Source: https://penitinfos.com/2018/09/28/val-doise-trop-de-detenus-et-pas-assez-de-surveillants-a-la-maison-darret-dosny/
Timestamp: 2019-11-21 07:09:15+00:00
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Val-d’Oise. Trop de détenus et pas assez de surveillants à la maison d’arrêt d’Osny – Pénit'Infos
Val-d’Oise. Trop de détenus et pas assez de surveillants à la maison d’arrêt d’Osny
Publié par penitinfos le 28 septembre 2018
Jeudi 13 septembre, les élus (Lr) valdoisiens Antoine Savignat et Sébastien Meurant se sont rendus à la prison d’Osny (Val-d’Oise), pour y constater les conditions de détention.
Ils ont voulu découvrir par eux-mêmes les conditions des surveillants… et des détenus. Jeudi 13 septembre, Antoine Savignat, député (Lr) de la première circonscription du Val-d’Oise, et Sébastien Meurant, sénateur (Lr) du Val-d’Oise, se sont rendus à la maison d’arrêt du Val-d’Oise (Mavo), à Osny (Val-d’Oise).
Cette visite fait suite à l’annonce du plan prison de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, qui prévoit la création de 1 100 postes de surveillants et de diminuer de 8 000 le nombre de détenus. Cette mesure concernerait la non-exécution des peines de moins de six mois.
Durant près de trois heures, les deux élus valdoisiens ont visité les locaux de la maison d’arrêt du Val-d’Oise. Ils ont pu constater les nombreuses problématiques rencontrées au sein de la prison. « Le premier problème à résoudre est de donner plus de moyens à la justice pour traiter les dossiers d’instruction », insiste Antoine Savignat, par ailleurs avocat.
Entre 160 et 175 % de suroccupation
Lors de la visite, les élus ont pu déplorer la surpopulation carcérale au sein de la maison d’arrêt. Près de 1 060 détenus sont recensés, alors que le site ne compte que… 595 places, soit 565 cellules simples et 30 cellules doubles. « Dans les faits, on tourne autour de 160 à 175 % de suroccupation », ajoute Guillaume Gras, directeur adjoint de la Mavo. Actuellement, nous tournons à trois personnes pour des cellules de deux, et deux détenus pour les cellules d’une place. Dans le pire des cas, il est arrivé que certains dorment sur des matelas à même le sol.
Les élus (Lr) du Val-d’Oise, Antoine Savignat et Sébastien Meurant, ont effectué une visite des locaux de la maison d’arrêt du Val-d’Oise, jeudi 13 septembre. (©La Gazette du Val-d’Oise)
Parallèlement, certains d’entre eux doivent rester seuls en cellule car ils constituent une menace, pour les autres et pour eux. » Cette surpopulation a une incidence sur les activités proposées aux détenus au sein de la prison. « Les listes d’attente sont longues », assure le directeur adjoint. Pour Antoine Savignat, « la surpopulation carcérale a pour conséquence des conditions de détention indignes. Les personnes qui sortent de prison en veulent à la société car ils ont été détenus dans des conditions difficiles. Cela reste une entrave à la liberté. »
Selon Sébastien Meurant, « la France est régulièrement condamnée pour ses conditions de détention. Elle bafoue les droits des détenus. »
Taux d’absentéisme de 30 % en 2017
Pour gérer la situation, 180 surveillants théoriques sont dénombrés au sein de la Mavo, « dont 157 sont en service. Nous sommes sous-dotés », regrette Guillaume Gras. Autre problématique soulevée : le pourcentage élevé de stagiaires en formation. « Quand les agents sont titularisés, ils demandent à être mutés vers leur région d’origine et s’en vont. Ils sont ensuite remplacés par des agents en formation, ce qui représente environ 85 % des effectifs », souligne le directeur adjoint.
Augmentation de 300 % de la saisie de stupéfiants
Historiquement, à la Mavo, de nombreux surveillants sont originaires du Nord et ont beaucoup de route à effectuer entre leur domicile et la prison, ce qui génère de la fatigue. À cela s’ajoute le stress et le sentiment d’isolement, ce qui entraîne un fort taux d’absentéisme.
« Il y a eu une baisse notable en 2017, mais c’est reparti à la hausse en 2018. Là, nous sommes montés jusqu’à 30 % d’arrêts maladies, ce qui impacte fortement les équipes présentes. Nous avons dénombré 40 absents cet été, c’était assez compliqué à gérer », déplore Guillaume Gras. En 2017, cela représentait 45 jours d’absentéisme par agent.
Et les motifs d’absentéisme sont multiples : maladies, fatigue, délocalisation… mais également les agressions. En 2017, 51 agressions au sein de la prison ont généré un arrêt de travail. Des chiffres en baisse depuis la création des équipes locales d’appui et de contrôle (Elac) en 2016, des agents dédiés à des missions de sécurité, qui assurent notamment des contrôles en cellule ou de la périmétrie.« Ces agressions vont du crachat à la bousculade, en passant par les violences physiques, détaille l’adjoint au directeur. Le parquet de Pontoise suit systématiquement ces cas d’agressions, nous bénéficions d’un vrai soutien du tribunal de grande instance (Tgi) de Pontoise. Une agression ne reste jamais impunie. »
Si les agressions envers les agents ont diminué, d’autres violences, plus graves, sont à relever… entre les détenus. « Le problème est que l’établissement subit de plein fouet le phénomène de projection. C’est-à-dire des trafics mis en place avec des personnes extérieures à la prison, qui viennent jeter tout et n’importe quoi à l’intérieur de l’établissement. »
Antoine Savignat@antoine7595
Avec @SmeurantL Sébastien Meurant – Sénateur du Val d’Oise
Visite extrêmement intéressante à la Maison d’Arrêt du Val d’Oise et des constats à la fois terrifiants et fascinants.
20:17 – 13 sept. 2018
Voir les autres Tweets de Antoine Savignat
D’autant que la Mavo n’est pas compétente pour intervenir à l’extérieur du site. « Cependant, les gendarmes et les policiers sont très mobilisés et procèdent à un nombre important d’interpellations », ajoute Guillaume Gras.
À cela s’ajoute la réalisation d’un plan de lutte contre le trafic, ainsi que des financements obtenus permettant de sécuriser l’extérieur de la prison. Un glacis a ainsi été installé autour de l’enceinte en 2015, ce qui a dissuadé certaines personnes de venir au pied des murs de la prison pour envoyer les colis.
« Nous avons ajouté des plaques métalliques et ç’a eu un impact positif. » Suite à la création des Elac, cela a permis d’augmenter de 300 % la saisie de stupéfiants. « Nous sommes passés de 5 à 15 kilos saisis », se félicite l’adjoint au directeur.
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