Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20000320-200242
Timestamp: 2017-04-26 02:30:20+00:00
Document Index: 170823350

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 75", "l'article 22", "l'article 23", "l'article 26", "l'article 23", "l'article 26", "l'article 6", "l'article 6", "l'article 25", "l'article 75", "l'article 75", 'art. 22', 'art. 23', 'art. 26', 'art. 25', 'art. 75']

France, Conseil d'État, 20 mars 2000, 200242
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 200242Numéro NOR : CETATEXT000008079479 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-03-20;200242 Analyses : PROFESSIONS - CHARGES ET OFFICES - CONDITIONS D'EXERCICE DES PROFESSIONS - MEDECINS.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 6 octobre et 6 novembre 1998 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Michel X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler la décision en date du 9 juillet 1998 par laquelle la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre des médecins lui a infligé la sanction de l'interdiction d'exercer la médecine pendant deux ans ;
2°) de constater que le bénéfice de l'amnistie lui est acquis pour ladite sanction ;
4°) de condamner le Conseil national de l'Ordre des médecins à lui verser la somme de 20 000 F au titre de l'article 75-I de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- les conclusions de Mme Roul, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., tout en dirigeant deux maisons de retraite, situées l'une à Bures-Morainvilliers dans les Yvelines et l'autre à Avignon, exerçait une activité d'anesthésiste-réanimateur à la clinique Kennedy à Marseille et dirigeait une autre clinique dans cette ville ; que la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre des médecins a, pour sanctionner M. X... par la décision attaquée, retenu à son encontre un exercice forain de la médecine et le fait d'avoir pratiqué la médecine comme un commerce ;
Sur les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure suivie devant la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre des médecins :
Considérant qu'aux termes de l'article 22 du décret du 26 octobre 1948 relatif au fonctionnement des conseils de l'Ordre des médecins, des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes et de la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre des médecins : "La section disciplinaire du Conseil national est saisie des appels des décisions des conseils régionaux en matière disciplinaire ( ...)" ; qu'aux termes des deux premiers alinéas de l'article 23 du même décret : "Le secrétariat du Conseil national de l'Ordre des médecins ( ...) notifie l'appel au président du conseil régional en cause qui doit lui faire parvenir sans délai le dossier de l'affaire. L'appel est également notifié à l'auteur de la plainte ainsi que, le cas échéant, au conseil départemental au tableau duquel est inscrit le praticien et aux personnes en cause, lesquels doivent présenter leurs observations écrites dans le délai d'un mois" ; qu'aux termes du quatrième alinéa du même article 23 : "( ...) Le président de la section disciplinaire désigne un rapporteur parmi les membres de cette section appartenant à l'ordre du praticien mis en cause. Ce rapporteur dirige l'instruction de l'affaire ; il a qualité pour recueillir les témoignages qu'il croit devoir susciter et pour procéder à toutes constatations utiles" ; que l'article 26 du même décret, relatif à l'audience disciplinaire dispose : "Le président de la section disciplinaire dirige les débats. Le rapporteur présente un exposé des faits ( ...) l'appelant a le premier la parole. Dans tous les cas le praticien incriminé peut prendre la parole en dernier lieu ( ...)" ;
En ce qui concerne la participation du rapporteur au délibéré :Considérant, d'une part, que si, en application des dispositions précitées du quatrième alinéa de l'article 23 précité du décret du 26 octobre 1948, un des membres composant la section disciplinaire est désigné comme rapporteur et peut procéder, dans le cadre et pour les besoins du débat contradictoire entre les parties, à des mesures d'instruction qui ont pour objet de vérifier la pertinence des griefs et observations des parties et dont les résultats sont versés au dossier pour donner lieu à communication contradictoire, de telles attributions ne diffèrent pas de celles que la formation collégiale de jugement pourrait elle-même exercer et ne confèrent pas au rapporteur le pouvoir de décider par lui-même de modifier le champ de la saisine de la juridiction ; qu'ainsi et alors même qu'il incombe par ailleurs au rapporteur, en vertu de l'article 26 du même décret, de faire à l'audience un exposé des faits consistant en une présentation de l'affaire, l'ensemble de ces dispositions n'ont pas pour effet de lui conférer des fonctions qui, au regard du principe d'impartialité comme des autres stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, feraient obstacle à sa participation au délibéré de la section disciplinaire ; Considérant, d'autre, part, qu'il n'est pas allégué que le rapporteur désigné en l'espèce aurait exercé ses fonctions en méconnaissance des dispositions précitées du décret du 26 octobre 1948 ou manqué à l'obligation d'impartialité qui s'imposait à lui ;
Considérant qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le décret du 26 octobre 1948 a pu légalement prévoir que l'exposé de l'affaire à l'audience est présenté par le membre de la section disciplinaire désigné comme rapporteur ; que le texte de cet exposé, qui peut au demeurant ne pas être écrit, n'est pas soumis au principe du contradictoire applicable à l'instruction entre les parties ; qu'il n'est pas allégué qu'en l'espèce le rapporteur aurait communiqué avant l'audience le texte de son exposé à l'auteur de la plainte formée contre M. X... ; que, par suite, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que, faute de lui avoir communiqué préalablement à l'audience le "rapport" du rapporteur, la section disciplinaire aurait méconnu les règles de procédure applicables et notamment les stipulations précitées de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Sur le moyen tiré de l'audition d'un représentant du directeur départemental des affaires sanitaires et sociales des Yvelines :Considérant que si, aux termes de l'article 25 du décret du 26 octobre 1948 modifié : "L'auteur de l'appel et, s'il y a lieu, ceux qui ont été partie devant le conseil régional sont convoqués à l'audience ( ...)", ces dispositions ne font pas obstacle à ce que toute autre personne dont l'audition lui paraît utile soit convoquée à l'audience par la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre ; qu'ainsi le fait que le docteur Y..., représentant le directeur des affaires sanitaires et sociales des Yvelines ait été entendu à l'audience du 9 juillet 1998 n'est pas constitutif d'une irrégularité affectant la procédure au terme de laquelle la section disciplinaire de l'Ordre des médecins a adopté la décision attaquée ;
Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier soumis aux juges du fond que la section disciplinaire aurait entaché sa décision, qui est suffisamment motivée, d'une erreur matérielle en relevant qu'à l'époque des faits ayant motivé la sanction, M. X... exerçait toujours dans le cadre de la clinique Kennedy à Marseille ; que le moyen tiré de ce que la section disciplinaire se serait fondée sur des pièces extraites d'une procédure pénale et couvertes par le secret de l'instruction n'est, en tout état de cause, pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ; que la circonstance que la section des assurances sociales du Conseil national de l'Ordre des médecins,également saisie du comportement professionnel du requérant, n'a pas retenu le grief d'exercice forain de la médecine est en tout état de cause sans influence sur la légalité de la décision attaquée qui, d'ailleurs, est antérieure à la date de la décision de la section des assurances sociales ;
Considérant qu'eu égard au danger que M. X... a fait courir aux pensionnaires des maisons de retraite qu'il dirigeait, la section disciplinaire a fait une exacte application des dispositions de la loi susvisée du 3 août 1995 en estimant que ce comportement était contraire à l'honneur et échappait ainsi au bénéfice de l'amnistie ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la section disciplinaire du Conseil national de l'Ordre des médecins en date du 9 juillet 1998 ; Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que les dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 susvisée font obstacle à ce que le Conseil national de l'Ordre des médecins, qui n'a pas la qualité de partie dans la présente instance, soit condamné à payer à M. X... la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Michel X..., au Conseil national de l'Ordre des médecins et au ministre de l'emploi et de la solidarité.Références : Décret 48-1671 1948-10-26 art. 22, art. 23, art. 26, art. 25Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Loi 95-884 1995-08-03Publications :Proposition de citation: CE, 20 mars 2000, n° 200242Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme PicardRapporteur public : Mme RoulOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 20/03/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page