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Timestamp: 2016-10-22 19:54:30+00:00
Document Index: 182753454

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'art. 86', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 89', 'art. 89', 'art. 89', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 89', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 97', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 62', 'art. 116', 'art. 25', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 62', 'art. 97', 'art. 62', 'art. 48', 'art. 90', 'art. 62', 'art. 62', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 92', 'ATF ', 'art. 92', 'art. 25', 'ATF ', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 66', 'art. 68']

1C_309/2013 (04.07.2013)
1C_309/2013 � � Arr�t du 4 juillet 2013
repr�sent�e par Ma�tres Hans Leonz Notter & Thomas Locher, avocats, Etude Notter M�gevand & Associ�s,
repr�sent�e par Me Jean-Yves Hauser, avocat,
Pr�fet du district de la Sarine.
de Fribourg, IIe Cour administrative, du 8 f�vrier 2013.
Le 25 janvier 2010, Y.________ AG a d�pos� une demande de permis de construire en vue d'�difier un b�timent commercial de 15'000 m
2environ et d'am�nager 335 places de parc en surface dans la commune de Z.________. Ce projet et la modification du plan d'am�nagement de d�tail (ci-apr�s: PAD) visant le secteur concern� ont fait l'objet, le 29 janvier 2010, d'une mise � l'enqu�te publique au cours de laquelle quatre oppositions ont �t� d�pos�es. Apr�s conciliation par la commune de Z.________, ces oppositions - qui n'�manaient pas de la Soci�t� X.________ (ci-apr�s: X.________) - ont �t� retir�es et la modification du PAD a �t� adopt�e par le Conseil communal de Z.________, puis transmise � la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions du canton de Fribourg (ci-apr�s: DAEC) pour approbation.
�Le 21 juillet 2011, Y.________ AG a d�pos� une nouvelle demande de permis de construire comprenant deux modifications. La premi�re concerne le parking: les deux tiers des places - soit 215 sur 335 - sont d�sormais situ�es dans un parking souterrain. La seconde modification vise l'implantation du b�timent: celui-ci est d�plac� 5 m�tres plus � l'est, de mani�re � am�liorer la circulation � ses abords. Ces modifications ont �t� mises � l'enqu�te publique par publication dans la Feuille officielle du canton de Fribourg du ... avec la mention que�"�seules les modifications peuvent faire l'objet de remarque ou d'opposition�".
�Par courrier du 11 ao�t 2011, X.________ a form� opposition faisant valoir qu'il s'agissait en r�alit� d'un nouveau projet et que la seconde mise � l'enqu�te aurait d� porter sur l'ensemble de celui-ci. Par d�cision du 1
er�juin 2012, le Pr�fet de la Sarine a d�livr� le permis de construire et rejet� cette opposition, dans la mesure o� elle �tait recevable.
Par arr�t du 8 f�vrier 2013, la II
e�Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal ou la cour cantonale) a rejet� le recours form� par X.________ contre la d�cision du 1er�juin 2012, qu'elle a confirm�e. Elle a en outre mis � la charge de la recourante les frais de la proc�dure et l'a condamn�e � verser des d�pens � son adverse partie.
�En substance, la cour cantonale a retenu que l'opposition de X.________ ne pouvait porter que sur le coulissement de 5 m�tres du b�timent et sur la cr�ation d'un parking souterrain, ces deux points devant �tre consid�r�s comme des modifications secondaires du projet d'origine; il n'y avait donc pas lieu de traiter les griefs qui ne portaient pas sur ces modifications. Elle a �galement exclu que des autorisations sp�ciales fussent n�cessaires aux modifications du projet, ce qui ne rendait - de ce fait - pas obligatoire une nouvelle mise � l'enqu�te de l'ensemble du projet. Enfin, l'instance pr�c�dente a retenu que la r�alisation du parking souterrain ne permettrait pas au constructeur de cr�er un nombre de places de stationnement sup�rieur � celui mentionn� dans le permis de construire, � savoir 335.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, X.________ demande principalement au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal cantonal du 8 f�vrier 2013 et de rejeter la demande de permis de construire de Y.________ AG. Elle conclut subsidiairement au renvoi de l'affaire � l'autorit� comp�tente pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants. Elle soutient que les modifications apport�es au projet sont importantes, de sorte que le nouveau projet aurait d� �tre mis � l'enqu�te dans son ensemble.
�Le constructeur, le Pr�fet de la Sarine et la commune de Z.________ ont conclu au rejet du recours, avec suite de frais et d�pens � la charge de la recourante. La cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de la d�cision entreprise. La recourante a r�pliqu� par courrier du 6 mai 2013.
�Par ordonnance du 22 avril 2013, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a rejet� la requ�te d'effet suspensif form�e par la recourante.
Le recours est dirig� contre une d�cision finale au sens de l'art. 90 LTF. Celle-ci a �t� prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) dans le domaine du droit public des constructions (art. 82 let. a LTF) : le recours est ainsi recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e.
La recourante a pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal (art. 89 al. 1 let. a LTF). Elle doit en outre �tre particuli�rement atteinte par la d�cision (art. 89 al. 1 let. b LTF) et avoir un int�r�t digne de protection � son annulation art. 89 al. 1 let. c LTF). Selon la jurisprudence, le recourant doit se trouver dans une relation sp�ciale, �troite et digne d'�tre prise en consid�ration avec l'objet de la contestation. Le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualit� pour recourir (ATF 121 II 171 consid. 2b p. 174). Le crit�re de la distance n'est pas le seul d�terminant; s'il est certain ou tr�s vraisemblable que l'installation ou la construction litigieuse sera � l'origine d'immissions - bruit, poussi�res, vibrations, lumi�re, fum�e - atteignant sp�cialement les voisins, m�me situ�s � une certaine distance, ces derniers peuvent avoir qualit� pour recourir (ATF 136 II 281 consid. 2.3.1 p. 285). La recourante invoque en l'esp�ce l'accroissement du trafic induit par la construction d'un b�timent commercial de taille importante avec cr�ation d'un parking de plus de 300 places. Ces �l�ments suffisent � admettre un int�r�t pratique d�coulant d'une relation sp�ciale avec l'objet du litige. Elle peut ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � l'annulation de l'arr�t attaqu�. Elle a d�s lors qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. Les autres conditions de recevabilit� sont par ailleurs r�unies, si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re sur le fond.
La recourante s'en prend d'abord � la constatation de certains �l�ments de fait par la cour cantonale. Il y a lieu de rappeler le pouvoir d'examen du Tribunal f�d�ral en cette mati�re.
2.1.�Le Tribunal f�d�ral fonde son arr�t sur les faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sauf s'ils ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 II 304 consid. 2.4 p. 314) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Si le recourant entend s'�carter des constatations de fait de l'autorit� pr�c�dente, il doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions de l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es et la correction du vice susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF; ATF 135 II 313 consid 5.2.2 p. 322 s.). A d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui qui est contenu dans l'acte attaqu�. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les arr�ts cit�s).
2.2.�La recourante reproche � la cour cantonale d'avoir indiqu� que la nouvelle demande de permis de construire avait �t� d�pos�e le 21 juillet 2011 " suite � l'entr�e en vigueur de nouvelles normes relatives au stationnement des v�hicules " afin que le projet soit en conformit� avec " la nouvelle r�glementation des places de stationnement entr�e en vigueur le 1er janvier 2011 ". Or, le r�glement fribourgeois d'ex�cution de la loi sur l'am�nagement du territoire et les constructions du 1er d�cembre 2009 (ReLATeC; RSF 710.11) - comprenant un art. 62 al. 3 visant les places de stationnement li�es aux centres commerciaux - est entr� en vigueur le 1er janvier 2010 (art. 116 ReLATeC). Dans la mesure cependant o� la recourante ne pr�tend pas que la nouvelle autorisation, qui est seule objet du pr�sent litige, contreviendrait de mani�re arbitraire � ces dispositions, on ne discerne pas en quoi la rectification de cet �l�ment de fait serait susceptible d'avoir une influence sur le sort de la cause.
�La recourante critique ensuite la cour cantonale pour avoir retenu, � tort, que le projet litigieux ne comportait que deux modifications par rapport au projet initial. A la suivre, ces modifications comportaient �galement la modification de la fa�ade avec une entr�e de parking aux dimensions importantes, le r�am�nagement ainsi que l'am�lioration des routes d'acc�s et des zones de chargement des camions, la cr�ation de 50 places pour v�los et de 10 places pour motos, l'am�nagement d'une bordure couverte de gazon avec des arbres et l'agrandissement de la surface de la jardinerie, passant de 1'767 m2 � 1'867 m2. Ces assertions ne sont cependant soutenues par aucune r�f�rence � des pi�ces ou documents de la proc�dure; la recourante ne soutient pas non plus que la cour cantonale aurait omis de prendre en compte des �l�ments d�terminants du dossier ou arbitrairement appr�ci� les preuves � disposition. Une telle critique est ainsi sans port�e. Quant au nombre de places de stationnement pour voitures sollicit� dans la nouvelle autorisation de construire (368), il ressort de la d�cision attaqu�e de sorte que le grief de constatation manifestement inexacte des faits sur ce point n'est pas non plus fond�.
�Enfin, la recourante fait grief � la cour cantonale d'avoir retenu que le projet de construction initial impliquait �galement des travaux de terrassement. Selon elle, cette appr�ciation serait contredite par la comparaison entre les plans d'origine et les plans modifi�s, de sorte que " le projet modifi� devait juridiquement �tre qualifi� de projet nouveau ou, � tout le moins, comme ayant �t� notablement modifi� ". Comme l'admet la recourante elle-m�me, la critique rel�ve ainsi essentiellement de l'appr�ciation juridique portant sur l'ampleur des modifications intervenues par rapport au projet initial, grief qui sera trait� pour lui-m�me (cf. consid. 3.2.2).
2.3.�Dans ces circonstances, les critiques de la recourante soit sont sans influence sur l'issue de la cause, soit restent purement appellatoires. D�s lors, elles ne permettent pas au Tribunal f�d�ral de s'�carter des faits souverainement �tablis par la cour cantonale.
Sur le fond, la recourante soutient en substance que le projet modifi� aurait d� faire l'objet d'une nouvelle mise � l'enqu�te compl�te. Elle d�nonce ainsi une violation par l'instance inf�rieure de diff�rentes dispositions du droit cantonal ainsi que du principe de coordination pr�vu � l'art. 25a LAT.
3.1.�Le Tribunal f�d�ral applique le droit, tel que d�fini � l'art. 95 LTF, d'office (art. 106 al. 1 LTF). En revanche, il ne revoit l'interpr�tation et l'application du droit cantonal que sous l'angle de l'arbitraire. Il ne s'�carte de la solution retenue que si celle-ci se r�v�le insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, ou si elle a �t� adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain, ce qu'il appartient au recourant de d�montrer par une argumentation qui r�ponde aux exigences des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s. et les r�f�rences). Le recourant doit ainsi indiquer pr�cis�ment quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e et d�montrer par une argumentation pr�cise en quoi consiste la violation. En outre, si l'interpr�tation d�fendue par la cour cantonale ne s'av�re pas d�raisonnable ou manifestement contraire au sens et au but de la disposition ou de la l�gislation en cause, elle sera confirm�e, m�me si une autre solution para�t �galement concevable, voire pr�f�rable (ATF 138 I 305 consid. 4.3 p. 319).
3.2.�Dans son arr�t, la cour cantonale a estim� que le projet litigieux avait subi deux modifications, secondaires, qui n'alt�raient pas de mani�re significative le projet initial: en effet, la forme, l'apparence, la volum�trie et le d�veloppement architectural du b�timent �taient rest�s identiques. En application de l'art. 97 al. 2 ReLATeC, la proc�dure ne n�cessitait pas de nouvelle mise � l'enqu�te compl�te. D�s lors, les nouvelles oppositions ne pouvaient porter que sur le coulissement de 5 m�tres du b�timent et sur la cr�ation du parking souterrain. Quant aux autres griefs, ils �taient irrecevables.
3.2.1.�La recourante soutient d'abord que le projet initial - pour ne pas avoir pr�vu un parking souterrain - n'�tait pas en accord avec l'art. 62 al. 3 ReLATeC. L'autorit� administrative aurait ainsi d� refuser de d�livrer l'autorisation objet de la mise � l'enqu�te publique du ... . La recourante qualifie d�s lors la premi�re version du projet comme �tant�"�ill�gale (...) inautorisable�"et�"�incompatible ab initio avec le droit des constructions�". A suivre la recourante, on ne saurait admettre que le projet d'origine pourrait �tre simplement modifi� au sens de l'art. 97 al. 2 ReLATeC; il aurait donc d� faire l'objet d'une nouvelle mise � l'enqu�te compl�te. La recourante d�nonce ainsi une violation arbitraire des art. 62 al. 2 et 90 al. 3 ReLATeC.
