Source: http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=21.07.2009_2C_889/2008
Timestamp: 2013-05-21 09:31:30+00:00
Document Index: 157886319

Matched Legal Cases: ['art. 12', 'art. 53', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 89', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 99', 'art. 105', 'art. 9', 'art. 10', 'art. 35', 'art. 89', 'art. 90', 'art. 82', 'art. 86', 'art. 42', 'art. 83', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 9', 'art. 97', 'in fine', 'art. 2', 'art. 12', 'art. 8', 'art. 12', 'art. 12', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 398', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 125', 'art. 126', 'art. 120', 'art. 12', 'art. 12', 'in fine', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 404', 'art. 12', 'art. 17', 'art. 56', 'art. 12']

2C_889/2008 (21.07.2009)
Arr�t du 21 juillet 2009
Chambre des avocats du canton de Vaud, p.a. Secr�tariat g�n�ral de l'Ordre judiciaire, route du Signal 8, 1014 Lausanne.
recours contre l'arr�t de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 11 novembre 2008.
Jusqu'� ce qu'il renonce � la pratique du barreau, avec effet au ******, X.________ a exerc� la profession d'avocat dans le canton de Vaud.
En avril 2003, un litige dans lequel X.________ repr�sentait un client, Y.________, devant le Tribunal des baux du canton de Vaud a �t� liquid� par une transaction judiciaire. Dans ce cadre, Y.________ et son �pouse promettaient de vendre � leurs locataires leur villa au prix de 1'025'000 fr., montant payable par remise d'un ch�que d'un million fr. et versement de 25'000 fr. sur le compte de X.________. Le 8 juillet 2003, ce dernier a pr�sent� � son client une note d'honoraires de 24'210 fr. Celle-ci a �t� mod�r�e par la pr�sidente du Tribunal des baux � 6'025 fr. 65 par prononc� du 1er novembre 2004, confirm� le 3 f�vrier 2006 par la Cour de mod�ration du Tribunal cantonal du canton de Vaud.
Au d�but de l'ann�e 2006, X.________ a connu des difficult�s financi�res � la suite d'un contr�le fiscal et de la d�nonciation du pr�t hypoth�caire relatif � ses locaux professionnels.
Le 2 mai 2006, le fils de Y.________ a d�nonc� X.________ � l'Ordre des avocats vaudois pour n'avoir pas rembours� � son p�re le montant de 21'179 fr. 75 en d�pit de la d�cision de la Cour de mod�ration du 3 f�vrier 2006. Cette d�nonciation a �t� transmise � la Chambre des avocats, qui a ouvert le 20 juin 2006 une proc�dure disciplinaire � l'encontre de X.________.
Par d�cision du 13 f�vrier 2007, la Chambre des avocats a condamn� X.________ � une peine disciplinaire de 1'000 fr. pour violation de l'art. 12 lettres a et h de la loi f�d�rale du 23 juin 2000 sur la libre circulation des avocats (loi sur les avocats; LLCA; RS 935.61). Il lui �tait reproch�, d'une part, de ne pas disposer d'un compte de consignation s�par� pour les avoirs de ses clients et, d'autre part, d'avoir tard� � s'acquitter du montant de 21'179 fr. 95 qu'il devait restituer � Y.________. Ce prononc� a �t� notifi� � X.________ par courrier du 28 mars 2007 et est entr� en force.
X.________ a �t� de longue date le mandataire de Z.________, en faisant office d'interm�diaire avec l'avocat belge de celle-ci dans une proc�dure men�e en Belgique.
Le 2 juin 2006, X.________ a adress� � la pr�nomm�e un courriel dont la teneur �tait la suivante:
Je sollicite votre attention et votre bienveillance � raison de ce qui suit. Il y a un peu plus de deux ans, j'ai �t� charg� par une soci�t� de g�rance, au nom du propri�taire d'une villa, de conduire un proc�s visant � lib�rer cette villa de ses locataires. Le propri�taire de la villa, un ressortissant espagnol domicili� en Espagne n'�tait pas joignable et ne vient jamais en Suisse. J'ai donc trait� ce dossier par l'interm�diaire de la g�rance.
Le propri�taire avait besoin de vendre la villa, ce qui impliquait de la lib�rer des locataires, d�s lors que la banque hypoth�caire avait d�nonc� les cr�dits, ce qui donc allait entra�ner la vente aux ench�res de la villa, ce pour un prix inf�rieur � la valeur r�elle du march� et surtout inf�rieur aux charges hypoth�caires. Je vous passe les d�tails, mais je suis parvenu � ce que les locataires eux-m�mes de la villa s'en portent acqu�reur, ce pour le prix souhait� par le propri�taire, ce qui lui a laiss� quelque argent en lieu et place d'une dette � l'endroit de la banque. Fonction [sic] de ces �l�ments et surtout du r�sultat extraordinaire obtenu, j'ai estim� que mes honoraires pouvaient �tre augment�s jusqu'� SFr 22'000.--, au lieu de 12'000.--, compte tenu du fait de [sic] qu'un courtier immobilier aurait per�u pour la simple pr�sentation d'un acqu�reur une somme de l'ordre de SFr. 30'000.--.
Par l'interm�diaire de son fils le propri�taire a demand� au tribunal cantonal la mod�ration de mes honoraires. J'avais bien �videmment cess� de r�clamer des provisions, le g�rant m'informant ne plus disposer d'argent � me verser, les loyers �tant per�us par la banque et le locataire ayant de toute mani�re consign� le loyer. C'est surtout ce fait qui m'est reproch� dans le cadre de la mod�ration de mes honoraires, c'est-�-dire que selon le tribunal cantonal, si je n'ai pas demand� en temps voulu des provisions suffisantes, je suis d�chu ensuite de facturer des honoraires. La situation est encore plus particuli�re du fait que la proc�dure de mod�ration des honoraires d'avocats ne permet pas l'audition de t�moins. Si cela �tait possible, j'aurai �videmment fait entendre le directeur de la g�rance qui aurait confirm� que tout ce que j'ai fait dans ce dossier l'a �t� de son plein accord et qu'il m'a m�me demand� comme un service personnel de poursuivre ce dossier, sachant que si j'interrompais mes op�rations faute de paiement des provisions, son propre client se trouverait dans une situation tr�s difficile � l'endroit de la banque. Le solde du prix de vente sous d�duction des pr�tentions de la banque, a �t� vers� sur mon compte bancaire. J'ai r�troc�d� la partie qui exc�dait mes honoraires.
Je ne veux pas verser l'argent aujourd'hui litigieux au propri�taire d�s lors que celui-ci habite � l'�tranger et je ne me vois pas mener ensuite une proc�dure contre lui en Espagne. La chambre des avocats, dans une telle circonstance, me sugg�re de consigner le montant litigieux, le propri�taire de la villa devant alors ouvrir action contre moi devant le tribunal civil � Lausanne, instance devant laquelle je pourrais faire valoir tous les moyens, avec me semble-t-il, les meilleures chances de succ�s. D�s lors que je sors d'un contr�le TVA qui m'a co�t� une dizaine de milliers de francs, sans parler des honoraires fiduciaires, compte tenu de mes charges de famille, je me retrouve dans une situation dans laquelle mes liquidit�s ne me permettent pas de consigner et [sic] SFr 22'000.-- actuellement.
Vu nos longues et, je crois, tr�s bonnes relations jusqu'ici, j'ose d�s lors prendre la libert� de vous solliciter pour vous demander si vous seriez dispos�e � m'apporter votre appui au regard de ce qui pr�c�de. Je reste bien �videmment � votre enti�re disposition pour de plus amples renseignements que vous pourriez d�sirer et vous prie de croire, ch�re Mademoiselle, � l'assurance de mes sentiments les plus d�vou�s.
Le 24 ao�t 2006, Z.________ a mis � disposition de X.________ 15'000 euros en ordonnant le virement de cette somme sur le compte de ce dernier. Le m�me jour, X.________ a sign� une reconnaissance de dette pour le montant de 15'000 euros, par laquelle il s'engageait � rembourser cette somme d'ici au 30 septembre 2006.
Le 13 d�cembre 2006, X.________ a demand� � Z.________ de patienter pour le remboursement jusqu'� la vente de ses locaux professionnels, � la rue B.________, � Lausanne. Cette vente a �t� conclue par acte notari� du 15 d�cembre 2006 et a pris effet le 15 f�vrier 2007.
Dans un courriel du 7 mars 2007, Z.________ a exig� le remboursement imm�diat du pr�t de 15'000 euros en les termes suivants:
"Mon cher avocat, 1.9.06... 15.2.07... 15.3.07 Je commence � en avoir ras-le-bol de devoir perdre les belles opportunit�s de change - et dont t.le monde essaye normalement de profiter - quant � mes 15'000 euros d�clar�s et dont je me sers comptes-courants, B.________ termin�, qu'attendez-vous maintenant????"
Le 9 mars 2007, X.________ a adress� � sa cliente une note interm�diaire d'honoraires qui portait sur des op�rations effectu�es du 5 d�cembre 2002 au 8 mars 2007 et qui s'�levait � 35'862 fr. 20, montant auquel il fallait ajouter le solde du compte courant d� au 31 d�cembre 2004, par 2'678 fr. 50, et d�duire une provision du 18 avril 2005, par 3'766 fr., un solde sur "N*****", par 63 fr. 20, une provision du 17 ao�t 2006, par 2'500 fr. et une "avance" au 28 ao�t 2006, par 23'410 fr. 50, soit un solde restant d� de 8'801 fr. Selon la lettre d'accompagnement, il s'agissait d'une note d'honoraires r�capitulative comprenant l'entier des op�rations de X.________ � ce jour et constituant un "projet" dont celui-ci souhaitait pouvoir s'entretenir avec sa cliente. Cette derni�re a retourn� le courrier de X.________ sans l'ouvrir.
Le 21 mars 2007, X.________ a adress� � sa cliente un nouveau courrier par lequel il r�siliait son mandat et joignait une nouvelle note d'honoraires et de d�bours de 18'321 fr. 75 pour des op�rations effectu�es du 20 juin 2006 au 21 mars 2007. Z.________ a refus� de retirer ce courrier.
Le 15 mai 2007, X.________ a requis l'intervention du pr�sident de la Chambre des avocats en vue de la mod�ration des honoraires dus par Z.________. Il a annex� la note pr�cit�e de 18'321 fr. 75 et a notamment pr�cis� ceci:
"[...] La situation est en outre particuli�re par le fait que, non seulement je connais Mademoiselle Z.________ depuis tr�s longtemps, mais encore raison du fait que Mlle Z.________, tr�s pr�sente aupr�s de mon secr�tariat, avait entendu dire que je rencontrais un probl�me passager de liquidit�s. Elle m'a alors propos� spontan�ment de me d�panner. J'ai accept�.
Dans l'intervalle, Mademoiselle Z.________ n'avait pas donn� suite � mes demandes r�p�t�es de provision. Je pr�cise ici qu'il est pratiquement inutile d'�crire ou de faxer � Mlle Z.________, tant elle a pris l'habitude de ne pas lire son courrier ou de le renvoyer purement et simplement � l'exp�diteur. J'ai alors propos� � Mademoiselle Z.________ de garder cette situation de compte ouvert entre nous et d'attendre la liquidation de ses deux proc�s en Belgique pour r�gler et liquider la situation. Mademoiselle Z.________ avait accept�.
En revanche, j'ignore pour quelle raison, il y a quelques semaines, Mademoiselle Z.________ m'a demand� de la rembourser de l'avance de 15'000 euros qu'elle m'avait consentie. Pensant qu'il �tait temps de r�gler compte, j'ai �tabli � l'intention [sic] Mademoiselle Z.________ une note d'honoraires interm�diaire, qu'elle m'a retourn�e. [...]."
Dans sa d�termination du 16 mai 2007, Z.________ s'est exprim�e comme suit, par l'interm�diaire de son conseil:
"en page 4, dernier paragraphe, mon confr�re s'�tonne que ma cliente lui demande le remboursement d'une 'avance' de 15'000.-- euros consentie. Des documents qui m'ont �t� remis, il s'agit en fait d'un pr�t de 15'000.-- euros qui a �t� consenti par Madame Z.________ et non pas d'une provision."
Le 9 juillet 2007, le pr�sident de la Chambre des avocats a mod�r� la note d'honoraires du 21 mars 2007 � 16'601 fr. 75. Il a par ailleurs ordonn� l'ouverture d'une enqu�te au sens des art. 53 ss de la loi vaudoise du 24 septembre 2002 sur la profession d'avocat (LPAv; RS/VD 177.11), afin d'�lucider si la somme de 15'000 euros vers�e � X.________ par sa cliente, selon la reconnaissance de dette du 24 ao�t 2006, l'avait �t� comme "avance" d'honoraires ou � titre de "pr�t".
Dans le cadre de cette enqu�te, X.________ et Z.________ ont �t� entendus s�par�ment par le repr�sentant de la Chambre des avocats le 6 septembre 2007.
Les d�clarations de X.________ figurent au proc�s-verbal comme suit:
"Quand Mlle Z.________ avait rendez-vous chez Me X.________, elle voulait tout l'apr�s-midi, venait en avance, et au lieu d'aller s'asseoir � la salle d'attente, elle discutait avec les secr�taires par l'interm�diaire d'un guichet, sur tout et sur rien. A ces occasions, Me X.________ pense qu'elle a entendu/devin� qu'il avait des difficult�s financi�res puisqu'elle lui en a parl� apr�s spontan�ment. Me X.________ affirme qu'il ne lui en a pas parl� avant qu'elle n'aborde elle-m�me le sujet.
Toujours spontan�ment Mlle Z.________ lui a demand� 'de combien s'agit-il'?
Dans un premier temps, Me X.________ l'a remerci�e mais a d�clin� l'offre en d�clarant avoir trouv� une autre solution. Apr�s, Mlle Z.________ est 'revenue � la charge' [...]. Elle a donc demand� � Me X.________ o� en �taient ses difficult�s et si c'�tait arrang�.
Mlle Z.________ a propos� de verser � Me X.________ 15'000 Euros en disant qu'elle disposait de cette somme sur un compte dont elle disait ne pas avoir besoin [...].
Me X.________ d�clare en outre qu'il ne s'est jamais trouv� en situation de d�pendance vis-�-vis de Mlle Z.________, malgr� les longs rapports contractuels, Me X.________ a consid�r� comme une d�fiance grave le courriel du 7 mars 07 de Mlle Z.________, ce qui l'a conduit � r�silier le mandat d�s lors que sa cliente lui a retourn� son courrier du 9 mars sans l'ouvrir avec la mention 'refus�'."
Pour sa part, Z.________ a produit le courriel du 2 juin 2006. Ses d�clarations ont �t� protocol�es comme suit:
"[...] Mme Z.________ a refus� [d'accorder le pr�t sollicit� par le courriel du 2 juin 2006] en lui disant que cela pourrait changer ses relations personnelles avec son avocat.
Le 24 ao�t 2006, Mme Z.________ a eu un rendez-vous chez Me X.________ pour ses affaires et allait partir en Belgique pour environ deux mois. Voyant ce jour l� que Me X.________ n'�tait pas en forme, elle lui a demand� si ses affaires s'�taient arrang�es. Il a r�pondu �vasivement, ajoutant qu'il avait eu tort de lui en parler.
Ce jour l�, attendrie par les circonstances, se sentant ridicule d'avoir ressenti de la m�fiance vis-�-vis de son avocat qui lui rappelait tout ce qu'il avait fait pour elle, elle a accept� de l'aider financi�rement dans ses probl�mes personnels. [...]"
Le courriel du 2 juin 2006 a �t� soumis � X.________ le 18 septembre 2007. Dans une �criture du 10 octobre 2007, le pr�nomm� a admis l'avoir r�dig�, mais a soutenu avoir voulu l'adresser � une tierce personne, une ancienne cliente qui lui avait d�clar� � la cl�ture de son dossier qu'en cas de besoin il pourrait toujours s'adresser � elle; seule une erreur de manipulation l'avait conduit � l'exp�dier � Z.________, car il n'aurait "jamais os�, quand bien m�me [il] la connaissai[t] de longue date, �crire intentionnellement un tel message � Mademoiselle Z.________."
Dans une d�termination �crite, le mandataire de X.________ a pr�cis� que celui-ci avait en r�alit� entendu demander un pr�t � une d�nomm�e A.________, ancienne cliente richissime, par un courriel qu'elle n'avait jamais re�u � la suite de l'erreur de manipulation pr�cit�e. Cette erreur provenait du fait que, sur la liste des adresses �lectroniques, celle de la pr�nomm�e �tait imm�diatement voisine de celle de Z.________.
Par d�cision du 12 d�cembre 2007, la Chambre des avocats a suspendu X.________ pour une dur�e de six mois.
X.________ a d�f�r� cette d�cision au Tribunal cantonal qui, par arr�t du 11 novembre 2008, a partiellement admis le recours, la suspension �tant ramen�e � quatre mois. Cette autorit� a consid�r� que X.________ avait, de plusieurs mani�res, manqu� � son obligation d'exercer sa profession avec soin et diligence (art. 12 lettre a LLCA). D'une part, il s'�tait livr� � de fausses d�clarations devant l'autorit� de mod�ration, qui �tait une autorit� judiciaire. D'autre part, il avait sollicit� d'une cliente un pr�t en utilisant des proc�d�s indignes - notamment en profitant de la relation de d�pendance du client � l'�gard de son avocat et en se posant en victime - et en ne respectant pas ses engagements de remboursement, avant d'exercer la compensation contre la volont� de sa mandante. En outre, X.________ avait manqu� � son devoir d'ind�pendance (art. 12 lettre b LLCA) en obtenant un pr�t d'une cliente, en tentant de compenser ses honoraires avec le montant du pr�t au lieu de rembourser celui-ci, puis en r�siliant le mandat � la suite du refus de la cliente d'accepter la compensation. S'agissant de la sanction disciplinaire, le Tribunal cantonal a relev� que X.________ avait d�j� fait l'objet, le 24 mars 1998, d'une suspension d'une dur�e d'une ann�e pour violations graves des r�gles professionnelles, � la suite d'une condamnation p�nale pour abus de confiance, gestion d�loyale et faux dans les titres. Quant � la d�cision du 13 f�vrier 2007 le condamnant � une amende de 1'000 fr, elle lui avait �t� notifi�e seulement le 28 mars 2007, de sorte que, parmi les actes faisant l'objet de la pr�sente proc�dure, seule la violation des devoirs professionnels commise dans le cadre de la proc�dure de mod�ration engag�e par demande du 15 mai 2007 constituait une r�cidive. Au regard de la jurisprudence, une suspension de six mois apparaissait disproportionn�e dans le cas particulier. Il se justifiait de ramener celle-ci � quatre mois.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, X.________ demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du 11 novembre 2008 et, principalement, de dire que son droit d'exercer la profession d'avocat n'est pas suspendu, subsidiairement, de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il prononce ce qui pr�c�de et plus subsidiairement, de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il la transmette � son tour � la Chambre des avocats, afin qu'elle prononce ce qui pr�c�de, le tout sous suite de frais et d�pens. A titre pr�alable, il requiert que son recours soit dot� de l'effet suspensif. Selon lui, c'est sur la base d'une appr�ciation arbitraire des preuves et/ou en violation du droit f�d�ral que l'autorit� intim�e lui a reproch� d'avoir manqu� � ses devoirs professionnels. En outre, la sanction prononc�e � son endroit serait disproportionn�e.
L'autorit� pr�c�dente s'en remet � l'appr�ciation du Tribunal de c�ans s'agissant de la recevabilit� du recours et conclut � son rejet sur le fond. La Chambre des avocats renonce � se d�terminer.
Par ordonnance pr�sidentielle du 17 d�cembre 2008, le recourant a �t� rendu attentif au fait qu'il ne disposait pas d'un int�r�t juridique � ce que son recours soit dot� de l'effet suspensif, du moment que la d�cision de la Chambre des avocats ne devait prendre effet qu'� compter du jour o� elle serait devenue d�finitive.
Selon une d�cision publi�e dans la Feuille des avis officiels du canton de Vaud du ******, la Chambre des avocats a pris acte de la renonciation de X.________ � la pratique du barreau et l'a en cons�quence radi� du registre cantonal vaudois des avocats, avec effet au ******.
1.1 L'art. 89 al. 1 LTF fait d�pendre la qualit� pour former un recours en mati�re de droit public, entre autres conditions, de l'existence d'un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (lettre c). Cet int�r�t doit en principe �tre encore actuel lors du prononc� du jugement par le Tribunal f�d�ral (cf. ATF 135 I 79 consid. 1.1). En l'occurrence, on peut se demander si le recourant a toujours un tel int�r�t, alors qu'il a renonc� � la pratique du barreau et s'est fait radier du registre cantonal vaudois des avocats avec effet au ******. Il s'agit certes l� d'un fait nouveau - dans le sens o� il est post�rieur � la d�cision entreprise -, mais qu'il convient cependant de prendre en consid�ration en d�pit de la r�gle de l'art. 99 al. 1 LTF, du moment que ce fait est pertinent pour statuer sur la recevabilit� du recours (cf. Bernard Corboz, in Commentaire de la LTF, 2009, nos 20 ss ad art. 99 et no 65 ad art. 105 LTF).
Le recourant ayant volontairement renonc� � la pratique du barreau, la d�cision de suspension, si elle est confirm�e, n'aura pas pour effet de l'obliger � cesser - temporairement - d'exercer son activit� professionnelle. La sanction ne sera en outre pas non plus inscrite au registre cantonal des avocats, puisque le recourant n'y figure plus (cf. Staehelin/Oetiker, in Kommentar zum Anwaltsgesetz, 2005, no 9 ad art. 9, selon lesquels la radiation sur requ�te de l'avocat permet d'�viter qu'une interdiction de pratiquer ne soit rendue publique par le biais de l'inscription; l'art. 10 al. 2 LLCA pr�voit en effet que toute personne a le droit de savoir si un avocat est inscrit au registre et s'il fait l'objet d'une interdiction de pratiquer). Toutefois, un avocat radi� peut demander sa r�inscription au registre (cf. art. 35 LPAv). Dans le cas particulier, la d�cision d'interdiction temporaire de pratiquer aura ainsi pour effet d'emp�cher que le recourant ne soit r�inscrit au registre jusqu'au terme du d�lai de suspension. Dans cette mesure, le recourant a encore un int�r�t actuel � ce que la d�cision attaqu�e soit annul�e ou modifi�e.
Au surplus, interjet� par une partie directement touch�e par la d�cision attaqu�e (cf. art. 89 al. 1 lettres a et b LTF), le recours est dirig� contre un jugement final (cf. art. 90 LTF) rendu dans une cause de droit public (cf. art. 82 lettre a LTF) par une autorit� cantonale sup�rieure de derni�re instance (cf. art. 86 al. 1 lettre d et al. 2 LTF). Il est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai et la forme pr�vus par la loi (cf. art. 42 et 100 al. 1 LTF) et que l'on ne se trouve pas dans l'un des cas d'exceptions mentionn�s par l'art. 83 LTF.
1.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
En mati�re d'appr�ciation des preuves et de constatations de fait, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t aux autorit�s cantonales dans ce domaine. Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans motif s�rieux, de tenir compte d'un moyen de preuve pertinent ou encore s'il a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables. Il appartient au recourant de d�montrer pr�cis�ment, pour chaque constatation de fait incrimin�e, comment les preuves administr�es auraient d�, selon lui, �tre correctement appr�ci�es et en quoi leur appr�ciation par l'autorit� cantonale est insoutenable. De surcro�t, le recourant doit d�montrer que la violation qu'il invoque est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 in fine LTF). Il doit rendre vraisemblable que la d�cision finale aurait �t� diff�rente si les faits avaient �t� �tablis de mani�re conforme au droit.
2.1 La loi sur les avocats s'applique aux titulaires d'un brevet d'avocat qui pratiquent, dans le cadre d'un monopole, la repr�sentation en justice en Suisse (art. 2 al. 1 LLCA). Elle r�git l'ensemble de leur activit� professionnelle, que celle-ci rel�ve de la repr�sentation ou du conseil (Fran�ois Bohnet, Droit des professions judiciaires [cit�: Professions judiciaires], 2008, no 16). Les avocats en question lui sont donc soumis �galement lorsqu'ils agissent dans le cadre d'un contrat de fiducie, comme ex�cuteurs testamentaires, g�rants de fortune ou mandataires � l'encaissement ou encore comme membres d'un conseil d'administration (Walter Fellmann, in Kommentar zum Anwaltsgesetz, 2005, no 6 ad art. 12; Bohnet/Martenet, Droit de la profession d'avocat, 2009, no 1119). Encore faut-il, en principe, que cette activit� soit en lien direct avec la profession d'avocat, le caract�re on�reux de la prestation �tant � cet �gard un indice de la nature professionnelle du service rendu. Selon certains auteurs, l'usage du titre d'avocat constitue �galement un crit�re (Bohnet/Martenet, op. cit., nos 1116, 1119). D'apr�s un autre auteur, l'avocat agit dans l'exercice de sa profession lorsqu'il est fait appel � lui en vue d'acc�der au droit (crit�re du "Zugang zum Recht": Kaspar Schiller, Schweizerisches Anwaltsrecht, 2009, nos 330 ss).
De mani�re tr�s g�n�rale, l'activit� extraprofessionelle des avocats n'est pas soumise � la loi sur les avocats. Il en va ainsi non seulement des comportements qui rel�vent de leur vie priv�e, mais aussi des activit�s politiques et associatives ainsi que de la participation � des organismes poursuivant un but �conomique, lorsque l'int�ress� n'en fait pas partie en sa qualit� d'avocat et cherche � promouvoir des int�r�ts �trangers � sa profession. Les comportements relevant de ce champ d'activit�s ne tombent sous le coup de la loi sur les avocats que s'ils donnent lieu � des condamnations p�nales incompatibles avec la profession d'avocat ou si, en raison d'une telle activit�, l'int�ress� fait l'objet d'un acte de d�faut de biens (cf. art. 8 al. 1 lettres b et c LLCA et Fellmann, op. cit., no 53 ad art. 12; Bohnet/Martenet, op. cit., no 1117).
3.1.1 Faisant partie de la Section 3 "R�gles professionnelles et surveillance disciplinaire", l'art. 12 LLCA �nonce les r�gles professionnelles auxquelles l'avocat est soumis. Aux termes de cette disposition, l'avocat doit notamment exercer sa profession avec soin et diligence (lettre a), en toute ind�pendance, en son nom personnel et sous sa responsabilit� (lettre b). Il �vite tout conflit entre les int�r�ts de son client et ceux des personnes avec lesquelles il est en relation sur le plan professionnel ou priv� (lettre c). Il sera ci-apr�s plus particuli�rement question du devoir d'ind�pendance de l'avocat (consid. 3.1.2) ainsi que de son obligation d'�viter les conflits d'int�r�ts (consid. 2.2.3).
3.1.2 L'ind�pendance est un principe essentiel de la profession d'avocat (ATF 123 I 193 consid. 4a et b p. 195-198). Elle doit �tre garantie tant � l'�gard du juge et des parties, que du client. Celui qui s'adresse � un avocat doit pouvoir admettre que celui-ci est libre de tout lien, de quelque nature que ce soit et � l'�gard de qui que soit, qui pourrait restreindre sa capacit� de d�fendre les int�r�ts de son client, dans l'accomplissement du mandat que ce dernier lui a confi�. En particulier, l'avocat ne doit pas se trouver dans la d�pendance �conomique de son client (ATF 123 I 193 consid. 4b p. 197/198). Il peut notamment en aller ainsi, dans certaines situations, lorsqu'il est le d�biteur ou le cr�ancier de son client. En effet, sp�cialement dans le premier de ces cas, l'avocat risque de perdre sa position d'interlocuteur critique de son client, qui lui est indispensable pour se garder de proc�d�s inutiles, dommageables ou sans objet (arr�t 2A.293/2003 du 9 mars 2004 consid. 2). L'atteinte � l'ind�pendance de l'avocat d�pend de l'importance des liens financiers qu'il a �tablis avec le client en dehors du mandat de repr�sentation (ATF 98 Ia 356 consid. 3b p. 361). Ces liens doivent �tre analys�s concr�tement, au regard de la situation particuli�re - notamment de la situation �conomique g�n�rale - de l'avocat. L'importance objective de la dette contract�e par l'avocat � l'�gard de son client n'est donc pas n�cessairement d�terminante pour juger d'une telle situation de d�pendance.
3.1.3 L'interdiction de plaider en cas de conflit d'int�r�ts est une r�gle tout aussi importante, qui d�coule de l'obligation d'ind�pendance rappel�e � l'art. 12 lettre b LLCA, ainsi que de l'obligation de fid�lit� et du devoir de diligence de l'avocat (arr�t 2A.293/2003 pr�cit� consid. 2 et les r�f�rences). M�me si cela ne ressort pas explicitement du texte de l'art. 12 lettre c LLCA, il est incontest� que cette disposition doit aussi �viter les conflits entre les propres int�r�ts de l'avocat et ceux de ses clients (arr�t 2P.318/2006 du 27 juillet 2007 consid. 11.1). Dans cette hypoth�se, il y a parfois lieu de se montrer s�v�re, l'avocat ne pouvant dans tous les cas se d�gager enti�rement du conflit en d�non�ant le mandat: ses int�r�ts personnels peuvent par exemple le conduire � utiliser � son profit des informations obtenues du client m�me apr�s la fin du mandat (Fran�ois Bohnet, Conflits d'int�r�ts: seuls les risques concrets comptent, Revue de l'avocat 8/2008 p. 364 ss, 365).
Au surplus, pour que la responsabilit� disciplinaire de l'avocat soit engag�e, il suffit qu'un risque (concret) de conflit d'int�r�ts ait exist� dans le cas particulier; il n'est pas n�cessaire que ce risque se soit r�alis� et ait conduit l'avocat � mal ex�cuter son mandat. Si elle ne change donc rien sous l'angle de l'art. 12 lettre c LLCA, une mauvaise ex�cution du mandat peut en revanche entra�ner la responsabilit� contractuelle de l'avocat sur la base de l'art. 398 al. 2 CO, voire impliquer des cons�quences disciplinaires - au regard de l'art. 12 lettre a LLCA -, si elle est de nature � porter atteinte � la confiance qui doit �tre plac�e dans l'avocat et sa profession, comme cela peut �tre le cas notamment en pr�sence d'un manquement intentionnel ou constituant une n�gligence grave (Bohnet, Professions judiciaires, op. cit., no 21).
Comme on l'a vu (cf. aussi ATF 130 II 87 consid. 4.2 p. 94), le devoir d'ind�pendance et celui d'�viter tout conflit d'int�r�ts sont intimement li�s. Ainsi, dans la pratique, la question de savoir si l'avocat a manqu� au premier implique g�n�ralement d'examiner l'existence d'un risque (concret) de conflit d'int�r�ts (Fellmann, op. cit., no 59 ad art. 12).
En particulier, le fait qu'un avocat obtienne un pr�t de la part d'un client peut porter atteinte � la fois � son devoir d'ind�pendance et � celui d'�viter tout conflit entre les int�r�ts de son client et les siens propres. Dans une telle situation, le risque principal est que l'avocat ne limite pas ses efforts � ce qui est n�cessaire, dans le but d'augmenter ses honoraires et de r�duire ainsi - moyennant compensation - l'�tendue de sa dette. Ce risque est accru lorsque l'avocat se trouve dans une situation financi�re difficile (Fellmann, op. cit., nos 76 et 94 s. ad art. 12; d'un autre avis: Schiller, op. cit., no 973, selon lequel le fait qu'un avocat se fasse pr�ter de l'argent par un client ne pose en principe pas probl�me, pour autant que ce lien �conomique n'interf�re pas avec le mandat et ne soit pas de nature � entraver sa bonne ex�cution).
3.2 Il appartient en premier lieu � l'autorit� de surveillance comp�tente de d�terminer les mesures disciplinaires � prendre. Si le Tribunal f�d�ral revoit librement le point de savoir s'il y a eu violation des r�gles professionnelles, il s'impose en revanche une certaine retenue lors de l'examen de la sanction disciplinaire prononc�e. Il intervient alors seulement lorsque l'autorit� de surveillance a prononc� celle-ci en exc�dant les limites de son pouvoir d'appr�ciation, de sorte que la sanction appara�t clairement disproportionn�e et confine � l'arbitraire (arr�t 2P.156/2006 du 8 novembre 2006 consid. 4.3, Pra 2007 no 87 p. 587; arr�t 2C_344/2007 du 22 mai 2008 consid. 5; arr�t 2C_783/2008 du 4 mai 2009 consid. 3.1).
4.1 Le recourant conteste avoir travesti les faits en affirmant, dans la demande de mod�ration du 15 mai 2007, que le versement de 15'000 euros par sa cliente �tait une "avance". Il fait valoir que la requ�te en question �tait accompagn�e du relev� des op�rations, lequel mentionne, en date du 28 ao�t 2006, "re�u de clte sur CS pr�t Frs. 23410.50", inscription d'ailleurs mise en �vidence � l'aide d'une couleur sp�ciale. Il serait ainsi arbitraire d'affirmer, comme l'a fait l'autorit� pr�c�dente, qu'en proc�dure de mod�ration il a cherch� � faire passer le pr�t pour une avance.
En outre, le recourant se d�fend d'avoir fait une (autre) fausse d�claration en pr�tendant � l'adresse de l'autorit� de mod�ration ignorer la raison pour laquelle sa cliente lui avait demand� de rembourser l'avance de 15'000 euros. En r�alit�, replac�s dans leur contexte, ses propos devraient �tre compris en ce sens qu'il a affirm� "ne pas comprendre pourquoi sa mandante [�tait] revenue sur un accord de compte courant entre cette derni�re et lui". Le reproche de fausse d�claration formul� par l'autorit� pr�c�dente reposerait, � cet �gard aussi, sur une appr�ciation arbitraire des preuves.
4.2 Dans la demande de mod�ration du 15 mai 2007, le recourant a utilis� les termes "avance de 15'000 euros qu'elle [Z.________] [lui] avait consentie", sans mentionner de date. Etablir le lien avec le montant de 23'410 fr. 50 qui figure dans le relev� des op�rations en regard de la date du 28 ao�t 2006, qui est libell� en francs suisses et est qualifi� de pr�t n'allait donc pas de soi. Le pr�sident de la Chambre des avocats n'a d'ailleurs ordonn� une enqu�te � ce sujet qu'apr�s que Z.________ eut contest�, dans ses d�terminations des 16 mai et 19 juin 2007, qu'il se f�t agi d'une provision.
Dans le contexte des rapports entre l'avocat et son mandant, le terme d'"avance" ne peut en principe se comprendre que dans le sens d'"avance sur honoraires" ou, en d'autres termes, de provision. Il est vrai qu'au paragraphe pr�c�dent, le recourant a expos� que "dans l'intervalle, Mademoiselle Z.________ n'avait pas donn� suite � [ses] demandes r�p�t�es de provision", ce qui semble contredire l'interpr�tation du terme "avance" dans le sens d'une "provision". Le recourant a toutefois pr�cis� qu'il en avait �t� ainsi "dans l'intervalle", c'est-�-dire, apparemment, jusqu'� la s�ance lors de laquelle sa cliente lui aurait "propos� spontan�ment de [le] d�panner". On peut ainsi comprendre que, pour le recourant, l'"avance" en question constituait une sorte de "rattrapage" pour les provisions qui n'avaient pas �t� vers�es jusque-l�.
Quant aux raisons qui ont pu inciter le recourant � pr�senter le montant de 15'000 euros comme une provision plut�t que comme un pr�t, il est possible qu'il soit parti de l'id�e qu'il n'�tait pas en droit de compenser sa cr�ance d'honoraires avec le montant du pr�t.
Du point de vue des r�gles g�n�rales du droit des obligations, la cr�ance d�coulant du pr�t ne faisait pas partie de celles qui, en vertu de l'art. 125 CO, ne peuvent �tre �teintes par compensation contre la volont� du cr�ancier. La reconnaissance de dette du 24 ao�t 2006 ne saurait constituer une renonciation � exercer la compensation, au sens de l'art. 126 CO, ne serait-ce qu'en raison de son caract�re unilat�ral, alors que cette disposition envisage une renonciation par convention (pactum de non compensando; cf. Gauch/Schluep/ Emmenegger, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 9e �d., 2008, no 3235).
Quant aux r�gles r�gissant la profession d'avocat, elles autorisent en principe l'avocat � compenser - aux conditions des art. 120 ss CO - ses cr�ances avec les dettes qu'il peut avoir � l'�gard de son client. Selon la doctrine, la compensation est toutefois exclue lorsque l'avocat sait qu'elle aurait pour effet, au vu de la situation financi�re de son client, de priver ce dernier de moyens dont il a besoin pour assurer son entretien (Fellmann, op. cit., no 156 ad art. 12). Dans le cas particulier, cette situation n'�tait assur�ment pas r�alis�e. On peut tout au plus se demander si, dans les circonstances de l'esp�ce, il n'�tait pas abusif de la part du recourant d'opposer en compensation sa cr�ance d'honoraires.
Au vu de la teneur de la demande de mod�ration et compte tenu du fait qu'il n'allait nullement de soi de faire le rapprochement avec la mention sur le relev� des op�rations dont le recourant se pr�vaut, il n'est � tout le moins pas arbitraire de consid�rer que ce dernier a tent�, dans le cadre de la proc�dure de mod�ration, de travestir les faits de la cause, en faisant passer le pr�t accord� pour une provision.
Quant au fait que le recourant a pr�tendu ignorer la raison pour laquelle sa mandante avait demand� le remboursement de l'"avance" en question, son argumentation tir�e de l'existence d'un pr�tendu accord de compte courant - soit d'un accord par lequel deux personnes conviennent de porter en compte toutes ou certaines de leurs futures cr�ances r�ciproques, d'en surseoir l'ex�cution jusqu'au jour du d�compte et de les compenser de fa�on � �tablir en faveur de l'une ou de l'autre une cr�ance pour l'exc�dent (cf. Gauch/Schluep/Emmenegger, op. cit., no 3163) - repose sur un fait qui n'a pas �t� retenu dans la d�cision attaqu�e, laquelle lie le Tribunal de c�ans (cf. consid. 1.2). Or, le recourant ne d�montre pas que, sur ce point, la d�cision attaqu�e serait manifestement inexacte ou contraire au droit. En outre, � supposer m�me qu'une telle convention ait exist�, il para�t exclu qu'elle ait port� aussi sur le pr�t de 15'000 euros: selon la reconnaissance de dette du 24 ao�t 2006, le montant devait �tre rembours� jusqu'au 30 septembre 2006; Z.________ en a exig� le remboursement imm�diat dans son courriel du 7 mars 2007, o� elle �voque les �ch�ances successives pour lesquelles le recourant lui avait apparemment promis de lui restituer la somme. Dans ces conditions, l'�tonnement dont le recourant a fait part quant � la demande de remboursement du pr�t ne peut s'expliquer par l'existence d'une telle convention. Le point de vue de l'autorit� pr�c�dente, selon lequel cet �tonnement feint constitue une fausse d�claration � l'adresse de l'autorit� de mod�ration, ne saurait non plus �tre qualifi� d'arbitraire.
5.1 Selon l'autorit� pr�c�dente, la demande de pr�t du 2 juin 2006 n'a pas �t� formul�e dans le cadre d'un mandat. Dans son courriel, le recourant a toutefois motiv� son besoin financier par une obligation professionnelle. L'autorit� pr�c�dente en a conclu que la demande de pr�t se trouvait dans un rapport suffisamment �troit avec l'exercice de la profession d'avocat pour qu'elle entre dans l'activit� professionnelle soumise � la loi sur les avocats. Le recourant conteste ce point de vue, en faisant valoir que la demande de pr�t constitue une d�marche priv�e qui ne tombe pas sous le coup, en particulier, de l'art. 12 lettre a LLCA. Selon lui, en effet, la loi sur les avocats r�git exclusivement les actes relevant de la profession d'avocat, c'est-�-dire ceux qui consistent � conseiller et � assister en justice.
5.2 Le recourant a sollicit� le pr�t en question en son propre nom et pour son propre compte; il n'a pas agi pour le compte d'autrui, par exemple d'un client ou d'un organisme dont il aurait fait partie en sa qualit� d'avocat et qui l'aurait charg� de trouver un financement. En outre, le recourant a expliqu� ses difficult�s financi�res en �voquant non seulement sa dette professionnelle dans l'affaire Y.________ ainsi que ses arri�r�s d'imp�t � la suite du contr�le TVA - li� lui aussi � son activit� professionnelle -, mais aussi ses "charges de famille". Z.________ a d'ailleurs d�clar� lors de son audition du 6 octobre 2007 qu'elle avait accept� d'aider financi�rement son avocat "dans ses probl�mes personnels".
M�me s'il n'a pas agi dans le cadre de son activit� de repr�sentation ou de conseil, le recourant s'est adress� � une cliente de longue date. Il fait valoir qu'au moment de l'envoi du courriel du 2 juin 2006, il n'y avait pas de mandat en cours entre Z.________ et lui; c'est seulement plus tard que celle-ci lui aurait confi� un nouveau mandat, lors d'un entretien tenu le 20 juin 2006. Ces all�gu�s sont en contradiction avec la d�cision entreprise, selon laquelle "il est contraire � la dignit� du barreau qu'un avocat s'adresse � un client actuel pour lui demander son 'appui' financier [...]" (p. 13 in fine). Dans ces conditions, il y a lieu d'admettre, avec l'autorit� pr�c�dente, qu'au vu de sa connexit� avec son activit� professionnelle, la d�marche du recourant s'inscrivait dans le cadre de celle-ci et tombait d�s lors sous le coup de la loi sur les avocats et de son art. 12 lettre a en particulier. Au surplus, le recourant ne conteste pas vraiment avoir expos� dans son courriel des "demi-v�rit�s", aux fins de se poser en victime et d'en appeler plus efficacement � la bienveillance de sa destinataire, comme cela est relev� dans la d�cision attaqu�e. Le recours est ainsi mal fond� sur ce point.
6.1 L'autorit� pr�c�dente a consid�r� que le recourant se trouvait dans une situation financi�re difficile lors de l'octroi du pr�t et pendant la dur�e de celui-ci. Par cons�quent, le recourant se serait "retrouv� dans une situation o� son ind�pendance � l'�gard de sa cliente n'�tait plus enti�rement assur�e". De l'avis de l'autorit� pr�c�dente, cette situation de d�pendance s'est pr�sent�e en particulier "entre le 7 et le 21 mars 2007, lorsqu'il [le recourant] a �tabli un lien �troit entre l'exercice de son mandat et les relations avec sa cliente au sujet du contrat de pr�t, en r�pudiant son mandat � la suite du refus de celle-ci d'accepter le remboursement du pr�t par le biais de la compensation sur ses honoraires".
6.2 Le recourant conteste l'argumentation de l'autorit� pr�c�dente, selon laquelle la r�siliation n'aurait pas �t� d�cid�e avec toute l'ind�pendance requise par l'art. 12 lettre b LLCA, parce qu'elle serait intervenue du fait de sa situation de d�biteur � l'�gard de sa cliente, dans le but de pouvoir compenser le montant du pr�t avec sa propre cr�ance d'honoraires. De son point de vue, il �tait en droit de r�silier le mandat pour ce motif financier, compte tenu des circonstances suivantes: lorsque Z.________ lui a adress� son courriel du 7 mars 2007, il n'�tait provisionn� qu'� hauteur de 2'500 fr. depuis le 17 ao�t 2006; dans ce courriel, la pr�nomm�e est "apparemment" revenue sur l'accord de compte courant; alors qu'elle exigeait le remboursement du pr�t, elle n'a pas �voqu� la r�mun�ration de son avocat. Le recourant fait valoir en outre qu'il �tait en droit aussi bien de r�silier le mandat - en vertu de l'art. 404 al. 1 CO - que d'exercer la compensation.
6.3 Le recourant a sollicit� le pr�t en question (par courriel du 2 juin 2006), alors qu'il se trouvait en relations contractuelles avec Z.________ (cf. consid. 4.2 ci-dessus). De plus, avant de lui accorder le pr�t, le 24 ao�t 2006, cette derni�re lui a confi� un nouveau mandat. Le recourant s'est donc trouv� dans la situation de d�biteur de sa mandante. Le montant du pr�t n'�tait certes pas particuli�rement �lev�. Le recourant se trouvait toutefois dans une situation financi�re difficile, puisqu'il n'a pu rembourser le pr�t ni � l'�ch�ance initialement pr�vue (30 septembre 2006), ni lors des termes ult�rieurs pour lesquels il avait apparemment promis le remboursement. Dans ces conditions, il y a lieu d'admettre que le cumul du mandat et du pr�t a cr�� le risque (concret) que les int�r�ts du recourant entrent en conflit avec ceux de sa mandante. D�s lors, le fait que le recourant, plac� dans une situation financi�re pr�caire, a contract� un emprunt aupr�s de sa mandante porte atteinte � l'art. 12 lettres b et c LLCA. Le droit disciplinaire sanctionnant un comportement de mise en danger (cf. consid. 2.2.3 ci-dessus), peu importe que, par d�cision du 9 juillet 2007, le pr�sident de la Chambre des avocats ait pour l'essentiel admis la note d'honoraires et de d�bours du 21 mars 2007, d'un montant de 18'321 fr. 75, dont il a retranch� seulement la somme de 1'720 fr., relative � des op�rations li�es � la r�ception de relev�s de comptes bancaires de Z.________.
Les circonstances dans lesquelles le recourant a r�sili� le mandat constituent un indice, pour ne pas dire un aveu, de la situation de d�pendance dans laquelle il s'est trouv� � l'�gard de sa cliente: lorsque celle-ci, perdant patience, a r�clam� le remboursement imm�diat du pr�t, le recourant n'a trouv� d'autre issue que de r�silier le mandat et d'opposer en compensation ses honoraires, ce qui montre qu'il n'�tait plus en mesure de remplir son r�le de mandataire avec l'ind�pendance requise.
Au vu de ce qui pr�c�de, c'est � bon droit que l'autorit� pr�c�dente a reproch� au recourant d'avoir manqu� � son devoir d'ind�pendance.
7.1 Le recourant soutient que l'interdiction temporaire de pratiquer pour une dur�e de quatre mois constitue une sanction disproportionn�e. Il fait valoir en particulier qu'il n'a pas fait l'objet d'une mesure de retrait provisoire de l'autorisation de pratiquer durant la proc�dure devant la Chambre des avocats, ce qui d�montrerait que le prononc� d'une sanction aussi lourde n'est pas n�cessaire aux fins de prot�ger le public.
7.2 Le retrait provisoire de l'autorisation de pratiquer, au sens de l'art. 17 al. 3 LLCA (cf. aussi art. 56 al. 1 LPAv), ne peut intervenir que pour des motifs graves, lorsqu'il para�t vraisemblable que la proc�dure disciplinaire en cours va aboutir � une interdiction de pratiquer et qu'au vu de l'int�r�t public en jeu, une telle mesure se justifie d�j� pendant la proc�dure disciplinaire (arr�t 2A.418/2002 du 4 d�cembre 2002 consid. 2.1, affaire dans laquelle neuf proc�dures disciplinaires �taient pendantes et o� une interdiction d�finitive de pratiquer a ensuite �t� prononc�e). Quoi qu'en dise le recourant, le fait de renoncer � une telle mesure pour la dur�e du proc�s n'emp�che nullement de prononcer une interdiction - temporaire ou d�finitive - de pratiquer au terme de celui-ci. Une telle mesure constitue toutefois la sanction la plus s�v�re et ne peut en principe �tre prononc�e qu'en cas de r�cidive, lorsqu'il appara�t que des sanctions plus l�g�res n'ont pas permis d'amener l'int�ress� � se conformer aux r�gles professionnelles (arr�t 2A.177/2005 du 24 f�vrier 2006 consid. 4.1, RNRF 88/2007 p. 356). Tel est bien le cas en l'esp�ce, o� le recourant a d�j� fait l'objet d'une suspension d'une ann�e - remontant certes � une dizaine d'ann�es - pour violations graves des r�gles professionnelles et a �t� plus r�cemment condamn� � une amende de 1'000 fr. pour non-respect de l'art. 12 lettres a et h LLCA. Au demeurant, au vu de la retenue dont le Tribunal f�d�ral fait preuve dans l'examen de la sanction (cf. consid. 2.3 ci-dessus), celle-ci doit �tre confirm�e.
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire du recourant, � la Chambre des avocats et � la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud, ainsi qu'au D�partement f�d�ral de justice et police.