Source: https://www.jfdumas.fr/Exposition-universelle-de-Shanghai-Cocorico--Et-tant-pis-pour-les-oies-et-les-canards_a49.html?start=50
Timestamp: 2019-10-23 04:39:17+00:00
Document Index: 57697238

Matched Legal Cases: ["l'article 2", "l'article 3", "l'article 4", "l'article 5", "l'article 1", 'in fine', 'in fine', 'arrêt ', 'arrêt ']

Notre-Dame-des-Landes : « L’hypothétique référendum à venir ne saurait être organisé sur le fondement d’un mensonge d’État »
Cette déclaration du Président de France Nature Environnement que l’on ne peut qu’approuver fait suite aux révélations du Canard Enchaîné dans son édition du 17/02/2016. Mais on se dit que ce gouvernement n’est plus à un mensonge près et que sur Notre-Dame-des-Landes, ce n’est pas l’opposition de droite qui lui cherchera des poux dans la tête.
France Nature Environnement a publié ce mercredi le communiqué suivant :
Le Canard Enchaîné vient de rendre public un rapport transmis par la DREAL[1] des Pays de la Loire au préfet de Loire-Atlantique en 2014, qui contredit l’argumentation des soutiens au projet d’aéroport : le réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique n’aura pas d’impact négatif sur le lac de Grand Lieu, à l’inverse d’un transfert. Plus grave encore que cette révélation, ce rapport avait été dissimulé par l’Etat (…). Cela est de mauvais augure pour le débat précédant l’hypothétique référendum.
L’existence de ce rapport de 2014 ne peut qu’interroger nos associations : en effet, nous avions en mars 2015 écrit au préfet de Loire-Atlantique en lui demandant de nous transmettre tous les rapports réalisés « quant aux incidences environnementales possibles d’un tel réaménagement ». Le rapport de la DREAL ne nous a jamais été communiqué : il a donc été dissimulé par la préfecture, alors même que l’argument des impacts du réaménagement sur le lac de Grand Lieu prenait de plus en plus de place médiatiquement parlant. Plus grave encore, cet argument était parallèlement utilisé par la préfecture elle-même devant le tribunal administratif de Nantes pour justifier de l’absence de solution alternative au transfert de l’aéroport... aboutissant au rejet de nos recours en justice. Le Préfet n'a ainsi pas hésité à mentir aux associations de protection de la nature puis aux juges du tribunal administratif.
Mercredi 17 Février 2016 Commentaires (1)
Encore une bonne nouvelle : le décret sur l’affichage publicitaire est partiellement retiré.
Ségolène Royal avait battu en retraite dès Vendredi dernier.
Aujourd’hui Macron, le suppôt des marchands de pub bouffe à son tour son chapeau.
Il aura fallu pour cela que 60 000 personnes affirment leur opposition lors de la consultation publique obligatoire. Devant une levée de boucliers aussi massive qui montre le ras le bol des gens vis-à-vis du matraquage publicitaire, Ségolène Royal a été contrainte de convenir qu’il fallait en tenir compte « sinon cela remet en cause le principe de la consultation publique lorsqu'un texte a une incidence sur l'environnement» avait-elle déclaré.
C’est finalement ce qu’a dû également admettre à son corps défendant le suppôt des afficheurs, le fringant Emmanuel Macron. Devant le tollé soulevé par ce décret, il a capitulé à son tour au cours d’une conférence de presse organisée ce matin.
À propos de la mesure qui aurait permis l’implantation interdite jusqu’à présent de panneaux de 12 m2 (4x3) scellés au sol dans les villes de moins de 10 000 habitants, il a déclaré : « À court terme, notre préférence, c'est d'abandonner une mesure qui n'était pas consensuelle » « À court terme… » La capitulation ne serait-elle que provisoire ? Qu’en sera-t-il à moyen terme ? Il n’est pas du tout exclu qu’il tente de remettre le couvert à l’occasion et il faut rester vigilant.
Quoi qu’il en soit, finis les cadeaux aux afficheurs pour le moment et, espérons-le, pour longtemps. De l’ancien projet de décret, il ne reste plus que l’article 1 concernant l'autorisation de panneaux de 50 m2 pouvant être implantés jusqu’à 10 m de hauteur aux abords des stades de plus de 15 000 places, décret pris en prévision de l’euro de football : « Donnons-leur des jeux et de la pub » !
Toutes les autres dispositions scélérates ont passé à la trappe. Exit donc l'article 2 qui permettait d'installer des publicités scellées au sol dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants, là où elles ont toujours été interdites, l'article 3 qui prévoyait une grande tolérance vis-à-vis de la pollution nocturne par la publicité lumineuse, l'article 4 qui légalisait des centaines de milliers de panneaux illégaux, l'article 5 qui permettait aux afficheurs de placer des mobiliers urbains numériques dans des agglomérations de moins de 10 000 habitants.
En politicienne habile, Ségolène Royal s’est empressée de siffler avec les merles pour s’attribuer le mérite du retrait de ce projet de décret contre Emmanuel Macron, son collègue mais peut-être pas ami. En fait ce retrait n’est pas sa victoire comme le titre France TV Info. Si victoire il y a – il reste tout de même les gigantesques publicités lumineuses sur les stades – c’est celle des associations qui ont mené campagne contre ce décret et celle des 60 000 personnes qui ont témoigné de leur désaccord lors de la consultation publique sur le site du Ministère de l’environnement. Et cela va bien au-delà de ce décret.
Tout d’abord, cette reculade ministérielle redonne le moral à tous ceux qui se mobilisent à chaque mauvais coup du gouvernement pour pétitionner ou pour participer à ces enquêtes. On peut réussir ! Si nous sommes assez nombreux – et il faut être très nombreux – le gouvernement peut reculer, au moins ponctuellement comme sur ce projet de décret.
Ensuite le retrait partiel de ce projet peut sinon faire jurisprudence, du moins être un argument de poids lorsqu’une mobilisation de même ampleur se produira.
Enfin il faut tirer les leçons du maintien de l’article 1 du décret.
Il met en application l’article 223 de la scélérate loi Macron qui stipule que « les dispositifs publicitaires, lumineux ou non, implantés sur l'emprise des équipements sportifs ayant une capacité d'accueil d'au moins 15 000 places assises peuvent déroger au premier alinéa de l'article L. 581-9 en matière d'emplacement, de surface et de hauteur, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ».
Dans le projet de loi initial, les stades devaient avoir au moins 30 000 places, soit le double !
Avec l'article 1 du décret, la surface de ces panneaux peut atteindre 50 m2 au lieu des 12 m2 de la règle générale.
Il est évident que cet article aurait pu être plus restrictif et sur ce point, c’est Macron qui a eu le dernier mot « Sur ce volet, il n'y a pas de contestation, nous sommes d'accord pour que ce décret puisse paraître » a-t-il déclaré lors de cette conférence de presse.
De toute façon un article de décret ne peut pas remettre en cause un article de loi.
Cet article de loi a été voté par des députés qui ont été élus pour nous représenter mais qui ensuite légifèrent souvent à l’opposé de ce que souhaitent leurs électeurs. Ils ne prennent pas la peine de nous demander notre avis. A nous de leur donner en agissant en amont ! Si nous le faisons massivement, peut-être en tiendront-ils compte au moins autant qu’ils écoutent les lobbies. Après tout ce ne sont pas les lobbyistes qui ont en main un bulletin de vote. C’est nous, même si, après réflexion, certains parmi nous ne votent pas !
La suite du texte de l’article 223 de la loi Macron n’est pas souvent citée pourtant elle est importante : « L'implantation des dispositifs dérogatoires est soumise à l'autorisation du conseil municipal ou de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou du conseil de la métropole de Lyon » En d’autres termes si les conseils municipaux, les agglos ou les communautés urbaines ne donnent pas l’autorisation, ces « dispositifs dérogatoires » ne seront pas implantés.
Rappelons que la possibilité d’implantation de ces horreurs avait pour but de donner aux collectivités des recettes supplémentaires afin qu’elles puissent financer la rénovation des stades à l’occasion de l’Euro de football ou d’autres grands événements sportifs.
Il ne tient qu’aux habitants des villes concernées de faire pression sur leurs élus locaux pour qu’ils cherchent ailleurs des crédits pour cette rénovation. Il se pourrait donc que devant les mobilisations locales aucun de ces horribles panneaux ne voient le jour.
En attendant, ne boudons pas notre plaisir. Les paysages de la France, les entrées de ville de nombreuses communes ont obtenu au moins un sursis.
Mardi 9 Février 2016 Commentaires (0)
La lutte contre le changement climatique : parfois un bon valet, souvent un mauvais maître !
La référence à tout propos, et en général hors de propos, au changement climatique et à la COP 21 est aujourd’hui la référence obligée pour toutes les actions pour la préservation de la nature et de l'environnement, voire même pour la bonne santé des populations. La "lutte" contre le changement climatique les fédère en quelque sorte mais dans la confusion la plus totale. Tout se passe comme si le combat pour telle ou telle cause environnementale ou de défense de la Nature n'a de chance de mobiliser et de réussir, ou même seulement d'être visible et audible que s'il fait référence au changement climatique, même s'il n'a que peu ou pas de rapport avec le climat et que cela brouille les enjeux.
Cela s’est manifesté avec une évidence particulièrement nette lors de cette COP 21. Il suffisait de se rendre le dimanche 6 décembre 2015 au Village des Alternatives de Montreuil qui s’est tenu en marge de la conférence pour s’en rendre compte. Il y avait là, rassemblés sous la bannière de l’urgence climatique ceux qui voulaient promouvoir la consommation locale et le « manger bio », ceux qui expliquaient que pour sauver les espèces, il fallait planter des arbres et comme Zadig cultiver son propre jardin. Côte à côte avec ceux qui militent pour la sobriété énergétique, il y avait ceux qui promeuvent les ressourceries/recycleries et le zéro déchet. Il y avait des ateliers de « désobéissance civile », etc. Tous ces thèmes se voulaient rattachés plus ou moins artificiellement et de façon fort confuse, y compris dans l’esprit de nombreux participants, à la question du réchauffement climatique. Certes si, comme cela est vraisemblable, une condition nécessaire d’une lutte efficace pour minimiser le réchauffement climatique ou pour s’y adapter est un changement radical de nos façons de produire et de consommer passant par une nouvelle organisation sociale, alors même un atelier de désobéissance civile peut être utile dans la lutte contre le réchauffement climatique !
