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Timestamp: 2016-10-25 22:44:24+00:00
Document Index: 129255258

Matched Legal Cases: ['art. 2', 'art. 754', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 23', 'art. 60', 'art. 3', 'art. 23', 'art. 9', 'art. 60', 'art. 23', 'art. 9', 'art. 754', 'art. 754', 'art. 754', 'art. 142', 'art. 760', 'art. 260', 'art. 754', 'art. 754', 'art. 60', 'ATF ', 'art. 754', 'art. 90', 'art. 92', 'art. 93', 'art. 93', 'art. 93', 'ATF ', 'art. 93', 'ATF ', 'art. 107', 'art. 60', 'art. 93', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 93', 'art. 93', 'ATF ', 'art. 93', 'art. 72', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 42', 'art. 100', 'art. 46', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 102', 'art. 60', 'art. 60', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 204', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 60', 'art. 760', 'art. 60', 'ATF ', 'art. 60', 'ATF ', 'art. 30', 'ATF ', 'art. 60', 'art. 60', 'ATF ', 'art. 23', 'art. 23', 'art. 60', 'art. 23', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 23', 'art. 164', 'art. 23', 'art. 60', 'art. 29', 'art. 7', 'art. 60', 'art. 23', 'art. 305', 'art. 97', 'art. 23', 'art. 2', 'art. 60', 'art. 760', 'art. 754', 'art. 142', 'ATF ', 'art. 760', 'art. 41', 'art. 130', 'art. 760', 'art. 754', 'art. 260', 'art. 29', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 135', 'art. 66', 'art. 68']

Mmes et MM. les Juges Klett, pr�sidente, Corboz, Rottenberg Liatowitsch, Kiss et Chaix, juge suppl�ant.
A.________ SA, repr�sent�e par Me Herv� Bovet,
tous trois repr�sent�s par Mes Alexis Overney et Christine Magnin,
toutes trois repr�sent�es par Me Alain Ribordy,
responsabilit� civile; prescription,
9 f�vrier 2010 par la Ie Cour d'appel civil du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg.
A.a La soci�t� I.________ SA a �t� cr��e dans le canton de Fribourg sous un autre nom en 1981. J.________ en �tait l'administrateur unique. D�s 1996, elle a connu des difficult�s financi�res. Entre le 25 avril et le 22 juillet 1997, trois �tablissements bancaires - la banque X.________ SA (ci-apr�s: X.________ SA), la banque Y.________ SA (ci-apr�s: Y.________ SA) et la Banque Z.________ (ci-apr�s: Z.________) - ont d�nonc� au remboursement int�gral les pr�ts qu'ils lui avaient octroy�s.
A.b Le 24 juillet 1997, J.________ a chang� la raison sociale de I.________ SA en K.________ SA; le but et le si�ge de la soci�t� ont aussi �t� modifi�s. Parall�lement, I.________ SA a vendu tous ses biens � A.________ SA, soci�t� dont la pr�c�dente raison -L.________ SA - avait �t� modifi�e le 22 octobre 1996.
A.c X.________ SA a d�pos� plainte p�nale, le 24 octobre 1997, pour gestion d�loyale, diminution effective de l'actif au pr�judice des cr�anciers et gestion fautive. Le 31 du m�me mois, le juge d'instruction a ouvert une enqu�te p�nale visant notamment J.________, B.________, E.________, F.________ et D.________. Y.________ SA et Z.________ se sont jointes ult�rieurement � cette plainte.
En date du 26 octobre 1999, les plaignantes ont requis et obtenu l'extension de la mise en pr�vention � l'infraction d'appropriation de la client�le, au sens des art. 2, 3 let. d et 23 de la loi f�d�rale du 19 d�cembre 1986 contre la concurrence d�loyale (LCD; RS 241).
Par ordonnance du 20 d�cembre 2004, le juge d'instruction a prononc� un non-lieu, � cet �gard, envers les pr�nomm�s. Il a, cependant, renvoy� J.________ et B.________ devant le Tribunal p�nal �conomique du canton de Fribourg du chef des autres infractions susmentionn�es.
A.d La faillite de la soci�t� K.________ SA a �t� prononc�e le 7 janvier 1998. L'�tat de collocation a �t� d�pos� le 6 novembre 1998. Le 16 mars 1999, l'administration de la masse en faillite a c�d� aux trois banques pr�cit�es le droit de faire valoir elles-m�mes une cr�ance en responsabilit� civile, bas�e sur les art. 754 et 755 CO, contre toutes les personnes qui s'occupaient de la gestion et de la v�rification des comptes annuels de ladite soci�t�. Le 25 octobre 1999, elle leur a, en outre, c�d� le droit de faire valoir "une cr�ance en responsabilit� civile, conform�ment aux art. 2, 3 let. d et 9 [LCD], contre les personnes qui se sont appropri� illicitement la client�le de la soci�t� faillie K.________ SA (anciennement I.________ SA)".
A.e Les banques ont obtenu des renonciations � invoquer la prescription de la part de E.________, F.________ et D.________ depuis le mois de mai 2000. B.________ et C.________ SA, contre qui elles avaient introduit des poursuites le 22 mai 2000, en m�me temps que contre A.________ SA, ont �galement renonc� � exciper de la prescription de novembre 2004 jusqu'au 30 juin 2005.
B.a Par requ�te de citation en conciliation du 29 juin 2005, suivie du d�p�t de leur demande au fond en date du 14 d�cembre 2005, X.________ SA, Y.________ SA et Z.________ ont ouvert action en dommages-int�r�ts � l'encontre de A.________ SA, E.________, F.________, D.________, B.________ et C.________ SA. Invoquant les art. 2, 3 let. d et 23 LCD, 41 CO et 754 ss CO, les banques demanderesses ont conclu � ce que les d�fendeurs fussent condamn�s solidairement � leur payer la somme de 4'808'636 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 7 janvier 1998.
Dans leurs r�ponses respectives, les six d�fendeurs ont tous conclu au rejet de la demande en soulevant un certain nombre d'objections et d'exceptions, dont la prescription. A.________ SA a �galement pris des conclusions reconventionnelles tendant � faire constater qu'elle ne devait pas les sommes formant l'objet des commandements de payer que les demanderesses lui avaient fait notifier.
Les d�bats ont �t� limit�s aux exceptions de prescription et d'incomp�tence ratione loci.
Par jugement du 26 f�vrier 2008, le Tribunal civil de la Gruy�re, admettant implicitement sa comp�tence � raison du lieu, a rejet� la demande comme �tant prescrite.
B.b Statuant par arr�t du 9 f�vrier 2010, sur appel des demanderesses, la Ie Cour d'appel civil du Tribunal cantonal fribourgeois a partiellement admis le recours, dans la mesure o� il �tait recevable, annul� le jugement de premi�re instance et renvoy� la cause au Tribunal civil de la Gruy�re pour nouvelle instruction et nouveau jugement dans le sens des consid�rants de l'arr�t cantonal.
L'arr�t en question repose sur les motifs r�sum�s ci-apr�s en ce qui concerne le probl�me de la prescription.
B.b.a Il s'agit de d�terminer, en premier lieu, si l'action des demanderesses, en tant qu'elle se fonde sur la LCD, est prescrite au regard de l'art. 60 al. 1 CO.
Les demanderesses all�guent, � l'appui de leur action, que les d�fendeurs ont cr�� la soci�t� A.________ SA afin d'exploiter, de mani�re parasitaire, la r�putation de I.________ SA et qu'ils ont ensuite organis� la cession des actifs - mais non des passifs - de la future faillie � A.________ SA. Etant donn� les circonstances, elles ont connu leur dommage de m�me que les auteurs de celui-ci bien avant le mois de mai 1999. Aussi la prescription annale �tait-elle d�j� acquise au mois de mai 2000, � l'�gard de tous les d�fendeurs, lorsqu'elles l'ont interrompue par des poursuites visant certains d'entre eux et ont obtenu des renonciations � l'invoquer de la part des autres.
B.b.b S'appuyant sur l'art. 60 al. 2 CO, les demanderesses se pr�valent toutefois de la prescription p�nale de plus longue dur�e.
En l'occurrence, nul ne conteste que le juge d'instruction a prononc� un non-lieu, entr� en force, au motif que les infractions mentionn�es � l'art. 23 al. 1 LCD ne sont punissables que sur plainte et qu'aucune plainte n'a �t� d�pos�e en temps utile. Fond�e sur une telle circonstance, et non pas sur l'absence de r�alisation des conditions objectives ou subjectives de punissabilit�, cette d�cision ne lie pas le juge civil, contrairement � l'opinion de l'autorit� de premi�re instance. Il y a lieu, partant, d'examiner la punissabilit� des actes incrimin�s, �tant pr�cis� que l'art. 60 al. 2 CO sera applicable � A.________ SA et C.________ SA, m�me si leur punissabilit� en tant que personnes morales est exclue en l'esp�ce, s'il s'av�re que leur administrateur commun, B.________, est punissable.
La question de la r�alisation du comportement d�loyal vis� par l'art. 3 let. d LCD se pose de mani�re identique, que l'on examine pareil comportement du point de vue p�nal (art. 23 LCD) ou dans le cadre de l'action en responsabilit� civile � laquelle il peut donner mati�re (art. 9 LCD). Or, si la Cour d'appel se pronon�ait sur la punissabilit� des d�fendeurs, au sens de l'art. 60 al. 2 CO en liaison avec l'art. 23 LCD, elle statuerait in�vitablement sur plusieurs aspects de leur responsabilit� civile, alors que ceux-ci n'ont pas �t� abord�s en premi�re instance, privant ainsi les parties du double degr� de juridiction que la loi d'organisation judiciaire fribourgeoise leur accorde. La cause doit donc �tre renvoy�e au Tribunal civil pour instruction et jugement sur la question de la punissabilit�, puis, le cas �ch�ant, sur les conditions de la responsabilit� fond�e sur l'art. 9 LCD.
B.b.c Les demanderesses reprochent, en outre, au Tribunal civil d'avoir admis la prescription de l'action en responsabilit� des organes de la faillie, fond�e sur les art. 754 ss CO, qu'elles ont introduite � l'encontre des d�fendeurs E.________, B.________ et C.________ SA.
Il convient de r�soudre, au pr�alable, la question de savoir si E.________ a effectivement oppos� l'exception de prescription � cette action en responsabilit�, � l'instar de B.________ et de C.________ SA. Tel n'est pas le cas. Les demanderesses �l�vent une unique pr�tention, tendant au paiement de 4'808'636 fr., mais qui repose sur un double fondement: la LCD, d'une part, invoqu�e � l'�gard de tous les d�fendeurs; les art. 754 ss CO, d'autre part, invoqu�s uniquement � l'�gard des trois d�fendeurs pr�cit�s. Il y a ainsi concours objectif d'actions, lesquelles ne sont pas soumises au m�me d�lai ni aux m�mes conditions de prescription. En pareille hypoth�se, il n'est pas possible d'admettre que l'exception de prescription soulev�e uniquement pour s'opposer � l'une des actions s'�tend automatiquement � l'autre action. En l'esp�ce, E.________ n'a pas excip� de la prescription pour s'opposer � l'action en responsabilit� fond�e sur l'art. 754 CO, mais pour faire barrage � l'action bas�e sur la LCD. Aussi le Tribunal civil ne pouvait-il suppl�er d'office le moyen y relatif (art. 142 CO).
Le d�lai de prescription de cinq ans, fix� � l'art. 760 al. 1 CO pour les actions en responsabilit� des administrateurs et des r�viseurs de la soci�t� anonyme, a commenc� � courir au plus tard le 6 novembre 1998, date du d�p�t de l'�tat de collocation de la faillie. La prescription �tait donc acquise lorsque les demanderesses ont ouvert leur action, le 29 juin 2005, � moins qu'elle n'ait �t� valablement interrompue entre-temps, ce qu'il y a lieu d'examiner.
Les demanderesses, agissant comme cessionnaires de la masse en faillite de la soci�t� K.________ SA, r�clament aux trois d�fendeurs pr�cit�s, auxquels elles attribuent la qualit� d'organes de fait de cette soci�t�, la r�paration du dommage r�flexe qu'ils ont pr�tendument caus� � l'ensemble des cr�anciers sociaux, et non l'indemnisation de leur dommage personnel. Sans doute est-ce en leur propre nom qu'elles ont introduit, en mai 2000, des poursuites interruptives de prescription, respectivement ont obtenu une renonciation � invoquer la prescription pour autant qu'elle ne f�t pas d�j� acquise. Cependant, les trois d�fendeurs ne pouvaient ignorer, d�s avant mai 2000, sur le vu notamment des lettres que le conseil des demanderesses avait adress�es le 6 janvier 2000 � B.________, � C.________ SA et au mandataire de E.________, que les banques agissaient en vertu d'une cession au sens de l'art. 260 LP et qu'elles �taient ainsi habilit�es � introduire contre eux des poursuites en leurs propres noms, tout en indiquant clairement agir pour le compte de la masse. B.________ et C.________ SA ne pr�tendent du reste pas - avec raison - avoir cru que les banques entendaient agir en r�paration de leur dommage propre. Quant � E.________, il n'aurait pas non plus pu le soutenir, au regard de la susdite lettre, � supposer qu'il se f�t pr�valu de la prescription, si bien que celle-ci ne serait de toute fa�on pas acquise en ce qui le concerne.
B.________ et C.________ SA, approuv�s par le Tribunal civil, ont soutenu que tant les poursuites interruptives de prescription que leur renonciation � invoquer celle-ci visaient uniquement l'action fond�e sur la LCD, � l'exclusion des pr�tentions d�coulant de l'art. 754 CO, ces derni�res n'�tant pas mentionn�es dans les courriers qui leur ont �t� adress�s le 6 janvier 2000. Ils ont tort. Ces courriers mentionnent les pr�tentions c�d�es par la masse en faillite. L'acte de cession du 16 mars 1999, qui leur est annex�, concerne notamment la cr�ance en responsabilit� civile, fond�e sur l'art. 754 CO, � l'�gard de toutes les personnes qui s'occupaient de la gestion de la faillie. D�s lors, en renon�ant sans r�serve � invoquer la prescription "pour les pr�tentions mentionn�es dans [la] lettre du 6 janvier 2000", les d�fendeurs B.________ et C.________ SA ont �galement renonc� � le faire pour l'action en responsabilit� relative � cette cr�ance. Quant aux commandements de payer interruptifs de prescription notifi�s � ces deux d�fendeurs, leur port�e est au moins aussi large. Il s'ensuit que la prescription de cette action-l� n'est pas non plus acquise envers ceux-ci.
B.b.d Cela �tant, la cause doit �tre renvoy�e au Tribunal civil de la Gruy�re afin qu'il examine toutes les questions en suspens touchant l'application de l'art. 60 al. 2 CO et, s'il admet que l'action fond�e sur la LCD n'est pas prescrite, pour qu'il en examine les conditions d'application, en particulier la l�gitimation active des demanderesses et le point de savoir si la demande va au-del� des droits c�d�s par la masse.
S'agissant de l'action en responsabilit� intent�e � E.________, � B.________ et � C.________ SA, qui n'est prescrite envers aucun de ces trois d�fendeurs, le Tribunal civil devra en examiner les autres conditions d'application.
Le 20 avril 2010, A.________ SA a interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � la r�forme de l'arr�t cantonal en ce sens que le recours visant le jugement rendu par le Tribunal civil de la Gruy�re est rejet� dans la mesure o� il est recevable (cause 4A_210/2010).
Le 21 avril 2010, B.________ et C.________ SA, agissant de concert, ont saisi le Tribunal f�d�ral d'un recours en mati�re civile. Ils y prennent la m�me conclusion que celle formul�e par A.________ SA, tout en r�clamant en sus la confirmation du jugement de premi�re instance et, subsidiairement, le renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour qu'elle statue � nouveau dans le sens des consid�rants de l'arr�t f�d�ral (cause 4A_214/2010).
A la m�me date, D.________, E.________ et F.________ ont form� conjointement un recours en mati�re civile dans lequel ils ont pris des conclusions identiques � celles des recourants B.________ et C.________ SA (cause 4A_216/2010).
Dans leurs trois r�ponses distinctes du 28 juillet 2010, les demanderesses et intim�es, agissant ensemble, concluent principalement � l'irrecevabilit� des trois recours et, subsidiairement, au rejet de ceux-ci.
La cour cantonale, qui a transmis le dossier de la cause au Tribunal f�d�ral, a renonc� � formuler des observations au sujet des recours.
Les recours soumis � l'examen du Tribunal f�d�ral visent tous trois le m�me arr�t cantonal, lequel a �t� rendu � l'�gard de l'ensemble des parties int�ress�es. Ils ont trait � la m�me affaire, au sens large, et soul�vent des questions juridiques qui leurs sont communes sur plusieurs points. Dans ces conditions, l'�conomie de la proc�dure justifie que les causes 4A_210/2010, 4A_214/2010 et 4A_216/2010 soient jointes pour �tre trait�es dans un seul et m�me arr�t, ainsi que le requi�rent du reste formellement les recourants D.________, E.________ et F.________.
Le Tribunal f�d�ral examine d'office la recevabilit� des recours qui lui sont soumis (ATF 135 III 1 consid. 1.1 p. 3, 329 consid. 1 p. 331). Celle-ci est d'ailleurs express�ment contest�e par les intim�es.
3.1 L'arr�t attaqu� rejette l'exception de prescription que trois d�fendeurs ont soulev�e pour s'opposer � l'action en responsabilit� civile, fond�e sur l'art. 754 CO, que les demanderesses ont ouverte contre eux; pour le surplus, il renvoie la cause � la juridiction de premi�re instance afin, notamment, qu'elle se prononce sur la prescription de l'action en dommages-int�r�ts, bas�e sur la LCD, qui a �t� introduite contre tous les d�fendeurs. Cette d�cision n'est donc pas finale au sens de l'art. 90 LTF, car elle ne met pas fin � la proc�dure. Elle ne porte, au demeurant, ni sur la comp�tence ni sur une demande de r�cusation (cf. art. 92 LTF), mais tranche une question pr�judicielle de droit mat�riel. Il s'agit donc d'une autre d�cision incidente au sens de l'art. 93 LTF. Une telle d�cision, lorsqu'elle est notifi�e s�par�ment, peut faire l'objet d'un recours au Tribunal f�d�ral si elle est susceptible de causer un pr�judice irr�parable (art. 93 al. 1 let. a LTF) ou si l'admission du recours peut conduire imm�diatement � une d�cision finale qui permet d'�viter une proc�dure probatoire longue et co�teuse (art. 93 al. 1 let. b LTF).
Les recourants ne pr�tendent pas, � juste titre, que l'arr�t attaqu� peut leur causer un dommage irr�parable. Il convient donc d'examiner si les deux conditions - cumulatives (cf. ATF 133 III 629 consid. 2.4.1 p. 633 et l'arr�t cit�) - requises par l'art. 93 al. 1 let. b LTF sont r�alis�es en l'esp�ce.
3.2 La premi�re condition suppose que l'admission du recours conduirait imm�diatement � une d�cision finale. Il faut que le Tribunal f�d�ral lui-m�me puisse mettre fin d�finitivement � la proc�dure dans l'hypoth�se o� il parviendrait � une solution inverse de celle retenue par l'autorit� cantonale, c'est-�-dire en jugeant diff�remment la question tranch�e dans la d�cision incidente attaqu�e (ATF 133 III 629 consid. 2.4.1 p. 633; 132 III 785 consid. 4.1 p. 791 et les arr�ts cit�s). Le Tribunal f�d�ral doit pouvoir rendre lui-m�me la d�cision finale (cf. art. 107 al. 2 LTF).
Cette condition est remplie en l'esp�ce. En effet, s'il devait admettre l'exception de prescription envers tous les recourants et sans �gard � la nature juridique des actions ouvertes contre eux, le Tribunal f�d�ral pourrait prononcer sur-le-champ le rejet d�finitif de la demande introduite par les trois intim�es. C'est du moins ce que les recourants soutiennent, en s'inscrivant en faux contre l'opinion de la cour cantonale selon laquelle la question de la prescription, au sens de l'art. 60 al. 2 CO, ne pourrait pas �tre tranch�e en l'�tat sous tous ses aspects, la cause devant �tre renvoy�e � cette fin � la juridiction de premi�re instance (cf., ci-dessus, let. B.b.b., dernier �). Les arguments qu'ils avancent � ce propos permettraient effectivement � la Cour de c�ans de rejeter la demande une fois pour toutes. Cette constatation suffit pour admettre la r�alisation de la condition de recevabilit� examin�e. Dire si ces arguments sont juridiquement fond�s rel�ve d�j� de l'examen mat�riel des griefs soulev�s par les recourants.
3.3.1 S'agissant de la seconde condition pos�e par l'art. 93 al. 1 let. b LTF, la jurisprudence exige que la partie recourante �tablisse, si cela n'est pas manifeste, qu'une d�cision finale imm�diate permettrait d'�viter une proc�dure probatoire longue et co�teuse; cette partie doit indiquer de mani�re d�taill�e, en particulier, quelles questions de fait sont encore litigieuses et quelles preuves, d�j� offertes ou requises, doivent encore �tre administr�es, et en quoi celles-ci entra�neraient une proc�dure probatoire longue et co�teuse (ATF 133 III 629 consid. 2.4.2 p. 633; cf. �galement ATF 134 II 137 consid. 1.3.3 p. 141). Tout compl�ment d'instruction entra�ne n�cessairement des frais et un prolongement de la proc�dure; cela ne suffit pas pour ouvrir le recours imm�diat. Pour que la condition l�gale soit remplie, il faut que la proc�dure probatoire, par sa dur�e et son co�t, s'�carte notablement des proc�s habituels. Si l'administration des preuves doit se limiter � entendre les parties, � leur permettre de produire des pi�ces et � proc�der � l'interrogatoire de quelques t�moins, un recours imm�diat n'est pas justifi�. Il en va diff�remment s'il faut envisager une expertise complexe, plusieurs expertises, l'audition de tr�s nombreux t�moins ou l'envoi de commissions rogatoires dans des pays lointains (arr�t 4A_174/2010 du 2 juin 2010 consid. 1.3 et l'auteur cit�). Au demeurant, comme l'art. 93 al. 1 let. b LTF ne vise que la proc�dure probatoire, soit l'administration des preuves, il ne suffit pas, pour justifier la recevabilit� imm�diate du recours, que l'examen de l'ensemble des questions qui se posent en droit requi�re des recherches juridiques fastidieuses et une r�flexion approfondie, ni que la complexit� de la cause entra�ne la r�daction de longues �critures, le cas �ch�ant devant deux instances cantonales successives (arr�t 4A_23/2008 du 28 mars 2008, in SJ 2008 I p. 389).
Selon la jurisprudence, l'ouverture du recours, pour des motifs d'�conomie de proc�dure, contre les d�cisions pr�judicielles ou incidentes, constitue une exception et doit �tre interpr�t�e de mani�re restrictive, d'autant que les parties ne subissent aucun pr�judice lorsqu'elles n'attaquent pas imm�diatement de telles d�cisions, qu'elles peuvent contester en m�me temps que la d�cision finale en vertu de l'art. 93 al. 3 LTF (ATF 133 IV 288 consid. 3.2).
3.3.2 Quoi qu'en disent les intim�es, les recours soumis � l'examen du Tribunal f�d�ral satisfont aux exigences jurisprudentielles qui viennent d'�tre rappel�es.
Il est vrai qu'un certain nombre de circonstances avanc�es par les recourants ne sont pas forc�ment pertinentes, prises individuellement, pour d�terminer � la fois la longueur et le co�t de la proc�dure probatoire � venir. Il en va ainsi - dans le d�sordre - de la valeur litigieuse du diff�rend, du nombre de pages que comporte le m�moire de demande, de l'anciennet� des faits et de la contestation de la majorit� d'entre eux, de l'existence de consorts demandeurs et d�fendeurs, du double fondement juridique de l'action en dommages-int�r�ts ouverte par les demanderesses, de l'ampleur des d�pens d'appel, du volume du dossier p�nal formant partie int�grante du dossier civil, du fait que la proc�dure p�nale est toujours pendante � l'�gard de l'un des recourants ou encore du temps qui s'est �coul� depuis l'introduction de la demande jusqu'� ce jour. Cependant, l'accumulation de telles circonstances pourrait d�j� conduire � une appr�ciation diff�rente de la situation.
D'autres circonstances, tels la surcharge chronique du Tribunal civil de la Gruy�re ou le fait que le magistrat ayant instruit l'affaire ne serait plus en fonction, ne sont pas �tay�es alors qu'elles ne sauraient �tre tenues pour des faits notoires. Suppos�es av�r�es, elles impliqueraient d'ailleurs tout au plus une augmentation de la dur�e, et non du co�t, de la proc�dure probatoire.
En revanche, l'audition d'une dizaine de t�moins et l'interrogatoire des parties dans un proc�s en responsabilit� n'ayant rien d'une cause ordinaire, eu �gard au nombre de personnes impliqu�es, � la complexit� de la situation de fait et de droit qui le caract�rise et � l'existence d'une proc�dure p�nale parall�le de grande ampleur, sont des mesures probatoires qui, ajout�es � l'expertise dont il sera question ci-apr�s (cf. consid. 3.3.2.2), rench�riraient et rallongeraient indubitablement la proc�dure probatoire au point de justifier le recours imm�diat au Tribunal f�d�ral.
3.3.2.2 S'agissant de l'expertise judiciaire, toutes les parties s'accordent sur la n�cessit� d'administrer un tel moyen de preuve. Elles divergent d'opinions, en revanche, sur le point de savoir si, de ce fait, la proc�dure probatoire, par sa dur�e et son co�t, s'�cartera notablement des proc�s habituels.
Il n'existe pas de crit�re absolu � l'aune duquel il serait possible de r�soudre le probl�me litigieux. Dans ce domaine comme dans bien d'autres, les circonstances de fait du cas concret dictent le choix de la solution � retenir. Il n'y a donc gu�re d'enseignements � tirer de la jurisprudence en la mati�re (pour un aper�u de cette jurisprudence, cf. l'arr�t 4A_390/2009 du 20 octobre 2009 consid. 1.3.2), ni de celle ayant trait plus sp�cifiquement � l'administration d'une expertise dans un proc�s en responsabilit� d'un organe d'une soci�t� anonyme (voir l'arr�t 4F_5/2010 du 9 ao�t 2010 consid. 2.2 et 2.3). Tout au plus peut-on admettre, ce qui a d�j� �t� relev� plus haut (cf. consid. 3.3.1), que la n�cessit� d'ordonner une expertise complexe ou plusieurs expertises est de nature � occasionner une proc�dure probatoire longue et co�teuse.
Selon les recourants, l'expertise judiciaire � venir devrait permettre d'apporter la preuve que la soci�t� faillie �tait surendett�e depuis fort longtemps, si bien que les actes qui leur sont reproch�s ne sauraient avoir g�n�r� un dommage, ni �tre en lien de causalit� avec la faillite de cette soci�t�. A leur avis, l'expertise devra �galement mettre en lumi�re le fait que les trois banques intim�es �taient parfaitement conscientes de l'�tat de surendettement de la future faillie au moment o� elles lui ont octroy� les cr�dits litigieux. Certains des recourants ajoutent que la mise sur pied d'une expertise est d'autant plus indispensable que les deux expertises vers�es au dossier de la proc�dure p�nale ont �t� d�clar�es nulles par le Tribunal p�nal �conomique du canton de Fribourg au motif qu'elles manquaient d'impartialit�.
Il appert de ces explications, tout � fait plausibles, que la mission de l'expert judiciaire ne sera pas une sin�cure et qu'elle n�cessitera la consultation d'un grand nombre de pi�ces, en particulier celles qui figurent dans le volumineux dossier p�nal constitu� dans cette affaire ou encore celles qui ont �t� vers�es au dossier de la faillite. Qu'un tel travail soit de nature � occasionner une d�pense consid�rable aussi bien en temps qu'en argent n'est gu�re contestable, et les intim�es en sous-estiment vraisemblablement la dur�e lorsqu'elles l'�valuent � une trentaine d'heures.
D'o� il suit que la seconde condition cumulative d'application de l'art. 93 al. 1 let. b LTF est remplie en l'esp�ce. Par cons�quent, les recours sont recevables au regard de cette disposition.
4.1 Les recours sont dirig�s contre une d�cision rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) dans une affaire dont la valeur litigieuse atteint le minimum de 30'000 fr. fix� par l'art. 74 al. 1 let. b LTF pour la recevabilit� du recours en mati�re civile. Les six recourants ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t juridique � la modification de l'arr�t attaqu�, �tant donn� qu'ils ont succomb� en partie dans les conclusions lib�ratoires qu'ils avaient prises devant l'instance d'appel (art. 76 al. 1 LTF). Ils ont d�pos� leur recours en la forme requise (art. 42 al. 1 LTF) et dans les 30 jours suivant la notification dudit arr�t (art. 100 al. 1 LTF), compte tenu de la suspension du d�lai durant les f�ries pascales (art. 46 al. 1 let. a LTF). Rien ne s'oppose, d�s lors, � l'entr�e en mati�re.
4.2 Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). N'�tant pas li� par l'argumentation des parties, il appr�cie librement la port�e juridique des faits, mais s'en tient, d'ordinaire, aux questions de droit que la partie recourante soul�ve conform�ment aux exigences l�gales relatives � la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.1 p. 254). Il conduit son raisonnement sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF).
Dans leurs r�ponses aux recours, les intim�es ne critiquent pas le raisonnement qui a conduit la cour cantonale � admettre que la prescription annale de l'art. 60 al. 1 CO est acquise envers tous les recourants. Point n'est donc besoin d'examiner cette question.
Il y a lieu de commencer par l'examen des griefs formul�s en rapport avec l'interpr�tation et l'application de l'art. 60 al. 2 CO, �tant donn� que ces griefs sont communs � l'ensemble des recourants.
6.1 L'action en dommages-int�r�ts se prescrit par un an � compter du jour o� la partie l�s�e a eu connaissance du dommage ainsi que de la personne qui en est l'auteur et, dans tous les cas, par dix ans d�s le jour o� le fait dommageable s'est produit (art. 60 al. 1 CO). Toutefois, si les dommages-int�r�ts d�rivent d'un acte punissable soumis par les lois p�nales � une prescription de plus longue dur�e, cette prescription s'applique � l'action civile (art. 60 al. 2 CO). Cette r�gle a pour but d'harmoniser la prescription du droit civil avec celle du droit p�nal. Il ne serait en effet pas satisfaisant que l'auteur puisse encore �tre puni alors que le l�s� ne serait plus en mesure d'obtenir r�paration sur le plan civil. Pour que l'art. 60 al. 2 CO soit applicable, le comportement � l'origine du dommage doit r�aliser les �l�ments constitutifs objectifs et subjectifs d'un acte punissable selon le droit cantonal ou f�d�ral. Le juge civil appliquera les r�gles du droit p�nal; il est toutefois li� par une condamnation p�nale, par un prononc� lib�ratoire constatant l'absence d'acte punissable ou par une d�cision de suspension de la proc�dure p�nale assortie des m�mes effets qu'un jugement quant � son caract�re d�finitif. L'application de la prescription p�nale plus longue suppose �galement que l'infraction vis�e soit en relation de causalit� naturelle et ad�quate avec le pr�judice donnant lieu � l'action civile. Il faut de plus que le l�s� fasse partie des personnes prot�g�es par la loi p�nale. Il s'agit l� d'une cons�quence de la th�orie (objective) de l'illic�it� pr�valant en droit civil (arr�t 4C.156/2005 du 28 septembre 2005 consid. 3.3 et les r�f�rences, in SJ 2006 I p. 221).
6.2 Avant de passer en revue les moyens soulev�s par les recourants en ce qui concerne l'application de ces principes, il convient de se pencher sur une objection des intim�es qui pourrait rendre ces moyens inop�rants. On rappellera, au pr�alable, que la partie intim�e au recours peut formuler des griefs, � titre �ventuel, contre la d�cision attaqu�e, pour le cas o� les arguments du recourant seraient suivis (Bernard Corboz, in Commentaire de la LTF, 2009, n� 29 ad art. 102).
Selon les intim�es, d�s lors qu'il y a eu poursuite p�nale, m�me achev�e par un non-lieu, le 20 d�cembre 2004, chaque interruption de la prescription civile intervenue avant cette date a fait courir un nouveau d�lai de prescription p�nale de plus longue dur�e. Peu importe, � cet �gard, que les comportements incrimin�s aient �t� punissables ou non, du moment que, jusqu'au prononc� du non-lieu, les personnes physiques poursuivies �taient pr�venues d'infractions � la LCD.
Semblable objection tombe � faux. Comme le souligne avec raison la cour cantonale, � suivre les intim�es, il suffirait que l'auteur du dommage fasse l'objet d'une enqu�te p�nale pour que l'art. 60 al. 2 CO s'applique, au moins temporairement, quand bien m�me le pr�venu ferait ensuite l'objet d'un non-lieu, voire d'un acquittement. Une telle interpr�tation est incompatible avec le texte et le but de la disposition cit�e. L'adopter permettrait, en effet, d'appliquer cette disposition ind�pendamment de l'existence d'un "acte punissable", de sorte qu'il suffirait au l�s� d'obtenir l'ouverture d'une enqu�te p�nale pour b�n�ficier de la prescription de plus longue dur�e, quelle que soit l'issue de la proc�dure p�nale.
6.3.1 Les recourants font valoir, motif pris de la ratio legis de l'art. 60 al. 2 CO, que, si l'auteur de l'acte dommageable ne peut plus �tre puni parce qu'il a b�n�fici� d'un non-lieu ayant un caract�re d�finitif, il ne se justifie plus d'appliquer la prescription p�nale de plus longue dur�e � l'action civile du l�s�. Selon eux, il d�coulerait de la jurisprudence f�d�rale que le crit�re pertinent pour savoir si le juge civil est li� par un non-lieu r�side, non pas dans la motivation de celui-ci, mais dans son caract�re d�finitif. Rev�tu d'un tel caract�re en vertu du droit proc�dural fribourgeois, le non-lieu prononc� le 24 d�cembre 2004, pour cause de d�p�t tardif de la plainte p�nale, priverait ainsi les intim�es du droit de se pr�valoir de la prescription p�nale.
Force est de constater que les recourants se trompent sur le sens � donner � la jurisprudence cens�e �tayer leur th�se. A leur d�charge, il faut certes admettre que la formulation de l'arr�t sur lequel ils se fondent (arr�t 4C.234/1999 du 12 janvier 2000 consid. 5c/aa, in SJ 2000 I p. 421), tout comme celle d'autres pr�c�dents (arr�t 4D_80/2007 du 9 avril 2008 consid. 2.2.2; arr�t 4C.156/2005, pr�cit�, ibid.; ATF 118 V 193 consid. 4a p. 198), n'est pas suffisamment pr�cise pour exclure toute discussion. De fait, dire que "le non-lieu prononc� par le juge p�nal ne lie le juge civil que s'il est assorti des m�mes effets qu'un jugement quant � son caract�re d�finitif" est sans doute exact, mais n�anmoins incomplet. Semblable affirmation pourrait donner � penser que tout non-lieu entr� en force lie le juge civil. Tel n'est cependant pas le cas: l'entr�e en force de la d�cision de non-lieu, i.e. son caract�re d�finitif, est une condition n�cessaire mais pas suffisante. A cet �gard, il a �t� jug�, de longue date, qu'une d�cision de ce genre ne s'impose au juge civil que s'il en appert que les �l�ments requis pour la r�alisation de l'infraction ne sont pas r�unis. En d'autres termes, la prescription p�nale de plus longue dur�e ne s'applique pas lorsque la punissabilit� de l'auteur a �t� ni�e dans la proc�dure p�nale, que ce soit faute d'un �l�ment objectif ou subjectif (ATF 106 II 213 consid. 3 et 4; arr�t C.326/1987 du 18 d�cembre 1987 consid. 1b). En revanche, un non-lieu (ou un acquittement) fond� sur l'extinction de l'action p�nale pour cause de prescription n'emp�che pas le juge civil d'examiner lui-m�me librement s'il existe un acte punissable (ATF 101 II 321 consid. 3 p. 322 et les arr�ts cit�s; 93 II 498 consid. 1 p. 501). Il en va de m�me pour ce qui est de la d�cision lib�ratoire (non-lieu ou acquittement) motiv�e par le d�faut de plainte p�nale, lorsque l'infraction imput�e � l'auteur du dommage ne se poursuit que sur plainte (ATF 134 III 591 consid. 5.3; 112 II 79 consid. 4a p. 86; arr�t 4C.355/2006 du 1er f�vrier 2007 consid. 5.2.1; arr�t 4C.42/1992 du 18 d�cembre 1992 consid. 2a). L'arr�t cit� par les recourants ne dit pas autre chose, si on le consid�re de plus pr�s. Le non-lieu dont il s'agissait en l'occurrence avait �t� prononc� par la Chambre d'accusation du canton de Gen�ve en application de l'art. 204 al. 1 CPP/GE, suite � un recours contre une ordonnance de classement du Procureur g�n�ral (arr�t 4C.234/1999, pr�cit�, consid. 5c/bb). Or, il ne peut l'�tre, en vertu de cette disposition, que lorsque la Chambre d'accusation ne trouve pas des indices suffisants de culpabilit� ou lorsqu'elle estime que les faits ne peuvent constituer une infraction (sur la distinction entre le classement et le non-lieu en proc�dure p�nale genevoise, voir l'arr�t 6P.36/1998 du 27 mai 1998 consid. 1b et 3b). L'ordonnance de non-lieu rendue par la Chambre d'accusation rev�tait donc non seulement un caract�re d�finitif, puisqu'elle �tait en force, mais elle niait, de surcro�t, l'existence d'un acte punissable. Il �tait normal, dans ces conditions, que cette d�cision li�t le juge civil et f�t obstacle � l'application de l'art. 60 al. 2 CO.
L'interpr�tation que la jurisprudence f�d�rale donne de cette disposition est du reste largement approuv�e par la doctrine, avec des nuances ici ou l� (cf., parmi d'autres: von Tuhr/Peter, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrecht, 3e �d. 1979, p. 440 ch. III; Oftinger/Stark, Schweizerisches Haftpflichtrecht, Bes. Teil, vol. II/1, 4e �d. 1987, p. 114 n� 377; Alfred Keller, Haftpflicht im Privatrecht, vol. II, 2e �d. 1998, p. 272 ch. 5; Franz Werro, La responsabilit� civile, 2005, p. 368 n� 1460; le m�me, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2003, n� 31 ad art. 60 CO; Heinz Rey Ausservertragliches Haftpflichtrecht, 4e �d. 2008, p. 387 n� 1672; Roland Brehm, Commentaire bernois, 3e �d. 2006, n� 87 ad art. 60 CO; Robert K. D�ppen, in Commentaire b�lois, Obligationenrecht I, 4e �d. 2007, n� 13 ad art. 60 CO; Bernard Corboz, La responsabilit� des organes en droit des soci�t�s, 2004, n� 32 ad art. 760 CO; Kurt Joseph Steiner, Verj�hrung haftpflichtrechtlicher Anspr�che aus Straftat (Art. 60 Abs. 2 OR), 1986, p. 61; Denis Tappy, La prescription p�nale de plus longue dur�e applicable en mati�re civile, in Responsabilit� civile et assurance, Etudes en l'honneur de Baptiste Rusconi, 2000, p. 405). Elle n'est en rien contraire � la ratio legis de l'art. 60 al. 2 CO. En adoptant cette disposition, le l�gislateur a voulu �viter que le responsable ne puisse plus �tre recherch� sur le plan civil � un moment o� il pourrait encore �tre puni p�nalement (ATF 125 III 339 consid. 3b et les r�f�rences). Cependant, comme il a �dict� cette disposition en faveur du l�s�, il serait erron� de vouloir lui pr�ter, � l'inverse, l'intention d'exclure l'application de l'art. 60 al. 2 CO chaque fois que la condamnation p�nale de l'auteur du dommage est d�sormais impossible pour quelque motif que ce soit, en particulier lorsque l'action publique ne peut plus �tre exerc�e (cas du d�faut de plainte p�nale ou de la tardivet� du d�p�t de celle-ci pour une infraction ne se poursuivant que sur plainte), qu'il y a �t� mis un terme par une d�cision lib�ratoire � caract�re d�finitif (classement, non-lieu ou acquittement) sans que l'autorit� comp�tente n'ait statu� sur les �l�ments constitutifs de l'infraction en cause (cas de la prescription de l'action p�nale) ou encore que la sanction est d�j� tomb�e (cas du jugement condamnatoire en force).
Il r�sulte de ces consid�rations que la simple entr�e en force de l'ordonnance de non-lieu du 20 d�cembre 2004 n'emp�che pas en soi la mise en oeuvre de la prescription p�nale de plus longue dur�e. Aussi l'opinion inverse, profess�e par les recourants, ne saurait-elle �tre suivie. Cela �tant, point n'est besoin d'examiner l'argument par lequel les intim�es affirment avoir contest� que ladite ordonnance soit entr�e en force, contrairement � ce qui a �t� retenu par les juges d'appel.
6.3.2 Dans une argumentation subsidiaire, B.________ et C.________ SA s'en prennent � la jurisprudence du Tribunal f�d�ral selon laquelle la plainte p�nale est une condition de l'exercice de l'action publique et non de punissabilit�. Ils pr�conisent d'admettre - du moins lorsque l'infraction n'est poursuivie que sur plainte, sans �gard aux rapports existant entre l'auteur et la victime ("absolutes Antragsdelikt") - que la plainte p�nale constitue une condition de punissabilit�. Ainsi, la tardivet� du d�p�t de la plainte p�nale, en l'esp�ce, aurait pour cons�quence que le juge civil serait li� par l'ordonnance de non-lieu.
La jurisprudence que ces deux recourants remettent en question remonte � l'ann�e 1943 (ATF 69 IV 69 consid. 5). Le Tribunal f�d�ral ne s'en est pas �cart� depuis lors (voir les arr�ts cit�s par Christof Riedo, in Commentaire b�lois, Strafrecht I, 2e �d. 2007, n� 20 des Remarques pr�liminaires ad art. 30 CP). Au contraire, il l'a encore confirm�e dans un arr�t r�cent, en pr�cisant qu'il ne se justifie pas d'obliger le l�s� � d�poser une plainte qu'il ne juge pas souhaitable � la seule fin de pouvoir invoquer la prescription p�nale de plus longue dur�e devant le juge civil (ATF 134 III 591 consid. 5.3). Il n'y a donc pas lieu de soumettre cette jurisprudence � un nouvel examen.
6.3.3 Plus subsidiairement, les m�mes recourants font encore valoir qu'il incombe au droit de proc�dure cantonal de d�finir les cons�quences de l'absence de plainte p�nale. Ils ajoutent que le code de proc�dure p�nale fribourgeois d�finit le non-lieu comme une d�cision de renonciation � la poursuite fond�e sur un obstacle de droit et acqu�rant force de chose jug�e apr�s l'expiration du d�lai de recours. A leur avis, l'ordonnance rendue le 20 d�cembre 2004 entre dans le cadre de cette d�finition, de sorte que le non-lieu prononc� � cette date liait le juge civil et lui interdisait d'appliquer l'art. 60 al. 2 CO.
La pr�misse de ce raisonnement est erron�e. Il n'appartient pas au droit de proc�dure cantonal, mais bien au droit mat�riel f�d�ral de fixer les conditions auxquelles la disposition cit�e est applicable. C'est donc � lui de dire quelle est l'incidence du d�faut de plainte p�nale ou de la tardivet� du d�p�t de la plainte p�nale sur le cours du d�lai de l'action civile en dommages-int�r�ts. Le droit de proc�dure cantonal peut d�finir la nature de la d�cision par laquelle il est mis fin � l'action publique ouverte contre l'auteur pr�sum� d'une infraction (classement, non-lieu, etc.) et pr�ciser quand une telle d�cision acquiert force de chose jug�e. En revanche, il ne saurait paralyser l'application du droit mat�riel f�d�ral en d�cr�tant qu'une ordonnance de non-lieu en force fond�e sur le d�faut de plainte p�nale interdit au juge civil de mettre en oeuvre l'art. 60 al. 2 CO.
6.3.4 La plupart des recourants consid�rent qu'il serait erron� de confondre la situation dans laquelle aucun juge p�nal n'est saisi, faute de plainte, avec celle o� un juge est saisi et m�ne l'instruction jusqu'� son terme avant de constater que la plainte n'a pas �t� d�pos�e dans le d�lai fix� par la loi. Leur grief de ce chef s'�puise toutefois dans cette seule affirmation. Au demeurant, la raison d'�tre de la distinction qu'ils proposent de faire entre ces deux situations n'est pas perceptible. Elle l'est d'autant moins qu'un acquittement prononc� pour le m�me motif par l'autorit� de jugement, au terme de l'instruction, ne lierait pas davantage le juge civil, car il ne s'agirait pas d'un prononc� lib�ratoire constatant l'absence d'acte punissable (cf. ATF 106 II 213 consid. 3 p. 216; 101 II 321 consid. 3 p. 322 i.f.).
6.3.5 D.________, F.________ et E.________, citant un passage de l'ordonnance de non-lieu du 20 d�cembre 2004, affirment que le juge d'instruction y a cat�goriquement exclu toute conscience et volont� de leur part relativement aux actes qui leur �taient reproch�s, de sorte qu'il n'aurait pu que nier l'existence des �l�ments constitutifs de l'infraction pr�vue � l'art. 23 LCD s'il n'avait pas motiv� sa d�cision par le fait que la plainte p�nale de ce chef avait �t� d�pos�e tardivement. Toutefois, il leur �tait impossible de faire constater que les conditions de cette infraction n'�taient pas r�alis�es en l'esp�ce, car le code de proc�dure p�nale fribourgeois ne permet pas au b�n�ficiaire d'un non-lieu de s'en prendre aux motifs pour lesquels celui-ci a �t� prononc�. Les trois recourants en d�duisent que, dans la mesure o� elle a bel et bien exclu l'existence d'une infraction au sens de l'art. 23 LCD, la d�cision lib�ratoire prise � la date sus-indiqu�e liait le juge civil et excluait, partant, l'application de l'art. 60 al. 2 CO.
Il n'est pas possible d'entrer dans leurs vues. En effet, les juges d'appel constatent, dans leur arr�t, que le non-lieu �tait "fond� sur le fait que les infractions r�prim�es par l'art. 23 al. 1 LCD ne sont punissables que sur plainte et qu'aucune plainte n'a �t� d�pos�e en temps utile" (p. 14, let. cc, 1er �). Ils pr�cisent encore qu'ils ont affaire � un "non-lieu fond� exclusivement sur la tardivet� du d�p�t de la plainte p�nale" (p. 15, let. dd, 1er �). Il s'agit l� de constatations de fait, tir�es de l'appr�ciation d'un �l�ment de preuve (le contenu de l'ordonnance de non-lieu), qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) et que les recourants n'attaquent pas par l'un des moyens pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. D�s lors, en tant qu'il repose sur un fait qui n'a pas �t� constat�, le grief consid�r� est irrecevable.
En tout �tat de cause, comme les intim�es le soulignent � juste titre, le juge d'instruction n'a pas examin� la culpabilit� de ces trois recourants au regard de l'art. 23 LCD, mais uniquement en relation avec les infractions r�prim�es par les art. 164 et 165 CP. Il n'a ainsi pas exclu la punissabilit� des actes reproch�s aux int�ress�s sous l'angle de la concurrence d�loyale. D�s lors, le juge civil n'�tait pas non plus li� par l'ordonnance de non-lieu du 20 d�cembre 2004 en tant qu'elle visait les trois personnes physiques susmentionn�es.
6.3.6 Tous les recourants consacrent encore de longues explications � la d�monstration de la pr�tendue absence de lien de causalit� entre les actes qui leur sont reproch�s sur la base de l'art. 23 LCD et le dommage dont les intim�es exigent r�paration. Relativement � cette question, ils reprochent, p�le-m�le, � la cour d'appel d'avoir m�connu l'art. 60 al. 2 CO, viol� leur droit d'�tre entendus (art. 29 al. 2 Cst.) et appliqu� arbitrairement une disposition du droit proc�dural fribourgeois qui oblige le juge � motiver sa d�cision (art. 7 CPC/FR). A leur avis, le Tribunal f�d�ral pourrait examiner lui-m�me le probl�me du lien de causalit� et constater que cette condition n�cessaire � l'application de l'art. 60 al. 2 CO fait d�faut en l'esp�ce.
Les griefs formul�s dans ce cadre-l� sont tous irrecevables. Il ressort, en effet, de l'arr�t attaqu� que les juges d'appel ont volontairement renonc� � traiter l'ensemble des questions relatives � l'application de l'art. 23 LCD, y compris celle du lien de causalit�, renvoyant la cause � la juridiction de premi�re instance pour instruction et jugement sur toutes ces questions; ils l'ont fait en application de l'art. 305 al. 2 CPC/FR, afin de ne pas priver les parties du double degr� de juridiction que la loi d'organisation judiciaire leur accorde (arr�t attaqu�, p. 15 s., let. dd, dernier �). Or, aucun des recourants ne critique cette d�cision au motif qu'elle r�sulterait d'une application arbitraire des dispositions du droit de proc�dure cantonal. Aussi est-ce en vain que ceux-ci formulent des griefs au sujet d'un probl�me - le rapport de causalit� - que la cour d'appel a express�ment refus� d'aborder.
6.3.7 En dernier lieu, les recourants, � l'exception de B.________ et de C.________ SA, soutiennent, en se fondant sur l'art. 97 al. 1 LTF, que la cour cantonale a omis de constater que les intim�es connaissaient d�j� tous les tenants et aboutissants de l'affaire au moment du d�p�t de leur plainte du 24 octobre 1997 et qu'elles ne pouvaient donc ignorer que les actes incrimin�s �taient susceptibles de constituer des infractions tombant sous le coup de l'art. 23 LCD, poursuivies sur plainte uniquement. Selon eux, en ne d�non�ant pas la violation de cette disposition dans ladite plainte, les intim�es auraient intentionnellement renonc� � s'en pr�valoir. Aussi commettraient-elles un abus de droit en invoquant la m�me disposition pour b�n�ficier de la prescription p�nale de plus longue dur�e.
Cet ultime moyen tombe � faux, si tant est qu'il soit recevable. D'abord, contrairement aux affirmations des recourants, la constatation pr�tendument omise figure aux p. 12 s., let. dd, 5e �, o� les juges d'appel d�crivent de mani�re circonstanci�e ce que les intim�es savaient au fur et � mesure du d�veloppement de l'affaire. Ensuite, l'argument tir� de l'abus de droit n'a pas sa place dans un moyen intitul� "Etablissement inexact des faits". Enfin, les recourants passent sous silence le fait que les intim�es ont requis l'extension de la mise en pr�vention � l'infraction d'appropriation de la client�le, au sens des art. 2, 3 let. d et 23 LCD, en date du 26 octobre 1999, c'est-�-dire bien avant d'ouvrir action en dommages-int�r�ts contre eux. Au demeurant, comme on l'a d�j� relev� plus haut, le d�p�t tardif d'une plainte p�nale ne constitue pas un emp�chement dirimant � l'application de l'art. 60 al. 2 CO.
6.4 Pour les motifs qui viennent d'�tre �nonc�s, les trois recours doivent �tre rejet�s, dans la mesure o� ils sont recevables, en tant qu'ils contestent la mani�re dont la cour d'appel a interpr�t� et appliqu� la derni�re disposition cit�e.
Le second groupe de moyens a trait � la prescription de l'action en responsabilit� des organes de la soci�t� faillie (art. 760 CO). Il ne concerne que trois des six recourants, � savoir E.________, B.________ et C.________ SA, contre qui les intim�es ont introduit ladite action. Les moyens soulev�s au sujet du probl�me de la prescription sont communs � ces trois recourants, � l'exception d'un seul qui int�resse uniquement le pr�nomm�. Il y a lieu de commencer par l'examen de ce moyen-ci.
7.1 E.________ fait grief � la cour cantonale d'avoir viol� le droit f�d�ral en retenant qu'il n'avait pas oppos� l'exception de prescription � l'action en responsabilit� fond�e sur l'art. 754 CO.
7.1.1 Le juge ne peut suppl�er d'office le moyen r�sultant de la prescription (art. 142 CO). En revanche, si le d�biteur invoque un tel moyen selon les formes et dans le d�lai prescrits par le droit de proc�dure cantonal, le principe iura novit curia s'applique: le juge doit alors examiner d'office toute question relative au fondement juridique de l'exception de prescription (ATF 112 II 231 consid. 3e p. 232; 66 II 234 ss, 237; arr�t 4A_459/2009 du 25 mars 2010 consid. 4; arr�t 4A_56/2008 du 8 octobre 2009 consid. 9.1), en respectant cependant le droit d'�tre entendu des parties (arr�t 4A_527/2007 du 25 f�vrier 2008 consid. 3.2).
7.1.2 En l'occurrence, comme on l'a d�j� indiqu� plus haut (cf. let. B.b.c), la cour cantonale a admis l'existence d'un concours d'actions, lesquelles ne reposent pas sur le m�me fondement juridique, ne visent pas l'ensemble des d�fendeurs et sont soumises � des conditions diff�rentes quant � leur prescription. Elle a constat�, sur le vu des �critures d�pos�es au nom de E.________, que ce d�fendeur n'avait invoqu� formellement la prescription que pour l'une des deux actions concurrentes - celle fond�e sur la LCD - et qu'il �tait entr� en mati�re sur la seconde action - celle fond�e sur le CO - en contestant sa l�gitimation passive, sans jamais mentionner l'art. 760 CO. Elle en a d�duit que ce d�fendeur n'avait pas oppos� l'exception de prescription � l'action en responsabilit� des organes de la soci�t� anonyme dirig�e contre lui. La constatation qu'elle a faite lie le Tribunal f�d�ral et n'est du reste pas contest�e par le recourant. Quant � la conclusion juridique qui en a �t� tir�e, elle n'appara�t pas contraire au droit f�d�ral tel qu'il a �t� interpr�t� par la jurisprudence ad hoc. Il a �t� jug�, en effet, dans une cause o� la partie d�fenderesse n'avait excip� de la prescription qu'� l'�gard des pr�tentions en dommages-int�r�ts fond�es sur l'art. 41 CO, dont le Tribunal de commerce n'avait pas � conna�tre, que l'on ne pouvait pas admettre que l'exception soulev�e valait aussi pour la pr�tention en restitution de l'enrichissement ill�gitime soumise � cette juridiction (arr�t 4A_56/2008, pr�cit�, consid. 9.2).
Le d�fendeur n'avance pas d'arguments propres � infirmer l'opinion des juges pr�c�dents. Traiter le concours d'actions � l'�gal d'une simple action, sous le rapport de la prescription, ainsi qu'il le sugg�re, impliquerait, en r�gle g�n�rale, une application par trop extensive du principe iura novit curia � cette institution. Au surplus, dans la mesure o� il invoque des explications fournies par lui dans ses �critures d'appel, pour en d�duire qu'il a effectivement soulev� le moyen tir� de la prescription, le recourant perd de vue que pareille exception ne pouvait �tre invoqu�e qu'au stade pr�vu par la proc�dure cantonale fribourgeoise, c'est-�-dire dans la r�ponse ou, au plus tard, au d�but de l'administration des preuves (art. 130 al. 1 et 2 CPC/FR; Extraits des principaux arr�ts du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, 1985, p. 48 s.; FABIENNE HOHL, Proc�dure civile, tome I, 2001, n� 816).
Quoi qu'il en soit, l'argumentation subsidiaire, par laquelle la cour d'appel a consid�r� que la prescription, e�t-elle �t� invoqu�e r�guli�rement par le recourant, ne serait de toute fa�on pas acquise � son �gard, r�siste � l'examen pour les motifs indiqu�s ci-apr�s.
7.2 Le dernier groupe de moyens, commun aux recourants E.________, B.________ et C.________ SA, concerne l'application de l'art. 760 CO et, plus pr�cis�ment, le point de savoir si ces trois recourants ont renonc� ou non � se pr�valoir de la prescription quinquennale pr�vue par cette disposition.
7.2.1 Une d�claration unilat�rale de renonciation � se pr�valoir de la prescription doit �tre interpr�t�e selon le principe de la confiance et a donc le sens que son destinataire pouvait raisonnablement lui attribuer dans les circonstances concr�tes o� elle a �t� faite (arr�t 5C.42/2005 du 21 avril 2005 consid. 2.3 et les arr�ts cit�s).
Comme on l'a relev� plus haut (let. B.b.c), la cour cantonale, mettant en relation les renonciations faites par les trois recourants pr�cit�s avec les courriers que le conseil des intim�es leur avait adress�s le 6 janvier 2000, en a d�duit que ces renonciations visaient aussi les pr�tentions d�coulant de l'art. 754 CO �lev�es contre les int�ress�s par les trois banques intim�es, en leur qualit� de cr�anci�res cessionnaires des droits de la masse en faillite de la soci�t� K.________ SA (art. 260 LP).
Il reste � examiner le bien-fond� de cette d�duction au regard des moyens que les recourants soul�vent pour le contester.
7.2.2 Les recourants s'en prennent, tout d'abord, � l'affirmation des juges pr�c�dents selon laquelle ils ne pouvaient ignorer, d�s avant mai 2000, que les banques intim�es, m�me si elles op�raient en leur nom personnel, �taient cessionnaires de la masse en faillite et qu'elles entendaient agir contre eux sur la base des cessions obtenues de celle-ci. Ils observent, � ce propos, que les trois demanderesses concluent notamment, dans le proc�s pendant, au paiement d'un montant de 31'911 fr., qui �quivaut � leurs frais d'avocat ant�rieurs � l'ouverture de l'action, et ajoutent que la somme qu'elles r�clament sur le fond (4'808'636 fr.) correspond � une quote-part des cr�dits bancaires qu'elles avaient allou�s � la faillie et dont elles n'ont pu obtenir le remboursement. De l'avis des recourants, la cour cantonale aurait ainsi d� ouvrir une proc�dure probatoire afin de d�terminer � quel titre les intim�es agissaient et si eux-m�mes le savaient ou pouvaient le savoir au moment o� elles leur avaient fait notifier des commandements de payer (� B.________ et � C.________ SA), resp. avaient requis de chacun d'eux une renonciation � invoquer la prescription. Ne l'ayant pas fait, elle aurait viol� leur droit d'�tre entendus (art. 29 al. 2 Cst.) et proc�d� � une constatation � la fois manifestement inexacte et contraire au droit (art. 105 al. 2 LTF).
La recevabilit� du grief en question, par lequel les recourants se plaignent en bloc de violations de diverses natures, est d�j� sujette � caution. Quoi qu'il en soit, ce grief n'est pas fond�. D'abord, comme les intim�es le font remarquer dans leurs r�ponses au recours, en se r�f�rant aux pi�ces du dossier cantonal, les �l�ments retenus dans l'arr�t attaqu� ont �t� all�gu�s et plaid�s en premi�re instance d�j�, et la question litigieuse a encore �t� d�battue en proc�dure d'appel. Aussi la violation du droit d'�tre entendu que d�plorent les recourants n'est-elle pas perceptible. Ensuite, ceux-ci ne d�montrent pas qu'ils auraient formul� valablement, sur le point litigieux, des offres de preuve que la cour cantonale n'aurait pas admises. Il n'y avait enfin rien de contraire au droit f�d�ral � retenir, sur la base des courriers du 6 janvier 2000, de m�me que sur le vu du libell� de la cause de la cr�ance figurant dans les commandements de payer notifi�s aux recourants B.________ et C.________ SA, que ces derniers, � l'instar de E.________, ne pouvaient ignorer que les banques intim�es entendaient agir en qualit� de cessionnaires de la masse en faillite de K.________ SA, partant qu'elles ne pouvaient plus ouvrir une action individuelle � leur encontre (cf. ATF 132 III 564 consid. 3.2.3; arr�t 4A_555/2009 du 3 mai 2010 consid. 2.2). Pour le surplus, on voit mal qu'il soit possible de d�duire de la nature des pr�tentions �lev�es dans la demande d�pos�e le 14 d�cembre 2005 quelque conclusion que ce soit quant � la port�e que pouvaient avoir, aux yeux des suppos�s d�biteurs, les courriers que le conseil des banques intim�es avait adress�s � ceux-ci en janvier 2000. Il ne faut pas oublier, � cet �gard, que le cr�ancier cessionnaire, qui agit � ses risques, n'est pas tenu d'exiger la r�paration int�grale du dommage subi par la soci�t�, mais qu'il peut se limiter � r�clamer une indemnit� suffisant � couvrir ses propres pr�tentions, telles qu'elles ont �t� colloqu�es, ainsi que ses frais, �tant pr�cis� que rien ne l'emp�che de conclure � ce que le d�fendeur soit condamn� � payer directement entre ses mains, comme cela est d'ailleurs usuel dans la pratique (arr�t 4A_174/2007 du 13 septembre 2007 consid. 3.3 et les arr�ts cit�s). De ce que les banques intim�es r�clament directement aux d�fendeurs un montant qui leur permettrait de solder les pertes qu'elles ont subies dans la faillite de la soci�t� � laquelle elles ont pr�t� des fonds, ainsi que le remboursement des frais consentis par elles pour faire valoir leurs pr�tentions, il n'est donc pas possible de tirer une conclusion irr�futable dans le sens voulu par les recourants.
7.2.3 En dernier lieu, les recourants B.________ et C.________ SA reprochent � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 135 ch. 2 CO. Selon eux, dans la lettre que le conseil des intim�es leur avait adress�e le 6 janvier 2000, il serait uniquement question d'un dommage direct subi par les int�ress�es, de sorte qu'ils ne pouvaient savoir, en la lisant, que les banques entendaient agir en leur propre nom, mais pour le compte de la masse en faillite. Il en irait de m�me relativement aux commandements de payer qui leur avaient �t� notifi�s au d�but juin 2000. Aussi leur renonciation subs�quente � se pr�valoir de la prescription, en tant qu'elle faisait r�f�rence � ladite lettre, � interpr�ter selon le principe de la confiance, n'aurait-elle eu pour effet d'interrompre la prescription que pour le dommage direct subi par les banques et non pas pour le dommage indirect qui forme l'objet de la demande que ces derni�res ont introduite par la suite.
L'argument fond� sur la distinction entre le dommage direct et le dommage indirect a d�j� �t� r�fut� plus haut (cf. consid. 7.2.2). Il n'y a donc pas lieu de s'y attarder. Pour le reste, sur le vu des motifs retenus dans l'arr�t attaqu� au sujet de l'interpr�tation du courrier du 6 janvier 2000, et notamment de la prise en compte du contenu non �quivoque de la d�claration du 16 mars 1999 qui �tait annex�e � ce courrier et � laquelle celui-ci se r�f�rait express�ment, il n'appara�t pas que les juges pr�c�dents aient interpr�t� la d�claration de volont� des banques intim�es d'une mani�re incompatible avec le principe de la confiance, ni, partant, qu'ils aient attribu� � la renonciation � se pr�valoir de la prescription, faite par les deux recourants pr�cit�s sur la base de ce courrier et des commandements de payer s'y r�f�rant, une port�e plus large que celle qu'il convenait de lui attribuer objectivement. Cet ultime grief tombe, d�s lors, lui aussi � faux.
Compte tenu de l'issue du litige, les frais judiciaires seront mis solidairement � la charge des recourants, chacun en supportant un sixi�me dans les rapports internes (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il en ira de m�me en ce qui concerne les d�pens qui seront allou�s aux intim�es, cr�anci�res solidaires (art. 68 al. 1, 2 et 4 LTF).
Les trois recours sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables.
Un �molument judiciaire de 24'000 fr. est mis � la charge des recourants, solidairement entre eux, chacun en supportant 1/6�me dans les rapports internes.
Une indemnit� de 30'000 fr., � verser aux intim�es, cr�anci�res solidaires, � titre de d�pens, est mise � la charge des recourants, solidairement entre eux, chacun en supportant 1/6�me dans les rapports internes.