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Timestamp: 2016-10-23 22:20:46+00:00
Document Index: 122533107

Matched Legal Cases: ['art. 135', 'art. 165', 'art. 172', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 100', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 272', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 175', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 135', 'art. 173', 'art. 176', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 68']

5A_860/2011 (11.06.2012)
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 4 novembre 2011.
A.________, n� en 1962, et dame A.________, n�e en 1963, tous deux de nationalit� suisse, se sont mari�s le 11 novembre 1988 � Gen�ve.
Deux enfants majeurs B.________, n� en 1989, et C.________, n�e en 1993, sont issus de cette union.
Les �poux A.________ vivent s�par�s depuis le 11 septembre 2010, l'�pouse et les enfants �tant demeur�s au domicile conjugal.
B.a Le 17 mars 2011, l'�pouse a form� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale aupr�s du Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve. Par jugement du 7 juillet 2011, le tribunal a notamment autoris� les conjoints � vivre s�par�s, attribu� � l'�pouse la jouissance exclusive du domicile conjugal, donn� acte � l'�poux de ce qu'il prenait en charge l'int�gralit� des assurances-maladie de la famille, dont celle de l'�pouse, condamn� ce dernier � payer les int�r�ts de la dette hypoth�caire du domicile conjugal et � contribuer � l'entretien de sa femme par le versement d'une somme mensuelle de 3'500 fr. d�s le 1er octobre 2010, sous d�duction des montants d�j� vers�s � ce titre.
B.b Statuant sur appels de chacun des �poux, la Cour de justice du canton de Gen�ve a partiellement r�form� ce jugement, par arr�t du 4 novembre 2011, notamment en arr�tant la contribution due par le mari en faveur de l'�pouse � 5'000 fr.
Le 12 d�cembre 2011, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant � sa r�forme en ce sens que la contribution due en faveur de son �pouse soit ramen�e � 3'000 fr. et due qu'une fois le jugement d�finitif et ex�cutoire. Il requiert pr�alablement l'octroi de l'effet suspensif. � l'appui de ses conclusions, il se plaint d'arbitraire dans la constatation des faits ainsi que dans l'application des art. 135 al. 2, 163, 176 al. 1 ch. 1 et 746 al. 1 CC et de l'art. 165 al. 1 CO.
Suite � la d�termination de l'intim�e, qui a conclu au rejet de la requ�te d'effet suspensif, l'effet suspensif a �t� attribu� au recours par ordonnance du 13 janvier 2012 en ce qui concerne les aliments encore dus jusqu'au 30 novembre 2011.
Invit�e � se d�terminer sur le recours, l'intim�e a conclu � son rejet. La cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
1.1 La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 et les r�f�rences cit�es). Le recours a pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Il a par ailleurs �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale par le tribunal sup�rieur du canton de Gen�ve (art. 75 LTF) et par une partie qui a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t � la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
1.2 Comme l'arr�t attaqu� porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5, 585 consid. 3.3), la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 III 589 consid. 2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les r�f�rences cit�es). L'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst. ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de cette d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1; 133 II 257).
1.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Le recourant se plaint tout d'abord de la constatation des faits, en particulier de la mani�re dont les charges des parties ont �t� �tablies, et invoque l'arbitraire.
2.1 S'agissant de ses charges mensuelles de logement, il fait valoir que la cour cantonale a retenu � tort que les mensualit�s li�es au cr�dit conclu avec la banque S.________ s'�levaient � 424 fr. 45 alors qu'il ressortirait de la pi�ce produite que c'est un montant mensuel de 1'442 fr. 70 qui est d�.
La capacit� contributive doit �tre appr�ci�e en fonction des charges effectives du d�birentier, �tant pr�cis� que seuls les montants r�ellement acquitt�s peuvent �tre pris en compte (ATF 121 III 20 consid. 3a; arr�t 5A_277/2009 du 6 juillet 2009 consid. 4.4.2). Or, en l'esp�ce, la pi�ce produite en instance cantonale n'�tablit pas formellement le montant dont le recourant s'acquitte mensuellement en relation avec le cr�dit en cause. La critique du recourant, qui pr�tend qu'il doit s'acquitter d'une �ch�ance trimestrielle de 3'504 euros 50, ne permet en tous les cas pas de qualifier d'insoutenable l'appr�ciation de la cour cantonale, selon laquelle cette pi�ce atteste des int�r�ts et de primes assurances obligatoires pour 127'328 fr. 69 sur 300 mois. En effet, ces deux interpr�tations de la pi�ce en cause sont d�fendables. Par ailleurs, m�me si la cour cantonale a retenu, par erreur, 94'478 fr. 06 au lieu de 97'478 fr. 06 pour les int�r�ts, cette diff�rence ne repr�sente qu'un montant de 10 fr. mensuel (3'000 fr. / 300) et n'est d�s lors pas susceptible d'influer sur l'issue du litige. Cela l'est d'autant moins que le recourant all�gue dans son recours au Tribunal f�d�ral des charges mensuelles de chauffage inf�rieures de 10 fr. au montant retenu par la cour cantonale. Enfin, en tant que le recourant avance que l'intim�e aurait admis des charges de logement pour 1'500 fr. le concernant, il perd de vue que la maxime inquisitoire est applicable (art. 272 CPC). Ce grief est donc infond�.
2.2 Le recourant se plaint �galement de ce que la cour cantonale aurait arbitrairement arr�t� les frais mensuels de chauffage de l'�pouse � 507 fr. au lieu des 193 fr. 60 all�gu�s par celle-ci. Il indique � cet �gard que le montant annuel de 6'086 fr. 20 correspond � la facture pour l'ensemble des r�sidences et que le montant concernant le domicile conjugal est de 2'323 fr. 20, renvoyant � un d�bit de son compte bancaire du 20 avril 2011. La charge de chauffage all�gu�e par le recourant est admise par l'intim�e dans sa r�ponse du 16 avril 2012, c'est donc ce montant qu'il faut retenir. Cette derni�re estime cependant qu'une diff�rence de charges mensuelles de 300 fr. n'est pas propre � modifier la d�cision cantonale dans son r�sultat, la capacit� contributive du recourant n'�tant pas atteinte. Cette question sera examin�e ult�rieurement (cf. infra consid. 5.3).
S'agissant de ses revenus, le recourant reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir �cart� le salaire qu'il a r�alis� en 2008 et pr�conise de tenir compte uniquement de son salaire de 2011, � savoir 21'965 fr. 70. Quant aux revenus immobiliers, il fait valoir que ceux-ci reviennent � ses parents qui en sont usufruitiers, pr�cisant que la constitution d'un usufruit sur des cr�ances n'est pas soumise � la forme authentique.
3.1 La cour cantonale a arr�t� le montant du salaire mensuel net r�alis� en 2009 � 29'883 fr. et en 2010 � 24'686 fr. puis a �valu� celui de 2011 � 22'868 fr., en tenant compte de la d�claration de l'employeur quant au salaire brut (25'756 fr.) auquel elle a retranch� des charges sociales et des primes du deuxi�me pilier dans une proportion identique � 2009 (11,21 %). Elle y a ajout� les revenus de la fortune du recourant, en particulier les revenus mobiliers par 591 fr. 50 et immobiliers par 2'732 fr. (hormis ceux issus de l'appartement sis � la rue Gallatin, � Gen�ve, d�s lors que la m�re du recourant en est l'usufruiti�re). Elle n'a en revanche pas tenu compte de l'usufruit en faveur des parents du recourant frappant les autres revenus immobiliers d�s lors qu'il n'a pas �t� justifi� par acte authentique.
Proc�dant � une moyenne sur les trois derni�res ann�es, la juridiction a �tabli les revenus mensuels du recourant � 29'000 fr. (arrondi). Elle n'a pas tenu compte des revenus de 2008 d�s lors que, durant cette ann�e, le recourant avait en partie travaill� aux Etats-unis et qu'elle a jug� peu vraisemblable qu'ils ne s'�levaient qu'� 17'027 fr. mensuellement.
3.2 De jurisprudence constante (arr�ts 5A_687/2011 du 17 avril 2012 consid. 5.1.1; 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1 publi� in Fampra.ch 2010, p. 678 et les r�f�rences cit�es), pour obtenir un r�sultat fiable en cas de revenus fluctuants, il convient de tenir compte du revenu net moyen r�alis� durant plusieurs ann�es. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a proc�d� � une moyenne sur les trois derni�res ann�es. Par ailleurs, le fait qu'elle n'ait pas tenu compte de l'ann�e 2008 pour le motif que les revenus all�gu�s paraissaient trop bas (17'027 fr.) et que le recourant travaillait � l'�tranger, ne peut pas non plus �tre qualifi� d'insoutenable puisque celui-ci ne tente m�me pas de d�montrer en quoi on ne saurait consid�rer comme peu cr�dible que son salaire ait �t� � ce point inf�rieur aux autres ann�es, en particulier � celui de 2006 (31'406 fr.), dont l'autorit� cantonale n'a d'ailleurs pas non plus tenu compte.
3.3 S'agissant des revenus immobiliers, la forme dans laquelle la convention a �t� pass�e importe peu pour l'issue du litige d�s lors que ce n'est pas tant la validit� formelle de la constitution de l'usufruit qui a �t� ni�e par les deux instances cantonales mais bien la valeur probante de la pi�ce produite quant � la cession des revenus immobiliers aux parents du recourant. Si la Cour de justice se contente d'indiquer que l'usufruit n'est pas justifi� par acte authentique, le premier juge a quant � lui ajout� que la convention en cause n'�tait pas dat�e et que, contrairement � l'ensemble des autres actes, elle n'�tait pas pass�e sous la forme d'un acte authentique. Cette appr�ciation ne pr�te pas le flanc � la critique. Il n'est nullement insoutenable de consid�rer que cet acte n'est pas apte � justifier la cession des revenus immobiliers aux parents du recourant. En effet, soi-disant destin�e � ne pas l�ser les autres h�ritiers r�servataires de ces derniers � la suite d'une donation de 400'000 fr. pour l'acquisition de biens immobiliers, cette convention non dat�e a �t� pass�e sous seing priv� alors que la donation de 400'000 fr. a, quant � elle, �t� stipul�e non rapportable et pass�e en la forme authentique. Mal fond�, le grief du recourant doit ainsi �tre rejet�.
Le recourant invoque ensuite que la situation professionnelle de l'intim�e a �t� mal �valu�e et qu'il y avait lieu de comptabiliser un revenu hypoth�tique mensuel de 3'900 fr.
4.1.1 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, ce que le juge du fait doit constater, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux. Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257). Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune, pour l'adapter � la nouvelle situation. En revanche, le juge des mesures protectrices de l'union conjugale ne doit pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'ATF 128 III 65; sur l'application de ces derniers crit�res en proc�dure de divorce, cf. ATF 137 III 102 consid. 4).
4.1.2 Lors de la fixation de la contribution � l'entretien, le juge doit en principe tenir compte des revenus effectifs. Il peut toutefois imputer � un �poux un revenu hypoth�tique sup�rieur � celui obtenu effectivement. Pour ce faire, il doit examiner successivement les deux conditions suivantes: Tout d'abord, il doit d�cider si l'on peut raisonnablement exiger de cette personne qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit. Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se contenter de dire, de mani�re toute g�n�rale, que la personne en cause pourrait obtenir des revenus sup�rieurs en travaillant; il doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si la personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit-l� d'une question de fait (ATF 128 III 4 consid. 4c/bb; 126 III 10 consid. 2b). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut �ventuellement se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources (ATF 137 III 118 consid. 3.2; arr�t 5A_99/2011 du 26 septembre 2011 consid. 7.4.1 non publi� aux ATF 137 III 604; arr�t 5A_894/2010 du 15 avril 2011 consid. 3.1).
4.2 La cour cantonale a tout d'abord constat� que l'intim�e, �g�e de 48 ans, s'�tait occup�e de la tenue du m�nage et de l'�ducation des enfants durant les 18 premi�res ann�es de mariage et que ce n'est qu'en 2007 qu'elle avait repris une activit�. Elle a relev�, � cet �gard, que, apr�s avoir exerc� un emploi � 100 %, puis � 80 % aupr�s d'un autre employeur, l'intim�e avait per�u des indemnit�s de ch�mage, �puisant son droit aux prestations, et subi une atteinte � sa sant� de sept mois pour finalement reprendre une activit� de vendeuse auxiliaire en octobre 2010 � raison de 20 heures hebdomadaires. L'autorit� pr�c�dente a �galement retenu que celle-ci avait �t� licenci�e pour le 30 juin 2011 et se trouvait en arr�t-maladie pour cause de d�pression. La juridiction a ainsi jug� que ce parcours chaotique et instable d�notait que l'intim�e n'avait pas �t� en mesure de travailler de fa�on r�guli�re au-del� de sept mois cons�cutifs, voire d'une ann�e en 2007. En outre, elle a jug� que, en l'�tat, elle se trouvait en incapacit� de travail pour cause de d�pression de sorte qu'il n'�tait pas possible qu'elle pourvoie m�me partiellement � son entretien.
4.3 Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir arbitrairement �tabli la situation professionnelle de l'intim�e en tant qu'il a �t� retenu que celle-ci n'avait quasiment pas exerc� d'activit� lucrative durant le mariage et s'�tait occup�e de la tenue du m�nage et de l'�ducation des enfants alors qu'en janvier 2005, elle avait d�j� repris une activit� � 100 % puis avait exerc� un emploi de fa�on constante durant plus de 6 ans jusqu'au 30 juin 2011. Sur ce point, il se plaint de ce qu'il n'a pas �t� tenu compte des revenus r�alis�s jusqu'� cette date lors de la fixation de la contribution depuis le 1er octobre 2010. Concernant l'incapacit� de travail invoqu�e par l'intim�e, il en met en doute les raisons et pr�cise qu'il n'a pas �t� d�montr� que celle-ci serait suivie par un psychiatre ni qu'elle ne percevrait pas d'indemnit�s pour perte de gain. En outre, le recourant fait valoir que l'intim�e, �g�e de 48 ans, dont les enfants sont majeurs et qui a travaill� r�guli�rement de 2005 � 2011 en qualit� de vendeuse, peut exercer une activit� � 100 %. Il pr�conise ainsi la prise en compte d'un revenu hypoth�tique correspondant au minimum de la convention collective cadre dans le domaine de la vente, � savoir 3'900 fr.
4.4 En l'occurrence, la question de savoir s'il peut �tre ou non exig� de l'intim�e qu'elle exerce une activit� peut demeurer ind�cise puisque la cour cantonale a consid�r� qu'en raison de son incapacit� de travail, il n'�tait pas possible qu'elle pourvoie � son entretien. Cet �l�ment suffit � lui seul � emp�cher l'imputation d'un revenu hypoth�tique � l'intim�e d�s lors que, par cette constatation, la juridiction a ni� la possibilit� effective pour celle-ci de r�aliser un revenu. Cette question rel�ve du fait (cf. supra consid. 4.1.2). Or, les critiques du recourant sur ce point, qui se contente de mettre en doute les raisons de l'incapacit� de travail de l'intim�e, ne d�montrent pas en quoi l'appr�ciation qu'a faite la cour cantonale du certificat m�dical r�guli�rement renouvel� serait insoutenable. Elles ne suffisent en tous les cas pas � �tablir que celui-ci ne serait pas probant quant � l'incapacit� de l'�pouse � travailler depuis le mois d'avril 2011. En tant que le recourant laisse entendre que celle-ci pourrait percevoir des indemnit�s pour perte de gain, ce grief est invoqu� pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral; il est donc nouveau, partant irrecevable dans un recours fond� sur l'art. 98 LTF (ATF 133 III 638 consid. 2; arr�t 5A_261/2009 du 1er septembre 2009 consid. 1.3, non publi� sur aux ATF 135 III 608). Enfin, les critiques du recourant relatives � la situation professionnelle de l'intim�e en 2005 et 2006 sont sans incidence sur l'issue du litige d�s lors qu'elles visent � d�montrer qu'il peut �tre exig� de celle-ci qu'elle travaille. En d�finitive, on ne saisit pas en quoi il est arbitraire de consid�rer que l'�pouse, dont l'incapacit� de travail est prouv�e par certificat m�dical, ne peut pourvoir m�me partiellement � son entretien d�s le 1er juillet 2011, ce d'autant plus que les revenus du recourant permettent de maintenir le niveau de vie ant�rieur des �poux. Mal fond�es pour autant que recevables, les critiques du recourant doivent �tre rejet�es.
4.5 En revanche, la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire en ne tenant pas compte des revenus r�alis�s par l'�pouse entre octobre 2010 et juin 2011. En effet, m�me si elle a valablement constat� que l'intim�e a travaill� pour X.________ SA et r�alis� un revenu mensuel moyen d'environ 1'875 fr. durant cette p�riode, elle n'a pas arr�t� de mani�re diff�renci�e la contribution due par le mari par rapport � la p�riode cons�cutive � la perte d'emploi et � l'incapacit� de travail de l'�pouse. Le recours est d�s lors fond� sur ce point; une r�forme de l'arr�t ne se justifie cependant que dans la mesure o� la contribution est due r�troactivement, question que conteste le recourant et qui sera examin�e plus loin (cf. infra consid. 6).
Le recourant remet en cause la m�thode de calcul retenue par la cour cantonale; il pr�conise l'application de celle du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent et proc�de � un nouveau calcul.
5.1 En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425 s.), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1; arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Cela �tant, lorsqu'il est �tabli que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies durant le mariage, ou que l'�poux d�biteur ne d�montre pas qu'ils ont r�ellement fait des �conomies, ou encore qu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant, il est admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses effectives des �poux durant la vie commune. En effet, dans de tels cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es au conjoint cr�ancier (cf. pour une contribution apr�s divorce : ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
5.2 La cour cantonale a tout d'abord constat� qu'avant la d�sunion du couple, les charges de la famille s'�levaient environ � 20'000 fr. par mois et a retenu que les revenus de l'�poux pr�sentaient un exc�dent de 9'000 fr. une fois celles-ci acquitt�es. Elle a ensuite relev� que les charges suppl�mentaires dues � la s�paration se montaient � 805 fr. de sorte que l'exc�dent n'�tait plus que d'environ 8'200 fr., montant qu'il y avait lieu de r�partir de mani�re �gale entre les quatre membres de la famille. La juridiction a ainsi jug� que l'�pouse avait droit � sa part � l'exc�dent par 2'050 fr. ainsi qu'� un montant de 2'553 fr. lui permettant de couvrir ses propres charges, � savoir 507 fr. pour les frais de chauffage (recte 193 fr. 60 [cf. supra consid. 2.2]), 63 fr. pour l'entretien de la piscine, 633 fr. pour les frais de v�hicule et 1'350 fr. repr�sentant la base d'entretien mensuelle. Elle a encore inclus les imp�ts, estim�s � 220 fr. mensuellement, et arrondi le montant de la contribution � 5'000 fr. (2'050 fr. + 2'553 fr. + 220 fr. = 4'823 fr.) compte tenu de l'important disponible r�serv� aux enfants. � cette pension en esp�ces s'ajoute une contribution en nature d'environ 1'360 fr. d�s lors que le recourant se charge des int�r�ts hypoth�caires de la villa de D.________ (2'698 fr. / 3 personnes) et de la prime d'assurance-maladie (457 fr.).
5.3 S'agissant de la m�thode retenue, en comptabilisant dans un premier temps l'ensemble des charges des parties, y compris celles cons�cutives � la s�paration puis en r�partissant le solde entre les diff�rents membres de la famille, la cour cantonale a en r�alit� appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent, ce que le recourant ne critique pas puisque c'est celle qu'il pr�conise. Le r�sultat diff�rent auquel celui-ci parvient est d� uniquement au fait que les chiffres all�gu�s diff�rent pour de nombreux postes de ceux retenus par la cour cantonale, en particulier en ce qui concerne les frais de logement de l'appartement de E.________. Or, sur ce point, il n'est pas parvenu � d�montrer qu'ils auraient �t� arr�t�s de mani�re arbitraire (cf. supra consid. 2.1). En tant que le recourant conteste la prise en compte des frais de v�hicule de l'intim�e et les frais d'entretien de la piscine, il perd de vue que celle-ci a droit au maintien de son train de vie ant�rieur et que des frais de v�hicule du m�me ordre ont �t� retenus pour lui. Il s'abstient en outre de toute critique quant � l'entretien des enfants et all�gue des montants qui ne ressortent pas de l'arr�t cantonal. Enfin, m�me si c'est un montant de 193 fr. 60 qu'il y a lieu de retenir pour les frais de chauffage de l'�pouse au lieu des 507 fr. pris en compte par la cour cantonale (cf. supra consid. 2.2), le r�sultat auquel est parvenue la cour cantonale n'est pas arbitraire: le recourant ne pr�tend pas, ni ne d�montre que la contribution d'entretien � laquelle s'ajoute ainsi un montant de 313 fr. 40, permettrait � l'�pouse de mener un train de vie sup�rieur � celui que les �poux menaient durant la vie commune, lequel ne r�sulte pas des constatations de fait, �tant pr�cis� que chacun des �poux a droit � une part �gale des moyens devenus disponibles apr�s que les enfants - auxquels la cour cantonale a r�serv� un quart du disponible - ne sont plus � leur charge (ATF 134 III 577 consid. 8; arr�t 5A_340/2011 du 7 septembre 2011 consid. 4.3). Il s'ensuit que, pour autant que recevables, les critiques du recourant relatives � la m�thode et au calcul de la contribution d'entretien doivent �tre rejet�es.
Invoquant les art. 9 Cst. et 135 al. 2 CC, le recourant se plaint, dans un dernier grief, de ce que la cour cantonale a fix� le point de d�part de la contribution d'entretien au 1er octobre 2010. � cet �gard, il lui reproche de ne pas avoir tenu compte du fait qu'il avait contribu� � l'entretien des siens � hauteur de 5'533 fr. en moyenne par mois. Il fait en outre valoir que, dans le cadre d'une poursuite, le juge de la mainlev�e ne serait pas comp�tent pour calculer la part des versements aff�rente aux pensions alimentaires. Il requiert donc que la contribution ne soit due qu'� l'entr�e en force de l'arr�t.
6.1 En l'esp�ce, on ne saisit pas en quoi l'autorit� cantonale aurait arbitrairement appliqu� l'art. 135 al. 2 CC - qui a �t� abrog� et qui ne traitait du reste pas de la question - en fixant le d�but de l'obligation d'entretien au moment de la s�paration effective des parties, �tant rappel� que les contributions p�cuniaires fix�es par le juge dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale peuvent �tre r�clam�es pour l'avenir et pour l'ann�e qui pr�c�de l'introduction de la requ�te (art. 173 al. 3 CC, applicable dans le cadre de l'organisation de la vie s�par�e selon l'art. 176 CC; ATF 115 II 201 ss). Le grief du recourant doit d�s lors �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
6.2 D�s lors que le principe de la r�troactivit� de la contribution a �t� confirm� (cf. supra consid. 6.1), il convient de calculer le montant de celle-ci pour la p�riode durant laquelle la recourante a r�alis� un revenu, � savoir d'octobre 2010 � juin 2011 (cf. supra consid. 4.5). Pour ce faire, il faut ajouter le montant du revenu mensuel de l'intim�e par 1'875 fr. � l'exc�dent de 8'500 fr., apr�s le paiement des charges du couple (8'200 fr. + 300 fr. pour tenir compte des frais de chauffage corrig�s), pour un total de 10'375 fr., � savoir 2'594 fr. par personne. L'intim�e a ainsi droit � 2'594 fr., augment� de 2'459 fr. 60 pour le paiement de ses charges (� savoir 193 fr. 60 pour les frais de chauffage, 63 fr. pour l'entretien de la piscine, 633 fr. pour les frais de v�hicule, 1'350 fr. repr�sentant la base d'entretien mensuelle et 220 fr. pour les imp�ts), soit 5'053 fr. 60 qu'il y a lieu d'arrondir � 5'100 fr. La contribution du recourant s'�l�ve ainsi � 3'225 fr. (5'100 fr. - 1'875 fr.) mensuellement du 1er octobre 2000 au 30 juin 2011.
6.3 En tant qu'il avance que la cour n'a pas tenu compte du fait qu'il avait contribu� � l'entretien des siens � hauteur de 5'533 fr. en moyenne par mois et invoque que le juge de la mainlev�e ne serait pas comp�tent pour calculer la part des versements aff�rente aux pensions alimentaires, le recourant pr�tend en r�alit� s'�tre acquitt� de l'ensemble des contributions d'entretien dues jusqu'au jour du recours.
En l'occurrence, la cour cantonale a condamn� le mari � verser � l'�pouse une contribution mensuelle de 5'000 fr., sous d�duction des montants d�j� vers�s. Dans les consid�rants de l'arr�t, elle a constat� que celui-ci avait vers� une pension mensuelle de 2'400 fr. et a pr�vu qu'il y avait lieu de d�duire de la contribution de 5'000 fr. les charges concernant l'intim�e dont le recourant s'est acquitt�, hormis les int�r�ts hypoth�caires relatifs au domicile conjugal de D.________ et la prime d'assurance-maladie de l'intim�e. Elle a cependant indiqu� que les pi�ces vers�es en vrac par le recourant ne permettaient pas de proc�der � ce calcul dans cette proc�dure. Or, selon la jurisprudence, si les prestations d'entretien d�j� vers�es sont simplement r�serv�es dans le dispositif, la somme constat�e dans celui-ci ne correspond pas au montant mensuel qui doit �tre pay� pour les contributions d'entretien r�troactives et, de plus, si celui-ci ne peut pas non plus �tre d�duit de la motivation du jugement de mesures protectrices de l'union conjugale, la mainlev�e d�finitive ne peut �tre prononc�e sur la base de ce jugement, faute d'une obligation de payer claire (ATF 135 III 315 consid. 2). Il s'ensuit qu'il appartenait bien � l'autorit� pr�c�dente, saisie de la question, de d�terminer pr�cis�ment dans quelle mesure le recourant avait d'ores et d�j� contribu� � l'entretien de son �pouse jusqu'au prononc� de son arr�t. Il y a donc lieu de renvoyer la cause � la cour cantonale pour que, si faire se peut, elle arr�te, au moyen de pi�ces produites par le recourant, le montant qu'il convient de d�duire, de ce fait, des sommes dues par celui-ci pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011.
En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis et l'arr�t attaqu� r�form� en ce sens que A.________ est condamn� � verser � dame A.________ une contribution mensuelle de 5'000 fr. d�s le 1er novembre 2011. La cause est en outre renvoy�e � la cour cantonale pour qu'elle d�termine, si faire se peut, le montant qu'il y a lieu de d�duire des sommes dues par le recourant pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011, � savoir une contribution mensuelle de 3'225 fr. du 1er octobre 2010 au 30 juin 2011 puis de 5'000 fr. du 1er juillet au 31 octobre 2011. Le recours est rejet� pour le surplus. Les frais judiciaires sont r�partis � raison de 1'000 fr. � charge de l'intim�e et de 2'000 fr. � charge du recourant qui succombe dans la plupart de ses chefs de conclusions (art. 66 al. 1 LTF). Le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de d�pens r�duite � hauteur de 1'000 fr. (art. 68 al. 1 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours est partiellement admis et l'arr�t cantonal est r�form� en ce sens que A.________ est condamn� � verser � dame A.________ une contribution mensuelle de 5'000 fr. d�s le 1er novembre 2011.
La cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision, au sens des consid�rants, sur le montant de l'arri�r� d� pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011.