Source: http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/1961_1970/12_1968_montini_vs_humani_generis_madiran.php
Timestamp: 2019-03-22 08:52:06+00:00
Document Index: 28529724

Matched Legal Cases: ['§ 6', '§ 7', '§ 10', '§ 18', '§ 19', '§ 22', '§ 37', '§ 58', '§7', '§ 25']

Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X - FSSPX - SSPX - La Porte Latine - Catholiques de Tradition - Mgr Lefebvre - Mgr Fellay - Pagliarani -L'attitude du futur Paul VI face à l'encyclique Humani Generis de Pie XII, par Jean Madiran - Décembre 1968
L'attitude du cardinal Montini, futur pape Paul VI, face à l'encyclique
Humani Generis de Pie XII, par Jean Madiran - Décembre 1968
Voici l’article de Jean Madiran sur l’attitude intellectuelle de Mgr Montini, futur pape Paul VI, substitut de la secrétairerie d’Etat à l’époque de la publication par Pie XII, en 1950, de son encyclique « Humanis generis » condamant les erreurs modernes. Et l’on voudrait aussi canoniser Paul VI? (1)
Le mot « erreurs » apparait dès la premeière ligne de la traduction française pour rendre le terme latin « aberratio« , qui n'est pas error, mais qui n'est pas moindre, au contraire. Nous retrouvons « aberrationem » dès le début du second paragraphe. Au § 6, il est question d'une novae aberranti philosophiae, une nouvellle philosophie abérrante. Au § 7 , d'un historicisme qui subvertit veritais legisque absolutae fundamenta, c’est-à-dire qui « mine en son fondement toute vérité et toute loi absolue »: serait-ce là simple « opinion », et nullement erreur? Au § 10, nous trouvons erroribus et errorem, pour nous prévenir que parmi nos philosophes et nos théologiens, il en est qui « tachent de se soustraire à la direction du Magistère et tombent insensiblement et sans en avoir conscience dans le danger d’abandonner même la vérité divinement révélée et d’entraîner avec eux les autres dans l’erreur ». Au § 18, il est souligné que ce qu’expliquent les encycliques de Pontifes romains « est négligé par certains d’une manière habituelle et préméditée ». Parlant des assertions contre lesquelles s’élèvent les dix-huit premiers paragraphes, le § 19 déclare: « Tous ces dires peuvent paraître fort adroits, l’erreur pourtant n’y manque pas » (le latin ne dit pas error ni errores, il dit: falacia, qui est équivalent, ou qui plutôt est encore plus grave). Au § 22, il est question de docteurs catholiques qui « renouvellent la théortie déjà plusieurs fois condamnée… » Au § 37, l’encyclique répète qu’elle signale des erreurs manifestes et des dangers d’erreur: manifestos errores errorisque pericula; non seulement donc, des dangers d’erreur mais bien des ERREURS MANIFESTES. Le § 58 répète: ces erreurs, « aujourd’hui répandues ouvertement ou en secret » (iis erroribus)
3- Le Saint Siège vise à condamner non des erreurs proprement dites, mais des modes de pensée qui pourraient amener des erreurs »
A - Voici dans l’ordre, les « modes de pensée » qui sont explicitement désignés dans l’encyclique:
-un faux historicisme (§7); etc, etc.
B - D’ailleurs, l’encyclique déclare explicitement qu’elle vise non pas des pensées qui pourraient amener des erreurs mais des nouveautés qui ont déjà produit, dans presque toutes les parties de la théologie des fruits empoisonnés (§ 25: ac mirum non est hujusmodi novitates, ad omnes fere theologiae partes quod attinet, jam venenosos peperisse fructus). Des fruits empoisonnés! Déjà produits! dans presque toutes les parties de la théologie!
La pensée catholique, chez un nombre croissant de ses représentants les plus hautement éminents, (N.B. Jean Madiran a en vu ici Mgr Montini, substitut de la Secrétairerie d’Etat) en est donc à l’heure du chaudron.
Comparée à l’état présent du monde et de l’Eglise l’encyclique de Pie XII est aussi actuelle que la réponse de Jésus à saint Jude. Mais on nous fait croire que Jésus n’a pas répondu; et que « les erreurs manifestes » signalées en 1959 n’étaient pas vraiment des erreurs.
Alors cette génération d’homme s’enfonce dans l’angoisse et dans la nuit.
Jean Madiran in Itinéraires n°128 Décembre 1968. p154-159
(1) Source : La Revue Item/Abbé Paul Aulagnier/Octobre 2013