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Timestamp: 2017-02-20 08:54:55+00:00
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Protection du patrimoine informationnel - PDF
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1 Protection du patrimoine informationnel FedISA - CIGREF Protection du patrimoine informationnel Eric Caprioli Paul De Kervasdoué Jean-François Pépin Jean-Marc Rietsch2 Les Auteurs Jean-Marc Rietsch Eric Caprioli Paul De Kervasdoué Jean-François Pépin Jean-Marc Rietsch Pilote de l'ouvrage, JM Rietsch est expert des métiers de la confiance et plus particulièrement de l'archivage électronique. Ingénieur Civil des Mines, JM Rietsch a débuté sa carrière professionnelle par le développement logiciel et l'offre de services pour les PME-PMI. En 1993, il oriente sa carrière vers la sécurité et plus particulièrement la sauvegarde des données informatiques et dépose un brevet sur le sujet. En 2001, JM Rietsch participe au lancement du premier tiers archiveur en France. JM Rietsch est Président de FedISA (Fédération de l'ilm du Stockage et l'archivage), créée en 2005 afin de pouvoir répondre aux attentes des utilisateurs dans le domaine. Il est également le fondateur de EIFISA (European Institute for ILM storage & Archiving), société spécialisée dans la formation sur le domaine et à l'origine d'un premier mastère sur l'archivage électronique «légal». Eric Caprioli Avocat à la Cour de Paris, Docteur en droit, spécialiste en droit de la propriété intellectuelle et des NTIC, Expert aux Nations Unies sur les questions de droit du commerce électronique depuis plus de 12 ans, Membre du Comité directeur de la certification près le SGDN depuis 2003 (arrêté du 28 janvier 2003, publié au JO), Président de l'association nationale des professionnels de la propriété incorporelle (ANPPI). Auteur de nombreux articles sur la dématérialisation, la signature, la preuve et l'archivage électronique, conférences et ouvrages sur le droit de l'économie numérique, dont celui sur la Loi pour la Confiance dans l'économie numérique (LCEN), éditions LGDJ publié en janvier Voir le site du cabinet: Fondateur du cabinet d'avocats Caprioli &Associés, Paris et Nice. Paul De Kervasdoué Titulaire d'un master en sciences économiques et d'une formation CPA de HEC, Paul de Kervasdoué a effectué sa carrière comme responsable informatique puis comme DSI dans le domaine de la finance avant de se lancer dans le consulting. Il dispose de 30 ans d'expérience en sécurité des technologies de l'information. Il fut également vice président du Clusif pendant 12 ans et responsable de la commission d'évaluation de la sécurité des systèmes. Il dirige actuellement et depuis 11 ans le cabinet AQUIS (Actions pour la Qualité Informatique et la Sécurité) dont les domaines d'intervention concernent l'audit, la mise en place de plan de continuité d'activité et l'évaluation des risques. Il intervient également comme conférencier dans plusieurs universités et grandes écoles d'ingénieurs. Jean-François Pépin Délégué Général du CIGREF (www.cigref.fr) depuis juillet 2001, Jean-François PEPIN est diplômé du Centre de Perfectionnement aux Affaires (CPA) et Président fondateur du «Cercle Intelligence Economique d Entreprise» des Anciens HEC. Membre permanent de l Académie d Intelligence Economique, il est le co-rédacteur du Manifeste d Intelligence Economique d Entreprise publié en Il est par ailleurs Diplômé de l'institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure (IHESI - 10ème session nationale), Auditeur au Centre d Etudes Diplomatiques et Stratégiques (session 2000) et à l Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie (IHEST - 1ère Promotion ). Jean-François PEPIN est chargé de cours à l IAE (Institut d Administration des Entreprises) Université de Paris I (Master Management des Associations).3 La protection du patrimoine informationnel FedISA - CIGREF Sommaire Editorial Alain Juillet... Préface... Introduction... Les fiches... Sécurité technique Fiche 1 - Définition du patrimoine informationnel... Fiche 2 - Intégrité... Fiche 3 - Identification/Authentification... Fiche 4 - Confidentialité... Fiche 5 - Traçabilité/Preuve... Fiche 6 - Pérennité/Archivage électronique... Juridique Fiche 7 - Les outils juridiques liés à la protection du patrimoine informationnel... Fiche 8 - La protection de l'information par le droit de la propriété intellectuelle... Fiche 9 - Obligations et responsabilités de l'entreprise et du chef d'entreprise... Assurance Fiche 10 - Assurance perte d'exploitation informationnelle (PEI) - déterminer et garantir le risque... Enrichissement Intelligence économique d entreprise... IE et Capital immatériel de l'entreprise... IE et Gestion des risques informationnels... Index4 Editorial Alain Juillet Dans le cadre de la globalisation, le développement des technologies de l'information et de la communication est en train de bouleverser nos habitudes, nos techniques et nos méthodes. Des opportunités de marché existent partout pour ceux qui savent chercher et osent prendre des risques calculés tandis que les menaces sont réelles pour les chantres de l'immobilisme et du repli sur leur pré-carré national. Le chef d'entreprise de demain devra intégrer la flexibilité, la réactivité et la capacité de remise en cause permanente dans son mode de gouvernance pour être en mesure de se battre à armes égales avec des concurrents venus de tous les horizons. Il devra prioritairement développer sa recherche et s'orienter résolument vers l'innovation, tout en développant sa connaissance des marchés et de ses concurrents pour faire la course dans le peloton de tête. Tout ceci est rendu possible par la maîtrise de l'information stratégique utile permettant d'avoir tous les éléments d'appréciation nécessaire pour prendre à temps la bonne décision en attaque comme en défense. Ce constat montre combien la détention, le stockage et l'utilisation de l'information sont devenus un véritable actif de l'entreprise qu'il convient de valoriser et de protéger face à des prédateurs en tout genre. Depuis longtemps les opérateurs des pays occidentaux avaient pris l'habitude d'évaluer les entreprises sur des bases strictement financières reposant sur des valorisations du patrimoine matériel et des flux. Depuis quelques années on a découvert qu'il fallait également prendre en compte le patrimoine immatériel pour avoir une juste évaluation de l'entreprise. Chacun comprend les conséquences financières pour l'entreprise, d'un détournement de brevet, d'un piratage de