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Timestamp: 2016-10-23 18:04:30+00:00
Document Index: 324897789

Matched Legal Cases: ['art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 105', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 112', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 363', 'art. 837', 'art. 66', 'art. 68']

4A_311/2011 (19.07.2011)
4A_311/2011
Arr�t du 19 juillet 2011
X.________, repr�sent� par Me Christian Bettex,
Y.________ S�rl, repr�sent�e par Me Pierre-Xavier Luciani,
recours en mati�re civile contre l'arr�t rendu le 2 f�vrier 2011 par la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud.
A.a X.________ est propri�taire d'un terrain, sis � ..., sur lequel il a fait construire une villa. Il a confi� initialement les travaux de gypserie et de peinture � une entreprise exploit�e sous la raison individuelle "A.________", qui a sign�, le 18 octobre 1999, une soumission pour un montant total de 94'128 fr. 60. A.________ a ensuite sous-trait� les travaux de peinture � une autre entreprise inscrite au registre du commerce sous la raison individuelle "B.________". Cette derni�re a �t� radi�e du registre du commerce le 12 novembre 2003, date d'inscription de Y.________ S�rl qui a repris ses actifs.
N'ayant pas �t� int�gralement pay�e par A.________ pour les travaux effectu�s, B.________ a souhait� se retirer du chantier. Elle s'est alors vu adjuger directement les travaux de gypserie-peinture et d'isolation ext�rieure, "en substitution de A.________", sur la base de deux soumissions, dat�es des 22 et 25 octobre 2000, pour les montants respectifs de 92'268 fr. et 37'883 fr. 86.
Des dommages relativement importants ont �t� caus�s lors de la construction de la villa. B.________ a ainsi �t� charg�e d'un grand nombre de travaux de r�fection pour lesquels elle a �tabli, le 2 avril 2002, une facture de 37'753 fr. 20.
A.b Le 5 juin 2002, "C.________", agissant pour le compte du ma�tre de l'ouvrage, a adress� � B.________ deux d�comptes finaux concernant les travaux de peinture et d'isolation. Les soldes � payer, selon ces d�comptes, se montaient respectivement � 43'400 fr. et 6'700 fr.
Par lettre signature du 1er septembre 2003, X.________ a contest� les montants r�clam�s, motif pris, notamment, de ce que plusieurs postes avaient d�j� �t� factur�s.
Le 15 janvier 2004, B.________ a fait notifier � X.________ deux commandements de payer portant sur 90'364 fr. 05 et 82'514 fr. 35, int�r�ts en sus. Le poursuivi y a fait opposition totale.
B.a Par demande du 18 mars 2005, Y.________ S�rl a ouvert action en reconnaissance de dette contre X.________. Selon le dernier �tat de ses conclusions, elle a r�clam� le paiement de 60'416 fr. 05, avec int�r�ts � 5% d�s le 3 mai 2002, pour ses factures impay�es.
Le d�fendeur a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au paiement de 15'417 fr. 10, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 18 mars 2005, � titre de restitution d'acomptes vers�s en trop au regard du prix total des travaux ex�cut�s par B.________.
En cours d'instruction, plusieurs t�moins ont �t� entendus. Un architecte a, en outre, �t� commis en qualit� d'expert judiciaire. Dans son rapport du 13 janvier 2009, il a constat� que le montant total factur� par B.________ s'�levait � 251'487 fr. Toutefois, ce montant ne lui semblait pas justifi�, la cr�ance de l'entreprise demanderesse devant se situer dans une fourchette comprise entre 212'411 fr. 45 et 219'719 fr. 70. D�s lors, compte tenu des montants pay�s par le d�fendeur, le solde d� par celui-ci s'�levait � 6'019 fr. 70 au plus, selon l'expert.
B.b Par jugement du 28 janvier 2010, le Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a reconnu X.________ d�biteur de Y.________ S�rl de la somme de 52'425 fr. 70 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 29 janvier 2005. Dans cette mesure, il a lev� d�finitivement l'opposition form�e par le d�fendeur au commandement de payer relatif � cette cr�ance.
En droit, les premiers juges ont estim� que la soumission du 18 octobre 1999 devait �tre qualifi�e de contrat d'entreprise, lequel liait X.________, en tant que ma�tre de l'ouvrage, et A.________ comme entrepreneur. Ils ont retenu que B.________ n'avait agi qu'en qualit� de sous-traitant de A.________, dans un premier temps, puis qu'il y avait eu transfert de contrat, B.________ s'�tant substitu�e � A.________ selon les soumissions des 22 et 25 octobre 2000, contresign�es par le d�fendeur. B.________ �tait ainsi li�e � ce dernier par deux contrats d'entreprises: l'un pour des travaux de gypserie et de peinture, l'autre pour des travaux d'isolation ext�rieure.
Pour d�terminer le montant d� par le d�fendeur � la demanderesse, le Tribunal d'arrondissement s'est r�f�r� au prix minimum calcul� par l'expert, auquel il a apport� quelques corrections, aboutissant � un total de 213'100 fr. 80. A cette somme, il a ajout� le montant de 8'297 fr. 85 du chef de certains rabais conventionnels dont l'expert n'aurait pas d� tenir compte, les conditions de leur octroi n'�tant pas r�alis�es. Sur le total de 221'398 fr. 65, les premiers juges ont imput� les 168'972 fr. 95 d'acomptes que B.________ avait per�us de l'entreprise A.________ ou du d�fendeur et ont, d�s lors, arr�t� � 52'425 fr. 70 le solde d� par ce dernier. Ils n'ont, en revanche, pas pris en consid�ration les 44'727 fr. 05 repr�sentant la diff�rence entre le montant total de 213'700 fr. vers� par X.________ pour les travaux de gypserie, de peinture et d'isolation ext�rieure et les acomptes per�us par B.________, estimant que le ma�tre de l'ouvrage n'avait pas �tabli que B.________ avait effectivement touch� ces 44'727 fr. 05.
S'agissant de la demande reconventionnelle, la juridiction de premi�re instance a constat� que les 15'417 fr. 10, qui en formaient l'objet, r�sultaient de la diff�rence entre les 213'700 fr. vers�s par le d�fendeur pour les travaux accomplis par B.________ et le montant total des factures de cette entreprise admis par l'int�ress� (198'282 fr. 90). A cet �gard, elle a retenu, d'une part, que ce dernier montant n'avait pas �t� justifi� par le d�fendeur et, d'autre part, que celui-ci n'avait pas prouv� n'avoir accept� la reprise du contrat par B.________ que sous d�duction des acomptes d�j� vers�s � A.________ pour les travaux de peinture.
B.c Saisie par le d�fendeur, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a confirm� le jugement de premi�re instance par arr�t du 2 f�vrier 2011, notifi� le 26 avril 2011 aux parties.
Devant la cour cantonale, le d�fendeur avait soutenu, pour l'essentiel, que le contrat d'entreprise le liant � A.________ avait �t� transf�r� � B.________ avec effet � compter de la signature des soumissions des 22 et 25 octobre 2000. Aussi cette entreprise n'�tait-elle titulaire d'aucune cr�ance � son encontre du chef des travaux ex�cut�s par elle avant ce transfert. Quant aux travaux effectu�s post�rieurement � ces deux dates, elle n'en avait pas �tabli le prix et devait, partant, supporter l'�chec de la preuve de ce fait. De son c�t�, la demanderesse avait fait valoir qu'il n'y avait pas eu transfert de contrat, mais conclusion d'un nouveau contrat d'entreprise, aux deux dates pr�cit�es, avec reprise par le d�fendeur de la dette de A.________ � l'�gard de B.________.
Apr�s avoir rappel� les principes r�gissant le transfert d'un contrat, les juges cantonaux ont constat� que B.________ n'avait pas repris telles quelles, dans la soumission pour les travaux de peinture du 22 octobre 2000, les positions de la soumission �tablie le 18 octobre 1999 par A.________, mais y avait fait des corrections, portant ainsi sa propre appr�ciation sur les travaux � ex�cuter. Quant aux travaux d'isolation ext�rieure mentionn�s dans la soumission du 25 octobre 2000 remplie par B.________, ils n'avaient pas d'�quivalent dans ceux pour lesquels A.________ avait soumissionn�. Les magistrats vaudois en ont d�duit qu'ils ne se trouvaient pas en pr�sence d'un transfert de contrat, mais bien d'un nouveau contrat. Aussi importait-il peu, � leur avis, que la demanderesse n'e�t pas prouv� quelle �tait la part des travaux effectu�s apr�s la signature des deux soumissions, puisqu'� d�faut de transfert, la distinction propos�e par le d�fendeur ne se justifiait pas. N'�tait pas non plus d�terminant le point de savoir ce que le ma�tre de l'ouvrage avait pay� globalement � A.________ et � B.________, car seul �tait d�cisif le montant d� � cette derni�re. Il incombait donc au d�fendeur de prouver que le montant que lui r�clamait la demanderesse avait d�j� �t� vers� � B.________. A ce d�faut, seuls pouvaient �tre imput�s sur la cr�ance litigieuse les versements admis par les premiers juges, soit un total de 168'972 fr. 95. Or, le d�fendeur avait �chou� � rapporter une telle preuve.
Sur la base de ces consid�rations, l'autorit� pr�c�dente a ent�rin� les calculs que les premiers juges avaient op�r�s pour aboutir au solde de 52'425 fr. 70. Relativement aux 44'727 fr. 05 repr�sentant la diff�rence entre les acomptes vers�s par le d�fendeur et ceux que B.________ avait effectivement touch�s, elle a confirm�, par substitution de motif, la d�cision de la juridiction inf�rieure de ne pas les prendre en consid�ration, en soulignant qu'il �tait correct de faire ainsi abstraction des relations entre le ma�tre de l'ouvrage et A.________ pour examiner les pr�tentions de la demanderesse � l'�gard du d�fendeur, son unique partenaire contractuel.
Le 27 mai 2011, le d�fendeur a interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle instruction et nouvelle d�cision. A titre subsidiaire, le recourant invite le Tribunal f�d�ral � constater qu'il n'est pas le d�biteur de la demanderesse et � ordonner la radiation de la poursuite concernant la cr�ance litigieuse.
La demanderesse et intim�e propose le rejet du recours. Quant � l'autorit� pr�c�dente, elle se r�f�re aux motifs �nonc�s dans l'arr�t attaqu�.
L'effet suspensif a �t� accord� au recours par ordonnance pr�sidentielle du 23 juin 2011.
1.1 Interjet� par la partie ayant succomb� devant la Chambre des recours (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF) dans une affaire dont la valeur litigieuse (52'425 fr. 70) atteint le seuil fix� � l'art. 74 al. 1 let. b LTF, le pr�sent recours en mati�re civile, qui a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, est recevable.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 135 III 670 consid. 1.4 p. 674; 134 III 379 consid. 1.2 p. 382). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s ou, � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 134 III 102 consid. 1.1 p. 104). Compte tenu de l'exigence de motivation figurant � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 134 III 102 consid. 1.1 p. 105). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400 s.).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations de ladite autorit� ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 II 304 consid. 2.4 p. 314; 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5 p. 401) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). S'il entend s'�carter des constatations de fait de l'autorit� pr�c�dente, le recourant doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF sont r�alis�es. A ce d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans l'acte attaqu� (ATF 136 I 184 consid. 1.2 p. 187 et les arr�ts cit�s). En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 104 s. et les arr�ts cit�s). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Dans un premier moyen, le recourant reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir viol� les art. 29 al. 2 Cst. et 112 al. 1 let. b LTF.
2.1 La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) le devoir pour le juge de motiver sa d�cision, afin que le justiciable puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et exercer son droit de recours � bon escient. Pour r�pondre � ces exigences, le juge doit mentionner, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � l'examen des questions d�cisives pour l'issue du litige (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88 et les arr�ts cit�s).
Pour que le Tribunal f�d�ral soit en mesure de v�rifier si le droit f�d�ral a �t� correctement appliqu� en relation avec les questions soulev�es, il est n�cessaire que la d�cision attaqu�e contienne les motifs d�terminants de fait et de droit, notamment les dispositions l�gales appliqu�es (art. 112 al. 1 let. b LTF). Il r�sulte de cette norme que la d�cision attaqu�e doit indiquer clairement les faits qui sont �tablis et les d�ductions juridiques qui en sont tir�es (ATF 135 II 145 consid. 8.2 et les r�f�rences cit�es). Savoir quels sont les faits d�terminants rev�t une importance particuli�re dans la mesure o� le Tribunal f�d�ral est en principe li�, en vertu de l'art. 105 al. 1 LTF, par ceux que l'autorit� pr�c�dente a �tablis. Un �tat de fait insuffisant emp�che l'application des r�gles de droit pertinentes � la cause. Un tel manquement constitue donc une violation du droit que le Tribunal f�d�ral peut constater d'office (cf. ATF 135 II 145 consid. 8.2, pr�cit�).
2.2 Selon le recourant, on ne comprendrait pas, � la lecture de l'arr�t attaqu�, si la cour cantonale a constat� la volont� r�elle des parties, en rapport avec les soumissions des 22 et 25 octobre 2000, pour en d�duire qu'une nouvelle relation contractuelle avait vu le jour et exclure, partant, la th�se de la reprise du contrat existant ou si elle a tir� semblable conclusion d'une interpr�tation objective des d�clarations et comportements des parties. Au cas o� la premi�re hypoth�se devrait �tre retenue, force serait alors de constater, de l'avis du recourant, le caract�re manifestement lacunaire et contradictoire de l'arr�t attaqu�.
Un principe juridique pos� de longue date veut que l'interpr�tation subjective ait la priorit� sur l'interpr�tation objective (ATF 131 III 606 consid. 4.1 p. 611 et les arr�ts cit�s). A supposer que la cour cantonale ait viol� ce principe, en ne tentant pas d'�tablir, au pr�alable, la volont� r�elle des parties sur la base des faits d�terminants et d�ment prouv�s ressortant de son dossier, il faudrait lui renvoyer la cause afin qu'elle proc�de aux constatations n�cessaires. Ce n'est toutefois pas le cas. Il ressort de l'�tat de fait du jugement de premi�re instance, repris par l'autorit� intim�e, que les preuves administr�es, en particulier l'audition des t�moins, ont d�montr� "l'importante confusion r�gnant entre les diff�rents protagonistes � propos des faits", "aucun des t�moins entendus [n'ayant] pu indiquer de fa�on pr�cise quels accords avaient �t� pass�s ou non", au point que "le juge civil [�tait] plac� devant la m�me perplexit� que le juge p�nal" (jugement du Tribunal d'arrondissement, p. 39 consid. 11). De ce constat d'�chec, on peut d�duire que l'autorit� pr�c�dente n'a pas m�connu la r�gle accordant la priorit� � l'interpr�tation subjective, mais n'est pas parvenue � mettre au jour une volont� commune aux parties impliqu�es dans la pr�sente cause, raison pour laquelle elle a proc�d� � une interpr�tation objective des volont�s manifest�es de part et d'autre. Au demeurant, le recourant, qui affirme ne pas contester qu'il n'y ait pas eu volont� r�elle et concordante des parties, indique lui-m�me que les juges cantonaux ont apparemment proc�d� � une interpr�tation objective (m�moire, p. 6 n. 8).
Pour le surplus, comme on peut s'en convaincre � la lecture de l'�tat de fait du jugement de premi�re instance, adopt� par les magistrats cantonaux, et du r�sum� de l'argumentation pr�sent�e par ceux-ci, tel qu'il a �t� fait plus haut (let. B.c), la Chambre des recours n'a de toute �vidence pas m�connu les exigences en mati�re de motivation d�coulant des deux dispositions invoqu�es par le recourant.
Le moyen pris de la violation des art. 29 al. 2 Cst. et 112 al. 1 let. b LTF tombe, d�s lors, � faux.
Sur le fond, le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir viol� le principe de la confiance en n'admettant pas que les soumissions des 22 et 25 octobre 2000 constituaient une reprise du contrat conclu le 18 octobre 1999. A son avis, il se serait agi d'un transfert de contrat limit�, produisant ses effets � compter de la signature de ces deux soumissions, de sorte que l'intim�e ne pourrait rien lui r�clamer au titre des travaux effectu�s avant le transfert. Au reste, le transfert e�t-il �t� illimit�, l'intim�e devrait alors se laisser opposer l'objection tir�e du fait que le ma�tre de l'ouvrage a pay� un total de 213'700 fr. pour l'ensemble des travaux, montant � imputer sur le prix de ceux-ci, arr�t� � 221'398 fr. 65, ce qui ram�nerait le solde impay� de la cr�ance de l'intim�e � 7'698 fr. 65.
3.1.1 Si la volont� r�elle des parties ne peut pas �tre �tablie, comme c'est ici le cas, le juge doit interpr�ter les d�clarations faites et les comportements selon la th�orie de la confiance (interpr�tation dite objective). Il doit alors rechercher comment une d�claration ou une attitude pouvait �tre comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances; le principe de la confiance permet ainsi d'imputer � une partie le sens objectif de sa d�claration ou de son comportement, m�me s'il ne correspond pas � sa volont� intime. L'application du principe de la confiance est une question de droit que le Tribunal f�d�ral peut examiner librement (ATF 136 III 186 consid. 3.2.1 p. 188; 135 III 410 consid. 3.2 p. 413).
3.1.2 La cession d'un contrat (ou transfert de contrat; "Vertrags�bernahme") n'est pas express�ment r�gl�e dans le Code des obligations. Il s'agit d'un contrat sui generis qui ne r�pond pas � une combinaison de la cession de cr�ance et de la reprise de dette. L'entr�e d'un tiers dans un rapport de droit bilat�ral, � la place d'un des cocontractants, ne peut intervenir qu'� la condition qu'il y ait accord entre la partie sortante et la partie reprenante, d'une part, et entre celle-ci et la partie restante, d'autre part. Lorsque la validit� du rapport contractuel transf�r� n'est pas soumise � une forme particuli�re, la cession du contrat ne l'est pas non plus (arr�t 4C.141/1996 du 6 mars 1997 consid. 2b avec de nombreuses r�f�rences).
En cas de transfert illimit� d'un contrat, le nouveau cocontractant prend la place de la partie sortante dans le contrat de base �galement pour la p�riode pr�c�dant le transfert; il assume ainsi toutes les obligations et acquiert tous les droits qui ont pris naissance � partir de la conclusion du contrat de base. En revanche, lorsque le transfert est limit�, le nouveau cocontractant remplace la partie sortante dans le contrat de base uniquement pour la p�riode post�rieure au transfert. D�terminer si un transfert de contrat conventionnel est illimit� ou limit� est affaire d'interpr�tation. En cas de doute sur la volont� des parties, il faut se r�f�rer � l'int�r�t suppos� du nouveau cocontractant au transfert (arr�t 4A_665/2010 du 1er mars 2011 consid. 4.1 et les auteurs cit�s; voir aussi: CHRISTOPH BAUER, Parteiwechsel im Vertrag: Vertrags�bertragung und Vertrags�bergang, 2010, nos 334 ss). Lorsque le contrat de base est un contrat de dur�e, l'int�r�t du nouveau cocontractant est en principe de convenir d'un transfert limit� (arr�t 4A_79/2010 du 29 avril 2010 consid. 2.4 et les r�f�rences, in SJ 2010 I p. 459).
3.2 Appliqu�s aux faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente, en fonction des arguments avanc�s de part et d'autre, ces principes juridiques appellent les remarques formul�es ci-apr�s.
3.2.1 Dans son analyse de la situation, le recourant met avant tout l'accent sur la sauvegarde de ses propres int�r�ts et, singuli�rement, sur son souci d'�viter de payer � double le prix des travaux d�j� ex�cut�s par B.________. Une telle approche, unilat�rale et par trop r�ductrice, ne tient pas compte du contexte particulier dans lequel les soumissions des 22 et 25 octobre 2000 ont �t� sign�es.
Il sied de rappeler, � ce propos, que les travaux en question faisaient l'objet, au d�part, d'un contrat d'entreprise (art. 363 ss CO), conclu par la signature de la soumission du 18 octobre 1999, lequel avait pour parties le recourant, en qualit� de ma�tre de l'ouvrage, et A.________, comme entrepreneur. Sur cette relation contractuelle est venue se greffer un second rapport, de m�me nature, nou� par ledit entrepreneur, en tant que ma�tre de l'ouvrage, avec B.________, comme entrepreneur et sous-traitant. En droit, les cons�quences r�sultant de cette double relation �taient claires: bien que les travaux fussent ex�cut�s au profit du recourant, puisqu'ils concernaient la construction de sa villa, il n'existait aucun lien juridique entre ce dernier et l'entreprise qui les ex�cutait concr�tement, � savoir B.________. Celle-ci n'avait pour cocontractante que A.________, qui �tait l'unique d�bitrice du prix des travaux ex�cut�s en sous-traitance.
Or, cette situation initiale, qui �tait limpide, a �volu� avec le temps et s'est compliqu�e l'ann�e suivante, du fait que B.________ avait manifest� l'intention de se retirer du chantier, n'�tant plus pay�e par A.________. Il s'est donc agi pour le recourant de la retenir, parce qu'il souhaitait qu'elle achev�t les travaux en cours. C'est pour cette raison qu'il a choisi la solution consistant � lui confier directement l'ex�cution des travaux, ce qui supposait que A.________, sa cocontractante, consent�t � ne pas poursuivre l'ex�cution du contrat d'entreprise la liant � lui. Voil� pourquoi les trois parties ont sign� les soumissions des 22 et 25 octobre 2000. Il va de soi que B.________, d�sireuse d'�tre pay�e pour le travail d�j� accompli, n'avait pas grand avantage � rester sur le chantier et � se lier directement au ma�tre de l'ouvrage s'il lui fallait faire son deuil des factures en souffrance. Son int�r�t � elle, qui ne pouvait �chapper au recourant, �tait de pr�ter la main � une construction juridique qui lui perm�t de rentrer dans ses fonds, alors que les travaux �taient d�j� bien avanc�s � l'�poque de la signature des soumissions. Sans doute cet int�r�t-l� et celui du recourant, qui estimait avoir pay� son d�, ne concordaient-ils pas. Toutefois, le ma�tre de l'ouvrage ne pouvait raisonnablement pas partir de l'id�e que B.________ acceptait de renoncer au paiement de sa cr�ance, laquelle ne pourrait apparemment plus �tre recouvr�e aupr�s de A.________, � la seule fin de poursuivre et d'achever l'ouvrage dont l'ex�cution lui avait �t� confi�e. Quant � sa situation � lui, elle n'e�t gu�re �t� plus enviable si les choses �taient demeur�es en l'�tat: non seulement, il aurait d� mettre en oeuvre une entreprise tierce pour terminer les travaux, avec les d�sagr�ments que cette d�marche e�t occasionn�s; mais, surtout, il courait le risque de voir B.________ requ�rir l'inscription d'une hypoth�que l�gale des artisans et entrepreneurs (art. 837 al. 1 let. 3 CC) sur sa villa en garantie de la cr�ance impay�e et, partant, de devoir payer celle-ci � double en tout �tat de cause.
Il convient de garder ces consid�rations � l'esprit pour interpr�ter les actes juridiques litigieux.
3.2.2 La cour cantonale constate que les travaux d'isolation ext�rieure formant l'objet de la soumission du 25 octobre 2000 n'ont pas d'�quivalent dans ceux pour lesquels A.________ avait soumissionn� le 18 octobre 1999. Cette constatation suffit � exclure, pour ces travaux-l�, du fait de leur nouveaut�, l'existence d'un transfert � B.________ du contrat ayant li� le recourant et ladite entreprise, ce contrat ayant un autre objet (travaux de gypserie et de peinture).
3.2.3 S'agissant de la soumission du 22 octobre 2000, la situation est plus d�licate. De fait, celle-ci reprend formellement la page de garde et le canevas de la soumission qui avait �t� �tablie le 18 octobre 1999 par A.________. A certaines positions, toutefois, des �l�ments ont �t� supprim�s, introduits ou modifi�s et le montant des travaux a �t� recalcul�. La cour cantonale en d�duit que B.________ a ainsi port� sa propre appr�ciation sur les travaux � ex�cuter et ne s'est pas born�e � adh�rer � un contrat pr�existant. Pareille d�duction, relative au comportement d'une partie, rel�ve du fait et lie le Tribunal f�d�ral. La cons�quence juridique qu'en ont tir�e les juges cantonaux, � savoir que l'on ne se trouve pas en pr�sence d'un transfert de contrat mais bien d'un nouveau contrat liant le recourant et B.________, n'appara�t pas contraire au droit f�d�ral, surtout si on la consid�re dans le contexte sus-indiqu� (cf. consid. 3.2.1). Aussi bien, �tant donn� les circonstances, le comportement du recourant pouvait �tre compris de bonne foi par B.________ en ce sens que le propri�taire de la villa entendait faire table rase de ses accords le liant � A.________, d'entente avec cette derni�re qui avait d�j� touch� ce qui lui �tait d�, pour se lier directement � elle sur de nouvelles bases, c'est-�-dire pour lui confier l'int�gralit� des travaux initialement adjug�s � A.________ et en payer le prix, sous d�duction de ce qu'elle avait touch� en r�mun�ration des travaux d�j� ex�cut�s.
Les arguments que le recourant oppose � cette interpr�tation ne sont pas d�terminants:
- contrairement � l'avis du recourant, les termes "en substitution de A.________", ajout�s au pied des soumissions des 22 et 25 octobre 2000, n'impliquaient pas n�cessairement la reprise d'un contrat existant, � l'exclusion de la conclusion d'un nouveau contrat. En effet, remplacer une personne, se substituer � elle pour l'ex�cution d'un contrat, est un acte qui se concilie tant avec la cr�ation d'une nouvelle relation contractuelle qu'avec la reprise d'un rapport contractuel existant;
- le fait qu'une partie des travaux figurant dans la soumission du 22 octobre 2000 avait d�j� �t� ex�cut�e au titre de la soumission du 18 octobre 1999 n'excluait pas davantage la conclusion d'un nouvel accord global, avec effet ex tunc, qui r�glerait le sort des obligations des cocontractants, et singuli�rement celui du paiement de l'ouvrage, tant pour ces travaux-l� que pour les travaux � venir, et qui tiendrait compte de la sortie de l'un des cocontractants initiaux;
- par ailleurs, si rien n'interdisait aux parties de pr�voir la reprise du contrat existant, tout en modifiant celui-ci, rien ne les emp�chait non plus de ne pas le faire et de se lier sur de nouvelles bases;
- enfin, les t�moignages de V.________ et de W.________, associ�s de C.________, quant aux assurances qui auraient �t� donn�es � B.________ relativement au paiement de ses travaux de sous-traitant et au fait que ces personnes s'occuperaient de r�cup�rer les acomptes d�j� vers�s en intervenant aupr�s de A.________, sont tout sauf clairs et pouvaient n'avoir pour but, comme l'a retenu la cour cantonale, que de convaincre B.________ d'entamer des pourparlers contractuels avec le recourant; on ajoutera, comme on l'a d�j� soulign�, que, de l'avis des premiers juges, il n'y avait rien de d�terminant � tirer de ces t�moignages, qui �manaient de personnes ayant ou ayant eu des liens professionnels et/ou d'amiti� avec l'une ou l'autre des parties.
3.2.4 En conformit� avec leur qualification juridique des soumissions des 22 et 25 octobre 2000, les juges cantonaux ont admis � bon droit que seuls pouvaient �tre imput�s sur la cr�ance de B.________, transf�r�e � l'intim�e, qu'ils ont arr�t�e � 221'398 fr. 65, les acomptes que cette entreprise avait effectivement per�us, soit 168'972 fr. 96, bien qu'ils fussent inf�rieurs � la totalit� des acomptes que le recourant avait vers�s � cette entreprise et � A.________ (213'700 fr.). Par cons�quent, c'est � juste titre qu'ils ont condamn� le recourant � verser la diff�rence de 52'425 fr. 70 � l'intim�e.
Le recours sera, d�s lors, rejet� sans qu'il soit n�cessaire d'entrer en mati�re sur l'argumentation de son auteur fond�e sur l'existence d'un transfert de contrat, cette figure juridique ayant �t� �cart�e en l'esp�ce.
Le recourant, qui succombe, devra payer les frais de la proc�dure f�d�rale (art. 66 al. 1 LTF) et verser des d�pens � son adverse partie (art. 68 al. 1 et 2 LTF).