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Timestamp: 2017-05-29 09:26:07+00:00
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Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

ISP scolaire au Lycée Varoquaux à Jarville – 12 février 2008
2008, Clémentine et Alexis, deux génépistes du groupe de Nancy se sont rendus au lycée Varoquaux à Jarville, invités par une classe de BTS. Les génépistes ont profité de cette occasion pour
informer les 17 étudiants des différentes catégories d’infractions, des différents types d’établissements pénitentiaires, et de les sensibiliser aux conditions de détention. L’intérêt des ISP
scolaire est de combattre les préjugés qui existent envers les personnes incarcérées pour faciliter leur réinsertion. Les étudiants nous ont paru très intéressés tout au long de nos deux heures
d’échanges. Cette rencontre a aussi été l’occasion de débattre des dangers de la rétention de sûreté.
Dès les prémices de la loi sur la rétention de sûreté, le GENEPI, parce qu’il considère que toute peine doit nécessairement permettre
la réinsertion dans la société, s’y oppose immédiatement. La rétention de sûreté permet d’enfermer des personnes qui ont purgé leur peine, non pas parce qu’elles ont commis une nouvelle
infraction, mais parce qu’il serait possible qu’ils en commentent une.
Le groupe de Nancy participe au combat contre la rétention de sûreté. C’est ainsi que Vanessa, responsable de groupe du GENEPI Nancy,
a organisé une conférence contre la rétention de sûreté, le 6 février 2008, à la faculté des Lettres de Nancy. La soirée, qui dura deux heures, fut animée par Clémentine.
président du groupe de Nancy, a d’abord présenté la position du GENEPI sur la rétention de sûreté, puis a laissé la parole à Mme Fabienne NICOLAS, vice-présidente chargée de l’instruction au
tribunal de grande instance d’Epinal, et membre du syndicat de la magistrature, M. Bruno PY, professeur de droit pénal à l’Université Nancy 2, et M. Alain SCHANG, psychiatre, et membre du
syndicat des psychiatres des hôpitaux.
composé d’environ 120 personnes, majoritairement des étudiants mais aussi des avocats, a ensuite pu poser des questions aux différents intervenants.
La loi relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental a
finalement été adoptée le 25 février 2008.
A titre exceptionnel, les personnes dont il est établi, à l'issue d'un réexamen
de leur situation intervenant à la fin de l'exécution de leur peine, qu'elles présentent une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive parce qu'elles
souffrent d'un trouble grave de la personnalité, peuvent faire l'objet à l'issue de cette peine d'une rétention de sûreté selon les modalités prévues par le présent chapitre, à la condition
qu'elles aient été condamnées à une peine de réclusion criminelle d'une durée égale ou supérieure à quinze ans pour les crimes, commis sur une victime mineure, d'assassinat ou de meurtre, de
torture ou actes de barbarie, de viol, d'enlèvement ou de séquestration.
Il en est de même pour les crimes, commis sur une victime majeure, d'assassinat
ou de meurtre aggravé, de torture ou actes de barbarie aggravés, de viol aggravé, d'enlèvement ou de séquestration aggravé, prévus par les articles 221-2, 221-3, 221-4, 222-2, 222-3, 222-4, 222-5, 222-6, 222-24, 222-25, 222-26, 224-2, 224-3 et 224-5-2 du code pénal.
La rétention de sûreté ne peut toutefois être prononcée que si la cour d'assises
a expressément prévu dans sa décision de condamnation que la personne pourra faire l'objet à la fin de sa peine d'un réexamen de sa situation en vue d'une éventuelle rétention de
La rétention de sûreté consiste dans le placement de la personne intéressée en
centre socio-médico-judiciaire de sûreté dans lequel lui est proposée, de façon permanente, une prise en charge médicale, sociale et psychologique destinée à permettre la fin de cette
Comme chaque année, les génépistes de toute la France se sont rendus à l’école polytechnique de Palaiseau pour assister à la Journée prison
justice. Chirine Heydari, présidente du GENEPI a accueilli les bénévoles, puis a laissé la parole à nôtre hôte, l’amiral Alquier, directeur du cabinet de l’école polytechnique. Se sont ensuite
succédés à la tribune, M. Lionel Stoléru, ancien ministre et fondateur du GENEPI, M. Jean-François Beynel, directeur adjoint de l’administration pénitentiaire, et Mme Mireille Gauzëre, directrice
adjointe de la protection judiciaire de la jeunesse.
Les génépistes ont, ensuite, eu la possibilité de rencontrer différents acteurs du monde pénitentiaire lors de trois ateliers
M. Phaure, chargé de mission à l’Ecole nationale de la protection judiciaire de la jeunesse, sur le métier d’éducateur auprès des
enfants incarcérés.
Mme Krainski et Mme Mellier, infirmières à la maison d’arrêt de Bois d’Arcy, à la maison d’arrêt pour femmes de Versailles, et au
centre de rétention administrative de Versailles.
M. Châtelet, M. Rossignol et M. Verdel, membres de l’association pour la formation et l’aide à la communication (AFAC), en charge de
l’activité « Trait d’union », un service d’écrivain public de la maison d’arrêt de Seysses.
M. Mouesca, chargé de mission prison à Emmaüs, ancien président de l’Observatoire international des prisons, anciennement
M. Combessie, sociologue de la prison, auteur de Prisons des villes et des campagnes, Etudes
d’écologie sociale.
M. Tournier, démographe pénal, directeur de recherche au CNRS, fondateur de l’association « Dès maintenant en
Mme Castel, auteur de Retour d’exil d’une femme recherchée, et Mme Patient, journaliste.
Créatrices du spectacle « Femmes de parloir » et à l’origine de l’association « La parole est à l’accusé ».
plénière de clôture fût « Le contrôle extérieur des lieux de privation de liberté », en présence de M. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de
journée de formation, les génépistes ont été plongés dans l’univers des conteurs Praline Gay-Para et Pépito Matéo, qui après le spectacle, ont partagé leurs expériences de collectage de récits
auprès de personnes détenus et de sortants de prison.
JRFP des 7 et 8 novembre 2009
local de Nancy (une vingtaine de personnes) lève le camp à 6h15.
de l'établissement pénitentiaire de Besançon a débuté les festivités en présentant à tous les génépistes présents l'organigramme du ministère de la
justice dont dépendent les 194 établissements pénitentiaires français. Comme à l'accoutumée, l'accent a été mis sur la diversité des établissements pénitentiaires (création des
nouveaux « quartiers courtes peines ») et sur l'importance du milieu ouvert. D'importants échanges entre les génépistes et les intervenants ont porté sur la jeunesse incarcérée et la
privatisation des missions de l'administration pénitentiaire.
une représentante du SPIP qui a pris la parole.
responsable d'une unité locale d'enseignement a présenté à l'assemblée son travail et les responsabilités afférentes. La question des
diplômes proposés en détention a suscité de nombreuses questions et remarques (quelle pertinence des diplômes proposés en détention ? Quelle diversité ?)
relevé que la présence d'un modérateur aurait peut-être permis de mieux encadrer les houleux débats qui ont décalé tout le
Parcours Anciens : Atelier Réseau Associatif
Adélaïde (du
BN) a mené l'atelier. Elle était accompagnée de deux membres du réseau Animafac, Clémence et Jérôme. Ils nous ont présenté le Réseau Animafac et organisé un debriefing des ISP.
également présentés le Collectif Prison et les GLCP (Groupement local de Concertation Prison). Il existerait un GLCP à Nancy mais personne ne semble
au courant au sein du groupe local.
Parcours anciens : Atelier Entreprisons
historique de ce projet qui traîne dans les cartons depuis une quinzaine d'années déjà nous est d'abord rappelé. La région Nord s'est
récemment réappropriée le projet qu'elle a tenté de faire progresser. Ce projet pose nombreuses questions : quelles interdictions d'exercer dans la fonction publique après une condamnation ?
Faut-il organiser des ISP en direction des entreprises ? Questions aussi quant au positionnement du GENEPI (valeur et réalité du travail en détention, répartition des compétences entre secteur
privé, SPIP et GENEPI). Des exemples concrets de réinsertions réussies sont évoqués.
Parcours nouveaux : Ateliers Sécurité, Projet pédagogique et ISP
ont pu réviser les règles de sécurité dans un premier atelier qui les ont, selon leurs mots, « bien rôdés ».
intervention leur a ensuite permis de réfléchir à la mise en place de leur activité.
L'atelier ISP,
animé par des anciens, fut l'occasion de présenter l'organisation et la diversité des ISP.
Plénière de Coordination régionale
régionale de l'Est nous est distribuée. Elle regroupe 7 points : pérennisation et diversification des financements, recrutement, communication, formations, ISP, archives et
ville-vie-vacances.
difficile pour ne pas dire douloureux après une soirée bien sympathique à RadioBip et départ pour le Séminaire qui accueillera la seconde journée de formation et de réflexion.
Plénière Droits de l'Homme
Notre vaillant
DR s'est attelé à une lourde mais incontournable tâche : parler aux génépistes des droits de l'Homme dont nous sommes censés veiller au respect en détention et éventuellement nous porter témoin
de leur violation. Avec simplicité mais précision juridique, il a donc exposé la différence entre liberté et droit et présenté les principaux textes internes et internationaux traitant des droits
de l'homme. Certains juristes se sont montrés un peu frustrés d'un aperçu si synthétique et large des droits de l'homme tout en reconnaissant que le
contenu était adapté à des non-juristes. Pour répondre à cette envie d'aller plus loin et profiter des compétences de chacun, pourquoi ne pas associer les juristes-spécialistes à de futurs
ateliers dédiés aux droits de l'Homme ?
La plénière a
été clôturée par l'élection d'un administrateur suppléant pour la région Est. C'est Anaïs du groupe local Nancy qui a été portée aux nues par une majorité écrasante de l'assemblée.
Réunion du groupe local :
présidente du groupe de Nancy, a fait le point sur les différentes interventions qui se dessinent cette année. Elle a également interrogé
les nouvelles recrues sur leur ressenti des ateliers.
Kévin, le seul
l'unique, a évoqué de multiples points :
- Participer plus
activement à l'élaboration de la revue Passe-Murailles et au blog de l'Est.
- Rappel sur la
Politique de l'Est et l'importance d'un bilan exhaustif de l'activité de la région Grand Est.
- Constitution d'un
fonds d'archives exploitable dans la région
- Présentation de la
politique nationale + Calendrier des temps forts à venir
ISPthèque
d'intervenir en détention sur son lieu de vacances
- Remise au
goût du jour au niveau national du projet Entreprison
Ce week-end a
aussi été très apprécié car il a permis aux uns et aux autres de mieux se connaître, que ce soit au sein des groupes locaux ou entre les différents groupes de la région.
commence à écoresponsabiliser ses événements ; aujourd'hui le gobelet en plastique réutilisable, demain les toilettes sèches et la
Published by Mathilde L., Isabelle, Julie et Mathilde M. -
Assises nationales des 18 et 19 avril 2009
et dimanche 19 avril 2009, plus de 800 bénévoles du GENEPI se sont réunis à Strasbourg à l'occasion des Assises de l'association. Au cours de ce week-end national de réflexion, les bénévoles ont
dû choisir entre 6 thèmes sur lesquels ils ont débattu en vue de faire émerger une première ébauche de proposition de prise de position du GENEPI. Ces propositions ont été présentées, et
certaines adoptées, lors de l'Assemblée Générale du GENEPI en juin 2009.
Les thèmes proposés portaient sur : - Le corps en détention
mixte de certaine fonction de l'administration pénitentiaire
- La mixité en
militantisme au GENEPI
Il s'agissait de s'interroger sur la portée de l'engagement du GENEPI quant aux actions qu'il mène pour la réinsertion des personnes
incarcérées, notamment sur sa prise de position dans le débat public et son action citoyenne.
auprès des mineurs en milieu ouvert et fermé
Débat récurrent au sein du GENEPI, il s'agissait de parvenir à un accord clair sur l'intervention ou non du GENEPI au sein des
différents foyers de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Ceci supposait un questionnement sur la légitimité de la présence du GENEPI dans ces foyers et sur la cohérence des actions de
l'association quant à son objet social.
Au cours de cet événement, les bénévoles ont également effectué plusieurs ISP parmi lesquelles :
- Freeze géant
sur une des places de Strasbourg
- Rencontre du
public dans la rue au moyen de questions portant sur la prison et la justice
- Concert au
Le tout nouveau centre pénitentiaire remplaçant la croulante maison d'arrêt Charles III a ouvert ces portes aux détenus à la fin du
printemps. Les Génépistes se devaient de lui rendre une visite de courtoisie avant d'y entreprendre leurs interventions. Il a fallu du courage et du temps pour y pénétrer (et en sortir) mais
depuis 8H30 dans un froid dont on avait oublié jusqu'au nom tant l'automne a été clément, notre petit groupe de 17 génépistes s'apprêtait à découvrir les couloirs et le fonctionnement de la
nouvelle « super-prison » nancéienne. Perchée sur les hauteurs du Haut-du-Lièvre, l'ensemble de bâtiments s'avèrent plutôt discret au regard de sa taille. Il faut dire que son aspect
béton brut doit être pour quelque chose dans ce camouflage hiverno-matinal givrant.
C'est cinq par
cinq que nous pénétrons dans l'enceinte à l'aide de nos cartes d'identité. Cela ne prendra pas moins de 15 minutes entre vérifications, détecteurs de métaux, remplissage des casiers (aucun objet
ne pénètre en détention sans autorisation et surtout pas un portable, même éteint), etc. Doté d'un guide en bonne et due forme, nous commençons nos pérégrinations par les locaux administratifs où
sont regroupés de nombreux services dont le greffe, le SPIP ou la salle des profs. Une bonne ambiance semble régner parmi le personnel même si l'échelle humaine de Charles III est bien dépassée.
Ici la vie égaye déjà les murs, parés d'affiches et de peinture ou encore des notes de l'association du personnel qui vend des écussons floqués pour l'uniforme.
moins le cas dans les autres bâtiments tristes et uniformes à mourir. Seuls les points de contrôle où se situent les surveillants sont identifiables par des murs d'un rouge cinglant. Les femmes
ont tenté l'ajout de quelques bouquets ou plantes vertes pour adoucir leur quartier. Mais cela ne suffit pas à ôter l'impression de vide et de dépouillement frôlant la misère. Dans les ateliers,
les apprentis peintres ont débuté le revêtement des cloisons, ouf ! C'est mieux, ça ressemble à des couloirs d'hôpital aseptisés plutôt qu'à un chantier abandonné. Nous y rencontrons un
professeur en nettoyage industriel - nouvelle formation (mais non-certifiante) - qui nous explique essuyer un peu les plâtres mais que le niveau de ses élèves est très bon par rapport à
l'administration pénitentiaire s'enrichit de nouveaux acronymes ! MAF, MAC et MAP en sus des habituels CD, QD et JAP. En effet, à un centre de détention hébergeant les condamnés à de longues
peines s'adjoignent trois quartiers supplémentaires : la maison d'arrêt pour femmes (MAF), une maison d'arrêt pour prévenus (MAP) et une pour condamnés à de courtes peines (MAC). L'hermétisme n'est jamais parfait entre les différents quartiers et on ajoute déjà à la hâte des cloisons opaques sur les grillages de peur que les détenus ne
Salle pour le
culte, gymnase, salle de musculation, bibliothèque, terrain de foot, salle informatique (pas pour surfer, pour apprendre), on dirait presque un internat de lycée ; à cela prêt que ses habitants
sont confinés dans leur chambre la majorité de la journée. L'univers carcéral froid et inquisiteur ne se fait pas oublier pour autant : les caméras sont omniprésentes de même que les barbelés et
autres portes verrouillées. L'impression de labyrinthe se fait bien plus prégnante qu'à Charles III où malgré les recoins et niveaux, on se sentait dans une vieille maison branlante mais
clore cette visite sans évoquer les trois unités de vie familiales destinées aux condamnés sans aménagement de peines dans le but du maintien des liens familiaux. Il faut en effet signaler que
certaines familles vivent très loin de la prison et venir pour un parloir d'une heure trente semble dérisoire (surtout si l'on y ajoute les coûts de transport d'une mère avec ses enfants qui n'a
pas déjà pas beaucoup de moyens...). Ils incarnent le retour d'un peu d’humanité et de respect de la famille dans une prison qui nie souvent qu'il y a des proches : attribués pour des plages de 6
à 72h, ces appartements (la vue panoramique en moins) sont censés être accessibles aux détenus éligibles une fois par trimestre. Une fois rassemblés,
le détenu et sa famille sont libres de leurs faits et gestes et sans caméras les épiant. Les visiteurs ne peuvent apporter de vivres et c'est au visité de pourvoir aux besoins familiaux via la
cantine (= achat de produits en détention). Ce qui peut représenter une somme importante par rapport aux moyens des détenus en détention. Toutefois, ayant jeté un œil sur le catalogue de la
cantine, les prix ne nous ont pas paru scandaleusement élevés. La gestion privée aurait-elle du bon[1]
? On peut toujours en douter quand on voit que ce sont les cigarettes que l'on peut avoir au prix normal et non les produits de
première nécessité.... Mais les Génépistes vont se prêter à nouveau[2]
au petit jeu de la comparaison et nous en dirons sans doute davantage sous peu !
[1] La cantine est gérée par une entreprise privée de même que l'accueil des familles en amont des
parloirs.
[2] Un Génépiste avait déjà produit une étude très complète au sujet de la cantine et des différences de prix parfois injustifiées entre l'intérieur et l'extérieur.
Elle ne demande qu'à être mise à jour !
Nancy université magazine - Novembre 2008
La prison... en candidat libre
Étudiants de Nancy-Université,
ils sont une trentaine à multiplier les courts séjours en prison. Leur mission : accompagner les détenus au quotidien et informer le grand public sur les conditions de
La prison ? Ils y vont en
habitués. Sans peine à subir. Ni proche à visiter. Mais avec un mobile, des préjugés à vaincre et une histoire à partager. Membres de l'association GENEPI, ces étudiants-là ont choisi de faire le
mur pour apporter leur concours à tous ceux qui cumulent casier judiciaire et lacunes scolaires. Français, langues vivantes, philosophie ou histoire-géo... Les matières sont variées et
l'ouverture parfois très culturelle : les génépistes animent en effet des ateliers théâtre ou musicaux ; ils organisent des débats, montent des expositions ou programment des séances de
cinéma... « Notre rôle est complémentaire des enseignants de l'Education nationale », explique Kevin Van Landeghem, étudiant en Master 2 Droit et Gouvernance territoriale qui vient d'être nommé
président du groupe de Nancy. « Dans le rapport que nous entretenons avec les détenus, il n'y a pas d'exigence, pas d'évaluation. Il n'y a même aucun jugement. Nous sommes là pour eux, sans être payés pour cela. Cette démarche les surprend souvent et les touche. »
Faire bouger le cadre
Une relation tout simplement
humaine : c'est ce que ces étudiants viennent offrir aux détenus. Pour cela, ils se déplacent sans compter à la maison d'arrêt de Charles III ou de Bar-le-Duc, au centre de semi-liberté de
Maxéville et dans les centres de détention d'Ecrouves et de Saint-Mihiel. « Au fond, ces gens enfermés nous ressemblent, explique Vanessa Schatz, ancienne responsable de groupe. Ce qui change, c'est le lieu. L'exiguïté, l'absence totale d'intimité, le délabrement, le manque de lumière... »
Au-delà de ces immersions
régulières dans la réalité carcérale, les génépistes s'emploient à prolonger leur mission à l'air libre, où il s'agit, cette fois, de sensibiliser le public aux conditions de
Pièce de théâtre engagée,
veillée aux flambeaux sur la place Stanislas à l'occasion de la "Nuit des libertés publiques", visites guidées des prisons à l'intention des parlementaires, interventions en milieu scolaire...
l'association GENEPI fait entendre la voix des prisonniers en dehors de leurs cellules. « Notre engagement n'aurait aucun sens s'il restait confiné en prison. Pour faciliter la réinsertion des détenus, il faut nécessairement faire en sorte qu'ils soient acceptés à l'extérieur. » Un message qui porte. Reconnu pour l’utilité et le sérieux de ses actions, GENEPI est aujourd’hui consulté par
l’État dans le cadre de l’élaboration d’une loi pénitentiaire qui vise à garantir les droits fondamentaux des détenus, améliorer la reconnaissance des personnels pénitentiaires, faciliter la
réinsertion des détenus…
Une cellule sur le
de l'association GENEPI organisent chaque année des opérations de sensibilisation. La dernière s'est tenue en octobre sur le campus de la Fac de lettres où était exposée une cellule reconstituée
à taille réelle : un espace de 9m2 en tout et pour tout, dans lequel les détenus doivent souvent cohabiter à deux ou trois. « La
surpopulation dans les maisons d'arrêt est intolérable, estime Kevin Van Landeghem. Priver quelqu'un de sa liberté ne signifie pas le priver de toute dignité. C'est sur cette idée que nous
voulons attirer l'attention du public. »
partie de l’association, il faut être étudiant et posséder un casier judiciaire vierge. Tous les candidats sont reçus en entretien par les membres du bureau. Une fois membres, ils bénéficient de
formations qui sont organisées par l'association au rythme de 5 week-ends par an. De quoi se familiariser avec les problèmes de surpopulation, la situation des étrangers en prison, le
fonctionnement de la cantine...
*GENEPI : Groupement
étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées. Cette association nationale a été fondée en 1976 et compte 1 300 étudiants bénévoles en France. L'antenne du Grand Est est
subventionnée principalement par Nancy-Université, le CROUS, la ville de Nancy et le Conseil général.
Radio Fajet - 15 au 23 octobre 2008
Télé Dieue - 22 février 2008
Reportage à la maison d'arrêt de Bar-le-Duc: Voir le reportage