Source: http://www.securiteconso.org/avis-relatif-a-la-securite-des-lampes-a-lumiere-pulsee-utilisees-pour-lepilation/
Timestamp: 2016-07-29 13:59:40+00:00
Document Index: 171612934

Matched Legal Cases: ['CSC ', 'CSC ', 'arrêt ', 'CSC ', '§ 201', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'CSC ', 'CSC ']

Avis relatif à la sécurité des lampes à lumière pulsée utilisées pour l'épilation - Commission de la sécurité des consommateurs > ALERTER LA COMMISSION
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Avis relatif à la sécurité des lampes à lumière pulsée utilisées pour l’épilation
Avis adopté en juillet 2014 Télécharger l’avis (pdf)
VU le code de la consommation, notamment ses articles L. 534‑4 à L. 534-6 et L. 534-8 à L 534-10 et R. 534-5 à R 534-8, R. 534-10 et R. 534-13 à R. 534-17
VU la requête n° 12-047
Considérant que, I. l’auto-saisine
Conformément à l’article L. 534-6, alinéa 2 du code de la consommation la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) s’est saisie d’office des problèmes de sécurité posés par la conception, le fonctionnement et l’utilisation des lampes à lumière pulsée plus communément appelées « lampe flash » ou IPL (intense pulsed light) utilisées pour l’épilation. En dehors de la technique traditionnelle du rasage, différents appareils et produits sont utilisés en vue d’une non repousse durable des poils. On peut les ranger en deux catégories :
− les appareils ou produits qui permettent d’arracher le poil de sa gaine: pinces, cires, épilateurs électriques ;
− les appareils ou produits qui permettent de supprimer les poils en les faisant tomber ou en les brûlant, avec destruction ou non du bulbe nourricier: crèmes dépilatoires, épilateurs lasers ou à lumière pulsée[1].
Jusqu’à une période récente, en l’absence d’appareils destinés au grand public, les consommateurs étaient contraints d’utiliser exclusivement les services d’un professionnel pour effectuer des actes d’épilation à l’aide de lumière pulsée sur leur personne. Les auditions menées dans le cadre du présent rapport et l’étude du marché de l’épilation ont permis d’identifier une multiplicité d’intervenants dans l’offre de services. On peut citer, sans que la liste soit exhaustive, des médecins, des esthéticien(ne)s, des infirmiers, des masseurs kinésithérapeutes, des coiffeurs, des pharmaciens, des exploitants de salles de remise en forme mais aussi des auto-entrepreneurs et des franchisés dans le domaine de l’esthétique. Le paradoxe est que parmi tous ces intervenants et selon une règle de droit inchangée depuis 1962, les médecins sont les seules personnes autorisées à utiliser les appareils à lumière pulsée en vue de l’épilation.
Dans un avis du 13 juin 2001 relatif à l’utilisation des appareils à laser et autres sources de rayonnement dans le domaine de l’esthétique et, en fonction des connaissances de l’époque, la CSC avait recommandé une possible introduction d’applications à lumière pulsée dans les instituts d’esthétique en recommandant de distinguer les applications qui seraient exclusivement réservées au corps médical de celles qui pourraient faire l’objet d’une délégation à des personnels non médecins. Au cas où des applications pourraient être conduites sans danger en institut d’esthétique hors de toute présence médicale, ces applications et le type de matériel auraient pu faire l’objet, selon la Commission, d’un texte réglementaire précis et mis à jour régulièrement.
Il convenait également, selon la CSC, d’exiger de la part des personnes mettant en œuvre les techniques utilisant les lasers et les lampes flash des connaissances suffisantes qui pourraient être prodiguées dans le cadre d’une formation faisant l’objet d’une réglementation.
Treize ans après la parution de cet avis, les conditions posées par la CSC pour étendre l’utilisation des appareils à lumière pulsée sont-elles réunies ? Ainsi, quel est l’état des connaissances sur les effets des rayonnements émanant de ces appareils sur le corps humain ? De quel niveau de qualification et de formation les praticiens non médecins disposent-ils pour utiliser ces appareils ?
Aujourd’hui, ce débat a quelque peu changé de nature et, comme on le verra, il est loin d’être clos. En effet, depuis quelques années, sont apparus sur le marché des appareils à lumière pulsée permettant aux consommateurs d’effectuer des actes d’épilation en toute autonomie sans l’intervention d’un professionnel. Ces appareils sont en vente libre et leur utilisation se développe auprès du grand public en raison de prix plus attractifs et de fonctionnalités nouvelles inspirées des appareils professionnels.
La diffusion de masse des appareils à lumière pulsée sans médiation soulève des interrogations auxquelles le présent rapport a accordé une priorité. Les questions les plus immédiates sont celles-ci : ces appareils présentent-ils des garanties de sécurité dans le cadre d’une utilisation domestique qui peut être très répétitive ? La quête de l’efficacité ne peut-elle pas conduire à concevoir des appareils aussi puissants que ceux utilisés par les professionnels ? C’est la raison pour laquelle le rapporteur a demandé au Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) « de caractériser » par des mesures physiques un échantillon représentatif de produits vendus sur le marché ainsi que leurs accessoires (lunettes de protection et gels).
II. les auditions
Conformément à l’article L. 539-9 du code de la consommation, le rapporteur, assisté des conseillers techniques, a procédé aux auditions de représentants :
− de la Direction générale de la santé (DGS) ;
− de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ;
− du Syndicat des dermatologues-vénérologues (SNDV) ;
− d’instances représentatives de la filière « esthétique/beauté » : Confédération nationale artisanale des instituts de beauté (CNAIB) et Confédération nationale de l’esthétique et de la parfumerie (CNEP) ;
− de fabricants d’épilateurs à lumière pulsée : sociétés EUROFEEDBACK, DERMEO, E’ONE, PHILIPS, ELECTROPEM ;
− d’enseignes d’épilation franchisées : sociétés RADICAL EPIL et DEPIL TECH ;
− ainsi que de personnalités scientifiques, spécialiste des technologies laser et à lumière pulsée : M. Serge MORDON, directeur de recherche à l’INSERM et Mme Evelyne SAGE, directeur de recherche au CNRS et présidente de la société européenne de photobiologie.
Par ailleurs, une réunion de travail s’est tenue avec les représentants de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).
III. LE POIL ET l’EPILATION
Les poils recouvrent toute la surface du corps humain à l’exception des muqueuses, des plantes de pied et des paumes de main.
On distingue deux types de poils : les terminaux, longs de quelques millimètres à plusieurs centimètres qui regroupent les cheveux, les cils, les sourcils et les gros poils du corps, et les duvets qui se caractérisent par leur finesse et leur faible pigmentation. Au total entre 500 000 et 5 millions de poils recouvrent le corps.
Le follicule pileux est en relation avec une ou plusieurs glandes sébacées et avec un petit muscle lisse, muscle arrecteur ou horripilateur.
Ce muscle permet au poil de se dresser dans diverses situations, par exemple l’effet de “chair de poule” lorsque la température de l’organisme diminue. Une horripilation est possible face à divers stress, comme la peur.
Dans un contexte d’éradication du poil son rôle protecteur est souvent négligé.
Les poils conservent plus longtemps la sueur, ce qui ralentit l’évaporation, prévient la déshydratation et permet un refroidissement plus efficace. Les poils permettent de retenir le peu d’humidité présente pour maintenir une température convenable et éviter ainsi au corps un besoin important de transpiration. Ils sont importants pour la sensibilité de la peau. Ils détectent rapidement les variations de température et permettent de réagir, par exemple : le réflexe de recul face à une source de chaleur (il arrive que les poils soient brûlés mais pas la peau), le frisson quand le corps ressent le froid.
Ils adoucissent également la peau. Chaque poil est relié à une ou plusieurs glandes sébacées produisant le sébum qui lubrifie et assouplit la peau. Sur les jambes l’absence de poils favorise une certaine sécheresse cutanée, un appauvrissement du film hydrolipidique et nécessite une hydratation compensatrice.
Une épilation irrite la peau et une épilation définitive en diminue la sensibilité. Les personnes entièrement épilées sont moins sensibles aux changements de température dans leur environnement.
Les premières traces d’épilation datent de plusieurs millénaires. Des outils ressemblant à des pinces à épiler ont été mis à jour dans des sépultures préhistoriques.
En Mésopotamie, on enlevait les poils en frictionnant la peau avec du vinaigre. Une autre technique était d’appliquer des chaufferettes qui favorisaient la pénétration d’acide et faisaient tomber le poil.
En Grèce et en Égypte, des pommades à base d’arsenic et de plomb étaient utilisées. A Rome, la fréquentation des thermes se terminait par l’épilation et le massage.
Au Moyen-Age, une cire naturelle est utilisée qui donnera naissance à d’autres méthodes proches des cires actuelles.
La méthode d’épilation au fil, de soie de préférence, destinée aux travaux de précision, vient de l’Orient.
De la Renaissance jusqu’à la fin du XIXème, certaines pratiques en usage utilisent du sang de chauve-souris, de grenouille, de la chaux vive ou de l’arsenic.
Un marché de l’épilation avec ses différents acteurs : fabricants de produits et d’appareils d’épilation, publicité, média, commerces de beauté et bien être a pris naissance au début du XXème siècle. L’épilation devient alors scientifique et la publicité vante des méthodes et des produits dépilatoires qui sont classés dans la rubrique « produits de parfumerie pour l’hygiène »[2]. Le public visé est féminin.
Les publicités pour l’épilation des aisselles apparaissent dans les années 20, période où nait la mode des robes sans manches. Avec l’arrivée des jupes courtes puis du maillot de bain, du bikini et de la mode du bronzage, le dénuement s’amplifie et les parties du corps à épiler sont de plus en plus importantes.
Dans les années 50, la publicité de la nouvelle crème dépilatoire Taky mentionne « qu’un épiderme net est le souci de la femme élégante et soignée ». Le poil est alors stigmatisé et considéré comme disgracieux, contraire à l’hygiène et à l’esthétique. Le poil est considéré comme indésirable, sa présence est un signe de négligence et de laisser aller.
La pratique de l’épilation devient alors un devoir social par souci d’être dans la norme. Cette peur d’être l’objet de rejet touche toutes les femmes et particulièrement les jeunes filles qui voient apparaître la pilosité à l’adolescence et ont grand besoin d’identification au groupe.
Chez les sportifs, dans des pratiques telles que le cyclisme, le tennis, la lutte ou la natation l’épilation est très répandue. Cette pratique se constatait déjà dans la Grèce antique.
Avec ces méthodes et injonctions intimidantes et culpabilisantes le diktat « du lisse » a triomphé. De plus en plus prégnant depuis les années 90, il touche maintenant également les hommes.
L’industrie épilatoire est de plus en plus florissante, dynamique, créative : produits et appareils pour auto-épilation, instituts de beauté, spas, bars à sourcils, hammams, centres d’épilation à bas coût.
Dans les magazines « l’art dépilatoire » fait régulièrement l’objet d’un « dossier spécial » avec présentation des dernières tendances et techniques. Toutes ces informations sont également disponibles sur internet avec les sites de beauté spécialisés dans l’épilation, les sites des marques, les blogs, forums.
IV. LE PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA photo-EPILATION
La photo-épilation[3] que ce soit par lumière pulsée ou par laser repose sur le principe de l’absorption sélective de la lumière par les pigments du poil, tels que la mélanine, conduisant à la destruction thermique du bulbe du poil. La mélanine est responsable de la pigmentation des poils et de la peau. Plus le poil est foncé plus il contient de mélanine[4].
Dans le cas de la lumière pulsée, des flashs de lumière de haute intensité sont produits par une lampe au xénon. Contrairement aux rayonnements émis par un épilateur laser qui sont caractérisés par une longueur d’onde fixe et sont dirigés « poil par poil », les flashs émis par un appareil à lumière pulsée couvrent une large gamme de longueurs d’ondes (entre 300 et 1000 nm) dans le champ des ultraviolets, de la lumière visible, jusqu’à l’infrarouge et sont dirigés vers une zone pouvant couvrir un champ pileux de plusieurs cm2 délimitée par la fenêtre de l’appareil.
Un filtre optique placé entre la lampe au xénon et la peau permet de couper les longueurs d’onde émises par la lampe au xénon dans le domaine de l’ultraviolet et de la lumière violette (< 400 nm), afin de réduire les risques d’érythème, tout en permettant la thermolyse du poil, la mélanine absorbant à des longueurs d’onde supérieures. Il existe sur le marché deux types de filtres[5] équipant les appareils vendus aux professionnels ou au grand public :
− les filtres à traitement multicouche ;
− les filtres teintés dans la masse.
La mélanine ciblée par la lumière pulsée est également un pigment de la peau, plus la peau est foncée et plus elle possède de mélanine de sorte qu’il y a moins de contraste entre la mélanine de la peau et celle du poil. La lumière pulsée ne faisant pas de différence entre le pigment du poil et celui de la peau, elle provoquera une action thermique au niveau de l’épiderme riche en pigment mélanique et la peau, ce qui pourra se traduire par une brûlure. Une classification dite de « Fitzpatrick », du nom du médecin qui l’a établie en 1976, sert de référence aux professionnels et figure dans la plupart des notices d’emploi des produits destinés au grand public. Elle classe les individus en six catégories selon leurs couleurs de peau, la couleur de leurs cheveux et de leurs poils et décrit la réaction de leur peau au soleil et au bronzage. Les six phototypes correspondent aux caractéristiques suivantes :
− phototype 1 : ne bronze pas. Peau très claire, taches de rousseur, cheveux roux ou blonds ;
− phototype 2 : bronze difficilement (coups de soleil). Peau très claire, cheveux blonds ou châtains, taches de rousseur au soleil, yeux clairs ;
− phototype 3 : coups de soleil, bronze progressivement. Peau claire, cheveux blonds ou châtains ;
− phototype 4 : peu de coups de soleil, bronze bien. Peau mate, cheveux châtains ou bruns, yeux foncés ;
− phototype 5 : rares coups de soleil, bronze facilement. Peau foncée, yeux foncés ;
− phototype 6 : peau foncée, absence de coups de soleil. Peau noire.
Ainsi, les phototypes 5 et 6 ne sont pas adaptés à la photo-épilation à la lumière pulsée.
La quantité d’énergie délivrée par l’appareil ou « fluence » se mesure en joule par unité de surface exprimée en cm² (J/cm²). Les produits du commerce vendus aux particuliers ont en général des fluences en moyenne inférieures ou égales à 10 J/cm². L’énergie lumineuse équipant les machines utilisées par les esthéticiennes en vue de l’épilation peut atteindre 150 joules sur une surface de 7,5 cm2 (surface du conduit optique)soit une fluence de 20 J/cm2. Cette limite de 20 J/cm2 qui bride les machines destinées aux esthéticiennes a été « adoptée » par de nombreux fabricants. Les machines utilisées par les médecins sont programmées jusqu’à une fluence de 32 J/cm2.
Quand le poil absorbe la lumière, il se produit un échauffement de la mélanine. Sur les appareils destinés aux professionnels la température dans la racine pileuse peut atteindre 70°C, voire 100°C[6]. C’est à ce seuil de température que se produit un effet de thermolyse qui détruit le bulbe du poil et qui a pour effet de faire tomber les poils. Pour que l’opération soit efficace, elle doit être faite durant la phase de pousse du poil (anagène)[7], quand le poil produit beaucoup de mélanine. Comme, en moyenne, seulement 20 % des poils sont en anagène à un instant donné, plusieurs séances sont nécessaires pour obtenir une épilation tangible.
La durée du rayonnement lumineux ou « durée d’impulsion » qui s’exprime en milliseconde (ms) est déterminante pour élever la température de la mélanine. Toutefois, l’objectif est d’échauffer le follicule pileux sans échauffer l’épiderme ce qui peut être le cas à la suite d’impulsions trop longues. Certains appareils destinés aux professionnels sont dotés d’un mode “multipulsé” ou “train de pulses” qui permet de découper les flashs en plusieurs micro-impulsions. Chaque micro-impulsion (de 2 à 5 ms) échauffe le follicule tandis que l’intervalle entre deux micro-impulsions (de 15 à 50 ms) est un instant de répit donné à la peau pour évacuer la chaleur. On appelle temps de relaxation thermique le temps que met la peau à dissiper la chaleur à laquelle elle est soumise (de 1 à 10 ms). Les poils sont détruits efficacement avec une durée totale d’impulsion d’environ 30 ms.
Pour refroidir la lampe, les appareils sont dotés soit de systèmes de refroidissement à eau (appareils professionnels) soit de systèmes de refroidissement à air (appareils destinés au grand public).
V. LE MARCHE
A. le marché professionnel
La part d’activité de l’épilation représente environ 30 % du chiffre d’affaires d’un institut de beauté. Il est à noter que la demande d’épilation masculine est en augmentation (près de 30 % du marché).
