doctrine pédagogique et sexuelle" de Raël. En l'espèce,
la motivation de la cour cantonale ne souffre d'aucune lacune. La
lecture de l'arrêt permet au justiciable de comprendre les motifs qui
ont guidé l'autorité précédente et, par conséquent, de les contester.
7. D.K.S et M.D. voient une atteinte
à leur personnalité au motif que l'article litigieux révèle leur
religion et évoque leur vie sexuelle. 7.1 En l'occurrence, il est exact que l'article
mentionne l'appartenance des recourantes au Mouvement raëlien suisse.
Ces faits, dont l'exactitude n'est pas contestée, relèvent de la sphère
privée (ANDREAS MEILI, Commentaire bâlois, 3ème éd., 2006, n. 26 ad
leur révélation constitue donc une atteinte à la personnalité des
recourantes. Comme l'a observé la cour cantonale, elle était cependant
justifiée en l'espèce par la mission d'information de la presse. Les
deux recourantes étaient les organisatrices des rencontres dont "La
Liberté" se faisait l'écho, rencontres dont le but était de promouvoir
"les valeurs féminines que sont l'écoute, la compassion, la douceur";
les affiches invitant le public à ces manifestations étaient absolument
muettes sur un quelconque lien avec Raël. Or, même si les recourantes
se défendent de faire du prosélytisme, ce que l'article rapporte, il y
avait un intérêt à informer le public sur leur appartenance au
mouvement raëlien et à l' "Ordre des Anges" dont une des missions est,
selon les textes fondateurs, de "diffuser les Messages en essayant de
trouver de nouveau (sic) Anges en suscitant des vocations parmi les
jeunes femmes". En tenant compte également du fait que l'idée de ces
cafés est née lors d'une soirée réunissant des Anges sous la direction
de D.K.S, responsable de l'Ordre en Suisse, on ne peut que
confirmer l'existence d'un intérêt à informer le public sur les liens
de ces rencontres avec le Mouvement raëlien. Dès lors que l'atteinte
était justifiée par un intérêt public prépondérant, le rejet de
l'action en constatation de l'atteinte ne constitue pas une violation
du droit fédéral.
7.2 En ce qui concerne l'évocation de leur vie
sexuelle, la cour cantonale a retenu que l'article décrivait comme
principe prôné par Raël la soumission sexuelle des disciples femmes.
L'autorité précédente n'a pas violé le droit fédéral en écartant le
grief des recourants. L'article reliait en effet de manière générale la
soumission sexuelle aux disciples femmes de Raël; les recourantes
n'étaient donc atteintes qu'indirectement, de par leur appartenance au
Mouvement. Or, seul celui qui subit ou a subi directement l'atteinte
peut agir en protection de la personnalité (MEILI, op. cit., n. 32 ad
Les recourantes ne disposaient par conséquent pas de la qualité pour
ouvrir une action défensive. La même conclusion s'impose dans la mesure
où elles prétendent avoir été atteintes dans leur personnalité au motif
que l'article de "La Liberté" les a associées également à l'eugénisme
et à la pédophilie. L'article litigieux n'a traité que la position du
Mouvement raëlien sur ces questions, de sorte que les recourantes
n'étaient concernées qu'indirectement.
8. En conclusion, le recours doit être rejeté dans la
mesure où il est recevable. Les frais judiciaires seront supportés par
les recourants, qui succombent (
). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimée, qui n'a pas été invitée à se déterminer (
art. 68 al. 1 LTF
Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: 1. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. 2. Les frais judiciaires, arrêtés à 3'000 fr., sont mis à la charge des recourants, solidairement entre eux. 3. Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Lausanne, le 26 novembre 2008 Au nom de la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral suisse Le Président: La Greffière: Raselli Rey-Mermet Retour