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Timestamp: 2016-10-23 09:56:16+00:00
Document Index: 126100330

Matched Legal Cases: ['art. 8', 'art. 17', 'art. 8', 'art. 89', 'art. 126', 'ATF ', 'art. 83', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 17', 'art. 17', 'art. 17', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 17', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 17', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 17', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 17', 'art. 65', 'art. 68']

2C_616/2012 (01.04.2013)
2C_616/2012
Me Jean-Pierre Moser, avocat,
Refus d'approuver l'octroi d'une autorisation de s�jour,
recours contre l'arr�t du Tribunal administratif f�d�ral, Cour III, du 18 mai 2012.
A.a A.X.________, ressortissante d'origine camerounaise, n�e en 1971, a �pous� en d�cembre 2001 � Douala, B.X.________, ressortissant suisse n� en 1956. Arriv�e en Suisse le 22 avril 2002, A.X.________ a �t� mise au b�n�fice d'une autorisation de s�jour pour regroupement familial, puis, en juin 2007, d'une autorisation d'�tablissement. Le 23 avril 2002, A.X.________ a rempli un rapport d'arriv�e, dans lequel elle a indiqu� souhaiter que, par la suite, sa fille, F.________ (ci-apr�s: F.________), n�e en 1991, et ses trois enfants adoptifs, D.________ (ci-apr�s: D.________), n� en 1985, C.________ (ci-apr�s: C.________), n� en 1990, et E.________ (ci-apr�s: E.________), n�e en 1993, tous ressortissants camerounais, puissent venir la rejoindre en Suisse.
Par jugement du 12 septembre 2002, devenu d�finitif le 3 mars 2008, le Tribunal de premi�re instance de Douala-Bonanjo a prononc� l'adoption simple par A.X.________ des trois enfants de feu son fr�re, d�c�d� en 1996, soit D.________, C.________ et E._______, en vue de lui permettre d'assurer convenablement leur encadrement.
F.________, D.________, C.________ et E.________ ont, le 10 janvier 2003, d�pos�, aupr�s de l'Ambassade de Suisse � Yaound�, des demandes d'autorisation d'entr�e et de s�jour au titre du regroupement familial. Dans plusieurs courriers envoy�s en 2003 � diff�rentes autorit�s suisses, A.X.________ et son �poux ont confirm� leur volont� d'accueillir en Suisse F.________, D.________, C.________ et E.________ et leur ont fait parvenir diff�rents documents les concernant. A.X.________ expliquait que ses enfants adoptifs vivaient au Cameroun chez sa soeur, qu'elle leur t�l�phonait deux � trois fois par semaine et qu'elle leur envoyait de l'argent tous les mois pour leurs besoins.
Le 15 mai 2003, la m�re biologique de D.________, C.________ et E.________ a sign� une autorisation parentale par laquelle elle permettait � ses trois enfants de quitter le Cameroun et de voyager accompagn�s de A.X.________ pour se rendre en Suisse.
Le 11 juillet 2003, le Service de la population du canton de Vaud (ci-apr�s: le Service de la population) a habilit� la repr�sentation de Suisse � Yaound� � d�livrer un visa d'entr�e en faveur de F.________. Entr�e sur territoire helv�tique ce m�me mois, celle-ci a �t� mise au b�n�fice d'une autorisation de s�jour pour regroupement familial.
C.________ est arriv� ill�galement en Suisse le 20 f�vrier 2006 et y a d�pos� une demande d'asile. Par d�cision du 13 mars 2006, l'Office f�d�ral des migrations a rejet� cette requ�te et prononc� le renvoi de Suisse de C.________. Le 26 avril 2006, la Commission suisse de recours en mati�re d'asile n'est pas entr�e en mati�re sur le recours interjet� contre cette d�cision.
Le 18 avril 2007, C.________ a rempli un rapport d'arriv�e aupr�s du Bureau des �trangers de O.________. Le Service de la population a rejet�, par d�cision du 15 octobre 2007, la demande d'autorisation de s�jour de celui-ci.
A.b Par arr�t du 18 juin 2009, le Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a partiellement admis le recours de A.X.________, de son �poux et de ses enfants adoptifs en tant qu'il concernait C.________; l'autorit� administrative avait, notamment, trop "minimis�" les effets de l'adoption simple en mati�re de regroupement familial. Le Tribunal cantonal a, en outre, admis le recours pour d�ni de justice formel en tant qu'il concernait D.________ et E.________; rien ne justifiait qu'il se soit �coul� six ans depuis le d�p�t des demandes de regroupement familial sans que le Service de la population n'agisse.
Le 26 f�vrier 2010, C.________ a �t� interpell� par les gardes-fronti�re de P.________. Il a alors expliqu� qu'il �tait venu en Suisse en 2006, qu'il y avait d�pos� une demande d'asile sous une fausse identit� et qu'il n'avait jamais quitt� notre pays malgr� le rejet de sa requ�te.
Apr�s que le Service de la population lui eut transmis le dossier et les autorisations envisag�es pour approbation � la suite de l'arr�t du 18 juin 2009 du Tribunal cantonal, l'Office f�d�ral des migrations a, par d�cision du 17 d�cembre 2010, refus� de d�livrer une autorisation d'entr�e en Suisse en faveur de D.________ et E.________ et d'approuver l'octroi d'une autorisation de s�jour � ceux-ci, ainsi qu'� C.________, tout en pronon�ant le renvoi de celui-ci. Il a estim� que les enfants n'avaient pas un droit � une autorisation de s�jour au regard du droit des �trangers, leur adoption n'�tant qu'une adoption simple; en outre, les liens qui les unissaient � leur m�re adoptive n'�taient pas suffisamment intenses et �troits pour qu'ils puissent tirer un droit de l'art. 8 CEDH.
Au mois de mai 2011, A.X.________ a obtenu la nationalit� suisse.
Apr�s avoir pris connaissance de l'acte de d�c�s de la soeur de A.X.________ survenu en mars 2011 et de l'obtention, par C.________, en juin 2011, de son certificat de capacit� de constructeur de routes, le Tribunal administratif f�d�ral a rejet�, par arr�t du 18 mai 2012, le recours de A.X.________ et de B.X.________. Il a jug� en substance que l'adoption simple prononc�e au Cameroun n'engendrait pas la rupture des liens de filiation entre l'enfant et sa famille biologique; dans un tel cas, l'enfant adopt� ne pouvait tirer aucun droit au regroupement familial de l'art. 17 al. 2 3�me phrase de la loi f�d�rale du 26 mars 1931 sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers (LSEE; RS 1 113), que son parent adoptif soit au b�n�fice d'une autorisation d'�tablissement ou soit suisse; en outre, les trois enfants adoptifs de A.X.________ ne se trouvaient pas dans une situation qui constituait un cas de rigueur. Finalement, D.________, C.________ et E.________ �taient tous �g�s de plus de dix-huit ans, ce qui avait pour cons�quence qu'ils ne pouvaient tirer aucun droit de l'art. 8 CEDH.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.X.________, ainsi que C.________, D.________ et E.________ demandent au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, d'annuler l'arr�t du 18 mai 2012 du Tribunal administratif f�d�ral, de dire que l'autorisation de s�jour d�livr�e par le canton de Vaud aux trois enfants est approuv�e; subsidiairement, de renvoyer la cause au Tribunal administratif f�d�ral afin qu'il approuve ces autorisations de s�jour; plus subsidiairement, de lui renvoyer la cause pour qu'il annule la d�cision du 17 d�cembre 2010 et transmette la cause � l'Office f�d�ral des migrations pour que cet office approuve les autorisations de s�jour.
L'Office f�d�ral des migrations conclut au rejet du recours. Le Tribunal administratif f�d�ral a renonc� � prendre position.
Par ordonnance du 3 juillet 2012, le Pr�sident de la IIe Cour de droit public a admis la demande d'effet suspensif en faveur de C.________.
1.1 Les recourants sont A.X.________ et ses trois enfants adoptifs. Ceux-ci n'ont toutefois pas pris part � la proc�dure devant le Tribunal administratif f�d�ral. Partant, ils n'ont pas qualit� pour recourir (art. 89 al. 1 let. a LTF) et le recours est irrecevable en ce qui les concerne.
1.2 La loi f�d�rale du 16 d�cembre 2005 sur les �trangers (LEtr; RS 142.20) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2008. En vertu de l'art. 126 al. 1 LEtr, les demandes d�pos�es avant cette date sont r�gies par l'ancien droit. Tel est le cas en l'esp�ce et la pr�sente cause doit �tre examin�e � la lumi�re de la LSEE. Il y a d�s lors lieu de se fonder sur la jurisprudence rendue en relation avec l'ancien droit (ATF 136 II 120 consid. 3 p. 125; arr�t 2C_624/2009 du 5 f�vrier 2010 consid. 3).
1.3 Selon l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral, ni le droit international ne donnent droit.
D'apr�s la jurisprudence, il suffit qu'il existe un droit potentiel � l'autorisation, �tay� par une motivation soutenable, pour que cette clause d'exclusion ne s'applique pas et que, partant, la voie du recours en mati�re de droit public soit ouverte (ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179).
Selon une jurisprudence constante, pour statuer sur la recevabilit� (et le fond) du recours interjet� contre une d�cision rendue en mati�re de regroupement familial, le Tribunal f�d�ral se fonde, en ce qui concerne le droit interne, sur l'�ge de l'enfant au moment du d�p�t de la demande (ATF 136 II 497 consid. 3.2 p. 499). Sous l'angle de l'art. 8 CEDH, est en revanche d�terminant l'�ge au moment o� le Tribunal f�d�ral statue (ATF 136 II 497 consid. 3.2 p. 499; 130 II 137 consid. 2 p. 141 et les arr�ts cit�s ).
1.3.1 Aux termes de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, les enfants c�libataires de moins de dix-huit ans ont le droit d'�tre inclus dans l'autorisation d'�tablissement de leurs parents aussi longtemps qu'ils vivent aupr�s d'eux.
En l'esp�ce, lorsque la demande de regroupement familial a �t� formul�e, la recourante ne b�n�ficiait que d'une autorisation de s�jour, de sorte que l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE n'�tait pas applicable. Ce n'est qu'en juin 2007 qu'elle a obtenu une autorisation d'�tablissement et c'est l'�ge des enfants � ce moment-l� qui doit �tre pris en compte (arr�t 2C_319/2007 du 2 octobre 2007 consid. 1.1). D.________ avait alors 22 ans, si bien qu'il ne remplissait pas la condition de l'�ge de la disposition susmentionn�e, contrairement � C.________ et E.________ qui avaient moins de 18 ans.
1.3.2 En ce qui concerne C.________, qui est en Suisse depuis 2006, il ressort du dossier qu'il a d�m�nag� pour s'installer � R.________. Il ne vit d�s lors plus aupr�s de sa m�re adoptive et celle-ci ne peut, en cons�quence, plus tirer de droit de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, la vie commune �tant une condition de son application.
1.3.3 Le seul enfant pour lequel le recours pourrait �tre recevable au regard de la disposition susmentionn�e est E.________. Encore faut-il, pour cela, que l'adoption simple du droit camerounais cr�e un droit potentiel � une autorisation de s�jour au regard l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE (cf. arr�t 2A.36/1995 du 9 janvier 1996). Cette question peut rester ouverte, le recours devant de toute fa�on �tre rejet� sur le fond. Il sera ainsi entr� en mati�re en ce qui concerne E.________ (cf. consid. 1.6).
1.4 L'art. 8 CEDH peut �galement conf�rer un droit � une autorisation de s�jour en faveur des enfants mineurs d'�trangers b�n�ficiant d'un droit de pr�sence assur� en Suisse (cf. � ce sujet ATF 137 I 351 consid. 3.1 p. 354) si les liens nou�s entre les int�ress�s sont �troits et si le regroupement vise � assurer une vie familiale commune effective (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.3 p. 287; 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145).
1.4.1 Les enfants sont aujourd'hui �g�s de plus de dix-huit ans et ne se trouvent pas dans un �tat de d�pendance particuli�re par rapport � leur m�re adoptive, en raison par exemple d'un handicap ou d'une maladie grave (ATF 120 Ib 257 consid. 1d et 1e p. 261), de sorte qu'ils ne peuvent pas, en principe, d�duire de l'art. 8 CEDH le droit � une autorisation de s�jour, le moment d�terminant pour l'application de cette disposition conventionnelle n'�tant pas, comme pour l'art. 17 al. 2 LSEE, celui du d�p�t de la demande, mais celui auquel le Tribunal f�d�ral statue (cf. consid. 1.3). Certes, la recourante soutient que cette distinction est contraire � une jurisprudence de la Cour europ�enne des droits de l'homme (arr�t Tuquabo-Tekle et autres contre Pays-Bas, no 60665/00, du 1er d�cembre 2005). Les juges de Strasbourg ne se sont toutefois pas sp�cifiquement prononc�s sur l'applicabilit� de l'art. 8 CEDH lorsqu'un enfant devient majeur en cours de proc�dure devant les instances nationales, ce point n'�tant du reste pas litigieux entre les parties dans l'affaire concern�e (cf. arr�t 2A.285/2006 du 9 janvier 2007 consid. 1.2). En outre, celle-ci n'avait rien � voir avec l'�tat de fait � la base de la pr�sente cause.
Quoiqu'il en soit, l'irrecevabilit� du recours au regard de l'art. 8 CEDH en ce qui concerne E.________, 19 ans actuellement, importe peu, puisque le recours la concernant, recevable sous l'angle de l'art. 17 al. 2 LSEE, implique qu'il soit proc�d� � une pes�e compl�te des int�r�ts en cause (cf. consid. 2). Quant aux deux gar�ons, le recours serait de toute fa�on rejet� sur le fond: le regroupement vise � assurer une vie familiale commune effective (ATF 131 II 265 consid. 5 p. 268; 129 II 193 consid. 5.3.1 p. 211 et les arr�ts cit�s). Or, D.________ a aujourd'hui 27 ans, �ge auquel on est autonome et o� on ne vit en principe plus aupr�s de ses parents et C.________, �g� de 22 ans, a d�j� son propre appartement.
1.4.2 En ce qui concerne C.________, la recourante se pr�vaut encore du respect de la vie priv�e, �galement garanti par l'art. 8 � 1 CEDH.
Il est douteux que la recourante puisse invoquer le respect de la vie priv�e en faveur de son fils, �tant rappel� que celui-ci n'a pas la qualit� pour recourir (cf. consid. 1.1). Quoi qu'il en soit, le recours est irrecevable en tant qu'il a trait � cette disposition pour les raisons qui suivent.
L'art. 8 � 1 CEDH n'ouvre le droit � une autorisation de s�jour pour respect de la vie priv�e qu'� des conditions tr�s restrictives. L'�tranger doit en effet �tablir l'existence de liens sociaux et professionnels sp�cialement intenses avec la Suisse, notablement sup�rieurs � ceux qui r�sultent d'une int�gration ordinaire (ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 p. 286). Au stade de la recevabilit�, il suffit toutefois que l'existence de tels liens soit all�gu�e et apparaisse vraisemblable au vu des circonstances pour que le Tribunal f�d�ral entre en mati�re sur le recours (ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179).
En l'esp�ce, l'existence de liens sp�cialement intenses avec notre pays n'est pas �tablie ni m�me all�gu�e (cf. consid. 1.3). Il ressort, certes, de l'arr�t attaqu� que l'adaptation de C.________, � un �ge, soit 15 ans, o� il n'�tait pas d'embl�e �vident qu'il s'int�grerait dans notre pays, a �t� remarquable. Il a, en effet, d�but� sa scolarit� en Suisse dans une classe d'accueil d'un �tablissement secondaire � O.________, lequel lui a d�cern� le prix annuel en raison de son attitude positive en classe, son esprit de camaraderie et ses grands efforts d'int�gration. Puis, il a men� � bien son apprentissage, tout en suivant des cours d'appui, organis�s par le canton, aupr�s de Transition Ecole M�tier et est, depuis 2011, titulaire d'un certificat de capacit� de constructeur de routes. Il a, de plus, obtenu un travail, autoris� en cela par le Service de l'emploi du canton de Vaud, aupr�s d'une entreprise de travaux publics. Toutefois, ces ann�es pass�es depuis 2006 en Suisse l'ont �t� de mani�re ill�gale et elles ne peuvent pas �tre prises en consid�ration dans l'appr�ciation ou alors seulement dans une mesure tr�s restreinte (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 23 s.). Tenir compte du s�jour de C.________ reviendrait � encourager la politique du fait accompli et, par cons�quent, � porter atteinte au principe de l'�galit� par rapport aux nombreux �trangers qui respectent les proc�dures �tablies pour obtenir un titre de s�jour en Suisse et, en particulier, par rapport � sa soeur E.________ qui est rest�e au pays et qui ne peut pas b�n�ficier de l'art. 8 CEDH en tant que cette disposition prot�ge la vie priv�e. Il est vrai que, lorsqu'il est arriv� en Suisse, C.________ attendait depuis trois ans une d�cision du Service de la population; si cela ne saurait justifier une arriv�e ill�gale, il est pour le moins regrettable que les demandes d'autorisation des enfants adoptifs de la recourante, d�pos�es en 2003, n'aient �t� trait�es par le Service de la population qu'en 2007 en ce qui concerne C.________ et en 2009 pour ses fr�re et soeur; ainsi, dix ans apr�s le d�but de la proc�dure, celle-ci n'est toujours pas close avec toutes les cons�quences que cela induit.
Compte tenu des �l�ments susmentionn�s, on ne se trouve pas dans l'une des situations exceptionnelles o� un droit � une autorisation de s�jour peut �tre d�duit de l'art. 8 CEDH au titre de la protection de la vie priv�e.
1.5 Au regard de ce qui pr�c�de, le recours est recevable en tant qu'il concerne le regroupement familial de E.________ mais pas en ce qui concerne D.________ et C.________.
1.6 Pour le surplus, le recours, dirig� contre un arr�t final (cf. art. 90 LTF) et rendu par le Tribunal administratif f�d�ral (cf. art. 86 al. 1 let. a LTF), a �t� d�pos� dans les formes et le d�lai prescrits par la loi (cf. art. 42 et 100 al. 1 LTF). Il convient donc d'entrer en mati�re s'agissant de E.________.
2.1 Selon la jurisprudence (cf. ATF 136 II 78 consid. 4.1; 133 II 6 consid. 3.1 p. 9 ss; 129 II 11 consid. 3.1.1 p. 14 et les arr�ts cit�s), le but de l'art. 17 al. 2 LSEE (cf. consid. 1.3.1) est de permettre le maintien ou la reconstitution d'une communaut� familiale compl�te entre les deux parents et leurs enfants communs encore mineurs (la famille nucl�aire). Ce but ne peut �tre enti�rement atteint lorsque les parents sont divorc�s ou s�par�s et que l'un d'eux se trouve en Suisse depuis plusieurs ann�es, et l'autre � l'�tranger avec les enfants, ou lorsque l'un d'eux est d�c�d�. Il n'existe pas un droit inconditionnel de faire venir aupr�s du parent �tabli en Suisse des enfants qui ont grandi � l'�tranger dans le giron de leur autre parent. Il en va de m�me lorsque, par exemple en raison du d�c�s de l'autre parent ou pour d'autres motifs, l'�ducation des enfants � l'�tranger n'a pas �t� assur�e par un parent au sens �troit (p�re ou m�re), mais par des personnes de confiance, par exemple des proches parents (grands-parents, fr�res et soeurs plus �g�s etc.) (cf. ATF 129 II 11 consid. 3.1.4 p. 15; 125 II 585 consid. 2c p. 588 ss et les arr�ts cit�s). La reconnaissance d'un droit au regroupement familial suppose alors qu'un changement important des circonstances (sur cette notion, cf. ATF 133 II 6 consid. 3.1.2 p. 11), notamment d'ordre familial, se soit produit, rendant n�cessaire la venue des enfants en Suisse, comme par exemple une modification des possibilit�s de leur prise en charge �ducative � l'�tranger (cf. ATF 136 II 78 consid. 4.1; 133 II 6 consid. 3.1 p. 9 ss).
Il s'agit de mettre en balance, d'une part, l'int�r�t priv� de l'enfant et du parent concern� � pouvoir vivre ensemble en Suisse et, d'autre part, l'int�r�t public de ce pays � poursuivre une politique restrictive en mati�re d'immigration. L'examen du cas doit �tre global et tenir particuli�rement compte de la situation personnelle et familiale de l'enfant et de ses r�elles chances de s'int�grer en Suisse. A cet �gard, le nombre d'ann�es qu'il a v�cues � l'�tranger et la force des attaches familiales, sociales et culturelles qu'il s'y est cr��, de m�me que l'intensit� de ses liens avec son autre parent �tabli en Suisse, son �ge, son niveau scolaire ou encore ses connaissances linguistiques sont des �l�ments primordiaux dans la pes�e des int�r�ts. Un soudain d�placement de son cadre de vie peut en effet constituer un v�ritable d�racinement pour lui et s'accompagner de grandes difficult�s d'int�gration dans un nouveau pays d'accueil. De plus, une longue dur�e de s�paration d'avec son parent �tabli en Suisse a normalement pour effet de distendre ses liens affectifs avec ce dernier, en m�me temps que de resserrer ces m�mes liens avec le parent et/ou les proches ayant pris soin de lui � l'�tranger, dans une mesure pouvant rendre d�licat un changement de sa prise en charge �ducative. C'est pourquoi il faut continuer autant que possible � privil�gier la venue en Suisse de jeunes enfants, mieux � m�me de s'adapter � un nouvel environnement (familial, social, �ducatif, linguistique, scolaire, ...) que des adolescents ou des enfants proches de l'adolescence (ATF 133 II 6 consid. 3 et 5 p. 9 ss).
2.2 Dans le cas particulier, il ressort du dossier que la recourante est arriv�e en Suisse en 2002 et qu'elle a d'embl�e d�clar� vouloir faire venir sa fille biologique et ses trois enfants adoptifs. E.________ �tait alors �g�e de huit ans. Puis, en 2003, l'int�ress�e a effectivement d�pos� des demandes d'autorisation d'entr�e et de s�jour pour tous ses enfants. Par la suite, elle a, � plusieurs reprises, envoy� des courriers aux autorit�s confirmant sa volont� de faire venir ses enfants. Si ce n'est qu'en 2007 que la recourante a obtenu une autorisation d'�tablissement et, partant, un droit au regroupement, on ne peut pas lui reprocher d'avoir attendu pour formuler des demandes ni d'avoir v�cu loin de E.________ durant ces ann�es. En outre, compte tenu de ces �l�ments, rien ne porte � croire que la demande est avant tout motiv�e par des raisons �conomiques.
Le moment d�terminant pour juger du fond, au regard de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, est 2007, ann�e o� la recourante a re�u une autorisation d'�tablissement (cf. consid. 1.3.1 et l'arr�t cit�); E.________ avait alors quatorze ans. La situation de celle-ci entre le moment de la s�paration d'avec sa m�re adoptive, en 2002, et 2007 n'est pas claire. L'arr�t attaqu� rel�ve, en effet, que la recourante avait tout d'abord affirm� qu'� son d�part pour la Suisse ses enfants avaient v�cu avec sa soeur; puis, dans son recours du 1er f�vrier 2011 devant le Tribunal administratif f�d�ral, elle indiquait que ceux-ci avaient �t� pris en charge d'abord par la grand-m�re paternelle et que �a n'�tait qu'� la suite de probl�mes de sant� de celle-ci, en 2006, qu'ils avaient v�cu chez sa soeur; le mari de la soeur ne voulant plus s'en occuper, E.________ et ses fr�res auraient finalement �t� accueillis par une amie de la recourante. Compte tenu de ces incoh�rences, le changement important de circonstances - condition du droit au regroupement familial en l'esp�ce (cf. consid. 2.1) -, soit de la prise en charge �ducative de E.________, est sujet � caution. De plus, � supposer que les circonstances aient effectivement chang�, des solutions ont �t� trouv�es pour la prise en charge de cette enfant. En outre, en 2007, le fr�re a�n� de E.________, D.________, avait vingt-deux ans et �tait, ainsi, � m�me de prendre soin de sa soeur. Certes, selon les dires de la recourante, celui-ci ne b�n�ficie pas de formation et il "bricolerait"; toutefois, l'int�ress�e fait parvenir de l'argent � ses enfants adoptifs chaque mois, ce qui, compte tenu du co�t de la vie au Cameroun, notoirement moins �lev� qu'en Suisse, doit constituer une aide substantielle. De plus, D.________ est la seule personne de sa famille avec laquelle E.________ a continuellement v�cu, puisque F.________ est arriv�e en Suisse en 2003 au b�n�fice d'un visa d'entr�e et que C.________ est venu ill�galement en 2006.
Finalement, � quatorze ans, E.________ est d�sormais arriv�e � un �ge o� elle ne requiert plus les m�mes soins et la m�me attention qu'une jeune enfant. Il appara�t aussi qu'elle compte l'essentiel de ses relations familiales et toutes ses attaches sociales et culturelles au Cameroun. Son d�placement dans un nouveau cadre de vie aurait enfin pour cons�quence de l'�loigner de son fr�re a�n�.
Compte tenu des �l�ments qui pr�c�dent, principalement de l'absence d'un changement important dans la prise en charge �ducative de E.________, la recourante ne peut pr�tendre au regroupement familial en faveur de sa fille adoptive sur la base de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE.
Succombant, la recourante supportera les frais judiciaires (art. 65 et 66 al. 1 et 5 LTF) et n'a pas droit � des d�pens (art. art. 68 al. 1 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire de la recourante, au Service de la population du canton de Vaud, � l'Office f�d�ral des migrations et au Tribunal administratif f�d�ral, Cour III.