Selon les estimations de la CNEP, 20 000 machines utilisant de nouvelles technologies (en vue notamment de l’épilation, de la réjuvénation, de la minceur, de “l’anti-âge”) ont été diffusées dans la filière « Beauté/Bien être ». 8 000 sont des appareils à lumière pulsée en vue de l’épilation. 4 500 d’entre eux sont en fonctionnement dans les instituts de beauté.
La CNAIB évalue quant à elle entre 5 000 et 10 000 le nombre de professionnels non médecins équipés d’appareils à lumière pulsée.
Les principaux fabricants ou distributeurs de photo-épilateurs à usage professionnel sont les sociétés EUROFEEDBACK, DERMEO, E’SWIN, CORPODERM, BVA TECHNOLOGIE, DERMASCIENTIFIQUE. Le prix de vente de ces produits est compris entre 15 000 et 40 000 €.
B. le marché de l’épilateur domestique Selon le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d’Equipements ménagers (GIFAM), le parc français des rasoirs et épilateurs pour femmes[8] était, selon les résultats d’une enquête TNS SOFRES, de 7,8 millions d’appareils présents dans 26,8 % des foyers en France. 1,19 millions d’appareils ont été vendus en 2012. Le marché des épilateurs à lumière pulsée connaît une progression fulgurante : de 8 000 à 9 000 appareils vendus par an en 2010, il s’élève à 48 000 pièces vendues en 2012 soit 15 M€. Selon certaines estimations, il pourrait être de 75 000 pièces en 2013.
Avec les méthodes traditionnelles d’épilation disponibles, qui agissent en dissolvant ou en arrachant les poils, le temps de repousse est de 3 semaines pour la crème ou l’épilateur électrique et de 3 à 4 semaines pour la cire. Si les publicités des appareils à lumière pulsée à usage domestique reprennent le discours « marketing » des appareils professionnels en rendant la « traque du poil » plus efficace sur le long terme, rapide, facile, moins douloureuse il s’agit surtout pour leurs concepteurs de toucher le plus grand nombre, notamment ceux qui ne peuvent pas fréquenter les centres d’épilation du fait des montants élevés des séances d’épilation (environ 1 300 € par an).
Dans la mouvance de la professionnalisation de l’électroménager domestique : centrale à vapeur, cafetière percolateur…, les fabricants se sont lancés dans la conception de photo-épilateurs portatifs qui n’ont rien à voir avec le gigantisme des appareils professionnels.
L’épilateur à lumière pulsée est arrivé dans l’univers domestique en 2007 avec l’appareil E-One, création de la société E-Swin, spécialisée dans l’IPL.
Les grandes marques d’appareils d’équipement ménager ont lancé leurs produits à partir de 2010 : Philips, Rio, Remington, Babyliss, suivis notamment par Beurer, Epilady, Braun, Calor les années suivantes. Depuis ces premiers lancements, de nouveaux modèles ont été créés avec des modifications de puissance et de performance.
L’objectif, exprimé différemment selon les marques, est de ralentir la repousse des poils non pas de façon définitive mais de façon durable. Les résultats annoncés, après des tests, vont de 50 à 80 % de non repousse après la 4ème séance sur une période de deux mois.
Les fabricants de produits ont retenu ce qualificatif de « durable » dans leur discours marketing et certains veillent à ce que les allégations sur l’épilation permanente ou définitive disparaissent dès lors qu’elles ne peuvent pas être prouvées.
La création a été faite en collaboration avec des techniciens de la lumière pulsée et des dermatologues. Des tests in vitro ont parfois été effectués ainsi que des essais sur des consommateurs pour mesurer les résultats avant la mise sur le marché.
Les appareils sont pourvus d’un système de refroidissement par air ventilé. Ils sont à brancher sur secteur ou autonomes avec une batterie rechargeable. Le design varie selon les marques. La forme « séchoir à cheveux » ou pistolet facilite la préhension. D’autres appareils sont constitués d’un socle avec la partie qui va flasher reliée par un fil.
Selon les modèles, la puissance de flash est de 2 à 10 J/cm² ; la surface de traitement va de 2 cm² pour le visage à 6 cm².
Le prix des appareils se situe dans une fourchette de 250 à 500 €, avec un modèle à moins de 200 € et un autre à plus de 1 000 €. Ces produits sont vendus en grandes surfaces généralistes, dans les réseaux de vente des marques et sur internet.
La capacité de flash des produits est annoncée à partir de 5 400 flashs (Tanda Me Elos) pour une cartouche, à 100 000 flashs ce qui permettrait 5 ans d’épilation (Philips). Le plus souvent, seules les lampes sont à remplacer mais des modèles sont à changer entièrement une fois le nombre de flashs prévus utilisé (Philips).
L’efficacité et la sécurité de l’opération dépendent du choix de l’intensité de la lumière qui doit être déterminé en fonction du type de peau. Certains appareils, notamment les plus récents, ont un analyseur automatique de couleur de peau ou détecteur de phototype, qui permet de connaître l’intensité lumineuse à sélectionner ou qui la programme lui-même. L’intensité lumineuse comprend généralement 5 niveaux de puissance adaptés aux différents phototypes.
L’accent est mis également sur la facilité et la rapidité de l’opération « épilation » avec ces appareils. Afin d’optimiser le résultat, certaines marques fournissent un gel activateur à appliquer avant la séance. Ce même gel est aussi dit apaisant pour la peau.
VI. LES CONDITIONS D’UTILISATION
Il convient de distinguer les appareils utilisés par les professionnels de ceux utilisés par le grand public.
A. les appareils utilisés dans les centres d’esthétique Les personnes qui ont régulièrement recours à des médecins pour effectuer des actes d’épilation à la lumière pulsée peuvent bénéficier de la garantie d’un protocole quasi thérapeutique. Les doses d’irradiation sont évaluées en tenant compte du type de peau et de la tolérance du client. Les éventuelles contre-indications sont systématiquement recherchées. Un diagnostic de l’état cutané (notamment le repérage de lésions cancéreuses ou précancéreuses) est réalisé avant chaque séance. Le nombre de séances à ne pas dépasser est fixé. Le sujet fait l’objet d’une surveillance constante en cours de traitement. Les appareils sont contrôlés sous la responsabilité du médecin et la mesure des rayonnements émis est évaluée lors de chaque séance.
Les réglages et vérifications portent sur :
− la plage de longueurs d’ondes ;
− la durée du pulse ;
− la durée de l’exposition énergétique ;
− le type de filtre ;
− l’état du vieillissement de la lampe.
Le client d’un centre d’esthétique, candidat à une épilation, peut-il bénéficier de telles garanties ?
Les auditions de fabricants, de représentants des fédérations professionnelles et de deux franchises de l’épilation à la lumière pulsée ont permis d’aboutir aux constats suivants :
1. Les consignes données par les professionnels sont celles d’une utilisation des appareils à lumière pulsée par des esthéticiennes diplômées d’Etat et formées au maniement de l’appareil
Conséquence de « l’illégalité » de la pratique de l’épilation à la lumière pulsée par des non médecins aucune disposition réglementaire ne préconise que les appareils de photo-épilation soient mis à la disposition du public grâce à l’intervention d’une personne diplômée ayant reçu une formation à la technique de la lumière pulsée dont le contenu soit défini réglementairement.
Toutefois, les instances représentant les professions esthétiques exigent de leurs adhérents, qui comptent des franchisés, que les personnes qui manient les appareils soient titulaires d’un diplôme d’esthétique et aient reçu une formation à la technique de la lumière pulsée[9].
A ce jour, on compte 66 000 esthéticiennes diplômées en France[10]. Leur formation est encadrée par des diplômes nationaux dont les programmes sont élaborés par le Ministère chargé de l’éducation nationale. Le diplôme de base est le certificat d’aptitude professionnel (CAP) en « esthétique-cosmétique » (diplôme de niveau V) qui est obligatoire pour ouvrir un institut de beauté. Cependant, de plus en plus d’esthéticiennes sont titulaires du brevet professionnel (BP) en « esthétique-cosmétique et parfumerie » (diplôme de niveau IV) ou du baccalauréat professionnel « esthétique-cosmétique et parfumerie » (diplôme de niveau IV) ou du brevet technique supérieur (BTS) en « esthétique cosmétique », accessible avec le bac, qui est un diplôme de niveau III. Ainsi 20 % des esthéticiennes ont le BTS. Dans le cursus de formation pour l’obtention du BTS « Métiers de l’esthétique-cosmétique-parfumerie » il est à noter que les caractéristiques et les effets des rayonnements électromagnétiques, notamment dans le domaine de la lumière visible, font l’objet d’une approche théorique.
Par ailleurs il convient d’observer, qu’au titre de la formation continue et du DIF (droit individuel à la formation), les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) de l’esthétique (OPCAREC et AGEFOS) financent des formations qualifiantes en lumière pulsée.
En outre, certains fabricants font de l’obtention d’un diplôme d’esthétique et du suivi d’une formation des conditions indispensables à la vente des appareils.
La formation à l’utilisation des appareils est généralement conçue par le fabricant et dirigée par un médecin rémunéré par lui. Elle comprend un volet théorique et pratique et peut être ponctuée par un QCM. A l’issue de cette formation le médecin délivre à chaque praticien ou praticienne une attestation de formation qui est parfois affichée dans le centre de dépilation de manière à être vue des clients.
Après l’installation et pendant la durée de vie de l’appareil, certains fabricants emploient des médecins chargés de répondre aux interrogations des esthéticiennes en hotline téléphonique et via internet.
2. Les clients des centres d’esthétique ne doivent pas présenter de contre-indication à la pratique de l’épilation à la lumière pulsée
Les professionnels auditionnés admettent que les professionnels de l’esthétique n’ont pas la formation requise pour procéder à des examens « médicaux » de la peau tels que ceux pratiqués par les médecins et plus particulièrement les dermatologues.
Les rayonnements ne peuvent être diffusés que sur un corps “sain”, sans lésions ni pathologies. Il convient donc d’écarter de sa clientèle les personnes présentant certaines affections pour éviter tout effet indésirable.
Certains fabricants ont conçu pour leurs clients des formulaires dits de « consentement éclairé » consistant en une présentation des grands principes de l’épilation à la lumière pulsée (et le cas échéant de ses limites)[11], des conditions tarifaires, et d’un questionnaire de santé[12] que tout candidat à une épilation doit obligatoirement remplir et signer. Le questionnaire de santé, qui ne saurait selon leurs auteurs, être assimilé à un diagnostic médical, consiste en une liste limitative d’affections a priori incompatibles avec l’utilisation de la lumière pulsée ou, du moins, nécessitant certaines précautions. Le client doit déclarer s’il est atteint de l’une de ces pathologies. Ces contre-indications sont en règle générale les suivantes[13]:
− affections de la glande surrénale ou des reins ;
− maladies dermatologiques chroniques ;
− allergie au soleil, manifestations allergiques cutanées (urticaire, eczéma …) légère sensibilité ou réactions histaminiques (rougeurs, maux de tête, vomissements, diarrhées) ;
− maladie de coagulation du sang comme une thrombose (caillot sanguin, phlébite, embolie) ;
− maladies endocrinologiques comme le diabète ;
− maladies cardiaques (ou une trop grande pression sanguine) ;
− toutes les maladies de peau comme l’herpès, le psoriasis ou l’eczéma ;
− maladies immunitaires ;
− maladies infectieuses ;
− déséquilibre hormonal ;
− maladie du système nerveux comme l’épilepsie ;
− cancer.
Dans le cas où une des affections listées est cochée ou une autre affection non listée est déclarée, un certificat médical de non contre-indication à la pratique de séances de lumière pulsée délivré par un médecin doit être exigé du client.
3. Les séances de lumière pulsée sont soumises à des précautions d’usage
Les consignes d’utilisation des appareils sont en règle générale les suivantes :
− l’application doit être faite sur une peau non bronzée, ce qui exclut toute exposition au soleil, en cabine de bronzage ou l’application de crèmes auto-bronzante avant et après les séances ;
− les poils doivent être rasés avant la séance, ce qui permet de diriger la totalité de l’énergie lumineuse vers la racine du poil et également d’éviter de brûler les poils sur la surface de la peau, ce qui peut occasionner une sensation de gêne ;
− un gel froid (5°C) doit être appliqué ; le gel utilisé est parfois une crème anesthésiante (de type EMLA[14]) ;
− le client doit impérativement protéger ses yeux à l’aide de lunettes. Il s’agit parfois de coques normalisées identiques à celles utilisées pour protéger des rayonnements lasers. Les praticiens portent des lunettes moins opaques que les coques au motif qu’ils sont éloignés du faisceau lumineux ;
− les tatouages, tâches de naissance, tumeurs de la peau dont les mélanomes, grains de beauté à bords irréguliers et (ou) en reliefs ne doivent pas être traités ou recouverts par des protections. Bien qu’elles n’aient pas la formation médicale requise pour procéder à un examen de la peau du client, les esthéticien(ne)s déterminent discrétionnairement les zones “saines” pouvant être traitées. Lors de leur audition, les représentants de la DGS ont indiqué que les moyens de protection mis en œuvre contre l’irradiation des taches ou grains de beauté dans les instituts sont insuffisants. Une enquête effectuée dans sept instituts de beauté de Basse-Normandie a montré que des taches ou grains de beauté étaient protégés par du crayon blanc. D’autres centres utilisent des gommettes adhésives ;
− avant toute séance, il doit y avoir un flash-test afin de déterminer si la personne supporte ou non la lumière pulsée. Il ne doit pas y avoir de picotements ressentis pendant 10 minutes ;
− la prise récente de médicaments ou l’application de crèmes photo-sensibilisantes, une vaccination récente, l’application d’huiles essentielles sont contre-indiqués ou nécessitent un intervalle de temps suffisant entre les séances ;
− une nouvelle séance ne doit être faite qu’après repousse des poils dans leur phase ascendante. Les délais sont variables, de deux à six semaines selon la zone du corps considérée. Certaines zones ne sont en général pas traitées : zones situées autour des yeux, joues, muqueuses ;
− pour les mineurs, certains considèrent qu’il convient de respecter un “principe de précaution” à savoir attendre l’après puberté et la “stabilisation du système pileux”. L’utilisation des appareils n’est donc pas recommandée avant l’âge de 15 ans. Certains centres exigent un accord parental ;
− les machines utilisées par les esthéticiennes sont préprogrammées pour éviter toute erreur d’utilisation. Il suffit de sélectionner le phototype (couleur de peau) et le diamètre du poil. Les fluences, durées et intervalles entre pulses sont programmés dans la machine pour chaque configuration.
B. les appareils vendus au grand public
Les principes de fonctionnement des appareils et les recommandations d’utilisation figurent dans les notices d’utilisation.
Certaines notices mettent en exergue que les appareils ont été testés cliniquement sous le contrôle de dermatologues sur une cohorte de sujets. Ces études concluent à l’efficacité des appareils et à l’absence d’effets secondaires liés aux rayonnements.
L’énumération des contre-indications est, à quelques variantes près, semblable à celles figurant dans les questionnaires de santé remplis par les clients des centres d’esthétique.
VII. L’ACCIDENTOLOGIE et L’evaluation DES RISQUes
L’Institut de veille sanitaire (InVS) a été consulté pour savoir si la base de données de l’Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC) avait enregistré ces dernières années des admissions de personnes dans les services d’urgence des hôpitaux en raison de divers traumatismes provoqués par le fonctionnement de lampes à lumière pulsée. L’InVS a répondu que sur les huit années disponibles de la base EPAC (2004 à 2011) aucun des 132 accidents recensés pour lesquels un article « soins d’hygiène individuelle autre (précisé et non précisé) » était en cause n’était lié à une lampe à lumière pulsée[15].
Pour les professionnels auditionnés dont la CNEP et la CNAIB la photo-épilation n’entraîne ni effraction cutanée, ni écoulement sanguin. Une étude bibliographique du docteur Daniel CANTALOUBE[16], commanditée par la CNEP, démontrerait l’absence de complications liées à l’utilisation de lampes à lumière pulsée.
Les professionnels et leurs experts soulignent qu’il est possible dans certains cas de constater après l’irradiation l’apparition sur les zones traitées, d’érythèmes légers (rougeurs), d’œdèmes, de prurits, le tout accompagné d’une sensation de picotements. Ces manifestations disparaitraient en quelques jours et seraient même moins incommodantes que celles consécutives à l’utilisation de cire brûlante notamment dans des zones sensibles comme les aisselles.
Toutefois, lors de leur audition les représentants de la DGS ont indiqué « avoir été informés par des agences régionales de santé (ARS) de complications et incidents secondaires à des épilations effectuées par des appareils délivrant la lumière pulsée. Ces complications sont essentiellement des brûlures sur des surfaces importantes, profondes, nécessitant des soins réparateurs de plusieurs semaines. Des cas d’hyperpilosité paradoxale[17] ont été également signalés, entraînant un handicap social lorsqu’elles surviennent sur le visage. Les incidents sont des hyperpigmentations ».