documents, ou du vol d'un portable avec le fichier d'une négociation. Chacun comprend que la valeur d'une bibliothèque ne s'évalue pas exclusivement au poids du papier ou au nombre de mètres de livres qui y sont stockés. Il est toujours frappant de constater combien nos concitoyens ont tendance à percevoir le capital immatériel comme la compilation des brevets et des savoir-faire en oubliant que l'information en constitue une valeur essentielle. Le capital informationnel avec ses données stockées, ses renseignements disponibles et ses analyses fournies aux décideurs, est un élément décisionnel indispensable qui doit être mieux valorisé pour être reconnu. Si l'on admet cette réalité on comprend l'absolue nécessité d'en assurer la protection tant en interne qu'en externe. Le capital informationnel contient les clés pour la mise à niveau, le sursaut de croissance où l'ouverture de marchés pour un concurrent indélicat, ou pour faire fortune en vendant les secrets de l'entreprise dans le cas d'un employé mécontent ou vénal. C'est une richesse de l'entreprise qu'il convient de protéger au même titre qu'une usine ou un procédé de fabrication. C'est tout le mérite des auteurs de ce livre blanc d'avoir travaillé sur le thème de la sécurité du patrimoine informationnel pour ouvrir les yeux de nos concitoyens sur la valeur de ce capital et la nécessité de sa protection. Souhaitons, dans l'intérêt de tous, que les futurs nombreux lecteurs en deviennent également convaincus. Alain Juillet Haut Responsable à l'intelligence Economique (HRIE) Paris, Octobre 20075 Préface Didier Lambert - Jean-Marc Rietsch Le patrimoine informationnel de l'entreprise a une forte valeur financière au titre de l'actif immatériel de l'entreprise et à ce titre doit être protégé. Ce peut être des données clients (données, voix et images), des logiciels maisons portables et documentés, du savoir faire, etc. Au même titre que le capital humain, il n'entre pas, en général, dans les valeurs d'actifs financiers d'une entreprise. Par contre la valeur comptable de remplacement du capital humain est maintenant chiffrée et provisionnée dans le cadre du risque opérationnel (Accords de Bâle II) pour la banque, la bourse et les sociétés d'assurances. Pourquoi dès lors ne pas prendre en compte de la même façon la valeur financière du patrimoine informationnel de l'entreprise? D'où l'enjeu à bien définir ce patrimoine, le protéger, le développer et l'enrichir. Il est ainsi du devoir du chef d'entreprise entre autres par l'action du DSI, de manager ce patrimoine informationnel. Comme évoqué précédemment, il ne s'agit pas seulement de le sécuriser mais aussi de pouvoir le développer harmonieusement et de le cultiver. Le sens en est ici d'en faire usage et de recueillir les fruits du patrimoine informationnel propre à l'entreprise (l'usufruit). Le DSI dispose également dans ses fonctions du droit mais aussi de l'obligation de supprimer certaines données, comment faire alors pour ne pas détruire l'information? L'archivage électronique doit entre autres contribuer à protéger ce patrimoine sachant que le thème de l'archivage électronique devient de plus en plus un sujet d'actualité pour bon nombre d'organisations tant publiques que privées. Ceci s'explique certes par une augmentation extrêmement forte du volume de données électroniques gérées au quotidien mais aussi par une évolution des technologies et surtout des processus d'entreprise voire des obligations nées à la suite de différents événements. Pour preuve les plus récentes évolutions en la matière relatives aux réglementations financières qui imposent désormais la conservation d'informations jusque là négligées. Ainsi que nous avons pu le traiter dans un précédent livre blanc «L'archivage électronique à l'usage du dirigeant», la problématique de l'archivage électronique ne se limite pas à une simple dématérialisation des techniques d'archivage traditionnelles. Il est indispensable de prendre en compte l'ensemble du cycle de vie des données et dès lors, pourquoi ne pas profiter de ces évolutions pour donner une nouvelle valeur à la donnée archivée. Ainsi, même archivée, l'information peut rester facilement accessible et renforcer d'autant le système d'information de l'entreprise et par là même sa compétitivité en permettant de disposer de la bonne information au bon moment. Au regard de l'évolution des usages, des contraintes associées et des techniques, il existe aujourd'hui une véritable nécessité d'informer l'ensemble des parties prenantes intéressées aux questions de gestion et de conservation sécurisée de l'information électronique. FedISA, Fédération de l'ilm, du Stockage et de l'archivage a pour objectif de véritablement répondre aux besoins identifiés et s'est fixée pour principales missions de : - sensibiliser les responsables concernés aux nouvelles technologies et aux obligations afférentes (obligation d'archivage, de continuité d'activité, de traçabilité...) ; - informer les utilisateurs sur les nouvelles technologies en effectuant une véritable veille tant technologique que juridique, normative ou encore organisationnelle et ce à un niveau national et international ; 36 Préface Didier Lambert - Jean-Marc Rietsch - donner au responsable de tels projets les éléments permettant de pleinement les justifier par rapports aux risques encourus (légaux et financiers) et autres avantages compétitifs comme une meilleure réactivité ; - participer à la formation à ces nouveaux métiers de l'entreprise comme le «records manager». Pourquoi un partenariat CIGREF - FedISA? Compte tenu de sa mission «promouvoir l'usage des systèmes d'information comme facteur de création de valeur et source d'innovation pour l'entreprise», le CIGREF, association regroupant 127 Grandes Entreprises françaises, est partenaire de cette publication. Le présent ouvrage s'adresse essentiellement aux dirigeants et responsables dans les entreprises afin de les aider à y voir plus clair et leur fournir les notions importantes à avoir pour aborder ce genre de problématique. Ce document est ainsi rédigés pour le chef d'entreprise et adressées au DSI, pour action en majorité à destination du Responsable Sécurité des Systèmes d'information. Au-delà de la sensibilisation il s'agit également de souligner le rôle essentiel que peut et doit tenir le DSI compte tenu de sa position et de ses responsabilités vis-à-vis de l'information en général et de l'archivage en particulier en tant que constituants essentiels du capital immatériel de l'entreprise. Comme évoqué précédemment la pluralité des métiers concernés est indispensable et qui, mieux que le DSI, peut permettre d'établir un dialogue entre les différentes fonctions concernées au sein de l'entreprise sans oublier les autres parties prenantes intéressées. Didier Lambert Président du CIGREF Jean-Marc Rietsch Président de FedISA7 Introduction le principal objectif de l'ouvrage est de montrer la cohérence et surtout la continuité des préoccupations que doit avoir tout chef d'entreprise en matière de sécurité, d'archivage électronique, d'intelligence économique et de patrimoine informationnel. Contrairement à ce qui peut apparaître au premier abord, ces différentes notions sont intimement liées et plutôt que de les traiter séparément nous voulons montrer comment, au contraire, il est préférable de les aborder comme un ensemble indissociable. Tout comme pour le premier livre blanc nous avons opté pour une organisation sous forme de fiches qui se découpent en quatre parties. Au fur et à mesure des progrès incessants de notre société naissent parallèlement de nouveaux concepts qui contribuent largement à semer le trouble voir la complexité là où il n'y a pas lieu d'être. Plus nous avançons et plus ce phénomène s'intensifie de telle sorte que le chef d'entreprise se voit confronté à un ensemble d'informations apparemment différentes mais qui au fond traitent du même sujet et répondent à une même préoccupation. Au travers du cas particulier de l'archivage électronique, de la sécurité informatique et de l'intelligence économique nous allons nous efforcer de démontrer dans cet ouvrage que finalement le but poursuivi est quasiment le même, à savoir protéger et enrichir le patrimoine informationnel de l'entreprise. Dans la mesure où cet ouvrage constitue une des richesses de l'entreprise au sens de son actif immatériel, la sécurité consiste à protéger ce dernier de façon générale tandis que l'archivage constitue un des éléments sécuritaires particulier en matière de pérennité et de la non altération des données. L'intelligence économique peut être vue sous deux angles, l'un également de défense de ce patrimoine et un autre plutôt actif d'enrichissement de ce dernier. La première partie concerne la protection proprement dite du patrimoine traitant de l'ensemble des aspects sécuritaires traditionnels abordés également dans le sens de l'archivage électronique. La deuxième partie aborde les aspects plus juridiques de cette protection et la responsabilité du chef d'entreprise face à son patrimoine. La troisième partie traite la façon de se protéger en matière d'assurance. Enfin la quatrième et dernière partie est plutôt destinée à traiter la façon d'enrichir et de développer le patrimoine de l'entreprise au travers de l'intelligence économique. Première partie : Sécurité technique Au niveau des éléments sécuritaires à prendre en considération nous nous appuyons sur la pratique en matière d'audit de sécurité DICP (disponibilité, intégrité, confidentialité, preuve / traçabilité). Nous ajouterons à ces éléments l'identification - l'authentification et la pérennité, base de l'archivage électronique. Deuxième partie : Juridique Il s'agit ici d'aborder la questions des outils juridiques liés à la protection du patrimoine informationnel, à savoir : politique de sécurité des systèmes d'information, politique d'archivage, charte d'utilisation, contrats de travail, contrats avec les prestataires de services, les obligations de confidentialité et les conditions destinées à l'usage du chiffrement. Nous proposons également un développement spécifique destiné à aborder de manière générale la protection de l'information par le droit des propriétés intellectuelles (brevets, marques, dessins, bases de données, logiciels, droits d'auteur). De façon particulière est également traitée la notion de dépôt chez un tiers comme le notariat, l'inpi (Institut Nationale pour le Protection Intellectuelle), l'app (Agence pour la Protection des Programmes) ou encore Logitas (équivalent à l'app). Sont également traitées les obligations et la responsabilité de l'entreprise et plus particulièrement du chef d'entreprise sous l'angle contractuel lié à une perte d'exploitation informatique suite à un sinistre, un accident ou de la malveillance mais aussi sous l'angle délictuel suite par exemple au non respect des recommandations et obligations de la loi informatique et liberté. Troisième partie : Assurance Malgré toutes les protections dont le chef d'entreprise peut s'entourer il est néanmoins nécessaire pour lui de s'assurer contre l'impondérable. D'où cette troisième partie destinée à lui permettre de connaître quels sont les moyens mis à sa disposition pour faire face aux conséquences liées directement à la perte d'une partie de ce patrimoine. Quatrième partie : Enrichissement L'Intelligence Economique d'entreprise Protéger le patrimoine informationnel de l entreprise c'est aussi, assurer la maîtrise de l'information stratégique dans un contexte d entreprise étendue et dans un environnement géopolitique incertain : une affaire de culture managériale pour tout dirigeant! 58 Les fiches Nous avons préféré mettre directement à l'intérieur du texte les références utiles afin de faire gagner du temps au lecteur qui désirerait approfondir tel ou tel aspect. Chacune des fiches qui suivent a été conçue de façon à pouvoir être lue indépendamment des autres. Ce choix a été dicté par un souci d'efficacité destiné à permettre de trouver rapidement les premiers éléments de réponse aux problèmes que l'on se pose. A contrario, ceci provoque immanquablement certaines répétitions ou renvois le cas échéant à d'autres fiches complémentaires. Chacune des fiches est organisée de la même manière en trois parties. La première, le contexte, est plus particulièrement destinée à bien positionner le problème posé, la deuxième partie précise les enjeux concernés tandis que la troisième énonce les recommandations qui nous semblent fondamentales. Pour la première série de fiches sur la sécurité technique nous avons également ajouté une partie spécifique dédiée aux méthodes d'audit à appliquer tandis que pour les fiches juridiques cette organisation n'a pas pu être respectée compte tenu des informations abordées. Remarques liminaires sur les fiches techniques : Méthodes d'audit recommandées Produire un audit de sécurité informatique et télécoms vise à quantifier les facteurs de sécurité. Cela consiste à leur donner des notes de 1 à 5 avec une position neutre (ou non applicative). Il semble en effet souhaitable d'élargir l'éventail