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Timestamp: 2019-07-16 22:18:08+00:00
Document Index: 29898549

Matched Legal Cases: ['§1', 'art 27', '§ 2', 'art. 71', '§ 2', 'art. 27']

Vatican : conférence de presse du cardinal Martins
Rome, le 19 février 2008 - Le document Sanctorum Mater, divisé en six parties, décrit minutieusement tous les actes que les évêques doivent suivre pour commencer et mener à bien la phase diocésaine du procès de béatification. Voici l'intervention du cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation des causes des saints, lors de la présentation de l’instruction Sanctorum Mater.
Intervention du cardinal José Saraiva Martins,
préfet de la Congrégation des causes des saints,
lors de la présentation de l’instruction Sanctorum Mater
Rome, le lundi 18 février 2008
Je vous salue cordialement et je vous remercie de nous avoir honorés de votre présence.
1 . Le but
Les premiers mots du document que nous présentons aujourd’hui sont Sanctorum Mater, c’est à dire l'Église Mère des saints. C’est l'Église elle-même, de fait, qui garde et transmet au cours des siècles la mémoire des saints, et elle les cite comme exemple de généreuse réponse aux appels de l'Evangile, pour que nous soyons conscients, nous aussi, que nous sommes appelés a rejoindre pleinement la plus haute mesure de la vie chrétienne, c’est à dire la sainteté.
Le document a la qualification technique d’Instruction: c’est donc, selon le canon 34 §1 du Code du Droit Canonique, un texte qui veut éclaircir les dispositions des lois en vigueur sur les causes des saints et qui détermine la procédure à suivre. Publié avec l’approbation du Souverain Pontife, le document reste essentiellement un acte administratif de la Congrégation des Causes des Saints, qui l’a promulgué grâce à son pouvoir exécutif.
Il n’a donc pas un caractère législatif et il ne peut contenir ni des dispositions légales ni des prescriptions contraires aux lois en vigueur (1). Sa portée est toutefois importante: on veut effectivement contribuer à ce que les normes en vigueur pour l’instruction diocésaine d’une cause de béatification et de canonisation soient appliquées avec une attention toujours plus grande. Comme on peut le lire dans l’introduction, le Document : « veut éclaircir les dispositions existantes qui concernent les causes des Saints, il veut faciliter leur application et définir les modes de leur exécution tant dans les causes récentes que dans les plus anciennes ».
2 . Composition de l'Instruction
Le document, divisé en six parties, décrit minutieusement tous les actes que les évêques doivent suivre pour commencer et mener à bien la phase diocésaine du procès de béatification. La première partie rappelle la nécessité d’une authentique réputation de sainteté pour commencer le procès ; dans cette partie on explique aussi les profils et les devoirs de l’acteur, du postulateur et de l'évêque qui s’occupe de la cause. La deuxième partie décrit la phase préliminaire de la cause, jusqu’à l'autorisation ( nulla osta ) donnée par la Congrégation des causes des Saints. La troisième partie parle de la célébration de la cause. La quatrième, des modalités à suivre dans la recherche des documents-preuves, et la cinquième, des témoignages requis ( testificali ); c’est dans cette section qu’on trouve également un chapitre consacré à « l’utilisation des appareils d’enregistrement et des ordinateurs ». La sixième partie, pour finir, indique les procédures pour les actes conclusifs de l'Enquête diocésaine.
La procédure d’une cause de béatification et canonisation se fait en deux parties : l’une diocésaine ou locale et l’autre « romaine », au niveau du Saint-Siège ou, comme l’on disait autrefois, apostolique. La première a un caractère d’instruction, pour rassembler les preuves de sainteté de vie, ou bien concernant le martyre ou encore un miracle présumé attribué à l’intercession d’un fidèle chrétien mort en odeur de sainteté et qui a eu lieu dans le diocèse où est décédé celui sur lequel est ouverte la cause, ou encore dans l'endroit où a eu lieu le présumé miracle. La seconde phase commence avec la livraison des actes de l’instruction diocésaine à la Congrégation des Causes des Saints et se poursuit jusqu’à la décision finale: béatification et ensuite canonisation, ou bien archivage de la cause.
3. Motifs de publication
Il est important de remarquer que la présente instruction concerne exclusivement la phase diocésaine. Quels sont les motifs qui ont poussé la Congrégation des causes des Saints à rédiger et publier un document de ce genre? Je peux citer quatre raisons:
a) Premièrement, 25 ans se sont déjà écoulés depuis la proclamation faite par Jean-Paul II des lois en vigueur sur les causes des saints: la Const. Ap. Divinus perfectionis Magister, du 25 janvier 1983 et des Normae servandae promulguées par la Congrégation par délégation pontificale le 7 février suivant, concernant la façon de procéder dans les diocèses pour instruire une cause de canonisation. Les années qui se sont écroulées ont confirmé d’un côté la pertinence des normes de 1983 mais en même temps - et il ne pouvait être autrement - l’expérience acquise a fait sentir que certaines dispositions de la loi n’étaient pas toujours comprises ni du coup, mises en pratique avec la précision requise en certains diocèses ; la Congrégation devait alors fournir des éclaircissements et demander aux curies diocésaines de corriger les erreurs.
b) En outre- et il s’agit là du deuxième motif pour lequel l’Instruction a été publiée- un diocèse ne peut pas toujours compter sur des personnes spécialisées et ayant assez d’expérience pour les nombreuses tâches inhérentes à une cause de canonisation: c’est-à-dire le délégué de l’évêque, le promoteur de justice, des théologiens pour l’examen des écrits, les experts en histoire et en archives auxquels est confiée la recherche des documents relatifs à la cause etc. Tout cela rend évidente l’utilité, voire la nécessité, d’un document d’application – la présente Instruction - qui serve de guide pour suivre avec sécurité et précision la loi dans les diverses étapes de la procédure d’une cause. L’Instruction est, en d’autres termes, un vade-mecum complet et systématique qui fournit des orientations claires et précises pour les étapes devant être accomplies du début de l’instruction jusqu’à l’envoi des actes à la Congrégation des causes des Saints.
c) Avec l’entrée en vigueur de l’actuelle législation sur les causes des saints – et nous voilà arrivés au troisième motif qui a suggéré la promulgation de l’Instruction -, l’idée s’était diffusée, infondée d’ailleurs, que la méthodologie traditionnelle aurait été remplacée par une enquête de caractère historico-critique. Cette confusion est due au fait que le terme inquisitio utilisé dans le texte latin, le seul officiel, pour décrire la procédure dans la phase diocésaine d’une cause de canonisation, a été traduit en italien par inchiesta, qui admet plusieurs sens : dans le langage courant, il ne désigne pas d’abord une enquête juridique mais une recherche. Cela montrait bien l’inefficacité de certaines exigences de procédure. En cela je ne veux pas nier, mais au contraire confirmer la nécessité et l’importance d’une recherche historique rigoureuse, qui est fortement liée à la collecte de preuves dans une cause de canonisation. L’Instruction affirme avec vigueur le caractère substantiel de ces causes et souligne avec précision les normes qui doivent être suivies - même si, dans la traduction italienne, on a préféré garder le terme enquête (inchieste), pour éviter l’impression d’un chamboulement non désiré.
d) On arrive ainsi à la quatrième raison, dans le passage de l’ancienne législation à celle en vigueur aujourd’hui. Il n’était pas clair pour certains que la vérification sérieuse et sévère de la réputation de sainteté ou de martyre ( fama sanctitatis vel martyrii ) constitue un point devant absolument être réalisé dans le diocèse. La procédure ne peut donc pas commencer sans de véritables preuves que le serviteur de Dieu concerné par la cause est sujet de sainteté ou de martyre auprès d’un certain nombre de fidèles qui s’adressent à lui dans leur prière et attribuent grâces et faveurs à son intercession
On peut sentir, dans la lecture du texte de l’Instruction, que reviennent constamment les termes « Évêque diocésain » ou « Ordinaire » (Eparca) et leurs corrélatifs diocèse et éparchie. En effet, la norme pour les causes de béatification et canonisation est la même pour l'Église latine et pour les Églises Orientales (2), toujours sous compétence de la Congrégation des causes des Saints(3).
Suite à l’annonce de l’Instruction, on a parlé de plus grande rigueur sur les règles de canonisation. Je peux affirmer qu’un tel durcissement n’existe pas, si on entend par là une modification des normes en vigueur depuis plus de 25 ans : elle aurait nécessité un instrument législatif de plus grande portée, comme une véritable loi, émanant du Pontife Romain. On ne peux toutefois pas nier que l’Instruction vise à promouvoir l’observance scrupuleuse des normes en vigueur et, dans ce sens, on souhaite que le document présenté aujourd’hui aura pour conséquence une meilleure réalisation des dispositions de loi.
Nous pensons avoir ainsi rendu un service significatif aux Évêques diocésains et aux causes elles-mêmes de béatification et de canonisation. En effet, l’art 27, a) des lois concernant la procédure diocésaine, connue comme Normae Servandae, recommande de «veiller avec grande diligence et avec zèle à ce que, dans la collecte des preuves, rien ne soit omis qui ait trait de quelque façon à la cause, en étant sûr que l’heureuse issue de la cause elle-même dépend en grande partie de sa bonne instruction» (4).
(1) Le can. 34 § 2 du CIC dit : « Les dispositions contenues dans ces instructions ne dérogent pas aux lois, et si elles sont inconciliables avec les prescriptions des lois, elles sont dénuées de toute valeur ». Il ne pourrait contenir des dérogations à la loi que pourvues de l'approbation spécifique du Pontife Romain (du pape Benoît XVI), mais ce n'est pas le cas de la présente instruction.
(2) Cfr. Codex Iuris Canonici de 1983, can. 1403; Codex Canonum Ecclesiarum Orientalium, can. 1057.
(3) Cfr. Jean-Paul II, Const. Ap; Pastor Bonus 28-06-1988, art. 71-74 et 58§ 2.
(4) Normae servandae du 7-2-1983, promulguées par la Congrégation des causes des Saints avec délégation pontificale, art. 27, a)
Texte original de la conférence de presse ► Italien
Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 19.02.2008 - T/Eglise