Qu’en est-il réellement ? Les cas de brûlures existent bel et bien mais seraient rares et consécutifs à des « erreurs » d’utilisation des appareils. Le co-président des centres de dépilation DEPIL TECH a ainsi déploré un accident de brûlure au premier degré survenu à la suite du non-respect des consignes de sécurité par le client qui avait omis de signaler qu’il s’était aspergé d’huile essentielle. Le dirigeant de la société RADICAL EPIL n’a eu à déplorer que deux cas de brûlures en 6 ans dus dans un cas à l’imprudence d’une cliente qui avait préalablement à son épilation suivi une séance de bronzage et dans l’autre à une erreur de l’opératrice.
Un fabricant d’appareils destinés aux professionnels, la société EUROFEEDBACK, déclare n’avoir enregistré que 10 à 15 cas de brûlures au premier degré par an sur son parc constitué de 4 500 machines.
Il est donc indéniable qu’il existe des effets à court terme liés aux rayonnements, effets prévus dans les notices d’utilisation des produits et portés à la connaissance des clients qui se traduisent par des réactions de la peau immédiates ou retardées, visibles et parfois douloureuses.
La littérature médicale internationale fait état de brûlures au second degré consécutives à l’utilisation de l’épilation à la lumière pulsée sur une zone de peau tatouée (2013), des cas de dommages oculaires lors d’une application péri-oculaire provoquant des défauts de trans-illumination de l’iris et des photophobies (2011).
En dehors de ces manifestations contemporaines de l’irradiation on en suspecte d’autres moins bien connues, mais qui peuvent être graves et se manifester plus tardivement. Les pouvoirs publics ont ainsi estimé qu’une évaluation scientifique des effets de ces appareils était indispensable pour pouvoir élaborer un encadrement fondé sur la maîtrise des risques pour les usagers et les professionnels.
Cette évaluation s’inscrit dans une étude plus large sur les risques sanitaires liés à l’utilisation des agents physiques externes pour des actes à visée esthétique. L’objectif est d’identifier les caractéristiques des principaux types d’agents physiques utilisés pour les actes à visée esthétique notamment des rayonnements électromagnétiques (longueur d’onde, intensité…), évaluer leurs effets sur la santé à moyen et long terme, réaliser un bilan comparatif des réglementations et normes appliquées à ces appareils.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a été saisie le 3 février 2012 pour conduire cette étude dont les résultats devraient être transmis à leurs commanditaires[18] fin 2014.
S’agissant des effets biologiques et sanitaires à long terme un certain nombre de questions peuvent se poser : apparition ou non de lésions précancéreuses ou cancéreuses consécutives aux rayonnements, impact d’irradiations chroniques sur le vieillissement cutané, effets irréversibles sur les cellules souches du follicule pileux, cellules impliquées dans la régénération de l’épiderme et des glandes sébacées.
D’ores et déjà diverses mises en garde ont été formulées auprès des représentants de la Commission sur les effets photobiologiques des rayonnements émis par ces appareils par deux personnalités scientifiques M. Serge MORDON, chercheur à l’INSERM et spécialiste reconnu des technologies à laser et à lumière pulsée et Mme Evelyne SAGE, présidente de la société européenne de photobiologie.
M. MORDON a mis plus particulièrement l’accent sur :
L’importance des risques oculaires
Selon M. MORDON, contrairement au laser qui émet une longueur d’onde précise et donc peut être correctement filtrée, aucune lunette ne protège de l’IPL qui émet sur tout le spectre de la lumière visible. M. MORDON estime que les appareils vendus au grand public sont, dans une certaine mesure, plus sûrs que ceux destinés aux professionnels car ils sont munis pour la plupart de capteurs qui empêchent le déclenchement sans contact avec la peau. Il est donc en principe possible d’éviter d’appliquer les rayonnements directement sur l’œil. Cependant, l’impossibilité d’arrêter au moyen de lunettes, l’émission de lumière d’une lampe à lumière pulsée conduit à terme à des problèmes oculaires lors d’expositions répétées. La directrice d’un service d’ophtalmologie lors d’une expertise pour l’ANSES a affirmé qu’elle rencontrait de plus en plus de dermatologues utilisant des lampes flash se plaindre de problèmes oculaires.
L’effacement de lésions cancéreuses et notamment des mélanomes[19]
Selon M. MORDON, les mélanomes se forment dans 70 % des cas sur une peau auparavant indemne et dans 30 % des cas sur un grain de beauté préexistant de type naevus. La kératose solaire favorise la survenue de ce cancer. Ce qui va alerter le dermatologue est l’aspect clinique de cette lésion caractérisée par une tâche sombre. Il effectuera une biopsie. Or, comme il a été indiqué plus haut, le principe de fonctionnement d’un photo-épilateur repose sur l’absorption de la lumière d’une cible optique (la mélanine) contenue dans le poil. Or les mélanomes sont des lésions de la peau chargées en mélanine.
Si l’on flashe un mélanome il y a aura destruction de la mélanine présente dans le mélanome. Ainsi, la lésion n’a plus de signe clinique ce qui entraîne une perte de chance de diagnostic. Une solution proposée par M. MORDON pourrait être d’augmenter l’absorption du poil au moyen d’un renforçateur optique spécifique du poil ou de la tige pilaire. Ainsi, on pourrait utiliser une énergie faible (inférieure à 1J/cm2) et donc uniquement efficace sur le poil sans risque pour la peau.
Mme SAGE a de son côté également souligné qu’il existe un risque thermique pour la rétine dès lors que la température émise par le rayonnement de l’appareil conduit à l’échauffement des cellules au-delà de 45°C. Certaines cellules-souche de la rétine peuvent alors être détruites et cette perte est irréversible. Les risques de destruction cellulaire pour la peau existent dès que l’on dépasse 60°C. Dans le pire des cas il y a un risque de nécrose. Mais contrairement aux lésions de la rétine toutes les lésions ne sont pas irréversibles car la peau se régénère et il existe des possibilités de greffe. Les cellules souches du follicule pileux pourraient également être détruites par thermolyse.
Selon Mme SAGE l’irradiation de grains de beauté décuple l’effet thermique car ils sont très chargés en mélanine. A la suite de l’exposition répétée à la lumière pulsée, un grain de beauté peut changer d’aspect et devenir asymétrique. Il pourrait à plus ou moins long terme se transformer en un mélanome. De même, l’irradiation d’une cicatrice est à déconseiller car la peau à cet endroit est très fine.
VIII. la reglementation
Il convient de distinguer la réglementation applicable à l’acte d’épilation de celle applicable aux appareils à lumière pulsée.
A. le régime juridique de l’acte d’épilation
L’acte d’épilation est spécifiquement réglementé. Il est défini comme un acte médical. L’arrêté du 6 janvier 1962 modifié fixant la nomenclature des actes médicaux ne pouvant être pratiqués que par des médecins ou par des auxiliaires médicaux ou par des directeurs de laboratoires d’analyse médicale non médecins dispose en effet dans son article 2°5 : « ne peuvent être pratiqués que par les docteurs en médecine, conformément à l’article L. 372-1 du code de la santé publique, que les actes médicaux suivants : (…) tous modes d’épilation sauf les épilations à la cire ou à la pince ».
Les problèmes de sécurité liés à l’utilisation de rayonnements électromagnétiques non ionisants dans le domaine de l’esthétique n’est pas un sujet nouveau pour la CSC. Ainsi, la Commission a émis le 31 mai 2012 un avis sur la modification d’un décret relatif à la mise à disposition du public d’appareils de bronzage.
L’utilisation d’appareils à lumière pulsée ou d’appareils à laser à des fins d’épilation par des non médecins est constitutive d’exercice illégal de la médecine. En application de l’article L. 4161-1 du code de la santé publique, exerce illégalement la médecine « toute personne qui prend part habituellement ou par direction suivie, même en présence d’un médecin, à l’établissement d’un diagnostic ou au traitement de maladies, congénitales ou acquises, réelles ou supposées, par actes personnels, consultations verbales ou écrites ou par tous autres procédés quels qu’ils soient, ou pratique l’un des actes professionnels prévus dans une nomenclature fixée par arrêté du ministre chargé de la santé pris après avis de l’ Académie nationale de médecine (…) ».
L’exercice illégal de la profession de médecin est, en application, de l’article L. 4161-5 du code de la santé publique, puni par deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
Il est à souligner que d’autres applications, telles que l’amincissement, le rajeunissement ou l’effacement des tâches pigmentaires ou vasculaires à l’aide d’appareils à lumière pulsée ne sont pas interdites aux non-médecins. Or, comme l’ont précisé les représentants de la DGS lors de leur audition « l’effacement de tâches par des non médecins non formés à la détection de lésions malignes, fait craindre l’effacement de tâches symptomatiques de cancers qui vont évoluer à bas bruit avec une perte de chance pour le patient ». Toutefois, s’il était avéré que de tels actes pouvaient présenter un danger grave ou une suspicion de danger grave pour la santé humaine, l’article L. 1151-3 du code de la santé publique[20] permettrait à la DGS d’interdire par décret ce type de pratique après avis de la Haute autorité de la santé. Il existe un précédent dans ce domaine : le décret n° 2011-382 du 11 avril 2011 relatif à l’interdiction de la pratique d’actes de lyse adipocytaire à visée esthétique.
Le respect des dispositions de l’article 2.5 de l’arrêté du 6 janvier 1962, rédigé à une époque où les lampes à lumière pulsée n’existaient pas, est très attentivement contrôlé tant par les juridictions civiles qu’administratives.
Ainsi, par une décision du 24 mars 2013, le Conseil d’Etat a rejeté le pourvoi d’un médecin qui s’était vu infliger par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins une interdiction d’exercer de trois mois avec sursis pour avoir fait pratiquer dans son cabinet des épilations au laser par des assistants non médecins. Le médecin est reconnu coupable de complicité d’exercice illégal de la médecine[21].
Dans un jugement du 18 janvier 2012 le tribunal correctionnel de Toulon, sur la base d’une plainte déposée par le Syndicat des dermatologues/vénérologues, a condamné quatre centres esthétiques, une esthéticienne ainsi qu’une infirmière libérale utilisant des lampes à lumière pulsée en vue de l’épilation, pour exercice illégal de la médecine.
Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la Cour d’appel d’Aix en Provence du 6 novembre 2012. La Cour rejette notamment l’argument d’une des plaignantes arguant que l’arrêté du 6 janvier 1962 modifié prohibe l’épilation par des non médecins mais non la dépilation: « Cet argument sémantique sera écarté par la Cour qui constate en premier lieu que les termes sont synonymes puisque se rapportant tous deux à l’action d’enlever les poils de la peau, que cela soit en les arrachant ou en les faisant chuter. En second lieu, la Cour observe que le texte de l’article 2 de l’arrêté est parfaitement clair et ne laisse place à aucune interprétation en cela qu’il n’autorise que deux formes d’épilation hors contrôle médical, à savoir l’épilation à la cire et l’épilation à la pince. L’esprit du texte de 1962 est que seuls les procédés purement mécaniques, donc a priori sans danger, peuvent être pratiqués par des personnes sans compétence médicale, tous les autres procédés devant être exercés ou pratiqués par un médecin ».
Plusieurs mises en demeure de cesser leur activité de dépilation par lumière pulsée ont été adressées à des cabinets d’esthétiques par les conseils des dermatologues. La CNEP a enregistré 87 procédures judiciaires en cours à l’encontre des esthéticiennes.
Tout récemment, le 12 mars 2014, le tribunal correctionnel d’Orléans a condamné trois instituts de beauté pour des photo-épilations illicites.
En outre, certains professionnels qui s’estiment mal informés de la réglementation se retournent contre les fabricants d’appareils à lumière pulsée. Un jugement de la Cour d’appel d’Angers du 15 décembre 2009 a donné raison à un masseur-kinésithérapeute qui contestait la vente d’un appareil au motif qu’il avait été trompé par le vendeur sur une prétendue déréglementation de la technique de la lumière pulsée dans le domaine de la photothérapie à vocation esthétique.
Le président du SNDV souhaite que la réglementation française soit respectée. Il ne peut multiplier les procédures judiciaires à l’encontre des esthéticiennes car celles-ci représentent un coût non négligeable.
De prime abord, on pourrait considérer que les esthéticiennes qui pratiquent l’IPL ne pourraient pas être assurées puisque l’utilisation de cette technique leur est juridiquement interdite. Cependant, certains assureurs acceptent de couvrir des esthéticiennes diplômées soit à la suite d’accords passés avec leurs instances représentatives soit si elles utilisent des appareils de marques recommandées par les assureurs.
Selon les syndicats d’esthéticiennes, les conséquences d’une interdiction généralisée de l’utilisation des appareils IPL par les esthéticiennes auraient de lourdes conséquences en termes de cessation d’activité et de perte d’emplois. L’acquisition d’un appareil de dépilation IPL est un lourd investissement. Un appareil coûte environ entre 30 000 et 50 000 € et un filtre de 1 500 à 4 000 €[22]. Des instituts de beauté qui seraient contraints de « remiser » ces appareils seraient voués à la fermeture et à licencier du personnel.
Le président du SNDV propose un moratoire de deux ans avant une interdiction complète de l’utilisation des appareils de photo-épilation par des non médecins. Le SNDV est par ailleurs favorable à la mise en place d’une réglementation générale portant sur les appareils émettant des rayonnements à destination de la peau.
Les deux syndicats représentatifs de la filière esthétique/beauté dont les présidents ont été auditionnés, la CNEP et la CNAIB, tout comme les fabricants d’appareils à lumière pulsés, revendiquent pour leurs adhérents le droit de pouvoir utiliser une technique moderne de traitement du poil telle que la photo-dépilation et appellent de leurs vœux une modification de la règlementation. Ils soulignent que dans de nombreux pays européens les esthéticiennes utilisent des appareils à lumière pulsée soit de manière totalement libre (Belgique, Irlande) soit en respectant une réglementation nationale ou locale qui régit également d’autres techniques : laser, radiofréquence (Royaume-Uni, Finlande, Espagne, Italie).
En France, une proposition de loi relative à la modernisation du métier d’esthéticienne a été enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 novembre 2008. Ce texte d’initiative parlementaire, auquel il n’a pas été donné suite, prévoyait en son article 1er d’autoriser les esthéticiennes à pratiquer « tous types d’épilation et de dépilation, hormis ceux cités par l’article 2 de l’arrêté du 30 janvier 1974 relatif à la réglementation concernant l’usage des lasers à usage médical, à condition d’avoir suivi une formation adéquate pour l’utilisation de chaque nouvelle technique ».
B. la réglementation applicable aux appareils
Les appareils de photo-épilation destinés tant à un usage domestique que professionnel y compris médical ne relèvent pas d’une réglementation spécifique. Ils sont soumis à la réglementation générale applicable aux appareils électrodomestiques soit :
− la directive 2001/95/CE du 3 décembre 2001 modifiée relative à la sécurité générale des produits impose qu’un produit soit sûr dans des conditions normales d’utilisation ou raisonnablement prévisibles. Cette obligation générale de sécurité a été transposée en droit français à l’article L. 221-1 du code de la consommation ;
− la directive 2004/108/CE du 15 décembre 2004 relative à la compatibilité électromagnétique dite directive « CEM ». Cette directive, transposée en droit français par le décret n° 2006-1278 du 18 octobre 2006 modifié, précise que les appareils doivent être conçus et fabriqués de façon à garantir :
que les perturbations électromagnétiques produites ne dépassent pas le niveau au-delà duquel des appareils hertziens et de télécommunications ou d’autres appareils ne peuvent pas fonctionner comme prévu (émission) ;
qu’ils possèdent un niveau d’immunité aux perturbations électromagnétiques qui leur permette de fonctionner sans dégradation inacceptable dans le cadre de l’utilisation prévue (immunité).
− la directive 2006/95/CE du 12 décembre 2006 relative au matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension dite directive « basse tension ». Cette directive s’applique aux matériels électriques alimentés entre 50 V et 1000 V en courant alternatif et 75 V et 1500 V en courant continu. Les matériels électriques doivent être fabriqués dans les règles de l’art de sorte que, convenablement entretenus et utilisés, ils ne compromettent pas la sécurité de l’utilisateur. La procédure d’évaluation de conformité est à la charge du fabricant et de son mandataire. Les matériels électriques doivent porter le marquage CE. La directive a été transposée en droit français par le décret n° 95-1081 du 3 octobre 1995 modifié ;
− la directive 2012/19/UE relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) impose aux producteurs d’EEE d’organiser des systèmes de collecte sélective, de traitement et de valorisation des EEE. Ils doivent également informer les consommateurs des exigences de collecte par le biais notamment du marquage sur le produit du symbole de collecte sélective en application de l’annexe IV de la directive et du pictogramme figurant dans la norme NF EN 504-19 de juin 2006 relative au marquage des équipements électriques et électroniques ;
− la directive 2002/95/CE (RoHS – Restriction of the use Of certain Hazardous Substances in electrical and electronic equipment) complète la directive 2008/98/CE visant à limiter l’utilisation de six substances dangereuses : le plomb, le mercure, le cadmium, le chrome hexavalent, les polybromobiphényles (PBB), les polybromodiphényléthers (PBDE). Les concentrations maximales de ces substances sont de 0,1 % par unité de poids de matériau homogène, sauf pour le cadmium où la limite est de 0,01 %.
Ces formalités sont peu exigeantes au regard des risques que l’utilisation de ces appareils peuvent présenter pour la santé. Il suffit donc que l’appareil ne provoque pas de risque d’électrisation ou de perturbation électromagnétique pour qu’ils puissent être mis sur le marché, à la disposition des particuliers ou de professionnels, esthéticien(ne)s ou médecins. En revanche, la documentation accompagnant ces produits ne doit contenir aucune allégation médicale reposant sur des essais cliniques ou des protocoles thérapeutiques.
Ce n’est que si l’appareil revendique une ou plusieurs finalités thérapeutiques que celui-ci doit être rangé dans la catégorie des dispositifs médicaux (DM) relevant de la directive 93/42/CE modifiée relative aux dispositifs médicaux même s’il revendique d’autres finalités non médicales. En ce qui concerne l’épilation, la principale fonction thérapeutique est le traitement des conséquences de l’hirsutisme[23]. On trouve sur le marché des produits vendus au grand public un appareil qui revendique cette application et d’autres fonctions esthétiques, porte donc le marquage CE au titre de cette directive[24]. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est l’autorité compétente pour procéder au classement et au contrôle des DM.
Le marquage CE « médical » offrant un gage de crédibilité, certains fabricants d’appareils destinés aux professionnels ont opté pour cette procédure pour des actes à visée non thérapeutique, même s’ils n’y sont pas juridiquement contraints.
La procédure permettant de satisfaire aux exigences de la directive 93/42/CE précitée est plus exigeante, plus longue et plus coûteuse que celle imposée aux appareils électrodomestiques. Les dispositifs médicaux sont répartis entre quatre classes correspondant à des niveaux de risques croissants (I, II a, II b et III). Le fabricant choisit le mode de preuve de conformité aux exigences de la directive approprié en fonction de la classe du dispositif et de sa situation propre en matière d’organisation de la fabrication et de système d’assurance de la qualité. Pour les dispositifs présentant, selon le fabricant, des risques moyens, élevés ou critiques le fabricant doit se soumettre au contrôle d’un organisme notifié.
Il est à noter que la réglementation n’impose pas la réalisation d’essais cliniques sur les DM. Comme l’ont souligné les représentants de la DGS lors de leur audition : « Elle requiert de la part du fabricant des données cliniques consistant soit en une évaluation critique de la littérature scientifique pertinente disponible démontrant notamment l’équivalence du dispositif avec le dispositif auquel se rapportent les données, soit en une évaluation des résultats de toutes les investigations cliniques réalisées, soit une combinaison de ces deux types de données ».
Qu’il s’agisse de simples appareils électrodomestiques ou de dispositifs médicaux, le vide juridique qui entoure la conception des produits est préjudiciable à la sécurité des consommateurs.
1. Aucun des textes précités ne fixe de limite de densité d’énergie des appareils en fonction du statut des utilisateurs (professionnels médecins et non médecins et grand public) ni n’oblige au port d’équipement de protection individuelle
Les limites de puissance des appareils de photo-épilation sont déterminées discrétionnairement par les fabricants en tenant compte du profil des utilisateurs et d’un rapport efficacité/risque :
− de 2 à 10 J/cm² au maximum pour les appareils vendus au grand public ;
− 20 J/cm² au maximum pour les appareils vendus à des professionnels de l’esthétique assorties de recommandations ou d’obligation de formation au maniement de la machine ;
− au-delà de 20 J/cm² pour les appareils destinés aux médecins.
Ainsi, rien n’empêche juridiquement un fabricant de vendre un appareil d’une densité énergétique de plus de 30 J/cm² à un professionnel de l’esthétique, diplômé (esthéticiennes) ou non (franchisés et autres). En revanche, comme on l’a vu plus haut, la responsabilité des professionnels de l’esthétique pourrait être engagée pour exercice illégal de la médecine, mais la puissance de l’appareil utilisée ne pourra pas faire l’objet d’incrimination.
Or, la situation est tout autre pour les épilateurs à laser qui tendent à être placés sur le même plan en termes de performance tant par les médecins que par les fabricants. La norme NF EN 60825-1 de janvier 2008 relative à la sécurité des appareils à laser range ceux-ci en 7 classes différentes en fonction du danger de leur rayonnement accessible, du plus inoffensif au plus dangereux : 1, 1M, 2, 2M, 3A, 3B, 4. Selon cette classification, ce n’est qu’à compter de la classe 2M que le rayonnement laser peut présenter des dangers. Comme pour les lasers de classe 2, si « la protection de l’œil est normalement assurée par une réaction de défense (réflexe palpébral compris), la vision à la sortie du faisceau peut être dangereuse en cas d’utilisation d’instrument d’optique »[25].
La loi (article 68 de la loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure dite loi LOPPSI) incrimine l’acquisition et la vente d’appareils à laser d’une certaine puissance quelle que soit leur application. Ainsi le fait d’acheter, de détenir ou d’utiliser comme de fabriquer, importer, mettre à disposition à titre gratuit ou onéreux un appareil à laser non destiné à un usage spécifique autorisé d’une classe supérieure à 2 est puni de six mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende.
En application du décret n° 2012-1303 du 26 novembre 2012 fixant la liste des usages spécifiques autorisés pour les appareils sortant de classe supérieure à 2, les fabricants, importateurs ou distributeurs et consommateurs ne peuvent ni fabriquer, ni commercialiser ni acheter ni utiliser des appareils à laser dès la classe 2 M c’est-à-dire émettant un rayonnement visible dans la gamme de longueur d’onde comprise entre 400 et 700 nm. Les appareils d’une classe égale ou supérieure à 2 M ne peuvent être vendus qu’à des professionnels, en l’espèce, à des fins médicales ou esthétiques[26].
Cette législation sur les lasers explique pourquoi les professionnels de l’esthétique utilisent préférentiellement la lumière pulsée plutôt que les lasers pour la photo-épilation.
Il convient d’observer qu’en Italie un décret du 12 mai 2011 limite la puissance des appareils à lumière pulsée utilisables par des esthéticiennes en distinguant les appareils munis de systèmes de refroidissement de ceux qui en sont dépourvus. La densité d’énergie ne doit pas dépasser 26 J/cm² pour les premiers et 13 J/cm² pour les seconds. Dans les deux cas, les longueurs d’onde doivent être comprises entre 600 et 1000 mn, la durée d’impulsion entre 2 et 50 ms et la superficie du traitement ne doit pas dépasser 5 cm².
2. Aucun texte ne fixe d’obligation de contrôle technique des installations d’épilation actuellement en activité par des organismes-tiers agréés
Si les appareils sont contrôlés par les fabricants en sortie d’usine et font l’objet des certifications imposées par la réglementation, la viabilité de l’appareil dans le temps ne fait pas l’objet d’un contrôle périodique obligatoire par tierce-partie, notamment ne sont donc pas contrôlés dans le temps la stabilité de la densité énergétique délivrée et sa calibration, l’usure des filtres, l’usure des systèmes de refroidissement, du système électrique, ni les conditions d’utilisation, d’hygiène, ou le port obligatoire de dispositifs de protection.
Or, ce type de contrôle se pratique pour les installations qui ont beaucoup de similitude avec les établissements d’épilation, les établissements de bronzage[27]. Des organismes agréés procèdent à des inspections de ces établissements qui ont lieu lors de l’ouverture de ceux-ci, puis tous les deux ans, suivant les modalités d’un guide de contrôle technique établi par l’administration. Ces organismes sont tenus de remettre chaque année au Ministère de la santé un rapport comprenant la liste des établissements ayant fait l’objet d’un contrôle, une présentation statistique des résultats de ce contrôle, précisant les conformités et non-conformités à la réglementation.
C. les normes applicables aux appareils
Un projet de référentiel de bonnes pratiques « Soins de beauté et de bien-être. Conception et utilisation des appareils à visée esthétique et de bien-être ; Lignes directrices » élaboré sous l’égide de l’AFNOR à l’initiative de la CNAIB et de la CNEP avait pour objet de définir les critères permettant de valider les appareils professionnels à visée esthétique sans finalité médicale ou thérapeutique utilisant de nouvelles technologies telles que les lampes flash à des fins de « dépilation/épilation ». Etaient ainsi listées les normes auxquelles doivent satisfaire les appareils ainsi que les conditions d’utilisation (contenu des notices d’utilisation, durée de la garantie, service après-vente). La rédaction de ce guide est suspendue depuis décembre 2012 à la demande de la DGS et de la DGCCRF, dans l’attente des résultats de l’évaluation, que conduit actuellement l’ANSES, de l’impact sur la santé de ces différentes technologies.
Les appareils domestiques doivent se conformer aux exigences des normes relatives aux appareils électrodomestiques donnant présomption de conformité aux dispositions des directives « Basse tension » et « CEM » mentionnées plus haut. Pour la sécurité électrique, il s’agit des normes NF EN 60335-1 et ses amendements, NF EN 60335-2-8 et ses amendements, NF EN 62233, NF EN 55014-1 et son amendement, NF EN 55014-2 et ses amendements. Pour la compatibilité électromagnétique, il s’agit des normes NF EN 6100 3-2 et NF EN 61000 3.
Un projet de norme en cours d’élaboration au sein de l’International Electrical Commission (IEC), norme IEC 60335-2-113 traite des « Exigences spécifiques pour les appareils de soins cosmétiques et de beauté contenant des sources laser et de lumière intense ». Il concerne les appareils à laser ou à lumière pulsée destinés au grand public ou utilisés dans le cadre d’une prestation de service (notamment les centres d’esthétique). La norme recommande que les appareils respectent les exigences de la norme ISO 62471 de décembre 2008 relative à la sécurité photobiologique des lampes et des appareils utilisant des lampes. En l’état de sa rédaction la norme ne définit aucune limite de densité énergétique des appareils qu’ils soient destinés au grand public ou utilisés par des professionnel dans le cadre d’une prestation de service.
Quelques fabricants ont testé leurs produits en référence à des normes destinées à des appareils électro-médicaux répondant aux exigences essentielles de la directive 93/42/CE relative aux dispositifs médicaux : norme NF EN 60601-1 « Exigences générales pour la sécurité de base et les performances essentielles », NF EN 60601- 6 « aptitude à l’utilisation » et surtout la norme NF EN 60601-2-57 d’avril 2012 qui s’applique adéquatement aux appareils à lumière pulsée utilisables y compris par des non médecins puisqu’elle fixe « des exigences particulières de sécurité pour la sécurité de base et les performances essentielles des appareils à source de lumière non-laser prévus pour des utilisations thérapeutiques, de diagnostic, de surveillance et de cosmétique/esthétique ». Cette norme, d’une part, établit une classification des appareils en quatre groupes, du plus faible 0 au plus élevé 3 en fonction des risques de lésions oculaires ou cutanées selon les critères décrits par la norme ISO 62471 de décembre 2008 et, d’autre part, définit des exigences pour la prévention des risques électriques pouvant être générés par le fonctionnement d’appareils électro-médicaux : spécificités de base de la norme NF EN 60601-1 en ajoutant des préconisations sur le système de refroidissement, la protection contre les dangers dus aux rayonnements involontaires , les températures excessives. C’est la raison pour laquelle il a été jugé opportun de faire tester par un laboratoire agréé un panel de produits vendus au grand public au regard des préconisations de cette norme.
IX. Les resultats des ESSAIS
A la suite du lancement d’un appel d’offres, la CSC a demandé au Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) d’effectuer une évaluation de la sécurité des photo-épilateurs. L’étude a consisté à contrôler la sécurité des appareils à lumière pulsée selon :
− la norme NF EN 60601-2-57 (avril 2012) relative aux exigences de sécurité des appareils à source de lumière non laser sur les seuls aspects liés à la sécurité du rayonnement optique ;
− certains essais de la norme NF EN 60601‑1 (janvier 2007) relative aux exigences générales pour la sécurité de base et les performances essentielles des appareils électro médicaux.
Et à procéder à l’analyse de deux lunettes de protection et de deux gels fournis avec des appareils.
La liste des appareils a été définie par la CSC. Ceux-ci ont été achetés par le LNE. Les essais se sont déroulés au cours du deuxième semestre 2013.
A. les caractéristiques des produits
1. Les appareils Réf. LNE
Spécifications techniques[28]
Dispositif de sécurité / Remarques
Filtre à traitements multicouches
Ouverture : 30 x 13 mm²
Flash : 30 x 4 mm²
Lampe + filtre remplaçable
Surface d’exposition : 4 cm²
Energie lumineuse : /
Durée flash : /
Longueur d’onde : /
Détecteur de couleur de peau
Tir possible uniquement si l’appareil est plaqué sur la peau (boucle métallique/magnétique interne à l’appareil)
Détection de la couleur de peau avant le 1er tir
Si trop foncé ou noir, tir impossible
Une fois la couleur détectée, possibilité de faire plusieurs tirs sans contrôle de la couleur de peau au même endroit sur la peau
Détection de la couleur de la peau obligatoire à chaque changement du niveau d’énergie
« Appareil respectant les normes internationales en matière de sécurité pour les yeux* »
(*Selon la norme IEC 60601-2-57 de 2011)
Ouverture : 30 x 20 mm²
2 lampes flash :
30 x 5 mm²
Surface d’exposition : /
Détection de couleur de peau avant chaque tir.
Après détection de la couleur de peau, il n’est plus nécessaire d’être en contact avec la peau pour déclencher un tir
Filtre orangé teinté dans la masse : 30 x 40 mm²
Guide de lumière en verre 20 x 30 mm² ép 30 mm
Lampe flash Ø 10 mm x 30 mm
Lampe flash remplaçable
Surface d’exposition : 20 x 30 mm²
Il faut que l’appareil soit plaqué sur la peau en exerçant une poussée
Impossible de faire des tirs répétés, il faut que la sécurité soit relâchée entre chaque tir
Le guide de lumière est en contact direct avec la peau. Le filtre rouge est en amont du guide
Fourniture de lunettes de protection : « Elles permettent de délimiter la zone où il est interdit de flasher (cils, sourcils…) »
Ouverture : 25 x 12 mm²
Lampe flash : 25 x 5 mm²
Détection du contact avec la peau par 2 contacts métalliques
Niveau d’énergie automatique en fonction de l’information fournie par l’accessoire de détection couleur de peau
Possibilité de tirs répétés au même endroit
Ouverture : 30 x 9 mm²
Lampe flash : 30 x 4 mm
Tir uniquement en contact avec la peau (boucle métallique/magnétique interne à l’appareil)
Si couleur de peau trop claire ou trop foncée : tir impossible
Une fois la couleur de peau détectée, possibilité de faire plusieurs tirs sans contrôle de la couleur de peau au même endroit sur la peau.
Ouverture : 32.5 x 12 mm²
Accessoire précision avec filtre ouverture 20 x 10 mm²
Flash : 32.5 x 3 mm²
Longueur d’onde :
> 600 nm (accessoire de précision)
Système de 4 « boutons poussoirs » autour de la fenêtre d’ouverture.
Tir uniquement lorsque les 4 boutons poussoir sont appuyés
Tirs répétés possibles au même endroit
Ouverture : 20 x 10 mm²
2 lampes Flash Ø 6 mm x 20 mm
Surface d’exposition : 10 x 20 mm²
« Conforme à la norme IEC 60335-1 & 60335-2-23 »
Système de poussoir 2 « boutons poussoirs » autour de la fenêtre
Tir uniquement lorsque les 2 boutons poussoir sont appuyés
Le traitement multicouche du filtre est situé du côté de la peau
Filtre rouge teinté dans la masse + Filtre transparent 15 x 36 mm²
Ouverture : 35 x 13,5 mm²
Lampe flash Ø 4 mm x 35 mm
Surface d’exposition : 13 x 35 mm²
4 contacts électriques (résistifs)
Obligation de faire un tir de niveau d’énergie inférieur avant un tir au niveau d’énergie supérieur
Ouverture : 33,5 x 10,5 mm²
Flash : Ø 5 mm x 33,5 mm
« Conforme à la norme 60601-1 et 60601-1-2 »
2 contacts électriques (résistifs)
On observe que les produits B et J revendiquent leur conformité aux normes 60601-1 et 2 et 60601-2-57 précitées. En outre, des informations telles que la surface d’exposition, l’énergie lumineuse, la durée du flash et les longueurs d’ondes ne sont pas ou sont partiellement mentionnées dans les notices d’utilisation. Par ailleurs, hormis le produit C qui autorise la production de tirs même si l’appareil n’est pas en contact direct avec la peau, tous les autres appareils ne délivrent de rayonnements qu’en cas de contact avec la peau pour éviter notamment tout risque d’émission vers les yeux.
Ces systèmes de sécurité sont-ils pour autant efficaces ?
La réponse est négative. Un seul appareil (D) ne permet l’émission du rayonnement qu’en cas de forte pression sur un corps-cible (la peau), ce qui implique que le contacteur dispose d’une certaine résistance mécanique. Tous les autres procédés (boucle métallique magnétique, système de 2 ou 4 boutons poussoirs, système de 2 à 4 contacteurs électriques (résistifs) ne nécessitent qu’un plaquage ou une simple pression sur le corps-cible. Avec ces procédés, l’émission de la lumière en direction des yeux peut être provoquée par un contact avec un autre corps rigide que la peau à traiter. On peut prendre pour exemple la pression exercée sur les doigts de la main entrouverts d’une personne pratiquant une épilation sur autrui, ou des pressions de l’appareil sur les joues ou les tempes. Il s’agit là de contacts involontaires mais qui demeurent raisonnablement prévisibles dès lors qu’ils sont liés à la manipulation d’appareils qui doivent faire l’objet de multiples prises de main et relâchement de pression sur la peau pour éviter de traiter les mêmes zones à épiler. Ces sécurités peuvent être également contournées dans d’autres situations telles que l’utilisation des appareils à des fins de jeux par les enfants mais il s’agit là de détournement d’utilisations. Certaines dispositions du projet de norme IEC 60335-2-113 ont pour objet de prévenir ces risques. La norme introduit une nouvelle notion qui est celle de « source de lumière intense intégrée (ILS) définie comme « une source de lumière intense où les expositions oculaires sont empêchées par un moyen technique ou plus destiné à être utilisé en mode contact (par exemple sur une peau humaine) ». Ce « mode contact » est contrôlé à l’aide d’une éprouvette d’essai simulant les propriétés optiques de la peau. L’émission du rayonnement ne peut s’opérer qu’en cas de contact correct de la fenêtre de l’appareil avec la peau. Quand le contact avec la peau est perdu, l’appareil doit réduire l’émission sous la limite du groupe de risque 2 de l’ISO 62471. Si de la lumière « fuit » depuis la peau-cible, le rayonnement optique ne doit pas excéder les limites du groupe de risque 1. Si ces conditions sont remplies l’usage des lunettes de protection est donc présenté comme facultatif.
Les appareils C et D sont les seuls à fournir des lunettes de protection avec l’appareil : l’appareil C parce que les émissions de lumière peuvent être déclenchées sans contact de la fenêtre de l’appareil avec la peau, l’appareil D, dont les contacteurs sont les plus efficaces, parce que les lunettes délimitent la zone où il est interdit de flasher (cils, sourcils…).
Ont été également analysés le niveau de protection des lunettes de protection des appareils C et D et les gels fournis avec les appareils D et E.
B. la caractérisation énergétique des sources
1. L’énergie lumineuse délivrée par les appareils
Des différentes configurations testées sur chaque appareil, seules les valeurs moyennes des énergies minimales et maximales sont présentées dans le tableau ci-après avec l’écart-type calculé sur la base de 5 mesures.
La densité d’énergie maximale et minimale est déterminée en tenant compte de la surface d’émission des appareils (sous réserve d’homogénéité de l’émission).
Energie Min
Sur l’appareil G, 2 dimensions de fenêtre sont possibles. La 1ère ligne correspond à la « petite » fenêtre, et la 2ème correspond à la « grande » fenêtre.
L’appareil D délivre l’énergie et la densité d’énergie les plus importantes, l’appareil J l’énergie et la densité d’énergie les plus faibles.
2. La caractérisation temporelle A l’aide d’une photodiode polarisée, la forme temporelle de l’émission est analysée pour chaque impulsion émise lors de la caractérisation énergétique. Le tableau ci-après présente une description de la durée du flash (largeur à mi-hauteur), le taux de répétition minimale, et de la forme de l’impulsion mesurée.
Durée [ms]
2 à 5 s
4 à 7 s
2 à 3 s
1 à 5 s
1 à 3 s
3,5 impulsions rectangulaires quasi contigües
Forme temporelle particulière
3. La caractérisation de la transmission spectrale des filtres
Le ou les filtres optiques présents dans les appareils sont caractérisés à l’aide d’un spectrophotomètre double faisceau, sur le domaine spectrale 250 – 2500 nm.
Les résultats sont présentés dans le tableau ci-après précisant le nombre de filtres, le type de filtre (Teinté dans la masse / Traitement diélectrique multicouches), la longueur d’onde de coupure du système de filtre.
Longueur d’onde de coupure [nm]
Filtre teinté dans la masse
Filtre teinté dans la masse + bloc de verre
Filtre à traitements multicouches sur bloc de verre
Filtre teinté dans la masse + fenêtre de protection
Filtre à traitements multicouches + fenêtre de protection
On constate que les filtres de tous les appareils absorbent correctement le rayonnement violet et UV.
C. la conformité des appareils à la norme de référence NF EN 60601-2-57
La vérification de la conformité à la norme de référence a été faite sur les points suivants :
− groupe de risque ;
− identification, marquage et documentation des appareils électro médicaux ;
− protection contre les dangers dus aux rayonnements involontaires ou excessifs ;
− précision des commandes, des instruments et protection contre les caractéristiques de sortie présentant des risques ;
− situations dangereuses et conditions de défaut.
1. Le groupe de risque
Détermination du groupe de risque
201-6.1.101
Responsabilité de la classification
Le fabricant doit fournir la classification de l’appareil à source de lumière
201-6.1.102
La classification est utilisée pour indiquer le risque potentiel des effets nuisibles à la santé
201-6.1.102.1
Classification d’un appareil à source de lumière en service continu
201-6.1.102.2
Classification d’un appareil à source de lumière pulsée
L’évaluation doit être faite par la méthode spécifiée dans la CEI 62471
Le groupe de risque n’est indiqué par le constructeur sur aucun appareil. La norme de référence, la norme NF EN 60601-2-57 (avril 2012), est applicable pour les appareils selon le groupe de risque « photobiologique » de l’appareil.
A partir des caractéristiques physiques mesurées, le laboratoire a déterminé le groupe de risque des différents appareils, conformément à la norme.
La détermination du groupe de risque a été faite à une distance de 200 mm de la source apparente, bien que dans l’utilisation normale de l’appareil l’ouverture du rayonnement soit plaquée sur la peau. L’ensemble des risques sur le domaine 200 nm – 3000 nm a été évalué.
Compte tenu de la durée d’impulsion de chaque appareil qui est inférieure à 0,25 s, la détermination du groupe de risque a été faite conformément aux conditions des sources impulsionnelles.
L’angle d’acceptance pour l’évaluation est de 1,7 mrad pour les valeurs en luminance, 1,4 rad pour les valeurs en éclairement, et 2p sr pour les valeurs d’éclairement pour le risque thermique pour la peau.
L’évaluation du rayonnement accessible selon la norme de référence a été établi à partir de :
− l’énergie totale ;
− le spectre d’émission de l’appareil (source Xénon + filtres) ;
− les caractéristiques géométriques (dimensions de la lampe flash, de l’ouverture…).
Les résultats sont présentés dans le tableau figurant en annexe 1 avec, pour chaque type de risque, les paramètres nécessaires à l’évaluation des valeurs limites, les valeurs limites d’exposition, les niveaux de rayonnement accessibles. Si une des limites de risque est dépassée, alors l’appareil est dans le groupe de risque 3 « élevé »[29]. Pour l’ensemble des appareils, le groupe de risque est 3 « élevé » pour une évaluation à 200 mm. Seule la limite du risque thermique pour l’œil est systématiquement dépassée. En complément, pour les valeurs limites exprimées en éclairement, l’évaluation a été faite en sortie de l’appareil (surface en contact avec la peau). Elle montre que le seuil de risque thermique pour l’œil et la peau est dépassé pour tous les appareils destinés au grand public.
A titre de comparaison, le classement dans le groupe 3 d’un appareil IPL équivaut à un appareil à laser classé 3 R ou 3 B.
2. L’identification, le marquage et la documentation des appareils électro-médicaux
Identification, marquage et documentation des appareils électro-médicaux
Informations spécifiques aux appareils à source de lumière
201.7.9.2.101.1
Le fabricant d’appareils à source de lumière doit fournir les informations suivantes à l’utilisateur :
– éclairement énergétique ou exposition énergétique spectrale pour toutes les configurations prévues de l’appareil à source de lumière
– émission maximale du rayonnement optique pour toutes les configurations prévues de l’appareil à source de lumière, mesurée sur la zone à traiter. Si l’appareil à source de lumière est conçu pour prodiguer un traitement dans différentes zones à traiter, ces paramètres doivent être spécifiés pour chacune des zones
– éclairement énergétique ou exposition énergétiques spectrale pour toutes les configurations prévues de l’appareil à source de lumière
– variation de l’émission maximale par rapport à la valeur moyenne dans la zone à traiter pour toutes les configurations prévues de l’appareil
– distance de risque oculaire et/ou distance du risque cutané, lorsque l’appareil est classé au-delà du groupe de risque 1
Informations relatives à l’émission (source pulsée)
– durée d’impulsion des impulsions individuelles
– durée d’un train d’impulsions
– intervalle entre impulsions
– fréquence de répétition
– nombre d’impulsions dans un train d’impulsions
201.7.9.2.101.2
Les fabricants d’appareils à source de lumière doivent fournir les informations de sécurité suivantes dans les instructions pour l’utilisateur
– des instructions relatives à l’installation, la maintenance, les procédures de vérification et l’utilisation en toute sécurité, y compris des avertissements clairs concernant les précautions à prendre pour éviter l’éventualité d’une exposition aux rayonnements dangereux ou d’un risque d’incendie
– des recommandations relatives à la formation
– des reproductions lisibles (couleur au choix) de toutes les étiquettes et tous les avertissements de danger devant être apposées sur les appareils à source de lumière
– une indication claire de tous les emplacements des ouvertures d’émission
– une liste des commandes, réglages et des procédures relatifs au fonctionnement et à la maintenance à destination de l’utilisateur, avec l’avertissement « Attention – l’utilisation des commandes ou réglages ou la réalisation de procédures autres que celles spécifiées ici peuvent conduire à une exposition à un rayonnement dangereux »
– une note, indiquant qu’il convient de protéger l’appareil à source de lumière contre une utilisation non autorisée, par exemple en retirant la clé de l’interrupteur à clé
– une recommandation concernant la protection oculaire et cutanée pour l’utilisateur et pour le patient/client
201.7.101
Etiquetage des appareils à SL
201.7.101.1
Le fabricant d’appareils à source de lumière doit donner le marquage du groupe de risque de l’appareil. La plaque indicatrice doit inclure le numéro du groupe de risque, ainsi que le libellé indiqué dans le tableau 201.104 « exigences relatives au libellé de la plaque indicatrice d’un appareil à source de lumière selon sa classification »
201.7.101.2
Informations relatives à la conception des plaques indicatrices de l’appareil et de son étiquetage
Un appareil à source de lumière classé suivant un groupe supérieur au groupe sans risque doit être doté d’une plaque indicatrice explicative et d’une plaque indicatrice d’avertissement conformes aux exigences de la présente norme.
Plaque indicatrice explicative
Les plaques indicatrices doivent être:
– fixées de façon durable, permanente
– lisibles
– lisibles et clairement visibles au cours du fonctionnement, de la maintenance ou de l’entretien
– placées de façon que leur lecture ne nécessite pas l’exposition de personnes au rayonnement optique dépassant les limites d’exposition.
La bordure, le texte et les symboles doivent être en noir sur fond jaune.
Si la taille ou la conception de l’appareil rend l’étiquetage impossible, la plaque indicatrice doit être reproduite dans le guide de l’utilisateur ou placée sur l’emballage.
201.7.101.3
Plaque indicatrice d’ouverture
Chaque appareil à source de lumière classé suivant un groupe supérieur au groupe de risque 1 doit être doté d’une plaque indicatrice fixée tout près de chaque ouverture d’émission.
La ou les plaques doivent porter le texte suivant :
OUVERTURE DE RAYONNEMENT OPTIQUE
OUVERTURE POUR RAYONNEMENT OPTIQUE
EXPOSITION DANGEREUSE – UN RAYONNEMENT OPTIQUE EST EMIS PAR CETTE OUVERTURE
201.7.101.4
Information sur le rayonnement émis et les normes
Le nom et la date de publication de la norme à laquelle l’appareil répond doivent figurer sur la plaque indicatrice ou à tout autre emplacement proche de l’appareil.
La plaque indicatrice de chaque appareil à source de lumière doit mentionner la puissance maximale du rayonnement optique émis, la gamme des durées d’impulsion (s’il y a lieu) et la gamme des longueurs d’ondes émises
Pour chaque appareil, la notice d’utilisation et les marquages sur l’appareil ont été examinés pour vérifier la conformité aux prescriptions ci-dessus.
Des précautions à prendre figurent dans les notices d’utilisation de tous les appareils pour éviter l’éventualité d’une exposition aux rayonnements dangereux.
L’appareil C possède une notice en langue anglaise. Cela n’est pas conforme à l’exigence de la clause 7.9.2.1 de la norme générale (les instructions d’utilisation devant être mentionnées dans une langue compréhensible par l’opérateur prévu).
La majorité des appareils ne répondent à toutes les exigences d’information et de marquage définis dans la norme de référence, avec cependant les exceptions suivantes :
− l’appareil i possède une plaque indicatrice d’ouverture conforme au § 201.7.101.3 ;
− l’appareil G précise que les longueurs d’onde d’émission sont supérieures à 570 nm pour la grande fenêtre et supérieures à 600 nm pour la petite fenêtre.
3. La protection contre les dangers dus aux rayonnements involontaires ou excessifs
Protection contre les dangers dus aux rayonnements involontaires ou excessifs
201.10.101
Dispositif de désactivation
Un appareil à source de lumière peut être équipé d’un dispositif adéquat neutralisant la libération du rayonnement optique en l’absence de tissu cible
Si l’appareil à source de lumière est classé dans un groupe de risque inférieur par la mise en place d’un tel dispositif, l’exigence suivante doit être satisfaite :Lorsqu’une exposition a été réalisée, l’appareil ne doit pas pouvoir réémettre de rayonnement optique tant que le dispositif n’a pas été réactivé
Cette exigence n’est pas obligatoire. Cependant, seuls les appareils D et I sont conformes à cette disposition : tir possible uniquement en contact avec le tissu cible. Le tir suivant est possible après avoir retiré l’appareil en contact avec la peau puis en le remettant en contact avec la peau.
Pour l’appareil C le tir suivant est possible en restant en contact avec le tissu cible après un contrôle obligatoire de la couleur de la peau entre chaque tir.
201.10.102
L’appareil à source de lumière de groupe de risque 3 doit intégrer des moyens évitant le rayonnement émis depuis l’applicateur dans une direction autre que celle destinée au traitement lorsque ce dernier est utilisé en contact avec la zone cible.
De plus, l’appareil à source de lumière peut comprendre un écran amovible ou fixe évitant l’exposition de l’utilisateur au rayonnement diffuse à l’arrière de la zone cible.
L’ensemble des appareils respecte cette exigence. L’émission de rayonnement n’est possible qu’au travers l’ouverture et dans la direction de propagation du rayonnement.
201.10.104
Pour protéger le patient, l’opérateur et les autres personnes présentes, l’appareil à source de lumière de groupe de risque 3 doit comprendre :
a) un organe de commande principal actionné par clé. La clé doit pouvoir être retirée et le rayonnement optique ne doit pas être accessible
b) un indicateur de disponibilité visuel ou sonore, devant être allumé ou audible lorsque l’émission du rayonnement optique est possible après avoir actionné l’interrupteur de commande, cela afin de permettre de prendre les précautions de sécurité appropriées
c) Indicateur de rayonnement optique
En plus de l’indicateur de disponibilité, l’appareil à source de lumière doit comporter un signal visuel ou sonore, indiquant clairement que l’émission de rayonnement optique est en cours
Si les indicateurs sont de type visuel, l’indicateur de disponibilité et l’indicateur de rayonnement optique doivent être visibles à travers la protection oculaire recommandée par le fabricant.
d) Commande de veille / disponibilité
L’appareil à source de lumière doit être équipé d’une commande veille/disponibilité.
A la mise en marche initiale, l’appareil à source de lumière doit, par défaut, se mettre en veille
− 201.10.104.a), commande à clé et à code : seul l’appareil I respecte cette exigence. Il cumule un dispositif de commande à clé et à code : séquence de touche à sélectionner pour permettre la mise en route de l’appareil ;
− 201.10.104.b), indicateur de disponibilité visuel ou sonore : tous les appareils disposent d’un indicateur de disponibilité visuel ou sonore ;
− 201.10.104.c), indicateur de rayonnement optique (émission en cours) : – seul l’appareil i dispose de cet indicateur sonore d’émission en cours (2 bips sonores) pendant le tir de l’impulsion de rayonnement ;
− 201.10.104.d), commande veille disponibilité : seuls les appareils suivants respectent cette exigence :
201.10.105
Arrêt de l’exposition
Pour un appareil à source de lumière de groupe de risque 3, lorsque l’arrêt de l’exposition est commandé par une minuterie, la protection contre les conditions de premier défaut, doit être assurée par un dispositif de sécurité indépendant de la minuterie, activé lorsque la durée de consigne est dépassée de 20 %Le dispositif de sécurité doit arrêter l’émission du rayonnement optique et empêcher l’appareil de continuer à fonctionner.(une deuxième minuterie peut constituer un moyen pour satisfaire à cette exigence)
Non applicable : Tous les appareils ne disposent pas de minuterie
4. La précision des commandes, des instruments et la protection contre les caractéristiques de sortie présentant des risques
Précision des commandes, des instruments et protection contre les caractéristiques de sortie présentant des risques
201.12.1
Précision des commandes et des instruments
201.12.1.101
Indication du niveau d’émission de l’appareil à source de lumière
Un appareil à source de lumière de groupe de risque 3 doit afficher la valeur de l’émission de rayonnement optique choisie par l’utilisateur en unité SI
201.12.4.2
Indication des paramètres concernant la sécurité
L’émission de l’appareil à source de lumière et, le cas échéant, la durée d’impulsion, ne doivent pas s’écarter de la valeur préréglée indiquée de 20 %
Une grandeur mesurée électrique ou optique, directement dérivée de l’émission de l’appareil à source de lumière et de la durée d’impulsion, doit être contrôlée pendant le fonctionnement.
Le contrôle doit être réalisé avec une périodicité inférieure au temps de tolérance de défaillance.
La limite à courte longueur d’onde indiquée pour l’appareil à source de lumière ne doit pas s’écarter de plus de 5 %
L’émission de l’appareil à source de lumière produite sur la zone à traiter doit être vérifiée à chaque mise en marche de celui-ci. Si l’utilisateur est apte à réaliser cet essai conformément aux instructions fournies par le fabricant, on peut lui en laisser la possibilité.
L’appareil à source de lumière ne doit pas pouvoir être mis en mode de disponibilité avant d’avoir vérifié l’émission de l’appareil à source de lumière et avant d’avoir validé la vérification à chaque connexion de celui-ci au réseau d’alimentation.
La durée de l’impulsion et la limite à courte longueur d’onde doivent être vérifiées à intervalles réguliers. Les méthodes d’essai et la périodicité doivent être décrites dans les instructions d’utilisation, conformément au 201.7.9.2.101.2.
− 201.12.1.101 : indicateur de niveau de rayonnement émis en unité SI. Aucun des appareils ne dispose d’un affichage de l’énergie ou de la densité d’énergie délivrée. Les indicateurs sur les appareils sont de type « barre graphe » ou type « 1 à n » ;
− 201.12.4.2 : En l’absence d’information sur le niveau de rayonnement émis et de schéma électronique, le contrôle de cette exigence n’a pas été fait. Cependant, l’écart type relatif sur les séries de mesure d’énergie est inférieur à 20 %.
Aucun moyen de contrôle de l’énergie n’est fourni avec les appareils.
201.12.4.101
Un appareil à source de lumière classée en groupe de risque 3 doit comporter un arrêt d’urgence
L’arrêt d’urgence doit immédiatement arrêter l’émission au rayonnement optique.
L’arrêt d’urgence doit être conçu de manière à être indépendant de tous les autres systèmes d’arrêt de l’appareil à source de lumière.
L’interrupteur doit être un dispositif à bouton-poussoir rouge et il doit être placé de manière à être bien visible, facilement et rapidement accessible par l’opérateur de l’appareil à source de lumière à partir de sa position d’exploitation
L’indication arrêt d’urgence ou le symbole 101 du tableau EE1 doit être apposé sur ou à proximité du bouton-poussoir.
Si un arrêt d’urgence conforme à la CEI 60947-3 est intégré à l’appareil à source de lumière, l’arrêt d’urgence pour le rayonnement optique n’est pas exigé.
Aucun appareil n’est équipé d’un « Arrêt d’urgence ».
5. Les situations dangereuses et conditions de défaut
Situations dangereuses et conditions de défaut
201.13.1
Situations dangereuses particulières
201.13.1.101
Dangers des rayonnements optiques
En cas d’application des conditions de premier défaut, comme cela est écrit en 4.7 de la norme générale et suivant la liste donnée en 13.2 de cette même norme, et suivant la présente norme particulière, aucune situation dangereuse décrite au 13.1 de la norme générale et de la présente norme particulière (dans son ensemble) ne doit se présenter dans l’appareil à source de lumière
Pour un appareil à source de lumière, de groupe de risque 3, une condition de premier défaut ne doit pas entraîner une augmentation de l’émission accessible supérieure à 100 % au-dessus de la valeur nominale, ou une émission involontaire de rayonnement optique
En l’absence du dossier de gestion des risques des appareils, (propriété du fabricant), les points qui précèdent n’ont pas été examinés.
Le tableau figurant en annexe 2 présente une synthèse de la conformité ou non des appareils.
D. la conformité des appareils aux essais electriques (normes nf en 60601-2-57 d’avril 2012 et nf en 60601-1 de janvier 2007)
Les essais ont été effectués selon les paragraphes 201-8-10.4 (dispositifs de commande tenus à la main et pédales de commande), 201.11 (protection contre les températures excessives et les autres dangers) et 201.13 (situations dangereuses et conditions de défaut).
1. La clause 201.8.10.4 : Dispositifs de commande tenus à la main et pédales de commande
L’article 201.8.10.4 de la norme particulière la norme NF EN 60601-2-57 (avril 2012) ne s’applique qu’aux pédales de commande.
L’article 8.10.4.1 de la norme générale NF EN 60601‑1 (janvier 2007) n’a pu être réalisé en l’absence des schémas électriques des appareils mis à disposition. L’article 8.10.4.2 renvoie à l’article 8.11.3 de la norme générale NF EN 60601‑1 (janvier 2007).
Par conséquent, l’article 8.11.3 de la norme générale demande de réaliser sur les applicateurs les essais d’arrêt de traction (clause 8.11.3.5) et de flexion (8.11.3.6) effectués initialement sur les câbles d’alimentation.
Premier essai : clause 8.11.3.5 : essais sur les dispositifs d’arrêt de traction
L’objet de l’essai est de tester la robustesse mécanique des dispositifs d’arrêt de traction des câbles reliant les applicateurs tenus à la main aux bases des appareils. L’essai n’est pas appliqué aux appareils ne disposant pas de base.
L’essai de traction consiste ici à appliquer une masse de 3 kg aux extrémités des câbles 25 fois sur une durée d’une seconde.
Immédiatement après l’essai de traction, un couple de torsion de 0.1 N-m est appliqué aux câbles.
Aucun déplacement de la gaine du câble n’a été observé après l’essai. L’ensemble des appareils sont conformes à cet article de la norme.
Deuxième essai : clause 8.11.3.6 : essais sur les dispositifs de protection des câbles
L’objet de l’essai est de tester la robustesse mécanique du câble lors de sa flexion. Le risque est de provoquer une rupture des conducteurs électriques.
La norme NF EN 60601‑1 (janvier 2007) requiert un des deux essais suivants :
− l’essai de la clause 25.14 de la norme 60335-1:2001 ;
− un essai spécifique à la norme médicale (troisième paragraphe de la clause 8.11.3.6).
Le deuxième essai a été réalisé. L’essai consiste à appliquer une masse relative aux diamètres du câble et de mesurer le rayon de courbure lors de la flexion.
Les résultats sont présentés dans le tableau ci-après :
Les épilateurs J, C, H sont conformes à l’essai demandé par la norme médicale.
Les épilateurs E, I et D ne sont pas conformes à l’essai spécifique à la norme médicale. Cependant, cet essai ne permet pas de conclure à la présence d’un risque pour l’utilisateur. Seule l’analyse des actions envisagées par le fabricant dans le dossier de gestion des risques, l’analyse des schémas électroniques et l’application de l’essai de la clause 25.14 de la norme 60335-1:2001 permettraient de statuer sur la conformité finale du câble et le risque pour l’utilisateur.
Les fabricants recommandent de ne pas utiliser l’appareil si un défaut est observé, ce qui limite le risque en cas de blessure dû au câble.
2. La clause 201.11 : Protection contre les températures excessives et les autres dangers
L’article 11 de la norme générale s’applique. L’objet de l’essai est de mesurer les températures de fonctionnement des différents appareils en plusieurs points. Les points de mesure suivants ont été retenus :
− câble d’alimentation de l’applicateur ;
− enveloppe supérieure de l’applicateur ;
− enveloppe inférieure de l’applicateur ;
− filtre de l’applicateur en contact avec la peau lors de l’épilation ;
− câble d’alimentation de la base (si applicable) ;
− enveloppe supérieure de la base (si applicable).
Les points de mesure ont été sélectionnés sur les enveloppes des appareils afin de mesurer le niveau de température des parties des dispositifs susceptibles d’être touchées au cours de l’utilisation du produit. La norme classe les parties des appareils suivant le temps d’application en contact avec le patient/client.
Le temps d’utilisation des appareils et la fréquence de répétition des flashs varient suivant la zone d’épilation à traiter et suivant les recommandations données par les fabricants dans leurs notices d’utilisation.
De manière à pouvoir comparer les dispositifs les uns par rapport aux autres, le protocole commun retenu est le suivant :
− la durée réalisée des essais pour chaque appareil est de 20 minutes ;
− la fréquence de répétition des flashs adoptée est d’un flash toutes les 5 secondes ;
− le niveau de puissance des appareils est réglé au maximum lors des essais ;
− les appareils sont alimentés à 110 % de leur tension maximale admise par le fabricant.
Les températures des enveloppes des applicateurs ne doivent pas dépasser la valeur de 43°C (selon le tableau 24 de la norme, pour un temps de contact > 10 minutes). Les températures des enveloppes des bases ne doivent pas dépasser la valeur de 71°C (selon le tableau 23 de la norme pour un temps de contact compris entre 1 et 10 secondes).
Les températures indiquées sont les températures maximales mesurées au cours de l’essai.
Exploitation des résultats mesurés sur les enveloppes des appareils (hors température de la zone de traitement)
Comme le montre le tableau ci-après, en comparant les valeurs entre les différents appareils, à une température d’utilisation de 30°C, les appareils des marques J, E et D ont des températures de fonctionnement supérieures à 43°C (seuil réclamé par la norme pour les parties en contact avec le dispositif lors de son utilisation). Les autres appareils ont des températures de fonctionnement inférieures à 43°C.
Valeurs de températures maximales mesurées au cours d’un cycle d’utilisation de 20 min
Enveloppe intérieure
Câble alimentation 39,9
Câble alimentation base
Enveloppe supérieure base
Ce tableau mentionne les valeurs mesurées puis corrigées à une température de fonctionnement de 30°C. La valeur de 30°C a été retenue comme valeur d’utilisation commune sur l’ensemble des équipements. Cette valeur commune a été sélectionnée pour permettre une comparaison des températures maximales sur l’ensemble des appareils. Les valeurs sont données en °C.
La tolérance maximale de température doit être déterminée et documentée par chaque fabricant dans le dossier de gestion des risques (selon l’article 11.1.2.1 de la norme médicale NF EN 60601‑1 (janvier 2007). En l’absence de ces documents lors des essais, la valeur de la tolérance maximale retenue est de 43°C. Cette valeur correspond à la température maximale d’une enveloppe plastique en contact avec le patient/client pour une durée d’application supérieure à 10 minutes.
Les températures mesurées sur les différents câbles et sur les enveloppes des bases sont conformes aux stipulations de la norme.
Exploitation des résultats mesurés sur les filtres des zones de flash de chaque appareil
Comme le montre le tableau ci-après les températures mesurées sur la zone de flash atteignent des températures supérieures aux tolérances requises par la norme. Ces valeurs peuvent entrainer un risque de brûlure pour l’utilisateur. Ce risque est maîtrisé sur l’ensemble des appareils à travers des recommandations se trouvant dans les notices d’utilisation (par exemple, il est précisé dans une notice que l’utilisateur doit limiter le temps d’application dans le cas où des rougeurs sont constatées. Dans une autre notice il est précisé que l’utilisateur doit adapter la puissance d’utilisation suivant son type de peau…). Cependant, ces avertissements sont insuffisants selon la norme. Les températures et les effets cliniques doivent être documentés dans le dossier de gestion des risques (cf. clause 11.1.2.1 NF EN 60601‑1 (janvier 2007)). Le dossier de gestion des risques n’ayant pas été fourni lors de la réalisation des essais, le rapport du LNE n’a pas pu statuer sur la conformité des différents produits à la norme.
Valeurs de températures maximales mesurées sur la zone de flash
(valeurs données en °C, corrigées à 30°C)
Température Zone de flash
La mesure est réalisée directement depuis l’appareil. Les valeurs de températures ne représentent pas la température réellement observée sur la peau de l’utilisateur. Cette valeur de température peut en outre être diminuée selon l’interface qui peut exister entre l’appareil et la peau (par exemple : utilisation d’un gel, distance d’application entre le filtre et la peau…).
De ce fait, les valeurs sont importantes mais doivent être relativisées par le temps très court de l’application de l’appareil sur la peau et du temps très court que mettent les appareils à revenir à une température acceptable. (L’ordre de grandeur observée est de quelques dizaines de secondes).
Les figures ci-dessous montrent des exemples des premiers flashs relevés sur les appareils A, J, D et G. Plus des flashs sont appliqués, plus la température au niveau du filtre augmente. Les figures montrent que la température chute rapidement après un flash. Seule la répétition des flashs permet d’atteindre les valeurs du tableau qui précède.
Seule l’analyse de dossiers cliniques ou du dossier de gestion des risques fournis par les fabricants auraient permis de statuer sur la conformité de ce point à la norme et le risque pour l’utilisateur.
Néanmoins on voit sur ces courbes que la température des appareils A, D, G ne descend pas en dessous de 45°C, l’appareil D dépasse systématiquement la température de 60°C, ce qui présente des risques pour la peau.
Mesure de la température du filtre sur l’appareil A
En abscisse : numéro d’acquisition. Te = 100 ms ‑ En ordonnée : valeur de la température en °C
Mesure de la température du filtre sur l’appareil J
Mesure de la température du filtre sur l’appareil D
Mesure de la température filtre sur l’appareil G
L’ensemble des fabricants mettent en garde contre les forts risques de brûlures liés aux températures excessives qui sont inévitables si l’utilisateur ne respecte pas certaines recommandations[30]. Le tableau ci-après synthétise les recommandations observées sur les notices d’utilisation.
Recommandations du fabricant sur le risque de brûlure
Page 3 : Si vous ressentez la moindre douleur, baissez le niveau d’intensité jusqu’à ce que la séance soit confortable. Dans ce cas, il pourra être nécessaire d’ajouter 1 ou 2 séances pour obtenir le meilleur résultat. N’oubliez pas d’effectuer un test de tolérance en émettant une impulsion lumière sur votre peau au moins 24h avant le traitement en niveau d’intensité 1
Page 11 : Avertissement : ne traitez pas la même zone de peau plus d’une fois par séance d’épilation. Le traitement répété au même endroit peut provoquer des effets secondaires
Page 38 : Votre peau peut rougir juste après l’utilisation du G ou dans les 24h qui suivent. La rougeur disparaît généralement dans les 24h. Consultez votre médecin si elle persiste au-delà de 2-3 jours
Page 41 : si des brûlures ou des cloques apparaissent, arrêter immédiatement. Eviter de superposer des impulsions
Page 1 : si vous ressentez une sensation d’inconfort, utilisez un niveau inférieur. Si la sensation est tolérable, augmentez le niveau d’X pour une meilleure efficacité
Page 8 : ne pas utiliser le système dans le cas […] de brûlures
Page 9 : Pendant le traitement, ne maintenez pas l’embout de l’applicateur au même endroit sans bouger ! cela peut occasionner une concentration de chaleur excessive et abîmer la peau
Page 10 : effets secondaires possibles : cloques ou brûlures sur la peau. Comment traiter : rafraichir la zone immédiatement et consulter un médecin.
Page 18 : notez que la sortie d’air dégagera de l’air très chaud une fois le système en marche
Page 24 : des rougeurs temporaires peuvent apparaître sur la peau pendant les 24h qui suivent le traitement. Si les symptômes persistent pendant plus de 24h et/ou vous ressentez une gêne importante et / ou rencontrez de graves effets secondaires, cessez immédiatement le traitement et consultez votre médecin
Page 38 : n’utilisez pas l’appareil […] si vous souffrez […] de brûlures
Page 43 : si, à un moment, l’appareil provoque une douleur intolérable, réduisez l’intensité lumineuse jusqu’à ce que l’utilisation du produit redevienne plus confortable. Si vous remarquez des réactions cutanées plus importantes qu’une légère rougeur, arrêtez immédiatement la séance
Page 46 : ne flashez pas plusieurs fois la même zone au cours d’une même séance. Cela […] augmente le risque de réactions cutanées
Page 50 : éventuels effets secondaires et réactions cutanées courants : des rougeurs et / ou […] une sensation de chaleur sur la peau peuvent apparaître. Cette réaction est bénigne et passagère
Effets secondaires rares : brûlures, rougeur excessive et enflure : ces réactions se produisent très rarement. Elles sont provoquées par l’utilisation d’une intensité lumineuse trop élevée pour votre couleur de peau. Si ces réactions persistent plus de trois jours, consultez votre médecin. Attendez que la peau soit entièrement guérie avant de recommencer la séance, et utilisez une intensité lumineuse moins élevée
Note : Les pages 55, 56, 57, 58 donnent des informations complémentaires
Page 6 : ne pas utiliser excessivement l’appareil parce que le filtre peut surchauffer
Note : les pages 7 et 11 précisent l’utilisation des niveaux d’énergie plus faible dans le cas d’inconfort
Page 8 : ne pas traiter la même zone de peau plusieurs fois […] cela peut provoquer des brûlures
Note : la page 14 précise d’attendre 24h dans le cas de rougeurs observés. (Les rougeurs disparaissent généralement après 24h)
Pages 12, 23 : ne traitez pas la même zone de peau plus d’une fois par séance. Si des brûlures ou des cloques apparaissent, arrêtez immédiatement !
Page 16 : votre peau peut rougir juste après l’utilisation de l’épilateur ou dans les 24h qui suivent. La rougeur disparaît généralement dans les 24h. Consultez votre médecin si elle persiste au-delà de 2 à 3 jours
Très rarement, la peau peut être exposée à des blessures ou des brûlures suite à l’application. Plusieurs semaines peuvent être nécessaires pour une guérison totale et, dans des cas exceptionnels, une cicatrice peut subsister
Page 57 : ne pas flasher plus d’une fois la même zone car cela peut provoquer des brûlures
Page 65 : dans le cas où les zones traitées rougissent après le traitement : cela est normal et la rougeur devrait disparaître. Si ce n’est pas le cas, utilisez une intensité de lumière plus faible
Page 55 : Certaines personnes peuvent ressentir une légère gêne (par exemple, la peau qui rougit ou qui chauffe) […] c’est normal. Ce type de réaction disparaît dans les 24h
Les effets secondaires possibles incluent : Gêne/douleur dans la zone traitée […] la peau qui chauffe ou qui rougit au-delà des 24 premières heures
Rougeur de la peau qui ne disparaît pas dans les 24/48h après le traitement : arrêter d’utiliser l’appareil et consultez votre médecin avant de l’utiliser à nouveau
Pages 60, 62 : ne pas appliquer le combiné sur la même zone plus d’une fois pour éviter tout effet indésirable. Si des cloques ou des brûlures apparaissent sur votre peau, arrêtez immédiatement. Apaisez la zone avec une poche de gel pour application de froid
Page 4 : la plupart des utilisateurs ressentent une sensation de chaleur lors du traitement. Certaines personnes voient apparaître de légères rougeurs. Dans la plupart des cas, des effets secondaires disparaîtront dans un délai de 24h mais, en de rares occasions, ce délai peut être porté à 72h. Les effets suivants nécessiteront un arrêt du traitement. Dans tous les cas, refroidissez la zone avec un gel à base d’aloe vera de préférence. Si les symptômes persistent après 48h, consultez un médecin : douleur dans la zone traitée, démangeaisons dans la zone traitée, rougeurs. Si les symptômes suivants apparaissent consultez immédiatement un médecin (cloques ou brûlures)
Page 24 : existe-t-il des effets secondaires ? Comme pour tous les épilateurs qui utilisent une énergie lumineuse, un éclaircissement de la peau par taches ou de légères rougeurs peuvent apparaître après les traitements. Ceci devrait disparaître dans les 24h
Page 23 : Eviter de rester trop longtemps sur la même zone à tout moment. Cela risquerait de provoquer des rougeurs et des gonflements
Page 10 : n’utilisez pas l’appareil D sur une peau blessée, brûlée ou infectée
Note : la page 23 recommande de régler dans un premier temps le niveau de puissance proposé au plus bas pour éviter une augmentation des risques de rougeurs, voire de brûlures sur les peaux très pigmentées
Note : page 25, le fabricant préconise d’utiliser le gel fourni avec l’appareil pour éviter d’occasionner des brûlures cutanées
3. La clause 201.13 : Situations dangereuses et conditions de défaut
La norme prévoit un certain nombre d’essais d’ordre mécanique, électrique, thermique. En l’absence des schémas électroniques et des dossiers de gestion des risques des équipements, la totalité des essais prévus par la norme n’a pu être réalisée. Les essais suivants ont été effectués.
La clause 13.1.4 traite des dangers mécaniques. Cet article renvoie à l’article 15.3. Pour les appareils portatifs, la norme prévoit les essais suivants :
− clause 15.3.2 : essai de poussée ;
− clause 15.3.4.1 : essai de chute.
L’objet de ces essais est de vérifier la robustesse mécanique des enveloppes.
Premier essai : clause 15.3.2 : essai de poussée
L’essai de compression consiste à appliquer une force de 250 N sur l’applicateur et la base de l’applicateur pendant une durée de 5 s. L’examen réalisé après l’essai a permis de montrer qu’aucun des appareils ne présente de danger.
Deuxième essai : clause 15.3.4 : essai de chute
L’essai de chute consiste à laisser librement tomber les applicateurs à une hauteur de 1 m sur une planche de bois d’épaisseur 50 mm. L’essai est réalisé trois fois sur chaque appareil.
Les appareils B, E et F ont été détruits suite à cet essai.
L’appareil de marque E présente un risque, car des parties électroniques sont accessibles après l’essai.
L’appareil de marque B présente un risque, car le filtre s’est fendu après le dernier essai. Cependant, cet essai ne permet pas de conclure à un risque pour l’utilisateur.
Il faut souligner que le fabricant de l’appareil B a prévu ce risque dans sa notice d’utilisation, car il est précisé en page 17 : « en cas de chute de l’appareil, vérifier que le filtre UV n’est pas cassé ou fendu. Dans ce cas, remplacer la lampe avant toute nouvelle utilisation ».
De même, le fabricant de l’appareil E a prévu ce risque dans la notice d’utilisation car il est mentionné en page 53 : « ne pas utiliser l’appareil si celui-ci est endommagé, […] les composants internes de l’appareil ont des niveaux de charge électriques qui peuvent être dangereuses. Une décharge électrique peut provenir de l’utilisation d’un appareil endommagé ».
La quatrième colonne du tableau ci-après mentionne les recommandations des fabricants observées dans les notices d’utilisation.
Résultats des essais de chute
Observations constatées
Recommandations du fabricant en cas de choc
L’appareil est fonctionnel après essai mais le filtre s’est fendu lors des chutes
Essai non concluant*
Page 17 : en cas de chute de l’appareil, vérifiez que le filtre UV n’est pas cassé ou fendu. Dans ce cas, remplacer la lampe avant toute nouvelle utilisation F
L’appareil n’est plus fonctionnel après essai mais ne présente pas de danger apparent
Essai conforme
Page 36 : dans le cas où l’appareil ne fonctionne pas correctement ou présente une défectuosité ou un bris, et dans le cas où la coque de l’appareil est craquée ou se détache en morceau : Arrêter immédiatement l’utilisation de l’appareil et contactez le service client J
L’appareil est fonctionnel après essai
Page 9 : ne pas utiliser le système si l’un des composants semble endommagé. Ne pas utiliser l’appareil si le verre de la cartouche est fissuré ou cassé. Haute tension à l’intérieur
Page 36 : n’utilisez pas l’appareil ou l’adaptateur secteur s’il est endommagé. N’utilisez pas l’appareil si le filtre UV du verre filtrant est cassé
Page 6 : Une cartouche de remplacement doit être remplacée si le filtre est cassé. Si votre appareil est cassé, endommagé, […], veuillez contacter le service consommateur A
Page 25 : Une lampe flash doit aussi être remplacée […] si la surface d’application est cassée
Page 14 : Veuillez contacter le service client de votre épilateur si votre appareil est cassé, endommagé, ou nécessite une réparation
Page 64 : si la fenêtre est fêlée ou brisée, l’appareil ne doit pas être utilisé Page 65 : ne pas utiliser l’appareil s’il est endommagé. Si vous avez des problèmes pour utiliser l’appareil, arrêtez-vous et contacter le service center
Partie sous tension accessible après essai
L’appareil n’est plus fonctionnel après essai
page 53 : ne pas utiliser l’appareil si celui-ci est endommagé, par exemple si le verre est fendu […], le câble de l’appareil endommagé (fils électriques apparents), les composants internes de l’appareil ont des niveaux de charge électriques qui peuvent être dangereuses. Une décharge électrique peut provenir de l’utilisation d’un appareil endommagé I
Page 25 : en cas de dommages à l’appareil, au câble de l’applicateur, à l’applicateur ou au câble électrique, cessez immédiatement l’utilisation
Page 8 : ne jamais utiliser s’il est endommagé, ni en cas d’anomalie de fonctionnement apparaissant sur l’écran tactile, ni après une chute (des dommages non visibles peuvent être préjudiciables à votre sécurité)
Page 19 : Le filtre (pièce plate en verre coloré rouge) doit être intact, non fendu et de surface plane régulière
* Essai non concluant par absence du dossier de gestion des risques et des schémas électroniques (propriété du fabricant)
4. La clause 13.2.7 : altération du refroidissement pouvant entraîner un danger
L’objet de cet essai est de vérifier que l’appareil ne présente pas de danger lorsque les systèmes de refroidissement des bases et des applicateurs cessent de fonctionner. Pour réaliser cet essai, les ouvertures des ventilations ont été obstruées au moyen de scotch.
Troisième essai : exploitation des résultats mesurés sur les enveloppes des appareils
Le tableau ci-après donne les valeurs maximales mesurées au cours d’un cycle d’utilisation de 20 minutes lorsqu’une condition de défaut a été réalisée. Elles sont corrigées à une température de fonctionnement de 30°C. Les valeurs sont données en °C.
En comparant les valeurs entre les différents appareils, seul l’appareil F est conforme aux valeurs requises par la norme (températures d’enveloppes inférieures à 43°C) tandis que les appareils J et D ont des températures de fonctionnement supérieures aux autres appareils. Ces essais montrent que l’ensemble des appareils présentent des risques de brûlures s’ils sont utilisés excessivement au cours d’une séance.
E. les resultats des essais portant sur les lunettes de protection
La transmission spectrale des lunettes de protection des appareils C et D est mesurée à l’aide d’un spectrophotomètre double faisceau, sur le domaine spectral 250 – 2500 nm.
A partir des résultats des mesures, utilisées pour la détermination du groupe de risque, les calculs sont faits en tenant compte de la transmission spectrale des filtres.
Les résultats sont présentés dans le tableau ci-après avec pour chaque type de risque, les paramètres nécessaires à l’évaluation des valeurs limites, les valeurs limites d’exposition, les niveaux de rayonnement accessibles au travers des lunettes de protection.
En utilisant les lunettes de protection associées à l’appareil C, le rayonnement accessible pour une impulsion dépasse la limite d’émission du groupe sans risque. Le rayonnement avec lunettes de protection est dans le groupe de risque 3 « élevé ».
En utilisant les lunettes de protection associées à l’appareil D, le rayonnement accessible pour une impulsion ne dépasse pas la limite d’émission du groupe sans risque. Le rayonnement avec lunettes de protection est dans le groupe de risque 0 « sans ». Il est à noter que l’une des branches de cette lunette fait référence à la norme NF EN 166 « Protection individuelle de l’œil – Spécifications ». Cette norme est applicable à tous les types de protecteurs individuels de l’œil utilisés contre les divers dangers pouvant être rencontrés dans l’industrie, dans les laboratoires, les établissements d’enseignement, dans le cadre des activités de bricolage etc. susceptibles d’endommager l’œil ou d’altérer la vision, à l’exception des rayonnements d’origine nucléaire, des rayons X, des émissions laser et des rayonnements infrarouges (IR) émis par des sources à basse température.
F. les résultats des essais portant sur les gels des appareils E et D
1. La démarche analytique
Les différentes préparations d’échantillon ont pour but de mettre en évidence des molécules ayant des propriétés différentes. L’extraction du gel va permettre d’isoler les molécules peu solubles dans l’eau. La dissolution de l’extrait sec dans de l’eau permettra quant à elle, de caractériser les substances polaires majoritaires du gel[31].
2. La préparation d’échantillon
Le gel est dilué dans une solution aqueuse et extrait par un solvant organique à température ambiante pendant 1h. La solution organique est filtrée avant analyse.
Extrait sec du gel
Une masse connue d’échantillon est placée pendant 16h dans une étuve à 105°C.
Extraction de l’extrait sec
Une quantité connue d’extrait sec est extrait par un solvant organique sous agitation à température ambiante du laboratoire pendant 16h. La solution organique est filtrée avant analyse.
3. Les techniques analytiques mises en œuvre
Analyse par FTIR, spectrométrie infrarouge par transformée de Fourrier
L’extrait sec est analysé par Spectrométrie Infrarouge par transformée de Fourrier (mode ATR, Attenuated Total Reflectance).
Screening par HSGC/MS, chromatographie avec injection par espace de tête en phase gazeuse couplée à une détection par spectrométrie de masse
Le gel est directement placé dans un flacon chauffé à 90°C. L’espace de tête est analysé par HSGC/MS. Les chromatogrammes et les spectres de masse sont comparés à la base LNE/HSGC (32 substances) ainsi qu’à la base NIST (165 000 substances).
Screening par GC/MS, chromatographie en phase gazeuse couplée à une détection par spectrométrie de masse
Les solutions organiques obtenues après extraction sont analysées par GC/MS. Les chromatogrammes et les spectres de masse sont comparés à la base LNE/GC (223 substances) ainsi qu’à la base NIST (165 000 substances).
Screening par RMN (Résonance magnétique nucléaire) 1H et 13C, 1D et 2D
Les solutions organiques obtenues après extraction sont évaporées à sec. Le résidu est repris dans un solvant deutéré pour être analysé par RMN 400 MHz selon des expériences 1D et 2D (couplage 1H – 1H et couplage 1H – 13C).
L’extrait sec est dissous dans de l’eau deutérée pour être analysé par RMN 400 MHz selon des expériences 1D et 2D (couplage 1H – 1H et couplage 1H – 13C).
Les spectres RMN obtenus sont comparés à la base de spectres et de sous-structures chimiques LNE/RMN (338 substances et 41 sous-structures chimiques).
La RMN est moins spécifique que la chromatographie et les substances ayant une teneur supérieure à 0,01 % peuvent être détectées.
L’analyse des deux gels montre qu’ils sont composés essentiellement d’eau à un taux supérieur à 94,0 %.
Le gel de l’appareil E
Les substances potentiellement présentes dans l’échantillon du gel de l’appareil E sont :
HSGC/MS
Les fonctions chimiques ou les structures potentiellement présentes dans l’échantillon sont :
RMN 1 H
Alcool à longue chaîne
Dérivés glycol de type propanediol
Fonction glycol
Sous-structure X-CH2-CH2-X avec X = Oxygène ou azote
Dérivés propylènes et éthylènes glycol
Fonction alcane : méthyles de propylènes glycols
Les substances identifiées correspondent aux substances décrites par l’étiquette de composition. Les fonctions chimiques identifiées sont compatibles avec les substances décrites par l’étiquette de composition et avec les substances utilisées pour les produits cosmétiques.
Il n’y a pas d’identification formelle de molécule ayant des propriétés d’absorption de la lumière et qui pourrait avoir une fonction directe avec la technologie de lumière pulsée.
Le gel de l’appareil D
Les substances potentiellement présentes dans l’échantillon sont :
RMN I H
Les substances identifiées et les fonctions chimiques identifiées sont compatibles avec les substances utilisées pour les produits cosmétiques.
SUR LA BASE DE CES DONNEES
A. considerants generaux
1. Considérant que des appareils à lumière pulsée destinés à l’épilation sont mis à la disposition du public soit sous forme d’une prestation de service à visée esthétique assurée par des professionnels soit par acquisition directe dans le commerce ;
2. Considérant le nombre élevé de contre-indications à l’emploi des appareils utilisés par les professionnels et le grand public ;
3. Considérant qu’une exposition de l’œil à la lumière pulsée, qu’elle soit directe ou indirecte, peut entraîner une destruction irréversible de certaines cellules de la rétine ;
4. Considérant que des flashs de lumière dirigés vers des taches symptomatiques de lésions cancéreuses ou précancéreuses peuvent entraîner une perte de chance de diagnostic dès lors que les signes cliniques de ces lésions sont partiellement effacés par les rayonnements ;
5. Considérant l’absence de dispositifs de protection normalisés permettant de recouvrir des manifestations cutanées (grains de beauté, cicatrices, taches, rougeurs etc.) ;
6. Considérant que si aucun accident lié à l’utilisation de ces appareils n’a été relevé dans la base nationale de données exploitée par l’Institut de veille sanitaire, cette base ne repose que sur les données transmises par 11 hôpitaux volontaires ;
7. Considérant que des complications et incidents consécutifs à des épilations à la lumière pulsée ont été portés à la connaissance de la CSC, notamment lors des auditions (brûlures, hyperpilosité paradoxale, dérèglement du fonctionnement des glandes sudoripares sur les zones régulièrement flashées) ;
8. Considérant en outre que les données scientifiques sur les effets à long terme d’une exposition chronique aux rayonnements d’un appareil à lumière pulsée en vue de l’épilation sont insuffisantes ;
9. Considérant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a été mandatée par les pouvoirs publics pour mener une étude sur les effets biologiques et sanitaires de ces rayonnements.
B. considérants relatifs aux appareils utilises par des non medecins
10. Considérant qu’il résulte de la combinaison des articles L. 4165-1 du code de la santé publique et 2. 5° de l’arrêté du 6 janvier 1962 modifié que la pratique de l’épilation par tout autre mode que la pince ou la cire constitue le délit d’exercice illégal de la profession de médecin, lorsqu’elle n’est pas réalisée par un docteur en médecine ;
11. Considérant que depuis de nombreuses années les instances représentatives des métiers de l’esthétique revendiquent sans succès d’être juridiquement habilitées à offrir des prestations d’épilation au public grâce à la technique de la lumière pulsée ;
12. Considérant que les pouvoirs publics réexamineront une éventuelle évolution de l’encadrement juridique de ce type d’acte à la suite de la publication des résultats de l’étude de l’ANSES.
C. considérants relatifs aux appareils destines au public
13. Considérant que la vente d’appareils à lumière pulsée destinée au public est en pleine croissance ;
14. Considérant que ces appareils ne sont soumis à aucune réglementation spécifique définissant leurs caractéristiques et exigences de sécurité ainsi que les informations et avertissements à délivrer aux acheteurs ;
15. Considérant que la densité d’énergie des appareils actuellement vendus au public est en moyenne trois fois moins élevée que celle des appareils utilisés par les médecins et que cette limitation est d’application volontaire par les fabricants ;
16. Considérant que ces appareils présentent néanmoins des risques avérés liés à l’exposition aux rayonnements ;
17. Considérant que l’étude commanditée par la CSC au Laboratoire National de métrologie et d’essais (LNE) a permis de classer dix appareils vendus au public en 2013, sur les dix testés, dans le groupe de risque 3, groupe de risque photobiologique élevé pour l’œil et la peau, qui est défini dans la norme NF EN 62471 sur la sécurité photobiologique des lampes et des appareils électrodomestiques utilisant des lampes ;
18. Considérant que neuf appareils sur les dix testés sont munis de systèmes de sécurité conçus pour empêcher l’émission des rayonnements sans un contact de l’appareil avec la peau ;
19. Considérant toutefois que les systèmes de sécurité équipant la quasi-totalité des appareils n’offrent pas une garantie suffisante pour empêcher une fuite du rayonnement en direction des yeux ;
20. Considérant que seuls deux appareils sur les dix testés sont livrés avec des lunettes présentées comme garantissant une protection oculaire ;
21. Considérant qu’une de ces paires de lunettes assure une atténuation suffisante permettant de limiter l’exposition aux rayonnements optiques, à un niveau d’exposition équivalent au groupe de risque 0 (sans risque photobiologique), en conformité à la norme NF EN 166 « Protection individuelle de l’œil- Spécifications » ;
22. Considérant que la seconde paire de lunettes n’assure pas une protection appropriée des yeux alors même qu’elle est livrée avec le seul appareil dont le déclenchement des rayonnements est possible sans un contact de l’appareil avec la peau ;
23. Considérant que les températures atteintes par les appareils entraînent des risques de brûlure notamment en cas d’irradiations répétées localisées au même endroit ;
24. Considérant que les notices d’utilisation mettent en garde les consommateurs contre ce risque mais que seuls deux appareils sur les dix testés empêchent un nouveau « flashage » et imposent à l’utilisateur de relever l’appareil entre deux « flashages », ce qui permet d’éviter d’irradier la même zone ;
25. Considérant que deux appareils sont équipés de gels destinés à servir d’interface entre l’appareil et la peau ;
26. Considérant que ces deux gels n’ont pas les propriétés chimiques permettant soit de transmettre plus efficacement la lumière, soit de la filtrer pour éviter les brûlures ;
27. Considérant que certaines contre-indications et notamment l’inadéquation des appareils à certains types de peau (phototypes) ne sont pas suffisamment mises en évidence dans les avertissements figurant sur l’emballage extérieur de certains produits pour juger de l’opportunité de l’achat ;
28. Considérant qu’un projet de norme IEC 60 335-2-113 traitant des exigences de sécurité pour les appareils de soins cosmétiques et de beauté contenant des sources laser et de lumière pulsée utilisables à des fins domestiques ou professionnelles est en cours d’élaboration.
Après avoir entendu en séance les représentants :
de la Direction générale de la santé ;
de la Confédération Nationale Artisanale des Instituts de Beauté (CNAIB) ;
de la Confédération Nationale de l’Esthétique Parfumerie (CNEP) ;
de la société PHILIPS France ;
de la société BABYLISS.
1. Aux pouvoirs publics
1.1. De mettre fin à l’incohérence consistant à tolérer de fait l’usage par des professionnels non titulaires du diplôme de médecine, d’appareils d’épilation à la lumière pulsée alors que cette pratique est interdite par la loi.
1.2. D’élaborer une réglementation en vue de définir quel type d’appareil le public peut utiliser et dans quelles conditions.
1.3. De promouvoir des recherches afin de mieux cerner les effets photobiologiques des rayonnements émanant des appareils à lumière pulsée à moyen et long terme.
1.4. D’améliorer les connaissances épidémiologiques relatives à l’étiologie des accidents liés à l’utilisation d’appareillage à visée esthétique dont l’épilation à la lumière pulsée au moyen d’un recueil documenté des circonstances des accidents.
2. Aux instances en charge de la normalisation
2.1. D’accélérer le processus d’élaboration de la norme IEC 60 335-2-113 traitant des exigences de sécurité pour les appareils de soins cosmétiques et de beauté contenant des sources laser et de lumière pulsée.
3. Aux fabricants, importateurs et distributeurs d’appareils destinés au public
3.1. En raison des risques oculaires liés à des déclenchements involontaires ou des fuites de rayonnement, de fournir avec les appareils vendus sur le marché des lunettes de protection normalisées.
3.2. Dans l’attente de la parution de la norme IEC 60335-2-113, de tester leurs appareils au regard des dispositions des normes NF EN 62471 de décembre 2008 relative à la sécurité photobiologique des lampes et des appareils utilisant des lampes et NF EN 60601-1 de janvier 2007 (sécurité de base des appareils électromédicaux) citées dans les tests décrits dans le présent avis.
3.3. De ne pas tirer un argument commercial d’une haute densité énergétique des appareils.
3.4. De modifier leurs systèmes de sécurité (contact avec la peau) de manière à éviter toute fuite de lumière hors de la zone de flash et tout déclenchement involontaire de lumière par contact avec d’autres éléments que la peau ciblée.
3.5. De faire figurer sur l’emballage extérieur du produit un avertissement précisant que l’utilisation de l’appareil ne convient pas à tous les types de peau et qu’il existe des contre-indications médicales.
3.6. D’attirer l’attention des consommateurs dans les notices :
sur la nécessité de ne pas diriger les rayonnements vers toute manifestation cutanée (grains de beauté, cicatrices, tatouages, lésions cutanées …) ;
sur les risques de brûlures consécutifs notamment à des flashages répétés sur la même zone de peau ;
sur les modalités de nettoyage de l’appareil sans endommager le filtre et sur la non utilisation de l’appareil lorsque le filtre est endommagé.
4. Aux consommateurs
4.1 De prendre en compte le fait qu’il n’existe pas de connaissances scientifiques suffisantes sur les effets à moyen et long terme sur la santé des rayonnements émis par les appareils d’épilation à lumière pulsée.
4.2 De ne jamais « flasher » des manifestations cutanées telles que lésions, rougeurs, grains de beauté, cicatrices.
4.3 De respecter scrupuleusement la liste des contre-indications mentionnées sur les notices d’utilisation notamment : non utilisation par des femmes enceintes ou allaitantes, non exposition préalable aux UV naturels ou artificiels, non utilisation en cas de vaccination récente, de prises de certains médicaments photo-sensibilisants (anti-inflammatoires, antihistaminiques, antitussifs, antibiotiques, corticoïdes etc…), non application de crèmes photo-sensibilisantes ou d’huiles essentielles, non utilisation en cas de manifestations cutanées (urticaire, eczéma…).
4.4 En cas de doute sur l’absence de contre-indications et sur l’adéquation de l’épilation à la lumière pulsée en fonction du type de peau (peaux claires, peaux foncées, peaux fragiles…) et de son état normal ou pathologique, de solliciter un avis médical.
4.5 De porter des lunettes de protection normalisées.
4.6 D’exiger de porter des protections oculaires chez tout professionnel.
4.7 De suivre les précautions d’utilisation pour éviter les brûlures.
4.8 De ne jamais « flasher » successivement la même zone de la peau et d’espacer les séances selon les recommandations des notices d’utilisation.
4.9 De ne pas utiliser un appareil dont le filtre est endommagé.
4.10 De ranger les appareils hors de portée des enfants.
ADOPTE AU COURS DE LA SEANCE DU 3 JUILLET 2014
SUR LE RAPPORT DE M. RICHARD ORTEGA
Assisté de Mme Odile FINKELSTEIN et de M. Patrick MESNARD, conseillers techniques de la Commission, conformément à l’article R. 534-17 du code de la consommation
Joule par centimètre carré
Watt par mètre carré et par stéradian
W/m²/sr
[1] Le terme de « dépilation » est souvent employé dans le cadre de l’épilation à la lumière pulsée.
[2] L’invention du rasoir à lame interchangeable par Gilette date de 1908.
[3] Technique conçue en dermatologie dans les années 1970, les premiers appareils étant apparus sur le marché dans les années 1990.
[4] L’épilation à la lumière pulsée n’est pas efficace sur les poils très clairs (blonds, roux, gris, blanc) qui contiennent peu de mélanine.
[5] Une lumière « mal filtrée » présente un risque de diffusion de longueurs d’onde comme les ultraviolets (longueurs d’onde < 400 nm). La diffusion d’ultraviolets est dangereuse pour la peau et pour les yeux. En dehors des érythèmes, les radicaux libres générés par les UV sont susceptibles d’engendrer des altérations mutagènes de l’ADN.
[6] Il convient d’observer que la température létale d’une cellule est de l’ordre de 45 à 60°C. Les effets de telles températures sur les cellules saines entourant le poil ne sont pas connus.
[7] Le poil est enraciné à environ 4 mm sous la peau. Le cycle de vie d’un poil comprend trois phases : la phase anagène (croissance), la phase catagène (rétractation), la phase télagène (régression et mort). La durée du cycle varie selon les zones du corps, par exemple, 6 à 7 mois pour la lèvre supérieure, 15 mois pour le menton, 9 mois pour les avant-bras, 18 mois pour le maillot et les aisselles, 18 à 22 mois pour les jambes.
[8] Comprenant rasoirs, tondeuses, appareils à cire, épilateurs à laser et à lumière pulsée.
[9] Seule une enquête de terrain permettrait de vérifier si ces préconisations sont réellement respectées.
[10] La filière française des esthéticiennes représente aujourd’hui 39 700 entreprises employant 37 000 employés. Elle génère 1,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires (source CNAIB).
[11] Certains centres spécialisés proposent à leurs clients des exposés théoriques et pratiques sur l’épilation à la lumière pulsée avant une série de séances. Des photos peuvent être prises d’une séance à l’autre pour que le client apprécie la progression des résultats.
[12] La conservation, le traitement automatisé, le tri de données de santé par des personnes comme les esthéticiennes qui ne sont pas soumises au secret médical sont autorisés pour autant que le client y consente et que le « maître du fichier » respecte les dispositions de la loi « Informatique et libertés ». En revanche, ces informations restent soumises au secret professionnel et leur divulgation, quel que soit le support, à des tiers « non autorisés » est passible de sanctions pénales (article 226-13 du Code pénal). L’Ordre des médecins est toutefois opposé à cette pratique dès lors que la nature du questionnaire est disproportionnée par rapport au traitement considéré.
[13] On ne sait pas si elles sont réellement fondées c’est-à-dire si elles ont été évaluées cliniquement.
[14] Crème comportant de la lidocaine, un anesthésique local. Elle est également utilisée pour atténuer les douleurs provoquées par l’apposition de tatouages.
[15] Il convient toutefois de souligner que seuls onze centres hospitaliers participent au réseau EPAC.
[16] « Epilation avec lampes flash pulsées filtrées » (26 novembre 2011).
[17] Apparition de poils fins et longs dans les zones proches de celles qui ont été épilées.
[18] Il s’agit de la DGS, de la DGCCRF, de la DGT (Direction générale du travail) et de DGPR (Direction générale de la prévention des risques).
[19] Un des fabricants auditionnés a organisé une étude inédite destinée à mesurer l’impact d’un flashage de mélanomes à l’aide de son appareil. Les essais ont été menés sur 2 cohortes de souris à qui ont été greffés des mélanomes : 1 lot témoin et un lot traité. Selon ce fabricant on n’observerait aucun effet défavorable sur l’évolution des mélanomes dans le lot de souris flashées. Les résultats de cette étude devraient être prochainement publiés.
[20] Issu de la codification de l’article 61 de la loi du 29 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.
[21] Soulignons qu’en 2005 la Cour de cassation avait rejeté le pourvoi d’un médecin accusé d’exercice illégal de la médecine non parce qu’il avait délégué des actes d’épilation mais parce qu’il n’exerçait aucune surveillance sur ses assistants.
[22] Une séance de photo-dépilation est facturée environ 200 € tandis qu’une séance d’épilation à la cire est facturée environ 16 €.
[23] Il convient de souligner que la réglementation sur les dispositifs médicaux est actuellement en cours de révision (projet de règlement qui ne sera pas adopté avant 2014). La France a demandé le renforcement des dispositions sur les DM, la prise en compte des dispositifs à visée esthétique et l’évaluation au niveau européen préalablement à la délivrance du marquage CE des essais cliniques pour les DM les plus à risques.
[24] Ce qui n’est pas, pour les produits vendus au grand public, sans risquer d’introduire dans l’esprit des consommateurs une confusion entre des interventions à caractère esthétique et des soins thérapeutiques.
[25] La troisième version de la norme CEI 60825-1 publiée en 2014 a modifié cette classification. La norme crée en effet une nouvelle classe d’appareils (classe I C) dans laquelle sont rangés les appareils destinés explicitement au contact avec la peau ou avec le tissu non oculaire tels que les épilateurs lasers. L’appareil à laser ne peut être rangé dans la classe I C que si une norme de la série des normes CEI 60601 ou CEI 60335 s’applique et spécifie les moyens de contrôle technique permettant notamment de s’assurer que l’œil n’est pas exposé au rayonnement laser.
[26] Un appareil d’épilation classé I C peut donc être vendu librement au public.
[27] Cf. le décret n° 97-617 du 30 mai 1997 relatif à la vente et à la mise à la disposition du public de certains appareils de bronzage utilisant des rayonnements ultraviolets et arrêté du 9 décembre 1997 relatif aux conditions d’agrément d’organismes habilités au contrôle d’installations de bronzage.
[28] Le sigle / signifie que les informations ne figurent pas dans les notices.
[29] Il s’agit de mesurer le rayonnement accessible sortant de l’appareil quelles que soient les conditions d’utilisation et notamment même si la lumière ne se déclenche qu’au contact de la peau.
[30] La définition d’une blessure photo thermique de la peau ne peut être établie sans que des études indépendantes telles que celles menées par l’ANSES définissent si oui ou non des lésions cutanées consécutives aux rayonnements peuvent survenir dans des limites acceptables pour la peau humaine. La détermination d’un seuil de blessures photo thermique « acceptables » qui serait laissée à la libre appréciation des fabricants peut conduire à des dérives.
[31] Acronymes des techniques utilisées :
HSGC/MS : Chromatographie avec injection par espace de tête en phase gazeuse couplée à une détection par spectrométrie de masse ;
GC/MS : Chromatographie en phase gazeuse couplée à une détection par spectrométrie de masse ;
IR : Spectrométrie infrarouge par transformée de Fourrier ;
RMN : Résonnance magnétique nucléaire.
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