Source: https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/troisieme_chambre_civile_572/1357_21_38288.html
Timestamp: 2019-02-16 05:02:15+00:00
Document Index: 322417740

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Arrêt n° 1357 du 21 décembre 2017 (16-22.222 ; 17-10.074) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C301357 | Cour de cassation
>Arrêt n° 1357 du 21 décembre 2017 (16-22.222 ; 17-10.074) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C301357
Pourvoi n° F 16-22.222
Demandeur : société X..., société à responsabilité limitée
Défendeurs : société Swisslife, société anonyme ; et autres
Pourvoi n° B 17-10.074
Défendeurs : société X..., société à responsabilité limitée ; et autres
Attendu, selon les arrêts attaqués (Lyon, 24 mai 2016 et 2 novembre 2016), que la société civile immobilière La Stéphanoise (la SCI) a fait construire un bâtiment destiné à être occupé par la société Bougault ; que la société X... (la société X...), assurée par la société l’Auxiliaire, est intervenue en qualité de maître d’oeuvre ; qu’un dallage en béton, dans lequel était incorporé un réseau de chauffage, a été réalisé par la société Rocland, qui a été liquidée, et qu’un carrelage a été posé sur une chape en ciment par la société Accetta, assurée en responsabilité décennale par la société Axa France et en responsabilité civile bâtiment par la société Swisslife ; qu’après réception, sont apparus, sur la zone carrelée, des fissures et un soulèvement des carreaux ; que la SCI et la société Bougault ont, après expertise, assigné la société Accetta, la société Axa, ainsi que la société X..., en réparation de leurs préjudices ; que les sociétés Swisslife et l’Auxiliaire ont été appelées en garantie ;
Sur le premier moyen du pourvoi principal de la société X..., ci-après annexé :
Attendu que la société X... fait grief à l’arrêt de déclarer prescrite son action en garantie contre la société l’Auxiliaire ;
Mais attendu que, la société X... n’ayant pas soutenu que la société l’Auxiliaire avait renoncé au bénéfice de la prescription, la cour d’appel, répondant aux conclusions prétendument délaissées, a pu déclarer l’action en garantie irrecevable ;
Attendu que la société Axa France fait grief à l’arrêt de déclarer la société Accetta responsable in solidum avec la société X... des désordres et de condamner in solidum la société Accetta, son assureur Axa France et la société X... à payer certaines sommes à la SCI et à la société Bougault ;
Mais attendu qu’ayant relevé que la société Accetta, qui n’avait pas réalisé de fractionnement dans l’épaisseur de la chape, en violation des règles professionnelles, aurait dû s’interroger sur la nature du support de la chape, dallage simple ou chauffant, la cour d’appel qui, répondant aux conclusions prétendument délaissées, a retenu la responsabilité de la société Accetta, a légalement justifié sa décision de ce chef ;
Attendu que, la cassation n’étant pas prononcée sur le premier moyen du pourvoi incident de la société Axa, le grief tiré d’une annulation par voie de conséquence est devenu sans portée ;
Attendu que la SCI et la société Bougault font grief à l’arrêt de déclarer prescrite leur action directe contre la société l’Auxiliaire ;
Mais attendu que, la SCI et la société Bougault n’ayant pas soutenu que la société l’Auxiliaire avait renoncé au bénéfice de la prescription, la cour d’appel, qui a déclaré irrecevable leur action directe, a légalement justifié sa décision de ce chef ;
Vu l’article 1213 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance du 10 février 2016 ;
Attendu que l’arrêt retient que les sociétés Accetta et X... sont responsables in solidum des désordres et que, dans leurs rapports réciproques, eu égard à la part de responsabilité incombant à la société Rocland (60 %), celle de la société Accetta s’élève à 30 % et celle de la société X... à 10 % ;
Qu’en statuant ainsi, alors qu’il lui incombait de répartir entre les co-obligés in solidum leur contribution à la totalité de la dette, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;
Attendu que, pour déclarer prescrite l’action de la société Axa France contre la société l’Auxiliaire, l’arrêt rectificatif retient que, contrairement à ce que soutient la société Axa France dans sa requête, la compagnie l’Auxiliaire lui a opposé la fin de non-recevoir tirée de la prescription ;
Qu’en statuant ainsi, sans répondre aux conclusions de la société Axa France qui soutenait que les délais de prescription ne lui étaient pas opposables, la cour d’appel n’a pas satisfait aux exigences du texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le premier moyen du pourvoi de la société Axa :
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il dit que dans leurs rapports réciproques, eu égard à la part de responsabilité incombant à la société Rocland (60 %), celle de la société Accetta s’élève à 30 % et celle de la société X... à 10 %, l’arrêt rendu le 24 mai 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Lyon ;
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il déclare irrecevable comme prescrite l’action en garantie formée par la société Axa, assureur de la société Accetta, à l’encontre de la société l’Auxiliaire, assureur de la société X... et qu’il rejette la demande en interprétation de l’arrêt du 24 mai 2016, l’arrêt rendu le 2 novembre 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Lyon ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant lesdits arrêts et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon, autrement composée ;
Avocats : SCP Boutet et Hourdeaux - SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel - SCP Baraduc, Duhamel et Rameix - SCP Gatineau et Fattaccini - SCP Masse-Dessen, Thouvenin et Coudray - SCP Sevaux et Mathonnet