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Timestamp: 2016-10-23 03:17:43+00:00
Document Index: 168606061

Matched Legal Cases: ['art. 237', 'art. 31', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 307', 'art. 307', 'art. 311', 'art. 312', 'art. 307', 'art. 312', 'art. 312', 'ATF ', 'art. 221', 'art. 260', 'art. 31', 'art. 308', 'art. 309', 'art. 309', 'art. 311', 'art. 309', 'art. 308', 'art. 221', 'art. 5', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 260', 'art. 312', 'art. 311', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 221', 'art. 5', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 64', 'art. 64']

1B_501/2012 (10.10.2012)
1B_501/2012
MM. les Juges f�d�raux Fonjallaz, Pr�sident, Eusebio et Chaix.
A.________, repr�sent� par Me Julian Burkhalter, avocat,
Prolongation de la d�tention provisoire,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Chambre des recours p�nale, du 3 ao�t 2012.
A.________, ressortissant albanais domicili� en Albanie, a �t� arr�t� le 15 octobre 2011 dans le cadre d'une instruction p�nale conduite par le Minist�re public de l'arrondissement de Lausanne (ci-apr�s: le Minist�re public) et portant sur un trafic de stup�fiants. Relax� le 16 octobre 2011, A.________ a �t� appr�hend� en Italie et remis aux autorit�s suisses le 26 avril 2012 � la suite de nouveaux d�veloppements de l'enqu�te. Il a �t� entendu par le Minist�re public le 27 avril 2012 et sa d�tention provisoire a �t� ordonn�e le 29 avril 2012 par le Tribunal des mesures de contrainte du canton du Vaud (ci-apr�s: le Tmc). En substance, il lui est reproch� d'avoir particip� � un trafic international d'h�ro�ne portant sur plusieurs kilos.
A la demande du Minist�re public du 11 juillet 2012, le Tmc a ordonn� la prolongation de la d�tention pour une dur�e de trois mois, le 17 juillet 2012, en raison des risques de fuite et de collusion. Le 3 ao�t 2012, la Chambre des recours p�nale du Tribunal cantonal vaudois (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a rejet� le recours de l'int�ress� contre l'ordonnance pr�cit�e.
Agissant par la voie du recours en mati�re p�nale, A.________ demande principalement au Tribunal f�d�ral de r�former la d�cision cantonale et d'ordonner sa lib�ration imm�diate, subsidiairement de prononcer sa lib�ration imm�diate assortie de mesures de substitution au sens des art. 237 ss CPP. Il conclut �galement � l'�limination de certains moyens de preuve, ainsi qu'� la constatation de la violation des art. 31 Cst., 5 CEDH, 308, 309 al. 3 et 311 CPP et � celle du principe de la c�l�rit�.
Le Tribunal cantonal renonce � se d�terminer et se r�f�re aux consid�rants de sa d�cision. Le Minist�re public conclut au rejet du recours. Par courrier du 18 septembre 2012, A.________ requiert l'assistance judiciaire.
Dans un grief qu'il convient d'examiner en premier lieu, le recourant se plaint d'une violation de son droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., plus pr�cis�ment de son droit d'obtenir une d�cision motiv�e. Il fait grief aux autorit�s pr�c�dentes, en particulier au Minist�re public et au Tmc, de ne pas avoir suffisamment motiv� leur d�cision concernant son maintien en d�tention provisoire. Il reproche en outre au Tribunal cantonal de ne pas avoir examin� si la demande de prolongation de la d�tention du Minist�re public et la d�cision du Tmc �taient suffisamment motiv�es.
3.1 Le droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique, notamment, pour l'autorit� l'obligation de motiver sa d�cision. Selon la jurisprudence, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � l'examen des questions d�cisives pour l'issue du litige (ATF 137 II 266 consid. 3.2 p. 270; 136 I 229 consid. 5.2 p. 236). D�s lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guid� la d�cision de l'autorit�, le droit � une d�cision motiv�e est respect� m�me si la motivation pr�sent�e est erron�e. La motivation peut pour le reste �tre implicite et r�sulter des diff�rents consid�rants de la d�cision (arr�t 2C_23/2009 du 25 mai 2009 consid. 3.1 publi� in RDAF 2009 II p. 434 et les r�f.).
3.2 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a express�ment indiqu� quels �taient les indices concrets qui permettaient de soup�onner le recourant d'avoir particip� � la commission d'une infraction grave � la LStup (cf. consid. 5.3 infra). La motivation de la d�cision attaqu�e permet donc de comprendre sur la base de quels �l�ments le Tribunal cantonal a conclu � l'existence de charges suffisantes � l'encontre du recourant. Celui-ci connaissait donc les motifs pour lesquels il pouvait contester la d�cision de maintien en d�tention provisoire. L'instance pr�c�dente n'a donc pas m�connu son obligation de motiver, autre �tant la question de savoir si la motivation pr�sent�e est erron�e, comme le soutient �galement le recourant.
S'agissant de sa critique concernant le fait que la cour cantonale n'aurait pas examin� son grief li� au d�faut de motivation de la requ�te de prolongation de la d�tention du Minist�re public et de la d�cision de prolongation de celle-ci par le Tmc, elle doit �tre �cart�e. En effet, le Tribunal cantonal a implicitement consid�r� que cette requ�te et cette d�cision �taient suffisamment motiv�es d�s lors qu'il a repris en substance les m�mes motifs pour sa d�cision de maintien en d�tention. En particulier, en se r�f�rant express�ment � sa pr�c�dente ordonnance du 29 avril 2012 s'agissant des indices de culpabilit� existant � l'encontre du recourant et en indiquant que sur ce point sa motivation conservait toute sa pertinence, le Tmc n'a pas contrevenu � son obligation de motiver, contrairement � ce que soutient le recourant.
Pour le surplus, lorsqu'il affirme que le Tmc et le Minist�re public se sont limit�s � prof�rer des reproches peu concrets, tr�s g�n�raux et infond�s, il se plaint non pas d'un d�faut de motivation mais conteste en r�alit� le bien-fond� de ces d�cisions. En tant que les critiques du recourant sont dirig�es directement contre les d�cisions du Minist�re public et du Tmc, elles sont irrecevables devant le Tribunal de c�ans.
Dans un moyen suivant, le recourant fait grief au procureur d'avoir viol� son obligation de mener lui-m�me les premi�res auditions importantes, invoquant les art. 307 al. 2, 311 et 312 CPP. Le procureur aurait viol� ces dispositions en d�l�guant toute l'enqu�te � la police; une telle d�l�gation g�n�rale serait en effet interdite pas la loi. Le recourant soutient en outre que les conditions de forme de la d�l�gation ne seraient pas respect�es puisque le dossier ne contiendrait aucune trace d'une quelconque d�l�gation. Enfin, il all�gue que son extradition serait fond�e sur la base de preuves inexistantes ou imaginaires, de sorte que toutes les preuves cons�cutives ne pourraient �tre utilis�es. Le recourant conclut � l'�limination des moyens de preuve obtenus en violation des art. 307 al. 2, 311 et 312 CPP et de ceux qui reposent sur une tromperie.
4.1 Selon l'art. 311 al. 1 CPP, les procureurs recueillent eux-m�mes les preuves; la Conf�d�ration et les cantons d�terminent dans quelle mesure ils peuvent confier des actes d'instruction particuliers � leurs collaborateurs. Enfin, l'art. 312 al. 1 CPP indique que m�me apr�s l'ouverture de l'instruction, le Minist�re public peut charger la police d'investigations compl�mentaires; il lui donne � cet effet des directives �crites, verbales en cas d'urgence, qui sont limit�es � des actes d'enqu�te pr�cis�ment d�finis. L'art. 307 al. 2 CPP pr�voit que, en cas d'infractions graves et de tout autre �v�nement s�rieux, le Minist�re public conduit lui-m�me, dans la mesure du possible, les premi�res auditions importantes.
4.2 La d�cision d'exclure un moyen de preuve litigieux du dossier est du ressort de la direction de la proc�dure, respectivement du juge du fond. Il n'appartient en principe pas au juge de la d�tention de se prononcer sur ce point. Celui-ci v�rifie l'existence de soup�ons suffisants de culpabilit� sur la base des r�sultats provisoires de l'instruction. Il peut ainsi tenir compte de moyens de preuve figurant au dossier, � moins toutefois que ceux-ci n'apparaissent d'embl�e inexploitables (cf. arr�ts 1B_179/2012 du 13 avril 2012 consid. 2.4 et 1B_182/2007 du 20 septembre 2007 consid. 4.4 et les r�f�rences).
En l'esp�ce, l'admissibilit� des moyens de preuve critiqu�s par le recourant n'appara�t pas d'embl�e exclue. En effet, le Minist�re public a personnellement entendu le recourant le 27 avril 2012, soit le lendemain de son extradition en Suisse. Les auditions suivantes (soit celles des 8, 10 et 22 mai et 13 juin 2012) ont �t� r�alis�es par la police en pr�sence du mandataire du recourant. Le dossier en possession du Tribunal de c�ans ne contient certes aucun mandat �crit du Minist�re public d�l�guant � la police le soin de proc�der � ces auditions. Quoi qu'il en soit, cette �ventuelle informalit� ne para�t pas a priori avoir pour cons�quence l'impossibilit� absolue d'exploiter les proc�s-verbaux d'audition du recourant, ce d'autant moins que le pr�venu a pu disposer, conform�ment � l'art. 312 al. 2 CPP, des m�mes droits devant la police que devant le procureur (cf. ESTHER OMLIN, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, ad art. 312 CPP n. 14 et 15).
Enfin, l'invocation par le recourant, pour la premi�re fois � ce stade de la proc�dure, du vice affectant soi-disant la demande d'extradition contrevient manifestement aux r�gles de la bonne foi, de sorte que la cour de c�ans n'entrera pas en mati�re sur ce point (cf. ATF 135 I 91 consid. 2.1 p. 93). Au demeurant, d'�ventuelles inexactitudes dans l'expos� des motifs de la demande d'extradition adress�e par les autorit�s suisses, ne sauraient �tre assimil�es � une tromperie de la part des autorit�s suisses et se trouvent sans rapport avec la question de la recevabilit� des preuves administr�es ult�rieurement.
Pour le surplus, la conclusion du recourant tendant � ce que les moyens de preuve litigieux soient �limin�s du dossier est irrecevable d�s lors qu'il n'appartient pas au juge de la d�tention de se prononcer d�finitivement sur cette question. L'arr�t attaqu� qui s'en tient � ce principe n'est d�s lors pas critiquable.
Invoquant l'art. 221 al. 1 CPP, le recourant conteste le caract�re suffisant des charges pesant sur lui. Il qualifie d'arbitraire l'appr�ciation de l'instance pr�c�dente. Les faits qui lui sont imput�s ne seraient de plus pas "typiques au sens de la loi". Il reproche en outre au Minist�re public d'avoir retenu dans sa demande de prolongation de la d�tention provisoire du 11 juillet 2012 que le recourant appartenait manifestement � une organisation criminelle au sens de l'art. 260ter CP, se plaignant � cet �gard d'une violation des art. 31 Cst. et 5 CEDH ainsi que des art. 308, 309 al. 3 et 311 al. 2 CPP. Le Procureur aurait d�, selon lui, rendre une ordonnance d'extension de l'instruction ou une ordonnance d'ouverture de l'instruction conform�ment aux art. 309 al. 3 et 311 al. 2 CPP.
5.1 Aux termes de l'art. 309 al. 3 CPP, le Minist�re public ouvre l'instruction par une ordonnance dans laquelle il d�signe le pr�venu et l'infraction qui lui est imput�e; l'ordonnance n'a pas � �tre motiv�e ni notifi�e. Il peut, selon l'art. 311 al. 2 CPP, �tendre l'instruction � d'autres pr�venus et � d'autres infractions; l'art. 309 al. 3 CPP est applicable. Enfin, le Minist�re public �tablit durant l'instruction l'�tat de fait et l'appr�ciation juridique du cas de telle sorte qu'il puisse mettre un terme � la proc�dure pr�liminaire (art. 308 al. 1 CPP).
5.2 Pour qu'une personne soit plac�e et maintenue en d�tention provisoire, il doit exister � l'�gard de l'int�ress� des charges suffisantes, soit de s�rieux soup�ons de culpabilit�, c'est-�-dire des raisons plausibles de la soup�onner d'avoir commis une infraction (art. 221 al. 1 CPP; art. 5 par. 1 let. c CEDH; arr�t 1B_63/2007 du 11 mai 2007 consid. 3 non publi� in ATF 133 I 168). Il n'appartient cependant pas au juge de la d�tention de proc�der � une pes�e compl�te des �l�ments � charge et � d�charge et d'appr�cier la cr�dibilit� des personnes qui mettent en cause le pr�venu. Il doit uniquement examiner s'il existe des indices s�rieux de culpabilit� justifiant une telle mesure. L'intensit� des charges propres � motiver un maintien en d�tention pr�ventive n'est pas la m�me aux divers stades de l'instruction p�nale; si des soup�ons, m�me encore peu pr�cis, peuvent �tre suffisants dans les premiers temps de l'enqu�te, la perspective d'une condamnation doit appara�tre vraisemblable apr�s l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF 137 IV 122 consid. 3.1 p. 126).
5.3 Le Tribunal cantonal a constat� l'existence de soup�ons de culpabilit� � l'�gard du recourant. Il a notamment retenu, sur la base d'�coutes t�l�phoniques, que B.________, domicili� en Suisse, avait pass� commande d'une quantit� ind�termin�e d'h�ro�ne en octobre 2011. L'organisateur de cette livraison de drogue en Suisse, C.________, se rendait � Lausanne pour rencontrer B.________. D'autres personnes - dont le recourant - devaient les rejoindre en voiture depuis l'Italie. Ce v�hicule avait �t� arr�t� le 15 octobre 2011 par la police avec cinq personnes � son bord (le recourant, C.________, B.________, D.________ et E.________). Entendus par la police, les pr�venus avaient ni� toute implication dans un quelconque trafic de stup�fiant. Comme la police n'avait pas d�couvert de drogue, ils avaient �t� relax�s. Le recourant avait alors imm�diatement quitt� le territoire suisse pour se rendre en Albanie via Milan. Par ailleurs, la police avait intercept� le 16 octobre 2011 � Ziegelbr�cke, dans le canton de Glaris, une voiture portant des plaques grecques et contenant 5 kg d'h�ro�ne avec � son bord F.________ et G.________. Les analyses t�l�phoniques avaient r�v�l� que C.________ avait re�u le 13 octobre 2011 un sms de F.________ lui indiquant le lieu o� se trouvait le v�hicule contenant les 5 kg d'h�ro�ne ("Ziegelbrucke [...]"). Par ailleurs, les trois num�ros de t�l�phone du recourant �taient enregistr�s dans le r�pertoire du t�l�phone portable de F.________. L'enqu�te avait d�montr� que F.________ et G.________ avaient �t� en contact t�l�phonique avec H.________ - lequel avait �t� impliqu� en 2009 dans un trafic de produit stup�fiant entre la Suisse et la Turquie - pour organiser la r�ception de la drogue.
5.4 Dans son grief, le recourant soutient que la constatation du Tribunal cantonal selon laquelle F.________ avait enregistr� ses trois num�ros de t�l�phone dans son r�pertoire ne serait corrobor�e par aucun �l�ment objectif. L'int�ress� semble se plaindre implicitement d'une constatation arbitraire des faits. Cette simple critique ne satisfait manifestement pas aux exigences de motivation accrue requises pour remettre en cause l'�tat de fait retenu par l'instance pr�c�dente (cf. consid. 5.2). Il n'y a donc pas lieu de s'�carter des faits constat�s dans la d�cision entreprise.
Contestant l'existence de s�rieux soup�ons de culpabilit� � son endroit, le recourant expose que le fait d'avoir eu son num�ro de t�l�phone enregistr� dans la m�moire du t�l�phone portable d'un tiers ne constitue pas une preuve suffisante de sa culpabilit�. Il a �t� �tabli que plusieurs num�ros de t�l�phone du recourant �taient enregistr�s dans le t�l�phone portable de F.________; celui-ci a en outre envoy� un sms au recourant le jour m�me de son arrestation le 16 octobre 2012 (cf. proc�s-verbal d'audition du 22 mai 2012 p. 18-19 & rapport de la police de s�ret� du 28 mars 2012 p. 42 s.). A cet �gard, dans un premier temps, le recourant a ni� conna�tre F.________ avant de le reconna�tre sur planche photographique et de pr�ciser l'avoir rencontr� en Albanie; en revanche, F.________ a contest� conna�tre le recourant. Ces �l�ments, associ�s � sa pr�sence en Suisse en compagnie de C.________ et B.________ (interpell�s ensemble le 15 octobre 2011) au moment de la transaction litigieuse constituent un faisceau d'indices suffisant de la culpabilit� du recourant � ce stade de la proc�dure. Quant aux arguments d�velopp�s par recourant sur la forme ou la nature de sa participation � l'infraction (complicit�, coactivit�), ils ne sont pas pertinents d�s lors qu'il appartient au juge du fond et non pas au juge de la d�tention de se d�terminer sur ce point.
Enfin, contrairement � ce que semble soutenir le recourant, il n'a pas fait l'objet d'une mise en pr�vention pour d'autres charges que celles li�es � son implication, avec d'autres protagonistes, dans l'organisation d'un transport d'h�ro�ne vers la Suisse (5 kilos). Les autorit�s pr�c�dentes n'ont pas modifi� la pr�vention � la base de sa d�tention, � savoir celle d'infraction grave � la LStup. Dans la d�cision entreprise, le Tribunal cantonal fait express�ment r�f�rence � l'art. 19 ch. 2 LStup, disposition qui �tait d�j� � la base du mandat d'arr�t international d�livr� par les autorit�s suisses. Le Minist�re public n'a, � cet �gard, pas mentionn� l'art. 260ter CP dans sa demande de prolongation de la d�tention, comme l'affirme pourtant le recourant. Cela �tant, � ce stade de la proc�dure, l'autorit� n'a pas � r�soudre d�finitivement les questions de la qualification juridique des faits poursuivis. Il suffit en l'�tat que les faits reproch�s se pr�tent, avec une vraisemblance suffisante, � la qualification d'infraction grave � la LStup, comme c'est manifestement le cas en l'esp�ce eu �gard notamment � la quantit� d'h�ro�ne saisie. Enfin, on rel�vera n�anmoins qu'une �ventuelle d�cision d'extension de l'instruction au sens de l'art. 312 al. 2 CPP n'est pas n�cessaire s'il s'agit simplement de modifier la qualification juridique des faits pour lesquels l'instruction a �t� ouverte, le pr�venu devant toutefois en avoir connaissance au plus tard lors de l'audition finale, quand elle a lieu, ou par l'avis de prochaine cl�ture (cf. PIERRE CORNU, Commentaire romand CPP, n. 18 ad art. 311 CPP).
Mal fond�s, les griefs du recourant doivent donc �tre rejet�s.
Le recourant conteste l'existence des risques de fuite et de collusion.
6.1 Le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de crit�res tels que le caract�re de l'int�ress�, sa moralit�, ses ressources, ses liens avec l'Etat qui le poursuit ainsi que ses contacts � l'�tranger, qui font appara�tre le risque de fuite non seulement possible, mais �galement probable (ATF 117 Ia 69 consid. 4a p. 70 et la jurisprudence cit�e). La gravit� de l'infraction ne peut pas, � elle seule, justifier la prolongation de la d�tention, m�me si elle permet souvent de pr�sumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le pr�venu est menac� (ATF 125 I 60 consid. 3a p. 62; 117 Ia 69 consid. 4a p. 70; 108 Ia 64 consid. 3 p. 67).
6.2 Le recourant conteste en vain l'existence d'un risque de fuite. En effet, comme relev� par l'instance pr�c�dente, il est de nationalit� �trang�re et n'a aucune attache avec la Suisse dont il foulait le territoire pour la premi�re fois le 15 octobre 2011. En outre, la gravit� des charges pesant contre lui fait clairement redouter qu'il ne quitte la Suisse pour se soustraire � la poursuite p�nale engag�e contre lui. D'ailleurs, lors de sa pr�c�dente lib�ration par le Minist�re public apr�s son interpellation du 15 octobre 2011, il avait alors imm�diatement quitt� le territoire helv�tique. Les �l�ments qu'il invoque (sa situation de p�re de famille en Albanie; la pr�sence d'un cousin en Italie) sont manifestement insuffisants � faire admettre l'invraisemblance du risque de fuite.
6.3 Enfin, les mesures de substitution susceptibles de pallier le risque de fuite propos�es par le recourant apparaissent clairement insuffisantes au regard de l'intensit� dudit risque. En effet, l'assignation � r�sidence, le d�p�t des papiers d'identit�, l'interdiction de quitter la Suisse, l'obligation de se pr�senter p�riodiquement aux autorit�s suisses, la fourniture de s�ret�s ou le port du bracelet �lectronique ne sont pas de nature � emp�cher une personne dans la situation du recourant de s'enfuir � l'�tranger.
L'affirmation d'un risque de fuite dispense d'examiner s'il existe aussi un danger de collusion au sens de l'art. 221 al. 1 let. b CPP.
Invoquant enfin le principe de c�l�rit�, le recourant estime que l'instruction devrait d�j� �tre cl�tur�e. Il fait en particulier grief au Minist�re public de ne plus avoir men� aucun acte d'instruction depuis qu'il a proc�d� � son audition personnelle le 27 avril 2012, � l'exception de la requ�te de prolongation de la d�tention provisoire du 11 juillet 2012.
Concr�tisant le principe de c�l�rit�, l'art. 5 CPP impose aux autorit�s p�nales d'engager les proc�dures p�nales sans d�lai et de les mener � terme sans retard injustifi� (al. 1), la proc�dure devant �tre conduite en priorit� lorsqu'un pr�venu est plac� en d�tention (al. 2). L'incarc�ration peut �tre disproportionn�e en cas de retard injustifi� dans le cours de la proc�dure p�nale (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151; 123 I 268 consid. 3a p. 273; 116 Ia 147 consid. 5a; 107 Ia 257 consid. 2 et 3). Il doit toutefois s'agir d'un manquement particuli�rement grave, faisant au surplus appara�tre que l'autorit� de poursuite n'est plus en mesure de conduire la proc�dure � chef dans un d�lai raisonnable (ATF 128 I 149 consid. 2.2.1 p. 151 s.). Le caract�re raisonnable de la dur�e d'une proc�dure p�nale s'appr�cie selon les circonstances particuli�res de la cause, eu �gard en particulier � la complexit� de l'affaire, au comportement du requ�rant et � celui des autorit�s comp�tentes, ainsi qu'� l'enjeu du litige pour l'int�ress� (ATF 133 I 270 consid. 3.4.2 p. 281 et les arr�ts cit�s).
Eu �gard � la complexit� du dossier ayant pour objet un trafic international de stup�fiant impliquant plusieurs protagonistes, il n'appara�t pas que les autorit�s de poursuites p�nales suisses aient contrevenu � leur obligation de diligence dans la conduite de l'enqu�te. En effet, celle-ci n�cessite de nombreuses mesures d'investigation en Suisse et � l'�tranger (auditions des divers pr�venus; analyse des contr�les t�l�phoniques; commissions rogatoires adress�es � l'Albanie). La critique du recourant quant au fait que le Minist�re public n'aurait proc�d� � aucune mesure d'instruction depuis avril 2012 tombe � faux, puisque le pr�venu a �t� entendu par la police � plusieurs reprises durant les mois de mai et juin 2012. De plus, le Minist�re public a indiqu� que les r�sultats de l'entraide internationale adress�e en juin 2012 aux autorit�s albanaises �taient encore attendus et que les analyses des contr�les t�l�phoniques et des donn�es de la vingtaine de t�l�phones portables et de cartes SIM incrimin�s �taient encore en cours; certains d�tenteurs de raccordement n'avaient pas encore pu �tre identifi�s. Les autorit�s judiciaires apparaissent d�s lors poursuivre l'enqu�te sans d�semparer. Il y a donc lieu de constater que le principe de c�l�rit� est en l'�tat respect�, de sorte que ce dernier grief doit lui aussi �tre rejet�.
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Compte tenu des circonstances, l'assistance judiciaire doit �tre accord�e au recourant (art. 64 al. 1 LTF). Celui-ci requiert la d�signation de Me Julian Burkhalter en qualit� d'avocat d'office. Il y a lieu de faire droit � cette requ�te et de fixer d'office les honoraires de l'avocat, qui seront support�s par la caisse du Tribunal f�d�ral (art. 64 al. 2 LTF). Le recourant est en outre dispens� des frais judiciaires (art. 64 al. 1 LTF).
La demande d'assistance judiciaire est admise. Me Julian Burkhalter est d�sign� comme d�fenseur d'office du recourant et ses honoraires, support�s par la caisse du Tribunal f�d�ral, sont fix�s � 1'500 francs.
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire du recourant, au Minist�re public central et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Chambre des recours p�nale.