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Timestamp: 2016-10-21 23:45:15+00:00
Document Index: 267304956

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 176', 'art. 172', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 75', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 66', 'art. 68']

5A_937/2012 (03.07.2013)
5A_937/2012 � � Arr�t du 3 juillet 2013
MM. et Mme les Juges f�d�raux von Werdt, Pr�sident, Hohl et Marazzi
M. A.�
Mme B.�
repr�sent�e par Me Monica Kohler, avocate,
A.a.�Mme B.X.________, n�e en 1967, et M. A.X.________, n� en 1973, se sont mari�s le 13 avril 2004, sous le r�gime de la s�paration de biens.
Deux enfants sont issus de cette union, soit C.________, n�e en 2004, et D.________, n�e en 2007.
Pendant la vie commune, les �poux ont habit� dans une villa, sise � E.________, propri�t� de M. A.X.________, mais financ�e par le grand-p�re de ce dernier, qui en occupe lui-m�me une partie de mani�re irr�guli�re.
Mme B.X.________ a quitt� le domicile conjugal le 20 d�cembre 2011. Elle a habit� chez un cousin. Actuellement, elle loue une chambre � F.________. Les enfants ont �t� plac�s dans un foyer, mais ils devraient rejoindre leur m�re qui en a obtenu la garde d�s que celle-ci aura trouv� un appartement adapt�.
A.b.�S'agissant de la situation financi�re des �poux, l'autorit� cantonale a retenu les faits suivants: Mme B.X.________ n'a plus travaill� depuis 2002, de sorte qu'elle n'a actuellement pas de revenu. Ses charges - comprenant celles des enfants - ont �t� arr�t�es respectivement � 9'278 fr. et 11'428 fr. par mois d�s qu'elle louera un appartement ad�quat pour elle et les enfants, montant partiellement contest� par M. A.X.________. Ce dernier a exerc� diff�rentes activit�s dans le pass� mais ne travaille actuellement plus en raison de probl�mes psychiques. Il est toutefois inscrit au registre du commerce comme administrateur de plusieurs soci�t�s faisant partie de trusts familiaux. L'autorit� cantonale a retenu qu'il avait per�u entre 2009 et 2011 une r�mun�ration de 14'500 fr. par mois pour un emploi fictif au sein de l'une de ces soci�t�s. Il ressort en outre de ses d�clarations d'imp�ts qu'il dispose d'une fortune mobili�re qui s'�levait � 240'567 fr. en 2010 et qui n'appara�t d�sormais plus sur ses comptes. Il est �galement propri�taire de son domicile, soit une villa acquise pour 15 millions de francs en 1998 et mise en vente pour le prix de 35 millions de francs, ainsi que d'un appartement en France acquis en 2008 pour le prix de 500'000 euros. L'autorit� cantonale a finalement arr�t� le revenu mensuel de M. A.X.________ � 20'000 fr. Selon les d�clarations de M. A.X.________, ses charges seraient int�gralement assum�es par son grand-p�re.
B.a.�Le 20 d�cembre 2011, Mme B.X.________ a d�pos� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale, avec mesures superprovisionnelles et provisionnelles, concluant notamment � ce que M. A.X.________ soit condamn� � lui verser une contribution d'entretien de 9'000 fr. par mois � compter du jour du d�p�t de la requ�te, � s'acquitter de l'ensemble des charges du domicile conjugal de E.________, y compris des salaires du personnel de maison, ainsi que des frais d'�colage des enfants s'�levant � 2'000 fr. par mois.
B.b.�Statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale par jugement du 4 mai 2012, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve (ci-apr�s: Tribunal de premi�re instance) a, entre autres mesures, attribu� � Mme B.X.________ l'autorit� parentale et la garde sur les deux enfants du couple (ch. 5), dit qu'aucun droit de visite n'�tait r�serv� en l'�tat au p�re (ch. 6), et condamn� M. A.X.________ � verser � titre de contribution mensuelle � l'entretien de sa famille, allocations familiales en sus, 11'686 fr. 40 du 20 d�cembre 2011 au 30 avril 2012, puis 12'800 fr. d�s le 1
er�mai 2012 (ch. 8).
