Source: https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/arrets_publies_2986/troisieme_chambre_civile_3171/2015_6945/novembre_7303/1218_5_32974.html
Timestamp: 2019-04-22 18:12:24+00:00
Document Index: 97793072

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Arrêt n° 1218 du 5 novembre 2015 (14-23.693) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C301218 | Cour de cassation
>Arrêt n° 1218 du 5 novembre 2015 (14-23.693) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C301218
Arrêt n° 1218 du 5 novembre 2015 (14-23.693) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C301218
Défendeur(s) : M. Michel Z...
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Douai, 7 mai 2014), que, par acte du 24 janvier 1978, Mme A…, aux droits de laquelle se trouve M. Z…, a donné à bail à M. et Mme X… une maison à usage mixte d’habitation et professionnel ; qu’un arrêt irrévocable du 27 janvier 1989 a dit que ce bail était soumis à la loi du 1er septembre 1948 ; que M. Z… a assigné M. et Mme X… en paiement de diverses sommes au titre d’un rappel d’indexation de loyer, d’une majoration du loyer pour défaut d’occupation suffisante, de réparations locatives et du remboursement de primes d’assurance incendie ; que M. et Mme X… ont sollicité, par voie reconventionnelle, des dommages-intérêts pour préjudice de jouissance ;
Attendu qu’ayant souverainement retenu qu’il était impossible aux locataires d’entretenir correctement un immeuble vétuste et qu’il ne pouvait leur être reproché le fait que ce manque d’entretien avait aggravé cette vétusté alors qu’il appartenait au propriétaire de réaliser les travaux de nature à y remédier, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de suivre les conclusions de l’expert, a pu en déduire que la demande du bailleur au titre des réparations locatives n’était pas fondée et a, par ces seuls motifs, légalement justifié sa décision ;
Attendu qu’ayant retenu que l’état de vétusté de l’immeuble rendait impossible l’exécution par les locataires de leur obligation d’entretien et constaté que ceux-ci avaient vécu et travaillé pendant plusieurs années dans un immeuble vétuste et humide dont la chaudière devait être remplacée et l’installation électrique entièrement refaite, la cour d’appel a pu en déduire que les preneurs avaient subi un préjudice de jouissance entièrement imputable au bailleur dont elle a souverainement fixé le montant ;
Et attendu qu’il n’y pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur le troisième moyen du pourvoi incident qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;
Attendu que la valeur locative d’un local est égale au produit de la surface corrigée, telle qu’elle résulte de l’article 28, par le prix de base du mètre carré de chacune des catégories de logements prévues à l’article 30 ; que le prix de base du mètre carré applicable chaque année au 1er juillet est déterminé par décret pour les différentes catégories de logements en fonction de la qualité de leur construction et, le cas échéant, suivant la localité dans laquelle ils sont situés ; qu’à compter du 1er juillet 1965, le loyer est majoré chaque année d’une fraction du loyer applicable au cours du dernier mois de la période précédente ;
Attendu que, pour accueillir la demande de rappel de loyer, l’arrêt retient que la clause d’indexation annuelle sur l’indice de la construction insérée dans le bail est sans aucun rapport avec le mécanisme de révision du loyer prévu par l’article 32 bis de la loi du 1er septembre 1948 en cas de modification des éléments ayant servi de base à la détermination du loyer ;
Qu’en statuant ainsi, alors que le loyer devait être fixé selon les règles d’ordre public prévues par la loi du 1er septembre 1948 qui sont exclusives de l’application d’une clause conventionnelle d’indexation, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;
Vu les articles 27, alinéa 5, de la loi du 1er septembre 1948, R. 641-4 du code de la construction et de l’habitation et 2 du décret n° 48-1766 du 22 novembre 1948 ;
Attendu que, pour accueillir la demande de majoration de loyer, l’arrêt retient que doit être considéré comme insuffisamment occupé le logement comportant un nombre de pièces habitables, non compris la cuisine et les pièces à usage professionnel, supérieur de plus de deux au nombre de personnes qui y ont effectivement leur résidence principale et que tel est bien le cas en l’espèce dès lors que M. et Mme X… occupent à deux le logement qui comprend, en dehors de la cuisine et du cabinet médical, un salon séjour, trois chambres, une petite pièce de 8 m² et une salle de bains, soit effectivement plus de quatre pièces ;
Qu’en statuant ainsi, sans indiquer les pièces qu’elle retenait comme habitables, la cour d’appel, qui n’a pas mis la Cour de cassation en mesure d’exercer son contrôle, n’a pas donné de base légale à sa décision ;
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a condamné M. et Mme X… à payer à M. Z… la somme de 40 344,46 euros au titre de l’indexation des loyers pour la période du 1er février 2004 au 31 mars 2014 et la somme de 56 051 euros au titre de la majoration de loyers du 1er février 2004 au 30 novembre 2013, l’arrêt rendu le 7 mai 2014, entre les parties, par la cour d’appel de Douai ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Douai, autrement composée ;
Avocat(s) : SCP Monod, Colin et Stoclet ; SCP Gatineau et Fattaccini