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Timestamp: 2016-10-28 16:24:08+00:00
Document Index: 138031349

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'ATF ', 'art. 6', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 20', 'art. 69', 'art. 19', 'art. 159', 'art. 134']

U 101/05 (12.04.2006)
U 101/05
Zurich Compagnie d'Assurances, Ambassador House, Talackerstrasse 1, 8065 Zurich, recourante,
R.________, intim�e, repr�sent�e par Me Jacques-Andr� Schneider, avocat, rue du Rh�ne 100, 1204 Gen�ve
R.________, n�e en 1948, titulaire d'un certificat f�d�ral de capacit� d'employ�e de commerce, a travaill� en qualit� de secr�taire, puis d'assistante de direction pour le compte de divers employeurs. Elle a �t� engag�e d�s le 1er mai 1998 par B.________ qui l'a assur�e contre les accidents aupr�s de la Zurich Assurances (ci-apr�s : la Zurich).
Le 19 mai 1998, la roue avant de son v�lo s'est prise dans un rail de tram; lors de la chute qui s'en est suivie, R.________ a heurt� la t�te sur le bord du trottoir. Elle a �t� transport�e � l'H�pital X.________, o� les diagnostics de traumatisme cranio-c�r�bral (TCC) avec perte de connaissance, h�matome extra-dural tempo-pari�tal gauche avec une discr�te h�morragie sous-arachno�dienne frontale sup�rieure droite et pneumo-enc�phale de petite importance ont �t� pos�s. Les m�decins ont �galement fait �tat d'amn�sie circonstancielle, de c�phal�es et de naus�es. R.________ est rest�e hospitalis�e � l'H�pital X.________ jusqu'au 29 mai 1998, puis � la Clinique Y.________, jusqu'au 8 juillet 1998. Le s�jour a �t� bri�vement interrompu entre le 5 et le 15 juin, date � laquelle une tentative de reprise du travail a �chou�. Son contrat de travail a �t� r�sili�.
Du 9 juillet au 7 ao�t 1998, R.________ a s�journ� � la Clinique Z.________, en raison de troubles comportementaux cons�cutifs au TCC, avec des difficult�s � g�rer l'autonomie ainsi que des troubles mn�siques et une certaine anosognosie; elle souffrait �galement de douleurs � la fesse gauche. A sa sortie, elle �tait au b�n�fice d'un certificat d'incapacit� de travail jusqu'au 2 novembre 1998 et un suivi neuropsychologique �tait pr�vu � l'H�pital X.________. Entre le 4 d�cembre 1998 et le 12 janvier 1999, elle a �galement consult� le docteur I.________, orthop�diste, en raison de la persistance de douleurs � la face post�rieure de la hanche gauche. Celui-ci a pos� le diagnostic de contusion de la hanche gauche avec tendinite post-traumatique et prescrit une physioth�rapie et la prise d'anti-inflammatoires.
La Zurich a pris en charge le traitement m�dical cons�cutif � l'accident; de m�me a-t-elle allou� des indemnit�s journali�res jusqu'au 31 octobre 1998. Par la suite, R.________ s'est annonc�e � l'assurance-ch�mage, qui lui a allou� ses prestations. En janvier 1999, l'assur�e a trouv� un emploi de secr�taire � la Facult� W.________. Le contrat de travail a toutefois pris fin apr�s trois mois. L'assur�e a par ailleurs consult� le docteur S.________, psychiatre, qui a pos� le diagnostic d'�tat d�pressif moyen, en pr�cisant que celui-ci �tait la cons�quence directe de l'accident du 19 mai 1998, mais qu'il n'entra�nait pas d'incapacit� de travail. Le docteur S.________ a fait �tat d'une diminution de l'int�r�t et du plaisir pour les activit�s quotidiennes, d'une r�duction de l'�nergie et de l'activit�, avec augmentation de la fatigabilit�. Il a not� une diminution de la concentration et de l'attention, une diminution de l'estime et de la confiance en soi, des id�es de culpabilit� et de d�valorisation, une attitude morose et pessimiste face � l'avenir, une perturbation du sommeil, une diminution de l'app�tit et une baisse de l'�lan vital (rapport du 20 juin 1999).
En janvier 2000, R.________ a �t� engag�e par l'Ecole V.________, employeur qu'elle a toutefois quitt� apr�s deux jours. Elle a ensuite travaill� pour l'Ecole U.________, du 2 novembre au 12 d�cembre 2000. D�s cette date, son m�decin traitant, le docteur A.________, neuro-psychiatre, a attest� une incapacit� de travail totale pour une dur�e ind�termin�e, en raison d'un �tat de stress post-traumatique (rapport du 15 janvier 2001). En janvier 2001, R.________ a subi une hyst�rectomie, annexectomie et ovariectomie en raison d'un cancer des ovaires. Dans deux rapports des 27 ao�t et 11 d�cembre 2001, le docteur A.________ a fait �tat d'une personnalit� abandonique (tendance � la d�pendance, � l'hyperactivit� et � la rationalisation), qui n'avait toutefois qu'une influence mineure sur sa capacit� de travail. Il a pr�cis� ne pas pouvoir exclure une modification durable de la personnalit� apr�s �tat de stress post-traumatique. R.________ lui avait fait part de douleurs g�n�ralis�es quasi-quotidiennes, d'une tension int�rieure permanente, de crises de col�re, d'abattement ou d'angoisse, et pr�sentait une attitude m�fiante envers l'ext�rieur. Elle avait perdu l'odorat et, partiellement, le go�t.
Le 25 janvier 2002, R.________ a d�pos� une demande de rente de l'assurance-invalidit�. Elle a �t� convoqu�e au Service m�dical r�gional T.________ pour un examen psychiatrique, au terme duquel les doctoresse M.________ et L.________ ont attest� une incapacit� de travail totale. Selon ces m�decins, l'assur�e �tait une femme repli�e sur elle-m�me, isol�e, avec un moi faible, inconsistant, avec peu de moyens d'introspection et incapable de se remettre en question. Sa vie avait �t� boulevers�e par l'accident subi en 1998, qui avait d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, de type parano�de. R.________ souffrait d'un trouble d�pressif r�current, �pisode actuel s�v�re avec sympt�mes psychotiques, greff� sur la fragilit� psychologique d'une personnalit� psychotique qui expliquait l'�volution chronique de la maladie. De plus en plus d�tach�e de la r�alit�, l'assur�e utilisait des d�fenses hypomaniaques, le d�ni, la r�gression et la projection, actuellement inefficaces, pour lutter contre l'effondrement d�pressif. Sa thymie �tait d�pressive avec, au premier plan, une tr�s importante fatigabilit� ainsi qu'une angoisse de morcellement, des troubles de l'attention, de la concentration, de la m�moire accompagn�s d'id�es d�lirantes de type pers�cutoire, l'emp�chant de mener � bien une activit� suivie (rapport du 4 novembre 2002). Par d�cision du 15 avril 2003, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton de Gen�ve a allou� � R.________ une rente enti�re d'invalidit� avec effet d�s le 1er janvier 2001.
La Zurich, a qui l'Office de l'emploi du canton de Gen�ve avait entre-temps annonc� une rechute, a pris en charge le traitement m�dical prodigu� par le docteur A.________ et allou� des indemnit�s journali�res d�s le 15 d�cembre 2000. Par d�cision du 13 octobre 2003 et d�cision sur opposition du 1er juillet 2004, elle a allou� � l'assur�e une indemnit� de 24 300 fr. pour une atteinte � l'int�grit� de 25 % et mis fin, avec effet au 31 juillet 2003, au paiement d'indemnit�s journali�res et � la prise en charge du traitement m�dical. Elle se fondait sur un rapport d'expertise �tabli le 14 ao�t 2003 par les docteurs H.________, neurologue, O.________, psychiatre-psychoth�rapeute et E.________, neuropsychologue. Selon ces praticiens, R.________ souffrait d'une n�vrose de conversion et pr�sentait divers troubles neuropsychologiques tels que des troubles ex�cutifs (flexibilit� mentale, inhibition, classification) et de l'attention, un ralentissement en lecture et d�nomination continues, et des troubles s�v�res de la m�moire �pisodique verbale et visuelle ainsi que de la m�moire de travail. Ces atteintes � la sant� la rendaient incapable de travailler, mais n'�taient, pour l'essentiel, pas en relation de causalit� avec l'accident du 19 mai 1998; la persistance de maux de t�te, de quelques troubles de la m�moire et de la concentration, d'une fatigue et d'une fatigabilit� pouvaient, certes, �tre attribu�s � l'accident, mais pas l'importance de ces troubles et leur r�percussion sur l'activit� personnelle et professionnelle de l'assur�e, qui r�sultaient d'une structure de personnalit� pr�morbide.
L'assur�e a recouru contre la d�cision sur opposition du 1er juillet 2004, devant le Tribunal des assurances sociales du canton de Gen�ve. Elle a conclu, en substance, � l'annulation de cette d�cision et � l'octroi d'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % d�s le 1er ao�t 2004, ainsi que d'une indemnit� pour une atteinte � l'int�grit� sup�rieure � 25 %, le tout sous suite de d�pens.
Par jugement du 24 janvier 2005, la juridiction cantonale a admis le recours, annul� la d�cision entreprise, condamn� la Zurich au paiement d'une rente fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 %, sous r�serve d'une surindemnisation, et renvoy� la cause � la Zurich pour qu'elle se prononce � nouveau sur l'indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Elle a �galement allou� � l'assur�e une indemnit� de d�pens de 2000 fr.
La Zurich interjette un recours de droit administratif contre ce jugement, dont elle demande l'annulation, sous suite de frais et d�pens. L'intim�e conclut au rejet du recours, sous suite de d�pens, alors que l'Office f�d�ral de la sant� publique a renonc� � se d�terminer.
Le litige porte sur le droit de R.________ � une rente de l'assurance-accidents et � une indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Il s'agit plus particuli�rement de d�terminer si les atteintes � la sant� et l'incapacit� de travail et de gain dont souffre R.________ sont en relation de causalit� naturelle et ad�quate avec l'accident du 19 mai 1998.
2.1 La l�gislation applicable en cas de changement de r�gles de droit reste celle qui �tait en vigueur lors de la r�alisation de l'�tat de fait qui doit �tre appr�ci� juridiquement ou qui a des cons�quences juridiques, sous r�serve de dispositions particuli�res de droit transitoire (ATF 130 V 446 sv. consid. 1.2.1, 127 V 467 consid. 1, 126 V 165 consid. 4b). Par ailleurs, les faits sur lesquels le Tribunal f�d�ral des assurances peut �tre amen� � se prononcer dans le cadre d'une proc�dure de recours de droit administratif sont ceux qui se sont produits jusqu'au moment de la d�cision administrative litigieuse (ATF 121 V 366 consid. 1b).
2.2 La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003 et a entra�n� de nombreuses modifications dans le domaine de l'assurance-accidents. Conform�ment aux principes expos�s au consid. 2.1 supra, le droit aux prestations litigieuses est soumis aux dispositions en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002 pour la p�riode courant jusqu'� cette date et par le droit en vigueur depuis le 1er janvier 2003, pour la p�riode courant d�s cette derni�re date. Cela �tant, la LPGA n'a pas modifi� les notions de causalit�s naturelle et ad�quate et maintient l'exigence de ces rapports de causalit� entre l'accident assur� et les atteintes � la sant� pour l'ouverture du droit aux prestations de l'assurance-accidents (cf. art. 6 al. 1 LAA; arr�t N. du 13 f�vrier 2006, U 462/04, consid. 1.1 et les r�f�rences).
L'exigence d'un rapport de causalit� naturelle entre un accident assur� et une atteinte � la sant� est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans l'�v�nement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la m�me mani�re. Il n'est pas n�cessaire, en revanche, que l'accident soit la cause unique ou imm�diate de l'atteinte � la sant�; il faut et il suffit que l'�v�nement dommageable, associ� �ventuellement � d'autres facteurs, ait provoqu� l'atteinte � la sant� physique ou psychique de l'assur�, c'est-�-dire qu'il se pr�sente comme la condition sine qua non de celle-ci. Savoir si l'�v�nement assur� et l'atteinte � la sant� sont li�s par un rapport de causalit� naturelle est une question de fait, que l'administration ou, le cas �ch�ant, le juge examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre m�dical, et qui doit �tre tranch�e en se conformant � la r�gle du degr� de vraisemblance pr�pond�rante, appliqu�e g�n�ralement � l'appr�ciation des preuves dans l'assurance sociale. Ainsi, lorsque l'existence d'un rapport de cause � effet entre l'accident et le dommage para�t possible, mais qu'elle ne peut pas �tre qualifi�e de probable dans le cas particulier, le droit � des prestations fond�es sur l'accident assur� doit �tre ni� (ATF 129 V 181 consid. 3.1, 406 consid. 4.3.1, 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les r�f�rences).
3.2 Si l'on peut admettre qu'un accident n'a fait que d�clencher un processus qui serait de toute fa�on survenu sans cet �v�nement, le lien de causalit� naturelle entre les sympt�mes pr�sent�s par l'assur� et l'accident doit �tre ni� lorsque l'�tat maladif ant�rieur est revenu au stade o� il se trouvait avant l'accident (statu quo ante) ou s'il est parvenu au stade d'�volution qu'il aurait atteint sans l'accident (statu quo sine; RAMA 1992 no U 142 p. 75, consid. 4b; Fr�sard, L'assurance-accidents obligatoire, in Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, no 141).
Par ailleurs, le seul fait que des sympt�mes douloureux ne se sont manifest�s qu'apr�s la survenance d'un accident ne suffit pas � �tablir un rapport de causalit� naturelle avec cet accident (raisonnement �post hoc, ergo propter hoc�; cf. ATF 119 V 341 sv., consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv., consid. 3b). Il convient en principe d'en rechercher l'�tiologie et de v�rifier, sur cette base, l'existence du rapport de causalit� avec l'�v�nement assur�. Cela �tant, en mati�re de l�sions du rachis cervical par accident de type �coup du lapin�, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-c�r�bral, sans preuve d'un d�ficit fonctionnel organique, l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'accident et l'incapacit� de travail ou de gain doit en principe �tre reconnue en pr�sence d'un tableau clinique typique pr�sentant de multiples plaintes (maux de t�te diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la m�moire, naus�es, fatigabilit�, troubles de la vue, irritabilit�, d�pression, modification du caract�re, etc.). Encore faut-il que l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites soit d�ment attest� par des renseignements m�dicaux fiables (ATF 119 V 337 sv. consid. 1, 117 V 360 sv. consid.4b).
4.1 La juridiction cantonale a admis le lien de causalit� naturelle entre les atteintes � la sant� de l'assur�e et l'accident du 19 mai 1998, en consid�rant notamment que les sympt�mes pr�sent�s correspondaient � un tableau clinique typique apr�s un TCC et en se r�f�rant aux rapports des 4 et 12 novembre 2002 des doctoresses L.________ et M.________, d'apr�s lesquelles l'accident a d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, de type parano�de, avec une �volution chronique allant en s'aggravant.
La recourante se r�f�re, pour sa part, aux conclusions des docteurs H.________, O.________ et E.________, et soutient que les troubles psychiques de l'assur�e ont progressivement pris une position pr�dominante dans l'�volution de son �tat de sant�. Ces troubles ont tout au plus �t� d�clench�s par l'accident du 19 mai 1998, mais ne pouvaient plus �tre attribu�s � cet accident en 2003.
4.2.1 Selon les docteur H.________, O.________ et E.________, l'assur�e a subi un TCC avec perte de connaissance et amn�sie circonstancielle. Par la suite, elle s'est plainte, et faisait encore �tat au moment de l'expertise, de c�phal�es augmentant � la concentration, de troubles de la m�moire et de la concentration, d'une fatigue et d'une fatigabilit�, d'une adynamie, de difficult�s de lecture, d'une perte du go�t et de l'odorat, de dorso-lombalgies, d'un manque de moral, d'une phonophobie, d'une irritabilit�, d'une nervosit� et de douleurs au niveau de la hanche gauche, ainsi que d'une perte de confiance en soi. Les examens neuropsychologiques pratiqu�s ont mis en �vidence des troubles ex�cutifs et attentionnels, des troubles s�v�res de la m�moire �pisodique verbale et visuelle, des troubles de la m�moire de travail; les fonctions langagi�res, praxiques et gnosiques, de calcul, ainsi que de l'efficience intellectuelle sont pr�serv�es. L'examen psychiatrique n'a pas mis en �vidence de psychopathologie majeure, mais des �l�ments �voquent le diagnostic de n�vrose de conversion.
Les m�decins pr�nomm�s consid�rent qu'un noyau symptomatique reste en relation de causalit� potentielle probable ou certaine avec l'�v�nement accidentel, qui �tait de nature � entra�ner un syndrome post-commotionnel � long terme. Compte tenu de l'exp�rience du type de traumatisme subi par l'assur�e, l'importance des troubles constat�s lors de l'expertise et leur influence sur la capacit� de travail �tait, en revanche, en relation avec des facteurs de personnalit� pr�existant � l'accident. Etant donn�e la pr�dominance des facteurs psychologiques dans l'�volution du cas (n�vrose de conversion) et le fait que le TCC subi par l'assur�e aurait d�, dans le cours ordinaires des choses, permettre une reprise progressivement normale des activit�s personnelles et professionnelles, les experts ont ni� le rapport de causalit� naturelle entre l'incapacit� de travail et l'accident assur�. En ce qui concerne l'atteinte � l'int�grit�, il �tait tr�s difficile de faire la part des �l�ments post-traumatiques et des facteurs psychologiques sans rapport avec l'accident, mais l'on pouvait admettre une atteinte � l'int�grit� de 25 %, d'origine accidentelle (syndrome post-commotionnel � long terme avec perte de l'odorat et du go�t).
4.2.2 Ces conclusions ne convainquent pas. Le diagnostic de syndrome de conversion est pos� de mani�re relativement abrupte, en raison de �processus de pens�e� et �comportements [...] suggestifs d'une n�vrose de conversion�, sans que ceux-ci soient v�ritablement expliqu�s ou d�crits par les experts. De m�me, l'expertise ne contient aucune pr�cision sur la personnalit� pr�morbide de l'assur�e, dont les experts admettent cependant qu'elle �tait probablement asymptomatique. De ce point de vue, l'expertise �tablie par les doctoresse L.________ et M.________ pour l'assurance-invalidit� est beaucoup plus explicite et rev�t une plus grande valeur probante. Or, si les conclusions de ces m�decins tendent �galement � d�montrer un �tat pr�morbide ant�rieur � l'accident, sous la forme d'une personnalit� psychotique, elles permettent n�anmoins de retenir que l'accident a, pour le moins, d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, devenus chroniques. Par ailleurs, rien au dossier ne permet de consid�rer comme �tabli, au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante, que la personnalit� de l'assur�e aurait t�t ou tard �volu�, sans le traumatisme cranio-c�r�bral subi le 19 mai 1998, vers les sympt�mes pr�sent�s depuis lors (retour au statu quo sine ou au statu quo ante); les docteurs O.________, H.________ et E.________ ne pr�tendent pas le contraire, que ce soit en relation avec le diagnostic de n�vrose de conversion ou celui d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, pos� par les doctoresses L.________ et M.________.
A cela s'ajoute que les conclusions des docteurs O.________, H.________ et E.________ sur l'absence de rapport de causalit� naturelle entre l'accident et l'importance des atteintes neuropsychologiques et psychiques au moment de l'expertise reposent sur l'id�e que le traumatisme cranio-c�r�bral subi par l'assur�e n'aurait pas d�, �dans le cours ordinaire des choses�, emp�cher une reprise progressive des activit�s personnelles et professionnelles. Cette analyse s'�carte de la notion de causalit� naturelle (l'accident, �ventuellement associ� � d'autres facteurs, est-il la condition sine qua non de l'atteinte � la sant� -), � propos de laquelle les experts �taient invit�s � pr�senter leurs observations. Elle a trait, en r�alit�, � la question de la causalit� ad�quate, c'est-�-dire au point de savoir si, d'apr�s le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie, l'accident �tait propre � entra�ner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce r�sultat paraissant de fa�on g�n�rale favoris�e par une telle circonstance (ATF 129 V 181 consid. 3.2, 405 consid. 2.2, 125 V 461 consid. 5a et les r�f�rences). Par la causalit� ad�quate, il s'agit de d�terminer si un dommage peut encore �tre �quitablement �tre mis � la charge d'un tiers (en l'occurrence, l'assurance-accidents), eu �gard au but de la norme de responsabilit� applicable. Cette question est d'ordre juridique et il appartient au juge, non au m�decin, d'y r�pondre en se fondant sur des crit�res normatifs (cf. ATF 123 III 112 sv. consid. 3a, 123 V 100 ss consid. 3, 122 V 417 sv. consid. 2c). Dans ces conditions, et compte tenu des sympt�mes pr�sent�s par l'assur�e, dont les premiers juges ont admis � juste titre qu'ils correspondaient au tableau clinique d�crit au consid. 3.2 ci-avant, il convient d'admettre le rapport de causalit� naturelle litigieux, nonobstant les conclusions des docteurs O.________, H.________ et E.________.
5.1 La jurisprudence a pos� plusieurs crit�res en vue de juger du caract�re ad�quat du lien de causalit� entre un accident et les troubles d'ordre psychique d�velopp�s ensuite par la victime. Elle a tout d'abord class� les accidents en trois cat�gories, en fonction de leur d�roulement : les accidents insignifiants ou de peu de gravit� (par ex. une chute banale); les accidents de gravit� moyenne et les accidents graves. Pour proc�der � cette classification, il convient non pas de s'attacher � la mani�re dont l'assur� a ressenti et assum� le choc traumatique, mais bien plut�t de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'�v�nement accidentel lui-m�me. En pr�sence d'un accident de gravit� moyenne, il faut prendre en consid�ration un certain nombre de crit�res, dont les plus importants sont les suivants :
- les circonstances concomitantes particuli�rement dramatique ou le caract�re particuli�rement impressionnant de l'accident;
Tous ces crit�res ne doivent pas �tre r�unis pour que la causalit� ad�quate soit admise. Un seul d'entre eux peut �tre suffisant, notamment si l'on se trouve � la limite de la cat�gorie des accidents graves. Inversement, en pr�sence d'un accident se situant � la limite des accidents de peu de gravit�, les circonstances � prendre en consid�ration doivent se cumuler ou rev�tir une intensit� particuli�re pour que le caract�re ad�quat du lien de causalit� soit admis (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa).
5.2.1 En cas d'atteintes � la sant� (sans preuve de d�ficit organique) cons�cutives � un traumatisme de type �coup du lapin� � la colonne cervicale, un traumatisme analogue (SVR 1995 UV no 23 p. 67 consid. 2) ou un traumatisme cranio-c�r�bral, la jurisprudence appr�cie le caract�re ad�quat du rapport de causalit� en appliquant, par analogie, les m�mes crit�res que ceux d�gag�s � propos des troubles d'ordre psychiques, � la diff�rence que l'examen de ces crit�res est effectu� sans faire de distinction entre les composantes physiques ou psychiques : les crit�res de la gravit� ou de la nature particuli�re des l�sions subies, des douleurs persistantes, ainsi que du degr� et de la dur�e de l'incapacit� de travail sont d�terminants de mani�re g�n�rale, sans r�f�rence aux seules l�sions ou douleurs physiques (ATF 117 V 366 ss consid. 6a sv.; voir �galement ATF 123 V 99 consid. 2a et les r�f�rences; RAMA 2002 no U 470 p. 531 [arr�t M. du 30 juillet 2002, U 249/01]).
5.2.2 Il convient de faire exception � ce principe et d'appliquer la jurisprudence expos�e au consid. 5.1 ci-avant (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 490 consid. 5c/aa), en distinguant entre atteintes d'origine psychiques et atteintes organiques, m�me en cas de traumatisme de type �coup du lapin�, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-c�r�bral, lorsque les sympt�mes appartenant au tableau clinique des s�quelles d'un accident de ce type, bien qu'en partie �tablis, sont rel�gu�s au second plan en raison d'un probl�me important de nature psychique. L'importance de l'atteinte � la sant� psychique doit �tre telle qu'elle a rel�gu� les autres atteintes au second plan, soit imm�diatement ou peu apr�s l'accident, soit parce que ces derni�res n'ont jou� qu'un r�le tout � fait secondaire durant toute la phase de l'�volution, depuis l'accident jusqu'au moment de l'appr�ciation de la causalit� ad�quate (ATF 123 V 99 consid. 2a; RAMA 2002 no U 465 p. 439 consid. 3b [arr�t W. du 18 juin 2002, U 164/01]). Il convient de proc�der de m�me lorsque l'accident n'a fait que renforcer les sympt�mes de troubles psychiques d�j� pr�sents avant cet �v�nement (RAMA 2000 no U 397 p. 327 [arr�t F. du 8 juin 2000, U 273/99]), ou lorsque les troubles psychiques apparus apr�s l'accident n'appartiennent pas au tableau clinique typique d'un traumatisme de type �coup du lapin�, d'un traumatisme analogue ou d'un traumatisme cranio-c�r�bral (y compris un �tat d�pressif), mais constituent plut�t une atteinte � la sant� ind�pendante (RAMA 2001 no U 412 p. 79 consid. 2b (arr�t B. du 12 octobre 2000, U 96/00]).
5.3.1 R.________ a pr�sent� des troubles neuropsychologiques d�s les premiers jours qui ont suivi l'accident, pour lesquelles elle est rest�e hospitalis�e jusqu'au 7 ao�t 1998 � l'H�pital X.________, � la Clinique Y.________, puis � la Clinique Z.________. Depuis lors, ces troubles ont persist� sans interruption, m�me s'ils ont pu varier en intensit�, jusqu'� l'expertise r�alis�e par les docteurs H.________, O.________ et E.________. Ces derniers ont express�ment admis un syndrome post-commotionnel � long terme, avec perte de l'odorat et du go�t, justifiant selon eux une indemnit� pour une atteinte � l'int�grit� de 25 %. Ils consid�rent que l'intensit� de ces sympt�mes est due � des troubles psychiques, le syndrome post-commotionnel en constituant le noyau dur. Ces constatations ne permettent pas de retenir que les sympt�mes li�s au traumatisme cranio-c�r�bral subi le 19 mai 1998 seraient rel�gu�s au second plan, que ce soit depuis la p�riode ayant imm�diatement suivi l'accident ou parce que ce traumatisme n'aurait jou� qu'un r�le tout � fait secondaire durant toute la phase de l'�volution, depuis l'accident jusqu'au moment de la d�cision sur opposition litigieuse. Elle ne permettent pas davantage de consid�rer que l'accident n'aurait fait que renforcer les sympt�mes de troubles psychiques d�j� pr�sents - l'�tat pr�morbide vraisemblablement pr�sent� par l'assur�e avant l'accident �tait asymptomatique -, ni que les troubles psychiques d�crits par les experts constitueraient une atteinte � la sant� ind�pendante. Partant, il convient de statuer sur le rapport de causalit� ad�quate sans faire de distinction entre les composantes physiques et psychiques des atteintes � la sant� de l'assur�e, conform�ment � la jurisprudence expos�e au consid. 5.2.1 ci-avant.
5.3.2 L'accident subi par R.________ �tait de gravit� moyenne, comme l'ont admis � juste titre les premiers juges. L'assur�e est aujourd'hui encore incapable de travailler, selon l'avis unanime des m�decins consult�s, quand bien m�me elle semble avoir dispos� d'une certaine capacit� de travail entre novembre 1998 et d�cembre 2000, les m�decins de la Clinique Z.________ n'ayant attest� une incapacit� de travail que pour une dur�e de trois mois apr�s sa sortie d'h�pital, en ao�t 1998. La r�alit� de cette capacit� de travail est toutefois difficile � �valuer, malgr� l'opinion �mise sur ce point par le docteur S.________ le 20 juin 1999, d�s lors que l'assur�e �tait sans emploi ou ne conservait que tr�s bri�vement son travail lorsqu'elle trouvait un engagement. L'Office de l'assurance-invalidit� du canton de Gen�ve a d'ailleurs admis une incapacit� de travail totale depuis l'accident, en se fondant sur le rapport �tabli par les doctoresses M.________ et L.________. Dans ces circonstances, et compte tenu surtout de la dur�e de l'hospitalisation rendue n�cessaire par l'accident et de la persistance d'atteintes � la sant� physique et psychique pendant plusieurs ann�es, sans v�ritable r�mission, le lien de causalit� ad�quate litigieux doit �tre admis. Sur ce point �galement, le jugement entrepris n'est pas critiquable.
6.1 La recourante conteste l'allocation, par la juridiction cantonale, �d'une rente d'invalidit� de 100 %, sous r�serve d'une surindemnisation�. Elle soutient qu'une fois admis le lien de causalit� entre l'accident et les atteintes � la sant� ainsi que l'incapacit� de travail, les premiers juges pouvaient tout au plus reconna�tre � l'assur�e �le droit � des prestations de l'assurance-accidents obligatoire au-del� du 31 juillet 2003 et renvoyer le dossier pour d�termination du droit aux prestations par r�f�rence � ses consid�rants�.
6.2 Par lettre du 25 septembre 2003, R.________ a express�ment demand� � la Zurich de lui allouer une rente et une indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Il appartenait � l'assurance-accident de r�pondre � cette demande, ce qu'elle a fait par d�cision du 13 octobre 2003 et d�cision sur opposition du 1er juillet 2004. La proc�dure de recours devant la juridiction cantonale avait le m�me objet, conform�ment aux conclusions prises par l'assur�e (sur les notions d'objet de la contestation et d'objet du litige : cf. ATF 125 V 413; Meyer/von Zwehl, L'objet du litige en proc�dure de droit administratif f�d�ral, in : M�langes Pierre Moor, Berne 2005, p. 339 no 8, p. 440 ss no 11 ss). Les premiers juges ont statu� � juste titre sur le droit � la rente.
Cela �tant, l'art. 20 al. 2 LAA pr�voit que si l'assur� a droit � une rente de l'assurance-invalidit� ou � une rente de l'assurance-vieillesse et survivants, une rente compl�mentaire lui est allou�e; celle-ci correspond, en d�rogation � l'art. 69 LPGA, � la diff�rence entre 90 % du gain assur� et la rente de l'assurance-invalidit� ou de l'assurance-vieillesse et survivants, mais au plus au montant pr�vu pour l'invalidit� totale ou partielle. Le jugement entrepris sera donc r�form� en ce sens qu'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % est allou�e � la recourante d�s le moment o� l'�tat de sant� de l'assur�e peut �tre consid�r� comme stabilis� (cf. art. 19 al. 1 1�re phrase LAA). La juridiction cantonale a fix� ce moment au 1er ao�t 2003, ce qui n'appara�t pas contestable au regard de l'expertise �tablie le 14 ao�t 2003 par les docteur H.________, O.________ et E.________.
L'argumentation de la recourante concernant l'indemnit� pour atteinte � l'int�grit� est fond�e sur l'absence de rapport de causalit� entre certaines des atteintes reconnues par les premiers juges et l'accident assur�. D�s lors que ce lien de causalit� a �t� admis aux consid�rants 4 et 5 ci-avant, le recours est mal fond� sur ce point �galement.
La recourante voit l'essentiel de ses conclusions rejet�es, de sorte qu'elle versera � l'intim�e une indemnit� de d�pens, conform�ment � l'art. 159 al. 1 OJ. La proc�dure est par ailleurs gratuite, d�s lors qu'elle porte sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurance (art. 134 OJ).
Le recours est partiellement admis. Le point 4 du dispositif du jugement du 24 janvier 2005 du Tribunal des assurances sociales du canton de Gen�ve est r�form� en ce sens que la Zurich Assurances est condamn�e au paiement d'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % � R.________, avec effet d�s le 1er ao�t 2003; la cause lui est retourn�e afin qu'elle fixe le montant de cette rente.
Lucerne, le 12 avril 2006