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Timestamp: 2019-08-18 08:32:03+00:00
Document Index: 17296867

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Affaire PUECH c/CNRS : arrêt de renvoi du 12/09/2007 - Inventions de salariés et de dirigeants sociaux, procédure civile
4ème Chambre –Section A
ARRET DU 12 SEPTEMBRE 2007
(n° , 6 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général : 06/15211
Décision déférée à la Cour : Jugement du 25 Avril 2006 – Tribunal de Grande instance de paris – RG n°
Agissant poursuites et diligences de son représentant légal
représentée par la SCP FISSELIER- CHILOUX-BOULAY, avoués à la Cour,
assistée de Me Françoise ESCOFFIER et Me Pierre VERON, avocats au barreau de PARIS,
toque : P24
Demeurant 14 Avenue de Breteuil
assisté de Me Yves MARCELLIN, avocat au barreau de PARIS, toque D 420
Madame Ameda SAIED
Demeurant 3 rue Fagon
Monsieur Pascal LAUGIER
Demeurant 93 rue Nollet
Demeurant 11 rue Charpentier
En application des dispositions des articles 786 et 910 du nouveau Code de procédure civile, l’affaire a été débattue le 3 mai 2007 en audience civile, les avocats ne s’y étant pas opposés, devant Monsieur Alain CARRE- PIERRAT, Président, chargé d’instruire l’affaire.
Monsieur Alain CARRE- PIERRAT, président,
Madame ROSENTHAL- ROLLAND conseiller,
Madame CHANDELON, conseiller,
Greffier : lors des débats : Mlle Céline SANCHEZ
- prononcé publiquement par Monsieur Alain CARRE- PIERRAT, Président
- signé par Monsieur Alain CARRE- PIERRAT, président et par Mme VIGNAL, greffier présent lors du prononcé.
Vu le jugement rendu le 2 avril 2002 par le tribunal de grande instance de Paris qui a débouté le CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE(ci- après le CNRS), Geneviève BERGER, Amena SAIED et Pascal LAUGIER de leurs demandes, condamné le CNRS à payer à Michel PUECH la somme de 155 000 euros à titre de dommages et intérêts du fait de la présente procédure abusive et des pressions exercées par ce dernier et celle de 7700 euros a titre des dispositions de l’article 700 du nouveau Code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens ;
Vu l’arrêt rendu le 10 septembre 2004 par la cour d’appel de Paris qui a infirmé le jugement du 2 avril 2002, sauf en ce qu’il a attribué à Michel PUECH la paternité de l’invention objet du brevet n° 97 16071 et d PCT et déclaré recevable sa demande en dommages et intérêts, et statuant à nouveau, dit que le CNRS sera substitué à Michel PUECH comme propriétaire des brevets français n ° 97 16071 et du PCT n° 98 02788 et de tous les brevets étrangers qui découleront de cette demande, et dit que sera mentionné Michel PUECH comme inventeur sur lesdits brevets, chacune des parties conservant la charge de ses dépens ;
Vu l’arrêt rendu le 25 avril 2007 par la Cour de cassation qui a cassé et annulé, mais seulement en ce qu’il a dit que le CENTRE NATIONAL DE LA RECHERHE SCIENTIFIQUE propriétaire du brevet français n° 97 16071 ainsi que de la demande PCT n° 98 07288 et de tous les brevets étrangers qui découleront de cette demande, et en ce qu’il a rejeté la demande de Michel PUECH en dommages et intérêts, l’arrêt rendu le 10 septembre 2004 entre les parties, par la Cour d’appel de Paris, et remis en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt, et pour être fait droit, les a renvoyées devant la présente Cour autrement composée ;
Vu la déclaration de saisine du CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ;
Vu les conclusions, en date du 14 septembre 2006, aux termes desquelles le CENTRE NATIONAL de la RECHERCHE SCIENTIFIQUE se désiste de sa déclaration de saisine précitée à l’encontre de Geneviève BERGER, Amena SAIED et Pascal LAUGIER ;
Vu les dernières conclusions signifiées le 12 mars 2007, par lesquelles le CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE, poursuivant l’infirmation du jugement rendu le 2 avril 2002 par le tribunal de grande instance de Paris en ce qu’il a débouté de son action en revendication du brevet français n° 97 16071 et des brevets étrangers découlant et l’a condamné à payer des dommages et intérêts à Michel PUECH, demande, aux termes d’un dispositif comportant une énumération de dire et juger et de constater que ne saurait constituer des prétentions au sens de l’article 4 du nouveau Code de procédure civile, à la Cour, statuant à nouveau, de :
· juger que les dépôts au nom de Michel PUECH du brevet français n° 97 16071 et de la demande de brevet PCT/FR 98 02788 ont été effectués au mépris de ses droits et, en conséquence, faire droit à sa demande de revendication en propriété du brevet français n° 97 16071 et de la demande PCT/FR 98 02788,
· juger qu’il sera substitué à Michel PUECH comme propriétaire du brevet français n° 97 16071 et de la demande PCT/FR 98 02788 ainsi que de tous les brevets étrangers qui découleront de cette demande,
· condamner Michel PUECH à lui payer une somme de 300 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de ces agissements et dont il a connaissance à ce jour, sauf à parfaire au jour où il pourra effectivement se prévaloir de la propriété des brevets litigieux et lui donner acte de ce qu’il se réserve alors de demander Michel PUECH la réparation de l’entier préjudice qui viendrait à apparaître,
· lui donner acte de ce qu’il se réserve de demander réparation du préjudice de l’inaction fautive de Michel PUECH à l’égard des contrefacteurs des brevets revendiqués,
· subsidiairement, surseoir à statuer sur l’action en revendication du brevet français n° 97 16071 jusqu’à ce que la juridiction administrative éventuellement saisie pour statuer sur la légalité du règlement de travail interne du LIP ait définitivement tranché,
· en tout état de cause, déclarer mal fondée la demande reconventionnelle en dommages et intérêts de Michel PUECH et la rejeter, le débouter de l’ensemble de ses demandes et le condamner au paiement d’une somme de 30 000 euros au titre des dispositions de l’article 700 du nouveau Code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens de première instance et d’appel ;
Vu les ultimes conclusions, en date du 16 mai 2007 , aux termes desquelles Michel PUECH, poursuivant la confirmation du jugement du 2 avril 2002 en ce qu’il a débouté le CNRS de toutes se demandes notamment à dire que les dépôts au nom de Michel PUECH des demandes de brevet français n° 97 16071 et de brevet PCT/FR n°98 02788 ont été effectuées en fraude de ses droits et à en revendiquer la propriété aux fins de se voir substituer à lui comme propriétaire desdits titres et de tous les brevets étrangers qui découlent de la demande PCT et en ce qu’il a condamné le CNRS à lui payer des dommages et intérêts du fait de la présente procédure abusive qu’il a initiée et des fautes par lui commises, demande à la Cour de ;
· juger qu’il est l’unique propriétaire du brevet français n°97 16071 et du brevet PCT/FR 98 02788 ainsi que de tous les brevets étrangers qui découlent de la demande PCT (à savoir JAPON 2000-525034, BRESIL PI 9813704, CANADA 2315911, USA 09/581,515, EUROPE 98962512,4 et USA 10/981,727),
· élever le montant des dommages et intérêts à lui payer par le CNRS à la somme de 1 millions (sic) d’euros, ayant été privé en outre pendant 7 ans, à savoir depuis l’introduction de la procédure manifestement abusive du CNRS et en raison des multiples manœuvres de ce dernier, des redevances d’exploitation de son brevet d’invention,
· condamner le CNRS à lui payer une somme de 30 000 euros au titre des dispositions de l’article 700 du nouveau Code de procédure civile et en tous les dépens de première instance et d’appel ;
Considérant que pour un exposé complet des faits et de la procédure, il est expressément renvoyé au jugement déféré et aux écritures des parties ; qu’il suffit de rappeler que :
· les brevets litigieux protègent une invention mise au point au sein du LABORATOIRE D’IMAGERIE PARAMETRIQUE (ci- après LIP), unité du CNRS, au sein duquel Michel PUECH a réalisé, du mois de mars au mois de juillet 1997, un stage dans le cadre d’un DEA de génie biomédical organisé par l’université de technologie de Compiègne,
· Michel PUECH s’était vu confié comme sujet le transfert in vivo de méthodologie de caractérisation de tissus oculaires par échographie de haute fréquence,
· Le 18 décembre 1997, Michel PUECH a déposé le brevet français n° 97 16071 intitulé : Utilisation d’un transducteur ultrasonore pour l’exploitation échographique du segment postérieur du globe oculaire, une demande internationale PCT/FR 98/02788, sous priorité du brevet français, a été, le 18 décembre 1998, déposé (sic) par Michel PUECH,
· Le 12 janvier 1998, le CNRS a déposé une demande de brevet n° 98 00209 portant sur un procédé d’exploration et de visualisation de tissus d’origine humaine ou animale à partir d’une sonde ultrasonore à haute fréquence, mentionnant Geneviève BERGER, Amena SAIED et Pascal LAUGIER, en qualité d’inventeurs,
· C’est dans ces circonstances que le CNRS a engagé la présente procédure en revendication du brevet français n° 97 16071 et des demandes déposées sous sa priorité, avec modification du nom des inventeurs pour y inclure Geneviève BERGER, Amena SAIED et Pascal LAUGIER ;
· Sur la propriété du brevet français n° 97 16071 et du brevet PCT/FR 98 02788 :
Considérant que l’arrêt de cassation énonce, au visa des articles L. 611-6 et L. 611-7 du Code de la propriété intellectuelle, que « le droit au titre de propriété industrielle appartient à l’inventeur et que les exceptions à ce principe ne résultent que de la loi » :
Considérant qu’il convient toutefois, de relever que l’article L.611-6 précité mentionne en outre que le droit au titre de propriété industrielle appartient à « l’ayant cause » de l’inventeur ;
Or considérant, en l’espèce que, pour revendiquer la propriété du brevet français n°97 16071, le CNRS entend exciper de sa qualité d’ayant cause de Michel PUECH, dont il est définitivement jugé qu’il est l’inventeur de ce brevet et que, circonstance établie et non contestée, ayant, au sein du laboratoire d’imagerie paramétrique, unité du CNRS, la qualité de stagiaire, il ne saurait lui être opposé celle de salarié ou d’agent public, auxquels sont applicables dispositions de l’article L. 611-7 précité ;
Et considérant que le CNRS soutient qu’elle tient sa qualité d’ayant cause de Michel PUECH du règlement de travail interne au LIP, signé, sous la mention « Je soussigné ( e ) atteste avoir pris connaissance du règlement ci- dessus et m’y conformer, par Michel PUECH, le 22 mai 1997 qui, en son article 3 dispose que :
L’étudiant, le stagiaire, le vacataire ou l’employé sur CDD est soumis aux obligations incombant à l ‘ensemble des agents publics (…)
Dans les cas où les travaux poursuivis permettraient la mise au point de procédés de fabrication ou techniques susceptibles d’être brevetés, les brevets, connaissances ou développements informatiques seront la propriété du CNRS ;
Considérant que le CNRS fait justement valoir que Michel PUECH qui en qualité de stagiaire, était un usager du service public administratif se trouvant, non pas dans une situation contractuelle, mais dans une situation régie par la loi et par les actes administratifs à portée générale d’organisation du service, de sorte qu’il était soumis au règlement intérieur édicté par le chef de service, autorité compétente pour définir les conditions d’organisation et de fonctionnement du service au sein duquel il accomplissait son stage ;
Considérant qu’il s’ensuit que ce règlement intérieur est de nature à conférer au CNRS la qualité d’ayant cause de Michel PUECH, à l’instar d’une convention écrite, lui ouvrant droit au titre de propriété industrielle du brevet litigieux ;
Considérant que par ailleurs, il n’est pas sans intérêt de relever que Michel PUECH a assisté le 17 novembre 1997, à une réunion au cours de laquelle il a été décidé de déposer un brevet au nom du CRS, sans qu’il émette une quelconque réserve, ni aucune protestation quant à la désignation des inventeurs portés sur le projet de brevet au cours de cette réunion ;
Mais considérant toutefois q’il se déduit des contestations élevées par Michel PUECH que celui- ci conteste la légalité de ce règlement intérieur ;
Or considérant qu’il n’appartient pas aux tribunaux de l’ordre judiciaire d’apprécier la légalité d’un acte administratif à caractère réglementaire, de sorte que, par application des dispositions de l’article 92 du nouveau Code de procédure civile, la Cour doit se déclarer incompétente pour apprécier la légalité de l’acte incriminé et surseoir à statuer jusqu’à ce qu’il soit définitivement statué sur la légalité du règlement intérieur du LIP ;
Qu’il convient d’enjoindre à Michel PUECH de saisir la juridiction de l’ordre administratif compétente dans les trois mois du prononcé du présent arrêt et de dire que faute par lui de déférer à cette injonction, la Cour en tirera toutes conséquences de droit ;
Enjoint à Michel PUECH de saisir dans les trois mois du présent arrêt, la juridiction de l’ordre administratif compétente pour voir statuer sur la légalité du règlement de travail interne au LABORATOIRE D’ IMAGERIE PARAMETRIQUE, par lui signé le 22 mai 1997,
Sursoit à statuer jusqu’à ce qu’il soit définitivement statué sur la légalité de ce règlement de travail,
Dit que l’affaire sera rappelé à l’audience tenue le 19 novembre 2007 à 13 heures par le conseiller de la mise en état aux fins de justification de la saisine de la juridiction de l’ordre administratif compétente ou, à défaut, de fixer une date d’audience, la Cour se réservant, à défaut d’une telle saisine, d’en tirer toutes le conséquences de droit.
Cour d’appel de Paris ARRET DU 12 SEPTEMBRE 2007
4ème Chambre, section A RG n° 06/15211
Posté par LARMORCATEL22 à 09:34 - Inventions de stagiaires/étudiants - Commentaires [0] - Permalien [#]
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