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Timestamp: 2018-04-21 15:53:54+00:00
Document Index: 76880325

Matched Legal Cases: ["l'article 36", "l'article 38", 'arrêt ', "l'article 36", "l'article 40", "l'article 79", "l'article 79", "l'article 76", "l'article 36", "l'article 36", 'art-\n20']

AFFAIRE DE CERTAINES TERRES À PHOSPHATES À NAURU - PDF
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2 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE RECUEIL DES ARRÊTS, AVIS CONSULTATIFS ET ORDONNANCES AFFAIRE DE CERTAINES TERRES À PHOSPHATES À NAURU (NAURU c. AUSTRALIE) ARRÊT DU 26 JUIN 1992 INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE REPORTS OF JUDGMENTS, ADVISORY OPINIONS AND ORDERS CASE CONCERNING CERTAIN PHOSPHATE LANDS IN NAURU (NAURU v. AUSTRALIA) PRELIMINARY OBJECTIONS JUDGMENT OF 26 JUNE 1992
3 Mode officiel de citation : Certaines terres àphosphates à Nauru (Nauru c. Australie), exceptions préliminaires, arrêt, C.I.J. Recueil 1992, p. 240 Official citation : Certain Phosphate Lands in Nauru (Nauru v. Australia), Preliminaty Objections, Judgment, I.C.J. Reports 1992, p. 240 ISBN No de vente : Sales number 616 /
4 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE juin Rôle général no juin 1992 AFFAIRE DE CERTAINES TERRES À PHOSPHATES À NAURU (NAURU c. AUSTRALIE) EXCEPTIONS PRÉLIMINAIRES Compétence de la Cour et recevabilité. Déclaration d'acceptation de la juridiction obligatoire excluant les ((différends au sujet desquels les parties ont convenu ou conviennent de recourir à une autre procédure de règlement pacifique)) - Application aux seuls Etats des déclarations faites au titre du paragraphe 2 de l'article 36 du Statut - Déclaration du défendeur et exclusion qu'elle comporte. Prétendue renonciation aux demandes formulées avant l'accession à l'indépendance - 1) Accord conclu entre les autorités locales d'un territoire sous tutelle et l'autorité administrante - Absence de clause explicite emportant renonciation - Absence de renonciation implicite - 2) Débats à l'organisation des Nations Unies - Sens des déclarations du représentant des autorités locales. Allégations de violations d'un accord de tutelle - «Effetjuridique définitif) des résolutions de IAssemblée générale mettant fin aux accords de tutelle - Conditions particulières dans lesquelles la tutelle sur Nauru a été levée - Question d'un quitus qu'aurait donné la résolution. Nécessité d'évaluer dans chaque espèce les effets de l'écoulement du temps quant à la recevabilité d'une requête. Allégation d'inconstance et de manque de bonne foi du demandeur - Absence d'abus de procédure. Mandat confié à «Sa Majesté britannique)) en tant que Souverain du Royaume-Uni, de l'australie et de la Nouvelle-Zélande - Tutelle confiée à IAustralie, à la Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni ((conjointement)) désignés comme autorité administrante - Absence de personnalité juridique internationale de I'autorité administrante - 1) Réclamations fondées sur le comportement du défendeur agissant en tant que l'un des trois Etats constituant I'autorité administrante - Assignation du défendeur seul, question indépendante de celle d'une éventuelle responsabilité «solidaire» - Possibilité pour la Cour de connaître d'une demande relative à la prétendue méconnaissance par le défendeur de ses obligations en vertu de l'accord de tutelle - 2) Principe fondamental du consentement
5 INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE YEAR June June General List No. 80 CASE CONCERNING CERTAIN PHOSPHATE LANDS IN NAURU (NAURU v. AUSTRALIA) PRELIMINARY OBJECTIONS Jurisdiction of the Court and admissibility. Declaration of acceptance of compulsoiy jurisdiction excluding "any dispute in regard to which the Parties thereto have agreed or shall agree to have recourse to some other method ofpeaceful settlement " - Application to States alone of declarations under Article 36, paragraph 2, of Statute - Respondent's declaration and exclusion for which itprovides. Alleged waiver of claims prior to independence - (1) Agreement between the local authorities of a trust territory and the Administering Authority - Absence of explicit clause operating as waiver - Absence of implicit waiver - (2) Discussions in the United Nations - Significance of statements by representative of the local authorities. Alleged breaches of a trusteeship agreement - "Definitive legal effect" of General Assembly resolutions terminating trusteeship agreements - Particular circumstances in which the Trusteeship over Nauru was terminated - Question of discharge said to have been given by resolution. Need to determine in each case effects of passage of time with regard to the admissibility of an application. Applicant's alleged inconsistency and lack of good faith - Absence of an abuse of process. Mandate conferred on "His Britannic Majesty "as Sovereign of the United Kingdom, Australia and New Zealand - Trusteeship granted to Australia, New Zealand and the United Kingdom 'fjointly" designated as Administering Authority - Absence of international legal personality of the Adrninistering Authority - (1) Claims based on conduct of Respondent as one of the three States making up the Administering Authority - Suing of Respondent alone a question independent of that ofpossible Joint and several" liability - Possibility of the Court's considering a clairn of alleged breach by Respondent of its obligations under Trusteeship Agreement - (2) Fundamentalprinciple of consent of States to Court's jurisdiction - Possibility of the Court's taking a decision without ruling on legalsituation
