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Timestamp: 2020-07-13 04:50:22+00:00
Document Index: 122664253

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Section 2 : Répertorier les espaces verts et définir le Réseau d'espaces verts d'Ottawa | Ville d'Ottawa
Section 2 : Répertorier les espaces verts et définir le Réseau d'espaces verts d'Ottawa
En 2001, la gestion de plus de 850 parcs et de milliers d’hectares de forêt, de terres humides et d’autres terrains naturels municipaux était confiée à une même administration. Les anciennes municipalités traitaient ces terrains différemment dans leurs règlements de zonage respectifs et, dans la plupart des cas, suivaient des plans distincts en matière d’espaces verts sur leur territoire. Outre les terrains municipaux, il existe à Ottawa plus de 20 000 hectares de terres fédérales comprises dans la Ceinture de verdure, auxquels s’ajoutent des parcs, des promenades et des sentiers récréatifs. Les monuments nationaux et les autres bâtiments d’importance offrent des espaces pour les rassemblements publics et d’autres espaces verts. Le gouvernement fédéral et les offices de protection de la nature possèdent et entretiennent des boisés et d’autres terrains environnementaux qui constituent autant d’éléments naturels dans la ville.
Le Plan directeur des espaces verts – Stratégies visant les espaces verts urbains jette les bases de la planification de tous ces espaces verts dans le secteur urbain :
en recensant tous les espaces verts naturels ainsi que les terrains libres et les terrains de loisirs d’Ottawa, et en les cartographiant en tant que terrains naturels ou en tant qu’espaces libres et terrains de loisirs, ou les deux dans certains cas
en catégorisant ces terrains selon leurs caractéristiques et fonctions naturelles ou en tant qu’espaces libres et terrains de loisirs
en désignant un réseau urbain d’espaces verts combinant les deux types d’espaces verts en un même réseau
Pour tenir compte d’un territoire aussi diversifié, un système informatisé de cartographie et d’information servant à répertorier et à analyser les différents types d’espaces verts de la ville a été mis en place. Ce système peut être mis à jour et utilisé à des fins diverses, notamment pour surveiller l’atteinte des objectifs en matière d’espaces verts.
La désignation au Plan officiel de tous les espaces verts urbains d’Ottawa et le zonage de chacun ont été examinés lors du repérage. Il en est ressorti que les terrains naturels ainsi que les espaces libres et les terrains de loisirs ne font pas toujours l’objet d’une désignation ou d’un zonage uniformes. La désignation appropriée des espaces verts fait l’objet d’une stratégie de mise en œuvre fondamentale, exposée en détail à la section 4 du Plan.
La présente section décrit des stratégies visant à protéger les terrains naturels, les espaces libres et les terrains de loisirs. On y propose de constituer le Réseau urbain d’espaces verts à l’aide de sentiers polyvalents et de rues vertes. Bien que le Réseau urbain d’espaces verts soit un élément structurant fondamental du réseau d’espaces verts de la ville, les terrains qui n’en font pas partie sont également dûment considérés. Les terrains naturels sont situés, de toute évidence, là où ils ont été créés et plusieurs des aires naturelles les plus importantes du secteur urbain ne sont pas reliées au réseau. Des stratégies destinées à protéger ces terrains et d’autres terrains naturels seront proposées dans le cadre de la Stratégie d’évaluation environnementale des aires naturelles urbaines. La Stratégie visant les caractéristiques naturelles urbaines a pour but de désigner des terrains naturels que le Conseil cherche à protéger pour leur valeur environnementale, par voie d’acquisition ou autre au cours des cinq à dix prochaines années. Cette stratégie se fonde sur l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains, qui établit la valeur écologique des boisés, des terres humides et des ravins du secteur urbain.
Les inventaires des terrains illustrés sur la carte 1 [PDF 3.82 MB], Terrains naturels, et la carte 2 [PDF 3.82 MB], Espaces libres et terrains de loisirs, de la présente section, reflètent les utilisations du sol actuelles. Ces deux cartes contiennent des terrains dont le zonage et la désignation au Plan officiel autorisent les aménagements à des fins urbaines. L’utilisation de ces terrains comme espaces verts fera plus tard l’objet d’autres études, de demandes d’aménagement et de décisions de planification, et les cartes seront mises à jour périodiquement. La carte 3 [PDF 1.74 MB] illustre de quelle façon ces terrains pourraient être reliés en réseau, et contient des liens possibles qui ne correspondent pas à l’usage actuel qui en est fait. Le réseau et les inventaires n’auront aucun effet direct sur la désignation au Plan officiel ou sur le zonage des terrains figurant sur les cartes. Le réseau et les inventaires serviront plutôt à guider les éventuelles acquisitions de terrains, à planifier l’aménagement des parcs et des installations de loisirs, et à faciliter l’examen des demandes d’aménagement et des propositions de travaux publics.
2.1.1 Sources de données et valeurs attribuées
Les espaces verts ont été recensés à l’aide de diverses sources, notamment d’anciens plans et règlements de zonage, des enquêtes sur l’utilisation du sol, des études scientifiques, des études urbanistiques en cours ainsi que la base provinciale de données foncières. Plusieurs des études décrites ci-après ont été particulièrement précieuses pour l’établissement de l’inventaire. Ces études ont été réalisées à différents moments et à des fins diverses; lorsqu’elles portent sur un même paysage, l’étude ayant adopté la plus grande rigueur scientifique a été utilisée en priorité. De plus, lorsque ces études établissaient un classement de la valeur ou de l’importance de certains terrains, comme les espaces verts naturels, ce classement était reporté dans l’inventaire. Dans certains cas, les études ont dû être mises à jour afin de tenir compte des changements d’utilisation du sol et des engagements d’aménagement.
Les sources consultées ont été les suivantes :
La Stratégie concernant les systèmes environnementaux naturels, NESS (1997) : L’ancienne Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton a entrepris cette vaste analyse pour le Plan directeur régional de 1997. La NESS combinait la cartographie existante de la végétation et du relief régionaux avec du travail sur le terrain pour évaluer l’importance relative des espaces naturels du secteur rural et de la Ceinture de verdure. Cette étude évaluait les zones boisées et les terres humides à l’aide de critères normalisés permettant d’attribuer aux paysages naturels une importance élevée, moyenne ou faible. La NESS suggérait également la création d’un réseau constitué d’un noyau d’aires naturelles reliées par des éléments terrestres et aquatiques. Les désignations environnementales du Plan officiel de la Ville d’Ottawa de 2003 pour le secteur rural ont été faites à partir de la NESS.
Information du ministère des Richesses naturelles : Le Ministère est responsable de la désignation et de l’évaluation des terres humides de l’Ontario. Il cartographie l’emplacement des zones d’intérêt naturel et scientifique (ZINS), comprenant des ZINS liées aux sciences de la Terre, comme les reliefs rares, et les ZINS liées aux sciences de la vie, comme les habitats d’espèces rares ou uniques. Cette information est mise à jour régulièrement. Les ZINS liées aux sciences biologiques et les terres humides d’importance provinciale sont prises en compte dans les désignations environnementales du Plan officiel d’Ottawa de 2003; les ZINS liées aux sciences de la Terre sont mentionnées en tant qu’éléments de relief dans le Plan.
