Source: https://www.reynaud-avocat.com/le-cadre-juridique-des-applications/
Timestamp: 2019-07-20 21:49:01+00:00
Document Index: 167128742

Matched Legal Cases: ['art. 6', 'art. 14', 'arrêt ', 'art. 19', 'art. 19', 'arrêt ', 'art. 287', 'art. 1366', 'art.211', 'arrêt ', 'art. 441', '§ 100', 'art. 1171', 'art. 1125', 'art. 1363']

Liste des points à traiter pour des CGV BtoC
CA Paris 10 1 2019 UBER
Note préliminaire : si vous avez des questions, vous pouvez me contacter directement par email reynaud.avocat@gmail.com. Il ne sera fait aucune consultation gratuite en ligne. Pour connaitre les conditions de mon intervention, merci de consulter ma page "prestations et coût".
Le téléchargement d'applications et l'utilisation de plateformes sont devenus habituels.
L'application est un logiciel à télécharger pour effectuer une mission précise. Selon les cas, l'application peut fonctionner seule, mais aussi en réseau notamment au travers d'une plateforme ou d'un site web.
La plateforme peut avoir plusieurs finalités comme la mise en relation, la coordination, l'amélioration ou l'organisation d'activités de toutes natures. Des plateformes proposent ainsi des agrégateurs ou comparateurs de prix, des mises en relation des vendeurs et des acheteurs, des services de gestion. Certaines se placent dans une logique collaborative pour des personnes souhaitant échanger un bien ou un service dans un cadre plus ou moins professionnel. Enfin, certains proposent directement des services (jeux, sport, santé ....) et/ou des produits à acheter.
Souvent une relation triangulaire se met en place entre l'éditeur de l'application, l'utilisateur final (consommateur ou professionnel) et l'intermédiaire qui permet de télécharger l'application (un e-store par exemple Google Play & App Store ...). L'inscription peut être faite par l'intermédiaire d'un réseau social (Facebook ...), ce qui rajoute un quatrième intervenant.
Sur le plan juridique, il est intéressant de qualifier les différents intervenants et de rappeler les règles applicables en droit français.
Celui qui propose l'application ou la plateforme au public sera probablement qualifié d'éditeur. C'est lui qui est directement responsable de ses contenus, produits et services, sauf à se retourner contre ses propres sous-traitants informatiques dans certaines situations.
Les intermédiaires techniques comme Google ou Apple entrent dans la catégorie juridique des hébergeurs de contenus de tiers, mais aussi d'éditeurs des systèmes d'exploitation des smartphones (Ios, Android...).
Souvent ce sont aussi des intermédiaires commerciaux qui s'impliquent au-delà du simple hébergement. L'application et la plateforme contiennent des contenus, des offres de produits ou services qui pourraient se révéler illégaux au regard du droit français.
Que risque alors l'intermédiaire ?
L'intermédiaire pourrait revendiquer le statut protecteur d'hébergeur (art. 6 LCEN; art. 14 Directive e-commerce). Selon ces articles, un hébergeur n'est pas responsable des contenus illégaux hébergés y compris au regard des données personnelles, sauf s'il a reçu une notification précise de l'illégalité du contenu et s'il ne supprime pas le contenu rapidement suite à cette notification (voir par exemple CA Paris 1er mars 2019 Mx / OXEVA).
Mais lorsque le propriétaire du e-store ou de la plateforme contrôle et définit a priori certaines caractéristiques du contenu publié par un tiers, il perd sa neutralité. Dans ce cas, on pourrait rechercher chez celui-ci une responsabilité éditoriale beaucoup plus lourde que celle de l'hébergeur. L'intermédiaire peut aussi intervenir comme courtier entre prestataires de services et utilisateurs. Par exemple, la plateforme eBay n'est pas qu'un simple hébergeur des annonces diffusées, du fait de son rôle actif vis-à-vis de ces contenus diffusés par d'autres. (voir notre blog sur le sujet).
1. Quelle documentation juridique pour l'éditeur de l'App ou de la plateforme ?
On rencontre souvent de petits "éditeurs" qui sont soumis aux conditions légales d'Apple (App Store) et Google (Google Play)... Il n'est pas si facile de s'y retrouver.
Quels sont les différents textes juridiques à mettre à disposition du public ?
Il s'agit tout d'abord des documents juridiques d'information à destination de l'utilisateur final (l'internaute) (BtoC /BtoB). On trouve :
des mentions légales permettant d'identifier complètement le développeur/éditeur ;
des Conditions Générales de Vente (CGV) ou Conditions d'Utilisation (CGU) ou encore un Contrat de Licence d'Utilisateur Final (CLUF) ;
Enfin une charte ou une politique de confidentialité (RGPD) concernant la gestion des données personnelles des utilisateurs est souvent prévue.
Si les grandes sociétés accordent une attention particulière à ces documents juridiques, c'est moins fréquent pour les petites structures. C'est pourtant sur l'éditeur de l'application que repose la responsabilité juridique principale et non, en principe, sur l'intermédiaire.
D'autres documents sont diffusés par l'intermédiaire et visent cette fois-ci l'éditeur / développeur de l'application. On est ici dans une relation BtoB.
des Conditions d'Utilisation des services des intermédiaires (coût du service, responsabilité des parties, description du service ...),
des textes relatifs aux contenus autorisés ou non (interdiction de la pornographie, des jeux d'argent par exemple pour Google, racisme, etc. ),
des textes concernant la propriété intellectuelle (licence d'utilisation, utilisation de logiciels libres ...)
des textes sur les données personnelles .
En cas de non-respect de ces règles, la sanction la plus fréquente est l'arrêt de l'offre de l'application sur Google Store ou sur l'Apple Store. Du fait de la position quasi monopolistique de ces deux intermédiaires dans l'univers du mobile, cette sanction peut se révéler préjudiciable commercialement pour l'éditeur de l'application, sans qu'il soit facile de la remettre en cause devant les tribunaux (voir tribunal de commerce de Paris, ordonnance de référé du 20 juin 2016 : PMU / Google France)
Plus largement, la question de la neutralité du net pour ces intermédiaires quasi obligés se pose. Les GAFA font dorénavant le choix des contenus proposés aux internautes. Le débat est ouvert notamment à l'ARCEP. (voir la tribune de Sébastien Soriano dans l'OBS : "Les Gafa règnent sur nos smartphones, reprenons le contrôle ! et le rapport de l'ARCEP de février 2018 : les terminaux, maillon faible de l'ouverture d'internet.
2. Quel cadre juridique pour les applications et les plateformes ?
2.1 Des Conditions Générales d'Utilisation et de vente (CGU / CGV)
Habituellement un commerçant régule son activité au travers de Conditions Générales. Cela reste vrai pour une application ou une plateforme.
2.1.1 Un statut et une obligation d'identification pour les professionnels
L'éditeur de l'application doit tout d'abord créer le cadre juridique de son activité.
Ces questions se posent souvent au niveau juridique, fiscal et social, pour tous les acteurs concernés, par exemple l'éditeur et l'utilisateur de l'application.
Pour les utilisateurs des plateformes, le fait de tirer des revenus habituels d'une activité, même sur internet, implique d'avoir un statut légal (société du type SAS, micro entreprise, statut de libéral, auteur.... pour aller plus loin : Quel statut juridique choisir pour son entreprise ?) et de respecter les obligations comptables, fiscales et sociales qui vont avec (TVA, charges sociales, règles professionnelles ...).
Par exemple, le fait de générer un revenu habituel de 220 € par mois, suffit à faire du responsable du site "un commerçant" dont les litiges relèvent du tribunal de commerce.
Ainsi un chauffeurs UBER a été qualifié de "salarié" par la Cour d'appel de Paris, le 10 janvier 2019 du fait de son lien de subordination avec la plateforme.
Voici 2 liens utiles sur la situation fiscale (déclaration d'impôt) et sociale (obligation d'affiliation, notamment micro entrepreneur) du "travailleur" collaboratif non-salarié qui offre des services sur une plateforme :
Fiscal https://www.impots.gouv.fr/portail/files/media/1_metier/1_particulier/EV/1_declarer/141_autres_revenus/eco-collabo-fiscal-service.pdf
Social : http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/eco-social-service.pdf
Sur les plateformes, il se pose de manière récurente la question de la qualification de consommateur ou de professionnel pour les différents protagonistes. Dans ces deux cas, les dispositions légales à respecter sont différentes.
On sait maintenant que les grandes plateformes sont des "professionnelles". Ainsi Facebook (CA 12 Paris 12 fév. 2016) comme Twitter (TGI Paris 7 août 1018) doivent être considérés comme des professionnels dans leurs rapports avec leurs utilisateurs, même si le service est "gratuit".
Mais, un vendeur occasionnel sur internet n’est pas toujours un professionnel (CJUE 4 oct. 2018 C 105/17 (en particulier le point 38). Il arrive qu'un compte soit utilisé à la fois pour des activités professionnelles et pour des activités personnelles.
Si l'usage professionnel est marginal, la qualité de consommateur prévaut. Mais cet usage peut évoluer dans le temps et devenir professionnel après la signature du contrat. (CJUE, 25 janv. 2018, aff. C‑498/16, M. Schrems c/ Sté Facebook).
Il s'ajoute ensuite une obligation d'identification pour l'éditeur professionnel qui peut même être sanctionnée pénalement (TGI de Paris, 17e ch. corr., 14 mars 2017). Un simple formulaire de contact ne suffit pas. (cf. art. 19 LCEN). Souvent cette obligation est remplie au travers d'une rubrique "mentions légales" sur les sites internet.
2.1.2 Les obligations de l'application vis-à-vis des consommateurs (BtoC) :
Il s'agit de respecter le Code de la consommation et surtout les dispositions relatives à la vente de biens et la fourniture de services à distance (article L 221-1 et suiv. C. Cons.).
Une enquête de la DGCCRF (2.3.2018) vient pointer les différentes difficultés sur les sites de vente à distance. Par exemple, il convient d'opérer un important travail d'adaptation de CGU/CGV issues du droit américain, si on entend les faire appliquer en France.
Tout d'abord, le consommateur doit avoir connaissance des principaux éléments liés au produit et au service. Ces informations obligatoires sont à fournir avant la conclusion du contrat. (Obligation d'information précontractuelle art. L.221-5, L. 111-1 et L. 111-2 C.Cons.).
Par exemple, l'affichage obligatoire ou facultatif d'un numéro de téléphone du professionnel a fait l'objet d'une décision en droit européen. Selon la Décision de la CJUE Amazon EU, aff. C-649/17 du 10 juillet 2019, une plateforme de commerce électronique n'est pas obligée de mettre un numéro de téléphone à la disposition du consommateur avant la conclusion d’un contrat. Mais elle est tenue de mettre à sa disposition un moyen de communication lui permettant de la contacter rapidement et de communiquer avec elle efficacement (email, chat. Téléphone...) Le numéro de téléphone est obligatoire en droit français (L111-1 4° C. cons. art. 19 LCEN).
Afin de respecter une obligation de lisibilité de ces informations, il peut être nécessaire d'adapter le volume des informations légales aux supports utilisés (art. L221-12 C.cons.). Tous ne présentent pas les mêmes capacités d'affichage (site internet, catalogue, mobile, tablette, spot TV, flyer, carte postale...) À cet égard, l'information légale obligatoire peut être objectivement limitée du fait du support utilisé. Par exemple, une offre sur une carte postale ne permet pas d'afficher lisiblement toutes les mentions légales. Dans un second temps, le professionnel doit fournir les informations importantes par une autre source (email, site internet ...), dans un langage clair et compréhensible. En revanche, les choix de communication effectués par le professionnel (design...) ne rentrent pas en ligne de compte pour justifier une limitation de l'information légale. Ce critère subjectif est rejeté (CJUE, 23 janv. 2019, aff. C-430/17, Walbusch Walter Busch).
Dans un délai raisonnable, après la conclusion du contrat, ces informations doivent être communiquées sur "support durable" au consommateur. Ce support durable ne peut être un simple site internet ou un lien hypertexte (art. L221-11 C. Cons. et suiv. & point 51 de l’arrêt Content Services (C‑49/11, EU:C:2012:419).
Ce "support durable" est par exemple un email de confirmation envoyé au client. Ces informations peuvent sous certaines conditions être communiquées par l'intermédiaire d'une boîte aux lettres électronique intégrée au site du commerçant ( pour aller plus loin à ce sujet - post 19).
Du fait du très grand nombre d'exigences à respecter, dans le cadre d'une plateforme de e-commerce, il convient de structurer l'offre numérique en tenant compte des contraintes légales, le plus en amont possible du projet. Sans être exhaustif, voici plusieurs exemples de règles à respecter :
Le consommateur doit avoir une information complète sur le prix à payer TTC (art. L 111-1 2°, L 112-1 C. Cons.), toutes taxes comprises (y compris la TVA applicable aux services en ligne) et frais de traitement inclus. Il ne doit pas y avoir de coût caché lors de l'annonce du prix, par exemple par le rajout en fin de processus de frais de gestion, de frais de livraison peu claire, ou de supplément selon le moyen de paiement utilisé. (Juridiction de proximité Marseille, 9 décembre 2015). Si le professionnel n’a pas informé le consommateur des frais supplémentaires au prix principal annoncé, le consommateur n’est pas tenu au paiement de ces frais (Art. L112-3, Art L221-6. C. Cons.) La Commission européenne a rendu publique en 2019 une analyse concrète des irrégularités de plus de 500 sites en Europe. La Commission constate que sur un tiers des sites, les offres "spéciales" ne sont probablement pas authentiques et/ou que la méthode de calcul du prix réduit est peu claire. (voir la fiche de la DGCCRF sur l'annonce du prix).
La documentation légale doit être notamment en français si l'on s'adresse au marché français. Elle doit aussi être lisible.
Le consentement et la signature du consommateur doivent aussi retenir l'attention du professionnel. Un consentement tacite du consommateur du simple fait de l'achat et mentionné dans les CGV ne sera pas efficace. Mieux vaut opter pour un consentement exprès et circonstancié, par exemple une case à cocher et l'accès aisé aux CGV en ligne.
Problème pratique : un consommateur conteste son acceptation et sa signature électronique. Dans ce cas, le juge va vérifier si les moyens techniques utilisés permettent bien l’identification et le consentement du consommateur. (art. 287 Code proc. Civ.; art. 1366 & 1367 C.civ.) Si ces conditions sont réunies, l’engagement du consommateur sera validé par le juge. (Cour de cassation, 6 avril 2016, n° 15-10.732). L’usage d’une signature électronique « certifiée » permet de présumer la fiabilité de la signature devant les juges.
Le consommateur lors de la commande doit connaître son obligation de paiement avec une mention du type "commande avec obligation de paiement". A défaut le contrat est nul. (Art. L221-14 c. cons.).
Remarque : Il ne devrait pas y avoir de jeux faussement gratuits. La mention "gratuit" dans l'offre d'application devrait concerner l'ensemble du service offert et non simplement son téléchargement initial. Il faut aussi veiller à ne pas lancer d'achat par "défaut" sans une démarche volontaire du consommateur.
Pour aller plus loin à ce sujet : Achats d’applications intégrées dans un jeu: l’action commune de la Commission européenne et des États membres aboutit à une meilleure protection des consommateurs dans les jeux en ligne
http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-847_fr.htm
Un droit de rétractation est prévu aux articles L. 221-18 C. Cons et suivants. Le consommateur dispose d'un véritable droit au remboursement de son achat pendant quatorze jours après la réception de son produit ou de la conclusion du contrat de service. Ainsi, sauf à faire jouer ce droit de rétractation dans les 14 jours, l'achat d'un mineur en ligne est en principe valable. C'est un acte de la vie courante.
Le consommateur peut éventuellement renoncer à ce droit, mais à des conditions restrictives. Par exemple, pour les contrats portant sur des contenus numériques non fournis sur un support matériel (jeux en ligne...), le consommateur devra à la fois donner son accord exprès pour l'exécution immédiate du service et en plus renoncer expressément à son droit de rétractation."
Il est nécessaire de bien informer le consommateur avant la conclusion du contrat sur ce droit. Comment faire lorsqu’on ne peut pas mettre toutes les informations obligatoires ? Dans le cas où le contrat est conclu à travers une technique de communication qui impose des contraintes d’espace (par exemple, petit écran, flyer, carte postale), ou de temps (par exemple, spots de téléachat) le professionnel est uniquement tenu de fournir au consommateur, sur la technique en question et avant la conclusion du contrat, l’information portant sur les conditions, le délai et les modalités d’exercice de ce droit de rétractation. Le professionnel peut ensuite fournir le modèle obligatoire de formulaire de rétractation par une autre source (email par exemple). Dans ce cas, cette communication du formulaire n'est pas faite obligatoirement avant la conclusion du contrat. (CJUE 23 janvier 2019 C-340-17).
Il existe des cas dans lesquels ce droit de rétractation est inapplicable (Voir art.L221-28 et 221-2 C.cons.). Par exemple, il ne s'applique pas si, une fois l'emballage du produit descellé, le bien n’est définitivement plus en état d’être commercialisé, pour des raisons de protection de la santé ou d’hygiène. Mais cette exception n'est pas applicable à un matelas et son film protecteur selon les tribunaux (CJUE 27 mars 2019, slewo, C-681/17).
La question de la garantie légale doit être gérée (art L217-1 et suiv. C.Cons.). Pour les biens vendus à distance, il conviendra d'informer très clairement le consommateur. (Voir article L 217-15 C. Cons. & Arrêté du 18 décembre 2014, relatif aux informations contenues dans les conditions générales de vente en matière de garantie légale.) Il n'est pas possible de limiter le délai de prescription de l’action du consommateur à une durée inférieure à 2 ans à compter de la délivrance du bien, même lorsque le vendeur et le consommateur en ont convenu ainsi (aff. CJUE 13 07 2017 C‑133/16 Christian Ferenschild /JPC Motor SA). La mise en œuvre de la garantie de conformité nécessite la preuve d'un défaut de conformité par le consommateur. C'est une fois cette preuve apportée qu'il bénéficie d'une présomption d'existence de ce défaut de conformité au jour de la livraison. (Cass. 1re civ., 7 mars 2018, n° 17-10489 ). En l’espèce, l'acheteur d'une machine à café se plaignait que la température du café était insuffisante sans en rapporter la preuve. En principe les produits numériques à télécharger ne sont pas concernés par l'obligation de conformité qui vise la vente de biens meubles corporels. En l'absence d'application de la garantie légale, on pourra se retourner vers l'obligation de délivrance. La délivrance implique la livraison dans les délais de la prestation, et que celle-ci soit conforme aux attentes du client et exempte de tout vice.
De même le professionnel est responsable de "plein droit" à l'égard du consommateur en cas de litige (art. L221-15 C. Cons.). C'est donc au professionnel de supporter le coût du mauvais fonctionnement sauf exception. De ce fait, de nombreuses clauses supprimant la responsabilité du professionnel sont inopposables au consommateur en cas de litige.
Le commerçant en ligne doit proposer un service de médiation (art.211-3 C. Cons.), par exemple celui mis en place par la Commission européenne.
Enfin, il faut prendre en compte pour chaque activité sa réglementation spécifique. Par exemple, la société Airbnb a manqué à ses obligations légales selon une décision du 2 février 2018 du TI de Paris. Selon l'article L.324-2-1 du Code du tourisme, la plateforme est tenue notamment d’une obligation d’information du loueur sur ses obligations de déclaration ou d’autorisation préalable. Des CGV peuvent éventuellement remplir ce type d'obligation d'information. Autre exemple dans un tout autre domaine, un décret du 30 mai 2018 fixe les fonctionnalités du coffre-fort numérique.
Concernant plus spécifiquement les plateformes de mise en relation comme les "marketplaces" (L 111-7 C. Cons.). Celles-ci doivent délivrer au consommateur une information loyale, claire et transparente sur les conditions générales d'utilisation du service d'intermédiation et les modalités de classement ou de référencement. Elles doivent également signaler l'existence de certains liens d'intérêt, que ce soit sous forme d'une relation contractuelle, d'un lien capitalistique ou du versement d'une rémunération, lorsque ceux-ci ont eu une influence sur le classement ou le référencement. Pour les plateformes publiant des avis de consommateurs en ligne, elles sont soumises à une exigence particulière de loyauté (art L. 111-7-2 C. Cons, art. D 111-7 & D 111-8 C. Cons et suivants)
Il reste que les documents proposés par les professionnels contiennent de nombreuses clauses illicites et abusives.
Pour la suppression de 25 clauses abusives dans les CGV de SFR (Cour d’appel de Paris, pôle 5 – ch. 11, arrêt du 30 mars 2018)
Pour la suppression de plus de 260 clauses dans les documents légaux de Twitter suite à un très long jugement du TGI de Paris du 7 août 2018.
Dans le domaine voisin des CGV des réseaux sociaux, on consultera avec intérêt la longue liste de ce qui ne doit pas être proposé aux consommateurs. (Recommandation n° 2014-02 relative aux contrats proposés par les fournisseurs de services de réseaux sociaux)
2.1.3 Les obligations de l'application vis-à-vis des professionnels (BtoB) :
Les CGU doivent comporter d'autres mentions d'information (art. 441-6 et suivants C. Commerce).
Dans des rapports BtoB, il convient d'être très vigilant quant aux contenus des échanges, un simple email, s'il est clair et précis, peut engager contractuellement une société (Cass., civil 1, 1 juillet 2015, 14-19.781, Inédit).
La technique d’acceptation par « clic » des Conditions Générales d’un contrat conclu par voie électronique est valable, lorsque l’impression et la sauvegarde du texte sont possibles avant la conclusion du contrat, notamment dans le cadre du règlement (CE) n° 44/2001 du Conseil, du 22 décembre 2000, concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (CJUE 21 mai 2015 aff. c-322-14)
Les prestataires veilleront à respecter les règles sur les délais de paiement entre entreprises et sur la périodicité et les modalités de la facturation.
Voir par exemple : Avis CEPC n°15-27 relatif à une demande d’avis d’un professionnel sur la légalité d’une facture de prestation de services annuelle avec un échéancier de paiement en 12 fois
Sur la question de la conservation des factures électroniques au regard du droit fiscal : BOI-CF-COM-10-10-30-10, 7 févr. 2018, § 100 à 109 et 175
Ces documents doivent respecter la législation spécifique applicable à l'activité exercée. Ainsi Uber s'est vu dans l'obligation de retirer de son support de communication les recommandations faites aux chauffeurs méconnaissant les dispositions du Code des transports. (Cass. com., 10 janv. 2018, n° 16-20.615, Stés Uber France c/ Sté Voxtur).
Suite à la réforme du Code civil de 2016 dans le BtoB, pour les contrats conclus après le 1er octobre 2016, il faut distinguer ceux relevant du Code de commerce et les autres qui se voient appliquer certaines règles du Code civil, à condition d'être des contrats d'adhésion. (art. 1171 C.civ.). Ainsi, les contrats d’adhésion "significativement déséquilibrés" sont donc à éviter même dans le BtoB. À la différence du régime des clauses abusives en droit de la consommation, qui présume certaines clauses comme étant abusives, la charge de la preuve incombe entre professionnels à celui qui conteste la clause. Attention donc aux clauses directement importées et traduites du droit américain qui sont imposées aux clients... Elles seront souvent discutées en cas de contentieux français.
2.1.4 L'existence d'un droit commun du contrat électronique :
Au-delà du Code de la consommation et du Code de commerce, s'ajoute un droit commun du contrat électronique issu du Code civil qui s'applique, en l'absence de disposition spécifique, à toutes les relations nouées à partir d'une application.
Il s'agit principalement de dispositions relatives à la formation du contrat (art. 1125 et ss.), à la forme du contrat ( article 1174 et ss.), et enfin à la preuve et la signature électronique ( art. 1363 et ss.).
Remarque : De nombreuses applications sont à télécharger "gratuitement", ce qui limite la portée des textes ci-dessus puisque plusieurs exigences deviennent sans objet (clauses sur le prix, droit de rétractation du consommateur, etc.). Il n'en reste pas moins que des "clauses abusives" ou contraires à l'ordre public ne sont pas légales même dans le cas de services gratuits.
2.1.5 Quelques mots sur les obligations des plateformes vis-à-vis des prestataires "indépendants" (droit du travail) :
Les prestataires, souvent précaires, qui offrent leurs services sur des plateformes (par exemple des livreurs, des transporteurs ... ) peuvent, sous certaines conditions, bénéficier de la prise en charge de certains frais : le coût des cotisations accident du travail dans le cas où le travailleur indépendant décide de souscrire personnellement à cette assurance, dans la limite d’un plafond fixé par décret, la contribution à la formation professionnelle, les frais d’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE), etc. ( art. L. 7342-1 à L. 7342-6 nouveau Code du travail.)
Certains droits sociaux collectifs leur sont également reconnus : constitution et participation à une organisation syndicale, droit de refuser de fournir les prestations prévues par leur contrat (livraison, transport, etc.) de manière concertée, afin de défendre des revendications professionnelles. (reconnaissance d’une forme de « droit de grève »).
A noter que l'amendement établissant les bases d'un "statut social" des travailleurs des plateformes numériques a été censuré par le Conseil constitutionnel le 4 septembre 2018 (Cons. const., 4 sept. 2018, n° 2018-769 DC). Il s'agissait de donner la possibilité aux plateformes de mettre en place une charte sur les conditions et modalités d'exercice de leur responsabilité sociale.
2.1.6 Quelques mots sur les obligations fiscales et sociales des plateformes
L'éditeur de l'application doit aussi informer ses utilisateurs sur leurs obligations fiscales et sociales depuis le premier juillet 2016 (articles 242 bis CGI & L 114-19-1 CSS).
En effet, les acteurs de l'économie collaborative peuvent aussi être imposés lorsqu'ils rendent des services aux tiers par l'intermédiaire de l'application, par exemple la location d'un appartement ou d'une voiture. Mais l'administration fiscale accepte de ne pas taxer certaines activités de "co-consommation" entre particuliers, par exemple le covoiturage, ou le cocooking sous certaines conditions.
Lors d'une transaction, la plateforme doit informer les utilisateurs sur leurs obligations déclaratives et de paiement, ainsi que sur les sanctions encourues en cas de manquement à celles-ci. (D. nº 2017-126 du 2 février 2017, JO 3 février).
L'envoi par la plateforme d’un message aux parties contenant de manière lisible la liste des liens hypertextes qui permettent d’accéder à ces informations permet de remplir cette obligation. Ces liens doivent aussi être affichés sur les sites internet des plateformes.
Par ailleurs, le décret du 2 février 2017 détermine les indications que doit comporter le document annuel récapitulant le montant brut des transactions dont la plateforme a connaissance et qu’elle doit adresser à ses utilisateurs.
Enfin, les modalités de certification de respect des obligations précitées par un tiers indépendant sont également détaillées.
Pour aller plus loin concernant les obligations déclaratives et d'information des utilisateurs par les plates-formes de mise en relation par voie électronique, vous pouvez consulter le BIC en lien.
2.1.7 Quelques mots sur les paiements dans le cadre d'une plateforme collaborative
Quelle est la réglementation applicable en cas de maniements de fonds par la plateforme, par exemple un paiement ?
Il n'y a pas de difficulté si la plateforme encaisse les sommes pour son compte, quitte ensuite à payer ses propres fournisseurs.
Par contre, la plateforme ne peut légalement réaliser des services de paiement pour le compte de ses utilisateurs, ce qui est souvent le cas si elle agit en tant que simple intermédiaire dans le cadre d'une plateforme collaborative.
Il lui faut passer par un prestataire de service autorisé. Le plus souvent, il s'agit d'établissement ayant l'agrément "établissement de paiement" ou "établissement de monnaie électronique" (pour aller plus loin, voir le site de l'ACPR). En principe, la réglementation applicable à ces établissements n'est pas du tout adaptée à de simples plateformes collaboratives.
2.2 Les données personnelles de l'utilisateur final
C'est l'autre "trésor" que visent notamment les éditeurs d'applications, mais aussi les intermédiaires techniques. Il s'agit des données permettant d'identifier une personne physique, directement (nom, adresse, email, photo...) ou indirectement (adresse IP dans certaines hypothèses, géolocalisation ...).
En bref, l'éditeur de l'application, qui sera qualifié de "responsable du traitement", ne pourra négliger la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 modifiée en 2018 et le nouveau cadre européen du RGPD. Cette réglementation est applicable depuis mai 2018, il convient de mettre en place un véritable contrôle de la conformité au RGPD ( voir sur le site de la CNIL : "Règlement européen : se préparer en 6 étapes").
Selon une étude de la CNIL :
- Les applications accèdent massivement aux identifiants de l’utilisateur (nom, numéro de téléphone ….)
- La géolocalisation de l’utilisateur est une donnée très recherchée (30% des évènements détectés selon la CNIL)
- Les éditeurs des systèmes d'exploitation des smartphones (Google, Apple, Microsoft...) ont un rôle prépondérant dans la régulation de cette collecte.
Ces données personnelles permettent de réaliser des opérations de publicité auprès d'un public ciblé. Lier l'application à des réseaux sociaux est par exemple un bon moyen d'organiser une opération de marketing digital. Mais toutes ces opérations ne sont pas forcément légales. Ainsi, des achats en ligne d'application, une opération publicitaire, l'offre d'un jeu promotionnel, une opération de prospection de clients génèrent des questions de données personnelles.
Avoir une page Facebook, implémenter des cookies ou des boutons de partage est loin d'être anodin. Ainsi l'éditeur de la page Facebook est coresponsable du traitement selon la CJUE (5 juin 2018 C 210/16). L'implémentation des cookies et autres traceurs est encadrée par une réglementation complexe selon les hypothèses.
Pour que la collecte et l'exploitation de données personnelles soient légales, l'utilisateur final doit être informé de plusieurs éléments, par exemple, ses propres droits, la finalité de la collecte, la personne responsable de la collecte, le destinataire des données, la durée de la conservation, le type de données collectées, l'utilisation de la géolocalisation, etc. Une charte relative aux données personnelles ainsi que des mentions sur les formulaires de collecte de données personnelles sont des outils habituels d'information.
L'utilisation de la donnée doit être justifiée par la finalité de l'application.
L'utilisateur final, dans certaines hypothèses, doit donner son consentement spécial pour l'exploitation de ses données, notamment lors de l'utilisation par un partenaire commercial de l'éditeur des données personnelles de l'internaute. Ainsi, le recueil trop général ou "en bloc" du consentement lors de l'installation d'une application ne permet pas de valider cette exigence. Par exemple, l'autorisation de collecter les données de géolocalisation pour plusieurs finalités ou de manière binaire sous la forme « Autoriser l'application à accéder à la position de cet appareil ? Avec la réponse sous la forme [Refuser – Autoriser ], n'est pas satisfaisante pour la CNIL. (CNIL, délib. n° 2018-288, 5 juill. 2018; CNIL, délib. n° 2018-287, 5 juill. 2018; CNIL, délib. n° 2018-344, 18 oct. 2018;CNIL, délib. n° 2018-343, 8 nov. 2018)
L'éditeur devait procéder à une déclaration à la CNIL pour son activité. Cette formalité n'existe plus, sauf exception, depuis mai 2018. Mais il convient de mettre en place un dossier spécifique relatif aux données personnelles ainsi que de remplir de multiples obligations. Ce qui n'est pas beaucoup plus simple... Il n'est pas rare que l'application interagisse avec Google, Apple, ou avec les réseaux sociaux (Facebook ...).
Concrètement, ces questions doivent être gérées par l'intermédiaire d'une charte relative aux données personnelles et à la confidentialité. La nécessité de mettre en place une telle charte (user data policy) n'est plus théorique.
Par exemple, Google devient plus exigeant vis-à-vis de ses développeurs d'applications. Il envisage de supprimer ou de rendre moins visible les applications qui ne respecteraient pas ses règles de confidentialité et de sécurité. Les développeurs ont jusqu'au 15 mars 2017 pour se mettre en règle.
http://www.cnil.fr/linstitution/actualite/article/article/mobilitics-saison-2-nouvelle-plongee-dans-lunivers-des-smartphones-et-de-leurs-applications/
recommandation du G29 pour les développeurs d’applications
Millions of apps could soon be purged from Google Play Store by thenextweb.com
Le nouveau projet de loi relatif à la protection des données personnelles en débat :
2.3 Un autre point à ne pas oublier : la Propriété intellectuelle et la concurrence déloyale
Comme pour tout projet innovant la propriété intellectuelle doit être gérée, tant pour le droit d'auteur (droit sur le code informatique, sur les textes, les images et les sons utilisés dans l'application) que pour le droit des marques (ne pas utiliser un nom ou un logo déposé par un concurrent est le minimum à respecter).
Une application de jeux très proche de sa concurrente a ainsi été condamnée pour concurrence déloyale (TGI Paris 30 juin 2017). Sans reconnaître la contrefaçon, le tribunal a ainsi estimé que la reprise - d'un procédé différent, mais assurant la gratuité du jeu et le financement de la cagnotte (à savoir le visionnage d'une publicité) - d'une même fréquence de loteries (par jour, semaine, mois et spéciale), - d'une ergonomie proche, traduit un comportement fautif de la part de la seconde application.
Il n'est pas possible à la lecture de la décision de comparer les ergonomies des deux applications. Mais force est de constater que les deux premiers éléments liés à la gratuité et à la fréquence des jeux sont tout de même très habituels dans ce type de jeux.... Il semble aussi que dans un premier temps, le règlement de jeu, la présentation formelle, les modalités de participation aux jeux aient été très proches. Attention cependant à ne pas créer un monopole sur un style banal de jeux ...
Pascal Reynaud (c) 2019
Merci d'utiliser en priorité pour toutes vos questions ou demande de devis mon email : reynaud.avocat@gmail.com
Il ne sera fait aucune consultation gratuite.
Les commentaires ci-dessous ne sont pas faits pour obtenir une réponse juridique de ma part.
Lorenzo ALTESE (lundi, 08 juillet 2013 12:13)
merci Pascal Reynaud pour vos cours et les infos pratiques sur votre blog ;))
André Villard (mardi, 20 mai 2014 18:17)
Je conçois des applications (payantes ou non) téléchargeables sur des smartphones.
D'après ce que vous dites je suis donc "éditeur". celà veut-il dire que je suis aussi "auteur", auquel cas les revenus à déclarer au fisc seraient des droits d'auteur ?
En d'autres termes : l'"intermédiaire-fournisseur" qui me paie me verse t-il des droits d'auteur, ou bien au contraire devrais-je déclarer ces revenus comme des bénéfices industriels?
reynaud-avocat (mercredi, 21 mai 2014 10:40)
Oui un informaticien peut être un "auteur" au sens du Code de la propriété intellectuelle (CPI), sous réserve d'une création originale de sa part.
Mais il faut distinguer cela du régime social et fiscal des artistes.
En effet, le champ d'application du régime de sécurité sociale des auteurs est plus restreint que celui du CPI. Le droit fiscal est aussi indépendant du CPI.
Pour des consultations juridiques il faut mieux me contacter par email (cf. Contact sur ce site).
foucher (vendredi, 29 août 2014 11:01)
Article très intéressant ! Confirmez-vous qu'il s'applique aussi à une "application-web" exclusivement accessible par une adresse URL ? (autrement dit sans passage par intermédiaire tel Google)
reynaud-avocat (vendredi, 29 août 2014 11:46)
Oui, ce qui détermine le contenu juridique à communiquer, c'est principalement la qualité des parties BtoB, BtoC, voir CtoC, ainsi que le fait que la relation est "à distance" ou en présence du client. Le fait de passer par Google ou Apple ne change pas la donne mais la complexifie par rapport à un site web classique.
Golden (samedi, 06 septembre 2014 15:54)
Je suis actuellement sur ma propre étude de marché pour savoir si je dois ou non concrétiser une idée. J'aimerais plus d'information concernant les jeux d'argent.
Apple stipule que '' la rémunération des utilisateurs est interdite '' , quand a Google '' Jeux d'argent et de hasard : nous n'autorisons pas les contenus ou services qui visent à faciliter l'accès à des sites de jeux d'argent, y compris, mais sans s'y limiter, les casinos en ligne, les sites de paris sportifs et les loteries, ni les jeux d'adresse permettant de remporter des sommes d'argent ou d'autres prix. ''
Pourtant plusieurs d'applications de jeux d'argent sont disponibles, comme des jeux de poker en ligne, ou de paris sportifs..
reynaud-avocat (lundi, 08 septembre 2014 09:28)
Oui, vous avez aussi remarqué un "décalage" entre ce qui est annoncé par ces intermédiaires et ce qui est proposé en pratique.
Juridiquement, ces intermédiaires peuvent probablement se "couvrir" en utilisant le statut légal de l'hébergeur, assez protecteur. En bref, l'hébergeur (Google par exemple) n'est pas responsable des contenus des applications, sauf si on lui en signale clairement l'existence.
Ces clauses des CGU sont destinées aux autorités étatiques afin de montrer qu'Apple et Google respectent la loi.
En cas de souci, ces intermédiaires peuvent "couper" le service sur une base contractuelle ... le risque juridique est assuré par l'éditeur de l'application.
Merci de me contacter par email (reynaud.avocat@gmail.com) si vous souhaitez prendre contact et approfondir ce sujet.
Nico (jeudi, 02 juillet 2015 03:31)
Il date un peu mais peut-etre que vous pourrez encore me répondre.
Nous sommes deux à nous être lancé dans la création d'une application Iphone.
Cela fait quelques mois que nous travaillons tous les deux d'arrache pied et nous avons déjà bien avancé que ce soit dans la conception de celle-ci ainsi que sa production.
Nous nous intéressons aujourd'hui à la question de la structure, de la forme juridique (deux associés à parts égales) ainsi que la protection de notre application et de nos roles respectives au sein d'un structure en règle.
Auriez-vous des réponses quant au status à envisager quand on est deux créateurs associés (pour que chacun y trouve son compte et se sente protégé) ?
Nous recherchons en ligne depuis quelques temps mais n'avons pas encore réussi à trouver une réponse ciblée pour notre cas.
En espérant que vous pourrez nous éclairer.
Me Reynaud (mercredi, 22 juillet 2015 10:55)
Oui je peux vous conseiller mais contactez moi par email.
Damien (mardi, 20 octobre 2015 11:39)
Bonjour, et merci pour ces lumières.
Je suis dans le même cas que Nico.
Nous sommes 4 et notre application avance bien.
Nous nous sommes intéréssé qu'à son développement jusque là, mais il reste visiblement beaucoup de chemin à parcourir..
Quel statut adopter..?
Me Reynaud (mardi, 20 octobre 2015 12:07)
Pour un contact individualisé contactez moi par email : reynaud.avocat@gmail.com
nicolas (mercredi, 10 février 2016 21:21)
Le statut d'entreprise (SAS ou SARL...?) ou autre : association? est il nécessaire pour éditer et exploiter une application smartphone, dans le cas ou l'application est gratuite et ne génère pas de revenu. (au moins dans une première phase)
L'objectif étant de limiter les frais initiaux et frais fixes (gestion comptable...)
Dans le cas ou l'application génère des revenus issus de publicité, je suppose que le status d'entreprise devient alors nécessaire? Quel statut est alors le plus adapté, sachant que nous sommes 4 à avoir conçu et développé l'application sur nos temps libres?
Frédéric (jeudi, 24 mars 2016 14:47)
lorsqu'une filiale développe une appli dont elle autorise l'usage à la société-mère, la filiale doit-elle apparaitre dans les mentions légales du site de la société mère?
pas de cession des DA de prévue.
Me Pascal Reynaud (mercredi, 22 juin 2016 13:38)
Pour des réponses individualisées et un premier contact, envoyez-moi un email : reynaud.avocat@gmail.com
Gabrielle (vendredi, 04 novembre 2016 17:00)
Dans le cas d'une application gratuite reliée à un produit connecté (produit qui fonctionne également en mode non connecté) existe t il une obligation de garantir une certaine pérennité quant à l'usage de ladite application ?
Me Pascal Reynaud (lundi, 07 novembre 2016 09:51)
Merci de me contacter par email reynaud.avocat@gmail.com.
Etes-vous dans un cadre BtoC ? BtoB ? CtoC ?
Mais en principe, le régime légal de la garantie peut s'appliquer, même pour une application gratuite.
_pas_cal_@live.fr (jeudi, 14 septembre 2017 10:09)
Bonjour, je reçois des menaces d'une startup qui me reproche de proposer un simple widget sur GooglePlay aux utilisateurs (dont moi même), sans les même fonctionnalités, alors qu'ils ne le font pas eux même dans leur propre application. Il n'y a aucune interdiction, ou clause de tolérance dans leur CGU,CGV,etc qui m'en empêche pourtant. Que dois-je faire ?
Me Pascal Reynaud (jeudi, 14 septembre 2017 15:48)
Pour _pas_cal_@live.fr.
Merci de me contacter par email reynaud.avocat@gmail.com et dites moi en un peu plus.
Sera (jeudi, 26 octobre 2017 22:50)
Lorsqu’on a une idée pour une nouvelle appli quel est le moyen le plus sur de protéger mes droits en tant qu’auteure?
Est il suffisant, pour prouver l’antériorité, de m’envoier une lettre recommandée contenant l’idee, sans ouvrir l’enveloppe?
Sinon quel serait le coût approximatif d’une autre forme efficace de protection?
Me Pascal Reynaud (vendredi, 27 octobre 2017 09:28)
Vous pouvez faire un dépôt e-soleau à l'INPI (https://www.inpi.fr/fr/services-et-prestations/e-soleau) ou encore contacter un huissier pour faire un dépôt en ligne. Je ne suis pas trop favorable à la solution de la lettre AR à soit même... Mais votre question peut être plus complexe qu'il n'y paraît. N'hésitez pas à me contacter par email reynaud.avocat@gmail.com pour une consultation.
Patrice (jeudi, 23 novembre 2017 17:59)
Une société a t'elle le droit de vendre un matériel (tablettes par exemple) avec des appli Android gratuites pré-installées.
ADLC (lundi, 15 janvier 2018 12:59)
Bonjour, je me place dans la position du consommateur que vous indiquez dans votre article très intéressant. Ma question est : quelles sont les responsabilités de l'auteur / de l'éditeur lorsqu'une application n'est plus maintenue, optimisée et même retirée régulièrement de google store sans aucune information des consommateurs ? Dans ce cadre peut-on demander le remboursement des achats intégrés ?
Me Pascal Reynaud (lundi, 15 janvier 2018 13:16)
L'actualité juridique montre qu'une société, sous certaines réserves, peut vendre légalement du matériel informatique avec des applications préinstallées. Pour aller plus loin : https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2016-09/cp160086fr.pdf
Me Pascal Reynaud (lundi, 15 janvier 2018 13:39)
Votre question sur votre recours contre l'éditeur d'une application payante retirée est complexe. Je ne pense pas que je puisse y répondre en quelques mots. Bien sûr, en théorie l'éditeur est soumis au droit de la consommation. Et de nombreuses règles s'opposent à ce qu'un professionnel agisse de manière unilatérale et déséquilibrée dans son seul intérêt. Il faudrait d'abord analyser les Conditions Générales et voir à quoi l'éditeur s'est engagé et si cela tient juridiquement.
Stephan (vendredi, 19 janvier 2018 18:31)
Bonjour, en raison des évolutions très rapides ces 2 dernières années sur le développement de l'intelligence artificielle (IA), la santé connectée, Big Data Analytics, IoT Analytics..., de très nombreuses plateformes de santé - télémédecine, prise de rdv médicaux patients.. - se développent en France ( derrières ces structures, nous retrouvons souvent des mutuelles de santé, compagnies d'assurances...). Il n'est pas rare de lire dans les "Conditions Générales de Vente (CGV) ou Conditions d'Utilisation (CGU)" voir une "Notice d'Information de Consentement" de ces plateformes, que l'utilisateur (le patient, en règle générale) "... par le simple fait d'adhérer aux présentes conditions CGU, vos données administratives et de santé, une fois strictement anonymisées, sont suceptibles de faire l'objet d'analyses et d'études statistiques dans le respect des dispositions de la Loi Informatique et Libertés."
Quand n'est-il de la légalité de ces mentions? En matière de santé, données sensibles par définition, le consentement du patient ne se présume pas - et doit normalement - faire l'objet de l'accord écrit du patient concernant l’utilisation de ses données de santé en vue d'une anonymisation à des fins d'études ou de recherches cliniques. Le patient dispose -t-il d'un droit à s'opposer à cette anonymisation, même s'il consent à utiliser les services de ces plateformes?. On comprend l’intérêt des mutuelles à s'approprier silencieusement, et souvent sans droits légitimes, des données aussi précieuses !.
FRED (mardi, 27 février 2018 14:46)
Nous sommes un commerce qui a été démarché par téléphone par la société X pour nous proposer d'être soit disant une entreprise vitrine pour tester l'application qu'ils venaient de lancer et cela à moindre coût.
Nous avons accepté mais l'application est de piètre qualité et nous nous en servons pas. Cette société X passe par une société Y pour encaisser des loyers mensuels qui correspondent à une soit disant correction de beug mensuelle et la location d'un écran pour notre vitrine.
Depuis le début du contrat nous n'avons reçu aucune facture et la société Y refuse de nous les faire parvenir car selon eux, nous n'aurions pas paraphé leurs conditions générales que nous refusons toujours de parapher.
Est-ce une opportunité pour nous de stopper les prélèvements et suffit-il d'ignorer leurs relances pour que le contrat s'éteigne de lui-même? S'ils nous poursuivent pouvons nous nous défendre en disant que nous ne recevons aucune facture et que nous n'avons pas signé les CGV de cette société Y?
Luca (mardi, 03 avril 2018 13:08)
est-ce que le fait de proposer des paris sportifs sur une application (mobile) tombe dans la catégorie de bookmaker et est donc par ce fait illégal?
Delphine (mardi, 14 août 2018 17:25)
Nous sommes trois associées ( 2 majoritaires et une minoritaire) l'application est développée et se destine au marché mexicain, mais nous souhaiterions que la compagnie soit française, quel modèle choisir ? Comment gérer la rémunération de chacun des participants sachant que l'une des associée est en CDI et souhaite conserver son emploi ? et que les deux autres sont mexicaines, l'une résident en France et l'autre au Mexique?
Me Reynaud (jeudi, 16 août 2018 09:14)
Vous pouvez me contacter par email pour une première prise de contact.
Jérémy (jeudi, 08 novembre 2018 09:56)
je m'intéresse au sujet des applications dans le domaine de l'e-santé.
Je me demande s'il existe un encadrement légal particulier pour celles-ci. En particulier, en cas de dysfonctionnement d'une application de santé (ex: transmission d'informations erronées, mauvaise lecture des paramètres), qui serait juridiquement responsable ? L'éditeur de l'application, l'hébergeur ou bien personne car rien n'existe encore dans les textes?
reynaud.avocat@gmail.com (jeudi, 08 novembre 2018 11:05)
Oui les applications de santé ont un cadre juridique complexe, tant sur le terrain du droit médical que sur celui des données personnelles. Bien sûr l'éditeur de l'application de santé est en première ligne en terme de responsabilité.
Marie (samedi, 10 novembre 2018 18:10)
J'ai une idée d'application gratuite qui sera peut-être par la suite rémunératrice par les pubs. Ma 1ère question est : dois-je obligatoirement créer une sas ou le statut auto entrepreneur est suffisant ?
2nd question: travaillant dans le service publique puis je créer une société ?
reynaud.avocat@gmail.com (lundi, 12 novembre 2018 09:15)
Selon les cas, le statut d'auto entrepreneur peut suffire.
Effectivement travailler dans la fonction publique peut être une contrainte supplémentaire. https://www.afecreation.fr/pid14824/le-fonctionnaire.html
Adam (mercredi, 21 novembre 2018)
J’ai créé une SAS avec l’objet : proposer un service via le site internet XY. Maintenant je veux faire développer une application mobile pour ce site internet pour faciliter les choses à mes utilisateurs avec les mêmes fonctionnalités du site et le même nom.
Est-ce que je dois modifier l’objet du statut de la société en mettant via le site XY et l’application mobile XY ? Ou je peux simplement lancer l’application car elle liée au site internet XY ?
En vous informant que je suis le président de la société et l’éditeur du site.
SIBRA Rolland (vendredi, 21 décembre 2018 15:30)
J'ai un contrat LLD pour une ZOE Renault par l'intermédiaire de DIAC location.
Diac est-il en droit d'avoir accès à mes agissements, Km parcourus, etc, par le truchement du service connecté du véhicule? Merci de votre réponse.
Constance (jeudi, 10 janvier 2019 11:37)
je suis en train de développer une appui basée sur le don entre particuliers. L'idée ce n'est pas de faire du bénéfice, seulement de promouvoir un certain style d'échange. Quel statut dois-je prendre? un éditeur peut il avoir un statut associatif?
KP (mardi, 22 janvier 2019 15:04)
Bonjour, je viens de finaliser le développement de mon application mobile.
Dans un premier temps celle-ci ne générerait pas de revenus (pas d’intégration de pub) mais à terme et si mon application se révèle pertinente, j'envisage d'en intégrer.
Que dois-je faire avant de lancer mon application sur le store ? Déposer un brevet ? Créer une société ?
Si j'intègre des pubs, je devrais ouvrir une société ?
Jean-Marc Amoros (mardi, 29 janvier 2019 14:28)
Nous vendons des produits connectés et commandables à distance via une appli spécifique, combien de temps devons-nous proposer/maintenir cette appli ? Y-a-t-il un lien avec la durée de vie du produit ?
Me Reynaud (mardi, 29 janvier 2019 14:33)
Merci de me poser vos questions et demande de devis par email.