Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19990312-198362
Timestamp: 2017-01-18 18:52:27+00:00
Document Index: 324565656

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 40", "l'article 2", "l'article 27", "l'article 10", 'art. 2', 'art. 10', 'art. 27', 'art. 40']

France, Conseil d'État, 7 ss, 12 mars 1999, 198362
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 198362Numéro NOR : CETATEXT000008006908 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1999-03-12;198362 Analyses : ARMEES - PERSONNELS DES ARMEES - QUESTIONS PARTICULIERES A CERTAINS PERSONNELS MILITAIRES.Texte : Vu la requête, enregistrée le 31 juillet 1998 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Richard X..., demeurant ... ; M. X... demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 10 juillet 1998 par laquelle le commandant du Centre territorial d'administration et de comptabilité n° 371 lui a refusé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire pour la période du 1er août 1994 au 31 juillet 1995 ;
- les conclusions de M. Savoie, Commissaire du gouvernement ;Sur les fins de non-recevoir opposées par le ministre de la défense :
Considérant, d'une part, que la requête de M. X... contient un exposé suffisant des faits, moyens et conclusions et satisfait ainsi aux exigences de l'article 40 de l'ordonnance du 31 juillet 1945 susvisée ;
Considérant, d'autre part, qu'aux termes des dispositions de l'article 2 du décret susvisé du 28 novembre 1983, "lorsqu'une décision juridictionnelle devenue définitive émanant des tribunaux administratifs ou du Conseil d'Etat, a prononcé l'annulation d'un acte non réglementaire par un motif tiré de l'illégalité du règlement dont cet acte fait application, l'autorité compétente est tenue, nonobstant l'expiration des délais de recours, de faire droit à toute demande ayant un objet identique et fondée sur le même motif lorsque l'acte concerné n'a pas créé de droits au profit des tiers" ;
Considérant qu'en invoquant la décision du 1er avril 1998 par laquelle le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé le refus, qui avait été opposé à la demande de bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire présentée par M. Y... en constatant l'illégalité des dispositions du décret du 29 novembre 1996 qui excluaient du bénéfice de cette nouvelle bonification indiciaire les officiers d'un grade supérieur à celui de lieutenant-colonel, M. X... a demandé au ministre de la défense, par une lettre du 20 juin 1997, de procéder à un nouvel examen de ses droits au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la période du 1er août 1994 au 31 juillet 1995, durant laquelle il occupait les fonctions de chef de la section "cessions et prêts", au sein du bureau équipement de l'état-major de l'armée de terre, figurant sur la liste annexée à l'arrêté du 19 avril 1993 ; que si cette demande avait un objet identique et était fondée sur le même motif que celle antérieurement présentée par l'intéressé et qui avait été rejetée par décision du 17 septembre 1997, cette décision n'avait pas créé de droit au profit des tiers ; que, dans ces conditions, les dispositions précitées du décret du 28 novembre 1983 font obstacle à ce que le ministre de la défense puisse opposer à la requête de M. X... une tardiveté tirée du caractère confirmatif de la décision attaquée ; Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision en date du 10 juillet 1998 :Considérant qu'aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991, complété par l'article 10 de la loi du 13 décembre 1991 : "La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires, instituée à compter du 1er août 1990, est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulière dans des conditions fixées par décret" ; qu'il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire est lié non au corps d'appartenance ou aux grades des fonctionnaires ou militaires concernés mais aux emplois qu'ils occupent compte tenu de la nature des fonctions attachées à ces emplois ; que, dans ces conditions, le décret susvisé du 29 novembre 1996 qui a modifié le décret du 2 octobre 1992 susvisé, ne pouvait légalement exclure du bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire les officiers d'un grade supérieur à celui de lieutenant-colonel, dès lors qu'ils occupentdes emplois figurant sur la liste fixée par l'arrêté prévu par ledit décret ; qu'en écartant de la sorte un certain nombre de militaires du bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire sur le fondement de ce critère, dépourvu de lien avec les responsabilités détenues et la technicité particulière des emplois concernés, ledit décret a méconnu les règles fixées par les dispositions législatives susrappelées régissant le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire ; qu'ainsi, M. X... est fondé à soutenir que la décision en date du 10 juillet 1998 du commandant du centre territorial d'administration et de comptabilité n° 371 lui refusant le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire pour la période du 1er août 1994 au 31 juillet 1995 est entachée d'illégalité et doit, par suite, être annulée ;
Article 1er : La décision du commandant du Centre territorial d'administration et de comptabilité n° 371 en date du 10 juillet 1998 est annulée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Richard X... et au ministre de la défense.Références : Arrêté 1993-04-19 annexeDécret 83-1025 1983-11-28 art. 2Décret 92-1109 1992-10-02Décret 96-1036 1996-11-29Loi 91-1241 1991-12-13 art. 10Loi 91-73 1991-01-18 art. 27Ordonnance 45-1708 1945-07-31 art. 40Publications :Proposition de citation: CE, 12 mars 1999, n° 198362Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. Challan-BelvalRapporteur public : M. SavoieOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 7 ssDate de la décision : 12/03/1999Fonds documentaire : Legifrance Haut de page