Source: http://lenouvelliste.com/book/2017-07-26
Timestamp: 2018-01-23 09:59:45+00:00
Document Index: 35673048

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 133", 'arrêt ', "l'article 133", 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Nouveau répit pour les migrants haïtiens en terre voisine, du moins pour ceux-là qui sont déjà inscrits dans le Plan national de la régularisation des étrangers. Le Conseil national de l’immigration a pris la décision de prolonger pour une année le document d’identité provisoire accordé aux ressortissants étrangers inscrits dans le plan lancé suite à l’arrêt 168-13. C’est le ministre de l’Intérieur et de la Police, Carlos Amarante Baret, qui a fait l’annonce mardi après une rencontre au ministère. Le ministre dominicain dit accorder un délai de 30 jours à la direction de la migration pour trouver un protocole afin de permettre à ces migrants de compléter leur dossier d’inscription au PNRE. Cette décision arrive au moment où les autorités dominicaines multipliaient les arrestations et rapatriements musclés des illégaux. Plusieurs organisations de la société civile travaillant à la frontière haïtiano-dominicaine ont fait état d’une nette augmentation des rapatriements dans les différents points frontaliers ces dernières semaines. L’expiration de cette résidence provisoire accordée aux migrants a fait notamment monter la peur au sein de la communauté haïtienne en terre voisine. « Les autorités dominicaines n’entendent pas lâcher prise avec les opérations de rapatriement », écrit le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) dans une note de presse. Pas moins de 30 486 migrants haïtiens ont été contraints de traverser la frontière haïtano-dominicaine de janvier à juin 2017, lit-on dans la note publiée sur le site de l’organisation. De ce nombre, 14 179 rapatriés et 16 307 retournés ont été enregistrés au niveau de trois des quatre points frontaliers officiels d’Haïti et de la République dominicaine. Selon le GARR, ces chiffres viennent allonger la liste des migrantes et migrants rapatriés enregistrés entre juin 2015 et juin 2017. En effet, un total de 204 911 ressortissantes et ressortissants haïtiens, dont 121 868 retournés spontanés et 83 043 rapatriés, ont déjà traversé la frontière haïtiano-dominicaine. Parmi ces personnes, 3 558 mineurs non accompagnés n’ont pas été épargnés. Parmi les migrants qui ont été accueillis aux bureaux du GARR de Belladère et de Ganthier, plusieurs ont déclaré avoir été l’objet d’abus et de violence, a fait savoir l’organisation. Au cours du mois d’avril 2017, l’institution, qui fait l’accueil au niveau de la frontière, a reçu 4 migrants haïtiens dont les passeports ont été confisqués par les autorités dominicaines sans explication. Ils ont été rapatriés au point frontalier Carissal/Elias Piña, à Belladère. Le quotidien des migrants haïtiens a radicalement changé en République dominicaine depuis l’arrêt 168-13 pris par la Cour constitutionnelle dominicaine le 23 septembre 2013. Cet arrêt qui a privé de nationalité plusieurs dizaines de milliers de Dominicains nés de travailleurs haïtiens ne cesse d’avoir des répercussions sur la vie des migrants et les relations entre les deux pays. Depuis 2013, des ressortissants étrangers et dominicains vivent dans un flou légal prêtant le flanc à de graves violations des droits humains dénoncées notamment par la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Le Plan national de la régularisation des étrangers a été comme une tentative de l’État dominicain de réparer les maux causés par la sentence décriée. Mais le processus d’inscription à ce plan exige beaucoup et les migrants haïtiens peinent à se conformer aux obligations de l’État dominicain.
C’est la première fois que le patron des patrons s’exprime sur le projet de budget 2017-2018, déposé au Parlement le 30 juin dernier. Sa critique, à la matinale de Magik 9 (100.9 fm), ce mardi 25 juillet 2017, est à peine voilée. « L’augmentation d’une série de taxes et impôts est peut-être mal réfléchie », a estimé Bernard Craan, qui doute des prévisions de croissance du PIB, un peu plus de 3,5 %. « Nous ne croyons pas que plus de taxes et plus d’impôts vont faciliter la croissance », a-t-il dit, convaincu que « trop d’impôts tuent l’impôt ». Plus d’imposition, « étrangler » davantage les entreprises ne facilitera pas la croissance. Certes, l’État a besoin de ressources pour construire des routes, des infrastructures, mais il faut qu’il permette à ceux qui génèrent de la richesse de pouvoir continuer à le faire, a plaidé Bernard Craan. Presque professoral, il a souligné que « le PIB, c’est la somme des valeurs ajoutées ». « Pour qu’il y ait des valeurs ajoutées, a-t-il enchaîné, il faut qu’il y ait des investissements dans le pays aussi bien de la part de l’État que de la part du privé ». Il ne cache pas son courroux envers les contrebandiers. « La plupart des contrebandiers n’investissent pas. Ce sont des gens qui génèrent des profits extraordinaires. Nous, nous pensons qu’il faut que l’État se concentre sur ceux qui ne paient pas », a appelé Bernard Craan, en interview avec le journal Le Nouvelliste la veille. Sur le tamis des économistes… Pour le président du Forum économique du secteur privé, l’État, l’administration fiscale, doit partir « en premier » aux trousses des contrebandiers à la frontière avec la République dominicaine. Le dernier calcul du forum pour l’exercice 2011-2012 a estimé à 11 milliards de gourdes les recettes non perçues par le Trésor public à cause de la contrebande, a indiqué Bernard Craan, qui estime « étonnant » que les autorités du ministère de l’Économie et des Finances n’aient pas discuté avec le secteur privé sur le projet de budget 2017-2018. C’est la première fois que cela arrive depuis des années, a fait savoir le patron des patrons. Poincy, comme une lance-flamme Jean Poincy, économiste, professeur à l’université et ex-candidat à la présidence se lâche, zigouille l’administration Moïse-Lafontant à cause de ce projet de budget 2017-2018. « Le budget 2017-2018 n'est qu'un trou noir qui va siphonner le revenu disponible de la population déjà maigre. Il entérine un système fiscal régressif qui, appauvrissant davantage la population, l'empêchera d'améliorer ses conditions de vie », a affirmé Jean Poincy, qui ne croit que le pays atteindra le taux de croissance du PIB prévu dans ce projet de loi de finances. Pour Jean Poincy, « parler d'une croissance de 3,5%, c'est jeter de la poudre aux yeux de la population. Une telle projection devrait être accompagnée d'une politique d'emplois axée sur l'investissement privé dans un secteur porteur ciblé par le gouvernement ». « Tel n'est pas le cas, a-t-il dit, parce que le choix du gouvernement qui est l'agriculture est loin d'être un secteur porteur créateur d'emplois massifs en peu de temps. » « D'ailleurs, le gouvernement a commis la grave erreur de financer lui-même son programme de développement agricole principalement à partir des impôts indirects subissant une variation à la hausse de 37,9% par rapport au budget rectificatif de 2016-2017. Si la variation prévue des prélèvements sur la production locale et les importations est à hauteur de 14% chacune, les autres composantes des impôts indirects accusent une variation excessive de 422% pour les produits pétroliers et de 71,7% pour les autres recettes qui peuvent être assimilées à la hausse des frais des documents officiels. Donc, est illusoire une croissance de 3,5% à partir d'une stratégie de développement économique qui simultanément ne stimule pas l'investissement privé pour augmenter la production locale et l'emploi, et impose des prélèvements indirects excessifs inhibant la consommation », a confié Jean Poincy au journal. Invitation au pragmatisme L’économiste Etzer Émile, professeur à l’Université Quisqueya : « Les prévisions du gouvernement sont trop osées. La croissance de l’année prochaine ne devrait pas dépasser 1,5% quand nous tenons compte des faiblesses de ressources devant financer les investissements publics. » « D’un autre côté, a expliqué Etzer Émile, les incertitudes au niveau du secteur textile alimenté par la crise du salaire minimum devraient avoir constitué une ombre négative sur les investissements privés étrangers qui étaient annoncés pour 2018. » Autre chose, le secteur agricole, le principal facteur de la croissance de 2016, sur une pente terrible depuis le cyclone Matthew, est un autre élément à prendre en compte dans l’analyse de l’objectif de croissance du PIB établi par le gouvernement. « À preuve, a expliqué Etzer Émile, les taux de croissance de secteur aux premier et deuxième trimestres de cette année -6% et -4% font croire que la relance sera difficile et ne devrait pas être robuste l’année prochaine. » Etzer Émile prend en compte les aléas météorologiques. « Espérons qu’une catastrophe majeure ne viendra pas nous frapper en fin d’année, sinon la croissance de l’année prochaine sera plus hypothétique que jamais », a-t-il dit, soulignant que le pays, appauvri par des catastrophes naturelles à répétition, reste très vulnérable. L’ajustement des redevances sur le matricule, le passeport et le permis de conduire « était non nécessaire », a soutenu Etzer Émile. « C’est la voie facile pour faire des recettes alors qu’avec un meilleur contrôle, on pourrait réduire l’évasion fiscale et augmenter substantiellement les revenus sans modifier les taux. La pression fiscale en Haïti, c'est la deuxième plus faible dans la région après le Guatemala à 8 %. L’État doit collecter ce qu’il doit collecter dans la transparence fiscale pour éviter les tentations d’asphyxier les faibles et les bons contribuables », a soutenu Etzer Émile. Ce qu’on doit avoir à l’esprit L’économiste Kesner Pharel de l’observatoire financier du Group Croissance, en répondant aux questions du journal mardi, a relevé dans l’intervention de Bernard Craan sur Magik 9 que ce dernier n’a pas indiqué les taxes et impositions qui « vont plomber la croissance ». « Passeport, permis de conduire,... n'auront pas vraiment d'impact sur la croissance », a affirmé pour sa part Kesner Pharel. « Les concepteurs du projet de loi de finances sont très optimistes du fait que l'augmentation de l'enveloppe budgétaire de 22% dépend en grande partie du financement budgétaire, soit près de 82%. Les ressources domestiques, qui connaîtront une hausse de 31,2%, ne pourront que compenser la forte contraction de plus de 25% de l'assistance financière internationale », a analysé Kesner Pharel. « Pour la première fois durant la décennie en cours, les dons auront atteint moins de 25 milliards de gourdes, soit moins de 20% de l'enveloppe budgétaire. Pour financer le budget pour l'exercice fiscal 2017-2018, les autorités financières comptent mettre en place de nouveaux mécanismes pour mobiliser plus de 18 milliards de gourdes. Ceci renforcerait la dette souveraine de l'État haïtien qui a franchi récemment la barre de 180 milliards de gourdes. À noter que le service de la dette dans le projet de loi de finances pour le prochain exercice est estimé à 14 milliards de gourdes, un montant supérieur au crédit alloué au ministère de l'Agriculture. L'endettement continu du pays avec un ratio de plus 30% par rapport au produit intérieur brut constitue une lourde hypothèque pour les générations futures », a expliqué Kesner Pharel.
Lors du vote de la proposition de loi interdisant le mariage entre deux personnes de même sexe, j'ai pris la parole pour démontrer que l'article 133 a déjà implicitement interdit le mariage homosexuel. J'ai même repris l'arrêt 165 de la Cour de cassation, cité par mes collègues Dumont et Denius, et précise le sens et la portée de l'article 133, en indiquant sans équivoque que tout mariage entre deux personnes de même sexe est nul. Je suis allé plus loin dans mes réserves pour dire qu'une proposition de loi visant à protéger la société haïtienne contre cette pratique contraire à mon éducation et à ma conception religieuse ne serait pas sans vertu, mais le titre est provocateur et rend la loi inopportune. Fort de tout cela, j'avais proposé qu'on modifie le titre de la proposition de loi. Comme je l'avais exprimé à l'audience, l'initiative devait être une proposition visant à renforcer les dispositions du code civil relatives au mariage. Mes remarques ont été prises en compte par l'assemblée et le porteur de la loi. Le texte initial intitulé : projet de loi interdisant le mariage entre deux personnes de même sexe se transforme en une proposition de loi renforçant les dispositions du code civil relatives au mariage et à la famille. Le texte sur lequel se base Le Nouvelliste pour critiquer le Sénat n'était pas encore une proposition de loi définitive. Les sénateurs étaient en train de plancher sur sa recevabilité. À cette phase, le débat était houleux et il y avait des sénateurs assez sereins, avertis et rationnels pour convaincre l'assemblée de modifier le titre de la loi initiale. Malheureusement, ces détails et précisions utiles ont échappé à la sagacité et à la vigilance de l'auteur de l'article. J'en profite pour signaler à l'encre forte que ce petit écart, que je considère comme un incident de parcours, ne saurait remettre en question la bonne foi, le professionnalisme et la crédibilité du Nouvelliste. Si les remarques contenues dans l'article sont utiles à l'amélioration de la qualité des débats et la production globale du Sénat, il n'en demeure pas moins vrai que critiquer tous les sénateurs en même temps et avec la même rigueur, sans tenir compte, même de ceux qui inspireraient la critique, par leurs interventions judicieuses et pertinentes, risque de remettre en question la loyauté de la démarche. J'ai envie de saisir l'occasion pour demander aux gens de mettre fin aux critiques acerbes et déshonorantes exprimées à l'endroit de certains collègues sénateurs sur les réseaux sociaux, mais trop respectueux de leur liberté d'opinion, je n'ose pas le faire. Je suis également tenté de leur demander de reconnaître la qualité de certaines interventions de quelques collègues dans les débats au Sénat, mais je risque d'être classé au rang de ceux qui font une plaidoirie pro domo. En revanche, si je suis prêt à faire toutes ces concessions, je ne peux pas accepter que l'on mette tous les sénateurs dans un seul et même panier. Dans cette 50e législature, je veux croire qu'il y a des sénateurs dont la performance apporte une valeur ajoutée à la production globale du Sénat. L'attention d'un quotidien comme Le Nouvelliste aux débats qui se font dans le grand Corps est déjà un grand service rendu au Sénat et à la population pour l'altérer par des conclusions hâtives et des critiques démesurées. Poursuivons sans euphorie cette expérience en corrigeant les erreurs du passé pour aborder l'avenir avec des yeux plus optimistes. Quant à moi, je ne suis pas surpris et je ne saurais avoir d'état d'âme sur la qualité des débats. Nous devons tous et toutes avoir le courage de reconnaître que nous vivons une véritable crise de société en Haïti. Minimiser, banaliser ou partir en guerre contre tous ceux et toutes celles qui critiquent les bévues du Sénat relève du domaine de l'irrationnel, mais croire que c'est seulement en les critiquant sans prendre le temps d'apprécier le travail combien louable d'autres collègues que nous parviendrons à changer la représentativité des membres du grand Corps est un leurre.
Lundi, à Miami, des militants des droits des immigrants haïtiens dont Marlène Bastien ont lancé le compte à rebours dans leur campagne pour le renouvellement du TPS, 180 jours avant l’expiration de l’extension de six mois, le 11 janvier 2018, accordée par le département de la sécurité intérieure (Homeland Security) au début de l’été. Marlène Bastien, responsable de l’organisation Fanm Ayisyen nan Miami, citée par un article du Miami Herald, a indiqué que, dans le cadre de cette nouvelle campagne, il y a aura des discussions avec des « leaders » politiques et du monde des affaires capables éventuellement d’influencer le président américain Donald Trump. « Nous souhaitons que la communauté des affaires supporte notre champagne, car, comme vous l’imaginez, 80 % des détenteurs de TPS travaillent. Ils sont des enseignants, des professeurs, des propriétaires d’entreprises. Ils pèsent très lourd dans nos industries, ici, en Floride. Donc, nous avons besoin que les chambres de commerce nous soutiennent », a indiqué Marlène Bastien, soulignant que le but final est que les bénéficiaires de TPS aient un statut de résident permanent aux États-Unis. Le conseiller municipal de North Miami, Alix Désulmé, a indiqué qu’il travaille sur une résolution pressant l’administration Trump à ne pas déporter les réfugiés haïtiens. Il espère que cette résolution, une fois votée, encouragera les leaders ayant accès à la Maison-Blanche de « parler au président ». À New York, la pétition en ligne lancée par le conseiller municipal, Eugene Mathieu, n’a collecté que 27 093 signatures sur les 500 000 escomptées. Si les militants engagés dans la défense de migrants haïtiens s’activent, l’ambiance générale n’est pour le moment pas à l’optimisme. Mi-juillet, le secrétaire d’État à la sécurité intérieure John Kelly s’est entretenu aux Congrès avec des parlementaires américains sur le DACA et le TPS. Le secrétaire Kelly ne s’est pas engagé quant à l’extension du TPS pour les ressortissants du Honduras, du Salvador, du Nicaragua et les ressortissants de quatre autres pays. En ce qui concerne Haïti, il est fort probable que le TPS s’achève. « Par rapport à ce que j’ai entendu en laissant cette réunion, je n’ai jamais été aussi affecté émotionnellement », a confié dans la presse le congressman démocrate de l’Illinois, Luis Gutierrez, qui a souligné que des millions de personnes pourraient êtres déportées. Entre-temps, alors que le département à la sécurité intérieure des États-Unis indique que les conditions socioéconomiques d’Haïti se sont significativement améliorées depuis le séisme du 12 janvier 2010, l’événement à l’origine de l’octroi du TPS à près 60 000 Haïtiens, ils sont de plus nombreux à prendre la mer sur de frêles esquifs à destination des États-Unis, des Bahamas. Début juillet, 102 Haïtiens interceptés par les gardes-côtes américains non loin des Bahamas ont été rapatriés au Cap-Haïtien. Et depuis le 1er octobre, les gardes américains ont intercepté 1028 immigrants haïtiens en mer tentant d’entrer illégalement aux États-Unis alors que, pour toute l’année fiscale 2016, ils étaient 1872. Le chancelier haïtien Antonio Rodrigue, intervenant lundi sur les ondes de Radio Magik 9 (100.9 fm), a confié que les discussions entre les autorités haïtiennes et américaines se poursuivent sur le renouvellement du TPS. « Il y a des progrès», a dit le ministre des Affaires étrangères qui espère qu’à partir du mois de janvier 2018, date qui marquera la fin de la prolongation de six mois qui a été octroyée à nos compatriotes bénéficiant du TPS, après une évaluation, le gouvernement américain va décider si oui ou non une nouvelle prolongation de six mois leur sera accordée. « Et à la fin de la seconde extension, ils vont leur accorder une troisième», a indiqué le ministre rappelant que les critères d’évaluation prendront en compte le comportement des bénéficiaires du TPS, leur situation, la capacité de l’État haïtien à les accueillir. L’extension du permis de séjour temporaire pour 18 mois que le gouvernement américain n’entend pas dépasser peut se faire en trois temps, a dit Antonio Rodrigue.
Dans un tweet posté, très tôt ce mardi matin, sur son compte le président américain a écrit "Le ministre de la justice Jeff Sessions a adopté une posture très "Faible" sur les crimes de Hillary et ceux qui font fuiter des informations confidentielles!" rapporte l’AFP. C'est une nouvelle attaque de Trump contre le ministre de la Justice. Il reproche à Jeff Sessions de très mal gérer l'affaire de l'ingérence russe dans l'élection qui empoissonne le mandat du président américain.
La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a mis la main au collet de cinq présumés bandits qui, selon le porte-parole adjoint de la Police nationale d’Haïti, Gary Desrosiers, sont impliqués dans l’attaque perpétrée contre le cortège du président de la République, dans l'après-midi du 7 avril 2017, à Saintard. Il s’agit de Milot Berger, Josué Laplante, Patina Point du Jour, alias « Dolit », Johnny Carilus, connu sous le nom de « Big », et Paul Michon, a-t-il déclaré ce mardi, lors de la présentation du bilan des opérations menées par la DCPJ, du 1 juillet 2017 jusqu’à présent, dans les locaux de ladite institution. Ces individus faisaient partie d’une cellule d'un gang très puissant dans la commune de l’Arcahaie, a fait remarquer l’inspecteur Desrosiers, précisant que du 31 août 2005 au 17 juillet 2017, ces présumés bandits seraient impliqués dans 24 cas d’enlèvement et que 31 personnes seraient victimes de ces actes. « Suite à leur interpellation, ces messieurs nous ont conduits à Pierrot , une localité se trouvant dans la Petite-Rivière de l’Artibonite où deux personnes étaient séquestrées », a expliqué Gary Desrosiers, affirmant que lors de leur arrestation, les agents des forces de l’ordre ont saisi deux véhicules : une Toyota Hilux de couleur grise, immatriculée bb38962 et une Ford Ranger de couleur blanche immatriculée AA05373, un fusil gallot galil, deux chargeurs remplis, trois cartes Sim Natcom et 10 téléphones. Toutefois, après le démantèlement de ce réseau de mafias, l’inspecteur Desrosiers a fait savoir que la Police nationale d’Haïti recherche activement d’autres personnes très dangereuses faisant partie de ce groupe de « chimè ». Il s’agit de Reynald Joseph, James Jules alias « Blanc », évadé de prison, Mike, Patrick, Tèt Kale, Franckel, Samy, ainsi connus, et Jean Rounel Charles. Mis à part de l’attaque perpétrée contre le cortège présidentiel, ce groupe est impliqué dans plusieurs autres attaques notamment celle commise contre l’ancien Premier ministre Yvon Neptune, le 26 novembre 2016, à Luly, l’attaque faite contre plusieurs diplomates américains le samedi 7 février à Saint-Médard et l’attaque sur l’ancien directeur départemental, l'inspecteur général Frantz Georges sur la route nationale numéro 1 le 22 décembre 2016. En outre, selon Gary Desrosiers, ils sont indexés dans l’incendie qui a éclaté dans le commissariat de la commune de l’Arcahaie. Ces présumés assassins sont aussi impliqués dans l’évasion de la prison civile de l’Arcahaie, puis dans un cambriolage perpétré à la caisse populaire de l’Arcahaie et au bureau de transfert Western Union, le 6 février 2016. Plusieurs chefs d’accusation sont formulés contre Milot Joseph, le chef de ce gang, dont vol à main armée, association de malfaiteurs, enlèvement suivi de séquestration, vol de véhicule, viol, détention illégale d'arme à feu entre autres. Par ailleurs, dans le cadre des opérations menées par la Direction centrale de la police judiciaire : « 201 kilogrammes de marijuana, 48 5000 gourdes, 12 0000 cartouches de calibre 9 millimètres ont été saisies et 37 personnes arrêtées pour enlèvement, séquestration, trafic illicite de stupéfiants, crime contre les biens, et association de malfaiteurs », a énuméré l’inspecteur Gary Desrosiers, ajoutant qu’il y a 4 cas de viol recensés : Crécy Pierre, âgé de 41 a violé une mineure de 17 ans, Lemorin Jeff, 20 ans, a violé une fillette de 13 ans et Ruben Junior, 32 ans, a violé sa fille de 11 ans. L’inspecteur Gary Desrosiers appelle donc à la collaboration de la population afin de mettre les bandits hors d’état de nuire.
Le sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy est revenu à la charge ce mardi. Le chanteur devenu politique n’a pas digéré les déclarations de Martine Moïse, l’épouse du chef de l’État, sur l’incident dans lequel sont impliquées les voitures des deux concernés. Les agents de sécurité ont, à cette occasion, braqué leurs armes dans la direction du parlementaire et l’ont injurié. De passage à Cabaret ce lundi, Martine Moïse, invitée à réagir à cet incident, a estimé qu’il faut élever le niveau. Car, argue-t-elle, cette affaire doit être traitée à l’OAVCT et non dans les médias. Sur Magik 9 ce mardi, le sénateur de l’opposition, dans une pointe d’ironie, a concédé à la première dame qu’il faut certainement élever le niveau. Car, fait-il remarquer, en 2017, « il n’est plus de bon ton qu’une voiture d’un cortège officiel cogne la voiture de quelqu’un, que les agents de sécurité pointent leurs armes sur la victime et l’injurient de surcroît ». « Ce n’est plus le cas dans les autres pays. Il faut vraiment élever le niveau », assène-t-il. Antonio Cheramy, soulignant qu’il s’agit de sa dernière déclaration sur ce sujet, a fait remarquer à Martine Moïse que l’OAVCT qu’elle propose de renforcer va en decrescendo depuis l’avènement de cette administration. « La déclaration de Martine Moïse prouve qu’elle n’a pas une conscience qui agit. J’avais des réserves sur sa présence au cours de l’incident. Après l’avoir entendue, je me suis rendu compte que les agents de sécurité ont agi sous un ordre », estime-t-il, soulignant que la première dame a fait une sortie crabe. Sur la suggestion de Martine Moïse de porter l’affaire devant l’OAVCT, le chanteur de Brothers Posse a fait remarquer qu’il n’est pas au courant d’avoir été impliqué dans un accident. « Je sais qu’ils ont percuté ma voiture, ont pointé leurs armes en ma direction, m’ont injurié et pris la fuite. Les voitures n’ont pas eu de plaque d’immatriculation au moment de l’incident. Entre-temps, parce qu’ils sont détenteurs de tous les pouvoirs, ils peuvent immatriculer ces véhicules afin de concocter un dossier pour l’OAVCT. Cependant, la loi ne leur permet pas de briser les biens des citoyens », a-t-il fait savoir. Le sénateur indique que ses avocats s’apprêtent à porter plainte contre les agents de sécurité et, le cas échéant, contre l’épouse du président Jovenel Moïse, « puisque ses déclarations prouvent qu’elle était sur les lieux ».
Avec plus de 2 250 inscrits dont 200 jeunes filles depuis le lancement des inscriptions, le processus de recrutement des postulants soldats devant conduire à la remobilisation des Forces armées d'Haïti a pris fin ce mardi 25 juillet, a expliqué le capitaine Dieudonné Louicin en charge dudit processus. Il ne se montre pas surpris de l'affluence de ces jeunes qui, selon lui, entendent servir leur pays en intégrant les Forces armées. Après la fin des inscriptions, le processus comprendra plusieurs autres étapes, si l'on en croit les propos tenus par le capitaine Louicin lors de son intervention à la base militaire dans la commune de Gressier. Les différentes étapes résident, selon le commandant qui est chargé de superviser le processus de recrutement, dans des tests paracliniques, psychologiques, physiques, intellectuels, suivis d'une interview jusqu'à la sélection finale. Il conseille aux jeunes qui sont en possession de leurs fiches d'inscription, de ne pas se soucier de la suite, ils auront accès à la base sans aucune difficulté pour pouvoir effectuer l'examen médical. Il faut que l'aspirant militaire soit en bonne santé, fait remarquer le capitaine. « Après, viennent les résultats en attendant la formation qui va débuter probablement en octobre », a-t-il avancé. Pour le capitaine Dieudonné Louicin, la majorité des jeunes sont en chômage. Ce qui explique cette volonté manifeste de cette catégorie à vouloir intégrer les Forces armées. Pour lui, c'est pas un problème. Toutefois, « nous allons porter un regard méticuleux sur le dossier de chaque postulant pour éviter que des personnes ayant des antécédents judiciaires n'intègrent les Forces armées », a dit Dieudonné Louicin. Pour sa part, le ministre de la Défense Hervé Denis, a salué cet intérêt manifesté par les jeunes d'incorporer cette nouvelle force armée. Il a par ailleurs félicité les cadres du ministère qui ont travaillé à bras le corps pour permettre au processus de d'inscription et de recrutement d'aboutir sans aucun incident majeur. Le ministre a été particulièrement élogieux envers le capitaine Louicin qui est à son sixième recrutement pour les Forces armées et qui, selon ses propos, connaît bien son métier. « Nous travaillons pour que cette armée soit différente de celle que nous avons connue, une force apolitique », a garanti le directeur général du ministère de la Défense, le capitaine Louis Daniel Marcelin. En ce qui concerne le budget, il revient aux parlementaires de voter des lois et mettre les fonds nécessaires au service de cette force, a-t-il souligné. Répondant à une question relative au haut état-major, le capitaine Marcelin, a ajouté qu'au niveau du ministère de la Défense, ils ont fait des propositions et que le reste n'est plus de leur ressort. Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour attirer l'attention des autorités sur la menace que pourrait représenter la remobilisation des Forces armées, les jeunes faisaient la queue pour se faire inscrire en tentant à fond leur chance d'être enrôlés. Plus d'un croit qu'il devrait avoir au prime abord des discussions entre toutes les forces vives de la nation sur l'orientation à donner à cette nouvelle Force armée. Le processus qui a débuté le 17 juillet dernier a pris fin ce mardi, pour entamer de nouvelles étapes vers la remobilisation de cette nouvelle force armée.
Du plus loin qu’il se trouve en Haïti, chaque fan du football, chaque joueur qui a déjà tapé une fois dans un ballon a dû, en pensant aux sommes folles qui sont en jeu dans le mercato d’été du football européen, prendre une seconde ces derniers jours pour rêver, avant de secouer la tête. Pour s’attacher les services de Neymar ou pour Kylian Mbappé, on annonce que le Paris Saint Germain, le Real Madrid ou Manchester City serait prêt à aligner des millions et des millions. De quoi battre tous les records passés. Mbappé n'a pas 19 ans. Il ne comptabilise qu’une vingtaine de titularisations en championnat de France. Il n’a joué que quatre fois avec la sélection nationale de France. Avec en tout et pour tout 16 buts en championnat et 6 en Ligue des champions, le Real Madrid, le PSG et Manchester City sont cités comme les clubs qui souhaitent le recruter. Toutes ces grandes équipes seraient prêtes à débourser au minimum 150 millions d’euros pour l’avoir. Si le transfert se concrétise, Mbappé serait payé "sept millions nets" par saison, affirme le quotidien sportif espagnol Marca. C’est fou combien peut coûter un potentiel. Dans le cas de Neymar, c’est pour une valeur sûre que le Paris Saint Germain, seule équipe en lice selon les rumeurs, casserait le coffre-fort des Qataris pour payer à l’équipe de Barcelone la clause libératoire du joueur brésilien qui culmine à 222 millions d’euros. A cela il faudra ajouter un salaire annuel de 30 millions d'euros, des primes et d’autres avantages pour Neymar. Pour le Brésilien, on parle d’une transaction qui avoisinerait, le temps d’un contrat de cinq ans, plus de 500 millions d’euros. Du jamais vu dans le football, depuis que les Anglais ont codifié ce sport. Le joueur de 25 ans apporterait pour Paris son talent, son palmarès et sa notoriété. Il serait un plus indéniable pour un championnat en manque de vedette de stature mondiale. Pour les investisseurs du Qatar, Neymar serait comme un énorme diamant sur une bague de fiançailles. Pour le PSG, il sera, si tout se passe bien d’ici au 31 août, un pion de poids dans les plans de l’équipe pour s’installer au sommet du football européen. Que ne ferait-on pas pour des titres de champions ? Toutes ces transactions sont aussi, et des fois avant tout, de la spéculation financière. Des affaires de gros sous. Il faut alimenter les machines que sont devenues les équipes. Il faut satisfaire l’ego des dirigeants. Il ne faut pas décevoir les attentes des fans qui sont prêts à toutes les dépenses pour un but, un drible, un souvenir heureux. Et le football dans tout ça ? Il est bien là. Encore là. Au cœur de toutes les transactions, il faut, avant tout, du talent aux joueurs, ainsi qu'aux joueuses. Il faut se donner. Montrer ce que l’on a dans le ventre sur un terrain. S’entraîner et s’entraîner encore et encore, dès le plus jeune âge. Et c’est là que chacun a sa chance. Un Haïtien comme un Brésilien. Ici, est-on vraiment conscient de l'importance du football dans le monde ? Quelle place accordons-nous à ce sport si adulé, pratiqué dans tous les coins de rue de Port-au-Prince et partout en Haïti ? Quels moyens mettons-nous à la disposition de nos rêves ? Le ballon est encore rond dans le monde du football. A chacun d’en profiter. Le plus sérieusement du monde. Alors, cessons de rêver.
L’hôpital St-Michel de Jacmel, les responsables exigent de meilleures conditions de travail Les responsables de l’hôpital St-Michel de Jacmel (département du Sud-Est) dénoncent les conditions dans lesquelles ils travaillent. Selon eux, le centre hospitalier est confronté à de sérieux problèmes : ils n'ont reçu aucune allocation depuis plusieurs mois et sont dépourvus d’électricité et de matériel de travail pouvant garantir le bon fonctionnement de l'hôpital. Ils lancent un SOS aux responsables du ministère de la Santé publique et de la population afin que ces derniers se prononcent sur les conditions déplorables que connaît le plus grand hôpital du département du Sud-Est. Haïti aux VIIIe Jeux de la francophonie Abidjan 2017 Une délégation de 62 Haïtiens participe aux 8e Jeux de la francophonie à Abidjan, Côte d’Ivoire du 21 au 30 juillet 2017. Il s’agit de 28 athlètes dont 18 footballeurs, six cyclistes, deux Judokas et deux pongistes, dix artistes parmi lesquels cinq danseurs (hip-hop), deux marionnettistes, un photographe, un peintre et un sculpteur, 14 accompagnateurs et/ou dirigeants, quatre chargés nationaux en sport, culture, communication et responsables de dossier national, 4 officiels, un ambassadeur et un journaliste de cette délégation haïtienne constituent les 62 membres de la délégation haïtienne tentera d’imiter ou de faire mieux que celle de 2001 ayant glané 3 médailles ( 1 or, 1 argent et 1 bronze) ou encore celle de 2013 avec ses 2 médailles (1 or et 1 bronze). Formation à l’intention de 36 jeunes handicapés recherchant du travail 36 jeunes professionnels à mobilité réduite ont suivi, les 20 et 21 juillet 2017, une formation portant sur la rédaction d’un CV convaincant, la réussite d'une entrevue, la rédaction d’une lettre de motivation et une meilleure exploitation d’internet en vue de sa réussite professionnelle. Cette formation a été organisée par le Bureau du secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées conjointement avec Handicap International, AAFHAMR, CALCOSA TECH et le Centre pour Inclusion. UNNOH dénonce le processus de recrutement des correcteurs Le coordonnateur de l'Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH), Josué Mérilien, lors d'une conférence de presse lundi, a dénoncé « de graves irrégularités » enregistrées dans le processus de recrutement des correcteurs des examens pour la première session du baccalauréat de l’année académique 2016- 2017, qui s'est déroulée du lundi 10 au jeudi 13 juillet 2017. Il a affirmé que des professeurs de l’École normale supérieure (ENS) ont été mis à l’écart. D'après lui, des pseudo-correcteurs non qualifiés ont été recrutés sur une base politique à la place de professeurs qualifiés.
