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Timestamp: 2016-10-25 17:24:55+00:00
Document Index: 95384189

Matched Legal Cases: ['art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 96', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 116', 'art. 105', 'art. 116', 'art. 13', 'art. 116', 'art. 116', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 116', 'art. 96', 'art. 96', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 66']

4A_469/2010 (01.12.2010)
4A_469/2010
tous les deux repr�sent�s par Me Beno�t Carron, avocat,
Z.________ en liquidation,
repr�sent�e par Me Alexandre Montavon, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile
Dans le courant de l'ann�e 1996, A.________ SA, soci�t� anonyme inscrite au registre du commerce de Gen�ve, a acquis un yacht de type Sloop baptis� "H.________" de 34 m�tres de long, qui avait �t� construit en 1991 par la soci�t� I.________ et mis � l'eau pour la premi�re fois en 1991.
Peu apr�s cette acquisition, A.________ SA a, par contrat du 22 mars 1996, confi� au chantier de constructions navales B.________ S�rl � C.________ (France) le soin de proc�der � diff�rentes v�rifications et r�parations sur le yacht pour un prix global de 5'493'642 FF. L'entreprise fran�aise s'�tait engag�e notamment � contr�ler la g�om�trie des "t�tes de clous de rods". Plus tard, par lettre du 15 d�cembre 1997, elle confirmera avoir proc�d� � ce contr�le et d�tect� des fissures sur deux t�tes de clous, sur lesquelles la soci�t� D.________, fabricant de gr�ement pour les constructeurs de bateaux, �tait intervenue.
A la demande des futurs assureurs potentiels du yacht "H.________", E.________, expert maritime, a �t� charg� en novembre 1996 d'�tablir un bilan technique de l'�tat g�n�ral du yacht � la suite de sa r�novation et d'estimer sa valeur v�nale. L'expert a consid�r� que le bateau �tait dans un �tat satisfaisant, sous r�serve du gr�ement qu'il jugeait l�g�rement sous-dimensionn�.
A la suite de ce rapport, un contrat d'assurance a �t� conclu, selon certificat �mis le 22 novembre 1996, entre A.________ SA, en tant que propri�taire du bateau, et, en tant qu'assureurs, X.________ Ltd. � Londres (GB) � raison de 25% et Y.________ domicili� � Londres (GB), agissant pour le compte d'un pool, � raison de 75%. Ce contrat, intitul� "Yacht - Versicherung All Risk" a �t� conclu pour une dur�e d'une ann�e, soit du 21 novembre 1996 au 20 novembre 1997. Il renvoyait express�ment aux "Institute Yacht Clauses" du 1er novembre 1985 qui pr�voient, dans le pr�ambule, que le contrat d'assurance est soumis au droit et � la pratique anglaise.
Le 6 mai 1997, alors que le yacht "H.________" naviguait en mer des Cara�bes dans de bonnes conditions de navigation - la mer �tant peu agit�e avec un vent sud/est de 20 n?uds -, un des c�bles assurant la tension et le maintien du m�t a c�d� au niveau du ridoir; cette rupture a entra�n� la cassure nette du m�t au niveau du premier �tage de la barre de fl�che; afin d'�viter la d�t�rioration de la coque du bateau, le capitaine a fait sectionner les �l�ments restants du m�t, de sorte que le m�t et les voiles ont sombr� dans la mer.
Le lendemain de cet accident, le capitaine du voilier a, par t�l�copie du 7 mai 1997, d�clar� le sinistre aux assureurs.
A.________ SA a charg� B.________ S�rl de proc�der aux r�parations n�cessaires pour un montant total de 2'578'479 FF.
Une expertise pr�liminaire a d'embl�e �tabli qu'une t�te de rod �tait � l'origine du sinistre. Les parties au contrat d'assurance ont ensuite sollicit� quatre expertises, mais ne sont pas parvenues � trouver un terrain d'entente.
Par acte d�pos� au greffe du Tribunal de premi�re instance de Gen�ve le 4 avril 2002, A.________ SA a form� une demande en paiement dirig�e contre X.________ Ltd. et Y.________, leur r�clamant solidairement la somme de 838'561 fr.65 avec int�r�ts � 6% d�s le 5 ao�t 1999, montant correspondant au co�t total de la remise en �tat du bateau, soit sa r�paration, l'acquisition de nouvelles voiles et la couverture d'autres frais en relation avec l'incident.
La demanderesse a soulign� qu'il s'agissait d'une assurance "tous risques" et que, de surcro�t, les expertises montraient que le sinistre �tait d� � un vice latent du bateau, lequel �tait couvert par l'assurance.
Les d�fendeurs ont conclu au d�boutement, en soutenant que le dommage �tait d� soit � une usure naturelle des t�tes de rod, soit � un manque de diligence du propri�taire.
Le tribunal a ordonn� une expertise qu'il a confi�e � F.________, expert en construction navale agr�� aupr�s du Tribunal de Grande Instance de J.________, afin qu'il d�termine notamment la ou les causes de la rupture du hauban.
Dans son rapport d'expertise du 15 avril 2005, F.________ a conclu que les rods, au jour du d�m�tage, n'�taient pas en fin de vie, que la cause d�terminante du sinistre �tait un d�faut de forgeage de la t�te de rod du V1 b�bord et qu'il avait constat� �galement un d�faut de g�om�trie (asym�trie) affectant la t�te de rod du V1 b�bord. Lors de son audition, l'expert F.________ a confirm�, sous la foi du serment, que la cause d�terminante du d�m�tage r�sidait dans un d�faut de forgeage de cette t�te de rod.
Pendant le cours de la proc�dure, A.________ SA a c�d� ses pr�tentions � Z.________, soci�t� en commandite ayant son si�ge � Gen�ve. La raison sociale de cette derni�re est ensuite devenue Z.________ en liquidation, � la suite de sa dissolution publi�e le *** � la Feuille officielle suisse du commerce.
Par jugement rendu le 27 septembre 2007, le Tribunal de premi�re instance a condamn� les d�fendeurs, avec suite de frais et d�pens, � payer � Z.________ en liquidation la somme de 838'561 fr.65 avec int�r�ts � 6% d�s le 5 ao�t 1999.
Statuant sur appel des d�fendeurs, la Chambre civile de la Cour de justice, par arr�t du 25 juin 2010, a confirm� le jugement entrepris avec suite de frais et d�pens. Appliquant le droit anglais, la cour cantonale est parvenue � la conclusion que le contrat d'assurance conclu �tait un contrat "tous risques" ce qui impliquait qu'il incombait � l'assureur de prouver que le sinistre �tait d� � des faits express�ment exclus de l'assurance. Elle a consid�r� que les d�fendeurs n'�taient pas parvenus � apporter cette preuve, puisqu'il fallait retenir, en suivant les conclusions de l'expert, que le sinistre �tait d� � un vice de construction (lequel n'est pas exclu de l'assurance), � savoir un d�faut de forgeage d'une t�te de rod.
X.________ Limited et Y.________ exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal du 25 juin 2010. Soutenant qu'il y a eu arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits, ils concluent, sous suite de d�pens, � l'annulation de la d�cision attaqu�e et au d�boutement de la demanderesse, subsidiairement au renvoi de la cause � la cour cantonale.
L'intim�e a conclu au rejet du recours avec suite de d�pens.
1.1 Interjet� par les parties qui ont succomb� dans leurs conclusions lib�ratoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. b, 48 al. 1 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Il peut donc �tre form� pour violation d'un droit constitutionnel (ATF 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). En revanche, il r�sulte a contrario de l'art. 96 let. b LTF qu'il ne permet pas, dans une affaire p�cuniaire, de se plaindre d'une violation du droit �tranger lorsque celui-ci est applicable (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 447).
Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit dont il peut contr�ler le respect (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389).
Par exception � la r�gle selon laquelle il examine le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 136 I 184 consid. 1.2 p. 187; 133 IV 286 consid. 1.4 et 6.2). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
2.1 Le litige porte sur l'ex�cution du contrat conclu entre les recourants et A.________ SA.
En raison du domicile ou si�ge � l'�tranger des recourants, il rev�t un caract�re international (ATF 131 III 76 consid. 2.3; arr�t 4A_146/2009 du 16 juin 2009 publi� in SJ 2010 I p. 33 consid. 3.2).
Le Tribunal f�d�ral doit donc examiner d'office la question du droit applicable (ATF 136 III 142 consid. 3.2 p. 144; 135 III 562 consid. 3.2 p. 564; 131 III 156 consid. 3).
Pour le faire, il faut appliquer le droit international priv� du for et qualifier le rapport juridique selon la lex fori (ATF 136 III 142 consid. 3.2 p. 144; 135 III 562 consid. 3.2 p. 564).
Il n'est pas douteux que le contrat conclu doit �tre qualifi�, en droit interne suisse, de contrat d'assurance contre les dommages, puisque les recourants s'obligeaient, moyennant le paiement de primes, � verser des prestations � leur cocontractant en cas de r�alisation future d'un risque affectant le voilier.
Comme tout contrat, le contrat d'assurance est, en droit international priv� suisse, soumis au droit choisi par les parties (art. 116 al. 1 LDIP). Il a �t� constat� en fait - d'une mani�re qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) - que le contrat conclu se r�f�re � des normes pr�voyant l'application du droit anglais, de sorte que celui-ci a �t� choisi par les parties comme droit applicable au contrat. En cons�quence, le droit anglais est applicable en vertu de l'art. 116 al. 1 LDIP qui permet l'�lection de droit.
Il faut rechercher dans le droit qui est applicable toutes les normes n�cessaires pour statuer sur la validit� et les effets de la relation juridique (cf. art. 13 LDIP). Le droit applicable r�git la validit� de l'�lection de droit (art. 116 al. 2 2�me phrase LDIP), l'interpr�tation du contrat, le contenu et l'�tendue des obligations (Amstutz/Vogt/Wang, Commentaire b�lois, n� 52 ad art. 116 LDIP), la nature et les effets des obligations, ainsi que les cons�quences d'une inex�cution ou d'une mauvaise ex�cution (ATF 127 III 123 consid. 2d p. 126; 125 III 443 consid. 3c p. 447).
Le droit applicable r�gle �galement la question du fardeau de la preuve (Knoepfler/Schweizer/Othenin-Girard, Droit international priv� suisse, 3e �d., Berne 2005, n� 659), ainsi que le droit � la preuve (ATF 105 II 300 consid. 3 p. 303). On admet en effet que l'art. 8 CC ne s'applique qu'� des pr�tentions relevant du droit priv� f�d�ral (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522).
En revanche, savoir quelles sont les preuves qui peuvent �tre administr�es, comment elles doivent l'�tre et comment elles doivent �tre appr�ci�es sont des questions qui rel�vent de la lex fori (Knoepfler/Schweizer/Othenin-Girard, op. cit., n�s 661 et 665). L'administration d'une preuve et la mani�re dont elle doit �tre administr�e rel�ve en principe, pour une cause port�e devant un tribunal suisse, du droit cantonal (ATF 106 III 49 p. 50); il en va de m�me pour ce qui est de l'appr�ciation des preuves (ATF 117 III 29 consid. 3 p. 32).
2.2 En d�cidant d'appliquer le droit anglais, en vertu de la professio juris faite par les parties, la cour cantonale a correctement d�termin� le droit �tranger applicable en regard des r�gles du droit international priv� suisse (art. 116 al. 1 LDIP). Il n'y a donc sous cet angle aucune violation du droit f�d�ral (cf. art. 96 let. a LDIP).
La cour cantonale a d�termin� le contenu du droit �tranger et l'a appliqu�. Savoir si elle l'a bien ou mal appliqu� est une question, s'agissant d'une affaire p�cuniaire, qui est soustraite � l'examen du Tribunal f�d�ral (cf. art. 96 LDIP a contrario).
Le Tribunal f�d�ral se trouve donc li� par la constatation qu'il s'agit en l'esp�ce d'un contrat "tous risques" au sens du droit anglais et que, pour un tel contrat, il suffit que l'assur� prouve le dommage et qu'il incombe � l'assureur de prouver des faits permettant de constater que le sinistre est d� � une cause qui a �t� exclue de la couverture par la convention des parties.
Il faut encore relever � ce sujet que les recourants n'invoquent pas une application arbitraire du droit �tranger (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 447 s.), de sorte que, s'agissant d'un grief constitutionnel, le Tribunal f�d�ral n'a pas � examiner d'office une question qui n'a pas �t� soulev�e (art. 106 al. 2 LTF).
Pour ce qui est de l'administration des preuves et des normes d'appr�ciation, il vient d'�tre relev� que cette question est soumise au droit cantonal. Or, le recours en mati�re civile n'est pas ouvert pour se plaindre d'une violation du droit cantonal (cf. art. 95 et 96 LTF). Seule une application arbitraire de ce droit pourrait �tre invoqu�e (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.; 133 I 201 consid. 1 p. 203; 133 III 462 consid. 2.3 p. 466). Les recourants n'ayant pas invoqu� la violation arbitraire d'une r�gle d�termin�e du droit cantonal, la question n'a pas � �tre examin�e (art. 106 al. 2 LTF).
2.3 Il reste que les recourants peuvent se plaindre d'arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., au stade de l'appr�ciation des preuves et de l'�tablissement des faits (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF; ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5 p. 401).
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst, ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral n'annulera la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4; 134 I 263 consid. 3.1 p. 265 s.).
S'agissant plus pr�cis�ment de l'appr�ciation des preuves, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
2.4.1 Les recourants contestent devoir les prestations d'assurance qui leur sont r�clam�es en soutenant que les d�g�ts subis par le voilier le 6 mai 1997 seraient dus � l'usure normale des pi�ces ou � un d�faut d'entretien, hypoth�ses dans lesquelles la couverture d'assurance aurait �t� exclue.
La cour cantonale a retenu qu'ils n'avaient pas apport� cette preuve - qui leur incombait selon le droit anglais applicable - et que l'avarie �tait due � un vice initial (couvert par l'assurance), � savoir un d�faut de forgeage de la t�te de rod.
Dans leur recours, les assureurs soutiennent que la cour cantonale, pour parvenir � cette conclusion, a appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire.
Pour situer correctement le probl�me, il faut rappeler que les recourants - selon le droit anglais dont le Tribunal f�d�ral ne peut pas contr�ler l'application - assumaient le fardeau de la preuve et qu'il leur incombait d'�tablir que le sinistre avait une cause exclue par le contrat d'assurance. Ils devaient donc apporter la preuve positive de la cause du sinistre, en �tablissant une cause qui est exclue par la police d'assurance. Il ne suffirait donc pas, pour que la solution du litige soit modifi�e, que la cause r�elle de l'avarie apparaisse douteuse. Par ailleurs, il faut garder � l'esprit que l'examen, au stade du Tribunal f�d�ral, est limit� � l'arbitraire. Il ne s'agit donc pas d'appr�cier � nouveau les preuves apport�es, mais d'examiner si la d�cision cantonale est insoutenable. Comme les recourants devaient prouver que l'avarie avait une cause exclue de l'assurance, il faudrait, � ce stade de la proc�dure, qu'ils montrent qu'ils avaient apport� cette preuve de mani�re tellement �vidente que la cour cantonale, en le niant, a statu� de mani�re insoutenable.
2.4.2 Les recourants soutiennent que l'autorit� pr�c�dente a admis de mani�re arbitraire que les t�tes de rod n'�taient pas en fin de vie. La question est toutefois sans pertinence. En effet, la cour cantonale a retenu que le sinistre avait �t� caus� par un vice initial, � savoir un d�faut de forgeage d'une t�te de rod. D�s lors que la cause a �t� d�termin�e et qu'il ne s'agit pas de l'usure ou d'un mauvais entretien, il importe peu de savoir si les t�tes de rod - affect�es d'un d�faut � l'origine du sinistre - �taient ou non us�es (sur la question d�cisive en l'esp�ce, cf. infra consid. 2.4.3). Il faut en effet rappeler qu'une rectification de l'�tat de fait ne peut �tre demand�e que si elle est de nature � influer sur l'issue du litige (art. 97 al. 1 LTF) et qu'une d�cision ne peut �tre annul�e pour cause d'arbitraire que si elle appara�t arbitraire dans son r�sultat.
Au demeurant, l'argumentation pr�sent�e n'est pas vraiment convaincante. Les recourants soutiennent que l'expert a perdu de vue que le mod�le des t�tes de rod a �t� modifi� en 1994 et que les t�tes pos�es sur le bateau en 1991 n'�taient pas les m�mes qu'aujourd'hui. Ils admettent cependant que les anciennes t�tes de rod avaient une dur�e de vie de 20'000 miles, renouvelables apr�s ressuage. Selon les constatations cantonales, le ressuage n'est qu'un contr�le, et non pas une op�ration de restauration. Il est donc parfaitement possible que ce contr�le ait donn� un r�sultat positif et que les t�tes de rod aient pu vivre deux fois 20'000 miles, soit 40'000 miles comme l'a retenu la cour cantonale. Comme les calculs effectu�s par l'expert ne sont pas contest�s, il n'est pas douteux que ce nombre de miles n'�tait pas atteint et il n'est donc pas arbitraire de dire que les t�tes de rod n'�taient pas en fin de vie.
Les recourants soutiennent que la cour cantonale a admis de mani�re arbitraire que le ressuage avait �t� effectu� sur la base d'une d�claration �crite de l'entreprise fran�aise. Le ressuage n'�tant qu'une v�rification, son omission est certes imprudente, mais elle ne permet pas de dire quel aurait �t� le r�sultat du contr�le. L'omission du ressuage, � supposer qu'elle soit av�r�e, ne permet pas encore de dire que les t�tes de rod �taient us�es apr�s 20'000 miles ou exigeaient une quelconque r�paration. De surcro�t, la cour cantonale n'a pas retenu que le sinistre �tait d� � une usure que le ressuage aurait pu d�tecter, mais elle a au contraire admis que la cause en �tait un vice initial, � savoir un d�faut de forgeage de la t�te de rod. En cons�quence, la question de savoir s'il y a eu ou non un ressuage est sans pertinence.
Les recourants soutiennent que la cour cantonale a admis de mani�re arbitraire, en suivant l'expert judiciaire, que la t�te de rod incrimin�e �tait affect�e �galement d'un d�faut de sym�trie (� supposer qu'il s'agisse d'un d�faut distinct du d�faut de forgeage). Cette question est �galement sans pertinence, puisque la cour cantonale a retenu que la cause d�terminante du sinistre �tait un d�faut de forgeage de la t�te de rod, et non pas un d�faut de sym�trie. Savoir s'il s'ajoutait ou non un d�faut de sym�trie est une question qui ne peut pas modifier l'issue du litige.
Savoir comment les r�parations ont �t� faites apr�s l'accident, notamment s'il a �t� install� un rod avec double cardan, est �galement sans pertinence pour d�terminer la cause de l'avarie survenue le 6 mai 1997.
2.4.3 La question d�cisive est de savoir si la cour cantonale - comme le soutiennent les recourants - a admis de fa�on arbitraire que le sinistre avait �t� caus� par un d�faut de forgeage de la t�te de rod. Sur ce point, la cour cantonale a suivi l'opinion de l'expert judiciaire. Il n'est en soi pas arbitraire de donner la pr�f�rence � l'opinion de l'expert judiciaire, que le juge a choisi en toute ind�pendance et dont la seule mission est d'�clairer la justice, sans avoir aucun lien quelconque avec les parties (cf. ATF 124 I 170 consid. 4 p. 175). Lorsque l'autorit� cantonale adopte les conclusions de l'expert judiciaire, le Tribunal f�d�ral n'admet le grief d'arbitraire que si l'expert n'a pas r�pondu aux questions pos�es, si ses conclusions sont contradictoires ou si, d'une quelconque autre fa�on, l'expertise est entach�e de d�fauts � ce point �vidents et reconnaissables, m�me sans connaissance sp�cifique, que le juge ne pouvait tout simplement pas les ignorer (arr�t 4A_519/2009 du 14 janvier 2010 consid. 4.1).
En l'esp�ce, l'expert a r�pondu de mani�re claire et ses explications sont coh�rentes. Les recourants lui reprochent de ne pas avoir vu lui-m�me les t�tes de rod, mais cet argument n'est gu�re compatible avec les r�gles de la bonne foi puisque les recourants admettent eux-m�mes que l'expert leur a demand� les pi�ces et qu'ils ne les lui ont pas fournies. Il faut aussi observer que l'on ne se trouve pas dans le cas o� l'expert judiciaire serait seul de son avis face � une pluralit� d'expertises priv�es divergentes. En effet, un autre expert (G.________) est arriv� exactement � la m�me conclusion. Les recourants voudraient certes faire pr�valoir l'expertise dont les conclusions lui sont favorables, � savoir celles de l'Universit� de Southampton. Il n'incombe pas au Tribunal f�d�ral de faire l'expertise technique � la place des experts, ni de trancher entre des expertises contradictoires; son r�le se limite � examiner si l'autorit� cantonale pouvait, sans arbitraire, se rallier au r�sultat de l'expertise (arr�t 4A_519/2009 d�j� cit� consid. .1). Or, il ne saute pas aux yeux que l'expertise de l'Universit� de Southampton devait �tre pr�f�r�e � l'avis de l'expert G.________ et � celui de l'expert judiciaire. Surtout, les recourants ne montrent pas dans leur recours qu'ils auraient �tabli � l'�vidence que le sinistre avait �t� caus� par l'usure ou un d�faut d'entretien, ce qu'ils devaient prouver pour �chapper � leur obligation de payer.
En cons�quence, la d�cision cantonale ne peut pas �tre consid�r�e comme arbitraire.
Le recours doit d�s lors �tre rejet�.
Les frais judiciaires et les d�pens doivent �tre mis solidairement � la charge des recourants qui succombent (art. 66 al. 1 et 5, 68 al. 1, 2 et 4 LTF).
Les recourants, d�biteurs solidaires, verseront � l'intim�e une indemnit� de 12'000 fr. � titre de d�pens.