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Timestamp: 2016-10-21 16:52:04+00:00
Document Index: 126063940

Matched Legal Cases: ['art. 62', 'art. 83', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 89', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 62', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 96', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

2C_1153/2014 (11.05.2015)
2C_1153/2014 {T�0/2} � � Arr�t du 11 mai 2015
repr�sent� par Me Fran�ois Canonica, avocat,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice de la R�publique et canton de Gen�ve, Chambre administrative, 1�re section, du 28 octobre 2014.
X.________, ressortissant du Kosovo n� en 1986, est arriv� � Gen�ve en 1994 avec sa m�re ainsi que sa soeur et son fr�re a�n�s, afin de rejoindre son p�re au titre de regroupement familial. Il a �t� mis au b�n�fice d'une autorisation de s�jour, puis d'une autorisation d'�tablissement � partir du 13 d�cembre 1999. Ses parents, son fr�re et sa soeur ont obtenu la nationalit� suisse.
Le 14 juillet 2005, X.________ a �t� condamn� par ordonnance de condamnation � trente jours d'emprisonnement avec sursis pendant cinq ans et � une amende de 500 fr. pour dommages � la propri�t� et vol commis entre le 8 et 10 septembre 2004 et le 11 mai 2005.
Par jugement du 18 septembre 2008, le pr�nomm� a �t� condamn� par la Cour d'assises du canton de Gen�ve � une peine privative de libert� de sept ans et demi, ainsi qu'� une mesure ambulatoire pour meurtre. Le 14 ao�t 2005, lors d'une fin de soir�e, une altercation s'est produite entre X.________ et un groupe de jeunes, au cours de laquelle le pr�nomm� a mortellement bless�, de deux coups de couteau au coeur, Y.________, n� en 1986. L'int�ress� a ensuite pris la fuite apr�s avoir constat� qu'il avait bless� la victime.
Par courrier du 2 novembre 2010, l'Office cantonal de la population du canton de Gen�ve (devenu, depuis lors, l'Office cantonal de la population et des migrations; ci-apr�s: l'Office cantonal) a inform� X.________ de son intention de r�voquer son autorisation d'�tablissement.
Par d�cision du 11 avril 2013, le D�partement de la s�curit� du canton de Gen�ve (devenu, depuis lors, le D�partement de la s�curit� et de l'�conomie; ci-apr�s: le D�partement cantonal) a r�voqu� l'autorisation d'�tablissement de X.________.
Le recours de l'int�ress� au Tribunal administratif de premi�re instance du canton de Gen�ve (ci-apr�s: le Tribunal administratif) a �t� rejet� par jugement du 1er novembre 2013.
Par arr�t du 28 octobre 2014, la Chambre administrative de la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: la Cour de justice) a rejet� le recours interjet� par X.________ contre la d�cision du Tribunal administratif. Elle a jug� en substance qu'il existait un motif de r�vocation de l'autorisation d'�tablissement au sens de l'art. 62 al. 1 let. b LEtr. Elle a consid�r� par ailleurs que l'int�r�t priv� de l'int�ress� � rester en Suisse apparaissait � certains �gards �lev� mais n'�tait pas pr�pond�rant par rapport � l'int�r�t public � son renvoi, au vu notamment de l'extr�me gravit� des faits � l'origine de sa condamnation pour meurtre.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, X.________ demande au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, outre l'effet suspensif, principalement, d'annuler l'arr�t de la Cour de justice du 28 octobre 2014, de dire que son autorisation d'�tablissement est maintenue et de renoncer au renvoi, subsidiairement, de renvoyer la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants, encore plus subsidiairement, de renvoyer la cause � l'autorit� pr�c�dente pour compl�ter la motivation.
La Cour de justice et le D�partement cantonal ont renonc� � formuler des observations. Le Secr�tariat d'Etat aux migrations conclut au rejet du recours.
Par ordonnance du 20 d�cembre 2014, le Pr�sident de la IIe Cour de droit public a octroy� l'effet suspensif au recours.
1.1.�D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Il est recevable contre les d�cisions r�voquant, comme en l'esp�ce, une autorisation d'�tablissement parce qu'il existe en principe un droit au maintien de cette autorisation (ATF 135 II 1 consid. 1.2.1 p. 4; arr�t 2C_789/2014 du 20 f�vrier 2015 consid. 1).
1.2.�Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral examine librement le droit (cf. art. 95 et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Il se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ceux-ci n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire (ATF 138 I 49 consid. 7.1 p. 51) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (cf. art. 105 al. 2 LTF).
Le recourant se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., sous l'angle du d�faut de motivation.
