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Timestamp: 2019-08-18 15:25:48+00:00
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Fiche n°6: Ambiance sonore - CFPSAA
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Fiche n°6 Ambiance sonore
A. Acoustique : généralités et besoins
Sonorisation des équipements
Sonorisation des informations
B. Modes de diffusion des informations
Diffusion via des balises sonores
Diffusion via des systèmes dédiés
C. Réalisation des messages sonores : points de vigilance
Distinction des différentes informations sonores
Brièveté et simplicité du message
Ordre du message
Implantation des dispositifs sonores
Comme expliqué dans la partie 1. Généralités, l’analyse des bruits ambiants offre aux voyageurs déficients visuels une multitude d’informations pour se localiser et se diriger. La qualité de l’acoustique est donc primordiale et doit être prise en compte avant tout ajout de dispositifs sonores.
Ces dispositifs aideront alors à compléter l’autonomie des personnes déficientes visuelles. L’information sonore délivrée doit respecter des principes de base pour une réception optimale de l’information.
L’acoustique regroupe l’ensemble des caractéristiques d’un lieu pour la propagation, la réflexion et la diffusion du son. Les mesures de son utilisent différentes unités ou indices définis dans ce chapitre.
Le « décibel » (db) est une unité servant en acoustique à définir une échelle d’intensité sonore,
Le décibel A :
Le « décibel A », db (A), est utilisé pour mesurer les bruits environ­nementaux,
Le RASTI :
L’indice « RASTI », (Rapid Speech Transmission Index) ou indice de transmission rapide de la parole, est une méthode objective d’évaluation de l’intelligibilité de la parole.
Les personnes déficientes visuelles ont besoin d’une acoustique générale homogène et sans nuisances, ce qui est rassurant, et limite le stress inutile. Ainsi, il est recommandé de limiter au maximum les nuisances sonores qui pourraient provoquer une gêne auditive dans leur déplacement, et de privilégier les bruits passifs ou actifs, utiles au déplacement des personnes déficientes visuelles (escalators, valideurs, portes, etc.).
Les cheminements et les espaces dédiés doivent être soulignés par une acoustique différentielle pour permettre aux voyageurs déficients visuels de s’orienter et de se diriger en autonomie. Les couloirs procurent notamment un guidage naturel du fait de l’écho sur les murs et l’ouverture sur un espace offre des choix d’orientation.
Les espaces trop vastes sont particulièrement difficiles du fait du manque de repères auditifs pouvant guider la personne, et des risques de réverbération lors de la diffusion de messages sonores. Ainsi, il est recommandé d’organiser les espaces de façon à structurer les flux de voyageurs et à délimiter les espaces dédiés (accueil, billetterie, etc.). Pour ce faire, il est possible d’utiliser différents matériaux et revêtements de sol, ou encore de créer des ouvertures ou des fermetures d’espaces et de cheminements par des aménagements de mobiliers bien placés.
Une absorption des bruits est nécessaire pour éviter des échos importants. Cela permet de distinguer les différents bruits actifs utiles au repérage (équipements, escaliers, flux de voyageurs, etc.), et facilite l’audibilité des messages sonores diffusés. Le soin apporté à l’acoustique est également profitable aux personnes malentendantes et aux personnes âgées.
Par ailleurs, les musiques d’ambiance, parfois installées dans les espaces, peuvent être fatigantes et gêner le cheminement des personnes déficientes visuelles.
L’utilisation des équipements par les personnes déficientes visuelles est soumise tout d’abord à son accessibilité matérielle. En effet, la bonne utilisation de ces équipements ne peut s’obtenir que par l’usage. Ainsi, une constante de positionnement de l’appareil dans l’espace permet d’anticiper son utilisation. De même, la généralisation d’un même appareil (ou du moins des positions des éléments le composant) pour un même type de matériel (valideur, automate, etc.) en facilite l’utilisation quel que soit le lieu. Les différents éléments composant ces équipements doivent être contrastés visuellement et tactilement pour en faciliter le repérage et l’utilisation.
Pour l’utilisation d’un équipement en toute autonomie, sa vocalisation est souvent nécessaire. Les besoins des personnes déficientes visuelles sont alors :
Pouvoir repérer et identifier cet équipement via une signalétique visuelle et sonore adaptée (cf. fiche n°5, « Ambiance visuelle », et cf. dans cette fiche le paragraphe « Diffusion via des balises sonores »),
Pouvoir disposer d’une information confirmant la bonne utilisation de l’équipement (Bip de confirmation de la validation du titre de transport, de la demande d’arrêt, etc.),
Pouvoir répéter, si nécessaire, les commandes vocales,
Pouvoir utiliser un casque audio pour une écoute personnalisée,
Pouvoir demander de l’aide à tout moment, et notamment lors d’une première utilisation (cf. fiche n°8, « Les besoins en accompagnement »).
L’amélioration de l’acoustique générale des espaces contribue à faciliter les déplacements des personnes déficientes visuelles. L’organisation de l’information sonore doit également respecter leur mode de déplacement. La diffusion des messages sonores doit donc être organisée en fonction du lieu et du besoin en information. Ainsi, il faut privilégier la sonorisation des informations qui répondent aux besoins exprimés dans les fiches sur les différentes étapes de cheminement (cf. fiches n°1 à 4), en veillant à ce que la diffusion s’opère à l’endroit et au moment où l’information est attendue.
Le choix du mode de diffusion des informations doit faire l’objet d’une attention particulière, car la qualité de la réception, de l’interprétation et du traitement de l’information par le voyageur déficient visuel, en dépend fortement.
La diffusion d’informations via une sonorisation grand public peut s’avérer profitable pour tous. En effet, si elle est essentielle pour les voyageurs déficients visuels, elle procure également un confort pour les autres voyageurs (annonces des prochains arrêts, annonces des temps d’attente ou des perturbations éventuelles, etc.).
Cependant, la diffusion de ces informations doit être pertinente et non perçue comme une gêne auditive. Ainsi, il faut veiller à ce que :
La diffusion s’opère dans la limite du lieu où cette information est utile (sur un quai ou à bord d’un véhicule par exemple),
La diffusion soit homogène. L’information diffusée sur un quai doit être audible en tout point de ce quai ; la multiplication des sources sonores s’avère souvent plus efficace que l’augmentation du volume,
La disposition et l’orientation des haut-parleurs ne génèrent pas d’écran sonore ou d’échos indésirables et permettent une diffusion localisée vers le voyageur.
De manière générale, une balise sonore peut être déclenchée à l’aide de la télécommande universelle (fréquence : 868.3MHZ). La réécoute du message sonore s’effectue à la demande de l’utilisateur. Les balises sonores peuvent aider à l’identification et la localisation d’équipements ou de services disposés sur le cheminement (accueil, billetterie, etc.). Pour ce faire, la balise doit être placée exactement à l’aplomb de l’équipement. Elles peuvent également être utilisées pour orienter la personne déficiente visuelle lorsqu’un choix de plusieurs cheminements s’offre à elle.
Ainsi, il est possible d’utiliser ces balises pour diffuser des informations de type directionnel en veillant à ce que le message délivré soit en accord avec la signalétique visuelle. Les indications directionnelles du type « à gauche » ou « à droite » peuvent prêter à confusion selon le sens du déplacement. Elles ne peuvent donc être utilisées que dans un cheminement unidirectionnel. De manière générale, les balises sonores doivent être installées à l’aplomb d’une porte, d’un escalier ou de tout autre équipement de circulation (ligne de contrôle, ascenseur, etc.) et dans l’axe de chacune des directions. Lorsque des bandes de guidage sont installées pour aider au déplacement, le choix de direction est matérialisé au sol par une surface podotactile de couleur contrastée. Ce dispositif doit permettre au voyageur déficient visuel de le détecter visuellement, à la canne ou au pied. Les balises sonores sont installées dans l’axe de chaque tronçon de bande de guidage.
D’une manière générale, le couplage de l’information sonore et de l’information tactile facilite le cheminement. Outre les bandes de guidage associées aux balises sonores, des manchons en braille et relief disposés sur les mains courantes des escaliers peuvent confirmer une direction, mais ne peuvent en aucun cas remplacer l’information sonore. Une information sonore ou une information tactile, nécessitant l’arrêt prolongé de la personne, ne doivent pas être présentes dans des points du cheminement où la sécurité est de rigueur comme en station debout en haut d’un escalier ou dans un flux de voyageurs.
Il s’agit là de tout type d’appareil (autre que la télécommande universelle) ou logiciel spécialisé à installer sur un téléphone portable par exemple, permettant un accès à des informations de manière personnalisée. Les systèmes dédiés peuvent être conçus comme un complément des deux modes de diffusion sonores vus précédemment. Dans ce type d’outil, il faut veiller à :
L’accessibilité du logiciel et de l’appareil requis, et à sa simplicité de prise en main.
Éviter les manipulations de l’appareil pendant le déplacement.
Les conditions d’accès à l’information doivent être identiques pour tous les voyageurs. Ainsi, la mise à disposition de l’appareil doit être gratuite s’il permet l’accès à des informations disponibles gratuitement aux autres voyageurs.
Des offres mobiles grand public se développent et apportent aux voyageurs une mine d’informations. Ces services doivent également être accessibles aux personnes handicapées (norme W3C) pour ne pas creuser l’inégalité entre les voyageurs valides et invalides. Cependant, il faut prendre en compte le fait que les téléphones portables de nouvelle génération sont essentiellement accessibles aux personnes technophiles.
Les systèmes dédiés ne peuvent donc prétendre être l’unique réponse aux besoins exprimés dans ce recueil, ils peuvent néanmoins y apporter des informations complémentaires.
Dans les transports, les messages sonores doivent être diffusés de manière à permettre une prise de décision rapide. Ainsi, le choix du moment de diffusion, la structure et la clarté du message ou encore le choix de la voix sont autant d’éléments fondamentaux dans l’efficacité du traitement de l’information par les personnes déficientes visuelles.
Les informations à diffuser peuvent être classées suivant trois types d’information : information attendue, information inattendue et information à la demande. Une information à la demande est une information obtenue, par exemple, par le déclenchement d’une balise sonore à l’aide de la télécommande universelle. L’obtention de l’information doit donc être immédiate et consécutive à la demande. Pour les deux autres types d’information, que le voyageur ne peut maîtriser, un soin particulier doit être apporté sur le moment de diffusion du message, car sa bonne interprétation en dépend. Ainsi, la sonorisation des informations peut être précédée d’un sonal (jingle) ou être répétée soit automatiquement, soit à la demande, selon le type d’information donnée :
information attendue : pas de sonal, répétition automatique,
information inattendue : sonal, répétition selon les cas,
information demandée : pas de sonal, répétition à la demande.
Par exemple, dans le cadre de l’annonce du prochain arrêt (information attendue), elle doit être diffusée suffisamment à l’avance pour que les voyageurs aient le temps de se préparer à descendre. Cette annonce sera répétée une nouvelle fois au moment de l’arrêt pour confirmer l’information. Dans le cas d’une diffusion simultanée d’informations, comme pour le déclenchement de plusieurs balises du fait de leur proximité ou d’un « carrefour », la bonne synchronisation de la diffusion des messages permet d’éviter le chevauchement des informations.
L’utilisation d’un sonal ou d’un message parlé du type « Attention » permet d’éveiller la vigilance sur une information inhabituelle ou inattendue. Ce sonal doit être court pour ne pas retarder la prise de décision. Il peut porter une identité sonore soit pour distinguer le transporteur (ce qui peut notamment s’avérer efficace pour le repérage de la porte d’entrée ou du point d’arrêt), soit pour distinguer plusieurs types d’information. Par exemple, les informations de perturbation sont à distinguer des informations commerciales. La distinction de ces informations peut également se faire par l’utilisation de voix différentes en genre (féminine, masculine) ou en tonalité avec une association « une voix - un type d’information » constante. Tout comme l’identité visuelle d’une information est importante par le respect d’un code couleur catégorisant les informations, l’identité sonore d’un type d’information facilite l’interprétation des messages. Respecter un mode de diffusion, par type de message, permet également de respecter la cohérence de l’information.
Toujours dans une optique d’une meilleure compréhension et d’un accès optimal à l’information, le message se doit d’être le plus bref possible, c’est-à-dire simple et court.
L’identification sonore d’un véhicule peut se faire de la manière suivante : « Ligne “X“, direction “Y“ ».
« Vous êtes sur la ligne “X“, ce véhicule aura pour destination “Y“ ».
L’information sonore se doit d’être pertinente pour éviter toute incompréhension. La séquence, la structure du message, sont importantes afin de saisir rapidement le sens d’une information. Ces informations peuvent être énoncées par ordre d’importance, en fonction du contexte.
Illustration : Lors d’un cheminement avec balises sonores, l’ordre des services signalés prévaudra.
Il convient d’éviter les obstacles à la diffusion du son, dus à des aménagements qui forment eux-mêmes des écrans sonores. L’implantation des dispositifs de sonorisation nécessite donc d’être coordonnée avec l’installation des autres équipements.
L’implantation du système sonore ne doit pas créer de danger pour les personnes déficientes visuelles. En effet, elles doivent pouvoir se positionner en sécurité sous ce dispositif afin de leur permettre une écoute optimale. Dans le cas où les balises permettent de localiser un équipement (entrée, accueil, vente de titre de transport, etc.), la balise doit être installée à l’aplomb de l’aménagement à identifier.
L’orientation du dispositif sonore doit être étudiée pour favoriser l’écoute du message. La diffusion du son ne doit pas créer d’écran sonore, d’écho ou de contre-sens directionnel pour la personne déficiente visuelle.
Paragraphe 4.1.2.12 Information sonore
« L’information sonore doit avoir un niveau minimal d’indice RASTI de 0,5 conformément à la norme IEC 60268-16 partie 16, en tout lieu. L’information sonore fournie doit être cohérente avec l’information visuelle essentielle qui est affichée.
Lorsque l’information sonore n’est pas donnée automatiquement, un système de communication acoustique doit être fourni pour permettre aux usagers d’obtenir des informations sur demande. »
Système d’information sonore des voyageurs sur demande
« Dans les cas où l’information sonore essentielle n’est pas diffusée via un système de sonorisation dans la gare (voir le paragraphe 4.1.2.12), des règles d’exploitation sont mises en œuvre pour assurer la fourniture d’un système d’information de substitution, permettant aux voyageurs d’obtenir les mêmes informations sonores de manière audible dans la gare (par exemple, service assuré par le personnel ou service d’information téléphonique automatisé). »
Modes guidés (tramway, métro) :
« En cas de tronçon commun à deux lignes ou plus, une information sonore asservie au bruit ambiant (+ 5dB) sur la ligne et la destination du véhicule doit être délivrée soit par un haut-parleur placé à l’extérieur du véhicule, soit sur le quai de station, automatiquement ou par activation à la demande, soit par un système équivalent. »
c) Annonces sonores et visuelles à l’intérieur des véhicules « L’annonce sonore doit être concise, claire, audible, et asservie au bruit ambiant (+ 5dB) afin qu’elle puisse être entendue en toute circonstance. L’information du nom de l’arrêt doit être faite de façon sonore et visuelle par un équipement embarqué. »
Paragraphe 3.2. Aménagements et équipements intérieurs
« La signalisation de fonctionnement doit être visuelle et sonore. Un signal sonore différent est entendu selon que le titre est valable ou non. »
Autobus – Autocar :
Annexe 11 : règles d’exploitation des véhicules accessibles aux personnes handicapées ou à mobilité réduite :
« Une information sonore asservie au bruit ambiant (+ 5 dB) sur la ligne et la destination du véhicule doit être délivrée par un haut-parleur situé près de la porte avant ou par un système équivalent. Pour les véhicules de classe A, s’il n’y a pas de dispositifs d’annonce, l’information doit être délivrée par le conducteur. »
« À bord de l’autobus, le nom du prochain arrêt doit être fourni sous formes sonore et visuelle par un équipement embarqué ; l’information doit être perceptible par l’ensemble des voyageurs et notamment ceux qui occupent les sièges réservés aux personnes à mobilité réduite. Dans les véhicules de classe A, s’il n’y a pas de dispositifs d’annonces, l’information doit être délivrée par le conducteur. »
« La prise en compte de la demande d’arrêt doit être fournie sous une forme sonore et visuelle. L’ouverture et la fermeture des portes doivent être signalées par un dispositif sonore. »
« La possibilité d’une validation autonome doit être offerte aux personnes handicapées. La signalisation de fonctionnement doit être visuelle et sonore […] Un signal sonore différent est entendu selon que le titre est valable ou non. »
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