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Timestamp: 2018-04-24 05:22:19+00:00
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NOTE JURIDIQUE. OBJET : Contentieux. Conseil Technique National Service juridique «droit des personnes et des familles» - PDF
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1 Conseil Technique National Service juridique «droit des personnes et des familles» NOTE JURIDIQUE OBJET : Contentieux Contentieux de l aide sociale Contentieux de la sécurité sociale Contentieux de droit commun intéressant les personnes handicapées.
2 SOMMAIRE 1. Contentieux de l aide sociale 1.1. Compétence 1.2. Fonctionnement 1.3. Procédure 2. Contentieux de la sécurité sociale 2.1. L expertise médicale Compétence Procédure Le déroulement de l expertise Les suites de l expertise 2.2. Le contentieux général de la sécurité sociale Compétence Fonctionnement Procédure 2.3. Le contentieux technique de la sécurité sociale Tribunal du contentieux de l incapacité Cour nationale de l incapacité et de la tarification des accidents du travail 2.4. Le contentieux du contrôle technique 3. Contentieux de droit commun 3.1. Compétence des juridictions administratives de droit commun 3.2. Compétence des juridictions judiciaires Compétence des juridictions pénales Compétence des juridictions civiles ANNEXES Les décisions de la commission des droits et de l autonomie Les décisions de la CAF, MSA et CPAM Les décisions des services d aide sociale du département
3 1. Contentieux de l aide sociale Les juridictions de l'aide sociale sont des juridictions de l'ordre administratif. La contestation d une décision relative à l attribution d une prestation d aide sociale s effectue devant : - En première instance, une commission départementale de l'aide sociale instituée dans chaque département - En appel, la commission centrale d'aide sociale. C est une cour unique située à Paris - En cassation, le Conseil d'etat 1.1 Compétence : Les juridictions de l'aide sociale sont compétentes pour connaître des litiges résultant de l'attribution des prestations de l'aide sociale. L'application du principe doit cependant être nuancée. - La commission départementale d aide sociale (CDAS): La compétence des juridictions de l'aide sociale concerne l'ensemble des prestations d'aide sociale accordées par le préfet de département ou le président du conseil général 1. Sa compétence concerne : les litiges relatifs à l'attribution des prestations d'aide sociale les litiges relatifs au versement des prestations des litiges relatifs à la récupération du montant des prestations versées sur la succession du bénéficiaire de l'aide sociale des litiges relatifs au recouvrement des sommes indûment perçues, demandées à des particuliers bénéficiaires de l'aide sociale, en raison des dépenses exposées par une collectivité publique Elles sont également compétentes pour statuer sur les recours relatifs à la couverture maladie universelle complémentaire 2 et sur les recours relatifs à l'attribution et le service de l'allocation de RMI 3. Néanmoins, les juridictions de l'aide sociale ne sont pas compétentes en ce qui concerne : les décisions prises par le préfet ou par le président du conseil général en matière d'aide sociale à l'enfance 4 les litiges relatifs à l'attribution des prestations d'aide sociale facultative instituées librement par les collectivités territoriales 5. En revanche, les litiges nés de l'application des clauses du règlement départemental d'aide sociale, permettant l'attribution des prestations de 1 Art. L et L du code de l action sociale et des familles 2 Art. L du code de la sécurité sociale 3 Art. L du code de l action sociale et des familles 4 Art. L du code de l action sociale et des familles 5 Conseil d Etat arrêt du 12 janvier 1983 n
4 l'aide sociale légale à des conditions ou montants plus favorables, relèvent de la compétence des juridictions de l'aide sociale 6 les litiges relatifs aux prestations d'aide sociale ne relevant pas du code de l'action sociale et des familles - La commission centrale d'aide sociale (CCAS) : La commission centrale d'aide sociale est compétente, de manière générale, pour statuer sur l'ensemble des appels formés contre les décisions des commissions départementales 7. Enfin, la commission centrale d'aide sociale s'est vue attribuer des compétences en premier et dernier ressort 8, notamment : des litiges opposant deux départements ou un département et l'état sur les dépenses d'aide sociale les contestations relatives à la détermination du domicile de secours Fonctionnement : - La commission départementale d'aide sociale La commission départementale d'aide sociale siège au chef-lieu du département 10. Elle est présidée par le président du tribunal de grande instance du chef-lieu du département, ou son remplaçant 11. Elle est composée de 12 : - trois conseillers généraux élus par le conseil général - trois fonctionnaires de l'état, en activité ou en retraite, désignés par le préfet du département. ATTENTION : le Conseil d Etat rappelle que dans le respect des principes d impartialité et d équité, la formation de jugement ne doit pas être composée de membres étant à la fois juge et partie (représentant département) 13. Le secrétaire de la commission départementale exerce les fonctions de rapporteur et peut être assisté dans cette tâche de rapporteurs adjoints. Le président et les membres de la commission départementale ont voix délibérative. Le secrétaire et les rapporteurs adjoints n'ont voix délibérative que sur les affaires qu'ils rapportent. La commission départementale ne peut par ailleurs valablement délibérer que si la majorité de ses membres ayant voix délibérative est présente Art. L et L du code de l action sociale et des familles 7 Art. L du code de l action sociale et des familles 8 Art. L du code de l action sociale et des familles 9 Se référer à la note juridique relative au domicile de secours 10 Art. R du code de l action sociale et des familles 11 Art. L du code de l action sociale et des familles 12 Art. L du code de l action sociale et des familles 13 CE TROGNON et MACIOLAK Note d information DGAS/SD5D/2006/ Art. R du code de l action sociale et des familles 3
5 En cas de partage des voix, le président de la commission départementale a voix prépondérante 15. La commission départementale peut, pour le jugement de toute affaire soulevant une question d'ordre médical, ordonner qu'il soit procédé à une expertise. Les dépenses afférentes à celle-ci sont à la charge de l'état et les rémunérations dues aux médecins experts sont fixées par arrêté conjoint des ministres chargés de l'aide sociale et du budget La commission centrale d'aide sociale La commission centrale d aide sociale comprend six sections composée de quatre membres, chacune pouvant comporter deux sous-sections 17. Une sous-section comprend deux membres : le président ou le vice-président de la section et un assesseur 18. Les affaires sont normalement jugées par une section ou par une sous-section. Elles peuvent cependant être renvoyées à deux sections réunies ou à l'assemblée plénière des sections par le président de la commission soit de sa propre initiative, soit à l'initiative d'un président de section ou de sous-section 19. Chaque section ou sous-section de la commission centrale comprend, en nombre égal 20 : d'une part, des membres du Conseil d'état, des magistrats de la Cour des comptes ou des magistrats de l'ordre judiciaire d'autre part, des fonctionnaires ou personnes particulièrement qualifiées en matière d'aide ou d'action sociale désignées par le ministre chargé de l'action sociale Les membres de la Commission centrale d'aide sociale sont nommés pour une durée de quatre ans renouvelable 21. Chacune des formations de jugement de la Commission centrale d'aide sociale ne peut valablement délibérer que si la majorité de ses membres ayant voix délibérative est présente 22. La commission centrale peut, également, ordonner qu'il soit procédé à une expertise médicale. Les dépenses afférentes à celle-ci sont à la charge de l'état et les rémunérations dues aux médecins experts sont fixées par arrêté conjoint des ministres chargés de l'aide sociale et du budget Procédure : - Saisine : les recours devant la commission départementale et les appels devant la commission centrale peuvent être formés 24 : par le demandeur ses débiteurs d'aliments 15 Art. L du code de l action sociale et des familles 16 Art. R du code de l action sociale et des familles 17 Art. L et R du code de l action sociale et des familles 18 Art. R du code de l action sociale et des familles 19 Art. R du code de l action sociale et des familles 20 Art. L du code de l action sociale et des familles 21 Art. L du code de l action sociale et des familles 22 Art. R du code de l action sociale et des familles 23 Art. R du code de l action sociale et des familles 24 Art. L du code de l action sociale et des familles 4
6 l'établissement ou le service qui fournit les prestations le maire le président du conseil général le représentant de l'etat dans le département les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole intéressés par tout habitant ou contribuable de la commune ou du département ayant un intérêt direct à la réformation de la décision Cette liste est d'interprétation stricte. Seules les personnes énumérées sont recevables à contester une décision. Par ailleurs, l'intéressé doit justifier d'un intérêt direct à contester la décision. La commission centrale d'aide sociale peut également être saisie par le ministre chargé de l'action sociale qui peut attaquer directement devant elle toute décision prise par une commission départementale Délai de recours : le recours devant la commission départementale et devant la commission centrale d aide sociale doit être formé dans les deux mois suivant la notification de la décision aux intéressés 26. Les délais de recours ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés dans la notification de la décision. Le ministre chargé de la santé publique et de l'action sociale dispose d'un même délai de deux mois pour saisir la Commission centrale à partir de la notification de la décision Forme du recours : en l'absence de dispositions textuelles, aucun formalisme particulier n est requis. Il conviendra d adresser le recours au secrétariat de la commission départementale, par écrit, en français : il doit comporter l'exposé, même sommaire, des éléments du litige et de l'argumentation développée à l'appui de la demande. Il est tout de même préférable d envoyer le recours en recommandé avec accusé de réception. - Caractère non suspensif des recours : le recours formé devant la commission départementale, de même que l'appel formé devant la commission centrale d'aide sociale à l'encontre de la décision prise par la commission départementale n'ont pas d'effet suspensif sur la décision attaquée. Ce principe comporte une exception : le recours formé contre la décision de la commission départementale a un effet suspensif lorsqu'ils se rapportent à l'admission au bénéfice de l'aide sociale aux personnes âgées ou aux personnes handicapées, d'une personne dont l'admission a été refusée à la suite d'une décision de la commission centrale Art. L du code de l action sociale et des familles 26 Art. R du code de l action sociale et des familles 27 Art. R du code de l action sociale et des familles 28 Art. L du code de l action sociale et des familles 5
