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Timestamp: 2016-09-29 20:21:31+00:00
Document Index: 162273463

Matched Legal Cases: ['art. 53', "l'article 93", "l'article 2", "l'article 77", "l'article 72", "l'article 88", "l'article 170", "l'article 197", "l'article 81", "l'article 83", "l'article 36", "l'article 37", "l'article 103", "l'article 34", "l'article 21", "l'article 20", "l'article 18", "l'article 17"]

R�publique du Kenya
Population: 38,6 millions (2009)
Langue officielle: anglais (de facto) et swahili (de facto)
Groupes minoritaires: kikuyu (18 %), luyia (11,7 %), luo (11 %), kalenjin (8,4 %), kamba (8,4 %), gusii (5,4 %), meru (4,5 %), giryama (2,1 %), bukusu (2 %), lubukusu (2 %), embu (1,5 %), maasai (1,5 %), turkana (1,1 %), idakho (1 %), somali (1 %), pokoot (1 %), duruma (0,8 %), digo (0,7 %), taita (0,7 %), teso (0,7 %), logooli (0,6 %),
galla (0,5 %), borana (0,5 %), sabaot (0,5 %), samburu (0,5 %), swahili (,05 %), tugen (0,5 %)
Langue coloniale: anglais Syst�me politique: r�publique unitaire
Articles constitutionnels (langue): art. 53, 72, 77, 83 et 93 de la Constitution de 1998 Lois linguistiques:
Loi sur la pharmacie et les produits toxiques (1957);
Loi sur les livres et les journaux (1960);
Loi sur la protection de la s�curit� publique (1960);
Loi sur la police (1961);
Loi sur la preuve (1963);
Loi sur les films et les pi�ces de th��tre (1963);
Loi sur les composantes et les accessoires des v�hicules automobiles (1965);
Loi sur les h�tels et les restaurants (1972);
Loi sur l'administration locale (1977);
Loi sur les droits de succession (1981);
Loi sur le droit de timbre (1982);
Loi sur l'arbitrage (1995);
Loi sur les banques (1995);
Loi sur le caf� (2002);
Loi sur la proc�dure civile (2008);
Code de proc�dure p�nale (2009);
Loi sur la marine marchande (2009);
Loi sur les terres publiques (2010);
Loi sur la citoyennet� et l'immigration (2011);
Loi sur l'entraide juridique (2011). 1 Situation
Le Kenya est un pays d'Afrique de l'Est, baign� par l'oc�an Indien, bord� au nord par le Soudan et l'�thiopie, � l'est par la Somalie et au sud par la Tanzanie (voir la carte). Le Kenya, dont la capitale est Nairobi, couvre une superficie de 582 646 km� (un peu plus que la France). Le Kenya poss�de plus de 400 km de c�tes bord�es d'�les (Lamu, Pate), s�par�es de l'oc�an Indien par des r�cifs de corail. Le Kenya est divis� en huit provinces administratives:
Centre, Littoral, Est, Nord-Est, Nyanza, Rift Valley, Ouest et district de Nairobi. Chacune d'elles est g�r�e chacune par un conseil consultatif dont les membres sont nomm�s par le pr�sident de la R�publique. La r�gion de Nairobi est dot�e d'un statut sp�cial.
Une large autonomie est accord�e aux autorit�s locales qui per�oivent leurs propres taxes pour financer la sant� publique et l'enseignement, les projets de route ou de construction, les plans de s�curit� sociale. La r�gion de Nairobi est dot�e d'un statut sp�cial.
La capitale, Nairobi, est la plus grande ville (1,8 million d'habitants en 1990). Le premier port maritime est Mombasa (500 000 hab.). Kisumu (185 100 hab.) est le principal port kenyan sur le lac Victoria. Les villes d'Eldoret, au nord-est de Kisumu (104 900 hab.) sont d'importants liens ferroviaires (voir la carte).
La population du Kenya �tait estim�e � 33 millions d'habitants d�habitants en 2002, mais � 38,6 en 2009. La province la plus importante au point de
vue d�mographique est la Rift Valley (24,5 %), suivie de la province de l'Est
(16,9 %), de Nyanza ( 15,4 %) et celle du Centre (13,6 %).
084,3
Source: d'apr�s Populstat
site de Jan Lahmeyer, Pays-Bas, 1999/2002
Le pays est multiethnique, car il compte pr�s de 70 ethnies, dont quelque 30 � 40 sont officiellement reconnues. Parmi ces diverses ethnies, cinq d'entre elles forment plus de 70 % de la population africaine: les Kikuyu (20 %), les Luyia (14 %), les Luo (12 %), les Kalenjin (11 % et les Kamba (11 %). La plupart de ces groupes ethniques cohabitent avec des minorit�s indiennes, arabes, asiatiques et europ�ennes (environ 4000). La forte majorit�
des Blancs (appel�s Wazungu) vit dans les deux principales villes
(Nairobi et Mombasa ) ou dans leur banlieue.
4 455 865
3 083 273
2 653 932
2 458 123
2 448 302
1 318 409
1 087 778
1 007 371
Arabes kenyen
Autres kenyiens
Ougandans
0,0 9 %
Non recens�s
Autres Europ�ens
Boni-Sanye
Autres Arabes
Kenyan europ�ens
Tribus inconnus
Dasnachi-Shangil
Source: Kul BHUSHAN, Recensement de 1989, Kenya Factbook, 15e �dition, 1997-1998, Newspread International.
Pr�s de la moiti� des Kenyans sont
d'origine bantoue (Kikuyu, Kamba et Luyia). Les Masa� et les Luo
appartiennent au groupe nilotique auquel se rattachent �galement les Kalenjin, les Turkana et les Samruru.
Le pays abrite aussi des minorit�s asiatiques, europ�ennes et arabes. La
majorit� de la population, 66 % est de religion chr�tienne, alors que 26 %
pratiquent des religions tribales africaines et 6 % sont des musulmans.2.2 Les langues kenyanes
Les langues autochtones (kenyanes), fort nombreuses, se r�partissent en trois grandes familles linguistiques principales: la famille bantoue, la famille chamito-s�mitique et la famille nilotique. Dans toute la partie orientale du pays, on trouve des
langues couchitiques appartenant � la
famille chamito-s�mitique (afro-asiatique): somali, rendille, galla, borana/boran (ou oromo), gabbra, orma et sakuye.
Bantou Ouest abaluhyia/luhya, kisii, kuria, gusii (kisii)
Centre kikuyu, kamba/akamba/wa-kamba, meru, embu, tharaka, mbere Littoral mijikenda (digo, duruma, rabai, ribe, kambe, jibana, chonyi, giriama, kauma), taveta, pokomo, taita Nilotique Nilotes luo
Teso iteso, turkana
Maasai maasai, samburu, njemps
Kalenjin nandi,
kipsigi, elgeyo, sabaot, marakwet, tugen, terik, pokoot Couchitique somali, rendille, galla, borana/boran (oromo), gabbra, orma, sakuye, boni, dahalo, el-molo, ndorobo (dorobo), sanye Kiswahili amu, bajun, pate, mvita, vumba, ozi, fundi, siyu, shela, Le long des c�tes et dans le centre du pays, ce sont des
langues bantoues: luya (abaluhyia), kisii, kuria, gusii, kikuyu, kamba/akamba/wa-kamba, meru, embu, tharaka, mbere, mijikenda, taveta, pokomo, taita. Le
swahili fait partie d'un cas particulier parmi les langues bantoues: non seulement le swahili est une langue co-officielle avec l'anglais, mais il sert de communication inter-ethnique puisqu'il est connu par plus de 40 % de la population. Cette langue est fragment�e en plusieurs vari�t�s: amu, bajun, pate, mvita, vumba, ozi, fundi, siyu, shela, etc. Enfin, dans tout l'Ouest, ce sont surtout des
langues nilotiques ou nilo-sahariennes: luo, iteso, turkana, maasai, samburu, njemps, nandi, kipsigi, elgeyo, sabaot, marakwet, tugen, terik, pokoot.
