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Timestamp: 2016-10-22 05:28:53+00:00
Document Index: 122187442

Matched Legal Cases: ['art. 187', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 97', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 155', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 187', 'art. 64', 'art. 65']

6B_689/2011 (01.03.2012)
Arr�t du 1er mars 2012
X.________, repr�sent� par Me Manuel Piquerez, avocat,
1. Minist�re public du canton du Jura, Le Ch�teau, 2900 Porrentruy,
2. A.________, repr�sent�e par Me Christophe
Actes d'ordre sexuel avec des enfants; arbitraire, pr�somption d'innocence,
recours contre le jugement de la Cour p�nale du Tribunal cantonal du canton du Jura du 9 septembre 2011.
Par jugement du 9 septembre 2011, la Cour p�nale du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura a r�form� un jugement du Juge p�nal du Tribunal de premi�re instance de Porrentruy, en ce sens que X.________ est reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel avec des enfants (art. 187 ch. 1 CP) et condamn� � une peine p�cuniaire de 300 jours-amende � 30 francs l'un, avec sursis et d�lai d'�preuve de deux ans. Il l'a en outre condamn� � payer � A.________ une indemnit� de d�pens de premi�re instance de 11'475 francs et d'appel de 3'790 francs 80 ainsi qu'une indemnit� pour tort moral de 5'000 francs.
En 1999, X.________ �tait l'ami intime de la m�re de A.________, n�e le 21 ao�t 1988, avec laquelle il a cohabit� quelques mois. Il a fait subir � l'enfant des attouchements de nature sexuelle lorsqu'elle dormait dans sa propre chambre ou dans la chambre � coucher de sa m�re en la touchant sur la poitrine, � une reprise, et en mettant la main sur son sexe, par-dessous son pyjama, et en y introduisant un ou plusieurs doigts, � r�it�r�es reprises, sur une p�riode de plusieurs mois, et ce jusqu'� fin juin 1999.
X.________ interjette un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 9 septembre 2011. Il conclut � l'annulation de celui-ci et � ce qu'il soit lib�r� de la pr�vention d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et acquitt�, subsidiairement, au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale.
Le recourant se plaint � plusieurs �gards d'une violation de l'interdiction de l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.) ainsi que d'une violation du principe de la pr�somption d'innocence. Il ne soutient pas qu'un doute subsisterait apr�s l'examen des preuves. Il tente de d�montrer que les autorit�s cantonales auraient d� en �prouver un en les appr�ciant sans arbitraire. Ces griefs se confondent sous cet angle (cf. ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88).
1.1 Dans le recours en mati�re p�nale, les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), � moins qu'ils n'aient �t� �tablis en violation du droit ou de mani�re manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, soit essentiellement de fa�on arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le Tribunal f�d�ral n'est en effet pas une autorit� d'appel. Il n'a pas � proc�der � nouveau librement � l'appr�ciation des preuves ou � la constatation des faits comme l'a fait l'autorit� de premi�re instance. On peut renvoyer, sur la notion d'arbitraire, aux principes maintes fois expos�s par le Tribunal f�d�ral (cf. ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). S'agissant plus pr�cis�ment de l'appr�ciation des preuves et de l'�tablissement des faits, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560).
Lorsque l'autorit� cantonale a forg� sa conviction sur la base d'un ensemble d'�l�ments ou d'indices convergents, il ne suffit pas que l'un ou l'autre de ceux-ci ou m�me chacun d'eux pris isol�ment soit � lui seul insuffisant. L'appr�ciation des preuves doit �tre examin�e dans son ensemble. Il n'y a pas d'arbitraire si l'�tat de fait retenu pouvait �tre d�duit de mani�re soutenable du rapprochement de divers �l�ments ou indices. De m�me, il n'y a pas d'arbitraire du seul fait qu'un ou plusieurs arguments corroboratifs sont fragiles, si la solution retenue peut �tre justifi�e de fa�on soutenable par un ou plusieurs arguments de nature � emporter la conviction (arr�t 6B_992/2008 du 5 mars 2009 consid. 1.2).
Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation des droits fondamentaux que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 137 II 353 c. 5.1 p. 365 et r�f. cit�es).
Le recourant oppose, dans une large mesure, sa propre appr�ciation des preuves � celle des autorit�s cantonales. On se limitera, dans la suite, � l'examen des arguments qui n'apparaissent pas d'embl�e irrecevables pour ce motif (ATF 133 III 393 consid. 6 p. 397).
1.2 La cour cantonale a estim� que les d�clarations de l'intim�e �taient v�ridiques sur la base d'un ensemble d'indices convergents.
Elle a constat� que l'intim�e �tait enti�rement capable de t�moigner, aucune circonstance ne permettant d'avoir un doute sur ce point. Par ailleurs, aucun indice ne permettait de suspecter qu'elle avait �t� influenc�e par un tiers. Elle avait confi� � plusieurs personnes, depuis 2001, avoir subi des attouchements sexuels de la part du recourant, avant de d�noncer les faits � la police le 1er juillet 2009. Aucune de ces personnes n'avait �mis de doutes sur la cr�dibilit� des accusations qu'elle avait port�es � l'encontre du recourant. Les circonstances dans lesquelles elle avait �t� amen�e � d�noncer les agissements de celui-ci, apr�s qu'elle l'a revu en 2008, n'�taient pas insolites. Outre le sentiment de honte qu'�prouvent g�n�ralement les victimes d'abus sexuels qui expliquait l'absence durable de d�voilement des actes subis, les raisons pour lesquelles elle n'avait pas souhait� faire �tat auparavant de ce qu'elle avait subi, � savoir sa peur et sa volont� que son p�re ne l'apprenne pas, �taient par ailleurs compr�hensibles. Rien n'indiquait en outre qu'elle avait agi par esprit de vengeance et elle n'avait pas cherch� � charger le recourant, limitant ses accusations � des faits clairement d�finis. Elle avait �t� directement confront�e au pr�venu, renon�ant au huis clos. Il n'�tait par ailleurs pas �tonnant qu'elle n'ait pas donn� les d�tails des abus qu'elle avait subis � chaque personne � laquelle elle s'�tait confi�e. Malgr� quelques contradictions, ses d�clarations avaient �t� constantes et coh�rentes sur les points essentiels durant toute la proc�dure et elle avait fourni des pr�cisions qu'il �tait difficile d'imaginer si elles n'avaient pas �t� r�ellement v�cues. Au vu des diff�rents renseignements m�dicaux recueillis, l'intim�e avait souffert de troubles qui �taient propres, d'apr�s le cours ordinaire des choses, � se d�velopper � la suite d'attouchements sexuels. Son ami avait �galement remarqu� qu'elle souffrait d'un blocage lorsqu'il la touchait. De plus, sa m�re avait constat� un changement chez sa fille � l'�poque de la cohabitation avec le recourant. Enfin, les d�n�gations constantes de celui-ci n'�taient pas cr�dibles, notamment quant au fait qu'il ne s'�tait jamais trouv� seul avec l'intim�e. Ainsi, au vu de l'ensemble de ces �l�ments, il y avait lieu de retenir que le recourant s'�tait bien livr� aux attouchements d�crits par l'intim�e.
Le recourant conteste les diff�rents �l�ments pris en compte par la cour cantonale dans le cadre de son appr�ciation de la cr�dibilit� des dires de l'intim�e.
2.1 Il invoque d'abord que les t�moins entendus �taient tous des proches de la plaignante. Ils n'allaient en cons�quence pas mettre en doute ses dires. La cour cantonale ne pouvait donc pas retenir qu'ils n'avaient pas �mis de doute sur les d�clarations de l'intim�e.
2.1.1 Selon la cour cantonale, l'intim�e s'�tait confi�e � une amie, B.________, en 2001 ou 2002, ainsi qu'� sa m�re, apr�s que cette amie en avait parl� � cette derni�re. Elle avait �galement parl� des faits d�nonc�s � une autre amie, C.________, en 2005, � son petit ami de l'�poque, D.________ en 2006 ou 2007 ainsi qu'� E.________ qui avait �t� avis�e par le pr�cit�. Enfin, elle en avait fait part � une intervenante LAVI en juin 2009. Hormis le recourant, aucune des personnes interrog�es n'avait �mis de doute sur la cr�dibilit� des accusations port�es par l'intim�e.
2.1.2 Les dispositions de l'ancien code de proc�dure p�nale de la R�publique et Canton du Jura du 13 d�cembre 1990 (CPP/JU; RS/JU 321.1) ou du code de proc�dure p�nale suisse (CPP; RS 312.0) ne d�nient pas la qualit� de t�moin aux membres de la famille ou aux amis des parties � la proc�dure (cf. art. 155 ss CPP/JU et 162 ss CPP). Cette seule qualit� n'est pas suffisante pour �carter leurs d�clarations et leur appr�ciation de la cr�dibilit� des dires de l'intim�e. Le recourant n'invoque aucun �l�ment permettant de penser que les personnes entendues auraient pu �tre amen�es, en l'esp�ce, � faire des d�clarations contraires � la v�rit�. On ne voit d'ailleurs pas quel aurait �t� l'int�r�t des amis de l'intim�e de faire de fausses d�clarations, lesquelles avaient pour effet d'accuser � tort le recourant, alors m�me qu'ils ne le connaissaient pas. La m�re de l'intim�e �tait s�par�e du recourant depuis dix ans au moment de la d�nonciation de sa fille et on ne voit pas davantage quel aurait �t� son int�r�t � l'incriminer. Insuffisamment motiv�, le grief est irrecevable.
2.2 Le recourant invoque qu'il �tait insoutenable de retenir que les circonstances qui avaient amen� l'intim�e � le d�noncer n'�taient pas insolites. En effet, celle-ci l'avait revu � plusieurs reprises avant le mois de d�cembre 2008 sans que cela ne d�clenche chez elle de crise de panique. Elle avait en outre d�clar� que tout lui �tait revenu en m�moire � ce moment, alors qu'elle avait par ailleurs indiqu� en avoir parl� � plusieurs personnes depuis 2001.
2.2.1 La cour cantonale a consid�r� que la vue du recourant avait caus� chez l'intim�e un �tat de panique qui �tait d� � la promiscuit� dans le bar o� elle se trouvait. Son amie E.________, qui l'accompagnait � ce moment, avait d'ailleurs expliqu� qu'elle s'�tait mise � trembler, � pleurer et qu'elle avait voulu sortir d�s l'instant o� elle avait vu le recourant. Les explications de l'int�ress�e sur les raisons qui l'avaient amen�e � d�noncer les faits �taient ainsi dignes de foi.
2.2.2 Si l'intim�e a indiqu� � la police qu'elle avait revu le recourant � quelques reprises � la fin de l'ann�e 2008, elle a �galement pr�cis� que c'�tait la premi�re fois qu'elle se trouvait si proche de lui depuis les faits, ce qu'elle n'avait pas support�. D�s lors, c'est apr�s avoir revu le recourant dans des circonstances particuli�res qu'elle l'a d�nonc�. Les d�clarations de E.________ attestent �galement de l'effet violent qu'a produit la vue du recourant sur l'intim�e � cette occasion. Il n'�tait ainsi pas arbitraire de consid�rer que les circonstances invoqu�es avaient provoqu� un choc chez l'intim�e qui l'avait amen�e � r�v�ler les faits dont elle d�clare avoir �t� victime.
De plus, le fait qu'elle ait indiqu� que la vue du recourant lui avait fait se rem�morer les actes qu'elle a d�nonc�s ne signifie pas qu'elle les avait oubli�s, mais tout au plus qu'ils n'�taient pas pr�sents dans son esprit au moment o� elle avait revu le recourant. Il n'y a donc pas d'incoh�rence dans les d�clarations de l'intim�e sur ce point.
2.3 Selon le recourant, l'absence durable de d�voilement jusqu'en 2009 aurait d� �veiller des doutes sur la v�racit� des faits d�nonc�s. La cour cantonale n'avait pas tenu compte du fait que la m�re de l'intim�e avait d�clar� qu'elle et sa fille avaient d�cid� d'attendre la majorit� de cette derni�re pour entreprendre des d�marches judiciaires. Or, la d�nonciation �tait intervenue alors que l'intim�e avait d�j� 21 ans. En outre, l'intim�e avait indiqu� � B.________ qu'elle ne voulait pas d�noncer les faits incrimin�s pour ne pas briser le couple de sa m�re. Ainsi, les motifs invoqu�s variaient et �taient contradictoires.
Par son argumentation, le recourant ne critique pas les motifs retenus par la cour cantonale pour expliquer la tardivet� de la d�nonciation p�nale, � savoir le sentiment de honte souvent �prouv� par les victimes d'abus sexuel, ainsi que la peur et la volont� que son p�re ne soit pas inform�. Au demeurant, les raisons pour lesquelles l'intim�e n'a pas d�nonc�, � l'�poque, le recourant pouvaient �tre multiples, sans �tre pour autant contradictoires. Le recourant ne soutient par ailleurs pas que les motifs qu'il cite ne permettaient pas, en eux-m�mes, d'expliquer l'absence de d�nonciation. L'appr�ciation de la cour cantonale selon laquelle la cr�dibilit� des dires de l'intim�e ne pouvait pas �tre remise en cause par le fait qu'elle n'avait pas d�nonc� plus rapidement le recourant est exempte d'arbitraire. La critique est infond�e autant qu'elle est recevable.
2.4 Le recourant soutient qu'il ne pouvait �tre exclu que les d�clarations de l'intim�e �taient motiv�es par de la jalousie puisqu'il ressortait des explications de sa m�re qu'elle pr�sentait un tel trait de caract�re et qu'elle �tait tr�s proche de cette derni�re. De plus, celle-ci avait indiqu� qu'elle avait mis fin � sa relation avec lui parce qu'il l'aurait tromp�e. Il ne pouvait donc �tre exclu que l'intim�e avait �t� motiv�e par un esprit de vengeance. Enfin, admettre que celle-ci n'avait pas de motif de l'accuser faussement constituait un renversement du fardeau de la preuve.
2.4.1 Selon la cour cantonale, la relation entre la m�re de l'intim�e et le recourant avait pris fin en 1999 sans probl�me particulier et ils n'avaient plus eu de contact depuis. Ainsi, � supposer que l'intim�e f�t jalouse du recourant, elle n'avait pas d'int�r�t � d�noncer les faits dix ans apr�s la fin de la relation de ce dernier avec sa m�re. Les accusations port�es � l'encontre du recourant ne pouvaient ainsi s'expliquer par un esprit de vengeance et il n'existait aucune raison s�rieuse de suspecter une d�nonciation calomnieuse.
2.4.2 Par son argumentation, le recourant ne d�montre pas en quoi les constatations cantonales seraient arbitraires. L'�coulement d'une longue p�riode de temps est un facteur d'appr�ciation pertinent pour retenir que les d�clarations de l'intim�e ne pouvaient s'expliquer par un esprit de vengeance, ce d'autant qu'il a �t� constat� que la s�paration du recourant et de sa compagne s'�tait pass�e dans de bonnes conditions et que l'intim�e a par ailleurs d�clar� au Juge d'instruction qu'hormis les faits d�nonc�s, elle n'avait pas eu de probl�me avec lui. En outre, dans la mesure o� la relation entre la m�re de l'intim�e et le recourant avait pris fin, elle n'avait plus de raison de se montrer jalouse � l'encontre de ce dernier. Le grief est infond� autant qu'il est recevable. Enfin, la critique du recourant sur le renversement du fardeau de la preuve tombe � faux, d�s lors que la cour cantonale s'est livr�e � l'appr�ciation de la cr�dibilit� des d�clarations de l'intim�e (cf. consid. 1).
2.5 Le recourant fait valoir qu'en affirmant que l'intim�e n'avait pas cherch� � l'accuser avec acharnement, la cour cantonale avait perdu de vue qu'elle avait d�clar� � E.________ qu'il serait all� jusqu'� la violer.
L'all�gation de l'intim�e ne ressort pas du jugement entrepris et le recourant n'expose pas en quoi cet �l�ment aurait �t� arbitrairement omis. Le moyen est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
2.6 Le recourant fait valoir que l'intim�e n'a pas expliqu� les attouchements de la m�me mani�re � tous les t�moins interrog�s. Elle avait dit � B.________ qu'il lui faisait des caresses "plus qu'un papa" et � C.________ qu'il lui touchait la poitrine et un peu plus bas. De plus, elle avait indiqu� � la police qu'il lui touchait le sexe, et pas ailleurs, alors que devant le Juge p�nal, elle avait indiqu� qu'il l'avait touch�e une fois sur la poitrine. Les d�clarations de l'intim�e �taient ainsi incoh�rentes et d�nu�es de d�tails.
La cour cantonale a consid�r� que le fait que l'intim�e n'avait pas imm�diatement indiqu� dans le cadre de la pr�sente proc�dure que le recourant lui avait touch� la poitrine n'�tait pas de nature � remettre en cause sa cr�dibilit� dans la mesure o� ce geste n'avait �t� commis qu'� une seule reprise, � la diff�rence des autres, et n'�tait pas significatif pour elle. Au demeurant, comme le recourant le rel�ve, l'intim�e avait parl� aussi de ce geste � une amie par le pass�. Une telle appr�ciation n'est pas insoutenable. Enfin, on ne discerne pas en quoi la description plus ou moins compl�te des faits d�nonc�s par l'intim�e � ses proches ou l'emploi d'une terminologie diff�rente pour les d�crire serait contradictoire ou incoh�rent. La cour �tait ainsi parfaitement fond�e � retenir que les d�clarations de l'intim�e avaient �t� constantes et coh�rentes sur les points essentiels durant toute la proc�dure.
2.7 Le recourant rel�ve que l'intim�e s'est contredite sur les raisons pour lesquelles elle se retrouvait parfois dans le lit de sa m�re.
La cour cantonale n'a pas ignor� que l'intim�e avait vari� dans ses d�clarations sur ce point exposant dans un premier temps que sa m�re s'endormait devant la t�l�vision, puis dans un second temps qu'elle rejoignait le lit de sa m�re alors que cette derni�re partait travailler. Il �tait �tabli qu'en r�alit� sa m�re travaillait lorsqu'elle cohabitait avec le recourant. Une telle confusion n'�tait cependant pas insolite au vu du long �coulement du temps entre les faits et les premi�res d�clarations de l'intim�e. Le recourant ne critique pas la motivation de la cour cantonale et n'expose pas en quoi elle serait insoutenable. La confusion de l'intim�e peut par ailleurs s'expliquer par le fait que sa m�re a bien cess� son travail pratiquement � l'�poque des faits puisque selon un certificat m�dical du 31 ao�t 2000, elle a �t� en arr�t de travail � 100% d�s le 26 juin 1999 pour une p�riode ind�termin�e. En outre, qu'elle se soit trouv�e seule avec le recourant dans le lit de sa m�re parce que celle-ci �tait dans le salon ou partie � son travail n'est pas pertinent quant � la mat�rialit� des actes reproch�s. C'est en outre de mani�re constante que l'intim�e a indiqu� que les faits se d�roulaient �galement dans sa chambre lorsque le recourant venait la r�veiller.
2.8 Le recourant invoque �galement que le moment o� les faits se d�roulaient n'�tait pas clairement �tabli puisque selon les explications de l'intim�e devant le juge d'instruction, ils se produisaient "plut�t le matin". Il rel�ve �galement que selon les t�moins, ils auraient eu lieu la nuit.
Par son argumentation purement appellatoire, le recourant n'explique pas en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement retenu que les faits se d�roulaient le matin en se fondant sur les d�clarations de l'intim�e au cours de la m�me audition devant le juge d'instruction, puis devant elle. Quant aux t�moins, ils avaient probablement d�duit des d�clarations de l'intim�e, qui leur avait indiqu� que les actes se d�roulaient quand elle dormait, qu'ils avaient lieu la nuit. C'est sans arbitraire que la cour cantonale en a conclu que les t�moignages n'affectaient pas la cr�dibilit� des d�clarations de l'int�ress�e.
2.9 Le recourant critique encore la d�cision cantonale en tant qu'elle retient que l'intim�e avait donn� des d�tails qui ne pouvaient �tre invent�s s'ils n'avaient pas �t� v�cus, en particulier le fait qu'elle avait serr� le cordon du pantalon de son pyjama pour �viter qu'il ne r�p�te les gestes qu'il avait d�j� commis ou le fait qu'elle bougeait ou faisait du bruit pour manifester qu'elle se r�veillait afin que le recourant cesse ses agissements, puisqu'elle avait remarqu� qu'il mettait fin � ses gestes d�plac�s d�s qu'elle bougeait. Ce faisant, il ne fournit � l'appui de sa critique purement appellatoire aucune motivation de nature � d�montrer l'arbitraire dans l'appr�ciation des d�clarations de l'intim�e (art. 106 al. 2 LTF). Il en va de m�me quand il oppose aux faits ainsi retenus que l'on peut se demander pour quelles raisons l'intim�e avait attendu plusieurs mois avant de s'enfermer dans sa chambre, ou comment il aurait pu croire qu'elle �tait endormie si elle avait rejoint le lit de sa m�re ou si cette derni�re l'avait r�veill�e avant de partir. Sur ce point, la cour cantonale a retenu qu'il rejoignait l'intim�e alors qu'elle dormait. Qu'elle ait ainsi �t� r�veill�e au pr�alable est sans pertinence. Enfin, le recourant n'explique pas de mani�re conforme aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF ce qu'il entend d�duire de la circonstance que l'intim�e ait eu ou non un chat � l'�poque des faits quant � la cr�dibilit� de l'intim�e.
2.10 Le recourant fait valoir que le Dr F.________, sp�cialiste en psychiatrie et psychoth�rapie d'enfants et adolescents, consult� en 1999 et 2001 par l'intim�e, n'avait pas mis en lien les attouchements dont l'intim�e pr�tendait avoir �t� victime avec le diagnostic pos� relatif aux troubles dont elle souffrait.
2.10.1 La cour cantonale a relev� que l'intim�e avait consult� � trois reprises le Dr F.________ en 1999 pour un trouble du comportement avec anxi�t�, renfermement, propos suicidaires et trouble du sommeil, et � une reprise en 2001. Selon le rapport du 31 ao�t 2009 de ce m�decin, lors de la derni�re consultation, la m�re de l'intim�e lui avait fait part des soup�ons d'abus sexuels, mais l'enfant avait refus� d'en parler et s'�tait oppos�e � l'id�e d'une enqu�te. Aucun diagnostic n'avait �t� pos� � cette occasion. Pour l'autorit� cantonale, il �tait significatif que l'enfant avait souffert de ces troubles pendant la p�riode durant laquelle la m�re de l'intim�e entretenait une relation avec le recourant. La psychologue qui suivait l'intim�e depuis le mois de janvier 2011 avait par ailleurs diagnostiqu� un syndrome post-traumatique chez cette derni�re, qui avait des flash-back, �prouvait des angoisses et avait de la difficult� � faire confiance aux autres, en particulier aux hommes. Selon la cour cantonale, les troubles m�dicaux constat�s �taient ainsi propres, d'apr�s le cours ordinaire des choses, � se d�velopper � la suite d'attouchements sexuels.
2.10.2 Le seul fait que le Dr F.________ n'ait pas d�nonc� les faits relat�s par la m�re de l'intim�e en 2001 ou qu'il n'ait pas pos� de diagnostic liant ces r�v�lations aux troubles dont souffrait l'intim�e ne suffit pas � rendre arbitraire l'appr�ciation de la cour cantonale. D'une part, il ressort du rapport de ce m�decin que l'enfant s'�tait refus�e � toute confidence et refusait toute enqu�te, d'autre part, ce dernier n'a pas �t� questionn� sur l'origine des troubles, mais uniquement invit� � d�crire son intervention aupr�s de l'intim�e. L'appr�ciation de la cour cantonale se fonde aussi sur le syndrome de stress post-traumatique diagnostiqu� par la psychologue de l'intim�e et que le recourant ne discute pas. Il est constant que ces troubles - dont le recourant ne conteste pas la r�alit� - sont apparus simultan�ment aux faits incrimin�s et qu'ils se sont manifest�s ensuite sous d'autres formes � l'�ge adulte, par une appr�hension vis-�-vis des hommes.
2.11 Selon le recourant, il est douteux de retenir sur la base des t�moignages de E.________ et de D.________, respectivement amie et ancien petit ami de l'intim�e, qu'elle souffrait d'un blocage et ne se laissait toucher que difficilement par un homme, tout comme il �tait douteux, si ce blocage �tait av�r�, de consid�rer qu'il �tait la cons�quence des abus sexuels dont elle aurait �t� la victime. Il n'�tait par ailleurs pas �tonnant qu'une jeune fille ne soit pas � l'aise avec un jeune homme qu'elle connaissait depuis peu de temps. Enfin, la th�rapeute de l'intim�e ne mentionnait pas ce trouble aux termes de son courrier du 13 juillet 2011.
La cour cantonale a retenu, au vu des t�moignages de E.________ et de D.________, que l'intim�e souffrait d'un blocage et ne se laissait pas caresser par un homme sur les parties intimes. En se bornant � contester ces t�moignages sans exposer en quoi ils auraient �t� arbitrairement appr�ci�s, le recourant proc�de de mani�re appellatoire, et partant irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). En outre, il ressort du courrier de la psychologue qui suit l'intim�e depuis le 31 janvier 2011 qu'elle a �t� consult�e en raison de la grande souffrance relationnelle que celle-ci pr�sente, notamment en ce qui concerne sa difficult� de faire confiance aux autres et plus particuli�rement aux hommes. Elle indique �galement que l'intim�e lui a fait part des attouchements dont elle a �t� victime. Il est d�s lors inexact de soutenir, comme le fait le recourant, que l'intim�e n'a pas mentionn� ses difficult�s relationnelles, en particulier avec les hommes.
2.12 Selon le recourant, la m�re de l'intim�e avait indiqu� qu'elle n'avait rien remarqu� de particulier chez sa fille et que les humeurs de celle-ci �taient certainement dues � son adolescence. La cour cantonale ne tenait pas compte du fait qu'on pouvait "fortement penser" que son comportement n'�tait pas diff�rent de celui de n'importe quel adolescent, et ne r�sultait pas d'abus sexuels. La cour cantonale retenait en outre que l'intim�e accompagnait sa m�re au travail afin de lui �chapper, �cartant son explication selon laquelle elle rejoignait un camarade avant d'aller en cours, laquelle �tait pourtant plausible.
Contrairement � ce qu'il soutient, il ressort des d�clarations de la m�re de l'intim�e qu'elle avait remarqu� un changement chez sa fille � l'�poque de sa cohabitation avec le recourant. Elle n'�tait plus � l'aise avec celui-ci, devenait agressive, ses notes � l'�cole chutaient et elle avait pris du poids (cf. D.4.2.1, p. 9-10). En faisant valoir qu'on peut penser que le comportement de l'intim�e �tait d� � l'adolescence, le recourant ne formule qu'une hypoth�se, sans d�montrer que l'appr�ciation de l'autorit� cantonale, malgr� la co�ncidence temporelle entre la cohabitation du recourant et le changement de comportement de l'intim�e, �tait insoutenable. La cour cantonale a aussi constat�, qu'apr�s un certain temps de vie commune avec le recourant, l'enfant accompagnait sa m�re au travail � 7h00, m�me si elle avait des horaires diff�rents, et cela m�me lorsqu'elle �tait malade. Un tel comportement �tait pour le moins insolite et permettait en r�alit� � l'enfant de ne pas rester seule avec le recourant. Quand le recourant oppose � cette appr�ciation du comportement de l'enfant qu'elle quittait la maison t�t pour rejoindre un ami, il fait valoir un fait qui ne ressort pas des constatations cantonales et qui est, partant, irrecevable. Enfin, il n'est pas arbitraire de retenir qu'il est insolite qu'une fillette de onze ans pr�f�re partir � l'�cole avec une heure d'avance plut�t que de rester encore � la maison dans la mesure o� il para�t peu concevable que des enfants se retrouvent quotidiennement � sept heures du matin pour jouer.
2.13 Le recourant consid�re comme choquant le fait que la cour n'ait pas jug� cr�dible ses d�clarations constantes selon lesquelles il ne s'�tait jamais retrouv� seul avec l'enfant.
Pour fonder son appr�ciation, la cour cantonale a d�taill� pendant la p�riode de cohabitation du recourant avec la m�re et l'enfant les horaires et activit�s de chacun d'eux pour en conclure qu'il n'�tait pas cr�dible quand il affirmait ne jamais s'�tre retrouv� seul avec l'enfant. Ainsi, lui-m�me �tait � cette �poque � l'AI � 50% et sans emploi. Quant � la m�re de l'enfant, elle travaillait t�t et partait � 7h00 du matin pour rentrer vers 17h00 pour pr�parer le souper, et repartait travailler dans un restaurant. L'enfant suivait les cours � l'�cole primaire. Par sa critique qui ne r�pond pas aux exigences accrues de motivation en mati�re d'arbitraire (art. 106 al. 2 LTF), le recourant n'expose pas en quoi cette appr�ciation serait arbitraire. Il y a �galement lieu de rappeler que ses affirmations sont contredites par les d�clarations de la m�re de l'intim�e devant le juge d'instruction, puis devant le premier juge, selon lesquelles il levait sa fille le matin, et cela jusqu'� ce que celle-ci insiste pour l'accompagner lorsqu'elle quittait l'appartement. Le grief est irrecevable.
2.14 Enfin, le recourant invoque qu'il �tait insoutenable de retenir comme indice de la cr�dibilit� des dires de l'intim�e que celle-ci avait accept� d'�tre confront�e � lui en renon�ant au huis-clos.
La cour cantonale a indiqu� que l'attitude de l'intim�e durant la proc�dure devait �tre soulign�e. Elle avait �t� confront�e au recourant et avait renonc� au huis clos lors des d�bats devant elle. Il est vrai que ce dernier �l�ment ne permet pas de tirer une quelconque conclusion sur la v�racit� des d�clarations de l'intim�e. La mention de celui-ci, dont le recourant ne soutient pas, � juste titre, qu'il aurait jou� un r�le pr�pond�rant dans le cadre de l'appr�ciation des preuves de l'autorit� cantonale, ne saurait, � lui seul, justifier l'annulation de la d�cision attaqu�e, qui repose sur un ensemble d'indices convergents dont l'arbitraire n'a pas �t� d�montr�.
2.15 En d�finitive, au vu de l'ensemble des �l�ments pris en compte par la cour cantonale, � savoir, en particulier, que si l'intim�e n'avait pas imm�diatement d�nonc� les faits dont elle accuse le recourant, elle s'�tait n�anmoins r�guli�rement confi�e � des tiers � ce sujet, pour la premi�re fois peu apr�s les actes, soit en 2001, que l'absence de d�nonciation pouvait s'expliquer par son sentiment de honte ainsi que la peur et la volont� que son p�re ne soit inform� et qu'elle ne pouvait s'expliquer par une volont� de se venger du recourant, que l'intim�e a �t� constante quant aux �l�ments essentiels reproch�s au recourant, qui sont clairement circonscrits � un mode de proc�der d�termin� et que ses dires sont corrobor�s par des troubles constat�s m�dicalement qui sont propres � se d�velopper � la suite d'attouchements sexuels, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a consid�r� que les d�clarations de l'intim�e �taient cr�dibles et que le recourant avait commis les faits qui lui sont reproch�s.
Pour le surplus, le recourant ne conteste pas qu'eu �gard aux faits retenus, les conditions objectives et subjectives de l'infraction � l'art. 187 ch. 1 CP sont r�unies, pas plus que la peine prononc�e � son encontre. Le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le recourant a requis le b�n�fice de l'assistance judiciaire. Comme ses conclusions �taient d�pourvues de chance de succ�s, celle-ci ne peut �tre accord�e (art. 64 al. 1 LTF). Il devra donc supporter les frais judiciaires, dont le montant sera arr�t� en tenant compte de sa situation financi�re (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� amen�e � se d�terminer sur le recours. La demande d'effet suspensif est sans objet.