Source: https://books.google.com.mt/books?id=FjrOh5LzR_YC&pg=PA373&focus=viewport&vq=car%C3%AAme&dq=editions:UCM5319431802&output=html_text
Timestamp: 2020-05-30 19:03:25+00:00
Document Index: 177568912

Matched Legal Cases: ['art 8', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

lettres patentes données par le roi fur le bref de Paul V. de Carmi1614. dont nous avons parlé. Ces lettres ayant été neanmoinsuTEs Db enregistrées le3o. Juin i6zo. nonobstant leurs oppositions, &chauscontinuant à exercer les fonctions ecclésiastiques 6c de ^pe-FRANc" riorité dans ce Monastère, l'évêque de Treguier les fit sortir C de son diocèse. Ils n'allerent pas bien loin , car ils ne firent que sortir d'un fauxbourg de Morlaix 8c du diocèse de Treguier pour aller dans un autre de la même ville qui étoit du diocèse de Léon, dans lequel ils transférèrent le couvent des Religieuses. Dès le 10. Mai de la même année le cardinal de Sourdis , archevêque de Bourdeaux ,avoit donné une sentence,par laquelle il declaroit que deux Monastères deCarmelites déchaussées qui étoientdans cette ville, étoient fournis au gênerai des Carmes déchaussés. Au mois de Juillet de la même année,les Religieuses du même Ordre à Bourges, présentèrent requête à l'archevêque de Bourges par laquelle sur ce quelles pretendoientn'avoir point de visiteur, elles en demandoient un à ce prélat, qui ordonna qu'elles se pourvoi, roient à cet effet devant le pape pour en ordonner comme sa sainteté le jugeroit à propos.
Les supérieurs des Carmélites ayant eu avis de la sentence du cardinal de Sourdis en appellerent comme d'abus en cour de Rome. Les Religieuses de Bourdeaux députèrent un procureurpoury aller soutenir leurs prétentions , cequefirent aussi les supérieurs des Carmélites ; 8c les Religieuses de Sain-, * tes, de Bourges, de Limoges 8c de Morlaix , qui vouloient aussi se soustraire de la jurisdiction des supérieurs 8c se soumettre à celle des Religieux, se joignirent à leurs sœurs de Bourdeaux. Après plusieurs contestations de part 8c d'autre, le pape Paul V. le u. Octobre 1620. ordonna que le Bref qui nommoit pour visiteur des Carmélites de France, le gênerai de l'Oratoire, seroic exécuté , 8c qu'il ne seroit rien innové au gouvernement & à la conduite des Religieuses, 8c commanda àces Religieuses d'obéir aupère de Berulle 8c aux deux autre», comme étant leurs véritables supérieurs. II y eut plusieurs oppositions formées àl'expedition dubref ,même de la part du cardinal de Sourdis. Elles durèrent trois mois, 8c le pape étant decedé le 8. Janvier 1611. les Carmes 8c les Carmélites, unij d'intérêts, eîpererent que son successeur leur seroit plus favorable 5 mais ifs se trompèrent. Qregoire XV. ayant été élu Terne Z, Aaa
-carue-Ïc 26. Février pour souverain pontife, &c l'affaire ayant été de M Es De-nouveau agitée devantlui ,ilfeconformaaujugementdeson, Chaus- prédécesseur, &: confirma le pouvoir du visiteur & des íupeSe'es De rieurs de ce£ Ordre , par deux brefs des zo. Mars & iz. SepRANCH* tembreiózz. Les Carmélites de Bourges en appellerent comme d'abus au parlement de Paris ; mais le roi par deux arrêts du conseil d'état des seize Septembre &: quinze Décembre de la même année, après avoir fait voir & examiner ces brefs au conseil, ordonna qu'ils seroient exécutés, nonobstant oppositionsou appellations quelconques. II y eut quelques Monastères de Carmélites opposées aux supérieurs qui obéirent, il y en eut d'autres qui aimèrent mieux quitter le royaume que de n'être point sous la jurisdiction &c direction des pères de cet Ordre, comme celles de Saintes qui se réfugièrent à Nanci, capitale du duché de Lorraine , où elles firent un établissement.
Le pape Urbain VIII. par un bref de l'an 1613. confirma ceux de les prédécesseurs pour la visite du gênerai de I'Oratoire, ce que le roi Louis XIII. approuva encore & autorisa par ses lettres patentes du z o. Mars 16Z4. portant que ce nouveau bref seroit signifié & exécuté , sans qu'il eut été homologué autre part , qu'au conseil d'état de sa majesté. En 1616. quelques Religieuses Carmelitesayant voulu s'établir en Bretagne, fous la direction des Religieux de cet Ordre &de cette reforme,il fut ordonné par arrêt du conseil d'état qu'elles retourneroient à leur maison de profession. Ainsi la paix &c la tranquilité furent rétablies dans cet Ordre entre les Religieux , les Religieuses , les visiteurs & les supérieurs.
Mais dans la fuite les visiteurs & les supérieurs eurent entr'eux des différends au sujet de la visite des|Monasteres que les supérieurs vouloient faire conjointement avec les visiteurs. Nous avons dit ci-devant que le pape Paul V. avoit nommé pour visiteurs perpétuels des Carmélites, le cardinal de-Berulle pour lors gênerai de la congrégation de l'Oratòire , & íês succelïeurs en cette charge. Le révérend pere Charles de Gondrenlui succéda après sa mort qui arrival'an i6z5>.maisen 163z.il déclara, du consentement des prêtres de cette congrégation dans leur assemblée generale , qu'il renonçok pour lui &pour les successeurs supérieurs généraux
de cette congrégation, à l'office de visiteur des Monastères de CarmsCarmélites 5 ce qui fit que ces Religieuses s'adressèrent la Lites DbÍ même année au pape Urbain VIII. pour y pourvoir. SurcesCHAuscontestations, fa sainteté donna pouvoir á ion nonce de nom- !f ES DE mer un visiteur, & fur ce que les mêmes Religieuses lui re,pre- RANCP* fenterent encore, que pour le grand nombre de Monastères qu'elles avoient ,un íèul visiteur ne suffifoit pas , le pape par un second bref de l'an 1633. donna encore pouvoir à íbn nonce de nommerun ou deux autres visiteurs, ainsi qu'il le jugeroit à propos. Les supérieurs ayant voulu faire la visite conjointement avec ces visiteurs, comme nous avons dit , le pape Alexandre VII. par deux brefs des deux Octobre 1659. & 13. Janvier 16 61. déclara que les supérieurs des Carmélites de France, 11'avoient aucun droic de visite dans les Monastères de cet Ordre, non pas même conjointement avec les visiteurs. II ordonna que la nomination de ces mêmes visiteurs ne leur appartiendroit point , & que les visiteurs se* roient perpétuels aussi bien que les supérieurs , à commencer par ceux quiexerçoient cette charge 6c qui étoient pour lors Monsieur de Berulleabbé dePont-Levoi,8c Monsieur de laRocbc-Chouard de Chandenier abbé de Tournus, tous deux neveux, le premier du cardinal de Bertille, & le second du cardinal de la R^ochefoucaud. II ordonna de plus que le nombre des visiteurs nepourroit être que de deux seulement, &par un autre bref du u. Avril de la même année , il cassa l'élection que Messieurs de Gamache & Grandin pour lors superieur,avoientfaite de Monsieur Gaugueîin pour troisième supérieur à la place de Monsieur Charton qui étoit decedée $ & sa sainteté nomma d'autorité apostolique pour troisième supérieur le révérend ptre Aimeras, supérieur gênerai de la congrégation de la mission 5 ce qui fut confirmé par deux arrêts du conseil d'état des 18. Février & iz. Mai de la même année 1661.
Cependant au mépris de ces brefs & de ces arrêts du conseil d'état, Messieurs Gamache & Grandin & Monsieur Gaugueîin , qui prenoit toujours la qualité de supérieur de cet Ordre , nonobstant les défenses à lui faites de prendre cette qualité & d'en faire les fonctions, puisque sa nomination avoit été cassée par le bref du 11. Avril & l'arrêt du conseil d'état j&les Religieuses Carmélites de Pontoise ,de Carme-Paris rue Chapon, 6c de faine Denys, qui avoienc surpris dès Lites De- le 30. Décembre 1660. des lettres patentes de fa majesté qu'ils Chaus- avoient fait signer contre les formes ordinaires , par un feSe Es De cretajre ju roj ( au ijeu qU'eJles dévoient être signées en conv Rance. man<jement par un secrétaire d'Etat, les firent enregistrer au parlement de Paris, qui par un arrêt du 5. Septembre i66r. ordonna que la bulle de Clément VIII. de 1603. les brefs de 1621. & 1623. & lettres patentes prétendues feroient enregistrées , exécutées & observées, fans approbation de la clause portée par ladite bulle , touchant l'autorité du nonce en France pour l'election des supérieurs, ni que le nonce en vertu de ces bulles pût prétendre aucune jurifdiction dans le royaume fur les Monastères des Carmélites Dechauíîées, ni que les supérieurs fussent obligés de s'adresser à d'autres qu'à l'archevêque de Paris, ou à ses grands-vicaires, pour la confirmation de leur élection j ce qui étoit contraire aux brefs d'Alexandre VII. confirmés par les arrêts du conseil d'état qui demeuroient sans effet, si celui du parlement subsistoit.
Le pape ayant eu avis que ces supérieurs & plusieurs maisons de Carmélites qui étoient entrées dans leurs intérêts, ne vouloient point consentira l'execution de ses brefs , en donna un autre le 16. Septembre de la même année , portant entr'autres choses, exemption de l'Ordre des Carmélites Dechaussées en France -, de la correction , jurifdiction & visite de tous évêques, archevêques , primats & de tous supérieurs de l'Ordre des Carmes, tant Mitigez, que Déchaussés > &c de tous autres prélats réguliers ôc Séculiers , remettant de nouveau cet Ordre fous la protection&inviolable conservation de saint Pierre & du saint Siège, déchargeant cet Ordre & les maisons religieuses , du gouvernement & administration de messieurs de Gamache , Grandin 8c Aimeras que fa sainteté révoqua , & destitua de ces charges d'administrateurs ou supérieurs , fans que lefdits sieurs Gamache & Grandin peuflent être jamais élus pour administrateurs & supérieurs d'aucune maison de cet Ordre , à chacune desquelles supérieures & religieuses de ces maisons, fa sainteté donna pouvoir d'élire de trois en trois ans, leur recteur ou supérieur immédiat qui seroit confirmé par son nonce en France, ou par l'ordinaire des lieux comme délégué du pape , ôc encore la confirmation des visiteurs , qui cARME_ avoient été auparavant établis, avec pouvoir de visiter tou-Lites Detes les maisons de cet Ordre , fans que les recteurs qui se-Chaosroientélus pussent s'entremettre de la visite, ni les vilìteursSEES DE faire la fonction de supérieurs, fínon en cas d'abus ou de mal-fraí)ck* verfation de la part de ces supérieurs, & fit enfin plusieurs reglemens concernant la clôture , les parloirs, & la réception des filles dans cet Ordre, & autres marqués dans ce bref, qui fut adreíTé aux évêques de Laon ôc de Mande pour le mettre à exécution. Sa Majesté par un arrêt du conseil d'état , donné â Fontainebleau le dernier Octobre 16 61. cassa & annulla ses lettres patentes, surprises le 30. Décembre 1660. & l'arrêt du parlement de Paris qui les avoit enregistrées, & ordonna quece dernier bref d'Alexandre VII. íeroit exécuté dans touteíà forme & teneur, tant par les visiteurs & Religieuses de l'Ordre des Carmélites que tous autres j nonobs. tant oppositions ou appellations quelconques, dont Sa Majesté se reservala connoissance, l'interdisant au parlement de Paris ,&à toutes autres cours & jurifdictions du royaume , & fit de rechef défenfesaufdits sieurs Gamache, Grandin& Gauguelin de prendre la qualité de recteurs , supérieurs & administrateurs de cet Ordre, d'en faire aucunes íonctions, ni de se pourvoir ailleurs que devant la propre personne de Sa Majesté. Elle envoya en même tems des lettres de cachet àl'évêque de Laon , pour lors Ceíâr d'Estrées ,à présent cardinal, & àl'évêque de Mande Hyacinte de Seroni, pour leur ordonner d'exécuter le bref qui leur étoit adressé, ce qu'ils firent par un mandement du 12. Novembre de la même année.
Toutes ces divisions &ces contestations arrivées dans l'Ordre des Carmelites,ne donnèrent aucune atteinte à la régularité. Ces Religieuses ont toujours été en Franceen si grande estime,que les principales villes du royaume ne se sont pas contentées de n'en avoir qu'unleul Monastère , plusieurs en onc deux, & même il y en a trois à Paris remplis d'un grand nombre de Religieuses; car elles n* se sont pas limitées comme celles d'Ëfpagne, & les autres qui font fous la jurifdiction des Carmes Déchaussés, à n'en recevoir qu'un certain nombre , comme il est porté par leurs constitutions. Il y a en France environ soixante & deux de ces Monastères, dont il est sorti