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Timestamp: 2016-09-25 05:28:07+00:00
Document Index: 151087179

Matched Legal Cases: ['art. 286', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 29', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 163', 'art. 175', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 42', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 58', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 285', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 42', 'art. 66', 'art. 68']

5A_421/2015 � � Arr�t du 21 janvier 2016
repr�sent�e par Me Denis Bridel, avocat,
repr�sent� par Me Gabriella Weber Morf, avocate,
recours contre l'arr�t de la Ie Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du canton de Fribourg du 31 mars 2015.
A.A.________ (1974) et B.A.________ (1961), tous deux de nationalit� italienne, se sont mari�s en 1998 � Bologne (Italie). Ils ont eu deux enfants: C.________, n� en 2002, et D.________, n� en 2004.
Apr�s avoir v�cu � l'�tranger, ils se sont �tablis � U.________ en 2008, o� ils b�n�ficient d'une imposition forfaitaire bas�e sur une d�pense annuelle de 200'000 fr. Ils vivent s�par�s depuis le 30 novembre 2012.
Par jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 14 ao�t 2014, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de la Veveyse a notamment attribu� la jouissance du domicile conjugal � l'�pouse, qui devait en assumer les charges, � l'exclusion du loyer (2); attribu� la garde des enfants � leur m�re (3); r�serv� un droit de visite en faveur du p�re (4); fix� la contribution d'entretien de l'�poux en faveur de sa famille, d�s le 1er d�cembre 2012, comme comprenant le paiement du loyer de la villa de U.________, la prise en charge de tous les frais de l'�cole X._______, le versement d'une pension mensuelle de 2'000 fr. pour chaque enfant, �ventuelles allocations familiales en sus, la prise en charge de la moiti� des frais extraordinaires relatifs aux enfants (traitement orthodontique, ophtalmologique,...) et le versement d'une pension mensuelle de 6'400 fr. en faveur de l'�pouse (5).
Statuant le 31 mars 2015 sur appel de l'�pouse, la Ie Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du canton de Fribourg a partiellement admis l'appel, en ce sens que les contributions d'entretien fix�es sous chiffre 5 du premier jugement sont dues d�s le 1er juin 2012, qu'il est pris acte que les contributions de 2'000 fr. par enfant et de 6'400 fr. pour l'�pouse ont d�j� �t� acquitt�es pour les mois de juin et de juillet 2012, enfin, que l'�poux est tenu d'acquitter l'ensemble des imp�ts et des cotisations AVS pour son �pouse et leurs enfants jusqu'au 31 mai 2012, chaque �poux devant, d�s juin 2012, s'acquitter lui-m�me de ses propres imp�ts et cotisations AVS.
Par m�moire du 18 mai 2015, A.A.________ interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, sollicitant principalement la r�forme de l'arr�t entrepris, en ce sens que le loyer et les frais et charges accessoires (�lectricit�, entretien courant, taxes, etc.) du domicile conjugal sont � la charge exclusive de son �poux; que celui-ci est condamn� � verser une pension mensuelle globale de 25'000 fr. pour l'entretien de sa famille, allocations familiales en sus, outre l'int�gralit� des imp�ts et des cotisations AVS de la famille pour la p�riode ant�rieure au 1er janvier 2013; qu'il s'acquittera aussi du loyer de la villa conjugale et de tous les frais accessoires; qu'il prendra en charge l'�colage des enfants et de tous les frais annexes notamment les diverses activit�s des enfants " au sein de l'�cole ou en dehors ainsi que les d�penses qui y sont li�es "; qu'il prendra en charge la totalit� des besoins extraordinaires des enfants au sens de l'art. 286 al. 3 CC, notamment les frais orthodontiques et ophtalmologiques; qu'il devra s'acquitter de l'ensemble des imp�ts et des cotisations AVS pour son �pouse et leurs enfants jusqu'au 31 d�cembre 2012; que les frais judiciaires et les d�pens de premi�re instance et d'appel " sont r�partis entre les parties selon une proportion qui sera �quitablement �tablie � dire de justice ". Subsidiairement, l'�pouse conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision.
1.1.�L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur les contribution d'entretien en faveur de l'�pouse et des enfants, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante, qui a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), a agi dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) pr�vu par la loi, de sorte que le recours en mati�re civile est en principe recevable.
En l'esp�ce, la recevabilit� de la plupart des conclusions de la recourante est douteuse, celle-ci ne formulant aucun chiffre, mis � part celui de 25'000 fr. repr�sentant le montant qu'elle sollicite � titre de contribution d'entretien en faveur de la famille; au vu de l'issue du recours sur le fond, cette question peut cependant demeurer ind�cise.
2.1.�Comme la d�cision entreprise porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1 p. 396, 585 consid. 3.3 p. 587), la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s). En particulier, une d�cision ne peut �tre qualifi�e d'arbitraire (art. 9 Cst.) que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153 et les r�f�rences). Partant, le recourant ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition, notamment en se contentant d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente. Il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 s. et les arr�ts cit�s).
En substance, l'autorit� cantonale a consid�r� que compte tenu de la situation favorable des parties, celles-ci pouvaient pr�tendre au maintien du train de vie qui �tait le leur avant la s�paration. Durant la vie commune, l'ensemble des d�penses de la famille �taient assur�es par les seuls revenus du mari. Sur la base des ann�es 2008 � 2011, les d�penses mensuelles de la famille ont �t� estim�es � 18'621 fr., sans compter le loyer de la villa familiale (2'900 fr.) et les frais de scolarisation des enfants (4'400 fr.). Le train de vie total de la famille s'�levait donc � 25'921 fr.
Pour �tablir la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, il fallait d�duire de ce montant la part consacr�e aux enfants, � savoir 4'400 fr. de frais de scolarisation et 2'000 fr. par enfant, correspondant � la pension alimentaire que l'�poux doit verser en leur faveur. Le solde de 17'521 fr. repr�sentait par cons�quent le train de vie des �poux, que la cour cantonale a r�parti par moiti� entre eux, soit 8'760 fr. chacun. D�s lors que le mari s'acquitte directement du loyer de la villa familiale, la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse devait �tre fix�e � 5'860 fr. par mois (� savoir 17'521 fr. / 2 - 2'900 fr. de loyer). Compte tenu de l'interdiction de la�
reformatio in pejus, la juridiction pr�c�dente a cependant maintenu la pension fix�e par le premier juge, � savoir 6'400 fr. par mois.
S'agissant de la pension en faveur des enfants, la cour cantonale, reprenant les consid�rations du premier juge, a fix� celle-ci � 2'000 fr. par mois et par enfant, afin de tenir compte du niveau de vie �lev� dont ils ont b�n�fici� avant la s�paration de leurs parents. Selon les tabelles zurichoises, dans une fratrie de deux, le co�t d'un enfant de 11 ans �tait de 1'690 fr. et celui d'un enfant de 13 ans de 1'860 fr. par mois. Il fallait d�duire de ce montant le co�t du logement de la villa familiale, puisque celui-ci �tait d�j� pris en charge par le mari, et celui des soins et de l'�ducation, assum� en nature par l'�pouse. Il en r�sultait des besoins de 960 fr. pour le cadet et de 1'285 fr. pour l'a�n�, montants qu'il convenait de majorer de 20%, ce qui donnait 1'152 fr., respectivement 1'542 fr. Partant, la contribution d'entretien fix�e � 2'000 fr., sans compter l'�colage et la part des enfants au loyer, permettait de tenir compte du train de vie �lev� des enfants, ant�rieur � la s�paration, et pr�voyait au surplus une g�n�reuse marge pour l'ensemble des frais li�s � leurs activit�s et � leurs besoins extraordinaires.
Dans un grief de nature formelle qu'il convient d'examiner en premier lieu (ATF 138 I 232 consid. 5.1 p. 237), la recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) et de son droit � un proc�s �quitable (art. 29 al. 1 Cst.). Elle soutient que la cour cantonale a consid�r�es comme vraisemblables les all�gations de son �poux, sans qu'il n'ait eu besoin de produire des pi�ces permettant de les �tablir; � l'inverse, s'agissant de ses propres all�gations, l'autorit� pr�c�dente les aurait �cart�es, faute de preuve, alors que toutes les pi�ces financi�res pertinentes se trouvaient en mains de son �poux. Par son argumentation, la recourante n'explique pas en quoi les dispositions qu'elle cite auraient �t� viol�es, contrevenant ainsi aux exigences de motivation requises (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1). Partant, le grief est irrecevable. En r�alit�, elle tente de faire valoir l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves, critique qui sera examin�e plus loin (cf. infra consid. 6 et 7).
La recourante sollicite la fixation d'une pension globale pour la famille, alors que la cour cantonale a distingu� la contribution d'entretien due � l'�pouse de celles destin�es aux enfants. Or, op�rer une telle distinction n'est non seulement pas arbitraire, mais parfaitement conforme au droit f�d�ral (parmi plusieurs, cf. arr�ts 5A_908/2014 du 5 mars 2015 consid. 5; 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1).
La recourante ne remet pas en cause l'application de la m�thode dite du train de vie � laquelle a eu recours la cour cantonale pour d�terminer le montant de la contribution d'entretien en sa faveur. Elle critique en revanche la mani�re dont cette m�thode a �t� appliqu�e en l'esp�ce. En particulier, elle pr�tend que, se basant sur une appr�ciation arbitraire (art. 9 Cst.) des preuves, la cour cantonale a fait preuve d'arbitraire dans l'application des art. 163, 164, 176 et 285 CC, partant, qu'elle a �tabli de mani�re insoutenable le montant qui lui est n�cessaire pour maintenir son train de vie, le r�sultat dudit calcul �tant aussi arbitraire.
6.1.1.�La recourante expose que la cour cantonale aurait d� proc�der � un calcul concret de ce montant, non pas se contenter de lui attribuer un pourcentage des d�penses ant�rieures � la s�paration. Cette derni�re m�thode serait choquante, puisqu'elle ne permettrait pas de tenir compte des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s, contrevenant ainsi � la jurisprudence et �tant par cons�quent arbitraire dans son r�sultat. La pension qui lui a �t� allou�e ne lui permettrait pas de maintenir son train de vie, notamment de continuer � passer dix semaines de vacances par an � l'�tranger, de prendre des cours de ski, de tennis et de gym, d'acheter des " v�tements et autres accessoires de grandes marques " et de participer � diverses activit�s de loisir. Les juges cantonaux auraient d� en tenir compte d'office, �tant relev� qu'elle aurait �tay� et justifi� toutes ces d�penses par la production de pi�ces (" notamment pi�ces 141 � 144, 150 � 155, 157, d�terminations diverses et plaidoiries �crites "). Enfin, il serait arbitraire de ne pas avoir pris en compte de sa charge fiscale, telle qu'�valu�e par sa fiduciaire, alors qu'en percevant une contribution d'entretien de 6'400 fr. par mois, elle serait incapable de s'en acquitter tout en maintenant son train de vie ant�rieur � la s�paration.
6.1.2.�Selon la jurisprudence, m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune (art. 175 s. CC), l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 138 III 97 consid. 2.2 p. 98 s.; 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux (art. 163 al. 1 CC). En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s peuvent �tre couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100 s.; arr�t 5A_937/2012 du 3 juillet 2013 c. 4.2.1). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien de ce train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Il appartient au cr�ancier de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de rendre celles-ci vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425; arr�t 5A_743/2012 du 6 mars 2013 consid. 6.1.2).
6.1.3.�En l'esp�ce, la fa�on dont la cour cantonale a d�termin� le montant n�cessaire au maintien du train de vie de l'�pouse est pour le moins critiquable (cf. supra consid. 6.1.2 in fine). Cela �tant, la recourante n'explique pas de mani�re claire et d�taill�e en quoi ses besoins concrets seraient sup�rieurs aux 6'400 fr. mensuels qui lui ont �t� allou�s, auxquels doit encore s'ajouter le loyer de la villa conjugale que doit prendre en charge le mari. Elle ne fournit aucun calcul concret � cet �gard, pas plus qu'elle ne pr�cise quelle part des 25'000 fr. qu'elle r�clame pour l'entretien de la famille devrait lui �tre octroy�e. Ainsi, elle n'explique pas en quoi la contribution d'entretien en sa faveur serait arbitraire dans son r�sultat, se contentant d'affirmer que tel serait le cas, sans nullement d�tailler les postes n�cessaires au maintien de son train de vie, ni les chiffrer, pas plus qu'elle ne chiffre, d'ailleurs, les frais accessoires de la villa conjugale auxquels elle indique ne pas pouvoir faire face. En tant qu'elle affirme avoir prouv� par pi�ces les d�penses all�gu�es, on rel�vera que les d�terminations et autres plaidoiries auxquelles elle se r�f�re ne sauraient constituer un moyen de preuve. Il s'agit au contraire de simples all�gations de partie qui - fussent-elles m�me plausibles - ne suffisent pas � prouver un fait (arr�ts 5A_795/2013 du 27 f�vrier 2014 consid. 5.2; 5A_225/2010 du 2 novembre 2010 consid. 3.2 non publi� � l'ATF 136 III 583). Enfin, en tant qu'elle renvoie aux pi�ces 141 � 144, 150 � 155 et 157, affirmant qu'elles n'auraient arbitrairement pas �t� prises en compte par l'autorit� cantonale, elle ne d�taille une fois de plus pas suffisamment sa critique, omettant, au demeurant, d'expliquer en quoi les consid�rations qui figurent dans l'arr�t attaqu� concernant les pi�ces 140 � 144 seraient arbitraires (cf. arr�t entrepris, p. 9 et 11).
S'agissant de la charge fiscale, la critique de la recourante n'est pas non plus suffisamment d�taill�e. Il est vrai que selon les constatations de la cour cantonale, ce sont les seuls revenus du mari qui permettaient d'assurer le train de vie de la famille avant la s�paration, et que l'�pouse a droit au maintien de son train de vie. Dans une telle configuration, la contribution d'entretien doit ainsi en principe permettre � l'�pouse de maintenir son train de vie ant�rieur tout en s'acquittant de ses imp�ts (arr�t 5A_828/2014 du 25 mars 2015 consid. 6.3). Cela �tant, en l'esp�ce, celle-ci ne d�montre pas que la charge fiscale ne serait pas d�j� comprise dans le calcul du train de vie tel qu'effectu� par la juridiction pr�c�dente. En particulier, rien n'indique que le montant de plus de 25'000 fr. pris en compte au titre du train de vie de la famille, sur lequel la cour cantonale s'est fond�e pour calculer la pension de l'�pouse, et qui r�sulte principalement de la teneur de relev�s bancaires, ne tiendrait pas d�j� compte des imp�ts, ceux-ci ayant parfaitement pu �tre pay�s, avant la s�paration, au moyen de virements ordonn�s � partir desdits comptes bancaires; partant, il n'est pas non plus d�montr� que le montant d'imp�ts dont devrait d�sormais s'acquitter l'�pouse serait trop �lev� pour pouvoir l'�tre au moyen de la contribution d'entretien de 6'400 fr., sans que son train de vie ne s'en trouve p�jor�.
Vu ce qui pr�c�de, s'agissant de la contribution d'entretien de 6'400 fr. en faveur de l'�pouse, le recours est irrecevable faute de motivation suffisante (cf. supra consid. 2.1).
6.2.1.�La recourante se plaint d'une violation du principe de l'interdiction de la�
reformatio in pejus, partant, du principe de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Elle estime que l'autorit� cantonale ne pouvait pas mettre � sa charge ses imp�ts et ses cotisations AVS pour l'ann�e 2012, alors que le premier juge les avait mis � sa charge seulement � partir du 1er janvier 2013 (jugement de premi�re instance, p. 11). La recourante explique que la cour cantonale lui a donn� raison, en fixant le point de d�part de la pension au 1er juin 2012, au lieu du 1er d�cembre 2012 (date choisie par le juge de premi�re instance); ce faisant, elle aurait cependant arbitrairement fix� aussi au 1er juin 2012 la date � laquelle elle devrait prendre elle-m�me en charge ses imp�ts et ses cotisations AVS, � savoir sept mois avant la date fix�e par le premier juge.
6.2.2.�La cour cantonale a consid�r� que dans la mesure o� la s�paration �tait effective depuis le 1er d�cembre 2012, il �tait possible qu'une taxation s�par�e, au sens de l'art. 42 al. 2 LIFD, soit intervenue pour l'ann�e fiscale 2012 d�j�. D�s lors que l'�poux a �t� astreint � verser des contributions d'entretien � partir du 1er juin 2012 seulement, il se justifiait de pr�voir qu'avant cette date, il doive s'acquitter de l'ensemble des imp�ts et des cotisations AVS de la famille. D�s cette date en revanche, la juridiction d'appel a d�cid� que chaque �poux devrait s'acquitter lui-m�me de ses imp�ts et cotisations AVS.
6.2.3.�L'interdiction de la�
reformatio in pejusest un principe juridique clair et incontest�, dont la violation contrevient � l'art. 9 Cst. Il signifie qu'une autorit� de recours ne peut modifier la d�cision attaqu�e en d�faveur de la partie recourante, sauf si la partie adverse a form� un recours joint (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1 p. 419). La fixation de la contribution d'entretien du conjoint dans le cadre de mesures protectrices de l'union conjugale est soumise � la maxime de disposition (art. 58 CPC), en sorte que l'interdiction de la�
reformatio in pejus�s'applique; il en r�sulte que la contribution allou�e � l'�pouse pour une p�riode d�termin�e ne peut �tre modifi�e, en instance de recours, au d�triment du mari qui a seul recouru sur ce point (ATF 129 III 417 consid. 2.1.1 p. 418; arr�t 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1).
6.2.4.�En l'occurrence, seule l'�pouse a interjet� appel contre le jugement de premi�re instance. Comme elle l'indique elle-m�me, elle a obtenu de la cour cantonale que la pension alimentaire en sa faveur soit due � partir du 1er juin 2012, � savoir six mois plus t�t que ce qu'avait pr�vu le premier juge. Celui-ci, qui n'avait pas fait mention des imp�ts ni des cotisations AVS dans le dispositif de son jugement, avait cependant indiqu� (jugement p. 11) que la pension serait due � compter du 1er d�cembre 2012 (date de la s�paration) et que d�s le 1er janvier 2013, chaque partie supporterait ses propres imp�ts et ses propres cotisations AVS.
La recourante construit son raisonnement en distinguant, d'une part, la contribution d'entretien et, d'autre part, les charges d'imp�ts et d'AVS. Cette distinction est pour le moins artificielle. En effet, en l'esp�ce, vu l'application - incontest�e - de la m�thode du train de vie pour calculer la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, et d�s lors qu'avant la s�paration, seul l'�poux subvenait aux besoins du couple, les imp�ts et cotisations AVS de l'�pouse constituent en r�alit� des composantes du montant n�cessaire au maintien de son train de vie, de sorte que l'ensemble de ces �l�ments doit �tre appr�hend� de mani�re globale, quand bien m�me la cour cantonale les a ins�r�s dans deux points distincts de son dispositif. Ainsi, alors que le premier juge avait fix� le�
dies a quo�de la pension en faveur de l'�pouse au 1er d�cembre 2012, et avait d�cid� que l'�pouse devrait payer elle-m�me ses imp�ts et cotisations AVS d�s le 1er janvier 2013 - soit � peine un mois plus tard, date ayant pour avantage de correspondre au d�but de la nouvelle p�riode fiscale, partant, de simplifier la situation des parties -, les juges d'appel ont fix� l'ensemble de ces �l�ments au 1er juin 2012. On ne saurait en tirer que la situation globale de l'�pouse serait p�jor�e par rapport au premier jugement. Au surplus, la recourante ne d�montre pas que la pension qui lui a �t� allou�e ne lui permettrait pas de maintenir son train de vie tout en payant ses imp�ts et ses cotisations AVS (cf. supra consid. 6.1.3).
La recourante s'en prend au montant de la contribution destin�e � l'entretien des enfants.
7.1.�Elle affirme que la pension, fix�e � 2'000 fr. par enfant, n'aurait pas d� �tre calcul�e de mani�re abstraite. En outre, l'arr�t entrepris n'expliquerait nullement en quoi ce montant, calcul� non pas de mani�re concr�te mais par r�f�rence aux tabelles zurichoises, permettrait concr�tement aux enfants de mener le m�me train de vie qu'avant la s�paration. Par ailleurs, la recourante r�clame que son �poux soit condamn� � payer, en sus des pensions alimentaires, la totalit� des frais extraordinaires des enfants, afin de permettre � ceux-ci de maintenir leur train de vie, et que des pr�cisions soient apport�es concernant le contenu des frais de scolarit�. Le r�sultat serait aussi arbitraire.
7.2.�En tant que des enfants mineurs sont concern�s, le juge ordonne les mesures n�cessaires d'apr�s les dispositions sur les effets de la filiation (art. 176 al. 3 CC). Selon l'art. 285 al. 1 CC, la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi qu'� la situation et aux ressources des p�re et m�re, compte tenu de la fortune et des revenus de l'enfant ainsi que de la participation de celui des parents qui n'a pas la garde de l'enfant � la prise en charge de ce dernier (arr�t 5A_11/2014 du 3 juillet 2014 consid. 4.3.1.1 in fine).
En cas de situation financi�re particuli�rement bonne, il n'est pas n�cessaire de prendre en consid�ration toute la force contributive des parents pour calculer la contribution � l'entretien des enfants. Il ne faut pas prendre comme point de d�part le niveau de vie le plus �lev� qu'il est possible d'avoir avec un certain revenu, mais celui qui est r�ellement men�. De plus, dans certaines circonstances, il peut se justifier, pour des motifs p�dagogiques, d'accorder un niveau de vie plus modeste � l'enfant qu'aux parents (ATF 116 II 110 consid. 3b p. 113 s.). Le montant de la contribution d'entretien ne doit donc pas �tre calcul� simplement de fa�on lin�aire d'apr�s la capacit� financi�re des parents, sans tenir compte de la situation concr�te de l'enfant (ATF 120 II 285 consid. 3b/bb p. 290 s.; arr�t 5A_507/2007 du 23 avril 2008 consid. 5.1).
7.3.�Par son argumentation, la recourante ne d�montre pas que la contribution allou�e, � laquelle s'ajoutent les frais d'�colage pris en charge par l'�poux et la moiti� des besoins extraordinaires des enfants, ne permettrait pas de couvrir les besoins des enfants, �tant relev� qu'elle ne prend m�me pas la peine d'indiquer quelle part des 25'000 fr. mensuels qu'elle r�clame serait n�cessaire pour couvrir ceux-ci. S'agissant des frais extraordinaires des enfants, tels que frais orthodontique et ophtalmologiques, dont elle r�clame le paiement de la totalit� par son �poux, la recourante ne motive encore une fois pas suffisamment sa critique, n'expliquant pas de mani�re claire et d�taill�e en quoi la d�cision entreprise serait arbitraire dans son r�sultat. En particulier, on rel�vera que l'�poux a �t� condamn� � s'acquitter de la moiti� de ces frais extraordinaires, et que par ailleurs, la contribution d'entretien a �t� fix�e � 2'000 fr. par enfant, ce montant comprenant une g�n�reuse marge pour l'ensemble des frais annexes li�s � leurs activit�s et � leurs besoins extraordinaires. En tant qu'elle pr�tend que l'on ne voit pas en quoi cette marge, qu'elle �value elle-m�me � 848 fr. pour le cadet et 458 fr. pour l'a�n�, serait suffisante pour maintenir le train de vie qu'elle aurait pourtant d�montr�, elle se contente une nouvelle fois de l'affirmer, sans nullement fournir de chiffres � cet �gard. La critique est irrecevable faute de motivation suffisante (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1).
Au vu de l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'examiner la question de la r�partition des frais et d�pens de la proc�dure cantonale, qui fait l'objet d'une conclusion - impr�cise - de la recourante, toutefois d�pourvue de toute motivation (art. 42 al. 2 LTF).
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� dans la faible mesure de sa recevabilit�, aux frais de la recourante (art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas allou� de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer (art. 68 al. 1 LTF).