3.1.�L'obligation de motivation, que la jurisprudence a d�duite du droit d'�tre entendu, doit permettre au justiciable de comprendre la d�cision de l'autorit�, d'en saisir la port�e et, le cas �ch�ant, de l'attaquer en connaissance de cause (ATF 138 IV 81 consid. 2.2 p. 84; arr�t 2C_1103/2013 du 26 juillet 2014 consid. 4.2). Pour r�pondre � ces exigences, le juge doit mentionner, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision. Il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � l'examen des questions d�cisives pour l'issue du litige (cf. ATF 138 I 232 consid. 5.1 p. 237; ATF 137 II 266 consid. 3.2 p. 270; arr�t 2C_1103/2013 du 26 juillet 2014 consid. 4.2).
En l'esp�ce, le recourant reproche � la Cour de justice de ne pas avoir motiv� en quoi l'int�r�t public l'emportait sur son int�r�t priv�. Ce grief tombe � faux. La motivation de l'arr�t attaqu� est suffisante au regard des exigences pos�es par la jurisprudence; le recourant pouvait en effet saisir les motifs qui ont guid� l'autorit� et attaquer sa d�cision � bon escient sur cette base. En r�alit�, sous couvert d'une violation du droit � la motivation, le recourant s'en prend � la pes�e des int�r�ts, qu'il juge erron�e, ce qui sera examin� ci-dessous (cf. arr�t 2C_1103/2013 du 26 juillet 2014 consid. 4.2).
Invoquant une violation des art. 97 LTF et 9 Cst., le recourant consid�re que les faits ont �t� �tablis de mani�re arbitraire par l'instance pr�c�dente.
4.1.�Selon l'art. 97 al. 1 LTF, le recours peut critiquer les constatations de fait � la double condition que ceux-ci ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire (cf. ATF 138 I 49 consid. 7.1 p. 51) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF et que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause, ce que la partie recourante doit rendre vraisemblable par une argumentation r�pondant aux exigences des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; arr�t 2C_211/2014 du 4 d�cembre 2014 consid. 2). Sinon, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui qui est contenu dans l'acte attaqu� (cf. art. 105 al. 1 LTF). En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356; arr�t 2C_662/2014 du 25 avril 2015 consid. 3.1).
4.2.�Le recourant reproche d'abord � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir mentionn� la "relation s�rieuse et suivie" qu'il entretiendrait avec une femme franco-suisse depuis six ans, avec laquelle il aurait le projet de se marier, alors que cela "a �t� plaid�" devant la Cour de justice. Le recourant n'a cependant jamais apport� le moindre �l�ment de preuve qui attesterait de l'existence de cette relation, qu'il n'a d'ailleurs pas mentionn�e dans son recours � la Cour de justice, ni lors de son audition devant le Tribunal cantonal. Dans ces conditions, l'on ne saurait retenir que l'autorit� pr�c�dente a arbitrairement omis de retenir cet �l�ment. C'est �galement en vain que le recourant all�gue que ses parents n'auraient pas les ressources n�cessaires pour lui rendre visite au Kosovo "et encore moins pour le soutenir" (m�moire de recours, p. 7). En effet, dans la mesure o� il se borne � pr�senter sa propre version des faits, sans exposer en quoi les conditions de l'art. 97 LTF seraient r�unies, son grief est irrecevable.
4.3.�Le recourant fait encore grief � l'instance pr�c�dente d'avoir retenu qu'il ne s'�tait pas "int�gr� professionnellement de mani�re tr�s pouss�e". Cependant, dans la mesure o� il ressort du dossier que le recourant n'a jamais men� son apprentissage de monteur-�lectricien jusqu'� son terme, l'on ne saurait reprocher � l'instance pr�c�dente d'avoir retenu une int�gration professionnelle limit�e. A cet �gard, il importe peu que le recourant ait �chou� � l'examen th�orique et n'ait pas simplement abandonn� son cursus scolaire, ce que l'instance pr�c�dente ne retient au demeurant pas. C'est �galement en vain que le recourant reproche � l'instance pr�c�dente d'avoir pass� sous silence son "comportement irr�prochable [...] depuis six ans" (m�moire de recours, p. 9). En effet, du moment que le recourant a fait l'objet d'une troisi�me condamnation p�nale en 2013, alors qu'il �tait en libert� provisoire, l'instance pr�c�dente pouvait - sans arbitraire - retenir que l'int�ress� avait un probl�me de respect de l'ordre public.
Dans ces conditions, il n'est pas possible de s'�carter des faits retenus dans l'arr�t attaqu�.
Pour le surplus, dans la mesure o� les critiques du recourant se rapportent � l'appr�ciation juridique des faits pertinents effectu�e par l'instance pr�c�dente, celles-ci seront examin�es ci-apr�s (cf. infra consid. 5).
5.1.�La condamnation du recourant � une peine privative de libert� de sept ans et demi d�passe largement la limite de douze mois � partir de laquelle la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement peut �tre en principe prononc�e en application de l'art. 62 let. b en relation avec l'art. 63 al. 1 let. a LEtr (sur la dur�e de la peine: ATF 135 II 377 consid. 4.2 p. 381), ce, quand bien m�me l'�tranger, comme le recourant, a s�journ� l�galement et sans interruption en Suisse depuis plus de quinze ans (cf. art. 63 al. 2 LEtr). Le recourant ne le conteste d'ailleurs pas.
5.2.�Reste � examiner si le renvoi de Suisse du recourant demeure proportionn� compte tenu de sa situation. A cet �gard, le recourant se plaint d'une violation des art. 8 CEDH, 5 Cst., 63 al. 2 et 96 LEtr. Il reproche essentiellement � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir suffisamment tenu compte de sa situation personnelle.
5.3.�En ce qui concerne l'art. 8 CEDH, le recourant, majeur, c�libataire et sans enfant ne peut pas se pr�valoir du droit au respect de sa vie familiale. En effet, les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 par. 1 CEDH, un droit � une autorisation de police des �trangers sont avant tout les rapports entre �poux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146; arr�t 2C_899/2014 du 3 avril 2015 consid. 3.1). Un �tranger majeur ne peut se pr�valoir d'une telle protection que s'il se trouve dans un �tat de d�pendance particulier par rapport � un parent �tabli en Suisse en raison par exemple d'un handicap (physique ou mental) ou d'une maladie grave (ATF 129 II 11 consid. 2 p. 13 s.; arr�t 2C_251/2015 du 24 mars 2015 consid. 3), ce qui n'est pas le cas en l'esp�ce.
Sous l'angle �troit de la protection de la vie priv�e, l'art. 8 CEDH n'ouvre le droit � une autorisation de s�jour qu'� des conditions restrictives. L'�tranger doit en effet �tablir l'existence de liens sociaux et professionnels sp�cialement intenses avec la Suisse, notablement sup�rieurs � ceux qui r�sultent d'une int�gration ordinaire (cf. ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 p. 286). Le Tribunal f�d�ral n'adopte pas une approche sch�matique qui consisterait � pr�sumer, � partir d'une certaine dur�e de s�jour en Suisse, que l'�tranger y est enracin� et dispose de ce fait d'un droit de pr�sence dans notre pays. Il proc�de bien plut�t � une pes�e des int�r�ts, en consid�rant la dur�e du s�jour en Suisse comme un �l�ment parmi d'autres (cf. ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 p. 286; arr�t 2C_831/2014 du 4 mars 2015 consid. 5.2). Il est douteux que l'int�ress� puisse se pr�valoir de cette disposition en l'esp�ce. Cette question peut toutefois demeurer ind�cise, dans la mesure o�, � supposer qu'il puisse se pr�valoir d'un droit d�coulant de l'art. 8 par. 1 CEDH, il convient de toute fa�on de proc�der � une pes�e des int�r�ts en application de l'art. 8 par. 2 CEDH, dont l'examen se confond avec celui impos� par l'art. 96 LEtr (arr�t 2C_401/2012 du 18 septembre 2012 consid. 4.1).
5.4.�La question de la proportionnalit� d'une r�vocation d'autorisation doit �tre tranch�e au regard de toutes les circonstances du cas d'esp�ce, les crit�res d�terminants se rapportant notamment � la gravit� de l'infraction, � la culpabilit� de l'auteur, au temps �coul� depuis l'infraction, au comportement de l'auteur pendant cette p�riode, au degr� de son int�gration et � la dur�e de son s�jour ant�rieur, ainsi qu'aux inconv�nients qui le menacent, lui et sa famille, en cas de r�vocation (cf. ATF 139 I 145 consid. 2.4 p. 149; ATF 139 I 31 consid. 2.3.1 p. 33; ATF 139 I 16 consid. 2.2.1 p. 19; arr�t 2C_1103/2013 du 26 juillet 2014 consid. 5.3). Quand la mesure de r�vocation est prononc�e en raison de la commission d'une infraction, la peine inflig�e par le juge p�nal est le premier crit�re � utiliser pour �valuer la gravit� de la faute et pour proc�der � la pes�e des int�r�ts en pr�sence. Lors d'infractions p�nales graves, il existe, sous r�serve de liens personnels ou familiaux pr�pond�rants, un int�r�t public digne de protection � mettre fin au s�jour d'un �tranger afin de pr�server l'ordre public et � pr�venir de nouveaux actes d�lictueux, le droit des �trangers n'exigeant pas que le public demeure expos� � un risque m�me faible de nouvelles atteintes � des biens juridiques importants (ATF 139 I 16 consid. 2.2.1 p. 20; ATF 139 I 31 consid. 2.3.2 p. 31; arr�t 2C_1103/2013 du 26 juillet 2014 consid. 5.3).
La dur�e de pr�sence en Suisse d'un �tranger constitue un autre crit�re tr�s important. Plus cette dur�e est longue, plus les conditions pour prononcer l'expulsion administrative doivent �tre appr�ci�es restrictivement (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5 p. 382 s.; arr�t 2C_789/2014 du 20 f�vrier 2015 consid. 5.3). La r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui s�journe depuis longtemps en Suisse doit se faire avec une retenue particuli�re, mais n'est pas exclue en cas d'infractions graves ou r�p�t�es m�me dans le cas d'un �tranger n� en Suisse et qui y a pass� l'entier de sa vie (ATF 139 I 31 consid. 2.3.1 p. 33; arr�t 2C_459/2013 du 21 octobre 2013 consid. 3.2 et les r�f�rences cit�es; cf. aussi arr�t de la Cour europ�enne des droits de l'homme [ci-apr�s: CourEDH]�
Trabelsi c. Allemagne�du 13 octobre 2011).
5.5.�En l'occurrence, dans la pes�e des int�r�ts, l'instance pr�c�dente s'est essentiellement fond�e sur l'extr�me gravit� de l'infraction principale commise par le recourant - � savoir un meurtre - ainsi que sur la peine particuli�rement lourde de sept ans et demi � laquelle l'int�ress� a �t� condamn�. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, la Cour de justice a �galement tenu compte du fait que l'int�ress� �tait jeune majeur au moment des faits et que presque dix ans s'�taient �coul�s depuis la commission de l'infraction. Elle a cependant relev� que l'agression � laquelle le recourant s'�tait livr�e �tait "presque gratuite", la Cour d'assises ayant par ailleurs retenu une faute tr�s lourde du recourant. En outre, en sus de cette lourde condamnation � sept ans et demi pour une infraction extr�mement grave, le recourant a fait l'objet de deux autres condamnations p�nales durant son s�jour en Suisse. A cet �gard, l'instance pr�c�dente a relev� que la premi�re condamnation avait �t� prononc�e un mois seulement avant que le recourant ne commette le meurtre. Le recourant a ensuite �t� condamn� par ordonnance p�nale du 18 juin 2013 � une peine p�cuniaire de trente jours-amende avec sursis pendant trois ans et � une amende de 150 fr.- pour violation simple des r�gles de la circulation routi�re. Les faits qui ont donn� lieu � cette condamnation se sont d�roul�s en juin 2013, alors que l'int�ress� �tait au b�n�fice du r�gime de la semi-libert�. Le recourant est d�s lors mal venu de reprocher � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir tenu compte de son "comportement irr�prochable" depuis six ans. En outre, comme le rel�ve � juste titre l'instance pr�c�dente, m�me si cette troisi�me condamnation p�nale ne concerne pas un probl�me de violence, elle met en lumi�re un probl�me de respect de l'ordre public.
Le recourant reproche � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir tenu compte du risque de r�cidive peu �lev�. Il ressort de l'arr�t attaqu� que l'expert entendu par la Cour d'assises n'a pas exclu un risque de r�cidive - ce que le recourant ne conteste d'ailleurs pas. Or, comme relev� pr�c�demment (cf. supra consid. 5.4), la jurisprudence en mati�re de droit des �trangers consid�re que lors d'infractions p�nales graves - comme c'est manifestement le cas en l'esp�ce - m�me un risque faible de r�cidive n'a pas � �tre tol�r�, sous r�serve de liens personnels ou familiaux pr�pond�rants.
5.6.�S'agissant de l'int�r�t priv� du recourant � demeurer en Suisse, il est �tabli que celui-ci est arriv� en Suisse � l'�ge de sept ans et y s�journe depuis presque 21 ans. Il a effectu� toute sa scolarit� obligatoire en Suisse, pays dans lequel vivent actuellement ses parents ainsi que sa soeur et son fr�re a�n�s. Comme le rel�ve � juste titre l'instance pr�c�dente, la longue dur�e de vie du recourant en Suisse le lie � l'�vidence de mani�re intense avec la Suisse, ce d'autant plus qu'il y a pass� son enfance, toute son adolescence ainsi que le d�but de son �ge adulte. Cette dur�e doit n�anmoins �tre quelque peu relativis�e, du moment qu'il a s�journ� en prison pendant plusieurs ann�es (cf. arr�ts 2C_977/2012 du 15 mars 2013 consid. 3.6 et 2C_857/2011 du 24 janvier 2012 consid. 2.4).
S'agissant de l'int�gration professionnelle du recourant, comme relev� pr�c�demment, celle-ci n'est pas tr�s pouss�e, l'int�ress� n'ayant jamais achev� la formation de monteur-�lectricien, m�me s'il ressort qu'il travaille dans ce domaine, ce qu'il pourra, le cas �ch�ant, continuer � faire au Kosovo. Le recourant reproche � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir suffisamment tenu compte de la solidit� de ses liens sociaux et familiaux avec la Suisse. A cet �gard, il estime en particulier que c'est � tort que la Cour de justice n'a pas mentionn� le rapport du Dr Z.________ selon lequel la famille du recourant joue un r�le d�cisif dans sa vie, "a fortiori compte tenu de son jeune �ge." Force est cependant de constater qu'au moment de l'arr�t attaqu�, le recourant �tait �g� de 27 ans, de sorte que l'on ne saurait reprocher � l'instance pr�c�dente d'avoir arbitrairement omis de mentionner son "jeune �ge". Pour le surplus, il y a lieu de relever que le recourant est c�libataire et sans enfant. Il pourra d�s lors maintenir un contact r�gulier avec ses proches par des visites et par les moyens de communication modernes.
En outre, si le retour du recourant au Kosovo risque, dans un premier temps, d'�tre difficile, une adaptation ne para�t pas d'embl�e insurmontable. Il ressort d'ailleurs du dossier que le recourant s'est d�j� rendu � plusieurs reprises au Kosovo, notamment pour rendre visite � sa grand-m�re. Compte tenu de l'�ge de l'int�ress�, qui est en bonne sant�, et de son exp�rience professionnelle acquise en Suisse, il devra lui �tre possible de s'y int�grer.
Il convient enfin de relever que l'arr�t 2C_98/2009 du 10 juin 2009 - dans lequel le Tribunal f�d�ral a admis le recours d'un ressortissant kosovare n� en Suisse - et l'arr�t de la Cour europ�enne des droits de l'homme dans la cause�
Maslov c. Autriche,�invoqu�s en d�tail par le recourant ne sauraient lui �tre d'aucun secours, �tant donn� qu'ils visent un �tat de fait notablement diff�rent. En effet, dans l'arr�t 2C_98/2009, les infractions � l'origine de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement avaient �t� commises par le recourant alors qu'il �tait encore mineur et la peine la plus s�v�re prononc�e � son �gard �tait de dix mois de privation de libert�, dont six mois fermes (cf. arr�t 2C_98/2009 du 10 juin 2009 consid. 2.4). Le recourant ne peut rien tirer non plus de l'arr�t�
Maslov c. Autriche, dans la mesure o� l'�tat de fait n'est pas non plus comparable au cas d'esp�ce, puisqu'il concernait le s�jour d'un requ�rant, qui avait commis des infractions pendant sa minorit� et o� la Cour a retenu qu'il fallait prendre en compte l'int�r�t sup�rieur de l'enfant lorsque des infractions avaient lieu durant cette p�riode de la vie (cf. arr�t de la CourEDH�
Maslov contre Autriche�du 23 juin 2008, n� 1638/03, � 82; cf. arr�t 2C_831/2014 du 4 mars 2015 consid. 5.3).
5.7.�Il r�sulte de ce qui pr�c�de qu'en d�pit de la dur�e du s�jour du recourant en Suisse et de la possible difficult� d'int�gration de l'int�ress� dans son pays d'origine, l'extr�me gravit� de ses actes et la lourde peine privative de libert� inflig�e au recourant - qui est majeur, en bonne sant�, c�libataire et sans enfant - l'emportent sur son int�r�t priv� � rester en Suisse. Dans ces conditions, la Cour de justice n'a pas viol� le droit f�d�ral en confirmant la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement du recourant.
Succombant, le recourant doit supporter les frais judiciaires (cf. art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas allou� de d�pens (cf. art. 68 al. 3 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire du recourant, au D�partement de la s�curit� et de l'�conomie, � l'Office cantonal de la population et des migrations et � la Cour de justice de la R�publique et canton de Gen�ve, Chambre administrative, 1�re section, ainsi qu'au Secr�tariat d'Etat aux migrations.