Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20010301-4696099
Timestamp: 2017-07-25 15:25:19+00:00
Document Index: 209643144

Matched Legal Cases: ['art. 6', 'arrêt ', '§ 1', '§ 22', '§ 1', 'arrêt ', '§ 30', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 2']

AFFAIRE TRIMBOLI c. ITALIE
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Type d'affaire : Arrêt (Au principal et satisfaction équitable)Type de recours : Violation de l'art. 6-1 ; Dommage matériel - demande rejetée ; Préjudice moral - réparation pécuniaire ; Remboursement partiel frais et dépens - procédure de la ConventionNumérotation : Numéro d'arrêt : 46960/99Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;2001-03-01;46960.99 Analyses : (Art. 6) PROCEDURE CIVILEParties : Demandeurs : TRIMBOLIDéfendeurs : ITALIETexte : DEUXIÈME SECTION
(Requête n° 46960/99)
En l’affaire Trimboli c. Italie,
1. A l’origine de l’affaire se trouve une requête dirigée contre la République italienne et dont un ressortissant italien, M. Fortunato Trimboli (« le requérant »), avait saisi la Commission européenne des Droits de l’Homme le 11 septembre 1997 en vertu de l’ancien article 25 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales (« la Convention »). La requête a été enregistrée le 22 mars 1999 sous le numéro de dossier 46960/99. Le requérant est représenté par Me F. Quattrone, avocat à Reggio de Calabre. Le gouvernement italien (« le Gouvernement ») est représenté par son agent, M. U. Leanza, et par son coagent, M. V. Esposito.
3. Le 25 mai 1996, le requérant déposa un recours à l’encontre de la confédération syndicale C. devant le juge d’instance de Reggio de Calabre, faisant fonction de juge du travail, afin d’obtenir le paiement d’une indemnité pour services rendus qu’il évaluait à 296 000 000 lires italiennes.
4. Le 16 juillet 1996, la première audience fut fixée au 16 avril 1997 ; toutefois, elle fut reportée d’office au 24 février 1998. Des quatre audiences fixées entre le 21 avril 1998 et le 20 avril 1999, une fut renvoyée d’office et trois concernèrent l’audition de témoins. L’audience fixée au 15 avril 2000, fut renvoyé au 5 juin 2000 car le greffe ne trouvait pas le dossier de l’affaire. Le jour venu, l’audience fut renvoyée au 26 juin 2001.
5. Le requérant allègue que la durée de la procédure a méconnu le principe du « délai raisonnable » tel que prévu par l’article 6 § 1 de la Convention, ainsi libellé :
6. Le Gouvernement s’oppose à cette thèse.
7. La période à considérer a débuté le 25 mai 1996 et est encore pendante à ce jour.
8. Elle a donc déjà duré plus de quatre ans et huit mois pour une instance.
9. La Cour rappelle avoir constaté dans de nombreux arrêts (voir, par exemple, Bottazzi c. Italie [GC], n° 34884/97, § 22, CEDH 1999-V) l’existence en Italie d’une pratique contraire à la Convention résultant d’une accumulation de manquements à l’exigence du « délai raisonnable ». Dans la mesure où la Cour constate un tel manquement, cette accumulation constitue une circonstance aggravante de la violation de l’article 6 § 1.
10. Ayant examiné les faits de la cause à la lumière des arguments des parties et compte tenu de sa jurisprudence en la matière, la Cour estime que la durée de la procédure litigieuse ne répond pas à l’exigence du « délai raisonnable » et qu’il y a là encore une manifestation de la pratique précitée.
12. Le requérant réclame 50 000 000 lires italiennes (ITL) au titre du préjudice matériel et 50 000 000 ITL au titre du préjudice moral qu’il aurait subis. 13. La Cour n’aperçoit pas de lien de causalité entre la violation constatée et le dommage matériel allégué et rejette cette demande. En revanche, la Cour considère qu’il y a lieu d’octroyer au requérant 13 000 000 ITL au titre du préjudice moral.
14. Le requérant demande également 21 356 100 ITL pour les frais et dépens encourus devant la Cour. 15. Selon la jurisprudence de la Cour, un requérant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et dépens que dans la mesure où se trouvent établis leur réalité, leur nécessité et le caractère raisonnable de leur taux (voir, par exemple, l’arrêt Bottazzi précité, § 30). En l’espèce et compte tenu des éléments en sa possession et des critères susmentionnés, la Cour estime raisonnable la somme de 5 000 000 ITL pour la procédure devant la Cour et l’accorde au requérant.
16. Selon les informations dont dispose la Cour, le taux d’intérêt légal applicable en Italie à la date d’adoption du présent arrêt était de 3,5 % l’an. Par ces motifs, la Cour, à l’unanimité,
a) que l’Etat défendeur doit verser au requérant, dans les trois mois à compter du jour où l’arrêt est devenu définitif conformément à l’article 44 § 2 de la Convention, 13 000 000 (treize millions) lires italiennes pour dommage moral et 5 000 000 (cinq millions) lires italiennes pour frais et dépens ;
ARRÊT TRIMBOLI c. ITALIE
ARRÊT TRIMBOLI c. ITALIE ARRÊT «NAMEAPPLICANT» c. ITALIE