Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F24-06-2011-4A_653-2010
Timestamp: 2016-10-28 10:17:21+00:00
Document Index: 63650962

Matched Legal Cases: ['art. 146', 'art. 305', 'art. 251', 'art. 160', 'art. 137', 'art. 305', 'art. 305', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 132', 'art. 133', 'art. 133', 'art. 133', 'ATF ', 'art. 133', 'art. 142', 'art. 142', 'art. 142', 'ATF ', 'in casu', 'art. 41', 'ATF ', 'art. 41', 'ATF ', 'art. 138', 'art. 55', 'art. 138', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 126', 'art. 138', 'art. 137', 'art. 138', 'art. 138', 'art. 105', 'art. 138', 'ATF ', 'art. 138', 'ATF ', 'art. 138', 'art. 12', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 12', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 25', 'art. 12', 'art. 25', 'art. 305', 'art. 138', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 146', 'art. 138', 'art. 305', 'ATF ', 'art. 126', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 137', 'ATF ', 'in casu', 'art. 55', 'art. 105', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 305', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 55', 'art. 305', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 10', 'ATF ', 'art. 305', 'art. 1109', 'art. 1109', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 1112', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 305', 'art. 50', 'art. 51', 'art. 50', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 42', 'art. 66']

4A_653/2010 (24.06.2011)
4A_653/2010
X.________, repr�sent� par Me Paul B�rgi,
Y.________ LTD, auparavant Z.________ SA, repr�sent�e par Me Daniel Tunik,
responsabilit� d�lictuelle, blanchiment d'argent,
recours contre l'arr�t rendu le 22 octobre 2010 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
A.a X.________ est un citoyen allemand domicili� � Londres (Royaume-Uni). En 1994, X.________ a fait la connaissance de A.________, agent d'affaires �tabli � Strasbourg (France), lequel lui avait donn� l'impression d'�tre comp�tent en mati�re financi�re. X.________ souhaitait proc�der � des investissements lui rapportant 3% ou 4% par mois, les moyens d'y parvenir ne l'int�ressant pas.
Le 8 novembre 1994, X.________ et A.________ ont conclu un contrat (Fiduciary & Trust Agreement), par lequel le premier remettait au second, � titre fiduciaire, le montant de 9 millions de US$, somme qui devait �tre d�pos�e sur un compte ouvert par A.________ aupr�s de la banque suisse I.________ au nom de la soci�t� J.________ Limited (ci-apr�s: J.________), dont celui-ci �tait l'ayant droit; X.________ �tait d�sign� comme le b�n�ficiaire �conomique des fonds; il �tait pr�vu que les b�n�fices obtenus, estim�s � 9% par mois, devaient �tre partag�s � part �gale entre les contractants.
A la fin 1994 apparemment, A.________, sur les conseils de B.________, directeur d'une fiduciaire � Gen�ve, a proc�d� � une premi�re op�ration de placement, qui s'est sold�e par une perte de l'ordre de 600'000 fr. � 1'000'000 fr. A.________ n'a pas os� faire part de cet �v�nement � X.________.
A.b B.________ a ensuite persuad� A.________, pour reconstituer le capital confi�, de proc�der � un nouvel investissement. via la banque K.________, � Gen�ve; A.________ a alors converti en francs suisses les avoirs en dollars am�ricains qui lui avaient �t� remis, puis fait �mettre, via la banque suisse L.________, un ch�que bancaire de 9'268'538 fr. � l'ordre de la soci�t� J.________.
Le 11 avril 1995, B.________ a conduit A.________ dans les locaux de la banque K.________ et lui a pr�sent� C.________ et E.________, qui se sont faussement pr�sent�s comme directeurs de cet �tablissement. Ces derniers ont propos� � A.________ de participer � un programme d'investissement de 10 millions de US$ au minimum, cens� procurer un rendement de 4% par semaine. C.________ et E.________, apr�s avoir remis � A.________ une brochure de la banque pr�cit�e sur laquelle ils avaient inscrit leurs noms, lui ont propos� de traiter l'op�ration, pour des raisons fiscales, par l'interm�diaire de la banque M.________, � Andorre, dont les premiers �taient pr�tendument membres du conseil d'administration. Comme A.________ ne disposait que de la somme de 9'268'538 fr. (et non de l'�quivalent de 10 millions de US$), B.________ a compl�t� ce montant en tirant un ch�que sur sa propre soci�t� N.________.
A l'occasion d'une r�union qui s'est tenue le 12 avril 1995 dans les locaux de la fiduciaire de B.________, un � protocole d'accord � - r�dig� � la main sur du papier sans en-t�te - a �t� sign� entre C.________, E.________ et la soci�t� O.________ SA, d'une part, et A.________, d'autre part. Selon les termes de cet accord, C.________, E.________ et O.________ SA s'engageaient � ouvrir, au profit de A.________, un compte aupr�s de la banque M.________ pour la soci�t� J.________, alors que celui-ci s'obligeait � remettre � ses cocontractants dix millions de US$ par ch�que bancaire; les investissements devaient procurer � A.________ un rendement hebdomadaire de 4% pendant un an, mais au minimum de 192% durant l'ann�e; une garantie de remboursement �mise par la banque R.________, ascendant � 108% de l'investissement initial, devait �tre remise � A.________ dans les jours suivants.
C.________ et E.________, affirmant � A.________ qu'ils �taient pr�cis�ment sur le point de se rendre en Andorre, lui ont propos� de d�poser pour lui � la banque M.________ le ch�que de 9'268'538 fr. tir� sur la banque L.________. A.________ a accept� de leur remettre le ch�que en question, qu'il avait endoss� en blanc.
C.________ et E.________ n'ont toutefois pas pr�sent� le ch�que aupr�s de cet �tablissement, mais se sont rendus au Tessin pour rencontrer D.________, exploitant une fiduciaire dans ce canton; D.________ poss�dait depuis 1990 un compte intitul� �...� aupr�s de S.________ SA, � Lugano (Tessin), devenue Z.________ SA, puis Y.________ LTD (ci-apr�s: la banque ou la d�fenderesse).
A la demande de C.________ et E.________, D.________ a accept� de proc�der � l'encaissement du ch�que remis par A.________. D.________ a ainsi pris langue avec F.________, gestionnaire de son compte �...� depuis 1991, alors inscrit au registre du commerce comme vice-directeur de la banque; ce compte n'avait eu que peu d'activit�s jusqu'alors. Il a �t� retenu que l'employ� de banque pr�cit� savait que D.________ avait des probl�mes financiers, mais �galement qu'il �tait honn�te.
Le 18 avril 1995, D.________, accompagn� de C.________ et E.________, s'est rendu en possession du ch�que dans les locaux de la banque, � Lugano. D.________ a remis � F.________ la pi�ce d'identit� de A.________, qui a �t� d�sign� comme b�n�ficiaire �conomique des avoirs sur le formulaire � A �, que D.________ a sign� et qui porte la date du 18 mai 1995; F.________ a toutefois affirm� qu'il s'agissait d'une erreur de plume et que cet acte avait �t� �tabli le 18 avril 1995.
F.________ a d�clar� qu'outre l'identit� de l'ayant droit �conomique des fonds, il ne s'�tait pas particuli�rement enquis de leur provenance, aux motifs que l'affaire lui avait �t� amen�e par D.________, personne qu'il connaissait bien, et que le ch�que �tait �mis par une grande banque suisse.
La banque a encaiss� le ch�que de 9'268'538 fr. le 18 avril 1995 et vers� ladite somme sur le compte �...� avec date valeur du 20 avril 1995. Il avait �t� annonc� � F.________ que les fonds resteraient sur le compte �...�.
