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Timestamp: 2019-08-19 08:39:04+00:00
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Euthanasie - 1 - Funéraire info
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La Sarco Capsule, euthanasie et suicide
Voici comment cela fonctionne: L’utilisateur potentiel remplit un sondage en ligne qui évalue sa santé mentale, et s’il passe le test, ils reçoit un code d’accès qui fonctionne pendant 24 heures. Après la saisie du code et une confirmation supplémentaire, la capsule Sarco se remplira d’azote liquide pour ramener le niveau d’oxygène à environ 5%. En une minute, l’utilisateur s’évanouit, et quelques minutes plus tard, la mort arrive.
Nitschke promet que la mort est relativement indolore…
C’est le «droit d’un adulte rationnel d’avoir une mort paisible», a-t-il déclaré, ajoutant que «toute personne âgée de plus de 70 ans devrait pouvoir mourir».
Fin de vie, euthanasie : jusqu’à quand la vie mérite-t-elle d’être vécue ?
Au début du mois, les médias ont relayé l’histoire mise en lumière par Anne Bert elle-même sur la maladie de Charcot et en horizon, la législation sur la fin de vie. Nous sommes deux ans après l’adoption de la loi Claeys-Leonetti. Cette loi a instauré le droit à la sédation profonde et continue pour les malades en phase terminale.
Pourtant votée à une large majorité, la ministre de la santé Agnès Buzyn, assure que pour l’instant « le sujet n’est pas à l’ordre du jour ». Une phrase inaudible pour les personnes concernées, leurs familles, médecins, infirmières en soin palliatif, ni pour la société. Une décision politique dans la lignée de celle du Président de la République qui avait assuré pendant sa campagne vouloir une avancée sur le sujet, mais sans se précipiter. En revanche, la loi sur la bioéthique est prévue pour 2018, à ce titre, la ministre de la santé n’exclue pas rouvrir le sujet à ce moment là.
La Belgique, l’eldorado de la fin de vie et de la mort ?
Il y en a qui vont en Roumanie pour des soins dentaires, ou au Brésil, au Magreb pour la chirurgie esthétique, en Hongrie pour l’ophtalmologie et d’autres en Belgique pour le droit à mourir. C’est ce qui a déclenché cette vague de polémique suite à l’annonce d’Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot qui a annoncé publiquement se rendre prochainement en Belgique pour y être euthanasiée. En effet en Belgique, l’euthanasie est légale depuis près de 15 ans maintenant. Une réponse face à la détresse de certaines personnes en fin de vie, qui réclament le droit à mourir dans la dignité. En Belgique les médecins affirment recevoir de plus en plus de demandes de françaises. Mais ce n’est pas si simple, il ne s’agit pas de passer la frontière et d’en finir avec la douleur et la détresse, il faut établir une relation de confiance avec le médecin, les dossiers sont analysés scrupuleusement pour n’omettre aucun détail éthique ou moral. À ce titre, entre la prise de contact et l’acte en lui-même il se passe en général plusieurs mois, loin des dires et des rumeurs véhiculées en France.
Une loi sur la fin de vie mal connue
À chaque fois que je viens vous parler d’euthanasie, cela suscite une vague d’émotion sur les réseaux sociaux, et c’est normal. Dans la même veine, 80% des français sont favorables à l’euthanasie, mais tous disent mal connaître la loi. Seul l’arrêt des soins est aujourd’hui légal dans notre pays, pourtant plus de 45 % des individus pensent que la loi autorise l’euthanasie par injection létale. Il ne reste plus qu’un individu sur 10 pour expliquer ce qu’il y a vraiment dans la loi Claeys-Leonetti. Le texte prévoit la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour certaines personnes. En ce qui concernent les directives anticipées tous ou presque jugent primordial que leurs proches connaissent leurs souhaits en la matière sauf que personne ou presque n’a rédigé un tel acte.
La maladie de Charcot, une maladie invisible ?
Dans le cas précis d’Anne Bert, c’est la société qui s’interroge, le magazine La Croix a récemment publié un article qui vient contrecarrer la décision d’Anne Bert tout en « respectant son choix ». D’autres points de vue s’élèvent en disant que l’euthanasie n’est pas forcément la seule alternative à la maladie de Charcot et des témoignages viennent appuyer ces dires en expliquant vouloir profiter des derniers instants jusqu’au bout.
Un débat quasi sans fin, qui malgré une forte volonté de l’opinion publique n’est pour l’instant pas près de bouger. L’on peut comprendre la position du gouvernement de faire attention au moindre mouvement sur cette loi de la fin de vie qui représente par ailleurs, déjà une certaine avancée. Mais la question reste ouverte : jusqu’à quand la vie mérite-t-elle d’être vécue ?
Le conseil constitutionnel renforce la loi Léonetti sur l’arrêt des soins
Aujourd’hui, pour certains c’est le dernier jour de la déclaration d’impôt, il y a des « ah zut » qui viennent d’apparaître. Mais juin c’est aussi tout un tas de nouvelles lois, décrets, augmentations, promesses. Parmi les choses importantes le Conseil constitutionnel a validé la procédure collégiale d’arrêt des traitements pour les patients hors d’état d’exprimer leur volonté. Un point, sur la fin de vie.
Suite aux affaires, de Vincent Lambert et Marwa, une association de familles de traumatisés crâniens avait saisi le gardien des libertés publiques pour prendre en compte l’arrêt des traitements.
La loi Léonetti/Claeys est la seule loi sur la fin de vie en France et prévoit jusqu’à aujourd’hui que seul le médecin à le droit de prendre la décision de l’arrêt des traitements. Cette décision, forte de conséquence n’est prise qu’en cas où la poursuite des soins est une obstination totalement déraisonnable et en souffrance par rapport au patient. Le médecin valide cette décision après une procédure collégiale.
Après consultation, le pouvoir médical est renforcé et dit que seul le médecin reste l’unique décideur lorsqu’on est pas en mesure de connaître la volonté du patient. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein des associations qui regrette qu’il faille aller devant le juge à chaque désaccord. Pour eux, le médecin devrait prendre en compte le choix des familles des patients pour l’aider dans sa décision.
Le conseil constitutionnel quant à lui, à rappelé que c’était le droit de la famille de saisir le juge en cas de désaccord avec le choix du médecin, sauf que ce choix existe déjà.
Ceci s’applique uniquement dans le cas où la volonté du patient est inconnue, dans les autres cas, le médecin s’engage à respecter scrupuleusement les directives anticipées, ou à consulter la personne de confiance.
Une précision tout de même le Conseil constitutionnel précise que la décision du médecin doit être notifiée aux personnes auprès desquelles le médecin s’est enquis de la volonté du malade, « dans des conditions leur permettant d’exercer un recours en temps utile ». D’autre part, ce recours doit pouvoir être « examiné dans les meilleurs délais par la juridiction compétente », aux fins d’obtenir la suspension éventuelle de la décision contestée. Ce qui devrait mettre fin au décès prématuré de personnes dont la famille était en désaccord pour l’arrêt des soins.
L’aide au suicide diffère de l’euthanasie au sens où le suicide assisté permet à la personne. D’avoir un environnement et des moyens nécessaires pour son suicide. C’est le « patient » lui-même qui déclenche sa mort et non un tiers. Le suicide médicalement assisté permet d’aider des patients à mettre eux-mêmes un terme à leur vie à cause de souffrances jugées intolérables.
Quelques pays ont légalisé certaines formes d’aide au suicide, en France c’est la loi Léonetti sur la fin de vie qui est la plus aboutie sur la question.
Le suicide médicalement assisté est illégal dans la plupart des pays hormis quelques exceptions telles que : la Suisse, les Pays-Bas, cinq états des États-Unis et le Canada.
Le suicide assisté a été rendu légal en premier lieu en Suisse en 1942.
Pays-Bas : Légale depuis 2002.
États-Unis : le suicide médicalement assisté est légal dans l’Oregon depuis 1998 et est également légal dans les États de Washington, Montana, Vermont et Californie.
Au Canada, le suicide assisté a été rendu légal le 17 juin 2016.
En France, le suicide assisté est interdit.
Toutes sortes de procès sont en cours dans différents pays nous pensons évidemment à l’histoire douloureuse de Vincent Humbert ainsi que celle de Vincent Lambert. Mais aujourd’hui ça n’est pas de la France dont je voudrais vous parler mais des Pays-Bas.
Courrier International a publié récemment un article sur le cabinet de Mark Rutte ( gouvernement ) au Pays-Bas. Il souhaite légaliser l’aide au suicide pour les personnes âgées qui ne veulent plus vivre. Une proposition controversée qui vient vraiment à contre courant de celles proposées jusqu’alors puisque le suicide assisté concernait surtout les personnes malades dont la souffrance n’était plus supportable, sans aucun espoir d’amélioration. Pourtant la majorité des députés semblent, contre toute attente, soutenir cette proposition.
Un projet de loi va être dessiné afin de dépénaliser cette assistance pour personnes âgées. Là encore une distinction est faite entre euthanasie et suicide assisté puisque l’euthanasie concerne uniquement les patients en souffrance.
Derrière tout ça, c’est le gouvernement qui s’insurge contre les libéraux-conservateurs. Le sujet est intéressant au sens où il touche à la question de l’impact du deuil traité à l’occasion des Assises le 3 Octobre dernier en France. La solitude suite au décès du conjoint, la perte de lien social, etc. conduisent certaines personnes âgées à motiver leur droit à mourir considérant leur vie comme finie et bien vécue.
La religion dans tout ça ?
On le voit très bien dans les pays conservateurs ou dans ceux où la peine de mort est encore appliquée, la mort est une punition. Pour les partis confessionnels des Pays-Bas, le débat est tout autre, il doit appuyer en faveur d’une meilleure prise en charge des soins des personnes âgées dans une population vieillissante.
Un débat qui ne fait que commencer mais qui est une vraie question d’actualité et ce, indépendamment des Pays-Bas.