Source: https://fr.scribd.com/document/400174/Comment-reagir-lorsque-l-on-est-injurie-ou-diffame-sur-internet
Timestamp: 2020-02-19 01:59:48+00:00
Document Index: 222888244

Matched Legal Cases: ['art. 65', 'art. 1382', 'arrêt ', 'arrêt ', 'art. 65', 'arrêt\n']

Comment réagir lorsque l'on est injurié ou diffamé sur internet | Diffamation | Liberté d'expression
Comment réagir lorsque l'on est injurié ou diffamé sur internet
Jérôme explique dans cet article comment réagir quand on est insulté, diffamé ou injurié sur un site internet (Blog, Forum..), que l'on soit une entreprise ou un particulier. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait penser les restrictions de la Loi sont très précises et peuvent vous jouer un mauvais tour si vous n'êtes pas vigilant...
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Comment réagir lorsque l'on est injurié ou diffamé
ConseilsMarketing.fr accueille une nouvelle fois dans ses colonnes un des 5 vainqueurs de notre concours,
Jérôme Le Coeur du blog sur le droit Decryptages.
Jérôme explique dans cet article comment réagir quand on est insulté, diffamé ou injurié sur un
site internet (Blog, Forum..), que l'on soit une entreprise ou un particulier. En effet, contrairement à ce
que l'on pourrait penser les restrictions de la Loi sont très précises et peuvent vous jouer un mauvais tour
si vous n'êtes pas vigilant...
Le cas d'un particulier qui se fait diffamer sur un blog ou un forum...
Beaucoup de sites, forums, blogs regorgent de commentaires peu amènes envers des sociétés ou des
particuliers. Il n’est pas rare que la ligne rouge soit franchie et que les propos tenus constituent
une infraction.
Il peut s’agir soit de diffamation (allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la
considération de la personne) soit d’une injure (expression outrageante, termes de mépris ou invective
qui ne renferme l’imputation d’aucun fait). La victime de l’une de ces infractions peut bien sûr
poursuivre l’auteur de ces propos.
Néanmoins, elle ne dispose que de très peu de temps pour ce faire. En effet, la prescription qui
est le délai qu’a la victime pour agir n’est que de 3 mois (art. 65 de la loi du 29 juillet 1881).
En d’autres termes, passés 3 mois, une victime d’injure ou de diffamation ne peut plus agir
contre l’auteur des propos. Cette prescription, extrêmement courte, ne favorise bien sûr pas les
victimes qui peuvent avoir connaissance de l’infraction bien après l’expiration du délai de prescription.
Sont responsables des faits, dans l’ordre, les directeurs de publications (site Internet, forum, blog)
puis, à défaut, les auteurs du texte puis l’hébergeur. C’est à eux de prouver que la publication est
antérieure à 3 mois et que la prescription leur est acquise. C’est la solution qu’a retenu la Chambre
Criminelle de la Cour de Cassation le 30 janvier 2001.
L’attitude à adopter en cas de découverte de textes potentiellement injurieux ou diffamatoires est la
* prendre contact avec le webmaster du site sur lequel figure le texte et lui demander de retirer les
textes. Attention toutefois à ne pas se rendre coupable de dénonciation calomnieuse, ce qui serait contre-
productif ;
* vérifier la date de publication du texte et si elle est inférieure à 3 mois, mettre en cause la
responsabilité du webmaster s’il n’a pas retiré le texte injurieux ou diffamatoire ;
* si le texte date de plus de 3 mois, il n’est hélas plus possible d’agir juridiquement ;
Le cas des entreprises qui se font injurier ou diffamer...
La Chambre Criminelle de la Cour de Cassation a répondu par l’affirmative dès 1937, que les personnes
morales comme les sociétés étaient susceptibles d’être injuriées ou diffamées (Crim. 10 juillet
1937, Bull. crim. n°147, DP 1938, 1, 41).
On peut imaginer que les entreprises subissent des dommages particuliers, résultant notamment
d’agissements déloyaux de la part de concurrents. Agir non pas en se fondant sur la loi de 1881
réprimant l’injure ou la diffamation mais sur la responsabilité civile délictuelle (art. 1382 et 1383 c.
civ.) peut être envisagé. La responsabilité civile délictuelle est en effet le fondement traditionnel de la
concurrence déloyale et du parasitisme.
Cette idée n’est pourtant pas bonne : la loi de 1881 institue un régime particulier de responsabilité.
Quand une loi institue une règle particulière, cette dernière se substitue à la règle générale : c’est le sens
de l’adage specialia generalibus derogant. On ne peut donc agir en se fondant sur la responsabilité
civile en cas de dénigrement sur l’Internet.
C’est le sens de l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 2 février 2007 (texte de l’arrêt sur le site Légalis). La
Cour a jugé que “les abus de la liberté d’expression relevant d’une qualification prévue par la loi du 29
juillet 1881 ou constitutifs d’une atteinte à la présomption d’innocence au sens de l’article 9-1 du code
civil ne peuvent être poursuivis sur le fondement de l’article 1382 du code civil”.
Dans le cas présent, Carrefour poursuivait un auteur de blog qui avait insinué que le premier
utilisait un système de vidéosurveillance clandestin et filait des salariés en dehors de leur lieu de
travail. De plus, l’auteur aurait exprimer à l’encontre de la société des propos dénigrants et portant
atteinte à son image de marque. La Cour d’Appel de Paris a réformé l’ordonnance du Tribunal de Grande
Instance de Créteil du 23 mars 2006 qui avait condamné en référé l’auteur du blog.
On le voit une entreprise peut agir contre un auteur de blog qui l’a injurié ou diffamé. Le régime
juridique applicable est celui de la loi de 1881. De ce fait, le délai pour agir est de 3 mois (art. 65, loi
du 29 juill. 1881). Au delà de ce délai il n’est pas plus possible d’agir contre l’auteur des écrits.
À titre d’exemple, voici ce qu’a considéré comme diffamatoire la Cour d’Appel de Paris dans un autre arrêt
(Cour d’Appel de Paris 11ème chambre, section A, Arrêt du 10 mai 2006) condamnant deux
journalistes : “…Un règlement intérieur qui engage la responsabilité du personnel sur le matériel de
l’entreprise : illégal !… Chez X, la liberté des prix n’a décidément pas de prix”.
Deux éléments peuvent permettre d’échapper à une condamnation : la preuve de la vérité des faits
allégués et la bonne foi. Dans le cas présent, ces deux éléments n’ont pas pu être réunis ce qui
a entraîné la condamnation des auteurs de l’article.
Retrouvez plus d'articles pratiques sur le droit sur le blog de Jérome Le Coeur
decryptages.wordpress.com.
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