6 des Etats à la compétence de la Cour - Possibilité pour la Cour de prendre une décision sans se prononcer sur la situation juridique des Etats non parties - Situation dsfférente de celle dont la Cour a eu à connaître dans l'affaire de l'or monétaire. Paragraphe 1 de I'article 40 du Statut de la Cour et paragraphe 2 de l'article 38 de son Règlement - Demande tant formellement que matériellement nouvelle dont l'examen par la Cour emporterait transformation de l'objet du différend à elle originellement soumis. Présents: Sir Robert JENNINGS, Président; M. ODA, Vice-Président ; MM. LACHS, AGO, SCHWEBEL, BEDJAOUI, NI, EVENSEN, TARASSOV, GUILLAUME, SHAHABUDDEEN, AGUILAR MAWDSLEY, RANJEVA, juges; M. VALENCIA- OSPINA, Greffier. En l'affaire de certaines terres à phosphates à Nauni, entre la République de Nauni, représentée par M. V. S. Mani, professeur de droit international à l'université Jawaharlal Nehni de New Delhi; ancien secrétaire en chef et secrétaire du conseil des ministres de la République de Nauni, M. Leo D. Keke, conseiller du président de la République de Nauni; ancien ministre de la justice de la République de Nauni; membre du barreau de la République de Nauni et du barreau d'australie, comme coagents, conseils et avocats; S. Exc. M. Hammer DeRoburt, G.C.M.G., O.B.E., M.P., chef principal et président du conseil de gouvernement local de Nauni; ancien président et responsable de la présidence du conseil des ministres, ancien ministre des affaires extérieures et intérieures et de l'industrie des phosphates de la République de Nauni, M. Ian Brownlie, Q.C., membre du barreau d'angleterre; professeur de droit international public, titulaire de la chaire Chichele à l'université d'oxford; Fellow de l'al1 Souls College, Oxford, M. Barry Connell, professeur associé de droit à l'université Monash de Melbourne; membre du barreau d'australie; ancien secrétaire en chef et secrétaire du conseil des ministres de la République de Nauni, M. James Crawford, professeur de droit international, titulaire de la chaire Challis et doyen de la faculté de droit de l'université de Sydney; membre du barreau d'australie, comme conseils et avocats, le Commonwealth d'australie,
7 of non-party States - Situation different from that with which the Court had to deal in the Monetary Gold case. Article 40, paragraph 1, of the Statute of the Court and Article 38, paragraph 2, of the Rules of Court - Claim new in both fonn and substance whose examination by the Court would transfonn the subject of the dispute originally submitted to it. JUDGMENT Present: President Sir Robert JENNINGS; Vice-President ODA; Judges LACHS, AGO, SCHWEBEL, BEDJAOUI, NI, EVENSEN, TARASSOV, GUILLAUME, SHAHABUDDEEN, AGUILAR MAWDSLEY, RANJEVA; Registrar VALENCIA- OSPINA. In the case concerning certain phosphate lands in Nauru, between the Republic of Nauru, represented by Mr. V. S. Mani, Professor of International Law, Jawaharlal Nehru University, New Delhi; former Chief Secretary and Secretary to Cabinet, Republic of Nauru, Mr. Leo D. Keke, Presidential Counsel of the Republic of Nauru; former Minister for Justice of the Republic of Nauru; and Member of the Bar of the Republic of Nauru and of the Australian Bar, as Co-Agents, Counsel and Advocates; H.E. Mr. Hammer DeRoburt, G.C.M.G., O.B.E., M.P., Head Chief and Chairman of the Nauru Local Government Council; former President and Chairman of Cabinet and former Minister for External and Interna1 Affairs and the Phosphate Industry, Republic of Nauru, Mr. Ian Brownlie, Q.C., Member of the English Bar; Chichele Professor of Public International Law, University of Oxford; Fellow of Al1 Souls College, Oxford, Mr. Barry Connell, Associate Professor of Law, Monash University, Melbourne; Member of the Australian Bar; former Chief Secretary and Secretary to Cabinet, Republic of Nauru, Mr. James Crawford, Challis Professor of International Law and Dean of the Faculty of Law, University of Sydney; Member of the Australian Bar, as Counsel and Advocates, and the Commonwealth of Australia,
8 représenté par M. Gavan Griffith, Q.C., Solicitor-General d'australie, comme agent et conseil; S. Exc. M. Warwick Weemaes, ambassadeur d'australie aux Pays-Bas, comme coagent ; M. Henry Burmester, conseiller principal en droit international dans les services de l'attorney-general d'australie, comme coagent et conseil; M. Eduardo Jiménez de Aréchaga, professeur de droit international, Montevideo, M. Derek W. Bowett, Q.C., professeur émérite, ancien titulaire de la chaire Whewell de droit international à l'université de Cambridge, M. Alain Pellet, professeur de droit à l'université de Paris X-Nanterre et à l'institut d'études politiques de Paris, Mme Susan Kenny, du barreau d'australie, comme conseils; M. Peter Shannon, conseiller juridique adjoint au département des affaires étrangères et du commerce extérieur d'australie, M. Paul Porteous, premier secrétaire à l'ambassade d'australie aux Pays- Bas, comme conseillers, ainsi composée, après délibéré en chambre du conseil, rend l'arrêt suivant: 1. Le 19 mai 1989, le Gouvernement de la République de Nauru (dénommée ci-après Nauru) a déposé au Greffe de la Cour une requête introductive d'instance contre le Commonwealth d'australie (dénommé ci-après l'australie) au sujet d'un ((différend... relatif à la remise en état de certaines terres à phosphates [de Nauru] exploitées avant l'indépendance de Nauru S. Pour établir la compétence de la Cour, la requête invoque les déclarations par lesquelles les deux Etats ont accepté la juridiction obligatoire de la Cour dans les conditions prévues au paragraphe 2 de l'article 36 du Statut. 2. Conformément au paragraphe 2 de l'article 40 du Statut, la requête a été immédiatement communiquée au Gouvernement australien par le Greffier; conformément au paragraphe 3 de cet article, tous les autres Etats admis à ester devant la Cour ont été informés de la requête. 3. Les délais pour le dépôt du mémoire de Nauru et du contre-mémoire de l'australie ont été fixés par ordonnance du 18 juillet Le mémoire a été déposé le 20 avril 1990, dans le délai fixé à cet effet. Par lettre du 19 septembre 1990, l'agent de l'australie a fait connaître au Greffier qu'après avoir dûment examiné le mémoire de Nauru son gouvernement était varvenu à la conclusion que la Cour n'était pas compétente en l'espèce et que layequête n'était pas recevable: il informait en conséauence le Greffier aue l'australie soulèverait des excepfions préliminaires co~fonnément aux dispositions de l'article 79 du 6
9 represented by Mr. Gavan Griffith, Q.C., Solicitor-General of Australia, as Agent and Counsel; H.E. Mr. Warwick Weemaes, Ambassador of Australia to the Netherlands, as Co-Agent; Mr. Henry Burmester, Principal Adviser in International Law, Australian Attorney-General's Department, as Co-Agent and Counsel; Mr. Eduardo Jiménez de Aréchaga, Professor of International Law, Montevideo, Mr. Derek W. Bowett, Q.C., emeritus Whewell Professor of International Law, University of Cambridge, Mr. Alain Pellet, Professor of Law, University of Paris X-Nanterre and Institute of Political Studies, Paris, Ms Susan Kenny, of the Australian Bar, as Counsel; Mr. Peter Shannon, Deputy Legal Adviser, Australian Department of Foreign Affairs and Trade, Mr. Paul Porteous, First Secretary, Australian Embassy in the Netherlands, as Advisers, composed as above, after deliberation, delivers the following Judgment: 1. On 19 May 1989, the Government of the Republic of Nauni (hereinafter called "Nauni") filed in the Registry of the Court an Application instituting proceedings against the Commonwealth of Australia (hereinafter called "Australia") in respect of a "dispute... over the rehabilitation of certain phosphate lands [in Nauru] worked out before Naunian independence". To found the jurisdiction of the Court the Application relies on the declarations made by the two States accepting the jurisdiction of the Court, as provided for in Article 36, paragraph 2, of the Statute of the Court. 2. Pursuant to Article 40, paragraph 2, of the Statute, the Application was communicated forthwith by the Registrar to the Government of Australia; in accordance with paragraph 3 of that Article, al1 other States entitled to appear before the Court were notified of the Application. 3. Time-limits for the filing of the Memorial of Nauni and the Counter- Memorial of Australia were fixed by an Order of 18 July The Memorial was filed on 20 April 1990, within the time-limit fixed for this purpose. By a letter dated 19 September 1990, the Agent of Australia informed the Registrar that, after due consideration of the Memorial of Nauru, his Government had come to the conclusion that the Court had no jurisdiction in the case and that the Application was not admissible; he consequently informed the Registrar that Australia would raise preliminary objections in accordance with the provi-
10 Règlement de la Cour. Le 16 janvier 1991, dans le délai fixé pour le dépôt du contre-mémoire, le Gouvernement australien a présenté des exceptions préliminaires concluant à l'irrecevabilité de la requête et à l'absence de compétence de la Cour pour connaître des demandes y formulées. En conséquence, par une ordonnance en date du 8 février 1991, la Cour, constatant qu'en vertu des dispositions du paragraphe 3 de l'article 79 du Règlement la procédure sur le fond était suspendue, a fixé un délai pour la présentation, par le Gouvernement de Nauru, d'un exposé écrit contenant ses observations et conclusions sur les exceptions préliminaires. Cet exposé a été déposé le 17 juillet 1991, dans le délai prescrit, et l'affaire s'est trouvée en état pour ce qui est des exceptions préliminaires. 4. Des audiences publiques ont été tenues du 1 1 au 19 novembre ainsi que les 21 et 22 novembre 1991, au cours desquelles ont été entendus en leurs plaidoiries et réponses : Pour l'australie: M. Gavan Griffith, Q.C., M. Eduardo Jiménez de Aréchaga, M. Derek W. Bowett, Q.C., M. Henry Burmester, M. Alain Pellet. Pour Nauru: M. V. S. Mani, S. Exc. M. Hammer DeRoburt, G.C.M.G., O.B.E., M.P., M. Leo D. Keke, M. Barry Connell, M. Ian Brownlie, Q.C., M. James Crawford. A l'audience, des membres de la Cour ont posé aux deux Parties des questions auxquelles il a été répondu oralement ou par écrit. 5. Dans la procédure écrite, les conclusions ci-après ont été présentées par les Parties : Au nom du Gouvernement de Nauru, dans le mémoire : «Sur la base des moyens de fait et de droit présentés dans le présent mémoire, la République de Nauru Prie la Cour de dire et juger que l'etat défendeur assume la responsabilité du manquement aux obligations juridiques ci-après : Premièrement: les obligations énoncées à l'article 76 de la Charte des Nations Unies et aux articles 3 et 5 de l'accord de tutelle pour Nauru du 1 er novembre Deuxièmement: les normes internationales généralement reconnues comme étant applicables à la mise en œuvre du principe d'autodétermination. Troisièmement: l'obligation de respecter le droit de souveraineté permanente du peuple nauruan sur ses richesses et ressources naturelles.