des notes plutôt que de se limiter à une simple réponse : oui ou non. Selon l'usage visé, les méthodes d'audit sont distinctes et sans vouloir passer ici en revue l'ensemble des méthodes disons que : EBIOS et FEROS sont particulièrement adaptées pour bâtir une cible de sécurité pour un produit sensible du type cible de sécurité d'un FIREWALL ou du masque de la carte bancaire par exemple. MEHARI est une méthode intéressante (mise au point par le CLUSIF il y a une dizaine d'années) mais inductive. Comme un mécano, cela dépend de la construction du questionnaire qui en est faite. Autrement dit deux questionnaires d'audit MEHARI pour une même cible sont normalement différents. Cela rend pratiquement impossible la constitution d'un référentiel des réponses d'audit pour un groupe d'entreprises ou a fortiori pour un secteur économique déterminé : les banques, le secteur industriel, les laboratoires pharmaceutiques, les hôpitaux etc. MARION est une méthode d'audit de sécurité qui a plus de 20 ans maintenant. Malheureusement sa mise à jour est ancienne (10 ans). Mais elle présente toujours un grand intérêt didactique car les questions sont regroupées dans 27 facteurs qui traitent l'ensemble des questions de sécurité informatique et télécoms sur un axe déterminé. Le caractère invariant des questions permet de bâtir aisément un référentiel des notes d'audit par nature d'activité professionnelle. A l'intérieur d'une grande entreprise, cela est aussi utile et permet de disposer d'une grille d'audit homogène pour l'ensemble des départements et ou des filiales.9 Les fiches ISO (anciennement BS7799) est une méthode d'audit d'origine anglaise. Il s'agit de la plus pratiquée au monde aujourd'hui C'est essentiellement la raison qui nous amène à la recommander. Critères premiers de sécurité Le terme sécurité est un ensemble fourre-tout qui se décompose en 24 critères différents. Les critères premiers sont au nombre de quatre : - Disponibilité ; - Intégrité des (flux et traitements) ; - Confidentialité ; - Traçabilité (preuve et contrôle). Dans les fiches techniques ci-après, nous découpons les méthodes d'audit ISO et MARION pour chacun de ces quatre critères premiers et seulement pour ceux-ci. De ce fait la partie audit ne sera pas abordée pour les notions de pérennité et d'identification -authentification qui ne constituent pas les critères premiers. Nous avons trouvé utile de faire apparaître cette notion d'audit dans la mesure où elle nous paraît indispensable afin de pouvoir établir un état des lieux suffisamment précis de la sécurité informatique, comme nous le verrons au cours du développement des différentes fiches. Le détail des fiches est le suivant : Protection du patrimoine informationnel Phase N Thèmes fiche Définition du patrimoine informationnel Sécurité technique Juridique Assurance Enrichissement Disponibilité/Accessibilité Intégrité Identification/Authentification Confidentialité Traçabilité/Preuve Pérennité/Archivage électronique Outils juridiques liés à la protection du patrimoine informationnel Protection de l'information par le droit de la propriété intellectuelle Obligations et responsabilités de l'entreprise et du chef d'entreprise 10 Assurance perte d'exploitation informationnelle - Comment évaluer et garantir le risque IE et Capital immatériel de l'entreprise IE et Gestion des risques informationnels 710 Les fiches Définition du patrimoine informationnel Le patrimoine informationnel peut être considéré comme l'ensemble des données et des connaissances, protégées ou non, valorisables ou historiques d'une personne physique ou morale. Il s'agit donc d'assurer la protection et la valorisation de l'information. A ce titre, l'information doit être sécurisée depuis sa création ou sa collecte, tant pendant la phase de transmission que pendant la phase de conservation. Les informations doivent ainsi être conservées de façon intègre dans le temps. Par ailleurs la confiance en une information découle également de son imputabilité. Il faut en effet pouvoir être sûr que c'est bien la personne authentifiée qui est à l'origine de l'envoi des données et de ce fait assurer une traçabilité des dites données. L'information doit également être disponible, avec une garantie d'accès sans interruption ni dégradation et aux seules personnes autorisées. Enfin la valeur d'une information ne dépend pas uniquement de sa conservation intègre dans le temps mais également de son exactitude, de sa pertinence et de sa validité. Pour remplir l'ensemble des fonctions précédemment évoquées, le patrimoine informationnel doit ainsi être sécurisé au sein du système d'information. Sans sécurité, il pourrait évidemment être soumis au pillage en règle effectué par des concurrents, des prestataires ou d'autres hackers. Nous retrouvons bien ici l'ensemble des aspects de la sécurité technique tel que nous allons la traiter avec dans l'ordre la disponibilité, l'intégrité, l'identification /authentification, la confidentialité, la traçabilité et la pérennité.11 Sécurité technique Fiche 1 - Disponibilité/Accessibilité Contexte La disponibilité est le premier critère de sécurité du patrimoine informationnel. En effet, à quoi peut bien servir un ensemble de données stratégiques s'il n'est plus accessible, suite à un arrêt soudain du système d'information? Cependant il est clair que toutes les données n'ont pas le même degré d'importance. Ainsi une donnée médicale (même archivée) concernant un patient en train d'être opéré nécessite une disponibilité immédiate alors qu'une information comptable pourra souffrir quelques heures d'attente avant d'être récupérée. Remarque : De façon plus générale, il est très important de pouvoir classifier les données qui constituent la base du patrimoine informationnel. En effet les solutions techniques Accessibilité mise en place ont chacune un coût différent suivant leur degré de sophistication. Afin de pouvoir effectuer un choix optimum du point de vue économique, il est ainsi fondamental de pouvoir disposer de plusieurs solutions. Chacune de ces dernières sera ensuite associée aux données classées par ordre d'importance suivant le critère concerné, à savoir : disponibilité, confidentialité ou encore valeur. Ce raisonnement rejoint ici l'idée fondamentale de l'ilm (Information Lifecycle Management) qui est de différencier les règles de stockage selon la valeur de l'information et d'ajuster au mieux les coûts de stockage aux exigences de sécurité, de conservation et de disponibilité des données. Au-delà de la disponibilité, la notion