Le 19 avril 1995, D.________ a demand� et obtenu qu'un montant de 2'000'000 fr. soit d�bit� du compte �...�, sous forme de quatre ch�ques de 500'000 fr. F.________ a d�clar� qu'il lui avait �t� expliqu� que ces ch�ques devaient garantir une � �vidence � de fonds, proc�d� qui ne l'avait pas surpris d�s l'instant o� il savait qu'il �tait pr�c�demment arriv� que la production d'un relev� bancaire ne suffis�t pas � attester un �tat de fortune.
Le 20 avril 2005, les quatre ch�ques ont �t� pr�sent�s � la banque, qui a recr�dit� le compte �...� du montant de 2'000'000 fr. D.________ a alors imm�diatement effectu� trois pr�l�vements en liquide sur son compte, de respectivement 2'000'000 fr., 260'000 fr. et 240'000 fr.
Le 20 avril 1995 �galement, D.________ a fait virer, par le d�bit de son compte, la somme de 3'850'000 fr. en faveur du compte que B.________ poss�dait aupr�s de la banque Q.________, � Gen�ve, au nom de la soci�t� P.________; de ce montant, l'�quivalent de 1'200'000 US$ a �t� vir� sur le compte d'une soci�t� tunisienne, d�tenue au moins partiellement par B.________, alors que le solde a �t� retir� en esp�ces.
Le 21 avril 1995, un nouveau montant de 2'000'000 fr. a �t� pr�lev� en esp�ces du compte �...�. Pour assurer ce paiement en liquide, la d�fenderesse a d� demander des billets � la Banque nationale suisse.
A.c Lorsque F.________ s'est �tonn� de ces divers retraits, D.________ lui a pr�sent� un courrier dat� du 12 avril 1995, portant l'en-t�te de la soci�t� J.________, lequel pr�cisait que la signature de A.________ qui y figurait avait �t� l�galis�e par un notaire de Gen�ve. Il a �t� retenu que A.________ n'a jamais sign� ce document. A teneur de cette �criture, A.________ donnait pouvoir � O.________ SA, repr�sent�e par C.________, d'encaisser un ch�que de 9'268'538 fr. tir� sur la banque L.________, puis de virer la somme de 3'850'000 fr. sur le compte de la banque Q.________ aupr�s de la soci�t� P.________, d'op�rer des retraits en esp�ces � hauteur de 4'000'000 fr. et de laisser le solde, par 1'000'000 fr., sur le compte �...� dans l'attente de nouvelles instructions. Ce pli pr�voyait enfin une commission forfaitaire de 500'000 fr. pour � l'op�rateur titulaire du compte �.
F.________ a fait savoir � D.________ que le courrier pr�cit� r�pondait � ses interrogations et que l'op�ration pouvait s'effectuer; il a ajout� que sa pr�occupation avait �t� d'en finir avec celle-ci, son ach�vement l'ayant soulag�.
D.________ a expliqu� qu'il avait bien re�u la somme promise de 500'000 fr., qu'il n'avait jamais pens� que derri�re cette op�ration pouvait se cacher quelque chose d'illicite et qu'il n'avait plus eu de contact avec C.________ et E.________ par la suite.
A.d Le solde qui restait sur le compte �...� a �t� d�bit� par des retraits en esp�ces, � concurrence de 500'538 fr., et par un virement op�r� en faveur de A.________ le 12 mai 1995, par 418'000 fr., avec l'explication que cela repr�sentait une premi�re partie des int�r�ts produits par le placement de 9'268'538 fr. Ce virement de 418'000 fr. a �t� par la suite revers� � X.________.
A.e A.________ s'est inqui�t� � la fin avril 1995 de la r�alit� du placement. S'�tant adress� � la banque M.________ pour avoir des informations, celle-ci lui a r�pondu n'avoir pas connaissance de l'affaire. Un ou deux mois apr�s la remise du ch�que � C.________ et E.________, A.________ a appris que le ch�que avait �t� encaiss� aupr�s de la d�fenderesse, � Lugano.
Pendant plusieurs ann�es, B.________, C.________ et E.________ ont fait patienter A.________ en lui assurant qu'il allait �tre rembours�. Ces promesses sont rest�es sans suite.
A une date ind�termin�e, A.________ a avou� � X.________ que l'argent �tait en mains du duo C.________ et E.________ et qu'il �tait incapable de le r�cup�rer. X.________ a rencontr� E.________ et B.________ au printemps 1999, puis C.________ en 2000, lesquels lui ont faussement d�clar� qu'au moins 4'000'000 fr. �taient en possession de A.________.
Le 20 f�vrier 2003, X.________ a adress� au Minist�re public du canton du Tessin une plainte p�nale dirig�e contre C.________ et E.________ pour escroquerie (art. 146 CP), blanchiment d'argent (art. 305bis CP), faux dans les titres (art. 251 CP) et recel (art. 160 CP).
F.________ et D.________ ont �t� entendus le 10 avril 2003 dans le cadre de cette enqu�te par le Procureur du canton du Tessin.
E.________ a �t� arr�t� � Gen�ve en f�vrier 2004; les autorit�s genevoises se sont alors vu attribuer la comp�tence pour instruire l'ensemble des infractions reproch�es � C.________ et E.________.
A une date inconnue, B.________ a �galement �t� arr�t� et inculp� d'escroquerie, faux dans les titres et blanchiment d'argent.
Par arr�t de la Cour correctionnelle sans jury de Gen�ve du 17 d�cembre 2004, E.________ et B.________ ont �t� reconnus coupable d'abus de confiance � l'encontre de X.________ et condamn�s � des peines de respectivement trois ans et vingt mois d'emprisonnement. L'escroquerie n'a toutefois pas �t� retenue au motif que la tromperie n'�tait pas astucieuse, � consid�rer le caract�re tr�s peu cr�dible du rendement promis du placement et l'absence de toute v�rification de A.________ quant � l'ouverture d'un compte en sa faveur aupr�s de la banque M.________.
Au contraire de B.________, E.________ n'a pas recouru contre cet arr�t, qui est ainsi entr� en force � son �gard.
Apr�s divers al�as de proc�dure, en particulier un recours au Tribunal f�d�ral, seule l'appropriation ill�gitime (art. 137 CP) a pu �tre retenue contre B.________, infraction prescrite entre-temps. Aucune condamnation n'a ainsi �t� prononc�e contre le pr�cit�.
Par arr�t de la Cour correctionnelle avec jury du 1er octobre 2009 rendu par d�faut, C.________ a �t� reconnu coupable d'abus de confiance au d�triment de X.________ - ainsi que d'escroquerie au d�triment d'un tiers - et condamn� � trois ans de peine privative de libert�, avec sursis partiel pour 18 mois; cette autorit� a encore dit que le condamn� �tait d�biteur de X.________ de 5'000'000 fr. en capital et r�serv� pour le surplus les droits de ce dernier.
Apr�s lui avoir fait notifier des poursuites les 19 f�vrier 2004, 4 f�vrier 2005 et 3 f�vrier 2006, X.________ a ouvert action le 23 janvier 2007 contre Y.________ LTD devant les autorit�s genevoises. Invoquant la responsabilit� d�lictuelle de la d�fenderesse, il a conclu � ce qu'elle lui verse les sommes de 8'850'538 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 20 avril 1995 et de 568'214 fr.56 plus int�r�ts � 5% l'an d�s le d�p�t de la demande et � ce que l'opposition de la banque � la derni�re poursuite soit d�finitivement lev�e.
La d�fenderesse ayant requis son adverse partie d'assurer le droit, le demandeur a fourni une garantie de paiement de 225'000 fr. �tablie par une banque suisse.
Le demandeur ayant pu recouvrer un montant total de 793'743 fr.75 dans le cadre de la proc�dure p�nale diligent�e contre B.________, il a r�duit ses conclusions le 13 septembre 2007, concluant d�sormais au versement par la banque de 8'056'794 fr.24 avec int�r�ts � 5% d�s le 20 avril 1995, ainsi que de 568'214 fr.56 plus int�r�ts � 5% l'an � partir du d�p�t de la demande.
