Source: http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/474-PGP.html?identifiant=BOI-BIC-CHG-10-10-10-20160203
Timestamp: 2017-02-26 05:27:02+00:00
Document Index: 1898589

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', '§ 20', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

ATTENTION: 474-PGPBIC - Frais et charges - Conditions générales de déduction - Frais et charges engagés dans l'intérêt de l'entreprise ou dans le cadre d'une gestion normale6
BOI-BIC-CHG-10-10-10-20160203
Version en vigueur du 01/02/17 à aujourd'hui. Version en vigueur du 03/02/16 au 01/02/17
2016-02-03T17:12:36.000+01:002017-02-01T16:25:03.000+01:00
A. Honoraires versés pour défendre à une demande de mise en faillite et rétribuer les administrateurs en règlement
Lorsqu'un commerçant ayant fait l'objet d'une assignation en faillite a été mis, par jugement
du tribunal de commerce prononcé d'office, en état de règlement judiciaire, les honoraires qu'il a versés, d'une part, pour défendre à la demande de mise en faillite et, d'autre part, rétribuer les
administrateurs au règlement judiciaire, constituent, bien que au cas particulier l'origine de la dette soit étrangère à son entreprise personnelle, soit des dépenses effectuées dans l'intérêt même de
l'entreprise, soit des dépenses se rattachant à son exploitation. Il s'ensuit que le montant de ces honoraires peut, dans sa totalité, être déduit des résultats de ladite entreprise
(CE, arrêt du 3 mai 1972 n° 82127 ; à
rapprocher de l'arrêt du 14 novembre 1970 dans le BOI-BIC-CHG-10-10-20 au I-A-2 § 20).
Une société ayant pour activité la fabrication et la vente de vins et spiritueux avait obtenu
la concession de la commercialisation d'une marque de rhum précédemment exploitée par une de ses filiales.
À cette occasion, elle avait repris à son service les représentants de ladite filiale qu'elle
avait licenciés, six mois après, en leur versant des indemnités de licenciement.
Elle avait fait valoir sans être sérieusement contredite par le service que ces licenciements
étaient motivés par le fait que les représentants vendaient, en dehors du rhum de la marque concédée, d'autres produits spiritueux concurrents de sa propre production.
Jugé dans ces conditions que les indemnités, versées dans l'intérêt de son exploitation et
non pour le compte de sa filiale, avaient le caractère d'une dépense déductible de ses bénéfices pour le calcul de l'impôt sur les sociétés
(CE, arrêt du 14 janvier 1976 n° 96189).
Les dépenses supportées par les travailleurs indépendants pour l'exercice de leur activité au
sein de syndicats professionnels régis par l'article L. 2131-1 du code du travail et
l'article L. 2131-2 du code du travail, constituant des dépenses exposées au profit de l'ensemble de la profession et non d'une
entreprise déterminée, sont, en principe, exclues des charges déductibles.
Néanmoins, pour tenir compte de ce que les responsables syndicaux sont choisis en considération de leur
notoriété et de leur compétence personnelle, et aussi de ce que leurs propres entreprises bénéficient, le cas échéant, de leur action collective, il a été admis
(RM Maujoüan du Gasset n° 38009, JO débats AN du 12 décembre 1983, p. 5299), par mesure de tempérament, que ces dépenses
soient prises en compte pour la détermination du bénéfice imposable de l'entreprise.
L'application de cette mesure est subordonnée à la condition, d'une part, que le contribuable
apporte des justifications suffisantes quant à la nature et au montant des dépenses en cause et, d'autre part, que ces dernières n'apparaissent pas excessives eu égard à l'importance de l'entreprise.
Bien entendu, les allocations pour frais et les remboursements de frais éventuellement perçus des syndicats susvisés devront être compris dans les produits ou recettes de l'entreprise.
Une société ayant pour objet l'exploitation de bois pour pâtes à papier avait consenti à
une autre société, au moyen de fonds d'emprunt, des avances sans intérêt afin de lui permettre de poursuivre la mise au point d'un prototype de machine de transformation du bois en vue de la
fabrication de pâte à papier. La société ayant consenti les avances devait recevoir l'exploitation exclusive pour la France du brevet relatif à cet appareil. Jugé que la société prêteuse avait ainsi
un intérêt à ce que la société bénéficiaire des avances soit en mesure de poursuivre la mise au point de cette machine et n'a donc pas accompli d'opérations étrangères à une gestion commerciale
Décidé, en conséquence que le montant des intérêts qu'elle a supportés pour le financement
desdites avances constituait une charge déductible de ses bénéfices imposables
(CE, arrêt du 3 décembre 1975 n° 89412).
Une société à responsabilité limitée avait été créée en vue de favoriser le développement
des entreprises individuelles de ses associés et avait effectivement exercé son activité dans ce but avant d'être mise en liquidation.
Jugé que l'un de ces associés, connu des tiers avec lesquels son entreprise pouvait avoir
des relations, comme étant l'un des membres de la société, a pu, sans s'écarter d'une gestion commerciale normale de son entreprise, désintéresser les créanciers de la société après sa mise en
liquidation et comprendre les sommes correspondantes dans les charges de sa propre exploitation
(CE, arrêt du 6 mars 1981 n° 20708).
L'exploitant d'une entreprise A avait imposé à une société B dont il était le fournisseur
unique et le gérant, des conditions de revente anormales dans le but d'accroître ses propres débouchés par une politique de bas prix.
Ces pratiques commerciales, mises en œuvre en faveur de l'entreprise A, ayant été à
l'origine quasi exclusive des difficultés financières rencontrées par la société B, il a été jugé que l'exploitant ne s'est pas écarté d'une gestion commerciale normale en allouant à la société B une
subvention destinée à apurer une partie du passif constaté lors de sa liquidation.
Les sommes correspondantes pouvaient donc figurer parmi les charges déductibles de
l'entreprise A (CE, arrêt du 9 octobre 1981 n°
15553).
Une société anonyme assurant la diffusion commerciale de produits de beauté fabriqués par
sa société mère lui avait remboursé une somme représentant le dédit que cette dernière avait dû abandonner à un tiers pour n'avoir pas donné suite à une promesse d'achat de parts sociales d'une
société d'édition propriétaire de journaux distribués dans la clientèle intéressée par ses produits.
Il avait été convenu entre les sociétés qu'au cas où la tentative d'acquisition aboutirait,
les parts sociales en cause seraient attribuées à la filiale.
Jugé dans ces conditions que, dans la mesure où aucune intention frauduleuse n'a pu être
établie, l'opération envisagée devait être considérée comme faite dans l'intérêt de la société requérante et que, par suite, cette dernière ne s'était pas livrée à une opération étrangère à sa gestion
normale en prenant à sa charge la dépense exposée pour son compte par la société mère
(CE, arrêt du 15 décembre 1976 n° 01208).
Une société ne peut pas comprendre dans ses charges les avantages qu'elle accorde à une autre
société dans le cadre d'une gestion commerciale anormale, c'est-à-dire dans un intérêt autre que le sien.
Pour l'application de ce principe, le Conseil d'État considère que les avantages que se
consentent des sociétés ayant une société mère commune sont présumés correspondre à une gestion commerciale anormale dès lors que ces sociétés, bien qu'appartenant à un même groupe, sont juridiquement
Par contre, les avantages consentis par une société mère à sa filiale correspondent, en
principe, à une gestion commerciale normale sauf si, ce faisant, la société a poursuivi des fins étrangères à son propre intérêt.
À cet égard, le Conseil d'État a jugé qu'une société mère ne pouvait être considérée comme
ayant poursuivi une fin étrangère à son propre intérêt en subventionnant ses filiales, même si ces dernières étaient en déficit et si leur comptabilité n'était pas en ordre, ces circonstances ne
suffisant pas à établir que leur activité n'offrait aucun espoir de redressement
(CE, arrêts du 12 juillet 1978 n° 02138 et n°
02769).
Les frais supplémentaires de repas sont déductibles du résultat imposable en bénéfices
industriels et commerciaux dès lors qu’ils sont nécessités par l’exercice de la profession, justifiés et d’un montant raisonnable.
Les frais supplémentaires de repas d’un contribuable imposé en matière de bénéfices
industriels et commerciaux peuvent être considérés comme des dépenses nécessitées par l’exercice de la profession lorsque la distance entre le lieu où s’exerce l’activité et le domicile du
contribuable fait obstacle à ce que le repas soit pris au domicile.
Ces frais sont en effet considérés comme professionnels par nature s’ils sont justifiés par un
éloignement normal entre le domicile et le lieu de travail. En effet, l’éloignement doit être suffisamment important pour motiver la prise de repas hors du domicile mais néanmoins limité afin de ne
pas être interprété comme résultant de la seule volonté du contribuable et qualifié de dépense personnelle non déductible.
Pour l’appréciation du caractère normal de la distance, il est notamment tenu compte de
l’étendue et de la configuration de l’agglomération où se trouve le domicile du contribuable et des lieux d’exercice de l’activité ainsi que de la nature même de l’activité exercée (activité obligeant
à de fréquentes interventions sur le terrain ou dans d’autres entreprises par exemple) et de l’implantation de la clientèle, lesquelles peuvent nécessiter des déplacements au-delà des limites de
l’agglomération où se situe le domicile du contribuable. Il peut également être tenu compte des horaires de travail du contribuable (horaires d’ouverture et de fermeture du magasin le midi par
Cette appréciation résulte essentiellement d’un examen au cas par cas des conditions
d’exercice de l’activité professionnelle, sous le contrôle du juge de l’impôt.
Conformément aux principes généraux, les frais supplémentaires de repas exposés par le
contribuable doivent correspondre à une charge effective et justifiée.
Le contribuable concerné doit donc être en mesure de produire toutes pièces justificatives
permettant d’attester de la nature et du montant de ces dépenses. A défaut, aucune déduction, même forfaitaire ne peut être pratiquée.
Il est précisé que la solution admise en matière de traitements et salaires, qui permet au
salarié qui ne peut justifier avec suffisamment de précision du montant de ses frais de repas, d’évaluer la dépense supplémentaire, par repas, au montant retenu pour l'évaluation des avantages en
nature ne s’applique pas dans cette situation.
Seuls les frais supplémentaires de repas sont réputés nécessités par l’exercice de la
profession. La fraction de la dépense qui correspond aux frais que le contribuable aurait engagés s’il avait pris son repas à son domicile constitue une dépense d’ordre personnel qui ne peut être
prise en compte pour la détermination du bénéfice imposable.
Pour l’évaluation de cette dépense « plancher » exclue du montant des frais considérés, et à
titre de règle pratique, il est admis de se référer aux règles relatives au calcul des avantages en nature retenues pour les salariés en matière de nourriture. Le montant forfaitaire représentatif de
la valeur du repas pris au domicile est fixé en valeur absolue. Il est revalorisé au 1er janvier de chaque année conformément au taux prévisionnel d’évolution en moyenne annuelle des prix à
la consommation de tous les ménages hors les prix du tabac.
Ainsi, pour les exercices clos en 2016, le prix du repas pris à domicile est fixé
forfaitairement à 4,70 € pour un repas. Ce montant est un montant toutes taxes comprises.
Exemple : Un commerçant dont le magasin et le domicile sont situés à Paris a, en
2016, effectué des déplacements dans le département des Yvelines pour réapprovisionner son stock. Il a exposé à cette occasion des frais de restaurant individuels d’un montant de 11 €, régulièrement
Le repas pris en dehors du domicile doit avoir un coût raisonnable sous peine de ne plus être
considéré comme une dépense professionnelle.
Afin de simplifier l’appréciation de ce montant, il est convenu qu’est raisonnable un repas
dont le prix n’excède pas la limite d’exonération des indemnités pour frais de repas retenue lorsqu’un salarié est en déplacement professionnel et empêché de regagner sa résidence ou le lieu habituel
de son travail, soit 18,30 € pour l’année 2016. Ce montant est un montant toutes taxes comprises.
Si le contribuable fait état de dépenses plus élevées, les frais supplémentaires de repas
restent déductibles à hauteur de ces plafonds, et la fraction qui excède ces montants constitue une dépense d’ordre personnel qui ne peut être admise en déduction, à moins que le contribuable justifie
ce dépassement par des circonstances exceptionnelles nécessaires pour l’exercice de son activité.
Exemple : Un commerçant dont le magasin et le domicile sont
situés à Paris a, en 2016, effectué des déplacements dans le département des Yvelines pour réapprovisionner son stock. Il a exposé à cette occasion des frais de restaurant individuels d’un montant de
50 €, régulièrement justifiés.
Les frais qu’il peut déduire s’élèvent à 18,30 € - 4,70 € = 13,60 €, le surplus n’est pas
déductible sauf à démontrer qu’il n’existait pas de possibilité de déjeuner à moindre coût dans les environs.
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