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Timestamp: 2016-10-27 22:49:20+00:00
Document Index: 319695598

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 57', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 343', 'ATF ', 'art. 156', 'art. 159', 'art. 152']

4P.247/2002 (22.04.2003)
4P.247/2002 /ech
Arr�t du 22 avril 2003
X.________ & Cie SA,
recourante, repr�sent�e par Me Gabriel Aubert, avocat, chemin des Cr�ts-de-Champel 4, 1206 Gen�ve,
intim�e, repr�sent�e par Me Jacques Borowsky, avocat, rue Ferdinand-Hodler 7, 1207 Gen�ve,
art. 9 et 29 al. 2 Cst.; arbitraire; droit d'�tre entendu
recours de droit public contre l'arr�t de la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve du 9 octobre 2002
X.________ & Cie SA exploite le magasin �Z.________�, � Gen�ve. D�s le 12 juillet 1995, A.________ a travaill� dans ce commerce en qualit� de vendeuse en parfumerie au stand W.________. Elle percevait un salaire mensuel brut de 3700 fr., ainsi que deux primes annuelles correspondant, l'une, aux 35 % d'un salaire mensuel brut et, l'autre, au 0,33 % du chiffre d'affaires r�alis� par la vendeuse; la maison W.________ lui versait �galement une commission en fonction du chiffre d'affaires.
Le 3 janvier 1996, X.________ & Cie SA a r�sili� le contrat de travail pour le 29 f�vrier 1996. Le lendemain, elle a indiqu� par �crit � la travailleuse que le motif du licenciement r�sidait en une �incompatibilit� d'humeur avec son chef hi�rarchique�, B.________. Le certificat de travail, �tabli par l'employeur le 29 f�vrier 1996, est libell� ainsi:
�Mademoiselle A.________ est au b�n�fice d'excellentes connaissances en cosm�tique et en parfumerie et a su ainsi satisfaire une client�le tr�s exigeante, qu'elle a su fid�liser gr�ce � ses contacts privil�gi�s.�
Le 8 f�vrier 1996, A.________ s'est inscrite aupr�s de l'agence de placement Y.________ SA. Son dossier a �t� trait� par C.________, puis, en 1997, par D.________. En reprenant le cas, l'employ�e de Y.________ SA a �t� avertie que A.________ n'avait pu �tre plac�e � la suite de renseignements n�gatifs donn�s par �Z.________�. D.________ a d'abord contact� une autre agence de placement; celle-ci a refus� le dossier, les r�f�rences au sujet de A.________ �tant mauvaises. La collaboratrice de Y.________ SA a �galement eu un entretien t�l�phonique avec B.________. Le contenu de cette conversation sera examin� plus loin. Sur la base des informations obtenues, D.________ a refus� de poursuivre les d�marches de placement. Le 7 juillet 1997, elle a rendu son dossier � A.________, en lui expliquant que ses connaissances professionnelles et linguistiques n'�taient pas en cause, mais que les r�f�rences n�gatives de son dernier employeur la p�nalisaient.
Parall�lement, d�s avril 1996, A.________ a b�n�fici� des services de l'office cantonal de l'emploi. Son dossier �tait trait� par H.________. Ce dernier a pr�sent� la candidature de A.________ notamment � la pharmacie U.________, qui cherchait une vendeuse exp�riment�e. Apr�s avoir mis beaucoup de temps � se d�terminer, la cheffe du personnel a refus�, le 8 septembre 1997, d'engager A.________; g�n�e, elle a d�clar� au conseiller en placement que sa d�cision �tait motiv�e par des mauvaises r�f�rences dont elle n'a pas pr�cis� la source; les comp�tences professionnelles et la pr�sentation de la candidate n'�taient pas en cause. Toutes les d�marches entreprises par H.________ pour trouver un emploi � A.________ sont demeur�es vaines. Les notes tenues par le conseiller en placement font �tat, notamment, d'offres de sa cliente dans le secteur de la vente et aupr�s d'agences de voyage; il y est indiqu� que de nombreux postes ont �chapp� � la postulante en raison de mauvais renseignements donn�s par son ancien employeur. Selon H.________, A.________ �tait tr�s motiv�e et tr�s sociale. Il a d�clar� ne pas comprendre pourquoi elle ne trouvait pas d'emploi; � son sens, il �tait �vident qu'il y avait eu probl�me et que �quelqu'un a[vait] d� donner un renseignement qui a[vait] fait bloc�.
Par courrier du 26 f�vrier 1997, A.________ est intervenue aupr�s de X.________ & Cie SA afin de faire cesser les propos diffamatoires tenus � son sujet par son ancienne cheffe lors de contacts avec des employeurs potentiels. Le 18 mars 1997, X.________ & Cie SA a r�pondu que B.________ n'avait en aucun cas tenu des propos pouvant porter pr�judice � son ancienne subordonn�e et qu'elle avait �t� invit�e � ne plus donner de renseignements sur celle-ci. Le 19 septembre 1997, A.________ est � nouveau intervenue aupr�s de son dernier employeur, par l'interm�diaire du Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (ci-apr�s: SIT). Une premi�re rencontre a r�uni E.________, administrateur de X.________ & Cie SA, F.________, chef du personnel du magasin �Z.________�, G.________, repr�sentant le SIT, et B.________; celle-ci a reconnu � cette occasion avoir donn�, une fois, des renseignements n�gatifs au sujet de son ancienne subordonn�e. Une seconde r�union a eu lieu le 16 avril 1998, en pr�sence de A.________.
Ayant �puis� ses droits � l'assurance-ch�mage le 20 juin 1996, A.________ a occup� un emploi temporaire � l'Universit� de Gen�ve jusqu'au 20 d�cembre 1996. Par la suite, elle a per�u � nouveau des indemnit�s de ch�mage jusqu'en d�cembre 1998.
Par demande d�pos�e le 21 janvier 1999, A.________ a assign� X.________ & Cie SA en paiement de 36 254 fr., � titre de dommages-int�r�ts, et de 20 000 fr., � titre d'indemnit� pour tort moral, le tout avec int�r�ts. Elle a �galement conclu � ce qu'il soit fait interdiction � son ex-employeur et � son ancienne cheffe de donner des renseignements � son sujet.
Par jugement du 19 mars 2001, le Tribunal des prud'hommes du canton de Gen�ve a d�clar� irrecevable cette derni�re conclusion et a d�bout� A.________ de toutes ses autres conclusions.
Statuant le 12 d�cembre 2001 sur appel de la travailleuse, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a confirm� le jugement de premi�re instance. Elle a retenu qu'� l'occasion de deux entretiens t�l�phoniques, dont l'un avec D.________, B.________ avait fourni des renseignements au sujet de A.________, indiquant notamment que celle-ci n'�tait pas faite pour travailler en �quipe et devait �tre plac�e dans un bureau, si possible seule. Se fondant sur les t�moignages des anciennes coll�gues de A.________, la cour cantonale a tenu cette information pour exacte. Comme les renseignements donn�s par B.________ �taient conformes � la r�alit� et d'un int�r�t pertinent pour un �ventuel employeur, la responsabilit� de X.________ & Cie SA n'�tait pas engag�e.
A.________ a form� un recours de droit public contre l'arr�t du 12 d�cembre 2001. Par arr�t du 10 juin 2002, le Tribunal f�d�ral a admis le recours et annul� la d�cision cantonale. D'une part, il a estim� que la Cour d'appel �tait tomb�e dans l'arbitraire en tronquant une partie du t�moignage de D.________, qu'elle consid�rait par ailleurs comme cr�dible. En effet, il ressortait du proc�s-verbal d'enqu�tes que l'employ�e de l'agence de placement avait d�clar�, en rapport avec les informations donn�es par B.________ sur A.________, que �la vente n'�tait donc pas son �l�ment�; que l'on consid�re cette phrase comme une retranscription des propos de B.________ ou comme un commentaire de D.________ � la suite de ces propos, son omission par la cour cantonale �tait de toute mani�re arbitraire dans la mesure o� l'affirmation en cause contredisait manifestement la teneur du certificat de travail, louant les qualit�s de vendeuse de la travailleuse. D'autre part, le Tribunal f�d�ral a estim� que la cour cantonale avait �tabli de mani�re arbitraire que A.________ avait entretenu des contacts personnels difficiles avec ses coll�gues, seuls deux t�moins sur cinq ayant fait �tat de tels probl�mes. C'�tait donc sur la base de d�ductions insoutenables que la cour cantonale avait qualifi� les renseignements donn�s par B.________ de conformes � la r�alit�.
La Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes a rendu un nouvel arr�t en date du 9 octobre 2002. Apr�s avoir annul� le jugement de premi�re instance, elle a condamn� X.________ & Cie SA � payer � A.________, d'une part, la somme brute de 37 736 fr.05 � titre de dommages-int�r�ts, avec int�r�ts � 5% d�s le 24 janvier 1999, invitant la partie qui en a la charge � effectuer les d�ductions sociales et l�gales usuelles et, d'autre part, le montant de 10 000 fr. � titre de r�paration morale, avec int�r�ts � 5% d�s le 24 janvier 1999. Elle a par ailleurs d�clar� irrecevables les conclusions par lesquelles A.________ entendait faire interdiction � X.________ & Cie SA de donner des renseignements sur elle-m�me.
X.________ & Cie SA forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral, concluant � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision.
Dans sa r�ponse, A.________ propose le rejet du recours et demande le b�n�fice de l'assistance judiciaire, y compris la d�signation d'un avocat d'office selon lettre compl�mentaire du 14 mars 2003.
Invit�e � se d�terminer, la cour cantonale se r�f�re � sa d�cision.
X.________ & Cie SA a �galement interjet� un recours en r�forme contre l'arr�t de la Cour d'appel.
1.1 Conform�ment � la r�gle g�n�rale de l'art. 57 al. 5 OJ, il convient de traiter le recours de droit public avant le recours en r�forme.
1.2 De jurisprudence constante, le recours de droit public n'a, sauf exceptions non r�alis�es en l'esp�ce, qu'une fonction cassatoire de sorte que les conclusions qui tendent � obtenir plus ou autre chose que l'annulation de la d�cision cantonale sont irrecevables (ATF 127 II 1 consid. 2c p. 5; 127 III 279 consid. 1b p. 282). Bien que superflue, la demande de retourner le dossier � la cour cantonale n'est toutefois pas irrecevable, car le renvoi de la cause constitue la suite obligatoire d'une admission du recours (Messmer/Imboden, Die eidgen�ssischen Rechtsmittel in Zivilsachen, p. 226, note 10).
1.3 Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqu�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. OJ; ATF 128 III 50 consid. 1c p. 53/54 et les arr�ts cit�s).
2.1 Invoquant l'art. 29 al. 2 Cst. prot�geant le droit d'�tre entendu, la recourante reproche tout d'abord � la cour cantonale d'avoir omis de se prononcer sur des t�moignages pertinents � propos de l'attitude au travail de l'intim�e ou d'en avoir �cart�s d'autres sans motiver sa d�cision. A son sens, les juges genevois ne pouvaient simplement se r�f�rer � l'arr�t du Tribunal f�d�ral rendu sur recours de droit public pour admettre que les renseignements n�gatifs donn�s par la recourante n'�taient pas conformes � la r�alit�. Ils devaient proc�der � une nouvelle appr�ciation des preuves all�gu�es, soit les t�moignages des anciennes coll�gues de l'intim�e et la d�claration �crite du directeur d'un pr�c�dent employeur de l'intim�e, moyens qui n'avaient pas �t� tous examin�s par le Tribunal f�d�ral dans l'arr�t du 10 juin 2002. Or, il ressortirait de ces �l�ments que l'attitude de l'intim�e �tait inappropri�e selon cinq t�moins asserment�s, et non deux comme l'avait retenu le Tribunal f�d�ral dans l'arr�t sur recours de droit public.
2.2 Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend, en particulier, le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur le sort du proc�s, le droit d'avoir acc�s au dossier, de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a, 241 consid. 2).
La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu le devoir pour l'autorit� de motiver sa d�cision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le. Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 126 I 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 consid. 2a). L'autorit� n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs soulev�s par les parties, mais elle peut au contraire se limiter � ceux qui, sans arbitraire, lui apparaissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b; 121 I 54 consid. 2c p. 57 et les arr�ts cit�s).
2.3 Selon l'arr�t attaqu�, les renseignements donn�s par B.________ �taient inexacts sur deux points. D'une part, il �tait faux de pr�tendre que les contacts personnels de l'intim�e avec ses coll�gues du magasin �Z.________� �taient difficiles et que la vendeuse licenci�e n'�tait pas faite pour travailler en �quipe. D'autre part, il n'�tait pas conforme � la v�rit� d'affirmer que �la vente n'�tait pas [l']�l�ment� de l'intim�e. Sous l'angle du droit d'�tre entendu, la recourante ne remet en cause que le premier point.
A ce sujet, la cour cantonale s'est effectivement r�f�r�e � l'arr�t du Tribunal f�d�ral du 10 juin 2002, dont il ressort que la majorit� des coll�gues entendues, soit Mesdames I.________, J.________ et K.________, n'ont pas rencontr� de probl�mes particuliers avec l'intim�e, contrairement � Mesdames L.________ et M.________. Certes, le Tribunal f�d�ral, saisi d'un recours de droit public pour arbitraire, ne se substitue pas � l'autorit� cantonale et ne proc�de pas lui-m�me � l'appr�ciation des preuves comme le ferait une cour d'appel. Il n'en demeure pas moins que, dans le cas particulier, la cour de c�ans a constat� que trois coll�gues sur cinq de l'intim�e n'avaient pas �prouv� de difficult�s avec cette derni�re, les t�moignages n'�tant donc pas univoques sur cette question. Dans la mesure o� sa pr�c�dente appr�ciation desdits t�moignages avait �t� qualifi�e d'arbitraire par le Tribunal f�d�ral, la cour cantonale ne pouvait pas � nouveau conclure, de mani�re g�n�rale, � la r�alit� des difficult�s relationnelles de l'intim�e avec ses coll�gues en se fondant sur les d�clarations des m�mes t�moins. Or, c'est bien sur les m�mes t�moignages, � l'exception de celui de Madame I.________ qu'elle ne mentionne pas, que la recourante aurait voulu que la cour cantonale se prononce une nouvelle fois, soit ceux de Mesdames M.________, K.________, L.________ et J.________. En l'absence de nouveaux moyens de preuve pertinents, la Cour d'appel n'�tait pas tenue de proc�der � une nouvelle appr�ciation des preuves. Au demeurant, le t�moignage de B.________, �galement invoqu� par la recourante, pouvait manifestement �tre �cart� sans arbitraire puisque c'est pr�cis�ment la v�racit� des propos de la susnomm�e qui �tait examin�e. De m�me, l'absence de r�f�rence, dans l'arr�t attaqu�, � la d�claration du pr�sident de V.________ n'est pas critiquable, s'agissant d'un �crit �tabli pr�s de quatre ans apr�s les faits, � l'adresse de la recourante, par une personne qui n'a pas �t� entendue comme t�moin. Quoique succincte, la motivation de l'arr�t attaqu� est suffisante pour comprendre ce qui a guid� les juges cantonaux dans leur d�cision. Le Tribunal f�d�ral ayant d�j� constat� que les t�moins ne parlaient pas d'une m�me voix, la Cour d'appel pouvait, sans tomber dans l'arbitraire ni violer le droit d'�tre entendu de la recourante, retenir sur cette base qu'il �tait faux d'affirmer, sans nuance, � l'instar de la cheffe du rayon parfumerie, que l'intim�e ne s'entendait pas avec ses coll�gues et n'�tait pas faite pour travailler en �quipe. Le premier grief est mal fond�.
3.1 Toujours sous l'angle du droit d'�tre entendu, la recourante se plaint d'un d�faut de motivation dont l'arr�t attaqu� serait entach� � propos du lien de causalit� naturelle entre les mauvaises r�f�rences donn�es et le ch�mage de l'intim�e. Elle fait valoir que, preuves � l'appui, elle a all�gu� des faits qui expliquent la difficult� de l'intim�e � trouver un emploi, ind�pendamment des renseignements d�favorables qui auraient �t� fournis sur la travailleuse par la cheffe du rayon parfumerie du magasin �Z.________�. Or, la cour cantonale ne s'est pas prononc�e sur ces faits, qui sont les suivants: l'intim�e a connu sept emplois en cinq ans, ce qui d�montrerait une instabilit� propre � d�courager un employeur int�ress�; l'intim�e n'a produit que deux certificats de travail, l'absence d'autres certificats �tant pr�cis�ment de nature � dissuader un �ventuel employeur de l'engager; le pr�sident de la soci�t� V.________, qui a employ� l'intim�e du 1er mai au 31 juillet 1995, a attest� par �crit qu'il avait d� faire de nombreuses observations � la vendeuse au sujet de sa fa�on de m�langer vie priv�e et travail, si bien que les mauvaises r�f�rences pouvaient �galement provenir de cette entreprise; enfin, il ressort de son curriculum vitae que l'intim�e a occup� plusieurs emplois dans des secteurs hors de la parfumerie. A cet �gard, la recourante ne voit pas comment les renseignements donn�s par B.________ ont emp�ch� l'intim�e de trouver un emploi non seulement comme vendeuse en parfumerie, mais aussi comme employ�e de bureau, r�ceptionniste, h�tesse d'accueil ou vendeuse de v�tements dans tout le canton de Gen�ve; en jugeant que la mauvaise r�putation de l'intim�e dans la parfumerie lui fermait les portes dans d'autres secteurs de l'�conomie, la Cour d'appel n'aurait donn� aucune base raisonnable � sa d�cision qui, partant, serait arbitraire.
3.2 La d�finition et la port�e du droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. ont �t� rappel�es ci-dessus au consid�rant 2.2.
Par ailleurs, selon la jurisprudence, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou encore heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat. A cet �gard, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue que si celle-ci est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution para�t �galement concevable, voire m�me pr�f�rable (ATF 128 I 81 consid. 2 p. 86, 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275; 128 II 259 consid. 5 p. 280).
En mati�re d'appr�ciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et le port�e d'un tel �l�ment, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des �l�ments recueillis (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a).
3.3 En l'esp�ce, la recourante ne s'est pas heurt�e � un refus d'administration de preuves de la part de la cour cantonale. Elle admet elle-m�me avoir pu produire les preuves des faits qu'elle invoque � pr�sent. Par ailleurs, conform�ment � la jurisprudence susmentionn�e, la cour cantonale n'�tait pas tenue de discuter tous les faits mis en �vidence par les parties. Il lui suffisait d'indiquer les faits et moyens qui, sans arbitraire, lui apparaissaient pertinents et qui motivaient sa d�cision.
A la lecture de l'arr�t attaqu�, il appara�t que la cour cantonale s'est fond�e sur les t�moignages de D.________ et de H.________ pour retenir un lien de causalit� naturelle entre les mauvais renseignements donn�s par �Z.________� et le ch�mage de longue dur�e subi par l'intim�e. Tenant compte de la formation, des connaissances linguistiques, de l'exp�rience professionnelle et de l'�tat d'esprit positif de l'intim�e, les juges genevois sont ainsi parvenus � la conviction que les renseignements d�favorables et erron�s fournis par la recourante ont bel et bien �t� la cause des �checs des d�marches entreprises par l'intim�e ou ses conseillers en placement afin de retrouver un emploi de mars 1996 � d�cembre 1998. M�me si, sur d'autres points, il ne se distingue pas par sa clart�, l'arr�t attaqu� laisse ressortir d'une mani�re suffisante au regard de l'art. 29 al. 2 Cst. l'importance capitale accord�e par la cour cantonale aux deux t�moignages pr�cit�s dans l'�tablissement du lien de causalit� naturelle. Un d�faut de motivation ne saurait �tre retenu.
Lorsqu'elle a repris le dossier en 1997, l'employ�e de l'agence de placement a �t� inform�e que l'intim�e n'avait pu �tre plac�e jusqu'alors en raison de mauvais renseignements donn�s par �Z.________�. Dans le cadre de ses d�marches, D.________ a tout d'abord essuy� un refus de la part d'une autre agence de placement, car les r�f�rences au sujet de l'intim�e �taient mauvaises. Contactant ensuite �Z.________� par t�l�phone, elle s'est vu confirmer, de la bouche de la cheffe du rayon parfumerie, que l'intim�e ne s'entendait pas avec ses coll�gues, qu'elle n'�tait pas faite pour travailler en �quipe et que la vente n'�tait pas son �l�ment. Nantie de cette information, l'employ�e de l'agence a estim� qu'elle n'�tait pas en mesure de trouver un emploi � l'intim�e, � qui elle a retourn� son dossier. La cour cantonale a consid�r� ce t�moignage, �manant d'une professionnelle du placement, comme cr�dible. Or, la recourante ne d�montre pas en quoi il serait arbitraire de croire D.________. Pour sa part, H.________ s'est d�clar� convaincu que l'emploi offert par la pharmacie U.________ avait �chapp� � l'intim�e en raison des renseignements d�favorables donn�s par �Z.________� au sujet de son ancienne employ�e. La cour cantonale a repris cette conviction � son compte et, l� �galement, la recourante ne pr�tend pas qu'il serait arbitraire d'accorder cr�dit au t�moignage du fonctionnaire de l'office cantonal de l'emploi. Au contraire, la concordance des explications de deux personnes exp�riment�es en placement de personnel ne fait qu'en renforcer la valeur probante. Sur la base de ces t�moignages, il n'�tait pas arbitraire d'admettre implicitement que tout employeur int�ress� par la candidature de l'intim�e obtenait les m�mes renseignements d�favorables de la part du magasin �Z.________� et d'en conclure que les mauvaises r�f�rences ainsi colport�es ont emp�ch� l'intim�e de retrouver un emploi de mars 1996 � d�cembre 1998. Les arguments pr�sent�s par la recourante ne sont pas de nature � changer la donne; ils pouvaient �tre omis de l'�tat de fait sans que l'arr�t attaqu� ne soit entach� d'un d�faut de motivation. Il n'�tait en effet pas arbitraire d'admettre implicitement que les circonstances en question n'avaient pas concouru � la survenance du dommage. Ainsi, le fait que l'intim�e a occup� sept emplois en cinq ans d�montre plut�t que la travailleuse n'avait, avant son passage au magasin �Z.________�, �prouv� aucune peine � retrouver un poste. En outre, l'absence de tous les certificats correspondant aux emplois occup�s doit �tre relativis�e dans la mesure o� la recourante elle-m�me, dernier employeur, a r�dig� un certificat de travail �logieux � l'adresse de l'intim�e. Quant au pr�sident de V.________, la recourante ne pr�tend pas qu'il aurait rapport� l'opinion mitig�e qu'il avait apparemment de l'intim�e d'une autre mani�re que par une d�claration �crite � la recourante presque quatre ans apr�s la fin des rapports de travail; on ne voit d�s lors pas en quoi cet �l�ment aurait pu constituer un obstacle pour l'intim�e dans sa qu�te d'emploi. Enfin, l'intim�e pouvait effectivement se pr�valoir d'une formation et d'une exp�rience professionnelle dans d'autres domaines que la parfumerie, mais qui impliquaient toujours des contacts (vendeuse, h�tesse d'accueil, secr�taire, r�ceptionniste). Si elle a not� au passage que les mauvaises r�f�rences circulaient vite dans le �petit monde� de la parfumerie, la cour cantonale n'en a pas pour autant exclu que l'intim�e ait dirig� ses recherches d'emplois dans d'autres secteurs et qu'elle ait �t�, l� aussi, d�savantag�e par les renseignements d�favorables fournis par la recourante sur ses rapports avec les autres. A cet �gard, les t�moignages sur lesquels la Cour d'appel s'est fond�e pour �tablir un lien de causalit� naturelle entre le comportement de la recourante et le ch�mage de l'intim�e ne font nulle part �tat de recherches orient�es exclusivement dans le domaine de la vente de cosm�tiques.
Sur le vu de ce qui pr�c�de, tant le moyen tir� d'une violation du droit d'�tre entendu que le grief d'arbitraire se r�v�lent mal fond�s. Le recours doit �tre rejet�.
Comme la valeur litigieuse d�passait 30 000 fr. � l'ouverture de l'action, la proc�dure n'est pas gratuite (art. 343 al. 2 et 3 CO; ATF 115 II 30 consid. 5b). La recourante, qui succombe, prendra � sa charge les frais judiciaires (art. 156 al. 1 OJ) et versera � l'intim�e une indemnit� � titre de d�pens (art. 159 al. 1 OJ).
B�n�ficiaire du revenu minimum cantonal d'aide sociale, l'intim�e doit �tre consid�r�e comme indigente au sens de l'art. 152 al. 1 OJ. Sa demande d'assistance judiciaire sera donc admise dans la mesure o� elle n'a pas perdu son objet, d�s lors que le risque existe pour la pr�nomm�e de ne pouvoir recouvrer les d�pens auxquels elle a droit; son conseil sera d�sign� comme avocat d'office.
Un �molument judiciaire de 2000 fr. est mis � la charge de la recourante.
La recourante versera � l'intim�e une indemnit� de 2500 fr. � titre de d�pens.
La demande d'assistance judiciaire de l'intim�e est admise, autant qu'elle n'est pas sans objet, et Me Jacques Borowsky est d�sign� comme avocat d'office.
Au cas o� les d�pens ne pourraient pas �tre recouvr�s, la caisse du Tribunal f�d�ral versera � Me Jacques Borowsky le montant de 2500 fr. � titre d'honoraires d'avocat d'office.
Lausanne, le 22 avril 2003