Source: https://campus.vidal.fr/recommandations/1625/psoriasis_en_plaques_de_l_adulte/prise_en_charge/
Timestamp: 2019-02-15 21:22:54+00:00
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Psoriasis en plaques de l'adulte - Prise en charge | Recommandations | VIDAL Campus
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Évaluation de la sévérité du psoriasis
Il est nécessaire d'expliquer au patient la maladie, son évolution et les principes du traitement (voir Conseils aux patients).
Le protocole thérapeutique doit être simple (éviter les ordonnances avec de trop nombreux produits et formes galéniques).
Elle doit tenir compte à la fois de son retentissement sur la qualité de vie (préjudice esthétique, professionnel, relationnel), de l'étendue des lésions (pourcentage de surface corporelle atteinte), de la sévérité clinique de la maladie, de la résistance aux traitements antérieurs.
Des scores évaluent la qualité de vie (DLQI) et la gravité clinique (PASI). Voir Évaluation de la sévérité du psoriasis.
L'association dermocorticoïdes et analogues de la vitamine D est le traitement de référence.
Traitements complémentaires, les kératolytiques sont utilisés en cas de lésions kératosiques et les émollients en cas de sécheresse cutanée.
La galénique du produit doit être adaptée à la localisation et à l'aspect des lésions : lotion, gel ou shampooing sur le cuir chevelu, pommade en cas de lésions sèches et kératosiques, crème sur les lésions peu squameuses ou les plis.
Ils relèvent d'une prescription spécialisée.
L'acitrétine, le méthotrexate, la ciclosporine et les photothérapies (PUVA et UVB à spectre étroit) sont indiqués en cas de retentissement sur la qualité de vie (DLQI ≥ 10), de sévérité des lésions (PASI ≥ 10 ou surface corporelle atteinte ≥ 10 %) ou de résistance aux traitements locaux.
L'aprémilast ou les biothérapies (anti-TNF : adalimumab, étanercept, infliximab ou inhibiteurs des interleukines : brodalumab, ixékizumab, sécukinumab, ustékinumab) sont recommandés en cas de contre-indication, inefficacité ou intolérance des traitements précédents.
Elle est jugée sur la satisfaction du patient (compromis entre contrainte du traitement, tolérance, efficacité réelle et amélioration ressentie, soit DLQI < 5) et sur l'amélioration clinique (pourcentage de surface corporelle et PASI pour les formes sévères). L'amélioration est franche si l'amélioration du score PASI ≥ 75 % du score initial.
Psoriasis en gouttes, en particulier chez l'enfant
Psoriasis éruptif survenant volontiers après un épisode infectieux, il est composé de petits éléments (< 1 cm), et peut régresser spontanément. Il faut systématiquement rechercher un foyer infectieux streptococcique ORL, anal ou génital. En cas de positivité, une antibiothérapie adaptée peut être discutée. Si un traitement local du psoriasis est insuffisant, la photothérapie ou les rétinoïdes peuvent être justifiés.
Pustuleux ou non, souvent très kératosique et socialement invalidant, il nécessite l'utilisation de dermocorticoïdes de forte puissance, en association aux analogues de la vitamine D, voire de traitements systémiques.
Psoriasis digital fissuraire résistant aux traitements, associé à une ostéite distale destructrice, il est souvent résistant aux thérapeutiques locales. Il nécessite une prise en charge en milieu spécialisé.
L'aspect est variable, de quelques ponctuations à une onychodystrophie majeure et socialement dommageable. Il peut être isolé. Les traitements locaux sont rarement efficaces.
Le nourrisson développe un psoriasis au niveau des couches. Il faut éviter les dermocorticoïdes sous occlusion et traiter d'éventuelles surinfections (rares). Il convient d'éviter la macération.
Il s'agit d'une forme sévère de psoriasis touchant tout le tégument avec retentissement important sur l'état général. Il justifie toujours des traitements généraux et, le plus souvent, une hospitalisation.
C'est une forme rare constituée de plaques avec pustules non folliculaires amicrobiennes. La forme généralisée peut se développer après l'arrêt brutal d'une corticothérapie générale donnée pour une autre indication. Les rétinoïdes sont souvent efficaces dans cette forme de psoriasis.
Les muqueuses génitales et buccales peuvent être touchées. S'il n'est pas gênant, il ne justifie aucun traitement ; les dermocorticoïdes peuvent être utiles sur les muqueuses génitales.
Le rhumatisme psoriasique (RP) est une maladie inflammatoire chronique appartenant à la famille des spondylarthrites.
Il s'agit d'un rhumatisme séronégatif (absence de facteur rhumatoïde) axial ou périphérique, volontiers asymétrique. Il peut être destructeur.
Sa prise en charge associe en 1re ligne un traitement symptomatique (AINS avec ou sans antalgiques) à un traitement de fond dont méthotrexate, léflunomide et sulfasalazine hors AMM.
Lorsque la réponse aux traitements de fond antirhumatismaux (DMARD ou Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drug) a été inadéquate plusieurs médicaments sont disponibles.
Certains anti-TNF disposent d'une AMM dans le traitement de 2e intention du rhumatisme psoriasique, lorsque la réponse aux traitements de fond antirhumatismaux (DMARD, ou Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drug) antérieurs a été inadéquate. Il s'agit de : certolizumab pégol (synthèse d'avis de la Commission de la Transparence, HAS, novembre 2015) ; étanercept ; infliximab ; adalimumab ; golimumab.
Des inhibiteurs des interleukines ont aussi une AMM en 2e intention dans le rhumatisme psoriasique. Il s'agit d'un inhibiteur des interleukines IL-12 et IL-23, l'ustékinumab (synthèse d'avis de la Commission de la Transparence, HAS, juin 2016), et de 2 inhibiteurs des interleukines de l'IL-17 A, le sécukinumab (synthèse d'avis de la Commission de la Transparence, HAS, mai 2016) et l'ixékizumab (avis de la Commission de la Transparence, HAS, avril 2018). Selon la HAS, en cas d'échec, contre-indication ou intolérance aux DMARD, les anti-TNF sont recommandés compte tenu du recul de leur utilisation et de leur efficacité sur la destruction articulaire. En revanche, la place des inhibiteurs des interleukines ne peut être précisée par rapport aux anti-TNF.
Un inhibiteur de la phosphodiestérase 4, l'aprémilast, dispose également d'une AMM, seul ou en association avec un DMARD, dans le rhumatisme psoriasique actif en cas de réponse insuffisante ou d'intolérance à un traitement de fond. Selon la HAS, bien qu'ayant une efficacité modeste, il peut avoir un intérêt du fait de sa bonne tolérance, en association à un DMARD, en cas de réponse insuffisante ou d'intolérance à un traitement de fond antérieur (avis de la Commission de la Transparence, HAS, décembre 2015).
L'abatacept, protéine de fusion anti-CTLA-4 Ig, a également une AMM dans le traitement de 2e intention du rhumatisme psoriasique, lorsque la réponse aux traitements de fond antirhumatismaux (DMARD ou Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drug) antérieurs a été inadéquate et quand une thérapie systémique additionnelle pour les lésions cutanées psoriasiques n'est pas requise. Toutefois, il n'est ni remboursable, ni agréé aux collectivités dans cette indication (avis de la Commission de la Transparence, HAS, janvier 2018).
Un inhibiteur des Janus kinases, le tofacitinib, dispose aussi d'une AMM dans le traitement de 2e intention du rhumatisme psoriasique actif, en association au méthotrexate, chez les patients ayant présenté une réponse inadéquate ou une intolérance à un traitement de fond antirhumatismal (DMARD ou Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drug) antérieur. En septembre 2018, ce médicament n'est ni remboursable, ni agréé aux collectivités dans cette indication.
Le score PASI évalue la sévérité clinique du psoriasis. Il tient compte de l'inflammation, de l'épaisseur des lésions et de l'importance des squames, en pondérant par la surface atteinte (en pourcentage de la surface totale du corps).
Le résultat du calcul du score PASI varie entre 0 et 72 ; plus il est élevé, plus le psoriasis est considéré comme sévère.
Un calculateur est disponible en ligne (en anglais) : http://pasi.corti.li.
Score DLQI (Dermatology Life Quality Index)
Le score DLQI est une échelle d'évaluation de la qualité de vie du patient. Dix questions sont posées au patient : impact esthétique, impact sur sa profession, sur ses loisirs, sa vie sexuelle, sociale.
Le résultat se situe entre 10 et 30 ; plus il est élevé, plus l'impact sur la qualité de vie est considéré comme sévère.
Au cours des 7 derniers jours :
1. Votre peau vous a-t-elle démangé(e), fait souffrir ou brûlé(e) ?
Énormément (3) Beaucoup (2) Un peu (1) Pas du tout (0)
2. Vous êtes-vous senti(e) gêné(e) ou complexé(e) par votre problème de peau ?
3. Votre problème de peau vous a-t-il gêné(e) pour faire des courses, vous occuper de votre maison ou pour jardiner ?
Énormément (3) Beaucoup (2) Un peu (1) Pas du tout (0) Non concerné(e) (0)
4. Votre problème de peau vous a-t-il influencé(e) dans le choix des vêtements que vous portiez ?
5. Votre problème de peau a-t-il affecté vos activités avec les autres ou vos loisirs ?
6. Avez-vous eu du mal à faire du sport à cause de votre problème de peau ?
7. Votre problème de peau vous a-t-il complètement empêché de travailler ou étudier ?
Oui (3) Non (2) Non concerné(e) (0)
Si la réponse est « Non » : Votre problème de peau vous a-t-il gêné(e) dans votre travail ou vos études ?
Beaucoup (2) Un peu (1) Pas du tout (0) Non concerné(e) (0)
8. Votre problème de peau a-t-il rendu difficile vos relations avec votre conjoint(e), vos amis ou votre famille ?
9. Votre problème de peau a-t-il rendu votre vie sexuelle difficile ?
10. Le traitement que vous utilisez pour votre peau a-t-il été un problème par exemple en prenant trop de votre temps ou en salissant votre maison ?
Score final DLQI (0-30) :
Suivi d'un traitement par rétinoïde oral (acitrétine)
L'acitrétine, rétinoïde oral, obéit à des règles de prescription strictes, du fait de sa tératogénicité. Malgré la mise en place d'un programme de prévention de la grossesse en juillet 2012, et son renforcement en février 2014 (prescription initiale de l'acitrétine réservée aux dermatologues, renouvellement de la prescription par tout médecin possible dans la limite d'un an au terme duquel une nouvelle prescription par un dermatologue est requise), la survenue de grossesses sous traitement ou après son arrêt a persisté (Étude d'impact des mesures de réduction du risque tératogène, ANSM, juin 2017). L'acitrétine ne peut être administrée que si les conditions suivantes sont réunies.
Chez la femme en âge de procréer, avant le traitement :
la patiente a été informée du risque de malformation chez l'enfant en cas de grossesse pendant le traitement et les 3 ans qui suivent l'arrêt du traitement, ainsi que du caractère obligatoire d'une contraception efficace et d'un suivi mensuel rigoureux. Elle aura reçu le carnet-patiente rappelant les conditions du Programme de Prévention de la Grossesse et la brochure d'information sur la contraception ;
la patiente aura signé l'accord de soins et de contraception, un exemplaire étant conservé dans le carnet-patiente ;
le prescripteur se sera assuré que la patiente a compris le risque et l'importance du suivi des précautions d'emploi ;
la patiente est d'accord pour utiliser une contraception efficace 1 mois avant l'initiation du traitement ;
un test de grossesse sous contrôle médical (recherche qualitative d'HCG plasmatiques) au résultat négatif a été réalisé dans les 3 jours précédant la première prescription ;
la patiente s'engage à ne pas consommer d'alcool (boissons, médicaments, aliments) pendant le traitement et durant les 2 mois qui suivent son arrêt, la prise d'alcool entraînant la transformation de l'acitrétine en étrétinate, qui est également tératogène et peut se stocker dans les tissus adipeux plusieurs mois et même plusieurs années.
Chez la femme en âge de procréer, pendant le traitement et jusqu'à 3 ans après l'arrêt du traitement :
la patiente doit présenter le carnet-patiente à chaque consultation et lors de chaque délivrance ;
un test sérologique de grossesse sous contrôle médical (hCG plasmatiques) est réalisé tous les mois dans les 3 jours précédant la prescription mensuelle d'acitrétine, avec report systématique de la date et des résultats des tests dans le carnet-patiente ; des tests de grossesse seront ensuite réalisés régulièrement durant les 3 ans qui suivent l'arrêt du traitement ;
la délivrance doit avoir lieu au plus tard 7 jours après la prescription, et au vu du carnet-patiente complété ; aucune délivrance par le pharmacien ne doit être effectuée si le résultat négatif du test sérologique de grossesse n'est pas mentionné dans le carnet-patiente ;
la durée du traitement par l'acitrétine est limitée à 1 mois non renouvelable ;
la contraception efficace doit être poursuivie pendant toute la durée du traitement et durant les 3 ans qui suivent.
Chez tous les patients :
avant l'initiation du traitement, la brochure d'information (à se procurer auprès du laboratoire, voir monographie VIDAL) est remise au patient et à son entourage ;
le patient est informé de la nécessité de ne pas donner le traitement à une autre personne ;
le don de sang est interdit pendant le traitement et pendant les 3 ans suivant son arrêt ;
une surveillance biologique est mise en place : transaminases tous les 15 jours pendant 2 mois puis, tous les 3 mois, dosage du cholestérol et des triglycérides avant le début du traitement puis à surveiller régulièrement, principalement chez le sujet à risque de dyslipidémie.
pathologies suivantes : Polyarthrite rhumatoïde (adulte) Arthrite juvénile idiopathique (enfant) Spondyloarthrite...
en France entre 2014 et 2016 (étude SPAM = Safety-Pregnancy-Aubagio®-Multiple sclerosis) montre que...