Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-19791203-870179
Timestamp: 2016-12-06 03:05:33+00:00
Document Index: 189393254

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 3", "l'article 3", "l'article 14", "l'article 14", "l'article 3", "l'article 14", "l'article 3", "l'article 27"]

Type d'affaire : DecisionType de recours : Partiellement recevableNumérotation : Numéro d'arrêt : 8701/79Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1979-12-03;8701.79 Analyses : (Art. 35-1) EPUISEMENT DES VOIES DE RECOURS INTERNESParties : Demandeurs : X.Défendeurs : BELGIQUETexte : APPLICATION/REQUÃTE NÂ° 8701/7 9 X v/BELGIU M X . c/BELGIQU E DECISION of 3 December 1979 on the admissibility of the application DÃCISION du 3 dÃ©cembre 1979 sur la recevabilitÃ© de la requÃªte
Article 14 of the Convention : Conditions of application and notion of discrimination Irecap . of jurisprudence) . Article 3 of the First Protocol : The deprivation of the right to vote in respect of persons who have been convicted for uncitizenlike conduct, does not infringe the free expression of the opinion of the people in the choice of the legislature . Competence ratione temporis of the Commission : The depnvation of the right to vote which the law attaches to certain convictions, creates a continuing situation . Article 14 de la Convention : Conditions d'application et notion de discrimi-
natrbn Irappe/ de jurisprudence) . Article 3 du Protocole additionnel : La dÃ©chÃ©ance du droit de participer aux Ã©/ections, frappant les personnes condamnÃ©es pour incivisme, n'entrave pas la libre expression de l'opinion du peuple sur le choix du corps lÃ©gislatif . CompÃ©tence ratione temporis de la Commission : La dÃ©chÃ©ance du droir de participer aux Ã©lections, que la loi attache Ã certaines condamnations, crÃ©e une situation continue .
I English : see p. 252)
En 1948, le requÃ©rant a Ã©tÃ© condamnÃ© par un tribunal militaire belge Ã 20 ans de dÃ©tention extraordinaire Ipeine ramenÃ©e u/tÃ©rieurement Ã 18 ans) pour collaboration avec l'ennemi . De ce fait, il se trouve privÃ© Ã perpÃ©tuitÃ© du droit de participer aux Ã©lections .
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EN DROIT IExtrait f Le requÃ©rant se plaint Ã©galement d'Ã©tre privÃ©, depuis 1944, du droit dÃ© voter aux Ã©lections lÃ©gislatives et communales en Belgique . Il considÃ©re qu'il s'agit d'une situation continue et invoque l'article 3 du Protocole additionnel . La Commission estime qu'elle est compÃ©tente ratione temporis pour examiner ce grief En effet, le requÃ©rant se trouve toujours privÃ© du droit de vote et la dÃ©cision de la Cour militaire de Bruxelles du . . . fÃ©vrier 1948 n'a fait que dÃ©clencher de plein droit, l'application d'une prescription lÃ©gale gÃ©nÃ©ratrice d'une situation continue . Parâ¢consÃ©quent, ce n'est pas de la compatibilitÃ© de cette dÃ©cision avec IaCOnvention, mais bien de celle de ladite prescription lÃ©gale, que la Commission se trouve saisie en l'espÃ©ce (cf . RequÃ¨te NÂ° 214/56, Ann . II, p . 215, surtout p . 235) . La Commission examine le prÃ©sent grief Ã la lumiÃ©re de l'article 3 du Protocole additionnel . Cette disposition stipule que :"LÃ©s Hautes Parties Contractantes s'engagent Ã organiser Ã des intervallÃ©ssraisonnables, des Ã©lections libres qu scrutin secret, dans les conditions quiassurent la libre expression du peuple sur le choix du corps lÃ©gislatif" . Dans sa jurisprudence, la Commission a admis que, si le libellÃ© de l'article prÃ©citÃ© semble prÃ©voir seulemenD la garantie institutionnelle d'Ã©lections libres, il implique nÃ©anmoins la reconnaissance du principe du suffrage universel et, en l'occurrence, de droits individuels : le droit de voter et le droit de se prÃ©senter aux Ã©lections lÃ©gislatives . Cependant, ce droit, qui n'est ni absolu ni illimitÃ©, est exercÃ© sous rÃ©serve des restrictions imposÃ©es par les Etats Contractants pour autant qu'ellÃ©s ne soient pas arbitraires et ne portent pas atteinte Ã la libre expression de l'opinion du peuple (cf . RequÃ©tes NÂ° 6745/74 et 6746/74 contre la Belgique, D .R . 2, p . 110 (112, 116) ), voir Ã©galement RequÃªte NÂ° 7566/76 contre le Royaume-Uni, D .R . 9, p . 121 (124) 1 . Il appartient Ã la Commissiom, saisie d'un cas d'espÃ¨ce, d'apprÃ©cier si cette condition nÃ©gative est rempliÃ© ou non . Autrement dit, il lui incombe de rechercher ici si la privation perpÃ©tuelle du droit de vote Ã la suite d'une condamnation pour incivisme, dont se plaint le requÃ©rant, est entachÃ©e d'arbitraire, en particulier, si elle est deâ¢ nature Ã entraver la libre expression de l'opinion du peuple sur le choix du .corps lÃ©gislatif . La Commission est d'avis que tel n'est manifestement pas le cas en l'occurrence . En effet, elle constate qu'en Belgique comme dans d'autres pays la ratio /egis des lois privant les condamnÃ©s pour incivisme de certains droits politiques et plus spÃ©cialement duâ¢droit de vote est d'empÃªcher certaines catÃ©gories de personnes qui ont gravement abusÃ©, au cours d'une guerre, de leur droit de participer Ã la vie publique de leur pays, de faire Ã l'avenir mauvais usage de leurs droitspolitiques, afin d'Ã©viter des atteintes Ã la sOret Ã©
de l'Etat ou aux fondements d'une sociÃ©tÃ© dÃ©mocratique Ivoir RequÃªte NÂ° 6573/74, D .R . 1, p . 88) . La Commission examine Ã©galement le prÃ©sent grief sous l'angle de l'article 14 de la Convention qui garantit le principe de la non-discrimination . A cet Ã©gard, elle se rÃ©fÃ©re Ã sa jurisprudence constante et Ã celle de la Cour EuropÃ©enne des Droits de l'Homme selon laquelle l'article 14 peut Ãªtre combinÃ© avec 'un autre article, sans mÃªme que celui-ci sbit violÃ© isolÃ©ment ; il suffit Ã cet Ã©gard que "la matiÃ©rÃ©" entre dans le domaine d'application de cet article (voir Req . NÂ° 2717/66, Rec . 35, p . 1) . La Commission constate qu'en l'espÃ¨ce la matiÃ¨re Idroit de votel entre dans le domaine de l'article 3 du Protocole NÂ° 1 et que l'article 14 peut entrer en ligne de compte, en liaison avec l'article 3 du Protocole NÂ° 1 . Elle estime donc qu'il y a lieu de se reporter Ã la jurisprudence de la Cour EuropÃ©enne des Droits de l'Homme (ArrÃªt du 23 juillet 1968 dans l'Affaire Â« relative Ã certains aspects du rÃ©gime linguistique de l'enseignement en Belgique nl concernant les critÃ©res pour apprÃ©cier une diffÃ©rence de traitement :justification objective et raisonnable d'une mesure et rapport raisonnable de proportionnalitÃ© entre les moyens employÃ©s et le but visÃ© . La Commission estime qu'il n'y a dans le traitement diffÃ©rent imposÃ© au requÃ©rant en matiÃ©re de droit de vote aucune trace de violation de l'arlicle 14 . Il s'ensuit que cette partie de la requÃªte est manifestement mal fondÃ©e, au sens de l'article 27, paragraphe 2 de la Convention .
Summary of the relevant facts In 7948, the applicant was convicted by a BelgtÃ¢n military court and sentenced to 20 years of extraordinary detention (sentence later commuted to 18 years) for collaboration with the ennemy . The' applicant therefore r's permanently deprived of the right to vote . 1 TRANSLATIONI
THE LAW (Extract ) The applicant also complains that he has been deprived of the right to vote in national and local elections since 1944 . He considers that this constitutes a permanent situation and invokes Article 3 of the First Protocol .
The Commission considers that it is competent ratione tempons to examine this complaint . In fact, the applicant is still deprived of the right to vote, and the Brussels Military Court's decision of February 1948 merely initiated the automatic application of a legal provision giving rise to a permanent situation . This being so, the Commission is required to examine, not the compatibility of this decision with the Convention, but that of the said legal provision Icf . Application NÂ° 214/56, Yearbook 2, p . 214, particularly p .2351 . The Commission has considered the complaint in the light of Article 3 of the First Protocol . This provision stipulates that :"The High Contracting Parties undertake to hold free elections at reasonable intervals by secret ballot, under conditions which will ensure the free expression of the opinion of the people in the choice of the legislaturÃ©' . In previous decisions, the Commission has recognised that, while the above Article may seem merely to provide an institutional guarantee of free elections, it nonetheless implies recognition of the principle of universal suffrage and of two individual rights : the right to vote and the right to stand for election . At the same time, this right, which is neither absolute nor unlimited, is subject to certain restrictions imposed by the Contracting Parties, provided that these restrictions are not arbitrary and do not interfere with the free expression of the people's opinion (cf . Applications NÂ° 6745/74 and 6746/74 v . Belgium, D .R . 2, p . 114 (115, 116), cf . also Application NÂ° 7566/76 v/ the United Kingdom, D .R . 9 . p . 121) . When required to decide on cases of this kind, the Commission must decide whether or not this negative condition is fulfilled . In other words, it must decide, in the present instance, whether the permanent deprivation of the right to vote following conviction for treason, of which the applicant complains, is arbitrary and, in particular, whether it is calculated to prejudice the free expression of the opinion of the people in the choice of the legislawre . The Commission is of the opinion that this is clearly not the case in the present instance . In fact, it notes that in Belgium, as in other countries, the purpose of legislation depriving persons convicted of treason of certain political rights and, more specifically, the right to vote is to ensure that persons who have seriously abused, in wartime, their right to participate in the public life of their country are prevented in future from abusing their political rights in a manner prejudicial to the security of the state or the foundations of a democratic society (cf . Application NÂ° 6573/74, D .R . 1, p . 891 . The Commission has also considered the application with reference to Article 14 of the Convention, which guarantees the principle of non-discrimi-
nation . In this connection, it refers to the ruling, consistently given by itself and by the European Court of Human Rights, that Article 14 may be taken in conjunction with another article which need not itself have been violated ; in such cases, it is enough for the matter at issue to be covered by that other Article (cf . Application NÂ° 2717/66, Vol . 25, p . 1) . The Commission finds that, in the present instance, the matter at issue (the right to vote) is covered by Article 3 of the First Protocol and that Article 14 may be taken in conjunction with Article 3 of this Protocol It therefore considers ihat reference should be made to the case-law of the European Court of Human Rights, (Judgment of 23 July 1968 in the case "relating to certain aspects of the laws on the use of languages in education in Belgium") on criteria for assessment of differences in treatment : a measure must be objectively and reasonably justifiable, and the means employed must be in reasonable proportion to ihe aim intended . The Commission considers that the different treatment imposed on th e applicant in the matter of voting rights in no way violates Article 14 . It follows that this part of the application is manifestly ill-founded within the meaning of Article 27, paragraph 2, of the Convention .
_2ry1_Origine de la décision Pays : Conseil de l'EuropeJuridiction : Cour européenne des droits de l'hommeFormation : Commission (plénière)Date de la décision : 03/12/1979Fonds documentaire : HUDOC Haut de page