Source: http://www.sfen.org/rgn/seisme-fallait-arreter-centrale-tricastin
Timestamp: 2018-01-20 05:00:51+00:00
Document Index: 132259218

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Séisme : fallait-il arrêter la centrale du Tricastin ? | toutes les infos par la Revue Générale Nucléaire | SFEN
Séisme : fallait-il arrêter la centrale du Tricastin ?
La semaine passée, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé à EDF la mise à l'arrêt provisoire de la centrale nucléaire du Tricastin. En cause, la non-conformité d’une portion de digue de protection située sur le canal de Donzère-Mondragon vis-à-vis du nouveau référentiel de sûreté.
Une digue bâtie pour résister à un séisme millénal…
« La digue résisterait au séisme le plus important recensé depuis 1 000 ans dans un rayon de 50 km autour de la centrale » souligne Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire d'EDF.
L’exploitant fait ici référence aux « SMHV », les Séismes maximaux historiques, considérés comme les séismes les plus pénalisants susceptibles de se produire.
… mais pas pour un séisme cinq fois supérieur au séisme millénal
Les exigences de l’ASN vont plus loin que le référentiel « historique » SMHV. Après le séisme et le tsunami de Fukushima en 2011, l’autorité a réhaussé son niveau d’exigence en établissant le Séisme majoré de sécurité (SMS). Un séisme hypothétique d’une énergie cinq fois supérieure à celle du SMHV.
Pour Christophe Kassiotis, directeur des déchets, installations de recherche et du cycle, de l'ASN, cette majoration permet de couvrir d’éventuelles incertitudes sur les données historiques.
Pas de raison d’arrêter les réacteurs selon l’exploitant
EDF n’a pas pu prouver la robustesse au référentiel SMS sur la totalité de la digue. La digue (longue de 4km) a su démontrer sa résistance au critère SMVH. Seuls 400 mètres n’ont pu démontrer leur résistance au SMS. L’ASN, autorité indépendante, a donc exigé l’arrêt de la centrale tant que la situation ne serait pas rétablie.
Des mesures compensatoires mises en place dès cette semaine
D’ici la fin du mois d’octobre, des travaux de renforcement de la digue seront réalisés, a précisé le Philippe Sasseigne d'EDF.
Afin d’obtenir rapidement le feu vert de l’ASN pour le redémarrage de ses quatre tranches, l’exploitant installe actuellement un muret de protection périphérique qui empêchera l’eau d’arriver au niveau des réacteurs en cas de séisme SMS.
EDF a indiqué à plusieurs reprises qu’il ne partageait pas la position de l’ASN : selon l’électricien ces travaux auraient pu être engagés sans que la centrale ne soit arrêtée.
Tenue de la digue de la centrale du Tricastin en cas de séisme majoré de sécurité (SMS)
Crédit photo : FHAL ROBERT / EDF
Tricastin : pourquoi l'ASN a exigé l'arrêt provisoire de la centrale
Entretien avec Rémy Catteau et Christophe Kassiotis, experts de l'ASN, sur l'arrêt provisoire de la centrale du Tricastin.
Jérôme Gentillet (non vérifié) | Il y a 3 mois
Sujet évidemment intéressant, desservis par votre façon de rédiger qui relève d'un niveau de 6ème. Je vous invite à vous inspirer de la presse contemporaine pour évoluer et introduire du contenu dans vos articles. "Titre 1 ... ; ... Titre 2." Certes il est important d'être audible, mais votre ton et niveau éditorial est profondément navrant. De plus, je souhaite souligner vos plagiats d'autres auteurs dans de nombreux articles. Vos articles des ambassades sont largement diffusés et vous les co-signer sans y avoir participer, ce qui me semble malhonnête. J'imagine bien que mes remarques ne seront pas prises en compte ou publiées mais voici mon avis personnel sur votre ligne éditoriale, ainsi que celui d'un grand nombre de mes collègues. M Ngoc merci de respecter vos lecteurs.
L'ASN, de plus en plus, navigue en eaux troubles. On a vu le même psychodrame au sujet des fonds de GV, avec arrêt immédiat de 13 tranches alors que les tests auraient pu être conduits lors des arrêts normaux, et qui nous a coûté si cher en importations d'électricité cet hiver, avec comme résultat qu'aucune pièce ne s'est avérée dangereuse. Est-elle là pour dire la sûreté, ou pour nuire au parc ? Est-ce là la solution trouvée pour réduire à marche forcée la production nucléaire ?
clenvy (non vérifié) | Il y a 3 mois
Finalement on ne sait pas s'il fallait ou pas arrêter Tricastin. Sur quoi est fondée la différence d'appréciation du risque entre EDF et l'ASN?Quelles étaient les conclusions de l'analyse probabiliste sûrement réalisée pour l'occasion?
selliez (non vérifié) | Il y a 3 mois
Le titre de cet article m'a personnellement surpris et navré. L'ASN est notre autorité nationale, on ne peut la contester sans égratigner son ... autorité. Certes les débats sont utiles et recevables, avant que décision soit prise. Le monde nous envie notre organisation nationale, préservons ce patrimoine régalien.
georges studer (non vérifié) | Il y a 3 mois
L'ASN se fout des probabilités, ou plutôt elle se méfie des calculs probabilistes, préférant imposer ses contraintes (méthode déterministe) sans se soucier si elles sont réalistes. La multiplication par 5 de l'exigence SMHV en est un exemple. Nulle part ailleurs dans l'industrie, quand on établit une nouvelle norme, souvent plus contraignante et c'est le progrès, on n'exige que les installations déjà construites avec les anciennes normes soient mises à niveau. Pour le nucléaire, c'est le cas, et le comble est que l'ASN s'affole et exige l'arrêt des installations pendant cette mise à niveau... alors qu'elles fonctionnent depuis des décennies sans souci. Et bien entendu les mesures compensatoires mises en place à l'initiative d'EDF (les big bags autour du site) sont purement et simplement ignorées : il faut les protections définitives et tout de suite. Rien de plus efficace pour ruiner à terme une industrie qui a tant fait pour le bien national. C'est la conséquence de l'intellectualisme français, qui s'oppose totalement au pragmatisme de nos amis anglo-saxons. La NRC par ex., équivalente américaine de l'ASN, n'a absolument pas cette approche du "toujours plus". Et elle exige des études probabilistes pour évaluer tout problème pouvant conduire à l'arrêt des installations. Si on continue à appliquer de cette manière le principe de précaution cher à notre Constitution, nous aurons l'industrie nucléaire la plus sûre au monde (en fait c'est déjà le cas) avant qu'elle ne disparaisse définitivement.
Mathias Roger (non vérifié) | Il y a 3 mois
Pour information l'exigence de sûreté en matière de précautions parasismiques préconise, depuis la règle fondamentale de sûreté de 1981, que les éléments vitaux pour la sûreté soit dimensionné au SMS et non au SMHV (https://www.asn.fr/Reglementer/Regles-fondamentales-de-surete/RFS-relatives-aux-REP/RFS-I.2.c.-du-01-10-1981). Reste à savoir si la digue est un élément vitale pour la sûreté. Question que l'ASN vient apparemment de trancher.
Jean-Guy Degnoul (non vérifié) | Il y a 3 mois
Comme le souligne Mathias Roger, la tenue des installations nucléaire au séisme SMS n'est pas une exigence récente post-Fukushima (le "noyau dur" post-Fukushima de la centrale du Tricastin ne sera pas opérationnel avant 2023 d'après EDF). Il y a pour origine la règle fondamentale de sûreté de 1981 qui a été mise à jour en 2001. (Le SMS c'est le SMHV dont l'intensité des mouvements est augmenté de 50%). Sur les 25km de digue, le 400m qui ne tiennent pas sont juste à l'amont de la centrale. La brèche considérée par EDF en cas de rupture concerne 150m de cette portion. 4 réacteurs rendus inaccessibles par la vidange de 25km de canal sur eux ne fait pas partie des scénarios retenus par EDF dans la démonstration de sureté de la centrale du Tricastin. (et c'est effectivement un événement embêtant, il y avait moins d'eau à Blayais et c'était déjà compliqué, il y en avait moins aussi à Fukshima et ça l'était encore plus). Quatre réacteurs derrière un ouvrage mal dimensionné à un aléa naturel (même pas extrême, ici, juste un niveau d'aléa correspondant au dimensionnement requis) c'est exactement la situation pré-Fukushima. Je suis étonné qu'EDF n'ait pas reconnu la situation (et ait envisagé sa muraille de big bag dont la capacité à parer un torrent de boue est douteuse et plus encore post-séisme. Pourvu que ses barrages hydrauliques soient mieux dimensionnés). Je trouve en tout cas que l'ASN a eu raison d'apprendre des erreurs de son homologue japonais en arrêtant la centrale. PS: Le SMHV est souvent décrit comme un séisme "millénal" et dans bien des cas c'est crédible. Au Tricastin, son intensité correspond à celle du séisme de 1873 dont l'épicentre était à 13km de la centrale. Il appartient à EDF d'affirmer que c'est un événement millénal (sur la foi des impeccables relevés sismique de la Renaissance et du Moyen-age) mais bon je suis content de vivre dans un pays où on est prudent avec ce genre de pari.
georges studer (non vérifié) | Il y a 2 semaines
@JG Degnoul Votre comparaison à Fukushima est juste un peu exagérée : les tsunamis avec vagues de 16 m de haut s'y produisaient tous les 50 ans (probabilité sur la duré de vie de la centrale = 1 !) et surtout il n'y avait pas de protection digne de ce nom contre le tsunami. A Tricastin on parle de SMHV et la digue tient à ce séisme "réel" mais millennal. Le problème concerne la tenue au SMS, soit 5 fois le SMHV. Nuance