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Timestamp: 2016-10-27 11:12:45+00:00
Document Index: 87739944

Matched Legal Cases: ['art. 7', 'art. 8', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 319', 'art. 322', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'in casu', 'art. 29', 'art. 8', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'in fine', 'art. 321', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 321', 'ATF ', 'art. 65', 'art. 66']

4A_378/2012 (08.10.2012)
4A_378/2012
Arr�t du 8 octobre 2012
X.________ S�rl, repr�sent�e par
Me Boris Heinzer,
Y.________, repr�sent�e par Me Frank Ti�che,
contrat de travail, droit � la provision,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 14 mai 2012.
A.a Par contrat de travail sign� le 19 mai 2008, X.________ S�rl (ci-apr�s: X.________), � ... (Vaud), a engag� d�s cette date Y.________ en qualit� de � Manager Courtage Individuelle � (sic) pour une dur�e ind�termin�e. Il �tait pr�vu un d�lai de r�siliation, apr�s le temps d'essai, d'un mois pour la fin d'un mois au cours de la premi�re ann�e de service et de deux mois par la suite.
La r�mun�ration de la travailleuse reposait exclusivement sur des commissions calcul�es � partir des polices d'assurance qu'elle concluait, au nom de son employeur, avec des compagnies li�es � ce dernier par des conventions de collaboration. L'art. 7 de l'accord stipulait que la collaboratrice percevait 85% des commissions d'acquisition sur les affaires conclues par ses soins et qu'elle touchait une commission compl�mentaire sur la production des agents travaillant sous ses ordres. L'art. 8 de la convention pr�voyait la constitution d'un fonds de ristourne, d'une valeur de 20'000 fr., pour garantir les �ventuels retours de commissions entra�n�s par des annulations de polices d'assurance; X.________ devait ainsi pr�lever 10% des commissions brutes jusqu'au montant maximum pr�cit�, placer les fonds sur un compte bancaire au nom de la soci�t�, � mais totalement consacr� .. (�) la collaboratrice �, et les restituer, plus les int�r�ts, � cette derni�re au plus tard trois ans apr�s la fin des rapports de travail.
D'apr�s les fiches de salaire de la travailleuse, celle-ci a per�u de juin 2008 � novembre 2008 un salaire brut global de 41'986 fr.70, dont a �t� retenu un montant net de 4'263 fr.80 destin� � la constitution du fonds de ristourne. En d�cembre 2008, la travailleuse n'a pas touch� de r�mun�ration. A partir du d�but 2009, X.________ n'a plus d�livr� de fiches de salaire � la travailleuse, mais celle-ci a reconnu avoir encaiss� un montant brut de 8'747 fr.95 pendant cette ann�e. La r�mun�ration brute per�ue par l'employ�e pendant son engagement s'est ainsi �lev�e � 50'734 fr.65 (41'986,70 + 8'747,95).
A.b Les relations entre les parties se sont d�t�rior�es d�s d�cembre 2008. Il a notamment �t� retenu que l'employeur usait de pr�textes pour �viter toute entrevue avec l'employ�e, laquelle contestait le d�compte des commissions dues.
Par courrier du 27 avril 2009, Y.________ a r�sili� son contrat de travail et exprim� le souhait que le cong� soit effectif au 30 avril 2009. L'employeur n'ayant pas r�agi � ce courrier, il a �t� retenu que les rapports de travail ont pris fin le 31 mai 2009.
Le 6 mai 2009, Y.________ a constitu� la soci�t� V.________ S�rl, sise � ... (Vaud), dont le but �tait d'effectuer des op�rations de courtage et de conseil dans toute branche �conomique; la pr�cit�e a �t� inscrite comme associ�e g�rante avec signature individuelle. Y.________, au travers de cette personne morale, a exerc� la m�me activit� que celle d�ploy�e pour X.________, concluant des polices d'assurances pour les compagnies avec lesquelles son ancien employeur collaborait. D�s le mois de juin 2009, Y.________ a per�u de ladite soci�t� un salaire mensuel brut de 10'000 fr.
Le 11 mai 2009, Y.________ a �crit � X.________ pour notamment lui r�clamer une somme brute de 15'000 fr. environ dont elle requ�rait le paiement dans les trente jours.
Aucun montant n'a �t� vers� � la travailleuse.
B.a Par demande du 13 ao�t 2009, Y.________ a ouvert action contre X.________ devant le Tribunal de prud'hommes de l'arrondissement de Lausanne, concluant � ce que la d�fenderesse soit condamn�e � lui verser la somme de 30'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 avril 2009 et � lui remettre un certificat de travail.
La d�fenderesse a conclu au d�boutement de la demanderesse et invoqu�, en tant que de besoin, la compensation.
En cours d'instance, le 7 d�cembre 2009, la demanderesse a produit un tableau des affaires qui donnaient droit � commissions, conclues par son entremise pour X.________ entre mars 2008 et mars 2009, repr�sentant un montant total de 93'586 fr.40.
Par jugement du 27 juillet 2010, communiqu� le 19 juillet 2011, le tribunal de prud'hommes a d�clar� la d�fenderesse d�bitrice de la demanderesse de la somme brute de 13'788 fr.30, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 avril 2009, � titre des commissions dues � la travailleuse et de la somme nette de 4'263 fr.80, avec les m�mes int�r�ts, pour des r�serves retenues sans droit, d�s l'instant o� la d�fenderesse n'avait jamais constitu� le fonds de ristourne pr�vu contractuellement.
B.b Saisie d'un appel form� par la d�fenderesse, qui concluait � sa lib�ration, et d'un appel joint form� par la demanderesse, qui reprenait ses conclusions de premi�re instance, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 14 mai 2012, a partiellement admis tant l'appel que l'appel joint et r�form� le jugement attaqu� en ce sens que la d�fenderesse a �t� condamn�e au versement � son adverse partie de la somme brute de 21'026 fr.80, plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 avril 2009, dont � d�duire les cotisations sociales l�gales et conventionnelles, et de la somme nette de 4'263 fr.80, avec les m�mes int�r�ts, le jugement attaqu� �tant confirm� pour le surplus.
En substance, la cour cantonale a retenu, d'une part, que les affaires donnant droit � commissions, qui r�sultaient du tableau produit par la travailleuse devant les premiers juges, atteignaient la somme de 93'586 fr.40 et, d'autre part, que la somme � ristourner � l'employeur par cette derni�re - pour des polices d'assurance annul�es par les clients - �tait de 15'653 fr. En fonction de la diff�rence entre ces deux montants, donnant la somme de 77'933 fr.40, elle a fix� le revenu d� � la demanderesse � 66'243 fr.40 (85% de 77'933, 40). Avec le salaire aff�rent aux vacances restant d�, par 5'518 fr.05 (8,33% de 66'243 fr.40 [et non 8,33% de 79'548 fr. comme retenu en premi�re instance]), le montant brut d� � la travailleuse par l'employeur se montait � 71'761 fr.45 (66'243,40 + 5'518,05). La demanderesse ayant re�u au cours de son engagement la somme totale brute de 50'734 fr.65, la d�fenderesse restait lui devoir une r�mun�ration brute de 21'026 fr.80 (71'761,45 - 50'734,65). La cour cantonale a admis qu'il n'y avait pas lieu de d�duire de cette somme, ainsi que l'avait fait erron�ment le tribunal de prud'hommes, le montant de 8'346 fr.80 repr�sentant le 15% des commissions encaiss�es par la travailleuse pour son activit� au sein de la soci�t� V.________ S�rl, car la demanderesse n'avait pas viol� son devoir de fid�lit� en concluant des contrats d'assurances pour le compte de cette soci�t�. L'autorit� cantonale a enfin confirm� la condamnation de la d�fenderesse � payer � la travailleuse le montant de 4'263 fr.80 correspondant � des r�serves retenues ind�ment.
X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t pr�cit�. Elle conclut principalement au rejet de toutes les conclusions de la demanderesse, et, subsidiairement, � l'annulation de l'arr�t du 14 mai 2012 et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle instruction et nouveau jugement au sens des consid�rants.
La requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par la recourante a �t� rejet�e par ordonnance pr�sidentielle du 16 juillet 2012.
1.1 Interjet� par la partie d�fenderesse qui a tr�s largement succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 15'000 fr. requis en droit du travail (art. 74 al. 1 let. a LTF), le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s, ou � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 137 II 313 consid. 1.4 p. 317 s.; 135 III 397 consid. 1.4 et l'arr�t cit�). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations factuelles de l'autorit� cantonale ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
Il est constant que les parties ont �t� li�es, du 19 mai 2008 au 31 mai 2009, par un contrat individuel de travail (art. 319 CO) et que la r�mun�ration de la travailleuse avait lieu par le paiement de provisions li�es � l'activit� qu'elle d�ployait pour la recourante dans le cadre de la conclusion de contrats d'assurance (cf. art. 322b et 322c CO).
La recourante soutient tout d'abord qu'� deux �gards l'�tablissement des faits serait inexact, c'est-�-dire arbitraire, et que les preuves auraient �t� appr�ci�es de mani�re insoutenable.
S'agissant d'un grief de nature constitutionnelle, il appartient � la partie recourante de d�montrer l'arbitraire par une argumentation r�pondant aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.).
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral n'annulera la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridiques indiscut�s, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318/319; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560).
Concernant l'appr�ciation des preuves, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait une d�duction insoutenable (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 134 V 53 consid. 4.3).
3.1 La recourante soutient que la cour cantonale a vers� dans l'arbitraire en retenant que le total des affaires susceptibles de donner lieu au paiement de commissions, avant calcul des sommes � ristourner, repr�sente le montant de 93'586 fr.40. Cette constatation reposerait sur une simple all�gation de l'intim�e. Elle serait en outre contredite par les d�comptes d'affaires et de ristournes produits par la travailleuse (pi�ces 36 � 39) et par les soldes de commissions � payer au 31 d�cembre 2009 reconnus par la d�fenderesse, dont la demanderesse a repris les montants dans sa pi�ce 40.
Il a �t� retenu, sans que l'arbitraire soit invoqu� � ce propos, que l'intim�e a produit le 7 d�cembre 2009 devant le tribunal de prud'hommes un tableau des affaires ayant g�n�r� des commissions, conclues par ses soins pour le compte de la recourante entre mars 2008 et mars 2009, qui indiquait un montant total de 93'586 fr.40. Dans l'arr�t d�f�r�, la cour cantonale a expliqu� qu'elle a proc�d�, par pointages, � une comparaison entre les affaires indiqu�es par l'intim�e sur ce tableau et celles ressortant des d�comptes des assureurs vers�s au dossier, pour constater que les donn�es concordaient. On voit donc que la constatation incrimin�e r�sulte d'une appr�ciation globale d'un ensemble de documents produits au dossier, et nullement d'une all�gation de la demanderesse. La recourante n'a pas tent� de d�montrer qu'il �tait insoutenable de comparer les donn�es en cause et d'admettre qu'elles concordaient. Quant aux pi�ces 36 � 39 de la demanderesse, l'autorit� cantonale a affirm� qu'elles portaient uniquement sur une partie des affaires conclues par celle-ci, soit celles pass�es avec les assurances A.________, B.________ et C.________. Or la recourante n'a m�me pas pr�tendu que l'intim�e n'avait trait� qu'avec ces trois assureurs. En ce qui concerne la pi�ce 40, elle ne mentionne que les commissions dont la recourante reconna�t devoir paiement � la travailleuse, mais pas toutes celles dont cette derni�re requiert le versement, comme l'a admis sans le moindre arbitraire la Cour d'appel.
Le moyen doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable.
3.2 Pour la recourante, les magistrats vaudois auraient retenu de mani�re ind�fendable que l'intim�e n'a pas d�ploy� avant le 31 mai 2009, date de la fin de son contrat de travail, pour son propre compte ou celui d'un tiers, des activit�s concurrentes � celles de son ancien employeur. Elle fait valoir que l'intim�e a constitu� la soci�t� V.________ S�rl le 6 mai 2009 et que la convention conclue par cette soci�t� avec l'assureur D.________ est entr�e en vigueur le 1er mai 2009. Elle se r�f�re �galement aux pi�ces 29 � 31 de la demanderesse, qui indiqueraient que � d'innombrables propositions ont bel et bien �t� faites dans la p�riode ant�rieure au 31 mai 2009, soit concr�tement � partir du mois de novembre 2008 �.
S'il est vrai que l'intim�e a fond� V.________ S�rl le 6 mai 2009, avant la fin des rapports contractuels nou�s avec la recourante, la cour cantonale a retenu - sans se voir reprocher l'arbitraire - que la premi�re n'a per�u son premier salaire de cette soci�t� qu'� la fin juin 2009. Il n'�tait donc pas insoutenable d'admettre que c'est � partir du 1er juin 2009 que la demanderesse a exerc� une activit� de prospection d'assurances pour ladite soci�t�. En ce qui concerne la convention conclue avec D.________, entr�e en vigueur le 1er mai 2009, les juges cantonaux ont constat�, sans que l'arbitraire soit invoqu�, qu'elle n'avait donn� lieu � aucune signature de contrat durant le mois de mai 2009. La recourante ne peut ainsi rien tirer de la date d'entr�e en vigueur de cette convention.
Les pi�ces 29, 30 et 31 de la demanderesse sont toutes trois de volumineux d�comptes de commissions �manant de V.________ S�rl, aff�rents � divers assureurs, d�comptes qui comportent chacun au moins 25 pages et de nombreux tableaux de chiffres. La recourante n'indique pas les pages pr�cis�ment d�sign�es de ces pi�ces, qui �tabliraient que la demanderesse a exerc� en faveur de V.________ S�rl une activit� pouvant concurrencer le domaine d'activit� de son ancien employeur, cela pendant la dur�e des rapports de travail avec celui-ci. La recourante se m�prend totalement sur le r�le du Tribunal f�d�ral, qui n'est pas une autorit� d'appel, si elle croit qu'il va de lui-m�me effectuer de longues et fastidieuses v�rifications pour rem�dier � la carence d'un plaideur. Ce pan du grief est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
Le moyen est infond� dans la mesure de sa recevabilit�.
La recourante all�gue ensuite que la cour cantonale a enfreint l'art. 8 CC en retenant, sur la base d'une simple vraisemblance, le chiffre d'affaires donnant lieu � paiement de commissions, par 93'586 fr.40. L'autorit� cantonale aurait �galement m�connu les r�gles sur le fardeau de la preuve en retenant, au b�n�fice de la demanderesse, un fait non prouv� qu'il lui appartenait d'�tablir.
4.1 Pour toutes les pr�tentions relevant du droit priv� f�d�ral (cf. ATF 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC r�partit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) - en l'absence de disposition sp�ciale contraire - et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 130 III 321 consid. 3.1 p. 323; 129 III 18 consid. 2.6; 127 III 519 consid. 2a). Cette disposition ne prescrit cependant pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es (ATF 127 III 519 consid. 2a), pas plus qu'elle ne dicte au juge comment forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a, 519 consid. 2a). Autrement dit, lorsque l'appr�ciation des preuves convainc le juge qu'une all�gation de fait a �t� prouv�e ou r�fut�e, la r�gle de d�cision est �cart�e et la question de la r�partition du fardeau de la preuve ne se pose plus, de sorte que le grief de l'art. 8 CC n'a plus d'objet (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223-224).
4.2 En l'esp�ce, comme on l'a vu ci-dessus, l'autorit� cantonale a retenu le chiffre de 93'586 fr.40, repr�sentant le total des affaires ouvrant le droit � des commissions, en effectuant une comparaison, par pointages, entre les affaires mentionn�es par la demanderesse dans son tableau du 7 d�cembre 2009 et celles r�sultant des d�comptes d'assureurs figurant au dossier. Partant, elle a admis ce chiffre � la suite d'un raisonnement et proc�d� � une appr�ciation des preuves ayant conduit � sa conviction. Comme l'art. 8 CC ne prescrit pas comment le juge doit appr�cier les preuves ni sur quelles bases il peut parvenir � la conviction qu'il a acquise in casu, le moyen manque enti�rement sa cible et doit �tre rejet�.
La recourante pr�tend que la Cour d'appel a viol� son droit � la preuve, qu'elle d�duit des art. 29 al. 2 Cst. et 8 CC, concernant le montant des ristournes intervenues post�rieurement � la cl�ture de l'instruction devant le tribunal de prud'hommes. Elle fait valoir que si la cour cantonale estimait que les pi�ces 106 � 112, qu'elle a produites en appel, ne permettaient pas d'�tablir la totalit� desdites ristournes, elle devait administrer la preuve par expertise, offerte dans son m�moire d'appel.
5.1 En cas de refus d'administrer une preuve, une partie doit s'en plaindre en invoquant une violation de son droit � la preuve. Or le droit � la preuve est r�gi, dans le domaine du droit priv�, par l'art. 8 CC, en tant que disposition sp�ciale par rapport � l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 4A_228/2012 du 28 ao�t 2012, consid. 2.3 non destin� � la publication; arr�t 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1, non publi� in ATF 136 III 365; arr�t 5A_620/2007 du 7 janvier 2010 consid. 6.1, publi� in SJ 2010 I p. 568).
C'est donc en vain que la recourante se pr�vaut d'une violation de l'art. 29 al. 2 Cst.
5.2 Pour qu'il y ait violation du droit � la preuve au sens de l'art. 8 CC, il faut que le recourant veuille prouver un fait pertinent, que la mesure probatoire sollicit�e ait �t� r�guli�rement offerte, qu'elle soit propre � apporter la preuve et que le fait ne soit pas d�j� prouv� ou qu'il ne soit pas d�j� admis ou �cart� � la suite d'une appr�ciation anticip�e des preuves qui ne peut pas �tre tax�e d'arbitraire (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24 s. et les arr�ts cit�s). Ainsi, le juge peut renoncer � administrer une preuve lorsque sa conviction est d�j� form�e sur la base des �l�ments apport�s et qu'il peut admettre sans arbitraire qu'elle ne pourrait pas �tre �branl�e par le r�sultat de la mesure probatoire sollicit�e (ATF 134 I 140 consid. 5.3 p. 148).
Les juges cantonaux ont expliqu�, au consid�rant 2c in fine de l'arr�t d�f�r�, que les pi�ces 106 � 112 se rapportaient � des affaires conclues en 2009 et 2010, alors que l'intim�e ne travaillait plus pour la recourante. On ne voit pas en quoi ces documents, qui ne concernent en rien les t�ches qu'a men�es la travailleuse pour son ancien employeur, pourraient apporter des renseignements utiles quant aux ristournes � d�duire des montants donnant droit au versement de commissions.
Les m�mes magistrats ont admis (cf. consid�rant 3c in fine de l'arr�t attaqu�) que la quotit� des ristournes retenue par le jugement de premi�re instance, � savoir 15'653 fr., �tait conforme aux pi�ces du dossier, si bien qu'il ne se justifiait pas d'ordonner une expertise � ce sujet, du reste non requise en premi�re instance. Il appert d'embl�e que la mesure probatoire en question n'a pas �t� r�guli�rement offerte devant le tribunal de prud'hommes. La recourante n'a d'ailleurs m�me pas tent� d'affirmer le contraire. De toute mani�re, la cour cantonale est parvenue � une conviction quant au montant total des ristournes devant �tre d�duites du chiffre d'affaires � partir duquel les commissions sont calcul�es. Elle pouvait d�s lors, sans commettre arbitraire, estimer qu'une expertise �tait inutile, d�s l'instant o� la question � r�soudre ne n�cessite pas des qualifications professionnelles sp�ciales, ainsi que l'avait d�j� remarqu� � juste titre le tribunal de prud'hommes.
A l'appui de son dernier moyen, la recourante invoque en vrac la violation des art. 321b, 423 et 464 al. 2 CO. Elle renvoie � une jurisprudence (ATF 137 III 607), qui aurait �t� rendue dans une situation analogue. Elle all�gue que l'intim�e aurait d� �tre condamn�e � lui restituer la totalit� du gain qu'elle a r�alis� en travaillant ind�ment pour une entreprise concurrente avant que son contrat de travail avec la d�fenderesse ait pris fin.
Il a �t� retenu en fait (art. 105 al. 1 LTF) que l'intim�e n'a d�but� sa nouvelle activit� pour V.________ S�rl qu'apr�s la fin des relations de travail nou�es avec la recourante. Cette constatation a r�sist� � un grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits (cf. consid. 3.2 ci-dessus). Du moment que la travailleuse n'a pas fait concurrence � son ancien employeur de mani�re inadmissible pendant la dur�e des rapports de travail en violation de l'art. 321a al. 3 CO (cf. ATF 137 III 607 consid. 2.4), le pr�c�dent invoqu� par la recourante, qui envisage ce cas de figure, ne lui est d'aucune utilit�.
Le grief n'a pas de consistance en tant qu'il est suffisamment motiv�.
Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, paiera l'�molument de justice, r�duit en vertu de l'art. 65 al. 4 let. c LTF, et versera � l'intim�e une indemnit� � titre de d�pens (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile.