Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010523-220460
Timestamp: 2016-10-23 06:20:29+00:00
Document Index: 325157680

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 4 ss, 23 mai 2001, 220460
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 220460Numéro NOR : CETATEXT000008067864 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-05-23;220460 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 4 mai 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 24 février 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 7 décembre 1998 décidant la reconduite à la frontière de M. Yahya X... ;
- le rapport de M. Desrameaux, Maître des requêtes, - les conclusions de Mme Roul, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, dans sa rédaction issue de la loi du 11 mai 1998 : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;
Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., ressortissant du Royaume du Maroc justifie d'une durée de séjour en France au moins égale à sept ans à la date à laquelle l'arrêté de reconduite à la frontière a été pris ; qu'il y exerce une activité professionnelle attestée par de nombreux justificatifs ; que ses frères et soeurs résident en France et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait conservé des attaches dans son pays d'origine ; que compte tenu de l'ensemble des liens attachant M. X... à la France où son père avait travaillé pendant plus de 20 ans, l'arrêté du 7 décembre 1998 décidant la reconduite à la frontière de M. X... a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise ; qu'il méconnaît, par suite, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 7 décembre 1998 ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Yahya X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-12-07Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Loi 98-349 1998-05-11Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 23 mai 2001, n° 220460Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. DesrameauxRapporteur public : Mme RoulOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 4 ssDate de la décision : 23/05/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page