�Par une telle argumentation, la recourante cherche � revenir sur le contenu du projet mis � l'enqu�te le ... . Or, la recourante n'a pas fait opposition au projet mis � l'enqu�te � cette date,�bien qu'elle en avait la possibilit�. Partant, elle n'a pas pris part � la proc�dure et ne satisfait pas � l'exigence d'une l�sion formelle ("formelle Beschwer"). Cette condition de nature proc�durale tire sa justification du principe de la bonne foi: la partie int�ress�e doit faire valoir ses moyens le plus t�t possible, au lieu d'attendre d'agir devant l'instance de recours pour lui soumettre pour la premi�re fois des moyens qui n'avaient pas �t� examin�s; la r�gle sert � assurer l'immutabilit� du litige et reste coh�rente avec le principe de l'�puisement des voies de recours pr�alables (arr�t 1C_41/2013 du 24 avril 2013 consid. 2.3; cf.�Moor/Poltier, Droit administratif, volume II: Les actes administratifs et leur contr�le, 3�me �dition 2011, p. 752;�Isabelle H�ner, in�Auer/M�ller/Schindler, Kommentar zum VwVG, 2008, n. 7 ad art. 48 PA).
�Il est vrai que l'art. 90 al. 3 ReLATeC pr�voit que la commune doit aviser le requ�rant lorsqu'un projet contrevient manifestement aux prescriptions de droit public sur les constructions. Quant � l'art. 62 al. 2 ReLATeC, il dispose certes que les places li�es aux centres commerciaux doivent en principe �tre am�nag�es en sous-sol ou int�gr�es dans les constructions principales, des exceptions n'�tant possibles que si la solution pr�vue, d�ment justifi�e, r�pond � un am�nagement de qualit� et permet de mettre les places de stationnement � la disposition du public. Ces dispositions de droit cantonal ne sauraient cependant faire �chec � la port�e de l'exigence d'une l�sion formelle. En outre, la recourante ne soutient pas que le projet d�finitif contreviendrait au principe ancr� � l'art. 62 al. 2 ReLATeC, de sorte que, en tout �tat, la d�cision � laquelle est parvenue l'autorit� pr�c�dente n'est pas insoutenable dans son r�sultat.
�Par cons�quent, ce premier grief doit �tre �cart�.
3.2.2.�La recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir arbitrairement consid�r� que les modifications apport�es au projet initial �taient secondaires. Selon elle, la loi pose comme principe que la mise � l'enqu�te compl�te de l'ensemble du projet s'impose en cas de modification (art. 97 al. 1 ReLATeC), l'absence d'une telle mise � l'enqu�te �tant r�serv�e aux situations exceptionnelles o� les modifications ne sont que secondaires (art. 97 al. 2 ReLATeC). Toujours � suivre la recourante, il conviendrait d'interpr�ter l'art. 97 al. 2 ReLATeC de mani�re restrictive. Or, la cour cantonale n'avait pas proc�d� de cette mani�re, sombrant ainsi dans l'arbitraire.
�D�terminer si un projet de construction modifi� pendant la proc�dure ou apr�s la d�cision de l'autorit� comp�tente fait l'objet de " modifications secondaires " au sens de l'art. 97 al. 2 ReLATeC constitue une question d'appr�ciation. Cette question doit n�cessairement se fonder sur les circonstances locales, domaine dans lequel le Tribunal f�d�ral�s'impose une certaine retenue (ATF 132 II 408 consid. 4.3 p. 415 et les r�f�rences). En outre, s'agissant de l'application d'une notion de droit cantonal, son interpr�tation par les instances cantonales n'est sanctionn�e que dans la mesure o� elle s'av�re manifestement contraire au sens et au but de la l�gislation en cause. Or, la cour cantonale a expos� que l'art. 97 al. 2 ReLATeC r�pond � un souci d'�conomie de proc�dure devant �viter de soumettre � nouveau toute la proc�dure d'autorisation � l'occasion de modifications du projet de moindre importance; elle a ensuite consid�r� que les deux modifications vis�es, � savoir la cr�ation d'un parking souterrain et le d�placement du b�timent sur une distance de cinq m�tres, n'avaient pas d'incidence sur la forme, l'apparence, la volum�trie et le d�veloppement architectural du b�timent, de sorte que le projet initial n'�tait pas alt�r� de mani�re significative. Contrairement � ce que soutient la recourante, une telle appr�ciation de la situation juridique n'est pas�"excessivement large�". Vu les faits qui lient le Tribunal f�d�ral, il n'est pas arbitraire de consid�rer que les deux modifications pr�cit�es conservent au projet ses grandes lignes et gardent ses �l�ments fondamentaux. De surcro�t, l'interpr�tation donn�e au droit cantonal en pr�serve le but, � savoir d'assurer une proc�dure efficiente lorsque des modifications de moindre importance sont apport�es � un projet ayant d�j� subi une proc�dure d'autorisation compl�te. Enfin, une interpr�tation, m�me large, du droit cantonal ne conduit pas n�cessairement � une application arbitraire du droit. Tel pourrait �ventuellement �tre le cas si l'autorit� cantonale s'�tait �cart�e sans aucun motif objectif d'une jurisprudence �tablie de longue date. Or, la recourante ne pr�tend pas que tel serait le cas ici.
�Par cons�quent, ce deuxi�me grief doit �galement �tre �cart�.
3.2.3.�La recourante fait encore valoir une violation arbitraire de l'art. 92 al. 2 ReLATeC en ce sens que la publication du projet d'origine et celle des modifications litigieuses n'auraient pas d�sign� correctement l'objet et la nature des travaux. Elle rel�ve essentiellement que la d�signation�"�volontairement trompeuse et incompl�te�"�d'un�"�magasin de bricolage et de mat�riaux�"en lieu et place d'un�"�centre commercial�", d'un�"�hypermarch�", d'un�"�m�gastore�"�ou d'un�"�supermarch�"��tait de nature � induire en erreur le citoyen, ce qui expliquerait - selon elle - le nombre r�duit d'oppositions.
�En tant qu'elle est dirig�e contre la publication du projet d'origine, la critique se heurte au principe de l'autorit� de la chose d�cid�e (cf. consid. 3.2.1 supra). La recourante ne soutient au demeurant pas que la d�signation pr�tendument inexacte ou l'�ventuelle absence de mention d'une �tude d'impact aurait entra�n� la nullit� de cette autorisation-l�, laquelle pourrait alors exceptionnellement �tre revue en tout temps (cf. ATF 132 II 21 consid. 3.2 p. 27 et les r�f�rences). S'agissant de la seconde publication, la cour cantonale a retenu que les adaptations du projet ressortaient tr�s clairement de la lettre du bureau d'architectes et de ses annexes, de sorte que les voisins �taient en mesure de se rendre compte des modifications � la lecture du dossier. Une telle appr�ciation est exempte d'arbitraire. Quant � la mention dans l'arr�t attaqu� d'un article de presse locale relatant les modifications apport�es au projet, elle d�montrait uniquement que l'information d�j� contenue dans la publication officielle �tait aussi disponible dans d'autres m�dias; contrairement � ce que soutient la recourante, la cour cantonale n'a pas retenu que cet article de presse rempla�ait la publication officielle. La recourante poursuit ses critiques en faisant �tat d'une pr�tendue violation de l'art. 92 al. 3 ReLATeC relatif � la mention, dans l'avis de mise � l'enqu�te publique, d'une �ventuelle demande de d�rogation et d'un �ventuel rapport d'impact. Cette argumentation, qui s'�carte en partie des faits arr�t�s par l'autorit� cantonale, ne cherche pas � d�montrer en quoi le r�sultat auquel est parvenue la cour cantonale serait arbitraire; elle est d�s lors irrecevable.
�Ce troisi�me grief doit ainsi �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�.
3.3.�La recourante voit une violation du droit f�d�ral dans le fait que le nouveau projet de construction n'a pas fait l'objet d'une nouvelle mise � l'enqu�te compl�te, incluant le pr�avis de tous les services concern�s, en particulier celui de l'Office f�d�ral des routes (OFROU) et celui de l'Inspection cantonale des installations �lectriques (ICIE). Elle d�nonce ainsi une violation du principe de coordination ancr� � l'art. 25a LAT.
3.3.1.�Le principe de la coordination des proc�dures vise en premier lieu � assurer, d'un point de vue mat�riel, une application coh�rente des normes sur la base desquelles des d�cisions administratives doivent �tre prises (cf. ATF 120 Ib 400 consid. 5 p. 409 s.). Le moyen d'y parvenir, lorsque l'implantation ou la transformation d'une construction ou d'une installation n�cessite des d�cisions �manant de plusieurs autorit�s, rel�ve de la coordination formelle. A ce titre, l'art. 25a LAT pr�voit qu'une autorit� charg�e de la coordination doit en particulier veiller � ce que toutes les pi�ces du dossier de demande d'autorisations soient mises simultan�ment � l'enqu�te publique (art. 25a al. 2 let. b LAT) et � ce qu'il y ait une concordance mat�rielle des d�cisions ainsi que, en r�gle g�n�rale, une notification commune ou simultan�e (art. 25a al. al. 2 let. d LAT) (arr�t 1C_145/2011 consid. 3.1 publi� in SJ 2012 I 451). La loi ne tend pas � une coordination maximale, mais doit assurer une coordination suffisante, ce que pr�cisent les textes allemand et italien de l'art. 25 al. 1 LAT ("ausreichende Koordination"; "coordinazione sufficiente";�Arnold Marti,�in Commentaire LAT, n. 23 ad art. 25a LAT).