7 - Gratuité de la procédure : la procédure devant les juridictions de l'aide sociale est gratuite 29. Le recours à un avocat n est pas nécessaire. - Publicité de l'audience : les juridictions de l'aide sociale doivent statuer, en principe, en audience publique. - Décision : devant la commission départementale comme devant la commission centrale, le demandeur, accompagné de la personne ou de l'organisme de son choix, a le droit d être entendu lorsqu'il le souhaite 30. Ces dispositions impliquent pour la commission qu'elle avertisse le requérant de la date de la séance de jugement, ou qu'elle l'invite à faire connaître s'il entend formuler des observations orales de manière à pouvoir le convoquer à l'audience. A défaut, la décision est entachée d'irrégularité. Les décisions de la commission départementale et de la commission centrale sont revêtues de l'autorité de la chose jugée. Les décisions sont notifiées intégralement aux intéressés et sans délai 31 en indiquant les délais et voies de recours. Il a été précisé que la décision doit être motivée en droit et en fait, et contenir l intégralité du jugement, des analyses, des conclusions et des mémoires, ainsi que les visas des dispositions législatives et réglementaires appliquées. En revanche, les observations à caractère médical n y figurent pas 32. La commission départementale d aide sociale : elle ne doit pas se borner à prononcer l'annulation de la décision attaquée. A moins que l'état du dossier ne le lui permette pas, elle doit réformer la décision attaquée. Par ailleurs, elle doit normalement s'en tenir, pour apprécier le bien-fondé de la décision attaquée, aux éléments de droit et de fait sur la base desquels celle-ci a été prise. Commission centrale d aide sociale : l'appel devant la commission centrale a un effet dévolutif : cela signifie qu elle doit procéder de nouveau au jugement du litige dans son ensemble. La commission centrale ne peut statuer, cependant, que dans la limite des conclusions et des moyens des parties. Elle peut, selon les cas : annuler et réformer la décision rendue en première instance la confirmer purement et simplement la confirmer au moyen d'une substitution de motifs annuler la décision et à renvoyer l'affaire à la commission départementale 29 Art. L du code de l action sociale et des familles 30 Art. L du code de l action sociale et des familles 31 Note d information DGAS/SD5D/2006/ Note d information DGAS/SD5D/2006/459 6
8 Remarque : En l absence de dispositions expresses, les CDAS ne sont pas tenues d appliquer le code de justice administrative 33. Néanmoins, il est recommandé 34 dans un souci de bonne administration de la justice que les CDAS s inspirent des procédures administratives permettant le respect des garanties procédurales et notamment pour les dépôts et communication des mémoires de la partie adverse 35, la notification aux parties des décisions prises pour l'instruction des affaires Conseil d Etat arrêt du Note d information DGAS/SD5D/2006/ Art. R du code de justice administrative 36 Art. R du code de justice administrative 7
9 2. Contentieux de la sécurité sociale Il faut distinguer : l expertise médicale le contentieux général de la sécurité sociale le contentieux de l'incapacité et de la tarification de l'assurance des accidents du travail le contentieux du contrôle technique 2.1 L expertise médicale Le recours à un médecin expert est obligatoire en cas de contestation par un assuré d'une décision d'ordre médical relevant du contentieux général de la sécurité sociale, prise par une caisse d assurance maladie relative à l'état de santé ou à la prise en charge thérapeutique d'une personne malade, victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle Compétence : Doivent donner lieu à une procédure d expertise médicale, les contestations des décisions d ordre médical des caisses primaires d assurance maladie relatives à l'état du malade ou à l'état de la victime, et notamment celles relatives à la date de consolidation en cas d'accident du travail et de maladie professionnelle et celles relatives à leur prise en charge thérapeutique 37, à l exception des décisions relevant du tribunal du contentieux de l incapacité. Il va donc s agir des contestations : - opposant une caisse de sécurité sociale à un assuré - qui dépendent du contentieux général de la sécurité sociale (voir infra 2.2), c'est-àdire qui relèvent du tribunal des affaires de sécurité sociale et non du tribunal du contentieux de l incapacité, - et portant sur une difficulté d ordre médicale. Sont par exemple susceptibles de faire l objet d une expertise médicale, les contestations relatives : - à une décision déterminant si une structure de soins est appropriée à l état de santé du malade (dans le cadre de la prise en charge de frais de transport), - à un avis de fin de versement d'indemnités journalières lorsqu'un arrêt de travail n'est plus justifié du fait de la stabilisation de l'état d'un malade, - à un refus d'exonération du ticket modérateur au titre d'une affection de longue durée (ALD) ou assimilée, - aux modalités de la prise en charge dans le cadre d'un protocole de soins, - à un avis de consolidation ou de guérison à la suite d'un accident du travail, - à un refus de rechute d'accident du travail, - à l aptitude ou l inaptitude d un salarié à reprendre le travail ; - à l'état de santé de l'enfant pour l'ouverture du droit à l'allocation journalière de présence parentale. En revanche, ne peuvent faire l objet d une expertise médicale parce que relevant du tribunal du contentieux de l incapacité, les contestations relatives notamment 38 : 37 Article L141-1 du code de la sécurité sociale 38 Articles L141-1 et L143-1 du code de la sécurité sociale
10 - à l'état ou au degré d'invalidité, en cas d'accident ou de maladie sans lien avec le travail, et à l'état d'inaptitude au travail - et à l'état d'incapacité permanente de travail et notamment au taux de cette incapacité, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Il faut également noter qu il ne peut y avoir d expertise médicale en cas de décès de l assuré 39. A noter : Le recours à l expertise médicale de l article L141-1 du Code de la sécurité sociale est une obligation en cas de contestation sur une question d ordre médical relevant du contentieux général de la sécurité sociale, lors de l instruction du dossier par la caisse de sécurité sociale, ou en cas de litige devant le tribunal aux affaires de sécurité sociale 40 puis devant la Cour d appel Procédure : La demande d expertise : 1/ Lors de l examen du dossier par la caisse d assurance maladie Délai : la demande d expertise doit être faite par l assuré dans un délai de 1 mois à compter de la notification de la décision contestée en matière d assurance maladie 41 et dans un délai de 2 ans suivant la date de la notification relative à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Forme : le malade ou la victime qui requiert une expertise présente une demande écrite, précisant l'objet de la contestation et indiquant le nom et l'adresse de son médecin traitant. Cette demande est adressée par lettre recommandée ou déposée contre récépissé au guichet de la caisse 42. 2/ A l occasion d une procédure contentieuse devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (puis devant la Cour d appel) Le juge du tribunal aux affaires de sécurité sociale ne peut jamais trancher lui-même une difficulté d ordre médical 43, il est obligé de recourir à l expertise technique prévue à l article L141-1 du Code de la sécurité sociale 44 La désignation de l expert : Les règles sont les mêmes que le dossier soit en étude devant la Caisse primaire d assurance maladie ou devant le tribunal aux affaires de sécurité sociale : le juge ne peut pas désigner l expert 45 (sauf en cas de nouvelle expertise, voir infra 2.1.4). 39 Arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 22 mai Article R du Code de la sécurité sociale 41 Article R141-2 alinéa 2 du Code de la sécurité sociale 42 Article R141-2 alinéa 3 du Code de la sécurité sociale 43 Voir par exemple l arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 2 décembre Arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 26 juin Arrêt de la IIème chambre civile de la Cour de cassation du 21 juin
11 En vue de la désignation du médecin expert, le service du contrôle médical de la caisse est tenu de se mettre en rapport avec le médecin traitant dans les trois jours qui suivent 46 : soit la date où est apparue une contestation d'ordre médical ; soit la réception de la demande d'expertise formulée par la victime soit la notification du jugement prescrivant l'expertise. l expert est désigné d un commun accord entre le médecin traitant de l assuré et le médecin conseil de la caisse 47 (le juge du tribunal aux affaires de sécurité sociale ne peut notamment pas le désigner 48 ). Le choix du médecin est alors libre, il n est pas nécessaire qu il soit spécialisé dans la pathologie concernée, sauf pour quelques pathologies particulières (par exemple les maladies professionnelles liées à l amiante 49 ). Les textes ont prévu que, dans certains cas, l expertise serait confiée à un comité de trois médecins : le médecin expert, le médecin conseil de la caisse et le médecin traitant de l assuré ; mais à ce jour, l arrêté ministériel qui doit mettre en œuvre cette procédure n est pas encore intervenu. Toutefois, les fonctions d'expert ne peuvent être remplies par le médecin qui a soigné le malade ou la victime, un médecin attaché à l'entreprise, le médecin conseil de la caisse primaire ou de la caisse régionale d'assurance maladie ou de la caisse de mutualité sociale agricole. A défaut d'accord dans le délai d'un mois à compter de la contestation, l expert est désigné par le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales parmi les médecins inscrits, sous la rubrique Experts spécialisés en matière de sécurité sociale, sur les listes d experts judiciaires prévues par la loi 50. La mission de l expert : Expertise lors de l étude du dossier par la caisse de sécurité sociale : dès qu'elle est informée de la désignation du médecin expert, la caisse établit un protocole mentionnant obligatoirement 51 : l'avis du médecin traitant nommément désigné (il suffit que cet avis ait été sollicité, même s il n a pas été formulé 52 ) ; l'avis du médecin conseil ; lorsque l'expertise est demandée par le malade ou la victime, les motifs invoqués à l'appui de la demande ; la mission confiée à l'expert ou au comité et l'énoncé précis des questions qui lui sont posées. 46 Article R141-2 in fine du code de la sécurité sociale 47 Article R141-1 du code de la sécurité sociale 48 Arrêt de la IIème chambre civile de la Cour de cassation du 21 juin Article D du code de la sécurité sociale 50 Article R141-1 du code de la sécurité sociale 51 Article R141-3 du code de la sécurité sociale 52 Arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 9 mars
12 La caisse adresse au médecin expert la demande d'expertise obligatoirement accompagnée de ce protocole, par pli recommandé avec demande d'avis de réception. Expertise lors d une procédure contentieuse devant le tribunal aux affaires de sécurité sociale : la mission de l expert et les questions qui lui sont posées sont fixées par décision du tribunal Le déroulement de l expertise : La convocation des parties : Le médecin expert informe immédiatement le malade ou la victime, des lieu, date et heure de l'examen. Il avise le médecin traitant et le médecin conseil qui peuvent assister à l'expertise. L absence de ces convocations entraîne la nullité de l expertise. L examen : Le médecin expert procède à l'examen du malade ou de la victime, dans les cinq jours suivant la réception du protocole, au cabinet de l'expert ou à la résidence du malade ou de la victime si ceux-ci ne peuvent pas se déplacer. Ce bref délai n est qu indicatif de l urgence de la procédure, son inobservation, sauf violation des droits de la défense n entraîne pas la nullité de l expertise 54. Le rapport d expertise 55 : Le médecin expert, ou le comité établit immédiatement les conclusions motivées en double exemplaire et adresse, dans un délai maximum de quarante-huit heures, l'un des exemplaires à la victime de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle ou au médecin traitant du malade en matière d assurance maladie, l'autre au service du contrôle médical de la caisse d'assurance maladie. Le rapport du médecin expert ou du comité comporte : le rappel du protocole, l'exposé des constatations qu'il a faites au cours de son examen, la discussion des points qui lui ont été soumis et les conclusions motivées Le médecin expert ou le comité dépose son rapport au service du contrôle médical avant l'expiration du délai d'un mois à compter de la date à laquelle ledit expert a reçu le protocole, à défaut de quoi il est pourvu au remplacement de l'expert à moins qu'en raison des circonstances particulières à l'expertise, la prolongation de ce délai n'ait été obtenue. La caisse adresse immédiatement une copie intégrale du rapport soit à la victime de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle, soit au médecin traitant du malade. Dans le cas d une expertise médicale ordonnée par le juge du tribunal aux affaires de sécurité sociale, le médecin expert adresse son rapport au secrétaire du tribunal dans le délai d'un mois à compter de la date de réception de la demande d'expertise qui lui a été adressée par la caisse Article R du code de la sécurité sociale 54 Arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 13 décembre Article R141-4 du code de la sécurité sociale 56 Article R du code de la sécurité sociale 4
13 Le secrétaire du tribunal transmet, au plus tard dans les quarante-huit heures suivant sa réception, copie du rapport au service du contrôle médical de la caisse d'assurance maladie ainsi qu'à la victime de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle ou au médecin traitant du malade. Les frais d expertise 57 : Les honoraires et les frais de déplacement du médecin expert et le cas échéant, du médecin traitant présent lors de l'examen médical sont à la charge de l'assurance maladie, de même que les examens prescrits à cette fin. Toutefois, la caisse peut demander le remboursement à l'assuré de ces frais auprès de la juridiction compétente, en cas de contestation manifestement abusive Les conséquence de l expertise : 1/ Lors de l examen du dossier par la caisse d assurance maladie L avis de l expert s impose à la caisse et à l intéressé 58 : La caisse doit, dans un délai de 15 jours à compter de la réception des conclusions de l expert, prendre une décision et la notifier au malade ou à la victime 59. Cette décision, prise en fonction de l avis de l expert, est exécutoire par provision 60. Possibilité de recours contre la décision de la caisse : La décision rendue par la caisse suite à l avis de l expert peut faire l objet d un recours devant le tribunal aux affaires de sécurité sociale dans un délai de à compter de sa notification. En revanche, l avis de l expert lui-même ne peut faire l objet d un recours. 2/ A l occasion d une procédure contentieuse devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (puis devant la Cour d appel) L avis de l expert s impose au juge : Le juge du tribunal aux affaires de sécurité sociale, qui ne peut trancher les difficultés d ordre médical, est tenu de suivre l avis de l expert dès lors que celui-ci est clair, précis et dépourvu d ambiguïté. Dans le cas contraire, il appartient au juge d ordonner soit un complément d expertise, soit, sur la demande d une des parties, une nouvelle expertise 61. Possibilité de procéder à une nouvelle expertise : S il juge que les conclusions de la 1 ère expertise ne sont pas claires, précises ou dépourvues d ambiguïté, le juge du tribunal aux affaires de sécurité sociale peut, sur demande de l une des parties, faire procéder à une nouvelle expertise 62. Contrairement à la règle pour la 1 ère expertise, dans ce cas, le nouvel expert est désigné par le tribunal parmi les experts spécialisés en matière de sécurité sociale inscrits sur les listes d experts 57 Article R141-7 du code de la sécurité sociale 58 Article L141-2 du code de la sécurité sociale 59 Article R141-5 du code de la sécurité sociale 60 Article R141-6 du code de la sécurité sociale 61 Chambre sociale de la Cour de cassation, arrêt du 9 mai Articles L141-2 et R du code de la sécurité sociale 5
14 judiciaires prévues par la loi. La mission de l'expert et les questions qui lui sont posées sont fixées par décision du tribunal 63. La procédure est la même que pour la 1 ère expertise. Possibilité de faire un recours contre le jugement du tribunal aux affaires de sécurité sociale Le jugement du tribunal aux affaires de sécurité sociale peut faire l objet d un recours devant la Cour d appel selon les règles habituelles dans le délai d'un mois qui suit sa notification 64 (voir infra 2.2.3). De la même manière, la décision, par le juge, de faire procéder à une nouvelle expertise peut faire l objet d un recours. 63 Article R du code de la sécurité sociale 64 Art. R du code de la sécurité sociale 6
15 2.2 Le contentieux général de la sécurité sociale L ordre de juridictions est la suivante : - en première instance, le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) - en appel, la cour d appel - en cassation, la cour de cassation Ces juridictions règle les différends auxquels donne lieu l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, et qui ne relèvent pas, par leur nature, d'un autre contentieux 65. Le tribunal des affaires de sécurité sociale connaît en première instance des litiges relevant du contentieux général de la sécurité sociale Compétence : Le tribunal compétent territorialement est normalement celui dans le ressort duquel se trouve le domicile du bénéficiaire ou de l'employeur intéressé. Si le litige oppose plusieurs organismes de sécurité sociale, c'est le siège de l'organisme défendeur qui détermine le TASS compétent 67. Toutefois, la juridiction compétente est celle dans le ressort de laquelle se trouve : le lieu de l'accident ou la résidence de l'accidenté, au choix de celui-ci, en cas d'accident du travail non mortel le dernier domicile de l'accidenté en cas d'accident du travail mortel la résidence du bénéficiaire en cas de différend entre celui-ci et l'employeur l'établissement de l'employeur en cas de différend portant sur des questions relatives à l'affiliation et aux cotisations des travailleurs salariés La TASS n est cependant pas compétents pour 68 : les contestations relevant du contentieux technique de la sécurité sociale le contrôle technique exercé à l'égard des praticiens les recours formés contre les décisions des autorités administratives ou tendant à mettre en jeu la responsabilité des collectivités publiques à raison de telles décisions les poursuites pénales engagées en application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole Fonctionnement : Le tribunal des affaires de sécurité sociale est présidé par un magistrat du siège du tribunal de grande instance dans le ressort duquel il a son siège, ou par un magistrat du siège honoraire. Ce président est désigné pour trois ans par le premier président de la cour d'appel après avis de l'assemblée générale des magistrats du siège de la cour 69. Le tribunal comprend également deux assesseurs, l'un représentant les travailleurs salariés, l'autre les employeurs et les travailleurs indépendants. Les assesseurs, désignés pour une durée de trois ans, appartiennent aux professions agricoles lorsque le litige intéresse un ressortissant de ces 65 Art. L du code de la sécurité sociale 66 Art. L142-2 du code de la sécurité sociale 67 Art. R du code de la sécurité sociale 68 Art. L du code de la sécurité sociale 69 Art. L du code de la sécurité sociale
16 professions et aux professions non agricoles dans le cas contraire 70. Dans le cas où le tribunal des affaires de sécurité sociale ne peut siéger avec cette composition, l'audience est reportée à une date ultérieure, sauf accord des parties pour que le président statue seul. L'audience ne peut être reportée plus d'une fois 71. Le secrétariat est assuré par un agent de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS) dans la circonscription de laquelle fonctionne le tribunal ou un agent retraité des DRASS. Toutefois, en ce qui concerne les contestations relatives aux décisions des organismes de mutualité sociale agricole, le secrétariat est assuré par un agent de l'état désigné en commun par le directeur régional des affaires sanitaires et sociales et par le chef du service régional de l'inspection du travail, de l'emploi et de la politique sociale agricoles Procédure : Recours amiable préalable : préalablement à tout recours devant la TASS, les réclamations formées contre les décisions prises par les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non salariés sont obligatoirement soumises à une commission de recours amiable composée et constituée au sein du conseil d'administration de chaque organisme 73, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation. La commission de recours amiable se prononce sur cette réclamation dans le délai d'un mois. Au-delà, à défaut de réponse, l'intéressé peut considérer sa demande comme rejetée et se pourvoir devant le tribunal des affaires de sécurité sociale. Ce délai court à compter de la réception de la réclamation par l'organisme de sécurité sociale. Toutefois, si des documents sont produits par le réclamant après le dépôt de la réclamation, le délai ne court qu'à dater de la réception de ces documents 74. Ce recours amiable constitue un préalable obligatoire à la saisine du TASS. S'il n'est pas respecté, le recours direct devant le tribunal sera déclaré irrecevable par le juge qui renverra le requérant devant cette commission. La saisine du tribunal : le TASS est saisi dans un délai de deux mois à compter de la date de la notification de la décision de la commission de recours amiable ou à compter de la naissance du rejet tacite. La forclusion 75 ne peut être opposée toutes les fois que le recours a été introduit dans les délais soit auprès d'une autorité administrative, soit auprès d'un organisme de sécurité sociale ou de mutualité sociale agricole 76. La forme du recours : le recours peut être formulé par simple requête déposée au secrétariat ou adressée au secrétaire par lettre recommandée Art. L du code de la sécurité sociale 71 Art. L du code de la sécurité sociale 72 Art. R du code de la sécurité sociale 73 Art. R du code de la sécurité sociale 74 Art. R du code de la sécurité sociale 75 La "forclusion" est la sanction civile qui, en raison de l'échéance du délai qui lui était légalement imparti pour faire valoir ses droits en justice, éteint l'action dont disposait une personne pour le faire reconnaître. 76 Art. R du code de la sécurité sociale 77 Art. R du code de la sécurité sociale 2
17 Le déroulement de l'audience : La comparution des parties : le secrétaire du tribunal convoque les parties par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par la remise de l'acte au destinataire contre émargement ou récépissé, quinze jours au moins avant la date d'audience. Une copie de la convocation est envoyée le même jour par lettre simple. Toutefois, les organismes de sécurité sociale peuvent en toutes circonstances être convoqués par lettre simple 78. La convocation est réputée faite à personne lorsque l'avis de réception est signé par son destinataire ou son mandataire. La convocation doit contenir les : nom profession adresse du réclamant, l'objet de la demande la date et l'heure de l'audience En cas de retour au secrétariat de la juridiction d'une lettre de convocation qui n'a pu être remise à son destinataire, le secrétaire invite le demandeur à procéder par voie de signification. Dans le cas où l'audience n'a pu se tenir en raison de l'absence d'une des parties, la partie présente est convoquée verbalement à une nouvelle audience avec émargement au dossier et remise, par le greffe, d'un bulletin mentionnant la date et l'heure de l'audience. Lorsqu'en raison de sa composition, le tribunal n'a pu siéger et que l'affaire est reportée à une audience ultérieure, les parties présentes sont convoquées à nouveau verbalement avec émargement au dossier et remise par le secrétariat d'un bulletin mentionnant la date de l'audience. Les parties absentes sont convoquées à nouveau selon les modalités prévues précédemment 79. Les pouvoirs du tribunal : le tribunal peut ordonner un complément d'instruction : en effet, le tribunal peut donner mission à son président de procéder à des mesures d'instruction (notamment prescrire une enquête ou une consultation) ainsi que, sous certaines conditions, à une expertise 80. Le président peut, en outre, et en tout état de la procédure, mettre les parties en demeure, par une ordonnance non susceptible de recours, de produire dans un délai qu'il détermine toutes pièces écrites, conclusions ou justifications propres à éclairer le tribunal, faute de quoi le tribunal peut passer outre et statuer, sauf à tirer toute conséquence de l'abstention de la partie ou de son refus 81. Lorsque le litige fait apparaître en cours d'instance une difficulté d'ordre médical relative à l'état du malade ou de la victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, notamment à la date de la consolidation ou de la guérison, le tribunal ne peut statuer qu'après mise en œuvre de la procédure d'expertise médicale 82. Dans ce cas, la mission confiée à l'expert ou au comité et les questions qui lui sont posées sont 78 Art. R du code de la sécurité sociale 79 Art. R du code de la sécurité sociale 80 Art R du code de la sécurité sociale 81 Art. R du code de la sécurité sociale 82 Art. L du code de la sécurité sociale 3
18 fixées par une décision du tribunal. Le médecin expert ou le comité adresse son rapport au secrétaire du tribunal dans le délai d'un mois à compter de la date de réception de la demande d'expertise qui lui a été adressée par la caisse. Le secrétaire du tribunal transmet, au plus tard dans les quarante-huit heures suivant sa réception, copie du rapport au service du contrôle médical de la caisse d'assurance maladie ainsi qu'à la victime de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle ou au médecin traitant du malade 83. Il en va de même lorsque le différend fait apparaître en cours d'instance une difficulté d'ordre technique portant sur l'interprétation des dispositions relatives à la liste des actes et prestations pris en charge ou remboursés par l'assurance maladie 84. Lorsque le différend porte sur une décision prise après la procédure d'expertise médicale, le tribunal peut ordonner une nouvelle expertise si une partie en fait la demande 85. Décision : la procédure devant le TASS est orale et contradictoire. Le tribunal des affaires de sécurité sociale ne statue qu'après s'être efforcé, sans résultat, de concilier les parties 86. La comparution des parties à l'audience peut être personnelle, mais peut également se faire par voie d'assistance ou de représentation. Le tribunal peut cependant ordonner la comparution personnelle des parties. La notification de la décision : le secrétaire du tribunal notifie par lettre recommandée les décisions à chacune des parties convoquées à l'audience, avec demande d'avis de réception, dans la quinzaine 87. Voies de recours : Décision définitive : le tribunal des affaires de sécurité sociale statue en dernier ressort jusqu'à la valeur de euros 88. L'appel : lorsque le TASS a statué en premier ressort : l'appel doit être formé dans le délai d'un mois qui suit la notification du jugement 89. L'appel est formé par une déclaration que la partie ou tout mandataire fait ou adresse par pli recommandé au greffe de la cour d'appel. La déclaration est accompagnée de la copie de la décision. Elle indique les noms, prénoms, profession et domicile de l'appelant ainsi que les nom et adresse des parties contre lesquelles l'appel est dirigé. Elle désigne le jugement dont il est fait appel et mentionne, le cas échéant, le nom et l'adresse du représentant de l'appelant devant la cour. L'appel est porté devant la chambre sociale de la cour d'appel. Il est formé, instruit et jugé suivant la procédure sans représentation obligatoire. Une procédure de référé a été introduite pour les cas d'urgence : le président du tribunal des affaires de sécurité sociale peut, dans les limites de la compétence du tribunal, ordonner en référé 83 Art. R du code de la sécurité sociale 84 Art. R du code de la sécurité sociale 85 Art. R du code de la sécurité sociale 86 Art. R du code de la sécurité sociale 87 Art. R du code de la sécurité sociale 88 Art. R du code de la sécurité sociale 89 Art. R du code de la sécurité sociale 4
19 toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. Le président du TASS peut, dans les mêmes limites, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite Art. R du code de la sécurité sociale 5
20 2.3 Contentieux technique de la sécurité sociale : Le contentieux de l'incapacité est confié : en premier ressort, les tribunaux du contentieux de l'incapacité (TCI) en appel, à la cour nationale de l'incapacité et de la tarification de l'assurance des accidents du travail (CNITAAT) en cassation, à la cour de cassation Tribunal du contentieux de l'incapacité : - Compétences Le tribunal du contentieux de l'incapacité compétent est celui du lieu où demeure le demandeur 91. Si le demandeur ne demeure pas en France, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel l'organisme de sécurité sociale ou de mutualité sociale agricole, dont relève ou relevait le demandeur, a son siège. Ce tribunal connait des litiges relatifs 92, notamment : à l'état ou au degré d'invalidité en cas d'accident ou de maladie hors accidents du travail et maladies professionnelles à l'état d'inaptitude au travail à l incapacité permanente de travail et, notamment, au taux de cette incapacité en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle Le TCI connaît également des litiges portant sur les décisions prises par les commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées relatives à 93 : l'orientation d'un enfant ou d'un adolescent handicapé et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale la désignation de l'établissement d'accueil pour les enfants et les adultes handicapés l'appréciation du taux d'incapacité pour l'attribution des allocations et de la carte d'invalidité. - Fonctionnement Les tribunaux du contentieux de l'incapacité comprennent trois membres 94 : un président, magistrat honoraire de l'ordre administratif ou judiciaire un assesseur représentant les travailleurs salariés un assesseur représentant les employeurs ou travailleurs indépendants Le président est désigné pour trois ans renouvelables par arrêté. Les assesseurs sont désignés pour une durée de trois ans par le premier président de la cour d'appel dans le ressort de laquelle le tribunal a son siège. Ils appartiennent aux professions agricoles lorsque le litige intéresse un ressortissant de ces professions et aux professions non agricoles dans le cas contraire Art. R du code de la sécurité sociale 92 Art. L et L du code de la sécurité sociale 93 Art. L du code de l action sociale et des familles 94 Art. L du code de la sécurité sociale 95 Art. L du code de la sécurité sociale
21 Le secrétariat du TCI est assuré par un fonctionnaire de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales dans la circonscription de laquelle le tribunal a son siège. Ce fonctionnaire est désigné par le directeur régional compétent. Pour ce qui concerne les contestations relatives au régime agricole, le secrétariat est assuré par le chef du service régional de l'inspection du travail, de l'emploi et de la politique sociale agricoles ou par un fonctionnaire de son service qu'il désigne. Le secrétaire est désigné au début de chaque année judiciaire Procédure Délai : le recours contre la décision de la caisse doit être présenté dans le délai de deux mois à compter de la date de la notification de cette décision. Toutefois, en cas de recours amiable, ce délai est interrompu. Il court à nouveau à compter soit du jour de la notification au requérant de la décision de la commission de recours amiable, soit à l'expiration du délai d'un mois au terme duquel naît le rejet tacite de ce recours amiable 97. Forme : le tribunal du contentieux de l'incapacité est saisi des recours par déclaration faite, remise ou adressée au secrétariat du tribunal où elle est enregistrée 98. La déclaration doit indiquer les noms, prénoms, profession et adresse du requérant ou, pour les personnes morales, leur dénomination et leur siège, et, le cas échéant, le nom et l'adresse du médecin qu'il désigne pour recevoir les documents médicaux. Elle contient l'objet de la demande et un exposé sommaire de ses motifs. Elle doit être accompagnée d'une copie de la décision contestée 99. Effet du recours : le recours devant le TCI n'est pas suspensif, sous réserve de dispositions législatives particulières 100. Par exemple, le recours contre une décision de désignation d établissement et service prise par la commission des droits et de l autonomie est suspensif 101 lorsqu'il est intenté par la personne handicapée ou son représentant légal. Préparation de l'instance : dans les dix jours suivant la réception de la déclaration, le secrétariat du tribunal en adresse copie à la caisse intéressée et l'invite à présenter ses observations écrites, en trois exemplaires, dans un délai de dix jours. Dans ce même délai, la caisse est tenue de transmettre au secrétariat les documents médicaux concernant l'affaire et d'en adresser copie au requérant ou, le cas échéant, au médecin qu'il a désigné 102. Le secrétaire du tribunal convoque les parties par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par la remise de l'acte au destinataire contre émargement ou récépissé, quinze jours au moins avant la date de l'audience 103. Par ailleurs, une copie de la convocation est envoyée le même jour par lettre simple. Toutefois, les organismes de sécurité sociale peuvent en toutes circonstances être convoqués par lettre simple. La convocation est réputée faite à personne lorsque l'avis de réception est signé par son destinataire ou son mandataire. 96 Art. R du code de la sécurité sociale 97 Art. R du code de la sécurité sociale 98 Art. R du code de la sécurité sociale 99 Art. R du code de la sécurité sociale 100 Art. R du code de la sécurité sociale 101 Art. L du code de l action sociale et des familles 102 Art. R.143-8du code de la sécurité sociale 103 Art. R du code de la sécurité sociale 2
22 La convocation doit contenir 104 : nom prénoms profession adresse du réclamant l'objet de la demande la date et l'heure de l'audience En cas de retour au secrétariat de la juridiction d'une lettre de convocation qui n'a pu être remise à son destinataire, le secrétaire invite le demandeur à procéder par voie de signification. Dans le cas où une audience n'a pu se tenir, la partie présente est convoquée verbalement à une nouvelle audience avec émargement au dossier et remise, par le greffe, d'un bulletin mentionnant la date et l'heure de l'audience. Déroulement de l'audience : Les parties comparaissent en personne et présentent leurs observations orales ou écrites 105. Elles peuvent en outre, se faire assister ou représenter, au choix, par 106 : un avocat leur conjoint, un ascendant ou un descendant en ligne directe un travailleur salarié ou un employeur ou un travailleur indépendant exerçant la même profession ou un représentant qualifié des organisations syndicales de salariés ou d'employeurs un administrateur ou un employé de l'organisme partie à l'instance ou un employé d'un autre organisme de sécurité sociale un délégué des associations de mutilés et invalides du travail les plus représentatives Le représentant doit, s'il n'est pas avocat, justifier d'un pouvoir spécial. Le tribunal peut ordonner, d'office ou à la demande des parties, une consultation ou une expertise, ou prescrire une enquête 107. Lorsqu'il ordonne une expertise, le tribunal détermine par une décision la mission confiée à l'expert, les questions qui lui sont posées et le délai dans lequel l'expert devra donner son avis. Les mesures d'instruction ordonnées peuvent être exécutées sur-le-champ par le technicien qui fait immédiatement rapport au tribunal de ses constatations en présence des parties. Lorsque les mesures d'instruction ne sont pas exécutées sur-le-champ, le secrétariat du tribunal adresse à chaque partie ou, le cas échéant, au médecin qu'elle a désigné, par lettre recommandée, une copie des rapports et des documents consignant les résultats des examens, analyses ou enquêtes ordonnés par le tribunal ou des informations qu'il a recueillies. Cette lettre avise également les parties de la date de l'audience à laquelle sera évoquée l'affaire. Décision : les décisions du tribunal doivent être motivées 108. Le secrétariat du tribunal notifie dans les quinze jours la décision à chacune des parties, par lettre recommandée avec accusé de réception. La notification porte mention des délais et des voies de recours 109. Elles sont prononcées en audience publique Art. R du code de la sécurité sociale 105 Art. R du code de la sécurité sociale 106 Art. L du code de la sécurité sociale 107 Art. R du code de la sécurité sociale 108 Art. R du code de la sécurité sociale 109 Art. R du code de la sécurité sociale 110 Art. R du code de la sécurité sociale 3