11 sions of Article 79 of the Rules of Court. On 16 January 1991, within the timelimit fixed for the filing of the Counter-Memorial, the Government of Australia filed Preliminary Objections submitting that the Application was inadmissible and that the Court lacked jurisdiction to hear the claims made therein. Accordingly, by an Order dated 8 February 1991, the Court, recording that by virtue of the provisions of Article 79, paragraph 3, of the Rules of Court, the proceedings on the merits were suspended, fixed a time-limit for the presentation by the Government of Nauru of a Written Statement of its Observations and Submissions on the Preliminary Objections. That statement was filed on 17 July 1991, within the prescribed time-limit, and the case became ready for hearing in respect of the preliminary objections. 4. On 11 to 19, and 21 and 22 November 1991, public hearings were held in the course of which the Court heard the oral arguments and replies of the following : For Australia: Mr. Gavan Griffith, Q.C., Mr. Eduardo Jiménez de Aréchaga, Mr. Derek W. Bowett, Q.C., Mr. Henry Burmester, Mr. Alain Pellet. For Nauru: Mr. V. S. Mani, H.E. Mr. Hammer DeRoburt, G.C.M.G., O.B.E., M.P., Mr. Leo D. Keke, Mr. Barry Connell, Mr. Ian Brownlie, Q.C., Mr. James Crawford. During the hearings, questions were put by Members of the Court to both Parties, and replies were given either orally or in writing. 5. In the course of the written proceedings, the following submissions were presented by the Parties : On behalfof the Govemment of Nauru, in the Memorial: "On the basis of the evidence and legal argument presented in this Memorial, the Republic of Nauru Requests the Court to adjudge and declare that the Respondent State bears responsibility for breaches of the following legal obligations : First: the obligations set forth in Article 76 of the United Nations Charter and Articles 3 and 5 of the Trusteeship Agreement for Nauru of 1 November Second: the international standards generally recognized as applicable in the implementation of the principle of self-determination. Third: the obligation to respect the right of the Nauruan people to permanent sovereignty over their natural wealth and resources.
12 Quatrièmement: l'obligation de droit international général de ne pas exercer de pouvoirs d'administration de telle manière qu'il en résulte un déni de justice lato sensu. Cinquièmement: l'obligation de droit international général de ne pas exercer de pouvoirs d'administration de telle manière qu'il y ait un abus de droit. Sixièmement: le principe de droit international général selon lequel 1'Etat chargé d'administrer un territoire a l'obligation de ne pas apporter à celui-ci de modifications touchant à son état si ces modifications portent une atteinte irréparable à un intérêt juridique actuel ou éventuel d'un autre Etat sur ce territoire, ou lèsent cet intérêt de façon substantielle. Prie en outre la Cour de dire et juger que la République de Nauru a un titre juridiqu sur la part allouée à l'australie des avoirs d'outre-mer des British Pho&hate Commissioners qui ont été inventoriés et liquidés en application de l'accord trilatéral conclu le 9 février Prie la Cour de dire et juger que 1'Etat défendeur a le devoir de fournir une réparation appropriée pour le préjudice causé à la République de Nauru en raison du manquement à ses obligations juridiques telles qu'énoncées ci-dessus et du fait qu'il n'a pas reconnu l'intérêt de Nauru sur les avoirs d'outre-mer des British Phosphate Commissioners.» Au nom du Gouvernement australien, dans les exceptions préliminaires : «Se fondant sur les points de fait et de droit exposés dans les présentes exceptions préliminaires, le Gouvernement australien prie la Cour de dire et juger que la requête de Nauru est irrecevable et que la Cour n'a pas compétence pour connaître des demandes formulées par Nauru, pour toutes ou l'une quelconque des raisons exposées dans ces exceptions préliminaires.» Au nom du Gouvernement de Nauru, dans l'exposé écrit contenant ses observations et conclusions sur les exceptions préliminaires : «En considération de ce qui précède, le Gouvernement de Nauru prie la Cour : De rejeter les exceptions préliminaires de l'australie, et De dire et juger : a) que la Cour a compétence pour connaître de la demande présentée dans le mémoire de Nauru, et b) que la demande est recevable.» 6. Dans la procédure orale, les conclusions ci-après ont été présentées par les Parties : Au nom du Gouvernement australien, à l'audience du 2 1 novembre : «Se fondant sur les points de fait et de droit exposés dans ses exceptions préliminaires et ses plaidoiries, et pour tous les motifs et raisons qui y sont
13 Fourth: the obligation of general international law not to exercise powers of administration in such a way as to produce a denial of justice lato sensu. Fgth: the obligation of general international law not to exercise powers of administration in such a way as to constitute an abuse of rights. Sixth: the principle of general international law that a State which is responsible for the administration of territory is under an obligation not to bring about changes in the condition of the territory which will cause irreparable damage to, or substantially prejudice, the existing or contingent legal interest of another State in respect of that territory. Requests the Court to adjudge and declare further that the Republic of Nauru has a legal entitlement to the Australian allocation of the overseas assets of the British Phosvhate Commissioners which were marshalled and disposed of in accordance with the trilateral Agreement concluded on 9 February Requests the Court to adjudge and declare that the Respondent State is under a duty to make appropriate reparation in respect of the loss caused to the Republic of Nauru as a result of the breaches of its legal obligations detailed above and its failure to recognize the interest of Nauru in the overseas assets of the British Phosphate Commissioners." On behalfof the Govemment of Australia, in the Preliminary Objections : "On the basis of the facts and law presented in these Preliminary Objections, the Government of Australia requests the Court to adjudge and declare that the Application by Nauru is inadmissible and that the Court lacks jurisdiction to hear the claims made by Nauru for al1 or any of the reasons set out in these Preliminary Objections." On behalfof the Govemment of Nauru, in the Written Statement of its Observations and Submissions on the Preliminary Objections : "In consideration of the foregoing the Government of Nauru requests the Court : To reject the preliminary objections of Australia, and To adjudge and declare: (a) that the Court has jurisdiction in respect of the claim presented in the Memorialof Nauru, and (b) that the claim is admissible." 6. In the course of the oral proceedings, the following submissions were presented by the Parties : On behalfof the Govemment ofaustralia, at the hearing of 21 November 1991 : "On the basis of the facts and law set out in its Preliminary Objections and its oral pleadings, and for al1 or any of the grounds and reasons set out
14 exposés ou pour l'un quelconque d'entre eux, le Gouvernement australien prie la Cour de dire et juger que les demandes formulées à l'encontre de l'australie par Nauru dans sa requête et son mémoire sont irrecevables et que la Cour n'a pas compétence pour en connaître.» Au nom du Gouvernement de Nauru, a l'audience du 22 novembre : «En considération de ses pièces de procédure et plaidoiries, le Gouvernement de la République de Nauru prie la Cour: De rejeter les exceptions préliminaires soulevées par l'australie, et De dire et juger: a) que la Cour a compétence pour connaître des demandes présentées dans le mémoire de Nauru, et b) que les demandes sont recevables. Subsidiairement, le Gouvernement de Nauru prie la Cour de juger que certaines ou la totalité des exceptions préliminaires de 1'Australie n'ont pas, dans les circonstances de l'espèce, un caractère exclusivement préliminaire et, en conséquence, de joindre certaines ou la totalité de ces exceptions au fond.» 7. La Cour étudiera en premier lieu les exceptions soulevées par i'australie en ce qui concerne les conditions dans lesquelles le différend relatif à la remise en état des terres à phosphates exploitées avant le ler juillet 1967 est né entre Nauru et l'australie. Puis elle se penchera sur l'exception tirée du fait que la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ne sont pas parties à l'instance. Enfin elle se prononcera sur les exceptions dirigées contre les conclusions de Nauru afférentes aux avoirs d'outre-mer des «British Phosphate Commissioners P. 8. La Cour examinera tout d'abord la question de sa compétence. Dans sa requête, Nauru fonde cette compétence sur les déclarations par lesquelles l'australie et Nauru ont accepté la juridiction de la Cour dans les conditions prévues au paragraphe 2 de l'article 36 du Statut. Ces déclarations ont été déposées auprès du Secrétaire général de l'organisation des Nations Unies le 17 mars 1975 dans le cas de l'australie et le 29 janvier 1988 dans le cas de Nauru. La déclaration de Nauru dispose que l'acceptation par Nauru de la juridiction de la Cour ne s'étend pas aux «différends à l'égard desquels il existe un mécanisme de règlement d'un différend en application d'un accord entre la République de Nauru et un autre Etat». La déclaration de YAustralie précise, quant à elle, qu'elle «ne s'applique pas aux différends au sujet desquels les parties ont convenu ou conviennent de recourir à une autre procédure de règlement pacifique». 9. L'Australie se prévaut de cette dernière réserve pour soutenir que la
15 therein, the Government of Australia requests the Court to adjudge and declare that the claims by Nauru against Australia set out in their Application and Memorial are inadmissible and that the Court lacks jurisdiction to hear the claims." On behalfof the Government of Nauru, at the hearing of 22 November 1991 : "In consideration of its written and oral pleadings the Government of the Republic of Nauru requests the Court: To reject the preliminary objections raised by Australia, and To adjudge and declare: (a) that the Court has jurisdiction in respect of the claims presented in the Memorial of Nauru, and (b) that the claims are admissible. In the alternative, the Government of the Republic of Nauru requests the Court to declare that some or al1 of the Australian preliminary objections do Sot possess, in the circumstances of the case, an exclusively preliminary character, and in consequence, to join some or al1 of these objections tokhe merits." / 7. The Court will first consider those of Australia's objections which concern the circumstances in which the dispute relating to rehabilitation of the phosphate lands worked out prior to 1 July 1967 arose between Nauru and Australia. It will then turn to the objection based on the fact.- that New Zealand and the United Kingdom are not parties to the proceedings. Lastly, it will rule on the objections to Nauru's submissions relating to the overseas assets of the British Phosphate Commissioners. 8. The Court will begin by considering the question of its jurisdiction. In its Application, Nauru bases jurisdiction on the declarations whereby Australia and Nauru have accepted the jurisdiction of the Court under Article 36, paragraph 2, of the Statute. Those declarations were deposited with the Secretary-General of the United Nations on 17 March 1975 in the case of Australia and on 29 January 1988 in the case of Nauru. The declaration of Nauru stipulates that Nauru's acceptance of the Court's jurisdiction does not extend to "any dispute with respect to which there exists a dispute settlement mechanism under an agreement between the Republic of Nauru and another State". The declaration of Australia, for its part, specifies that it "does not apply to any dispute in regard to which the parties thereto have agreed or shall agree to have recourse to some other method of peaceful settlement". 9. Australia contends that as a result of the latter reservation the Court
16 Cour est incompétente pour statuer sur la requête de Nauru. Elle rappelle à cet effet que Nauru, après avoir été administrée sous mandat de la Société des Nations, a été placée sous le régime de tutelle prévu par le chapitre XII de la Charte des Nations Unies, en vertu d'un accord de tutelle approuvé par l'assemblée générale le le' novembre En application de cet accord, l'administration de Nauru devait être assurée par une autorité administrante composée des Gouvernements de l'australie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni. L'Australie expose que tout différend né au cours de la tutelle entre ((l'autorité administrante et les habitants autochtones» relevait de la compétence exclusive du Conseil de tutelle et de l'assemblée générale des Nations Unies. Ceux-ci, informés sur la situation à Nauru par les missions de visite nommées par le Conseil de tutelle, les pétitions des habitants et les rapports de l'autorité administrante, pouvaient faire des recommandations en ce qui concerne de tels différends, non seulement à cette autorité, mais encore aux représentants du peuple nauruan. Ils pouvaient en outre provoquer des négociations en vue d'aboutir au règlement de ces différends. Mais en tout état de cause, tout différend de ce type devrait, selon l'australie, être regardé comme réglé du fait même de la levée de la tutelle dès lors que celle-ci a été opérée sans réserve. 10. Au cas particulier, l'australie souligne que le conseil de gouvernement local de Nauru - organe représentatif de la communauté nauruane créé en 1951 et auquel, depuis 1963, incombaient, à de nombreux égards, les tâches administratives locales - a soulevé la question de la remise en état des anciennes terres a phosphates devant l'organisation des Nations Unies dès Cette question a été discutée dans les années qui suivirent tant au sein de l'organisation que lors de contacts directs. Au terme de ces discussions, un accord relatif à l'industrie des phosphates de l'île de Nauru a été conclu le 14 novembre 1967 entre le conseil de gouvernement local de Nauru, d'une part, et l'australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, d'autre part; selon l'australie, Nauru a, du fait de cet accord, renoncé à ses revendications concernant la remise en état des terres à phosphates. En outre, l'australie expose que l'assemblée générale des Nations Unies a levé la tutelle le 19 décembre 1967 sans formuler de réserve en ce qui concerne l'administration du territoire. Dans ces conditions, 1'Australie soutient qu'en ce qui concerne le différend faisant l'objet de la requête l'australie et Nauru étaient convenues «de recourir à une autre procédure de règlement pacifique», au sens de la réserve faite par l'australie dans sa déclaration. La Cour serait en conséquence incompétente pour connaître de ce différend. II. La Cour ne considère pas nécessaire d'entrer à ce stade dans le détail de l'argumentation ainsi avancée. En effet, les déclarations faites en application du paragraphe 2 de l'article 36 du Statut de la Cour ne peuvent viser que les différends entre Etats. La déclaration de l'australie ne couvre que ce type de litige; elle est faite expressément «a l'égard de tout autre Etat acceptant la même obligation...» Dans ces conditions, la question qui se pose en l'espèce ede savoir si l'australie et la République de Nauru
17 lacks jurisdiction to deal with Nauru's Application. It recalls in that respect that Nauru, having been previously administered under a League of Nations Mandate, was placed under the Trusteeship System provided for in Chapter XII of the United Nations Charter by a Trusteeship Agreement approved by the General Assembly on 1 November That Agreement provided that the administration of Nauru was to be exercised by an Administering Authority made up of the Governments of Australia, New Zealand and the United Kingdom. Australia argues that any dispute which arose in the course of the Trusteeship between "the Administering Authority and the indigenous inhabitants" fell within the exclusive jurisdiction of the United Nations Trusteeship Council and General Assembly. Those organs, kept informed about Nauruan affairs by the Visiting Missions appointed by the Trusteeship Council, by petitions from the inhabitants, and by the reports of the Administering Authority, could make recommendations with respect to such disputes, not only to that Authority, but also to the representatives of the Nauruan people; they could also prompt negotiations with a view to settlement of such disputes. But in any event, according to Australia, any dispute ofthat type should be regarded as having been settled by the very fact of the termination of the Trusteeship, provided that that termination was unconditional. 10. In the present case, Australia emphasizes that the Nauru Local Government Council - an organ, created in 195 1, representing the Nauruan community and which, from 1963 onwards, had been, in many respects, responsible for local administrative tasks - raised with the United Nations the question of rehabilitation of the worked-out phosphate lands from 1965 onwards. That question was discussed in subsequent years, both within the United Nations and in direct contacts. At the end of those discussions, an Agreement relating to the Nauru Island Phosphate Industry was concluded on 14 November 1967 between the Nauru Local Government Council, on the one hand, and Australia, New Zealand and the United Kingdom, on the other, the effect of which, in Australia's submission, was that Nauru waived its claims to rehabilitation of the phosphate lands. Australia maintains, moreover, that on 19 December 1967, the United Nations General Assembly terminated the Trusteeship without making any reservation relating to the administration of the Territory. In those circumstances, Australia contends that, with respect to the dispute presented in Nauru's Application, Australia and Nauru had agreed "to have recourse to some other method of peaceful settlement" within the meaning of the reservation in Australia's declaration, and that consequently the Court lacks jurisdiction to deal with that dispute. 11. The Court does not consider it necessary to enter at this point into the details of the arguments thus advanced. Declarations made pursuant to Article 36, paragraph 2, of the Statute of the Court can only relate to disputes between States. The declaration of Australia only covers that type of dispute; it is made expressly "in relation to any other State accepting the same obligation...". In these circumstances, the question that arises in this case is whether Australia and the Republic of Nauru did or
18 ont ou non passé après le 31 janvier 1968, date de l'indépendance de Nauru, un accord par lequel ces deux Etats seraient convenus de régler le différend qui les oppose en ce qui concerne la remise en état des terres à phosphates en recourant à une procédure agréée autre que le règlement judiciaire. Il n'a pas été soutenu qu'un tel accord aurait existé et son existence n'a pas été démontrée. La question posée appelle par suite une réponse négative. La Cour estime en conséquence que l'exception tirée par l'australie de la réserve invoquée doit être rejetée. 12. La deuxième exception de l'australie est tirée du fait que les autorités nauruanes auraient renoncé avant même l'indépendance à toute revendication concernant la remise en état des terres à phosphates. Cette exception comporte deux branches. En premier lieu, la renonciation résulterait implicitement, mais nécessairement, de l'accord précité du 14 novembre Elle résulterait également des déclarations faites à l'automne 1967 par le chef principal nauruan devant les Nations Unies à l'occasion de la levée de la tutelle. Nauru ne saurait, selon l'australie, revenir sur cette double renonciation et sa demande devrait en conséquence être écartée comme irrecevable. 13. La Cour n'estime pas nécessaire d'entrer dans les diverses questions de droit que soulève cette argumentation et en particulier de s'interroger sur l'opposabilité à la République de Nauru d'une renonciation éventuellement opérée par les autorités nauruanes avant l'indépendance de ce pays. Il lui suffira de constater qu'en fait ces autorités n'ont jamais renoncé à leurs prétentions de manière claire et non équivoque, que l'on considère tant les négociations ayant mené à l'accord du 14 novembre 1967 que l'accord lui-même ou les discussions au sein de l'organisation des Nations Unies. 14. Les Parties s'accordent pour reconnaître que l'accord du 14 novembre 1967 réglait les conditions dans lesquelles la propriété des immobilisations de l'industrie des phosphates à Nauru devait être transférée aux autorités locales et les modalités selon lesquelles les phosphates seraient dans l'avenir exploités et vendus. Elles s'accordent également pour relever que cet accord ne contenait aucune clause explicite relative à la remise en état des terres à phosphates exploitées dans le passé. Mais les Parties divergent sur la portée de ce silence. L'Australie soutient en effet que «l'accord constituait un règlement global de toutes les questions soulevées par Nauru en ce qui concerne l'industrie des phosphates)), y compris la remise en état des terres, et que dès lors cet accord valait renonciation par Nauru à ses demandes antérieures à ce sujet. Nauru affirme au contraire que le silence de l'accord ne saurait être interprété comme impliquant renonciation. 15. La Cour constate que lors des pourparlers avec l'autorité administrante la délégation du conseil de gouvernement local de Nauru avait, dès juin 1965, soutenu que «les gouvernements participants ont une respon-
19 did not, after 31 January 1968, when Nauru acceded to independence, conclude an agreement whereby the two States undertook to settle their dispute relating to rehabilitation of the phosphate lands by resorting to an agreed procedure other than recourse to the Court. No such agreement has been pleaded or shown to exist. That question has therefore to be answered in the negative. The Court thus considers that the objection raised by Australia on the basis of the above-mentioned reservation must be rejected. 12. Australia's second objection is that the Nauruan authorities, even before acceding to independence, waived al1 claims relating to rehabilitation of the phosphate lands. This objection contains two branches. In the first place, the waiver, it is said, was the implicit but necessary result of the above-mentioned Agreement of 14 November It is also said to have resulted from the statements made in the United Nations in the autumn of 1967 by the Nauruan Head Chief on the occasion of the termination of the Trusteeship. In the view of Australia, Nauru may not go back on that twofold waiver and its claim should accordingly be rejected as inadmissible. 13. The Court does not deem it necessary to enter into the various questions of law that are raised by the foregoing argument and, in particular, to consider whether any waiver by the Nauruan authorities prior to accession to independence is opposable to the Republic of Nauru. It will suffice to note that in fact those authorities did not at any time effect a clear and unequivocal waiver of their claims, whether one takes into consideration the negotiations which led to the Agreement of 14 November 1967, the Agreement itself, or the discussions at the United Nations. 14. The Parties are at one in recognizing that the Agreement of 14 November 1967 laid down the conditions under which the property in the capital assets of the phosphate industry on Nauru was to pass to the local authorities and the ways in which the phosphate would, in future, be worked and sold. They also recognize that that Agreement did not contain any express provision relating to rehabilitation of the phosphate lands previously worked out. However, the Parties disagree as to the significance of that silence. Australia maintains that "the Agreement did represent a comprehensive settlement of al1 claims by Nauru in relation to the phosphate industry", including rehabilitation of the lands, and that the Agreement was accordingly tantamount to a waiver by Nauru of its previous claims in that regard. Nauru, on the contrary, contends that the absence of any reference to that matter in the Agreement cannot be interpreted as implying a waiver. 15. The Court notes that during the discussions with the Administering Authority the delegation of the Nauru Local Government Council maintained, as early as June 1965, that "there was a responsibility on the Part-
20 248 TERRES À PHOSPHATES À NAURU (ARRÊT) sabilité pour ce qui est de remettre en état, à leurs frais, les terres exploitées». La délégation avait, en juin 1966, exprimé à nouveau cette position, noté que les frais correspondants avaient été estimés à 91 millions de dollars australiens et proposé que ces frais soient partagés par les trois gouvernements proportionnellement aux avantages qu'ils avaient tirés dans le passé de l'exploitation des phosphates. Elle avait enfin ajouté que Nauru serait prête à prendre en charge la remise en état des terres qui seraient exploitées par la suite si «la totalité des avantages économiques découlant des phosphates» était disponible pour les Nauruans dans le futur. Aucun accord n'intervint à ce sujet en 1966 et les pourparlers reprirent en avril L'autorité administrante proposa alors l'insertion dans le futur accord d'une disposition selon laquelle : «Les gouvernements participants considèrent que les arrangements financiers proposés pour régler la question des phosphates répondent aux besoins futurs de la communauté nauruane, y compris la remise en état ou la réinstallation. )) Lors de la séance du 16 mai 1967, la délégation de l'autorité administrante demanda si : «au cas où on parvient à un accord financier, les Nauruans persisteront malgré tout à mettre en cause la responsabilité des gouvernements participants dans la remise en état». Le compte rendu des pourparlers porte ensuite : «Des échanges qui suivent, il ressort que les Nauruans maintiendront leur réclamation au sujet de la remise en état des zones exploitées dans le passé même si les gouvernements participants ne demandent pas officiellement son retrait, par exemple dans le cadre d'un accord. )) Aucune trace de discussion ultérieure de cette question ne figure au dossier de la Cour. 16. La Cour constate que l'accord du 14 novembre 1967 ne contient aucune clause par laquelle les autorités nauruanes auraient expressément renoncé à leurs prétentions antérieures. En outre, de l'avis de la Cour, le texte de l'accord considéré dans son ensemble ne saurait, compte tenu des circonstances évoquées au paragraphe 15 ci-dessus, être interprété comme impliquant une telle renonciation. L'argumentation australienne, dans sa première branche, doit être écartée. 17. L'Australie soutient par ailleurs que, lors des débats aux Nations Unies ayant mené à l'automne 1967 à la levée de la tutelle sur Nauru et à l'indépendance de ce pays, les autorités nauruanes ont également abandonné leurs prétentions en ce qui concerne la remise en état des terres. A cet égard, l'australie s'appuie principalement sur une déclaration faite à la Quatrième Commission de l'assemblée générale des Nations Unies le 6 décembre 1967 par le chef principal nauruan DeRoburt, selon laquelle :