Source: http://associationnfd.e-monsite.com/blog/les-nouvelles-prisons/
Timestamp: 2019-08-22 01:44:30+00:00
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Le ministère qui a annoncé les fermetures de Cahors et d'Agen devra sans doute trancher entre deux projets de reconstruction à Sauzet et à Layrac.
L'agglomération agenaise va-t-elle un jour souffrir d'une étrange incongruité, à savoir abriter l'École nationale de l'administration pénitentiaire (Enap) qui forme entre autres les futurs surveillants et directeurs de prison et pour autant ne plus disposer de maison d'arrêt ?
Une situation pour le moins absurde qui pourrait pourtant bien se concrétiser dans un avenir proche si d'aventure, à la fermeture annoncée en 2016 de la maison d'arrêt de la rue Montaigne, s'ajoutait l'opposition du ministère à la reconstruction d'une prison sur le territoire agenais. On est ici dans le domaine du probable puisque, rappelons-le, le 26 juillet dernier, le garde des Sceaux de l'époque, Michèle Alliot-Marie annonçait les fermetures conjointes des prisons paloises et agenaises et la construction d'un nouvel ensemble sur le territoire de la cité béarnaise. Nouvel ensemble susceptible d'accueillir 700 détenus dont les pensionnaires agenais.
Sauzet sur la route d'Agen
Et le dossier se complique encore un peu plus si on regarde vers l'Est puisque le Lot, dont la juridiction appartient à la cour d'appel d'Agen et dont la prison à Cahors va fermer en 2012, a d'ores et déjà bouclé un dossier pour la reconstruction d'un établissement entre Cahors et… Agen. Le projet lotois a une longueur d'avance sur son pendant agenais puisqu'il a déjà été présenté au ministre Michel Mercier qui s'est également rendu dans la préfecture lotoise vendredi dernier.
Le garde des Sceaux aurait même jugé le projet « intéressant ». « Il s'agit de construire à Sauzet sur un terrain de 15 hectares, une prison nouvelle génération d'une capacité équivalente aux prisons de Cahors et d'Agen réunies, un établissement de réinsertion active auquel prendrait part une entreprise locale (la Maec, qui produit des c offrets en plastique et des paraboles) prendrait part. On a réagi vite. La commune d'accueil est d'accord. On s'est en outre engagé à faire une route », détaille Gérard Miquel, sénateur et président du Conseil général du Lot qui porte le projet de reconstruction.
En Lot-et-Garonne, c'est la mairie d'Agen qui pilote seule le dossier. Un dossier dont on sait peu de choses ou plutôt dont on veut dire peu de choses. Un terrain d'une vingtaine d'hectares serait « pressenti ». La mairie refuse de dire où. Mais selon nos informations c'est à Layrac près de la route d'Astaffort que Jean Dionis verrait la future prison. Un accord aurait été trouvé avec Layrac, qui, rappelons-le, est membre de la CAA.
Dans tous les cas, c'est « en mains propres » que le dossier agenais sera remis au garde des Sceaux, Michel Mercier (centriste mais pas Nouveau centre), lors de sa visite de l'Enap à Agen le 3 février prochain. Dans la logique et la pratique, on voit difficilement comment les professionnels de justice et les justiciables lot-et-garonnais pourraient tirer partie d'une maison d'arrêt à Pau, à plus de 2 h 30 d'Agen où l'on continuerait à instruire les affaires judiciaires, à entendre les détenus etc. Bref, construire une nouvelle prison sur le ressort de la cour d'appel tomberait sous le sens. Une seule ? Ou deux, à Sauzet et à Layrac ? Vu l'état des finances publiques, cette dernière option demeure la plus improbable. « Rien n'est encore décidé », assure-t-on cependant du côté d'Olivier Pedro José, porte-parole adjoint du ministère de la Justice.
L'atout de l'Enap
Pour le président du Conseil général du Lot, Gérard Miquel, le doute n'est pas permis : « Il n'y a pas de place pour deux projets. Il ne peut y avoir qu'une seule reconstruction sur le ressort ». Le projet d'implantation à Sauzet, à une portée de fusil du Lot-et-Garonne, serait-il en mesure de satisfaire les deux partis ? A ce jour, aucun rapprochement n'a été initié. « Je ne serai pas contre, assure Gérard Miquel, mais je ne suis pas sûr qu'Agen veuille investir dans le Lot… »
A la mairie d'Agen, on estime en outre posséder « un atout imparable » en la présence de l'Enap. Bref, le ministre de la Justice qui a confié à Gérard Miquel qu'il lui donnerait une réponse d'ici deux mois, devra trancher entre Cahors et Agen. Hier soir, réunie en AG à Agen, les syndicalistes surveillants de l'Ufap ont décidé de solliciter un nouveau rendez-vous auprès de Jean Dionis afin de faire le point. « On n'a plus de nouvelles depuis trois mois. Mais notre position demeure inchangée : on souhaite la reconstruction d'une prison sur l'agglomération. Aller à Sauzet, ce serait certes mieux qu'à Pau, mais pour le personnel déplacé, ce serait tout de même difficile ». A suivre.
Il existe aujourd’hui en France une prison qui n’est pas sur le modèle “traditionnel” des prisons fermées. Elle est en Corse, à Casabianda. C’est une prison construite sur un modèle ouvert. Tel que décrit lors du Congrès Pénal et Pénitentiaire International de La Haye en août 1950:
Le terme « établissement ouvert » désigne un établissement pénitentiaire dans lequel les mesures préventives contre l’évasion ne résident pas dans des obstacles matériels tels que murs, serrures, barreaux ou gardes supplémentaires.
Immersion dans les derniers établissements pénitentiaires
La maison d’arrêt du Mans-Les Croisettes lors de son inauguration le 21 novembre 2009. La construction de ce nouvel établissement pénitentiaire a permis la fermeture de la maison d’arrêt du Mans, construite en 1634. Cette dernière pouvait accueillir jusqu’à 62 prisonniers, mais son taux d’occupation avait dépassé les 200% ces dernières années. La maison d’arrêt d’Alençon a également fermé ses portes en janvier 2010. Installée depuis 1824 dans l’ancien château des ducs d’Alençon, celle-ci avait une capacité d’accueil de 40 places pour un taux d’occupation supérieur à 150%
Construite dans le cadre du programme «13.200» (places de détention supplémentaires, ndlr) adopté en septembre 2002, la maison d’arrêt du Mans-Les Croisettes a ouvert ses portes en janvier 2010. D’une capacité d’accueil de 400 places, elle dispose de 330 places en maison d’arrêt hommes, 40 en «quartier semi-liberté» et 30 en «quartier arrivants». 191 personnes encadrent quotidiennement les détenus de cet établissement.
D’une capacité de 690 places, le centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vézin est entré en fonction en mars 2010. Selon le programme de construction «13.200», les cellules de détention mesurent en moyenne 10 m². Elles sont systématiquement équipées d’un coin sanitaire cloisonné, comportant notamment une douche, dans le but de préserver l’intimité du détenu. Tous les établissements pour peines sont également dotés de trois ou quatre unités de vie familiales. Des petits appartements qui permettent aux détenus, selon certaines conditions, de recevoir des membres de leur famille sur une période pouvant s’étendre jusqu’à trois jours.
Le centre pénitentiaire de Roanne, ouvert le 26 janvier 2009. Le programme «13.200» a mis l’accent sur l’amélioration des conditions de travail et la sécurité du personnel pénitentiaire. La visibilité entre les postes des surveillants a ainsi été accrue pour permettre aux agents de veiller les uns sur les autres. «On a tout sacrifié à la sécurité dans ces prisons et on a oublié le reste, notamment les relations humaines, a déploré le contrôleur général des prisons dans son rapport 2010. On a multiplié le béton, les grilles de séparation, à tel point qu'entre le tiers et le quart des détenus se rendant à un rendez-vous médical ou une activité n'y arrivent jamais». Du fait de leur grande taille, les nouvelles prisons contribuent en effet à rallonger les temps de trajet. A tel point que les prisonniers seraient parfois obligés de rebrousser chemin, l'heure de leur rendez-vous étant dépassée.
Les parloirs réservés aux familles dans le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan. Ouvert le 7 décembre 2008, cet établissement peut accueillir jusqu’à 698 détenus pour 269 encadrants. Cette nouvelle prison a permis la fermeture de la maison d’arrêt de Mont-de-Marsan, construite entre 1807 et 1809 et d’une capacité d’accueil de 85 places pour un taux d’occupation supérieur à 100 %.
Les bâtiments de détention du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion, qui peut accueillir jusqu’à 574 détenus et 286 personnels pénitentiaires. Il est doté d'un quartier maison d'arrêt hommes, d'une maison d'arrêt femmes, d'un centre de détention pour femmes, d'un quartier mineurs, d'un quartier de semi-liberté et d'un quartier arrivants, où sont accueillis les nouveaux détenus le jour de leur entrée en prison.
Chaque établissement construit depuis 2002 comporte un terrain de sport extérieur, comme ici au centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion. D’autres installations ont également été développées dans chacune des nouvelles prisons: salles d’activités, bibliothèques, gymnase, salles de cours et de formation ou bien encore ateliers de travail. À l’extérieur de l’enceinte, on trouve aussi un bâtiment d’accueil pour les familles et les visiteurs des détenus.
Vue éloignée du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion, mis en service le 12 décembre 2008. Conséquence de son ouverture: la fermeture de la maison d’arrêt de Saint-Denis «Juliette Dodu», ancien comptoir du XIXe siècle transformé en établissement pénitentiaire en 1876. Son taux d’occupation était supérieur à 200 %.
Vue la nuit du quartier d'hébergement du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion. Dans son deuxième rapport annuel rendu public en mars 2010, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, s'est déclaré «très pessimiste» sur les nouvelles prisons. Leur conception est, selon lui, de nature à favoriser une hausse de l'agressivité et de la violence. Il a notamment préconisé une réduction de la dimension des futurs établissements avec «150 à 200 détenus» maximum. Un chiffre au-delà duquel «la relation entre détenus et surveillants se perd», écrit-il dans son rapport.