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Timestamp: 2017-06-23 17:53:41+00:00
Document Index: 282399935

Matched Legal Cases: ['art 1', 'art 2', 'art 3', 'art 4', 'art 5', 'art 6', 'art 7', 'art 8', 'art 9', 'art 10', 'art 1', 'art 2', 'arrêt ', 'art 3', 'art 4', 'art 1']

The Ottawa Principles. Les Principes d Ottawa. on Anti-terrorism and Human Rights. relatifs à la lutte au terrorisme et aux droits de l homme - PDF
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1 The Ottawa Principles on Anti-terrorism and Human Rights Les Principes d Ottawa relatifs à la lutte au terrorisme et aux droits de l homme2 Ottawa, Canada Octobre 2006/ Octobre 20063 Table of Contents Table des matières Introduction 4 Part 1 Partie 1 Part 2 Partie 2 Part 3 Partie 3 Part 4 Partie 4 Part 5 Partie 5 Part 6 Partie 6 Part 7 Partie 7 Part 8 Partie 8 Part 9 Partie 9 Part 10 Partie 10 General Principles on Anti-Terrorism and Human Rights 5 Principe général relatif à la lutte au terrorisme et aux droits de l homme 5 Anti-Terrorism, Human Rights and Criminal Law 6 Lutte au terrorisme, droits de l homme et droit pénal 6 Anti-Terrorism, Human Rights and the Use of Force 15 Lutte au terrorisme, droits de l homme et recours à la force 15 Prevention of and Responses to the Use of Torture 17 Prévention de la torture et réponses à l usage de la torture 17 Administrative and De Facto Detention and Other Practices 21 Détention administrative, détention de fait et autres pratiques 21 Anti-Terrorism and Consular and Diplomatic Protectionn 29 Lutte au terrorisme, protection consulaire et protection diplomatique 29 Anti-Terrorism, Human Rights and Information Disclosure 33 Lutte au terrorisme, droits de l homme et divulgation d information 33 Anti-Terrorism, Human Rights and the Use and Exchange of Information and Intelligence 38 Lutte au terrorisme, droits de l homme, utilisation et partage d informations et de renseignements 38 Oversight, Review and Control of Security Intelligence Agencies 41 Surveillance, examen et contrôle des organismes du renseignement de sécurité 41 Anti-terrorism, Human Rights and the Role of the United Nations Security Council 45 Lutte au terrorisme, droits de l homme et rôle du Conseil de sécurité des Nations Unies 45 List of Participants / Liste des spécialistes 464 Introduction In June 2006, experts on human rights and terrorism met in their individual capacities at the Faculty of Law, University of Ottawa, Ottawa, Canada to develop the following Principles on Anti-terrorism and Human Rights. They shared a common view that the preservation of human rights not least the right to life is the central motivator of anti-terrorism. They also believed that human rights constitute an elemental and immutable constraint on how anti-terrorism is conducted. The struggle for collective security must not be an assault on the individual s life, liberty and security of the person. This document is the product of their deliberations. En juin 2006, des spécialistes des droits de l homme et de la lutte au terrorisme se sont réunis, à titre individuel, à la faculté de droit de l Université d Ottawa, à Ottawa, Canada pour élaborer les Principes suivants relatifs à la lutte au terrorisme et aux droits de l homme. Ils ont tous partagé le point de vue voulant que la protection des droits de l homme et, au premier chef, le droit à la vie, constitue l élément moteur de la lutte au terrorisme. Ils ont également estimé que les droits de l homme restreignent de façon essentielle et immuable la manière dont la lutte au terrorisme est menée. La lutte pour la sécurité collective ne doit pas constituer une atteinte à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes. Ce document est le fruit de leurs délibérations.5 Part 1 Partie 1 General Principle on Anti-terrorism and Human Rights Principle 1.1: Right to non-discrimination and respect for the Rule of Law All persons are equal before the law and are entitled without any discrimination to the equal protection of the law All measures taken by states to fight terrorism must respect human rights and the rule of law, while excluding any form of arbitrariness as well as any discriminatory or racist treatment, and must be subject to appropriate supervision State activities to prevent, investigate or prosecute acts of terrorism must not involve discrimination based on race, color, sex, sexual orientation, language, religion, political or other opinion, national or social origin, nationality, property, birth, immigration status, or other status In particular, state activities to prevent, investigate or prosecute acts of terrorism must not subject particular groups to increased scrutiny or differential treatment on the basis of their status or personal characteristics. State officials must not use race, ethnicity or other personal characteristics as the basis for stopping, searching, detaining or in other ways restricting the rights and freedoms of affected individuals, except in relation to a specific suspect description, relevant to a particular offence, place and time. Principe général relatif à la lutte au terrorisme et aux droits de l homme Principe 1.1 : Droit à la non-discrimination et respect de la primauté du droit Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit, sans aucune discrimination, à une égale protection de la loi Toutes les mesures prises par les États pour combattre le terrorisme doivent respecter les droits de l homme et la primauté du droit, exclure toute forme d arbitraire de même que tout traitement discriminatoire ou raciste, et être assujetties à un contrôle adéquat Les activités d un État visant à prévenir les actes terroristes, à enquêter sur de tels actes ou à poursuivre des terroristes devant les tribunaux ne doivent comporter aucune discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, l orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l origine nationale ou sociale, la nationalité, la fortune, la naissance, le statut d immigrant, ou tout autre statut En particulier, les activités d un État visant à prévenir les actes terroristes, à enquêter sur de tels actes ou à poursuivre des terroristes devant les tribunaux ne doivent pas assujettir des groupes en particulier à une surveillance plus soutenue ou à un traitement différent en fonction de leur statut ou de leurs caractéristiques personnelles. Les représentants de l État ne doivent pas se fonder sur la race, l ethnicité ou d autres caractéristiques personnelles pour interpeller, fouiller, détenir des personnes ou autrement restreindre les droits et libertés de personnes, à moins qu on ne leur ait fourni le signalement d un suspect en particulier en ce qui concerne à une infraction particulière commise à une date et dans un lieu qu on aura précisés. 56 Part 2 Partie 2 Anti-Terrorism, Human Rights and the Criminal Law Principle 2.1: Application of principles of criminal law and procedure; enactment of specific terrorism offences States should use the existing criminal law to respond to terrorism and, in doing so, states have a continuing obligation to ensure that their criminal justice systems embody the highest standards of procedural and substantive fairness. These standards include principles of legality, non-retroactivity, non-discrimination, proportionality, proof of individual fault and responsibility, and the presumption of innocence States should only enact specific terrorism offences and procedures to the extent strictly necessary because of demonstrable inadequacies in existing criminal law and procedures. Terrorist offences should be defined domestically to respect the principle of legality by including a narrow and precise definition of terrorism that should be no broader than: any action intended to cause death or serious harm to civilians with the purpose of intimidating a population or compelling a government or political or international organization to do, or abstain from doing, an act. Definitions of terrorism should recognize that state actors can also commit terrorist offences. Lutte au terrorisme, droits de l homme et droit pénal Principe 2.1 : Application des principes de droit pénal et de procédure pénale; promulgation d infractions précises de terrorisme Les États doivent appliquer le droit pénal en vigueur pour combattre le terrorisme et, ce faisant, les États doivent respecter en tout temps leur obligation de voir à ce que leurs systèmes de justice de droit pénal appliquent les standards d équité procédurale et substantielle les plus élevés. Ces standards comprennent notamment les principes de légalité, de non-rétroactivité, de non-discrimination, de proportionnalité, de preuve de la faute et de la responsabilité individuelles ainsi que celui de la présomption d innocence Les États ne doivent pas promulguer d infractions ni de procédures précises de terrorisme que dans la mesure strictement nécessaire et lorsqu il est démontrable que le droit pénal et la procédure pénale existants contiennent des carences. Un État doit définir les infractions de terrorisme de sorte à respecter le principe de légalité en employant une définition étroite et précise du terrorisme dont la portée se limiterait à ce qui suit : «toute action menée avec l intention de provoquer la mort ou d infliger de graves sévices corporels à des civils dans le but d intimider une population ou encore d induire un gouvernement ou une organisation internationale à poser un geste, ou à s en abstenir». Les définitions de terrorisme doivent également reconnaître que des représentants de l État peuvent aussi commettre des infractions de terrorisme. 67 Commentary Commentaire In many countries, existing criminal law adequately addresses terrorist acts and omissions. The danger of creating new criminal law provisions to respond to terrorism is that they will be redundant, vague and overbroad. As well, they have the potential to unduly complicate the application of the criminal law and to undermine important criminal law principles and democratic values. Moreover, whether terrorism is addressed through an expansive interpretation of the ordinary criminal law, or whether it is addressed through a legislative scheme specifically aimed at terrorist acts, we have seen throughout history that these responses will seep into the ordinary criminal law and become generalized in their application. There is also the risk that, contrary to the principle of restraint in using the criminal law power, states may amend their general criminal law provisions to provide for the aggressive prosecution of inchoate acts, or the creation of broad financing and association-based offences so that those states will have the tools they believe are required to address the risk of terrorist attack. This can cause the net of criminal law to be cast too widely. States should therefore use the utmost care and restraint in creating or amending offences because of perceived inadequacy in existing criminal law. Any new criminal law initiatives taken in response to the threat of terrorist attack should respect the highest standards of procedural and substantive fairness, and avoid the pitfalls identified above. Recognizing that some states have or will enact provisions aimed specifically at terrorist acts, those provisions must be confined to the purposes for which they are intended. Where terms such as terrorism are employed, they should be defined so as to satisfy the principle of legality. The definition should avoid making motive an element of offences, and in particular religious or political motive. If religious or political motive were to be included in the definition, this could unduly restrict political and religious expression and make evidence about the accused s political and religious beliefs admissible regardless Dans un grand nombre de pays, le droit pénal traite convenablement des actes terroristes et des omissions. Lorsque l on créé de nouvelles dispositions de droit pénal pour contrer le terrorisme, on court le risque que ces dispositions soient redondantes, vagues et trop larges. Ces dispositions risquent également de compliquer indûment l application du droit pénal et de saper d importants principes de droit pénal et d importantes valeurs démocratiques. De plus, que l on prenne des mesures antiterroristes en donnant une interprétation large aux dispositions usuelles de droit pénal ou en adoptant un régime de dispositions visant tout particulièrement les actes de terrorisme, l histoire nous démontre que ces réponses s infiltreront dans le droit pénal usuel et qu elles deviendront d usage courant. Il y a également le risque que les États passent outre au principe de retenue dont ils doivent faire preuve lorsqu ils appliquent leurs pouvoirs en droit pénal et modifient leurs dispositions générales de droit pénal pour favoriser une judiciarisation agressive d actes inchoatifs ou créer des infractions de financement ou d association avec des terroristes ayant une large portée, dans le but de se doter de moyens qu ils estiment nécessaires pour affronter le risque d attaques terroristes. Les dispositions de droit pénal pourraient alors être d une portée exagérée. Les États doivent donc faire preuve d un soin et d une retenue extrêmes lorsqu ils créent ou modifient des infractions parce qu ils ont perçu une carence dans le droit pénal existant. Toute initiative en droit pénal qui répond à une menace d attaque terroriste doit respecter les plus hauts standards d équité procédurale et substantielle et éviter les écueils mentionnés ci-dessus. Nous reconnaissons que certains États ont déjà entériné ou entérineront des dispositions législatives concernant particulièrement les actes terroristes; il est donc nécessaire que ces dispositions ne servent qu aux fins auxquelles elles sont destinées. Lorsque des termes comme «terrorisme» sont utilisés, ils doivent être définis de sorte à satisfaire au principe de légalité. La définition doit éviter de considérer le motif, notamment les motifs d ordre religieux ou politique, comme un élé- > > 78 of its prejudicial effects on the trier of fact. Nevertheless, terrorism can be distinguished from ordinary crime by requiring that terrorist acts be committed with the intent to intimidate a population or compel a governmental, political or international organization to behave in a certain manner. This purpose element is important, because without it, the definition of terrorism could cast the net too wide. Finally, the definition of terrorism in the domestic criminal law should be such that terrorism can apply to both state actors as well as non-state actors, since states, like individuals, can commit terrorist acts Offences involving terrorism should require that the state prove beyond a reasonable doubt that the defendant intended to cause the specified harm Any person accused, arrested or detained in relation to the commission of a terrorist offence has, at a minimum, the following rights: a) the right not to be arbitrarily detained or imprisoned; b) the right to be presumed innocent; c) the right to be promptly informed, in a language that the person can understand, of the reason for arrest or detention and the right to a translator when one is required to understand and participate in the hearings; d) the right to be informed without delay of the offence charged; e) the right to prompt access to legal counsel of choice and to be informed of this right; f) the right to have the lawfulness of detention determined as soon as possible; g) the right to pre-trial release unless the state has just cause to deny such release; h) the right not to have adverse inferences drawn from pre-trial silence; i) the right to a fair public trial within a reasonable time before an independent, impartial and regularly constituted tribunal; j) the right to full disclosure of the state s case and to adequate time to prepare a defence; ment des infractions. Si les motifs d ordre religieux ou politique étaient inclus dans la définition, cela restreindrait indûment l expression religieuse et politique, et la preuve relative aux croyances politiques et religieuses de l accusé serait admissible, sans égard aux effets préjudiciables qu elle pourrait avoir sur le juge des faits. Il est toutefois possible d établir une distinction entre le terrorisme et une infraction criminelle courante en exigeant que les actes terroristes aient été perpétrés avec l intention d intimider une population ou de forcer un État ou une organisation internationale à se comporter d une façon donnée. Ce volet de l intention a son importance, car en son absence la définition du terrorisme aurait une trop grande portée. Enfin, le libellé de la définition de terrorisme dans le droit pénal interne doit être tel qu il puisse s appliquer aussi bien aux acteurs étatiques qu aux acteurs non étatiques, étant donné que les États, tout comme les personnes, peuvent commettre des actes terroristes Les infractions impliquant le terrorisme doivent comporter l obligation pour l État de prouver hors de tout doute raisonnable que l accusé avait l intention de causer le préjudice qu il est censé avoir voulu causer Toute personne inculpée, appréhendée ou détenue en relation avec la perpétration d une infraction de terrorisme doit pouvoir invoquer, à tout le moins, les droits suivants : a) le droit à la protection contre la détention ou l emprisonnement arbitraires; b) le droit d être présumée innocente; c) le droit d être informée dans les plus brefs délais, et dans une langue qu elle comprend, des motifs de l arrestation ou de la détention et le droit à un interprète lorsqu il devient nécessaire d y re-courir pour comprendre les débats et y participer; d) le droit d être informée sans délai de l infraction dont elle est accusée; e) le droit d accès, dans les plus brefs délais, à un avocat et d être informée de ce droit; f) le droit à ce que la légalité de la détention soit établie dans les meilleurs délais possible; g) le droit à une mise en liberté avant le procès, sauf si l État a un motif valable de refuser une telle libération; h) le droit à ce qu aucune inférence défavorable ne soit tirée de son silence avant procès; 89 k) the right not to be a witness in proceedings against oneself; l) the right to examine prosecution witnesses and call defence witnesses; m) the right to appeal the decision of the tribunal; and n) the right not to be tried again for an offence following either an acquittal or finding of guilt and punishment Secret detention centres for persons suspected, charged or convicted of terrorist offences should be prohibited under international law and states that have secret detention centres should be subject to sanction. The international community must declare all secret detention centres illegal. Detainees should be held in places that are publicly recognized and there must be proper registration of the names of detainees and places of detention When releasing a person whom the state has arrested and detained in relation to the commission of a terrorist act, the state must use the means that are least restrictive of rights while consistent with the protection of the public and must in no case limit rights in a manner inconsistent with international human rights law. Commentary Conditions imposed on persons released from arrest of detention should limit rights only on credible public safety grounds. Further, in no circumstance should they limit rights in a manner not anticipated by the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR), including the requirement that permissible derogations from that instrument be justified by a bona fide threat to the life of the nation as set out in a formal statement to that effect. Specific attention must be drawn to the absolutely non-derogable nature of some ICCPR rights. These non-derogable rights may never be abridged as part of conditions on release from detention. i) le droit à un procès public et équitable devant un tribunal indépendant, impartial et dûment constitué; j) le droit à la divulgation complète du dossier de l État et à un délai raisonnable pour préparer une défense; k) le droit de ne pas témoigner dans sa propre cause; l) le droit de contre-interroger les témoins de la poursuite et d assigner ses propres témoins en défense; m) le droit d en appeler de la décision du tribunal; et, n) le droit de ne pas subir un nouveau procès pour une infraction dont elle a été acquittée ou déclarée coupable et punie Le droit international doit interdire les centres secrets de détention pour les personnes soupçonnées, accusées ou reconnues coupables d infractions de terrorisme et doit sanctionner les États qui y recourent. La communauté internationale doit proclamer l illégalité de tels centres secrets de détention. Les détenus doivent être incarcérés dans des endroits qui sont connus du public et, de plus, leur identité et le lieu de leur détention doivent être consignés de façon appropriée Lors de la mise en liberté d une personne qu il a appréhendée et détenue en relation avec la perpétration d un acte terroriste, l État doit prendre les mesures qui n enfreignent les droits de cette personne que dans la plus stricte mesure tout en assurant la protection du public, et, en aucun cas, l État ne doit prendre des mesures qui restreignent les droits de la personne d une façon qui va à l encontre des lois internationales relatives aux droits de l homme. Commentaire Les conditions imposées aux personnes mises en liberté ne doivent pas restreindre leurs droits que pour des motifs crédibles liés à la sécurité publique. De plus, ces conditions ne doivent, en aucune circonstance, restreindre les droits de la personne d une manière non prévue par le Pacte international relatif aux droits civils et > 910 2.1.7 The state must disclose all relevant evidence in its possession to a person accused of committing a terrorist act so as to ensure that the defendant can prepare a full and effective defence, and to ensure that the defendant has a fair trial An exception to Principle is permissible if the state can demonstrate that non-disclosure is necessary to protect national security. To justify non-disclosure, the state must: a) permit defence counsel with the appropriate security clearance and undertakings with respect to nondisclosure to review the evidence; or b) permit an independent advocate with the appropriate security clearance and undertakings with respect to non-disclosure to review the evidence and challenge it; and c) either way, demonstrate to a tribunal in an adversarial process that: i. the refusal to disclose the evidence is a proportionate limit on the accused s right to disclosure that is necessary to protect the legitimate national security interests of the state, including the safety of sources and the exchange of information between states; and ii. the refusal to disclose is consistent with a fair trial. If a fair trial is not possible because the defendant has not received sufficient disclosure, the appropriate response will be the termination of the proceedings. politiques (PIRDCP) et ne pas respecter l exigence selon laquelle les dérogations à cet instrument doivent être justifiées par une crainte raisonnable d une menace envers la vie de la nation, telle qu énoncée dans une déclaration officielle à cet effet. On doit porter une attention toute particulière au fait que certains des droits prévus dans le PIRDCP sont de natures absolument inviolables. Ces droits inviolables ne peuvent être brimés lorsqu on impose des conditions à une mise en liberté Pour qu une personne accusée d avoir commis un acte terroriste puisse préparer une défense pleine et entière et avoir un procès équitable, l État doit lui divulguer toute la preuve pertinente en sa possession Il peut être fait exception au Principe 2.1.7, si l État démontre qu il est nécessaire de ne pas divulguer une certaine preuve pour protéger la sécurité nationale. Pour justifier un refus de divulgation, l État doit : a) soit autoriser l avocat de la défense, qui est titulaire de l attestation de sécurité appropriée et qui a pris l engagement de ne pas divulguer la preuve, à examiner la preuve; ou b) soit autoriser un avocat indépendant, qui est titulaire de l attestation de sécurité appropriée et qui a pris l engagement de ne pas divulguer la preuve, à examiner et à contester la preuve; et c) dans les deux cas, établir devant un tribunal, dans le cadre d un processus contradictoire que : i. le refus de divulguer la preuve constitue une restriction proportionnelle au droit de l accusé à la divulgation et est nécessaire pour protéger les intérêts légitimes de l État en matière de sécurité nationale, notamment la sécurité des sources et le partage d information entre États; et ii. le refus de divulguer la preuve est conforme aux règles d un procès équitable. Si la tenue d un procès équitable devenait impossible parce que l accusé n a pas bénéficié d une divulgation suffisante, l arrêt des procédures s avérerait alors le remède approprié. 1011 Principle 2.2: Application of human rights standards Any measures, criminal, quasi-criminal, or otherwise, taken by or on behalf of a state to prevent terrorism, must comply with international human rights standards Expression may only be subject to criminal sanction on grounds of terrorism if it constitutes incitement of terrorism (as described in Principle 2.1.2) with the intent and likelihood that a terrorist offence will be committed. In particular, publication of information issued by, or about, groups that have been labelled as terrorist, or by or about any of their members, should not be criminalized. Attempts to justify terrorist acts in writing or speech should also not be criminalized. Principle2.3: Departures from ordinary criminal law principles and human rights standards Any departures from ordinary principles of criminal law and procedure or derogable international human rights standards must be strictly necessary to prevent the identified harm and be rationally connected to the achievement of this goal; they should infringe the rights of those subject to the law as little as possible; and their effectiveness should be weighed against the degree of rights infringement that they permit. Any such departures must also be reviewable on this basis by a regularly constituted court or tribunal Any law enacted to deal with a threat from terrorism, war, invasion, general insurrection, disorder, natural disaster or other public emergency: a) must only apply prospectively; b) must be subject to strict and express time limits that are determined in accordance with the principles of necessity and proportionality; and c) must not indemnify the state or any person in respect of an unlawful act. Principe 2.2 : Application des normes relatives aux droits de l homme Toute mesure pénale, quasi pénale ou autre prise par un État ou en son nom, pour contrer le terrorisme, doit respecter les normes internationales relatives aux droits de l homme L expression ne peut faire l objet de sanction pénale pour motifs de terrorisme que si elle constitue une incitation au terrorisme (selon la description dans le Principe 2.1.2) dans l intention qu une infraction de terrorisme soit commise et qu une infraction de terrorisme sera vraisemblablement commise. Tout particulièrement, ni la publication d informations par ou concernant des groupes qui ont été étiquetés comme des groupes terroristes, ni la publication d information sur ou concernant les membres de tels groupes ne doivent constituer une infraction. Le fait de tenter de justifier, par des écrits ou en paroles, des actes terroristes ne doit également pas constituer une infraction. Principe 2.3 : Dérogations aux principes usuels en droit pénal et aux normes en matière des droits de l homme Toute dérogation aux principes usuels et à la procédure usuelle en droit pénal ou aux normes internationales relatives aux droits de l homme doit s avérer absolument nécessaire pour éviter le préjudice identifié et doit logiquement avoir un lien avec l atteinte de cet objectif; de plus, elle doit porter le moins possible atteinte aux droits de ceux qui sont assujettis à la loi; et son efficacité doit être soupesée par rapport à l importance de la violation des droits qu elle permet. De telles dérogations doivent également pouvoir être examinées, en fonction de ces principes, par une cour de justice ou un tribunal dûment constitué Toute loi adoptée en vue de contrer une menace provenant du terrorisme, d une guerre, d une invasion, d une 1112 Principle 2.4: States of emergency and derogations Any state of emergency must be prescribed by the law of the state and officially declared. A state of emergency must be understood as an exceptional measure to which resort may be made only in situations of a genuine threat to the life of the nation, its independence or its security. In proclaiming a state of emergency, a state must articulate in detail the nature of the threat, as well as the scope of any derogation taken and the reason(s) for which this derogation is deemed necessary A declaration of a state of emergency will be effective only if: a) it applies prospectively; b) it is subject to strict and express time limits that are determined in accordance with the principles of necessity and proportionality; and c) it is subject to legislative ratification as soon as practicable after it has been proclaimed Renewal of a declaration of a state of emergency must be: a) preceded by a public debate in a democraticallyelected assembly; and b) adopted by a greater majority of a democraticallyelected assembly than was required to ratify the initial declaration of a state of emergency If a state declares a state of emergency, any law that the state enacts in consequence of this declaration must meet the following conditions: a) the law must only apply prospectively; b) the law must be subject to strict and express time limits that are determined in accordance with the principles of necessity and proportionality; c) the law must be strictly necessary to achieve the legitimate aim of the state in declaring the state of emergency; d) the law must be consistent with the state s obligations under international law applicable to states of emergency; e) the law must not indemnify the state or any person in respect of an unlawful act; f) the law must be made public promptly after enactment; and insurrection générale, d un désordre interne, d une catastrophe naturelle ou d une autre situation d urgence : a) doit seulement s appliquer que pour le futur; b) doit être assujettie à des limites de temps rigoureuses et définies, elles-mêmes établies en conformité avec les principes de nécessité et de proportionnalité; et c) ne doit pas procurer réparation à un État ou à une personne pour un acte illégal. Principe 2.4 : États d urgence et dérogations L état d urgence doit être prescrit dans une loi de l État et proclamé officiellement. On doit considérer l état d urgence comme une mesure d exception à laquelle on ne doit recourir qu en situation de menace réelle à la vie de la nation, à son indépendance ou à sa sécurité. Lorsque l état d urgence est proclamé, un État doit expliquer la nature de la menace de façon détaillée, l étendue de toute dérogation prévue autorisée et les raisons pour lesquelles une dérogation est présumée nécessaire Une déclaration d état d urgence n entre en vigueur que si : a) elle ne s applique que pour le futur; b) elle est assujettie à des limites de temps rigoureuses et spécifiques, elles-mêmes établies selon les principes de nécessité et de proportionnalité; et c) elle doit faire l objet d une ratification législative dès que possible après sa proclamation Le renouvellement d une déclaration d état d urgence doit être : a) précédé d un débat public au sein d une assemblée démocratiquement élue; et b) adopté à une plus grande majorité d une assemblée démocratiquement élue que celle exigée pour ratifier la déclaration d urgence initiale Si l État a déclaré l état d urgence, toute loi qui en découle doit satisfaire aux conditions suivantes : a) elle ne doit s appliquer que pour le futur; b) elle doit être assujettie à des limites de temps rigoureuses et définies, elles-mêmes établies selon les principes de nécessité et de proportionnalité; 1213 g) the law must only infringe rights in a way that is strictly necessary and proportional to the harm to be avoided The declaration of a state of emergency must be capable of being challenged before an independent and impartial tribunal, which will determine: a) the validity of a declaration of a state of emergency; b) the necessity of extending a declaration of a state of emergency; or c) the validity of any law enacted or action taken in consequence of the declaration In enacting a law in consequence of a declaration of a state of emergency, derogations from the human rights guaranteed by the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) must comply with Article 4 of that convention, and in particular, may not extend to the following rights: a) life; b) security of the person, including: i. freedom from torture or cruel, inhuman or d egrading treatment or punishment, and freedom from medical or scientific experimentation to which the person has not freely consented; ii. freedom from slavery; iii. freedom from servitude; c) the right not to be discriminated against, at the very least, on the basis of: i. race; ii. ethnicity; iii. place of origin; iv. citizenship status; or v. religion; d) freedom of thought, conscience and religion. This right includes freedom to have, to adopt or to refuse a religion or belief of a person s choice, and freedom, either individually or in community with others and in public or private, to manifest this religion or belief in worship, observance, practice and teaching. Freedom to manifest one s religion or beliefs must only be subject to such limitations as are prescribed by law and are necessary to protect public safety, order, health, or morals or the fundamental rights and freedoms of others; e) the right not to be found guilty of any criminal offence on account of any act or omission which c) elle doit s avérer d une nécessité absolue pour atteindre l objectif légitime visé par l État quand il a proclamé l état d urgence; d) elle doit respecter les obligations d un État en vertu des normes de droit international s appliquant aux états d urgence; e) elle ne doit pas procurer réparation à un État ou à une personne pour un acte illégal; f) elle doit être rendue publique aussitôt après son adoption; et g) elle ne doit porter atteinte aux droits que dans la mesure strictement nécessaire et proportionnelle au dommage contre lequel on veut se prémunir La déclaration d état d urgence doit pouvoir être contestée devant un tribunal indépendant et impartial qui devra se prononcer sur : a) la validité de la déclaration d état d urgence; b) la nécessité de prolonger la déclaration d état d urgence; et c) la validité de toute loi adoptée ou de toute mesure prise suite à la déclaration d état d urgence Lors de l adoption d une loi à la suite d une déclaration d état d urgence, les dérogations aux droits de l homme garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIRDCP) doivent respecter les dispositions de l article 4 de cet instrument, et plus particulièrement, elles ne doivent pas s appliquer aux droits suivants : a) le droit à la vie; b) le droit à l intégrité et à la sécurité de la personne humaine, notamment : i. l interdiction de recourir à la torture et à autre peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant, et l interdiction d expérience médicale ou scientifique à laquelle la personne n a pas librement consenti; ii. l interdiction de l esclavage; iii. l interdiction de l asservissement. c) le droit de ne pas faire l objet de discrimination, à tout le moins, en raison de : i. la race; ii. l ethnicité; iii. le lieu d origine; iv. le statut de citoyenneté; v. la religion; 1314 did not constitute a criminal offence under national or international law at the time it was committed; f) the right to be protected against arbitrary deprivations of liberty; g) the right to a fair trial, including the presumption of innocence and habeas corpus/recurso de amparo; h) the right to the judicial guarantees essential for the protection of non-derogable rights. Commentary Additional state obligations may be non-derogable if they are needed to protect the non-derogable rights listed above. The United Nations Human Rights Committee used this reasoning to extend protection to certain procedural rights in its General Comment 29 on States of Emergency (Article 4) of the International Covenant on Civil and Political Rights (U.N. Doc. CCPR/C/21/Rev.1/Add.11 (2001)). d) le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté pour une personne de choisir, de pratiquer, ou de refuser une religion ou une conviction et la liberté, exercée soit individuellement, soit collectivement, en public ou en privée, d afficher cette religion ou conviction par le culte, l accomplissement de rites, les pratiques et l enseignement. La liberté d afficher sa religion ou ses convictions ne doit être assujettie qu aux seules restrictions imposées par la loi et qui s avèrent nécessaires à la protection de la sécurité, de l ordre, de la santé, de la moralité publique, des droits fondamentaux et des libertés d autrui; e) le droit de ne pas être condamné pour une infraction pénale suite à un acte ou une omission qui ne constitue pas un acte délictueux en vertu du droit national ou international au moment où elle est commise; f) le droit à la protection contre la privation arbitraire de liberté; g) le droit à un procès équitable, notamment à la présomption d innocence et à l habeas corpus/ recurso de amparo; h) le droit aux garanties judiciaires essentielles à la protection des droits auxquels on ne peut déroger. Commentaire Les États peuvent être astreints à des obligations additionnelles auxquelles on ne peut déroger, dans la mesure où elles s avèrent nécessaires à la protection des droits auxquels on ne peut déroger mentionnés ci-dessus. C est le raisonnement qu a adopté le Comité des droits de l homme de l ONU afin de procurer une protection aux droits relatifs à la procédure, tel que rapporté dans son Commentaire général 29 relatif aux états d urgence (article 4) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (U.N.Doc.CCPR/C/21/ Rev.1/Add.11(2001)). 1415 Part 3 Partie 3 Anti-Terrorism, Human Rights and the Use of Force Principle 3.1: Exceptional nature of the use of military force 3.1. As a general rule, terrorist acts are criminal acts subject to applicable domestic, transnational and/or international criminal law enforcement measures. The international use of armed force by states in response to terrorist acts is only permissible in accordance with international law regulating such use of force. Principle 3.2: International rules on the use of force continue to apply Anti-terrorism goals do not change the international rules on the use of force by one state against another or within the territory of another: use of military force must comply with the requirements of the United Nations Charter in being either explicitly authorized by the UN Security Council or a bona fide exercise of collective or individual self-defence within the constraints of Article Self-defence justifies the use of force against a state or within the territory of that state only in response to an act of terrorism that: a) rises to the level of an armed attack within the meaning of international law; b) has already occurred or is evidently about to occur; and c) is properly attributable, as a matter of international law, to the state against which the act of self-defence is directed The force used in self-defence must be necessary and proportionate in accordance with international law. Lutte au terrorisme, droits de l homme et recours à la force Principe 3.1 : Caractère exceptionnel du recours aux forces militaires 3.1 Règle générale, les actes terroristes sont des actes criminels qui sont assujettis aux dispositions pertinentes de mise en application du droit pénal national, transnational ou international. Au plan international, les États ne peuvent recourir aux forces armées pour contrer des actes de terrorisme qu en conformité avec le droit international réglementant un tel usage des forces armées. Principe 3.2 : Les règles du droit international concernant l usage de la force continuent à s appliquer Des objectifs liés à la lutte au terrorisme ne modifient en rien les règles internationales sur le recours à la force par un État à l encontre d un autre État, ou sur le territoire d un autre État. Ainsi, le recours à la force militaire doit se conformer aux formalités de la Charte des Nations Unies : il doit être expressément autorisé par le Conseil de Sécurité de l ONU ou il doit constituer l exercice bona fide du droit individuel ou collectif de légitime défense à l intérieur des limites de l article La légitime défense justifie le recours à la force à l encontre d un État ou sur le territoire d un État seulement en réponse à un acte terroriste qui : a) atteint les proportions d une «agression armée» au sens du droit international; b) est déjà survenu ou est manifestement sur le point de survenir; c) est légitimement attribuable, en droit international, à l État à l encontre duquel le geste de légitime défense est dirigé. 1516 3.2.4 In accordance with Article 51 of the UN Charter, all uses of force in self-defence must be immediately reported to the UN Security Council and may continue only until the Security Council has taken measures necessary to maintain international peace and security Pre-emptive self-defence the use of force in response to a feared security threat that is not evidently about to occur is a violation of international law and is not a legitimate basis for use of military force. Principle 3.3: International humanitarian law and human rights law In any situation of armed conflict, applicable customary and treaty-based international humanitarian law is to be observed by the combatants In a situation of armed conflict, international human rights obligations remain in force except where recognized international derogation provisions such as Article 4 of the ICCPR apply. International human rights and international humanitarian law are complementary and mutually reinforcing, and should be interpreted in light of each other La force utilisée en légitime défense doit s avérer nécessaire et proportionnelle selon les critères du droit international Conformément à l article 51 de la Charte des N.-U., toutes les utilisations de la force en légitime défense doivent être immédiatement signalées au Conseil de Sécurité des N.-U, et elles peuvent continuer de s appliquer seulement jusqu à ce que le Conseil de Sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationale Les «attaques préemptives», soit le recours à la force en réponse à une menace à la sécurité appréhendée n offrant aucune preuve quant à l imminence de sa survenance, contreviennent au droit international et ne confèrent aucune légitimité au recours à des forces armées. Principe 3.3: Droit international humanitaire et droit international des droits de l homme En situation de conflit armé, les combattants doivent observer les dispositions pertinentes du droit international humanitaire issues tant du droit coutumier que de celui des traités En situation de conflit armé, les obligations relatives aux droits de l homme en droit international demeurent en vigueur, sauf en cas d application de dispositions dérogatoires internationales reconnues comme celles de l article 4 du PIRDCP. Les droits internationaux de l homme et le droit international humanitaire sont complémentaires et supplétifs, et doivent, en conséquence, s interpréter à la lumière l un de l autre. 1617 Part 4 Partie 4 Prevention of and Responses to the Use of Torture Principle 4.1: The absolute prohibition against torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment No person, including those suspected or convicted of terrorist related offences, shall be subjected to torture or to cruel, inhuman or degrading treatment or punishment Principle is a peremptory norm of international law (jus cogens). No circumstances whatsoever, including a state of war, a threat of war, a threat to national security, an emergency threatening the life of the nation, internal political instability or any other public emergency, may be invoked by a state as a justification for torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment. Principle 4.2: Obligations to respect and ensure the right to be free from torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment States shall take all necessary effective legislative, administrative, judicial or other measures to prevent torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment. Without limitation, these shall include the establishment of a system of regular visits undertaken by international and national independent bodies to all places where people are deprived of their liberty, in order to prevent torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment. Prévention de la torture et réponses à l usage de la torture Principe 4.1 : Interdiction absolue de la torture ou des peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants Nul, notamment les personnes soupçonnées ou trouvées coupables d infractions liées au terrorisme, ne sera soumis à la torture ou à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants Le Principe constitue une norme impérative de droit international (jus cogens). Aucune circonstance, quelle qu elle soit, notamment un état de guerre, une menace de guerre ou à la sécurité nationale, une urgence mettant en péril la vie de la nation ou la stabilité politique intérieure et toute autre situation d urgence ne peut être invoquée par un État pour justifier la torture ou les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Principe 4.2: Obligations de garantir le droit à la protection contre la torture ou les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et de veiller à la protection de ce droit Les États prennent toutes les mesures législatives, administratives, judiciaires ou autres qui sont nécessaires et efficaces pour prévenir la torture et les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Sans restreindre la généralité de ce qui précède, ces mesures comprennent l implantation d un système de visites régulières par des organisations nationales et internationales indépendantes de tous les endroits où des personnes sont privées de leur liberté pour prévenir la torture et les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. 1718 4.2.2 States shall prohibit by law torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment and make any violations of such prohibitions subject to appropriate sanctions, including criminal penalties States shall ensure that complaints and reports of torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment are promptly, effectively and impartially investigated. States shall ensure, including through cooperation with other states, that persons against whom there is sufficient evidence of having committed torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment are prosecuted States shall take all necessary steps to ensure that they do not aid or assist in the commission of torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment No state shall transfer any person, or aid or assist another state to transfer any person no matter what her or his status or suspected crime to another state where there are grounds for believing that the individual would be in danger of being subjected to torture or to cruel, inhuman or degrading treatment or punishment in that State States may only transfer persons to other states pursuant to a legal process that accords with internationally recognized standards of legality and fairness. Without limitation, such processes must include the opportunity for individuals to interpose claims against transfer on the basis that they fear torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment upon transfer and an opportunity for effective, independent and impartial review of the decision to transfer Diplomatic assurances against torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment shall not be relied upon to effect transfers. Such assurances do not provide an effective safeguard against such abuse and they are legally insufficient to overcome the transferring state s obligation to refrain from transferring an individual to a known risk Les États adoptent des lois qui interdisent la torture et les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et qui prescrivent que tout manquement à cette interdiction est passible de sanctions appropriées, notamment de sanctions pénales Les États s assurent de mener une enquête rapide, efficace et impartiale sur les plaintes au sujet de la torture ou de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et sur les rapports en faisant état. Les États s assurent, notamment en coopérant avec d autres États, que les personnes à l égard desquelles il existe des preuves suffisantes qu elles ont torturé des personnes ou qu elles ont imposé à des personnes des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants sont poursuivies devant les tribunaux Les États prennent toutes les mesures nécessaires pour s assurer qu ils n aident pas à la perpétration d actes de torture ou à l imposition de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants Nul État ne transfère une personne, ni n aide un autre État à transférer une personne, quel que soit son statut ou le crime qu elle est soupçonnée d avoir commis, vers un autre État, s il existe des motifs de croire que cette personne serait en danger de se voir soumise à la torture ou de se voir imposer des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans cet État Les États ne peuvent transférer des personnes vers d autres États que dans le cadre d un processus juridique qui respecte les normes de légalité et de justice internationalement reconnues. Sans limiter la généralité de ce qui précède, un tel processus doit comprendre : premièrement, la possibilité pour les personnes de faire valoir des arguments à l encontre du transfert au motif qu elles craignent, de ce fait, d être soumises à la torture ou de se voir imposer des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et, deuxièmement, la possibilité pour ces personnes d obtenir une révision efficace, indépendante et impartiale de la décision de transférer Nul État n autorise le transfert d une personne sur la base de garanties diplomatiques qui excluent la possibilité de torture ou de peines et de traitements cruels, inhumains et dégradants. Ces garanties ne fournissent pas de protection adéquate à l encontre de ces mauvais traitements et, 1819 Principle 4.3: Statements, evidence and information obtained under torture States shall ensure that statements, evidence or other information obtained by torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment cannot be used in any judicial, administrative or other proceedings, other than for the purpose of establishing the occurrence of the act of torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment Information, data, or intelligence that has been obtained through torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment may not be used as a basis for: (a) the deprivation of liberty; (b) the transfer, through any means, of an individual from the custody of one state to another; (c) the designation of an individual as a person of interest, a security threat or a terrorist or by any other description purporting to link that individual to terrorist activities; or (d) the deprivation of any other internationally protected human right. Principle 4.4: Remedies and reparations Each state shall ensure that victims of torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment have equal and effective access to a judicial remedy and have an enforceable right to full and effective reparations, including the following: (a) restitution; (b) compensation; (c) rehabilitation; (d) satisfaction; and (e) guarantees of non-repetition. Reparations should be proportional to the gravity of the violations and the harm suffered. sur le plan juridique, elles sont insuffisantes pour libérer un État de son obligation de s abstenir de transférer une personne vers un endroit où il est su qu elle court un risque. Principe 4.3: Déclarations, preuves et informations obtenues sous l effet de la torture Les États veillent à ce que les déclarations, preuves et autres informations obtenues sous l effet de la torture ou par suite de l imposition de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ne puissent être utilisées dans le cadre d instances judiciaires, administratives ou autres, sauf s il s agit d établir la commission d un acte de torture ou l imposition d une peine ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants Les informations, les données ou les renseignements obtenus sous l effet de la torture ou par suite de l imposition de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ne peuvent motiver : a) la privation de liberté; b) le transfert, de quelque façon que ce soit, d une personne d un État qui a la garde à un autre État; c) la désignation d une personne comme personne d intérêt, une menace à la sécurité ou terroriste ou, encore, de tout autres manières visant à établir un lien entre cette personne et des activités terroristes; ou d) la privation de tout autre droit de l homme jouissant d une protection internationale. Principe 4.4 : Recours et réparations Chaque État veille à ce que les victimes de torture, de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants bénéficient d un accès égal et utile au recours judiciaire et jouissent du plein exercice de leur droit à une réparation pleine et entière, notamment : a) à la restitution; b) à la compensation; c) à la réhabilitation; 1920 4.4.2 States and their courts shall not apply or develop legal doctrine, including doctrines of judicial deference, that fail to give effect to the duty to ensure the right to be free from torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment, including such doctrines as act of state, political questions, non-justiciability, comity, state secrecy, national security confidentiality and the like A state that has engaged in, participated in, aided, assisted, been complicit in, or acquiesced to torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment committed abroad must provide an enforceable right to compensation in its own courts against itself, its officials and any persons, including corporate actors and foreign state officials, with whom the state has been involved Each state has, at the very least, the international legal jurisdiction to provide access to its courts for purposes of adjudicating compensation claims for torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment wherever it occurs in the world In view of the jus cogens nature of the duty to ensure the right to be free from torture and cruel, inhuman or degrading treatment or punishment, states and states courts should modify or develop the law on state immunity so as not to grant immunity to foreign states or persons who are or were officials of a foreign state from adjudicative jurisdiction over compensation claims for torture or cruel, inhuman or degrading treatment or punishment. d) à la satisfaction; et e) à des garanties de non-répétition. Les indemnisations doivent s établir en proportion de la gravité des violations et du préjudice subi Les États et leurs tribunaux n appliquent ni ne formulent de théories juridiques, notamment des théories de retenue judiciaire, qui feraient échec au devoir d assurer la protection du droit de ne pas être soumis à la torture ou aux peines et aux traitements cruels, inhumains ou dégradants et notamment des théories comme celles de l «acte d État», des «questions politiques», de la «non-judiciarisation», de la «courtoisie internationale», du «secret d État», de la «confidentialité liée à la sécurité nationale» et ainsi de suite Un État qui a commis un acte de torture ou imposé des peines ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants à l étranger, a participé à, a donné son appui à, ou a prêté assistance à un acte de torture ou à l imposition de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants à l étranger, a été complice d un acte de torture ou de l imposition de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants à l étranger, ou a approuvé un acte de torture ou l imposition de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants à l étranger doit accorder un recours en réparation exécutoire devant ses propres tribunaux contre lui-même, ses fonctionnaires et toute personne, notamment les représentants d entreprises et les fonctionnaires d États étrangers, auprès desquelles l État est intervenu Tout État possède, à tout le moins, la compétence juridique internationale d accorder un accès à ses tribunaux, aux fins d adjudication des recours en réparation pour des actes de torture et l imposition de peines et de traitements cruels, inhumains ou dégradants où que ce soit dans le monde Étant donné le caractère jus cogens du devoir de garantir le droit de ne pas être soumis à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les États et leurs tribunaux doivent modifier et interpréter la loi sur l immunité des États de sorte à ne pas accorder à des États étrangers ou à des personnes qui sont ou ont été des fonctionnaires d un État étranger une immunité contre la compétence juridictionnelle en matière de demande de réparation alléguant la torture ou des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. 20 Montrer encore
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