Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020529-240428
Timestamp: 2016-12-10 21:02:59+00:00
Document Index: 97679158

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 4", "l'article 8", "l'article 9", 'art. 9', 'art. 8', 'art. 4', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 29 mai 2002, 240428
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 240428Numéro NOR : CETATEXT000008119234 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-05-29;240428 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 23 novembre 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Kheira X... épouse Y..., ; Mme X... épouse Y... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 29 octobre 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2001 par lequel le préfet de la Marne a décidé sa reconduite à la frontière ;
4°) d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de la décision attaquée ;
Vu la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X... épouse Y..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification le 22 août 2001 de la décision du préfet de la Marne du 16 août 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant que la circonstance que Mme X... épouse Y... a présenté devant le tribunal administratif une demande d'annulation de la décision de refus de titre de séjour est sans influence sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière, ledit recours étant dépourvu de caractère suspensif ; que les conclusions de Mme X... épouse Y..., formulées dans le cadre de cette demande en annulation, tendant à ce que le tribunal administratif enjoigne au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour ne sauraient valoir demande de titre de séjour au sens de l'article 4 du décret du 30 juin 1946 réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet aurait dû délivrer à l'intéressée un récépissé de titre de séjour doit être écarté ;
Considérant que si Mme X... épouse Y..., entrée en France le 31 décembre 1999, fait valoir qu'elle est mère de quatre enfants, dont deux sont nés en France et alors que les deux autres y sont scolarisés, que son mari, ses beaux parents et ses beaux frères et belles soeurs résident en France, il ressort des pièces du dossier que son mari se maintient également en situation irrégulière en France, que ses parents et les autres membres de sa famille résident en Algérie et que compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la brève durée et des conditions de séjour de Mme X... épouse Y... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de la Marne en date du 5 octobre 2001 n'a pas porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;Considérant que les stipulations de l'article 9 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés ; que Mme X... épouse Y... ne peut donc utilement se prévaloir de ces stipulations pour demander l'annulation de l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... épouse Y... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande ;
Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à Mme X... épouse Y... la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Kheira X... épouse Y..., au préfet de la Marne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-10-05Code de justice administrative L761-1Convention 1990-01-26 New-York droits de l'enfant art. 9Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Décret 46-1574 1946-06-30 art. 4Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 29 mai 2002, n° 240428Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mme MaugüéOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 29/05/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page