B.c.�Contre ce jugement, les deux parties ont interjet� un appel devant la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: Cour de justice). M. A.X.________ a, au pr�alable, requis la suspension du caract�re ex�cutoire du jugement.
Par d�cision du 5 juin 2012, la Pr�sidente de la Cour a partiellement accord� l'effet suspensif au jugement attaqu�. Elle a en revanche refus� cet effet s'agissant notamment du chiffre 8 du dispositif, le recourant n'exposant pas en quoi le paiement des sommes d'argent constituerait pour lui un dommage difficilement r�parable.
B.d.�Par arr�t du 4 septembre 2012, le Tribunal f�d�ral a rejet� le recours interjet� par Mme B.X.________ contre cette d�cision.
B.e.�Par arr�t du 9 novembre 2012, la Cour de justice a r�form� le jugement de premi�re instance du 4 mai 2012 en ce sens qu'elle a notamment condamn� M. A.X.________ � verser � Mme B.X.________, � titre de contribution � l'entretien de la famille, la somme totale de 120'000 fr. pour la p�riode allant du 1
er�janvier au 31 octobre 2012, de 12'000 fr. par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, d�s le 1er novembre 2012, puis de 15'000 fr. d�s que Mme B.X.________ aura pris � bail un appartement ad�quat pour y accueillir les deux enfants du couple.
Par acte du 17 d�cembre 2012, M. A.X.________ interjette un recours en mati�re civile contre cette d�cision, concluant principalement � l'annulation de l'arr�t entrepris en tant qu'il le condamne � verser les montants susmentionn�s � titre de contribution � l'entretien de sa famille et � sa r�forme en ce sens qu'il soit dit et constat� qu'il n'est d�biteur d'aucune contribution d'entretien; subsidiairement il conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. A l'appui de ses conclusions, il invoque l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et dans l'appr�ciation des preuves ainsi que dans l'application de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC. Il requiert pr�alablement que l'ex�cution de l'arr�t attaqu� soit suspendue.
Par ordonnance pr�sidentielle du 8 janvier 2013, l'effet suspensif a �t� accord� uniquement s'agissant des aliments dus jusqu'� la fin du mois de novembre 2012 et rejet� pour les sommes dues � compter de cette date.
Des d�terminations n'ont pas �t� requises sur le fond.
L'arr�t attaqu� portant sur des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF; elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.). Comme le litige porte sur la contribution due � l'entretien de la famille, le recours a pour objet une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Le recours a en outre �t� d�pos� par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t � la modification ou � l'annulation de l'arr�t entrepris (art. 76 al. 1 LTF), dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, contre une d�cision prise sur recours par un tribunal cantonal sup�rieur (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine un tel grief que s'il a �t� d�ment invoqu� et motiv� (art. 106 al. 2 LTF), � savoir expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Lorsque le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition; il ne saurait se contenter d'opposer son opinion � celle de la juridiction pr�c�dente, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application du droit ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 134 II 349 consid. 3 et les arr�ts cit�s). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2).
Seule est litigieuse la question de la contribution due par le recourant � l'entretien de sa famille.
L'autorit� cantonale a retenu � cet �gard que l'�pouse, bien que dipl�m�e en histoire de l'art, n'avait plus travaill� depuis 2002 et ne disposait d�s lors actuellement d'aucun revenu. Compte tenu du jeune �ge des enfants, alors �g�s respectivement de cinq et huit ans, et du fait qu'elle n'avait pas travaill� pendant pr�s de dix ans, la cour cantonale a estim� qu'il ne se justifiait pas, au stade des mesures protectrices de l'union conjugale, de retenir un revenu hypoth�tique � son �gard. Les charges de l'�pouse et des enfants, qui ne devaient pas �tre r�duites au strict minimum vital, compte tenu du train de vie des parties durant la vie commune et des capacit�s contributives retenues pour l'�poux, ont �t� arr�t�es respectivement � 9'278 fr. actuellement et � 11'428 fr. par mois d�s qu'elle louerait un appartement adapt� pour elle et les enfants, incluant notamment un montant de 1'000 fr. admis pour ses frais de v�hicule, ainsi qu'un montant de 3'000 fr. retenu pour sa charge de loyer future.
S'agissant du mari, la cour cantonale a retenu qu'il avait exerc� diff�rentes activit�s par le pass�, notamment dans le domaine de la finance, mais qu'il ne travaillait actuellement plus en raison de probl�mes psychiques. Il est inscrit au registre du commerce comme administrateur de plusieurs soci�t�s faisant partie de trusts familiaux mais elle a estim� qu'il n'avait cependant pas �t� rendu vraisemblable qu'il ait la qualit� de b�n�ficiaire direct desdits trusts. L'autorit� cantonale a retenu qu'il avait per�u entre 2009 et 2011 un salaire annuel net d'environ 174'000 fr. vers� par l'une de ces soci�t�s, pour un emploi fictif. L'autre administrateur de cette soci�t� a d�clar� que cette derni�re n'avait plus d'activit�s depuis l'�t� 2011 et que le salaire de l'�poux n'avait par cons�quent plus pu lui �tre vers� � compter du mois de juin 2012; M. A.X.________ aurait toutefois continu� � recevoir � bien plaire un montant de 20'000 fr. par mois de son grand-p�re. L'autorit� cantonale a estim� que rien n'expliquait les raisons pour lesquelles le versement d'un salaire per�u jusqu'alors par le recourant pour un emploi fictif aurait cess�, si ce n'est pour p�jorer en apparence sa situation financi�re. Elle a de surcro�t constat� qu'il ressortait des d�clarations d'imp�ts du mari qu'il disposait d'une fortune mobili�re s'�levant � 240'567 fr. en 2010 et n'apparaissant d�sormais plus sur ses comptes, sans qu'il n'e�t fourni d'explications � cet �gard. La cour cantonale a �galement retenu -�consid�rant qu'il s'agissait d'une donation faite par son grand-p�re�-�que M. A.X.________ �tait propri�taire de l'immeuble qu'il occupait actuellement � E.________, � savoir une villa acquise pour 15 millions de francs en 1998 et mise en vente pour le prix de 35 millions de francs, ainsi que d'un appartement en France acquis en 2008 pour le prix de 500'000 euros. L'�poux n'a fourni aucune indication quant � ses charges, si ce n'est qu'elles seraient int�gralement couvertes par son grand-p�re. Compte tenu des �l�ments qui pr�c�dent, l'autorit� cantonale a retenu un revenu mensuel de l'ordre d'au moins 20'000 fr. pour l'�poux estimant qu'il continuait � percevoir, par d'autres voies, un revenu �quivalent � celui qu'il percevait pr�c�demment, � savoir 14'500 fr. net par mois, et qu'il lui appartenait en outre de rentabiliser si n�cessaire ses biens immobiliers � E.________ et en France, par exemple en les mettant en location. En cons�quence et en tenant compte du fait que l'�pouse assumait les soins quotidiens et l'�ducation des enfants, elle a arr�t� la contribution due par l'�poux � l'entretien de sa famille � 12'000 fr. par mois d�s le 1
er�janvier 2012, allocations familiales non comprises, de sorte qu'il a �t� condamn� � verser � son �pouse un montant de 120'000 fr. pour la p�riode allant du mois de janvier 2012 au mois d'octobre 2012, 12'000 fr. par mois ensuite, montant augment� � 15'000 fr. par mois d�s que l'�pouse aurait pris � bail un appartement ad�quat pour y accueillir les enfants.
Le recourant se plaint en premier lieu du fait que l'autorit� cantonale a arbitrairement constat� les faits s'agissant de son �tat de sant� et de la capacit� contributive qu'on peut en d�duire.
4.1.�Selon lui, la cour cantonale a omis de prendre en compte le fait qu'il souffre d'un trouble bipolaire schizo-affectif qui a rendu de nombreuses hospitalisations n�cessaires et qui a conduit ses m�decins traitants � solliciter sa mise sous tutelle en 2003 ainsi que le Tribunal tut�laire � le priver provisoirement de l'exercice de ses droits civils par ordonnance du 27 avril 2012. Compte tenu de son �tat de sant� et du fait qu'il est par cons�quent incapable de g�rer seul ses affaires, il �tait selon lui arbitraire de retenir qu'il est en mesure de r�aliser un revenu hypoth�tique mensuel de 20'000 fr. par mois par le biais de son activit� professionnelle et en rentabilisant ses biens immobiliers. La Cour de justice aurait � cet �gard �galement omis de prendre en consid�ration le courrier de l'autre administrateur de la soci�t� lui ayant vers� un salaire jusqu'en juin 2011 et qui atteste, d'une part, qu'il n'a effectivement plus per�u de revenus de cette soci�t� depuis cette date mais �galement, d'autre part, qu'il n'est ni administrateur, ni ayant droit �conomique d'une autre soci�t� appartenant �galement � un trust familial et que les trusts familiaux ne lui appartiennent pas. Cette pi�ce d�montre par cons�quent, selon lui, qu'il ne per�oit plus aucun revenu d'une quelconque activit� professionnelle. L'instance pr�c�dente aurait �galement ignor� le courrier de son grand-p�re certifiant qu'il avait arr�t� de lui verser un montant mensuel de 20'000 fr. Compte tenu de ce qui pr�c�de, le recourant soutient que l'autorit� cantonale aurait d� conclure � l'absence de revenu et par cons�quent � ce qu'il ne soit d�clar� d�biteur d'aucune contribution � l'entretien de sa famille.
4.2.1.�M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention conclue pour la vie commune. Il doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de cette communaut�, le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux de participer, selon ses facult�s, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative. Ainsi, le juge doit examiner si, et dans quelle mesure, au vu de ces faits nouveaux, on peut attendre de l'�poux d�sormais d�charg� de son obligation de tenir le m�nage ant�rieur en raison de la suspension de la vie commune, qu'il investisse d'une autre mani�re sa force de travail ainsi lib�r�e et reprenne ou �tende son activit� lucrative, eu �gard notamment � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�. Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune pour l'adapter � ces faits nouveaux (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'ATF 128 III 65; arr�ts 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1, publi�in�: FamPra.ch 2011 p. 993; 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2.3; 5A_122/2011 du 6 juin 2011 consid. 4).
On ne peut toutefois en principe exiger d'un �poux la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50% avant que le plus jeune des enfants dont il a la garde n'ait atteint l'�ge de dix ans r�volus, et de 100% avant qu'il n'ait atteint l'�ge de seize ans r�volus (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2; 115 II 6 consid. 3c).
Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties (ATF 121 I 97 consid. 3b et les r�f�rences; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3, publi�in�: FamPra.ch 2010 p. 894). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa).
4.2.2.�Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit en principe tenir compte du revenu effectif des parties, tant le d�biteur d'entretien que le cr�ancier pouvant n�anmoins se voir imputer un revenu hypoth�tique sup�rieur. Il s'agit ainsi d'inciter la personne � r�aliser le revenu qu'elle est en mesure de se procurer et dont on peut raisonnablement exiger d'elle qu'elle l'obtienne afin de remplir ses obligations (ATF 128 III 4 consid. 4a; arr�ts 5A_290/2010 du 28 octobre 2010 consid. 3.1 publi�in:�SJ 2011 I p. 177; 5A_99/2011 du 26 septembre 2011 consid. 7.4.1 publi�in:�FamPra.ch 2012 p. 228).
Le revenu de la fortune est pris en consid�ration au m�me titre que le revenu de l'activit� lucrative et, lorsque la fortune ne produit aucun ou qu'un faible rendement, il peut �tre tenu compte d'un revenu hypoth�tique (ATF 117 II 16 consid. 1b). Lorsque les revenus du travail et de la fortune des �poux suffisent � leur entretien, la substance de la fortune n'est normalement pas prise en consid�ration (arr�t 5A_14/2008 du 28 mai 2008 consid. 5). Dans le cas contraire, l'entretien doit �tre assur� par pr�l�vement dans la substance de la fortune (ATF 138 III 289 consid. 11.1.2).
4.3.1.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a estim� que, compte tenu du fait que le recourant avait per�u entre 2009 et 2011 un salaire pour un emploi fictif et donc pour une activit� au sein d'une soci�t� li�e aux trusts familiaux qu'il n'exer�ait en r�alit� pas, rien n'expliquait pour quelle raison ces versements auraient cess�. Il convient par cons�quent d'embl�e de constater que l'autorit� cantonale n'a pas imput� au recourant un revenu hypoth�tique compris dans son sens propre. En effet, elle n'a pas constat�, eu �gard notamment � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�, qu'il �tait en mesure de r�aliser par la reprise d'une activit� lucrative un certain revenu, mais davantage qu'il continuait vraisemblablement � percevoir un revenu pour une activit� fictive qu'il n'exer�ait en r�alit� pas. Compris dans ce sens, il ne s'agit par cons�quent pas d'un revenu hypoth�tique mais bien d'un revenu effectif dont la perception est totalement ind�pendante de l'�tat de sant� du recourant. Toutes les critiques de ce dernier quant � l'absence de prise en compte de son �tat de sant� et de l'incapacit� � exercer une activit� lucrative qui en d�coule sont par cons�quent sans pertinence et doivent �tre �cart�es. Pour le surplus, le recourant ne s'en prend nullement aux constatations cantonales s'agissant de son emploi fictif. Il se plaint � cet �gard uniquement de l'absence de prise en compte par l'autorit� cantonale d'un courrier de l'autre administrateur de la soci�t� qui l'employait fictivement, attestant du fait que le recourant ne serait ni administrateur ni ayant droit �conomique d'une seconde soci�t� appartenant �galement � l'un des trusts familiaux. L'instance cantonale aurait selon lui d� en d�duire qu'il ne per�oit aucun revenu d'une quelconque activit� professionnelle en lien avec une des soci�t�s et/ou trusts appartenant � son grand-p�re. La cour cantonale mentionne toutefois dans la partie en fait de l'arr�t entrepris, outre les deux soci�t�s cit�es ci-avant, une troisi�me soci�t� � caract�re immobilier et pr�cise �galement que le recourant avait �t� d�sign� comme Directeur-Administrateur-D�l�gu�"des deux principales soci�t�s"�appartenant aux trusts familiaux, laissant ainsi entendre qu'il y en a d'autres. Le courrier du second administrateur ne suffit par cons�quent pas � contrer les constatations cantonales selon lesquelles le recourant continue selon toute vraisemblance � percevoir,�"par d'autres voies", un revenu �quivalent � celui per�u pr�c�demment.
4.3.2.�Outre un revenu de 14'500 fr. net par mois, l'autorit� cantonale a �galement imput� au recourant un revenu hypoth�tique mensuel issu de sa fortune de 5'500 fr., consid�rant qu'il lui appartenait de rentabiliser ses biens immobiliers � E.________ et en France, par exemple en les mettant en tout ou en partie en location. Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir ainsi une fois de plus omis de prendre en compte son �tat de sant� qui l'emp�cherait de g�rer seul ses affaires. Il ressort des constatations cantonales que le recourant est propri�taire d'un patrimoine immobilier d'une valeur importante comprenant � tout le moins la villa qu'il occupe actuellement � E.________, laquelle a �t� mise en vente pour le prix de 35 millions de francs, ainsi qu'un appartement situ� dans une commune ais�e limitrophe de la ville de Paris acquis en 2008 pour un demi-million d'euros. Compte tenu de la valeur de ce parc immobilier, il n'appara�t pas arbitraire d'exiger du recourant qu'il en tire un certain revenu, m�me si cette gestion devait �tre confi�e � un tiers en raison de son �tat de sant�, ce d'autant qu'il para�t vraisemblable qu'une ou des personne (s) tierce (s) se charge (nt) d'ores et d�j� de la gestion courante des biens immobiliers du recourant, d�s lors qu'il admet ne pas �tre en mesure de g�rer seul ses affaires. D'ailleurs, conform�ment � la jurisprudence, la substance de sa fortune pourrait �tre mise � contribution. Son grief doit par cons�quent �tre rejet�.
Le recourant se plaint dans un deuxi�me temps de l'application arbitraire de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC.
5.1.�Il reproche en particulier � la Cour de justice de ne pas avoir imput� de revenu hypoth�tique � son �pouse, alors m�me qu'elle est au b�n�fice d'un dipl�me en histoire de l'art, faisant ainsi reposer de mani�re discriminatoire l'entier de l'entretien de la famille sur ses �paules. Il estime en outre que les conclusions de l'autorit� cantonale ne lui permettent pas de b�n�ficier du m�me train de vie que son �pouse, d�s lors que cette derni�re se voit attribuer 75% de ses revenus hypoth�tiques. Il lui fait en dernier lieu grief d'avoir surestim� les charges de son �pouse en retenant en particulier des frais mensuels de 1'000 fr. pour l'usage d'un v�hicule sans que ces frais ne soient justifi�s, ainsi qu'une charge de loyer future de 3'000 fr. par mois d�s qu'elle aura trouv� un logement ad�quat pour elle et les enfants sans pour autant pr�ciser cette notion.
5.2.�Si l'autorit� cantonale n'a certes pas pr�cis� ce qu'elle entendait par�"logement ad�quat",�le recourant ne d�montre toutefois pas en quoi le loyer mensuel de 3'000 fr. retenu serait arbitraire. Un loyer de 3'000 fr. par mois est certes �lev� mais ne confine toutefois pas � l'arbitraire pour un appartement d'une taille suffisante pour loger un adulte et deux enfants dans la r�gion genevoise, ce en particulier si l'on tient compte du niveau de vie entretenu par les parties durant leur vie commune et du type de logement qu'ils occupaient alors et qu'occupe toujours le recourant, � savoir une villa de sept pi�ces d'une surface importante avec piscine int�rieure et vue sur le lac. Pour les m�mes raisons, il n'est pas davantage arbitraire de retenir un montant de 1'000 fr. � titre de frais de v�hicule, ce pour tenir compte en particulier des trajets engendr�s par le transport des enfants sur les lieux o� se d�roulent les nombreuses activit�s extra-scolaires auxquelles ils prennent part (danse, gym, tennis, cours d'anglais, karat�, �quitation etc.) et auxquelles ils doivent continuer de pouvoir participer compte tenu du train de vie dont ils b�n�ficiaient durant la vie commune de leurs parents. En outre, consid�rant que le recourant n'avait produit aucune pi�ce attestant de ses charges - se contentant d'affirmer qu'elles �taient int�gralement couvertes par son grand-p�re - et qu'il disposait par cons�quent de l'int�gralit� du revenu mensuel de 20'000 fr. retenu � son �gard, alors que l'intim�e ne dispose d'aucun revenu, l'autorit� cantonale a r�parti ce montant � raison de 15'000 fr. par mois, � savoir � en faveur de l'�pouse et des deux enfants d�s que celle-ci aurait trouv� un logement ad�quat, le recourant disposant du quart restant. Compte tenu des charges de l'intim�e et des enfants arr�t�es, futur loyer compris, � 11'428 fr., c'est ainsi un montant de 3'572 fr. (15'000 fr - 11'428 fr.) par mois dont disposent l'�pouse et les enfants une fois leurs charges mensuelles couvertes, alors que le recourant b�n�ficie d'un disponible mensuel de 5'000 fr. (20'000 fr. - 15'000 fr.). En cons�quence, m�me si le montant des charges de l'�pouse �tait r�duit des 1'000 fr. correspondant aux frais retenus pour le v�hicule, ceci n'aurait pas justifi� une baisse de la pension qui lui a �t� allou�e, d�s lors que m�me avec cette diminution des charges le montant dont elle dispose mensuellement pour elle et les deux enfants demeure inf�rieur � celui dont b�n�ficie le recourant. Pour les m�mes motifs, la critique du recourant qui consid�re cette r�partition � raison de � en faveur de son �pouse et de ses deux enfants et du quart restant en sa faveur comme insoutenable et discriminatoire est infond�e, ce d'autant que, contrairement � ce qu'il pr�tend, l'entier de l'entretien ne repose pas sur ses �paules, dans la mesure o� l'entretien en nature des enfants est int�gralement assum� par son �pouse depuis que son droit de visite a �t� suspendu. En dernier lieu, compte tenu de la jurisprudence g�n�ralement appliqu�e dans un tel cas de figure (cf.�supra�consid. 4.2.2 2
�me�paragraphe), il n'�tait pas arbitraire de ne pas imputer de revenu hypoth�tique � l'intim�e, d�s lors que les enfants des parties sont tous deux �g�s de moins de dix ans et que l'�pouse, �g�e de 46 ans, n'a plus exerc� d'activit� professionnelle depuis plus de dix ans.
Sur le vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Le recourant qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�e qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre�sur le fond, �tant pr�cis� qu'elle a conclu au rejet de la demande d'effet suspensif qui a �t� partiellement admise (art. 68 al. 1 LTF).
Lausanne, le 3 juillet 2013