La d�fenderesse a conclu � sa lib�ration.
Par jugement du 10 d�cembre 2009, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a enti�rement d�bout� le demandeur.
Saisie d'un appel de X.________, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve, par arr�t du 22 octobre 2010, l'a rejet�, le jugement attaqu� �tant confirm�. En substance, la cour cantonale, apr�s avoir �cart� l'exception de prescription soulev�e par la d�fenderesse, a rappel� qu'il appartenait au l�s�, soit au demandeur, de prouver la violation d'une norme protectrice ayant pour fin de lui �viter un dommage patrimonial. La cour cantonale a tout d'abord admis que le droit des ch�ques ou des papiers-valeurs en g�n�ral ne contenait aucune disposition destin�e � prot�ger les int�r�ts patrimoniaux du demandeur. Elle a ensuite retenu que l'art. 305bis CP r�primant le blanchiment d'argent ne pouvait fonder la responsabilit� aquilienne de la banque. Son vice-directeur F.________ n'avait en effet pas commis un acte de blanchiment intentionnel en encaissant le ch�que tir� sur la banque L.________, �mis � l'ordre de la soci�t� J.________, et en d�posant la valeur sur le compte �...�, puis en remettant en liquide une partie desdits fonds et en en transf�rant une autre partie sur un compte ouvert dans un �tablissement bancaire tiers. Enfin, la Cour de justice a admis que l'art. 305ter CP ne constituait pas non plus une norme protectrice, pas plus que la Circulaire 91/3 relative aux blanchiments de capitaux adopt�e le 18 d�cembre 1991 par la Commission f�d�rale des banques (CFB) ni la Convention conclue entre l'Association suisse des banques (ASB) et les banques signataires, entr�e en vigueur le 1er juillet 1992. Aucun acte illicite ne pouvant �tre reproch� � la d�fenderesse, une des conditions de la responsabilit� d�lictuelle invoqu�e � son encontre faisait donc d�faut, de sorte que le demandeur devait �tre enti�rement d�bout�.
X.________ a exerc� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, par un m�moire r�dig� en langue allemande dat� du 29 novembre 2010. Il a conclu principalement � ce que l'arr�t cantonal soit annul� et � ce qu'il soit prononc� que la banque est condamn�e � lui verser les montants de 8'056'794 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 20 avril 1995 et de 568'214 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 23 janvier 2007, l'opposition � la poursuite notifi�e le 3 f�vrier 2006 �tant d�finitivement lev�e. A titre subsidiaire, il a requis que la cause soit retourn�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Par ordonnance du 21 janvier 2011, la Pr�sidente de la Ire Cour de droit civil a invit� le recourant � fournir des s�ret�s au montant de 38'000 fr. en garantie des d�pens et dit qu'il �tait autoris� � d�poser, dans un d�lai �ch�ant le 14 f�vrier 2011, la garantie, irr�vocable et de dur�e ind�termin�e, d'une banque �tablie en Suisse.
Dans le d�lai imparti, le recourant a fourni la garantie bancaire sollicit�e, �mise par la banque suisse I.________, � Zurich.
Dans sa r�ponse du 14 mars 2011, l'intim�e a propos� le rejet du recours en tant qu'il est recevable.
Le 24 mars 2011, le recourant a d�pos� des observations, �crites en langue allemande, au sujet de la r�ponse de l'intim�e.
L'intim�e a formul� des remarques sur ces observations dans une �criture du 8 avril 2011.
1.1 Interjet� par la partie demanderesse qui a enti�rement succomb� dans ses conclusions en paiement et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe tr�s largement le seuil de 30'000 fr. de l'art. 74 al. 1 let. b LTF, le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente. Il peut admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s, ou � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 et l'arr�t cit�). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations factuelles de l'autorit� cantonale ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire telle que l'entend l'art. 9 Cst. (ATF 136 II 304 consid. 2.4; 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
Dans son m�moire de recours, sous les chiffres 6 � 27, le recourant pr�sente, sur 13 pages, sa propre version des �v�nements, sans invoquer pr�cis�ment l'arbitraire. Il y discute essentiellement les faits, en s'effor�ant de compl�ter les constatations cantonales, souvent par de multiples r�f�rences aux pi�ces du dossier, et m�me � l'aide d'un diagramme en couleurs. Il proc�de de m�me dans ses observations sur la r�ponse de l'intim�e, sous les chiffres 7 � 11 (p. 3 � 5) et 37 (p. 17 � 18); il s'y r�f�re plus pr�cis�ment aux d�clarations effectu�es par F.________ devant les autorit�s p�nales tessinoises le 10 avril 2003 et insiste sur les liens d'amiti� qui auraient exist� entre le pr�cit� et D.________.
Si le Tribunal f�d�ral peut assur�ment compl�ter m�me d'office les constatations cantonales (art. 105 al. 2 LTF), une partie ne peut demander un ajout qu'en d�montrant que les conditions de l'art. 97 al. 1 LTF sont r�unies. Elle doit tout d'abord �tablir qu'elle a all�gu� et offert en preuve r�guli�rement les faits � ajouter (arr�t 4A_470/2009 du 18 f�vrier 2010 consid. 1.2) et �galement expliquer en quoi ces faits sont susceptibles d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF); si elle soutient que les faits omis sont d�j� �tablis, elle doit montrer de mani�re pr�cise qu'ils ressortent de fa�on univoque du r�sultat de l'administration des preuves. Autrement dit, une partie ne peut pas compl�ter ad libitum les constatations cantonales en ajoutant des passages extraits du dossier, sans que la cour cantonale n'ait dit si elle tenait ces faits pour prouv�s ou sans que l'on puisse percevoir en quoi ils seraient d�cisifs. Le r�le du Tribunal f�d�ral est de contr�ler la correcte application du droit sur la base d'un �tat de fait arr�t� en principe d�finitivement par l'autorit� pr�c�dente; il ne lui appartient aucunement d'�tablir son propre �tat de fait en se fondant lui-m�me sur les pi�ces du dossier. La volont� du Tribunal f�d�ral de rester strict en la mati�re lorsque, comme dans le cas pr�sent, les faits relat�s dans l'arr�t attaqu� sont particuli�rement compliqu�s s'est exprim�e r�cemment dans l'arr�t 4A_594/2009 du 27 juillet 2010, consid. 1.3.
En cons�quence, l'�tat de fait dress� par le recourant ne sera pas pris en consid�ration.
2.1 La pr�sente cause pr�sente un aspect international puisque le recourant est un ressortissant allemand domicili� � Londres (Royaume-Uni) (ATF 131 III 76 consid. 2). Saisi d'un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral doit contr�ler d'office la question du droit applicable, laquelle se r�sout selon la loi du for, soit en l'occurrence la loi f�d�rale sur le droit international priv� du 18 d�cembre 1987 (LDIP, RS 291; ATF 135 III 259 consid. 2.1 p. 261; 133 III 37 consid. 2, 323 consid. 2.1).
2.2 La cour cantonale, qui a esquiv� le probl�me, a appliqu� le droit suisse.
Il n'est pas contest� que les parties n'ont jamais nou� de relations contractuelles. Le recourant, qui invoque la responsabilit� d�lictuelle de l'intim�e, soutient qu'en proc�dant � l'encaissement d'un ch�que de 9'268'538 fr., celle-ci, par l'entremise d'un employ�, s'est rendue complice d'un abus de confiance, � tout le moins par dol �ventuel. Il pr�tend aussi que la banque a engag� sa responsabilit� aquilienne en commettant un acte de blanchiment d'argent par dol �ventuel du fait qu'elle a accept� de recevoir des fonds en s'accommodant de leur origine criminelle.
Il sied ainsi de d�terminer, � la lumi�re de la LDIP, le droit applicable � l'action intent�e par le recourant, qui repose sur l'existence pr�tendue d'actes illicites.
Il n'a jamais �t� soutenu que les plaideurs, � un quelconque moment, aient fait �lection en faveur du droit suisse (art. 132 LDIP).
Les parties n'ont pas leur r�sidence dans le m�me Etat, de sorte que le rattachement op�r� par l'art. 133 al. 1 LDIP n'entre pas en ligne de compte.
A teneur de l'art. 133 al. 2 LDIP, lorsque l'auteur et le l�s� n'ont pas de r�sidence habituelle dans le m�me Etat, les pr�tentions fond�es sur une action d�lictuelle sont r�gies par le droit de l'Etat dans lequel l'acte illicite a �t� commis (art. 133 al. 2 1e phrase LDIP). Il r�sulte des actes de proc�dure que les actes illicites en cause r�sideraient dans l'assistance pr�t�e par l'intim�e en Suisse � la r�alisation d'un abus de confiance, voire dans la r�ception en Suisse de fonds d'origine criminelle et leur transfert � des tiers ayant entrav� leur confiscation p�nale (cf. ATF 129 IV 238 consid. 3.3 p. 244). La banque intim�e ayant agi, dans les deux cas de figure envisag�s, exclusivement au Tessin, � savoir en Suisse, le droit suisse est applicable, en tant que loi du lieu de commission des actes illicites invoqu�s.
L'art. 133 al. 2 2e phrase LDIP, qui pr�voit un rattachement dans l'Etat o� le r�sultat s'est produit si l'auteur devait pr�voir que le r�sultat s'y produirait, n'est pas applicable, d�s l'instant o� le r�sultat ne s'est pas produit dans un autre Etat. En effet, le ch�que pr�cit� a �t� encaiss� en Suisse et soit les fonds ont �t� retir�s en esp�ces au guichet de la banque � Lugano, soit ils ont �t� vir�s aupr�s d'une banque tierce � Gen�ve.
Le droit suisse �tant applicable, c'est ce droit qui d�terminera en particulier si les �l�ments constitutifs d'une responsabilit� d�lictuelle sont r�unis (art. 142 al. 1 LDIP), compte tenu des r�gles de s�curit� et de comportement alors en vigueur en Suisse (art. 142 al. 2 LDIP). C'est donc aussi � la lumi�re du droit suisse qu'il faudra examiner si et � quelles conditions l'employeur (i.e. la banque) est responsable des actes de son employ� (ANTON HEINI, Z�rcher Kommentar, 2e �d. 2004, n� 10 ad art. 142 IPRG et les r�f�rences cit�es; ATF 110 II 188 consid. 3 p. 193).
Il est constant que le recourant exerce in casu une action d�lictuelle fond�e sur l'art. 41 CO par laquelle il veut obtenir de l'intim�e la r�paration d'un dommage purement �conomique, c'est-�-dire d'un pr�judice apparu sans qu'il y a eu atteinte � l'int�grit� de sa personne ou endommagement, destruction ou perte d'une chose (cf. ATF 133 III 323 consid. 5.1).
Pour que le l�s� puisse invoquer la responsabilit� d�lictuelle (ou aquilienne), il faut, entre autres conditions, que l'auteur du dommage ait agi de mani�re illicite (art. 41 al. 1 CO).
La jurisprudence du Tribunal f�d�ral a consacr� la th�orie objective de l'illic�it�. Dans cette conception, lorsqu'il est exclusivement question, comme on l'a vu, d'un dommage purement �conomique, l'illic�it� doit r�sulter de la violation d'une norme de comportement (Schutznorm) destin�e � prot�ger le l�s� dans les droits atteints par l'acte incrimin� (Verhaltensunrecht). De telles normes peuvent r�sulter de l'ensemble de l'ordre juridique suisse, qu'il s'agisse du droit priv�, administratif ou p�nal; peu importe qu'elles soient �crites on non �crites, de droit f�d�ral ou de droit cantonal (sur tous ces points: ATF 133 III 323 consid. 5.1 et les arr�ts cit�s).
3.1.1 Le recourant s'efforce tout d'abord de fonder la responsabilit� aquilienne de l'intim�e sur une complicit� d'abus de confiance (art. 138 CP et 25 CP) dont se serait rendu coupable par dol �ventuel l'employ� de celle-ci F.________ - lequel engage la responsabilit� de la banque conform�ment � l'art. 55 CO - en pr�tant assistance aux auteurs du d�lit principal commis au pr�judice de A.________. En niant la responsabilit� de la banque sur cette base, la Cour de justice aurait enfreint les art. 138 CP, 12 al. 2 CP et 41 al. 1 CO.
Le recourant fait ainsi valoir liminairement que l'encha�nement des �v�nements entre le 18 avril 1995 (date o� la banque a encaiss� le ch�que) et le 21 avril 1995 (date o� un retrait en esp�ces de 2'000'000 fr. a �t� op�r� sur le compte ouvert par D.________) donnait clairement des indices de la r�alisation d'un d�lit �conomique.
D'apr�s le recourant, c'est l'ensemble des agissements de l'employ� pr�cit� qui doit �tre consid�r�, et non pas chacun de ses actes, isol�ment licite. Le recourant reproche � F.________ d'avoir clairement favoris� la commission de l'abus de confiance perp�tr� � son encontre par le trio B.________, C.________ et E.________. Il ne disconvient pas que d�terminer ce dont l'auteur s'est accommod� rel�ve du fait, mais d�clare qu'il est possible de contr�ler si l'autorit� cantonale a eu raison d'inf�rer de circonstances ext�rieures l'existence de faits internes d�termin�s. Le recourant s'appuie sur divers pr�c�dents ant�rieurs � 1995 pour d�montrer que si l'auteur est conscient de l'importance du risque de r�alisation de l'�tat de fait l�gal, il faut en d�duire qu'il en a accept� le r�sultat. Se r�f�rant � la Circulaire 91/3 de la CFB, il soutient que F.________ devait avoir conscience du risque susrappel�, voire m�me qu'il avait accept� de collaborer � une transaction ill�gale. Si les op�rations effectu�es en avril 1995 par cet employ� n'avaient pas pour but de pr�ter assistance aux auteurs d'un crime, poursuit-il, on peut s'interroger sur leur finalit�.
Pour le recourant, la solution serait identique s'il fallait examiner la gravit� de la violation du devoir de prudence entrant en jeu. Il voit la cons�cration d'un tel devoir de prudence dans la Circulaire de la CFB susrappel�e, qui constituerait un � drapeau rouge � pour l'employ� de banque lorsque des op�rations inhabituelles surviennent, mais aussi dans la Convention de 1992 entre l'ASB et les banques signataires. A ses yeux, F.________, en violant grossi�rement ces normes contraignantes r�glant la diligence des banques, a d�montr� sa complicit�, par dol �ventuel, � l'abus de confiance. Et le recourant de se r�f�rer encore � un pr�c�dent allemand, pr�cis�ment � un arr�t du 1er ao�t 2010 rendu par le Bundesgerichtshof, dont il retranscrit sur deux pages un extrait des consid�rants.
Se fondant sur une jurisprudence (ATF 135 IV 12 consid. 2.3.3), le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir pris en compte la relation de confiance nou�e entre l'employ� et D.________ pour nier la complicit� par dol �ventuel du premier dans la perp�tration de l'abus de confiance en cause. A l'en croire, ce rapport de confiance devait s'effacer, car il existait de forts soup�ons qu'un crime �conomique �tait commis. Et de rappeler que les d�linquants �conomiques apparaissent g�n�ralement de prime abord dignes de confiance. De plus, D.________ devait retirer une commission importante dans l'affaire.
Le recourant fait aussi grief aux magistrats genevois d'avoir retenu que F.________ pouvait se fier � la lettre d'instruction dat�e du 12 mai 1995 portant la signature de A.________. Comme ce document contenait des instructions insens�es, F.________ aurait d� s'enqu�rir de l'arri�re-plan �conomique des op�rations. Le recourant se r�f�re � cet �gard � des arr�ts rendus par le Tribunal f�d�ral relatifs � la probl�matique de l'astuce dans des affaires d'escroquerie (arr�t rendu dans les causes 6P.124/2004 et 6S.355/2004 du 25 f�vrier 2005, consid. 6.3; ATF 119 IV 28). Il signale �galement que la date de l�galisation notari�e de la signature de A.________ figurant sur ladite lettre �tait post�rieure � la date de sa confection, ce qui en renfor�ait le caract�re insane. Le recourant insiste derechef sur la violation du devoir de prudence imputable � F.________, lequel reposait � l'�poque sur la Circulaire 91/3 de la CFB et la Convention conclue par l'ASB en 1992.
Le recourant all�gue que la commission per�ue par D.________ �tait de nature � �veiller la suspicion de F.________ quant � la lic�it� des op�rations incrimin�es. Il pr�tend que F.________ aurait d� demander express�ment � D.________ de le lib�rer du secret bancaire. Et il taxe dans la foul�e d'arbitraire et de violation de la maxime des d�bats institu�e par l'art. 126 de l'ancienne loi de proc�dure civile du canton de Gen�ve (LPC/GE) la constatation de l'arr�t d�f�r� selon laquelle cette r�mun�ration n'�tait pas n�cessairement due pour la seule mise � disposition de son compte par D.________. Pour finir, le recourant d�clare que la banque a retir� quelque 15'000 fr. de l'affaire, de sorte qu'elle avait un int�r�t � son accomplissement.
Dans ses observations sur la r�ponse de l'intim�e, le recourant explique que m�me s'il devait �tre jug� que F.________ n'a pas particip� � un abus de confiance portant sur une chose mobili�re (art. 138 ch. 1 al. 1 CP) du fait qu'il s'agit d'un d�lit propre mixte (unechtes Sonderdelikt), il aurait � tout le moins commis une appropriation ill�gitime au sens de l'art. 137 ch. 1 CP.
Enfin, le recourant fait valoir qu'en d�pit des affirmations de la banque, selon lesquelles des actes de complicit� d'abus de confiance ne pouvaient plus avoir lieu apr�s l'encaissement du ch�que le 18 avril 1995, l'infraction principale en question commise par C.________ et E.________ ne se serait en r�alit� achev�e qu'� l'issue de toutes les op�rations effectu�es par D.________ sur son compte apr�s que la valeur du ch�que y a �t� cr�dit�e. Aux yeux du recourant, la participation de F.________ au d�lit �tait possible jusqu'� ce que les auteurs aient vid� le compte �...�.
3.1.2 Le code p�nal distingue selon que l'abus de confiance porte sur une chose mobili�re (art. 138 ch. 1 al. 1 CP) ou sur une valeur patrimoniale (art. 138 ch. 1 al. 2 CP).
Il r�sulte des faits constat�s (art. 105 al. 1 LTF) que A.________, � qui le recourant avait vers� des fonds � titre fiduciaire le 8 novembre 1994 pour qu'ils soient investis, a remis � C.________ et E.________ un ch�que bancaire de 9'268'538 fr., tir� sur la banque L.________ et endoss� en blanc, � charge pour ceux-ci d'en verser le montant sur un compte bancaire ouvert au nom du premier. D�s l'instant o� un ch�que bancaire constitue une chose mobili�re (cf. arr�t 6S.321/2005 du 16 d�cembre 2005 consid. 2.1 rendu dans le m�me complexe de faits), seul l'abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 1 CP entre en consid�ration.
3.1.3 Il faut rappeler liminairement les �l�ments constitutifs objectifs et subjectifs de l'infraction d'abus de confiance portant sur une chose mobili�re et rappeler quelques principes qui gouvernent la participation accessoire.
Cette infraction suppose l'existence d'une chose mobili�re appartenant � autrui. Il suit de l� qu'une autre personne que l'auteur doit avoir un droit de propri�t� sur la chose, m�me si ce droit n'est pas exclusif. ll faut encore que la chose ait �t� confi�e � l'auteur, ce qui signifie qu'elle doit avoir �t� remise ou laiss�e � l'auteur pour qu'il l'utilise de mani�re d�termin�e dans l'int�r�t d'autrui, en particulier pour la conserver, l'administrer ou la livrer (ATF 120 IV 276 consid. 2 p. 278).
Le comportement d�lictueux consiste dans le fait que l'auteur, en enfreignant le rapport de confiance, s'approprie la chose et en dispose comme si elle lui appartenait (cf. BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, 3e �d. 2010, vol I, n� 7 ad art. 138 CP).
Sur le plan subjectif, l'auteur doit agir intentionnellement dans le dessein de se procurer ou de procurer � un tiers un enrichissement ill�gitime. L'intention doit porter sur tous les �l�ments constitutifs de l'infraction, le dol �ventuel �tant toutefois suffisant (ATF 105 IV 36 consid. 3a; CORBOZ, op. cit., n� 9 ad art. 138 CP).
D'apr�s l'art. 12 al. 2 1e phrase CP, agit intentionnellement quiconque commet un crime ou un d�lit avec conscience et volont�.
L'auteur agit par dol �ventuel (art. 12 al. 2 2e phrase CP) s'il envisage s�rieusement la survenance du r�sultat qu'il reconna�t comme possible, mais agit n�anmoins parce qu'il s'en accommode pour le cas o� il se produirait, m�me s'il ne souhaite pas le r�sultat dommageable (ATF 134 IV 26 consid. 3.2.2; 133 IV 222 consid. 5.3; 131 IV 1 consid. 2.2).
La distinction entre le dol �ventuel et la n�gligence consciente (art. 12 al. 3 CP) est rendue d�licate par les difficult�s de preuve qui se posent en l'absence d'aveux cr�dibles; dans le doute, il faut retenir qu'il y a seulement eu n�gligence consciente (GUIDO JENNY, in Basler Kommentar, Strafgesetzbuch, vol. I, 2e �d. 2007, nos 53, 54 et 56 ad art. 12 CP; BERNARD CORBOZ, in Commentaire romand, Code p�nal, vol I, 2009, nos 74, 75 et 84 ad art. 12 CP).
Il est de jurisprudence que d�terminer ce que l'auteur savait, voulait et ce dont il s'est accommod� concerne les faits internes et ressortit donc aux �l�ments factuels; rel�ve en revanche du droit la question de savoir si, � la lumi�re des faits retenus par l'autorit� cantonale, celle-ci a conclu � bon droit � l'existence d'un dol �ventuel (ATF 133 IV 1 consid. 4.1 p. 4; 130 IV 58 consid. 8.5; 125 IV 242 consid. 3c p. 251 et les r�f�rences).
Au nombre des circonstances ext�rieures qui permettent de conclure que l'auteur s'est accommod� de la r�alisation de l'�tat de fait l�gal, il faut prendre en compte l'importance du risque connu de l'auteur, l'intensit� de la violation du devoir de prudence, le mobile de l'auteur et la mani�re selon laquelle il a agi. Plus vraisemblable est la r�alisation de l'�tat de fait l�gal et grave la violation de devoir de prudence, plus devra s'imposer la conclusion que l'auteur a pris en compte la r�alisation de l'�tat de fait l�gal (ATF 135 IV 12 consid. 2.3.2 p. 17; 134 IV 26 consid. 3.2.2 p. 29; 133 IV 222 consid. 5.3 p. 226).
Les r�gles de participation englobent l'institution de la complicit� (art. 25 CP). Cette norme d�finit la complicit� comme le fait de pr�ter assistance � autrui pour commettre un crime ou un d�lit. Le complice n'est punissable que s'il agit intentionnellement (art. 12 al. 1 et 25 CP). L'intention du complice doit notamment appr�hender l'ensemble des �l�ments constitutifs objectifs et subjectifs de l'infraction commise par l'auteur principal; le dol �ventuel est suffisant � cet �gard (cf. par ex. BERNHARD STR�ULI, in Commentaire romand, Code p�nal, vol. I, 2009, n� 33 ad art. 25 CP).
3.1.4 Il sied maintenant d'examiner si l'employ� de l'intim�e a pu se rendre complice d'un abus de confiance portant sur une chose mobili�re en encaissant, le 18 avril 1995, le ch�que de 9'268'538 fr. que lui a pr�sent� D.________, en versant cette somme sur le compte du pr�cit� et en acc�dant aux demandes du titulaire du compte de retirer la presque totalit� de ladite somme au moyen de versements en liquide et d'un virement en faveur du compte que B.________ poss�dait dans une banque genevoise.
Il n'est pas douteux que les op�rations effectu�es par l'employ� de banque entre le 18 et le 21 avril 1995 ont favoris� la perp�tration de l'abus de confiance commis au pr�judice de A.________, lequel avait �t� d�poss�d� du ch�que qu'il avait tir� sur la banque L.________. Les actes de cet employ� ont en effet permis que le montant du ch�que soit pay� � D.________ et que l'argent parvienne ensuite en mains du duo C.________ et E.________. En cons�quence, les �l�ments objectifs d'une assistance r�pr�hensible sont r�alis�s.
Reste � voir si l'employ� de l'intim� avait l'intention de favoriser l'infraction des auteurs.
Dans ce cadre, il faut tout d'abord rappeler que l'employ�, apr�s avoir �t� entendu le 10 avril 2003 par le Procureur du canton du Tessin, n'a fait l'objet d'aucune enqu�te p�nale et n'a ainsi subi aucune condamnation en raison des �v�nements sus-d�crits. Du reste, B.________, qui �tait pourtant un rouage essentiel de l'abus de confiance commis par C.________ et E.________, n'a pas pu �tre condamn� p�nalement pour cette infraction.
D'apr�s les constatations cantonales, l'employ� de banque n'avait jamais rencontr� C.________ et E.________ avant qu'ils ne se pr�sentent le 18 avril 1995, en compagnie de D.________, dans les locaux de l'intim�e � Lugano. Il n'est pas davantage d�montr� qu'il connaissait m�me l'existence de ces derniers avant que D.________ prenne langue avec lui peu avant l'encaissement du ch�que. A partir de ces donn�es, on ne comprend pas pourquoi l'employ� de banque aurait voulu favoriser le dessein d'enrichissement ill�gitime des coauteurs.
Il n'a pas �t� prouv� que la r�putation professionnelle de F.________ ait �t� de quelque fa�on entach�e jusque-l�.
Au moment de l'encaissement du ch�que, D.________, qui exploitait alors une fiduciaire dans le canton du Tessin, a remis � l'employ� de banque des documents officiels identifiant le tireur, i.e. A.________. L'employ� a alors rempli le formulaire � A � d�signant A.________ comme b�n�ficiaire �conomique des avoirs et fait signer ce formulaire par D.________. Le montant du ch�que a �t� vers� sur le compte de D.________, dont F.________ assurait lui-m�me la gestion depuis 1991. Dans les jours qui ont suivi, ce dernier a donn� suite aux demandes de pr�l�vements en esp�ces et � l'ordre de virement �manant de D.________. Il est �tabli que l'employ� n'a retir� aucun profit de la r�alisation de ces op�rations.
Dans un pareil contexte, on ne discerne aucun indice constatable ext�rieurement que l'employ� ait pu reconna�tre comme possible qu'un abus de confiance avait �t� commis au pr�judice de A.________ par la paire C.________ et E.________ et qu'il ait accept� le risque de la r�alisation de cet �tat de fait l�gal en d�cidant de leur pr�ter assistance. Autrement dit, les faits de la cause ne permettent pas de retenir qu'entre le 18 et le 21 avril 2005, l'employ� de banque ait d� ou pu avoir connaissance des agissements criminels perp�tr�s par C.________ et E.________ et qu'il ait choisi de leur pr�ter assistance en s'accommodant de la commission possible de cette infraction.
3.1.5 Les arguments d�velopp�s par le recourant ne changent rien � cette analyse.
La Circulaire 91/3 relative aux directives concernant la pr�vention et la lutte contre le blanchiment de capitaux �dict�e par la CFB ne peut concerner, de par son objet limit�, que les infractions r�prim�es aux art. 305bis CP (blanchiment d'argent) et 305ter CP(d�faut de vigilance en mati�re d'op�rations financi�res et droit de communication), mais nullement l'abus de confiance portant sur une chose mobili�re au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 1 CP.
La Convention de 1992 entre l'ASB et les banques signataires est une norme priv�e fixant des r�gles d�ontologiques, laquelle, de toute mani�re, ne lie pas le juge (cf. ATF 125 IV 139 consid. 3d p. 144).
La jurisprudence d�velopp�e en Allemagne par le Bundesgerichtshof n'est pas contraignante pour la juridiction f�d�rale supr�me de la Suisse.
A propos de la notion de dol �ventuel, le recourant se r�f�re en pure perte � l'ATF 135 IV 12 consid. 2.2.3. De fait, dans ce pr�c�dent, il a �t� retenu que l'auteur s'�tait accommod� du r�sultat dommageable pour le motif qu'il n'avait agi que par avidit� (Profitgier). D�s l'instant o� il a �t� constat� qu'en l'esp�ce l'employ� de banque n'a per�u aucune part des avoirs que se sont appropri�s C.________ et E.________, cette jurisprudence est sans pertinence.
La notion juridique de l'astuce, qui se rapporte � l'infraction d'escroquerie (art. 146 CP), est �trang�re � l'abus de confiance r�prim� par l'art. 138 CP, norme protectrice invoqu�e dans le grief.
La lettre d'instruction du 12 mai 1995, munie de la signature de A.________, que D.________ a pr�sent�e � l'employ� de banque avait pour fin de clarifier les op�rations effectu�es entre le 18 et le 21 avril 1995. Or une obligation de clarification n'intervient pour la banque qu'en cas d'indices de blanchiment d'argent au sens de l'art. 305bis CP (cf. ATF 136 IV 188 consid. 6.3.1 p. 197), � savoir lorsqu'il y a un acte d'entrave � l'�tablissement du lien entre la valeur patrimoniale et le crime, probl�matique tout autre.
Lorsque le recourant taxe d'arbitraire la constatation de la cour cantonale selon laquelle la commission per�ue par D.________ ne devait pas r�mun�rer la seule mise � disposition de son compte aupr�s de l'intim�e, cela sans d�montrer en quoi l'appr�ciation des preuves administr�es rendrait cette constatation insoutenable, il exerce une critique purement appellatoire, donc irrecevable. Quant au moyen pris d'une violation de l'ancien art. 126 LPC/GE, il est irrecevable du moment que le recours en mati�re civile n'est pas ouvert pour se plaindre de la mauvaise application du droit cantonal (cf. ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.). Si tant est que le recourant ait entendu se plaindre d'une application arbitraire de cette disposition cantonale, il ne d�veloppe pas le moyen conform�ment aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF.
Quoi qu'en dise le recourant, l'employ� de banque ne saurait avoir perp�tr� une appropriation ill�gitime telle que l'entend l'art. 137 ch. 1 CP, puisqu'il n'a pas incorpor� le montant du ch�que � son propre patrimoine (cf. ATF 129 IV 223 consid. 6.2.1 et les r�f�rences).
Quant aux explications du recourant sur le moment ad quem auquel peut encore survenir un acte de complicit�, elles manquent leur cible, �tant donn� qu'in casu les �l�ments subjectifs de la complicit� de l'employ� ne sont pas r�alis�s.
Le grief doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable.
3.2.1 Le recourant fait ensuite valoir que l'employ� de l'intim�e - dont celle-ci r�pond en vertu de l'art. 55 al. 1 CO - a commis un blanchiment d'argent par dol �ventuel. Dans ses observations sur la r�ponse de l'intim�e, o� il d�veloppe le grief qui est � peine esquiss� dans le m�moire de recours, le recourant reproche en premier lieu � la cour cantonale de n'avoir pas relev� que l'authentification de la signature de A.________, figurant sur la lettre d'instruction produite par D.________ � l'employ� de banque, �tait dat�e du 12 mai 1995, alors que la lettre d'instruction elle-m�me portait la date du 12 avril 1995. Requ�rant un compl�tement des faits � ce propos en vertu de l'art. 105 al. 2 LTF, il pr�tend que cette incoh�rence aurait d� surprendre l'employ� et l'inciter � obtenir des �claircissements, ce qu'il a omis de faire.
Le recourant expose qu'entre le 18 et le 21 avril 1995 l'employ� de l'intim�e a �t� confront� � un grand nombre d'indices de blanchiment de capitaux, de sorte qu'il n'�tait pas possible pour celui-ci d'admettre la l�galit� des op�rations qu'il a r�alis�es � partir du compte de D.________. Le recourant se r�f�re ainsi � la Circulaire 98/1 de la CFB (Directives relatives � la pr�vention et � la lutte contre le blanchiment de capitaux du 26 mars 1998), qui est entr�e en vigueur le 1er juillet 1998. Apr�s avoir rappel� qu'au nombre des circonstances � analyser pour retenir le dol �ventuel figure en particulier la violation du devoir de prudence, il cite un extrait du consid. 3d de l'arr�t publi� aux ATF 121 III 69 et renvoie � une jurisprudence publi�e aux ATF 111 II 263. Pour finir, � propos de l'infraction de blanchiment d'argent qualifi�e, il s'en rapporte � deux arr�ts non publi�s du Tribunal f�d�ral (6B_999/2008 du 10 juin 2009 et 6B_835/2008 du 20 avril 2009) ainsi qu'� l'ATF 136 IV 179, pr�c�dents dans lesquels il existait, � son sens, des indices de blanchiment identiques � ceux de la pr�sente cause.
3.2.2 D'apr�s la jurisprudence, le blanchiment d'argent r�prim� par l'art. 305bis CP a �galement pour but de prot�ger les int�r�ts patrimoniaux de ceux qui sont l�s�s par le crime pr�alable, de sorte que cette disposition peut fonder une illic�it� de comportement (ATF 133 III 323 consid. 5.1 et l'arr�t cit�).
Il convient ainsi d'examiner si l'employ� F.________ a commis, par dol �ventuel, un blanchiment de l'argent provenant de l'abus de confiance perp�tr� au pr�judice de A.________, ce qui constituerait un acte illicite (art. 41 CO) dont l'intim�e devrait r�pondre aux conditions de l'art. 55 al. 1 CO.
3.2.3 A teneur de l'art. 305bis ch. 1 CP, celui qui aura commis un acte propre � entraver l'identification de l'origine, la d�couverte ou la confiscation de valeurs patrimoniales dont il savait ou devait pr�sumer qu'elles provenaient d'un crime, sera puni d'une peine privative de libert� de trois ans au plus ou d'une peine p�cuniaire.
Le blanchiment d'argent, qui est une infraction de mise en danger abstraite, peut �tre commis par n'importe qui. Le comportement d�lictueux consiste � entraver l'acc�s de l'autorit� p�nale au butin d'un crime, en rendant plus difficile l'�tablissement du lien de provenance entre la valeur patrimoniale et le crime; il peut �tre r�alis� par n'importe quel acte propre � entraver l'identification de l'origine, la d�couverte ou la confiscation de la valeur patrimoniale issue d'un crime (ATF 136 IV 188 consid. 6.1 et les arr�ts cit�s).
Sur le plan subjectif, le blanchiment d'argent requiert l'intention de l'auteur, le dol �ventuel �tant suffisant (ATF 133 III 323 consid. 5.2 p. 330). Il suit de l� qu'une responsabilit� civile d�lictuelle fond�e sur la commission d'un blanchiment d'argent est exclue lorsque l'auteur ne s'est rendu coupable que d'une n�gligence (ATF 133 III 323 consid. 5.2.3 p. 334).
L'auteur doit vouloir ou accepter que le comportement qu'il choisit d'adopter soit susceptible d'entraver l'administration de la justice. L'auteur doit �galement savoir ou en tout cas accepter l'�ventualit� que la valeur patrimoniale qu'il traite provient d'un crime (ATF 122 IV 211 consid. 2e p. 217; 119 IV 242 consid. 2b p. 247). L'abus de confiance est un crime (art. 10 al. 2 CP).
Comme on l'a vu ci-dessus, il y a dol �ventuel lorsque l'auteur accepte l'�ventualit� que l'infraction se produise, mais agit n�anmoins parce qu'il s'en accommode, m�me s'il ne souhaite pas le r�sultat dommageable (ATF 134 IV 26 consid. 3.2.2).
3.2.4 Il ressort des constatations cantonales que le 18 avril 1995 l'employ� de banque a encaiss� le ch�que de 9'268'538 fr. et l'a vers� sur le compte de D.________ dont il �tait en charge de la gestion depuis 1991.
Il faut d'embl�e relever que l'importance de la somme en jeu ne permet pas � elle seule de conclure que l'auteur s'accommode d'une provenance criminelle des fonds (BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. II, 3e �d. 2010, n� 42 ad art. 305bis CP).
D.________ �tait � la t�te d'une fiduciaire sise dans le canton du Tessin et connaissait l'employ� de banque depuis plusieurs ann�es. D.________ avait certes des probl�mes financiers, ce dont l'intim�e �tait au courant, mais �tait connu de F.________ pour son honn�tet�.
L'employ� de banque a �t� mis en possession de la pi�ce d'identit� du tireur du ch�que et a rempli le formulaire � A � en d�signant ce dernier comme b�n�ficiaire �conomique des avoirs, document qui a �t� sign� par le porteur du ch�que D.________.
Quant au ch�que, il �tait tir� sur une grande banque suisse, ce qui n'�tait pas de nature � �veiller la suspicion. Il a �t� en outre retenu que le tireur a endoss� le papier-valeur en blanc, comme le permet l'art. 1109 al. 4 CO. Le porteur D.________ a ainsi valablement pu s'inscrire comme endossataire (ANTOINE EIGENMANN, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. II, 2008, n� 6 ad art. 1109 CO). La valeur du ch�que a dans un premier temps �t� cr�dit�e sur le compte que poss�dait D.________ aupr�s de l'intim�e. A d�faut d'indices allant en sens contraire, on ne saurait admettre que l'employ� de banque, lorsqu'il a proc�d� � l'encaissement de ce ch�que, avait l'intention de blanchir des fonds issus d'un crime (i.e. d'un abus de confiance).
Selon les constatations cantonales, D.________ a obtenu le 19 avril 2005 qu'une somme globale de 2'000'000 fr. soit d�bit�e de son compte par l'�mission de quatre ch�ques de 500'000 fr. chacun. Le pr�cit� a indiqu� � l'employ� de l'intim�e que ces ch�ques devaient servir � attester un �tat de fortune. Ce dernier n'en a pas �t� surpris car une telle demande lui avait d�j� �t� pr�sent�e auparavant par des tiers. De toute fa�on, les quatre ch�ques ont �t� pr�sent�s � l'intim�e le lendemain 20 avril 1995 pour que leur montant soit � nouveau cr�dit� sur le compte de D.________. A ce stade-l�, l'employ� n'avait aucune raison objective de soup�onner l'existence d'un crime pr�alable.
Toujours le 20 avril 1995, D.________ a effectu� par le d�bit de son compte trois pr�l�vements en liquide ascendant au total � 2'500'000 fr. A la m�me date, il a aussi fait proc�der � un virement de 3'850'000 fr. aupr�s du compte d'une soci�t� ouvert dans une banque genevoise. Enfin, le 21 avril 1995, D.________ a encore retir� en esp�ces 2'000'000 fr. de son compte.
Comme il avait �t� annonc� � l'employ� de l'intim�e que les fonds vers�s sur le compte le 18 avril 1995 devaient y rester, celui-ci s'est inqui�t� de l'importance des pr�l�vements et a demand� des explications. D.________ lui a alors fourni un courrier dat� du 12 avril 1995 �manant pr�tendument du b�n�ficiaire �conomique des avoirs; il y �tait pr�cis� que la signature de celui-ci avait �t� l�galis�e par un notaire genevois. Selon ce document, le b�n�ficiaire �conomique des fonds indiqu� sur le formulaire � A � autorisait express�ment le virement dont il vient d'�tre question ainsi que des retraits en esp�ces � concurrence de 4'000'000 fr., �tant pr�cis� qu'une commission forfaitaire de 500'000 fr. devait encore �tre pay�e � D.________.
Le recourant entend faire corriger l'�tat de fait sur la date � laquelle l'authentification de la signature du b�n�ficiaire des avoirs a �t� effectu�e sur ce courrier. Comme cette l�galisation notariale serait dat�e du 12 mai 1995, elle serait donc largement post�rieure � la date o� le pli a �t� pr�sent� � l'employ�. Le recourant affirme que ce dernier aurait d� r�agir devant cette incoh�rence. Toutefois, la correction factuelle demand�e n'est pas de nature � influer sur le sort de la cause au sens de l'art. 97 al. 1 LTF. En effet, la certification de la signature appos�e par le b�n�ficiaire des avoirs sur la lettre d'instruction du 12 avril 1995 ne correspondait � aucune exigence l�gale. Le recourant ne l'a du reste jamais pr�tendu. De surcro�t, il n'appara�t pas que l'employ� de banque ait requis lui-m�me une telle exigence de forme. On peut certes affirmer qu'il aurait d� s'apercevoir de cette incoh�rence. Cette circonstance rel�ve tout au plus de la n�gligence et ne suffit pas � faire admettre que l'employ� acceptait de traiter l'argent provenant d'un crime.
Les transactions autoris�es par la lettre d'instruction n'indiquaient pas un but illicite et ne paraissaient pas absurdes au point de vue �conomique. L'argent �tait de fait vers�, pour partie en liquide, � l'exploitant d'une fiduciaire, lequel avait une r�putation de probit�, et pour le reste vir� sur un compte ouvert dans une banque de Gen�ve.
L'employ� de banque a tenu pour plausibles les renseignements qui lui ont �t� fournis quant � l'autorisation d'effectuer des retraits sur le compte de D.________. Il a d�clar� au surplus que ces transactions lui semblaient � parfaitement justifi�es �.
Que l'employ� ait requis les informations suppl�mentaires en question donne � penser qu'il n'admettait pas l'�ventualit� de blanchir des fonds issus d'un crime.
Il appert ainsi qu'on ne discerne pas d'�l�ments d�terminants pour affirmer que cet employ� acceptait de traiter de l'argent de provenance criminelle.
3.2.5 Les arguments pr�sent�s par le recourant � l'encontre de cette analyse ne r�sistent pas � l'examen.
Le recourant se plaint � tort que la cour cantonale n'a pas constat� les d�clarations de l'employ� de banque relatives � l'inqui�tude qui l'a saisi au cours des op�rations susrappel�es. La Cour de justice en a fait �tat pour l'essentiel au consid�rant B/e.f de l'arr�t d�f�r�, en p. 6 � 7, o� elle a retenu que l'int�ress� avait �t� soulag� de clore cette affaire � vu qu'elle ne se d�roulait plus selon les arrangements initialement pr�vus �.
Le recourant fait r�f�rence inutilement � la Circulaire 98/1 de la CFB, �tant donn� que les directives qu'elle renferme n'�taient pas en vigueur � l'�poque d�terminante, soit en avril 1995.
L'arr�t publi� aux ATF 121 III 69 a trait � l'obligation de la banque de proc�der � des v�rifications sur la l�gitimation du porteur d'un ch�que en cas de doute, si elle ne veut pas engager sa responsabilit� selon l'art. 1112 CO. Or, dans le cas pr�sent, la l�gitimit� du porteur du ch�que litigieux d�coule de l'endossement en blanc effectu� conform�ment � la loi par l'ayant droit �conomique des avoirs.
L'ATF 111 II 263 ne concerne pas un cas de responsabilit� d�lictuelle, mais bien de responsabilit� contractuelle d'un �tablissement bancaire � l'�gard du client qui y poss�de un compte d'�pargne. Ce pr�c�dent n'est d'aucune utilit� dans le pr�sent litige.
L'arr�t 6B_999/2008 du 10 juin 2009 se rapporte � un avocat, condamn� p�nalement pour blanchiment d'argent, lequel, au vu de la nature des transactions qu'il a op�r�es pour un client, aurait d� avoir des doutes quant � l'hypoth�se d'un blanchiment et solliciter des renseignements. Dans la pr�sente esp�ce, ainsi qu'on l'a dit, l'employ� de banque a demand� des explications � D.________, lequel lui a alors produit la lettre d'instruction dat�e du 12 avril 1995. Les donn�es de fait sont donc diff�rentes.
L'arr�t 6B_835/2008 du 20 avril 2009 porte sur une affaire o� l'argent a �t� remis � l'interm�diaire financier en petites coupures plac�es dans une serviette. Cela n'a rien � voir avec les circonstances du pr�sent diff�rend.
Enfin, dans l'ATF 136 IV 179, les gestionnaires de compte bancaire, accus�s de blanchiment d'argent, n'ont proc�d� � aucune v�rification sur l'origine des fonds vers�s, se contentant des informations vagues donn�es par les clients. Derechef, les circonstances � la base de ce pr�c�dent ne sont pas comparables � celles de l'esp�ce.
En d�finitive, il appert que l'employ� de l'intim�e ne saurait avoir commis par dol �ventuel l'infraction de blanchiment d'argent r�prim�e � l'art. 305bis CP.
4.1 Le recourant invoque en dernier lieu une violation de l'art. 50 al. 1 CO. Il fonde son grief sur la pr�tendue complicit� d'abus de confiance qu'aurait commise par dol �ventuel l'employ� de l'intim�e. Il reproche ainsi � l'intim�e d'avoir caus�, ensemble avec les auteurs de l'abus de confiance C.________ et E.________, le dommage dont il requiert r�paration � sa partie adverse, en vertu de la solidarit� parfaite institu�e par cette norme. En quelques lignes, il pr�tend encore que la cour cantonale aurait d� faire application de l'art. 51 CO.
4.2 Du moment qu'il a �t� d�montr� que l'employ� de l'intim�e ne s'est pas rendu coupable de complicit� d'abus de confiance, ni d'un quelconque autre acte illicite, la solidarit� parfaite de l'art. 50 al. 1 CO, qui pr�suppose une faute d�lictuelle commune des responsables (cf. ATF 127 III 257 consid. 6a p. 264), ne saurait entrer en jeu.
Quant au grief pris d'une violation de l'art. 51 CO, il n'est pas suffisamment motiv� au regard des r�quisits de l'art. 42 al. 1 et 2 LTF.
Les frais judiciaires et les d�pens sont mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 33'000 fr., sont mis � la charge du recourant.
Le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 38'000 fr. � titre de d�pens.