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Timestamp: 2016-10-22 13:36:11+00:00
Document Index: 71389073

Matched Legal Cases: ['art. 184', 'art. 97', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 74', 'art. 113', 'art. 115', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'art. 132', 'art. 75', 'art. 116', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 118', 'art. 118', 'art. 106', 'art. 117', 'art. 99', 'art. 107', 'art. 99', 'art. 83', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 184', 'art. 197', 'art. 197', 'art. 200', 'art. 205', 'art. 201', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 197', 'art. 201', 'in fine', 'art. 105', 'art. 201', 'in fine', 'art. 201', 'art. 201', 'art. 201', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 201', 'ATF ', 'art. 201', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 67']

4D_4/2011 (01.04.2011)
4D_4/2011
Arr�t du 1er avril 2011
X.________ SA, repr�sent�e par Me Jo�lle Vuadens,
Y.________ SA, repr�sent�e par Me Jacques Ev�quoz,
contrat de vente mobili�re; garantie pour les d�fauts,
recours constitutionnel contre le jugement rendu le
21 d�cembre 2010 par le juge de la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan.
A.a Afin de r�aliser une haie devant des immeubles de standing sis � ... (Valais), Y.________ SA (ci-apr�s: Y.________ SA ou l'acheteuse), � ... (Valais), qui a notamment pour but la r�alisation d'am�nagements ext�rieurs et int�rieurs, a command� le 28 septembre 2006 � X.________ SA (ci-apr�s: X.________ SA ou la venderesse), � ... (Fribourg), dont le but social est en particulier la culture de plantes de p�pini�res, 170 arbres, soit 150 Picea omorika avec motte et 20 Pinus mugo.
X.________ SA s'est fournie aupr�s de la p�pini�re U.________ Gmbh (ci-apr�s: le fournisseur), sise � ... (Allemagne).
X.________ SA a r�ceptionn� le 6 octobre 2006 la marchandise provenant d'Allemagne. Entre le 6 et le 9 octobre 2006, les arbres, entrepos�s sur des palettes � l'ext�rieur, ont �t� arros�s et couverts pour maintenir l'humidit�.
Le 9 octobre 2006, X.________ SA a livr� les arbres � Y.________ SA, directement sur les chantiers de V.________ et de W.________ � ....
Le m�me jour et le lendemain 10 octobre 2006, l'acheteuse a plant� les arbres avec les mottes contenues dans leur toile de jute. Au cours des travaux, les employ�s de cette soci�t� ont constat� que les mottes pr�sentaient des d�fauts, en ce sens qu'elles �taient � molles �; apr�s avoir proc�d� � une v�rification en retirant, sur quelques sp�cimens, la toile de jute contenant les mottes, ils ont remarqu� que la terre qui les constituait, de nature sablonneuse, tombait et laissait appara�tre les racines nues de l'arbre. A.________, qui est administrateur avec signature individuelle de Y.________ SA, a alors pris une dizaine de photographies desdites mottes.
Il ressort du relev� de communications t�l�phoniques fixes de l'acheteuse que celle-ci a appel� la venderesse les 13, 19 et 26 octobre 2006.
La venderesse a adress� � l'acheteuse sa facture, dat�e du 16 octobre 2006, qui se montait � 19'906 fr.55.
Il a �t� constat� que Y.________ SA a adress� le 31 octobre 2006 par courriel � X.________ SA les clich�s des mottes qu'elle avait pris lors de la r�ception de la marchandise.
B.________, administrateur avec signature individuelle de la venderesse, a d�clar� que A.________ l'avait appel�, � une date ind�termin�e avant la r�ception du courriel du 31 octobre 2006, pour signaler un probl�me au niveau des mottes, qu'il avait r�pondu � son interlocuteur que la consistance de celles-ci d�pendait de la nature du terrain o� les arbres avaient �t� cultiv�s et que, dans le cas pr�sent, il �tait n�cessaire de proc�der � des arrosages fr�quents.
