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Timestamp: 2013-05-25 19:20:12+00:00
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Matched Legal Cases: ["l'article 231", 'art. 80', 'art. 27', 'art.28', 'art 87', "l'article 231", "l'article 435"]

Traité de Versailles - Encyclopédie par Wikipédia - Voila
Aide Traité de Versailles
et les trois principales puissances alliées.)
Le traité de Versailles de 1919 est un traité de paix signé entre l'Allemagne et les Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale.
Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité fut signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. Il annonça la création d'une Société des Nations et détermina les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n'était pas représentée au cours de la conférence, se vit privée de ses colonies et d'une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques. Ces indemnités restent cependant inférieures, par rapport à la richesse nationale, à ce que la France avait dû payer aux Alliés en 1815.
Choix du lieu Le choix du lieu de signature du traité marque pour la France l'occasion d'effacer symboliquement l'humiliation de la défaite lors de la guerre de 1870. C'est en effet dans la même galerie des Glaces, au château de Versailles, qu'avait eu lieu la proclamation de l'empire allemand, le 18 janvier 1871.
Choix de la date La signature du traité de Versailles le 28 juin 1919 n'est pas non plus sans sens. En effet, elle renvoie directement au 28 juin 1914, date de l'attentat de Sarajevo, événement direct, ou plutôt prétexte, à l'origine de l'ultimatum austro-hongrois adressé à la Serbie, déclencheur de la Première Guerre mondiale.
Conditions de la rédaction et de la signature du traité Signature du traité
On invita des représentants de territoires du monde entier à la conférence de paix, mais aucun responsable des États vaincus et de la Russie, qui avait quitté la guerre en 1917. Certaines personnalités eurent une influence déterminante. On en retient habituellement les dirigeants de quatre des principales puissances victorieuses : Lloyd George, Premier ministre britannique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, son homologue français et Woodrow Wilson, le président des États-Unis.
L'affaire de Fiume Article détaillé : Régence italienne du Carnaro.
La signature du traité fut retardée de plusieurs mois par le coup de force de Gabriele D'Annunzio qui s'empara de la ville de Fiume. Il fallut attendre l'intervention de la marine italienne en décembre 1920 pour que le traité de Rapallo, instaurant l'État libre de Fiume, puisse s'appliquer et permettre la proclamation officielle du traité de Versailles. C'est lors de ces événements que Georges Clemenceau fait appel au général Humbert, mis à disposition de son gouvernement militaire quelques mois plus tôt par le général Mordacq, et l'envoie en Adriatique par Fiume et les territoires revendiqués par les Italiens. Les forces interalliées dans les Balkans et l'Adriatique constatent cet impérialisme italien qui se porte à l'encontre de l'esprit du Traité de Versailles embryonnaire ; Lloyd George et Georges Clemenceau s'inquiètent de ce comportement agressif qui prolonge les tensions de la fin de guerre, tandis que Woodrow Wilson voit par ces revendications une menace au « droit des Serbes et des Slaves à disposer d'eux-mêmes ». La prise de Fiume laisse entrevoir le militarisme et le nationalisme de l'Italie six ans avant Mussolini.
Contenu Woodrow Wilson et les émissaires américains
La première partie établit une charte pour une Société des Nations. Elle reprend l'idéal wilsonien d'une diplomatie ouverte, organisée par un droit international. La treizième partie pose les principes du Bureau International du Travail. Le reste du traité est essentiellement consacré aux conditions de la paix en Europe. Un principe, énoncé à l'article 231, structure l'ensemble : l'Allemagne et ses alliés sont déclarés seuls responsables des dommages de la guerre (que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient effectivement déclarée en 1914). Ce principe justifie les exigences très lourdes des vainqueurs à l'égard de l'Allemagne. Les principales dispositions du traité sont :
Remaniements territoriaux La seconde partie du traité définit les frontières de l'Allemagne, mais dans plusieurs régions, le tracé définitif est remis à plus tard. L'indépendance des nouveaux États de Pologne et de Tchécoslovaquie est également affirmée. L'indépendance de l'Autriche est également protégée : il est interdit à l'Allemagne de l'annexer (art. 80).
L'Allemagne se voit amputée de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population au profit de la France, de la Belgique du Danemark, et surtout de la Pologne, nouvellement recréée. Il s'agit essentiellement de régions qu'elle avait naguère conquises par la force. Les principales transformations territoriales sont :
la restitution à la France de l'Alsace-Lorraine (art. 27) ;
D'importants territoires qui se trouvaient dans l'est de l'Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28). Dans certaines régions, le statut définitif n'est pas décidé. Il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art 87 à 93). Dantzig devient une ville libre, ce qui garantit l'accès de la Pologne à la mer, mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale, restée allemande, du reste de l'Allemagne.
Dispositions militaires De nombreuses mesures sont prises pour limiter le pouvoir militaire de l'Allemagne et protéger ainsi les États voisins. Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité.
Dispositions économiques et financières Page couverture de la version en anglais du traité. (Document publié vers le 28 juin 1919)
À la suite des dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le Nord de la France et en Belgique, l'Allemagne - considérée comme seule responsable de la guerre -, doit payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en mai 1921. Il s'élève à 132 milliards de marks-or(soit environ 23 millions d'euros), une somme très élevée. Le montant total des dommages causés par la guerre aux alliés a toutefois été estimé à 150 milliards de marks-or.
Renoncement de l'Allemagne à son empire colonial Dans la quatrième partie du traité, l'Allemagne, toujours à titre de compensations, est sommée de renoncer à son empire colonial. Il s'agit pour les puissances victorieuses d'agrandir leurs empires coloniaux aux dépens de l'Allemagne, mais aussi de punir moralement l'Allemagne. L'Allemagne, responsable de la guerre, avait commis auparavant des actes de barbarie, notamment le génocide du peuple Herrero (1904-1911, Namibie). En ce sens, elle est incapable d'assumer la mission civilisatrice que les contemporains attachent au colonialisme. C'est ainsi que, au sein des Alliés, les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partagent ces dernières : le Cameroun, le Togo, l'Afrique-Orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande a déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l'Union sud-africaine, qui la reçoit en mandat par la SDN en 1920. Dans la foulée, l'Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam, Maroc, Égypte, Turquie, etc.).
Les traités annexes Des traités annexes au traité de Versailles sont signés séparément avec chacun des vaincus : Les traités de Saint-Germain-en-Laye puis du Trianon avec l'Autriche-Hongrie qui est partagée en :
l'Italie (les provinces germanophone de Bolzano et italienne de Trento, la ville de Trieste, la péninsule de l'Istrie et la ville de Zara en Dalmatie). Toutefois, la province de Bolzano est officiellement bilingue depuis la 2e moitié du XXe siècle, grâce à Alcide de Gasperi (nom allemand : Süd Tirol Bozen Provinz).
Accueil et conséquences Train contenant du matériel versé au titre des réparations après le traité de Versailles.
Photo d'archive allemande (1920) illustrant le démontage d'un canon lourd, en application de la disposition du traité imposant la destruction des armes lourdes)
Le traité de Versailles a été soumis à de multiples critiques. Les frustrations qu'il a fait naître, ainsi peut-être que les déséquilibres qu'il a engendrés, ont joué un rôle non négligeable dans la politique européenne des décennies suivantes. Hitler s'oppose dans le début de son ascension politique au traité de Versailles qui fait reposer les conséquences de la Première Guerre mondiale sur les épaules de l'Allemagne. En effet, selon l'article 231, l'Allemagne est considérée comme responsable de la guerre.
La France, qui est pourtant une des principales bénéficiaires des traités (retour de l'Alsace et de la Lorraine dans le giron français, démilitarisation de l'ouest de l'Allemagne, dépeçage de l'Empire austro-hongrois et obtention d'un énorme montant pour les réparations financières), n'est pas encore satisfaite, car elle aurait voulu obtenir l'occupation permanente de la rive gauche du Rhin pour assurer sa sécurité. En Savoie, l'article 435 du traité de Versailles fait que certaines dispositions d'annexion du traité de Turin (1860) ne sont plus respectées. Cet article supprime les zones neutres et franches présentes en Savoie et liées aux conditions d'annexion. La France est d'ailleurs condamnée par la Cour internationale de justice de La Haye en 1932 pour la violation du traité de Turin.
Autre source de ressentiments, la contradiction entre d'une part la proclamation solennelle du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », et d'autre part l'interdiction faite aux autrichiens germanophones de se rattacher à l'Allemagne, ou le refus de l'Entente de faire droit aux revendications de nations telle que l'Ukrainienne. Dans le premier cas, ce ressentiment favorisera le bon accueil fait en Autriche à l'Anschluss en 1938, dans le second, le bon accueil fait en Ukraine à la Wehrmacht en 1941.
La République de Chine, bien que mentionnée parmi les parties contractantes, refuse de signer le traité, qui prévoit la cession à l'Empire du Japon des droits allemands sur le Shandong[1]. Les prétentions japonaises entraînent en Chine une agitation nationaliste et anti-japonaise connue sous le nom de mouvement du 4 mai.
Les réparations Le traité de Versailles est vécu ou présenté comme un Diktat par de nombreux Allemands.
Le paiement de réparations représente une lourde charge pour la République de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle se révèle vite incapable d'y faire face. Les alliés demandent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l'Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.
Sous la direction américaine, le plan Dawes est alors élaboré. Il facilite les conditions de remboursement pour l'Allemagne. Toutefois, la charge apparaît encore trop lourde ce qui conduit à l'élaboration d'un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes sont diminuées et rééchelonnées de manière considérable. En Allemagne, les réparations font tout au long de la période l'objet de vives contestations politiques, et alimentent un vif ressentiment. Celui-ci s'ajoute à la volonté de reprendre la guerre dans de meilleures conditions, qu'ont de toute façon, dès 1918, l'establishment militaire (Ludendorff) et les nationalistes. En 1929, une pétition aboutit, contre l'avis du gouvernement, à soumettre à référendum une proposition de loi qui annule le paiement de dettes. Cependant, la participation au référendum fut très faible et la loi fut rejetée à près de 95 %.
Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s'échelonner jusqu'à 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931, Conférence de Lausanne en 1932). En 1933, les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, ils rejettent toute idée de paiement des réparations. Les paiements sont définitivement arrêtés tandis que l'annexion de l'empire colonial allemand sera maintenue jusqu'à l'accession à l'indépendance des peuples africains concernés au début des années 1960, à l'exception de la Namibie qui n'accède à l'indépendance qu'en 1990.
L'Allemagne a trainé sa dette jusqu'au 3 octobre 2010, date à laquelle elle la solde définitivement, près d'un siècle après le début du conflit[2].
L'original du traité L'original du traité a disparu en 1940 et on ignore s'il a été détruit. Face à l'avancée des troupes allemandes vers Paris, il devait être mis à l'abri à l'Ambassade de France aux États-Unis, mais ce n'est qu'une version préparatoire qui y est parvenue. On a longtemps cru qu'il se trouvait à Moscou, mais l'ouverture progressive des archives depuis 1990 n'a pas permis de le retrouver. La seule certitude est que les Allemands ont mis la main sur la ratification française du traité, cachée au Château de Rochecotte[3], le 11 ou le 12 août 1940, en même temps que sur le traité de Saint-Germain-en-Laye. Elle fut transportée par avion à Berlin pour être présentée à Adolf Hitler[4].
Notes et références ↑ Traité de Versailles de 1919, site de l'université de Perpignan
↑ Financièrement, la Première Guerre mondiale se termine dimanche Slate.fr, consulté le 3 octobre 2010
↑ Le déménagement polémique des archives du Quai d'Orsay, le Figaro, 19 décembre 2008. Consulté le 20 décembre 2008
↑ Sophie Cœuré, La Mémoire spoliée — Les archives des Français, butin de guerre nazi, puis soviétique, Payot, Paris, 2007, ISBN 2-228-90148-2, p.27.
Voir aussi Bibliographie Pierre Renouvin, Le traité de Versailles, Flammarion (réimpr. 1969) Jacques Bainville, Les Conséquences politiques de la paix, Godefroy de Bouillon (réimpr. 1969) (1re éd. 1920) Pierre Miquel, La Paix de Versailles et l'opinion publique française (Thèse d'État), Flammarion, coll. « Nouvelle Bibliothèque scientifique dirigée par Fernand Braudel » (réimpr. 1992) (1re éd. 1973), 611 p. (ISBN 978-2082101776) Jean-Jacques Becker, Le Traité de Versailles, Presses Universitaires de France - PUF, coll. « Que sais-je ? », 15 août 2002, 127 p. (ISBN 978-2130529668) Margaret McMillan (trad. André Zavriew), Les artisans de la paix : Comment Lloyd George, Clemenceau et Wilson ont redessiné la carte du monde [« Peacemakers, Six months that changed the world. »], JC Lattès, 20 septembre 2006, 660 p. (ISBN 978-2709628112) Bruno Cabanes, « Le vrai échec du traité de Versailles », L’Histoire, no 343, juin 2009, p. 82-87 (ISSN 01822411) Articles connexes Traités annexes tirant les conséquences politiques de la guerre
Traité de Saint-Germain-en-Laye (1919), le 10 septembre 1919 sur le démantèlement de l'ancien empire austro-hongrois
Traité de Neuilly, le 27 novembre 1919 fixant les nouvelles frontières de la Bulgarie
Traité de Trianon, le 4 juin 1920 apporte des précisions au précédent traité de Saint-Germain-en-Laye, notamment sur les frontières de la Hongrie.
Traité de Sèvres, le 10 août 1920 concernant l'Empire ottoman
Traité de Rapallo (1920), le 12 novembre 1920 sur les frontières communes entre l'Italie et la nouvelle Yougoslavie
Traité de Kars, le 13 octobre 1921 sur les frontières caucasiennes entre les républiques soviétiques et la Turquie
Traité de Rapallo (1922), le 16 avril 1922 entre l'Allemagne et l'URSS
Traité de Lausanne (1923), le 24 juillet 1923 en remplacement du traité de Sèvres, à la suite de la révolution kémaliste en Turquie.
Les Conséquences économiques de la paix, livre de John Maynard Keynes, très critique à l'égard du traité dont il juge les conséquences économiques trop lourdes pour l'Allemagne, tandis qu'il sous-estime l'affaiblissement durable de la France à la suite de la guerre.
Étienne Mantoux, économiste français qui livra une critique sévère de la théorie keynésienne et de l'analyse keynésienne du volet économique Traité de Versailles
Les Conséquences politiques de la paix, livre de Jacques Bainville, très critique à l'égard du traité dont il juge les conséquences politiques incohérentes, laissant une Allemagne trop puissante avec de nombreux motifs de ne pas respecter ses obligations. Il prévoit qu'une nouvelle guerre en résultera.
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