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Timestamp: 2016-10-26 04:17:26+00:00
Document Index: 302726123

Matched Legal Cases: ['art. 24', 'art. 71', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 55', 'art. 55', 'art. 12', 'art. 99', 'art. 99', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 12', 'art. 78', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 5', 'art. 75', 'art. 5', 'art. 75', 'art. 75', 'art. 12', 'art. 21', 'art. 21', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 21', 'ATF ', 'art. 21', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 33', 'art. 34', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 21', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 7', 'art. 21', 'art. 2', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 21', 'art. 66']

1C_568/2014, 1C_576/2014 � � Arr�t du 13 janvier 2016
Helvetia Nostra, repr�sent�e par Me Rudolf Schaller, avocat,
Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage (FP), repr�sent�e par
Aminona Luxury Resort and Village SA, repr�sent�e par l'Etude Python & Peter, Avocats,
Commune de Mollens, 3974 Mollens VS, repr�sent�e par Me Antoine Zen Ruffinen, avocat,
recours contre les arr�ts du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, du 24 octobre 2014.
Selon le plan d'affectation des zones (PAZ) de la commune de Mollens et le r�glement communal des constructions et des zones (RCCZ) approuv�s les 7 juin 2000 et 20 juin 2002 par le Conseil d'Etat du canton du Valais, le hameau d'Aminona, situ� � environ 1500 m d'altitude sur la route de montagne RC 624 reliant le village de Mollens � Crans-sur-Sierre, est affect� en zone constructible et d�di� au tourisme.
Ce secteur fait l'objet d'un vaste projet touristique financ� par la soci�t� Aminona Luxury Resort and Village SA (ALRV SA). Il est compos� de quatre zones. A l'ouest, la zone 1 comprend le site d�j� b�ti de trois tours au d�but des ann�es 1970, o� il est pr�vu d'�riger cinq ouvrages similaires. La zone 2 concerne, � l'est, l'�dification d'un complexe h�telier r�parti en quatorze b�timents, dont le plan de quartier "Aminona-Est" a �t� adopt� par l'ex�cutif communal le 5 d�cembre 2006 et dont les autorisations de construire sont entr�es en force (cf. arr�t 1C_393/2011 du 3 juillet 2012). La zone 3, au sud-est de la zone 2, pr�voit la cr�ation d'une quarantaine de chalets exploit�s de mani�re h�teli�re; certains des permis de construire d�livr�s par la commune de Mollens pour ces b�timents ont �t� annul�s par le Tribunal f�d�ral (cf. arr�t 1C_623/2012 du 14 janvier 2014). Enfin, la zone 4, en amont de la zone 2, est destin�e � accueillir un espace de loisirs.
Le plan de quartier "Aminona-Ouest" et son r�glement d'application, objets de la pr�sente proc�dure, couvrent la zone 1. Celle-ci englobe quatorze parcelles contigu�s (n os 1553, 1557 � 1566, 1580 et 1582) sises au lieu-dit "G�ronde", en aval de la RC 624. Le projet pr�voit notamment, � c�t� des trois tours existantes, la construction de cinq autres b�timents similaires de huit � dix �tages destin�s � accueillir des h�tels, des apparth�tels, de la parah�tellerie et des commerces, ainsi qu'un secteur central am�nag� en place, avec parking souterrain d'environ 350 places et commerces, et � des fins de loisirs. Il s'agit d'une adaptation du plan de quartier d'Aminona-G�ronde de 1969, int�gr� au plan d'affectation des zones de 1976 (zone A dense d'Aminona), aux circonstances actuelles.
L'association Helvetia Nostra et la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage ont fait opposition au projet de ce plan de quartier.
Le conseil communal de Mollens a �cart� les oppositions le 14 juin 2010. Le 18 juin 2010, le projet a �t� adopt� par l'assembl�e primaire de Mollens, qui a �galement rejet� les oppositions d'Helvetia Nostra et de la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage. Celles-ci ont alors saisi de recours le Conseil d'Etat. Parall�lement, cette instance a men� l'instruction n�cessaire � la proc�dure ordinaire d'homologation. Par d�cision du 28 mars 2013, le Conseil d'Etat a rejet� les recours des opposantes dans la mesure de leur recevabilit� et approuv� l'adaptation de la r�glementation du quartier "Aminona-Ouest" moyennant quelques modifications et conditions. Par arr�ts du 24 octobre 2014, la Cour de droit public du Tribunal cantonal du Valais a confirm� ces d�cisions et rejet� les recours d�pos�s par les opposantes � leur encontre, dans la mesure o� ces recours �taient recevables.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, Helvetia Nostra d'une part, la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage d'autre part demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler les arr�ts cantonaux et d�cisions attaqu�s. Subsidiairement, la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage conclut � l'annulation de l'arr�t cantonal la concernant et au renvoi de la cause � l'instance inf�rieure pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Le Tribunal cantonal renonce � se d�terminer sur les recours. Le Conseil d'Etat, la Commune de Mollens et l'intim�e ALRV SA concluent au rejet des recours. Consult�, l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial constate que les questions du dimensionnement et de l'emplacement des zones � b�tir communales doivent �tre examin�es. Au cours de deux �changes d'�critures suppl�mentaires, les parties persistent dans leurs conclusions.
Les deux recours ont trait � la m�me proc�dure. Ils sont dirig�s contre des arr�ts cantonaux statuant sur le m�me plan de quartier. Plusieurs griefs sont similaires. Il se justifie d�s lors de joindre les causes 1C_568/2014 et 1C_576/2014, pour des motifs d'�conomie de proc�dure, et de statuer � leur sujet dans un seul arr�t (cf. art. 24 PCF applicable par analogie vu le renvoi de l'art. 71 LTF).
Dirig�s contre des d�cisions finales (art. 90 LTF) prises en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) dans le domaine du droit public de l'am�nagement du territoire et des constructions (art. 82 let. a LTF), les recours sont en principe recevables comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e.
Helvetia Nostra et la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage font partie des organisations habilit�es � recourir conform�ment aux art. 55 LPE et 12 LPN (ch. 9 et 13 de l'annexe � l'ordonnance du 27 juin 1990 relative � la d�signation des organisations habilit�es � recourir dans les domaines de la protection de l'environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS 814.076]).
A ce titre, elles ont en principe qualit� pour agir par la voie du recours en mati�re de droit public dans les domaines du droit de l'environnement vis�s depuis dix ans au moins par leurs statuts d�s lors que la planification litigieuse, comprenant des surfaces de parkings pour plus de 500 voitures, est soumise aux dispositions sur l'�tude d'impact (art. 55 LPE), ainsi qu'en mati�re de protection de la nature pour autant que le grief invoqu� touche � une t�che f�d�rale (art. 12 LPN).
Les autres conditions de recevabilit� du recours sont r�unies, si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re.
Les parties ont produit diverses pi�ces annex�es � leurs �critures. Dans la mesure o� elles ne ressortent pas du dossier, ces pi�ces sont nouvelles et d�s lors irrecevables (art. 99 al. 1 LTF). Le Tribunal f�d�ral ne prend par ailleurs pas en consid�ration les �l�ments de fait, �galement nouveaux, que les recourantes entendent en tirer.
Les parties font appel � plusieurs moyens de preuve. L'intim�e requiert que soient vers�s au dossier les deux dossiers du Tribunal f�d�ral concernant les zones 2 et 3 de son projet de village touristique. Cette requ�te se r�v�le toutefois d�nu�e de pertinence d�s lors que les deux dossiers portaient sur la contestation d'autorisations de construire, ce qui diff�re du cas d'esp�ce dans lequel l'acte attaqu� est un plan de quartier. Elle est par cons�quent rejet�e. Il n'en demeure pas moins que le Tribunal f�d�ral n'ignore pas ses pr�c�dents arr�ts et en tient compte pour autant que de besoin.
Helvetia Nostra requiert la production, par le D�partement f�d�ral de justice et police, d'"un rapport accompagn� du dossier relatif aux d�cisions [loi f�d�rale du 16 d�cembre 1983 sur l'acquisition des immeubles par des personnes � l'�tranger (LFAIE; RS 211.412.41)] concernant ALRV SA". A l'appui de cette demande, elle all�gue un fait nouveau et, partant, irrecevable (art. 99 al. 1 LTF). Elle se borne par ailleurs � affirmer que ce fait devrait avoir une importance pour l'examen de son recours, sans exposer en quoi ce serait le cas. Insuffisamment motiv�e, cette requ�te est rejet�e.
La Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage se plaint d'une violation de son droit d'�tre entendue. Elle fait grief � la cour cantonale d'avoir rejet� les mesures d'instruction qu'elle avait sollicit�es, en particulier la mise en oeuvre d'une inspection locale et la production du dossier relatif � l'adoption en 2002 du plan g�n�ral d'affectation des zones par la Commune de Mollens.
Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'�tre entendu comprend en particulier le droit pour le justiciable de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos. Cette garantie constitutionnelle n'emp�che pas l'autorit� de mettre un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de former sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299 et les r�f. cit�es).
Pour ce qui est d'une inspection locale, la recourante expose que celle-ci aurait permis de se rendre r�ellement compte de son incidence spatiale, de son impact sur l'am�nagement du territoire, l'environnement, le paysage et la nature ainsi que de la configuration des lieux. Elle ne fait toutefois valoir aucun grief de fond relatif � la bonne int�gration du projet dans le paysage et son environnement ni ne conteste les dimensions des b�timents pr�vus. Elle ne d�montre ainsi pas qu'une telle mesure d'instruction s'imposait pour statuer sur les aspects litigieux du projet. Quant � la production du dossier relatif � l'adoption du plan d'affectation des zones, elle n'est pas n�cessaire pour les motifs expos�s au consid�rant 7.
Les associations recourantes se plai gnent d'une violation de l'art. 75b Cst. Elles font grief au plan attaqu� de pr�voir une affectation qui autorise la cr�ation de r�sidences secondaires.
6.1.�Le droit de recours pr�vu � l'art. 12 LPN concerne exclusivement le recours contre des d�cisions prises dans l'accomplissement de t�ches de la Conf�d�ration selon les art. 78 al. 2 Cst. et 2 LPN; l'art. 12 LPN est en effet inclus dans le chapitre premier de cette loi, intitul� "Protection de la nature et du paysage lors de l'accomplissement de t�ches de la Conf�d�ration" (ATF 138 II 281 consid. 4.4 p. 287; 121 II 190 consid. 2c p. 196; 120 Ib 27 consid. 2c). La limitation des r�sidences secondaires pr�vue � l'art. 75b Cst. relevant d'une t�che f�d�rale, les organisations de protection de la nature et du paysage peuvent recourir dans le cadre d'une proc�dure d'autorisation de construire pour en assurer le contr�le (ATF 139 II 271 consid. 11 p. 276-278).
L'art. 12 LPN cantonne en revanche le droit de recours des organisations de protection de la nature � la contestation de d�cisions, � l'exclusion de recours contre des actes normatifs (arr�t 1C_544/2012 du 5 mai 2014 consid. 1.3, in DEP 2014 p. 382). Le Tribunal f�d�ral a laiss� ind�cise la question de savoir dans quelle mesure une disposition autorisant les r�sidences secondaires dans un r�glement accompagnant un plan g�n�ral d'affectation des zones constituait une r�gle g�n�rale exclue du champ d'application de l'art. 12 LPN (arr�t 1C_134/2014 du 15 juillet 2014 consid. 5.3).
6.2.�La cour cantonale a d�ni� aux recourantes la l�gitimation pour faire valoir ce grief d�s lors qu'il �tait soulev� dans le cadre de l'adoption d'un plan de quartier, et non d'une autorisation de construire, dont la r�glementation ne pr�cise pas l'affectation des logements.
Le r�glement du plan de quartier indique effectivement que "la r�partition des affectations des surfaces habitables (r�sidences principales, r�sidences secondaires, r�sidences avec obligation de mise en location, surfaces h�teli�res, etc.) sera pr�cis�e avant l'autorisation de construire", les affectations devant �tre "garanties par des mesures ad�quates" (art. 5 ch. 2 al. 3 du r�glement du plan de quartier). La planification litigieuse consiste toutefois en l'adoption d'un plan de quartier et non d'un plan g�n�ral d'affectation des zones. Elle a par cons�quent un caract�re d�cisionnel (cf. arr�t 1C_739/2013 du 17 juin 2015 consid. 4.1), de sorte que les recourantes avaient qualit� pour soulever ce grief. Quant � savoir si cette affectation doit �tre d�finie dans le r�glement ou peut �tre d�cid�e dans le cadre de la proc�dure d'autorisation de construire, cette question rel�ve du fond. A cet �gard, s'il peut appara�tre d'une pertinence douteuse de laisser inscrire une affectation que l'on sait d'embl�e �tre inconstitutionnelle, cette pratique est sans grandes cons�quences. En effet, l'interdiction de cr�er de nouvelles r�sidences secondaires d�coule de l'art. 75b Cst. - directement applicable - et de la l�gislation d'ex�cution, de sorte qu'ind�pendamment de ce qui peut �tre indiqu� dans le r�glement du plan de quartier, aucune r�sidence secondaire ne pourra �tre autoris�e tant que la limite communale des 20 % de r�sidences secondaires demeurera d�pass�e. Tout au plus une r�forme de l'arr�t attaqu� dans le sens d'une modification de l'art. 5 ch. 2 al. 3 du r�glement du plan de quartier (par la suppression de la mention des r�sidences secondaires comme affectation possible) suffirait � rendre le plan conforme aux exigences de l'art. 75b Cst. En raison de ce qui suit, il n'est toutefois pas n�cessaire d'ordonner la r�forme du plan et de son r�glement en ce sens.
Pour un projet de grande ampleur, enti�rement d�volu � une affectation touristique, l'interdiction de pr�voir des r�sidences secondaires peut �tre de nature � remettre en cause les besoins en terrains destin�s � une affectation touristique. Cet examen rel�ve en r�alit� du grief de violation des principes de l'am�nagement du territoire, �galement soulev� par les recourantes, qu'il convient d'examiner s�par�ment. Ceux-ci sont en effet recevables d�s lors qu'ils sont pr�cis�ment mis en perspective avec l'art. 75b Cst. et qu'il y va de la protection du paysage au sens de l'art. 12 LPN.
7.1.�A teneur de l'art. 21 al. 2 LAT, lorsque les circonstances se sont sensiblement modifi�es, les plans d'affectation feront l'objet des adaptations n�cessaires. L'art. 21 al. 2 LAT exprime un compromis entre la n�cessit� de l'adaptation r�guli�re des plans, d'une part, et l'exigence de la s�curit� du droit, d'autre part. Cette disposition tend � assurer � la planification une certaine stabilit�, sans laquelle les plans d'am�nagement ne peuvent remplir leur fonction. La stabilit� des plans est un aspect du principe, plus g�n�ral, de la s�curit� du droit, qui doit permettre aux propri�taires fonciers, comme aux autorit�s charg�es de mettre en oeuvre la planification, de compter sur la p�rennit� des plans d'affectation (ATF 128 I 190 consid. 4.2 p. 198; cf. �galement ATF 140 II 25 consid. 3.1 p. 29 et 132 II 408 consid. 4.2 p. 414).
Ceux-ci doivent toutefois �tre r�vis�s lorsque les circonstances d�terminantes se sont modifi�es depuis leur adoption. Pour appr�cier l'�volution des circonstances et la n�cessit� d'adapter un plan d'affectation, une pes�e des int�r�ts s'impose. L'int�r�t � la stabilit� du plan doit �tre mis en balance avec l'int�r�t � l'adoption d'un nouveau r�gime d'affectation. Selon les cas, des int�r�ts publics pourront �galement justifier soit la stabilit� du plan, soit son adaptation. Il incombe donc � l'autorit� appel�e � statuer sur un projet de modification d'un plan en vigueur d'examiner, en fonction des circonstances concr�tes, une pluralit� d'int�r�ts (ATF 132 II 408 consid. 4.2 p. 413; 128 I 190 consid. 4.2 p. 198). Le Tribunal f�d�ral examine librement cette question, en s'imposant n�anmoins une certaine retenue lorsqu'il s'agit de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation (ATF 132 II 408 consid. 4.3 p. 415; 119 Ia 362 consid. 3a p. 366).
L'art. 75b Cst., adopt� le 11 mars 2012 par le peuple et les cantons, pr�voit que les r�sidences secondaires constituent au maximum 20 % du parc des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune. L'entr�e en vigueur de cette disposition peut constituer un changement de circonstances au sens de l'art. 21 al. 2 LAT, en particulier lorsque les r�serves de zones � b�tir ont �t� constitu�es en pr�vision de la construction de nouvelles r�sidences secondaires. Les zones � b�tir sont alors d�sormais manifestement surdimensionn�es et doivent par cons�quent �tre r�examin�es (ATF 140 II 25 consid. 4.3 p. 31). Il est n�cessaire que le redimensionnement soit effectu� avec une vue d'ensemble sur le territoire communal. Aussi suffit-il, pour le r�examen au sens de l'art. 21 al. 2 LAT, qu'une r�duction des possibilit�s de construire entre en consid�ration dans le quartier litigieux. La n�cessit� d'un tel r�examen doit notamment �tre admise lorsqu'il est question de concr�tiser, par un plan de quartier, une zone d'habitation pr�vue par le plan g�n�ral d'affectation pour un secteur situ� en p�riph�rie qui n'est que partiellement construit et qui n'est pas encore enti�rement �quip�: faute de plan de quartier, le secteur n'est en effet pas encore imm�diatement constructible (ATF 140 II 25 consid. 4.4 p. 31). Dans de telles circonstances, le plan g�n�ral d'affectation n�cessitant lui-m�me une r�vision, il ne peut �tre simplement mis en oeuvre dans le cadre d'une proc�dure d'adoption de plan de quartier tant que ledit examen d'ensemble n'a pas �t� r�alis�. Il s'agit ainsi d'�viter qu'il soit pr�jug� du sort du secteur concern� dans le cadre de l'examen prescrit � l'�chelle communale (arr�t 1C_598/2013 du 6 d�cembre 2013 consid. 7 non publi� in ATF 140 II 25).
7.2.�En l'esp�ce, le secteur est affect� en zone touristique par le plan g�n�ral d'affectation adopt� en 2000/2002 (PAZ), selon lequel sont autoris�s les habitations collectives de vacances, les h�tels, les apparth�tels, les commerces, les locaux destin�s aux services et les �quipements � vocation publique, notamment ceux relev�s par le plan de quartier (art. 33 PAZ). Contrairement � ce qu'affirment de mani�re appellatoire les recourantes, on ne saurait ainsi dire que le plan g�n�ral n'a pas statu� sur l'affectation du secteur en renvoyant enti�rement � une planification ult�rieure. L'art. 34 al. 1 PAZ pr�voit certes que le d�veloppement urbanistique du secteur sera obligatoirement arr�t� par un plan de quartier. Mais l'affectation du secteur en zone constructible touristique a �t� d�cid�e � l'occasion de l'adoption du plan d'affectation des zones.
Cela �tant, � l'instar de ce qu'a relev� le Tribunal f�d�ral dans l'arr�t du 6 d�cembre 2013 pr�cit�, une planification adopt�e en 2000/2002 est d�j� ancienne. En particulier, vu la condition de concr�tisation du d�veloppement par un plan de quartier, aucune autorisation de construire ne peut �tre d�livr�e en l'�tat. En d'autres termes, le secteur vis� n'est actuellement pas effectivement ni inconditionnellement constructible, ce qui affaiblit les int�r�ts tant priv�s que publics s'opposant � l'adaptation de la planification aux nouvelles circonstances (cf. ATF 140 II 25 consid. 5.2-5.3 p. 32). A cet �gard, les affirmations de l'intim�e selon lesquelles le secteur ne n�cessitait pas de plan de quartier et les autorisations de construire auraient pu �tre directement d�livr�es sont infond�es et manifestement contraires aux dispositions du r�glement communal.
Depuis l'adoption du plan d'affectation en 2000/2002, sont entr�es en vigueur la r�gle constitutionnelle limitant � 20 % le taux communal de r�sidences secondaires (art. 75b Cst.) ainsi que les nouvelles dispositions de la LAT durcissant les exigences relatives au dimensionnement des zones � b�tir.
Les r�gles de la LAT relatives au redimensionnement des zones � b�tir sont entr�es en vigueur en cours de proc�dure devant le Tribunal cantonal. La cour cantonale rel�ve � juste titre express�ment que celles-ci devraient conduire � une adaptation de la planification communale. En outre, que le caract�re constructible du secteur litigieux ait �t� "d�cid� de longue date par les autorit�s communales et approuv� au niveau cantonal" ne saurait, comme le sugg�re la cour cantonale, s'opposer � un r�examen imm�diat du plan. Au contraire, les premiers juges rel�vent ainsi eux-m�mes le caract�re d�j� ancien de cette planification qui justifie d'autant une r�vision. Par ailleurs, si le nouveau droit codifie pour l'essentiel la jurisprudence et la pratique, il est surtout l'occasion, pour le l�gislateur, de mettre en �vidence d'importants d�calages entre les exigences l�gales pr�valant d�j� sous l'ancien droit et les dimensions effectives des zones � b�tir (FF 2010 963 ch. 1.1, 980 ch. 2.3.4, 987 ch. 2.6 et 988 ch. 3.2). Or, de jurisprudence constante, le principe de la stabilit� des plans ne vaut que pour les plans r�put�s conformes � la LAT (ATF 118 Ia 151 consid. 5c p. 160 et les r�f. cit�es; arr�t 1C_821/2013 consid. 7.7 in DEP 2015 p. 301). Outre le besoin de concr�tisation par un plan de quartier pour une constructibilit� effective, de nombreux �l�ments affaiblissent ainsi, en l'esp�ce, le principe de la stabilit� des plans pouvant �tre oppos� � son r�examen. Cela �tant, il n'est pas n�cessaire de d�terminer si l'entr�e en vigueur des nouvelles dispositions de la LAT impose une adaptation imm�diate de la planification communale ni dans quelle mesure la conformit� du plan � la LAT devait �tre contr�l�e par la cour cantonale, d�s lors que la planification doit quoi qu'il en soit �tre revue en raison de l'entr�e en vigueur de l'art. 75b Cst.
Il r�sulte en effet de la jurisprudence susmentionn�e que le changement l�gislatif relatif � la limitation des r�sidences secondaires constitue une modification des circonstances au sens de l'art. 21 al. 2 LAT justifiant une adaptation de l'affectation des zones, les besoins en mati�re d'h�bergement touristique devant �tre r��valu�s. Le cas d'esp�ce diff�re de l'ATF 140 II 25 en ce sens qu'est attaqu�e non pas la d�cision d'ouverture d'une proc�dure d'adoption de plan de quartier, mais la d�cision d'approbation du plan de quartier. L'art. 75b Cst. est toutefois entr� en vigueur le 11 mars 2012, soit avant l'approbation du plan par le Conseil d'Etat le 28 mars 2013. L'autorit� cantonale d'approbation ne pouvait d�s lors faire abstraction de ce nouveau cadre l�gal. Cet �l�ment devait � lui seul d�j� suffire � conduire au r�examen d'ensemble des besoins en zones � b�tir de la commune de Mollens si le secteur litigieux pouvait entrer en consid�ration dans un �ventuel redimensionnement.
7.3.�Les parcelles du p�rim�tre sont certes d�j� partiellement b�ties et �quip�es, mais le plan de situation montre clairement que les diff�rentes parties du projet touristique ne constituent que de petits �lots constructibles � l'�chelle du territoire communal. Le quartier d'Aminona est un hameau lui-m�me isol� et il ne se d�gage aucune coh�sion manifeste dans cette zone constructible. Quatre des cinq nouvelles tours pr�vues sont implant�es sur une vaste parcelle actuellement libre de constructions. Au surplus, selon les art. 7 et 2 al. 3 du r�glement du plan, le quartier se situe dans une zone de danger d'avalanche. Il n'est ainsi pas manifeste que les terrains concern�s puissent demeurer constructibles dans le cadre d'un �ventuel redimensionnement des zones � b�tir communales. Le rapport 47 al. 2 OAT indique simplement que les terrains doivent �tre consid�r�s comme �tant largement b�tis vu que les zones environnantes le sont d�j� et correspondent par cons�quent aux besoins pr�visibles des quinze prochaines ann�es (p. 25). Cet examen, particuli�rement sommaire, est insuffisant pour justifier l'affectation pr�vue par le plan de quartier.
Enfin, c'est vainement que l'intim�e se r�f�re aux autres �tapes du projet d'ores et d�j� autoris�es ou partiellement autoris�es. Contrairement aux autres proc�dures, la cause port�e en l'esp�ce devant le Tribunal f�d�ral ne concerne pas des autorisations de construire, mais un plan de quartier, de sorte que les consid�rations pr�c�demment �mises alors ne peuvent �tre reprises sans autres. En outre, l'intim�e ne saurait �tre suivie lorsqu'elle se pr�vaut de la compl�mentarit� des diff�rentes �tapes du projet touristique pour justifier l'ach�vement du tout: elle a elle-m�me fait le choix de ne pas les coordonner en pr�sentant certaines demandes de permis de construire avant la r�alisation de la planification du secteur litigieux. Elle ne saurait ainsi tirer des pr�c�dentes autorisations de construire un droit inconditionnel � r�aliser cette �tape du projet.
En r�sum�, vu le cadre l�gal en vigueur lorsque le Conseil d'Etat puis le Tribunal cantonal ont �t� saisis de l'examen du plan de quartier Aminona-Ouest, il n'�tait plus possible de statuer isol�ment sur le sort de ce seul secteur, ind�pendamment d'un examen plus g�n�ral du dimensionnement des zones � b�tir de la commune. Dans de telles circonstances, l'adoption du plan de quartier est contraire � l'art. 21 al. 2 LAT.
Par �conomie de proc�dure, il convient encore d'examiner le grief des recourantes par lequel elles d�plorent l'absence de planification directrice pour le projet touristique d'Aminona.
8.1.�L'art. 2 al. 1 LAT prescrit � la Conf�d�ration, aux cantons et aux communes d'�tablir des plans d'am�nagement, pour celles de leurs t�ches dont l'accomplissement a des effets sur l'organisation du territoire, en veillant � les faire concorder. La jurisprudence a d�duit notamment de cette disposition l'exigence que l'instrument de planification ou de d�cision ad�quat soit utilis� en am�nagement du territoire (ATF 140 II 262 consid. 2.3.1 p. 266).
Les plans directeurs doivent montrer comment il faut faire concorder les activit�s qui influent sur l'organisation du territoire, au niveau national, r�gional et cantonal. Ils traitent des questions d'importance cantonale ou supracommunale ou qui n�cessitent une coordination importante. Rel�vent notamment du plan directeur les conflits importants entre diff�rents int�r�ts relatifs � l'utilisation du sol et les projets d�ployant des effets consid�rables sur l'occupation du territoire, l'utilisation du sol ou l'environnement ou n�cessitant un effort de coordination. La planification directrice a ainsi pour objet la coordination globale de toutes les activit�s � incidence spatiale et elle seule est en mesure de traiter de t�ches d'am�nagement qui s'�tendent au-del� du niveau local et concernent plusieurs domaines (ATF 137 II 254 consid. 3.1-3.2 p. 257 s.). Dans le cadre de la r�cente r�vision de la LAT, le l�gislateur a donn� comme exemples de projet pouvant �tre soumis � la planification directrice la d�termination de p�les de d�veloppement ou de r�gions cantonales � forte concentration d'emplois, l'�quipement de nouveaux domaines skiables, de grands projets globaux d'am�nagement de cours d'eau, de carri�res ou de d�charges, les installations g�n�rant un trafic intense comme les centres commerciaux, les march�s professionnels et les installations de loisirs � partir d'une certaine taille, les complexes touristiques ou encore les infrastructures de transport et d'�nergie d'importance au moins r�gionale (Message du 20 janvier 2010 relatif � une r�vision partielle de la loi sur l'am�nagement du territoire, FF 2010 977 ch. 2.3.3). Selon la jurisprudence, l'�l�ment d�cisif � prendre en consid�ration est de savoir si le projet n�cessite un examen global et complet qui ne peut �tre garanti que par un processus d'�laboration du plan directeur (ATF 137 II 254 consid. 3.3 p. 260).
8.2.�En l'occurrence, il ne s'agit pas de statuer sur les �quipements sportifs ou r�cr�atifs pr�vus en marge du complexe h�telier. Il n'est en particulier pas question de planifier de nouvelles remont�es m�caniques. Aussi l'activit� pr�vue, limit�e � de l'h�bergement touristique et du commerce, ne para�t-elle pas g�n�rer d'effets accrus par rapport � n'importe quelle zone constructible d'une telle densit�. Compte tenu des infrastructures d�j� existantes, un tel projet, s'il n�cessite une planification dont la pertinence doit minutieusement �tre examin�e, n'a pas une incidence telle qu'il faille le pr�voir � l'�chelle du plan directeur. Les aspects du projet soulev�s par les recourantes (co�t, surfaces brutes de plancher notamment) n'apparaissent pas pertinents en l'esp�ce pour mesurer l'ampleur du projet. Le nombre de places de parc, certes important, n'est � lui seul pas d�cisif, vu la vocation de lieu de vill�giature du projet qui relativise la fr�quence des trajets motoris�s pr�visibles des usagers. Tout bien consid�r�, en dehors du r�examen de la dimension des zones � b�tir qui s'impose (cf. consid. 7), la nature et l'ampleur du projet ne justifient pas une planification � l'�chelle cantonale dans le plan directeur. Mal fond�, ce grief est par cons�quent rejet�.
Compte tenu de ce qui pr�c�de, les recours doivent �tre admis et les arr�ts cantonaux annul�s, de m�me que les d�cisions d'approbation du plan et de rejet des recours rendues par le Conseil d'Etat. Il appartiendra aux autorit�s communales de d�terminer si et dans quelle mesure elles peuvent reprendre le projet litigieux dans une proc�dure de planification r�pondant aux exigences pr�cit�es (art. 21 al. 2 LAT et 75b Cst.).
L'intim�e, qui succombe, supportera les frais de justice et versera des d�pens aux recourantes, qui obtiennent gain de cause avec l'aide d'un avocat (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 LTF). Il convient de renvoyer le dossier � la cour cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens des proc�dures cantonales.
Les recours sont admis. Les arr�ts attaqu�s, de m�me que les d�cisions du Conseil d'Etat, sont annul�s; la cause est renvoy�e � la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens cantonaux.
Une indemnit� de 3'000 fr. est allou�e � chacune des recourantes, � la charge de l'intim�e.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Commune de Mollens, au Conseil d'Etat du canton du Valais, au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, et � l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial.