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Timestamp: 2016-10-26 19:35:11+00:00
Document Index: 324152029

Matched Legal Cases: ['art. 112', 'art. 113', 'art. 112', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 90', 'art. 90', 'art. 90', 'in dubio', 'art. 152', 'art. 156', 'art. 269', 'art. 273', 'ATF ', 'art. 113', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 113', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 113', 'art. 112', 'art. 111', 'art. 112', 'art. 111', 'ATF ', 'art. 152', 'art. 278']

6P.252/2006 (01.02.2007)
6P.252/2006
6S.584/2006 /rod
M. le Juge Schneider, Pr�sident,
Ferrari et Favre,
recourant, repr�sent� par Me Brigitte Lembwadio, avocate,
C.X.________, D.X.________, E.X.________ et F.X.________,
intim�s, repr�sent�s par Me Pierre Bauer, avocat,
6S.584/2006
Assassinat (art. 112 CP), meurtre passionnel
(art. 113 CP),
recours de droit public (6P.252/2006) et pourvoi en nullit� (6S.584/2006) contre l'arr�t de la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal du canton de Neuch�tel du 23 novembre 2006.
Le mardi 4 mars 2003, dans l'apr�s-midi, A.X.________ a intentionnellement tu�, � coups de couteau, son �pouse, B.X.________, dont il vivait s�par� depuis un peu plus d'une ann�e. Le matin m�me, il �tait d�j� pass� au domicile de sa femme et l'avait frapp�e � la t�te avec un b�ton.
Apr�s avoir constat� le d�c�s de son �pouse, A.X.________ s'est rendu � Neuch�tel avec ses fils, F.X.________ et C.X.________, pour des achats. Il est ensuite all� chercher ses deux autres enfants, D.X.________ et E.X.________, pour les emmener � son domicile. Il est enfin retourn�, notamment avec trois scies et deux couteaux, instruments en partie achet�s la veille du drame, dans l'appartement de la victime, dont il a d�coup� le cadavre en 69 morceaux, qu'il a plac�s dans 23 sacs en plastique, puis dans un cong�lateur. Il a fait croire � son entourage que B.X.________ �tait partie en voyage en Allemagne.
A.X.________ a toujours ni� avoir tu� son �pouse, dont le d�c�s serait, selon lui, accidentel. Il a en revanche admis avoir d�pec� le cadavre, alors qu'il se trouvait en �tat de choc.
Par jugement du 11 juin 2004, la Cour d'Assises du canton de Neuch�tel a condamn� A.X.________, pour assassinat, atteinte � la paix des morts, l�sions corporelles simples, contrainte et infraction � la l�gislation f�d�rale sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers, � la r�clusion � vie. Elle a �galement ordonn� son expulsion pour une dur�e de 15 ans.
Par arr�t du 23 novembre 2006, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal neuch�telois a rejet� le recours du condamn�.
A.X.________ d�pose un recours de droit public pour arbitraire et un pourvoi en nullit� pour violation des art. 112 et 113 CP. Dans ses deux �critures, il conclut � l'annulation de l'arr�t cantonal et sollicite l'assistance judiciaire.
2.1 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit contenir, sous peine d'irrecevabilit�, un expos� succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques viol�s, pr�cisant en quoi consiste la violation. Dans le cadre d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs express�ment soulev�s, et pr�sent�s de fa�on claire et d�taill�e (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.). Le justiciable qui se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) ne peut d�s lors se contenter de critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� la juridiction sup�rieure jouit d'une libre cognition; en particulier, il ne saurait se limiter � opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer par une argumentation pr�cise que cette d�cision se fonde sur une application de la loi et une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495).
2.2 Dans un recours de droit public pour arbitraire, les all�gations, preuves ou faits nouveaux sont irrecevables (ATF 120 Ia 369 consid. 3b p. 374; 119 Ia 88 consid. 1a p. 90 s.). Le Tribunal f�d�ral s'en tient donc aux faits constat�s dans la d�cision attaqu�e, � moins que le recourant ne d�montre que ces constatations sont arbitrairement fausses ou incompl�tes (ATF 118 Ia 20 consid. 5a p. 26). Les compl�ments, modifications ou pr�cisions que le recourant entend apporter au d�roulement des faits sont par cons�quent irrecevables, sous r�serve des moyens motiv�s conform�ment � l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
Cette notion a �t� rappel�e r�cemment dans l'ATF 132 I 13 consid. 5.1, p. 17, auquel on peut se r�f�rer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la d�cision attaqu�e apparaisse critiquable. Il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son r�sultat. En mati�re d'appr�ciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la port�e d'un tel �l�ment, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des �l�ments recueillis (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41).
3.1 Le recourant nie avoir eu une quelconque intention criminelle � l'encontre de sa femme. Il pr�tend que celle-ci s'est empar�e d'un couteau, l'a brandi vers lui et a ensuite �t� mortellement bless�e au cours de la bagarre qui s'en est suivie.
3.1.1 La Cour de cassation a jug� que la version du recourant n'�tait pas cr�dible. Elle a d'abord relev� que, d'apr�s l'examen m�dical, le recourant ne pr�sentait aucun h�matome, ni l�sion visible, alors qu'une bagarre laisse g�n�ralement quelques traces, qu'� l'inverse, les doigts de la victime comportaient des l�sions de d�fense, et que le d�c�s, provoqu� par �gorgement, �tait d� � l'intervention d'un tiers qui ne pouvait �tre que le recourant (cf. arr�t p. 10). Elle a ensuite soulign� que la th�se de l'int�ress� �tait d'autant plus invraisemblable qu'il avait pr�m�dit� d'�liminer son �pouse, comme le d�montraient, d'une part, ses d�marches effectu�es la veille du drame (cf. arr�t p. 11 et 12) et, d'autre part, son comportement suite au crime (cf. arr�t p. 13).
3.1.2 En l'occurrence, la critique du recourant est irrecevable, puisqu'il ne d�montre pas, conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi la motivation pr�cit�e violerait ses droits constitutionnels. En particulier, il ne s'explique pas sur l'absence ou la pr�sence des blessures de d�fense, ni sur son comportement apr�s le drame. Il n'avance pas davantage d'�l�ments convaincants en faveur de sa propre version des faits. De plus, au vu des �l�ments retenus ci-dessus, � savoir les l�sions constat�es sur la victime, les actes pr�paratoires et le comportement de l'int�ress� suite au crime, la Cour de cassation pouvait, sans arbitraire, exclure la th�se de la bagarre et conclure � l'intention criminelle du recourant. Le grief est d�s lors vain.
3.2 Le recourant reproche aux autorit�s cantonales de ne pas avoir d�termin� pourquoi il n'a pas tu� son �pouse le 4 mars au matin, alors que les conditions �taient plus favorables. Il rel�ve �galement que sa condamnation se fonde sur toute une s�rie d'hypoth�ses.
3.2.1 Les autorit�s cantonales ont retenu, sans que l'arbitraire ne soit d�montr� � ce sujet (cf. infra consid. 3.4), que le recourant a planifi� la mort de son �pouse et l'�limination de son cadavre, en achetant, la veille du drame, des outils pour d�pecer la victime et un billet de train pour expliquer sa disparition en faisant croire qu'elle �tait partie en Allemagne. S'agissant du d�roulement des �v�nements, elles ont constat� que, la matin du crime, le recourant s'est rendu chez son �pouse, qu'il l'a frapp�e, qu'il envisageait de la tuer � ce moment-l�, ce qu'il n'a finalement pas fait, sans que l'on sache si l'�pouse a alors fait des promesses suffisantes ou si un autre motif l'a retenu d'agir. Elles ont relev� que le recourant a finalement tu� sa victime dans l'apr�s-midi, sans que l'on sache exactement ce qui a d�clench� le comportement homicide.
3.2.2 Il ressort de ce qui pr�c�de que les juges cantonaux n'ont effectivement pu r�soudre toutes les questions. Toutefois, le fait qu'ils aient d� formuler certaines hypoth�ses et qu'ils n'aient, en particulier, pu d�terminer avec exactitude le d�roulement complet des �v�nements, les causes des diverses attitudes de l'auteur durant la journ�e du 4 mars 2003 et le processus psychologique qui l'a finalement conduit � passer � l'acte est sans pertinence. En effet, les incertitudes qui subsistent ne suffisent pas � susciter un doute s�rieux quant � la r�alit� de l'intention criminelle du recourant (cf. supra consid. 3.1), l'acte ayant �t� au demeurant pr�m�dit�. Elles ne concernent pas non plus des faits pertinents pour la qualification de l'infraction retenue. Le recourant ne d�montre en tout cas pas le contraire, conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. La critique est donc infond�e.
3.3 Le recourant fait grief aux autorit�s cantonales de ne pas s'�tre prononc�es sur ses mobiles et nie avoir eu une raison r�elle d'�liminer son �pouse.
La Cour de cassation a jug� que l'auteur a ex�cut� un projet froidement r�fl�chi, dans le but de pouvoir r�cup�rer la garde de ses enfants et que la discussion qu'il a eue avec son �pouse quelque temps avant les faits ne laissait planer � cet �gard aucun doute (cf. arr�t p. 15). Ce faisant, elle s'est prononc�e sur les mobiles du crime. Pour le reste, en niant avoir agi pour le motif indiqu�, le recourant se livre � une critique purement appellatoire des faits retenus, en opposant sa version � celle de l'autorit� cantonale, sans d�montrer d'arbitraire d'une mani�re qui satisfasse un tant soit peu aux exigences de motivation de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. L'argument est par cons�quent rejet� dans la mesure o� il est recevable.
3.4 Le recourant conteste que l'achat du billet de train, du couteau �lectrique et de la scie puisse constituer des actes pr�paratoires.
3.4.1 Les autorit�s cantonales ont admis, au vu des d�marches effectu�es la veille du drame, que le recourant avait pr�m�dit� l'�limination de son �pouse. Ainsi, ce dernier a achet� une scie � m�taux le 3 mars 2003, � 15 h. 48. Il a expliqu� cet achat par un projet de r�paration d'une cage � oiseaux en roseau appartenant � un voisin. Or, cette explication n'a pas convaincu les juges. En effet, d'une part, le recourant bricolait quasi tous les jours, de sorte qu'on ne voit pas pourquoi un nouvel outil aurait �t� soudain indispensable pour l'ouvrage indiqu�. D'autre part, le voisin concern� a affirm� que s'il lui avait donn� une cage � r�parer, c'e�t �t� en 2002 d�j�. Enfin, � cette �poque, le recourant avait des pr�occupations beaucoup plus graves que le choix d'un outil de bricolage dans la perspective indiqu�e. Le recourant a �galement achet� une trancheuse �lectrique, le 3 mars 2003, � 16 h. 13. Les juges ont estim� que la version du recourant selon laquelle cette machine devait lui servir � couper de fines tranches de pain �tait peu cr�dible, puisqu'il avait demand� � la vendeuse si cet outil pouvait �galement couper des os et que le pain trouv� chez lui, contrairement � ses all�gations, n'�tait pas tranch�. Enfin, le 3 mars 2003 encore, � 18 h. 12, le recourant a fait acheter par Y.________ un billet de train � destination de Stuttgart. Ce t�moin a toujours d�clar� que ce document �tait, selon les dires m�mes du recourant, destin� � la victime dont il s'�tait d'ailleurs vu remettre une copie du permis C. Les juges ont estim� que rien ne permettait de douter de la cr�dibilit� de ce t�moin, d'autant plus qu'il s'agissait d'un ami du recourant. Ils ont aussi relev� que la version du recourant n'�tait pas s�rieuse, dans la mesure o� celui-ci maintenait avoir achet� ce billet pour lui-m�me, au motif qu'il envisageait de faire, � l'occasion, un voyage � Stuttgart pour se changer les id�es et rendre visite � un ami, qui, d'apr�s l'enqu�te, ne s'y trouvait certainement plus et �tait, dans tous les cas, sans domicile connu.
3.4.2 Sur la base des �l�ments expos�s ci-dessus, il n'�tait pas arbitraire de rejeter les diverses explications du recourant quant aux achats faits le 3 mars 2003 et de consid�rer que ceux-ci constituaient des actes pr�paratoires � la disparition de la victime, ces d�marches ne pouvant au demeurant �tre comprises diff�remment. Le contraire n'est en tout cas pas �tabli conform�ment aux exigences de motivation pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. En effet, le recourant n'explique, ni ne d�montre en quoi l'appr�ciation cantonale et les arguments retenus pour rejeter sa version des faits seraient manifestement insoutenables. Il se contente d'avancer de nouveaux �l�ments pour accr�diter sa th�se, de soulever certaines failles et erreurs dans ses plans, et de poser toute une s�rie de questions, ce qui ne suffit pas pour d�montrer l'arbitraire. Le grief est donc infond�.
3.5 Sous une rubrique intitul�e "Et encore", le recourant critique, p�le-m�le, l'appr�ciation de divers �l�ments de preuves. Ces griefs, tels qu'ils sont formul�s, ne r�pondent cependant pas aux exigences de motivation rappel�es ci-dessus (cf. supra consid. 2.1) et sont par cons�quent irrecevables.
Dans son argumentation, le recourant invoque �galement une violation du principe in dubio pro reo et une motivation insuffisante. Ces critiques sont toutefois irrecevables, faute de motivation sp�cifique et distincte de celle pr�sent�e � l'appui du grief d'arbitraire.
En conclusion, le recours de droit public est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Il n'y a pas lieu d'accorder l'assistance judiciaire au recourant car le recours apparaissait d'embl�e vou� � l'�chec (art. 152 al. 1 OJ). Celui-ci supporte les frais de la proc�dure (art. 156 al. 1 OJ), lesquels sont fix�s de mani�re r�duite pour tenir compte de sa mauvaise situation financi�re.
Saisi d'un pourvoi en nullit�, le Tribunal f�d�ral contr�le l'application du droit f�d�ral (art. 269 PPF) sur la base d'un �tat de fait d�finitivement arr�t� par l'autorit� cantonale (cf. art. 273 al. 1 let. b et 277bis al. 1 PPF). Le raisonnement juridique doit donc �tre men� sur la base des faits retenus dans la d�cision attaqu�e, dont le recourant ne peut s'�carter sous peine d'irrecevabilit� (ATF 126 IV 65 consid. 1 p. 66 s.).
Partant, dans la tr�s large mesure o� le recourant s'�carte des constatations cantonales, invoque des �l�ments nouveaux, relate sa propre version des faits et proc�de � une nouvelle appr�ciation des preuves, ses critiques sont irrecevables. Tel est notamment le cas lorsqu'il nie toute intention criminelle, r�el mobile de mettre en sc�ne le sc�nario retenu ou encore lorsqu'il s'explique sur les achats du 3 mars 2003.
Le recourant reproche aux juges cantonaux d'avoir �cart� la l�gitime d�fense. Il soutient, dans la partie en fait de son m�moire, que son �pouse l'a agress� avec un couteau, qu'une bagarre s'en est suivie et que la victime a alors �t� mortellement bless�e.
Cette argumentation est enti�rement fond�e sur une version des faits, qui a �t� �cart�e par l'autorit� cantonale (cf. supra consid. 3.1). Elle est par cons�quent irrecevable dans un pourvoi (cf. supra consid. 6).
Le recourant reproche � la Cour de cassation de ne pas avoir examin� si les �l�ments constitutifs du meurtre passionnel �taient r�alis�s.
8.1 Le meurtre passionnel (art. 113 CP) est une forme privil�gi�e d'homicide intentionnel, dont il se distingue par l'�tat particulier dans lequel se trouvait l'auteur au moment d'agir; celui-ci doit avoir tu� alors qu'il �tait en proie � une �motion violente ou se trouvait dans un profond d�sarroi, cet �tat devant avoir �t� rendu excusable par les circonstances (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204).
Ce n'est pas l'acte commis qui doit �tre excusable, mais l'�tat - �motion violente ou profond d�sarroi - dans lequel se trouvait l'auteur. Le plus souvent, l'�tat de l'auteur est rendu excusable par le comportement bl�mable de la victime � son �gard; il peut cependant aussi �tre rendu excusable par le comportement d'un tiers ou par des circonstances objectives (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204 s.). L'application de l'art. 113 CP est r�serv�e � des circonstances dramatiques dues principalement � des causes �chappant � la volont� de l'auteur et qui s'imposent � lui (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 205). Pour que son �tat soit excusable, l'auteur ne doit pas �tre responsable ou principalement responsable de la situation conflictuelle qui le provoque (ATF 118 IV 233 consid. 2b p. 238; 107 IV 103 consid. 2b/bb p. 106).
Pour savoir si le caract�re excusable d'un profond d�sarroi ou d'une �motion violente peut �tre retenu, il faut proc�der � une appr�ciation objective des causes de ces �tats et d�terminer si un homme raisonnable, de la m�me condition que l'auteur et plac� dans la m�me situation, se trouverait facilement dans un tel �tat (ATF 107 IV 105 consid. 2b/bb p. 106). Il convient � cet �gard de tenir compte de la condition personnelle de l'auteur, notamment des moeurs et valeurs de sa communaut� d'origine, de son �ducation et de son mode de vie, en �cartant les traits de caract�re anormaux ou particuliers, tels qu'une irritabilit� marqu�e ou une jalousie maladive, qui ne peuvent �tre pris en consid�ration que dans l'appr�ciation de la culpabilit� (ATF 108 IV 99 consid. 3b p. 102; 107 IV 105 consid. 2b/bb p. 106).
8.2 Selon l'arr�t attaqu�, qui r�sume sur les points suivants le jugement de premi�re instance, le contexte g�n�ral du drame �tait celui d'une rupture conjugale consomm�e. La s�paration apparaissait clairement d�finitive, m�me si l'attitude du recourant �tait plus ambigu� que celle de son �pouse, qui lui avait clairement exprim� son rejet d�, selon les t�moins, � l'origine m�me du mariage arrang� entre familles, � l'oisivet� du mari et � son autoritarisme domestique. Les relations des conjoints �taient assez fr�quemment empreintes de violences verbales. Leurs sujets de conflit �taient multiples, le principal portant sur la garde des enfants que le p�re voulait r�cup�rer. Le recourant �tait �galement certainement contrari� par la relation suivie que son �pouse avait nou�e avec Z.________. Le matin du 4 mars 2003, il s'est rendu chez sa femme, arm� d'un b�ton relativement impressionnant, l'a frapp�e et l'a amen�e � faire certains aveux. Cet affrontement a mis la victime dans un �tat de grand �moi. L'apr�s-midi, une dispute a de nouveau rapidement �clat� entre les �poux. La victime a voulu appeler la police, ce � quoi son mari s'est oppos�. A un moment donn�, il est vraisemblable qu'elle ait eu une attitude aggressive, peut-�tre en brandissant un couteau comme l'affirme le recourant. En revanche, rien ne permet de penser qu'elle ait eu l'intention de frapper son mari.
Au regard de la s�paration, des conflits opposant les �poux et de l'attitude vraisemblablement aggressive de la victime, on peut comprendre que le recourant se soit retrouv� dans un certain �tat �motionnel. On ne saurait toutefois consid�rer la situation comme suffisamment tragique pour amener un homme raisonnable � commettre un homicide, m�me au regard des origines et de la culture de l'int�ress�. En outre, les disputes ont �t� caus�es en premier lieu par le recourant. C'est en effet lui qui s'est rendu chez la victime, � deux reprises, qui a voulu r�cup�rer la garde de ses enfants, alors que ceux-ci �taient pourtant en de bonnes mains, qui a ass�n� un coup de b�ton � son �pouse et qui l'a aussi forc�e � certains aveux. L'autorit� cantonale n'a d�s lors pas viol� le droit f�d�ral en excluant le meurtre passionnel au sens de l'art. 113 CP.
Le recourant conteste sa condamnation pour assassinat.
9.1 L'assassinat (art. 112 CP) est une forme qualifi�e d'homicide intentionnel, qui se distingue du meurtre ordinaire (art. 111 CP) par le fait que l'auteur a tu� avec une absence particuli�re de scrupules. Cette derni�re suppose une faute sp�cialement lourde et d�duite exclusivement de la commission de l'acte; pour la caract�riser, l'art. 112 CP �voque le cas o� les mobiles, le but ou la fa�on d'agir de l'auteur sont particuli�rement odieux, mais cet �nonc� n'est pas exhaustif.
Pour d�terminer si l'on se trouve en pr�sence d'un assassinat, il faut proc�der � une appr�ciation d'ensemble des circonstances externes et internes de l'acte (mode d'ex�cution, mobile, but, etc.). Les ant�c�dents et le comportement de l'auteur apr�s l'acte sont �galement � prendre en consid�ration, s'ils ont une relation directe avec cet acte et sont r�v�lateurs de la personnalit� de l'auteur. Il y a assassinat lorsqu'il r�sulte de l'ensemble de ces circonstances que l'auteur a fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compr�hensibles, g�n�ralement dans une grave situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang froid, sans scrupules, qui d�montre un �go�sme primaire et odieux et qui, dans le but de poursuivre ses propres int�r�ts, ne tient aucun compte de la vie d'autrui. Chez l'assassin, l'�go�sme l'emporte en g�n�ral sur toute autre consid�ration; il est souvent pr�t, pour satisfaire des besoins �go�stes, � sacrifier un �tre humain dont il n'a pas eu � souffrir. La destruction de la vie d'autrui est toujours d'une gravit� extr�me; pour retenir la qualification d'assassinat, il faut cependant que la faute de l'auteur, par son caract�re odieux, se distingue nettement de celle d'un meurtrier au sens de l'art. 111 CP (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 13 s. et les arr�ts cit�s).
9.2 Selon l'arr�t attaqu�, le recourant a agi pour r�cup�rer la garde de ses enfants, alors que la victime �tait pourtant une bonne m�re. Il a ainsi fait preuve d'un �go�sme choquant. Il a pr�par� son crime, en impliquant un ami, puis l'a commis devant l'un de ses fils, en lui imposant des images dont les effets traumatisants sont difficiles � mesurer. Ce faisant, il a d�montr� un parfait m�pris de ses proches. Il a froidement planifi�, puis ex�cut� son crime. Il a frapp� son �pouse de plusieurs coups de couteau et l'a �gorg�e. Cette mani�re d'agir, sauvage et l�che, est particuli�rement odieuse. Le comportement du recourant apr�s l'acte, lequel est en relation directe avec ce dernier, est �galement d�nu� de tout scrupule. D'une part, il a fait croire � son entourage, par toute une mise en sc�ne, que la victime �tait partie en voyage, ce qui peut �tre difficilement compr�hensible pour les enfants. D'autre part, apr�s avoir transport� le corps dans les toilettes et nettoy� les premi�res traces, il a, la nuit suivante, d�pec� le cadavre de sa femme, ce qui peut �galement entra�ner des implications psychologiques particuli�rement p�nibles pour les enfants. Il a proc�d� � cette t�che sans aucun affolement. Il r�sulte de l'ensemble de ces �l�ments que le recourant a fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Dans ces conditions, c'est sans violation du droit f�d�ral que l'arr�t attaqu� retient l'assassinat.
En conclusion, le pourvoi est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Comme il �tait d'embl�e d�pourvu de chances de succ�s, l'assistance judiciaire ne peut �tre accord�e (art. 152 al. 1 OJ) et le recourant, qui succombe, supporte les frais (art. 278 al. 1 PPF), dont le montant est arr�t� en tenant compte de sa situation financi�re.