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Timestamp: 2016-10-25 15:33:34+00:00
Document Index: 118362137

Matched Legal Cases: ['art. 286', 'art. 286', 'art. 286', 'art. 286', 'art. 286', 'art. 24', 'art. 71', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 76', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 113', 'art. 100', 'art. 72', 'art. 107', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 107', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 99', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 42', 'art. 107', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 317', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 74', 'art. 9', 'art. 317', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 42', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 6', 'art. 14', 'art. 29', 'art. 6', 'art. 29', 'art. 42', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 66', 'art. 68']

5A_933/2015 (23.02.2016)
5A_933/2015; 5A_940/2015 � � Arr�t du 23 f�vrier 2016
A.A._______ et B.A._______, tous deux de nationalit� fran�aise, se sont mari�s en 1996 en France. Deux enfants sont issus de cette union : C.________ (2000) et D.________ (2003).
La famille a v�cu en France jusqu'en janvier 2008, �poque � laquelle elle est venue s'installer en Suisse.
Les �poux vivent s�par�s depuis le mois de mai 2011 et les modalit�s de leur s�paration sont organis�es depuis le 23 mai 2011 par diverses d�cisions suisses rendues au titre de mesures protectrices de l'union conjugale, puis de mesures provisionnelles.
A.a.�Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 23 mai 2011, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement a ordonn� au p�re de quitter le logement familial et suspendu provisoirement le droit de visite de celui-ci sur les enfants, ceux-l� �tant sous la garde de fait de leur m�re.
A.b.�Lors de l'audience de mesures protectrices de l'union conjugale, du 22 juin 2011, les parties sont convenues que la garde des enfants est confi�e � la m�re; une expertise p�dopsychiatrique pour �valuer les capacit�s �ducatives des parents est confi�e au Prof. E.________; la jouissance du logement familial est attribu�e � la m�re; le p�re contribue � l'entretien des siens, d�s le 17 mai 2011 par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr., allocations familiales comprises et sous d�duction de xxxx fr. pr�lev�s par la m�re, �tant pr�cis� que le loyer du logement et les primes d'assurance-maladie sont pay�s par le p�re; le p�re verse � la m�re une�
provisio ad litem�de xxxx fr. sur le compte du conseil de celle-ci.
Le p�re a proc�d� � une avance de frais de xxxx fr. en ao�t 2011 pour la mise en oeuvre de l'expertise du Prof. E._______ et � une seconde avance de frais de xxxx fr. en d�cembre 2011, afin que l'expert poursuive sa mission.
A.c.�Le 17 novembre 2011, le p�re a engag� une proc�dure en divorce en France, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris (ci-apr�s : TGI).
A.d.�Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 23 mars 2012, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement a astreint le p�re � contribuer � l'entretien des siens, d�s le 1
er�mars 2012, par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr., allocations familiales non comprises, autorisant le paiement de la pension courante de xxxx fr. par le d�bit du compte du p�re aupr�s de la BCV, rejetant les autres conclusions et d�clarant l'ordonnance ex�cutoire et en vigueur jusqu'� l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale.
A.e.�Par ordonnance de non-conciliation du 30 mars 2012, le Juge aux affaires familiales du TGI s'est d�clar� comp�tent pour statuer sur les obligations alimentaires entre �poux, mais incomp�tent s'agissant de la contribution � l'entretien des enfants. Par arr�t du 28 mars 2013, la Cour d'appel de Paris a confirm� cette ordonnance et a condamn� le p�re � verser � la m�re le montant mensuel de xxxx euros, � titre de pension alimentaire, d�s le 30 mars 2012.
A.f.�Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 3 ao�t 2012, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement a astreint le p�re � contribuer � l'entretien de sa famille d�s le 1
er�mars 2012 par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr. allocations familiales en sus; interdit au p�re de disposer des avoirs qu'il d�tient � la BCV sans le consentement �crit pr�alable de la m�re; autoris� le paiement de la pension mensuelle de xxxx fr. par le d�bit du compte BCV; et ordonn� au p�re de verser une�
provisio ad litem�de xxxx fr. sur le compte du conseil de la m�re.
Sur appel de chacun des parents, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a, par arr�t du 21 novembre 2012, r�form� l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 3 ao�t 2012 en ce sens que le p�re a �t� astreint � contribuer � l'entretien de sa famille par le versement mensuel de xxxx fr., d�s le 1
er�octobre 2011, puis de xxxx fr., d�s le 1
er�f�vrier 2012, allocations familiales comprises, sous d�duction des montants qui auraient �t� pay�s directement jusqu'au mois de f�vrier 2012 par le mari pour le loyer et les primes d'assurance-maladie des siens.
Les recours d�pos�s par les deux parties � l'encontre de cet arr�t ont �t� rejet�s par le Tribunal f�d�ral le 19 juillet 2013 (arr�ts 5A_48/2013 et 5A_55/2013).
A.g.�Par prononc� du 1
er�f�vrier 2013, le Pr�sident a arr�t� � xxxx fr. le montant des honoraires dus � l'expert, le Prof. E.________.
A.h.�Le 28 f�vrier 2013, le Pr�sident a ordonn� � la BCV, � titre de mesures superprovisionnelles, de pr�lever chaque mois sur les avoirs du p�re, la somme de xxxx fr. et de la verser sur le compte de la m�re.
A.i.�Le 16 avril 2013, le p�re a d�pos� une requ�te tendant � ce que soit reconnu et d�clar� ex�cutoire en Suisse l'arr�t rendu le 28 mars 2013 par la Cour d'appel de Paris. Tant la Pr�sidente du Tribunal d'arrondissement que le Tribunal cantonal ont rejet� la requ�te en exequatur. Par arr�t du 16 mars 2015, le Tribunal f�d�ral a annul� et r�form� l'arr�t cantonal en ce sens que le jugement rendu le 28 mars 2013 par la Cour d'appel de Paris est reconnu et d�clar� ex�cutoire en Suisse (arr�t 5A_817/2014).
A.j.�Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 4 juillet 2013, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement a notamment dit que la cr�ance d'entretien absolument n�cessaire de la m�re et des enfants est fix�e � xxxx fr. par mois, astreint le p�re � contribuer � l'entretien des siens � concurrence de xxxx fr. par mois, d�duction faite de xxxx euros, d�s paiement effectif de ceux-ci, ordonn� la mise en oeuvre du compl�ment d'expertise aupr�s du Prof. E.________ tel que requis par le p�re, disant que l'avance de frais sera mise � la charge de ce dernier, compens� les d�pens et rendu sans frais la pr�sente ordonnance.
Statuant par arr�t du 14 novembre 2013, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a r�form� l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 4 juillet 2013 en ce sens qu'elle a astreint le p�re � contribuer � l'entretien des siens par le versement mensuel d'un montant de xxxx fr., sous d�duction de xxxx euros, d�s le paiement effectif de cette somme � la m�re.
Le recours au Tribunal f�d�ral interjet� par le p�re contre ce jugement a �t� d�clar� irrecevable au fond, dans le contexte de l'arr�t sur r�vision du 14 ao�t 2014 (arr�t 5F_13/2014).
A.k.�Le p�re a avanc� les frais de compl�ment d'expertise du Prof. E.________ par xxxx fr. en janvier 2014.
A.l.�Le 29 ao�t 2014, le p�re a d�pos� une requ�te de mesures provisionnelles et superprovisionnelles tendant � ce que la contribution d'entretien soit r�duite de xxx fr. par mois d�s le 1
A.m.�Suite � l'arr�t du Tribunal f�d�ral du 16 mars 2015, reconnaissant et d�clarant ex�cutoire en Suisse le jugement du 28 mars 2013 de la Cour d'appel de Paris (�
cf. supra�A.i; arr�t 5A_817/2014), le p�re a demand�, le 6 juillet 2015, la r�vision de l'arr�t du Juge d�l�gu� du 14 novembre 2013, en ce sens que l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 4 juillet 2013 est r�form�e, le p�re �tant astreint, d�s le 30 mars 2012, � contribuer � l'entretien de la m�re par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr., et de xxxx fr. pour chacun de ses enfants.
Statuant par arr�t du 1
er�octobre 2015, la Juge d�l�gu�e a rejet� la demande de r�vision. Le 22 d�cembre 2015, le Tribunal f�d�ral a �galement rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�, le recours du p�re contre cette d�cision (arr�t 5A_903/2015).
Par requ�te de mesures provisionnelles du 18 f�vrier 2014, le p�re a sollicit� que la pension de la m�re soit fix�e par les autorit�s fran�aises, et qu'il soit astreint � verser, d�s le 1
er�f�vrier 2014, � chacun de ses enfants, une contribution d'entretien mensuelle de xxxx fr., �ventuelles allocations familiales en sus.
Dans sa r�ponse du 30 avril 2014, la m�re a notamment conclu � ce que le p�re soit astreint � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle, allocations familiales en sus, de xxxx fr., d�s le 1
er�janvier 2014, � ce qu'il verse imm�diatement une�
provisio ad litem�de xxxx fr. sur le compte de son conseil, et � ce qu'il lui verse imm�diatement la somme de xxxx fr., au titre de l'art. 286 al. 3 CC.
B.a.�Cinq audiences de mesures provisionnelles ont eu lieu entre mai 2014 et avril 2015, au cours desquelles des t�moins ont �t� entendus.
Lors de la quatri�me audience, le 6 mars 2015, le p�re a compl�t� ses conclusions, requ�rant qu'il soit statu� sur le sort des provisions�
ad litem�auxquelles il a �t� astreint en faveur de la m�re dans la pr�sente proc�dure totalisant xxxx fr., dont seul xxxx fr. ont fait l'objet d'allocation de d�pens, et � ce que l'int�gralit� des frais li�s � l'expertise du Prof. E.________ et ses compl�ments soient mis � la charge de la m�re, en sorte que les avances de frais effectu�es � ce titre, par xxxx fr., lui soient restitu�es.
B.b.�Par ordonnance du 12 mai 2015, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a notamment dit que la contribution d'entretien en faveur de la m�re �tait fix�e par les autorit�s fran�aises, a astreint le p�re � contribuer � l'entretien de ses enfants � raison de xxxx fr. par mois chacun, d�s le 1
er�f�vrier 2014, dit que les parents assumeront chacun par moiti� les frais extraordinaires au sens de l'art. 286 al. 3 CC, soit chacun pour un montant de xxxx fr., dit que le p�re doit verser � la m�re une�
provisio ad litem�de xxxx fr., dit que les frais d'expertise par xxxx fr. sont r�partis par moiti� entre les parties, soit xxxx fr. chacun, dit que l'ordonnance est rendue sans frais et dit que les d�pens sont compens�s.
Le 28 mai 2015, la m�re a fait appel de cette ordonnance, concluant � ce que le p�re soit condamn� � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr., allocations familiales en sus, du 1
er�janvier 2014 jusqu'au 31 juillet 2014, puis de xxxx fr., d�s le 1
er�ao�t 2014, subsidiairement, � ce qu'il contribue � l'entretien des siens par le versement d'une pension de xxxx fr. pour chacun de ses enfants et de xxxx fr. pour elle-m�me, du 1
er�janvier 2014 jusqu'au 31 juillet 2014, puis, � compter du 1
er�ao�t 2014, de xxxx fr. pour chacun de ses enfants et xxxx fr. pour elle. La m�re a �galement conclu � ce que le p�re lui verse imm�diatement la somme de xxxx fr., au titre de l'art. 286 al. 3 CC, � ce qu'il lui verse imm�diatement une�
provisio ad litem�de xxxx fr. sur le compte de son conseil, et � ce que les frais d'expertise soient mis � la charge du p�re exclusivement.
Le 28 mai 2015, le p�re a aussi fait appel de l'ordonnance du 12 mai 2015, en prenant les conclusions suivantes : il est astreint � verser, d�s le 1
er�f�vrier 2014, � chacun de ses enfants, une contribution d'entretien mensuelle de xxxx fr., �ventuelles allocations familiales en sus, la m�re assumera enti�rement les frais extraordinaires au sens de l'art. 286 al. 3 CC, par xxxx fr., l'obligation de verser une�
provisio ad litem�� la m�re est supprim�e, les frais d'expertise et de compl�ment du Prof. E.________, par xxxx fr. + xxxx fr. sont int�gralement mis � la charge de la m�re, celle-ci lui doit imm�diat paiement de la somme de xxxx fr. repr�sentant le solde des provisions�
ad litem�allou�es en cours de proc�dure, et un montant de xxxx fr. lui est allou� � titre de d�pens.
B.c.�Statuant par arr�t du 19 octobre 2015, communiqu� aux parties le 21 octobre 2015, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a partiellement admis les appels de chacun des parents et r�form� l'ordonnance de mesures provisionnelles en ce sens qu'il a astreint le p�re � contribuer � l'entretien de ses enfants par le versement mensuel de la somme de xxxx fr., d�s le 1
er�f�vrier 2014, allocations familiales non comprises, soit xxxx fr. pour chaque enfant, autoris� le paiement de la pension courante de xxxx fr. par le d�bit du compte du p�re aupr�s de la BCV, supprim� l'obligation faite au p�re de verser � la m�re une�
provisio ad litem�de xxxx fr., et dit que les frais d'expertise, par xxxx fr., sont mis par xxxx fr. � la charge de la m�re et par xxxx fr. � la charge du p�re. Pour le surplus, le Juge d�l�gu� a confirm� l'ordonnance du 12 mai 2015. Il a mis les frais judiciaires de la proc�dure d'appel pour moiti� � la charge de chacune des parties et dit que les d�pens de deuxi�me instance �taient compens�s.
Par acte du 23 novembre 2015, A.A.________ interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � la r�forme de l'arr�t rendu le 19 octobre 2015 par le Juge d�l�gu� en ce sens qu'il est astreint � verser, d�s le 1
er�f�vrier 2014, � chacun de ses enfants, une contribution d'entretien mensuelle de xxxx fr., �ventuelles allocations familiales en sus, que la m�re doit assumer enti�rement les frais extraordinaires au sens de l'art. 286 al. 3 CC, par xxxx fr., que l'autorisation de pr�lever la pension courante de xxxx fr. sur son compte BCV est supprim�e, que la suppression de l'obligation de verser une�
provisio ad litem�� la m�re est annul�e (�
sic�!), que les frais d'expertise et de compl�ment du Prof. E.________, par xxxx fr. + xxxx fr. sont int�gralement mis � la charge de la m�re, que celle-ci est astreinte � lui payer imm�diatement de la somme de xxxx fr. repr�sentant le solde des provisions�
ad litem�allou�es en cours de proc�dure, et qu'un montant de xxxx fr. lui est allou� � titre de d�pens.
Pr�alablement, le p�re requiert que l'effet suspensif soit accord� � son recours, jusqu'� droit connu sur le fond.
Par acte du 23 novembre 2015, B.A._______, exerce un recours en mati�re civile et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation et � la r�forme de l'arr�t entrepris en ce sens que le p�re est astreint � contribuer � l'entretien de sa famille, d�s le 1
er�f�vrier 2014, principalement, par le versement d'une pension mensuelle de xxxx fr., subsidiairement, selon une cl� de r�partition fix�e � dire de justice, mais correspondant en tout cas � xxxx fr. pour chacun des enfants et � xxxx fr. pour elle-m�me, plus subsidiairement, � xxxx fr. pour chacun des enfants et � xxxx fr. pour elle-m�me. La m�re conclut �galement � la r�forme de l'arr�t cantonal en ce sens qu'ordre est donn� au p�re de lui verser imm�diatement une�
provisio ad litem�de xxxx fr., sur le compte de son conseil, � ce que les frais judiciaires de deuxi�me instance aff�rents � son appel, arr�t�s � xxxx fr. soient mis � la charge du p�re, et � ce que ce dernier soit condamn� � lui payer la somme de xxxx fr. � titre de d�pens et de restitution de l'avance de frais de deuxi�me instance, ainsi qu'au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale afin qu'elle statue sur les frais et d�pens de premi�re instance. A titre subsidiaire, la m�re requiert l'annulation de l'arr�t querell� " pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants de l'arr�t � intervenir ".
Au pr�alable, la m�re sollicite l'octroi de l'effet suspensif � son recours, en ce sens que le p�re continue de " s'acquitter de la pension de xxxx fr. destin�e � l'entretien des siens", allocations familiales �ventuelles en sus, jusqu'� droit connu sur le pr�sent recours.
Par ordonnance du 27 novembre 2015, le Pr�sident de la IIe Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral a rejet� la demande d'effet suspensif d�pos�e par le p�re, d�s lors que celui-ci ne pr�sentait pas de motifs justifiant le prononc� d'une telle mesure, d'une part, et que la menace de l'ex�cution d'une d�cision portant sur le paiement d'une somme d'argent ne suffit pas � justifier l'octroi de l'effet suspensif, d'autre part.
Par une deuxi�me ordonnance du 27 novembre 2015, le Pr�sident de la cour de c�ans a �galement rejet� la requ�te d'effet suspensif form�e par la m�re, au motif que la mesure sollicit�e pr�jugerait d'une mani�re inadmissible la question de fond soumise au Tribunal f�d�ral.
Par lettre du 7 d�cembre 2015, le p�re a signal� � la cour de c�ans qu'une "erreur de plume [ �tait] survenue en page 76" de son m�moire de recours, "en ce sens que quelques lignes ont disparu par erreur ". Il rectifie ainsi ladite page de son �criture en ajoutant onze lignes concernant le calcul de son revenu disponible.
1.1.�Les deux recours 5A_933/2015 et 5A_940/2015 sont dirig�s contre la m�me d�cision de mesures provisionnelles rendue par le Juge d�l�gu� le 19 octobre 2015, r�sultant de la requ�te d�pos�e par le p�re le 18 f�vrier 2014 dans le cadre de la s�paration des parties, de sorte que ces recours reposent sur les m�mes faits et opposent les m�mes parties, dont les droits d�rivent de la m�me cause juridique; dans ces conditions, il y a lieu, par �conomie de proc�dure, de les joindre et de statuer � leur sujet par un seul arr�t (art. 24 PCF, applicable par analogie en raison du renvoi de l'art. 71 LTF).
1.2.�Les deux recours ont �t� d�pos�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4), rendue sur appel par une autorit� sup�rieure statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale, autrement dit, en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF; ATF 138 III 193 consid. 1), par des parties ayant chacune particip� � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente, en d�posant chacune un appel, et ayant un int�r�t � la modification ou l'annulation de l'arr�t entrepris, d�s lors qu'elles ont chacune partiellement succomb� (art. 76 al. 1 let. a et b LTF). Le litige porte sur les contributions d'entretien en faveur des enfants, sur le versement d'une�
provisio ad litem, sur la prise en charge de frais extraordinaires pour les enfants, ainsi que sur les frais d'expertise, de sorte qu'il s'agit d'une cause de nature p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 LTF, art. 74 al. 1 let. b LTF).
Les recours en mati�re civile interjet�s respectivement par le p�re et la m�re sont donc recevables au regard des dispositions qui pr�c�dent.
Il s'ensuit que le recours constitutionnel subsidiaire form� simultan�ment par la m�re est d'embl�e irrecevable (art. 113 LTF).
1.3.�Le correctif envoy� par le recourant le 7 d�cembre 2015 consiste en r�alit� � l'insertion de plusieurs lignes, comprenant des calculs, � savoir l'adjonction d'un poste de charges suppl�mentaire � d�duire de son revenu. A la lecture du m�moire, il n'appara�t pas qu'un passage de l'argumentation manque. Dans la mesure o� cette �criture a pour objet de compl�ter la motivation du recours, elle ne saurait �tre consid�r�e comme une simple erreur de plume. D�pos�e apr�s l'�ch�ance du d�lai de recours de trente jours (art. 100 al. 1 LTF), l'�criture envoy�e le 7 d�cembre 2015 par le p�re est tardive et, partant, irrecevable.
1.4.�Le recours en mati�re civile de la m�re contient deux parties alternatives. La premi�re partie repose sur la pr�misse que la comp�tence du juge suisse pour statuer sur les cr�ances d'entretien en faveur d'elle-m�me est rejet�e; la seconde partie part de l'hypoth�se que le juge suisse est comp�tent pour conna�tre des cr�ances d'entretien entre les (ex-) �poux. Le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement, dans son ordonnance du 12 mai 2015, a dit que la contribution d'entretien en faveur de la m�re �tait fix�e par les autorit�s fran�aises et cet aspect n'a pas �t� attaqu� en appel. De surcro�t, dans son arr�t 5A_817/2014 du 16 mars 2015, le Tribunal f�d�ral avait reconnu et d�clar� ex�cutoire en Suisse l'arr�t rendu par la Cour d'appel de Paris le 28 mars 2013 admettant sa comp�tence pour statuer sur les contributions d'entretien entre (ex-) �poux. Il s'ensuit qu'il est admis que le juge suisse est incomp�tent pour conna�tre des contributions d'entretien entre (ex-) �poux, en sorte que la seconde partie de l'argumentation de la recourante, qui remet en cause cet aspect, est d'embl�e irrecevable.
1.5.�Le recours en mati�re civile des art. 72 ss LTF �tant une voie de r�forme (art. 107 al. 2 LTF), la partie recourante ne doit pas se borner � demander l'annulation de la d�cision attaqu�e; elle doit �galement prendre des conclusions sur le fond du litige (ATF 134 III 379 consid. 1.3). De surcro�t, les conclusions doivent �tre d�termin�es avec suffisamment de pr�cision; ainsi, celles qui portent sur une somme d'argent doivent �tre chiffr�es (ATF 134 III 235 consid. 2).
En l'esp�ce, la recourante conclut, � titre subsidiaire, au versement d'une pension mensuelle pour la famille dont le montant pour chacun est d�termin� " selon une cl� de r�partition fix�e � dire de justice ", et plus subsidiairement encore, � l'annulation de l'arr�t querell� " pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants de l'arr�t � intervenir ". D�s lors que ces conclusions subsidiaires sont respectivement non chiffr�e et purement cassatoire, elles sont d'embl�e irrecevables (art. 107 al. 2 LTF).
2.1.�La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3), en sorte que seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 139 I 22 consid. 2.2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 III 232 consid. 1.2; 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 139 II 404 consid. 10.1 et les arr�ts cit�s).
2.2.�En particulier, le justiciable qui entend se plaindre d'arbitraire (art. 9 Cst.) doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la d�cision attaqu�e est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable ou m�me pr�f�rable; pour que la d�cision entreprise soit annul�e, encore faut-il que le recourant d�montre qu'elle se r�v�le arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5; 138 I 305 consid. 4.3; 133 I 149 consid. 3.1).
2.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits constat�s dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b; 104 Ia 381 consid. 9 et les r�f�rences). Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme ici, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3).
2.4.�Dans la mesure o� la partie recourante s'�carte des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, les compl�te ou les modifie; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi les constatations de fait de l'arr�t querell� sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2). Une critique des faits, sans que le recourant ne tente de d�montrer en quoi l'une des exceptions pr�cit�es serait r�alis�e, ne satisfait pas � l'exigence minimale de motivation, de sorte qu'elle est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3). Par ailleurs, aucun fait nouveau ne peut �tre pr�sent� devant le Tribunal f�d�ral, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
En l'occurrence, le recourant juge utile d'exposer l'int�gralit� de l' " Etat de fait de l'arr�t rendu par la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civil le 19 octobre 2015", en ins�rant des photocopies de l'arr�t querell�, sans en modifier la pagination - "par mesure de simplification" -, sur une cinquantaine de pages. Il n'en sera pas tenu compte, d�s lors que le recourant ne pr�sente aucun grief en relation avec cet �tat de fait (art. 106 al. 2 LTF).
Il en va de m�me de l' " Expos� sommaire de quelques faits essentiels " pr�sent� sur deux pages par la recourante dans son m�moire, sans pr�senter un quelconque grief � ce sujet (art. 106 al. 2 LTF), d'autant qu'elle compl�te l'�tat de fait contenu dans la d�cision cantonale par des faits post�rieurs � l'arr�t d�f�r� - singuli�rement concernant l'issue de la proc�dure de divorce en France -, en violation de l'art. 99 al. 1 LTF.
Sur le fond, les deux recours ont pour objets les contributions d'entretien en faveur des enfants (�
cf. infra�consid. 6 et 8), ainsi que le sort des provisions�
ad litem�octroy�es (�
cf. infra�consid. 4 et 9). Le p�re se plaint �galement de la prise en charge des frais extraordinaires pour les enfants (�
cf. infra�consid. 7) et des frais de l'expertise judiciaire (�
�I. Sur le recours de A.A.________ (5A_933/2015)
Le recourant soul�ve les griefs de d�ni de justice (art. 29 al. 1 Cst.) et d'application arbitraire (art. 9 Cst.) du droit s'agissant du sort des provisions�
ad litem�octroy�es � la m�re dans le cadre de la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, respectivement provisionnelles, en Suisse, d�s lors que le renvoi au juge fran�ais de la d�cision de statuer sur le sort de ces provisions, allou�es par des autorit�s suisses incomp�tentes, rel�ve d'un raisonnement insoutenable et ne se fonde sur aucune base l�gale. Il affirme que, dans la mesure o� l'autorit� pr�c�dente a admis que les juges vaudois n'�taient pas comp�tents pour octroyer � la m�re des provisions�
ad litem�pour la proc�dure provisionnelle, elle devait en conclure " qu'elle devait elle-m�me statuer sur le sort de ces provisions " (�
sic�!). En laissant cette question ind�cise et en refusant de statuer, l'autorit� pr�c�dente aurait commis un d�ni de justice. Le recourant soutient que ce refus de statuer est d'autant plus choquant que l'arr�t attaqu� pr�voit que les d�pens des parties sont compens�s, autrement dit que chacune des parties assume elle-m�me ses frais de proc�dure et d'avocat.
4.1.�En substance, le Juge d�l�gu� a consid�r�, s'agissant du remboursement des provisions�
ad litem�d�j� vers�es qu'il appartenait au p�re de le faire valoir aupr�s du juge du divorce qu'il avait lui-m�me saisi, � savoir le juge fran�ais, d�s lors que les autorit�s suisses ne peuvent pas "empi�ter sur le sort des provisions ad litem qui sont li�es au sort de l'action au fond ".
4.2.�Selon la jurisprudence, commet un d�ni de justice formel et viole par cons�quent l'art. 29 al. 1 Cst., l'autorit� qui ne statue pas ou n'entre pas en mati�re sur un grief qui lui est soumis dans les formes et d�lais l�gaux, alors qu'elle �tait comp�tente pour le faire (ATF 135 I 6 consid. 2.1; 134 I 229 consid. 2.3; arr�t 5A_721/2015 du 20 novembre 2015 consid. 3.2).
En l'esp�ce, il appara�t que le Juge d�l�gu� a discut� la question du sort des provisions�
ad litem�d�j� octroy�es et pr�sente son raisonnement � cet �gard dans la d�cision entreprise, ce qui exclut d'embl�e la violation de l'art. 29 al. 1 Cst.
4.3.�Quant au grief d'arbitraire (art. 9 Cst.), il doit �galement �tre rejet�, autant que recevable. Le recourant se limite � qualifier la motivation contest�e d'insoutenable, pr�sente son propre raisonnement - autant qu'il n'est pas contradictoire - et se r�f�re � l'art. 106 al. 1 CPC sur la r�partition des frais, dans un contexte diff�rent de celui de l'arr�t entrepris qui se r�f�re � cette disposition pour l'examen des frais d'expertise. Il n'expose nullement en quoi le raisonnement attaqu� m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (�
cf. supra�consid. 2.2).
Le recourant conteste la r�partition de la prise en charge des frais d'expertise, estimant que l'autorit� pr�c�dente est tomb�e dans l'arbitraire (art. 9 Cst.), compte tenu du contexte. Selon lui, le Juge d�l�gu� ne devait pas se contenter de se demander quelle partie avait requis l'expertise et le compl�ment, mais devait tenir compte du r�sultat de l'expertise et de son compl�ment par rapport aux conclusions des parties - singuli�rement des accusations de maltraitance qui " ont plan� " sur lui -, en sorte qu'en mettant � sa charge xxxx fr. sur les xxxx fr. qu'a co�t� le travail de l'expert, l'autorit� cantonale a vers� dans l'arbitraire. Le recourant ajoute que le premier juge a par ailleurs omis de statuer sur l'avance de frais de l'expertise.
5.1.�En tant que sa critique d'omission de statuer sur le sort de l'avance de frais de l'expertise se rapporte � l'ordonnance du premier juge, la critique est d'embl�e irrecevable. L'art. 42 al. 2 LTF exige en effet que la partie recourante discute au moins de mani�re succincte les consid�rants de la d�cision attaqu�e (�
cf. supra�consid. 2.1); il doit exister un lien entre la motivation et la d�cision attaqu�e, condition qui fait d�faut lorsque le recourant critique la d�cision de premi�re instance, ainsi qu'il le fait en l'esp�ce.
5.2.�Apr�s avoir rappel� que l'art. 107 CPC �tait de nature potestative, ce qui lui laissait un large pouvoir d'appr�ciation, le Juge d�l�gu� a retenu que les parties ont convenu lors d'une audience le 22 juin 2011, de la mise en oeuvre d'une expertise p�dopsychiatrique, laquelle a �t� r�alis�e pour l'ensemble de la constellation familiale avec l'accord des deux parents, en sorte qu'il se justifiait de faire supporter les frais de celle-ci par moiti� � chacun d'eux, � savoir xxxx fr. chacun. Quant au compl�ment d'expertise, le juge cantonal a ordonn� que son co�t soit assum� en int�gralit�, � savoir xxxx fr., par le p�re, d�s lors que ce compl�ment a �t� sollicit� par celui-ci aux fins que l'expert se prononce sur une �ventuelle maltraitance du p�re sur ses enfants, ainsi que sur la rigidit� et l'exigence inadapt�e dans la fonction parentale du p�re.
5.3.�En l'occurrence, le recourant se contente de contester l'appr�ciation effectu�e par le Juge d�l�gu� estimant que celui-ci devait tenir compte du r�sultat de l'expertise au regard des conclusions des parties, sans contester la marge d'appr�ciation dont le magistrat dispose et sans d�montrer que le raisonnement du juge cantonal - qui tient compte des instructions et des questions qui ont �t� soumises � l'expert - heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. N�anmoins, m�me s'il appara�t que la solution pr�sent�e par le recourant serait �galement envisageable, cette d�monstration n'est pas suffisante (art. 9 Cst.;�
S'agissant du montant des contributions d'entretien des enfants par rapport � ses revenus, le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), � plusieurs �gards.
Il critique premi�rement l'appr�ciation des faits, pr�cis�ment la d�termination du revenu qu'il a effectivement la possibilit� de r�aliser, et de l'application du droit, � savoir l'appr�ciation de sa possibilit� d'augmenter son revenu. Le p�re consid�re qu'il est insoutenable de retenir, par simple r�f�rence � une enqu�te suisse sur la structure des salaires, qu'il pourrait augmenter son revenu net de 50% par rapport � ses derni�res indemnit�s de ch�mage, compte tenu qu'il a �t� �cart� plusieurs ann�es du monde du travail, de sa nationalit�, de son �ge, du domaine tr�s pointu et " notoirement sinistr� " dans lequel il a �t� actif, et de la situation de l'emploi dans le domaine des banques et assurances. Le p�re fait valoir que le Juge d�l�gu� a retenu des emplois, par exemple, �charg� de client�le�, qui sont des postes d'employ�s et non de cadres, qui ne sont pas compatibles avec le salaire hypoth�tique fix�. Il affirme qu'il est " clairement surqualifi� pour obtenir, � 48 ans, un emploi de � back-office bourse � ".
Le recourant reproche deuxi�mement au juge cantonal d'avoir �cart� quatre pi�ces importantes relatives � sa difficult� de retrouver un emploi dans son secteur d'activit� (nos 127 � 130), estimant que le Juge d�l�gu� a appliqu� arbitrairement l'art. 317 al. 1 CPC. Se r�f�rant � l'arr�t 5A_22/2014 dans lequel la cour de c�ans a jug� que l'admissibilit� de moyens de preuve nouveaux en appel dans le cadre d'une proc�dure soumise � la maxime inquisitoire �tait discut�e en doctrine, en sorte que l'application, plus ou moins rigoureuse de cette norme n'�tait pas arbitraire, le recourant demande explicitement au Tribunal f�d�ral d'examiner ce point comme une question juridique de principe.
Le recourant conteste troisi�mement le revenu hypoth�tique foncier qui lui a �t� imput�. Il estime que le juge cantonal a arbitrairement appr�ci� les preuves concernant les revenus locatifs qu'il peut tirer des immeubles qu'il poss�de en France, eu �gard � l'amortissement qu'il pourra d�duire de son revenu foncier futur, qu'il a prouv� par pi�ce produite en appel, et � la l�gislation fran�aise en mati�re d'augmentation de loyer.
Le p�re reproche quatri�mement au Juge d�l�gu� d'avoir retenu un revenu hypoth�tique foncier brut, ayant " choisi d'ignorer, dans son calcul, les imp�ts en g�n�ral, mais en particulier fonciers ". Il expose que le juge a constat� l'imp�t r�el, mais ne l'a pas pris en compte, de m�me qu'il n'a pas pris en compte la charge d'imp�t aff�rant au nouveau loyer hypoth�tique. Le juge cantonal aurait aussi m�connu l'inoccupation des deux appartements fran�ais pour une dur�e de respectivement un an et six mois.
Le recourant conteste cinqui�mement la fixation du revenu hypoth�tique de sa fortune, l'autorit� pr�c�dente n'ayant pas tenu compte du fait que certains comptes sont nantis ou bloqu�s jusqu'� son 65�me anniversaire et ayant retenu des rendements trop �lev�s, � hauteur de 3%, en contradiction avec les pi�ces produites ou sur la base d'une jurisprudence ant�rieure � la crise boursi�re.
Enfin, le recourant se plaint sixi�mement de l'absence de prise en compte de certaines de ses charges, citant la contribution d'entretien de xxxx euros qu'il doit verser � son ex-�pouse, son loyer et le montant de base du minimum vital pour une famille monoparentale.
6.1.�Lorsque le juge entend tenir compte d'un revenu hypoth�tique, il doit examiner successivement deux conditions. Tout d'abord, il doit juger si l'on peut raisonnablement exiger de cette personne qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit (arr�ts 5A_958/2014 du 12 mai 2015 consid. 3.1; 5A_891/2013 du 12 mars 2014 consid. 4.1.1). Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que la personne en cause peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si cette personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit-l� d'une question de fait (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2; 128 III 4 consid. 4c/bb). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources (ATF 137 III 118 consid. 3.2).
6.1.1.�En l'occurrence, le Juge d�l�gu� a retenu que le p�re pouvait raisonnablement trouver une autre activit� professionnelle dans la finance que celle tr�s sp�cifique de son ancien emploi, dans la mesure o� il en a les capacit�s selon les t�moins, et que celui-ci dispose en outre de comp�tences de manager. Le juge cantonal a estim�, vu les offres d'emploi sur la r�gion l�manique, que le recourant pouvait, � tout le moins, travailler en qualit� de conseiller client�le bancaire ou comme employ� back-office bourse, ce qui devait lui permettre, selon l'Enqu�te suisse sur la structure des salaires, de percevoir, pour un homme cadre sup�rieur et moyen, dans le domaine des activit�s financi�res et d'assurances, un salaire brut de xxxx fr. et pour un cadre inf�rieur, de xxxx fr. En d�finitive, l'autorit� cantonale a retenu que le p�re, �g� de 45 ans lors de la s�paration et de 49 ans au jour du jugement, en bonne sant�, pourrait r�aliser un salaire net de xxxx fr., d�s lors que, au vu de ses comp�tences, il pourrait r�aliser un salaire sup�rieur � celui d'un cadre inf�rieur.
6.1.2.�Il ressort de la motivation qui pr�c�de que le juge cantonal a examin� les deux questions, de droit et de fait, au regard des circonstances d'esp�ce - notamment le domaine professionnel dans lequel le p�re �voluait avec l'indication qu'il pourrait s'en �carter un peu, pour tenir compte du fait que le domaine de la finance est "notoirement sinistr�" - et en s'appuyant sur les moyens de preuve administr�s, singuli�rement les t�moignages. S'agissant en particulier de l'appr�ciation que le p�re serait trop qualifi� pour les professions retenues par l'autorit� cantonale, celui-ci se limite � l'all�guer, sans �tablir qu'il aurait effectivement re�u des r�ponses n�gatives � de telles offres d'emploi pour ce motif. Par ailleurs, il appara�t que le juge pr�c�dent a en d�finitive consid�r� que le p�re pouvait raisonnablement obtenir un poste de cadre moyen, de sorte que le salaire retenu sur la base des statistiques correspond � cette cat�gorie d'emploi. Il s'ensuit que le Juge d�l�gu�, qui ne s'est �cart� ni de la jurisprudence en la mati�re, ni des preuves disponibles (�
cf. supra�consid. 6.1.1) n'a pas vers� dans l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans ses constatations et son raisonnement.
6.2.�S'agissant de l'application pr�tendument arbitraire (art. 9 Cst.) de l'art. 317 al. 1 CPC, le recourant se r�f�re � juste titre � l'arr�t 5A_22/2014 du 13 mai 2014. Il ressort de cette jurisprudence (consid. 4.2 et 4.3) que, en mati�re matrimoniale, l'application de l'art. 317 CPC concernant l'introduction de�
nova�au stade de l'appel, dans le cadre d'une proc�dure sommaire soumise � la maxime inquisitoire, n'est pas arbitraire, quand bien m�me la solution contraire est �galement envisageable (�
cf. supra�consid. 2.2; arr�t 5A_266/2015 du 24 juin 2015 consid. 3.2.2). D�s lors que l'on se trouve dans le cas d'esp�ce aussi dans une proc�dure sommaire de mesures provisionnelles en mati�re matrimoniale soumise � la maxime inquisitoire, il appara�t que la cour de c�ans s'est d�j� prononc�e sur la question de l'application de l'art. 317 CPC dans toute sa rigueur, sous l'angle de l'arbitraire. Par cons�quent et ind�pendamment de la recevabilit� de son invocation, l'existence d'une question juridique de principe (art. 74 al. 2 let. a LTF) doit quoi qu'il en soit �tre ni�e. Pour le surplus, le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) doit �galement �tre rejet�; le Juge d�l�gu� a appliqu� l'art. 317 al. 1 CPC de mani�re rigoureuse - au demeurant � l'instar de ce qui avait �t� fait au niveau cantonal dans l'affaire 5A_22/2014 pr�cit�e -, en �num�rant les pi�ces qui auraient pu �tre produites en premi�re instance d�j�, dont le lot de pi�ces 127 � 130 fait partie, ce que le recourant ne conteste pas. Ces pi�ces pouvaient ainsi �tre d�clar�es irrecevables.
