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Timestamp: 2016-10-26 17:27:57+00:00
Document Index: 280978232

Matched Legal Cases: ['art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 398', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 398', 'art. 398', 'in fine', 'art. 112', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 112', 'art. 111', 'art. 40', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 129', 'art. 64', 'art. 65']

6B_812/2015 (16.06.2016)
6B_812/2015 � � Arr�t du 16 juin 2016
MM. et Mmes les Juges f�d�raux Denys, Pr�sident, Jacquemoud-Rossari, Oberholzer, R�edi et Jametti.
repr�sent� par Me Stefan Disch, avocat,
Fixation de la peine (meurtre); arbitraire,
du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 8 juin 2015.
A Lausanne, dans la nuit du 3 au 4 ao�t 2012, vers 05h15 et apr�s avoir pass� la nuit dans diff�rentes discoth�ques situ�es dans le quartier du Flon, X.________, n� le *** 1994, a retrouv� A.________, B.________, C.________ et D.________ devant le parking situ� � l'est du Grand-Pont, au niveau de la place de l'Europe. X.________ et A.________ avaient consomm� de la coca�ne ainsi qu'une importante quantit� d'alcool durant la soir�e. B.________, qui avait �galement consomm� une grande quantit� de vodka et se trouvait appuy� � un poteau de signalisation pour fumer une cigarette, a �t� rejoint par E.________, lequel �tait aussi sous l'influence de l'alcool. Celui-ci a interpell� celui-l� au sujet d'un briquet pour allumer une cigarette. B.________ et E.________ se sont ensuite provoqu�s, le premier ne voulant pas donner du feu au second. X.________, A.________ et C.________ se sont approch�s, de m�me que D.________. X.________ s'est plac� � la gauche de B.________, face au groupe, et a sorti un couteau, lame ouverte, du sac qu'il portait en bandouli�re. D.________ lui a demand� de ranger son arme avant de quitter les lieux. X.________ a toutefois gard� le couteau dans sa main droite, la lame � l'oppos� du pouce, perpendiculairement � l'auriculaire. F.________, qui se trouvait sous les arches du Grand-Pont en compagnie de son cousin, E.________, et d'autres amis, s'est approch� en prof�rant des propos qui ont �t� compris comme �tant mena�ants par X.________ et apaisants par les amis pr�sents de F.________. A ce moment, X.________ a saut� sur F.________ lui ass�nant � tout le moins un coup de couteau de haut en bas au niveau du thorax. La victime a recul� et a heurt� deux caissettes � journaux sises aux pieds des arches du Grand-Pont. X.________ lui a alors port� plusieurs autres coups de couteau de haut en bas. Sous la force des coups, F.________ a recul� et est tomb� sur le dos devant une voiture r�guli�rement parqu�e. Alors qu'il �tait � terre et qu'il tentait de se prot�ger avec ses mains en criant " stop, stop, arr�te, arr�te ", X.________ a encore ass�n� � F.________ deux ou trois coups de couteau de haut en bas. De la douzaine de coups de couteau port�s par X.________, cinq ont atteint la victime: un au thorax au niveau du coeur, un au niveau du biceps droit, deux � l'avant-bras droit et un � la main gauche.
F.________ s'est relev�, a travers� les arches du Grand-Pont en marchant pour s'�crouler � la place de l'Europe, � la hauteur de l'entr�e du m�tro M2. Il est d�c�d� sur les lieux d'une tamponnade cardiaque ainsi que d'une d�pl�tion sanguine, secondaire � une plaie thoraco-abdominale.
Apr�s les faits, X.________, B.________ et A.________ ont pris la fuite en courant puis � bord d'un taxi. X.________, apr�s avoir pris contact avec ses parents et rencontr� son ancien professeur de boxe, gendarme en cong�, lequel l'a amen� � se rendre, a �t� interpell� � 18h15 � la place du Tunnel � Lausanne.
Par jugement du 23 janvier 2015, le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne a notamment constat� que X.________, jug� � c�t� de deux co-accus�s, s'�tait rendu coupable de meurtre et de contravention � la loi f�d�rale sur les stup�fiants et l'a condamn� � 14 ans de privation de libert�, sous d�duction de la d�tention avant jugement ainsi qu'� 300 fr. d'amende (peine de substitution de 3 jours de privation de libert�).
Saisie, notamment, d'un appel de X.________, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois l'a rejet�, par jugement du 8 juin 2015. Pour l'essentiel, ce jugement sur appel repose, en ce qui concerne la condamnation du recourant pour meurtre et outre les faits relat�s ci-dessus, sur les �l�ments pertinents suivants.
B.a.�X.________ est n� � G.________. A l'�ge de huit ans, il a d�but� la boxe anglaise et a obtenu une licence internationale dans la cat�gorie junior. Il a fait partie de l'�quipe suisse de boxe et a �t� deux fois champion de Suisse romande et trois fois champion suisse. En 2010, il a cependant progressivement arr�t� la pratique de son sport et a commenc� � sortir r�guli�rement dans des bo�tes de nuit o� il a �t� impliqu� dans plusieurs bagarres. C'est �galement � partir de cette �poque qu'il a consomm� de plus en plus r�guli�rement des substances psychoactives (alcool, cannabis et coca�ne). Sur le plan scolaire, il a rencontr� des difficult�s en huiti�me ann�e VSO, faisant l'objet de jours de suspension et d'heures d'arr�ts, jusqu'� son exclusion du coll�ge de H.________ apr�s une bagarre. Il a ensuite int�gr� le coll�ge de I.________ o� il a redoubl� sa huiti�me ann�e avant d'�tre � nouveau renvoy� en raison d'une bagarre. Apr�s avoir quitt� le milieu scolaire et apr�s quelques temps d'inactivit�, X.________ a d�but� une formation dans un salon de coiffure qu'il a d� toutefois interrompre, son patron n'�tant pas autoris� � former des apprentis pour le CFC. Puis il a trouv� une place d'apprentissage dans le domaine du b�timent au sein d'une entreprise lausannoise qui a fait faillite, avant d'�tre engag� dans une entreprise plus grande � Gen�ve dans laquelle il terminait sa troisi�me ann�e d'apprentissage au moment de son incarc�ration pour les faits jug�s en l'esp�ce. Durant sa d�tention il a d�but� une formation d'instructeur de fitness, qui se d�roule par correspondance, ainsi qu'une formation de peintre en b�timent, b�n�ficiant de cours pratiques dans les ateliers de la prison J.________.
