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Timestamp: 2016-10-20 22:10:54+00:00
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⭐GUIDE - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. Affections psychiatriques de longue durée Troubles dépressifs récurrents ou persistants de l adulte
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1 GUIDE - AFFECTION DE LONGUE DURÉE Affections psychiatriques de longue durée Troubles dépressifs récurrents ou persistants de l adulte Février 20092 Ce guide médecin est téléchargeable sur Haute Autorité de Santé Service communication 2 avenue du Stade de France - F Saint-Denis La Plaine CEDEX Tél. :+33 (0) Fax :+33 (0) Ce document a été validé par le Collège de la Haute Autorité de Santé en février Haute Autorité de Santé 20093 Sommaire Liste des abréviations Introduction Objectif Professionnels concernés Méthode Généralités sur les troubles dépressifs de l ALD 23 (Affections psychiatriques de longue durée) : troubles dépressifs récurrents ou persistants Définitions Dépression récurrente Symptômes résiduels et rémission partielle Formes chroniques des épisodes dépressifs caractérisés Évaluation avec le patient Objectifs Professionnels impliqués Évaluation quelle que soit la complication évolutive Particularités de l évaluation en fonction de la complication évolutive Cas particulier de la personne âgée Prise en charge thérapeutique d un patient ayant des troubles dépressifs récurrents ou persistants relevant de l ALD Objectifs Professionnels impliqués Moyens thérapeutiques Stratégie thérapeutique Suivi Durée du traitement Rythme des consultations Modalités d arrêt du traitement de maintien Examens complémentaires Annexe 1. Liste des participants HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février4 Annexe 2. Critères diagnostiques d un épisode dépressif caractérisé 24 Annexe 3. Critères diagnostiques des complications évolutives d un épisode dépressif caractérisé Annexe 4. Échelle d évaluation globale du fonctionnement Annexe 5. Critères de définition de l urgence de la crise suicidaire Annexe 6. Échelles d activités de la vie quotidienne Annexe 7. Associations de patients Annexe 8. Antidépresseurs Annexe 9. Références Mise à jour des guides et listes ALD Les guides médecin élaborés par la Haute Autorité de Santé sont révisés tous les 3 ans. Dans l intervalle, la liste des actes et prestations (LAP) est actualisée au minimum une fois par an et disponible sur le site Internet de la HAS (www.has-sante.fr). HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février5 Liste des abréviations ALD Affection de longue durée AMM autorisation de mise sur le marché Anaes Agence nationale d accréditation et d évaluation en santé CIM-10 Classification internationale des maladies (10 e édition) DSM-IV TR Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4 e édition texte révisé) ECT Électroconvulsivothérapie HAS Haute Autorité de Santé ISRS Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine IRSN Inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline TCC Thérapie cognitive et comportementale HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février6 1. Introduction 1.1 Objectif L objectif de ce guide médecin est d expliciter la prise en charge optimale des seuls patients dépressifs admis dans le cadre de l ALD 23 : «Affections psychiatriques de longue durée». Ce guide ne porte pas sur les critères d admission (annexe au décret du 4 octobre 2004). Les troubles dépressifs admis au sein de l affection de longue durée «Affections psychiatriques de longue durée» sont : Les troubles dépressifs récurrents (après trois épisodes au moins). Les troubles de l humeur persistants et sévères. Sont exclus : l épisode dépressif isolé, la réaction dépressive brève, la réaction aiguë à un facteur de stress et la dysthymie légère. Les troubles de l humeur persistants et sévères dont il est question dans ce guide sont ceux correspondant à un abaissement de l humeur. Les troubles dépressifs de l enfant et de l adolescent ne sont pas abordés dans ce guide. Les autres affections psychiatriques relevant de l ALD 23 sont : Les psychoses : schizophrénies, troubles schizo-affectifs et troubles délirants persistants. Les déficiences intellectuelles et les troubles graves du développement durant l enfance. Les troubles névrotiques sévères et les troubles graves de la personnalité et du comportement. Et les troubles bipolaires (maladies maniaco-dépressives). Le trouble bipolaire correspond à des critères diagnostiques précis (cf. F31 CIM-10), des indications thérapeutiques spécifiques et des complications particulières qui le distinguent des troubles dépressifs récurrents. Il fait l objet d un guide médecin distinct (cf. Guide Affection de longue durée Troubles bipolaires - HAS 2009). HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février7 1.2 Professionnels concernés Ce guide est destiné aux médecins généralistes et aux autres médecins impliqués dans la prise en charge des patients adultes ayant des troubles dépressifs récurrents ou persistants, notamment : psychiatres, gériatres, médecins du travail, neurologues, endocrinologues, cardiologues. La prise en charge de ces patients peut impliquer également psychologues, personnels socio-éducatifs, infirmières. 1.3 Méthode Les sources principales utilisées pour élaborer ce guide ont été les deux recommandations pour la pratique clinique suivantes : Prise en charge des complications évolutives d un épisode dépressif caractérisé de l adulte, HAS Bon usage des médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de l adulte, Afssaps La mise en application de ces recommandations dans le guide médecin a été discutée et validée par un groupe de travail pluridisciplinaire (annexe 1). 1.4 Généralités sur les troubles dépressifs de l ALD 23 (Affections psychiatriques de longue durée) : troubles dépressifs récurrents ou persistants Ces troubles correspondent aux complications évolutives d un épisode dépressif caractérisé 1 (annexe 2). Trois complications évolutives sont prises en compte dans ce guide : Les récurrences ou récidives dépressives. Les symptômes résiduels. Les formes chroniques des épisodes dépressifs caractérisés. Ces trois complications représentent chacune des formes de gravité d intensité croissante et justifient une prise en charge spécifique et adaptée. La prise en charge de ces complications s inscrit dans la prévention globale du risque suicidaire. D après la recommandation HAS 2007, à un moment donné, 6 à 12 % de la population française présentent les symptômes d un épisode dépressif 1 Le terme «caractérisé» a été préféré au terme «majeur», traduction inappropriée du terme anglo-saxon «major» qui ne préjuge pas en anglais de la sévérité de l épisode dépressif. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février8 caractérisé, lorsque ces symptômes sont mesurés entre les 15 derniers jours et la dernière année précédant l enquête. La prévalence sur la vie entière est d environ 20 %. Les femmes sont environ deux fois plus touchées que les hommes. Pour une majorité de personnes souffrant d épisode dépressif caractérisé dans les études de prévalence, ce trouble est récidivant ou chronique. La prévalence des symptômes résiduels en France n est pas connue. En octobre 2004, personnes dans le régime général étaient en ALD avec le diagnostic d épisode dépressif. 1.5 Définitions Les définitions utilisées dans ce document ont été reprises de deux classifications : la Classification internationale des maladies 10 e édition (CIM-10) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux - 4 e édition texte révisé (DSM-IV TR) (annexe 3). 1.6 Dépression récurrente 2 Critères diagnostiques des classifications internationales Pour la CIM-10, le trouble dépressif récidivant correspond à un «trouble caractérisé par la survenue répétée d'épisodes dépressifs correspondant à la description d'un tel épisode, en l'absence de tout antécédent d'épisodes indépendants d'exaltation de l'humeur et d'augmentation de l'énergie (manie). Le trouble peut toutefois comporter de brefs épisodes caractérisés par une légère élévation de l'humeur et une augmentation de l'activité (hypomanie), succédant immédiatement à un épisode dépressif, et parfois déclenchés par un traitement antidépresseur. Le risque de survenue d'un épisode maniaque ne peut jamais être complètement écarté chez un patient présentant un trouble dépressif récidivant, quel que soit le nombre d'épisodes dépressifs déjà survenus. Si un tel épisode maniaque se produit, le diagnostic doit être changé pour celui de trouble affectif bipolaire.» Pour le DSM-IV TR, le trouble dépressif caractérisé récidivant nécessite la présence des critères suivants : au moins deux épisodes dépressifs caractérisés qui seront ( ) considérés comme distincts s ils sont séparés par une période d au 2 À différencier de la rechute qui correspond à une réactivation symptomatique dans une période inférieure à 6 mois après la rémission d un épisode dépressif isolé. La rémission complète est définie par une disparition de la symptomatologie dépressive pendant au moins 2 mois consécutifs. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février9 moins 2 mois consécutifs pendant laquelle les critères d un épisode dépressif caractérisé ne sont pas remplis ; les épisodes dépressifs caractérisés ne sont pas mieux expliqués par un trouble schizo-affectif et ne sont pas surajoutés à une schizophrénie, à un trouble schizophréniforme, à un trouble délirant, ou à un trouble psychotique non spécifié ; il n y a jamais eu d épisode maniaque, mixte ou hypomaniaque. Distinction entre rechute et récidive Le trouble dépressif récurrent ou récidivant correspond à une réactivation symptomatique dans une période supérieure à 6 mois après la rémission d un épisode dépressif isolé. 1.7 Symptômes résiduels et rémission partielle Les dépressions en rémission partielle sont définies par la persistance d un certain nombre de symptômes dits «résiduels» potentiellement invalidants, qui contrastent avec la manière de vivre de la personne avant l épisode dépressif caractérisé. Parmi les symptômes résiduels, les plus caractéristiques semblent être : les troubles du sommeil, de l alimentation et les troubles sexuels ; la sensation de fatigue ; l anxiété psychique ou physique ; la réactivité exagérée aux stress sociaux ; la persistance de l idéation dépressive, voire suicidaire ; le pessimisme ; la baisse de l estime de soi ; l existence d une dysphorie 3 modérée, de difficultés d investissement ; un manque de motivation ou un émoussement affectif. 1.8 Formes chroniques des épisodes dépressifs caractérisés Il s agit d épisodes dépressifs correspondant aux critères d un épisode dépressif caractérisé dont la symptomatologie persiste continuellement pendant une durée de 2 ans au moins. Les épisodes dépressifs caractérisés en rémission partielle ont été rapprochés des dépressions chroniques : en effet, il peut être observé pendant l évolution d un épisode dépressif caractérisé chronique de brèves périodes d amélioration des symptômes, mais elles sont transitoires et toujours inférieures à 2 mois. 3 Sensation de malaise liée à une labilité de l'humeur essentiellement caractérisée par de la tristesse, de l'anxiété et de l'irritabilité. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février10 2. Évaluation avec le patient Cette évaluation est centrée sur le patient, ses représentations, croyances et connaissances, son niveau d information, son environnement familial, le contexte psychosocial et économique et ses possibilités d adaptation à sa propre vie. 2.1 Objectifs Faire le diagnostic de la complication évolutive dépression récurrente, symptômes résiduels, forme chronique d un épisode dépressif caractérisé et en évaluer le risque suicidaire. Réévaluer l état clinique et la prise en charge jusqu à ce jour afin d identifier ce qui n a pas été pris en compte : analyse critique des traitements antérieurement reçus (nature, dose, durée) ; identifier les comorbidités somatiques, notamment celles permettant un diagnostic différentiel ou entrant dans les complications secondaires du trouble ; identifer les comorbidités psychiatriques, les troubles de la personnalité, et les addictions ; identifier un facteur d évolution défavorable lié à l environnement familial ou au milieu professionnel ; évaluer le retentissement socioprofessionnel, le retentissement sur la qualité de vie du patient et sur celle de son entourage, évaluer le degré d autonomie pour les actes de la vie quotidienne. Informer le patient. Décider avec le patient des meilleures modalités d accompagnement et de prise en charge, justifier ou dédramatiser une consultation spécialisée. 2.2 Professionnels impliqués Le psychiatre doit être sollicité pour réaliser ou compléter l évaluation. Le médecin généraliste peut être sollicité en premier et débuter l évaluation. D autres professionnels de santé peuvent être impliqués : gériatre, médecin du travail, neurologue, endocrinologue, cardiologue, psychologue. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février11 2.3 Évaluation quelle que soit la complication évolutive Les éléments d évaluation communs aux trois types de complications évolutives sont : L histoire des troubles dépressifs : pour le premier épisode : le ou les facteurs déclenchants éventuels, le mode de début (brutal ou progressif, la progressivité orientant plutôt vers un processus réactionnel), l âge du patient au début, la sévérité et la durée des symptômes, la nature de la rémission (avec ou sans symptômes résiduels), pour les épisodes ultérieurs éventuels : le nombre d épisodes caractérisés, leur sévérité, leur durée, leur espacement dans le temps (tendance à l augmentation ou à la réduction des périodes de rémission entre les épisodes), rechercher chez le sujet une bipolarité qui serait passée inaperçue et qui renverrait à un autre type de traitement et s enquérir des antécédents personnels et familiaux. Les signes d appel qui doivent faire rechercher une bipolarité devant des épisodes dépressifs sont les suivants : - la présence d au moins 3 épisodes dépressifs récurrents, - la notion d hypomanie même brève, y compris un épisode déclenché par un antidépresseur, - le début d un épisode (maniaque, mixte, ou psychotique) durant le postpartum, - le début des épisodes dépressifs récurrents avant l âge de 25 ans, - la présence d antécédents familiaux de troubles bipolaires ou de suicide, - les antécédents personnels de tentative de suicide, - une réponse atypique à un traitement antidépresseur (non-réponse thérapeutique, aggravation des symptômes, apparition d une agitation, symptômes d hypomanie), quel que soit l épisode : le retentissement sur la qualité de vie et l adaptation sociale du patient, sur son entourage, les hospitalisations éventuelles pour dépression, les tentatives de suicide éventuelles ; les modalités de la prise en charge antérieure des troubles dépressifs (médicaments et/ou psychothérapie, et dans les deux cas : nature du traitement, durée, efficacité, effets indésirables et leur impact, adhésion du patient au traitement), en particulier pour le dernier épisode ; le mode de fonctionnement du patient entre les épisodes ; les troubles associés qui, s ils sont présents, sont à prendre en compte dans le choix du traitement : les comorbidités psychiatriques (troubles anxieux), en particulier l existence de troubles de la personnalité qui justifie une évaluation, les addictions (alcool et autres addictions), les comorbidités somatiques impliquées dans l évolution ou les conséquences de la dépression, par exemple les troubles vasculaires, endocriniens, en particulier l hypothyroïdie ou les maladies neurologiques dégénératives. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février12 Les traitements en cours pour prendre en compte les interactions médicamenteuses surtout en cas de prescription d antidépresseur. L environnement familial, le niveau de soutien psychosocial, l isolement relationnel, le contexte économique et professionnel. L efficience cognitive du patient et ses capacités d adaptation : niveau de contrôle interne, stratégie d ajustement à l adversité, capacités à demander de l aide. La dépression peut affecter la capacité du patient à prendre soin de luimême, justifiant une incitation particulière à la prévention (hygiène de vie, précautions élémentaires de santé, dépistages, contraception, etc.). La dépression peut affecter la sexualité dans plusieurs de ses aspects, justifiant une prise en charge (désir, libido, effets indésirables du traitement). Il est possible d évaluer le retentissement sur la qualité de vie du patient avec l échelle d évaluation globale du fonctionnement (voir annexe 4). 2.4 Particularités de l évaluation en fonction de la complication évolutive En prévention des récidives, évaluer L absence de symptômes résiduels ou de prodromes d un nouvel épisode, et en particulier l absence d idées suicidaires (voir annexe 5) Les facteurs de risque de récidive En cas de symptômes résiduels, évaluer Le type de symptômes résiduels, leur chronologie d apparition Leur sévérité (présence d idées suicidaires voir annexe 5) Leur retentissement sur la qualité de vie du patient et de son entourage en tenant compte du fonctionnement du patient avant l épisode dépressif caractérisé En cas de dépression chronique, évaluer Le nombre et l intensité des symptômes dépressifs, pour affirmer le diagnostic d épisode dépressif caractérisé La durée des symptômes (> 2 ans) Le risque suicidaire (voir annexe 5) La participation iatrogène à la chronicité Le retentissement sur la qualité de vie du patient (y compris des éventuels bénéfices secondaires) et de son entourage HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février13 2.5 Cas particulier de la personne âgée Chez la personne âgée, rechercher Les comorbidités somatiques masquant les symptômes dépressifs ou associés Les troubles cognitifs (tests neuropsychologiques, imagerie cérébrale dans le cadre du diagnostic étiologique d une démence) L état nutritionnel et l état général Une insuffisance hépatique ou rénale Les prises médicamenteuses et les interactions médicamenteuses, surtout en cas de prescription d antidépresseur Une perte d autonomie pour les activités et gestes de la vie quotidienne. Il est possible d utiliser les échelles d activités de la vie quotidienne (voir annexe 6). HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février14 3. Prise en charge thérapeutique d un patient ayant des troubles dépressifs récurrents ou persistants relevant de l ALD Objectifs Diminuer la morbidité et la mortalité (prévention du suicide) des complications évolutives d un épisode dépressif caractérisé. 3.2 Professionnels impliqués Il est recommandé la mise en place d un plan de traitement établi après concertation entre le médecin généraliste et le psychiatre. La coopération du médecin généraliste et du psychiatre est essentielle tout au long de la prise en charge. Le psychiatre intervient : avant la mise en œuvre d un nouveau plan de traitement, surtout si un psychiatre n a pas été consulté pour le traitement du ou des épisodes dépressifs caractérisés antérieurs ; à la fin de ce traitement ; et à tout moment au cours de la prise en charge en cas de difficulté thérapeutique, d échec du traitement, de comorbidité difficile à traiter, de psychothérapie structurée. D autres professionnels peuvent être impliqués avec l accord du patient : les autres spécialistes et en particulier le médecin du travail, le gériatre, et en cas de comorbidité somatique associée le spécialiste concerné ; le psychologue ; l infirmier(ère) ; les personnels socio-éducatifs. 3.3 Moyens thérapeutiques Éducation thérapeutique Informer le patient (et avec son accord son entourage) en tenant compte : de son fonctionnement et de sa personnalité ; de son environnement familial et social ; de ses représentations, croyances et connaissances à propos de sa maladie et des traitements dont il est déjà informé. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février15 Informer le patient et, si nécessaire, son entourage avec son accord, sur : l accès aux soins ; la maladie ; les différents traitements (médicaments et psychothérapies) avec leurs avantages et leurs inconvénients (les limites éventuelles et les recours en cas d efficacité insuffisante d un premier traitement) ; les risques iatrogènes en cas de prises de médicaments ou de substances hors cadre thérapeutique ; pour les médicaments : la manière et le moment de prendre les médicaments, le délai d action, la nécessité d adapter la dose efficace sous contrôle médical, de poursuivre le traitement même après amélioration, les effets indésirables, les modalités d arrêt ; pour les psychothérapies : leur principe et leur déroulement ; l existence d associations de patients et de familles (voir annexe 7), et l intérêt de les contacter ; l existence de programmes particuliers d auto-entraînement, et en discuter avec lui (ouvrages, CD). Fournir des conseils d hygiène de vie : la pratique d une activité physique, le maintien de relations avec l extérieur, les activités de plaisir, la réduction des substances toxiques, l équilibre du sommeil et de l alimentation. Relation d aide La création d une relation d aide ou de soutien est primordiale pour assurer la continuité d une prise en charge qui s inscrit dans la durée. Le soutien peut également être proposé à l entourage, pour éviter l épuisement des aidants naturels. Cette relation d aide est un «soutien à plusieurs» et peut mobiliser, avec l accord du patient, des ressources autres que le médecin généraliste, le psychiatre ou le psychologue : l entourage, d autres professionnels de santé, les associations d usagers de santé, les travailleurs sociaux. Il est recommandé que les professionnels de santé soient formés aux techniques relationnelles et d accompagnement psychologique adaptées à un patient ayant une complication évolutive d un épisode dépressif caractérisé. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février16 Psychothérapies structurées Elles ont des objectifs différents : Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) ont pour objectif principal les symptômes psychocomportementaux et émotionnels. Les thérapies psychodynamiques sont plus orientées vers les conflits psychologiques récents et anciens. Les thérapies systémiques sont centrées sur l interaction du sujet avec la famille et les différents entourages du patient. L option psychothérapeutique est particulièrement proposée lorsque coexistent des troubles de la personnalité, des conflits psychologiques actuels ou anciens, des difficultés interpersonnelles ou lorsque le patient exprime la demande d une aide de ce type. Les psychothérapies structurées doivent être menées par des professionnels spécialement formés et entraînés. La psychothérapie est une prestation dont le remboursement n est pas prévu par la législation. Traitements pharmacologiques Pour des raisons de simplicité, les guides médecin citent généralement les classes thérapeutiques sans détailler l'ensemble des médicaments indiqués dans la pathologie concernée. Cependant, chaque médicament n'est concerné que dans le cadre précis de son autorisation de mise sur le marché (AMM). Si pour des raisons explicites tel n'est pas le cas, et plus généralement pour toute prescription d'un produit hors AMM, qui s'effectue sous la seule responsabilité du prescripteur, celuici doit en informer spécifiquement le patient. Antidépresseurs Les antidépresseurs constituent le traitement pharmacologique de référence des épisodes dépressifs caractérisés d intensité modérée à sévère (voir annexe 8). Leurs effets indésirables doivent être prévenus et recherchés. Le traitement par antidépresseur est symptomatique. Lithium Le lithium peut être efficace en prévention des récidives d épisode dépressif caractérisé du trouble dépressif unipolaire (ancienne classification) (utilisation hors AMM), en association avec les antidépresseurs et/ou la psychothérapie. Son rôle dans la prévention du suicide est controversé. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février17 Autres médicaments adjuvants en cas de symptômes résiduels Une prescription limitée dans le temps peut être proposée si nécessaire : de molécules à visée anxiolytique (benzodiazépines, molécules apparentées aux benzodiazépines, antihistaminiques) (voir les recommandations professionnelles HAS Modalités d'arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés chez le patient âgé) ; de molécules à visée hypnotique (benzodiazépines et composés Z - Zolpidem et Zopiclone) ; d une molécule indiquée dans les dysfonctions érectiles en cas de troubles sexuels iatrogènes chez l homme. Toutes ces prescriptions doivent être réévaluées à chaque consultation. Hospitalisation psychiatrique Elle est recommandée en cas de crise suicidaire d urgence élevée, y compris sans le consentement du patient. En dehors de la crise suicidaire, elle est proposée dans les indications suivantes : pour évaluer une situation complexe ; dans des situations où l accueil en milieu spécialisé peut avoir un aspect curatif ; pour une rupture nécessaire avec le milieu familial ou pour donner au patient et/ou à son entourage un moment de répit ; en cas de difficultés de surveillance du patient en ambulatoire ; en cas de changement de traitement (changement de forme galénique [passage à un traitement par voie intraveineuse] ou changement de modalités de traitement). Électroconvulsivothérapie (ECT) Ses indications et les modalités de sa mise en œuvre sont à discuter en milieu spécialisé. Luminothérapie La luminothérapie a montré son efficacité dans le traitement de la dépression saisonnière qui correspond à des critères précis (voir annexe 3). La luminothérapie n est recommandée qu après avis médical confirmant la présence de ces critères et n est réalisée que sous surveillance par des professionnels de santé formés à son utilisation. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février18 Traitement des comorbidités Comorbidité somatique : il est recommandé de choisir en première intention un antidépresseur en fonction de sa tolérance, en veillant particulièrement aux interactions médicamenteuses. Troubles paniques et anxieux : le choix de l antidépresseur doit privilégier une molécule ayant obtenu l AMM dans ces deux indications (Afssaps). Les antidépresseurs ayant des propriétés anxiolytiques sont les traitements de choix en première intention : inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) et venlafaxine (cf.guide Affection de longue durée HAS Troubles anxieux graves). Consommation d alcool ou autres substances psychoactives ou médicaments à potentiel addictif : le sevrage doit être envisagé. Troubles de la personnalité : certains constituent un facteur de nonobservance, de risque de non-réponse, voire de résistance aux antidépresseurs. Les propriétés collatérales (effet anxiolytique ou stimulant par exemple) et le risque lié au surdosage en cas d ingestion volontaire sont deux critères de choix qui peuvent aider le prescripteur. 3.4 Stratégie thérapeutique En prévention des récidives, indications du traitement de maintien Si 2 épisodes dépressifs caractérisés en 4 ans, voire 1 seul : psychothérapie seule Si 3 épisodes dépressifs caractérisés ou plus, soit en 4 ans, soit plus espacés mais avec un cumul de facteurs de risque : antidépresseurs +/- psychothérapie Si antidépresseurs, utiliser la molécule et la posologie qui ont permis d obtenir la rémission des symptômes du dernier épisode dépressif caractérisé Si dépression saisonnière : luminothérapie Lithium en cas d échec des stratégies précédentes Électroconvulsivothérapie en dernier recours En cas de symptômes résiduels en première intention, optimiser le traitement existant : associer ou intensifier une psychothérapie et/ou augmenter la posologie de l antidépresseur si possible en deuxième intention, changer d antidépresseur utiliser, en complément du traitement existant, un traitement spécifique des symptômes résiduels (anxiolytiques ou hypnotiques pour une courte durée si possible ; traitement des troubles sexuels) HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février19 En cas de dépression chronique Après rémission des symptômes, traitement de maintien par : antidépresseurs +/- psychothérapie pendant une durée de 18 mois à 2 ans Utiliser la molécule et la posologie qui ont permis d obtenir la rémission des symptômes Lithium en cas d échec des stratégies précédentes Si besoin hospitalisation en milieu psychiatrique Électroconvulsivothérapie en dernier recours Cas particulier de la personne âgée Il est possible de débuter une psychothérapie à un âge > 65 ans Sauf cas particuliers, les ISRS, IRSN, et les «autres antidépresseurs» (cf. annexe 8) sont recommandés en première intention Un traitement par imipraminique ne doit pas être utilisé en première intention et n est indiqué qu exceptionnellement après 75 ans L adaptation posologique éventuelle du traitement antidépresseur doit être plus prudente que chez la personne jeune. Mais il est important d atteindre et de maintenir pendant toute la durée du traitement (traitement de l épisode dépressif caractérisé et traitement de maintien) une posologie identique à la posologie recommandée par le résumé des caractéristiques du produit La prescription d un anxiolytique ne doit jamais être systématique L électroconvulsivothérapie peut être proposée de la même façon que chez les adultes plus jeunes Il est particulièrement recommandé de s assurer ou de mettre en place un accompagnement social adapté à la personne âgée HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février20 4. Suivi 4.1 Durée du traitement En prévention des récidives, la durée du traitement de maintien est d autant plus prolongée que les épisodes antérieurs ont été plus nombreux, sévères, qu il existe des pathologies associées et des antécédents familiaux de troubles dépressifs. Elle est supérieure à 12 à 18 mois et encore plus longue chez le sujet âgé. Dans la dépression chronique, il est recommandé en première intention une association psychothérapie-antidépresseurs pour une durée de traitement de 18 mois à 2 ans, après la rémission des symptômes, et encore plus longue chez le sujet âgé. Quels que soient la durée et le type de traitement de maintien envisagé, il est recommandé de réévaluer au minimum une ou deux fois par an le rapport bénéfices/risques du traitement de maintien par rapport à son arrêt. 4.2 Rythme des consultations Il est déterminé lors de la mise en place du plan de traitement établi après concertation entre le médecin généraliste et le psychiatre. Il dépend de la sévérité des symptômes, de l efficacité et de la tolérance du traitement. L ensemble du plan de traitement sera réévalué une ou deux fois par an. 4.3 Modalités d arrêt du traitement de maintien Modalités d arrêt d une psychothérapie Les modalités précises d arrêt dépendent du type de psychothérapie utilisée, du thérapeute et des souhaits du patient. Un espacement progressif des consultations est à prévoir éventuellement avant l arrêt. Il est recommandé : d informer le patient des modalités d arrêt en début ou en cours de traitement ; de planifier cet arrêt avec lui : l informer des éventuelles difficultés à venir, des possibilités de fluctuations thymiques ultérieures, prévoir éventuellement un espacement progressif des consultations avant l arrêt, rester disponible après l arrêt. HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / Février Montrer encore
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