Ce mardi, le Sénat n’a pas pu réunir le quorum afin de plancher sur des lois inscrites dans l’agenda législatif conclu en avril entre le législatif et l’exécutif. Le premier des sénateurs, avant d’annoncer la tenue de l’Assemblée nationale mardi 1er août, a jugé, face à cet état de fait, d’octroyer une semaine de pause aux pères conscrits. Durant cette semaine, il y aura d’importantes fêtes patronales dans diverses villes du pays, a indiqué Youri Latortue, conscient que ces réjouissances populaires constituent une belle plateforme pour les élus de ses frotter à leurs mandants. Mais ils seront vite de retour, mais cette fois en Assemblée nationale, pour statuer sur des conventions en souffrance au Bicentenaire. Ces conventions, selon le président du Sénat, traitent, entre autres, de la coopération sur l’éducation entre le Mexique et Haïti, sur l’investissement et sur l’intégration européenne. « Aujourd’hui, le Mexique offre annuellement 300 bourses à Haïti. Mais, à partir de la ratification du texte par le Parlement, le nombre passera à 600 », explique Youri Latortue, pas moins heureux des lois et projets de lois votés par le Sénat depuis le début de la 2e session de l’année législative. « Il est important pour nous de plancher sur ces conventions », dit-il, rappelant qu’ils [les parlementaires] ont voté cinq conventions durant la première session. Mais les risques de capotage de cette séance en Assemblée nationale ne sont pas des moindres. Les députés, depuis quelque temps désertent le bord de mer, préférant pour certains les fêtes patronales et pour d'autres les couloirs des ministères. Mais Youri Latortue, les yeux pleins d'optimisme, pense que les députés sont de «bonne foi» quoique beaucoup sont astreints aux fêtes patronales.«Ils vont répondre présent », veut-il croire, évoquait la carte « sensibilisation » pour y arriver. Dans le cas des lois votées par le Sénat sur lesquelles la Chambre des députés ne planche pas encore, Youri Latortue indique qu'ils pourront demander au président de la République de les convoquer en session extraordinaire en vue de «rattraper ce retard».
Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), avec le soutien technique de l’Ecole de la magistrature (EMA), a organisé dans les juridictions du grand Sud, du 20 au 21 juillet 2017, un concours en vue de recruter des juges de paix par intégration directe dans la magistrature. Cette initiative vise à doter les tribunaux de paix des juridictions relevant de la cour d’appel des Cayes d’au moins trois juges de paix par tribunal. Ce concours est organisé suivant les prescrits de l’article 18 de la «loi du 2 août 2007 portant statut de la magistrature». Cet article prévoit que les magistrats peuvent être recrutés soit à l’issue d’une formation initiale dispensée par l’École de la magistrature aux élèves-magistrats, soit par l’intégration directe. Rendre opérationnels les tribunaux de paix Dans leurs propos d’introduction, les membres de la délégation du CSPJ ont unanimement souligné à l’encre forte «l’urgente nécessité pour les pouvoirs publics de combler les postes vacants dans le système judiciaire», particulièrement dans les tribunaux de paix de la République. Seulement pour le grand Sud, une cinquantaine de postes sont vacants dans les tribunaux de paix. Si ce concours concerne les six juridictions de première instance de la cour d’appel des Cayes (Anse-à-Veau, Aquin, Cayes, Côteaux, Jérémie et Miragoâne), il faut souligner que la juridiction de Jérémie, siège de ce concours, est celle où il y a beaucoup plus de postes vacants dans les tribunaux de paix, soit plus de deux-tiers du total. Rendre justice à la population En effet, dans certaines communes du département de la Grand'Anse, les portes de certains tribunaux de paix ont été fermées soit pendant les dernières turbulences socio politiques qui ont secoué la région, soit pour cause de catastrophe naturelle suite au passage du cyclône Matthew ou pour carence de magistrats. « Les tribunaux de paix, base de notre système judiciaire, sont des tribunaux de proximité. Les rendre opérationnels, c’est déjà rendre justice aux couches les plus défavorisées de la population », a déclaré Me Jean-Robert Constant, secrétaire technique du CSPJ. Contenu des épreuves Les postulants à ce concours sont issus des départements des Nippes, du Sud et de la Grand'Anse, suivant les dossiers soumis au CSPJ. Ils font partie de plus d’une centaine de licenciés en droit qui se sont portés candidat. « Droit civil et procédure civile», «Droit pénal et procédure pénale» sont, pour l’essentiel, les matières sur lesquelles ces candidats à la magistrature ont été évalués. Mis à part ces matières, ils ont également subi deux autres tests, l’un portant sur l’expression écrite, et l’autre, sur l’expression orale. Deux jurys ont été constitués pour l’examen oral. L’un composé du conseiller Liez Édouard, de l’inspecteur judiciaire Samuel Baucicaut et du doyen près le tribunal de première instance de Jérémie, magistrat Jean Kesner Numa, et l’autre, du conseiller Jean-Étienne Mercier, du secrétaire technique du CSPJ, Me. Jean-Robert Constant et du bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Jérémie, Me. Joseph Descharles. Cap sur d’autres régions du pays Cette étape une fois bouclée, les candidats retenus participeront à un séminaire destiné à leur inculquer les notions de base de la fonction de magistrat. Par la suite, ils auront à effectuer un stage probatoire à l’EMA, suivant les prescrits de la législation en vigueur. Après le grand Sud, le CSPJ compte mettre le cap sur d’autres régions du pays où des tribunaux de paix font face à la problématique de carence de magistrats. À chacun sa partition À signaler qu’en date du 11 avril 2017, le CSPJ avait acheminé une correspondance à l’exécutif, via le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, à laquelle ont été annexées une liste de 37 magistrats en vue du renouvellement de leur mandat, et une autre de 51 élèves-magistrats issus de la dernière promotion de l’EMA, ce pour leur commission et leur affectation à dans les différentes juridictions du pays où il est constaté une grande carence de juges.
On s’approche de la fin de l’année judiciaire 2016-2017. Conformément à la loi, elle prend fin le dernier vendredi du mois de juillet. Dans deux jours, les juges seront en vacances. Au niveau des tribunaux de première instance, on fera comme d’habitude le roulement de juges en correctionnel et en référés. Même cas de figure à la cour d’appel. On va sièger deux fois par semaine pour entendre seulement les affaires urgentes et pénales. En cassation, il y a également roulement de juges. Avec cet effectif réduit, soit six juges pour les deux sections, aucun roulement n’est possible. Il suffit que deux d’entre eux partent en vacances pour qu’il n’y ait pas de quorum. Donc, les dossiers déjà confiés à la Cour de cassation seront examinés après la rentrée judiciaire 2017-2018. Pour compléter la liste des juges de la Cour de cassation, il faudra attendre le Sénat et l’exécutif. On espère qu’on fera des choix judicieux pour le plus grand bien de la justice, car la plus haute instance judiciaire devrait compter dans ses rangs des juges qui possèdent la science du droit sur le bout des doigts. Ils devraient être des hermites requis dans le monastère. A la seule différence, ils parlent du droit, de la doctrine, de la jurisprudence. Nous nous attendons à une Cour de cassation renforcée de nouvelles têtes bien pleines et bien faites. Déjà, on présume que la nouvelle année judiciaire 2017-2018 sera beaucoup plus fructueuse. Arrêts rendus -Auto et mécanique SA (Automeca), entreprise commerciale contre Mme Anne Marie Lorquet. Qu’en est-il exactement ? Mme Anne Marie Lorquet a intenté une action en revendication du droit de propriété contre Robert Moscoso, dit Gérard Robert Moscoso par-devant le tribunal de première instance de Port-au-Prince. Un jugement par défaut en est sorti le 28 janvier 2013, déclarant Mme Anne Marie Lorquet incommutable propriétaire du terrain litigieux. Ce jugement a été exécuté. Mme Lorquet, en sa qualité de propriétaire, a fait une déclaration de vente en faveur de la Stanco SA, représentée par Stanley qui, maintenant, est devenu propriétaire de la portion achetée. À la grande stupéfaction de Mme Lorquet, la automeca a fait signifier au notaire un acte d’opposition à la vente et introduit une action en tierce opposition par-devant le juge des référés. La juridiction des référés a rendu une décision ordonnant le sursis à toute vente, échange, donnation, cession à titre onéreux, dation en paiement, hypothèque et tout acte translatif relativement à la propriété désignée au jugement de défaut du 28 janvier dont la Auto et mécanique SA dit être propriétaire exclusif et incommutable. De l’ordonnance du juge des référés qui a été rendue en faveur de la Automeca, Mme Anne Marie Lorquet a interjeté appel par-devant la cour d’appel de Port-au-Prince. La cour d’appel a rendu son arrêt-ordonnance dans lequel elle dit et déclare que c’est mal à propos que le doyen a accordé sursis à la vente et toutes autres transactions. Elle ordonne la mainlevée pure et simple de cette mesure. Contre cet arrêt-ordonnance, la Automeca, représentée par la vice-présidente de son conseil d’administration Mme Cécile Arty, s’est pourvue en cassation. La défense de la Automeca a été assurée par Me Jean Ludovic Vandal, muni d’un mandat à cet effet. On a été en cassation pour faire casser et annuler l’arrêt-ordonnance, prononcé par la cour d’appel. Me Vandal a présenté trois moyens. 1-	Principe «le criminel tient le civil en état» d’ordre public (article 3, 2e alinéa, du code d’instruction criminelle ; principes jurisprudentiels) ; violation de l’article 31 du décret du 27 novembre 1969 sur le notariat. 2) excès de pouvoir ; violation de l’article 64 du code de procédure civile ; violation des droits de la défense ; 3) excès de pouvoir ; violation et fausse interprétation de la loi du 19 juillet 1929 réglementant l’opposition en matière de vente d’immeubles. Dans ce dossier, on a vérifié que l’assemblée générale a donné mandat à Mme Cécile Arty pour représenter la Automeca en justice. Cependant, ce mandat n’a pas été notifié à la demanderesse, ce qui le rend nul. Donc, il y a lieu pour la cour d’affirmer patent ce changement de qualité et de déclarer le pourvoi irrecevable. En effet, la Cour déclare irrecevable le pourvoi exercé par la Auto et mécanique SA (Automeca), représentée par le vice-président de son conseil d’administration, Mme Cécile Arty, contre l’arrêt-ordonnance rendu par la cour d’appel de Port-au-Prince le 21 août 2014 entre la Automeca et Mme Anne Marie Lorquet ; ordonne, en conséquence, la confiscation de l’amende déposée au profit de l’État haïtien et condamne la Automeca aux fraix et dépens . -Mme Oliviette Gaston contre Unigestion Holding SA. Que s’est-il passé ? Mme Oliviette Gaston, victime d’un accident dans la périphérie d’un centre de distribution de produit de marque Digicel, a saisi le tribunal de première instance de Port-au-Prince en ses attributions civiles. Ayant reconnu la responsabilité de la compagnie Digicel unigestion Holding SA, le tribunal l’a condamné à rembourser à la victime tout ce qu’elle a perdu. N’étant pas contente, la Digicel a interjeté appel et il en est sorti l’arrêt au dispositif suivant : «la cour déclare recevable en la forme l’appel de la Unigestion Holding S.A., société anonyme haïtienne de télécommunication, rejette le premier moyen soulevé par l’appelant pour n’être pas conforme à la loi ; au fond, dit qu’il a été mal jugé et bien appelé ; en conséquence infirme le jugement du 31 janvier 2012 rendu par le tribunal de première instance de Port-au-Prince ; faisant œuvre nouvelle, dit que la responsabilité de la Unigestion Holding SA n’est pas engagée dans cette affaire ; rejette la demande en dommages-intérêts sollicitée par Mme Oliviette Gaston. Contre cet arrêt dont la date de signification n’a pas été mentionnée, Mme Oliviette Gaston a exercé un pourvoi en cassation. La Cour d’office a fait référence à l’article 421 du code de procédure civile qui stipule : « les parties qui veulent se pourvoir en cassation contre une décision doivent en faire la déclaration au greffe du tribunal ou de la cour qui l’a rendue ou par exploit signifié à personne ou à domicile et signé de la partie ou de sa procuration spéciale.» La Cour poursuit : dans l’espèce en débat, l’avocat qui a fait la déclaration de pourvoi au greffe de la Cour a déclaré être muni d’un mandat spécial, alors que ce mandat n’est pas déposé à la Cour pour étude. De plus, la preuve de la procuration spéciale n’étant pas faite, il y a donc lieu pour la Cour de prononcer l’irrecevabilité de l’action. Et «la Cour déclare irrecevable le pourvoi exercé par Mme Oliviette Gaston contre l’arrêt du 24 mai 2014 de la cour d’appel de Port-au-Prince rendu entre elle et la Unigestion Holding SA (Digicel) ; ordonne la confiscation de l’amende ; condamne la pourvoyante aux dépens liquidés ; -Claude Alcin contre Jean Vilaire Dorval. Sur une action initiée par-devant le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Claude Alcin a eu gain de cause. Un jugement par défaut en est sorti. Jean Vilaire Dorval en releva appel. La cour a rendu un arrêt dans lequel elle déboute Claude Alcin de ses fins moyens et conclusions. Ce dernier s’est pourvu en cassation. Et le pourvoi exercé par Claude Alcin a été rejeté. Composition Jules Cantave (président), Joseph Mécème Jean-Louis, Windelle Coq Thélot, Kesner Michel Thermési, Louis Pressoir Jean Pierre (juges) ; Me François Fouchard Bergrome (ministère public), avec l’assistance de Pierre Richard Allonse.
Les autorités haïtiennes et dominicaines veulent aborder les problèmes d’interférence qui altèrent la qualité des services de télécommunication au niveau de la frontière. Les problèmes étant communs aux deux parties de l’île, les responsables croient qu’il faut une approche commune pour les aborder. C’est en ce sens qu’une délégation dominicaine composée de membres de l’exécutif et du législatif s’est rendue en Haïti en vue d’une journée de travail à cet effet. Toutes les questions relatives à cette problématique ont été abordées. Une attention spéciale a été accordée aux interférences liées à la radiodiffusion et aux services de téléphonie mobile. Malgré la présence de figures politiques dans les discussions, les échanges ont porté surtout sur les aspects techniques. En plus des interférences radiophoniques, les délégués ont abordé les problèmes de pénétration transfrontalière des stations de radio, les problèmes de pénétration transfrontalière des services mobiles haïtiens en territoire dominicain et vice versa, la coordination en fréquence pour la transition vers la télévision numérique République dominicaine-Haïti et la réactivation du protocole d’accord de 2007 qui lie les deux pays en cette matière. De l’avis du directeur général du Conatel, Jean David Rodney, c’est une obligation de réviser le protocole d’accord en question. Il doit être évalué, poursuit-il, sur d’autres bases en prenant en compte les évolutions du secteur au cours des dix dernières années. L’essentiel, soutient-il, est de mettre à la disposition des deux institutions un document répondant aux exigences du moment. Et à ce niveau, le haut fonctionnaire juge important de mettre en place un groupe de travail afin de faire face aux problèmes de manière conjointe en vue de solutions reflétant les aspirations des deux parties. Ainsi, tout indique que le Conatel accorde une grande importance à ces travaux. Les techniciens promettent de s'y mettre entièrement afin d’atténuer les problèmes. Les interférences, font-ils savoir, représentent un enjeu important pour le secteur et les ondes radiophoniques ne peuvent pas être stoppées par la frontière. Il faut, à cet effet, des interventions à la fois du côté haïtien et du côté dominicain. Le directeur de communication du ministère des Travaux publics, Transports et Communications, Jean Mary Maignant, projette, pour y faire face, la mise en place d’une force opérationnelle (Task Force) afin d’aborder le problème dans l’immédiat. Abondant dans le même sens, le directeur technique du Conatel, Jose Jean-Baptiste, attend beaucoup de cette rencontre. Il est, soutient M. Jean-Baptiste, indispensable d’aborder ces problèmes qui peuvent s’avérer néfastes pour les deux pays à plusieurs niveaux. « Les interférences ont des répercussions négatives à la fois sur le plan technique et sur le plan commercial », explique-t-il.
Au terme d’un travail académique sur la thématique sport et croissance économique, en vue de l’obtention de sa licence universitaire à l’Université d’État d’Haïti (UEH), Wilky Thélusmond a fait remarquer qu’avec le développement des infrastructures sportives dans le cadre d’une bonne politique sportive, le secteur sportif peut contribuer soit directement ou indirectement à l’augmentation du Produit intérieur brut (PIB) en Haïti dans le futur. « Il faut qu’il y ait un plan de développement des infrastructures sportives dans le pays. Ce plan doit privilégier le grand Nord, comme zone stratégique. Ensuite, la pratique des sports doit commencer d’abord à l’école », a recommandé Wilky Thélusmond, se présentant également comme un journaliste sportif. Pour Thélusmond, il faut retourner avec un programme similaire à celui de l’Opération 2006, lancé par l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports Evans Lescouflair. Dans son travail, Thélusmond dit avoir mis à nu les faiblesses du secteur sportif. « Il y a un déficit d’infrastructures sportives dans le pays. Il est vrai que l’ancien président Michel Martelly a doté le pays de certaines infrastructures sportives, mais elles ne répondent pas aux normes et standards internationaux », a indiqué Wilky Thélusmond, soulignant que les matchs de foot rapportent peu sur le plan économique en Haïti. Pour Thélusmond, le développement des infrastructures sportives est nécessaire mais pas suffisant pour que le sport puisse impacter la croissance économique dans le pays. Il plaide pour la formation des cadres appelés à former les enfants et les jeunes sportifs. « Dans les écoles, les enfants doivent pratiquer toutes les disciplines sportives. Il faut organiser aussi des compétitions dans tous les coins et recoins du pays dans l’idée de découvrir des talents cachés », a préconisé le journaliste sportif, soulignant que l’objectif de son travail consiste à encourager l’État à investir dans le sport. « À partir de mes recherches, j’ai pu découvrir que, dans certains pays développés, le sport représente entre 0,5 et 5% du PIB. Ensuite, je m’appuie sur la théorie de la croissance endogène de Robert Barrau. Une théorie axée sur l’investissement public comme l’élément fondamental pour la croissance économique », a avancé WilKy Thélusmond. « L’effet du secteur sportif sur la croissance économique. Cas d’Haïti de 1999 à 2015 » constitue le sujet de travail de Wilky Thélusmond, soulignant que son amour pour le sport l'a poussé à écrire son mémoire sur la thématique « Sport et croissance économique. »
« C’est un grand accomplissement pour une banque en Haïti de pouvoir offrir une application mobile à ses clients » s’enorgueillit Arielle Lévêque trois semaines après le lancement de l’application « BUH Connect ».La Banque de l’Union haïtienne est ainsi la première banque à disposer d’une application mobile. Selon Mme Lévêque, directrice exécutive du département Marketing, ce nouveau service qui allie autonomie et mobilité fait le bonheur de leurs clients qui ne cessent d’augmenter depuis lors. L’application mobile « BUH Connect », téléchargeable sur apps store ou google play, fonctionne en temps réel. Elle offre toutes les fonctionnalités disponibles sur sa plateforme en ligne : des transferts de compte à compte, des virements, SPIH, des paiements, des payrolls…, assure Mme Lévêque lors d’un entretien avec le journal Le Nouvelliste. « Cette application est avant-gardiste, simple et facile à utiliser. Elle facilite réellement les transactions des clients. On n’a plus besoin d’utiliser un moteur de recherche pour accéder à son compte, finis les files d’attente et les bouchons », argumente la directrice. Une façon pour elle de rappeler l’annonce du président du conseil d’administration, Olivier Barrau, qui avait promis lors du lancement de la plateforme bancaire, que « la BUH se préparait à être compétitive dans le milieu bancaire ». Pour les entreprises qui ont une certaine hiérarchie dans l’approbation des transactions, cette application a également reproduit le schéma. Par exemple, elles pourront à différents degrés procéder à l’autorisation du payroll de leurs employés et veiller à la disponibilité de ce dernier, a fait remarquer le directeur du centre informatique la BUH, Frederick Ambroise, présent également à la rencontre. L’autonomie prônée par cet outil est valable aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Il n’y a aucuns frais supplémentaires pour l’utilisation de ce service. « Ce sont les mêmes frais qui sont appliqués à la banque. D’ailleurs, pour certaines transactions les frais sont à meilleur marché avec l’application mobile », a confié M. Ambroise. On épargne du temps et de l’argent au client. Téléchargeable gratuitement sur tablette, ordinateur, laptop et smartphone, cette application est très sécuritaire, soutient, par ailleurs, le directeur informatique. Aussitôt que le client aura rempli le formulaire d’application et déposé à la banque, il pourra accéder à ce service dans un délai ne dépassant pas 48 heures. Si un utilisateur ne dispose pas d’un appareil usuel, automatiquement le niveau de sécurité pour lui augmente, en raison du système algorithme mise en place, explique Frederick Ambroise. « Jamais la BUH n’enverra un message par courriel, elle invitera toujours le client à aller sur son compte pour lui transmettre les informations », rassure M. Ambroise. La banque crée un profil pour tout nouvel utilisateur afin qu’il puisse accéder à son patrimoine. De plus, le client dispose d’un système d’alerte qu'il peut activer à sa guise, a-t-il expliqué. Toutes les transactions autorisées par la législation haïtienne sont possibles avec cette application mobile. Avec cette application mobile, la Banque de l’union haïtienne offre à ses clients mobilité et commodité. Elle met la technologie à leur portée. Néanmoins , selon les deux interviewés, elle s’assure de leur bien-être via son centre de service client le 28 15 88 00 qui est là pour venir en aide soit aux utilisateurs de la plateforme en ligne ou aux clients de la BUH Master Card. Présente dans 5 villes de province et avec ces 14 points de service, les représentants de la BUH invitent toute la population à venir faire l’expérience de la plateforme en ligne BUH Connect et de son application mobile.
Les instruments de politique commerciale sont multiples et surtout complexes. Et, parmi lesquels, les règles d’origine en sont un exemple. Il importe de mentionner qu’elles découlent des préférences commerciales octroyées par les puissances industrialisées. C’est certain qu’une partie des échanges de marchandises se réalise sous couvert de celles-ci. Les règles d’origine mettent en présence deux (2) acteurs : a) le donneur de préférences (pays importateurs), b) le bénéficiaire de préférences (pays exportateurs). Ces derniers profitent-ils vraiment de ces préférences non réciproques? Avant d’épiloguer sur les règles d’origine, il est nécessaire d’effectuer un survol du système généralisé de préférences (SGP). Cette structure permet aux pays développés d‘octroyer un traitement «privilégié» en terme de tarif à des produits bien spécifiques des pays en développement et à ceux les moins avancés. Ce système ajoute un élément supplémentaire au droit des relations commerciales internationales. Elle a été conçue dans l’optique de permettre aux pays bénéficiaires d’augmenter leurs recettes d’exportation, de promouvoir leur industrialisation et d’accélérer leur croissance économique. Les règles d’origines imposent des critères permettant de déterminer l’origine effective d’un produit. Il est à noter qu’un produit peut être originaire au sens large et pour autant il ne l’est pas pour le Système généralisé de préférences, le fait de ne pas répondre aux critères. Du point de vue du système généralisé de préférences (SGP), les critères sont spécifiques. Les règles d’origine sont de deux types : les règles d’origine non préférentielle et les règles d’origine préférentielle. Ce sont ces dernières que nous traitons dans ce papier. En effet, les règles d’origine préférentielles ne sont qu’un ensemble de normes préférentielles introduites dans les relations d’échange entre partenaires choisis suivant des affinités historique et/ou commerciale et visent un ensemble de produits biens déterminés. Cet accès «privilégié» sur un marché se traduit en fait par une annulation des droits de douane. Toutefois, les pays bénéficiaires doivent respecter les conditions imposées par le pays donneur de préférences. Les pays industrialisés qui octroient de préférences tarifaires adoptent, suivant leur intérêt commercial et/ou économique, un schéma particulier et dresse leur propre liste de produits spécifiques. Ce schéma contient les règles d’origine préférentielle et détermine les types de produits tels que : agricoles, industriels, artisanats. Cependant, il y a certains produits sensibles en provenance des PMA qui sont exclus du schéma SGP. Il est important de souligner que les règles d’origine ne s’appliquent pas seulement dans le système généralisé de préférences (SGP). Bien d’autres arrangements commerciaux multilatéraux et bilatéraux contiennent des règles d’origine. Par exemple l’accord de partenariat économique (APE), la loi Hope, la CARICOM etc. Les règles d’origine sont basées sur un certain nombre de critères. Ces derniers sont des exigences que les pays bénéficiaires, doivent respecter scrupuleusement à savoir : a) les critères d’origine b) l’expédition directe c) preuves documentaires Ces règles établissent des normes strictes et mesurées en ce qui a trait à l’exportation des produits sélectionnés dans la liste. De plus, la nomenclature des règles d’origine du système généralisé de préférences exige l’application de caractéristiques suivantes : les produits entièrement obtenus, les produits non entièrement obtenus. a)	Les produits entièrement obtenus Ce sont des produits fabriqués exclusivement dans le pays bénéficiaire à partir de quelconque produit cultivés, récoltés localement par exemple le café, le cacao, la mange francique, la pêche. b)	Les produits non entièrement obtenus Ce sont des produits fabriqués à partir des composants provenant d’un autre pays. De ce fait, ces produits doivent subir une transformation substantielle afin de leur conférer un caractère originaire. Les produits exportés sous couvert du SGP obéissant aux règles d’origine peuvent changer de position tarifaire suivant le critère dit « critère de changement tarifaire » et celui de «pourcentage, (valeur ajoutée)» ou d’ouvraison spécifique. Le critère de pourcentage (la valeur ajoutée) mis en place par un certain nombre de pays exige un pourcentage élevé en termes de transformation dans la production d’un produit. Bien souvent, certains pays bénéficiaires n’arrivent pas à respecter le seuil de pourcentage imposé par le donneur pour être en conformité. Faute de compétences techniques le plus souvent. On vous donne quelque chose avec la main droite et on la reprend avec la main gauche. Ces critères d’origine sont des socles de sécurité pour les pays donneurs de préférences dans le but d’empêcher tout contournement des dispositions par des non bénéficiaires (pays-tiers) et de se servir du territoire d’un ou des bénéficiaires comme rampe de réexportation de marchandises. Dans le cas où les composants non originaires d’un produit n’atteigne pas le degré d’ouvraison ou de transformation suffisante, il ne sera pas admis à bénéficier le traitement préférentiel. Un aspect important dans les règles d’origines préférentielles du SGP est le cumul d’origine qui donne la possibilité à un pays bénéficiaire de préférences à ce qu’une partie des composants du produit provient d’un autre État bénéficiaire lui aussi de préférences. Cependant, c’est le dernier pays d’exportation qui bénéficie ce cumul. Dans le système commercial multilatéral (SCM) tout est prévu et consigné dans les accords. A cet effet, le système généralisé de préférences (SGP) trouve sa base juridique dans la «clause d’habilitation » qui est une exception à la règle dominante qu’est la clause de la nation la plus favorisée. Dans le SGP, la règle est l’exportation (expédition) directe des produits vers le pays importateur. Pour des raisons géographiques, les marchandises peuvent eut être transitées dans un pays tiers moyennant celles-ci restent sous contrôle douanier. C’est le cas pour les pays sans littoral. Toutefois, des opérations minimes qui ne vont en rien altérer la nature du produit peuvent être effectuées dans ce pays tels que l’étiquetage, l’emballage. Les produits exportés sous couvert du système généralisé de préférences nécessitent un certificat d’origine (preuve documentaire), document officiel délivré par l’autorité compétente du pays exportateur prouvant l’originalité du produit par la douane du pays importateur. Ce certificat contient toutes les spécificités relatives au produit. En tout état de cause, les règles d’origine du système généralisé de préférences est une réalité avec laquelle les pays bénéficiaires se doivent de s’adapter et vivre avec. Ce système de «largesse tarifaire», aussi contraignante qu’il soit, favorise l’exportation de certains biens. Mais, en quoi a-t-il permis l’industrialisation, l’amélioration des recettes fiscales, la croissance économique de ces pays?
La vie est parfois un grand naufrage. Schiler St-Éloi, le plasticien qui a vécu pour l’art, l’artiste qui ne pouvait passer un jour sans accomplir ses rituels : dessiner, peindre, sculpter ou transmettre son enseignement à ses disciples, a perdu progressivement ses facultés, en une semaine, avant de rendre l’âme, à 41 ans, sur un lit d’hôpital, à Saint-François de Sales, le lundi 17 juillet 2017, à 9 h 21 p.m. Il était entouré de ses êtres chers. Une semaine avant son ultime voyage vers cet autre rivage pour rencontrer, certainement, Wébert Sicot, Raymond Ballergeau (Ti roro), Préfète Duffaut, Ludovic Booz, Espérance Gervais, alias madame Vaudrate, Cornély Yves, des artistes de son Carrefour-Feuilles natal, Schiler avait risqué, devant son petit frère Duckyns, dit Zikiki, à la maison paternel, à l’avenue Mgr Guilloux, un pronostic avec humour : « Rete ! gad jan moun mouri fasil. » C’est dans la maison de monsieur et madame St-Éloi, ce couple d’artistes, qu’il était revenu vivre. Dans ce bastion intime où l’art a une fonction organique, les enfants et les petits enfants du couple se livrent à leur passion jusque sur la voie publique, particulièrement dans une impasse qui porte le nom du patriarche : Lionel St-Éloi. Cet impasse est encore baptisé couloir St-Éloi par les riverains. À partir du balcon de leur maison perchée dans les hauteurs de l’Ave Mgr Guilloux, à quelques pas de « Saïeh », terrain de football de la communauté, monsieur et madame St-Éloi regardent leur cadet, Schiler, peindre une murale ou ciseler une sculpture en toute générosité pour le quartier. Dans la maison que le père St-Éloi appelle curieusement Family Art’s ou Hollywood, il y a de la place pour tout le monde : ses cinq enfants et leur partenaire; outre cela, leurs descendants ( six garçons et deux filles) trouvent un havre pour produire leurs œuvres. On dessine, on peint, on sculpte, on joue de la musique dans une débauche de joie de vivre. C’est dans ce cocon familial, à l’ombre du père, le soleil de la famille, loin des rumeurs de l’actualité, que Schiller, le cadet de la fratrie, créait un monde ouvert sur l’art. Quand monsieur et madame St-Éloi, assis devant leur chevalet, regardent la vie en couleurs, à travers des nuances subtiles, la fille de Schiler, Narijah Aurore, danse, chante et slam avec les autres St-Éloi. Une telle profusion de talents dans cette famille est une bénédiction pour le quartier. Beaucoup de jeunes, de pères et de mères de famille ne sont pas restés insensibles à cette aventure humaine à travers l’art que proposent les St-Éloi. Que d’élan ! que de talents ! que de générosité dans un quartier loin des bruits de l’actualité politique qui avalent tout dans un trou noir, trou qui a valu à Haïti la considération d’entité chaotique dans le monde. La voie des St-Éloi À l’impasse St-Éloi, les œuvres de Schiler témoignent de sa générosité, de sa passion de marquer l’espace et les cœurs dans la création artistique. Il faut marcher dans le quartier, grimper l’escalier avec Lionel St-Éloi, le premier professeur de Schiler, un ancien du Centre d'art qui a pris part à de grandes expositions à travers le monde, notamment Grand Palais à Paris, Outsider Art Fair de NY, à l’Arco de Madrid, etc. ; il faut gravir les marches avec ses disciples pour découvrir de géantes sculptures de Lionel qui côtoient les fresques du défunt pour avoir une idée de ce que représente cette famille. Il faut aussi faire un tour dans la résidence artistique de Family Art’s pour rencontrer les derniers disciples de Schiler. Le professeur de philosophie Richardson Lubin est l’un d’eux. Richardson nous montre la dernière toile de Schiler aux côtés du sien. Et il se souvient d’un maître qui avait un goût inépuisable pour la transmission du savoir. L’enseignant accordait ce savoir au rythme, à la capacité de l’apprenant, et montrait le chemin. Schiler St-Éloi voyait la vie à travers le prisme de l’art. Dans l’une de ses murales, il avait inscrit, dans sa frénésie de marquer les esprits, cette formule inspirée de notre devise nationale : « L’art, force de l’union. »
Dr Jean Guy-Marie Louis [1] a élargi l’orientation de son travail de recherche sur la coopération. Il vise un objectif clairement défini : faire découvrir au lecteur un modèle de coopération. Le cas de Taïwan et Haïti. Certes, sans ressources naturelles, ce pays a misé sur une autre ressource disponible : les ressources humaines - l’homme taïwanais et, au moyen de cette richesse, a construit ce joyau, ce territoire de rêve. L’ouvrage du Dr Louis « La coopération Haïtiano-Taïwanaise, un modèle de coopération Nord-Sud » analyse les points forts de la coopération et, d’un autre côté, dégage les faiblesses dans les relations entre les deux pays. Son travail, selon Pierre Buteau, le préfacier, « consiste à présenter cette étude de cas comme un modèle de coopération, en dépit parfois de certaines ambiguités caractérisant généralement ces types de relations. » Fort de sa propre expérience en diplomatie [2], Jean Guy-Marie Louis a, d’une part, éclairé l’évolution des relations entre les deux nations. A cette fin, il s’est basé sur une riche documentation livresque (matérielle) et immatérielle (internet). Tous les liens, les documents-clés, d’une manière générale, sont fournis au lecteur pour une maîtrise du sujet. D’autre part, c’est le point pertinent de sa démarche – de son livre, il décortique le sujet, comme le fameux riz taïwanais : tous les accords dont celui du 25 avril 1956 établissant les relations diplomatiques entre les deux états, tous les traités d’amitié ou de commerce, tous les projets de coopération entre la République de Chine (Taïwan) et Haïti, tous les accords de coopération (agricoles, culturels, techniques), etc. Tout est passé au peigne fin pour tirer, ici et là, les conséquences. Le livre nous révèle – documents à l’appui, l’état de la coopération entre les deux peuples. L’étendue de cette coopération qui s’étend à tous les domaines : des projets de construction ou d’aménagement. Par exemple, la construction du palais de la Cour de Cassation, au cœur même du Champ-de-Mars, en face du palais national, de la route Cayes-Port-Salut, Salut, Port-Salut-Port-à-Piment, de la Construction de l’hôpital de l’OFATMA, d’écoles publiques et de logements sociaux aux Cayes, Projet de logements sociaux et de formation professionnelle à Savane Diane, don de riz pour combattre l’émeute de la faim en 2008 –la fameuse journée noire du 8 avril 2008 sous le gouvernement du Premier ministre Jacques Edoaurd Alexis, et, en 2015-2017, programme d’enseignement de la langue chinoise en Haïti. La République de Chine (Taïwan) a aussi contribué au renforcement de l’éducation supérieure en Haïti. Chaque année, des appels à candidatures sont lancés aux jeunes haïtiens désireux d’entamer ou de poursuivre leurs études universitaires à Taïwan. Entre 2004 et 2014 environ deux cents Haïtiens ont étudié en République de Chine (Taïwan). Les enjeux de la coopération Rien n’est gratuit. Sur le plan diplomatique, a souligné Dr Louis, Haïti apporte un appui spectaculaire au gouvernement de la République de Chine (Taïwan). Il explique la motivation des Taïwanais à l’égard d’Haïti. Selon l’auteur, c’est pour « éviter toute défection de notre pays qui se traduirait par une rupture des relations diplomatiques entre Port-au-Prince et Taipei et tout rapprochement d’Haïti avec la République populaire de Chine. Une telle décision de la part de Port-au-Prince porterait un coup dur à la souveraineté même de la République de Chine (Taïwan). » De la diplomatie du chéquier à la coopération active A ses débuts, la coopération taïwanaise consistait à financer certains petits projets pour lesquels l’ambassadeur de ce pays émettait un chèque au nom du Représentant de l’Etat haïtien. Il ne fait pas de doute que cette pratique pouvait facilement déboucher sur la corruption. La création par le président René Préval du Comité de pilotage de la coopération haïtiano-taïwanaise chargé de recevoir et d’analyser les projets devant être financés par cette coopération a mis fin à cette pratique. L’impact de la coopération entre Port-au-Prince et Taipei se constate sur le plan économique : les agriculteurs eux-mêmes ont bénéficié des retombées : « l’augmentation nette du rendement des surfaces cultivées, [a permis] aux agriculteurs de gagner plus d’argent et de subvenir à leurs besoins. » Toutefois, a ajouté Dr Louis, « Malgré cette performance, Taïwan n’a jamais pensé à partager son savoir-faire avec Haïti ou à pousser des Taïwanais à investir en Haïti dans le domaine des technologies de l’information et de la communication et de l’électronique.» Sur le plan social, l’apport de la République de Chine (Taïwan) est remarquable. Sa contribution dans les domaines de la santé publique, de l’éducation, du logement social et de l’emploi est très importante. Cependant, le constat est évident : les emplois crées dans le cadre de l’exécution des projets de coopération sont le plus souvent, passagers, non permanents. Selon le Docteur Jean Guy Marie Louis, Haïti doit réviser son approche de la coopération avec la République de Chine (Taïwan) ainsi qu’avec ses autres partenaires en l’orientant beaucoup plus vers les secteurs productifs et les investissements directs étrangers. « Pour assurer son développement durable, Haïti a besoin de beaucoup plus qu’une aide substantielle, sans conditionnalités et non intégrée dans un plan de développement national, a souligné le Docteur Louis. Et l’auteur de la coopération haïtiano-taïwanaise a terminé son livre avec les propos suivants : Comme la coopération entre la République d’Haïti et la République de Chine (Taïwan) s’apparente à une coopération Sud-Sud, Reality of Aid a fait cette mise en garde : « Si la coopération Sud-Sud pour le développement, ou tout autre dispositif d’aide, ne débouche pas sur une stratégie nationale pour développer l’agriculture, l’industrie et les services de façon équilibrée, intégrée et durable, alors les gains à court terme, quels qu’ils soient, sont illusoires. »
Extraits de journaux et revues d’époque, les faits se révèlent plus pertinents à notre entendement, à la lecture du livre. Notre propre témoignage aurait pu servir pour éclairer un fait, un événement, les propos d’un acteur de l’histoire, parfois nous-même, à un titre ou un autre, parfois un homme d’Etat avec lequel nous avions bossé, mais avions-nous le courage ? Reprendre les faits, souligner les nuances et apporter un éclairage nouveau : nous sommes souvent des acteurs passifs, et l’Histoire avance. Parfois sans nous. Dans ce relevé systématique des actions d’Etat de 1986 à 2016, comprendre et saisir le découpage de la réalité nécessite une autre lecture, une autre analyse. Comment, par exemple, appréhender l’accession de Prosper Avril à la présidence le 17 septembre 1988, à la suite d’un coup d’Etat orchestré par « les soldats de la garde présidentielle, conduits par les sous-officiers Frantz Patrick Bauchard, Marino Etienne et Joseph Heubreux ? L’auteur a fouillé la relation des faits fournis par les quotidiens, et les commente par une analyse : « Le général Avril avait vu agir Henri Namphy au sein du Conseil national du gouvernement (CNG) lors du massacre de la ruelle Vaillant, le 29 novembre 1987. Après le massace, le général Namphy n’avait pas annoncé l’ouverture d’une enquête sur cet événement cruel, ce qui suggère que le massacre avait été planfié par l’armée. Dans cette circonstance, le général Avril savait que les jours du général Namphy étaient comptés, lorsqu’il accéda au pouvoir àprès le coup d’Etat contre Leslie Manigat. » La manière de rapporter les faits du moment tirés de la lecture des journaux a marqué l’analyse de l’auteur. Ainsi, le gouvernement installé du président Jean Bertrand Aristide, à son retour d’exil, le 15 octobre 1994. Il a créé, sous le leadership de Smack Michel, à titre de Premier ministre, quatre nouveaux ministères : Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger, le ministère de l’Environnement, le ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme et le ministère de la Culture. C’est, sous sa férule également qu’a pris naissance la Police nationale d’Haïti. Avec Léon Jeune, comme premier directeur général. L’historien de l’immédait est préoccupé de savoir si les différents gouvernements ont agi dans la ligne de la bonne ou de la mauvaise gouvernance. Il a considéré le gouvernement d’Aristide : répondre aux exigences de la FMI et de la Banque Mondiale, telles la réforme fiscale, la lutte contre la corruption, la diminution du déficit budgétaire et la réduction de l’inflation. Le pays a réformé le régime fiscal et douanier pour accéder à l’OMC, pourtant, a constaté l’historien de l’immédiat, « tous les autres pays de la Caraibe, y compris la République dominicaine, maintenaient les droits de douane sur les produits agricoles jusqu’à 35% pour protéger leurs productions. » Est-ce là le signal de la bonne gouvernance ? La MINUSTAH et l’apparition de la choléra Le séisme du 12 janvier a constitué du gratin pour la coopération internationale. Les promesses d’aide, si elles se concrétisent, ont servi au personnel des ONGs créées par les donateurs pour rapatrier les fonds. Pour répéter l’auteur « Le personnel de ces ONG, provenant des pays donateurs, percevait des salaires, des primes de risque et des allocations inimaginables.» Ensuite, la force de maintien d’ordre des Nations Unies a apporté au pays le choléra, à travers les Népalais. Mais le comique dans toute cette affaire ni le gouvernement de René Garcia Préval ni celui de Joseph Michel Mrtelly n’ont culpabilisé « la Minustah dans l’introduction du choléra en Haïti. » Malgré les preuves, malgré les décès, jusqu’à date, de 9300 personnes. Le passage de Michel Martelly à la tête du pays a renforcé la tourmente. Par exemple, 54 voyages à l’étranger, « des voyages inutiles pour la plupart », selon Lemoine Bonneau. Il a laissé le pays avec l’indice de développement le plus bas : 163ème sur 188. Est-ce le signe d’une bonne gouvernance ? Le travail de l’historien de l’immédia, Lemoine Bonneau découd les files de l’histoire, comme un médecin repanse un malade opéré d’une tumeur. Il nous sert de point focal pour écrire l’histoire du pays. Cepedant, quelque chose nous gêne dans ce récit des faits : pourquoi l’évocation d’un fait d’histoire n’est-elle pas appuyée instantanément sur les références puisées dans la presse ? Ce ne sera pas seulement les commentaires de Lemoine Bonneau sur l’histoire immédiate, mais aussi ceux des historiens du moment – les journalistes, comme les avait appelé Albert Camus. Le règne de la mauvaise gouvernance a trop duré. Les nouvelles générations ont rendez-vous avec l’Histoire.
Six matches, six victoires, 22 buts marqués et un seul encaissé. Les grandes écoles de football féminin engagées dans l’USA CUP 2017 catégorie U17 féminin Gold n’ont pas fait le poids contre les représentantes de l’Académie Camp Nous. Rachelle Carénus et ses collègues étaient trop fortes pour leurs adversaires. Versées dans le groupe B en compagnie de Maplebrook Rush, Fusion FC Duenas et Euro FC de la Catégorie U17 Gold, les protégées de Fiorda Charles ont entamé la compétition en douceur en battant le Fusion FC Duenas 3-0 mardi, avec des réalisations signées Rachelle Carénus, Elisabeth Brivil et Vladine Mervilus. Le Mercredi 19 juillet, c’est la formation Maplebrook Rush qu’elles dominaient 3-0 pour se rapprocher des ¼ de finale de la compétition grâce à Rachelle Carénus (encore elle), Tabitha Joseph qui joue pourtant en défense et la jeune milieu de terrain Angeline Gustave. Jeudi 20, les jeunes Haïtiennes ont disposé de Euro FC 5-0. Rachelle Carénus a réussi le doublé, inscrivant au passage ses 3e et 4e buts de la compétition, Vladine Mervilus pour sa part a inscrit son 2e. La petite Léogânaise Nancy Lindor a réussi son premier but. C'est aussi le cas de la jeune attaquante Béthina Petit-Frère qui en a aussi inscrit son tout premier. Ayant terminé en tête du groupe D avec 9 pts et 11 buts marqués sans rien encaisser, l’équipe haïtienne s'est hissée en ¼ de finale. Vendredi, les jeunes Haïtiennes affrontaient Water City Storm en ¼ de finale. Le Storm réussit à tromper Madeline Fleuriot dans ses buts en inscrivant un but contre les Haïtiennes. Un but qui poussa Rachelle Carénus à inscrire son 5e but dans la compétition. mais aussi à Tabita Joseph son 2e et Bethina Petit-Frère son 3e. L’Académie Camp Nous s’impose 3-0 et se hisse en demi-finale. Samedi, les jeunes Haïtiennes ont d’abord disputé une demi-finale contre Scottish United 2001 dans la matinée. Et là encore, elles n’ont pas fait de détail. Rachelle Carénus a, elle, inscrit ses 6e et son 7e buts dans la compétition réussissant ainsi un doublé, Béthina Petit-Frère réussit son 4e but et Thabita Joseph son 3e. Haïti s’impose 4-0 et se hisse en finale. Un peu plus tard dans la soirée du samedi, les jeunes Haïtiennes retrouvaient une vieille connaissance puisqu’elles affrontaient leur collègue de la poule B, les filles Fusion SC Duenas à qui elles avaient infligé un sévère 3-0 en poule. Grâce à un nouveau doublé de Rachelle Carénus (son 8e et son 9e but), une réalisation de Béthina Petit-Frère (son 5e dans la compétition) et une autre de Thabita Joseph (son 4e), les filles de l’Académie Camp Nous ont salé un peu plus l’addition en finale en s’imposant 4-0 pour remporter la catégorie U17 Gold de l’US Cup du 18 au 22 juillet 2017 organisée dans le Minesota. La sélection de l’Académie Camp Nous forme l’ossature de la sélection nationale U17 qui va disputer la Coupe caribéenne des nations U17 à Port-au-Prince en octobre prochain. Elle remporte cette compétition tout en étant privée de certaines de ses meilleures joueuses (Melchie Daelle Dumornay, Abaina Louis, Dieunica Jean-Baptiste, Ruthny Mathurin) retenues en catégorie U20 pour disputer le groupe A (19-23 juillet) au stade Sylvio Cator à Port-au-Prince. Les composantes de la sélection de l’Académie Camp Nous qui a disputé la compétition sont : Madelina Fleuriot et Edgénie Joseph comme (gardiennes) – Esthéricove Joseph, Tabita Joseph, Fléro Dina Surpris et Nancy Lindor comme (défenseures) – Angeline Gustave, Elisabeth Brivil, Shelove Joseph et Shelby Azor au milieu du terrain – Rachelle Carénus, Maille Jean, Vladine Mervilus et Béthina Petit-Frère. Après leur victoire, elles ne chôment pas. Elles ont entamé depuis le 23 juillet un stage d’entraînement et de préparation d’une semaine. La petite sœur de l’international haïtien Derrick Étienne, Danielle Dani Étienne retrouvera le groupe et l’ancien goleador du projet Opération 2006, Ricardo Pierre sera parmi les encadreurs de ce groupe qui entame la préparation de la Coupe caribéenne des nations 2017 de football féminin U17 en octobre prochain.
Il n’est un secret pour personne que le tennis juvénile haïtien, en dépit des difficultés financières auxquelles il fait face, est sur une pente ascendante. Le récent sacre de l’équipe féminine U-12, en terre voisine, est un exemple concret. Auréolée de ce triomphe, l’équipe U-14 n’a qu’un objectif: récidiver l’exploit réalisé par la paire Rychardlyne François et Laurie Euzerbe. Le pays hôte et Haïti mis à part, plusieurs autres pays issus de la Caraïbe et de l’Amérique centrale prendront part au JITIC U-14 regional championship 2017. Les représentants d’Haïti: James Adler Germinal, demi-finaliste de l’Open BMW 2017; Fritzterson St-Louis, invaincu lors de son dernier passage en République dominicaine; Kervens Paul, qui va faire ses grands débuts; et Richardlyne François, grand artisan du sacre de l’équipe U-12 à l’ITC/Cotecc team championship 2017. La délégation haïtienne, forte de six personnes, laissera Port-au-Prince ce samedi 29 juillet. Le tournoi se jouera du 31 juillet au 6 août 2017. Pour l’instant, Haïti n’a toujours pas connu ses adversaires. À ce sujet, Francky St-Louis dit : « On doit attendre le tirage au sort (30 juillet). C’est un tournoi individuel qui devrait, à mon sens, être à la portée des nos représentants. Nous espérons qu’ils vendront, à la fois, chèrement leur peau et les meilleures images du tennis haïtien là-bas », a déclaré le vice-président de la Fédération haïtienne de tennis (FHT). Au terme de la compétition de JITIC U-14 regional championaship 2017, la délégation haïtienne, avec ou sans médaille, est attendue à Port-au-Prince le 7 août.
Nombreux sont les footballeurs haïtiens, plus d’une trentaine, à la recherche d’un mieux-être, qui ont traversé la frontière dans le but d’intégrer une équipe évoluant dans la ligue professionnelle du football dominicain. Rien que pour le choc, mettant aux prises, le Club Barcelona Atletico à Cibao FC, vendredi 21 juillet au stade olympique Félix Sanchez, on a pu remarquer la présence de sept Grenadiers. Perturbé par une pluie qui a duré toute la journée, le match, malgré l’absence du public, s’est déroulé sans trop grandes difficultés. Aux abords de la pelouse du stade olympique Félix Sanchez, on a pu identifier plus d’une dizaine de sponsors. Charles Hérold Junior (Cibao), blessé et Jeffson Aristil (Barcelona), cumul de carton, n’ont pas pu disputer la rencontre qui s’est achevée sur le score de (0-0). Quatre équipes et trois places à prendre Le club Atletico Pantoja, victorieux en déplacement de Bauger FC (2-0), a validé son billet pour les play-offs de la troisième édition de la Liga Dominicana. Avant l’ultime journée de la saison régulière, l’équipe de Pantoja compte 37 points. Les quatre équipes, qui vont croiser le fer pour le gain des trois places disponibles, sont : Cibao FC (34 points), Atlantico FC (31 points), Club Barcelona Atletico (29 points) et Moca FC (28 points). Avant la 18e et dernière journée, aucune des quatre équipes ne s'est qualifiée pour les play-offs. Dans le classique du football dominicain, le FC Cibao, champion de la Caraïbe et qualifié pour la phase finale de la Ligue des Champions de la Concacaf, était allé prendre un point au stade olympique Felix Sanchez face à son grand rival, Barcelona (0-0). De son côté, Atlantico avait réalisé le service minimal (1-0) face à San Cristobal, et Moca FC, en déplacement, n’avait pu faire mieux qu’un match nul (1-1) contre son homologue de Vega Real. Une dix-huitième journée décisive Les prochaines rencontres se joueront les samedi 29 et dimanche 30 juillet. Dans un match sans enjeu, l’équipe de Bauger affrontera celle de O&M. En déplacement, toujours samedi, la formation de Moca FC et sa colonie haïtienne (Canès Jean Charles, Junior Delva et Chedelin Francoeur) se trouvent dans l’obligation de s’imposer face à Delfines, dernier au classement avec deux points. Pour atteindre les play-offs, l’éventuelle victoire de Moca doit se conjuguer en même temps avec une défaite ou avec un match nul de la formation de Barcelona. Dimanche, l’équipe de Walnès Innocent et Dany Guillen, Club Atletico Pantoja, déjà qualifiée pour les play-offs, recevra justement son homologue de Barcelona. Ce dernier doit impérativement gagner pour se hisser en play-offs. Si l’on se fie aux propos de Bony Pierre, titulaire indiscutable de Barcelona : « Le président du club offre une prime de mille dollars US à chaque joueur en cas de qualification de son équipe. » Cela dit, Jeffson Aristil et Cliff Kervenson Cantave, à côté de Bony Pierre, vont tout tenter pour qualifier leur équipe. Avant leur confrontation, les équipes de Cibao FC (2e) avec 34 points et Atlantico (3e) avec 31 points sont au coude-à-coude. Elles n’ont besoin que d'un match nul pour valider leur billet. Cependant, les coéquipiers de Charles Hérold Jr (blessé), Woodensky Cherenfant (Babalito), Benchy Estama et Paulson Pierre, aimeraient prendre la première place de la compétition. En face, l’équipe de Vénel Saint-Fort, Wilson Michel et Abderson Marcelin, Atlantico FC promet de vendre chèrement sa peau. Pour compléter cette journée, l’équipe de San Cristobal affrontera celle de Vega Real. Peu importe le cas de figure, les Haïtiens (15 au sein des 5 clubs encore concernés) seront majoritaires lors des play-offs de la Liga Dominicana. Il est à signaler qu’ils sont au nombre de cinq les Haïtiens qui figurent au classement du top ten des buteurs de la Liga Dominicana. Ce sont, Woodensky Cherenfant et Charles Hérold Junior (Cibao) 8 buts, Chedelin Francoeur (Moca FC) 8 buts, Berthame Diné (Vega Real) 6 buts et Bony Pierre (Barcelona) 6 buts.
Nous avons circulé pendant les derniers mois dans la région CONCACAF en compagnie de Manno Sanon, Tom Pouce, Ernst Jean-Joseph, Francillon, Bayonne et d'autres vedettes du ballon rond qui nous ont fait vibrer lors de la plus glorieuse période de notre football : les années 70. D’agréables et précieux souvenirs d'un peuple sportif fier des sonores envolées de ses représentants aux concerts internationaux. Il est donc agréable de survoler le passé en ballon rond. Individuellement et collectivement. La preuve : Philippe Vorbe, meilleur footballeur de la CONCACAF à Trinidad Tobago à l’occasion du championnat des nations de la région en 1971; Antoine Tassy (Zoupim), entraîneur de la sélection de la CONCACAF pour un match amical face à la Colombie, quelques semaines après les débats de 71 à Trinidad ; Haïti qualifiée pour la Coupe du monde de 1974 en Allemagne ; la sélection nationale disputa avec la sélection du Brésil le match d’inauguration du stade de Brasilia, quelques mois avant le coup d’envoi du mondial de 1974 ; Haïti, lauréate de la première édition du championnat de la Caraïbe des nations en 1979 à Surinam ; Jean-Joseph Mathelier élu meilleur footballeur caribéen à l’issue de cette compétition. De précieux souvenirs qui reflètent l’étendue de notre passé en ballon rond. Pour les nostalgiques de 60 ans et plus, c’est fantastique de revivre le passé en ballon rond, une entraînante histoire écrite par une pléiade de sportifs sur le sol dessalinien et sur d’autres terrains concacafiens : des joueurs, des dirigeants, des entraîneurs. Et même des journalistes, dans la mesure où les performances du tandem Jean-Claude Sanon – Yves Jean- Bart sur les ondes avaient dépassé nos frontières. À tous les niveaux, on nous respectait dans la zone en raison de nos sonnants résultats. À part le Mexique, tous nos adversaires dans cette région tremblaient à la pensée de tomber sur Haïti dans une phase des éliminatoires d’une Coupe du monde par exemple. Parce que notre football exposait des valeurs qui pesaient très lourd dans la balance de la CONCACAF. C’est emballant de relater le passé en ballon. Parce qu’on est fier d’énumérer les prouesses de nos anciennes gloires sur la scène concacafienne. Aujourd’hui encore, dès qu’on parle de football avec un Trinidadien avoisinant la soixantaine, il évoque les exploits de Philippe Vorbe en 1971 à Port-of-Spain. Récemment, lors de sa visite en Haïti, le président de la FIFA, Gianni Infantino, 47 ans, a déclaré au ranch de la Croix-des-Bouquets et au Palais national que son père lui racontait à plusieurs reprises l’histoire du jeune attaquant haïtien Emmanuel Sanon qui, en violant les filets de Dino Zoff en 1974 au Stade Olympique de Munich, a réussi là où des attaquants brésiliens ou allemands ont échoué quelques mois auparavant. Il est difficile de stopper ou de détourner le char des louanges quand on circule dans les rues du passé en ballon rond. Inauguré le 19 juillet 1952 sous le gouvernement de Paul Eugène Magloire, le stade Sylvio Cator et ses fidèles du bon vieux temps sont les principaux témoins de cette riche période où notre football imposait le respect dans la CONCACAF.
Aujourd’hui, à l’instar de la pauvreté, la discrimination à l’égard de la femme haïtienne et la violation de ses droits fondamentaux devraient incessamment interpeller tout le monde. La lutte pour le respect des droits de la femme doit cesser d’être un slogan pour s’inscrire dans la liste des priorités de toutes les organisations et les politiques publiques des différents gouvernements. Consciente de ce fait, mon intention en rédigeant ce papier est d’attirer l’attention du grand public en général et les organisations concernées en particulier, sur des formes particulières de violence faites aux femmes via les réseaux sociaux. À l’ère de l’utilisation massive des Technologies de l’information et de la communication (TICs), les médias sociaux sont devenus presque incontournables dans la littéracie (Média Literacy) d’un nombre incalculable de personnes. Par ailleurs, il est tout aussi important de pointer du doigt une autre facette : l’utilisation des réseaux sociaux pour véhiculer de nouvelles formes de violence graves. En effet, ces violences se développent et se propagent à une vitesse qui devrait faire peur. Il devient donc nécessaire de proposer aux intéressés (es) dans la lutte contre les violences faites aux femmes un cadre de réflexion et d’action capable de les aider à définir des stratégies plus efficaces et adaptées à un environnement fortement influencé par la globalisation et les avancées technologiques majeures. Je dois d'abord affirmer que l’idée d’écrire ce texte m’est venue après de nombreuses observations faites pendant plusieurs mois sur des réseaux sociaux. Au cours de mes premiers moments d’observation, j’avais souhaité avoir tort, et comme pour confirmer mon éventuelle erreur de jugement, j’ai décidé de questionner des amis/es qui sont très actifs/ves sur les réseaux sociaux. Cependant, à mon grand étonnement, cinquante-et-huit d’un échantillon de soixante amis/es interrogés/es avaient fait le même constat que moi : avec les réseaux sociaux, il y a une intensification croissante de nouvelles formes de discrimination et de violence faites aux femmes. En particulier, cette violence est de plus en plus visible sur au moins deux de ses formes: psychologique et symbolique. Dès lors, cette observation commune mérite d’être approfondie afin de révéler les contours d’un fait social en pleine expansion et de contribuer à le prévenir. Voyons de plus près certains éléments notés durant nos observations. D’abord, nous avons remarqué que les réseaux sociaux font naître beaucoup de « pseudos comédiens » qui découvrent dans la nouvelle technologie un moyen efficace pour toucher une plus grande quantité de personnes et ainsi faire connaître plus rapidement leurs œuvres. De plus, bon nombre de ces pseudos comédiens, semble-t-il, n’ont presque pas d'autres sources d’inspiration que de vieux clichés discriminants portant sur la femme tels que : « femmes aux grosses fesses », « femmes infidèles », « femmes en chaleur », « femmes excessivement matérialistes », « femmes qui aiment se faire battre », etc. Par ailleurs, il y a la vulgarisation de clichés photographiques et/ou vidéographiques à l'insu de la personne dans le but de la tuer émotionnellement et socialement. C'est une atteinte grave à la dignité humaine, une violation flagrante de la vie privée. Hommes et femmes en sont victimes certes, mais ces dernières sont touchées plus fréquemment ; et pour elles, les impacts de tels actes sont plus dévastateurs dans notre société, compte tenu de la discrimination permanente à l’égard de la femme et de la persistance des inégalités entre hommes et femmes. Comme mentionné plus haut, la quasi-totalité des répondants ont affirmé avoir fait le constat de la prolifération sur les réseaux sociaux — Facebook, Instagram, What's App, YouTube, etc.— de clichés (photos et vidéos), de propos et d’histoires dévalorisantes entachés de discrimination et de violence envers la femme. Ils ont aussi pointé du doigt un style de musique populaire communément appelé « Rabòday » qui est un puissant véhicule de ces propos discriminatoires et violents à l’endroit de la femme. On dirait que ce rythme n’a été inventé que pour cela. Il reste à savoir si c’est le sujet qui aide à populariser le rythme ou au contraire c’est le rythme qui sert à vulgariser de plus en plus cette violence. Mais il semble que plus la musique parle mal de la femme, plus elle est vendable. À ce titre, on connait les fameux hits « Fè Wanna mache », « Ti Mamoun », et plus récemment « Madan papa » et ses dérivés. Fait bien étrange ! Bien de jeunes femmes (de toutes couches sociales et de différents niveaux académiques) figurent parmi les fans les plus fous de ces hits populaires combien sexistes, machistes et violents. Tout compte fait, il ressort que l’utilisation des réseaux sociaux par des sexistes, machistes et misogynes pour faire passer leurs violents messages tend à développer une culture de banalisation de la violence faite aux femmes. Ce qui rend de plus en plus difficile la lutte contre cette violence qui était déjà compliquée. Car, en plus d’être un lieu de divertissement, les réseaux sociaux sont pour beaucoup un lieu d’éducation, de formation et de socialisation. Prenons l’exemple d’une situation dramatique récente pour illustrer la banalisation de la violence faite aux femmes dans la société haïtienne à l’ère des réseaux sociaux. Il y a quelques mois, quatre jeunes garçons ont battu et violé une adolescente de 16 ans, filmé leur atrocité pour ensuite la divulguer sur les réseaux sociaux. Leur vidéo choquante et répugnante a défrayé la chronique et a provoqué sur la toile de vifs échanges et discussions. Mais, dans cette affaire, la question qu’on ne s’est peut-être jamais posée est la suivante : qu’est ce qui fait qu’au lieu de cacher leur acte, ces violeurs (kadejakè) ont eu le réflexe de le publier ? Bien avant la banalisation de la violence contre les femmes sur les réseaux sociaux, ces jeunes se seraient sentis gênés même pour en parler à d’autres amis/es. Bien plus, ils auraient eu peur de divulguer sur le Net ces images horribles. Mais aujourd’hui, dans ce nouvel atmosphère social, ils ont vu cela comme le fait d’obtenir un grand trophée. Il y a là une sérieuse matière à réflexion. À travers ce drame, une sonnette d’alarme est tirée: la normalisation ou banalisation de la violence faite aux femmes sur les réseaux sociaux est dangereuse et atroce. Considérant la vitesse avec laquelle et la façon dont les messages sont vulgarisés __ à travers des photos et vidéos, des blagues et musiques, le plus souvent à caractère comique __ il devient très difficile même pour les jeunes les plus avisés voire pour ceux qui ne sont pas suffisamment saisis par la question de questionner les présupposés culturels et idéologiques qui se cachent au-dedans d’eux. Aujourd’hui, presque tous les jeunes disposent d’un téléphone intelligent pour se connecter avec facilité sur Facebook, Instagram, What's App, YouTube ou d’autres réseaux. Si nous prenons le cas du « Rap kreyòl », quand Team Lòbèy feat Isolan & Trouble Boy chantent, par exemple, « ou mèt pile madanm mwen, pa pile tenis mwen », ou quand Wendyyy fait son « Livrezon », toute la toile s’enflamme en quelques secondes et se met à vibrer au rythme entraînant et endiablé de leurs hits. L’apprentissage de telles narrations étant de loin beaucoup plus doux, facile et invisible avec ce moyen, même quand ses musiques traitent la femme haytienne comme une chose, tous (tes) les jeunes Haytiens/nes (tant en Hayti qu’à l’extérieur) courent le risque d’assimiler en si peu de temps ce mauvais message. Comme les poststructuralistes l’ont si bien noté, « life takes a narrative form » (ma traduction : la vie prend une forme narrative) (Rehm, 2012, p. 15) (1). Beaucoup de pratiques sociales peuvent donc être construites à partir des discours et narrations véhiculés par des individus influents. Aussi, ces informations, prises au premier degré, ont-elles le pouvoir de façonner au fur et à mesure la perception, la façon de penser, la conception et le comportement des jeunes. En conséquence, ces attitudes discriminatoires et violentes contre les femmes tout en étant vues et considérées comme banales et normales pourraient devenir de plus en plus difficiles à combattre. Face à ces nouvelles formes de violence, il serait capital d’explorer des pistes de solutions dans les douze propositions qui suivent. Mislie Pierre, M.SC. travail social Pierre_mislie@yahoo.fr Tel (438) 879-3126
. Par : Robert Paret Il y a autant de raisons de l'aimer que de le détester. Certains l'ont sublimé, d'autres l'ont maudit. Parce que sorti de la matrice dévergondée de l'Histoire, les jugements de cour lui ont été bien souvent favorables, d’autres fois impitoyables. D'aucuns ont glorifié ses luttes épiques menées pour libérer les opprimés. D'autres lui ont reproché d’avoir jeté le manche après la cognée, d’avoir, ainsi, déçu l’espérance de toute une race. Quant à moi, il me plaît souvent de revenir à cette réflexion d'Alix Mathon : « Haïti fut un accouchement prématuré, avant terme, et au forceps. Ce pays est né dans la violence, à l'arraché. Les fers l'ont marqué. Le nouveau-né eut les membres brisés à l'opération. Et l'adulte traîne encore l'infirmité. » Si l’historien lui accorde des circonstances atténuantes, peine est de reconnaître que nous traînons le poids de nos incohérences, de nos dissensions sociales et que nous aurions dû mieux faire. C'est terrible d'appartenir à un peuple qui souffre et qui endure toutes les peines du monde, surtout lorsqu'il est confronté au regard inquisiteur de l’étranger qui n'arrive pas à comprendre le cheminement de son évolution à travers le temps, faute de ne pouvoir saisir le poids des vicissitudes qui l'ont accablé. C'est encore plus terrible lorsque ce peuple, qui n'a pas encore trouvé son unité, est soumis aux incertitudes et aux aléas d'un avenir de plus en plus difficile et incertain, puisque mal planifié. Ce manque de planification d’un projet qui devrait être unificateur conduit inévitablement à une désarticulation de la société et crée un manque de confiance dans un destin commun favorable à tous. Et tout ce drame se traduit par des cris déchirants de désespoir de sa progéniture, à l'instar de celui lancé il y a quelques années, par Toto Bissainthe, dans une de ses chansons :"Ayiti, mwen pa renmen'w ankò". Même si cet aveu, délirant et déchirant, est atténué par un chant d'espoir émouvant de Dominique Sylvain qui dit, elle :"Ayiti pap peri". Entre la répulsion la plus abjecte et la foi la plus inébranlable en l'avenir, se trouve l'inconfort « résigné », mais non accepté, d'un Pyram qui dit dans Pèlen Tèt, de Franck Etienne : "M'anvi wè mouch". N'est-ce pas un cri d'amour, ponctué de tendresse, malgré l'affliction qui l'endolorit, en dépit de la misère qui le consume, tout comme la grande majorité des Haïtiens ? N'est-ce pas l'expression d'un vécu traumatisant qui traduit, en quelque sorte, tout le malheur de ce peuple astreint à toute sorte de privations, de vicissitudes ? Vivre dans des conditions des plus pénibles, tout en se sentant viscéralement attaché à cette dure réalité, quel drame ! C'est, à n'en point douter, un pays fait des plus surprenants contrastes et des plus étonnants paradoxes. La configuration topographique accidentée qui relie, sur un même territoire exigu, plaines et montagnes, vallées et monts, confère au terroir toute une gamme de climats. Passer de la canicule des basses terres à la fraîcheur des montagnes, en quelques minutes, n'est pas courant ailleurs. C'est un pays où se côtoie et cohabite la misère la plus criante avec l'opulence la plus provocante, où une Mercedes flambant neuf circule à côté d’une brouette ou un âne en pleine rue. C'est aussi un pays où les teintes épidermiques vont du noir d'ébène africain au teint clair européen, passant par la peau bronzée des sang-mêlé, où chaque brebis braie dans son pâturage, où chacun vit sa petite vie « tranquillement » sans se préoccuper de celle des autres. C'est le pays qui a réalisé la plus grande révolution au monde et qui se trouve, paradoxalement, à la traîne de l'Histoire. C'est un pays qui a fourni des ressources humaines des plus compétentes, partout à travers la planète, mais qui n'arrive pas à tirer avantage de leur savoir. C'est un pays dont la force de travail de ses ouvriers est reconnue au-delà de ses frontières, dont le courage étonne par la vaillance qui s’en dégage, mais qui ne peut pas mettre cet atout au service de la nation. Allez voir ce qu'en pensent les entrepreneurs dominicains, ou ceux des autres pays la région, et bien plus loin ! Pour s'en convaincre, faut-il prendre en exemple l'endurance et la résistance des débardeurs en guenilles qui arrivent à décharger une cargaison de plusieurs centaines de sacs de ciment en moins de deux, sur leur corps criant la misère ? Que dire des "brouettiers" qui assurent le transport de marchandises sur de longues distances, en tout chemin, en dépit d'une charge trois ou quatre fois supérieure à leur poids de corps, pour une pitance ? Comment comprendre le comportement stoïque des milliers de sans-abris des camps d'hébergement, après le séisme du 12 janvier 2010 qui ont su résister durant de longues années à des conditions les plus inhumaines ? Résilience ? Un terme que je réprouve quand il est perverti et prend la forme de la résignation qui abêtit, déshumanise jusqu’à conduire l’homme dans les retranchements les plus abjects. C'est ce qui confère à ce pays une personnalité particulière et qui fait de lui un exemple exceptionnel dans le concert des nations, rendant perplexe la plupart des observateurs. Qui fait qu'on a du mal à l'appréhender et à démêler ses écheveaux. Même ses citoyens s'y perdent et n'arrivent pas à trop bien comprendre. Trop de fois, ils s'empêtrent dans des dédales et proposent des traitements inappropriés au mal qui le gangrène, d'où la cause de leur l'échec répété à vouloir proposer des solutions inadaptées. Trop de médecins sur un malade qui n'en peut plus de souffrir. C'est ce merveilleux pays, fait de contrastes et de paradoxes, qui berce nos illusions, tempère nos passions, alimente nos rêves, au point que nous lui vouons un amour sans borne mêlé d’une incompréhensible indifférence. Même l'étranger qui le découvre l'étreint d’affection jusqu’à s’y attacher, au point de ne vouloir le quitter. Toma, père mystérieux de cette terre, peut être fier de son rejeton qui a écrit une belle page dans l’histoire de l’humanité.
Par Alin Louis Hall Notre problématique de la mémoire a des origines diverses et nombreuses. Prise en tenaille par le déni et la déréliction, la société haïtienne se fait même complice de la dilapidation de son patrimoine immatériel. En confiant l’éducation de leurs enfants à certaines institutions où aucune notion avancée d’histoire d’Haïti n’est enseignée, la classe moyenne et le secteur privé ont opté pour une descendance sans ancrage identitaire. Comme conséquence, la jeunesse haïtienne, frappée d’une constipation mentale organique, pense que l’histoire d’Haïti a commencé le 7 février 1986. Cette pathologie expliquerait comment Jean Claude Duvalier et Jean Bertrand Aristide sont devenus des horizons indépassables. Pour mieux appréhender toutes les dimensions de cet épiphénomène, il est opportun d’attirer l’attention sur l’absence totale de repères de cette génération. C’est un sujet de vives préoccupations. L’Entrevue du Camp-Gérard évoquerait plutôt chez ces jeunes une réunion quelconque qui se serait tenue au restaurant « Chez Gérard » à Pétion-Ville. Clairement, la société haïtienne n’avait jamais anticipé l’invasion de ces humanoïdes. Contrairement à leurs aïeux qui s’étaient retournés contre leurs propres pères, ils se seraient rangés du côté de Rochambeau. De leur nom scientifique « homo whatsappiens », ils sont de toutes les coalitions réactionnaires. Un sérieux revers pour « le pays en dehors », la thèse magistrale de Gérard Barthélemy. Sur les réseaux sociaux, cette génération de « bidonvillois » donne toutes les raisons d’avoir peur pour Haïti. Ni citadins ni paysans, ils sont au service du plus offrant. Leur modèle entrepreneurial, le taxi-moto. Adieu production nationale ! Pendant ce temps, l’ombre portée par la mort subite du général Nicolas Geffrard le 31 mai 1806, quatre mois avant l’assassinat de Dessalines, continue de peser lourd sur l’inconscient collectif. La disparition subite non élucidée de l’architecte de l’unique conférence nationale continue d’imposer les germes de la nocivité et des divisions absurdes qui marquent la société haïtienne depuis lors. Comme John Garrigus l’a précisé, « les racines principales de la conscience révolutionnaire d’Haïti se trouvent dans la province du Sud, où le commerce interne aux Caraïbes et une longue histoire de mixité dans les familles – aux origines européennes, africaines, indiennes – ont créé le sentiment profond d’une identité locale, américaine ». (1) On comprend dès lors les astuces et stratagèmes du commissaire Roume, en accord avec le gouverneur Blanchelande, qui fut dans l’obligation d’élever André Rigaud au grade de général de brigade le 23 juillet 1795 pour qu’il abandonne toute idée d’indépendance du département du Sud. Cette délicate mission de convaincre le chef du Sud fut confiée à Pierre Pinchinat. La première conférence nationale Sans détour ni bifurcation, en ce 214e anniversaire de l’Entrevue du Camp-Gérard, il s’agit non seulement de lever le voile sur la culmination de cette marche obligée mais également de reconnaître le site du Camp-Gérard et ses environs comme le sanctuaire de la contestation. D’abord, contre le régime esclavagiste avec la rébellion des Africains asservis de la Plaine des Cayes et de Port-Salut qui, dès le 24 janvier 1791, soit huit mois avant la cérémonie dite du « Bois Caiman », incendièrent les cent plantations sucrières de la plaine. Puis, contre le mauvais contrat social louverturien reconduit par Dessalines, Christophe, Pétion et Boyer. À propos de la chute du régime de vingt-cinq ans de Jean-Pierre Boyer, soulignons que la véritable opposition débuta avec le Manifeste de Praslin le 1er septembre 1842. Ce fameux document qui devint l’évangile politique de la révolution de 1843 porte le nom de la plantation, dans la même région du Camp-Gérard et des Platons, où il fut rédigé. Il est important d’ajouter que cette région est restée, pendant huit décennies au cours du XIXe siècle, un foyer actif de l’agitation permanente et de la rébellion paysanne pour un meilleur contrat social. Une tradition d’autodétermination marquée par deux scissions en 1810 et en 1868. Déjà, l’instauration du royaume du « Gran Doko » sur les sommets des Platons vers la fin de 1791 signifiait très clairement un retour au modèle politique africain. Une confirmation de la thèse de Garrigus évoquée plus haut en tant qu’expérience unique selon la tradition kikongo. Il s’agit ici de respecter le principe de l’historicité. La volonté d’être orignal peut conduire à des interprétations fallacieuses et entretenir toutes les confusions dans l’imaginaire collectif. À propos du bicolore national, on peut établir facilement que le Congrès de l’Arcahaie du 18 mai 1803 n’avait absolument rien à voir avec sa création. À la vérité, deux des trois couleurs du drapeau de l’ancienne métropole ont été reconduites. Selon la tradition qui nous est parvenue, Dessalines y arracha le blanc, mais la « société coloniale sans sanction » qui émergea continua à faire le Blanc. Autour de la controverse sur notre emblème national, il y une confrontation entre deux écoles de pensée. L’une veut que Dessalines ôta la bande blanche verticale de l’emblème colonial pour donner naissance au premier étendard haïtien symbolisant l’union des Mulâtres et des Noirs dans la lutte pour leur liberté. L’autre soutient que le haut commandement français ait appris la création d’un drapeau des insurgés par l’Amiral Latouche Tréville en lisant un rapport sur la capture d’une barge indigène portant un drapeau noir et rouge survenue le 19 mai 1803 entre Port-au-Prince et l’Arcahaie. L’amiral français en fit immédiatement rapport à ses supérieurs, soulignant que le drapeau indigène portait les mots : « Liberté ou la Mort ». Mais en plus du drapeau noir et rouge qui se trouvait dans la barge, Claude et Bonaparte Auguste (2) ont démontré que le Congrès de l’Arcahaie du 18 mai 1803 n’avait rien à voir avec la création d’un drapeau quelconque. Alors qu’on ne saurait contester que les « Bossales », majoritaires à l’époque à 90%, n’ont pas signé l’Acte fondateur, les chercheurs et historiens s’accordent à reconnaitre qu’ils n’ont pas eu le privilège de gravir non plus le podium le 1er Janvier 1804 aux Gonaïves. En clair, un mauvais début pour présenter la décolonisation sur les fonts baptismaux. Rideau ! Par contre, l’Entrevue du Camp-Gérard ne laisse place à aucune tergiversation par son caractère inclusif. À ce sujet, Madiou confirme la présence de Giles Bénech, un des leaders de la rébellion des Platons. Dans la majesté de l’enceinte du Camp-Gérard, la légion de cavalerie fut confiée au colonel Guillaume Lafleur, Noir ; la 18e demi-brigade, au colonel Jean-Jacques Bazile (3), Noir; la 19e, au colonel Giles Bénech, Noir. Un contraste frappant par rapport aux Noirs dont le nombre ne dépasse pas le tiers des 37 signataires de l’Acte de l’indépendance. En plus de sa tonalité inclusive, l’Entrevue du Camp-Gérard a posé les jalons du processus unitaire. En ce sens, elle réconcilia le Nord et le Sud et acheva le cicatrisation après la guerre entre Toussaint et Rigaud. Elle favorisa le parachèvement de l’organisation de l’armée des indépendantistes qui ne combattaient pas sous le même commandement. En insufflant la dynamique unitaire à cette phase critique de notre guerre de libération, l’Entrevue du Camp-Gérard fut le principal catalyseur de la culmination qui aboutit au 18 novembre 1803 et déboucha sur le 1er Janvier 1804. Pourtant, ils ne sont pas légion les historiens professionnels à reconnaître l’empreinte de Geffrard et la contribution du Sud dans la création du nouvel État. À propos du processus unitaire après la déportation de Toussaint Louverture le 7 juin 1802, Michel Hector, sans ambiguïté, écrit ceci : «Il se consolide au Congrès de l'Arcahaie en mai 1803 et culmine avec la rencontre Dessalines - Geffrard au Camp-Gérard le 5 juillet où tous les combattants du Sud reconnaissent l'autorité du général en chef de l'armée libératrice.» (4) En clair, l’Entrevue du Camp-Gérard marqua le tournant le plus décisif du point de vue militaire et stratégique. Il est important de signaler que la Péninsule du Sud n’avait attendu aucune consigne ni mot d’ordre pour se libérer toute seule du joug de l’oppression. Bien avant cette rencontre décisive, il ne restait à conquérir que les Cayes et Jérémie. La surdétermination, l’abnégation et le sens du sacrifice face à l’angoisse du rétablissement de l’esclavage avaient déjà placé les intérêts supérieurs au-dessus des motivations individuelles et mésintelligences. Conclusion Une fois de plus et de trop, l’ « Entrevue du Camp-Gérard » des 5 et 6 juillet 1803 a été commémorée à la cloche de bois. Parce que l’histoire a souvent brouillé les cartes, les péninsulaires se doivent de se réapproprier leur patrimoine immatériel. L’histoire doit retenir que cette entrevue, par le jeu des circonstances historico-politiques, entre le général en chef et les leaders militaires du Sud, couronna la culmination du processus unitaire. De cette rencontre est sortie, après un large consensus, l’unification des forces indépendantistes. Dès lors, l'unité de commandement attribuée au général Dessalines lui permit d'avoir la marge de manœuvre suffisante pour asseoir son autorité, faire passer ses vues stratégiques et militaires. Le processus unitaire bouclé, le général en chef repartit pour l’Ouest, convaincu qu’il ne s’agissait plus d’une simple rébellion que la France pouvait mater mais plutôt d’une révolution que rien ne pouvait arrêter. Nous voulons rendre ici un vibrant hommage aux leaders militaires de la péninsule du Sud et à leur participation à toutes les phases de la guerre de l’indépendance. Nous ne pourrons avancer, si nous ne nous inspirons pas de la dynamique unitaire que ces héros enterrés avec des costumes de préjugés, sans fleurs ni couronnes, ont insufflée à notre guerre de libération nationale. Malheureusement, les réflexes acquis et les mauvaises habitudes ont la vie dure. À travers les lunettes de préjugés des révisionnistes, la première conférence nationale du Camp-Gérard (5 et 6 juillet 1803) continue d’être sous le joug permanent de leur « fatwa ». Pourtant, l’ « Entrevue du Camp-Gérard » reste la meilleure référence à notre légende « l’Union fait la force ». Dans l’intervalle, les caravanes passeront mais la péninsule du Sud continuera à affirmer son droit imprescriptible à l’avenir.
Première Partie L’arrestation et le transfert du sénateur élu Guy Philippe aux États-Unis le 5 janvier 2017 pour y être poursuivi pour crime de blanchiment d’argent et trafic illicite de drogue est à l’origine du débat d’opinion le plus passionné et nourri au sein de la société haïtienne depuis le fameux coup d’État de 1991 contre le président Aristide. I.- La structuration des débats autour de l’arrestation-extradition de Guy Philippe La nature polarisante des avis d’experts ou des opinions citoyennes autour de la question de l’arrestation, suivie de l’extradition de Guy Philippe aux États-Unis a suscité l’émergence de deux courants de pensée opposés : les « souverainistes » et les « collaborationnistes ». 1)	Le camp dit « souverainiste » estime que « l’arrestation-extradition »de Guy Philippe est non seulement un acte illicite et attentatoire au droit international et à la souveraineté juridico-législative de la République d’Haïti, mais constitue aussi une preuve manifeste de (ce que l’on peut appeler) l’impérialisme juridique des Etats-Unis dans le monde. Les juristes, les hommes politiques, les universitaires ou les simples observateurs qui partagent cet avis se réfèrent à deux catégories de sources législatives pour justifier leurs arguments. Il s’agit des sources législatives internes et des sources législatives internationales : -	Pour ce qui est de la législation interne, le camp des souverainistes évoque principalement deux catégories de dispositions législatives haïtiennes : •	La loi haïtienne du 27 août 1912 sur l’extradition, dont l’article 4 dispose qu’«Haïti ne livrera pas les Haïtiens à un pays étranger sous prétexte d’extradition » ; •	La Constitution haïtienne de 1987 qui stipule qu’« aucun individu de nationalité haïtienne ne peut être déporté ou forcé de laisser le territoire national pour quelque motif que ce soit »(article 41) ou qu’« aucun citoyen civil ou militaire ne peut être distrait des juges que la Constitution et les lois lui assignent » (article 42). -	Pour ce qui est de la législation internationale, les souverainistes se basent notamment sur cinq catégories de sources conventionnelles et bilatérales, notamment : •	La Charte des Nations unies dont les articles 2.1, 2.4 et 2.7 traitent des principes de l’égalité souveraine entre les États membres et de la non-ingérence dans les affaires internes d’un autre État ; •	La Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, dont l’article 46.1 consacre la primauté des règles constitutionnelles d’un pays sur tout arrangement, accord ou traité qui leur serait contraire ; •	La Convention interaméricaine de 1981 sur l’extradition et la doctrine juridique en matière d’extradition qui recommandent le rejet de la demande d’extradition lorsque l’infraction est commise en dehors du territoire de l’État étranger demandeur ou lorsque l’État requis à la faculté de juger l’individu au regard de sa propre législation ; •	Le Traité du 9 août 1904 entre Haïti et les États-Unis d’Amérique, lequel ne prévoyait à l’époque ni la possibilité d’extradition pour les crimes de trafic de drogue ou de blanchiment d’argent (article 2), ni la possibilité d’extradition pour les nationaux des deux pays concernés (article 4) ; •	L’Accord de 1997 entre Haïti et les États-Unis visant à mettre fin au trafic de drogue en mer, dont l’article 2 limite le champ d’application exclusivement à l’espace maritime et à l’espace aérien qui le surplombe. 2)	Le camp dit « collaborationniste » considère l’arrestation-extradition de Guy Philippe comme une décision politique et morale légitime, inspirée tant par la volonté de lutter contre l’impunité en Haïti que par la nécessité de promouvoir l’entraide et la coopération judiciaire avec les États-Unis, en matière de lutte contre les crimes transfrontaliers. Les membres de la classe politique ou de la société civile qui sont favorables à cette coopération du gouvernement haïtien construisent leur argumentaire sur la base de deux théories principales : la « théorie de la subsidiarité » et la « théorie de l’extraterritorialité ». -	La théorie de la subsidiarité : Ce principe encourage l’intervention d’une juridiction étrangère en substitution à la juridiction nationale d’un pays lorsque cette dernière est dans l’impossibilité d’assumer ses fonctions ou est incapable de poursuivre ou de juger l’auteur d’un crime ou d’une infraction internationale. Pour les adeptes de cette thèse, la complaisance manifeste de la justice haïtienne envers Guy Philippe dans plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il serait impliqué depuis 2004 est un fait qui légitime justement cet impérialisme judiciaire américain en Haïti. Suivant donc le vieil adage « la nature a horreur du vide », le vide judiciaire en Haïti provoqué par l’incapacité naturelle ou entretenue de certains juges à bien administrer la justice encourage le développement d’une sorte de « coopération judiciaire de substitution » en matière de lutte contre les crimes transfrontaliers. -	La théorie de l’extraterritorialité : Ce principe permet à des actes judiciaires adoptés par une juridiction étrangère de chercher à s’appliquer ou à s’exécuter dans la juridiction nationale d’un autre pays, lorsqu’il y a un élément juridique ou une circonstance de rattachement qui lie le rapport de droit considéré à la loi de l’État étranger. Pour les tenants de cette doctrine, la lutte contre la criminalité transfrontalière impose aux États d’appliquer le principe de « l’ubiquité » qui permet d’élargir la compétence territoriale d’un État national vers le territoire d’un État étranger, afin de mieux localiser objectivement une infraction, indifféremment du lieu étranger où se situe son auteur, du moment que cette infraction a des conséquences directes ou indirectes sur le territoire de l’État national concerné. II.- Les différentes formes de manifestation de l’extraterritorialité du droit Si, dans le temps, le système législatif et juridictionnel des États n’avait qu’une simple « compétence territoriale », c’est-à-dire limité au seul territoire national de l’État, le développement des échanges internationaux et la nécessité de lutter contre les crimes transfrontaliers ou internationaux vont encourager un élargissement de la compétence législativo-juridictionnelle de certains États à l’étranger. Ce processus d’extraterritorialité du système juridique national donne lieu jusqu’à aujourd’hui à environ six catégories de compétence extraterritoriale : 1)	La compétence personnelle, évoquée lorsque l’auteur (compétence personnelle dite active) ou la victime (compétence personnelle dite passive) d’une infraction de droit commun a la nationalité de l’État étranger. Sur la base donc du lien de rattachement avec l’État, celui-ci peut exprimer sa compétence pour traiter l’affaire. La poursuite de certains citoyens haïtiens par la justice américaine pour acte de kidnapping contre des ressortissants américains en Haïti et le jugement de Amaral Duclona en France en 2014 pour acte d’assassinat à l’encontre d’un consul français en Haïti s’inscrivent justement dans le cadre de la manifestation de la compétence personnelle du système judiciaire des États-Unis et de la France. 2)	La compétence objective ou d’ordre public, évoquée lorsqu’un fait illicite se déroulant à l’étranger affecte directement l’ordre public de l’État étranger. En fonction des conséquences directes de ce fait sur la population ou la vie publique de ce pays, le système judiciaire étranger peut vouloir chercher à réprimer ce fait sur le territoire de l’État concerné. Cette compétence objective s’exerce surtout dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, de la répression du terrorisme international ou de la poursuite des auteurs ayant émis ou trafiqué de la fausse monnaie de l’État étranger. Les cas de l’arrestation et extradition aux États-Unis du Colombien Henry Jesús López Londoño, surnommé "Mi Sangre" en 2013, du sénateur haïtien élu Guy Philippe en 2017 ou du Mexicain Joaquin Guzman Loera, alias « El Chapo » en 2017, pour trafic illicite de drogue, répondent tous au principe de la compétence objective. 3)	La compétence réelle, dite encore « de service public », évoquée lorsque les activités d’une entreprise étrangère ou nationale, installée à l’étranger portent atteinte à l’ordre économique de l’État. Dans ce cas, le pays qui s’estime lésé par les comportements commerciaux, fiscaux ou financiers de cette entreprise peut intervenir pour régulariser ou sanctionner ces comportements étrangers préjudiciables. Comme exemples d’application de ce type de compétence, citons le cas du constructeur d’automobile allemand Volkswagen, installé en Europe, qui risque de payer 22 milliards de dollars d’amende à la justice américaine pour violation des règles environnementales ; le cas des géants bancaires allemand et britannique, la Commerzbank et la HSBC, qui ont été lourdement pénalisés par la justice américaine en 2016, pour leur défaillance dans l’application de la législation antiblanchiment des États-Unis ; le cas de la Deutsche Bank qui a dû négocier avec la justice américaine une pénalité qui pourrait atteindre 14 milliards de dollars, pour son rôle dans la crise des subprimes, ayant provoqué la crise bancaire et financière mondiale de l’automne 2008… 4)	La compétence universelle, en l’absence des liens de rattachement classiques correspondant aux autres types de compétence. Un État peut vouloir défendre des principes pénaux universels. C’est le cas pour la lutte contre les crimes de guerre, les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité, le crime de terrorisme. À ce titre, l'inculpation du général chilien Augusto Pinochet en 2005 par le juge Espagnol Baltasar Garzón pour crime de torture ayant lieu au Chili ; la condamnation en avril 2001 de quatre rwandais par la Cour d'assises de Bruxelles pour leur participation dans le génocide au Rwanda de 1994 et l’adoption en 1992 aux États-Unis du « torture victim protection act » (TVPA) qui permet à la fois aux citoyens américains et aux non-nationaux de porter plainte pour torture et exécutions sommaires, survenues en dehors du territoire américain, sont autant d’exemples qui attestent l’effectivité de la compétence universelle. 5)	La compétence exceptionnelle : Pour éviter les situations de déni de justice provoquées par les lacunes de compétence, les législations nationales d’un État tiers peuvent reconnaître la compétence d’un juge national, malgré l’absence des critères de rattachement traditionnels. C’est le cas par exemple de la loi française qui donne aux juges français, sur la base de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, la compétence de connaître certains rapports de droit privé extérieurs au territoire français, lorsque les autres États membres de l’Union européenne déclinent leur compétence. Ce type de compétence a été utilisé pour permettre par exemple la désignation d’un arbitre par le juge français dans une procédure arbitrale opposant une société iranienne à l’État d’Israël, ou encore pour écarter l’immunité d’une organisation internationale dans un litige relatif à un contrat de travail. 6)	La compétence de sécurité collective : Sur la base d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en matière de maintien de paix et de sécurité internationale ou en matière de protection de l’environnement, certaines juridictions nationales peuvent être appelées à connaître des situations qui n’ont aucun lien de rattachement avec leur territoire. Ce type de compétence s’exerce en général dans trois domaines spécifiques : en matière de reconnaissance de la responsabilité du personnel des Casques bleus de l’ONU ; en matière d’application des mesures de sanction ou de police internationale décidée par le Conseil de sécurité contre des gouvernements ou entités non étatiques, menaçant la paix et la sécurité internationale ; en matière de lutte contre le commerce illicite d’espèces protégées. À ce titre, le jugement du soldat uruguayen de la Minustah, accusé de viol en 2012 sur le mineur haïtien, Johny Jean, par les tribunaux de son propre pays, répond justement à ce schéma. Il en est de même des mesures d’arraisonnement prises en mars 2014 par la marine américaine contre le navire « Morning Glory », battant pavillon nord-coréen en application d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant l’exportation illicite du pétrole brut de la Libye (...) À suivre !
Programmé cette année pour les 5 et 6 août à la plage publique sur la Côte-des-Arcadins, le festival Bikini Haïti est l’un des évènements les plus attendus de la saison estivale depuis quelques temps. Auparavant organisé sur une journée, le festival Bikini a toujours su draîner un grand public sur le sable blanc de la plage publique. Selon Sandy Antoine, coordonnatrice évènementielle de Gabo Productions, en 2016, plus de 25000 personnes avaient répondu présent à la 6e édition et, cette année, ils espèrent encore plus de jeunes, vacanciers et touristes à cette 7e édition qu’ils promettent inoubliable avec deux journées de plaisir et de divertissement. Au menu, une pléiade d’artistes de tendances diverses et de disc-jockeys offrira au public des prestations, une foire artisanale coordonnée par Stéphanie Buissereth et une campagne sur la planification familiale qui sera menée par l’organisation Djanm. « Il y aura des créateurs de bijoux, des œuvres artistiques et des spécialités de notre cuisine à la foire », a indiqué Stéphanie Buissereth. Pour sa part, l’organisation Djanm a tenu à signaler sa présence au festival. « Nous serons là durant les deux jours de festivités pour une campagne de sensibilisation à la planification familiale. » Aussi, diverses méthodes de planification seront disponibles sur place et seront également offertes gratuitement aux intéressés. « De nombreuses surprises attendent les participants au festival Bikini Ayiti Mizik Fest 2017. Il y aura un line-up avec beaucoup plus d’artistes, plus d’ambiance et de couleurs ainsi qu’une nouvelle équipe de sécurité », a promis Mc Orell Douyon, responsable de marketing de Gabo Productions.
L’été 2017 vient couronner un exercice plutôt foisonnant pour le compas. Parmi les ténors en activité, seuls les groupes Djakout #1 et Kreyòl La vont aborder ces vacances sans ajouter du neuf à leur playlist. Les affiches, les unes plus attirantes que les autres, laissent déjà miroiter des festivités assez grandioses dans plusieurs régions du pays. Les fans du genre musical créé par Nemours Jean-Baptiste qui fête ses 62 ans d’existence ce mercredi 26 juillet seront servis ! Tout commence avec Harmonik à l’hôtel Karibe le 29 juillet prochain. Tel un signe, les protégés de Rodney Noël sont, avec T-Vice et Kaï, trois des groupes les plus attendus pour cette période. Largement enhardi par le succès de l’album « Degaje », Harmonik présente un agenda rempli qui l’emmènera dans plusieurs villes de province avec, à la clé, des tandems retentissant sur Port- au-Prince. Klass, Nu Look et Disip composent, entre autres, la deuxième vague, non moins sollicitée mais juste désavantagée par l’effet de récence en faveur de leurs frères du premier ordre. Nu Look et Klass fidélisent par la qualité de leur musique et leur régularité mais surtout monopolisent l’attention grâce à cette polémique à peine voilée qu’ils entretiennent. Viennent ensuite ces bandes en quête de reconnaissance ou encore celles qui, comme Gabèl, cherchent à renouer avec le succès. Devant la canicule peu clémente, certains promoteurs essaient d’accorder leurs propositions à l’irrésistible tentation que représente la mer. À Summer Fest, Festival Bikini ou encore Bikini Fest à La Gonâve, la musique et la plage feront bon ménage. Dans la même veine, T-Vice sera à l’Hotel Decameron pendant trois jours, les 4, 5 et 6, août pour son vingt-cinquième anniversaire. La célébration de la Notre-Dame de l’Assomption dans les communes de Petit-Goâve, des Cayes et du Cap-Haïtien du 13 au 15 août 2017 donnera naissance à un véritable chassé-croisé entre les groupes les plus prisés de l’industrie musicale. Alors qu'à Pétion-Ville, les promoteurs vont rivaliser d’ingéniosité pour le record d’affluence. La soirée du 22 août divisera les mélomanes en deux grands groupes. D’un côté, ceux qui iront couper le gâteau d’anniversaire de Gazzman Pierre dans un clash Disip/Klass de l’autre, ceux qui seront attirés par le redoutable tandem Nu Look/Sweet Micky, qui marquera la célébration de l’anniversaire du très culte Arly Larivière. Ce n’est pourtant pas du tout cuit! Le tableau, ainsi esquissé, mettrait au vert tous les clignotants pour les festivités qui s’en viennent. Ce serait alors sans compter sur la météo qui peut tout déjouer à n’importe quel moment ou encore la conjoncture socioéconomique qui laisse sceptiques certains observateurs. Intervenant à Mizik Magik, émission musicale sur Magik 9, Chrisnette Saint-Georges, porte-parole du Centre national de météorologie, a affirmé qu’il n’y avait pour l’instant aucune prévision alarmante, mais sa nuance coutumière recommande la prudence et ne prescrit aucune euphorie. La saison cyclonique qui a débuté en juin dernier n’est jamais certaine. La vulnérabilité d’Haïti face aux moindres millimètres de pluie et la rareté d’espaces couverts pour organiser les événements culturels sont des facteurs défavorables. L’économiste Etzer Émile évite de se mouiller devant l’indisponibilité de données chiffrées sur le fonctionnement du secteur. Ainsi se garde-t-il de tout pronostic, se contentant de regretter l’opacité qui caractérise le fonctionnement de l’industrie musicale en Haïti. Il souhaite toutefois que les organisateurs de spectacle fassent montre de réalisme en fixant le coût des soirées qui s’annoncent pour l’été. L’économiste soutient que formaliser le secteur aurait aidé à coordonner et à orienter l’action politique en vue de doper le rendement de la sphère culturelle. Côté sécurité, le porte-parole adjoint de la PNH Gary Desrosier, qui intervenait lui aussi à Mizik Magik, se veut rassurant et annonce que la police entend cette année encore se mettre en quatre en vue de garantir la sécurité des fêtards pendant les vacances. Conscient que ces activités vont s’étendre sur l’ensemble du territoire, le numéro deux des porte-parole de la PNH assure que les directions départementales sont déjà informées sur les dispositions à adopter et seront renforcées ou assistées en cas de besoin.
Les internautes soucieux de rester à jour sur l’actualité du compas ont visiblement trouvé un nouveau fournisseur, vu la montée en puissance du web-show baptisé « Toto show », mené avec un certain brio par Roberto Martino. Le nombre de personnes qui visionnent en moyenne le « frais émoulu » à chaque fois se compte par milliers, sans oublier les commentaires en temps réel qui jaillissent comme s’il en pleuvait. Le principal lead du groupe T-Vice affirme n’avoir formulé ni à Noël ni le premier janvier 2017 le vœu d’avoir un talk-show à succès sur le web. « C’est venu, dit-il, il y a trois mois dans l’unique but de m’amuser et de rester en contact avec mes fans à qui je dois beaucoup ». En effet, à partir de là, chaque semaine l’artiste se livre à cette passion soudaine de communiquer en direct avec ses fans. L’émission, si on peut l’appeler ainsi, s’est au fur et à mesure structurée passant d’un simple rendez-vous avec le public au sujet des activités de son groupe à une sorte de magazine hebdomadaire où les points qui font les manchettes dans le HMI sont débattus avec ou sans invité, ou avec le public directement. L'horaire n'est pas fixé mais c'est en général le soir que se tient ce rendez-vous. Le show, qui a en général pour cadre son chez-soi en Floride, déménage parfois dans des studios, dans la rue ou ailleurs pour les besoins du sujet du jour. Des invités de marque dont Flav, Mikaben, Mickael Guirand y sont passés. Toto show est aussi une occasion pour Roberto Martino de mettre en exergue sa passion pour le sport. Mariage de footballeurs, mercato, but extraordinaire, buzz des étoiles du Real Madrid… toute l’actualité de l’univers du ballon rond est débattue avec la même verve témoignée pour la musique. Par-dessus tout, c’est une façon pour lui de continuer à faire la promotion de son groupe. Même si ce dernier passe le cap des deux décennies, il convient de persister, de son aveu, avec la promotion, à l’instar de Coca-Cola. Quiconque se demandera comment un artiste aussi achalandé peut trouver du temps pour préparer un show qui peut parfois se faire 2 fois par semaines. « La passion et le désir de satisfaire tous mes suiveurs », rétorque-t-il. Il lui faut une semaine pour glaner les « highlights » avant de décider du contenu. La tournée de son groupe au Canada l'a donc empêché récemment de répondre au rendez-vous. Il reviendra à la charge ce mercredi entre 8 et 10h. L’actrice Blondedy Ferdinand sera l’invitée de cet épisode. Des détails sur la tournée de T-Vice au Canada seront communiqués au public. Sans le public, Roberto dit que sa nouvelle aventure menée sur facebook ne serait pas possible. « Leur fidélité, leurs commentaires en général élogieux me donnent la force de continuer », confie-t-il d'un ton reconnaissant. Une reconnaissance qui lui exige, selon lui, d’améliorer son émission pour qu’elle soit plus professionnelle. Il ne veut pas tirer de plan sur la comète. Il se contente pour l’heure de savourer ce bonheur que lui procure ce contact, par un autre biais que la musique, avec le public. « Toto show sera ce que le destin décidera », conclut-il.
Le festival Haïti en folie revient à Montréal. Pour sa 11e mouture, le plus important festival pluridisciplinaire, en dehors d’Haïti, totalement dédié à la moitié-île caribéenne, promet d’être plus ambitieux. La Fondation Fabienne Colas, créatrice de cet événement d’envergure, haut en couleur et de saveurs créoles, diversifie davantage l’offre. Les lieux de spectacle aussi. Du Quartier des spectacles au Parc Lafontaine en passant par les rues habituées au traditionnel défilé de rara – la musique qui puise son essence dans le folklore haïtien –, la richesse culture d’Haïti sera offerte aux Québécois , aux touristes et à ceux originaires de la presqu’île caribéenne. Le festival est destiné à faire connaître Haïti dans toute sa diversité, sa splendeur, sa culture, a indiqué Fabienne Colas, fondatrice et présidente de la fondation portant son nom. Pour y parvenir, des activités très ludiques (musique, théâtre, gastronomie, livres, artisanat, danse) sont prévues au cours des cinq jours de festivités. L’écrivain et académicien Dany Laferrière demeure fidèle au festival, a confirmé Mémoire d’encrier. La maison d’édition dirigée par Rodney Saint-Éloi aura un stand pour promouvoir davantage la littérature haïtienne pendant l’événement. Favorisant le métissage et la diversité, depuis sa création en 2007, Haïti en folie a convié des têtes d’affiche dont le populaire chansonnier haïtien Bélo et la diva du zouk Tanya St-Val, respectivement d’Haïti et la Guadeloupe, pour chauffer la scène occasionnelle du Parc Lafontaine. Fwonte, un talentueux chanteur montréalais, est aussi dans la programmation. L’organisation offre, entre autres, la possibilité aux jeunes talents et aux membres des autres communautés de la métropole de monter sur scène pour faire valoir leurs aptitudes dans diverses formes d’expression artistique. Les danseuses Coralie Millet et Valérie Nicolas, deux jeunes DJ de la gente féminine, prendront aussi quartier au coin Berri et Sainte-Catherine pour lancer les premiers frissons de l’événement. Pour intensifier l’ambiance, Rara Solèy et Rara Jazz prendront d’assaut certaines rues de Montréal pour un vrai corps-à- corps, dans un éventail de rythmes musicaux à la fois expressifs et exubérants. Ce genre musical puisant ses racines dans les milieux ruraux haïtiens et caractérisé par la prédominance de percussions du vodou invite au déhanchement. Côté théâtre, la comédienne Cynthia Jean-Louis est invitée à faire son show. « Cynthia fait son show », comme le nom du spectacle l’indique, est justement un « one woman-show » à travers lequel l’actrice principale de Pawòl chouchoun (version haïtienne de Les monologues du vagin) est invitée à tenir le public en haleine dans une comédie totalement décapante.