Source: http://prison.eu.org/spip.php?article8974
Timestamp: 2019-07-17 20:27:36+00:00
Document Index: 33863198

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Mise en ligne : 8 January 2007
Dernière modification : 18 December 2007
Durant la première semaine de l’année 2007, triste bilan pour les prisons françaises : un homme de 24 ans s’est suicidé, par pendaison, à la maison d’arrêt de Douai ; un autre, de 40 ans, s’est suicidé, par pendaison également, à la maison d’arrêt de Bois d’Arcy ; un homme a agressé, jusqu’à la mort, son "codétenu" à la maison d’arrêt de Rouen. Une telle surenchère de violence, qu’elle soit dirigée contre soi on contre l’autre, retient naturellement l’attention. Faut-il attendre que l’actualité nous rattrape ou faut-il anticiper les problèmes ?
En maison d’arrêt, la surpopulation est chronique ; mais rien n’est fait. Au 1er septembre 2006, la densité de la population est de 129 pour 100 pour les maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt ; 9 établissements ou quartiers ont une densité égale ou supérieure à 200 pour 100, 38 ont une densité comprise entre 150 et 200, 45 entre 120 et 150, 41 entre 100 et 120. Comment dans ces conditions le personnel pénitentiaire peut-il faire autre chose que simplement garder ? Il ne peut ni assurer la sécurité des personnes et encore moins contribuer à leur réinsertion. Or, la prison a pourtant 3 missions : la garde, la sécurité et la réinsertion.
En cas de troubles mentaux avérés d’une gravité "relative", les personnes sont livrées à elle-même durant l’incarcération, avec comme principal soin un traitement psychotrope anxiolytique. Mais la prescription d’anxiolytiques ne doit pas dépasser 12 semaines (arrêté du 7 octobre 1991) et doit être strictement encadré. Outre leur fort potentiel de dépendance, les anxiolytiques ont un certain potentiel désinhibiteur, favorisant, dans certains cas, le passage à la violence contre soi (suicide) ou contre autrui. Les réactions paradoxales de violence toucheraient plus particulièrement les sujets ayant des antécédents agressifs ou un faible contrôle pulsionnel et certaines personnalités fragiles. Elles seraient favorisées par les situations de frustration. Or la frustration est la règle en prison, institution basée sur un fonctionnement non négocié. Avec un taux de suicide 7 fois plus élevé en prison qu’en milieu libre il ne peut être fait l’économie d’aucune réflexion sur les causes possibles de cette sursuicidité.
Concernant l’agression qui a eu lieu à la maison d’arrêt de Rouen, une enquête de l’administration pénitentiaire est en cours pour vérifier que toutes les procédures ont été appliquées ; la justice a elle aussi ouvert une enquête. Dans l’hypothèse où il serait conclu à une mise en cause d’un membre, ou de plusieurs membres du personnel de l’administration, cela ne permettrait pas d’apporter une réponse satisfaisante à des problèmes récurrents, soulevés depuis des décennies.