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Timestamp: 2020-04-09 04:27:27+00:00
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Matched Legal Cases: ["l'article 1591", "l'article 1129", 'arrêt ', "l'article 1129", 'art. 1129', 'art. 1128', "l'article 6", "l'article 1118"]

Codes et Lois - Actualité juridique et législative - Objet en droit civil français
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En droit des contrats, l'objet de l'obligation est une des conditions pour sa formation (article 1108 du code civil). Le contrat ne crée que des obligations et ce sont celles-là qui ont un objet. L'article 1126 du code civil définit l'objet du contrat comme une obligation de donner, de faire ou ne pas faire.
Il convient de distinguer l'objet du contrat de l'objet de l'obligation. L'objet du contrat est l'opération juridique visée dans son ensemble tandis que l'objet de l'obligation est la prestation concrète que doit fournir chacune des parties. Par exemple dans un contrat de vente d'une maison, l'objet du contrat est la vente et l'objet de l'obligation est d'une part la maison, d'une autre part la somme conclue entre les parties pour cette vente.
Dans un contrat unilatéral, il n'y a qu'un seul objet. Dans un contrat synallagmatique, il y a deux objets (puisqu'il y a deux obligations).
2.1 L'équilibre de l'opération contractuelle : la lésion
Les caractères de l'objet sont les suivants :
- Il peut s'agir d'un corps certain, c'est-à-dire une chose avec une individualité propre, identifiée, décrite au moment de la conclusion du contrat. La propriété de ce corps certain est transférée dès l'échange de consentement.
- Il peut s'agir d'une chose de genre, c'est-à-dire une chose fongible qui se vend au poids, au compte ou à la mesure. Ce type de chose est donc interchangeable. Parfois on ne peut pas déterminer avec précision la quantité à vendre. On dit donc que l'objet doit être déterminable, c’est-à-dire que les parties doivent fixer dans le contrat des critères objectifs qui permettront ensuite de fixer cette quantité.
La chose doit être dans le commerce juridique
L'objet doit pouvoir être exécuté, ce qui signifie que s'il est impossible d'exécuter le contrat, il pourra être annulé, en distinguant deux types d'impossibilités :
- L'impossibilité matérielle : Lorsqu'une pièce n'est plus fabriquée ou une marchandise est frappée d'une interdiction d'exportation. Pour que la nullité soit prononcée, il faut que l'impossibilité soit absolue, c’est-à-dire qu'elle est impossible pour tout débiteur. Toute personne ne pourrait la réaliser.
- L'impossibilité relative : Le contrat reste valable ; l'impossibilité est relative lorsqu'il n'y a que le débiteur lui-même incapable de fournir la prestation. Dans ce cas-là, le débiteur engagera sa responsabilité contractuelle, c’est-à-dire qu'il sera tenu de verser des dommages et intérêts.
Cette somme d'argent peut être précisément déterminée mais ce n'est pas une condition sine qua non de validité du contrat. Ne pas exiger la détermination du prix et de le laisser par un futur choix des parties permet une meilleure adaptabilité du contrat mais a cependant l'inconvénient d'être une éventuelle source de contentieux dans l'avenir.
Parfois la loi prévoit la détermination du prix. Par exemple, en vertu de l'article 1591 du code civil, la vente doit prévoir dès l'origine un prix déterminé ou déterminable. À l'inverse, cette détermination de prix n'est pas exigée dans certains contrats tels que le contrat d'entreprise ou le contrat de mandat. En effet les prestations humaines sont difficiles à estimer.
L'existence du prix doit être suffisamment sérieux, s'il est dérisoire le contrat sera annulé.
Problématique des contrats-cadre
Les contrats-cadre ont posé problème concernant la détermination du prix lors de leur création sur le territoire français. La stipulation « selon tarifs en vigueur » risquait de déséquilibrer le contrat entre les parties. Une jurisprudence de 1970 a rappelé que le prix des ventes futures devait être déterminé ou déterminable en se fondant sur l'article 1129. En 1995, un arrêt de l'Assemblée plénière a opéré un revirement de jurisprudence en considérant que dans les contrats-cadre, le prix des ventes à venir n'a pas à être déterminé ou déterminable à l'origine. Seule la fixation abusive du prix peut donner lieu à des dommages et intérêt et/ou à la résiliation du contrat. De plus, il a été considéré que l'article 1129 n'était pas applicable à la détermination du prix.
L'obligation de faire ou ne pas faire quelque chose
Dans ce type d'obligation les caractères de la prestation sont les suivants :
La prestation doit être déterminée (art. 1129 du code civil)
Le contrat doit préciser la nature de la prestation et éventuellement sa durée.
La prestation doit être possible
L'adage dit qu'« à l'impossible nul n'est tenu ». Cette impossibilité doit être absolue.
La prestation doit être licite (art. 1128 du code civil)
Nul ne peut s'engager à une prestation contraire à l'ordre public et aux bonnes mœurs en vertu de l'article 6 du code civil. Les contrats perpétuels sont prohibés.
C'est l'opération juridique considérée dans sa globalité.
L'équilibre de l'opération contractuelle : la lésion
La lésion est un déséquilibre économique qui frappe dès l'origine les prestations respectives des parties. À l'origine en 1804, la lésion ne pouvait annuler un acte du fait de la volonté réciproque. De nos jours, elle est devenue source de nullité dans certains cas tel que le prévoit l'article 1118 du code civil :
pour protéger certaines personnes telles que les mineurs non émancipés (article 1305 du code civil) et les majeurs incapables (article 491 du code civil).
pour certains types de contrats tels que le contrat de vente d'engrais, le contrat de vente d'immeuble (article 1675 du code civil) et le partage (article 1075-3 du code civil).
La lésion doit avoir un caractère exceptionnel. De plus la lésion a un caractère objectif, c'est-à-dire qu'étant donné qu'elle n'est pas un vice du consentement, il n'est pas nécessaire de prouver qu'elle a eu un impact sur le consentement des parties. C'est à celui qui invoque la lésion de la prouver par tous moyens.
La licéité de l'opération contractuelle
L'ensemble de l'opération contractuelle doit être licite, c'est-à-dire respecter la loi, être conforme à l'ordre public. Est illicite un contrat contenant certaines dispositions contractuelles entrainant un déséquilibre significatif entre les obligations. La théorie des clauses abusives contenu au sein du droit de la consommation a pour fonction d'éradiquer ces clauses. La sanction de ces clauses est seulement possible dans les contrats entre un professionnel et un consommateur. Le principe est que chaque fois qu'une clause rompt l'équilibre contractuel entraînant un déséquilibre significatif entre les obligations des parties, alors cette clause sera réputée non écrite. Le décret du 24 mars 1978 dresse la liste des clauses abusives.