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Timestamp: 2016-10-26 11:38:53+00:00
Document Index: 119387280

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'ATF ', 'art. 46', 'art. 44', 'art. 7', 'art. 142', 'art. 142', 'art. 142', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 142', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 151', 'art. 151', 'art. 151', 'art. 151', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 151', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 142', 'ATF ', 'art. 151', 'art. 151', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 151', 'art. 22', 'art. 22', 'art. 122', 'art. 22', 'art. 22', 'ATF ', 'art. 156', 'art. 159', 'art. 159']

5C.257/1999 (25.01.2000)
5C.257/1999
Composition de la Cour: M. Reeb, pr�sident, M. Bianchi et Mme Nordmann, juges. Greffier: M. Abrecht.
L.________, demandeur et recourant, repr�sent� par Me Jean-Charles Bornet, avocat � Sion,
Dame L.________, d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Philippe Zimmermann, avocat � Sion;
A.- L.________, n� en 1946, a rencontr� en 1977 dame E.________, n�e en 1956, alors qu'il �tait mari� et p�re de deux enfants �g�s d'une dizaine d'ann�es. Apr�s avoir divorc� en juin 1981, il a eu le 19 novembre 1981 un enfant, Thomas, de dame E.________. Il a �pous� celle-ci le 12 avril 1988, apr�s la naissance d'un second enfant, Marie, le 6 avril 1988.
Les relations entre dame L.________ et les enfants du premier lit ont toujours �t� tendues, ces derniers ayant tous deux l'impression que dame L.________ leur avait vol� leur p�re et adoptait � leur �gard un comportement froid et distant. L'exercice du droit de visite au domicile provoquant des sc�nes, il s'est espac� avant de d�finitivement cesser en 1983; L.________ a d�s lors rencontr� ses enfants � l'�cole ou � l'ext�rieur afin d'�tre en paix avec son �pouse.
B.- A P�ques 1989, dame L.________, qui est comme son mari de confession catholique, a op�r� "une prise de conscience religieuse de sa situation matrimoniale, r�alisant qu'elle n'�tait pas mari�e avec son �poux et en �prouvant un grand soulagement. Elle a compris que son mariage �tait un �chec, malgr� ses efforts, et qu'elle n'�tait que la ma�tresse de cet homme avec qui elle avait essay� de construire quelque chose de plus, notamment en procr�ant" (jugement attaqu�, p. 9).
En juin 1989, les �poux ont discut� avec un certain G.________, qui n'�tait pas encore pr�tre � cette �poque. Celui-ci leur a indiqu� que la seule solution chr�tienne pour continuer � vivre ensemble �tait de le faire "comme fr�re et soeur", moyennant quoi il a convaincu dame L.________ de rester avec son mari, dans l'int�r�t des enfants. L.________ a accept� les conditions mises � la continuation de la vie commune pour sauver son m�nage et pr�server un foyer pour ses enfants, pensant qu'avec le temps son �pouse changerait d'avis.
Malgr� cela, l'�pouse a cit� le 8/12 juin 1989 son mari en conciliation en vue de divorcer, car elle d�sirait mettre fin � l'union civile tout en continuant � vivre sous le m�me toit que son mari en bonne harmonie. Le juge a d�livr� acte de non-conciliation apr�s avoir pris acte d'une convention pr�voyant que "d'un commun accord, les �poux L.________ d�sirent continuer � vivre ensemble pour le bien des enfants, mais en fr�re et soeur, sans engagement de la part de l'�pouse quant � la dur�e".
C.- D�s 1991, dame L.________ a eu des doutes sur la fid�lit� de son �poux, mais elle estimait que des aventures ponctuelles ne constituaient pas un motif suffisant pour remettre en cause l'accord sur leur mode de vie.
L.________ a eu une relation avec une d�nomm�e S.________ depuis le mois de f�vrier 1993. A la m�me �poque, dame L.________ a simul� une tentative de suicide pour provoquer une r�action de son �poux.
En 1994, ayant constat� en rentrant de vacances qu'une tierce personne avait v�cu en son absence au domicile conjugal, ce que son mari a ni� pendant des mois, dame L.________ a de nouveau propos� � celui-ci une s�paration qu'il a refus�e, arguant qu'il s'agissait d'un moment d'�garement qui ne se reproduirait plus.
En janvier 1996, dame L.________ a d�couvert que son mari n'avait pas cess� sa relation avec S.________. En ao�t 1996, elle a d�cid� de quitter son mari, motiv�e par le fait que celui-ci lui avait clairement fait comprendre qu'il ne renoncerait pas � cette liaison.
D.- Par m�moire-demande du 12 mars 1997, L.________ a ouvert action en divorce devant le Juge du district de Sion. Dans sa r�ponse du 6 mai 1997, dame L.________ s'est oppos�e � la demande de son mari et a conclu reconventionnellement au divorce ainsi que, notamment, � l'attribution de la garde et de l'autorit� parentale sur les enfants Thomas et Marie, au versement de contributions � l'entretien de ceux-ci, au versement d'une rente d'entretien de 2'500 fr. par mois pour elle-m�me et au transfert de la moiti� de la prestation de sortie acquise par son mari durant le mariage. En cours de proc�dure, elle a modifi� ses conclusions notamment en concluant au versement d'une rente d'entretien indexable de 1'200 fr. par mois jusqu'en avril 2004 et au transfert d'un montant de 167'464 fr. pris sur la prestation de sortie de son mari.
E.- Par jugement du 9 octobre 1998, le Juge II du district de Sion a prononc� le divorce, la garde et l'autorit� parentale sur les enfants �tant attribu�es � la d�fenderesse. Il a entre autres condamn� le demandeur � verser � la d�fenderesse une rente d'entretien indexable de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 et ordonn� le transfert d'un montant de 167'464 fr. pris sur la prestation de sortie du demandeur.
Statuant le 12 octobre 1999 sur appel du demandeur, la premi�re cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais a confirm� le jugement de premi�re instance.
F.- Agissant par la voie du recours en r�forme au Tribunal f�d�ral, le demandeur conclut avec suite de frais et d�pens � la r�forme du jugement cantonal en ce sens que l'action en divorce de la d�fenderesse est rejet�e, que la rente d'entretien de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 est supprim�e, subsidiairement r�duite � 800 fr. par mois, et que le transfert de son avoir LPP est supprim�, subsidiairement r�duit � 122'980 fr.; il conclut en outre au renvoi du dossier � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale. Il n'a pas �t� demand� de r�ponse.
1.- a) Selon la jurisprudence, le recours en r�forme visant uniquement � faire substituer une cause de divorce � une autre est irrecevable; en effet, le recours en r�forme n'est recevable que dans la mesure o� le recourant est l�s� non seulement par les motifs de la d�cision d�f�r�e, mais par son dispositif (ATF 107 II 292 consid. 1; 106 II 117 consid. 1). Est en revanche recevable le recours en r�forme interjet� par l'�poux innocent ou le moins coupable qui, tout en demandant lui-m�me le divorce, s'oppose � l'action en divorce de son conjoint (ATF 111 II 1 consid. 1). En l'esp�ce, le recours est ainsi recevable sous cet angle. Il l'est aussi en ce qui concerne les indemnit�s en faveur de l'�pouse, d�s lors que la contestation sur ce point porte sur une valeur d�passant largement 8'000 fr. (art. 46 OJ); les conclusions relatives auxdites indemnit�s seraient d'ailleurs de toute mani�re recevables par attraction (Poudret, Commentaire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire, vol. II, 1990, n. 1.4 ad art. 44 OJ).
b) La d�cision attaqu�e ayant �t� prononc�e avant l'entr�e en vigueur de la loi f�d�rale du 26 juin 1998 modifiant notamment le droit du divorce, le Tribunal f�d�ral applique l'ancien droit (art. 7b al. 3 tit. fin. CC).
2.- a) La cour cantonale a constat� qu'avant la "prise de conscience religieuse" op�r�e par la d�fenderesse en 1989, le lien conjugal �tait d�j� fortement compromis par la faute des deux �poux. En effet, le demandeur, en favorisant ses activit�s sportives et politiques, a viol� ses obligations envers la communaut� conjugale, d�l�guant de fait � la d�fenderesse le soin du m�nage et la laissant souvent seule avec les enfants. Quant � la d�fenderesse, son comportement envers les enfants du premier lit �tait propre � mettre en p�ril l'union conjugale. Constituait en outre une cause objective de d�sunion la culpabilit� �prouv�e par la d�fenderesse quant � son r�le dans le premier divorce de son mari (jugement attaqu�, p. 18).
S'agissant de la p�riode cons�cutive � la "prise de conscience religieuse" de la d�fenderesse, les juges cantonaux ont retenu que si l'on ne peut imputer � celle-ci une faute en raison de sa confession, la conclusion qu'elle en a tir�e, soit le refus de tout rapport intime avec son �poux, constitue une violation des r�gles du mariage civil. Toutefois, la renonciation du mari � ce type de rapports fait partie des concessions r�ciproques en vue du maintien de l'union, chaque �poux pensant que l'autre allait changer de conviction avec le temps. L'infid�lit� du mari, tol�r�e par la d�fenderesse tant qu'il s'agissait d'incartades passag�res, repr�sente une violation particuli�rement grave des devoirs conjugaux, quelles que soient les raisons qui l'ont pouss� � agir ainsi. Contrairement � son �pouse, qui a adopt� une ligne de conduite claire et honn�te � son �gard, le demandeur a choisi de tromper la confiance de sa femme, tout en l'assurant de sa volont� de respecter l'engagement pris. Le chantage au suicide de la d�fenderesse constitue �galement une faute, qui peut n�anmoins �tre qualifi�e de l�g�re au regard des circonstances (jugement attaqu�, p. 18-19).
Constatant que ni la faute du demandeur ni celle de la d�fenderesse ne d�passaient les autres causes de d�sunion, y compris les causes objectives, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'aucune action ne rencontrait l'obstacle de l'art. 142 al. 2 CC. Elle a d�s lors prononc� le divorce en admission des deux actions (jugement attaqu�, p. 19).
b) Le demandeur reproche aux juges cantonaux d'avoir viol� l'art. 142 al. 2 CC en admettant �galement l'action en divorce de la d�fenderesse. Il explique longuement que l'attitude de celle-ci consistant � nier l'existence et la validit� du lien conjugal et � refuser tout rapport intime avec son �poux constitue une faute grave qui a provoqu� la rupture du lien conjugal. La cour cantonale aurait refus� � tort de tenir compte de ce comportement fautif pour le motif que la renonciation du demandeur aux rapports intimes faisait partie des concessions r�ciproques en vue du maintien de l'union. En outre, l'adult�re du demandeur d�s 1993 ne pourrait pas �tre consid�r� comme une faute grave dans la survenance de la rupture du lien conjugal, ladite rupture �tant survenue d�s 1989. Quant au reproche fait au demandeur d'avoir tromp� la confiance de sa femme tout en l'assurant de sa volont� de respecter l'engagement pris, il concernerait un comportement secondaire pouvant tout au plus constituer une faute l�g�re et non causale.
c) La question de savoir si le conjoint qui conclut au divorce, par la voie d'une action principale ou par celle d'une demande reconventionnelle, est responsable d'une mani�re pr�pond�rante de la rupture du lien conjugal (cf. art. 142 al. 2 CC) rel�ve du droit et peut �tre examin�e librement par le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en r�forme (ATF 92 II 137 consid. 2 et les arr�ts cit�s; cf. ATF 108 II 364 consid. 2a; 111 II 1 consid. 1c non publi�). La faute pr�pond�rante au sens de l'art. 142 al. 2 CC suppose que le conjoint � qui elle est oppos�e ait commis une faute causale, ce qui est le cas si elle a provoqu� ou contribu� � provoquer la rupture du lien conjugal, et pr�pond�rante, ce qui est le cas si son importance causale d�passe nettement tous les autres facteurs qui ont amen� la d�sunion, aussi bien la faute de l'autre �poux que les facteurs objectifs (ATF 92 II 137 consid. 2; 88 II 241; 87 II 1 consid. 3; 84 II 409 consid. 2; 79 II 337 consid. 3).
