Source: http://penelope.uchicago.edu/mlle/chapitre5/barricades.html
Timestamp: 2015-09-01 03:55:35+00:00
Document Index: 285978016

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JOURNEE DES BARRICADES (1648)
La journée des barricades est racontée en grande détail dans le Journal d'Olivier d'Ormesson, quoiqu'il n'en ait pas été témoin oculaire. Il se trouvait alors à son château d'Amboille.1 Il y reçut la nouvelle des troubles, en même temps que les détails de la victoire de Lens :
« Le vendredi 28 août (1648), étant à Amboille, je reçus les particularités de la bataille de Lens, et voulant revenir à Paris, j'appris en chemin que les barricades étoient telles dans le quartier de la porte Saint-Antoine, que je ne pouvois passer, de sorte que je retournai à Amboille, d'où je revins le lendemain matin à Paris, où tout étoit apaisé. Restoit seulement quelques coins des rues dépavés et quelques tonneaux pleins de pierres. J'appris de plusieurs les particularités de tout ce qui étoit arrivé, savoir que, le samedi 22 août, le parlement avoit donné arrêt, qu'il seroit informé contre Catelan, Tabouret, Lefebvre et autres, et à cette fin commissaires nommés. Cet arrêt fit remuer tous les traitants, qui, s'étant assemblés, jugèrent qu'ils ne seroient jamais en repos qu'en ruinant le parlement ; furent se plaindre de cet arrêt à M. de La Meilleraye ; lui promirent fournir tout l'argent nécessaire qu'il désireroit, pourvu que l'on fit cesser le parlement.
» Cela l'émut beaucoup pour résoudre de pousser le parlement à bout. Les nouvelles de la victoire lui firent prendre cette résolution, outre que la facilité seroit de prendre les prisonniers, le jour du Te Deum, que les gardes seroient en armes. Bautru, Senneterre, le commandeur de Jars, le maréchal d'Estrées, intéressés beaucoup dans les prêts, l'y poussèrent encore et firent mettre la reine en colère par le moyen de la Beauvais2 sur le dernier arrêt du parlement. Ils résolurent de faire arrêter MM. de Broussel, quoiqu'il n'eût point été d'avis du dernier arrêt, de Blancmesnil, Charton, Laisné, La Nauve, Loisel, et de l'exécuter le jour du Te Deum.
» Le mercredi matin 26 août, le Te Deum fut chanté ; le roi y fut avec la reine et M. le cardinal. Tout le peuple étoit en joie ; les gardes étoient par les rues, sous les armes, et y demeurèrent après le Te Deum chanté. Le matin, Cebret3 fut porter à M. de Broussel des papiers de la part de M. le chancelier, et M. Des Fontaines-Bouère y fut, de la part de la reine, lui dire qu'à deux heures les traitants iroient chez lui, pour travailler, et qu'il mit papiers sur table. Ils ne savoient point le dessein de l'arrêter.
» A midi, Comminges, lieutenant des gardes de la reine, alla chez M. Broussel, le trouva sortant de table, le pressa de le suivre avec quelques paroles rudes, et l'emmena en pantouffles et en manteau, et ce parce qu'il craignoient la rumeur ; il l'empêcha de prendre aucun livre. Le peuple courut après le carrosse, qui rompit près du Palais.4 Là, on le menaça du poignard, s'il parloit, en disant que l'on en avoit ordre. Comminges fit descendre une damoiselle qui passoit en carrosse, fit monter M. de Broussel dedans sa voiture et l'emmena vers le Palais-Royal. Le peuple, qui suivoit, fut arrêté par les gardes. Au Palais-Royal, ils trouvèrent un autre carrosse, avec lequel ils menèrent à Madrid,5 où ils le firent chausser, et de là à Saint-Germain-en-Laye, d'où il partit le jeudi, et le ramenèrent par la France,6 pour le conduire à Sedan. Ils évitoient de passer dans les villages, de crainte d'émotion ; il étoit accompagné de gardes à cheval. DuBois, exempt des gardes de la reine, fut chez M. de Blancmesnil, qui étoit avec madame de Marillac. Après l'avoir cherché, ils le prirent et l'emmenèrent avec plus de civilité, mais fort promptement au bois de Vincennes ; MM. Charton et de la Nauve se sauvèrent. L'enlèvement de ces deux prisonniers fit grand bruit dans le peuple, qui commença à s'armer et à tendre les chaînes.
» Le jeudi matin 27 août, le parlement étant assemblé, M. le chancelier ayant ordre d'y aller pour lui défendre de s'assembler, et, en cas de désobéissance, les interdire enfin faire ce qu'il jugeroit à propos sur l'heure, partit de chez lui avec M. de Meaux,7 mesdames de Sully8 et de Ligny, dans son carrosse ; ils ne s'étoient pu retirer la veille à cause des chaînes. A la croix du Tiroir,9 il trouva une chaîne, que l'on ne voulut point baisser pour lui. Il alla par une autre rue sur le Pont-Neuf, où il trouva une chaîne, au quai des Orfèvres, qu'on refusa encore de baisser, avec de rudes paroles. Nonobstant ce qu'on lui put dire, il alla par le quai des Augustins ; étant averti que les carrosses ne passoient point sur le pont Saint-Michel à cause des chaînes, il mit pied à terre pour passer sur ce pont.
» A la première, il fut reçu avec injures, et le petit peuple commença à l'appeler maltôtier et à lui jeter des pierres ; il fut obligé de fuir. Le maître d'une hôtellerie lui refusa sa maison. Il fut contraint d'aller jusqu'à l'hôtel de M. Luynes,10 où il trouva heureusement la porte ouverte. Il y entra, fit fermer la porte si vite qu'un de ses gardes fut laissé dehors. le peuple lui ôta sa hallebarde ; il se sauva chez M. de Bernières.
» M. le chancelier demeura quelque temps sur la montée, sans trouver qui lui pût ouvrir les portes : tout le monde dormoit encore. Enfin il monta au galetas, où il se renferma dans une cloison de sapin, avec M. de Meaux, mesdames de Sully et de Ligny, et se confessa. Le peuple enfonce la porte de la rue, cherche par la maison. Au bruit, M. de Luynes11 se réveille, et madame. Il sort en chemise au-devant du peuple, qui lui dit qu'on ne lui feroit point de tort ; qu'il fit détourner ses meubles, de crainte des fripons ; mais qu'ils vouloient avoir le chancelier, le chef des maltôtiers. Il leur ouvrit toute sa maison. Ils cherchèrent partout, furent dix fois à la porte de la chambre, où il étoit ; mais ne s'avisèrent jamais d'y entrer. C'est un miracle visible. Cependant M. de Bernières y vint, fit avertir au Palais-Royal de ce qui se passoit et fut au parlement dire ce qu'il avoit vu. On lui répondit : Nihil ad curiam; que l'on avoit à délibérer d'affaires plus pressées, et beaucoup de particuliers dirent que c'étoit justice de l'assommer, et que ce devroit être déjà fait. Enfin la haine parut tout entière.
» Les compagnies des gardes françoises et suisses y vinrent et firent retirer le peuple après quelque résistance, où un capitaine suisse fut tué et trois ou quatre soldats. M. de La Meilleraye monte à cheval avec les chevau-légers et vint délivrer M. le chancelier, qui descendit et fut conduit à pied par deux hommes, le tenant sous les bras, jusque devant les Augustins, où il trouva le carrosse de M. le lieutenant civil, dans lequel il se jeta, avec madame de Sully, et se sauva bien vite, la cavalerie faisant main basse sur le peuple. Ce fut ce qui l'anima davantage, et il se mit à tirer contre le carrosse ; une balle frappa madame de Sully à l'épaule et la lui meurtrit. Un archer, qui étoit à la portière, eut une balle amortie contre l'estomac et une autre effleura son côté. Le fils de Sanson, le géographe,12 reçut, tenant la portière, un coup dans la cuisse, dont il est mort. Picot, l'exempt, qui couroit après le carrosse, étant chu, fut percé de deux coups d'épée, dont il alla mourir chez M. de Montbazon. M. de La Meilleraye tua de sa main un marinier ; ce qui aigrit extraordinairement tout le peuple contre lui ; aussitôt on tira contre lui, et il courut grand hasard. Il avoit été suivi à cheval par La Rallière,13 Montauron et quelques autres partisans.
» S'étant tous retirés au Palais-Royal, le peuple retourna à la maison de M. Luynes, où il pilla quelque chose, et commença à se barricader avec tant de promptitude et d'industrie, que ceux qui ont été aux armées disent que les gens de guerre n'auroient pas si bien fait les barricades. Elles furent faites jusqu'auprès du Palais-Royal, et les sentinelles étoient proches celles du roi. Jamais rien ne parut plus furieux, toutes les boutiques fermées, tout le peuple en armes, aux fenêtres et dedans les rues. Le parlement s'étant assemblé, alla en corps, à pied, au Palais-Royal, redemander leurs confrères. Le peuple les laissa passer, leur disant qu'ils ramenassent M. de Broussel. Le premier président ayant fait sa harangue, la reine leur répondit qu'elle ne le rendroit point. Le premier président insista ; elle demeura ferme. Le président de Mesmes prit la parole et dit qu'il croyoit qu'elle n'étoit pas avertie du péril, où elle étoit ; que présentement elle ne pouvoit plus dire : « Je ne veux pas, » et que de sa réponse dépendoit ou la ruine ou le bien de l'État. Nonobstant, elle les refusa et se retira dans son cabinet. Quelques-uns racontent qu'elle dit qu'elle feroit plutôt prendre M. de Broussel que de le rendre.
» Le parlement fort étonné, sort pour retourner au palais, étant deux heures. Ils passèrent toutes les barricades jusqu'à la croix du Tiroir, que le premier président fut arrêté, et un rotisseur lui porta un pistolet à la tête : « C'est toi, b. . . . ., qui es cause de tout le mal ; tu trahis ta compagnie ; je te devrois tuer présentement. » Le président, fort étonné de cette résistance, demanda conseil à M. de Mesmes, qui lui dit qu'il falloit retourner au Palais-Royal faire connoître le péril, et aussitôt ils retournèrent. Mais tous les autres présidents se retirèrent chez eux, et quelques conseillers fort éperdus. Viole-D'Osereau se déguisa en jacobin, un autre prit un manteau rouge et un chapeau gris. Le parlement retournant au Palais-Royal, le peuple cria qu'ils n'en sortiroient point, s'ils ne ramenoient M. de Broussel. Étant entrés, la reine leur dit qu'ils délibérassent. M. le cardinal entra en conférence, témoignant qu'ils fissent quelque chose pour obtenir leurs confrères et conserver l'honneur du roi. On les mit dans la galerie, où on leur apporta à manger. La difficulté fut s'ils pouvoient délibérer et donner arrêt hors le parlement, la conséquence en étant très-grande ; que l'on diroit qu'ils n'avoient pas été libres, et que ce seroit un moyen d'obtenir à l'avenir tout ce que l'on voudroit d'eux.
» Néanmoins, la nécessité les obligeant de prendre avis devant que de sortir, l'État étant perdu, s'ils ressortoient, sans obtenir leurs confrères, il falloit terminer toutes ces affaires ; il passa à délibérer sur-le-champ. Ce qu'ils firent et donnèrent arrêt que la reine seroit très-humblement suppliée d'accorder le retour de leurs confrères ; que ce qui avoit été ordonné seroit exécuté ; qu'ils continueroient à délibérer sur le fait des rentes et du tarif, et que le surplus des délibérations seroit remis au lendemain de la St-Martin. M. le duc d'Orléans délibéra avec eux, ainsi que M. le chancelier et M. d'Elbuf ; ils étoient six vingts délibérant. Il y eut un jeune conseiller, qu'on m'a nommé Martineau, qui dit en opinant que son avis étoit d'accorder au peuple ce qu'il demandoit, puisqu'il le demandoit de bonne grâce. Monsieur répliqua, s'il appeloit demander de bonne grâce, les armes à la main. M. le chancelier para très-bien, et ne parut rien à son discours de la frayeur qu'il avoit eue le matin. M. de Mesmes parla aussi très-bien et fortement. Les siéges furent disposés comme dans le parlement. Aussitôt la reine leur accorda leurs prisonniers et les remercia.
» L'on expédia incontinent les lettres de cachet et on les donna à M. Boucherat, le conseiller, pour porter à M. de Broussel, et à MM. de Thou et du Coudray, pour porter à M. de Blancmesnil. Les carrosses du roi furent aussitôt prêts, et ils s'y mirent. Le peuple eut grand peine à les laisser passer, et chacun de ces messieurs courut grand hasard. Ils furent obligés de montrer leurs lettres de cachet et furent cinq heures devant que sortir la porte St-Antoine ; ils y furent avec leur robe et leur bonnet. M. de Lamoignon y fut avec sa femme et madame de Marillac ; ce qui facilita la sortie du carrosse du roi, dont le cocher fut bien battu. Pour M. de Blancmesnil, il rentra à minuit. M. de Broussel, qui étoit au Mesnil-Madame-Rance, ne put revenir que le lendemain matin.
» Cependant le parlement sortit du Palais-Royal à sept heures, leur arrêt à la main, assurant le peuple que M. de Broussel leur étoit accordé ; ce qu'ils avoient grand' peine à persuader. Enfin ils passèrent, et le peuple dit qu'il resteroit sous les armes, jusqu'à ce que M. de Broussel fût revenu. La nuit se passa ainsi jusqu'au lendemain matin ; le peuple ne voulut pas ôter les barricades avant le retour de M. de Broussel, qui arriva sur les neuf heures. Il entra par la rue Saint-Denis, et le peuple le reçut avec des acclamations de : Vive le roi ! vive de Broussel ! telles qu'il ne se peut rien dire de pareil. C'étoit un triomphe, chacun lui baisant les mains et la robe. Il fallut, pour satisfaire le peuple, le mener par les quartier les plus échauffés, où il fut reçu avec salve de mousqueterie. Il passa par la rue Saint-Honoré et de là sur le Pont-Neuf, et fut à Notre-Dame entendre la messe. Le peuple vouloit faire chanter le Te Deum et en pressa M. le coadjuteur. de là, M. de Broussel fut chez lui envoya s'excuser au parlement, s'il n'y pouvoit aller. Le parlement lui manda qu'il falloit qu'il y vînt, et lui envoya des huissiers. Il pensa être étouffé dans le palais, où il fut reçu avec grand applaudissement. Le parlement donna arrêt aussitôt pour faire ôter toutes les barricades ; ce qui fut exécuté, et en moins de deux heures tout fut apaisé, les boutiques ouvertes, le commerce rétabli, comme s'il n'y eût jamais eu de bruit.
» L'après-dînée, le tumulte recommença au quarter de la porte Saint-Antoine, sur un faux avis qu'il entroit par là deux mille chevaux et sur ce que l'on sortit de l'arsenal deux tonnes de poudre sur une charrette, avec des balles et des mèches, pour conduire, hors de la ville, au Palais-Royal. Le peuple s'en aperçut et pilla la poudre dans le faubourg. La rumeur se fit aussi dans l'Ile,14 sur un faux bruit que M. de La Meilleraye faisoit mener du canon dans l'île Louviers, pour la battre et s'en rendre maître ; mais tout cela fut apaisé le soir, et le samedi matin il n'y eut plus de bruit. Ce qui fut un miracle visible, vu les méchants discours qui se firent parmi le peuple, pour les pousser à fair pis. L'on disoit que M. de Broussel avoit été tué et que l'on ne rendroit point M. de Blancmesnil ; que le cardinal se vouloit sauver, et qu'il y avoit de la cavalerie dans le bois de Boulogne. Ce qui étoit vrai ; mais c'étoit de la cavalerie qu'on avoit fait venir d'Étampes, pour entrer dans Paris. Car ce dessein d'enlever M. de Broussel avoit été concerté de longue main, et l'on avoit fait venir des troupes. On ajoutoit que l'on vouloit emmener le roi, et il est vrai que tout fut prêt pour cela pendant vingt-quatre heures. Ce qui étoit le plus méchant conseil, que l'on pût prendre dans cette occasion.
» En quelques endroits, l'on disoit tout haut qu'il falloit avoir le cardinal, les uns pour lui faire rendre les louis qu'il [avoit] pris, les autres pour le châtrer ; qu'il falloit avoir le chancelier et le grand-maître.15 Mais Dieu détourna toutes ces méchants pensées, qui étoient proposées malicieusement par quelques-uns, dont, si l'on eût exécuté la moindre, tout étoit perdu ; et je crois que Dieu a permis ce désordre pour faire connoître à la reine l'état des choses, dont on lui avoit caché la vérité. Car, jusqu'à ce que le parlement retournât, l'on lui disoit que ce n'étoit qu'une bagatelle et que trois gardes dissiperoient tout cela. Je crois que Dieu a conduit les pensées de tout le peuple ; car c'est une merveille que, sans chef, sans conseil prémédité, les bourgeois aient eu, par tout Paris, une même pensée de ravoir M. de Broussel seulement, et qu'ils aient empêché le pillage des maisons ; qu'ils n'aient point été aux bureaux ; et que, dans leur émotion, ils aient conservé un esprit d'ordre et d'obéissance. Il n'a été fait tort à personne, hors chez M. de Luynes ; mais on lui reporte tous les jours ce qui a été pris. Par la douceur, ils ont ôté leurs barricades, lorsqu'ils étoient le plus animés. Il n'y a pas eu plus de vingt hommes de tués, dont la plupart par malheur ; et, de tout ce feu, il n'est resté qu'une haine grande des bateliers contre M. de La Meilleraye, pour avoir tué un des leurs.
» J'oubliois d'écrire que M. le coadjuteur, étant prié par les bourgeois d'aller remonter le désordre à la reine, y fut le mercredi, après-dînée, en rochet, camail et bonnet, à pied, sa croix devant lui, soutenu par deux gentilshommes. La reine le reçut très-mal, lui dit qu'elle savoit ce qu'elle avoit à faire et qu'il se mêlât de prier Dieu.16
1. Aujourd'hui Ormesson (Seine-et-Oise).
4. Broussel demeurait rue Saint-Landry, près Notre-Dame.
10. Cet hôtel était situé sur le quai des Augustins, au coin de la rue Gît-le-Cur. Il a été démoli en 1672.
16. Si l'on en croit les mémoires du cardinal de Retz, il eut un rôle occulte bien plus important que son rôle public. Mais on ne doit accorder qu'une confiance médiocre aux récits du prélat, qui s'efforce de ramener à lui tous les événements, et se peint comme l'âme de la Fronde. C'est un témoin trop intéressé pour qu'on le croire sur parole. Les autres documents contemporains ne lui donnent pas l'importance qu'il s'attribue à la journée des barricades. Paul de Gondi n'est nommé ni dans l'Histoire du temps, ni dans les Mémoires d'Omer Talon. Le Journal du parlement et les Mémoires de madame de Motteville ne lui donnent qu'un rôle très-secondaire, comme le Journal d'Olivier d'Ormesson. Le Journal de Dubuisson-Aubenay, à la date du 26 août, raconte que « M. l'archevêque de Corinthe, coadjuteur de Paris, fut de chez lui et petit archevêché, joignant le derrière de Notre-Dame, à pied, en rochet et camail, soutenu de siens par-dessous les bras, parlant toujours au peuple jusqu'au Palais-Royal, où il n'impétra rien. Cette action renouvela la mémoire fraîche de celle qu'il avoit faite le jour précédent (25 août), en l'église de Saint-Louis-des-Jésuites, devant le roi, la reine, M. le cardinal et toute la cour présente, où il exhorta sa majesté à aimer et gouverner par justice son peuple, suivant l'exemple et le testament de c saint roi, son aïeul et prédécesseur, dont on faisoit ce jour-là la fête. »