Le casier judiciaire de X.________ est vierge. Il n'en a pas moins fait l'objet de plusieurs proc�dures p�nales devant le Tribunal des mineurs pour une s�rie d'actes de violence. Il lui a ainsi �t� reproch� d'avoir frapp�, avec d'autres, des jeunes notamment lors d'une f�te � Lausanne. Ces proc�dures ont cependant �t� cl�tur�es apr�s retrait des plaintes. X.________ a toutefois �t� condamn� le 9 septembre 2009, pour l�sions corporelles simples, et le 11 juillet 2011, pour l�sions corporelles simples, dommages � la propri�t�, menaces et infraction � la loi f�d�rale sur les armes pour avoir frapp� au visage et menac� une personne au moyen d'un couteau de type papillon en date du 6 janvier 2010 et pour avoir utilis�, le 14 avril 2010 � Renens, une bombonne de spray (similaire � celles employ�es par la police lors des manifestations), � l'encontre d'un jeune � la suite d'un diff�rend.
B.b.�En cours d'enqu�te, X.________ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Dans leur rapport �tabli le 3 juillet 2013, les experts ont retenu l'utilisation de substances psychoactives multiples nocives pour la sant� (alcool, coca�ne, cannabis). Ils ont d�crit les m�canismes psychiques de X.________ comme " �tat limite ", pr�cisant que l'�valuation de sa personnalit� avait mis en �vidence un fonctionnement de ce type, organis� pour l'essentiel autour de traits caract�riels, immatures, d'un int�r�t particulier port� � l'objet partiel, de petites touches masochiques, de d�fenses narcissiques fragiles, avec un important accrochage au concret. Dans leurs conclusions, les psychiatres n'ont pas retenu de pathologie psychiatrique, consid�rant que la consommation de substances psychoactives pr�sent�e par l'expertis� ne correspondait pas � un syndrome de d�pendance. Sur le plan de la responsabilit� p�nale, ils ont estim� que les substances psychoactives consomm�es par X.________ durant la soir�e tragique ont pu participer � une alt�ration de ses capacit�s volitives, par leur effet d�sinhibiteur, et entra�ner ainsi une l�g�re diminution de responsabilit�. Quant au risque de r�cidive d'actes de violence, les psychiatres ont consid�r� qu'il ne pouvait �tre exclu, en pr�cisant qu'il ne devait pas �tre consid�r� comme �lev� en l'absence de consommation de substances psychoactives. Aucune mesure th�rapeutique n'a �t� recommand�e, les experts pr�conisant en revanche un contr�le du maintien de l'abstinence.
B.c.�Les t�moins de moralit� ont donn� de bons renseignements. Durant sa d�tention provisoire, X.________ a fait l'objet de quatre sanctions disciplinaires. Le 28 mars 2013, il a en outre d� �tre transf�r� de la prison K.________ � la prison J.________ en raison de probl�mes engendr�s par son attitude provocatrice vis-�-vis des surveillants. Il a ainsi �t� sanctionn� disciplinairement le 7 f�vrier 2013 � la suite d'un acte de violence physique commis � l'encontre d'une agente de d�tention avec qui il d�clarait rencontrer des difficult�s relationnelles depuis plusieurs semaines. Le rapport de d�tention du 12 janvier 2015 mentionne n�anmoins que X.________ adopte un bon comportement en milieu carc�ral depuis son placement � la prison J.________, malgr� trois sanctions disciplinaires prononc�es en mai, octobre et d�cembre 2014, dont deux concernant la consommation de produits stup�fiants. Le coordinateur de formation de cet �tablissement, entendu aux d�bats de premi�re instance, a indiqu� que X.________ �tait tr�s investi dans ses formations et qu'il �tait relativement rare de parvenir � les mettre en place si rapidement dans le cadre d'une d�tention. X.________ a entrepris des d�marches aupr�s de son assistante sociale afin qu'un montant de 50 fr. soit pr�lev� sur son p�cule de 300 fr. pour indemniser les proches de la victime.
X.________ forme un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre le jugement sur appel du 23 juin 2015. Il conclut avec suite de frais et d�pens � la r�forme de cette d�cision dans le sens de sa condamnation � une peine n'exc�dant pas 10 ans de privation de libert�. A titre subsidiaire, il demande l'annulation de la d�cision entreprise et le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Le recourant ne conteste ni les faits en eux-m�mes ni leur qualification juridique. Il reproche � la cour cantonale d'avoir arbitrairement ignor� un certain nombre de faits d�terminants, selon lui, pour la fixation de sa peine.
1.1.�Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), sous les r�serves d�coulant des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, � savoir pour l'essentiel de l'arbitraire (art. 9 Cst.; voir sur cette notion : ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s. et 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.). La recevabilit� d'un tel grief, ainsi que de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel, suppose l'articulation de critiques circonstanci�es (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105), claires et pr�cises, r�pondant aux exigences de motivation accrues d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF, soit celles qui d�coulaient, sous l'empire de l'aOJF de l'art. 90 al. 1 let. b de cette loi (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287), un expos� succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques viol�s, pr�cisant en quoi consiste la violation, notamment. Les critiques appellatoires sont, en particulier, irrecevables (cf. ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266). Pour qu'il y ait arbitraire, il ne suffit pas que la d�cision attaqu�e apparaisse discutable ou m�me critiquable, il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation, mais aussi dans son r�sultat (ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.).
1.2.�Le recourant d�crit, notamment, sous titre III (" rappel de quelques faits pertinents ") de son m�moire de recours les faits ant�rieurs � l'acte " tels qu'ils ont �t� �tablis par l'enqu�te ", soulignant sa consommation de stup�fiants et d'alcool ainsi que, plus g�n�ralement, son comportement durant la soir�e, en se r�f�rant aux d�clarations de certains t�moins et aux appr�ciations des enqu�teurs. Il affirme que ces �l�ments auraient pratiquement tous �t� ignor�s par la cour cantonale et que celle-ci se serait content�e d'utiliser quelques faits ou comportements, tant�t sortis de leur contexte, tant�t retenus de mani�re arbitraire, pour contr�ler et ratifier le raisonnement des premiers juges.
On recherche en vain dans l'�criture du recourant tout d�veloppement portant sur le contenu d'un quelconque droit fondamental. La recevabilit� des critiques de fait qu'il d�veloppe dans ce contexte appara�t douteuse sous l'angle simplement formel. Cette pr�sentation ne refl�te, en d�finitive, rien d'autre que la propre vision du recourant de certains �l�ments de preuve et des faits d�terminants pour le sort de la cause. Elle est appellatoire. Le recourant m�le aussi, dans la suite de son m�moire, de mani�re largement inextricable des consid�rations de droit � la relation de faits et des faits retenus � des all�gations ainsi qu'� des discussions de preuves. Une telle confusion des moyens n'est pas admissible dans le recours en mati�re p�nale. On ne reviendra sur les points ainsi soulev�s qu'autant qu'il ressort suffisamment des explications du recourant en quoi les constatations de fait de la cour cantonale sont insoutenables � ses yeux et que ces questions puissent �tre dissoci�es de celles, juridiques, abord�es simultan�ment.
1.3.�Dans la mesure o� le recourant affirme ne s'�tre montr� violent � aucun moment de la soir�e - avant l'homicide - et �tre m�me intervenu, avant d'�tre trop fortement sous l'influence de l'alcool et de la coca�ne, pour aider la victime d'une bagarre devant un autre �tablissement public et qu'il souligne, en parall�le, l'importance croissante de sa consommation d'alcool et de coca�ne le soir des faits, les effets de ces produits et leur possible potentialisation r�sultant de leur consommation concomitante, il suffit de relever que la cour cantonale n'a pas ignor� l'usage fait par le recourant de ces substances psychoactives, qui figure
expressis verbis�dans l'�tat de fait de la d�cision querell�e. Quant aux effets de ces produits sur le recourant, sur sa responsabilit� p�nale au moment de l'homicide notamment, la cour cantonale s'est r�f�r�e � l'expertise psychiatrique r�alis�e en cours d'enqu�te (rapport du 3 juillet 2013). Or, d'une part, cette analyse, qui conclut � une diminution l�g�re de la responsabilit� p�nale, repose sur les d�clarations du recourant selon lesquelles il aurait consomm�, ce soir-l�, plus d'une demi-bouteille de vodka, un litre de bi�re et 3 � 4 grammes de coca�ne. Elle prend en consid�ration, d'autre part, les r�sultats de l'analyse toxicologique �galement r�alis�e en cours d'enqu�te, selon laquelle " vu le d�lai important entre l'�v�nement (5h15) le pr�l�vement de sang (21h45), et en excluant une consommation d'�thanol et de produits stup�fiants apr�s l'�v�nement, il est certain que les concentrations des substances mises en �vidence dans les �chantillons biologiques, � savoir l'�thanol, la coca�ne et le THC devaient �tre plus importantes au moment de l'�v�nement. D�s lors, les effets d�l�t�res de ces substances devaient �tre importants. En outre, ils ont pu �tre augment�s par la pr�sence concomitante des trois substances, dont les effets peuvent se potentialiser " (rapport d'expertise psychiatrique du 3 juillet 2013 p. 2). Il s'ensuit qu'en retenant une diminution l�g�re de responsabilit� au moment des faits, suivant en cela les conclusions de l'expertise, la cour cantonale n'a ignor� ni les quantit�s de substances psychoactives ing�r�es par le recourant ni leurs effets possibles. Si le recourant estimait l'expertise psychiatrique peu convaincante � cet �gard, si ses conclusions lui apparaissaient en contradiction avec celles de l'expertise toxicologique, malgr� les explications des experts, il lui aurait incomb� d'en contester le r�sultat et de demander un compl�ment d'instruction, ce qu'il n'all�gue pas avoir fait. Le recourant ne tente pas non plus de d�montrer que la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en suivant les conclusions de l'expertise psychiatrique. On ne saurait donc reprocher � la cour cantonale d'avoir arbitrairement ignor� les �l�ments de fait mentionn�s par le recourant. Celui-ci ne d�montre pas non plus que la seule mention explicite de ces faits dans le jugement entrepris, ind�pendamment du contenu de l'expertise, aurait pu conduire � un autre r�sultat. Ces griefs sont infond�s dans la mesure o� ils sont recevables.
Selon le recourant, la cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral quant au processus de fixation de la peine. Son plein pouvoir d'examen en appel (art. 398 al. 2 CPP) lui aurait impos� de proc�der elle-m�me � cette op�ration, alors qu'elle se serait born�e � n'examiner qu'une partie des �l�ments pris en consid�ration par l'autorit� de premi�re instance, en concluant que celle-ci n'avait ignor� aucun crit�re pertinent, et avait fix� une peine certes s�v�re mais dont la quotit� correspondait � la gravit� de l'acte appr�ci� dans son ensemble, qui devait �tre confirm�e.
2.1.�Aux termes de l'art. 398 al. 2 CPP, la juridiction d'appel jouit d'un plein pouvoir d'examen sur tous les points attaqu�s du jugement. En vertu de cette disposition, la juridiction d'appel jouit d'un libre pouvoir d'examen, aussi pour ce qui concerne les pures questions d'appr�ciation comme la fixation de la peine (cf. LUZIUS EUGSTER, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2e �d. 2014, n� 1 ad art. 398 CPP; HUG/SCHEIDEGGER, in Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, Donatsch/Hansjakob/Lieber [�d.], 2e �d. 2014, n� 20 ad art. 398 CPP). Le Tribunal f�d�ral a signal� � quelques reprises � la Cour d'appel vaudoise qu'elle avait une approche en mati�re de fixation de peine trop limitative et qu'elle restreignait son pouvoir d'examen en violation du droit f�d�ral (cf. arr�ts 6B_245/2015 du 5 mai 2015 consid. 1; 6B_126/2012 du 11 juin 2012 consid. 3; 6B_356/2012 du 1er octobre 2012 consid. 3.5). Dans ces diff�rents cas, auxquels se r�f�re le recourant, la cour cantonale, avait notamment expos� que, dans le cadre de la fixation de la peine, il y avait violation du droit f�d�ral lorsque le juge " abuse de son pouvoir d'appr�ciation en fixant une peine exag�r�ment s�v�re ou excessivement cl�mente (ATF 134 IV 17 c. 2.1 p. 19 s.) ". Ce faisant, la cour cantonale s'�tait r�f�r�e � un arr�t qui d�crit le pouvoir d'examen du Tribunal f�d�ral et celui-ci avait soulign� que cette jurisprudence est sans pertinence en appel. La cour cantonale avait, en outre, confirm� les peines prononc�es en premi�re instance, en mentionnant, dans certains cas, pour r�pondre aux griefs du minist�re public appelant, que ces sanctions �taient certes cl�mentes mais pas au point qu'elles puissent proc�der d'un exc�s ou d'un abus du pouvoir d'appr�ciation de l'autorit� de premi�re instance.
2.2.�En l'esp�ce, la cour cantonale ne se r�f�re pas express�ment � l'ATF 134 IV 17 c. 2.1 p. 19 s. et elle ne s'est pas limit�e, � la lettre de ses consid�rants, � un examen restreint � l'exc�s ou � l'abus de son pouvoir d'appr�ciation par l'autorit� cantonale de premi�re instance. La cause ne se pr�sente, d�s lors, pas sous le m�me jour que dans les pr�c�dents cit�s par le recourant.
2.3.�La cour cantonale n'en a pas pour autant d�velopp� une motivation permettant de suivre pr�cis�ment et de bout en bout le raisonnement conduisant � une peine de 14 ann�es de privation de libert� qu'elle " confirme ", apr�s avoir indiqu� que les premiers juges avaient longuement motiv� ce point.
La jurisprudence pr�c�demment cit�e n'impose toutefois pas en toute hypoth�se, contrairement � ce que para�t penser le recourant, � l'autorit� d'appel de motiver la fixation de la peine comme le ferait une autorit� de premi�re instance. L'autorit� d'appel doit en effet aussi se prononcer sur les griefs soulev�s devant elle (art. 398 al. 3 CPP) et l'on peut admettre, afin d'�viter d'inutiles redites, qu'apr�s avoir r�pondu aux critiques de l'appelant, elle renvoie aux consid�rants de l'autorit� inf�rieure et fasse sienne l'appr�ciation de cette derni�re, sans restreindre de mani�re critiquable son pouvoir d'examen. Une telle mani�re de proc�der n'appara�t m�me pas critiquable, pour peu que le raisonnement demeure clairement expos�, si l'autorit� d'appel, en modifiant une partie du raisonnement de l'autorit� pr�c�dente, renvoie, pour le surplus, aux consid�rants de cette derni�re en indiquant que, pour les motifs ainsi corrig�s, elle parvient � la m�me conclusion que l'autorit� pr�c�dente. Ce qui importe, au regard de l'art. 398 al. 2 CPP, c'est que l'autorit� sup�rieure se soit forg�e sa propre conviction. Une telle mani�re de motiver le jugement sur appel suppose cependant soit que la motivation de l'autorit� de premi�re instance soit d'embl�e et en tout point conforme au droit f�d�ral, soit que l'on puisse comprendre sans ambigu�t� le raisonnement fondant la peine prononc�e en appel en se r�f�rant aux consid�rant de l'autorit� de derni�re instance cantonale et � ceux de l'autorit� de premi�re instance et que ce tout, qui doit appara�tre coh�rent, soit lui-m�me conforme au droit f�d�ral.
2.4.�En l'esp�ce, le jugement du 23 janvier 2015 motive longuement les raisons qui ont pouss� l'autorit� de premi�re instance � juger la culpabilit� du recourant " �crasante " en relation avec l'acte lui-m�me. La cour cantonale a, de son c�t�, indiqu� que le recourant ne pouvait contester la gratuit� et la l�chet� de son crime en relevant notamment qu'il avait poignard� soudainement avec violence et � de multiples reprises une victime, alors qu'elle �tait � terre et n'avait aucune chance d'en r�chapper. Elle a aussi relev� que le recourant ne pouvait relativiser sa culpabilit� sous pr�texte d'un pr�tendu climat d'ins�curit� et qu'un t�moin de la sc�ne lui avait demand� de ranger son couteau avant son d�ferlement de violence. On comprend ainsi que la cour cantonale, en r�futant l'argumentation du recourant, a appr�ci� sa culpabilit� telle qu'elle est r�v�l�e par son comportement, de la m�me fa�on que l'autorit� de premi�re instance, soit comme " tr�s lourde ", comme l'indique plus pr�cis�ment l'emploi de cette locution dans la suite de ses d�veloppements par la cour cantonale (v. infra consid. 2.8). Cette motivation est suffisante, en tant qu'elle communique au lecteur l'appr�ciation de la cour cantonale, et convaincante. Etant pr�cis� que l'intention homicide du recourant en frappant sa victime au thorax de haut en bas, lame du c�t� de l'auriculaire, soit en la poignardant, puis en continuant � la frapper, au sol, malgr� des supplications (" stop, stop, arr�te, arr�te "), rel�ve d'un dol direct parfaitement caract�ris�, l'appr�ciation de la cour cantonale ne d�note ni abus ni exc�s dans l'exercice de son pouvoir d'appr�ciation.
2.5.�Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir ensuite " saut� sans transition " � sa situation personnelle en relevant notamment ses ant�c�dents et les sanctions disciplinaires prononc�es en d�tention. Hormis les �l�ments sans pertinence relatifs au d�roulement de la soir�e avant les faits (v. supra consid. 1.2 et 1.3), le recourant n'indique pas quels autres �l�ments relatifs aux faits auraient �t� pertinents pour l'appr�ciation de sa faute. On ne saurait ainsi reprocher � la cour cantonale d'avoir mentionn�, � ce stade du raisonnement, des �l�ments relatifs � l'auteur. Ceux ainsi mis en �vidence (ant�c�dents et sanctions disciplinaires) ne sont pas sans rapport avec le coeur m�me des faits. Les ant�c�dents sont, pour part tout au moins, relatifs � des faits de violence et les sanctions disciplinaires, aff�rentes � des difficult�s interpersonnelles avec le personnel p�nitentiaire ainsi qu'� la consommation de stup�fiants. Ces �l�ments d�montrent les difficult�s du recourant � g�rer tant ses �motions en contexte conflictuel que sa consommation de produits psychotropes, m�me en situation carc�rale, alors que l'expertise indique clairement qu'un contr�le du maintien de l'abstinence pourrait �tre utile et que la consommation de telles substances serait susceptible d'augmenter le risque de r�cidive (v. supra consid. B.b in fine). On ne saurait non plus reprocher � la cour cantonale, apr�s avoir �voqu� les sanctions disciplinaires, d'avoir indiqu� qu'elle ne pouvait tenir pour globalement positif le comportement du recourant en d�tention. Ces critiques sont d�nu�es de fondement.
2.6.�Le recourant soutient que la cour cantonale aurait insuffisamment pris en compte, en sa faveur, son tr�s jeune �ge au moment des faits (18 ans et 4 mois). Il souligne l' "effet de seuil " induit par le passage de la minorit� � la majorit� p�nale quant aux peines ainsi que le d�veloppement encore incomplet et incertain de sa personnalit� ressortant de l'expertise psychiatrique.
La cour cantonale n'a pas ignor� le facteur du jeune �ge, qu'elle a mentionn� express�ment. Toutefois, le jeune �ge n'impose pas, � lui seul, une r�duction de peine. Il n'impose pas, en particulier, en raison de l'effet de seuil invoqu�, de prononcer des peines se rapprochant le plus possible de celles pr�vues par le droit p�nal des mineurs. Il s'agit plut�t de d�terminer en quoi cette circonstance personnelle influence l'appr�ciation de la faute, soit en quoi elle a pu faciliter le passage � l'acte, notamment, en emp�chant l'auteur d'appr�cier correctement la port�e de ses actes, par exemple en raison de son immaturit� ou d'un discernement limit� (v. arr�t 6B_584/2009 du 28 janvier 2010 consid. 2.2.3).
L'expert expose que si la grille psychanalytique met en �vidence une certaine souplesse dans les m�canismes psychiques d�crits comme " �tat-limite ", ces traits ne s'inscrivent pas dans un trouble de la personnalit� constitu� au sens de la CIM-10, � l'heure actuelle, l'expertis� faisant preuve de capacit�s adaptatives, tant psychiques que comportementales. Ce sp�cialiste rel�ve, � ce propos qu'un tel diagnostic est toujours tr�s difficile � poser chez des sujets jeunes, de l'�ge du recourant, la personnalit� n'�tant souvent pas totalement constitu�e (expertise, p. 13). On comprend ainsi que selon l'expert, le jeune �ge du recourant, respectivement sa personnalit� non encore totalement constitu�e, est un facteur le conduisant � ne pas poser le diagnostic d'un trouble de la personnalit�. En revanche, le praticien n'en conclut d'aucune mani�re que le recourant n'aurait pas �t� en mesure de percevoir la port�e de ses actes. Du reste, le seul fait de n'avoir pass� le cap de la majorit� que depuis peu ne permet pas de conclure que le recourant, m�me s'il pr�sentait une certaine immaturit�, n'aurait pas �t� capable de concevoir d'embl�e le risque que comportait le fait de se munir d'une arme dans un contexte per�u comme conflictuel, puis les cons�quences irr�m�diables qu'emportait l'usage homicide de cet objet et d'adapter son comportement, comme cela lui avait, de surcro�t, �t� sugg�r� par une personne pr�sente sur les lieux. Aussi les �l�ments relev�s par le recourant n'imposaient-ils pas � la cour cantonale de r�duire la sanction dans la mesure tr�s importante appel�e de ses voeux par le recourant.
2.7.�Celui-ci voudrait ensuite opposer son comportement, soit le d�bordement de violence impulsif dont il a fait preuve et dont la cause serait demeur�e inexpliqu�e, � la situation de l'auteur qui s'en prend gratuitement � une victime choisie au hasard pour son �tat de faiblesse et son isolement. Il se r�f�re, quant � cette derni�re situation, � l'arr�t 6S.286/1992 du 24 septembre 1992, publi� in SJ 1993 p. 299 ss).
Etant pr�cis� que cet arr�t a trait � un assassinat (art. 112 CP) et que seule la qualification de meurtre a �t� retenue en l'esp�ce, on ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir assimil� totalement le comportement du recourant � celui qu'il d�crit. En l'esp�ce, la cour cantonale a, tout au plus, soulign� que la violence et la gratuit� du meurtre commis �taient tr�s proches d'un assassinat. Cette appr�ciation, qui justifie, en relation avec un meurtre, que la culpabilit� objective soit appr�ci�e comme tr�s lourde, �chappe � toute critique.
2.8.�Ensuite de leur appr�ciation de la culpabilit� du recourant au travers des faits, les premiers juges ont indiqu� retenir une diminution l�g�re de responsabilit� en tant que " facteur de r�duction applicable � la peine " qu'il convenait cependant de relativiser " par toutes les mesures prises par le pr�venu d�s le moment o� il a pris la fuite ", qui attestaient d'une tr�s bonne conscience des �v�nements.
Sur ce point, la cour cantonale, pour r�pondre aux critiques du recourant, a relev� que " si les premiers juges avaient relativis� ce facteur de r�duction, c'�tait uniquement pour souligner que le comportement du recourant imm�diatement apr�s les faits montrait une tr�s bonne conscience des �v�nements. Il leur �tait donc loisible de retenir, en raison des circonstances de l'acte�
(objektive Tatschwere)et des caract�ristiques personnelles de l'auteur que la faute�
(subjektives Tatverschulden)�apparaissait encore tr�s lourde malgr� l'att�nuation de responsabilit� ".
Si la cour cantonale n'a pas mentionn� express�ment, comme cela aurait �t� souhaitable, que les premiers juges avaient m�connu la jurisprudence selon laquelle la diminution de responsabilit� influence l'appr�ciation de la faute et non directement la quotit� de la peine (ATF 136 IV 55 consid. 5.5 et 5.6 p. 59 ss), ses explications n'en permettent pas moins de comprendre que la culpabilit� du recourant, qui apparaissait " tr�s lourde" (jugement sur appel, consid. 3.2 p. 29) au regard des faits appr�ci�s en eux-m�me (v. supra consid. 2.4), le demeurait nonobstant la l�g�re diminution de responsabilit� retenue. La cour cantonale a ainsi exprim�, en substituant l'�pith�te " �crasante ", peu ad�quate et peu pr�cise, par l'expression " tr�s lourde ", qui permet de se situer dans l'�chelle jurisprudentielle de la gravit� de la faute (ATF 136 IV 55 consid. 5.7 p. 62), comment elle avait pris en compte la l�g�re de diminution de responsabilit� �tablie par expertise. Son appr�ciation n'est, pour le surplus, pas critiquable, la jurisprudence pr�cit�e admettant, qu'une diminution l�g�re de la responsabilit� permet toujours de consid�rer une faute tr�s lourde comme �tant " lourde � tr�s lourde ".
2.9.�Le recourant objecte, dans ce contexte, que son comportement apr�s les faits ne d�montrerait pas une tr�s bonne conscience des �v�nements mais d�noterait plut�t qu'il �tait, dans un premier temps, choqu�, tr�s mal, surpris de son propre comportement, puis triste et effondr�. Il n'y aurait ainsi dans ces attitudes ult�rieures ni ma�trise, ni froideur ni contr�le justifiant de r�duire la port�e de la diminution de responsabilit�.
La d�monstration du recourant repose en grande part sur des d�veloppements appellatoires. On peut se limiter � relever que la cour cantonale n'a pas mis en �vidence le comportement du recourant apr�s les faits pour qualifier l'acte lui-m�me, comme elle aurait pu le faire si elle avait �t� confront�e � un assassinat. On comprend, en revanche, qu'en d�crivant le comportement du recourant apr�s les faits, sa fuite en particulier, elle a voulu mettre en �vidence que les substances psychoactives ing�r�es, dont l'effet justifiait une l�g�re r�duction de responsabilit�, n'avaient pas mis le recourant dans un �tat tel que sa culpabilit� appara�trait tr�s att�nu�e mais qu'il apparaissait au contraire plut�t lucide. En ce sens, cette remarque n'a pas la port�e que voudrait lui conf�rer le recourant. Pour le surplus, que le recourant, apr�s avoir tu�, se soit senti choqu�, ou triste, ne justifie pas de ne lui reconna�tre, au regard de l'ensemble des faits, qu'une culpabilit� moyenne ou m�me moyenne � grave, compte tenu de la l�g�re diminution de responsabilit� retenue (v. supra consid. 2.9).
2.10.�Enfin, en indiquant que les premiers juges n'avaient pas ignor� le comportement du recourant en cours d'enqu�te et les excuses formul�es, la cour cantonale n'a, elle-m�me, ignor� aucun de ces �l�ments pertinents.
2.11.�Il r�sulte de ce qui pr�c�de que les consid�rants de la cour cantonale ne constituent certes pas, � eux seuls, un d�veloppement lin�aire complet du processus de fixation de la peine. Ces consid�rants n'en permettent pas moins, au travers de renvois au jugement de premi�re instance, de contr�ler comment a �t� fix�e la peine inflig�e au recourant dans ses principales composantes. On comprend, en particulier, que la tr�s lourde culpabilit� du recourant - dont l'intention rel�ve manifestement du dol direct -, r�v�l�e par sa mani�re d'agir, n'est pas sensiblement att�nu�e par une diminution de responsabilit� qui n'est que l�g�re. Dans de telles circonstances, soit un meurtre qui, par le caract�re l�che et futile des circonstances de sa commission n'est pas sans �voquer la mani�re particuli�rement odieuse d'agir d'un assassin (art. 112 CP), une peine situ�e dans le dernier quart de l'�chelle des sanctions (5 � 20 ans; art. 111 CP en corr�lation avec l'art. 40 CP) pouvait entrer en consid�ration sans aucun abus du pouvoir d'appr�ciation. La diminution de responsabilit� l�g�re, qui laisse toujours appara�tre la culpabilit� du recourant comme tout au moins lourde � tr�s lourde, ne pourrait, de son c�t�, expliquer, � elle seule, la peine de 14 ans de privation de libert� inflig�e, qui n'exc�de que de 18 mois le milieu de l'�chelle des peines entrant en consid�ration (12 ans et demi) et qui correspondrait, partant, plut�t � une culpabilit� appr�ci�e comme moyenne ou moyenne � grave. On doit donc admettre que la sanction de 14 ans de privation de libert� tient suffisamment compte des �l�ments favorables retenus � d�charge par la cour cantonale soit, en particulier, du jeune �ge du recourant au moment des faits - cette circonstance n'ayant pu, en l'esp�ce, avoir qu'un effet relativement restreint (v. supra consid. 2.6), de son comportement en cours d'enqu�te, des excuses adress�es aux proches de la victime et des montants �pargn�s afin de les indemniser ainsi que de l'investissement du recourant en d�tention, dans l'acquisition d'une formation professionnelle, aspect le plus positif de son parcours carc�ral, entach�, par ailleurs, de plusieurs sanctions disciplinaires.
Ces griefs sont infond�s.
Le recourant tente encore la comparaison avec les peines prononc�es dans d'autres affaires.
3.1.�Dans le cadre de la fixation de la peine, le recourant peut faire valoir une in�galit� de traitement (sur cette notion, cf. ATF 134 I 23 consid. 9.1 p. 42, 131 I 1 consid. 4.2. p. 6 s.; 129 I 113 consid. 5.1 p. 125). Compte tenu toutefois des nombreux param�tres qui interviennent dans la fixation de la peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accus�s et des faits diff�rents est d'embl�e d�licate (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144 et les arr�ts cit�s; cf. aussi ATF 123 IV 49 consid. 2e p. 52 s.). Il ne suffit pas que le recourant puisse citer un ou deux cas o� une peine particuli�rement cl�mente a �t� fix�e pour pr�tendre � un droit � l'�galit� de traitement (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144 et les r�f�rences cit�es). Les disparit�s en cette mati�re s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines, voulu par le l�gislateur. Elles ne suffisent pas en elles-m�mes pour conclure � un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 135 IV 191 consid. 3.1 p. 193; arr�t 6B_793/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.3).
Par ailleurs, la comparaison de sanctions prononc�es par les autorit�s cantonales achoppe sur de nombreuses difficult�s, li�es notamment � l'autorit� de chose jug�e et au pouvoir d'examen du Tribunal f�d�ral. Il va de soi que, lorsque ce dernier n'a pas �t� saisi d'un recours sur la peine dans une affaire mais que la d�cision cantonale lui est soumise � titre de comparaison, le Tribunal f�d�ral ne peut remettre en cause l'autorit� de chose jug�e de cette d�cision en r�examinant le raisonnement des autorit�s cantonales � l'occasion d'une autre affaire, cependant que l'on ne peut exclure a priori un exc�s ou un abus de leur pouvoir d'appr�ciation par les autorit�s cantonales. De m�me lorsque le Tribunal f�d�ral, saisi d'un recours, constate, par exemple, qu'une peine n'est pas excessivement s�v�re, on ne peut exclure non plus qu'elle soit tr�s ou m�me excessivement cl�mente. Cela conduit le Tribunal f�d�ral � ne proc�der qu'avec la plus grande retenue � ce type de comparaisons.
3.2.�Le jugement de la Cour d'appel p�nale vaudoise du 9 avril 2014, invoqu� par le recourant, a �t� annul� sur l'une des qualifications p�nales retenues et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale afin qu'elle statue � nouveau. Ni la qualification p�nale retenue ni la peine prononc�e ne fondent, d�s lors, une comparaison pertinente avec la situation du recourant. De surcro�t, en tant que le recourant souligne la responsabilit� p�nale enti�re de l'auteur dans cette affaire, il omet de relever que les troubles de la personnalit� de l'int�ress�, finalement condamn� � 15 ans de privation de libert�, ont, dans ce cas, induit des r�actions sp�cifiques constituant des circonstances exceptionnelles pouvant �tre prise en consid�ration au stade de l'appr�ciation de la faute (v. arr�t 6B_825/2015 du 22 octobre 2015, notamment consid. 1.4.1).
3.3.�Le second cas auquel se r�f�re le recourant concerne le coauteur d'un assassinat en concours avec un brigandage, condamn� � 14 ans et demi de privation de libert� (plus 30 mois correspondant, dans une peine d'ensemble, � la dur�e de peines ant�rieures dont le sursis a �t� r�voqu�). Le recourant omet de pr�ciser que l'intention homicide du condamn� n'a �t� retenue qu'au stade du dol �ventuel (v. arr�t 6B_355/2011 du 23 septembre 2011 consid. 4.2 et 5), ce qui n'est pas sans influence sur l'appr�ciation de la culpabilit� (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 60).
3.4.�En citant un troisi�me cas (arr�t 6B_967/2008 du 6 juillet 2009), le recourant souligne qu'aux yeux du Tribunal f�d�ral " les juges cantonaux apparaissent donc avoir suffisamment tenu compte des �l�ments att�nuants � prendre en compte ", mais il omet de rapporter que cet arr�t pr�cise aussi que " Les nombreux �l�ments d�favorables au recourant, comme l'avait relev� la Cour d'assises, auraient pu justifier le prononc� d'une peine sensiblement sup�rieure � celle qui a �t� prononc�e ". On comprend ainsi toute l'importance, dans cette affaire, chez un jeune adulte, d'un parcours de vie chaotique (absence d'encadrement familial, scolaire ou social; manque d'affection et de consid�ration dans l'enfance), toutes circonstances dont le recourant ne peut se pr�valoir. De surcro�t, cet arr�t est ant�rieur � la jurisprudence publi�e aux ATF 136 IV 55 pr�cit�e. L'effet sur la peine de la l�g�re diminution de responsabilit� retenue, �valu�e � 20% sur la base d'une expertise, ne permet pas d'op�rer une comparaison entre les peines prononc�es dans ces deux affaires.
3.5.�Le recourant invoque aussi un arr�t 501/2013 104, du 29 septembre 2014, de la cour d'appel p�nale fribourgeoise (v. arr�t 6B_1202/2014 du 14 avril 2016). Dans cette affaire, la culpabilit� de l'auteur, condamn� pour meurtre, a �t� appr�ci�e compte tenu, en plus d'une l�g�re diminution de responsabilit�, notamment d'une importante frustration r�sultant d'un harc�lement par la victime. De surcro�t, le fait de tirer sur un tiers au fusil, � travers une porte ferm�e, ne d�note, m�me au stade du dol direct, pas la m�me �nergie criminelle que les nombreux coups de couteau ass�n�s par le recourant � sa victime alors que celle-ci le suppliait encore de s'arr�ter. Enfin, le Tribunal f�d�ral a soulign�, dans cette affaire, que la peine de 12 ans de privation de libert� n'apparaissait pas particuli�rement s�v�re compte tenu des circonstances du meurtre et qu'elle l'�tait d'autant moins eu �gard, notamment, au concours avec le crime r�prim� par l'art. 129 CP (consid. 3.5). Ce cas, qui se distingue aussi par l'existence d'un ant�c�dent de meurtre, n'appara�t ainsi, lui non plus, gu�re comparable � celui du recourant et ce dernier ne peut, en tous les cas rien d�duire en sa faveur de cette comparaison.
3.6.�Dans l'affaire P1 12 10, jug�e le 5 juillet 2012 par la Cour p�nale I du Tribunal cantonal valaisan, cette autorit� a soulign� de mani�re appuy�e l'attitude des autres protagonistes d'une bagarre entre clans dont l'issue a �t� mortelle. Elle a rappel� aussi que cet �v�nement avait fait suite � plusieurs �pisodes conflictuels dans lesquels les responsabilit�s des intervenants paraissaient partag�es. La r�action excessive de l'auteur avait �t� provoqu�e par le geste agressif et purement gratuit d'un membre de l'autre clan, alors qu'� ce moment-l� le conflit paraissait s'�tre calm�. Ces �l�ments montrent suffisamment que le recourant ne peut rien d�duire en sa faveur de cette d�cision.
3.7.�On ne voit pas non plus ce que le recourant entend d�duire de la comparaison avec une condamnation, pour assassinat, � 15 ans de privation de libert� (jugement du Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne du 9 novembre 2009). Cette peine �tant quoi qu'il en soit sup�rieure � celle inflig�e au recourant, le seul fait qu'elle puisse appara�tre relativement cl�mente au regard des circonstances de l'assassinat, ne d�montre pas encore que la sanction inflig�e au recourant serait excessivement s�v�re pour le meurtre qu'il a commis.
3.8.�Dans l'affaire jug�e le 19 juin 2013 par le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne, la peine de 12 ann�es de privation de libert� n'a, par la suite, pas �t� remise en cause, l'appel du Minist�re public tendant uniquement au prononc� par la cour cantonale d'un internement en application de l'art. 64 al. 1 let. a CP, confirm� par le Tribunal f�d�ral (arr�t 6B_253/2014 du 26 juin 2014). On comprend ainsi que la quotit� de la sanction qui, seule, ne paraissait pas propre � diminuer le risque de r�cidive, ne constituait pas le principal enjeu de cette affaire. De surcro�t, la question de la quotit� de la peine n'a pas fait l'objet d'un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral. On ne peut, dans ces conditions, exclure a priori une sanction tr�s cl�mente au regard des faits, de sorte que cette affaire ne d�montre pas non plus un exc�s ou un abus, par la cour cantonale, de son pouvoir d'appr�ciation � l'�gard du recourant.
3.9.�Enfin, l'arr�t du 2 avril 2014 de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Fribourg cit� par le recourant a fait l'objet d'un recours en mati�re p�nale du condamn� (arr�t 6B_547/2014 du 21 juillet 2014). Il ressort de cet arr�t que l'autorit� cantonale avait jug� la faute du recourant comme " tr�s lourde ", estimant la peine de base ad�quate � 14 ans de privation de libert�, puis avait ramen� la sanction � 11 ann�es de privation de libert� au motif d'une l�g�re diminution de responsabilit� li�e � l'alcool�mie de l'auteur au moment des faits. Si le Tribunal f�d�ral, saisi par le condamn�, a jug� que cette peine n'�tait pas s�v�re au point qu'il faille conclure � un abus du pouvoir d'appr�ciation, il appara�t d'embl�e que la sanction de base (14 ans) a �t� fix�e de mani�re tr�s favorable � l'int�ress�, compte tenu d'une culpabilit� jug�e " tr�s lourde " pour un meurtre et que la r�duction directe de la sanction r�sultant de la l�g�re diminution de responsabilit�, critiquable dans son principe (v. supra consid. 2.8), influence �galement de mani�re importante (3 ans) la peine prononc�e. Celle-ci, par 11 ans de privation de libert�, correspondrait plut�t � une culpabilit� moyenne, voire l�g�re � moyenne, que la l�g�re diminution de responsabilit� ne para�t pas pouvoir expliquer � elle seule. Ce pr�c�dent ne d�montre, d�s lors, pas non plus que la peine inflig�e au recourant serait excessivement s�v�re.
Le recourant succombe. Il supporte les frais de la proc�dure (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF).
Lausanne, le 16 juin 2016