Source: https://fr.scribd.com/document/426386626/Ordre-de-Bataille-Contre-Les-Alains
Timestamp: 2020-08-05 08:19:17+00:00
Document Index: 212751361

Matched Legal Cases: ['§ 1', '§ 12', '§ 25', '§ 9', '§ 4', '§ 10', '§ 19', '§ 34', '§ 8', '§ 1', '§8', 'art185', '§ 16', '§ 26', '§ 5', '§ 16', '§ 26']

Ordre de Bataille Contre Les Alains | Cavalerie | Légion romaine
Sophie Lalanne. Ordre de bataille contre les Alains. A. Hostein et S. Lalanne éd., Le monde d’Arrien de Nicomédie, Actes de la journée d’étude organisée le 7 décembre 2012, Ktèma 39, 2014, p. 74-85., 2014. ffhal-01981694ff
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Ἔκταξις κατὰ τῶν Ἀλανῶν Ordre de bataille contre les Alains131
Arrien compose ce texte sous le règne d’Hadrien, alors qu’il est gouverneur de la province de Cappadoce (c. 131-137 ap. J.-C.). Il y décrit, sous la forme d’une suite de commandements, l’ordre de marche de son armée (§ 1-11), puis la formation de bataille de celle-ci (§ 12-24)132, enfin la
tactique à adopter face à l’ennemi qu’il désigne comme « scythe » (§ 25-31). Son armée est composée
deux légions basées dans la province de Cappadoce, la légion XV Apollinaris de Satala dans
intégralité et des vexillations133 de la légion XII Fulminata de Mélitène, de quatre ailes et de
cohortes auxiliaires, ainsi que de contingents d’alliés locaux originaires d’Arménie Mineure
et de Colchide134. En 134/135 après J.-C., en effet, les Alains, nomades originaires du Caucase et apparentés aux Sarmates135, jusque là alliés de Rome, avaient empiété sur le territoire de la province romaine en rentrant d’une expédition de soutien au roi d’Ibérie, Pharasmane II136. On ne sait si ce fragment de texte, qui se présente comme une suite de commandements, est la version littéraire d’un rapport officiel envoyé à l’empereur ou un vestige de l’œuvre perdue d’Arrien intitulée Alanika, si les ennemis qu’Arrien s’apprêtait à combattre étaient bien les Alains, ni même si la bataille eut réellement lieu. Mais on peut supposer que l’ordre de bataille décrit fut bien mis en œuvre par Arrien contre les Alains, et sut, à tout le moins, impressionner l’ennemi, puisque Dion Cassius nous apprend que la guerre contre les Alains s’arrêta rapidement du fait de la peur que leur inspira la démonstration de force orchestrée par le gouverneur Flavius Arrianus137. Tout en se situant dans la tradition des traités de tactique de l’époque hellénistique (Asclépiodote, Elien, qui écrit cependant à l’époque impériale)138, ce texte revêt un caractère exceptionnel qui tient à la fois à la
rareté des informations qu’il livre concernant l’évolution de l’armée romaine au iie siècle après J.-C. et à l’originalité de la stratégie entièrement défensive mise en oeuvre par Arrien139 : le rôle dévolu
aux troupes auxiliaires, et principalement aux nombreux cavaliers et archers, consiste à dresser un
rempart autour des deux légions, elles-mêmes disposées en formation serrée. Tout est pensé pour résister à une charge de cavaliers cuirassés et pour l’emporter par la force de la dissuasion. Ce fragment de texte, comportant quelques lacunes et interrompu sur sa fin, nous est connu grâce à un manuscrit florentin du xe siècle, le Codex Laurentianus Graecus LV, 4, rapportant plusieurs traités militaires grecs d’époque impériale. Le texte grec, qui est ici suivi de sa première
(131) Il est d’usage de traduire ce titre par Ordre de marche contre les Alains. Le terme Ἔκταξις désigne bien cependant le fait de ranger son armée en ordre de bataille. (132) Des schémas explicatifs de ces deux formations ont été établis par Le Bohec 1989 (pl. XXVI, 18b et pl. XXX, 28b) et Perevalov 2010 (p. 278 et 292). Je n’ai pas pu personnellement avoir accès à l’ouvrage de S. Perevalov, qui est publié en russe et n’est disponible dans aucune bibliothèque européenne. Je remercie vivement le professeur C. Faraone de l’avoir consulté pour moi et de m’avoir communiqué les pages portant ces figures. (133) Une vexillation (vexillatio) est un contingent de soldats temporairement détachés de leur unité d’origine. (134) Speidel 2009, p. 602 et p. 620-623, sur l’histoire de l’armée de Cappadoce. (135) Sur les Alains, Kouznetsov et Lebedynsky 1997 ; Monbrun 2014. (136) Sur le contexte historique, Bosworth 1977, p. 218-232 ; Bosworth 1993, p. 230-231 ; Alemany 2000. Sur la carrière militaire d’Arrien et son poste de gouverneur de Cappadoce, cf. Bosworth 1993, p. 229-232 ; Devine 1993, p. 331-333. (137) Dion Cassius, LXIX, 15. (138) Cf. Devine 1993, p. 313-330, sur la prédominance du modèle hellénistique dans la Tactique d’Arrien. (139) Le dispositif tactique décrit par Arrien, consistant à éviter une attaque directe de la cavalerie ennemie, a été commenté notamment par Wheeler 1979, 2004a et 2004b ; Le Bohec 1989, p. 149-154 ; Saxtorph et Tortzen 2002 ; Perevalov 2010, p. 278-300. Cf. aussi la dernière partie de l’article qui précède cette traduction, « Arrien philosophe stoïcien ».
traduction en français depuis celle de Charles Guischardt en 1758140, est le texte édité par A. G. Roos, Flavius Arrianus. 2. Scripta minora et fragmenta, dans l’édition revue et augmentée par G. Wirth en 1968 (Munich, Leipzig, Teubner, 2002, p. 177-185), et légèrement modifié depuis par la tradition historiographique, selon les indications données en notes141. Sur le plan littéraire, on reconnaîtra dans ce texte le goût marqué d’Arrien pour la pratique de l’atticisme142. Le vocabulaire qu’il utilise est un mélange savant de termes empruntés aux récits de combats rapportés par les historiens grecs (Xénophon surtout, mais aussi Thucydide)143 et de traductions du vocabulaire technique en usage dans l’armée romaine (dont Polybe a été l’un des précurseurs au livre VI de son Histoire)144.
1. Ἡγεῖσθαι μὲν τῆς πάσης στρατιᾶς τοὺς κατασκόπους ἱππέας ἐπὶ δυοῖν τεταγμένους σὺν τῷ οἰκείῳ ἡγεμόνι. Ἐπὶ τούτοις δὲ τοὺς ἱπποτοξότας τοὺς Πετραίους, καὶ τούτους ἐπὶ δυοῖν· ἀγόντων δὲ αὐτοὺς οἱ δεκαδάρχαι. Ἐπὶ δὲ τούτοις ἐπιτετάχθων οἱ ἀπὸ τῆς εἴλης ᾗτινι Αὐριανοὶ ὄνομα. Συντετάχθων δὲ αὐτοῖς οἱ τῆς σπείρης τῆς τετάρτης τῶν Ῥαιτῶν, ἧς ἄρχων <Δάφνις>145 Κορίνθιος. Ἐπὶ τούτοις δὲ οἱ ἀπὸ τῆς εἴλης ᾗ ὄνομα Κολωνοί. Συν<τε>τάχθων δὲ αὐτοῖς Ἰτυραῖοι καὶ Κυρηναῖοι καὶ οἱ ἀπὸ τῆς πρώτης Ῥαιτικῆς. 2. Συμπάντων δὲ τούτων ἀρχέτω Δημήτριος. Ἐπὶ τούτοις δὲ οἱ Κελτοὶ ἱππεῖς, καὶ αὐτοὶ ἐπὶ δύο, καὶ τούτων ἡγείσθω ἑκατόνταρχος, ὅσπερ ἐπὶ στρατοπέδου. 3. Πεζοὶ δὲ ἐπὶ τούτοις τετάχθων, τὰ σημεῖα ἀνατεταμένα πρὸ σφῶν ἔχοντες, ο ἵ τε Ἰταλοὶ καὶ Κυρηναίων οἱ παρόντες. Πάντων δὲ ἡγείσθω Πούλχερ, ὅσπερ ἄρχει τοῖς Ἰταλοῖς. Β οσπορανοὶ δὲ ἐπὶ τούτοις πεζοὶ ἰόντων, ἡγεμόνα παρεχόμενοι Λ αμπροκλέα, καὶ οἱ Ν ομάδες ἐπὶ τούτοις ὑποτεταγμένοι Β ήρῳ τῷ σφετέρῳ ἄρχοντι. 4. Ἡ τάξις δὲ ἔστω εἰς ὁπλίτας τέσσαρας. Aὐτῶν δὲ τούτων ὅσοι τοξόται ἡγείσθων. Tὰς δὲ πλευρὰς τῆς τάξεως φυλαττόντων ἑκατέρωθεν οἱ ἱππεῖς οἱ οἰκεῖοι. 5. Ἐπὶ δὲ τούτοις οἱ ἐπίλεκτοι ἱππεῖς ἴτωσαν, καὶ ἐπὶ τούτοις οἱ ἀπὸ τῆς φάλαγγος ἱππεῖς, ἔπειτα οἱ καταπέλται, ἔπειτα τὸ σημεῖον τῆς πεντεκαιδεκάτης φάλαγγος, καὶ ἀμφ᾽ αὐτῷ δὲ <ὁ> ἡγεμὼν τῆς φάλαγγος Οὐάλης, καὶ ὁ ὕπαρχος, καὶ οἱ χιλιάρχαι οἷς τέτακται, καὶ <πέντε> ἑκατόνταρχοι οἱ τῆς πρώτης σπείρης ἐπιστάται. Πρὸ δὲ τοῦ σημείου α ὖ τῶν πεζῶν οἱ ἀκοντισταὶ τετάχθων. Aὐτοὺς δὲ τοὺς πεζοὺς ἐπὶ τεσσάρων τεταγμένους ἰέναι. 6. Ἐπὶ δὲ τ ῇ πεντεκαιδεκάτῃ φάλαγγι τετάχθω τὸ σημεῖον τῆς δωδεκάτης φάλαγγος, καὶ χιλιάρχαι ἀμφ᾽ αὐτῷ καὶ ἑκατοντάρχαι. Ἐπὶ τεσσάρων ὡσαύτως καὶ ἥ δε ἡ φάλαγξ ἴτω τεταγμένη.
(140) Cette traduction a bénéficié de la relecture bienveillante et toujours judicieuse du professeur E. L. Bowie, ainsi que de la précieuse expertise du professeur P. Cosme. Que tous deux soient ici sincèrement remerciés. Je suis également reconnaissante envers mon collègue B. Rossignol, dont les indications de lecture m’ont permis de faire mes premiers pas dans la luxuriante bibliographie de l’armée romaine. J’assume seule évidemment toute erreur qui pourrait subsister dans le texte ou dans les notes en dépit des précautions prises. (141) Toutes les restitutions qui figurent dans le texte grec sans appel de note sont celles de l’édition Teubner. (142) Cf. Tonnet 1988, p. 299-351. Citons pour exemple l’emploi du mot φάλαγξ pour désigner la légion. Cf. Mason 1974, p. 163-165. De même, dans la Tactique, Arrien n’admet que quatre mots nouveaux dans sa description des exercices de la cavalerie romaine, trois celtes et un hispanique. Cf. Busetto 2013. (143) Tonnet 1988, p. 233-281 (Xénophon) et p. 283-295 (Thucydide). Cf. Puech 2011, notamment p. 31, comparant L’ordre de bataille, 1-2, et Xénophon, Cyropédie, V, 3, 38-43 : la description de la colonne de l’armée en marche est modelée sur le passage où Cyrus constitue l’ordre de marche de sa propre armée pour préserver son allié Gadatas d’une attaque des Babyloniens. Cf. aussi Bosworth 1993, p. 265-266. Sur Hérodote, on lira avec profit l’article déjà ancien de Grundmann
(144) Un lexique trilingue est placé à la fin de la traduction du texte. (145) La correction du nom Δάφνης en Δάφνις (proposée d’abord par R. Hercher) est confortée par la fréquence de ce deuxième nom dans le Lexicon of Greek Personal Names, opposée à l’absence totale d’attestation du premier. Je remercie E. L. Bowie d’avoir attiré mon attention sur cet hapax.
7. Ἐπὶ δὲ τῷ ὁπλιτικῷ τετάχθω τὸ συμμαχικόν, ο ἵ τε ἀπὸ τῆς μικρᾶς Ἀρμενίας καὶ Τραπεζουντίων οἱ ὁπλῖται καὶ Κόλχοι καὶ Ῥιζιανοὶ οἱ λογχοφόροι. Ἐπιτετάχθων δὲ αὐτοῖς οἱ <Ἀπουληιανοὶ>146 πεζοί. Παντὸς δὲ τοῦ συμμαχικοῦ ἡγεμὼν ἔστω Σεκουνδῖνος, ὅσπερ τῶν <Ἀπουληιανῶν>147 ἡγεῖται. 8. Ἐπὶ τούτοις δὲ τὰ σκευοφόρα ἑπέσθω. Oὐραγείτω δὲ ἡ εἴλη τῶν Γ ετῶν καὶ ὁ ταύτης εἰλάρχης. 9. Tὰς πλευρὰς δὲ τοῦ πεζικοῦ κοσμούντων μὲν καὶ ἑκατοντάρχαι [καὶ] ἐπὶ τῷδε τεταγμένοι, φυλακῆς δὲ ἕνεκα <ἡ> εἴλη ἡ Γ αλατικὴ παριππευέτω ἐπὶ ἕνα στοῖχον ἑκατέρωθεν τεταγμένη, καὶ οἱ τῶν Ἰταλῶν ἱππεῖς. Ὁ δὲ εἰλάρχης αὐτῶν ἐπιφοιτάτω ταῖς πλευραῖς.
10. Ὁ δὲ ἡγεμὼν τῆς πάσης στρατιᾶς Ξ ενοφῶν τὸ πολὺ μὲν πρὸ τῶν σημείων τῶν πεζικῶν ἡγείσθω,
ἐπιφοιτάτω δὲ πάσῃ τῇ τάξει, καὶ ἐπισκοπείτω ὅπως τεταγμένοι ἰᾶσιν, καὶ τοὺς μὲν ἀτακτοῦντας εἰς τάξιν ἐπαναγέτω, τοὺς δὲ ἐν κόσμῳ ἰόντας ἐπαινείτω.
11. Oὕτω μὲν τεταγμένους ἰέναι. Ἐλθόντος δὲ εἰς τὸ ἀποδεδειγμένον χωρίον, τὴν μὲν ἵ ππον πᾶσαν
περιστῆναι ἐν κύκλῳ εἰς τετράγωνον τάξιν, τοὺς κατασκόπους δὲ πέμψαι εἰς τὰ ὑπερδέξια χωρία
ἀποσκοπῆς ἕνεκα τῶν πολεμίων. Ἐνταῦθα δὲ ἀπὸ σημείου ὁπλίζεσθαι σιγ ῇ , ὁπλισαμένους δὲ εἰς τάξιν καθίστασθαι.
12. Ἡ τάξις δὲ ἔστω ἥ δε. Tὸ μὲν κέρας ἑκάτερον τῶν πεζῶν τὰ ὑπερδέξια ἐχέτω τῶν χωρίων, ὅτι
ἐν τοιῷδε ἡ ἔκταξις ἔσται. Ἐπιτετάχθων δὲ τῷ κέρατι τῷ μὲν δεξιῷ οἱ ἀμφὶ Οὐασάκην καὶ Ἄ ρβηλον Ἀρμένιοι, τὸ ὑπερδεξιώτατον τοῦ κέρως ἔχοντες, ὅτι τοξόται εἰσὶν οἱ σύμπαντες. 13. Προτετάχθων δὲ αὐτῶν οἱ τῆς σπείρης τῆς Ἰταλικῆς πεζοί. Πάντων δὲ ἡγείσθω Πούλχερ, ὅστις καὶ τῆς σπείρης τῆς Ἰταλικῆς ἄρχει. Καὶ τούτῳ ἐπιτετράφθω αὐτός τε [καὶ] ὁ Οὐασάκης καὶ Ἄ ρβηλος καὶ τὸ ἐκείνων
ἱππικόν τε καὶ πεζικόν. 14. Ἐπὶ δὲ τοῦ ἀριστεροῦ τετάχθων καὶ ο ὗ τοι τὸ ὑπερδεξιώτατον τοῦ κέρως ἔχοντες οἵ τε ἀπὸ τῆς μικρᾶς Ἀρμενίας σύμμαχοι καὶ οἱ Τραπεζουντίων γυμνῆτες καὶ οἱ Ῥιζιανοὶ λογχοφόροι. Προτετάχθων δὲ καὶ τούτων οἱ <Ἀπουληιανοὶ >148 οἱ διακόσιοι καὶ Κυρηναίων οἱ ἑκατόν, ὡς προβολὴν μὲν εἶναι πρὸ τῶν ἀκοντιστῶν τοὺς ὁπλίτας, τοὺς δὲ ὑπερακοντίζειν ἐκ τοῦ ὑπερδεξιοῦ. 15. Tὸ δὲ ἐν μέσῳ σύμπαν τὸ μὲν δεξιὸν ἐχέτω ἡ πεζικὴ φάλαγξ ἡ πεντεκαιδεκάτη ὑπὲρ τὸ μέσον τοῦ παντὸς χωρίου, ὅτι πολὺ πλείονες πλήθει οὗ τοί εἰσι· τὸ δὲ ὑπόλοιπον τοῦ ἀριστεροῦ ἐκπληρούντων οἱ τῆς δωδεκάτης φάλαγγος πεζοὶ ἔστε ἐπὶ τὸ ἄκρον τοῦ κέρως τοῦ ἀριστεροῦ. Tετάχθων δὲ ἐπὶ ὀκτώ, καὶ πυκνὴ αὐτοῖς ἔστω ἡ ξύν<ταξις>.
16. Καὶ αἱ μὲν πρῶται τέσσαρες τάξεις ἔστωσαν κοντοφόρων, οἷς δὴ <τοῖς> κοντοῖς μακρὰ καὶ
ἐπὶ λεπτὸν τὰ σιδήρια προῆκται. Καὶ τούτους οἱ μὲν πρωτοστάται εἰς προβολὴν ἐχόντων, ὡς εἰ
πελάζοιεν αὐτοῖς οἱ πολέμιοι, κατὰ τὰ στήθη μάλιστα τῶν ἵ ππων τίθεσθαι τῶν κοντῶν τὸν σίδηρον·
17. οἱ δευτεροστάται δὲ καὶ οἱ τῆς τρίτης καὶ τετάρτης τάξεως εἰς ἀκοντισμὸν προβεβλήσθων
τοὺς κοντοὺς ὅπου τύχοιεν, καὶ ἵ ππους τρώσοντες καὶ ἱππότην κατα<κα>νοῦντες καὶ θυρεῷ < ἢ > καταφράκτῳ θώρακι ἐμπαγέντος τοῦ κοντοῦ καὶ διὰ μαλακότητα τοῦ σιδήρου ἐπικαμφθέντος ἀχρεῖον τὸν ἀναβάτην ποιήσοντες. 18. Aἱ δὲ ἐφεξῆς τάξεις τῶν λογχοφόρων ἔστωσαν. Ἐνάτη δὲ
ἐπὶ τούτοις ἔστω τάξις οἱ πεζοὶ τοξόται, οἱ τῶν Ν ομάδων καὶ Κυρηναίων καὶ Β οσποριανῶν τε καὶ Ἰτυραίων. 19. Mηχαναὶ δὲ ἐφεστηκέτωσαν τῷ κέρατι ἑκατέρῳ, ὡς πορρωτάτω προσιόντων τῶν πολεμίων ἐξακοντίζειν, καὶ κατόπιν τῆς πάσης φάλαγγος.
20. Tὸ δὲ ἱππικὸν ξύμπαν κατὰ εἴλας καὶ λόχους ὀκτὼ ξυντεταγμένον ἐφεστάτω τοῖς πεζοῖς, τὸ μὲν
τοῖς κέρασιν ἑκατέροις, προβολὴν ἔχον τοὺς ὁπλίτας πρὸ σφῶν καὶ τοὺς τοξότας, λόχοι δύο, τὸ δὲ
τ ῇ μέσῃ φάλαγγι, λόχοι ἕξ ** μημιον. 21. Tούτων δὲ ὅσοι μὲν ἱπποτοξόται πλησίον τῆς φάλαγγος
(146) La leçon † Ἀπλανοὶ n’est pas satisfaisante et a suscité de nombreux commentaires. J’ai rétabli la leçon proposée par O. Seeck à partir d’un passage de la Notitia Dignitatum, Or. XXXVIII, 34, leçon qui avait été retenue par Mommsen en 1887 (Hermes 22, p. 550, n. 2) et qui a été reprise depuis par la majorité des commentateurs, contre celle proposée par P f laum 1977 (Ἀπαμηνοί). Cf. Speidel 1976, p. 339 ; Bosworth 1977, p. 232-233, part. n. 64 ; Devi j ver 1977, PME II, S 95 ; Speidel 1983, p. 30, n. 42 ; Pavkovic 1988, p. 16, n. 6. (147) Cf. note précédente. (148) Cf. note 146.
ἐφεστηκέτωσαν, ὡς ὑπερτοξεύειν ὑπὲρ αὐτῆς· ὅσοι δὲ λογχοφόροι ἢ κοντοφόροι ἢ μαχαιροφόροι
ἢ πελεκοφόροι εἰς τὰ πλάγιά τε ἑκατέρωθεν ὁρώντων [ἢ ] καὶ τὸ ξύνθημα προσμενόντων. 22. Oἱ δὲ ἐπίλεκτοι ἱππεῖς ἀμφ᾽ αὐτὸν Ξ ενοφῶντα ἔστωσαν, καὶ τῶν ἀπὸ τῆς φάλαγγος [τῶν] πεζῶν
ὅσον εἰς διακοσίους, οἱ σωματοφύλακες, καὶ ἑκατοντάρχαι ὅσοι τοῖς ἐπιλέκτοις ξυντεταγμένοι
ἢ τῶν σωματοφυλάκων ἡγεμόνες, καὶ δεκάρχαι οἱ τῶν ἐπιλέκτων. 23. Ἔστωσαν δὲ ἀμφ᾽ αὐτὸν
<τῆς φρουρᾶς>149 ἑκατὸν κούφων λογχοφόρων, ὡς πᾶσαν ἐπιφοιτῶν τὴν φάλαγγα ὅπου τι ἐνδεὲς καταμανθάνοι, ἐκεῖνο ἰῷτο καὶ θεραπεύοι. 24. Ἡγείσθω δὲ τοῦ μὲν δεξιοῦ κέρως παντὸς ξὺν τῷ ἱππικῷ Οὐάλης, ὅσπερ καὶ τῆς πεντεκαιδεκάτης φάλαγγος ἡγεμών ἐστιν· τοῦ δὲ ἀριστεροῦ οἱ χιλίαρχαι τῆς δωδεκάτης. 25. Oὕτω δὲ ταχθέντων σιγὴ ἔστω ἔστ᾽ ἂν πελάσωσι ἐντὸς βέλους οἱ πολέμιοι· πελαζόντων δὲ ἤδη ὡς μέγιστον καὶ φοβερώτατον ἀλαλάζειν ξύμπαντας τῷ Ἐνυαλίῳ, καὶ βέλη τε ἀπὸ μηχανῶν καὶ λίθους ἀφίεσθαι καὶ βέλη ἀπὸ τόξων, καὶ λόγχας οἱ λογχοφόροι ἀκοντιζέτωσαν οἵ τε ψιλοὶ καὶ οἱ < ὁπλίται >150. Φερέσθωσαν δὲ καὶ λίθοι εἰς τοὺς πολεμίους ἀπὸ τοῦ ξυμμαχικοῦ ἐκ τῶν ὑπερδεξίων, καὶ τὸ πᾶν ἀκροβολισμὸς ἔστω πανταχόθεν ὡς ἔνι πυκνότατος εἰς τάραξίν τε τῶν ἵ ππων καὶ ὄλεθρον τῶν πολεμίων151. 26. Καὶ ἐλπὶς μὲν ὑπὸ τοῦ ἀδιηγήτου πλήθους τῶν βελῶν μηδὲ πλεῖον πελάσειν τῇ πεζικ ῇ φάλαγγι ἐπελαύνοντας τοὺς Σκύθας· εἰ δὲ δὴ πελάζοιεν, ἐγχρίμψαντας ταῖς ἀσπίσι καὶ τοῖς ὤ μοις ἀντερείσαντας δέχεσθαι τὴν προσβολὴν ὡς καρτερώτατα καὶ τῇ συγκλείσει πυκνοτάτῃ τὰς πρώτας τρεῖς τάξεις ξυνερειδούσας σφίσιν ὡς βιαιότατον οἷόν τε· τὴν τετάρτην δὲ ὑπερακοντίζειν τὰς λόγχας· καὶ τὴν πρώτην παίειν ἢ ἀκοντίζειν τοῖς κοντοῖς ἀφειδῶς ἔς τε ἵ ππους καὶ αὐτούς. 27. Ἀπωσθέντων δὲ εἰ μὲν φυγὴ λαμπρὰ γένηται, διαχωρεῖν δὴ τὰς πεζικὰς τάξεις καὶ ἐπελαύνειν τοὺς ἱππέας, μὴ πάντας τοὺς λόχους ἀλλὰ τοὺς ἡμίσεας· τετάχθαι δὲ πρώτους οἵ τινες καὶ πρῶτοι ἐπελάσουσιν. 28. Tοὺς δὲ ἄλλους ἡμίσεας ἕπεσθαι μὲν τοῖς ἐπελαύνουσιν, ἐν τάξει δὲ καὶ μὴ παντελεῖ τ ῇ διώξει χρωμένους, ὡς εἰ μὲν φυγὴ καρτερὰ κατέχοι, ἐκδέξασθαι τὴν πρώτην δίωξιν
ἀκμήτοις τοῖς ἵ πποις, εἰ δέ τις ἐπιστροφὴ καταλαμβάνοι, ἐπιτίθεσθαι τοῖς ἐπιστρέφουσιν. 29. Ὁμοῦ δὲ ο ἵ τε Ἀρμένιοι τοξόται ἐπελαύνοντες τοξευόντων, ὡς μὴ παρασχεῖν ἀναστροφὴν τοῖς φεύγουσι, καὶ οἱ λογχοφόροι οἱ γυμνῆτες δρόμῳ ἑπέσθωσαν· μένειν δὲ μηδὲ τὴν πεζικὴν τάξιν ἐν χώρ ᾳ ἔτι, ἀλλὰ προχωρεῖν θᾶττον ἢ βάδην, ὡς εἴ τι καρτερώτερον ἀπαντ ῴ η ἀπὸ τῶν πολεμίων, αὖ θις εἶναι προβολὴν πρὸ τῶν ἱππέων. 30. Tάδε μὲν γίνεσθαι, εἰ ἀπὸ τῆς πρώτης προσβολῆς φυγὴ κατάσχοι τοὺς ἐναντίους· εἰ δὲ ἐπιστραφέντες ἐς κύκλους ὑπὲρ τὰ κέρατα παρελαύνειν ἐθέλοιεν, ἀνατείνεσθαι μὲν <ἐς> τὰ ὑπερδεξιώτερα ἔτι τὰ κέρατα αὐτῆς τῆς ψιλῆς τοξείας· ὡς οὐ δοκιμάζω μήποτε ἀσθενῆ τ ῇ ἀνατάσει τὰ κέρατα γινόμενα ἰδόντες δι᾽ αὐτῶν ὤ σαιντο καὶ διακόψαιεν τὸ πεζικόν. 31. Ὑ περβαλλόντων δὲ τὰ κέρατα ἑκάτερα ἢ ὁπότερον οὖ ν, πᾶσα ἤδη ἀνάγκη πλαγίους μὲν αὐτοῖς γίνεσθαι τοὺς ἵ ππους, πλαγίους δὲ τοὺς κοντούς. Ἐνταῦθα δὴ ἐμβαλλόντων ἐς αὐτοὺς οἱ ἱππεῖς, μὴ ἀκοντισμῷ ἔτι ἀλλὰ ταῖς σπάθαις αὐτοῖς συμφερόμενοι, οἳ δὲ τοῖς πελέκεσιν. Oἱ δὲ Σκύθαι γυμνοί τε ὄντες καὶ τοὺς
ἵ ππους γυμνοὺς ἔχοντες ***
1. Que toute l’armée soit menée par les éclaireurs de la cavalerie (kataskopoi hippeis), rangés sur deux files derrière leur propre commandant. Derrière eux, les archers montés (hippotoxotai) de
(149) M. Pavkovic rétablit ici le mot φρουρᾶς, traduction grecque du latin praesidium, évoquant la garde rapprochée du général, et qui pourrait bien effectivement tenir dans la lacune précédant les deux dernières lettres conservées, -ᾶς. Cette restitution me semble devoir être retenue. Cf. Pavkovic 1994, Hammond 1997 et, dans cette traduction, ci-dessous, n. 197. (150) L’idée qu’Arrien souhaitait opposer ici des fantassins légèrement et lourdement armés a été évoquée très justement par R. Hercher. Cependant, sa proposition de remplacer † θειασταί par πελτασταί me semble beaucoup moins convaincante que la leçon ὁπλίται proposée par M. Pavkovic. En effet, la mention οἱ ψιλοὶ évoque des fantassins armés à la légère, ce que sont aussi les peltastes. Cf. Pavkovic 1988, p. 23. (151) Il me semble préférable de supprimer la leçon ἵ ππων qui perturbe le sens de la phrase, comme le fait A. G. Roos dans l’édition Teubner de 1968, revue et augmentée par G. Wirth.
Pétra152, sur deux files eux aussi, commandés par leurs décadarques. Derrière eux seront rangés ceux de l’aile (eilè) dite des Aurianoi153, à côté desquels la quatrième cohorte (speirè) des Rhètes154 commandée par Daphnis de Corinthe155. Derrière eux, ceux de l’aile (eilè) des Colonoi156, à côté desquels les Ituréens157 et les Cyrénéens158 ainsi que la première [cohorte] de Rhétie159. 2. Tous seront placés sous le commandement de Démétrios160. Derrière eux, les cavaliers celtes161, sur deux files eux aussi, commandés par un héchatontarque, affecté au camp. 3. Que les fantassins soient rangés derrière, portant leurs enseignes devant eux, à savoir les Italiens162 et les Cyrénéens présents163. Que les conduise tous Pulcher164, le commandant des Italiens165. Que viennent derrière eux les troupes d’infanterie du Bosphore166 avec leur propre chef, Lamproclès167, et les Numides derrière168, sous le commandement de leur propre commandant, Verus169. 4. Que chaque rangée compte quatre hoplites. Qu’ils soient précédés par des archers (toxotai) en même nombre. Que les cavaliers de ces troupes gardent les deux flancs (pleurai) de la formation. 5. Derrière eux avanceront les cavaliers d’élite et, derrière eux, les cavaliers de la phalange170, puis les catapultes (catapeltai), puis l’enseigne de la Quinzième phalange171, et de chaque côté le commandant de la phalange, Valens172, son hyparque, les chiliarques dans l’ordre, et cinq hécatontarques de la première cohorte (speirè). Devant l’enseigne, seront placés aussi les
Ces cavaliers montés composent la cohors III Ulpia Petraeorum milliaria equitata sagittariorum. Les dénominations
officielles des unités de l’armée romaine ont été établies par Ritterling 1902, part. p. 360 sq., et parfois rectifiées par Speidel 2009, p. 602-604, à la lumière notamment de trois diplômes militaires récemment découverts. On notera qu’Arrien, par souci d’atticisme, prend soin d’éviter ces dénominations officielles. (153) Ala II Ulpia Auriana. Cf. Speidel 2009, p. 607. (154) Les Rhètes étaient originaires du Tyrol. Il s’agit des cavaliers de la cohors IV Raetorum equitata. (155) PME I, D 38 (pr. coh.), en rétablissant la graphie Daphnis plutôt que Daphnès (cf. ci-dessus, n. 145). Le préfet de cohorte Daphnis de Corinthe est cité par Devi j ver 1992, p. 71, comme comptant parmi les officiers de Cappadoce n’étant connus que pour ce poste. C’est le cas de tous les officiers cités dans l’Ektaxis. Sur Daphnis, cf. aussi Bowie 2014, p. 52. (156) Ala I Augusta Gemina Colonorum. Cf. Speidel 2009, p. 607. (157) Cohors Ityraeorum equitata sagittariorum. Cf. Tentea 2004. (158) Cohors III Augusta Cyrenaica equitata sagittariorum. (159) Cohors I Raetorum equitata. (160) PME I, D 39 (pr. alae). (161) Cohors I Germanorum equitata. Qu’Arrien appelle « celtes » une cohorte d’auxiliaires germaniques ne doit pas étonner. D’une part, Arrien puise dans un réservoir lexical atticiste où les Germains n’ont pas leur place (Hérodote, Xénophon) ; d’autre part, les Grecs de l’Antiquité ne faisaient pas nettement la différence entre les peuples qui vivaient de chaque côté du Rhin et qui appartenaient au même univers culturel. Pour Posidonios et Strabon, les Germains étaient des Celtes (eux-mêmes appelés plus souvent Γ αλάται que Κέλται). Il a été montré que c’étaient les Romains, et Jules César le premier, qui avaient construit cette opposition pour des raisons politiques et stratégiques. Cf. Walser 1956 et l’excellent compte-rendu qu’en fait Ed. Will dans AC 25, 1956, p. 509-511. (162) Cohors I Italica voluntariorum civium Romanorum composée de citoyens romains volontaires. (163) Vexillation de la cohors III Cyrenaica. (164) PME II, P 137 (tr. coh.). Cf. Bowie 2014, p. 52-53. (165) Cohors voluntarium civium Romanorum (cf. aussi § 9 et 13). Cf. Bosworth 1977, p. 232, n. 62. (166) Cohors I Bosporanorum milliaria equitata sagittariorum. Cf. Speidel 2009, p. 602. (167) PME II, L 43 (tr. coh.). (168) Cohors I Numidarum equitata sagittariorum. (169) PME II, V 140 (pr. coh.). (170) Le terme ἡ φάλαγξ, traduit habituellement par « phalange », est utilisé par Arrien pour désigner la légion composée de citoyens romains (§ 4, 5, 6, 15), par opposition à l’armée entière appelée ἡ στρατιά (§ 10), mais aussi pour évoquer l’ensemble de l’armée qu’il commande (§ 19, 20, 23). Asclépiodote, décrivant la phalange macédonienne au Ier siècle avant J.-C., donne la même définition ambiguë du terme en lui attribuant un sens tantôt particulier, tantôt général. Cf. Asclépiodote, Traité de tactique, I, 4, et la n. 4 de la traduction de L. Poznanski, Paris, Les Belles Lettres, 1992. (171) Legio XV Apollinaris, basée à Satala (actuelle Sadak). Cf. PME IV, p. 175-176, et Speidel 2009, p. 601-602, sur les légions de Cappadoce. Pour une carte de la frontière NE de l’Anatolie, Speidel 2009, p. 627. (172) PME I, A 68.
fantassins armés de lances (tôn pezôn akontistai). Ces fantassins avanceront par rangée de quatre. 6. Derrière la Quinzième phalange sera rangée l’enseigne de la Douzième phalange173, et de chaque côté les chiliarques et hécatontarques. La phalange s’avancera elle aussi par rangée de quatre. 7. Derrière le corps des hoplites, on rangera les forces alliées (summachikon)174, les hoplites d’Arménie mineure et de Trébizonde175, et les porteurs de javelots (lonchophoroi) de Colchide176 et de Rhizaion177. Derrière eux sera déployée l’infanterie d’[Apulie]178. Celui qui commandera l’ensemble des troupes alliées sera Secundinus179, qui mène les [Apuliens]. 8. Derrière eux viendront les bagages (skeuophora). L’aile (eilè) des Gètes180 et leur chef composeront l’arrière-garde. 9. Les hécatontarques qui ont été désignés pour cela veilleront au bon ordre des flancs (pleurai) de l’armée ; l’aile (eilè) des Galates181, rangée de chaque côté, chevauchera sur une seule colonne de
manière à en assurer la garde, ainsi que les cavaliers italiens182. Leur eilarque les accompagnera en chevauchant sur leurs flancs (pleurai).
10. Le commandant en chef de toute l’armée, Xénophon183, mènera ses troupes la plupart du
temps en avant des enseignes d’infanterie, mais il parcourra aussi l’armée tout entière et veillera à ce qu’elle marche en bon ordre, ramènera dans les rangs ceux qui en seront sortis et félicitera ceux qui seront bien rangés.
11. Voilà quel sera l’ordre de marche. Une fois arrivée au lieu désigné, toute la cavalerie s’avancera
en cercle pour former un carré ; des éclaireurs (kataskopoi) seront envoyés sur un point culminant
pour surveiller l’ennemi. Là, au signal, que l’on s’arme en silence, et, une fois armé, qu’on se range en ordre de bataille.
12. Voici quel devra être l’ordre de bataille. Que chaque flanc (kéras) de l’infanterie [alliée] se place
sur une hauteur du terrain, car ce sera sa position. Que soient rangés sur le flanc droit les Arméniens de Vasakès et Arbèlos, sur le point le plus élevé puisque ce sont tous des archers (toxotai). 13. On
(173) Legio XII Fulminata, basée à Mélitène (actuelle Malatya). Cf. PME IV, p. 170-172 ; Speidel 2009, p. 601-602.
Seules des vexillations de la XIIe légion sont présentes, menées par des chiliarques ou tribuns (§ 34). Leur commandant est peut-être à l’œuvre sur un autre champ de bataille, en Judée par exemple, où la guerre vient à peine de se terminer, ou bien est resté en poste à Mélitène. Cf. Bosworth 1977, p. 233-234. (174) Le terme renvoie probablement aux symmachiarii, unités de supplétifs (ou numeri) constituées par les peuples barbares appelés nationes en latin. Ils sont généralement mentionnés sous leur nom ethnique. (175) Trébizonde, dont le port avait été reconstruit par Hadrien, était une base navale de première importance sur la côte orientale de la Mer noire. Elle était gardée par une cohorte romaine et des vexillations des deux légions de Cappadoce
y stationnaient en permanence. Cf. Speidel 2009, p. 601-602. Cette mention de Trébizonde semble indiquer que la cité
était alors une cité libre, participant ponctuellement à une intervention de l’armée romaine, ce qui était relativement exceptionnel. Cf. Bowie 2014, p. 41-44. (176) Arrien évoque les Colques et les Trapézontins dans son Périple du Pont-Euxin, principalement aux § 8 et 37. Il est fait référence à de multiples reprises aux passages de l’Anabase de Xénophon où il est question de la Colchide, notamment au § 1. Cf. Xénophon, Anabase IV, 8, 22 et V, 1, 1. (177) La cité portuaire de Rhizaion / Rhizium (actuellement Rizé, en Turquie) se trouvait également en Colchide, à l’est de Trébizonde, à l’ouest de l’embouchure du petit fleuve Rhizius, lui-même cité dans le Périple du Pont-Euxin, au §8. Rizé est aujourd’hui la préfecture de la province du même nom. Cf. Speidel 2009, p. 597-598. (178) Cohors Apula civium Romanorum selon R. Hercher et O. Seeck (pour la bibliographie, cf. ci-dessus n. 146). Sur la présence de la cohors Apula en Asie Mineure, où elle tint garnison pour un temps, cf. Christol et Drew-Bear 1995, p. 61. Une autre possibilité, suggérée par E. L. Bowie, serait que cette mention renvoie à la participation de la colonie romaine d’Apulum en Dacie (aujourd’hui Alba Iulia, en Roumanie), mais aucun élément ne permet pour l’instant de valider cette hypothèse alors que l’information apportée par M. Christol et T. Drew-Bear est un appui sérieux à la thèse des Apuliens. (179) PME II et IV, S 95 (pr. coh.). (180) Ala I Ulpia Dacorum. Cf. Speidel 2009, p. 607
(181) Ala II Gallorum.
(182) Equites cohortis I Italicae.
Arrien parle ici de lui-même à la troisième personne du singulier en se donnant le nom de Xénophon, en référence
à son modèle, Xénophon d’Athènes. Ce nom n’étant apparu à ce jour dans aucune inscription, il est improbable qu’Arrien ait pu recevoir ce surnom à la naissance. Il a pu en être honoré par ses contemporains ou se le donner à lui-même.
rangera devant eux les fantassins de la cohorte italienne (speirè). Tous seront commandés par Pulcher, qui mène la cohorte italienne (speirè). C’est à lui que s’en remettront Vasakès, Arbèlos et leurs armées de fantassins et de cavaliers. 14. Sur le flanc gauche et sur le site le plus élevé seront rangés les alliés (summachoi) d’Arménie mineure, l’infanterie légère (gumnètés)184 de Trébizonde et les porteurs de javelots (lonchophoroi) de Rhizaion. On rangera devant eux les deux cents [Apuliens] et les cent Cyrénéens, de manière que les hoplites servent de rempart185 aux archers qui tireront au-dessus de leurs têtes depuis les hauteurs. 15. Que la Quinzième phalange d’infanterie occupe tout le centre droit, au-delà du milieu du terrain, car ses troupes sont bien supérieures en nombre186. Que le reste du terrain, sur la gauche, et jusque sur les hauteurs du flanc gauche (kéras), soit occupé par les soldats de la Douzième phalange. Que les hommes soient placés sur huit rangs, et en formation serrée. 16. Que les quatre premiers rangs soient formés de porteurs de lances (kontophoroi)187, ceux dont les lances sont longues et pourvues de pointes de fer affûtées188. Et que ceux qui se trouvent au premier rang les dressent comme un rempart de manière que, si les ennemis s’approchent, le fer de leurs lances (kontoi) atteigne surtout le poitrail des chevaux. 17. Les hommes des deuxième, troisième et quatrième rangs189 doivent lancer leurs lances (kontoi) pour pénétrer l’ennemi comme un trait chaque fois que c’est possible, blessant les chevaux, tuant les cavaliers de leur lance, fichée dans les boucliers (thuréoi) et les plastrons cuirassés (cataphractoi thoraces) et ployée en raison de la souplesse du fer190, et réduisant les cavaliers à l’impuissance. 18. Les rangs suivants seront formés de porteurs de javelots (lonchophoroi). Au neuvième rang après eux viendront les archers à pied (pezoi toxotai), les Numides, les Cyrénéens, les Bosphorans, les Ituréens191. 19. Les machines (mèchanai)192
(184) Le terme est ici d’un usage archaïsant. Avant l’époque de la Seconde Sophistique, on le trouve avec un sens équivalent chez Tyrtée, Hérodote, Euripide et Xénophon. (185) Arrien utilise ici le terme de « rempart » (προβολή) dont la réitération souligne le caractère défensif de sa stratégie. Cf. aussi § 16 et 20. C’est là la principale originalité de la tactique déployée par Arrien. Cf. Wheeler 2004a. (186) Le grec est très clair ici : la supériorité de la XVe phalange vient du fait qu’elle est complète. Il s’agit donc d’une supériorité quantitative, et non qualitative. Il est difficile d’interpréter ce passage comme le fait Le Bohec 1989, p. 150, qui considère que « les plus entraînés » sont placés à droite. (187) Sur ces quatre premiers rangs de kontophoroi, cf. Bosworth 1993, p. 271. (188) Cette définition du kontos reste vague et entraîne de nombreuses dissensions chez les spécialistes de l’armement militaire romain. Il me semble que les indications que donne Arrien dans l’Ektaxis et dans la Tactique nous permettent de penser que le kontos est à peu près l’équivalent de la hasta, une lance longue qui peut être utilisée pour transpercer l’ennemi, mais qui peut aussi éventuellement être lancée. Elle est en effet plus longue que le pilum, mais moins longue que la sarisse macédonienne. Cf. sur la lance du soldat romain : Bosworth 1977, p. 240-242 ; Speidel 1994, p. 104-108 ; Bosworth 1993, p. 271 ; Wheeler 2004b (sur le kontos d’Arrien qui selon lui ne peut être lancé), ainsi que la Tactique IV, 7-9. Sur l’armement des cavaliers alains, sarmates, arméniens et parthes, cf. Tactique IV, 3. (189) Ce passage est en contradiction avec la fonction attribuée à chaque rang de fantassins au § 26, lorsque la bataille
a commencé. Les trois premiers rangs doivent alors former une phalange compacte et donc conserver l’usage de leurs lances le plus longtemps possible pour transpercer le poitrail des chevaux et la poitrine des cavaliers ennemis, tandis que
le quatrième rang doit les couvrir en lançant des lonchai par-dessus leurs têtes. Ici, les deuxième, troisième et quatrième
rangs doivent lancer des kontoi. A. B. Bosworth pense pour cette raison déceler une lacune après la mention du deuxième rang, qui le dissocierait des deux suivants. Cf. Bosworth 1993, p. 271, n. 225 et 226. La fonction du troisième rang reste cependant problématique, de même que l’armement du quatrième rang. Cf. n. 206 pour une interprétation du texte qui me semble devoir être privilégiée. (190) L’image peut sembler en contradiction avec le reste de la phrase. Cependant, en évoquant ces lances recourbées sur les armures, Arrien souligne la difficulté qu’il y a à transpercer les cataphractes ennemis, et donc aussi la puissance de tir des kontoi de l’armée romaine. (191) On pourrait avoir là un dixième rang constitué d’archers montés. Cf. Cosme 2007, p. 102. (192) Il est difficile de définir précisément les machines utilisées ici. S’agit-il de ballistes et d’onagres, traditionnellement utilisés par l’armée romaine, ou de simples catapultes, comme le suggère la mention de καταπέλται au § 5 ?
seront placées sur chacun de leurs flancs (kéras), de manière à tirer le plus loin possible en direction de l’armée ennemie en marche, et derrière l’ensemble de l’armée (phalanx)193.
20. Que la cavalerie, tout entière rangée en ailes (eilai) et en huit escadrons (lochoi), se tienne
auprès de l’infanterie, pour une part sur chacun des deux flancs (kéras), avec les hoplites et les
archers en rempart devant elle, soit deux escadrons (lochoi), pour une autre part au milieu de l’armée (phalanx), à raison de six escadrons [lacune]. 21. Au sein de la cavalerie, que les archers montés se tiennent tout à côté de l’armée (phalanx) de manière à pouvoir lancer leurs traits par-dessus. Tous les porteurs de javelots (lonchophoroi), de lances (kontophoroi), de glaives (machairophoroi) et de haches (pélékophoroi) devront regarder sur les côtés194 et attendre le signal. 22. La cavalerie d’élite (épilektoi hippeis) entourera Xénophon195, ainsi que des fantassins de la phalange à hauteur de deux-cents, des gardes du corps196, les hécatontarques des corps d’élite, ceux qui commandent aux gardes du corps et les décadarques des corps d’élite. 23. Il y aura aussi avec lui [une garde composée de]197 porteurs de javelot légèrement armés (kouphoi lonchophoroi), de manière qu’à parcourir fréquemment l’armée (phalanx), rien de ce qui manque ne lui échappe, mais qu’il puisse y porter remède (iaomai) et en prendre soin (thérapeuô)198. 24. Le commandant de tout le flanc droit (kéras), cavalerie comprise, sera Valens, le commandant de la Quinzième phalange. Ceux du flanc gauche seront les chiliarques de la Douzième.
25. Une fois cet ordre de bataille adopté199, que l’on fasse silence jusqu’à ce que les ennemis
s’approchent à portée de tir. Quand ceux-ci se seront approchés, que tous poussent le cri de guerre le plus puissant et le plus effrayant possible en l’honneur d’Enyalios200, que les machines de tir (mèchanai) lancent traits et pierres201, les arcs leurs flèches, les porteurs de javelots (lonchophoroi) leurs javelots, qu’ils soient armés à la légère ou [lourdement armés]202. Que des pierres soient lancées aussi contre les ennemis par les forces alliées (xummachikon)203 depuis leur position forte et que cette pluie de projectiles tombe de toutes parts de la manière la plus concentrée possible de manière à apporter la terreur aux chevaux et le trépas aux ennemis. 26. L’espoir est que, du fait de cet indescriptible tir groupé, les Scythes ne pourront pas pousser plus avant ni s’approcher davantage de la phalange et des fantassins. S’ils parviennent à s’approcher, les trois premières
(193) Cf. ci-dessus, n. 170. (194) Arrien utilise ici pour désigner les flancs de l’armée une autre locution que celles qu’il utilise d’ordinaire (εἰς τὰ πλάγια). Elle apparaît assez fréquemment chez Thucydide, Hérodote et Xénophon, et permet d’éviter une répétition jugée disgrâcieuse selon les règles de l’atticisme. (195) Cf. Speidel 1994. (196) Cf. Hammond 1997. (197) M. Pavkovic complète ici, grâce à l’introduction de ces pedites singulares, le dispositif de garde rapprochée qui entoure le commandant en chef, Arrien (cf. ci-dessus n. 149). Sur la garde des officiers, cf. Speidel 1978 ; Pavkovic 1994. (198) Arrien recourt ici à deux verbes empruntés au vocabulaire médical, très en vogue à une époque où triomphent l’érudition et la polymathie. (199) On remarquera ici l’absence de discours entre la disposition de bataille et l’ouverture des hostilités par la clameur des soldats et les tirs de l’artillerie. Il est pourtant d’usage que le général adresse une harangue aux soldats qui vont combattre sous ses ordres. Il est possible qu’il y ait ici une lacune dans le texte. (200) Enyalios est un dieu de la guerre étroitement associé à la déesse Enyo et au dieu Arès auquel il a été identifié assez tôt (dès Homère et Archiloque) jusqu’à devenir une de ses épiclèses. Il fait partie des divinités anciennes évoquées dans le serment des éphèbes athéniens du ive siècle av. J.-C. et il apparaît dans un contexte identique à celui qu’évoque Arrien dans Xénophon, Anabase, I, 8, 18 et V, 2, 14, ainsi que dans la Cyropédie VII, 1, 26. Cf. Lonis 1979, p. 118-121 ; Jacquemin 2000, p. 19 ; Burkert 2011, p. 171 ; et, pour l’étude du serment de Platées depuis les études fondamentales de Robert 1938 et Siewert 1972, Sommerstein et Baylis 2013, p. 13-22, part. p. 20 sur Enyalios. (201) Cf. plus haut, n. 192. (202) J’adopte donc ici la leçon de M. Pavkovic. Cf. ci-dessus n. 150. (203) Cf. ci-dessus, n. 174.
unités204 devront tenir leurs boucliers très serrés et résister de toute la force de leurs épaules pour recevoir l’assaut avec la plus grande fermeté et, dans la formation la plus compacte, se presser les uns contre les autres le plus fortement possible205. La quatrième unité206 lancera des javelots (lonchai) par-dessus les trois premières, tandis que la première frappera et lancera des lances (kontoi) sans pitié en direction des chevaux et des ennemis207. 27. Une fois les ennemis repoussés, si leur déroute devient évidente, les rangs de fantassins devront s’écarter et les cavaliers s’avancer, non pas tous les escadrons (lochoi), mais la moitié d’entre eux. Ceux qui sont rangés devant devront être les premiers à s’écarter. 28. L’autre moitié se tiendra en soutien de ceux qui s’avancent, rangée en ordre et sans chercher à participer à la poursuite de manière que, si la déroute se confirme, elle puisse prendre le relais avec des chevaux frais, mais que, au cas où les ennemis feraient volte-face208, elle puisse venir en renfort des cavaliers poursuivis. 29. Dans le même temps, les archers arméniens s’avanceront en tirant des flèches de manière à empêcher les fuyards de faire demi-tour, et même les porteurs de javelots armés à la légère (lonchophoroi gumnètés) suivront en courant. Aucune force d’infanterie ne doit plus rester sur le terrain, mais toutes doivent avancer au pas de course de manière qu’au cas où les ennemis opposeraient une plus forte résistance, elles se placent à nouveau comme un rempart devant les cavaliers. 30. Voici ce qui arrivera si les ennemis sont mis en déroute au premier assaut. Si, au contraire, changeant de direction, ils voulaient longer les flancs (kérata) pour les encercler, que les troupes postées sur les flancs (kérata) et formées d’archers armés à la légère s’étendent en demeurant sur les hauteurs ; car je ne veux pas qu’en voyant les ailes se déployer et devenir plus vulnérables, les ennemis poussent plus avant au milieu d’elles et coupent en deux le corps d’infanterie.209 31. En revanche, s’ils dépassent les deux flancs de l’armée (kérata) ou même un seul d’entre eux, leurs chevaux présenteront inévitablement leurs flancs, et ces flancs seront présentés aux lances (kontoi). Nos cavaliers se précipiteront alors sur eux, couverts par une pluie non pas de flèches cette fois,
(204) Cf. plus bas, n. 206. (205) La question de savoir s’il s’agit d’une formation en cuneus ou testudo reste ouverte. Cf. Wheeler 2010a. P. Cosme rappelle judicieusement que cette formation serrée a pour but également de dissuader les légionnaires romains de s’enfuir. Cf. Cosme 2007, p. 102. (206) A. B. Bosworth, qui donne au terme τάξις le sens de « rang » comme c’est l’usage habituellement, suppose une lacune entre la mention du quatrième rang (qui expliciterait sa fonction de couverture de la formation compacte formée par les trois premiers rangs) et les rangs suivants composés de lonchophoroi. La proposition est logique mais la restitution reste hypothétique. Cf. Bosworth 1977, p. 239. E. L. Wheeler propose pour sa part de traduire différemment le terme τάξις aux § 16-17 et au § 26 puisqu’il peut recouvrir, comme le mot latin ordo, une double signification : « rang » ou « unité de combat ». Ici, le terme τάξις doit être plutôt traduit par « unité » de manière à désigner comme des groupes séparés les quatre rangs de kontophoroi (la première unité selon moi, plutôt que l’aile droite selon E. L. Wheeler), les deux cohortes d’auxiliaires placées sur les ailes (deuxième et troisième unités) et les quatre rangs de lonchophoroi (quatrième unité). La proposition est très convaincante et c’est celle que j’ai adoptée. Cf. Wheeler 2004b, p. 153-154. (207) Cf. plus haut, n. 189. (208) Il était d’usage pour les peuples combattant à cheval comme les Alains de pratiquer une tactique de harcèlement et d’usure fondée sur des déplacements rapides et imprévisibles : tantôt ils attaquaient en criblant l’ennemi de flèches, tantôt ils prenaient la fuite (en continuant à tirer des flèches) et tendaient une embuscade aux poursuivants, tantôt ils faisaient volte-face soudainement, ou bien encore encerclaient l’armée ennemie. Arrien pare donc à toute éventualité. (209) Ce passage pose un réel problème de traduction, contrairement à ce qu’affirme C. Guischardt, notre traducteur du xviiie siècle, dont l’assurance proclamée quant à la limpidité du texte grec peut légitimement éveiller la suspicion. C’est manifestement sa traduction qui sert de base de réflexion aux historiens français commentant l’Ektaxis (cf. Le Bohec 1989, p. 151). L’idée d’Arrien selon C. Guischardt est qu’en cas d’encerclement par les cavaliers alains sur les ailes, donc de chaque côté des deux collines, ces cavaliers seraient accueillis non pas par des fantassins légèrement armés et pris au dépourvu, mais par des cavaliers lourdement armés qui auraient manœuvré pour faire face à l’ennemi devenu vulnérable. L’idée est séduisante et j’ai tenté d’en rendre compte en restant au plus près du récit d’Arrien, mais le texte que nous a transmis la tradition reste relativement obscur. Il est possible également qu’il y ait ici une lacune.
mais de coups d’épées, et de haches. Les Scythes, étant armés à la légère et montant des chevaux sans protection210,… [manque la fin du texte]211.
Sophie Lalanne Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8210 ANHIMA
chiliarque décadarque eilarque eilè épilektoi hippeis hécatontarque hippotoxotai hyparque kataskopos kéras kontos lochos lonchè machaira mèchanai pelekus phalanx / phalange spathè speirè thuréos toxotès
officier commandant mille hommes, tribun (lat. tribunus militum) officier commandant dix hommes, décurion (lat. decurio) commandant d’une aile de cavalerie (lat. praefectus alae)
aile de cavalerie, unité auxiliaire de l’armée romaine (lat. ala) cavalerie d’élite (lat. equites singulares) officier commandant cent hommes, centurion (lat. centurio) archers montés (lat. sagittarii equitati) second, lieutenant (lat. tribunus angusticlavus ?) éclaireur (lat. explorator)
flanc / aile de l’armée (lat. latus)
lance longue servant de pique, lance d’estoc (lat. hasta ou contus) escadron de cavaliers (lat. turma) javelot, lance de jet (lat. lancea) épée, glaive (lat. gladius) machines de tir lançant flèches et pierres, artillerie lourde (lat. catapulta ?) hache (lat. dolabra ?) légion (corps d’armée composé de citoyens romains) (lat. legio) ; armée (exercitus) épée (lat. spatha) cohorte de fantassins (lat. cohors) bouclier long (lat. scutum) archer (lat. sagittarius)
Alemany, A., 2000, Sources on the Alans. A critical compilation, Leyde, Boston, Cologne, Handbook of Oriental Studies VIII, 5. Bosworth, A. B., 1977, « Arrian and the Alani », HSPh 81, p. 217-255. —, 1993, « Arrian and Rome. The Minor Works », ANRW II, 34, 1, p. 226-275.
(210) Il est étonnant de lire ici que les Alains sont armés à la légère et montent des chevaux sans protection alors que le reste du texte, confirmé par de nombreuses autres sources (par exemple la colonne Trajane, cf. Renoux 2010, p. 156-157), atteste du fait que la cavalerie des Alains comprenait des cataphractaires et que leur cuirasse était extrêmement difficile à percer. A. B. Bosworth essaie de résoudre la contradiction en invoquant Plutarque, Lucullus XXVIII, 4, qui indique que les cavaliers parthes étaient vulnérables au niveau des cuisses et leurs chevaux, au niveau du ventre. Cf. Bosworth 1977, p. 235-236. Mais, une fois encore, le texte résiste à l’analyse. On pourrait également comprendre que tous les cavaliers alains n’étaient pas armés de la même façon et que ceux d’entre eux qui étaient chargés d’encercler l’armée ennemie n’étaient pas des cavaliers cuirassés, mais des cavaliers légèrement armés, plus rapides et plus mobiles, mais aussi plus vulnérables. (211) Comme l’indique A. G. Roos en introduction de l’édition Teubner (p. XXI), un folium du Laurentianus a été perdu, ou plutôt séparé du reste du texte, car il contenait au verso le début d’un autre traité de stratégie. Pour Stadter, il manquerait l’équivalent d’une vingtaine de lignes de l’édition Teubner. H. Tonnet considère que cette lacune aurait pu contenir le récit de l’affrontement réel, selon une composition en deux parties que l’on retrouve chez Thucydide et Xénophon et qui fait suivre les dispositions prises par le bon général du récit de la bataille, mais cela est difficilement concevable en une vingtaine de lignes. Cf. Stadter 1980, p. 208, n. 38 ; Tonnet 1988, p. 50.
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Wilfried Soret