Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001127-216677
Timestamp: 2017-04-30 11:12:46+00:00
Document Index: 320429797

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 3", "l'article 9", "l'article 6", 'art. 3', 'art. 9', 'art. 8', 'art. 6', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 27 novembre 2000, 216677
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 27 novembre 2000, 216677
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 216677Numéro NOR : CETATEXT000008035995 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-11-27;216677 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu, la requête enregistrée le 24 janvier 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d' Etat, présentée par M. X... WANG, demeurant chez ... ; M. Y... demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat :
1°) d'annuler le jugement du 10 novembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 1998 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière ;
Vu la convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y..., de nationalité chinoise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 9 juillet 1998, de la décision du préfet de police du 3 juillet 1998 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant que M. Y... ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir, à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté de reconduite à la frontière, des dispositions de la circulaire du ministre de l'intérieur du 24 juin 1997 qui sont dépourvues de caractère réglementaire ;
Considérant que les circonstances que M. Y... séjourne en France depuis 1995, qu'il est bien intégré, qu'il subvient à ses besoins, bénéficie d'une promesse d'embauche et remplit ses obligations fiscales ne suffisent pas à établir que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a faite des conséquences de la mesure contestée sur sa situation personnelle ;
Considérant que si M. Y... fait valoir qu'il séjourne en France depuis 1995, qu'il souhaite rester en France avec son épouse, installée depuis 1992, et son fils âgé de dix ans, et qu'ainsi l'arrêté de reconduite à la frontière porte atteinte à sa vie privée et familiale, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. Y... en France, et du fait que son épouse, en situation irrégulière, fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police en date du 16 novembre 1998 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a par suite pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990: "Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale" ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'épouse du requérant fait également l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière, et que rien ne s'oppose à ce que son enfant et son épouse repartent avec lui; que dès lors, il n'est pas établi que l'intérêt supérieur de l'enfant n'ait pas été pris en compte ;
Considérant que les stipulations de l'article 9 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés; que M. Y... ne peut donc utilement se prévaloir de ces stipulations pour demander l'annulation de l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'en dehors du cas prévu par l'article 6-1 de la loi du 16 juillet 1980 dont les conditions d'application ne sont pas remplies en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration ; qu'ainsi les conclusions de M. Y... tendant à la régularisation de sa situation administrative doivent être rejetées ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... WANG, au préfet de police et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-11-16Circulaire 1997-06-24Convention 1990-01-26 New-York droits de l'enfant art. 3-1, art. 9Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Décret 1990-10-08Loi 80-539 1980-07-16 art. 6-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 27 novembre 2000, n° 216677Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. GenevoisRapporteur public : M. SebanOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 27/11/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page