Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010511-223931
Timestamp: 2017-01-21 13:55:09+00:00
Document Index: 104210474

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 10 ss, 11 mai 2001, 223931
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 10 ss, 11 mai 2001, 223931
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 223931Numéro NOR : CETATEXT000008030742 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-05-11;223931 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 9 août 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Z... DIARRA, demeurant ... ; M. X... demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement du 10 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 23 février 2000 du préfet du Val-de-Marne ordonnant sa reconduite à la frontière ;
3°) condamne l'Etat à lui verser la somme de 2 484,33 F au titre des frais non compris dans les dépens ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 28 novembre 1997, de la décision du 26 novembre 1997 du préfet du Val-de-Marne lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que le jugement attaqué, qui répond aux moyens soulevés par M. X... est suffisamment motivé et n'a pas méconnu le principe du contradictoire en ne communiquant pas expressément à M. X... la délégation de signature accordée à Mme Y... par le préfet du Val-de-Marne ;
Considérant qu'aux termes de l'arrêté en date du 1er juillet 1998 du préfet du Val-de-Marne, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture : " délégation de signature est donnée à Mme Chantal Y... a l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents à l'exception : 1) des actes pour lesquels une délégation a été conférée à un chef de service de l'Etat dans le département ; 2) des réquisitions de la force armée ; 3) des arrêtés de conflit ; 4) des arrêtés accordant ou refusant un permis de construire pour les ensembles de plus de 300 logements " ; qu'il résulte des termes mêmes de cette délégation que l'arrêté du 1er juillet comportait la possibilité pour Mme Y... de signer les arrêtés de reconduite à la frontière et ne présentait pas de caractère général, qui selon M. X..., l'entacherait d'illégalité ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait ;
Considérant qu'il résulte de l'ensemble des dispositions de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée et notamment des dispositions des articles 22 et 22 bis qui ouvrent un recours suspensif devant le juge administratif, organisent les garanties dont bénéficie l'étranger pour pouvoir exercer utilement ledit recours et fixent les délais dans lesquels ces recours doivent être présentés et jugés ; que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des arrêtés de reconduite et par suite, exclure l'application des dispositions de l'article 8 du décret susvisé du 28 novembre 1983 concernant les relations entre l'administration et les usagers ; que, dès lors, M. X... ne saurait utilement s'en prévaloir ;Considérant que l'arrêté attaqué énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé ;
Considérant que si M. X... fait valoir qu'il vivrait en France depuis 1992, qu'il n'a plus d'attaches familiales dans son pays d'origine et que sa soeur et son oncle vivent en France, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire, sans charge de famille ; qu'il n'est pas établi qu'il n'a pas d'attaches au Mali ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;
Considérant que les dispositions dudit article font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante soit condamné à payer à M. X... la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Z... DIARRA, au préfet du Val-de-Marne et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-07-01Arrêté 2000-02-23Code de justice administrative L761-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04Décret 83-1025 1983-11-28 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 22 bisPublications :Proposition de citation: CE, 11 mai 2001, n° 223931Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme DayanRapporteur public : Mme MaugüéOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 ssDate de la décision : 11/05/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page