Source: https://www.incadat.com/en/case/1327
Timestamp: 2019-04-19 21:04:53+00:00
Document Index: 133351312

Matched Legal Cases: ["l'article 20", "l'article 20", "l'article 20", "l'article 20", "l'article 20", "l'article 20", "l'article 24", "l'article 20"]

INCADAT | Jasna Deti?ek v. Maurizio Sgueglia (C-403/09 PPU)
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Jasna Deti?ek v. Maurizio Sgueglia (C-403/09 PPU)
HC/E/SI 1327
K. Lenaerts (President of the Chamber); R. Silva de Lapuerta, E. Juhász, J. Malenovský (Rapporteur) and D. Šváby (Judges)
Article 20 of the Brussels IIa Regulation (Council Regulation (EC) No 2201/2003 of 27 November 2003); Article 24(3) of the Charter of fundamental rights of the European Union
Case 166/80 Klomps [1981] ECR 1593; Jasna Deti?ek v. Maurizio Sgueglia (C-403/09 PPU) INCADAT Reference HC/E/ 1327; Case C 341/04 Eurofood IFSC [2006] ECR I 3813; Rinau v. Rinau (C-195/08 PPU) INCADAT Reference HC/E/ 987; Case 106/77 Simmenthal [1978] ECR 629; Case C 213/89 Factortame and Others [1990] ECR I 2433; Case C 453/99 Courage and Crehan [2001] ECR I 6297; Case C 253/00 Muñoz and Superior Fruiticola [2002] ECR I 7289; Case C 443/03 Leffler [2005] ECR I 9611; A. (C-523/07) INCADAT Reference HC/E/ 1000.
http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=72557&pageIndex=0&doclang=en&mode=lst&dir=&occ=first?=1&cid=456306
The proceedings related to a child born in September 1997 to a Slovenian mother and an Italian father, who were long-term residents in Italy. In divorce proceedings in Italy, on 25 July 2007, the father was granted provisional custody, but the child was ordered to be placed in care. On the same day, the mother removed the child to Slovenia. On 22 November 2007, the Italian order was declared enforceable in Slovenia and this was confirmed by the Supreme Court (Slovenia) on 2 October 2008. Enforcement proceedings, aimed at securing the return of the child, were then commenced.
Notwithstanding the latter proceedings, on 28 November 2008 the mother applied in Slovenia for a provisional and protective measure giving her custody of the child on the basis of Article 20 of the Brussels IIa Regulation (Council Regulation (EC) No 2201/2003 of 27 November 2003). This was granted on 9 December 2008 on the basis the child was settled, she wished to remain with the mother, and a return would cause her harm. Enforcement proceedings were suspended on 2 February 2009.
The father challenged the granting of the provisional measure. This was rejected. He then appealed to the Court of appeal in Maribor (Slovenia), which stayed the proceedings and made an application to the Court of Justice of the European Union (CJEU) under the urgent (PPU) mechanism as to whether Article 20 of the Brussels IIa Regulation had to be interpreted as allowing a court of a Member State to take a provisional measure in matters of parental responsibility granting custody of a child who was in the territory of that Member State to one parent, where a court of another Member State, which had jurisdiction, had already delivered a judgment provisionally giving custody to the other parent, and where that judgment had been declared enforceable in the territory of the former Member State.
Preliminary ruling issued.
Article 20: Provisional and Protective Measures:
The CJEU recalled the conditions for the application of Article 20 of the Brussels IIa Regulation (Council Regulation (EC) No 2201/2003 of 27 November 2003): urgency; relate to persons or assets in the Member State seized; provisional in nature. In this, the Court noted that the concept of urgency related to both the situation of the child as well as the practical impossibility of bringing the parental responsibility application before the court with jurisdiction as to the substance.
The circumstances mentioned by the Slovenian court did not suffice to render the case urgent for the purposes of Article 20. Were a change in circumstances resulting from a child's integration into a new environment to suffice to activate Article 20(1), then any delay in the enforcement procedure in the requested Member State would contribute to creating the circumstances which would allow a court in the latter State to block the enforcement of the judgment that had been declared enforceable.
Such an interpretation would undermine the principle of mutual recognition. Moreover, given that the circumstances in the present case resulted from an abduction, the Regulation's aim of deterring wrongful removals and retentions would equally be undermined.
In referring to the geographical element of Article 20, the Court noted that the left behind father was also implicated in the provisional measure and he was not present in Slovenia. The Court finally drew attention to Article 24(3) of the Charter of Fundamental Rights of the European Union, on children's right to contact and held that Article 20 could not be interpreted in a manner which disregarded the latter right.
L'affaire concernait un enfant né en septembre 1997 d'une mère slovène et d'un père italien ; le couple résidait depuis longtemps en Italie. Le 25 juillet 2007, lors de la procédure de divorce en Italie, la garde provisoire a été accordée au père, mais le placement de l'enfant a été ordonné. Le même jour, la mère a emmené l'enfant en Slovénie. Le 22 novembre 2007, l'ordonnance italienne a été déclarée exécutoire en Slovénie, ce qui a été confirmé par la Cour suprême (Slovénie) le 2 octobre 2008. La procédure d'exécution visant à assurer le retour sans danger de l'enfant a donc été enclenchée.
Malgré cette procédure, la mère a demandé en Slovénie une mesure provisoire et conservatoire lui octroyant la garde de l'enfant sur la base de l'article 20 du Règlement Bruxelles II bis (Règlement (CE) No 2201/2003 du Conseil du 27 novembre 2003) le 28 novembre 2008. Le 9 décembre, l'ordonnance demandée a été délivrée aux motifs que l'enfant s'était intégrée à son nouveau milieu, qu'elle souhaitait rester avec sa mère et qu'un retour l'exposerait à un risque. La procédure d'exécution a été suspendue le 2 février 2009.
Le père a remis en cause le fondement de la mesure conservatoire accordée, mais sa demande a été rejetée. Il a alors interjeté appel devant la Cour d'appel de Maribor (Slovénie), qui a sursis à statuer et a introduit une demande devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) en vertu de la procédure préjudicielle d'urgence (PPU) afin de déterminer si l'article 20 du Règlement Bruxelles II bis devait être interprété comme permettant à la cour d'un État membre de prendre une mesure provisoire en matière d'autorité parentale octroyant la garde d'un enfant qui se trouve sur son territoire à l'un des parents, alors que la cour d'un autre État membre, ayant compétence, a déjà rendu une décision accordant la garde provisoire à l'autre parent, et que cette décision a été déclarée exécutoire sur le territoire où se trouve l'enfant.
Décision préjudicielle rendue.
Article 20 : Mesures provisoires et conservatoires :
La CJUE a rappelé les conditions d'application de l'article 20 du Règlement Bruxelles II bis (Règlement (CE) No 2201/2003 du Conseil du 27 novembre 2003) : urgence ; rapport aux personnes ou aux biens de l'État membre saisi ; nature provisoire. Ici la Cour a noté que le concept d'urgence se rapportait à la fois à la situation de l'enfant et à l'impossibilité pratique de porter la demande d'autorité parentale devant la cour compétente pour connaître du fond.
Les circonstances mentionnées par la Cour slovène n'ont pas suffi à conférer à l'affaire un caractère urgent au sens de l'article 20. Si un changement survenu dans les circonstances résultant de l'intégration de l'enfant dans un nouveau milieu suffisait à justifier l'application de l'article 20(1), tout retard dans la procédure d'exécution dans l'État membre requis contribuerait à créer des circonstances permettant à une cour de cet État de bloquer l'exécution de la décision déclarée exécutoire.
Une telle interprétation porterait atteinte au principe de reconnaissance mutuelle. En outre, étant donné que les circonstances de la présente affaire étaient le résultat d'un enlèvement, cette interprétation irait à l'encontre de l'objectif du Règlement, qui est de décourager les déplacements et non-retours illicites.
Se référant à l'élément géographique de l'article 20, la Cour a noté que le père privé de ses enfants était également concerné par la mesure provisoire et n'était pas présent en Slovénie. La Cour a finalement attiré l'attention sur l'article 24(3) de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, relatif au droit des enfants à des contacts avec leurs deux parents, et a estimé que l'article 20 ne pouvait être interprété d'une façon qui bafoue ce droit.