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Timestamp: 2020-01-23 02:10:59+00:00
Document Index: 212930261

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ETUDE DOCUMENTAIRE SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL DANS LA BRANCHE DES ACTEURS DU LIEN SOCIAL ET FAMILIAL - PDF Free Download
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Beatrice Michaud
1 ETUDE DOCUMENTAIRE SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL DANS LA BRANCHE DES ACTEURS DU LIEN SOCIAL ET FAMILIAL Etude réalisée par Emmanuelle Paradis Chef de projet prévention et santé au travail CIDES Chorum Elodie Jung Etudiante en Master 2 de Sociologie Université Paris V René Descartes Juin 2009
2 Sommaire Page Introduction 4 Le contexte de l étude Les métiers de la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial La démarche méthodologique de l étude Comment ces informations seront-elles traitées? 1. Données transversales sur la branche des acteurs du lien social et familial Données à caractère national Données sur les accidents du travail (AT) 7 Les facteurs contribuant à la survenue d accidents du travail Données sur les maladies professionnelles (MP) Données épidémiologiques sur la santé mentale des salariés Données recueillies par la branche professionnelle Caractéristiques des activités au sein de la branche Le lien avec un public Caractéristiques des métiers et formes d organisation du travail Les salariés et le projet de la structure Les risques professionnels identifiés à partir des données générales sur la branche Les risques physiques Les risques psychosociaux 18 Stress et organisation du travail Le contact avec un public 2. Métiers éducatifs et de l animation socioculturelle Caractéristiques des métiers Identification et profil des salariés 20 La particularité du personnel occasionnel Missions des salariés, d après la convention collective nationale du 4 juin Diplômes et formations Temps de travail Exposition à des contraintes professionnelles et conditions de travail L exposition à des contraintes professionnelles Eléments sur les conditions de travail dans les centres sociaux Eléments sur les conditions de travail dans les métiers de l animation 24 Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 2
3 2.3. Identification des risques professionnels dominants Le risque routier Les risques biologiques Métiers de la petite enfance Caractéristiques des métiers Présentation de l activité principale Conditions de travail Missions des salariés, d après la convention collective nationale du 4 juin Exposition à des contraintes professionnelles et conditions de travail Autres métiers Caractéristiques des métiers Exposition à des contraintes professionnelles et conditions de travail L exposition à des contraintes professionnelles dans les métiers d administration et de gestion L exposition à des contraintes professionnelles dans les métiers des services Identification des risques professionnels dominants Le travail sur écran Les contraintes posturales et la manutention de charges L exposition à des agents chimiques 36 Conclusion 37 Sources et bibliographie Données spécifiques à la branche des acteurs du lien social et familial 2. Données générales sur les associations 3. Données sur les activités et métiers de la branche 4. Données sur les accidents du travail et maladies professionnelles 5. Données sur la souffrance au travail des salariés 6. Données sur les risques professionnels Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 3
4 Introduction Le contexte de l étude Depuis plusieurs années, la France, comme les autres pays européens, est confrontée à d importants problèmes de santé au travail. Les troubles musculo-squelettiques (TMS), qui progressent de 20% chaque année, représentent 75% des maladies professionnelles reconnues en France par la caisse d assurance maladie et concernent tous les secteurs d activité. Le coût social, sur le territoire, lié aux risques psychosociaux est estimé entre 10 et 20% des dépenses de la Sécurité Sociale. Les différentes branches de l Economie Sociale sont elles aussi touchées par les problèmes actuels de santé au travail. La prévention des risques professionnels et l amélioration des conditions de travail sont des enjeux majeurs pour les structures et pour les salariés. Les professionnels relevant de la convention collective des acteurs du lien social et familial sont confrontés à des risques spécifiques. CIDES, «Chorum Initiatives pour le Développement de l Economie Sociale», est un pôle de recherche et d action créé par Chorum dans l objectif de promouvoir l identité et les spécificités de l économie sociale, aux côtés des organisations professionnelles, des mouvements fédératifs, de leurs centres de ressources et de l ensemble des salariés. Cides a été créé dans l objectif de promouvoir l identité et les spécificités de l économie sociale, et a notamment pour vocation de soutenir l entreprenariat de l économie sociale en aidant les structures dans leur rôle d employeur et en appuyant des démarches innovantes en termes, notamment, de prévention et santé au travail. Cides travaille en réseau et a pour souci premier la mutualisation des connaissances et leur essaimage afin que le plus grand nombre d acteurs de l économie sociale sur le territoire puisse en bénéficier. Le partenariat entre Chorum et les représentants de la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial a pour objet de développer la connaissance des risques professionnels et des conditions de travail de ces professionnels. Les métiers de la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial La Convention Collective Nationale a été signée le 4 juin Son application est obligatoire pour tous les centres sociaux et socioculturels, les associations de développement local et les associations d accueil de la petite enfance (depuis le 7 juillet 2007). Les associations relevant de la branche sont «des organismes de droit privé à but non lucratif qui gèrent des équipements sur un ou plusieurs secteurs géographiques. Ces équipements se définissent par : - leur vocation à caractère social global ; - leur vocation familiale et leur ouverture à toutes les catégories de population, quels que soient leur âge et leur origine ; - être un lieu d animation de la vie sociale ; - être un support d interventions sociale et culturelle concertées.» Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 4
5 D après la CCN, plusieurs types d emplois repères sont identifiés : - Le personnel en contact direct avec le public accueilli : Animation : animateur, assistant d animation, intervenant technique. Petite enfance : auxiliaire petite enfance, éducateur de jeunes enfants. - Le personnel d encadrement (directeur, coordinateur). - Le personnel administratif (assistant de direction, comptable, chargé d accueil, secrétaire). - Le personnel technique (agent de maintenance, personnel de service). L étude présentée ici traitera de ces différentes catégories de métiers, de façon transversale et de façon plus ciblée sur les familles de métiers, hormis pour le personnel d encadrement, pour lequel les éléments d analyse manquent à ce jour. La démarche méthodologique de l étude L objectif de la réalisation d une étude documentaire sur la prévention des risques professionnels et la santé au travail dans la branche des acteurs du lien social et familial est de permettre une vision d ensemble de la santé au travail des salariés de ce secteur. Il s agit d obtenir une «photographie» de l état de santé au travail dans le secteur de l économie sociale, et d élaborer des indicateurs permettant aux partenaires sociaux d approfondir la démarche de prévention et la veille sur les évolutions des risques les plus prévalents et le suivi des populations les plus exposées. Il n existe que peu d études portant sur la santé au travail dans l économie sociale, quels que soient les secteurs. Une lecture des sources utilisées, en fin de l étude, permet d identifier les types d informations disponibles : - Des informations sur la structure du salariat dans la branche. - Des éléments sur les risques professionnels dominants dans certains métiers de la branche. - Des données sur les accidents du travail et les maladies professionnelles en fonction des métiers ou des secteurs d activités, sans tenir compte de la nature de l employeur, relevant ou non de l économie sociale. - Des données sur les risques professionnels en fonction des métiers ou des secteurs d activités, sans tenir compte de la nature de l employeur, relevant ou non de l économie sociale. Le recueil d informations sur ce secteur d activités et son croisement avec des données recueillies au niveau national permet d établir une vision globale des problèmes principaux de santé. Ces données permettent de définir des hypothèses sur les risques professionnels. S il n est pas possible de définir la probabilité de survenue d un dommage, l approche statistique permettra en effet d identifier des caractéristiques en fonction des risques et des métiers. Cette étude se veut un des outils pour l identification des risques, en permettant de repérer des types de risques et d atteintes à la santé présents de façon significative dans la branche, en amont d une évaluation menée au sein d établissements de la branche. Comment ces informations seront-elles traitées? Dans une première partie, nous aborderons des données transversales sur la branche des acteurs du lien social et familial et ses salariés. Ces données portent sur les accidents du travail et maladies professionnelles, la dépressivité des salariés, sur la structure des associations de la branche et le salariat, sur les caractéristiques des activités développées au sein de la branche. Cette première partie se conclura sur une première approche des risques professionnels dans la branche. Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 5
6 Les sources utilisées pour cette première partie sont issues de données publiées par la CNAMTS, la DARES (Ministère du Travail), l INRS, l INVS, mais aussi par la CPNEF de la branche, et des études plus ponctuelles réalisées sur le secteur associatif. Dans une deuxième partie, nous aborderons de façon plus précise les métiers éducatifs et de l animation socioculturelle : caractéristiques des métiers, exposition à des contraintes professionnelles spécifiques, identification des risques professionnels dominants. Dans une troisième partie, nous étudierons plus particulièrement les caractéristiques professionnelles des métiers de la petite enfance, et leur exposition à des risques professionnels spécifiques. Enfin, dans une quatrième partie, nous verrons les caractéristiques des métiers d administration, de gestion et des métiers de services, ainsi que les contraintes professionnelles auxquelles ils sont statistiquement exposés. Ces deuxième, troisième et quatrième parties s appuient sur des sources très diverses : données rassemblées par la CPNEF de la branche, par la DARES, le CREDOC, études sectorielles, dossiers de l INRS A la fin de l étude, une présentation de l ensemble des sources utilisées est proposée. Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 6
7 1. Données transversales sur la branche des acteurs du lien social et familial L objectif de cette partie est de situer l étude dans un contexte général, au travers de données à caractère national concernant les accidents du travail, les maladies professionnelles ainsi que des données épidémiologiques sur la santé mentale des salariés (point 1). Une caractérisation des structures et des salariés de la branche professionnelle (point 2) ainsi que de leurs activités (point 3) permet d identifier les risques professionnels inhérents à la branche (point 4), qu il s agisse des risques physiques ou des risques psychosociaux Données à caractère national Données sur les accidents du travail (AT) Un accident du travail est un accident survenu par le fait ou à l occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d entreprise 1. Il doit ensuite faire l objet d une déclaration d accident du travail auprès de la Sécurité sociale. Le rapport Diricq 2 évaluait à le nombre d accidents du travail non déclarés à la Sécurité sociale ( accidents avec arrêts, accidents sans arrêt), à rapporter à un total de 1,3 millions d accidents du travail déclarés (soit environ 8%). Les accidents du travail pris en compte dans les statistiques sont ceux qui ont occasionné un arrêt de travail et ont été déclarés comme tels. A l échelon national, la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la CNAMTS compte environ 40 accidents du travail avec arrêt de travail pour salariés chaque année 3. L enquête SUMER 2003, qui portait sur un échantillon représentatif des salariés, a sensiblement les mêmes chiffres : 4,5% des salariés interrogés dans ce cadre ont eu au moins un accident du travail avec arrêt de travail au cours des douze mois précédant l enquête, hors accidents de trajet 4. La branche AT/MP de la CNAMTS réalise des statistiques par CTN («comité technique national», c est-à-dire grands secteurs d activités). Les activités du secteur de la branche des acteurs du lien social et familial se retrouvent essentiellement dans le CTN «Activités de services II et travail temporaire» (santé, action sociale, associations culturelles et socio-éducatives ). 1. Article L du Code de la Sécurité sociale. 2. Rapport de la commission instituée par l article L du code de la sécurité sociale, dit «rapport Diricq», de juin Statistiques générales Accidents du travail, 4. «Accidents et conditions de travail», Premières informations Premières synthèses, DARES, août 2007, N Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 7
