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Timestamp: 2016-10-24 10:33:33+00:00
Document Index: 213654281

Matched Legal Cases: ['art. 132', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 73', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 69', 'art. 73', 'art. 73', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 28', 'art. 17', 'ATF ', 'art. 8']

I 22/06 (19.01.2007)
Office cantonal AI du Valais, avenue de la Gare 15, 1950 Sion, intim�.
P.________, n� en 1967, est au b�n�fice d'une formation de p�tissier. Il a travaill� en Suisse depuis 1986 et a acquis une solide exp�rience comme serrurier aupr�s de diff�rents employeurs, avant de se mettre � son compte en exploitant � partir du 1er juillet 2000 la soci�t� X.________.
Le 13 d�cembre 2000, P.________ a �t� victime d'un accident de la circulation routi�re. Atteint d'une fracture oblique des IIIe et IVe m�tacarpiens � la main droite, celui-ci a subi le 21 d�cembre 2000 une ost�osynth�se des m�tacarpiens. Il a pr�sent� une incapacit� totale de travail jusqu'au 8 avril 2001 puis a repris son activit� � un taux variable; en dernier lieu � 50 % le 26 ao�t 2002 et � 60 % le 9 septembre 2002. Entre le 24 mars et le 11 juillet 2003, il a travaill� en qualit� de tuyauteur-serrurier aupr�s de l'entreprise Y.________ SA.
Le 25 juin 2003, P.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant un reclassement dans une nouvelle profession. La conseill�re en r�adaptation professionnelle a d�pos� ses conclusions dans un rapport d'entretien initial du 20 janvier 2004.
L'Office cantonal AI du Valais a confi� une expertise m�dicale au docteur S.________, m�decin-chef du Service de chirurgie plastique et reconstructive de l'H�pital Z.________. Dans un rapport du 4 novembre 2004, ce m�decin a constat� des s�quelles au niveau de la main droite qui entra�naient des limitations en ce qui concerne le port de charges � deux mains et les travaux lourds. Dans son activit� de tuyauteur-serrurier, l'assur� pr�sentait une incapacit� de travail de 40 %. En revanche, sa capacit� de travail �tait compl�te dans une activit� adapt�e.
Dans un avis du 29 novembre 2004, le docteur R.________, m�decin de l'office AI, a retenu une capacit� totale de travail dans une activit� adapt�e depuis le 28 avril 2004, date de l'examen clinique par l'expert. Dans un avis du 13 et du 20 d�cembre 2004, il a consid�r� que les activit�s de boulanger-p�tissier et de p�tissier-confiseur �taient adapt�es aux troubles mineurs de la main droite.
Le 14 janvier 2005, l'office AI a rendu une d�cision de refus de rente, au motif que l'on pouvait raisonnablement exiger de P.________ qu'il exerce � plein temps un emploi l�ger et adapt� et que le taux de son invalidit� �tait de 15 %, compte tenu d'un revenu sans invalidit� de 61'208 fr. et d'un revenu d'invalide de 52'025 fr. Le 17 janvier 2005, il a rendu une autre d�cision par laquelle il a refus� tout droit � un reclassement.
Le 18 f�vrier 2005, P.________ a form� opposition contre ces deux d�cisions, motif pris qu'il pr�sentait une invalidit� de 40 %, taux donnant droit � un quart de rente, voire de 31 % - taux donnant droit � des mesures d'ordre professionnel - si l'on se fondait sur un revenu sans invalidit� de 75'347 fr. par ann�e.
Par lettre dat�e du 22 f�vrier 2005, l'office AI a avis� P.________ qu'il allait proc�der � un nouvel examen du dossier et que des mesures d'instruction compl�mentaires seraient �ventuellement n�cessaires.
L'office AI a mis en oeuvre une enqu�te �conomique pour ind�pendant. Celle-ci a eu lieu le 26 avril 2005, au domicile de l'assur�. Dans un rapport du 3 mai 2005, l'enqu�teur a d�pos� ses conclusions.
Par d�cision du 19 mai 2005, l'office AI a rejet� l'opposition, au motif que l'assur� pr�sentait une invalidit� de 13 % - compte tenu d'un revenu sans invalidit� de 59'797 fr. 80 et d'un revenu d'invalide de 52'025 fr. 55 -, taux ne donnant pas droit � une rente ni � des mesures d'ordre professionnel.
Le 22 juin 2005, P.________ a form� recours contre cette d�cision devant le Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais, en concluant, sous suite de frais et d�pens, � l'annulation de celle-ci, le dossier �tant renvoy� � l'office AI pour nouvelle d�cision apr�s compl�ment d'instruction. A titre subsidiaire, il invitait la juridiction cantonale, apr�s instruction compl�mentaire, � fixer � 40 % son invalidit�, l'office AI �tant condamn� � lui allouer un quart de rente et des mesures d'ordre professionnel. Invoquant la violation de son droit d'�tre entendu, il reprochait � l'office AI d'avoir agi � l'insu de son mandataire et demandait que le rapport d'enqu�te �conomique du 3 mai 2005 soit �limin� du dossier et qu'une nouvelle audition ait lieu, de mani�re contradictoire, en pr�sence de son avocat.
Le 28 octobre 2005, le mandataire de P.________ a consult� le dossier de son client au greffe du Tribunal. Le m�me jour, il a d�pos� ses observations.
Par jugement du 21 novembre 2005, le Tribunal cantonal des assurances a rejet� le recours.
Le 9 janvier 2006, P.________ a interjet� un recours de droit administratif contre ce jugement, en concluant, sous suite de frais et d�pens, � l'annulation de celui-ci, le dossier de la cause �tant renvoy� au Tribunal cantonal des assurances, subsidiairement � l'office AI pour nouvelle d�cision apr�s compl�ment d'instruction. A titre subsidiaire, il invitait le Tribunal f�d�ral des assurances, apr�s avoir proc�d� lui-m�me � une instruction compl�mentaire, � fixer � 40 % son degr� d'invalidit�, l'office AI �tant condamn� � lui allouer un quart de rente ainsi que des mesures d'ordre professionnel.
L'Office cantonal AI du Valais conclut au rejet du recours. L'Office f�d�ral des assurances sociales a renonc� � se d�terminer.
1.2 La loi f�d�rale du 16 d�cembre 2005 modifiant la loi f�d�rale sur l'assurance-invalidit� est entr�e en vigueur le 1er juillet 2006 (RO 2006 2003), apportant des modifications qui concernent notamment la proc�dure conduite devant le Tribunal f�d�ral des assurances (art. 132 al. 2 et 134 OJ). Toutefois, le pr�sent cas n'est pas soumis � ces nouvelles r�gles, du moment que le recours de droit administratif a �t� form� avant le 1er juillet 2006 (ch. II let. c des dispositions transitoires relatives � la modification du 16 d�cembre 2005).
2.1 Invoquant une violation du droit d'�tre entendu, le recourant reproche � l'office intim� d'avoir proc�d� � une enqu�te �conomique � l'insu de son mandataire et sans qu'un proc�s-verbal ait �t� �tabli � cette occasion et de ne pas lui avoir donn� la possibilit� de s'exprimer sur le rapport du 3 mai 2005, qui n'a �t� communiqu� � l'avocat qu'apr�s notification de la d�cision sur opposition du 19 mai 2005. D'ordre formel, ce grief doit �tre examin� en premier lieu, car son admission pourrait amener le tribunal � renvoyer la cause sans en examiner le fond (ATF 127 V 437 consid. 3d/aa, 126 V 132 consid. 2b et les arr�ts cit�s).
2.2 La jurisprudence, rendue sous l'empire de l'art. 4 aCst. et qui s'applique �galement � l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 129 II 504 consid. 2.2, 127 I 56 consid. 2b, 127 III 578 consid. 2c, 126 V 130 consid. 2a), a d�duit du droit d'�tre entendu, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur le sort de la d�cision, celui d'avoir acc�s au dossier, celui de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 126 I 16 consid. 2a/aa, 124 V 181 consid. 1a, 375 consid. 3b et les r�f�rences).
2.3 Selon les premiers juges, ni la loi, ni la jurisprudence n'imposent � l'administration de dresser un proc�s-verbal d'audition que l'assur� devrait approuver par sa signature et qui devrait �tre notifi� � son mandataire. Certes, cette fa�on de proc�der serait souhaitable dans la mesure o� elle pourrait �viter de futures contestations, mais elle ne peut �tre impos�e � l'administration � d�faut de base l�gale. Quoi qu'il en soit, m�me si le tribunal cantonal des assurances retenait en l'occurrence une violation du droit d'�tre entendu, celle-ci ne serait de toute fa�on pas d'une gravit� telle qu'on ne puisse pas la consid�rer comme r�par�e, lorsque, comme dans le cas particulier, la partie l�s�e a la possibilit� de s'exprimer devant une autorit� de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen.
2.4.1 En mati�re d'assurance-invalidit�, la proc�dure d'audition pr�alable de l'art. 73bis al. 1 RAI, en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002, concr�tisait les garanties de rang constitutionnel d�coulant du droit d'�tre entendu lors de la phase de l'instruction de la demande (ATF 124 V 182 consid. 1c; voir aussi ATF 131 V 41 consid. 4.2). Selon cette disposition r�glementaire, avant que l'office AI se prononce sur le refus d'une demande de prestations ou sur le retrait ou la r�duction d'une prestation en cours, il devait donner l'occasion � l'assur� ou � son repr�sentant de s'exprimer, oralement ou par �crit, sur le projet de r�glement du cas et de consulter les pi�ces du dossier.
L'art. 69 al. 2 RAI dispose que si les conditions de la demande sont remplies, l'office AI r�unit les pi�ces n�cessaires, en particulier sur l'�tat de sant� du requ�rant, son activit�, sa capacit� de travail et son aptitude � �tre r�adapt�, ainsi que sur l'indication de mesures d�termin�es de r�adaptation. Des rapports ou des renseignements, des expertises ou une enqu�te sur place peuvent �tre exig�s ou effectu�s; il peut �tre fait appel aux sp�cialistes de l'aide publique ou priv�e aux invalides.
Selon la jurisprudence (arr�ts V.-N. du 13 d�cembre 2004 [I 42/03] et A. du 7 avril 2004 [I 202/03]), lorsque le repr�sentant de l'assur� n'a pas �t� invit� � l'enqu�te sur place, il n'y a pas, en r�gle g�n�rale, violation du droit d'�tre repr�sent� et assist� d�coulant du droit d'�tre entendu si ult�rieurement, dans le cadre de la proc�dure d'audition pr�alable de l'art. 73bis al. 1 RAI, le repr�sentant a eu acc�s au rapport et a pu se d�terminer sur les conclusions qu'il contient.
2.4.2 Avec l'entr�e en vigueur de la LPGA, la proc�dure d'audition pr�alable de l'art. 73bis al. 1 RAI a �t� supprim�e et c'est d�sormais au stade de l'opposition que l'assur� peut exercer son droit d'�tre entendu. Aux termes de l'art. 42 LPGA, les parties ont le droit d'�tre entendues. Il n'est pas n�cessaire de les entendre avant une d�cision sujette � opposition.
L'administration doit �claircir l'�tat de fait d�terminant avant de rendre sa d�cision et ne peut pas renvoyer cette t�che � la proc�dure d'opposition. Sont r�serv�es les mesures d'instruction compl�mentaires qui d�coulent des objections contenues dans l'opposition. Il y a lieu de distinguer l'�claircissement de l'�tat de fait et le respect du droit d'�tre entendu. L'audition des parties, qui est un aspect du droit d'�tre entendu, n'est pas n�cessaire dans la proc�dure d'instruction avant les d�cisions susceptibles d'�tre attaqu�es par la voie de l'opposition. La LPGA contient � ce sujet une r�glementation exhaustive (arr�t A.-H. du 30 juin 2006 [I 158/04], destin� � la publication aux ATF 132 V).
2.4.3 Dans le cas particulier, l'enqu�te �conomique pour ind�pendant a eu lieu apr�s l'opposition du 18 f�vrier 2005 contre le refus de rente du 14 janvier 2005 et le refus de reclassement du 17 janvier 2005. Cette enqu�te a �t� effectu�e par l'office AI le 26 avril 2005 au domicile de l'assur�, � laquelle son repr�sentant n'a pas �t� invit�. Au stade de l'opposition, l'intim� n'a pas donn� au recourant ni � son avocat la possibilit� de se d�terminer sur les conclusions que contient le rapport du 3 mai 2005.
Il y a donc eu violation du droit d'�tre entendu. Toutefois, celle-ci n'est pas d'une gravit� particuli�re et elle doit �tre consid�r�e comme r�par�e. En effet, le recourant a eu la possibilit� de s'exprimer sur le rapport d'enqu�te �conomique du 3 mai 2005 devant la juridiction cantonale, qui jouissait d'un plein pouvoir d'examen (ATF 127 V 437 consid. 3d/aa, 126 I 72, 126 V 132 consid. 2b et les r�f�rences).
2.5 Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir viol� son droit d'�tre entendu en refusant les moyens de preuve propos�s. Il requiert la mise en oeuvre d'une enqu�te �conomique compl�mentaire, l'audition de ses anciens employeurs, de ses partenaires contractuels et du personnel engag� pendant son incapacit� de travail, ainsi que la mise en oeuvre d'une expertise comptable pour d�terminer le revenu r�el d'ind�pendant. Sa requ�te tend � l'�valuation du revenu sans invalidit� et de l'incapacit� de gain qui en r�sulte.
2.6 Dans la d�cision sur opposition du 19 mai 2005, l'intim� a consid�r� qu'� d�faut d'�l�ments concrets d�terminants, il convenait de calculer le revenu sans invalidit� en se fondant sur les donn�es statistiques et non pas sur les revenus r�alis�s dans l'activit� salari�e exerc�e par le recourant avant qu'il se mette � son compte, contrairement au calcul effectu� dans la d�cision du 14 janvier 2005. Il ressortait du rapport d'enqu�te �conomique du 3 mai 2005 que, dans le cadre de son activit� ind�pendante de �serrurier dans le domaine de la s�curit�, l'assur� avait effectu� un travail tr�s manuel et technique: il s'occupait de la maintenance des machines, mettait les protections sur les tapis roulants, r�parait les concasseurs, faisait de la soudure et de la serrurerie, et s'occupait de l'entretien des chalands. Au vu des activit�s effectu�es par le recourant et �tant donn� qu'il ne disposait d'aucun dipl�me professionnel, il convenait de se r�f�rer au salaire statistique auquel peuvent pr�tendre les hommes effectuant des activit�s simples et r�p�titives dans le secteur de la m�tallurgie et du travail des m�taux.
2.7 Selon les premiers juges, les renseignements �conomiques recueillis par l'office AI sont suffisants dans la mesure o� l'administration s'est fond�e � bon droit sur les donn�es statistiques et non sur les r�sultats comptables de l'entreprise pour fixer le revenu sans invalidit� et o� il n'y avait pas lieu d'instruire la cause plus avant sur le plan �conomique. Ils ont consid�r� que les griefs du recourant pouvaient ainsi �tre rejet�s, sans qu'il soit besoin d'administrer les moyens de preuve qu'il proposait.
2.8 Le revenu sans invalidit� se d�termine en r�gle g�n�rale d'apr�s le dernier salaire que l'assur� a obtenu avant l'atteinte � la sant�, en tenant compte de l'�volution des salaires jusqu'au moment du prononc� de la d�cision (ATF 129 V 224 consid. 4.3.1). On ne saurait s'�carter d'un tel revenu pour le seul motif que l'assur� disposait, avant la survenance de son invalidit�, de meilleures possibilit�s de gain que celles qu'il mettait en valeur et qui lui permettaient d'obtenir un revenu modeste (ATF 125 V 157 consid. 5c/bb et les arr�ts cit�s); il convient toutefois de renoncer � s'y r�f�rer lorsqu'il ressort de l'ensemble des circonstances du cas que l'assur�, sans invalidit�, ne se serait pas content� d'une telle r�mun�ration de mani�re durable (PJA 2002 1487; RCC 1992 p. 96 consid. 4a). Si l'assur� exer�ait une activit� lucrative ind�pendante avant la survenance de son handicap, il convient de prendre en compte le d�veloppement probable que son entreprise aurait eu s'il n'avait pas d� y mettre un terme en raison de son invalidit�, au regard des aptitudes professionnelles et personnelles de l'int�ress� (RCC 1985 p. 662 s. consid. 3a, 1981 p. 41 consid. 2; Jean-Louis Duc, L'assurance-invalidit�, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, 2�me �dition, ch. 218 et note n� 269).
2.8.1 Il est notoire que les personnes qui se mettent � leur compte ne r�alisent pas, au d�but de leur nouvelle activit�, les m�mes revenus que des entrepreneurs �tablis depuis plusieurs ann�es, et qu'elles consentent souvent des sacrifices financiers importants durant cette p�riode (arr�t T. du 13 janvier 2005 [I 137/04]).
2.8.2 De l'avis du recourant, l'arr�t T. pr�cit� ne s'applique pas dans son cas, les situations n'�tant pas les m�mes. Il fait valoir que le revenu r�alis� en 2000 en qualit� d'ind�pendant �tait sup�rieur au salaire r�sultant des donn�es statistiques et qu'il en aurait �t� vraisemblablement de m�me en 2001 s'il avait �t� en bonne sant�, ce que les moyens de preuve propos�s auraient permis d'�tablir s'ils avaient �t� administr�s.
2.8.3 Il est constant que le recourant a pr�sent� une incapacit� de travail de 100 % entre le 13 d�cembre 2000 et le 8 avril 2001, de 70 % entre le 9 avril et le 31 mai 2001, de 50 % entre le 1er et le 30 juin 2001, de 100 % entre le 11 septembre et le 14 octobre 2001 et entre le 3 juin et le 25 ao�t 2002. La naissance du droit �ventuel � une rente remonte donc au plus t�t � l'ann�e 2002 (art. 29 al. 1 let. b LAI), ann�e � laquelle il y a donc lieu de se reporter (ATF 129 V 222).
Avec les premiers juges, il convient de constater que l'entreprise exploit�e par le recourant depuis juillet 2000 en tant que serrurier dans le domaine de la s�curit� n'avait manifestement pas encore atteint son plein rendement en d�cembre 2000, compte tenu notamment de sa br�ve existence, des investissements initialement r�alis�s, en particulier pour l'achat de l'outillage, et de la n�cessit� de se constituer progressivement une client�le plus �toff�e que les trois soci�t�s avec lesquelles il travaillait (A.________ SA, B.________ SA et C.________ SA). Cela n'est pas remis en cause devant la Cour de c�ans. On ajoutera que le but de l'assur� �tait de pouvoir d�velopper son entreprise afin de faire de la r�novation de maison, ainsi que cela ressort du rapport d'enqu�te �conomique du 3 mai 2005.
Il s'ensuit que le r�sultat d'exploitation de la soci�t� X.________ au 31 d�cembre 2000 ne permet pas de fixer de mani�re fiable le revenu que le recourant, sans l'atteinte � sa sant�, aurait pu r�aliser au moment de la survenance de son invalidit�, au plus t�t en 2002. Les moyens de preuve que celui-ci propose n'y changent rien. On ne saurait d�s lors reprocher aux premiers juges de n'avoir donn� aucune suite � sa requ�te de preuves.
Le litige concerne le droit �ventuel du recourant � une rente d'invalidit� ou � des mesures d'ordre professionnel et porte sur le calcul du revenu de l'assur� valide et du taux d'invalidit� fondant le droit � la prestation.
3.1 C'est en vain que le recourant conteste l'application par l'intim� et les premiers juges des donn�es statistiques dans le calcul du revenu de la personne valide. Etant donn� que le r�sultat d'exploitation de la soci�t� X.________ au 31 d�cembre 2000 ne permet pas ce calcul, on se trouve ainsi dans la situation o�, � d�faut de pouvoir disposer de renseignements concrets fiables sur le revenu que le recourant aurait pu r�aliser en 2002 sans invalidit�, il convient de se r�f�rer aux donn�es salariales ressortant de l'Enqu�te suisse sur la structure des salaires (ESS), publi�e par l'Office f�d�ral de la statistique (ATF 126 V 76 s. consid. 3b/bb).
3.1.1 L'office AI et les premiers juges sont de l'avis qu'il y a lieu de se fonder sur un salaire mensuel brut (valeur m�diane) de 4'714 fr. pour les hommes occup�s dans la m�tallurgie et le travail des m�taux (L'Enqu�te suisse sur la structure des salaires 2002, Tableau TA1, secteur 27-28, niveau de qualification 4).
3.1.2 Ainsi que cela ressort du rapport d'enqu�te �conomique du 3 mai 2005, lors de la cr�ation de son entreprise, le travail du recourant consistait principalement dans diff�rentes activit�s de maintenance sur plusieurs sites d'extraction de gravier. Le travail �tait tr�s manuel et technique et permettait � l'assur� d'avoir une certaine s�curit� de travail lui permettant de d�velopper son entreprise dans la r�novation de maison.
Cette activit� appara�t d�s lors fortement �loign�e de celles couvertes par le secteur professionnel retenu par l'administration et confirm� par les premiers juges; aussi ce choix n'est-il pas ad�quat. Au regard de l'ensemble des circonstances particuli�res du cas d'esp�ce, le secteur qui entre en consid�ration dans le cas particulier est celui de la construction. D'autre part, il y a lieu de tenir compte de l'exp�rience acquise par le recourant, entre autres, dans le domaine de la serrurerie depuis qu'il a travaill� en Suisse. Ainsi, le salaire de r�f�rence est celui auquel peuvent pr�tendre les hommes disposant de connaissances professionnelles sp�cialis�es, � savoir 5'284 fr. par mois - valeur en 2002 - part au 13�me salaire comprise (L'Enqu�te suisse sur la structure des salaires 2002, Tableau TA1, secteur 45, niveau de qualification 3), soit 63'408 fr. par ann�e. Ce salaire hypoth�tique repr�sente, compte tenu du fait que les salaires bruts standardis�s se basent sur un horaire de travail de quarante heures, soit une dur�e hebdomadaire inf�rieure � la moyenne usuelle dans la construction en 2002 (41.9 heures; La Vie �conomique 10-2005 p. 82, tabelle B9.2), un revenu annuel sans invalidit� de 66'420 fr. (63'408 fr. x 41.9 : 40), valeur en 2002.
3.2 L'intim� a fix� le revenu d'invalide du recourant � 52'025 fr. par ann�e, montant qui n'est pas contest�. Dans le calcul, l'office AI s'est fond� sur un revenu annuel de 57'008 fr. (valeur 2002). Etant donn� qu'il y a lieu de se reporter � l'ann�e 2002 (supra, consid. 2.8.3), le revenu annuel d'invalide, compte tenu d'un abattement de 10 %, est ainsi de 51'307 fr., valeur en 2002.
3.3 La comparaison des revenus ([66'420 - 51'307] x 100 : 66'420) donne une invalidit� de 23 % (le taux de 22,75 % �tant arrondi au pour cent sup�rieur [ATF 130 V 122 s. consid. 3.2; SVR 2004 UV Nr. 12 p. 44).
Ce taux ne donne pas droit � une rente d'invalidit� (art. 28 al. 1 LAI).
4.1 Est r�put� invalide au sens de l'art. 17 LAI celui qui n'est pas suffisamment r�adapt�, l'activit� lucrative exerc�e jusque-l� n'�tant plus raisonnablement exigible ou ne l'�tant plus que partiellement en raison de la forme et de la gravit� de l'atteinte � la sant�. Le seuil minimum fix� par la jurisprudence pour ouvrir droit � une mesure de reclassement est une diminution de la capacit� de gain de 20 % environ (ATF 124 V 110 consid. 2b et les r�f�rences).
4.2 La comparaison des revenus donnant une invalidit� de 23 %, le seuil minimum de 20 % environ pour ouvrir le droit � une mesure de reclassement est atteint.
4.3 Le droit � une mesure de r�adaptation suppose qu'elle soit appropri�e au but de la r�adaptation poursuivi par l'assurance-invalidit�, tant objectivement en ce qui concerne la mesure que sur le plan subjectif en ce qui concerne la personne de l'assur� (VSI 2002 p. 112 consid. 2 et les r�f�rences).
Dans un rapport du 14 juillet 2003, le professeur E.________ a r�pondu par l'affirmative � la question de savoir si des mesures professionnelles �taient indiqu�es.
Au regard du principe de proportionnalit� (art. 8 al. 1 LAI), il se justifie d�s lors de mettre en oeuvre des mesures d'ordre professionnel pour un assur� dot� de capacit�s de reclassement, de fa�on � �viter que, par suite de son invalidit�, son revenu ne soit durablement amput�. Il incombera donc � l'office intim�, � qui la cause doit �tre renvoy�e, d'en d�terminer les modalit�s.
Le recours est partiellement admis en ce sens que le jugement du Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais, du 21 novembre 2005, et la d�cision sur opposition du 19 mai 2005 sont annul�s en tant qu'ils portent sur des mesures de r�adaptation d'ordre professionnel. La cause est renvoy�e � l'Office cantonal AI du Valais aux fins de d�terminer la mesure de reclassement � laquelle P.________ a droit.
L'Office cantonal AI du Valais versera au recourant la somme de 1'500 fr. (y compris la taxe sur la valeur ajout�e) � titre de d�pens pour l'instance f�d�rale.
Le Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais statuera sur les d�pens pour la proc�dure de premi�re instance, au regard de l'issue du proc�s de derni�re instance.