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Timestamp: 2020-06-01 17:21:24+00:00
Document Index: 34652164

Matched Legal Cases: ["l'article 3", "l'article 47", "l'article 5", "l'article 4", "l'article 4", "l'article 41", "l'article 4", "l'article 37", "l'article 4", "l'article 3", "l'article 2", "l'article 4", "l'article 47", "l'article 47"]

Rapport présenté au nom du conseil d'administration : assemblée générale du 26 janvier 1862 by Bibliothèque numérique Manioc / SCD Université Antilles - Issuu
COMPAGNIE DE L ' A P P R O U A G U E (GOYANE FRANÇAISE)
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 26 JANVIER 1862
CAYENNE I M P R I M E R I E DU G O U V E R N E M E N T
C O M P A G N I E DE L ' A P P R O U A G U E (GUYANE FRANÇAISE)
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 26 JANVIER 18G2
AU NOMDUCONSEIL D'ADMINISTRATION PAR M. GEORGE EMLER
DE L ' A P P R O U A G U E .
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 20 JANVIER 1862.
MESSIEURS LES ACTIONNAIRES, V o t r e conseil d'administration v o u s doit c o m p t e annuellement de la situation de la c o m p a g n i e q u e v o u s avez fondée en
i856, et d o n t les
statuts ont été délibérés et a d o p t é s par le conseil d ' E t a t le 12 mai 1868. N o u s allons essayer de remplir ce d e v o i r de la manière la plus succ i n c t e , e t , p o u r ne pas fatiguer v o t r e attention , n o u s ne l ' a p p e l l e r o n s q u e sur des chiffres présentant tous les résumés q u e vous désirez connaître. N o u s établirons d ' a b o r d l'importance des produits de v o s établissem e n t s , en les c o m p a r a n t avec les p r o d u i t s a n t é r i e u r s : L e s dépenses de toute nature q u i ont été faites en vue
ces p r o d u i t s p r o v e n a n t de l'extraction de l'or et des t r a v a u x agricoles de l'habitation la J a m a ï q u e ; L'existant en caisse des ressources à l'aide desquelles doit se cont i n u e r , au moins p o u r le m o m e n t , n o t r e e x p l o i t a t i o n dans son e n semble ; Kufin n o u s vous e n t r e t i e n d r o n s du p o i n t o ù n o u s en sommes par suite d u vote q u e vous avez p r o n o n c é p o u r l'adjonction des capitaux
— 4— métropolitains, des démarches qui ont été faites jusqu'à ce jour, du projet de traité que les capitalistes ont paru vouloir passer avec les actionnaires primitifs, projet qui a été le résultat des négociations entamées par vos délégués. PRODUITS OBTENUS PENDANT L'ANNEE
L'or récolté sur vos divers placers a été de 81 kilogr. 338 gr. 5o centigr. à 3 francs le gramme 244,oi5 5o Les produits de l'habitation la Jamaïque se sont élevés à la somme de 38,8yi a3 f
282,906 73
Cette production d'or est due aux cinq placers exploités : i° Aïcoupaïe a donné 2çj 0,10k'00 2 Counamaré 3i 317.5o 3° Sans-Rémission i4 6 3 5 . 0 0 4" Chicdagam 4 o,3i.oo 5° Fromager o 545.00 k
8i:338:5o Vous remarquerez., Messieurs les actionnaires, q u e , si les rapports qui vous ont été lus dans les assemblées précédentes établissent une marche constamment ascendante dans le total de la production annuelle de l'or depuis la fondation de votre compagnie, cet accroissement s'est maintenu en 1861 , puisqu'il dépasse de 9 kilogr. 91 gr. 5o centigr. le produit de 1860. Nous sommes loin d'avoir atteint les résultats que vous attendez avec une si légitime impatience; toutefois, reconnaissons-le, la progression ne s'est point arrêtée. Si la moyenne a été mensuellement dans les années précédentes : Pour 1857 sur n 379^00 de ] 896^50 i858 sur 4 i 0 8 8 . 5 o de 3 424.04 k
54 4<)5• 00 de
4 54.1 ; 4 5
72 2 4 7 . 0 0 de
6 020.58
Elle a été en 18G1 : 8 i 3 3 8 s 5 o , de k
6 778s21 k
Ce résumé vous représente la production exacte de vos placers calculée sur la moyenne des douze mois ; nous disons la moyenne, car nous n'avons pas toujours eu à enregistrer un rendement de même valeur. Dans les 6 mois de la i
période de 1 8 6 1 , 4 ont dépassé.. — 1 a produit.... Le mois de mai s'est élevé à Dans le 2 semestre, 2 mois ont dépassé 2 ont produit au delà de i a donné Le mois de décembre n'a produit que e
5 4oo 7 1^1 11 G Q 3 5 ^00 7 000 10 347 3 973 k
Que ces différences ne vous étonnent pas, Messieurs les actionnaires. Au mois d'octobre 1 8 5 8 , la production dépassa 7 kilogrammes; en novembre, elle tomba à 3 kilogrammes. En janvier 1869, elle se releva; en février, elle ne put atteindre 3 kilogrammes, et descendit en mars au-dessous de 2 kilogrammes. Il n'en a pas été autrement en 1860. Ces fluctuations, auxquelles on doit s'attendre, nous le savons, il est facile de s'en rendre compte. En hiver, les pluies torrentielles, les maladies qui atteignent nos travailleurs et qui ne sont que le résultat de la chaleur et de l'humidité propres à notre climat; en été, la sécheresse, qui ne met pas à notre service toute l'eau dont les longtoms ont besoin pour le lavage des terres, voilà des causes qui tendent considérablement à faire varier la production; mais elles ne sont pas les seules, et nous ne pouvons pas omettre la principale peut-être, celle de l'inégalité dans la richesse des terres. Toutes les localités ne produisant pas aussi abondamment les unes que les autres, il en résulte q u e , sur le même terrain, le labeur de chaque jour ne reçoit pas le même salaire. A ce sujet, nous avons un fait saillant à signaler à votre attention: c'est qu'à Aicoupaïe un longtom entre les mains de 8 travailleurs a donné G kilogrammes d'or dans un mois.
Vous ne comptez aujourd'hui que deux établissements principaux, Aicoupaie et Counamaré. Aicoupaie. — Exploité par 3 i travailleurs, sous la direction de 3 agents, il a toujours été de vos placers le plus productif. Son rendement en moyenne a été mensuellement de i kilogr. 5oo gr. ; depuis longtemps cet établissement fournit une large part dans l'or que vous récoltez. Les dernières prospections faites par M. Riamé, employé très-intelligent et plein de zèle, placé à la tête de ce placer, nous portent à croire que nous aurons pour longtemps encore un travail assuré, quand nous devrons quitter, parce qu'elle sera épuisée, la localité que nous exploitons en ce moment. Counamaré. — Cet établissement a répondu jusqu'ici à notre attente depuis sa création ; nous le voyons donner, en i 8 5 a , i 5 kilogr. 3 g r . ; en 1860, 3o kilog. 490 gr. Cependant, pour les produits, nous ne pouvons le placer tout à fait, eu égard à son personnel, qui est plus nombreux, sur la même ligne qu'Aicoupaie. 49 travailleurs sont affectés à son exploitation, dirigée par 4 agents. L'or récolté s'est élevé dans l'année 1861 à 3 i 31 « En y ajoutant : i° Chicdagam 4 g3i Fromager ••• o 545 7
Nous avons eu un produit de
Dont la moyenne mensuelle est de 3 kilogr. 066 gr. Dans le courant de l'exercice dont nous vous présentons le résumé, le rendement de Chicdagam et de Fromager n'étant plus en rapport avec le nombre de bras nécessaires pour en retirer le peu d'or qui pouvait s'y trouver, ces placers ont été. abandonnés et les forces qu'ils employaient ont été portées sur d'autres points. Nous avons lieu de croire, d'après les renseignements qui nous parviennent des établissements, que le travail sur les nouveaux gisements découverts pourra se maintenir fructueusement pendant quelque temps. Sans-Rémission. — N o u s venons de vous dire, Messieurs les actionnaires, que votre exploitation se borne en ce moment à deux établissements principaux, parce que bientôt peut-être nous ne pourrons plus compter sur Sans-Rémission, qui formait le troisième.
La réputation de richesse aurifère qu'avait à Appixmague cette localité, comprise dans le périmètre qui vous est concédé, donna aux administrateurs de votre compagnie l'idée d'y établir sans plus tarder un atelier de travailleurs. Il fut composé de soixante personnes, sous la direction de trois agents. Les produits, qui étaient dès le mois d'avril de 624 grammes, s'élevèrent en mai, juin, juillet, août et septembre, au delà de 2 kilogrammes; mais en octobre la diminution devint sensible, car la production tomba à 1,kilogr. 189 gr. ; en novembre, à 1 kilogr. 260 gr. et en décembre à 629 grammes. En présence de ce résultat, qui ne pourrait soutenir les frais qu'il occasionne, votre conseil d'administration s'est demandé s'il fallait continuer cette exploitation. La quitter subitement ne lui a pas paru sage, car ce n'est pas la première fois que nous avons vu un terrain d'abord rémunérateur cesser de donner des produits satisfaisants. Il suffit quelquefois de se transporter dans le voisinage de l'endroit e x ploité pour y trouver un rendement qui fasse oublier la stérilité devant laquelle on a reculé; de p l u s , les renseignements que votre conseil a reçus du directeur des établissements ne permettent pas cet abandon sans que l'on ait fait avec persévérance sur ce placer de nouvelles tentatives. Nulle part, dit M. Rivierre, on ne voit le quartz plus abondant et la couche aurifère plus belle. Nous avons donc pensé qu'il était prudent pour les intérêts de la compagnie, tout en réduisant le nombre des travailleurs, de faire continuer les recherches pendant encore quelques mois. L'expérience des agents de prospection qui seront employés à explorer le terrain nous donne à penser q u e , d'ici à la fin de l'été prochain, la compagnie sera définitivement fixée sur la question encore indécise aujourd'hui, celle de savoir s'il y a lieu de continuer ou d'abandonner l'exploitation de Sans-Rémission. D'ailleurs, nous devons l'avouer, la confiance qu'ont inspirée à votre conseil les excellents services de l'ancien directeur, M. Vernier, qui a créé cet établissement, ne nous a pas permis de croire qu'il eût choisi un emplacement où il n'aurait pas eu l'espoir de trouver les moyens d'augmenter nos produits. Habitation
— Votre habitation recense cent neuf
— 8 — travailleurs valides, employés sous la direction de trois agents, un régisseur, un économe et un mécanicien. Le sommaire que nous avons présenté ci-dessus établit que le revenu de cette propriété agricole s'est élevé à la somme de 38,89i a3 Le sucre figure dans ce total pour le montant de 98 boucauts, ayant produit > • • • 23,344 58 Le complément 1 5 , 5 4 6 65 f
provient des livraisons de tafia qui ont eu lieu partiellement tous les mois, tant par cession à Approuague que par vente au chef-lieu. Si nous ne sommes pas dans le cas d'avoir à vous signaler un revenu réalisé plus élevé que celui de 1860, cela tient à ce que la récolte de cette année, contrariée par des accidents qui ont détourné les bras de l'atelier de leurs travaux ordinaires, n'a pu être continuée jusqu'à sa lin. C'est un retard, mais pas une perte. Les cannes n'ont pas souffert, et la roulaison d'aujourd'hui, qui aurait dû faire compter ses produits pour l'exercice 1861, viendra accroître les revenus de l'année dans laquelle nous venons d'entrer. L'effectif des plantations existantes aujourd'hui consiste en 38 hec^ tares de terres mises en culture, dont : 16 hectares de cannes vierges, 22 hectares de rejetons de première année. 3 hectares de terres neuves préparées n'attendent plus que les plants ; d'ici à peu de temps ils augmenteront le nombre des précédents. Ces 4i hectares ont été pris dans un entourage en bon état de 1 1 6 hectares. Nous ajouterons à ce total, pour vous représenter l'existant au complet de nos plantations, 1 hectare de caféiers en rapport. Nul d o u t e , Messieurs les actionnaires, que cette habitation, l'une des plus belles, des mieux situées du quartier d'Approuague, on pourrait peut-être même dire de la colonie, ne soit une acquisition précieuse pour la compagnie. L e terrain s'y montre partout fertile; l'air y est salubre; l'eau de fontaine s'y trouve en abondance; des terres hautes à quelques pas de l'établissement offrent aux travailleurs la grander essource des plantes
nourricières, sans les obliger, pour aller faire leurs vivres, ce qui arrive sur presque toutes les habitations du quartier, à un déplacement de plusieurs heures; enfin le sable et la roche sont sous la main dès qu'il s'agit de faire des constructions nouvelles, comme le bois à brûler pour les usines s'y exploite à une très-petite distance. Si cette propriété agricole a encore de grands progrès à faire, nous pouvons prédire, sans que notre opinion ait rien de hasardé, qu'avant peu elle s'élèvera au niveau de production qu'elle avait atteint il y a quelques années. Nous avons résumé, Messieurs les actionnaires, les produits des divers établissements de votre compagnie; les tableaux annexés au présent rapport vous présenteront en détail, si vous êtes désireux de les connaître, les chiffres partiels de leurs produits, établis mois par mois. Nous allons maintenant mettre en regard de ces produits les dépenses qu'ils ont occasionnées. L'exploitation aurifère présente, pour l'exercice dont nous vous rendons compte, un débit de 197,905'o3 L'habitation la Jamaïque a nécessité une dépense proprement dite de 5 1 , 8 6 1 87 Total
249,766 9 »
La part dans ces frais d'exploitation incombant à chaque établissement est formulée comme suit: Aicoupaie 2 9 , 4 7 9 ' 54 Counamaré 48,oo3 93 Chicdagam ». i o , 3 i 5i Fromager 1,811 5o Sans-Rémission 2 7 , 5 1 2 17 Agence et hôpital 35,392 53 Frais généraux 4 5 , 3 8 85 7
197,905 o3
Vous serez surpris, Messieurs les actionnaires, et nous le sommes nous-mêmes, du total résumé de 197,905 fr. o3 cent, que nous venons de poser. Cependant, puisqu'il est exact, puisque vos administrateurs 2
en ont autorisé la moindre partie, nous devons nous demander s'il était possible que cette somme dépensée fût moins élevée, si le conseil pouvait,, au risque de laisser quelque service en souffrance, refuser les allocations qui lui étaient demandées. Cette question, réellement vitale pour une entreprise comme la nôtre, et qui se rapporte à un chiffre ayant provoqué votre étonnement dès qu'il a été prononcé, cette question mérite d'être approfondie par des esprits sérieux, V o u s , Messieurs les actionnaires, qui ave/, en main la plus grande partie des titres auxquels notre association doit d'avoir été fondée, vous qui, en les souscrivant, connaissiez parfaitement la Guyane, vous n'hésiterez pas à déclarer avec n o u s , à part quelques dépenses que l'actualité rend absolument nécessaires, mais que la réflexion à longue date condamne, à déclarer, disons-nous, que votre entreprise, comme toutes les autres, a subi la loi ordinaire; qu'aucune ne peut, à son début, être conduite avec la régularité, avec la précision, je.dirai même avec l'économie qu'une bonne administration considère comme indispensable le jour où chaque chose a pris sa place, où chaque homme est à son poste. Vous le savez, Messieurs, les fondateurs, bien rarement, presque jamais, n'ont eu les succès de leurs continuateurs; mais, nous pouvons le dire hautement, tous les jours s'aplanit pour nous la voie difficile des améliorations. Nos chefs de placers, devenus plus habiles, s'attachent aux localités auxquelles ils se sont habitués; nos travailleurs e u x - m ê m e s , à qui tout était i n c o n n u , à qui tout paraissait étrange dans l'origine, se rendent maintenant chaque jour à leurs chantiers, r o u t i n e peinent le faire à la ville les ouvriers soumis à une discipline presque militaire. Quelle conclusion devons-nous tirer de ces énonciations? C'est que si, d'un côté, votre conseil d'administration a dû accorder des dépenses qui sont la conséquence de toute création nouvelle, d'un autre côté n o n s ne devons rien négliger pour chercher à les diminuer immédiatement. Nous y parviendrons, soyez-en convaincus, Messieurs les actionnaires; pour cela il nous suffira, s a n s jamais cesser d'avoir en vue le bien de la chose commune, de mettre à prolil les leçons de l'expérience, de n'admettre sur nos établissements que des agents canailles
et dévoués, de consulter les hommes sages qui nous entourent, et de suivre leur indications et leurs conseils. Si, ce que nous ne pouvons croire, votre compagnie venait à être réduite à marcher avec ses seules ressources, si l'espoir qu'elle a eu de donner une grande extension à son exploitation par l'adjonction des capitaux métropolitains doit ne pas se réaliser, votre entreprise sera loin d'être perdue; mais ce ne sera que lentement que pourront s'augmenter vos produits, que votre persévérance obtiendra les résultats si impatiemment attendus, et disons-nous qu'un jour il vous sera donné de voir ce que l'on a toujours vu pour les grandes exploitations nées de l'esprit d'association, c'est que la solitude aura fait place à des centres de population vouée au travail, et que l'industrie finira par créer sur votre sol cette prospérité qu'ont toujours enfantée les efforts de la volonté humaine. Dans la nomenclature qui précède, il y a en quelque sorte deux catégories de dépenses bien distinctes : i° celles relatives à l'entretien proprement dit des établissements aurifères; 2° celles de l'agence et des frais généraux. Quelques explications nous pai'aissent nécessaires sur ces deux catégories; nous vous les présenterons aussi brièvement que possible, sachant d'avance q u e , pour la première, les résultats obtenus sur les placers exploités ne pourront qu'exciter chez vous un mouvement de satisfaction réelle. Aicoupaie a dépensé dans l'année 29,4.79 fr. 54 cent. ; ce chiffre paraîtrait considérable si vous ne saviez tous, Messieurs les actionnaires, que l'éloignement de ce placer, les difficultés nombreuses que l'on rencontre pour s'y rendre, occasionnent souvent des pertes de vivres et de matières dont on ne peut le laisser privé, et que ces pertes, pour en opérer le remplacement, viennent augmenter les demandes adressées au chef-lieu. Cet établissement, qui, nous l'avons dit plus haut dans ce rapport, est le plus ancien, mérite encore, par sa production, d'être placé à la tête de tous ceux de votre compagnie. La somme de son débit pour l'exercice que nous examinons, compa-
— 12 — rée à son rendement, 29 kilogr. 9 1 0 gr., soit 89,780 francs, laisse boni de 6o,25o fr. 46 cent. Counamaré porte à son débit. 48,oo3 En ajoutant à cette somme celle de ses dépendances : i° Chicdagam io,3i 2 Fromager 1,8 11
5i 5o
Ensemble 60,182 9/j les mettant en face de ses produits, 36 lui. 793 gr. à 3 fr.. 1 1 0 , 8 7 9 0
nous avons à constater, pour cet établissement, un excédant de recette de 5o,246 06 Il recense, comme nous l'avons dit, 5o travailleurs. Sans-Rémission figure sur les livres de la compagnie pour une dépense de 2 7 , 5 1 2 ' 17 L'or que nous avons obtenu ayant été de i 4 kilogr. 635 gr. à 3 francs 43,905 00 Nous avons au crédit de ce placer
16,392 83
Ainsi vous le voyez, Messieurs, les trois localités exploitées, après avoir acquitté toutes leurs dépenses proprement dites, celles qui d'ellesmêmes se placent au débit de chacune d'elles, ont donné ensemble une recette nette de 126,889 fr. 35 cent. Certes, ce rendement serait très-beau, tel qu'on croirait devoir rattendre d'une exploitation aurifère, si les établissements qui donnent ces résultats ne devaient pas les voir presque entièrement absorbés par les paragraphes dont il nous reste à vous entretenir. i° L'agence et l'hôpital sont débités ensemble de 35,892' 53 2 Les frais généraux se sont élevés à 4 5 , 3 8 85 0
Présentant cette 2 catégorie un total de dépenses de. . . 80,780 38 e
Agence. — Ce point central où sont portés tous les approvisionnements qui sont envoyés de Cayenne, d'où partent toutes les expéditions, où se trouvent l'hôpital et l'infirmerie des malades, des blessés, des convalescents, en un mot où aboutissent toutes les relations des
établissements fondés dans le périmètre qui vous a été concédé, l'agence, on peut le dire, est le chef-lieu de la compagnie. Les dépenses ont été en moyenne, d'après le chiffre ci-dessous, de 3,ooo francs par mois. Cette somme a été appliquée à l'acquittement des achats de vivres dans l'année pour la somme de i 4 , o o o 00 Divers outils et ustensiles • 55o 00 Appointements des employés et indemnités 4>'63 6G Salaires de a/j canotiers 6,545 66 Médicaments pour l'hôpital 922 65 Linge, literie et vêtements 55a 80 Matériel et matières diverses 6,01 5 5i Fret et frais divers u,581 34 f
Ensemble Tel est, d'après votre comptabilité, tenue avee tout le soin Je montant des dépenses qui figurent en détail au tableau présent rapport. Frais généraux. — Cette section du chapitre Dépenses pour l'année 1 8 6 1 , un total de 45,387 fr. 85 cent. En voici les éléments : i° Vivres pour l'agence 2° Traitement des directeur et employés du secrétariat et indemnité des délégués 3° Matériel et matières de rechange 4° Fret pour les denrées livrées à Cayenne et frais divers.
désirable, annexé au présente,
2,842' 70 3 5 , 7 1 8 96 3,342 00 3,484 19
45,387 85 Votre'conseil d'administration, comme v o u s , Messieurs les actionnaires, appelle de tous ses vœux une diminution notable dans ces dépenses énumérées sous le titre» de frais généraux ; mais à vous seuls appartient le droit que vous réservent les statuts de prononcer souverainement sur l'allocation d'indemnité qui doit être attribuée à vos délégués, ainsi que sur le traitement qu'il vous paraîtra juste de fixer pour rémunérer les services du directeur de la compagnie. Quand vous aurez décidé sur le maintien ou la modification de
cette somme (le 35,ooo lianes que votre caisse a payée en 1861, nous n'aurons plus à vous en parler, car il ne nous restera qu'à porter en ligne de compte le chiffre que votre volonté aura inscrit au passif de nos dépenses à venir. Habitation la Jamaïque. — Vous avez vu, au début de ce rapport, q u e , pour «ette propriété agricole, les dépenses ont été de 5 I , 8 G I fr. 97 cent, et qu'elles ont dépassé les recettes de i 3 , o o o francs. Comparé à ce que vous avez eu à payer en 1860, 48,446 fr. 90 cent., l'exercice qui vient de finir a excédé de 3,000 francs les dépenses précédentes. Si les produits ont été inférieurs à ceux consignés dans le dernier compte rendu, s'ils ont baissé de 18 boucauts de sucre, ayant été de 116 en 1860 et seulement de 98 pour l'année actuelle, nous devons l'attribuer à une interruption dans le travail occasionnée par la dégra^ dation du coffre en maçonnerie. Il a fallu le mettre en état immédiatement; il a fallu aussi se livrer à des travaux de construction et de réparation dans l'usine qui ne permettaient aucun ajournement. Il en est résulté un retard dans la récolte dont les derniers produits viendront augmenter ceux de l'exercice courant 1862. Pour en finir sur ces chapitres de dépenses sur lesquelles vous êtes maintenant fixés, encore un mot, Messieurs, et ce mot est une vérité. Toutes les dépenses faites pendant l'année 1861 n'auraient pas eu l'importance qui vous est signalée, si votre compagnie ne s'était pas trouvé privée de son premier agent, celui que les fondateurs de la société ont placé à la tête de tous vos établissements, celui dont les attributions sont si clairement définies par nos statuts. Depuis bientôt vingt mois M. Charrière a quitté la Guyane. Votre conseil d'administration n'aurait certes pas m a n q u é , Messieurs, puisque vous donniez au directeur de la compagnie une mission à remplir en France, de le remplacer dans ses fonctions, s'il avait pu penser un instant que son absence dut être d'une aussi longue durée. Depuis le départ de M. Charrière, nous sommes, quant à notre administration, dans un provisoire fâcheux ; c'est une des grandes causes du chiffre élevé des sommes payées pendant l'exercice dont nous venons de vous rendre compte. Toutefois, en vous disant que depuis
vingt mois la compagnie est sans directeur, il est bien loin de la pensée de votre conseil d'administration d'oublier tout ce qu'ont fait pour vos intérêts les hommes honorables qui ont occupé momentanément Je poste du titulaire. M. Vernier, attaché aux ponts et chaussées et cédé par le chef de la colonie à votre compagnie, a pris la direction de vos travaux en même temps que M. Charrière la quittait; il a été rappelé forcément, pour les besoins du service, par l'autorité locale, au moment oii ses connaissances pratiques allaient vous procurer, après quelques mois de gestion, tout ce que pouvait son intelligente activité pour le succès de votre entreprise. M. Rivierre lui a succédé. Joignant à l'autorité de sa position , puisqu'il était l'un de vos administrateurs, cette intégrité qui vous garantissait que rien d'irrégulier ne se passerait loin de v o u s , cet esprit de conciliation qui devait maintenir la parfaite harmonie entre les agents de la compagnie et les travailleurs, M. Rivierre a géré avec sagesse et habileté, et nous ne pouvons pas ne pas vous rappeler que les produits qu'il a envoyés à Cayenne provenant des placers ont déliassé en importance ceux que la compagnie recevait habituellement, f^e conseil n'avait confié ces fonctions à M. Rivierre qu'à titre tout à fait provisoire; il attendait toujours la nouvelle que M. Charrière allait revenir prendre son poste, lorsque des lettres particulières arrivées de France donnèrent à penser que le directeur titulaire était destiné par le gouvernement à un emploi adjninistratif dans la colonie. C'est alors que vos administrateurs, pour sortir de cet état provisoire contraire à vos intérêts, nommèrent M. Ursleur, l'un des membres du conseil, pour aller à Approuague prendre la direction de la compagnie. M. Ursleur n'est resté en fonctions que très-peu de temps; il est revenu à la ville et a donné sa démission. Son départ n'a laissé aucune vacance. M. Rivierre, dans son dévouement pour la compagnie, n'a pas hésité à reprendre le poste qu'il venait de quitter pour en exercer les fonctions jusqu'à ce jour. Tous ces changements, vous le savez, très-bien, Messieurs, ne sont pas laits pour soutenir l'esprit de suite qui doit faire ordonner et exé-
çuter en leur temps tous les travaux d'une grande exploitation; ils ont, de plus, cet inconvénient très-grand que les mesures d'économie ne sont plus observées d'une manière aussi rigoureuse. Aussi qu'arrive-t-il? C'est qu'en fin d'année, lorsque nous avons des totaux de dépenses à vous présenter, nous reconnaissons que parmi ces dépenses il en est plusieurs que désavoue une bonne administration. Maintenant, Messieurs, les renseignements que nous vous devons sur ce (pii concerne vos établissements seront complétés , nous le pensons, en vous disant que l'état sanitaire du personnel de vos travailleurs est aussi bon qu'on peut le désirer dans une population composée .d'éléments si divers, de castes tout à fait différentes. Les noirs africains, les coolies de l'Inde et les Chinois sont répartis au nombre de 3 i o sur les établissements de la compagnie, chacun étant affecté au travail pour lequel il paraît avoir le plus d'aptitude. La mortalité n'a rien eu d'extraordinaire parmi les Africains ni les Chinois; elle a frappé beaucoup plus fortement sur les coolies. Ces travailleurs, d'une constitution plus délicate, d'un tempérament moins robuste, ne rendent pas pour la culture ou les travaux de force les services que l'on reçoit des autres immigrants; cependant on en tire parti en leur donnant de l'emploi dans les usines, où semblent mieux les placer leur faiblesse physique et leur intelligence très-ouverte. La discipline est également b o n n e , grâce à l'autorité locale, qui cherche toujours à nous prêter avec empressement son appui, et qui a déféré à notre première demande en nous donnant en permanence des agents de la force publique. Cette mesure si sage a pour effet de prévenir d'une manière certaine des désordres que l'on aurait à lui signaler, et dont la répression reviendrait aux tribunaux compétents. Pour conduire ces travailleurs, vous avez quinze employés ,tous zélés ; plusieurs d'entre eux se sont montré tout à fait dévoués aux intérêts de la compagnie. On peut vous dire que jusqu'à présent il sont dignes de voir l'assemblée générale leur accorder un témoignage de satisfaction ; il sera agréable à votre conseil d'administration d'avoir à le leur transmettre. Nous allons maintenant, Messieurs, placer sous vos yeux les résultats du bilan de votre compagnie au 3i décembre 1861.
Vous en trouverez les détails dans le tableau ci-après, annexé au présent rapport. Actif. — Partie disponible 163,722' 17 Partie non disponible, provenant des comptes débiteurs, des inventaires des établissements, de l'habitation la Jamaïque et des contrats d'engagement restant à être accomplis 4 0 3 , 7 7 9 85 5 6 , 5 o 2 02 7
Passif. — Divers comptes à payer pour huit annuités de l'habitation la Jamaïque; termes dus à l'immigration pour les contrats des engagés; appointements de divers non réclamés et solde dû à divers actionnaires qui ont opéré le versement du premier quart de leurs actions en coupons de division 158,906 10 Ce qui constitue l'actif net de la compagnie au chiffre de
408,595 92
Ce bilan, Messieurs, vous présente-t-il des résultats tellement négatifs que vous puissiez vous laisser aller au découragement? Nous sommes heureux de proclamer qu'il n'en est point ainsi, car la balance de 408,595 fr. 92 cent, au crédit de la compagnie est, à quelques mille francs près, égale au capital dont vous avez fait le versement. Mais il est temps de le reconnaître, et nos demandes sont parfaitement conformes aux vôtres, rien, à compter de l'exercice actuel, ne peut et ne doit retarder le versement de l'intérêt aux mains de ceux qui ont puisé dans leur bourse la dernière épargne qu'ils s'étaient imposée. Cet intérêt avant tout leur est dû pour les sommes que leur a fait verser leur foi dans la réussite d'une entreprise qu'ils savaient devoir être dirigée avec conscience et habileté. Ce point obtenu, attendons avec confiance, Messieurs, et laissons à l'avenir le soin de répondre à des prétentions plus élevées. Nous ne voulons pas abuser, Messieurs les actionnaires, de la bien3
veillante attention que vous nous avez prêtée jusqu'ici; mais nous devons encore la réclamer pour quelques instants. Nous avons à vous entretenir du point où. nous en sommes de la question qui intéresse le plus votre compagnie, après celle qui se rapporte aux gisements que vous avez à exploiter, à leur étendue et aux résultats matériels produits par les forces dont vous disposez. Je n'ai pas besoin de l'énoncer: il s'agit de la recherche que vous faites des capitaux étrangers si nécessaires pour donner à votre exploitation toute l'extension dont elle est susceptible. Dès i 8 ' J 9 vous vous occupiez de cette grave question. C'est en mai 1 8 6 0 que vous avez résolu de mettre à exécution la grande, l'heureuse idée d'offrir aux banquiers de la métropole le partage des richesses de votre sol. En échange, votre prétention était de recevoir d'eux les ressources qui vous manquent et qu'il leur est si facile de trouver dans leurs capitaux, leur crédit, leur influence dans toutes les opérations importantes de l'époque. Vos délégués à Paris avaient jusque-là conduit vos affaires avec zèle, avec activité, avec sagesse, dans toutes les démarches qu'avaient nécessitées d'abord l'obtention auprès dû gouvernement de la concession provisoire de notre périmètre, ensuite la rédaction de vos statuts, auxquels le conseil d'État devait donner son approbation. Vous ave/ eu lieu de reconnaître l'utilité pour vos intérêts de leur présence auprès des grandes autorités de France. Vous les avez récompensés de tous leurs soins en applaudissant à la lecture du compte rendu que le conseil vous a présenté, le 2 9 janvier 1 8 6 0 , par l'organe de sou éminent rapporteur, et qui proclame que « vos représentants, comme * dans le passé, vous ont rendu d'incontestables services pendant le « dernier exercice. » Cependant. Messieurs, la fusion de vos intérêts avec ceux des capitalistes vous faisant présumer que, dans nos négociations, nous rencontrerions ces obstacles qui naissent de l'hésitation, de la tiédeur ordinaire aux financiers surtout pour les opérations lointaines, vous avez jugé qu'il vous serait profitable d'accepter l'offre de votre directeur d'aller à Paris joindre ses efforts à ceux de vos deux délégués. fies connaissances qu'il avait de vos localités aurifères, des travail-
leurs dont vous aviez la disposition , comme aussi l'expérience de deux années de direction, vous semblaient devoir le faire écouter et rechercher par les hommes appartenant à la haute finance dont vous aviez à réclamer l'appui. M. Charrière fut par vous désigné; il partit de la Guyane et se trouvait en France vers la fin de juillet- Dès son arrivée, il s'entendit avec ses collègues, et plusieurs mois s'écoulaient en diverses tentatives pour atteindre le but que vous vous étiez proposé. •Nous étions arrivés à la fin de janvier 1 8 6 1 , et déjà nous pouvions présumer que nos délégués allaient vous annoncer la réalisation complète de leurs démarches. C'est ce que vous prouvent les paroles du rapport qui vous a été lu le 10 mars 1861 : « Le conseil de votre compagnie a cru devoir proroger jusqu'à la « date d'aujourd'hui votre réunion annuelle, dans le but, vous le « savez déjà, de pouvoir vous annoncer que vos délégués, munis de « l'autorisation de traiter avec le Comptoir national d'escompte, avaient « obtenu la conclusion définitive de cette importante affaire. » Que s'est-il passé depuis cette époque jusqu'au moment où nous vous donnons lecture du présent rapport? Rien de saillant quant aux progrès des négociations suivies en votre nom. En avril 1 8 G 1 , et ici nous ne voulons être que le rapporteur fidèle des faits qui se sont manifestés, nous voyons ce parfait accord qui n'avait cessé de régner entre vos représentants s'affaiblir de jour en jour. Notre relation, pour être exacte, ne doit résulter que des pièces officielles, qui désormais vous appartiennent et qui sont déposées sur le bureau. Oii en sommes-nous actuellement ? diront MM. les actionnaires. Cette demande, en effet, est réellement la seule qui ait de l'intérêt pour vous. Nous en sommes au même point qu'au 10 mars 1 8 6 1 . Au i5 octobre dernier, la combinaison qui paraissait devoir réussir était celle de l'émission de 2 0 , 0 0 0 actions de 100 francs réalisables à peu près de suite, les actionnaires primitifs devant avoir, en payant l'intérêt, un délai de quatre ans pour libérer les titres dont ils étaient porteurs. C'est à cette époque (pie M. Charrière venait d'écrire au conseil : « Il est très-regrettable (pie je n'aie pas été autorisé à traiter seul au
besoin, car je déclare que tout serait fait aujourd'hui. J'arriverai peut-être sous peu de jours à terminer avec le Comptoir d'escompte, mais il serait toujours prudent de m'envoyer une procuration qui annulât celle qui nous a été donnée collectivement; le traité ne peut souffrir aucune difficulté. » Cette lettre, du 29 septembre 18G1, nous arriva le 25 octobre ; elle mit en émoi tout le conseil, car vous avez confié à sa garde et à sa bonne administration les graves intérêts de la compagnie. Vos administrateurs, autorisés par votre délibération en date du i juillet 1860, firent préparer des pouvoirs authentiques le 3i octobre 1 8 6 1 , et le packet du 1 novembre les portait à l'adresse du directeur de la compagnie. w
fie i 5 novembre, M. Charrière, d'accord avec ce qu'il avait dit le 3i octobre, qu'il ne pouvait que continuer sa correspondance particulière, écrit au conseil pour nous faire part d'une nouvelle combinaison, celle débattue entre lui et les capitalistes, et dont nous vous donnerons le texte en réclamant votre examen et votre vote. Elle consiste : i° à laisser à la charge des banquiers 20,000 actions à 100 francs, pour la création desquelles ils s'engagent à ouvrir o u faire ouvrir à Paris, sous leur patronage et aussitôt qu'ils le jugeront convenable, d'après la situation du marché financier, une souscription publique. Cette souscription sera ouverte par préférence au Comptoir d'escompte de Paris, et les fonds en provenant seront déposés audit Comptoir, pour être tenus à la disposition de la compagnie; 2
A faire convertir en 5,000 actions libérées vos actions primitives ; >" A laisser à la souche 10,000 actions réservées aux anciens actionnaires, dont, les payements auront lieu à diverses époques déterminées ; 0
4° 5,ooo actions pour les nouveaux sociétaires, aux mêmes conditions. Nous pensions que, quelque dissidence qui se fût élevée entre vos délégués, l'intérêt commun aurait dominé tous les froissements d'amour-propre, et que rien n'aurait pu retarder la conclusion que vous attendez; nous étions d'autant plus fondés à croire qu'il ne surgirait
aucun obstacle que nous savions M. Charrière porteur de nos pouvoirs aussi explicites que possible. Le 3o novembre, M. Charrière nous écrit : « Une réunion eut lieu « chez l'intermédiaire, entre le Comptoir d'escompte, les banquiers et « nous; un seul des banquiers assistait à cette réunion, ayant pouvoir « de représenter les deux autres. Le banquier déclara que lui et ses « collègues étaient disposés à fournir les capitaux et à appeler ceux « de leurs amis, en un mot à assurer l'affaire, mais à la condition « expresse que M. Charrière continuât à être le directeur de la eom« pagnie et qu'il prendrait un engagement de cinq années. « Je répondis que j'avais tout au moins besoin de réflexion avant <> de prendre une résolution, et la conférence en resta là pour ce jour. » Le lendemain matin, M. Charrière se présenta chez le banquier et prononça qu'il était prêt à souscrire à la demande qui lui avait été faite, mais cependant sans méconnaître le droit du gouvernement, qui pouvait toujours lui retirer l'autorisation de rester en mission hors cadre, c'est-à-dire en réservant le cas où il pourrait être appelé à d'autres fonctions. Sa dépêche se termine en disant : « J'espère donc q u e , par le courrier du i5 décembre, vous recevrez « la nouvelle négociation signée par qui de droit. » Vous le savez, Messieurs, le courrier du 15 décembre est arrivé, et le directeur vous représente la guerre possible de l'Amérique avec l'Angleterre comme le motif qui a fait ajourner par les capitalistes la conclusion de votre affaire. Peut-être qu'au moment où nous parlons devant vous le courrier du 2 janvier est-il dans les eaux de la Guyane et nous apporte-t-il cette grande nouvelle. Telle est l'analyse exacte des dépêches qui sont parvenues à votre conseil; elles ne contiennent rien de bien important en dehors de ce que nous avons signalé à l'assemblée. Deux faits cependant doivent être portés à votre connaissance. Par sa lettre du i 3 novembre, M. Charrière dit que, si le traité qui est soumis à votre vote ne reçoit pas votre approbation, il considère son mandat comme terminé, et prie le conseil de recevoir sa démission de directeur d e la compagnie.
Le second fait concerne les anciens délégués. Par leur lettre du 3i octobre, M VI. Sauvage et Saint-Amand vous offrent, dans leur désir de contribuer à tout ce qui peut être utile à la colonie, de rester chargés de vos affaires sans aucun traitement. Le 29 novembre, après l'arrivée à Paris des pouvoirs donnés à M. Charrière pour traiter seul de la fusion avec les capitalistes, MM. Sauvage et Saint-Amand prient le conseil de déposer leur démission devant l'assemblée générale. Vous connaissez maintenant, Messieurs les actionnaires, la situation exacte de votre compagnie; nous vous l'avons exposée avec franchise et dans tous ses détails. Il ne nous reste plus qu'à soumettre à votre appréciation, à laquelle répondra votre vote : i° L'approbation des comptes de l'année 1861 ; 2 L'acceptation des conditions imposées par le gouvernement dans le projet de concession définitive des 2 0 0 , 0 0 0 hectares mis à votre disposition; 0
3° L'adoption des bases du contrat à passer avec les capitalistes métropolitains ; 4" Le projet de pouvoirs à donner aux mandataires de votre choix pour signer le contrat qui doit fusionner les intérêts des actionnaires primitifs de la compagnie avec ceux de nos futurs associés ; ô" La proposition présentée régulièrement, d'après les statuts, par vingt actionnaires, tendant à créer des économies qui permettent à l'avenir le payement de l'intérêt annuel des capitaux versés; 6° La nomination de deux administrateurs en remplacement de MM. Emler et Virgile, désignés par le sort comme ayant terminé leur mandat, Et d'un troisième administrateur, M. Goyriena s'étant retiré du conseil après avoir donné sa démission. En terminant, votre conseil d'administration vous dira, Messieurs les actionnaires, comme vous le disait, il y a un an, le rapport remarquable de notre président honoraire : « Nous croyons au succès de votre compagnie. » Pour n o u s , Messieurs, ce succès nous paraît être plus assuré que jamais Par la bienveillance éclatante que le gouvernement de l'Em-
pereur n'a cessé de montrer pour les colonies de la F i a n c e , les bras ne vous manqueront pas. P a r l'appui que le gouvernement de la Guyane vous a toujours donné auprès de S. Exe. le ministre de la marine, comme aussi par l'adjonction des capitaux métropolitains, ce que nous attendons, ce qui, ce nous semble, ne peut manquer d'arriver, tous les moyens d'exploitation seront mis à votre disposition. S'il en est ainsi, l'administration de votre société, confiée désormais à des hommes très-recommandables par leurs lumières, très-élevés dans la f i n a n c e , vous promet que bientôt l'or accumulé depuis des siècles dans le périmètre de vos 2 0 0 , 0 0 0 hectares ne restera pas stérilement enfoui dans des terres où la main »ie l'homme n'a jamais pénétré. Soyons heureux du choix que l'on a fait dans vos terres concédées, car, si les mêmes richesses existent dans toutes les parties du sol de la Guyane, nulle part, vous le savez, elles ne se sont révélées aussi abondamment que dans le bassin de l'Approuague.
Ayons donc grande confiance, nous, fondateurs de cette compagnie; unissons de tout c œ u r nos efforts et nos vœux à ceux de nos futurs associés de la métropole : nous serons alors fondés à croire cpie cette prospérité si souvent prédite et depuis si longtemps attendue, il nous est réservé de la voir se réaliser de nos jours. Tel doit être votre espoir, Messieurs les actionnaires; tel est celui de votre conseil d'administration. Approuvé en conseil d'administration. Cayenne, le y,5 janvier 1862. , Le Président
du conseil GEORGE
Le Secrétaire du conseil, Hipi-oi.YTK VIRGILE.
3,768 43
5,541 00 42,000 00 6,744 00 6,840 00
4 847 4 000 2 238 2 280 4 227 5 959 4 634 2 468 4 935
4,772 87
2,501 20
2,532 98
2,389 25
2,802 83
4,784 10
2,506 47
Septembre—
2,672 51
29,479 54
89,730 0C
5,805 00
6,504 00
4,962 00
47,877 00
3,684 00
Matériaux et matières Effets mobiliers et de ménage
60,250 46
3,298 83 2 9 910s d'or récolté, à 3 fr
4,749 90
2,459 47
15,428 78
4,294 75 Frets, frais de transport et autres
4,307 02
4.446 45 L i n g e , l i t e r i e , vêtements
9,498 80 Médicaments, instruments, etc
3,439 44
5,751 00
2,6 H 89
Eévrier
4,295 03
7,455 00
2,859 97
Tableaux d e « dépenses et des recettes «le 1SG1, par établissement.
89,730 00
4,278 92
6,729 48
5,492 32
44,534*24
Totaux—
48,003 93 31 3 ( 7 . 5 0
93,952 50
45,948 57
4,227 00
\ 409.00
3,756 63
3,450 88
3,509 12
4,439 40
7,908 00
3,768 6C
2.774 7«
6.336 00
6,582 80
10,275 00
4,276 37
5.533 63
9.810 00
4,442 40
41,464 74 4,788 60
3,535 26
Outils, ustensiles o u accessoires
CLASSEMENT RECETTES.
31^317e 5 0 d'or récolté, à 3 fr
48,003 93
Meubles et effets mobiliers Frets, frais de transport et autres
2,069 84
9,608 55
41,083 29
23,360 72
L i n g e , literie et vêtements
2.773 25 A p p o i n t e m e n t s , i n d e m n i t é s , loyers
2,546 01
3,606 29
2,l08 02
6,238 50
6,999 00
4,482 99
7,389 00
3,782 71
4,470 9S
6,579 00
2M93S00
2° Etablissement de Counamarè.
4,248 55 4.454 39
1,458 56
5,489 43
4,473 49
4,043 64
Excédant de r e c e t t e .
44,793 00
4,839 00 407 39
4,322 44
4,047 00
4 934? d ' o r r é c o l t é s , à 3 fr
Effets m o b i l i e r s o u de m é n a g e
L i n g e , l i t e r i e , vêtements
M é d i c a m e n t s , i n s t r u m e n t s , etc
A p p o i n t e m e n t s , i n d e m n i t é s , etc
O u t i l s , ustensiles o u accessoires
4,748 76 Vivres i r a i s , salaisons, etc
4,476 67
3,597 00
4,04 3 64
4M99*
A d é d u i r e l'excédant d e d é p e n s e .
40,34 7 54
4,899 49
4,530 24
3° Etablissement de Chicdagam.
4,475 49
40,34 7 51
613 07
4,629 95
6,044 5l
Excédant net d e d é p e n s e .
A d é d u i r e l'excédant d e r e c e t t e . .
-1,841 30
4,633 OC
Totaux, r.
846 OO
4SI 33 f
0 272«
O u t i l s , ustensiles et accessoires
543s d'or r é c o l t é , à 3 fr
4,844 50
182 30 A p p o i n t e m e n t s , i n d e m n i t é s , etc
364 63 f
4° Établissement de Fromager.
4.44 08 464 50 4,090 74
3,447 00' 3,075 00 4,887 Oo'
I 139 4 025 0 629
3,197 24
3,528 08
3,239 50
2,977 7-1
43,905 00
Excédant de recette..
A d é d u i r e l'excédant de d é p e n s e . .
27,542 47
46,392 83
47,759 4 2
3,630 76
6,828 00^
4,485 91
2,669 09
3,494 09
2,805 91
4,635 54
7,434 00
2,795 49
3,873 65
6,240 00
2,366 35
444*20
l,S72 00
0 624s
4,727 S0
Linge, literie o u vêtements
Excédant d e r e c e t t e . .
4 4 635s d ' o r r é c o l t é s , à 3 f r a n c s . .
27,54 2 4 7
4,294 75
Matériel o u matières
7,093 68
4,475 48
42,844 89
O u t i l s , ustensiles, accessoires, etc
o° Établissement de Sans-Rémission.
Meubles et effets m o b i l i e r s
2,234 21 2,508 00 2,6G8 74 4,580 44 2,445 5 3 1,917 44 2,341 26 2,504 39 4,869 29
35,392 5 3
Total des dépenses..,
L i n g e , literie, vêtements
35.392 5 3
4,584 34
6,015 54
6,545 66
4,463 66
44,046 24
Appointements et i n d e m n i t é s - . .
O u t i l s , ustensiles et accessoires..
3,391 42
Vivres f r a i s , salaisons, etc
3,346 26
6° Établissements de l'agence et de l'hôpital.
Gages des garçons de b u r e a u : 42 m o i s
2,336 87
Loyer d u siège social : 4 2 m o i s
6,839 94
T r a i t e m e n t de MM. V e r n i e r , R i v i e r r e , W a c o n g n e ; Routé et G e r m a i n , secrétaires 44,378 96
4,438 8 2
Total des dépenses 45,387 85
45,387 85
Frets et frais divers...
4,579 47 2,662 07
3,234 00
4,509 0 2
35,74 8 96 Salaires et gratifications à d i v e r s . .
4,4 00 00
2.842 70
4,330 26
2,364 87
Traitementdudirecteur:42moiset6moisdesupplément.
4,462 13
Traitement des deux d é l é g u é s : 4 2 m o i s
Vivres et frais de table a l'agence o u a la Jamaïque 3,620 02
4,352 77
7° Frais
3,865 74
5,533 30 Matériaux, matières et matériel 48,383 62 Meubles et effets m o b i l i e r s , etc
35,079 00 24,423 00 22,650 00 24,4 14 00 34,044 Ofl 46,287 00
7 444.00 7 550.00 7 037.00
15,157 32
H 6,442 48 14 6 9 3 . 0 0
20,798 43
18,784 26
45,577 70
42,657 38 40 3 4 7 . 0 0
84 3 3 8 . 5 0 244,045 50
44,919 0C
5,604 97
Excédant de recette.
497,905 03
45,64 3 28
46,771 87
5 513.00 3 973.00
46,949 79
662 79
4,794 48 A p p o i n t e m e n t s , i n d e m n i t é s , etc 18,636 82 Salaires et gratifications
46,954 50
46,539 0C
4,428 44
47,265 00
5 755.00
16.136 56
46,440 i'i
54,74 5 44 k
8 4 338« 5 0 d ' o r r é c o l t é , à 3 f r .
925 72 Dépenses i m p r é v u e s
Frets, frais de transp', ports de lettres, etc..
624 53 M é d i c a m e n t s , instruments, etc
Vivres frais, salaisons, l i q u i d e s , etc
46,44 9 00
5 473.00 f
13.593 93
89*34
4 7,334 00
5 777e00
47,420 3l
8° Récapitulation par mois des dépenses et des recettes de l'exploitation aurifère seulement, savoir:
46,410 57
244,045 50
7,613 07
44,640 56
4,344 60
4,250 98
32,330 82
62,877 74
3,012 55
73,845*74
4.203 20 5,237 08 2,643 50 4,64 6 30 4,326 50 4,138 90 2.023 90 699 00 834 80
42,876 43
6.083 35 V.0f> 39 2,739 20 2,468 43 4,936 49 5,547 75 4,449 51 4,286 49 4,438 40 3.84 4 30 4,263 84
54,864 87
Reste en excédant de d é p e n s e .
Excédant de d é p e n s e .
27,274 44
12,970 64
14,303 80
8,64 2 64
Par sucre et tafia à tourner ou fabriquer. -
Par sucre et tafia livrés à valoir sur récolte pendante , 38,891 23
51.861 87
2,501 85 Total des dépenses
3,240 50
Frets et frais divers Dépenses i m p r é v u e s , c o n s t r u c t i o n s , etc
9,523 74
14,349 00
Salaires, gratifications Médicaments
8,087 46
(3.313 15
A p p o i n t e m e n t s , indemnités
Outils, ustensilesetc
I. A N N É E .
Vivres f r a i s , salaisons, liquides
3,587 49
2,425 64
4,860 30
S30 69
4,378 85
3,609 99
4,880 45
4,4 4 4 52
8,675 Od
4,758 42
DÉPENSE-
EXCÉDAM
9° Habitation Jamaïque.
Totaux des deux exploitations. 249,766 90
SI 338-30 282,906 73
93,927 52
42,970 64
33,439 83
127,067 35
34,864 87
Habitation la Jamaïque.
38,894 23
80,936 88 427,067 33
84 3 3 8 . 5 0 244,043 50
497,905 0 3
Totaux aurifères.,
476*50
4.635 00
43,387 85
Frais g é n é r a u x . . . .
0 545.00
EN II 30
I (.793 00
35,392 53
10.347 31
45,948 57 a mi
60,250*46
33,392 53
44 <;35.00
27.:; 12 17
Sans-Tiéniission—
93.952 50
Agence et hôpital..
34 3 4 7 . 5 0
48,003 9 3
Couuamaré
29 9IO*00
29.479*54
10° Récapitulation par établissement des dépenses et recettes de 1861.
23,360 72 6,044 54
4,475 48 4,463 66
782 50 550 70
87,094 89 3,522 65
43,313 45
759 0C
70,964 87
35,74 8 96
4,485 0C
2,842 70
44,083 28
73,784 74 3,076 55
Agence ethôpital.
5,492*32
42,74 4 89
2,069 84 643 07
25 00 25 40
433 00 5 50
6,045 54
46,679 82 4,424 38 4,539 60
24,466 27
44,349 00
4,278*92
44,640 50
et vête-
MÉDICA-
32,330 82 4,250 98 4,344 60
707*84
40,347 54
29,479*54
49 00 10,853 57 3,504 85 249,766 90
3,240 50 2,504 85
49 00 7,64 3 07 4.000 00 497,905 03
44 Ofl 1,584 34 4,000*00
H" Récapitulation par nature de dépense pour l'année 1861.
260 5 4 S . 0 0
56 8 5 3 . 9 5
Total de l'or a c h e t é .
347 4 0 1 . 9 5
72 2 4 7 . 0 0
54 4 9 5 . 0 0
Total de t o r acheté
41 972«35
4856 et 4 8 5 7 . Or acheté a divers
depuis sou
81 3 3 8 . 5 0
41 0 8 8 . 5 0
1858...,
41*379« 00
QI AMTi'ÉS RÉCOLTÉES.
Tableau comparatif des quantités d'or récoltées ou achetées par la compagnie de l'Approuague comme suit, savoir:
BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1861.
ACTIF. Espèces en caisse § la direction de la compagnie
4,172' 35
Or eu caisse de la direction récolté en novembre et décembre d e r n i e r , 9 kit. 4 8 0 gr., à 3 francs
28,458 00
Or expédié par le Paquebot, 1 voyage, 16 envoi de 2 0 kil. 397 g r . , à 3 francs 79,191 00 e r
Or expédié par Roselia, 1 T envoi de 2 2 kil. 740 gr., a 3 francs.. 68,220 00 117,411 0 0 Ensemble
1 8 0 , 4 9 2 10
A déduire solde dû a la banque suivant son c a r n e t . .
16,769 9 3
1 0 3 , 7 2 ^ 17
Divers comptes débiteurs au g r a n d - l i v r e . .
23,415 55
Mobilier et effets du siège social, total de ce compte au grandlivre
3,513 4 0
Matériel, réactifs, instruments et ustensiles d'ingénieur, suivant facture
Total de l'inventaire de l'agence et de l'hôpital au 31 décembre IStVl . . . . 20,282 00 r
Total de l'inventaire d'Aïcoupaïe au 31 décembre 1861
8,524 2 8
Total de l'inventaire de Counamaré au 31 décembre 1861
5 , 9 7 3 10
Total de l'inventaire de Sans-Rémission au 31 décembre 1861
8,904 9 2 4 3 , 6 8 4 30
7 1 , 1 4 4 9 0 163,722 1T
— 38 — r
7 1 , 1 4 i 9 0 163,722' 17
Valeur de l'habitation la J a m a ï q u e , prix d'achat suivant acte 140,000' 00 Frais d'acquisition etdeux annuités d'intérêts payés. Prix et frais d'acquisition
4 , 5 9 9 59 144,599 59
Augmentation et plus-value de ladite habitation, pour complément d'inventaire 8 3 , 1 7 5 36 Total de l'inventaire de l'habitation la Jamaïque
227,774 9 5
Valeur de 1 4 , 9 8 0 mois d'engagement de 2 8 9 immigrants, tant Chinois que coolies et Africains, a 7 francs 104,860 0 0 403,779 85 Total de l'actif
567,502 02
PASSIF. Huit annuités restant à 1 4 , 0 0 0 fr
dues pour l'habitation
la J a m a ï q u e , 112,000 0 0
Solde du compte d'effets a payer pour annuités d'immigrants et un versement 39,045 30 Divers comptes créanciers au grand-livre pour appointements de décembre et loyer
7 , 0 4 3 74
Divers actionnaires qui ont payé le premier quart en coupons de division
158,906 1 0
Solde pour capital net
S o m m e égale à celle de l'actif
COMPAGNIE DE L'APPROUGUE.
ASSEMBLÉE G É N É R A L E DU 2 6 JANVIER 1862.
PROCÈS-VERBAL DE LÀ SÉANCE.
Aujourd'hui dimanche 2 6 janvier 1 8 6 2 . à huit heures dn m a t i n , les actionnaires de la compagnie de l'Approuague, régulièrement convoqués, se sont réunis en assemblée g é nérale, dans la salle de la mairie de Cayenne. L'assemblée se compose des actionnaires propriétaires de quarante actions au moins déposées au siège social, suivant les prescriptions de l'article 3 8 des s t a t u t s , et dont la liste, arrêtée hier, en séance du conseil d'administration, donne un nombre de soixanteneuf déposants, propriétaires de sept mille trois cent quarante-sept actions. A l'ouverture de la s é a n c e , la liste nominative et signée prescrite par l'article 47 des statuts constate soixante-quatre membres présents ou représentés, porteurs de six mille neuf cent dix-huit actions, ayant droit a cent quarante-six voix. Cette liste sera annexée au présent procès-verbal. La séance est ouverte par M . G. EMLER, président du conseil. Les deux, plus forts actionnaires inscrits et p r é s e n t s , M M . Z. CARN.VVANT et P . F . VIRGILE, docteur médecin, prennent place au bureau comme scrutateurs. Ainsi composé, le bureau appelle M . MERLET aîné à remplir les fonctions de secrétaire. L'ordre du jour, arrêté par le conseil d'administration dans sa séance du 2îi courant et affiché dans la salle, est ainsi conçu : 1° Lecture du rapport du conseil ; 2" Lecture du rapport de la commission de comptabilité-, 3° Lecture du rapport de la commission chargée de la visite des établissements de la compagnie do l'Approuague; 4" Vote sur les comptes de l'année;
— 40 — S" Vole sur la démission do M M . SAUVAGE et SAINT-AMAND^
6° Lecture du paragraphe de la lettre de M . ÇHARRIÈRE du 1 5 novembre 1801 ; 7° Proposition (aile, conformément aux s t a t u t s , diî vingt actionnaires; 8° Vote sur les conditions imposées par le gouvernement pour la concession définitive de deux cent mille hectares : 9" Vole sur le projet de traité avec les capitalistes: 10" Vole sur les pouvoirs a donner pour passer le traité; 11" Nominations de deux administrateurs en l'emplacement des deux sortant, et d'un administrateur en remplacement de M . GOYRIENA, démissionnaire. Le président donne lecture du rapport présenté par lui au nom du conseil d'administration. Ce rapport est entendu avec le plus vif intérêt. M . GOYRIENA, rapporteur d'une commission de comptabilité nommée par l'assemblée du 2 9 septembre 1 8 0 1 , lit son rapport. M. A. COIJY, membre d' une commission nommée dans la morne séance pour une mission a Approuaguc, en rend compte à l'assemblée. Ces deux rapports sont également écoutés avec la plus grande attention ; ils obtiennent tous les trois l'approbation générale. Les comptes de l'exercice 1861 sont soumis au vote de l'assemblé cl adoptés à l'unanimité. Le président donne lecture d'un paragraphe d'une lettre de M M . SAUVAGE et SAINTAJÎAND, délégués, datée de P a r i s . 2 9 novembre 1 8 6 1 , relatif a leur démission, qu'ils prient le conseil de présenter a l'assemblée. Cette démission est mise aux voix et adoptée. L'ordre du jour appelle la lecture d'un passage d'une lettre du 1 5 novembre dernier de M . ÇHARRIÈRE. dans lequel il olfre sa démission et prie le conseil de procéder i m m é diatement a son r e m p l a c e m e n t , si l'assemblée n'adhère pas au projet de traité avec les capitalistes métropolitains. Le président honoraire du conseil d'administration, M . FKANCONIE, fait observer qu'il y a lieu d'intervertir l'ordre du jour et de statuer d'abord sur le rejet ou l'adoption du projet de traité a passer avec les capitalistes. Le président donne lecture de ce d o c u m e n t : « Entre les soussignés : « M M . Henri SAUVAGE , rentier, demeurant a P a r i s , rue d'Amsterdam, n° 3 9 « FOURNIES SAWT-AMAND, rentier, demeurant à P a r i s , rue Pigale, n° 18« Jules-Aristide ÇHARRIÈRE, lieutenant-colonel d'infanterie de marine en mission hors cadre, chevalier de la Légion d'honneur, directeur de la compagnie de l'Approuague demeurant actuellement a P a r i s , rue d e l à Ville-l'Évêque, n° 3 8 ; « Tous trois agissant comme mandataires et en vertu des pouvoirs réguliers qu'ils ont reçus de la compagnie anonyme de l'Approuague, établie a la Guyane française, pour la recherche et l'exploitation par privilège des gisements aurifères; sur une étendue de deux cent mille hectares concédés par l ' É t a t ,
« D'une p a r t , « Et M M . . . . « 11 a été convenu ce qui suit : E R
« ARTICLE 1 .
« Le capital de la compagnie de l'Approuague, qui est actuellement de deux millions, représenté par vingt mille actions de cent francs, sur chacune desquelles il n'a été versé que vingt-cinq francs, sera porté d'abord à deux millions cinq cent mille francs, et ensuite a quatre millions. » Cette augmentation du capital social aura lieu de la manière suivante: « Les vingt mille actions actuellement existantes seront converties en cinq mille actions a raison de quatre pour u n e , et les vingt-cinq francs payés sur chacune desdites vingt mille actions, étant appliqués à l'action nouvelle, solderont définitivement les cent francs qui en formeront le capital. « Il sera créé d'abord vingt mille actions nouvelles, et ultérieurement quinze mille actions, pour compléter lesdils quatre millions. « Toutes les actions seront au capital de cent francs et conféreront les mêmes d r o i t s , quelle que soit l'époque de leur création. « ART.
« Pour la création des vingt mille actions nouvelles, MM s'engagent a ouvrir ou a faire ouvrir a Paris, sous leur patronage et aussitôt qu'ils le j u g e ront convenable, d'après la situation du marché financier, une souscription publique. Elle sera ouverte par préférence au Comptoir d'escompte de P a r i s , et les fonds en p r o venant seront déposés audit Comptoir pour être tenus à la disposition de la compagnie. « Anr. 3 . « Quant aux quinze mille actions qui compléteront le fond social, elles seront également l'objet d'une souscription publique ouverte dix-huit mois après la clôture de la p r e m i è r e ; mais lesdites actions seront attribuées par préférence, savoir : « Dix mille aux porteurs des cinq mille actions provenant de la conversion de celles actuellement existantes, a raison de deux nouvelles par chaque action ancienne, « Et cinq mille a MM à cause de leur concours et de leur patronage pour rémission nouvelle. « Celles desdiles actions nouvelles qui ne seront pas prises par ceux qui y auront droit appartiendront seules aux souscripteurs étrangers à la société. « ART.
« Les cent francs a verser pour chaque action souscrite seront payables : « Vingt-cinq francs en souscrivant, 4
« Vingt-cinq francs au moment de la repartition des actions entre les propriétaires. « Et cinquante francs six mois après le jour de la clôture de la souscription. « ART. 5.
« Les actions ne pourront être émises au porteur qu'après leur entière libération • a partir de cette époque, elles pourront être à volonté nominatives ou au porteur. « ART. 6 .
« Le siège de la société sera à Paris. « Leconseil d'administration se réunira à P a r i s , mais il nommera un conseil de trois membres résidant à la Guyane pour le représenter. « ART. 7.
« Les versements sur les actions, le payement des intérêts et dividendes et les transferts desdites actions, se feront a Paris et à la Guyane. « ART.
« Le fonds de réserve de la société sera formée par un prélèvement a n n u e l , qui sera seulement de 5 p. 0 / 0 des bénéfices n e t s , au lieu de 10 p . 0 / 0 , ainsi qu'il avait é t é dit dans l'article 5 0 des statuts. « Art. 9 . « Le conseil d'administration provisoire se composera de neuf membres au plus. MM sont dès à présent nommés membres dudit conseil provisoire, et ils sont autorisés à s'adjoindre telles personnes qu'ils jugeront à propos pour compléter ledit conseil. K
« La présente convention pourra être communiquée au g o u v e r n e m e n t , afin de faire modifier les statuts qui régissent actuellement la société et les m e t t r e eu harmonie avec les dispositions contenues dans les articles ci-dessus. Une assemblée générale des a c tionnaires anciens ratifiera nécessairement les présentes conditions, lesquelles, du reste ne seront obligatoires qu'autant que le gouvernement aura signé le traité définitif prévu par l'article 4 du décret impérial approuvant la compagnie de l'Approuague en date du 2 4 mai 1 8 5 7 . » M . FRANCONIE fait la proposition suivante : « L'assemblée adhère à ces propositions, à la condition qu'elles auront été acceptées par les capitalistes antérieurement a l'arrivée a Paris de la présente décision. Dans ce cas l'assemblée maintient le mandat donné à M. ÇHARRIÈRE, mais jusqu'au 3 1 mars seulement. Au cas c o n t r a i r e , elle annule tous les pouvoirs qui lui ont été conférés, soit par l'assemblée, soit par le conseil d'administration. » L'assemblée est alors appelée il voter sur le projet de traité avec les capitalistes, et
— 43 — l'adopte, sous la condition exprimée dans la proposition de M. FRANCONIE susrelatée, qui est également approuvée. Vu l'heure avancée, le président, après avoir consulté l'assemblée, suspend la séance et la renvoie à deux heures de l'après-midi. A deux heures et demie, la séance est reprise. Le président fait l'appel nominal. Le nombre des actionnaires présents n'étant point, eu ce m o m e n t , suffisant, aux termes de l'article 4 5 , pour délibérer sur la première q u e s tion à l'ordre du jour, relative aux conditions imposées par le gouvernement pour la concession définitive de.deux cent mille hectares de t e r r a i n , mais l'assemblée, cependant, se trouvant toujours légalement constituée par la présence de plus de vingt m e m b r e s , réunissant plus du cinquième des actions du capital social, le président déclare qu'il va intervertir l'ordre du jour et mettre en délibération les questions que lui permet de p r é senter et de faire résoudre l'article 41 des statuts. Lecture est donnée de la proposition faite conformément aux statuts par vingt actionnaires , et conçue en ces termes : « Questions à soumettre à l'assemblée générale 4es actionnaires de la compagnie de l'Approuague. « Les soussignés, membres de la compagnie de l'Approuague, « Considérant qu'il est d'une sage administration de maintenir les dépenses de la société en rapport avec ses p r o d u i t s , afin d'assurer, par une économie bien c o m p r i s e , le service des intérêts du capital engagé dans l'entreprise par les actionnaires, ainsi qu'un dividende dans la répartition des bénéfices. « Déclarent, conformément à l'article 4 4 des s t a t u t s , soumettre a l'examen et h la décision de l'assemblée générale les propositions suivantes : « 1° Y a-t-il lieu d'accepter l'offre faite, par MM. Henri JSAUVAGE et FOURNIER SAINTAMAN», de continuer gratuitement leur mandat de délégués jusqu'à la réalisation du projet de fusion entre les capitalistes métropolitains et les actionnaires de la compagnie? « 2" N'y a-t-il pas lieu de réduire le traitement annuel de 1 2 , 0 0 0 francs alloué à M. CHARRIÈRE, directeur de ladite compagnie et actuellement en F r a n c e , à la somme de 6,000 francs, et de lui signifier d'avoir à rentrer a Cayenne pour y reprendre son service? « Ces dispositions paraissent aux soussignés de nature a réaliser le but qu'ils se p r o posent d ' a t t e i n d r e , puisqu'il en devrait résulter, sur la dépense annuelle, une économie de 2 0 , 0 0 0 francs, suffisante pour assurer le service des intérêts du capital engagé. » Cayenne, l e 9 j a n v i e r 1862. » Suivent les signatures de vingt m e m b r e s . Sur le paragraphe intitulé : 1° de celte proposition, l'assemblée décide qu'il est inutile à r é s o u d r e , p a r l a raison que la démission de MM. SAUVAGE et SAINT-AMAND , postérieure à leur offre de représenter gratuitement la compagnie à P a r i s , implique de leur part une renonciation h cette même offre.
— 44 — Sur le deuxième paragraphe, intitulé : 2° de ladite proposition. plusieurs personnes demandent si l'expression tous pouvoirs, mentionnée dans la proposition FRANCONIE, adoptée ce m a t i n , se rapporte aussi bien à la position de M. ÇHARRIÈRE comme directeur qu'il celle de délégué de la compagnie, M. FRANCONIE se lève et explique a l'assemblée qu'il a entendu comprendre dans sa proposition l'annulation de l'une et de l'autre position, et révoquer, en conséquence, tous les pouvoirs qui s'y rappportent. L'assemblée déclare q u e , dans son vote de ce m a t i n , elle n'a pas compris autrement la proposition de l'honorable M. FRANCONIE.
M. JACQUET formule un a m e n d e m e n t ainsi conçu : « Je demande q u e , en conséquence de l'adoption de la proposition de M. A. FRANCONIE, maintenant temporairement a M. ÇHARRIÈRE sa qualité de délégué à P a r i s , le conseil ait a faire le plus promptement possible le choix d'un directeur des mines a Cayenne, en remplacement de M. ÇHARRIÈRE , résidant a Paris. » Au m ê m e instant M. Philistall URSLEUR introduit un deuxième amendement : « Le conseil d'administration est invité à pourvoir, sans délai, à la direction de la compagnie a Cayenne et sur les placers; il est autorisé, en outre, à réduire, si les circonstances le p e r m e t t e n t , le traitement de la personne qui sera chargée de ces fonctions. » Un troisième amendement est proposé par M. DUNEZAT : « Attendu qu'il ne résulte pas de la délibération de ce matin que M. ÇHARRIÈRE ne soit plus directeur; que la direction n'est pas vacante; que d'ailleurs, en présence de la lettre de M. ÇHARRIÈRE et de sa démission conditionnelle, il n'y a pas u r g e n c e , je demande que l'assemblée décide qu'il n'y a pas lieu de voter sur la proposition do M. URSLEUI< et celle de M. JACQUET. »
M. JACUUET, ayant renonce il son a m e n d e m e n t , qui lui semble reproduit par celui de M. URSLEUR, se rallie à cet "amendement. L'assemblée vote d'abord sur l'amendement DUNEZAT et le repousse, puis elle délibère sur l'amendement URSLEUR et n'en adopte que le premier paragraphe, qui invite le conseil à pourvoir sans délai à la direction de la compagnie. l.c
DEUXIÈME PARAGRAPHE, RELATIF AU TRAITEMENT, EST REJET/, ET L'ASSEMLILÉE , SE r e n f e r -
n ant dans les prescriptions de l'article 37, vote elle-même le traitement annuel à allouer au directeur que nommera le conseil. Ce vote, fait au scrutin s e c r e t , limite le traitement a 6 , 0 0 0 francs, par une majorité de soixante-seize voix contre cinquante et u n e , qui demandaient à en laisser la fixation au conseil. M. GOYRIENA demande s i , dans ce chiflïc de 0 , 0 0 0 FRANCS, sont compris les frais de nourriture et autres. L'assemblée déclare laisser au conseil d'administration le soin de régler ce détail. L'assemblée se trouvant on ce moment en n o m b r e , soixante-quatre membres présents, possédant six mille neuf cent dix-huit actions, pour délibérer sur les conditions imposées
— 45 — par le gouvernement pour la concession définitive de deux cent mille h e c t a r e s , le président donne lecture de ce d o c u m e n t , ainsi conçu : « PARIS, LE 1 9 NOVEMBRE ISCH.
« A MM. SAINT-AMAND j Henri SAUVAGE et CHARRIÈRE , représentant la compagnie d'Approuague à Paris. « Messieurs, j'ai l'honneur de vous remettre ci-joint le dispositif d'un projet de décret relatif au traité à passer avec la compagnie des mines d'or d'Approuague, aux termes de l'article 4 du décret constitutif du 2 0 mai 1 8 5 7 . « Je suis disposé à soumettre cet acte à la sanction de l'Empereur, lorsque M. le m i nistre du commerce m'aura fait connaître qu'il est prêt lui-même a présenter à Sa Majesté le décret qui aura pour effet d'introduire dans les statuts de la compagnie des modifications en vue de lui assurer le concours des capitaux métropolitains, e t , par s u i t e , d e réaliser la translation du siège social à Paris. u J'en informe M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, auprès duquel il vous appartient maintenant de vous pourvoir, et je lui adresse une copie du m ê m e projet de décret. « Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée. « Le Minisire de la marine et des colonies. « POUR LE MINISTRE ET PAR SON ORDRE :
a Le Conseiller d'Etal Directeur des colonies, « ROIJOUX. »
P R O J E T DE DÉCRET. e r
« Article 1 . Est considérée comme accomplie la période d'essai à l'expiration d e laquelle doit être passé entre l'Etat et la compagnie de l'Approuague le traité définitif prévu aux articles 3 et 4 du décret du 2 0 mai 1857. a Art. 2 . Ksi OOILLIRILLOE dans LES LIMITES SPÉCIFIÉES A l'ARRÊTÉ DU GOUVERNEUR DE LA Guyane, tlti 13 août 1857, et pour avoir ses oiîels jusqu'au 1 janvier 1883, la c o n c e s sion du droit DO RECHERCHE ET D'EXPLOITATION D E S GÎTES AURIFÈRES, SUR U N E ÉTENDUE D E DEUX, cent mille HECTARES , faite A LA C O M P A G N I E , DANS LE QUARTIER DE l ' A P P R O U A G U E , PAR LE DÉCRET rappelé à l'ARTICLE PRÉCÉDENT. <i Art. 3 . A l'expiration d e la période indiquée dans l'article p r é c é d e n t , les terres dont l'exploitation agricole et industrielle aura ÉTÉ entreprise par la compagnie pourront, sauf les droits d ' a u t r u i , lui être remises en toute propriété. « A r t . 4 . La compagnie sera e x o n é r é e , pendant-les six premières années a dater du présent d é c r e t , de la redevance*fixe portée en l'article 3 4 de la loi du 31 avril 1 8 1 0 . « La compagnie sera pareillement exonérée , pendant les cinq premières a n n é e s , d e e r
— 46 — la redevance proportionnelle ; mais, a l'expiration de ces cinq années, elle y sera soumise, dans les limites déterminées annuellement par le budget de la colonie, d'après le produit net de ses exploitations aurifères. « Art. 5 . Si, dans le cours de la première année il partir de la date du présent décret, la compagnie n'avait p a s , e t sauf les cas de force majeure, introduit, pour le développement de ses exploitations aurifères et agricoles, un nombre de cinq cents travailleurs l i b r e s , la concession indiquée à l'article 2 sera de plein droit réduite de moitié. « Une réduction proportionnelle pourra être faite par un a r r ê t é du gouverneur d a o l le cas où il ne serait pas introduit deux cent cinquante travailleurs pendant la seconde a n n é e , e t pareil nombre pendant la troisième. « La compagnie sera alors déchue de tout privilège pour la recherche et l'extraction de l'or dans l'étendue d e s t e r r a i n s , qui auront fait retour au domaine public. « Art. 6 . Des transportés pourront être mis a la disposition de la compagnie; ils s e ront employés sous la surveillance de l'administration, a charge par la compagnie de se conformer aux règlements rendus par l'autorité locale pour l'entretien de ces transportés, qui seront comptés comme é m i g r a n t s e t admis dans le calcul qu'il pourrait y avoir lieu d e faire conformément a l'article 4 . <t Art. 7 . Sont maintenues toutes dispositions non contraires au présent décret. « Art. 8 . Notre ministre de la marine et des colonies est chargé de l'exécution du présent décret. . « P o u r copie conforme : « H E N R I SAUVAGE, SAINT-AMAND. » L'assemblée, appelée à voter, adopte a l'unanimité. Le modèle envoyé de France pour les pouvoirs relatifs au projet de fusion avec les capitalistes et sa présentation au conseil d'Étal est mis aux voix. L'assemblée vote a l'unanimité ces pouvoirs et décide qu'ils seront faits en forme a u t h e n t i q u e , et expédiés en raison des besoins que l'on pourrait en avoir près du gouvernement. Ces pouvoirs sont ainsi conçus : « L'assemblée générale donne pouvoir a M « De faire, au nom de tous les porteurs actuels des actions de la compagnie de l'Approuague , les modifications ci-après aux statuts de ladite compagnie. « Le capital social, fixé en ce moment a 2 millions, sera augmenté et porté d'abord ii 2 , 5 0 0 , 0 0 0 francs, e t ensuile a 4 millions, de la manière suivante : « Les vingt mille actions existant actuellement, et sur chacune desquelles il a (Hé payé seulement 2 5 francs, seront converties en cinq mille actions également de 1 0 0 francs, a raison de quatre pour u n e , et q u i , au moyen de l'application desdits 2 5 francs à l'action nouvelle, se trouveront entièrement libérées. « P u i s il sera fait une première émission de vingt mille actions et une seconde é m i s sion de quinze mille a c t i o n s , toutes au capital de 100* francs. « La première émission aura lieu par souscription publique, sous le patronage d<?
— 47 — M et aussitôt le moment favorable; elle sera ouverte par préférence au comptoir d'escompte de P a r i s , où seront versés les fonds qui en proviendront. « La deuxième émission sera faite de la même manière , dix-huit mois après la clôture d e la p r e m i è r e ; mais les quinze mille actions qu'elle aura pour objet seront attribuées par préférence, savoir : dix mille aux porteurs des cinq milles actions provenant de la conversion de celles existant actuellement, à raison de deux actions pour chacune de celles-ci, et cinq mille a M M de leur patronage.
à cause de leur concours et
» Les cent francs à verser par chacune des actions des deux émissions seront payés, savoir : « Vingt-cinq francs en souscrivant, « Vingt-cinq francs au moment de la répartition des actions entre les souscripteurs, « Et cinquante francs six mois après le jour de la clôture de la souscription. « Toutes les actions pourront être a volonté nominatives ou au porteur, mais seulement à partir du jour où elles auront été entièrement libérées. « Le siège de la société sera à Paris. « Le conseil d'administration se réunira à P a r i s , mais il aura un comité de trois m e m b r e s résidant à la Guyane. « Les versements sur les actions et !e payement des intérêts dividendes se feront à Paris et à la Guyane. u Le prélèvement à faire chaque année pour la formation du fonds de réserve sera réduit a 5 p. 0/0 du bénéfice net. « Le conseil d'administration provisoire se composera de MM et des personnes qu'ils sont autorisés à choisir pour le compléter. « Les mandataires ci-dessus désignés sont autorisés a souscrire l'acte qui contiendra ces modifications et à en poursuivre l'approbation, comme aussi à proposer tous c h a n gements qui leur paraîtraient utiles et à consentir toutes suppressions, additions et modifications qui seraient demandées pour parvenir h ladite approbation, et à passer et. signer tous actes à cet effet. » Le président donne lecture d'une lettre de M . GOYRIENA, ainsi c o n ç u e : « Jusqu'à présent, tous les projets de réforme présentés au conseil des mines de l'Approuague, pour sortir des errements actuels, ont sans cesse été accueillis avec e m p r e s s e m e n t ; mais l'exécution en a toujours été ajournée, sous divers p r é t e x t e s , jusqu'à la réalisation d'événements qui semblaient devoir changer la face des affaires de la société. « Si la commission confiée à M . •le directeur CHARRIÈRE doit être amenée à bonne fin, nous serons les premiers à nous en féliciter ; mais, m ê m e avec la certitude du succès, il nous parait indispensable de supprimer d'abord les abus existants, qu'on ne saurait tolérer d a v a n t a g e , et nous demandons qu'un projet de réformes utiles soit étudié et mis eu pratique, assurés d'avance que, si la société se reconstitue avec d'autres éléments.
le bien qui aura été fait n'en subsistera pas moins dans l'intérêt des nouveaux comme dans celui des anciens actionnaires. « Cayenne, le 2 6 janvier 1 8 6 2 . « Signé GOYRIENA. »
L'assemblée, consultée sur la teneur de cette lettre, exprime le désir de la voir prendre en considération par le conseil. M. JACQUET formule la proposition suivante : « J e demande que l'assemblée invite expressément le conseil d'administration à entrer dans les voies d'ordre financier et économique, cl à adopter les réformes dans la régie de l'habitation la Jamaïque et des divers établissements d e l à compagnie, à A p prouague, indiqués dans les rapports de MM. GOYRIENA et COUY. » Cette proposition est mise aux voix et adoptée. M. GOYRIENA demande s'il ne serait pas nécessaire, dans l'intérêt de la compagnie de procéder au remplacement de M. SAUVAGE comme m e m b r e du conseil d'administration sa résidence en Europe paraissant être sans esprit de retour. M. A . COUY propose à l'assemblée de laisser au conseil le soin d'écrire à ce sujet a M. SAUVAGE.
L'assemblée adopte. M. le président annonce qu'il va être procédé par bulletins" secrets à la nomination de trois administrateurs, en remplacement de MM. G . EMLER et VIRGILE, m e m b r e s désignés par le sort comme ayant fini leur m a n d a t , et GOYRIENA, démissionnaire. Soixante bulletins sont déposés dans l ' u r n e , représentant six mille six cent vingt-trois actions et cent trente-neuf voix, devant se rapporter a trois administrateurs à élire, soi! quatre cent dix-sept suffrages; majorité, sur cent trenle-neuf voix, soixante-dix. Le scrutin donne les résultats suivants : G. EMLER IL
1 2 3 voix. 81 .'
ClIATELLIER
GOYRIENA
URSLEUR
« n 409
Un bulletin de quatre voix n'ayant exprimé qu'un n o m , manquent Total
— 49 — M M . EMLER, VIRGILE et B E S S E , ayant réuni la majorité des suffrages, sont proclamés
m e m b r e s du conseil d'administration de la compagnie de l'Approuague. Sur la proposition de plusieurs actionnaires, l'assemblée vote des remercîments au président et a M M . Cour et GOYRIENA pour les remarquables et consciencieux rapports qui lui ont été lus au début de la séance, et demande par acclamation l'impression d e ces trois documents et de leurs annexes. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à sept heures du soir. * De tout ce que dessus a été dressé le procès-verbal, s i g n é , après lecture, par le p r é sident, les scrutateurs et le secrétaire. Suivent les signatures. e
Enregistré à Cayenne, le \ " février 1862, f° 52 v°, c l ; reçu \ franc.
H. DE SAINT-QUANTIN.
-50— LISTE
des actionnaires présents et composant Vassemblée générale du 2 6 janvier 1 8 6 2 , conformément à l'article 47 des statuts, savoir :
NOMBRE NOMS DES ACTIONNAIRES.
Franconie (Alexandre) Emlcr (George)
Carnavant BUJA PÈRE
Goyricna (Thomas) Gouy I Alexandre) Virgile (Hippolyte) Lalanne père Bouté (Edouard) Germain Besse (Gaétan) Pascaud-Sablon, veuve Bidon. Lise Pascaud-Sablon ( D ) . . . . Martin père Chatellier (Jean-Jacques) Claude (Alphonse) Favard (Michel) Giaimo (Ernest) Bozonnèt (Claude) Ilertcl (Henry I Merlct aîné Marin (Eugène) Ménard (Aniédée) liontemps (Albert-Guillaume). Le Borgne père Lcsagc (Edouard) Jacquet, greffier Guérin père De Saint-Quantin (Hippolyte). l l c
CANDOLLE PÈRE
Gautrez ( Eugène) Pierre Eudore Pain (l'hanor) I,ouvrier-Saint-Mary Pain (Henry), magistrat Ursleur (Philistall) Charron aîné Fouré (Jean-Baptiste) Asloul (Jean-Pierre) Augcr (Jean-Baptiste) Lambert, veuve l a h n h o l t z — Sauvage (Henry) Charrière (Aristide) Kerhuel, médecin Virgile, docteur médecin. Virgile, veuve Fcrjus — Daubriac, courtier
Rivière (Léon)
SIGNATURES DES MEMBRES PRESENTS
d'actions de voix.
60 400 225 460 425 50 400 70 60 98 200 200 80 65 85 60 86 50 70 40 40 40 54 494 55 200 200 360 200 40 100 80 4G 435 50 402 462 47 400 400 400 40 140 40 308 450 160 70 5,037 I MJH
\ 4 5 5 4 3 4 2 4 4 2 5 5 2 4 2 4 2 1 1 1 I I 4 4 I 5 5 5 5 4 2 2 I 3 4 2 4 4 2 2 2 4 3 4 5. 3 4 I 116
A. Franconie aîné. George Emler. I. Carnavant. P. Buja. Goyriena. A. Couy. H" A. Virgile. Ç. Lalanne. E Bouté. Germain. G. Iîesse. TJ. Martin, par procuration. A. Couy, par procuration. U. Martin. J. Chatellier. A. Claude. A. Couy, par procuration. E. Giaimo. E. Giaimo, par procuration. E. Martin, par procuration. Merlct aîné. Marin. Amédéc Ménard. Marin, par procuration. Amédéc Ménard, par procuration. E. Lcsagc. r d
P. Jacquet. P. Jacquet, par procuration. A. Franconie aîné, par p" . Philistall Ursleur, par procuration. Eug. Gautrez. P. Fudore. Ë. Giaimo, par procuration. Louvrier-S*-Mary. II. Pain. Philistall Ursleur. Charron aîné. Fouré. ,1. P. Astoul. P. Wacongne, par procuration. C. Lalanne, par procuration. C. Lalanne, par procuration. P. Wacongne. P. Wacongne, par procuration, h/huel. P. F. Virgile, d. m. P. F. Virgile, d. m., par p°!\ Daubriac tils. L. Rivière. n
— 51 — NOMBRE NOMBRE , d actions de voix.
NOMS DES ACTIONNAIRES.
Reports Jambe père Marck (Gustave) Dunc/at, propriétaire D'Abnour Marin (Joseph) Hérard (Ambroise) Ronat, pharmacien Pouget père Carnavant (Etienne) Bervillc (Jacques) BeUain (Joseph) Postel (Pierre-Auguste) Besse (Frédéric) Berville, médecin Berville père (Gabriel) Actions.
3,637 234 80 -104 50 80 40 200 42 50 40 420 84 40 40 80
116 5 2 2 4 2 4 5 4
4 3 2 I 4 2
SIGNATURES DES MEMBRES PRESENTS , ou représentes.
Louvricr-S -Mary, par procuration. G. Marck. S'-M. Dunezat. S'-M. Dunezat, par procuration. Ilérard, par procuration. Hérard. J. Ronat. Pouget. Z. Carnavant, par procuration. J. Berville. J. Chatellicr, par procuration. J. Chatellicr, par procuration. F. Ressc. E. A. N. Berville, d. m. E. A. N-Berville, cl. m., par p™. voix.
Arrêté la présente liste annexée au procès-verbal de l'assemblée générale de la c o m pagnie de l'Approuague, dressée ce j o u r d i m a n c h e 2 6 janvier 1 8 6 2 , constatant soixanteq u a t r e m e m b r e s présents et v o t a n t s , réunissant le n o m b r e de six mille neuf cent dixhuit a c t i o n s , le tout en conformité de l'article 47 des s t a t u t s . E n séance de l'assemblée g é n é r a l e , les j o u r , mois e t an que dessus. Le Président du bureau, GEORGE E M L E R .
MERLET aîné.
P. F. VIRGILE, docteur-médecin; Z. CARNAVANT.
Enregistré a Cayenne, le 1
lévrier 1862, f° 52 v°, case 2 ; reçu 50 centimes. H. D E SAINT-QUANTIN. Pour l'expédition : S'-M. DUNEZAT.
RAPPORT DE M. GOYRIENA.
Dans votre réunion extraordinaire du 2 9 septembre 1 8 6 1 , l'assemblée générale d û m e n t constituée a nommé une commission (1) chargée d'examiner les comptes de la précédente administration de votre compagnie des mines d'Approuague. Le vote qui a désigné vos commissaires ayant, en m ê m e t e m p s , déterminé l'objet de leur mission, ceux-ci n'ont pas cru devoir s'écarter du cercle qui leur a été t r a c é , et ils viennent aujourd'hui vous exposer, dans toute sa n u d i t é , la situation financière de la société. Les comptes de gestion de la compagnie, arrêtés au 31 décembre 1 8 6 0 , ont été sanctionnés par l'assemblée générale, et la commission n'a eu donc qu'à s'occuper de la comptabilité pendant la période de neuf m o i s , du 1 janvier 1861 a fin septembre s u i vant, époque à laquelle est entré en fonctions votre nouveau conseil d'administration, qui aura a vous rendre les comptes pendant le quatrième trimestre de l'année. Le travail de votre commission n'a pu être aussi complet qu'elle l'aurait d é s i r é , par la raison qu'elle n ' a pas t r o u v é , à Cayenne, dans les pièces comptables, les éléments nécessaires à décomposer, d'une manière exacte, les recettes et les dépenses, la direction d'Approuague ayant omis souvent de préciser, dans les documents mensuels e n voyés au siège de la société, les mouvements qui se sont faits dans chacun des divers établissements. Il a donc été impossible de vous faire c o n n a î t r e , avec une rigoureuse exactitude, la part incombant à chaque établissement dans la répartition de la d é p e n s e , e t , en l'absence de renseignements suffisants sur certains articles, notamment sur les vivres cl objets de consommation expédiés de Cayenne, c'est en bloc que les imputations ont été faites. Pour rendre plus palpable le résultat de ses r e c h e r c h e s , votre commission a cru devoir offrir à vos yeux des étals qui donnent le détail, par m o i s , des recettes et dépenses de tous les établissements de la compagnie, dont l'exposé suffira, nous l'espér o n s , pour éclairer l'assemblée. e r
RECETTES. Le premier de ces é t a t s , que nous désignerons sous la lettre A , embrasse les produits de chacun des cinq établissements aurifères et les revenus bruts de l'habitation la J a m a ï q u e , pendant la période de temps donl nous nous sommes occupés. (1) Composée de MM. C. L A L A N N E , UÉRARD et GOYRIENA.
— 54 — Ont été récoltés sur les placers 6 5 kilogr. 799 grammes d'or, estimés à 3 francs le gramme 197,398 50 E t l'habitation la Jamaïque a fourni en sucre et tafia p o u r . . 1 8 , 6 1 5 7 8 r
-216,014' 28 La commission n'a pu déterminer la quantité séparée de chaque espèce des denrées de l'habitation la Jamaïque ; elles sont confondues dans les écrit u r e s , qui n'indiquent que le détail suivant : Produits des ventes faites dans le quartier d'Approuague en sucre et tafia 3,834'90 Fourni aux divers établissements de la compagnie en sucre et tafia 5,196 80 Ventes réalisées à Cayenne 9,584 0 8 18,615 78 DÉPENSES. Le deuxième état B comprend toutes les dépenses faites sur les lieux pour chaque établissement, dépenses qui se sont élevées à 2 9 , 9 4 4 fr. 8 5 cent., subdivisées ainsi que suit : Vivres frais achetés sur les lieux 2,273' 00 Frais de table payés au régisseur de l'habitation la Jamaïque pour divers agents de la c o m p a g n i e . . 3,926 8 5 6,199' 85 Tafia et sucre provenant de la Jamaïque 5,196 8 0 Dépenses diverses 18,045 80 Dépenses faites par l'agence 502 4 0 18,548 20 29,944'85 Le troisième état C i n d i q u e , par m o i s , le nombre d'agents et de travailleurs qui ont été attachés à chaque établissement, avec la solde et les salaires payés mensuellement, et q u i , du l janvier au 30 s e p t e m b r e , se totalisent en 5 0 , 3 6 8 fr. 56 cent., dont la répartition s u i t : Traitement des employés ou agents 2g gQgr 41 Salaires des travailleurs 30 559 15 o r
•—• 56,368 56 Le personnel des agents et des travailleurs, sur tous les établissements de la c o m p a g n i e , a roulé sur une moyenne de 18 employés et 363 individus engagés et journaliers; ces d e r n i e r s , réduits par l'absence ou la maladie à 2 9 0 , ont fourni 4 0 , 4 2 0 journées 1/2, dont le prix ressort en moyenne k 7 5 centimes 1/2. En comparant les salaires payés aux travailleurs, s'élevant A reporter
8 6 , 3 1 3 41
Report 8 6 , 3 1 3 41 à 30,559 fr. 15 cent., avec la solde de 2 5 , 8 0 9 fr. 41 cent, payée aux agents attachés aux établissements, on trouve que la différence, en m o i n s , n'est que de 4 , 7 4 9 fr. 7 4 cent., soit de 15 1/2 p . 0 / 0 . Le quatrième état D offre la nomenclature des vivres de toute nature et des objets divers expédiés de Cayenne aux établissements de la compagnie, avec une annexe indiquant la part que chacun des fournisseurs a prise dans ces dépenses, qui se sont élevées à 6 8 , 4 6 2 fr. 96 cent., et qui se décomposent ainsi : e
3 4 , 1 8 5 ' r i z , ressortant à 4 3 1/2 le kil. 1 4 , 8 0 9 6 5 1 0 , 2 3 3 couac, ressortant a 4 5 le kil. 4,600 00 e
4 4 , 4 1 8 couac et riz.
19,409'65 e
13,699" morue et bacaliau, ressortant a 4 8 le k i logramme 6,696 53 f
lard salé français, ressortant à l 5 7 1/2 le kilogramme. 12,586 0 0 r
2 1 , 6 8 6 bacaliau et lard.
19,282 53 r
38,692 18 Vivres et objets divers de consommation destinés aux e m ployés sur les établissements (1 ) 15,029 00 Objets d i v e r s , literie, outils, matériel et articles sans détail. 1 4 , 7 4 1 7 8 68,462 96 P a r les motifs que nous avons déjà e x p r i m é s , la commission n'a pu avoir d e renseignements pour s'expliquer la disproportion qui existe, dans les envois de vivres de Cayenne, entre la consommation du riz et du couac et celle du bacaliau et du lard. Les premiers représentent 6 1 , 4 5 1 rations composées , selon la r è g l e , de 3 8 5 g r a m m e s riz et 300 grammes couac, et les autres donnent 8 6 , 7 4 4 rations composées de 125 grammes bacaliau et 125 g r a m m e s lard salé, ce qui établit un excédant de 1 5 , 2 9 3 rations en salaisons. Les états m e n s u e l s , expédiés de l'agence à Cayenne, reproduisent aussi, de loin en loin, quelques achats de peu d'importance faits sur les lieux en couac et cassave; mais les quantités étant demeurées indéterminées, il n'a pu en être tenu compte dans la répartition des rations qui devraient encore être augmentées d'autant. U est bon de remarquer, en m ê m e t e m p s , que sur les A reporter
154,776 37
(I) Dans ces vivres ne sont pas compris les riz, couac, lard et morue consommés par les divers agents de la compagnie.
— 56 — Report 154,776' 37 363 individus employés sur les établissements, 5 6 , attachés à l'habitation la J a m a ï q u e , travaillent au salaire et ne reçoivent pas de nourriture. D'après la composition de la ration des travailleurs et les prix des vivres achetés a Cayenne pour les ateliers, la commission a pu établir le prix de revient de la nourriture d'un h o m m e , par jour, ainsi que s u i t : e
385* de riz a 43 1/2 le kilogramme 300 de couac à 4 5 le kilogramme e
16 7 4 . 7 5 13 5 0 . 0 0 e
30 24.75 g
125 bacaliau à 48 le kilogramme 125 lard salé à 1' 57 1/2 le kilogramme e
25X)"
6 00.00 19 6 8 . 7 5
55 93.50 Il reste encore à apprécier la valeur des distributions de tabac, tafia et savon, qu'il nous a été impossible de rechercher avec exactitude, aussi bien que les pertes de vivres causées par avarie ou déchet dans les distributions, qui nécessairement viendraient augmenter le prix de revient de la ration. Il ne nous a pas été permis davantage de déterminer les existences de vivres et objets de consommation qui devaient se trouver, au 30 septembre dernier, dans les divers établissements -, l'agence d'Approuague s'étant dispensée de donner au bureau central de comptabilité, à Cayenne, des situations qui eussent éclairé votre commission, nous les p o r t e r o n s , par appréciation, dans l'actif de la société. Ce sera de même pour les produits en sucre et tafia qui devaient rester sur l'habitation la Jamaïque à celte époque, et qui ont été livrés en octobre suivant. L'état E fait connaître : 1° L'importance des dépenses, sous la dénomination de frais g é n é r a u x , montant à 9,943'74 2° Dépenses d'immigration 7,697 27 3° Traitements des délégués et directeur en mission à P a r i s , direction à Approuague et secrétariat a Cayenne 28,930 00
46,571 01 A ce chiffre il y a a ajouter le payement de la deuxième annuité du prix de l'habitation la J a m a ï q u e , montant à Pour intérêts payés
14,000'00 1,589 00
15,589 00 216,936 38
— 57 — La composition des produits des divers établissements se trouvant expliquée dans le tableau A s'élevant a 2 1 6 . 0 1 1 fr. 2 8 cent., la commission n'a plus qu'à mettre à jour la subdivision des dépenses de toute n a t u r e , s'élevant à 2 1 6 , 9 3 6 fr. 2 8 cent., et qui sont : rr, .. t des délégués et directeur à Paris (1) 18,000 00 Traitements ,. . , . ,, „ , ' _ _^ { direction et secrétariat a Cayenne 10,930 0 0 28,930 00 Solde dés divers employés dans les établissements. 2 5 , 8 0 9 41 Vivres et objets de consommation expédiés de Solde Cayenne pour les agents 15,029' 00 des Vivres frais achetés dans les établisemployés, vivres sements 2,273 00 et objets Frais de table payés au de régisseur de la J a m a ï consommaq u e , pour divers e m tion. ployés de la compagnie 3,926 85 6,199 8 5 21,228 85 47,038 26 Salaires payés aux ateliers pour 4 0 , 4 2 0 journées. 3 0 , 5 5 9 15 Vivres ( r i z , couac, m o r u e et lard) expédiés de Cayenne 3 8 , 6 9 2 18 Tafia et sucre fournis par l'habitation la Jamaïque pour tous les établisDépenses sements 5,196 8 0 incombant 43,888 98 à tous les 7 4 , 4 4 8 13 établisseDépenses diverses faites dans les étaments. blissements 18,548 20 Objets de literie et matériel 14,741 7 8 r
33,289 98
1 0 7 , 7 3 8 11 7,697 27
Frais généraux Habitation J a m a ï q u e , payé la deuxième annuité sur le prix de la Jamaïque.
115,435 3 8 9 , 9 4 3 74 15,589 00 216,936 38
(t) Le supplément de traitement accordé ii M. le directeur ÇHARRIÈRE a commencé en septembre 1860 et a pris fin le 30 juin 1861 (dix mois). 8
— 58 — Pour terminer son travail, il ne reste plus à votre commission qu'à vous naître la situation financière au 30 septembre 1 8 6 1 , comparativement à celle cembre 1 8 6 0 , et l'importance des obligations que la compagnie a encore a tant sur les frais d'immigration que sur le prix d'acquisition de l'habitation la L'actif de la société se composait, au 3 0 septembre 1 8 6 1 , ainsi que suit : En argent dans la caisse de la compagnie, à Cayenne 4,069' 39 En argent dans la caisse de la compagnie, a Approuague 1,068 51 5,137'90 En or natif: k
Envoi en France (16 ), en date du 2 septembre 1 8 6 1 , p a r l e navire Paquebnl-de-Cayenne, deuxième voyage, en destination de Bordeaux, provenant des placers : Production du mois de mai 1861 Production du mois de juin Production du mois de juillet Ensemble
11" 693 7 141 7 550 26 384
Or existant dans la caisse de la société : g
7"037 à Cayenne, production d ' a o û t ; 10 347 à Approuague, production de septembre. (1) 17 384 k
43 768« estimés a 3 francs
131,304 00
D'après les livres de la compagnie, les délégués et le directeur, en mission à P a r i s , figurent comme débiteurs pour l'or natif dont ils ont disposé, sur les envois en F r a n c e , pour servir d'échantillons, suivant la répartition c i - a p r è s : Les délégués auraient en mains et à rendre compte pour une valeur de 2,697'00 Le directeur CHARRIÈRE s'est constitué, par correspondance, débiteur de l'or dont il a disposé pour la somme de 2,346 45 5,043 4 5 Envoi de 3 5 boucauts de sucre à la vente à Marseille, par le A reporter
141,485 35
il) liipédiés en novembre 18GI, par le navire la Rosélia, allant a Bordeaux.
faire condu 31 d é satisfaire, Jamaïque.
— 59 — Report 141,485'35 navire le Victor 7 , 8 5 2 ' 10 Quantité de sucre existant sur limande au 30 septembre 1 8 6 1 , évaluée a environ à 5 , 0 0 0 kilogrammes à 4 2 francs 2,100' 00 En tafia, environ pour 1,200 0 0 — 3,300 0 0 11,152 10 Approvisionnements de vivres et objets de consommation existant sur tous les établissements, évalués a 2,000 00 1 5 4 , 6 3 7 ' 45 Le passif est de 34,367 fr. 39 cent. Dû a la banque de la Guyane au 30 septembre Dû pour reliquat de coupons d'indemnité
3 3 , 5 5 0 33 817 0 6 3 4 , 3 6 7 39
L'actif réalisable serait donc de
120,270 0 6
En comparant le chiffre de celte balance avec celui de 131,067 fr. 13 cent., qui ressort du compte rendu le 31 décembre 1 8 6 0 , ii résulte que le roulement de fonds de la compagnie, depuis cette époque jusqu'au 3 0 septembre 1 8 6 1 , aura subi dans ces neuf mois une diminution de 10,797 fr. 07 cent., dont la commission n'a pu se rendre c o m p t e , à moins qu'elle n'ait omis de faire figurer des articles en dépense. Dans ce c a s , l'existence de ces omissions représenterait une somme de 9,874' 97 q u i , jointe a l'excédant trouvé par la commission, des dépenses sur les r e c e t t e s , de 9 2 2 10 réaliserait la différence de
10,797 07
Résumant et groupant tous les chiffres en r e c e t t e , d'une p a r t , et les dépenses, d'autre p a r t , que nous avons relatés, il ressort : 1° Que l'actif réalisable de la société, au 31 décembre 1 8 6 0 , était de (1). 1 3 1 , 0 6 7 ' 13 2° Que les produits de tous les établissements, pendant les trois premiers trimestres 1860 (voir l'état A ) , se sont élevés à
216,014 28
En recettes ( a reporter.) (t) Solde de compte dû par la banque de la Guyane Espèces en caisse a la direction de la compagnie Espèces en caisse sur les établissements de la compagnie Or récolté en décembre et déposé dans la caisse de la direction (4 992«) Espèces expédiées et destinées pour divers approvisonnements Débiteurs en comptes Solde faveur la compagnie du compte des envois d'or (12 et •13 ) k
347,081 41 85,965 20,083 67 14,976 4,000 3,497 2,475
97 70 97 00 00 75 74
— 60 — Report 347,081'4$ 3° Que les comptes de dépenses, établis par la commission (voir les étals B , C , D , E ) , s'élèvent à 210,936' 38 ft qu'il demeure sans justification, comme il est dit ci-dessus, une différence de 9 , 8 7 4 97 226 8 1 1 3 5 Somme égale à celle de l'actif réalisable (pie la société possédait au 3 0 sep — lembre 1801 120,270 0 6 lui regard des ressources qui appartiennent encore à la société, nous mellrons on dernier lieu les obligations qui lui restent a satisfaire, et qui s'élèvent à 1 8 6 , 7 7 5 IV. 3 0 cent., soit : A la caisse d'immigration (1) 38,375' 30 Aux vendeurs de l'habitation la J a m a ï q u e , pour huit annuités de 1 4 , 0 0 0 francs chacune 112,000' 00 Pour intérêts des sommes à échoir (2) 30,400 00 148,100 0 0 ---- 1 8 6 , 7 7 5 ' 3 0 Nous sommes arrivés, Messieurs Tes actionnaires, au bout de notre t â c h e , e t , quels qu'aient été les soins que nous avons apportés dans nos investigations, il ne nous a pas élé possible d'arriver à grossir le chiffre du fonds de roulement de l'actif de la société qui, bien que les produits de tous les établissements de la compagnie se soient élevés pendant l'espace de neuf mois, à 2 1 6 , 9 3 6 fr. 3 8 cent., se t r o u v e , au contraire, diminué durant la même période, de 10,797 fr. 07 cent., ce qui fait monter la totalité des dépenses à la somme de 2 2 6 , 8 1 1 IV. 3 5 c e n t . , soit 2 5 , 2 0 1 fr. 2 0 cent, par mois. Ces chiffres parlent assez h a u t , par e u x - m ê m e s , pour que votre commission n'ait plus qu'à abandonner aux lumières de l'assemblée l'examen et la conclusion à tirer du compte rendu qu'elle vient d'avoir l'honneur de lui soumettre. Cayenne. le 2 6 j a n v i e r 1 8 6 2 . GOYRIENA. Rapporteur; (1) Il n'a pas élé possible à la commission de déterminer dans son rapport les échéances de payement, ces renseignements ne se trouvant pas suffisamment expliqués dans»les registres de la compagnie. (2) 1802, pour la 3" annuité 15 p. 0/0 1803, pour la V 20 p. 0/0 ISO',, pour la 5» 25 p. 0/0 1805, pour la 0" 30 p. 0/0 -1860, pour la 7« 35 p. 0/0 1807, pour la 8 40 p. 0,0 1808, pour la 9« 45 p. 0/0 1800. pour la 10" 50 p. 0/0 e
2 l00 0U 2^800 00 3 ^ 4,200 00 ^ < 5,600 00 0,300 00 f
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36,406 00
RAPPORT DE M. A. COUY.
Dans votre réunion extraordinaire du 2 9 septembre 1861 , vous avez nommé une commission de trois m e m b r e s chargés de se rendre à Approuague, y vérifier le travail cl la situation des intérêts de la compagnie, tant sur les établissements aurifères que sur l'habitation la Jamaïque. E m p ê c h é s , l'un par la m a l a d i e . . l'autre par les fonctions mes deux collègues n'ont pu se joindre à moi pour suivre le accepté, et j'ai dû seul faire l'inspection. Sans me dissimuler que le travail d'un seul n'aurait pas le en c o m m u n , j'ai cru de mon devoir de l'entreprendre, en en votre appréciation.
publiques qu'il r e m p l i t , mandat que nous avions mérite d'un examen fait laissant toute la valeur à
Parti de Cayenne le 9 o c t o b r e , j'étais le lendemain à Appprouague, et le 11 h la J a maïque. Malgré tout le concours que m'a prêté M. A. R i v i e r r c , dès mon arrivée , ce n'est que le 15 q u e , faute de canots et d'équipage, j'ai pu me mcltre en route pour Counamaré, où je suis arrivé le lendemain-, ce retard m'a tout d'abord révélé le mauvais entretien des embarcations et la fâcheuse situation d'isolement faite a la J a m a ï q u e , dont le personnel, quoi qu'il a r r i v e , n'aide en rien aux communications avec les établissements aurifères. J'ai passé trois jours à Counamaré; j'y ai vérifié la comptabilité, le mode de travail; j'ai visité les chantiers, inspecté l'atelier, et j'ai conféré, tant avec le chef de l'établissement qu'avec les employés, sur les dépenses, la production, l'état des placers d é couverts et les espérances qu'ils pouvaient faire concevoir pour l'avenir. Voici maintenant, Messieurs, mon appréciation sur l'établissement de Counamaré. Counamaré est situé sur la rive gauche de l'Approuague, au-dessus du saut de T o u r é p é e , dans une crique où le manque d'eau oblige, en é t é , de débarquer à une heure des premiers carbets qui constituaient, en 1 8 5 8 , l'établissement Bellain, dont la compagnie acheta le matériel et les vivres, et se fit transférer les contrats de quelques immigrants. Les cases servent aujourd'hui de logement à M. Voisin, premier chef de rétablissement, et à l'entrepôt des vivres que chaque mois y envoie l'agence; ce point n'a donc plus maintenant une importance en rapport avec les frais qui lui incombent. C'est à une heure de là, p a r t e r r e , qu'est le principal établissement, portant le nom de Pactole, et où sont groupées de petites cases servant de logements aux e n g a g é s , près
— 62 — d'une plus g r a n d e , qui est celle de M. Nectoux, deuxième chef, et de quatre employés, MM. R o n a t , Virgile, Jules et Boulier ( 1 ) ; les chantiers sont encore éloignés, e t , en s'enfonçaul dans les b o i s , il faut plus d'une heure pour y arriver. L'effectif de l'atelier était, lors de mon passage, de 49 personnes, r é d u i t , par des absences à l'agence pour maladies, à 3 8 travailleurs classés ainsi : 31 Africains des deux sexes, dont 2 5 bien valides pour le travail, sur lesquels 7 Kroumen d'élite a repatrier cette a n n é e , e t 6 de faible valeur; 7 Indiens valides, dont 3 seulement cependant étaient affectés à l'exploitation, et 4 à la cuisine et à la domesticité. ~38~ Le nombre des travailleurs a l'exploitation de l'or n ' é t a i t , le 17 o c t o b r e , p a r l e s détours et les maladies, que de 2 8 personnes desservant 4 longtoms, dont 2 seulement lavant et produisant, l'un 133 g r a m m e s et l'autre 4 0 g r a m m e s . La production totale était alors de 1,407 g r a m m e s , et s'éleva, dans le mois, à 2 kilogr. 6 3 6 gr. La comptabilité de Counamaré m'a paru peut-être compliquée, mais cependant r é gulièrement tenue ; elle embrasse le personnel, la situation des vivres et des outils, l'état de la caisse, la note des prospections, le journal des travaux, l'enregistrement des fact u r e s , les états de solde, les demandes à Cayenne, la correspondance. Mais, si compliquées qu'elles soient, ces écritures ne permettent pas cependant de vérifier facilement et avec précision la principale consommation, celle des gros vivres, en raison de la mobilité des rationnaires, allant de l'établissement a l'agence, et de la part q u i , dans la distribution, allèrc à la table des employés. Toutefois, j'ai pu voir qu'en septembre Counamaré a consommé 4 0 0 kilogr. couac, 700 kilogr. de r i z , 300 kilogr. petit salé, 2 0 0 kilog. m o r u e , ce q u i , pour le personnel te! qu'il y existait le 16 octobre, donnerait par jour, pour chaque rationnaire, près de 1 kilogr. couac et r i z , 5 0 0 grammes lard et m o r u e , c'est-à-dire une consommation moitié trop forte. Il y a bien, il est vrai, dix employés prenant partit la m o r u e , au riz et au lard; mais il y a aussi ce que les malades ne consomment pas. Tout e x a m i n é , il paraît y avoir excès de consommation, d'autant plus fâcheusement que le petit salé, d'un prix élevé, entre en plus grande part que la morue. Le m ê m e excès se rencontre dans la consommation du talia, qui a été de 186 litres en s e p t e m b r e , soit par jour plus de 15 centilitres par p e r s o n n e , au lieu de 8 , sans même avoir égard aux malades, qui n'en boivent pas. Je ne ferai point ici de comparaison détaillée pour les autres vivres, ceux des employés ; je m e bornerai à relever qu'en septembre les six employés ont consommé 2 0 0 litres vin, 3 5 kilogrammes beurre et saindoux, 8 bouteilles d'huile, 8 bouteilles cognac, 5 kilogrammes b o u g i e s , 11 kilogrammes café, 8 kilogrammes savon, 2 0 kilogrammes s u c r e , 70 kilogrammes farine, 2 0 1/2 boîtes conserves, etc. (0 Depuis celte époque MM. Ronat et Virgile ont quitté.
La solde mensuelle des employés est de 9 2 5 francs ; celle des travailleurs s'élève à environ 650 francs. L'atelier est tranquille; le travail se fait b i e n ; mais un vicieux système de prospection, lorsqu'elle se fait, laisse sans résultats les j o u r n é e s , tant du chef que des employés et des travailleurs, qu'il détourne de l'exploitation. On y r e m é d i e r a i t , selon m o i , en créant une escouade de prospection étrangère aux établissements, sous la conduite d'un chef ressortant du directeur, et dont les rapports se trouveraient contrôlés par le chef de l'établissement dans la localité duquel serait située la crique découverte qu'il devrait travailler. Ce ne serait pas un nouvel employé a salarier, car, à C o u n a m a r é , vous avez inutilement deux chefs, dont l ' u n , recevant le m ê m e t r a i t e m e n t , aurait la mission que j'indique, sans nuire aux travaux d'exploitation, auxquels ils ne prend aujourd'hui qu'une faible part. Quelque grandes que soient aujourd'hui les distances pour le transport des vivres, Counamaré est un des établissements de la compagnie que l'on d o i t , je crois, conserver, et dont la situation fait concevoir des espérances, si l'on prospecte sérieusement. Jusqu'ici son rendement y a été de 7 3 kilogr. 177 gr. pour 2 9 m o i s , soit 2 kilogr. 5 2 3 grammes par m o i s ; octobre de eette année reste dans cette moyenne de production, mais elle menace de décroître s i , d'ici janvier, il n'y a pas de nouvelles criques indiquées. J'ai quitté Counamaré le 19 o c t o b r e , et le lendemain j'étais à Aicoupaïe. Là mon examen a embrassé les mêmes détails qu'a Counamaré. L'établissement d'Aicoupaïe est heureusement situé sur le bord de la rive droite d'Approuague; il y a des difficultés de navigation pour s'y r e n d r e , mais le séjour y est agréable. C'est un charmant lieu d'exploitation, où l'on a plus de confortable qu'à Counamaré. M. Riamé en est le chef, avec M. Vermont (1) sous ses o r d r e s ; un gendarme y réside. La comptabilité est la m ê m e qu'à Counamaré ; j'ai relevé à Aicoupaïe une dépense, en s e p t e m b r e , de 2 2 0 kilogrammes couac, 355 kilogrammes r i z , 130 kilogrammes lard (petit s a l é ) , 2 4 0 kilogrammes m o r u e , 106 litres tafia. Ces consommations sont ici en rapport avec le personnel d'Aïcoupaïe, composé de 3 5 travailleurs, pour le couac, le riz et le tafia ; mais il y a encore excès pour le petit salé et la m o r u e , dont la ration s'élèverait à 3 5 0 g r a m m e s ; c'est m o i n s , il est vrai, qu'à C o u n a m a r é ; mais c'est encore de 5 0 à 100 grammes en trop par ration. Les deux employés et le gendarme ont consommé eu septembre 1 2 5 litres vin , 18 kilogrammes beurre et saindoux, 8 bouteilles cognac, 4 kilogrammes café, 11 kilogrammes savon , 13 kilogrammes s u c r e , 4 0 kilogrammes farine, 2 2 1/2 boîtes conserves, etc. La solde des travailleurs est à Aicoupaïe de 5 5 0 francs environ par mois ; celle des employés est de 3 2 5 francs. L'atelier est de 3 5 travailleurs, qui se conduisent b i e n ; 4 se trouvaient à l'agence pour maladies, ce qui réduisait l'effectif, lors de mon passage, à 31 personnes, dont 3 0 (I) M. Vermont vient de quitter.
— 64 — Africains et 1 jeune coolie domestique, toutes valides, et parmi elles 13 Kroumen d'élite, à repatrier malheureusement celte année. Le nombre des travailleurs spécialement affectés, le 21 octobre, à l'exploitation de l'or, é t a i t , par les détours et les maladies, réduit à 2 1 , tous occupés à laver avec un seul l o n g t o m , dans un marécage où le déblai et les filtrations nécessitaient ce nombre de b r a s ; c'était un très-bon lieu de production , dont on avait, à Cayenne, encore exagéré les grandes difficultés de fouille, où l'on avait fait près de 7 kilogrammes d'or en peu de temps. La journée variant en octobre de 6 0 à 2 5 0 g r a m m e s , le mois précédent elle avait atteint un jour 735 g r a m m e s ; malheureusement le marécage était épuisé, et l'on allait être réduit a reprendre les criques déjà travaillées. A Aicoupaïe comme a Counamaré, le système de prospections ne vaut rien ; elles y ont toujours été insuffisantes et sont devenues même aujourd'hui impossibles, puisqu'il n'y a que deux employés sur cet établissement, y compris le chef. Le mode a s u i v r e , que j'ai indiqué en parlant de C o u n a m a r é , embrasserait Aicoupaïe, et le chef prospecteur travaillerait pour les deux établissements a la fois. Le rendement d'Aïcoupaïc a été de 129 kilogr. 519 gr. pour 51 m o i s , soit 2 kilogr. 539 gr. par mois : c'est plus qu'aucun de vos autres établissements , quoique le personnel des travailleurs et des employés y soit moindre. Pourtant c'est a peine si quelquefois l'on est sorti de la crique Hamelin et de ses e m b r a n c h e m e n t s , dans lesquels je range le riche petit marécage dont je viens de parler; aussi la production, tombée ce. mois-ci d'octobre à 1 kilogr., 6 5 0 gr., se relèvera peut-être un peu dans les terres que l'on va reprendre et qui sont faciles a laver, mais ne se maintiendra bonne que si l'on trouve de nouveaux endroits à exploiter. Je répéterai encore ici que l'on se traînera terre à t e r r e , et au jour le jour, tant que l'on n'adoptera pas un autre système de prospection ; toutefois, j'ai quitté Aicoupaïe persuadé que c'était toujours le plus gai de vos établissements, sur le terrain le plus riche que possède la compagnie.
SANS- RÉMISSION. Dès le lendemain de mon retour à la J a m a ï q u e , le 2 5 octobre, je me suis rendu à Sans-Rémission. Comme sur les autres établissements, la comptabilité y est régulière, mais toujours assez compliquée pour en faire une grande occupation au chef de l'établissement et souvent le distraire de ses autres travaux. Sans-Rémission est un établissement neuf, sur les bords de la rivière de Courouaye, rive d r o i t e , a cinq heures de canotage du poste de Guisanhourg; sa création remonte au mois d'avril 1 8 6 1 . La position est bien , les cases propres et bien construites. Son personnel se composait, en octobre dernier, de 4 employés, d'un gendarme et de (58 engagés. M. Candolle fils y est chef et a avec lui MM. Miroux, Hélène et Morin (1). (I) Depuis cette époque, M. Henri Sy y a été envoyé et M. Morin a rallié Aicoupaïe.
— 65 — L'effectif de l'atelier est bien plus fort qu'à Aicoupaïe et même qu'à Counamaré; mais, en validité, il est loin d'être aussi bien composé: il comprend 4 4 Africains, dont seulement 6 Kroumen d'élite et à repatrier cette année, 38 Rongous, Bagous et Yoloffs, moins vigoureux, et 2 4 coolies, sur lesquels 3 seulement ont une certaine valeur pour le travail. Les autres sont dans un triste état de santé ; plusieurs succomberont, et le reste sera difficilement amené à pouvoir un jour travailler à l'exploitation de l'or. 10 de ces Indiens étaient déjà à l'agence, pour maladies, lors de ma visite à SansRémission ; je n'ai donc trouvé réellement sur cet établissement qu'un effectif de 58 personnes, dont 27 seulement travaillaient à l'or, répartis en quatre chantiers, tous les autres étant, pour la plupart, malades et quelques-uns détournés. J'ai constaté que les 2 4 coolies ont r e p r é s e n t é , dans une semaine, un ensemble de 41 journées de travail, ou plutôt de présence au travail, soit 1 journée 3/4 environ par coolie. La solde moyenne par mois dépasse 700 francs pour l'atelier et est de 491 fr. 6 6 cent, pour les employés. / La consommation des vivres, en septembre dernier, a été à Sans-Rémission de 75 k i logrammes couac, 1,255kilogrammes riz, 2 9 5 kilogrammes petit salé, 2 6 5 kilogrammes m o r u e , 175 litres tafia. S i , pour la répartition, on prend l'effectif trouvé sur les lieux, la consommation concorde parfaitement avec les rations du personnel, et l'on a seulement à regretter, sous le rapport économique, que le petit salé figure dans une proportion beaucoup plus forte que le poisson; mais, en raison des nombreux malades et du peu de monde sur les t r a vaux, il y a encore lieu de désirer qu'une pareille consommation puisse se réduire. Celle des 4 employés et du gendarme a é t é , en s e p t e m b r e , de 134 litres vin, 10kilogrammes beurre et saindoux, 6 bouteilles d'huile, 2 bouteilles cognac, 2 kilogrammes café, 8 k i logrammes savon, 30 kilogrammes farine, 27 kilogrammes s u c r e , 2 3 1/2 boîtes conserves, etc. Ces quantités sont moindres qu'à Counamaré et qu'à Aicoupaïe, et affichent, à S a n s Rémission, plus d'économie de ces objets. U y a aussi sur chaque établissement un petit compte pour la table des employés, qui représente les achats de gibiers et autres petites provisions; à Sans-Rémission, ce compte n'a eu aucune importance en septembre et octobre. J'avais omis de dire qu'à Counamaré j'avais eu à critiquer le compte de table, mais que le chef m'avait répondu qu'il comprenait du gibier et du couac pour l'atelier. Sans-Rémission a produit, de sa création en avril 1861 au 3 0 septembre suivant, i l kilogr. 842 gr., soit par mois 2 kilogr. 2 4 5 gr. ; mais dès octobre la production a tombé à 1 kilogr. 139 gr., menaçant d'être nulle plus tard. C'est un établissement que l'on a eu tort d'établir sur une aussi grande échelle ; il fallait, tout d'abord, bien sonder le terrain . s'assurer de bons lieux de production, puis s'y installer à litre provisoire avec un faible atelier (si l'on croyait utile d'avoir un troisième établissement aurifère, ce qui, à mon sens, était une faille), au lieu de faire d'aussi s o lides et coûteuses cases, et d'y porter 6 8 travailleurs, 4 employés et 1 gendarme. Aussi 9
tout est-il en question à Sans-Rémission; les criques parcourues n'y sont ni riches ni grandes. On est fort embarassé; on ne sait trop où poser les longtoms, et l'espoir de l'avenir est dans une crique dite Si-Panama, que j'ai visitée avec M. Candolle, mais dont la richesse est encore très-douteuse. Une question de propriété a aussi été soulevée, pendant mon séjour à Approuague, contre la compagnie; M. Miroux a prétendu que nous travaillons à Sans-Rémission sur son terrain. Le directeur, M. A. Rivierre, s'est ému d'une invitation d'évacuer le placer où nous avions deux longtoms; mais la minime production qu'ils y faisaient déjà, 10, 15 et 2 0 g r a m m e s , puis le peu de terres qui restait là à travailler, m'ont rassuré sur la gravité qu'il y aurait à nous retirer. Comme alors, je ne pense pas que ce point mérite de notre part une telle importance qu'il faille s u p porter des frais d'arpentage et de tribunaux , si notre droit de nous y maintenir est le moindrement douteux. Une question plus importante est à examiner et à résoudre, le maintien de notre établissement à Sans-Rémission. Tout d'abord, il faut prospecter avec soin, s'assurer si l'on peut compter sur des criques qui permettent d'y employer un nombreux personnel, e t , dans le cas d'infructueuses r e c h e r c h e s , décider s'il ne vaudrait pas mieux reporter les travailleurs soit sur l'habitation, soit sur l'un de nos deux établissements aurifères, celui qui serait jugé comporter un renfort d'atelier. Cette nécessité de ces nouveaux bras se fera p e u t - ê t r e , au s u r p l u s , sentir à Aicoupaïe et à Counamaré comme à la J a maïque, lorsque les Africains à repatrier quitteront ces établissements.
AGENCE. En laissant Sans-Rémission, je suis rentré à la Jamaïque le 2 9 octobre, et tout aussitôt je me suis occupé d'inspecter l'agence. Ce centre de nos opérations, tel qu'il fonctionne, nous constitue, sans compensation bien réelle, une dépense très-lourde, tant en rations, salaires, qu'en nous privant de bras souvent inoccupés; c'est, en o u t r e , un foyer de désordre où l'ivrognerie, les jeux et les rixes sont d'un dangereux et mauvais voisinage pour l'atelier de la Jamaïque. Un chef, M. L u p é , aux appointements de 2 0 0 francs par m o i s , a pour mission de r e cevoir tout ce qui vient du chef-lieu, de répartir et expédier le tout sur les établissements, de s'occuper des malades qui sont dirigés sur l'agence, de la conduite des canotiers et de leur emploi. M. Lupé é t a i t , lors de mon voyage, malade à la ville et s'était fait r e m placer provisoirement par son parent, M. Joniot. Le chef de l'agence est aidé d'une infirmière salariée à 4 0 francs par mois. L'effectif était là en octobre de 6 5 Africains, créoles et Indiens, se subdivisant ainsi : 2 5 appartenant aux établissements aurifères, et ici temporairement pour maladies; 4 0 en résidence réelle, mais dont 2 3 cependant sont mobilisés pour le canotage entre 65
— 67 — l'agence et les établissements, 8 alîectés a la cuisine, à l'infirmerie, a la etc., et 9 Africains rongous, débiles ou invalides,, considérés comme des sans salaires, mais consommant des rations comme lesautres. U n e m'a pas comme sur les placers, de vérifier, a l'agence, l'importance mensuelle des les comparer avec le personnel.
domesticité, non-valeurs, été possible, rations et de
L'état de solde est d'environ 4 0 0 francs par mois. Les malades envoyés des établissements sont traités à l'agence dans des chambres de la maison principale (on construit un bâtiment pour l'hôpital), par une infirmière probe et intelligente, mais sans autorité et sans grande connaissance pratique ; aussi, malgré les médicaments de luxe envoyés de France et qui se gâtent, la tisane, la diète et le repos forment la base des t r a i t e m e n t s , ce qui ne suffit pas toujours pour rétablir les malades. Les canotiers, à part la spécialité de la pagaye, ne font à peu près rien a l'agence, et s i , outre les voyages, on les occupe a quelques petits travaux de propreté autour des c a s e s , c'est avec tant de peine et d'un si mauvais vouloir que mieux vaut souvent y r e noncer que de salarier un travail si difficilement obtenu et si mal exécuté. L'indiscipline est parmi eux poussée à l'extrême-, comme je l'ai déjà d i t , le tafia et les jeux y occasionnent des disputes et des luttes terribles, et, pendant le court séjour que j'ai lait là, j ' a i dû plusieurs fois, le soir, quitter la table pour aller avec M. Rivierre d é sarmer des canotiers, qui se frappaient avec des bâtons, des sabres, et même se m e n a çaient de coups de hache. Il faut toute la patience du directeur actuel pour supporter un pareil bruit. JAMAÏQUE. J'ai m a i n t e n a n t , Messieurs, à vous parler de l'habitation la J a m a ï q u e , placée sous l'autorité de MM. Ernest Saint-Mary, régisseur, à 2 , 8 0 0 francs, et Céïde, économe, à 2 , 1 0 0 francs ( 1 ) , aidés d'un mécanicien à 3,000 francs, qui paraît vouloir sous peu rentrer en France. 62 engagés y ont été placés depuis l'acquisition, mais 39 ont quitté ou sont morts. J'ai trouvé qu'en octobre son effectif était composé de 127 individus : 2 6 créoles-, 36 Africains; 2 0 anciens coolies, la plupart achevant leur engagement-, 2 5 coolies du deuxième convoi; 2 0 Chinois. 127 engagés, dont 123 sont affectés à la culture, 4 à la domesticité et à l'infirmerie, 'fous sont salariés, et l'état de chaque mois varie de 1,000 à 1,200 francs. Il va à 1.500 francs en récolte. (J) M. Céîde vient de quitter l'habitation; c'est une véritable perte qu'elle fait.
6 8 reçoivent la ration, dont 45 Indiens, 2 0 Chinois, 3 Africains ; les autres se nourrissent. L'atelier présente 2 3 individus propres à la p e l l e , m a i s o n n'en réunit habituellement que 15 à 1 8 . Les 4 5 Indiens ne représentent guère que 12 à 15 tâches en sarclage ou coupe de cannes. Ils ne fouillent p a s ; ils sont cependant généralement plus valides que ceux des établissements aurifères. Les 2 0 Chinois sont bons aux tournages et dans les barques; mais, au sarclage, ils ne donnent qu'environ 6 lâches. Leur santé [tarait s'améliorer. L'atelier devrait présenter journellement â peu près 70 personnes à l'abatis, mais la moyenne n'est que de 40 lâches environ. La consommation a élé, en septembre, de 7 5 kilogrammes couac, 1,135 kilogrammes r i z , 90 kilogrammes petit salé, 4 3 5 kilogrammes m o r u e , 100 litres ta lia. Ces quantités sont parfaitement en rapport avec ce qui revient à 6 8 rationnaires. Les employés se nourrissent, le mécanicien excepté. La comptabilité de l'habitation est plus simple que sur les établissements aurifères; elle se résume dans un journal des travaux, un livre de caisse et un état mensuel de la situation des vivres. 7 8 boucauts de s u c r e , dont 35 de cette récolle, et 2 8 barriques de tafia, avaient été expédiés a Cayenne depuis janvier; 12 boucauts restaient sur limandes et. 2 , 0 0 0 litres de tafia étaient en magasin; 5 , 0 0 0 litres avaient été livrés à l'agence, 1,000 litres consommés par l'atelier de l'habitation et 1,000 litres vendus sur les lieux. La Jamaïque possédait en octobre 3 8 hectares de cannes, dans lesquels les trois quarts devaient servir à la récolte de 1861 et lui assurer 280 boucauts; mais 4 8 seulement étaient fabriqués alors, dont 35déjà parfis pour Cayenne, et ce relard regrettable, que l'on aurait pu éviter, ne permettra guère d'atteindre que 8 5 à 9 0 boucauts au 31 décembre 1 8 6 1 , réduira le rendement total de la récolte et la prolongera aux pluies de 1862. Ainsi, sur 14 superbes hectares de cannes vierges, les 4 p r e m i e r s , qui ont été tournés en bonne saison, ont rendu 4 8 boucauts et donnent une très-bejle reproduction pour 1802 ; mais, pour les 10 autres, s'ils sont roulés dans la saison des pluies, il est douteux que les souches repoussent aussi bien. Il en est de même des rejetons, qui devraient finir la récolte. Ce retard dans la roulaison a été causé par le coffre en maçonnerie, que la marée avait démoli, et à la reconstruction duquel il a fallu, en octobre, époque si précieuse pour tourner, affecter pendant plus d'un mois tout l'atelier d'hommes. Pour qui connaissait l'habitation, il y a lieu de s'étonner que dans les deux années p r é c é d e n t e s , où il n'y avait qu'une faible récolle, on n'eût pas songé à refaire un coffre signalé, dès l'acquisition, comme menaçant d'être emporté, et que l'on ait attendu cet accident pour être forcé d'y travailler au moment d'une grande récolte, dont il était i m portant d'assurer, en la rentrant en été, la reproduction des souches pour l'avenir.
— 69 — Une autre faute a été commise: ies nouvelles plantations de mai sont trop faibles; on n'a mis en terre que 10 a 12 hectares, dont 4 seulement, près de la rivière, sont d'une belle venue. Il en résultera inévitablement, si l'on n'y prend g a r d e , q u e , si l'habitation parait soutenir son revenu en 1802 par l'excédant de 1 8 6 1 , elle peut retomber en 1863 dans le triste état de plantations où elle avait éternise par les mêmes causes, en 1 8 5 8 , avant l'acquisition. La fouille du dessèchement ne me parait pas avoir assez jusqu'ici préoccupé la direction de l'habitation; il eût été cependant utile de tout m e t t r e , sous ce rapport, en é t a t , car, outre la nécessité qu'il y avait de recaler des canaux et fossés défectueux, il y avait, urgence de profiter, pour ce travail. des bras africains que nous avons encore à notre disposition en ce moment. Oansle m a t é r i e l , on doit déplorer que le directeur, sans nécessité, ait cru devoir faire démolir et vendre comme vieux cuivre, et pour 2 à 3,000 francs, des chaudières jusque-là soigneusement conservées et faisant autrefois partie d'un appareil qui avait coûté 8 0 , 0 0 0 francs, qui pouvaient plus t a r d , en modifiant le système ou le complétant, s e r v i r a leur destination p r e m i è r e , et n'en constituaient pas m o i n s , d'ailleurs, une valeur importante à l'inventaire, le jour d'une estimation de la propriété. Il y a des abus sur l'habitation la Jamaïque. Déjà, lors du passage de M. Philistall Ursleur, ce directeur fit supprimer une table d'hôte pour les employés, trop coûteuse et tenue par le régisseur ; mais cette mesure demandait à être plus complète, et, en donnant un logement spécial aux régisseurs, la maison principale serait réservée au directeur. Dans l'état actuel, le directeur est chez le régisseur, et son autorité a souvent à en souffrir; il en est de même du magasin, que l'on lient dans une des chambres de cette même maison, et qui, pour la dignité du directeur, trop près des débats entre les engagés acheteurs et le marchand , devrait être dans un autre local. A l'égard de ce m a g a s i n , tenu par une marchande qui n'est pas étrangère au r é gisseur, sans la rendre responsable des a b u s , on est forcé de dire qu'il est logique d'en a d m e t t r e , et qu'il n'est pas d'ailleurs d'une bonne administration qu'un employé soit, même indirectement, mêlé au commerce qui se fait avec ses subordonnés. 11 serait aussi à désirer que le chef de la J a m a ï q u e , tant que celle habitation ne sera pas placée vis-à-vis du conseil d'administration de la compagnie dans des rapports directs avec ce conseil, comme a paru le proposer un de ses m e m b r e s , que ce chef, dis-je, ne s'isolât pas du directeur, comme cela existe; qu'il lui rendît c o m p t e , comme ceux des établissements aurifères; qu'il le considérai toujours, en un m o t , comme son supérieur. Ces réflexions me sont suggérées, Messieurs, par ce que m'a dit M. Rivierre et par ce que j'ai vu. CONSIDÉRATIONS G É N É R A L E S Il me reste, Messieurs, à terminer par quelques considérations générales ce r a p p o r t , trop long déjà peut-être, mais qu'il n'était guère possible d'abréger. Notre mission était,
— 70 — eo effet, de vous parler des employés, des travailleurs, des établissements, de l'exploitation, des vivres, de l'habitation. Je l'ai fait avec des détails qui peuvent paraître p u é riles et ennuyeux, surtout ceux des consommations; mais, si je n'avais pas de comptes à établir, j'avais toujours à présenter des chiffres et à indiquer des quantités comme éléments d'appréciation et de comparaison à faire ici. Me résumant, je vous dirai: Messieurs, vos trois établissements aurifères n'occupaient plus en octobre que douze employés, par suite de la récente sortie de quatre d'entre eux. Ainsi réduit, ce nombre suffisant ne présentait cependant alors rien d'exagéré; mais leur répartition aurait pu être autre. Ainsi, en en affectant deux ou trois spécialement à la prospection en dehors des établissements, je crois que les chantiers, avec trois e m ployés au moins qui seraient restés il chacun d'eux, auraient marché de m ê m e , et que de nouveaux placers auraient pu être découverts. L'agence n'a qu'un employé, mais M. Rivierre a toujours dit qu'il ne suffisait p a s , qu'il y en avait précédemment deux au m o i n s , et il a vivement réclamé le maintien d e M. Joniot comme second; cela est dû à l'organisation et a la comptabilité de l'établissement. La Jamaïque, avec deux régisseurs et un mécanicien, a son contingent. La nourriture des employés sur les établissements aurifères ne m'a pas paru luxueuse; elle est celle de tous les chantiers; mais, comme je l'ai relevée pour un m o i s , la consommation de certains articles n'indique pas assez d'économie. Il en est de même pour les rations des travailleurs, dans lesquelles le petit salé joue un trop grand rôle. Je n'ai rien à dire sur la solde des employés et des travailleurs; elle est déterminée par le conseil pour les premiers et par des contrats pour les autres. Il y aurait lieu, plutôt ipie de forcer les traitements, de donner deux fois l'an des gratifications aux employés capables (ils ne le sont pas tous) et à ceux qui découvriraient de nouveaux lieux d'exploitation. Le travail des chantiers ne comporte pas d'observations critiques, et si chacun de vos établissements n'avait eu jusqu'ici que ses propres dépenses à acquitter, même avec l'excès des consommations., tous auraient donné un joli dividende a n n u e l ; mais le terrible chapitre des gros traitements a toujours tout enlevé. Aicoupaïe et Counamaré sont les centres de votre exploitation aurifère : c'est la qu'il faut prospecter et que l'on produira; mais je crains que Sans-Rémission ait avant peu le sort di'.s anciens établissements Magdeleine, Chicdagam, Fromager, qu'il a fallu abandonner après quelques mois de bonnes productions. Cependant, toutefois, avant de prendre un tel parti pour Sans-Rémission, il y faut faire de sérieuses prospections. L'expiration de 3o a 40 contrats d'immigrants africains fera forcément modifier la situation de vos établissements aurifères, s'il n'y a pas des r e n g a g e m e n t s ; aussi faudrait-il, par un surcroît de primes, essayer d'en conserver parmi ceux qui n'ont pas le désir d'être repatriés.
— 71 — Vos intérêls à Approuague, Messieurs, souffrent d'un provisoire trop prolonge dans la direction, et cependant très-coûteux. Là est le mal qu'il faut guérir avant tout par un autre système de direction. On améliorerait certainement la situation de manière à la rendre fructueuse; mais si les énormes charges a supporter par la compagnie continuent, si le provisoire ne cesse p a s . rien de bien à en a t t e n d r e , et notre ruine s'ensuivra. Le dégoût est chez t o u s , à Approuague, employés et travailleurs. La probité, le zèle et le dévouement de M. Rivierre sont impuissants, et nul, au surplus, à sa place, ne ferait mieux s'il était dans sa situation précaire. Faites cesser, Messieurs, cet état de choses, puis provoquez l'ordre, l'économie, les prospections, l'activité chez tous, et vos établissements aurifères comme votre habitation, j e le repète, vous donneront des résultats satisfaisants qu'il faudrait tâcher, cette fois, de soustraire aux frais généraux, qui jusqu'ici les ont anéantis, et qui ne sont pas, au surplus, en rapport avec l'importance de vos exploitations. Cayenne, le 2 6 janvier 1862. A. COUY.
Rapport présenté au nom du conseil d'administration : assemblée générale du 26 janvier 1862