d'accessibilité est bien évidemment un élément crucial de tout système d'information puisque déterminante pour retrouver les données sachant qu'il ne s'agit pas d'un élément sécuritaire au sens strict du terme. Cette notion revêt en fait deux composantes, l'une relevant essentiellement de l'organisation des données, l'autre des performances techniques. S'ajoute à cela la notion des droits d'accès que nous aborderons dans la fiche 3 traitant de l'identification et de l'authentification. L'organisation des données du patrimoine informationnel constitue un élément fondamental de la qualité de ce dernier. Il convient donc d'utiliser une structure cohérente et efficace, permettant de retrouver facilement et rapidement l'information, notamment au travers d'un plan de classement. Par ailleurs, la constitution d'un index selon les règles de l'art s'avère indispensable. Le recours à des moteurs de recherche est également possible, mais il faudra néanmoins faire attention au phénomène de «bruit» (beaucoup de réponses), rendant l'information inexploitable. En ce qui concerne les performances d'accès, elles sont directement liées aux techniques utilisées tant en matière de support qu'en matière de réseau. Du point de vue des supports il est évident que les temps d'accès ne seront pas les mêmes suivant la technologie utilisée (disques magnétiques, bandes, etc.). En matière de réseau au niveau interne, les choix pourront être opérés entre des architectures de type NAS, SAN ou équivalentes, tandis qu'au niveau externe l'accessibilité sera directement liée d'une part à la bande passante du réseau et, d'autre part, au nombre de connexions simultanées que le système d'information sera capable de traiter. 912 Sécurité technique Fiche 1 - Disponibilité/Accessibilité Une analyse du risque financier permet de quantifier les pertes directes et indirectes dues à l'indisponibilité du système d'information. En matière d'archivage électronique la disponibilité intervient essentiellement comme un complément à la notion d'accessibilité, destiné à définir les espaces temps pendant lesquels il est acceptable que le système d'archivage ne soit plus accessible. En effet en fonction d'un certain nombre d'éléments comme simplement la maintenance ou encore les pannes et les dysfonctionnements de tout ordre, il peut s'avérer que le système d'archivage ne soit plus accessible pendant un temps donné. Ainsi la disponibilité se définit comme la capacité d'un système d'information à pouvoir être utilisé à tout moment en fonction des performances prévues. Cela ne va pas de soi et l'arrêt du système pour une durée indéterminée constitue probablement la plus grande crainte des Directeurs de Systèmes d'information. La disponibilité est un des premiers facteurs qualifiant la sécurité et aussi la qualité du système d'information. Il convient alors de garantir la disponibilité pour obtenir la pérennité dans le temps du système d'information (voir Fiche 6 : Pérennité) c'est-à-dire la continuité des traitements et des flux d'information : voix, données images. En général l'unité de compte est le million d'euros pour un arrêt d'une journée et moins de 100 postes de travail. La solution pour garantir la disponibilité est de nature technique informatique et télécoms et revient à bâtir un plan de continuité. Sous l'angle financier il est également possible de s'assurer et de mobiliser des capitaux en frais supplémentaires et reconstitution des médias sinistrés (voir Fiche 10 : Assurance Perte d'exploitation Informationnelle). La disponibilité se qualifie aussi par la durée de retour à la normale du système d'information, après arrêt de celui-ci, on distingue ainsi : - Haute disponibilité : de quelques minutes d'arrêt à 12 heures - Moyenne disponibilité : de 12 heures à 48 heures - Basse disponibilité au delà de 48 heures. La haute disponibilité impacte des métiers nombreux et variés : la continuité de soins médicaux et hospitaliers, le contrôle aérien, les salles de marchés boursières, certains processus industriels etc. Autrement dit, l'absence de continuité d'un système d'information peut entraîner la mort ou des pertes financières de plusieurs dizaines de millions d'euros (salle des marchés par exemple). La haute disponibilité est synonyme de site de replis immédiat en cas de sinistre important (incendie, dégât des eaux) pour héberger des équipes de salariés de l'entreprise ainsi qu'un nouveau système d'information (informatique et télécoms) chargé avec les sauvegardes (copies de secours) pour redémarrer très rapidement la production de l'entreprise sinistrée.13 Sécurité technique Fiche 1 - Disponibilité/Accessibilité Enjeux Bâtir le plan de continuité pour la cible étudiée, tel est l'enjeu principal et technique d'une bonne disponibilité. Les sinistres n'arrivent pas qu'aux autres et il faut donc prévoir une solution technique de secours voire d'hébergement, à compléter par une assurance destinée à couvrir les conséquences financières du sinistre dont les montants sont issus de l'analyse de risque menée préalablement. L'enjeu est également financier dans la mesure où en plus des exemples donnés précédemment certaines réglementations imposent de pouvoir fournir des informations dans un laps de temps donné sous peine de sanctions importantes. Sur ce dernier point nous pouvons citer la règle 17a-4 publiée par la SEC (Security Exchange Commission) qui impose une production des données en moins de 48h. informatique et télécoms et implique aussi l'hébergement des utilisateurs pour continuer leur activité. Il s'agit par exemple d'une salle de marché bis lorsque la salle de marché de l'entreprise est sinistrée. Dans ce cas, il s'agit le plus souvent de «haute disponibilité» dans la mesure où une salle de marché bis doit être disponible dans les 4 heures suivant le sinistre. En fait dans les deux cas, le plan de continuité de service ou d'activité consiste en un ensemble de procédures, de planning et d'annuaires (du personnel et des fournisseurs) pour le redémarrage de l'activité (sur site ou hors site), après sinistre du centre de traitement de l'information ou de l'immeuble hébergeant celui-ci. Il existe en fait deux types de plan de continuité en cas de sinistre partiel ou total : - Continuité de Service : La continuité de service implique l'hébergement de la seule équipe informatique chez un tiers pour redémarrer provisoirement le système d'information chez ce dernier avec le matériel et le logiciel ad hoc. - Continuité d'activité : La continuité d'activité prend en compte la continuité de service Si bâtir un plan de continuité de service représente l'enjeu technique du maintien de la disponibilité informatique, cela doit se faire sur des bases solides avec : - de bonnes sauvegardes (copies de recours), - un réseau télécoms bis opérationnel, - un système informatique de substitution compatible (testé en grandeur réelle au préalable) avec le système sinistré. Audit technique Un état des lieux s'impose en matière de disponibilité informatique et télécoms avant de bâtir un quelconque plan de continuité afin de pouvoir tenir compte et corriger les éventuelles faiblesses détectées. Cet état des lieux revient à mettre en œuvre un audit de sécurité informatique et télécoms. A titre indicatif, le questionnaire d'audit MARION (Méthodologie d'analyse de Risques Informatiques Orientée par Niveaux) du CLUSIF (Club de la Sécurité des Systèmes d'information Français) classe de manière claire et indépendante les cinq premiers facteurs de disponibilité d'un système d'information, à savoir : - Les systèmes et procédures de continuité ; - La sauvegarde ; - La sécurité des télécoms ; - L'environnement de base ; - La sécurité incendie. 1114 Sécurité technique Fiche 1 - Disponibilité/Accessibilité Ces cinq premiers critères représentent à eux seuls plus de la moitié du poids des 27 facteurs de la méthode MARION en matière de disponibilité. En l'absence de procédures de continuité, les deux premiers facteurs de base de la disponibilité sont la sauvegarde et les moyens télécoms. La méthode d'audit d'origine anglaise BS7799 devenue ISO permet aussi d'établir un diagnostic précis de la disponibilité du système d'information. Cela est cependant plus délicat car les facteurs y sont moins bien cloisonnés que dans la méthode MARION. Il existe en effet un seul facteur «Business Continuity Management» avec un seul thème associé Recommandations «Aspects of Business Continuity Management». L'audit de la disponibilité du SI correspond à un simple instrument de mesures quantifiées et ne représente pas une fin en soi mais un préalable indispensable. Par exemple si la sécurité des sauvegardes obtient la note 1 sur une échelle allant de 1 à 4, il est fondamental de revoir le mode et la périodicité des sauvegardes avant toute chose. En effet la construction d'un plan de continuité opérationnel destiné à garantir dans le temps la disponibilité du SI s'appuie forcément sur les sauvegardes qui se doivent d'être efficientes. Effectuer un audit de la disponibilité informatique et télécoms Classifier l'information Utiliser un progiciel pour bâtir un plan de continuité Choix d'un site d'hébergement interne ou externe Effectuer des tests réguliers Utiliser de préférence les méthodes ISO (ex BS7799) ou MARION afin de bien connaître avant toute chose les faiblesses à corriger au préalable. Effectuer une classification en terme de disponibilité, des informations gérées et transportées par les réseaux informatiques et télécoms de l'entreprise. Par exemple le progiciel CONTINUITY PLAN doit permettre la mise en place d'un plan de continuité opérationnel et exhaustif. Le matériel mis à disposition de l'entreprise sinistrée peut être mutualisé entre plusieurs entreprises utilisatrices ou non. Néanmoins louer un matériel commun auprès d'une entreprise d'hébergement informatique et télécoms peut coûter jusqu'à dix fois moins cher qu'une solution individuelle de dotation de matériel informatique et télécoms propre à l'entreprise. En effet dans la mesure où, heureusement un sinistre n'arrive pas tous les jours, la prise en compte des probabilités de sinistre permet au loueur de proposer des tarifs attractifs à ses clients du fait même de la mutualisation effective des moyens mis à disposition. Le plan de continuité demande à être testé deux fois par an en grandeur réelle.15 Sécurité technique Fiche 2 - Intégrité Contexte La disponibilité de l'accès aux données du patrimoine informationnel constitue un point clé de sa sécurité (voir Fiche 1 : Disponibilité). Ne pas recueillir d'information est en effet un problème d'indisponibilité, tandis qu'obtenir des informations fausses ou mutantes est un souci d'intégrité. Ce dernier point est également très important et à traiter avec d'autant plus d'attention que la durée de conservation des données sera longue et donc les risques plus nombreux. L'intégrité est ainsi définie comme la propriété qui assure qu'une information n'est modifiée que par les utilisateurs habilités dans les conditions d'accès normalement prévues. On recherche donc par l'intégrité, l'absence de modification volontaire ou involontaire des flux et des traitements. L'article 4.f du Règlement CE n 460/2004 du Parlement européen et du Conseil du 10 mars 2004 instituant l'agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information définit l'intégrité des données comme : «la confirmation que les données qui ont été envoyées, reçues ou stockées sont complètes et n'ont pas été modifiées». Si l'intégrité représente un critère de sécurité de base, il en est néanmoins le plus diffus et donc le plus difficile à mettre en œuvre sur la totalité de la cible du traitement de l'information. L'intégrité se subdivise normalement en deux sous-ensembles distincts pour s'approcher davantage de la mécanique du traitement de l'information : - L'intégrité des flux de données, - L'intégrité des traitements. En général, les atteintes à l'intégrité sont d'origine malveillantes. Les cas d'accidents ou d'erreurs sont beaucoup plus rares. Selon le CLUSIF (Club de la Sécurité des Systèmes d'information Français), sur une période de plus de 10 ans, la malveillance s'accroît de près de 15 % par an, principalement au détriment de l'intégrité des données et des traitements. Le monde de l'internet est en effet un champ d'expérimentation mondial pour l'atteinte à l'intégrité des données, des messages et des traitements. Nous attirons l'attention sur le fait qu'en matière d'archivage électronique, l'intégrité en constitue la véritable clé de voûte. Ainsi, suivant les dispositions de l'article du Code civil, l'écrit doit être «conservé dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité». L'auteur, signataire de l'acte, doit être sûr que le document qu'il a signé (établissement), transmis et conservé est le même (contenu identique) que celui reçu et conservé, le cas échéant, par le ou les destinataire(s). Cependant il existe plusieurs interprétations possibles de l'intégrité suivant que l'on se place du côté purement technique ou plutôt du côté organisationnel et juridique. Par principe l'intégrité technique d'un document électronique est mise en cause dès l'instant où un seul des bits constituant le document est modifié. A l'inverse l'intégrité au sens juridique d'un document consiste à conserver le sens de l'information qu'il contient sans s'attacher nécessairement à la forme. Ainsi le fait de modifier un accent dans un texte ne va pas en changer fondamentalement le sens alors que cela suffira à lui faire perdre son intégrité technique. Afin d'apporter une solution à cette difficulté d'interprétation, le Forum des droits sur l'internet et la Mission Économie Numérique ont recommandé dans leur rapport 2006 que la notion d'intégrité du document telle que prévue par l'article du Code civil soit assurée par le respect cumulé des trois critères suivants : - Lisibilité du document, - Stabilité du contenu informationnel, - Traçabilité des opérations sur le document (voir Fiche 5 : Traçabilité / Preuve). 1316 Sécurité technique Fiche 2 - Intégrité Enjeux Les enjeux de l'intégrité des flux et des traitements sont fondamentaux, spécialement à l'heure d'internet dans la mesure où il est indispensable de pouvoir faire «confiance» aux données constituant l'élément essentiel du patrimoine informationnel. En effet la perte d'intégrité peut présenter des dangers vitaux comme par exemple des mutations de données du groupe sanguin d'un dossier médical partagé (stocké dans un centre d'hébergement des dossiers médicaux) ou bien d'un identifiant patient, etc. Les cas pratiques donnant lieu ou non à des recours juridiques sont très nombreux et inquiétants, du fait de leur croissance exponentielle depuis plus de quinze ans. Par ailleurs l'enjeu est également juridique dans la mesure où l'entreprise se doit de garantir l'intégrité de ses traitements et des flux d'informations qu'elle émet, au risque d'être condamnée comme indiqué ci-après. Aspects juridiques Le législateur par l'article du code pénal cherche à punir les auteurs de virus : «Le fait d'entraver ou de fausser le fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données (STAD) est puni de cinq ans d'emprisonnement et de euros d'amende». La loi de juin 2004 relative à la confiance dans l'économie numérique : article du code pénal stipule que «le fait sans motif légitime, d'importer, de détenir, d'offrir, de céder ou de mettre à disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée conçus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs des infractions prévues par les articles à est puni des peines prévues respectivement pour l'infraction elle-même ou pour l'infraction la plus sévèrement réprimée». Pour la retransmission de virus, la responsabilité de l'entreprise pourrait être retenue lorsque le virus qui s 'est propagé dans l'espace TCP/IP (Internet Protocol) est apparu depuis plusieurs mois et que l'entreprise n'a pas mis en place des systèmes de sécurité suffisamment efficaces. En effet cela entre dans le champ de l'article 1383 du code Civil où «chacun est responsable du dommage qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence». La responsabilité délictuelle de l'employeur est aussi engagée par le fait de ses salariés (article 1384 du CC) «dans l'exercice de ses fonctions (du salarié)».17 Sécurité technique Fiche 2 - Intégrité Audit technique Il est indispensable de faire un audit de l'intégrité des flux et des traitements pour garantir la pérennité du patrimoine informationnel. Nous présentons ici deux méthodes d'audit sécurité et pour chacune d'entre elles nous précisons les facteurs clés relatifs à l'intégrité des flux et des traitements. - Contrôles programmés - La gestion des projets et des développements - Les procédures de recette - Le suivi de l'exploitation - La sécurité des télécommunications - La sécurité logique de base - La sauvegarde - Les contrôles permanents - La réglementation et l'audit MARION (Méthodologie d'analyse de Risques Informatiques Orientée par Niveaux) Développée par le CLUSIF cette méthode permet d'auditer les atteintes potentielles à l'intégrité en prenant en compte les facteurs suivants de sécurité par ordre de poids décroissant : poids 15/100 poids 8/100 poids 8/100 poids 8/100 poids 8/100 poids 8/100 poids 7/100 poids 7/100 poids 6/100 Avec seulement neuf facteurs sur 27, nous réunissons 75% de la pondération des facteurs d'intégrité. BS7799 (ISO 27001) Aujourd'hui ce type de questionnaire d'audit est le plus utilisé au monde. Les neufs premiers facteurs caractéristiques de l'intégrité sont : - Security in development and support process ; - Media handling and security ; - Information Security Infrastructure; - Security of system files; - Security requirements of system; - Equipment security ; - Operational procedures and responsibilities ; - Network management ; - Review of security policy and technical compliance. Avec ces facteurs nous dépassons les deux tiers des critères d'intégrité à auditer. 1518 Sécurité technique Fiche 2 - Intégrité Recommandations Effectuer un audit de l'intégrité des flux et des traitements Architecture réseau, lutter contre les codes malicieux Utiliser de préférence les méthodes ISO (ex BS7799) ou MARION afin de bien connaître avant toute chose les faiblesses à corriger au préalable Agir de façon préventive : - Prévoir des firewall ; - Mettre en place une zone démilitarisée (DMZ) pour contrôler l'entrée et la sortie des messages TCP/IP ; - Disposer de bons antivirus, anti spams, anti chevaux de Troie aux titres de la prévention et du contrôle des flux de données et des traitements ; - Supprimer les cookies afin d'éviter une traçabilité facile de vos accès ; - Tester les progiciels du commerce, notamment obtenus gratuitement par téléchargement, sous l'angle de leur intégrité pour détecter et détruire d'éventuels sous-programmes pirates. Agir de façon curative : - Auditer régulièrement le système d'information pour supprimer les programmes (SPAM), chevaux de Troie, et autres types de codes malicieux. Transfert d'informations sensibles - Utiliser un VPN (Virtual Private Network) et/ou le chiffrement des données sensibles par les algorithmes autorisés : RSA, triple DES, AES, etc ; - Sceller/signer électroniquement les messages ; - Veiller à l'identification et à l'authentification (voir Fiche 3) des personnes ayant accès à votre site informatique. Contrôles d'intégrité des données Contrôler les journaux d'audit - Mettre en place des dispositifs permettant des contrôles d'intégrité efficaces essentiellement basés sur l'utilisation des empreintes ; - Effectuer des contrôles réguliers sur les données de façon ponctuelle, par sondage ou sur la totalité des données en fonction de l'importance de l'information gérée. La surveillance des journaux d'audit permet d'analyser les éventuelles attaques internes et externes à l'encontre de l'entreprise et de prendre les mesures correctives en conséquence.19 Sécurité technique Fiche 3 - Identification/Authentification Contexte L'identification des personnes en Europe n'est pas encore chose acquise lorsque l'on sait qu'il existe des millions de personnes (pourtant vivantes) qui n'ont pas de nom. Authentifier une personne procède d'une démarche encore plus élaborée consistant à certifier le lien entre la personne et son identification. Au niveau du patrimoine informationnel l'importance est évidente de pouvoir le protéger en identifiant aussi parfaitement que possible les personnes y ayant accès afin entre autres de respecter la confidentialité des données (voir Fiche 4). Identifier quelqu'un consiste à établir l'identité de la personne c'est-à-dire son caractère permanent Au sujet du terme authentification et fondamental tandis qu'authentifier revient à certifier l'exactitude de son identité. L'article 4.e du Règlement CE n 460/2004 du Parlement européen et du conseil du 10 mars 2004 définit l'authentification comme «la confirmation de l'identité prétendue d'entités ou d'utilisateurs». La dualité de ces deux notions d'identification et d'authentification est chose importante en matière de contrôle d'accès afin d'authentifier la personne après l'avoir identifié. Cela touche le système d'information mais aussi le contrôle d'accès physique à tel ou tel bâtiment. En réalité, le terme authentification ne s'applique qu'aux objets et l'on parle régulièrement, par exemple, d'authentifier une œuvre d'art. Ainsi, l'usage de ce terme en informatique est souvent employé à tort pour signifier «identification». L'origine de cette erreur provient d'un anglicisme lié au terme anglais authentication, faux ami qui veut dire à la fois «identification» et «authentification». Mais en français, seul le terme «identification» convient pour déterminer si un objet ou une entité est bien untel ; il s'agit d'une certaine façon d'un véritable contrôle d'identité. À l'inverse, «l'authentification» sert à déterminer si un objet, et non plus une personne, a les caractéristiques prétendues. Le principe est en général d'identifier la personne grâce à un système d'identifiant (login) assorti d'un mot de passe. Malheureusement rien n'indique de façon certaine qu'il s'agit bien de la bonne personne. En effet même si l'identifiant et le mot de passe sont corrects, il se peut très bien que l'utilisateur qui se connecte les ait dérobés à leur propriétaire. Afin de pallier cet inconvénient majeur en terme de sécurité, on aura en général recours à ce que l'on a coutume d'appeler un système «d'authentification forte» consistant à vérifier avec quasi certitude que la personne qui s'identifie est bien celle qu'elle prétend être. Nous reprenons ci-après les sept systèmes d'identification/authentification les plus utilisés, à savoir : 1. Identifiant (login) et mot de passe (password) : dispositif le plus courant mais très peu sûr. 2. Identifiant et OTP (One-Time Password) : L'utilisateur dispose d'un token ou «calculateur» qui lui fournit un mot de passe (à usage unique et à durée limitée) 1720 Sécurité technique Fiche 3 - Identification/Authentification au moment où il se connecte. Pour pouvoir utiliser son calculateur, il doit tout d'abord y introduire un mot de passe. 3. Le certificat électronique sur carte à puce ou clé USB : L'utilisateur dispose d'un certificat électronique stocké sur son support et activé grâce à un code PIN. Cette solution nécessite l'existence d'une infrastructure PKI afin de pouvoir délivrer et suivre la vie des certificats. 4. La clé «Confidentiel Défense» : Il s'agit en fait d'une déclinaison particulière du cas précédent. En général le support est multifonctions et permet ainsi le stockage de certificat X509, de données, de ressource cryptographique (pour le chiffrement à la volée du disque dur et des flux applicatifs). Afin de contrer les risques des «key loggers» (enregistrement des touches frappées à l'insu de l'utilisateur), le code PIN doit être composé directement sur la clé sans passer par le clavier (exemple du dispositif utilisé par la Gendarmerie Nationale où la souris fait office de lecteur de carte et dispose d'un clavier numérique pour frapper le code PIN). 5. La carte à puce avec identifiant et mot de passe : Ce système correspond à une version allégée de la troisième solution dans la mesure où elle ne nécessite pas d'infrastructure PKI. L'authentification de l'utilisateur est faite directement à partir de l'annuaire d'entreprise (par exemple en s'appuyant sur le protocole LDAP (Lightweight Directory Access Protocol). 6. Les solutions biométriques qui utilisent des lecteurs biométriques (iris de l'œil, index, configuration de la face, contour de la main, etc.) pour contrôler les accès. Cependant le critère choisi est plus ou moins facile à mettre en œuvre et présente une force variable. De fait la configuration de l'index avec ses points de contrôle reste encore aujourd'hui le mécanisme biométrique le plus abouti. La police scientifique de la fin du XIXème siècle avait fait le bon choix avant que des lecteurs électroniques du doigt ne soient mis au point, cent ans plus tard! Trois possibilités sont offertes afin de conserver les données à comparer au moment de la lecture biométrique, à savoir : au niveau du poste de travail, au niveau d'une carte cryptographique ou au niveau d'un serveur (se pose alors le problème légal du stockage de données biométriques centralisées en un seul endroit). 7. Le RFID (Radio Frequency Identification) actif : Cette technologie permet d'identifier l'utilisateur sans contact physique, à quelques mètres de distance. Le badge de l'utilisateur possède une alimentation propre qui lui permet de dialoguer avec une antenne connectée au poste de travail. Ce dernier détecte alors l'arrivé ou le départ d'un utilisateur sans aucune autre action particulière de sa part si ce n'est d'indiquer son mot de passe, au moins une fois. En résumé, l'authentification d'une personne est basée sur l'un au moins des trois critères suivants : - Ce que sait la personne, par exemple un mot de passe ; - Ce que possède la personne, un token ou un certificat électronique ; - Ce qu'est la personne, aspect biométrique. Montrer encore
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