Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001027-219159
Timestamp: 2017-07-29 11:41:59+00:00
Document Index: 217290721

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", "l'article 12", 'art. 22', 'art. 12']

France, Conseil d'État, 3 ss, 27 octobre 2000, 219159
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 219159Numéro NOR : CETATEXT000008076334 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-10-27;219159 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 22 mars 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE qui demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 10 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 30 novembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Marcos Y...
2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant ce tribunal ;
- les conclusions de M. Touvet, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Marcos Y...
X..., de nationalité capverdienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 13 mai 1998, de la décision du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE du 7 mai 1998 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que si M. X... fait valoir qu'il a reconnu en 1997 un enfant né en février 1990 d'une ressortissante du Cap Vert résidant en situation régulière en France, et avec laquelle il a vécu en 1990 et 1991, il n'établit ni avoir constitué en France une cellule familiale ni vivre avec la mère et son enfant ni subvenir à leurs besoins ; qu'en outre il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents ; que, dans ces conditions, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté litigieux n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il suit de là que c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour annuler l'arrêté du 30 novembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y...
Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. Y...
X... devant le tribunal administratif de Paris ;
Considérant, en premier lieu, qu'à l'appui de la demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... excipe de l'illégalité de la décision du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE en date du 7 mai 1998 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en invoquant les dispositions de la circulaire ministérielle du 24 juin 1997 ; que, toutefois, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions de cette circulaire qui est dépourvue de caractère réglementaire ;
Considérant, en deuxième lieu, qu'aucune pièce du dossier ne permet d'établir que M. X... ait résidé de façon continue sur le territoire national pendant dix ans au moins ; que l'intéressé n'entre ainsi pas dans le champ d'application du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée qu'il invoque ;Considérant, enfin, que si M. X... allègue les risques que présenteraient pour l'enfant qu'il a reconnu un départ pour le pays dont il a la nationalité, ce moyen est en tout état de cause inopérant à l'égard de l'arrêté de reconduite à la frontière qui ne fixe pas le pays de destination ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à demander l'annulation du jugement attaqué par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 30 novembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Article 1er : Le jugement du 10 décembre 1999 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Marcos Y...
X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-05-07Arrêté 1998-11-30Circulaire 1997-06-24Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 27 octobre 2000, n° 219159Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mlle HédaryRapporteur public : M. TouvetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 27/10/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page