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Timestamp: 2016-10-22 21:34:25+00:00
Document Index: 138826058

Matched Legal Cases: ['art. 47', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 86', 'art. 83', 'art. 2', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 44', 'art. 83', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 49', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 44', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 89', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 42', 'art. 47', 'art. 44', 'art. 3', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 44', 'ATF ', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 47', 'in fine', 'art. 44', 'art. 8', 'art. 13', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 47', 'art. 62', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 47', 'art. 47', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 47', 'art. 66', 'ATF ']

2C_576/2011 (13.03.2012)
2C_576/2011
Stadelmann et Berthoud, Juge suppl�ant.
Autorisation de s�jour (regroupement familial),
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, du 9 juin 2011.
X.________, son �pouse Y.________ et leurs enfants A.________, n� en 1987, B.________, n�e en 1988, C.________, n� en 1992 et D.________, n� en 1998, ressortissants du Kosovo, sont entr�s en Suisse le 26 janvier 1999 et y ont d�pos� une demande d'asile. D�bout�s, ils ont quitt� le territoire helv�tique le 17 d�cembre 1999.
Par jugement du 20 mars 2006 du Tribunal r�gional de Prizren (Kosovo), le mariage des �poux X.________ a �t� dissous par le divorce. La garde des enfants a �t� attribu�e au p�re.
Revenu ill�galement en Suisse en 2001 pour y travailler, X.________ a �pous�, le 14 d�cembre 2007, E.________, de nationalit� suisse. Il a �t� mis au b�n�fice d'une autorisation de s�jour dans le canton de Fribourg au titre du regroupement familial d�s le 27 mai 2008.
Le 27 juillet 2009, C.________ et D.________ ont d�pos� aupr�s de l'Ambassade de Suisse au Kosovo une demande d'entr�e et de s�jour en Suisse afin d'y rejoindre leur p�re.
Par d�cision du 20 d�cembre 2010, le Service de la population et des migrants du canton de Fribourg (ci-apr�s le Service de la population) a rejet� les demandes pr�sent�es par les int�ress�s.
X.________ a recouru au nom de ses fils contre cette d�cision aupr�s du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s le Tribunal cantonal). Par arr�t du 9 juin 2011, ce dernier a rejet� le recours. Il a retenu, en substance, que la requ�te de regroupement familial d�pos�e par C.________ �tait tardive au sens de l'art. 47 LEtr (RS 142.20) et qu'en l'absence de relations familiales majeures, un regroupement familial diff�r� ne pouvait pas �tre autoris�. En ce qui concerne la requ�te de D.________, il a consid�r� que l'int�r�t sup�rieur de cet enfant s'opposait � sa venue en Suisse.
Par acte du 8 juillet 2011, X.________ a d�pos� un recours aupr�s du Tribunal f�d�ral. Il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu� et de la d�cision du Service de la population du 20 d�cembre 2010 ainsi qu'� l'octroi d'une autorisation de s�jour en faveur de ses deux fils.
Le Service de la population n'a pas formul� de remarques sur le recours et confirm� sa d�cision de refus d'autorisation. Le Tribunal cantonal s'est r�f�r� aux motifs de l'arr�t attaqu� et a conclu au rejet du recours. L'Office f�d�ral des migrations propose le rejet du recours en se r�f�rant aux consid�rants des instances pr�c�dentes.
1.1 Le recourant n'a pas indiqu� par quelle voie de droit il agit devant le Tribunal f�d�ral. Cette impr�cision ne saurait toutefois lui nuire si son recours remplit les conditions formelles de la voie de droit qui lui est ouverte (cf. ATF 136 II 497 consid. 3.1 p. 499).
1.2 Dans la mesure o� il tend � l'annulation de la d�cision rendue le 20 d�cembre 2010 par le Service de la population, le recours est irrecevable, �tant donn� l'effet d�volutif du recours au Tribunal cantonal (cf. ATF 136 II 539 consid. 1.2 p. 543). Seule la d�cision de derni�re instance cantonale peut �tre attaqu�e devant le Tribunal f�d�ral (cf. art. 86 al. 1 let. d LTF).
1.3 Selon l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable � l'encontre des d�cisions en mati�re de droit des �trangers qui concernent une autorisation � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit.
Aucun trait� international n'�tant applicable en l'esp�ce (cf. art. 2 LEtr; RS 142.20), le regroupement familial est r�gi par les art. 42 ss LEtr. En vertu du droit interne, lorsque la demande tend � ce qu'un enfant puisse vivre en Suisse avec l'un de ses parents seulement (regroupement familial partiel) et que celui-ci est (re)mari�, le droit de l'enfant � s�journer en Suisse d�pend du statut du parent concern�, ind�pendamment du statut ou de la nationalit� du nouveau conjoint (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.2 p. 286 s.). En l'occurrence, c'est donc la situation du recourant et non celle de son �pouse, ressortissante suisse, qui est d�terminante. Le recourant �tant titulaire d'une autorisation de s�jour depuis son mariage en d�cembre 2007, le regroupement familial doit �tre envisag� sous l'angle de l'art. 44 LEtr. Or, cette disposition ne conf�re pas un droit � une autorisation de s�jour au sens de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, l'octroi d'une telle autorisation �tant laiss� � l'appr�ciation de l'autorit�. Il s'ensuit que la voie du recours en mati�re de droit public n'est pas ouverte sur la base de cette disposition (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.2 p. 286 s. et les arr�ts cit�s).
1.4 Le recourant invoque implicitement l'art. 8 CEDH pour faire venir ses enfants en Suisse. Un �tranger peut se pr�valoir de la protection de la vie familiale d�coulant de l'art. 8 CEDH � condition qu'il entretienne une relation �troite et effective avec une personne de sa famille ayant le droit de r�sider durablement en Suisse (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.3 p. 287 et les arr�ts cit�s). Les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 CEDH, un droit � une autorisation de police des �trangers sont avant tout les rapports entre �poux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146). Un �tranger majeur ne peut se pr�valoir de cette disposition que s'il se trouve dans un �tat de d�pendance particulier par rapport � des membres de sa famille r�sidant en Suisse en raison, par exemple, d'un handicap (physique ou mental) ou d'une maladie grave (ATF 129 II 11 consid. 2 p. 13 s. et la jurisprudence cit�e).
En tant qu'�poux d'une citoyenne suisse, le recourant a en principe un droit au renouvellement de son autorisation de s�jour en Suisse, pour autant qu'il fasse m�nage commun avec son �pouse (cf. art. 42 al. 1 LEtr) ou b�n�ficie d'une exception � cette exigence en vertu de l'art. 49 LEtr. L'arr�t attaqu� ne retient pas que le recourant ne vivrait pas avec son �pouse. Il a ainsi le droit de r�sider durablement en Suisse. Un droit au regroupement familial peut d�s lors a priori d�couler de l'art. 8 CEDH en ce qui concerne son enfant mineur D.________. Le recours en mati�re de droit public est par cons�quent et en principe ouvert en ce qui concerne D.________. La question de savoir si le regroupement familial doit en d�finitive �tre accord� rel�ve en revanche du fond (cf. ATF 136 II 177 consid. 1.2 p. 180).
Quant � C.________, il est n� en 1992 et aujourd'hui �g� de pr�s de 20 ans. Or, en ce qui concerne la recevabilit� des demandes de regroupement familial fond�es exclusivement sur l'art. 8 CEDH, c'est l'�ge atteint au moment o� le Tribunal f�d�ral statue qui est d�terminant pour se prononcer sur la recevabilit� du recours (cf. ATF 136 II 497 consid. 3.2 p. 499 s.; arr�t 2C_205/2011 du 3 octobre 2011 consid. 1). C.________ �tant aujourd'hui majeur, le regroupement familial ne peut plus �tre demand� en ce qui le concerne (cf. art. 44 LEtr). En outre, le recourant ne pr�tend pas que son fils serait dans un �tat de d�pendance particulier, au sens de la jurisprudence, vis-�-vis de lui. Il s'ensuit que le recours est irrecevable dans la mesure o� il tend � l'octroi d'une autorisation de s�jour en faveur de C.________.
