Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001220-220317
Timestamp: 2017-04-26 04:25:05+00:00
Document Index: 122617390

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", "l'article 25", "l'article 12", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 25', 'art. 12']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 20 décembre 2000, 220317
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 220317Numéro NOR : CETATEXT000008069212 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-20;220317 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 25 avril 2000, présentée par Mlle Catherine Y...
X..., demeurant chez M. Ndoumbe X..., ... ; Mlle Catherine Y...
1°) d'annuler le jugement du 22 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 28 février 2000 du préfet de la Somme ayant décidé sa reconduite à la frontière et fixé le Cameroun comme pays de destination de la reconduite ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle WONDJE X..., de nationalité camerounaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 12 juillet 1999, de la décision du préfet de la Somme du 24 juin 1999, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si Mlle WONDJE X... née en 1971 et entrée en France en juillet 1998 fait valoir qu'elle y est venue pour retrouver plusieurs de ses frères et soeurs ainsi que sa mère qui est en attente de la délivrance d'un titre de séjour et que si son père et le reste de ses frères sont restés au Cameroun, ils ne veulent ou ne peuvent subvenir à ses besoins, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mlle WONDJE X... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de la Somme en date du 28 février 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mlle WONDJE X... fait valoir qu'elle poursuit des études tendant à l'obtention du brevet de technicien supérieur au lycée privé Saint Martin à Amiens ; que cette circonstance ne suffit pas à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée ;
Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris selon la procédure normale ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, Mlle WONDJE X... ne justifiait pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Somme ne pouvait légalement prendreà son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée doit être écarté ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précéde que Mlle WONDJE X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande ;
Article 1er : La requête de Mlle WONDJE X... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mlle Catherine Y...
X..., au préfet de la Somme et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-02-28Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 20 décembre 2000, n° 220317Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. GenevoisRapporteur public : M. CourtialOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 20/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page