Source: https://issuu.com/docirsst/docs/pat_ete_complet
Timestamp: 2017-05-27 04:29:54+00:00
Document Index: 256276472

Matched Legal Cases: ['art. 51', 'art. 2', 'arrêt\n', 'arrêt ', 'arrêt\n', 'art. 337']

Prévention au travail - Été 2013 by irsst - issuu
Publié par la CSST et l’IRSST
w w w. c s s t . q c . c a
w w w. i r s s t . q c . c a
Été 2013 – Volume 26, no 2Grands Prix SSTDes solutions
à la portée de tousRecherche l’IRSSTL’importance de considérer
le genre et le sexe en SST
Sujet de colloque et
de rechercheSommaire
Dossier7Grands Prix SST
Les Grands Prix santé et sécurité
du travail remis par la CSST
célèbrent la créativité. Ces neuf
entreprises ont toutes en
commun d’avoir résolu d’ingé­
nieuse manière un problème de
SST. Pour une deuxième année, la
CSST a également remis à deux
personnes le prix Leader en SST.Recherche à l’IRSST17
722Rubriques3
46Cherchez l’erreur
Des lieux sécuritaires pour mes travailleurs,
tes travailleurs, nos travailleurs27Santé et sécurité en images28Les accidents nous parlent
Une échelle près
d’une ligne électriqueCherchez l’erreur : solutionVient de paraître
Tour du monde en SST
Agenda d’ici et d’ailleurs
En raccourciManutention au féminin
Regard biomécanique et ergonomique
Travailleurs immigrants inégaux
devant la SST ?
ou pschitt, pschitt ?
Quelle technologie rend
les alarmes de recul
plus sécuritaires ?24Réadaptation
Comprendre l’influence des facteurs psycho­
sociaux et de la douleur
ActualitésReportagesL'Entrevue
Marie LarueActualités4
4324Mot de la rédaction
Créativité et SSTL’importance de considérer
Sujet de colloque et de recherche4434
40Les écoles accueillent avec
enthousiasme Défi prévention jeunesse
et Sécurité Premier emploi
au travail : des pratiques
simples au quotidien
Sécurité dans les
Le quatuor gagnant pour
travailler en sécurité40Un magazine pour qui, pour quoi ?Prévention au travail s’adresse à tous ceux et celles qui ont un intérêt ou un rôle à jouer dans le domaine de la santé et de la sécurité du travail.
Son objectif consiste à fournir une information utile pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Par des exemples de solutions
pratiques, de portraits d’entreprises, et par la présentation de résultats de recherches, il vise à encourager la prise en charge et les initiatives de prévention
dans tous les milieux de travail.Mot de la rédaction
Été 2013 | Volume 26, no 2
Le magazine Prévention au travail est publié par la
et l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en
sécurité du travail (IRSST).Président du conseil d’administration
et chef de la direction de la CSST
Michel DesprésSECTION CSST
www.preventionautravail.com
Josée DelisleChef du Service de la création, de la publicité,
des publications et des médias électroniques
Daniel LegaultRédactrice en chef
Julie MélançonAdjoint à la rédactrice en chef
Guillaume EckerlCollaborateursJosée Auclair, Louise Girard, Stéphanie Lefrançois,
Catherine Mercier, Alcée Penet, Pierre Privé,
Guy Sabourin, France St-Hilaire, Claire ThiviergeRévisionMartine Le BorgneDirection artistique, production
et retouche numérique des photos
Catherine GauthierSECTION IRSST
www.irsst.qc.ca/prevention-au-travailPrésidente-directrice générale de l’IRSST
Marie LarueDirecteur des communications
et de la valorisation de la recherche
Louis LazureRédactrice en chef
Marjolaine ThibeaultCollaborateursPhilippe Béha, Dominique Desjardins, Jacques Millette,
Loraine Pichette, Claire Thivierge, Maura TomiDirection artistique, production
Hélène CamirandValidation des photographies et des illustrationsHenri Bernard, Patrice Gravel, Pierre Privé, Mathieu VermotPhoto de la page couverture
Denis BernierImpressionImprimeries Transcontinental inc.Tirage27 000 copiesComptabilitéIsabelle LachanceAbonnementsAbonnez-vous en ligne :
www.csst.qc.ca/AbonnementPAT
© CSST-IRSST 2013
La reproduction des textes est autorisée pourvu
que la source en soit mentionnée et qu’un exemplaire
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Site Web : www.irsst.qc.caDépôt légalBibliothèque et Archives nationales du Québec
ISSN 0840-7355Créativité et SST
Edward de Bono définissait la créativité comme étant « de l’efficience inattendue » (unexpected efficiency). Il estimait également
que trop de gens croient que la créativité est un talent dont certains
ont la chance d'avoir hérité et que les autres ne peuvent qu'envier.
Pourtant, la créativité est un savoir-faire qui peut s'acquérir et se
développer à force d'exercices la sollicitant. Mise au service de la
prévention, elle peut faire merveille ! Des employés créatifs trouvent
régulièrement des idées avec le soutien de leur employeur qui participe avec enthousiasme au projet.
Les Grands Prix santé et sécurité du travail remis par la CSST célèbrent ainsi la créativité. C’est le 23 avril dernier, au Centre des congrès
de Québec, que la CSST a récompensé les neuf entreprises, présentées
dans notre dossier en page 7. Ces entreprises ont toutes en commun
d’avoir résolu d’ingénieuse manière un problème de santé et de sécurité au travail. Plusieurs de ces entreprises n’en sont pas à leurs premiers Grands Prix santé et sécurité du travail. Année après année,
elles participent au concours. Comme quoi la créativité peut être
contagieuse lorsqu’elle est encouragée dans un milieu de travail !
Pour une deuxième année, la CSST a également tenu à reconnaître les efforts de personnes qui investissent temps et énergie à
améliorer la sécurité dans leur milieu de travail en remettant à deux
personnes le prix Leader en santé et sécurité du travail. À découvrir
également dans notre dossier.
Deux programmes de la CSST, le Défi prévention jeunesse et
Sécurité Premier emploi, poursuivent le même but : conscientiser
les jeunes d’âge scolaire à la détection, puis à la prévention des
risques pour la santé et à la sécurité. Dans la section « Reportages »,
vous découvrirez comment ces programmes sont favorablement
accueillis dans le milieu scolaire. Cette section comporte également
un article traitant des palettiers et des chariots élévateurs ainsi
qu’un autre sur les pratiques quotidiennes favorisant la santé psychologique au travail.
L’importance de considérer le genre et le sexe en SST a été le
thème d’un intéressant colloque de l’IRSST et il fait l’objet d’un
article dans la section « Recherche à l’IRSST » de ce numéro de
Prévention au travail. On sait que travail et santé sont étroitement
liés. Or, la nature du travail et son influence sur la santé peuvent
être différentes chez les hommes et les femmes. Quelles sont les
différences liées en partie au genre et au sexe en termes de problèmes de SST ? Quel est leur rôle en matière de prévention et de
retour au travail ?
À lire aussi, dans cette section, une entrevue avec un chercheur
qui s’est intéressé à la notion d’appartenance ethnoculturelle dans
la recherche et l’intervention en réadaptation.
Été 2013Prévention au travail3Vient de paraîtreCampagne publicitaire de la CSST
Parce que le Québec a besoin de
tous ses travailleurs
Par Julie MélançonDC900-1010 (2013-03)
Photo : Denis BernierLes accidents
qu’on pense !Conjoints, enfants, parents, amis, collègues, patrons…
tout le monde en souffre !Faut en parler, faut agir pour rendre
tous nos milieux de travail sécuritaires !
www.csst.qc.caDC900-1010 • AfficheDC900-1011 (2013-03)
www.csst.qc.caDC900-1011 • Affiche4Prévention au travailÉté 2013 Depuis la fin avril, vous pouvez voir à la télévision trois nouveaux messages publicitaires produits par la CSST. Pour une troisième année consécutive, la
CSST a fait appel à Claude Legault pour agir à titre de porte-parole. Ces messages
visent à sensibiliser le travailleur, ainsi que son entourage, aux conséquences d’un
accident du travail sur sa vie, mais également sur celle de ses proches : conjoint,
enfants, parents, amis et collègues. La campagne tend ainsi à démontrer qu’un
accident de travail touche et blesse plus de personnes que ce que l’on croit habituellement. Ainsi, les blessures de Catherine sont aussi celles de ses parents et de
son chum Sébastien, la souffrance de Carlos, c’est aussi celle de Maria et de sa
petite Rosy, et l’accident de Julien, c’est aussi l’accident d’Émilie et de ses proches.
Dans le dernier numéro de Prévention au travail (printemps 2013), le dossier
présentait des témoignages d’accidentés du travail ou de leurs proches. Et on
pouvait y constater que les accidents de travail bouleversent la vie de bien des
gens. Ainsi, Johanne Côté, mère d’un accidenté, affirme que l’accident de son fils
a bouleversé deux vies. « Mon fils était autonome, en appartement depuis cinq
ans et, du jour au lendemain, il est venu habiter chez nous et je m’occupais de
lui à temps plein. » Dans le même ordre d’idées, à la suite de son accident,
Nicolas Turgeon constate qu’il a tout perdu : sa blonde, son toit et sa voiture. Et
ses parents ont dû déménager pour que Nicolas puissent aménager avec eux.
Quant à Jonathan Plante, devenu paraplégique, il affirme : « Ce qui me fait le
plus de peine, c’est de voir à quel point mon accident a changé la vie des gens
autour de moi. Maintenant, mes amis pensent toujours en fonction de ma paraplégie : est-ce que Jonathan peut venir ici ? Eux aussi ont changé leur façon de
vivre. Ç’a été une adaptation. »
Chaque jour au Québec, il y a 235 personnes qui se blessent en travaillant.
C’est beaucoup. C’est trop ! C’est pourquoi la CSST a adopté une nouvelle
approche publicitaire en s’adressant à l’ensemble des Québécois en âge de travailler pour qu’ils se sentent concernés. On veut ainsi faire de la SST une valeur
de société. La publicité de 2011 a eu beaucoup de succès, mais il restait du
chemin à faire, puisque presque les deux tiers des employeurs et des travailleurs
croyaient qu’il n’y a pas ou qu’il y a très peu de risques d’accident dans le travail
qu’ils font. En 2012, la CSST voulait démonter que des accidents du travail peuvent se produire n’importe où. Ainsi, chacune des trois publicités présentait un
accident survenant dans les secteurs où se produisent près de 70 % des accidents, soit les secteurs manufacturier, commercial et des services médicaux. Les
messages montraient également les conséquences d’un accident pour le travailleur et pour ses proches. Cette année, la CSST souhaite que l’ensemble des
Québécois se sentent interpellés par la santé et la sécurité au travail. Parce que
chaque Québécois peut intervenir pour éviter, pour lui-même ou ses proches, de
subir les conséquences d’un accident du travail. Les travailleurs et les employeurs
doivent parler davantage de SST dans leur milieu, social ou professionnel. De
cette façon, la SST pourra devenir une valeur de société.
Les nouveaux messages de la CSST peuvent être visionnés sur YouTube. Très
bientôt également, du 27 mai au 16 juin, un message radio sera en ondes dans
l’ensemble des régions du Québec. Il fera suite au message radio destiné au secteur de la construction et diffusé du 29 avril au 24 mai.
Des affiches ont également été produites. Elles peuvent être commandées en
ligne à partir du site www.csst.qc.ca/publications. Cherchez l’erreurLe gonflage de pneus
Par Julie MélançonDans un centre de pneus, gonfler des pneus de camion, d’autobus ou de tout
véhicule lourd fait partie du quotidien. Ce n’est toutefois pas une tâche exempte de
risques, comme en témoignent malheureusement plusieurs accidents. La mise en
place de mesures de prévention pour un travail sécuritaire est primordiale.
Toutefois, pour les besoins de notre démonstration, Daniel et Caroline ont bien
voulu commettre quelques imprudences. Pouvez-vous dire lesquelles ?Photo : Denis BernierVoir la solution aux pages 46 et 47Été 2013Prévention au travail5Tour du monde en SSTDepuis le début de l’année 2013, un
nouveau règlement est en vigueur
dans la province de la Saskatchewan.
Il oblige les commerces (par ex. : dépanneurs et stations-service) qui emploient
des travailleurs de nuit recevant de la
clientèle entre 23 h et 6 h à procéder
à une évaluation des risques présents
sur les lieux de travail. La réglementation prévoit également la mise en place
de mesures de sécurité précises.
L’employeur doit rédiger une procédure
sur la manipulation sécuritaire de l’argent, utiliser des caméras aux endroits
névralgiques du lieu de travail et
signaler que les employés ont un accès
limité aux liquidités et aux produits de
valeur. La réglementation stipule également que si l’employé travaille seul
entre 23 h et 6 h, l’employeur doit
mettre en place un système de vérification de l’arrivée des employés et un
transmetteur d’urgence qui envoie un
signal d’aide lorsqu’il est activé par le
travailleur. Enfin, un régime de pénalités administratives a également été
mis en place pour sanctionner les
employeurs qui ne respecteraient pas
ces nouvelles obligations.Une enquête de grande ampleur
Une enquête de grande ampleur a été
lancée le 7 mars dernier par l’Inserm
et l’Assurance maladie. Baptisée
« Constances », l’enquête d’épidémiologie et de santé publique suivra
200 000 volontaires de 18 à 69 ans
représentatifs de la population française et bénéficiera d’un financement
de plus de 210 millions de dollars. Elle
permettra de constituer une base de
données destinée aux chercheurs
ayant proposé des projets de recherche
sur des thèmes comme le diabète et
le vieillissement. Quatre thèmes
majeurs seront suivis lors de cette
enquête : les risques professionnels, le
vieillissement, les inégalités sociales
et les problèmes liés à la santé des
Les différentes données recueillies,
dont celle de la localisation géographique des volontaires, permettront
de croiser les données de santé avec
comme la pollution et également
d’obtenir des données plus fiables sur
la vision, l’audition, l’obésité et les
fonctions respiratoires des participants, qui semblent actuellement être
incomplètes ou faire défaut.Des pictogrammes pour illustrer les dangers
Le Système général harmonisé (SGH) de classification
et d’étiquetage des produits chimiques a été lancé par
l’Occupational Safety & Health Administration (OSHA).
Sur les étiquettes et les fiches signalétiques de l’OSHA
figurera dorénavant un des neuf pictogrammes qui ont
pour objectif de favoriser la bonne compréhension par tous des dangers que peuvent
représenter certains produits. Certains pictogrammes tels la flamme sur cercle ou ceux
représentant des dangers pour la santé ou encore de l’environnement sont moins connus.
Il est de l’intérêt de tous de comprendre les pictogrammes du SGH et de prendre les
dispositions nécessaires pour la manutention et l’utilisation des produits sur lesquels
ils figurent. Parce que connaître et reconnaître les dangers permet de les prévenir.
Sources : Osha, Centre de documentation de la CSST, The Saskatchewan gazette, MétroPar Guillaume Eckerl
6Prévention au travailÉté 2013Nanotechnologie et
nanomatériaux ne signifient
pas des risques moindres
Administration (OSHA) a récemment
publié une feuille de renseignements,
destinée aux travailleurs et aux
employeurs, qui présente des informations sur les risques potentiels connus
à ce jour au sujet de l’utilisation des
nanomatériaux et des risques associés
à leur manipulation. Les nanomatériaux
sont présents dans les produits chimiques ou pharmaceutiques, les laboratoires et les usines, les cabinets de
médecins et les hôpitaux, ainsi que sur
les chantiers de construction. Certains
nanomatériaux sont, de par leur nature,
plus susceptibles de présenter des risques pour la santé ou la sécurité des
travailleurs : pensons notamment aux
poudres et aux liquides vaporisés qui
peuvent se déposer dans les voies respiratoires et causer une inflammation
et des lésions aux poumons, aux tissus
et aux cellules de l’organisme.
L’OSHA recommande également que
les travailleurs ayant à manipuler des
nanomatériaux soient informés et
formés sur la reconnaissance des nanomatériaux et les différents processus
dans lesquels ils sont utilisés. L’employeur
doit également fournir des équipements de protection individuelle et
informer les travailleurs des limites de
ces derniers. Les mesures d’urgence à
mettre en œuvre en cas de déversement
ou de libération de nanomatériaux doivent également être clairement expliquées et comprises.
Puisque les recherches sur les conséquences des nanomatériaux sur la
santé et la sécurité des travailleurs sont
toujours en cours, le gouvernement
américain a mis en ligne le site Web
www.nano.gov afin de diffuser les dernières recherches sur le sujet.Photos : iStockphotoProtéger les employés de nuit
dans les commercesDossierGrands Prix SSTDes solutions
à la portée de tousPar Claire ThiviergeCette année encore, dans tous
les milieux de travail duQuébec, des employeurs et des
travailleurs ont uni leursforces pour neutraliser les
menaces à l’intégrité despersonnes qui s’y activent. Qu’il
s’agisse de concevoir un simple
dispositif pour diminuer lesdangers, d’inventer de toutes
pièces un appareil pouraccomplir une tâche de façon
sécuritaire, ou encore derepenser l’organisation dutravail pour éviter des lésions,
ils ont mis à profit leuringéniosité et leur volontéd’éliminer les risques. En plus
d’avoir amélioré la qualité de
vie au travail de ces gensnovateurs, leurs trouvaillessont transposables à d’autres
milieux. Applaudissons leslauréats de 2012 et inspironsnous de leurs innovations !
Photo : Denis BernierDossierLauréatLes Entreprises
Carrière S.E.N.C.
Piqûre de préventionPhoto : Denis Bernier Après l’histoire de Trois hommes et
un couffin, voici celle de trois personnes et
un engin. Les deux copropriétaires et l’employé unique des Entreprises Carrière
S.E.N.C., situées à Sainte-Marthe, dans la
région de Valleyfield, se spécialisent dans la
construction de balcons en fibre de verre et
de rampes en aluminium et dans l’installation d’auvents. Ce n’est donc pas d’un
couffin douillet dont ces travailleurs ont
besoin pour remplir certaines des tâches
que les clients leur confient, mais bien d’un
engin lourd, encombrant, difficile à manipuler qui, de surcroît, produit autant de
vibrations que de bruit. Le seul outil capable
de casser des surfaces de béton ou de
ciment est en effet le marteau-piqueur qui,
avec ses quelque 70 livres, s’avère puissant
et efficace, mais pose néanmoins plusieurs
risques, notamment pour le dos, pour qui
le manipule. « Tu viens les bras et les mains
engourdis, constate le copropriétaire Richard Lauzon.
A p rè s u n e j o u r n é e
d’ouvrage, c’est l’enfer,
et personne ne veut
marteau-piqueur. »
 Monté sur un système de roues pivotantes permettant de déplacer faciFace à la grande
lement l’engin, doté d’un long manche conçu selon le principe du balancier
surface de béton
pour qu’il soit possible de l’incliner de l’avant à l’arrière ainsi que de gouqu’il doit démolir,
pilles qui bloquent le mécanisme au besoin, le support se manipule avec
Richard Lauzon se
pose le défi d’y partellement d’aise que même une petite femme poids plume peut l’utiliser
ve n i r s a n s q u e c e t t e
corvée cause engourdissements, raideurs, maux de dos et autres
douleurs. Il fait donc la tournée des centres de location d’outils
de sa région à la recherche d’un support, comme celui qui existe
Gageons que tous les utilisateurs
pour les scies à béton. « J’ai fait rire de moi », dit-il, ce qui rende marteaux-piqueurs réclameront mainforce sans doute sa détermination à trouver une solution. Étant
bricoleur et recycleur de matières qu’il récupère sur ses chantenant ce support qui facilite la besogne
tiers, il entreprend de concevoir l’équipement approprié, avec la
et protège de bien des malaises.
contribution de son employé, Simon Sauvé, en réunissant bouts
de rampes et autres éléments dans une configuration adaptée
à celle du marteau-piqueur. Pari gagné ! Monté sur un système
de roues pivotantes permettant de déplacer facilement l’engin,
la poignée de mousse isolante avant de l’envelopper d’un ruban
doté d’un long manche conçu selon le principe du balancier
pour qu’il soit possible de l’incliner de l’avant à l’arrière ainsi
Simon Sauvé est bien placé pour apprécier les avantages de
que de goupilles qui bloquent le mécanisme au besoin, le supcette innovation : « Avec le support, ce qui est bon, c’est aucun
port se manipule avec tellement d’aise que même une petite
mal de dos, et c’est pas forçant pour les bras. » Gageons que tous
femme poids plume peut l’utiliser sans contraintes. L’inventeur
les utilisateurs de marteaux-piqueurs réclameront maintenant ce
a trouvé en plus le moyen d’éliminer les vibrations en enduisant
support, qui facilite la besogne et protège de bien des malaises.PME8Prévention au travailÉté 2013Mention d’excellence
Le Groupe LatitudeMention d’excellence
Cadenasser le dangerEn remportant une mention d’excellence pour une deuxième année
consécutive, cette entreprise de 93 travailleurs, qui exploite des
usines à Saint-Bruno et à Candiac, démontre que la santé et la
sécurité font réellement partie de ses valeurs fondamentales.
Phostech Lithium inc. fabrique du phosphate de fer nécessaire au
fonctionnement des cathodes de navires, ce qui exige entre autres En deux clics, les travailleurs montent et démontent legarde-corps temporaire.une surface plane à l’aide des têtes pivotantes supérieures. » Le
mécanisme a aussi l’avantage de dégager l’espace pour que les
ouvriers spécialisés puissent exécuter les travaux de finition
murale. Commentant son utilité et sa sécurité, l’installateur de
cloisons sèches Steve Bergeron estime bien commode de pouvoir
l’enlever et le remettre au besoin, pour ainsi éviter de tomber
dans le vide en travaillant. Cette innovation démontre qu’il suffit
parfois de bien peu de choses pour prendre la prévention à
bras-le-corps.l’emploi d’appareils pneumatiques alimentés à l’air comprimé
munis de connecteurs à double action. Or, ces dispositifs étaient
dépourvus de valves permettant d’interrompre l’entrée d’air. « Il
fallait absolument qu’on cadenasse cet équipement, affirme Sylvie
Mercure, directrice des ressources humaines et santé, sécurité, environnement, mais c’est impossible de cadenasser une valve qui
n’existe pas. » De telles soupapes étant introuvables sur le marché,
le responsable de la maintenance, aidé de l’ingénieur mécanique
Jesse Speed et de l’assistant Érick Côté, explore le matériel présent
dans l’usine qui pourrait être converti pour ce besoin. Il opte pour
un raccord rapide qu’il recouvre d’un bouton, sauf que cette solution crée un nouveau problème : en le pressant par inadvertance,
quelqu’un peut ainsi rebrancher l’alimentation en air comprimé
sur le bouton. Le trio retourne donc à sa table à dessin, et
son bricolage maison produit finalement un dispositif composé d’un couvre-connecteur et d’un connecteur pneumatique
à double action. Une fois mis en place, le verrou et le cadenas
y sont insérés, ce qui enraie toute possibilité de rebrancher
les tuyaux d’air pendant les travaux. Jesse Speed se déclare
fier de cette nouveauté parce qu’elle est facilement applicable
ailleurs et qu’elle garantit la sécurité dans tous les cas semblables. Pour sa part, Sylvie Mercure estime que de la présenter aux Grands Prix SST « encourage les gens à poursuivre
la recherche d’innovations et de solutions qui ne sont pas
toujours disponibles […] sur le marché ». De quelle trouvaille
de prévention la PME accouchera-t-elle l’an prochain ?
Photo : Bruno Massicotte, CSSTConstructeur de maisons unifamiliales depuis 1997, Le Groupe
Latitude, de Lavaltrie, ne prend pas à la légère la santé et la sécurité de ses douze employés. « On veut avoir des travailleurs en
sécurité et […] s’assurer qu’ils vont revenir au travail le lendemain », affirme le président, Gaëtan Breault. Or, certaines étapes
de la finition intérieure posaient des risques de chute pour certains corps de métier, notamment les poseurs de gypse, les tireurs
de joints et les peintres, car, par distraction ou pour faire vite, les
charpentiers omettaient parfois de replacer les garde-corps des
escaliers. Souhaitant éviter les accidents, le président et le surintendant, Alain Breault, consultent travailleurs et sous-traitants
pour trouver un concept de protection temporaire stable et facile
à installer. Du croquis à la simulation en atelier, le garde-corps
prend forme avant d’être soumis à un ingénieur qui en atteste
la qualité. Enfin convaincue d’avoir trouvé la solution au problème,
la direction fait fabriquer le nouveau dispositif. Ingénieux, il se
compose d’une plaque de métal boulonnée au sol où il suffit
d’insérer des poteaux, puis de les y retenir au moyen d’une goupille. Ainsi, en deux clics, les travailleurs montent et démontent
le garde-corps temporaire comme s’il s’agissait d’un jeu de meccano. « C’est très pratique, remarque Alain Breault, ça s’installe
dans une descente […] ou une montée d’escalier ou surPhoto : Chantale BeaudoinLa latitude d’éviter les chutes Le dispositif est composé d’un couvre-connecteur et
d’un connecteur pneumatique à double action.
Été 2013Prévention au travail9DossierLauréatGroupe minier
Une nacelle à la rescoussePhoto : Guy Tremblay, Groupe minier CMAC-ThyssenOn dirait une sorte de montgolfière, version souterraine, qui se déplace avec une légèreté tout
aérienne. L’engin qui monte, descend, pivote et
avance avec tant de facilité, c’est la plateforme
de forage que le Groupe Minier CMAC-Thyssen,
de Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue, a conçue
pour préserver ses travailleurs des risques de
blessure, de chute, voire de décès, qu’ils couraient
lorsqu’ils devaient agrandir un montage minier
situé près d’une ouverture dans le roc. Quel
contraste avec l’ancienne méthode !
Les mineurs devaient alors s’enfoncer dans le
trou en transportant une foreuse à béquille, un
engin vibrant qui s’avère aussi lourd que bruyant,
se tenir en équilibre instable sur le sol rocailleux
et mobiliser toute leur force musculaire pour
soulever la machine à l’horizontale afin de forer
des trous dans la paroi rocheuse. Ajoutons à cela
qu’à la longue, ce travail exigeant les exposait à
contracter la maladie de Raynaud. « C’était du
sport ! », s’écrie sans détour le mineur Ghislain
Royer. Le vice-président aux opérations, Luc Guimond, souligne
aussi que les travailleurs
avaient difficilement
accès aux surfaces supérieures et couraient
d e g rave s d a n g e r s
lorsqu’ils devaient en
retirer une roche branlante pour éviter qu’elle
leur tombe sur la tête.
 La plateforme a la capacité de se mouvoir de haut en bas, d’agrandir rapiDécidée à régler ce sujet
dement et sans effort des trous de trois mètres de diamètre jusqu’à des did’inquiétude, la direction, en
collaboration avec les mineurs et
mensions atteignant huit mètres et de s’y déplacer pour ainsi permettre
le personnel du Service de santé et d’ingénierie,
d’accomplir toutes les formes de forages.
invente un mécanisme sophistiqué : une plateforme mécanisée, munie de foreuses hydrauliques et comportant une nacelle où les mineurs sont retenus par
capacité de se mouvoir de haut en bas, d’agrandir rapidement et
des câbles de sécurité ainsi que d’un toit qui « [les] protège de
sans effort des trous de trois mètres de diamètre jusqu’à des dimentoutes les roches qui peuvent tomber », précise Luc Guimond.
sions atteignant huit mètres et de s’y déplacer pour ainsi permettre
Actionnée au moyen d’une télécommande, la plateforme a la
d’accomplir toutes les formes de forages. Convaincu qu’« investir
en prévention, c’est rentable », Luc Guimond estime que cette innovation se prête aux bouches d’aération de métros, aux regards
d’égouts ainsi qu’à toute autre ouverture circulaire verticale.
Convaincu qu’investir en prévention, c’est
Lorsque le nouveau système, accompagné de ses plans et devis,
rentable, Luc Guimond estime que cette
arrive dans la mine, les travailleurs l’assemblent et l’installent
« dans un temps record », se souvient Ghislain Royer. Depuis lors,
innovation se prête aux bouches d’aération
à bord de leur nacelle ultramoderne, ils exécutent leurs tâches
de métros, aux regards d’égouts ainsi qu’à
beaucoup plus rapidement, sans ressentir de vibrations et sans
craindre pour leur sécurité. Qui sait s’ils n’ont pas parfois l’imprestoute autre ouverture circulaire verticale.
sion de faire une excursion en montgolfière… souterraine.grandes
entreprises10Prévention au travailÉté 2013Branchée sur la préventionL’usine Alcoa de Deschambault-Grondines roule 24 heures par
jour, sept jours par semaine, pour produire de l’aluminium destiné à la transformation. Or, les travailleurs appelés gaziers
devaient, deux fois par quart de travail, brancher les tuyaux de
gaz naturel aux lampes des brûleurs du four à cuire. Le hic, selon
le chef de section Charles Cauchon, était qu’ils devaient exercer
une bonne force physique pour accomplir cette tâche manuelle,
surtout l’hiver, lorsque les tuyaux gèlent, au point de devoir parfois faire appel à un collègue. Il arrivait aussi qu’ils abîment accidentellement la gaine d’acier inoxydable qui recouvre les tuyaux.
Nombreux étaient donc ceux qui, depuis longtemps, cherchaient
une façon plus facile de faire cette connexion. Puis, un jour, un
déclic se fait dans l’esprit de l’un d’eux, Luc Lamothe. « J’ai imaginé un outil […] sur le principe d’une pince avec un bras de levier,
dit-il. […] On l’a essayé, ça a fonctionné. » Ainsi naissait le Easy
Lock. Immédiatement intéressé par cette innovation, le comité de
direction alloue les ressources nécessaires à sa production. « On
s’est dit qu’il n’y avait pas de temps à perdre, qu’il fallait l’implanter [dans toute] l’usine », rappelle le directeur général Sylvain
Poissant. Et ce qui fut dit fut fait. « Les Easy Locks sont installésMention d’excellence
Canada ltée – Maniwaki
Couper le souffle au risqueÀ Bois-Franc, en Outaouais, les billes de bois s’entassent en masses, comme une forêt de mâts couchés
au sol, dans la cour de Louisiana-Pacific Canada ltée –
Maniwaki, une entreprise qui emploie 150 personnes.
Elles prennent bientôt le chemin de l’usine pour y
subir les diverses étapes du processus qui les transformera en panneaux de particules orientées.
Parvenues à un des premiers passages obligés, elles
sont soumises à une écorceuse, qui les pèle proprement. Or, une à deux fois par mois, les travailleurs
affectés à ce poste devaient, au prix de multiples
manipulations avec des outils manuels, remplacer la
chambre à air, qu’ils appellent le ballon, des soufflets pneumatiques de cette machine. Selon Claude
Bouillon, superviseur de l’entretien mécanique, cette
tâche laborieuse impliquait « beaucoup de retournements et des risques de coincement de doigts »,
sans parler des maux de dos et du danger de recevoir des éclats de bois dans la figure. Cherchant à
alléger et à sécuriser cette opération aussi risquéement du tuyau ne
demande presque
plus d’efforts physiques de la part
des opérateurs. partout sur le four à
cuire et on n’a que de
des gens, note Charles
Cauchon. Ça facilite
les opérations et le
[tuyau] ne demande
presque plus d’efforts
physiques de la part
d e s o p é r a t e u r s . »
S’avouant heureux
que son invention
contribue à éviter des
blessures, Luc Lamothe
remarque qu’elle évite
également de briser la gaine des tuyaux, ce qui économise des
coûts. À quoi rêve l’auteur de l’outil aussi simple qu’astucieux ?
Voir son Easy Lock se répandre partout dans le monde ! Et pourquoi pas ?qu’exigeante, le mécanicien industriel imagine une presse à ballon.
Fabriqué sur place, le nouveau mécanisme est entouré d’une grille
de sécurité, elle-même munie d’une vitre qui retient les particules.
Il compte aussi un dispositif d’interverrouillage, qui empêche
l’accès aux pièces en mouvement. Exprimant le contentement de
tous depuis la mise en place de la nouvelle presse pneumatique,
Claude Bouillon considère qu’elle améliore considérablement la
situation, car non seulement le changement de la chambre à air
est beaucoup plus facile à faire,
sans présenter de risques d’écrasement de doigts et de projection de fragments de bois, mais
il se réalise dorénavant en deux
ou trois minutes plutôt que la
demi-heure d’auparavant. Voilà
une idée gagnante sur tous les
points, car plus aucun travailleur
ne craint de se trouver pris entre
l’arbre et l’écorce !
Photo : Michel BlouinAlcoa, Aluminerie
de Deschambault Le raccorde-Photo : CSSTMention d’excellence Le nouveau mécanisme est
entouré d’une grille de sécurité munie d’une vitre qui retient les particules. Il compte
aussi un dispositif d’interverrouillage qui empêche l’accès
aux pièces en mouvement.
Été 2013Prévention au travail11DossierLauréatPépinière
en préventionPhoto : CSSTÀ Grandes-Piles, en Mauricie et
Centre-du-Québec, là où le gouvernement du Québec exploite
un territoire de culture sylvicole
à grande échelle, s’étend une
mer de verdure qui respire la
santé. Chaque année, la pépinière publique produit des milliers d’épinettes, de mélèzes et
de peupliers destinés à reboiser
les forêts publiques. Pour s’assurer que les plantules survivront à l’hiver, les travailleurs
les abritent sous de longs tunnels, où elles seront protégées
des rigueurs de la saison.
Cependant, le printemps venu,
 Au lieu de sortir les récipients, pourquoi ne pas déplacer la structure ? Ainsi devenus mobiils doivent les sortir de ces abris
les, les tunnels glissent comme sur des roulettes, sans effort.
saisonniers, ce qui représentait
jusqu’à récemment de nomdernier pose LA question : « Au lieu de sortir les récipients, pourbreuses manipulations. Ils devaient en effet se penquoi on ne déplacerait pas la structure ? » « Ah, idée intéressante ! »,
cher pour soulever avec précaution chacune des
estime d’emblée Louis Labrecque, directeur de la pépinière.
quelque 135 000 caissettes de plants dispoChangeant d’optique, la direction et le personnel repensent de
sées sur des plateaux de croissance, les
fond en comble l’organisation du travail et trouvent le moyen de…
apporter à des plateformes situées à l’extéCatégorie
sortir du tunnel. Ils soudent les supports qui soutiennent les 27 galerieur pour ensuite les transporter dans les
ries protectrices longues de 100 mètres, montent ces structures sur
champs, puis, rendus sur place, se pencher
deux patins, modifient les portes qui s’ouvrent à leurs extrémités
à nouveau pour les déposer au sol.
pour qu’elles puissent passer au-dessus des caissettes de plantules
Répétitive et astreignante, cette manutensans les raser et fortifient le tout avant d’expérimenter l’étape ultime
tion, qui grugeait huit jours de travail, était
de l’invention de Gratien Parent : ils attellent les abris à deux traccause de maux de dos et de troubles musteurs et guident les conducteurs à destination. Devenus mobiles, les
culosquelettiques pour l’équipe vieillissante,
tunnels glissent comme sur des roulettes, sans effort, et l’opération
malgré le système de rotation du personnel.
ne prend guère plus de 20 minutes ! Partant de la simple réflexion
« […] Après deux ou trois tunnels […], tu trouvais que
d’un travailleur inventif, « on a transformé complètement la façon
ton tour revenait souvent », remarque l’ouvrier sylvicole Gaétan
de faire », constate Louis Labrecque. Et grandement amélioré la vie
Francoeur. Le mécanicien Gratien Parent abonde dans le même sens
des travailleurs. Voilà qui démontre qu’en regardant les choses autrelorsqu’il affirme que « c’était dur, [les employés] faisaient tout le
ment, il est possible d’allier sécurité, efficacité et rapidité.
temps les mêmes opérations. » Il en va ainsi jusqu’au jour où ceorganismes
publicsInscrivez-vous au prix Sécurité au travail au Canada 2013 !
Votre entreprise est l’une des plus sécuritaires au Canada ? Soulignez vos accomplissements
en matière de sécurité au travail en présentant une candidature dans l’une des dix catégories d’industries de ce concours canadien. Cette année, le concours s’enrichit par ailleurs
d’une nouvelle catégorie de prix, pour récompenser les employeurs offrant des programmes
exceptionnels de santé et de mieux-être à ses employés.
Pour en savoir plus sur le concours et pour vous inscrire, visitez le www.safestemployers.com.12Prévention au travailÉté 2013Mention d’excellenceService aérien gouvernemental
Démarrage en douceurPhoto : Service aérien gouvernementalProcéder à l’évacuation de malades éloignés des centres médicaux,
combattre les feux de forêt, surveiller le territoire et véhiculer des
équipes ministérielles, voilà la quadruple mission du Service aérien
gouvernemental, qui, de la Vieille-Capitale, survole la totalité du
Québec. » Pour s’assurer que ses appareils sont en tout temps prêtsà décoller, l’organisation doit bien sûr les entretenir. Or, l’installation du démarreur-générateur sur les avions-citernes CL-415 posait
problème. « […] On se coince les mains, c’est un endroit très exigu »,
raconte Daniel Vachon, chef des services d’entretien. Les techniciens, qui devaient se contorsionner et travailler à bout de bras
pour mettre en place cette pièce d’une vingtaine de kilos, ressentaient ainsi des maux musculosquelettiques et dorsaux. Mais
l’équipe du Service aérien gouvernemental compte « des gens de
grand talent, des passionnés », remarque le directeur général, Roger
Robitaille. Parmi eux, le technicien en aéronautique Jean-Guy
Ouellet, un homme fort ingénieux. Il examine la façon de procéder
des collègues, leur pose des questions, consulte des techniciens,
réfléchit, recycle une variété de matériaux, les assemble et eurêka !,
il présente à son équipe une petite mallette, divisée en trois étages,
qui contient les pièces de l’outil ergonomique dont tous rêvaient !
Il le baptise « mouvement Lemay », du nom de celui qu’il a longuement observé accomplir la tâche, parce qu’il « fait le même
mouvement », explique l’inventeur. Pour ajouter à la facilité de
maniement du nouvel outillage, on l’assortit d’un manuel illustrant
en photos chacune des étapes de l’installation du démarreurgénérateur. Dorénavant, les collègues de Jean-Guy Ouellet accomplissent leur tâche aisément et sans danger, ce qui remplit son
créateur d’une grande fierté. Quand il voit un technicien en train
de « s’amuser » avec son outil, « je me dis que ça va bien », déclaret-il, sourire aux lèvres. Et c’est ce que constatent avec joie les autres
 Jean-Guy Ouellet a résolu le problème entourant l’installa-tion du démarreur-générateur sur les avions-citernes CL-415.Mention d’excellence
Couper les ponts au dangerLa principale fonction des employés du Centre de services de
Macamic, près de Rouyn-Noranda, consiste à entretenir les routes
et les structures régionales dont Transports Québec est responsable.
Pour eux, refaire le tablier d’un pont, c’est de l’ordinaire. Jusqu’à
récemment, ils exécutaient littéralement ce travail à tour de bras :
ils devaient se mettre à deux, armés d’un tire-clous long de quatre
pieds et pesant environ 20 livres, puis user de toute leur force pour
extirper les madriers abîmés. Suivait le ramassage des lourdes pièces
de bois, au risque de meurtrir leur dos et d'être blessés sur les clous
sortants. Un jour, alors qu’il est aux commandes de la petite pelle
mécanique servant à compléter la besogne, l’opérateur René Hamel
observe ses collègues à l’œuvre et se dit qu’il doit bien y avoir une
autre façon de faire. Il pense alors à un arrache-madriers, dessine
un plan et le soumet au chef des opérations, Claude Rivard, lequel
demande au responsable de l’atelier de mécanique de traduire le
concept en réalité. Simple et efficace, l’innovation se compose d’une
poutre de fer munie d’un couteau. Adaptée à la forme de la pellemécanique, elle s’y installe en une minute. Il suffit ensuite de faire
rouler l’engin sur le tablier du pont pour en arracher les madriers
défectueux, sans danger et sans effort, ce qui est « pas mal moinsPhoto : Claude Rivard, Transports QuébecTransports Québec,
Centre de services de Macamic L’innovation se compose d’une poutre de fer munie d’un
couteau. Il suffit ensuite de faire rouler l’engin sur le tablier
du pont pour en arracher les madriers défectueux.
forçant pour tout le monde », remarque l’inventeur. Toute l’équipe
se réjouit de l’arrivée de l’arrache-madriers, qui allège la tâche,
d’autant plus, comme le souligne Claude Rivard, qu’il est maintenant possible d’accomplir en trois semaines ce qui prenait le double
du temps jusqu’alors. Le chef des opérations constate aussi que
participer aux Grands Prix santé et sécurité du travail « motive les
employés et donne des idées aux autres ». La nouveauté du Centre
de services pourrait certes en inspirer plusieurs.
Été 2013Prévention au travail13DossierLauréatLauréatConseillère en santé et sécurité du travail,
Venmar ventilation inc.Technicien en structure,
Service aérien gouvernementalJean-Guy OuelletPhoto : Jean-François Verreault, CSSTLisette ArelUne battante de la préventionIntégrité, dynamisme, persévérance, persuasion, finesse, doigté et,
surtout, passion suffisent à peine à définir Lisette Arel. Celle qui
affirme avoir la SST en tête a aussi la tête à la SST. S’intéressant
tôt dans sa carrière à ce qui compose le mieux-être au travail, elle
ne néglige aucun aspect de ce vaste sujet, incluant celui de la santé
psychologique, et accumule les formations tous
azimuts. À preuve, elle étudie aussi bien le
contrôle du gaz naturel que le travail sous tension et l’art de mieux communiquer au quotidien. Dès son arrivée chez Venmar
Ventilation inc., à Drummondville, en 2004,
à titre de conseillère en prévention, elle
plonge dans le bain : elle pose d’abord un
diagnostic de la situation des cinq unités
de l’entreprise, où travaillent environ
350 personnes, puis élabore rapidement un
plan quinquennal d’intégration de la SST dans
leurs opérations. Lisette Arel y implante aussi une
politique d’entreprise en SST, sensibilise le milieu au
harcèlement et à la réintégration des personnes ayant souffert de
troubles psychologiques, s’attaque aux procédures, forme un comité
multidisciplinaire sur la sécurité des machines… Bref, elle voit à tout
et semble être partout à la fois.
Lisette Arel possède le don de rallier dirigeants, collègues et
autres à ses initiatives, réussissant à les convaincre d’y participer.
Ceux qui la côtoient au quotidien soulignent son respect des gens,
son discernement, la qualité de son écoute, sa capacité à communiquer, à guider, à inspirer et à influencer, sans oublier le sens de
l’humour avec lequel elle désamorce les moments de travail intense.
La crédibilité de Lisette Arel en matière de prévention dépasse
les murs de Venmar Ventilation inc. Active dans divers organismes
voués à la SST, elle entretient un réseau de contacts à l’échelle du
Québec et est souvent appelée à donner des conférences un peu
partout ainsi qu’à participer à des recherches scientifiques, notamment sur des pratiques de travail sécuritaires. Tout indique que
cette femme d’exception continuera son œuvre tambour battant.
14Prévention au travailÉté 2013Photo : Jean-François Verreault, CSSTLeader
en SSTUn flot d’idéesJean-Guy Ouellet naît sous le signe de la créativité. Déjà, à 15 ans,
il invente une machine à clous pour la scierie familiale et depuis,
son moulin à idées tourne en continu. D’abord ébéniste, il complète
un DEC en fabrication d’aéronefs, puis entre au Service aérien gouvernemental en 1991. On y remarque bientôt sa débrouillardise
exceptionnelle : le technicien en aéronautique possède le talent
d’examiner un risque pour la SST et d’y trouver à tout coup une
solution. Au fil des ans, il enchaîne une idée géniale après l’autre.
On encourage donc ce « patenteux », on le considère comme le
petit génie de l’organisation et on surnomme Docteur Ouellet celui
qui est notamment l’auteur de cinq réalisations que le Service aérien
présente à des concours : un appareil de levage pour installer des
accessoires d’hélicoptères, une plateforme élévatrice pour manœuvrer des civières et des incubateurs, un support d’outillage pour
changer des pneus d’avion, un dispositif pour charger et retenir des
bouteilles d’azote et, sa nouveauté de 2012, un outil pour installer
le démarreur-générateur des avions-citernes. Dans tous les cas,
M. Ouellet améliore les conditions de travail de ses collègues et
leur évite des problèmes de SST.
Intuitif et vigilant, Jean-Guy Ouellet collectionne les pièces usagées de toutes sortes et les examine pour voir s’il ne pourrait pas
leur faire reprendre du service en les adaptant à une nouvelle
fonction qui sécuriserait le travail. Il scrute avec autant d’attention les dangers pour la SST, les tourne et les retourne sous tous
les angles, quitte à y consacrer ses loisirs. En panne d’inspiration ?
Il ne désespère pas, préférant décrocher et prendre ses distances,
pour laisser le germe mûrir pendant que l’inconscient fait son
œuvre, jusqu’à ce que la lumière de l’inventivité s’allume. Un passionné, dites-vous ?
À la veille de sa retraite, Jean-Guy Ouellet laisse en héritage
une foule d’inventions qui ont eu des incidences tangibles sur la
sécurité, l’organisation du travail et la productivité au Service
aérien. Peut-être plus important encore, il a inspiré une nouvelle
génération, prête à prendre la relève de son mentor. Chapeau,
Docteur Ouellet ! Droits et obligationsDes lieux sécuritaires
pour mes travailleurs,
tes travailleurs, nos travailleurs
Par Stéphanie Lefrançois,
stagiaire en droitUne obligation
étenduePhoto : Cour d'appel du QuébecLa Cour nous enseigne
que l’obligation de
l’employeur de s’assurer que l’établissement sur lequel il a
autorité est équipé et
aménagé de façon à
du travailleur3 s’étend
aux travailleurs des
sous-traitants. Ainsi,
même les lieux qui ne
sont pas normalement utilisés par les
employés de Michel
doivent aussi être
aménagés de façon
sécuritaire. Comme le dessus de la chambre
froide est susceptible d’être utilisé par les
frigoristes des sous-traitants pour l’entretien ou pour des réparations, l’employeur
a l’obligation d’en faire un lieu sécuritaire
pour les sous-traitants. La Cour analyse la
situation en tenant principalement compte
du fait que celui qui a le contrôle des lieux4
en est responsable. Durant les travaux des
frigoristes, Michel est l’employeur le mieux
placé pour contrôler l’environnement de
travail. Bien que le travailleur n’ait pas de
lien contractuel direct avec Marché chez
Michel, il est un travailleur au sens de la
loi. Ce statut lui offre une protection 5,
notamment en vertu de l’article 51 (1), que
Michel doit assumer en tant qu’employeur.
Cette interprétation large et libérale est
conforme à l’esprit de la LSST6, qui préconise une élimination à la source des risques pour la sécurité des travailleurs. Michel exploite l’épicerie Marché
chez Michel depuis plus de dix ans.
Malheureusement, hier, sa chambre froide
principale a fait défaut. Michel doit donc faire
appel à un sous-traitant pour effectuer les
travaux. Il communique avec Les experts ltée
afin qu’un frigoriste vienne vérifier l’état de
son équipement. Lors de la réparation, le frigoriste doit grimper sur le toit de la chambre
froide, lieu où les travailleurs du Marché n’ont
habituellement pas accès. Michel est-il tenu,
en vertu de l’article 51 (1) de la Loi sur la santé
et la sécurité du travail (LSST), d’aménager
son établissement de façon à assurer la protection des travailleurs du sous-traitant
lorsqu’ils exécutent des travaux ? Pourrait-il
être condamné à une amende conformément à l’article 236 de la LSST si le lieu est
non sécuritaire ? Ces questions ont été
posées à la Cour d’appel du Québec dans
l’affaire Sobey’s Québec inc. c. Commission
de la santé et de la sécurité du travail 1.
Malheureusement, dans cette affaire, le frigoriste a fait une vilaine chute durant la
réparation de l’équipement de Sobeys. Dans
cet arrêt, la Cour confirme2 les obligations
en matière de sécurité du travail de l’employeur à l’intérieur de son établissement
vis-à-vis les travailleurs d’un tiers employeur.La responsabilité pénaleUn lieu non sécuritaire pour les soustraitants peut emporter la responsabilité
pénale de l’employeur en vertu de l’article 236 de la LSST. En effet, cette infraction n’implique pas nécessairement qu’un
accident soit survenu. La preuve hors detout doute raisonnable du non-respect
d’une obligation prévue par la loi entraîne
une condamnation en vertu de cette loi.
L’employeur s’expose ainsi à une amende
minimale de 617 $7 dans le cas d’une personne physique à sa première infraction,
et de 1 542 $ pour une personne morale à
sa première infraction. L’obligation de l’employeur est donc très importante et doit
être prise au sérieux. Cette responsabilité
ne minimise et ne remplace aucunement
les obligations de l’employeur du frigoriste,
notamment quant aux méthodes de travail et à la formation 8. Michel ayant le
contrôle des lieux, il est le mieux placé pour
prévenir les dangers pour la sécurité causés
par l’aménagement de l’établissement.
Toute contravention liée à cette obligation
lui est par conséquent imputable.
Le contrôle de l’environnement de travail
est donc l’élément déterminant dans la
mesure de l’étendue des obligations de l’employeur. Faire affaire avec des tiers ne le
décharge pas de fournir un lieu de travail
sécuritaire. Avant l’arrivée des frigoristes,
Michel devra donc s’assurer qu’ils pourront
travailler en toute sécurité dans le Marché
chez Michel. De grands pouvoirs impliquent
de grandes responsabilités. 1.	Sobey’s Québec inc. c. Commission de la santé et de
la sécurité du travail, 2012 QCCA 1329. Requête pour
permission en CS Can, refusée nº 34989
2.	Le sujet a déjà été traité en partie sous l’angle de
l’article 237 de la LSST dans l’affaire Commission de
la santé et de la sécurité au travail c. Services minéraux industriels inc. (Mine Niobec) 2006 QCCS 3345
3.	Loi sur la santé et la sécurité du travail, L.R.Q.,
c. S-2.1, art. 51
4.	Idem note 1, citant Bell Canada c. Commission de la
santé et de la sécurité au travail [1988] 1 R.C.S. 749,
par. 171
5.	Commission de la santé et de la sécurité du travail
c. Bow Groupe de plomberie inc., 2011 QCCQ 2925,
6.	Idem note 3, art. 2
7.	Conformément à l’article 237.1 de la LSST, ces mon­
tants sont revalorisés chaque année. Ces mon­tants
sont à jour au 31 décembre 2012
8.	Idem note 1, par. 56Été 2013Prévention au travail15Agenda d’ici et d’ailleurs
Événements de la CSST
17e Rendez-vous santé et
sécurité du travail et
remise des Grands Prix
2 octobre 2013 Gaspé (Québec)17e Colloque santé et
22 octobre 2013 Drummondville (Québec)Remise des Grands Prix
17 octobre 2013 Québec (Québec)Grand Rendez-vous santé
et sécurité du travail 2013
5 et 6 novembre 2013 Montréal (Québec)
Renseignementswww.csst.qc.caAssociation paritaire pour la santé et la sécurité
du travail, secteur Administration provinciale
Gardez l’équilibre face au
14 mai 2013 (Lévis) Renseignementswww.apssap.qc.ca21st European Social
Du 17 au 19 juin 2013 Dublin (Irlande)The 21st International
Du 2 au 7 juin 2013 Montréal (Québec)RenseignementsRenseignementswww.esn-eu.orgwww.ica2013montreal.orgInternational Symposium
on Culture of Prevention –
Du 25 au 27 septembre 2013 Helsinki, FinlandeRenseignementswww.ttl.fi/en/international/
conferences/culture_of_
prevention/pages/default.aspx102e session de la
Du 5 au 20 juin 2013 Genève (Suisse)Work, Wellbeing and
Wealth: Active ageing
Du 26 au 28 août 2013 Helsinki (Finlande)RenseignementsRenseignementswww.ilo.org16Prévention au travailwww.ttl.fi/enÉté 201323rd Conference on
Du 18 au 21 juin Utrecht, Pays-Bas
Renseignementswww.epicoh2013.orgDevelopping World –
Du 15 au 18 septembre 2013 Montréal (Québec)
Renseignementshttps://portal.csse.org/
annual_conferenceAssociation sectorielle Fabrication d’équipement
de transport et de machines (ASFETM)
Colloque : Risques électriques et travail hors tension
(Norme CSA Z462)
6 juin 2013 Montréal (Québec)
Sessions publiques de formation en SST :
Utilisation sécuritaire de
27 juin 2013 (Montréal)
12 juin 2013 (Montréal) 10 juillet 2013 (Montréal) 14 août 2013 (Montréal) 18 septembre 2013 (Montréal) 22 octobre 2013 (Québec)
des élingues et des ponts
22 mai 2013 (Montréal) 19 juin 2013 (Montréal) 17 juillet 2013 (Montréal) 15 août 2013 (Montréal) 21 octobre 2013 (Québec)
13 juin 2013 (Montréal)
26 juin 2013 (Montréal) 29 août 2013 (Montréal)
24 octobre 2013 (Québec)Travail sécuritaire en
20 juin 2013 (Montréal) 4 septembre 2013 (Montréal)
29 mai 2013 (Montréal) 28 août 2013 (Montréal) 25 octobre 2013 (Québec)
Prévention des chutes et
30 mai 2013 (Montréal) 5 septembre 2013 (Montréal)
28 mai 2013 (Montréal)
4 juin 2013 (Montréal)
10 et 11 juin 2013 (Montréal)
Renseignementswww.asfetm.comVisitez-nous en ligne
www.preventionautravail.comRecherche l’IRSSTPlus encore sur le site Web
de la section Recherche à l’IRSST :www.irsst.qc.ca/
prevention-au-travailAussi…Les travailleurs
inégaux devant
la SST ?Une préoccupation
émergenteBip, bip, bip ou
pschitt, pschitt ?Quelle technologie
rend les alarmes
plus sécuritaires ?ActualitésL’importance de considérer
Illustration : Philippe BéhaSujet de colloque et de recherche
« Après avoir entendu les conférenciers d’aujourd’hui, nous ne pouvons que
souhaiter que les différences liées au genre et au sexe soient davantage
considérées dans les recherches. » C’est en ces termes que le directeur scientifique
de l’IRSST, Paul-Émile Boileau, a conclu le colloque annuel de l’Institut, qui avait
lieu en novembre 2012, sur le thème de L’importance de considérer le genre et le
sexe en SST.echerchel’IRSSTPhotos: IStockPhoto: IStockR Il est reconnu que travail et santé sont étroitement liés.
Or, la nature du travail et son influence sur la santé peuvent
être différentes chez les hommes et les femmes. Quelles
sont les différences liées en partie au genre et au sexe en
termes de problèmes de SST ? Quel est leur rôle en matière
de prévention et de retour au travail ?Préciser stratégie et interventionCes questions se posent alors que l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes en emploi diminue constamment ; il est
aujourd’hui inférieur à 10 %. Cependant, les conditions dans lesquelles un travail s’exerce, ses contraintes et ses avantages peuvent varier dans un même secteur selon que l’on soit un homme
ou une femme. Même si ni le sexe, ni le genre n’expliquent tout,
une recherche menée dans un secteur d’emploi particulier doit
évaluer l’importance de ces différences et en tenir compte si
cela est pertinent afin d’obtenir des résultats plus spécifiques
et donc, des interprétations plus nuancées. Les stratégies
d’intervention et les interventions elles-mêmes qui en découleront dans les milieux de travail pourront, dès lors, être mieux
Conférence de John Oliffe, University of British Columbia :
Connecting Gender, Work and HealthNuancerGénéralement, les femmes et les hommes travaillent dans des
secteurs et des emplois différents et se situent également à
des niveaux différents dans la hiérarchie. De plus, même s’ils
occupent un emploi identique chez un employeur donné,
leur activité de travail peut varier. L’exposition aux risques pour
la SST peut donc différer, d’où l’importance de considérer les
hommes et les femmes séparément dans les recherches en SST.
Même s’il existe des différences biologiques entre l’homme
moyen et la femme moyenne, il ne convient pas de présumer
que toutes les femmes sont différentes de tous les hommes. Le
18Prévention au travailÉté 2013Généralement, les femmes et les hommes
travaillent dans des secteurs et des emplois
différents et se situent également à des niveaux
différents dans la hiérarchie. Même s’ils occupent un emploi identique chez un employeur
donné, l’activité de travail peut varier.
L’exposition aux risques pour la SST peut donc
différer, d’où l’importance de considérer
les hommes et les femmes séparément
dans les recherches en SST.degré de différence de taille, de poids, de métabolisme entre un
homme et une femme est très variable. Faire des représentations stéréotypées des capacités des hommes et des femmes
peut constituer un facteur de risque en SST si, par exemple, on
présume qu’on peut exposer un travailleur à un danger parce
que les hommes sont "faits forts" ou si, à l’inverse, on présume
que les emplois des femmes ne comportent pas de risques parce
que "le travail est léger".
Ne pas tenir compte des différences biologiques, par exemple en adaptant les équipements, les postes de travail et les
formations aux capacités physiques des hommes et des femmes, peut accroître le risque de lésions professionnelles.
Conférence de Karen Messing, UQAM : Pour une prévention plus
efficace : l’importance de tenir compte du genre et du sexe dans
le domaine de la SSTRecherchleI’RSST Le terme sexe se réfère aux différences biologiques – notamment génétiques, anatomiques et physiologiques – qui
existent entre les hommes et les femmes. Le genre se réfère aux rôles définis par la société, soit aux relations, aux comportements, au pouvoir relatif et aux autres traits qu’elle confère aux hommes et aux femmes. Ces aspects expliquent
ce que veut dire être une femme ou un homme dans une société donnée.Lésions : siège, cause et secteurLes statistiques d’accidents révèlent que la moyenne des
durées d’indemnisation est plus longue chez les femmes que
chez les hommes lorsqu’elles subissent une lésion, tant chez
les travailleurs manuels et non manuels que mixtes. Les hommes, par contre, comptent davantage de lésions indemnisées.
Les caractéristiques mêmes de ces accidents diffèrent
chez les hommes et les femmes. Le tableau ci-contre donne
un aperçu des cinq premiers sièges de la lésion et du genre
d’accident, en spécifiant s’ils sont plus fréquents pour les hommes ou pour les femmes.
Pour ce qui est des secteurs d’emploi où les lésions surviennent, le tableau ci-dessous présente les cinq groupes cibles
retenus en raison de leur taux de fréquence et de gravité le
plus élevé pour les hommes et pour les femmes, et qui comptaient plus de 500 travailleurs équivalents à temps complet.	(Il s’agit d’une estimation du nombre de travailleurs en équivalent temps complet effectuée à partir des heures travaillées
au cours d’une année.)
Conférence de Patrice Duguay, IRSST : Portrait des lésions
professionnelles au Québec selon le genre.
Siège de la lésion	Dos	F	Genre d’accidentChute au même niveau, glisser, trébucher sans tomberFÊtre frappé par	HRéactions du corps en bougeant ou en tenant une posture	FMain et doigt	H	Efforts excessifs autres qu’en soulevantGenou	Effort excessif en soulevant	Épaule	F	H	Sièges multiples	F	FFIndustries, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN)
Hommes	Catégorie Femmes	professionnelle	Activités de soutien à l’agriculture Manuelle	Administrations publiques locales,	et à la foresterie	municipales et régionales	Services de gestion des déchets Manuelle	et d’assainissement	Extraction minière (sauf l’extraction de pétrole	Manuelle	et de gaz)	Entrepreneurs spécialisés – construction;	télécommunications	Manuelle	Grossistes-distributeurs Manuelle	de produits pétroliers	Du côté des métiers non traditionnelsCertains chercheurs commencent à s’intéresser aux différences
d’exposition des femmes et des hommes dans des conditions
de travail similaires. Quand ils observent un groupe de travailleurs, ils étudient maintenant le métabolisme des substances chimiques, en tenant compte de la génétique, de la
physiologie, des systèmes hormonal et reproductif ainsi que de
la prise de médicaments, dont la contraception orale.
Dans une grande entreprise du secteur automobile, la conférencière a étudié les conditions historiques d’exposition en
relation avec l’apparition de cancers. L’exposition moyenne des
hommes et des femmes occupant un poste comportant des
tâches similaires n’est pas forcément différente. Cependant,
certains facteurs liés au genre et au sexe doivent être pris en
considération quand on l’évalue. C’est le cas du retrait deCatégorie
professionnelle	ManuelleIntermédiation financière et activités	connexes; valeurs mobilières, contrats
de marchandises et autres activités
d’investissement financier connexes;
fonds et autres instruments financiers;
gestion de sociétés et d’entreprises	Fabrication de produits en plastique	et en caoutchouc	Fabrication d’aliments; de boissons	et de produits du tabacMixteManuelle
ManuelleFabrication de produits en bois;	de meubles et de produits connexes	Manuellel’exposition pendant un congé de maternité ou encore de
l’effet protecteur des contraceptifs oraux sur les cancers ovariens, par exemple.
L’évaluation des risques professionnels doit tenir compte des
différences entre les sexes en ce qui a trait à la taille physique,
aux rythmes respiratoire et cardiaque, au pourcentage de
graisse corporelle et aux changements hormonaux, notamment.
Ces facteurs peuvent générer des doses d’expositions internes
différentes qui influent sur le niveau de risque : ils sont trop
peu souvent pris en compte dans les méthodes d’évaluation
actuelles et devront faire l’objet d’une attention particulière
dans les études futures.
Conférence de Melissa Friesen, National Institutes of Health :
Gender differences in occupational exposures : women are not only small men
Été 2013Prévention au travail19RecherchleI’RSSTPhoto: IStockL’évaluation des risques
professionnels doit
notamment tenir compte
des différences entre les
sexes en ce qui a trait à
la taille physique, aux
rythmes respiratoire et
cardiaque, au pourcentage de graisse corporelle
et aux changements
hormonaux.Conférence de Pascale Prud’homme, IRSST : Conditions de travail et
d’emploi selon le genre au QuébecIncapacité et retour au travailIl existe peu d’études sur l’incapacité au travail selon le genre
et peu d’entre elles ont utilisé une stratégie d’analyse sensible
au genre. On sait cependant qu’hommes et femmes perçoivent
différemment leur incapacité. Celle-ci a d’ailleurs des caractéristiques particulières selon le genre. Les hommes sont absents
moins longtemps que les femmes de leur emploi pour incapacité. Cependant ils ont davantage de rechutes. Pendant cinq ans,
la chercheure a suivi une cohorte de 455 personnes absentes
de leur emploi pour incapacité durant une longue période,
jusqu’à leur retour en emploi. Ses conclusions indiquent que les
déterminants qui influencent la durée d’incapacité au travail
peuvent différer et agir de façon différente selon que l’on soit
un homme ou une femme.	Conférence de Valérie Lederer, Université de Montréal : Prise en
compte du genre dans l’analyse des déterminants de l’incapacité
prolongée au travail : un exemple et les leçons tirées
20Prévention au travailÉté 2013Évolution de la population en emploi (15 ans ou plus), Québec, 1976 à 2011
2500 -1500 -82,9 %Manutention au fémininLes femmes qui exercent le métier de manutentionnaire sont
de plus en plus nombreuses et des chercheurs en SST commencent à s’y intéresser. Quoique le nombre de manutentionnaires
féminins soit beaucoup moins élevé dans certains secteurs d’activité comme le transport et la machinerie, ailleurs, elles constituent souvent près de la moitié de la main-d’œuvre qui devra
faire du travail de manutention occasionnelle. C’est le cas dans
l’alimentation et les services.
Conférence d’André Plamondon, IRSST : Façons de faire en manutention : différences hommes – femmes
Lire l’article Manutention au féminin – Point de vue biomécanique
et ergonomique, à la page 21. 
Marjolaine ThibeaultPour en savoir plus
Pour voir les vidéos des conférenciers : www.irsst.qc.ca/-irsst-tv.html201120102009200820072006200420022000199819961994199019881986198419820,9 M198001,9 M
Femmes1000 500 -9,7 %Hommes1,6 M19922000 -2,1 M1978Depuis les 35 dernières années, la main-d’œuvre féminine a vu
ses effectifs doubler contribuant ainsi à réduire l’écart existant
avec les travailleurs masculins (graphique). Ce rattrapage, en ce
qui a trait au taux d’emploi, s’observe également à des degrés
divers pour tous les groupes d’âge. Toutefois, lorsqu’on s’intéresse aux caractéristiques de l’emploi, aux conditions et à l’environnement de travail on remarque qu’il existe des différences
selon le genre à plusieurs égards. En effet, des disparités entre
les hommes et les femmes s’observent notamment au niveau
des horaires de travail, de la précarité contractuelle, de l’exposition à certaines contraintes physiques dans les milieux de
travail et à certaines situations de travail exigeantes. Ces résultats montrent toute l’importance de considérer le genre dans
les études sur le travail.1976Conditions de travail et d’emploiRecherchel’IRSSTManutention
au fémininRegard
et ergonomiqueL’équipe a recueilli des données biomécaniques
et fait des observations ergonomiques dans des
contextes expérimentaux afin de vérifier si la façon
de procéder des femmes est différente de celle des
experts masculins.
(Photo tirée d’une vidéo réalisée lors des expériences
menées dans l’atelier de biomécanique de l’IRSST). Une équipe de l’IRSST a voulu comprendre ce qui différencie les modes
opératoires des manutentionnaires hommes et femmes. Elle supposait, au
départ, que ceux des femmes manutentionnaires expérimentées diffèrent
de ceux des hommes.
Pour vérifier son hypothèse, l’équipe a
créé en laboratoire deux contextes expérimentaux permettant de faire ressortir
les différences entre les sexes, alors que
des manutentionnaires devaient soulever
la même charge de façon absolue
[15 kilogrammes (kg) pour les deux sexes]
ou la même de façon relative (hommes :
15 kg; femmes : 10 kg); les femmes
démontrant approximativement, en
moyenne, une force équivalant aux deux
tiers de celle des hommes. Les caractéristiques de la charge (poids, fragilité du
contenant et décentrage du centre de
gravité), la hauteur de saisie et de dépôt
ainsi que l’état de fatigue des manutentionnaires étaient modifiés pour tenter
de susciter une plus grande variété de
En premier lieu, des tests physiques
ont démontré que les femmes manutentionnaires sont moins fortes que le
groupe d’hommes experts et que celui
d’hommes novices, avec des mesures de
force musculaire au dos variant de 49 %
et 63 % de celle des hommes.
Les données biomécaniques et des
observations ergonomiques recueillies
dans les deux contextes expérimentaux
confirment que la façon d’opérer des
femmes est différente de celle des
experts masculins, puisqu’elles adoptent
des façons de faire qui ressemblent
davantage à celles des novices masculins.Pour une même charge absolue de 15 kg,
les femmes ont, comparativement aux
hommes experts, une durée de transfert
des caisses plus longue, une inclinaison
du tronc et une flexion lombaire plus élevées, une flexion des genoux moins
grande en levant des caisses du sol, une
vélocité angulaire du tronc plus faible et
un meilleur rapprochement des caisses.Lors des essais, la majorité des femmes ont utilisé une technique de levage
très différente de celle des experts masculins. Celle-ci consiste principalement à
effectuer une extension des genoux, dans
un premier temps, puis une extension du
tronc. Cette technique pourrait induire
une flexion lombaire supérieure à celle
observée chez les hommes experts, mettant plus à risque les structures passives
internes de la colonne vertébrale lombaire. Elle a toutefois l’avantage d’être
très efficace sur le plan énergétique.La manutention d’une charge de
10 kg (par rapport à celle de 15 kg) a permis aux femmes de bénéficier d’une
réduction du chargement au dos et d’une
durée de transfert plus courte. Par contre,
elles ont augmenté la distance entre la
caisse et le tronc ce qui n’a pas eu d’effet sur le niveau de flexion lombaire dans
la plupart des conditions.Conséquemment, l’intervention la
plus directe pour réduire les risques de
blessures musculaires chez tous lesmanutentionnaires serait de réduire le
poids de la charge. Cependant cela est
sans effet sur la flexion lombaire. Une
autre intervention préventive consiste à
augmenter la hauteur de saisie des caisses, les risques de blessures au dos diminuant considérablement lorsque la
charge est prise à la hauteur des
hanches. La majorité des risques élevés
s’appliquent aux conditions de manutention où la charge est prise du sol, ce qui
représente une fraction de la plupart des
tâches des manutentionnaires.Les chercheurs soulignent que la coordination motrice des femmes lors du
lever de caisses du sol diffère de celle des
hommes et que le chargement interne
aux tissus peut être affecté par ces différences. Une formation en manutention
devrait en tenir compte. Il reste cependant à déterminer les raisons de cette
différence à l’aide d’analyses biomécaniques et ergonomiques plus poussées. 
PLAMONDON, André, Denys DENIS, Christian
LARIVIÈRE, Alain DELISLE, Denis GAGNON,
Marie ST-VINCENT, Iuliana NASTASIA. Les
femmes manutentionnaires – Un point de
vue biomécanique et ergonomique, Rapport
R-757, 113 pages.
www.irsst.qc.ca/media/documents/
PubIRSST/R-757.pdfAutomne
Été 20132011Prévention au travail21Recherchel’IRSSTTravailleurs immigrants inégaux devant la SST ?Une préoccupation émergente
 Sans compter ses répercussions
économiques évidentes, la mondialisation
provoque des mouvements migratoires
sans précédent, auxquels contribuent
également crises financières, chômage,
famines, guerres et changements climatiques. Des déplacements de populations
se manifestent sur tous les continents et
transforment les sociétés industrielles,
pôles d’attraction des ressortissants de
pays moins nantis. Elle-même façonnée
par des gens venus de partout, l’Amérique du Nord, incluant le Québec,
n’échappe pas à ce courant : dénatalité,
vieillissement de la main-d’œuvre et bonnes conditions de vie en font une destination attirante pour des travailleurs
du monde entier. Or, s’ils étaient jusqu’à
récemment d’origine surtout européenne,
les nouveaux arrivants proviennent
aujourd’hui des quatre coins du globe,
bien que le Québec privilégie les candidats de régions francophones. Majoritairement jeunes et scolarisés, ils
s’établissent à 87 % dans l’agglomération
montréalaise, et apportent une contribution non seulement économique, mais
aussi sociale et culturelle à la collectivité
Or, la transformation du tissu social
qui découle de l’immigration soulève plusieurs défis, notamment une facette
encore peu connue : les disparités de ces
travailleurs face à la santé et la sécuritédu travail (SST). Détenteur d’un doctorat
en anthropologie et d’un postdoctorat en
réadaptation, chercheur à l’IRSST et professeur associé au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal,
Daniel Côté a recensé des études internationales sur les travailleurs immigrants,
la SST et la réadaptation publiées de 1990
à 2011. Il parle ici des enjeux qui ressortent de ce bilan des connaissances
actuelles sur un sujet jusqu’à maintenant
peu exploré.PT Pourquoi les immigrants
sont-ils désavantagés en matière
de SST ?DC Précisons d’abord qu’il s’agit surtout
des travailleurs d’immigration récente,
pour qui les cinq premières années sont
difficiles dans bien des cas. En plus des
barrières linguistiques et culturelles auxquelles ils font face, ils sont souvent
concentrés dans des secteurs à plus haut
risque. Certains chercheurs ont observé
une division du travail basée sur l’origine
nationale, du harcèlement et de la discrimination raciale. La méconnaissance de
leurs droits, qui fait consensus dans les
études, peut faire obstacle à leur accès
aux soins et au système de compensation. Ces travailleurs peuvent avoir peur
de déclarer une maladie ou un accident
du travail, et subissent parfois des pressions à ne pas le faire. Ils sont ainsi dansune situation de vulnérabilité supérieure
à la moyenne. Les différences culturelles
ont donc une influence sur leur santé au
travail, ce qui suscite des réflexions sur
le comment vivre ensemble dans cette
réalité. Comment peut-on y préparer les
gens, tant les travailleurs que les
employeurs et les intervenants, et leur
fournir les meilleurs outils pour affronter
le monde d’aujourd’hui ?PT Comment définissez-vous
l’appartenance ethnique et la
culture ?DC L’ethnicité est le propre d’un individu,
sa façon de se définir par rapport à ses
ancrages religieux, culturels, historiques.
Elle se rapporte à son sentiment d’appartenir à un groupe. La culture, c’est plus
complexe. Nous ne sommes pas toujours
conscients que ce que nous faisons est
en partie motivé par des déterminants
culturels, des automatismes qui sont des
comportements appris nous paraissant
relever du sens commun. Bien que le lien
entre culture et ethnicité soit complexe,
quand on les associe, on s’identifie
comme appartenant à un groupe culturel.
Cela ne veut pas dire que toutes les personnes qui s’identifient à ce groupe ont
les mêmes croyances et les mêmes attitudes, surtout dans notre monde de
mixité, où l’on tend à adopter le meilleur
de ce qui se fait ailleurs. Par exemple,Photo: IStockLes travailleurs d’immigration récente
peuvent avoir peur de déclarer une
maladie ou un accident du travail et se
retrouvent ainsi dans une situation de
vulnérabilité supérieure à la moyenne. Les
différences culturelles ont donc une
influence sur leur santé au travail.
22Prévention au travailÉté 2013echerchel’IRSST
Photo: IStockRL’ethnicité est le propre d’un individu,
sa façon de se définir par rapport à ses ancrages religieux, culturels,
historiques. Elle se rapporte à son sentiment d’appartenir à un groupe.
La culture, c’est plus complexe.pratiquer le yoga ne signifie pas qu’on est
en train de s’acculturer. La culture comprend un processus d’échange et de
socialisation par lequel l’être humain
apprend les codes pour communiquer ses
joies, ses peines, ses préoccupations, sa
détresse, ses croyances relatives à la santé
et à la maladie, ses préférences en
matière thérapeutique et l’idée même de
santé et de maladie.PT Comment ces différences
ethnoculturelles, notamment les
croyances, interviennent-elles
dans la perception de la maladie et
dans la réadaptation au travail ?DC L’individu se demande d’abord quelle
est la cause de sa douleur. À quel moment
ira-t-il consulter ? Qui doit-il consulter, un
médecin, un guérisseur, un acuponcteur ?
Quand il atteint ce qu’il considère être la
limite à sa capacité de travailler, le
médecin est peut-être le choix le plus
approprié pour pouvoir bénéficier des
avantages du système de compensation.
C’est là que se joue la perception, dans le
fait que l’individu attende six mois avant
de consulter ou qu’au contraire, il le fasse
au moindre symptôme, sans pour autant
être en état d’incapacité. Une fois qu’il
entre dans le système et qu’on lui
propose un programme de réadaptation,
ses apprentissages culturels vont jouer
dans la construction de son rapport
au clinicien. Le non-verbal, l’expression
faciale, les rapports homme-femme, le
degré d’approche directe, le vouvoiement
ou le tutoiement, le ton de la voix entrent
tous en ligne de compte. Le clinicien
passe-t-il directement au fait quand le
patient entre dans le bureau, ou prend-il
le temps de parler un peu de la famille ?
Certaines cultures ne sont pas à l’aise
avec le côté direct des cliniciens occidentaux et des femmes ne le sont pas avec le
toucher thérapeutique d’un homme. Nos
modèles du processus de réadaptation au
travail tablent sur une approche centrée
sur le patient et sur les valeurs d’autonomie et d’autogestion, alors quecertaines autres cultures privilégient
l’interdépendance, et donc le soutien
accru de la famille, ce qu’on pourrait ici
percevoir comme étant une béquille. Si le
patient perçoit le thérapeute comme
étant une figure d’autorité, il peut être
mal à l’aise avec cette approche plus
active de la thérapie. Si les objectifs lui
sont mal expliqués, si les écarts de représentations entre patient et clinicien sont
trop grands, cela peut faire dérailler le
processus. Cependant, apprendre à comprendre le patient, approfondir les choses
avec lui, demande du temps et dans notre
système, le temps manque.PT Les interventions de réadaptation seraient donc fondées sur
des valeurs que tous les groupes
ethnoculturels ne partagent pas
nécessairement ?DC Effectivement, des experts soulignent
que le modèle de nos programmes de réadaptation multidisciplinaires, qui misent
beaucoup sur l’autonomie, sont profondément ancrés dans les valeurs de la classe
moyenne occidentale. Ce n’est pas que
ces valeurs ne sont pas présentes ailleurs,
mais elles n’y ont pas nécessairement la
même importance.PT Qu’est-ce que la compétence
culturelle et comment
s’acquiert-elle ?DC Ce concept, né aux États-Unis dans les
années 1990, comporte trois grands
volets. D’abord la connaissance de nos
propres ancrages identitaires, qui aide à
mettre les choses en perspective, sachant
que la culture influence notre comportement. Le deuxième aspect, c’est la
connaissance des cultures. Dans un environnement marqué par le pluralisme, il
est important de se familiariser avec la
culture des autres. Finalement, il y a les
aptitudes ou les habiletés, ce qui est plus
subtil parce qu’il s’agit non pas d’un
savoir-faire, mais d’un savoir-être. C’est
une aptitude à la communication, à
entrer en relation avec l’autre, à lui poserdes questions qui permettront de mieux
le comprendre. Encore peu répandue, la
notion de compétence culturelle présente
un potentiel intéressant pour la relation
thérapeutique.PT Ce bilan de connaissances
n’indique-t-il pas qu’on doit
s’intéresser davantage à la
problématique des travailleurs
immigrants et de la SST ?DC On sait en effet peu de choses à ce
sujet, notamment au Québec. Certaines
disciplines du secteur de la santé ont créé
des outils transculturels, mais en SST et
en réadaptation, on en est encore aux
balbutiements. Pourtant, cette réalité est
celle du monde d’aujourd’hui. Ce bilan
suggère des pistes de recherche pour
mieux comprendre cette problématique
et être en mesure d’apporter de nouveaux
outils de prévention et d’intervention.
Dans les milieux où il se fait de la prévention, on doit s’assurer qu’elle est bien
comprise, entre autres en la traduisant
dans les langues les plus représentées,
tout en visant l’objectif de francisation
nécessaire à une bonne intégration. Mais
au-delà de la traduction linguistique, il y
a la traduction culturelle, à savoir si les
mots employés dans sa langue ont du
sens pour le travailleur. Quant à la réadaptation, un débat sur la formation
interculturelle des cliniciens est en cours.
Il y a beaucoup de questions et peu de
réponses, et il reste énormément de travail à faire, mais je pense qu’en gardant
ces questions en tête, on arrivera à trouver des solutions et à créer des modèles
intéressants. 
Claire ThiviergePour en savoir plus
CÔTÉ, Daniel. La notion d’appartenance
ethnoculturelle dans la recherche et
l’intervention en réadaptation, Rapport B-080,
58 pages. www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/B-080.pdfÉté 2013Prévention au travail23Recherchel’IRSSTBip, bip, bip ou pschitt, pschitt ?Quelle technologie
plus sécuritaires ? Malgré les exigences de la réglementation,
on note chaque année, au Québec comme ailleurs,
un nombre accru d’accidents et de mortalités
impliquant des véhicules lourds faisant marche
arrière. Selon plusieurs études, une grande partie
de ces incidents ont lieu malgré le bon fonctionnement de l’alarme de recul.
Cela peut se produire lorsque les avertisseurs
sonores n’attirent pas suffisamment l’attention,
soit parce qu’ils sont mal entendus, soit parce
qu’ils sont ignorés. Les lieux de travail où les
signaux se font fréquemment entendre, mais ne
provoquent presque plus de sentiment de danger
à cause du phénomène d’habituation, en constituent un exemple type.
De nombreux autres facteurs, toutefois, peuvent
aussi entraver la transmission d’un sentiment d’urgence provoqué par des alarmes de recul dans la
zone critique, soit à l’arrière des véhicules lourds.Du nouveauHugues Nélisse, chercheur à l’IRSST, s’intéresse au bruit en
milieu de travail. Il parle ici d’une étude récente sur les alarmes
de recul des véhicules lourds, menée conjointement par l’Institut et l’Université d’Ottawa. « Nous avons eu beaucoup de questions sur un nouveau type d’alarme de recul conçue au
Royaume-Uni et qu’on appelle communément BBS. Les gens
voulaient savoir si l’utiliser était sécuritaire et si elle était
conforme à la norme SAE J994, qui est la principale norme utilisée en Amérique du Nord pour certifier les alarmes de recul. »Les alarmes sonores tonales
classiques (photo de gauche) sont
celles que tout le monde connaît,
avec leur fameux bip, bip, bip.
Les recherches faites à leur sujet leur
reconnaissent des lacunes, auxquelles
les fabricants d’alarmes BBS (photo de
droite) prétendent remédier. Cet
avertisseur sonore émet un son à
large bande de fréquences, un bruit
que les chercheurs qualifient de type
pschitt, pschitt, jugé moins agressant
pour l’oreille.
24Prévention au travailÉté 2013RechercheAlarmes classiques vs BBSLes alarmes sonores tonales classiques sont celles que tout le
monde connaît, avec leur fameux bip, bip, bip. Les recherches
faites à leur sujet leur reconnaissent trois principales lacunes,
auxquelles les fabricants d’alarmes BBS prétendent remédier,
soit  : la difficulté de la localisation auditive, la non-uniformité
du patron de propagation sonore derrière le véhicule et la nuisance environnementale. BBS signifie broad band sound; ainsi,
cet avertisseur sonore émet un son à large bande de fréquences, un bruit que les chercheurs qualifient de type pschittpschitt, jugé moins agressant pour l’oreille.
Pour entendre les deux types d’alarmes :
www.irsst.qc.ca/prevention-au-travail/alarmes-de-recul.html
Contrairement au dispositif BBS, le signal sonore de l’alarme
de recul classique est principalement constitué d’une composante tonale très ciblée en fréquence. Or, la composition à large
bande de l’alarme BBS (présence de basses et de hautes
fréquences) offre davantage d’indices que le système auditif
humain peut utiliser pour bien localiser la provenance du bruit.
Cette capacité de localisation est cruciale pour assurer la
sécurité.l’IRSSTsonore perçu augmente uniformément lorsque le camion
s’approche. »Deux ensembles d’essais ont été réalisés au cours de l’étude.
Les premiers, sur le terrain, avaient pour but de mesurer les
caractéristiques du champ sonore derrière les véhicules dans
des conditions similaires à celles des milieux de travail. Les
seconds, réalisés en laboratoire, se composaient d’épreuves psychoacoustiques qui permettent d’évaluer la perception qu’ont
les participants des différents types d’alarmes (seuil de détection, degré d’urgence, force sonore, localisation auditive, etc.).Résultats favorables« Notre première conclusion est que l’alarme BBS respecte la
norme SAE J994. Mais ce qu’on dit aussi, précise Hugues
Nélisse, c’est qu’il faudrait revoir cette norme ; elle n’a pas été
conçue pour ces nouveaux types de signaux sonores. »Autre résultat notable, l’alarme BBS génère effectivement un
champ sonore beaucoup plus uniforme à l’arrière des véhicules.L’alarme tonale constitue de plus une nuisance environnementale importante, source de nombreuses plaintes de citoyens
et, par conséquent, de désactivations. Autre caractéristique
majeure, la propagation du son tonal (bip, bip, bip) est inégale,
créant éventuellement de la confusion chez l’auditeur.Hugues Nélisse explique : « Imaginons une ligne droite dans
le prolongement arrière du véhicule. Si on se déplace sur cette
ligne en s’éloignant du véhicule, dans le cas de l’alarme tonale,
le bruit ne décroît pas uniformément selon la distance. C’està-dire qu’à 30 centimètres, le niveau sonore peut être de 90 dB,
puis chuter à 75 dB à 40 cm, pour ensuite remonter ou encore
redescendre. Ce n’est pas ce qu’on veut. On veut que le niveauDes essais ont été réalisés sur le
terrain pour mesurer les caractéristiques du champ sonore
derrière les véhicules dans des
conditions similaires à celles que
l’on trouve en milieu de travail.
Été 2013Prévention au travail25Recherchel’IRSSTLors des essais en laboratoire, l’audiologiste
Véronique Vaillancourt, du Laboratoire de recherche
en audition de l’Université d’Ottawa, demande aux
volontaires de localiser dans l’espace, à l’aide d’un
diagramme, le son émis par l’un des 12 haut-parleurs
situés de part et d’autre ou derrière eux.Effet des coquilles et bouchons
« Elle ne présente pas ces variations abruptes qui peuvent laisL’étude relève une autre considération importante pour la
ser croire, comme avec l’alarme tonale, que le camion avance
sécurité des travailleurs, soit celle des protecteurs auditifs.
plutôt que de reculer, ou qui font en sorte qu’on puisse se
« Surtout avec les coquilles, précise le chercheur, le travailleur
retrouver dans une zone où l’on n’entend pratiquement pas
a beaucoup plus de difficulté à discerner d’où vient le bruit. Il
l’alarme tandis que le camion est proche. Bien que l’alarme
pourrait penser, par exemple, que le camion vient de l’arrière,
tonale soit plus facile à détecter dans le bruit et qu’elle véhitandis qu’il vient de l’avant. Ce phécule alors un degré d’urgence légèrenomène est amplifié avec l’alarme
ment supérieur à celui de l’alarme à
conventionnelle par rapport à la BBS
large bande, ces avantages ne permet« On ne peut pas conseiller l’utilisation des
et pire avec les coquilles qu’avec les
tent pas de contrer l’effet des fortes
alarmes BBS sans autre forme d’avertissement bouchons. »
variations spatiales du bruit obtenues
derrière les véhicules. Dans ce sens, nous
ni de réserve, parce que les gens ne connaisLa recherche se poursuit
avons établi que l’alarme BBS comporte
sent pas assez ce type de bruit et parce
La recherche a soulevé plusieurs
un avantage, d’autant plus que nos
qu’il n’est pas encore associé à un signal
questions auxquelles un projet en
résultats montrent qu’elle est aussi
cours de développement tente
de danger. » — Hugues Nélisse
généralement plus facile à localiser que
d’apporter des réponses. D’abord,
l’alarme tonale. »
les tests psychoacoustiques ayant
été faits en laboratoire, les cherOui, mais…
cheurs veulent maintenant en faire sur le terrain, lorsque
Les auteurs de l’étude émettent toutefois une réserve. « Les
l’attention des travailleurs est dirigée vers leur tâche principale.
gens veulent utiliser cette alarme-là surtout parce qu’elle
Ils désirent aussi étudier le cas de la présence de plus d’une
serait moins dérangeante aux alentours des environnements
alarme de recul en même temps dans le même lieu, ainsi qu’évade travail où circulent des véhicules lourds. C’est un autre avanluer l’effet du positionnement de l’alarme sur le véhicule. Finatage, mais attention, il faut quand même faire une évaluation
lement, cette étude évaluerait des alarmes de recul autoet de la formation, aviser consciencieusement les travailleurs
ajustables, qui modifient leur niveau sonore en fonction du
et le public qu’il va y avoir de nouvelles alarmes de recul, leur
bruit ambiant. 
faire entendre comment ça sonne. »
Les auteurs conseillent donc de procéder aux premières
implantations dans des milieux relativement fermés, sans
circulation piétonnière. « D’ailleurs, commente Hugues Nélisse,
c’est ce qu’ont fait les quelques entreprises qui l’ont adoptée
jusqu’à maintenant. Elles ont ciblé certains environnements de
travail pour essai ; elles ont établi des procédures, donné de la
formation et demandé une rétroaction des employés. Il faut un
programme de mise en place qui suscite la collaboration de
tous les acteurs. »Loraine PichettePour en savoir plus
VAILLANCOURT, Véronique, Hugues NÉLISSE, Chantal LAROCHE,
Christian GIGUÈRE, Jérôme BOUTIN, Pascal LAFERRIÈRE. Sécurité des
travailleurs derrière les véhicules lourds – Évaluation de trois types
d’alarmes sonores de recul, Rapport R-763, 105 pages.
www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-763.pdf
Téléchargeable gratuitement : www.irsst.qc.ca/media/documents/
PubIRSST/R-763.pdf26Prévention au travailÉté 2013Recherchel’IRSSTRéadaptation Alors qu’il pratique comme physiothérapeute, Timothy
Wideman constate « le rôle capital des facteurs psychologiques
dans l’évolution de la réhabilitation et l’importance de comprendre non seulement le fonctionnement du corps, mais aussi
les pensées et les sentiments qui influent sur les changements
comportementaux ». Son expérience de terrain l’incitant à
approfondir le sujet, il entreprend une thèse sur l’utilité de ces
facteurs pour prédire la réadaptation au travail d’individus
atteints de troubles musculosquelettiques (TMS).
Le doctorant en psychologie expérimentale s’interroge sur
la valeur prédictive du modèle d’évitement de la douleur relié
à la crainte, qui associe les facteurs psychosociaux à la chronicité et à l’incapacité. Il souhaite vérifier le fondement de cette
théorie et l’action d’éléments psychologiques sur l’aboutissement d’une démarche thérapeutique. Il examine les études
publiées sur les stratégies cliniques pertinentes aux patients
qui démontrent une forte pensée catastrophique – la tendance
à se concentrer sur les symptômes de la douleur et à en
amplifier la menace – comme étant un prédicteur majeur de
l’évolution du rétablissement. Il s’intéresse aussi aux recherches
traitant d’interventions ciblées, dont les techniques cognitivocomportementales et la communication émotionnelle. Ces travaux révèlent que la pensée catastrophique serait l’indice le
plus décisif de la chronicité, alors que la peur du mouvement
serait un prédicteur de l’absence prolongée du travail. « Ces
conclusions remettent en question certaines hypothèses des
modèles conceptuels de l’influence des facteurs psychosociaux sur la réadaptation à la suite de TMS professionnels. »
Timothy Wideman s’applique ensuite à établir un indice de
risque psychologique cumulatif comme agent causal du rétablissement problématique à la suite de TMS liés au travail.
« Notre compréhension de la façon dont différents facteurs
interagissent pour influencer la réadaptation est limitée. C’est
un défi pour les cliniciens de comprendre les implications pour
le pronostic des individus qui obtiennent un score élevé à plus
d’un des facteurs psychosociaux », estime-t-il. Supposant que
l’issue de la réadaptation puisse varier en fonction du nombre
de facteurs de risque, il mesure le degré de dépression, de peur
reliée à la douleur et de pensée catastrophique de 202 individus atteints de TMS au début d’une intervention de physiothérapie de sept semaines, puis à nouveau un an plus tard. Son
indice de codification des facteurs de risque permet de prédire
l’issue négative du traitement et le retour au travail ou non,
selon l’intensité de la douleur au moment du suivi. Il désire
démontrer qu’il s’agit d’un prédicteur fiable à cet effet. Ces
résultats, pourraient potentiellement avoir d’importantes incidences cliniques, car ils indiquent que les individus atteints de
TMS liés au travail pourraient bénéficier d’interventions spécifiquement ciblées sur des paramètres psychosociaux.Incapacité chronique : État pathologique
persistant et durable. Généralement,
le qualificatif chronique est associé
à un trouble ou une maladie
d’une durée de plus de trois mois.
Incapacité prolongée : Signifie qu’une
personne sera incapable de réaliser
un travail en particulier pendant
une période plus longue que trois mois.Photo: IStockComprendre l’influence
des facteurs psychosociaux et de la douleurLe chercheur s’intéresse par la suite à la possibilité que les
symptômes dépressifs puissent s’atténuer pendant les traitements de physiothérapie. Il démontre que c’est le cas pour une
partie des patients souffrant de lésions professionnelles ayant
participé à son étude. Cependant, ceux qui manifestent des
signes de dépression graves ont beaucoup moins de chances de
voir leurs douleurs s’atténuer et de retourner en emploi. Cela
suggère, selon lui, qu’il peut être réaliste de penser que l’amélioration de l’état mental d’individus traités en physiothérapie
permettrait de réduire leur incapacité au travail.
Timothy Wideman travaille maintenant à intégrer ces nouvelles connaissances sur la physiologie de la douleur à son
expertise en matière de facteurs psychosociaux et d’incapacité.
« Mon but est de combler le fossé entre la recherche et la
pratique, encore confinées à des modèles conceptuels soit
psychologique, soit physique, dit-il, par exemple en explorant
comment les pensées et les sentiments influencent les réactions
physiologiques à des activités physiques douloureuses. » Il souhaite ainsi donner une perspective multidimensionnelle holistique au rétablissement.
Claire ThiviergeTimothy Wideman
Timothy Wideman obtient son baccalauréat en physiothérapie
de l’Université McGill en 2003. Alors qu’il est clinicien, il
commence à s’intéresser au rôle des facteurs psychologiques
dans l’évolution de la réhabilitation ainsi qu’aux pensées et aux
sentiments qui influent sur les changements comportementaux.
Il s’inscrit en psychologie expérimentale, toujours à McGill, et y
complète son Ph. D. en 2012, sous la direction du Dr Michael
Sullivan. Présentement inscrit au postdoctorat à la Johns
Hopkins University de Baltimore, il se concentre sur la corrélation
entre les nouvelles connaissances sur la physiologie de la
douleur et les acquis en matière de facteurs psychosociaux et
Été 2013Prévention au travail27Recherchel’IRActualitésConférencePublicationVidéoEntenteSSTRechercheNouvelle chaire de recherche sur le genre, le travail et la santé
Grâce à une initiative des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et de l’IRSST,
une chaire de recherche sur le genre, le travail et la santé vient d’être créée. Elle a été
attribuée à Julie Côté, du Département de
kinésiologie et d’éducation physique de l’Université McGill, dont le programme de
recherche intitulé « Une meilleure compréhension pour une meilleure prévention des
troubles musculosquelettiques liés au travail :
une approche concertée selon le genre et le
sexe » a été agréé à la suite d’un concours.
Les travaux de cette nouvelle chaire en SST
viseront notamment à mieux comprendre lesmécanismes en cause dans le développement
de troubles musculosquelettiques, en ciblant
entre autres la région cou-épaule, les processus musculaires et les postures de travail.L’influence du genre et du sexe dans la recherche en SST est démontrée. Sa prise en compte
permettra ainsi d’élaborer des pratiques
d’intervention et de prévention plus efficaces.
Au cours des cinq prochaines années, l’IRSST
injectera 800 000 $ pour financer l’avancement des connaissances émanant des travaux
de cette chaire, tout en contribuant à la formation de nouveaux chercheurs en SST.Nouvelles publicationsToutes les publications de l’IRSST peuvent être téléchargées gratuitement de son site Web : www.irsst.qc.caLes coûts humains et financiers des lésions
Pour la première fois, des chercheurs ont pu estimer les coûts humains
et financiers des lésions professionnelles pour l’ensemble de la société
québécoise, alors que toutes les études se limitaient jusqu’à maintenant à calculer les coûts directs et indirects que les employeurs
déboursent. Au moyen des données de 2005-2007 de la CSST, ils ont
établi que les lésions professionnelles occasionnent, en moyenne, des
coûts globaux de plus de 4,6 milliards de dollars annuellement, dont
2,8 milliards attribuables à des coûts humains. À eux seuls, les maux
de dos entraînent les frais totaux les plus élevés (678 M $), mais si l’on
considère les charges moyennes par lésion, en raison des atteintes
permanentes qu’elles causent, ce sont les dommages à l’audition qui
se classent au premier rang (152 442 $ par lésion), même s’ils n’engagent que peu de versements d’indemnités de remplacement du revenu.
En analysant les coûts des lésions les plus élevés par industrie, l’étude
fait ressortir que ce sont les travailleurs manuels des mines, de la
forêt et des transports qui se trouvent en tête de liste, alors que, de
façon générale, ceux des travailleurs non manuels sont plus bas.
Les coûts des lésions professionnelles au Québec, 2005-2007 •
Auteurs : Martin Lebeau, Patrice Duguay, Alexandre Boucher • R-769
www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-769.pdf28Prévention au travailÉté 2013Recherchel’IRSSTChoisir une ceinture de sécurité de chariot
La ceinture de sécurité pelvienne constitue le dispositif de
retenue le plus souvent utilisé au Québec pour éviter qu’un
cariste ne soit écrasé par son chariot élévateur en cas de renversement. Dans une étude préliminaire, des chercheurs ont
voulu comprendre les critères de per formance des
modèles de ceintures offerts sur le marché pour faciliter leur
utilisation en milieu de travail et assurer la sécurité des
caristes. Ils ont consulté la documentation, examiné les ceintures et observé le travail de caristes, en plus de s’entretenir
avec eux et leurs superviseurs dans sept établissements.
Après avoir fait une analyse fonctionnelle de trois types de
rétracteurs de sangle, les chercheurs ont conclu que chacun
possédait ses avantages et ses inconvénients, selon le contexte de son utilisation. Dans tous les cas, l’entretien de la ceinture s’avère important pour minimiser les dysfonctionnements. Outre l’exigence que les caristes montent et descendent
fréquemment de leur chariot, les chercheurs ont déterminé d’autres facteurs pouvant compromettre l’acceptabilité, l’aisance
du port de la ceinture ou la sécurité de ces travailleurs, soit un rétracteur défectueux ou mal fixé, une sangle qui restreint
la mobilité en se resserrant, une sangle trop courte, ou l’interférence possible avec certaines caractéristiques du siège.
Ceinture de sécurité pour chariots élévateurs à contrepoids – Étude préliminaire de critères normatifs et d’utilisabilité • Auteurs : Denis
Rancourt, Sylvie Beaugrand, Christian Larue, Geneviève Masson • R-765 www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-765.pdfDes modèles pour prédire l’exposition
à la silice
Des modèles prédictifs de l’exposition des travailleurs
à la silice cristalline ont été conçus au moyen d’une
banque de données contenant plus de 10 000 mesures d’exposition tirées de la littérature. À l’aide de techniques d’analyses multivariées, les chercheurs ont
évalué les effets simultanés de divers paramètres sur
l’exposition des travailleurs à la silice, tels que le titre
d’emploi, la tâche, sa durée, le secteur d’activité, la
nature du projet, la ventilation, les moyens de protection, etc. Ils ont constaté que la nature des tâches
effectuées est un meilleur prédicteur de l’exposition
que le titre du métier ou de l’occupation. La stratégie
d’évaluation par tâche permet aussi de mieux cibler
des actions de prévention, telles que la ventilation
locale ou l’utilisation d’un procédé humide intégré à
l’outil pour maîtriser l’exposition. Une protection respiratoire appropriée demeure toutefois nécessaire pour
les tâches les plus polluantes, d’autant plus que les
estimations ont indiqué que, sur un quart de travail de
huit heures, les niveaux d’exposition dépassent
fréquemment les seuils acceptables, ce qui suggère que
la majorité des travailleurs de la construction sont à
Déterminants de l’exposition des travailleurs de la construction à la silice cristaline – Exploitation d’une banque de
données tirées de la littérature • Auteurs : Jean-François
Sauvé, Charles Beaudry, Denis Bégin, Chantal Dion, Michel
Gérin, Jérôme Lavoué • R-772 www.irsst.qc.ca/media/
documents/PubIRSST/R-772.pdfGarde-corps sur
des toits plats –
La pose d’un garde-corps demeure le moyen de prévention collectif le plus approprié contre les risques de chutes de hauteur
d’un toit plat. Ceux que l’on utilise au Québec n’ayant jamais
été testés, un chercheur a voulu déterminer si les trois systèmes d’ancrage les plus populaires assuraient vraiment la protection des travailleurs et étaient conformes aux exigences de
résistance du Code de sécurité pour les travaux de construction.
À la lumière des résultats de sa recherche, une fiche de prévention destinée aux entrepreneurs et aux travailleurs a été
publiée, en collaboration avec l’ASP Construction. Elle contient
l’information nécessaire pour s’assurer que les garde-corps
soient installés de façon adéquate et solidement fixés afin d’éliminer les risques d’accidents, particulièrement pour les couvreurs
dont le travail figure parmi les plus dangereux en raison des
chutes de hauteur auxquelles ils sont exposés.
Les systèmes d’ancrage de garde-corps sur des toits plats – Fiche de
prévention • Auteurs : André Lan, François Ouellet, Louise Lessard •
RF-768 www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/RF-768.pdfÉté 2013Prévention au travail29R	echerchle’IRSSTLa SST dans les centres de formation professionnelleUne étude exploratoire permet de dresser un premier état des lieux au regard de la
SST dans les centres de formation professionnelle. À l’aide d’analyses documentaires,
d’entretiens et d’observations auxquels 76 personnes ont participé, dont 37 enseignants,
les chercheurs ont notamment exploré des questions liées à la SST des futurs
travailleurs et des femmes en parcours d’études non traditionnelles, à la réduction des
accidents du travail et des troubles musculosquelettiques (TMS) ainsi qu’à la prévention de l’épuisement professionnel.
Ils ont constaté que l’engagement et les efforts de la direction et de certains départements portent des fruits, mais davantage en ce qui concerne les questions associées
à la sécurité des machines qu’à la santé. Si beaucoup d’efforts sont consentis aux élèves qui travaillent avec des machines, il s’en fait peu ou pas auprès des autres élèves et des enseignants, lesquels sont tous touchés,
principalement les femmes, par des problèmes de santé au travail (TMS et facteurs psychosociaux) qui mériteraient une attention
particulière. L’étude met aussi en évidence des lacunes : peu d’enquêtes sur les accidents sont menées et les registres des accidents
ne reflètent qu’une partie de la réalité.
Analyse ergonomique de la santé et de la sécurité du travail en centre de formation professionnelle • Auteurs : Céline Chatigny,
Livann Nadon-Vézina, Jessica Riel, Vanessa Couture, Priscille Hastey • R-756 www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-756.pdf
Pour entendre une conférence de Céline Chatigny sur ce sujet : www.irsst.qc.ca/-projet-formation-professionnelle-et-sst-explorationdes-problematiques-concernant-les-eleves-et-les-enseignants-en-centres-de-formation-professionnelle-en-0099-6810.htmlGérer les risques chimiques et biologiques
Plus de nouvelles publications sur :www.irsst.qc.ca/-nouvelles-publications-irsst.htmlL’Institut a mis en ligne les vidéos des conférences prononcées lors d’une animation scientifique sur la gestion des
risques chimiques et biologiques, organisée par les responsables du champ de recherche Prévention des risques chimiques et biologiques. On y traitait plus précisément de savoir
et de savoir-faire, avec des conférences à caractère théorique et d’autres misant sur la pratique de la gestion des
Ceux que le sujet intéresse et qui n’auraient pas pu assister à
l’événement peuvent se rattraper en visionnant les conférences
à l’adresse suivante : www.irsst.qc.ca/-videos-par-evenement.
html	TMS, douleurs et réadaptation
La perception de la douleur est une question importante en réadaptation au travail. Afin de mieux comprendre ses conséquences sur ce processus et sur le retour au travail, une équipe de recherche a établi des profils d’évolution de la douleur que perçoivent des travailleurs souffrant de troubles
musculosquelettiques (TMS). Les chercheurs ont conçu ces profils à l’aide d’une banque de données
contenant des informations cliniques tirées des dossiers de travailleurs ayant participé à un programme
de réadaptation spécial (PRÉVICAP). Ils ont retenu les dossiers de 107 personnes – 77 hommes et 30
femmes –, dont on avait mesuré l’intensité de la douleur pendant leur réadaptation et lors de suivis
effectués un an et trois ans après la fin du programme, en plus de colliger des données complètes sur
leur retour au travail et la reprise de leurs activités habituelles. Les travailleurs étaient âgés de 43 ans
en moyenne, s’étaient absentés du travail pendant au moins trois mois, et le dos constituait le siège
de la lésion chez près des deux tiers d’entre eux.
Les résultats de cette étude rétrospective indiquent que 87 % des travailleurs ayant perçu une diminution de l’intensité de leur douleur, peu importe qu’elle ait été faible ou élevée au début du programme
de réadaptation, étaient retournés au travail et avaient repris leurs activités habituelles après trois ans,
comparativement à 54 % de ceux qui disaient avoir perçu une augmentation de leur douleur.Évaluation comparée de la douleur et du statut de travail à la suite d’un programme de réadaptation pour des
travailleurs ayant des troubles musculo-squelettiques • Auteurs : Patrick Loisel, Marc Corbière, Marie-José Durand,
Marie-France Coutu, Bruno Désorcy, Quan Nga Hong, Karine Genest • R-744 www.irsst.qc.ca/media/documents/
PubIRSST/R-744.pdf30Prévention au travailÉté 2013Recherchel’IRSSTNouvelles recherches
Varier l’activation musculaire pendant le travail
à l’ordinateur ?
Le travail à l’ordinateur, bien qu’il soit de nature très sédentaire, est fréquemment associé à des troubles musculosquelettiques (TMS), particulièrement chez les femmes.
Des données d’enquête récentes révèlent que 69 % des travailleuses et des
travailleurs québécois affirment utiliser l’ordinateur dans le cadre de leur
emploi principal. On observe une association significative entre le nombre
d’heures passées à l’ordinateur et les douleurs au cou perçues comme étant
liées à ce travail. Parallèlement à l’informatisation croissante des milieux
de travail, le vieillissement de la population active constitue un autre défi
de taille à relever, puisque les TMS ont tendance à augmenter avec l’âge.
Jusqu’à récemment, la majorité des interventions préventives visaient l’amélioration des postures et la réduction de l’intensité des sollicitations musculaires, sans modifier la durée de l’exposition au travail à l’ordinateur ou
la variabilité de l’activation musculaire. Cependant, cette variabilité pourrait
être essentielle à la prévention de ce type de douleurs.
Cette étude vise à documenter la variabilité de l’activation musculaire chez
des hommes et des femmes de différents groupes d’âge au cours d’un travail prolongé à l’ordinateur et à explorer les effets que l’introduction de
deux types de pauses actives peut avoir à cet égard. Les résultats pourraient
servir à orienter des efforts d’intervention pour prévenir le développement des
TMS associés au travail à l’ordinateur.
La variabilité de l’activation musculaire lors
du travail à l’ordinateur : peut-on générer
davantage ? • Équipe de recherche :
Alain Delisle, Félix Berrigan, Université de
Sherbrooke ; Julie Côté, Université McGill •
(2010-0073)Les stratégies des apprentis lors
d’évènements imprévus
Selon la définition de la Loi sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles (LATMP), un
accident du travail est un événement imprévu et
soudain, attribuable à toute cause, survenant à une
personne par le fait ou à l’occasion de son travail et
qui entraîne pour elle une lésion professionnelle.
L’objectif principal de cette étude est d’identifier et
de classer les types d’imprévus qui surviennent, leurs
causes immédiates ainsi que les réponses et les stratégies individuelles et collectives observées en situation d’apprentissage d’un métier semi-spécialisé
auprès d’élèves inscrits au Parcours de formation
axée sur l’emploi au niveau secondaire (jeunes de
15 à 17 ans).
Les résultats de cette étude permettront d’approfondir les connaissances des stratégies de gestion des
événements imprévus au travail par des novices
et pourront servir au développement de stratégies
préventives des lésions professionnelles de jeunes
travailleurs.Les stratégies développées lors d’évènements imprévus par
des adolescents apprentis en métier semi-spécialisé et leurs
impacts sur les risques de SST • Équipe de recherche :
Marie Laberge, Université de Montréal, Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine ; Breslin Curtis, Institute
for Work and Health • (2012-0034)Plus de nouveaux projets de recherches sur :
www.irsst.qc.ca/-nouveaux-projets.htmlDe nouvelles technologies pour les habits de pompiers ?
Les matériaux utilisés dans la confection des vêtements de protection individuels qui doivent être portés dans des situations à haut risque (chaleur, flammes) empêchent la dispersion adéquate de la chaleur produite par le corps et présentent
le désavantage d’être lourds et peu malléables. Les vêtements fabriqués de ces matériaux contribuent aux contraintes thermiques et physiologiques subies par divers groupes de travailleurs, notamment les pompiers, les paramédics et les employés
de la transformation de métaux. Dans le cas des pompiers, les contraintes physiologiques comportent un risque accru
d’accidents cardiovasculaires.
Dans cette étude, deux nouvelles technologies permettant de réduire les contraintes
thermiques chez les pompiers seront évaluées sur la base de leur réponse physiologique. Des systèmes d’absorption de la chaleur ajoutés à un vêtement de protection standard ainsi que de nouveaux matériaux entrant dans leur confection seront utilisés.
Selon leur efficacité, l’introduction de ces nouvelles technologies sur le marché devrait
offrir aux travailleurs un plus grand confort thermique et une réduction des contraintes physiologiques. De plus, ces technologies pourraient être adaptées pour l’usage des
travailleurs des alumineries, des hauts-fourneaux, des fonderies, de la transformation
de métaux, etc.
Évaluation de la réponse physiologique au port de vêtements individuels de protection :
application à de nouvelles technologies pour les habits de pompiers • Équipe de recherche :
Denis Marchand, Université du Québec à Montréal; Chantal Gauvin, IRSST; Mylène AubertinLaheudre, Université du Québec à Montréal ; Martin Filteau, Dominic Tessier, Groupe CTT •
(0099-8490)Jacques Millette, Maura Tomi
Été 2013Prévention au travail31Santé et sécurité en images
Transport et circulation sur les routes forestières :
sensibilisation, construction, signalisation et entretien
Cote DV-001005 – Durée : 26 minutesCe programme de formation vise à sensibiliser
les employeurs et les travailleurs du secteur
du transport en milieu forestier aux techniques de prévention et de sécurité sur les routes
forestières au Québec.
Des travailleurs d’expérience ou à la retraite
y témoignent de leur pratique de camionneurs
en milieu forestier et des accidents dont ils ont
été témoins ou victimes. Des types d’accidents sont par ailleurs ciblés, et leurs causes,
analysées et illustrées par des mises en situation. Des consignes de sécurité et des techniques de prévention à chaque étape du transport sur les routes forestières sont ainsi
présentées et leur importance, soulignée. Le DVD détaille aussi les responsabilités en
matière de sécurité et de prévention, tant du côté de l’employeur que de l’employé. La
législation québécoise portant sur la construction et l’entretien des routes forestières est
précisée, ainsi que la réglementation entourant la signalisation de ces dernières.
Afin d’aider les employeurs, des techniques de gestion et des actions préventives visant
à améliorer la sécurité et l’entretien des routes forestières sont finalement présentées.
Une production des Associations de la santé et de la sécurité des pâtes et papiers et des industries de la forêt du QuébecUtilisation sécuritaire des échelles
Cote DV-001030 – Durée : 15 minutesL’utilisation d’échelles est la cause de nombreux
accidents. Ces dernières peuvent tomber, être
renversées, se rompre, entrer en contact avec
des sources de courant électrique… les dangers
potentiels liés à leur utilisation sont nombreux ! Si les procédures de sécurité adaptées
sont observées, les échelles peuvent être utilisées sans danger et de nombreux traumatismes peuvent ainsi être évités. Ce film de prévention s’adresse à tout travailleur ayant à utiliser un escabeau ou une échelle. Dans quel
contexte sont-ils utilisés ? Quels sont les différents types existants ? De quels matériaux
peuvent-ils être constitués ? Comment choisir un type et l’utiliser ? Pour les échelles, la
vidéo précise également comment les soulever et les porter ; sous quel angle d’inclinaison
les placer ; comment choisir le bon endroit pour les poser ; comment les attacher ; quelles
précautions prendre par le travailleur avant de monter dessus et lorsqu’il y travaille ; comment, enfin, les entreposer.	Une production de SafetycareLa sécurité sur les chantiers
d’excavations et de tranchées
Cote DV-000943 – Durée : 16 minutesCette vidéo de formation s’adresse aux
travailleurs des chantiers de construction
d’égouts ou d’aqueducs, et au personnel
de direction ou de surveillance travaillant
sur ces chantiers. Les règles de bonne
conduite à suivre sont d’abord exposées.
Le DVD rappelle ensuite les règles générales et les procédures de sécurité à respecter, ainsi que les responsabilités de
chaque travailleur à cet égard. Les différents EPI requis sont précisés. La formation s’attarde ensuite aux chantiers
d’excavation, car un grand nombre d’accidents sur les chantiers sont directement
liés à l’effondrement de tranchées d’excavation. Les principales causes d’effondrement et les mesures à prendre pour les
prévenir sont d’ailleurs mentionnées. Le
DVD précise également les précautions de
sécurité à considérer lors de la manutention de matériaux et lors de la circulation
d’engins de transport. Y sont aussi
détaillées les consignes de sécurité à respecter à proximité des lignes électriques.
Un rappel des procédures à suivre en cas
d'accident vient clore la formation.
Une production de Prévention Formation Santé
Sécurité du TravailPar Alcée PenetAfin de repérer rapidement une vidéo sur un sujet qui vous intéresse, consultez la biblio-liste Documents audiovisuels
à l’adresse suivante : www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/Biblioliste/Audiovisuels.pdf.
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travers le Québec. La CSST paie les frais d’expédition, mais les frais
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Lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30
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@	documentation@csst.qc.ca
1199, rue De Bleury, 4e étage, Montréal (Québec) H3B 3J1Les accidents nous parlentUne échelle
près d’une ligne
Par Julie Mélançon
Un couvreur transporte une échelle qui touche une
ligne électrique sous tension.Que s’est-il passé ?
Le 6 juin 2012, des travaux de toiture doivent débuter dans le
cadre d’un projet domiciliaire à Mirabel. Huit bâtiments de trois
étages sont déjà érigés à des stades différents de construction.
Trois couvreurs doivent effectuer la pose de bardeaux d’asphalte
sur deux bâtiments côte à côte. Pour accéder au toit, les couvreurs utilisent une échelle d’aluminium à coulisse de deux sections d’une longueur de 13,4 mètres et pesant 45 kg. Ils placent
l’échelle en façade, sur le côté droit du premier bâtiment. L’échelle
est inclinée et fixée à la corniche du toit à l’aide d’un morceau
de bois. Le matériel est livré directement sur le toit. Un peu plus
tard, un des travailleurs se rend sur un autre chantier pour finaliser des travaux commencés la veille. Les deux autres couvreurs
terminent le premier toit juste avant leur pause du dîner. Après
leur repas, ils transportent le matériel nécessaire pour entreprendre les travaux sur le toit du deuxième bâtiment. Un couvreur transporte le matériel au sol alors que le second déplace
l’échelle, toujours déployée à la verticale. Pour ce faire, il doit
obligatoirement passer devant les bâtiments. La zone de circulation comprise entre la ligne électrique et le bâtiment est de
1,19 m tandis que la largeur de l’échelle est de 42 cm, ce qui
laisse 39 cm de dégagement entre la ligne électrique et l’échelle,
en supposant que le travailleur circule au centre de la zone de
circulation. Alors que le couvreur transportant l’échelle passe
devant l’escalier de l’entrée du bâtiment, l’échelle touche la ligne
électrique de 14 400 volts. Le couvreur reçoit une décharge électrique et tombe sur le sol, allongé sur le dos. Des manœuvres
de premiers secours sont effectuées et les premiers soins, donnés
par les gens sur place. Le travailleur est conduit à l’hôpital, où
son décès est constaté.Illustration : Ronald DuReposPersonne n’a effectué de visite du chantier avant le début des
travaux pour les planifier. Pourtant, les employeurs et les maîtres d’œuvre doivent toujours repérer les dangers sur les chantiers, notamment la présence de fils électriques. Ils doivent
ensuite planifier les travaux en conséquence. Et ils doivent, bien
entendu, former les travailleurs, les superviser et s’assurer qu’ils
connaissent les bonnes méthodes de travail.
Si, dans le cadre des travaux à effectuer, des fils électriques
sont plus rapprochés d’une échelle, d’un échafaudage ou de
toute pièce d’équipement que la distance prescrite par règlement, l’employeur ou le maître d’œuvre doit convenir avec l’entreprise de distribution d’électricité de la manière de s’installer
Notre personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction
générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSSTQu’aurait-il fallu faire ?
Le Code de sécurité pour les travaux de construction stipule
notamment que personne ne doit effectuer un travail pour lequel
une pièce, une charge, un échafaudage, un élément de machinerie ou une personne risque de s’approcher à moins de trois
mètres d’un câble électrique.Pour en savoir plus
Lien vers le rapport d’enquête :
www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003940.pdfÉté 2013Prévention au travail33Les écoles accueillent avec
enthousiasme Défi prévention
jeunesse et Sécurité Premier emploi
Par Guy SabourinL’école introduit un nombre considérable de notions
dans les jeunes cerveaux. Le temps, ensuite, les fait
s’épanouir. Peut-on, aussi, y poser les bases de la
santé et de la sécurité ?
 Le programme d’éducation à la prévention de la CSST, par
ses volets Défi prévention jeunesse et Sécurité Premier emploi, s’emploie justement à cette tâche. Le premier est apparu sous forme de
projet pilote de 1998 à 2001, initialement baptisé « Projet santé et
sécurité en milieu scolaire ». Il a pris son envol pour de bon en 2001
avec son nom actuel. Le programme Sécurité Premier emploi existe
depuis 2010. Les deux volets visent à conscientiser les jeunes d’âge
scolaire à la détection, puis à la prévention des risques pour la santé
et la sécurité. On espère aussi les voir développer une culture de la
prévention qui les suivra dans toutes les sphères de leur vie.
« Le premier volet favorise l’acquisition d’habitudes de prévention dès le plus jeune âge en apprenant aux enfants à détecter les
risques dans la vie quotidienne, résume Lynda Themens, conseillère
en prévention jeunesse aux Directions régionales du Bas-SaintLaurent et de la Gaspésie Îles-de-la-Madeleine. Le deuxième vise
34Prévention au travailÉté 2013plus spécifiquement les risques dans les milieux de travail et
s’adresse davantage aux jeunes qui sont plus près d’accéder à l’emploi. » Typiquement, on pense aux étudiants en fin de secondaire,
dans les centres de formation professionnelle et au collégial. « Dans
les stages et les cours, ajoute la conseillère, ils apprendront à repérer
les risques, ce qui les préparera entre autres à être en mesure d’en
parler à leur employeur. »
Pour y participer, les écoles doivent formuler un projet directement lié à la sécurité et à la santé des personnes. Celui-ci doit
viser un risque et faire participer les jeunes, sans toutefois toucher des univers couverts par d’autres organismes, comme les premiers soins ou la prévention des incendies.
Pour prendre un exemple simple, le poids des sacs à dos a servi
de prétexte à un grand nombre de projets dans les écoles primaires. Année après année, on a idée de le peser, de contrôler si
ce qu’il contient est vraiment nécessaire, de montrer aux jeunes
comment l’ajuster et acquérir une bonne hygiène pour le dos.
Pour couvrir les frais, la CSST verse une aide financière pouvant
atteindre 300 $. L’argent est remis à la direction de l’école et sert
à acheter du matériel pour faire des affiches, à payer les frais de
transport s’il y a visite d’usines, à assumer les honoraires d’un
conférencier invité, etc.Photo : ShutterstockReportageDe l’amélioration au fil du tempsAu tout début, la CSST proposait des
thèmes aux écoles. « Avec le temps, nous
sommes devenus moins restrictifs, explique
Manon Gravel, chef d’équipe, dossier
Jeunesse à la Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la
CSST. Les professeurs et les étudiants créent
maintenant leurs propres projets. »
Puis, vers le milieu des années 2000, la
mode des compétences transversales a
envahi le milieu de l’éducation. « Nous
avons alors démontré aux professeurs,
ajoute Manon Gravel, que participer au
Défi, en ce qui concerne les jeunes, ce n’est
pas juste faire de la prévention, c’est aussi
acquérir une compétence. Et cela cadre
avec la pédagogie par projets. » Aujourd’hui,
la CSST encourage les participants à bâtir
un projet qui souscrit aussi à l’écoconditionnalité : limiter l’usage du papier, recycler, réduire les déplacements en voiture.
En recevant les propositions de façon électronique (100 % d’entre elles ont été transmises par Internet cette année), la CSST
poursuit de son côté son objectif de verdir
Le discours s’est également modifié
avec les années. Au début, on parlait surtout de faire de la prévention une valeur
partagée. Aujourd’hui, le message tourne
aussi autour de la notion de réflexe. « Si
un jeune développe tôt le réflexe de
repérer les risques qui l’entourent, on fait
le pari qu’il le conservera lorsqu’il intègrera
le marché du travail », illustre Manon
Gravel. C’est d’autant plus important que
la jeunesse actuelle constitue le bassin de
travailleurs et d’employeurs de demain.
Le changement majeur survient toutefois en 2010, quand le programme est
bonifié par un second volet. Les conseillers
en prévention jeunesse remarquent que l’activité Défi sécurité jeunesse touche davantage les jeunes du primaire que les
finissants du secondaire et des écoles professionnelles. « En mettant sur ses rails le
programme Sécurité Premier emploi,
explique Lynda Themens, nous voulions aller
chercher une plus grande participation des
centres de formation professionnelle. »
Les projets de ce programme se collent
de plus près aux réalités concrètes du travail. Ils touchent par exemple le cadenassage, l’inspection, la sécurité des machines
et la manipulation de produits dangereux.Une diversité
vraiment remarquableL’impressionnante diversité et le foisonnement d’idées qui émanent du milieuDes chiffres...
qui ne trompent pas !
Si les débuts ont été modestes, tout permet maintenant d’affirmer que la
popularité ne cesse de croître année après année. L’enveloppe totale annuelle
des deux projets réunis est aujourd’hui dix fois plus importante qu’elle ne
l’était au tout début. Depuis quelques années, les deux volets du programme
affichent complet. Faut-il une meilleure preuve du succès de l’aventure ?
Le volet Sécurité Premier emploi représente déjà 18 % du nombre de
demandes, après deux années d’existence seulement ! On lui attribue
161 projets acceptés en 2012-2013. Au total, en incluant les projets du volet
Défi prévention jeunesse, c'est 183 880 jeunes qui seront touchés directement cette année.
Pas moins de 526 écoles réparties dans toute la province ont participé en
2011-2012. De ce nombre, 126 présentaient un projet pour la première fois.
Les projets soumis sont passés de 791 en 2004-2005 à 1 226 en 2011-2012.
Pour la même période, les écoles participantes sont passées de 378 à 569.
Et toutes les régions du Québec sont représentées.scolaire pour promouvoir la prévention
est vraiment la chose à retenir de ces
activités qui veulent inculquer la prévention aux jeunes. La CSST approuve plus
de mille projets par année provenant de
tous les coins du Québec, de la maternelle au collégial.
Des exemples, tous niveaux confondus ?
Inviter médecins et infirmières à parler du
bon choix de vêtements en toute saison,
avec production de capsules vidéo.
Instaurer une journée du silence pour
démontrer à quel point le bruit est un
polluant qu’il faut circonscrire. Cibler
les risques et adopter les comportements sécuritaires appropriés
dans les cours de science où l’on
transforme chimiquement et
physiquement la matière. Par
divers jeux de rôles lors d’une
visite d’usine menant à un
stage (accidenté, témoin du
drame, intervenant de la santé,
reporter), se sensibiliser à la
sécurité au travail. Mettre sur
pied un vrai comité de santé et
de sécurité dans un département de soudage-montage. Se
familiariser avec les dangers de
l’électricité en simulant des électrocutions sur un mannequin, pour découvrir
comment réagit le corps humain. Élaborer
un protocole complet de prévention pour
des cours de cirque, doublé d’échanges sur Le poids dessacs à dos a
servi de prétexte à un
grand nombre de projets dans
primaires.Photo : ShutterstockÉté 2013Prévention au travail35Photo : CSSTReportage À l’école Félix-Antoine-Savard, des enseignantes participent au programmePhoto : CSSTchaque année depuis cinq ans. La démarche de réflexion qu’enclenchent ces projets chez les jeunes rayonneensuite dans les autres sphères de leur vie : à la maison, dans leurs loisirs, etc.la sécurité avec les spectateurs lors des
représentations. Dépister les risques dans
la cour d’école durant les différentes saisons et placarder des règles de sécurité
dans l’école. Se familiariser avec les produits
chimiques au laboratoire de l’école comme
à la maison et découvrir comment s’en protéger. Combattre la violence, élaborer des
stratégies pour dénouer les impasses entre
individus et inventer des slogans à afficher
pour rappeler que la violence n’est pas
tolérée. Produire autant de documentaires
vidéo qu’il y a de risques dans les milieux
36Prévention au travailÉté 2013de stage des étudiants en cours de formation semi-spécialisée. Dans une école
d’agriculture, recenser les dangers dans une
étable et les moyens de les prévenir. Faire
l’inventaire des risques rattachés aux
métiers que tous les élèves d’une classe se
destinent à exercer. Apprendre l’aiguisage
et la manipulation sécuritaires des couteaux dans un cours de cuisine. S’informer
d’abord et informer ensuite toute l’école
des risques des virus et des bactéries. Faire
campagne contre la cyberintimidation. Et
ainsi de suite. Il n’y a pas de limite àl’imagination. « Les jeunes sont vraiment
allumés », croit Lynda Themens.
Les projets se déroulent sur une
journée, sur une semaine, ou durant toute
l’année quand, par exemple, des affiches
rappelant la sécurité sont apposées sur les
murs de l’école. Ils touchent beaucoup plus
que les étudiants d’une classe. « Ils sont
souvent présentés aux autres élèves de
l’école, explique Lynda Themens. Les professeurs, les secrétaires, le concierge, les
parents, les frères, les sœurs et les amis,
tout le monde en entend parler. La
démarche de réflexion qu’enclenchent ces
projets chez les jeunes rayonne ensuite
dans les autres sphères de leur vie : à la
maison, quand ils pratiquent un sport,
dans leurs loisirs aussi. »
Les projets qui laissent des traces
concrètes pour que les suivants en prennent connaissance sont loin d’être rares :
productions audiovisuelles, affiches, courts
métrages et documents PowerPoint constituent autant d’outils pédagogiques prêts
à être utilisés en classe au cours des
années ultérieures.
« C’est un cheminement, explique
Swann Thibault, communicatrice à la
Direction régionale du Saguenay–Lac-SaintJean de la CSST. On peut difficilement dire
quel jour on devient prudent par rapport
à quelque chose. La prévention est un acte
de foi. On sème, on sensibilise, on répète,
on reformule pour n’avoir pas trop l’air de
se répéter, puis on fait confiance aux gens
qui reçoivent cette information-là. Un jour,
le message est assimilé. »
« Personne n’est contre la prévention ni
contre la sécurité, renchérit Lynda Themens.
Le défi, par contre, c’est de l’appliquer au
quotidien. C’est dans le “comment” que ça
bloque. Notre programme permet d’explorer des façons de faire. Il constitue un
pas vers la recherche de solutions. »Une attitude enthousiasteLe programme suscite beaucoup d’enthousiasme chez certains participants. En
compilant ses données pour le Saguenay,
Swann Thibault a découvert que des professeurs reviennent année après année.
À l’école de la Pulperie et à l’école FélixAntoine-Savard, par exemple, des enseignantes participent au programme
chaque année depuis cinq ans. L’école
Benoît-Duhamel a fait accepter cinq projets (le maximum) pour 2012-2013. Et
ainsi de suite. Pour Swann Thibault, la
popularité des deux volets ne fait aucun
doute. Elle souligne également la contribution de ces professeurs : « Elles sontPhoto : École des métiers du meuble de Montréalles bougies d’allumage des projets qui
nous sont soumis. »
Le professeur Guy Pépin, membre du
comité de santé et de sécurité de l’École
des métiers du meuble de Montréal, a
donné beaucoup de souffle à des initiatives qu’il a créées dans le cadre du volet
Sécurité Premier emploi. Lors d’une première participation, il a rendu le banc de
scie plus sécuritaire en le recouvrant de
peinture verte, orange et rouge pour
signaler les parties dangereuses de l’appareil. Il a également construit un assortiment de poussoirs spécifiques pour
éloigner les mains de la scie. Le comité
a récidivé l’année suivante avec le port
incontournable des lunettes de protection. Pour que le message soit vu et assimilé, les yeux des étudiants et du
personnel ont été photographiés avec et
sans lunettes. Les photos ont été assemblées en mosaïques et placardées sur
plusieurs murs de l’école. « Ah que t’as
de beaux yeux représente pour moi l’un
des plus beaux projets de mobilisation »,
écrit Jo Anne Cyr, conseillère en prévention jeunesse à la Direction régionale de
Montréal-2.
« J’ai appris qu’il faut parler de prévention le plus souvent possible, et de
préférence tous les jours », explique
M. Pépin. Le comité a placardé les corridors de messages de sécurité et installé
une boîte aux lettres qui recueille les
« passés proche » de façon anonyme.
« Aujourd’hui, ajoute-t-il, les élèves font
plus attention et suivent les protocoles
de la charte de santé et de sécurité dont
nous nous sommes dotés. » Depuis deux
ans, l’école ne déplore aucun accident.
Avant, il y en avait beaucoup. Certaines
photos sur les murs de l’école rappellent
d’ailleurs ces tristes événements.
« Pour nous, la santé et la sécurité sont
vraiment une valeur, explique-t-il. C’est
même une façon de vivre qui se poursuit
dans la manière de conduire sa voiture ou À l'École des métiers du meuble de Montréal, les yeux des étudiants etdu personnel ont été photographiés avec et sans lunettes. Les photos ont été
assemblées en mosaïques et placardées sur plusieurs murs de l’école.dans le sport. Tout le monde embarque
dans l’école. Chacun aide à sa façon à
mener les projets à terme, même quand
toute la subvention a été dépensée. »
Avec deux autres professeurs, Guy Pépin
prépare même sa prochaine participation.
« Dans ma classe, les étudiants ont les
cheveux attachés et portent des vêtements
bien ajustés, leurs lunettes et leurs bouchons parce que j’ai une certaine autorité
sur eux. Mais comment feront-ils pour
imposer les mesures de sécurité apprises
à l’école dans leurs milieux de travail respectifs ? Comment s’y prendront ceux qui
n’ont pas une forte personnalité ? Notre
prochain projet Sécurité Premier emploi
portera donc sur la façon de faire la transition de l’école à l’entreprise. Nous
sommes en train de réfléchir aux meilleurs
moyens pour y parvenir. »
Les élèves inscrits au programme de
formation axé sur l’emploi de l’écoles e c o n d a i r e S a i n t- L a u r e n t , é d i f i c e
Cardinal, participent depuis deux ans au
volet Sécurité Premier emploi. Ces élèves
éprouvant des difficultés d’apprentissage et de comportement sont encouragés à poursuivre leurs études et à
développer des habiletés de travail.
Certains élèves vont se retrouver à
l’école, sur le marché du travail ou à
l’éducation aux adultes.
« Nous donnons de l’importance à la
sécurité sur nos plateaux de travail grâce
a u vo l e t S é c u r i t é P re m i e r e m p l o i ,
explique Sandra Salesas, conseillère en
orientation. Presque toute l’école s’y met.
Même les partenaires qui nous aident à
mieux utiliser les machines sur nos plateaux reproduisant de vraies situations
de travail insistent sur la sécurité. » Cette
école ne veut surtout pas que la première
expérience de travail soit compromise par
un accident. Populaire grâce aux partenaires
Comment ce programme a-t-il réussi à se faire connaître dans les écoles ? Comment est-il devenu si populaire
au point de fonctionner – à partir de maintenant – selon la formule du premier arrivé, premier servi ? C’est grâce
à tous les partenaires participants : la Centrale des syndicats du Québec, la Fédération des commissions scolaires
du Québec, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, la Fédération nationale des enseignantes et des
enseignants du Québec et la Fédération autonome de l’enseignement. Deux nouveaux venus cette année indiquent une pénétration certaine des programmes au collégial : la Fédération des cégeps et l’Association des collèges privés. Le collégial a d’ailleurs déjà raflé 10 % des projets Sécurité Premier emploi pour l’année 2011-2012.Été 2013Prévention au travail37ReportageLa santé psychologique au travail :
des pratiques simples au quotidien
Par Julie MélançonDepuis quelques années, les
problèmes de santé psychologique au travail sont d’actualité. Leurs effets sont
nombreux, tant pour la société
et les organisations que pour
les individus et les familles. Au
Québec, en 2008, un travailleur sur cinq présentait un
niveau élevé de détresse psychologique (Vézina, St-Arnaud,
Stock, Lippel et Funès, 2011).
En 2002, 39 % des personnes
en emploi estimaient que la
plupart de leurs journées de
travail étaient assez ou extrêmement stressantes (Vézina, Bourbonnais et
coll. 2008). Selon l’Institut de la statistique du Québec,
ce niveau de stress est étroitement lié à l’absentéisme
au travail. Que faire, donc, pour prévenir des problèmes de santé psychologique au travail ? Il faut agir
sur le leadership, l’environnement de travail et les
conditions de travail. Le rôle du gestionnaire est par
ailleurs essentiel, car ce dernier agirait en tant que
médiateur entre l’environnement de travail et la santé
des employés1. Corrélativement, les gestionnaires
seraient eux-mêmes significativement concernés par le
stress et les troubles de l’humeur. Si les comportements toxiques des employés peuvent influencer
négativement la santé psychologique des collègues et
des gestionnaires, nous avons peu, voire pas d’informations sur le rôle des employés au regard de la
santé psychologique de leurs pairs.
38Prévention au travailÉté 2013Photo : Shutterstock Cependant, une première étude menée par France St-Hilaire,
Ph. D., professeure adjointe au Département de management et de
gestion des ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, a
porté sur la cartographie des actions (des pratiques) des gestionnaires et des employés qui permettent d’agir au quotidien sur l’environnement de travail pour prévenir les problèmes de santé
psychologique au travail.
D’abord, une définition. Dans le Guide pour une démarche stratégique de prévention des problèmes de santé psychologique au travail2, on indique que la santé psychologique au travail désigne « un
fonctionnement harmonieux, agréable et efficace d’une personne
qui fait face avec souplesse aux situations difficiles en étant capable
de retrouver son équilibre ». Cette santé psychologique est influencée
par trois grandes composantes :
1.	Les composantes associées au travail (autonomie, reconnaissance, charge et exigences du travail, etc.) ;
2.	Les caractéristiques individuelles (personnalité, santé physique,
histoire personnelle, dimensions affectives, compétences, etc.) ;
3.	L’environnement social (amis, famille, communauté, etc.).
Si les milieux de travail peuvent difficilement agir sur les caractéristiques individuelles des employés et des gestionnaires, intervenir sur les composantes associées au travail en développant les
pratiques de gestion et de travail représente un levier puissant
pour les organisations. Toutefois, il existe encore peu d’informations et d’outils pratiques permettant de mener une démarcheDescription de l’étudeDans le cadre de l’étude dirigée par
Mme St-Hilaire, des entrevues semi-dirigées
ont été menées auprès de 70 participants,
de 45 employés et de 25 gestionnaires provenant d’une organisation de la fonction
publique québécoise. Les participants ont
été interrogés sur les actions concrètes
qu’ils posaient selon les facteurs de risque
associés à la santé psychologique et sur les
actions que leurs employés ou gestionnaires posaient. L’étude fait donc ressortir
les pratiques de travail et de gestion les
plus déterminantes pour les participants.Que peut faire le gestionnaire ?L’étude a permis de cartographier des pratiques de gestion spécifiques se regroupant
en compétences et en thèmes. Des pratiques les plus fréquemment mentionnées,
les participants relèvent que donner de la
liberté quant à l’organisation du travail, des
tâches ou dans le déroulement de sa
journée est une pratique porteuse pour la
santé. Ainsi, cette pratique de gestion
permet d’agir directement sur un facteur
de risque présent dans l’environnement de
travail, soit l’autonomie au travail.
La seconde pratique concerne la sensibilité du gestionnaire à l’égard de la situation que peut vivre un employé ; le
gestionnaire s’ajuste à la situation afin de
faciliter la vie d’un employé, par exemple
en lui permettant de faire du télétravail ou
en lui accordant un congé spécial. Ainsi, la
notion de conciliation travail-vie personnelle prend tout son sens.
Ensuite, reconnaître et souligner les bons
coups des employés apparaît déterminant
pour la santé psychologique. Il s’agit ici d’un
jugement posé sur la contribution de la personne, tant en matière de pratiques de travail que d’investissement personnel et de
résultats du travail. Le simple fait de
constater un bon travail et de prendre le
temps de le souligner à l’employé apparaît
comme une pratique répandue et significative en matière de reconnaissance.
Enfin, lorsqu’un gestionnaire démontre
de la disponibilité, de la présence ainsi que
de l’écoute et de la disposition, il favorise
un climat de confiance où les employés se
sentent à l’aise de s’exprimer, et ce, en ayant
toute l’attention nécessaire démontrée par
une attitude réceptive.
À l’inverse, certaines pratiques de gestion peuvent porter atteinte à la santépsychologique des individus. Quatre d’entre
elles ont été soulignées particulièrement. La
première ? Un gestionnaire qui ne démontre
aucune disponibilité et qui n’est pas présent,
qui dit constamment : « Ne me dérangez
pas maintenant. » La deuxième : un gestionnaire qui ne traite pas de façon équitable
ses employés. Ensuite, un gestionnaire qui
ne donne aucune rétroaction à ses employés,
qui ne commente pas le travail réalisé.
Finalement, un gestionnaire qui ne règle pas
rapidement et efficacement les problèmes.Que peut faire l’employé ?Les employés ont également un rôle à jouer
en santé psychologique au travail. Par leurs
comportements, ils peuvent avoir un effet
salutaire ou délétère sur leur gestionnaire
ou leurs collègues. Encore une fois, l’étude
a fait ressortir des pratiques de travail
concrètes regroupées en compétences etsoin de souligner à leur gestionnaire qu’il
réalise un bon travail. Ensuite, l’employé qui
offre son aide, qui développe un rôle de
soutien sans attendre une demande de son
gestionnaire et qui se met de l’avant pour
aider. Une quatrième pratique est celle de
l’employé qui donne les informations nécessaires à son gestionnaire, car il considère
que l’information qu’il détient contribue au
bon fonctionnement de la tâche et peut
faciliter la prise de décisions de son gestionnaire. Enfin, un employé qui donne un
bon rendement et fait un travail de qualité
rassure le gestionnaire par sa constance et
son application au travail.
À l’inverse, certaines pratiques de travail
des employés peuvent influencer négativement la santé psychologique des gestionnaires et des collègues. De l’étude, une seule
pratique est vraiment ressortie : celle de l’employé qui ne propose et ne trouve pas de
solutions aux problèmes.Que retenir de l’étude ?Photo : Shutterstockpréventive pour agir sur les pratiques de
gestion et de travail associées à la santé
psychologique au travail. Le fait qu'un gestionnaire facilite la vie d'unemployé, par exemple en lui permettant de faire
du télétravail dans une situation donnée, peut
être une pratique porteuse pour la santé.en thèmes. Certaines de ces pratiques
influencent positivement la santé psychologique des gestionnaires et des collègues.
La plus fréquente ? Un employé qui prend
des tâches lorsque son gestionnaire est
débordé ou absent et, de ce fait, le soutient,
ainsi que l’équipe, dans la tâche à réaliser.
Autre pratique positive ? Les employés qui
font preuve de reconnaissance en prenantPlusieurs actions simples peuvent être posées au quotidien
pour influer sur la santé psychologique au travail. Bien que des
plans stratégiques visant les
soient nécessaires, ce sont par
les pratiques que nous mettons
en place au quotidien que nous
créons les facteurs de protection
nécessaires à la santé. Par
ailleurs, les organisations ont
également la responsabilité de
tenir compte du contexte et des
ressources disponibles (par
exemple, la direction réserve du
temps sur les lieux de travail
pour les gestionnaires, l’organisation crée un climat de travail
qui favorise l’entraide entre
employés) pour que gestionnaires et employés puissent
adopter des pratiques saines. En
somme, tous sont responsables
et ont le pouvoir de faire une
différence en santé psychologique au travail. 1.	KUOPPALA, J., et coll. « Leadership, Job Well-Being,
and Health Effects-A Systematic Review and a
Meta-Analysis » dans Journal of Occupational &
Environmental Medicine, 50(8), 2008, p. 904-915.
2.	BRUN, Jean-Pierre, BIRON, Caroline, et France STHILAIRE. Guide pour une démarche stratégique de
prévention des problèmes de santé psychologique
au travail, Guide RG-618, Montréal, IRSST/Québec,
Université Laval, Chaire en gestion de la santé et
de la sécurité du travail, 2009, 76 pages.
Été 2013Prévention au travail39Reportage
 Le dernier colloque organisé par Via
Prévention (Association sectorielle paritaire – Transport et entreposage de santé et
sécurité au travail), Sécurisons l’entreposage,
s’est tenu à Montréal en novembre 2012 et
à Québec en avril 2013. Les conférenciers,
des spécialistes reconnus en SST et en entreposage, proposaient des solutions pour
minimiser les risques d’accidents liés aux
palettiers, aux chariots élévateurs et aux
opérations de manutention manuelle.
Prévention au travail était sur place et vous
présente un résumé de cette journée fort
instructive.Sécurité dans les
entrepôtsLe quatuor gagnant
pour travailler en
Par Guillaume EckerlL’entrepôt est une zone sensible lorsque l’on pense à la santé et à la
sécurité des travailleurs. Point névralgique des organisations gérant des
stocks, il est de plus en plus rationalisé, ce qui en augmente l’utilisation
et, par conséquent, les risques liés à la santé et à la sécurité. Il faut en
effet veiller à la fois à des éléments ayant trait aux ressources matérielles, comme le palettier et le chariot élévateur, et à des éléments
ayant trait aux ressources humaines, comme le cariste et le manutentionnaire. L’entretien des uns et la formation des autres sont la clé de
voûte d’un entrepôt sécurisé au sein duquel les personnes et les biens
seraient en sécurité, car la négligence en la matière entraîne bien souvent des accidents spectaculaires… et parfois mortels.
40Prévention au travailÉté 2013Photo : Via PréventionLe palettierLe palettier est une structure qui permet de
stocker en hauteur des objets de fort volume.
Elle est composée d’échelles (verticales) et
de lisses (horizontales). Quels sont les principaux risques l'entourant ? La surcharge
ainsi que les chariots élévateurs circulant
dans les allées et pouvant à tout moment
les percuter et en réduire la stabilité.
L’ancrage du palettier est un point
important sur lequel on doit se pencher
avant son installation. Pour ce faire, il faut
établir en amont un cahier des charges
décrivant entre autres la composition du
sol. L’ancrage doit être fait dans un plancher de béton sans fissures à l’aide d’un
système d’ancrage traditionnel ou chimique.
Les échelles sont en quelque sorte le
talon d’Achille du palettier, car elles peuvent
être percutées à la base par la fourche d’un
chariot élévateur ou encore être réparées
de manière inadéquate. On peut installer
des protecteurs à la base des montants
pour augmenter leur résistance en cas d’impacts causés par les chariots élévateurs.
La charge maximale par section du
palettier, également appelée « alvéole »,
doit être affichée sur la lisse de chaque section. La charge totale admissible de la
travée (ensemble des alvéoles superposées)
doit aussi être indiquée.
On ne s’improvise pas installateur de
palettiers. « L’installation doit être faite
par le fabricant du palettier ou par des
installateurs qualifiés », indique François
Fontaine, ancien inspecteur à la CSST et
fondateur d’une entreprise de consultation sur la sécurité des palettiers. « Toute
modification ou réparation faite sur un
palettier doit être approuvée par le fabricant ou un ingénieur. »
Le palettier doit être inspecté et entretenu lors d’observations quotidiennes qui
ont pour objectif de déceler des anomalies sur les cales et les ancrages des pieds
d’échelles.Les principaux risques inhérents à l’utilisation de palettiers sont l’effondrement
total ou partiel du palettier, la chute de
marchandise et la chute de hauteur d’un
travailleur. « Les effondrements de palettiers
sont dans la plupart des cas causés par des
lacunes en matière de conception, d’installation, d’utilisation, d’entretien ou de réparation », précise Pierre Bouliane, conseiller
à Via Prévention. Ces risques sont réels et
ne sont pas à prendre à la légère sous prétexte que la structure est bonne. Bien que
le risque zéro n’existe pas, l’utilisation de
palettiers peut se faire dans des conditions
sécuritaires à l’aide du guide de prévention
La sécurité des palettiers, édité conjointement par la CSST et Via Prévention. Ce guide
contient de l’information sur la fabrication,
l’achat, l’installation et l’utilisation des
palettiers. Il peut être téléchargé gratuitement depuis le site Internet de la CSST.Le chariot élévateurLe chariot élévateur est un appareil de
manutention dont le poids moyen équivaut
à celui de six voitures. Il doit servir à
déplacer et à lever des charges sur des distances relativement courtes, et non pour
les transporter sur de longues distances. Le
chariot élévateur pour allées étroites est le
plus utilisé dans les entrepôts. Il est fondamental que le conducteur du chariot élévateur ait reçu une formation théorique et
pratique avant l’utilisation du véhicule. Il
doit connaître ses caractéristiques techniques : la hauteur de levée maximale et les
capacités maximales d’utilisation, ainsi que
les dangers inhérents à son milieu de travail. Les données techniques sont inscrites
par le constructeur sur une plaque signalétique fixée sur le chariot élévateur.
Le chariot élévateur est équipé de divers
organes de sécurité. Le toit de protection
protège l’utilisateur de la chute d’objets tout
en devant offrir une visibilité pour les opérations de gerbage. La rallonge du dosseret
de charge a pour but de protéger le cariste
d’une chute éventuelle de la chargeIllustration : Via PréventionLes quatre phases du renversement latéralPHASE 1PHASE 2transportée. Les risques de renversement
sont malheureusement réels et constituent
la principale cause d’accident mortel. Un
renversement est généralement causé par
une vitesse excessive, un virage brusque,
une circulation sur une surface irrégulière
ou la conduite du chariot avec la fourche
haute. Le renversement latéral s’effectue en
quatre phases. La phase initiale (1) est celle
durant laquelle les roues opposées à celles
du virage se soulèvent alors que les roues
du côté du virage supportent toute la masse
du véhicule. La phase critique (2) est fondamentale, car le cariste peut alors rétablir la
situation en ralentissant et en contrebraquant lorsque le centre de gravité du chariot atteint une position verticale par
rapport au point de contact. Le renversement (3) se produit quand le chariot
dépasse la position critique. Au cours de
cette phase, qui dure 0,4 seconde, aucune
manœuvre ne peut empêcher le chariot de
se renverser. C’est bien souvent lors de cette
phase que le cariste se fait écraser par le
chariot élévateur. La glissade sur le sol (4)
est la phase durant laquelle le chariot et le
cariste glissent conjointement, jusqu’à l’arrêt
final. La durée de cette phase varie selon la
vitesse initiale et peut atteindre 0,25 seconde.
Le renversement frontal (vers l’avant) est
généralement causé par une charge trop
lourde ou trop éloignée du centre de charge.
Un arrêt brusque du chariot peut également causer une chute de la charge portée
et un basculement du chariot vers l’avant.PHASE 3PHASE 4En cas de renversement, la ceinture est
actuellement le meilleur dispositif éprouvé
qui permet d’éviter au cariste, dans tous
les cas, d’être éjecté de la cabine. À condition bien sûr que la ceinture soit bouclée,
car souvent, ce dispositif est présent, mais
non utilisé…Le caristeAu Québec, pour utiliser un chariot élévateur, le cariste doit avoir reçu une formation conforme au Règlement sur la santé
et la sécurité du travail. Cette formation
traite notamment des notions de base d’utilisation d’un chariot élévateur, du milieu de
travail et de ses incidences sur la conduite
d’un chariot élévateur, ainsi que des règles
et des mesures de sécurité.
L’obligation et l’intérêt de cette formation obligatoire ne sont pas à démontrer
lorsque l’on connaît les risques liés au travail dans un entrepôt équipé de palettiers,
où se déplacent des chariots élévateurs.
Dans ses déplacements, le cariste doit tenir
compte des distances de freinage du chariot élévateur, qui peuvent être considérables. À 6 km/h, le chariot mettra au moins
trois mètres pour s’immobiliser. Cette distance montera à plus de 14 mètres à une
vitesse de 22 km/h !
Le cariste doit également, de concert
avec les autres travailleurs, s’assurer de respecter les sens de circulation et la signalisation présente dans l’entrepôt et les
différentes zones de travail.Chute et chariot élévateur
Le 14 décembre 2011, dans un entrepôt de pneus, un travailleur classe des pneus afin de se préparer à un inventaire.
À l’aide d’un chariot élévateur, il accède aux parties supérieures d’un palettier en montant sur la plateforme de l’opérateur, à environ 60 cm au-dessus de la troisième alvéole. Il chute d’une hauteur d’environ 3,6 mètres, et décède des
suites de ses blessures trois jours plus tard. L’accident aurait pu être évité si le travailleur avait porté un harnais de
sécurité et si la gestion de la SST dans cet entrepôt avait tenu compte de la spécificité du travail à effectuer en hauteur à l’aide d’un chariot élévateur.Été 2013Prévention au travail41Reportage
 Le chariot élévateurpour allées étroites est
le plus utilisé dans les
entrepôts.Photo : ShutterstockLe manutentionnaireUn chariot élévateur se
renverse et tue un cariste
Le 5 août 2010, vers 8 h 15, un travailleur doit
retirer une palette de matériel du dessus d'une
pile adossée au mur extérieur de la cour arrière.
Pour ce faire, à bord d’un chariot élévateur stationné à l'intérieur du bâtiment, le cariste se
dirige vers la porte extérieure tout en faisant
monter la fourche du véhicule. Il se déplace à
une vitesse de 10 km/h. Dans la cour arrière, il
effectue un virage à gauche en « J » afin d'être
placé face à la pile. Lors de cette manœuvre, le
chariot élévateur se renverse sur le côté droit.
Durant la phase critique, un autre travailleur
pousse sur le côté du chariot pour tenter de le
retenir. Pendant ce temps, le cariste sort du
véhicule du côté du renversement. Le chariot se
renverse et frappe la tête du conducteur sur le
pavage. L’accident est fatal.
La vitesse du chariot élévateur combinée à
l’exécution d’un virage serré et à la hauteur de
ses fourches a entraîné son renversement
latéral. Il est recommandé d’effectuer un arrêt
complet du chariot avant de changer de direction ou, tout au moins, de ralentir lors de l'exécution d'un virage.
42Prévention au travailÉté 2013Le manutentionnaire
manipule, déplace, charge
et décharge des matériaux à la main ou à l'aide
d’appareils de manutention. Il doit également
connaître le poids de la
charge qu’il aura à soulever afin de ne pas faire
de mouvements brusques
créant une contrainte
musculaire. Les techniques de manutention
sécuritaire ont fortement
évolué. Il semble maintenant que la méthode
« dos droit/genoux fléchis », bien qu’elle prés e r v e d ’é v e n t u e l l e s
blessures au dos, ne soit
pas applicable en tout
temps, pour des questions de configuration de
l’espace ou encore en
fonction de la charge à
porter. Le manutentionnaire doit donc analyser
la charge et l’environnement avant de procéder
au déplacement de cette
dernière en considérant
différents facteurs tels
que le temps pendant
lequel il devra porter la
charge, l’équilibre et les
possibilités de réaction,
l’utilisation de la charge
afin de réduire la sollicitation musculaire, en vue
de la déplacer de la
manière la plus sécuritaire possible.
doit également faire
p re u ve d e v i g i l a n c e
face à son environnement de travail, car il
peut avoir à faire face à
divers risques : collision
avec des engins de
manutention, glissade,
chute de charges de hau­
teur pouvant le blesser
ou l’écraser.Mortelle collision
entre un chariot et
Le 12 juin 2009, dans la cour
arrière d’une coopérative, un
cariste effectue le transport
d'un paquet de ficelles. Il se
dirige vers un entrepôt situé au
fond de la cour. Le chargement
obstrue la visibilité du cariste.
Au même moment, un travailleur circule à pied dans la
cour arrière dans la même
direction. Environ à mi-chemin
de son parcours, le chariot élévateur heurte le piéton et
l'écrase mortellement.
Selon le rapport d’enquête, il
appert que la gestion de la circulation dans la cour est déficiente et que la méthode de
est dangereuse. Dans des circonstances comparables, en cas
de visibilité vers l’avant réduite
par la présence d’une charge, il
est recommandé de conduire
Une fois de plus, la formation et la sensibilisation des manutentionnaires à la
santé et à la sécurité du travail s’avèrent
En début de colloque, Isabelle Lessard,
directrice information et formation au
Centre patronal de SST, soulignait ce qui
suit : « La formation et la sensibilisation à
la SST ne se limitent pas aux dirigeants, aux
gestionnaires ou aux spécialistes en SST. Les
employés doivent aussi faire preuve de leadership. Cela passe par une attitude préventive au quotidien, le respect des règles
de sécurité et le fait de prévenir son supérieur de tout risque vu. » Pour aller plus loin
Différents documents, publications et guides
sont disponibles pour vous informer sur la
sécurisation des entrepôts. Consultez les sites
de la CSST au www.csst.qc.ca/manutention et
de Via Prévention au www.viaprevention.com.En raccourciConseils et moyens de prévention
Par Guillaume EckerlLa rédaction de Prévention au travail profite de ce numéro d’été pour vous proposer une rubrique
« En raccourci » entièrement consacrée à la saison chaude. Voici donc un tour d’horizon des principaux
dangers à surveiller et des différents moyens de les prévenir.Coup de chaleurAllergies et rhume des foinsLe coup de chaleur survient lorsque les organes chargés de la
régulation de la température du corps ne sont plus à même de
la contrôler. Le coup de chaleur ne doit pas être pris à la légère,
car c’est un phénomène dangereux qui peut s’avérer mortel. Et
il peut survenir brusquement lorsqu’on travaille intensivement
à la chaleur. Comment le reconnaître ? Il se manifeste par certains
symptômes comme des étourdissements, des vertiges, une grande
fatigue, des frissons, des nausées
et de la confusion. Que faire pour
le prévenir ? Les travailleurs doivent boire au minimum un verre
d’eau toutes les vingt minutes. Ils
doivent se couvrir la tête pour travailler à l’extérieur et porter
des vêtements légers, de couleur claire et permettant l’évaporation de la sueur. Les employeurs doivent quant à eux organiser le travail en fonction de la chaleur, en attribuant des tâches
plus légères, en faisant une rotation des tâches, en accordant
des pauses plus longues et plus fréquentes. Ils doivent aussi
prévoir des zones de repos à l’ombre ou climatisées.Les allergies et le rhume des foins se rappellent à nous lorsque les yeux et le nez picotent
et que l’on commence à éternuer fréquemment. En période de forte pollinisation, il est
recommandé de tenir les portes et les fenêtres fermées et de laver les vêtements portés
lors d’une activité en plein air afin de les
débarrasser du pollen. La prise d’antihistaminiques peut également s’avérer une solution
afin de soulager les désagréments allergiques.Des travailleurs de certaines professions sont
plus à même d’être piqués par des insectes :
pensons entre autres aux émondeurs, arboriculteurs, horticulteurs, agriculteurs et
cueilleurs, qui peuvent quotidiennement
côtoyer abeilles, guêpes, frelons et bourdons
durant la saison estivale lorsqu’ils travaillent
à l’extérieur. À la suite d’une piqûre d’insecte,
une petite boursouflure se forme. Si le dard est fiché dans la
peau, il faut le retirer à l’aide d’une pince à épiler et désinfecter
la zone. On peut appliquer de la glace ou une compresse froide
à l’endroit du contact. Dans le cas d'une réaction allergique, de
piqûres multiples ou de piqûres sur certains organes ou certaines parties du corps, il est recommandé d’appeler les services
d’urgence en composant le 911 dès l’apparition de symptômes
comme un gonflement rapide et considérable du visage, de la
langue, de la gorge et des voies respiratoires, de la difficulté à
parler ou à respirer, des vomissements ou des étourdissements.Le coup de soleil est une irritation de
la peau qui survient lors d’une exposition aux rayons solaires. Il se manifeste
par une rougeur et une brûlure de la
peau. Les travailleurs exposés au
soleil doivent porter un écran antisolaire indiquant un facteur de protection solaire d’au moins 15, et ce, même par temps nuageux.
Il est également recommandé de porter chapeau, lunettes de
soleil et vêtements amples pour se protéger du soleil.Herbe à puce
(sumac vénéneux)
L’herbe à puce, aussi appelée « sumac
vénéneux », est une plante sauvage
commune. La partie du corps qui entre
en contact avec cette plante verra se
former à la surface de la peau de petites
éruptions bulleuses irritantes. Les symptômes apparaissent
généralement de 14 à 48 heures après le contact et disparaissent en moyenne au bout de sept à dix jours. Il est important
de se familiariser avec l’apparence de la plante pour la reconnaître et de s’équiper en conséquence (vêtements longs, gants,
souliers fermés, etc.) afin d’être en mesure d’éviter un contact
avec cette plante. En cas d’exposition, il est conseillé de laver la
partie exposée au savon et à l’eau froide.Été 2013Prévention au travail43Photos : ShutterstockPiqûres d’insectesCoups de soleilL'Entrevue
Réaliser des activitésscientifiques pour contribuer
à la prévention des lésions
professionnelles et à laréadaptation des victimes,
diffuser les connaissancesacquises pour permettre aux
décideurs de faire des choixéclairés, voilà la mission dont
s’acquitte l’Institut derecherche Robert-Sauvé en
santé et en sécurité dutravail (IRSST) depuis 1980.
Bien ancré dans le présenttout en anticipant l’avenir, il
Photo : Marie-Josée Legaults’est engagé, en 2005, à se
prêter à une évaluationÉvaluer pour mieux planifier
et pour rester à l’avant-garde
Par Claire Thiviergeinstitutionnelle aux cinq ans.La plus récente, menée par un
groupe d’experts internatio-naux, s’est terminée en 2011.
Marie Larue, présidentedirectrice générale del’Institut, explique la raison[Prévention au travail]Qu’est-ce qu’une évaluation
institutionnelle ?[Marie Larue] C’est le regard que
des pairs du monde de la recherche portent sur la capacité de l’institution à réaliser sa mission, avec les moyens dont elle
dispose, en les répartissant comme elle le
fait ou autrement.d’être de ce bilan quinquennal[PT] Quels objectifs l’IRSST
vise-t-il en s’y soumettant ?de faire de l’organisme, ainsi[ML] Cela nous permet de nous
assurer que nous axons nos priorités et
nos efforts sur les éléments les plus pertinents pour la réalisation de notre mission scientifique. Nous prêter à un regarddes réalisations et des façons
que son influence sur ses
44Prévention au travailÉté 2013externe nous force à nous repositionner
aux cinq ans. C’est une pratique assez fréquente dans les institutions de recherche
et dans le monde universitaire. Pour notre
conseil d’administration, c’est aussi une
autre source d’information sur la performance de l’Institut.[PT] Qui a nommé les membres
du comité d’experts internationaux
et qui sont-ils ?
[ML] C’est nous qui les avons recrutés,
après avoir consulté notre conseil d’administration. Nous souhaitions avoir un représentant européen, un représentant
nord-américain et, évidemment, quelques
représentants du monde québécois de la
recherche. Le comité était présidé parM. Gilles Dussault, de l’Institut d’hygiène et
de médecine de l’Université Nova, au
Portugal, et composé de M. Paul Demers,
directeur du Centre de recherche sur les
cancers professionnels de l’Ontario, de
M. Michel Dumoulin, vice-président aux
affaires scientifiques et aux partenariats du
Fonds de recherche sur la nature et les technologies, de M. Jacques Frémont, professeur
titulaire à la Faculté de droit de l’Université
de Montréal, et de M. Harri Vainio, directeur
général de l’Institut finlandais en santé au
travail. Il s’agit de cinq personnes très ferrées, très connues et provenant de disciplines variées.[PT] Quelles ont été leurs
principales conclusions et
recommandations ?
[ML] Les experts ont conclu que l’ensemble du personnel de l’Institut était compétent et très dévoué à la cause, que nous
rendions bien compte de nos activités à
notre conseil d’administration et à différentes autres instances, et que nous étions
très bien placés en matière de valorisation
des résultats de la recherche. Par ailleurs,
ils nous ont suggéré de revoir le nombre
de nos champs de recherche pour accroître
la masse critique de chercheurs dans
chacun d’eux, ce qui a été fait en janvier
2012. Ils ont aussi soulevé une problématique que nous avions notée dans notre
rapport d’autoévaluation, soit l’importance
de former une relève, tant pour les chercheurs que pour les gestionnaires, d’autant
plus que ce n’est pas très facile de trouver
des gens dans ce domaine. C’est donc là un
des grands enjeux pour l’Institut. Le rapport
a aussi suggéré que nous tentions d’obtenir
une plus grande visibilité à l’extérieur du
Québec de façon à pouvoir réaliser davantage de projets en maillage avec d’autres
institutions ailleurs au Canada ou sur la
[PT] Comment avez-vous appliqué
ces recommandations ?
[ML] Nous avions déjà signé des
ententes internationales de collaboration
générale et nous en avons conclu
d’autres, plus spécifiques. Par exemple,
nous collaborons beaucoup avec l’Institut
national de recherche et de sécurité pour
et des maladies professionnelles (INRS),
en France, dans les domaines de la sécurité des machines et de la veille scientifique. Nous collaborons aussi avecLes données que nous avons publiées récemment montrent
une réduction du nombre des lésions par travailleur dans les
pays industrialisés, y compris le nôtre. [...] Toutefois, davantage de maladies professionnelles de toutes natures pointent
à l’horizon : plus de surdité, de troubles musculosquelettiques et de problèmes causés par les effets à retardement de
certaines substances, notamment des cancérogènes.
l’institut britannique, le Health and
Safety Laboratory (HSL), sur la sécurité
des machines surtout, ainsi qu’avec l’Institut pour la sécurité et la santé au travail de l’Assurance sociale allemande des
accidents du travail et maladies professionnelles (IFA) sur la manutention des
charges, les troubles musculosquelettiques et les dosimètres de postures. Avec
nos homologues américains et ceux du
Pan American Health Organization, nous
collaborons sur les emplois dits verts et
sur les nanotechnologies.[PT] L’évaluation a-t-elle aussi
orienté la planification quinquennale
de l’Institut ?
[ML]Oui, car elle nous a amenés à
nous recentrer sur nos champs de
recherche, qui sont maintenant au nombre
de quatre : la prévention des risques chimiques et biologiques, la prévention des risques mécaniques physiques, la prévention
durable en SST et environnement de travail,
et, finalement, la réadaptation des travailleurs accidentés.[PT] La planification tient-elle aussi
compte de l’émergence de nouveaux
thèmes de recherche, par exemple les
travailleurs immigrants et la SST ?
[ML] Le champ de la prévention durable
en SST et environnement de travail s’intéresse aux aspects plus macros de la
recherche en SST, par exemple des strates
de main-d’œuvre, parfois les jeunes, parfois
les travailleurs plus âgés, parfois les
hommes, parfois les femmes, pour pouvoir
prendre plus précisément en compte leurs
besoins ou leurs particularités. De la même
façon, on se préoccupe des travailleurs immigrants de première génération parce qu’on
sait qu’ils occupent souvent les emplois du
bas de l’échelle et qu’ils sont donc plus à
risque de se blesser. Les questions sur lesfacteurs biopsychosociaux et psychologiques, sur le vieillissement de la maind’œuvre et sur les emplois verts sont
également en émergence. La plupart des
sociétés industrialisées se soucient davantage de l’environnement, ce qui fait naître
de nouvelles industries, mais les emplois
qu’elles créent ne sont pas exempts de risques. Par exemple, autrefois, les électriciens
ne montaient pas sur les toitures pour poser
des panneaux solaires. Maintenant qu’ils le
font, ils risquent de tomber. Notre objectif
n’est surtout pas de dire qu’il ne doit pas y
avoir d’emplois verts, mais plutôt qu’il faut
se préoccuper de la santé et de la sécurité
de ceux qui les occupent.[PT] La planification quinquennale
permet donc à l’Institut de rester collé
à l’évolution du marché du travail ?
[ML] Bien sûr. Les données que nous
avons publiées récemment montrent une
réduction du nombre des lésions par travailleur dans les pays industrialisés, y compris le nôtre. Ça, c’est la bonne nouvelle. Il
n’est donc pas faux de penser qu’on a progressé en termes de prévention, mais on
constate aussi une migration des emplois
des secteurs primaire et secondaire vers le
secteur tertiaire. Cette migration, ajoutée
aux efforts de prévention des travailleurs et
des employeurs, explique la diminution des
lésions. Il ne faut toutefois pas nous reposer
sur nos lauriers parce que davantage de
maladies professionnelles de toutes natures
pointent à l’horizon : plus de surdité, de troubles musculosquelettiques et de problèmes
causés par les effets à retardement de certaines substances, notamment des cancérogènes. Ce sont des sujets d’inquiétude sur
lesquels nous devrons nous pencher pendant les cinq prochaines années. Fournir aux
milieux de travail de l’information scientifique de qualité sur toutes ces questions,
c’est ce qui constitue la valeur ajoutée de
l’Institut dans la société québécoise.
Été 2013Prévention au travail45Cherchez l’erreur : solution
Les corrections41
7Photos : Denis Bernier5D’abord, l’entreprise a adopté une procédure de travail qu’elle affiche bien à la vue
des travailleurs chargés du gonflement
des pneus. Rappelons qu’il faut toujours
se référer avant tout au manuel d’instructions fourni par le fabricant du pneu pour
obtenir les spécifications particulières au
gonflage d’un pneu.
Pour prévenir l’éclatement ou l’explosion du pneu et avant de commencer le
gonflage, le mécanicien doit inspecter le
pneu et la roue pour s’assurer qu’ils sont
en bon état. Une rupture éclair peut se
produire à tout moment. Il est toutefois
possible de la prévenir en détectant la
présence de certains signes visibles
comme une fissure, une boursouflure ou
une broche d’armature cassée sur le pneu.
Le gonflage de pneus de véhicules
lourds doit être effectué selon les règles
de l’art, notamment en utilisant un dispositif de retenue qui empêche la projection
de composants de la roue. Il peut s’agir
d’une cage, d’un support, d’une chaîne ou d’un assemblage de barres.
La cage de retenue doit pouvoir bouger lors de l’explosion ou
de la rupture éclair. Une cage fixée au sol sera soumise à une
énergie telle qu’en plus de causer des dommages structurels, il y
aura projection de débris ; c’est pourquoi on ne doit pas l’ancrer au
sol, à moins d'indication contraire du fabricant. La cage elle-même
doit être en bon état et inspectée avant chaque quart de travail. Il
faut vérifier l’absence de déformations et l’état des soudures ou
des attaches qui relient les éléments de la cage.
Le travailleur doit se tenir sur le côté de la cage et non devant
celle-ci. Certaines zones plus dangereuses sont définies en rouge
sur la photo. Daniel utilise également un contrôle à distance avec
manomètre, ce qui lui permet de se tenir à une bonne distance du
pneu à gonfler. Quant au boyau de gonflement du pneu, il est raccordé avec un embout réutilisable compressé.
Évidemment, les clients et les visiteurs doivent demeurer dans
la salle d’attente en tout temps. Daniel doit rester concentré, sans
être distrait par des clients, puisqu’il doit être attentif aux bruits
inhabituels et au comportement du pneu dans la cage.
Finalement, Daniel porte des lunettes, des gants et des chaussures de sécurité. Le sol est également dégagé de tout obstacle
pouvant entraîner des chutes. Il faut également faire attention à
la stabilité des piles de pneus.Les erreurs
1La cage de retenue est déformée et elle est utilisée
pour de l’entreposage, et non pour ce à quoi elle est
destinée !2La même cage de retenue est fixée au sol avec des
boulons.3Daniel se trouve dans la zone de projection
du pneu.4La cliente, Caroline, se trouve dans l’aire de travail
de Daniel, ce qui peut le déranger dans son travail.
Il n’est peut-être pas aussi concentré qu’il le devrait.5Le boyau de gonflement du pneu est raccordé avec
des colliers de serrage, ce qui peut contribuer à la
détérioration du boyau.6Daniel ne porte ni lunettes, ni gants, ni chaussures
de sécurité.7De nombreux objets encombrent le sol. Tout ce qu’il
faut pour trébucher.Pour en savoir plus
Règlement sur la santé et la sécurité du travail, R.R.Q., c. S-2.1,
r. 13, art. 337 (mise à jour en cours)
Documents et vidéos produits par Auto Prévention :
http://autoprevention.qc.ca/pneusvehiculeslourds46Prévention au travailÉté 2013Nous remercions GCR – Centre de pneus ainsi que Daniel Giraud, directeur –
gestion du risque et des indemnités, GCR Canada, Guy Letelier, directeur régional
adjoint des opérations, et Jean Boissonneault, gérant de la succursale GCR de
Trois-Rivières. Nos figurants : Daniel Demers, de GCR, et Caroline Michelin,
conseillère en prévention jeunesse à la CSST.
Nos personnes-ressources : Martine Charrette, conseillère en hygiène industrielle,
Henri-Paul Filion, conseiller en prévention, Michel Gagnon, conseiller en hygiène
industrielle, et François Bilodeau, conseiller en prévention, tous les quatre de
Auto Prévention. Également, Mathieu Vermot, inspecteur à la Direction régionale
de la Mauricie, et Sophie-Emmanuelle Robert, conseillère experte à la Direction
générale de la prévention-inspection et du partenariat, tous deux de la CSST.
Coordination : Louise Girard, Direction générale de la prévention-inspection et
du partenariat de la CSST. Daniel utiliseégalement un contrôle
à distance avec manomètre, ce qui lui permet de se tenir à une
bonne distance du
pneu à gonfler.Été 2013Prévention au travail47DC 600-202-131Les accidents
qu’on pense !Conjoints, enfants, parents, amis, collègues, patrons… tout le monde en souffre !Faut en parler, faut agir pour rendre
tous nos milieux de travail sécuritaires !
www.csst.qc.caPort de retour garanti par la
Québec (Québec) G1K 7E2Poste-publications commerciale 400 62772Pour recevoir gratuitement le magazine Prévention au travail, abonnez-vous en ligne : www.csst.qc.ca/abonnementPAT.All pages:1234567891011121314151617181920212223242526272829303132333435363738394041424344454648InfoSaveLikeShareDownloadMorePrévention au travail - Été 2013 Published on May 9, 2013 Description : Prévention au travail s'adresse à tous ceux et celles qui ont un intérêt ou un rôle à jouer dans le domaine de la santé et de...See MoredocirsstFollowRead moreRead moreSimilar toPopular nowJust for youGo explore