6.3.�Quand � la fixation du revenu hypoth�tique foncier des immeubles sis en France, d�s lors que le recourant n'a pas apport� spontan�ment en appel la preuve du droit �tranger, � savoir fran�ais, sur la l�gislation relative aux baux � loyer - qu'il qualifie de "notori�t� publique" - l'autorit� pr�c�dente devait, conform�ment au principe "�
jura novit curia�", chercher � d�terminer ce droit dans la mesure o� cela n'appara�t ni intol�rable, ni disproportionn� (arr�t 5A_60/2013 du 27 mai 2013 consid. 3.2.1.1). Or, dans le cadre de mesures provisionnelles, il est manifeste que le juge cantonal n'avait pas � instruire sur la r�glementation fran�aise et pouvaient se limiter � tenir compte d'un loyer raisonnable eu �gard aux circonstances, au stade de la vraisemblance. Pour le surplus, le recourant, qui se contente d'expliquer que le raisonnement de l'autorit� pr�c�dente viole " la loi applicable en France sur les loyers ", ne d�montre pas que la motivation serait arbitraire et, � tout le moins, que le revenu hypoth�tique foncier ainsi retenu serait insoutenable dans son r�sultat (�
6.4.�En ce qui concerne la prise en compte des imp�ts fonciers dans la d�termination du revenu de la fortune du recourant, celui-ci se m�prend. Il ressort de l'arr�t d�f�r� que le Juge d�l�gu� a tenu compte du b�n�fice annuel net, � raison de xxxx euros, - ce qui suppose que l'imp�t foncier a �t� d�duit du b�n�fice brut, � tout le moins le recourant ne pr�tend pas le contraire - auquel il a ajout� la somme de xxxx euros par mois correspondant � la diff�rence entre le loyer raisonnablement admissible pour l'un des appartements et celui effectivement pay� par le fr�re du recourant pour cet objet. Le recourant pr�sente ensuite son calcul de la diff�rence d'imp�t r�sultant de cette majoration de xxxx euros par mois - qui aurait pour effet de doubler les imp�ts fonciers pour les deux immeubles -, sans prouver son all�gation, ni se r�f�rer � un quelconque article de la loi fiscale fran�aise. Quant � l'inoccupation des immeubles, faute d'all�guer la perte de revenu que cela repr�sente, partant l'incidence financi�re sur le sort de la cause, le recourant ne parvient pas � d�montrer l'arbitraire (art. 9 Cst.;�
6.5.�S'agissant de l'appr�ciation des preuves quant � l'estimation du revenu de la fortune, l'arr�t entrepris ne saurait �tre tax� d'arbitraire (art. 9 Cst.) sur ce point. Le recourant, qui proc�de � une analyse d�taill�e pour chacun de ses comptes, singuli�rement calcule des rendements pour diff�rentes p�riodes, substitue sa propre appr�ciation des preuves � celle du juge d'appel, sans tenir compte des �l�ments de preuve retenus par celui-ci dans son raisonnement et sans parvenir � d�montrer que le r�sultat auquel le Juge d�l�gu� a abouti serait choquant. En effet, la d�cision entreprise expose que le taux abstrait de 3% est inf�rieur aux taux qui ont effectivement pu �tre constat�s, lesquels oscillent entre 3,05 et 3,92% et que, nonobstant le fait que tous les rendements de comptes n'aient pas pu �tre d�voil�s, le recourant disposant de connaissances pointues dans le domaine de la finance, il est en mesure de tirer des revenus plus importants que la moyenne de la gestion de sa propre fortune. En retenant un taux global de 3%, en d�pit de taux effectifs constat�s tous plus �lev�s et des connaissances particuli�res du recourant, le juge pr�c�dent a, dans son estimation, ainsi implicitement tenu compte de circonstances moins favorables, tels des taux moins �lev�s, voire n�gatifs - comme l'all�gue le recourant -, sans qu'il apparaisse n�cessaire d'administrer des preuves plus avant. Il s'ensuit que, autant que le grief du recourant est recevable (art. 106 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid. 2.1 et 2.2), l'appr�ciation (anticip�e) des preuves disponibles effectu�e par le Juge d�l�gu� n'est pas arbitraire (art. 9 Cst.).
6.6.�Le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans le raisonnement du Juge d�l�gu� tombe �galement � faux en tant que les imp�ts et certaines des charges du recourant - en particulier le co�t de son loyer, le minimum de base du minimum vital et la contribution pour l'entretien de la m�re - n'ont pas �t� d�duites de ses revenus pour fixer la contribution d'entretien en faveur des enfants. En effet, le montant de la contribution d'entretien due aux enfants a �t� d�termin� en l'esp�ce de mani�re abstraite, par la m�thode dite "des pourcentages", avec correctif afin que la pension demeure en rapport avec le niveau de vie et la capacit� contributive effective des parents. Il s'ensuit que la fraction de 25% du revenu d�volue � l'entretien de deux enfants se calcule sur la base du revenu du parent d�biteur, autrement dit de la capacit� de gain du d�birentier, non sur sa part de disponible (parmi d'autres : arr�t 5A_680/2014 du 21 novembre 2014 consid. 6.2). Cette m�thode de d�termination de l'entretien des enfants, g�n�ralement employ�e dans la pratique vaudoise, � la condition que la pension reste en rapport avec le niveau de vie et la capacit� contributive du d�biteur (ATF 116 II 110 consid. 3a), n'enfreint pas le droit f�d�ral,�
a fortiori, n'est pas arbitraire (art. 9 Cst.), d'autant que le recourant n'all�gue ni que dite contribution d'entretien d�passerait le niveau de vie ant�rieur de la famille, ni que les enfants auraient un train de vie plus �lev� que lui-m�me.
Enfin, le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans la d�termination de la prise en charge des frais extraordinaires des enfants, singuli�rement des frais d'orthodontie de sa fille. Il explique que lesdits frais ont �t� engag�s, sans qu'il f�t consult� au pr�alable, notamment sur le choix du m�decin, et que le traitement s'est d�roul� en 2012 et 2013, � une p�riode o� il payait des " pensions massivement sup�rieures dans lesquelles une participation aux frais m�dicaux de plusieurs centaines de francs par mois avait �t� incluse ". En d�finitive, le recourant affirme avoir d�j� " r�gl� sa part de ces frais d'orthodontie ", de sorte que le juge cantonal, qui n'a pas examin� si le p�re s'est d�j� acquitt� de sa part, est tomb� dans l'arbitraire.
En l'occurrence, l'autorit� pr�c�dente a relev� que le p�re �tait de mauvaise foi lorsqu'il soutenait qu'il n'avait pas �t� consult� avant d'engager ces frais extraordinaires puisqu'ils avaient fait l'objet d'une discussion lors de l'audience du 22 juin 2011 et que le traitement s'�tait d�roul� ult�rieurement, d�s 2012. Pour sa prise en charge, le magistrat cantonal a retenu que, tant la contribution vers�e � la m�re que les revenus du p�re couvraient les frais d'orthodontie de leur fille, en sorte que chacun d'eux devait contribuer � parts �gales au traitement.
En tant que le recourant continue d'affirmer qu'il n'a pas �t� consult� au pr�alable sur l'engagement de ces frais, il reprend le m�me argument qu'il a d�j� pr�sent� devant l'autorit� cantonale, sans tenir compte de la motivation de la d�cision entreprise. Sur ce point, sa critique est donc d'embl�e irrecevable (art. 42 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid. 2.1). Pour le surplus, le recourant se limite � affirmer que le montant des contributions d'entretien vers� au cours de cette p�riode suffisait � couvrir les frais d'orthodontie, mais n'all�gue pas,�
a fortiori�n'�tablit pas que ces frais sp�ciaux auraient �t� express�ment compris dans le montant de la pension, ce qui n'appara�t manifestement pas �tre le cas. Le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) est ainsi mal fond� (�
�II. Sur le recours de B.A.________ (5A_940/2015)
La recourante discute elle aussi le versement des provisions�
ad litem�(�
cf. supra�consid. 3 et 4), soulevant les griefs d'application arbitraire du droit f�d�ral (art. 9 Cst.), de violation du principe d'�galit� des armes (art. 6 CEDH et art. 14 du Pacte ONU II), de violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.), en ce sens que l'autorit� devait motiver sa d�cision, ainsi que de violation de son droit et de celui de ses enfants d'acc�s � la justice (art. 6 CEDH, art. 29a et 30 Cst.). Elle expose que ces provisions sont destin�es � couvrir le besoin de protection juridique de la famille, non seulement le sien en qualit� d'�pouse, dans le cadre d'un litige matrimonial, que le p�re est un homme tr�s riche et que les enfants et elle ne parviennent m�me pas � couvrir leur minimum vital avec les contributions d'entretien vers�es, en sorte qu'ils ne sont pas en mesure de payer des frais de justice et d'avocat, autrement dit, ils ne peuvent pas b�n�ficier d'un acc�s � la justice. La recourante reproche � l'autorit� pr�c�dente de ne pas avoir examin� l'argument consistant � reconna�tre que les provisions�
ad litem�permettent de faire valoir �galement les int�r�ts des enfants, voire essentiellement leur int�r�t, puisque neuf chiffres sur onze du dispositif de la d�cision de premi�re instance les concernent. La recourante consid�re en d�finitive que la�
provisio ad litem�de xxxx fr. demand�e �tait un minimum au vu de la complexit� de la cause et aurait d� lui �tre allou�e.
En l'esp�ce, il est manifeste que l'argumentation pr�sent�e par la recourante, qui concerne le bien-fond� des provisions�
ad litemet le montant de celles-ci, n'est pas pertinentes dans le pr�sent contexte, d�s lors que le Juge d�l�gu� a express�ment retenu que le sort de ces avances de d�pens s'attache au sort de la proc�dure de divorce au fond, partant, que le juge fran�ais est comp�tent, � l'exclusion du juge suisse. En formulant une critique qui porte sur le fond, non sur la comp�tence du magistrat pour examiner le sort des dites provisions�
ad litem, la recourante m�conna�t la motivation de l'arr�t d�f�r�, en sorte que sa critique ne porte pas sur le raisonnement du juge cantonal et est, par cons�quent, d'embl�e irrecevable (art. 42 al. 2 LTF;�
La recourante s'en prend �galement au montant de la contribution d'entretien en faveur de chacun des enfants. Elle consid�re que, faute d'�l�ment nouveau, l'autorit� de la chose jug�e relative imposait � l'autorit� cantonale de s'en tenir aux montants arr�t�s dans les d�cisions pr�c�dentes, entr�es en force. La distinction entre les pensions dues pour elle-m�me et celles en faveur des enfants ne permettait pas de recalculer�
ab ovo�les contributions, le juge pr�c�dent devait uniquement les reconstituer au�
pro rata. Elle affirme que le proc�d� du Juge d�l�gu� est arbitraire (art. 9 Cst.), car il ignore des principes juridiques clairs et incontest�s.
En l'occurrence, le Juge d�l�gu� a rappel� que la contribution d'entretien devait �tre arr�t�e de mani�re diff�renci�e pour les enfants, d'une part, et pour la m�re, d'autre part, en sorte que le premier juge avait op�r� la distinction � juste titre, et que la d�termination de la pension pour la m�re n'�tait pas du ressort des autorit�s judiciaires suisses. Le juge pr�c�dent a en outre relev� que la m�thode "des pourcentages", employ�e est admise par la jurisprudence et a major� de 25% le r�sultat obtenu, afin de tenir compte du train de vie �lev� de la famille durant la vie commune.
La recourante critique en d�finitive la m�thode employ�e par l'autorit� cantonale pour distinguer la part due pour l'entretien des enfants de celle due pour elle-m�me - laquelle doit �tre fix�e dans sa quotit� par le juge fran�ais -, ce que confirme sa conclusion principale tendant encore et toujours � l'octroi d'une contribution d'entretien globale pour elle et les enfants. Elle n'all�gue pas, ni�
a fortiori�ne d�montre, que l'emploi de la m�thode "des pourcentages" par rapport � la m�thode concr�te qu'elle pl�biscite, rel�ve d'un raisonnement arbitraire et aboutirait � un r�sultat insoutenable, d'autant que le Juge d�l�gu� a major� de 25% le montant obtenu afin de tenir compte des circonstances du cas d'esp�ce. Le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) est ainsi mal fond� et doit �tre rejet�.
Vu ce qui pr�c�de, il ne se justifie pas de revoir le sort des frais et d�pens des instances cantonales, d'autant que les parties, qui prennent chacune des conclusions en ce sens, ne soul�vent aucun grief � ce sujet, ni�
a fortiori�ne pr�sentent de critique d�taill�e � ce sujet (art. 106 al. 2 LTF;�
cf supra�consid. 2.1).
En d�finitive, chaque recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�, aux frais de son auteur respectif (art. 66 al. 1 LTF). Les parties n'ont pas droit � des d�pens d�s lors qu'aucune d'elles n'a �t� invit�e � se d�terminer sur le recours et la demande d'effet suspensif de l'autre (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours interjet� par A.A.________ (5A_933/2015) est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le recours interjet� par B.A.________ (5A_940/2015) est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr. pour la cause 5A_933/2015, sont mis � la charge de A.A.________.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr. pour la cause 5A_940/2015, sont mis � la charge de B.A.________.