Source: https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-8-2016-0136_FR.html
Timestamp: 2020-07-04 18:42:58+00:00
Document Index: 78336654

Matched Legal Cases: ["l'article 34", "l'article 34", "l'article 25", "l'article 9", "l'article 9", "l'article 5", "l'article 7", "l'article 7"]

Textes adoptés - Remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté dans le contexte de l'augmentation des coûts des ménages - Jeudi 14 avril 2016
Procédure : 2015/2223(INI)
Cycle relatif au document : A8-0040/2016
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Résolution du Parlement européen du 14 avril 2016 intitulé "Remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté dans le contexte de l'augmentation des coûts des ménages" (2015/2223(INI))
– vu le traité sur l'Union européenne (traité UE), et notamment son article 3, et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (traité FUE), et notamment son article 9,
– vu la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et notamment son article 1 et son article 34, paragraphe 3,
– vu le règlement (UE) 2015/1017 du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2015 sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, la plateforme européenne de conseil en investissement et le portail européen de projets d'investissement et modifiant les règlements (UE) n° 1291/2013 et (UE) n° 1316/2013(1),
– vu le règlement (UE) n° 223/2014 du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2014 relatif au Fonds européen d'aide aux plus démunis(2),
– vu le règlement (UE) n° 1301/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au Fonds européen de développement régional et aux dispositions particulières relatives à l'objectif "Investissement pour la croissance et l'emploi", et abrogeant le règlement (CE) n° 1080/2006(4),
– vu le règlement (UE) n° 1303/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen, au Fonds de cohésion, au Fonds européen agricole pour le développement rural et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche relevant du cadre stratégique commun, et portant dispositions générales applicables au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen et au Fonds de cohésion et abrogeant le règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil(5),
– vu la directive 2014/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur la comparabilité des frais liés aux comptes de paiement, le changement de compte de paiement et l'accès à un compte de paiement assorti de prestations de base(6),
– vu la directive 2012/27/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relative à l'efficacité énergétique, modifiant les directives 2009/125/CE et 2010/30/UE et abrogeant les directives 2004/8/CE et 2006/32/CE(7), ainsi que sa résolution du 15 décembre 2010 sur la révision du plan d'action pour l'efficacité énergétique(8),
– vu la directive 2010/31/UE du Parlement européen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la performance énergétique des bâtiments(9),
– vu la communication de la Commission du 27 octobre 2015 intitulée "Programme de travail de la Commission pour 2016 - L'heure n'est plus à une gestion conventionnelle" (COM(2015)0610),
– vu la communication de la Commission du 5 mars 2014 intitulée "État des lieux de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive" (COM(2014)0130),
– vu la communication de la Commission intitulée "Plateforme européenne contre la pauvreté et l'exclusion sociale: un cadre européen pour la cohésion sociale et territoriale" (COM(2010)0758) et les avis du Comité économique et social européen et du Comité des régions, ainsi que sa résolution du 15 novembre 2011(10) sur le sujet,
– vu la communication de la Commission du 3 mars 2010 intitulée "Europe 2020 – Une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive" (COM(2010)2020), ainsi que sa résolution du 16 juin 2010 sur la stratégie Europe 2020(11),
– vu la résolution 64/292 de l'Assemblée générale des Nations unies du 28 juillet 2010 intitulée "Le droit de l'homme à l'eau et à l'assainissement"(12),
– vu le projet pilote de la Commission visant à l'élaboration d'une méthode commune pour l'établissement de budgets de référence en Europe,
– vu le rapport du Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF (2012) intitulé "Mesurer la pauvreté des enfants: nouveaux tableaux de classement de la pauvreté des enfants dans les pays riches"(13),
– vu le rapport du Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF (2014) intitulé "Les enfants de la récession: impact de la crise économique sur le bien-être des enfants dans les pays riches"(14),
– vu la revue trimestrielle de l'emploi et de la situation sociale dans l'UE de septembre 2015 publiée par la Commission(15),
– vu l'avis du Comité économique et social européen du 15 juin 2011 sur la "Plateforme européenne contre la pauvreté et l'exclusion sociale: un cadre européen pour la cohésion sociale et territoriale"(16),
– vu le rapport de l'OCDE du 21 mai 2015 intitulé "Tous concernés: Pourquoi moins d'inégalités profite à tous",
– vu l'avis du Comité économique et social européen du 18 septembre 2013 sur "Pour une action européenne coordonnée pour prévenir et combattre la pauvreté énergétique"(17),
– vu l'avis du Comité économique et social européen du 10 décembre 2013 sur le "Revenu européen minimum et indicateurs de pauvreté"(18),
– vu l'avis du Comité des régions du 31 mars 2011 sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l'exclusion sociale(19),
– vu l'avis commun du Comité de l'emploi et du Comité de la protection sociale du 3 octobre 2014 sur l'examen à mi-parcours de la stratégie Europe 2020(20),
– vu le rapport annuel du Comité de la protection sociale du 10 mars 2015 intitulé "Social situation in the European Union (2014)"(21),
– vu les études intitulées "The State of Lending: The Cumulative Costs of Predatory Practices"(22) (l'état des prêts: coûts cumulatifs des pratiques prédatrices), de juin 2015, et "Le panier de la ménagère ... pauvre"(23), d'août 2008,
– vu l'avis du Comité de la protection sociale du 15 février 2011 intitulé "La plateforme européenne contre la pauvreté et l'exclusion sociale: initiative phare de la stratégie Europe 2020"(24),
– vu sa résolution du 8 septembre 2015 sur le suivi de l'initiative citoyenne européenne "L'eau, un droit humain" (Right2Water)(25),
– vu sa résolution du 8 juillet 2015 sur l'initiative pour l'emploi vert: exploiter le potentiel de création d'emplois de l'économie verte(26),
– vu la décision (UE) 2015/1848 du Conseil du 5 octobre 2015 relative aux lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres pour 2015(27) ainsi que sa position du 8 juillet 2015 sur la proposition de décision du Conseil relative aux lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres(28),
– vu sa résolution du 27 novembre 2014 sur le 25e anniversaire de la convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant(29),
– vu sa résolution du 11 juin 2013 sur le logement social dans l'Union européenne(30),
– vu sa résolution du 4 juillet 2012 contenant des recommandations à la Commission sur l'accès aux services bancaires de base(31),
– vu sa résolution du 20 octobre 2010 sur le rôle du revenu minimum dans la lutte contre la pauvreté et la promotion d'une société inclusive en Europe(32),
– vu le rapport de la commission de l'emploi et des affaires sociales et l'avis de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres (A8-0040/2016),
A. considérant qu'entre 2008 et 2013, le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'Union européenne est passé de 117 millions à 122,6 millions; qu'en 2013, 16,7 % de la population de l'Union européenne était à risque de pauvreté après transferts sociaux, 9,6 % était dans une situation de privation matérielle grave et 10,7 % des ménages étaient considérés comme étant à très faible intensité de travail; que cette évolution va à l'encontre de l'objectif stratégique de l'Union européenne défini dans sa stratégie Europe 2020 et visant à réduire d'au moins 20 millions le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l'exclusion sociale d'ici 2020;
B. considérant que, selon la méthode d'Eurostat, le seuil de risque de pauvreté est fixé à 60 % du revenu disponible équivalent médian national;
C. considérant que les économies d'énergie et l'amélioration de l'efficacité, compte tenu notamment du parc immobilier, permettraient à de nombreux ménages de se soustraire à la précarité énergétique; que 10 % des citoyens de l'Union étaient en retard de paiement de leurs factures d'énergie en 2015 (37 % dans l'État membre le plus affecté); que 12 % des citoyens de l'Union n'étaient pas en mesure de chauffer correctement leur logement en 2014 (60 % dans l'État membre le plus affecté); que 16 % de la population de l'Union vivait dans des logements dont le toit perçait et les murs étaient humides en 2014 (33 % dans l'État membre le plus affecté) d'après les statistiques SILC;
D. considérant que le nombre de chômeurs de longue durée dépasse les 12 millions de personnes, dont 62 % sont au chômage depuis plus de deux années consécutives; que les chômeurs de longue durée sont davantage susceptibles de connaître la pauvreté et l'exclusion sociale;
E. considérant l'importance du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) et de sa pérennité à l'heure où la crise sociale touche de plus en plus d'Européens;
F. considérant que l'article 34, paragraphe 3, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne stipule qu'afin de lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'Union reconnait et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes;
G. considérant que dans certains pays, le prix des biens et services essentiels a parfois augmenté relativement rapidement tout comme, dès lors, les dépenses des ménages;
H. considérant que, parmi les groupes les plus vulnérables, on retrouve systématiquement les "pauvres chroniques", souvent des chômeurs de longue durée, mais parfois des travailleurs touchant un salaire faible, des célibataires vivant seuls avec des enfants et se trouvant sans emploi ou travaillant en moyenne moins longtemps qu'un soutien familial principal;
I. considérant qu'à l'heure actuelle, il n'existe encore aucun indicateur certain sur l'extrême pauvreté;
J. considérant que les logements inadéquats ou en mauvais état réduisent considérablement les chances de mener une vie normale; que la qualité des logements (comprenant une isolation appropriée, etc.) des personnes se trouvant dans des situations de vulnérabilité a diminué lors de la crise en raison de l'incapacité de ceux-ci de financer l'entretien de leur logement; que vivre pendant longtemps dans un logement de mauvaise qualité peut nuire à la santé;
K. considérant que l'augmentation des dépenses des ménages dues au coût du logement, de l'alimentation, des charges (électricité, gaz et eau), des transports, des frais médicaux ou des coûts liés à l'éducation rend difficile la concrétisation de l'objectif de lutte contre la pauvreté fixé par la stratégie Europe 2020;
L. considérant que, dans de nombreux pays de l'Union européenne, le coût des biens et des services de base et essentiels a augmenté rapidement au cours des dernières années, entraînant une augmentation des dépenses générales des ménages;
M. considérant que la crise économique et financière et la baisse des revenus des ménages sont autant d'éléments qui ont conduit à une hausse du chômage et de l'exclusion sociale au sein de l'Union, en particulier parmi les groupes de la population les plus vulnérables, d'où une pression croissante sur les services sociaux;
N. considérant que le chômage des jeunes, déjà plus élevé que pour les autres classes d'âge, a explosé dans l'Union européenne depuis la crise pour dépasser les 20 %, ce qui risque de les faire basculer dans la pauvreté dès leur plus jeune âge; que les observations finales du Comité des droits de l'enfant des Nations unies sur les derniers rapports périodiques de certains pays européens font état d'une hausse du taux de pauvreté et/ou du taux de risque de pauvreté chez les enfants en raison de la crise économique; que cette hausse affecte les droits à la santé, à l'éducation et la protection sociale;
O. considérant que la pauvreté, qui est élevée depuis de très nombreuses années dans les États membres, a un impact de plus en plus important sur l'économie, nuit à la croissance économique, augmente les déficits des budgets publics et diminue la compétitivité européenne;
P. considérant que l'absence de logement adéquat et de chauffage suffisant a des conséquences négatives sur la santé, l'éducation, l'inclusion sociale et l'emploi des personnes, en particulier les plus vulnérables; que des personnes souffrent de ne pouvoir chauffer leur logement tant dans les États membres du Nord que du Sud; que, selon les statistiques communautaires sur le revenu et les conditions de vie (SILC), la surcharge des coûts du logement (par statut d'occupation du logement) est plus élevée pour les locataires du secteur locatif privé dans certains États membres, ce qui peut s'expliquer par la mauvaise qualité et les prix élevés des logements; que de nombreuses familles ont du mal à payer le prix des biens et services essentiels, notamment en raison de la hausse des prix de l'énergie;
Q. considérant que la précarité énergétique est liée à la pauvreté générale et résulte de plusieurs conditions sous-jacentes, dont les problèmes de santé et de handicap, le manque d'accès à des offres adaptées aux consommateurs ou à des services en ligne, le faible niveau des revenus, le type de système de chauffage utilisé dans les ménages ainsi que la qualité et la performance énergétique du parc de logement;
R. considérant que les chômeurs, les familles monoparentales, les familles à faible revenu, les veufs et veuves, les malades chroniques, les personnes âgées, les jeunes, les personnes handicapées et les minorités figurent souvent parmi les personnes les plus vulnérables menacées de pauvreté et souffrent tout particulièrement du coût élevé de la vie;
S. considérant que, du fait de l'écart important entre les États membres en matière de fourniture de services de protection sociale et de revenu minimum, l'aide sociale réduit le risque de pauvreté de 60 % dans certains États membres et de seulement 15 % dans d'autres; que l'incidence moyenne de la fourniture de services de protection sociale sur la réduction du risque de pauvreté dans l'Union européenne est de 35 %;
T. considérant que le prochain rapport d'Eurofound intitulé "Housing in Europe" (le logement en Europe) comprendra une évaluation selon laquelle les dépenses médicales découlant des insuffisances actuelles en matière de logement (habitation) (données relatives à 2011) coûtent au total plus de 170 milliards d'EUR par an aux économies des 28 États membres de l'Union européenne; que la réalisation de tous les travaux de réparation réduirait les coûts médicaux de quelque 8 milliards d'EUR au cours de la première année, ce qui continuerait à apporter des avantages à l'avenir;
U. considérant que l'ONU a affirmé que le droit humain à l'eau et à l'assainissement donne à chacun le droit à une eau salubre, de qualité, physiquement accessible, d'un coût abordable, en quantité suffisante et d'une qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques; que l'ONU a en outre recommandé que le prix de ces services, lorsqu'ils sont payants, ne dépasse pas 3 % du revenu d'un ménage; que la privatisation des services liés à l'eau a des effets négatifs sur les ménages vivant dans des situations de pauvreté ou exposés au risque de pauvreté;
V. considérant que la pauvreté énergétique est un problème d'une importance croissante en Europe et qu'il est probable que ce problème empire au cours des prochaines années, du fait des augmentations prévues des prix de l'énergie, de la hausse concomitante de l'inégalité des revenus et de la pauvreté en général, de l'absence de systèmes de chauffage adéquats, ainsi que de la piètre qualité générale des systèmes d'isolation des logements, en particulier dans les pays méditerranéens;
W. considérant que dans l'Union européenne, les femmes sont 12 millions de plus que les hommes à vivre dans la pauvreté; que les facteurs contribuant à ces inégalités sont notamment l'écart de rémunération et de pension entre hommes et femmes, le fait qu'une grande proportion de femmes occupe des emplois précaires et que les femmes sont souvent contraintes à l'inactivité économique en raison du coût prohibitif des services de garde d'enfants;
X. considérant que les écarts entre hommes et femmes sur le plan de la rémunération, du temps de travail et de la durée de la vie active des femmes au cours de leur vie active ont des conséquences directes sur leur vie de retraitées; que les femmes de plus de 65 ans sont nettement plus exposées au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale que leurs homologues masculins puisque le niveau moyen de retraite d'une femme est actuellement inférieur, voire souvent très inférieur à celui d'un homme;
Y. considérant que l'Union de l'énergie doit apporter des réponses efficaces à la pauvreté énergétique, qui touche plus de 100 millions d'Européens, en améliorant la situation et l'efficacité énergétique des consommateurs les plus vulnérables et en élaborant des mesures correctives qui permettent aux personnes dans le besoin d'avoir de l'énergie à un coût abordable;
Z. considérant que la directive 2012/27/UE invite les États membres à élaborer des programmes visant à sensibiliser, à informer et à conseiller les particuliers et les ménages sur l'efficacité énergétique;
AA. considérant que comme la situation de pauvreté d'une famille est quelque chose d'indivisible, il convient de souligner l'incidence de l'aspect énergétique sur cette situation de pauvreté;
AB. considérant qu'une rénovation du parc national de bâtiments en vue d'améliorer l'efficacité énergétique aura une incidence directe sur la réduction des coûts énergétiques, en particulier pour les familles à faible revenu, et encouragera la création d'emploi;
AC. considérant que 22 348 834 ménages (environ 11 % de la population de l'Union européenne) consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au logement; que la surcharge des coûts du logement a été définie comme une "tendance sociale à surveiller" dans le cadre du semestre européen; que 21 942 491 ménages (environ 10,8 % de la population de l'Union européenne) éprouvent des difficultés à maintenir une température adéquate dans leur logement; que l'Union européenne et les États membres doivent établir, mettre en œuvre et garantir d'urgence des mesures permettant aux ménages de faire face au coût du logement, dont des aides au logement;
AD. considérant que les prix de l'énergie convergent en Europe plus rapidement que ne s'amenuisent les disparités de pouvoir d'achat;
AE. considérant que l'accès au logement est un droit fondamental qui peut être considéré comme une condition préalable à l'exercice des autres droits fondamentaux, à leur accès et à l'accès à une vie digne; que la garantie de l'accès à une assistance au logement décent et adéquat relève d'une obligation internationale des États membres que l'Union doit prendre en considération, le droit à un accès au logement et à une assistance au logement étant reconnu à la fois à l'article 34 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, aux articles 30 et 31 de la charte sociale révisée du Conseil de l'Europe, à l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que dans de nombreuses constitutions des États membres;
AF. considérant que le logement représente le poste de dépense le plus important des ménages européens; que l'envolée des prix liés au logement (foncier, propriété, location, consommation énergétique) constitue une source d'instabilité et d'anxiété et doit être considérée comme un sujet de préoccupation majeur;
AG. considérant que la privation de logement et la précarité énergétique sont plus importantes dans les pays disposant d'une part plus faible de logements sociaux locatifs (c'est-à-dire les pays orientaux et méditerranéens);
AH. considérant que le pourcentage du parc locatif social par rapport au parc total de logement indique que les pays occidentaux et nordiques disposent d'une proportion plus élevée de logements sociaux publics par rapport à la moyenne européenne et que les pays d'Europe orientale et les pays méditerranéens disposent d'un parc de logements sociaux minimal (d'environ 5 %) ou sont complètement dépourvus de secteur de logement social;
AI. considérant que des études d'Eurofound indiquent que les "arriérés des factures de services publics" comptent parmi les principaux types de dettes contractées par de nombreuses personnes à faible revenu, fait qui est parfois négligé;
AJ. considérant que le logement social joue un rôle essentiel dans la réalisation de l'objectif de réduction de la pauvreté de la stratégie Europe 2020 car il contribue à assurer des niveaux élevés d'emploi, d'inclusion sociale et de cohésion sociale, favorise la mobilité professionnelle et permet de lutter contre la précarité;
AK. considérant que le rapport d'Eurofound intitulé "Accès aux prestations sociales: réduire l'absence de couverture" souligne clairement que les prestations sociales et les régimes de revenu minimum n'atteignent pas toujours ceux qui y ont droit; qu'il ne suffit pas d'établir ces systèmes, mais qu'il convient de veiller à ce que les ayants droit bénéficient des aides qui leur sont destinées; qu'il faut également tenir compte du fait que des économies sont réalisées à plus long terme grâce au fait que les prestations sociales ont atteint leurs populations cibles de manière rapide, efficace et efficiente;
AL. considérant que la crise a eu des conséquences sur les conditions d'accès au logement des ménages ainsi que sur l'investissement dans les logements sociaux dans l'Union, que les dépenses publiques consacrées aux investissements dans les logements sociaux en ont été largement affectées et que cela impose aux États membres et à l'Union d'agir d'urgence pour garantir le droit à l'accès à un logement décent et abordable;
AM. considérant que la pauvreté et l'exclusion sociale restent un déterminant social clé de l'état de santé et des conditions de vie, y compris l'espérance de vie, notamment vu l'impact de la pauvreté infantile sur la santé et le bien-être des enfants; que l'écart en matière de santé entre riches et pauvres demeure important en ce qui concerne l'accès abordable aux services de santé, les revenus et les richesses, et qu'il continue de se creuser dans certains domaines;
AN. considérant que le Comité de protection sociale de l'Union européenne, dans son avis du 20 mai 2010, s'est inquiété du fait que la crise économique et financière actuelle pourrait avoir des incidences négatives sur l'accès des citoyens aux soins de santé et sur les budgets de la santé des États membres;
AO. considérant que la crise économique et financière actuelle est susceptible d'avoir un impact grave sur le secteur des soins de santé dans plusieurs États membres, à la fois en termes d'offre et de demande;
AP. considérant que les restrictions entraînées par la crise économique et financière actuelle pourraient nuire gravement à la viabilité financière et organisationnelle à long terme des systèmes de santé des États membres et, partant, entraver l'égalité d'accès aux soins sur leur territoire;
AQ. considérant que la combinaison de la pauvreté et d'autres facteurs de vulnérabilité (tels l'enfance ou la vieillesse, le handicap ou l'appartenance à une minorité) accroît encore les risques d'inégalités en matière de santé et que, à l'inverse, une santé médiocre peut mener à la pauvreté et/ou à l'exclusion sociale;
AR. considérant que, selon les derniers chiffres d'Eurostat, 21 % des ménages de l'UE-28 ne disposent pas d'un accès à l'internet et que 20 % des 16 à 74 ans déclarent n'avoir jamais utilisé l'internet; que c'est aux Pays-Bas que la proportion des ménages disposant d'un accès à l'internet est la plus élevée (95 %) alors qu'avec 54 % des ménages disposant d'un accès à l'internet, la Bulgarie ferme la marche;
AS. considérant que le marché unique numérique est l'une des 10 priorités de la nouvelle Commission et qu'à l'avenir, 90 % des emplois exigeront un minimum de compétences informatiques; que si 59 % des citoyens européens ont un accès au réseau 4G, dans les zones rurales, ce pourcentage ne dépasse pas le cap des 15 %;
AT. considérant qu'un emploi décent reste la meilleure manière de s'éloigner du risque de pauvreté et d'exclusion sociale et que la maitrise et l'accès aux technologies de l'information et de la communication sont des atouts indéniables dans la recherche d'un emploi;
AU. considérant que la résolution 64/292 de l'Assemblée générale des Nations Unies du 28 juillet 2010 intitulée "Le droit de l'homme à l'eau et à l'assainissement" reconnait le droit à une eau potable, salubre et propre comme un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l'homme;
AV. considérant que le caractère transversal de la dimension hommes-femmes de la pauvreté appelle une stratégie globale de lutte contre la discrimination multiple et les questions telles que le logement, les dépenses énergétiques, les services publics, la sécurité de l'emploi, l'emploi précaire et les politiques fiscales;
AW. considérant que, sans la lutte résolue contre la pauvreté des femmes, les objectifs en matière de lutte contre la pauvreté ne peuvent être réalisés, l'égalité entre les hommes et les femmes, le renforcement de l'autonomie économique des femmes et leur émancipation étant indispensables à une convergence vers le haut en matière de réduction de la pauvreté;
AX. considérant que la collecte de données et la définition de politiques en matière de lutte contre la pauvreté, de coût de la vie et de revenu fondées sur les ménages en tant qu'unités constitutives présuppose l'uniformité et la répartition équitable des ressources entre les membres du ménage; que, dans la pratique, la composition des ménages varie et que cette répartition peut être inégale et déterminée par la dimension hommes-femmes, ce qui implique d'adopter des politiques en fonction des coûts et du revenu individuels;
AY. considérant que 17 % des ménages monoparentaux, dont le chef de famille est en grande majorité une femme, sont incapables de prendre en charge le chauffage de leur domicile, par rapport à 10 % seulement de la population en général; que les prix de gros de l'énergie ont diminué alors que les prix de détail ont augmenté, poussant les coûts à la hausse; qu'il n'existe malheureusement pas de définition de la pauvreté énergétique à l'échelle de l'Union alors que ce phénomène affecte les femmes de manière disproportionnée;
AZ. considérant que le taux de chômage des jeunes femmes est plus élevé que celui des autres groupes d'âge, ce qui expose les jeunes femmes au risque de tomber dans la pauvreté à un âge précoce;
BA. considérant que si l'augmentation des coûts des ménages et la charge supplémentaire que représente le coût du logement figurent parmi les facteurs du sans-abrisme des femmes, il y a lieu d'étudier de manière plus approfondie le taux de femmes qui perdent ou qui quittent leur logement ainsi que les causes de ce phénomène; que l'endettement des ménages et des particuliers est directement lié aux coûts des ménages et qu'il représente un facteur clé de la pauvreté et de l'exclusion sociale;
Sur la base des recommandations formulées dans la présente résolution:
1. invite la Commission et les États membres à investir pleinement dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale et à adopter une approche intégrée pour lutter contre ses diverses formes au moyen d'une approche globale regroupant les politiques économiques, les politiques d'éducation, les politiques d'emploi, les politiques d'énergie, les politiques des transports et les politiques sociales sur la base des meilleures pratiques;
2. demande aux États membres de signer un moratoire sur les coupures de chauffage en hiver de façon à garantir qu'aucun ménage ne puisse être privé d'énergie pendant une période hivernale définie et que ceux qui en sont privés soient reconnectés, en soulignant que les coûts qui en découlent relèvent par nature de la responsabilité publique puisque les politiques sociales relèvent avant tout de la responsabilité des autorités; demande aux États membres d'évaluer les mesures nécessaires pour respecter les normes de confort thermique fixées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS);
3. invite la Commission à effectuer une analyse d'impact sur les régimes de revenu minimum dans l'Union européenne, à envisager de nouvelles mesures tenant compte du contexte économique et social de chaque État membre et à évaluer si ces régimes permettent aux ménages de satisfaire les besoins personnels fondamentaux; invite la Commission à évaluer sur cette base la manière et les moyens de garantir, au niveau des États membres, un revenu minimum satisfaisant, conformément aux pratiques et traditions nationales et dans le respect des caractéristiques de chacun d'eux, afin de soutenir la convergence sociale dans toute l'Union;
4. demande aux États membres de veiller à ce que les autorités nationales, régionales et locales utilisent de manière plus efficace, plus ciblée et plus prudente les Fonds structurels et d'investissement européens (Fonds ESI) dans leur lutte contre la précarité énergétique, la hausse du coût de la vie, l'exclusion sociale, la privation de logement et la mauvaise qualité du parc de logements; estime que la Commission devrait autoriser une plus grande flexibilité dans ce domaine;
5. invite la Commission et les États membres à consacrer un sommet à la réduction de la pauvreté, de l'extrême pauvreté et de l'exclusion sociale et à l'accès à une vie décente;
Des politiques européennes visant à remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté
6. déplore la hausse du nombre de personnes touchées ou menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale alors même que la stratégie Europe 2020 vise à réduire d'au moins 20 millions le nombre de personnes appartenant à ces catégories; déplore également que les indicateurs de pauvreté ne se soient améliorés que dans certains États membres; invite la Commission et les États membres à renouveler leur engagement à atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté, qui s'éloigne de plus en plus:
7. invite les États membres à garantir à tous une aide au revenu appropriée, y compris un revenu minimum tant que cette aide s'avère nécessaire, et à apporter diverses formes de compensation, essentielles lorsque, dans une situation de pauvreté, il est impossible de réduire les coûts à court terme; souligne l'importance de définir des critères d'éligibilité afin de pouvoir bénéficier d'un régime de revenu minimum suffisant;
8. demande aux États membres de réexaminer et d'adapter toute politique susceptible d'entraîner une hausse de la pauvreté;
9. demande à la Commission d'étudier la possibilité de prolonger le Fonds européen d'aide aux plus démunis au-delà de la période de programmation 2014-2020, ainsi que de veiller à une meilleure coordination avec les autres fonds européens, notamment le Fonds social européen (FSE), et avec les politiques actives de l'emploi, afin de faciliter l'entrée des plus démunis sur le marché du travail, et d'évaluer dans quelle mesure les groupes de population les plus défavorisés et les plus vulnérables, comme les jeunes femmes, les familles monoparentales et les femmes handicapées ou âgées ont bénéficié du programme;
10. demande aux États membres de faciliter l'accès des structures associatives de lutte contre la pauvreté aux financements européens du FEAD sans rajouter de lourdeurs administratives pour ces structures qui sont souvent en sous-effectif;
11. demande à la Commission et aux États membres d'établir des mécanismes de reconnaissance des compétences acquises de manière formelle et informelle;
12. souligne que, lors de la mise en œuvre d'instruments tels que la garantie pour la jeunesse, ces instruments doivent avoir une vue d'ensemble de la structure de l'emploi dans les régions où ils sont mis en œuvre, ce qui nécessite la mise à niveau des centres pour l'emploi, à savoir la prise en charge des utilisateurs en tenant compte de toutes leurs spécificités, l'amélioration de leurs compétences et une attention ciblée aux secteurs de développement dans le cadre de contacts directs avec les entrepreneurs afin que ces derniers puissent faire part de leurs besoins en matière de compétences;
13. salue l'intention de la Commission de proposer la création d'un pilier européen des droits sociaux; rappelle que ce pilier doit respecter les dispositions de l'article 9 du traité FUE;
14. soutient l'intention de la Commission de parvenir à un "triple A social" pour l'Union en présentant de nouvelles mesures destinées à améliorer l'efficacité des politiques sociales et d'emploi, notamment par une stratégie claire en matière de lutte contre les aspects de l'exclusion sociale liés à la dimension hommes-femmes;
15. invite la Commission et les États membres à élaborer, à adopter et à mettre en œuvre, conformément à la stratégie Europe 2020, un cadre européen de mesures et d'actions concrètes visant à réduire la pauvreté et l'exclusion sociale, y compris la précarité énergétique;
16. rappelle l'avis du Comité économique et social européen intitulé "Pour une action européenne coordonnée pour prévenir et combattre la pauvreté énergétique" et prend acte de sa recommandation visant à "créer un Observatoire européen de la pauvreté mettant l'accent principal sur la pauvreté énergétique, qui intègrerait toutes les parties prenantes et qui contribuerait à définir des indicateurs européens de la pauvreté énergétique (avec Eurostat), à faire un état des lieux de la situation, à recenser les meilleures pratiques et à formuler des recommandations pour mieux prévenir et traiter le problème et asseoir une solidarité européenne dans ce domaine"; souligne l'importance de définir des indicateurs et de rassembler des données sur la consommation des ménages et les coûts liés à la précarité énergétique afin de disposer d'informations fiables pour définir des politiques fondées sur la réalité et procéder à un suivi efficace;
17. considère que la pauvreté et l'exclusion sociale possèdent une composante intergénérationnelle, souligne qu'il est nécessaire de garantir un accès à l'éducation aux enfants vivant dans des ménages dont le revenu se situe en dessous du seuil de pauvreté et plaide pour la mise en œuvre de politiques visant à prévenir l'abandon prématuré de la scolarité;
18. invite le Conseil et les États membres, dans le contexte de pauvreté grandissante, à intensifier leurs efforts en vue de venir en aide aux personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale, qui comporte une nette dimension hommes-femmes, par exemple au moyen d'une recommandation du Conseil, et ce afin de parvenir à l'objectif de réduction de la pauvreté fixé dans la stratégie Europe 2020;
19. réaffirme l'importance de l'autonomisation des femmes et des jeunes filles par l'éducation, y compris l'éducation formelle et informelle, ainsi que le rôle de l'éducation dans la lutte contre les stéréotypes sexistes et dans l'augmentation du revenu des femmes grâce à leur inclusion dans les secteurs où elles sont sous-représentées, comme la science, la technologie, l'ingénierie et la création d'entreprises, et invite la Commission à intégrer des objectifs en matière de formation professionnelle des femmes dans les recommandations par pays;
20. demande que chaque État membre présente la trajectoire détaillée de son plan en matière de réduction de la pauvreté et décrive de quelle manière sa propre stratégie aborde les aspects de la pauvreté et de l'exclusion sociale liés à la dimension hommes-femmes;
Ressources et revenus des ménages pauvres
21. souligne l'importance de bénéficier d'un revenu décent pour pouvoir mener une vie conforme à la dignité humaine; souligne que si l'emploi peut être essentiel pour sortir de la pauvreté, il importe de disposer d'un revenu minimum suffisant pour faire face aux besoins fondamentaux; rappelle que 16,7 % de la population de l'UE-28 présentait un risque de pauvreté après transferts sociaux, ce qui signifie que le revenu disponible de la population était inférieur au seuil national de risque de pauvreté, tandis que le taux de travailleurs pauvres et de pauvreté absolue demeure bien trop élevé;
22. invite la Commission, dans le cadre du semestre européen, à faire des recommandations aux États membres sur les politiques à mettre en place et les réformes à mener pour lutter efficacement contre la pauvreté et l'exclusion sociale afin d'encourager la convergence sociale tout en tenant compte des spécificités de chaque État membre;
23. rappelle l'avis du Comité économique et social européen sur le "Revenu européen minimum et indicateurs de pauvreté"; fait observer que l'avis est favorable à un cadre européen relatif à un revenu minimum adéquat qui établirait des normes et des indicateurs communs, fournirait des méthodes pour le suivi de sa mise en œuvre et améliorerait le dialogue entre les parties prenantes, les États membres et les institutions de l'Union; estime que ce cadre devrait être fondé sur les droits et les faits, tenir compte du contexte socioéconomique de chacun des États membres et respecter le principe de subsidiarité;
24. souligne que les régimes de revenu minimum devraient empêcher que les ménages se trouvent en situation de privation matérielle sévère, les en sortir le cas échéant, et garantir un revenu supérieur au seuil de pauvreté; rappelle que des régimes de revenu minimum au niveau national pourraient jouer un rôle clé dans l'application de l'article 9 du traité FUE en garantissant une protection sociale adéquate, la réduction de l'exclusion sociale, la participation à la protection sociale de la santé ainsi qu'une meilleure égalité des chances; partage l'avis du Comité économique et social selon lequel les régimes de revenu minimum devraient s'accompagner de formations tout au long de la vie, d'une participation des parties prenantes et de politiques actives du marché de l'emploi destinées à aider les chômeurs à réintégrer le marché du travail et à trouver un emploi décent;
25. invite la Commission et les États membres à informer, à conseiller et à soutenir les personnes exposées au risque de pauvreté et d'exclusion sociale pour leur permettre de faire des choix éclairés concernant leur consommation d'énergie, à aider les acteurs non gouvernementaux et les autorités locales à fournir des conseils ciblés en matière d'énergie et à former des conseillers en énergie, ainsi qu'à obliger les fournisseurs d'énergie à inclure dans les factures envoyées aux ménages des informations relatives à des mesures permettant de réduire la consommation d'énergie et d'augmenter l'efficacité énergétique;
26. encourage les États membres et la Commission à mener, au besoin, une politique préventive en matière de logement adéquat afin de garantir l'accès à des logements de qualité; demande aux États membres d'appliquer des politiques locatives raisonnables lorsque des mesures sociales urgentes sont indispensables et souligne qu'elles devraient être accompagnées de programmes communautaires et de logement à long terme visant à augmenter le parc de logement en faveur des différents groupes cibles socialement défavorisés; souligne que des mesures efficaces restent nécessaires dans toute l'Union pour éviter l'apparition de nouvelles bulles immobilières, et notamment des règles de protection effective des consommateurs sur le marché hypothécaire; encourage, à cet égard, les politiques visant à aider les ménages ayant des difficultés financières à rester dans leur résidence principale;
27. invite la Commission et les États membres à garantir le droit fondamental des citoyens européens à une aide au logement, condition première d'une vie digne; demande que soit reconnue l'importance de l'accès à des logements locatifs abordables pour les personnes à faible revenu et invite instamment les États membres à construire suffisamment de logements de ce type;
28. souligne que la pauvreté touchant les personnes âgées représente un problème majeur dans de nombreux États membres; demande dès lors aux États membres de réformer les régimes de retraite afin de garantir un niveau adéquat de revenu de retraite ainsi que la viabilité et la sécurité des régimes de retraite;
29. invite la Commission à régler le problème du sans-abrisme, forme extrême de pauvreté, et en particulier de la mortalité hivernale des sans-abris et des personnes vivant dans des logements où règne le froid; invite les États membres à réévaluer leurs progrès dans la suppression de ces formes extrêmes de pauvreté;
30. demande à la Commission et aux États membres d'établir, de mettre en œuvre et de garantir d'urgence des mesures permettant aux ménages de faire face au coût du logement, notamment par des aides au logement, étant donné que 22 348 834 ménages (environ 11 % de la population de l'Union européenne) consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au logement et que 21 942 491 ménages (environ 10,8 % de la population de l'Union européenne) éprouvent des difficultés à maintenir une température adéquate dans leur logement;
31. rappelle que les ménages à faible revenu et en situation de pauvreté ou exposés au risque de pauvreté dépendent davantage de la fourniture de services publics abordables et de bonne qualité; invite les États membres à assurer les dépenses publiques nécessaires pour fournir aux ménages à faible revenu des services publics abordables et de bonne qualité;
Dépenses des ménages pauvres
32. salue les travaux de la Commission visant à établir un budget de référence, ce qui constitue un pas dans la bonne direction étant donné que l'adoption d'une approche plus équilibrée des revenus et des dépenses des ménages pauvres au moyen de données demeure problématique; fait observer que les budgets de référence reflétant les coûts des ménages pourraient servir à définir l'aide à apporter et à tester sa pertinence; juge cet instrument crucial pour rétablir la cohésion sociale de l'Union européenne, réduire les inégalités et atteindre l'objectif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale de la stratégie Europe 2020; souligne qu'une réduction des dépenses des ménages pauvres aura une incidence positive sur ceux-ci ainsi que sur l'économie, notamment l'économie locale, et sur la cohésion sociale;
33. rappelle que les ménages pauvres consacrent la majeure partie de leurs revenus à l'alimentation, au logement et aux services publics; invite par conséquent la Commission à mieux combiner son action afin de lutter contre la pauvreté, d'améliorer l'échange de bonnes pratiques et de faciliter le dialogue régulier avec les personnes qui vivent dans la pauvreté pour veiller à ce que ces personnes puissent contribuer à l'évaluation des politiques qui les concernent;
34. souligne qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune définition de la précarité énergétique au niveau de l'Union et qu'il est dès lors particulièrement difficile d'évaluer correctement la gravité, les causes et les conséquences de cet aspect de la pauvreté dans l'Union; demande à la Commission et aux parties concernées de formuler une définition commune de la précarité énergétique et de définir les facteurs qui contribuent à la vulnérabilité des ménages;
35. invite la Commission à fournir, dans ce cadre, des analyses d'impact et des informations sur les bonnes pratiques de lutte contre la précarité énergétique dans les États membres; souligne que l'énergie doit être abordable pour tous les citoyens de l'Union;
36. souligne qu'il est extrêmement important d'éviter que davantage de jeunes ne soient victimes de précarité énergétique à l'avenir;
37. observe qu'il est avéré que l'éducation économique et financière dispensée à un âge précoce améliore les décisions de nature économique prises ultérieurement au cours de la vie, y compris au niveau de la gestion des dépenses et des revenus; recommande l'échange de bonnes pratiques ainsi que la promotion de programmes éducatifs destinés aux femmes et aux jeunes filles dans les groupes vulnérables et les communautés marginalisées confrontées à la pauvreté et à l'exclusion sociale;
38. souligne qu'une part non négligeable des personnes en proie à la précarité énergétique sont menacées de pauvreté et d'exclusion sociale et qu'elles ne peuvent donc pas se permettre les investissements initiaux nécessaires dans des appareils à haute efficacité énergétique, comme l'isolation ou les sources d'énergie renouvelables; signale que ce phénomène crée un cercle vicieux par lequel les ménages dépensent sans cesse davantage de revenus que nécessaire pour payer leurs factures de services publics tandis que les problèmes de l'inefficacité énergétique ou du manque d'énergie, notamment, ne sont toujours pas réglés;
39. invite la Commission, l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) et les États membres à entreprendre des recherches sur les femmes sans abri ainsi que sur les causes et les facteurs de la perte de leur logement car ce phénomène est insuffisamment couvert par les données actuellement disponibles; fait observer que parmi les éléments spécifiques à l'égalité entre les hommes et les femmes devant être pris en considération figurent la dépendance économique conditionnée par le genre, le logement temporaire ou le non-recours aux services sociaux;
40. soutient l'initiative consistant à définir un budget de référence à titre de ligne directrice et invite la Commission à tenir compte des considérations liées à la dimension hommes-femmes dans la conception de ce budget, y compris les inégalités entre les hommes et les femmes qui existent au sein des ménages;
41. estime que l'allongement de l'espérance de vie des femmes doit également être pris en considération en tant que facteur potentiel de vulnérabilité et d'exclusion;
Axer le financement et les politiques sur la lutte contre la pauvreté et la précarité énergétique
42. invite les États membres et l'Union européenne à accorder aux ménages à faible revenu des microcrédits ou des prêts sans intérêt ou à des taux peu élevés, par l'intermédiaire de la BEI, par exemple, afin de les aider à réaliser les investissements nécessaires dans les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique, comme l'isolation, l'énergie solaire et les appareils à haute efficacité énergétique;
43. exhorte les États membres à veiller à ce que les investissements dans les nouveaux logements, tout comme dans les rénovations de logements existants, soient fondés sur l'efficacité énergétique;
44. rappelle qu'il pourrait y avoir de nombreux effets positifs à moyen terme si l'on axait certaines politiques et certains crédits de l'Union sur la réduction des dépenses énergétiques des ménages pauvres en investissant dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique: amélioration des conditions de vie et de la santé des personnes concernées, réduction des dépenses permettant aux familles pauvres de bénéficier d'un budget supplémentaire, augmentation des investissements locaux, création d'emplois locaux et contribution aux objectifs de la stratégie Europe 2020;
45. souligne par ailleurs la nécessité de contrôler l'utilisation des fonds et de simplifier les informations et l'accès à ces ressources;
46. insiste sur le fait qu'il importe d'aborder la lutte contre la pauvreté d'un point de vue non seulement social ou politique, mais également d'un point de vue économique ayant une incidence à moyen terme; souligne que la Commission doit compter parmi ses priorités la nécessité de lutter contre la tendance inégalitaire dans laquelle nous nous trouvons, laquelle nuit gravement à la croissance et dont l'incidence sur la cohésion et la pauvreté est très négative;
47. souligne le rôle de l'Union européenne et des États membres dans la réduction des dépenses d'énergie des ménages, l'Union en garantissant la sécurité d'approvisionnement afin d'éviter des fluctuations de prix et une spéculation trop importantes sur le marché de l'énergie, en créant des interconnexions plus solides et une meilleure intégration du marché et en veillant à procéder à des investissements durables dans l'énergie et en augmentant les investissements dans la recherche sur les énergies renouvelables, et les États en renforçant leurs politiques d'aide aux ménages en matière d'efficacité énergétique, et notamment aux ménages hors réseau qui sont victimes de pauvreté et d'exclusion sociale; estime que la protection des consommateurs doit figurer parmi les priorités de l'Union;
48. déplore les spéculations financières sur les ressources naturelles et sur les sources d'énergie, en particulier celles qui ne peuvent pas être délocalisées, telles que l'hydroélectricité, et, par conséquent, prie instamment la Commission et les États membres de prendre les mesures qui s'imposent pour réduire les coûts énergétiques supportés par les ménages pauvres en utilisant les recettes provenant de mesures fiscales appropriées;
49. se félicite que les investissements en matière d'efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables soient éligibles dans le cadre des Fonds ESI 2014-2020, compte tenu de leur importance dans la réduction des dépenses énergétiques des ménages; encourage la Commission et les États membres à exploiter pleinement le potentiel des Fonds européen pour ce qui concerne la lutte contre la précarité énergétique; souligne que les obstacles à une bonne utilisation des fonds, comme l'accès des petites organisations aux fonds de cohésion ou l'absence d'information, notamment sur les critères de candidature à remplir, doivent être éliminés;
50. rappelle que le ciblage des bénéficiaires qui travaillent avec des ménages pauvres ou qui en font partie doit répondre à certaines conditions préalables, qui sont mieux satisfaites dans le cadre des Fonds ESI que dans le cadre de fonds plus importants tels que le FEDER;
51. invite la Commission et les États membres à faciliter l'utilisation des mécanismes de financement croisé, en particulier entre le FSE et le FEDER, pour ce qui concerne les projets réalisés dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique afin de venir en aide aux ménages en situation de précarité énergétique; souligne les nombreux avantages des programmes plurifonds dans l'appréhension des questions transversales telles que celles liées à la précarité énergétique;
52. souligne que les logements des ménages à faible revenu dans les régions rurales tendent à être de très mauvaise qualité, tant pour les locataires que pour les propriétaires; rappelle que ce phénomène amplifie l'"effet de blocage" des coûts élevés des services publics, empêchant d'investir dans la réduction des coûts énergétiques; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que le programme Leader et le Feader soient mieux ciblés et axés sur la lutte contre la précarité énergétique dans les régions rurales, en orientant les programmes opérationnels et le financement en vue de favoriser la production d'énergies renouvelables diversifiées dans les réseaux locaux, notamment les mesures favorisant l'efficacité énergétique des bâtiments réservés aux ménages en situation de précarité énergétique;
53. rappelle que les locataires ont un accès limité aux subventions de l'efficacité énergétique étant donné qu'ils ne sont pas propriétaires; rappelle en outre que les locataires sont parfois moins incités à investir étant donné qu'ils déménagent plus facilement et fréquemment que les propriétaires; salue le projet pilote de la Commission intitulé "Précarité énergétique – Évaluation de l'incidence de la crise et examen des mesures existantes et d'éventuelles nouvelles mesures dans les États membres", destiné à résoudre ce problème; demande à la Commission, sur la base des résultats de ce projet pilote, d'élaborer des dispositions visant à offrir des possibilités de financement par l'Union européenne des mesures prises par les locataires en matière d'efficacité énergétique;
54. rappelle aux États membres que dans chaque État membre, au moins 20 % de l'ensemble des ressources du FSE doivent être affectées à la réalisation de l'objectif "promouvoir l'inclusion sociale et lutter contre la pauvreté et toute forme de discrimination" et que le Fonds européen d'aide aux plus démunis peut également être affecté à des mesures d'inclusion sociale;
55. met l'accent sur l'aide immédiate fournie aux ménages les plus démunis et à l'amélioration de leurs conditions de vie lorsqu'ils se dotent de sources d'énergie renouvelables à moindre coûts et à petite échelle, comme les panneaux solaires pour les maisons non raccordées au réseau électrique;
Vers une politique énergétique à visée sociale
56. se félicite que la législation européenne en matière de politique énergétique reconnaisse des objectifs sociaux dans les politiques relatives à l'efficacité énergétique, notamment dans la directive 2012/27/UE relative à l'efficacité énergétique et la directive 2010/31/UE sur la performance énergétique des bâtiments; regrette que les États membres ne tirent pas pleinement parti des dispositions pertinentes de la directive 2012/27/UE en faveur des ménages en situation de précarité énergétique ou dans les logements sociaux (article 7, paragraphe 7); invite la Commission, dans le cadre de l'examen et de l'évaluation des incidences du paquet de mesures en matière d'efficacité énergétique, à évaluer l'application et l'utilisation de l'article 5, paragraphe 7, et de l'article 7, paragraphe 7; demande également à la Commission, sur la base de cette évaluation, d'envisager de renforcer l'article 7, et notamment son paragraphe 7, de façon à encourager les États membres à inclure dans leurs régimes d'obligations en matière d'efficacité énergétique des dispositions à visée sociale;
57. rappelle que les autorités locales ont également un rôle à jouer pour promouvoir les instruments de financement alternatifs, notamment les modèles coopératifs, et pour encourager les achats collectifs permettant aux consommateurs de regrouper leurs demandes énergétiques et de faire ainsi baisser les prix de l'énergie; invite la Commission et les États membres à promouvoir le rôle des autorités locales en matière de lutte contre la précarité énergétique;
58. demande aux États membres de respecter les normes de confort thermique fixées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en apportant une aide aux groupes les plus vulnérables, en particulier les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées et en invalidité permanente, afin de protéger leur santé et leur bien-être;
59. engage instamment la Commission et les États membres à prendre sans délai les mesures nécessaires pour lutter contre l'emploi précaire, qui empêche les individus de bénéficier d'un revenu régulier et sûr et qui entrave ainsi leur possibilité d'établir un budget approprié et de payer leurs factures de ménage;
60. invite la Commission et les États membres à garantir à tous l'accès à une énergie abordable, fiable, durable et moderne, conformément aux objectifs de développement durable des Nations unies;
61. invite la Commission et les États membres à proposer des mesures décisives en matière de logement social et à accroître les investissements dans l'efficacité énergétique des logements sociaux locatifs au moyen de fonds européens; recommande aux États membres de développer l'offre de logements sociaux de qualité afin de garantir l'accès de tous, et notamment des plus démunis, à un logement adéquat; encourage les États membres à recourir davantage à la possibilité de proposer des logements sociaux au moyen de mécanismes juridiques alternatifs; recommande aux États membres de soutenir les groupements de consommateurs;
62. souligne qu'il importe de disposer de services de garde d'enfants accessibles et de qualité, permettant aux parents de reprendre le travail et d'augmenter leur revenu; souligne l'importance de cette mesure pour les parents isolés, en particulier, et invite la Commission et les États membres à adopter des mesures visant à améliorer immédiatement la fourniture de services de garde d'enfants;
63. observe que l'augmentation de l'efficacité énergétique, les progrès au niveau de la rénovation et le développement des énergies renouvelables sont essentiels à la lutte contre la pauvreté énergétique; exprime sa préoccupation quant au fait que les politiques de rénovation des logements ne ciblent que rarement les personnes les plus vulnérables; insiste sur le fait que les politiques de rénovation des logements doivent avant tout cibler les ménages pauvres, économiquement exclus et vulnérables, en mettant l'accent sur ceux qui sont confrontés à des inégalités liées à la dimension hommes-femmes ou à des discriminations multiples;
64. souligne le rôle important de l'entreprise sociale et des modèles économiques alternatifs, tels que les coopératives et les mutuelles, pour ce qui est de faciliter l'insertion sociale et l'autonomisation économique des femmes, en particulier au sein des communautés marginalisées, et le renforcement de leur indépendance économique;
65. demande à la Commission et aux États membres de susciter l'engagement des parties prenantes et d'établir des processus délibératifs encourageant et facilitant la participation directe des personnes exposées au risque de pauvreté et d'exclusion sociale, en particulier les femmes et les jeunes filles, à l'élaboration des politiques relatives à l'insertion sociale, et ce à tous les niveaux;
66. demande à la Commission et aux États membres de mettre en place des mesures visant à mettre fin à l'écart salarial scandaleux entre les hommes et les femmes dans l'Union européenne, écart étant actuellement de 16 % et s'élevant à 39 % en ce qui concerne les pensions, et souligne que cette mesure revêt une importance fondamentale pour les femmes chefs de famille dont les coûts de ménage peuvent s'avérer réellement contraignants;
67. note que les parents isolés, dont la plupart sont des femmes, sont exposés à un risque de pauvreté plus important que la moyenne (34 %); note qu'un facteur important de ce phénomène est le fait qu'en raison des frais de garde d'enfants, les parents isolés se retrouvent professionnellement exclus ou occupent un emploi précaire et mal rémunéré; exhorte les États membres à prendre des mesures pour légiférer en faveur d'un salaire minimum vital garantissant la satisfaction des besoins de base des travailleurs;
68. constate que les écarts de rémunération et de pension entre les hommes et les femmes sont les principaux facteurs contribuant à la pauvreté des femmes; prend note des conséquences à long terme, sur la pauvreté des femmes, de leur exclusion des secteurs de l'économie traditionnellement dominés par les hommes, tels que la technologie, la science, les fonctions supérieures de direction et la prise de décision, mais aussi de la surreprésentation des femmes dans des secteurs à faibles salaires, tels que les soins aux personnes, les services publics, le travail à temps partiel et les emplois précaires faiblement rémunérés; se dit inquiet du fait que la féminisation de la pauvreté soit partiellement due à des inégalités de longue date entre hommes et femmes en matière de normes, lesquelles amènent les entreprises et les accords salariaux à donner la priorité aux secteurs à dominante masculine comme le secteur financier;
69. appelle les États membres et la Commission à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale des femmes par des initiatives visant à garantir des emplois de haute qualité pour un salaire décent dans les secteurs dominés par les femmes; insiste sur le rôle que les syndicats peuvent jouer dans la représentation et l'autonomisation des femmes sur le lieu de travail ainsi que dans la lutte contre l'exclusion; invite les États membres à proposer et à mener des enquêtes sur les salaires par employeur et par secteur afin de mettre en évidence les inégalités des régimes de rémunération entre les femmes et les hommes sur un même lieu de travail, et ce afin d'accélérer les progrès conduisant à l'égalité de rémunération;
70. souligne que, pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, il faut des politiques ciblées sur les circonstances particulières des groupes vulnérables et des communautés marginalisées confrontés à des formes spécifiques d'inégalité entre hommes et femmes ainsi qu'à des discriminations multiples; invite la Commission et les États membres à continuer d'élaborer des politiques ciblant la pauvreté et l'exclusion sociale des femmes handicapées, des femmes âgées, des femmes réfugiées et migrantes ainsi que des femmes roms ou issues de minorités ethniques, des femmes vivant en zone rurale ou dans des quartiers défavorisés, des mères célibataires, mais aussi des étudiantes de l'enseignement secondaire ou supérieur;
Pauvreté et accès aux soins de santé
71. rappelle que l'égalité d'accès à des soins de santé universels et de qualité est reconnue dans le monde entier, et en particulier dans l'Union européenne, comme un droit fondamental;
72. rappelle que l'accès aux soins de santé est bien souvent limité en raison de contraintes financières ou régionales (par exemple, dans des régions faiblement peuplées) et ce, en particulier, pour les soins courants (comme les soins dentaires ou optiques) et leur prévention;
73. souligne que la combinaison de la pauvreté et d'autres facteurs de vulnérabilité (tels l'enfance ou la vieillesse, le handicap ou l'appartenance à une minorité) accroît encore les risques d'inégalités en matière de santé, et qu'une santé médiocre peut mener à la pauvreté;
74. souligne l'importance des services de santé et de soins pour combler les fossés concernant les capacités, en promouvant l'intégration sociale des personnes et en combattant la pauvreté et l'exclusion sociale;
75. accueille favorablement la communication de la Commission intitulée "Plan d'action pour la santé en ligne 2012-2020: des soins de santé innovants pour le XXIe siècle", qui met en place des actions supplémentaires, notamment en vue d'améliorer l'accès aux services de santé, de diminuer les coûts de santé et d'assurer davantage d'égalité entre les citoyens européens;
76. invite la Commission européenne et les États membres à poursuivre leurs efforts pour résoudre les inégalités socioéconomiques, qui permettraient à terme de réduire une partie des inégalités en matière de soins de santé; invite également la Commission et les États membres, sur la base des valeurs universelles de dignité humaine, de liberté, d'égalité et de solidarité, à focaliser leur attention sur les besoins des groupes vulnérables telles que les personnes vivant dans la pauvreté;
77. invite les États membres à résoudre les problèmes d'inégalités en matière d'accès aux soins ayant des effets sur la vie quotidienne des citoyens, par exemple en dentisterie ou en ophtalmologie;
78. invite instamment la Commission à faire le maximum pour encourager les États membres à offrir un remboursement aux patients et à faire le nécessaire pour réduire les inégalités dans l'accès aux médicaments pour le traitement de troubles ou de maladies comme l'ostéoporose post-ménopausique et la maladie d'Alzheimer, qui ne sont pas remboursés dans certains États membres, et ce dans les plus brefs délais;
Technologies de l'information et de la communication et pauvreté
79. déplore que la stratégie pour un marché unique numérique en Europe publiée par la Commission ne tienne pas compte de la nécessité de garantir un accès universel, égal et sans entrave aux nouvelles technologies, aux nouveaux marchés et aux nouvelles télécommunications numériques, en particulier pour les personnes à risque de pauvreté ou d'exclusion sociale;
80. encourage les États membres et la Commission à mettre en place des stratégies en vue de réduire la fracture numérique et à favoriser un accès égal aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, en particulier pour les personnes à risque de pauvreté et d'exclusion sociale;
81. rappelle que l'Assemblée générale des Nations unies reconnait le droit à une eau potable propre et de qualité et à des installations sanitaires comme un droit de l'homme; souligne toutefois que, dans certaines régions, notamment les régions rurales et ultrapériphériques, l'accès à l'eau potable n'est pas assuré et que de plus en plus de gens ont du mal à payer leur facture d'eau; invite la Commission et les États membres à tout mettre en œuvre pour que chacun ait accès à l'eau potable dans les plus brefs délais; encourage les États membres à garantir un approvisionnement minimum en eau et à protéger les droits fondamentaux des ménages vulnérables;
82. encourage dès lors les États membres à mettre tout en œuvre pour que l'ensemble de la population ait accès à de l'eau potable dans les plus brefs délais;
83. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.
(2) JO L 72 du 12.3.2014, p. 1.
(4) JO L 347 du 20.12.2013, p. 289.
(6) JO L 257 du 28.8.2014, p. 214.
(8) JO C 169 E du 15.6.2012, p. 66.
(9) JO L 153 du 18.6.2010, p. 13.
(10) JO C 153 E du 31.5.2013, p. 57.
(11) JO C 236 E du 12.8.2011, p. 57.
(15) http://ec.europa.eu/social/main.jsp?langId=fr&amp;catId=89&amp;newsId=2345&amp;furtherNews=yes.
(16) JO C 248 du 25.8.2011, p. 130.
(17) JO C 341 du 21.11.2013, p. 21.
(18) JO C 170 du 5.6.2014, p. 23.
(19) JO C 166 du 7.6.2011, p. 18.
(20) Avis commun du Comité de l'emploi et du Comité de la protection sociale au Conseil, Conseil de l'Union européenne, 13809/14 SOC 662 EMPL 120 EDUC 297 ECOFIN 876, 3 octobre 2014.
(21) http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=738&amp;langId=en&amp;pubId=7744&amp;visible=0.
(24) Avis du Comité de la protection sociale au Conseil, Conseil de l'Union Européenne, 6491/11, SOC 124, 15 février 2011.
(25) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0294.
(26) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0264.
(27) JO L 268 du 15.10.2015, p. 28.
(28) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2015)0261.
(29) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2014)0070.
(30) JO C 65 du 19.2.2016, p. 40.
(31) JO C 349 E du 29.11.2013, p. 74.
(32) JO C 70 E du 8.3.2012, p. 8.