Source: http://www.cotemaison.fr/renover/mon-mur-est-il-aussi-au-voisin_3479.html
Timestamp: 2018-08-19 15:53:07+00:00
Document Index: 17791617

Matched Legal Cases: ['art. 653', 'art. 653', 'art. 655', 'art. 657', 'art. 662', 'art. 668']

Mon mur est-il aussi au voisin ? - Côté Maison
Mon mur est-il aussi au voisin ?
par Côtémaison.fr publié le 04/04/2008 à 00:00
À la campagne, on a souvent des voisins. Et des murs ou clôtures en commun, existants ou à installer. Qui est propriétaire, qui paie quoi et comment s'arrange-t-on "
Chaque propriétaire est libre de clore son terrain (article 647 du code civil). Cependant, pour éviter la juxtaposition de deux clôtures privées, ce qui entraîne un doublement des dépenses de construction et surtout un gaspillage d'espace, le code civil réglemente la mitoyenneté des clôtures (art. 653 à 670). Les deux propriétaires sont considérés comme des copropriétaires de la clôture : chacun d'eux possède et partage la totalité de l'ouvrage, et non seulement la moitié. C'est également pour éviter la construction rapprochée de deux murs qu'il est prévu de pouvoir acquérir la mitoyenneté de la totalité ou d'une partie seulement d'un mur construit sur la limite séparative de deux propriétés, qu'il s'agisse d'une clôture ou d'un bâtiment. La nouvelle construction est soit appuyée sur le mur existant, soit située à une distance conséquente fixée par le plan local d'urbanisme, appelée prospect. Cela évite de laisser un espace trop étroit entre deux bâtiments, source d'humidité et rendant très difficiles les possibilités d'entretien.
Perdre la mitoyenneté
L'article 656 prévoit la possibilité pour un propriétaire d'abandonner sa mitoyenneté s'il ne veut plus partager les dépenses d'entretien de la clôture. Mais évidemment, cette faculté n'est pas permise quand le mur en question constitue une partie de la maison qu'il habite.
COMMENT SAIT-ON SI LE MUR EXISTANT EST MITOYEN OU PRIVÉ ?
A priori, la réglementation considère tout mur séparant deux propriétés comme mitoyen (art. 653), à la ville comme à la campagne.
Pour être admise comme privée, la clôture doit faire l'objet d'un titre établi sous seing privé, signé devant notaire ou résultant d'une décision de justice ; ou bien posséder des signes distinctifs désignant son unique propriétaire. Ainsi, la présence de marques (corbeaux, chaperon, filet) visibles sur un seul côté du mur indique qu'il est la propriété de celui vers lequel elles ont été construites. Si, par exemple, le mur possède à son sommet une unique pente, le terrain vers lequel elle est inclinée désigne le propriétaire de l'ouvrage. Si, en revanche, le sommet est constitué d'une double pente, le mur est considéré comme mitoyen.
D'autres caractéristiques peuvent également indiquer le caractère privé d'un mur. S'il entoure une seule propriété alors que les terrains avoisinants ne sont pas clos ou utilisent des matériaux différents, cet ouvrage est certainement privé. Autre exemple : un parapet de soutènement retenant la terre de la propriété du dessus est considéré comme appartenant au propriétaire de ce terrain, puisqu'il profite de cet ouvrage. Cependant, si ce mur dépasse nettement le niveau du sol du terrain supérieur, empêchant le propriétaire d'apercevoir le terrain situé en contrebas, il est reconnu comme mur de clôture et devient mitoyen. Il est à noter que la mitoyenneté ne concerne pas uniquement les murs mais tous les types de clôtures : grillage, palissade, talus, fossé, haie.
QUI PAIE L'ENTRETIEN ?
Une clôture mitoyenne a pour conséquence le partage des dépenses de construction et d'entrtien entre les deux propriétaires (art. 655).
Ainsi, vous devez partager les frais de remise en état du vieux mur de clôture qui vous isole de la propriété voisine. Cependant, avant de s'engager à entreprendre des réparations, le voisin devra se mettre d'accord avec vous sur les travaux à réaliser : couleurs, matériaux, type d'intervention. Par exemple, il ne pourra pas vous imposer une couleur de crépi de votre côté du mur si vous en préférez une autre. Demandez-lui au moins deux devis pour pouvoir vous faire une idée plus précise du coût de l'intervention.
Cette obligation de partager les frais s'impose à vous, même si les travaux ne portent que sur la partie du mur du côté du voisin. Si vous refusez de payer votre quote-part, il sera en droit de s'adresser au tribunal d'instance pour vous contraindre à partager la note. Vous devrez vous exécuter à moins d'avoir de sérieuses raisons : si le voisin est seul responsable du délabrement du mur nécessitant une réparation (s'il a par exemple provoqué une humidité excessive en raccordant mal ses tuyauteries).
QUEL TYPE DE TRAVAUX PUIS-JE ENTREPRENDRE DE MON CÔTÉ ?
Il est permis de réaliser des travaux intéressant un seul des deux propriétaires.
Vous pouvez percer des trous pour y encastrer des poutres par exemple, à condition de laisser 5,4 cm de maçonnerie du côté du voisin (art. 657). Vous devrez en outre obtenir son accord avant travaux ou consulter un expert en cas de refus (art. 662). Il vous est également permis de rehausser la construction sans avoir à obtenir l'accord du voisin. Ces travaux ne doivent bien sûr pas mettre en péril la solidité de l'ouvrage et vous en assumerez seul les dépenses. Il est également permis d'y accoler une construction : votre garage ou la cheminée du barbecue par exemple. Vous pouvez aussi y accrocher des plantes grimpantes, des pots de fleurs, voire des panneaux publicitaires, sans avoir à tenir compte de l'avis du voisin. En revanche, il est interdit de percer des ouvertures, portes ou fenêtres.
JE VEUX ÉLEVER UN MUR OU UNE CLÔTURE ENTRE NOUS. ENTRAÎNENT-ILS AUTOMATIQUEMENT LA MITOYENNETÉ ?
À tout moment, le voisinpeut obtenir la mitoyenneté d'un mur privé que vous aurez réalisé de votre propre initiative. Vous ne pourrez pas refuser.
Il vous devra une indemnisation déterminée par la valeur de l'ouvrage au moment de la transaction, tenant compte de la vétusté du mur. Cette contrainte concerne les murs de clôture mais pas les fossés ou les haies (art. 668), et s'étend au rehaussement du mur que vous avez entrepris sans lui demander son avis et dont il pourra demander la mitoyenneté sans que vous puissiez là encore la lui refuser. Mais inversement, toujours dans le cas d'une construction décidée sans concertation avec le voisin, vous ne pouvez pas le forcer à acquérir la mitoyenneté de votre propre mur après coup.
En revanche, lors de la création d'une clôture que vous voulez mitoyenne, vous pouvez imposer la mitoyenneté au voisin récalcitrant. L'article 663 prévoit en effet que, dans les zones urbanisées, mais pas à la campagne, le voisin n'a pas la possibilité de s'opposer à la construction d'un mur de clôture mitoyen (le tribunal peut l'y contraindre). L'article fixe même une hauteur minimum que doit dans ce cas atteindre l'ouvrage s'il n'y a pas de prescriptions locales : 3,20 m dans les villes de plus de 50 000 habitants ; 2,60 m dans les plus petits villages.
Mon voisin et moi voulons édifier une séparation commune. Comment fait-on ?
Il suffit de vous mettred'accord avec lui sur le type de clôture à construire et le coût que cela va entraîner. Il peut aussi bien s'agir d'un mur que d'un grillage.
Mais vous avez tout intérêt à établir par écrit la mitoyenneté de cette clôture pour éviter tout litige ultérieur. Signez une convention sous seing privé ou devant notaire qui, dans ce cas, conservera l'acte au bureau des hypothèques. Vous pouvez construire de surcroît des signes distinctifs qui établissent sans contestation possible la mitoyenneté de l'ouvrage (par exemple, une double pente au sommet d'un mur).
Cette clôture mitoyenne devra être bâtie à cheval sur la limite séparative des deux propriétés. Pour plus de sûreté, entendez-vous avec le voisin pour faire établir un bornage par un géomètre. Celui-ci consulte les documents officiels (titres de propriété, cadastre), se rend sur place pour examiner les lieux, procède à la mesure du terrain et matérialise les angles en posant des bornes. Ces opérations se déroulent en présence des propriétaires qui signent d'un commun accord le procès-verbal de bornage. Les dépenses de la prestation du géomètre sont partagées entre les propriétaires. Même si vous décidez d'entreprendre seul la construction d'une clôture individuelle, vous avez intérêt à prendre la précaution de faire effectuer un tel bornage à l'amiable. Cela vous évitera de risquer d'empiéter chez le voisin ou de lui abandonner une partie de votre terrain en construisant votre clôture en retrait de la limite séparative. Si votre voisin refuse un tel bornage à l'amiable ou s'il conteste les propositions du géomètre, le tribunal d'instance peut le contraindre à un bornage judiciaire dont il risque d'assumer les frais.
18/01/2013 14:58
Demande de complètement , pourquoi ne mettez vous pas directement les différents signes distinctifs séparatifs légaux mis sur les plans cadastraux ????????????