Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001229-220974
Timestamp: 2016-12-09 23:14:00+00:00
Document Index: 305703997

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", "l'article 3", "l'article 6", 'art. 3', 'art. 8', 'art. 6', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 29 décembre 2000, 220974
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 220974Numéro NOR : CETATEXT000008073180 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-29;220974 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 12 mai 2000, présentée par M. Nirmalakumar X..., demeurant chez M. Y..., 11, place des Mouettes à Garges-les-Gonesse (95140) ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 22 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 15 mars 2000 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ... 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ..." ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité sri-lankaise s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 19 mai 1998 , de la décision du préfet du Val-d'Oise du 11 mai 1998, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si M. X..., âgé de 36 ans, entré en France en 1991, fait valoir qu'une partie de sa famille a obtenu l'asile politique et réside en France, qu'il n'a plus d'attaches dans son pays et qu'il vit maritalement avec une compatriote avec laquelle il s'est marié religieusement en 1997 et dont il a un enfant né en France, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. X... et de son épouse en France, elle aussi en situation irrégulière, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 15 mars 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que si à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination de la reconduite, M. X... fait valoir, qu'il courrait des risques graves en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte à l'appui de ses allégations aucune précision ni justification ; que, d'ailleurs sa demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 9 avril 1992 et par la commission des recours desréfugiés le 3 septembre 1992 et que la demande de réouverture de son dossier a été adressée à l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 mars 2000, soit postérieurement à la décision attaquée ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué , le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ;
Considérant qu'aux termes de l'article 6-1 de la loi du 16 juillet 1980 : " Lorsqu'il règle un litige au fond par une décision qui implique nécessairement une mesure d'exécution dans un sens déterminé , le Conseil d'Etat , saisi de conclusions en ce sens , prescrit cette mesure et peut assortir sa décision d'une astreinte" ;
Considérant que la présente décision qui rejette la requête de M. X... n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour ne sont, dés lors, pas recevables ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Nirmalakumar X..., au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-03-15Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Loi 80-539 1980-07-16 art. 6-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 29 décembre 2000, n° 220974Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FaureRapporteur public : Mme MaugüéOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 29/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page