On peut sch�matiser les affiliations linguistiques de la fa�on illustr�e par le tableau de gauche.
Quand on consulte le nombre des locuteurs par langue, on doit constater que la plupart d'entre elles ne sont parl�es que par quelques milliers de locuteurs. Les seules langues atteignant le million de locuteurs sont les sept suivantes: Langue
nilo-saharienne
Ouest & Sud
Les autres langues, fort nombreuses, sont le giryama (2,1 %), le bukusu (2 %), le lubukusu (2 %), l'embu (1,5 %), le maasai (1,5 %), le turkana (1,1 %), l'idakho (1 %), le somali (1 %), le pokoot (1 %), le duruma (0,8 %), le digo (0,7 %), le taita (0,7 %), le teso (0,7 %), le logooli (0,6 %), le
galla (0,5 %), le borana ou oromo (0,5 %), le sabaot (0,5 %), le samburu (0,5 %), le swahili (0,5 %), le tugen (0,5 %). Parmi la
quarantaine de langues kenyanes, le tiers est en voie de disparition. 2.3 Le swahili
Le swahili, appel� kiswahili au
Kenya, n'est parl� comme langue maternelle que par 0,5 % de la population, mais c'est une langue seconde pour au moins 12 millions de personnes et la langue co-officielle du
pays avec l'anglais. Autrement dit, la plupart des locuteurs du swahili au Kenya (et
en Tanzanie) ne connaissent pas cette langue comme langue maternelle, car ils
pratiquent d'autres langues africaines. Pratiquement toutes les communaut�s du pays parlent le
swahili. C'est aussi la langue la plus parl�e de l'Afrique noire. En effet, on estime que de 40 � 50 millions de locuteurs pratiquent le swahili, avec g�n�ralement des diff�rences locales importantes. Le swahili en tant que langue
normalis�e (standard) a �t� fix� en 1930 par le Comit� sur la langue territoriale et
il �tait bas� sur le dialecte c�tier de Zanzibar, le kiunguja, une variante
linguistique parl�e dans la ville de Kiunguja. En plus du kiunguja, mentionnons le
kimakunduchi (ou kihadimu) et le kitumbatu (tous les deux parl�s dans les parties rurales de
Zanzibar), le kipemba (�le de Pemba), le kimtang'ata (ville de Tanga et
environs), le kimrima (le long de la c�te de la Tanzanie), le kimvita (Mombasa et
environs), le kiamu, le kipate, le kisiu, le kitikuu (l'archipel de Lamu et le long des c�tes du Kenya),
le kivumba (�le de Wasini et Vanga), le kingwana (le Congo-Brazzaville et le
Congo-Kinshasa), etc.
� l'origine, la �c�te swahilie� (voir
le trac� en rouge indiquant un �couloir�) s'�tendait
du sud de la Somalie au Mozambique en incluant l'archipel des Comores.
Au cours du XIXe si�cle, le swahili p�n�tra le continent
tout au long des pistes marchandes et esclavagistes. La colonisation
europ�enne favorisa encore son extension. Le swahili est aujourd'hui la
langue africaine la plus enseign�e dans le monde. Au Kenya, cette langue �tait en
grande partie utilis�e dans la plupart des �changes sociaux, mais
elle semble subir maintenant un net recul au profit de l'anglais. Ce n'est pas tout: depuis
l'introduction en 1992 du multipartisme, le pays assiste � un r�veil de
l'identit� ethnique. Les Kenyans ont � nouveau adopt� les langues locales et
le swahili a perdu sa place de langue officielle dominante. Le Kenya est en
pleine mutation, et le swahili semble en payer les frais.
De fait, il existe beaucoup plus de journaux
diffus�s en anglais qu'en swahili. De plus, on compte peu de livres publi�s en
swahili. On peut consulter une description sommaire de la langue swahilie
2.4 L'anglais
L'anglais n'est la langue maternelle d'� peu pr�s personne au Kenya, mais
c'est l'une des deux langues officielles du pays. C'est pr�sentement la langue
dominante de prestige avec le swahili et elle s'impose davantage dans les milieux
favoris�s. C'est de plus en plus la langue de l'�tat aux d�pens du swahili. Aujourd'hui, les
Kenyans poss�dant un minimum de bagage culturel
pr�f�rent parler l'anglais dans les communications interethniques. En
principe, l'anglais serait la langue officielle, alors que le swahili
(appel� le kiswahili) serait la langue nationale. Cela signifierait que
la langue du gouvernement et de l'�ducation sont en anglais, tandis que tout le reste a tendance � �tre
en swahili. En r�alit�, la plupart des Kenyans parlent aussi ce qu'ils
appellent leur langue maternelle, surtout dans les zones rurales.
Beaucoup de jeunes Kenyans de Nairobi parlent une langue
bien particuli�re appel�e le sheng. Il
s'agit d'un m�lange d'anglais, de swahili et de quelques langues locales. Le sheng est devenu un signe � la mode,
de modernit� et de cosmopolitisme. Le sheng emploie principalement la grammaire
et la syntaxe swahilie, mais inclut des termes d'autres langues, surtout anglais, qui peuvent varier selon des contextes diff�rents.
Les grandes d�couvertes d'australopith�ques, datant de deux � trois millions d'ann�es, ont �t� faites dans la Rift Valley au Kenya et en Tanzanie. Le Kenya fut occup� � l'origine par des populations proches des Bochimans.
Durant le Ier mill�naire avant notre �re, des agriculteurs bantous
(entre autres les Kikuyu, les Kamba et les Luyia) s'�tablirent sur les hauts plateaux,
pr�s des bords du
lac Victoria. � partir du XIe si�cle, des populations nilotiques, venues du Nord,
introduisirent l'�levage des bovins et d�velopp�rent de puissants royaumes.
Au XVIIe si�cle, les Massa�, des pasteurs-guerriers d'origine nilotique, seraient arriv�s dans la r�gion par le nord du
lac Turkana. D�laissant les hauts plateaux aux riches terres volcaniques aux Bantous,
les Massa� s'�tablirent dans les plaines du Centre et du Sud. En 1830, leur territoire s'�tendait du nord-est du lac Victoria jusqu'� la latitude de
l'�le de Zanzibar, une barri�re que les marchands swahilis, puis les Europ�ens, ont d� contourner par le sud pour parvenir jusqu'� la r�gion des Grands Lacs.
3.1 Le commerce swahili Auparavant, on sait que, apr�s le XIe si�cle, les r�gions c�ti�res furent domin�es par des n�gociants arabes, originaires de Mascate et d'Oman. Ils
cr��rent des comptoirs, dont les plus importants furent Malindi et Mombasa. De l�, ils
contr�l�rent le commerce avec l'int�rieur (esclaves, ivoire, plumes d'autruche,
etc.). Ces ports constituaient un maillon essentiel pour le commerce vers l'oc�an Indien. Une culture arabo-bantoue s'y
d�veloppa, dont la langue, le swahili, devint celle des �changes en Afrique orientale.
Les Swahilis s'islamis�rent en partie tout en r�unissant des �l�ments bantous, arabes et asiatiques. Les documents swahilis les plus anciens datent du d�but du
XVIIIe si�cle. � la suite de Vasco de Gama qui, en route vers l'Inde, a contourn� le cap de Bonne-Esp�rance en 1497 et fait escale � Mombasa en 1498, les Portugais
tent�rent d'exercer le monopole du commerce de l'oc�an Indien. Durant plus d'un si�cle, ils
domin�rent les cit�s swahilies, non sans rencontrer de nombreuses r�sistances. Dans la premi�re moiti� du
XVIIIe si�cle, les Portugais furent chass�s de la r�gion par les Omanais arabophones. 3.2 La domination omanaise Au d�but du XIXe si�cle, le sultanat d'Oman conquit les villes swahilies situ�es au nord du cap Delgado. Bine que le sultanat n'ait pas tent� d'asservir les populations du pays, les langues locales furent impr�gn�es de mots arabes, notamment en
swahili. En 1830, la capitale du sultanat
fut transf�r�e de la p�ninsule Arabique dans l'�le de
Zanzibar, au large de l'actuelle Tanzanie. Les Omanais exploit�rent des plantations de girofle et des palmeraies � huile de Mombasa, n�cessitant une main-d'�uvre importante. Il fallut recourir aux esclaves et les
Kamba du Kilimandjaro
particip�rent activement au commerce des esclaves. Les missionnaires et explorateurs europ�ens
(allemands) d�nonc�rent violemment la traite n�gri�re, dont l'Europe �tait pourtant b�n�ficiaire, en incitant les autorit�s locales � pratiquer au commerce de coton et de clous de girofle.
Vers 1850, le consul britannique � Zanzibar prit la t�te d'un mouvement antiesclavagiste. En �change de garanties concernant le maintien de sa domination sur la c�te, le sultan d'Oman
signa des trait�s limitant ce commerce, avant d'accepter, en 1873, d'abolir la traite, c'est-�-dire le commerce, mais non l'utilisation d'esclaves dans les plantations.
3.3 La colonisation britannique Les Britanniques commenc�rent � exercer une influence d�terminante � partir de 1873. John Kirk, consul britannique, encouragea le sultan � annexer � son empire la plaine agricole c�ti�re. L'unification territoriale
profita �videmment aux Britanniques qui se trouvaient en conflit avec les Allemands pour le contr�le de l'Afrique orientale. Les zones d'influence furent d�finies lors du congr�s de Berlin en 1885: d'une part, les Allemands obtinrent la c�te du Tanganyika (une partie de l'actuelle Tanzanie), ainsi que le mont Kilimandjaro, d'autre part,
le Kenya revint aux Britanniques, ce qui leur permit d'imposer l'anglais comme langue officielle. Aussit�t, le sultan d'Oman accorda une concession � l'Imperial British East Africa Company. Un chemin de fer fut construit � travers le Kenya pour d�senclaver l'Ouganda et atteignit le lac Victoria en 1901. Des travailleurs indiens
furent employ�s � la construction de cette ligne qui devait faciliter la conqu�te de l'int�rieur du pays. Effectivement, les populations locales ne
purent r�sister � l'extension du protectorat britannique. Pendant que les militaires et les administrateurs britanniques imposaient l'unilinguisme anglais, les
missionnaires apprenaient le swahili afin de communiquer avec les
populations locales. Johann Ludwig Krapf fut le premier missionnaire � d�crire
le swahili, � r�diger la premi�re traduction de la Bible dans cette langue,
ainsi que le premier dictionnaire et la premi�re grammaire. Au cours du XVIIIe
si�cle, le swahili s'�tait r�pandu dans l'oc�an Indien, notamment aux �les
Comores et � Madagascar, puis en Afrique du Sud, � Oman et aux �mirats arabes unis.
Au si�cle suivant, la langue s'est �tendue � des pays tels que la
Tanzanie, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Congo-Kinshasa, la R�publique
centrafricaine et le Mozambique.
� la fin de la
Premi�re Guerre mondiale, durant laquelle plus de 150 000 Kenyans furent enr�l�s dans l'arm�e britannique, environ 9000 Britanniques
s'�tablirent sur les hauts plateaux, qui devinrent une colonie europ�enne de peuplement.
En 1919, la population autochtone fut gravement affect�e par la famine; les Kikuyu,
les Kamba et les Luo se r�volt�rent � plusieurs reprises contre l'accaparement de leurs terres. En 1920, le Kenya
devint officiellement une colonie de la Couronne britannique. Le nouveau statut colonial
permit la cr�ation d'associations de Kikuyu, qui lutt�rent contre la mainmise britannique. Il se cr�a aussi des mouvements ind�pendantistes. 3.4 Le combat pour l'ind�pendance En 1952, �clata la r�volte anti-britannique des Mau-Mau, une soci�t� secr�te kikuyu. Ses membres revendiquaient par la violence la restitution de leurs terres et de leurs droits; leurs attaques visaient les colons ainsi que leurs collaborateurs. Non seulement la r�volte fut-elle s�v�rement r�prim�e, mais elle frappa l'ensemble des Kikuyu sans distinction: 13 000 d'entre eux
furent massacr�s, 80 000 intern�s, et l'�tat d'urgence ne fut lev� qu'en 1960.
Leur leader, Jomo Kenyatta,
fut condamn� � sept ann�es de prison �pour complicit� pr�sum�e� avec les Mau-Mau. Toutefois, les changements
au Kenya �taient d�sormais incontournables, les autorit�s coloniales ayant favoris� la formation d'une classe moyenne
africaine en encourageant les autochtones � s'engager dans les cultures d'exportation. En 1957, les petits planteurs africains
furent autoris�s � �lire huit repr�sentants au Conseil l�gislatif de la colonie.
Durant ce moment, le mouvement ind�pendantiste se structura. L'Union nationale africaine du Kenya (Kenya African National
Union ou KANU) fut fond�e en 1960; Jomo Kenyatta en prit la direction apr�s sa lib�ration, l'ann�e suivante.
Tout en pr�nant la cr�ation d'un �tat centralis�, la KANU s'appuyait sur les deux principales ethnies: les Kikuyu et les Luo. Kenyatta alla repr�senter le KANU lors des deux conf�rences de Lancaster � Londres, qui devaient pr�parer la future Constitution du Kenya ind�pendant. L'ind�pendance devint effective le 12 d�cembre 1963. Jomo Kenyatta, dont le parti avait remport� les �lections,
devint pr�sident (� 74 ans) de la nouvelle r�publique ind�pendante.
3.5 L'ind�pendance du Kenya (1963)
Jomo Kenyatta (1893-1978)
L'ind�pendance du Kenya se fit dans un calme relatif. � l'oppos� de ce que croyaient les Britanniques, le pr�sident Jomo Kenyatta, un Kikuyu, se r�v�la mod�r�, pro-occidental et progressiste. De plus, il ne modifia pas fondamentalement la structure fonci�re du pays, car les terres rachet�es aux colons europ�ens furent redistribu�es selon des crit�res tribaux. Sous la pr�sidence de Jomo Kenyatta, la politique de la KANU fut toujours marqu�e par un fort nationalisme kikuyu.
Pendant les ann�es 1960 et 1970, de nombreux Kikuyus, encourag�s et aid�s par
le pr�sident Kenyatta achet�rent les terres des anciens
colons et, quittant la province du Centre surpeupl�e, s'install�rent dans la
r�gion de la Vall�e du Rift. Il se constitua ainsi une �lite kenyane, en majorit� form�e par les Kikuyu. En raison de l'h�g�monie de la KANU (un parti unique � partir de 1969), le pays acquit une stabilit� politique et attira de nombreux investisseurs �trangers. La ville de Nairobi fut modernis�e. L'industrie du tourisme se d�veloppa rapidement et devint une ressource de revenus importante. Malgr� les probl�mes, notamment l'absence du multipartisme exacerbant les tensions entre les ethnies, le Kenya connut une forte croissance �conomique sous la gouverne du pr�sident Kayatta. Le prestige de Jomo Kenyatta, nomm� le Mzee (�le Vieux�),
resta intact jusqu'� sa mort survenue le 22 ao�t 1978.
Avant sa mort, Kenyatta avait d�sign� le vice-pr�sident Daniel Arap Moi comme son successeur en raison de son appartenance � une ethnie minoritaire, les Kalenjin. Au d�but, le nouveau pr�sident b�n�ficie d�un pr�jug� favorable en raison de son appartenance � l�ethnie minoritaire des Kalenjin: on lui pr�te des qualit�s d�arbitrage. Il se lan�a dans un programme de r�formes en d�non�ant la corruption et la tribalisation de la vie politique tout en renfor�ant les pouvoirs de l�arm�e.
Toutefois, le pr�sident Daniel Arap Moi apprit rapidement � utiliser le facteur ethnique. Tout comme Jomo Kenyatta l'avait fait avec l'ethnie kikuyu, il se servit de son autorit� pour faire b�n�ficier les Kalenjin au moyen d'avantages totalement
disproportionn�s. Il nomma de nombreux Kalenjin, ainsi que des Massai, leur alli�s,
� des postes cl� de l'administration locale et nationale. Comme l'opposition politique commence � se former, Daniel Arap Moi d�cide d'instaurer un r�gime de parti unique en mai 1982. Deux mois plus tard, le pays conna�t une �r�volte� des unit�s de l�arm�e de l�air, assimil�e � une tentative de coup d��tat; la r�volte fut repouss�e par des troupes loyalistes. Les tensions sociales suscit�es par la crise �conomique et l'accroissement d�mographique ne cess�rent de s'exacerber durant toute la d�cennie, alors m�me que le r�gime r�primait toute opposition et r�pondait aux aspirations d�mocratiques des manifestants par la violence.
En 1990, l'assassinat du ministre des Affaires �trang�res, Robert Ouko, un Luo,
fut � l'origine de violents affrontements intercommunautaires, surtout entre les les Kikuyu, les Luo et, dans une moindre
mesure, les Luyia. La pression populaire et la communaut� internationale demand�rent la lib�ralisation du r�gime. Le pr�sident Moi r�tablit alors le multipartisme en 1991. D�s lors, des agitateurs se mirent au travail et provoqu�rent des conflits entre les Kikuyu et les Kalenjin dans la vall�e du Rift. Le bilan fut lourd: 1000 morts et 250 000 d�plac�s. Malgr� tout, Daniel Arap Moi
fut r��lu en 1992 lors des premi�res �lections libres, mais avec seulement 35 % des suffrages.
� partir de cette date, les affrontements intercommunautaires se poursuivirent. Des dizaines de milliers de Kikuyu
furent chass�s de la vall�e du Rift par les Kalenjin et les
Massa�; des centaines de fermiers luo
durent �galement quitter leurs terres. En juillet 1995, la Grande-Bretagne suspendit � nouveau son aide au Kenya, en raison des violations des droits de l'Homme.
On constate �galement que la r�introduction du multipartisme semble avoir provoqu� le r�veil de l'identit� ethnique. Ainsi, les
Kenyans retourn�rent aux langues locales aux d�pens du swahili qui a
perdu alors sa place de langue officielle dominante. La privatisation des ondes a
entra�n� la cr�ation de stations de radios qui �mettent depuis en langues
locales et contribuent � l'�rosion du statut du swahili. Dans les �coles, le
swahili ne s'apprend plus que dans les �coles primaires. Devant ce d�clin,
l'industrie du livre a commenc� � refuser de publier des livres en swahili.
En 1997 et 1998, des Kikuyu et des Kamba firent l'objet d'attaques et d�exactions qui
entra�n�rent la mort de plusieurs centaines de personnes et l�exode de 150 000 autres. Daniel Arap Moi, qui
briguait un cinqui�me mandat, fut r��lu en janvier 1998 au terme d�un processus �lectoral marqu� par de nombreuses irr�gularit�s. L�opposition, qui n�avait jamais su pr�senter une alternative cr�dible au pouvoir,
accusa le pr�sident Moi d�attiser les tensions ethniques afin d�appara�tre comme le seul recours possible dans un contexte troubl�. Celui-ci
entama son dernier mandat. Certains affirment que le gouvernement a abandonn�
sa politique de pers�cution ethnique. Toutefois, la �question asiatique�,
comme on l�appelle depuis des ann�es, demeure toujours probl�me tr�s
d�licat au Kenya. De loin en minorit� (le recensement de 1998 en comptait
presque 500 000), les Asiatiques ont pris le contr�le d�un secteur de l��conomie
du Kenya, fort disproportionn� � leur nombre. Le pr�sident Daniel arap Moi avait favoris� les Asiatiques, apparemment plus mall�ables pour lui. En d�cembre 2002, le Kenya mettait fin � pr�s d'un quart de si�cle de r�gne de Daniel Arap Moi (78 ans) et se donnait un nouveau pr�sident, Mwai Kibaki, 71 ans, deux fois candidat malheureux � la pr�sidentielle. C'est un v�t�ran de la politique qui a servi pendant 25 ans le pouvoir en place avant de passer dans l'opposition en 1991, lors de l'entr�e en vigueur du multipartisme. Il porte les couleurs de la Coalition nationale Arc-en-Ciel (NARC), la plus importante alliance de l'opposition, qui rassemble plus d'une douzaine de partis et des dissidents vedettes de la KANU (Union nationale africaine du Kenya), le parti au pouvoir depuis l'ind�pendance. Le 30 avril 2003, celui-ci ouvrait la Conf�rence sur la r�forme de la Constitution. Il semble d�cid� de rester dans l'Histoire comme l'artisan d'une avanc�e d�mocratique pour son pays. Le processus devrait d�boucher sur la cr�ation d'un poste de premier ministre et sur l'abaissement � 70 ans de l'�ge limite des candidats � la pr�sidentielle. Il s'agit l� de deux mesures destin�es � mettre fin � la monarchie pr�sidentielle du Kenya.
Puis, en 2007, l'assassinat d'un d�put� de l'opposition, Mugabe Were, a �t� per�ue comme une provocation par les adversaires du gouvernement contest� du pr�sident Mwai Kibaki, r��lu en d�cembre 2007. D'un c�t�, il y a les Kikuyu, qui ont �t� privil�gi�s � deux reprises dans l'histoire r�cente du Kenya (sous le r�gime de Jomo Kenyatta apr�s l'ind�pendance et sous le r�gime du pr�sident Kibaki en exercice). De l'autre, il y a les Luo et les Kalendjin, frustr�s et sans emploi, qui ont attaqu� des petits commer�ants kikuyu. Puis les Kikuyu ont r�agi par des actiosn de repr�sailles. En quelques mois, plus de 8000 personnes ont �t� tu�es et pr�s de 300 000 ont �t� d�plac�es dans des �meutes qui ont suivi les �lections contest�es du 27 d�cembre 2007. Ces violences opposent, d'une part, les supporteurs du leader de l'opposition, Raila Odinga, un Luo, d'autre part, ceux qui soutiennent le pr�sident r��lu, Mwai Kibaki, un Kikuyu. Si la polarisation ethnique s'accentue, un nettoyage ethnique massif pourrait avoir lieu.
La Constitution actuellement en vigueur est celle de 1998.
Elle reprend certaines des dispositions constitutionnelles ant�rieures,
notamment en mati�re de justice. Mais la Constitution actuelle ne proclame pas
de langue officielle, ni de langue nationale. Or, beaucoup de textes officiels
font allusion � cette distinction de langue officielle attribu�e � l'anglais
et de langue nationale pour le swahili (appel� kiswahili). Le probl�me, c'est qu'aucune de ces
deux langues n'est parl�e par un nombre significatif de locuteurs kenyans les utilisant
comme langue maternelle. 4.1 Les langues de la l�gislation
L'article 53 de la Constitution fait allusion aux
�langues officielles de l'Assembl�e nationale�. Au paragraphe
1, il est stipul� que les langues officielles de
l'Assembl�e nationale sont le kiswahili et l'anglais et que, dans la
conduite des affaires de l'Assembl�e nationale, l'une ou l'autre ou les
deux langues peuvent �tre utilis�es. Cependant, les paragraphes 2 et 3
pr�cisent que toute modification propos�e � un projet de loi sera �crit ou
d�sign� en anglais:
53 1) Sous r�serve
des dispositions du pr�sent article, les langues officielles de
l'Assembl�e nationale sont le swahili et l'anglais et, dans la
deux langues peuvent �tre utilis�es.
2) Tout projet de
loi (y compris les notes qui l'accompagnent), toute loi du Parlement au
moment o� elle est promulgu�e ou toute autre l�gislation existante ou
propos�e en vertu d'une loi du Parlement, toute r�solution de nature
financi�re et tout document y aff�rent, et toute modification
effective ou propos�e aux documents mentionn�s ci-dessus doivent �tre r�dig�s en anglais.
3) Dans les
d�lib�rations de l'Assembl�e nationale portant sur l'un ou l'autre
des documents suivants, c'est-�-dire un projet de loi (y compris les
notes qui l'accompagnent), une loi du Parlement, toute autre l�gislation
existante ou propos�e, une r�solution de nature financi�re ou un
document y aff�rent ou une modification effective ou propos�e de ces
documents, les textes de ces documents doivent �tre, au besoin, d�sign�s en
En r�alit�, la langue anglaise pr�domine nettement non
seulement au Parlement, mais aussi au gouvernement, au sein de
l'Administration et des grands centres �conomiques. Effectivement, la plupart des projets de loi pr�sent�s � l'Assembl�e
nationale sont r�dig�s en anglais, rarement en swahili. Pourtant, l'article 93
de la Constitution qu'une personne a droit de recevoir la citoyennet� kenyane si elle prouve au ministre qu'elle a une connaissance suffisante du
ayant droit d'�tre naturalis�e citoyen du Kenya
e) prouve au ministre qu'il a une connaissance suffisante du swahili;
peut, s'il en fait la demande selon les r�gles prescrites par une
loi du Parlement ou en vertu d'une loi de celui-ci, �tre naturalis�
citoyen du Kenya et le ministre pourra accorder un certificat de
naturalisation � toute personne qui en aura ainsi fait la demande.
Quoi qu'il en soit, m�me si la connaissance du swahili est exig�e, cette langue demeure rarement utilis�e au Parlement et au sein de l'Administration. Ainsi, l'article 2 de la
Loi sur l'administration locale (1977) d�signe comme �langue officielle� l'anglais et toute autre langue que le ministre peuvent d�clarer �tre comme langue officielle de fa�on g�n�rale, pour une autorit� locale particuli�re ou pour un groupe ou une cat�gorie d'autorit�s locales:
Article 2 Interpr�tation
Dans la pr�sente loi, � moins que le contexte ne le requiert autrement:
�langue officielle� d�signe l'anglais et toute autre langue que le ministre peuvent d�clarer �tre comme langue officielle de fa�on g�n�rale, pour une autorit� locale particuli�re ou pour un groupe ou une cat�gorie d'autorit�s locales ;
Autrement dit, l'anglais et la langue officielle de fa�on formelle, les autres langues, dont le swahili, ne sont pas identifi�es.
Dans les cours de justice, l'anglais est institutionnalis� en tant que langue
officielle, mais il demeure impossible d'ignorer les langues locales dans la
mesure o� beaucoup de gens ignorent la langue anglaise. L'article 72 de la Constitution �nonce
que quiconque est arr�t�
ou d�tenu sera inform�, d�s qu'il sera raisonnablement possible de le
faire et dans une langue qu'il comprend, des raisons de son arrestation
ou de sa d�tention: Article
72 Quiconque est arr�t�
ou d�tenu doit �tre inform�, d�s qu'il sera raisonnablement possible de le
faire et dans une langue qu'il comprend, des motifs de son arrestation
ou de sa d�tention.
Les langues kenyanes sont des langues de traduction, sans plus. Le paragraphe 2 de l'article 77 de la Constitution reprend les m�mes
dispositions que l'article 72 en pr�cisant que l'accus� a droit � la pr�sence d'un
interpr�te:
(a) est pr�sum�
innocent avant qu'il ne soit prouv� ou ait plaid� coupable;
(b) est inform�, d�s qu'il sera raisonnablement possible de le
faire, dans une langue qu'il comprend, et en d�tail, de la nature de
son accusation;
(f) a l'autorisation de recourir gratuitement aux services d'un
interpr�te s'il ne comprend pas la langue utilis�e � son proc�s.
L'article 83 de la Constitution est redondant:
Lorsqu'une personne est d�tenue en vertu d'une loi mentionn�e au
paragraphe 1, les dispositions suivantes s'appliquent:
(a) elle sera, aussit�t
qu'il sera raisonnable de le faire et en tout cas pas plus de cinq jours apr�s
le commencement de sa d�tention, pourvue d'une d�claration par �crit
dans une langue qu'elle comprend et en d�tail des raisons pour lesquelles
elle est d�tenue.
Dans la Loi sur la proc�dure civile (2008), l'article 88 �nonce que que l'anglais est la langue de la Haute Cour et de la Cour d'appel, alors que la langue des tribunaux inf�rieurs est l'anglais OU le swahili:
(1) La langue de la Haute Cour et de la Cour d'appel doit �tre l'anglais et la langue des tribunaux inf�rieurs doivent �tre l'anglais ou le swahili.
(3) Toute requ�te �crite devant la Haute Cour et la Cour d'appel doit �tre r�dig�e en anglais et dans les tribunaux inf�rieurs en anglais ou en swahili.
L'article 169 du
Code de proc�dure p�nale (2009) stipule que toute sentence doit �tre �nonc�e dans la �langue de la cour� ("in the language of the court"), ce qui signifie en anglais ou en swahili dans les tribunaux inf�rieurs. Au besoin, l'article 170 pr�voit que, � la demande de l'accus�, un exemplaire de la sentence ou, lorsqu'il le d�sire, avec une traduction dans sa propre langue si possible, doit lui �tre donn� sans d�lai:
(1) Toute sentence doit, sauf dans les cas express�ment pr�vus par le pr�sent code, �tre r�dig�e par �crit par ou sous la direction du pr�sident du tribunal dans la langue de la cour et contenir le ou les �l�ments de d�cision, la d�cision elle-m�me et les motifs de cette d�cision, puis �tre dat�e et sign�e par le pr�sident de la cour au moment de prononcer la sentence. Article 170
Exemplaire de la sentence � donner � la demande de l'accus� � la demande de l'accus�, un exemplaire de la sentence ou, lorsqu'il le d�sire, avec une traduction dans sa propre langue si possible doit lui �tre donn� sans d�lai.
On suppose que l'article 197 de la m�me loi �nonce une proc�dure identique, c'est-�-dire l'emploi de la �langue de la cour� et la traduction dans une langue comprise par les t�moins:
Modalit� d'enregistrement du t�moignage devant le magistrat
(1) Dans les proc�s devant un magistrat, la d�position des t�moins doit �tre enregistr�e selon les modalit�s suivantes: (a) la d�position de chaque t�moin doit �tre consign�e par �crit ou avec une machine � �crire dans la langue de la cour par le magistrat, en sa pr�sence et lors de son audience, sous sa direction et surveillance personnelle, et elle doit �tre sign�e par le magistrat et faire partie int�grante du dossier ;
(b) cette d�position ne peut normalement �tre consign�e sous la forme de questions et r�ponses, mais sous la forme d'un r�cit :
Pourvu que le magistrat puisse inscrire ou proc�der � toute question ou r�ponse particuli�re.
(3) Si un t�moin demande que sa d�position lui soit lue, le magistrat doit accepter que son t�moignage lui soit lu dans une langue qu'il comprend.
L'article 198 du
Code de proc�dure p�nale d�crit la proc�dure normale lors du t�moignage de l'accus� si une autre langue que l'anglais est employ�e: la traduction dans une langue comprise par l'accus� est n�cessaire.
Interpr�tation du t�moignage � l'accus� ou son avocat
(1) Chaque fois qu'un t�moignage est donn� dans une langue qui n'est pas comprise par l'accus� alors qu'il est pr�sent en cour, le t�moignage doit lui �tre traduit lors de l'audience dans une langue qu'il comprend.
(2) S'il appara�t � l'avocat que le t�moignage est donn� dans une autre langue que l'anglais et qu'il ne la comprend pas, le t�moignage doit lui �tre traduit en anglais.
(3) Lorsque des documents sont d�pos�s � des fins de preuve formelle, il doit �tre laiss� � la discr�tion de la cour de les traduire lorsqu'elle le juge n�cessaire.
(4) La langue de la Haute Cour doit �tre l'anglais et la langue des tribunaux inf�rieurs doivent �tre l'anglais ou le swahili.
Il en est ainsi dans la
Loi sur la protection de la s�curit� publique (1960). Toute personne d�tenue ou arr�t�e a le doit de recevoir l'ordonnance d'interdiction ou l'ordonnance de d�tention dans une langue qu'elle comprend en pr�cisant en d�tail les motifs pour lesquels elle est en interdiction ou en d�tention:
�mission d'une ordonnance et de l'expos� des motifs de celle-ci
(1) Lorsqu'une ordonnance d'interdiction ou une ordonnance de d�tention est �mise � l'�gard de quelqu'un, l'agent de s�curit� doit, d�s qu'il est raisonnablement possible et jamais plus de cinq jours apr�s le d�but de l'interdiction ou de la d�tention, remettre un exemplaire de l'ordonnance � cette personne, avec une d�claration �crite dans une langue qu'elle comprend en pr�cisant en d�tail les motifs pour lesquels elle est en interdiction ou en d�tention, en vertu des dispositions de l'article 81.4 et 81.5 ou de l'article 83.2 et 81.3 et, le cas �ch�ant, des dispositions de la Constitution concernant l'examen.
Toutefois, dans la
Loi sur l'arbitrage (1995), l'article 36 pr�cise que l'anglais est obligatoire dans une sentence arbitrale de niveau national, ou du moins une traduction en anglais : Article 36
Reconnaissance et ex�cution des sentences
(1) Une sentence arbitrale nationale doit �tre reconnue comme obligatoire et, sur demande par �crit � la Haute Cour, �tre appliqu�e sous r�serve du pr�sent article et de l'article 37.
(4) Si la sentence arbitrale ou une convention d'arbitrage n'est pas r�dig�e en anglais, la partie est tenue de fournir une traduction d�ment certifi�e de celle-ci en anglais.
Loi sur l'entraide juridique (2011), elle impose l'anglais dans les documents �crits. Article 44
Les documents � l'appui d'une demande d'aide juridique en vertu de la pr�sente loi doivent �tre r�dig�s en anglais.
En fait, si l'anglais et le swahili sont les deux langues admises dans les tribunaux, une hi�rarchie est �tablie. L'anglais est plus important que le swahili, car c'est la langue des tribunaux sup�rieurs. De plus, l'anglais est parfois obligatoire � la place du swahili, ce qui n'arrive jamais pour cette langue. Pour ce qui est des langues nationales, elles ne servent que pour la traduction. 4.3 L'administration publique
Les lois kenyanes ne sont pas tr�s pr�cises en ce qui a trait aux langues utilis�es dans l'administration publique et les services offerts aux citoyens. C'est en scrutant les lois qui concernent l'emploi des langues qu'on finit par avoir une id�e de la politique linguistique du gouvernement � ce sujet. Par exemple, la Loi sur les terres publiques (2010) �nonce qu'un document ou un titre qui n'est pas r�dig� en anglais peut �tre refus� lors de l'enregistrement:
Si un document pr�sent� pour l'enregistrement n'est pas r�dig� en anglais, le registraire peut refuser d'enregistrer celui-ci :
� la condition que le greffier enregistre le document non r�dig� en anglais pr�sent� pour l'enregistrement en vertu de l'article 103.
Au Kenya, il existe une
Loi sur le droit de timbre (1982), un droit de timbre, rappelons-le, �tant une forme d'imp�t pay� par le contribuable, que ce soit une personne morale ou une personne physique; le paiement du droit de timbre s'effectue principalement par des vignettes, des estampilles ou autres moyens. L'article 12 de cette loi impose l'emploi de l'anglais ou, si n�cessaire, une traduction en anglais:
Instrument r�dig� en anglais
Tout instrument attribuable � un droit doit �tre r�dig� en anglais ou il doit y �tre annex�e une traduction compl�te et exacte de celui-ci en anglais, et certifi�e conforme � la satisfaction du percepteur.
La Loi sur la marine marchande (2009) t�moigne encore de l'Importance accord�e � la langue anglaise:
(1) Sauf dans les cas pr�vus dans la pr�sente loi, la correspondance, les documents, les formulaires ou tout autre texte doivent �tre r�dig�s en anglais et, dans le cas d'un accord avec l'�quipage, le journal de bord et le r�pertoire des marins, selon la forme prescrite enregistr�e des documents dans une version dans une langue �trang�re, une version anglaise peut y �tre annex�e.
(2) Toutes les affiches pr�sent�es � bord d'un bateau kenyan doivent �tre en anglais avec, s'il est consid�r� comme n�cessaire par le capitaine, une version en langue �trang�re annex�e s'y rapportant.
Loi sur les banques (1995), toutes les entr�es dans les livres ainsi que tous les comptes tenus par un �tablissement doivent �tre enregistr�s et conserv�s en anglais:
Formulaire des comptes
(1) Toutes les entr�es dans les livres ainsi que tous les comptes tenus par un �tablissement doivent �tre enregistr�s et conserv�s en anglais, en utilisant le syst�me de num�ration employ� dans les comptes du gouvernement.
Dans la Loi sur la police (1961), l'anglais doit �tre utilis� pour faire pr�ter serment, mais une autre langue peut �tre employ�e � la condition que le policier la comprenne: Article 7 D�claration sur l'adh�sion � la Force
Tout agent de police doit, lorsqu'il est en service, faire signer devant un fonctionnaire autoris� par la loi ou le commissaire et faire pr�ter serment en anglais ou dans une autre langue qu'il comprend et de la fa�on qu'il peut d�clarer �tre plus contraignante en sa conscience, soit le serment soit l'affirmation solennelle �nonc�s � l'annexe 2. En vertu de la Loi sur la pharmacie et les produits toxiques (1957), l'anglais doit toujours �tre employ� dans l'�tiquetage des produits toxiques, en plus d'une autre langue �ventuelle:
�tiquetage d contenant
(1) Tout contenant de produit toxique prescrit � �tre �tiquet� conform�ment aux dispositions de l'article 34 de la loi doit �tre marqu� clairement et distinctement en anglais avec les pr�cisions n�cessaires et selon la mani�re suivante:
(a) le nom du produit doit �tre le terme par lequel le produit est sp�cifi� dans la liste des poisons :
(3) Le mode d'emploi d'un produit toxique doit �tre r�dig� en anglais, en plus de toute autre langue.
L'article 11 de la Loi sur les composantes et les accessoires des v�hicules automobiles (1965) prescrit �galement l'usage de l'anglais ou de toute autre langue �autoris�e� (le swahili?):
Registres pr�par�s par des concessionnaires autoris�s
(1) Chaque concessionnaire doit, dans un d�lai d'un mois � compter de l'�mission de son permis, pr�parer en double exemplaire un registre d�taill� selon la forme prescrite, ou dans toute autre forme pouvant �tre autoris�e dans certains cas particuliers; ce registre doit �tre r�dig� de fa�on lisible en anglais ou dans une langue autoris�e de chaque composante du v�hicule � moteur ou d'un accessoire, avec la description g�n�rale de chacun des �l�ments, lequel �tait au moment de l'�mission du permis en sa possession ou sous son contr�le ; le double de ce registre doit �tre sign� par le concessionnaire et �tre transmis dans ledit d�lai d'un mois.
Il est probable en fait que cette autre langue autoris�e soit la langue employ�e par le constructeur du v�hicule: il peut �tre britannique, am�ricain, fran�ais, etc. Dans la
Loi sur les h�tels et les restaurants (1972), il existe un r�glement concernant les h�tels et les restaurants. � l'article 21, on lit que �tous les menus affich�s dans les h�tels et les restaurants doivent imprim�s dans au moins deux langues, dont l'une est le kiswahili� : R�glement sur les h�tels et les restaurants (1972)
Tous les menus affich�s dans les h�tels et les restaurants doivent imprim�s dans au moins deux langues, dont l'une est le kiswahili.
Enfin, dans la
Loi sur le caf� (2002), l'article 20 �nonce que le titulaire d'un permis doit en tout temps conserver dans les lieux indiqu�s un registre en anglais ou en kiswahili de tous les achats et ventes de caf� :
Fonctions du titulaire d'un permis
(1) Le titulaire d'un permis �mis en vertu de l'article 18 doit: (a) en tout temps conserver dans les lieux indiqu�s un registre en anglais ou en kiswahili de tous les achats et ventes de caf� effectu�s sous le r�gime de son permis et dans les quarante-huit heures apr�s chaque achat ou vente, et le cas �ch�ant, inscrire au registre la quantit� achet�e ou vendue ainsi que la date de la transaction ;
C'est l'une des rares lois indiquant l'emploi de l'anglais OU du swahili. 4.4 Les �coles
L'enseignement n'est pas obligatoire au Kenya, mais les huit ann�es d'�cole
primaire sont gratuites. Au d�but des ann�es 1990, pr�s de 63 % des enfants
�g�s de 12 � 17 ans �taient scolaris�s; moins de 700 000�l�ves
fr�quentaient les �coles secondaires, le troisi�me degr� accueillant 2,2 %
des jeunes de la tranche d'�ge concern�e. Selon l'Unesco (1995), le syst�me �ducatif du
Kenya, du moins dans l'enseignement primaire, est class�
parmi les meilleurs en Afrique ( UNESCO, 1995 ).
Au moment de l'ind�pendance, l'anglais avait d�j�
acquis un grand prestige. Plusieurs ann�es plus tard, en 1976, les autorit�s
kenyanes ont impos� le swahili (kiswahili) comme langue nationale et adopt�
une politique linguistique pour le syst�me �ducatif du pays:
1) La langue de la zone
linguistique, soit la langue dominante
dans l'�aire d'implantation de l'�cole� devait servir de langue
d'enseignement durant les trois
premi�res ann�es du primaire.
2) L'anglais devait �tre une mati�re obligatoire, de la premi�re ann�e du primaire
� la derni�re ann�e du secondaire, et servir de langue d'enseignement de la quatri�me ann�e
du primaire jusqu'� la fin des �tudes universitaires. 3) Le kiswahili devait devenir une mati�re obligatoire, de la premi�re ann�e du
primaire � la derni�re ann�e du secondaire, et la langue d'enseignement des
trois premi�res ann�es du cycle primaire, partout o� les enseignants
d�cidaient
qu'il s'agit de la langue de la zone d'implantation de l'�cole.
Toutefois, cette politique linguistique dans le syst�me
�ducatif s'est r�v�l�e un �chec, la mobilisation et la planification ayant
fait d�faut. En fait, c'est la politique
dite de la �zone linguistique� qui ne s'est pas n�cessairement
mat�rialis�e. Il faut souligner qu'il existe de nombreuses municipalit�s o� les enseignants ont d�cid� de faire
de l'anglais la �langue de la zone d'implantation de l'�cole�, le choix
leur �tant laiss� � leur discr�tion. Le
syst�me fut remplac�e par celui �tabli auparavant en 1964 par une commission officielle. L�anglais est utilis� de plus en plus
comme langue d�instruction dans l�ensemble du syst�me �ducatif. Le swahili
est enseign� comme mati�re obligatoire, mais la promotion des langues locales comme langues d�enseignement a perdu du terrain.
Il faut dire aussi que des probl�mes techniques sont survenus, comme l�inad�quation du lexique technique de
la plupart des langues locales, la qualit� douteuse des manuels scolaires ou
leur raret�, le caract�re obsol�te des m�thodes d�enseignement, etc. De
plus, de nombreuses familles kenyanes n�ont pas
les moyens financiers pour envoyer leurs enfants � l��cole, m�me au
primaire, car les manuels, les uniformes et le transport scolaire sont aux frais
des parents. Enfin, des raisons politiques ont fait en sorte que l'enseignement
des langues locales a vite �t� per�u comme une �source de division ethnique�.
Pour toutes ces raisons, pr�s de 40 ans apr�s l�ind�pendance, les langues africaines,
sauf le swahili, ne sont pas enseign�es dans les �coles kenyanes, o� les
examens se font en anglais. Dans beaucoup d'�coles, des r�glements internes
interdisent de
parler ou d��crire dans la langue maternelle des �l�ves. Quiconque l�utiliserait
risquait une correction et une punition, voire une exclusion temporaire. Encore
aujourd'hui, le syst�me h�rit� des Britanniques demeure inchang�. Le gouvernement a tendance
� consid�rer l�enseignement des langues locales comme une menace � l�unit�
nationale, � l'exception du swahili, d�clar� langue officielle au m�me
titre que l�anglais. Il est plus important pour les �l�ves de r�ussir leurs examens en
anglais. De nombreux enseignants
africains soutiennent ce syst�me, car l'anglais est la langue du prestige, des
�tudes ou d�un emploi au Kenya ou � l��tranger. Cela dit, les �coles
rurales ont recours � la langue maternelle des enfants durant les trois
premi�res ann�es du primaire pour int�grer progressivement le swahili et
l'anglais. Les langues employ�es servent principalement `sa des fins
d'alphab�tisation et la lecture de la Bible. Le Kenya poss�de cinq universit�s: deux sont situ�es dans la
capitale (universit� de Nairobi et l'universit� Kenyatta), les autres �tant
situ�es � Nakuru ('universit� Egerton), Eldoret (universit� Moi), sans
oublier le Jomo Kenyatta University College of
Agriculture and Technology. La langue d'enseignement est g�n�ralement
l'anglais, mais des cours peuvent �tre dispens�s en swahili.
Les cinq titres de la presse quotidienne kenyane, tous publi�s � Nairobi,
totalisent un tirage de 300 000 exemplaires. Parmi les trois principaux
quotidiens, deux sont en langue anglaise (Daily Nation et The
Standard), et l'un
en swahili (Taifa Leo). De nombreux journaux et magasines sont en
anglais: Coast Week, Analyst, East African, East African
Standard, Financial Standard, Karen'gata Chronicle, Kenya Times,
Media Africa, Wananchi, Weekly Review, etc. La Kenya Broadcasting Corporation exploite des stations
de radio et de t�l�vision diffusant des programmes en anglais et en langues
africaines et asiatiques.
La loi kenyane actuelle limite les �diteurs de journaux en exigeant qu'ils s'enregistrent aupr�s du gouvernement, payent une assurance pour diffamation et soumettent une copie de chaque publication � un registre gouvernemental. La nouvelle loi adopt�e en 2002 par le Parlement est une modification � la Loi sur les livres et les journaux (1960). Elle multiplie le
montant de l'assurance par 100 et p�nalise les vendeurs et les distributeurs
qui ne pourraient prouver que les �diteurs de chacune des publications qu'ils
vendent ont �t� enregistr�s et se sont acquitt�s de cette assurance. Pour
certains, il s'agit l� d'un moyen pour r�duire la libert� de presse, voire
les langues dans lesquelles elle est publi�e. De plus, l'article 17 de la
Loi sur les livres et les journaux (1960) oblige tous les livres et journaux imprim�s au Kenya � �tre imprim�s lisiblement en anglais sur la premi�re page ou en mode page rapide avec les nom et adresse de l'imprimeur et de l'�diteur ainsi que le nom du lieu dans lequel sont imprim�s et publi�s les documents.
Documents imprim�s devant porter le nom de l'imprimeur et de l'�diteur
(1) Tous les livres et journaux imprim�s au Kenya doivent �tre imprim�s lisiblement en anglais sur la premi�re page ou en mode page rapide avec les nom et adresse de l'imprimeur et de l'�diteur ainsi que le nom du lieu dans lequel sont imprim�s et publi�s les documents.
Loi sur les films et les pi�ces de th��tre (1963) exige encore l'usage de l'anglais lors d'une demande de certificat d'autorisation, sinon une traduction dans cette langue peut �tre demand�e: Article 14
(1) Toute demande de certificat d'autorisation doit �tre pr�sent�e au Bureau et doit �tre accompagn�e : (a) du film complet pour lequel la demande se rapporte ;
(b) d'un exemplaire de chaque affiche destin�e � apposer publiquement en relation avec le film ou sa pr�sentation ou toute autre chose et, lorsque le Bureau dans un cas particulier l'ordonne ainsi, une description compl�te de celui-ci ainsi que le contenu visuel et verbal.
(2) Si une demande est faite pour un certificat d'autorisation concernant un film ou l'approbation d'une affiche contenant des textes ou des paroles dans une autre langue que l'anglais, le Bureau peut exiger une traduction de ceux-ci en anglais, certifi�s conformes � la satisfaction du Bureau, ou il est possible de pr�senter le film ou l'affiche pour examen et pour faire un rapport par des personnes que le Bureau peut d�signer � cette fin.
En somme, la situation
linguistique dans le secteur commercial et des services favorise l�anglais,
mais on rel�ve la pr�sence du swahili et de quelques langues kenyanes. C'est
principalement dans les zones rurales que le swahili est le plus utilis� non
seulement � la radio et � la t�l�vision, mais aussi dans les journaux et les
petits commerces. De fa�on g�n�rale, le discours politique perp�tue le respect
des valeurs britanniques avec comme r�sultat qu'il demeure relativement
�tranger aux soci�t�s locales dont les locuteurs parlent d'autres langues. Il est quand m�me curieux que les deux langues officielles ne soient pas des langues maternelles parl�es par l'ensemble de la population. Au moment de l'ind�pendance, l'anglais �tait d�j� la langue administrative du pays et le swahili a �t� per�u comme un instrument d'identit� collective, d'o� la reconnaissance des deux langues. Si le swahili a acquis une solidit� remarquable en Tanzanie, il n'en a pas �t� ainsi au Kenya. C'est pourquoi le swahili a r�gress� au profit de l'anglais. Quant aux langues locales, elles sont simplement ignor�es de la part des autorit�s, bien que la plupart des Kenyans continuent de les employer dans leur vie quotidienne. Techniquement, le Kenya pratique une politique de bilinguisme d�s�quilibr� au profit de l'anglais. Cela signifie que l'une des langues est plus officielle que l'autre. En fait, les motifs qui ont pouss� les dirigeants politiques (Jomo Kenyatta) � promouvoir le bilinguisme anglais-swahili ne semblent plus jouer beaucoup aujourd'hui. Depuis environ 1976, les dirigeants ont m�me privil�gi� la non-intervention, ce qui a favoris� l'usage pr�pond�rant de l'anglais. Pour les autorit�s politiques et administratives, les langues locales sont per�ues comme une source de division nationale. Il faut dire que les dirigeants ont toujours �tribalis� la politique du pays. Par voie de cons�quence, toute politique linguistique ne pouvait qu'�tre �galement �tribalis�e� au profit d'une langue unique, en g�n�ral celle du pr�sident en fonction. C'est pourquoi il a �t� jug� plus prudent de laisser plus de place � l'anglais, la langue d'aucune ethnie en particulier.
Derni�re mise � jour: 24 d�c. 2015
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