Source: http://www.lobservateur.bf/index.php/politique/item/6915-liberte-provisoire-apres-bassole-diendere
Timestamp: 2017-11-20 02:22:47+00:00
Document Index: 170604235

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Comme tu l’as sans nul doute déjà appris, l’affaire Djibrill Bassolé a connu un énième rebondissement en début de semaine dernière.
Le mardi 10 octobre 2017, en effet, la Chambre de contrôle du tribunal militaire de Ouagadougou a rendu un arrêt accordant la liberté provisoire au général de gendarmerie Djibrill Yipénè Bassolé.
Mais cet arrêt a été l'objet de tractations impliquant, à ce que m’a laissé entendre une source proche du tribunal militaire, l'exécutif. Selon mon informateur, après la décision de la Chambre de contrôle, la famille et les proches du général ont été informés qu'il rejoindrait son domicile le lendemain 11 octobre au matin. Mais il n’en sera rien.
En effet, le commissaire du gouvernement, Alioun Zanré, a manifesté son opposition à cette liberté provisoire accordée à l’ancien chef de la diplomatie de Blaise Compaoré. C’est alors qu’il avait commencé à faire ses valises pour rejoindre son domicile que le général a été informé de l'appel interjeté par le commissaire du gouvernement et de la tenue de l'audience prévue le même jour à 14h. Pendant ce temps, un officier de la gendarmerie, accompagné de quelques-uns de ses éléments, était déjà au domicile du général pour une inspection avant le retour du maître des lieux.
Au cours de débats contradictoires qui ont duré plusieurs bonnes heures au tribunal militaire, le commissaire du gouvernement aurait été rejoint par le ministre de la Justice et celui de la Défense.
Cher Wambi, si tel a été effectivement le cas, je ne peux que me poser la question de l’opportunité de cette présence gouvernementale. Les ministres René Bagoro et Jean Claude Bouda étaient-ils tenus de faire le déplacement au tribunal militaire, qui plus est dans le cadre d’un dossier aussi sensible où chacun dénonce, à tort ou à raison, l’immixtion de l’exécutif ?
On se demande alors si l’assignation à résidence surveillée, en lieu et place de la liberté provisoire, est une décision librement prononcée par le juge ou un arrêt pris sous une quelconque pression.
Cher cousin, tu as certainement entendu parler du dernier numéro de notre confrère « Le Reporter », où le général Djibrill Bassolé est cité comme « le vrai cerveau du coup d’Etat manqué » du 16 septembre 2015. Dans l’article en question, notre confrère fait cas « d’éléments sonores » qui vont faire couler beaucoup d’encre et de salive dans les jours à venir.
En effet, dans le camp du général Bassolé, cette publication est perçue comme « la diffamation de trop ». Et selon des sources proches de M. Bassolé, des démarches auprès de ses avocats ont d’ores et déjà été entamées dans le but de poursuivre le journal devant les juridictions compétentes pour « diffamation ».
Les mêmes sources m’ont appris que, désormais assigné à résidence surveillée, Djibrill Bassolé a introduit mardi dernier une demande d’évacuation sanitaire d’urgence.
Enfin, pour clore ce dossier judiciaire, sache que cette assignation à résidence surveillée est très encadrée, comme l’indique l’arrêté du ministère de la Défense dont voici les huit articles :
Article 1 : Monsieur Bassolé Yipénè Djibrill, de nationalité burkinabè, né le 30 novembre 1957 à Nouna, province de la Kossi, fils de Bassolé Mahama et de Taro Véronique, Général de brigade de gendarmerie, inculpé de trahison, association de malfaiteurs, complicité de destruction volontaire de biens, incitation à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline, complicité de meurtre, complicité de coups et blessures volontaires, est assigné à résidence conformément à l’arrêt n°2017-069/TMO/CCI du 10 octobre 2017 du Tribunal militaire de Ouagadougou.
Article 2 : La résidence de M. Bassolé Yipéné Djibrill est fixée dans l’enceinte de l’immeuble sis à Ouaga 2000 zone ministérielle.
Article 3 : La sécurité et la surveillance de la résidence sont assurées par la gendarmerie nationale.
Article 4 : L’intéressé ne peut quitter sa résidence que sur autorisation du président de la Chambre de contrôle du Tribunal militaire de Ouagadougou et sous escorte de la gendarmerie nationale.
Article 5 : L’intéressé peut communiquer librement avec un appareil téléphonique n’ayant pas de possibilité d’accès à Internet et dont les numéros d’appel doivent être communiqués à la gendarmerie.