Mais si ce changement radical est véritablement une condition nécessaire pour une politique climatique efficace, il le sera aussi pour la préservation de la biodiversité, des matières premières, des océans et de leurs ressources halieutiques, etc. Pour l’un des organisateurs de ce village des alternatives « On va essayer de montrer (par cette manifestation) que ces alternatives toutes réunies construisent une société plus joyeuse, plus solidaire, plus humaine ». Soit, mais pourquoi toutes les rattacher d’une façon arbitraire et confuse au climat alors que pour beaucoup d’entre elles, ce n’est ni leur motivation première, ni leur effet principal. Ainsi en est-il de la gestion des déchets selon les trois R (Réduire, Réutiliser, Recycler) qui vise d’abord à économiser les ressources et notamment les matières premières, des politiques de l’eau, du bio qui vise à préserver les sols et la biodiversité, etc. Embrigadement sous la bannière de la lutte contre le changement climatique de toutes ces luttes et initiatives diverses et variées ou au contraire, instrumentalisation du changement climatique pour les promouvoir en profitant plus ou moins habilement de la caisse de résonnance fournie par la tenue de cette COP 21 et de l’emballement médiatique associé ?
Particulièrement significatif de ce qui peut apparaître comme une sorte d’instrumentalisation de la lutte contre le changement climatique est le cas du combat contre la réalisation de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Les opposants à la construction de cet aéroport ont réussi à le rattacher de façon spectaculaire à la question climatique en proclamant que sa réalisation était contradictoire avec les politiques de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Certes, il s’agit de la construction d’un nouvel aéroport et le trafic aérien est fortement émissif de CO2 mais il ne s’agit pas d’un aéroport supplémentaire puisque celui construit à Notre Dame des Landes viendrait en remplacement de Nantes Aéroport. Ce qui est en cause avant tout, c’est l’emplacement choisi pour le construire : une zone humide particulièrement riche d’un point de vue d la biodiversité, une zone bocagère unique relativement épargnée par les ravages de l’agriculture industrielle. C’est cela qu’il s’agit de sauver de la disparition sous le béton et le goudron des aménageurs. Aujourd’hui, à côté de ces agriculteurs respectueux de l’environnement et de la Nature, s’est constituée sur le site une ZAD, véritable embryon de cette nouvelle façon de produire et de consommer apte à relever les défis écologiques lourds de catastrophes si nous continuons le business as usual et c’est aussi tout cela qui est précieux et à préserver.
D’ailleurs pour ces militants « anti-aéroport », il ne s’agit pas de lutter contre l’augmentation éventuelle du transport aérien. La meilleure preuve en est que leur « atelier citoyen » a planché sur « le maintien et l’aménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique, en alternative au projet de Notre-Dame-des-Landes ». Les aménagements proposés sont censés permettre de conserver l’aéroport sur son emprise actuelle « pour accueillir davantage de passagers, pour un coût tout à fait raisonnable. Aérogare, parkings, circulation autour de l’aéroport…, tout peut être restructuré pour réorganiser les circuits de façon optimale, tant pour le confort des passagers que pour l’activité des compagnies aériennes. L’agrandissement de l’aérogare est possible dès à présent, puis ultérieurement si nécessaire, en fonction de l’augmentation du trafic » (Nantes-Atlantique, Principaux résultats de l’atelier citoyen, ici ). Il n’est donc pas question de chercher à limiter le trafic aérien et de refuser le projet de Notre Dame des Landes en tant qu’il permettrait son accroissement, la solution proposée le permettant également.
Enfin si les zones humides marécageuses sont à protéger, il sera très difficile d’expliquer que c’est en raison de la lutte contre le réchauffement climatique puisque ces zones sont fortement émettrices de CH4 puissant gaz à effet de serre.
Bref, l’invocation du changement climatique pour combattre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ne se justifie que par la volonté de rendre ce combat plus visible médiatiquement et tenter ainsi de le populariser et de lui trouver de nouveaux supporters. Et c’est finalement une bonne chose puisque ça a marché.
Finalement mises à part les associations spécialisées qui ont le changement climatique pour objet, toutes les autres qui s’y raccrochent le font par confusionnisme ou par opportunisme, exactement comme les scientifiques qui s’arrangent pour que les projets de recherche pour lesquels ils demandent des crédits puisent comporter une référence la plus crédible possible au changement climatique.
C’est de bonne guerre, mais cela n’est pas sans conséquence.
Avant de le montrer en détail sur deux cas : la pollution atmosphérique et la biodiversité, je voudrais expliciter en quoi la position défendue ici est différente mais complémentaire de celle selon laquelle la question du changement climatique occulte et vampirise en quelque sorte tous les autres problèmes d’environnement, certains étant tout aussi urgents, préoccupants et ayant des conséquences plus néfastes tant en termes économiques que de santé publique, thèse magistralement démontrée par Guillaume Sainteny dans son ouvrage Le climat qui cache la forêt.
En fait sur le terrain, les actions pour défendre la nature ou l’environnement ne sont nullement réduites ou éclipsées par la question climatique: il y a toujours des associations qui agissent pour défendre les loups, la biodiversité, la qualité de l’eau ou le traitement correct des déchets et une économie circulaire, pour une agriculture bio, des circuits courts, des monnaies locales, etc. Des collectifs formels ou informels se forment dans des combats locaux mais à valeur globale comme à Sivens, Roybon, Gardanne, Notre Dame des Landes, etc. Simplement ils utilisent sciemment ou confusément la question climatique comme faire-valoir de la cause pour laquelle ils combattent pour peu que ce combat entretienne avec elle des liens même lointains, et même si, comme c’est le plus souvent le cas, cette relation ne peut être établie que grâce à la confusion médiatico-politique ambiante sur les questions écologiques. En faisant cela ils participent volens nolens à cette vampirisation des politiques environnementales et de protection de l’environnement mise en évidence et dénoncée par Guillaume Sainteny.
Instrumentaliser la question climatique est donc de bonne guerre dans beaucoup de cas et permet de gagner des batailles mais cela peut être dangereux. On va le voir en détail dans les deux cas que je vais traiter maintenant : la pollution atmosphérique et la préservation de la biodiversité et de la naturalité.
Embrigader la lutte contre la pollution atmosphérique sous le drapeau de la lutte contre le réchauffement climatique, c’est privilégier la seconde au détriment de la première et cela sans débat. Il en va de même pour la préservation de la biodiversité et de la naturalité.
Réduction des gaz à effet de serre versus purification de l’atmosphère
Naguère séparés les polluants atmosphériques et les gaz à effet de serre sont regroupés depuis la loi de 1996 sur « l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie ». Or il s’agit de deux catégories bien distinctes. Les émissions de CO2 et de la plupart des gaz à effet de serre ainsi que leur présence dans l’atmosphère ne dégradent pas la qualité de l’air au sens où ils ne portent pas atteinte à la santé de ceux qui le respirent et/ou n’aggravent pas les pathologies dont ils peuvent être affectés.
En revanche les particules fines (PM2,5 et PM10) assez petites pour être« respirables » et pénétrer jusque dans les alvéoles pulmonaires ne semblent pas être « à effet de serre » et pour la plupart d’entre elles avoir même un rôle d’atténuation de cet effet. Des climatologues auraient constaté que la pollution particulaire avait permis de ralentir le réchauffement sur l'Est des États-Unis à la fin du XXe siècle. Dans cette région, la température moyenne aurait ainsi chuté de un degré entre 1930 et 1990.(En savoir plus ). En fait, le rôle de ces particules en la matière n’est pas totalement élucidé et dépend probablement de leur composition. Par contre il ne fait aucun doute qu’elles sont particulièrement néfastes pour la santé de ceux qui les respirent.
Ce n'est pas seulement à l'horizon 2050 que les polluants atmosphériques tueront des gens. Ils les tuent déjà, ici et maintenant et le gouvernement qui a fait son cinéma lors de la COP 21 ferait bien de se préoccuper sérieusement de ce problème. La pollution à l'ozone et aux particules fines PM2,5 à elle seule cause le décès prématuré de 48 000 personnes par an en France.
Entre les véhicules à moteur diesel et ceux à moteur à essence, la France en favorisant fiscalement les premiers avait fait le choix implicite de privilégier la « lutte contre le changement climatique » sur la qualité de l’air, les moteurs diesels émettant moins de C02 que les moteurs à essence qui eux, émettent moins de polluants atmosphériques. En fait, même s’il s’agissait surtout dans l’esprit des gouvernants de favoriser les constructeurs français, on voit bien sur ce cas que politique de santé environnementale et politique climatique peuvent exiger des choix opposés. Et cela perdure avec le système de « bonus-malus ». Celui-ci n’est calculé encore actuellement qu’à partir des émissions de CO2 et favorise donc des véhicules qui peuvent être plus émetteurs de particules fines et d’oxydes d’azote, polluants atmosphériques mais qui ne renforcent pas l’effet de serre.
Autre source majeure, voire principale, d'émissions de particules fines : le chauffage au bois. Outre ces particules fines, les fumées produites par la combustion du bois contiennent plusieurs composés polluants, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et le benzène considérés comme cancérogènes. Pourtant, ce type de chauffage peut être recommandé à cause de son bilan négatif en émission de CO2 : les arbres abattus comme bois de chauffe, s’ils sont remplacés par de nouvelles plantations, le bilan en émission de CO2 est nul. Substitué à un chauffage au fioul, un chauffage au bois réduit donc les émissions de gaz à effet de serre. La filière bois de chauffe a ainsi pu être valorisée comme ENR non émettrice de gaz à effet de serre. Elle l’est encore par la ministre actuelle de l’écologie qui s’est fait remarquer par sa croisade contre l’interdiction des feux de cheminée à foyer ouvert dans l’agglomération parisienne et qui a récidivé en faisant l’éloge du chauffage au bois.
Par contre les impératifs de santé publique actuels demanderaient que le chauffage au bois soit réglementé très sévèrement et interdit dans les agglomérations sauf si sont utilisés des appareils munis de dispositifs spécifiques réduisant les émissions, réglés par des professionnels et contrôlés obligatoirement chaque année. Ici encore impératifs de santé environnementale et politique climatique se heurtent de front. Il y aurait sans aucun doute des choix à faire, des compromis à trouver. Faudrait-il encore que ces contradictions soient clairement explicitées et les choix débattus. En plaçant sous la bannière du « combat climatique »toutes les politiques environnementales dans la confusion la plus totale, ni les politiques, ni les écologistes n’en prennent le chemin.
Lutte contre le changement climatique versus biodiversité et naturalité
L'érosion de la biodiversité n'a pas pour cause principale aujourd'hui le changement climatique. Les causes principales en sont la disparition, la fragmentation ou la dénaturation des habitats des espèces, des pratiques culturales inadéquates, le commerce mondial, la chasse et le braconnage... et in fine, l'explosion de la population mondiale. Pourtant de nombreux programmes d'études sont lancés pour déterminer l'impact du changement climatique sur la biodiversité dans une grande confusion entre causes, conséquences. Il faut dire que pour avoir des crédits de recherche, mieux vaut se situer dans ce créneau. Chercheurs et labos l’ont parfaitement compris.
Là encore des contradictions peuvent apparaître entre les exigences de sauvegarde des paysages, des espaces naturels et des espèces menacées d’un côté et les politiques climatiques de l’autre. C’est le cas notamment avec les usines d’aérogénérateurs installées en général sur des crêtes, à proximité de forêts dans des lieux semi-naturels ou du moins faiblement anthropisés ou bien en co-visiblité avec des monuments historiques comme dans le cas tristement célèbre de la cathédrale de Coutances.
Des stations d’Aristoloches pistoloches ont été détruites pour l’édification d’éoliennes industrielles dans le sud du Massif central alors que cette plante est très rare et le papillon qui lui est inféodé, la Proserpine est en grand danger d’extinction. Ces usines d’aérogénérateurs sont aussi une menace pour toutes les espèces de chauves-souris, espèces qui sont toutes en danger d’extinction en France. Elles le sont aussi pour les rapaces.
Tout cela est assez bien connu, bien que volontairement ignoré par les thuriféraires des énergies dites renouvelables qui les considèrent comme un moindre mal pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les ravages que peuvent produire sur les forêts le développement de la filière bois/énergie considérée comme une forme d’ENR le sont moins et méritent donc que l’on s’y arrête plus longuement.
Le développement du bois/énergie et la filière associée, ENR supposée non émettrice de CO2 (du moins en stock, sinon en flux) entre en conflit avec les exigences de préservation de la biodiversité en forêt. On peut le constater sur la question de l’utilisation des résidus d’exploitation forestière (rémanents). La filière bois/énergie s’y intéresse pour la fabrication de granulés et de plaquettes. Cependant la récolte de ces rémanents (menus bois, chutes et rebus, petites tiges) constitue une exploitation plus intensive de la forêt et une exportation de biomasse supplémentaire qui n’est pas sans conséquences écologiques.
Au niveau des sols tout d’abord la récolte des rémanents entraine une diminution des stocks de matière organique, de carbone. Elle cause un appauvrissement significatif des réserves de nutriments tels que l’azote, le phosphore ou le calcium nécessaires à un bon état de la végétation herbacée ou ligneuse. Le bois au sol et le bois mort jouent un rôle capital dans l’écosystème forestier : « Le bois au sol est un habitat essentiel pour de nombreux microorganismes, notamment fongiques et bactériens. Il retient l’humidité, accumule l’azote et le phosphore, augmente le taux de carbone organique et constitue un habitat pour les organismes saprophytes mais aussi pour les cortèges ectomycorhiziens et bactériens dans les forêts matures. » (Guy Landmann et al. 2015, p. 17) Le bois mort et les rémanents jouent aussi un rôle d’abri temporaire pour toute une faune allant des arthropodes aux mustélidés tandis que toute la biodiversité associée à ces rémanents constitue des ressources pour les oiseaux et les mammifères carnivores, y compris les chauves-souris. C’est l’ensemble de ce que les écologues appellent les chaînes trophiques qui est concerné par un effet de cascade.
Les appétits de la filière bois/énergie posent donc un réel problème dès que l’on prend conscience du rôle capital joué par le bois mort dans l’écosystème forestier. Il faut noter que ce problème ne peut être résolu en laissant simplement se décomposer quelques billes de bois pour compenser ces exportations hors forêt de rémanents car « bien plus que le volume total de bois mort au sol, c’est la diversité des types de pièces de bois mort qui joue un rôle déterminant pour la biodiversité des espèces saproxyliques (Bouget et al., 2012). Les communautés présentes dans les petits bois morts ne sont pas un sous-échantillon de celle des gros bois morts, et, les pièces en état de décomposition hébergent des assemblages d’espèces différents (et plus riches) des pièces fraîches. Les grosses pièces ne peuvent remplacer les petites pièces, pas plus que les éléments morts de la canopée ne peuvent se substituer à celles au sol. » (Guy Landmann et al. 2015, p. 17).
Enfin il faut rappeler que ce bois mort dont la présence et la décomposition est si précieuse pour la santé, la résilience de l’écosystème forestier et sa biodiversité produit en se décomposant du CO2 et du méthane(CH4) qui a un pouvoir radiatif 21 fois plus puissant que le CO2. Laisser se décomposer les rémanents est bon pour la biodiversité forestière mais mauvais pour la lutte contre l’effet de serre.
Ici encore des arbitrages seront nécessaires. En fin de compte la question à résoudre est celle de savoir quelle forêt nous voulons. Enrôler la défense des forêts sous la bannière de la « lutte contre le changement climatique », c’est le décider d’emblée sans en avoir débattu et pour certains sans même soupçonner qu’il puisse y avoir matière à débattre : les forêts ne sont-elles pas le poumon de la Planète ?
La formule « les forêts sont le poumon de la Planète » est certes une jolie formule mais son sens n’est pas très clair. On veut sans doute dire par cela que les forêts produisent de l’oxygène et absorbent du carbone. Certes ! Mais l’inverse est tout aussi vrai notamment lorsqu’il s’agit de la forêt amazonienne ou de toute forêt mature d’un fort degré de naturalité peu ou pas exploitée. Ces forêts ont un bilan CO2 nul, le vieux bois laissé sur place restituant en se décomposant tout le carbone qu’il avait stocké en se formant et consommant exactement la même quantité d’oxygène que celle qu’il avait produit lors de sa formation. Par contre le bois prélevé lors des coupes dans les forêts exploitées ne se décompose pas et le carbone qu’il a emmagasiné continue à être stocké sous formes diverses : meubles, charpentes, tonneaux, etc. Seule une forêt exploitée dans laquelle la production nouvelle de bois sera prélevée peut jouer le rôle de poumon de la planète, c’est-à-dire une forêt qui va produire plus d’oxygène qu’elle n’émettra de CO2. C’est ainsi aussi qu’elle jouera ce fameux rôle de « puits de carbone » grâce aux exportations du bois qu’elle aura produit.
Enrôler les forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique, c’est donc favoriser les forêts exploitées sur les forêts laissées à elles-mêmes. C’est développer « une sylviculture dynamique », c’est-à-dire une sylviculture qui vise avant tout à produire rapidement. C’est aussi préférer à la conservation de forêts matures feuillues, des forêts jeunes composées d’arbres à croissance rapide, mais dans lesquelles la diversité biologique est faible et le degré de naturalité voisin de zéro. La préservation de la biodiversité peut là encore entrer en conflit avec la politique climatique et il en va de même pour la préservation d’espaces naturels à fort degré de naturalité que sont les forêts non exploitées et laissées en évolution libre. Matures, elles ne joueront pas le rôle de puits de carbone et leur bilan en termes d’émission de CO2 sera nul. Elles en auront produit autant que consommé.
La forêt est un sujet sensible, source de conflit entre les différents usagers. Le genre de forêts plantées et/ou conduites pour produire un maximum de bois dans un temps minimum correspond bien à la conception d’une foresterie fortement teintée de productivisme. Il convient parfaitement à ceux qui veulent rationaliser, valoriser et rentabiliser la forêt française, ONF, communes, propriétaires privés, tous soucieux de profit. Le fait d’être de surcroît des puits de carbone efficaces permet de présenter ce genre de forêts comme « écologique ». C’est ainsi que peuvent être justifiées les plantations de « sapins » douglas parfaitement adaptées à ces usages, arbres que les défenseurs de la Nature n’hésitent pas à qualifier de « peste verte ».
Ces derniers sont unanimes à dénoncer cette conversion en plantations monospécifiques de résineux des forêts naturelles à majorité de feuillus, notamment les forêts composée en majorité de hêtres qui sont une de ces espèces dites « dryades » ou « climaciques » , c'est-à-dire celles qui composent les dernières phases des successions végétales dans les forêts tempérées de nos contrées. Dans le Morvan ou dans les Vosges certains militants n’hésitent pas à utiliser la tronçonneuse pour endiguer cette invasion de résineux quitte à risquer les foudres de la justice. Leurs actions peuvent être comparées à celles des « faucheurs d’OGM », bien qu’elles soient bien moins médiatisées.
Ces tentatives d’enrésinement de la forêt française ne datent pas d’aujourd’hui. C’est même une constante des aménageurs forestiers, même si c’est pour des motifs variés, l’objectif est toujours le même : produire un maximum de bois en un minimum de temps. Et la riposte des plus déterminés est la même. Ainsi dans les années 70, en sabotant les engins de l'ONF et en décapitant les jeunes plans, des « éco-guerriers » firent échouer un plan gestion de la forêt de Fontainebleau qui prévoyait coupes rases de vieilles futaies et plantations de résineux. Le plan fut suspendu et un « Comité pour l’avenir de la Forêt de Fontainebleau » fut créé.
Ces éco-guerriers renouaient ainsi avec les peintres de l’école de Barbizon, Théodore Rousseau en tête, qui avaient fait échouer une première tentative d’enrésinement pour boiser les platières en massacrant les plantations de pins des aménageurs. Ces ancêtres des éco-guerriers furent à l’origine d’un premier plan d’aménagement de la forêt avec la création en 1861 des « réserves artistiques » comprenant 542 hectares de vieilles futaies et 555 hectares de rochers soustraits à toute intervention, où rien ne serait abattu ou planté.
Cependant il est plus facile (ce qui ne veut pas dire qu’il est facile !) de s’opposer à une foresterie productiviste à Fontainebleau où la forêt possède une réputation mondiale non seulement pour sa biodiversité mais aussi grâce à sa glorification par les écrivains et les peintres. A proximité de la concentration urbaine capitale, sa fonction de loisir est première et aujourd’hui reconnue par l’ONF (les 13 millions de visiteurs annuels ne sont pas sans poser problème mais c’est une autre histoire). Défendre la biodiversité et/ou la naturalité des forêts du Morvan, de l'Auvergne, des Cévennes ou des Vosges est nettement plus ardu.
