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Timestamp: 2016-10-28 06:44:50+00:00
Document Index: 188635726

Matched Legal Cases: ['art. 46', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 99', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 58', 'art. 63', 'art. 65', 'art. 62', 'art. 46', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ']

4A_169/2010 (23.08.2010)
4A_169/2010
Arr�t du 23 ao�t 2010
X.________ Compagnie d'Assurances, repr�sent�e par Me Pierre Gabus,
Y.________, repr�sent� par Me Jacques Emery,
responsabilit� civile du d�tenteur de v�hicule automobile, calcul du dommage,
recours contre l'arr�t rendu le 12 f�vrier 2010 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
A.a Y.________, qui est n� le 7 octobre 1963, dispose d'une formation d'employ� de commerce. Apr�s avoir occup� divers emplois dans plusieurs �tablissements bancaires de la place de Gen�ve, il a travaill� du 1er janvier 1999 au 31 d�cembre 2001 � la Banque A.________ (ci-apr�s: A.________) en qualit� de fond� de pouvoir dans la section � tr�sorerie �; il y percevait en dernier lieu un salaire annuel brut de 131'950 fr. Le 14 novembre 2001, Y.________, encore employ� de A.________, a obtenu un dipl�me de cambiste d�livr� par l'Association des March�s Financiers. Il pratiquait alors beaucoup de sport.
Y.________ a donn� son cong� � A.________ en �t� 2001 pour le 31 d�cembre 2001. Peu apr�s, il est parti pour le Br�sil, pays o� il n'a pas occup� d'emploi ni suivi de cours. Il est rentr� � Gen�ve en novembre 2002. De retour de ce voyage d'agr�ment, il n'a pas entrepris imm�diatement des d�marches concr�tes pour retrouver un emploi.
A.b Le 1er d�cembre 2002, alors qu'il circulait au guidon d'un scooter immatricul� � Gen�ve � son nom, Y.________ a �t� percut� par un motocycliste dont la responsabilit� civile de d�tenteur �tait assur�e par X.________ Compagnie d'Assurances (ci-apr�s: X.________ ou l'assurance). Il a �t� retenu que l'accident est d� au comportement fautif du motocycliste, qui a ignor� la signalisation lumineuse; ce dernier, reconnu coupable de l�sions corporelles par n�gligence, a �t� condamn�, par jugement du Tribunal de police de Gen�ve rendu le 17 d�cembre 2003, � une peine de 10 jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans et � une amende de 500 fr.
Victime d'une fracture ouverte du tibia et du p�ron� de la jambe droite, Y.________ a �t� op�r�; il a �t� hospitalis� jusqu'au 26 d�cembre 2002.
Il a �t� constat� que le pr�nomm� a �t� totalement incapable de travailler jusqu'au 31 janvier 2004. La r�cup�ration osseuse se faisant mal, il a d� se d�placer jusqu'au d�but septembre 2003 � l'aide de deux b�quilles, puis pendant une grande partie de l'ann�e 2004 avec une canne anglaise.
Y.________ a encore �t� hospitalis� du 15 au 20 f�vrier 2005 en vue de l'ablation du mat�riel d'ost�osynth�se, ce qui a g�n�r� une nouvelle incapacit� totale de travail du 15 f�vrier au 21 mars 2005.
Le physioth�rapeute de Y.________ a d�clar� que ce dernier avait enti�rement r�cup�r� de l'accident, sa jambe n'�tant pas rest�e fragile.
A.c Entre le 1er f�vrier 2004 et le 4 f�vrier 2005, Y.________ a per�u de l'assurance-ch�mage des indemnit�s journali�res de 101 fr.60 bruts, 21 jours �tant indemnisables par mois. Durant toute cette p�riode, X.________ a compl�t�, � bien plaire, lesdites indemnit�s journali�res en ajoutant 171 fr. par jour indemnis�, de sorte que le l�s� a encaiss�, 21 fois par mois, un montant de 272 fr.60.
Du 15 f�vrier au 21 mars 2005, p�riode o� Y.________, comme on l'a vu, �tait derechef en incapacit� totale de travailler, X.________ a vers� � ce dernier des indemnit�s ascendant au total brut de 3'657 fr.60, repr�sentant 3'472 fr.90 apr�s d�duction des cotisations vers�es aux assurances sociales.
Du 5 avril au 30 novembre 2005, Y.________ a �t� plac� par la caisse de ch�mage aupr�s du Service du Tuteur g�n�ral de l'Etat de Gen�ve en qualit� de gestionnaire des comptes; il a touch� mensuellement un salaire brut de 3'301 fr.95.
Du 1er d�cembre 2005 au 31 juillet 2007, Y.________ a �t� au service de B.________ SA; son salaire annuel brut se montait � 73'200 fr., correspondant � 6'100 bruts par mois, douze fois l'an.
Depuis le 1er ao�t 2007, Y.________ travaille � la banque C.________ (ci-apr�s: C.________), aupr�s du d�partement � Op�rations �; cet �tablissement lui verse un salaire annuel brut de 100'000 fr, 13e salaire inclus, plus une indemnit� mensuelle de repas de 180 fr., de sorte qu'il per�oit en moyenne chaque mois de l'ann�e le montant brut de 8'513 fr.33 (100'000 + 2'160 (12 x 180) : 12).
A.d Le 19 juin 2003, X.________ a vers� 3'500 fr. � Y.________ en remboursement des frais et honoraires d'avocat qu'il avait encourus jusque-l�. En avril 2004, elle lui a remis une somme de 4'500 fr. en r�paration du pr�judice m�nager subi entre le 1er d�cembre 2002 et le 1er septembre 2003.
B.a Par demande du 12 octobre 2007, Y.________ a ouvert action contre X.________ devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, � laquelle il a r�clam� un montant total de 1'033'670 fr.40, � titre de perte de gain actuelle, perte de gain future, dommage de rente, dommage m�nager, tort moral et honoraires d'avocat non couverts par les d�pens.
La d�fenderesse s'est oppos�e � la demande en se pr�valant, en tant que de besoin, de la compensation.
De nombreux t�moins ont �t� entendus pendant les enqu�tes.
En dernier lieu, le demandeur a conclu � ce que l'assurance lui paye 507'827 fr.40 plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 avril 2005 � titre de perte de gain actuelle, 9'200 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 15 avril 2003 en r�paration du pr�judice m�nager, 35'162 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le d�p�t de la demande pour les honoraires d'avocat non couverts par les d�pens et 20'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er d�cembre 2002 au titre du tort moral �prouv�. Y.________ a ainsi renonc� � r�clamer r�paration du pr�judice futur et du dommage de rente.
Par jugement du 7 mai 2009, le Tribunal de premi�re instance a uniquement d�clar� X.________ d�bitrice du demandeur de la somme de 7'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 15 avril 2003 pour indemniser le pr�judice m�nager, non sans condamner ce dernier aux d�pens comprenant une indemnit� de proc�dure de 25'000 fr. � titre de participation aux honoraires du conseil de la d�fenderesse.
Cette autorit� a consid�r� que le demandeur n'avait subi aucune perte de gain, au motif qu'il n'avait pas rendu vraisemblable son intention, s'il n'avait pas �t� victime de l'accident du 1er d�cembre 2002, de reprendre une activit� professionnelle �quivalente � celle qu'il exer�ait avant son d�part au Br�sil. Le Tribunal de premi�re instance a encore affirm� que l'atteinte � l'int�grit� corporelle du l�s� n'avait pas rev�tu une gravit� telle qu'il puisse en r�sulter un tort moral et que les frais d'avocat avant proc�s n'avaient pas �t� all�gu�s avec suffisamment de pr�cision pour �tre allou�s.
B.b Saisie d'un appel du demandeur, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve, par arr�t du 12 f�vrier 2010, a confirm� le jugement du 7 mai 2009 en tant qu'il a condamn� la d�fenderesse � verser au demandeur 7'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 15 avril 2003 pour r�parer le dommage m�nager, a annul� ce jugement pour le surplus et, statuant � nouveau, a condamn� X.________ � payer � Y.________ 216'267 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 15 octobre 2006 pour la perte de gain subie du 1er ao�t 2004 au 31 d�cembre 2009, 4'000 fr. plus int�r�ts � 5% d�s le 1er d�cembre 2002 � titre d'indemnit� satisfactoire et 16'500 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 12 octobre 2007 pour les d�penses d'avocat hors proc�s.
En substance, la cour cantonale a jug� que le demandeur, bless� par suite de l'emploi d'un motocycle dont le d�tenteur �tait assur� aupr�s de la d�fenderesse, pouvait exiger de celle-ci la r�paration de son dommage sur la base de l'art. 46 CO. Appr�ciant divers t�moignages et diff�rents documents faisant �tat de la conjoncture �conomique � Gen�ve entre 2002 et 2005 et prenant en compte le retrait du march� du travail choisi par le demandeur en 2002, elle a estim� que le l�s� n'aurait pu retrouver un emploi dans le domaine bancaire, sans l'accident, qu'� partir du 1er ao�t 2004. Elle a expos� qu'avant le 1er janvier 2010 il n'aurait toutefois pas retrouv�, si le sinistre n'�tait pas intervenu, un poste lui permettant de gagner l'�quivalent de son dernier salaire annuel brut, par 131'950 fr., mais un salaire moins important de 100'000 fr. bruts par an du 1er ao�t 2004 au 31 d�cembre 2005, augment� � 105'000 fr. bruts par an entre le 1er janvier 2006 et le 31 d�cembre 2007 et � 110'000 fr. bruts par an entre le 1er janvier 2008 et le 31 d�cembre 2009. A partir de ces donn�es, elle a calcul� que le demandeur aurait pu gagner sans l'accident, du 1er ao�t 2004 au 31 d�cembre 2009, un total de salaires ascendant � 471'667 fr. Pour la m�me p�riode, elle a arr�t� le revenu d'invalide de la victime au total de 255'400 fr., d'o� un gain manqu� � indemniser correspondant � la diff�rence entre ces deux montants, soit 216'267 fr. en capital.
Apr�s avoir confirm� le pr�judice m�nager restant � indemniser, calcul� par les premiers juges � 7'000 fr., l'autorit� cantonale a retenu que le demandeur avait subi des souffrances importantes et une longue incapacit� de travail, de sorte que l'octroi d'une indemnit� satisfactoire par 4'000 fr. �tait justifi�. Elle a enfin �valu� � 20'000 fr. les frais d'avocat avant proc�s � rembourser; la d�fenderesse ayant d�j� pay� � ce titre 3'500 fr. au demandeur, un reliquat de 16'500 fr. en capital lui restait d�.
X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal et conclut � ce que le demandeur soit d�bout� de toutes ses conclusions. La recourante fait valoir que compte tenu de ce que le demandeur a d�j� encaiss�, � titre de perte de revenus, des montants sup�rieurs au pr�judice effectif qu'il a subi, aucune perte de gain n'est encore indemnisable et que les prestations vers�es en trop par la d�fenderesse doivent �tre compens�es avec ce qu'elle admet devoir des chefs du pr�judice m�nager, par 7'000 fr., du tort moral, par 4'000 fr., et des frais et honoraires d'avocat hors proc�s, par 16'500 fr.
La recourante requiert �galement que l'effet suspensif soit octroy� � son recours.
L'intim� donne acte qu'il accepte l'annulation partielle de l'arr�t attaqu� en tant qu'il lui alloue la somme de 216'107 fr. (recte: 216'267 fr.) plus int�r�ts � 5% d�s le 15 octobre 2006 au titre de la perte de gain subie du 1er ao�t 2004 au 31 d�cembre 2009. Cela fait, il propose que la d�fenderesse soit d�clar�e sa d�bitrice de ce chef du montant de 153'330 fr.35 avec int�r�ts � 5% d�s le 15 octobre 2006 et que le recours de celle-ci soit pour le reste rejet� en tant qu'il est recevable.
L'autorit� cantonale a d�pos� des observations. Sur le fond, elle expose que deux erreurs de calcul ont vici� son calcul du dommage actuel d�taill� au consid�rant 5.3 de l'arr�t d�f�r�. Premi�rement, entre le 1er ao�t 2004 et le 31 janvier 2005, p�riode de six mois (et non de sept comme cela a �t� mentionn� par inadvertance), l'indemnit� de ch�mage de 272 fr.60 per�ue 21 fois par mois donne un paiement mensuel de 5'724 fr.60 (et non de 5'445 fr.). Secondement, du 1er d�cembre 2005 au 31 juillet 2007 (p�riode o� le l�s� travaillait pour B.________ SA), vingt mois se sont �coul�s (et non dix-neuf), alors que du 1er ao�t 2007 au 31 d�cembre 2009 (p�riode C.________), vingt-neuf mois ont pass� (et non trente); partant, pour la p�riode B.________ SA, le revenu d'invalide se monte � 6'100 fr. x 20, tandis que, pour la p�riode C.________ du 1er ao�t 2007 au 31 d�cembre 2009, le m�me revenu est de 8'513 fr.33 x 29. Les magistrats genevois ont ajout� que pour le surplus leurs calculs sont exacts.
1.1 Interjet� par la partie d�fenderesse qui a partiellement succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe largement le seuil de 30'000 fr. de l'art. 74 al. 1 let. b LTF, le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 135 III 670 consid. 1.4 p. 674; 134 III 379 consid. 1.2 p. 382). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s, ou � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 et l'arr�t cit�). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations factuelles de l'autorit� cantonale ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire telle que l'entend l'art. 9 Cst. (ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 et 6.2). Le recourant ne peut de toute mani�re demander une correction de l'�tat de fait que si celle-ci est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
2.1 La recourante soutient tout d'abord que la cour cantonale a admis, en se basant sur une appr�ciation arbitraire des faits, l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'accident dont a �t� victime l'intim� et la perte de gain qui en est r�sult� pour celui-ci. Elle reproche aux magistrats genevois d'avoir omis de consid�rer que le demandeur, au moment de l'accident, se trouvait sans emploi depuis presque une ann�e, de sa seule volont�. A l'en croire, lorsqu'il convient d'appr�cier les causes du dommage, le s�jour au Br�sil de l'intim� et son �loignement du march� du travail � un moment o� le secteur de la banque �tait en crise, constituent des facteurs �quivalents � celui d�coulant de son handicap physique. Pour la recourante, comme d'autres facteurs entraient en ligne de compte et rev�taient une importance significative, le rapport de causalit� naturelle entre le sinistre et la perte de gain aurait d� �tre �cart�.
2.2 Un fait est la cause naturelle d'un r�sultat dommageable s'il en constitue une condition sine qua non. Autrement dit, on admet qu'il y a un lien de causalit� naturelle entre deux �v�nements lorsque, sans le premier, le second ne se serait pas produit. Il n'est pas n�cessaire que l'�v�nement consid�r� soit la cause unique ou imm�diate du r�sultat; l'existence d'un lien de causalit� naturelle est une question de fait que le juge doit trancher selon les r�gles du degr� de vraisemblance pr�pond�rante (ATF 133 III 462 consid. 4.4.2 p. 470; 132 III 715 consid. 2.2 p. 718).
En l'esp�ce, il est manifeste que si le d�tenteur, dont la responsabilit� civile est assur�e par la recourante, n'avait pas ignor� la signalisation lumineuse et percut� le scooter que pilotait l'intim�, ce dernier n'aurait pas �t� gravement bless� � la jambe droite et n'aurait pas subi une incapacit� de gain notamment entre le 1er ao�t 2004 et le 31 d�cembre 2009. Certes le demandeur, de retour � Gen�ve en novembre 2002 venant de l'�tranger, n'avait pas recherch� effectivement un emploi les quelques semaines qui ont pr�c�d� l'accident. Mais compte tenu de son parcours professionnel jusqu'� son d�part au Br�sil, exempt de toute p�riode de ch�mage comme l'a constat� la cour cantonale au consid�rant 5.2 in initio de l'arr�t d�f�r� sans �tre critiqu�e, il �tait hautement vraisemblable qu'il ne serait pas rest� durablement sans travailler.
Les faits imput�s � l'auteur constituent de toute �vidence une condition sine qua non du pr�judice dont le demandeur requiert r�paration.
Le grief est infond�.
3.1 D'apr�s la recourante, le pr�tendu gain manqu� subi par l'intim� ne se trouve pas en lien de causalit� ad�quate avec l'accident. Elle fait valoir que le comportement du demandeur, qui a effectu� un long s�jour r�cr�atif au Br�sil et s'est ainsi �loign� du march� du travail, est un facteur interruptif de causalit�, au m�me titre que la mauvaise conjoncture existant alors � Gen�ve dans les professions de la banque. Et de s'interroger encore sur l'incidence r�elle d'une blessure � la jambe pour retrouver un emploi dans un domaine professionnel tel que la banque.
3.2 Pour dire s'il y a causalit� ad�quate, il sied d'examiner si le fait en discussion �tait propre, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, � entra�ner un r�sultat du genre de celui qui s'est produit (ATF 129 II 312 consid. 3.3 p. 318; 129 V 402 consid. 2.2 p. 405). La causalit� ad�quate est interrompue si une autre cause, qu'il s'agisse d'une force naturelle ou du comportement d'une autre personne, constitue une circonstance tout � fait exceptionnelle ou appara�t si extraordinaire que l'on ne pouvait pas s'y attendre. L'impr�visibilit� d'un acte concurrent ne suffit pas en soi � interrompre le lien de causalit� ad�quate; il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus imm�diate de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan tous les autres facteurs qui ont contribu� � l'amener et notamment le comportement en discussion (ATF 133 V 14 consid. 10.2 p. 23; 130 III 182 consid. 5.4 p. 188; 127 III 453 consid. 5d p. 457).
Savoir s'il existe un rapport de causalit� ad�quate est une question de droit que le Tribunal f�d�ral examine librement (ATF 123 III 110 consid. 2 p. 111 et les r�f�rences).
In casu, il est �tabli que l'accident n'a pas �t� provoqu� par le comportement fautif du demandeur. Il est d� au contraire � la faute exclusive du motocycliste qui, apr�s avoir ignor� les r�gles de la circulation routi�re, a renvers� le scooter que conduisait l'intim�. Le motocycliste a ainsi �t� condamn� pour l�sions corporelles par n�gligence � une peine privative de libert� avec sursis. On cherche en outre vainement quel manquement grave aurait commis le demandeur en s'en allant voyager au Br�sil pendant un peu moins d'une ann�e. Quant � la conjoncture morose qui r�gnait � Gen�ve entre 2002 et 2004, il ne s'agit nullement d'un �v�nement impr�visible et extraordinaire survenant avec une force irr�sistible (cf. ATF 131 IV 145 consid. 5.2), mais bien d'une situation assez courante dans un cycle �conomique. Enfin, lorsque la recourante insinue qu'une blessure � la jambe ne saurait emp�cher l'engagement d'un employ� de banque, elle remet en cause d'une mani�re inadmissible la constatation du taux d'invalidit�, soit l'estimation du dommage reposant sur le pouvoir d'appr�cier les faits, sans m�me invoquer l'arbitraire � cet �gard (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 364).
Le moyen est priv� de fondement.
4.1 La recourante fait grief � la Cour de justice d'avoir calcul� la perte de gain � indemniser du demandeur de fa�on inexacte, au m�pris des art. 41 ss CO. Elle pr�tend que les juges cantonaux ont err� dans la d�termination du gain effectivement per�u par l'intim� entre le 1er ao�t 2004 et le 31 d�cembre 2009, lequel se monterait � 521'222 fr.40, et non � 255'400 fr., comme l'ont retenu ceux-ci. Elle en inf�re, en se fondant sur le revenu sans invalidit� qu'a arr�t� l'autorit� cantonale, par 471'667 fr., que le l�s� a touch� � titre de perte de gain des montants sup�rieurs au dommage r�el qu'il a subi, de sorte qu'aucune indemnisation ne doit lui �tre accord�e de ce chef. Pour la recourante, le montant des prestations qu'elle a vers�es en surplus au l�s� compense les trois postes de pr�judice qu'elle reconna�t lui devoir.
4.2 Si la recourante conclut au rejet entier de l'action de l'intim�, elle affirme dans son m�moire de recours ne pas contester devoir les 7'000 fr. d�j� allou�s en premi�re instance pour r�parer le pr�judice m�nager du l�s�, ainsi que les deux sommes de 4'000 fr. repr�sentant une indemnit� satisfactoire et de 16'500 fr. aff�rentes aux d�penses d'avocat hors proc�s que la cour cantonale a accord�es au demandeur, contrairement aux premiers juges. Il n'y a ainsi pas lieu d'entrer en mati�re sur le recours quant � ces postes du dommage, dont l'octroi est d�sormais acquis au d�bat.
4.3.1 Si, par la suite de l'emploi d'un v�hicule automobile, une personne est tu�e ou bless�e ou qu'un dommage mat�riel est caus�, le d�tenteur est civilement responsable (art. 58 al. 1 de la loi f�d�rale sur la circulation routi�re du 19 d�cembre 1958; LCR, RS 741.01). La loi f�d�rale impose la conclusion d'une assurance couvrant la responsabilit� civile du d�tenteur et celle des personnes dont il est responsable (art. 63 al. 1 et 2 LCR). Dans la limite des montants pr�vus par le contrat d'assurance, le l�s� peut intenter une action directe contre l'assureur (art. 65 al. 1 LCR). Le mode et l'�tendue de la r�paration ainsi que l'octroi d'une indemnit� � titre de r�paration morale sont r�gis par les principes du code des obligations concernant les actes illicites (art. 62 al. 1 LCR).
En cas de l�sions corporelles, la partie qui en est victime a droit au remboursement des frais et aux dommages-int�r�ts qui r�sultent de son incapacit� de travail totale ou partielle, ainsi que de l'atteinte port�e � son avenir �conomique (art. 46 al. 1 CO).
Le pr�judice s'entend dans tous les cas au sens �conomique. Est donc d�terminante la diminution de la capacit� de gain. Le dommage cons�cutif � l'invalidit� doit, autant que possible, �tre �tabli de mani�re concr�te. Le juge partira du taux d'invalidit� m�dicale (ou th�orique) et recherchera ses effets sur la capacit� de gain ou l'avenir �conomique du l�s�; cette d�marche l'am�nera � estimer le gain que le l�s� aurait obtenu dans son activit� professionnelle s'il n'avait pas subi l'accident (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 363 et les arr�ts cit�s).
Si la situation salariale concr�te de la personne concern�e avant l'�v�nement dommageable constitue ainsi la r�f�rence, le juge ne doit toutefois pas se limiter � constater le revenu r�alis� jusqu'alors, car l'�l�ment d�terminant repose bien davantage sur ce que le l�s� aurait gagn� annuellement dans le futur. Mais il incombe en particulier au demandeur de rendre vraisemblables les circonstances de fait - � l'instar des augmentations futures probables de son salaire durant la p�riode consid�r�e - dont le juge peut inf�rer les �l�ments pertinents pour �tablir le revenu que le premier aurait r�alis� sans l'accident (ATF 131 III 360 ibidem; 129 III 135 consid. 2.2 p. 141).
Pour �valuer la perte de gain du l�s�, qu'elle soit permanente ou seulement temporaire, il convient de prendre comme base de calcul le salaire net de l'int�ress�. Autrement dit, la totalit� des cotisations aux assurances sociales doit �tre d�duite des salaires bruts entrant dans le calcul, soit celles � l'AVS, � l'AI, au r�gime des APG et � l'assurance-ch�mage (AC); la d�duction doit �galement porter sur les contributions du travailleur au deuxi�me pilier (ATF 136 III 222 consid. 4.1.1; 129 III 135 consid. 2.2).
Le l�s� ne peut r�clamer au tiers responsable ou � son assurance responsabilit� civile que la r�paration du pr�judice qui n'est pas couvert par les assurances sociales, lesquelles sont subrog�es ex lege dans les droits du premier. Il en d�coule que les diverses prestations accord�es par les assurances sociales doivent �tre d�duites de l'indemnisation du dommage que le l�s� peut r�clamer au responsable ou � son assureur (ATF 131 III 360 consid. 6.1 et les r�f�rences doctrinales).
Les valeurs nominales des gains tant hypoth�tiques que d'invalide de la victime doivent �tre transform�es en valeurs actuelles au moment d�terminant pour le calcul - qui correspond en principe au jour de la d�cision rendue par la juridiction cantonale devant laquelle il est encore possible d'all�guer des faits nouveaux (ATF 125 III 14 consid. 2c) - en actualisant lesdits gains selon la variation de l'indice suisse des prix � la consommation (IPC) entre les dates respectives de leur encaissement et la date d�terminante pr�cit�e (arr�t du Tribunal f�d�ral 4A_481/2009 du 26 janvier 2010, consid. 4.2.1; ROLAND BREHM, Commentaire bernois, 3e �d., n� 22a ad Vorbemerkungen zu Art. 45 und 46 CO). La diff�rence entre les revenus nets index�s de valide et d'invalide du l�s� repr�sente la perte de gain indemnisable (ATF 136 III 222 consid. 4.1.1).
4.3.2 Dans le cas pr�sent, l'intim� a renonc�, d�j� devant le Tribunal de premi�re instance, � requ�rir r�paration d'un pr�judice futur ainsi que d'un dommage de rente. Partant, la perte de gain indemnisable n'est que temporaire.
La cour cantonale a retenu, sur la base des nombreux moyens de preuve administr�s faisant �tat notamment de la conjoncture peu favorable pour les m�tiers de la banque � Gen�ve en 2003, ainsi qu'au vu de l'�loignement volontaire de l'intim� du march� du travail pendant pr�s d'un an, que ce dernier, sans l'accident, n'aurait trouv� � nouveau un emploi dans le domaine bancaire qu'� partir du 1er ao�t 2004. Cette constatation n'est pas arbitraire. La Cour de justice a de surcro�t admis qu'il n'aurait pu percevoir un salaire �quivalent � celui qu'il touchait ant�rieurement au sinistre qu'apr�s le 31 d�cembre 2009. Aucune des parties n'a �mis de critiques contre le choix de cette derni�re date, qui repr�sente cons�quemment la date de r�f�rence pour le calcul.
La perte de gain, actuelle et temporaire, � indemniser est ainsi celle qui est survenue entre le 1er ao�t 2004 et le 31 d�cembre 2009.
4.3.3 Il a �t� constat� en fait (cf. consid A.c ci-dessus) que les diff�rents revenus effectivement encaiss�s par l'intim� pendant la p�riode susmentionn�e - lesquels r�sultent d'indemnit�s journali�res vers�es par l'assurance-ch�mage, de paiements de la d�fenderesse (qui a invoqu� la compensation) et des r�mun�rations r�sultant des activit�s salari�es qu'il a effectu�es aupr�s de l'administration genevoise et de deux �tablissements bancaires - ont fluctu� d'une mani�re importante, non seulement au point de vue des dur�es dans lesquelles ils se sont inscrits, mais encore dans leur quotit� respective. Dans ces conditions particuli�res, il n'est pas possible de proc�der � la d�termination de la perte de gain de mani�re globale pour l'entier de la p�riode, ainsi que l'a fait la cour cantonale au consid�rant 5.3 de l'arr�t critiqu�. En raison de la grande disparit� des revenus d'invalide devant �tre pris en compte et pour se tenir au plus pr�s de la situation concr�te de la victime, il se justifie de proc�der � un calcul en fonction de sept p�riodes d�limit�es dans le temps.
Toutefois, � d�faut de diff�rentes donn�es dont il sera question infra, le Tribunal f�d�ral n'est pas en mesure de proc�der lui-m�me � ces calculs pr�cis. La cause sera donc retourn�e aux magistrats genevois afin qu'ils d�terminent � nouveau le gain manqu� restant � indemniser en fonction des instructions pr�cises qui suivent.
4.3.4.1 Entre le 1er ao�t 2004 et le 31 janvier 2005 (p�riode de six mois), la cour cantonale a estim�, sans �tre critiqu�e par la recourante, que l'intim� aurait touch�, s'il n'�tait pas invalide, un salaire mensuel brut de 8'333 fr.33, sur la base d'un revenu annuel brut de 100'000 fr. de d�but ao�t 2004 � fin d�cembre 2005 (100'000 fr. / 12).
L'autorit� cantonale d�duira de ce revenu mensuel brut hypoth�tique de 8'333 fr.33 l'ensemble des cotisations aux assurances sociales que le demandeur aurait d� payer, ainsi que l'exige la jurisprudence (cf. ATF 136 III 222 consid. 4.1.1; 129 III 135 consid. 2.2). Elle obtiendra ainsi un revenu net par mois sans invalidit�. Elle soustraira de ce revenu mensuel hypoth�tique net les indemnit�s journali�res nettes que la victime a per�ues mensuellement pendant cette p�riode, lesquelles repr�sentent 5'724 fr.60 par mois (21 x 272 fr.60).
Elle multipliera la diff�rence par six (pour tenir compte du semestre de la p�riode consid�r�e), puis indexera ce r�sultat � la valeur de l'IPC au 31 d�cembre 2009 d�s l'�ch�ance moyenne du 1er novembre 2004, date qui d�terminera �galement le dies a quo de l'int�r�t compensatoire de 5% (qui a pour but de compenser le fait que la victime a �t� priv�e du capital � l'�poque o� elle aurait d� le recevoir, cf. ATF 131 III 12 consid. 9).
4.3.4.2 La deuxi�me p�riode a trait aux deux mois de f�vrier et mars 2005.
Le salaire mensuel brut hypoth�tique d�terminant est toujours de 8'333 fr.33 (cf. consid. 4.3.4.1 ci-dessus), c'est-�-dire de 16'666 fr.66 pour les deux mois � consid�rer (8'333 fr.33 x 2). Sur ce total, la Cour de justice imputera les cotisations sociales pour fixer un revenu net sans invalidit�.
De ce revenu net seront d�duites les sommes nettes de 1'090 fr.40 - correspondant aux quatre indemnit�s journali�res encaiss�es entre le mardi 1er f�vrier 2005 et le vendredi 4 f�vrier 2005 (272 fr.60 x 4) - et de 3'472 fr.90 (indemnit�s nettes vers�es par la d�fenderesse entre le 15 f�vrier 2005 et le 21 mars 2005).
Le r�sultat sera index� � la valeur de l'IPC au 31 d�cembre 2009 d�s l'�ch�ance moyenne du 1er mars 2005, laquelle fixera le dies a quo de l'int�r�t compensatoire de 5%.
4.3.4.3 La troisi�me p�riode s'�tend d'avril 2005 � fin novembre 2005 (huit mois).
Derechef, le salaire mensuel brut hypoth�tique d�terminant ascende � 8'333 fr.33 (cf. consid. 4.3.4.1 ci-dessus), duquel il conviendra de d�duire les cotisations aux assurances sociales afin d'obtenir le revenu net par mois sans invalidit�.
Il a �t� constat� que le revenu brut mensuel d'invalide de cette p�riode (placement aupr�s du Tuteur g�n�ral) se monte � 3'301 fr.95, dont il faudra d�duire les cotisations sociales pour arr�ter le revenu mensuel net d'invalide.
La cour cantonale multipliera par huit (mois inclus dans la p�riode en compte) la diff�rence entre le revenu mensuel net hypoth�tique et le revenu mensuel net d'invalide. Elle indexera le r�sultat � l'IPC au 31 d�cembre 2009 � partir de l'�ch�ance moyenne du 1er ao�t 2005, date qui d�terminera aussi le point de d�part de l'int�r�t compensatoire de 5%.
4.3.4.4 La quatri�me p�riode concerne le seul mois de d�cembre 2005.
L'autorit� cantonale d�duira du revenu brut sans invalidit� d�terminant de 8'333 fr.33 les cotisations sociales. De ce revenu net, elle imputera le salaire net d'invalide, qu'elle arr�tera sur la base de la r�mun�ration brute de 6'100 fr. (73'200 fr. / 12) touch�e � B.________ SA, apr�s imputations des cotisations sociales.
Le r�sultat sera index� � l'IPC, valeur au 31 d�cembre 2009, � partir du 31 d�cembre 2005, date fixant le dies a quo de l'int�r�t compensatoire de 5%.
4.3.4.5 La cinqui�me p�riode comporte les 19 mois qui se sont �coul�s entre le 1er janvier 2006 et le 31 juillet 2007 (date de la fin de l'engagement chez B.________ SA).
Tout au long de cette p�riode, la cour cantonale a estim�, sans se le voir reprocher, que l'intim� aurait touch�, sans invalidit�, un salaire mensuel brut de 8'750 fr., sur la base d'un revenu annuel brut de 105'000 fr. pour les ann�es 2006 et 2007 (105'000 fr. / 12).
Il y aura lieu de d�duire du revenu mensuel brut de 8'750 fr. les cotisations aux assurances sociales pour fixer le revenu mensuel net hypoth�tique.
Comme on l'a vu au consid�rant pr�c�dent, le revenu mensuel brut d'invalide pour toute cette p�riode est de 6'100 fr., dont la cour cantonale d�duira les cotisations sociales.
La diff�rence entre le revenu mensuel net hypoth�tique et le revenu mensuel net d'invalide sera multipli�e par dix-neuf (total des mois de cette p�riode). Le total sera index� � l'IPC au 31 d�cembre 2009 � compter de l'�ch�ance moyenne du 15 octobre 2006, date qui indiquera le dies a quo de l'int�r�t compensatoire.
4.3.4.6 La sixi�me p�riode concerne les cinq mois entre le 1er ao�t 2007 et le 31 d�cembre 2007.
Le salaire mensuel brut sans invalidit� � prendre en consid�ration est toujours de 8'750 fr., duquel la Cour de justice imputera les cotisations sociales.
Le salaire mensuel brut d'invalide per�u aupr�s de C.________ ascende � 8'513 fr. 33 (102'160 fr. / 12). La cour cantonale en d�duira les cotisations sociales.
La diff�rence entre le revenu mensuel net sans invalidit� et le revenu mensuel net d'invalide sera multipli�e par cinq (total des mois de la p�riode). Le r�sultat sera index� � l'IPC au 31 d�cembre 2009 d�s l'�ch�ance moyenne du 15 octobre 2007, date qui fixera le dies a quo de l'int�r�t compensatoire.
4.3.4.7 La septi�me et derni�re p�riode comprend l'entier des ann�es 2008 et 2009, soit 24 mois.
Sans subir de critiques, l'autorit� cantonale a estim� que, durant l'entier de la p�riode, l'intim� aurait touch� mensuellement un revenu brut hypoth�tique de 9'166 fr.66, sur la base d'un revenu annuel brut de 110'000 fr. pour les deux ann�es pr�cit�es (110'000 fr. / 12). De ce revenu mensuel brut devront �tre d�duites les cotisations aux assurances sociales afin d'obtenir le revenu mensuel net hypoth�tique.
Le revenu mensuel brut d'invalide pour la p�riode est de 8'513 fr.33 (102'160 fr. / 12), � supposer que le salaire de l'intim� aupr�s de C.________ n'ait pas augment� en 2008 et en 2009, ce qui para�t douteux.
Le reliquat entre le revenu mensuel net sans invalidit� et le revenu mensuel net d'invalide sera multipli� par vingt-quatre (total des mois de la p�riode biennale). Le r�sultat sera index� � l'IPC au 31 d�cembre 2009 � compter de l'�ch�ance moyenne du 1er janvier 2009, date qui fixera aussi le dies a quo de l'int�r�t compensatoire de 5 % l'an.
En r�sum�, le recours doit �tre partiellement admis, l'arr�t attaqu� annul� et l'affaire renvoy�e aux juges pr�c�dents pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Etant donn� l'ampleur des nouveaux calculs � effectuer, l'issue du litige est incertaine. Dans ces circonstances, il se justifie de r�partir l'�molument judiciaire par moiti� entre chaque partie et de compenser les d�pens.
La pr�sente d�cision sur le fond prive d'objet la requ�te d'effet suspensif d�pos�e par la recourante.
Le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr., sont mis pour moiti� � la charge de chacune des parties.
Lausanne, le 23 ao�t 2010