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Timestamp: 2019-10-21 03:25:58+00:00
Document Index: 178186942

Matched Legal Cases: ['art. 99', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 99', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'arrêt ', 'art. 17', 'art. 66', 'art. 68']

5A_124/2016 17.08.2016
5A_124/2016
Arrêt du 17 août 2016
Par jugement du 14 juin 2013, le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève a condamné A.________ à verser à B.________ plusieurs montants totalisant xxxxx fr., en exécution du contrat de travail les ayant liés. Aucun recours n'a été interjeté.
Le 2 août 2014, à la requête de B.________, l'Office des poursuites du canton de Genève a notifié à A.________ un commandement de payer (poursuite n o xxxxx) fondé sur le jugement précité. La poursuivie n'a pas formé opposition.
Il s'en est suivi un échange de courriers entre la débitrice poursuivie et ses représentants, le créancier poursuivant et l'Office sur la saisissabilité des avoirs bancaires visés, notamment du compte n o yyyyy, la première faisant valoir son immunité diplomatique.
Par écriture du 15 février 2016, A.________ exerce un recours en matière civile au Tribunal fédéral. Elle conclut à ce qu'il soit constaté que " toute saisie opérée [...] sur les comptes no yyyyy et no zzzzz [...] viole l'ordre public ", à ce qu'il soit dit que " l'avis de saisie et la décision rendus le 30 septembre 2015 [...] sont nuls et de nul effet " et à ce que ladite saisie soit levée " immédiatement ", sous suite de frais et dépens.
Par ordonnance du 7 mars 2016, le Président de la II e Cour de droit civil a accordé l'effet suspensif au recours.
L'avis au tiers débiteur de l'art. 99 LP suppose une saisie valablement exécutée (ATF 134 III 177 consid. 3.3). Pour pouvoir procéder à la saisie, l'office est toutefois tenu de faire les investigations nécessaires auprès des tiers qui détiennent des biens appartenant au débiteur poursuivi; il ne peut en effet exécuter valablement la saisie qu'après avoir reçu de la sorte les renseignements lui permettant d'individualiser de manière suffisante les biens à mettre sous main de justice. Ces démarches pouvant prendre un certain temps, la jurisprudence a admis que l'office peut, si les circonstances l'exigent et à certaines conditions, préparer la saisie et sauvegarder les intérêts du créancier par une mesure conservatoire bloquant de manière globale les actifs du débiteur détenus par certains, l'exécution de la saisie et l'avis au débiteur (art. 90 LP) intervenant dès l'obtention des informations permettant d'individualiser les actifs du débiteur en mains de tiers. La mesure de sûreté ainsi prise, avant même que le poursuivi n'ait été avisé de la saisie, l'est à titre de mesures provisionnelles (ATF 115 III 41 consid. 2; 107 III 67 consid. 2; ANDRÉ A. LEBRECHT, in Basler Kommentar, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs I, Art. 1-158 SchKG, 2e éd., 2010, no 9 ad art. 99 LP; NICOLAS DE GOTTRAU, in Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n o 9 ad art. 99 LP).
D'un autre côté, la décision du 30 septembre 2015 de maintenir cette saisie provisionnelle ne saurait être considérée comme une nouvelle décision indépendante. Il n'appert pas qu'il y ait eu des éléments nouveaux de nature à modifier l'appréciation antérieure de l'office (ATF 35 I 208 consid. 1; cf. par exemple: ATF 133 II 580). A cet égard, la question de l'immunité d'exécution ne saurait être qualifiée de circonstance nouvelle, la qualité d'Etat étranger de la débitrice poursuivie étant connue de l'office qui avait déjà vu une de ses décisions être contestée sous l'angle de l'immunité de juridiction. La décision du 30 septembre 2015 n'apparaît que comme la simple confirmation d'une décision déjà prise antérieurement, à savoir de la saisie ordonnée à titre provisionnel le 18 août 2015. Or, selon la jurisprudence, une décision de l'office refusant de revenir sur une mesure prise antérieurement par lui n'est pas le point de départ d'un nouveau délai de plainte et ne constitue pas une nouvelle décision susceptible de plainte (ATF 29 I 233 consid. 2; 113 III 26 consid. 1; arrêt 7B.72/1998 du 24 avril 1998 consid. 1; LORANDI, Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit, Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, 2000, n os 48, 54 et 326 ad art. 17 LP). Il en découle que la " décision " du 30 septembre 2015 ne pouvait faire l'objet d'une plainte, laquelle aurait dû être déposée, en temps utile, contre l'avis du 18 août 2015.
Vu ce qui précède, la recourante, qui succombe, supportera les frais de la procédure (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimé qui ne s'est pas déterminé sur la requête d'effet suspensif et a renoncé à répondre au recours (art. 68 al. 1 et 2 LTF).