Plan directeur de la Ceinture de verdure : En 1995, la Commission de la capitale nationale entreprenait d’élaborer ce plan pour désigner les terrains de la Ceinture de verdure en tant que paysages ruraux, zones d’aménagement futur (comme l’Aéroport international d’Ottawa et les secteurs d’emploi fédéral) et paysages naturels ayant une valeur environnementale. On comptait parmi les paysages naturels les terrains boisés, les terres humides comme Mer Bleue et les liens que constituent les couloirs de rivières et de cours d’eau. Un réseau de destinations extérieures et de sentiers récréatifs était également proposé. De nombreux paysages naturels recensés dans le Plan directeur se sont vu accorder une grande importance environnementale dans la Stratégie concernant les systèmes environnementaux naturels (NESS). Le Plan directeur de la Ceinture de verdure est pris en compte dans les désignations du Plan officiel d’Ottawa de 2003
Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains (EEEENU) 2005-2006 : La Ville d’Ottawa a entrepris cette étude pour recenser les espaces naturels du secteur urbain et en déterminer la valeur écologique relative. Cette étude a permis d’établir un système de classement environnemental cohérent et de formuler des recommandations sur la gestion de ces terrains. Neuf critères ont servi à classer les terrains municipaux, privés ou appartenant à la CCN, et à leur attribuer une valeur écologique élevée, moyenne ou faible. Certains de ces terrains étaient déjà mentionnés dans le Plan officiel comme secteurs écologiques et espaces libres. Cette étude, qui a également permis de préciser la cartographie existante, servira à établir les priorités pour l’acquisition ou l’application d’autres méthodes permettant de protéger ces espaces naturels.
Études sur les bassins et les sous-bassins hydrographiques : Les offices de protection de la nature et la Ville réalisent des études sur les bassins et les sous-bassins hydrographiques et continuent d’enrichir l’information obtenue sur les systèmes environnementaux naturels, les couloirs de rivières et de cours d’eau ainsi que les raccordements pour les eaux de surface et souterraines. Ces études ont permis, au besoin, de mettre à jour des études antérieures, comme la NESS.
Études sur le cyclisme et les sentiers : La CCN met à jour son Plan stratégique d’un réseau intégré de sentiers récréatifs pour la région de la capitale nationale élaboré en 1994 en partenariat avec les Villes d’Ottawa et de Gatineau. L’étude actuelle, le Plan stratégique pour le réseau de sentiers de la région de la capitale du Canada, définit les couloirs de sentiers de la région de la capitale nationale, qui englobe Gatineau et Ottawa. Ces sentiers sont les principaux liens hors route entre les espaces libres de la région de la capitale nationale. La Ville prépare également un Plan sur le cyclisme afin de tracer un réseau de voies cyclables sur route et hors route. Ces deux études étaient en cours en 2006 et l’information contenue dans le présent Plan directeur a contribué à leur élaboration.
Inventaires des parcs municipaux : La Ville a préparé pour les divers parcs qu’elle détient et exploite une base de données qui tient compte de tous les parcs des anciennes municipalités. Cette base de données est mise à jour régulièrement et reliée au Système d’information géographique (SIG) de la Ville.
Outre ces études, les plans pour les parcs et les loisirs des anciennes municipalités avaient classé les parcs et désigné l’emplacement de futurs parcs. Des plans de conception communautaire et des plans secondaires ont également recensé des terrains devant être aménagés en parcs ou en espaces verts, et ces terrains ont été pris en compte lorsque l’information à ce propos était suffisante. Le Plan de la capitale du Canada de 1999 et le Plan officiel offrent également un contexte à cet égard. De plus, les données d’évaluation foncière, la cartographie topographique et la cartographie découlant des enquêtes de la Ville sur l’utilisation des sols réalisées en 2001 et en 2005 ont été consultées.
Ensemble, ces études et ces évaluations ont servi à cerner les espaces verts et à leur attribuer une valeur dans le présent Plan. L’information sur les terrains naturels comprenait une évaluation et un classement de la valeur écologique relative de chaque emplacement, données qui ont été reportées dans le présent Plan. Les classements peuvent toutefois nécessiter une mise à jour lorsque des renseignements supplémentaires sont obtenus. L’information sur les espaces libres et les terrains de loisirs était surtout descriptive et le classement du présent Plan correspond au niveau d’accès qui est accordé au public et au taux d’utilisation qu’en fait celui ci.
Le Plan directeur des espaces verts – Stratégies visant les espaces verts urbains reconnaît que les terrains environnementaux, les espaces libres et les terrains de loisirs n’ont pas tous la même valeur intrinsèque ou la même valeur aux yeux du public, selon leur fonction au sein d’un système environnemental naturel ou d’un réseau d’espaces libres et de terrains de loisirs. Le présent Plan classe, d’une manière générale, les deux types de terrains, selon leur rôle ou leur fonction, en trois grandes catégories :
Les terrains primaires comprennent les paysages naturels et les principales rivières reconnus comme pour la grande qualité de leur environnement ou la rareté des espèces qu’ils abritent, ainsi que les parcs et les espaces libres publics expressément conçus pour des fonctions sportives et récréatives
Les terrains de soutien s’ajoutent aux terrains primaires et les enrichissent. Il s’agit notamment des affluents, des caractéristiques naturelles isolées et des habitats reliant les terrains primaires. Dans le réseau d’espaces libres et de terrains de loisirs, il s’agit de terrains publics susceptibles d’offrir des possibilités récréatives en raison de l’accès qu’ils permettent au public
Les terrains de contribution mettent en valeur les terrains primaires ou de soutien ou en augmentent l’étendue. Ce sont des pentes raides, des espaces naturels ou des boisés de peu de valeur ou encore des terrains institutionnels, commerciaux, récréatifs ou autres permettant des degrés variés d’accès public et d’utilisation
Tel qu’il a été mentionné à la section 1, de nombreux terrains ont des fonctions à la fois naturelles et récréatives, auquel cas ils ont été pris en considération dans les deux inventaires.
2.2 Terrains naturels d'Ottawa
Les terrains naturels d’Ottawa englobent les terres humides et les forêts d’importance de la ville ainsi que les rivières qui les parcourent et leurs affluents. Les caractéristiques et les terrains naturels du secteur urbain et de la Ceinture de verdure d’Ottawa sont illustrés sur la carte 1 [PDF 3.82 MB], qui contient également la priorité attribuée à chaque élément. Les fonctions naturelles s’exercent dans les limites concrètes des forêts, des terres humides ou d’autres caractéristiques naturelles, et s’étendent au-delà des terrains adjacents pour former des écosystèmes naturels. La compréhension de ces écosystèmes naturels et de leur portée est complexe, bien que des données tirées d’études antérieures soient disponibles. La Stratégie concernant les systèmes environnementaux naturels (NESS) de l’ancienne Région d’Ottawa-Carleton a tenté de saisir les écosystèmes naturels débordant du secteur rural jusque dans la Ceinture de verdure et certaines parties du secteur urbain. De plus, l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains (EEEENU) a permis d’évaluer et de cartographier précisément les terrains naturels restants dans les limites urbaines. Les cours d’eau naturels, les terres humides urbaines et les autres éléments du réseau de la Stratégie concernant les systèmes environnementaux naturels situés dans le secteur urbain constituent, avec les terrains évalués dans l’EEEENU, la base du système environnemental naturel de l’inventaire du présent Plan.
2.2.1 Terres humides
Les terres humides constituent des habitats uniques pour de nombreuses espèces végétales et animales. Elles régulent également les inondations et servent de zone de recharge d’eau.
Les terres humides sont parmi les écosystèmes les plus productifs. Grâce à l’abondance de nourriture qu’elles offrent et à leur couvert végétal, elles constituent un habitat unique pour de nombreuses espèces végétales et animales. Elles filtrent également les eaux de surface et contribuent ainsi à protéger la qualité des rivières et des cours d’eau. Elles permettent en outre de réguler les inondations et servent de zones de recharge ou de décharge pour les ressources en eau souterraine. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a répertorié à Ottawa plus de 14 000 hectares de terres humides d’importance provinciale. Sept terres humides d’importance provinciale se trouvent dans le secteur urbain ou le jouxtent. Mer Bleue, Leitrim, Stony Swamp, la baie Shirleys, le lac Mud et l’île Petrie sont les plus vastes de ces terres humides. Toutes les terres humides d’importance provinciale sont indiquées comme terrains primaires dans les caractéristiques et les terrains naturels illustrés sur la carte 1 [PDF 3.82 MB].
Le secteur urbain compte peu d’autres terres humides. La plupart d’entre elles sont associées à des boisés et à des couloirs de cours d’eau et en accroissent la valeur. Ces terres humides sont généralement qualifiées de terrains de soutien sur la carte 1, mais sont considérées comme terrains primaires lorsqu’elles font partie d’un boisé ou présentent une caractéristique naturelle ayant obtenu un résultat global élevé dans l’EEEENU ou la NESS.
2.2.2 Forêts et boisés
Les vestiges de boisés à Kanata améliorent la qualité de vie qu’on y trouve.
Les vastes et complexes réseaux de forêts et de terres humides du secteur rural et de la Ceinture de verdure forment le noyau des terrains naturels de la ville et créent un réseau global d’espaces naturels, où se trouvent des zones d’intérêt naturel et scientifique désignées par le ministère des Richesses naturelles, et pour la plupart classées d’importance élevée ou moyenne dans la Stratégie concernant les systèmes environnementaux naturels (NESS). Bon nombre de ces espaces naturels sont situés dans la Ceinture de verdure ou sont adjacents au secteur urbain (p. ex., les hautes terres de South March). Ces terrains sont qualifiés de primaires sur la carte 1 [PDF 3.82 MB].
À l’intérieur du secteur urbain, les vestiges de boisés sont petits et isolés, mais servent de points d’ancrage pour des caractéristiques et des fonctions naturelles. Ces terrains boisés ont été recensés, cartographiés et examinés en détail dans le cadre de l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains (EEEENU). Les boisés que l’EEEENU juge d’un intérêt environnemental élevé ou moyen, tels les boisés McCarthy et Trillium, sont considérés comme ayant un rôle essentiel (terrains primaires) sur la carte 1.
Les autres secteurs boisés de qualité variable jouent un rôle de soutien dans la biodiversité d’ensemble, en protégeant ou en unissant les espaces importants et en servant de liens. Les terrains boisés isolés jouent également un rôle de soutien dans la biodiversité d’ensemble. Dans le secteur urbain, l’EEEENU a recensé plusieurs sites de faible importance, et ces secteurs sont désignés comme ayant un rôle de soutien sur la carte 1.
D’autres secteurs arborés du secteur urbain n’ont pas été évalués du point de vue environnemental car ils couvrent une superficie inférieure à 0,8 hectare, dimension minimale prise en compte par l’EEEENU. Sur la carte 1, ces terrains sont désignés comme jouant un rôle de contribution dans le volet écologique global de la ville.
2.2.3 Couloirs de rivières et de ruisseaux
Le ruisseau Shirleys offre à la collectivité un milieu naturel et permet de gérer les eaux pluviales des quartiers adjacents.
Six grandes rivières traversent Ottawa, dont quatre parcourent le secteur urbain : les rivières des Outaouais, Rideau, Jock et Carp. Des ruisseaux disséminés sur le territoire alimentent ces rivières, façonnant vallées, plaines inondables et escarpements dans leur sillage. Dans le secteur rural, les réseaux de vallées et de rivières servent pour la faune aquatique et terrestre d’habitats et de couloirs qui mènent jusqu’à la Ceinture de verdure. Ces réseaux renforcent les forêts et les terres humides en les unissant et en favorisant la biodiversité d’ensemble. Dans le secteur urbain, les couloirs fluviaux, les pentes raides, les plaines inondables et les cours d’eau comptent parmi les paysages naturels les plus visibles parce qu’ils ne conviennent pas aux aménagements. Ils offrent un habitat aux poissons et à la faune. Les réseaux urbains de rivières et de cours d’eau ont également une fonction hydrologique, notamment en transportant les eaux pluviales urbaines. Dans certains cas, les rives sont situées sur des terrains privés dont l’accès public est par conséquent interdit. Pour leur part, les petits cours d’eau disparaissent souvent lorsque sont aménagés les terrains qu’ils traversent.
Les rivières et les gros ruisseaux sont qualifiés de zones primaires sur la carte 1 [PDF 3.82 MB]. Tous les autres ruisseaux, lacs et étangs jouent un rôle de soutien.
2.2.4 Escarpements et pentes raides
Ottawa compte plusieurs escarpements qui correspondent à la limite d’anciens rivages et au passage des glaciers. Des escarpements longent la colline du Parlement et délimitent le quartier Fallingbrook à Cumberland, tandis que d’autres ne constituent que des points de repère dans certains quartiers. Bon nombre de ces escarpements sont reliés à des emplacements recensés dans l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains et sont qualifiés d’éléments de contribution sur la carte 1 [PDF 3.82 MB].
2.2.5 Cadre de politique et législatif des terrains naturels
La plupart des terrains primaires et de soutien recensés dans le secteur urbain sur la carte 1 [PDF 3.82 MB] appartiennent à l’une des quatre désignations d’utilisation du sol du Plan officiel suivantes : secteur écologique naturel, terres humides d'importance au sud et à l'est du Bouclier canadien (dans la Ceinture de verdure), caractéristique naturelle urbaine et espaces libres d’importance (ailleurs dans le secteur urbain). Les terrains désignés terres humides d'importance et secteurs écologiques naturels sont de propriété publique. La majorité des caractéristiques naturelles urbaines et des espaces libres d’importance sont publics font l’objet de possibilités d’aménagement restreintes.
Partout en Ontario, les offices de protection de la nature agissent comme chefs de file dans la planification relative aux cours d’eau et appliquent la plupart des règlements en vigueur pour les protéger. On compte à Ottawa trois offices de protection investis de responsabilités : l’Office de protection de la nature de la vallée de la Mississippi, l’Office de protection de la nature de la vallée de la Rideau et la Conservation de la Nation Sud.
Ces offices de protection de la nature assument un rôle prépondérant dans l’application de la législation protégeant les couloirs aquatiques : Loi sur les pêches (loi fédérale), Loi sur les offices de protection de la nature, Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières. Les offices de protection de la nature sont les principaux organismes chargés du processus de planification des bassins hydrographiques, lequel sert de base, sur le plan environnemental, à l’aménagement du territoire dans le Plan officiel d’Ottawa. Les offices de protection de la nature disposent également d’une cartographie des plaines inondables en plus de gérer les modifications apportées aux sites et de faire appliquer la réglementation aux abords de nombreux cours d’eau de même qu’à l’intérieur et à proximité des terres humides d’importance provinciale que comporte le territoire de la ville. Les politiques du Plan officiel et les règlements administrés par les offices de protection de la nature visent à protéger les zones de retrait de tous les cours d’eau.
Les désignations de certains terrains naturels et espaces libres figurant dans le Plan officiel doivent être modifiées. La plupart des berges sont mentionnées comme espaces libres d’importance alors qu’une désignation environnementale pourrait être plus appropriée à certains endroits. En outre, les plans de conception communautaire approuvés depuis 2001 ont mentionné d’importants espaces verts associés à des cours d’eau urbains et pouvant être désignés dans le Plan officiel. Les terrains longeant la rivière Jock sont mentionnés dans un plan secondaire du volume 2 du Plan officiel et devraient également figurer dans le volume 1.
2.2.6 Initiatives courantes de protection des terrains naturels d’Ottawa
La Ville est à la croisée des chemins en matière de protection des espaces naturels. En 2006, l’évaluation de 192 terrains de 0,8 hectare ou plus aura été réalisée dans le cadre de l’EEEENU et le Conseil et les résidents devront choisir ceux qui méritent d’être protégés en tant que caractéristiques naturelles urbaines. Les caractéristiques naturelles urbaines sont des terrains naturels dont la désignation dans le Plan officiel assure la protection à des fins de conservation ou de loisirs passifs. Une stratégie visant les caractéristiques naturelles urbaines sera soumise à la consultation afin de déterminer quels terrains seront désignés et protégés à long terme et de quelle manière ils le seront. Si certains terrains pourront être protégés grâce à des partenariats avec divers paliers de gouvernement, mais d’autres devront faire l’objet d’acquisitions.
Bien que l’EEEENU se soit penché sur les grands terrains boisés partout dans le secteur urbain, une stratégie visant les forêts, actuellement en cours d’élaboration, évaluera le couvert forestier dans les contextes urbain et rural et comportera des objectifs en matière de forêt et de couvert forestier pour des secteurs précis.
En outre, le Conseil a approuvé en 2006 de nouvelles politiques du Plan officiel sur les dispositions relatives aux zones de retrait des plans d’eau. Ces politiques établissent des zones de retrait appropriées pour protéger la qualité de l’eau et les habitats aquatiques et des poissons, de même que l’environnement riverain, et pour offrir un élément de protection contre les dangers que constituent les pentes instables et les inondations. D’autres travaux sur les directives de mise en œuvre sont proposés en vue d’aider à l’interprétation de ces nouvelles politiques.
2.3 Espaces libres et terrains de loisirs d'Ottawa
Les espaces libres et les terrains de loisirs d’Ottawa sont les espaces verts qui satisfont aux besoins de la collectivité en matière d’espaces libres et récréatifs et qui sont donc accessibles au public. Ce sont les lieux où les résidents se réunissent, jouent, se baignent et profitent du soleil, célèbrent les festivals, font du vélo et s’assoient pour lire à l’ombre d’un arbre. La plupart de ces terrains sont des parcs publics ou des espaces municipaux, mais d’autres espaces libres et terrains de loisirs, comme les terrains de golf, sont privés. De plus, d’autres terrains constituent des espaces libres, y compris les terrains paysagers mis à la disposition du public, comme les terrains des grandes institutions, et ceux associés aux infrastructures, comme les bassins de rétention des eaux pluviales.
Le fait de cartographier tous les terrains considérés comme espaces libres et terrains de loisirs révèle la forme des éléments ainsi recensés et les rapports qui les unissent. De plus, en cartographiant l’inventaire des terrains de loisirs, la répartition des parcs publics entre les divers quartiers devient plus évidente et l’application des normes régissant l’aménagement de tels parcs dans les quartiers nouveaux ou bien établis peut être surveillée plus facilement.
Pour réaliser l’inventaire des espaces libres et terrains de loisirs d’Ottawa, illustrés sur la carte 2 [PDF 3.82 MB] plusieurs caractéristiques ont servi à évaluer la contribution de chaque élément au réseau global du secteur urbain, à savoir :
propriété et niveau d’accès public
utilisation du sol actuelle et prévue
topographie et qualités naturelles intrinsèques
importance pour le patrimoine culturel (attribuée à un site patrimonial)
capacité de l’administration municipale et d’autres partenaires à accroître l’utilisation d’espaces libres et de terrains de loisirs
Trois types de terrains peuvent constituer des espaces libres et des terrains de loisirs dans la ville. Ils sont classés ci-dessous, selon leur fonction planifiée et leur contribution comme espaces libres et terrains de loisirs.
2.3.1 Parcs publics, terrains de sport et sentiers polyvalents
Les espaces ouverts et les terrains de loisirs sont les espaces verts accessibles qui satisfont aux besoins des résidents en matière de loisirs.
Les parcs publics, les terrains de sport et les sentiers polyvalents sont les terrains primaires les plus importants parmi ceux qui satisfont aux besoins des résidents en matière de loisirs. La Ville possède la majorité de ces terrains et, en comparaison avec d’autres organismes publics, détient le mandat le plus direct pour ce qui concerne les espaces libres et de terrains de loisirs. De nouveaux parcs publics, terrains de sport et sentiers polyvalents sont aménagés par suite d’acquisitions publiques et grâce aux terrains qui, au moment de tout lotissement, doivent être réservés à la création de parcs, ainsi que le prévoit la Loi sur l’aménagement du territoire. Les parcs et les aires de loisirs du fédéral s’ajoutent aux ressources d’Ottawa en parcs urbains; ils embellissent la ville et renforcent son statut de capitale nationale. La Province axe ses contributions sur deux parcs du secteur rural. Tous ces terrains sont classés terrains primaires sur la carte 2 [PDF 3.82 MB].
2.3.2 Autres terrains publics
D’autres terrains publics accroissent les possibilités de loisirs pour le public.
Des terrains publics aménagés ou entretenus à d’autres fins augmentent les possibilités de loisirs pour le public. Ils jouent un rôle de soutien dans le réseau d’espaces libres et de terrains de loisirs lorsque l’accès du public y est facilité par des sentiers ou d’autres installations, et lorsque des accords ont été passés avec le propriétaire public en vue d’en autoriser l’utilisation par la population. On compte parmi ces terrains les terrains institutionnels, comme les cours d’école; les terrains d’infrastructure, comme les bassins de rétention des eaux pluviales; et les couloirs de services publics et autres, comme les terrains de transport d’électricité et les principaux couloirs routiers. À titre d’exemple, la Ville installe des équipements sportifs dans des cours d’école et veille à offrir des possibilités de marche, de cyclisme et d’autres activités de loisirs grâce à des ententes visant certains couloirs de transport d’électricité appartenant à la Province et certains terrains du fédéral. La CCN a également aménagé des sentiers et diverses aires de loisirs sur des propriétés du fédéral, comme les couloirs de promenades et les terrains de la Ceinture de verdure. Certains espaces naturels, tels ceux gérés par les offices de protection de la nature, sont également aménagés de manière à permettre des loisirs informels. Ces terrains sont recensés en tant que terrains de soutien sur la carte 2 [PDF 3.82 MB].
Tous les paliers de gouvernement et plusieurs organismes publics détiennent également des terrains vacants sur lesquels des loisirs publics ne sont pas toujours possibles, mais dont l’accès est rarement interdit à la population. Ces terrains, comme ceux qui forment le couloir de la promenade de l’Aéroport et les couloirs de transport d’électricité appartenant à la Province, sont destinés à d’autres fins. Toutefois, ces terrains publics jouent un rôle important en prolongeant le panorama vert de la ville et en accroissant le nombre de terrains disponibles pour un éventuel usage public. Ces terrains sont mentionnés comme terrains de contribution sur la carte 2.
2.3.3 Terrains privés
Les terrains de golf privés sont des espaces verts qui contribuent au caractère et à l’identité des collectivités.
Les terrains privés, comme les cimetières, les terrains de golf et les terrains d’institutions publiques et privées offrent également des possibilités d’espaces libres et de terrains de loisirs. Ce sont toutefois des décisions privées qui déterminent l’utilisation qui en est faite et leur accès public n’est consenti que sur autorisation. Ces terrains ont un rôle de contribution dans le réseau des espaces libres et de terrains de loisirs de la ville.
2.3.4 Cadre de politique et législatif des espaces libres et des terrains de loisirs
Les terrains primaires et de soutien mentionnés sur la carte 2 [PDF 3.82 MB] ont diverses désignations dans le Plan officiel. Celui-ci désigne la plupart des grands parcs, les couloirs d’espaces libres longeant les principaux cours d’eau, les couloirs de promenades, les couloirs réservés au transport en commun rapide et les routes principales. Certains grands parcs et terrains riverains illustrés sur la carte 2 ont été mentionnés dans les plans de conception communautaire approuvés par le Conseil depuis 2003 mais sont passés sous silence dans le Plan officiel.
À la différence du cadre de politique des terrains naturels, les paliers supérieurs de gouvernement ont peu orienté ou réglementé les espaces libres et les terrains de loisirs. La Loi sur l’aménagement du territoire établit un cadre pour la réalisation de parcs au cours du processus d’aménagement. La Loi sur les municipalités définit les paramètres relatifs à la fourniture des immobilisations municipales nécessaires à la croissance, notamment les installations sportives et récréatives intérieures et extérieures. La Déclaration de principes provinciale de 2005 contient des politiques relatives aux espaces, aux parcs et aux espaces libres publics.
2.3.5 Initiatives actuelles de protection des espaces libres et des terrains de loisirs
La Ville a adopté une stratégie visant à répondre au besoin de terrains de sport supplémentaires. En 2004, le Conseil a approuvé la Stratégie pour les terrains de sport – Options stratégiques et recommandations (2003), qui recommandait des normes en matière d’approvisionnement en terrains de sport sur le territoire municipal, fondées sur le nombre d’habitants, ainsi que la conclusion de partenariats avec les conseils scolaires, les associations sportives privées et d’autres intervenants, afin de répondre aux besoins actuels et futurs. Une étude ultérieure a examiné le potentiel de terrains vacants situés dans le secteur urbain et la Ceinture de verdure et susceptibles d’être aménagés en terrains de sport, en vue de partenariats et d’acquisitions possibles. En 2006, le Conseil approuvait l’achat d’un terrain de sport et, en 2007, il examinera une proposition de financement d’immobilisation permanent pour les acquisitions de terrains de sport.
Une mise à jour du règlement municipal sur les terrains réservés à l’aménagement de parcs est également en cours. Le nouveau règlement normalisera la manière dont les terrains sont réservés à la création de parcs sur le territoire municipal et établira des critères régissant l’utilisation des compensations financières obtenues en remplacement de la création de parcs.
2.4 Réseau urbain d'espaces verts d'Ottawa
2.4.1 Une approche globale
L’idée d’une approche globale pour implanter un réseau d’espaces verts repose sur les principes d’écologie du paysage et sur une stratégie d’aménagement et de gestion du territoire par écosystèmes. Une perspective de réseaux permet de rattacher les décisions concernant un élément du réseau aux répercussions qui en découleront pour les autres composantes de celui ci. Les espaces verts fonctionnent à divers niveaux et ont par conséquent des fonctions écologiques et sociales différentes mais compatibles qui, ensemble, créent un réseau plus efficace et plus solide que si ces espaces étaient fragmentés. Lorsqu’un réseau est compromis, les habitats fragmentés déclinent et les populations animales disparaissent; les parcs et les espaces libres dispersés ne sont pas facilement accessibles; les impacts par processus naturels sur l’environnement sont affaiblis mais leur correction nécessite une intervention et un investissement public importants.
Figure 2 Une approche globale permet de rattacher les décisions concernant un élément du réseau aux répercussions qu’elles auront sur les autres composantes de celui-ci.
Une ville qui parvient à garder ses aires naturelles saines garantit également la santé de ses habitants. Lorsque les gens disposent de beaucoup d’espace et ont facilement accès aux éléments d’un réseau d’espaces verts pour leurs loisirs, la vie saine s’intègre au quotidien et la nature devient une partie visible importante de la vie en collectivité. La mise en valeur d’un réseau urbain d’espaces verts permet à la flore et à la faune de s’épanouir dans des habitats interreliés. En bénéficiant d’assez d’espace pour pousser partout dans le réseau urbain d’espaces verts, les arbres offrent de grands avantages en filtrant les polluants et en rafraîchissant l’air. La préservation et le réseautage des terrains boisés et des forêts permettent d’améliorer la qualité de l’eau, de retenir le sol et de rendre la faune florissante. La population peut se déplacer plus facilement à l’intérieur des quartiers et entre ceux-ci, et accéder à un nombre accru d’installations qui sont ainsi utilisées plus efficacement. Tout le réseau devient plus souple et est par conséquent mis en valeur, ce qui lui donne un rôle plus important qu’à chacune de ses parties prises individuellement.
2.4.2 Tirer parti de l’expérience du passé
Les espaces verts constituent un élément efficace de planification qui confère à Ottawa son caractère et sa qualité depuis plus d’un siècle. Dès le début du XIXe siècle, Fredrick Todd fut l’un des premiers à élaborer pour une capitale des plans qui s’inspiraient de l’image d’une zone urbaine juxtaposée à un paysage naturel sauvage. Cette image influença de nombreux plans qui allaient former le cadre du modèle actuel d’aménagement de promenades et d’espaces verts. Ces visions ont été particulièrement bien évoquées dans le plan préparé par Jacques Gréber en 1950 pour la capitale nationale. Dans les années 1960 et 1970, des quartiers d’Ottawa comme Glen Cairn et Greenboro ont été structurés autour d’espaces verts qui offraient aux résidents d’autres moyens de se déplacer et des aires de loisirs accrues contribuant ainsi à faire de ces quartiers des lieux de résidence fort prisés. Dans les années 1990, la Commission de la capitale nationale adapta ce concept aux principes d’urbanisme écologique et l’intégra au Plan directeur de la capitale du Canada.
Le concept d’un réseau d’espaces verts a constitué un principe organisationnel clé dans l’aménagement du territoire municipal récent. Dans les années 1990, l’ancienne Ville d’Ottawa avait intégré dans son plan officiel et dans son règlement de zonage un réseau de couloirs de verdure qui recensait divers espaces naturels et libres. Le réseau de couloirs de verdure était opportuniste en ce sens qu’il cherchait à relier des espaces dans une ville qui était déjà grandement aménagée. En 1994, l’ancienne Ville d’Ottawa, la Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton et d’autres municipalités de la région de la capitale nationale s’associèrent à la Commission de la capitale nationale pour planifier et élaborer un réseau de sentiers récréatifs à partir du Plan stratégique d’un réseau intégré de sentiers récréatifs pour la région de la capitale nationale. Dans le Plan directeur régional de 1997, ce réseau de sentiers faisait partie d’un réseau régional d’espaces libres qui reliait les terrains de la Ceinture de verdure, de la Ferme expérimentale centrale et des grands parcs publics aux couloirs panoramiques et à plus de 300 km de sentiers récréatifs.
Les municipalités suburbaines disposaient également de plans et de stratégies en vue de créer des réseaux d’espaces verts. Dans ces collectivités en plein essor, les urbanistes, les politiciens et les dirigeants locaux ont cherché à protéger les éléments du paysage naturel lors des aménagements des zones suburbaines. Chaque municipalité a fait appel à divers moyens pour assurer la protection des espaces naturels et pour aménager des parcs, des terrains de sport et des lieux de tranquillité à l’intention des résidents. Ces intervenants ont également cherché à agrandir les parcs traditionnels et les espaces libres en faisant preuve d’innovation, notamment en concevant des bassins de rétention des eaux pluviales reproduisant les conditions naturelles, comme la terre humide aménagée sur l’installation de drainage Monahan, qui non seulement améliore la qualité de l’eau, mais fournit des habitats pour la faune urbaine et des lieux de loisirs. Les couloirs de transport et de services publics comme le chemin West Hunt Club et le couloir ferroviaire abandonné ont été conçus pour intégrer des sentiers récréatifs reliant entre eux les quartiers et favorisant le cyclisme.
Le Plan officiel de la Ville poursuit cette tradition en proposant la constitution d’un réseau complet d’espaces verts.
À partir des terrains naturels de la carte 1, le Réseau d’espaces verts puise dans les terrains primaires pouvant être reliés par les couloirs aquatiques ou terrestres, ainsi que dans les éléments secondaires et de contribution qui relient les terrains primaires. Les terrains naturels intégrés au Réseau d’espaces verts sont les suivants :
les terrains primaires mentionnés sur la carte 1, comme Mer Bleue, Stony Swamp, les hautes terres de South March et la baie Shirleys. La plupart de ces terrains sont vastes et autonomes;
les terrains boisés, les rivières et les ruisseaux qui relient entre eux ces grands terrains aménagés.
En ce qui concerne les espaces libres et de terrains de loisirs de la carte 2, le Réseau d’espaces verts puise dans les éléments primaires comme les principaux parcs et les destinations extérieures, en plus des éléments de soutien et de contribution adjacents aux éléments primaires et qui les relient.
Par conséquent, les éléments primaires illustrés sur les cartes 1 et 2 ne sont pas tous utilisés. Seuls le sont ceux qui, au sein du réseau municipal, peuvent être reliés sont autonomes.
Les destinations extérieures de loisirs accessibles depuis le réseau figurent également sur la carte 4. Bon nombre de ces destinations sont rattachées à une caractéristique naturelle importante et sont souvent associées à des programmes. Elles attirent tant les résidents que les visiteurs. Les destinations situées à proximité les unes des autres forment des complexes, comme celui du parc Dick-Bell, du parc Andrew-Haydon et du parc Britannia. D’autres destinations sont le point de départ vers un paysage naturel plus vaste, comme Mer Bleue ou les hautes terres de South March.
2.4.3 Qu’est-ce que le Réseau urbain d’espaces verts?
Le Réseau urbain d’espaces verts est un réseau relié et protégé de terrains naturels et d’espaces libres et de terrains de loisirs qui structure le secteur urbain, renforce le caractère des quartiers, intègre les caractéristiques naturelles, offre des possibilités d’amélioration de l’environnement et accroît l’accessibilité aux loisirs en plein air.
Figure 3 Le Réseau urbain d’espaces verts illustre comment la ville peut être façonnée grâce aux liens reliant concrètement les terrains naturels et les espaces libres.
Le Réseau urbain d’espaces verts proposé et illustré à la carte 3 [PDF 1.74 MB] est à la fois une entité physique et un concept fondamental pouvant servir à aménager la ville. En tant que réseau relié et protégé de terrains naturels et d’espaces libres, il peut constituer l’élément permanent et délimitant de la forme physique de la ville, précisant quels secteurs peuvent être aménagés et quels autres doivent être protégés. En tant que concept, il peut orienter le processus décisionnel public et l’établissement du réseau.
En tant qu’entité concrète, le Réseau urbain d’espaces verts est formé de terrains naturels figurant sur la carte 1 [PDF 3.82 MB], d’espaces libres et de terrains de loisirs de la carte 2 [PDF 3.82 MB], et des aménagements actuels et éventuels qui les relient entre eux. Ces liens prennent la forme de cours d’eau et d’autres couloirs naturels qui exercent des fonctions écologiques, et de sentiers polyvalents qui accroissent l’accessibilité. Ainsi, le réseau offre un accès à des zones environnementales et à des destinations récréatives. Il relie en outre de grands espaces écologiques et d’autres liens (terres humides, couloirs de rivières, grands terrains boisés) du secteur rural et de la Ceinture de verdure à de petites caractéristiques naturelles urbaines plus fragmentées comme les boisés, les ruisseaux et les paysages, qui sont importants pour des raisons sociales et environnementales.
En tant que concept fondamental, le Réseau urbain d’espaces verts constitue un cadre de référence pour l’aménagement du territoire et les prises de décisions d’ensemble. Dans le cas des terrains servant à des fins environnementales et récréatives, les plans de gestion futurs de ces terrains peuvent refléter les deux fonctions. Les renvois au Réseau urbain d’espaces verts aideront la Ville :
à recenser les terrains reliant physiquement les espaces verts depuis les parcs urbains et les aires naturelles, à travers la Ceinture de verdure, jusqu’aux plus grands terrains naturels de la campagne environnante d’Ottawa
à préserver la durabilité des secteurs naturels urbains d’Ottawa en maintenant une diversité des caractéristiques et des fonctions naturelles, et en fournissant ou en améliorant des liens entre les habitats
à intégrer et à protéger les paysages du patrimoine culturel comme la voie navigable Rideau et celle de la rivière des Outaouais, qui définissent la ville et contribuent à la santé et à la vitalité du paysage naturel, rural et culturel de la Ceinture de verdure
à améliorer l’accès aux espaces verts grâce à des sentiers et à d’autres liens qui correspondent à l’intérêt grandissant pour les loisirs extérieurs, le contact avec la nature et la vie saine
à orienter les décisions de gestion et d’acquisition d’espaces verts
à offrir à la population des possibilités de participation et de partenariat dans l’aménagement et la gestion d’éléments du réseau
à trouver des emplacements pouvant accueillir de nouvelles installations récréatives servant de destination au sein du réseau, et à revaloriser et relier si possible les installations existantes
2.4.4 Constituer le Réseau urbain d’espaces verts
Le Réseau urbain d’espaces verts existe déjà en grande partie, mais certains éléments en demeurent conceptuels. Mentionnons par exemple les terrains privés et ceux qui ne sont pas encore désignés dans le Plan officiel ou qui n’ont pas un zonage propre aux espaces libres ou aux utilisations environnementales. Bien que les propriétés publiques soient parfois vues comme plus opportunes pour la protection d’un espace vert à des fins publiques, elles ne sont pas toujours nécessaires ou souhaitables. L’acquisition d’une propriété par une administration publique permet habituellement de protéger les aires environnementales naturelles les plus fragiles, comme le boisé Trillium, ou de garantir un accès public à un secteur en particulier comme une rive ou un boisé urbain. On peut ajouter des terrains au Réseau urbain d’espaces verts de multiples façons : clauses restrictives, servitudes, ententes avec les propriétaires et techniques progressives de gestion des terres. Certaines de ces techniques sont décrites en détail à l’annexe A.
Les sentiers communautaires et à l’échelle de la ville proposés et figurant sur la carte 4 [PDF 1.76 MB] sont autant d’autres éléments conceptuels. Ces sentiers polyvalents constituent un élément caractéristique du Réseau urbain d’espaces verts. Les terrains qui forment le réseau ont été en partie choisis en raison de leur accès à un sentier existant ou de la possibilité de les relier un jour au réseau de sentiers global. À de nombreux endroits, le sentier sert de lien entre des espaces verts et procure un accès au cœur de zones plus vastes. La carte 4 illustre les ajouts proposés aux réseaux de sentiers, qui constitueraient les pièces manquantes du Réseau urbain d’espaces verts.
2.4.5 Stratégies de constitution du Réseau urbain d’espaces verts
Le réseau ne pourra pas être constitué d’un coup. Plusieurs initiatives décrites précédemment dans la présente section pour protéger les terrains naturels et les espaces verts contribuent également à la constitution du Réseau urbain d’espaces verts. Mentionnons par exemple l’acquisition d’aires naturelles conformément à la Stratégie visant les caractéristiques naturelles urbaines, la planification de nouveaux terrains de sport et la normalisation des dispositions relatives aux terrains réservés à la création de parcs, grâce au nouveau règlement municipal pertinent.
Le réseau peut également être constitué dans le cadre des fonctions journalières de l’administration municipale. La Ville peut recourir à diverses mesures pour mettre en place le réseau (examen des demandes d’aménagement, planification communautaire et collaboration avec d’autres paliers de gouvernement et divers organismes) et agir ainsi en partant du principe que les espaces verts situés dans le réseau ou le jouxtant permettent les plus grands progrès vers l’atteinte de ses objectifs en matière d’espaces verts : connectivité, nombre suffisant, qualité, accessibilité et durabilité. Ces terrains doivent par conséquent se voir accorder la priorité par rapport à d’autres emplacements contribuant de manière égale au réseau d’espaces libres et de terrains de loisirs ou au réseau d’espaces naturels, mais ne se trouvant pas dans le Réseau urbain d’espaces verts.
La Ville peut constituer le Réseau urbain d’espaces verts par les moyens définis ci-dessous :
Au moment de la planification de nouveaux parcs et espaces libres dans les quartiers nouveaux ou établis, accorder la priorité aux terrains situés dans le Réseau urbain d’espaces verts grâce aux mesures suivantes :
aménager les nouveaux parcs de district et communautaires dans le réseau ou en faire des prolongements du réseau existant
utiliser les nouveaux parcs locaux et de quartier pour combler les lacunes cernées et fournir des liens vers les installations n’appartenant pas au réseau
situer les nouvelles installations récréatives et les autres installations publiques dans le réseau
Dans le cadre de l’élaboration de plans pour les collectivités nouvelles et existantes, veiller à ce que les installations et les terrains à vocation publique soient reliés au Réseau urbain d’espaces verts et à son réseau de sentiers polyvalents.
Dans le cadre de l’examen des demandes d’aménagement, constituer le Réseau urbain d’espaces verts :
en veillant à ce que les demandes mettent en application le plan de conception communautaire du secteur et son plan des espaces verts
en cherchant des possibilités, lorsqu’il n’existe aucun plan de conception communautaire et que cela convient, de combler les interruptions et de prolonger le réseau
en énonçant clairement dans les rapports remis au Conseil les conséquences que les décisions de nature urbanistique auront sur le Réseau urbain d’espaces verts
Faire appel aux partenariats et aux ententes avec les autres organismes publics et le secteur privé pour :
accroître ou améliorer la contribution de leurs terrains au Réseau d’espaces verts
chercher des solutions de rechange à l’acquisition publique en vue de donner accès au public à des espaces verts supplémentaires
Accorder la priorité à des emplacements situés dans le Réseau urbain d’espaces verts pour les projets en partenariat, comme les projets d’intendance ou les nouveaux travaux d’immobilisations, réalisés avec des groupes communautaires, des clubs de sport, le milieu des affaires ou d’autres intervenants.
Devant la possibilité de céder des terrains municipaux, s’assurer que toutes les fonctions liées au réseau seront préservées.
Si des couloirs de transport en commun, routiers, ferroviaires ou de services publics font partie du Réseau d’espaces verts ou le traversent, adapter celui ci à l’infrastructure visée, auquel cas un passage sécurisé devra être aménagé, par exemple, pour que les traversées du réseau d’espaces verts soient fluides et ininterrompues. Lorsque ces couloirs ont le potentiel d’améliorer la connectivité, des sentiers récréatifs et d’autres liens peuvent être aménagés.
Outre ces activités permanentes de la Ville, le Réseau urbain d’espaces verts peut être constitué à partir d’initiatives visant à créer les liens sur route et hors route qui formeront l’armature du réseau. Dans le Plan directeur des espaces verts, il est recommandé au Conseil :
d’aménager des tronçons clés du réseau de sentiers récréatifs définis dans le Plan stratégique pour le réseau de sentiers de la région de la capitale du Canada et de demander au personnel de préparer un plan et des prévisions budgétaires en ce sens
de formuler une stratégie visant les rues vertes afin de chercher des moyens d’utiliser de telles rues pour relier les éléments du Réseau urbain d’espaces verts et contribuer à rendre l’infrastructure municipale plus verdoyante
2.4.6 Sentiers polyvalents
Une bonne partie du territoire municipal est bien reliée par un sentier polyvalent aménagé par la Commission de la capitale nationale et les anciennes municipalités. Le Plan directeur des espaces verts – Stratégies visant les espaces verts urbains propose de prolonger ce réseau par la création d’un ensemble de sentiers couvrant tout le territoire municipal, lesquels seraient raccordés les uns aux autres par des sentiers communautaires et des rues vertes de quartier. La carte 4 [PDF 1.76 MB] illustre les sentiers actuels du Réseau urbain d’espaces verts et la manière dont ils pourraient être prolongés.
Les bases du réseau d’ensemble sont établies dans le cadre du Plan stratégique de 2006 pour le réseau de sentiers de la région de la capitale du Canada, projet conjoint de la CCN et des villes d’Ottawa et de Gatineau. Cette étude, qui devrait être achevée en 2007, répertorie les sentiers existants et propose des prolongements au réseau actuel du secteur de la capitale nationale. L’essentiel de la cartographie utilisée pour créer le Réseau urbain d’espaces verts a servi de toile de fond à cette étude. Une fois que le Conseil aura pris connaissance de celle-ci, un budget des immobilisations et un plan de mise en œuvre des sections prioritaires seront préparés et soumis à l’examen du Conseil.
Les réseaux communautaires proposés illustrés sur la carte 4 dans les nouveaux quartiers reflètent les dispositions des plans de conception communautaire approuvés par le Conseil municipal et seront aménagés au gré de la croissance de ces quartiers. Le réseau communautaire que l’on retrouve dans les quartiers établis peut également être protégé par des plans de conception communautaire ainsi qu’au moment de l’examen des demandes d’aménagement.
Éléments du sentier polyvalent
Le sentier adoptera le caractère des terrains avoisinants, naturels dans certains secteurs et plus aménagés dans d’autres. L’intégration au réseau aménagé par la CCN sera possible grâce à une construction et des normes de sécurité communes, avec des panneaux d’interprétation désignant le sentier comme équipement urbain.
Une zone de dégagement – Une zone libre large de 6 mètres permettant un accès sûr, consistant en un sentier large de 3 mètres et un accotement de 1,5 mètre de chaque côté.
Un couloir de sentier – Dans la mesure du possible, un couloir de 6 mètres de chaque côté de la zone de dégagement est souhaitable. La largeur du couloir de sentier sera déterminée pour chaque segment dans des études d’urbanisme et de conception plus détaillées qui tiendront compte du contexte du sentier.
Une zone de contexte du sentier – De largeur variable selon l’environnement immédiat du couloir de sentier et définie par les frontières visuelles. Les éléments définissant les limites des frontières visuelles peuvent être des bâtiments, des clôtures ou d’autres éléments propres au lieu, de la végétation, des éléments de relief, etc. La largeur optimale de la zone de contexte du sentier doit également être définie pour chaque segment dans des études d’urbanisme et de conception plus détaillées.
2.4.7 Rues vertes
Les rues vertes constituent une solution de rechange aux sentiers hors route et sont, en tant que telles, des aménagements attrayants. Dans les quartiers bien établis, le raccordement des parcs au Réseau urbain d’espaces verts ne peut être possible qu’en transformant certaines rues en « rues vertes », selon un plan de conception communautaire ou toute autre étude d’urbanisme. Une rue verte est une emprise routière qui, par sa conception et son utilisation :
améliore l’accessibilité à des destinations telles que les écoles, les lieux culturels et récréatifs, les parcs et les espaces libres, les arrêts de transport en commun, les lieux de travail et d’autres destinations au sein du quartier ou à proximité
crée dans l’emprise routière un environnement qui est à la fois plus attrayant et plus sûr pour les piétons et les cyclistes
améliore la qualité environnementale globale et le caractère écologique de l’infrastructure en absorbant le ruissellement, en augmentant l’infiltration d’eau, en réduisant les effets d’îlots thermiques urbains et en améliorant la qualité de l’air
améliore la qualité visuelle et environnementale globale du quartier et de la ville
maximise les possibilités de croissance des arbres et des autres éléments paysagers
améliore la connectivité du Réseau urbain d’espaces verts et l’accès communautaire à celui ci
Une stratégie visant les rues vertes doit être établie afin de chercher à Ottawa des possibilités de créer de telles rues dans les nouveaux quartiers, en tant que projets publics d’immobilisations, ou dans les quartiers établis, à diverses échelles.
Dans les quartiers existants, les rues vertes pourraient être aménagées dans le cadre de programmes de réfection de la chaussée ou faire l’objet de projets réduits, axés sur l’amélioration d’îlots séparateurs et d’accotements stériles, grâce à la plantation d’arbres et de fleurs et à l’installation de bancs et d’autres éléments parrainés par la communauté. De tels projets pourraient être lancés par les collectivités locales et financés par des sources telles que les programmes de subventions municipaux, les partenaires publics, privés et sans but lucratif ou les prélèvements spéciaux pour améliorations locales. Citons en exemple de programmes municipaux de financement le programme Adoptez une route et le Programme communautaire pilote de partenariat écologique. Des arbres pour le Canada, la Fondation Evergreen et Vert l’action figurent parmi les partenaires de financement et de soutien.
Caractéristiques d’une rue verte
Les rues vertes comportent de nombreuses améliorations destinées à favoriser la marche et le vélo, dans un environnement ouvert et attrayant que peuvent constituer les accotements élargis, les trottoirs, les sentiers polyvalents, les arbres de rue et d’autres éléments paysagers et routiers. Chaque rue verte devrait avoir un caractère propre et être conçue selon son contexte, le type d’utilisateurs, les dimensions de l’emprise et son rôle en matière de transport.