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Timestamp: 2016-10-21 18:27:18+00:00
Document Index: 200231817

Matched Legal Cases: ['art. 172', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 317', 'art. 316', 'art. 310', 'art. 310', 'art. 157', 'art. 310', 'art. 55', 'art. 55', 'art. 272', 'art. 296', 'art. 311', 'art. 316', 'art. 8', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 52', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 310', 'art. 318', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 163', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

A.a A.________, n� en 1955, et dame A.________, n�e en 1950, se sont mari�s le 1er novembre 1991. Le couple a deux enfants: B.________, n�e en 1993, et C.________, n� en 2000.
A.b A.________, agriculteur et arboriculteur de profession, a mis un terme � ses activit�s pour des raisons m�dicales. Il demeure propri�taire de terres, qu'il a mises en location, et administre ses immeubles. Son revenu mensuel moyen, contest� par l'�pouse, a �t� arr�t� � 15'634 fr. pour des charges de 8'504 fr. 10.
Dame A.________ n'exerce aucune activit� lucrative depuis son mariage et ne r�alise aucun revenu. Ses charges se montent � 4'073 fr. 10.
Par d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale du 16 juillet 2009, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a notamment attribu� la garde des enfants au mari, laiss� � celui-ci la jouissance du domicile conjugal et fix� la contribution d'entretien due � l'�pouse � 4'000 fr.
Lors de l'audience de conciliation tenue suite � l'appel de l'�pouse, les parties ont convenu que la contribution d'entretien s'�l�verait � 5'500 fr., �tant pr�cis� que le montant �tait fix� sur la base d'une situation provisoire et qu'il pourrait �tre revu d�s le 1er janvier 2010.
C.a Le 19 octobre 2010, dame A.________ a requis la modification des mesures protectrices de l'union conjugale, r�clamant que sa pension soit arr�t�e � 15'000 fr. Son mari a conclu � �tre lib�r� du paiement de toute contribution en sa faveur.
C.b Statuant sur appels des deux �poux, la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile (ci-apr�s la Juge d�l�gu�e) a rejet� les deux recours et confirm� le jugement attaqu� par arr�t du 6 juillet 2011, notifi� le 17 ao�t 2011 aux parties.
Le 19 septembre 2011, l'�pouse interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, concluant � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que son mari soit condamn� � lui verser une contribution d'entretien mensuelle de 12'000 fr. � compter du 1er janvier 2011. Elle invoque la violation de son droit d'�tre entendu ainsi que l'application arbitraire de la loi et l'�tablissement manifestement inexact des faits.
Invit�s � se d�terminer, l'intim� a conclu au rejet du recours tandis que la Juge d�l�gu�e s'en est remise � justice apr�s avoir d�pos� des observations.
La modification du prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF (ATF 133 III 393 consid. 2). Elle est finale selon l'art. 90 LTF, d�s lors qu'elle met fin � l'instance sous l'angle proc�dural (ATF 133 III 393 consid. 4). Le recours a en outre pour objet une d�cision rendue par une autorit� cantonale de derni�re instance statuant sur recours (art. 75 LTF), dans une affaire de nature exclusivement p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 LTF, art. 74 al. 1 let. b LTF), et il a �t� interjet� dans le d�lai l�gal (art. 100 al. 1 LTF), par la partie qui a succomb� dans ses conclusions devant l'instance pr�c�dente (art. 76 al. 1 LTF), de sorte qu'il est recevable au regard de ces dispositions.
D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine un tel grief que s'il a �t� d�ment invoqu� et motiv� (art. 106 al. 2 LTF), � savoir expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Lorsque le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition; il ne saurait se contenter d'opposer son opinion � celle de la juridiction pr�c�dente, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application du droit manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 et les arr�ts cit�s). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2).
3.1 En premi�re instance, l'�pouse a propos� de calculer le revenu de son mari en se fondant sur les montants re�us et d�pens�s durant une p�riode donn�e, puis d'y int�grer les donn�es de son compte postal. La Pr�sidente du Tribunal d'arrondissement a consid�r� que cette m�thode conduisait � des r�sultats incertains, qui ne permettaient pas de d�terminer le montant du revenu de l'�poux, et qu'il �tait en cons�quence plus fiable de se fonder sur les d�clarations fiscales de celui-ci. Elle a ensuite appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent, les revenus du mari ne permettant pas de couvrir tous les postes du budget all�gu�s par les parties. Calculant le revenu de l'�poux entre 2007 et 2009, la magistrate a arr�t� un revenu moyen mensuel de 15'634 fr., fix� les charges de l'�poux et des enfants � 8'504 fr. 10 et celles de l'�pouse � 4'073 fr. 10, puis r�parti le solde disponible de 3'056 fr. 80 � raison de 40% pour l'�pouse (1'222 fr.) et de 60% pour le mari. La contribution d'entretien due � la recourante s'�levait ainsi � 5'300 fr.
3.2 La Juge d�l�gu�e a confirm� le jugement de premi�re instance � cet �gard.
La recourante se plaint avant tout du fait que la Juge d�l�gu�e n'a pas donn� suite � l'administration des diff�rentes preuves qu'elle requ�rait.
4.1 Avant d'examiner les griefs soulev�s par les parties, la Juge d�l�gu�e a consid�r� que, m�me lorsque, comme en l'esp�ce, la maxime inquisitoire �tait applicable, l'all�gation de faits et de moyens de preuve nouveaux n'�tait admise en appel qu'aux conditions de l'art. 317 al. 1 CPC. Les parties devaient en outre collaborer � l'administration des preuves et, bien que l'�pouse e�t requis l'audition des parties et de t�moins ainsi que la production de pi�ces par son mari, elle �tait en mesure de statuer sur la base de l'�tat de fait arr�t� par le premier juge, compl�t� par les pi�ces du dossier.
4.2 La recourante reproche � la Juge d�l�gu�e de ne pas avoir proc�d� � une nouvelle instruction, de ne pas avoir entendu ni les parties, ni certains t�moins et de ne pas avoir ordonn� la production de la pi�ce 58, � savoir le d�tail des montants pr�lev�s au moyen de sa carte de cr�dit en 2008 et 2009, cens� d�montrer son train de vie. Elle compare alors le d�roulement de la proc�dure sous l'ancien droit de proc�dure vaudois et sous la proc�dure civile f�d�rale actuellement en vigueur, s'�tonnant de la mani�re dont la Cour civile traite d�sormais les appels. La recourante estime ensuite que, lorsqu'une partie requiert la tenue de d�bats oraux et l'audition de t�moins, il devrait y �tre fait droit, en d�pit du large pouvoir d'appr�ciation que l'art. 316 CPC conf�re au juge. L'interrogatoire des parties qu'elle requ�rait aurait en effet permis d'expliquer les calculs qu'elle avait effectu�s pour d�terminer le revenu net de son mari, tandis que l'audition de t�moins aurait pu d�montrer que les charges aff�rentes aux immeubles �taient purement comptables et non r�elles. Quant � la pi�ce 58, elle servait � �tablir son train de vie. La recourante en conclut qu'en refusant de donner suite � ses offres de preuves, la Juge d�l�gu�e aurait viol� son droit d'�tre entendue.
4.3.1 L'appel peut �tre form� pour violation du droit (art. 310 let. a CPC) et constatation inexacte des faits (art. 310 let. b CPC). L'instance d'appel dispose ainsi d'un plein pouvoir d'examen de la cause en fait et en droit. En particulier, le juge d'appel contr�le librement l'appr�ciation des preuves effectu�e par le juge de premi�re instance (art. 157 CPC en relation avec l'art. 310 let. b CPC) et v�rifie si celui-ci pouvait admettre les faits qu'il a retenus. Que la cause soit soumise � la maxime des d�bats (art. 55 al. 1 CPC) ou, comme en mati�re de mesures protectrices de l'union conjugale, � la maxime inquisitoire (art. 55 al. 2, art. 272 et, pour le sort des enfants, art. 296 al. 1 CPC), il incombe toutefois au recourant de motiver son appel (art. 311 al. 1 CPC), c'est-�-dire de d�montrer le caract�re erron� de la motivation attaqu�e. Pour satisfaire � cette exigence, il ne lui suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulev�s en premi�re instance, ni de se livrer � des critiques toutes g�n�rales de la d�cision attaqu�e. Sa motivation doit �tre suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre ais�ment, ce qui suppose une d�signation pr�cise des passages de la d�cision que le recourant attaque et des pi�ces du dossier sur lesquelles repose sa critique.
Conform�ment � l'art. 316 al. 3 CPC, l'instance d'appel peut librement d�cider d'administrer des preuves: elle peut ainsi ordonner que des preuves administr�es en premi�re instance le soient � nouveau devant elle, faire administrer des preuves �cart�es par le tribunal de premi�re instance ou encore d�cider l'administration de toutes autres preuves. N�anmoins, cette disposition ne conf�re pas au recourant un droit � la r�ouverture de la proc�dure probatoire et � l'administration de preuves. Le droit � la preuve, comme le droit � la contre-preuve, d�coulent de l'art. 8 CC ou, dans certains cas, de l'art. 29 al. 2 Cst., dispositions qui n'excluent pas l'appr�ciation anticip�e des preuves (cf. ATF 133 III 189 consid. 5.2.2, 295 consid. 7.1; 129 III 18 consid. 2.6).
Elle peut �galement refuser une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, lorsqu'elle estime que le moyen de preuve requis ne pourrait pas fournir la preuve attendue ou ne pourrait en aucun cas pr�valoir sur les autres moyens de preuve d�j� administr�s par le tribunal de premi�re instance, � savoir lorsqu'il ne serait pas de nature � modifier le r�sultat des preuves qu'elle tient pour acquis (cf. ATF 131 III 222 consid. 4.3; 129 III 18 consid. 2.6). Le refus d'une mesure probatoire par appr�ciation anticip�e des preuves ne peut toutefois �tre remis en cause devant le Tribunal f�d�ral qu'en invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.; arr�t 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1 non publi� aux ATF 136 III 365).
En vertu du principe de la bonne foi applicable en proc�dure (art. 52 CPC), l'instance d'appel peut aussi refuser d'administrer un moyen de preuve r�guli�rement offert en premi�re instance lorsque la partie a renonc� � son administration, notamment en ne s'opposant pas � la cl�ture de la proc�dure probatoire (arr�t 5A_597/2007 du 17 avril 2008 consid. 2.3; cf. ATF 132 I 249 consid. 5; 126 I 165 consid. 3b; 116 II 379 consid. 2b).
Il n'en va pas diff�remment lorsque le proc�s est soumis � la maxime inquisitoire (art. 55 al. 2, 272 et 296 al. 1 CPC). Si le recourant reproche n�anmoins au tribunal de premi�re instance de ne pas avoir instruit la cause conform�ment � la maxime inquisitoire, en particulier lorsqu'il se plaint du fait que le tribunal n'aurait pas administr� de preuves sur tous les faits pertinents, sans s'assurer, par l'interpellation des parties, que leurs all�gu�s de fait et leurs offres de preuves �taient complets alors qu'il devait avoir des motifs objectifs d'�prouver des doutes � ce sujet - ce qui constitue une violation du droit (art. 310 let. a CPC) -, l'instance d'appel qui admet ce grief peut proc�der aux investigations n�cessaires et compl�ter l'�tat de fait; elle renoncera pourtant � proc�der elle-m�me � des v�rifications et renverra la cause au tribunal de premi�re instance lorsque l'instruction � laquelle celui-ci a proc�d� est incompl�te sur des points essentiels (art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC).
4.4.1 La recourante ne peut en l'esp�ce ignorer que, dans les causes soumises au nouveau Code de proc�dure civile, il est vain d'invoquer des r�gles de l'ancien droit cantonal ou une pratique plus souple exerc�e par les juges sous leur empire.
4.4.2 Quant � savoir si son droit � la preuve aurait �t� viol� du fait que la Juge d�l�gu�e ne l'a pas interrog�e au sujet de sa mani�re de calculer les revenus de son mari, cette question pr�suppose que la recourante �tablisse que sa m�thode de calcul e�t �t� arbitrairement �cart�e, ce qui sera examin� ci-apr�s (consid. 7.3 infra). Pour fonder ensuite la violation de son droit � la preuve li�e au refus de la Juge d�l�gu�e d'auditionner le g�rant des immeubles de son �poux ainsi qu'un repr�sentant de la fiduciaire de ce dernier afin d'expliquer le calcul de ses charges immobili�res, de m�me que leur caract�re purement comptable, la recourante se devait de d�montrer le caract�re arbitraire de l'appr�ciation des preuves et de l'appr�ciation anticip�e des preuves effectu�es par la Juge d�l�gu�e.
A supposer que l'arbitraire sur ces deux points p�t �tre �tabli, il serait encore n�cessaire, pour que la recourante puisse obtenir l'administration des moyens de preuve requis en instance d'appel, qu'elle en atteste non seulement l'offre r�guli�re en premi�re instance, mais �galement l'absence de renonciation � leur �gard. Or, cette derni�re condition n'est manifestement pas remplie en l'esp�ce: en date des 14 d�cembre 2010 et 16 f�vrier 2011, le premier juge a en effet tenu deux audiences, laissant encore aux parties la facult� de d�poser des m�moires valant plaidoiries et, cas �ch�ant, toutes pi�ces utiles; il ressort en outre du proc�s-verbal de l'audience du 16 f�vrier 2011 que la Pr�sidente devait, � r�ception, rendre en principe un prononc�, se r�servant d'aviser autrement en fonction des circonstances; enfin, dans sa plaidoirie �crite du 25 f�vrier 2011, la recourante n'a produit aucune autre pi�ce et n'a pas requis l'administration d'autres moyens de preuve, m�me si elle a certes rappel� que la pi�ce no 58 n'avait pas �t� produite.
Dans son grief d'arbitraire dans l'application de la loi et dans l'�tablissement des faits, la recourante para�t remettre en cause la m�thode du minimum vital, retenue par le premier juge et confirm�e par la Juge d�l�gu�e (consid. 6 infra). Elle conteste �galement l'estimation du revenu de son mari (consid. 7 infra).
6.1.1 La juge d�l�gu�e a confirm� l'application de la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent par une motivation peu compr�hensible: � son sens, pour pouvoir renoncer � dite m�thode, il convenait de rendre vraisemblable que les �poux avaient b�n�fici� de revenus exc�dant le montant n�cessaire � l'entretien de la vie commune et qu'ils en avaient profit�.
6.1.2 La recourante affirme que la m�thode du minimum vital serait inopportune, voire arbitraire d�s lors que les �poux b�n�ficiaient d'un train de vie important, attest� par le caract�re luxueux de la demeure familiale et par les nombreuses d�penses qu'elle effectuait. Sur ce dernier point, la recourante soutient que la Juge d�l�gu�e ne pouvait, sans arbitraire, lui reprocher de n'avoir produit aucune pi�ce pour �tablir son train de vie tout en refusant de requ�rir la production de la pi�ce no 58, pourtant d�terminante pour chiffrer ses d�penses.
6.1.3.1 Saisi d'un recours en mati�re civile au sens de l'art. 98 LTF ou d'un recours constitutionnel subsidiaire, le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e; il peut proc�der � une substitution de motifs pour autant que la nouvelle motivation, conforme � la Constitution, n'ait pas express�ment �t� r�fut�e par l'autorit� cantonale (arr�t 5A_652/2009 du 18 janvier 2010 consid. 1.4; ATF 128 III 4 consid. 4c/aa).
6.1.3.2 M�me lorsque l'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 137 III 385 consid. 3.1; ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux avaient conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux durant la vie commune (art. 163 al. 2 CC). Il doit ensuite prendre en consid�ration que le but de l'art. 163 al. 1 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Le juge doit ainsi examiner entre autres si, et dans quelle mesure, au vu de ces faits nouveaux, on peut attendre de l'�poux d�sormais d�charg� de son obligation de tenir le m�nage en raison de la suspension de la vie commune, qu'il investisse d'une autre mani�re sa force de travail ainsi lib�r�e et reprenne ou �tende son activit� lucrative, eu �gard, notamment � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�. Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune pour l'adapter � ces faits nouveaux. En revanche, le juge des mesures protectrices ne doit pas proc�der � un "mini-divorce": il ne doit pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance les questions de fond, objets du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (ATF 137 III 385 consid. 3.1 pr�cisant l'ATF 128 III 65; 5A_122/2011 du 9 juin 2011 consid. 4; 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1; 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2.3; 5A_591/2011 du 7 d�cembre 2011 consid. 4.1.1; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.1).
Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est cependant pas possible de le conserver, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257). Dans certaines circonstances, le conjoint d�biteur peut aussi devoir mettre � contribution la substance de sa fortune pour assurer le train de vie ant�rieur (ATF 134 III 581 consid. 3.3 in fine; 5P.173/2002 du 29 mai 2002 consid. 5a; 5A_771/2010 du 24 juin 2011 consid. 3.2). La m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent est par ailleurs justifi�e entre les �poux lorsque ceux-ci d�pensaient l'entier de leurs revenus et qu'ils ne r�alisaient ainsi aucune �conomie (ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
6.1.3.3 Dans la mesure o� la recourante ne conteste pas que les �poux d�pensaient l'entier de leurs revenus et qu'ils ne r�alisaient donc aucune �conomie, il est justifi� d'utiliser la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent.
6.2.1 La Juge d�l�gu�e a ensuite retenu que le train de vie �lev� all�gu� par la recourante ne pouvait �tre calcul� en se fondant sur la base des d�penses importantes qu'elle aurait effectu�es en 2008 et 2009 au moyen de sa carte de cr�dit et qu'elle pr�tendait prouver par la production de la pi�ce no 58. D�s lors que l'int�ress�e n'avait pas indiqu� � quelle fin ces pr�l�vements avaient �t� op�r�s et que son mari soutenait qu'ils avaient �t� effectu�s de mani�re exorbitante, l'emp�chant d'assumer les dettes courantes, la magistrate en a en effet d�duit que cet �l�ment de preuve n'�tait pas d�terminant.
6.2.2 La recourante se borne � r�affirmer l'existence de ces d�penses et � requ�rir la production de la pi�ce no 58, cens�e d�tailler les montants pr�lev�s par sa carte de cr�dit en 2008 et 2009. Elle soutient �galement que les pi�ces du dossier ne prouvent pas que les montants pr�lev�s auraient �t� exorbitants et n'auraient pas permis le paiement des dettes courantes. Par cette critique, la recourante ne d�montre toutefois nullement l'arbitraire de l'appr�ciation des preuves effectu�e par la Juge d�l�gu�e (consid. supra 4.3.2 et 2).
Au demeurant, si, en l'esp�ce, les d�penses du couple exc�daient les revenus du mari ou que ceux-ci avaient baiss� depuis 2009, ou encore qu'en raison de l'existence de deux m�nages s�par�s, les frais d'entretien avaient augment�, la recourante ne peut pr�tendre au maintien d'un train de vie ant�rieur non couvert pas les revenus, mais uniquement au m�me train de vie que son conjoint (cf. consid. supra 6.1.3.2); or, la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent permet pr�cis�ment de garantir cette �galit�, une fois le revenu du mari d�termin� (consid. infra 7).
C'est en revanche � juste titre que la recourante soutient que ses charges actuelles de 5'565 fr. 60, de m�me que son studio de 50 m2 ne sont pas d�cisifs pour d�terminer sa contribution d'entretien. La question de savoir si elle a suffisamment all�gu� un train de vie �lev� devient cependant sans objet en tant qu'elle a droit au m�me train de vie que son conjoint, ce que lui garantit un calcul selon la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent.
Reste encore � d�terminer le revenu r�alis� par le mari.
7.1 La Juge d�l�gu�e a confirm� le montant du revenu retenu en premi�re instance en se fondant sur les loyers per�us par l'intim� pour la location de ses immeubles. Selon la d�claration fiscale 2009 du mari, ses revenus locatifs bruts se chiffraient � 782'561 fr., montant dont il convenait de d�duire 12'762 fr. de droit d'habitation, 392'228 fr. de frais d'entretien et investissements divers ainsi que 244'351 fr. d'int�r�ts hypoth�caires. La magistrate a jug� que le montant des charges d'entretien d�clar� fiscalement n'�tait pas exorbitant et qu'il ne r�v�lait pas n�cessairement une situation fiscale arrang�e, ni que le mari r�aliserait un revenu sup�rieur. La d�termination de son solde mensuel disponible en se fondant, comme le proposait la recourante, sur la base des relev�s de ses comptes, aboutirait en revanche � des r�sultats incertains.
7.2 La recourante reproche � la Juge d�l�gu�e de ne pas avoir recherch� quelles �taient les charges r�elles des immeubles, et d'avoir admis le montant des frais d'entretien indiqu� dans la d�claration fiscale, se pr�valant � cet �gard de l'arr�t 5A_318/2009. La recourante se plaint �galement de ce que la Juge d�l�gu�e n'a convoqu� ni l'expert comptable qui a �tabli les comptes, ni le g�rant des immeubles pour d�terminer les charges r�elles de ceux-ci. Il n'est selon elle pas possible d'admettre des revenus d'immeubles de 782'561 fr. et des frais d'entretien de 392'228 fr. La recourante affirme enfin que, pour fixer la pension en 2011, il conviendrait de se fonder sur les revenus per�us par son �poux en 2011, voire 2010, plut�t que sur ceux gagn�s en 2009.
7.3 Les griefs li�s � l'appr�ciation anticip�e des preuves effectu�e par la Juge d�l�gu�e ont d'ores et d�j� �t� scell�s (consid. supra 4.4.2), de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. En tant que la recourante affirme que seuls les revenus de 2011, voire 2010, seraient pertinents pour calculer la contribution d'entretien, sa critique est irrecevable (consid. 2 supra) d�s lors qu'elle ne d�montre nullement que ces revenus seraient diff�rents des revenus per�us en 2009 et retenus comme base de calcul par les juges cantonaux successifs.
La critique li�e au montant aff�rant aux charges r�elles de l'immeuble est en revanche fond�e. Comme le Tribunal f�d�ral l'a admis dans l'arr�t invoqu� par la recourante, il est arbitraire de porter en d�duction des frais d'entretien comprenant des frais extraordinaires de r�novation ou de plus-value, la taxation fiscale qui admet de tels frais ayant certes valeur d'indice mais n'�tant pas d�terminante (arr�t 5A_318/2009 consid. 3.3). Il y a ainsi en l'esp�ce application arbitraire du droit f�d�ral � d�duire des revenus immobiliers l'int�gralit� des frais d'entretien qui figurent au demeurant non pas dans la d�cision de taxation du recourant mais dans sa d�claration fiscale � titre de "frais d'entretien d'immeubles priv�s et investissements destin�s � �conomiser l'�nergie et � m�nager l'environnement", sans examen plus pr�cis quant � la nature desdits investissements.
Il sied enfin de relever que, dans sa d�claration fiscale 2009, l'�poux a indiqu�, en sus de ses revenus locatifs, un revenu personnel de 52'060 fr., revenu dont il ne para�t pas avoir �t� tenu compte et qu'il conviendra n�anmoins de prendre en consid�ration.
7.4 En conclusion, s'il est l�gitime de ne pas se baser sur des pr�l�vements effectu�s par l'�pouse en 2008 et 2009, et de ne pas compl�ter l'administration des preuves, il est en revanche arbitraire, au vu de la d�claration fiscale du mari, de se fonder sur un revenu de 15'634 fr.
Le recours est partiellement admis, dans la mesure o� il est recevable et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision. Les frais judiciaires sont r�partis entre les parties � raison de la moiti� chacune (art. 66 al.1 LTF), tandis que les d�pens sont compens�s (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable, l'arr�t attaqu� est annul� et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis pour moiti� � la charge de la recourante et pour moiti� � la charge de l'intim�.