Source: https://resuscitation.be/fr/directives/
Timestamp: 2018-09-23 03:24:42+00:00
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Directives de réanimation 2010 - Resuscitation
Le présent résumé décrit les algorithmes de traitement essentiels concernant la réanimation des enfants et des adultes ainsi que les principales modifications apportées aux Directives depuis 2010. Des recommandations détaillées sont proposées dans chacune des dix sections, apparaissant sous forme d'articles individuels dans le cadre de cette édition. Les Directives ERC 2015 comportent les sections suivantes :
Les Directives ERC 2015 soulignent l'importance cruciale des interactions entre l’opérateur du centre de secours 112, le témoin procédant à la RCP et l'utilisation à temps d'un DEA. Une réponse collective, à la fois coordonnée et efficace, réunissant tous ces aspects, est primordiale afin d'améliorer la survie dans le cas d'un
Figure 1.1 Interaction entre l'opérateur du centre de secours 112, le témoin et le DEA
L’opérateur du centre de secours 112 joue un rôle important dans l'établissement du diagnostic rapide d'un arrêt cardiaque, la réalisation d'une RCP avec l'aide de l’opérateur du centre de secours 112 (également appelée Phone CPR), la localisation et l'utilisation d'un DEA.
Une défibrillation dans les 3 à 5 minutes après le collapsus permet d'obtenir des taux de survie de 50 à 70 %. Toute personne pratiquant une RCP peut procéder à une défibrillation précoce en utilisant les DEA publics et disponibles. Il conviendrait de mettre activement en place des programmes d'accès public à la défibrillation dans les espaces publics très fréquentés.
Tout corps étranger entraînant une obstruction sévère des voies respiratoires constitue une urgence médicale qui doit être traitée immédiatement, soit en percutant le dos, soit, en cas d'échec de celles-ci, en pratiquant des compressions abdominales. Si la victime ne réagit plus, il conviendra de commencer immédiatement une RCP et d'appeler à l'aide.
Un haut degré de suspicion clinique et un traitement aussi bien rapide qu'efficace, peuvent prévenir la survenue d'un arrêt cardiaque lié à des anomalies des électrolytes. Le nouvel algorithme propose des directives cliniques pour le traitement d'urgence de l’hyperkaliémie mettant en jeu le pronostic vital.
Cette section propose des recommandations concernant le traitement d'arrêts cardiaques intervenant dans des endroits particuliers. Ceux-ci peuvent être des établissements de soins spécialisés (par ex. bloc opératoire, chirurgie cardiaque, laboratoire de cathétérisme, service de dialyse, chirurgie dentaire), des avions commerciaux ou des aéronefs sanitaires, un terrain de jeu, un site en plein air (par ex. noyade, terrain accidenté, haute altitude, ensevelissement sous avalanche, foudre et blessures d'origine électrique) ou bien un site avec de nombreuses victimes.
Lors d’une chirurgie cardiaque majeure, la clé d'une réanimation réussie est la prise de conscience immédiate qu'une sternotomie en urgence, particulièrement dans un contexte de tamponnade ou d'hémorragie, lorsque les compressions thoraciques externes risquent d'être inefficaces.
Tout arrêt cardiaque associé à des rythmes choquables (fibrillation ventriculaire [FV] ou tachycardie ventriculaire sans pouls [TVsP]) survenant lors d'un cathétérisme cardiaque devrait immédiatement être traité en administrant jusqu’à trois chocs successifs avant de commencer les compressions thoraciques. Il est recommandé d'utiliser des dispositifs mécaniques de compression thoracique pendant une angiographie afin d'assurer des compressions thoraciques de haute qualité et de réduire l’irradiation du personnel dans cette situation.
L'évanouissement brutal et inopiné d'un sportif sur le terrain est probablement d'origine cardiaque. Une intervention rapide et une défibrillation précoce sont donc nécessaires.
Une nouvelle section a été ajoutée concernant la rééducation de patients ayant survécu à un arrêt cardiaque. Elle inclut des recommandations portant sur l'organisation systématique d'un suivi, lequel devrait prévoir le dépistage d'éventuels troubles émotionnels et l'information du patient.
Il convient d'empêcher l'apparition de la fièvre chez les enfants qui présentent un retour à la circulation spontanée (RACS) en extra-hospitalier.
Aide à la transition : il convient de reconnaître la situation particulière d'un nouveau-né, lequel requière rarement une réanimation, mais qui parfois, a besoin d'une aide médicale lors du processus de transition à la naissance. Le terme « aide à la transition » a été introduit afin de mieux faire la distinction entre les interventions nécessaires pour rétablir les fonctions vitales (réanimation) et les mesures d'aide à la transition au moment de la naissance.
Clampage du cordon ombilical pour les nouveau-nés qui vont bien, qu'ils soient nés à terme ou non, un délai pour le clampage du cordon ombilical d'au moins 1 minute, à partir de l'expulsion complète du nouveau-né, est maintenant recommandé. À l’heure actuelle, il n’y a pas suffisamment de preuves, pour recommander un délai précis de clampage du cordon ombilical chez les nouveau-nés qui requièrent une réanimation à la naissance.
Température la température des nouveau-nés sans signes d’asphyxie devra être maintenue entre 36,5 et 37,5°C après la naissance. L'importance de ce paramètre a été soulignée et renforcée, compte tenu de sa forte association avec la mortalité et la morbidité. La température à l'admission devra être enregistrée en tant que prédicteur d'évolution et indice de qualité.
Maintien de la température : à un âge gestationnel < à 32 semaines, il peut être nécessaire de combiner plusieurs interventions après la naissance durant l'admission et la stabilisation, en plus du maintien de la température entre 36,5 et 37,5°C ; à savoir, l’utilisation de gaz respiratoires chauffés et humidifiés, l’augmentation de la température de la chambre avec un emballage du corps et de la tête sous plastique et l’utilisation d'un matelas chauffant, ou comme alternative, l’utilisation d'un matelas thermique uniquement. Toutes ces pratiques se sont avérées efficaces pour réduire l'hypothermie.
Évaluation optimale de la fréquence cardiaque : il est suggéré d'utiliser l'ECG chez les nouveau-nés nécessitant une réanimation afin d'obtenir une estimation rapide et précise de la fréquence cardiaque.
Méconium: l'intubation trachéale ne devra pas être systématique en présence de méconium. Cette pratique ne devra être exécutée qu'en cas de suspicion d'obstruction trachéale. Il conviendra de mettre en œuvre une ventilation au cours de la première minute de vie du nourrisson en arrêt respiratoire ou ne respirant pas efficacement ; cette procédure ne devra pas être retardée.
Air / oxygène : chez les enfants nés à terme, il est recommandé de débuter l'assistance respiratoire à l'air ambiant. Pour les prématurés, il convient d'utiliser initialement soit de l'air, soit une faible concentration en oxygène (jusqu'à 30 %). Si, malgré une ventilation efficace, l'oxygénation (idéalement mesurée par oxymétrie de pouls) demeure insuffisante, l'utilisation d'une concentration en oxygène plus élevée doit être envisagée.
L'activation, dés la phase pré-hospitalière du protocole STEMI en laboratoire de cathétérisme permet non seulement de réduire les délais de traitement mais aussi la mortalité des patients.
Une régulation primaire et l'admission de la victime d'un d'un STEMI dns un centre capable de réaliser une ICP est préférable à une fibrinolyse pré-hospitalière, dans les régions où ces installations sont disponibles.
Les patients se présentant spontanément aux urgences d'un hôpital où une ICP n'est pas possible, et chez qui un STEMI est diagnostiqué, devraient être immédiatement transférés vers un centre compétent, à condition que l'ICP puisse être pratiquée dans un délai maximal de 120 minutes (60 à 90 minutes pour les patients s'étant présentés précocement et pour les infarctus étendus). Dans le cas contraire, les patients devraient bénéficier d' une fibrinolyse et être transférés vers un centre pouvant pratiquer une ICP.
Les patients traités par fibrinolyse au service des urgences d'un centre ne pouvant pas pratiquer une ICP devraient, si possible, être transférés pour une angiographie de routine précoce (endéans 3 à 24 heures après la fibrinolyse). Il ne faut pas attendre une ischémie avérée pour transférer ces patients.
Les dispositifs de feedback pour la RCP permettent d'améliorer la fréquence des compressions, leur profondeur, le relâchement et la position des mains. Les dispositifs sonores améliorent uniquement la fréquence des compressions. Ils peuvent avoir un effet néfaste sur la profondeur des compressions, en incitant les intervenants à se focaliser sur la fréquence.
Les bassins de soins intégrant des centres de réanimation spécifiques sont à privilégier, car ceux-ci sont associés à une meilleure survie et à une meilleure issue neurologique chez les victimes d'arrêt circulatoire cardiaque extra-hospitalier.
« It takes a system to save a life » (Il faut tout un système pour sauver une vie). Les systèmes de santé prenant en charge des patients en arrêt cardiaque (ex. Aide Médicale Urgente, centres de réanimation spécifiques) devraient évaluer leurs fonctionnements afin de l'optimiser et garantir le meilleurs taux de survie possibles.
Manuels ERC-BRC