Source: http://ec.gc.ca/ap-pa/default.asp?lang=Fr&n=8EF4F871-1&offset=2
Timestamp: 2018-01-20 22:59:31+00:00
Document Index: 9028010

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Les aires protégées sont le fondement des efforts déployés par le Canada pour conserver la biodiversité. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les organismes privés et les particuliers, ainsi que les groupes autochtones et communautaires du pays protègent ainsi environ un million de kilomètres carrés (km2) de terres et d'eaux douces totalisant 10 % de la masse terrestre du Canada et près de 50 000 km2 d'eaux marines, soit environ 1 % de la superficie océanique du pays.
Les Canadiens consacrent des espaces pour la protection de la nature depuis 1876, date de la création du premier parc, soit le Parc du Mont Royal à Montréal (Québec). Ont suivi notre premier parc national, celui de Banff, créé en 1885, et notre premier refuge d'oiseaux migrateurs au lac de la Dernière-Montagne, en 1887, qui devenait en même temps la première réserve faunique en Amérique du Nord. Les premières aires marines protégées au Canada ont été les portions marines du Refuge d'oiseaux des rochers aux Oiseaux, ainsi que du Refuge d'oiseaux de l'Île Bonaventure et du Rocher Percé au Québec en 1919. Aujourd'hui, les organismes du gouvernement canadien administrent plus de 5 900 aires protégées terrestres et marines, incluant des zones vierges, des parcs voués à la conservation et à l'agrément du public, des réserves écologiques permettant de faire des études scientifiques et des zones qui servent à protéger des habitats et des espèces terrestres et marines uniques.
Le premier chapitre du présent rapport expose certains faits de base au sujet des aires protégées du Canada à la fin de 2011. On y adresse les questions suivantes :
De combien disposons-nous?
Quelle proportion de l'ensemble de nos terres, eaux douces et océans cela représente-t-il?
Dans quelle mesure ces données ont-elles changé depuis la période visée par le précédent rapport, soit 2000–2005?
Où se trouvent les aires protégées?
Qui les gère?
Comment les aires protégées du Canada se comparent-elles à celles d'autres pays?
Encadré 1 Objectifs internationaux relatifs à l'étendue des aires protégées
2002 : « [D'ici l'an 2010] Au moins 10 % de chacune des régions écologiques de la planète effectivement conservées »--CDB, Conférence des Parties 6, La Haye, Pays-Bas; Stratégie mondiale pour la conservation des plantes (CDB, 2002)
2004 : « Au moins 10 % de chacune des régions écologiques de la planète sont effectivement conservées »--CDB, Conférence des Parties 7, Kuala Lumpur, Malaisie; Décision VII/30, Objectif 1.1 (CDB, 2004a)
2004 : « Adopte le programme de travail sur les aires protégées qui figure en annexe à la présente décision, dans le but d'assurer la création et le maintien, d'ici 2010 pour les zones terrestres et d'ici 2012 pour les zones marines, de systèmes nationaux et régionaux d'aires protégées complets, bien gérés et écologiquement représentatifs… » --CDB, Conférence des Parties 7, Kuala Lumpur, Malaisie; Décision VII/28 (CDB, 2004)
2010 : « D'ici à 2020, au moins 17 % des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10 % des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d'aires protégées gérées efficacement et équitablement et d'autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans l'ensemble du paysage terrestre et marin. »--CDB, Conférence des Parties 10; Nagoya, Japon; Objectifs d'Aichi relatifs à la diversité biologique, Objectif 11 (CDB, 2010)
Se reporter à l'annexe 2 pour une liste complète des buts du Programme de travail de la CDB sur les aires protégées et des objectifs d'Aichi relatifs à la diversité biologique.
Objectifs national du Canada
En 2015, le Canada a adopté des buts et des objectifs nationaux pour la biodiversité à attendre d'ici 2020, complétant les buts et objectifs internationaux. La production de rapports sur les aires protégées servira de base pour la mesure des progrès accomplis vers l'atteinte de l'Objectif 1 du Canada en matière de biodiversité d'ici 2020 : D'ici 2020, au moins 17 % des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10 % des zones côtières et marines seront conservées par l'entremise de réseaux d'aires protégées, et d'autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies.
Tableau 1. Quelques aires protégées du Canada, établies depuis la Confédération
Premier parc municipal créé aux fins de la conservation au Canada
Mont Royal, Montréal, Québec (1876)
Premier parc national au Canada
Parc national Banff, Alberta (1885)
Premier refuge de sauvagine au Canada
Lac Last Mountain, Saskatchewan (1887)
Premier parc provincial au Canada
Parc provincial Algonquin, Ontario (1893)
Premières aires marines protégées (AMP) au Canada
Refuge d'oiseaux des rochers aux Oiseaux, Québec (1919)
Refuge d'oiseaux de l'Île Bonaventure et du Rocher Percé, Québec (1919)
Premier parc interprovincial au Canada
Parc interprovincial de Cypress Hills, Alberta/Saskatchewan (1989)
Première aire protégée hauturière au Canada en vertu de la Loi sur les océans
Zone de protection marine du champ hydrothermal Endeavour (2003)
Aire protégée la plus grande au Canada
Refuge d'oiseaux migrateurs du golfe de la Reine-Maud, Nunavut (6 278 200 ha)
Aire protégée la plus petite au Canada
Refuge d'oiseaux migrateurs de l'îlot Christie, Colombie-Britannique (0,08 ha)
Aire protégée la plus au sud du Canada
Parc national de la Pointe-Pelée, Ontario (42° N)
Aire protégée la plus au nord (et la plus aride) du Canada
Parc national de Quttinirpaaq, île Ellesmere, Nunavut (82,06° N)
Aire protégée la plus à l'est du Canada
Witless Bay Seabird Ecological Reserve, Terre-Neuve-et-Labrador (52,8° E)
Aire protégée la plus à l'ouest du Canada
Parc national Ivvavik, Yukon (141° O)
Refuge de gibier de Kluane, Yukon (141° O)
Réserve de parc national de Kluane, Yukon (141° O)
Parc national Vuntut, Yukon (141° O)
Aire protégée la plus haute du Canada
Réserve de parc national de Kluane, Yukon (le mont Logan, le plus haut sommet du Canada à 5 959 mètres, se trouve dans ce parc national)
L'étendue du système des aires protégées terrestres du Canada est passée de 908 244 km2, au dernier rapport en 2005, à 993 242 km2 en 2011, soit une croissance de 9,4 %. Simultanément, l'étendue du système des AMP du Canada est passée de 30 900 km2 en 2005 à 49 364 km2 en 2011, soit une croissance de 60,0 % (figure 1) Table Footnote 2.
En 2011, le Canada protège 10,0 % de ses terres et de ses eaux douces (8,7 % en aires protégées permanentes et 1,3 % en aires provisoires Table Footnote 3), soit une hausse par rapport aux 9,4 % de 2005. Quant au territoire marin, 0,9 % est protégé (incluant les eaux marines intérieures, les mers territoriales et la zone économique exclusive), comparativement à 0,6 % en 2005 (encadré 2 et figure 2).
Au total, 1 197 nouvelles aires protégées, marines et terrestres, se sont ajoutées au système d'aires protégées du Canada depuis 2005, s'étendant sur 103 462 km2, ce qui porte le nombre total d'aires protégées à 5 922 en 2011 (tableau 2, tableau 3 et carte 1).
Encadré 2 Territoire marin du Canada
Le territoire marin du Canada est délimité selon la ligne de base définie par des points de repère au long de la laisse de basse mer officielle sur le littoral. La zone marine située au large de la ligne de base est considérée comme « hauturière ». Cela représente une superficie de 0,2 million km2 pour la mer territoriale (située en deçà de 12 milles marins de la ligne de base) et 2,9 millions km2 pour la zone économique exclusive (jusqu'à 200 milles marins au large de la ligne de base).
Les « eaux intérieures », comprenant les zones marines (c.-à-d. d'eau salée) situées côté terre de la ligne de base, incluant les baies et les ports, représentent une étendue de 2,5 millions km2.
Figure 1: Étendue et croissance des aires protégées
Diagramme en barres comparant l'ampleur de la croissance des aires protégées entre 2005 et 2011 au Canada; les deux premières barres représentent les aires terrestres en 2005 et 2011 respectivement, alors que les deux barres suivantes représentent les aires marines en 2005 et 2011 respectivement. Les aires terrestres protégées provisoires et permanentes sont présentées séparément à l'intérieur de chaque barre.
Superficie terrestre protégée (km2)
Superficie marine protégée (km2)
Provisoire 126 628 127 016 Aucune stratégie en vigueur Aucune stratégie en vigueur
Permanente 781 616 866 226 Aucune stratégie en vigueur Aucune stratégie en vigueur
Total 908 244 993 242 (9.4% increase) 30 900 49 364 (60% increase)
Figure 2: Superficie terrestre et marine protégée du Canada en 2011 par rapport à la superficie totale
Deux graphiques représentant:
(a) la taille de l'aire terrestre totale du Canada comparée à la taille de son aire terrestre protégée; et
(b) la taille de l'aire marine totale du Canada comparée à la taille de son aire marine protégée.
Aire terrestre totale : 10,1 millions de km2
Aire terrestre protégée totale : 10%
Aire marine totale : 5,6 millions de km2
Aire marine protégée totale : 0.9%
Tableau 2: Résumé des aires protégées terrestres dans chaque province et territoire Table Footnote a
Province/territoire ou organisations gouvernementales
Nombre d'aires protégées
Aires protégées permanentes (km2)
Aires protégées provisoires (km2)
Superficie protégée totale (km2)
Pourcentage du territoire terrestre protégé
Alberta Table Footnote b 263 82 140 - 82 140 12,4%
Colombie-Britannique 1 035 135 145 696 135 841 14,4%
Nouveau-Brunswick 73 2 234 - 2 234 3.1%
Terre-Neuve-et-Labrador 63 18 535 - 18 535 4.6%
Territoires du Nord-Ouest 32 119 205 940 120 145 8.9%
Nouvelle-Écosse 74 4 598 - 4 598 8.4%
Île-du-Prince-Édouard 134 159 - 159 2.8%
Québec 2 439 20 582 113 543 134 125 8.9%
Agence Parcs Canada Table Footnote d 1 10 000 0 10 000 non-applicable
Total pour le Canada(Terrestres) 5 884 Table Footnote e 873 967 13 473 993 243 Table Footnote f 10.0%
Se reporter au préambule pour savoir quelles sont les aires protégées privées incluses.
L'Alberta ne reconnaît ni ne comptabilise les pâturages communautaires d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour le moment.
Le Manitoba ne reconnaît ni ne comptabilise les pâturages communautaires d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour le moment.
L'Agence Parcs Canada est mentionnée séparément afin d'inclure l'aire marine nationale de conservation du Lac-Supérieur qui se trouve en eau douce et qui est par conséquent considérée comme terrestre, mais qui ne figure pas dans les limites géographiques d'un gouvernement provincial ou territorial.
Ce total ne peut être ajouté au nombre total d'AMP pour obtenir un total national, car un bon nombre d'entre elles représentent des portions d'aires protégées partiellement marines, mais déjà comptabilisées dans les colonnes d'aires terrestres. Le total des superficies peut cependant être calculé.
Ce total, pour l'ensemble du Canada, est légèrement différent du total indiqué ailleurs dans le document en raison des écarts arrondis.
Tableau 3: Résumé des aires protégées marines au Canada
Nombre d'AMP
Proportion du total des AMP 10 Table Footnote g
Colombie-Britannique 179 2 786.0 5.6%
Québec 441 3 452.0 7.0%
Île-du-Prince-Édouard 47 13.6 0.0%
Nouveau-Brunswick 2 0.4 0.0%
Terre-Neuve-et-Labrador 6 152.0 0.3%
Québec et Agence Parcs Canada 1 1 245.3 2.5%
Environnement Canada 57 19 589.0 39.7%
Agence Parcs Canada 14 11 642.7 23.6%
Pêches et Océans Canada 8 10 406.5 21.1%
Total pour le Canada 756 Table Footnote h 49 369.7 100.0%
On indique la proportion plutôt que le pourcentage d'une zone géographique/politique particulière, puisqu'aucune zone géographique des eaux marines du Canada n'a d'objectif ou de total déclaré.
Ce total ne peut être ajouté au nombre total des aires protégées terrestres du Canada pour obtenir un total national, parce que certaines AMP font partie d'une aire partiellement marine et partiellement terrestre. L'addition des deux composants entraînerait une double comptabilisation de ces sites. Les superficies totales peuvent toutefois être additionnées.
Carte 1 : Réseau des aires protégées au Canada
Carte de toutes les aires protégées du Canada sur laquelle on définit chaque aire protégée en fonction d'une des huit catégories de l'UICN. La légende de la carte définit les catégories de l'UICN comme suit : catégorie Ia, catégorie Ib, catégorie II, catégorie III, catégorie IV, catégorie V, catégorie VI et non classée. Source : Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) – 2011.12.31.
Le gouvernement fédéral assure l'administration de 42 % en superficie des aires protégées terrestres, répartie entre trois organisations gouvernementales : l'Agence Parcs Canada, Environnement Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les provinces et territoires administrent à peu près tout le reste (figure 3).
Le gouvernement fédéral assure l'administration de plus de 90 % en superficie des APM du Canada, répartie entre trois organisations : Pêches et Océans Canada, l'Agence Parcs Canada et Environnement Canada. Les provinces administrent à peu près tout le reste (tableau 3).
De plus en plus, les gouvernements provinciaux reconnaissent les terres de conservation de propriété privée comme faisant partie intégrante du réseau d'aires protégées. Toutefois, la déclaration officielle des aires protégées assujetties à cette forme de gouvernance n'est pas encore systématique Table Footnote 4. À ce jour, cinq provinces déclarent des terres de conservation privées, totalisant environ 1 755 km2, comme faisant partie de leur système ou réseau d'aires protégées, et de nombreuses organisations du Canada ont entrepris de délimiter ces terres privées et d'ajouter leur contribution aux stratégies relatives aux aires protégées.
Les populations autochtones ont contribué à l'établissement de dizaines de milliers de km2 d'aires protégées au cours de la période de 2006 à 2011, dans le cadre d'accords de revendications territoriales et de traités modernes, d'autres ententes ou de plans coopératifs d'aménagement du territoire; plusieurs exemples sont mentionnés tout au long du présent rapport. De fait, la création de la plupart des aires protégées au Canada exige une collaboration avec les organisations et les collectivités autochtones pour assurer la conservation de la biodiversité et du patrimoine culturel, une gestion coopérative des aires protégées et le partage des avantages que procurent ces lieux. Toutefois, il faudra faire davantage pour que les systèmes de production de rapport sur les aires protégées témoignent fidèlement de cette réalité.
Le taux de croissance du système d'aires protégées terrestres a ralenti jusqu'à 2,8 % par année entre 2006 et 2011, par rapport à 5,3 % entre 2000 et 2005. Par contre, le taux de croissance du système d'AMP du Canada a grimpé jusqu'à 11,5 %, alors qu'il était de 4,6 % par année en 2000–2005. La figure 4 illustre la croissance cumulative des aires protégées terrestres et marines au fil du temps.
Figure 3: Qui gère les aires protégées terrestres au Canada?
Diagramme à secteurs représentant les proportions relatives (pourcentages) d'aires protégées au Canada gérées par 5 instances différentes, de la plus grande à la plus petite : provinces et territoires, Agence Parcs Canada (fédéral), Environnement Canada (fédéral), Agriculture et Agroalimentaire Canada (fédéral; Programme des pâturages communautaires); et terres privées.
Diagramme à secteurs représentant les proportions relatives (pourcentages) d'aires protégées au Canada gérées par 5 instances différentes
Provinces et territoires 58.1%
Fédéral : Agence Parcs Canada 30.3%
Fédéral : Environnement Canada 10.5%
Fédéral : Agriculture et Agroalimentaire Canada (pâturages communautaires) 0.9%
Terres privées 0.2%
Figure 4: Croissance de l'ensemble des aires protégées marines (violet-clair) et terrestres (violet) au fil du temps
Diagramme en barres représentant la croissance cumulative des aires terrestres et des aires marines protégées dans le temps; l'axe horizontal correspond aux années 1876 à 2011, alors que l'axe vertical représente la superficie en km2 entre 0 et un million. Les aires marines et terrestres apparaissent séparément.
Terrestre (km2)
La proportion de la superficie protégée dans les écorégions terrestres varie entre 1,8 % dans l'écozone des Plaines à forêts mixtes à 26,0 % dans celle de la Cordillère arctique, en passant par 11,1 % en moyenne dans les trois écozones boréales. La superficie d'aires protégées dans les biorégions marines oscille entre 0 % et 5,3 %, 10 biorégions sur 12 ayant une protection de 2,0 % ou moins (tableau 4, tableau 5, carte 2 et carte 3).
Près de la moitié des écozones terrestres du Canada (7 sur 15), principalement dans le nord et l'ouest du pays, ont au moins 10 % de leur superficie conservée sous forme d'aires protégées. On observe une superficie comparable, incluant les zones boréales intérieures et une grande partie de la toundra arctique, dans 6 autres des 15 écozones (tableau 4 et carte 2).
Comme le montre le tableau 4, la proportion de la superficie totale protégée de presque toutes les 15 écozones terrestres du Canada (l'exception étant l'écozone du Haut-Arctique Table Footnote 5) a augmenté depuis 2005. La plus forte hausse se situe dans l'écozone Maritime du Pacifique, dont la portion protégée est passée de 12,4 % à 20,3 %, soit une hausse de près de 8 %. La variation moyenne par rapport à 2005 est d'environ +2 % (tableau 4).