3.3.2.�Dans l'arr�t attaqu�, la cour cantonale a retenu que tous les services concern�s avaient �mis un pr�avis - favorable ou favorable avec conditions - lors de la premi�re enqu�te publique. Constatant ensuite que le projet ne n�cessitait pas d'autorisation sp�ciale, elle a consid�r� qu'une nouvelle mise � l'enqu�te compl�te du projet modifi� n'�tait pas n�cessaire. Enfin, les juges cantonaux ont estim� que les pr�avis rendus en 2010 demeuraient parfaitement valables apr�s la modification du projet.
�La cour cantonale s'est plus particuli�rement arr�t�e � la question de l'impact de la construction du parking souterrain sur les sites pollu�s. Elle a relev� � cet �gard que, m�me dans le projet d'origine, les fondations du b�timent - � plus de cinq m�tres en-dessous du niveau naturel du terrain - �taient susceptibles d'avoir la m�me influence sur l'environnement, de sorte que le pr�avis d�livr� par le Service de l'environnement en 2010 demeurait valable. La cour a encore ajout� que l'impact de l'ouvrage sur le sol et sur l'environnement serait diminu� en raison du d�placement du b�timent et de l'enterrement du parking. Pour ces motifs, il n'�tait pas n�cessaire de consulter une deuxi�me fois les services sp�cialis�s de l'Etat.
3.3.3.�Devant le Tribunal f�d�ral, la recourante rel�ve l'absence de nouvelles prises de position de l'OFROU et de l'ICIE, lesquelles seraient � son sens indispensables. On ne discerne cependant pas en quoi le d�placement de cinq m�tres de l'implantation du b�timent ainsi que la r�alisation - en sous-sol plut�t qu'en surface - d'un parking dot� du m�me nombre de places de stationnement auraient une influence mat�rielle sur un nouveau pr�avis de l'OFROU; contrairement � ce que soutient la recourante, ces modifications du projet ne sont pas de nature � justifier de nouveaux am�nagements des sorties et entr�es d'autoroute. Quant � une nouvelle prise de position de l'ICIE, l'intim�e d�montre - en r�f�rence au droit cantonal et sans que cela soit contest� par la recourante - que ce service n'a aucune comp�tence particuli�re pour l'installation de parkings souterrains. L'autorit� cantonale pouvait ainsi consid�rer que les conditions contenues dans le pr�avis concernant le projet d'origine s'appliquaient de la m�me mani�re aux modifications litigieuses.
�Par cons�quent, les modifications du projet ne n�cessitaient pas de nouvelles prises de position des services pr�cit�s. Le refus de soumettre le nouveau projet � une enqu�te publique compl�te ne contrevient donc pas � une coordination suffisante au sens de l'art. 25a LAT. Le grief de violation du droit f�d�ral doit ainsi �tre rejet�.
Dans un dernier moyen, la recourante soutient que son droit d'�tre entendue a �t� viol�, dans la mesure o� la cour cantonale n'a pas examin� tous les griefs qu'elle dirigeait contre le projet dans son ensemble. Comme l'autorit� inf�rieure pouvait consid�rer, sans arbitraire, que les modifications n'alt�raient pas le projet d'origine, elle n'avait pas � traiter des arguments dirig�s contre la premi�re mise � l'enqu�te. La cour cantonale n'a donc pas viol� le droit d'�tre entendue de la recourante.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre enti�rement rejet�.
�La recourante, qui succombe, doit supporter les frais de la pr�sente proc�dure (art. 66 al. 1 LTF) et s'acquitter de d�pens en faveur du constructeur. Il n'y a en revanche pas lieu de pr�voir de d�pens au b�n�fice de l'autorit� communale, celle-ci ayant agi dans l'exercice de ses attributions officielles (art. 68 al. 3 LTF).
La recourante versera � l'intim�e la somme de 3'000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la commune de Matran, au Pr�fet du district de la Sarine et au Tribunal cantonal du canton de Fribourg, II