Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020617-235274
Timestamp: 2017-04-24 06:12:02+00:00
Document Index: 318643017

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 37", "l'article 22", "l'article 3", "l'article 37", 'art. 3', 'art. 37', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 17 juin 2002, 235274
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 235274Numéro NOR : CETATEXT000008096937 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-06-17;235274 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 28 juin 2001 et 9 janvier 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Lakhdar X..., ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 31 mai 2001 par lequel le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 15 mai 2001 du préfet de la Loire ordonnant sa reconduite à la frontière et, d'autre part, de la décision du même jour désignant l'Algérie comme pays de destination ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 F au titre des dispositions de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991 ;
- les observations de la SCP Boré, Xavier et Boré, avocat de M. X..., - les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement ;Sur la régularité du jugement attaqué :
Considérant que la minute du jugement attaqué a été signée par le président du tribunal administratif de Lyon et par le greffier de ce tribunal ; que la circonstance que la copie du jugement qui a été notifiée à l'intéressé ne porte pas ces signatures est sans incidence sur la régularité du jugement ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification de la décision du 12 mars 2001 par laquelle le préfet de la Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a invité à quitter le territoire ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que le moyen tiré des risques que M. X... courrait en cas de retour en Algérie est inopérant à l'encontre de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, qui n'implique pas, par lui-même, le renvoi de l'intéressé à destination de l'Algérie ;
Considérant que si M. X... soutient qu'il a servi dans l'armée algérienne dans des zones où celle-ci affrontait des maquisards du Groupement islamique armé et qu'il a dû quitter l'armée après que des membres de sa famille aient été menacés par des terroristes qui ont cherché à le gagner à leur cause, l'intéressé, dont la demande d'asile territorial a d'ailleurs été rejetée par une décision en date du 23 février 2001 du ministre de l'intérieur, n'apporte toutefois aucun élément probant au soutien de ses allégations ; que, par suite, M. X... n'est pas fondé à soutenir qu'en désignant, par une décision distincte de l'arrêté de reconduite à la frontière, l'Algérie comme pays de destination, le pays de la Loire aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Loire ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision désignant le pays de destination ; que l'intéressé n'est, par voie de conséquence, pas fondé à demander qu'il soit enjoint au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour ;
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que les dispositions susvisées font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas la partie perdante, soit condamné à verser la somme que M. X... demande au titre des dispositions susvisées ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Lakhdar X..., au préfet de la Loire et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-05-15Code de justice administrative L761-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3Loi 91-647 1991-07-10 art. 37-2Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 17 juin 2002, n° 235274Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mme de SilvaOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 17/06/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page