Parmi les biorégions marines du Canada, 4 (sur 12) ont plus de 2 % de leur superficie protégée (toutes sur la côte ouest) et 3 autres bénéficient d'une protection de 0,5 à 2 %. Deux biorégions ont une protection relativement limitée (tableau 5 et carte 3).
La superficie globale des zones marines protégées a plus que doublé entre 2005 et 2011, passant de 0,8 % à 1,7 % en moyenne. Le plus grand changement relatif a eu lieu dans la biorégion marine du Plateau nord où la hausse a été de 0,4 % à 5,3 %. Le changement moyen correspond à 0,9 % de protection de la superficie totale, les changements étant très variables d'une extrémité à l'autre du pays.
Encadré 3 Régions naturelles du Canada
Un certain nombre de cadres spatiaux ont été créés au fil du temps pour mieux comprendre, planifier et gérer les régions naturelles du Canada. Le présent rapport fait appel à deux de ces cadres :
Cadre écologique national pour le Canada : Classement hiérarchisé des écosystèmes, comprenant : écozones, écoprovinces, écorégions et écodistricts. Le Canada est subdivisé en 15 écozones terrestres selon des caractéristiques écologiques. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.
Biorégions marines canadiennes Table Footnote 6 : Unités spatiales de haut niveau pour chacun des trois océans du Canada, fondées sur des similitudes océanographiques et bathymétriques. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.
Tableau 4 (figure en dessous): Pourcentage de protection des 15 écozones terrestres du Canada
Croissance cumulative des aires terrestres et des aires marines protégées.
Pourcentage de protection en 2005
Pourcentage de protection en 2011
1. Cordillère arctique 22.6% 26.0% 3.4%
2. Haut-Arctique 7.4% 6.8% -0.6%
3. Bas-Arctique 15.9% 16.5% 0.6%
4. Taïga des plaines 4.9% 7.3% 2.4%
5. Taïga du Bouclier 4.0% 6.2% 2.3%
6. Bouclier boréal 7.4% 8.9% 1.6%
7. Maritime de l'Atlantique 4.3% 5.6% 1.3%
8. Plaines à forêts mixtes 0.4% 1.8% 1.4%
9. Plaines boréales 8.1% 9.1% 1.0%
11. Taïga de la Cordillère 10.3% 12.8% 2.6%
12. Cordillère boréale 14.3% 15.2% 0.9%
13. Maritime du Pacifique 12.4% 20.3% 8.0%
14. Cordillère montagnarde 16.5% 17.2% 0.7%
15. Plaines hudsoniennes 10.4% 12.1% 1.7%
Diagramme en barres représentant la croissance cumulative des aires terrestres et des aires marines protégées dans le temps; l'axe horizontal correspond aux années 1876 à 2011, alors que l'axe vertical représente la superficie en kilomètres carrés entre 0 et un million. Les aires marines et terrestres apparaissent séparément.
Carte 2: Pourcentage des écozones terrestres du Canada protégées en 2011
Une carte des écozones terrestres du Canada qui étaient protégées en 2011. Les limites des 15 écozones terrestres différentes apparaissent. Les 15 différentes écozones appartiennent à une de 4 catégories qui apparaissent sur la légende de la carte, soit :
0 - 6% aire protégée
6 - 12% aire protégée
12 - 15% aire protégée
et aire protégée à plus de 15 %.
Tableau 5 (Figure en dessous). Secteurs des proportions relatives (pourcentages) d'aires terrestres protégées au Canada
Nom de la biorégion
Pourcentage de protection en 2005 Table Footnote i
Pourcentage de protection en 2011 Table Footnote j
1. Détroit de Georgia 3.1% 3.9% +0.8%
2. Plateau du Sud 2.4% 2.5% +0.1%
3. Zone du large du Pacifique 0.03% 2.0% +2.0%
4. Plateau du Nord 0.4% 5.3% +4.9%
5. Bassin de l'Arctique 0.02% 0.02% 0%
6. Ouest de l'Arctique 1.3% 1.8% +0.5%
7. Archipel Arctique 0.00% 0.8% +0.8%
8. Est de l'Arctique 0.02% 1.1% +1.1%
9. Complexe de la baie d'Hudson 0.4% 0.7% +0.3%
10. Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador 0.02% 0.02% 0%
11. Plateau néo-écossais 0.6% 0.6% 0%
12. Golfe du Saint-Laurent 1.4% 1.7% +0.3%
Figure 5: Pourcentage de protection des 12 biorégions marines
Un diagramme à secteurs des proportions relatives (pourcentages) d'aires terrestres protégées au Canada qui appartiennent aux 7 catégories de l'UICN; de la plus grande à la plus petite : catégorie II, catégorie Ib, catégorie VI, catégorie IV, catégorie encore inconnue, catégorie Ia, catégorie III et catégorie V.
Carte 3 : Pourcentage de protection des biorégions marines du Canada en 2011
Une carte des biorégions marines du Canada qui étaient protégées en 2011. Les limites des 12 biorégions marinesdifférentes apparaissent. Les 12 biorégions différentes appartiennent à une de 6 catégories qui apparaissent sur la légende de la carte, soit :
0 - 1% aire protégée
1 - 2% aire protégée
2 - 3% aire protégée
3 - 4% aire protégée
4 - 5% aire protégée
et aire protégée à 5 - 6 %..
Étendue des aires protégées selon les catégories de gestion et les types de gouvernance de l'UICN Table Footnote 7
Une très grande partie (94 %) des aires protégées terrestres du Canada se classent dans les catégories de gestion de l'UICN représentant le plus haut niveau de protection (Ia à IV) (figure 5 et figure 6). Ces catégories visent à assurer les restrictions d'utilisation et d'accès aux terres et à l'eau les plus rigoureuses et interdisent les activités industrielles ou l'extraction commerciale des ressources. Cette proportion est comparable aux 95 % de territoire des aires protégées terrestres du Canada qui étaient classées dans les catégories I-IV de gestion de l'UICN en 2005 Table Footnote 8.
Plus de la moitié (52 %) des aires protégées terrestres sont classées dans la catégorie II de gestion de l'UICN. Elles se composent surtout de grands parcs nationaux, provinciaux et territoriaux et d'autres aires de conservation dont la principale fonction est l'accès du public.
Plus de 37 % des aires protégées terrestres sont classées dans la catégorie Ib, un haut niveau de protection qui permet de reconnaître et de préserver des aires sauvages où des processus écosystémiques naturels se déroulent encore largement inchangés. Elles comprennent un certain nombre de grands refuges d'oiseaux fédéraux, ainsi que de nombreux parcs provinciaux et territoriaux du pays.
Environ 5 % des aires protégées terrestres du Canada sont classées dans les catégories V ou VI. Celles-ci autorisent un degré limité d'extraction des ressources ou d'activité industrielle, à la condition que ces activités soient conformes à l'intention générale qui consiste à maintenir la conservation de la biodiversité comme premier objectif de gestion pour la région (figure 5 et figure 6).
Les AMP de Pêches et Océans Canada correspondent à la définition d'une aire protégée, mais n'ont pas encore été classées dans une catégorie particulière, en raison des complexités pluridimensionnelles uniques de la planification et de la gestion de la zone océanique. Elles font partie des portions de la « catégorie non encore précisée » des figures 5 et 6. De nouvelles lignes directrices pour l'application des catégories de l'UICN aux aires marines, publiées par l'UICN en 2012, serviront à éclairer la prochaine version des lignes directrices du Conseil canadien des aires écologiques (CCAE) pour l'application des catégories de l'UICN au contexte canadien.
Bon nombre des AMP qui restent sont des portions ou des zones d'aires protégées qui ont aussi une importante composante terrestre. Dans ce cas, l'aire protégée dans son ensemble est classée dans la catégorie de l'UICN attribuée à la composante terrestre. Dans la plupart des cas, cette façon de procéder est utilisée parce qu'il n'y a pas de plan de gestion distinct pour les zones marines.
En 2008, l'UICN a fourni des directives pour la première fois sur le classement des aires protégées selon le type de gouvernance (se reporter au préambule). Les rapports actuels indiquent qu'une très grande partie (95,5 % de la superficie) des aires protégées terrestres au Canada entrent dans la catégorie de l'UICN de « gouvernance par le gouvernement » (figure 7). On s'attend à ce que ce nombre change à l'avenir à mesure que les organisations gouvernementales mettront à jour leurs mécanismes de production de rapports de façon à mieux tenir compte des aires protégées qui font l'objet d'une gouvernance partagée, d'une gouvernance privée et d'une gouvernance par les populations autochtones et les communautés locales.
Encadré 4 Protection de l'écosystème de prairies en Saskatchewan à l'aide de la catégorie VI de gestion de l'UICN
Le pourcentage supérieur à la moyenne des aires classées dans la catégorie VI de gestion de l'UICN est un aspect unique des aires protégées de la Saskatchewan. Les efforts de protection des écosystèmes des prairies se sont traduits par la mise de côté de près de 15 000 km2 de terres publiques aux fins de protection et de gestion de l'agriculture et de la faune. Ce territoire se compose principalement d'écosystèmes de prairie indigène ou de prairie-parc, loués pour le pâturage. Elles sont légalement protégées de façon à préserver l'habitat indigène et sont assujetties à des lignes directrices rigoureuses de développement et ne peuvent être vendues. De même, environ 3 300 km2 de pâturages communautaires exploités par la province sont gérés au profit du bétail et de la biodiversité. Les écosystèmes des prairies ont déjà accueilli des troupeaux imposants de bisons, désormais remplacés par le bétail domestique qui maintenant simule le type de perturbation autrefois dû au bison et qui utilise une ressource naturelle de valeur.
Figure 5: Aires protégées terrestres, par catégorie de gestion de l'UICN
Aires protégées terrestres, par catégorie de gestion de l'UICN
Catégorie UICN Ia 1.0%
Catégorie UICN Ib 37.7%
Catégorie UICN II 52.3%
Catégorie UICN III 0.4%
Catégorie UICN IV 2.2%
Catégorie UICN V 0.2%
Catégorie UICN VI 4.5%
Categorie inconnue 1.8%
Figure 6: Aires protégées marines et terrestres, par catégorie de gestion de l'UICN
Un diagramme à secteurs représentant les aires marines et terrestres protégées par catégorie de gestion de l'UICN; l'axe horizontal est exprimé sous forme de pourcentages de 0 à 20 % du territoire protégé, alors que l'axe vertical comporte 14 barres horizontales, soit une pour chaque province et territoire et une pour l'ensemble du Canada; la longueur d'une barre correspond au pourcentage de certaines catégories de l'UICN sur chaque territoire : UICN I-IV, UICN V-VI et provisoire ou catégorie encore inconnue.
Pourcentage de protection du territoire
Pourcentage de juridiction protégée
UICN I - IV
UICN V - VI
(Provisoire ou catégotie non encore précisée)
Total du pourcentage de juridiction protégée
Québec 8.0% 0.3% 0.0% 8.4%
Île-du-Prince-Édouard 2.8% 0.0% 0.0% 2.8%
Nouvelle-Écosse 8.3% 0.0% 0.0% 8.4%
Territoires du Nord-Ouest 8.4% 0.0% 0.5% 8.9%
Terre-Neuve-et-Labrador 4.2% 0.4% 0.0% 4.6%
Nouveau-Brunswick 3.1% 0.0% 0.0% 3.1%
Colombie-Britannique 14.3% 0.0% 0.1% 14.4%
Canada (Toutes Prov/Terr) 9.4% 0.4% 0.2% 10.0%
Figure 7: Proportion de la superficie des aires protégées terrestres, selon le type de gouvernance de l'UICN
Un diagramme à secteurs représentant les proportions relatives (pourcentages) d'aires protégées au Canada qui appartiennent à 4 types de gouvernance de l'UICN, de la plus grande à la plus petite : gouvernance par un gouvernement, gouvernance partagée, gouvernance privée et gouvernance par des peuples autochtones et des communautés locales.
Proportions relatives (pourcentages) d'aires protégées au Canada
Governance par le gouvernement 95.4%
Gouvernance partagée 4.2%
Gouvernance privée 0.2%
Governance par les populations autochtones et par les communautés locales 0.18%
Perspective mondiale (2010) Table Footnote 9 Table Footnote 10
Le Canada se classe au 26e rang sur les 34 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) quant au pourcentage de sa superficie terrestre protégée (incluant les terres et les eaux douces), ayant gagné quelques points sur ce plan par rapport au 29e rang occupé en 2005. Pour ce qui est du pourcentage de la superficie marine protégée, il se situe au 23e rang sur les 34 pays de l'OCDE, soit à peu près la même position qu'en 2005.
Le Canada gère 5,8 % des aires protégées terrestres du monde, une hausse par rapport aux 5,1 % du rapport de 2005. Il gère également 3,4 % des AMP du monde, une augmentation également comparativement à 1,4 % en 2005.
Parmi les pays de l'OCDE, le Canada vient au deuxième rang sur 34 quant à la superficie totale des aires protégées, avec 975 816 km2 de terres et d'eaux douces protégées en 2010. Les États-Unisse classent au premier rang, avec 1,16 million de km2 et l'Australie, en troisième place, avec 814 699 km2.
Sur les 34 pays de l'OCDE, le Canada est 26e en ce qui a trait au pourcentage de terres et d'eaux douces protégées, avec 9,7 %, après les États-Unis qui se classent au 22e rang, avec 12,4 %, le Mexique, avec 11,1 % et l'Australie, avec 10,6 %. L'Allemagne occupe la première place avec 42,4 % de sont territoire protégé (figure 8).
Le Canada est 23e sur 34 en ce qui concerne le pourcentage des eaux marines protégées, avec 0,9 %, derrière les États-Unis, en deuxième place avec 28,6 %, l'Australie, avec 28,3 %, et le Mexique, avec 16,7 %. L'Allemagne est toujours au premier rang avec 40,3 % (figure 9).
Bien que de nombreux pays du monde fournissent actuellement des données sur toutes les catégories d'aires protégées de l'UICN, la communauté de pratique au Canada n'a pas encore entièrement évalué les aires protégées des catégories V et VI. Des travaux menés par le CCAE se poursuivent à cet égard au Canada et permettront de présenter des rapports représentatifs de l'étendue entière de nos réseaux d'aires protégées.
Figure 8: Aires protégées terrestres--comparaison mondiale de la proportion de terres et d'eaux douces protégées par divers pays de l'OCDE (l'indicateur numérique des pays montre leur rang parmi un échantillon de 34 pays de l'OCDE). (Se reporter à la note de bas de page Table Footnote 9 pour l'information de référence.)
Un diagramme en barres comparant le pourcentage d'aires terrestres et d'étendues d'eau douce (terrestres) protégées pour les différents pays de l'OCDE; l'axe horizontal comporte 11 pays différents (barres), alors que l'axe vertical correspond à l'aire protégée entre 0 et 45 pour cent. Les pays sont classés en fonction du pourcentage le plus élevé au pourcentage le plus faible des aires protégées.
Pourcentage d'aires terrestres et d'étendues d'eau douce (terrestres) protégées pour les différents pays de l'OCDE
Aire terrestre protégée (pour cent)
Allemagne 42,4% 1
Pologne 22,4% 7
Japon 16,5% 14
Slovaquie 13,2% 20
États-Unis 12,4% 22
Mexique 11,1% 23
Suède 10,9% 24
Australie 10,6% 25
Canada 9,7% 26
Finlande 9,0% 27
Turquie 1,9% 33
Figure 9: Aires marines protégées--comparaison mondiale de la proportion d'eaux marines protégées (l'indicateur numérique des pays montre leur rang parmi 34 pays de l'OCDE) (Se reporter à la note de bas de page Table Footnote 9 pour l'information de référence.)
Eaux marines protégées
Allemagne 40,3% 1
Pologne 28,6% 2
Japon 28,3% 3
Slovaquie 16,7% 8
États-Unis 5,6% 11
Mexique 5,3% 12
Suède 5,0% 13
Australie 4,1% 14
Canada 2,4% 21
Finlande 0,8% 23
Turquie 0,7% 24
L'information de 2005 présentée dans ce rapport est tirée, chaque fois que possible, du système de rapport et de suivi des aires de conservation (SRSAC) qui a été mis à jour depuis la publication du Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2000–2005.
Les aires protégées provisoires sont des aires auxquelles une protection provisoire est conférée en vertu de la loi, et selon des limites officiellement décrites. Ces aires sont intégrées dans le SRSAC et dans le présent rapport s'il existe une entente pour la protection permanente éventuelle du site, bien que les négociations définitives se soldent parfois par des limites et une politique de gestion différentes.
Les terres de conservation privées contribuent davantage à la superficie totale protégée que ne l'indique la figure 3. Cependant, comme il est indiqué par ailleurs, seulement cinq provinces (Sask., Man., Qc, N.-B. et Î.-P.-E.) incluent actuellement les terres privées dans les données transmises au SRSAC au sujet de leur réseau d'aires protégées.
La diminution de la superficie protégée dans l'écozone du Haut-Arctique est attribuable en grande partie aux ajustements définitifs des limites de grandes aires protégées provisoires au cours des dernières étapes du processus de leur établissement.
Se reporter à la description de ces systèmes de classification de l'UICN dans le préambule.
Cette baisse est vraisemblablement due à des changements survenus dans les limites des terres et des eaux protégées au cours des négociations définitives du processus d'établissement des grandes aires protégées dans le Nord.
Les statistiques fournies dans cette section sont calculées au moyen des données du SRSAC pour le Canada pour 2010 (v. 2010.10.10) et les données sur les Indicateurs des objectifs du Millénaire pour le développement pour 2010 pour les autres pays de l'OCDE (ONU, sans date).
Le rapport précédent sur la situation des aires protégées comprenait une comparaison du pourcentage des terres hautement protégées (c.-à-d. les catégories I à IV de l'UICN), mais les données sources n'ont pas été mises à jour depuis, de sorte qu'aucune comparaison semblable n'a pu être faite pour le présent rapport.