Source: https://rxed.eu/fr/e/Erbitux/2/
Timestamp: 2018-08-18 11:54:15+00:00
Document Index: 318346151

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Erbitux (cetuximab) – Résumé des caractéristiques du produit - L01XC06 – RXed.eu | FR
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Erbitux (cetuximab) – Résumé des caractéristiques du produit - L01XC06
Nom du médicament Erbitux
Code ATC L01XC06
Substance cetuximab
Fabricant Merck KGaA
Erbitux 5 mg/mL solution pour perfusion
Cetuximab est un anticorps monoclonal chimérique IgG1 produit dans une lignée cellulaire de mammifère (Sp2/0) par la technique de l’ADN recombinant.
Erbitux est indiqué dans le traitement des patients présentant un cancer colorectal métastatique avec gène RAS de type sauvage exprimant le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR)
•en association avec une chimiothérapie à base d’irinotecan,
•en association au FOLFOX, en 1re ligne,
•en monothérapie après échec d’un traitement à base d’oxaliplatine et d’irinotecan et en cas d’intolérance à l’irinotecan.
Pour plus de précisions, voir rubrique 5.1.
Erbitux est indiqué dans le traitement des patients présentant un carcinome épidermoïde de la tête et du cou
•en association avec la radiothérapie en cas de maladie localement avancée,
•en association avec la chimiothérapie à base de sels de platine en cas de maladie récidivante et/ou métastatique.
Erbitux doit être administré sous la surveillance d’un médecin expérimenté dans l’administration des médicaments anticancéreux. Une surveillance étroite est nécessaire pendant la perfusion et pendant au moins 1 heure après la fin de la perfusion. La disponibilité d’un matériel de réanimation est impérative.
Avant la première perfusion, les patients doivent recevoir une prémédication par un antihistaminique et un corticostéroïde au moins 1 heure avant l’administration du cetuximab. Cette prémédication est recommandée avant toutes les perfusions ultérieures.
Pour toutes les indications, Erbitux est administré une fois par semaine. La première dose est de
400 mg de cetuximab par m² de surface corporelle. Toutes les doses hebdomadaires ultérieures sont de 250 mg de cetuximab par m² chacune.
Chez les patients atteints de cancer colorectal métastatique, le cetuximab est utilisé en association avec la chimiothérapie ou en monothérapie (voir rubrique 5.1). La preuve du statut mutationnel RAS de type sauvage (KRAS et NRAS) est obligatoire avant l'instauration d'un traitement par Erbitux. Le statut mutationnel doit être déterminé par un laboratoire expérimenté utilisant des méthodes d’analyse validées pour la détection des mutations KRAS et NRAS (exons 2, 3 et 4) (voir rubriques 4.4 et 5.1).
Concernant la posologie ou les ajustements posologiques recommandés pour les médicaments chimiothérapeutiques administrés en association, se référer au résumé des caractéristiques du produit de ces médicaments. Ils doivent être administrés au moins une heure après la fin de la perfusion du cetuximab.
Carcinome épidermoїde de la tête et du cou
Chez les patients atteints de carcinome épidermoїde localement avancé de la tête et du cou, le cetuximab est utilisé en association avec la radiothérapie. Il est recommandé de débuter le traitement par le cetuximab une semaine avant la radiothérapie et de poursuivre le traitement par cetuximab jusqu’à la fin de la période de radiothérapie.
Chez des patients atteints de carcinome épidermoïde de la tête et du cou récidivant et/ou métastatique, le cetuximab est utilisé en association avec une chimiothérapie à base de sels de platine suivis d’un traitement d’entretien par le cetuximab jusqu’à progression de la maladie (voir rubrique 5.1). La chimiothérapie doit être administrée au moins une heure après la fin de la perfusion du cetuximab.
Seuls des patients présentant des fonctions rénales et hépatiques adéquates ont fait l’objet d’investigations à ce jour (voir rubrique 4.4).
Le cetuximab n’a pas été étudié chez des patients présentant des troubles hématologiques préexistants (voir rubrique 4.4).
Aucun ajustement de dose n’est nécessaire chez les sujets âgés, cependant l’expérience concernant les sujets de 75 ans ou plus est limitée.
Il n’y a pas d’utilisation justifiée du cetuximab dans la population pédiatrique dans les indications octroyées.
Erbitux 5 mg/mL est administré par voie intraveineuse en utilisant soit une pompe à perfusion, soit un goutte-à-goutte, soit une pompe à seringue (pour les instructions de manipulation, voir rubrique 6.6).
La dose initiale doit être administrée lentement et la vitesse de perfusion ne doit pas dépasser
5 mg/minute (voir rubrique 4.4). La durée de perfusion recommandée est de 120 minutes. Pour les doses hebdomadaires ultérieures, la durée de perfusion recommandée est de 60 minutes. La vitesse de perfusion ne doit pas dépasser 10 mg/minute.
Erbitux est contre-indiqué chez les patients ayant des antécédents connus de réactions d’hypersensibilité sévères (grade 3 ou 4) au cetuximab.
L’association d’Erbitux avec une chimiothérapie à base d’oxaliplatine est contre-indiquée chez les patients atteints d’un cancer colorectal métastatique (CCRm) avec gène RAS muté ou pour lesquels le statut RAS du CCRm est indéterminé (voir aussi rubrique 4.4).
Avant d’instaurer un traitement en association, il doit être tenu compte des contre-indications des médicaments chimiothérapeutiques utilisés simultanément ou de la radiothérapie.
Réactions liées à la perfusion incluant des réactions anaphylactiques
Des réactions sévères liées à la perfusion incluant des réactions anaphylactiques, peuvent apparaître fréquemment, conduisant dans certains cas à une issue fatale. La survenue d’une réaction sévère liée à la perfusion impose l’arrêt immédiat et définitif du traitement par le cetuximab et peut nécessiter un traitement d’urgence. Certaines de ces réactions peuvent être de type anaphylactique ou anaphylactoïde ou constituer un syndrome de relargage de cytokines (SRC). Les symptômes peuvent apparaître pendant la première perfusion et jusqu’à plusieurs heures après ou lors des perfusions suivantes. Il est recommandé de prévenir les patients de la possibilité de ce type d’apparition tardive et de leur demander de prévenir leur médecin si des symptômes ou signes d’une réaction liée à la perfusion apparaissent. Les symptômes peuvent inclure : bronchospasme, urticaire, élévation ou diminution de la pression artérielle, perte de conscience ou état de choc. Dans de rares cas, une angine de poitrine, un infarctus du myocarde ou un arrêt cardiaque ont été observés.
Les réactions anaphylactiques peuvent survenir dès les premières minutes de la première perfusion en raison, p. ex., d’une réaction croisée entre les anticorps IgE préformés et le cetuximab. Ces réactions sont fréquemment associées à un bronchospasme et une urticaire. Elles peuvent apparaître en dépit de l’utilisation d’une prémédication.
Le risque de réactions anaphylactiques est fortement majoré chez les patients présentant des antécédents d’allergie à la viande rouge ou aux morsures de tiques, ou présentant des résultats positifs aux tests de détection des anticorps IgE anti-cetuximab (α-1-3-galactose). Chez ces patients, le cetuximab ne devra être administré qu’après évaluation soigneuse des bénéfices/risques, y compris des alternatives thérapeutiques, et sous la surveillance étroite d’un personnel bien formé ayant un équipement de réanimation à disposition.
La première dose doit être administrée lentement, à une vitesse ne dépassant pas 5 mg/minute, et tous les signes vitaux doivent être étroitement surveillés pendant au moins deux heures. Lors de la première perfusion, si une réaction liée à la perfusion se produit dans les 15 premières minutes, la perfusion doit être arrêtée. Une évaluation soigneuse des bénéfices/risques doit être effectuée, en incluant la recherche d’anticorps IgE préformés chez le patient, avant d’envisager une nouvelle perfusion.
Si une réaction liée à la perfusion se produit plus tardivement au cours de la perfusion ou lors d’une perfusion ultérieure, la conduite à tenir dépendra de la sévérité de la réaction :
a)Grade 1 : poursuivre la perfusion lentement sous étroite surveillance
b)Grade 2 : poursuivre la perfusion lentement et administrer immédiatement un traitement
c) Grades 3 et 4 :
arrêter la perfusion immédiatement, instaurer un traitement symptomatique agressif et contre-indiquer toute nouvelle utilisation du cetuximab
Le syndrome de relargage de cytokines (SRC) apparaît généralement dans l’heure suivant la perfusion et est moins fréquemment associé à un bronchospasme et une urticaire. Le SRC associé à la première perfusion est habituellement le plus sévère.
Les réactions légères ou modérées liées à la perfusion sont très fréquentes, comprenant des symptômes tels que fièvre, frissons, vertiges ou dyspnée survenant pendant ou peu de temps après la perfusion, principalement lors de la première perfusion du cetuximab. Si le patient présente une réaction légère ou modérée liée à la perfusion, la vitesse de perfusion peut être diminuée. Il est recommandé de maintenir cette vitesse de perfusion réduite pour toutes les perfusions ultérieures.
Les patients doivent faire l’objet d’une surveillance étroite, en particulier lors de la première administration. Une attention spéciale est recommandée pour les patients présentant un indice de performance réduit et des antécédents de pathologie cardiorespiratoire.
Des cas de maladie interstitielle pulmonaire ont été rapportés, principalement dans la population japonaise. Si l’on diagnostique une maladie interstitielle pulmonaire, le cetuximab doit être interrompu et le patient traité d’une manière appropriée.
Les principaux effets indésirables du cetuximab sont des réactions cutanées qui peuvent devenir sévères, notamment en cas d’association avec une chimiothérapie. Le risque d’infections secondaires (principalement bactériennes) est accru et des cas de syndrome d’épidermolyse staphylococcique, de fasciite nécrosante et de sepsis, parfois fatals, ont été rapportés (voir rubrique 4.8).
Les réactions cutanées sont très fréquentes et peuvent nécessiter l’interruption ou l’arrêt définitif du traitement. D’après les recommandations de la pratique clinique, l’utilisation prophylactique de tétracyclines par voie orale (pendant 6 à 8 semaines) et de crème à base d’hydrocortisone à 1 % en application locale avec un agent hydratant doit être envisagée. Des dermocorticoïdes d’activité modérée à forte et des tétracyclines orales ont été utilisées pour traiter des réactions cutanées.
Si un patient présente une réaction cutanée intolérable ou sévère (≥ grade 3 ; Common Terminology Criteria for Adverse Events, CTCAE), le traitement par le cetuximab doit être interrompu. Le traitement peut être réinstauré uniquement si la réaction a régressé au grade 2.
Si la réaction cutanée sévère est apparue pour la première fois, le traitement peut être repris sans aucune modification de dose.
En cas de deuxième et de troisième apparition de réactions cutanées sévères, le traitement par le cetuximab doit de nouveau être interrompu. Le traitement peut uniquement être réinstauré à un niveau de dose inférieur (200 mg/m² après la deuxième survenue et 150 mg/m² après la troisième survenue) si la réaction a régressé au grade 2.
Si une réaction cutanée sévère survient pour la quatrième fois ou ne régresse pas au grade 2 pendant l’interruption du traitement, l’arrêt définitif du traitement par le cetuximab s’impose.
Des cas de diminution progressive de la concentration sérique en magnésium sont fréquents et peuvent entraîner une hypomagnésémie sévère. L’hypomagnésémie est réversible après l’arrêt du cetuximab. Par ailleurs, une hypokaliémie peut également se développer comme conséquence d’une diarrhée. Une hypocalcémie peut également apparaître ; en particulier, en association avec la chimiothérapie à base de sels de platine, la fréquence des hypocalcémies sévères peut être accrue.
La détermination des concentrations sériques en électrolytes est recommandée avant le traitement au cetuximab, ainsi que régulièrement au cours de celui-ci. Une supplémentation en électrolytes est recommandée si nécessaire.
Neutropénie et complications infectieuses associées
Chez les patients recevant le cetuximab en association avec une chimiothérapie à base de sels de platine, le risque d’apparition d’une neutropénie sévère est accru, celle-ci pouvant entraîner ensuite des complications infectieuses de type neutropénie fébrile, pneumonie ou sepsis. Une surveillance attentive est recommandée chez ces patients, en particulier ceux qui présentent des lésions cutanées, une mucite ou une diarrhée pouvant favoriser l’apparition d’infections (voir rubrique 4.8).
Une fréquence accrue des événements cardiovasculaires sévères et parfois fatals, ainsi que des décès survenant sous traitement, a été observée lors du traitement du cancer du poumon non à petites cellules, du carcinome épidermoïde de la tête et du cou et du carcinome colorectal. Lors de certaines études, une association de ces effets avec un âge ≥ 65 ans ou l’indice de performance a été observée. Lors de la prescription de cetuximab, le statut cardiovasculaire et l’indice de performance du patient, ainsi que l’administration concomitante de composés cardiotoxiques tels que les fluoropyrimidines, doivent être pris en compte.
Les patients présentant des signes et symptômes évocateurs de kératite tels que la survenue ou l’aggravation d’une inflammation de l’œil, de larmoiements, d’une sensibilité à la lumière, d’une vision trouble, d’une douleur oculaire et/ou d’une rougeur oculaire, doivent être rapidement orientés vers un ophtalmologue.
Si un diagnostic de kératite ulcéreuse est confirmé, le traitement par le cetuximab doit être suspendu ou arrêté. Si le diagnostic de kératite est confirmé, les bénéfices et les risques liés à la poursuite du traitement doivent être soigneusement pris en compte.
Le cetuximab doit être utilisé avec précaution chez les patients ayant des antécédents de kératite, de kératite ulcéreuse ou de sécheresse oculaire sévère. Le port de lentilles de contact est également un facteur de risque pour les kératites et les ulcérations cornéennes.
Patients atteints de cancer colorectal et présentant des tumeurs avec mutation RAS
Le cetuximab ne doit pas être utilisé pour le traitement des patients atteints de cancer colorectal dont les tumeurs sont porteuses de mutations RAS ou dont le statut RAS des tumeurs n’est pas connu. Les résultats des études cliniques montrent un rapport bénéfices/risques défavorable en cas de tumeurs porteuses de mutations RAS. En particulier, chez ces patients, des effets délétères sur la durée de survie sans progression (PFS) et la durée de survie globale (OS) ont été observés lors de l’utilisation du cetuximab en association au protocole de traitement FOLFOX4 (voir rubrique 5.1).
Des observations similaires ont également été rapportées lors de l’administration de cetuximab en complément d’un traitement associant le protocole XELOX au bévacizumab (CAIRO2). Cependant, dans cette étude, aucun effet positif sur la PFS ou l’OS n’a été démontré également chez les patients présentant des tumeurs avec gène KRAS de type sauvage.
Seuls des patients présentant des fonctions rénales et hépatiques adéquates ont fait l’objet d’investigations à ce jour (créatinine sérique ≤ 1,5 fois la limite supérieure de la normale, transaminases ≤ 5 fois la limite supérieure de la normale, bilirubine ≤ 1,5 fois la limite supérieure de la normale).
Le cetuximab n’a pas été étudié chez des patients présentant un ou plusieurs des résultats de laboratoire suivants :
•hémoglobine < 9 g/dL
•leucocytes < 3000/mm³
•polynucléaires neutrophiles (valeur absolue) < 1500/mm³
•plaquettes < 100 000/mm³
L’expérience sur l’utilisation du cetuximab en association avec la radiothérapie dans les cancers colorectaux est limitée.
L’efficacité du cetuximab chez les patients pédiatriques âgés de moins de 18 ans n’a pas été établie. Aucun nouveau signal relatif à l’innocuité n’a été identifié chez les patients pédiatriques, d’après les rapports d’une étude de phase I.
En association avec une chimiothérapie à base de sels de platine, la fréquence des leucopénies sévères ou des neutropénies sévères peut être accrue, ce qui peut entraîner une augmentation des complications infectieuses de type neutropénie fébrile, pneumonie et sepsis, par comparaison avec une chimiothérapie à base de sels de platine utilisée seule (voir rubrique 4.4).
En association avec les fluoropyrimidines, la fréquence des ischémies cardiaques, notamment de l’infarctus du myocarde et de l’insuffisance cardiaque congestive, ainsi que de la fréquence du syndrome main-pied (érythrodysesthésie palmoplantaire), peuvent être accrues par comparaison avec les fluoropyrimidines.
En association avec la capécitabine et l’oxaliplatine (XELOX), la fréquence des diarrhées sévères peut être accrue.
Une étude spécifique d’interaction a montré que les caractéristiques pharmacocinétiques du cetuximab ne sont pas modifiées après co-administration d’une dose unique d’irinotecan (350 mg/m² de surface corporelle). De façon similaire, la pharmacocinétique de l’irinotecan était inchangée lorsque le cetuximab était co-administré.
Aucune autre étude spécifique d’interaction avec le cetuximab n’a été réalisée chez l’homme.
L’EGFR est impliqué dans le développement du fœtus. Un nombre restreint d’observations chez l’animal indique un transfert placentaire du cetuximab et il a été constaté que d’autres anticorps IgG1 traversent la barrière placentaire. Les données obtenues chez l’animal ne montrent aucune évidence de tératogénicité. Cependant, en fonction de la dose, une augmentation de l’incidence des avortements a été observée (voir rubrique 5.3). On ne dispose pas de données suffisantes chez la femme enceinte ou qui allaite.
En conséquence, durant la grossesse ou en l’absence de contraception adéquate, il est fortement recommandé de n’administrer Erbitux que si le bénéfice potentiel pour la mère justifie le risque potentiel pour le fœtus.
L’excrétion d’Erbitux dans le lait maternel est inconnue. L’allaitement est déconseillé durant un traitement par Erbitux et jusqu’à 2 mois après la dernière administration.
Il n’existe aucune donnée sur l’effet du cetuximab sur la fertilité chez l’être humain. Les effets sur la fertilité chez l’homme et la femme n’ont pas été évalués dans le cadre d’études formelles sur l’animal (voir rubrique 5.3).
Les effets sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines n’ont pas été étudiés. Si les patients présentent des symptômes liés au traitement qui affectent leur capacité à se concentrer et à réagir, il est recommandé qu’ils ne conduisent pas ou qu’ils n’utilisent pas de machines jusqu’à disparition de ces effets.
Les principaux effets indésirables du cetuximab sont les réactions cutanées, observées chez plus de 80 % des patients, l’hypomagnésémie, observée chez plus de 10 % des patients, et les réactions liées à la perfusion, observées chez plus de 10 % des patients avec des symptômes légers à modérés et chez plus de 1% des patients avec des symptômes sévères.
Les définitions suivantes sont applicables à la terminologie en matière de fréquence utilisée ci-après :
Un astérisque (*) indique que des informations complémentaires sur les effets indésirables respectifs sont fournies sous le tableau.
Déshydratation, en particulier secondaire à une diarrhée ou une
mucite ; hypocalcémie (voir rubrique 4.4) ; anorexie pouvant entraîner
Embolie pulmonaire, maladie interstitielle pulmonaire.
Diarrhées, nausées, vomissements.
Élévation des enzymes hépatiques (ASAT, ALAT, PA).
Réactions cutanées*.
Syndrome de Stevens-Johnson/ nécrolyse épidermique toxique.
Surinfection des lésions cutanées*.
Réactions légères ou modérées liées à la perfusion (voir rubrique 4.4) ;
mucite, sévère dans certains cas. La mucite peut entraîner une
Réactions sévères liées à la perfusion, conduisant dans certains cas à
une issue fatale (voir rubrique 4.4) ; fatigue.
Globalement, aucune différence cliniquement significative n’a été observée selon le sexe.
Des réactions cutanées ont été rapportées chez plus de 80 % des patients et se présentent principalement sous forme d’éruption acnéiforme et/ou moins fréquemment, sous forme de prurit, de sécheresse cutanée, de desquamation, d’hypertrichose ou d’anomalies unguéales (par exemple paronychie). Environ 15 % des réactions cutanées sont sévères, incluant des cas isolés de nécrose cutanée. La plupart des réactions cutanées se développent au cours des trois premières semaines de traitement. En général, elles disparaissent sans séquelles au cours du temps suite à l’arrêt du traitement si les ajustements posologiques recommandés sont respectés (voir rubrique 4.4).
Les lésions cutanées induites par le cetuximab sont susceptibles de prédisposer les patients à des surinfections (par exemple par S. aureus) pouvant engendrer des complications ultérieures telles qu’une cellulite, un érysipèle ou, potentiellement avec une issue fatale, un syndrome d’épidermolyse staphylococcique, une fasciite nécrosante ou un sepsis.
Si le cetuximab est utilisé en association avec des médicaments chimiothérapeutiques, se reporter également au résumé des caractéristiques du produit des médicaments en question.
En association avec les fluoropyrimidines, la fréquence des ischémies cardiaques, notamment de l’infarctus du myocarde et de l’insuffisance cardiaque congestive, ainsi que de la fréquence du syndrome main-pied (érythrodysesthésie palmoplantaire), peut être accrue par comparaison avec les fluoropyrimidines.
En association avec une radiothérapie locale de la région de la tête et du cou, les effets indésirables supplémentaires étaient ceux typiquement associés à la radiothérapie (tels que mucite, radiodermite, dysphagie ou leucopénie, principalement sous forme de lymphopénie). Dans une étude clinique randomisée et contrôlée portant sur 424 patients, les fréquences rapportées de radiodermite et de mucite aiguës sévères aussi bien que celles d’événements tardifs liés à la radiothérapie étaient légèrement plus élevées chez les patients traités par radiothérapie en association avec le cetuximab que chez ceux traités par radiothérapie seule.
On dispose à ce jour de données limitées concernant les doses uniques supérieures à 400 mg/m² de surface corporelle ou l’administration hebdomadaire de doses supérieures à 250 mg/m² de surface corporelle. Lors des études cliniques portant sur des doses allant jusqu’à 700 mg/m² administrées toutes les 2 semaines, le profil de tolérance a été cohérent avec celui décrit dans la rubrique 4.8.
Classe pharmacothérapeutique : agents antinéoplasiques, anticorps monoclonaux, Code ATC : L01XC06
Le cetuximab est un anticorps monoclonal chimérique IgG1 spécifiquement dirigé contre le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR).
Les voies de signalisation de l’EGFR sont impliquées dans le contrôle de la survie cellulaire, de la progression du cycle cellulaire, de l’angiogenèse, de la migration et de l’invasion cellulaires et du potentiel métastatique des cellules.
Le cetuximab se lie à l’EGFR avec une affinité qui est approximativement 5 à 10 fois supérieure à celle des ligands endogènes. Le cetuximab bloque la liaison des ligands endogènes de l’EGFR aboutissant à une inhibition de la fonction du récepteur. De plus, il induit l’internalisation de l’EGFR, ce qui peut entraîner une régulation négative de l’EGFR. Le cetuximab recrute également les cellules immunes effectrices cytotoxiques contre les cellules tumorales exprimant l’EGFR (cytotoxicité médiée par les cellules dépendantes des anticorps - ADCC).
Le cetuximab ne se lie pas aux autres récepteurs de la famille HER (facteur de croissance épidermique humain).
La protéine produite par le proto-oncogène RAS (rat sarcoma) joue un rôle central dans la transduction des signaux de l’EGFR en aval. Au sein des tumeurs, l’activation des gènes RAS par l’EGFR contribue à l’augmentation de la prolifération, de la survie et de la production des facteurs angiogéniques favorisée par l’EGFR.
Les gènes RAS constituent l’une des familles d’oncogènes les plus fréquemment activées dans le cadre des cancers humains. Les mutations des gènes RAS au niveau de certains hot-spots des exons 2, 3 et 4 engendrent une activation constitutive des protéines RAS indépendamment des signaux de l’EGFR.
Dans les essais in vitro et in vivo, le cetuximab inhibe la prolifération et induit l’apoptose de cellules tumorales humaines exprimant l’EGFR. In vitro, le cetuximab inhibe la production de facteurs angiogéniques par les cellules tumorales et bloque la migration des cellules endothéliales. In vivo, le cetuximab inhibe l’expression de facteurs angiogéniques par les cellules tumorales et provoque une réduction de la néovascularisation tumorale et des métastases.
Le développement d’anticorps humains antichimériques (HACA, human anti-chimeric antibodies) est un effet de classe des anticorps monoclonaux chimériques. Les données sur l’apparition d’HACAs sont limitées. Globalement, des titres mesurables d’HACAs ont été notés chez 3,4% des patients étudiés, avec des taux d’incidence de 0 % à 9,6 % dans les études effectuées dans l’indication ciblée. On ne dispose pas à ce jour de données concluantes sur l’effet neutralisant des HACAs sur le cetuximab. L’apparition d’HACA n’était pas corrélée avec la survenue de réactions d’hypersensibilité ou de tout autre effet indésirable du cetuximab.
Un test diagnostique (EGFR pharmDx) a été utilisé pour la détection immunohistochimique de l’expression d’EGFR au niveau du matériel tumoral. Une tumeur était considérée comme exprimant l’EGFR si une cellule marquée pouvait être identifiée. Environ 75 % des patients ayant un cancer colorectal métastatique sélectionnés pour les études cliniques avaient une tumeur exprimant l’EGFR et étaient donc considérés comme éligibles pour le traitement par le cetuximab. L’efficacité et la tolérance du cetuximab n’ont pas été documentées chez les patients souffrant de tumeurs dans lesquelles l’EGFR n’a pas été détecté.
Les données issues des études montrent qu’il est très peu probable que les patients présentant un cancer colorectal métastatique avec des mutations activatrices du gène RAS puissent bénéficier d’un traitement par cetuximab ou par une association comprenant le cetuximab. En outre, en administrant le cetuximab en association au protocole de traitement FOLFOX4, un effet délétère significatif a été observé sur la durée de survie sans progression (PFS, Progression-Free Survival).
Le cetuximab, en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie, a été étudié dans 5 études cliniques contrôlées randomisées et plusieurs études complémentaires. Les 5 études randomisées ont porté au total sur 3734 patients atteints de cancer colorectal métastatique chez lesquels une expression de l’EGFR était détectable et qui présentaient un indice de performance ECOG ≤ 2. Chez la majorité des patients inclus, l’indice de performance ECOG était ≤ 1. Lors de toutes ces études, le cetuximab a été administré comme indiqué dans la rubrique 4.2.
Le caractère prédictif du statut de l’exon 2 du gène KRAS vis-à-vis du traitement par le cetuximab a été confirmé par 4 des études contrôlées randomisées (EMR 62 202-013, EMR 62 202-047, CA225006 et CA225025). Le statut de mutation du gène KRAS était connu pour 2 072 des patients. Pour les études EMR 62 202-013 et EMR 62 202-047, les mutations des gènes RAS (NRAS et KRAS) autres que celles situées dans l’exon 2 du gène KRAS ont également été déterminées par des analyses post hoc supplémentaires. Seule l’étude EMR 62 202-007 n’a pas permis d’analyse post hoc.
Le cetuximab a également été étudié en association avec une chimiothérapie dans une étude contrôlée et randomisée de phase III entreprise à l’initiative d’un investigateur (étude COIN, COntinuous chemotherapy plus cetuximab or INtermittent chemotherapy). Dans cette étude, l’expression de
l’EGFR n’était pas un critère d’inclusion. Des échantillons tumoraux prélevés chez environ 81 % des patients ont été analysés rétrospectivement pour déterminer l’expression du gène KRAS.
FIRE-3, une étude clinique de phase III à promotion institutionnelle, a comparé le traitement par FOLFIRI en association avec le cetuximab ou avec le bévacizumab pour le traitement de 1re ligne de patients atteints de CCRm avec un gène KRAS de type sauvage (exon 2). Les mutations des
gènes RAS autres que celles situées dans l’exon 2 du gène KRAS ont été évaluées par des analyses post hoc complémentaires.
Association du cetuximab et d’une chimiothérapie
•EMR 62 202-013 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique n’ayant pas reçu de traitement préalable pour leur maladie métastatique, a comparé l’association du cetuximab et de l’irinotecan plus une perfusion de 5-fluoro-uracile/acide folinique (FOLFIRI) (599 patients) avec cette même chimiothérapie administrée seule
(599 patients). Sur l’ensemble de la population des patients pour lesquels le statut du
gène KRAS était évaluable, 63% présentaient des tumeurs avec gène KRAS de type sauvage. Pour l’évaluation du statut RAS, les mutations autres que celles situés dans l’exon 2 du
gène KRAS ont été déterminées à partir de tous les échantillons tumoraux évaluables parmi les patients avec gène KRAS (exon 2) de type sauvage (65 %). Les patients avec gène RAS de type muté comprennent les patients avec des mutations connues dans l’exon 2 du gène KRAS, ainsi que ceux chez lesquels d’autres mutations ont été identifiées dans les gènes RAS.
Les données d’efficacité générées par cette étude sont résumées dans le tableau suivant :
Patients avec gène RAS de type sauvage
Patients avec gène RAS muté
(24,7 ; 31,6)
(17,0 ; 24,5)
(14,9 ; 18,4)
(15,4 ; 19,6)
0,69 (0,54 ; 0,88)
1,05 (0,86 ; 1,28)
(10,0 ; 14,6)
(7,4 ; 9,4)
(6,4 ; 8,0)
(7,2 ; 8,5)
0,56 (0,41 ; 0,76)
1,10 (0,85 ; 1,42)
(58,8 ; 73,2)
(31,7 ; 46,0)
(25,9 ; 37,9)
(29,6 ; 42,8)
Rapport des cotes (IC 95%)
3,1145 (2,0279 ; 4,7835)
0,8478 (0,5767 ; 1,2462)
IC = intervalle de confiance, FOLFIRI = irinotecan plus perfusion de 5-FU/AF, ORR = objective response rate, taux de réponses objectives (patients avec réponse complète ou réponse partielle), OS = overall survival time, durée de survie globale, PFS = progression-free survival time, durée de survie sans progression
•EMR 62 202-047 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique n’ayant pas reçu de traitement préalable pour leur maladie métastatique, a comparé l’association du cetuximab et de l’oxaliplatine plus une perfusion continue de 5-fluoro- uracile/acide folinique (FOLFOX4) (169 patients) avec cette même chimiothérapie administrée seule (168 patients). Sur l’ensemble de la population des patients pour lesquels le statut du gène KRAS était évaluable, 57% présentaient des tumeurs avec gène KRAS de type sauvage. Pour l’évaluation du statut RAS, les mutations autres que celles situés dans l’exon 2 du
gène KRAS ont été déterminées à partir de tous les échantillons tumoraux évaluables parmi les patients avec gène KRAS (exon 2) de type sauvage. Les patients avec gène RAS de type muté comprennent les patients avec des mutations KRAS (exon 2) connues, ainsi que ceux chez lesquels d’autres mutations ont été identifiées dans les gènes RAS.
Patients avec gène RAS de type
(16,6 ; 25,4)
(13,8 ; 23,9)
(112,1 ; 17,7)
(15,9 ; 23,6)
0,94 (0,56 ; 1,56)
1,29 (0,91 ; 1,84)
(5,8 ; NE)
(4,7 ; 7,9)
(4,4 ; 7,5)
(6,7 ; 9,3)
0,53 (0,27 ; 1,04)
1,54 (1,04 ; 2,29)
(40,8 ; 73,7)
(16,6 ; 43,3)
(27,1 ; 47,7)
(38,9 ; 62,4)
3,3302 (1,375 ; 8,172)
0,580 (0,311 ; 1,080)
IC = intervalle de confiance, FOLFOX4 = oxaliplatine plus perfusion continue de 5-FU/AF, ORR = objective response rate, taux de réponses objectives (patients avec réponse complète ou réponse partielle), OS = overall survival time, durée de survie globale, PFS = progression-free survival time, durée de survie sans progression, NE = non estimable
En particulier, un effet délétère de l’ajout de cetuximab au traitement de base (FOLFOX 4) a été observé dans la population des patients porteurs d’une mutation du gène RAS.
•COIN : cette étude ouverte, randomisée, à 3 bras, a été menée chez 2 445 patients atteints d’un cancer colorectal métastatique ou locorégional inopérable qui n’avaient pas reçu de traitement antérieur pour leur maladie métastatique, et a comparé l’association du cetuximab et de l’oxaliplatine associée à une fluoropyrimidine (perfusion de 5-fluoro-uracile/acide folinique [OxMdG] ou capécitabine [XELOX]) à ces mêmes chimiothérapies administrées seules. Le troisième groupe expérimental a reçu un protocole de traitement OxMdG ou XELOX intermittent sans cetuximab. Les résultats obtenus avec le protocole de traitement XELOX et dans le troisième groupe expérimental ne sont pas présentés.
Les échantillons tumoraux d’environ 81 % des patients ont été analysés rétrospectivement pour déterminer l’expression du gène KRAS, 55 % d’entre eux présentaient un gène KRAS de type sauvage. Au sein de cette population, 362 patients avaient reçu l’association de cetuximab et d’oxaliplatine plus fluoropyrimidines (117 patients sous OxMdG et 245 patients sous XELOX), et 367 patients avaient reçu le traitement par l’oxaliplatine plus fluoropyrimidines seul
(127 patients sous OxMdG et 240 patients sous XELOX). Parmi la population des patients avec le gène KRAS muté, 297 patients avaient reçu l’association de cetuximab et d’oxaliplatine plus fluoropyrimidines (101 patients sous OxMdG et 196 patients sous XELOX), et 268 patients avaient reçu le traitement par l’oxaliplatine plus fluoropyrimidines seul (78 patients sous OxMdG et 190 patients sous XELOX).
Les données d’efficacité du protocole de traitement OxMdG générées par cette étude sont résumées dans le tableau suivant :
Patients avec gène KRAS muté
(10,3 ; 32,2)
(9,8 ; 27,5)
(8,0 ; 23,9)
(9,5 ; 22,0)
0,93 (0,72 ; 1,19)
0,99 (0,75 ; 1,30)
(5,8 ; 15,5)
(5,8 ; 12,7)
(5,0 ; 10,7)
(3,4 ; 10,8)
0,77 (0,59 ; 1,01)
1,05 (0,77 ; 1,41)
(58 ; 76)
(50 ; 68)
(37 ; 57)
(40 ; 63)
1,44 (0,85 ; 2,43)
0,83 (0,46 ; 1,49)
IC = intervalle de confiance, OxMdG = oxaliplatine plus perfusion de 5-FU/AF, OS = overall survival time, durée de survie globale, PFS = progression-free survival time, durée de survie sans progression
Aucune tendance pouvant indiquer un éventuel bénéfice clinique n’a été montrée chez les patients ayant reçu le cetuximab en association avec le protocole de traitement XELOX.
Il y a eu des réductions significatives de doses et des retards dans l’administration de la capécitabine ou de l’oxaliplatine, principalement en raison de la fréquence élevée des diarrhées dans le groupe de traitement contenant le cetuximab. En outre, un nombre significativement moins important de patients traités par le cetuximab a reçu un traitement de seconde intention.
FIRE-3 (association de cetuximab et FOLFIRI en 1re ligne) : L’essai FIRE-3 était une étude multicentrique et randomisée de phase III évaluant par comparaison directe le 5-FU, l’acide folinique et l’irinotecan (FOLFIRI) en association avec le cetuximab ou avec le bévacizumab chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique (CCRm) avec gène KRAS (exon 2) de type sauvage. Le statut RAS a été évaluable dans les échantillons tumoraux de 407 patients avec du gène KRAS (exon 2) de type sauvage, ce qui correspond à 69 % de l’ensemble des patients avec gène KRAS (exon 2) de type sauvage (592 patients). Parmi ces patients, 342 présentaient des tumeurs avec gène RAS de type sauvage tandis que des mutations du gène RAS ont été identifiées chez 65 patients. La population de patients avec gène RAS de type muté comprend ces 65 patients ainsi que les 113 patients présentant des tumeurs avec gène KRAS (exon 2) de type muté traités avant que le recrutement de l’étude ait été restreint aux patients atteints de CCRm avec gène KRAS (exon 2) de type sauvage.
(24,5 ; 39,4)
(22,7 ; 28,6)
(16,4 ; 23,4)
(17,0 ; 26,7)
0,70 (0,53 ; 0,92)
1,09 (0,78 ; 1,52)
(9,5 ; 12,2)
(9,3 ; 11,5)
(6,1 ; 9,0)
(8,9 ; 12,2)
0,93 (0,74 ; 1,17)
1,31 (0,96 ; 1,78)
(57,9 ; 72,6)
(51,9 ; 67,1)
(28,1 ; 48,8)
(40,1 ; 62,1)
1,28 (0,83 ; 1,99)
0,59 (0,32 ; 1,06)
Dans la population avec gène KRAS de type sauvage de l’étude CALGB/SWOG 80405
(n = 1 137), l’analyse intermédiaire n’a pas permis d’établir la supériorité du cetuximab plus chimiothérapie par rapport au bévacizumab plus chimiothérapie. Des analyses portant sur la population avec gène RAS de type sauvage seront nécessaires pour pouvoir évaluer ces données de façon appropriée.
•CA225006 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique ayant reçu initialement une association d’oxaliplatine plus fluoropyrimidine pour leur maladie métastatique, a comparé l’association de cetuximab et d’irinotecan (648 patients) avec l’irinotecan en monothérapie (650 patients). Suite à la progression de la maladie, un traitement par des agents ciblant l’EGFR a été instauré chez 50% des patients du groupe sous irinotecan seul.
Dans la population globale, quel que soit le statut du gène KRAS, les résultats obtenus pour l’association de cetuximab et d’irinotecan (648 patients) par comparaison avec l’irinotecan seul (650 patients) ont été les suivants : durée médiane de survie globale (OS overall survival time) 10,71 contre 9,99 mois (HR 0,98), durée médiane de survie sans progression (PFS progression- free survival time) 4,0 contre 2,6 mois (HR 0,69) et taux de réponses objectives (ORR objective response rate) 16,4 % contre 4,2 %.
En ce qui concerne le statut du gène KRAS, des échantillons tumoraux n’ont pu être obtenus que chez 23 % des patients (300 sur 1298). Dans la population de patients chez lesquels le statut du gène KRAS a été évalué, 64 % des patients (192) présentaient des tumeurs avec gène KRAS de type sauvage et 108 patients des tumeurs avec mutations du gène KRAS. Compte tenu de ces données et puisqu’aucun examen indépendant des résultats de l’imagerie n’a été mené, les résultats concernant le statut mutationnel sont considérés comme non interprétables.
•EMR 62 202-007 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique après échec d’un traitement à base d’irinotecan pour leur maladie métastatique (dernier traitement avant l’entrée dans l’étude), a comparé l’association de cetuximab et d’irinotecan (218 patients) avec le cetuximab en monothérapie (111 patients).
Par rapport au cetuximab en monothérapie, l’association du cetuximab à l’irinotecan a réduit le risque global de progression de la maladie de 46% et a significativement augmenté le taux de réponses objectives. Lors de l’étude randomisée, l’amélioration de la durée de survie globale n’a pas atteint un niveau statistiquement significatif ; cependant, en phase de suivi, près de 50% des patients sous cetuximab en monothérapie ont reçu une association de cetuximab et d’irinotecan après progression de la maladie, ce qui pourrait avoir influencé la durée de survie globale.
Cetuximab en monothérapie
•CA225025 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique ayant reçu antérieurement un traitement à base d’oxaliplatine, d’irinotecan et de fluoropyrimidine pour leur maladie métastatique, a comparé l’ajout de cetuximab en monothérapie au traitement symptomatique optimal (BSC, best supportive care) (287 patients) avec le BSC seul (285 patients). Sur l’ensemble de la population des patients pour lesquels le statut du gène KRAS était évaluable, 58% présentaient des tumeurs avec gène KRAS de type sauvage.
Patients avec gène KRAS de type
BSC = best supportive care, traitement symptomatique optimal, IC = intervalle de confiance, ORR = objective response rate, taux de réponses objectives (patients avec réponse complète ou réponse partielle), OS = overall survival time, durée de survie globale, PFS = progression-free survival time, durée de survie sans progression
La détection par immunohistochimie de l’expression d’EGFR n’a pas été réalisée étant donné que plus de 90% des patients atteints de carcinome épidermoїde de la tête et du cou présentent des tumeurs exprimant l’EGFR.
Cetuximab en association avec la radiothérapie en cas de maladie localement avancée
•EMR 62 202-006 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de carcinome
épidermoїde localement avancé de la tête et du cou, a comparé l’association du cetuximab et de la radiothérapie (211 patients) à la radiothérapie seule (213 patients). Le cetuximab était commencé une semaine avant la radiothérapie et était administré aux doses décrites à la rubrique 4.2 jusqu’à la fin de la période de radiothérapie.
Radiothérapie plus cetuximab
mois, médiane (IC 95%)
(15,7 ; 45,1)
(11,8 ; 19,9)
0,68 (0,52 ; 0,89)
(32,8 ; 69,5+)
(20,6 ; 41,4)
0,73 (0,56 ; 0,95)
Taux OS à 1 an, % (IC 95%)
77,6 (71,4 ; 82,7)
73,8 (67,3 ; 79,2)
Taux OS à 2 ans, % (IC 95%)
62,2 (55,2 ; 68,4)
55,2 (48,2 ; 61,7)
Taux OS à 3 ans, % (IC 95%)
54,7 (47,7 ; 61,2)
45,2 (38,3 ; 51,9)
Taux OS à 5 ans, % (IC 95%)
45,6 (38,5 ; 52,4)
36,4 (29,7 ; 43,1)
IC = intervalle de confiance, OS = overall survival time, durée de survie globale, un + indique que la limite supérieure n'a pas atteinte le seuil
Les patients avec un bon pronostic, indiqué par le stade de la tumeur, l’index de performance de Karnofsky (KPS) et l’âge, ont bénéficié de manière plus distincte de la radiothérapie quand le cetuximab y était ajouté. Aucun bénéfice clinique n’a été démontré dans les patients avec KPS ≤ 80 et agés de 65 ans et plus.
L’utilisation de cetuximab en association avec une chimio-radiothérapie n’a pas été étudiée de manière adéquate jusqu’à présent. Ainsi, un rapport bénéfice/risque n’a pas encore été établi pour cette combinaison.
Cetuximab en association avec la chimiothérapie à base de sels de platine en cas de maladie récidivante et/ou métastatique
•EMR 62-202-002 : cette étude randomisée, menée chez des patients atteints de carcinome épidermoïde de la tête et du cou récidivant et/ou métastatique n’ayant pas reçu antérieurement de chimiothérapie pour traiter cette maladie, a comparé l’association de cetuximab et de cisplatine ou de carboplatine plus une perfusion de 5-fluoro-uracile (222 patients) à cette même chimiothérapie administrée seule (220 patients). Le traitement du groupe sous cetuximab était composé d’un maximum de 6 cycles de chimiothérapie à base de sels de platine en association avec le cetuximab, suivis d’un traitement d’entretien par le cetuximab jusqu’à progression de la maladie.
10,1 (8,6 ; 11,2)
7,4 (6,4 ; 8,3)
0,797 (0,644 ; 0,986)
5,6 (5,0 ; 6,0)
3,3 (2,9 ; 4,3)
0,538 (0,431 ; 0,672)
35,6 (29,3 ; 42,3)
19,5 (14,5 ; 25,4)
IC = intervalle de confiance, CTX = chimiothérapie à base de sels de platine, ORR = objective response rate, taux de réponses objectives, OS = overall survival time, durée de survie globale, PFS = progression-free survival time, durée de survie sans progression
Les patients avec un bon pronostic, indiqué par le stade de la tumeur, l’index de performance de Karnofsky (KPS) et l’âge, ont bénéficié de manière plus distincte de la chimiothérapie à base de sels de platine quand le cetuximab y était ajouté. Contrairement à la durée de survie sans
progression, aucun bénéfice n’a été démontré en termes de durée de survie globale chez les patients avec KPS ≤ 80 et âgés de 65 ans et plus.
L’Agence européenne des médicaments a accordé une dérogation à l’obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec le cetuximab dans tous les sous-groupes de la population pédiatrique dans les indications : adénocarcinome du côlon et du rectum, carcinome épithélial oropharyngé, laryngé ou de la cavité nasale (à l’exception du carcinome du nasopharynx et du lymphoépithéliome, voir rubrique 4.2 pour les informations concernant l’usage pédiatrique).
La pharmacocinétique du cetuximab a été étudiée dans les études cliniques, lorsque le cetuximab était administré en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie ou une radiothérapie concomitante. Les perfusions intraveineuses de cetuximab ont montré une pharmacocinétique dose- dépendante à des doses hebdomadaires comprises entre 5 et 500 mg/m² de surface corporelle.
Lorsque le cetuximab était administré à la dose initiale de 400 mg/m² de surface corporelle, le volume moyen de distribution était approximativement équivalent à l’espace vasculaire (2,9 L/m² avec un intervalle de 1,5 à 6,2 L/m²). La Cmax moyenne (± écart-type) était de 185±55 microgrammes par mL. La clairance moyenne était de 0,022 L/h par m² de surface corporelle. Le cetuximab a une longue demi-vie d’élimination avec des valeurs comprises entre 70 et 100 heures à la dose cible.
Les concentrations sériques du cetuximab atteignaient des niveaux stables au bout de trois semaines de cetuximab en monothérapie. Les concentrations moyennes maximales du cetuximab étaient de
155,8 microgrammes par mL à la semaine 3 et de 151,6 microgrammes par mL à la semaine 8, tandis que les concentrations moyennes minimales correspondantes étaient respectivement de 41,3 et
55,4 microgrammes par mL. Dans une étude du cetuximab administré en association avec l’irinotecan, les taux moyens de cetuximab étaient de 50,0 microgrammes par mL à la semaine 12 et de
49,4 microgrammes par mL à la semaine 36.
Différentes voies pouvant contribuer au métabolisme des anticorps ont été décrites. Toutes ces voies impliquent la biodégradation de l’anticorps en molécules plus petites, c’est-à-dire en peptides de petite taille ou en acides aminés.
Une analyse intégrée de toutes les études cliniques a montré que les caractéristiques pharmacocinétiques du cetuximab ne sont pas influencées par la race, l’âge, le sexe ou l’état rénal ou hépatique.
Dans une étude de phase I portant sur des patients pédiatriques (1-18 ans) souffrant de tumeurs solides réfractaires, le cetuximab a été administré en association avec l’irinotecan. Les résultats pharmacocinétiques étaient comparables à ceux constatés chez les adultes.
Les altérations cutanées fonction de la dose, apparaissant à partir de doses équivalentes à celles utilisées chez l’être humain, ont constitué la principale constatation effectuée lors des études de
toxicité chez le singe Cynomolgus (une étude de toxicité après administration chronique répétée et une étude du développement embryo-fœtal).
L’étude de toxicité embryo-fœtale chez le singe Cynomolgus n’a mis en évidence aucun signe de tératogénicité. Cependant, en fonction de la dose, une incidence accrue des avortements a été observée.
Les données non cliniques sur la génotoxicité et la tolérance locale en cas d’administration fortuite par des voies autres que la voie intraveineuse n’ont pas révélé de risque particulier pour l’homme.
Chez l’animal, aucune étude spécifique n’a été réalisée pour étudier le potentiel carcinogène du cetuximab, ni pour déterminer ses effets sur la fertilité chez le mâle et la femelle.
Aucune étude de toxicité après co-administration du cetuximab et de médicaments chimiothérapeutiques n’a été réalisée.
Aucune donnée non clinique concernant les effets du cetuximab sur la cicatrisation n’est disponible à ce jour. Cependant, sur des modèles précliniques de cicatrisation, on a montré que des inhibiteurs sélectifs de la tyrosine kinase EGFR retardent la cicatrisation.
La stabilité chimique et physique en cours d’utilisation d’Erbitux 5 mg/mL a été démontrée pendant 48 heures à 25°C, à condition que la solution soit préparée comme décrit à la rubrique 6.6.
Erbitux ne contient aucun conservateur antimicrobien ou agent bactériostatique. Sur le plan microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement après ouverture. S’il n’est pas utilisé immédiatement, la durée et les conditions de conservation sont sous la responsabilité de l’utilisateur et ne devraient normalement pas dépasser 24 heures entre 2 et 8°C, excepté si l’ouverture a été faite dans des conditions d’asepsie validées et contrôlées.
20 mL ou 100 mL de solution en flacon (verre de type I) muni d’un bouchon (caoutchouc halobutyle) et d’une capsule (aluminium/polypropylène).
Erbitux peut être administré à l’aide d’un goutte-à-goutte, d’une pompe à perfusion ou d’une pompe à seringue. Une ligne de perfusion séparée doit être utilisée pour la perfusion, et la ligne doit être rincée avec une solution injectable stérile de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9%) à la fin de la perfusion.
Erbitux 5 mg/mL est compatible
•avec les poches en polyéthylène (PE), en éthyl vinyl acétate (EVA) ou en chlorure de polyvinyle (PVC),
•avec les nécessaires de perfusion en polyéthylène (PE), en polyuréthane (PUR), en éthyl vinyl acétate (EVA), en thermoplastique polyoléfine (TP) ou en chlorure de polyvinyle (PVC),
•avec les seringues en polypropylène (PP) pour pompe à seringue.
Il faut veiller à garantir une manipulation aseptique lors de la préparation de la perfusion.
Erbitux 5 mg/mL doit être préparé de la manière suivante :
•Pour une administration avec une pompe à perfusion ou un goutte-à-goutte (dilué avec une solution stérile de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9%)) : Prendre une poche à perfusion de solution stérile de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9%) de taille appropriée. Calculer le volume d’Erbitux nécessaire. Retirer de la poche à perfusion le volume correspondant de solution de chlorure de sodium au moyen d’une seringue stérile appropriée munie d’une aiguille adaptée. Prendre une seringue stérile appropriée et fixer une aiguille adaptée. Prélever le volume nécessaire d’Erbitux du flacon. Transférer Erbitux dans la poche à perfusion préparée. Répéter cette opération jusqu’à atteindre le volume calculé. Raccorder la ligne de perfusion et l’amorcer avec Erbitux dilué avant de commencer la perfusion. Utiliser un goutte-à-goutte ou une pompe à perfusion pour l’administration. Régler et contrôler la vitesse de la manière expliquée à la rubrique 4.2.
•Pour une administration avec une pompe à perfusion ou un goutte-à-goutte (non
dilué) : Calculer le volume d’Erbitux nécessaire. Prendre une seringue stérile appropriée (minimum 50 mL) et fixer une aiguille adaptée. Prélever le volume nécessaire d’Erbitux du flacon. Transférer Erbitux dans un récipient ou un sac stérile sous vide. Répéter cette opération jusqu’à atteindre le volume calculé. Raccorder la ligne de perfusion et l’amorcer avec Erbitux avant de commencer la perfusion. Régler et contrôler la vitesse de la manière expliquée à la rubrique 4.2.
•Pour une administration avec une pompe à seringue : Calculer le volume d’Erbitux nécessaire. Prendre une seringue stérile appropriée et fixer une aiguille adaptée. Prélever le volume nécessaire d’Erbitux du flacon. Retirer l’aiguille et placer la seringue dans la pompe à seringue. Relier la ligne de perfusion à la seringue, régler et contrôler la vitesse de la manière expliquée à la section 4.2 et commencer la perfusion après avoir amorcé la ligne avec Erbitux ou avec une solution stérile de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9%). Si nécessaire, répéter cette opération jusqu’à ce que le volume calculé soit perfusé.
Date de première autorisation : 29/06/2004
Date de renouvellement : 29/06/2009