Source: http://gazettenucleaire.org/2015/275.html
Timestamp: 2018-06-23 08:22:58+00:00
Document Index: 225308868

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

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J’espère que vous avez passé une bonne fin d’année en 2014. En ce qui concerne 2015, il vaut mieux attendre pour savoir si elle sera bonne ou mauvaise. Tout a mal commencé donc on attend...
Par contre je vous remercie tous de vos réabonnements. En plus les petits mots accompagnant l’envoi font chaud au cœur et cette année c’est bien nécessaire.
Il est vrai que les drônes s’acharnent: les voici survolant Paris de nuit. Les forces de l’ordre ont essayé de les suivre mais sans succès jusque présent.
Il existe maintenant une loi pour protéger les lanceurs d’alerte, mais je crains que son application ne se fasse qu’au compte-goutte.
Enfin rien ne va très fort sur le front du nucléaire: AREVA a des pertes records (4,9 milliards €) et compte tenu des demandes finlandaises (au moins 3 milliards pour retard) cela ne risque pas de s’améliorer en 2015.
En ce qui concerne la France, son EPR sera peut-être terminé en 2018 voire 2019 et coûtera près de 9 milliards soit 3 fois plus que prévu.
L’ASN demande avec force une augmentation de son personnel pour pouvoir suivre de plus près les diverses installations. La taxe INB se monte à 600 millions, mais comme le souligne P-F Chevet une journée d’arrêt d’un réacteur coûte 1 million €. Les inspections et les demandes qui en résultent ne peuvent qu’aider à renforcer la sûreté et la radioprotection.
Prenons un exemple dans:
Inspection n° INSSN-CAE-2015-0347 du 21 janvier 2015
«A.2 Validation des documents de chantier
Lors de la visite du chantier de réparation du tube guide de l’évaporateur 4120-23 de l’atelier T2, l’inspecteur a examiné le dossier d’exécution correspondant à l’opération en cours.
L’inspecteur a observé que la note technique de synthèse des exigences de sûreté (EXS) jointe au dossier d’autorisation de modification (DAM) interne à l’établissement de La Hague avait fait l’objet de commentaires qui modifiaient notablement le contenu de ces exigences et que ces commentaires n’avaient pas été pris en compte dans les documents utilisés sur le chantier. La liste des opérations de montage et de contrôle que l’inspecteur a examinée comportait notamment des inversions dans les exigences de sûreté applicables durant la phase de travaux sur site.
Je vous demande de prendre des dispositions pour que les exigences de sûreté définies dans la note de synthèse jointe au DAM soient scrupuleusement reportées dans les documents opérationnels utilisés sur le chantier.
La demande d’action corrective objet du point A2 de la présente lettre a déjà été exprimée dans la lettre de suites de l’inspection du 20 août 2014 qui vous a été transmise le 3 septembre 2014 (5) et pour laquelle vous n’avez pas, à ce jour, transmis de réponse malgré plusieurs rappels par courrier électronique.
Vous voudrez bien me faire part de vos observations et réponses concernant ces points dans un délai qui n’excèdera pas deux mois. Pour les engagements que vous seriez amené à prendre, je vous demande de bien vouloir les identifier clairement et d’en préciser, pour chacun, l’échéance de réalisation.»
Donc il n’y a pas eu de réponses en temps et heure.Or, ce type de non respect des exigences de sûreté peut conduire à des fuites.
En ce qui concerne la reprise des déchets anciens:
«L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a de nouveau déploré lundi le "retard" pris par Areva dans le reconditionnement de dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs anciens mal entreposés dans son usine de Beaumont-Hague (Manche), lui fixant cette fois un calendrier très précis à respecter.
Dans sa décision datée du 9 décembre mais annoncée lundi, le gendarme du nucléaire fixe une "soixantaine d'échéances" pour chacune des "étapes" de cette opération "compliquée" qui doit être achevée en 2030, selon une loi de 2006, a précisé à l'AFP Jean-Luc Lachaume directeur général de l'ASN.
"Si ces échéances n'étaient pas respectées, on arriverait à des mesures de coercition, d'abord une mise en demeure", puis des "pénalités" si cette mise en demeure n'est pas entendue, a précisé M. Lachaume.»
Il était déjà question de ces déchets en 1984 et en 1992 le directeur de la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires avait déclaré qu’il ne donnerait pas l’autorisation de démarrage de UP3 (usine traitement des combustibles) si les déchets anciens n’étaient pas repris. Comme il a été remplacé en 1992 à cause d’un avis négatif pour le redémarage de Superphénix, ce fut oublié.
Puis il y a eu un nouvel inventaire en 1999 et une mise en demeure pour que la reprise soit terminée en 2030.
Et enfin en 2015 l’ASN a repris le problème et confirmé la date butoir (2030) mais en plus précisé que si le plan n’était pas respecté des pénalités seraient réclamées.
L’ASN vient également de relancer les prescriptions complémentaires (suite à Fukushima) de plusieurs sites AREVA et du CEA et donner non seulement des échéances, mais un agenda de vérifications intermédiaires qui sera publié sur le site de l’ASN. La liste comporte:
- pour le CEA-Cadarache => réacteur Jules Horowitch, Cabri, EOLE, Minerve.
- pour le CEA-Marcoule => Diademe, Phénix,
- pour le CEA-Saclay => Orphée
- pour AREVA –Romans => FBFC
- pour AREVA-Marcoule => Melox
- pour AREVA –Tricastin => Eurodif, Socatri, G. Besse II, Comurhex
Il y a aussi des rappels à l’ordre pour les problémes Sociaux, Organisationnel et Humains souvent baptisés «erreur humaine».
La Gazette vous fera tout un dossier sur ce sujet dans le prochain numéro car qu’appelle-t-on «erreur humaine»?:
- le bouc émissaire, à savoir l’humain présent lors d’un incident?
- la chaîne qui a amené à une erreur: maintenance repoussée, pièces de rechanges défectueuses, réunions de préparation de chantier inexistantes, fiches de travail mal traduites,
- erreur dans les consignes?
La liste est fort longue, mais chaque incident doit être analysé en profondenr. Et ne rêvons pas, on ne banit pas l’erreur car un incident peut toujours se produire et se révéler bien difficile à gérer. Reconnaissons à tous les travailleurs d’être à la hauteur et de bien s’en sortir.
Sur Doel et Tihange l’autorité de sûreté belge fait un point très intéressant sur son site: http://www.afcn.fgov.be/
Et un merci pour vos réabonnements.
De Suisse un chant pour tous les «lanceurs d’alerte»
Envoi du WWF-Genève
Maintenant, vois-tu, c’est la haine qui nous tue, et nous crève...
Chantez, compagnons, dans la nuit, la Liberté nous écoute...
COMPTE-RENDU D’AG du GSIEN
Sur 44 membres, nous étions 23 présents et 13 procurations, soit au total 36: l’AG pouvait valablement délibérer.
Après l’adoption du budget, un peu déficitaire car nous n’avons pas réalisé d’expertises importantes mais suffisant pour rembourser un voyage et surtout continuer la gazette (beaucoup de réabonnements et soutiens mais c’est fragile).
Tout d’abord notre Webmaster (Y. Renaud) va s’appuyer sur un jeune (Laurent Bouchet), ce qui va beaucoup l’aider.
La réunion a été l’occasion de clarifier un grand nombre de points:
Quid de Fessenheim?
Il est effectivement nécessaire pour commencer une transition énergétique de fermer un certain nombre de réacteurs de façon à se lancer dans un programme alternatif. Par ailleurs est-il sérieux d’envisager une prolongation du temps de vie des réacteurs au-delà de la 4eVisite décennale. De fait les réparations vont affecter le fonctionnement des réacteurs et prendre du temps : rappelons qu’une journée d’arrêt coûte «environ un million d’euros par réacteurs. Et qu’il faut ajouter le coût des pièces à changer, sans oublier le personnel.
Quid de Gravelines 1 avec sa pénétration fond de cuve avec un défaut au niveau de sa soudure avec la cuve : c’est difficile si ce n’est impossible à réparer. Et ce serait une brèche primaire.
- La Belgique a donc des problèmes avec Tihange 2 et Doël 3.
- L’Allemagne a décidé de tout stopper pour 2020 / 2022 (voire 2025).
- La Suisse tente de prolonger certains de ses réacteurs.
- Le Royaume-Uni est en train de négocier 2 EPR
Mais finalement il n’y a pas un programme, juste quelque commandes.
La Corée et le Japon proposent des réacteurs plus adaptés (600 MW ou 1.000MW).
De même l’Inde essaie d’acheter à la Russie
Ils existent, mais maintenant il convient de prévoir les entreposages d’attentes et de vérifier la faisabilité d’un stockage. L’ANDRA a lancé un programme de thèses (liste dans la Gazette 273) qui touche tous les domaines: fermetures des alvéoles, creusement, maîtrise du risque incendie, surveillance...
C’est en cours d’étude partout car nul n’a de solution. Par contre tout le monde a des problèmes (WIPP aux USA, ASSE en Allemagne, Sellafield au Royaume-Uni, Belgique et Suisse qui cherchent un site...)
On a également échangé sur les drones, action menée par qui, contre qui et pourquoi: difficile de répondre donc restons vigilants.
La radioprotection doit être rigoureuse aussi bien des personnels statutaires que des prestataires.
Il faut noter que, dans la lutte contre les accidents, on a tendance à oublier les personnels et leur apport non seulement en fonctionnement normal mais aussi en cas d’événement grave. De toute façon «l’erreur humaine» mal définie permet de s’abstenir d’analyser les écarts (manquements aux règles mal écrites, intervention mal préparée...)
Bon ce fut sympa et l’on recommencera dans un an.
Ce qui réconforte c’est la présence des amis et les réabonnements donc on continue.
20/01/2015 11:00 Communiqué de presse
À l’occasion de la nouvelle année, l’ASN, par la voix de son président M. Pierre-Franck Chevet a présenté le 20 janvier, à son siège de Montrouge, ses vœux à la presse.
Le discours de Pierre-Franck Chevet vient appuyer la demande de l'ASN de voir passer, d'ici 3 à 5 ans, le nombre de personnes dédiées à la sûreté nucléaire de 1.000 à 1.200. Ce chiffre tient compte des personnels de l'ASN et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Or, pour l'instant, l'ASN n'a obtenu qu'un renfort de 30 personnes étalé sur 3 ans et l'IRSN aucun. Comment procéder dans ces conditions sans abaisser la sûreté? Il faudra faire des priorités, a avancé Pierre-Franck Chevet, expliquant que certains dossiers ne sont pas prioritaires au regard de la sûreté et pourraient donc être relégués au deuxième ou troisième rang des priorités, voire ne pas être traités du tout.
Pour illustrer ce point, le président de l'ASN a rappelé que "les nouvelles installations, tant qu'elles ne sont pas en activité, ne posent pas de problème de sûreté", laissant entendre que le dossier de sûreté de l'EPR de Flamanville pourrait figurer parmi les priorités de deuxième ou troisième rang. Or, l'EPR ne pourra entrer en service, tant que son dossier de sûreté ne sera pas validé par l'ASN... Même s'il est prématuré d'envisager une telle situation, l'alternative est clairement posée.
Le message s'adresse d'autant plus aux opérateurs des installations nucléaires françaises qu'ils sont au cœur du financement de l'ASN. Chaque année, EDF, Areva payent quelque 600 millions de taxes spécifiques dont une grande partie vient alimenter les caisses de l'ASN. Le renforcement de l'Autorité passe donc par une hausse de leur financement, hausse évaluée à 50 millions € par an.
C'est peu, explique en substance l'ASN, pointant le fait que chaque jour d'arrêt d'une tranche nucléaire coûte 1 million € à EDF. Bien sûr, permettre à l'ASN de traiter les dossiers en temps et en heure est un bon moyen de limiter ces arrêts de tranche...
Le sujet orphelin de la sécurité nucléaire
Interrogé sur le sujet de la sécurité nucléaire, dans un contexte marqué par les survols de centrale par des drones et la crainte d'attentats, Pierre-Franck Chevet a regretté que l'Etat se penche en priorité sur l'organisation du dispositif. En effet, il y a "un sujet orphelin", a-t-il rappelé.
L'ASN souhaite-t-elle récupérer la gestion de la sécurité nucléaire? C'est comme cela que cela se passe à l'étranger, mais "le sujet n'est pas prioritaire", estime son président.
Concrètement, l'ASN devrait publier d'ici la fin de l'année un premier avis d'orientation précisant les grandes lignes de ses attentes pour cette quatrième visite décennale. La position générique pour les réacteurs de 900 mégawatts (MW) devrait être prise a priori en 2018. L'ASN prendra ensuite position, réacteur par réacteur, à partir de 2020, 26 unités devant passer leur quatrième visite décennale entre 2019 et 2025. "Le calendrier est serré, très très serré", insiste Pierre-Franck Chevet, ajoutant que "l'ASN prendra le temps qu'il faudra". Sans surprise, il a aussi une nouvelle fois rappelé que "la poursuite du fonctionnement des centrales nucléaires au-delà de 40 ans n'est nullement acquise", rappelant que l'ASN a refusé de prolonger au delà de 40 ans (il dépasse les 50 ans) le réacteur de recherche Osiris pour lequel aucune solution n'a été trouvée pour renforcer sa sûreté.
Cependant, le président de l'ASN a surtout insisté sur le risque de retard lié aux "plusieurs dizaines de dossiers" que l'Autorité aura à traiter en incluant les installations d'Areva et du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). D'autant que les travaux à réaliser sur les installations par les opérateurs "seront très très lourds", prévient Pierre-Franck Chevet. À ce moment encore, les questions de personnel pourraient jouer un rôle crucial. En effet, le président de l'Autorité a rappelé l'inquiétude de l'ASN face aux départs à la retraite de la partie du personnel d'EDF la plus expérimentée. L'inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection (IGSN) d'EDF ainsi que l'ASN avaient déjà pointé le risque d'affaiblissement des compétences de l'entreprise. Tous deux constatent un allongement des arrêts de tranche pour maintenance et surtout un nombre très élevé d'événements significatifs pour la sûreté associés à la mauvaise qualité de la maintenance.
Thème : la surveillance des intervenants extérieurs Areva-NC
L’inspection du 21 janvier 2015 a porté sur le contrôle de la surveillance par l’exploitant des intervenants extérieurs sur le site de La Hague. L’inspecteur a vérifié les conditions de réalisation des interventions sur le chantier de réparation du tube guide de l’évaporateur 4120-23 de l’atelier T2 (1). Ce chantier est destiné à remédier à l’apparition de porosités au niveau du tube guide susmentionné.
L’inspecteur a également examiné les documents opérationnels rattachés au chantier ainsi que le renseignement du rapport établi dans le cadre de la surveillance du prestataire en charge de l’opération.
L’inspecteur a également consulté les documents opérationnels associés à l’évènement significatif pour la sûreté déclaré à l’ASN le 14 janvier 2015 par AREVA NC : cet évènement concerne le constat d’un résultat de mesure du coefficient d’épuration d’un filtre de très haute efficacité (THE) inférieur au critère admissible défini dans les règles générales d’exploitation (RGE) de l’atelier T2.
Au vu de cet examen par sondage, l’inspecteur considère que la formalisation des actions de surveillance du prestataire sur le chantier de réparation du tube guide de l’évaporateur 4120-23 de l’atelier T2 est perfectible. L’exploitant devra s’attacher au respect des dispositions des articles 2.2.2 et 2.5.6 de l’arrêté du 7 février 2012 (2) concernant la surveillance des prestataires et en particulier à la mise à jour du rapport de surveillance des prestataires au fur et à mesure de l’avancement des opérations.
A.1 Formalisation de la surveillance des prestataires
Conformément à l’article 2.5.6 de l’arrêté du 7 février 2012, «les activités importantes pour la protection, leurs contrôles techniques, les actions de vérification et d’évaluation doivent faire l’objet d’une documentation et d’une traçabilité permettant de démontrer a priori et a posteriori le respect des exigences définies. Les documents et enregistrements doivent être tenus à jour, aisément accessibles et lisibles, protégés et conservés dans de bonnes conditions, et archivés pendant une durée appropriée et justifiée.» L’exploitant AREVA NC a défini les études et les modifications en tant qu’activité importante pour la protection (AIP) au sens de l’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base.
Lors de l’examen du rapport de surveillance établi dans le cadre de l’opération de réparation du tube guide de l’évaporateur 4120-23 de l’atelier T2, l’inspecteur a noté que certains points de surveillance n’avaient pas été validés alors que les actions, objets de cette surveillance, avaient déjà été réalisées sur le chantier. Il s’agissait notamment de la vérification que les soudures seraient réalisées par du personnel habilité et qualifié. L’inspecteur a également souligné que le plan de surveillance de ce chantier ne comportait aucun point d’arrêt ni point de convocation alors que certains actes de surveillance identifiés pouvaient avoir un impact sur la qualité de réalisation et sur le respect des exigences de sûreté définies dans le dossier d’autorisation de modification établi pour cette opération. L’inspecteur a rappelé que la directive AREVA (3) pour la surveillance des intervenants extérieurs demande que «le plan de surveillance comprenne a minima une liste des points d’arrêts».
Je vous demande de prendre les dispositions nécessaires pour que les plans de surveillance comprennent les points d’arrêt nécessaires pour assurer la qualité de réalisation du projet concerné. Je vous demande également de mettre en œuvre les actions permettant d’assurer que les rapports de surveillance soient renseignés au fur et à mesure de l’avancement des opérations.
A.2 Validation des documents de chantier
L’inspecteur a observé que la note technique de synthèse des exigences de sûreté (EXS)(4) jointe au dossier d’autorisation de modification (DAM) interne à l’établissement de La Hague avait fait l’objet de commentaires qui modifiaient notablement le contenu de ces exigences et que ces commentaires n’avaient pas été pris en compte dans les documents utilisés sur le chantier. La liste des opérations de montage et de contrôle que l’inspecteur a examinée comportait notamment des inversions dans les exigences de sûreté applicables durant la phase de travaux sur site.
B.1 Conditions d’extraction du chemisage d’un tube guide de l’atelier T2
Lors de l’inspection, l’exploitant a expliqué qu’il est prévu que le chemisage introduit dans le tube guide TG 23-2 de l’évaporateur 4120-23 de l’atelier T2 soit changé selon une périodicité annuelle. Les conditions d’exploitation de l’évaporateur et la porosité du tube guide vont entraîner une perte d’épaisseur du chemisage. L’exploitant doit donc déterminer l’épaisseur minimale du chemisage introduit en dessous de laquelle il pourrait apparaître un risque de rupture lors de l’opération d’extraction du chemisage. L’exploitant a précisé qu’un essai sur une maquette serait réalisé afin de connaître cette épaisseur résiduelle limite. L’estimation de la durée pendant laquelle un même chemisage pourrait rester en place sera donc fonction de l’épaisseur résiduelle limite et de la vitesse de corrosion estimée en conditions pénalisantes.
Je vous demande de me transmettre les conclusions des essais qui vont être réalisés dans le but de connaître l’épaisseur résiduelle limite qui permettra l’extraction du chemisage du tube guide sans risque de rupture du chemisage.
À la suite de l’apparition de porosités au niveau de doigts de gant, des opérations similaires de chemisage de tubes guides ont déjà été réalisées sur plusieurs évaporateurs sur le site de la Hague. Ces évènements font l’objet d’une note de retour d’expérience. Dans cette note, les conditions de vérification de l’intégrité du chemisage telles que prévues sur le tube guide TG 23-2 de l’évaporateur 4120-23 ne sont pas décrites.
Je vous demande de me transmettre la justification de l’harmonisation des pratiques de vérification de l’étanchéité des chemisages introduits dans des doigts de gants de mesure de température sur les différentes unités des ateliers concernés sur le site. Vous vous prononcerez de manière argumentée sur la nécessité d’ajouter ces contrôles dans le chapitre 9 des RGE des ateliers concernés.
B.2 Filtre à très haute efficacité 4120-9211 de l’atelier T2
Le 14 janvier 2015, l’exploitant de l’atelier T2 a déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté portant sur le constat que le résultat de mesure du coefficient d’épuration du filtre à très haute efficacité (THE) 4120-9211 était inférieur au critère admissible défini dans les règles générales d’exploitation (RGE) de l’atelier, qui est de 1.000. Le filtre 4120-9211 est l’un des filtres qui constituent la dernière barrière de filtration des gaz extraits de l’évaporateur 4120-22.
L’inspecteur a examiné les documents opérationnels utilisés pour réaliser cette intervention. Dans ces documents, l’exploitant prévoit un remplacement de ces filtres THE dès que le coefficient d’épuration est inférieur à 5.000. Les RGE de l’atelier prévoient de réaliser la mesure du coefficient d’épuration du dernier étage de filtration après toute intervention sur ces filtres et au moins une fois par an.
L’exploitant n’a pas pu justifier, au cours de l’inspection, l’évolution en un an du coefficient d’épuration de ce filtre d’une valeur supérieure à 5.000 à une valeur de 138.
Je vous demande de préciser, dans le compte-rendu de l’évènement déclaré le 14 janvier 2015 concernant le constat d’un résultat de mesure du coefficient d’épuration du filtre THE 4120-9211 inférieur au critère admissible défini dans les règles générales d’exploitation (RGE), les circonstances qui ont pu faire évoluer le coefficient d’épuration d’une valeur supérieure à 5.000 à une valeur de 138 en un an. Vous vous prononcerez sur le caractère adéquat de la périodicité annuelle des contrôles périodiques relatifs à ces filtres.
Pour le directeur général de l’ASN
et par délégation, le chef de division,
Guillaume BOUYT.
1. L’atelier T2 assure l'extraction du Plutonium et de l'Uranium ainsi que la concentration des produits de fission contenus dans les assemblages de combustibles traités par les usines en fonctionnement de La Hague.
2. Arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base;
3. Directive PO ARV 3SE GEN 20
4. NS 100210 10 001 0001 rév A
5. Point A4 de la lettre CODEP-CAE-2014-039650 du 3 septembre 2014.
Projet de réorganisation du SPR
ou les prémices d’une refonte de l’Exploitation
Cadarache, le 03/12/2014
CFDT-CFTC-CFE CGC-CGT
La Direction Générale du CEA a présenté au Comité National du 05 novembre un projet de réorganisation du SPR qu’elle souhaite voir valider lors du Comité National du 15 décembre 2014.
Ce projet pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement des Services de Protection contre les Rayonnements (SPR) de nos centres mais aussi bouleverser le fonctionnement de nos installations.
Des signes avant-coureurs symptomatiques de ce futur projet s’étaient déjà manifesté tels que:
- la baisse régulière des effectifs au SPR,
- l’évolution profonde du métier de Radioprotectionniste (avec conduite du changement),
- l’externalisation et la sous-traitance de la Radioprotection via la Circulaire DPSN n°4 (20/10/2011) et les nouvelles RGR du CEA (mars 2014)
- l’apparition pour les chantiers et les opérations à risque radiologique d’acteurs tels que le TQRP (Technicien Qualifié en RadioProtection) des Entreprises Extérieures (EE), la PCR EE et de conventions RP entre le CEA et les EE titulaires des marchés.
Aujourd’hui, ce projet apparaît bien comme les prémices d’une plus vaste réorganisation à savoir, dans un premier temps celle du SPR du CEA et dans un second temps, celle de l’exploitation des Installations, avec comme objectif son externalisation et le déploiement d’acteurs tels que l’«acteur technique» pour assurer les «gestes simples de radioprotection», mais aussi le «Responsables de Contrat d’Installation» en remplacement du Chef d’Installation (RGR 2012).
S’il est mis en place, ce projet remet en cause les fondements de la radioprotection au CEA, indépendante et mutualisée, en transférant aux installations des actions de radioprotection.
Cela concernerait des missions telles que par exemple, le contrôle radiologique d’un fût ou les contrôles de sortie de zone et aussi des missions qui contribuent indirectement à la radioprotection comme l’attribution des équipements de protection (dosimètres, EPVR...).
Avec ce projet, la Direction Générale du CEA organise la réduction des effectifs SPR en y incluant la «polyvalence» des exploitants tout en évitant soigneusement d’informer les salariés et surtout les acteurs de l’exploitation qui vont être impactés!
Les Chefs d’Installations, devant les nombreux départs en retraite des radioprotectionnistes qui ne seront pas remplacés, devront soit former leur personnel exploitant, soit faire appel à de la sous-traitance.
Avec une radioprotection gérée par les exploitants de chaque installation, un certain nombre de questions devrait tous nous animer et interpeller les autorités qui nous contrôlent:
- Quelle sera la fiabilité des autocontrôles? Par quels salariés? Et avec quelle formation?
- Comment seront gréées les équipes hors horaires ouvrés?
-Comment seront gérées les situations de crises et notamment les PUI et PPI?
- Quel sera le coût pour le CEA en cas de recours à de la sous-traitance en radioprotection?
- Les CLI et l’ASN sont-elles informées de ce projet? Le CHSCT va-t-il donner un avis?
La Direction Générale du CEA doit admettre qu’il faut laisser le temps nécessaire au dialogue social sur un projet d’évolution importante touchant à la sécurité des salariés et à la sûreté radiologique des installations.
Ce projet d’évolution ne doit pas être acté nationalement sans un véritable débat au sein de chaque installation.
Ségolène Royal pour la relance du nucléaire
La ministre de l'écologie veut que la France reste durablement dans l'atome, à l'inverse de l'Allemagne;
C'est une inflexion majeure de la politique énergétique. Et la première fois, depuis le retour de la gauche au pouvoir en mai 2012, qu'un membre du gouvernement est aussi explicite sur l'avenir du nucléaire. "Il faut programmer la construction d'une nouvelle génération de réacteurs, qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées", déclare Ségolène Royal, ministre de l'écologie et de l'énergie, dans un entretien publié mardi 13 janvier par L'Usine nouvelle. Ainsi ferme-t-elle la porte à toute extinction, même progressive, de l'atome civil, qui assure les trois quarts de la production d'électricité en France. Elle relance aussi le débat qui, à gauche, n'a jamais cessé d'opposer pro- et antinucléaires et d'être le point de clivage majeur entre le PS et ses alliés d'Europe Ecologie-Les Verts. Et elle tourne résolument le dos à l'Allemagne, qui aura fermé son dernier réacteur en 2022 pour développer les énergies renouvelables et les réseaux " intelligents " à marche forcée.
"Energie d'appoint"
Mme Royal a changé d'avis. Durant la primaire socialiste de 2011, elle souhaitait ramener le nucléaire à une "énergie d'appoint". Et même en sortir à "échéance de quarante ans maximum", ce qui impliquait, selon elle, l'arrêt du chantier déjà très avancé de l'EPR de Flamanville (Manche). L'atome a retrouvé toute sa place dans le cadre de la loi sur la transition énergétique; il est même sanctuarisé à hauteur de la puissance actuelle de 63,2 gigawatts (GW). Si la ministre reconnaît qu'«il faut sortir du tout-nucléaire» et que «la montée en puissance des énergies renouvelables doit s'accélérer», elle s'est aussi battue contre les Verts pour exclure tout plafonnement à quarante ans de la durée de vie des centrales, ce qui aurait condamné vingt réacteurs à brève échéance (Fessenheim, Tricastin, Bugey, Gravelines et Dampierre).
Mme Royal juge que le savoir-faire dans le nucléaire est "un atout" dont la France ne peut se priver. Déclencher sa mort programmée, explique-t-elle, pénaliserait la filière française (EDF, Areva, Alstom) à l'exportation. «Certaines centrales peuvent vivre plus de quarante ans», estime-t-elle. L'âge moyen du parc des 58 réacteurs français est de 29 ans. Les dirigeants d'EDF veulent les pousser jusqu'à 60 ans – de nombreux exploitants américains l'ont fait, même si seule l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est qualifiée pour en décider après un examen très poussé de chaque réacteur. C'est dans ce but qu'ils ont prévu d'investir 55 milliards € d'ici à 2025 pour un "grand carénage" destiné à les mettre aux normes post-Fukushima.
Et après? «À l’horizon 2050-2055, toutes les centrales qui existent auront été arrêtées», rappelait Bernard Bigot, l'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), en avril 2014, dans un entretien au magazine Industrie & Technologies. Or, si l'on veut maintenir la part d'électricité nucléaire à 50%, objectif affiché par François Hollande, «il faut construire avant de fermer»", assure M. Bigot, car, «entre le lancement d'une centrale et sa connexion au réseau, huit à dix ans s'écoulent». L'administrateur du CEA estime les besoins à 35 réacteurs (de la puissance de l'EPR).
Mme Royal parle d'une "nouvelle génération" de réacteurs, sans plus de précisions. L'EPR?
Areva et EDF travaillent à une optimisation de cette puissante centrale (1650 mégawatts - MW-) pour la rendre plus compétitive grâce au retour d'expériences des chantiers de Flamanville et d'Olkiluoto (Finlande), dont les coûts ont dérapé (8,5 milliards € par EPR). Areva a aussi l'Atmea, un "petit" EPR (1.100MW) développé avec Mitsubishi Heavy Industries. Enfin, EDF, Areva et le CEA travaillent sur un réacteur à neutrons rapides (du type Superphénix) dans le cadre du forum international génération IV. Mme Royal ne cite qu'EDF. Pour Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, qui exploite sept réacteurs en Belgique, l'expérience est amère: EDF a toujours refusé de lui faire une place en France."On y regardera vraiment à deux fois avant de revenir", prévient-il. "Mieux vaut s'engager dans les énergies renouvelables, souligne le député Vert Denis Baupin, plutôt que de se lancer dans la construction de nouveaux réacteurs qui sont des installations extrêmement coûteuses, pour un prix du kilowattheure très cher et pour un uranium importé."
Pour la secrétaire nationale d'EELV, l'avenir est aussi aux énergies renouvelables. "Je rappelle, si la ministre l'a oublié, que la loi sur la transition énergétique prévoit la fermeture de 20 réacteurs d'ici 2025, une réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire, ajoute Emmanuelle Cosse. Ces propos sont hasardeux."
Il est dommage de répondre que «le savoir-faire dans le nucléaire est "un atout" dont la France ne peut se priver. Déclencher sa mort programmée, explique-t-elle, pénaliserait la filière française». Mais on ne sait pas si les réacteurs peuvent être prolongés comme le désire EDF. En effet, pour pouvoir le faire des travaux difficiles peuvent être impossibles : ils sont en évaluation. L’ASN a réclamé nombre de mises à niveau qui sont toujours non réalisées. De toute façon la mise en œuvre de la loi sur la transition énergétique entraîne l’arrêt de 20 réacteurs à l’horizon 2023. Et comme nous le répétons depuis des années, il est vraiment dangereux de dépendre à quasi 80% du nucléaire pour la production d’électricité. Il faut absolument se lancer dans une diversification des sources d’énergie et surtout prendre vraiment les mesures favorisant les économies d’énergie.
Monsieur le président de l'ANCCLI
Drones, sécurité et sûreté des INB.
La campagne récente de survols des INB par des drones en France démontre la vulnérabilité de nos installations nucléaires à ceux qui n’en avaient pas déjà conscience: non seulement le survol des installations est possible, mais aucune mesure de prévention n'a pu l’empêcher.
Malgré tous les moyens et les efforts déployés, les pilotes sont restés inconnus donc impunis. L'ANCCLI a adressé, le 24 novembre 2014, une demande d’information au ministère de la défense, accompagnée d'une demande de réunion pour échanger et travailler en synergie avec les organismes concernés par ce problème.
Le Ministère a fait (10 décembre) une réponse dilatoire qui ne donne satisfaction à aucune des deux demandes de l'ANCCLI.
À son tour, cet échange de courriers démontre l'impuissance des autorités face à ce problème qui demeure insoluble.
Il est évident que le niveau de sécurité est lié à celui de la sûreté de nos INB. Autrement dit, on peut craindre qu'une agression extérieure ne soit capable de provoquer un accident nucléaire grave, voire majeur, dans un CNPE.
Mais d'où vient le réel danger: des drones ou des réacteurs nucléaires?
Il existe des drones de toutes les tailles, du simple jouet pour enfant à l'arme chargée de missiles.
Les drones utilisés pour les survols de zones interdites n'ont présenté aucun danger, alors pourquoi les stigmatiser? Pour masquer le danger que représentent les réacteurs nucléaires?
Par contre, le ministère de la défense a raison de se préoccuper du terrorisme. Jusqu’à présent, on n'a jamais subi d’attentats exécutés par des drones. Les attaques ont toujours été réalisées avec des moyens hélas «conventionnels», bombes, missiles, armes à feu...
Là se situe le véritable danger: une attaque terroriste pourrait détruire les défenses des CNPE qui n'ont été dimensionnés que pour parer des accidents technologiques. Une telle attaque pourrait avoir pour conséquence un accident nucléaire majeur. Le tort des drones est de leur montrer le chemin.
Dans le contexte actuel de risque terroriste, nos 58 réacteurs en fonctionnement sont devenus autant de talons d'Achille dans notre défense nationale. Du point de vue stratégique, la France est devenue indéfendable en raison de la vulnérabilité de ses centrales. Aucune de nos nombreuses bombes atomiques ne pourra jamais empêcher une attaque sur l'une d’elles.
L'état va «prendre les mesures qui s'imposent...»: pourrait-il transformer nos 19 sites nucléaires civils en forteresses, avec DCA, radars anti-missiles et anti-drones, aviation de chasse...?
L'ANCCLI également a raison de considérer que:
«...On ne peut laisser grandir les inquiétudes de toute une population qui vit, ne l’oublions pas, sur un territoire où sont implantés 58 réacteurs nucléaires.»
Mais suffira-t-il d'informer et de rassurer pour rendre nul le risque nucléaire?
Ce risque, avéré depuis Tchernobyl et Fukushima, est inhérent au fonctionnement des réacteurs. Ces quatre explosions de réacteurs représentent une occurrence de presque 1% sur le parc mondial, (sans compter les accidents à Mayak et à Windscale). On est bien loin des calculs de probabilité très optimistes qui avaient été avancés.
Les seuls réacteurs sûrs qui existent dans le monde sont ceux qui n'ont jamais été mis en service, il y en a 5. Le rêve d'une société en paix et bénéficiant d'une énergie propre illimitée est devenue le cauchemar des gendarmes et des ingénieurs.
Sûreté et sécurité des CNPE ne seront assurées qu’à leur fermeture.
le 24/12/14, Joyeux Noël.
Jacques Terracher, membre de la CLI de Civaux, 18 route de Thurageau, 86110 Mirebeau
C'était il y a 35 ans, dans la petite commune de Plogoff, à l'extrême pointe de la Bretagne. Ce matin du 31 janvier 1980, les habitants consternés voient leur bourg envahi par plusieurs centaines de gendarmes mobiles. C'est le premier jour de l'enquête publique pour la construction d'une centrale nucléaire de 5.200 mégawatts, la plus puissante jamais construite en France, à deux pas de la Pointe du Raz. C'est le premier jour d'un conflit qui va durer six semaines, avec ses heurts et ses barrages, les jets de pierres et de grenades, le face-à-face quotidien entre les femmes de Plogoff et de jeunes gendarmes souvent moins solides qu'il n'y paraît.
C'est l'histoire de cette mobilisation sans précédent que Ouest-France raconte dans une édition spéciale de 48 pages. La rédaction a fouillé ses archives, retrouvé des photos inédites, a rencontré les acteurs de l'époque, comme le député Guy Guermeur, farouche défenseur de la centrale, l'avocat Yann Choucq, les écologistes qui ont dû, eux aussi, faire avec le caractère trempé et indépendant des habitants de Plogoff.
C'était il y a 35 ans, et pourtant cette histoire rejoint l'actualité. Difficile en effet, même si les projets et le contexte sont différents, de ne pas faire un rapprochement entre Plogoff, Notre-Dame-des-Landes ou Sivens. À bien des égards, Plogoff est un combat fondateur de l'écologie en Bretagne et en France.
Il y a 35 ans, Plogoff disait non au nucléaire, 48 p., 2,90 €. À partir du 5 février chez les marchands de journaux et sur la boutique web:
«Même si les fissures atteignent les valeurs
définies par l’IFSN, l‘enveloppe du cœur
reste suffisamment stable»
Source : http://www.ensi.ch/fr/2015/01/27/
Enveloppe du cœur du réacteur, centrale nucléaire de Mühleberg
Aucune mesure de stabilisation mais un programme de contrôle élargi et des valeurs limites sont prévus pour l’enveloppe du cœur de la centrale nucléaire de Mühleberg en vue d’un fonctionnement sûr. Georg Schwarz, chef du domaine de surveillance «nucléaires» de l’Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire (IFSN), explique dans cette interview comment la sécurité reste garantie.
Que signifie «l’enveloppe du cœur doit être sûre
Georg Schwarz (chef du domaine «centrales nucléaires» et directeur suppléant de l’IFSN): La fonction de l’enveloppe du cœur consiste essentiellement à orienter le flux de l’eau de refroidissement dans le cœur du réacteur.
Il faut par exemple garantir que l’enveloppe du cœur ne bascule pas ou qu’elle ne se déforme pas en cas de grave séisme, parce qu’un joint de soudure rompt et que ce joint maintient les différents cylindres de l’enveloppe. L’insertion sûre des barres de commande, devant interrompre la réaction en chaîne dans le réacteur, pourrait sinon être perturbée.
Dans quel état se trouve aujourd’hui l’enveloppe du cœur à Mühleberg
L’enveloppe du cœur de Mühleberg est stable et satisfait aux exigences pour une exploitation sûre. On y a trouvé pour la première fois des fissures dans les joints de soudure horizontaux au début des années 1990. Lors de la révision annuelle 2014, on a en plus découvert des fissures transversales. L’étendue des fissures ne présente cependant jusque-là aucune menace pour un fonctionnement sûr.
Quelle est la cause de ces fissures
Le phénomène des fissures dans l’enveloppe du cœur est aussi survenu dans d’autres réacteurs à eau bouillante dans le monde. Les fissures se situent dans la zone des joints de soudure affectés par la chaleur – c’est-à-dire dans les secteurs positionnés directement à côté du matériau de soudure. Par la présence conjointe de contraintes internes à la soudure, d’une imprégnation par l’eau de refroidissement et d’un matériau vulnérable, la corrosion fissurante intergranulaire peut apparaître en cas de conditions défavorables. Lors de contraintes mécaniques faibles et moyennes, ceci a pour conséquence une croissance lente et stable des fissures.
A-t-on la maîtrise du problème - Comment les fissures vont-elles évoluer dans les prochaines cinq années
Le mécanisme de corrosion fissurante intergranulaire sur des aciers inoxydables a entre-temps été très bien étudié. Des données importantes existent concernant les conditions de tendance aux fissures et la progression de celles-ci. En raison des connaissances et de l’expérience en exploitation, des programmes de contrôle et des modèles spécifiques pour l’évaluation des fissures en termes de mécanique de rupture peuvent être établis. La qualité des contrôles et les modèles ont été continuellement perfectionnés ces dernières années. L’évolution de dommages peut ainsi être toujours mieux prédite. Les fissures transversales au joint de soudure sont relativement petites. Elles sont un nouvel effet causé toutefois par le même mécanisme.
Malgré les incertitudes, l’IFSN accepte que la centrale nucléaire de Mühleberg ne munisse pas l’enveloppe du cœur de mesures de stabilisation supplémentaires, pourquoi
Nous avons exigé ces mesures de stabilisation supplémentaires lorsqu’il s’agissait d’une exploitation à long terme illimitée de la centrale nucléaire de Mühleberg. On était alors parti du principe que l’installation serait exploitée au minimum dix années supplémentaires. Avec la décision de mettre définitivement la centrale hors service fin 2019, la situation a changé. Une solution qui tient dix ans ou plus n’est plus nécessaire. Il faut toutefois garantir que la sécurité pendant les cinq années de la durée d’exploitation restante soit garantie à tout moment.
À quoi ressemble cette solution
Le programme de contrôle pour les joints de soudure de l’enveloppe du cœur est sensiblement élargi. D’après les mesures importantes effectuées jusque-là et les actions correctrices effectuées dans la centrale nucléaire de Mühleberg, il n'est pas exclu de s’attendre à une progression plus rapide ou instable des fissures.
Comment la surveillance est-elle faite
BKW SA nous a présenté un élargissement du programme de contrôle pour la surveillance du développement des fissures dans l’enveloppe du cœur. Désormais, les contrôles périodiques ont lieu chaque année. Jusque-là, la mesure était réalisée sur le joint de soudure du milieu. Il est le plus concerné. Les contrôles non destructifs sont effectués avec des systèmes de contrôle qualifiés. En tant qu’autorité de surveillance, nous avons en plus fixé deux critères. Ils définissent sous quelles conditions la centrale peut être redémarrée après une révision.
Quels sont ces critères
Le premier critère concernant l’intensité maximale de contrainte sert à empêcher des fissures trop longues et trop nombreuses.
Selon la deuxième valeur limite, les valeurs transversales ne doivent pas être plus longues que 32 centimètres. Il est alors garanti que les connaissances actuelles concernant le mécanisme d’apparition des fissures soit transposables aux nouvelles fissures qui apparaissent de manière transversale au joint de soudure.
Sur quoi reposent ces valeurs limites
Pour la valeur limite concernant l‘intensité maximale de contrainte, donc la tension précédant la tête de la fissure, il subsiste toujours une marge supplémentaire par rapport aux valeurs minimales exigées dans la réglementation. Si la deuxième valeur limite ne peut pas être respectée, il faut partir du principe qu’un autre mécanisme est à l’œuvre, par rapport à ce qui est supposé aujourd’hui, concernant la progression des fissures de manière transversale au joint de soudure.
La sécurité est-elle par-là suffisamment assurée?
Oui. Les critères sont définis de sorte que l’intégrité de l’enveloppe du cœur ainsi qu’une marge de sécurité soient toujours garanties si les deux valeurs limites sont atteintes. En d’autres mots même si les critères sont atteints, l’enveloppe du cœur est suffisamment stable. Le programme de contrôle élargi permet de garantir que l’évolution des fissures fasse l’objet d’un suivi rapproché et précis.
Que se passe-t-il si les valeurs limites sont atteintes
Cette constatation aurait lieu lors d’une révision annuelle, donc lorsque la centrale nucléaire est arrêtée. BKW SA ne pourrait ensuite plus remettre en service la centrale nucléaire de Mühleberg.
Extraits de la lettre de l’ASN (dec 2014)
Le point sur la sûreté du chantier de l’EPR à
L’ASN a publié sur son site Internet une lettre d’information complète; celle-ci concerne notamment le contrôle des premiers essais de démarrage du réacteur, l’analyse de l’événement significatif, survenu le 16 octobre 2013, relatif au chariot «320 t» du pont polaire, ainsi que les écarts observés dans la qualité de réalisation d’un bétonnage et la précontrainte de l’enceinte interne du bâtiment réacteur.
La Lettre de l’EPR n°16 revient également sur le montage du circuit primaire principal, sur la construction du futur site de crise du site de Flamanville et sur les échanges entre l’ASN et l’Autorité de sûreté finlandaise entre octobre 2013 et février 2014. www.asn.fr
Mises en demeure de l’ASN pour CIS bio international
Par décisions du 6 mai puis du 24 juillet 2014, l’ASN a mis en demeure la société CIS bio international, qui exploite l’Usine de production de radioéléments artificiels (UPRA) sur la commune de Saclay (Essonne), de se mettre en conformité, suivant un calendrier déterminé, avec les dispositions des prescriptions de sûreté de l’ASN relatives à la maîtrise du risque incendie.
Les inspecteurs de l’ASN ont en effet constaté lors de leurs contrôles que CIS bio international n’a pas mis en place de dispositif d’extinction automatique dans les secteurs de feu contenant de l’iode et ont, par conséquent, dressé procès verbal.
L’ASN a engagé une procédure de consignation d’une somme d’argent répondant du montant des travaux à réaliser dans plusieurs ailes du bâtiment pour se conformer à ces prescriptions. La demande de suspension par l’exploitant de la première mise en demeure a été rejetée par le juge des référés du Conseil d’État le 28 octobre 2014. (www.asn.fr)
Entreprise-Manche. En 2014, les CMN à la fête, le nucléaire à la peine
En 2014, l'acteur le plus dynamique au plan économique a été les CMN avec son contrat pour le Mozambique. Le cancre a été Areva, responsable d'un nouveau retard à l'EPR qu'il construit à Flamanville.
En 2014 comme en 2013, les centaines d'emplois promis pour construire des éoliennes n'ont encore été que du vent. En matière économique, il faut savoir attendre. Les salariés des CMN peuvent en parler. Pendant 20 ans, ils ont repeint les ateliers en se rappelant les plans de charge de rêve des Combattantes, vendues à (presque) toutes les marines du monde.
Aujourd'hui, les CMN sont de retour sur le plan d'eau de la construction navale. La commande pour le Mozambique a donné raison à ceux qui ont toujours cru au chantier créé par Félix Amiot. Toute cette année, il a tourné à plein régime, montrant qu'il était toujours au plus haut niveau en terme de qualité de la production et de respect des délais. Une démonstration qui devrait se confirmer avec l'arrivée de nouvelles commandes.
Quel retournement! Le Petit Poucet (350 emplois) du boulevard... Félix-Amiot revient de loin. Il doit son salut à ses compétences, mais d'abord à son actionnaire, Iskandar Safa. Un homme qui a financé les CMN à perte pendant des années parce qu'il croyait en ce chantier. Un capitaine d'industrie au plein sens du terme.
À l'opposé, la grosse entreprise Areva (encore 3.000 salariés dans La Hague, 5.000 avec les sous-traitants) semble ne plus savoir où elle va. Le porte-avions du nucléaire tangue dans ses piscines. Son déficit atteint des records. Son réacteur EPR a accumulé tant de retards en Finlande et à Flamanville, qu'Areva semble définitivement incapable de le faire fonctionner.
Le climat social est mauvais. Les salariés n'ont pas confiance dans leurs dirigeants. Et l'arrivée de leur nouveau PDG les a tétanisés. Pour remettre à flot le leader mondial du nucléaire, l'État a choisi Philippe Varin, l'homme qui a coulé PSA et a tenté de quitter le navire Peugeot-Citroën qu'il avait mis à sec en empochant 21 millions d'euros. L'opposé absolu d'Iskandar Safa.
Entre les deux, DCNS peine à trouver son équilibre. Le constructeur naval, propriété de Thales, entreprise cotée en bourse, et de l'État, a continué à perdre de l'argent en 2014 sur son coeur de métier, les sous-marins nucléaires. Il a peiné aussi à établir la paix sociale dans ses ateliers de l'arsenal de Cherbourg (2 200 salariés, sans compter les sous-traitants).
Seul motif de satisfaction, il a emporté une grosse commande d'hydroliennes à poser dans le raz Blanchard, côté anglais. Mais les salariés cherbourgeois ne participeront pas à ce chantier. La fin d'année a été marquée par le coup de tonnerre du départ du directeur cherbourgeois, Stéphane Fauth. L'homme jouissait d'une large confiance.
L'arrivée d'Alain Morvan comme nouveau directeur a été une autre surprise. Pur produit d'EDF, l'ancien directeur de la centrale de Flamanville devra intégrer une culture industrielle très différente. Pour les relations sociales, par contre, il ne devrait pas être dépaysé, EDF et DCNS ont des syndicats forts.
Le nucléaire fournit 27% de l'électricité produite dans l'UE, mais la majorité des centrales sont en passe d'atteindre leur limite d'âge. 88 unités de production ont été retirées et devront être démantelées, pour un coût d'au moins 1 Milliard € pièce.
Comme le souligne un récent rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur les politiques énergétiques en Europe, la majeure partie des centrales nucléaires du Vieux Continent sont en passe d'atteindre leur limite d'âge.
Quelque 88 unités de production ont été retirées et devront être démantelées dans un futur prévisible. Quant aux nouvelles constructions, il s'agit des EPR en chantier à Flamanville en France et à Olkiluoto en Finlande, et de deux unités de technologie russe en République Slovaque. Des projets de nouvelles centrales sont à l'étude en Bulgarie, en République tchèque, en Finlande, en Hongrie, en Lithuanie, en Pologne, en Roumanie, et en Suède. Le Royaume-Uni entend relancer le nucléaire avec la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point dans le Somerset, situé dans le sud-ouest du pays.
Reste que les déboires financiers du concepteur du réacteur EPR, Areva, ainsi que les retards et surcoûts du chantier EPR de Flamanville soulèvent des craintes sur l'avenir du projet britannique. Selon Yves Marignac, directeur de Wise-Paris:
"pour Hinkley point, la facture a encore augmenté avant le début du chantier. Selon une note de la Commission européenne, le coût pourrait atteindre 30 milliards € pour les deux réacteurs. En outre, l'état de faillite virtuel d'Areva déclenche des inquiétudes. En Pologne, qui envisage de construire des réacteurs, le gouvernement et l'opinion publique comprennent que s'engager pour 35 ans à un tarif de 110 € le mégawatt-heure n'est pas très compétitif par rapport à leurs centrales thermiques ou à des projets d'éolien terrestre. Industriellement, Areva est dans une telle situation qu'on ne peut que douter de sa capacité à mener à terme de tels projets".
Au Royaume-Uni, les opposants au projet Hinkley Point C arguent du coût astronomique des deux réacteurs: selon Peter Atherton, de Liberum Capital, s'exprimant à un forum sur l'énergie organisé par The Spectator, le coût de la centrale de Hinkley fait de cette réalisation le plus coûteux objet jamais construit dans l'histoire du Royaume-Uni.
Et pour finir doit-on construire ou prolonger? Il est clair que si on s’attache à une politique énergétique cohérente et ne pas se concentrer sur une seule forme d’énergie, mais respecter l’environnement et la santé, il faut partir sur le renouvelable.
ENVOI DE LA CLI AREVA LA HAGUE
Nouveau rappel à l'ordre d'Areva par l'ASN à propos d'anciens déchets stockés à la Hague (13-01-2015)
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a de nouveau déploré lundi le "retard" pris par Areva dans le reconditionnement de dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs anciens mal entreposés dans son usine de Beaumont-Hague (Manche), lui fixant cette fois un calendrier très précis à respecter.
"Si ces échéances n'étaient pas respectées, on arriverait à des mesures de coercition, d'abord une mise en demeure", puis des "pénalités" si cette mise en demeure n'est pas entendue, a précisé M. Lachaume.
Le projet de loi sur la transition énergétique qui doit être voté en février au Sénat après être passé à l'Assemblée en octobre, va créer la possibilité de sanctions financières, a précisé M. Lachaume.
Dans son communiqué de presse publié lundi, l'ASN "constate des retards successifs dans l'avancement des opérations, malgré les enjeux de sûreté".
Areva a pris "acte de la décision" de l'ASN et s'est engagée à respecter l'échéance de 2030. "La reprise totale des déchets concernés est toujours prévue fin 2030. Areva s'est déjà engagée auprès de l'ASN à respecter cette échéance", a indiqué un porte-parole.
L'ASN presse régulièrement depuis 2010 Areva de s'occuper de ces déchets. "Au début des années 90 Areva parlait de démarrer les travaux en 2007. Aujourd'hui, rien de significatif n'a été fait", s'était agacé en 2010 Thomas Houdré, alors responsable de l'antenne normande.
Cinq ans plus tard, Areva n'en est qu'aux préparatifs et n'a pas commencé à reprendre ces déchets, selon le gendarme du nucléaire. Une fois reconditionnés les déchets représenteront un volume de 35.000 m3, selon l'ASN.
Ces déchets "stockés" pour l'heure "en vrac" dans du "béton qui vieillit" sont issus de la première usine de retraitement de La Hague (1966-1998), aujourd'hui à l'arrêt.
Les déchets produits depuis 2000 par la nouvelle usine de la Hague sont entreposés correctement, selon l'ASN.
France Nature Environnement a recensé une centaine de projets destructeurs de nature contre lesquels ses militants sont mobilisés (carte disponible ici: http://www.fne.asso.fr/) et a, dans le même temps, identifié une cinquantaine de projets respectueux de notre environnement. Non exhaustive et évolutive, cette carte montre que le dossier Sivens n’est pas un cas isolé. Ces points noirs écologiques sont autant de preuves du déficit de démocratie dont nous souffrons aujourd’hui.
Où sont les autres Sivens
Autoroutes, parcs d’activités, barrages, aéroports... Une centaine de projets nuisibles, aux coûts environnementaux largement sous-estimés, quand ils ne sont pas ignorés, et aux bénéfices sociaux et économiques surévalués, a été recensée. Partout en France, une association, quand ce n’est pas plusieurs, du mouvement France Nature Environnement se bat pour que la nature soit préservée, que le dialogue environnemental soit respecté et que l’intérêt général soit défendu. En parallèle, nous avons identifié des projets pour lesquels la parole citoyenne portée par notre mouvement semble avoir été entendue. Ces projets montrent qu'un autre aménagement du territoire est possible.
Qu’il s’agisse du débat public, de l’enquête publique ou des consultations en ligne des citoyens, de nombreux dossiers locaux permettent de démontrer que la mécanique de la concertation est en panne. Les difficultés pour mener le «souvent, les associations n’ont pas d’autre choix que de faire appel à la justice pour lutter contre les dérives de cette pseudo-concertation.
Benoît Hartmann, porte-parole:
«l’environnement et la santé ne sont pas des obstacles à la compétitivité et au redressement économique et social du pays. Nos élus doivent imaginer au plus vite la forme que doit prendre ce sursaut démocratique sans quoi les points noirs risquent de se multiplier sur notre carte.
Je précise qu’à l’heure actuelle, nos associations membres continuent de nous transmettre de nombreux dossiers, qu’ils soient négatifs ou positifs pour l’environnement. Nous prévoyons donc de mettre régulièrement à jour»
Denez L’Hostis, président de FNE:
«Tout le monde finit par considérer le dialogue environnemental comme un gadget créé pour les occuper pendant que les décisions sont prises ailleurs et sans leur consentement»
Fukushima: deux accidents mortels ravivent les craintes sur la sécurité
(AFP-20-01-2015)
http://www.romandie.com/ et notre suivi Fukushima
Tokyo - Deux accidents mortels survenus coup sur coup dans les deux centrales de la région dévastée de Fukushima ont ravivé mardi le débat sur la sécurité des travailleurs de ces sites hostiles, mis en péril par le tsunami du 11 mars 2011, alors même que les ennuis semblaient s'être calmés pour la compagnie Tepco.
Des interventions différentes conduites dans les centrales nucléaires Fukushima Daiichi (N°1) et Daini (N°2) se sont soldées mardi par le décès de deux hommes, a déploré Tokyo Electric Power (Tepco).
Un premier employé d'une entreprise tierce était tombé lundi matin du haut d'un réservoir de stockage d'eau de pluie contaminée dans la centrale Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami. Il devait effectuer une opération de contrôle avec deux autres personnes et s'ingéniait à dégager un couvercle de 51 kilogrammes qui l'a entraîné dans sa chute à l'intérieur de la citerne verticale, vide à ce moment-là.
Nous ignorons la façon dont il a procédé, mais habituellement le couvercle n'est pas censé tomber à l'intérieur, a expliqué le directeur de la centrale, Akira Ono, lors d'une conférence de presse.
Souffrant de multiples fractures et transporté pour recevoir des soins dans un hôpital de la ville d'Iwaki (à une vingtaine de kilomètres du site), ce travailleur est décédé mardi à 01H22 (lundi 16H22 GMT), a indiqué l'exploitant.
Un ouvrier d'une firme sous-traitante a perdu connaissance après avoir eu la tête coincée dans un équipement rotatif qui s'est mis à tourner alors qu'il serrait un boulon, a expliqué la compagnie.
Souffrant d'une hémorragie externe à la tête, il a été transporté à l'hôpital où son décès a ultérieurement été confirmé, a-t-elle ajouté. Fukushima: deux accidents mortels ravivent les craintes sur la sécurité
Prenant en compte ces deux accidents, nous avons demandé à tous les travailleurs du site et aux intervenants extérieurs de redoubler de vigilance, a assuré M. Ono. Tous les travaux seront suspendus mercredi 21 dans la centrale Fukushima Daiichi afin de procéder à des contrôles de sécurité, a-t-il précisé, tout en promettant un examen détaillé des raisons qui ont entraîné ce drame humain afin de prendre des mesures supplémentaires de prévention.
À Fukushima Daiichi oeuvrent quotidiennement de 3.000 à plus de 6.000 personnes dans un environnement particulièrement hostile.
La prise de conscience du danger est insuffisante pour une partie des intervenants, a souligné sur internet un travailleur connu sous le pseudonyme Happy, auteur d'un livre de témoignage sur le quotidien à Fukushima Daiichi.
Vu le code de l’environnement, et notamment ses articles L.591-1 et suivants;
Vu l'avis n°2012-AV-0147 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 10 avril 2012 relatif à l’importance que revêt la recherche pour l’ASN et à l’identification de premiers sujets de recherche à renforcer dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection;
Vu les recommandations du comité scientifique de l'Autorité de sûreté nucléaire des 14 août 2012, 21 décembre 2012, 29 juillet 2013, 11 décembre 2013;
Considérant que le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte confirme le rôle que l’ASN peut tenir pour veiller à l’adaptation de la recherche publique aux besoins de la sûreté nucléaire et de la radioprotection,
Rend l’avis ci-dessous sur les sujets de recherche à approfondir dans les domaines suivants relevant de la sûreté nucléaire et de la radioprotection:
- conditionnement des déchets radioactifs,
- stockage géologique profond,
- transport de substances radioactives,
- accidents graves.
1 - Dans le domaine du conditionnement des déchets radioactifs, l’ASN:
Souligne que la diversité (nature physico-chimique, activité radiologique, période radioactive des radioéléments contenus...) des déchets produits par les installations nucléaires de base (INB) rend nécessaire une grande variété de solutions de conditionnement qui doivent être adaptées aux déchets mais aussi aux conditions de gestion ultérieure de ces colis (entreposage, transport, manutention et stockage);
Estime que les exploitants doivent poursuivre leurs efforts concernant la caractérisation des déchets radioactifs et la recherche de solutions de conditionnement adaptées aux substances radioactives. Par ailleurs, les colis déjà produits et destinés à être stockés dans une installation de stockage encore à l’étude doivent faire l’objet de recherches sur leur comportement en stockage;
Recommande que les recherches soient approfondies sur:
- la caractérisation des espèces chimiques contenues dans les déchets radioactifs et les méthodologies de caractérisation radiologique des déchets, notamment issus d’opérations de reprise et de conditionnement (RCD) de déchets historiques,
- le comportement à long terme des colis de déchets en conditions de stockage, en particulier les interactions possibles entre différents types de colis (co-stockage) et les interactions avec les barrières ouvragées ou le milieu naturel de l’installation de stockage,
- le comportement des déchets de boues bitumées,
- l’interaction matrice-déchets, en particulier dans le cas de matrice cimentaire,
- la production d’hydrogène dans les colis et notamment la détermination des rendements radiolytiques ainsi que les solutions de traitement des matières organiques,
- la caractérisation et le comportement à long terme en stockage de matières radioactives qui ne sont pas aujourd'hui considérées comme des déchets (combustibles MOX, uranium appauvri...).
2 - Dans le domaine du stockage géologique profond, l’ASN:
Rappelle que la protection de la santé des personnes et de l'environnement constitue l'objectif fondamental de sûreté assigné au stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde.
Cette protection doit être assurée envers les risques liés à la dissémination de substances radioactives et de toxiques chimiques. Les caractéristiques du site retenu, l'implantation de l’installation de stockage, la conception des composants artificiels (colis, composants ouvragés) et la qualité de leur réalisation constituent le fondement de la sûreté du stockage;
Estime nécessaire que soit encouragée la coopération à différents niveaux, d’une part en favorisant les échanges entre organismes de recherche et universitaires, exploitants ou futurs exploitants d’installations de stockages, représentants de la société civile et producteurs de déchets, tant au niveau national qu’international, d’autre part en poursuivant l’ouverture vers des domaines d’échanges permettant de mieux appréhender les différentes composantes de la sûreté à long terme du stockage;
- d’approfondir les recherches sur l’identification et la modélisation des phénomènes physico-chimiques, biologiques, mécaniques et thermiques au sein d’un stockage, notamment dans leurs phases transitoires, en accordant une attention particulière à la qualification de ces modèles et notamment à la gestion des incertitudes associées,
- de développer les travaux visant à la conception et à la qualification de méthodes d’observation et de surveillance, notamment en vue de la gestion réversible d’un stockage,
- d’encourager les recherches visant les spécificités des facteurs organisationnels et humains sur une durée de fonctionnement séculaire, et la transmission des compétences, des savoirs et de la mémoire sur des échelles de temps appropriées.
3 - Dans le domaine du transport de substances radioactives, l’ASN:
Souligne que de nombreux paramètres entrent en jeu dans la sûreté d'un colis de transport. Beaucoup d'entre eux portent sur les matériaux utilisés comme protections biologiques (type d’acier), protections thermiques (isolants, matériaux dissipateurs de chaleur), protections mécaniques (matériaux amortisseurs) ou pour assurer le confinement (type de joints). D'autres concernent la caractérisation du contenu, le comportement du colis avec le temps ou lors d'un accident;
Estime que des marges de sûreté existent sur les colis pour pallier le manque de connaissance.
Toutefois, en cas de faiblesse dans la démonstration de sûreté du modèle de colis, le maintien de ces marges peut conduire à restreindre les quantités à transporter ce qui entraîne une augmentation du nombre de transports et par conséquent une plus grande probabilité d'accident;
- de maintenir les efforts de recherche en matière de criticité afin de ne pas contribuer à l’augmentation du nombre de transports,
- d’encourager les efforts de recherche en matière de comportement à long terme des matériaux utilisés lors de la fabrication des emballages de transport,
- de poursuivre les travaux en matière de prévention du risque de radiolyse, phénomène difficile à modéliser,
- de porter une attention soutenue aux conditions dans lesquelles pourraient être transportés les colis de déchets déjà conditionnés et aujourd’hui entreposés,
- d’anticiper les questions de transport se rapportant à de futurs réacteurs, que ce soit en termes de combustible ou en termes d’évacuation des déchets de déconstruction lors des futures opérations de démantèlement.
4 - Dans le domaine des accidents graves, l'ASN:
Souligne l’importance de la compréhension des phénomènes survenant lors des accidents graves, tant pour la gestion des réacteurs existants qui se trouveraient dans de telles situations, que pour la conception des réacteurs de nouvelle génération;
Estime que l’accident de Fukushima confirme la nécessité de poursuivre dans cette direction;
Recommande d’approfondir en particulier les domaines de recherche suivants:
- le refroidissement du cœur lors du renoyage: des données expérimentales existent, mais présentent encore de grandes incertitudes quant à la capacité à prévenir la fusion du cœur;
- le refroidissement du corium en cuve: des données expérimentales sont disponibles, mais de grandes incertitudes demeurent encore quant à la capacité à refroidir le lit de débris en fond de cuve;
- l'intégrité de la cuve en cas de refroidissement externe: le maintien du corium en cuve est difficile à démontrer pour les grands réacteurs. Le programme sur le comportement du corium en fond de cuve devrait compléter les connaissances précédentes, en particulier sur la stratification métal/oxyde et sur le transfert de chaleur à la paroi de la cuve;
en cours au 21 mars...
- le refroidissement du corium hors cuve afin de préserver l'enceinte de confinement: les données expérimentales disponibles sur un refroidissement par le haut d'un bain de corium dans le puits de cuve doivent être complétées par de la recherche technologique visant à démontrer l'efficacité d'un refroidissement par le bas du bain obtenu au moyen de systèmes d'injection d'eau qui seraient prédisposés sur le radier;
- la filtration des rejets radioactifs: les recherches doivent se poursuivre pour mettre au point des systèmes très efficaces de filtration des différentes espèces d'iode et de ruthénium susceptibles d'être relâchées en dehors de l'enceinte en cas d'éventage pendant de longues périodes.
Signé par Pierre-Franck CHEVET,
Philippe CHAUMET-RIFFAUD,
Connue sous le nom d’amine filmante (ou FFA pour Film Forming Amines), l’application du film crée un pelliculage entre l’eau et le métal du circuit, empêchant tout contact entre celui-ci et les agents corrosifs.
Ce procédé réduit considérablement le développement de sous-produits très corrosifs au sein de la boucle secondaire du réacteur nucléaire.
Simple d’emploi, cette solution offre aux opérateurs plus de souplesse que les méthodes de protection traditionnelles, notamment lors des arrêts de tranche. Particulièrement résistant aux températures élevées, le film protège également les composants lors de leur exposition à l’air au cours des arrêts programmés. Enfin, cette technologie s’adapte à différents types de réacteurs et a déjà été éprouvée dans plusieurs centrales nucléaires à travers le monde.
«L’application d’amines filmantes préserve la totalité du circuit secondaire en une seule étape et accroît sa résistance globale», a déclaré Philippe Samama, directeur du BG Réacteurs et Services d’AREVA.
«Dans le cadre de notre programme Forward Alliance, nous avons développé une solution innovante pour offrir à nos clients un moyen de prolonger la durée d’exploitation des composants, essentiels aux opérations d’une centrale nucléaire.»
Le programme Forward Alliance d’AREVA offre aux électriciens nucléaires des produits et des services destinés à accroître la sûreté des opérations de leurs centrales à long terme.
Réaction du facteur du Réseau à l'article ci-dessus:
Areva réduit au stade de vendeur de potions magiques: les réacteurs atomiques sont "vieux et usés", il n'y aura pas de miracle... et les réacteurs doivent être arrêtés.
À noter, pour le seul circuit primaire:
- La surface intérieure du circuit primaire d'un 900 MWe représente environ 22.500 m2.
- La corrosion du circuit primaire peut paraître faible, elle représente en effet 1micron/an et pourtant, sur une telle surface, cela fait 5.400 kg de métal arraché sur 30 ans de fonctionnement: ces particules contribuent à la contamination du circuit primaire, des travailleurs, de l'environnement puis des riverains.
(*) 30 ans x 10-6 m x 22.500 m2 = 0,675 m3 . En prenant comme base une densité de 8 t/m3, cela représente 5,4 tonnes.
Areva décroche deux contrats aux Etats-Unis pour l'entreposage de combustible usé
Paris - Areva a annoncé mercredi avoir décroché auprès de deux entreprises américaines des contrats d'un montant total de plus de 70 millions de dollars (environ 55 millions €) pour fournir des solutions d'entreposage de combustible nucléaire usé.
Areva TN, une branche de la filiale américaine Areva Inc, fournira à FirstEnergy Nuclear Operating Company (FENOC), une filiale du groupe américain FirstEnergy Corp, des équipements d'entreposage de combustible à sec et les services associés pour les centrales nucléaires de Davis Besse (Ohio) et Beaver Valley (Pennsylvanie) dans le cadre d'un contrat à long terme, a précisé le groupe nucléaire français dans un communiqué.
Areva TN pilotera aussi les opérations de chargement pour ces deux centrales.
Le deuxième contrat, conclu avec Exelon, concerne la fourniture de conteneurs d'entreposage à sec et de modules d'entreposage horizontal à la centrale de Limerick (Pennsylvanie).
Ces succès confirment la position de leader d'Areva TN sur le marché américain, a souligné Areva.
Et pourtant: en France, on refuse le stockage de déchets en surface et aux USA AREVA fournit le matériel pour !
* , Suite Edito: CR de l’AG du GSIEN; Conférence de presse de P-F Chevet; Inspection d’Areva la Hague; Projet de réorganisation du SPR; Tract Syndical (déc. 2014); La relance du nucléaire?; Drones, sûreté et sécurité des INB; 35 ans après Plogoff; Prolongation de Mulheberg (Suisse); Extraits de la lettre de l’ASN (déc. 2014); Manche: en 2014, les CMN à la fête, le nucléaire à la peine; Le nucléaire européen face à son obsolescence; Envoi de la Cli Aréva la Hague; Nouveau rappel à l'ordre d'Areva par l'ASN; FNE Communiqué de presse: de la nécessité d’un sursaut démocratique; Fukushima: deux accidents mortels ravivent les craintes sur la sécurité; Avis n°2015-AV-0226 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 8 janvier 2015 relatif à l’identification de sujets de recherche; AREVA lance une solution révolutionnaire pour renforcer la fiabilité des circuits secondaires de centrales nucléaires; Areva décroche deux contrats aux Etats-Unis pour l'entreposage de combustible usé
* Lettres de suite d’inspection à AREVA NC: 1. Transports internes; 2. Intervention contre incendie; 3. Reprise des déchets anciens; 4. Inspection de la station STE2
* Dossier Doël et Tihange
* La France insuffisamment préparée à l’accident + commentaire GSIEN
* Saint Priest la Prugne: encore les mines, comment réhabiliter? Les drônes
* Le plan d’urgence Belge (résumé rapport ACRO)
* Astrid: le point sur les demandes de sûreté (ASN et CNE2)