D�s les derniers mois de 2006, l'acheteuse a remarqu� que les aiguilles des sapins livr�s tombaient.
Par courriel du 2 avril 2007, l'acheteuse a transmis � la venderesse des photographies des arbres. Le 13 avril 2007, les repr�sentants des deux soci�t�s ont proc�d� � une inspection des lieux, lors de laquelle il a �t� constat� qu'une moiti� des Picea omorika avait s�ch� ou perdait des �pines.
Par courrier du 20 avril 2007, la venderesse, niant toute responsabilit� en tant que p�pini�riste � de la reprise des arbres ...accept�s � tout en invoquant le maintien de bonnes relations avec l'acheteuse, a adress� � celle-ci, � titre gracieux et en d�dommagement des arbres dont la croissance n'avait pas �t� bonne, une note de cr�dit de 10'030 fr.10 � d�duire de sa facture, dont le paiement devait intervenir dans les dix jours d�s r�ception du pli.
Requise le 25 avril 2007 par l'acheteuse d'effectuer une nouvelle visite sur place, la venderesse s'y est refus�e, pr�cisant que si sa facture n'�tait pas honor�e dans le d�lai imparti, la note de cr�dit serait caduque.
Entre le 21 et le 27 avril 2007, Y.________ SA a proc�d� � l'arrachage des sapins livr�s par X.________ SA et � leur remplacement par divers arbustes, ce qui a entra�n� un co�t de 8'066 fr.75.
La facture de la venderesse du 16 octobre 2006 �tant demeur�e impay�e, celle-ci a fait notifier � l'acheteuse le 5 juin 2007 une poursuite, � laquelle la poursuivie a fait opposition.
Par d�cision du 4 juillet 2007, le juge suppl�ant II du district de Sierre a prononc� la mainlev�e provisoire de l'opposition � concurrence de 19'440 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006.
Le 16 juillet 2007, Y.________ SA a ouvert action en lib�ration de dette et en paiement de dommages-int�r�ts contre X.________ SA. La demanderesse a conclu � ce que la lib�ration de dette soit admise (1), � ce qu'elle soit reconnue ne pas devoir � la d�fenderesse le montant de 19'440 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006 (2), � l'annulation du prononc� de mainlev�e du 4 juillet 2007 (3), � l'annulation de la poursuite qui lui a �t� notifi�e (4) et � ce que la d�fenderesse soit condamn�e � lui verser la somme de 8'066 fr.75 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 16 juillet 2007 � titre de r�paration de dommages (5), le tout avec suite de frais (6) et d�pens (7).
La d�fenderesse a conclu au rejet de la demande. Elle a en particulier fait valoir que la demanderesse n'a pas respect� son devoir d'avis, du moment qu'elle n'a signifi� � la venderesse qu'en avril 2007 qu'elle n'acceptait pas la marchandise livr�e, dont les mottes pr�sentaient pr�tendument un d�faut.
En cours d'instance, une expertise a �t� confi�e � C.________, consultant et chroniqueur horticole. Pour l'expert, le d�p�rissement des sapins r�sulte principalement d'un d�faut dans la pr�paration des arbres par le fournisseur allemand et de la manipulation peu soigneuse des mottes jusqu'� la livraison des v�g�taux aupr�s de la d�fenderesse.
Par jugement du 21 d�cembre 2010, le juge de la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais a admis l'action en lib�ration de dette, dit que Y.________ SA est reconnue ne pas devoir � X.________ SA le montant de 19'440 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006 et condamn� X.________ SA � verser � Y.________ SA la somme de 8'066 fr.75 plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 7 septembre 2007.