Et même défendre leur existence tout court ! Par exemple contre les projets de méga-centrales de biomasse tels que celui d’E.On à Gardanne qui prévoit d’y brûler 855.000 tonnes de bois par an pour moitié prises sur la forêt française. Comme le dénonce Jean-Claude Génot : « Avec un tel procédé industriel, l’arbre, formidable organisme vivant, devient une biomasse et la forêt un champ d’arbres car après la coupe rase, les forêts céderont le pas aux plantations de conifères à croissance rapide. »
Quel devenir pour les forêts françaises ? Doivent-elles être transformées en champ d’arbres ? Leur naturalité et leur biodiversité doivent-elles être sacrifiées au profit de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique ? Ceux qui chantent les louanges des forêts puits de carbone, précieux auxiliaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ceux qui préconisent le développement de la filière bois comme ENR le font-ils en connaissance de cause ? Ceux qui croient que la forêt amazonienne joue ce rôle, sûrement pas. Mais à côté de ces écologistes naïfs et ignorants, il y a des écologistes (ou prétendus tels) qui ne le sont pas mais qui subordonnent toutes les politiques environnementales et de protection de la nature à une politique climatique jugée absolument prioritaire. Il y a aussi des gestionnaires de forêts publiques ou privées particulièrement bien formés et informés pour lesquels il s’agit là d’une bonne aubaine pour réitérer avec la forêt ce qui a été fait avec l’agriculture sans avoir à redouter ceux qui parmi les écolos sont vent debout contre le changement climatique au point d’en oublier tout le reste.
Jean-Claude Génot a sans doute raison lorsqu'il affirme : « Tout ce qui se profile sous couvert d’adaptation au changement climatique et de réduction des gaz à effet de serre vise à en finir avec la forêt telle que François Terrasson la définissait. Adieu forêt magique, désordonnée, sombre et composée d’arbres vénérables, place au champ d’arbres clair quadrillé de couloirs pour les machines, composée d’arbres standardisés, rajeunis et espacés, qui répond aux attentes de l’industrie et à la volonté de maîtrise de certains ingénieurs forestiers qui ne pouvaient pas supporter que la forêt, dernier refuge du sauvage, ne soit pas domptée.»
À l’évidence, une authentique politique de préservation des forêts françaises, de leur biodiversité et de leur naturalité heurte de front les politiques énergétiques visant à les utiliser pour atténuer le changement climatique, si tant est que ces dernières ne soient pas qu’un faire-valoir d’une sylviculture productiviste.
L’avenir de la forêt française, notre façon de la considérer et de la préserver : tout cela doit faire débat. Enrôler la défense des forêts sous la bannière de la « lutte contre le changement climatique » dans la confusion et en parfaite méconnaissance des conséquences de cette subordination, c’est le trancher d’emblée sans qu’il ait vraiment eu lieu et interdire même qu’il puisse avoir lieu et cela au détriment d’une politique de préservation de ces forêts.
Génot Jean-Claude, 2013. François Terrasson, penseur radical de la nature. Editions Hesse : Saint-Claude-de-Diray 41350, 237 p.
Landmann G., Achat D., Augusto L., Bigot M., Bouget C., Boulanger V., Cabral A.-S., Cacot E., Deleuze C., Gibaud G., Nivet C., Pousse N., Richter C., Saint-André L., Thivolle Cazat A., Zeller B., 2015. Projet RÉSOBIO. Gestion des rémanents forestiers : préservation des sols et de la biodiversité. Synthèse de l’étude RÉSOBIO Angers : ADEME, Paris : Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt - GIP Ecofor, 24 p.
Sainteny Guillaume, 2015. Le Climat qui cache la forêt ; comment la question climatique occulte les problèmes d’environnement. Editions Rue de l’échiquier, Paris, 267 p.
Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable….
Le GIEC, l’Église de la climatologie et leurs thuriféraires prévoient qu’à cause du réchauffement climatique on ira de catastrophes en catastrophes. Pourtant, l’histoire, la préhistoire et la paléo-histoire du climat semblent indiquer l’inverse. Les périodes chaudes ont toujours été favorables à la vie et, dans les temps historiques, aux hommes. Les froides, c’est le contraire : « Les périodes de réchauffement ont toujours correspondu à des âges d'or pour l'humanité. Ce fut le cas il y a 8 000 ans, au Néolithique, avec l'invention de l'agriculture et plus tard au Moyen Age entre le Xe et le XIIIe siècle. A l'inverse les périodes de refroidissement ont toujours été synonymes de baisse de récoltes et donc de famines, de conflits voire d'épidémies qui ont provoqué de véritables hécatombes. Le XIVe siècle a été, pour toutes ces raisons, l'un des épisodes les plus noirs de l'histoire de l'Europe. Du coup, je m'étonne que la perspective d'un éventuel réchauffement soulève tant de craintes et de préventions... » Yves Lenoir, écologiste anti-nucléaire, auteur de Climat de panique et de Tchernobyl sur Seine avec Hélène Criée.
Une faune indigène en pleine santé grâce à une succession d’hivers doux
Pour montrer l’abomination du réchauffement climatique qui serait en cours, pour le faire toucher du doigt en quelque sorte, rien ne vaut quelques images d’ours polaires sur une banquise qui se fendille. On les retrouve même dans les manuels de SVT des collèges. Comment ne pas s’apitoyer devant les malheurs de ce gros nounours blanc qui, vu de loin, ressemble à une belle peluche, à un doudou ? Comment ne pas se sentir coupable ? Certes, ce n’est pas seulement le réchauffement climatique qui menace ce super prédateur mais il est certain que, d’origine anthropique ou non, si le réchauffement climatique se poursuivait selon les prévisions du GIEC, ce qui pour l’instant n’est plus vraiment le cas, l’espèce aurait à s’adapter et ne serait pas, pour ce que l’on en sait, l’une des gagnantes de ce changement.
L’ours polaire arctique ne devrait pourtant pas nous faire oublier une faune plus familière, celle qui fréquente nos jardins par exemple que quelques jours de froid extrême met à mal. Pour elles, un petit coup de chaud serait bien agréable.
Si j’étais un rouge-gorge, ou une mésange charbonnière, bleue, nonnette, à longue queue, ou un autre petit passereau, je serais bien heureux que les hivers soient moins rudes, durent moins longtemps. J’aurais plus de chance de les surmonter, moins de risque d’y laisser des plumes.
Si j’étais un jeune marmotton né cet été, moi aussi j’aurais plus de chance de sortir d’hibernation et d’être encore en vie à la fin de l’hiver pour goûter aux bonnes choses de la vie.
Si j’étais un jeune chamois, un petit bouquetin, ou un vieux barbu cornu, la vie serait moins dure et je passerais l’hiver sans trop de souci.
C’est un fait que mettent en évidence les comptages réalisés dans les parcs nationaux, les hivers doux que nous avons vécus naguère et que nous vivons actuellement sont favorables aux populations d’ongulés sauvages qui peuplent nos montagnes et cela malgré l’apparition d’un nouveau venu, le loup.
Des arbres qui poussent plus vite et sont plus grands
Cela est dû autant à la température plus douce qu’au CO2 plus abondant. La croissance des arbres est proportionnelle à la disponibilité de ce gaz honni et à la température. Jouons à YAB et alignons des chiffres : on note une augmentation de 30% à 150% de volume des essences forestières, cette augmentation étant la plus marquée chez les résineux. Les chênes sont plus hauts de 10 mètres en moyenne. La maturité d’un chêne est passée à 180 ans, elle était de 250 ans ; celle d’un hêtre à 120 ans, elle était de 100. Fin de l’épisode YAB qui vient de remonter dans son hélico. Grâce à lui, à sa gabegie de carbone, les arbres ont leurs houppiers qui frémissent d’aise… A moins que ce ne soit à cause du déplacement d’air des pales de son hélico.
Si maintenant on s’intéresse à nos semblables
On le sait bien, les nuits les plus chaudes sont aussi les plus câlines…
Demandez donc à ceux qui dorment sous les ponts ou sur les trottoirs des quartiers d’affaires s’ils préfèrent les nuits où l’hiver devient mordant aux nuits plus douces des hivers de la fin du siècle dernier ! Pour tous ceux qui goûtent aux joies du camping urbain sur les quais de la Seine ou ailleurs, un petit coup de chaleur, ça ferait du bien. Comme le chantait Aznavour « La misère est moins dure au soleil »
En 1816 en Amérique, le ciel a été obscurci par des projections volcaniques, ce qui a entrainé la baisse des températures, empêchant le blé de murir et entrainant une grave famine.
De façon plus générale, lorsque le froid décroît, cela est bénéfique à l’agriculture. Les terres cultivées augmentent, les récoltes sont meilleures et les famines moins nombreuses. L’optimum climatique du Moyen Age – période pendant laquelle les températures étaient beaucoup plus élevées que maintenant, au moins dans l’hémisphère nord – a été une période faste pour l’humanité. Le Groenland portait bien son nom et les Vikings découvrent l’Amérique. Par contre avec la dégradation du climat au XIVe siècle, les famines reviennent de 1315 à 1317, en 1332, de 1335 à 1338 tandis que commence la guerre de cent ans (1337) et que dix ans plus tard sévit de 1348 à 1350, la peste noire.
L’ennemi de la vie, ce n’est pas le chaud, c’est le froid.
● Vous êtes-vous demandé pourquoi les « hot spots » de la biodiversité sont nombreux dans les régions au climat tropical et semi-tropical ?
Tout simplement parce qu’un climat chaud et humide est plus favorable à l’épanouissement de la vie qu’un climat froid et sec. Un climat chaud et humide est excellent pour une végétation aussi exubérante que diversifiée. Plus la diversité végétale est importante, plus variées et nombreuses seront les espèces herbivores que cette végétation pourra nourrit car la nourriture sera variée. C’est un enchaînement vertueux. Si les forêts tropicales abritent beaucoup plus d’espèces d’arbres que les forêts européennes, c’est aussi parce que les glaciations d’il y a deux millions d’années ne sont pas descendues jusqu’à ces latitudes.
● Savez-vous pourquoi les forêts nord-américaines possèdent environ huit fois plus d’espèces d’arbres que les forêts européennes (environ huit cents espèces pour les premières, seulement une centaine pour les secondes) ?
Parce que lors des glaciations du quaternaire, les arbres des forêts européennes n’ont pas pu se « réfugier » en Afrique, pris au piège par la barrière que constituent les chaînes de montagne des Alpes et des Pyrénées et la mer Méditerranée. Les chaînes de montagne d’Amérique du Nord sont, elles, orientées nord/sud et le Mexique crée une continuité avec l’Amérique du Sud. Le refroidissement ayant débuté à l’aube du quaternaire et s’étant poursuivi lentement, les arbres du continent Nord-américain ont pu, génération après génération, migrer vers une zone climatique adaptée à leurs besoins et échapper à l’hécatombe des grandes périodes de glaciation qui ont débutées il y a deux millions d’années. Aux alentours de 13 000 ans BP, le réchauffement climatique a permis aux arbres de repartir vers le Nord. En Europe, les rescapés du froid qui avaient trouvé asile dans les Carpates roumaines, les Balkans croates, l’Italie et le sud la France vont revenir lentement repeupler leurs régions d’origine. Le retour a commencé avec les espèces pionnières que sont les Bouleaux, les Tilleuls et les Pins qui reconstituèrent l’humus sur lequel purent alors s’installer le Sapin et le Hêtre, il y a environ 5000 ans, puis arrivèrent Charmes et Châtaigniers. Il a fallu attendre 2000 ans de plus avant que n’arrivent les Chênes. Les Épicéas sont parmi les derniers arrivés, il y a quelques 500 ans avant J. -C. Le refroidissement climatique a apporté la mort et nos forêts n’ont jamais retrouvé la biodiversité qui était la leur au début du quaternaire. Sur le continent américain, les espèces d’arbres ont pu se soustraire au froid mortifère et grâce au réchauffement climatique venir repeupler leurs anciens territoires. Un petit coup de chaud, c’est bon pour la biodiversité forestière. Un coup de froid, c’est la cata.
● Un petit coup de chaud et c’est la malaria dans la vallée du Rhône? En voilà une blague !
Elle est propagée par le GIEC et Al Gore. Lisons plutôt ce qu’en dit le Professeur Reiter, de l’Institut Pasteur, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des maladies ‘tropicales’. Il a claqué la porte du GIEC et a dû batailler ferme pour que son nom ne figure pas sur les fameux rapports dont il conteste et le contenu et la méthode. Il considère que l’idée selon laquelle « Les maladies ‘tropicales’, notamment le paludisme, se propagent vers les latitudes septentrionales en raison de la hausse des températures » est une idée fausse. Selon lui, « les données historiques montrent que, par le passé, le paludisme était répandu dans les régions tempérées, jusqu’en Scandinavie, et a même su résister aux années les plus froides du petit âge glaciaire. Par ailleurs, dans la majeure partie d’Europe et d’Amérique du Nord, la prévalence de la maladie a amorcé une chute rapide au milieu du 19è siècle, précisément au moment où la planète commençait à se réchauffer. Ce recul s’explique au vu des changements complexes intervenus dans l’écologie rurale et les conditions de vie suite à l’industrialisation, notamment le dépeuplement des zones rurales, les nouvelles techniques culturales et pastorales, le drainage, l’amélioration de l’habitat, l’offre de meilleurs soins de santé et la baisse substantielle du prix de la quinine. » L’extension ou la régression du paludisme ne sont pas liées à l’augmentation ou la baisse des températures, à un réchauffement climatique éventuel mais à des combinaisons de facteurs beaucoup plus complexes.
● Un petit coup de chaud et voilà les tempêtes, ouragans et autres calamités météorologiques ? Pas sûr du tout.
« Depuis quelques années, il ne se passe pas un hiver excessivement chaud, comme celui de 1989 – 1990, ou très enneigé comme le dernier, voire une inondation spectaculaire sans que l’on en appelle ici ou là, à « l’effet de serre ». Ces événements peuvent-ils s’expliquer par la variabilité naturelle du climat ou sont-ils liés à un changement climatique d’origine anthropique ? Faute de données suffisantes, il est difficile de répondre à cette question. Les mesures instrumentales ne sont en effet pas assez longues pour décrire la fréquence de ces événements dans le régime climatique précédant le réchauffement climatique actuel, c’est-à-dire grosso modo avant 1900. Pour cela, il faudrait étudier les documents historiques relatant ces épisodes dits exceptionnels sur les sept ou huit derniers siècles. » Christian Pfister, le puzzle climatique des historiens, La Recherche, 321, Juin 1999, 64 – 68.
Tous les effets catastrophiques d’un petit coup de chaud prédits par le GIEC sont contestés par des scientifiques de renom et l’histoire du climat comme sa paléo-histoire ne tranche pas en faveur de ce catastrophisme. Si l’on ne perd pas de vue cette vérité incontestable, à savoir que la chaleur favorise la vie et ses manifestations, qu’elle a été une des conditions de l’apparition de notre civilisation, et même si l’on estime que cela ne fut peut-être pas une bonne chose, on peut réellement douter que les Cassandre du GIEC aient raison.
Oui, pour tout un tas de choses, un petit coup de chaud, c'est agréable et avant que l’on retrouve les températures de l’optimum du Moyen Age, il y a encore de la marge.
Ours polaire, Angsar 23/07/1996 (Wikicommons)
Jeunes bouquetins, Col de Fenestre, Parc du Mercantour, J.F. Dumas, 20/08/2009
Tentes de SDF le long du Canal Saint-Martin, Aleske (Wikicommons)
Quercus rubra (Chêne rouge), Duke Island Park, New Jersey, Timothy van Vliet, 2004 (Wikicommons)
Marmotte sortant d'hibernation au printemps.
Cet article que j'avais voulu un peu provocateur a été publié initialement le 6/02/ 2012. En quatre ans, les choses n'ont guère évolué et il n'a pas pris une ride. Simplement j'aurai pu ajouter de nouvelles références.
Je le mets à nouveau en page d'accueil suite à un tweet envoyé il y a quelques jours par une journaliste, militante de la cause animale qui écrit «Chaque jour de cet hiver qui n'en est pas, je regarde la météo en pensant aux ours polaires. Sortez les mouchoirs » sans penser que la faune sauvage d’ici, y compris les oiseaux qui vivent dans nos villes, profite de cet hiver peu rigoureux.
Mercredi 3 Février 2016 Commentaires (0)
Dénonçons le scandaleux projet de décret affichage publicitaire de la loi Macron
La loi Macron en fait déjà beaucoup pour gaver les gens de publicités, accroître la pollution lumineuse puisqu’elle permet d’implanter des dispositifs énergivores aux formats démesurés sur les stades (50m2 !). Le projet décret d’application de cette loi est encore pire. On pourrait le croire rédigé par les annonceurs tant il comble leurs désirs.
Ce décret fait l’objet d’une consultation publique sur le site du Ministère de l’écologie.
Il faut profiter de cette consultation pour manifester massivement contre ces pollutions visuelles qui dénaturent gravement les entrées de nos villes et maintenant même celles nos villages si jamais ce décret particulièrement régressif est signé.
S’il était signé, ce projet de décret rendrait instantanément légaux des centaines de milliers de panneaux devenus illégaux depuis le 13 juillet 2015 en application de l’une des mesures phares du «Grenelle». Ce serait donner raison aux afficheurs délinquants qui ont bravés la loi.
Ce projet de décret prévoit également d’autoriser des panneaux scellés au sol de très grand format, y compris lumineux, là où ils sont interdits depuis toujours. Le comble est que cette mesure aurait pour effet d’annuler une décision du Conseil d’État qui, en novembre 2012, avait donné raison au ministère de l’Écologie contre l’afficheur JC Decaux ! Il faut dire que Decaux était un sponsor de la farce connue sous le nom de COP 21.
Le ministère de l’écologie et donc le gouvernement refuse de fixer des seuils de luminance et de consommation électrique des dispositifs lumineux. Enfin, le gouvernement revient purement et simplement sur le 12 m2 comme format maximal, en réinstaurant le 16 m2.
Un ensemble de cartes de France mis en ligne par Paysage de France montre bien ce grignotage incessant du territoire par la publicité et l’aggravation sans précédent que ce décret autoriserait.(ici)
Et dire que l’on croyait avoir touché le fond avec Sarkozy. Mais voilà que Hollande et sa clique, les Valls, Macron, Royal démolissent le peu de positif que leurs prédécesseurs avaient apporté. La capacité de nuire de ce gouvernement et de ses ministres semble sans limites. Affligeant !
Voici un exemple de plus des régressions en tout genre – les réformes – dont est coutumier Hollande et son gouvernement actuel de « pas dégoutés » selon l’expression de Jean Luc Mélanchon.
Voici aussi un bel exemple d’incohérence entre les objectifs transversaux de la politique environnementale et les politiques sectorielles. Alors que l’on tente de mettre sur pied une transition énergétique dont l’un des piliers est la sobriété énergétique, ou à tout le moins les économies d’énergie, on autorise et même on favorise le gaspillage de cette énergie par des articles concernant l’affichage publicitaire de la loi fourre-tout Macron et de ses décrets d’application.
De même, le Ministère de l’environnement prépare une loi sur la rénovation et le renforcement de la démocratie participative et dans le même temps l’article 5 de ce décret exige que les professionnels de l’affichage soient consultés lors de l’élaboration par une collectivité de son règlement de publicité mais il omet de rendre obligatoire la consultation des associations de protection de l’environnement, de quartier et les habitants concernés ! De plus, c’est en force que ce projet de décret présenté le 3 septembre 2015 au ministère de l’Écologie, risque de passer. Les associations de défense de l’environnement présentes ce jour-là ont été informées qu’aucune proposition de modification sur le fond de ce texte ne serait possible. La démocratie participative et le dialogue environnemental sont passés aux oubliettes (voir http://paysagesdefrance.org/ ).Bref, on n’est pas à une incohérence près dans les ministères sous le gouvernement Hollande/Valls.
La mise en consultation de ce décret suscite une véritable levée de boucliers et beaucoup de contributeurs demandent le retrait des articles les plus scandaleux :
• L’article 2 qui autorise les afficheurs à installer des dispositifs scellés au sol dans les agglomérations de moins de 10 000 habitant, ce qui a été interdit par la première loi sur l’affichage en extérieur parue en 1979, c’est-à-dire depuis 37 ans ! Et cela sous prétexte que des communes de moins de 10 000 habitants peuvent appartenir à des agglomérations de plus de ◊100 000 habitants.
• L’article 3 refuse de définir des normes strictes concernant les seuils de luminance pour les panneaux publicitaires lumineux et se contente de la vague notion d’éblouissement pour que les afficheurs bénéficient d’une « sécurité juridique »
• L’article 4 est particulièrement scandaleux. Non seulement il s’agit d’augmenter la taille maximale permise des panneaux mais aussi de rendre légaux grâce à un nouveau mode de calcul des surfaces publicitaires de rendre immédiatement légaux des panneaux qui ne le sont pas. D’ailleurs l’exposé des motifs ne s’en cache pas et ne craint pas de paraître au service des annonceurs.
Ecrit dans le style abscons des technocrates ministériels, cela donne : « Compte tenu des pratiques observées dans ce secteur, et de l’état actuel de l’ensemble du parc de dispositifs traditionnels (dispositifs non lumineux) qui respecte les prescriptions de format de la réglementation « entendus » hors encadrement, une application stricte des règles de format incluant la surface de l’encadrement des dispositifs ne serait pas supportable au regard des conséquences économiques pour ce secteur. » En d’autres termes, il faut rendre légales les pratiques illégales des annonceurs pour garantir leur prospérité.
Sans se faire d’illusion
◊ pour témoigner au moins de notre désaccord face à ce saccage d’un bien commun, nos paysages ruraux ou urbains au profit de pubs criardes et agressives ;
◊ dénoncer un nouveau sacrifice à la déesse croissance aussi vain qu’une danse de la pluie mais qui permettra aux annonceurs de s’enrichir sur le dos des consommateurs qui, in fine, paieront cette débauche de pubs.
Pour cela signer les pétitions et lettres envoyées à Ségolène Royal ici
Pour participer à la consultation publique et donner votre avis ici
Compteurs communicants Linky et GazPar : Je n’en veux pas ! Pour ma santé, pas d’espion chez moi !
II est urgent de faire obstacle au déploiement à marche forcée des compteurs Linky en remplacement de nos compteurs électriques traditionnels et d’exiger un moratoire pour un examen objectif des risques et dangers soulevés par diverses associations. Ces compteurs communicants sont attentatoires à la vie privée des gens. Ils sont soupçonnés de mettre en danger leur sécurité sanitaire et de faire gonfler de façon indue leurs factures d’électricité. D’un coût exorbitant estimé entre 5 et 7 milliards d’euros, ils seront d’une façon ou d’une autre financé par l’augmentation de nos factures quoi qu’en dise la propagande d’EDF et d’ERDF.
Il s’agit d’une technologie radiative potentiellement cancérigène qui pose d’énormes problèmes : surexposition aux ondes électromagnétiques avec son cortège de symptômes (maux de tête, insomnies, troubles cardiaques…), intrusion dans la vie privée, vulnérabilité aux cyberattaques, obsolescence programmée à court terme (durée du matériel de 10 à 15 ans), coupures inopinées, pannes et risques d’incendies.
L’Allemagne ne déploiera pas ces compteurs suite aux conclusions de l’étude du cabinet Ernst and Young. Il en est de même en Belgique. Ils sont en cours de démontage en Californie pour raisons sanitaires. À cause des milliers de plaintes dont ils sont l’objet le Québec revient sur leur généralisation d’abord imposée par la Province. Les abonnés peuvent faire jouer une « option de retrait » (Voir ici).
En France, la loi sur la transition énergétique rend-elle cette installation obligatoire ? Ce n’est pas certain, même si ERDF tente de faire comme si cela l’était tout en affirmant le contraire. On peut donc s’y opposer, individuellement ou/et collectivement. Les municipalités peuvent aussi agir en tant que propriétaires du réseau. Voir les modalités pratiques en fin de cet article centré sur Linky mais valant aussi pour Gaspar, le compteur Gaz que veut installer GrDF. C’est un compteur communicant du même type que Linky.
Des pannes à prévoir
Linky injecte un signal d’impulsions modulées en radiofréquences CPL (Courant Porteur en Ligne) g3 (63 kilohertz à 95 kilohertz) qui se superposent à la fréquence de 50 hertz du courant électrique. En injectant ces radiofréquences dans tous les câbles électriques, encastrés ou non, et dans les appareils, non prévus pour cela, le Linky a déjà provoqué des incendies, ainsi que des pannes à répétition : ordinateurs, télévisions, et matériel professionnel chez des commerçants.
Des craintes pour la santé des abonnés
Ce ne sont pas seulement les appareils électriques qui risquent de souffrir. Mais aussi les abonnés.
« Les premiers à avoir tirer la sonnette d’alarme sur les fortes perturbations qu’engendre le CPL et les “éventuels” risques sanitaires, sont les spécialistes radioamateurs qui connaissent fort bien les normes d’émissions imposées par l’ART, et qui ont vite constaté qu’une simple installation CPL chez un particulier (maison de 200m2) émet des ondes radio largement plus puissantes que ce qui est légal et autorisé pour la santé avec un émetteur radio. » Frédéric Bordage – 06/02/2009 ici
Les radiofréquences émises par chaque appareil domestique sont mesurables jusqu’à une distance de 2,50 mètres. Ces radiofréquences, réémises dans toutes les pièces des logements, y compris dans les chambres via les lampes de chevet, vont perturber le sommeil.
Un rapport canadien a mis en évidence un lien direct entre l’installation des compteurs à radiofréquences (smart grids ou smart meters) type Linky et l’apparition de nombreux symptômes d’électrosensibilité : outre les troubles du sommeil déjà cités, maux de tête, difficultés de concentration, nausées, vertiges…
Plus grave encore ces radiofréquences sont classées cancérogènes depuis 2011 par le CIRC (Centre International de recherche sur le cancer) et ni EDF, ni ERDF n’ont prévu de blinder nos lignes ce qui fait que tout le circuit électrique de nos maisons ou appartements, nos appareils ménagers, les prises, etc., vont émettre en permanence des rayonnements potentiellement cancérogènes.
On peut donc redouter qu’en France, consécutivement à l’installation et la mise en service des compteurs Linky, que les cas d’électrosensibilité, et les cancers, explosent, d’autant plus que le fonctionnement du Linky nécessite l’implantation de 700 000 antennes-relais supplémentaires, à hauteur d'homme, sur les postes de transformation d'EDF.
Il n’est pas inutile de rappeler que le Parlement a voté une loi dite « Loi Abeille » – du nom de son auteur, la députée Laurence Abeille – qui proscrit pour des raisons sanitaires les radiofréquences dans les locaux destinés à accueillir des enfants de moins de trois ans et les limite dans les écoles. De façon plus générale cette loi vise à modérer l'exposition aux ondes électromagnétiques, le déploiement des compteurs communicants l’augmente.
Votre porte-monnaie sera mis à contribution.
Avec le compteur Linky la consommation mesurée et facturée augmentera entre 10 et 20 % car le compteur Linky mesure la consommation réelle des appareils électriques munis de moteurs (correction du déphasage), comme le lave-linge, l’aspirateur, les robots ménagers, l’outillage pour le bricolage, les ventilateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur, les appareils munis de transformateurs et/ou de batteries rechargeables -téléphone portable, ordinateur fixe et portable, imprimante, scanner, hifi, . En fait, presque tous les appareils électriques sont munis de moteurs, à l’exception de ceux qui produisent de la chaleur au moyen d’une résistance : radiateur (sans dispositif de ventilation), ballon d’eau chaude, four, plaque de cuisson, grille-pain, bouilloire, fer à repasser.) Quant aux ampoules « basse consommation » fluocompactes (Cosinus Phi de 0,5), leur consommation mesurée et donc facturée va doubler.
En outre d’après une étude menée par l’UFC-Que Choisir (ici) sur un panel de consommateurs, 37 % des ménages consomment au-delà de leur puissance d’abonnement. Les compteurs actuels supportent ces dépassements ponctuels sans disjoncter, Linky pas toujours. De nombreux usagers pourraient avoir à souscrire à une puissance plus élevée, donc à un abonnement plus cher !
Erdf précise que la dépose des anciens compteurs et la pose des nouveaux sera gratuite pour l’abonné. ErDF oublie de dire que le décret du 31 août 2010 relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement de ces nouveaux compteurs le sera par les consommateurs via le TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 120 à 240 euros). La CSPE (contribution au service public de l’électricité) servira aussi à financer ces appareils.
Aimeriez-vous que votre fournisseur d’électricité sache combien de temps chez vous, on regarde la TV, on surfe sur internet ? Combien de douches sont prises? L’heure à laquelle vous vous êtes couché ? Celle à laquelle vous vous levez ? Et bien d’autre choses encore…. Aimeriez-vous que ces informations soient utilisées à des fins que vous ignorerez et pour lesquelles vous ne seriez peut-être pas d’accord ? C’est pourtant ce que pourra savoir et faire votre fournisseur d’électricité avec Linky. La Commission Nationale de l’Informatique et des Liberté (CNIL) a tiré la sonnette d’alarme. Elle indique qu’«une analyse approfondie des courbes de consommation pourrait permettre de déduire un grand nombre d’informations sur les habitudes de vie des occupants d’une habitation : heures de lever et de coucher, heures ou périodes d’absence, la présence d’invités dans le logement, les prises de douche, etc.».
On peut en dire autant du compteur Gaz que veut installer GrDF qui est un compteur communicant du même type que Linky.
Les maires et leurs conseils municipaux peuvent agir et l’abonné peut refuser la pose de ces compteurs
Un point important est à noter : ces compteurs seront la propriété de la commune…. s’ils sont installés.
Ce point avait fait débat mais il est maintenant certain. Ils appartiennent à la commune (ou à l’intercommunalité selon les cas) qui les concèdent à ERDF. Cela est d’ailleurs confirmé par Charles Antoine Gautier, chef du département Energie de la FNCCR (fédération nationale des collectivités concédantes et régies). Il a déclaré le 2 Décembre 2015 dans un entretien à Maire Info, le journal de l’AMF (association des maires de France), « les collectivités concédantes du réseau d’électricité sont propriétaires des compteurs actuels et des Linky qui commencent à se mettre en place. ERDF n’en est que le concessionnaire. » ici
Ceci implique que le Maire de la commune concernée (ou le président de l’intercommunalité selon les cas) a son mot à dire pour ce qui est de l’installation de ces compteurs. C’est ainsi que la commune de Saint-Macaire (Gironde) a refusé d’accueillir sur son territoire Linky et Gazpar au motif que ces boitiers communicants pourraient nuire à la santé des habitants de la commune.
Pour contrer le déploiement de Gazpar, le Conseil municipal de Saint-Macaire a rejeté à l’unanimité la demande de GrDF d’installer un « concentrateur » sur l’un des bâtiments de la commune. Le concentrateur est un appareil qui recueille les données envoyées par les compteurs Gazpar installés chez les particuliers. Sans cet appareil ces nouveaux compteurs ne servent plus à rien.
Il faut écrire au maire de sa commune et lui demander de soumettre au vote de son Conseil une résolution refusant jusqu’à plus ample informé, toute installation dans et sur les bâtiments communaux de compteurs linky ou gaspar et d’appareils annexes de recueil des données.
Cela dit, la collectivité territoriale concernée ne peut empêcher l’installation de ces compteurs chez les particuliers puisqu’ErDF ou Grdf traitent directement avec eux. Aussi le Conseil municipal de Saint-Macaire a envoyé une lettre à tous les habitants de la commune dans laquelle il les informe de son vote de rejet de ces compteurs communicants ainsi que des motifs le justifiant et les mets en garde en ce qui concerne la probable nocivité des ondes émises. En revanche, si la commune ne peut interférer dans la relation entre ErDF et ses clients, chaque abonné peut refuser la pose de ces compteurs.
Il suffit pour cela d’envoyer une lettre de refus en recommandé avec accusé réception à ErDF en réponse à celle qu’il vous enverra pour vous prévenir de l’installation de ce compteur chez vous. Mais si l’abonné ne fait rien, cela revient à une acceptation tacite de la pose de ce compteur et de la modification du contrat qui va avec. On peut agir sans crainte car la loi sur la transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. Il faut le savoir même si ErDF prévoit de la contourner en intimidant ses abonnés.
Par exemple dans la plaquette écrite pour les maires à l’occasion du dernier congrès des Maires de France, en réponse à la question « Un client peut-il refuser la pose du compteur Linky ? » Erdf répond : « Non. Les compteurs sont des outils de comptage des consommations d’électricité ; ils font partie des biens concédés à ERDF par les collectivités locales. Le compteur n’appartient pas au client. Juridiquement, le client doit permettre à ERDF l’accès au compteur » (souligné par moi JFD) ce qui ne signifie pas du tout qu’il ait le droit de changer ce compteur sans son avis pour en installer un d’un autre type dont le comptage numériquement connecté ajoute une fréquence à celle de 50 Hz de l’énergie électrique fournie contractuellement. Voir la lettre du maire de Varennes-sur-Seine s'opposant aux Linky et Gazpar avec un modèle de lettre pour les particuliers ici
Si les distributeurs de gaz ou d’électricité veulent tant forcer la main des usagers à leur détriment, c’est que l’économie qu’ils réaliseraient suite au déploiement de ces compteurs serait colossale. Il n’y aura besoin que de quelques agents qui relèveront rarement les consommations et sans qu’il soit nécessaire de déployer un réseau ou de louer les services d’un câblo-opérateur. Quant au prix exorbitant du déploiement de ces compteurs, il aura été payé par les abonnés !
Il faut se mobiliser pour obtenir au moins un moratoire pour le déploiement de ces compteurs tant que les dangers, risques et inconvénients exposés ci-dessus n'ont pas fait l’objet d’une expertise indépendante des pouvoirs publics, d’ErDF/EDF, des distributeurs de Gaz mais aussi des associations qui ont lancé les alertes concernant ces compteurs.
Pour agir et vous protéger de Linky, Gaspar et Cie, rendez vous sur ce site : http://refus.linky.gazpar.free.fr , vous y trouverez aussi une revue de presse avec des articles sur les déboires d’abonnés chez lesquels ce compteur a été posé.
Pour connaître la date de pose du nouveau compteur Linky dans votre ville prévue par ERDF http://www.erdf.fr/linky-bientot-chez-vous
Jeudi 21 Janvier 2016 Commentaires (4)
Un araucaria de 150 ans de valeur patrimoniale tronçonné pour faire passer une 2x2 voies : un cas d’école de l’incohérence des politiques hexagonales.
À Colpo, une petite commune du Morbihan en Bretagne, un arbre de 150 ans d’une circonférence de 3,80 m a été abattu parce que trop près de l’emprise de la bande d’arrêt d’urgence d’une route départementale après la transformation de celle-ci en une 2x2 voies rectilignes par le Conseil Départemental, c’est-à-dire par des barbares d’aujourd’hui, des Attila au petit pied, à savoir le président du Conseil départemental et les élus de ce conseil à l’horizon borné par les glissières de sécurité de leurs ouvrages conçus par des ingénieurs, autres barbares contemporains qui ne connaissent que la ligne droite.
Outre qu’il est sacrilège (au sens propre du terme) d’abattre des arbres pour faire passer une route, le cas de cet arbre mérite qu’on s’y arrête car il est une illustration particulièrement vive de la façon dont des politiques sectorielles viennent battre en brèche une politique climatique soit disant prioritaire mais fort mal conçue et qui s’exerce souvent au détriment de la préservation de la Nature et de l’environnement.
C’était un araucaria imbricata originaire des pentes volcaniques des Andes péruviennes. Son nom commun est imagé et non dénué d’humour : « désespoir des singes ». Il a reçu cette sorte de sobriquet à cause de ses feuilles triangulaires très pointues imbriquées les unes dans les autres qui en empêchent l’ascension. Il avait été planté là par une agronome avant-gardiste, nièce de Napoléon Premier, la princesse Élisa Napoleone Baciocchi dans ce qui était le parc de son château situé au cœur des Landes de Lanvaux (entre Vannes et Pontivy) où elle avait créé une ferme modèle.
Selon « Les Têtards arboricoles » cet arbre de plus de 20 mètres de hauteur était l’un des plus hauts de Bretagne. Il faut aussi souligner qu’il ne sera peut-être pas le seul à être abattu. « Les Têtards arboricoles » indiquent que « Sur cette partie du domaine (l’ancien parc du château de la Princesse Napoleone) proche du futur rond-point, en plus d’un plus jeune Araucaria, plusieurs Picea Breweriana, conifère très rare de l’Ouest des Etats-Unis (sur la liste rouge de l’UICN ) risquent aussi de disparaitre dans l’aménagement du rond-point. ». Les Attila au petit pied n’ont peut-être pas fini de sévir !
Ni les efforts de Christiane Peltier-Bernardini, ni la pétition lancée par Madame Pascale Chipotet, ni la mobilisation des signataires de cette pétition, ni celle de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) n’ont réussi à sauver cet arbre qui appartenait au patrimoine de la Bretagne, de Colpo, village qui doit son existence à cette nièce de Napoléon 1er puisqu’il a été construit ex nihilo suite à une décision de Napoléon III. Fort impressionné par la visite de la ferme de sa cousine, l’empereur s’engagea à financer près de Vannes un bourg-modèle doté d’une mairie, d’une école et d’un hôpital. Ce bourg modèle, c’est Colpo. Colpo sur le territoire duquel se trouvait l’araucaria et où passe, pour le malheur de ce dernier, une départementale qui vient d’être mise à 2x2 voies avec une bande d’arrêt d’urgence sur son emprise.
« « On sacrifie à la vitesse cet arbre de 3,80 mètres de circonférence au nom de l’utilité publique », s’indigne dans un courrier au conseil départemental, la retraitée « corso-bretonne. Je m’étonne que l’on oublie ce qu’a légué à la région cette femme volontaire. » Et de rappeler que l’on a déjà démoli deux bâtiments qui appartenaient à ce domaine cette année. « Comment a-t-on pu prendre la décision d’abattre cet arbre en occultant le caractère historique du lieu ? » »
Christiane Peltier-Bernardini devant l'araucaria abattu
Mais qu’importent ces vieilles histoires et qu’importe ce patrimoine ! Ce qui importe, c’est le trafic automobile. Les bagnoles pourront être plus nombreuses à emprunter cette 2x2 voies et elles pourront y rouler plus vite ; les gendarmes pourront y installer des radars bien planqués dans les taillis pour verbaliser les automobilistes trop pressés.
Voici un cas d’école où une politique sectorielle, celle des transports et des infrastructures routières se heurte non seulement à une politique de conservation du patrimoine guère prioritaire mais aussi et surtout à une politique du climat qui, elle, est proclamée, à tort ou à raison, prioritaire et qui devrait, en principe, avoir le pas sur toutes les autres considérations patrimoniales ou environnementales.
C’est la politique sectorielle qui triomphe ici alors que c’était pourtant un cas où la politique climatique pouvait entrer en synergie avec la préservation du patrimoine et de celle de la nature et de l’environnement, alors qu’elle entre souvent en conflit avec elles comme dans le cas de déploiement des éoliennes industrielles. Encore aurait-il fallu que cette politique climatique fût bien conçue.
En effet, c’est bien sur les transports et singulièrement sur la circulation automobile qu’il faudrait agir si l’on veut des progrès significatifs en matière d’émissions non seulement de CO2 mais aussi de polluants atmosphériques divers comme les NOx ou les particules fines qui sans être des GES nuisent gravement à la santé. Le renoncement à la mise en 2x2 voies de cette portion de départementale serait allé dans ce sens qui est le sens d’une politique climatique bien conçue. L’arbre, ce formidable morceau de nature qu’il était, aurait été préservé et sa valeur patrimoniale reconnue lui aurait permis de couler encore des jours heureux, entouré de l’admiration respectueuse de visiteurs appartenant à la génération présente comme à celles à venir.
Mais il y a peu à attendre d’une politique climatique telle que celle du gouvernement et des diverses collectivités qui s’obstine à tabler, dans les faits, quasi-exclusivement sur les progrès techniques au niveau des émissions des véhicules particuliers tout en continuant à construire des infrastructures routières comme dans le cas de cette mise à 2x2 voies d’une route départementale.
Les transports et la mobilité sont pourtant un des domaines où la France pourrait réaliser des diminutions significatives de CO2 en cessant de favoriser la voiture individuelle par la construction de toujours plus de routes, autoroutes, voies rapides qui sont autant d’aspirateurs à voitures, en développant au contraire de véritables moyens alternatifs de déplacements réellement concurrentiels aux VP, en diminuant le besoin de mobilité, notamment les mobilités contraintes, … Cela serait bien plus efficace que de promouvoir le véhicule électrique dont le bilan carbone n’est guère meilleur que celui du véhicule à essence si l’on prend en compte la totalité du cycle de vie d’un VP trop bref pour donner un avantage net au premier mais très intéressant pour éponger la surproduction des réacteurs nucléaires d’EDF.
Pétition « Sauvez l'arbre centenaire menacé par la quatre voies »
« Colpo (Morbihan), bourg du second Empire : sauvons l’araucaria de la princesse Napoleone », Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF )
Articles d’Ouest France (avec vidéo associées)
« Colpo. L’araucaria de la Princesse menacé d'abattage! » ici
« Colpo. L'araucaria de la Princesse abattu ce lundi matin » ici
Sur la Princesse Élisa Napoleone Baciocchi et sur Colpo
Wikipédia « Élisa Napoléone Baciocchi » ici
Les Têtards arboricoles : « Lourdes menaces sur l’Araucaria de Colpo, Morbihan » ici
Jean-Etienne Picaut, Madame Napoléon, Princesse Baciocchi, tome 1 : Les tribulations de l'Aiglonne, tome 2 : La providence de la Bretagne, Le Faouet, 2007.
Ouest France « L'Empire contre-attaque... à Colpo » ici
Les Têtards arboricoles ; Ouest France
Lundi 18 Janvier 2016 Commentaires (0)
Condamnation des huit ex-Goodyear : une justice sous influence de l’ultra-libéralisme, aux ordres du duo Hollande/Valls
Huit ex-salariés de Goodyear ont été condamnés mardi à neuf mois de prison ferme pour la séquestration en 2014 de deux cadres dirigeants. C’est la première fois qu’une peine de prison ferme est prononcée pour des faits de ce type.
Selon Patrick Henriot, secrétaire national du Syndicat de la magistrature « Cette décision est un changement de regard de la justice sur les mouvements sociaux engendrés par le désespoir. Elle veut désormais se montrer intransigeante dans ces cas-là. Cela prouve que certains juges adhèrent aux principes de l’économie libérale et à la dureté de ses conséquences sociales ».
Il est évident que ce n’est pas seulement les juges qui se convertissent au libéralisme pur et dur, c’est aussi le cas du couple Valls/Hollande, socialistes renégats avec Macron pour gourou. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT voit juste lorsqu’il affirme que « Le procureur de la République a décidé seul de demander une peine d’emprisonnement. Il est le porte-parole du gouvernement et la lourdeur de la condamnation peut nous interroger sur le fait que cette demande a été faite au plus haut niveau de l’État, de l’Élysée ou de Matignon »
Pourquoi à l’énoncé de cette sentence, la grève générale n’a pas été lancée et pourquoi n’y a-t-il eu aucune manifestation dans les rues ? Il fut un temps, pas si éloigné, où une telle décision aurait entraîné des manifestations monstres. On peut se demander ce qu’il y a de plus affligeant, cette sentence où l’absence de réaction de tous les salariés qui sont sous la menace permanente de se trouver dans la situation des ex- Goodyears : sans emploi. Cette absence de réaction en dit long sur l’état de faiblesse des forces anticapitalistes et antiproductivistes. Le libéralisme économique triomphant pourra continuer impunément ses ravages tant au niveau social qu’écologique jusqu’à la mort de l’homme et peut-être aussi de toute nature vivante sur cette planète.
Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Peut-être un rire grimaçant, un peu jaune avec ce dessin de Charb
Mercredi 13 Janvier 2016 Commentaires (0)
Non à la chasse aux loups ! Appel à manifester à Lyon et à Nice
La présence du loup en France est compromise par la politique du gouvernement actuelle et notamment par la ministre de l'écologie Ségolène Royal. Il faut réagir et manifester contre cette volonté gouvernementale d'éradiquer une espèce protégée.
On trouvera ci-dessous le communiqué de CAP LOUP
AP Loup appelle à manifester dans un grand rassemblement inter-associatif le 16 janvier à Lyon et le 17 janvier à Nice, contre la chasse aux loups menée par l’État français. Alors que leurs populations diminuent, Ségolène Royal prépare un arrêté ordonnant la destruction officielle de 6 loups supplémentaires ! CAP Loup demande à la ministre de mettre fin à ce massacre d’une espèce protégée, illégal au niveau européen.
Si ce nouvel arrêté de destruction est adopté, nos associations demanderont son annulation devant le Conseil d’État, comme elles l’ont fait pour les arrêtés ministériels du 30/06/15 qui permettent l’abattage de 36 loups pour l’année 2015-2016. Par sa politique de destruction massive d’une espèce « strictement protégée », notre pays se place en infraction avec la Convention de Berne et la Directive Habitats. C’est pourquoi nos associations ont aussi porté plainte contre la France auprès de la Commission Européenne.
Le « plafond » de 36 est déjà dépassé, puisqu’au moins 41 loups sont déjà morts depuis juillet dernier : 34 abattus, dont 33 « légalement », et 7 morts encore non élucidées, sans compter le braconnage non décelé. D’après le suivi officiel(1), la population de loups a baissé entre 2014 et 2015, et continuera à baisser au rythme des abattages actuellement réalisés.
En plus de mettre en péril le retour de l’espèce, cette politique de tirs n’est d’aucune efficacité pour la protection du bétail : les attaques ont même augmenté de 4% entre 2014 et 2015(2) ! Pourquoi ? Nos associations constatent régulièrement le manque de protection des troupeaux, vidéos à l’appui(3). La cohabitation ne pourra se faire qu’en incitant réellement les éleveurs à protéger leur bétail, et non en massacrant les loups.
Les associations de CAP Loup (1) Source : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, étude de mai 2015
(2) Source : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, bilan au 31 décembre 2015
(3) Voir les vidéos de l’ASPAS , octobre-novembre 2015
Pour les renseignements pratiques consulter la page spéciale du site de l'ASPAS
Mardi 12 Janvier 2016 Commentaires (0)
Trois bonnes nouvelles : Monsanto en difficulté, baisse de la natalité française et moins de bétonnage
Dans le flux des mauvaises nouvelles qui nous assaillent chaque jour, elles sont passées inaperçues ou pire n'ont pas été vue comme de bonnes nouvelles par les obsédés de la croissance qu'elle soit économique ou démographique.
Un monde sans Monsanto serait-il en train de naître ?
Monsanto, affecté par la chute des ventes des semences transgéniques, a renforcé son plan d'économies en supprimant 1.000 emplois supplémentaires pour faire face au plongeon des prix des matières premières agricoles.
La multinationale qui fabrique l’herbicide Roundup, va réduire 16% de ses effectifs globaux.
Monsanto n'a donné de détails ni sur les régions, ni les fonctions qui vont être affectées par cette cure d'austérité.
Le groupe, qui emploie 20.000 personnes, va aussi fermer des sites, déprécier des actifs et mettre fin à certains contrats commerciaux, selon des documents adressés à la SEC, le gendarme de la Bourse.
En tout, cette vaste restructuration devrait lui coûter jusqu'à 1,2 milliard de dollars. À Wall Street, le titre Monsanto perdait 1,73% à 95,07 dollars le 6 /01/2016. (Source : dépêche AFP reprise par de nombreux journaux)
« On peut parler d’un krach des naissances en 2015-2016 ! » selon Jean-Loup Durousset, le PDG du groupe Noalys et directeur de la maternité privée Natecia qui le déplore alors que c’est une excellente nouvelle.
Hélas, ce n’est pas encore la décroissance de la population française mais peut-être un signe annonciateur. Selon l’INSEE entre janvier et septembre 2015, on a enregistré en France 569 000 naissances, 16 000 de moins qu’en 2014, soit une baisse de 2,75%. Il faut remonter à 1999 pour retrouver un nombre de naissances aussi faible. Certes une hirondelle ne fait pas le printemps et il faudrait savoir si le taux de fécondité des femmes françaises qui est le plus élevé d’Europe a baissé pour décider s’il s’agit d’une tendance de fond.
Les dépenses de la sécurité sociales concernant les remboursements d’obstétrique ont diminuées dans le même temps de 4,9 %. Si la baisse des naissances se poursuit et atteint 40 000 naissances de moins dans l’année, selon les prévisions de Jean-Loup Durousset, les économies réalisées par la Sécurité sociale s’élèveront à 120 millions d’euros « A raison de 3.000 euros par accouchement, si nous avons 40.000 naissances en moins dans l’année, cela permettrait de dégager 120 millions d’euros »(Source les Echos) Une petite contribution pour combler « le trou de la sécu » !
Pourtant tous les journaux qui ont rapporté cette baisse de la natalité se sont lamentés et on a assisté aux sempiternelles mises en garde d’économistes et de démographes adeptes de la fuite en avant comme Mathieu Plane de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
À la question d’Aline Gérard du journal Le Parisien qui lui demandait s’il fallait s’inquiéter de cette baisse de la natalité, cet économiste répond que si elle venait à durer, elle serait préoccupante car c’est l’ensemble de la protection sociale qui serait menacée : « Si la France a pu maintenir un niveau de protection sociale aussi important, conserver un système de santé généreux et garantir un certain niveau de retraites, c'est d'abord parce que chaque année, il naissait en moyenne en France plus de deux enfants par femme. Si ce taux se met à baisser, c'est l'ensemble de cet édifice, déjà fortement fragilisé par la crise, qui va être encore davantage ébranlé. » Pourquoi donc faire peur de cette façon aux gens ?
Quand on fait le compte des milliards que coûte la politique nataliste à la base de la regrettable exception française en matière d’évolution du taux de fécondité des Françaises, on peut en conclure que si cette politique nataliste était supprimée, ce n’est pas l’argent qui manquerait pour financer une politique d’adaptation à une décroissance démographique absolument nécessaire d’un point de vue écologique.
L’accroissement continu de la population française (plus de deux enfants par femme en moyenne préconisé par Mathieu Plane) ne peut que « se heurter à un moment au mur des réalités, que celles-ci soient sociales, économiques ou écologiques. Il suffit que le chômage des jeunes s’aggrave et perdure pour que ceux-ci ne se révèlent qu’un poids mort économique incapable de prendre en charge ses propres besoins comme les besoins des classes âgées. (…) Et si nous faisons fi de la crise économique en pariant sur une relance prochaine, que fera-t-on dans une France de 80 millions d’habitants sinon une projection de 100 millions la génération suivante et puis 120 pour la fois d’après ? Sérieusement, vous y croyez, vous, à une France pareille ou le Grand Paris absorberait Lille et Lyon ? À La viabilité de ce pays-là ? Ou bien simplement à l’envie d’y vivre ? » (Jean-Christophe Vignal, « Penser la dénatalité, un exercice difficile », in Moins nombreux, plus heureux, Michel Sourrouille, éd., Sang de la Terre, Paris, 2014). Journalistes, démographes et économistes orthodoxes restent sourds et aveugles face à ces évidences.
Laissons-les dire et laissons les directeurs de maternités se lamenter, les marchands de poussettes gémir (« les magasins de poussettes, eux, font grise mine sur tout le territoire » dixit Le Parisien) et trinquons à la santé de ces non-naissances en espérant que ça dure !
La «crise» a du bon : le bétonnage des espaces agricoles et naturels ralentit
Selon une étude publiée mardi 5 janvier par le ministère de l’écologie, l’avancée des espaces «bétonnés » se poursuit en France, mais à un rythme moins soutenu que ces dernières années.
« Il y a sans doute un effet combiné du ralentissement économique et de mesures prises par certains élus locaux qui deviennent sensibles à la question de l’étalement urbain. »
Au cours de la période 2006 – 2012, Les surfaces « bétonnées » ont augmenté de près de 0,5 % par an à cette période, contre 1,3 % par an entre 2000 et 2006. Ce sont les forêts et les espaces semi-naturels qui profitent de cette évolution, le recul des terres agricoles étant stable par rapport aux évolutions observées entre 1990 et 2000. (Source La Croix 5/1/16).
Samedi 9 Janvier 2016 Commentaires (4)