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Timestamp: 2016-10-24 00:05:11+00:00
Document Index: 39368400

Matched Legal Cases: ['art. 336', 'art. 336', 'art. 76', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 316', 'art. 150', 'art. 150', 'art. 150', 'art. 316', 'art. 8', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 119', 'art. 341', 'ATF ', 'art. 336', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 115', 'art. 18', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 324', 'art. 335', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 119', 'art. 119', 'art. 17', 'art. 324', 'ATF ', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 93', 'art. 66', 'art. 68']

4A_362/2015 (01.12.2015)
4A_362/2015 � � Arr�t du 1er d�cembre 2015
repr�sent�e par Me Edmond Perruchoud,
2. Caisse de ch�mage C.________,
toutes deux repr�sent�es par Me Jean-Michel Zufferey,
recours en mati�re civile contre le jugement rendu le 8 juin 2015 par la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais.
A.a.�A.________ exploite l'�tablissement public D.________, �... (VS). Par contrat de travail de dur�e ind�termin�e prenant effet le 1
er�ao�t 2007, elle a engag� B.________ en qualit� de pizza�ola, pour un salaire mensuel brut de 3'260 fr. vers� treize fois l'an. D�s le 1
er�juillet 2010, cette employ�e a �t� affect�e en cuisine et son salaire mensuel brut est pass� � 3'750 fr., 13
e�salaire en sus.
Alors qu'elle �tait enceinte d'un mois, B.________ a fait une fausse couche. Son incapacit� de travail, d'abord pr�vue pour un temps ind�termin�, a finalement dur� deux jours, du 18 au 20 janvier 2011.
Le samedi 12 mars 2011, B.________ a effectu� son service du matin jusqu'� 14 heures, mais ne s'est pas pr�sent�e pour celui du soir. Le mardi 15 mars 2011, A.________ a adress� � B.________ une lettre de � mise en demeure � se r�f�rant � son absence du samedi soir � sans aucune excuse ou motif valable �, et lui donnant un � dernier avertissement �.
Ce m�me 15 mars, B.________ a travaill� jusqu'� 14 heures, puis, se sentant tr�s mal, s'est rendue chez son m�decin qui a diagnostiqu� un d�but de d�pression. Elle n'a pas repris son service du soir et a �t� mise en incapacit� totale de travailler du 16 mars au 10 avril 2011.
A.b.�Le 12 avril 2011, B.________ s'est pr�sent�e sur son lieu de travail et a constat� que son poste �tait occup�. A.________ lui a alors pr�sent� une lettre de cong� dont la teneur est la suivante:
� B.________
Par la pr�sente, je t'informe que je te donne ton cong� pour le 31 mai prochain.
Ton incompatibilit� d'humeur avec ta coll�gue, avec moi, rend tout rapport de travail impossible.
Afin de ne pas mettre en p�ril la bonne marche de mon entreprise, j'ai donc pris cette d�cision. Tu percevras les salaires d'avril et mai normalement. Un d�compte final te sera envoy� ainsi qu'un certificat de travail.
Je te lib�re de l'obligation de travailler d�s le 12 avril 2011. �
B.________ a contresign� cette lettre de cong�, puis a quitt� les lieux. Lors de son interrogatoire par le Tribunal du travail, elle a pr�cis� qu'elle avait appos� sa signature sur cette lettre pour acceptation. Selon ses explications, elle savait que A.________ avait engag� quelqu'un pour la remplacer en cuisine et elle esp�rait �tre licenci�e, car les rapports de travail �taient devenus difficiles � la suite des doutes �mis sur la cr�dibilit� de ses diverses incapacit�s de travail; elle avait donc accept� sans autre le cong� qui lui avait �t� donn�, puisqu'elle l'attendait.
A.c.�A une date ind�termin�e, mais qui se situe aux alentours du 20 avril 2011, B.________ est tomb�e enceinte, information qu'elle a port�e � la connaissance de A.________ par courrier du 26 mai 2011. Invoquant la suspension du cong� pendant la grossesse et au cours des seize semaines qui suivent l'accouchement, l'int�ress�e a offert ses services � A.________ et l'a mise en demeure de lui fournir du travail, ce que cette derni�re a refus�. S'estimant ainsi lib�r�e de son obligation de travailler, B.________ a invit� A.________ � lui verser son salaire jusqu'� seize semaines apr�s son accouchement, sans succ�s. Toutes ces d�marches ont �t� effectu�es avec l'aide du Syndicat E.________, auquel B.________ est affili�e.
Par lettre du 18 novembre 2011, la Caisse de ch�mage C.________ (ci-apr�s: la caisse de ch�mage) a inform� A.________ qu'elle avait d�cid� de verser l'indemnit� de ch�mage � B.________ tant que durerait le litige relatif � l'obligation de payer le salaire durant le d�lai de cong�; elle a pr�cis� que le versement entra�nait une subrogation l�gale en sa faveur.
B.________ a accouch� d'une fille le 16 janvier 2012. Par d�cision du 20 avril 2012, la caisse de compensation lui a accord� une allocation de maternit� de 10'662 fr. 40. Quant aux indemnit�s de ch�mage per�ues par l'int�ress�e, elles se sont �lev�es au montant brut de 27'075 fr. 05 pour la p�riode de juin 2011 � juin 2012.
B.a.�Apr�s une tentative de conciliation infructueuse, B.________ a assign� A.________ le 2 avril 2012 devant le Tribunal du travail du canton du Valais en paiement de la somme brute de 18'525 fr. 75 avec int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2011 (date moyenne). Par �criture s�par�e du m�me jour, la caisse de ch�mage a fait de m�me; se pr�valant de la subrogation, elle a chiffr� ses pr�tentions au montant brut de 19'051 fr. 25, avec int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2011.
Par la suite, tenant compte des indemnit�s de ch�mage per�ues pour la p�riode de juin 2011 � juin 2012, B.________ a r�duit ses pr�tentions au montant brut de 10'501 fr. 95, tandis que la caisse de ch�mage a port� les siennes au montant brut de 27'075 fr. 05.
B.b.�Par jugement du 25 juin 2013, le Tribunal du travail a condamn� A.________ � verser le montant net de 8'003 fr. 55 � B.________, � payer aupr�s des caisses aff�rentes les charges sociales et imp�ts � la source calcul�s sur un montant brut de 10'501 fr. 95, le tout avec int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2011, et enfin, � verser � la caisse de ch�mage le montant net de 27'075 fr. 05 avec int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2011.
B.c.�Par jugement du 8 juin 2015, la II
e�Cour civile du Tribunal cantonal du Valais a rejet� l'appel d�pos� par A.________.
En bref, les juges cantonaux, proc�dant � une interpr�tation objective de la volont� des parties, ont retenu que la lettre de cong� pr�sent�e � la travailleuse et contresign�e par celle-ci le 12 avril 2011 ne constituait pas une r�siliation conventionnelle, mais une r�siliation unilat�rale. D'apr�s les �l�ments du dossier, la volont� r�elle de la d�fenderesse �tait de mettre un terme au contrat de travail pour l'�ch�ance l�gale, tout en lib�rant la demanderesse de son obligation de travailler; les juges en ont d�duit que le cong� notifi� le 12 avril 2011 �tait un cong� ordinaire et non un licenciement pour justes motifs. Ils ont d�s lors rejet� la requ�te de la d�fenderesse tendant � l'interrogatoire des parties et � l'audition de t�moins. Cette mesure visait � d�montrer un comportement de la travailleuse propre � justifier une r�siliation imm�diate des relations de travail; elle ne portait donc pas sur des faits pertinents, puisqu'on �tait en pr�sence d'un licenciement ordinaire. La travailleuse n'avait pas commis d'abus de droit en attendant pr�s d'un mois pour annoncer sa grossesse; elle b�n�ficiait de la protection accord�e par l'art. 336c al. 1 let. c CO. Elle avait valablement offert ses services par lettre du 26 mai 2011; en raison de la suspension du d�lai de cong� (art. 336c al. 2 et 3 CO), les rapports de travail avaient cess� le 30 juin 2012 et la travailleuse avait droit � son salaire jusque-l�.
La d�fenderesse a interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 8 juin 2015, en concluant principalement � sa r�forme dans le sens du rejet des demandes de B.________ et de la caisse de ch�mage, et subsidiairement � son annulation, la cause �tant renvoy�e aux instances cantonales pour instruction compl�mentaire.
Invit�e � se d�terminer sur le recours, la cour cantonale a indiqu� ne pas avoir d'observations � formuler et se r�f�rer aux consid�rants de son jugement.
Egalement invit�es, par leur conseil commun, � d�poser des d�terminations, B.________ et la caisse de ch�mage n'ont pas proc�d�.
1.1.�Le recours est interjet� par la partie d�fenderesse qui a succomb� dans ses conclusions en lib�ration et b�n�ficie ainsi de la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF). Dirig� contre un jugement rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 15'000 fr. requis par l'art. 74 al. 1 let. a LTF pour les conflits de droit du travail, le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas li� par l'argumentation des parties (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336) et appr�cie librement la port�e juridique des faits; il s'en tient cependant aux questions juridiques que la partie recourante soul�ve dans la motivation du recours et s'abstient de traiter celles qui ne sont plus discut�es par les parties, sous r�serve d'erreurs manifestes (art. 42 al. 2 LTF; ATF 140 III 115 consid. 2 p. 116; 137 III 580 consid. 1.3 p. 584).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). En tant que cour supr�me, il est instance de r�vision du droit, et non juge du fait. Il peut certes, � titre exceptionnel, rectifier ou compl�ter les faits s'ils ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356) - et pour autant que la correction soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 et art. 105 al. 2 LTF). Cette exception ne permet toutefois pas aux parties de rediscuter dans leurs m�moires les faits de la cause comme si elles plaidaient devant un juge d'appel. La partie recourante qui entend faire rectifier ou compl�ter un fait doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une telle modification seraient r�alis�es (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356; 136 I 184 consid. 1.2 p. 187), au m�me titre que la partie qui invoque une violation de l'interdiction constitutionnelle de l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits (cf. art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.).
1.4.�En l'esp�ce, la d�fenderesse pr�sente dans son recours un � r�sum� des faits � dans lequel elle s'�carte largement des constatations de fait du jugement entrepris, sans toutefois aucunement d�montrer en quoi les conditions d'un compl�tement ou d'une rectification de cet �tat de fait seraient r�alis�es. Le Tribunal f�d�ral statuera d�s lors sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (cf. consid. 1.3 supra) et s'en tiendra aux questions juridiques soulev�es devant lui par la d�fenderesse (cf. consid. 1.2 supra).
2.1.�Dans un grief intitul� � Violation du droit � la preuve �, la d�fenderesse reproche � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 8 CC en refusant de donner suite aux r�quisitions tendant � l'audition de cinq t�moins - � savoir sa m�re, qui travaillait r�guli�rement dans l'�tablissement, ainsi que quatre collaboratrices - et au nouvel interrogatoire de la demanderesse aux fins de prouver que � toute collaboration avec la demanderesse �tait devenue objectivement impossible du fait du comportement impr�visible et des insubordinations de la demanderesse �.
2.2.�Conform�ment � l'art. 316 al. 3 CPC, l'instance d'appel peut librement d�cider d'administrer des preuves : elle peut ainsi ordonner que des preuves administr�es en premi�re instance le soient � nouveau devant elle, faire administrer des preuves �cart�es par le tribunal de premi�re instance ou encore d�cider l'administration de toutes autres preuves. Ces mesures ne peuvent avoir pour objet que des faits pertinents et contest�s (art. 150 al. 1 CPC), les faits pertinents �tant ceux de nature � influer sur le sort du litige (arr�t 4A_502/2012 du 22 janvier 2013 consid. 3.1; SCHWEIZER, in Bohnet et al. [�d.], Code de proc�dure civile comment�, 2011, n. 9 ad art. 150 CPC; GUYAN, in Commentaire b�lois, 2
e��d. 2013, n. 12 ad art. 150 CPC).
L'art. 316 al. 3 CPC ne conf�re toutefois pas � l'appelant un droit � la r�ouverture de la proc�dure probatoire et � l'administration de preuves. Le droit � la preuve, comme le droit � la contre-preuve, d�coulent de l'art. 8 CC ou, dans certains cas, de l'art. 29 al. 2 Cst., dispositions qui n'excluent pas l'appr�ciation anticip�e des preuves (ATF 138 III 374 consid. 4.3.1 p. 376 et les arr�ts cit�s). Il s'ensuit que l'instance d'appel peut rejeter la requ�te de r�ouverture de la proc�dure probatoire et d'administration d'un moyen de preuve d�termin� pr�sent�e par l'appelant si celui-ci n'a pas suffisamment motiv� sa critique de la constatation de fait retenue par la d�cision attaqu�e; elle peut �galement refuser une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, lorsqu'elle estime que le moyen de preuve requis ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait en aucun cas pr�valoir sur les autres moyens de preuve d�j� administr�s par le tribunal de premi�re instance, � savoir lorsqu'il ne serait pas de nature � modifier le r�sultat des preuves qu'elle tient pour acquis (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376 et les arr�ts cit�s).
2.3.�En l'esp�ce, dans la mesure o� la d�fenderesse entend, par les auditions requises, �tablir l'existence de faits qui auraient justifi� une r�siliation imm�diate des relations de travail, force est de constater, � l'instar de la cour cantonale, que les moyens de preuve invoqu�s ne portent pas sur des faits pertinents pour le sort de la cause. En effet, d�s lors que la cour cantonale a qualifi� � juste titre la lettre de r�siliation du 12 avril 2011 de licenciement ordinaire (cf. consid. 3 infra), il est sans importance que la d�fenderesse ait pu avoir de bonnes raisons de mettre imm�diatement fin aux rapports de travail entre les parties.
La d�fenderesse plaide aussi que les d�positions sur le comportement de l'employ�e devraient permettre de pr�ciser le contexte dans lequel les parties ont sign� la lettre du 12 avril 2011 et contribuer � retenir une r�siliation conventionnelle, respectivement � prouver que l'ex�cution de l'obligation �tait devenue impossible au sens de l'art. 119 CO. Force est d'admettre que ces mesures probatoires ne r�sistent pas � l'examen d'une appr�ciation anticip�e; en effet, ces auditions sont impropres � �tablir que les parties ont mis fin contractuellement au contrat de travail (cf. consid. 3.3 infra) ou que l'ex�cution des obligations contractuelles est devenue objectivement impossible (cf. consid. 4.2 infra).
3.1.�Dans un grief intitul� � Fin contractuelle du contrat de travail �, la d�fenderesse, s'�cartant largement et de mani�re irrecevable des constatations de fait du jugement entrepris (cf. consid. 1.4 supra), reproche aux juges cantonaux d'avoir sorti de son contexte la lettre de licenciement du 12 avril 2011. Admettant qu'elle � envisageait dans un premier temps un licenciement unilat�ral tout en souhaitant obtenir l'adh�sion de sa collaboratrice �, elle rel�ve que la demanderesse, lors de son interrogatoire par le Tribunal du travail, a d�clar� qu'elle esp�rait �tre licenci�e et qu'elle avait donc accept� sans autre le cong� qui lui avait �t� donn�, puisqu'elle l'attendait (cf. lettre A.b supra); il y aurait donc lieu de constater qu'en se quittant le 12 avril 2011, les parties � �taient convaincues et l'une et l'autre que la relation de travail avait d�finitivement pris fin et qu'elles ne se verraient pas de sit�t vu leurs relations exacerb�es �.
3.2.�Aux termes de l'art. 341 al. 1 CO, le travailleur ne peut pas renoncer, pendant la dur�e du contrat et durant le mois qui suit la fin de celui-ci, aux cr�ances r�sultant de dispositions imp�ratives de la loi ou d'une convention collective. Selon la jurisprudence, cette norme prohibe la renonciation unilat�rale du travailleur, mais elle n'interdit pas aux parties de rompre en tout temps le contrat d'un commun accord, pour autant qu'elles ne cherchent pas, par ce biais, � d�tourner une disposition imp�rative de la loi (ATF 119 II 449 consid. 2a; 118 II 58 consid. 2b p. 61). L'accord entre les parties doit �tre interpr�t� restrictivement et ne peut constituer un contrat de r�siliation conventionnelle que dans des circonstances exceptionnelles, notamment lorsqu'est prouv�e sans �quivoque la volont� des int�ress�s de se d�partir du contrat (arr�t 4C.127/2005 du 2 novembre 2005 consid. 4.1, reproduit in JAR 2006 p. 351; arr�t 4C.37/2005 du 17 juin 2005 consid. 2.2; arr�t 4C.27/2002 du 19 avril 2002, publi� in SJ 2003 I p. 220, consid. 2; arr�t 4C.310/1998 du 8 janvier 1999, publi� in SJ 1999 I p. 277, consid. 2c p. 279).
L'art. 336c CO pr�voit la nullit� du cong� ou le report de l'�ch�ance contractuelle lorsque l'employeur r�silie en temps inopportun, notamment en cas de grossesse de l'employ�e. Nonobstant son caract�re semi-imp�ratif, cette disposition ne s'applique pas lorsque les parties mettent fin au contrat de travail d'un commun accord, pour autant que ce dernier comporte des concessions r�ciproques - d'importance comparable (arr�t 4A_563/2011 du 19 janvier 2012, consid. 4.1) - et qu'il s'agisse nettement d'un cas de transaction (Aufhebungsvertrag; ATF 118 II 58 consid. 2b p. 61; 110 II 168 consid. 3b p. 171; arr�t 4C.27/2002 pr�cit�, consid. 2). En revanche, lorsque l'employeur r�silie unilat�ralement le contrat et que les parties passent simultan�ment ou post�rieurement un accord r�gissant uniquement les modalit�s de la fin du contrat, l'art. 336c CO reste applicable. L'acceptation de la r�siliation par l'employ� ne suffit pas � elle seule pour d�duire l'existence d'une r�siliation conventionnelle et par l� m�me d'une volont� implicite de celui-ci de renoncer � la protection accord�e par les art. 336 ss CO (arr�t 4A_563/2011 pr�cit�, consid. 4.1; arr�t 4C.37/2005 pr�cit�, consid. 2.2; arr�t 4C.27/2002 pr�cit�, consid. 2).
La r�siliation conventionnelle n'est soumise � aucune exigence de forme (cf. art. 115 CO) et peut donc �tre donn�e par �crit, oralement ou m�me tacitement (cf. M�LLER, Die einvernehmliche Beendigung des Arbeitsverh�ltnisses, 1991, pp. 26 et 42). Pour savoir si un tel accord a �t� pass�, il y a lieu de rechercher, tout d'abord, la r�elle et commune intention des parties (art. 18 al. 1 CO; interpr�tation subjective); si le juge ne parvient pas � �tablir en fait une telle volont�, ou s'il constate qu'une partie n'a pas compris la volont� r�elle manifest�e par l'autre, il recherchera quel sens les parties pouvaient et devaient donner, selon les r�gles de la bonne foi, � leurs manifestations de volont� r�ciproques (interpr�tation objective; arr�t 4A_474/2008 du 13 f�vrier 2009 consid. 3.1; ATF 133 III 675 consid. 3.3).
3.3.�En l'esp�ce, il est constant que la d�fenderesse a pris l'initiative de la r�siliation des rapports de travail en r�digeant une lettre de cong� et en la pr�sentant le 12 avril 2011 � la demanderesse qui reprenait son travail apr�s un arr�t maladie. Comme l'ont relev� � raison les juges cantonaux, les termes utilis�s dans cet �crit ne permettent pas de douter du caract�re unilat�ral de son contenu.
La d�fenderesse soutient toutefois que le comportement adopt� par la demanderesse avant ou pendant la r�ception et la signature de cette lettre devrait faire inf�rer qu'elle a donn� son accord � la r�siliation des rapports de travail et que l'on serait ainsi en pr�sence d'une r�siliation conventionnelle.
Or, le fait que la demanderesse ait contresign� la lettre de r�siliation, qu'elle ait accept� la r�siliation, et m�me qu'elle ait esp�r� recevoir son cong�, compte tenu des tensions provoqu�es par ses divers arr�ts de travail, ne constitue pas un comportement sans �quivoque permettant de d�duire l'existence d'une r�siliation conventionnelle et d'une volont� implicite de la demanderesse de renoncer � la protection accord�e par les art. 336 ss CO.
Au surplus, on ne voit pas, dans l'hypoth�se d'une r�siliation conventionnelle, en quoi il y aurait eu des concessions r�ciproques d'importance comparable permettant de conclure qu'il s'agit nettement d'un cas de transaction. La d�fenderesse entendait de toute fa�on renoncer � la prestation de travail puisqu'elle avait d�j� engag� une autre personne; une telle renonciation ne peut constituer une concession suffisante puisque l'art. 324 al. 1 CO ne lib�re pas l'employeur de l'obligation de r�mun�rer le travailleur (arr�t 4C.250/2001 du 21 novembre 2001 consid. 1b, cit� par CARRUZZO, Le contrat individuel de travail, 2009, n. 3 ad art. 335c CO p. 494). En revanche, la demanderesse aurait fait une concession importante en se privant de la protection conf�r�e par les r�gles sur le report de l'�ch�ance contractuelle en cas de grossesse ou d'incapacit� de travail non imputable � sa faute (art. 336c al. 1 let. b et c, al. 2 et 3 CO), hypoth�ses qui n'avaient rien d'al�atoire au moment o� la lettre de cong� a �t� contresign�e (cf. arr�t 4C.27/2002 pr�cit�, consid. 3c). Par ailleurs, la d�fenderesse ne saurait s�rieusement pr�tendre qu'elle aurait renonc� � titre transactionnel � un licenciement pour justes motifs le 12 avril 2011, alors qu'elle indique elle-m�me qu'elle avait choisi d'adresser un licenciement ordinaire � la demanderesse, sur les conseils de sa f�d�ration.
En r�alit�, comme l'ont relev� � raison les juges cantonaux, force est de constater que l'on n'est pas en pr�sence d'un accord de r�siliation, mais bien d'un accord sur les modalit�s de la r�siliation, qui avait pour seul objet de r�gler les conditions de la fin des rapports de travail ensuite de la r�siliation unilat�rale signifi�e par la d�fenderesse, avec pour cons�quence que la protection accord�e par l'art. 336c CO restait applicable.
4.1.�Dans un grief intitul� � Impossibilit� r�ciproque de prester �, la d�fenderesse, s'�cartant ici aussi largement et de mani�re irrecevable des constatations de fait du jugement entrepris (cf. consid. 1.4 supra), reproche aux juges cantonaux d'avoir consid�r� qu'il n'y avait aucune raison de douter du s�rieux de l'offre de service �mise par la demanderesse le 26 mai 2011, lorsqu'elle avait constat� que le d�lai de cong� �tait suspendu en raison de sa grossesse. Selon la d�fenderesse, la pr�tendue volont� de prester de la demanderesse ne serait � qu'une mise en sc�ne orchestr�e par le Syndicat � auquel elle est affili�e; dans la mesure o� il appara�trait clairement de la position de la demanderesse que celle-ci ne voulait en r�alit� plus reprendre le travail aupr�s de la d�fenderesse et que toute collaboration �tait ainsi devenue absolument impossible, il y aurait lieu de retenir une impossibilit� objective subs�quente au sens de l'art. 119 CO, qui lib�rerait les parties de leurs obligations respectives.
4.2.�Les juges cantonaux ont expos� de mani�re circonstanci�e les raisons pour lesquels ils ont retenu en fait - d'une mani�re qui lie le Tribunal f�d�ral - que la demanderesse avait la volont� r�elle d'offrir ses services apr�s avoir constat� que le d�lai de cong� �tait suspendu en raison de sa grossesse. D�s lors, le grief de la d�fenderesse, purement appellatoire, doit �tre �cart�. Au demeurant, l'art. 119 CO vise la situation o� l'ex�cution d'une obligation devient objectivement impossible, par suite de circonstances non imputables au d�biteur. Or, l'absence de volont� r�elle de la demanderesse de fournir sa prestation, si elle avait �t� �tablie, n'aurait � l'�vidence pas constitu� un cas d'impossibilit� d'ex�cution, mais un cas de demeure du d�biteur.
5.1.�La d�fenderesse soutient enfin que la demanderesse et la caisse de ch�mage � avaient une obligation - si responsabilit� il y avait - de diminuer le dommage � et que � [d]'un point de vue processuel, il incombait aux demanderesses d'all�guer et de prouver avoir entrepris des d�marches pour obtenir un emploi (art. 17 LACI [...]) �. Elle produit deux attestations dat�es des 3 et 9 juillet 2015, destin�es � d�montrer qu'en Valais, le secteur de la restauration et de l'h�tellerie �tait demandeur d'emplois en 2011 et 2012; il s'agirait du reste d'un fait notoire dont les juges valaisans devaient avoir connaissance.
5.2.�Lorsque l'employeur est en demeure d'accepter la prestation du travailleur ou qu'il lui a signifi� un cong� imm�diat injustifi�, il doit payer son salaire, le cas �ch�ant jusqu'� ce qui aurait �t� l'�ch�ance ordinaire du contrat. Toutefois, en vertu des art. 324 al. 2 CO et 337c al. 2 CO, l'employeur peut imputer sur sa dette salariale le revenu que le travailleur a gagn� en ex�cutant un autre travail, ou le gain auquel il a intentionnellement renonc�. Sur le principe, l'autorit� de c�ans et bon nombres d'auteurs sont d'avis que cette obligation d'imputation vaut aussi lorsque l'employ� a �t� lib�r� du devoir de travailler (cf. ATF 128 III 212 consid. 3b/cc p. 220; 128 III 271 consid. 4a/bb; 118 II 139 consid. 1b p. 142; cf. aussi arr�t 4A_509/2014 du 4 f�vrier 2015 consid. 4.1; GEISER/M�LLER, Arbeitsrecht in der Schweiz, 3
e��d. 2015, n. 659 s.; BR�HWILER, Einzelarbeitsvertrag, 3
e��d. 2014, n. 10b ad art. 324 CO; VISCHER/M�LLER, Der Arbeitsvertrag, 4
e��d. 2014, p. 313 n. 53; REHBINDER/ST�CKLI, Berner Kommentar, 2010, n. 24 ad art. 324 CO; pour une pr�sentation circonstanci�e, cf. BLESI, Die Freistellung des Arbeitnehmers, 2
e��d. 2010, n. 344 ss). S'agissant du gain hypoth�tique, les circonstances d'esp�ce sont d�terminantes; l'on doit pouvoir raisonnablement exiger du travailleur qu'il reprenne une place de travail; la doctrine insiste sur la n�cessit� de respecter l'exigence l�gale d'un comportement intentionnel (arr�t 4C.246/2005 du 12 octobre 2005 consid. 6.1; BLESI, op. cit., n. 374 ss; STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, Arbeitsvertrag, 7
e��d. 2012, p. 1155). D'aucuns soutiennent qu'il n'y a pas d'obligation d'imputation lorsque la lib�ration du devoir de travailler r�sulte d'un accord (PORTMANN/RUDOLPH, in Basler Kommentar, 6
e��d. 2015, n. 7 ad art. 324 CO; STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, op. cit., p. 396), ou nient m�me sans distinction l'obligation de chercher un nouvel emploi avant l'�ch�ance du contrat (WYLER/HEINZER, Droit du travail, 3
e��d. 2014, p. 364).
L'employeur doit prouver l'existence et le montant des gains imputables sur le salaire d�, le travailleur �tant tenu de collaborer en vertu du principe de la bonne foi (arr�t 4C.246/2005 pr�cit�, consid. 6.1; STAEHELIN, Z�rcher Kommentar, 4
e��d. 2006, n. 31 ad art. 324 CO). Cette preuve est difficile � rapporter s'agissant du gain hypoth�tique. En principe, l'employeur peut se contenter de d�montrer que dans la profession concern�e, il existait au moment concern� une demande de forces de travail (ATF 96 II 52 consid. 3 p. 57; STREIFF/VON KAENEL/RUDOLPH, op. cit., p. 394).
5.3.�Ni le jugement de premi�re instance, ni l'arr�t attaqu� ne traitent de cette probl�matique. La d�fenderesse ne pr�tend pas avoir soulev� ce grief devant l'autorit� pr�c�dente, � qui elle ne reproche aucune violation du droit d'�tre entendu. L'on peut donc inf�rer que ce moyen est soulev� pour la premi�re fois devant l'autorit� de c�ans. La pr�sentation d'un argument juridique nouveau est admissible dans les limites de l'art. 99 LTF, qui prohibe la pr�sentation de faits et de moyens de preuve nouveaux (al. 1), respectivement la prise de conclusions nouvelles (al. 2). En l'occurrence, l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� ne renseigne pas sur la situation du march� de l'emploi, ni sur l'attitude de l'employ�e apr�s qu'elle eut offert vainement ses services le 26 mai 2011. La d�fenderesse lui reproche de ne pas avoir all�gu� ni prouv� qu'elle avait fait des recherches d'emploi; ce grief est infond�. En effet, dans la mesure o� il s'agissait de r�duire sa dette de salaire, la d�fenderesse devait all�guer et prouver les circonstances permettant d'inf�rer que la demanderesse aurait pu raisonnablement reprendre un emploi, auquel cas celle-ci aurait pu contre-attaquer en all�guant et offrant de prouver des �l�ments � sa d�charge tels que la recherche infructueuse d'un nouvel emploi. La d�fenderesse ne pr�tend pas avoir fait des all�gations et offres de preuve topiques dans ses �critures. Elle produit deux pi�ces nouvelles sur la situation de l'emploi, qui sont irrecevables, et de toute fa�on inutiles du moment que la proc�dure n'a pas port� sur cette question. L'on pr�cisera encore que la d�fenderesse, qui �tait assist�e d'un avocat d�s le d�but de la proc�dure, ne se plaint pas de ce que le tribunal aurait enfreint la maxime inquisitoire sociale (cf. art. 93 al. 2, 243 al. 1 et 247 al. 2 CPC), ce qui suffit d�j� � clore toute discussion.
Vu l'issue du recours, les frais de la pr�sente proc�dure seront mis � la charge de la d�fenderesse (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens, d�s lors que les demanderesses n'ont pas d�pos� d'observations et n'ont donc pas encouru de frais pour la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral (cf. art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 800 fr., sont mis � la charge de la d�fenderesse.
e�Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais.