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Timestamp: 2018-11-13 22:49:49+00:00
Document Index: 266810162

Matched Legal Cases: ['art. 1', 'art. 2', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 2']

Question 145 : De l’honnêteté
Apres avoir parlé de la pudeur nous avons à nous occuper de l’honnêteté. — A ce sujet quatre questions se présentent : 1° Comment l’honnête se rapporte-t-il à la vertu ? — 2° Comment se rapporte-t-il au beau ? — 3° Comment se rapporte-t-il à ce qui est utile et agréable ? — 4° L’honnêteté est-elle une partie de la tempérance ?
Article 1 : L’honnête est-il la même chose que la vertu ?
Objection N°1. Il semble que l’honnête ne soit pas la même chose que la vertu. En effet Cicéron dit (De invent., liv. 2) que l’honnête est la chose qu’on désire pour elle-même. Or, on ne désire pas la vertu pour elle-même, mais pour la félicité ; car Aristote dit (Eth., liv. 1, chap. 9) que la félicité est la récompense de la vertu et sa fin. L’honnête n’est donc pas la même chose que la vertu.
Réponse à l’objection N°1 : Comme le dit Aristote (Eth., liv. 1, chap. 7), parmi les choses qu’on désire pour elles-mêmes, il y en a que l’on ne désire que pour elles et jamais pour autre chose. Telle est la félicité, qui est notre fin dernière. Il y en a d’autres qu’on désire pour elles- mêmes, parce qu’elles ont en elles une certaine bonté, quand même elles ne nous conduiraient pas à d’autres biens, et qui sont néanmoins désirables pour un autre but, parce qu’elles nous conduisent à un bien plus parfait (Cicéron expose ces mêmes observations (De invent., liv. 2, chap. 52). C’est ainsi qu’on doit désirer les vertus pour elles-mêmes. C’est ce qui fait dire à Cicéron (loc. cit.) qu’il y a des choses qui nous attirent par leur puissance et qui nous charment par leur noblesse, telles que la vertu, la vérité, la science, et cela suffit à la nature de l’honnête.
Objection N°2. D’après saint Isidore (Etym., liv. 10, ad litt. H), l’honnêteté est en quelque sorte un état d’honneur. Or, on doit honorer beaucoup d’autres choses que la vertu ; car ce qu’on doit en propre à la vertu c’est la louange, comme le dit Aristote (Eth., liv. 1, chap. 12). L’honnêteté n’est donc pas la même chose que la vertu.
Réponse à l’objection N°2 : Parmi les choses qu’on honore indépendamment de la vertu, il y en a qui l’emportent sur la vertu ; par exemple, Dieu et la béatitude. Ces choses ne nous sont pas connues par l’expérience (L’honnête implique l’honneur, et l’honneur ne se rend qu’à ce que l’on connaît, comme on le voit par la réponse suivante.), comme les vertus d’après lesquelles nous agissons tous les jours. C’est pourquoi la vertu revendique plutôt pour elle le nom de l’honnête. Il y a d’autres choses qui sont au-dessous de la vertu, et qu’on honore parce qu’elles l’aident à produire ses actes, comme la noblesse, la puissance et les richesses. Car, comme le dit Aristote (Eth., liv. 4, chap. 3), il y en a qui honorent ces choses, mais dans la réalité il n’y a que celui qui est bon qui doive être honoré. Et comme on n’est bon que par la vertu, il s’ensuit que la louange est due à la vertu, selon qu’on doit la désirer pour une autre fin ; et l’honneur, selon qu’on doit la rechercher pour elle-même. C’est ainsi qu’elle a la nature de l’honnête.
Objection N°3. Ce qu’il y a de principal dans la vertu consiste dans le choix ou l’élection intérieure, comme le dit Aristote (Eth., liv. 8, chap. 13). Or, l’honnêteté parait appartenir davantage aux rapports extérieurs, d’après ces paroles de saint Paul (1 Cor., 14, 40) : Que tout se passe parmi vous honnêtement et avec ordre. L’honnêteté n’est donc pas la même chose que la vertu.
Réponse à l’objection N°3 : Comme nous l’avons dit (dans le corps de cet article.), l’honnête implique un devoir d’honneur. L’honneur est un témoignage rendu à ce qu’il y a d’éminent dans une personne, comme nous l’avons dit (quest. 103, art. 1 et 2). Un témoignage ne porte que sur ce que l’on connaît. Or, comme les sentiments intérieurs ne se manifestent à l’homme que par ses actes extérieurs, il s’ensuit que les rapports extérieurs ont la nature de l’honnête, parce qu’ils sont une manifestation de notre droiture intérieure. C’est pourquoi l’honnêteté consiste radicalement dans la détermination intérieure, et elle a pour signe ou pour expression la conduite extérieure.
Objection N°4. L’honnêteté paraît consister dans les richesses extérieures, d’après ces paroles de l’Ecriture (Ecclésiastique, 11, 14) : Les biens et les maux, la vie et la mort, la pauvreté et l’honnêteté viennent de Dieu. Or, la vertu ne consiste pas dans les richesses extérieures. L’honnêteté n’est donc pas la même chose que la vertu.
Réponse à l’objection N°4 : L’opinion vulgaire, la supériorité de fortune rendant un homme digne d’honneur, il en résulte que l’on emploie quelquefois le mot d’honnête pour exprimer la prospérité extérieure de quelqu’un (Ainsi on dit vulgairement de quelqu’un qu’il a une honnête aisance.).
Mais c’est le contraire. Cicéron (De offic., liv. 1, in tit. De quatuor virt. De invent., liv. 2) divise l’honnête en quatre vertus principales, comme il divise la vertu. Par conséquent l’honnête est la même chose que la vertu.
Conclusion L’honnête se rapporte à la même chose que la vertu ; c’est pourquoi ces deux choses sont en réalité les mêmes, quoiqu’elles soient distinctes de nom et rationnellement.
Il faut répondre que, comme le dit saint Isidore (loc. cit.), l’honnête désigne un état honorable ; par conséquent il semble qu’on donne à une chose le nom d’honnête par là même qu’elle est digne d’honneur. L’honneur, comme nous l’avons dit (quest. préc., art. 2, Réponse N°2), est dû à ce qui excelle. L’excellence de l’homme se considère principalement d’après la vertu, qui est la disposition de ce qui est parfait à ce qu’il y a de mieux (Cette disposition d’une chose parfaite à ce qu’il y a de mieux est la disposition du sujet à son opération, qui est appelée, dans la langue péripatéticienne, la seconde perfection du sujet.), d’après Aristote (Phys., liv. 7, text. 17 et 18). C’est pourquoi l’honnête, à proprement parler, se rapporte à la même chose que la vertu.
Article 2 : L’honnête est-il la même chose que le beau ?
Objection N°1. Il semble que l’honnête ne soit pas la même chose que le beau. Car la raison de l’honnête vient de l’appétit, puisque l’honnête est ce qu’on désire pour lui-même. Or, le beau se rapporte plutôt à la vue à laquelle il plaît. Par conséquent il n’est pas la même chose que l’honnête.
Réponse à l’objection N°1 : L’objet qui meut l’appétit est le bien perçu. Or, ce qui paraît beau quand on le perçoit est considéré comme convenable et bon. C’est pourquoi saint Denis dit (De div. nom., chap. 4) que tout le monde aime ce qui est beau et bon. Par conséquent l’honnête, selon ce qu’il a de beau spirituellement, devient désirable. C’est ce qui fait dire à Cicéron (De offic., liv. 1) : Vous voyez la forme et pour ainsi dire la face de l’honnête ; si vous la perceviez des yeux, elle produirait en vous un amour ineffable pour la sagesse, comme dit Platon.
Objection N°2. Le beau demande un certain éclat qui appartient à l’essence de la gloire ; au lieu que l’honnête se rapporte à l’honneur. Par conséquent, puisque l’honneur et la gloire diffèrent, comme nous l’avons dit (quest. 103, art. 1, Réponse N°3), il semble aussi que l’honnête diffère du beau.
Réponse à l’objection N°2 : Comme nous l’avons dit (quest. 103, art. 1, Réponse N°3), la gloire est un effet de l’honneur. Car, par là même que quelqu’un est honoré ou qu’il est loué, il devient illustre aux yeux des autres. C’est pourquoi, comme ce qui est honorifique et glorieux est une même chose, de même ce qui est honnête et beau.
Objection N°3. L’honnête est la même chose que la vertu, comme nous l’avons dit (art. préc.). Or, il y a une beauté qui est contraire à la vertu ; c’est ce qui fait dire à Ezéchiel (16, 15) : Ayant mis votre confiance dans votre beauté, vous vous êtes abandonnés à la fornication en votre nom. L’honnête n’est donc pas la même chose que le beau.
Réponse à l’objection N°3 : Cette objection repose sur la beauté corporelle. D’ailleurs on pourrait dire aussi que la beauté spirituelle est une cause de fornication spirituelle, dans le sens qu’on s’enorgueillit de l’honnête lui-même, d’après ces paroles du même prophète (Ez., 28, 17) : Votre cœur s’est élevé dans son éclat, vous avez perdu votre sagesse en vous enorgueillissant de votre beauté.
Mais c’est le contraire. L’Apôtre dit (1 Cor., 12, 23) : Ce qu’il y a en nous de moins honnête est ce que nous traitons avec le plus d’honnêteté ; au lieu que ce qu’il y a en nous de plus honnête n’a pas besoin de ces précautions. Or, il appelle en cet endroit déshonnête les membres qui sont honteux, et honnêtes ceux qui sont beaux. Le beau et l’honnête paraissent donc être une même chose.
Conclusion Entre l’honnête et le beau spirituel, il n’y a pas de différence.
Il faut répondre que, comme on peut le conclure des paroles de saint Denis (De div. nom., chap. 4), l’éclat et la justesse des proportions concourent à la production du beau. Car, d’après ce Père, on dit que Dieu est beau parce qu’il est la cause de l’accord et de l’éclat qui brillent entre tous les êtres. Par conséquent la beauté du corps consiste en ce que l’homme ait les membres du corps bien proportionnés, avec l’éclat de la couleur qui leur convient. De même la beauté spirituelle consiste en ce que la vie extérieure de l’homme ou son action soit bien proportionnée conformément à la lumière spirituelle de la raison. C’est ce qui appartient à la nature de l’honnête, qui, comme nous l’avons dit (art. préc.), est identique à la vertu qui règle toutes les choses humaines d’après la raison. C’est pourquoi l’honnête est la même chose que le beau spirituel. C’est ce qui fait dire à saint Augustin (Quæst., liv. 83, q. 30) : L’honnête est la beauté intelligible que nous appelons proprement spirituelle. Puis il ajoute qu’il y a beaucoup de beautés visibles que l’on appelle honnêtes dans une acception qui est moins propre.
Article 3 : L’honnête diffère-t-il de l’utile et de l’agréable ?
Objection N°1. Il semble que l’honnête ne diffère pas de l’utile et de l’agréable. En effet on appelle honnête ce que l’on désire pour lui-même. Or, on désire la délectation pour elle-même ; car il paraît ridicule de rechercher pourquoi l’on veut être délecté, comme le dit Aristote (Eth., liv. 10, chap. 2). L’honnête ne diffère donc pas de l’agréable.
Réponse à l’objection N°1 : On appelle honnête ce qui est recherché pour lui-même par l’appétit rationnel, qui tend à ce qui est conforme à la raison, au lieu que l’agréable est recherché pour lui-même par l’appétit sensitif.
Objection N°2. Les richesses sont comprises dans le bien qui est utile. Car Cicéron dit (De invent., liv. 2) : Il y a une chose que l’on ne doit pas rechercher à cause de sa puissance et de sa nature, mais à cause des avantages et de l’utilité qu’on en retire, c’est l’argent. Or, les richesses ont la nature de l’honnête, puisqu’il est dit (Ecclésiastique, 11, 14) : La pauvreté et l’honnêteté, c’est-à-dire les richesses, viennent de Dieu. Et plus loin (13, 2) : Il met un lourd fardeau sur ses épaules, celui qui se lie à un plus honnête ou à un plus riche que lui. L’honnête ne diffère donc pas de l’utile.
Réponse à l’objection N°2 : On emploie le mot honnête à l’égard des richesses, d’après l’opinion d’une foule d’individus qui les honorent, ou en tant qu’elles servent instrumentalement à faire des actes de vertu, comme nous l’avons dit (art. 1, Réponse N°2).
Objection N°3. Cicéron prouve (De offic., liv. 2, chap. 2 de utilit.) que rien ne peut être utile qu’il ne soit honnête, et saint Ambroise dit la même chose (De offic., liv. 2, chap. 6). L’utile ne diffère donc pas de l’honnête.
Réponse à l’objection N°3 : Cicéron et saint Ambroise ont voulu dire que rien de ce qui répugne à l’honnêteté ne peut être absolument et véritablement utile ; parce que ce qui est contraire à l’honnêteté répugne nécessairement à la fin dernière de l’homme, qui est le bien conforme à la raison ; quoique cet acte puisse être utile sous certain rapport, relativement à une fin particulière (Bentham, dans sa théorie de l’utile, fait reposer toute la morale sur cette idée unique. Le tort de son système, c’est d’avoir confondu l’utilité immédiate avec l’utilité absolue, et d’avoir fait des fins particulières les fins générales.). Mais ils n’ont pas voulu dire que tout ce qui est utile, considéré en soi, est honnête.
Mais c’est le contraire. Saint Augustin dit (Quæst., liv. 83, quæst. 30) : On appelle honnête ce que l’on doit rechercher pour lui-même, au lieu que l’utile c’est ce qui doit se rapporter à une autre chose.
Conclusion Quoique l’honnête, l’agréable et l’utile soient les mêmes choses subjectivement, cependant ils diffèrent entre eux rationnellement.
Il faut répondre que l’honnête se confond subjectivement avec l’utile et l’agréable, dont il diffère cependant rationnellement. Car on dit qu’une chose est honnête, comme nous l’avons observé (art. préc.), parce qu’elle, reçoit un certain éclat de la manière dont elle a été ordonnée par la raison. Or, ce qui a été ordonné conformément à la raison, est naturellement convenable à l’homme. Et chaque être se délecte naturellement dans ce qui lui convient. C’est pourquoi l’honnête est naturellement agréable à l’homme, comme le prouve Aristote à propos des opérations de la vertu (Eth., liv. 1, chap. 8). Cependant tout ce qui est agréable n’est pas honnête ; parce qu’une chose peut convenir aux sens sans être conforme à la raison. Alors elle délecte l’homme contrairement à la raison qui perfectionne sa nature. La vertu qui est honnête par elle-même se rapporte aussi à une autre chose comme à sa fin (Par conséquent elle est utile.), c’est-à-dire à la félicité. Ainsi l’honnête, l’utile et l’agréable sont subjectivement une même chose ; mais ils diffèrent rationnellement. Car on dit qu’une chose est honnête selon qu’elle a une certaine supériorité qui mérite d’être honorée, à cause de sa beauté spirituelle ; on dit qu’elle est agréable selon qu’elle satisfait l’appétit ; et on la juge utile selon qu’elle se rapporte à une autre. Cependant l’agréable a plus d’extension que l’utile et l’honnête, parce que tout ce qui est utile et honnête est agréable d’une certaine manière (Cette opposition résulte de la dégradation de l'homme, parce que si tous les instincts de l’homme étaient droits, il n’aimerait que ce qui est utile et honnête.), mais non réciproquement, comme on le voit (Eth., liv. 2, chap. 3).
Article 4 : Doit-on faire de l’honnête une partie de la tempérance ?
Objection N°1. Il semble qu’on ne doive pas faire de l’honnête une partie de la tempérance. Car il n’est pas possible que, par rapport au même objet, la même chose soit tout et partie. Or, la tempérance est une partie de l’honnête, comme le dit Cicéron (De invent., liv. 2). L’honnêteté n’est donc pas une partie de la tempérance.
Réponse à l’objection N°1 : La tempérance est prise par Cicéron pour une partie subjective de l’honnête, selon qu’on le considère dans toute sa généralité (Pris ainsi dans as généralité, l’honnête convient à toute vertu ; mais c’est dans le sens propre déterminé par saint Thomas qu’il faut l’entendre ici.) ; mais ce n’est pas l’honnête ainsi compris que nous considérons comme une partie de la tempérance.
Objection N°2. Il est dit (Esd., 3, 3) que le vin rend honnêtes tous les sentiments. Or, l’usage du vin, surtout l’usage superflu dont il paraît être question en cet endroit, appartient plutôt à l’intempérance qu’à la tempérance. L’honnêteté n’est donc pas une partie de la tempérance.
Réponse à l’objection N°2 : Le vin fait passer ceux qui sont ivres pour d’honnêtes gens, d’après leur propre sentiment, parce qu’il leur semble qu’ils sont grands et qu’on doit les honorer.
Objection N°3. On appelle honnête ce qui est digne d’honneur. Or, les justes et les forts sont ceux qu’on honore le plus, comme le dit Aristote (Rhet., liv. 1, chap. 9). L’honnêteté n’appartient donc pas à la tempérance, mais plutôt à la justice ou à la force. C’est ce qui a fait dire à Eléazar (2 Mach., 6, 28) : En combattant courageusement pour nos lois les plus saintes et les plus graves, je jouirai d’une mort honorable.
Réponse à l’objection N°3 : On doit à la justice et à la force plus d’honneur qu’à la tempérance, à cause de l’excellence du bien qui en est l’objet ; mais on doit honorer la tempérance davantage, parce qu’elle comprime les vices les plus honteux, comme on le voit d’après ce que nous avons dit (dans le corps de cet article.). Par conséquent on attribue de préférence l’honnêteté à la tempérance, d’après la règle de l’Apôtre (1 Cor., 12, 23) que ce qu’il y a de moins honnête en nous, c’est ce que nous traitons avec le plus d’honnêteté ; c’est-à-dire que nous voilons ce qu’il y a en nous de honteux.
Mais c’est le contraire. Macrobe fait de l’honnêteté une partie de la tempérance (in Somn. Scip., liv. 1, chap. 8), et saint Ambroise (De offic., liv. 1, chap. 43) l’attribue spécialement à cette vertu.
Conclusion L’honnêteté qui éloigne des hommes les choses les plus honteuses, telles que les jouissances de la brute, est une condition plutôt qu’une partie de la tempérance.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (art. 2), l’honnête est le beau spirituel. Le honteux est opposé au beau : Les choses opposées se manifestent le mieux réciproquement. C’est pourquoi l’honnêteté qui repousse ce qu’il y a dans l’homme de plus honteux et de moins convenable, les jouissances de la brute, paraît appartenir spécialement à la tempérance. Ainsi sous le nom de tempérance on comprend surtout le bien de la raison qui consiste à modérer et à tempérer les convoitises mauvaises ; et par conséquent l’honnêteté, selon qu’elle lui est attribuée sous un rapport spécial, est une de ses parties. A la vérité elle n’est ni une partie subjective, ni une partie potentielle, mais une partie intégrante, parce qu’elle est une de ses conditions.