Source: http://docplayer.fr/6233387-Creation-et-gestion-d-un-site-internet-communal.html
Timestamp: 2018-02-20 12:22:39+00:00
Document Index: 213013426

Matched Legal Cases: ['art 1', "l'article 117", "l'article 123", "l'article 120", 'art. 5', 'art. 17', 'art. 17', 'art. 234', 'art. 18', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 86', "l'article 72", 'art. 74']

1 CREATION ET GESTION D'UN SITE INTERNET COMMUNAL Guide juridique Pascale Blondiau Conseiller à l'union des Villes et Communes de Wallonie Vincent Tilman Chercheur au CRID Avec la collaboration de Cécile de Terwangne Docteur en droit, Directrice de recherches au CRID 2000 Union des Villes et Communes de Wallonie asbl Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, même partielles, sous quelque forme que ce soit, réservés pour tous pays. 1
2 PREFACE Le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication est un des axes prioritaires définis par le Gouvernement wallon dans le Contrat d'avenir pour la Wallonie. Aussi, je me réjouis de constater que la création d'un site Internet orienté vers le citoyen dans toutes les communes de Wallonie devrait atteindre son objectif pour le 30 novembre La dématérialisation des procédures administratives, le respect de la vie privée et les outils dits de démocratie électronique induisent immanquablement de nouveaux cadres légaux. Ce guide juridique est une des voies pour répondre à ces besoins. Le présent guide s'adresse prioritairement aux fonctionnaires et aux mandataires communaux chargés de créer et de mettre en œuvre des sites Web. Il réserve une attention toute particulière à l'accompagnement juridique pour la création mais également l'utilisation de ces nouvelles techniques d'échanges entre les citoyens et leur administration. Cette volonté d'accompagner les villes et communes dans le courant du progrès technologique traduit ma confiance en une administration attentive à la qualité de la communication et de l'information de ses citoyens. Je remercie ici l'union des Villes et Communes de Wallonie, le Centre de Recherches Informatique et Droit des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix et tous les membres du groupe de travail pour leur compétence et leur aide précieuse qu'a demandé la réalisation du présent guide juridique. Charles MICHEL Ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique du Gouvernement wallon 2
3 AVANT-PROPOS Depuis quelques années, diverses initiatives ont été développées par le Gouvernement wallon afin de généraliser la diffusion des nouvelles technologies dans les administrations et, notamment, de stimuler l'adoption de sites d'information, de transaction et de communication par les communes wallonnes. Or, ces initiatives soulèvent une série de questions juridiques: validité de l'information, signature, confidentialité, sécurité, protection de la propriété intellectuelle, etc. Face à ces incertitudes, les autorités wallonnes ont décidé de mettre à la disposition des communes un outil susceptible de les éclairer quant aux cadres juridique et réglementaire de l'utilisation des nouvelles technologies en leur sein. L'Union des Villes et Communes de Wallonie a été chargée par le Ministre wallon des Affaires intérieures, de la réalisation d'une étude à ce propos, laquelle se clôture par la rédaction du présent ouvrage. Pour mener à bien sa mission, l'union des Villes et Communes de Wallonie a travaillé en collaboration avec le Centre de Recherches Informatique et Droit (CRID) des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur. L'étude a bénéficié de la supervision du Professeur Yves Poullet, Doyen de la Faculté de Droit. Par ailleurs, l'union des Villes et Communes de Wallonie a été animée du souci de ne pas se distancer des réalités du terrain. C'est pourquoi, tout au long de l'étude, ses travaux ont été discutés au sein d'un groupe de travail composé de fonctionnaires en charge de la matière des nouvelles technologies dans leurs communes respectives. L'Union des Villes et Communes de Wallonie remercie tous ces intervenants pour leur zèle, leur dynamisme et leur disponibilité au cours des mois de travail qu'a nécessité la rédaction du présent guide juridique. 3
4 Composition du groupe de travail: Ana Aguirre, Responsable Centre de support télématique des Carmes, Marche-en-Famenne, Louise-Marie Bataille, Directrice, Union des Villes et Communes de Wallonie, Bernard Blanc, Chef de division - Responsable Communication, Saint-Ghislain, Pascale Blondiau, Conseiller, Union des Villes et Communes de Wallonie, Cécile de Terwangne, Docteur en Droit, FUNDP-CRID, Pascal Delculée, Coordinateur Internet, Couvin-Chimay-Doische-Viroinval, Isabelle Duhoux, Adjointe administrative, Charleroi, Muriel Knubben, Chef de bureau - Cellule de gestion, Verviers, Michel Lambinon, Géographe-cartographe, Geer, Thierry Lesplingart, Secrétaire communal adjoint, Tournai, Fabrice Levêque, Cellule Communication, Mons, Jean-Claude Masset, Chef de division administratif ff, Liège, Erik Morren, Responsable de projet, Seneffe l'interactive, Yves Poullet, Professeur - Directeur, FUNDP-CRID, Francisco-Javier Santos Rey, Responsable ADL, Ans, Roger Sobry, Echevin, Chaudfontaine, Vincent Tilman, Chercheur, FUNDP-CRID, Anne-Marie Vastesaeger, Responsable Inforum, Union des Villes et Communes de Wallonie, Colette Willemart-Belle, Chef de service, Namur. Enfin, l'union tient à remercier Messieurs E. Rousseau et L. Marchal, de la Direction générale des Pouvoirs locaux de la Région wallonne, pour leur accompagnement tout au long de la réalisation de sa mission 4
5 I. AVERTISSEMENT Ce guide appréhende l'ensemble des aspects juridiques liés au développement des sites Web communaux par les pouvoirs locaux. Les recommandations de ce guide sont générales et à adapter à chaque situation particulière. Les questions soulevées n'aboutissent pas toujours à des solutions claires. En effet, bon nombre de points n ont pas encore reçu de réponses juridiques définitives. Tout au plus, pouvons-nous, dans ces cas-là, proposer des solutions pratiques qui nous semblent respecter au mieux le droit mais également les usages observés sur le réseau. Pour la facilité de compréhension, certains termes de nature technique font l'objet d'une définition reprise dans le glossaire. Ils ont été mis en évidence en caractère grisé. Par ailleurs, des sites Internet intéressants à consulter pour les sujets traités sont, le cas échéant, mentionnés en note de bas de page. Enfin, des modèles de clauses types figurent en annexe. II. A QUI S'ADRESSE CE GUIDE JURIDIQUE? Ce guide s'adresse prioritairement aux mandataires et aux fonctionnaires communaux, chargés de créer et de mettre en œuvre des sites Web communaux. Il s'adresse également aux concepteurs techniques qui procèdent, à la demande des communes, à la création du site. 5
6 INTRODUCTION Cet ouvrage est destiné à guider les pouvoirs locaux dans la réalisation et l'adaptation de leur site Internet. Six grands thèmes sont abordés: la création et l'hébergement du site communal, les services pouvant être offerts par la commune, la protection de la vie privée, le respect de la propriété intellectuelle, la responsabilité et la sécurité technique. Lorsqu'une commune met de l'information sur son site, elle doit, en effet, être attentive à la qualité des informations ainsi rendues accessibles, à sa responsabilité attachée à un manque de qualité de celles-ci, aux problèmes de propriété intellectuelle que peut entraîner le montage d'un site Internet, ou encore aux questions de vie privée liées à l'enregistrement des données nées de la consultation des sites. Le développement d'un site Internet ou de courrier électronique, offrant des services transactionnels, permettant de télécharger des formulaires administratifs et même de les remplir, pose, en sus, des questions relatives à l'authentification des messages provenant des citoyens, d'une part, des agents administratifs, d'autre part 1. Lorsque la commune propose des services de démocratie en ligne, elle doit également s'interroger sur les mesures d'accompagnement qu'elle doit simultanément adopter. Enfin, le recours aux nouvelles technologies doit susciter une réflexion en termes de protection du système informatique de la commune. Le but de ce guide juridique n'est pas d'effrayer ni de brider les initiatives originales des administrations locales mais bien d'éviter à celles-ci bon nombre de problèmes juridiques susceptibles d'être engendrés par l'élaboration de ce nouveau service aux citoyens et d'optimaliser, ainsi, les opportunités issues de l'usage des nouvelles technologies. Il est présenté sous forme de questions-réponses en vue d'en faciliter la lecture, eu égard à la technicité de la matière. Gageons que les communes, ainsi outillées, s'inscriront résolument dans l'ère des nouvelles technologies dont le développement est qualifié, par certains, comme la révolution la plus importante depuis la révolution industrielle 1 Ces lignes sont reprises au Professeur Y. Poullet qui a mis en lumière les points devant retenir l'attention des communes lorsqu'elles décident de mettre en place un site Internet et de proposer des services informatiques. Voy. Y. Poullet et B. Van Batselaer, Rapprochement entre les administrations locales et citoyens via les technologies de l'information et de la communication, in Ubiquité, Revue du DGTIC, FUNDP, mai 1999, pp. 97 et ss. 6
7 TITRE I er - LA COMMUNE DECIDE DE CREER UN SITE INTERNET I. INTRODUCTION La création d'un site Web représente un enjeu important pour la commune. Il s'agit d'un vecteur essentiel de diffusion d'information et ce, tant à l'égard du citoyen que du personnel communal. Les premiers y découvriront toute l'information communale voulue, l'offre de nouveaux services ou, à tout le moins, l'offre de nouveaux moyens d'accéder aux services existants. Les seconds pourront accéder à des informations en ligne et pourront communiquer plus efficacement, permettant ainsi l'optimalisation du fonctionnement des services. Enfin, le site Internet d'une commune constituera la "vitrine" de l'activité communale à l'extérieur, témoin de son dynamisme et de son développement. II. QUI DOIT DECIDER DE CREER UN SITE WEB? La décision de créer le site officiel de la commune revient au conseil communal en vertu de l'article 117 de la nouvelle loi communale 2. Il s'agit, outre la décision de créer un site Web, de déterminer les options stratégiques du site: le site communal a-t-il pour objectif de présenter la commune, d'être un lieu d'information d'intérêt communal, d'être un lieu d'échange avec le citoyen? Quels sont les services informatiques qui vont être offerts aux citoyens par la commune, correspondent-ils à des missions de service public, à l'intérêt communal? Il appartiendra ensuite au collège des bourgmestre et échevins de mettre en œuvre cette décision et ce, conformément à l'article 123, 2 3, de la nouvelle loi communale. III. COMMENT DECIDER DU CONTENU DU SITE INTERNET? Préalablement à la décision du conseil communal, ce dossier pourra être préparé au sein d'une commission avec, le cas échéant, l'audition d'experts et ce, conformément à l'article de la nouvelle loi communale. La réflexion pourra être alimentée par l'exploitation du "logbook". Celui-ci reprend les données de connexion des utilisateurs au site. Ces données indiquent notamment quelles sont les pages les plus visitées, quelles sont les pages oubliées, quelle est la durée moyenne de connexion, Lequel prévoit: "Le conseil règle tout ce qui est d'intérêt communal; il délibère sur tout autre objet qui lui est soumis par l'autorité supérieure ( )". Lequel prévoit: "Le collège des bourgmestre et échevins est chargé: ( ) 2 de la publication et de l'exécution des résolutions du conseil communal". Lequel prévoit dans son paragraphe premier: "Le conseil communal peut créer, en son sein, des commissions qui ont pour mission de préparer les discussions lors des séances du conseil communal ( ). Les commissions peuvent toujours entendre des experts et des personnes intéressées". 7
8 De cet ensemble de statistiques, il est possible de tirer des conclusions concernant la pertinence de l'information mise en ligne, la facilité de navigation, l'intérêt des citoyens, etc. Il ne faut toutefois pas se limiter à cet outil: il est nécessaire de développer une véritable réflexion sur la mission d'intérêt général de la commune en la matière. IV. COMMENT AFFICHER LE CARACTERE OFFICIEL DU SITE? Dans la définition du contenu du site, il faudra tenir compte de l'importance d'afficher le caractère officiel du site. Il s'agit d'assurer la visibilité de la commune, mais aussi d'éviter la confusion de l'internaute entre le site officiel et d'autres sites privés éventuels. Cela se justifie d'autant plus que la commune peut, non seulement, diffuser de l'information d'intérêt communal, mais aussi, éventuellement, en fonction des options prises par le conseil: - proposer des hyperliens vers des sites privés; - héberger des sites privés; - axer son site sur les commerces de la commune. La commune doit, par conséquent, clairement identifier son site comme site officiel. Elle doit déterminer quels sont les espaces laissés au privé, délimiter le contenu publicitaire. La commune doit prévenir l'internaute lorsque les hyperliens qu'elle propose renvoient en dehors du site de la commune. Pour "officialiser" son site, la commune peut, entre autres: - disposer d'un nom de domaine "http://www.commune.be"; - garantir l'unité visuelle des informations à caractère communal. Dans cet objectif, la commune est invitée à définir une charte graphique pour l'ensemble des sites, pages, qui relèvent de son autorité. Cette charte comporte idéalement un identifiant commun tout au long des pages, tel que le blason ou le logo de la commune; - mettre en ligne de l'information à caractère purement communal; - proposer la commande d'informations ou de documents administratifs par le biais du site; - reprendre l'adresse du site sur le papier à en-tête de l'administration, sur les publications communales; - organiser une conférence de presse lors de l'inauguration du site ou de la modification significative de celui-ci; - afficher les adresses de courrier électronique des fonctionnaires communaux sur le site. V. COMMENT ASSURER UN SUIVI DES DECISIONS DE LA COMMUNE? Un site Internet doit être régulièrement évalué pour pouvoir répondre aux attentes des citoyens. Cette remise en question permet l'évolution de cet outil dynamique. Certaines communes ont déjà pris le pli de présenter annuellement un rapport sur l'évolution du site au conseil communal. Ce rapport peut reprendre, outre des statistiques de fréquentation de site, l'évolution du site et l'identification des nouveaux services qu'il est envisageable de proposer aux citoyens. Le conseil est alors appelé à avaliser le rapport et prendre position sur les nouvelles options stratégiques identifiées. Cette procédure a le double avantage d'être démocratique et de conscientiser les pouvoirs locaux de l'intérêt stratégique de la mise en œuvre d'un site Web. Le conseil communal pourra également, conformément à l'article 120bis de la nouvelle loi communale, créer un conseil consultatif chargé du suivi du site. 8
9 TITRE II - CREER ET HEBERGER LE SITE COMMUNAL I. INTRODUCTION La décision de créer un site Internet a diverses implications: il faut tout d'abord créer un site, il faut ensuite l'héberger sous un nom de domaine et, enfin, il faut le mettre à jour et le faire évoluer. Lorsque vient le moment de formaliser ces concepts nouveaux sous forme de contrats avec des tiers, un ensemble de règles doivent être respectées afin d'envisager les relations à long terme avec un maximum de sérénité. Un certain nombre de ces principes sont expliqués dans ce chapitre et des modèles de clauses types sont disponibles en annexe. II. LA CREATION DU SITE 1. Comment définir les objectifs et les moyens? Préalablement à la conception du site Internet, la commune doit définir ses objectifs et les moyens qu'elle y consacre. Voici une grille de questions susceptible d'aider les autorités communales à déterminer lesdits objectifs. - Quelle sera la part du site consacrée aux services offerts à la population et celle devant jouer le rôle de "vitrine" de la commune? - Quel est le public-cible du site? - Quels sont les objectifs en terme de communication du site (site de présentation, site d actualités, espace de discussion, etc.)? - Quelles sont les fonctionnalités attendues du site (identité graphique forte, degré de développement technologique, mise en œuvre de développements multimédias spécifiques, )? - Quelles sont les ressources mobilisables pour le projet (pour la phase de réalisation du projet, pour le suivi de projet, pour la mise à jour du site, pour la promotion du site, etc.)? Notons que, pour les communes qui souhaiteraient se faire subsidier pour ce projet, cette réflexion pourra être alimentée par le prescrit de l'arrêté ministériel du 2 mars , lequel prévoit un contenu minimal pour ces sites. Enfin, les communes pourront s'inspirer du Vade-mecum pour la création d'un site communal d'information orienté vers le citoyen 6, édité à l'initiative du Ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique de la Région wallonne. 5 6 A.M octroyant une subvention aux communes pour la réalisation d'un site Internet communal orienté vers le citoyen. En Région wallonne, diverses mesures ont été prises afin de voir l'ensemble des communes wallonnes s'engager dans la voie des nouvelles technologies. Il s'agit notamment de subventions pour la réalisation d'un site Internet communal, dont l'octroi est subordonné au respect d'un contenu minimum. C'est l'a.m qui précise le contenu minimal en termes d'informations qu'un site communal doit obligatoirement présenter pour que soit accordée la subvention régionale. La subvention est versée en une seule fois à la commune après réalisation de la plate-forme et vérification par la DGPL de la conformité de celle-ci aux conditions imposées. La vérification de la conformité doit intervenir au plus tard le 30 novembre 2001, à défaut de quoi la subvention est définitivement perdue. Ce vade-mecum (mars 2000) peut être consulté sur le site de l'agence wallonne des Télécommunications: 9
10 2. Comment créer un site Internet? Trois possibilités s'offrent à la commune: - la commune peut décider de développer elle-même son site Web; - la commune peut avoir partiellement recours à une personne externe; - la commune peut décider de recourir à une solution externe complète, "clé en main" (outsourcing). Lorsque le choix se porte sur la mobilisation de ressources propres (techniques, humaines) pour développer le site Internet, la commune ne se trouve pas confrontée à la nécessité de conclure de contrat de soustraitance. L'essentiel sera alors d'évaluer correctement les besoins, notamment en termes de personnel, et d'établir un plan préalable des moyens techniques, humains et financiers nécessaires à la création de son site. Notons que la commune a intérêt à insérer deux types de clauses dans le contrat de travail des employés communaux qui créeront le site: - une clause concernant la propriété intellectuelle du site et prévoyant la cession des droits patrimoniaux et une renonciation partielle aux droits moraux que possèdent ces employés (cf. infra, Titre V - La protection de la propriété intellectuelle). Cette cession des droits intellectuels permet à la commune de s'attribuer la propriété intellectuelle du site. La renonciation partielle aux droits moraux concerne la renonciation au respect de l'intégrité de l'œuvre qu'est le site, ce qui permet à l'employeur de modifier le site, de l'adapter, etc. Si cette clause n'est pas insérée dans le contrat de travail de l'employé communal, celui-ci reste propriétaire des droits intellectuels sur le site et pourrait, dans une certaine mesure, empêcher la commune d'exploiter son site; - une clause de non-concurrence: cette clause empêche l'employé qui change d'employeur d'utiliser le fruit de son travail pour concurrencer son employeur initial. Lorsqu'il est décidé de recourir à des sous-traitants, cela peut se faire selon deux modalités: - soit il est décidé de ne confier au sous-traitant que la création du site, voire la réalisation d'un travail déterminé. La charge de coordonner le travail des différents sous-traitants et de trouver un hébergeur pour le site est maintenue au sein de la commune; - soit il est fait recours à une solution globale incluant la prise en charge de toutes les étapes nécessaires à l'existence et au fonctionnement du site Internet par le sous-traitant. 3. Quel(s) type(s) de marchés la commune est-elle susceptible de passer? D'emblée, se pose la question de savoir dans quel type de marchés on se situe: marché de fournitures 7 ou de services 8? Tout dépendra de chaque cas; la qualification du marché dépend de la prestation principale à effectuer. Il nous semble que cependant, la plupart du temps, les marchés à passer pourront être considérés comme des marchés de services. Tel sera le cas de la conception du site mais également de la fourniture d'accès à Internet, de l'hébergement du site ou encore de la formation du personnel. 7 8 Par marché public de fournitures, il y a lieu d'entendre "le contrat à titre onéreux conclu entre un fournisseur et un pouvoir adjudicateur et ayant pour objet l'acquisition, par contrat d'achat ou d'entreprise, la location, la location-vente ou le crédit-bail, avec ou sans option d'achat, de produits. Ce contrat peut comporter, à titre accessoire, des travaux de pose et d'installation". L , art. 5, rel. aux marchés publics et à certains marchés de travaux, de fournitures et de services. Par marché public de services, il y a lieu d'entendre "le contrat à titre onéreux conclu entre un prestataire de services et un pouvoir adjudicateur et ayant pour objet des services visés dans l'annexe 2 de la loi". L , art
11 A.Quels sont les modes de passation des marchés? Il existe différents modes de passation des marchés: l'adjudication (publique ou restreinte), l'appel d'offres (général ou restreint) et la procédure négociée (avec ou sans publicité). En adjudication, le marché doit être attribué au soumissionnaire qui a remis l'offre régulière la plus basse. En appel d'offres, d'autres critères que celui du prix sont pris en considération. Dans ce cas, le marché doit être attribué au soumissionnaire qui a remis l'offre régulière la plus intéressante en tenant compte des critères d'attribution qui doivent être mentionnés dans le cahier spécial des charges ou, le cas échéant, dans l'avis de marché. Lorsque la commune consulte plusieurs prestataires de services et négocie les conditions du marché avec un ou plusieurs d'entre eux, le marché public est dit par "procédure négociée" 9. Il peut être traité par procédure négociée sans publicité lors du lancement de la procédure mais, si possible, après consultation de plusieurs prestataires de services lorsque la dépense à approuver ne dépasse pas, hors TVA, le montant de 2,5 millions de francs (61.973,38 ) ou encore lorsque les services ne peuvent, en raison de leur spécificité technique, artistique ou tenant à la protection des droits d'exclusivité, être confiés qu'à un prestataire de services déterminé 10. B.Quel est l'organe compétent dans la commune pour choisir le mode de passation et fixer les conditions du marché? En vertu des articles 117 et 234, alinéa 1 er, de la nouvelle loi communale, il appartient au conseil communal de choisir le mode de passation des marchés et d'en fixer les conditions. Il peut déléguer cette compétence au collège des bourgmestre et échevins pour les marchés relatifs à la gestion journalière de la commune, dans les limites des crédits inscrits à cet effet au budget ordinaire 11. C.Quel est l'organe compétent pour engager la procédure en vue de l'attribution éventuelle du marché? En vertu des articles 123, 2, et 236 de la nouvelle loi communale, c'est au collège qu'il revient, après la décision fixant le mode de passation et les conditions du marché, d'engager la procédure d'attribution. D.Quel est l'organe compétent pour attribuer le marché? En vertu des articles 123, 2, et 236 de la nouvelle loi communale, c'est au collège qu'il revient de prendre la décision d'attribuer le marché. E. La commune peut-elle renoncer à attribuer le marché? L'accomplissement d'une procédure d'adjudication, d'appel d'offres ou négociée, n'implique pas l'obligation d'attribuer le marché 12. La décision de renoncer devra, comme toute autre, reposer sur des motifs exacts et légalement admissibles L , art. 17, par. 1 er. Il existe neuf autres cas dans lesquels il peut être recouru à cette procédure, cf. L , art. 17, par. 2. NLC, art. 234, al. 2. L , art. 18, al. 1 er. 11
12 III. LE CONTRAT DE CREATION DE SITE 1. Comment choisir un concepteur externe à la commune pour créer le site? Lorsque la commune a choisi de ne pas concevoir elle-même son site Internet, elle doit choisir le concepteur qui le fera à sa place. Afin de faire correctement ce choix, il peut s'avérer intéressant de recourir à un consultant. Dans l'hypothèse contraire, la commune fera l'étude de marché elle-même. A.La consultance La connaissance et l'expérience du consultant permettront à la commune de trouver le concepteur qui correspond le mieux à ses besoins, tout en évitant d'oublier certains concepteurs talentueux, plus modestes ou moins connus. Le consultant peut également élaborer un cahier des charges afin de préparer un futur appel d'offres. Il s'agira alors d'un marché de services au sens de la loi du 24 décembre 1993 relative aux marchés publics. B.La commune lance un marché de création de site Lorsque la commune fait elle-même l'étude de marché, elle doit prendre en compte un certain nombre de critères, notamment en fonction des besoins préalablement identifiés et des décisions prises. Il s'agit de choisir un concepteur de site compétent techniquement et juridiquement pour mettre en œuvre le site désiré. Trop de bricoleurs se lancent actuellement dans cette activité porteuse. Des références dans le domaine (information, publicité, création de base de données, graphisme, etc.) doivent être exigées. La compétence technique et artistique du concepteur est bien souvent déterminante. Les "start-up" sont généralement des agences à dominante graphique ou technique qui révèlent une forte réactivité sur des projets de court terme. Les budgets sont plutôt modérés. Par contre, ce sont des équipes qui travaillent généralement en free-lance avec de faibles effectifs et ayant plus facilement recours à une chaîne de sous-traitance. Les agences de communication multimédia sont, en général, mieux pourvues du point de vue de la méthodologie. Elles reposent sur des équipes solides et bénéficient de leur réseau de contacts (communication, référencement). Elles ont tendance à proposer des solutions intégrées (graphique + ingénierie + rédactionnel + hébergement). Par contre, elles révèlent une plus faible élasticité d organisation, leurs budgets sont en général plus élevés et la solution risque d'être par trop "standardisée". Selon l'objectif du site, il faut laisser une large place à l'originalité et au design. En effet, étant donné la prolifération des sites Internet, afin de se démarquer, il faut surprendre et être en constante évolution. 12
13 Dans le cadre d'un marché de conception de site, il y aura lieu de préciser dans les documents contractuels 13, plus précisément dans le cahier spécial des charges 14, certains éléments propres à la matière. Les lignes qui suivent ont pour objet de donner quelques repères en la matière. 2. Le cahier des charges Le cahier des charges devra être précis. Les objectifs de la commune doivent être clairement déterminés, tout en tenant compte du fait que la mise en œuvre d'un cahier des charges trop détaillé peut empêcher toute flexibilité et originalité. Par ailleurs, un cahier des charges trop précis peut comporter des lacunes. Il y aura donc lieu de trouver un juste milieu entre le souci de précision et la nécessaire souplesse requise par la matière. D'une manière générale, la commune sera attentive aux points suivants: - les termes utilisés doivent être clairement définis. Par exemple, lorsqu'il est prévu que le co-contractant effectuera "la publication du site", il s'agit non seulement de réaliser le site mais également de le rapatrier sur le serveur de la commune, le publier vers le fournisseur de service (c'est-à-dire celui qui met de l'espace à disposition de la commune); - la commune doit être informée de manière permanente, associée à toutes les phases de la conception et marquer son accord à chaque étape de l'élaboration du site. A cet égard, il sera utile d'insérer une clause spécifique relative à la concertation réciproque qui doit exister tout au long de l'exécution du contrat; - la commune doit rester attentive à ne pas se laisser enfermer dans des produits tout faits, la commune peut imposer ses propres exigences. Il existe une réelle concurrence sur le marché et il s'agit de la faire jouer; - la commune devra être attentive à bien déterminer l'étendue des services qui doivent être prestés. Sont visées les questions de maintenance, les corrections d'erreurs, les évolutions ultérieures du site; - la prestation attendue du concepteur en termes techniques et en termes de finalités à atteindre doit être bien claire. La définition en termes techniques recouvre la description de l'arborescence (structure) à suivre, de l'usage de la technique des frames, de l'usage de langage de programmation dynamique (java par exemple), etc. La détermination des finalités à atteindre vise l'interface, l'interactivité, la fonctionnalité (le citoyen doit pouvoir atteindre ce qu'il cherche en un minimum de manipulations ou "clicks", etc.); - il est également important de déterminer ce que recouvre le prix demandé. Comprend-il la mise en œuvre du site dans sa totalité? Est-ce une rémunération à la ligne de code, à la page Internet ou est-ce un forfait 15? Comprend-il la maintenance, la mise à jour, une formation éventuelle du personnel pour effectuer luimême la mise à jour, l'hébergement,? Il est à noter que, lorsqu'un site est construit sur une base de données, cela permet de diminuer considérablement les coûts de mise à jour. Ci-après figurent des éléments auxquels il y a lieu de penser et éventuellement d'insérer lors de la rédaction du cahier spécial des charges. 1. Le contexte - les objectifs du projet et le contexte; - le contenu de base du site En vertu de l'a.r , art. 2, établissant les règles générales d'exécution des marchés publics, les règles d'exécution des marchés sont fixées dans: - l'annexe de l'a.r (ou cahier général des charges), - le cahier spécial des charges (ou les documents en tenant lieu), - tous autres documents auxquels le cahier spécial des charges se réfère. L'application ou non de tout ou partie du cahier général des charges dépendra cependant du montant du marché. Il ne sera pas applicable lorsque le montant du marché est égal ou inférieur, hors TVA, à BEF (4.957,87 ). Pour plus de précisions, voy. A.R , art. 3. Pour rappel, le cahier spécial des charges doit contenir les clauses particulières applicables au marché et indiquer notamment le pouvoir adjudicateur, l'objet du marché, le mode de passation, le mode de détermination des prix, l'adresse à laquelle les offres doivent être envoyées ou remises et, s'il ne constitue pas un critère d'attribution, le délai d'exécution. En matière de marchés publics, le mode de détermination des prix sera fixé dans les clauses administratives du cahier des charges: marché à prix global ou à bordereau de prix (cf. A.R , art. 86, rel. aux marchés publics de travaux, de fournitures et de services et aux concessions de travaux publics). 13
14 2. Les éléments techniques - la programmation du site en HTML ou XTML; - la conception graphique (charte, logotypes, ) du site; -la numérisation des images, des animations et des fichiers son; - la création ou la copie des textes du site; - le développement de bases de données, programmes "Javas" ou autres modules de programmation sophistiqués; - les finalités à atteindre; - les développements techniques (forums, moteurs de recherche, formulaires, etc.); - la préparation de l arborescence (structure à suivre pour atteindre la page contenant l'information souhaitée). 3. La collaboration des parties - une obligation de conseil à charge du concepteur; - la collecte, le travail des contenus; - le moment où la commune doit fournir les éléments nécessaires à la création du site et la précision de cette intervention. Par exemple, la commune s'engage à transmettre des photos mais non pas à travailler les problèmes techniques suscités par semblable mise à disposition; - la concertation permanente entre parties. Il peut, par exemple, être prévu de mettre sur pied un comité d'accompagnement composé de représentants de la commune et de l'adjudicataire, chargé d'assurer le suivi du marché. 4. Les services annexes - le développement, le suivi, les améliorations du site et son "rafraîchissement" (la maintenance) ainsi que la durée de cette intervention; - la mise à jour des données ainsi que la durée de cette intervention; - l'hébergement du site; - l'accomplissement des démarches pour obtenir un nom de domaine. Dans ce cas, il faudra bien préciser que la propriété du nom de domaine revient à la commune; - le référencement du site dans les moteurs de recherche (par exemple: altavista, yahoo, webbel, webwatch, etc.); - la formation du personnel (par exemple, pour la réalisation des mises à jour). 5. Les différentes clauses liées à des carences en cours d'exécution - les amendes de retard (lorsque le cahier général des charges n'est pas d'application); - le cas échéant, une clause de révision des prix. 6. Un programme d'exécution du marché - la date d'éventuelles remises de projets intermédiaires; - le délai prévu pour l'approbation du site conçu; - la date limite pour la mise en ligne du site. 7. Une clause relative à la propriété intellectuelle La commune doit savoir que, malgré le fait qu'elle finance la conception du site ou la création d'un logiciel sui generis, elle n'a aucun droit sur la création qui a été financée, lorsque celle-ci est protégée par le droit d'auteur en tant qu'œuvre. La commune conserve toutefois la faculté de s'en servir. Idéalement, pour pouvoir exploiter et faire évoluer librement son site, elle a tout intérêt à prévoir la cession de certains droits: - le droit de communication au public: la mise à disposition sur le Web constitue un acte de communication au public; 14
15 - le droit de reproduction: la mise du site en ligne et son exploitation requièrent des reproductions (notamment pour l'enregistrement d'un support vers un autre); - le droit d'adaptation: l'évolution du site et, de manière générale, tout type de modification apportée à l'œuvre; - le droit de traduction. Cette matière étant détaillée ci-après (Titre V - La protection de la propriété intellectuelle), nous y renvoyons le lecteur pour plus d'informations à ce sujet. 8. Une clause relative à la responsabilité Il y aura lieu de veiller à ce que le concepteur ne s'exonère pas de toute sa responsabilité à l'égard de la commune. Celle-ci pourra s'inspirer de l'article 72 du cahier général des charges 16 qui règle la question pour les marchés qui y sont soumis. Par ailleurs, il existe aujourd'hui des assurances pour couvrir les risques générés par le site Internet. 9. La confidentialité Cette clause de confidentialité peut viser, entre autres, les informations confidentielles, les codes d'accès et mots de passe, les informations financières, les données de facturation et les informations sur le hardware, les logiciels, les services et le contenu des informations circulant entre le titulaire et les visiteurs du site Web. Elle oblige le co-contractant à ne pas utiliser les informations dites confidentielles et autres couvertes par la clause vis-à-vis de tiers généralement quelconques. 3. Les réceptions Il faut prévoir une version provisoire (ou version bêta), une phase test, avec la possibilité de demander des modifications 17. Par ailleurs, il sera important de prévoir dans le cahier spécial des charges la procédure de contrôle qui permettra d'apprécier si le site a été réalisé comme il devait l'être, c'est-à-dire conformément au cahier des charges et, en conséquence, de réceptionner le marché. La difficulté principale est de bien fixer les termes de la procédure de contrôle: sur quoi elle devra porter et comment elle devra être réalisée. La commune doit prévoir une appréciation du site en situation dans le réseau et prévoir une simulation de trafic. La commune doit également vérifier si la lecture de la page Web peut être faite à partir des différents logiciels de navigation courants et des différents systèmes d'exploitation. La commune doit prévoir dans quel cadre seront faites les éventuelles corrections. 4. La maintenance Une fois que la commune a contrôlé la réalisation du site, une nouvelle question se pose: la correction des erreurs, l'adaptation, voire l'évolution du site. On parle dans ce cas de maintenance: -la maintenance-correction tend à éliminer les erreurs ou défauts; -la maintenance-adaptation couvre les modifications à apporter au site en fonction de l'évolution de l'environnement technique ou réglementaire; Le paragraphe 2 de cet article prévoit: "Le prestataire de services garantit en outre le pouvoir adjudicateur de tous dommages-intérêts dont celuici est redevable à des tiers du chef de retard ou de défaillance du premier nommé". Les articles 12 et 71 du cahier général des charges traitent des réceptions techniques, à ne pas confondre avec les véritables réceptions du marché (provisoire et définitive, C.G.Ch., art. 74). 15
16 -la maintenance-évolution couvre les besoins nouveaux de la commune motivés par le développement de services nouveaux ou par l'évolution de la configuration. Il faut savoir que la commune n'a pas de "droit à la maintenance". On peut considérer que le concepteur est tenu de corriger ses erreurs avant la réception définitive du site Web dans le cadre du marché de conception de site. Mais l'ensemble des corrections, mises à jour et évolutions postérieures peut constituer une prestation distincte. La commune a donc tout intérêt à prévoir la maintenance dès le marché de conception de site si elle veut qu'elle soit faite par le concepteur. Elle peut en prévoir les conditions et la durée, tout en prévoyant un mode de résiliation du contrat moyennant préavis. Selon la nature du site, la mise à jour peut être très fréquente. Ne nécessitant pas toujours de grandes qualifications techniques, il peut être utile de prévoir la formation d'une personne interne apte à opérer cette mise à jour. Cette solution est souvent la plus intéressante. Néanmoins, pour tout ce qui concerne la maintenance du site, il faut prévoir, en règle générale, le recours à du personnel spécialisé. 5. Y a-t-il des formalités à accomplir au démarrage du site? La réalisation d'un site Internet et les différentes informations y intégrées impliqueront éventuellement une déclaration préalable auprès de la Commission de la Protection de la Vie privée (cf. Titre IV - La protection de la vie privée). 6. De quelle protection bénéficie le site une fois constitué? Une fois constitué, le site de la commune sera protégé en tant qu'œuvre par la législation sur le droit d'auteur et éventuellement en tant que base de données. IV. LES SERVICES CONNEXES 1. Quels sont les services connexes? En plus du marché de conception d'un site Web, la commune est amenée à lancer un ensemble de marchés complémentaires. Ces marchés ne sont pas toujours distincts, ils sont parfois rassemblés dans un seul et même contrat. Ils ont pour objet, entre autres: -la maintenance du site; -la fourniture d'accès à Internet; -l'hébergement du site; -la formation du personnel. 16
17 2. Ces services complémentaires sont-ils obligatoirement liés au marché de conception? NON. Certaines sociétés proposent ces services complémentaires en plus de leur service de conception de site Web. La commune peut donc choisir de ne pas rassembler les différents services dans le même marché et de les attribuer à des sociétés différentes. Une concurrence réelle existe sur le marché, de sorte que la commune peut réellement imposer ses conditions et obtenir le produit qui corresponde le mieux à ses besoins. 3. Quelques précisions en matière d'hébergement L'hébergement peut être envisagé de deux manières: la commune peut héberger elle-même sa page Web ou recourir à un hébergement extérieur. L'hébergement d'un site Web nécessite des connaissances techniques approfondies et la prise de mesures de sécurité importantes pour le système. Lorsque la commune décide de faire héberger son site Web, elle doit passer un marché d'hébergement. Semblable marché a pour objet la mise à disposition de la commune, par un fournisseur d'hébergement, d'un espace mémoire et d'une capacité de traitement de ses machines. Une clause prévoyant des indemnités de chômage en cas de défection du serveur peut être utilement insérée. Semblable défection pourrait par exemple être compensée par la mise à disposition d'espace supplémentaire gratuit. V. L'OBTENTION D'UN NOM DE DOMAINE (URL)? 1. Qu'est-ce qu'un nom de domaine 18? Chaque site est repéré sur Internet par une adresse "IP" qui permet aux internautes de le retrouver sur le réseau. Cette adresse IP prend la forme de 4 nombres contenant chacun un maximum de 3 chiffres. Par exemple, l'adresse IP du site de l'union des Villes et Communes de Wallonie est Pour avoir accès au site, il suffit de taper cette adresse à l'endroit prévu par le logiciel de navigation. Toutefois, afin de faciliter la mémorisation, ces nombres peuvent être traduits en un nom de domaine. Et c'est d'ailleurs ce qui se fait communément sur le Net où l'on ne tape pas mais plus simplement qui est automatiquement traduit en adresse IP par un système de conversion appelé DNS (Domain Name Service). Un nom de domaine est donc plus facile à retenir, mais n'est pas nécessaire techniquement. 2. Quel nom de domaine choisir? Lors du choix du nom de domaine, deux étapes sont nécessaires: choisir le radical et l'extension. Ceci doit être fait soigneusement, sachant que la visibilité du site sur Internet en dépend. En général, le radical correspond au nom de la personne physique ou morale qui gère le site. Pour la commune, ce sera, en principe, le nom de la commune. 18 M. Antoine, F. de Villenfagne, D. Gobert, L. Rolin, A. Salaün et V. Tilman, Vade-mecum à destination des titulaires et concepteurs de sites Internet, Ministère des Affaires économiques - CRID,
18 L'extension correspond au type d'activités exercées ou à la zone géographique où sont exercées ces activités. Les communes enregistreront plutôt en ".be". A.Les extensions existantes Deux types d'extensions existent aujourd'hui sur Internet. Les extensions liées au pays auquel on veut rattacher le site. La plupart des organismes gérant l'attribution des noms de domaine "nationaux" prévoient des règles très strictes pour l'enregistrement dans leur extension (le siège social de la société doit se trouver sur leur territoire, par exemple). Ensuite, les extensions liées au type d'activité. Cela recouvre les extensions génériques (gtlds) 19 - ".com" pour les sociétés commerciales, ".net" pour les sites liés au fonctionnement d'internet, et ".org" pour les organisations et organismes non lucratifs - et les extensions réservées à des organismes spécifiques (stlds) 20 : ".gov" pour les gouvernements, ".int" pour les institutions internationales, etc. Rien n'empêche d'enregistrer différents noms de domaine ayant le même radical, mais des extensions différentes. Selon l'extension choisie, il y aura lieu de contacter l'autorité responsable de l'attribution du type de nom de domaine choisi et de respecter les contraintes qu'elle imposera. B.Une question de visibilité Un grand nombre de communes en Belgique possèdent un nom de domaine, libellé sous la forme: "http://www.commune.be". Cette dénomination a l'avantage d'offrir une grande visibilité aux citoyens. Il est facile pour tout un chacun de trouver le site d'une commune lorsque son nom de domaine a été construit de la sorte. En outre, ce nom de domaine participe à l'aspect officiel du site. Il est nettement plus difficile de retrouver le site d'une commune dont le nom de domaine est constitué de "http://www.hébergeur.com/commune" car cela suppose de connaître le nom du fournisseur de service d'hébergement de la commune. De plus, lorsque l'on cherche le site de la commune par le biais des moteurs de recherche tel que "yahoo.com" ou "altavista.com", ceux-ci recherchent par priorité les noms de domaine avec extension ".com", avant d'envisager les autres extensions. Le nom de la commune n'étant pas directement référencé avec son extension, il sera référencé de manière subsidiaire. Il reste toutefois la possibilité à la commune de demander spécifiquement à se faire référencer auprès des différents moteurs de recherche selon leurs propres critères. Certaines communes ont choisi une extension ".org" ou ".net": ce choix est justifiable et semble participer à la volonté de visibilité du site. L'idéal cependant est d'obtenir le nom de domaine "commune.be", tel que par exemple. En France, une circulaire impose que les services de l'etat soient identifiés sans ambiguïté comme sites officiels de l'administration française en utilisant l'extension: "gouv.fr" 21. Il ne peut être dérogé à cette règle qu'avec l'accord du Secrétariat général du Gouvernement, qui vérifie la pertinence des raisons invoquées. Cette solution pourrait être adoptée en Belgique, ce qui assurerait une certaine unité dans l'administration. La commune peut utiliser plusieurs noms de domaine différents (commune.be, commune.net, etc.) renvoyant au même serveur. Cela permet au citoyen de trouver facilement le site de la commune. Cette solution est néanmoins coûteuse car elle implique la réservation de plusieurs noms de domaine pour lesquels la commune doit à chaque fois payer des frais de souscription Generic Top Level Domains. Special Top Level Domains. Circ. française rel. aux sites Internet de services publics de l'etat: http//www.mtic.pm.gouv.fr./textesref/circu htm 18
19 3. A qui s'adresser pour enregistrer le nom de domaine? Pour obtenir un nom de domaine "commune.be", il faut contacter le DNS Belgium Registration Office 22. La procédure peut se faire électroniquement à partir du site "http://www.dns.be". La réservation de ce nom de domaine coûte actuellement BEF (61,97 ) (HTVA) pour la première année et BEF (49,58 ) (HTVA) par année supplémentaire. Pour obtenir un nom de domaine avec une extension ".org", ".net" ou encore ".com", la commune doit introduire sa demande auprès de ou de toutes autres sociétés accréditées par l'icann 23, the Internet Corporation for Assigned Names and Numbers. Les prix pratiqués par d'autres sociétés accréditées par l'icann semblent moins élevés. 4. Quels sont les critères à remplir? Pour obtenir un nom de domaine avec l'extension en ".com", ".org" et ".net", il n'y a aucun critère spécifique à remplir, si ce n'est la disponibilité du nom de domaine. La procédure à suivre est décrite sur les sites Web des autorités qui délivrent le nom de domaine, en général en anglais. Par contre, ce n'est pas le cas pour la plupart des noms de domaine "territoriaux" tel que le ".be". Les critères d'octroi des noms de domaine ".be" ne sont pas légalement déterminés mais sont fixés par DNS Belgium, étant entendu que cette liste de critères est adaptée continuellement. Jusqu'à présent, le ".be" est réservé aux sociétés commerciales, aux organisations ou institutions publiques ou privées et aux associations ayant une activité légale "réelle et raisonnable" 24. Ces sociétés ou organisations doivent être situées ou représentées en Belgique. Le nom proposé doit être une bonne identification du demandeur. Il doit donc exister un lien entre ce nom et l'activité ou l'historique du demandeur. Récemment, DNS Belgium a décidé de libéraliser l'octroi de noms de domaine, de sorte qu'il ne devra plus exister de lien entre le nom du demandeur et le nom du domaine demandé 25. Il en résulte que, si aujourd'hui les communes bénéficient d'une certaine protection puisque, tant qu'elles n'ont pas enregistré leur nom de domaine, leur nom reste réservé, cette situation sera modifiée prochainement. A partir du 11 décembre 2000 tout le monde aura en effet accès à ces noms de domaine et la règle du "premier arrivé, premier servi", reprendra toute sa vigueur. Les communes ont donc intérêt à enregistrer leur nom de domaine le plus rapidement possible. A défaut, si le nom de domaine choisi par la commune est déjà utilisé, elle devra, en principe, en choisir un autre Secrétariat: DNS Belgium vzw; Koning Leopold I straat 1 bus 2; 3000 Leuven; Tel ; Fax ; Voy. "Association with a reasonable, demonstrable and legal activity", Par ailleurs, afin d'aider au mieux les demandeurs, DNS Belgium compte recourir à un réseau d'agents à mettre en place qui assureront notamment l'enregistrement des noms de domaine. La date définitive de passage au système libéralisé a été fixée au 11 décembre La procédure est expliquée de manière détaillée sur le site de DNS Belgium (http://www.dns.be). 19
20 5. La commune a-t-elle le droit de disposer d'un nom de domaine "www.commune.be"? Cette question se pose lorsque la commune désire enregistrer son nom de domaine en utilisant l'extension ".be" et que le nom de domaine concerné a déjà été enregistré par un tiers. Il faut savoir que cette matière est délicate, qu'il n'existe pas encore de jurisprudence en Belgique et que la jurisprudence des autres Etats européens n'est pas éclairante 26. La procédure d'enregistrement de noms de domaine en ".be" étant surveillée, les problèmes de contestation devraient être rares. Il existe néanmoins deux hypothèses où le nom de la commune a pu être enregistré par un tiers avec l'extension ".be". La première est l'hypothèse où le tiers est passé à travers les critères de DNS Belgium et ne dispose d'aucun droit sérieux sur le nom de domaine enregistré. La deuxième hypothèse, plus délicate, est celle où le tiers est protégé par un droit légitime tel que le droit des marques. A.Le tiers ne dispose pas de droits sérieux sur le nom de domaine L'attribution d'un nom de domaine est une procédure conventionnelle qui n'a aucune valeur réglementaire ou légale. La règle de nommage selon laquelle "le premier arrivé est le premier servi" ne confère au titulaire de la dénomination qu'un droit d'usage ou d'occupation de l'adresse électronique. C'est la raison pour laquelle chaque demandeur doit rechercher si l'attribution envisagée d'un nom de domaine ne porte pas atteinte à un droit privatif tel qu'un droit afférent à une marque ou un nom commercial. Or, la commune ne pourra vraisemblablement pas enregistrer son nom comme marque et ne dispose pas de droit privatif à titre de nom commercial. Cependant, le nom d'une commune a une valeur sur Internet, les sites portant le nom d'une collectivité locale ou territoriale présentent une force d'attraction. On peut envisager cette protection dans le cadre analogue à celui d'un nom patronymique. Cette assimilation donnerait à la commune les mêmes droits qu'une personne physique ou morale sur son propre nom. Lorsqu'on examine la jurisprudence sur l'utilisation des noms géographiques comme noms de domaine, on observe qu'un nom géographique appartient normalement à tout le monde: il est dans le domaine public. Or, la nature même d'identifiant universel et unique du nom de domaine ne permet pas l'appropriation de ce nom par une pluralité de personnes. Doit-on en conclure que, si le nom de domaine ne peut appartenir à tout le monde, il ne doit appartenir à personne exclusivement? Nous pensons que non. Il y a un intérêt public à l'attribution de ce nom à la collectivité locale ou régionale titulaire de ce nom "patronymique". En conclusion, la commune ne peut pas intenter une action en justice en contrefaçon de marque, ni sur base de la concurrence déloyale, mais devrait pouvoir interdire l'utilisation de son nom comme nom de domaine en cas de confusion inévitable et dommageable avec son propre nom de domaine. De plus, lorsque le titulaire du nom de domaine "commune.be" ne dispose pas d'un droit sérieux sur ce nom de domaine, la commune qui a un intérêt "naturel", un intérêt public, à utiliser son nom dans l'adresse de son site pourrait récupérer le nom de domaine injustement enregistré. 26 DNS Belgium va mettre sur pied, en principe d'ici la fin de l'année, une structure qui traitera les conflits relatifs aux noms de domaine. En France, plusieurs communes ont introduit des actions en justice face au piratage de leur nom, fondées sur la contrefaçon de marque: concurrence déloyale, confusion illicite, escroquerie, chantage,, jusqu'à présent, elles ont gagné leurs actions. Il est vrai qu'il est permis aux communes françaises de faire enregistrer leur nom en tant que marque auprès de l'institut national de la propriété industrielle (INPI), ce qui leur donne un argument solide devant les tribunaux. 20
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