Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20011214-232816
Timestamp: 2017-07-27 22:46:55+00:00
Document Index: 271633833

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 1 ss, 14 décembre 2001, 232816
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 232816Numéro NOR : CETATEXT000008109335 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-12-14;232816 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 20 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 19 février 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 4 octobre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Abbouche X... ;
- le rapport de M. Lafouge, Conseiller d'Etat, - les conclusions de Mlle Fombeur, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (.) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (.)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 6 juin 2000, de l'arrêté du 31 mai 2000 par lequel le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... a fait valoir que plusieurs de ses enfants, dont certains ont la nationalité française, vivent en France et sont prêts à la prendre en charge, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que Mme X..., née en 1929, n'est entrée en France que dix mois avant la mesure de reconduite et, d'autre part, qu'elle conserve au Maroc des attaches familiales, et notamment un fils qui a déclaré la prendre à sa charge lorsqu'elle résidait au Maroc ; que, dans ces circonstances et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, cet arrêté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que c'est dès lors à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que si Mme X... invoque son âge et son état de santé pour s'opposer à sa reconduite, elle n'établit pas être atteinte d'une affection d'une exceptionnelle gravité ; que le préfet n'a donc pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure de reconduite sur la situation personnelle de l'intéressée ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement en date du 19 février 2001, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 4 octobre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
Article 1er : Le jugement du 19 février 2001 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à Mme Abbouche X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-05-31Arrêté 2000-10-04Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 14 décembre 2001, n° 232816Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. LafougeRapporteur public : Mlle FombeurOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 1 ssDate de la décision : 14/12/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page