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Timestamp: 2016-10-21 20:19:38+00:00
Document Index: 257345484

Matched Legal Cases: ['art. 1', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 6', 'art. 7', 'art. 8', 'art. 1', 'art. 3', 'art. 407', 'art. 389', 'art. 77', 'art. 389', 'art. 389', 'art. 77', 'art. 190', 'art. 389', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 77', 'art. 99', 'art. 77', 'art. 77', 'art. 393', 'art. 95', 'art. 395', 'art. 395', 'art. 77', 'art. 107', 'art. 395', 'ATF ', 'art. 77', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 393', 'art. 36', 'art. 36', 'art. 36', 'ATF ', 'art. 393', 'art. 393', 'in fine', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 66', 'art. 68']

4A_537/2012 (08.01.2013)
4A_537/2012
Me Diane Schasca,
Z.________, repr�sent� par Me Christian Girod,
14 ao�t 2012 par le Tribunal arbitral ad hoc.
A.a X.________ SA (ci-apr�s: X.________) a �t� constitu�e en septembre 2006 par H.A.________ et C.________, lesquels exploitent un bureau d'architecture sous la forme d'une soci�t� anonyme d�nomm�e D.________s SA (ci-apr�s: D.________.). Le but de X.________ consiste dans le d�veloppement, la r�alisation et l'exploitation de projets immobiliers.
Z.________ est un g�rant de fortune ind�pendant, suisse d'origine grecque, juriste de formation et titulaire d'un doctorat en droit international priv�.
H.A.________ et Z.________ �taient des amis de longue date.
A.b Au d�but de l'ann�e 2006, H.A.________ a �t� approch� par le propri�taire de biens immobiliers sis sur le territoire de la commune genevoise de ..., qui souhaitait mettre en valeur une partie de ceux-ci. Il a �tabli un premier projet, puis, d'entente avec son associ�, a propos� � son �pouse, F.A.________, et � Z.________, pour des raisons de famille et d'amiti�, d'investir dans ce projet. Il s'agissait d'acqu�rir un terrain de 9'000 m2 pour y �difier, selon la solution retenue finalement, quatre petits immeubles de cinq appartements chacun en propri�t� par �tages. La gestion et le contr�le de la promotion immobili�re en question devaient �tre confi�s � X.________, laquelle mandaterait chaque fois le bureau d'architecture pr�cit�.
Le budget pr�visionnel pr�voyait des apports initiaux de 600'000 fr. (400'000 fr. pour la promesse de vente, 150'000 fr. pour la pr�paration du projet et 50'000 fr. de frais divers). Il a �t� couvert par X.________, � hauteur de 300'000 fr., et, pour le solde, par F.A.________ et Z.________, � concurrence de 150'000 fr. chacun, tous ces versements �tant intervenus entre fin septembre et d�but octobre 2006.
Les travaux proprement dits ont �t� confi�s � une entreprise g�n�rale.
A.c Les rapports entre Z.________ et X.________, d'une part, et entre F.A.________ et la m�me soci�t�, d'autre part, ont fait l'objet de deux conventions distinctes.
La premi�re, intitul�e "Convention de pr�t partiaire du 29 septembre 2006" (ci-apr�s: la Convention), a �t� r�dig�e par Z.________. Celui-ci y est d�sign� comme "Pr�teur" et X.________ comme "Emprunteur". Le g�rant de fortune s'y engage � effectuer sur-le-champ un pr�t de 150'000 fr. en faveur de ladite soci�t� (art. 1er) pour la dur�e de r�alisation du projet de ... (art. 2). Aux termes de l'art. 3 de la Convention, "[c]e pr�t porte un int�r�t annuel de 4,25% auquel s'ajoute un int�r�t compl�mentaire de 25% de la marge b�n�ficiaire apr�s paiement du prix total du terrain". L'emprunteur s'engage � informer r�guli�rement le pr�teur de la bonne marche du projet (art. 4). Le plan financier du 27 septembre 2006, annex� � la Convention, est cens� en faire partie int�grante (art. 5). Pour le reste, la Convention impose aux parties un devoir de confidentialit� (art. 6), d�clare le droit suisse applicable (art. 7) et soumet toute contestation relative � son interpr�tation, sa validit� ou son ex�cution � un tribunal arbitral si�geant � Gen�ve "conform�ment au concordat suisse sur l'arbitrage" (art. 8). La Convention porte les signatures de Z.________ et, pour X.________, de H.A.________. Le plan financier annex� � cet accord pr�voyait un co�t total de revient de 16'100'000 fr. et un total des ventes de 17'450'000 fr., laissant appara�tre un b�n�fice de l'ordre de 1'350'000 fr.
Le 2 octobre 2006, X.________ ("le Pilote"), d'une part, et F.A.________ ("l'Apporteur"), d�sign�e comme �tant "� l'origine de la possibilit� de d�velopper [le] projet" (1er tiret du pr�ambule), d'autre part, ont sign� une "Convention d'apport d'affaire". Selon cette convention, F.A.________, dont le montant de l'apport n'�tait pas pr�cis�, serait r�tribu�e par le versement "d'une commission d'apport d'affaires" d'une valeur de 300'000 fr. � 400'000 fr., estim�e sur la base des pr�visions effectu�es, mais qui serait fix�e d�finitivement en fonction de "la valeur finale du co�t de revient de l'op�ration" (art. 1er).
A.d La promesse de vente a �t� conclue le 4 octobre 2006 par X.________ et un acompte de 400'000 fr. vers� le jour m�me au promettant-vendeur.
Les 19 juin et 25 ao�t 2008, X.________ et la Banque V.________ ont sign� un contrat de cr�dit de construction pour un montant de 13'700'000 fr. La banque a exig�, entre autres garanties, la cession en sa faveur, � titre de s�ret�s, de la cr�ance d'honoraires de D.________. � concurrence de 1'200'000 fr. Selon l'un de ses directeurs, il s'agit d'une clause usuelle, celui qui c�de ses honoraires � titre de fonds propres participant au risque du cr�dit.
Les contacts entre les diff�rents acteurs int�ress�s par le projet de ... ont consist� principalement en une r�union, courant 2008, dans les bureaux des architectes, et une visite du chantier au printemps 2010.
En mars 2011, le comptable des �poux A.________, B.________, a pr�par� les comptes de la promotion pour X.________. Selon ses dires, les calculs effectu�s en conformit� avec la lettre des deux conventions pr�cit�es ont mis en �vidence un �norme �cart, en faveur de Z.________, entre les rendements respectifs que celui-ci et F.A.________ pourraient tirer des sommes investies par eux dans ladite promotion. C'est la raison pour laquelle il avait sugg�r� � H.A.________, qui n'admettait pas cet �tat de choses, de ramener la marge b�n�ficiaire de Z.________ � quelque 9%. Le 31 mars 2011, au cours d'une r�union tenue dans ses bureaux en pr�sence de H.A.________, B.________ a pr�sent� les comptes de la promotion � Z.________ en lui exposant sa m�thode de calcul. Le g�rant de fortune aurait alors affirm� que la d�marche du comptable, certes adroite, ne correspondait pas � ce qui avait �t� pr�vu. S'en serait suivie une discussion permettant � chacun d'avancer ses arguments. Puis, � l'issue de cette s�ance, les participants auraient avalis� la m�thode de calcul de B.________ par des poign�es de mains.
A la demande de Z.________, D.________. lui a communiqu�, par fax du 31 mai 2011, un "Tableau pour d�terminer le prix de revient de l'op�ration", lequel mentionnait une marge b�n�ficiaire de 5'917'839 fr. La participation du pr�nomm�, repr�sentant 9,01% de ce montant, y �tait fix�e � 537'985 fr., le total des revenus - int�r�ts du pr�t, honoraires et TVA inclus - � 624'130 fr. et le montant d� au g�rant de fortune � 774'130 fr., compte tenu du remboursement du pr�t (i.e. 624'130 fr. + 150'000 fr.).
Par l'interm�diaire de son avocat, Z.________ a r�pondu, le lendemain, que ce calcul ne correspondait pas � ce qui avait �t� arr�t� dans la Convention, ce qui a provoqu� l'ire de H.A.________.
Ne pouvant obtenir le remboursement de ce qu'il estimait lui �tre d�, Z.________ a d�pos� une r�quisition de poursuite, le 8 juillet 2011, contre X.________ afin d'obtenir le paiement de 1'663'228 fr. 50 (i.e. 25% du total issu de la marge b�n�ficiaire pr�cit�e augment�e d'un montant dont il contestait l'inclusion dans le prix de revient des immeubles), sous imputation des sommes de 537'985 fr. et 15'400 fr. re�ues le 17 juin 2011.
A.e Par lettre recommand�e du 9 ao�t 2011 adress�e � Z.________, X.________, invoquant une erreur essentielle, voire un dol, a d�clar� invalider le contrat du 29 septembre 2006 et r�clam� le remboursement de 474'130 fr. (i.e. le total des revenus selon le Tableau du 31 mai 2001 [624'130 fr.] sous d�duction de la somme pr�t�e [150'000 fr.]).
B.a Le 22 juin 2011, Z.________ a d�pos� une demande d'arbitrage. Un Tribunal arbitral ad hoc de trois membres a �t� constitu� et son si�ge fix� � Gen�ve. L'acte de mission a �t� sign� le 23 septembre 2011.
Dans ses derni�res conclusions, le demandeur a invit� le Tribunal arbitral � constater la validit� de la Convention; � dire qu'il a droit, en vertu de celle-ci, � 25% de la marge b�n�ficiaire r�alis�e en sus de l'int�r�t de 4,25% sur la somme pr�t�e; � ordonner � X.________ de lui verser les sommes dues de ce chef, sous d�duction des montants d�j� vers�s, avec TVA et int�r�ts � 5% d�s le 1er juin 2011; � rejeter les demandes reconventionnelles de X.________; enfin, � ordonner � cette derni�re de retirer toute poursuite dirig�e contre lui en relation avec les pr�tentions formant l'objet de ces demandes.
Pour sa part, la d�fenderesse a requis le Tribunal arbitral de d�bouter le demandeur de toutes ses conclusions. Dans le cadre de sa demande reconventionnelle, elle a pri� les arbitres, � titre principal, de constater que le contrat de pr�t partiaire a �t� valablement invalid�, puis de condamner le demandeur � lui payer la somme de 624'130 fr., avec int�r�ts � 6% d�s le 14 juin 2011; � titre subsidiaire, de constater que l'accord conclu le 31 mars 2011 s'est substitu� � la Convention et que, d�s lors, le montant total de 774'130 fr. vers� par elle au demandeur solde les rapports contractuels des parties; tr�s subsidiairement, de dire que la Convention doit �tre interpr�t�e contre son auteur et dans le sens de l'accord intervenu le 31 mars 2011, avec la m�me cons�quence que celle indiqu�e dans la conclusion subsidiaire; enfin, et plus subsidiairement encore, de lui permettre d'�tablir par tous moyens de preuve idoines l'existence des faits all�gu�s par elle et d'apporter la contre-preuve des all�gations du demandeur.
Apr�s avoir administr� les preuves requises et tenu une audience de plaidoiries, le Tribunal arbitral a rendu sa sentence le 14 ao�t 2012. Il a condamn� la d�fenderesse � payer au demandeur "25% de la marge b�n�ficiaire effectivement r�alis�e sur le projet de ..., en sus de l'int�r�t de 4,25% de la somme pr�t�e de 150'000 fr., sous d�duction des montants d�j� vers�s � ce titre", les parties �tant d�bout�es de toutes autres conclusions.
Pour �tayer leur sentence, les arbitres constatent, tout d'abord, que les parties admettent, � juste titre, avoir �t� li�es par un contrat de pr�t partiaire, et non par un contrat de soci�t� simple ou une autre forme de soci�tariat. Ils rappellent, � cet �gard, que, dans un contrat partiaire, la r�mun�ration d'une des parties d�pend du succ�s de l'activit� de l'autre. Passant � l'interpr�tation de la Convention, les arbitres commencent par exposer les deux th�ses en pr�sence: celle du demandeur, fond�e sur une interpr�tation litt�rale de l'art. 3 de la Convention; celle de la d�fenderesse selon laquelle, en d�pit du texte de cette clause, l'intention des parties �tait de r�mun�rer de mani�re identique les deux apports financiers externes, � raison de deux ou trois fois le montant de la mise initiale. Puis, appliquant les principes jurisprudentiels r�gissant l'interpr�tation des contrats aux circonstances du cas particulier, ils constatent que rien ne vient soutenir l'interpr�tation subjective � laquelle se livre la d�fenderesse. Aussi, pour eux, les termes de la Convention, qui refl�tent la volont� commune des parties d�duite d'indices objectifs convergents, doivent-ils �tre interpr�t�s selon ce que leur sens litt�ral exprime clairement, de sorte que le demandeur a droit, en sus du remboursement de son pr�t et des int�r�ts y aff�rents, au 25% du b�n�fice r�alis� par la promotion immobili�re de .... Les arbitres s'emploient, enfin, � �carter les arguments tir�s par la d�fenderesse de l'interpr�tation contra stipulatorem de la Convention, des vices de la volont� (erreur et dol), du fait que H.A.________ n'aurait pas lu la Convention ou ne l'aurait lue que d'un oeil avant de la signer, ainsi que de la pr�tendue modification de la Convention intervenue lors de l'entrevue du 31 mars 2011. Pour eux, ces arguments partent tous de la pr�misse, non �tablie par les probatoires, d'une rentabilisation, admise par les parties ab initio, de deux � trois fois l'investissement originel.
B.b Le 24 ao�t 2012, le demandeur a d�pos� une requ�te en interpr�tation et compl�tement de la sentence en question. Admettant partiellement cette requ�te, le Tribunal arbitral, dans une sentence additionnelle du 8 octobre 2012, a compl�t� le dispositif de la sentence du 14 ao�t 2012 en ordonnant � la d�fenderesse de retirer toute poursuite visant le demandeur en relation avec les pr�tentions faisant l'objet de ses demandes reconventionnelles.
Le 14 septembre 2012, la d�fenderesse (ci-apr�s: la recourante) a form� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral en vue d'obtenir l'annulation de la sentence du 14 ao�t 2012. Elle a pr�sent� une requ�te d'effet suspensif qui a �t� rejet�e par ordonnance pr�sidentielle du 22 octobre 2012.
Le Tribunal arbitral, qui a produit son dossier, a d�clar� ne pas avoir d'observations � formuler au sujet du recours.
Dans sa r�ponse du 19 octobre 2012, le demandeur et intim� a conclu � l'irrecevabilit� du recours et, subsidiairement, au rejet de celui-ci.
Les parties ont maintenu leurs conclusions respectives dans le cadre d'un second �change d'�critures.
L'art. 407 al. 3 du Code de proc�dure civile (CPC; RS 272) pr�voit que le droit en vigueur au moment de la communication de la sentence s'applique aux voies de recours. En l'esp�ce, la sentence attaqu�e a �t� communiqu�e aux parties le 15 ao�t 2012, soit apr�s l'entr�e en vigueur, le 1er janvier 2011, du CPC. Par cons�quent, s'agissant d'un arbitrage interne, ce sont les art. 389 � 395 CPC qui fixent les conditions auxquelles cette d�cision pouvait �tre d�f�r�e au Tribunal f�d�ral (art. 77 al. 1 let. b LTF).
2.1 La sentence rendue dans le cadre d'un arbitrage interne peut faire l'objet d'un recours devant le Tribunal f�d�ral (art. 389 al. 1 CPC). La proc�dure est r�gie par la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal f�d�ral (LTF) sauf disposition contraire du chapitre 1 du titre 7 de la partie 3 du CPC (art. 389 al. 2 CPC). Selon l'art. 77 al. 1 LTF, c'est par la voie du recours en mati�re civile que les d�cisions des tribunaux arbitraux peuvent �tre attaqu�es devant le Tribunal f�d�ral, tant pour l'arbitrage international, aux conditions fix�es aux art. 190 � 192 LDIP (let. a), que pour l'arbitrage interne, aux conditions fix�es aux art. 389 � 395 CPC (let. b). Dans les deux cas, un certain nombre de dispositions de la LTF, en particulier les art. 95 � 98 relatifs aux motifs de recours, de m�me que l'art. 105 al. 2, qui permet, � certaines conditions, de rectifier ou de compl�ter l'�tat de fait, sont d�clar�es inapplicables par l'art. 77 al. 2 LTF. En revanche, l'art. 99 al. 1 LTF est maintenu, qui interdit de pr�senter un fait nouveau ou une preuve nouvelle, � quelques exceptions pr�s (art. 77 al. 2 LTF a contrario). Quant � l'art. 77 al. 3 LTF, il impose au Tribunal f�d�ral de n'examiner que les griefs invoqu�s et motiv�s par le recourant.
Voie de droit extraordinaire et de nature cassatoire, le recours en mati�re civile dirig� contre une sentence arbitrale interne n'est recevable que pour les motifs limitativement �num�r�s � l'art. 393 CPC. Il est donc exclu de faire valoir, dans un tel recours, que la sentence viole le droit f�d�ral, au sens de l'art. 95 let. a LTF, qu'il s'agisse de la Constitution f�d�rale ou de la l�gislation f�d�rale. De plus, le recours ne peut tendre, en principe, qu'� l'annulation - totale (art. 395 al. 1 CPC) ou partielle (art. 395 al. 3 CPC) - de la sentence (art. 77 al. 2 LTF, qui exclut l'application de l'art. 107 al. 2 LTF dans la mesure o� cette derni�re disposition permet au Tribunal f�d�ral de statuer lui-m�me sur le fond de l'affaire; pour des exceptions � ce principe, cf. l'art. 395 al. 4 CPC ainsi que, mutatis mutandis, l'ATF 136 III 605 consid. 3.3.4 p. 616 au sujet des probl�mes de comp�tence et de r�cusation). Toute autre conclusion est irrecevable.
Au demeurant, comme le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs qui ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant (art. 77 al. 3 LTF), celui-ci doit les formuler conform�ment aux exigences strictes en mati�re de motivation, pos�es par la jurisprudence relative � l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. ATF 128 III 50 consid. 1c), qui restent valables sous l'empire du nouveau droit de proc�dure f�d�ral (arr�t 4A_454/2011 du 27 octobre 2011 consid. 2.1). En outre, les griefs doivent �tre invoqu�s avant l'�ch�ance du d�lai de recours; la partie recourante ne peut donc pas en pr�senter de nouveaux dans le cadre d'une r�plique ou d'observations sur la r�ponse de la partie intim�e, ni �tayer par une autre motivation des griefs soulev�s en temps utile (arr�t 4A_395/2012 du 16 octobre 2012 consid. 1).
2.2 La sentence issue d'un arbitrage interne peut �tre attaqu�e, entre autres motifs, lorsqu'elle est arbitraire dans son r�sultat parce qu'elle repose sur des constatations manifestement contraires aux faits r�sultant du dossier ou parce qu'elle constitue une violation manifeste du droit ou de l'�quit� (art. 393 let. e CPC). Ce motif de recours a �t� repris de l'art. 36 let. f du concordat sur l'arbitrage du 27 mars 1969 (CA).
Selon la jurisprudence relative � l'art. 36 let. f CA, qui conserve toute sa valeur sous l'empire du CPC (arr�t 4A_374/2011 du 1er septembre 2011 consid. 2.3), une constatation de fait n'est arbitraire que si le tribunal arbitral, � la suite d'une inadvertance, s'est mis en contradiction avec les pi�ces du dossier, soit en perdant de vue certains passages d'une pi�ce d�termin�e ou en leur attribuant un autre contenu que celui qu'ils ont r�ellement, soit en admettant par erreur qu'un fait est �tabli par une pi�ce alors que celle-ci ne donne en r�alit� aucune indication � cet �gard. L'objet du grief d'arbitraire en mati�re de faits pr�vu par l'art. 36 let. f CA est donc restreint: il ne porte pas sur l'appr�ciation des preuves et les conclusions qui en sont tir�es, mais uniquement sur les constatations de fait manifestement r�fut�es par des pi�ces du dossier. En mati�re arbitrale, la fa�on dont le tribunal arbitral exerce son pouvoir d'appr�ciation ne peut pas faire l'objet d'un recours; le grief d'arbitraire est limit� aux constatations de fait qui ne d�pendent pas d'une appr�ciation, c'est-�-dire � celles qui sont inconciliables avec des pi�ces du dossier (ATF 131 I 45 consid. 3.6 et 3.7, confirm� par l'arr�t 4D_101/2010 du 1er d�cembre 2010 consid. 5.1).
Quant � la violation manifeste de l'�quit�, sanctionn�e par la m�me disposition, elle suppose que le tribunal arbitral a �t� autoris� � statuer en �quit� ou qu'il a appliqu� une norme renvoyant � l'�quit� (arr�t 4A_374/2011, pr�cit�, ibid.).
Encore faut-il, dans toutes ces hypoth�ses, que la violation av�r�e ait rendu la sentence arbitraire dans son r�sultat, comme le pr�cise express�ment la disposition cit�e.
3.1 Invoquant l'art. 393 let. e CPC, la recourante soutient, tout d'abord, que le Tribunal arbitral a proc�d� � des constatations manifestement contraires aux faits du dossier. Elle lui reproche, en substance, d'avoir ignor� sans raison les t�moignages de F.A.________ et de B.________, lesquels d�montreraient que la Convention ne pouvait pas �tre interpr�t�e selon sa lettre et qu'elle-m�me n'avait aucun motif de se douter du revirement op�r� par l'intim� en 2011.
Plus concr�tement, la recourante d�plore, premi�rement, que les arbitres n'aient pas admis que, lors de la s�ance tenue en 2008 dans les bureaux de D.________., deux t�moins ont confirm� que la r�mun�ration de deux � trois fois la mise avait �t� �voqu�e, sans que l'intim� n'�m�t la moindre contestation � ce sujet. Deuxi�mement, � en croire la recourante, il aurait �chapp� au Tribunal arbitral que l'intim� avait reconnu, sous ch. 40 de son m�moire-demande, que l'annonce d'un retour sur investissement de deux � trois fois la mise lui avait �t� r�p�t�e � deux reprises au moins en 2010, notamment lors de la visite du chantier, ce que le t�moignage de F.A.________, lui aussi pass� sous silence par les arbitres, avait d'ailleurs confirm�. Troisi�mement enfin, toujours selon la recourante, ceux-ci n'auraient tenu aucun compte des t�moignages concordants des �poux A.________ et du comptable B.________, lesquels r�v�laient sans conteste l'intention des parties de r�mun�rer de la m�me mani�re les fonds investis par F.A.________ et par l'intim� dans la promotion immobili�re de ....
3.2 Le simple �nonc� des griefs touchant les constatations faites dans la sentence attaqu�e suffit � d�montrer que la recourante, bien qu'elle s'en d�fende, se borne � critiquer l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr� le Tribunal arbitral. En bref, l'int�ress�e reproche � celui-ci de ne pas avoir pris en consid�ration certains t�moignages plut�t que d'autres et de n'avoir pas accord� suffisamment de cr�dit � des d�positions qu'elle juge pourtant capitales. Or, le Tribunal f�d�ral, lorsqu'il statue sur un recours en mati�re civile dirig� contre une sentence arbitrale interne, dans lequel est invoqu� le grief d'arbitraire au sens de l'art. 393 let. e CPC et des principes jurisprudentiels rappel�s plus haut, n'examine pas la mani�re dont le Tribunal arbitral a exerc� son pouvoir d'appr�ciation, serait-elle insoutenable, mais n'intervient que si la constatation incrimin�e se r�v�le incompatible avec une pi�ce d�termin�e du dossier. Cette derni�re hypoth�se ne se v�rifie pas en l'esp�ce. En particulier, l'all�gu� 40 du m�moire-demande, invoqu� par la recourante � l'appui de sa d�monstration, n'a pas le sens extensif que cette partie souhaiterait lui donner, si on le replace dans son contexte en le lisant conjointement avec l'all�gu� 41 de la m�me �criture.
Il suit de l� que le moyen consid�r� appara�t irrecevable dans sa totalit�.
4.1 Sur le fond, la recourante ne critique pas les consid�rations juridiques th�oriques �mises par le Tribunal arbitral au sujet de la mani�re d'interpr�ter un contrat, ni le raisonnement qu'il a tenu pour �carter les moyens subsidiaires soulev�s par elle (cf., ci-dessus, let. B.a in fine). Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'arr�ter sur ces points-l�.
4.2.1 La recourante reproche aux arbitres de s'�tre �cart�s, dans leur interpr�tation litt�rale de la Convention, du texte clair de celle-ci. Concr�tement, elle leur fait grief d'avoir retenu que l'intim� avait droit � un int�r�t compl�mentaire de 25% calcul� sur le b�n�fice final r�alis� par la promotion immobili�re de ..., alors que l'art. 3, pr�cit�, de la Convention commandait de calculer cet int�r�t sur la marge b�n�ficiaire apr�s paiement du prix total du terrain (cf., ci-dessus, let. A.c), c'est-�-dire, selon elle, sur le b�n�fice r�alis� apr�s l'achat du terrain.
Le Tribunal arbitral se voit encore reprocher d'avoir fait abstraction du plan financier du 27 septembre 2006 annex� � la Convention pour en faire partie int�grante. Selon la recourante, l'addition du 25% du b�n�fice de 1'350'000 fr. mentionn� dans ce document et de l'int�r�t de 4,25% d� sur le montant du pr�t correspondent � un multiple de deux ou trois de la mise de d�part. Cela confirmerait l'intention des parties, r�v�l�e par les t�moignages convergents des personnes entendues sur ce point, de limiter dans cet ordre de grandeur la r�mun�ration du pr�teur.
La recourante d�plore, en outre, que les arbitres n'aient tenu aucun compte du t�moignage de B.________ dont il r�sulterait que les parties avaient pass�, en mars 2011, un accord qui rempla�ait la Convention.
Pour terminer, elle qualifie de choquant le r�sultat auquel l'application de la Convention, telle qu'interpr�t�e par le Tribunal arbitral, aboutit vis-�-vis de F.A.________, alors que cette derni�re aurait d� �tre trait�e sur un pied d'�galit� avec l'intim�.
4.2.2 L'interpr�tation de l'art. 3 de la Convention propos�e par la recourante n'appara�t gu�re convaincante et, ce qui seul importe, en tout cas pas de nature � �tablir le caract�re pr�tendument insoutenable de celle qui a �t� retenue dans la sentence attaqu�e. D'une part, on peine � comprendre ce que pourrait �tre le b�n�fice r�alis� apr�s l'achat du terrain. Il ne fait pas sens de calculer un b�n�fice sans tenir compte du prix de revient des immeubles � construire sur le bien-fonds acquis pour permettre la r�alisation de la promotion projet�e. C'est d'ailleurs pr�cis�ment ce que fait le plan financier du 27 septembre 2006 annex� � la Convention. Telle est, du reste, aussi la mani�re dont le comptable B.________ avait interpr�t� celle-ci, en mars 2011, avant de sugg�rer � H.A.________ de proposer � l'intim� de r�duire la part de sa r�mun�ration de 25% � quelque 9% de la marge b�n�ficiaire. D'autre part, si les parties avaient vraiment voulu que le pourcentage convenu s'appliqu�t exclusivement sur la marge b�n�ficiaire de 1'350'000 fr. pr�vue dans le plan financier annex� � la Convention, sans �gard au r�sultat final de l'op�ration, il e�t �t� plus simple pour elles de convenir d'une r�mun�ration sous la forme d'un montant fixe, et non d'un pourcentage.
Pour le surplus, d�s lors que le Tribunal arbitral constate, en fait, que les preuves administr�es ne sont pas propres � �tablir la volont� initiale des parties de limiter la rentabilisation des investissements externes � deux ou trois fois la somme investie, la recourante cherche en vain � remettre en cause cette constatation factuelle, qui �chappe � l'examen de la Cour de c�ans, en tirant argument du plan financier du 27 septembre 2006, cens� confirmer l'intention des parties de limiter, dans cette mesure, la r�mun�ration des investisseurs. En effet, ainsi utilis�, pareil argument rel�ve du domaine des faits, puisqu'il se voit assigner le but de confirmer l'intention subjective des parties � l'�poque de la signature de la Convention.
Les conclusions que les juges ont ou n'ont pas tir�es du t�moignage de B.________ ressortissent, elles aussi, � l'appr�ciation des preuves. Elles sont soustraites, partant, � la connaissance du Tribunal f�d�ral.
Enfin, le Tribunal arbitral n'a pas non plus vers� dans l'arbitraire en consid�rant comme non pertinent, pour des motifs objectifs, le parall�lisme que la recourante cherchait � �tablir entre la r�mun�ration de F.A.________ et celle de l'intim�. La pr�nomm�e �tant un tiers au contrat litigieux, il n'y avait rien d'insoutenable � interpr�ter celui-ci pour lui-m�me, en faisant abstraction de l'accord pass� par ce tiers avec la recourante.
Cela �tant, le pr�sent recours ne peut qu'�tre rejet� dans la faible mesure o� il est recevable. En cons�quence, la recourante, qui succombe, devra payer les frais de la proc�dure f�d�rale (art. 66 al. 1 LTF) et verser des d�pens � l'intim� (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
La recourante versera � l'intim� une indemnit� de 12'000 fr. � titre de d�pens.