Retenant que les parties avaient conclu un contrat de vente mobili�re au sens des art. 184 ss CO, ce magistrat a admis que les mottes des arbres livr�s, non tenues de mani�re compacte par les racines, pr�sentaient une absence de qualit� permettant de conclure � l'existence d'un d�faut. Il a retenu ensuite que l'avis des d�fauts avait �t� donn� conform�ment aux exigences l�gales et que la moins-value subie par l'acheteuse �tait �gale au prix de la commande, soit � 19'906 fr.55, de sorte que l'action en lib�ration de dette devait �tre admise � concurrence du montant en poursuite, � savoir 19'440 fr. Le juge a enfin consid�r� que le dommage cons�cutif au d�faut, repr�sent� par l'arrachage et la plantation de nouveaux arbres, devait �tre r�par� par la venderesse, laquelle devait assumer le co�t ainsi induit � hauteur de 8'066 fr.75, d�clar� acceptable par l'expert.
X.________ SA exerce un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 21 d�cembre 2010. Invoquant l'appr�ciation arbitraire des preuves et de l'�tablissement des faits ainsi qu'une application insoutenable des art. 97, 201, 204 et 207 CO, la recourante conclut principalement � la r�forme du jugement attaqu� en ce sens que l'action en lib�ration de dette et en � r�paration de dommages-int�r�ts � d�pos�e par l'intim�e est int�gralement rejet�e. A titre subsidiaire, elle requiert l'annulation du jugement pr�cit�.
L'intim�e propose le rejet du recours en tant qu'il est recevable.
Devant l'autorit� pr�c�dente, le litige ne portait que sur une demande en capital de 27'506 fr.75, enti�rement contest�e (cf. art. 51 al. 1 let. a et al. 3 LTF). La valeur litigieuse minimale requise par l'art. 74 al. 1 let. b LTF n'�tant pas atteinte, le recours en mati�re civile n'est pas ouvert, �tant observ� que l'on ne se trouve dans aucun des cas de dispense pr�vus par l'art. 74 al. 2 LTF. C'est donc � juste titre que la recourante a interjet� un recours constitutionnel subsidiaire (art. 113 LTF).
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions tendant au rejet de l'action en lib�ration de dette et en r�paration du dommage cons�cutif au d�faut de la chose vendue, de sorte qu'elle a un int�r�t juridique � l'annulation ou � la modification de la d�cision (art. 115 LTF), le recours, d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 et 117 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, est en principe recevable, puisqu'il est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 et 117 LTF).
Le jugement attaqu� �tant ant�rieur au 1er janvier 2011, les modifications de la LTF entr�es en vigueur � cette date ne sont pas applicables � la pr�sente proc�dure de recours (cf. art. 132 al. 1 LTF). Partant, il n'importe que le juge de la Cour civile I n'ait pas statu� sur recours, contrairement aux exigences de l'art. 75 al. 2 LTF.
1.2 S'agissant d'un recours form� pour violation des droits constitutionnels (art. 116 LTF), la partie recourante doit indiquer pr�cis�ment quel droit constitutionnel aurait �t� viol� et montrer, par une argumentation circonstanci�e, en quoi consiste la violation all�gu�e (art. 106 al. 2 et 117 LTF; ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88; 134 II 244 consid. 2.2 p. 246).
Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 118 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis en violation d'un droit constitutionnel (art. 118 al. 2 et 116 LTF), ce que le recourant doit invoquer avec pr�cision (art. 106 al. 2 LTF applicable par le renvoi de l'art. 117 LTF). Aucun fait nouveau ou preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision attaqu�e (art. 99 al. 1 et. 117 LTF).
1.3 Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (art. 107 al. 1 et 117 LTF). Toute conclusion nouvelle est irrecevable (art. 99 al. 2 et 117 LTF).
2.1 La recourante a d�pos� en temps utile devant l'autorit� valaisanne comp�tente l'action en lib�ration de dette instaur�e par l'art. 83 al. 2 LP.
L'action en lib�ration de dette pr�vue par cette norme est une action n�gatoire de droit mat�riel, qui tend � la constatation de l'inexistence ou de l'inexigibilit� de la cr�ance invoqu�e par le poursuivant (ATF 131 III 268 consid. 3.1). Elle se caract�rise par la transposition du r�le des parties, en ce sens que le cr�ancier, poursuivant, est d�fendeur au lieu d'�tre demandeur. Le fardeau de la preuve et celui de l'all�gation ne sont en revanche pas renvers�s. Il s'ensuit qu'il incombe au d�fendeur (i.e. le poursuivant) d'�tablir les faits dont il d�duit l'existence et l'exigibilit� de sa cr�ance. Quant au demandeur (i.e. le poursuivi), il tentera de d�montrer qu'il ne doit pas la somme qu'on lui r�clame, constat�e par le titre de mainlev�e provisoire (ATF 131 III 268 ibidem; 130 III 285 consid. 5.3.1).
2.2 En l'esp�ce, la recourante (d�fenderesse) a fond� ses pr�tentions p�cuniaires d�duites en poursuite sur la livraison � l'intim�e (demanderesse) le 9 octobre 2006 de 170 arbres, en vertu du contrat de vente mobili�re (cf. art. 184 CO) conclu entre les parties le 28 septembre 2006, marchandise qui est rest�e impay�e.
L'intim�e, agissant en lib�ration de dette, conteste devoir payer � la recourante les arbres qui lui ont �t� livr�s; invoquant la garantie pour les d�fauts des art. 197 ss CO, elle all�gue que la marchandise achet�e �tait d�fectueuse en ce sens que les mottes des arbres, par leur nature sablonneuse, en mettaient les racines � nu. Elle exerce encore une action g�n�rale en r�paration du dommage cons�cutif au d�faut all�gu�, en tentant d'obtenir le remboursement des frais qu'elle a encourus pour l'arrachage et le remplacement des arbres livr�s.
La responsabilit� du vendeur en raison des d�fauts de la chose vendue implique l'existence d'un d�faut au sens de l'art. 197 al. 1 CO, c'est-�-dire l'absence d'une qualit� promise ou la pr�sence de d�fauts, qui mat�riellement ou juridiquement, enl�vent � la chose soit sa valeur, soit son utilit� pr�vue, survenu avant le transfert des risques et qui n'�tait pas connu de l'acheteur au moment de la vente (art. 200 CO). L'acheteur peut invoquer les droits sp�cifiques que lui reconnaissent les art. 205 � 209 CO, pour autant, entre autres conditions, qu'il ait avis� sans d�lai le vendeur des d�fauts (art. 201 CO) (cf. sur tous ces points: ATF 131 III 145 consid. 3).
In casu, la venderesse ayant all�gu� en proc�dure la tardivet� de l'avis des d�fauts, il incombe, en vertu de la r�gle g�n�rale de l'art. 8 CC, � l'acheteuse de prouver que l'avis des d�fauts a �t� donn� en temps utile; il lui appartient aussi d'�tablir � quel moment elle a eu connaissance des d�fauts (ATF 118 II 142 consid. 3a; 107 II 172 consid. 1a in fine).
3.1 Le magistrat intim� a retenu que les mottes des arbres livr�s �taient entach�es de d�fauts, car elles n'�taient pas tenues de mani�re ferme par les racines et n'avaient pas re�u du fournisseur allemand les soins n�cessaires � leur manutention ult�rieure.
La recourante taxe d'arbitraire cette constatation en faisant valoir que l'intim�e n'a pas apport� la preuve que le fournisseur allemand n'aurait pas trait� correctement les v�g�taux ligneux.
S'agissant de l'appr�ciation des preuves et des constatations de fait, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
Il r�sulte du jugement d�f�r�, sans que l'arbitraire soit invoqu� sur ce point, que les employ�s de l'acheteuse, au moment de planter les arbres les 9 et 10 octobre 2006, ont relev� que les mottes de ceux-ci n'�taient pas compactes, au point que la terre qui les constituait tombait au sol, mettant � nu les racines. Or, selon les exigences de l'Association des P�pini�ristes Suisses, les mottes doivent �tre consistantes. A partir de l�, il n'�tait pas ind�fendable d'admettre que les arbres achet�s pr�sentaient un d�faut. Il est sans importance, au point de vue du m�canisme de garantie institu� par les art. 197 ss CO, de savoir si c'est la venderesse ou bien son fournisseur qui est responsable de la survenance du d�faut.
Le moyen, en tant qu'il cherche � nier la d�fectuosit� de la marchandise achet�e, manque sa cible.
3.2 Le juge unique valaisan a retenu que l'administrateur de l'acheteuse a inform� t�l�phoniquement la venderesse le jour de la livraison, soit le 9 octobre 2006, que les mottes des arbres �taient d�fectueuses. Ce magistrat a expos� que certes aucun appel ne figurait ce jour-l� sur le relev� de communications, produit au dossier, �manant du t�l�phone fixe de l'acheteuse, mais que ce n'�tait pas d�terminant, car il �tait fort possible que l'appel ait �t� pass� depuis le t�l�phone portable de son administrateur.
La recourante invoque l'arbitraire, en affirmant que la th�orie du juge unique n'est �tay�e par aucun �l�ment du dossier, l'intim�e n'ayant pas produit de relev�s t�l�phoniques concernant les appels pass�s depuis le t�l�phone mobile de son administrateur.
Le moyen est enti�rement fond�. Il est totalement insoutenable d'admettre que l'intim�e a t�l�phon� le 9 octobre 2006 � la recourante, alors que celle-ci n'a jamais admis avoir re�u un appel de son adverse partie le jour en question et que le relev� des communications fixes de l'acheteuse ne fait mention d'aucun appel le jour en question. Quant � la communication qu'aurait pass�e l'administrateur de l'intim�e depuis son t�l�phone portable le 9 octobre 2006, il s'agit d'une pure hypoth�se qu'aucun �l�ment de preuve ou m�me indice quelconque n'est parvenu � conforter.
Le juge unique a ainsi sombr� dans l'arbitraire en retenant que l'avis des d�fauts a �t� donn� � la recourante le 9 octobre 2006.
La recourante pr�tend que le juge unique a appliqu� arbitrairement l'art. 201 CO. Elle affirme qu'il �tait insoutenable de consid�rer, comme l'a fait ce magistrat au consid�rant 3.2 in fine du jugement attaqu�, que l'envoi le 31 octobre 2006 � la recourante par courriel de photographies des mottes, sans aucune explication annex�e, puisse constituer un avis des d�fauts suffisant.
4.1 Dans le cas pr�sent, il a �t� retenu (art. 105 al. 1 LTF) que les d�fauts affectant les mottes des arbres ont �t� d�cel�s par l'intim�e le jour de la livraison de ces v�g�taux et le lendemain dudit jour. Il s'agissait donc de d�fauts constat�s lors des v�rifications usuelles (art. 201 al. 2 in fine CO), lesquels constituent des d�fauts apparents (art. 201 al. 1 CO).
Dans un contrat de vente, si des d�fauts apparents se r�v�lent apr�s la livraison - ce qui est le cas en l'occurrence -, ils doivent �tre signal�s imm�diatement (art. 201 al. 1 CO), faute de quoi la chose est tenue pour accept�e avec ces d�fauts (art. 201 al. 2 CO).
Selon la jurisprudence fermement �tablie, un avis des d�fauts communiqu� deux ou trois jours ouvrables apr�s la d�couverte de ceux-ci respecte la condition d'imm�diatet� pr�vue par la loi (ATF 98 II 191 consid. 4; 76 II 221 consid. 3); sont en revanche tardifs des avis transmis dix-sept ou vingt jours apr�s la d�couverte des d�fauts (ATF 118 II 142 consid. 3b p. 148; 107 II 172 consid. 1b p. 176 s.; sur l'ensemble de la question: arr�t 4C.205/2003 du 17 novembre 2003 consid. 3.2).
En l'esp�ce, d'apr�s le relev� de communications t�l�phoniques fixes de l'intim�e, cette derni�re a appel� la venderesse les 13, 19 et 26 octobre 2006. On ignore cependant tout de ces appels, en particulier leur dur�e, leur contenu, quel �tait leur destinataire chez la recourante et m�me en fin de compte s'ils ont abouti. Dans de pareilles circonstances, il n'est pas possible de retenir que ces appels aient pu constituer la preuve de la communication d'un avis des d�fauts aux dates pr�cit�es.
Il est vrai que l'administrateur de la recourante a reconnu en proc�dure cantonale que l'administrateur de l'intim�e l'avait appel�, � une date ind�termin�e avant le 31 octobre 2006, pour lui faire part de la d�couverte d'un probl�me concernant les mottes des arbres. Cet �l�ment impr�cis ne permet toutefois pas au Tribunal f�d�ral de reconna�tre que l'acheteuse a �tabli avoir signal� les d�fauts apparents imm�diatement apr�s la livraison des arbres. De toute mani�re, en cas de doute, l'art. 8 CC commande de trancher en d�faveur de la partie qui avait le fardeau de la preuve; or, la tardivit� de l'avis des d�fauts ayant �t� all�gu�e par la recourante, il incombait � l'intim�e de prouver qu'elle avait respect� son devoir d'avis.
A supposer que le simple envoi de clich�s � la venderesse, sans autre explication ou description pr�cise, ait pu suffire � lui faire savoir que l'acheteuse n'acceptait pas la chose avec ses d�fauts, ce qui est douteux, cet envoi n'a �t� effectu� par courriel que le 31 octobre 2006, soit vingt-deux jours apr�s la livraison. Au regard de la jurisprudence susrappel�e, cet avis des d�fauts serait de toute mani�re tardif.
Le juge unique a cons�quemment viol� arbitrairement le droit f�d�ral en admettant que l'acheteuse avait donn� l'avis des d�fauts en temps utile.
Il suit de l� que l'action en lib�ration de dette ouverte par l'intim�e le 16 juillet 2007 doit �tre rejet�e, l'opposition � la poursuite qui lui a �t� notifi�e le 5 juin 2007 �tant lev�e d�finitivement � concurrence de 19'440 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006.
4.2 L'action g�n�rale en dommages-int�r�ts destin�e � r�parer un dommage cons�cutif au d�faut ne peut �tre intent�e que si l'acheteur a singuli�rement satisfait au devoir d'avis de l'art. 201 CO (ATF 133 III 335 consid. 2).
Le magistrat intim� a donc derechef transgress� arbitrairement le droit f�d�ral en admettant cette action exerc�e par l'intim�e, puisque cette derni�re, comme on l'a vu, n'a pas respect� les incombances prescrites par l'art. 201 CO.
En d�finitive, le recours doit �tre admis, le jugement attaqu� �tant annul�. Il est prononc� que l'action en lib�ration de dette est rejet�e et que, partant, Y.________ SA est reconnue devoir � X.________ SA le montant de 19'440 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006; l'action g�n�rale en dommages-int�r�ts d�pos�e par Y.________ SA contre X.________ SA est rejet�e.
L'intim�e, qui succombe, assumera, pour la proc�dure f�d�rale, les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF) et versera des d�pens � la recourante (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
La cause sera renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de l'instance cantonale (art. 67 et 68 al. 5 LTF).
Le recours est admis et le jugement attaqu� est annul�.
L'action en lib�ration de dette est rejet�e; partant, Y.________ SA est reconnue devoir � X.________ SA le montant de 19'440 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 novembre 2006.
L'action en dommages-int�r�ts d�pos�e par Y.________ SA contre X.________ SA est rejet�e.
L'intim�e versera � la recourante une indemnit� de 2'500 fr. � titre de d�pens.
La cause est retourn�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de l'instance cantonale.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et au juge de la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan.
Lausanne, le 1er avril 2011