Source: https://www.doc-du-juriste.com/droit-prive-et-contrat/droit-penal/commentaire-d-arret/arret-chambre-criminelle-date-4-octobre-2011-portant-causes-subjectives-479794.html
Timestamp: 2019-07-20 03:18:16+00:00
Document Index: 311569389

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Chambre criminelle, arrêt du 4 octobre 2011, causes subjectives, irresponsabilité pénale, société Polytrans, exercice illégal de la pharmacie
La chambre criminelle de la cour de cassation a rendu un arrêt de cassation en date du 4 octobre 2011 relatif à l'erreur de droit comme cause subjectives d'irresponsabilité pénale et à l'exercice illégal de la pharmacie.
Le 4 juillet 2006, le conseil national de l'ordre des pharmaciens a porté plainte et s'est constitué partie civile contre la société Polytrans pour exercice illégal de la pharmacie en raison de la commercialisation de plusieurs produits. Une information judiciaire a été ouverte. Après une première ordonnance de non lieu du 9 avril 2009, qui a été infirmée la SARL Polytrans a été mise en examen du chef d'exercice illégal de la médecine pour avoir commercialisé des produits relevant du monopole pharmaceutique en croyant qu'il ne s'agissait que de compléments alimentaires. Une seconde ordonnance de non lieu a été rendue par le juge d'instruction 24 février 2010 suite a quoi la partie civile a interjeté appel.
La croyance en une possibilité légitime d'exercer le fait reproché : condition essentielle de l'erreur de droit
L'exigence du caractère inévitable de l'erreur de droit
[...] La chambre criminelle de la cour de cassation le 4 octobre 2011 a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 10 septembre 2010. Elle rappelle que pour bénéficier d'une cause d'irresponsabilité pénale la personne poursuivie doit avoir cru par une erreur de droit qu'elle n'était pas en mesure d'éviter pouvoir accomplir légitimement le fait reproché. Elle considère aussi que la cour d'appel en ne répondant pas aux conclusions de la partie civile relatives aux produits Pvb, n'a pas justifié sa décision. [...]
[...] Il semble qu'elle n'ait pas été admise à nouveau depuis cet arrêt rendu par la chambre criminelle de la cour de cassation. Ce qui veut dire que l'arrêt commenté s'inscrit plutôt dans une trame jurisprudentielle qui est plutôt hostile à l'admission de l'erreur de droit. Cela peut se comprendre, car admettre l'erreur de droit s'est aussi porter un coup important à l'adage nul n'est censé ignorer la loi ainsi qu'au principe de légalité qui est un principe fondamental en droit pénal. [...]
[...] La cour de cassation est plus sévère dans l'admission de cette cause d'irresponsabilité pénale. En effet celle-ci exige une erreur présentant un caractère inévitable et invincible. En l'absence de cette notion la cour de cassation a cassé de nombreux arrêts comme en atteste l'arrêt de la chambre criminelle de la cour de cassation du 30 octobre 2000 ou encore celui du 15 octobre 2002 ou encore du 12 septembre 2006Les cassations sont ainsi nombreuses en la matière. L'auteur de l'erreur doit donc faire preuve de diligence et s'entourer de conseils appropriés. [...]
[...] Commentaire d'arrêt de la chambre criminelle en date du 4 octobre 2011 portant sur les causes subjectives d'irresponsabilité pénale La chambre criminelle de la cour de cassation a rendu un arrêt de cassation en date du 4 octobre 2011 relatif à l'erreur de droit comme cause subjectives d'irresponsabilité pénale et à l'exercice illégal de la pharmacie. Le 4 juillet 2006 le conseil national de l'ordre des pharmaciens a porté plainte et s'est constitué partie civile contre la société Polytrans pour exercice illégal de la pharmacie en raison de la commercialisation de plusieurs produits. [...]
[...] Le caractère inévitable de l'erreur est apprécié in abstracto. La cour de cassation exige par ailleurs que l'individu ait une croyance absolue dans la légalité de l'acte qu'il a accompli, ainsi elle ne tolère aucune incertitude aucun doute sur son acte comme en atteste l'arrêt rendu par la chambre criminelle le 17 février 1988. Il faut une croyance dans la légitimité de l'acte. Elle doit être complète, totale. Poser un acte sur la base d'une jurisprudence isolée ne sera pas admis car on ne peut croire à partir de là en une légitimité de l'acte. [...]