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Timestamp: 2016-10-28 22:01:44+00:00
Document Index: 126760685

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 89', 'art. 90', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 88', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 159']

4P.321/2005 (14.03.2006)
4P.321/2005 /ech
Arr�t du 14 mars 2006
Mmes et M. les juges Klett, juge pr�sidant, Favre et Kiss.
recourant, repr�sent� par Me Nicolas Fardel,
intim�, repr�sent� par Me J�rn-Albert Bostelmann,
Ire Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais, avenue Mathieu-Schiner 1, 1950 Sion 2.
art. 9 Cst. (proc�dure civile; contrat de bail),
recours de droit public contre le jugement de la Ire Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais du 3 novembre 2005.
A.a A.________ est propri�taire de la parcelle no ..., sise dans la zone industrielle de W.________ et sur laquelle est �rig� un immeuble, qui abrite un d�p�t et des bureaux.
Le 8 juin 1995, A.________ et B.________ ont sign� un contrat de bail � loyer pour locaux commerciaux. Sous la rubrique locataire, figurait le nom "B.________". Celui-ci a toutefois appos� sur sa signature le timbre de la soci�t� X.________ S.A.).
Le bail commen�ait avec effet le 1er octobre 1995 pour s'achever le 30 septembre 2005. Le loyer mensuel, payable � l'avance, �tait de 2280 fr., charges comprises par 80 francs.
A.b X.________ S.A. a �t� constitu�e le 18 ao�t 1993, avec pour but la commercialisation de caf�; elle pouvait �galement acheter, vendre ou louer des biens immobiliers ou mobiliers. La soci�t� �tait valablement repr�sent�e par la signature collective � deux de l'administrateur d�l�gu�, B.________, et d'un autre membre du conseil d'administration. A partir du 14 mars 1997, seul B.________ disposait d'une signature individuelle. Au moment de la fondation, B.________ n'�tait titulaire d'aucune action.
Le 29 avril 1998, X.________ S.A. a modifi� sa raison sociale en Y.________ S.A. Par d�cision de l'assembl�e g�n�rale du 10 octobre 2001, Y.________ S.A. a �t� dissoute.
A.c Pour l'ensemble des �changes de correspondances avec A.________, B.________ a utilis� le papier � en-t�te de X.________ S.A. Quant au bailleur, il a adress� ses courriers, ainsi que les d�comptes de charges, � la soci�t� susmentionn�e, soit par voie directe, soit par l'interm�diaire de B.________.
Les loyers, r�guli�rement acquitt�s avec retard, avaient pour donneur d'ordre X.________ S.A., puis, � partir de 1998, Z.________ S.A., laquelle soci�t� sous-louait une partie des locaux.
En 1996, les locaux lou�s ont �t� modifi�s en vue de l'agrandissement des bureaux d�j� existants. Un nouveau contrat de bail � loyer est parvenu en main de B.________, lequel contrat pr�voyait une augmentation de loyer de 470 fr. par mois, valable d�s le 1er juillet 1996 jusqu'au 31 (sic) juin 2006. Il indiquait, en qualit� de locataire, X.________ S.A., tout en pr�cisant sous la rubrique "conditions sp�ciales" qu'"il est �galement convenu que au cas o� les loyers n'�taient pas acquitt�s, ceux-ci seraient assur�s personnellement et solidairement, par M. B.________, et ceci jusqu'au 31 mai 2006 (...)". Il �tait pr�vu que B.________ appose sa signature, � titre individuel, au bas du contrat.
Le projet de contrat n'a pas �t� paraph� par B.________, qui n'entendait pas se lier personnellement. Lors m�me que la conclusion de ce nouveau contrat n'a pas abouti, X.________ S.A. a accept� une augmentation de loyer de 200 fr. par mois, avec effet le 1er octobre 1997.
A partir du 18 d�cembre 1997, X.________ S.A. n'a plus exerc� son activit� dans le d�p�t lou�. B.________ a pour sa part continu� � occuper les bureaux. En avril 1998, une partie du d�p�t a �t� sous-lou�e.
Par courrier du 25 f�vrier 2000, Y.________ S.A. a r�sili� le bail avec effet imm�diat en invoquant les dommages subis, de m�me que le danger persistant, � la suite du d�tachement de la paroi rocheuse situ�e au sud des locaux lou�s.
Le 3 avril 1998, A.________ a fait notifier � X.________ S.A. un commandement de payer pour les loyers de d�cembre 1997 � mars 1998.
Les 2 mai 2000 et 16 novembre 2000, il a fait notifier cette fois-ci � B.________ deux autres commandements de payer la somme de 15'400 fr. au titre des loyers d'octobre 1999 � avril 2000, pour le premier, et celle de 27'360 fr., correspondant aux loyers d'octobre 1999 � septembre 2000, pour le second. Ces commandements de payer ont �t� frapp�s d'opposition.
D.a Par jugement rendu le 24 f�vrier 2004, le Juge II du district de Sion a condamn� B.________ � verser � A.________ le montant de 58'550 fr.40, avec int�r�t � 5% l'an d�s le 1er d�cembre 2000 et celui de 33'061 fr.05, avec int�r�t � 5% l'an d�s le 27 octobre 2001, et a support� les frais de justice, de m�me que les d�pens r�duits de la partie adverse.
Contre ce jugement, le d�fendeur a interjet� appel, en sollicitant, principalement, le rejet de la demande, sous suite de frais et d�pens. A titre subsidiaire, il a conclu � la constatation de son droit d'avoir r�sili� le bail avec effet imm�diat au 20 f�vrier 2000, � la compensation jusqu'� due concurrence des pr�tentions r�ciproques des parties et, en tout �tat de cause, au rejet de la demande, sous suite de frais et d�pens. Le demandeur a, pour sa part, conclu au rejet de l'appel.
D.b Par prononc� du 3 novembre 2005, le Tribunal cantonal du canton du Valais a admis l'appel et, en cons�quence, rejet� la demande. La cour cantonale a consid�r� que le d�fendeur ne rev�tait pas la qualit� pour d�fendre, ayant agi, lors de la signature du contrat de bail, non pas � titre personnel, mais en qualit� de repr�sentant de X.________ S.A. Elle a arr�t� que le principe de la transparence ne pouvait pas entrer en ligne de compte en l'�tat et a, ainsi, d�ni� au d�fendeur toute l�gitimation passive.
D.c Le demandeur, agissant par la voie du recours de droit public, demande au Tribunal f�d�ral d'annuler le jugement attaqu� et de renvoyer la cause � l'instance inf�rieure pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il invoque l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits.
Le d�fendeur conclut au rejet du recours. Le Tribunal cantonal se r�f�re, quant � lui, aux motifs �nonc�s dans l'arr�t attaqu�.
1.1 Exerc� en temps utile (art. 89 al. 1 OJ), dans la forme pr�vue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), pour violation de droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ), contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale, le recours de droit public soumis au Tribunal f�d�ral est recevable sous cet angle. Il ne le serait pas, en revanche, en vertu de l'art. 84 al. 2 OJ, si son auteur y soulevait des moyens relevant du recours en r�forme.
Le recourant, qui a �t� d�bout� enti�rement de ses conclusions au fond, a un int�r�t personnel, actuel et juridiquement prot�g� � ce que le jugement attaqu� n'ait pas �t� adopt� en violation de ses droits constitutionnels; en cons�quence, la qualit� pour recourir doit lui �tre reconnue (art. 88 OJ).
1.2 Dans un recours de droit public pour arbitraire, les moyens de fait ou de droit nouveaux sont prohib�s (ATF 124 I 208 consid. 4b). Le Tribunal f�d�ral se fonde d�s lors sur l'�tat de fait tel qu'il a �t� retenu dans l'arr�t attaqu�, � moins que le recourant ne d�montre que ces constatations sont arbitrairement fausses ou lacunaires (ATF 118 Ia 20 consid. 5a). Le recours de droit public n'�tant pas un appel, il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de substituer sa propre appr�ciation � celle de l'autorit� cantonale; il n'entre par cons�quent pas en mati�re sur les griefs rev�tant un caract�re appellatoire (ATF 129 I 113 consid. 2.1; 128 III 50 consid. 1c).
Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqu�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 26 consid. 2.1, 258 consid. 1.3; 129 I 113 consid. 2.1; 128 III 50 consid. 1c).
La cour cantonale se voit reprocher une appr�ciation arbitraire des preuves, qui a d�bouch� sur des constatations de fait insoutenables. Aux dires du recourant, les juges cantonaux n'ont pas examin� un certain nombre de pi�ces, ou les ont mal examin�es, et ont tir� des constatations insoutenables des �l�ments recueillis, notamment en lien avec le d�faut de l�gitimation passive de l'intim�.
2.1 Ainsi, il convient de rappeler la d�finition de l'arbitraire avant d'analyser les griefs formul�s par le recourant au titre de la violation de l'art. 9 Cst.
Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst. ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorit� cantonale pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (ATF 131 I 57 consid. 2; 128 I 81 consid. 2, 273 consid. 2.1; 127 I 60 consid. 5a). S'agissant de l'appr�ciation des preuves, l'autorit� tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1). Il appartient au recourant d'�tablir la r�alisation de ces conditions en tentant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la d�cision incrimin�e est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 70 consid. 1c). Enfin, pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 129 I 173 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s).
2.2 La cour cantonale a arr�t� que l'intim�, en signant personnellement le contrat de bail du 8 juin 1995, tout en apposant le sceau de X.________ S.A. sur sa signature, a express�ment manifest� qu'il agissait en qualit� de repr�sentant de la soci�t�. Pour arriver � ce r�sultat, les juges cantonaux se sont fond�s sur le fait que, pendant pr�s de 5 ans, tous les courriers et factures relatifs au bail ont �t� adress�s par le bailleur � X.________ S.A. De m�me, ils ont relev� que le recourant ne pouvait qu'�tre conscient d'�tre li� � la soci�t�, sur le vu de sa tentative de conclure, en novembre 1998 (recte: 1996), un nouveau contrat par lequel l'intim� devenait d�biteur solidaire. Ils se sont �galement appuy�s sur l'all�gation du recourant selon laquelle l'intim� aurait refus� de signer car il n'entendait pas se lier personnellement. Sur la base de ces �l�ments, l'instance cantonale a ni� toute ambigu�t� en lien avec la mention du nom de l'intim� figurant sous la rubrique "locataire" du contrat de bail litigieux. Enfin, en ce qui concerne la capacit� de l'intim� de repr�senter X.________ S.A., l'autorit� cantonale a pos� que la soci�t� en question �tait valablement engag�e par la signature individuelle de l'intim�. En effet, elle a consid�r� que X.________ S.A. avait ratifi� l'acte de l'intim� en s'acquittant des loyers �chus, d�s le d�but du contrat. Elle a ainsi arr�t� que le cocontractant du recourant n'�tait autre que X.________ S.A.
3.1 Selon le recourant, la cour cantonale se base sur le seul �l�ment d�favorable � son �gard pour contester la l�gitimation passive de l'adverse partie. De son point de vue, elle ne pouvait pas tirer argument du fait que les courriers et factures relatifs au bail ont �t�, pendant pr�s de 5 ans, adress�s, non pas � l'intim�, mais � X.________ S.A. En effet, l'acheminement du courrier aupr�s de cette soci�t� �tait motiv� par le fait que l'intim� n'avait pas d'adresse autre que celle de sa soci�t� commerciale et qu'il travaillait �galement dans les bureaux situ�s � proximit� des locaux propri�t� du recourant.
Tout d'abord, force est de constater que, contrairement � ce que soutient le recourant, la cour cantonale ne se fonde pas uniquement sur l'�l�ment critiqu� pour fonder son raisonnement. Elle a �galement pris en compte l'attitude ult�rieure du bailleur, en lien avec la tentative de conclure un nouveau contrat par lequel l'intim� devenait d�biteur solidaire, de m�me que le versement du loyer d�s le d�but du contrat par X.________ S.A. Ces �l�ments d'appr�ciation n'ont du reste pas �chapp� au recourant, puisque qu'il les a remis en cause - mais en vain -, dans d'autres griefs.
Ensuite, l'affirmation selon laquelle "l'intim� n'avait pas d'adresse autre que celle de sa soci�t� commerciale et qu'il travaillait �galement dans les bureaux situ�s � proximit� des locaux propri�t� du recourant" ne correspond � aucune constatation de la cour cantonale. Par cons�quent, la critique qui se fonde sur ce moyen est irrecevable. Par ailleurs, on ne voit gu�re dans quelle mesure le fait d'oeuvrer � proximit� des locaux propri�t� du recourant pourrait justifier l'absence d'adresse distincte de l'intim� et de X.________ S.A.
En outre, le recourant reproche au tribunal d'avoir pass� sous silence, de mani�re totalement arbitraire, des pi�ces et �l�ments du dossier, sans les citer dans le cadre du grief soulev�, se contentant d'un simple renvoi d'ordre g�n�ral. Il va sans dire qu'un tel renvoi n'est pas � m�me de d�montrer l'arbitraire, d'une mani�re conforme aux exigences strictes de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
Par cons�quent, le premier grief soulev� ne peut �tre que d�clar� irrecevable.
3.2.1 Le recourant soutient ensuite, dans une argumentation confuse, que les conclusions tir�es par la juridiction cantonale de la teneur du projet de contrat �tabli en novembre 1998 (recte: 1996) sont tout � fait arbitraires et en contradiction flagrante avec de nombreuses pi�ces du dossier. Il se garde toutefois bien de pr�ciser de quelles pi�ces il s'agit et ne d�montre nullement en quoi l'interpr�tation donn�e par la cour cantonale serait insoutenable. En effet, l'argumentation du recourant consiste simplement � affirmer qu'il "n'entendait pas du tout �tre li� � une des soci�t�s propri�t� de l'intim� car il ignorait la solvabilit� de ces derni�res", tout en pr�cisant qu'il souhaitait que l'intim� reste d�biteur des loyers, "soit personnellement, soit en qualit� de garant si le contrat devait �tre conclu avec l'une de ses soci�t�s". Le d�veloppement quelque peu contradictoire du recourant est d'autant moins compr�hensible que le projet de contrat dont il est question d�signait clairement X.________ comme locataire, avec mention d'une solidarit� personnelle de la part de l'intim�, sans que cette mention, d�ment constat�e par la cour cantonale, ne soit remise en cause par le recourant.
3.2.2 Le recourant reproche �galement � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du contrat de bail sign� en 1993 par l'intim� comme �l�ment d'appr�ciation. Aux dires du recourant, l'intim�, en qualit� de signataire du contrat de bail de 1993, entendait par la conclusion du contrat de 1995 se d�lier personnellement du paiement des loyers et "transmettre le b�b�" � l'une de ses soci�t�s qu'il allait ensuite revendre ou dissoudre.
Cet �l�ment de preuve ne peut toutefois �tre d'aucun secours au recourant. Tout d'abord, le contrat de bail de 1993, qui d�signe clairement les parties, est d�nu� de toute ambigu�t�, contrairement au contrat litigieux. Ensuite, au moment de sa signature, le 18 juin 1993, la soci�t� X.________ S.A. n'�tait pas encore constitu�e; elle ne pouvait donc pas appara�tre comme locataire. En outre, une fois constitu�e, elle s'est acquitt�e, aux dires m�me du recourant, des loyers dus, alors qu'elle n'�tait pas partie au contrat de bail. Ainsi, il est probable que, au moment de la signature du deuxi�me contrat, les parties aient cherch� � clarifier la situation de fait qui pr�valait jusque-l�. A cet �gard, il est significatif de noter que le paiement des loyers par X.________ S.A. n'a, � aucun moment, �t� discut� par le recourant. Partant, sur le vu de l'ensemble de ces �l�ments, la teneur du contrat de 1993, qui ne s'apparente pas � celui pr�sentement litigieux, n'appara�t pas en l'�tat d�cisive et l'autorit� n'est pas tomb�e dans l'arbitraire en ne le prenant pas en compte. Le grief est ainsi d�nu� de fondement.
3.3 Le recourant affirme que la cour cantonale ne pouvait se fonder sur le paiement des loyers par la soci�t� pour pr�tendre que celle-ci avait ratifi� la signature du contrat. Il en veut pour preuve le fait qu'elle s'acquittait d�j� des loyers avant 1995. Une fois encore, le recourant ne peut valablement tirer argument de cet �l�ment, d�s lors que la titularit� du premier contrat ne faisait l'objet d'aucune ambigu�t�. Bien plus, le fait que la soci�t� s'acquittait des loyers d�j� sous le r�gime du premier contrat plaide en faveur d'une volont� de s'engager, ce qui n'avait pas pu �tre formellement le cas lors de la conclusion de ce premier contrat, puisque la soci�t� en question n'existait pas encore. En sus, il qualifie l'attitude de l'intim� de "totalement incorrecte", faisant m�me �tat de "stratag�me utilis�", ce qui ne ressort aucunement des faits de la cause. Enfin, le recourant ne d�montre pas l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves ayant conduit la cour cantonale � consid�rer, au terme de son examen, que le v�ritable d�biteur est X.________ S.A. et non pas l'intim�; il se contente, en d�finitive, de substituer sa propre appr�ciation � celle du tribunal, sous une forme appellatoire, ce qui est irrecevable.
4.1 Le recourant se r�f�re au contenu, plus pr�cis�ment � une seule phrase, de la t�l�copie envoy�e le 18 d�cembre 1997 par l'intim�, de m�me qu'� la correspondance de celui-ci du 3 mars 1998, communiqu�e en r�ponse � la missive dat�e du 30 janvier 1998. A en croire le recourant, ces documents prouveraient, de fa�on incontestable, que l'intim� est d�biteur des montants r�clam�s.
4.2 En se rapportant � ces titres, le recourant utilise un proc�d� contestable qui consiste � s�lectionner des extraits de phrases sans se soucier du contexte dans lequel elles figurent. Il se garde �galement bien d'indiquer quand et o� il aurait attir� l'attention des juges cantonaux sur la pertinence des propos s�lectionn�s par lui.
Lors m�me qu'� la lecture de la t�l�copie du 18 d�cembre 1997, l'intim� indique bien "je reste locataire", il ne faut pas perdre de vue que celui-ci utilise le papier � en-t�te de X.________ S.A., laquelle soci�t� figure �galement au bas du courrier en qualit� de signataire. Par ailleurs, l'extrait de la correspondance du 3 mars 1998 est, pour sa part, marqu� du sceau de l'impr�cision. En effet, � sa lecture, on ignore de quel contrat il s'agit, ce qui a pour effet de desservir la th�se du recourant, d�s lors qu'en l'�tat deux contrats ont �t� sign�s avec, pour locataire, une fois l'intim� et une autre fois X.________ S.A. De surcro�t, le "nouveau contrat", post�rieur au 3 mars 1998 - qu'il y a lieu de distinguer du projet de contrat de novembre 1996 - et sur lequel le recourant fonde une partie de son argumentation, ne correspond � aucune constatation de la cour cantonale. Enfin et, surtout, le fait que ce "nouveau contrat" devait �tre sign� au nom de X.________ S.A. ne signifie pas encore que le pr�c�dent l'�tait � celui de l'intim�. L'explication fournie � cet �gard ne convainc gu�re, ce d'autant plus que la conclusion de ce "nouveau contrat" pouvait �tre motiv�e, non pas seulement par un changement des parties au contrat, mais �galement par la volont� de convenir d'une r�duction de loyer.
Quoi qu'il en soit, ces �l�ments ne sont que des circonstances parmi d'autres - d�ment examin�es par l'instance cantonale -, dont notamment les nombreuses correspondances, de m�me qu'un acte de poursuite, tous adress�s � X.________ S.A., le paiement par cette soci�t� des loyers �chus, sans compter la terminologie utilis�e par le recourant dans le projet de bail � loyer parvenu en main du d�biteur en novembre 1996. Le recourant souligne m�me, arguant certes d'une erreur de sa part, le contenu d'une correspondance dans laquelle il nomme son cocontractant en la personne de la soci�t� anonyme X.________ S.A. et non pas de l'intim�, ce qui est propre � infirmer, au regard des circonstances susmentionn�es, son point de vue. Sans rev�tir de poids pr�dominant, le contenu de ces deux �crits ne suffit ainsi pas � faire appara�tre la solution retenue par l'autorit� cantonale comme insoutenable ni, partant, � la taxer d'arbitraire.
Ainsi, le grief articul� sur ce point doit �tre rejet�.
Le recourant ne peut �tre suivi lorsqu'il tire avantage du projet de convention adress� le 23 mai 2002 par l'intim� au recourant, lequel faisait suite aux pourparlers amiables engag�s dans la proc�dure. Tout d'abord, il n'appartient pas � la juridiction constitutionnelle de rechercher elle-m�me, dans le dossier de la cause, la convention en question, � laquelle le recourant ne fait qu'une r�f�rence globale pour �tayer son grief de mani�re p�remptoire. Cela reviendrait � en faire une cour d'appel, ce qu'elle n'est pas. Au demeurant, lors m�me qu'il ne s'agit que d'un projet de convention, lequel n'a pas �t� ratifi� par les parties, le recourant ne pr�cise pas - une fois de plus - � l'appui de quelle all�gation il a fait administrer ce moyen de preuve. Partant, le grief est irrecevable.
Pour �carter l'application du principe de transparence, la cour cantonale a retenu, apr�s avoir appr�ci� les circonstances de l'esp�ce, que la titularit� des actions de X.________ S.A., devenue Y.________ S.A., ne ressort pas du dossier. En particulier, elle a relev� qu'il n'est pas �tabli que le recourant �tait actionnaire dominant et encore moins quasi majoritaire. Sur cette base, l'instance inf�rieure a constat� que, m�me s'il devait �tre admis qu'il r�gnait une certaine confusion - li�e notamment au fait que, durant certaines p�riodes de la vie sociale, l'intim� �tait administrateur unique avec signature individuelle ou qu'il a sign� seul le contrat de bail , alors qu'une signature collective �tait n�cessaire -, cela ne suffisait pas pour imputer � l'intim� personnellement les actes faits au nom de X.________ S.A.
Dans sa critique largement appellatoire, le recourant se contente de d�duire de la terminologie utilis�e dans la correspondance du 3 mars 1998 susmentionn�e que l'intim� ne faisait qu'un avec ses diff�rentes soci�t�s. Il se livre � sa propre appr�ciation des preuves, sans pour autant d�montrer en quoi celle de la cour cantonale relative � la titularit� des actions de X.________ S.A. est insoutenable, ce qui n'est pas admissible dans le cadre d'un recours de droit public. En particulier, il ne remet pas en cause la constatation selon laquelle il n'a jamais �t� pr�tendu que X.________ S.A., puis Y.________ S.A., et l'intim� ne constituaient en r�alit� qu'une seule entit� �conomique et juridique. En sus, contrairement � ce que tente d'insinuer le recourant, Z.________ S.�r.l. (recte: S.A.) n'est pas intervenue dans le paiement des loyers au m�me titre que X.________ S.A., d�s lors qu'elle agissait en qualit� de sous-locataire de celle-ci. Enfin, que l'intim� ait, dans le cadre d'un de ses courriers, qualifi� X.________ S.A. de "ma soci�t�" ne revient encore pas � dire qu'il en �tait actionnaire dominant ou majoritaire. Ainsi, � nouveau, le grief est irrecevable.
Pour les motifs sus-indiqu�s, le recours soumis � l'examen de la Cour de c�ans appara�t infond� sur les points o� il est recevable. Il y a lieu, partant, de le rejeter dans la mesure de sa recevabilit�.
Compte tenu de l'issue du litige, le recourant acquittera l'�molument judiciaire et les d�pens � allouer � l'intim� (art. 159 al. 1 OJ).
Le recourant versera � l'intim� une indemnit� de 6'000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties et � la Ire Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais.