Source: https://studylibfr.com/doc/10052441/ed941
Timestamp: 2020-03-31 17:10:56+00:00
Document Index: 52888321

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art.2', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 17", "l'article 233", "l'article 5", "l'article 170", "l'article 2", 'arrêt ', "l'article 3", "l'article 3"]

ed941
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d’entreprises extérieures
Aide-mémoire pour la prévention des risques
ED 941
Ce document a été rédigé à partir des travaux effectués par
des Caisses régionales d'assurance maladie et par l'INRS.
I. Objectifs du document. Définitions
II. Oganisation de la sécurité lors de la préparation
et de suivi de l’opération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Les différentes étapes préalables à l’opération ............. 7
L’appel d’offres et la commande .................................... 7
Réunion et visite préalables ........................................... 7
Le plan de prévention .................................................... 8
Le protocole de sécurité ................................................ 8
La formation du personnel ............................................. 9
L’information du personnel ............................................. 9
Suivi des interventions ................................................... 9
Le plan de prévention et le document unique (DU) ..... 10
III. Exemple d’un plan de prévention et exemples de
travaux occasionnant des risques d’interférence . . . . 11
IV. Exemple d’un protocole de sécurité . . . . . . . . . . . . . . . 21
V. Interventions d’entreprises extérieures
Aperçu jurisprudentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
VI. Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Annexe 1. Exemple de permis de feu .............................. 38
Annexe 2. Exemple d’attestation de consignation ........... 39
Annexe 3. Articles R. 4511-1 à R. 4514-10 du code
du travail : synthèse et texte intégral .............. 40
Annexe 4. Liste des travaux pour lesquels il est
établi un plan de prévention, sans
considération de durée ................................... 57
Annexe 5. Dispositions spécifiques aux opérations
de chargement ou de déchargement ............. 59
Annexe 6. Interventions d’entreprises extérieures et
coordination SPS : champ d’application ......... 61
Annexe 7. Principales dispositions relatives
à l’intervention d’entreprises extérieures :
partie législative .............................................. 63
Annexe 8. Principales dispositions relatives
à l’intervention d’entreprises extérieures
dans des installations classées de type
Seveso « seuil haut » ...................................... 72
I. Objectifs du document
Travailler chez les autres, dans des locaux inconnus, où sont exercées
des activités souvent étrangères aux siennes entraîne des risques supplémentaires.
- En l'absence de consignes précises, une entreprise de chaudronnerie
effectue une soudure sur un réservoir contenant un liquide inflammable
et provoque une explosion.
- Un ouvrier d'une entreprise de nettoyage est grièvement blessé par la
mise en route intempestive d'un convoyeur qui n'était pas consigné.
D'après les études réalisées sur ce sujet, sur 100 victimes d'accidents
mortels, 15 appartiennent à des entreprises effectuant des travaux dans
des entreprises utilisatrices.
C'est pourquoi une concertation préalable au déroulement des travaux
effectués par des entreprises extérieures et un suivi spécifique sont
nécessaires. Il s'agit de prévenir les risques liés à l'interférence entre les
activités, les installations, les matériels des différentes entreprises présentes sur les mêmes lieux de travail. Cette prévention présente de nombreux avantages pour les entreprises concernées : diminution du risque
d'accidents de personnes, d'accidents matériels (qui peuvent être très
coûteux), image de marque (en cas d'accident grave, les médias parlent
souvent de l'entreprise utilisatrice).
Cette brochure vise à aider les entreprises à organiser la sécurité lors de
la préparation et du suivi de travaux effectués par des entreprises extérieures et à permettre d'établir un plan de prévention.
Son objet essentiel est ainsi de présenter les obligations résultant des
articles R. 4511-1 à R. 4514-10.
Néanmoins, un rappel succinct des dispositions introduites par la loi
2003-699 du 30 juillet 2003 relatives à la prévention des risques technologiques et concernant l'intervention d'entreprises extérieures dans les
établissements comportant au moins une installation classée figurant sur
la liste visée à l'article L. 515-8 du code de l'environnement (installations
classées de type Seveso II « seuil haut ») est présenté pour mémoire en
Cette brochure n'aborde pas la prévention des risques lors d'opérations
de bâtiment ou de génie civil faisant l'objet d'un chantier clos et indépendant ; cette question fait l'objet de prescriptions spécifiques définies aux
articles L. 4531-1 à L. 4535-1 et R. 4532-1 à R. 4535-10 du code du travail. Pour la prévention des risques lors de telles opérations, on pourra
utilement se reporter aux documents ED 790, ED 829 et ED 884 publiés
par l'INRS.
Par ailleurs, il convient de noter que le personnel intérimaire est placé sous
la responsabilité de l'entreprise qui l'emploie : d'autres documents et une
réglementation distincte traitent de ces aspects (voir, notamment, Tj 21).
Enfin, il convient de rappeler que le respect des dispositions relatives à
l'intervention d'entreprises extérieures dans les entreprises utilisatrices
ne dispense pas les chefs d'établissement de veiller au strict respect de
toutes les autres prescriptions d'hygiène et de sécurité prévues par le
code du travail, chacun en ce qui le concerne et pour son propre
Les articles R. 4511-1 et suivants viennent en complément pour aider à
la prévention des risques spécifiques liés aux interférences entre les
activités, les installations et les matériels des différentes entreprises présentes en un même lieu de travail.
À noter : le lecteur pourra utilement se reporter à la Recommandation
429 de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs
salariés (CNAMTS) relative aux recours aux entreprises extérieures
(www.cnamts.fr).
Définition de quelques termes utilisés dans les articles R. 4511-1 et
Opération : une ou plusieurs prestations de services ou de travaux réalisés par une ou plusieurs entreprises afin de concourir à un même objectif.
Entreprise utilisatrice : (abréviation EU) entreprise qui utilise les services
d'entreprises extérieures.
Entreprise extérieure : (abréviation EE) entreprise qui effectue des travaux ou des prestations de service dans l'enceinte d'une entreprise utilisatrice.
Entreprise sous-traitante : entreprise extérieure qui effectue des prestations au profit d'une autre entreprise extérieure sur le site de l'entreprise
Risques d'interférence : risques supplémentaires s'ajoutant aux risques
propres à l'activité de chaque entreprise et s'expliquant par la présence
d'installations, de matériels et d'activités de différentes entreprises sur un
même lieu de travail.
II. Organisation de la sécurité
lors de la préparation et du suivi de l'opération
1. Les différentes étapes préalables à l'opération
Pour être efficace la prévention doit être pensée en même temps que la
préparation des travaux à effectuer par les entreprises extérieures.
L'initiative est à prendre par l'EU aux différentes étapes préalables à
- Appel d'offres et commande.
- Réunion et visite préalables.
- Etablissement du plan de prévention.
- Information des salariés sur les risques et mesures prises et accueil
dans l'EU.
- Suivi des interventions.
2. L'appel d'offres et la commande
Ces documents doivent être le plus précis possible en ce qui concerne
l'organisation de l'opération, les matériels et outillages à utiliser, les
locaux et emplacements utilisables par les entreprises extérieures. En
effet, ces dispositions influent sur les sommes à engager pour réaliser les
- emplacements proposés aux entreprises extérieures pour leurs installations de chantier, le stockage des matériels et véhicules,
- locaux sociaux disponibles ou à mettre en place (vestiaires, sanitaires,
restauration collective...),
- installations et équipements utilisables par les entreprises extérieures
(fourniture d'énergies, accès aux réseaux...),
- voies d'accès dans l'enceinte de l'entreprise utilisatrice.
3. Réunion et visite préalables
Réunion et visite (EU - EE) se font à l'initiative du responsable EU avec
l'information des partenaires concernés (médecins du travail EU - EE,
CHSCT EU - EE) et leur participation éventuelle.
Il s'agit d'organiser et de coordonner les différents travaux, notamment :
- définir les tâches à effectuer, leur déroulement dans le temps, en précisant leur attribution (qui fait quoi), l'organisation du commandement, les
coordinations à assurer entre les services de l'EU et des EE,
- vérifier qu'aucun salarié ne travaillera isolément en un point où il ne
pourrait pas être secouru à bref délai en cas d'accident,
- repérer les risques d'interférence et décider des mesures à mettre en
œuvre ; le tableau page 17 peut aider à cette détection des risques qui
est souvent difficile à réaliser,
- étendre le modèle de la prévention au delà des seuls risques d'interférence en prenant en compte les risques apportés par l'EU et les risques
apportés par l'EE, par exemple le risque de chute de plain-pied sur sol
glissant pour le personnel de l'EU, le risque de circulation pour le personnel de l'EE du fait du stationnement de matériel et véhicules de
l'EU…
- préciser les consignes propres à l'EU et s'appliquant à l'opération dont
le permis de feu (voir annexe 1), l'attestation de consignation (voir
annexe 2), les règles de circulation, procédures d'alerte...
- préciser le cas échéant, les conditions de fourniture de matériels (par
l'EU) et de participation de personnes de l'EU à l'opération,
- préciser les dispositions prises concernant les locaux et emplacements
pour le stockage des matériels et le stationnement des véhicules des
- préciser les dispositions prises concernant les installations sanitaires,
vestiaires et locaux de restauration,
- répertorier avec les médecins du travail les postes susceptibles de relever d'une surveillance médicale particulière.
Grâce à l'ensemble des informations recueillies, le plan de prévention
sera arrêté en commun par le chef de l'EU et de(s) EE(s).
Lorsque l'opération envisagée est une opération de chargement ou de
déchargement, en lieu et place du plan de prévention, sera établi un
protocole de sécurité.
4. Le plan de prévention
Un exemple de plan de prévention est présenté page 11. Il comprend
cinq parties :
- les renseignements relatifs à l'opération et aux entreprises utilisatrice et
extérieure(s) ;
- l'organisation des secours, les qualifications requises par les salariés,
les moyens mis à disposition ;
- les mesures de prévention ;
- les moyens mis en place pour le suivi du plan de prévention, sa réactualisation et son application effective sur le terrain.
5. Le protocole de sécurité : le cas particulier des
opérations de chargement et de déchargement
Les articles R. 4515-1 à R. 4515-11 du code du travail (voir en annexe 5)
prévoient certaines dispositions relatives à l’intervention d’une E dans
une EU – ici dite « entreprise d’accueil » – pour mieux prendre en compte
les spécificités des opérations de chargement ou de déchargement.
Il s’agit de l’activité consistant à mettre en place ou à enlever sur ou dans
un engin de transport routier, de produits, fonds et valeurs, matériels ou
engins, déchets, objets et matériaux de quelque nature que ce soit.
Ces opérations de livraison prennent un caractère répétitif dès lors
qu’elles portent sur des produits ou substances de même nature et
qu’elles sont accomplies sur les mêmes emplacements, selon le même
mode opératoire, et qu’elles mettent en œuvre les mêmes types de véhicules et de matériels de manutention.
En matière d’opération de chargement et de déchargement, au lieu d’un
plan de prévention, l’élaboration du document écrit est un « protocole de
sécurité ». Ce protocole prend en compte le caractère répétitif ou non des
opérations de livraison concernées et le fait qu’elles sont effectuées par
un prestataire connu, ou non, à l’avance.
Par ailleurs, l’article R. 4515-11 prévoit qu’un exemplaire de chaque
protocole, daté et signé, est tenu à la disposition, par les chefs d’entreprises concernés, des CHSCT de chacune des entreprises et de l’inspection du travail.
Un exemple de protocole de sécurité est proposé page 21.
6. La formation du personnel
Chaque entreprise doit veiller à ce que son personnel ait reçu une formation adaptée aux missions qui lui sont confiées.
A cet égard, on rappellera que l’article L. 4141-2 du code du travail
prévoit que tout établissement doit organiser une formation pratique et
appropriée en matière de sécurité pour les salariés, au moment de leur
embauche comme à l’occasion d’un changement de poste ou de
technique. En outre et eu égard à la spécificité de leur contrat de travail,
l’article L. 4142-2 précise qu’une formation renforcée en matière de sécurité doit être dispensée aux salariés sous contrat à durée déterminée ou
sous contrat de travail temporaire dès lors qu’ils sont affectés à des
postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité.
7. L'information du personnel
Chaque entreprise informe son personnel.
L'information du personnel des entreprises extérieures est particulièrement important : risques et mesures de prévention, délimitation de la
zone de travail, repérage des zones dangereuses, voies d'accès, protections collectives et individuelles (y compris le mode d'utilisation) et qui
prévenir en cas de problème technique et accident...
Il faut prévoir également l'accueil des salariés des entreprises extérieures
le jour de leur arrivée.
8. Suivi des interventions
Ce suivi consiste :
- à s'assurer que les mesures décidées dans le cadre du plan de prévention sont effectivement exécutées ;
- à décider de mesures nouvelles lorsque des changements interviennent
dans le déroulement des travaux (nouveaux salariés sur le site, travaux
supplémentaires non prévus initialement...).
C'est le chef de l'EU qui organise la coordination pendant le déroulement
de l'opération (réunions et inspections).
9. Le plan de prévention et le document unique (DU)
Le plan de prévention est complémentaire du document unique prévu par
l’article R. 4121-1 du code du travail. Si les documents uniques de l'EE et
de l'EU doivent contenir l'évaluation des risques liés aux métiers et aux
activités qui leur sont propres, le plan de prévention est, quant à lui, fondé
sur les résultats de l'analyse en commun (EE + EU) des risques pouvant
résulter de l'interférence entre les activités, les installations, les matériels
et définit les mesures de protection à prendre.
Il est à noter à ce propos que la circulaire n°6 du 18 avril 2002 publiée
pour préciser les modalités d'application du décret n°2001-1016 situe la
prise en compte du risque d'interférence comme relevant, non du DU,
mais du plan de prévention.
Néanmoins, en pratique, le DU pourra éventuellement, lors de la réunion
et visite préalables - et en dehors toute obligation incombant à l'EU - ,
constituer une source d'informations parfois utile à l'élaboration du plan
de prévention. Le DU pourra parfois s'instruire aussi, notamment lors de
sa réactualisation annuelle, du retour d'expérience issu de la mise en
œuvre du plan de prévention.
III. Exemple de plan de prévention
et exemples de travaux occasionnant des risques d’interférence
art. R. 4511-1 à R. 4514-10 du code du travail
Exemples de travaux occasionnant des risques d'interférence et de mesures de prévention
La liste suivante n'est pas exhaustive. Il ne s'agit que d'exemples qui
sont tirés de la connaissance de nombreux accidents survenant lors
d'interventions d'EE. En particulier, les risques spécifiques à certaines
EU (risques d'intoxication, d'explosion, de rayonnements,...) ne sont pas
traités ci-après. Il faut rappeler que la première mesure de prévention
consiste à choisir des méthodes, matériels et procédés susceptibles
d'éviter ou de réduire des risques liés aux interférences.
occasionnant des
risques d'interférence
1. Dans un regard,
dans une fosse,
creusement d'une
tranchée...
• Baliser par barrières fixes,
visibles de jour comme de
• S'assurer que
l'atmosphère n'est ni
toxique, ni explosive ;
• Ventiler si nécessaire ;
• S'assurer qu'aucun
n'entrave le percement de
la tranchée (câbles
électriques, canalisations).
2. Nécessitant
matériels qui
empiètent sur la
circulation au sol :
• Baliser par barrières
• Interdire la circulation de
l'EU dans les allées et
zones utilisées par les EE ;
• Prévoir les interventions à
des plages horaires
3. Au-dessus d'une
zone de travail de
l'EU.
• Protéger par bâches ou
filets de protection pour
éviter les chutes d'objets ;
• Eviter que le personnel
EU soit dans la zone de
travail au même moment
que l'EE.
4. A proximité de fils
électriques nus
(lignes aériennes,
trolleys...).
• Consigner l'installation
(voir annexe 2) ;
• Protéger par gaines
5. Nécessitant le
soudage ou le
découpage à l'arc
ou oxyacétylénique.
• Etablir un permis de feu et
se conformer aux
prescriptions indiquées sur
celui-ci (voir annexe 1) ;
• Se munir d'extincteurs ;
• Placer en permanence un
pompier (ou surveillant)
muni d'extincteurs.
6. Nécessitant des
(ou autres sources
d'énergie, par
exemple air
comprimé).
• Prévoir une coordination
particulière sur ce point
entre EU et EE ;
• Vérifier la compatibilité
entre les puissances
demandées et les
puissances disponibles et
la compatibilité des
• Prévoir l'utilisation de
correctement calibrés.
7. A l'intérieur de
volumes creux
ayant contenu des
gaz ou des liquides
• Etablir pour chaque travail
un mode opératoire et une
autorisation de pénétrer ;
• Dégazer le récipient ;
• Faire procéder à un
contrôle d'atmosphère ;
• Ne jamais laisser un
opérateur seul.
8. Nécessitant de
circuler sur toiture
en matériaux
fragiles et faux
• Baliser et interdire la
circulation dans la zone
située l'aplomb ;
• Utiliser des dispositifs
évitant de marcher
directement sur les
plaques translucides, les
plaques en fibrociment, les
verrières et faux plafonds ;
• Mettre en place des filets
9. Nécessitant des
proximité des
mécanisés ou
(voir annexe 2).
10. Circulation des
véhicules de l'EE
(camions, grues...).
• Installer des gabarits de
hauteur à proximité des
lignes électriques, des
tuyauteries, ou de tout
autre obstacle se trouvant
sur le passage :
• Respecter le plan
circulation (vitesse, voies
à emprunter, zones de
stationnement...) ;
• Pour les transporteurs,
prévoir l'accueil...
11. Nécessitant une
intervention sur ou
à proximité d'un
dispositif ou d'un
matériau en
amiante ou
contenant de
• Baliser la zone pour en
interdire l'accès ;
• S'équiper d'une
combinaison jetable et
d'un appareil de protection
respiratoire à filtre P3 ;
• Limiter les émissions de
- en humidifiant le
- en choisissant des outils
qui ne créent pas de
- en protégeant la zone
avec des bâches en
matière plastique ;
• Nettoyer à l'eau ou avec
un aspirateur spécial pour
l'amiante (filtre à très
haute efficacité). N'utiliser
ni balai, ni soufflette, ni
aspirateur ordinaire.
IV. Exemple de protocole de sécurité
concernant l'opération de chargement - déchargement
V. Interventions d’entreprises
Aperçu jurisprudentiel
Au delà de sa seule lecture, l'appropriation d'un texte passe aussi par la
connaissance de la jurisprudence qu'il génère et qui constitue une véritable illustration par l'exemple des exigences réglementaires.
Pour cet aperçu jurisprudentiel, ont été analysés tous les arrêts de la
Chambre criminelle de la Cour de cassation, rendus entre 1998 et 2003
et concernant l'interventions d'entreprises extérieures dans des entreprises utilisatrices.
Sur la quarantaine d'arrêts étudiés, n’ont été retenus que ceux qui apportent un éclairage particulier sur les articles R. 237-1 et suivants du code
du travail (devenus R. 4511-1 et suivants).
Bien sûr, toutes les dispositions relatives à la prévention de ces risques
d'interférence n'ont pas fait l'objet d'une jurisprudence récente et il n'est
pas possible de présenter un arrêt en regard de chacun des articles du
1 - Champ d'application des dispositions
Art. R. 4511-1. - Les dispositions du présent titre s'appliquent au chef de l'entreprise utilisatrice et au chef de l'entreprise extérieure lorsqu'une entreprise extérieure
fait intervenir des travailleurs pour exécuter ou participer à l'exécution d'une opération, quelle que soit sa nature, dans un établissement d'une entreprise utilisatrice, y
compris dans ses dépendances ou chantiers.
Art. R. 4511-2. - Les dispositions du présent titre ne s'appliquent pas aux travaux
relatifs à la construction et à la réparation navale.
Art. R. 4511-3, alinéa 1er. - Les dispositions du présent titre ne s'appliquent pas aux
chantiers de bâtiment ou de génie civil soumis à l'obligation de coordination prévue
à l'article L. 4532-2, ni aux autres chantiers clos et indépendants.
Art. R. 4511-4. - On entend par opération, au sens du présent titre, les travaux ou
prestations de services réalisés par une ou plusieurs entreprises afin de concourir à
Ces articles définissent le champ d’application des dispositions.
Sont visées les situations où l'entreprise extérieure intervient dans un
établissement d'une entreprise utilisatrice ou dans ses dépendances ou
La notion d'établissement s'entend ici en terme d'unité de lieu, nonobstant la
qualité d'établissement juridiquement distinct ou non du lieu de l'intervention.
De même, les interventions dans les dépendances ou chantiers de
l'entreprise, c'est à dire dans les lieux placés sous la responsabilité du
chef de l'entreprise utilisatrice, seront soumises à ces dispositions ; la
Chambre criminelle de la Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler
ce point à plusieurs reprises.
Ainsi, par exemple, à l'occasion d'une livraison de graviers dans une station d'épuration, un salarié d'une entreprise extérieure avait été victime
d'un accident mortel, lorsque la benne de son camion, restée levée, avait
heurté une ligne électrique. Dans cette affaire, il est reproché aux deux
chefs d'établissement concernés d'avoir écarté l'application des dispositions des articles R. 237-1 et suivants (devenus les articles R. 4511-1 et
suivants), considérant que la livraison intervenait sur une parcelle distincte, constituant un chantier clos et indépendant, expressément exclu
du champs d'application de ces dispositions.
Confirmant l'analyse de la Cour d'appel, la Cour de cassation souligne que,
dans le cas d'espèce, le salarié de l'entreprise extérieure intervient pour
l'exécution d'une opération sur le terrain de l'entreprise utilisatrice, dans
des lieux où s'exercent les activités tant de l'entreprise utilisatrice qu'intervenante et susceptibles de présenter des dangers pour la sécurité eu égard
à la nature des installations (Cass. crim., 30 avril 2002, n°01-85.652).
A contrario, dans une autre affaire, la Cour de cassation écarte l'application
des articles R. 237-1 et suivants (devenus les articles R. 4511-1 et suivants)
lors de travaux d'élagage d'arbres, le long d'une route départementale.
Dans cette espèce, un salarié d'une entreprise, occupé à élaguer des
arbres bordant une route départementale, à proximité de lignes électriques à moyenne tension, a été blessé par électrocution. La société
exploitant le réseau électrique et son dirigeant sont notamment poursuivis, pour avoir omis d'établir le plan de prévention exigé par l'article
R. 237-8 (R. 4512-7 nouveau) du code du travail.
La cour ne retient cependant pas l'infraction aux dispositions de l'article
R. 237-8 (R. 4512-7 nouveau du code du travail), considérant que ces
dispositions ne peuvent recevoir application puisque les travaux n'ont pas
été effectués dans un établissement de cette société, ou dans ses dépendances ou chantiers, au sens de l'article R. 237-1 du code (devenu
R. 4511-1 à R. 4511-4 du code du travail) (Cass. crim., 24 septembre
2002, n°01-86.706).
Situations expressément exclues
Sont expressément exclus du champ d'application des articles R. 237-1
et suivants du code du travail (R. 4511-1 et suivants) :
- les chantiers du bâtiment et de génie civil visés à l'article L. 235-3
(devenu L. 4532-2) pour lesquels une coordination est organisée,
conformément aux prescriptions des articles L. 235-1 et suivants (devenus L. 4531-1 et suivants) et R. 238-1 et suivants (devenus R. 4532-2
et suivants) (pour la distinction entre les travaux relevant de l'application
des prescriptions sur la prévention et la coordination lors des opérations
de bâtiment et de génie civil et ceux relevant de l'application des prescriptions relatives à l'intervention d'entreprises extérieures dans une
entreprise utilisatrice, on pourra se reporter utilement à la circulaire du
10 avril 1996, reproduite ci-après).
- les travaux relatifs à la construction et à la réparation navales ; pour ces
travaux, on se reportera au décret 77-1321 du 29 novembre 1977 modifié, fixant les prescriptions particulières d'hygiène et de sécurité applicables aux travaux effectués dans un établissement par une entreprise
Ce décret de 1977 a été abrogé par le décret 92-158, codifié aux articles R. 4511-1
et suivants du code du travail, « excepté en ce qui concerne les travaux relatifs à
la construction et la réparation navales » (art.2, décret 92-158 du 20 février 1992).
Ceux-ci demeurent donc soumis aux dispositions du décret 77-1321.
Opérations visées
Sont visées expressément par le texte toutes les opérations qui peuvent
être constituées de plusieurs prestations distinctes, ces prestations
concourant à un même objectif.
On notera ici que le texte de 1992 est d'application plus large que le décret du
29 novembre 1977 qu'il remplace, ce précédent décret ne visant que les travaux
effectués par une entreprise extérieure. Sur le fondement de ce décret de 1977, la
Chambre criminelle de la Cour de cassation avait relevé que les dispositions relatives à l'intervention d'une entreprise extérieure ne s'appliquaient pas à une activité
de gardiennage, s'agissant d'une prestation de service et non de travaux entrant
dans le champ d'application du décret de 1977 (Cass. crim., 8 juin 1999,
n° 97-85.335).
La rédaction du décret de 1992 lève cette ambiguïté en précisant que sont visées
les opérations de toute nature et inclut ainsi les prestations de services dans le
champ des prescriptions concernant l'intervention d'entreprises extérieures.
A cet égard, la Cour de cassation a notamment été amenée à préciser
qu'entrent, dans le champ d'application des articles R. 4511-1 et suivants, les éventuelles interventions préparatoires aux opérations proprement dites.
Ainsi, un salarié avait été victime d'une chute alors qu'il était occupé à
rechercher l'origine d'infiltrations d'eau sur la toiture d'un bâtiment ; des
poursuites ont été notamment engagées à l'encontre du chef de l'entreprise utilisatrice pour non respect des dispositions des articles R. 4511-1
et suivants.
Ce chef d'établissement faisait alors valoir que ces dispositions du code
s'appliquaient aux opérations de prestation de services ou de travaux,
exécutées d'un commun accord entre une entreprise extérieure et une
entreprise utilisatrice, à l'exclusion des interventions préparatoires, intervenues en amont de tout accord des parties sur l'opération à effectuer, et
destinées à en établir la nécessité.
Confirmant en tout point l'analyse de la Cour d'appel, la Cour de
cassation souligne que le salarié a été blessé alors que, dans la première phase de reconnaissance de fuites, il participait à une opération au
sens de l'article R. 237-1 (devenu les articles R. 4511-1 à R. 4511-4) du
code du travail (Cass.crim., 2 octobre 2001, n°00-86.917).
2 - Obligations générales du chef de l'entreprise
Art. R. 4511-5. - Le chef de l'entreprise utilisatrice assure la coordination générale
des mesures de prévention qu'il prend et de celles que prennent l'ensemble des
chefs des entreprises extérieures intervenant dans son établissement.
Art. R. 4511-6. - Chaque chef d'entreprise est responsable de l'application des
mesures de prévention nécessaires à la protection des travailleurs qu'il emploie.
Art. R. 4511-7. - La coordination générale des mesures de prévention a pour objet
de prévenir les risques liés à l'interférence entre les activités, les installations et
matériels des différentes entreprises présentes sur un même lieu de travail.
Art. R. 4511-8. - Au titre de la coordination générale des mesures de prévention, le
chef de l'entreprise utilisatrice alerte le chef de l'entreprise extérieure intéressée lorsqu'il est informé d'un danger grave concernant un des travailleurs de cette entreprise, même s'il estime que la cause du danger est exclusivement le fait de cette
entreprise, afin que les mesures de prévention nécessaires puissent être
prises par l'employeur intéressé.
En outre, il demande au propriétaire de l'établissement les dossiers techniques
regroupant les informations relatives à la recherche et à l'identification des matériaux
contenant de l'amiante prévus aux articles R. 1334-22, R. 1334-27 et R. 1334-28
du code de la santé publique. Il communique ces documents au chef de l'entreprise extérieure intervenant dans l'établissement.
Le chef de l'entreprise utilisatrice doit veiller à la coordination des mesures de prévention et prendre les mesures nécessaires à la protection de
son propre personnel.
Le texte entend conférer une responsabilité particulière au chef de l'entreprise utilisatrice puisque, aux termes des articles R. 4511-5 à R. 4511-8,
celui-ci assure la coordination générale des mesures de prévention qu'il
prend et de celles prises par l'ensemble des chefs d'entreprises extérieures.
Cette coordination doit permettre de prévenir les risques liés à l'interférence entre les activités, les matériels et les installations.
Sur ce point, la Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler que les
risques d'interférence, liés à l'intervention d'une entreprise extérieure,
doivent être appréciés au regard de l'opération envisagée mais aussi
au regard des répercussions de cette opération sur l'utilisation des
locaux ou installations et l'organisation du travail.
Ainsi, un salarié avait été heurté par un chariot élévateur alors qu'il circulait dans une allée de l'établissement, interdite à la circulation de ces
chariots. En l'espèce, il avait été établi que ce chariot avait emprunté ce
passage interdit en raison de l'impossibilité d'accéder à l'allée habituelle,
encombrée par un échafaudage, des travaux de peinture étant réalisés,
dans cette allée, par une entreprise extérieure.
Confirmant l'arrêt d'une cour d'appel, la Cour de cassation relève qu'il
appartenait au chef de l'entreprise utilisatrice, aux termes des dispositions prévues aux articles R. 237-1 (devenu R. 4511-1) et suivants, de
procéder à une analyse des risques pouvant résulter de l'interférence des
activités et qu'il lui incombait ainsi de prendre des mesures d'organisation
du travail, soit pour permettre une circulation des chariots garantissant la
sécurité des salariés, soit pour interdire cette circulation en tout ou partie
(Cass.crim., 19 mars 2002, n°01-83.375)
Le chef de l'entreprise utilisatrice a le devoir d'alerter le chef d'entreprise extérieure, lorsqu'il lui semble que les salariés de cette entreprise
encourent des risques, quand bien même ces risques ne seraient pas liés
à l'interférence entre plusieurs activités et relèveraient des mesures de
protection que le chef de l'entreprise extérieure doit mettre à la disposition de son propre personnel.
Ainsi, dans une espèce où un salarié d'une entreprise extérieure avait fait
une chute mortelle d'un toit, où il travaillait sans dispositif de protection,
la Cour de cassation a confirmé la condamnation pour homicide involontaire du chef de l'entreprise extérieure mais aussi du chef de l'entreprise
utilisatrice. Ce dernier faisait pourtant valoir que son obligation de coordination des mesures de prévention avait pour objet de prévenir les risques
liés à l'interférence entre les activités, les installations et les matériels des
différentes entreprises et qu'il appartenait au chef de l'entreprise extérieure de prendre les mesures destinées à la protection de son propre
personnel. Répondant sur ce point, la Cour de cassation retenait qu'en
s'abstenant d'avertir le chef de l'entreprise extérieure du non-respect, par
ses salariés, des règles de sécurité, le chef de l'entreprise utilisatrice
avait concouru à la réalisation de l'accident (Cass. Crim., 1er décembre
1998, n°97-81.967).
Le chef de l'entreprise utilisatrice peut, à l'instar de ces obligations
autres en matière d'hygiène et de sécurité, déléguer ses attributions à
un salarié de son entreprise.
Toutefois, en l'absence de délégation de pouvoir, le fait qu'un salarié de
l'entreprise utilisatrice surveille les travaux, en l'absence du chef d'entreprise, n'exonère pas ce dernier de sa responsabilité.
C'est ce qu'a rappelé la Cour de cassation, dans un arrêt du 12 mai 1998 ;
dans cette espèce, le chef d'entreprise faisait notamment valoir qu'aucune faute personnelle ne pouvait être retenue à son encontre, dans la
mesure où il était en congé pendant la durée des travaux. En son absence, il avait chargé un salarié de surveiller ces travaux, lui donnant pour
consigne de s'assurer chaque matin que les ouvriers de l'entreprise extérieure pouvaient travailler en toute sécurité.
Constatant toutefois qu'il n'y avait pas de délégation de pouvoir à ce salarié (rappelons que pour être acceptée, la délégation de pouvoir doit être
accordée à un salarié disposant de la compétence, des moyens et de
l'autorité suffisante pour assumer les pouvoirs qui lui sont délégués), la
Cour de cassation confirmait la condamnation du chef de l'entreprise utilisatrice (Cass. crim., 12 mai 1998, n° 97-82.188).
3 - Obligations générales du chef de l'entreprise
Art. R. 4511-9. - Pour l'application des dispositions du présent titre, le chef de
l'entreprise extérieure ne peut déléguer ses attributions qu'à un travailleur doté de
l'autorité, de la compétence et des moyens nécessaires.
Ce dernier est désigné, lorsque c'est possible, parmi un des travailleurs appelés à
participer à l'exécution des opérations prévues dans l'établissement de l'entreprise
Art. R. 4511-10. - Les chefs des entreprises extérieures font connaître par écrit à
l'entreprise utilisatrice :
4° Les noms et références de leurs sous-traitants, le plus tôt possible et en tout état
de cause avant le début des travaux dévolus à ceux-ci ;
L'importance des responsabilités qui incombent au chef de l'entreprise
utilisatrice n'affecte pas pour autant les responsabilités qui sont celles du
chef de l'entreprise extérieure.
Il doit prendre les mesures qui sont nécessaires pour assurer la santé
et la sécurité de ses salariés et veiller au strict respect des prescriptions
Ainsi, dans l'espèce rapportée ci-dessus (Cass. crim., 1er décembre 1998
précité), le chef de l'entreprise extérieure, employeur du salarié victime d'une
chute mortelle, avait également été condamné, à la fois pour homicide involontaire et pour non-respect des dispositions du décret du 8 janvier 1965 relatives à la protection des salariés effectuant des opérations de bâtiment.
Par ailleurs, et de même que le chef de l'entreprise utilisatrice doit alerter
celui de l'entreprise extérieure en cas de danger pour les salariés de
cette entreprise, le chef de l'entreprise extérieure doit interpeller le chef
de l'entreprise utilisatrice sur la coordination qu'il doit assurer.
Ainsi, dans une espèce où un salarié d'une entreprise utilisatrice avait été
mortellement heurté par un chariot conduit par un salarié d'une entreprise
extérieure, le chef de l'entreprise extérieure avait tenté de s'exonérer de
toute responsabilité pénale en arguant du fait qu'il appartenait au chef de
l'entreprise utilisatrice de coordonner les mesures de prévention permettant, notamment, aux salariés des deux entreprises de circuler en toute
sécurité dans l'entreprise utilisatrice.
Confirmant la condamnation pour homicide involontaire du chef de l'entreprise extérieure, la Cour de cassation avait rappelé que « l'article R. 237-2
du code du travail (devenu les articles R. 4511-5 à R. 4511-8 prescrit au chef
de l'entreprise utilisatrice la coordination générale des mesures de prévention qu'il prend et de celles de l'ensemble des chefs d'entreprise intervenant
dans son établissement ; que cet article, certes, attribue prioritairement l'organisation et la coordination au chef de l'entreprise utilisatrice, mais il ne
néglige pas le rôle actif que doit prendre le chef d'entreprise extérieure (…) ;
qu'il avait le devoir d'interpeller le chef de l'entreprise utilisatrice pour la réalisation concrète et très précise de ce plan de coordination qui aurait pu, par
exemple, rectifier l'inadaptation aux tâches à exécuter des chariots confiés
(...) ». Dans cette espèce, les deux chefs d'entreprise avaient été condamnés pour homicide involontaire et infractions aux règles relatives à la sécurité (Cass. crim., 16 mars 1999, n°98-80.878).
Le chef de l'entreprise extérieure doit communiquer au chef de l'entreprise utilisatrice les informations relatives à l'intervention programmée et les coordonnées de ses éventuels sous-traitants.
La Cour de cassation a notamment pu rappeler les obligations de l'entreprise extérieure à l'égard des sous-traitants dans un arrêt du 11 janvier
Une entreprise extérieure intervenait pour des travaux dans les locaux
d'une entreprise utilisatrice. En raison d'une surcharge de travail, cette
entreprise extérieure a fait appel à un sous-traitant, à qui elle a confié une
partie des travaux à réaliser. Lors de l'intervention, un salarié de ce soustraitant a été victime d'une chute mortelle, alors qu'il était intervenu en
hauteur sans dispositif de protection.
Dans cette affaire, l'entreprise utilisatrice n'avait pas été informée du
recours à un sous-traitant par l'entreprise extérieure.
Le chef de cette entreprise extérieure, condamné pour homicide involontaire, se pourvoie en cassation et invoque notamment le fait que chaque
employeur est responsable de la sécurité de son propre personnel ; il
conclut ainsi qu'il appartenait à son sous-traitant de mettre à la disposition de son personnel les équipements nécessaires à l'exécution des travaux confiés.
La Cour de cassation confirme cependant l'arrêt rendu par la Cour d'appel, qui avait relevé que l'entreprise utilisatrice était restée dans l'ignorance de cette sous-traitance pour des raisons commerciales et que
« cette clandestinité a eu pour résultat de priver les salariés du sous-traitant de toute mesure de sécurité (repérage des lieux, consignes de sécurité, …), notamment au niveau de la concertation entre cette entreprises
sous-traitante et l'entreprise utilisatrice. » Dans cette affaire, le chef de
l'entreprise sous-traitante avait lui aussi été condamné. (Cass. crim.,
11 janvier 2000, n°98-87.936).
4 - Obligations particulières et mesures à mettre en
œuvre pour prévenir les risques liés à l'intervention
d'une entreprise extérieure
Mesures de prévention préalables à l'exécution d'une opération :
l'inspection préalable et l'échange d'informations permettent une
Art. R. 4512-1. - Lorsque, après le début de l'intervention, une entreprise extérieure
recourt à de nouveaux sous-traitants, les procédures prévues par le présent chapitre
sont à nouveau applicables à ces derniers.
Art. R. 4512-2. - Il est procédé, préalablement à l'exécution de l'opération réalisée
par une entreprise extérieure, à une inspection commune des lieux de travail, des
installations qui s'y trouvent et des matériels éventuellement mis à disposition des
entreprises extérieures.
Art. R. 4512-3. - Au cours de l'inspection commune préalable, le chef de l'entreprise
utilisatrice :
1° Délimite le secteur de l'intervention des entreprises extérieures ;
2° Matérialise les zones de ce secteur qui peuvent présenter des dangers pour les
3° Indique les voies de circulation que pourront emprunter ces travailleurs ainsi que
les véhicules et engins de toute nature appartenant aux entreprises extérieures ;
4° Définit les voies d'accès de ces travailleurs aux locaux et installations à l'usage
des entreprises extérieures prévus à l'article R. 4513-8.
Art. R. 4512-4. - Le chef de l'entreprise utilisatrice communique aux chefs des entreprises extérieures ses consignes de sécurité applicables aux travailleurs chargés
d'exécuter l'opération, y compris durant leurs déplacements.
Art. R. 4512-5. - Les employeurs se communiquent toutes informations nécessaires
à la prévention des risques, notamment la description des travaux à accomplir, des
matériels utilisés et des modes opératoires dès lors qu'ils ont une incidence sur la
santé et la sécurité.
L'inspection commune est nécessaire.
Toute opération doit être précédée d'une inspection commune des
lieux de travail, réalisée dans les conditions précisées par le texte.
Les chefs d'entreprises ne sauraient se soustraire à cette obligation,
au motif, par exemple, que le chef de l'entreprise intervenante connaît
déjà les lieux.
Ainsi, par exemple, dans l'affaire déjà évoquée, qui concerne la livraison
de graviers par une entreprise extérieure sur le terrain exploité par une
entreprise utilisatrice (arrêt du 30 avril 2002 précité), le chef de l'entreprise utilisatrice faisait notamment valoir que le défaut d'inspection commune ne pouvait lui être reproché, l'entreprise extérieure connaissant
parfaitement la configuration des lieux, puisqu'elle était son fournisseur
depuis plus de 15 ans, la victime ayant en outre déjà effectué plus d'une
trentaine de livraisons sur ce site.
Cet argument n'a pas été retenu par la Cour, qui a confirmé que l'absence
d'inspection, qui aurait permis une réelle analyse des risques et la définition de
mesures appropriées constituait bien une faute en lien avec le décès du salarié.
De même, dans une autre affaire, un salarié d'une entreprise extérieure
avait été électrocuté alors qu'il intervenait sur une installation restée sous
tension. Un responsable de l'entreprise utilisatrice, reconnu coupable
d'homicide involontaire, s'était vu reproché par la cour d'appel l'absence
de visite préalable et conjointe du site. Sur ce point, il alléguait notamment le refus de l'entreprise extérieure de réaliser cette visite, au motif
que cette entreprise connaissait parfaitement les installations.
La Cour de cassation confirme sur ce point l'analyse de la cour d'appel,
qui soulignait que l'absence de visite préalable du site était notamment
cause du fait que le plan de prévention était resté succinct et incomplet
et relevait que « le refus allégué de l'entreprise extérieure d'effectuer
cette visite ne saurait l'exonérer de sa responsabilité propre ; la Cour de
cassation concluait que « la démarche de ce responsable ressort d'un
choix délibéré où il préfère prendre un risque supplémentaire en se
dispensant de suivre les procédures réglementaires impératives »
(Cass. crim., 14 octobre 2003, n°02-86.376).
L'inspection préalable concerne le chef de l'entreprise utilisatrice et
toutes les entreprises intervenantes, y compris les sous-traitants des
La Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler ce point, dont elle fait
une interprétation stricte ; ainsi dans une espèce où le chef de l'entreprise
utilisatrice avait organisé une réunion avec la seule entreprise chargée
de superviser les travaux, sans que les autres entreprises intervenantes
n'aient été présentes, la Cour de cassation avait rappelé que l'absence
des autres entreprises extérieures ne permettait pas de considérer que
les dispositions de l'article R. 237-6 (devenu les articles R. 4512-2 à
R. 4512-5) avaient été respectées ; elle notait que « toutes les entreprises concourant à l'exécution d'une même opération (…) doivent participer de manière simultanée à l'inspection préalable dont l'objet est
d'assurer leur information réciproque dans l'intérêt de la sécurité des
travailleurs » (Cass. crim., 16 février 1999, 97-86.290).
Les employeurs doivent se communiquer toutes informations nécessaires à la prévention. Ils doivent notamment communiquer la description des modes opératoires qui seront mis en œuvre.
Dans une affaire où comparaissait un chef d'entreprise extérieure, reconnu coupable d'homicide involontaire et de blessures involontaires, la
Cour de cassation a confirmé l'arrêt de la cour d'appel qui relevait, notamment, à propos de travaux qui n'avaient été réalisés « dans les règles de
l'art », que le mode opératoire mis en œuvre par les salariés de l'entreprise extérieure n'avait pas été préalablement communiqué à l'entreprise
utilisatrice. (Cass. crim., 24 septembre 2002, n°01-86.344).
Au cours de l'inspection, le chef de l'entreprise utilisatrice délimite le secteur de l'intervention des entreprises extérieures, matérialise les zones de
ce secteur qui peuvent présenter des dangers pour leur personnel.
L'inspection préalable doit notamment permettre un repérage des lieux
où interviendra le personnel de l'entreprise extérieure ; le secteur concerné est délimité et toutes les zones présentant des risques seront signalées. A cette occasion, il est important de souligner que doivent être
signalés tous les risques présents dans la zone d'intervention, y compris ceux qui, en première analyse, ne paraissent pas devoir concerner
directement l'intervention prévue.
Cette nécessité peut notamment être illustrée par une affaire dans laquelle la Cour de cassation a rendu un arrêt en 2001 ; dans cette espèce, un
salarié d'une entreprise extérieure avait été victime d'une chute mortelle,
passant au travers d'un auvent, alors qu'il effectuait une pose de câble
électrique. Condamné pour homicide involontaire, le chef de l'entreprise
utilisatrice faisait notamment valoir, à l'appui de son pourvoi, qu'il avait
bien organiser une inspection préalable des lieux, dont il était notamment
ressorti que les travaux à réaliser étaient extrêmement simples et
devaient être effectués au niveau du sol ; la chute du salarié était due au
fait qu'il avait pris appui sur ce auvent, initiative non prévue par l'entreprise extérieure et l'entreprise utilisatrice.
Confirmant l'analyse de la Cour de d'appel, la Cour de cassation retient
notamment que, quelles que soient les raisons qui ont conduit le salarié
à monter sur le toit de l'auvent, celui-ci l'a fait, dans l'ignorance du danger
qu'il encourait, les dangers pouvant résulter de la fragilité de certains
éléments de ce auvent n'ayant pas été signalés à l'entreprise extérieure par l'entreprise utilisatrice (Cass. crim., 18 septembre 2001,
n° 01-80.360).
Ce sont les éléments recueillis à l'occasion de l'inspection commune
des lieux, et de l'échange d'informations, qui permettent aux entreprises de procéder à l'analyse en commun des risques.
Art. R. 4512-6, alinéa 1er. - Au vu des informations et éléments recueillis au cours
de l'inspection commune préalable, les chefs des entreprises utilisatrice et extérieures procèdent en commun à une analyse des risques pouvant résulter de
l'interférence entre les activités, installations et matériels.
Ce lien, la Cour de cassation a eu l'occasion de le rappeler à plusieurs
reprises, soulignant que, dans certains cas, c'est l'absence d'inspection
préalable qui empêche la prise en compte de certains risques, présentés, a postériori, comme « imprévisibles ».
Ainsi, par exemple, à l'occasion de l'intervention d'une entreprise générale de travaux électriques pour la mise en conformité de l'installation
d'un théâtre communal, un salarié de la société extérieure avait fait une
chute mortelle en intervenant sur un boîtier de dérivation situé sous un
Condamnées pour homicide involontaire, les entreprises utilisatrice et extérieure faisaient notamment valoir, à l'appui de leur pourvoi, qu'il était impossible de prévoir que le salarié était exposé à une chute de hauteur, puisqu'en
l'espèce, il suffisait de se raccorder à un boîtier de dérivation situé à l'entrée
d'une salle, ce travail ne nécessitant pas de sécurité particulière.
La Cour de cassation rejette les pourvois et retient l'analyse de la cour
d'appel qui soulignait que la visite d'inspection commune préalable du
chantier avait été effectuée de manière superficielle et que, notamment,
le boîtier de dérivation sur lequel une intervention était nécessaire n'avait
pas été localisé, aucun élément ne permettant ainsi d'affirmer que la victime aurait du intervenir sur un boîtier plus accessible que celui qu'elle
avait cherché à atteindre lors de l'accident (Cass. crim., 3 avril 2002,
n° 01-83160).
L'analyse des risques conduit à l'élaboration d'un plan de prévention
Art. R. 4512-6. - Au vu des informations et éléments recueillis au cours de l'inspection commune préalable, les chefs des entreprises utilisatrice et extérieures procèdent en commun à une analyse des risques pouvant résulter de l'interférence entre
les activités, installations et matériels.
Lorsque ces risques existent, les employeurs arrêtent d'un commun accord, avant
le début des travaux, un plan de prévention définissant les mesures prises par
chaque entreprise en vue de prévenir ces risques.
Art. R. 4512-8. - Les mesures prévues par le plan de prévention comportent au
moins les dispositions suivantes :
1° La définition des phases d'activité dangereuses et des moyens de prévention
spécifiques correspondants ;
2° L'adaptation des matériels, installations et dispositifs à la nature des opérations
à réaliser ainsi que la définition de leurs conditions d'entretien ;
4° L'organisation mise en place pour assurer les premiers secours en cas
d'urgence et la description du dispositif mis en place à cet effet par l'entreprise
utilisatrice ;
5° Les conditions de la participation des travailleurs d'une entreprise aux travaux
réalisés par une autre en vue d'assurer la coordination nécessaire au maintien de la
sécurité et, notamment, de l'organisation du commandement.
Art. R. 4512-9. - Chaque entreprise concernée fournit la liste des postes occupés
par les travailleurs susceptibles de relever de la surveillance médicale renforcée prévue par l'article R. 4624-19 ou, s'il s'agit d'un salarié agricole, par l'article R. 717-16
du code rural, en raison des risques liés aux travaux réalisés dans l'entreprise utilisatrice. Cette liste figure dans le plan de prévention.
Art. R. 4512-10. - Le plan de prévention fixe la répartition des charges d'entretien
entre les entreprises extérieures dont les travailleurs utilisent les locaux et installations prévus à l'article R. 4513-8 et mis à disposition par l'entreprise utilisatrice.
Dans tous les cas, dès lors que l'analyse préalable révèle l'existence
de risques pouvant résulter de l'intervention d'une entreprise extérieure
dans une entreprise utilisatrice, les employeurs doivent arrêter un plan
A cet égard, on notera que le plan de prévention résulte de l'existence de
risques et n'est pas subordonné à d'autres conditions.
Ainsi, par exemple, est confirmée par la Cour de cassation la condamnation pour homicide involontaire d'un chef d'une entreprise extérieure
qui a notamment omis d'arrêter, en commun avec l'entreprise utilisatrice,
un plan de prévention.
Dans cette affaire, un salarié de l'entreprise extérieure avait été écrasé
par la chute d'une machine de plus trois tonnes, alors qu'il participait,
dans l'entreprise utilisatrice, à une manœuvre de déplacement de cette
machine, à l'aide de roulettes.
Confirmant l'arrêt de la Cour d'appel, la Cour de cassation retient notamment que l'opération a été réalisée avec des moyens inadaptés (les roulettes utilisées n'étant pas appropriées au déplacement d'une telle
charge) et que les travailleurs n'avaient pas reçus les instructions nécessaires ; ces risques auraient pu être prévenus si les entreprises avaient
procéder à une analyse des risques et arrêter, en commun, un plan de
prévention (Cass. crim., 27 novembre 2001, n° 00-86.968).
L'inspection préalable et le plan de prévention, arrêté en commun avec l'entreprise utilisatrice, doivent aider le chef de l'entreprise extérieure à informer ses salariés des risques encourus et des moyens de s'en prémunir.
Art. R. 4512-15 alinéa 1er. - Avant le début des travaux et sur le lieu même de leur
exécution, le chef de l'entreprise extérieure fait connaître à l'ensemble des travailleurs qu'il affecte à ces travaux les dangers spécifiques auxquels ils sont exposés et les mesures de prévention prises en application du présent titre.
A noter que, dans l'arrêt précité du 27 novembre 2001, la Cour de cassation retient également, à l'encontre du chef de l'entreprise extérieure,
le fait « d'avoir omis de faire connaître aux salariés les dangers spécifiques auxquels ils étaient exposés ».
Dans certaines conditions, le plan de prévention doit être établi par écrit
Art. R. 4512-7. - Le plan de prévention est établi par écrit et arrêté avant le
commencement des travaux dans les deux cas suivants :
1° Dès lors que l'opération à réaliser par les entreprises extérieures, y compris les
entreprises sous-traitantes auxquelles elles peuvent faire appel, représente un nombre total d'heures de travail prévisible égal au moins à 400 heures sur une période
inférieure ou égale à douze mois, que les travaux soient continus ou discontinus. Il
en est de même dès lors qu'il apparaît, en cours d'exécution des travaux, que le
nombre d'heures de travail doit atteindre 400 heures ;
2° Quelle que soit la durée prévisible de l'opération, lorsque les travaux à accomplir
sont au nombre des travaux dangereux figurant sur une liste fixée, respectivement,
par arrêté du ministre chargé du travail et par arrêté du ministre chargé de l'agriculture.
Art. R. 4512-12. - Lorsque l'établissement d'un plan de prévention par écrit est obligatoire, en application de l'article R. 4512-7 :
1° Ce plan est tenu, pendant toute la durée des travaux, à la disposition de l'inspection du travail, des agents de prévention des organismes de sécurité sociale et, le
cas échéant, de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des
2° Le chef de l'entreprise utilisatrice informe par écrit l'inspection du travail de
l'ouverture des travaux.
Le plan de prévention doit être établi par écrit :
- lorsque les travaux représentent, sur une période maximale de 12 mois,
au moins 400 heures ;
- lorsque les travaux envisagés constituent des travaux dangereux, figurant sur une liste établie par l'arrêté du 19 mars 1993, et ce quelle que
soit leur durée.
La Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler cette exigence d'un plan
écrit à de nombreuses reprises, notamment pour ce qui concerne les travaux dangereux.
Ainsi, par exemple, dans un arrêt rendu en 1998, elle soulignait qu'il
convenait de prendre en compte l'ensemble des tâches nécessaires à
la prestation envisagée, pour apprécier l'éventuelle nécessité d'établir
ce plan écrit.
Dans cette affaire, un salarié d'une entreprise extérieure avait été blessé
par une pièce métallique, qui avait basculé, alors qu'il était occupé à la
peindre. Condamné pour blessures involontaires, le responsable d'exploitation de l'entreprise utilisatrice faisait valoir, à l'appui de son pourvoi,
qu'il ne pouvait notamment lui être reproché de n'avoir pas établi un plan
de prévention par écrit, les travaux confiés étant des travaux de peintures non visés par l'arrêté du 19 mars 1993.
Soulignant que les salariés de l'entreprise extérieure travaillaient à la
mise en peinture d'un contrepoids, dressé sur sa base et maintenu en
hauteur par un palan monté sur un portique, la Cour de cassation confirme l'arrêt de la cour d'appel, qui a justement relevé que les travaux
« comportant le recours aux treuils et appareils assimilés mus à la main,
installés temporairement au-dessus d'une zone de travail » figurent sur la
liste des travaux dangereux pour lesquels un plan de prévention écrit doit
être établi ; la Cour de cassation souligne, à cet égard, que les travaux
dangereux, au sens de l'article R. 237-8 du code du travail (R. 4512-7
nouveau), « concernent l'ensemble des prestations nécessaires à la
réalisation de l'opération » (Cass. Crim., 4 août 1998, n° 97-85.021).
5 - Le protocole de sécurité
Art. R. 4515-1. - Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux opérations
de chargement ou de déchargement réalisées par des entreprises extérieures
transportant des marchandises, en provenance ou à destination d'un lieu extérieur
à l'enceinte de l'entreprise utilisatrice, dite « entreprise d'accueil ».
4° A l'information et à la communication au comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail des renseignements et documents prévues aux articles
R. 4514-1 et R. 4514-2.
Art. R. 4515-4. - Les opérations de chargement ou de déchargement font l'objet
d'un document écrit, dit « protocole de sécurité », remplaçant le plan de prévention.
Pour les opérations de chargement et de déchargement, le texte prévoit
l'établissement d'un protocole de sécurité.
La Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler l'importance de ce
protocole de sécurité à l'occasion d'un arrêt rendu le 21 octobre 2003.
Dans cette affaire, un conducteur avait été grièvement blessé en heurtant
l'ensemble routier d'un transporteur, livrant des véhicules chez un
concessionnaire automobile. L'accident avait eu lieu alors que le véhicule de livraison manœuvrait sur la voie publique, en marche arrière, pour
procéder au déchargement.
Le responsable de l'entreprise utilisatrice, en l'espèce le concessionnaire, condamné pour blessures involontaires, a formé un pourvoi contre
l'arrêt de la Cour d'appel.
Confirmant l'analyse des juges du fond, la Cour de cassation retient que
ce concessionnaire n'a jamais donné à la société de livraison ou à ses
chauffeurs d'instructions permettant de modifier la procédure de déchargement, alors même que les manoeuvres nécessaires faisaient encourir
aux usagers circulant sur la voie publique un risque qu'il ne pouvait ignorer ; elle retient en outre qu'il n'a jamais établi avec le transporteur de
protocole de sécurité, pourtant obligatoire, ce qui aurait permis d'élaborer
les mesures de prévention et de sécurité devant être suivies au cours des
opérations de déchargement des véhicules et les modalités d'accès et de
stationnement au poste de déchargement (Cass. crim., 21 octobre 2003,
nos 02-86.072 et 03-80.777 D).
Annexe 1. Exemple de permis de feu
Annexe 2. Exemple d'attestation
de consignation pour travaux
Annexe 3. Articles R. 4511-1 à R. 4514-10 du code du travail
Travaux effectués dans un établissement par une
Dispositions applicables par
Dispositions communes aux
l’entreprise extérieure
(= entreprise intervenante)
- Le chef de l'entreprise
utilisatrice assure
(art. R. 4511-5).
Alerte en cas
de danger grave
- Chaque chef d'entreprise est
nécessaires à la protection
des travailleurs qu’il emploie
(art. R. 4511-6). 111&1
- Obligation pour le chef
de l'entreprise utilisatrice
d'alerter le chef
de l'entreprise extérieure
concernée lorsqu'il est
informé d'un danger grave
concernant un des salariés
(art. R. 4511-8, al. 1er).
1 - Synthèse des principales dispositions du code du travail
fournir aux autorités
de pouvoirs
entreprises utilisatrices et
- Informations prévues
à l'article R. 4511-10
tenues à la disposition de
l'inspecteur du travail, des
agents de la CRAM ou
de la MSA, des médecins
du travail compétents,
du CHSCT compétent
des agents de l'OPPBTP
(art. R. 4511-11).
- Avant le début des travaux,
transmission par écrit
à l'entreprise utilisatrice
de certaines informations
relatives notamment
à l'importance des travaux,
et à l'éventuelle soustraitance de certains travaux
(art. R. 4511-10).
- Fourniture à la demande
de l'inspecteur du travail
de l'état des heures
réellement passées par
les salariés à l'exécution
(art. R. 4511-12).
de la délégation de pouvoirs :
autorité, compétence,
moyens (art. R. 4511-9).
Mesures de prévention préalables à l'exécution des travaux
commune préalable
- Au cours de l'inspection
commune : délimitation
du secteur d'intervention,
matérialisation des zones
de danger, indication
des voies de circulation,
des voies d'accès aux
installations, communication
(art. R. 4512-3 et R. 4512-4).
- Inspection commune
préalable des lieux
de travail, des installations
et des matériels
éventuellement mis
à disposition des entreprises
(art. R. 4512-2).
- Communication mutuelle
de toutes les informations
nécessaires à la prévention
(art. R. 4512-5).
- Analyse des risques pouvant
résulter de l'interférence
entre les activités,
les installations et matériels
(art. R. 4512-6, al. 1er).
- En cas de risques dus
à l'interférence, élaboration
d'un plan de prévention
définissant les mesures
à prendre par chaque
entreprise en vue
de prévenir ces risques
(art. R. 4512-6, al. 2).
- Formalités relatives
aux salariés susceptibles
de relever de la surveillance
médicale particulière
(art. R. 4512-9).
- Plan de prévention écrit :
• si l'opération représente
un nombre total d'heures
de travail prévisible
supérieur ou égal à 400 h
sur une période égale
au plus à 12 mois
(art. R. 4512-7, al. 1er)
• quelle que soit la durée
prévisible de l'opération,
lorsque ces travaux
figurent sur la liste des
(art. R. 4512-7, al. 2).
Arrêté du 19 mars
1993 (voir en
- Dans les cas visés à l'art.
R. 4512-7, plan de prévention
tenu à la disposition
des agents de la CRAM
ou de la MSA, de l'OPPBTP
(art. R. 4512-12),
(art. R. 4513-9)
et des membres des CHSCT
(art. R. 4514-2).
- Si travaux d'une durée
supérieure ou égale à 400 h
ou si réalisation de travaux
dangereux, information par
écrit de l'inspection du travail
de l'ouverture des travaux
(art. R. 1514-2).
- Mesures de prévention pour
(art. R. 4512-13).
- Information des salariés sur
les risques et mesures
(art. R. 4512-15
et R. 4512-16).
Mesures de prévention pendant l'exécution des opérations
- Plan de prévention écrit
si en cours d'exécution il
apparaît que l'opération
représente 400 heures
(art. R. 4512-7, al. 1er).
- Reprise des mesures
de prévention préalables
en cas de recours à de
nouveaux sous-traitants
(art. R. 4512-1).
- Pendant l'exécution des
opérations : mise en œuvre
des mesures prévues par
(art. R. 4513-1).
- Organisation d'inspections
et réunions périodiques afin
de veiller à l'exécution des
mesures décidées et de
coordonner les nouvelles
mesures adoptées lors
du déroulement des travaux.
Information pour les chefs
d'entreprises concernés
de la date de ces réunions
ou inspections
(art. R. 4513-1 à R 4513-3,
al. 1er).
- Les entreprises non
conviées aux réunions
peuvent demander
à y participer
(art. R. 4513-3, al. 2
et R. 4513-5).
- Si la durée totale de
l'ensemble des opérations
excède 90 000 h pour
les 12 mois à venir la
périodicité minimale
des inspections et réunions
est de 3 mois
(art. R. 4513-5).
- En l'absence de réunions
ou inspections périodiques,
les chefs des entreprises
extérieures peuvent en
demander l'organisation
(art. R. 4513-3, al. 3
- Mise à jour du plan
de prévention compte tenu
des nouvelles mesures
(art. R. 4513-1 à R. 4513-4).
- Veiller que les entreprises
extérieures donnent à leurs
salariés les instructions
appropriées aux risques liés
à l'interférence
(art. R. 4513-7).
- Information de l'entreprise
utilisatrice de l'arrivée
de nouveaux salariés
en cours d'opération.
Information de ces salariés
sur les risques encourus
(art. R. 4513-6).
Locaux et installations à l'usage des salariés
des entreprises extérieures
vestiaires, locaux
- Mise à la disposition
des salariés des entreprises
extérieures d'installations
sanitaires, vestiaires, locaux
de restauration sauf
dispositif équivalent mis en
place par ces entreprises
(art. R. 4513-8).
- Répartition des charges
d'entretien de ces
(art. R. 4512-10).
Surveillance médicale des salariés
- A la demande du médecin
de l'entreprise extérieure,
fourniture d'informations sur
des opérations en cause
pour la santé des salariés
(art. R. 4513-10, al. 2).
- Réalisation des examens
complémentaires rendus
nécessaires par la nature
et la durée des travaux
effectués. Communication
des résultats au médecin
(art. R. 4513-11).
Accès aux postes
de l'entreprise utilisatrice,
communication de certains
éléments du dossier médical
(art. R. 4513-10, al. 1er).
- Possibilité d'un accord
prévoyant la réalisation
de l'examen médical annuel
de l'entreprise utilisatrice.
au médecin de l'entreprise
extérieure (art. R. 4513-12).
- Accord intervenant entre
après avis des médecins sur
du médecin de l'entreprise
extérieure aux postes
occupés par les salariés
(art. R. 4513-13).
- Affichage du nom
du médecin et du lieu
où se trouve l'infirmerie
(art. R. 4514-5).
- Possibilité pour le CHSCT
de participer à l'inspection
(art. R. 4514-3, al. 1er).
- Information dans certains
délais des CHSCT sur les
dates d'inspection préalable
ou de réunions ou
(art. R. 4514-1).
- Possibilité pour les CHSCT
(art. R. 4514-3, al. 2,
R. 4514-8, al. 1er
et R. 4514-9, al. 1er).
- Information des CHSCT
de toute situation d'urgence
et de gravité
(art. R. 4514-1, al. 1er).
- Dans les cas visés à l'article
R. 4512-7, le plan de
prévention est tenu à la
disposition des CHSCT
et leur est communiqué sur
- Communication de toutes
informations nécessaires à
l'exercice de leur mission
- Avis sur les mesures
(art. R. 4514-8, al. 2,
R. 4514-6, al. 2
et R. 4514-3, al. 3).
- Initiative du CHSCT
en matière d'organisation
des réunions et inspections
(art. R. 4514-4, al. 1er).
- Initiative du CHSCT en
matière d'organisation des
réunions et inspections
(art. R. 4514-4, al. 2).
- Participation du CHSCT
aux réunions et inspections
(art. R. 4514-6, al. 1er).
- Participation des CHSCT
aux inspections et réunions
(art. R. 4514-8 à R. 4514-10).
- Noms et lieux de travail
des membres des CHSCT
et utilisatrices
Enquêtes en
matière d'accidents
du travail et de
- Réalisation des inspections
et enquêtes en matière
d'accidents du travail ou
de maladies professionnelles
ou à caractère professionnel
(art. R. 4514-7).
Articles R. 4511-1 à R. 4514-10
Quatrième partie Santé et sécurité au travail
Livre cinquième Prévention des risques liés à certaines activités ou
Titre premier Travaux réalisés dans un établissement par une entreprise extérieure
Art. R. 4511-1. - Les dispositions du présent titre s'appliquent au chef de
l'entreprise utilisatrice et au chef de l'entreprise extérieure lorsqu'une
entreprise extérieure fait intervenir des travailleurs pour exécuter ou participer à l'exécution d'une opération, quelle que soit sa nature, dans un
établissement d'une entreprise utilisatrice, y compris dans ses dépendances ou chantiers.
Art. R. 4511-2. - Les dispositions du présent titre ne s'appliquent pas aux
travaux relatifs à la construction et à la réparation navale.
Art. R. 4511-3. - Les dispositions du présent titre ne s'appliquent pas aux
chantiers de bâtiment ou de génie civil soumis à l'obligation de coordination prévue à l'article L. 4532-2, ni aux autres chantiers clos et indépendants.
Toutefois, le chef de l'entreprise utilisatrice coopère avec le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé, dans les conditions fixées à l'article R. 4532-14.
Lorsque ces chantiers sont soumis à l'obligation d'établir un plan général
de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé prévu
à l'article L. 4532-8, le chef de l'entreprise utilisatrice reçoit copie de ce
plan et participe, sur sa demande, aux travaux du collège interentreprises
de sécurité, de santé et des conditions de travail, s'il en existe un.
Art. R. 4511-4. - On entend par opération, au sens du présent titre, les
travaux ou prestations de services réalisés par une ou plusieurs entreprises afin de concourir à un même objectif.
Coordination de la prévention
Art. R. 4511-5. - Le chef de l'entreprise utilisatrice assure la coordination
générale des mesures de prévention qu'il prend et de celles que prennent
l'ensemble des chefs des entreprises extérieures intervenant dans son
Art. R. 4511-6. - Chaque chef d'entreprise est responsable de l'application des mesures de prévention nécessaires à la protection des travailleurs qu'il emploie.
Art. R. 4511-7. - La coordination générale des mesures de prévention a
pour objet de prévenir les risques liés à l'interférence entre les activités,
les installations et matériels des différentes entreprises présentes sur un
Art. R. 4511-8. - Au titre de la coordination générale des mesures de prévention, le chef de l'entreprise utilisatrice alerte le chef de l'entreprise
extérieure intéressée lorsqu'il est informé d'un danger grave concernant
un des travailleurs de cette entreprise, même s'il estime que la cause du
danger est exclusivement le fait de cette entreprise, afin que les mesures
de prévention nécessaires puissent être prises par l'employeur intéressé.
En outre, il demande au propriétaire de l'établissement les dossiers techniques regroupant les informations relatives à la recherche et à l'identification des matériaux contenant de l'amiante prévus aux articles
R. 1334-22, R. 1334-27 et R. 1334-28 du code de la santé publique. Il
communique ces documents au chef de l'entreprise extérieure intervenant dans l'établissement.
Art. R. 4511-9. - Pour l'application des dispositions du présent titre, le
chef de l'entreprise extérieure ne peut déléguer ses attributions qu'à un
travailleur doté de l'autorité, de la compétence et des moyens nécessaires.
Ce dernier est désigné, lorsque c'est possible, parmi un des travailleurs
appelés à participer à l'exécution des opérations prévues dans l'établissement de l'entreprise utilisatrice.
Art. R. 4511-10. - Les chefs des entreprises extérieures font connaître
par écrit à l'entreprise utilisatrice :
4° Les noms et références de leurs sous-traitants, le plus tôt possible et
en tout état de cause avant le début des travaux dévolus à ceux-ci ;
Art. R. 4511-11. - Le chef de l'entreprise utilisatrice et les chefs des
entreprises extérieures tiennent les informations mentionnées à l'article
R. 4511-10 à la disposition :
4° Des agents des services de prévention des organismes de sécurité
Art. R. 4511-12. - Les chefs des entreprises extérieures fournissent à
l'inspection du travail, sur sa demande, l'état des heures réellement passées à l'exécution de l'opération par les travailleurs qui y sont affectés.
Mesures préalables à l'exécution d'une opération
Art. R. 4512-1. - Lorsque, après le début de l'intervention, une entreprise
extérieure recourt à de nouveaux sous-traitants, les procédures prévues
par le présent chapitre sont à nouveau applicables à ces derniers.
Inspection commune préalable
Art. R. 4512-2. - Il est procédé, préalablement à l'exécution de l'opération
réalisée par une entreprise extérieure, à une inspection commune des
lieux de travail, des installations qui s'y trouvent et des matériels éventuellement mis à disposition des entreprises extérieures.
Art. R. 4512-3. - Au cours de l'inspection commune préalable, le chef de
2° Matérialise les zones de ce secteur qui peuvent présenter des dangers
pour les travailleurs ;
3° Indique les voies de circulation que pourront emprunter ces travailleurs
ainsi que les véhicules et engins de toute nature appartenant aux entreprises extérieures ;
4° Définit les voies d'accès de ces travailleurs aux locaux et installations
à l'usage des entreprises extérieures prévus à l'article R. 4513-8.
Art. R. 4512-4. - Le chef de l'entreprise utilisatrice communique aux chefs
des entreprises extérieures ses consignes de sécurité applicables aux
travailleurs chargés d'exécuter l'opération, y compris durant leurs déplacements.
Art. R. 4512-5. - Les employeurs se communiquent toutes informations
nécessaires à la prévention des risques, notamment la description des
travaux à accomplir, des matériels utilisés et des modes opératoires dès
lors qu'ils ont une incidence sur la santé et la sécurité.
Art. R. 4512-6. - Au vu des informations et éléments recueillis au cours
de l'inspection commune préalable, les chefs des entreprises utilisatrice
et extérieures procèdent en commun à une analyse des risques pouvant
résulter de l'interférence entre les activités, installations et matériels.
Lorsque ces risques existent, les employeurs arrêtent d'un commun
accord, avant le début des travaux, un plan de prévention définissant les
mesures prises par chaque entreprise en vue de prévenir ces risques.
Art. R. 4512-7. - Le plan de prévention est établi par écrit et arrêté avant
le commencement des travaux dans les deux cas suivants :
1° Dès lors que l'opération à réaliser par les entreprises extérieures, y
compris les entreprises sous-traitantes auxquelles elles peuvent faire
appel, représente un nombre total d'heures de travail prévisible égal au
moins à 400 heures sur une période inférieure ou égale à douze mois,
que les travaux soient continus ou discontinus. Il en est de même dès lors
qu'il apparaît, en cours d'exécution des travaux, que le nombre d'heures
de travail doit atteindre 400 heures ;
2° Quelle que soit la durée prévisible de l'opération, lorsque les travaux
à accomplir sont au nombre des travaux dangereux figurant sur une liste
fixée, respectivement, par arrêté du ministre chargé du travail et par
Art. R. 4512-8. - Les mesures prévues par le plan de prévention
comportent au moins les dispositions suivantes :
1° La définition des phases d'activité dangereuses et des moyens de
prévention spécifiques correspondants ;
2° L'adaptation des matériels, installations et dispositifs à la nature des
opérations à réaliser ainsi que la définition de leurs conditions d'entretien ;
4° L'organisation mise en place pour assurer les premiers secours en
cas d'urgence et la description du dispositif mis en place à cet effet par
l'entreprise utilisatrice ;
5° Les conditions de la participation des travailleurs d'une entreprise
aux travaux réalisés par une autre en vue d'assurer la coordination
nécessaire au maintien de la sécurité et, notamment, de l'organisation du
Art. R. 4512-9. - Chaque entreprise concernée fournit la liste des postes
occupés par les travailleurs susceptibles de relever de la surveillance
médicale renforcée prévue par l'article R. 4624-19 ou, s'il s'agit d'un
salarié agricole, par l'article R. 717-16 du code rural, en raison des
risques liés aux travaux réalisés dans l'entreprise utilisatrice. Cette liste
figure dans le plan de prévention.
Art. R. 4512-10. - Le plan de prévention fixe la répartition des charges
d'entretien entre les entreprises extérieures dont les travailleurs utilisent
les locaux et installations prévus à l'art. R. 4513-8 et mis à disposition par
l'entreprise utilisatrice.
Art. R. 4512-11. - Les dossiers techniques regroupant les informations
relatives à la recherche et à l'identification des matériaux contenant de
l'amiante prévus aux articles R. 1334-22, R. 1334-27 et R. 1334-28 du
code de la santé publique sont joints au plan de prévention.
Art. R. 4512-12. - Lorsque l'établissement d'un plan de prévention par
écrit est obligatoire, en application de l'article R. 4512-7 :
1° Ce plan est tenu, pendant toute la durée des travaux, à la disposition
de l'inspection du travail, des agents de prévention des organismes de
sécurité sociale et, le cas échéant, de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics ;
Art. R. 4512-13. - Lorsque l'opération est réalisée de nuit ou dans un lieu
isolé ou à un moment où l'activité de l'entreprise utilisatrice est interrompue, le chef de l'entreprise extérieure intéressé prend les mesures nécessaires pour qu'aucun travailleur ne travaille isolément en un point où il ne
pourrait être secouru à bref délai en cas d'accident.
Art. R. 4512-14. - Pour les travaux accomplis dans un établissement
agricole, les dispositions de l'article R. 4512-13 ne s'appliquent qu'aux
travaux réalisés dans les locaux de l'exploitation, de l'entreprise ou de
l'établissement ou à proximité de ceux-ci.
Art. R. 4512-15. - Avant le début des travaux et sur le lieu même de leur
exécution, le chef de l'entreprise extérieure fait connaître à l'ensemble
des travailleurs qu'il affecte à ces travaux les dangers spécifiques auxquels ils sont exposés et les mesures de prévention prises en application
du présent titre.
Il précise notamment les zones dangereuses ainsi que les moyens adoptés pour les matérialiser. Il explique l'emploi des dispositifs collectifs et
individuels de protection.
Il montre à ces travailleurs les voies à emprunter pour accéder au lieu
d'intervention et le quitter, pour accéder aux locaux et installations mis à
leur disposition ainsi que, s'il y a lieu, les issues de secours.
Art. R. 4512-16. - Le temps consacré à l'information des travailleurs est
assimilé à du temps de travail effectif.
Mesures à prendre pendant l'exécution des opérations
Inspections et réunions périodiques de coordination
Art. R. 4513-1. - Pendant l'exécution des opérations, chaque entreprise
met en œuvre les mesures prévues par le plan de prévention.
Le chef de l'entreprise utilisatrice s'assure auprès des chefs des entreprises extérieures que les mesures décidées sont exécutées. Il coordonne
les mesures nouvelles à prendre lors du déroulement des travaux.
Art. R. 4513-2. - Le chef de l'entreprise utilisatrice organise, avec les
chefs des entreprises extérieures qu'il estime utile d'inviter, des inspections et réunions périodiques, selon une périodicité qu'il définit, afin d'assurer, en fonction des risques ou lorsque les circonstances l'exigent :
1° Soit la coordination générale dans l'enceinte de l'entreprise utilisatrice ;
2° Soit la coordination des mesures de prévention pour une opération
3° Soit la coordination des mesures rendues nécessaires par les risques
liés à l'interférence entre deux ou plusieurs opérations.
Art. R. 4513-3. - Les chefs des entreprises intéressées par les opérations
en cause sont informés de la date à laquelle se tiennent les inspections
et réunions périodiques de coordination.
Lorsqu'ils l'estiment nécessaire en fonction des risques, les chefs des
entreprises extérieures qui ne sont pas conviés participent, sur leur
demande, aux réunions et inspections organisées par l'entreprise utilisatrice.
En l'absence de réunion ou d'inspection, les chefs des entreprises extérieures peuvent, lorsqu'ils l'estiment nécessaire pour la sécurité des
travailleurs, demander au chef de l'entreprise utilisatrice d'organiser de
telles réunions ou inspections.
Art. R. 4513-4. - Les mesures prises lors de la coordination font l'objet
d'une mise à jour du plan de prévention.
Art. R. 4513-5. - Lorsque l'ensemble des opérations des entreprises extérieures présentes dans l'établissement conduit à l'emploi de travailleurs
pour une durée totale supérieure à 90 000 heures pour les douze mois à
venir, les inspections et réunions périodiques de coordination se tiennent
au moins tous les trois mois.
Ces dispositions s'appliquent, y compris lorsque sont mises en œuvre les
dispositions des deuxième et troisième alinéas de l'article R. 4513-3.
Art. R. 4513-6. - Lorsque de nouveaux travailleurs sont affectés à l'exécution des travaux en cours d'opération, le chef de l'entreprise extérieure
en informe le chef de l'entreprise utilisatrice. Le chef de l'entreprise extérieure est tenu, à l'égard de ces travailleurs, aux obligations d'information
prévues à l'article R. 4512-15.
Art. R. 4513-7. - Le chef de l'entreprise utilisatrice s'assure auprès des
chefs des entreprises extérieures qu'ils ont donné aux travailleurs des
instructions appropriées aux risques liés à la présence dans son établissement de plusieurs entreprises.
Locaux et installations à l'usage des entreprises extérieures
Art. R. 4513-8. - Les installations sanitaires, les vestiaires collectifs et les
locaux de restauration sont mis par l'entreprise utilisatrice à la disposition
des entreprises extérieures présentes dans l'établissement, excepté
lorsque ces dernières mettent en place un dispositif équivalent.
Des installations supplémentaires sont mises en place, si nécessaire, sur
la base de l'effectif moyen des travailleurs des entreprises extérieures
devant être employés au cours de l'année à venir de manière habituelle
dans l'établissement de l'entreprise utilisatrice.
Art. R. 4513-9. - Lorsque l'établissement d'un plan de prévention par écrit
est obligatoire, en application de l'article R. 4512-7, ce plan est tenu à la
disposition du médecin du travail de l'entreprise utilisatrice et des médecins du travail des entreprises extérieures intéressées.
Ceux-ci sont informés de ses mises à jour.
Le plan de prévention et ses mises à jour leur sont communiqués sur leur
Art. R. 4513-10. - Le médecin du travail de l'entreprise extérieure communique au médecin du travail de l'entreprise utilisatrice, sur demande
de ce dernier, les éléments du dossier médical individuel des travailleurs
de l'entreprise extérieure qui lui sont nécessaires.
Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice fournit au médecin du travail de l'entreprise extérieure, sur demande de ce dernier, les indications
sur les risques particuliers que présentent les travaux pour la santé des
travailleurs intéressés de l'entreprise extérieure.
Art. R. 4513-11. - Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice assure,
pour le compte de l'entreprise extérieure, la réalisation des examens
complémentaires rendus nécessaires par la nature et la durée des
travaux réalisés par le travailleur de l'entreprise extérieure dans l'entreprise utilisatrice.
Les résultats sont communiqués au médecin du travail de l'entreprise
extérieure, notamment en vue de la détermination de l'aptitude médicale
Art. R. 4513-12. - Par accord entre les chefs de l'entreprise utilisatrice et
de l'entreprise extérieure et les médecins du travail intéressés, l'examen
périodique prévu aux articles R. 4624-16 et suivants et, pour les salariés
agricole, à l'article R. 717-15 du code rural, peut être réalisé par le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice pour le compte de l'entreprise
Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice communique les résultats
au médecin de l'entreprise extérieure, notamment en vue de la détermination de l'aptitude médicale.
Art. R. 4513-13. - Les conditions dans lesquelles le médecin du travail de
l'entreprise extérieure a accès aux postes de travail occupés ou susceptibles d'être occupés par les travailleurs de l'entreprise extérieure sont
fixées entre l'entreprise utilisatrice et l'entreprise extérieure, après avis
des médecins du travail intéressés.
Rôle des institutions représentatives du personnel
Art. R. 4514-1. - Les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions
de travail de l'entreprise utilisatrice et des entreprises extérieures sont
informés :
1° De la date de l'inspection commune préalable par les chefs des entreprises intéressées, dès qu'ils en ont connaissance et au plus tard trois
jours avant qu'elle ait lieu. En cas d'urgence, ils sont informés sur le
champ ;
2° De la date des inspections et réunions périodiques de coordination, au
plus tard trois jours avant qu'elles aient lieu. En cas d'urgence, ils sont
informés sur le champ ;
3° De toute situation d'urgence et de gravité mentionnée au 3° de l'article
L. 4614-6.
Art. R. 4514-2. - Lorsque l'établissement d'un plan de prévention par écrit
disposition du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail
de l'entreprise utilisatrice et de ceux des entreprises extérieures.
Art. R. 4514-3. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail de l'entreprise utilisatrice compétent charge, s'il l'estime nécessaire, un ou plusieurs de ses membres appartenant à la délégation du
personnel de participer à l'inspection commune préalable.
Les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail des entreprises extérieures intéressées participent, s'ils l'estiment nécessaire, à
l'inspection commune préalable, dans les conditions prévues à l'article
R. 4514-9.
Les membres des comités désignés pour participer à l'inspection commune préalable émettent un avis sur les mesures de prévention. Cet avis
est porté sur le plan de prévention lorsque ce plan doit être établi par
Art. R. 4514-4. - Des inspections et réunions périodiques de coordination
sont organisées à la demande motivée de deux représentants du personnel au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise utilisatrice.
A la demande motivée de deux représentants du personnel au comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise extérieure, les dispositions prévues aux deuxième et troisième alinéas de l'article R. 4513-3 sont mises en œuvre par le chef de l'entreprise extérieure.
Art. R. 4514-5. - Aux lieux d'entrée et de sortie du personnel de l'entreprise utilisatrice sont affichés :
1° Les noms et lieux de travail des membres du comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail de l'entreprise utilisatrice et des
entreprises extérieures ;
Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise utilisatrice
Art. R. 4514-6. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail de l'entreprise utilisatrice charge, s'il l'estime nécessaire, un ou
plusieurs de ses membres appartenant à la délégation du personnel de
participer aux inspections et réunions périodiques de coordination.
Ces membres émettent un avis sur les mesures de prévention. Cet avis
Art. R. 4514-7. - Lorsqu'il peut y avoir des risques liés à l'interférence
entre les activités, les installations et matériels des différentes entreprise,
le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise
utilisatrice procède, dans le cadre de ses missions, aux inspections et
enquêtes prévues aux articles L. 4612-4 et L. 4612-5, sur les lieux de
travail temporairement occupés par des travailleurs d'entreprises extérieures.
Art. R. 4514-7-1. - Les représentants des entreprises extérieures au
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise
utilisatrice, élargi en application de l'article L. 4523-11, ne sont pas considérés comme appartenant à la délégation du personnel du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise utilisatrice.
Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise extérieure
Art. R. 4514-8. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail de l'entreprise extérieure charge, s'il l'estime nécessaire, un ou
participer aux inspections et réunions périodiques de coordination, lorsqu'il est prévu que l'entreprise extérieure y participe.
Art. R. 4514-9. - Avant le début des travaux, lorsqu'un représentant du
personnel au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail
est appelé à faire partie de l'équipe intervenant dans l'entreprise utilisatrice et que le comité entend participer à l'inspection commune préalable,
en application du deuxième alinéa de l'article R. 4514-3, ce représentant
du personnel est désigné pour participer à cette inspection.
Dans le cas contraire, le comité peut désigner un représentant du personnel élu titulaire d'un autre mandat, s'il est appelé à être affecté dans l'entreprise utilisatrice.
Art. R. 4514-10. - Les dispositions de l'article R. 4514-9 s'appliquent pendant l'exécution des travaux lorsque le comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail de l'entreprise extérieure entend faire application du premier alinéa de l'article R. 4514-8.
Annexe 4. Liste des travaux pour lesquels il est établi
un plan de prévention écrit sans considération de durée
Fixant, en application de l'article R. 237-8 (devenu l’article R. 4512-7)
du code du travail, la liste des travaux dangereux pour lesquels il est
établi par écrit un plan de prévention
Vu le code du travail, et notamment l'article R. 237-8 ;
Sur le rapport du directeur des relations du travail,
Art. 1er. - Un plan de prévention est établi par écrit dans les conditions
prévues au deuxième alinéa de l'article R. 237-8 du code du travail pour
les travaux dangereux ci-après énumérés :
1. Travaux exposant à des rayonnements ionisants.
2. Travaux exposant à des substances et préparations explosives comburantes, extrêmement inflammables, facilement inflammables très
toxiques, toxiques, nocives, cancérogènes, mutagènes, toxiques vis-àvis de la reproduction, au sens de l'article R. 231-51 du code du travail.
3. Travaux exposant à des agents biologiques pathogènes.
4. Travaux effectués sur une installation classée faisant l'objet d'un plan
d'opération interne en application de l'article 17 du décret nº 77-1133
du 21 septembre 1977 modifié.
5. Travaux de maintenance sur les équipements de travail, autres que les
appareils et accessoires de levage, qui doivent faire l'objet des vérifications périodiques prévues à l'article R. 233-11 du code du travail,
ainsi que les équipements suivants :
- véhicules à benne basculante ou cabine basculante ;
- machines à cylindre ;
- machines présentant les risques définis aux deuxième et troisième
alinéas de l'article 233-29 du code du travail.
6. Travaux de transformation au sens de la norme NF P 82-212 sur les
ascenseurs, monte-charge, escaliers mécaniques, trottoirs roulants et
installations de parcage automatique de voitures.
7. Travaux de maintenance sur installations à très haute ou très basse
8. Travaux comportant le recours à des ponts roulants ou des grues ou
transstockeurs.
9. Travaux comportant le recours aux treuils et appareils assimilés mus à
la main, installés temporairement au-dessus d'une zone de travail ou
10. Travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension
supérieure à la TBT.
11. Travaux nécessitant l'utilisation d'équipements de travail auxquels est
applicable l'article R. 233-9 du code du travail.
12. Travaux du bâtiment et des travaux publics exposant les travailleurs
à des risques de chute de hauteur de plus de 3 mètres, au sens de
l'article 5 du décret nº 65-48 du 8 janvier 1965.
13. Travaux exposant à un niveau d'exposition sonore quotidienne supérieure à 90 dB (A) ou à un niveau de pression acoustique de crête
supérieure à 140 dB.
14. Travaux exposant à des risques de noyade.
15. Travaux exposant à un risque d'ensevelissement.
16. Travaux de montage, démontage d'éléments préfabriqués lourds,
visés à l'article 170 du décret nº 65-48 du 8 janvier 1965.
17. Travaux de démolition.
18. Travaux dans ou sur des cuves et accumulateurs de matière ou en
atmosphère confinée.
19. Travaux en milieu hyperbare.
20. Travaux nécessitant l'utilisation d'un appareil à laser d'une classe
supérieure à la classe 3 A selon la norme NF EN 60825 ;
21. Travaux de soudage oxyacétylénique exigeant le recours à un
« permis de feu ».
Art. 2. - Le présent arrêté est applicable le premier jour du troisième mois
qui suit sa parution au Journal officiel.
Art. 3. - Le directeur des relations du travail est chargé de l'exécution
du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République
Articles R. 4515-1 à R. 4515-11 du code du travail
Art. R. 4515-1. - Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux opérations de chargement ou de déchargement réalisées par des entreprises
extérieures transportant des marchandises, en provenance ou à destination d'un lieu extérieur à l'enceinte de l'entreprise utilisatrice, dite « entreprise d'accueil ».
1° A la transmission à l'inspection du travail de l'état des heures passées à
l'exécution de l'opération, prévue à l'article R. 4511-12 ;
2° A l'inspection commune préalable prévue aux articles R. 4512-2 à
R. 4512-5 ;
4° A l'information et à la communication au comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail des renseignements et documents prévues aux
articles R. 4514-1 et R. 4514-2.
Art. R. 4515-2. - On entend par opération de chargement ou de déchargement, l'activité concourant à la mise en place ou à l'enlèvement sur ou dans
Art. R. 4515-3. - On entend par opérations de chargement ou de déchargement à caractère répétitif, celles qui portent sur des produits ou substances de même nature, sont accomplies sur les mêmes emplacements, selon
le même mode opératoire, et mettent en œuvre les mêmes types de véhicules et de matériels de manutention.
Art. R. 4515-4. - Les opérations de chargement ou de déchargement, font
l'objet d'un document écrit, dit « protocole de sécurité », remplaçant le plan
Art. R. 4515-5. - Le protocole de sécurité comprend les informations utiles
à l'évaluation des risques de toute nature générés par l'opération ainsi que
les mesures de prévention et de sécurité à observer à chacune des phases
de sa réalisation.
Art. R. 4515-6. - Pour l'entreprise d'accueil, le protocole de sécurité
comprend, notamment, les informations suivantes :
1° Les consignes de sécurité, particulièrement celles qui concernent
l'opération de chargement ou de déchargement ;
2° Le lieu de livraison ou de prise en charge, les modalités d'accès et de
stationnement aux postes de chargement ou de déchargement accompagnées d'un plan et des consignes de circulation ;
3° Les matériels et engins spécifiques utilisés pour le chargement ou le
déchargement ;
4° Les moyens de secours en cas d'accident ou d'incident ;
5° L'identité du responsable désigné par l'entreprise d'accueil, auquel l'employeur délègue, le cas échéant, ses attributions.
Art. R. 4515-7. - Pour le transporteur, le protocole de sécurité décrit, notamment :
1° Les caractéristiques du véhicule, son aménagement et ses équipements ;
2° La nature et le conditionnement de la marchandise ;
3° Les précautions ou sujétions particulières résultant de la nature des substances ou produits transportés, notamment celles imposées par la réglementation relative au transport de matières dangereuses.
Art. R. 4515-8. - Le protocole de sécurité est établi dans le cadre d'un
échange entre les employeurs intéressés, préalablement à la réalisation de
Chacune des opérations ne revêtant pas le caractère répétitif défini à l'article R. 4515-3 donne lieu à un protocole de sécurité spécifique.
Art. R. 4515-9. - Les opérations de chargement ou de déchargement impliquant les mêmes entreprises et revêtant un caractère répétitif font l'objet
d'un seul protocole de sécurité établi préalablement à la première opération.
Ce protocole de sécurité reste applicable aussi longtemps que les
employeurs intéressés considèrent que les conditions de déroulement des
opérations n'ont subi aucune modification significative, dans l'un quelconque de leurs éléments constitutifs.
Art. R. 4515-10. - Lorsque le prestataire ne peut pas être identifié préalablement par l'entreprise d'accueil ou lorsque l'échange préalable n'a pas
permis de réunir toutes les informations nécessaires, par dérogation aux
dispositions de l'article R. 4515-8, l'employeur de l'entreprise d'accueil fournit et recueille par tout moyen approprié les éléments qui se rapportent au
Art. R. 4515-11. - Les chefs d'établissement des entreprises d'accueil et de
transport tiennent un exemplaire de chaque protocole de sécurité, daté et
signé, à la disposition :
1° Des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail des
entreprises intéressées ;
2° De l'inspection du travail.
Annexe 6. Intervention d'entreprises extérieures
et coordination SPS : champ d'application
Circulaire du 10 avril 1996
Relative à la coordination sur les chantiers de bâtiment et de génie
Extrait (Annexes - Annexe III - Les réponses de principe de la Direction
des relations du travail)
Champ d'application des décrets du 20 février 1992 et du 26 décembre 1994
La répartition entre les champs d'application respectifs des décrets du
20 février 1992 et du 26 décembre 1994 a posé un certain nombre de difficultés pratiques, lors de la parution de la réglementation issue de la loi
du 31 décembre 1993, transposant la directive CEE du 24 juin 1992.
(...) Il existe désormais, dans le code du travail, deux textes de coordination en matière de sécurité et de santé.
Le premier - celui du 20 février 1992 - est de portée générale et s'applique aux travaux effectués dans un établissement par une entreprise
extérieure, l'autre celui du 26 décembre 1994 - est beaucoup plus spécifique et est limité à certaines opérations de bâtiment ou de génie civil. Ce
dernier texte est d'ailleurs pris pour l'application de la loi n° 1418 du
31 décembre 1993 portant transposition de la directive dite « chantiers
temporaires ou mobiles ».
Or les deux décrets s'appliquent à des « travaux » de bâtiment ou de
Compte tenu de ce qui précède, il ne peut y avoir une application combinée des deux décrets dans le cadre d'une même opération, alors que plusieurs opérations indépendantes les unes des autres peuvent être
conduites simultanément sur un même site, les unes soumises au décret
du 2 février 1992, les autres au décret du 26 décembre 1994 selon la
nature des opérations envisagées.
C'est la raison pour laquelle l'article R. 237-1 (devenu R. 4515-1 et suivants) issu de la rédaction de l'article 2 du décret du 26 décembre 1994
a été modifié pour faire place aux opérations de bâtiment et de génie civil
nécessitant, en réalité, l'intervention d'un coordonnateur spécifique, les
autres opérations restant dans le régime général.
Il en résulte que plusieurs conditions doivent être réunies pour appliquer
le décret spécifique du 26 décembre 1994. D'une part, l'intervention d'au
moins deux entreprises effectuant des travaux bâtiment, d'autre part l'exécution de travaux constituant, en eux-mêmes, une opération pouvant être
délimitée de façon précise dans l'espace et dans le temps, pour permettre,
notamment, de déterminer avec précision la mission du coordonnateur.
En analysant de façon précise les attributions du coordonnateur telles
qu'elles sont prévues par le décret du 26 décembre 1994, on peut déduire
qu'il s'agit d'opérations que les promoteurs BTP qualifient d' « opérations
structurantes », c'est-à-dire portant sur les éléments essentiels des structures d'une construction, soit dans le cadre de travaux neufs d'extension,
soit dans le cadre de restructurations lourdes, conduisant notamment à l'élaboration d'un dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage ou à la
modification de celui-ci. Dans un cadre ainsi défini, on se rend compte que
l'analyse préalable des risques aura fait apparaître des risques de coactivité BTP alors que d'autres travaux de bâtiment ou de génie civil portant sur
l'entretien usuel mettront en évidence des risques graves liés à l'interférence de ces travaux avec les risques inhérents à l'exploitation du site justifiant
ainsi pleinement l'application du décret du 2 février 1992.
Les autres interventions de bâtiment et de génie civil ne constituant pas
des opérations pouvant être parfaitement isolées, telles que des travaux
d'entretien courant d'électricité, de plomberie, de peinture, doivent donc
rester sous l'empire du décret du 20 février 1992. En effet, ces travaux de
BTP ou de génie civil ne nécessitent pas d'actes préparatoires constituant un réel projet au sens du décret du 26 décembre 1994.
Ainsi, au regard du risque BTP et pour illustrer ce qui vient d'être dit, l'entretien d'une presse entre dans le cadre même des travaux qui justifient
l'application du décret du 20 février 1992. D'ailleurs, le champ d'application du décret du 8 janvier 1965 modifié par le décret du 6 mai 1995 le
justifie tout à fait.
Pour toutes ces raisons, il paraît superflu d'exiger la désignation d'un
coordonnateur en matière de santé et de sécurité pour de simples interventions, le plus souvent isolées, au seul motif qu'au moins deux entreprises sont présentes en même temps sur un même site industriel, alors
que ces interventions ne sont pas « cohérentes » entre elles et ne relèvent donc pas de la catégorie d'une opération BTP, préalablement définie
par un projet finalisé.
Dans la pratique, je ne verrais, pour ma part, que des avantages à ce que
les entreprises de votre ressort appliquent le décret du 2 février 1992
lorsqu'il s'agit de travaux qu'il est impossible d'isoler matériellement.
Le décret du 26 décembre 1994 s'appliquerait, dans la pratique, aux
chantiers clos et indépendants entrant dans la prévision de l'article
L. 235-3 du code du travail (devenu L. 4532-2). C'est ce qui sera repris
dans la circulaire d'application.
Annexe 7. Principales dispositions relatives à l'intervention
d'entreprises extérieures
Livre 1er Dispositions générales
Titre I Champ et dispositions d’application
Disposition d’application
Art. L. 4111-6. - Des décrets en Conseil d'Etat déterminent :
1° Les modalités de l'évaluation des risques et de la mise en œuvre des
actions de prévention pour la santé et la sécurité des travailleurs prévues
aux articles L. 4121-3 à L. 4121-5 ;
2° Les mesures générales de santé et de sécurité ;
3° Les prescriptions particulières relatives soit à certaines professions,
soit à certains modes de travail, soit à certains risques ;
4° Les conditions d'information des travailleurs sur les risques pour la
santé et la sécurité et les mesures prises pour y remédier ;
5° Les conditions dans lesquelles les formations à la sécurité sont organisées et dispensées.
Titre II Principes généraux de prévention
Art. L. 4121-1. - L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du
changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations
Art. L. 4121-2. - L'employeur met en œuvre les mesures prévues à l'article
L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention
4° Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la
conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de
travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de
limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de
ceux-ci sur la santé ;
6° Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par
ce qui est moins dangereux ;
7° Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la
technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations
sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés
au harcèlement moral, tel qu'il est défini à l'article L. 1152-1 ;
Art. L. 4121-3. - L'employeur, compte tenu de la nature des activités de
l'établissement, évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans
l'aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail.
A la suite de cette évaluation, l'employeur met en œuvre les actions de
prévention ainsi que les méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Il intègre ces actions et ces méthodes dans l'ensemble des activités de l'établissement et à tous les niveaux de l'encadrement.
Art. L. 4121-4. - Lorsqu'il confie des tâches à un travailleur, l'employeur,
compte tenu de la nature des activités de l'établissement, prend en considération les capacités de l'intéressé à mettre en œuvre les précautions
nécessaires pour la santé et la sécurité.
Art. L. 4121-5. - Lorsque dans un même lieu de travail les travailleurs de
plusieurs entreprises sont présents, les employeurs coopèrent à la mise
en œuvre des dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail.
Titre IV Information et formation des travailleurs
Art. L. 4141-1. - L'employeur organise et dispense une information des
travailleurs sur les risques pour la santé et la sécurité et les mesures prises pour y remédier.
Art. L. 4141-2. - L'employeur organise une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice :
3° Des salariés temporaires, à l'exception de ceux auxquels il est fait
appel en vue de l'exécution de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité et déjà dotés de la qualification nécessaire à cette intervention ;
4° A la demande du médecin du travail, des travailleurs qui reprennent
leur activité après un arrêt de travail d'une durée d'au moins vingt et un
Art. L. 4141-3. - L'étendue de l'obligation d'information et de formation à
la sécurité varie selon la taille de l'établissement, la nature de son activité, le caractère des risques qui y sont constatés et le type d'emploi des
Art. L. 4141-4. - Le financement des actions de formation à la sécurité est
à la charge de l'employeur.
Il ne peut imputer ce financement sur la participation prévue à l'article
L. 6331-1 que pour les actions de formation mentionnées à l'article
L. 6313-1.
Art. L. 4142-1. - En fonction des risques constatés, des actions particulières de formation à la sécurité sont conduites dans certains établissements avec le concours, le cas échéant, des organismes professionnels
d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail prévus à l'article
L. 4643-1 et des services de prévention des caisses régionales d'assurance maladie.
Art. L. 4142-2. - Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée
déterminée et les salariés temporaires affectés à des postes de travail
présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité bénéficient d'une formation renforcée à la sécurité, dans les conditions prévues à l'article L. 4154-2.
Par dérogation aux dispositions de l'article L. 4141-4, le financement de
ces actions de formation est à la charge de l'entreprise utilisatrice.
Art. L. 4142-3. - Dans les établissements comprenant au moins une
installation figurant sur la liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du code
de l'environnement ou mentionnée à l'article 3-1 du code minier, l'employeur définit et met en œuvre une formation aux risques des chefs d'en-
treprises extérieures et de leurs salariés ainsi que des travailleurs indépendants qu'il accueille, dans les conditions prévues à l'article L. 4522-2.
Par dérogation aux dispositions à l'article L. 4141-4, le financement de
Art. L. 4142-4. - Toute modification apportée au poste de travail pour des
raisons de sécurité, qui entraînerait une diminution de la productivité, est
suivie d'une période d'adaptation de deux semaines au moins pendant
laquelle tout mode de rémunération au rendement est interdit. La rémunération est établie sur la moyenne des deux semaines précédant la
Art. L. 4143-1. - Le comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont
consultés sur les programmes de formation et veillent à leur mise en
Ils sont également consultés :
1° Sur le programme et les modalités pratiques de la formation renforcée
des salariés titulaires d'un contrat de travail à durée déterminée et des
salariés temporaires affectés à des postes de travail présentant des
risques particuliers, prévue à l'article L. 4142-2 ainsi que sur les conditions d'accueil de ces salariés à ces postes ;
2° Sur la formation prévue à l'article L. 4142-3 dans les établissements
comprenant une installation figurant sur la liste prévue au IV de l'article
L. 515-8 du code de l'environnement ou mentionnée à l'article 3-1 du
Titre V Dispositions particulières à certaines catégories de travailleurs
Salariés titulaires d’un contrat de travail à durée déterminée et salariés
Obligations particulières d’information et de formation
Art. L. 4154-2. - Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée
déterminée, les salariés temporaires et les stagiaires en entreprise affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers pour leur
santé ou leur sécurité bénéficient d'une formation renforcée à la sécurité
ainsi que d'un accueil et d'une information adaptés dans l'entreprise dans
laquelle ils sont employés.
La liste de ces postes de travail est établie par l'employeur, après avis du
médecin du travail et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions
de travail ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe. Elle est
tenue à la disposition de l'inspecteur du travail.
Art. L. 4154-3. - La faute inexcusable de l'employeur prévue à l'article
L. 452-1 du code de la sécurité sociale est présumée établie pour les
salariés titulaires d'un contrat de travail à durée déterminée, les salariés
temporaires et les stagiaires en entreprise victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle alors qu'affectés à des postes de
travail présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité
ils n'auraient pas bénéficié de la formation à la sécurité renforcée prévue
par l'article L. 4154-2.
Art. L. 4154-4. - Lorsqu'il est fait appel, en vue de l'exécution de travaux
urgents nécessités par des mesures de sécurité, à des salariés temporaires déjà dotés de la qualification nécessaire à cette intervention, le chef
de l'entreprise utilisatrice leur donne toutes les informations nécessaires
sur les particularités de l'entreprise et de son environnement susceptibles
d'avoir une incidence sur leur sécurité.
Livre VI Institutions et organismes de prévention
Titre I Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail
Art. L. 4611-1. - Un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail est constitué dans tout établissement de cinquante salariés et
La mise en place d'un comité n'est obligatoire que si l'effectif d'au moins
cinquante salariés a été atteint pendant douze mois consécutifs ou non
au cours des trois années précédentes.
Art. L. 4611-2. - A défaut de comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans les établissements de cinquante salariés et plus, les
délégués du personnel ont les mêmes missions et moyens que les membres de ces comités. Ils sont soumis aux mêmes obligations.
Art. L. 4611-3. - Dans les établissements de moins de cinquante salariés,
les délégués du personnel sont investis des missions dévolues aux membres du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail qu'ils
exercent dans le cadre des moyens prévus aux articles L. 2315-1 et suivants. Ils sont soumis aux mêmes obligations.
Art. L. 4611-4. - L'inspecteur du travail peut imposer la création d'un
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans les établissements de moins de cinquante salariés lorsque cette mesure est nécessaire, notamment en raison de la nature des travaux, de l'agencement ou
de l'équipement des locaux.
Cette décision peut être contestée devant le directeur régional du travail,
de l'emploi et de la formation professionnelle.
Art. L. 4611-5. - Dans la branche d'activité du bâtiment et des travaux
publics, les dispositions de l'article L. 4611-4 ne s'appliquent pas.
Dans les entreprises de cette branche employant au moins cinquante
salariés dans lesquelles aucun établissement n'est tenu de mettre en
place un comité, l'autorité administrative peut en imposer la création
lorsque cette mesure est nécessaire en raison du danger particulier de
l'activité ou de l'importance des risques constatés. Cette décision intervient sur proposition de l'inspecteur du travail saisi par le comité d'entreprise ou, en l'absence de celui-ci par les délégués du personnel.
La mise en place d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail ne dispense pas les entreprises de leur obligation d'adhérer à un
organisme professionnel d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail prévu par l'article L. 4643-2.
Art. L. 4611-6. - Les entreprises de moins de cinquante salariés peuvent
se regrouper sur un plan professionnel ou interprofessionnel en vue de
constituer un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Art. L.4611-7. - Les dispositions du présent titre ne font pas obstacle aux
dispositions plus favorables concernant le fonctionnement, la composition ou les pouvoirs des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions
de travail qui résultent d'accords collectifs ou d'usages.
Art. L. 4612-1. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail a pour mission :
1° De contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la
sécurité des travailleurs de l'établissement et de ceux mis à sa disposition
par une entreprise extérieure ;
2° De contribuer à l'amélioration des conditions de travail, notamment en
vue de faciliter l'accès des femmes à tous les emplois et de répondre aux
problèmes liés à la maternité ;
Art. L. 4612-2. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail procède à l'analyse des risques professionnels auxquels peuvent
être exposés les travailleurs de l'établissement ainsi qu'à l'analyse des
conditions de travail. Il procède également à l'analyse des risques professionnels auxquels peuvent être exposées les femmes enceintes.
Art. L. 4612-3. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail contribue à la promotion de la prévention des risques professionnels
dans l'établissement et suscite toute initiative qu'il estime utile dans cette
perspective. Il peut proposer notamment des actions de prévention du
harcèlement moral et du harcèlement sexuel. Le refus de l'employeur est
Art. L. 4612-4. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail procède, à intervalles réguliers, à des inspections.
La fréquence de ces inspections est au moins égale à celle des réunions
ordinaires du comité.
Art. L. 4612-5. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail réalise des enquêtes en matière d'accidents du travail ou de maladies
professionnelles ou à caractère professionnel.
Art. L. 4612-6. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut demander à entendre le chef d'un établissement voisin dont l'activité expose les travailleurs de son ressort à des nuisances particulières.
Il est informé des suites réservées à ses observations.
Art. L. 4612-7. - Lors des visites de l'inspecteur ou du contrôleur du travail, les représentants du personnel au comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail sont informés de sa présence par l'employeur et
peuvent présenter leurs observations.
Art. L. 4612-8. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté avant toute décision d'aménagement important modifiant
les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail et,
notamment, avant toute transformation importante des postes de travail
découlant de la modification de l'outillage, d'un changement de produit ou
de l'organisation du travail, avant toute modification des cadences et des
normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail.
Art. L. 4612-8-1. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail peut faire appel à titre consultatif et occasionnel au concours de
toute personne de l'établissement qui lui paraîtrait qualifiée.
Art. L. 4612-9. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté sur le projet d'introduction et lors de l'introduction de
nouvelles technologies mentionnés à l'article L. 2323-13 sur les conséquences de ce projet ou de cette introduction sur la santé et la sécurité
Dans les entreprises dépourvues de comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail, les délégués du personnel ou, à défaut, les salariés
Art. L. 4612-10. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail est consulté sur le plan d'adaptation établi lors de la mise en
œuvre de mutations technologiques importantes et rapides prévues à
l'article L. 2323-14.
Art. L. 4612-11. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail est consulté sur les mesures prises en vue de faciliter la mise, la
remise ou le maintien au travail des accidentés du travail, des invalides
de guerre, des invalides civils et des travailleurs handicapés, notamment
sur l'aménagement des postes de travail.
Art. L. 4612-12. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail est consulté sur les documents se rattachant à sa mission, notamment sur le règlement intérieur.
Art. L. 4612-13. - Indépendamment des consultations obligatoires prévues par la présente section, le comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail se prononce sur toute question de sa compétence
dont il est saisi par l'employeur, le comité d'entreprise et les délégués du
Art. L. 4612-14. - Lorsqu'il tient de la loi un droit d'accès aux registres
mentionnés à l'article L. 8113-6, le comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail est consulté préalablement à la mise en place d'un
support de substitution dans les conditions prévues à ce même article.
Art. L. 4612-15. - Dans les établissements comportant une ou plusieurs
installations soumises à autorisation au titre de l'article L. 512-1 du code
de l'environnement ou soumise aux dispositions des articles 3-1 et 104 à
104-8 du code minier, les documents établis à l'intention des autorités
publiques chargées de la protection de l'environnement sont portés à la
connaissance du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail par l'employeur, dans des conditions déterminées par voie réglementaire.
Art. L. 4614-7. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail se réunit au moins tous les trimestres à l'initiative de l'employeur, plus
fréquemment en cas de besoin, notamment dans les branches d'activité
Art. L. 4614-8. - L'ordre du jour de chaque réunion est établi par le président et le secrétaire.
Il est transmis aux membres du comité et à l'inspecteur du travail dans
des conditions déterminées par voie réglementaire.
Art. L. 4614-9. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail reçoit de l'employeur les informations qui lui sont nécessaires pour
l'exercice de ses missions, ainsi que les moyens nécessaires à la préparation et à l'organisation des réunions et aux déplacements imposés par
les enquêtes ou inspections.
Les membres du comité sont tenus à une obligation de discrétion à l'égard des informations présentant un caractère confidentiel et données
comme telles par l'employeur.
Ils sont tenus au secret professionnel pour toutes les questions relatives
aux procédés de fabrication.
Art. L. 4614-10. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail est réuni à la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu
entraîner des conséquences graves ou à la demande motivée de deux de
ses membres représentants du personnel.
Art. L. 4614-11. - L'inspecteur du travail est prévenu de toutes les
réunions du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail et
peut y assister.
Art. L. 4614-14. - Les représentants du personnel au comité d'hygiène,
de sécurité et des conditions de travail bénéficient de la formation nécessaire à l'exercice de leurs missions. Cette formation est renouvelée lorsqu'ils ont exercé leur mandat pendant quatre ans, consécutifs ou non.
Dans les établissements où il n'existe pas de comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, et dans lesquels les délégués du personnel sont investis des missions de ce comité, les délégués du personnel
bénéficient de la formation prévue au premier alinéa.
Art. L. 4614-15. - Dans les établissements de trois cents salariés et plus,
la formation est assurée dans les conditions prévues à l'article
L. 2325-44.
Pour les établissements de moins de trois cents salariés, ces conditions
sont fixées par convention ou accord collectif de travail ou, à défaut, par
des dispositions spécifiques déterminées par voie réglementaire.
Art. L. 4614-16. - La charge financière de la formation des représentants
du personnel au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail
incombe à l'employeur dans des conditions et limites déterminées par
Annexe 8. Principales dispositions relatives à l’intervention
d’entreprises extérieures dans des installations classées de type
Seveso « seuil haut »
Livre V Prévention des risques liés à certaines activités ou opérations
Titre II Installations nucléaires de base et installations susceptibles de
donner lieu à des servitudes d’utilité publique
Art. L. 4521-1. - Les dispositions du présent titre sont applicables dans
les établissements comprenant au moins une installation nucléaire de
base au sens de la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire ou une installation figurant sur
la liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du code de l'environnement ou
soumise aux dispositions des articles 3-1 et 104 à 104-8 du code minier.
Art. L. 4522-1. - Dans les établissements mentionnés à l'article L. 4521-1,
lorsqu'un travailleur ou le chef d'une entreprise extérieure ou un travailleur indépendant est appelé à réaliser une intervention pouvant présenter des risques particuliers en raison de sa nature ou de la proximité
de cette installation, le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice et
le chef de l'entreprise extérieure définissent conjointement les mesures
de prévention prévues aux articles L. 4121-1 à L. 4121-4.
Le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice veille au respect par
l'entreprise extérieure des mesures que celle-ci a la responsabilité d'appliquer, compte tenu de la spécificité de l'établissement, préalablement à
l'exécution de l'opération, durant son déroulement et à son issue.
Art. L. 4522-2. - L'employeur définit et met en œuvre au bénéfice des
chefs d'entreprises extérieures et des travailleurs qu'ils emploient ainsi
que des travailleurs indépendants, avant le début de leur première intervention dans l'enceinte de l'établissement, une formation pratique et
appropriée aux risques particuliers que leur intervention peut présenter
en raison de sa nature ou de la proximité de l'installation classée.
Cette formation est dispensée sans préjudice de celles prévues par les
articles L. 4141-2 et L. 4142-1. Ses modalités de mise en œuvre, son
contenu et les conditions de son renouvellement peuvent être précisés
par convention ou accord collectif de branche ou par convention ou
accord collectif d'entreprise ou d'établissement.
Attributions particulières
Art. L. 4523-1. - Les dispositions du présent chapitre s'appliquent sans
préjudice de celles prévues au titre Ier du livre VI relatives au comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Art. L. 4523-2. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté sur la liste des postes de travail liés à la sécurité de l'installation. Cette liste est établie par l'employeur dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat.
Le comité est également consulté avant toute décision de sous-traiter
une activité, jusqu'alors réalisée par les salariés de l'établissement, à une
entreprise extérieure appelée à réaliser une intervention pouvant présenter des risques particuliers en raison de sa nature ou de la proximité de
Art. L. 4523-3. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est informé à la suite de tout incident qui aurait pu entraîner des
conséquences graves. Il peut procéder à l'analyse de l'incident et proposer toute action visant à prévenir son renouvellement. Le suivi de ces propositions fait l'objet d'un examen dans le cadre de la réunion de bilan et
de programme annuels, prévue à l'article L. 4612-16.
Art. L. 4523-4. - Dans les établissements comportant une ou plusieurs
installations nucléaires de base, le comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail est informé par l'employeur de la politique de sûreté
et peut lui demander communication des informations sur les risques liés
à l'exposition aux rayonnements ionisants et sur les mesures de sûreté et
de radioprotection prises pour prévenir ou réduire ces risques ou expositions, dans les conditions définies aux articles L. 124-1 à L. 124-6 du
code de l'environnement.
Le comité est consulté par l'employeur sur la définition et les modifications ultérieures du plan d'urgence interne mentionné à l'article L. 1333-6
du code de la santé publique. Il peut proposer des modifications de ce
plan à l'employeur qui justifie auprès du comité les suites qu'il donne à
Art. L. 4523-5. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut faire appel à un expert en risques technologiques, dans des
conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat.
L. 4523-10. - Les représentants du personnel au comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail, y compris, le cas échéant, les représentants des salariés des entreprises extérieures, bénéficient d'une formation spécifique correspondant aux risques ou facteurs de risques particuliers, en rapport avec l'activité de l'entreprise.
Les conditions dans lesquelles cette formation est dispensée et renouvelée peuvent être définies par convention ou accord collectif de branche,
d'entreprise ou d'établissement.
Art. L. 4523-11. - Lorsque la réunion du comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail a pour objet de contribuer à la définition des
règles communes de sécurité dans l'établissement et à l'observation des
mesures de prévention définies en application de l'article L. 4522-1, le
comité est élargi à une représentation des chefs d'entreprises extérieures
et des travailleurs qu'ils emploient selon des conditions déterminées par
convention ou accord collectif de branche, d'entreprise ou d'établissement. Cette convention ou cet accord détermine également les modalités
de fonctionnement du comité élargi.
A défaut de convention ou d'accord, le comité est élargi et fonctionne
dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'État.
Art. L. 4523-12. - Les dispositions de l'article L. 4523-11 ne sont pas
applicables aux établissements comprenant au moins une installation
nucléaire de base dans lesquels les chefs d'entreprises extérieures et les
représentants de leurs salariés sont associés à la prévention des risques
particuliers liés à l'activité de l'établissement, selon des modalités mises
en œuvre avant la publication de la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire et répondant
à des caractéristiques définies par décret.
Art. L. 4523-13. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail élargi se réunit au moins une fois par an. Il est également réuni
lorsque s'est produit un accident du travail dont la victime est une personne extérieure intervenant dans l'établissement.
Art. L. 4523-14. - La représentation des entreprises extérieures au
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi est fonction de la durée de leur intervention, de la nature de cette dernière et de
leur effectif intervenant dans l'établissement.
Les salariés des entreprises extérieures sont désignés, parmi les salariés
intervenant régulièrement sur le site, par le comité d'hygiène, de sécurité
et des conditions de travail de leur établissement ou, à défaut, par les
délégués du personnel ou, en leur absence, par les membres de l'équipe
appelés à intervenir dans l'établissement.
Art. L. 4523-15. - L'employeur et les chefs des entreprises extérieures
prennent respectivement les dispositions relevant de leurs prérogatives
pour permettre aux salariés des entreprises extérieures désignés au
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi d'exercer
Le comité peut inviter, à titre consultatif et occasionnel, le chef d'une
entreprise extérieure.
Art. L. 4523-16. - Les salariés d'entreprises extérieures qui siègent ou ont
siégé en qualité de représentants du personnel dans un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi sont tenus à une obligation de discrétion à l'égard des informations présentant un caractère
confidentiel et données comme telles par l'employeur.
Art. L. 4523-17. - Les salariés d'entreprises extérieures qui siègent ou ont
siégé en qualité de représentants du personnel dans un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi bénéficient de la protection prévue par le livre IV de la deuxième partie.
Comité interentreprises de santé et de sécurité au travail
L. 4524-1. - Dans le périmètre d'un plan de prévention des risques technologiques mis en place en application de l'article L. 515-15 du code de
l'environnement, un comité interentreprises de santé et de sécurité au
travail est institué par l'autorité administrative.
Il assure la concertation entre les comités d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail des établissements comprenant au moins une installation figurant sur la liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du code de l'environnement ou soumise aux dispositions des articles 3-1 et 104 à 108 du
code minier situés dans ce périmètre.
Il contribue à la prévention des risques professionnels susceptibles de
résulter des interférences entre les activités et les installations des différents établissements.
La composition du comité interentreprises, les modalités de sa création,
de la désignation de ses membres et de son fonctionnement sont déterminées par décret en Conseil d'État.
Art. R. 4523-1. - La liste des postes de travail liés à la sécurité de l'installation prévue à l'article L. 4523-2 précise, le cas échéant, au titre des
actions de prévention prévues aux articles L. 4121-3 et L. 4121-4 :
1° Les postes qui ne peuvent être confiés à des salariés titulaires d'un
contrat de travail à durée déterminée ou à des salariés temporaires ;
2° Les postes destinés à être occupés par les salariés de l'établissement
3° Les postes dont les tâches exigent la présence d'au moins deux personnes qualifiées.
Art. R. 4523-2. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail peut décider de faire appel à l'expert en risques technologiques
mentionné à l'article L. 4523-5 à l'occasion de la demande d'autorisation
préfectorale prévue par l'article L. 512-1 du code de l'environnement et
avant d'émettre l'avis prévu à l'article R. 4612-4.
Le comité peut prendre sa décision à compter de la réunion au cours de
laquelle il est informé sur les documents joints à la demande d'autorisation communiquée au préfet.
Cet expert, choisi après consultation du service instructeur de la
demande d'autorisation, remet son rapport au comité avant la clôture de
l'enquête publique. Il le présente en réunion du comité avant la consultation de ce dernier sur l'ensemble du dossier.
Art. R. 4523-3. - Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail peut faire appel à l'expert en risques technologiques mentionné à
l'article L. 4523-5 en cas de danger grave en rapport avec l'installation
L'expert présente son rapport dans le délai de quarante-cinq jours à
compter de sa saisine.
Art. R. 4523-4. - Les représentants des entreprises extérieures mentionnés à l'article L. 4523-11 disposent d'une voix consultative au comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi.
Art. R. 4523-4-1. - Les accidents du travail pour lesquels le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi est réuni, en application de l'article L. 4523-13, sont les accidents ayant entraîné ou ayant pu
entraîner des conséquences graves.
Dispositions relatives à l'élargissement du comité, applicables en
l'absence de convention ou d'accord collectif.
Sous-section 1 Désignation des entreprises extérieures et de leurs
Art. R. 4523-5. - Pour élargir la composition du comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail de l'entreprise utilisatrice à une représentation des entreprises extérieures, en application de l'article
L. 4523-11, il incombe :
1° Au chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice d'identifier les entreprises extérieures répondant aux critères définis à l'article R. 4523-6 et
de sélectionner parmi celles-ci les entreprises appelées à désigner un ou
des représentants ;
2° Au chef de chaque entreprise extérieure de désigner nominativement
les représentants de son entreprise.
Art. R. 4523-6. - L'identification et la sélection des entreprises extérieures
par l'entreprise utilisatrice s'effectuent sur la base des trois critères cumulatifs suivants :
1° La nature des risques particuliers liés à l'intervention et susceptibles
de porter atteinte à la sécurité des travailleurs présents au sein ou à proximité de l'installation, qui constitue le critère prépondérant ;
2° L'importance des effectifs intervenant ou appelés à intervenir, exprimée en nombre moyen d'hommes par jour présents au sein ou à proximité de l'installation durant une période de douze mois consécutifs ;
3° La durée des interventions prévisibles à compter du jour de la consultation du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, prévue à l'article R. 4523-8.
Art. R. 4523-7. - Le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice classe
la liste des entreprises extérieures répondant aux critères définis à l'article R. 4523-6 par ordre de pertinence. Il mentionne les entreprises qu'il
envisage de sélectionner et, pour chacune d'elles, sa représentation soit
par un ou des salariés, soit par un représentant de la direction, soit par
une représentation des salariés et de la direction.
Le nombre total de représentants des salariés des entreprises extérieures est égal au nombre de représentants du personnel de l'entreprise utilisatrice, dans la limite de trois représentants par entreprise extérieure. Le
nombre de représentants de la direction des entreprises extérieures est
au plus égal au nombre d'entreprises sélectionnées pour désigner une
représentation de salariés.
Art. R. 4523-8. - Le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice communique cette liste au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail, accompagnée des éléments qui justifient la composition retenue
au regard des critères fixés à l'article R. 4523-6. Après un délai de trente
jours au moins et soixante jours au plus suivant cette communication, le
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail rend son avis
sur la liste et la représentation mentionnées à l'article R. 4523-7.
Art. R. 4523-9. - Dans les quinze jours suivant la consultation du comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, le chef d'établissement
de l'entreprise utilisatrice :
1° Communique aux chefs des entreprises extérieures figurant sur la liste
mentionnée à l'article R. 4523-7 l'avis du comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail prévu à l'article R. 4523-8 et les consulte avant
d'arrêter la liste des entreprises extérieures appelées à désigner une
représentation de leur direction;
2° Arrête la liste des entreprises extérieures appelées à désigner une
représentation de salariés et le nombre de représentants par entreprise ;
3° Envoie sa décision aux chefs des entreprises sélectionnées ;
4° Envoie sa décision à l'inspecteur du travail, accompagnée des éléments qui la motivent et du procès-verbal de la réunion de consultation
du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Art. R. 4523-10. - Dans les trente jours suivant l'envoi de la décision de
sélection des entreprises extérieures, chaque chef d'entreprise extérieure
1° Organise la désignation des représentants des salariés ou, selon les
cas, de la direction de son entreprise au comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail élargi de l'entreprise utilisatrice, selon les modalités fixées à l'article R. 4523-11 ;
2° Transmet au chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice les noms
et adresses des représentants désignés.
Art. R. 4523-11. - Les représentants des salariés des entreprises extérieures sont désignés parmi ceux qui sont intervenus régulièrement, sur
ou à proximité de l'installation de l'entreprise utilisatrice, durant les douze
derniers mois ou parmi ceux qui sont appelés à y intervenir régulièrement
Ils sont désignés par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail constitué dans leur établissement ou, à défaut, par leurs délégués
En l'absence de comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail
et de délégués du personnel, la représentation des salariés est désignée
par les salariés qui, au jour du vote au scrutin secret, interviennent régulièrement dans l'établissement de l'entreprise utilisatrice depuis douze
mois au moins ou sont appelés à y intervenir régulièrement au cours des
douze prochains mois. Le procès-verbal de désignation des salariés,
accompagné de la liste d'émargement datée et signée par les personnes
ayant participé à la désignation et par leur employeur ou son représentant, est tenu à la disposition de l'inspecteur du travail.
Art. R. 4523-12. - Dès qu'il en a connaissance, le chef de l'entreprise utilisatrice transmet à l'inspecteur du travail les noms des représentants des
entreprises extérieures désignés selon les modalités prévues à l'article
R. 4523-11.
Art. R. 4523-13. - Le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice affiche la liste nominative des représentants des entreprises extérieures au
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi au même
emplacement que celui réservé aux informations mentionnées à l'article
R. 4514-5. Il adresse cette liste, qui doit être actualisée au moins tous les
deux ans selon les modalités fixées aux articles R. 4523-7 à R. 4523-12,
à toutes les entreprises extérieures.
Sous-section 2 Fonctionnement du comité élargi.
Art. R. 4523-14. - Les représentants des entreprises extérieures au
utilisatrice sont désignés pour une durée de deux ans renouvelable. Si,
pendant la durée normale de son mandat, un représentant cesse ses
fonctions, il est remplacé dans le délai d'un mois, pour la période du mandat restant à courir, sauf si cette période est inférieure à trois mois. Les
modalités de ce remplacement sont celles fixées aux articles R. 4523-10
et R. 4523-11.
Art. R. 4523-15. - Les réunions du comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail de l'entreprise utilisatrice en formation élargie se
tiennent séparément de celles du comité en formation ordinaire.
L'ordre du jour de la réunion du comité élargi et les documents joints sont
transmis par le président du comité, selon les modalités fixées à l'article
R. 4614-3, au moins trente jours avant la date fixée pour la réunion.
Le temps passé en réunion du comité élargi est considéré comme temps
de travail et payé à l'échéance normale.
Art. R. 4523-16. - Les procès-verbaux des réunions du comité élargi sont
transmis aux personnes qui y siègent et sont tenus à la disposition de
toutes les entreprises extérieures.
Sous-section 3 Dérogation applicable aux établissements comprenant une installation nucléaire de base.
Art. R. 4523-17. - Les établissements comprenant une installation
nucléaire de base qui ne sont pas soumis aux dispositions relatives au
comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail élargi, en application de l'article L. 4523-12, répondent aux caractéristiques suivantes :
1° Une instance est exclusivement dédiée au dialogue interentreprises
dans le but d'améliorer la sécurité des travailleurs et de contribuer à la
prévention des risques professionnels liés à l'interférence entre les activités, les installations et les matériels des différentes entreprises présentes sur un même lieu de travail. Elle se réunit au moins une fois par an ;
2° La sélection des entreprises extérieures appelées à désigner des
représentants pour siéger à cette instance fait l'objet d'une consultation
de la représentation du personnel ou syndicale de l'entreprise utilisatrice
3° Le critère prépondérant de sélection des entreprises extérieures est la
nature des risques particuliers liés à l'intervention extérieure, qui sont
susceptibles de porter atteinte à la sécurité des travailleurs présents au
sein ou à proximité de l'installation nucléaire de base ;
4° Les représentants des salariés des entreprises extérieures sont désignés parmi ceux qui interviennent régulièrement sur ou à proximité de
l'installation nucléaire de base. Ils exercent leurs fonctions durant leur
5° Les président et secrétaire de comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail des établissements de l'entreprise utilisatrice situés
à proximité de l'installation nucléaire de base sont invités aux réunions de
l'instance prévue au présent article ;
6° Les procès-verbaux des réunions de cette instance sont tenus à la
disposition de toutes les entreprises extérieures.
Art. R. 4524-1. - Lorsqu'un plan de prévention des risques technologiques a été prescrit en application de l'article L. 515-15 du code de l'environnement, le préfet met en place un comité interentreprises de santé
et de sécurité au travail.
Ce comité représente tous les établissements comprenant au moins une
installation susceptible de donner lieu à des servitudes d'utilité publique
en application de l'article L. 515-8 du même code ou mentionnée aux articles 3-1 et 104 à 104-8 du code minier, situés dans le périmètre de ce
Art. R. 4524-2. - Lorsque le périmètre d'exposition au risque couvre tout
ou partie du territoire de plusieurs départements, le préfet qui organise la
mise en place du comité interentreprises de santé et de sécurité au travail
est celui du département le plus exposé.
Art. R. 4524-3. - Pour l'exercice de leur mission, les membres du comité
interentreprises de santé et de sécurité au travail peuvent émettre des
observations, des préconisations et proposer des actions de prévention.
Art. R. 4524-4. - Le comité interentreprises de santé et de sécurité au travail est informé, par le préfet, des dispositions du plan de prévention des
Art. R. 4524-5. - Le comité interentreprises de santé et de sécurité au travail est composé du président de chacun des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail concernés et de représentants des salariés, à raison d'un membre titulaire et d'un membre suppléant.
Ses membres sont désignés, en son sein, par la délégation du personnel
de chacun des comités.
Art. R. 4524-6. - Les représentants du personnel au comité interentreprises sont désignés pour une durée de trois ans renouvelable.
Leur mandat prend fin dès qu'ils cessent d'être représentants des salariés au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de leur
établissement. Il est procédé à leur remplacement dans les conditions
prévues à l'article R. 4524-5.
Art. R. 4524-7. - Le comité interentreprises de santé et de sécurité au travail est présidé par le directeur départemental du travail, de l'emploi et de
la formation professionnelle ou son représentant.
Lorsque le périmètre d'exposition au risque couvre tout ou partie du territoire de plusieurs départements, le comité est présidé par le directeur
département du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle du
département le plus exposé.
Art. R. 4524-8. - Le comité interentreprises de santé et de sécurité au travail est réuni par le président au moins une fois par an ou à la demande
motivée d'un tiers de ses membres.
Seuls ses membres ont voix délibérative.
Art. R. 4524-9. - Le préfet peut inviter les présidents et les secrétaires
des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail constitués
dans d'autres établissements et situés dans le périmètre de ce plan, à
assister aux réunions du comité mis en place à cet effet en raison de
risques particuliers liés à leur implantation ou à leur activité.
Les inspecteurs du travail et les inspecteurs des installations classées,
compétents pour contrôler ces établissements, sont invités à participer
aux réunions du comité interentreprises.
Le président peut inviter toute personne susceptible d'éclairer les débats
en raison de sa compétence.
Art. R. 4524-10. - Les chefs d'établissement intéressés communiquent
au comité interentreprises toutes les informations utiles à l'exercice de
ses missions, notamment :
1° La politique de prévention des accidents majeurs qu'ils conduisent ;
2° Les systèmes de gestion de la sécurité mis en œuvre dans chaque
établissement et les résultats des contrôles de ces systèmes, audits et
revues de direction, organisés par les chefs d'établissement ;
3° Les risques d'accidents majeurs, identifiés comme susceptibles d'affecter les établissements voisins comportant des installations classées ;
4° Les plans d'urgence et les exercices relatifs à ces plans d'urgence ;
5° Les enseignements tirés du retour d'expérience des établissements
concernés ;
6° Les projets de modification ou d'extension des installations à l'origine
du risque, le plus en amont possible.
Pour commander les films (en prêt), les brochures et les affiches de l’INRS,
adressez-vous au service prévention de votre CRAM ou CGSS.
Services prévention des CRAM
(67 Bas-Rhin)
(22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère,
35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan)
(08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
55 Meuse, 88 Vosges)
14 rue Adolphe-Seyboth
tél. 03 88 14 33 00
fax 03 88 23 54 13
www.cram-alsace-moselle.fr
3 place du Roi-George
BP 31062
tél. 03 87 66 86 22
fax 03 87 55 98 65
35030 Rennes cedex
tél. 02 99 26 74 63
fax 02 99 26 70 48
81 à 85 rue de Metz
tél. 03 83 34 49 02
fax 03 83 34 48 70
www.cram-bretagne.fr
(18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre,
37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret)
36 rue Xaintrailles
tél. 02 38 81 50 00
fax 02 38 79 70 29
(68 Haut-Rhin)
(02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
tél. 03 20 05 60 28
fax 03 20 05 79 30
www.cram-nordpicardie.fr
(16 Charente, 17 Charente-Maritime,
19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres,
86 Vienne, 87 Haute-Vienne)
4 rue de la Reynie
tél. 05 55 45 39 04
fax 05 55 79 00 64
Avenue du Grand-Cours, 2022 X
tél. 02 35 03 58 22
fax 02 35 03 58 29
www.cram-centreouest.fr
11 avenue De-Lattre-de-Tassigny
BP 70488
68018 Colmar cedex
tél. 03 88 14 33 02
fax 03 89 21 62 21
(24 Dordogne, 33 Gironde,
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne,
64 Pyrénées-Atlantiques)
tél. 05 56 11 64 36
fax 05 57 57 70 04
(03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire,
63 Puy-de-Dôme)
48-50 boulevard Lafayette
tél. 04 73 42 70 76
fax 04 73 42 70 15
(21 Côte-d’Or, 25 Doubs, 39 Jura,
58 Nièvre, 70 Haute-Saône,
71 Saône-et-Loire, 89 Yonne,
90 Territoire de Belfort)
ZAE Cap-Nord
tél. 03 80 70 51 32
fax 03 80 70 51 73
www.cram-bfc.fr
(14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
61 Orne, 76 Seine-Maritime)
(75 Paris, 77 Seine-et-Marne,
78 Yvelines, 91 Essonne,
92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis,
94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise)
17-19 place de l’Argonne
tél. 01 40 05 32 64
fax 01 40 05 38 84
(11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault,
48 Lozère, 66 Pyrénées-Orientales)
tél. 04 67 12 95 55
fax 04 67 12 95 56
(44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
tél. 0821 100 110
fax 02 51 82 31 62
(01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme,
38 Isère, 42 Loire, 69 Rhône,
73 Savoie, 74 Haute-Savoie)
26 rue d’Aubigny
tél. 04 72 91 96 96
fax 04 72 91 97 09
(09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne,
32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées,
81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne)
2 rue Georges-Vivent
tél. 0820 904 231 (0,118 €/min)
fax 05 62 14 88 24
(04 Alpes-de-Haute-Provence,
05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse Sud,
2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
13386 Marseille cedex 5
tél. 04 91 85 85 36
fax 04 91 85 75 66
Immeuble CGRR, Rue Paul-Lacavé, 97110 Pointe-à-Pitre
tél. 05 90 21 46 00 - fax 05 90 21 46 13
4 boulevard Doret, 97704 Saint-Denis Messag cedex 9
tél. 02 62 90 47 00 - fax 02 62 90 47 01
Espace Turenne Radamonthe, route de Raban,
BP 7015, 97307 Cayenne cedex
tél. 05 94 29 83 04 - fax 05 94 29 83 01
Quartier Place-d’Armes, 97210 Le Lamentin cedex 2
tél. 05 96 66 51 31 - 05 96 66 51 32 - fax 05 96 51 81 54
Travailler chez les autres,
dans des locaux inconnus,
où sont exercées des activités
souvent étrangères
aux siennes, entraîne des risques
Sur 100 victimes d’accidents
mortels, 15 appartiennent
à des entreprises effectuant
des travaux dans des entreprises
Cette brochure vise à aider
les entreprises à organiser
la sécurité lors de la préparation
et du suivi des travaux effectués
par des entreprises extérieures
et à permettre d’établir un plan
Elle ne traite pas
de la prévention des risques
propres à chaque entreprise
mais uniquement des risques
liés à l’interférence
entre les entreprises.
pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00
Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : [email protected]
Édition INRS ED 941
• octobre 2009 • 30 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1798-0 • Impression groupe Corlet S.A.
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