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Timestamp: 2016-10-22 11:51:40+00:00
Document Index: 47170666

Matched Legal Cases: ['art. 19', 'art. 10', 'art. 46', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 103', 'art. 104', 'art. 105', 'art. 47', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 50', 'art. 2', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 2', 'art. 2', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 1', 'art. 1', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 7', 'art. 5', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 24', 'ATF ', 'art. 153', 'art. 159']

D�partement du territoire de la R�publique et canton de Gen�ve, case postale 3918, 1211 Gen�ve 3,
Conseil d'Etat de la R�publique et canton de Gen�ve, rue de l'H�tel-de-Ville 14, 1204 Gen�ve,
constatation de la nature foresti�re, d�frichement, plan localis� de quartier,
de Gen�ve du 19 septembre 2006.
Y.________ est propri�taire de la parcelle no xxx, de la Commune de Ch�ne-Bougeries, au lieu-dit "La Garance", comprise entre le chemin de la Chevillarde, le chemin Castoldi et la route de Malagnou.
Cette parcelle, d'une surface de 36'316 m2, est situ�e en cinqui�me zone de construction, d�veloppement 3, au sens de l'art. 19 al. 3 de la loi d'application de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire du 4 juin 1987 (LaLAT).
Une maison de ma�tre datant de 1897 est �rig�e sur cette parcelle. Elle a re�u une valeur de classement lors du recensement architectural de la p�riph�rie urbaine en 1991.
D'apr�s le plan �tabli par le Service des for�ts le 15 juillet 2000, compl�t� le 20 f�vrier 2006, diff�rents peuplements bois�s se trouvent sur la parcelle. Ceux-ci se divisent en quatre secteurs:
Le secteur n� 1 comprend un cordon bois� long de 150 m�tres situ� en bordure de la route de Malagnou, au sud de la parcelle. Marquant l'entr�e de la ville, il rev�t un grande signification paysag�re. Compos�e d'essences indig�nes (tilleul, fr�ne, pin, �rable et �pic�a), sa structure est compl�te et l'ambiance foresti�re du sous-bois et de l'�tage interm�diaire est bien marqu�e. La largeur du cordon bois� varie entre 10 et 25 m�tres et repr�sente une surface d'un peu plus de 23 ares (2'339 m2). Le peuplement est �g� de plus de 50 ans et la lisi�re date de 30 ans;
Le secteur n� 2, d'une surface bois�e de 429 m2, constitue un boqueteau d�velopp� naturellement autour de deux gros ch�nes. Il est travers� par un cheminement de parc. �galement �g� de plus de 50 ans, le peuplement s'�tend au maximum sur une largeur et une longueur de 30 m�tres et se compose � 70 % d'�rables, de fr�nes, de cerisiers, de tilleuls et de ch�nes et � 30 % d'ifs et de buis. Selon l'appr�ciation de l'inspecteur des for�ts, il pr�sente un int�r�t significatif de structure paysag�re (2/3), mais peu d'int�r�t s'agissant des autres fonctions foresti�res (1/3).
Le secteur n� 3 se trouve au nord de la parcelle et repr�sente une surface bois�e totale de 2'076 m2. Il s'agit d'une lign�e d'arbres, parfois double, d'une largeur de 9 � 14 m�tres, qui �volue sur une longueur de 170 m�tres. Compos� pour 60 % de ch�nes et de fr�nes et de 40 % de marronniers, le peuplement est �g� de plus de 50 ans. Il ne comporte ni �tage interm�diaire, ni sous-bois, mais sa structure paysag�re est int�ressante (2/3). Ses autres fonctions foresti�res sont de peu d'int�r�t (1/3).
Le secteur n� 4 est constitu� d'un cordon de ch�nes, de charmes et de fr�nes, d'une surface totale de 822 m2. Il est peupl� d'arbres de plus de 80 ans. D'une largeur de 4 � 6 m�tres, il s'�tend sur une longueur de 120 m�tres. De m�me que le secteur n� 3, il ne comporte ni �tage interm�diaire, ni sous-bois, mais sa structure paysag�re est int�ressante (2/3).
En mai 1999, Y.________ a proc�d� � des coupes de bois sur sa parcelle, qui ont conduit l'association Pro-Ermitage (ci-apr�s: Pro-Ermitage) � requ�rir l'intervention du d�partement du territoire (ci-apr�s: le d�partement). Ce dernier a toutefois consid�r� que les coupes en question relevaient du simple entretien. Ces interventions ont n�anmoins donn� lieu � une sanction, au motif qu'elles avaient �t� effectu�es � une p�riode inopportune (p�riode de nidification des oiseaux).
Le 22 juin 2000, le WWF Gen�ve a sollicit� de l'inspecteur cantonal des for�ts l'ouverture d'une proc�dure de constatation foresti�re.
Le 3 avril 2001, Y.________ a d�pos� aupr�s du d�partement une demande de renseignements portant sur la construction de plusieurs immeubles de logements, d'un immeuble administratif, d'un garage souterrain de 373 places et d'un parking sur sa parcelle.
Un projet de plan localis� de quartier (ci-apr�s: PLQ) a alors �t� �labor�. Celui-ci pr�voit la construction d'un grand b�timent administratif au sud de la parcelle, le long de la route de Malagnou. Ce b�timent, � toiture partiellement v�g�talis�e, a pour fonction de prot�ger du bruit les immeubles de logement pr�vus � l'arri�re. Il est implant� en grande partie sur le secteur bois� n� 1, mais la lign�e d'arbres se trouvant tout au bord de la route est conserv�e. La maison de ma�tre est maintenue dans son gabarit. La construction de sept immeubles de logement de trois � cinq �tages sur rez-de-chauss�e, repr�sentant un potentiel d'environ 130 appartements, est �galement pr�vue. L'emprise au sol des constructions projet�es s'�l�ve � 6'046 m2, pour la r�alisation de 34'151 m2 de surface brute de plancher (dont plus de 20'000 m2 de logement), soit un indice d'utilisation du sol de 0,94. Des places de parc, essentiellement situ�es en sous-sol, sont pr�vues � raison de 1,3 places pour 100 m2 de logement (423 places). La r�alisation de ces constructions implique la destruction des secteurs nos 1 et 2, ainsi que l'abattage d'arbres isol�s, l'essentiel des arbres se trouvant � l'int�rieur du parc, ainsi que l'int�gralit� des secteurs nos 3 et 4 �tant n�anmoins sauvegard�s. Au nord de la parcelle, des plantations compensatoires d'une surface de 3'290 m2 sont projet�es.
Une �tude d'impact a simultan�ment �t� r�alis�e � ce projet. Les 31 octobre 2002 et 5 ao�t 2003, le service cantonal de l'�tude d'impact sur l'environnement a d�livr� un pr�avis favorable au projet.
Le 8 octobre 2003, Y.________ a d�pos� une demande de d�frichement du secteur n� 1 aupr�s du d�partement. A la m�me p�riode, ce dernier a requis l'examen de la constatation foresti�re des secteurs bois�s.
Le PLQ a �t� mis � l'enqu�te publique du 28 novembre 2003 au 9 janvier 2004. Il a �t� adopt� par le Conseil d'Etat le 2 f�vrier 2005.
Le 2 f�vrier 2005, le service des for�ts a constat� la nature foresti�re du secteur no 1. Il l'a par contre ni�e s'agissant des autres secteurs. Par d�cision du m�me jour, le service des for�ts a autoris� le d�frichement du secteur n� 1.
Le 7 mars 2005, Pro-Ermitage, E.________ et X.________ ont recouru aupr�s du Tribunal administratif de la R�publique et canton de Gen�ve (ci-apr�s: le Tribunal administratif) contre l'arr�t� d'adoption du PLQ. Par acte s�par�, ils ont �galement recouru contre les d�cisions du Service des for�ts aupr�s de la Commission cantonale de recours en mati�re de constructions (ci-apr�s: la Commission).
Le 5 avril 2005, le Tribunal administratif a suspendu la proc�dure relative � l'adoption du PLQ jusqu'� droit jug� sur la proc�dure pendante devant la Commission. Cette derni�re a ordonn�, par d�cision du 25 avril 2005, l'appel en cause de Y.________ dans la proc�dure.
Par d�cision du 12 septembre 2005, la Commission a rejet� le recours. Le 26 octobre 2005, Pro-Ermitage, E.________ et X.________ ont recouru contre cette d�cision aupr�s du Tribunal administratif.
Par arr�t sur partie rendu le 17 janvier 2006, le Tribunal administratif a d�clar� le recours recevable et ordonn� la reprise de l'instruction de la cause suspendue le 5 avril 2005, apr�s avoir joint les proc�dures.
Par arr�t du 19 septembre 2006, le Tribunal administratif a rejet� le recours.
Agissant par la voie du recours de droit administratif, X.________ demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t rendu par le Tribunal administratif le 19 septembre 2006 et cela fait, statuant � nouveau, de constater la nature foresti�re des secteurs n�s 1, 2, 3 et 4 situ�s sur la parcelle n� xxx de la Commune de Ch�ne-Bougeries, d'annuler l'autorisation de d�frichement et l'arr�t� du Conseil d'Etat statuant sur opposition au PLQ. Subsidiairement, elle demande de renvoyer la cause au Tribunal administratif pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Elle requiert en outre l'effet suspensif.
Le Tribunal administratif s'en rapporte � justice quant � la recevabilit� du recours et persiste dans les consid�rants et le dispositif de son arr�t. Le Conseiller d'Etat et le d�partement concluent au rejet du recours. Y.________ s'en rapporte � justice quant � la recevabilit� du recours et � la demande d'effet suspensif. Elle conclut pr�alablement � ce que la pi�ce n� 5 produite par X.________ soit �cart�e du dossier. Au fond, elle conclut � la confirmation de l'arr�t rendu par le Tribunal administratif le 19 septembre 2006. L'Office f�d�ral de l'environnement (OFEV) a d�pos� ses observations. Le Tribunal administratif ne s'est pas prononc�. Y.________ a admis int�gralement la d�termination de l'OFEV.
1.1 La d�cision attaqu�e, prise en derni�re instance cantonale, porte sur la constatation de la nature foresti�re d'une surface bois�e au sens de l'art. 10 LFo. Elle peut faire l'objet d'un recours de droit administratif conform�ment � l'art. 46 al. 1 LFo en relation avec les art. 97 et 98 lit. g OJ (cf. ATF 122 II 274 consid. 1a p. 277). Il en va de m�me s'agissant de la d�cision confirmant l'octroi de l'autorisation de d�frichement au sens de l'art. 5 LFo (cf. ci-dessous consid. 3). A noter que le plan de quartier ne fait plus l'objet d'aucun grief � ce stade.
1.2 Selon l'art. 103 let. a OJ, la qualit� pour recourir appartient � quiconque est atteint par la d�cision attaqu�e et a un int�r�t digne de protection � son annulation ou � sa modification. Le recourant doit faire valoir un int�r�t de droit ou de fait, c'est-�-dire �tre touch� plus que quiconque par la d�cision attaqu�e. Tel est le cas en l'esp�ce: la for�t dont la recourante all�gue l'existence se situe sur la parcelle directement voisine. Cela suffit pour reconna�tre sa qualit� pour agir, d'autant qu'en se pr�valant de l'existence d'une for�t, elle entend �galement s'opposer aux constructions pr�vues par le plan de quartier.
1.3 Le recours de droit administratif peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral, y compris l'abus et l'exc�s du pouvoir d'appr�ciation (art. 104 let. a OJ). L'arr�t cantonal ayant �t� rendu par une autorit� judiciaire, le Tribunal f�d�ral est li� par les faits constat�s, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets, ou s'ils ont �t� �tablis au m�pris de r�gles essentielles de proc�dure (art. 105 al. 2 OJ).
1.4 Selon l'art. 47 LFo, les autorisations d�livr�es et les autres d�cisions prises sur la base de la LFo ne prennent effet que lorsqu'elles sont entr�es en force. Par cons�quent, le recours de droit administratif a, en vertu de la loi, effet suspensif, en ce sens que sont interdites, durant la proc�dure, toutes les modifications apport�es au bien-fonds litigieux qui ne seraient pas admises s'il �tait de nature foresti�re (ATF 119 Ib 302). La requ�te d'effet suspensif formul�e par la recourante est d�s lors sans objet.
2.1 En l'esp�ce, seuls sont litigieux les secteurs nos 2, 3 et 4, la nature foresti�re du secteur n� 1 n'�tant pas remise en cause.
2.2 La notion de for�t est d�finie � l'art. 2 al. 1 LFo; elle s'entend de toutes les surfaces couvertes d'arbres ou d'arbustes forestiers � m�me d'exercer des fonctions foresti�res, sans �gard � leur origine, � leur mode d'exploitation ou aux mentions figurant au registre foncier. Sont assimil�s aux for�ts, les for�ts p�tur�es, les p�turages bois�s, les peuplements de noyers et de ch�taigniers (art. 2 al. 2 let. a LFo), les surfaces non bois�es ou improductives d'un bien-fonds forestier (art. 2 al. 2 let. b LFO), ou encore les bien-fonds faisant l'objet d'une obligation de reboiser (art. 2 al. 2 let. c LFo). En revanche, ne sont pas consid�r�s comme for�ts les groupes d'arbres ou d'arbustes isol�s, les haies, les all�es, les jardins les parcs et les espaces verts, les cultures d'arbres en terrain nu destin�es � une exploitation � court terme ainsi que que les buissons et les arbres situ�s sur ou � proximit� imm�diate des installations de barrage (art. 2 al. 3 LFo). Dans le cadre de la l�gislation d'ex�cution qui leur appartient d'adopter (art. 50 LFo et 66 OFo), les cantons peuvent, dans les limites fix�es par le Conseil f�d�ral, pr�ciser la largeur, la surface et l'�ge minimaux que doit avoir un peuplement sur une surface conquise par la for�t ainsi que la largeur et la surface minimales que doit avoir un peuplement pour �tre consid�r� comme for�t (art. 2 al. 4 LFo). Le cadre pr�cit� a �t� fix� � l'art. 1 al. 1 OFo de la fa�on suivante: surface comprenant une lisi�re appropri�e: de 200 � 800 m2 ; largeur comprenant une lisi�re appropri�e: de 10 � 12 m�tres; �ge du peuplement sur une surface conquise par la for�t: 10 � 20 ans. Si le peuplement en question exerce une fonction sociale ou protectrice particuli�rement importante, les crit�res cantonaux ne sont pas applicables (art. 1 al. 2 OFo et 2 al. 4 LFo). En ce qui concerne le canton de Gen�ve, l'art. 2 al. 1 de la loi cantonale sur les for�ts, du 20 mai 1999 (LFor�ts), a fix� les crit�res quantitatifs de la mani�re suivante: �ge d'au moins 15 ans, surface d'au moins 500 m2 et largeur minimale de 12 m�tres.
2.3 Dans un parc, le peuplement ne sert qu'au d�lassement et non pas � l'exploitation sylvicole; les esp�ces d'arbres et arbustes se distinguent souvent de celles qui poussent habituellement dans la m�me r�gion; la surface est arrang�e et entretenue en fonction des crit�res pr�valant pour l'am�nagement des espaces verts; on y trouve �galement souvent des installations caract�ristiques des parcs telles que bancs, murets, all�es, etc. On peut �tre en pr�sence d'un parc au sens de l'art. 2 al. 3 LFo m�me si tous ces �l�ments - esp�ces exotiques, installations caract�ristiques - ne sont pas r�unis; il faut en outre tenir compte de la tendance actuelle consistant � donner un aspect naturel aux parcs. L'existence d'un jardin ou d'un parc doit donc �tre jug�e sur la base de l'ensemble des circonstances. L'appr�ciation se fait de mani�re objective, car � la suite d'un d�faut d'entretien, il se peut qu'un parc retrouve les caract�ristiques d'un bien-fonds forestier, sans �gard � l'�tat ant�rieur ou aux intentions initiales du propri�taire (ATF 124 II 85 consid. 4d/cc p. 93; 120 Ib 339 consid. 4a p. 342).
2.4 Le Tribunal administratif a retenu que les arbres de la parcelle en cause avaient �t� plant�s volontairement par les anciens propri�taires, d'une part, pour former des coulisses bois�es obstruant la vue des propri�t�s voisines et de la route (secteurs n�s 1 et 4), et, d'autre part, pour constituer un parc d'agr�ment et de promenade (secteurs n�s 2 et 3). Cette situation �tait �galement attest�e par la diversit� des essences dont certaines �taient d'ailleurs exotiques, et par les cheminements de parc qui traversaient la parcelle.
S'agissant plus particuli�rement du secteur no 2, l'autorit� cantonale a estim� que le bosquet �tait trop petit pour �tre qualifi� de for�t. De par sa disposition, il conservait au demeurant une allure d'am�nagement de parc, formant un �lot d'arbres et d'arbustes au milieu du gazon.
Le Tribunal administratif a �galement consid�r� que l'argument de la recourante selon lequel le propri�taire de la parcelle aurait proc�d� � des d�frichements intempestifs de nature � influer sur la d�cision de constatation de la nature foresti�re du secteur no 2 ne ressortait nullement du dossier. Cette affirmation n'�tait corrobor�e ni par le Service qui, alert� � cette �poque, avait proc�d� � un contr�le, ni par la structure m�me du bosquet, qui s'�tait form� ind�pendamment de la coulisse bois�e du secteur no 1, autour de deux arbres qui n'en faisaient pas partie � l'origine.
L'autorit� cantonale a relev� que, malgr� la surface importante du secteur no 3, la largeur du cordon �tait inf�rieure � 12 m�tres sur une longue partie, qui n'�tait, par endroits, constitu�e que d'une rang�e d'arbres. Ce secteur ne comportait en outre pas d'�tages interm�diaires et �tait constitu� � 40 % de marronniers. Hormis sa structure paysag�re d'int�r�t significatif, le secteur ne pr�sentait que peu d'int�r�t relativement aux autres fonctions foresti�res.
Enfin, le secteur n� 4 ne pouvait �tre qualifi� de for�t car il ne formait qu'une haie de 4 � 6 m�tres de large, ne comportant pas d'�tages interm�diaires, dont le degr� de couverture n'�tait que de 20 % et dont les fonctions foresti�res pr�sentaient peu d'int�r�t.
2.5 Selon la recourante, le Tribunal administratif aurait arbitrairement affirm� que la th�se du d�frichement intempestif n'�tait en rien corrobor�e par les �l�ments du dossier. Le secteur no 2, rattach� au secteur no 1, ne formerait d�s lors qu'une seule et m�me for�t.
Il r�sulte en l'esp�ce de l'�tat de fait �tabli par l'autorit� cantonale, auquel le Tribunal f�d�ral est li� (cf. consid. 1.3), qu'interpell� en 1999 suite aux pr�tendus d�frichements illicites, le d�partement a jug� que les coupes effectu�es relevaient du simple entretien, ce que la recourante ne conteste du reste pas. Il n'existe d�s lors aucune raison de remettre en cause cette d�cision.
La recourante se r�f�re au demeurant sans succ�s aux photographies produites sous pi�ce 7. En effet, celles-ci mettent au contraire en �vidence que le secteur no 2 �tait clairement d�limit� des massifs bois�s environnants en 1998 d�j�, comme le rel�ve �galement l'OFEV.
Les clich�s produits par la recourante sous pi�ce 5 ne sont pas de nature � remettre en cause cette appr�ciation, ce d'autant plus que l'on ignore effectivement, comme le fait valoir l'intim�e, � quelle date ils ont �t� pris. Dans ces conditions, le Tribunal administratif pouvait retenir que le secteur n� 2 n'avait pas � �tre rattach� au secteur no 1.
2.6 La recourante soutient ensuite que le secteur no 3 devrait �tre qualifi� de for�t car sa largeur moyenne atteindrait 12,22 m�tres. L'argument tir� de la pr�sence de marronniers serait au surplus mal fond� car, m�me sous d�duction des 40 % d'esp�ces non foresti�res, la surface atteindrait 1'254,6 m2. Enfin, l'absence d'�tages interm�diaires serait li�e aux d�frichements illicites effectu�s en 1999.
S'agissant du secteur no 4, il aurait �t� artificiellement s�par� du secteur no 3, toujours suite aux coupes effectu�es en 1999. Seule l'�troitesse du boisement pourrait justifier de d�nier la qualit� de for�t � ce secteur.
2.7 La recourante perd de vue que le Tribunal administratif a d�ni� la qualit� de for�t aux secteurs nos 3 et 4, non pas tant parce qu'ils ne remplissaient pas les crit�res qualitatifs et quantitatifs pos�s par la LFo, mais parce qu'ils devaient �tre consid�r�s comme faisant l'objet de l'exception pr�vue par l'art. 2 al. 3 LFo. Les arguments de la recourante tombent donc � faux.
Dans ces secteurs, comme l'ont relev� � la fois le Tribunal administratif et l'OFEV, tous les bois�s remplissent certes des fonctions paysag�res et biologiques � des degr�s divers, mais la volont� du propri�taire de la parcelle de contenir et d'orienter le d�veloppement naturel des boisements en vue d'augmenter les fonctions d'agr�ment de ceux-ci est identifiable.
L'OFEV a en effet soulign�, suivant en cela les constatations faites par les autorit�s cantonales, qu'un important et r�gulier travail d'entretien semblait avoir �t� effectu� depuis plusieurs ann�es sur le secteur no 3. L'espace situ� entre les secteurs nos 3 et 4 �tait en outre clairement distinct de ceux-ci de par la nature du sol, herbac�, d�pourvu de semis d'essences foresti�res et entretenu de mani�re r�guli�re.
Il n'existe, � la lecture du dossier cantonal, aucune raison de s'�carter de cette appr�ciation, qui est conforme � la l�gislation foresti�re. La recourante n'avance du reste aucun �l�ment qui pourrait conduire � une solution contraire.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le Tribunal administratif a valablement consid�r� qu'une nature foresti�re ne saurait �tre attribu�e aux secteurs nos 2, 3 et 4.
L'art. 3 LFo pose le principe selon lequel l'aire foresti�re ne doit pas �tre diminu�e. La for�t doit �tre conserv�e en tant que milieu naturel dans son �tendue et dans sa r�partition g�ographique (art. 1 al. 1 let. a et b LFo). Il faut en outre veiller � ce que la for�t puisse remplir ses fonctions, notamment protectrice, sociale et �conomique (art. 1 al. 1 let. c LFo, cf. ATF 119 Ib 397 consid. 4 p. 401 ss).
Les d�frichements sont interdits en vertu de l'art. 5 al. 1 LFo. Ils sont admis moyennant une autorisation exceptionnelle (al. 2). Une telle autorisation ne doit �tre accord�e que si le requ�rant d�montre que le d�frichement r�pond � des exigences primant l'int�r�t � la conservation de la for�t (art. 5 al. 2 LFo) et si les conditions suivantes sont remplies: l'ouvrage pour lequel le d�frichement est sollicit� doit pouvoir n'�tre r�alis� qu'� l'endroit pr�vu (art. 5 al. 2 let. a LFo), il doit remplir, du point de vue mat�riel, les conditions pos�es en mati�re d'am�nagement du territoire (art. 5 al. 2 let. b LFo) et le d�frichement ne doit pas pr�senter de s�rieux dangers pour l'environnement (art. 5 al. 2 let. c LFo).
Ne sont pas consid�r�s comme raisons importantes les motifs financiers, tels que le souhait de tirer du sol le plus gros profit possible ou la volont� de se procurer du terrain bon march� � des fins non foresti�res (art. 5 al. 3 LFo). Les exigences de la protection de la nature et du paysage doivent �tre respect�es (art. 5 al. 4 LFo). A cela s'ajoute que tout d�frichement doit �tre compens� en nature dans la m�me r�gion (art. 7 al. 1 LFo).
Une autorisation de d�fricher constitue donc une exception dont la garantie est li�e au strict respect des conditions l�gales pos�es. En l'esp�ce, la recourante conteste uniquement la pes�e des int�r�ts op�r�e dans l'application de l'art. 5 al. 2 let. a LFo.
En principe, le Tribunal f�d�ral revoit ces questions librement. Il s'impose toutefois une certaine retenue; et ce surtout lorsque l'autorit� comp�tente doit recourir � des notions juridiquement ind�termin�es, comme c'est le cas en l'esp�ce, et dispose donc d'une certaine libert� d'appr�ciation, mais �galement dans la mesure o� des consid�rations locales ou des aspects li�s � la planification doivent �tre pris en consid�ration, pour lesquels les cantons sont comp�tents en premier lieu. Les points relevant de l'am�nagement du territoire ne sont en principe pas revus librement dans le cadre d'une proc�dure de d�frichement. L'examen de l'autorit� porte sur le rapport entre l'int�r�t � la conservation de la for�t et ceux d�coulant de l'am�nagement du territoire dans son ensemble (ATF 119 Ib 397 consid. 5a p. 400, 115 Ib 131 consid. 3 p. 135 et les r�f�rences cit�es).
Selon la jurisprudence, l'exigence de l'art. 5 al. 2 let. a LFo est relative et une pes�e globale des int�r�ts doit �tre op�r�e dans chaque cas; � ce propos, les crit�res restrictifs de l'art. 24 al. 1 let. a LAT - concernant les d�rogations pour les constructions hors des zones � b�tir - ne sont pas directement applicables, la localisation de l'ouvrage ne devant pas n�cessairement s'imposer de fa�on absolue � l'endroit pr�vu (ATF 119 Ib 397 consid. 6a; 117 Ib 325 consid. 2; 113 Ib 340 consid. 3; 112 Ib 469 consid. 3c et les arr�ts cit�s).
3.1 Le Tribunal administratif a consid�r� que l'implantation du b�timent administratif permettait la construction d'un nombre plus important de logements qui, gr�ce � l'�cran cr��, pouvaient �tre rapproch�s de la route. Cette avanc�e des constructions au sud autorisait la conservation de nombreux arbres isol�s du parc, ainsi que l'int�gralit� des secteurs n�s 3 et 4. Des mesures de compensation �taient �galement pr�vues. Du point de vue �cologique, le cordon � d�fricher �tait tr�s expos� � la pollution et se trouvait pris entre une route � grand trafic et un terrain � b�tir. Tout le p�rim�tre �tait donc d�j� largement b�ti. Il �tait au surplus notoire que les possibilit�s de construire des logements sociaux � Gen�ve �taient extr�mement r�duites et que la crise �tait sans pr�c�dent. Dans ces circonstances, il n'�tait pas contraire � la loi de conclure que le b�timent situ� sur la zone � d�fricher ne pouvait �tre r�alis� qu'� l'endroit pr�vu et que le d�frichement primait les exigences relatives � la conservation de la for�t.
3.2 Selon la recourante, la crise du logement serait en effet notoire � Gen�ve. Le b�timent destin� � �tre construit sur le secteur no 1 serait cependant un b�timent commercial. Or, ce ne serait pas dans ce secteur qu'il y aurait p�nurie � Gen�ve. L'argument selon lequel le cordon forestier serait de toute fa�on expos� � la pollution ne serait pas pertinent, ce d'autant plus qu'il serait globalement sain. Le Tribunal administratif aurait pour le surplus pris � tort en compte la fonction anti-bruit assum�e par le b�timent administratif.
3.3 Bien que le b�timent destin� � �tre construit sur le secteur no 1 soit effectivement de nature administrative, son �dification rend pr�cis�ment possible la construction de davantage de logements, qui font l'objet d'une crise notoire � Gen�ve. En effet, selon une expertise command�e par le d�partement et r�alis�e par le Service cantonal de protection contre le bruit et les rayonnements non ionisants, en l'absence du b�timent administratif, les b�timents C ainsi que la maison de ma�tre se situeraient dans un secteur o� les valeurs-limites applicables de DS II seraient largement d�pass�es et leur construction ne pourrait par cons�quent pas �tre autoris�e.
Il appara�t d�s lors que l'implantation du b�timent administratif autorise effectivement la construction de davantage de logements, qui plus est sans porter atteinte � l'arri�re de la parcelle qui est partiellement bois�. Par les mesures de compensation pr�vues, une for�t d'une superficie en fin de compte sup�rieure � celle de la for�t existante au bord de la route de Malagnou pourra �tre constitu�e. Ce dernier lieu est au demeurant peu propice � la promenade, puisque tr�s bruyant. A noter que la rang�e d'arbres au bord de la route est de toute fa�on conserv�e. Comme le rel�ve le Conseil d'Etat, le plan de quartier permet donc d'augmenter l'int�r�t qualitatif et la valeur de l'aire de renaturation.
Le Conseil d'Etat a encore pr�cis� que cette solution m�nageait judicieusement les imp�ratifs de la protection de l'environnement et ceux d'une urbanisation mesur�e. Elle s'inscrivait dans le cadre d'une politique de mise en valeur des zones de d�veloppement par l'adoption d'un plan de quartier, dont la poursuite �tait indispensable pour permettre la construction de logements.
Par ailleurs, l'OFEV a observ� que le d�frichement pr�vu ne concernait que le 6 % de la surface de la parcelle en cause.
Au regard de ce qui vient d'�tre dit et � la retenue dont doit faire preuve le Tribunal f�d�ral en la mati�re, il appara�t que la pes�e des int�r�ts globale effectu�e par le Tribunal administratif n'est pas critiquable. Il n'y a donc pas lieu d'annuler l'autorisation de d�frichement.
Dans un dernier grief, la recourante soutient que le plan de quartier devrait �tre annul� et remplac� si les autres d�cisions qui en forment le fondement venaient � �tre mises � n�ant.
La recourante ne contestant - � juste titre - pas le principe de la coordination des proc�dures, son grief est sans objet. Il ne r�sulte en effet pas de l'arr�t attaqu� que le plan de quartier subsisterait dans sa forme actuelle si l'autorisation de d�frichement venait � �tre annul�e.
Il s'ensuit que le recours de droit administratif doit �tre rejet�. La recourante, qui succombe, doit supporter les frais judiciaires (art. 153, 153a et 156 al. 1 OJ). Y.________ a droit � des d�pens (art. 159 al. 2 OJ).
Une indemnit� de 2'000 fr., � payer � Y.________ � titre de d�pens, est mise � la charge de la recourante.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux parties, au D�partement du territoire, au Conseil d'Etat et au Tribunal administratif de la R�publique et canton de Gen�ve ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement.