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Timestamp: 2018-03-19 16:36:45+00:00
Document Index: 169043539

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Situation calamiteuse - Page 2
Sujet: Les pas biaisés :La ministre de la justice a présenté ce mardi une réforme pénitentiaire plus répressive qui suscite le débat. Mer 9 Sep - 5:32
La ministre de la justice a présenté ce mardi une réforme pénitentiaire plus répressive qui suscite le débat.
Alors qu’elle présentait ce mardi devant les députés de la commission des lois, le texte d’orientation de la future loi pénitentiaire, Michèle Alliot-Marie a souhaité modifier deux aspects du texte, introduits en mars dernier par les sénateurs contre l’avis du gouvernement. A cette occasion, la Garde des Sceaux a marqué son opposition au principe de l’encellulement individuel, ainsi qu’au aménagements de peine pour toutes les condamnations inférieures ou égales à deux ans.
• L’encellulement individuel en question
En théorie, l’encellulement individuel est inscrit dans la loi Française depuis 1875. Son application, elle a été sujette à de nombreuses dérogations. En 2008, les Sénateurs votaient un moratoire repoussant de cinq ans son application. Affirmant ce mardi que "l’encellulement individuel n’était pas la panacée" ; MAM a proposé que "soit envisagé dans un délai de cinq ans le principe du libre choix du détenu" ; assurant que "d’ici à 2012 le nombre de place disponible correspondra au nombre de détenus aujourd’hui".
• Des aménagements de peines à la carte
A l’heure actuelle, les aménagements ne concernent que les détenus condamnés à des peines inférieures à un an. Sous l’impulsion des Sénateurs, le texte proposait de les étendre à des peines inférieurs à deux ans. "Ce seuil de deux ans me pose problème", avait expliqué MAM, ajoutant ce mardi qu’il faudrait exclure les "cas de récidive" ainsi que ceux des "délinquants sexuels".
"La semi liberté, le placement à l’extérieur et le bracelet électronique ne sont pas des indulgences accordés aux condamnés", réagissait ce mardi le syndicat pénitentiaire SNEPAP-FSU. "Ce sont des modalités d’exécutions de peines plus intelligentes pour la société, contribuant à la réinsertion, permettant de lutter contre la récidive".
Sujet: C'est le 94e cas de suicide en prison en France depuis le début de l'année Jeu 10 Sep - 15:07
C'est le 94e cas de suicide en prison en France depuis le début de l'année 2009 d'après l'Observatoire international des prisons (OIP). Un prisonnier du centre de détention de Mauzac, en Dordogne, s'est donné la mort dans la nuit de dimanche à lundi dans sa cellule, a déclaré jeudi l'Administration pénitentiaire (AP).
Le jeune homme, « détenu en cellule individuelle et qui ne faisait pas parler de lui, s'est étouffé avec ses lacets de chaussures » vers quatre heures lundi matin, d'après une source syndicale.
Son décès aurait été constaté deux heures plus tard. Selon le quotidien Sud Ouest, l'homme, âgé de 28 ans, «travaillait à la bibliothèque».
Ce nouveau suicide intervient seulement quelques jours après l'annonce d'une série de mesures centrées principalement sur la prévention et la protection des détenus fragiles par la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le 18 août dernier à Orléans.
Sujet: Les suicides se poursuivent... Jeu 1 Oct - 5:58
30/09/2009 | Mise à jour : 17:33 | Commentaires 1 | Ajouter à ma sélection
Après le décès dimanche par pendaison d'un détenu de 38 ans au centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône), un second détenu a mis fin à ses jours hier à l'intérieur du même établissement pénitentiaire, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire.
Les faits se sont déroulés peu après le déjeuner. La victime, âgée de 42 ans, a été retrouvée pendue avec les draps de son lit, lors d'une ronde du personnel pénitentiaire. Elle purgeait une peine de prison pour "vol aggravé avec violences". Elle était libérable en 2012.
Ce décès porte à quatre le nombre de suicides dans les prisons des Bouches-du-Rhône depuis la mi-août, les deux premiers ayant eu lieu aux Baumettes et à la prison de Luynes.
Sujet: 108ème suicide ou mort suspecte en détention en 2009 Dim 11 Oct - 14:52
Sujet: Le principe d'un détenu par cellule ne sera pas respecté Sam 17 Oct - 4:33
Le principe d'un détenu par cellule ne sera pas respecté»
Sujet: Nouveau suicide Mar 27 Oct - 12:16
'information est succincte mais elle relancera peut-être le débat sur les prisons françaises. Un détenu s'est pendu dans la prison de Fresnes (Val de Marne), selon une information du quotidien Le Parisien)
L'homme avait été placé en détention provisoire deux jours plus tôt. Mis en examen pour agression sexuelle sur une mineur de moins de 15 ans, il avait reconnu les faits et s'est finalement pendu en détention grâce à un lacet.
L'information a été confirmée par la direction régionale des services pénitentiaires de Paris, selon le journal Ouest France. L'homme âgé de 62 ans a mis fin à ses jours dans la nuit du 17 au 18 octobre 2009. C'est le quatrième suicide déclaré dans cette maison d'arrêt. Ce nouvel acte de désespère repose la question redondante et urgente des conditions de détention des détenus en France. Une question qui n'a toujours pas été réglée malgré la prise de conscience du problème par Rachida Dati et son successeur au ministère de la Justice, Michelle Aillot Marie.
détention, Fresnes, maisson, arret, Le Parisien
Le Lundi 26 octobre 2009 à 16:44
Sujet: Garde à vue : une "atteinte à la dignité", pour le Contrôleur des prisons Jeu 29 Oct - 6:24
Garde à vue : une "atteinte à la dignité", pour le Contrôleur des prisons
NOUVELOBS.COM | 28.10.2009 | 16:08
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Jean-Marie Delarue pointe surtout des problèmes relevant du traitement des personnes, notamment le retrait systématique du soutien-gorge et des lunettes aux personnes en garde à vue.
Le Journal Officiel publie ce mercredi 28 octobre des recommandations du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui qualifie "d'atteinte à la dignité", le retrait systématique du soutien-gorge et des lunettes aux personnes en garde à vue. Il s'agit des deuxièmes recommandations consacrées à un commissariat depuis la nomination à l'été 2008 de Jean-Marie Delarue comme autorité indépendante chargée de contrôler quelque 5.800 lieux d'enfermement (prisons, centres de rétention, hôpitaux psychiatriques, locaux de garde à vue...).
"Vétusté des locaux"
Ces remarques ont été soulevées après la visite les 27 et 29 janvier 2009 du commissariat de Besançon, mais Jean-Marie Delarue souligne qu'il a déjà rencontré ces difficultés ailleurs. Il dénonce notamment la "vétusté des locaux de garde à vue et de dégrisement", les personnes en garde à vue étant "dans l'incapacité d'effectuer une toilette", faute d'eau chaude, de douche ou de produits de toilette.
Jean-Marie Delarue pointe surtout des problèmes relevant du traitement des personnes. Selon lui, "la pratique du retrait du soutien-gorge et de la paire de lunettes de vue doit être revue". Le Contrôleur des prisons estime que "la circonstance d'une tentative de suicide avec son soutien-gorge d'une femme placée en garde à vue en banlieue parisienne en juin 2009 ne saurait justifier à elle seule la mise en œuvre systématique de ce qui constitue une atteinte à la dignité de la personne".
Jean-Marie Delarue observe également que "la confidentialité des entretiens avec médecins et avocats n'était pas assurée", et constate des "lacunes" dans la tenue du registre de garde à vue. Le Contrôleur réitère les recommandations de son rapport annuel d'avril 2009, notamment la mise en place des registres informatisés.
Sujet: Détention en Europe: un catalogue de mauvais traitements en tous genres Dim 8 Nov - 5:44
STRASBOURG (Conseil Europe) — Etouffement avec un sac en plastique en Lettonie ou "placement en cagibi" en Suisse, le Comité pour la prévention de la torture (CPT) dresse un inventaire calamiteux des conditions de détention en Europe, pour ses 20 ans d'existence.
L'impunité, le surpeuplement et les mauvais traitements "continuent de miner un peu partout les systèmes pénitentiaires", a constaté le président du CPT, l'Italien Mauro Palma, en faisant le bilan des missions de ses experts dans les prisons, commissariats, centres de rétention et hôpitaux psychiatriques des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe.
Pour le président du CPT, "se contenter de construire de nouvelles prisons n?est pas la solution". "Elles seront rapidement remplies si on ne réfléchit à d'autres formes de peines", a-t-il mis en garde vendredi à Strasbourg.
Si les conditions de détention restent "souvent misérables" dans les pays de l'ex-URSS, le comité souligne aussi de sérieux manquements en Europe de l'Ouest.
En République tchèque, la castration chirurgicale d'une cinquantaine de délinquants sexuels "sans choix réellement informé" est qualifiée de "traitement dégradant". En Hongrie, "le recours aux menottes et à des sangles à la prison de Szeged est jugé "largement excessif". En Moldavie, le CPT a été informé de coups portés à un suspect suspendu à une barre.
En Lettonie, les cellules sont surpeuplées, mal aérées et privées de lumière naturelle, un "mauvais traitement" régulièrement constaté en Europe.
La Tchétchénie offre un concentré de mauvais traitements: chocs électriques, asphyxie, brûlures et disparitions forcées, pour lesquels Moscou a été maintes fois condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
En Suisse, le CPT a été informé de "techniques d'étranglement" pour faire régurgiter des stupéfiants. En Finlande, des détenus ne pouvaient utiliser les toilettes la nuit. En Grèce, les risques en garde à vue "restent considérables".
Il y a un an, le comité s'est inquiété d'un projet de loi britannique étendant à 42 jours la durée de la garde à vue de personnes suspectées de terrorisme: le texte a depuis été adopté.
Les médecins du comité ont aussi demandé en 2008 à Ankara "de faire cesser l'isolement de l'ex-chef du PKK, Abdullah Öcalan", l'unique détenu sur l'île-prison de Imrali en Turquie, une situation jugée "nuisible à son état mental".
Des Etats suivent les recommandations du CPT en rénovant des lieux de détention souvent "totalement inadaptés". C'est le cas de la France qui s'est aussi dotée, en juin 2008, d'un "Contrôleur des prisons" après avoir été éreintée dans un rapport du comité.
Les seules armes du Comité, qui a foi en la diplomatie et en la pédagogie, sont l'habilitation de ses experts à se faire ouvrir toutes les portes des lieux de privation de liberté en Europe et à donner toute la publicité qu'ils souhaitent à des conclusions parfois infamantes. Même si à ce jour, le CPT n'a pas reçu le feu vert de Moscou pour se rendre Ossétie du Sud et si ses efforts pour visiter la partie nord de Chypre sont restés vains.
Sujet: Violence grandissante à Corbas Mar 24 Nov - 7:16
Dans les couloirs de la maison d'arrêt Lyon-Corbas, la tension est montée d'un cran. La vague de violences qui depuis trois semaines déferle sur cet établissement présenté comme une prison modèle, a donné lieu ce week-end à de nouveaux incidents. « Un gardien s'est fait insulter et frapper par des détenus samedi pendant la promenade », indique Emmanuel Chambaud, délégué du syndicat Ufap à Corbas. Dimanche, il aura fallu le renfort des équipes régionales d'intervention et de sécurité pour que 200 détenus, qui refusaient de quitter la cour de promenade, regagnent finalement leurs cellules. « L'incident a été géré et tout est rentré dans l'ordre », a indiqué hier la direction interrégionale des services pénitentiaires, se refusant à tout commentaire sur la situation décrite par les syndicats.
Selon la CGT, un quart des surveillants de Corbas sont en arrêt maladie. « Ils sont épuisés. Les agressions se multiplient, leurs conditions de travail se sont dégradées et la direction ne réagit pas », ajoute Emmanuel Chambaud. « L'administration doit s'engager à mettre les moyens humains nécessaires avant que l'irréparable ne se produise », ajoute la CGT. Un sentiment d'urgence que partage le sénateur du Nord Jean-rené Lecerf, venu visiter Corbas le 16 novembre. « Dans cette prison moderne, les surveillants se retrouvent à jouer le rôle de porte-clés et non plus celui de la sécurité et de l'aide à la réinsertion. Il y a un besoin urgent de renfort en personnel », déclare l'homme politique qui doit présenter un rapport sur les prisons vendredi au Sénat. Les avocats lyonnais devraient aussi alerter bientôt l'administration pénitentiaire sur les dysfonctionnements à Corbas. Faute de personnels suffisant, ils doivent parfois attendre des heures avant de rencontrer leurs clients et déplorent également l'insécurité des lieux. « Un seul surveillant aux parloirs ne peut assurer notre protection », indique l'avocat pénaliste Gaël Candela, qui a déjà alerté récemment le controleur général des prisons sur ce point. W
Sujet: Cinq tentatives de suicide ce week-end dans les prisons Mer 9 Déc - 5:34
Cinq tentatives de suicide ce week-end dans les prisons
Les pompiers sont intervenus à plusieurs reprises, ce week-end dans les prisons métropolitaines, à cause de ce qui semblait être, hier, une série de tentatives de suicide. La direction des services pénitentiaires confirme ainsi cinq cas répartis entre la prison de Sequedin, la maison d'arrêt et le centre de détention de Loos. Quatre détenus ont tenté de se pendre, un a absorbé des médicaments. Et un sixième a également mis le feu à sa cellule, sans que l'on en connaisse encore les raisons précises. Tous sont hors de danger, certains étaient encore hospitalisés hier. Hier aussi, Cédric Deprez, secrétaire FO du centre pénitentiaire de Lille-Sequedin (regroupant les trois prisons, avec environ 1 800 détenus actuellement), soulignait qu e « la réaction très rapide des personnels pénitentiaires » a permis d'éviter un drame. « On parle souvent des suicides en prison, mais plus rarement des détenus qui sont sauvés grâce à l'intervention des personnels. Il y a chaque année beaucoup plus de personnes sauvées que retrouvées mortes... » AGRESSION Le bijoutier de Lille-Saint-Maurice de nouveau attaqué chez lui Vendredi, vers 20 h 10, le patron d'une bijouterie lilloise âgé de 75 ans a été agressé à son domicile dans le quartier de Saint-Maurice, à Lille. L'homme était attendu par un groupe de quatre à cinq inconnus entrés apparemment par l'arrière de la maison. Il a été molesté. Mais au moment où ses agresseurs commençaient à l'attacher, sa femme rentrait après avoir promené le chien. Le couple a alors appelé au secours, provoquant la fuite des agresseurs. Cette affaire ressemble fortement à celle de mars, au cours de laquelle le bijoutier avait aussi été séquestré chez lui, dans les mêmes conditions, par plusieurs individus. En septembre, la PJ de Lille avait interpellé un suspect qui est emprisonné. Les mêmes policiers poursuivent l'enquête.
Sujet: Les prisons de Guyane épinglées Jeu 10 Déc - 6:43
Les prisons de Guyane épinglées
10/12/2009 | Mise à jour : 07:12 | Ajouter à ma sélection
Sujet: Tensions croissantes dans la nouvelle prison de Corbas Ven 11 Déc - 16:37
Prévue pour moins de 700 prisonniers, la prison de Corbas, présentée comme l'un des établissements qui allaient remédier à la surpopulation carcérale, s'est très vite sur-remplie à son tour, dépassant les 800, puis 900 détenus. Face aux tensions générées, l'administration a entrepris de dégonfler momentanément les effectifs, en essayant de transférer en priorité ceux qu'elle considère comme des leaders.
De cette situation tendue, il a été beaucoup question mercredi, lors d'une visite à Lyon de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux privatifs de liberté. Le haut fonctionnaire était l'invité mercredi soir du Conseil de développement du Grand Lyon, organe de réflexion et de prospective de la communauté urbaine. Un détenu lui a longuement parlé de ses conditions de vie (LibéLyon y reviendra prochainement). Et Jean-Marie Delarue, d'une voix assez douce contrastant avec l'indignation des propos : "Si l'on faisait voter détenus et personnels pour choisir entre Corbas et les maisons d'arrêt de Saint-Paul et de Saint-Joseph (vétustes et fermées en février dernier, NDLR), quel serait selon vous le résultat". La salle devinait le paradoxe. "100%. 100% préféraient Saint-Paul et Saint-Joseph", a-t-il confirmé, sans hausser le ton. "Les gens préfèrent vivre avec des cafards que sans relations sociales. Il vaudrait mieux vivre sans cafards et avec des relations sociales, mais il semble que ce n'est pas le chemin qui est pris." Puis revenant à Corbas : "Cela génère des réactions de violence. Du reste elles ont déjà commencé".
Dans la nouvelle prison, plus encore que dans les établissements du programme 13.000 d'Albin Chalandon, les relations avec les surveillants sont rares. Les portes s'ouvrent à distance, les vitres sont fumées. Les familles se plaignent également des conditions de visite. Eloignée du centre par rapport à Saint Paul et Saint-Joseph, Corbas n'est desservie que par une ligne de bus. "Lorsqu'il y a un mouvement de grève, même s'il ne concerne que 20% des chauffeurs, c'est toujours la première ligne qui saute", assure Karine Bergne, qui milite au sein de l'association "Faites la lumière en détention".
Avant la décision de construire la maison d'arrêt à Corbas, Elisabeth Guigou puis Marylise Lebranchu, avaient travaillé sur un projet de petits établissements, plus coûteux en personnel, mais plus humains, moins compliqués à gérer, et plus favorables à des projets de réinsertion. L'idée a été abandonnée pour construire à nouveau des projets de grande taille, lorsque Dominique Perben était Garde des Sceaux. "Aujourd'hui, reprend Jean-Marie Delarue, on construit des prisons de 600 places au moins. Je pense que ce n'est pas la bonne solution. Les surveillants parlent des maisons d'arrêt familiales d'avant, c'est terrible. Je l'ai dit à la Garde des Sceaux. Elle me dit qu'elle ne peut pas faire autrement. Mais c'est un choix, dont il faudra assumer les conséquences."
Sujet: Je suis pessimiste sur le sort de Corbas Ven 11 Déc - 17:07
Je suis pessimiste sur le sort de Corbas »
Créé le 11.12.09 à 03h41
Mis à jour le 11.12.09 à 03h41 | 1 commentaires
Des détenus excédés, des personnels sous tension. Sept mois après son ouverture, Corbas ne fait pas l'unanimité. Les critiques se multiplient autour de cette maison d'arrêt présentée pourtant à son ouverture comme une « prison modèle du XXIe siècle ». La dernière en date vient du contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, qui participait mercredi à une réunion du conseil de développement du Grand Lyon sur les prisons.
« Si on demandait aux détenus et personnels de choisir entre les anciennes prisons et Corbas, ils se prononceraient à 100 % pour Perrache. Les gens préfèrent vivre avec des cafards et des relations humaines, plutôt que sans cafards et sans échanges », a déclaré Jean-Marie Delarue, se basant sur les conclusions des contrôleurs venus en octobre visiter Corbas. Le constat est sans appel. « Je ne comprends pas comment on a pu imaginer une prison qui cherche à faire taire, alors que la réinsertion suppose que l'on parle », a-t-il ajouté, « pessimiste sur le sort de Corbas ».
Depuis cette maison d'arrêt ultramoderne, l'automatisation des portes a limité les échanges entre surveillants et prisonniers. « Lorsque je viens voir un détenu, je passe neuf portes et je ne vois aucun gardien », a témoigné mercredi Claude Marot, visiteur de prison. « La grandeur du site ajouté au fait que nous ne sommes pas assez nombreux ralentit considérablement les mouvements de prisonniers », explique Emmanuel Chambaud, délégué Ufap à Corbas. L'accès aux activités ou aux parloirs, qui nécessite l'accompagnement des détenus, est plus compliqué et favorise l'isolement, l'ennui des détenus. Ces dernières semaines, les incidents se sont multipliés au sein de la maison d'arrêt.« Si Corbas se rebelle, c'est que des choses graves s'y passent, explique un ancien prisonnier, libre depuis peu. Aujourd'hui, ce qui est en jeu, c'est la vie des détenus. Il y a une tentative de suicide par semaine là-bas. » Pour calmer les tensions, l'administration pénitentiaire a décidé de transférer des détenus vers d'autres prisons de la région. « Que l'on ajoute du personnel ou que l'on transfère des détenus, cela ne changera rien. Moins les gens s'expriment, plus ils sont agressifs. Cela a déjà commencé à Corbas », estime Jean-Marie Delarue. W
Sujet: Les prisons vont droit dans le mur Mar 15 Déc - 15:38
Les prisons vont droit dans le mur »
Les surveillants ont levé, hier, les barrages devant les prisons de l'Allier et du Puy-de-Dôme, « mais tout n'est pas réglé » : « Partout en Auvergne on se débat avec une administration de misère ».
Éric Moine eric.moine@centrefrance.com
La promesse in extremis de la ministre de la Justice de payer les heures supplémentaires d'octobre dues aux surveillants, a poussé ceux d'Aurillac et du Puy à renoncer à bloquer, hier, leurs prisons. Mais, installés avant l'aube, les barrages n'ont été levés qu'en milieu de journée devant le centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, les maisons d'arrêt de Clermont et de Riom, et le centre de détention de Riom : « On ne laissait rentrer que le pain pour ne pas en priver les détenus comme l'administration nous coupe les vivres ». Les surveillants avaient la rage au ventre, hier, sur le parking qui sépare la maison d'arrêt et la centrale de Moulins-Yzeure :
« Nous annoncer avant les fêtes qu'on ne nous paie pas nos heures supplémentaires d'octobre, c'est du pur mépris ».
Privés du droit de grève, les surveillants enrayaient le fonctionnement des prisons à l'appel national de leurs trois principaux syndicats (*) : « Partout on doit boucher les trous. L'administration nous doit 500 à 600 ? d'heures supplémentaires par mois, parce qu'on nous accumule les tâches en diminuant les effectifs. Et 500 ou 600 ?, quand vous gagnez 1.300 ?, ce n'est pas un cadeau ».
La centrale sécuritaire de Moulins-Yzeure, réservée aux détenus dangereux et\ou aux longues peines, comptait, pour plus de 120 détenus, 172 surveillants en 1995, se rappelle James Vergnaud (FO) : « On a perdu vingt postes depuis. Et les malades, les départs en retraite comme les collègues en formation ne sont pas remplacés. Il y a dix ans, on ne faisait jamais une heure supplémentaire. Aujourd'hui, on tourne à trente ou quarante par mois ».
Et ça ne suffit pas à combler : « Normalement, à la centrale, nous travaillons par équipes de vingt et un au contact des détenus. Certaines tournent à seize. Voire douze la nuit. En face, à la maison d'arrêt, pour 184 détenus, on est 80 surveillants sur les 100 postes théoriques ».
À Clermont, Jacques Juste calcule : « Il nous manque dix gars sur trente ». Pas mieux à Aurillac, résume son délégué syndical : « 15 surveillants au lieu de 21. La seule prison de France avec deux surveillants pour quarante-deux détenus la nuit ». Et au Puy, si les effectifs d'agents ne sont pas en cause, le sureffectif de détenus met le feu aux poudres : « On est monté à 95 pour 37 places. En ce moment, nous avons 49 détenus. Ce serait gérable si la moitié des cellules n'était pas en travaux? »
« On est dans une gestion au jour le jour. Dans l'affichage », insiste Younès Mellakh (Ufap-Unsa). Éric Colin (CGT) s'emporte : « Les prisons vont droit dans le mur. On se débat dans une administration de misère à force d'être le parent pauvre de la Justice ». James Vergnaud insiste : « Une centaine de nos prisons datent d'avant 14-18 et on prétend vouloir appliquer les règles pénitentiaires européennes pour les humaniser ? ! »
Des RPE qui ont du mal à franchir les murs, constatent les syndicats : « Nous étions aussi demandeurs. Mais on ne nous donne pas les moyens de les appliquer. Aujourd'hui par exemple, un condamné incarcéré en maison d'arrêt a le droit de téléphoner. Mais l'amener au téléphone, ça veut dire le faire accompagner. En journée, on doit déjà assurer la promenade des condamnés, celle de ceux qui ne sont pas encore jugés, celle de ceux qui sont à l'isolement, celle de ceux qui sont au quartier disciplinaire, celle des condamnés dans des affaires de m&oelig;urs, etc. On a même, à Moulins, deux détenus qui ont la grippe saisonnière. On leur interdit d'aller en promenade avec les autres. Donc, ça nous fait un mouvement de détenus en plus. Et les détenus ne comprennent pas qu'on leur impose ces cloisonnements, ça les rend encore plus nerveux. Ça n'arrange pas nos relations ».
Des rapports parfois explosifs, comme régulièrement à Moulins. Des détenus qui jettent leurs excréments à la figure des personnels, ou qui les frappent : « Il n'y a pas beaucoup de métiers où on risque sa peau pour 1.300 ? par mois à chaque fois qu'on ouvre une porte. Et on passe notre temps à ça, dans ce métier, ouvrir des portes ».
Michèle Alliot-Marie a rouverte la sienne in extremis, mais les syndicats de surveillants gardent le pied dans l'entrebâillement : « Le non-paiement des primes a été la goutte qui a fait déborder la hotte. Mais si on ne croit plus au Père Noël, on ne laissera pas notre administration se comporter en Père Fouettard ».
(*) FO, Ufap-Unsa et CGT.
Sujet: les pires prisons d'Europe sont françaises Mer 16 Déc - 19:20
Sujet: L'Observatoire international des prisons dénonce un fichier recensant des données personnelles sur les détenus Sam 19 Déc - 16:58
LE MONDE | 19.12.09 | 14h18 • Mis à jour le 19.12.09 | 14h18
C'est un fichier pavé de bonnes intentions. L'administration pénitentiaire a mis au point un cahier électronique de liaison (CEL), en cours de généralisation dans l'ensemble des prisons, qui recense de très nombreuses informations sur les détenus. Placé sous l'égide des règles pénitentiaires européennes pour améliorer les conditions de détention, ce cahier est destiné à favoriser "l'accueil des arrivants, le traitement des requêtes, l'accompagnement et l'orientation des détenus".
Nous publions des extraits de fiches d'observations des détenus par des surveillants :
"Détenu qui semble très à l'aise en détention, correct avec le personnel mais il est trop poli pour être honnête."
"Le détenu n'a aucune hygiène et sa cellule ressemble à une poubelle. L'odeur est insupportable et, de ce fait, les fouilles dans cette cellule sont quasiment impossibles à effectuer. C'est à se demander si ce manque d'hygiène n'est pas volontaire dans le but de dissimuler des objets illicites en détention."
"J'ai effectué la fouille à corps de ce détenu, mais j'ai dû batailler dur pour qu'il me donne son caleçon et, selon ses dires, je suis l'un des seuls à le fouiller correctement."
"Le détenu a un comportement menaçant. Ce dernier jette des regards plutôt menaçants et est impulsif. C'est un détenu dont il faut vraiment se méfier."
Le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné, vendredi 23 octobre, l'amputation des mains des voleurs, qualifiant "d'hommage au Moyen-Age"
L'Observatoire international des prisons (OIP) a saisi, vendredi 18 décembre, le Conseil d'Etat et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) à propos de ce fichier, développé sans autorisation. Pour l'OIP, il s'agit d'un fichier "tentaculaire", qui contient des "données personnelles à caractère sensible". L'OIP demande également au Conseil d'Etat l'annulation d'une note du directeur de l'administration pénitentiaire du 24 décembre 2008 qui décide du déploiement du fichier. L'administration pénitentiaire indique que le dossier sera soumis à la CNIL, début 2010.
La liste des renseignements fournis par ce fichier est très vaste : le cahier électronique de liaison recense des informations biographiques, des éléments sur la détention, sur le comportement du détenu, sa situation pénale, sa santé, ses relations familiales, etc. Sont également mentionnés des renseignements sur le nombre de visites et de correspondances reçues, les états dépressifs, la pratique du culte (à l'arrivée et son évolution en détention), les soutiens financiers extérieurs, etc. Les surveillants doivent aussi juger, en répondant par oui ou non, de critères comme la "propension à gérer un leadership par des moyens négatifs" ou l'"incapacité à gérer pacifiquement ses différends".
Une partie des renseignements sont fournis lors des commissions interdisciplinaires qui réunissent les différents intervenants de la détention (surveillants, travailleurs sociaux, psychologues, personnel médical, enseignants). Les surveillants y notent également leurs observations sur les détenus, pour signaler les plus fragiles, les risques de suicide ou de violences, mais aussi des commentaires sur leur comportement, qui relèvent, selon l'OIP, de "prises de position à l'emporte-pièce".
"C'est la déclinaison électronique des cahiers d'observations tenus par les surveillants", explique l'administration pénitentiaire. Mais ces cahiers manuscrits n'étaient pas facilement consultables. Ils sont désormais accessibles en quelques clics. "Le surveillant décide si une observation est sensible. Si elle est privée, elle ne sera consultable que par la hiérarchie", explique un représentant de l'administration pénitentiaire, qui précise que "le secret médical est respecté".
"Le dossier est en cours de validation à la CNIL", assure l'administration pénitentiaire, qui indique que le fichier fera l'objet "d'un décret en Conseil d'Etat avec avis de la CNIL". La CNIL n'a eu connaissance de l'existence de ce fichier qu'il y a quelques semaines, alors que sa généralisation a été décidée en décembre 2008.
Le CEL est le fruit d'un rapprochement entre deux logiciels développés par des surveillants dans deux établissements distincts, dont l'expérimentation s'est étendue. Un document de l'administration pénitentiaire de 2007, révélé par l'OIP, souligne des interrogations sur un logiciel, qui "n'est pas utilisable car non validé par la CNIL". L'expérimentation a pourtant été poursuivie pour donner naissance à ce nouveau fichier, déjà utilisé dans de nombreuses prisons, sans avis de la CNIL.
Sujet: Mort en silence dans une prison de Dordogne Mar 22 Déc - 15:55
COUP DE SANG - Il s’appelait Zouhir, il avait 26 ans, cinq frères et sœurs, une mère qui l’a élevé seule, il était en bonne santé, et il était détenu depuis deux ans au centre de détention de Neuvic, en Dordogne. Il est mort le 19 novembre dernier. Et depuis, plus rien. Ses proches dénoncent avec désespoir le silence d’une institution qui ne leur donne aucune explication. «Je lui ai parlé le mercredi à 17h30, raconte sa mère, il m’a dit que tout allait bien. Et le lendemain matin, à 9h, un détenu a appelé pour prévenir qu’il était décédé. La prison n’a même pas fait la démarche de nous informer. Quand j’y suis allée, je suis restée une heure devant la porte, puis on m’a expliqué que le corps avait déjà été transféré à Bordeaux pour une autopsie, c’était trop tard pour le voir».
Elle apprendra simplement que son fils a été découvert au petit matin, à plat ventre part terre, baignant dans son vomi. La dépouille lui a été remise pour l’enterrement, puis plus de nouvelles. «Ils ont ramassé un corps, on me le donne, comme ça, et c’est tout. Personne ne me parle. Je n’ai même pas eu de condoléances». Aujourd’hui, la famille réclame des réponses. Son avocat, Michel Nunez demande au parquet l’ouverture d’une information pour recherche des causes de la mort. Ce qui lui permettrait d’avoir enfin accès au dossier. Et au rapport d’autopsie.
Sujet: Toujours plus de suicides dans les prisons Mar 19 Jan - 5:29
Toujours plus de suicides dans les prisons
115 en 2009, contre 109 en 2008. Et encore 5 depuis début janvier. Dans ce domaine, la France détient un sinistre record en Europe. Loin devant l'Espagne, pourtant en situation de surpopulation carcérale.
« Ces chiffres sont dramatiques. » Hier, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a dressé le triste bilan des suicides en détention. Il s'élève à 115, contre 109 en 2008, et 93 en 2006. Si l'on y ajoute les personnes en semi-liberté, en hospitalisation ou sous bracelet électronique, on compte alors 122 suicides. Les surveillants ne sont pas épargnés : dix-sept d'entre eux se sont donné la mort.
La ministre veut croire toutefois que le plan anti-suicides, présenté l'été dernier, a été en partie efficace. Avant : 84 suicides. Après : 31. Les maisons d'arrêt sont les plus touchées (80 % des suicides). 10 % des victimes étaient de nouveaux arrivants. 15 % étaient au mitard. Méthode employée : la pendaison dans 90 % des cas.
Pierre Botton en mission
Les futures prisons françaises seront-elles moins anxiogènes ? Un programme de 5 000 places supplémentaires est en préparation. Il devra être conforme aux principes adoptés l'an dernier par la loi pénitentiaire. Taille moyenne des établissements : 600 à 700 places. Priorité aux cellules individuelles (9 m2). Du coup, moins de prisons anciennes seront fermées : 60 et non plus 83 d'ici à 2017, mais rien ne sera décidé « sans concertation avec les élus locaux ». Le programme prévoit aussi de tripler la surface des lieux dédiés à l'activité des détenus : ateliers, gymnases, stades...
Aujourd'hui, trop de détenus souffrent de troubles mentaux. Des unités hospitalières spécialement aménagées vont ouvrir. La première fin 2010 à Lyon. La seconde à Rennes en 2011. Au total, en 2017, l'administration pénitentiaire disposera de 68 000 places de détention.
La ministre a confié une mission à Pierre Botton, ex-détenu très médiatique (affaire Noir-Botton à Lyon). Il propose de nouvelles façons d'accueillir les détenus et d'éviter le choc carcéral. Prison test : la maison d'arrêt de Nanterre, déjà pionnière dans ce domaine.
Sujet: Une honte de plus pour la France Mer 20 Jan - 16:11
Par Laurent Burlet , Dalya Daoud
Posté le 20/01/2010 à 15:00 | lu 32 fois | 0 réactions |
Photos : Fabrice Caterini
Sujet: Nouvelle hausse des suicides en prison en 2009 Mar 26 Jan - 6:54
De Pascale JUILLIARD (AFP) – 18 janv. 2010
PARIS — La France, qui a le taux de suicides en prison le plus élevé d'Europe de l'Ouest, a enregistré en 2009 une nouvelle hausse du nombre de détenus ayant mis fin à leurs jours, selon les chiffres annoncés lundi par la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie.
Sujet: Plus de 115 suicides annuels Ven 29 Jan - 7:05
A l'heure des bilans comptables de l'année 2009 pour le calcul du nombre de suicides en détention, le périmètre du chiffre et du droit n'a jamais été aussi ténu.
Face aux 115 décès par autolyse en prison et au constat d'une augmentation de ces chiffres dramatiques, une comptabilité macabre est à l'origine des mesures récentes proposées par la ministre de la Justice.
Le seuil des 110 décès par suicide devait sans doute être celui au-delà duquel des mesures urgentes et efficaces devaient être prises. Triste record pour un pays de l'Europe qui porte décidément le bonnet du mauvais élève de la classe.
Contre le « choc carcéral », à l'origine de la majorité des suicides en prison (80 % d'entre eux touchent des personnes en détention provisoire et le quart se produit dans les deux premiers mois de l'incarcération), le moyen de lutte du ministère serait principalement l'encellulement individuel. Single room, mais sans programme immobilier d'envergure. Officiellement, car des prisons de 1 000 places semblent « inhumaines » pour la ministre (sic). Officieusement, car une fois encore, en matière de justice, le budget ne semble pas extensif pour nos « irresponsables » politiques de droite ou de gauche.
La taille des cellules serait si petite à l'avenir (9 m2) qu'elle empêcherait une incarcération à deux. Lorsque l'on sait aujourd'hui que certaines cellules prévues pour deux personnes sont occupées par quatre, on imagine de nouvelles perspectives et des statistiques encore croissantes...
Les propositions du docteur Louis Albrand, auteur d'un rapport récent remis à l'ancienne garde des Sceaux, seraient alors de faire supporter le coût de la détention provisoire par le budget de l'instruction et non plus par celui de l'administration pénitentiaire, au motif que les juges « y réfléchiraient à deux fois avant de mettre un prévenu en préventive, qui devient en France une manière de faire parler ! »
Entre deux maux, on pourrait choisir le pire. On comprend en effet que la détention provisoire soit encore source de toutes les tragédies judiciaires. Outreau n'est pas si loin de nous. L'arsenal législatif actuel permet pourtant de limiter considérablement, notamment en matière d'infractions délictuelles et d'atteintes aux biens, l'incarcération provisoire.
La limitation des cas de recours théoriques à la détention provisoire par des lois de procédure est totalement anéantie par les lois pénales créant de nouvelles infractions et circonstances aggravantes. Ainsi, et alors que Robert Badinter a appelé récemment à la « guérilla judiciaire » pour s'opposer aux conditions d'incarcération dans notre pays, c'est par d'autres moyens, non encore imaginés par le gouvernement, que l'on pourrait limiter les décisions de placement sous mandat de dépôt avant jugement, encore trop nombreuses aujourd'hui et sources de multiples décès qui ont vu encore récemment l'État financièrement condamné.
Parmi ces moyens, il y aurait bien mieux que l'assignation à résidence ou le bracelet électronique (en réalité rarement utilisés par nos magistrats) : ce serait la responsabilité individuelle du magistrat qui la prononce en cas de décès. Mieux aussi que le cautionnement, ou le risque quasi hypothétique pour le juge des libertés et de la détention (puisqu'il en est question) de voir réformer sa décision par la chambre de l'instruction, serait l'impossibilité pour la juridiction chargée de juger un prévenu et prononcer une sanction pénale de connaître la durée de la détention provisoire, sur laquelle elle ne pourra s'aligner a posteriori en cas de condamnation ; à moins que l'on décide enfin de prévoir une indemnisation qui serait allouée, compte tenu de sa durée excessive (et plus seulement injustifiée).
L'arme suprême à notre sens qui ne tiendrait plus seulement de la pratique de jeux de société : non seulement la durée de la détention provisoire s'imputerait sur le quantum de la peine prononcée, mais elle compterait double. Voilà un moyen d'y faire réfléchir les magistrats à deux fois avant de placer un individu en détention provisoire, sans atteindre le fondement de notre procédure pénale et imputer donc l'instruction de son budget.
M e stéphane guitard
Sujet: Deux suicides de détenus en Ile-de-France en 15 jours Dim 31 Jan - 6:55
Deux suicides de détenus en Ile-de-France en 15 jours
Prison vendredi 29 janvier 2010
Un détenu s'est suicidé à la maison d'arrêt de la Santé le 17 janvier. C'est le onzième dans les prisons françaises en 2010.
Deux détenus se sont suicidés par pendaison au cours des quinze derniers jours dans deux prisons de la région parisienne, celle de la Santé à Paris et celle de Fresnes (Val-de-Marne), a annoncé vendredi l'administration pénitentiaire (AP). Lundi, une femme d'une trentaine d'années, détenue à la maison d'arrêt de Fresnes, s'est pendue dans sa cellule. Selon l'Observatoire international des prisons (OIP), elle était poursuivie pour meurtre et venait d'être transférée de la prison de Fleury-Mérogis où elle était sous surveillance spéciale en raison de sa fragilité.
Déjà, le 17 janvier, un détenu avait mis fin à ses jours à la maison d'arrêt de la Santé, selon l'AP qui n'a pas donné davantage de précisions.
Onze suicides de détenus en 2010
Ces suicides portent à onze le nombre de détenus ayant mis fin à leurs jours dans les prisons françaises depuis le début de l'année 2010.
Le nombre des suicides en prison a augmenté en 2009, se montant à 115 contre 109 en 2008. Des chiffres que la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a qualifiés de «dramatiques».
Pendaison dans 90% des tentatives
En août 2009, la garde des Sceaux avait annoncé des mesures de prévention du suicide des détenus les plus vulnérables : généralisation de «kits de protection», matelas anti-feu, draps indéchirables, et pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, moyen utilisé dans 90 % des tentatives de suicide de détenus.
Taux le plus élevé en Europe de l'Ouest
Selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée à la mi-décembre 2009, la France détient le taux de suicides en prison le plus élevé de l'Europe de l'Ouest.
Sujet: Un homme de 34 ans qui est incarcéré à la maison d'arrêt de Coutances, dans la Manche, pour trafic de stupéfiants, a été victime d'actes de barbarie dans sa cellule, de la part de ses co-détenus. Mer 3 Fév - 16:01
Un homme de 34 ans qui est incarcéré à la maison d'arrêt de Coutances, dans la Manche, pour trafic de stupéfiants, a été victime d'actes de barbarie dans sa cellule, de la part de ses co-détenus.
Durant près de trois semaines, ce trentenaire était devenu le souffre douleur de plusieurs de ses compagnons de cellule.
Un détenu qui a subi, dans un premier temps des vexations et des brimades de la part de quatre de ses huit co-détenus.
Des vexations et brimades qui se sont transformées en actes d'une « violence extrême », de l'aveu même de l'administration pénitentiaire, précise Le Parisien.
Le 16 janvier dernier, il a été découvert par des surveillants de la prison, le corps couvert de blessures.
Selon les premiers éléments de l'enquête, ce détenu après avoir été roué de coups à de nombreuses reprises, a été brûlé aux mains et aux fesses avec une cuiller chauffée à blanc.
Cet homme a également été violé à plusieurs reprises avec des objets par quatre de ses agresseurs, révèle Le Parisien.
Pour ne pas être vu des gardiens, il était isolé dans un coin de la cellule avant de subir ces sévices, ses tortionnaires lui enfonçant un linge dans la bouche pour couvrir ses hurlements.
L'homme a été admis à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
Une source proche de l'enquête précise que la victime « présente de nombreuses plaies à la tête et des hématomes sur le visage et sur les jambes ».
« Quand il a été secouru, il souffrait également d'une fracture de la cheville. Il est aussi soigné pour de profondes brûlures ».
Un détenu qui, par peur des représailles, n'a pas voulu dénoncer ses tortionnaires.
Pour justifier ses blessures, il aurait confié qu'il avait fait « une mauvaise chute ».
L'enquête a permis d'établir qu'un détenu, âgé de 22 ans, était responsable de l'organisation de ces actes barbares.
Une enquête administrative a été déclenchée dès la découverte des faits, précise la direction de administration pénitentiaire.
Une administration qui admet que « le travail de détection de ce type de phénomène dans la prison de Coutances n'était pas aussi optimum qu'in pouvait le penser ».
Le parquet a indiqué ce mercredi, que quatre de ses compagnons de cellule ont été mis en examen. Selon François Gosselin, le procureur de la République de Coutances, les quatre mis en examen ont apparemment « mis à profit » le « profil psychologique d'une certaine fragilité » de la victime.
Sujet: Que fait un enfant de 15 ans en prison? c'est cela l'avenir qu'une société donne à ses enfants ????? Mar 9 Fév - 15:40
'adolescent qui avait tenté de se suicider mercredi à la prison de Rouen est mort samedi 6 février à l'hôpital. Il avait 15 ans. Originaire du Havre, il avait été découvert, dans la nuit de mardi à mercredi par les gardiens, pendu avec un lacet dans la douche de sa cellule. Il a été transporté à l'hôpital dans un état critique.
Le jeune avait été incarcéré le 29 janvier après avoir agressé un éducateur dans le centre éducatif fermé (CEF) de Comteville près de Dreux. Il a été placé dans ce CEF après un jugement en décembre 2009 pour plusieurs vols aggravés.
Son séjour dans cette structure de la protection judiciaire de la jeunesse s'est mal passé. Il a fait une fugue pour rejoindre sa famille. Le juge a alors révoqué son contrôle judiciaire, et il a été incarcéré pour la première fois à la prison Bonne-Nouvelle de Rouen. Aucun incident n'a été relevé pendant cette incarcération. Il réintègre le centre éducatif fermé où son retour s'est mal passé. Il est alors réincarcéré pour violence sur un éducateur.
Son retour en prison est plus tendu que son premier séjour. Dès son arrivée, il fait part de son souhait d'être hospitalisé. Deux jours après son incarcération, il avale un produit toxique et est envoyé à l'hôpital. A son retour, il revoit un médecin et participe aux activités de la prison (sport, musculation). Quelques jours après, il se pend.
Il avait fait auparavant un séjour d'un an, de juillet 2008 à juillet 2009, au centre éducatif fermé de Sainte-Gaburge. Aucun incident n'a été signalé par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pendant cette période.
"Il était connu pour être fragile et faisait l'objet de rondes de surveillance supplémentaires, mais aucun risque suicidaire le concernant n'avait été signalé. Il y a sept à dix rondes par nuit au quartier des mineurs", explique-t-on à l'administration pénitentiaire.
Les surveillants ne le voyant pas sur son lit, sont rentrés dans la cellule, où ils l'ont découvert pendu. Ils ont réussi à le ranimer, mais il est mort trois jours plus tard à l'hôpital.
Les mineurs font l'objet de mesures de surveillance et d'un plan de protection renforcés dans les prisons. Les surveillants du quartier mineur de Rouen ont suivi la formation de prévention au suicide, élaborée par le professeur de psychiatrie Jean-Louis Terra.
Le quartier des mineurs de Rouen a été rénové et ne souffre pas de surpopulation. Un jeune de 21 ans s'est cependant suicidé le 1er janvier au service médico-psychiatrique de la prison.
Les suicides de mineurs sont rares dans la population pénitentiaire. Selon l'association Ban public, il y a eu quinze suicides en détention depuis le début de l'année. En 2009, 122 personnes - dont un mineur - se sont donné la mort en prison, selon la chancellerie. En 2008, trois mineurs se sont donné la mort dans les prisons françaises, qui connaissent un des plus forts taux de suicide en Europe.
Sujet: La France, qui a enregistré en 2009 une nouvelle hausse du nombre de détenus ayant mis fin à leurs jours, a le taux de suicide en prison le plus élevé d'Europe de l'Ouest, Dim 21 Fév - 16:35
La France, qui a enregistré en 2009 une nouvelle hausse du nombre de détenus ayant mis fin à leurs jours, a le taux de suicide en prison le plus élevé d'Europe de l'Ouest, un fléau qui touche plus particulièrement les prisonniers à l'isolement et en détention provisoire comme Jean-Pierre Treiber.
Si l'on inclut les personnes en semi-liberté, en permission de sortie, en hospitalisation ou sous bracelet électronique, le nombre de suicides a atteint 122 en 2009, contre 115 en 2008, 96 en 2007 et 93 en 2006.
Parallèlement, le système carcéral français comptait au 1er janvier 2010 60.978 détenus pour seulement 54.988 places disponibles dans les quelque 200 prisons françaises. Un pic historique avait été atteint le 1er juillet 2008 avec 64.250 détenus.
Ces suicides concernent plus particulièrement les détenus placés à l'isolement comme Jean-Pierre Treiber, auteur d'une retentissante évasion en 2009. Les prisonniers placés en détention provisoire dans l'attente d'un procès constituent eux aussi une population carcérale particulièrement exposée au risque de suicide.
Qualifiant cette situation de "dramatique", le garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, avait annoncé en août 2009 une série de mesures destinées à lutter contre le suicide en prison, centrées principalement sur la prévention et la protection des détenus fragiles.
Parmi ces dispositions figurait notamment la généralisation de "kits de protection" destinés aux détenus susceptibles d'attenter à leurs jours, contenant des draps et couvertures indéchirables et des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, ainsi que des matelas anti-feu.
La Chancellerie n'était pas en mesure samedi matin de préciser si Treiber, qui faisait l'objet d'une "surveillance renforcée" avec une ronde toutes les heures, bénéficiait de ces mesures préventives.