8 Données 2006 de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la CNAMTS 5 : Activités de services II et travail temporaire ( salariés) Nombre total d AT avec arrêt Du fait d objets en cours de manipulation Nombre d AT avec arrêt (%) 4,4% des salariés concernés 28,8% du nombre d AT Nombre de journées avec IT Nombre de décès de la CTN - Du fait de chutes de plain-pied ,8% Du fait de chutes avec dénivellation ,6% Causes diverses (incendies, rixes, jeux et % sports, animaux, foudre ) - Du fait d objets ou masses en mouvement accidentel ,6% Du fait d objets en cours de transport manuel ,9% Du fait d appareils de levage et de manutention ,1% Du fait de véhicules (conducteurs, passagers ou piétons) - Du fait d outils pneumatiques (meules, ponceuses, marteaux, burins, scies, tondeuses ) - Du fait d appareils ou ustensiles mettant en œuvre des produits caustiques, corrosifs, toxiques ,3% ,2% ,75% Du fait de scies 826 0,6% Action sociale sous toutes ses formes (comprenant garderies, haltes-garderies, centres de réadaptation fonctionnelle et rééducation professionnelle, ESAT ) ( salariés) % des salariés concernés Du fait de chutes de plain-pied ,6% du nombre total d AT Du fait d objets en cours de manipulation ,5% Causes diverses (incendies, rixes, jeux et sports, animaux, foudre ) ,3% Du fait de chutes avec dénivellation ,6% Du fait d objets en cours de transport manuel ,3% Associations culturelles et socio-éducatives ne gérant pas d équipement ( salariés) ,3% des salariés concernés Du fait de chutes de plain-pied ,9% du nombre total d AT Causes diverses (incendies, rixes, jeux et sports, animaux, foudre ) ,2% Du fait de chutes avec dénivellation ,1% Du fait d objets en cours de transport manuel ,6% «Répartition par élément matériel à quatre chiffres et par CTN», Statistiques générales Accidents du travail, Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 8
9 Les métiers du CTN «Activités de services II» sont touchés par les accidents du travail à un taux proche de la moyenne nationale. Les causes importantes d accidents sont nombreuses, même si les chutes sont le premier facteur d accidents. L «action sociale» est globalement plus concernée (5% des salariés ont eu un accident, soit plus que la moyenne nationale et plus que la moyenne du CTN), et les associations culturelles et socio-éducatives le sont nettement moins. Les facteurs contribuant à la survenue d accidents du travail Dans le cadre de l enquête SUMER 2003, une des questions posées aux salariés interrogés portait sur les accidents du travail avec arrêt survenus au cours des douze mois précédents. Cette question a permis de dégager des indications concernant les salariés les plus exposés et les facteurs contribuant à la survenue des accidents du travail 6. Facteurs de risques : - Le bruit et le travail dans le froid. - Le port de charges plus de 10 heures par semaine. - La conduite sur la voie publique (6,2% d accidents). - L exposition à des agents biologiques. - La position debout et le piétinement prolongé. - Le travail dans des positions «pénibles» (travail à genou, bras en l air, par exemple, plus de 2 heures par semaine). - Le cumul des contraintes posturales ou articulaires entraîne les effets les plus néfastes (près de 9% d accidents avec arrêt à partir de trois contraintes posturales). - Le travail dans l urgence (salariés disant «devoir toujours se dépêcher» : 6,4% d accidents). - Les horaires imprévisibles ou irréguliers (6%). - Le manque d effectifs entraînant une surcharge de travail. L âge et l ancienneté : - L âge et l ancienneté diminuent les risques d accidents : 7,9% des moins de 25 ans ont eu un accident avec arrêt, tandis ce taux est de 3,2% pour les personnes ayant plus de 10 ans d ancienneté dans l établissement. - Cependant, avec l âge, la gravité des accidents augmente : la durée moyenne d arrêt est de 18,7 jours pour les moins de 25 ans, plus de 30 jours pour les plus de 40 ans. Les relations avec le public : - Travailler au contact avec le public n est pas en soi un facteur d accident du travail. - En revanche, les salariés qui signalent vivre toujours ou souvent des tensions avec le public risquent nettement plus souvent d être accidentés. Autres remarques : - Peu de différences selon la taille de l établissement. - L exposition à des produits chimiques n augmente pas le risque d accident, les effets en étant différés. - Les salariés exposés au travail sur écran plus de 20 heures par semaine sont moins sujets aux accidents. - L existence d un soutien de la part des supérieurs et des collègues est un facteur de protection de la santé. 6. «Accidents et conditions de travail», Premières informations Premières synthèses, DARES, août 2007, N Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 9
10 Données sur les maladies professionnelles (MP) Une maladie professionnelle est une atteinte à la santé liée à l exposition plus ou moins prolongée à un risque durant l activité professionnelle 7. La cause professionnelle de la maladie est rarement évidente et il est parfois très difficile de retrouver, parmi les produits manipulés, ceux qui peuvent être responsables des troubles constatés. Il existe aussi des maladies professionnelles consécutives à un accident du travail (ex. : tétanos après une blessure). Depuis 1919, une maladie peut être reconnue professionnelle si elle figure sur un des tableaux annexés au Code de la Sécurité sociale. Ces tableaux évoluent avec le temps. Un système complémentaire de reconnaissance existe, qui permet la reconnaissance comme maladie professionnelle de maladies figurant dans un tableau mais pour lesquelles toutes les conditions ne sont pas remplies, ou de maladies non mentionnées dans un tableau mais imputables à l activité professionnelle de la victime. La complexité du processus de reconnaissance des maladies professionnelles conduit à une sous-déclaration importante de celles-ci. Les éléments présentés ci-dessous proviennent du rapport Diricq. Il existe des associations de victimes des maladies professionnelles, qui estiment en général la sous-évaluation encore plus importante. On peut considérer ces évaluations comme un plancher. Evaluation de la sous-déclaration en fonction des pathologies selon le rapport Diricq 8 : Pathologies Nombre de cas déclarés, constatés et reconnus en 2002 ou 2003 (selon les pathologies) par le régime général Appréciation de la sous-déclaration pour les assurés au régime général Cancers professionnels cancers De à cancers Asthme 283 cas De 500 à cas TMS affections périarticulaires (tableau 57) Environ 50% des syndromes du canal carpien 9 Dermatoses 800 Semble importante 10 Lombalgies et dorsalgies Stress au travail et troubles psychosociaux 444 (tableau 97 vibrations) (tableau 98 charges lourdes) Prise en compte récente du stress professionnel Peu d éléments permettant d apprécier la sous-déclaration 11 1 à 1,4% de la population active serait touchée par une pathologie liée au stress professionnel 7. Pour plus d éléments sur les maladies professionnelles, consulter «Les maladies professionnelles Guide d accès aux tableaux du régime général et du régime agricole de la Sécurité sociale», guide édité par l INRS. 8. Rapport de la commission instituée par l article L du code de la sécurité sociale, dit «rapport Diricq», de juin 2005, p. 45 à Pour l ensemble des TMS, une étude de l INVS (Institut de Veille Sanitaire) dans les Pays-de-la-Loire estime qu un TMS des membres supérieurs peut être diagnostiqué pour 13% des salariés en Rapport Diricq, p Peu de données, mais une étude de 1992 estime les dermatoses chimiques professionnelles à cas en France. Rapport Diricq, p Un dossier de l INRS indique que les lombalgies sont à l origine d environ AT avec arrêt. Rapport Diricq, p. 55. Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 10
11 Les statistiques que nous allons évoquer ici ne tiennent compte que des maladies professionnelles, c est-à-dire reconnues formellement comme telles par la CNAMTS. Elles portent sur le CTN «Activités de services II et travail temporaire» (santé, action sociale, associations culturelles et socio-éducatives ). Données 2006 de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la CNAMTS 12 : Activités de services II et travail temporaire ( salariés) Nombre total de MP avec arrêt Tableau 57 (affections périarticulaires) Tableau 98 (affections du rachis lombaire liées à la manutention de charges) Nombre de MP avec arrêt (%) 0,11% des salariés concernés 85% du nombre total de MP Nombre de journées perdues Nombre de décès ,3% Tableau 65 (eczéma allergique) 124 3,6% Ensemble des grandes branches d activités ( salariés) ,24% des salariés concernés Ces données permettent de constater que les maladies professionnelles dominantes dans les métiers des «activités de services» sont les TMS, et que l exposition aux maladies professionnelles est en moyenne moins forte dans ces activités que dans l ensemble du salariat. 12. «Statistiques technologiques des maladies professionnelles Année 2006 Résultats ventilés par CTN», CNAMTS, Direction des risques professionnels, Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 11
12 Données épidémiologiques sur la santé mentale des salariés L Institut de Veille Sanitaire (INVS) a réalisé, en s appuyant sur les données de l enquête décennale santé de l INSEE menée en France en , une étude sur la prévalence de dépressivité parmi les actifs au travail 13. L indicateur de santé mentale étudié dans ce rapport est constitué de 20 items basés sur les symptômes cliniques de la dépression. Une codification des données recueillies permet d obtenir un score compris entre 0 et 60. Au-delà d un score supérieur à 17 pour les hommes et 23 pour les femmes, on considère que la personne présente une symptomatologie dépressive, appelée aussi dépressivité. La prévalence de dépressivité est d environ 11% parmi les actifs au travail, en moyenne. Elle varie selon les catégories sociales et les secteurs d activités. Prévalence de dépressivité selon l emploi exercé au moment de l enquête : % des hommes en situation de dépressivité % des femmes en situation de dépressivité Ensemble du tertiaire 11,7% 10,7% CDI 11,3% 10,3% CDD 15% 15,3% Cadres et professions intellectuelles supérieures 7,8% 7,6% Professions intermédiaires 10,1% 8,6% Employés 15,7% 12,3% Secteur des services collectifs, sociaux et personnels 13,6% 15,5% Professionnels de santé et du travail social 6,9% 6,6% Personnels des services directs aux particuliers 27,4% 14,1% Entre 2006 et 2008, l enquête Samotrace, pilotée par l INVS, a mobilisé 120 médecins du travail, qui ont suivi salariés des régions Centre, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire. Elle a permis de mesurer le sentiment de mal-être et d étudier les conditions de travail des salariés interrogés 14. Cette enquête valide notamment les effets négatifs sur la santé du déséquilibre entre efforts et récompense, du surinvestissement dans le travail, du manque de soutien de l encadrement ou des collègues, mais aussi du fait de travailler «d une façon qui heurte la conscience professionnelle». Il est à noter que, d après les résultats de cette enquête, 21% des hommes et 40% des femmes travaillant des les services collectifs, sociaux et personnels, sont en situation de souffrance psychique. 13. «Santé mentale et activité professionnelle dans l enquête décennale santé 2003 de l INSEE», rapport réalisé par l INVS, Institut de veille sanitaire, octobre Premiers résultats publiés : Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 12
13 1.2. Données recueillies par la branche professionnelle Les éléments présentés ici sont une synthèse des données rassemblées par l Observatoire Emploi-Formation de la CPNEF de branche 15. Des associations de petite taille (effectifs hors salariés occasionnels) : Moins de 5 ETP 34% des associations Moins de 5 personnes physiques 17% des associations 5 à 9 ETP 32% 5 à 9 personnes physiques 23% 10 à 19 ETP 16% 10 à 19 personnes physiques 16% 20 à 49 ETP 8% 20 à 49 personnes physiques 15% 50 ETP et plus 10% 50 personnes physiques et plus 10% Des salariés jeunes : - Moins de 25 ans : 23% (9,4% pour l ensemble du salariat) ans : 29% ans : 23% ans : 18% - 55 ans et plus : 7% (12% pour l ensemble du salariat) Une certaine fragilité de la situation des salariés : - Un turn-over fort : 38% en moyenne en Une proportion de salariés à temps partiel importante : 31% des salariés travaillent à temps plein. - Une proportion de CDI de 52% des salariés de la branche (hors salariés occasionnels). - Un salaire horaire brut moyen de 12,5. Un important accès à la formation : 19% des salariés de la branche ont bénéficié d une formation en En comparaison, pour l ensemble du salariat (moyennes 2007) 16, le taux d accès à la formation était de 12,9% dans les entreprises de 10 à 19 salariés. 15. «Note de cadrage 2007 Emploi-Formation», Observatoire Emploi-Formation, Branche professionnelle des centres sociaux, des établissements d accueil petite enfance et des associations de développement social local, Janvier «La formation professionnelle tout au long de la vie», Rapport de la Cour des Comptes, 2008, p. 39. Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 13
14 1.3. Caractéristiques des activités au sein de la branche Le lien avec un public L une des caractéristiques des activités déployées par les associations de la branche des acteurs du lien social et familial est le lien avec un ou des publics. Nous ne nous étendrons pas davantage ici, mais cette donnée sera présente dans les éléments d analyse qui suivront Caractéristiques des métiers et formes d organisation du travail Nous avons croisé ici un certain nombre d éléments caractéristiques des métiers de la branche des acteurs du lien social et familial. Nous n avons pas pris en compte, dans ce schéma, les métiers de direction et d encadrement, qui sont confrontés à des contraintes spécifiques. Contraintes physiques Contraintes organisationnelles Autonomie Soutien social Efforts physiques Port de charge, manutention, postures pénibles Contacts avec des agents chimiques ou biologiques Travail sur écran Contact avec un public Contact avec un public en difficulté Contraintes de rythme Polyvalence Tâches monotones et à faible contenu cognitif Autonomie Conduite de projets Situations de travail solitaire Travail au sein d un collectif Métiers de l animation X X X X X X Métiers de la petite enfance X X X X Personnels administratifs X X X X Personnels de service X X X X X X Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 14
15 Les salariés et le projet de la structure Dernier aspect important à aborder, une caractéristique forte des structures associatives est qu il s agit d organisations porteuses de projets, à la fois en termes de finalités et d organisation. Une étude menée par Chorum et la Fonda a souligné «la capacité de l économie sociale à susciter l engagement de bénévoles, mais aussi de salariés», même si «une grande part des acteurs a le sentiment de vivre une forme de banalisation des projets» 17. «Nombre de personnes ( ) sont en recherche de valeurs pour s engager face à un monde qui leur paraît fermé et traversé de nombreuses inégalités et précarités. ( ) Ainsi les salariés acceptent des salaires moins importants que ceux auxquels ils pourraient prétendre dans la fonction publique ou le secteur privé lucratif pour peu qu ils puissent vivre une expérience qui répond à leur désir "altruiste".» 18 Cette implication des salariés dans le projet peut également avoir pour pendant une implication dans la gestion de la structure. L étude Chorum-Fonda a montré que, même lorsque les salariés ne perçoivent pas la dimension «associative» et le «projet» de leur structure, ils savent qu il s agit d un organisme à but non lucratif 19, conscience renforcée par la coprésence de salariés et de bénévoles, lorsque c est le cas. Dans l ensemble, même si l organisation des structures de l économie sociale ne laisse pas toujours une grande place aux salariés (l étude Chorum-Fonda décrit le management comme «plutôt directif», par exemple 20 ), on constate une implication dans le projet de la structure qui se traduit souvent par une capacité d innovation dont on trouve de nombreux exemples, dans les associations notamment «L articulation entre l offre des organismes de l économie sociale, leur management et les aspirations et comportements des nouveaux acteurs salariés et bénévoles», étude Chorum Fonda soutenue par la Fondation Crédit Coopératif, , p Etude Chorum Fonda, p Etude Chorum Fonda, p «L accent mis sur les compétences techniques se fait au détriment des compétences managériales. Résultat : des faiblesses sont manifestes pour ce qui relève des capacités à décider, à déléguer, à communiquer ou encore à animer. Il en découle que le mode de management de l économie sociale est plutôt directif. A la décharge de ses dirigeants salariés, les conseils d administration précisent rarement ce que pourrait être un mode de management spécifique à l économie sociale, par exemple en termes de partage des valeurs ou d altruisme.», Etude Chorum Fonda, p Une étude menée en par le CEE montre que «Pour qu un processus d innovation s engage, il faut que la structure reconnaisse à ses salariés une capacité et une légitimité à développer des actions spécifiques, une sorte de spécialisation informelle. ( ) Toute innovation demande une certaine liberté d action.», et recense de nombreuses pratiques innovantes dans les missions locales. «Innover dans le social : l exemple des missions locales», Connaissance de l emploi, CEE, N 12, février Conditions de travail dans la branche des acteurs du lien social et familial Chorum Page 15
Monographie de l emploi de qualité dans l ESS
Monographie de l emploi de qualité dans l ESS Synthèse de l étude documentaire réalisée par CIDES-CHORUM Charlotte DUNOYER DE SEGONZAC, Chef de projet emploi et ressources humaines Sylvie KACZMAREK, Chef