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Timestamp: 2019-07-22 10:31:48+00:00
Document Index: 75428459

Matched Legal Cases: ['§55', '§10', '§73', '§2', '§57', '§8', '§2', '§3', '§41', '§12', '§6', '§6', '§32', '§34', '§56', '§16', '§107', '§105', '§2', '§160', '§47', '§17', '§29', '§59']

HOCHEKH obscurité - Techouvot.com
HOCHEKH obscurité Voir le sujet suivant
Posté le: Mer 27 Février 2019, 8:53
Un Rav, talmid h'akham, nous a rapporté au nom du Brisq Rov que celui qui dit que l'obscurité (h'ochekh) est une absence de lumière, est un Minne et un Quofère (hapikouros) et que le émeth c'est que le h'ochekh est une bérilla (création) indépendante à elle même.
Posté le: Dim 30 Juin 2019, 10:19
Le Rav vous a dit vrai, c’est ce qu’a dit le Brisker Rov et il le « prouvait » par l’expression du verset (Yeshaya VL, 7) « Boré Or Ouvoré ‘Hoshekh » qui indique que l’obscurité est une création en soi.
Vous verrez cet avis du Rav de Brisk dans les écrits de ses élèves dans la Hagada de Pessa’h Mibeit Lévy (p.244-245) , ainsi que dans le Shout Lehorot Natan (V, Y’’D §55, 2) , dans Talelei Orot (à plusieurs endroits dont : Tfila, III, p.102) , dans la Hagada Or Avraham (Gurevitz) (p.239) et dans d’autres Sfarim.
Cela reste tout de même étonnant, tant de virulence à l’encontre de celui qui penserait que l’obscurité n’est qu’absence de lumière !
Cette « férocité » lui vient certainement du Gaon de Vilna qui attribue aussi cette pensée aux « Minim » dans son commentaire sur le Sefer Yetsira (Likoutim daf 23b) .
Il la dénigre aussi dans d’autres livres, comme dans
Adéret Eliahou (Bereshit 1, 4, daf 4a),
Yahel Or (Tsav sur Daf 28b, dans l’édition de Vilna 1882, daf 3d d’’h Ve’hashoukha) ,
dans son Piroush Haheikhalot (daf 254a)
et cité par le Radal dans ses annotations sur son propre commentaire du Pirkei deRabbi Eliezer (III, 11) ,
cité aussi par son élève R. Baroukh de Shklov dans Gueviei Guevia Hakessef (daf 13) ,
cité aussi dans le Hadrat Kodesh (daf 67 du manuscrit -cité dans Aliyot Eliahou, Maalot Hassoulam note 5, édition de Vilna 1874, daf 12a) .
Avant le Gaon , c’est sous la plume du Maharsha (Tamid 32a) que nous trouvons une attribution de cette pensée aux « Minim ».
Mais je dois dire que tout ceci est bien étonnant, car ces A’haronim semblent s’opposer aux Rishonim, tout en les traitant de « Kofrim/Minim/Apikorsim » !
Déjà le Rambam (Moré Nevoukhim III, §10) écrivait l’inverse !
Pour lui le ‘Hoshekh n’est que l’absence de lumière et le verset « Boré ‘Hoshekh » est une façon de parler.
Voir aussi ce qu’il écrit dans le Piroush Hamishnayot (Psa’him, I, 1) et encore dans le Moré Nevoukhim (I, §73, la 7ème préface, daf 120b).
Na’hmanide , le Ramban (Shemot IV, 11) cite ce Moré Nevoukhim sans crier au Kofer et semble adhérer à son idée.
Voir encore le Ramban Bereshit (I, 4) et Shemot (X, 23).
Idem pour le Ran (Drashot Haran III, d’’h Omnam -le 2nd- éd. Bnei Torah 1992, p.66) qui explique le verset exactement comme le Moré Nevoukhim .
C’est aussi ce qu’écrit de son élève, rabbi Yossef Ben David de Saragosse dans son commentaire sur la Torah (parshat Shemot, Jérusalem 1973, p.109).
Déjà avant eux, nous trouvions cette idée chez le Rav Saadia Gaon dans son Sefer Ha-Igron (cité dans le Sefer Piroush Rassag sur Kohélet, Londres 1963, p.82 ) ainsi que dans son Haémounot VeHadéot (Maamar 1, Daat ha’hamishit, éd. Leipzig 1859, p.33) .
C’est aussi l’avis de Rabénou David Nekhed ha-Rambam , dans son Midrash David sur la Torah (Jérusalem 1947, p.9).
Idem pour le Raavad 1er dans Haémouna Harama (Maamar 2, Ikar 6, §2. Ed. Frankfort 1853, p.94) (voir aussi p.15 note 2).
Pareil pour son homonyme (par l’acronyme du moins), le Raavad auteur du commentaire sur le Sefer Yetsira (préface, Jérusalem 1965, daf 4c).
Il y a aussi Rabbi Ezra l’élève de Rabénou Its’hak fils du Raavad dans son commentaire sur Shir Hashirim (3ème Hakdama -cf. Kitvei Ramban II, p.482) [ Ce commentaire a été attribué par erreur au Ramban , cf. Kitvei Ramban II, p.474 où Rav Shevel prouve qu’il ne peut pas avoir été écrit par le Ramban et d’autre part nous voyons que plusieurs auteurs l’attribuent à notre Rabbi Ezra ou Ezriel , comme le Recanati , ou Rabénou Be’hayei (fin de P. Shlakh) .
Le Radal (sur Pirkei deRabbi Eliezer III, note 12, daf 7b) , lui aussi apporte des preuves que l’auteur est ce Rabbi Ezra ].
Il y a aussi Rabbi Its’hak Ibn Latif (Rav Pealim §57 -Lemberg 1885, daf 18a) .
Ajoutons encore le Kolbo (§8) qui souligne que le verset « Ouvoré ‘Hoshekh » pourrait laisser entendre que l’obscurité est une création, mais que ça n’est pas le cas.
Comme toujours, ce qui se trouve dans le Kolbo se trouve aussi dans le Or’hot ‘Haim de Rabbi Aharon de Lunel (Din Barekhou, §2. éd. Jérusalem 1956, p.23)
Il faut aussi citer le Radak sur Bereshit (I, 2) et (I, 5) et sur Yeshaya (VL, 7) qui reprend l’idée de son père Rabbi Yossef Kim’hi dans son Sefer Hazikaron (et cité par le Radak dans son Mikhlol -Lyck 1862, daf 143a).
Nous trouvons encore Rabénou Nethanel ben Yeshaya du Yémen (il vivait il y a sept siècles) dans son Meor Haaféla (Bereshit, Jérusalem 1957 avec traduction de Rav Kafi’h, p.8).
Il y a aussi rabbi Avraham Bar ‘Hiya Hanassi dans Sefer Haïbour (maamar 1, fin de Shaar 9).
C’est encore l’avis de Rabénou Be’hayei (Ba’hya) Ibn Pakouda dans Torot Hanefesh (§3 -Paris 1896, p.7). (s'il en l'est l'auteur)
Et de Rabénou Be’hayei (Ba’hya) ben Asher dans son commentaire sur Avot (II, 1. Dans Kitvei Rabénou Be’hayei, p.551) . Voir aussi son commentaire sur la Torah (Bereshit I, 4).
Il y a aussi rabbi David bar Shmouel Hakokhavi dans Migdal David (dans Sefer Habatim, I, sefer Emouna -Jérusalem 1983, p.50)
Voir aussi dans le Long commentaire du Tour sur la Torah (Bereshit I, 4) dont les dires sont empruntés selon toute vraisemblance au Ramban .
C’est encore l’opinion de rabbi Avraham Ibn Ezra (Yeshaya VL, 7) .
Voir aussi Ibn Ezra Bereshit (I, 1) .
Ainsi que le commentaire de R. Elazar ben Rabénou Matatia sur le Ibn Ezra (imprimé dans Miguinzei Israel beVatican, Jérusalem 1954, p.102) et le commentaire du Tosfot YomTov sur le Ibn Ezra (au début du Sefer Maamar Yom Tov -Jérusalem 1989).
Le Malbim (Yeshaya VL, 7) aussi écrit la même chose (mais c’est un A’haron) . Et aussi plus loin dans ‘Hazon Yeshaya (LX, 2).
Voir encore son Yaïr Or (‘het, §41 -Varsovie 1892, daf 33a).
C’est aussi l’avis du Rashbats (Ohev Mishpat sur Iyov 38, 19 -édition de Venise daf 181a).
Si nous regardons chez les A’haronim , nous avons encore le Abrabanel sur Bereshit (p.14, 23, 31, 32) et sur Pekoudei (p.364) [et voir aussi ce qu’il écrit comme le Moré Nevoukhim (op cit) concernant le Yessod Haesh, dans Yeshouot Meshi’ho (II, iyoun 2, §12) ].
Il y a aussi le Sforno (Shemot X, 21) et (Kohélet II, 13) .
Voir aussi Sforno Bereshit (I, 5).
Il y a le Rama dans Torat Haola (II, §6 -Lemberg 1858, daf 36a) et (III, §6 -daf 8a) .
Voir encore au début de son Me’hir Yayin (d’’h Vead Koush).
C’est aussi ce qu’écrit Rabbi Shmouel Valério dans ‘Hazon Lamoed sur Daniel (Parsha 2 -Venise 1586, daf 16b).
Nous avons aussi le Maharal de Prague dans ‘Hidoushei Agadot Sanhedrin (103b, p.241) et Tamid (31b, p.150) et dans Gvourot Hashem (§32, p.123) et (§34, p.127) et (§56, p.248) .
Voir encore ce qu’il écrit dans ‘Hidoushei Agadot Sanhedrin (38b, p.151) et dans Tiféret Israel (§16, p.54) et dans ‘Hidoushei Agadot Sanhedrin (94a, p.191) et Beèr Hagola (II, p.35).
Il y a aussi le Reèm (Bereshit I, 4) ,
Le Siftei ‘Hakhamim (Bereshit I, 4, Reish et Tav) au nom du Reèm .
Ajoutons Rabbi Yehouda Muscato dans Nefoutsot Yehouda (Droush III, nouvelle édition 2000, p.29)
Rabbi Avraham Azoulay dans Baalei Brit Avram (Vilna 1874) sur le Tanakh (Tehilim §107) (et voir aussi §105).
Rabbi Shmouel Landau (Ahavat Tsion droush III -Varsovie 1881, daf 5a)
Le Ets Yossef (Otsar Hatfilot 1, daf 130a)
le Yefei Toar (Bereshit Raba III, 6) (voir aussi Bereshit Raba 1, 10)
le Yeriot Shlomo (Papenheim) (Nouvelle édition Mossad Harav Kook 2018, p.610)
Rabbi Shaoul Hacohen (Le’hem Habikourim, Shaar Hashemot. Dans la nouvelle édition 2014 que m’a offerte mon ami N.H. léilouy nishmat son grand-père, c’est p.330 )
Voir aussi Min’hat Yehouda (Fetaya) (§2).
Rabbi Ezra Reouven Danagour (Adi Zahav, Shemot X, 21 -Jérusalem 1987, p.257).
Le Maharsham (Tekhelet Mordekhaï, Mikets, 2) qui se base sur le Moré Nevoukhim (op cit).
Rav David Tsvi Hoffmann (commentaire sur Bereshit 1, 4-5, Bnei Brak 1969, p.26).
Rav Kook (Ein Aya, Brakhot 1, §160).
Meorei Or sur tana Debei Eliahou Raba (§XVII, 25, daf 57a)
Pardes Yossef (Shemot X, 21, p.62) au nom du Shem Ephraïm et du Sefer Habrit .
Rav Yossef Engel (Guilyonei Hashas, Yeroushalmi Brakhot §47, daf 49d).
Rav Sim’ha Bunem de Peshis’ha (Kol Sim’ha, Mikets, 1)
Rabbi Avraham de Slonim (Yessod Haavoda II, Mikhtevei Kodesh §17 -Varsovie 1892, daf 19a).
Le Kedoushat Lévy (Shemot, p.91) cite aussi notre Moré Nevoukhim sans y voir de problème.
[Voyez aussi l’expression du Baal HaTanya (Likoutei Amarim §29, daf 37b) et dans Maamarei Haadmor Hazaken Haktsarim (p.69) et dans Maamarei Haadmor Hazaken Inyanim (p.63, §59) (voir aussi Maamarei Haadmor Hazaken 1808 tome 2, p.658).
Mais étrangement, il se contredit ! voir Maamarei Haadmor Hazaken 1793 (p.58) et dans Maamarei Haadmor Hazaken Ethalekh (p.34) .]
Il est donc plus qu’étonnant de lire le Brisker Rov traiter de Kofer celui qui pense que l’obscurité n’est qu’absence de lumière lorsqu’on constate que c’est l’avis de tous ces Rishonim et A’haronim !
(je vous laisse compter, mais il y en a beaucoup, une vingtaine de Rishonim et plus encore chez les A'haronim, sans parler des multiples occurrences dans différents Sfarim de ces auteurs et à différents endroits dans le même sefer, comment imaginer que toutes ces références auraient échappées au Brisker Rov ou pire encore qu'il taxerait tous ces auteurs d'hérésie h"v?)
C’est typiquement le genre de sujet sur lesquels j’aimais bien m’entretenir avec le rav Rozenberg z’’l , qui hélas nous a quitté.
Il faut savoir que plusieurs sources dans nos textes talmudiques semblent donner raison au Rav de Brisk .
Comme c’est long et que j’ai déjà été très long, je n’entre pas dans les détails, mais j’ai une explication qui m’a l’air évidente pour justifier tous ces Rishonim et j’en ai parlé avec le très grand Rav Dovid Kohn de New York (auteurs de nombreux Sfarim et comptant parmi les plus grands bekiim) , qui semble d’accord avec moi.