Source: http://ardhd-old.org/affinfo.asp?articleID=5293
Timestamp: 2019-01-20 06:46:15+00:00
Document Index: 248354535

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__________________________ AP
PARIS (AP) -- La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a émis des mandats d'arrêt internationaux contre le procureur général de Djibouti et le chef des services secrets djiboutiens dans le cadre d'une enquête pour subornation de témoin ouverte en marge de celle sur la mort du juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti.
Convoqués en octobre 2005, les deux hommes, Djama Souleiman Ali et Hassan Saïd Khaireh, avaient refusé de venir s'exprimer devant le juge d'instruction saisi de ce dossier. "Ces données n'ont pas changé. Que la chambre d'instruction ait cru devoir engager une épreuve de force avec Djibouti ne m'apparaît pas la solution la plus appropriée pour parv ir à la manifestation de la vérité", a déclaré lundi leur avocat, Me Francis Szpiner.
Bernard Borrel, magistrat français détaché à Djibouti, a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 à 80km de la capitale djiboutienne. Ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Djibouti qui accueille une importante base militaire française.
Sa veuve, Elisabeth Borrel, soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d'être le commanditaire du crime. Une version contestée par Djibouti.
Elle a déposé plainte pour assassinat. L'enquête, instruite à Paris depuis 1997, a vu se succéder quatre juges d'instruction. "L'assassinat est reconnu", a affirmé Mme Borrel sur LCI. "Simplement, il faut rechercher les vrais auteurs parce qu'il y a des empreintes génétiques au dossier et qu'il n'y a pas simplement des témoignages".
Le dossier instruit à Versailles concerne une tentative de subornation d'un témoin, Mohamed Saleh Alhoumekani. Celui-ci dit avoir assisté, dans la nuit du 19 au 20 octobre 1995, dans les jardins du palais présidentiel, à une conversation sur l'élimination du "juge fouineur" entre plusieurs officiels, dont Ismaël Omar Guelleh, l'actuel chef d'Etat, Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani, deux terroristes supposés être en prison.
MM. Souleiman et Saïd sont soupçonnés d'avoir fait pression pour que M. Alhoumekani revienne sur ses déclarations. Il avait par ailleurs indiqué la présence cette nuit-là d'un restaurateur dont l'établissement a été en 1987 la cible d'un attentat perpétré par Hamouda Hassan Adouani. L'enquête a montré que cet homme, originaire de Corse, était hors de Djibouti en octobre 1995.
La famille Borrel accuse aussi la juge d'instruction Marie-Paule Moracchini, chargée à l'époque de l'enquête sur la mort du juge, d'avoir incité Mohamed Saleh Alhoumekani à revenir sur ses propos. Ce qu'elle nie.
Dans le dossier principal instruit à Paris, la juge Sophie Clément a demandé au parquet des réquisitions de mandats d'arrêt internationaux c tre les deux terroristes, Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani, a précisé à l'Associated Press, Me Olivier Morice, l'un des avocats de Mme Borrel.
Cette décision marque, selon lui, une volonté de la justice de "passer à la vitesse supérieure".
Deux ADN masculins ont été retrouvés sur le short que portait Bernard Borrel le jour de sa mort. Ces deux empreintes pourraient être celles des assassins du juge ou de leurs complices, selon Me Morice.
________________________________________ 20 Minutes
Lien : http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/02/20061002-actualite-france-Borrel-mandats-d-arret-contre-des-responsables-djiboutiens.php
Borrel : mandats d'arrêt contre des responsables djiboutiens
Dix ans après l'assassinat du juge Borrel, la cour d'appel de Versailles a ordonné la diffusion de mandats d'arrêt contre le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle « subornation de témoins » dans l'enquête sur la mort du juge français, a-t-on appris hier.
Il s'agit des premiers mandats d'arrêt délivrés dans cette affaire depuis la découverte, le 19 octobre 1995, du corps à demi calciné de Bernard Borrel, au bas d'une falaise à quelque 80 km de la capitale de Djibouti, où se trouve la plus grande base militaire française à l'étranger.
Parallèlement, la juge d'instruction parisienne, Sophie Clément, a transmis jeudi au procureur de la République de Paris une demande de réquisition concernant la dé- livrance de deux autres mandats d'arrêt visant les principaux suspects de l'assassinat du juge Borrel, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.
_____________________________________ Le Nouvel Obs
Lien : http://permanent.nouvelobs.com/societe/20061002.OBS4331.html
"Ces mandats d'arrêts valent mises en examen"
Par Me Olivier Morice, avocat d'Elisabeth Borrel
Que reproche-t-on concrètement au procureur de la République et au chef des services secrets de Djibouti ?
- Ce qui est reproché au procureur de la République, aujourd'hui procureur général de Djibouti, ainsi qu'au chef des services secrets, c'est d'avoir fait pression sur des témoins, ou tenté de les décrédibiliser, pour contrecarrer ce que ces personnes pouvaient avoir à dire ou obtenir leur rétractation.
Ainsi, le procureur général de Djibouti s'est rendu en Belgique où il aurait proposé de l'argent à Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien membre de la garde présidentielle de Djibouti, qui affirme avoir surpris une conversation en octobre 1995 dans les jardins du palais présidentiel entre plusieurs personnes, dont les assassins présumés de Berner Borrel. L'un d'entre eux aurait affirmé à Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président et président aujourd'hui, que le "juge fouineur" avait bien été éliminé et qu'il n'y avait plus de trace.
Pourquoi ces mandats d'arrêts ont-ils mis tant de temps à être délivrés ? Qu'est-ce qui a pu débloquer la situation ?
- Si la situations s'est débloquée, c'est tout d'abord parce que le dossier s'est considérablement épaissi et que la mauvaise volonté affichée par les deux suspects a conduit la cour d'appel à accélérer les choses.
Pour bien comprendre l'impact des ces mandats d'arrêts délivrés par les magistrats de la cour d'appel de Versailles, il faut savoir que ceux-ci valent mises en examen et que les juges ont voulu s'assurer que les convocations puissent être délivrées. Si le chef des services secrets et le procureur général n'y répondent pas, ils pourront donc être condamnés par contumace. De plus, la juge d'instruction Sophie Clément a transmis au parquet une demande visant à obtenir deux autres mandats d'arrêts contre Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani, soupçonnés d'être les assassins de Bernard Borrel.
Le chef des services secrets a déjà annoncé qu'il ne se soumettrait pas à la justice française. Quelles peuvent être les conséquences de ce refus ?
- Ce qu'il risque, c'est d'être condamné par contumace. Le procureur général pourrait bien d'ailleurs se retrouver dans une situation cocasse.
Celui-ci est en effet censé représenter son pays devant la Cour internationale de justice mais risque, en raison du mandat d'arrêt lancé par la justice française, de se faire arrêter s'il met les pieds à La Haye.
Mais le pouvoir politique a également son rôle à jouer dans un pays où la France a installé sa principale base militaire d'Afrique. Il serait temps que le garde des Sceaux se réveille pour mettre fin au traitement indigne que subit Elisabeth Borrel et qu'elle raconte dans un livre qui paraîtra le 10 octobre : "Un juge assassiné, une femme seule face au secret d’État" (éd. Flammarion). Il y a dix ans, on lui disait qu'elle ne saurait jamais la vérité sur la mort de son mari. Or aujourd'hui, la vérité avance à grands pas et les autorités djiboutiennes commencent à être prises en étau.
Il faudrait déjà que le Garde des sceaux reçoive enfin madame Borrel, épouse de magistrat et magistrate elle même. Signe des temps, le jeunes magistrats de l'Ecole nationale de la magistrature ont d'ailleurs décidé de baptiser leur promotion "Bernard Borrel".
(le lundi 2 octobre 2006)
_________________________________________ L'Express
Dossier Borrel
Lien http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=6128
Nouvelle crise entre Djibouti et Paris Hana Al-Hussaini, avec Reuters
La cour d'appel de Versailles a lancé des mandats d'arrêt contre le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti. Mais ceux-ci ont déjà annoncé qu'ils refusaient de se présenter devant la justice française
Le procureur général de Djibouti et le chef de ses services secrets, visés par deux mandats d'arrêt en marge de l'enquête sur la mort en 1995 du magistrat Bernard Borrel, annoncent qu'ils ne se présenteront pas devant la justice française. "A partir du moment où la France a refusé d'entretenir avec Djibouti une coopération judiciaire régulière, [...] le procureur de la République de Djibouti et le chef des services secrets avaient dit qu'ils ne déféreraient pas aux convocations. Ces données n'ont pas changé", a affirmé leur avocat Me Francis Szpiner. "Je réaffirme avec force que les autorités de Djibouti n'ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec la mort du juge Borrel", a-t-il ajouté.
Le corps de Bernard Borre coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en 1995. L'hypothèse du suicide avait été initialement retenue par la justice française mais après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment médico-légales, c'est la piste criminelle qui est désormais suivie.
Dans un arrêt signé le 27 septembre, la chambre de l'instruction de Versailles a délivré des mandats d'arrêt pour "subornation de témoin" contre le procureur général de Djibouti Djama Souleïman Ali et le chef des services secrets, Hassan Saïd Khaireh. Ce dossier de Versailles ne vise par la mort de Bernard Borrel directement, mais une scène racontée devant la justice française par un témoin djiboutien, Mohamed Saleh Alhoumekani.
"Juge fouineur"
Il disait avoir assisté le 19 octobre 1995, dans les jardins de la présidence djiboutienne, à une conversation entre Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, meurtriers supposés du juge Borrel, d'une part, et des officiels de la présidence djiboutienne d'autre part. Parmi ces derniers figurait Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président et actuel chef de l'Etat de Djibouti, assure le témoin. L'un des assassins aurait alors dit à Ismaël Omar Guelleh selon le témoin que "le juge fouineur" était mort et qu'il ne subsisterait pas de traces. Le procureur général de Djibouti et le chef des services secrets auraient fait pression sur le témoin en 2001 et 2002 pour qu'il revienne sur ses déclarations.
Me Szpiner dément ces accusations. "Que la chambre d'instruction ait cru devoir engager une épreuve de force avec Djibouti ne m'apparaît pas la solution la plus appropriée pour parvenir à la manifestation de la vérité", dit-il. Sur le fond, il souligne que les deux personnes désignées par le témoin Alhoumekani étaient en prison au moment des faits, et qu'elles ont été condamnés pour des attentats par la justice de Djibouti. Le réci du témoin serait donc "absurde", selon lui.
Me Olivier Morice, avocat de la veuve du magistrat, a souligné lundi que les mandats d'arrêts de deux officiels djiboutiens valaient mise en examen. "S'ils ne viennent pas, ils seront renvoyés devant le tribunal correctionnel et jugés", a affirmé l'avocat. Selon lui, la juge parisienne Sophie Clément, en charge de l'instruction principale, a engagé auprès du parquet de Paris les démarches préparatoires pour la délivrance de deux autres mandats d'arrêts contre Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani.
Un autre témoignage versé au dossier, délivré cette fois par un ex-gardien de prison de Djibouti, montrerait en effet selon Me Morice que les deux suspects ont pu sortir de détention le jour du crime.
Le dossier Borrel est crucial pour la France sur le plan diplomatique, Djibouti accueillant la principale base militaire française en Afrique.
________________________________________ Reuters
PARIS (Reuters) - La justice française a délivré mercredi dernier des mandats d'arrêt contre le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti, dans le cadre de l'enquête sur la mort en 1995 du juge Bernard Borrel, apprend-on dimanche auprès de l'avocat de son épouse.
"C'est une avancée plus que considérable dans le dossier de l'assassinat de Bernard Borrel", a déclaré à Reuters Me Olivier Morice, qui estime que le magistrat français a été victime d'une opération commanditée par le pouvoir djiboutien.
La cour d'appel de Versailles a rendu un arrêt mercredi fai nt état de "charges accablantes contre le procureur de la République et le chef des services secrets djiboutiens", a-t-il précisé.
"Ce que nous trouvons absolument scandaleux, c'est que cela fait plus de trois ans que les différents gardes des Sceaux (...) savent que le juge Borrel a été assassiné mais qu'ils n'ont jamais reçu Elisabeth Borrel, son épouse, qui est également magistrate", a souligné l'avocat.
Le corps carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en 1995.
L'hypothèse du suicide par "auto-combustion" avait été initialement retenue par la justice française mais après plusieurs changements de magistrats et d'autres expertises, notamment médico-légales, c'est la piste criminelle qui est désormais suivie.
________________________________ BBC (En anglais)
Lien : http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/5398454.stm
France has issued arrest warrants for two top Djibouti officials in connection with the mysterious death of a French judge in 1995.
Djibouti Chief Prosecutor Djama Souleiman and security chief Hassan Said are accused of interfering with witnesses in the investigation.
The burnt body of Bernard Borrel was found in just a T-shirt and underpants.
Djibouti authorities initially said his death was a suicide, but his widow says he was assassinated.
At the time of his death, Borrel was acting as a consultant to the Djibouti justice ministry.
France and Djibouti are close allies, with Djibouti hosting France's largest overseas military base, as well as a US anti-terror task force.
"The magistrates are showing that they are not afraid to seek the truth even if it is displeasing to the political authorities of France and Djibouti," said Olivier Morice, a lawyer for the Borrel family.
Earlier this year, Djibouti asked the International Court of Justice to rule that French investigators did not have the right to summon high-level witnesses, as they enjoyed diplomatic immunity.
_______________________________ Metro
Lien : http://www.metrofrance.com/fr/article/afp/2006/10/01/061001180601_n5ic8rfo/index.xml
Nouvel épisode de l'affaire Borrel avec deux mandats d'arrêt à Djibouti
Onze ans après l'assassinat du juge Bernard Borrel à Djibouti, la justice française a délivré deux premiers mandats d'arrêt contre deux hautes personnalités djiboutiennes.
La cour d'appel de Versailles a ordonné la diffusion de mandats d'arrêt contre le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans l'enquête sur cet assassinat, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.
Le parquet général dispose de cinq jours pour se pourvoir en cassation contre cet arrêt, rendu mercredi, à l'encontre du procureur, Djama Souleiman, et du chef des services secrets, Hassan Saïd.
Il s'agit des premiers mandats d'arrêt depuis l découverte, le 19 octobre 1995, du corps à demi calciné du juge Borrel, vêtu d'un slip et d'un tee-shirt, au bas d'une falaise à 80 km de Djibouti, où se trouve la plus grande base militaire française à l'étranger.
Parallèlement, la juge d'instruction parisienne Sophie Clément, a transmis jeudi au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux autres mandats d'arrêt visant les principaux suspects de l'assassinat, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.
"La justice passe maintenant à la vitesse supérieure. Les magistrats montrent qu'ils n'ont pas peur de rechercher la vérité, quitte à déplaire aux autorités politiques françaises et djiboutiennes", s'est félicité Me Olivier Morice, l'un des deux avocats, avec Laurent de Caunes, de la famille Borrel.
Au centre des deux procédures, menées à Paris et Versailles, se trouve le témoignage d'un ancien officier de la garde présidentielle de Djibouti, Mohammed Saleh Aloumekani.
Il a affirmé devant la juge Clément avoir surpris le 19 octobre 1995, jour ou lendemain de l'assassinat du juge, dans le jardin du palais présidentiel de Djibouti une conversation entre six hommes, dont l'actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Gouled Aptidon, Hassan Said, chef des services de sécurité et les deux suspects Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.
Selon ses déclarations, les interlocuteurs d'Ismaël Omar Guelleh seraient venus lui rendre compte de "l'élimination du juge fouineur" et de la disparition des traces du crime.
Le procureur de Djibouti est soupçonné d'avoir tenté de faire pression sur M. Aloumekani pour qu'il revienne sur son témoignage et le chef des services secret d'être intervenu pour que le capitaine Iftin, chef de la garde présidentielle de Djibouti en 1995, rédige une attestation discréditant le témoin.
Appelés à s'expliquer le 13 octobre 2005 devant la justice française, les deux hommes ont pas venus. Les avocats de la partie civile ont alors demandé la délivrance de mandats d'arrêt. Le président de la chambre de l'instruction Didier Guérin vient de leur donner raison estimant que leur comparution était "indispensable à la manifestation de la vérité".
Sur le short du magistrat, ont été retrouvés des empreintes génétiques qui pourraient appartenir à ses assassins et le juge Clément souhaite les comparer à celles Awalleh Guelleh et d'Hamouda Hassan Adouani, mais les deux hommes sont en fuite.
Le premier a été condamné à perpétuité par contumace en France pour son implication dans l'attentat du Café de Paris en 1990 à Djibouti (un mort, 11 blessés). Il s'est évadé en 1997.
Le second, condamné à mort pour sa participation à un attentat contre le bar "l'Historil" en mars 1987 (douze morts), a été grâcié en juillet 2000 par l'actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh.