Source: https://www.scribd.com/document/86579530/VOCABULAIRE-hegelien-du-droit
Timestamp: 2016-07-24 11:56:58+00:00
Document Index: 128175657

Matched Legal Cases: ['§ 153', '§ 410', '§ 442', '§ 183', '§ 258', '§ 185', '§ 253', '§ 113', '§ 410', '§ 3', '§ 124', '§ 386', '§ 147', '§ 279', '§ 29', 'art. 149', '§ 40', '§ 154', '§ 40', '§ 481', '§ 408', '§ 256', '§ 144', '§ 535', '§ 340', '§ 552', '§341', '§ 548', 'in fine', '§ 347', '§ 157', '§ 294', '§ 161', '§142', '§ 24', '§ 342', '§ 257', '§ 142', '§343', '§144', '§30', '§4', '§257', '§ 341', '§ 137', '§29', '§ 207', '§ 268', '§29', '§ 268', '§ 289', '§ 142', '§ 113', '§113', '§ 267', '§ 268', '§ 207', '§ 162', '§ 267', '§ 268', '§119']

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S’il en est ainsi l’activité du sujet qui cultive dans l’habitude des pratiques éthiques et politiques quasi naturelles en espérant s‘affirmer librement, risque bien d’obtenir l’inverse : « c’est l’habitude de la vie, écrit Hegel, qui entraîne la mort ou, si elle est tout à fait abstraite, elle est la mort elle-même. » (E III, § 410, Remarque, p. 218). C’est pourquoi nous ne pouvons comprendre l’invitation de Hegel à nous faire citoyens d’un État ayant de bonnes lois, comme une invitation passive au « simple accueil du donné » (E III, § 442, Addition, p. 540). La seconde nature ne peut en effet être conçue sous la forme d’une réification mondaine de l’esprit, et c’est pourquoi cette nature là n’est pas l’Autre de l’esprit. Ainsi, le rapport entre les « bonnes lois » dont parle Hegel et un citoyen qui ne les comprendrait pas, relèverait d’une simple juxtaposition extérieure du sujet et du monde, de l’action et de la pensée, propre à paralyser la vie éthique. L’originalité de la thèse hégélienne d’une seconde nature qui ne présuppose pas une nature première, consiste par conséquent manifestement dans sa volonté inédite de surmonter l’opposition des termes sujet/objet, trouver/produire (un monde), esprit théorique/esprit pratique, en démontrant leur identité acquise. Société civile : L’un des mérites incontestés de la philosophie du droit hégélienne consiste sans nul doute d’être parvenue à conceptualiser la société moderne comme société civile. A la différence de l’État qui s’affirme rationnellement comme l’identité universelle du particulier et de l’universel, la société civile signifie l’identité particulière du particulier et de l’universel. L’universalité éthique ou politique n’apparaît donc ici que comme le moyen terme d’un contrat qui lie les individus particuliers, via cette totalité sociale qui qualifie la société civile comme État externe (voir PPD, § 183, p. 280), à leurs fins égoïstes. Platon comme Aristote s’évertuaient déjà à condamner les traits de cette forme d’association quand ils les reconnaissaient dans la posture sociale des sophistes qui avouaient ne céder à leur idéal d’existence autarcique que pour profiter de la sécurité que seule la cité était susceptible de leur garantir en cas de guerre (voir Platon, Protagoras, 322a-d). Mais c’est dans le contractualisme moderne, et en particulier chez Jean-Jacques Rousseau, que Hegel dénonce ce qui lui apparaît comme une perversion essentielle à la forme d’association signifiée par l’État externe : la subordination du droit public au droit privé (voir PPD, § 258, Remarque, pp. 334-335). Au niveau de la société civile qui correspond, soit dit en passant, à la forme historique du politique puisque l’État hégélien n’existe pas, l’individu se voit tiraillé entre son désir de servir ses fins égoïstes et son désir contradictoire de se reconnaître et de se fondre dans la totalité sociale. Incapable de concilier les deux dans son droit de propriété qui prend ici un sens effectif grâce à son travail, le sujet individuel peut ainsi aussi bien se perdre que se retrouver dans son identité. Ainsi, Hegel note en effet que « Pour soi, la particularité, en tant qu’elle est d’une part la satisfaction, se répandant de tous côtés, de ses besoins, de son arbitre contingent et de son bon vouloir subjectif, se détruit en ses jouissances, elle-même et son concept substantiel » (Ibid., § 185, p. 281). A l’inverse, la forme que prend le travail dans ce que Hegel nomme la corporation, permet au membre de la société civile d’accéder à « la droiture (qui) reçoit sa récompense et son honneur véritables. » (Ibid., § 253, Remarque, p. 330).
p. relève bien de postures de l’esprit. 470). Il reste donc à la personne morale à prendre conscience et à vivre ce qui signifie sa vérité conceptuelle : être un sujet éthique ou être citoyen. et sa liberté. juridiques. p. en effet. § 113. le droit de la personne morale demeure formel. Pléiade. C’est bien en cela que consiste le droit de la personne morale. I. en tant qu’épreuve de l’esprit absolu. p. III.qui représente l’aspect subjectif de la société des besoins. p. sans être pour autant revenue à soi dans sa forme concrète. Hegel lui accorde un sens juridique inédit. » (Voir E III. c’est la série de ses actions » (PPD. qui n’est pas un simple acte selon Hegel. 1103a 2426). qui n’est pas simplement réductible non plus à ce que le sujet se propose de faire. 502). Seconde nature : Parce que le monde que trouve l’esprit devant lui. Au niveau de la moralité. mais se transporte dans son autre. est bien d’être toujours seconde. IV. Dans l’effectivité de l’action. II. 1220b 1). comportementales. Cette référence indique en même temps qu’il doit exister une culture politique du corps qui. II. La référence explicite à Aristote au terme de la remarque du paragraphe 150 des Principes de la philosophie du droit. § 410. § 3. risque toujours de dégénérer en fanatisme comme l’illustre la longue remarque du paragraphe 140 des Grundlinien. Remarque. p. mais que « Ce qu’est le sujet. 180). 221). à l’événement objectif de l’acte. peut toujours s’exprimer comme « furie du disparaître. et dans et par lequel il se libère. Il reste ainsi au sujet moral à prendre conscience que l’universel éthique et l’universel politique sont la condition même de sa liberté et de son droit. à cause de son abstraction. 212). Le mot désigne ainsi le moment où la pensée ne demeure plus au-dedans de soi sous sa forme purement abstraite. 214). il reconnaît dans l’action un degré d’effectuation de la liberté. A la thèse aristotélicienne qui veut que les vertus soient corrélatives de dispositions acquises par l’habitude. dans le cadre de l’éthicité. dans ces « quasi choses » que sont nos institutions langagières. est à la fois produit par lui (E III. dont l’origine se situe dans la certitude et l’opinion subjectives. peut être légitimement considéré comme l’effectuation de la personnalité juridique. Ainsi peut-on comprendre qu’il faut
. En déplaçant le centre de la moralité sur l’action (Handlung). L’habitude est donc l’indice que ce que notre corps épouse au rythme de répétitions maîtrisées. Ainsi. Hegel répond ainsi en écho que cette dernière doit être comprise comme le « dur exercice » (Űbung) « d’information-de-soi du particulier ou du corporel des déterminations relevant du sentiment dans l’être de l’âme. Cependant ce droit. 166). lorsque Hegel écrit que « L’expression-extérieure de la volonté en tant que subjective ou morale est l’action » (Ibid. La problématique de la moralité consistait alors à interroger les conditions a priori de l’accord entre l’impératif catégorique et assertorique de la loi morale et l’impératif hypothétique et problématique de l’intention du sujet. souligne plus précisément la considération éthique d’une vertu morale corrélative d’une disposition (hexis) créée par l’habitude (voir Ethique de Nicomaque. sait inviter comme par nature le citoyen à remplir sa fonction (Ethique à Eudème. Kant avait confirmé la subjectivité au centre de la moralité. » (Phénoménologie de l’esprit. dans la pratique habituelle de la coutume. Celui-ci signifie en effet que le sujet moral ne se définit plus selon l’intimité de son sens intime. psychologiques. 2. p. p. § 124.. la vérité de la nature. Personne morale : En définissant la « personnalité morale » comme « rien d’autre que la liberté d’un être raisonnable soumis à des lois morales » (Métaphysique des mœurs. se joue précisément la question de l’identité entre le pôle subjectif de l’intention. § 386. Représentation : Hegel définit les représentations comme des « métaphores des pensées et des concepts » (E I.
Parce qu’elles symbolisent les pensées qu’elles portent en elles. Parce qu’elle n’est pas seulement « volonté libre qui est pour elle-même comme volonté libre » (E III. la personnalité juridique n’appartient pas au moment de l’esprit subjectif mais à celui de l’esprit objectif. » (Ibid. Enfin. C’est grâce à elle.. La volonté juridique consiste en effet dans l’objectivation de la liberté qu’elle manifeste en se voulant elle-même dans les choses dont elle est susceptible de se rendre propriétaire. p. C’est pourquoi le droit sur les choses resurgit ici comme droit caractéristique du droit abstrait. pour autant que s’y engage à chaque fois un rapport intersubjectif de personne à personne. que le sujet éthique et le citoyen recouvrent leur conscience individuelle et leur droit. § 147.cause dans le cas toujours possible où la subjectivité morale pourrait acquérir la conviction qu’ici ou là. voire à contester l’institution quand elle lui semble injuste. p. p. § 279. Toutefois le rapport entre les personnes implique ici. pour autant que « la souveraineté. ne suppose pas pour autant le sacrifice. les choses de la nature. 148) son intention de traiter ici des contrats ou encore du déni du droit et du crime. car la particularité est le mode extérieurement apparaissant sous lequel l’élémentéthique existe. Enfin. le monarque. il est au contraire un individu.. la stabilité de son contenu ne suffit pas pour autant à faire de l’institution une chose. s’étend à la capacité de m’approprier toute chose. et permet en même temps de comprendre en quoi celui-ci peut être entendu comme « droit abstrait ». La subjectivité souveraine du prince hégélien apparaît ainsi comme la troisième figure de l’individu libre. Toutefois. Hegel écrit ainsi clairement que « la personnalité seule donne un droit à des Choses et. c’est parce que « le droit des individus à leur particularité est également contenu dans la substantialité éthique. formelle puisqu’elle n’est efficace que lorsqu’elle s’exprime comme droit de contraindre (voir PPD. L’universel éthique conditionne ainsi la liberté subjective de l’individu en trois sens. les institutions de l’esprit objectif se définissent comme des représentations. 376). n’existe qu’en tant que subjectivité certaine d’elle-même et qu’autodétermination abstraite (…). à commencer par mon propre corps. par conséquent. La position des institutions autorise d’autre part la conscience morale subjective à interroger. » (Ibid. le droit personnel est essentiellement droit des Choses (Sachenrecht). ce moment du tout qui décide absolument (ne saurait être) l’individualité en général. p. Cette liberté de propriété. gagnera cependant son effectivité en se déployant dans le monde de la société civile. Le droit de la personnalité juridique n’exclut pas bien sûr le rapport avec les autres personnes. § 29). nécessairement selon Hegel. les choses produites par l’art. 149). et c’est pourquoi Hegel indique dans les sections b) et c) du § 40 (Ibid. formelle en ce qu’elle s’exprime selon une liberté de droit. 277-278). ces quasi-choses que sont les institutions recouvrent ainsi la puissance normativante traditionnellement dévolue à la subjectivité individuelle. Plutôt « quasi-chose » que chose. p. 253). le droit se moque du droit.
. Il faut enfin indiquer que cette capacité juridique à se rendre propriétaire de toute chose. qui n’est d’abord que la pensée universelle de cette idéalité (de l’Etat). la position des choses comme moyen terme de la relation. § 154. Mais cette conception intellectualiste de l’institution va de pair chez Hegel avec un activisme : la pensée portée dans et par l’institution est un effet la puissance téléologique active de l’effectuation de l’idée de liberté conçue comme le Bien vivant. § 40. l’institutionnalisme hégélien qui reconnaît dans l’élément-objectif de l’institution les qualités subjectives d’un sujet (pensée et action) non réductible à la particularité de l’individu.. ni la subordination de la liberté individuelle à la substance éthique. Remarque.258). » (PPD. En ce sens le bourgeois. Personnalité juridique : Ce concept désigne le principe même du droit « au sens juridique ». § 481. d’une part. Si en effet les lois et les pouvoirs de cette dernière « ne sont pas quelque chose d’étranger au sujet » (PPD. p.
que la famille et la société civile. La remarque du paragraphe 3 des Principes de la philosophie du droit établit en effet sans ambiguïté possible. Cette expression sanctionne tout d’abord la distance désormais irréductible que la philosophie du droit de 1820 introduit avec la tradition du jusnaturalisme. se voit tout d’abord dénoncé par Hegel dans la préface des Grundlinien où celui-ci reproche à Haller mais aussi à Savigny d’encourager.ce contexte. la norme juridique est induite de l’esprit du peuple (Volksgeist). » Hegel adopte ainsi une posture juridique résolument « positiviste » en indiquant que le monde du droit trouve son fondement dans les lois et les institutions conçues comme la « volonté pensée. Addition au § 408. présupposent déjà la présence de l’État » (E III. Contre le subjectivisme porté par Hobbes et Schmitt ou encore par Kant et. le droit ne saurait être corrélatif de la coutume déposée dans l’histoire et la géographie d’une nation. c’est indiquer ce qui constitue. la coutume peut se définir comme la figure individualisée de la vie d’une nation. dont la forme rationnelle exige une norme universelle. . Cette stabilité du contenu de l’institution rend par ailleurs possible sa remise en
. L’institutionnalisme hégélien implique ainsi que « la vie éthique (soit) l’assise fondamentale du droit et de la moralité. Institution – Institutionnalisme : Convenir que le hégélianisme est un institutionnalisme. qui est pour soi nécessaire et qui est un acte-de-subsister situé au-dessus de l’opinion et du bon vouloir subjectifs » (PPD. de prétendre induire à partir de la particularité de la coutume un droit. de même. à refuser l’édification d’un code allemand susceptible de léser les organismes nationaux. et manifeste dans ses coutumes. selon lui. Hegel revient à la charge dans la remarque du paragraphe 3 du même ouvrage pour contester la méthode préconisée par l’École historique du droit. en inscrivant les réflexions à venir sur le droit dans le cadre alors inédit de ce que les juristes nomment la « théorie générale du droit et de l’État. selon Hegel. p. Friedrich Carl Von Savigny. au niveau de l’éthicité.) à l’idée de liberté qui. le fondement juridique de tout ordre social. une « haine de la loi ». p. en ce qu’il grève manifestement la rationalité du droit. p. s’accomplit effectivement en tant que Bien vivant. bien après. mais se voit incapable d’indiquer ce qui doit être. Ce refus de l’universel. la normativité juridique proposée par l’historicisme juridique dit ainsi ce qui est. 498). grâce à l’institution. Contre l’objectivisme porté par le jusnaturalisme ou l’historicisme juridique. selon lui. Il est indu en effet. Kelsen. § 256. Remarque. § 144. Pour autant. 332).252) accorde tout d’abord un « élément-objectif » (Ibid. son passéisme et son conservatisme. qu’à l’inverse de ce que prétendent Hugo et Savigny. C’est donc précisément par souci de conserver et d’encourager un tel particularisme qui pousse Savigny. dans son ouvrage intitulé De la vocation de notre temps pour la législation et la science du droit (1814). ou encore Hugo qui s’est très fortement opposé sur ce point à Thibaut. C’est pourquoi Hegel veut retenir de cette conception du droit un empirisme et un particularisme qui ne font que dénoncer. avec leurs différences bien ordonnées.et. ou ce qui devrait constituer. il s’agit d’une part d’établir que les fondements de l’ordre social ne sauraient simplement se rencontrer dans la nature ou dans la coutume. il s’agit d’autre part de contester que l’ordre trouve respectivement sa source dans une décision (décisionnisme) ou bien dans une norme (normativisme). « l’élément éthique (peut avoir) un contenu stable. l’opposition de l’objectivisme et du subjectivisme. ce trait positif du droit hégélien ne saurait être confondu avec un objectivisme juridique dont on sait que Hegel a été l’un des pourfendeurs les plus décidés. » (PPD. Le « positivisme juridique » hégélien consiste plutôt à surmonter dans la conception réconciliatrice de l’esprit objectif. Qu’est-ce qu’implique alors la thèse qui veut que l’ordre social soit fondé sur des institutions ? Le fait que. se saisit ainsi de l’argument du langage pour indiquer qu’à l’instar de celui-ci.. issu du passé entier de la nation. sous l’apparence d’arguments strictement scientifiques. Faute de procéder selon un développement conceptuel.
Le philosophe allemand écrit en effet que si l’État signifie « la substance éthique consciente de soi ». E III. dénonçait dans la tentation très contemporaine de « dominer l’océan des peuples » par la peinture de « caractéristiques générales » la faiblesse même des philosophies universalisantes de l’histoire. l’esprit qui se juge lui-même dans la totalité des figures historiques du monde qui sont autant de figures objectives de lui-même. et dans laquelle la nécessité. tel Hugo. De cette conception du droit découlent ainsi inexorablement un empirisme juridique de même qu’un particularisme qui fit de ses partisans. lui accorde un sens et une valeur absolus. 434). en les rabotant. § 535. le Weltgericht. Historicisme juridique : Cette posture juridique assumée dans l’Allemagne du XIXème siècle par l’École historique du droit. 326). doit être ainsi comprise comme l’activité d’un jugement. qui. §§ 340-341. la nature et l’histoire ne sont que pour servir la révélation de cet esprit et des vases d’honneur pour sa gloire. » (Ibid. Envisagée dans son rapport au droit. ni la substance d’une perspective morale. la jurisprudence) à ses sources non formelles : les coutumes. des opposants farouches à toute velléité de produire un code législatif susceptible d’unifier la multiplicité et la diversité des États et des territoires allemands sous un même droit. p. en ce qu’elles restent ainsi inattentives à la vitalité et à la vie des organismes nationaux (Voir Une autre philosophie de l’histoire. Histoire du monde : Hegel emprunte à Schiller l’expression : « die Weltgeschichte ist das Weltgericht. c’est par excellence le jugement dernier. De ce point de vue. est en tant que sentiment de l’amour ». 2001. vis-à-vis de l’esprit du monde dont le peuple régnant est « le vecteur du degré de développement ».» (E III. 311). Dans
. p. 2. L’histoire du monde qui n’est donc selon Hegel. pages 431-443). p. p. § 552. les décrets. Cependant dans l’usage de la langue allemande. dans la famille. en tant qu’il s’est dépouillé. 1784). formule reprise in PPD. l’histoire du monde recouvre une signification double. 333). §§341-360. « les esprits des autres peuples sont dépourvus de droit et (qu’)ils ne comptent plus dans l’histoire du monde. § 548. 1779).. Hegel écrit ainsi que « l’esprit pensant de l’histoire du monde. dont elle achève le développement dans l’exposé philosophique de 1820 (PPD. de ces déterminations bornées des esprits des peuples particuliers et de sa propre réalité mondaine. ni le pôle d’un refus absolu. achèvement dont il est la conscience effective. Comme il ne peut qu’apparaître au moment de l’achèvement de ce monde où l’idée de liberté s’accomplit effectivement comme Bien vivant. saisit son universalité concrète et s’élève au savoir de l’esprit absolu comme de la vérité éternellement effective dans laquelle la raison qui sait est libre pour elle-même. cet esprit qui juge in fine excède de la même façon la sphère du droit hégélien. Sa double efficacité en tant qu’activité de parachèvement du processus historique de l’esprit et en tant que savoir totalisant. » (E III. De la sorte. se caractérisait par la volonté de subordonner les sources formelles du droit (les lois. Cet esprit qui juge du droit au crépuscule du droit n’est autre que l’esprit philosophant. c’est parce qu’il se fonde « sur la même unité qui. GF-Flammarion. Hegel marque aussi bien sa différence vis-àvis de Kant qui reconnaissait le cosmopolitisme comme le contenu d’un idéal régulateur (Voir Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. excède nécessairement désormais la sphère de l’objectivité. le Weltgericht ne signifie pas n’importe quel jugement .fort différente de celle développée par Jean-Jacques Rousseau (Voir Contrat Social. » (« L’histoire du monde est le tribunal du monde ». § 347. Ce jugement de l’histoire du monde comporte d’abord un sens processuel et objectif par et grâce à l’exercice du « droit absolu » du peuple dont le règne est effectif. 47). I. que vis-à-vis de Herder. p. à l’inverse. fait que. L’exercice historique de ce jugement qui se dirige vers les peuples dont l’histoire est finie. bien que cette unité soit à ce degré « dans la forme d’une universalité sue.
. Renault.(l’éthicité est) le concept de la liberté devenu monde présent-là et nature de la conscience de soi. p. Cependant en même temps l’éthicité n’est pas la vie éthique. l’éthicité fixe l’universalité objective (la « substance éthique ») comme condition de reconnaissance de la conscience de soi individuelle et condition d’institution de l’individualité. grâce à l’agir de celle-ci. Remarque. Enfin. » (Ibid. p. La liberté de l’individu ne se voit donc plus absorbée et niée. se rationalise désormais objectivement comme « amour conscient de soi » (PPD. Hegel préfère reconnaître en eux l’ « esprit éthique immédiat ou naturel. Famille : A la différence de Kant qui a voulu affirmer le sens juridique des liens familiaux (Voir Doctrine du droit. comme c’était le cas dans l’éthique. mais qu’elle en soit. l’esprit se voit ainsi invité à se faire lui-même monde. B. 177). bien qu’il soit seul ce qui est déterminé en et pour soi. Or pour être naturels. apparaît comme la normativité même de l’esprit objectif. acquise selon le fil d’un « dur travail » exercé dans. 261). n’existe pas comme tel dans la vie. pp.). § 157. comme Hegel a pu le reconnaître en 1806 chez Sophocle (lire Phénoménologie de l’esprit. et contre la totalité objective. comme avaient pu le faire les révolutionnaires français en 1789. 251) La forme processuelle de l’effectuation de l’idée de la liberté accorde à cette sphère éminente du droit son triple contenu : la famille. Ceci implique enfin que le sujet individuel puisse s’opposer à la totalité objective. mais son précédent normatif. § 294. substance dont chacun de ceux-ci sait la réalité effective et l’être-là comme sa volonté et son acte. L’éthicité. bien au contraire. trad. son vouloir et. § 161. Bourgeois. les liens familiaux n’en sont pas moins rationnels. 409 – 413). trad. tout en conservant les qualités de pensée et d’action propres au sujet. p. 1971. selon la trilogie de l’eros (désir). Dans l’institution du mariage par exemple. la famille porte enfin le germe rationnel de ce qui correspond à la fois à son achèvement conceptuel et à son principe même : l’État. Celui se voit désormais normé par trois valeurs fondamentales exigées par l’éthicité. 77-78). 259). » (PPD. de l’effectivité de la liberté individuelle.. le sentiment naturel dont les Grecs avaient su conceptualiser l’âme. que le concept. pour. Toutefois. par la totalité sociale ou politique. GF-Flammarion. l’autorisation. de même que la conscience de soi a. et accorde ainsi une effectivité à la liberté simplement projetée par le sujet moral. Hegel nous offre ainsi sur ce point une conception du patriotisme
. à même l’être éthique. p. Ceci implique d’autre part que cette dépendance constructive du sujet individuel vis-à-vis de la substance éthique ne contraigne pas son autonomie. Hegel résume ainsi le sens de l’éthicité au §142 des Principes de la philosophie du droit : « L’éthicité est l’idée de la liberté en tant que Bien vivant qui a dans la conscience de soi son savoir. S’il apparaît que la vie du roi injuste est toute aussi intolérable et illégitime que la vie d’une martyre impuissante. la juridiction des liens parentaux) ont pour sens de réfléchir dans un degré de rationalité supérieur « cette faiblesse du concept » dans la nature (Ibid. en commandant à l’esprit objectif de se séculariser sous la forme d’une moralité objective. qu’une vie bonne et à la fois politiquement praticable. soit sa vie. Figure commençante de l’éthicité. Ceci implique que l’individu sache que « la coutume éthique constitue la substance de tous les individus singuliers. les institutions de la famille (le mariage. son assise qui est en soi et pour soi et sa fin motrice.sa certitude et à le définir comme l’horizon de son action. 580). qui est comprise dans l’économie de la philosophie du droit comme l’identité objective du droit « au sens juridique » et de la moralité. et de l’agapè (amour charitable ou vertueux). D’autre part. l’administration de la richesse domestique. » (p. L’horizon du Bien voulu se transforme tout d’abord en horizon du « Bien vivant ». » (E II. l’État. parce que « l’immédiateté de l’Idée de vie consiste en ceci. La vie éthique se définit ainsi comme la vérification pratique. pour le sujet éthique. § 24. p. de la philia (amitié). il reste à faire en sorte. son effectivité. la société civile.
» (PPD. déjà. p. 432). les différents degrés du développement de l’éthicité doivent être entendus dans leur identité avec. même si celui-ci ne coïncide pas en eux. théorique. Ce n’est pas non plus la morale. pour autant que l’État excède en les englobant les bornes de la sphère de l’esprit objectif. § 342. p. de l’engendrer comme quelque chose de posé par lui. L’État. il faut comprendre celui non seulement comme un savoir mais aussi comme une vie. État : Hegel définit l’État comme « l’effectivité de l’idée éthique » (PPD. qui consiste à déterminer des biens absolument obligeants pour le comportement individuel à partir des valeurs culturelles d’une nation donnée. 431). qui apparaît comme la condition conceptuelle de ces figures. ou encore des « représentations ». Bourgeois. esprit absolu. l’esprit objectif leur accorde la faculté de penser. § 257. mais savoir éthique et politique inscrit dans la temporalité d’un vécu de « l’idée de liberté en tant que Bien vivant. Ainsi. L’esprit objectif est en effet d’une part le savoir que le monde que l’esprit subjectif trouve là devant lui est bien en même temps un monde produit par lui. » Il indique ainsi que le rapport que l’esprit entretient avec le monde détermine celui-ci à être respectivement esprit subjectif. Reste que cette effectivité conceptuelle vivante ne correspond à aucune figure historique et sociale existante. § 142.252). p. L’État hégélien. (PPD. §343.180). ou encore que la société civile puisse se définir comme l’État externe. signifie ainsi le savoir vivant qui n’est pas simplement savoir logique. Éthicité (Sittlichkeit) – Vie éthique (sittliches Leben) : L’éthicité n’est pas l’éthique. enfin un pouvoir d’accorder de la pensée aux choses. Ceci explique néanmoins que l’amour dans la famille soit pensé selon la même logique que celle du sentiment patriotique. Troisième moment de l’éthicité après la famille et la société civile. Vrin. ce qui fait d’elles des symboles. Par conséquent. » (Ibid. l’idée éthique reçoive bien une réalité sans pour autant recouvrer son effectivité. Enfin. C’est là tout le sens de « l’histoire du monde » sur laquelle s’achève le moment de l’État. celui s’affirme en même temps dans sa puissance subjective absolue de produire « le commentaire et l’effectuation de l’esprit universel. 251). §144. pour autant que les institutions posées dans la société et dans l’histoire ne sont pas seulement des choses. pour la conscience subjective à apercevoir le Bien (das Gute) dans
. avec son effectivité conceptuelle. chez Hegel. » (PPD. ou la moralité. B. p. l’État apparaît en même temps comme la fin et donc le principe conceptuel du développement du droit. Cependant. p. de se libérer de ce monde et dans ce monde. p. trad. une activité consistant à poser un monde.Esprit objectif : Au paragraphe 386 de l’Encyclopédie des sciences philosophiques (E III. qui consiste. n’existe pas. Hegel écrit que c’est pour l’esprit « une seule et même chose que de trouver déjà là un monde comme un monde présupposé. Philosophie de l’esprit. le sens de l’État. La réalité éthique et politique de l’éthicité se vérifie historiquement dans les figures de la famille et de la société civile. Ce dernier s’affirme donc comme la conscience objective que « l’histoire de l’esprit est son ouvrage. l’État est donc bien une réalité éthique et un moment du droit à part entière. fait en même temps que l’esprit objectif se rend puissant à engendrer un monde de l’esprit fait de ces « quasi choses » que sont les institutions qui font que « l’élément éthique a un contenu stable. 333).. L’esprit objectif désigne donc à la fois un savoir. De sorte que ce moment du droit est à la fois plus que le droit. Ce qui implique en même temps que dans la famille comme dans la société civile. esprit objectif. indispensable pour penser ce que Hegel appelle le droit. parce que l’État hégélien signifie la réconciliation effective des côtés objectif et subjectif de l’idée éthique. Enfin. pour soi nécessaire et (…) situé au-dessus de l’opinion et du bon vouloir subjectifs. dont il se différencie par son degré supérieur d’effectuation de l’idée de la liberté. Sa capacité d’objectivation de l’intimité subjective. car il n’est que ce qu’il met en œuvre ».
en tant que seconde nature. Ainsi. pages 431 à 443). la société civile. mais soit objectivement reconnue dans les choses dont la personnalité juridique est susceptible de se rendre propriétaire. PPD. une histoire du monde (PPD. en laquelle l’esprit du monde s’affirme dans son être-là. Remarque.subjectif de la personnalité juridique avec le côté objectif des choses dont celle-ci est susceptible de se rendre propriétaire. s’étend désormais bien au-delà. compris comme « l’effectivité de l’idée éthique ». parce que la moralité se propose de réunir la conscience morale et l’action. Le droit hégélien comprend aussi. d’adjoindre dans la publication de 1820 le titre de « Principes de la philosophie du droit » à ses cours annoncés dès 1818 sous le titre « Droit naturel et science de l’État ». à chaque fois. pp. des régions du droit. il faut ici ajouter l’originalité de son caractère processuel qui détonne avec une conception traditionnellement substantielle de celui-ci. qui détermine la définition du rapport entre le droit et la nature dans la philosophie du droit. comprise comme l’effectivité de l’idée de liberté dans la famille. celle-ci devient à son tour un droit. ne cesse cependant de le poser comme un moment indispensable pour affirmer la liberté objective dans sa forme universelle. §30. Droit strict : Cette expression désigne le droit « au sens juridique » qui se caractérise par son aspect formel et son abstraction. Premier degré du droit. Dans le contexte de cette signification étendue du droit. Son aspect formel tient au caractère indéfini selon lequel s’exprime son pouvoir juridique en tant que jus in omnia. une conception substantialiste et non processuelle d’une liberté déjà donnée à l’état de nature. p. 139). §4. Le premier ne pouvait qu’ignorer l’essor moderne de l’individualisme chrétien ou moral. contre toute attente. et c’est pourquoi le droit « au sens juridique » est essentiellement « droit de contraindre ». de l’ « éthicité ». de la moralité.119-120). Droit naturel : Lorsque Hegel décide. La sphère du droit correspond en effet au moment spirituel dans lequel l’esprit sacralise le monde qu’il trouve devant lui parce qu’il le sait en même temps produit par lui. chose qui peut surprendre. la moralité) jusqu’à ses figures les plus concrètes (l’État. L’abstraction du droit strict qui lui interdit ici de lui accorder le contenu que saura en revanche lui accorder la société civile. de même que l’ « éthicité ». Son caractère abstrait fait que cette forme du droit demeure impuissante à garantir le droit de la personnalité juridique à se rendre propriétaire de toute chose. autrement dit. à l’originalité de l’extension du droit. §257. §§ 341-360. Enfin.
. Ce sont bien plutôt là des étapes du développement de l’effectuation du concept de droit. et l’État. C’est par conséquent l’identification de la sphère du droit au moment de l’ « esprit objectif ». mais encore le tribunal de l’histoire du monde). Le droit hégélien est ainsi un droit où la nature est toujours seconde. le moment de la rationalité juridique implique que la liberté ne soit plus simplement souhaitée par la volonté subjective. Ceci implique que nous ne percevions pas dans les moments du « droit strict ». Le second persiste à postuler. » (PPD. le monde de l’esprit produit à partir de l’esprit lui-même. un « degré de développement de liberté (qui) a son droit en propre. jamais précédée d’une nature première : « le système du droit est le règne de la liberté effectuée. » (PPD. les jusnaturalisme antique et moderne sont alors renvoyés dos à dos. Son efficacité tient plutôt à sa capacité de limiter le droit de cette dernière. à l’instar de ce que Hegel reconnaît chez JeanJacques Rousseau. indispensable pour penser l’objectivation de la liberté subjective. Il faut donc ici reconnaître une progression téléologique du concept de droit depuis ses figures les plus abstraites (le droit juridiquement entendu. son intention est manifestement d’annoncer une rupture avec le jusnaturalisme traditionnel.
» (PPD. Le concept de droit qui comprend bien sûr le « droit strict ». § 137) établit que la conscience morale définit le lien substantiel du processus de développement de la Gesinnung depuis son expression dans l’action du sujet moral jusqu’à l’activité du sujet éthique ou celle du citoyen. §29.. La disposition d’esprit politique est ainsi historiquement corrélative de la disposition d’esprit éthique. le secret du patriotisme des citoyens (…). Tel est. c’est bien parce que la disposition d’esprit politique constitue le présupposé conceptuel indépassable de la disposition d’esprit éthique. Enfin. (…). mais la manifestation. Remarque. pour autant qu’il concilie le côté
. souligne alors Hegel. Cependant cette culture théorique et pratique selon laquelle le sujet éthique réfléchit sa valeur universelle ne saurait prendre fin dans l’unique sphère de l’ « État extérieur » qui caractérise la société civile. pages 388-389). c’est dans l’esprit de corporation. pourvu qu’on n’entende pas en cette première « seulement l’aptitude à des sacrifices et à des actions extraordinaires » (Ibid. § 207. de l’État). Cette inclination durable à l’excellence qui s’inspire de la façon dont s’articulent hexis et aretè chez Aristote (voir Éthique à Nicomaque.117) justifie tout d’abord son extension à toute œuvre en laquelle se réconcilient rationnellement la subjectivité et l’objectivité. pas un autre pour moi. La valeur infinie portée par la sittliche Gesinnung fait que « l’esprit de corporation. en laquelle celui-ci a son commencement. Dans cette mesure. et à se conserver en tant que tel. On comprend alors que si le patriotisme est le corrélat historique de la droiture.. Ces derniers « consistent à se faire – en l’occurrence. Droit : Hegel propose une conception philosophique du droit dans laquelle celui-ci se voit à la fois conceptuellement étendu et processuellement compris. sa philosophie marque son originalité par rapport à une représentation strictement juridique du droit entendu comme « la restriction de ma liberté ou de mon arbitre de telle sorte qu’il puisse coexister avec l’arbitre de quiconque selon une loi universelle. p. 350). « la disposition-d’esprit à vouloir ce qui est bon en soi et pour soi » (Ibid. La vigueur de la conscience morale au cœur de la sittliche Gesinnung et de la Politische Gesinnung. Remarque. d’un « vouloir devenu habitude. Doctrine du droit. . l’intériorisation de la liberté et son extériorisation sous la forme d’un être-là.. la droiture est associée à l’honneur professionnel. 350). » (Kant. § 268). sa diligence et son talent. p. 1106a 11). 298). qui se génère dans la fondation-juridique des sphères particulières. puisqu’il contient immédiatement l’enracinement du particulier dans l’universel. son énergie et son vouloir du Bien. De ce point de vue. » (Ibid.. ajoute t-il. Le patriotisme doit bien plutôt se définir comme « la confiance (laquelle peut passer à un discernement plus ou moins cultivé). La compréhension de son concept comme « la liberté en tant qu’idée » (PPD. et en quoi je suis libre dans cette conscience. §29.138). immédiatement.ce en quoi précisément celui-ci n’est. Introduction. p. cité in PPD. Forme de disposition éthique qui s’exerce par le travail accompli au sein des états sociaux (Stände) et des corporations.d’esprit à la vie éthique et à la vie politique n’est par ailleurs ni le fruit d’une décision subjective ni celui d’une coercition objectivement organisée. p. ainsi qu’à être reconnu par là dans sa (propre) représentation et dans la représentation d’autrui. . à ne prendre soin de soi que par cette médiation avec l’universel. autorise alors celle-ci à surmonter l’aspect formel qui la caractérisait au niveau de la moralité..(à savoir) la conscience de ce que mon intérêt substantiel et particulier est protégé et contenu dans l’intérêt et la fin d’un autre (ici. » (Ibid. par sa détermination propre – membre de l’un des moments de la société civile par son activité. se développe de façon vivante dans la droiture comme dans le patriotisme. en tant que celui-ci est en rapport avec moi comme individu-singulier. § 268. § 289. p. » (Ibid. qu’il tient de la disposition-d’’esprit. se renverse en même temps au-dedans de soi-même en esprit de l’État. tout en accordant à ses dispositions là. que se trouve la profondeur et la vigueur de l’État. au fil d’un « dur travail ».
Voilà qui explique en grande partie les raisons pour lesquelles certains ont cru reconnaître dans la philosophie hégélienne un éloge de l’État incompatible avec une volonté éthique ou politique de prévoir et d’organiser la possibilité et la vie de la liberté individuelle. § 142). 217). la Gesinnung se situe conceptuellement en-deçà du droit.action morale (Handlung) : La contingence de nos faits et gestes (das Tun) qui fait que je peux allumer un feu. Or il faut ici indiquer que l’idée. § 113). Cependant le texte hégélien nous rappelle que « l’éthicité est l’idée de la liberté en tant que Bien vivant » (Ibid. en l’occurrence. p. dans son sens logique. p. p. L’acte (die Tat) reçoit ainsi une valeur en tant qu’ « action judiciaire » (actio). la police et les corporations). Cette disposition
. Disposition d’esprit éthique (sittliche Gesinnung) – disposition d’esprit politique (politische Gesinnung) : On pourrait certes s’étonner de trouver dans les paragraphes consacrés à l’éthicité (ces expressions sont respectivement définies in PPD. p. §113. La cohérence de la philosophie du droit exige en effet que l’individu libre reconnaisse et cultive dans et par la substance éthique et politique. par conséquent le fait d’être une action morale proprement dite est un aspect distinct de l’action en tant qu’action judiciaire.212). 349). S’il en est ainsi. La Gesinnung se situe alors dans ce sens en-deçà de l’éthicité. Du point de vue du droit enfin. il faut bien comprendre que les institutions objectives de la société civile (les régulations économiques et financières. § 267). peut très bien donner lieu à l’acte qui fera de moi. » (Ibid.. dont les moments proviennent de sa séparation de ce tout que désigne l’action morale (die Handlung) : « L’action judiciaire. De ce point de vue. sa liberté et son droit. La définition de la disposition d’esprit politique comme « certitude se tenant en vérité » (Ibid. elle les contient en l’occurrence d’une manière extérieure . voir PPD. Dans le régime de la philosophie du droit. § 268. ne signifient respectivement qu’un côté de l’éthicité et qu’un côté du politique. Remarque. une catégorie qui semble relever de la subjectivité... Absicht). que le vent peut ensuite se lever. pour la disposition politique). C’est pourquoi la Gesinnung n’est pas simplement une certitude mais en même temps un savoir vrai (voir PPD. écrit Hegel. § 207 pour la disposition éthique.VOCABULAIRE de la philosophie du droit de Hegel
Acte (Tat) – action judiciaire (actio) . de même que les institutions objectives de l’État (l’organisation constitutionnelle des pouvoirs . ce concept aurait tout lieu d’être compris dans le moment moral où la subjectivité s’extériorise dans l’action dont elle exprime l’intention (PPD. (PPD. L’actio prend corps au sein des conditions selon lesquelles le droit objectif juge de l’attribution de tel ou tel droit subjectif à une personne déterminée. (…) contient seulement quelques moments de l’action proprement morale. C’est pourquoi l’action subjective ou morale se définit comme « l’expression-extérieure de la volonté ». dans la sphère de la philosophie subjective. 408). se définit comme « sujet-objet » (E I. 213). la justice corrective. § 162. Cependant la réflexion permet aussitôt de relever le caractère factuel de l’acte en établissant que le sujet peut désormais devenir responsable d’avoir fait quelque chose (c’est le propos. § 267 et § 268. 349) dénonce a priori l’appartenance de ce concept aux manifestations psychologiques de la Phénoménologie de l’esprit. Remarque. Vorsatz). Enfin l’action judiciaire apparaît comme une différence spécifique du genre de l’action. p. §119. un incendiaire (PPD. d’avoir fait cette chose et non une autre (c’est l’intention. l’idée désigne donc le procès d’auto-effectuation de l’unité conceptuelle du vouloir subjectif de la liberté et de la réalité objective qu’elle se donne. p.
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