1.5 Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes requises (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral examine librement la violation du droit f�d�ral (cf. art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Aux termes de cet alin�a, le Tribunal f�d�ral n'examine la violation de droits fondamentaux ainsi que celle de dispositions de droit cantonal que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant. En outre, le Tribunal f�d�ral se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ceux-ci n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (cf. art. 105 al. 2 LTF).
L'art. 8 CEDH constituant la base qui permettrait de fonder le droit au regroupement familial sollicit�, il convient de d�terminer, sous l'angle de cette disposition, s'il se justifie d'octroyer aux deux fils du recourant une autorisation de s�jour � ce titre.
3.1 Aux termes de l'art. 8 CEDH, toute personne a notamment droit au respect de sa vie priv�e et familiale. Cette disposition ne conf�re cependant pas un droit � s�journer dans un �tat d�termin�. Le fait de refuser un droit de s�jour � un �tranger dont la famille se trouve en Suisse peut toutefois porter atteinte au droit au respect de la vie priv�e et familiale garanti par cette disposition (ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145, 153 consid. 2.1 p. 154 s.). Pour autant, les liens familiaux ne sauraient conf�rer de mani�re absolue, en vertu de l'art. 8 CEDH, un droit d'entr�e et de s�jour. Ainsi, lorsqu'un �tranger a lui-m�me pris la d�cision de quitter sa famille pour aller vivre dans un autre �tat, ce dernier ne manque pas d'embl�e � ses obligations de respecter la vie familiale s'il n'autorise pas la venue des proches du ressortissant �tranger ou qu'il la subordonne � certaines conditions (cf. arr�t 2C_553/2011 du 4 novembre 2011 consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es).
3.2 Une ing�rence dans l'exercice du droit au respect de la vie priv�e et familiale garanti par l'art. 8 CEDH est possible aux conditions de l'art. 8 par. 2 CEDH. La question de savoir si, dans un cas d'esp�ce, les autorit�s de police des �trangers sont tenues d'accorder une autorisation de s�jour fond�e sur l'art. 8 CEDH doit �tre r�solue sur la base d'une pes�e de tous les int�r�ts publics et priv�s en pr�sence (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.1 p. 287 s. et les r�f�rences cit�es).
S'agissant d'un regroupement familial partiel, il convient de tenir compte dans la pes�e des int�r�ts notamment des exigences auxquelles le droit interne soumet celui-ci (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.6 p. 292 s.). Il n'est en effet pas concevable que, par le biais de l'art. 8 CEDH, un �tranger qui ne dispose, en vertu de la l�gislation interne, d'aucun droit � faire venir sa famille proche en Suisse, puisse obtenir des autorisations de s�jour pour celle-ci sans que les conditions pos�es par les art. 42 ss LEtr et en particulier lorsque les d�lais de l'art. 47 LEtr ont �t� respect�s, celles figurant � l'art. 44 LEtr ne soient r�alis�es. Du reste, les conditions de logement et d'absence d'aide sociale pos�es par cette derni�re disposition se retrouvent dans la l�gislation relative au regroupement familial de la plupart des �tats parties � la Convention (cf. arr�t 2C_508/2009 du 20 mai 2010 consid. 4.2).
3.3 Il faut �galement tenir compte de l'int�r�t de l'enfant, ainsi que l'exige l'art. 3 al. 1 de la Convention relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989 (CDE; RS 0.107). Cette Convention implique de se demander si la venue en Suisse d'un enfant au titre du regroupement familial partiel n'entra�nerait pas un d�racinement traumatisant, ne reviendrait pas de facto � le couper de tout contact avec la famille r�sidant dans son pays d'origine et n'interviendrait pas contre sa volont� (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.3.1 p. 290 s. et les arr�ts cit�s). Toutefois, comme il appartient en priorit� aux parents de d�cider du lieu de s�jour de leur enfant, en prenant en consid�ration l'int�r�t de celui-ci, les autorit�s comp�tentes n'ont qu'un pouvoir d'examen limit� � cet �gard: elles ne peuvent et ne doivent refuser le regroupement familial que si celui-ci est manifestement contraire � l'int�r�t de l'enfant (ATF 136 II 78 consid. 4.8 p. 86 ss). Cette jurisprudence ne s'applique pas seulement au regroupement familial fond� sur les art. 42 et 43 LEtr, mais aussi aux requ�tes bas�es sur l'art. 44 LEtr (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.3.2 p. 291).
Afin d'�valuer si le regroupement familial est manifestement contraire � l'int�r�t de l'enfant, l'autorit� comp�tente peut �tre amen�e, selon les circonstances, � entendre l'enfant de fa�on appropri�e (cf. art. 12 CDE) afin de v�rifier que le regroupement n'intervient pas contre sa volont� clairement exprim�e. Lorsque la proc�dure est essentiellement �crite, comme en droit des �trangers, il n'est pas indispensable que l'enfant soit entendu personnellement et oralement, � condition que son point de vue puisse s'exprimer de fa�on appropri�e, soit par une d�claration �crite de l'enfant lui-m�me, soit par l'interm�diaire d'un repr�sentant (cf. ATF 124 II 361 consid. 3c p. 368, confirm� r�cemment dans l'arr�t 2C_746/2009 du 16 juin 2010 consid. 4.1). Selon la jurisprudence en mati�re de droit des �trangers, la repr�sentation des enfants peut souvent se faire par l'interm�diaire du ou des parents parties � la proc�dure, d�s lors que les int�r�ts des deux parents et ceux de l'enfant co�ncident (cf. arr�t 2C_746/2009 du 16 juin 2010 consid. 4.1 et les arr�ts cit�s). Tel est le cas lorsque le regroupement tend � permettre � l'enfant de rejoindre ses deux parents ou son seul parent survivant, de sorte qu'il n'est pas n�cessaire de recueillir formellement l'avis de l'enfant, sous r�serve de l'hypoth�se pr�vue � l'art. 47 al. 4 in fine LEtr.
3.4 En r�sum�, l'�tranger qui b�n�ficie d'une autorisation de s�jour durable est en droit de r�clamer le regroupement familial selon l'art. 44 LEtr pour ses enfants en se pr�valant de l'art. 8 CEDH (et de l'art. 13 Cst.) aux conditions cumulatives suivantes: (1) l'�tranger souhaite vivre en m�nage commun avec l'enfant (art. 44 let. a LEtr); (2) il dispose d'un logement appropri� (art. 44 let. b LEtr); (3) il ne d�pend pas de l'aide sociale (art. 44 let. c LEtr); (4) le regroupement familial est demand� dans les d�lais pr�vus � l'art. 47 LEtr; (5) le regroupement familial n'intervient pas en violation claire des int�r�ts et des relations familiales de l'enfant, la relation ant�rieure entre l'enfant et le parent qui requiert le regroupement devant faire l'objet d'une appr�ciation; (6) il n'y a pas d'abus de droit; (7) on n'est pas en pr�sence d'une cause de r�vocation selon l'art. 62 LEtr (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.7 p. 293 s.). Enfin, (8) le parent qui fait valoir le regroupement familial doit disposer de l'autorit� parentale ou au moins du droit de garde sur l'enfant (cf. ATF 137 I 284 consid. 2.3.1 p. 290; confirm� in arr�ts 2C_578/2011 du 1er d�cembre 2011 consid. 3.4.3; 2C_194/2011 du 17 novembre 2011 consid. 2.2.1; 2C_132/2011 du 28 juillet 2011 consid. 4). En effet, le regroupement familial doit �tre r�alis� en conformit� avec les r�gles du droit civil r�gissant les rapports entre parents et enfants et il appartient aux autorit�s comp�tentes en mati�re de droit des �trangers de s'en assurer (ATF 136 II 78 consid. 4.8 p. 86 ss). Une simple d�claration du parent rest� � l'�tranger autorisant son enfant � rejoindre l'autre parent en Suisse n'est en principe pas suffisante (cf. arr�ts 2C_132/2011 du 28 juillet 2011 consid. 6.2.3; 2C_537/2009 du 31 mars 2010 consid. 4).
4.1 L'art. 47 LEtr subordonne le regroupement familial au d�p�t de la demande dans les cinq ans � partir de l'octroi de l'autorisation de s�jour ou de l'�tablissement du lien familial, ce d�lai �tant r�duit � 12 mois pour les enfants de plus de 12 ans. Pass� ces d�lais, le regroupement familial n'est autoris� que pour des raisons familiales majeures (art. 47 al. 4 LEtr).
En l'esp�ce, le recourant a �t� mis au b�n�fice d'une autorisation de s�jour d�s le 27 mai 2008. En ce qui concerne D.________, la demande de regroupement familial a par cons�quent �t� d�pos�e en temps utile. En effet, d�s lors qu'il �tait �g� de moins de 12 ans au moment du d�p�t de la requ�te, c'est le d�lai de cinq ans qui est pertinent et celui-ci n'�tait pas �coul� le 27 juillet 2009.
4.2 Le Tribunal cantonal a par ailleurs retenu que l'essentiel des conditions pour obtenir un regroupement familial �tait rempli, la requ�te ne pouvant �tre rejet�e que si l'int�r�t sup�rieur de l'enfant s'opposait � sa venue en Suisse. Tout en reconnaissant qu'il �tait tr�s d�licat de d�terminer l'int�r�t de l'enfant, les juges cantonaux ont consid�r� la solution la plus conforme � l'int�r�t de l'enfant �tait de rester au Kosovo, o� il avait tous ses rep�res affectifs et sociaux.
Le recourant conteste cette appr�ciation de l'instance pr�c�dente. Il rel�ve qu'il a conserv�, tout au long des ann�es de s�paration, une relation pr�pond�rante avec son fils D.________, en dirigeant son �ducation depuis la Suisse, par le biais de directives et de conseils donn�s aux personnes exer�ant la garde de fait sur lui. Il estime qu'ainsi, le liens nou�s entre lui-m�me et son fils l'emportent sur les relations que celui-ci a tiss� avec la personne qui en avait la garde effective au Kosovo. Il ajoute que le grand-p�re de l'enfant est tr�s �g� de sorte qu'il n'est plus en mesure de prendre soin de D.________ au quotidien.
4.3 Le Tribunal f�d�ral se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ces faits n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF, � savoir arbitrairement (cf. art. 105 al. 2 LTF; ATF 136 II 304 consid. 2.4). La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es; � d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF137 II 353 consid. 5.1 p. 356).
Le recourant m�conna�t � l'�vidence ces principes. Il fonde une partie de son argumentation sur des faits et sa propre interpr�tation des �v�nements qui ne ressortent pas de l'arr�t attaqu�, sans d�montrer que cet acte serait manifestement inexact ou arbitraire. Le Tribunal f�d�ral n'est pas une autorit� d'appel habilit�e � revoir librement les faits. Partant, l'Autorit� de c�ans se limitera � examiner si le droit f�d�ral a �t� correctement appliqu� par le Tribunal cantonal sur la base des faits ressortant de l'arr�t entrepris.
4.4 Dans le cas particulier, le Tribunal cantonal a consid�r� qu'� l'exception de son p�re, toute la famille proche de D.________ vivait au Kosovo. Une venue en Suisse le placerait par cons�quent, isol�, dans un milieu social et culturel totalement diff�rent dont il ne parle pas la langue. Le Tribunal cantonal a relev� �galement que cet enfant n'avait vu son p�re qu'�pisodiquement ces derni�res ann�es alors qu'il vivait dans le m�me village que sa m�re. Compte tenu du changement de vie consid�rable et d�stabilisant qu'un d�part de son pays d'origine imposerait � l'adolescent, le Tribunal cantonal a retenu qu'il �tait manifeste que son int�r�t �tait de rester aupr�s de ses proches au Kosovo, l'�ge avanc� du grand-p�re n'�tant pas suffisant pour modifier volontairement un dispositif de garde qui avait fait ses preuves.
Une telle position ne peut �tre suivie. Certes, D.________ vit depuis plus de dix ans dans son pays d'origine, aupr�s de membres de sa famille, et il ne s'exprime qu'en langue albanaise. Dans ces conditions, son int�gration en Suisse, alors qu'il entre dans l'adolescence, s'av�rerait assur�ment difficile. L'adolescent est �lev� par son grand-p�re, dans un entourage compos� de ses fr�res et s?ur, ainsi que de sa m�re qui habite le m�me village, alors qu'il n'a plus v�cu avec son p�re depuis dix ans. Un transfert aupr�s de celui-ci serait constitutif d'un d�racinement culturel et social, mais celui-ci est inh�rent � tout regroupement familial et rien ne permet de conclure que le fils du recourant, qui a maintenant 13 ans, aurait des probl�mes qui emp�cheraient son adaptation. Du reste, le raisonnement du Tribunal cantonal reviendrait � consid�rer qu'un regroupement familial serait par principe contraire � l'int�r�t d'un enfant qui a pass� plus de dix ans dans son pays d'origine, ce qui va � l'encontre m�me du syst�me des d�lais pr�vus � l'art. 47 LEtr qui autorise le regroupement familial quel que soit l'�ge de l'enfant.
4.5 L'arr�t attaqu� ne permet en revanche pas de savoir quelle est la position de D.________ lui-m�me par rapport au regroupement familial demand�. Cette situation est d'autant plus insatisfaisante qu'au moment du d�p�t de la requ�te, l'adolescent pouvait partir de l'id�e qu'il viendrait rejoindre son p�re en compagnie de son fr�re ain�, ce qui lui permettait de ne pas perdre l'ensemble de ses rep�res. Le regroupement familial en faveur de C.________ ayant �t� refus�, il convient de recueillir l'avis de D.________ sur la permanence de son souhait de venir vivre en Suisse avec son p�re et l'�pouse de celui-ci. Dans ce contexte, il sera utile d'examiner �galement la mani�re dont le recourant pr�voit d'assurer la prise en charge et l'int�gration personnelle et scolaire de son fils en Suisse, afin de s'assurer que l'adolescent ne sera pas livr� � lui-m�me pendant la phase cruciale de son arriv�e dans ce pays.
Au vu de ce qui pr�c�de, le recours en mati�re de droit public doit par cons�quent �tre admis, la d�cision attaqu�e annul�e et la cause renvoy�e au Tribunal cantonal de Fribourg pour qu'il instruise ce point et statue � nouveau.
Le recours �tant admis pour moiti� et irrecevable pour le surplus, des frais de justice r�duits seront mis � la charge du recourant (cf. art. 66 al. 1 LTF). Par ailleurs, il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens, le recourant n'�tant pas assist� d'un mandataire, (cf. arr�t 2C_899/2008 du 18 juin 2009 consid. 5.2 non publi� aux ATF 135 II 296).
Le recours est irrecevable en tant qu'il porte sur la requ�te de C.________.
Le recours est admis dans la mesure o� il est recevable et l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg du 9 juin 2011 annul� en tant qu'il porte sur la requ�te de D.________.
La cause est renvoy�e au Tribunal cantonal du canton de Fribourg afin qu'il statue � nouveau dans le sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � CHF 1'000.-, sont mis � la charge du recourant.