Toutes correspondances, tous écrits et documents divers envoyés ou reçus par l’intéressé doivent être soumis à l’autorisation préalable du président de la Chambre de contrôle du tribunal militaire de Ouagadougou.
Article 6 : Les visites à ladite résidence sont réglementées ainsi qu’il suit :
Son épouse est autorisée à résider avec lui en permanence ;
Les visites des autres membres de la famille et d’autres personnes sont autorisées de 6 h à 18 h ;
Le médecin traitant et les conseils ont un accès permanent à l’intéressé ;
Nul ne peut accéder à l’intérieur de la résidence avec un téléphone ou tout autre moyen de communication ;
Il ne peut être admis plus de deux visiteurs à la fois.
Article 7 : L’alimentation de l’intéressé est assurée exclusivement par son épouse ou toute autre personne expressément désignée par elle.
Article 8 : Le chef d’état-major de la gendarmerie nationale, le directeur de la Justice militaire et le directeur central de l’Intendance militaire sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.
Ouagadougou, le 13 octobre 2017
Cher Wambi, cela fait déjà une semaine que le général Djibrill Bassolé bénéficie d’une liberté provisoire assortie d’une mise en résidence surveillée. Le mardi 10 octobre dernier, l’annonce de la fin de la détention préventive du premier général de gendarmerie de notre pays a provoqué un tollé. C’est dans la nuit que le grand public a eu vent de cette libération, mais déjà le mercredi 11 octobre au matin, des manifestants arboraient des tee-shirts portant la mention : «Non à la libération de Bassolé».
Cher cousin, des organisations de la société civile avaient aussitôt appelé leurs militants à aller manifester leur mécontentement à la place de la Nation. C’est vrai que la mobilisation a fait pschitt, car il n’y avait pas grand-monde à la « place Tahrir» de Ouagadougou. Mais cela n’avait pas empêché ceux qui étaient présents de converger vers la justice militaire pour signifier leur rejet de cette ordonnance de la Chambre de contrôle de l’instruction. Les croquants avaient été tenus à bonne distance du prétoire militaire par la police, qui avait ceinturé les lieux. Malgré tout, la décision de justice a été appliquée, et le général Bassolé est, depuis lors, dans une villa à Ouaga 2000 où, en dehors de sa femme et de ses avocats, nul ne peut avoir accès à lui sans autorisation expresse.
Cher Wambi, alors que le séisme provoqué par cette liberté provisoire du général Bassolé n’a pas encore épuisé ses répliques, voici du côté de la justice militaire une autre bombe, un tsunami, devrais-je dire. Tu me demandes déjà de quoi il s’agit : eh bien, cher cousin, sache que les avocats du général Gilbert Diendéré ont demandé, ni plus ni moins, la libération d’office de l’homme mince, le présumé patron des putschistes de septembre 2015.
Les avocats de l’accusé ont voulu exploiter la disposition légale qui indique que dans notre pays le mandat de dépôt est d’une durée de six mois. C’est dire qu’au terme de cette échéance, le mandat doit être prorogé pour garder l’accusé en détention préventive. C’est ainsi que le mandat de Diendéré avait toujours été prorogé. La quatrième prorogation a eu lieu le 6 avril et expirait le 6 octobre. Mais constatant quelques jours après cette date que la justice n’avait toujours pas prorogé le mandat, les avocats de Gilbert Diendéré ont introduit une requête aux fins de la mise en liberté d’office de leur client en arguant qu’il est depuis le 6 octobre dans une situation de détention arbitraire puisqu’il n’a pas été jugé et condamné.
En avançant cela, les avocats se sont appuyés sur l’article 138 du Code de procédure pénale qui dispose que « la détention préventive ne peut excéder six mois. Passé ce délai, si le maintien en détention apparaît nécessaire, le juge d’instruction peut le prolonger par ordonnance spécialement motivée, rendue sur les réquisitions également motivées du procureur. Chaque prolongation ne peut être prescrite pour une durée de plus de six mois».
De son côté, cher cousin, le parquet militaire n’est, évidemment, pas de cet avis. Pour lui, l’article que les avocats invoquent n’est valable que durant la phase d’instruction alors que le dossier serait présentement au niveau de la Chambre de contrôle. De plus, le commissariat général du gouvernement a invoqué le Code de justice militaire, dont l’article 99 alinéa 6 précise que «le mandat d’arrêt ou de dépôt décerné contre l’inculpé conserve sa force exécutoire jusqu’à ce qu’il ait été statué par la chambre de contrôle».
Au terme de l’audience, cher cousin, la Chambre de contrôle a finalement rejeté la requête des avocats de Diendéré, qui comptent faire appel devant la chambre criminelle. Pour eux, la justice militaire tient compte de l’opinion publique avant de rendre ses décisions, sinon rien n’empêche que Diendéré soit libéré et mis en résidence surveillée comme le général Bassolé, au nom même de l’égalité de tous devant la loi. Au regard de cette situation, cher Wambi, les avocats de Diendéré m’ont déclaré hier que «si c’est l’opinion qui doit faire la loi, il ne reste plus qu’à supprimer le droit et à soumettre toutes les questions de droit à référendum. Ou alors que les personnes poursuivies dans le dossier du putsch soient condamnées lors des Conseils des ministres où d’autorité, comme pour des nominations, on donnera la peine à infliger à chaque accusé».
En attendant que la chambre criminelle examine l’appel interjeté par ses avocats, le général Gilbert Diendéré demeure un pensionnaire de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA).
C’est le lieu pour moi, cher cousin, de te rappeler qu’en fait, le général Diendéré a déjà bénéficié d’une liberté provisoire en juillet 2017, mais c’était dans le cadre du dossier de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara. Une liberté sans effet puisque dans le même temps il est poursuivi dans le dossier du coup d’Etat de septembre 2015.
Cher Wambi, c’est la réplique burkinabè des revendications des rebelles ivoiriens, tous ces militaires et civils qui ont rejoint le camp Ouattara, lors de la guerre civile ivoirienne de 2010-2011.
Comme tu ne le sais que trop aujourd’hui, la rébellion, déclenchée en septembre 2001 contre le régime Gbagbo, a bénéficié de soutiens multiformes de Ouagadougou. C’est le cas par exemple de l’engagement de militaires du côté des Forces nouvelles de Guillaume Soro, bras armé d’Alassane Ouattara au temps de la crise.
Mais sache, cher cousin, qu’en plus des soldats burkinabè en activité, le camp Ouattara a eu recours à des militaires burkinabè à la retraite.
En effet, au nombre de 58 vétérans, répartis en cinq contingents, ils se sont rendus en Côte d’Ivoire à partir de janvier 2011 par vagues successives sous le nom de Code « Groupe Oméga ».
Mais avant, le 22 décembre 2010, à l’issue d’une rencontre à Ouagadougou avec une délégation des Forces nouvelles conduite par le capitaine Souleymane Zebret, un accord prévoyant une rétribution de 10 millions de francs mensuels par soldat avait été signé. Une avance, allant de 1,5 à 5 millions de francs, a été versée à chacun des éléments du « Groupe Oméga » contre promesse de solder le reste en fin de mission à Ouagadougou.
Mais une fois les combattants burkinabè de retour dans leur pays, rien ne se passera comme prévu.
En effet, cher Wambi, d’un certain Kobo (chef de zone sous la rébellion) rencontré plus tard à Abidjan à l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Burkina en passant par le représentant spécial du Facilitateur, Boureima Badini, le médiateur du Faso de l’époque, le président du HCRUN et la haute hiérarchie militaire burkinabè, les 58 nervis n’y verront que du feu.
Malgré le sacrifice consenti en ramenant le montant qui leur est dû à 25 millions chacun, ils ne sont toujours pas à bout de leur parcours du combattant. Et rien ne pousse à l’optimisme.
En effet, lors de leur énième tentative pour transmettre une demande d’audience à l’ambassadeur ivoirien à Ouaga le jeudi 17 octobre dernier, une délégation des anciens supplétifs des Forces nouvelles a eu une vive altercation avec l’attaché de défense Abou Coulibaly. Ce dernier a fait savoir que « ni l’ambassade ni l’Etat ivoirien ne peut résoudre cette affaire » puis a invité les « légionnaires » à faire valoir leur droit auprès de leur « employeur ».
Si c’est vrai qu’ils doivent plutôt s’adresser à leur « employeur », la question est de savoir qui est ce fameux « employeur » qui n’a pas respecté les termes du contrat.
Mais, cher cousin, quand on sait que ces militaires ont combattu le camp Gbagbo jusqu’à sa chute en 2011, point n’est besoin d’être un marabout de Bouaké pour savoir qui est cet « indélicat » employeur qui paye ainsi en monnaie de singe ceux qui ont contribué à le faire roi.
Cher Wambi, parmi les nombreuses déclarations faites à l’occasion du trentième anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, l’une de celles qui auront le plus retenu l’attention émane sans conteste de Mariam qui s’est permis une réaction depuis Montpellier où elle vit en exil depuis. La veuve du défunt président du CNR attend en effet que sa soif de justice soit enfin étanchée et estime qu’on peut ériger le mémorial en souvenir de son mari partout sauf au …Conseil de l’Entente, ce repaire de sinistre mémoire qui lui rappellera toujours l’horreur de ce jeudi 15 octobre 1987.
Pour une fois, cher cousin, je suis d’accord avec elle, même si je suis de ceux qui pensent qu’elle n’a jamais été la plus malheureuse des veuves que son tendre mari a même aussi faites. Je suis d’accord pour la disqualification d’office du Conseil, mais pour une tout autre raison : cette enclave diplomatique, qui jouit, à l’image des ambassades, consulats et sièges des organisations sous-régionales ou internationales, du statut d’extraterritorialité, n’appartient pas au Burkina auquel elle est liée par un accord de siège. Et cela, même si les jeunes Turcs de la révolution ne s’étaient déjà pas gênés d’en faire leur antre. Le lopin n’étant pas la propriété du Burkina, a fortiori celle d’une quelconque galaxie, soit-elle sankariste, on n’a pas à y ériger quoi que ce soit, même si l’institution végète. Autrement, ce serait un très mauvais signal envoyé à d’autres et demain, c’est les sièges de l’UEMOA, du CILSS, du Liptako Gourma, de l’UIDH et que sais-je qu’on va violer tout aussi impunément.
A cela s’ajoute le fait qu’encastré dans la Rotonde, le site dont rêvaient certains peut paraître clos et difficile d’accès, or pour un monument de ce genre, censé accueillir des visiteurs en toute saison, il faut un espace plus ouvert. Soit dit en passant, cher cousin, si ça peut rassurer Mariam, elle n’est pas la seule à qui ce « camp Boiro » du Faso, hanté par les fantômes des suppliciés, rappelle de mauvais souvenirs, puisque certains « ennemis de la révolution » et leurs ayants droit ont aussi toujours des cauchemars rien qu’à y penser.
 Membre du bureau politique du CDP mais très peu connu du grand public, Minata Guelwaré a été arrêtée puis placée sous mandat de dépôt vendredi dernier dans le cadre du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Contrairement à tous les prévenus, détenus ou momentanément détenus à la MACA, la dernière des « putschistes » séjourne à la MACO pour « éviter qu’elle ne se retrouve seule au quartier femme de la prison militaire ».
De la Côte d’Ivoire où elle s’était exilée, Minata Guelwaré est revenue au Burkina fin décembre 2016 après l’annulation des mandats d’arrêt lancés contre 16 personnes pour leur implication présumée dans le coup d’Etat manqué.
 La lumière commence à se faire sur l’assassinat d’une fillette de 9 ans au village de Yandghin. En rappel, la victime avait été enlevée lors des festivités de la fête de « Zambédé » le samedi 30 septembre. Son corps, dont la langue et le sexe ont été prélevés, a été retrouvé trois jours plus tard. Depuis, la police de Dapelogo, qui a fait le constat d’usage, était à pied d’œuvre pour retrouver l’auteur de cet acte ignoble. Les investigations ont permis de mettre la main sur un suspect sérieux, qui tentait de fuir, en fin de semaine dernière. Interrogé au commissariat en présence des parents de la victime, il a fini par avouer son forfait, a même reconnu les autres enfants qui étaient avec la victime, et décrit son mode opératoire.
 L’association des ambassadeurs, consuls généraux et ministres plénipotentiaires du Burkina Faso à la retraite (ABF) organise un panel sur la paix, la sécurité, la nouvelle géopolitique africaine, la bonne gouvernance, la révolution numérique, la jeunesse et bien d’autres sujets d’actualité. Prévu le jeudi 26 octobre prochain à partir de 9 heures au ministère des Affaires étrangères, l’événement, organisé sous le thème : « Enjeux et défis de l’unité africaine : quels combats et quels chantiers pour les générations africaines montantes ? » réunira près de trois cents personnalités issues du monde politique, diplomatique académique, intellectuel, économique, médiatique, des mouvements associatifs…
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0 #1 Neilson 22-10-2017 17:05
Cela ne sera que justice dans cette injustice que les têtes bien pensantes de notre justice devraient accéder; pourquoi Djibril et pas Gilbert? Lui qui a reconnu urbi er orbi son forfait et a endossé "sa" responsabilité, que pouvons nous craindre de cet homme encore? On attend juste le jugement du dossier et la sentence, tandis que l'autre là avec son soro et ce qu'on a entendu de leur conversation est capable de tout, et même le plus naïf des burkinabè le sait!