d) En l'esp�ce, il ne r�sulte nullement du jugement attaqu� que le lien conjugal �tait d�j� irr�m�diablement rompu d�s 1989. Il en ressort au contraire que, quoique fortement compromise, l'union conjugale a pu �tre maintenue durant plusieurs ann�es encore gr�ce aux concessions r�ciproques des �poux; le demandeur parle d'ailleurs lui-m�me en p. 14 de son recours de "quatre ans de vie intime sacrifi�s � la sauvegarde du lien conjugal". En exposant que la renonciation du demandeur � des rapports intimes avait particip� des concessions r�ciproques effectu�es par les �poux pour maintenir l'union, la cour cantonale n'a pas refus� de tenir compte du comportement de la d�fenderesse - qu'elle a au contraire qualifi� de violation des r�gles du mariage civil - mais marqu� que le demandeur avait accept� la suspension des rapports intimes pour sauvegarder l'union conjugale, tout en esp�rant qu'avec le temps la d�fenderesse changerait d'avis. Enfin, le reproche fait par les juges cantonaux au demandeur d'avoir tromp� la confiance de sa femme tout en l'assurant de sa volont� de respecter l'engagement pris concerne certes un comportement secondaire par rapport � l'adult�re m�me, mais dont on ne saurait contester qu'il accentue la gravit� de la violation du devoir de fid�lit� entre �poux tel que pos� par l'art. 163 al. 3 CC.
e) En d�finitive, il n'appara�t pas que la cour cantonale ait viol� le droit f�d�ral en consid�rant que l'importance causale des fautes imputables � la d�fenderesse (� savoir principalement le refus de tout rapport intime avec son �poux, mais aussi le comportement envers les enfants du premier lit et le chantage au suicide de 1993) ne d�passait pas nettement tous les autres facteurs qui ont amen� la d�sunion, aussi bien les fautes du demandeur (� savoir principalement l'adult�re, mais aussi l'attitude du demandeur en relation avec celui-ci, ainsi que le fait d'avoir favoris� ses activit�s sportives et politiques au d�triment de ses obligations envers la communaut� conjugale) que les facteurs objectifs (� savoir principalement la modification des convictions religieuses de la d�fenderesse, mais aussi la culpabilit� �prouv�e par celle-ci quant � son r�le dans le premier divorce de son mari).
3.- a) Sous l'angle de l'art. 151 al. 1 CC, la cour cantonale a consid�r� que les fautes du demandeur (� savoir son manque d'implication dans la vie familiale, sa liaison ainsi que son attitude �quivoque lui permettant de conserver � la fois une �pouse et une ma�tresse) �taient plus importantes que celles qui pouvaient �tre reproch�es � la d�fenderesse (� savoir son comportement avec les enfants du premier lit et la mise en sc�ne d'une tentative de suicide).
Quant � la cessation de tout commerce intime, il ne peut selon les juges cantonaux �tre qualifi� de fautif d�s lors que ce mode de vie a �t� librement convenu par les �poux en vue de maintenir une communaut� conjugale pour les enfants et qu'il n'a pas �t� remis en cause par le mari (jugement attaqu�, p. 20).
b) Selon le demandeur, la cour cantonale aurait viol� l'art. 151 al. 1 CC en consid�rant la d�fenderesse comme l'�poux innocent et le demandeur comme le conjoint coupable. Les fautes de la d�fenderesse - telles que rappel�es ci-dessus (cf. consid. 2e) - ne sauraient en effet �tre tenues pour l�g�res au regard de l'ensemble des circonstances et des fautes imputables au demandeur. Quant � ces derni�res, qui sont survenues d�s 1993, elles ne seraient pas causales, le lien conjugal �tant rompu depuis 1989, de sorte que le demandeur ne saurait �tre qualifi� de conjoint coupable.
c) Aux termes de l'art. 151 al. 1 CC, l'�poux innocent dont les int�r�ts p�cuniaires, m�me �ventuels, sont compromis par le divorce a droit � une indemnit� �quitable de la part du conjoint coupable. Il suffit, pour qu'un �poux soit consid�r� comme coupable au sens de l'art. 151 CC, qu'il se voie reprocher une violation importante de ses devoirs conjugaux qui, �ventuellement en concours avec des facteurs objectifs, a caus� la rupture du lien conjugal (ATF 108 II 364 consid. 2a). Rev�t la qualit� de conjoint innocent l'�poux qui n'a pas commis de faute causale, � moins que celle-ci ne soit d'une gravit� particuli�re (ATF 98 II 161 consid. 5 et les arr�ts cit�s), ou dont la faute, bien que causale, n'a jou� qu'un r�le secondaire dans la d�sunion, c'est-�-dire appara�t l�g�re au regard de l'ensemble des circonstances et de la faute de l'autre conjoint (ATF 119 II 12 consid. 2a/aa, 109 II 286 consid. 5a; 108 II 364 consid. 2a); dans ce dernier cas, le juge peut aussi, en fonction des circonstances de la cause, n'allouer qu'une indemnit� r�duite (ATF 103 II 168 consid. 2; 99 II 129 et 353 consid. 1). En pr�sence de facteurs objectifs de d�sunion, il suffit ainsi d'une diff�rence relativement minime entre les fautes respectives pour reconna�tre � l'�poux le moins coupable le droit � des prestations fond�es sur l'art. 151 CC (ATF 108 II 364 consid. 2a). Le Tribunal f�d�ral revoit librement la question de savoir si, et le cas �ch�ant dans quelle mesure, les facteurs de d�sunion qui ont �t� retenus comme causals doivent �tre imput�s � faute � l'une ou � l'autre partie (ATF 108 II 364 consid. 2a, 92 II 137 consid. 2 in fine et les arr�ts cit�s).
d) Le refus de principe et durable d'un �poux d'avoir des relations sexuelles avec son conjoint, sans motifs s�rieux li�s notamment � l'�ge ou � la maladie, est contraire aux devoirs essentiels du mariage (ATF 77 II 205, 208/209; B�hler/Sp�hler, Berner Kommentar, Band II/1/1/2, n. 82 ad art. 142 CC). Un �poux ne saurait �tre li� par un engagement pris envers son conjoint de renoncer � des relations intimes, un tel engagement �tant contraire aux moeurs (ATF 77 II 205, 209).
En l'esp�ce, le demandeur n'�tait ainsi pas li� par l'engagement pris envers son �pouse, pour sauver son m�nage, de vivre avec elle "en fr�re et soeur". Toutefois, au lieu de demander le divorce pour ce motif, il a pr�f�r� maintenir l'union conjugale, d'abord, pendant quatre ann�es, au prix d'un effort de chastet� tout � fait m�ritoire, puis, d�s f�vrier 1993, par une liaison r�guli�re qu'il a d'abord cach�e, puis ni�e avant de la qualifier d'�garement tout en la poursuivant.
C'est d�s lors � raison que la cour cantonale a reproch� au demandeur, outre l'adult�re m�me - dont le demandeur ne saurait pr�tendre qu'il n'�tait pas causal dans la rupture du lien conjugal (cf. consid. 2d supra) -, "son attitude �quivoque lui permettant de conserver tout � la fois une �pouse et une ma�tresse". Il convient d'ailleurs de souligner que c'est en d�finitive la d�fenderesse, et non le demandeur, qui a pris l'initiative de la s�paration. Eu �gard � ces circonstances tr�s particuli�res, m�me en admettant que la faute de la d�fenderesse ait jou� un r�le dans la d�sunion - ce que le jugement attaqu� ne constate pas clairement -, ce r�le appara�trait secondaire et la faute de la d�fenderesse encore l�g�re au regard de la faute du demandeur et des facteurs objectifs de d�sunion.
4.- a) La cour cantonale a confirm� la condamnation du demandeur � verser � la d�fenderesse une rente d'entretien indexable de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004. Elle a retenu que la d�fenderesse r�alisait depuis l'ann�e scolaire 1998/1999 un salaire net de 2'300 fr. par mois, le demandeur r�alisant quant � lui un revenu net de 8'600 fr. par mois. Au vu de ces circonstances, les juges cantonaux ont consid�r� qu'une contribution mensuelle de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 �tait tout � fait adapt�e au cas d'esp�ce. En effet, ce montant repr�sente moins de 15% du revenu de l'�poux et tient d�j� compte de la r�duction due � la l�g�re responsabilit� de la d�fenderesse. En outre, apr�s s'�tre acquitt� des contributions � l'entretien de Marie (615 fr. par mois) de Thomas (715 fr. par mois jusqu'� sa majorit�, atteinte le 19 novembre 1999) et de la d�fenderesse, le demandeur dispose de plus de 6'000 fr. par mois, contre 3'500 fr. pour la d�fenderesse (jugement attaqu�, p. 22).
b) Le demandeur soutient que la cour cantonale a mal appliqu� les principes r�gissant la fixation du montant de la rente d'entretien. En effet, en partant du principe que le demandeur consacrait � son �pouse et � ses enfants un tiers de ses revenus mensuels nets, soit 2'866 fr., il fallait d�duire de cette somme les revenus acquis par la d�fenderesse apr�s la s�paration (2'300 fr.), dont � soustraire sa part � l'entretien de l'enfant Marie (485 fr.); du solde de 1'051 fr. ainsi obtenu (2'866 fr. - 2'300 fr. + 485 fr.), il fallait d�duire 25% pour tenir compte de la faute concurrente de la d�fenderesse, ce qui ramenait la rente due � 800 fr. par mois.
c) Le juge requis d'allouer une indemnit� selon l'art. 151 al. 1 CC doit rechercher si et dans quelle mesure la situation �conomique pr�sente et future de l'�poux innocent sera compromise par le divorce; l'art. 151 CC vise en effet � assurer au conjoint innocent la r�paration du dommage p�cuniaire r�sultant pour lui du divorce, notamment de la perte du droit � l'entretien (ATF 116 II 101 consid. 5a et les arr�ts cit�s; 108 II 25 consid. 3a p. 29; cf. ATF 117 II 211 consid. 3a). La fixation du montant de l'indemnit� rel�ve de l'appr�ciation du juge, qui applique les r�gles du droit et de l'�quit� (art. 4 CC) en tenant compte de toutes les circonstances du cas particulier (ATF 116 II 103 consid. 2f).
d) Le demandeur pr�tend partir, pour fixer le montant de la rente due � la d�fenderesse, de la jurisprudence selon laquelle le mari consacre ordinairement un bon tiers au plus de son gain mensuel � son �pouse (ATF 90 II 69 consid. 5 p. 75; 84 II 417). Ce faisant, il oublie que le dommage p�cuniaire r�sultant du divorce comprend �galement celui li� � la constitution de deux m�nages s�par�s. Disposant apr�s le divorce d'un revenu mensuel net total de 3'500 fr., la d�fenderesse subit assur�ment une baisse notable de son train de vie par rapport � celui dont elle jouissait pendant le mariage. En consid�rant qu'une rente mensuelle de 1'200 fr. par mois jusqu'en mars 2004 �tait adapt�e au cas d'esp�ce et tenait d�j� compte de la r�duction due � la l�g�re responsabilit� de la d�fenderesse, la cour cantonale est ainsi rest�e tout � fait dans les limites de la libert� d'appr�ciation que lui conf�re le droit f�d�ral.
5.- a) La cour cantonale a �galement confirm� le transfert en faveur de la d�fenderesse d'un montant de 167'464 fr. pr�lev� sur la prestation de sortie accumul�e durant le mariage par le demandeur, qui correspondait au 30 septembre 1999 � 368'940 fr. Elle a tenu compte pour cela de l'ensemble des circonstances personnelles et financi�res des parties, notamment du fait que la d�fenderesse a cess� toute activit� lucrative pendant les dix ans qu'a dur� le mariage et qu'elle r�alise un salaire relativement bas, au contraire du demandeur qui est mieux en mesure de reconstituer une pr�voyance professionnelle (jugement attaqu�, p. 24/25).
b) Le demandeur reproche aux juges cantonaux de n'avoir pas suffisamment tenu compte du fait qu'�tant �g� de 53 ans, il ne dispose que de douze ans pour reconstituer sa pr�voyance professionnelle, tandis que la d�fenderesse, �g�e de 43 ans, dispose pour cela de pr�s de vingt ans. De plus, l'autorit� cantonale, qui a estim� que la rente d'entretien selon l'art. 151 al. 1 CC devait �tre r�duite pour tenir compte de la l�g�re responsabilit� de la d�fenderesse, aurait d� r�duire dans la m�me mesure le montant � transf�rer selon l'art. 22 LFLP.
c) L'art. 22 LFLP, qui permet au juge d'ordonner le transfert d'une partie de prestation de sortie acquise par un conjoint pendant la dur�e du mariage � l'institution de pr�voyance de l'autre �poux, doit �tre interpr�t� dans l'optique du nouveau droit du divorce en vigueur d�s le 1er janvier 2000, qui pr�voit le partage par moiti� des prestations de sortie acquises pendant le mariage (art. 122 nCC; cf. Rita Trigo Trindade, in SJ 1995 p. 441 ss, 451/452). Tel doit tout particuli�rement �tre le cas lorsque, comme en l'esp�ce, l'�pouse n'a pas exerc� d'activit� lucrative pendant le mariage pour se consacrer au m�nage et � l'�ducation des enfants, et est ainsi cens�e avoir besoin d'un important transfert de pr�voyance selon l'art. 22 LFLP (cf. Rita Trigo Trindade, in SJ 1995 p. 465).
d) En l'occurrence, l'autorit� cantonale a correctement consid�r� que le demandeur, qui continuera de cotiser encore pendant pr�s de 12 ans sur un salaire important, peut c�der une partie importante de sa prestation de sortie � la d�fenderesse sans compromettre gravement sa retraite. Elle a de m�me correctement �valu� les besoins de pr�voyance de l'�pouse, qui, si elle pourra cotiser sur quelques ann�es de plus que le demandeur, ne pourra le faire que sur un salaire nettement plus bas, m�me lorsqu'elle sera en mesure de travailler � plein temps. Quant � la r�duction pour l�g�re responsabilit� de la d�fenderesse, il convient de souligner que cette r�duction est largement laiss�e � l'appr�ciation du juge (cf. consid. 3c supra) et qu'elle ne doit ainsi en particulier pas n�cessairement toucher dans la m�me mesure les diff�rentes modalit�s d'indemnisation de l'�poux innocent que repr�sentent l'allocation d'une rente d'entretien et le transfert d'une partie de la prestation de sortie de l'autre �poux selon l'art. 22 LFLP (cf. ATF 121 III 297 consid. 4b; 124 III 52 consid. 2b/aa). Au surplus, le transfert ordonn� par la cour cantonale ne porte que sur le 45% environ de la prestation de sortie acquise par le demandeur pendant la dur�e du mariage, de sorte que l'on peut consid�rer qu'il est ainsi tenu compte de la l�g�re responsabilit� de la d�fenderesse.
6.- En conclusion, le recours doit �tre int�gralement rejet� et le jugement attaqu� confirm�. Le demandeur, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 156 al. 1 OJ). Il n'y a en revanche pas lieu d'allouer de d�pens d�s lors que la d�fenderesse n'a pas �t� invit�e � proc�der et n'a en cons�quence pas assum� de frais en relation avec la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral (art. 159 al. 1 et 2 OJ; Poudret/Sandoz-Monod, Commentaire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire, vol. V, Berne 1992, n. 2 ad art. 159 OJ).
3. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties et � la premi�re cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais.