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Timestamp: 2017-08-20 07:45:36+00:00
Document Index: 100681232

Matched Legal Cases: ['§215', 'art. 2', '§50', '§51', '§50', '§50', '§50']

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The textual tradition of the Compendium philosophie: an illustration of cultural exchanges in the English monastic and school world
encyclopédie médiévale, tradition manuscrite, Compendium philosophie, Angleterre, marginalia
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Géographie des témoins
Origine et provenance des témoins
Les différentes versions : Λ, C, L et Cα
La version « anglaise »
Les particularités de la version « anglaise »
Exemple du chapitre sur l’amande
L’explicit de la version anglaise
La place de la version anglaise dans la tradition
Le Compendium philosophie dans l’espace anglais
Les manuscrits conservés en Angleterre aujourd’hui
Les traces anciennes du Compendium philosophie dans les bibliothèques anglaises
La réception du Compendium philosophie en Angleterre : le cas du manuscrit Cambridge, Jesus College 75
Particularités du manuscrit de Jesus College et nature des ajouts en marge
Les modèles des ajouts marginaux
1 Le texte a été édité en partie et étudié par M. de Bouärd en 1936 : Boüard (de), 1936.
1Probablement rédigé au milieu du XIIIe siècle dans un milieu proche de celui de l’Université1, l’anonyme Compendium philosophie ou Compilatio de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum est conservé aujourd’hui dans 37 manuscrits connus, que ce soit à l’état complet, incomplet ou fragmentaire2. Donnant à voir un abrégé du corpus aristotélicien sur la nature, il se subdivise en huit livres thématiques qui abordent successivement la métaphysique aristotélicienne (livre I), puis les sciences relatives aux corps mobiles (livres II à V), les principes fondamentaux de la philosophie naturelle aristotélicienne (livre VI), la dialectique, la rhétorique et le droit (livre VII), et enfin la morale aristotélicienne (livre VIII).
2L’état de la tradition manuscrite laisse voir une grande dispersion dans la localisation actuelle des témoins et rend donc compte de la remarquable diffusion de ce texte jamais imprimé à la période moderne – et au demeurant totalement tombé dans l’oubli après le XVe siècle –, comme le montre ce tableau de répartition géographique des manuscrits :
Localisation actuelle Nombre de témoins
3 Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham, mss 1251 et 1546 (FirA1 et FirA2). Ces manuscri (...)
4 Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana Ottob., ms lat. 1521 (VatO).
5 Berlin, Staatsbibliothek Preussische Kulturbesitz, ms lat. oct. 142 (Be). Le colophon de ce manuscr (...)
6 Erlangen, Universitätsbibliothek, ms 215 (Er1) : Fischer, 1928, p. 256-258.
7 Erlangen, Universitätsbibliothek, ms 276 (Er2), provenant de l’abbaye de Heilsbronn. Voir Obert-Pik (...)
8 Tübingen, Universitätsbibliothek, ms Mc 197 (Tub), provenant de Königsbronn.
9 Uppsala, Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva, mss C67 et C649 (U1 et U2).
10 Sevilla, Biblioteca Capitular y Colombina, ms 7.3.40 (Se), acheté à Padoue d’après une mention sur (...)
3À la lumière des informations récoltées dans la bibliographie et grâce à l’étude même des manuscrits, nous pouvons revoir à la hausse la position de la France dans cette liste et nuancer cette répartition géographique : en effet parmi les manuscrits italiens, deux proviennent de l’abbaye cistercienne de Clairvaux3. L’un des témoins conservés à la Bibliothèque Vaticane à Rome porte l’ex-libris d’un Magister Philippus de Vitriaco, qui est peut-être le Philippe de Vitry évêque de Meaux entre 1351 et 1361 et auteur d’un traité sur la musique4. Un manuscrit allemand a été copié à Paris5, un autre a sans doute été copié en France6, un troisième a séjourné dès la deuxième moitié du XIIIe siècle au collège Saint-Bernard7, tandis qu’un quatrième est probablement une copie plus ou moins directe du précédent8. Enfin, l’un des deux manuscrits suédois paraît être de facture française, tandis que l’autre est sa copie directe, effectuée à Vadstena9. D’autre part, un manuscrit espagnol a été acheté en Italie10.
11 Notamment dans Pavie, Biblioteca Universitaria Aldini, ms 237, cf. Boüard (de), 1936, p. 25-27.
12 Nous avons mis en évidence les caractéristiques de trois de ces versions dans notre contribution : (...)
4Les recherches antérieures à notre travail avaient déjà établi que le texte avait fait l’objet de remaniements dans certains manuscrits11. L’étude des variantes textuelles que nous avons conduite sur tous les manuscrits, sauf un, nous a permis de distinguer quatre versions principales, dont certaines se subdivisent en sous-familles particulières12. D’après les informations que nous donnent les origines (souvent présumées) de certains de ces manuscrits seulement, on peut tenter l’affirmation, sous réserve, qu’aucune de ces versions ne semble se rapporter à une zone géographique particulière, la version « anglaise » exceptée :
Manuscrit Provenance Origine
Version longue Λ Erlangen,
Universitätsbibliothek 276 Collège
St-Bernard ;
de Heilsbronn Paris ?
Medicea Laurenziana Ashburnham 1251 Cisterciens
de Clairvaux Paris ?
Medicea Laurenziana Pluteus 89 sup. 55 Italie
(main d’Ange Politien ?)
nazionale centrale, Conventi Soppressi A.VII.366 Camaldules
Mantova, Biblioteca Comunale 271 (C.I.9) Couvent
S. Benedetto Polirone
Pavia, Biblioteca
Universitaria Aldini 108 Ermites de
st Augustin de Pavie
Universitaria Aldini 237
Pistoia, Biblioteca
Forteguerriana D.269 Couvent
San Francesco a Giaccherino, Pistoia
Universitätsbibliothek Mc 197 Cisterciens
de Königsbronn
Apostolica Vaticana Ross. 175
Apostolica Vaticana Vat. lat. 3009 Travail dédicacé à Sixte IV, exécuté pour Hilarion
Version courte C Berlin, Staatsbibliothek Preussische Kulturbesitz lat. oct. 142 Paris
Bordeaux, Bibliothèque municipale 422 Petits carmes
de Bordeaux Est de la France / région rhénane
Emmanuel College 247 Angleterre
Version courte C Erlangen,
Universitätsbibliothek 215 Cisterciens
de Heilsbronn France
Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham 1546 Cisterciens
de Clairvaux France
Universitätsbibliothek 363 Relié à Bruges ?
Poitiers, Bibliothèque municipale, 152
Salamanca, Biblioteca Universitaria 2322 Franciscains du sud de la France ?
Cathedral Library 170 Angleterre
Troyes, Bibliothèque municipale 1488 Cisterciens
Troyes, Bibliothèque municipale 1769 Cisterciens
Troyes, Bibliothèque municipale 1943 Cisterciens
Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva C67 Cisterciens
d’Alvastra ;
brigittines de Vadstena France
Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva C649 Brigittines de Vadstena : copié sur le précédent
Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana Ottob. lat. 1521 France
Version longue L Cambrai, Bibliothèque municipale 1008 Cathédrale
de Cambrai Val-des-Écoliers, nord de la France ?
Modena, Biblioteca Estense α.Q.7.26
Paris, Bibliothèque nationale de France lat. 3430
Version longue L Paris, Bibliothèque nationale de France lat. 15879 Sorbonne Probablement exécuté pour Gérard d’Utrecht à Paris
y Colombina 7.3.40 Acheté à Mantoue
Version courte Cα « anglaise » Cambridge,
Jesus College 75 Cisterciens
de Kirkstall Angleterre
Glasgow, University Library Hunter 231 Angleterre,
J. Rylands Library 150 Cisterciens
de Whalley Angleterre
Version inconnue Eton College 74 Angleterre
Fribourg, Couvent
des Cordeliers 54
Balliol College 246 Angleterre
5En effet, les cinq témoins conservant cette version paraissent de facture anglaise, bien que, dans un certain nombre de cas, il soit difficile de préciser davantage leur origine.
6Nous allons à présent tenter de caractériser chacune de ces versions par rapport aux autres.
13 Nos recherches ont montré une très grande proximité entre les citations « non-philosophiques » du C (...)
7La version longue Λ, que nous considérons comme la plus ancienne, est celle qui présente l’état le plus proche des sources directes du texte telles que nous avons pu les identifier13. Elle se subdivise en deux sous-familles principales, Λα et Λβ, auxquelles on peut ajouter une rédaction particulière, bien que faisant partie de la version Λα, conservée dans le ms Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham 1251 (FirA1), de la fin du XIIIe siècle et anciennement à Clairvaux, et qui offre à la fois l’une des copies les plus anciennes que nous connaissions et l’état du texte qui est sans doute le plus proche (actuellement connu) de l’archétype.
8La version courte C, dont nos plus anciens témoins sont datés imprécisément de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle, supprime de longs morceaux de texte, allant jusqu’à couper des citations entières. Ces abréviations interviennent surtout dans les parties de texte non-aristotéliciennes, mais il arrive parfois que des citations d’Aristote soient tronquées, particulièrement lorsqu’elles comprennent une longue série de causes des phénomènes naturels, qui sont alors réduites à leur plus simple expression. Dans d’autres cas, des citations d’autres auteurs, comme Alfred de Shareshill, sont coupées entièrement. L’objectif de ce remaniement était-il de rendre le texte à la fois plus court, donc moins coûteux à reproduire, plus concis, et plus aristotélicien ?
14 Notamment Uppsala, Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva, ms C67 (U1), mais aussi Mantova, Bibl (...)
9La version longue L est le produit de la réinterpolation, dans les marges d’un témoin de la version courte C, des passages qui avaient été coupés par le ou les éditeurs de cette version courte. Il faut donc imaginer un lecteur possédant un témoin de la version courte C, mis en présence d’un témoin d’une version longue Λ, et qui aurait décidé de reporter dans les marges de son propre exemplaire la quasi-totalité des passages manquants, sans corriger les petites variantes ponctuelles existant dans le « tronc commun ». Les passages en question ont ensuite été réintroduits dans le texte central par les copistes suivants. En plus d’être perceptible lorsque l’on étudie l’état du texte en détail, ce mode d’établissement de la version L est particulièrement manifeste par le fait que, dans presque tous les témoins portant la version L mais à des degrés divers, les passages réintroduits le sont parfois au mauvais endroit (si l’on se réfère à l’ordonnancement du texte dans les sources qui correspond à celui de la version Λ), ce qui permet d’imaginer un système de correspondance entre les notes en marge et le texte plus ou moins difficile à déchiffrer pour les copistes. D’autre part, nous conservons plusieurs témoins qui attestent, dans leurs marges, de la réalité de ces pratiques de collation qui, à partir de deux versions différentes du texte, produisent, par une mise au propre dans un nouveau témoin, un nouvel état de l’œuvre14.
10La version courte Cα, dite « anglaise », procède de deux manières : d’une part, tout comme la version courte C, elle supprime du contenu lorsque celui-ci est jugé redondant ou superflu. D’autre part, elle simplifie certaines phrases alambiquées, dont la complexité provient souvent de l’agglomération, par la source même, de contenus divers ou de citations disparates d’une même œuvre.
11On peut mettre en évidence les particularités de la version anglaise que nous venons d’évoquer à partir de cet exemple tiré du chapitre sur l’amande, dans le livre III (partie en gras) :
15 Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham, ms 1251 (FirA1).
Version longue Λα : FirA115
Amigdala grecum nomen est quod latine nux longa vocatur. Item hec arbor prior cunctis arboribus se flore vestit et ad ferenda poma cetera arbusta prevenit. Item amigdalum dulce est. Cibus egrotantium est. Item testa tegitur. Item amigdale dulces sunt calide et humide, amare sunt calide et sicce, et amare dantur pro medicina, dulces pro cibo.
16 Bordeaux, Bibl. mun., ms 422 (Bo).
Version courte C : Bo16
Amigdala latine dicitur nux longa. Hec arbor prior cunctis arboribus se vestit. Ad ferenda poma cetera arbusta prevenit.
17 Paris, BNF, ms lat. 15879 (Par2).
Version longue L : Par217
Amigdala grece nomen est quod latine dicitur nux longa. Hec arbor prior cunctis arboribus se flore vestit. Ad ferenda poma cetera arbusta prevenit. Item amigdalum dulcis est. Cibus egrotantium est. Testa tegitur. Item amigdale dulces sunt calide et humide, amare sunt calide et sicce, et amare dantur pro medicina, dulces pro cibo.
18 Manchester, J. Rylands Library, ms 150 (Manc).
Version courte Cα « anglaise » : Manc18
Amigdala nomen grecum est quod latine nux longa vocatur. Hec arbor cunctis arboribus prius flore se vestit et ad ferenda poma cetera arbusta prevenit. Amigdalum dulce est. Cibus egrotantium. Amigdale dulces sunt calide et humide et dantur pro cibo. Amare sunt calide et sicce et dantur pro medicina.
19 Cf. supra, note 13.
12Voici le texte de l’Anonyme19 :
20 Troyes, Bibl. mun., ms 1236.
Source : Anonymus Clarevallensis, fol. 7v20
Amigdala grecum nomen est que latine nux longa vocatur, hanc alii nucidam vocant quasi minorem nucem. Cunctis arboribus prior se flore vestit et ad ferenda poma cetera arbusta prevenit. Amigdalum dulce est. Cibus egrotantium. Durum asperum, testa tegimen. Amigdale dulces sunt calide et humide, amare calide et sicce. Amare dantur pro medicina, dulces pro cibo.
21 Les deux dernières phrases du texte de l’Anonyme de Clairvaux proviennent à l’origine du De diaetis (...)
13Là où les versions longues Λ et L conservent la structure stylistique en chiasme héritée de la source21, la version « anglaise » rationalise la mise en forme de l’information, non sans avoir supprimé une phrase (Testa tegitur). Elle regroupe donc le contenu concernant les deux types d’amandes, douces ou amères, là où l’information était précédemment dispersée entre leur composition élémentaire et leur utilisation respective dans la pharmacopée.
22 Manc.
23 Glasgow, University Library Hunter, ms 231 (G).
14Par ailleurs, les témoins de la version anglaise proposent un explicit différent du restant de la tradition, le texte s’arrêtant plus tôt dans le cours du livre VIII : numquam cessabit effectus ad apta ad propositum. Explicit noua ethica ­Aristotelis22, ou Averoys super VII physicorum23. Ces explicit concluent le texte, l’un avant les notabilia sur les différents traités d’Aristote et les conseils moraux aux maîtres et aux étudiants sans doute inspirés du De disciplina scolarium du pseudo-Boèce, l’autre avant le début du commentaire sur l’Ethica nova. On note que les manuscrits de la version Λα, eux, s’arrêtent à la fin des notabilia. Les manuscrits restants, dans leur totalité (versions Λβ, C, L) ajoutent, après les notabilia, les conseils moraux aux maîtres et aux étudiants.
24 Cambridge, Jesus College, ms 75 (CamJ).
25 Manc.
15Une dernière particularité des témoins de la version anglaise est celle-ci : dans les trois manuscrits complets subsistants, le titre donné à l’œuvre comprend toujours la notion de moelle (medulla) : Medulla philosophorum24, Compilacio medullata de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum25, Compilacio medullitus de libris naturalibus Aristotelis et aliorum philosophorum26. Cette idée ne se retrouve dans aucun autre témoin connu des autres versions, dans lesquelles le titre constaté le plus souvent est : Compilatio de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum. Parfois, mais ce n’est pas la majorité des cas, un titre est ajouté sous la forme Compendium philosophie. Dans un certain nombre de cas, ce titre Compendium philosophie semble ajouté à une date postérieure, peut-être à des fins catalographiques : c’est peut-être alors une reprise de l’information donnée dans l’explicit : explicit Compendium philosophie qui apparaît dans certains manuscrits (y compris dans des témoins où ce titre plus court ne figure pas du tout au début du texte). Dans les autres cas, il semble qu’il apparaisse majoritairement en marge supérieure sous une forme telle que Incipit compendium philosophie (l’autre titre Compilatio de libris etc étant bien présent sur la page), comme s’il s’agissait d’un titre courant. Lorsqu’il était présent, c’est souvent ce titre qui est resté dans les catalogues, sans doute parce qu’il était plus court et synthétique, et c’est aussi ce titre qui est repris et popularisé par Michel de Bouärd, lui-même servant de référence à de nombreux catalogues contemporains.
16De quel état du texte la version anglaise dérive-t-elle ? L’exemple de l’amande montre, selon toute vraisemblance, qu’il ne s’agit pas de la version courte C, ce qui est confirmé par l’étude du reste du texte : la version anglaise possède des morceaux de texte (présents dans les versions longues et dans la source) qui ont disparu dans la version C, ce dont on peut aisément s’assurer dans l’exemple précédent, et inversement, ce qui exclut également que la version anglaise Cα puisse être à l’origine de la version C. Ainsi dans le chapitre sur la couleur des arbres :
Version longue Λα : FirA1
Dicit Aristotiles in secundo de plantis quod viriditas est communissimus color in arboribus quo ad partes exteriores, et albedo in ligno interiori. Et causa huius est quod in raritate arborum ascendit humor aqueus ad exterius. Post cuius ascensum lignum quod interius est fit magis album, sicut tela post exitum aque magis albescit. Deinde calor mediocriter operans in illum humorem existentem exterius generat ibidem colorem viridem.
Version courte C : Bo
Dicit Aristotiles in secundo de plantis quod viriditas est communissimus color in plantis quo ad partes exteriores, albedo in ligno interiori. Et causa huius est quod in raritate arborum ascendit humor aqueus ad exterius. Post cuius ascensum lignum quod interius est fit magis album, sicut tela post exitum aque magis albescit. Deinde color mediocriter operans in istum humorem existentem exterius generat ibidem colorem viridem.
Version longue L : Par2
Version courte Cα « anglaise » : Manc
Dicit Aristotiles in secundo de plantis quod viriditas communissimus color est in omnibus arboribus quo ad partem exteriorem, et albedo in ligno interiori. Et causa huius est quod in raritate arborum ascendit humor aqueus ad exterius. Post cuius ascensum lignum quod interius est fit magis album. Deinde calor mediocriter operans in illum humorem existentem exterius generat ibidem colorem viridem.
27 Cf. supra, note 13.
17Le texte d’Adam27 se présente ainsi :
28 Nous remercions vivement ici le Prof. R. James Long (Fairfield University) qui nous a permis d’util (...)
Source : Adam of Bockenfield, In Aristotelis De vegetabilibus, II28
Primo, dicit quod viriditas debet esse communissima in arboribus quoad suas partes exteriores, albedo autem in ligno interiori. Secundo, cum dicit ET HOC EST QUIA [§215.3], dat causam huius, quae sic potest intelligi. In raritate ipsius plantae sive arboris ascendit humor aqueus usque ad extremitates sive ad corticem ipsius plantae. Post cuius ascensum lignum ab interius etiam fit magis album, sicut tela post exitum aquae magis albescit. Donec autem calor mediocriter, operans in illum humorem existentem in extremitatibus, generat ibidem colorem viridem, sicut dictum est in libro Meteorum […]
18Ici la formule sicut tela post exitum aque magis albescit (en gras dans le texte) est bien présente dans la source et dans toutes les versions du Compendium, la version anglaise exceptée. Il faut donc imaginer deux versions courtes développées à partir de versions longues et totalement indépendantes l’une de l’autre. L’étude des variantes de la version anglaise montre que, sauf exception, cet état donne à voir un texte relativement proche de la version Λ. Ainsi sur la manière de rendre féconds les arbres stériles (livre III) :
Dicit Aristotiles in primo de plantis quod arbor duri corticis et sterilis effecta si findatur radix eius et ipsi fissure immittatur lapis calidus rursus fiet fertilis, quia per fissuram evaporabitur superfluitas humoris nocui et per calorem lapidis extrahetur calor naturalis ipsius arboris. Qui excitatus humores crudos elevat ad superius plante, et ita cum calore extrinseco coadiuvante recuperabit arbor suam fecunditatem.
Dicit Aristotiles in secundo de plantis quod arbor duri corticis et sterilis effecta si findatur radix eius et ipsi fissure immittatur lapis calidus rursus fiet fertilis.
Dicit in primo de plantis Aristotiles quod arbor duri corticis et sterilis effecta si findatur radix eius et ipsi fissure immittatur lapis calidus rursus fiet fertilis, quia per fissuram evaporatur superfluitas humoris nocivi et per calorem lapidis extrahitur calor naturalis ipsius arboris. Qui siccatur humores crudos elevat ad superius plante, et ita cum calore extrinseco adiuvante recuperabit arbor suam fecunditatem.
Dicit Aristotiles primo de plantis quod arbor duri corticis et sterilis effect[a] si findatur radix eius et ipsi scissure imittatur lapis calidus rursus fiet fertilis, quia per scissuram evaporabitur superfluitas humoris nocui et per calorem lapidis extrahetur calor naturalis ipsius arboris. Qui excitatus humores crudos elevat ad superius plante, et ita cum calore extrinseco coadiuvante recuperabit arbor suam fecunditatem.
Source : Adam of Bockenfield, In Aristotelis De vegetabilibus, II
Primo, determinat quandam alterationem a sterilitate in fertilitatem. Et est quod, si arbor fuerit effecta sterilis propter duritiem corticis prohibentis evaporare quod nocivum est, si findatur radix eius et immittatur lapis in fissura radicis, ut possit fieri evaporatio, recuperat fecunditatem. Et similiter dicitur : utile est ut ille lapis sit calefactus, cuius causa est quoniam per fissuram evaporatur superfluitas humoris nocivi. Et per caliditatem lapidis extrahitur calor naturalis in radice ipsius plantae, qui extractus digerendo humores crudos eos ad superius plantae elevabit, et ita cum calore extra coadunante recuperat arbor fecunditatem.
29 Représentée par Firenze, Biblioteca Nazionale, Conventi Soppressi, ms B.5.256 et Vatican, Bibliotec (...)
30 Cf. note précédente.
19On constate ici que les quelques variantes divergentes qui apparaissent sur l’ensemble des versions confirment la proximité entre Λ et Cα. La variante fissure (Λ C L source) / scissure (Cα) semble éloigner la version anglaise à la fois de la source et des autres versions. On note à ce sujet que si on s’attarde sur les variantes au texte de Buckfield, on trouve le terme scissura au lieu de fissura dans une famille particulière de manuscrits29, ce qui indique a minima que les deux termes sont relativement interchangeables, et au maximum que, si l’on admet que c’est un témoin proche de cette famille de manuscrits du commentaire de Buckfield qui a été utilisé par le compilateur du Compendium, la version anglaise propose un état du texte plus proche de la source qu’aucune autre version, les coupures exceptées. On peut faire une remarque du même genre au sujet de la variante excitatus (Λ Cα) / siccatur (L) / extractus (source) : chez Buckfield, la même famille de manuscrits évoquée ci-dessus30 donne excitatus en lieu et place de extractus. Les variantes sur nocui (Λ Cα) / nocivi (L source) et coadiuvante (Λ Cα) / adiuvante (L) / coadunante (source) peuvent s’expliquer par des erreurs d’interprétation du nombre de jambages de la part des copistes, d’autant plus que l’on constate un manque de cohérence au sein des différentes versions sur cette question : pour la première variante, tous les manuscrits de la version L ainsi que deux manuscrits de Λα donnent superfluitas humoris nocivi, tandis que les manuscrits de Λβ donnent superfluitas nocivi (pour trois d’entre eux) et superfluitas nocua (pour l’un d’entre eux) et que le restant des manuscrits Λα et tous les témoins de Cα donnent superfluitas humoris nocui ; de même pour la deuxième variante, deux manuscrits de Λβ donnent coadunante, tandis que tous les témoins L donnent adiuvante, et tous les autres manuscrits de Λ coadiuvante.
31 Le logiciel de calculs philologiques a été développé par J.-B. Guillaumin (Université Paris IV-Sorb (...)
32 Cf. Annexe 2.
20On pourrait discuter l’importance relative de ces variantes, principalement orthographique ou grammaticale, et la propension des scribes à introduire des modifications dans les textes qu’ils recopient. Cependant, l’étude du restant du texte confirme le lien très fort entre la version anglaise Cα et la version Λ, plutôt qu’avec toute autre version. Un test de calcul des distances31 entre les textes conservés par les différents témoins confirme ce que nous avons tenté de montrer dans l’exemple précédent32 : le test a ici été fait à partir de 26 manuscrits, sur le prologue du livre III du Compendium et le premier chapitre De plantis, mais le même genre de résultat pourrait être obtenu sur toute l’étendue du livre III.
21Nous venons de voir que la version anglaise dérivait sans doute directement de la version Λ : à quelle sous-famille de Λ appartient-elle ? Comment se positionne-t-elle dans le stemma ? L’exemple de la myrrhe, toujours dans le chapitre III, peut nous permettre d’esquisser une réponse :
Mirra arbor est quinque cubitis alta similis albe spine. Cuius gutta viridis est et amara. Unde et nomen accepit scilicet mirra. Item gutta eius sponte cadens vel manans pretiosior est. Elicita vero corticis vulnere vilior iudicatur. Item mirra viridis et calida vermes arcet. Item odorifera est. Est etiam consolidativa. Item est desiccative nature. Item inflaturas et tumores sanat. Sarmenta eius ignibus arabes fovent quorum fumo satis noxio nisi ad odorem storacis occurant, plerumque insanabiles morbos contrahunt. Item dicit Aristotiles in primo de plantis quod mirra est gummi tenax.
Mirra est arbor quinque cubitis alta similis albe spine. Cuius guta viridis est et amara. Unde et nomen accepit scilicet mirra. Item guta eius cadens sponte pretiosior est. Elicita vero corticis vulnere vilior iudicatur. Dicit Aristotiles in primo de plantis quod mirra est gummi tenax.
Mirra arbor est quinque cubitis alta similis albe spine. Cuius gutta viridis est et amara. Unde et nomen accepit scilicet mirra. Item gutta eius sponte cadens vel manens pretiosior est. Eliquata vero corticis vulnere vilior iudicatur. Item mirra viridis et calida vermes arcet. Est etiam odorifera et consolidativa est desiccative nature. Inflaturas et tumores sanat. Sarmenta eius ignem fovent quorum fumo satis noxio nisi ad odorem storacis, currant populi insanabiles morbos contrahunt. Item dicit Aristotiles in primo de plantis quod mirra est gummi tenax.
Mirra arbor est quinque cubitis alta similis albe spine. Cuius gutta viridis est et amara. Unde et nomen accepit. Gutta eius sponte manens pretiosior est. Elicita vero corticis vulnere vilior iudicatur. Mirra viridis et calida vermes arcet. Odorifera est. Consolidativa et desiccative nature. Sarmenta eius ignibus arabes fovent quorum fumo satis noxio nisi ad odorem storacis occurrant, plerumque insanabiles morbos contrahunt. dicit Aristotiles in primo de plantis quod mirra est gummi tenax.
22Voici le texte tel qu’on le rencontre dans l’Anonyme et chez Isidore :
Source : Anonymus Clarevallensis, fol. 65
Mirra arbor est quinque cubitis alta similis albe spine. Cuius gutta viridis et calida. Gutta viridis et amara. Manans sponte preciosior. Elicita cortice vulnere vilior. Vermes et putredinem arcet. Odorifera est. Consolidativa. Desiccative nature. Inflaturas et tumores sanat. Sarmenta eius arabes ignibus fovent, quorum fumo satis noxio nisi ad odorem storacis occurant, contrahunt morbos plerumque insanabiles.
Isid., Etym., lib. 17, cap. 8, par. 4 (éd. Lindsay)
Myrra arbor Arabiae altitudinis quinque cubitorum, similis spinae quam ἄκανθον dicunt : cuius gutta viridis atque amara ; unde et nomen accepit myrra. Gutta eius sponte manans pretiosior est, elicita corticis vulnere vilior iudicatur. Sarmentis eius Arabes ignes fovent, quorum fumo satis noxio, nisi ad odorem storacis occurrant, plerumque insanabiles morbos contrahunt.
33 Lindsay, 1911, XVII, viii, 4. La leçon « fautive » apparaît notamment dans Basel, Universitätsbibli (...)
34 Le texte retenu est le même dans l’édition des Belles Lettres de 1981 : André, 1981, p. 142-143.
35 Ces manuscrits font partie de deux familles distinctes, les familles française (mss Basilensis, Ber (...)
36 Mommsen, 1895, p. 149.
23On constate ici que la version anglaise, dans tous ses manuscrits, est la seule, avec l’unique témoin FirA1, à proposer la leçon comprenant arabes et conforme à la source. Or cette source que nous connaissons via l’Anonyme de Clairvaux, reprend une leçon alternative d’une famille de manuscrits des Étymologies d’Isidore33, leçon qui rend la phrase moins compréhensible. La leçon retenue par Lindsay34 est celle-ci : Sarmentis eius Arabes ignes fovent (« les Arabes alimentent des feux avec ses sarments » puisque foveo veut aussi bien dire « réchauffer » que « encourager » ; c’est un verbe dont le radical a donné également le terme fomes qui désigne le petit bois pour allumer ou rallumer le feu), plutôt que Sarmenta eius Arabes ignibus fovent (que l’on peut traduire comme « ses sarments réchauffent les Arabes par leurs feux » qui paraît plus logique que dans l’autre sens « les Arabes rallument ses sarments avec des feux »), leçon qui apparaît dans plusieurs manuscrits des Étymologies (Lindsay la signale comme variante dans les deux mss Basileensis F. III. 15 et Toletanus 15, 8 ; André la donne également pour Escorialensis T II, 24, Bernensis 101 et Harleianus 268635) et qui est la leçon retenue dans certaines éditions antérieures à celle de Lindsay. À noter que dans l’édition du Polyhistor de Solin36, qui est très certainement la source d’Isidore, on trouve la même leçon pour cette phrase que celle privilégiée par Lindsay. La leçon alternative, qui semble être celle adoptée par la source du Compendium si l’on regarde l’état du texte dans l’Anonyme de Clairvaux, a donc disparu de tout le restant de la tradition, dont un premier copiste, peut-être confronté à la difficulté de comprendre le sens de la phrase, a pris l’initiative de transformer cette dernière pour lui donner un sens plus évident, en supprimant le terme arabes : de Sarmenta eius ignibus arabes fovent, on passe, dans la quasi-totalité de la tradition du Compendium sauf dans la version anglaise et dans le ms FirA1, à Sarmenta eius ignem fovent. On évacue donc les Arabes et on donne : « ses sarments alimentent le feu ». Il faut donc supposer qu’à la fois le manuscrit FirA1 et la version anglaise donnent à voir un état suffisamment proche du texte original portant cette lectio difficilior pour se situer avant la disparition du terme arabes du restant de la tradition. Le caractère plus ou moins « fautif » de la leçon conservée par FirA1 et la version anglaise exclut par ailleurs un retour vers la source de la part du copiste de FirA1 ou de l’éditeur de la version anglaise dans le but d’éclaircir le texte, ce qui aurait pu constituer la base d’une hypothèse contradictoire, puisque la phrase Sarmenta eius ignem fovent se comprend relativement facilement, à ceci près que l’on perd par conséquent le sujet de la phrase suivante, qui était le même à savoir Arabes, ce qui peut expliquer que la version L introduise le terme populi, qui n’existe pas dans les autres versions et que l’on substitue à plerumque. Enfin, le fait qu’aucun autre manuscrit connu ne conserve cette leçon tend à montrer que l’élaboration de la version anglaise se fit à un moment où le texte avait été encore relativement peu diffusé, puisque nous avons perdu tous les témoins conservant cet état originel sauf un, le manuscrit FirA1.
24La version dite « anglaise » du Compendium philosophie serait-elle donc une illustration de traditions textuelles élaborées et développées en vase clos, réservées à l’espace culturel anglais ?
37 Je tiens à remercier chaleureusement ici les personnes qui m’ont permis d’accéder aux manuscrits du (...)
25Les bibliothèques anglaises conservent aujourd’hui sept témoins du Compendium philosophie (on donne la version du texte entre parenthèses)37 :
Cambridge, Emmanuel College 247 (C) = CamE
89 fol. + 138
fol. 1v : (autre main que le texte) Compilatio ex Aristotele et aliis de rerum natura. Liber de secretis nature.
fol. 2-89 : Compilatio de libris naturalibus Aristotelis et aliorum ­quorumdam philosophorum de rerum natura. Que quidem compilatio quinque in se partes continet principales, quarum prima principalis in octo subdividitur partibus. […] aque calide inter vulnera. Explicit libellus de secretis nature.
26Ce manuscrit de la version courte, de provenance anglaise, constitue une copie assez soignée sur un beau parchemin et on n’y trouve aucune note marginale. Son explicit le relie étroitement au ms Salisbury, Cathedral library 170 car ce sont les deux seuls témoins à proposer la formule Explicit libellus de secretis nature, que l’on aurait plutôt tendance à attribuer à des œuvres alchimiques.
27Sur le fol. 89v, on trouve quelques mentions dont un ex-libris du début du XVIIe s. :
John Simcottes
39 Venn, 1927, p. 76.
28Ce John Simcottes est peut-être celui qui entre à Queens’ College à Cambridge en 1608 et obtient son doctorat de médecine à King’s College en 163639.
Cambridge, Jesus College 75 (Cα) = CamJ
219 fol.
XIIIe-XIVe siècle.
fol. 1-62v : Tractatus de oculo spirituali
fol. 63-198 : Medulla philosophorum
fol. 63-69r : Table des chapitres
fol. 69v-198 : Compilatio medullitus de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum (autre main, plus clair) de rerum natura quinque in se partes continet principales quarum prima in octo dividitur partibus quarum octavia pars deficit in quinto libro.
Cum omne desderii compos […]
fol. 198v-219 : De virtutibus
29Aux fol. 1 et 219v, deux ex-libris nous renseignent sur la provenance du volume :
fol. 1 : Liber monachorum beate marie de kyrkestall.
fol. 219v : Liber sancte Marie de Kyrkestall ex dono fratris Johannis de Driffeld’ monachi
Anno domini - millesimo ccc xl iiij
Ad memoriam inter fratres perpetuandam et animam precibus deo comendandam.
40 James, 1895b, p. 112 ; Thomas Man (docteur en médecine en 1687) est le principal donateur de la bib (...)
30Le catalogue de M.R. James indique que le volume provient d’un don de Thomas Man au College40. D’après les ex-libris, il aurait été donné à l’abbaye de Kirkstall par un certain Jean de Driffeld en 1344. Il s’agit d’une copie plutôt soignée bien que le texte ne soit pas exempt d’erreurs ni d’omissions. Par ailleurs, le volume a sans doute pâti des effets du temps et des conditions de conservation. Les nombreuses notes en marge, faites apparemment de deux mains différentes, sont d’un intérêt considérable. Nous y reviendrons plus loin.
Windsor, Eton College 74 (Cα ?) = Et
Fragment41
fol. I (garde) : (en haut) : secundum Aristotelem et alios philosophos in libro et tractatibus de naturis rerum precipue Aristotelis
Cum omne desiderii compos creatura rationabiliter appetat suam perfectionem […] et nullius societatis indignus.
fol. 1 : Postilla Januensis scilicet Januensis sermones dominicales
31Ce fragment du prologue et du livre I est copié avec des essais de plume et des sentences diverses sur une garde volante. Les variantes constatées semblent indiquer que le texte est à ranger dans la version anglaise, sans que nous puissions être affirmatifs sur ce point.
32Un ex-libris nous renseigne sur le donateur du volume :
fol. 1 : Pertinet ad magistrum Walterum Smyth
42 Emden, III, 1959, p. 1720.
33Ce Walter Smyth est sans doute le même qui, après avoir été chapelain de Magdalen College à Oxford dès 1483, puis maître ès arts en 1483-84, entre à Eton College en 1501. Il lègue ses biens au collège et, à sa mort en 1524, se fait enterrer dans la chapelle42.
Glasgow, University Library Hunter 231 (Cα) = G
243 fol.43
fol. 1-161v : Orationes, Invocationes, Epistulae, traités sur arts libéraux, vertus cardinales, providence divine, œuvres de Hugues de Saint-Victor, Augustin… La Compilatio est la 35e œuvre de ce recueil.
fol. 162-238v : Compilacio medullitus de libris naturalibus Aristotelis et aliorum philosophorum.
Cum omne desiderium compos et maxime creatura […] Averoys super VII physicorum.
44 Thorpe, 1987, p. 79.
45 Emden, III, 1959, p. 1974-1975.
46 Kingsford, 1890, p. xxiv.
34Ce témoin richement illustré a été copié en Angleterre pour le compte de Roger de Waltham (mort entre 1332 et 1341)44. D’après le répertoire de A.B. Emden45, Waltham est donné comme ancien étudiant d’Oxford par C.L. Kingsford46, sans toutefois que celui-ci n’avance de preuve pour cette affirmation. Waltham est l’auteur d’un Compendium morale, recueil moral sur les vices et les vertus des princes, illustré par des exemples historiques et renforcé par de nombreuses citations, surtout de Sénèque. Il est secrétaire de l’évêque de Durham en 1304, puis chanoine de St-Paul de Londres. Sa nomination comme Trésorier d’Edouard II pendant un an dans les années 1320 montre une relative proximité avec les milieux de la Cour.
47 Sandler, 1986, p. 225-235.
35La section consacrée au Compendium, quoique dépourvue d’illustrations, est précédée par une très belle enluminure en pleine page représentant Platon, Sénèque et Aristote en habits de docteurs sur fond d’or. La décoration du manuscrit serait l’œuvre du Maître des Heures de Taymouth (ms London, BL Yates Thompson 13)47, qui aurait travaillé à Londres dans les années 1325-1335.
Manchester, J. Rylands’ Library 150 (Cα) = Manc
6 + 240 fol.48
fol. 1-219 : Compilatio medullata de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum. Prologus. Cum omne desiderii compos et maxime creatura rationalis appetat suam perfectionem […] numquam cessabit effectus ad apta ad propositum. Explicit nova ethica Aristotelis. Qui scripsit scripta sua dextera sit benedicta. amen.
fol. 220-227 : Valerius ad Rufinum de non ducenda uxore
fol. 229-240 : Mirabilia Romae
36Une garde volante porte un ex-libris du début du XIVe siècle qui nous renseigne sur le donateur du volume :
Liber loci benedicti de Whalley dimissus communi armario de Whalley per dompnum Gregorium quondam abbatem de Whalley
49 Dugdale, 1825, p. 639-651 ; Whitaker, 1872, p. 83-91.
37Ce donateur n’est autre que le premier abbé de Whalley après le déplacement du monastère de Stanlaw en 1296 : Gregory de Norbury, mort en janvier 131049.
38Le texte paraît relativement soigné et dépourvu de notes marginales. On détient sans doute ici le plus ancien et le moins corrompu des témoins subsistants et connus de la version anglaise, sans que l’on puisse affirmer que l’un des deux autres témoins de cette version dérive de celui-ci, notamment en raison de l’existence de quelques lacunes dans son texte, lacunes que l’on ne trouve pas chez les autres.
Oxford, Balliol College 246 (version ?) = O
268 fol.50
fol. 5-168v : Roberti Holcot quaestiones quodlibetales
fol. 169-180v : Cum omne desiderii compos, et maxime creatura rationalis appetat suam perfectionem […] [lib. II, De causa accidentali salsedinis maris] virtus una celestis per ipsam movetur.
fol. 181-268v : Roberti Holcot quaestiones aliae XCI quodlibetales
39On trouve dans ce volume une mention de possession :
fol. 5r : Liber Ricardi Roderham, ex dono
51 Emden, III, 1959, p. 1593.
52 Mynors, 1963, p. 268.
40Rotherham est maître ès arts de Balliol vers 1420, chancelier d’Oxford en 1439-1440. Il meurt en 145551. Son nom figure dans le livre des donateurs de Balliol College52.
41Le texte s’arrête brutalement à la moitié du livre II, rendant plus difficile l’identification de la version utilisée.
Salisbury, Cathedral Library 170 (C) = Sali
312 fol.53
fol. 2-195v : Veritas Theologiae
fol. 196-305 : Compilatio de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum de rerum natura
fol. 196-201v : Table des chapitres
fol. 201v-305 : Incipit prologus compilationis librorum naturalium philosophie. Cum omne desiderii compos […] aque calide inter vulnera. Explicit libellus de secretis nature.
42Cet autre témoin anglais de la version courte C porte le même explicit incongru que CamE : Explicit libellus de secretis nature. Un ex-libris indique le nom du possesseur :
fol. 1v : Liber Thomae Cyrcetur quem emit ab exsequioribus memorandae memoriae magistri Thomae Come, cujus animae propicietur deus. Amen.
54 Emden, I, 1957, p. 531-532.
55 Ibid., p. 474-475 ; Holmes, 1914, p. 317.
43Thomas Cyrcetur est membre de Merton College à Oxford en 1395. Chanoine de la cathédrale de Salisbury, il meurt en 1453. Ses possessions, dont douze livres parmi lesquels celui-ci, sont léguées à la cathédrale à sa mort54. Le possesseur précédent, Thomas Come ou Combe, membre d’Exeter College à Oxford, dont les livres sont achetés par Cyrcetur, est sans doute l’augustinien recteur de Kilmington qui meurt en avril 141855.
44Quelques constatations s’imposent à la lecture de la partie précédente : sur le territoire anglais, on dénombre donc au total sept manuscrits, tous de main anglaise. Il s’agit de :
deux manuscrits de la version courte C, l’un découlant sans doute en droite ligne de l’autre en raison de l’explicit très particulier Explicit libellus de secretis nature ;
cinq manuscrits potentiels de la version anglaise Cα, dont trois dont on peut être absolument certain. Nous ne nous prononcerons pas davantage au sujet des deux autres.
45En ce qui concerne l’histoire des manuscrits, les quelques informations que nous avons pu mentionner ci-dessus sont principalement dépendantes de la présence des ex-libris sur les volumes. Si ceux-ci nous informent sur une fraction du parcours des livres, nous ignorons tout en revanche de l’origine de la plupart d’entre eux.
56 Ker, 1964, p. xi-xv.
57 James, 1600.
58 La référence de ces cotes anciennes est donnée par Mynors, 1963, p. 266.
59 Bernard et Wanley, 1697, t. I, part. 2, p. 10.
46L’étude des catalogues anciens, lorsqu’ils existent, peine à fournir des informations supplémentaires. Dans l’introduction à l’édition de son répertoire des manuscrits subsistants de bibliothèques médiévales anglaises, Neil Ker souligne et illustre l’extraordinaire dispersion des livres qui suivit la Dissolution des ordres religieux56. Même du côté des collèges universitaires, réputés avoir mieux traversé les périodes de troubles qui ont pu affecter les collections de livres, on se trouve à peu près aussi démuni. Le seul manuscrit indiquant explicitement une provenance universitaire probable, Oxford, Balliol College, ms 246, dont on pourrait supposer qu’il a été donné par Rotherham à Balliol puisque son nom apparaît dans le livre des donateurs, ne figure pas dans l’inventaire de 1600 publié par Thomas James dans son Ecloga Oxonio-Cantabrigiensis57. Faut-il en conclure que Rotherham ne donna pas ce manuscrit à Balliol, et qu’il finit par s’y retrouver par les hasards de l’histoire, quelque part entre 1600 et 1852, date à laquelle on le retrouve dans le catalogue de Coxe ? Ou faut-il en déduire qu’il s’y trouvait bien mais a été négligé par James pour l’une ou l’autre raison ? Si l’on se reporte aux cotes anciennes qui figurent sur les volumes, on constate que le manuscrit porte deux autres cotes anciennes : 291 et 405.L.20. La première correspond vraisemblablement à la numérotation ancienne de Balliol initiée par James. Le manuscrit 24558, par exemple, qui contient un recueil de traités d’Aristote, porte les anciennes cotes 225 et 424.M.18. Or si l’on regarde dans l’Ecloga, c’est bien ce volume qui est décrit au nº 225. La première cote ancienne correspond donc à la numérotation de James. Le manuscrit du Compendium ne figure pas dans la liste de James, pour une raison simple : celle-ci compte seulement 260 manuscrits. Si l’on part du principe qu’elle est complète, on en conclut que le volume est entré après 1600 dans les collections de Balliol, où il a reçu une première cote : le nº 291. Le terminus ante quem est donné par le catalogue de Edward Bernard, où l’on trouve notre volume à la cote 405.L.20, et où seules les Questions quodlibétales de Holcot sont décrites59. Entre-temps, les bibliothécaires de Balliol ont abandonné la numérotation de James et ont doté les livres d’une cote composite. Le volume a donc dû entrer dans la bibliothèque de Balliol quelque part au XVIIe siècle.
60 Rouse, Rouse et Mynors, 1991 ; Leland, 1770 ; James, 1600 ; Bernard et Wanley, 1697.
47On ne trouve pas d’autre mention d’une présence ancienne d’un exemplaire du Compendium dans les collections des divers collèges universitaires ni dans les listes collectives établies dès le XIVe siècle60. Ces listes collectives ont été réalisées après la Dissolution, à deux exceptions près, et témoignent d’un état très amoindri des collections de livres, bien que cela soit moins vrai pour les collèges universitaires que pour les institutions monastiques, comme nous l’avons indiqué. Les deux exceptions sont : le Registrum Anglie qui a été compilé par les Franciscains d’Oxford au début du XIVe s. sur la base d’enquêtes locales dans 90 institutions parmi 185 bibliothèques cathédrales et monastiques mentionnées, et dont nous ne pouvons que regretter qu’il prenne en compte principalement la littérature patristique et exégétique, et les listes de Leland qui ont été réalisées entre 1536 et 1542, et dont l’objectif était de faire entrer dans les collections royales les éléments les plus précieux possédés par les établissements visités, et ce, peu de temps avant la Dissolution. Là encore et malheureusement pour nous, la composition des listes montre un fort intérêt de Leland (et de son royal commanditaire) pour les ouvrages théologiques, historiques et juridiques, avec une prédilection pour les auteurs anglais.
61 Bell, 1992, p. xxvii.
48Notre enquête met en évidence une forte proportion de manuscrits passés par des canaux de diffusion cisterciens, à hauteur d’au moins un tiers du total des témoins. Sur le territoire anglais, deux manuscrits sur les sept proviennent d’abbayes cisterciennes : Manc (prov. Whalley) et CamJ (prov. Kirkstall), soit deux des trois porteurs avérés de la version anglaise. Ce critère peut-il nous guider dans la recherche de mentions anciennes ? Peu de catalogues d’établissements cisterciens sur le sol anglais ont survécu : sur 130 abbayes et prieurés, nous ne conservons des catalogues que pour trois abbayes, à savoir Flaxley (début XIIIe s.), Meaux (1396) et Rievaulx (deux catalogues de la fin du XIIe s.), auxquels on peut ajouter l’inventaire de Stoneleigh (1386)61. Ni à Meaux ni à Stoneleigh qui conviennent du point de vue chronologique, on ne trouve trace de notre Compilatio. Les listes de Leland concernant d’autres abbayes ne donnent pas davantage de résultats.
49Un dernier élément rend plus difficile le traçage de ces volumes dans le temps : comme nous l’avons vu, la part la plus importante de l’information dont nous disposons à leur égard provient des ex-libris personnels que nous trouvons sur les livres mêmes. Ils ont donc appartenu à des personnes en propre avant d’être légués ou vendus, par ces mêmes personnes ou par d’autres intermédiaires plus tard, à des institutions, dans les collections desquelles nous les retrouvons aujourd’hui. Il est donc également probable que la propriété privée de ces livres nous empêche de voir leur trace dans des inventaires anciens d’institutions monastiques, séculières ou universitaires, puisque pendant longtemps, ils n’en firent pas partie.
50Dans certains cas, d’autres éléments peuvent nous fournir des renseignements sur le contexte de lecture de l’œuvre. Le manuscrit CamJ nous offre un exemple intéressant d’ajout marginal postérieur à la copie. Le texte du Compendium philosophie transcrit dans la partie centrale est celui de la version courte « anglaise ». Deux mains différentes, que nous dénommons « marron » et « gris » en raison de la couleur de leur encre, portent des notes marginales dans ce volume :
une main « marron », de peu postérieure au texte central, qui complète les espaces laissés vides pour les rubriques et qui ajoute des corrections au texte.
une main « gris », qui semble postérieure à la précédente et au texte central, qui corrige et annote également le texte et qui ajoute de longs passages en marge inférieure.
51De quelle nature sont ces ajouts ? Vérifions-le en comparant le texte central de CamJ assorti de ses notes marginales et les textes des autres versions, dans un passage sur l’encens :
[…] Quod est thus masculum et dicitur ad litteram masculum quia rotundum est ad modum testiculi humani. Item thus durabile est diu enim servatur. Item odoriferum est visum clarificat. Contra dolorem dentium valet. Recentia vulnera solidat. Fluxum sanguinis restringit. Item falsas cogitationes removet. Memoriam roborat. Gravedinem lingue attenuat. Ubera puelle non permittit nimis intumescere. Auris dolorem mittigat. Instillatum dolorem stomachi etiam placcat. Contra fluxum lacrimarum valet et contra grossitiem narium, et etiam contra acidam eructuationem. Item thus virgulam fumi emittit.
[…] Quod est thus masculum. Durabile est diu servatur. Odoriferum est et visum clarificat et cetera.
[…] Quod est thus masculum quia rotundum est ad modum testiculi humani. Durabile est diu enim servatur. odoriferum est et visum clarificat. Contra dolorem dentium valet. Recentia vulnera solidat. Fluxum sanguinis restringit. Falsas cognitiones removet. Memoriam roborat. Gravedinem lingue attenuat. Ubera puelle non permittit multum intumescere. Auris dolorem mitigat. Instillatum dolorem stomachi placat. Contra fluxum lacrimarum valet et grossitiem narium, et etiam contra accidam eructationem. Item virgulam fumi emittit.
[…] Quod dicitur thus masculum. Thus durabile est diu enim servatur. Odoriferum est, visum clarificat. Contra dolorem dentium valet. Sanguinis fluxum restringit. Falsas cogitationes removet. Memoriam roborat. Gravedinem lingue attenuat. Ubera puelle non permittit nimis intumescere. Virgulam fumi emittit.
Version courte Cα « anglaise » : CamJ
[…] Quod dicitur thus mascullum.
[add. « marron »] et rotundum ad modum testiculi humani.
Thus durabile est diu enim servatur. Odoriferum est visum clarificat. Contra dolorem dentium valet. Re
[add. « gris »] Recentia vulnera solidat.
fluxum sanguinis restringit.
Falsas cogitationes removet. Memoriam roborat. Gravedinem lingue attenuat. Ubera puelle non permittit nimis intumescere.
[add. « gris »] Auris dolorem mitigat. Instillatum dolorem stomachi placat. Contra fluxum lacrimarum valet et grossitiem narium, et contra acidam eructationem.
Virgulam fumi emittit.
52Nous avons mis en gras les passages qui différaient fortement entre CamJ et les autres témoins, et en italique les ajouts en marge, explicités par une mention « add. » qui précise quelle main intervient. Le soulignement met en valeur les passages biffés par l’une des mains annotatrices. Le copiste du texte central de CamJ commet ce qui semble être de nombreuses omissions, dont une partie sont des sauts du même au même. La main « marron » a tendance à corriger ces omissions, ainsi qu’à compléter les manques de la version anglaise avec une version longue. On le remarque sur le premier ajout de cette main : et rotundum ad modum testiculi humani, qui a été supprimé dans la version anglaise. C’est ce que fait aussi la main « gris », comme dans les ajouts Recentia vulnera solidat et Auris dolorem mitigat etc, qui eux aussi ont été coupés dans la version anglaise, ce qui implique que la main « marron » ne comble pas tous les manques existant de la version anglaise aux versions longues. Par ailleurs, la main « gris » ajoute, le plus souvent en marge inférieure, de longs passages supplémentaires, que nous avons identifiés comme provenant du commentaire sur les végétaux d’Albert le Grand (ici sous forme surlignée), comme dans ce passage sur la fructification des arbres :
[…] Quedam faciunt oleum et hoc propter humorem unctuosum aereum habundantem in eis. Quedam faciunt tantum folia. Et hoc propter habundantiam humoris aquosi sive unctuositate. […] Hiis enim sic se habentibus non multum indiget fructus calore exteriori ad suam digestionem propter quod non expetunt dies vernales, quibus augetur calor exterior. Idem in eodem secundo. Tripliciter fecundantur arbores. […]
[…] Quedam faciunt oleum propter humorem unctuosum aereum habundantem in eis. Quedam faciunt tantum folia. Et hoc propter habundantiam humoris aquosi sive unctuositate. […] Item in eodem. Tripliciter fecundantur arbores. […]
[…] Quedam faciunt oleum propter humorem unctuosum aereum habundantem in eis. Quedam faciunt tantum folia. Et hoc propter habundantiam humoris aquosi sive unctuositate. […] Hiis enim sic se habentibus non multum indiget fructus calore exteriori ad suam digestionem propter quod non expectant dies vernales, quibus augetur calor exterior. Idem in eodem. Tripliciter fecundantur arbores. […]
[…] Quedam faciunt oleum propter humorem unctuosum aereum habundantem in eis. Quedam faciunt tantum folia propter humorem aquosum habundantem in eis sive unctuositate. […] Hiis enim sic se habentibus non multum indiget fructus calore exteriori ad suam digestionem propter quod non expetunt dies vernales, quibus augetur calor exterior. Idem in eodem. Tripliciter fecundantur arbores. […]
[…] Quedam faciunt oleum propter humorem unctuosum aereum habundantem in eis.
[add. « marron »] Quedam tantum faciunt folia et hoc propter habundantiam humoris aquosi sine [sive] unctuositate.
[add. « gris »] […] Planta fecunditur nive quia vis terre evaporans reflectitur ad nivem et propter nivis cooperimentum aut quia caliditas nivis respersa humiditatis distillat et nutrit multum humidum quod paulatim distillans vigorem terre infundit, aut ex frigiditate nivis circumstantis […]
[…] Hiis enim sic se habentibus non multum indiget expectat
[add. « marron »] calore exteriori propter quod non expetunt
dies vernales, quibus augetur calor exterior. Item in eodem
[add. « marron »] secundo.
[add. « marron »] iciter
fecundantur arbores. […]
53Voici le texte tel qu’il se présente chez Albert :
62 Meyer, 1867, p. 239.
Albertus Magnus, De vegetabilibus, IV, II, II, §. 59, p. 23962.
Opportet autem scire, quod, si aliquis locus in se temperatus in hieme frequenter nivibus sit coopertus, iste ex nive fecunditatem accipit tribus de causis. Quarum una est, quod vis terrae evaporans reflectitur saepius ad terram propter nivis cooperimentum ; alia autem, quia nivis respersa caliditas, ad terram illam spirans conveniens generationi, distillat et nutrit multum humidum, quod, paulatim et per vices distillans, superioribus partibus terrae vigorem nativitatis plantarum continue infundit ; tertia autem causa est, quia nix, frigiditate sua locum circumstante, vigorem principiorum – generantium plantam – continet, ne evaporet […]
54Le premier ajout est dû ici à la main « marron », qui corrige ce qui semble être un saut du même au même, de in eis à in eis (si l’on se réfère à Manc pour le texte standard). La main « gris » est responsable du deuxième ajout, qui consiste en une note sur le fait que la neige possède des propriétés favorisant la fertilité du sol. Cette note est un résumé d’un passage du livre IV du De vegetabilibus d’Albert le Grand. La deuxième note de la main marron corrige ensuite une omission du copiste du texte central, de fructus calore à non expetunt. Ensuite, la main « marron » intervient pour ajouter la mention du livre secundo au marqueur Item in eodem. Enfin, elle transforme un Triplex erroné en Tripliciter.
55Sur quels types de modèles ont été réalisés ces ajouts ? Pour répondre à cette question, il nous faut trouver un exemple d’ajout qui permette de différencier clairement la version de laquelle il procède. Dans le second exemple sur la fructification des arbres, l’ajout « marron » de la mention du livre secundo à la suite du marqueur Item in eodem permet déjà de rapprocher le modèle utilisé par la main « marron » d’un texte de type version Λ, puisque les témoins de cette version sont les seuls à proposer cette précision indiquant que la citation provient bien du livre II du De vegetabilibus. L’ampleur de la leçon est cependant suffisamment limitée pour que nous recherchions un autre exemple plus marqué de ce phénomène, ainsi dans le chapitre sur le caractère comestible des plantes :
Dicit Aristotiles secundo de plantis quod plante et herbe bene comestibiles nascuntur in locis calidis, planis et altis et maxime versus austrum. Calidis dicit quia sicut dicit Aluredus : nichil est comestibile nisi ex caliditate et humiditate sit perfecte digestum, et hoc ex materia subtili et digestibili. Et etiam nisi sit digestum calore extrinseco violento. Altis dicit quia ut dicit Aluredus, ibi est aeris temperies et dulcis humiditas propter spongiositatem montis vaporem dulcem attrahentem, et ideo in montibus frequenter maior est fertilitas et melior quam in valle, quia in valle difficile movetur aer. Unde ex conculcatione cito putrescit aer ibi. Unde et parva est ibi digestio et propter eandem causam est ibi humor salsus.
Dicit Aristotiles secundo de plantis quod plante et herbe bene comestibiles nascuntur in locis calidis, planis et altis et maxime versus austrum.
Dicit Aristotiles secundo de plantis quod plante et herbe bene comestibiles nascuntur in locis calidis, planis et altis et maxime versus austrum, quia sicut dicit Aluredus : nichil est comestibile nisi ex caliditate et humore sit perfecte digestum, et hoc est materia subtili et digestibili. Et etiam nisi sit digestum calore extrinseco violento, quia ut dicit Aluredus, ibi est aeris temperies et humiditas dulcis propter spongiositatem montis vaporem dulcem attrahentem, et ideo montibus frequenter est maior fertilitas et melior quam in valle, quia in valle difficile movetur aer. Unde ex conculcatione cito putrescit ibi aer. Unde et parva est ibi digestio et propter eamdem causam est ibi humor salsus.
Dicit Aristotiles secundo de plantis quod plante et herbe bene comestibiles nascuntur in locis calidis, planis et altis et maxime versus austrum, quia ut dicit Aluredus, ibi est aeris temperies et humiditas dulcis propter spongiositatem montis vaporem dulcem attrahentem.
Dicit Aristotiles secundo de plantis quod plante et herbe bene commestabiles nascuntur in locis calidis, planis et altis maxime versus austrum.
[add. « marron »] Calidis dicit
quia ut dicit Aluredus
[add. « gris »] nichil est comestibile nisi ex caliditate et humiditate sit perfecte digestum et hoc ex materia subtili et digestibili et etiam nisi sit digestum calore extrinseco violento quia sicut dicit Aluredus
ibi est aeris et humiditas dulcis propter spongiositatem montis vaporem dulcem attrahentem, ideo in montibus frequenter est maior subtilitas et melior quam in valle quia in valle difficile movetur aer unde ex conculcatione cito putrescit ibi aer unde et parva est ibi digestio et propter eamdem causam est humor ibi salsus.
56Les deux parties de la citation d’Alfred de Shareshill ont été supprimées par la version courte C et réinsérées par la version longue L, ce qui rend donc ce passage plus susceptible de présenter des différences appuyées avec la version longue Λ. La version anglaise, elle, ne garde de la citation bipartite que le second morceau. On voit que la version longue L ne conserve pas, dans sa réinterpolation de la citation supprimée par C, le balancement syntaxique entre calidis et altis, que l’on ne trouve que dans les témoins de la version Λ. Ce balancement est repris par la main « marron » qui est responsable du premier ajout Calidis dicit, mais pas par la main « gris » qui complète le restant du passage. Si l’on peut considérer avec une relative certitude que la main « marron » suit un modèle de type Λ, on reste incertain quant au modèle exact suivi par la main « gris ».
57Un dernier exemple peut permettre d’y voir plus clair. Le passage concerne l’opinion selon laquelle les plantes sont une forme plus parfaite d’animal, dont Aristote donne les principaux arguments avant de la réfuter en bloc. On remarquera au passage que le Compendium présente de manière détaillée ces arguments, en omettant de préciser qu’Aristote les rejette ensuite (le chapitre sur les arbres se clôt ainsi dans le Compendium)… Adam explicite bien ce rejet dans son commentaire.
[…] Item dicebant quidam philosophi quorum opiniones recitantur in primo vegetabilium quod arbores et plante sunt complete et integre perfectionis. Primo quia per se producunt fructum suum et non indigent re extrinseca ad generandum fructum. Secundo propter cibum qui adaptatus est eis continue ad seipsas cibandas. Tertio propter longitudinem sue existentie vel temporis sui. Quarto quando fronduerit et fructificaverit durabit vita eius et convertetur ad eam iuventus eius. Quinto quia non exit ex ea aliquod superfluum ut urina et similia que exeunt de animalibus. Sexto quia omnis planta vel arbor in qualibet parte habet vim generativam et nutritivam.
[…] Dicunt quidam philosophi quorum opiniones recitantur in primo vegetabilium quod arbores et plante sunt complete et integre perfectionis. Primo quia per se producunt fructum suum et non indigent re extrinseca ad generandum fructum. Secundo propter cibum qui adoptatus est eis continue ad seipsas cibandas. Tertio propter longitudinem sue existentie vel temporis sui. Quarto quia non exit ex eis aliquid superfluum ut urina de animalibus. Quinto quia omnes plante vel arbores habent in qualibet parte vim generativam et nutritivam.
[…] Dicunt quidam philosophi quorum opiniones recitantur in primo vegetabilium quod arbores et plante sunt complete et integre perfectionis. Primo quia per se producunt fructum suum et non indigent re extrinseca ad generandum fructum. Secundo propter cibum qui adaptatus est eis continue ad seipsas cibandas. Tertio propter longitudinem sue existentie vel temporis sui. Quarto quia non exit ex eis aliquid superfluum ut urina de animalibus. Quinto quia omnes plante vel arbores in qualibet parte vim generativam et nutritivam. Sexto quia si fronduerint vel fructificaverint durabit vita earum et convertetur ad eas iuventus earum.
[…] Dicunt philosophi quorum opiniones recitantur in primo vegetabilium quod arbores et plante sunt complete et integre perfectionis. Primo quia per se producunt fructum suum. Secundo propter cibum qui adaptatus est eis continue ad seipsas cibandas. Tertio propter longitudinem existentie vel temporis sui. Quarto quia non exit ab eis aliquod superfluum ut urina et similia que exeunt de animalibus. Quinto quia in qualibet parte habent vim generativam et nutritivam.
58Version courte Cα « anglaise » : CamJ
[…] Dicunt philosophi quorum opiniones recitantur in primo vegetabilium quod arbores et plante sunt complete et integre perfectionis. Primo quia per se producunt fructum suum.
[add. « marron »] et non indigent re extrinseca ad generandum fructum.
Secundo propter cibum qui aptatus est eis continue ad seipsas cibandas. Tertio propter longitudinem existentie vel temporis sui. Nota. Quarto quia non exit ab eis aliquod superfluum ut urina et similia que exeunt de animalibus. Quinto quia in qualibet parte habent vim generativam et nutritivam.
[add. « gris »] Sexto quia si fronduerint vel fructificaverint durabit vita earum et convertetur ad eas iuventus earum.
59Chez Aristote et Adam, le texte se présente ainsi :
63 Drossaart Lulofs et Poortman, 1989, p. 524.
Nicolaus Damascenus, De plantis, I, 4, 50-5263
50 Et sunt qui putant plantam completam et integram esse propter duas vires quas habet, et propter cibum qui adaptatus est ad cibandum illam, et longitudinem suae existentiae et temporis sui. Et quando fronduerit et fructificaverit durabit vita eius et vertetur ad illam iuventus eius et non fiet in ea aliquid superfluum.
51 Planta non indiget dormitione propter multas causas, quia posita est et plantata in terra et alligata ei.
52 Et non habet motum in se nec terminum terminatum in suis partibus nec habet sensum nec motum voluntarium nec animam perfectam, immo non habet nisi partem partis animae.
64 Nous utilisons toujours le texte de l’édition du Prof. R. James Long.
Adam of Bockenfield, In Aristotelis De vegetabilibus, I64
Consequenter cum dicit ET SUNT QUI PUTANT [§50.1], intendit respondere ad tertiam rationem superius inductam, quia tamen quidam concesserunt conclusionem illius rationis per illam rationem et etiam per quasdam alias. Ideo omnes illas rationes in unum aggregat et eas dissolvit. Unde secundum hoc dividitur illa pars in duas, in quarum prima congregat omnes illas 5 rationes, quae sunt quattuor numero. In secunda, ut ibi ET PLANTA DORMITIONE NON INDIGET [§51.1], eas dissolvit. In prima igitur parte primo dat rationem superius inductam, quae est quod planta perfectior est animali, et hoc propter sexus permixtos in planta.
Consequenter cum dicit ET PROPTER CIBUM [§50.2], dat secundam rationem ad idem. Et est propter continuam plantae cibationem. Tertiam dat, cum dicit ET LONGITUDINEM [§50.3]. Et est propter durationem plantae. Quae quidem plantae, cum fronduerint et fructificaverint, durabiliores sunt multis animalibus. Et convertitur ad illas sua iuventus quod contingit per renovationem plantae, generatae ex radice arboris prius desiccatae. Dicitur enim tunc converti ad iuventutem, quia dicitur esse eadem planta propter radicis identitatem.
Consequenter cum dicit ET NON FIET [§50.5], dat quartam rationem. Et est, quia nihil superfluum exit a planta cuiusmodi superfluum exit ab animali, ut stercus vel urina vel aliquid huiusmodi. Propter igitur has quattuor rationes putabant quidam plantam esse perfectiorem animali. […] Quae omnia insunt plantae non propter eius perfectionem, sed magis propter eius imperfectionem. […] Planta igitur propter illud medium quod sumitur ex sexuum permixtione est imperfectior animali et non perfectior. Et ita ista ratio probat contrarium praedictae conclusionis et etiam solvit primam rationem in contrarium ductam.
65 Kuhry, 2011, p. 73-74.
60Sur cet exemple, le premier ajout est dû à la main « marron » qui complète le texte avec la proposition et non indigent re extrinseca etc qui avait été coupée par la version anglaise. La main « gris », quant à elle, ajoute l’argument Sexto quia si fronduerint etc. Dans notre article sur les versions du Compendium65, nous avions déjà interprété la place de cet argument dans la version L comme la trace d’une réinsertion erronée d’une proposition coupée par la version C, puisque ce sixième argument est en réalité le quatrième dans la version Λ. La main « gris » place cette proposition dans la même position que la version L, à savoir comme sixième argument, après tous les autres. Nous sommes donc fondés à poser l’hypothèse que la main « gris » se base sur un modèle de type version L. Aucune des hypothèses émises jusqu’à présent n’explique en revanche pourquoi la main « marron » se contente de compléter ici et là le texte de la version anglaise sans le faire systématiquement.
61Ce passage pose également question en ce qui concerne les liens entre les différentes versions que nous avons mis en évidence : se peut-il que les versions C et anglaise aient toutes les deux coupé ce qui est présenté dans Λ comme la « quatrième cause » (quando fronduerit etc) par pure coïncidence ? Nous avons vu qu’à priori, ces deux versions n’ont aucun rapport entre elles. Si l’on regarde le texte d’Adam, qui est notre source directe ou indirecte présumée, on voit que cette proposition n’est pas du tout présentée comme une quatrième cause de la perfection des plantes, mais qu’elle ne revient qu’à un prolongement de la troisième qui est la longévité des plantes. Pourrait-on envisager que les deux versions courtes, C et anglaise, aient considéré que les arguments 3 et 4 de la version Λ étaient redondants, et aient décidé de couper l’argument 4 ? Ou alors faut-il supposer une influence de la version anglaise dans l’élaboration de la version C ?
62En étudiant le texte de près, on peut tirer quelques enseignements supplémentaires. Dans le premier exemple que nous avons donné sur CamJ (le passage sur l’encens), nous avons remarqué que les deux lettres re copiées par le scribe du texte central avaient été biffées par la main « gris », qui insère en marge le contenu coupé par la version anglaise : Recentia vulnera solidat. Si l’on ne peut pas exclure que le scribe du texte central ait utilisé le terme refluxum au lieu de fluxum (ce n’est le cas dans aucun autre manuscrit), on peut légitimement se demander si ce même scribe n’avait pas sous les yeux le modèle intermédiaire de la version Λ à la version anglaise, soit l’archétype de la version anglaise portant la trace des passages à supprimer du texte, et s’il n’a pas tout simplement commencé à introduire la proposition Recentia vulnera solidat avant de se rendre compte qu’il copiait l’un des passages à supprimer. Cette hypothèse peut expliquer également la présence, dans le texte central de CamJ (exemple sur le caractère comestible des plantes), d’un morceau de citation qui a été supprimé par la version anglaise : ideo in montibus etc.
63En conclusion, l’une de ces mains est-elle celle de Jean de Driffeld ? Nous ne saurions le dire, car l’ex-libris qui comporte son nom est la seule attestation que nous conservons de ce moine de Kirkstall qui donne le volume à l’abbaye en 1344.
64Nous avons vu tout l’intérêt de la version anglaise qui, bien que raccourcie, donne à voir un état relativement « pur » du texte de la Compilatio, en tout cas suffisamment proche de l’archétype pour conserver une leçon qui a disparu de la quasi-totalité du restant de la tradition.
65L’étude interne du texte du témoin conservé à Cambridge, Jesus College nous a permis de poser plusieurs hypothèses : celle de la possible copie du texte de CamJ sur l’archétype de la version anglaise ou sur l’un de ses descendants directs, celle de l’ajout de notes en marge de deux mains différentes qui se fondent vraisemblablement sur deux autres versions du texte, une version Λ et une version L. Si cette dernière hypothèse est avérée, on en déduit que le livre a été en contact avec deux autres versions de notre Compilatio dont on n’a conservé aucun témoin de provenance anglaise. Le volume en question a-t-il voyagé sur le continent avec son ou ses propriétaires, ou alors doit-on considérer que les témoins anglais furent bien plus nombreux que l’on ne le voit aujourd’hui et également plus représentatifs des différentes versions présentes sur le continent ? Dans tous les cas, il est le témoin d’une annotation riche par des mains qui non seulement complètent le texte au moyen de modèles plus longs, mais encore ajoutent du contenu supplémentaire, notamment des notes provenant d’Albert le Grand. Ces remarques ouvrent des perspectives d’études passionnantes sur les pratiques de lecture et les pratiques philologiques des lettrés de la fin du Moyen Âge.
Annexe 1 : liste des manuscrits mentionnés
Liste des trente-sept manuscrits du Compendium philosophie connus actuellement
Berlin, Staatsbibliothek Preussische Kulturbesitz, ms lat. oct. 142, (orig. Paris), 154 fol., fol. 5v-130v, a. 1325 = Be
Bordeaux, Bibliothèque municipale, ms 422, (prov. petits carmes), 146 fol., fol. 1-146, XIVe s. = Bo
Cambrai, Bibliothèque municipale, ms 1008 (olim 906), (prov. Mons, Val des Écoliers ( ?) ; cathédrale de Cambrai), 263 fol., fol. 7v-131, a. 1327 = Ca
Cambridge, Emmanuel College, ms 247, 89 fol., fol. 6-89, XVe s. = CamE
Cambridge, Jesus College, ms 75, (prov. cisterciens de Kirkstal), 219 fol., fol. 69-198, XIIIe-XIVe s. = CamJ
Erlangen, Universitätsbibliothek, ms 215, (prov. cisterciens de Heilsbronn), 117 fol., fol. 1-110, XIVe s. = Er1
Erlangen, Universitätsbibliothek, ms 276, (prov. collège Saint-Bernard ; cisterciens de Heilsbronn), 317 fol., fol. 172-279v, fin XIIIe s. = Er2
Eton College, ms 74, XVe s. (fragment sur fol. III) = Et
Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham, ms 1251, (prov. cisterciens de Clairvaux), 137 fol., fol. 1-137, fin XIIIe s. = FirA1
Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham, ms 1546, (prov. cisterciens de Clairvaux), 141 fol., fol. 12-136v, XIIIe-XIVe s. = FirA2
Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Pluteus, ms 89 sup. 55, 373 fol., XVe s. = FirPlut
Firenze, Biblioteca nazionale centrale, Conventi Soppressi, ms A.VII.366, 244 fol., fol. 1-244v, fin XIIIe s. = FirBN
Fribourg, couvent des Cordeliers, ms 54, 291 fol., fol. 167v-192v, XVe s. = Fri
Glasgow, University Library Hunter, ms 231 (U.3.4), 243 fol., fol. 162-238v, XIVe s. = G
Innsbruck, Universitätsbibliothek, ms 363, 148 fol., fol. 1-141, XIIIe-XIVe s. = I
Manchester, J. Rylands Library, ms 150 (prov. cisterciens de Whalley), 6+240 fol., fol. 1-219, XIIIe-XIVe s. = Manc
Mantova, Biblioteca Comunale, ms 271 (C.I.9), (prov. S. Benedetto Po detto Polirone), 196 fol., fol. 1-187, XIVe ou XVe s. = Mant
Modena, Biblioteca Estense, ms α.Q.7.26 = Mod
Oxford, Balliol College, ms 246, 271 fol., fol. 170-181v, XIVe s. = O
Paris, Bibliothèque nationale de France, ms lat. 3430, 245 fol., fol. 129-245, XIVe s. = Par1
Paris, Bibliothèque nationale de France, ms lat. 15879, (prov. Sorbonne), 176 fol., fol. 127-179v, a. 1320 = Par2
Pavia, Biblioteca Universitaria Aldini, ms 108, (prov. ermites de st. Augustin de Pavie), 129 fol., fol. 5-87v, fin XIIIe s. = Pav1
Pavia, Biblioteca Universitaria Aldini, ms 237, 90 fol., fol. 1-85, XIVe s. = Pav2
Pistoia, Biblioteca Forteguerriana, ms D.269, (prov. Pistoia, San Francesco a Giaccherino), 3+141 fol., fol. 1-130, XIVe s. = Pist
Poitiers, Bibliothèque municipale, ms 152, 53 fol., fol. 1-53, XIVe s. = Po
Salamanca, Biblioteca Universitaria, ms 2322 (olim Madrid, Biblioteca del Palacio real 1893), (prov. franciscains « in Podio »), 191 fol., fol. 1-71v, a. 1308 = Sala
Salisbury, Cathedral Library, ms 170, 312 fol., fol. 196-311, XIIIe-XIVe s. = Sali
Sevilla, Biblioteca Capitular y Colombina, ms 7.3.40, (prov. Padua), 185 fol., fol. 9-184, a. 1302 = Se
Troyes, Bibliothèque municipale, ms 1488, (prov. cisterciens de Clairvaux), 202 fol., fol. 1-119, début XIVe s. = Tr1
Troyes, Bibliothèque municipale, ms 1769, (prov. cisterciens de Clairvaux), XIVe s. (fragment du livre II dans la reliure) = Tr3
Troyes, Bibliothèque municipale, ms 1943, (prov. cisterciens de Clairvaux), 103 fol., fol. 20-103v, XIVe-XVe s. = Tr2
Tübingen, Universitätsbibliothek, ms Mc 197, (prov. cisterciens de Königsbronn), 102 fol., fol. 1-94, a. 1376 = Tub
Uppsala, Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva, ms C67, (prov. France ; cisterciens d’Alvastra ; brigittines de Vadstena), 155 fol., fol. 9-119, a. 1302 = U1
Uppsala, Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva, ms C649, (prov. brigittines de Vadstena), 122 fol., fol. 9-116, XIVe s. = U2
Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana Ottob., ms lat. 1521, (prov. France ?) 146 fol., début XIVe s. = VatO
Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana Ross., ms 175, 60 fol., XIVe s. = VatR
Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms Vat. lat. 3009, 172 fol., fin XVe s. = VatLat
Autres manuscrits mentionnés
Basel, Universitätsbibliothek, ms F.III.15
Bern, Burgerbibliothek, ms 101
London, British Library, ms Harley 2686
Madrid, Biblioteca Nacional, ms Tol. 15.8.
Madrid, Escorial, ms T II, 24
Oxford, Balliol College, ms 245
Troyes, Bibliothèque municipale, ms 1236
Annexe 2 : résultat du calcul des distances66
Test effectué sur le prologue et le chapitre 1 du livre III du Compendium philosophie et portant sur 26 manuscrits
Pour un aperçu du débat historiographique qui a suivi la publication de M. de Boüard, notamment au sujet de la datation de l’œuvre : Thorndike, 1937, p. 114-115 ; Dondaine, 1937, p. 208-210 ; Lottin, 1939, p. 486-487 ; Grabmann, 1939, p. 105-111 ; Gauthier et Jolif, 1970, p. 119. Voir aussi Saccenti, 2011, p. 79-90, qui fait le point sur la question de la datation.
3 Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana Ashburnham, mss 1251 et 1546 (FirA1 et FirA2). Ces manuscrits ont vraisemblablement été volés par Libri au XIXe siècle puis vendus au comte d’Ashburnham, dont le fils a cédé une grande partie de la bibliothèque au gouvernement italien en 1884. Pour en savoir plus sur cette affaire : Delisle, 1888, p. I-XCVI.
5 Berlin, Staatsbibliothek Preussische Kulturbesitz, ms lat. oct. 142 (Be). Le colophon de ce manuscrit donne : Scriptus et finitus Parisius per manus Conradi de Saxonia.
7 Erlangen, Universitätsbibliothek, ms 276 (Er2), provenant de l’abbaye de Heilsbronn. Voir Obert-Piketty, 1989, p. 256.
10 Sevilla, Biblioteca Capitular y Colombina, ms 7.3.40 (Se), acheté à Padoue d’après une mention sur le fol. 185v : Este libro costo 15 beços en Padua a 15 de abril de 1531 y el ducado de oro vale 280.
12 Nous avons mis en évidence les caractéristiques de trois de ces versions dans notre contribution : Kuhry, 2011, p. 51-77. Bien que la découverte de la quatrième version (« anglaise ») soit postérieure à la rédaction de cet article, les conclusions qui sont faites se maintiennent quant à l’antériorité de la version longue Λ et la place de la version longue L dans le stemma.
13 Nos recherches ont montré une très grande proximité entre les citations « non-philosophiques » du Compendium philosophie et un dictionnaire alphabétique contenu dans un ancien manuscrit de Clairvaux, aujourd’hui Troyes, Bibl. mun., ms 1236, dont certaines parties ont été éditées au XIXe siècle : Pitra, 1855. Ce texte, qui n’a fait l’objet d’aucune étude jusqu’à présent, est à rapprocher de deux autres listes de propriétés, plus succinctes : le recueil Angelus purus natura, conservé dans au moins 35 manuscrits et souvent considéré comme un abrégé du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais, et les Proprietates quarumdam rerum commençant par Abies contenues dans Montpellier, Bibl. Interuniv. de Médecine, ms H 470. Nous revenons sur ces différents textes dans notre thèse, soutenue en janvier 2014 : La Compilatio de libris naturalibus Aristotelis et aliorum quorundam philosophorum ou Compendium philosophie. Histoire et édition préliminaire partielle d’une compilation philosophique du XIIIe siècle. Sur les deux dernières œuvres mentionnées, voir aussi : Meyer, 2000, p. 182-185.
En ce qui concerne les citations aristotéliciennes, le compilateur du Compendium philosophie utilise probablement un ensemble de gloses aux textes du Corpus vetustius d’Aristote, parmi lesquelles les commentaires du maître oxonien Adam de Buckfield sur les traités naturels du Stagirite.
14 Notamment Uppsala, Universitetsbiblioteket Carolina Rediviva, ms C67 (U1), mais aussi Mantova, Biblioteca Comunale, ms 271 (Mant), qui appartient à la version Λ.
21 Les deux dernières phrases du texte de l’Anonyme de Clairvaux proviennent à l’origine du De diaetis universalibus et particularibus d’Isaac Israeli, sans doute passé par un intermédiaire comme le Tractatus de herbis, qui fait plus clairement la distinction entre amigdale dulces et amare, que nous retrouvons ici : Israeli, 1570, p. 434 ; Ventura, 2009, p. 238-241.
28 Nous remercions vivement ici le Prof. R. James Long (Fairfield University) qui nous a permis d’utiliser le texte préparatoire à son édition du commentaire d’Adam de Buckfield sur le De vegetabilibus, aujourd’hui parue : Long, 2013.
29 Représentée par Firenze, Biblioteca Nazionale, Conventi Soppressi, ms B.5.256 et Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms Vat. lat. 5988.
31 Le logiciel de calculs philologiques a été développé par J.-B. Guillaumin (Université Paris IV-Sorbonne) et est disponible en ligne à cette adresse : http://www.normalesup.org/~jguillau/calculs_philologiques.html.
33 Lindsay, 1911, XVII, viii, 4. La leçon « fautive » apparaît notamment dans Basel, Universitätsbibliothek, ms F.III.15 et Madrid, Biblioteca Nacional, ms Tol. 15.8.
35 Ces manuscrits font partie de deux familles distinctes, les familles française (mss Basilensis, Bernensis et Harleianus) et espagnole (mss Toletanus et Escorialensis) : Lindsay, 1911, p. v-xiii ; Reydellet, 1966, p. 383-437.
37 Je tiens à remercier chaleureusement ici les personnes qui m’ont permis d’accéder aux manuscrits du Compendium philosophie dans les diverses bibliothèques visitées en 2011 : Professor Stephen Heath et Dr Frances Willmoth (Old Library, Cambridge, Jesus College), Dr Helen C. Carron (Cambridge, Emmanuel College), Rachel Bond (Eton College), John Hodgson et Lorraine Coughlan (Manchester, John Rylands Library).
38 James, 1904, p. 145-146.
40 James, 1895b, p. 112 ; Thomas Man (docteur en médecine en 1687) est le principal donateur de la bibliothèque du Collège avec plus de 50 manuscrits ; Ibid., p. VII.
41 James, 1895a, p. 25 ; Ker, 1977, p. 690-691.
43 Young, Aitken, 1908, p. 176-183.
48 James, 1921, p. 257-258.
50 Coxe, 1852, p. 83 ; Mynors, 1963, p. 267-268.
53 Thompson, 1880, p. 33.
66 Test réalisé à l’aide du logiciel de calculs philologiques développé par J.-B. Guillaumin (Université Paris IV-Sorbonne) et disponible en ligne à cette adresse : http://www.normalesup.org/~jguillau/calculs_philologiques.html.
http://tabularia.revues.org/docannexe/image/2275/img-1.jpg
Emmanuelle Kuhry, « La tradition textuelle du Compendium philosophie : une illustration des échanges culturels dans le monde monastique et scolaire anglais », Tabularia [En ligne], Les bibliothèques médiévales de Normandie et des mondes normands : échanges et circulation, mis en ligne le 19 décembre 2014, consulté le 20 août 2017. URL : http://tabularia.revues.org/2275 ; DOI : 10.4000/tabularia.2275
10.4000/tabularia.2275