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Timestamp: 2016-10-28 14:24:25+00:00
Document Index: 226090697

Matched Legal Cases: ['art. 137', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 75', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 137', 'art. 98', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 176', 'art. 137', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 137', 'ATF ', 'ATF ', 'art 173', 'art. 1', 'art. 137', 'art. 66', 'art. 68']

5A_909/2010 (04.04.2011)
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 25 novembre 2010.
A.a A.________, n� en 1964, et dame A.________, n�e en 1962, se sont mari�s � F.________ (Italie) le 22 mai 1999. Le 17 d�cembre 1999, ils ont conclu un contrat de mariage et un pacte successoral � G.________ (Allemagne).
Les �poux ont emm�nag� � Gen�ve peu apr�s leur mariage. Ils ont un enfant, B.________, n� en 2000.
Les parties vivent s�par�es depuis le d�but de l'ann�e 2008.
A.b A.________ est pr�sident du conseil d'administration de C.________. � H.________ (Italie). Il chiffre � 38'343 fr. son revenu mensuel, �tant pr�cis� que son employeur assumait les frais de logement � Gen�ve, les frais d'�colage de l'enfant � l'Ecole X.________, fournissait des voitures � chacun des �poux et payait leur assurance-maladie. A.________ n'a all�gu� aucune charge le concernant, hormis son minimum vital (1'200 fr.) et l'�colage mensuel de son fils dans une �cole sp�cialis�e qu'il fr�quente � mi-temps en raison de probl�mes de dyslexie (Ecole Y.________; 2'208 fr. 30).
Dame A.________ a cess� toute activit� professionnelle apr�s avoir rencontr� son mari. Ses charges ont �t� fix�es par la cour cantonale � 19'848 fr. Celles de B.________ ont �t� arr�t�es � 8'513 fr., montant toutefois contest� par l'�poux.
A.c Le 5 f�vrier 2008, A.________ a form� une demande en divorce aupr�s de l'Amtsgericht Berlin-Sch�neberg (Allemagne), laquelle a �t� notifi�e � son �pouse le 28 f�vrier 2008. Celle-ci a entre-temps ouvert action en divorce devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, le 14 f�vrier 2008. Par jugement du 20 novembre 2008, puis arr�t de la Cour de justice du 28 mai 2009, il a �t� jug� que la demande en divorce d�pos�e en Allemagne avait cr�� la litispendance post�rieurement � la demande d�pos�e en Suisse.
B.a Le 12 ao�t 2008, l'�pouse a requis des mesures provisoires avec mesures pr�provisoires urgentes, concluant notamment � l'octroi d'une contribution mensuelle � l'entretien de la famille d'un montant de 36'000 fr. avec effet au mois de mars 2008. L'�poux a offert le versement d'une somme mensuelle de 9'800 fr., frais d'�colage de l'enfant en sus.
Par ordonnance sur mesures pr�provisoires du 8 septembre 2008, le Pr�sident du tribunal a condamn� A.________ � verser � son �pouse une contribution � l'entretien de la famille d'un montant mensuel de 15'000 fr., allocations familiales non comprises, ainsi qu'� continuer � prendre en charge l'�colage priv� de B.________.
Le 20 mai 2010, statuant sur mesures provisoires, le Tribunal de premi�re instance a notamment condamn� A.________ a verser � son �pouse, allocations familiales non comprises, la somme de 25'000 fr. par mois, frais d'�colage de l'enfant en sus. Le montant �tait d� d�s le mois de mars 2008, sous imputation des montants d�j� vers�s � ce titre.
B.b Statuant le 25 novembre 2010 sur appel de l'�poux, la Cour de justice a r�form� le jugement de premi�re instance et r�duit la contribution � 22'500 fr., sous les m�mes conditions.
Contre cette d�cision, A.________ interjette, le 23 d�cembre 2010, un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � ce que la contribution d'entretien soit fix�e � 15'000 fr., allocations familiales non comprises, et ce, sans effet r�troactif. A l'appui de ses conclusions, il invoque la violation de l'arbitraire.
Appel�es � se d�terminer, la cour cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t tandis que l'�pouse conclut � ce que son mari soit d�bout� de toutes ses conclusions.
Par ordonnance pr�sidentielle du 12 janvier 2011, le recourant a obtenu l'effet suspensif pour les aliments dus jusqu'en novembre 2010.
La d�cision de mesures provisoires selon l'art. 137 al. 2 CC est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Bien qu'elle soit prise alors qu'une proc�dure (principale) de divorce est pendante, elle est finale au sens de l'art. 90 LTF, car son objet est diff�rent de celui de la proc�dure au fond et elle met fin � l'instance sous l'angle proc�dural (ATF 134 III 426 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s). Le litige portant uniquement sur la contribution d'entretien, le recours a ainsi pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). La d�cision entreprise a en outre �t� rendue par l'autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF) et le recours a �t� interjet� dans le d�lai (art. 46 al. 2 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
La d�cision sur mesures provisoires de l'art. 137 al. 2 CC �tant une d�cision portant sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF, le recours ne peut �tre form� que pour violation des droits constitutionnels.
2.1 Le Tribunal f�d�ral ne sanctionne la violation de droits constitutionnels que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 III 393 consid. 6, 638 consid. 2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables. Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (cf. ATF 133 III 585 consid. 4.1; 130 I 258 consid. 1.3 et les arr�ts cit�s).
Le recourant �met deux critiques de fait.
3.1 Il remarque d'abord que c'est � tort que la cour cantonale a retenu que les charges de B.________ �taient incontest�es et affirme qu'au contraire, il aurait critiqu� les montants li�s aux multiples activit�s parascolaires de son fils devant le Tribunal de premi�re instance. A supposer que l'int�ress� s'en soit effectivement plaint devant cette derni�re autorit�, il n'a pas r�it�r� ses critiques devant la seconde instance cantonale alors que les charges retenues �taient identiques � celles relev�es en premi�re instance. Il ne peut donc les reprendre devant la Cour de c�ans, faute d'�puisement des griefs (art. 75 LTF).
3.2 Le recourant reproche ensuite � la Cour de justice de ne pas avoir retenu certains �l�ments de fortune de son �pouse. Statuant � ce sujet, la cour cantonale a indiqu� que ces sommes �taient litigieuses et qu'elles seraient d�s lors discut�es dans le cadre de la liquidation du r�gime matrimonial. S'agissant plus pr�cis�ment du montant de 67'000 fr., les juges cantonaux ont relev� qu'il n'�tait pas assez important pour �tre affect� � l'entretien de la famille. En se limitant � observer que les sommes qui n'avaient pas �t� retenues auraient pourtant pu permettre � son �pouse d'assurer son train de vie, le recourant ne s'en prend pas au raisonnement cantonal et n'en d�montre donc nullement l'arbitraire, de sorte que sa critique � cet �gard est irrecevable.
Pour arr�ter le montant de la contribution � l'entretien de la famille, la Cour de justice a avant tout fix� la r�mun�ration mensuelle nette de l'�poux en convertissant en francs suisses les sommes per�ues en euros de son employeur entre 2005 et 2010 (revenus fixes, tanti�mes et bonus). L'instance cantonale a ainsi constat� une r�mun�ration mensuelle moyenne nette de plus de 40'000 fr., � laquelle s'ajoutaient d'importantes prestations en nature assur�es par l'employeur, � savoir le paiement du loyer, de l'�colage de l'enfant � l'Ecole X.________ et des assurances-maladie ainsi que la mise � disposition de v�hicules. Il s'ensuivait que les charges que le recourant faisait valoir se limitaient � son minimum vital (1'200 fr.) et � l'�colage de son fils � l'�cole sp�cialis�e Y.________ (2'208 fr.). De son c�t�, l'�pouse n'exer�ait aucune activit� lucrative. Relevant son �ge (48 ans), son �loignement du march� du travail, la dur�e du mariage et la prise en charge de l'enfant - qui exigeait un important investissement en raison de sa sant� et de sa dyslexie -, les juges cantonaux ont consid�r� qu'il ne pouvait �tre exig� d'elle qu'elle reprenne une activit� lucrative durant la proc�dure de mesures provisoires; ils ont arr�t� ses charges � 19'038 fr. par mois, celles de l'enfant �tant maintenues � 8'513 fr. (cf. supra consid. 3.1). La cour cantonale a ainsi jug� qu'avec un revenu mensuel net de l'ordre de 39'000 fr., voire 38'343 fr. comme l'all�guait l'�poux lui-m�me, celui-ci �tait en mesure d'assumer les charges de sa famille en b�n�ficiant d'un disponible de 10'792 fr. pour son entretien personnel et ses autres d�penses (38'343 fr. - 19'038 fr. - 8'513 fr.). Dans la mesure toutefois o� l'�colage �tait en partie pris en charge par l'employeur du recourant, il se justifiait de faire abstraction des charges d'�colage priv� de l'enfant dans celles de l'int�ress�, dites charges �tant dues � part par celui-ci, en sus de la contribution d'entretien fix�e par la cour � la somme arrondie de 22'500 fr.
5.1 Le recourant reproche d'abord � la Cour de justice d'avoir arbitrairement fix� le montant de la contribution d'entretien.
5.1.1 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisoires (art. 137 al. 2 CC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100; 118 II 376 consid. 20b p. 378 et les arr�ts cit�s). Toutefois, quand on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce de l'art. 125 CC gagnent en importance et doivent �tre pris en consid�ration pour �valuer l'entretien. Cela signifie que le droit � l'entretien doit �tre appr�ci� au regard des crit�res de l'art. 125 al. 1 CC, qu'il y a lieu d'appr�cier la prise ou l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux � la lumi�re du principe de l'ind�pendance �conomique des �poux et que le montant de la contribution doit �tre fix� en tenant compte des �l�ments indiqu�s de fa�on non exhaustive par l'art. 125 al. 2 CC (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Il n'en demeure pas moins que, tant que dure le mariage, l'art. 163 al. 1 CC constitue la cause de l'obligation d'entretien.
5.1.2 L'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien. L'art. 125 al. 1 CC concr�tise en effet deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien (ATF 132 III 598 consid. 9.1 p. 600 et les arr�ts cit�s).
Selon la jurisprudence, une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�direntier ("lebenspr�gend"). En particulier, si le mariage a dur� au moins dix ans - p�riode � calculer jusqu'� la date de la s�paration des parties (ATF 132 III 598 consid. 9.2 p. 600) - il a eu, en r�gle g�n�rale, une influence concr�te. De m�me, ind�pendamment de sa dur�e, un mariage influence concr�tement la situation des conjoints lorsque ceux-ci ont des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1 p. 61). Dans de tels cas, le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2 p. 594). Il s'agit alors de la limite sup�rieure de l'entretien convenable auquel l'�poux cr�ancier a droit. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier d'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur d'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1 p. 8).
5.1.3 Le recourant soutient notamment que le maintien du train de vie ant�rieur ne serait envisageable que dans des situations particuli�res, lorsque les revenus sont extr�mement favorables. Il ne saurait toutefois �tre garanti, en tant que la s�paration implique n�cessairement des charges suppl�mentaires, qui doivent �tre r�parties entre les �poux. En jugeant qu'il �tait en mesure d'assurer un entretien de 27'551 fr. � sa famille, la cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire puisque lui-m�me ne conserverait que 28% de son revenu, tandis que son �pouse percevrait les 72% restant. Avec la chute de l'euro, la proportion atteindrait m�me 21% contre 79%.
L'intim�e reconna�t que la contribution d'entretien fix�e repr�sente une part importante du revenu net en esp�ces de son �poux. Elle remarque cependant que le solde qui reste � sa disposition ne constituerait pour lui que de l'argent de poche dans la mesure o� il ferait face � des charges quasiment nulles.
5.1.4 En l'esp�ce, le mariage des parties a dur� moins de dix ans, mais il a n�anmoins influenc� la situation de l'�pouse cr�ditrenti�re en raison de la naissance de B.________. C'est donc � juste titre que le principe d'une contribution d'entretien a �t� admis.
En consid�rant toutefois que le recourant pouvait, par son revenu, s'acquitter de l'int�gralit� des charges de son �pouse, que la cour cantonale a arr�t�es � 19'038 fr., et de celles de son fils, d'un montant de 8'513 fr. - contest� sans succ�s par le recourant (consid. 3.1 supra) -, la Cour de justice a vers� dans l'arbitraire. Conform�ment aux principes sus-expos�s, l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts implique que les �poux doivent accepter, chacun dans la m�me mesure, une diminution de leur train de vie. Tel n'est manifestement pas le r�sultat auquel parvient la d�cision cantonale au vu des sommes qu'elle laisse � disposition de chacune des parties. Alors qu'un montant de 27'551 fr. est destin� � assurer le train de vie de l'�pouse et du fils, l'�poux voit son train de vie arr�t� � son disponible, � savoir 10'792 fr. Il convient ainsi d'admettre le recours sur ce point et de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale pour qu'elle statue � nouveau. Partant des revenus du couple, � savoir tant du salaire du mari que du revenu hypoth�tique �ventuel de l'�pouse (consid. 5.2 infra), la cour cantonale devra en soustraire les charges aff�rentes � l'enfant et r�partir entre les deux parties, pour moiti� chacune, le montant ainsi obtenu.
5.2 Le recourant pr�tend ensuite que la Cour de justice serait tomb�e dans l'arbitraire en refusant d'imputer un revenu hypoth�tique � son �pouse.
5.2.1 Conform�ment au principe de l'ind�pendance �conomique des �poux, qui se d�duit �galement de l'art. 125 CC, l'�poux demandeur ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable tel qu'�tabli conform�ment aux principes sus-mentionn�s (ATF 134 III 145 consid. 4 p. 146). Selon les circonstances, il pourra �tre ainsi contraint d'exercer une activit� lucrative ou d'augmenter son taux de travail (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Le juge doit donc examiner dans quelle mesure l'�poux concern� peut exercer une activit� lucrative, compte tenu de son �ge, de son �tat de sant� et de sa formation. S'il entend exiger de lui qu'il reprenne une activit� lucrative, il doit lui accorder un d�lai d'adaptation appropri�: l'�poux doit en effet avoir suffisamment de temps pour s'adapter � sa nouvelle situation, notamment lorsqu'il doit trouver un emploi. Ce d�lai doit par ailleurs �tre fix� en fonction des circonstances concr�tes du cas particulier (cf. ATF 129 III 417 consid. 2.2; 114 II 12 consid. 5).
Selon la jurisprudence, en cas de mariage de longue dur�e, on pr�sume qu'il n'est pas possible d'exiger d'un �poux qui a renonc� � exercer une activit� lucrative pendant le mariage et qui a atteint l'�ge de 45 ans au moment de la s�paration, de reprendre un travail; cette limite d'�ge ne doit toutefois pas �tre consid�r�e comme une r�gle stricte (arr�t 5A_478/2010 du 20 d�cembre 2010 consid. 4.2.2.2 destin� � la publication et la jurisprudence cit�e). La pr�somption peut �tre renvers�e, en fonction d'autres �l�ments qui plaideraient en faveur de la prise ou de l'augmentation d'une activit� lucrative (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et les r�f�rences cit�es). La limite d'�ge tend � �tre augment�e � 50 ans (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence).
La capacit� de pourvoir soi-m�me � son entretien est susceptible d'�tre limit�e totalement ou partiellement par la charge que repr�sente la garde des enfants. En principe, on ne peut exiger d'un �poux la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50% avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'�ge de 10 ans r�volus, et de 100% avant qu'il n'ait atteint l'�ge de 16 ans r�volus (ATF 115 II 6 consid. 3c). Ces lignes directrices sont toujours valables d�s lors que, comme par le pass�, la garde et les soins personnels sont dans l'int�r�t des enfants en bas �ge, ainsi que de ceux en �ge de scolarit�, et que les soins personnels repr�sentent un crit�re essentiel lors de l'attribution de la garde (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence). Elles ne sont toutefois pas des r�gles strictes; leur application d�pend des circonstances du cas concret (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2; 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 5.4.3). Ainsi, une activit� lucrative appara�t exigible lorsqu'elle a d�j� �t� exerc�e durant la vie conjugale ou si l'enfant est gard� par un tiers, de sorte que le d�tenteur de l'autorit� parentale, respectivement de la garde, n'est pas emp�ch� de travailler pour cette raison; en revanche, la reprise d'une activit� lucrative ne peut raisonnablement �tre exig�e lorsqu'un �poux a la charge d'un enfant handicap� ou lorsqu'il a beaucoup d'enfants (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence). Le juge tient compte de ces lignes directrices dans l'exercice du large pouvoir d'appr�ciation qui est le sien (ATF 134 III 577 consid. 4).
5.2.2 Le recourant note � cet �gard que son �pouse a certes 48 ans et a cess� son activit� professionnelle il y a environ 13 ans, mais elle serait en bonne sant�, disposerait d'une formation �quivalente � un dipl�me universitaire et parlerait plusieurs langues. Elle b�n�ficierait en outre d'une bonne exp�rience professionnelle, ayant travaill� pour C.________, puis comme g�rante d'un concessionnaire automobile en Allemagne. Selon l'avis d'une conseill�re en ressources humaines, son dossier et ses comp�tences linguistiques lui permettraient ainsi de trouver un poste d'assistante de direction avec un salaire de l'ordre de 50'000 � 60'000 fr. pour un taux d'occupation de 60%. Par ailleurs, la dyslexie de leur fils, �g� de dix ans, ne l'emp�cherait nullement de trouver un emploi: B.________ serait en effet scolaris� toute la journ�e, ce qui laisserait � l'intim�e une plage de disponibilit� confortable pour l'exercice d'une activit� lucrative � temps partiel. Enfin, conforter l'intim�e dans l'id�e qu'elle n'a pas besoin de travailler serait pour elle une incitation � faire durer la proc�dure.
L'intim�e r�pond que les �l�ments factuels sur lesquels se fonde son �poux pour lui imputer un revenu hypoth�tique (formation, comp�tences linguistiques, bonne exp�rience professionnelle) n'ont jamais �t� �tablis par l'autorit� cantonale qui les aurait simplement rapport�s; elle-m�me les aurait d'ailleurs syst�matiquement contest�s au cours de la proc�dure cantonale. Son �ge, son �loignement du march� du travail et la lourde dyslexie dont souffre B.________ plaideraient au contraire en d�faveur de la reprise d'une activit� lucrative. Au demeurant, le recourant ne saurait lui reprocher de faire durer la proc�dure dans la mesure o� il serait seul responsable de son retard.
5.2.3 L'intim�e avait pr�s de 46 ans lorsque le couple s'est s�par� et qu'elle a d�pos� sa requ�te de divorce. Si cet �ge constitue la limite au-del� de laquelle on pr�sume qu'il n'est g�n�ralement plus possible d'exiger la reprise du travail d'un �poux qui a renonc� � l'exercice d'une activit� lucrative durant le mariage, cette limite n'est toutefois plus consid�r�e actuellement comme une r�gle stricte et tend au contraire � �tre augment�e � 50 ans selon les circonstances (consid. 5.2.1 supra).
Il n'est en l'esp�ce pas contest� que l'intim�e a cess� toute activit� professionnelle depuis sa rencontre avec le recourant. Sa formation et l'emploi qu'elle occupait � l'�poque font cependant l'objet d'all�gations divergentes entre les parties, l'�poux affirmant qu'elle disposerait d'une formation d'�conomiste, elle-m�me �voquant un dipl�me d'employ�e de commerce. L'intim�e est de langue maternelle allemande; ayant emm�nag� � Gen�ve peu apr�s son mariage, il y a douze ans, l'on peut partir du principe que, si, comme elle le pr�tend, elle ne ma�trise pas parfaitement le fran�ais, elle en a toutefois de bonnes connaissances. L'intim�e a par ailleurs all�gu� prendre des cours d'informatique et avoir contact� un professionnel en mati�re de placement. Elle est en bonne sant�. Le fils des parties est actuellement �g� de 10 ans. Il souffre certes de dyslexie mais est scolaris� pour ses difficult�s dans une �cole sp�cialis�e; contrairement � ce que semble pr�tendre l'autorit� cantonale, il ne ressort pas des faits qu'elle a �tablis qu'il serait en outre atteint dans sa sant�. L'intim�e ne saurait donc s'appuyer sur ces derni�res circonstances pour renoncer � l'exercice de toute activit� r�mun�r�e. Il �tait donc arbitraire de retenir qu'au vu de sa formation - au minimum un dipl�me d'employ�e de commerce -, de ses connaissances linguistiques - allemand et fran�ais - et de son bon �tat de sant�, l'intim�e n'�tait pas en mesure d'exercer une activit� � temps partiel. L'activit� et le revenu qu'elle pourra en tirer devront toutefois �tre fix�s par la cour cantonale au regard des informations suppl�mentaires qu'elle se devra d'�tablir (notamment: formation effective, �ventuelles connaissances linguistiques suppl�mentaires, march� du travail).
Le recourant reproche enfin aux juges cantonaux de l'avoir arbitrairement contraint � verser � son �pouse une contribution d'entretien avec effet r�troactif au 1er mars 2008. Non seulement la n�cessit� d'une contribution r�troactive n'avait pas �t� v�rifi�e, mais l'admettre conduirait �galement � un r�sultat particuli�rement in�quitable dans la mesure o� il devrait s'acquitter � ce jour d'un montant de 247'000 fr. d'arri�r�s.
6.1 A cet �gard, la cour cantonale a notamment consid�r� que l'intim�e avait requis en ao�t 2008 le versement d'une contribution d'entretien de 36'000 fr. avec effet r�troactif en mars 2008, de sorte que le recourant devait compter avec la possibilit� qu'une telle contribution soit accord�e r�troactivement.
6.2 Selon l'art. 137 al. 2, 4e phr. aCC, la contribution d'entretien peut �tre demand�e pour l'avenir et pour l'ann�e pr�c�dant le d�p�t de la requ�te (cf. ATF 129 III 60 consid. 3), l'effet r�troactif visant � ne pas forcer l'ayant droit � se pr�cipiter chez le juge, mais � lui laisser un certain temps pour convenir d'un accord � l'amiable (ATF 115 II 204 consid. 4a; Heinz Hausheer/Ruth Reusser/Thomas Geiser, Berner KOMMENTAR, 1999, n. 23 ad art 173 CC). L'effet r�troactif ne se justifie que si l'entretien d� n'a pas �t� assum� en nature ou en esp�ces ou d�s qu'il a cess� de l'�tre (DENIS TAPPY, in Commentaire romand, Code Civil I : art. 1-359 CC, 2010, n. 23 ad art. 137 CC). En tant que le recourant ne pr�tend pas avoir assur� l'entretien de la famille pour la p�riode ant�rieure au d�p�t des mesures provisoires par l'intim�e, celle-ci �tait parfaitement fond�e � requ�rir l'effet r�troactif, sans qu'aucune circonstance ne permette de faire appara�tre arbitraire la d�cision cantonale sur ce point.
En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis en ce qui concerne le montant de la contribution d'entretien. Il est rejet� pour le surplus, dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires sont support�s par les parties � part �gale (art. 66 al. 1 LTF) et les d�pens sont compens�s. Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il fixe la contribution d'entretien � 22'500 fr., allocations familiales et frais d'�colage en sus, et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Pour le surplus, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 4'000 fr., sont mis pour moiti� � charge du recourant et pour moiti� � charge de l'intim�e.