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Timestamp: 2015-08-03 23:20:18+00:00
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Que penser de la sentence de Jérôme Kerviel ? | Démystifier la finance
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19 mars 2014, par Georges Ugeux	Que penser de la sentence de Jérôme Kerviel ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, dans sa formation plénière, a rejeté le pourvoi de Jérôme Kerviel concernant les dispositions pénales de l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui l'a condamné, le 24 octobre 2012, à une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans ferme pour abus de confiance, manipulations informatiques, faux et usage de faux. Elle a en revanche cassé les dispositions civiles qui le condamnaient à rembourser l'intégralité du préjudice subi par la Société générale, soit 4,9 milliards d'euros.Ce rapport du Monde mérite qu’on s’y arrête.
Absurde parce que ce genre d’amende décrédibilise le tribunal qui la prononce tant son application est impossible. La cour d’Appel aurait au moins pu, à défaut d’analyser les faits, se protéger elle-même contre sa propre absurdité. · Ensuite, la fraude de Jérôme Kerviel n’était pas l’affaire d’un seul homme. Même si effectivement, Jérôme Kerviel a commis des actes frauduleux, le montant de l’amende devait être pénal et non civil. En d’autres termes, c’est l’amende du « crime » (droit pénal) pas la réparation du dommage (droit civil). De surcroit le fait que ses patrons n’aient pas été poursuivis par la Société Générale, et qu’ils aient même pour certains été promus, est proprement scandaleux. On ne prête qu’aux riches !
L’absence de contrôles n’est pas une excuse, et la Cour de cassation le rappelle dans ses attendus. [Elle] ouvre d'une part la possibilité d'un partage de responsabilité civile entre l'ancien trader et la Société générale dans le montant des pertes subies, lorsque l'affaire sera rejugée par la cour d'appel de Versailles, écrit Pascale Robert-Diard dans Le Monde.
En remettant les pendules à l’heure, la Cour de Cassation fait œuvre utile : si la prison attend les fraudeurs, les institutions ne peuvent plus se cacher derrière leur incompétence ou leur ignorance. C’est incontestablement un progrès. Osons espérer que cet arrêt sage amène les financiers à repenser leurs comportements, non par sagesse, mais par un sens plus aigu et précis de leur responsabilité.
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100 commentaires à Que penser de la sentence de Jérôme Kerviel ?
Il est tout également absurde et faux de considérer que la condamnation à payer une somme de 4.9 milliard d’euros est une peine d’amende.
Il s’agit d’une condamnation de nature civile destinée à réparer l’entier préjudice subi par la Société Générale, tel qu’il a été identifié par la juridiction, statutant sur intérêts civils.
Dans la mesure où une juridiction évalue un préjudice à une certaine somme, elle condamne à réparer cette somme.
L’arrêt de cassation imposera seulement à la Cour d’Appel de renvoi de moduler ce préjudice en raison des fautes commises par la Société Générale, et constitue en cela un revirement de jurisprudence (auparavant, la faute de la victime en matière d’infraction intentionnelle ne diminuait pas son droit à réparation).
le 20 mars 2014 à 05:47
Cet article conclut justement en appelant à la responsabilité des financiers.
La peine d’emprisonnement de 5 ans infligée à M. Kerviel est une semonce à celui qui a enfreint les lois et règles en vigueur dans son activité de trader.
Difficile de croire que M. Kerviel ait agi sans connivences à plus haut degré.
Condamner seulement un lampiste au front reviendrait à déresponsabiliser ceux placés à plus haut niveau hiérarchique.
Or il n’est pas d’action crédible, dans le domaine de la finance notamment, à moyen-long terme, sans responsabilité à tous les niveaux de compétence.
« Difficile de croire que M. Kerviel ait agi sans connivences à plus haut degré. »
Vous pensez sérieusement qu’un supérieur de Kerviel l’a laissé consciemment se retrouver avec 50 milliards de position?
Amoraux peut-être, mais plutôt légalistes, et certainement pas suicidaires.
le 21 mars 2014 à 08:15
le 22 mars 2014 à 15:50
Pas de bol, Kerviel a revendiqué dans son livre avoir dissimulé des positions de 30 milliards ; c’est à partir du moment où les choses merdouillent qu’il prétend que ce n’était pas dissimulable. La vérité de Kerviel est ainsi à géométrie variable, comme ça l’arrange, et il a beaucoup joué de cette manière avec la justice, en prenant les juges pour des abrutis, mais ça les médias, Mélenchon et madame Joly n’en parlent pas…
le 25 mars 2014 à 11:22
@JK: Vous pensez sérieusement que les supérieurs de Kerviel sont à ce point incompétents qu’ils ont laissé Kerviel prendre 50 milliards de positions ? Vous croyez vraiment qu’une omission de cette ampleur est possible chez des gens « plutôt légalistes » et « certainement pas suicidaires » ?
le 22 mars 2014 à 19:15
« à ce point incompétents qu’ils ont laissé Kerviel prendre 50 milliards de positions ? »
Oui. De simples faux d’écriture ont suffi car la SG a laissé s’instaurer une culture très laxiste sur les contrôles. C’est ça qu’il faut reprocher au management de Kerviel, c’est d’avoir laissé progressivement s’installer une culture d’entreprise opposant les traders (donc les stars) aux controleurs de risque (donc les bureaucrates, des minus).
Depuis, ceux qui sont affectés aux risques sont devenus les rois du pétrole. A l’époque de Kerviel, c’était une toute autre affaire.
Les supérieurs de Kerviel ne savaient pas ce que trafiquait Kerviel, et encore moins pour quels montants. Mais ils ne peuvent pas non plus jouer les étonnés car ils ont laissé s’instaurer les conditions pour que ça arrive.
le 24 mars 2014 à 04:29
Mais avez vous jamais ecoute ce que dit le trader? sa hierarchie le couvrait tant que les bonus tombaient. Quand il a perdu on l’a lache et on a « bourre » ses pertes avec d’autres pertes liees aux subprimes.
Maintenant on le presente en fraudeur alors qu’il n’est qu’un pion dans l’affaire. Que la justice s’allie avec le pouvoir en s’acharnant sur un bouc emissaire me semble une bonne description du degre de corruption politique/bancaire qui prevaut.
le 20 mars 2014 à 07:47
Sauf que la justice ne s’acharne pas : jusqu’ici, la procédure suit le cours d’une procédure pénale ordinaire
Le problème, dans le cas de M. Kerviel, c’est que le montant de la condamnation sur intérêts civils dépasse l’entendement (et les capacités de remboursement) de la plupart des personnes, lequel n’est d’ailleurs que le reflet des sommes qui sont quotidiennement échangées dans le monde de la finance et qui dépassent également l’entendement de l’observateur lambda.
Or, le caractère faramineux de ce montant vicie fondamentalement la perception que l’on a de la procédure, qui est pour le coup ordinaire.
M. Kerviel n’a pas été piégé par des agents de la brigade financière, l’Etat n’a pas mis sur pied d’officine pour le persécuter, et son exposition médiatique participe également de sa propre stratégie de défense.
Où est l’acharnement dans cela ?
La plupart des personnes mises en cause suivent le même cheminement judiciaire, encore que peu ont l’opportunité (fort coûteuse) de former un pourvoi en cassation.
Le volet pénal ne semble d’ailleurs guère faire débat parmi les spécialistes, dont l’auteur de ce blog, qui admettent que M. Kerviel a commis des fautes et pouvait donc être condamné. les critiques portent sur le fait que d’autres personnes auraient apparemment dû être également poursuivies pénalement et condamnée civilement.
Cela n’en occulte pas moins le fait que les juges du fond ont, par deux fois, souverainement estimé que M. Kerviel était pénalement responsable des faits pour lesquels il était poursuivi.
le 20 mars 2014 à 08:38
Même remarque qu’aun dessus: que voulez-vous dire par « sa hiérarchie le couvrait »? Pensez-vous vraiment qu’un supérieur de Kerviel l’a laissé consciemment se retrouver avec 50 milliards de position?
le 21 mars 2014 à 08:17
Oui, tant qu’il y avait des benefices, et qu’ils touchaient leur mega bonus, personne se posait de questions, de maniere bien commode.
Cupide et incompetente, sa hierarchie fermait les yeux.
Le deni est carrement une insulte a l’intelligence.
A ce niveau oui ils en etaient bien conscients.
le 27 mars 2014 à 00:40
Ces commentaires de G. Ugueux semblent exacts.
On pourrait y rajouter un point : G. Ugueux dit «… Personne n’a été pénalement sanctionné aux Etats-Unis pour des agissements qui ont parfois été plus que négligents… ». Ceci est généralement exact, hormis le cas de certaines personnes comme le francais Fabrice Tourre (qui commercialisait un fonds spéculatif assis sur les hypothèques immobilières de Goldman Sachs New York) ou le gestionnaire de fond Mathew Martoma de SAC Capital Advisors, New York, ou plusieurs employés du bureau londonien de JP Morgan Chase dans le cas des positions sur les marchés dérivés dites de la « baleine de Londres ».
Le problème de fonds est que jamais, jamais, un seul dirigeant ou cadre supérieur de banque ou fonds d’investissement n’a été inculpé, à l’exception de B. Madoff qui est un cas particulier. De fait, toutes les personnes condamnées à ce jour étaient des exécutants. Ceci veut dire que les dirigeants de banques sont littéralement et structurellement des « irresponsables », puisqu’ils ne portent pas la responsabilité des actes de leurs sociétés. A comparer, par exemple, à un commandant de navire qui est lui systématiquement tenu responsable d’un accident (abordage, pollution…etc), même si cet accident n’est pas le résultat de sa propre faute ou négligence, parce que justement le droit dit que le commandant assume l’ensemble des responsabilités de la conduite du navire, y compris celles venant des actes de ses subordonnés membres de l’équipage.
Par conséquent, puisque les dirigeants de banques sont structurellement irresponsables, il serait d’abord logique et sain de diviser leurs rémunérations par 10 ou 100, pour les ramener à un niveau cohérent avec celui de leurs responsabilités réelles….avant bien sûr de modifier la structure légale des banques et fonds d’investissements en rendant les dirigeants personnellement responsables des actes des sociétés dont ils ont la direction, ce qui était le cas pour les fonds d’investissements constitués en partenariat….on verrait alors les dirigeants devenir beaucoup plus rigoureux dans leurs actes et conduites.
le 20 mars 2014 à 08:22
Est-ce la finance moderne qui agit irresponsablement ou sont ceux qui lui permettent d’agir de telle sorte? Ou tous les deux à la fois c’est à dire finance privèe et administrations publiques/étatiques (anglo-saxonnes)..?
En tout cas ce sont, malhereusement, des questions superflues, »gratuites ».. càd qui laissent les choses inchangées..
Kerviel? Les juges de la Cour de Cassation ont en tout cas clairement demontré de n’etre ni bouddhistes, ni en mesure de gerer l’application du karma, du dharma..:o)
Car à Kerviel, pour etre en mesure de payer 4,9 milliards d’euros (valeur actuelle), aurait du se métempsyquer/réincarner pas mal de vies d’une durée moyenne…:o)
le 20 mars 2014 à 13:08
Bientôt des sanctions pénales chez les anglo-saxons aussi?
http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/11/la-banque-d-angleterre-sur-la-sellette-a-propos-du-scandale-du-forex_4381084_3234.html
le 20 mars 2014 à 16:43
J’aime bien le mot absurde car je trouve très juste et convenable éventuellement. Un homme de 90 ans doit terminer sa peine de 30 ans d’emprisonnement (lol).
Rédigé par : Moncabinet |
le 21 mars 2014 à 01:46
La responsabilisation du milieu financier passe clairement par la pénalisation accrue des fraudes de toute nature. L’argument classique selon lequel tolérer la fraude est le prix a payer pour avoir des traders performant et donc une économie dynamique est absurde. Pourquoi ne s’applique t’il qu’à ce domaine? Autant tolérer la fraude dans la plomberie, la construction, la recherche scientifique … etc.
Au total Kerviel s’en tire extrêmement bien. Il a certainement profité du système bien plus de trois ans. Tant que la peine n’excèdera pas largement le gain, la fraude restera attractive.
le 21 mars 2014 à 06:13
J’ai été stagiaire trader quelques mois avec un « tout petit » portefeuille d’un millions USD. C’est simple, si je dépassait mes limites de 1000 USD, mon patron passait me voir directement (des logiciels l’alertaient en temps réel de toutes les prises de positions et des risques). Voila, ça c’était dans une petite boite très loin de la banque en question… alors le 1 milliards ou 4 milliards rien que pour Kerviel, et bien tout les traders et financiers que je connais trouvent que c ‘est à pleurer de rire et que la banque à vraiment bien joué son coup…
Rédigé par : rya |
le 21 mars 2014 à 08:08
en même temps, si on paie à un trader des sommes conséquentes, c’est moins pour son génie spéculatif que pour qu’il assume son rôle de fusible en cas de problèmes.
Et à ce propos, à quand un billet de M. Ugeux sur les très mystérieux suicides de traders et banquiers qui sévissent en série d’autre côté du lac Atlantique ?
Y a même un jeune banquier sous investigation, Richard Talley qui a réussi à se suicider avec 8 coups consécutifs de cloueur au visage, avec une determination dont peu d’entre nous seraient capables…
(je n’écris pas tout cela pour vous décourager…)
le 21 mars 2014 à 10:36
Google – Sergey Brin (suite)
Le brevet originel (intitulé Method for Node Ranking in a Linked Database) ne vient pas de Sergey Brin mais de Larry Page, et il n’appartient ni à l’un ni à l’autre. Il fut déposé en janvier 1997 et enregistré le 9 janvier 1998 au nom de l’Université Stanford, qui a passé la licence de cette technologie à Google en 1998, deux mois après sa fondation.
Mais, les recherches qui ont abouti au développement du PageRank (jeu de mot) ayant été financées par la National Science Foundation, il est précisé dans le brevet que le gouvernement est propriétaire de droits sur cette invention.
Encore un mauvais coup à habsb, de la part de la puissance publique…!
le 24 mars 2014 à 12:57
(Antécédent de la suite figurant ci-dessus)
Trader « moins pour son génie spéculatif que pour qu’il assume son rôle », c’est sans doute ce dont il était également question concernant Sergey Brin ainsi que Elon Musk (et non Tusk!) quant à leur rôle de « patron-inventeur » :
If you needed any more proof that the U.S. patent system is totally out of control, here it is: after ten years of lobbying, Google was granted a patent on Google Doodles.
The actual methods described in the patent don’t seem to be anything special — It’s just creating a new image, storing it on a server, and uploading it to the Web server.
Google cofounder Sergey Brin is credited as the inventor on the patent,
Read more: http://www.businessinsider.com/google-gets-an-absurd-patent-for-its-google-doodles-2011-3?op=1#ixzz2wywSM7Um
I was curious to see what inventions Elon Musk was directly involved (i.e. a noted inventor) in regarding TESLA.
After a very brief review, I was able to find out that Elon Reeve Musk is listed as being an inventor of only three patents that are also assigned to Tesla, and two of three patents are design patents.
– the ornamental design of a vehicle door (« aile de papillon », produite depuis plus d’un demi-siècle: 300 SL, etc.)
– ornamental design of a vehicle as represented in the patent figure. (« Rien à signaler »: Many car companies will patent the look of their vehicles…)
– A vehicle charge inlet integrated into a port assembly surface
(fixation d’une prise électrique!)
le 25 mars 2014 à 09:08
Tesla – Elon Musk (suite)
« moins pour son génie spéculatif que pour qu’il assume son rôle » lui aussi ? Lu sur un forum consacré à Tesla :
– As far as inventor is concerned, I don’t consider Elon as one.
– I don’t think inventor is right in this case. He is not an inventor, he hasn’t invented anything.
– Hmmmm…Who is listed as the inventor on Tesla’s many patents (battery and others) ? Ditto for space X.
If you get a patent, then by definition there is an inventor (not innovator) of the patent.
– I am a bit turned off by the Apple like patent trolling nature of Tesla, patenting anything anywhere. I don’t like patent trolling.
1. The drive train system isn’t Tesla’s.
2. The battery tech or approach isn’t Tesla’s.
3. Chassis is… etc.
le 25 mars 2014 à 09:33
Le souci, quand on sort de son domaine de spécialisation, c’est qu’on en vient à dire beaucoup de bêtise…
La différence entre amende pénale et détermination de la responsabilité civile, que l’auteur de ce billet n’a visiblement pas compris, a déjà été relevée dans les commentaires. Inutile d’y trop revenir.
Vous dites : « La Société Générale n’a jamais subi un préjudice d’un tel montant. C’est purement et simplement malhonnête. »
Sur quoi vous appuyez-vous ? Deux formations composées de magistrats qui se sont penchés des mois sur un dossier épais de plusieurs tomes ont jugé le contraire. De nombreux experts ont été entendus. Des débats ont eu lieu, des avocats se sont penchés des jours et des nuits sur ce montant, avec la possibilité de demander de nombreuses expertises, faites par des spécialistes, avec accès à des tonnes de documents comptables et financiers. Ce qui est malhonnête, c’est d’estimer qu’en ayant travaillé dans la finance, on connait forcément tout mieux que les autres : on parle d’une affaire pénale, particulière, avec ses nombreux détails et zones d’ombre. Allez lire l’arrêt d’appel, qui fait plus d’une centaine de pages, vous verrez déjà que votre position sera plus nuancée.
Les seules vraies questions (sociales, le juridique est très bien expliqué par Mme Robert Diard sur son blog) qui doivent se poser dans cette affaire sont simples : comment en est-on arriver à un système où un seul homme peut engager autant de fonds, au risque de mettre en faillite une boite qui emploie plusieurs milliers de personnes ? Pourquoi les contrôles n’ont pas été efficace ? Les banques privées peuvent-elles encore fonctionner de manière aussi occulte aux yeux du public ?
L’absurdité que vous dénoncez en tête de ce billet n’est pas la condamnation du trader à rembourser 5 milliards ; c’est celle qu’un homme se soit vu confier, en interne, la possibilité d’infliger autant de pertes à une banque.s
Rédigé par : Kebens |
le 21 mars 2014 à 11:34
@Kebens : Ce que vous appelez absurdité du système, c’est l’évidente complicité des supérieurs de Kerviel… Personnellement, également en tant que client coincé chez la sogé, je suis déçu que la justice n’ait pas fait le ménage dans cette banque à tous les niveaux.
le 22 mars 2014 à 19:26
Cet article repose sur un contresens majeur, qui consiste à assimiler à une amende une condamnation à dommages et intérêts (c’est à dire une réparation civile).
Comme quoi, lorsque l’on s’aventure dans un domaine que l’on ne connaît pas, l’on dit beaucoup de bêtises…
le 26 mars 2014 à 08:38
Un site pour la promotion de la critique des théories keynésiennes.
http://www.garynorth.com/public/department135.cfm
le 22 mars 2014 à 01:30
La condamnation de J. Kerviel à l’emprisonnement me parait aussi acceptable….je ne vais pas plaindre quelqu’un qui a contribué à appauvrir la planète par ses spéculations; mais, il n’est bien entendu, qu’un bouc émissaire ; en Europe aussi bien qu’aux USA, les connivences des pouvoirs financiers avec la politique n’ont permis que la condamnation de boucs émissaires.
Ceci étant, en plus des amendes, la pénalisation du droit des affaires est absolument nécessaire pour que certaines entreprises ou banques respectent la régulation.Quant à rembourser 5 milliards ou 1 milliard d’euro pour un particulier, je ne vois pas trop la différence bien que je sache compter.
le 22 mars 2014 à 03:18
Tous ces théoriciens de l’école autrichienne ne connaissent rien en théorie microéconomique….La méthode des modèles leur est complètement étrangère.
Tout cela n’est que baratin idéologique subventionné par les banques et les multinationales…..
Malheureusement, ce baratin a fait école parmi les dirigeants politiques de gauche comme de droite et conduit l’Europe droit dans le mur et vers l’extrême droite.
le 22 mars 2014 à 03:28
Curieusement, la traduction du mot dette en allemand donne « Schuld » soit faute…précipitant la peine d’austérité, sans rédemption. Faute de connaissances financières spécifiques sur la manipulation possible du sous-jacent des produits dérivés et les engagements « Over The Counter » ( OTC) notamment, de connivence irresponsable par intérêt majeur ou lâcheté, les organes de contrôle à l’interne et à l’externe des banques laissent faire les démiurges de la finance spéculative. Tant que ça rapporte.
Les traders au front deviennent des fusibles prêts à sauter. Seuls dans le meilleur des cas. En pire quand?
http://www.lecho.be/actualite/debats_project_syndicate/Simon_Johnson_Les_dangers_du_pouvoir_financier.9350545-2636.art?itm_campaign=floorteaser
le 22 mars 2014 à 05:05
A la 3ième ligne, une bourde, énorme : « l’amende de 4.9 milliards »
Ensuite le préjudice de la SG : vous dites qu’il n’est pas de 4.9 milliards car la perte est déductible. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que ce que Kerviel aurait versé à la SG (disons 4.9 milliards en théorie) serait FISCALISE.
le 23 mars 2014 à 09:33
mais c’est une hypothese absurde
le 23 mars 2014 à 17:51
Si vous savez, alors expliquez que la SG ayant fait une perte, il est normal qu’elle paye moins d’impôt. Au lieu de faire croire que la SG a reçu de l’argent du fisc. Le tribunal n’a pas à se prononcer sur la perte nette d’impôt, mais bien sur la perte causée par la position de 50 milliards. Le reste, la tentative de faire croire que la SG a récupéré de l’argent du fisc, c’est des effets de manche des avocats de Kerviel.
Si vous savez alors expliquez pourquoi la position devait être soldée dans les plus brefs délai, au lieu de faire croire que la SG aurait pu perdre moins en se donnant le temps (1 mois… !!) pour la solder. Il existe des règles de marché, et des règles de bon sens qui, si vous savez, devraient vous éviter de dire certaines choses absurdes.
le 24 mars 2014 à 03:59
l’impot se paie sur les benefices. Si vous etes en perte, vos benefices diminuent et vos impots diminuent en proportion de cette perte.
le 24 mars 2014 à 21:42
le 25 mars 2014 à 04:06
et si vous savez, pourquoi parler d’amende ?
le 24 mars 2014 à 04:00
parce que ce ne sont pas des dédommagements, mais bien des amendes pénales.
le 24 mars 2014 à 21:41
Les amendes pénales maximum prévues pour les infractions dont M. Kerviel a été reconnu coupable ne peuvent en aucun cas excéder 375000 euros, de mémoire.
Pourquoi ? Parce que les amendes pénales obéissent, au même titre que n’importe quelle sanction pénale, au principe de légalité. Elles sont donc prévues par la loi en ce qui concerne le maximum, lequel n’atteint jamais les 4 milliards d’euros (le législateur a très bien saisi l’absence totale d’intérêt de condamner un particulier à payer à l’Etat une telle somme).
L’amende est une peine, au même titre que l’emprisonnement. Elle est destinée à sanctionner la personne, pas à indemniser la victime.
En revanche, les dommages et intérêts dus au titre de la responsabilité civile doivent permettre de réparer l’entier préjudice subi par la victime, et c’est cette notion qui en constitue le plafond.
Certes, ils sont alloués le plus souvent au terme d’un jugement, mais ils ne correspondent pas du tout à une amende pénale.
Ils sont destinés à réparer le préjudice d’une victime.
Le montant peut être élevé, et c’est normal : si l’on estime que vous avez été en mesure de causer un préjudice de 5 milliards d’euros à une personne, il n’y a en principe pas de raison pour que quelqu’un d’autre que vous (et les autres personnes qui ont causé ce préjudice) paye à votre place pour le réparer (hormis certaines hypothèses, pour les victimes d’atteinte à l’intégrité phyisique).
Très sincèrement, je pense que les considérations juridiques, surtout dans les affaires sensibles, devraient être laissées à des personnes dont c’est le domaine d’intervention.
Je suppose que les spécialistes de la finance doivent pareillement s’arracher les cheveux quand un juriste lambda prétend leur expliquer leur travail en trois coups de cuillère à pot.
le 25 mars 2014 à 03:34
M. Ugeux, il faudrait savoir faire la différence entre une amende et des dommages et intérêts avant de commenter une décision de justice.
le 25 mars 2014 à 12:32
Les amendes somt penales.
le 25 mars 2014 à 21:38
Oui, mais la condamnation de JK à payer 4,9 milliards n’était pas une amende ! (pour information, une amende va dans la poche du trésor).
C’était une condamnation à dommages et intérêts (en faveur de la SG) !
Errare humanum est, perseverare diabolicum, M. Ugeux !
le 27 mars 2014 à 05:01
En complément : le lien au texte de l’arrêt qui condamnait Kerviel : http://www.bfmtv.com/economie/exclu-bfm-business-texte-larret-cour-dappel-proces-kerviel-366664.html
(à partir de la page 44 du 2ème document pdf)
le 27 mars 2014 à 05:21
Pour avoir été en sell side (market making warrant), il n’est plus possible aujourd’hui de passer entre les mailles du filet. Les banques ont pris des mesures fortes (comme les 15 jours de vacances d’affilié, pour partager ses books, les contrôles quotidiens du risk…), c’est vraiment positif pour le développement d’une activité saine.
Rédigé par : Trader buy side |
le 24 mars 2014 à 06:42
« Osons espérer que cet arrêt sage amène les financiers à repenser leurs comportements, non par sagesse, mais par un sens plus aigu et précis de leur responsabilité. »
L’espoir fait vivre dit-on,…..et même bien vivre, en particulier les banquiers….
Quant-à leur « responsabilité » , aucun doute, l’histoire économique récente montre clairement que nous pouvons leur faire une entière confiance.
le 24 mars 2014 à 11:47
Le fond d’investissement BlackRock gère 4300 milliards de $ à l’aide du software nommé Aladdin ( Asset liability and debt derivates investment network).
Ce génie de la lampe, éclaire et analyse en continu les flux financiers, informations privilégiées et autres paramètres propres à 15’000 milliards d’engagements financiers, soit environ 7% des engagements au monde et conseille les meilleures opportunités d’investissement. Avoir vendu de la dette publique de Portugal, Italie, Grèce, Espagne crt 2011 et spéculé sur l’évolution des taux d’intérêt à la hausse puis à la baisse au moyen des produits dérivés?
Déconseiller les investissements de capitaux « étrangers » dans des pays stratégiques?
http://intermarketandmore.finanza.com/blackrock-come-un-software-puo-comandare-il-mondo-degli-investimenti-62057.html
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le 24 mars 2014 à 15:27
Elle utilise ce software, qui avait ete cree par une entreprise qui a ete rachetee par Safenet aux Etsts-Unis.
le 24 mars 2014 à 21:40
L’essentiel n’est pas dit dans cet article.C’est que Kerviel avant d’operer dans les salles de marchés travaillait au service securité informatique de la banque .Il en connaissait tous les rouages ce qui lui a permis de cacher ses positions à ses superieurs .C’est ça et uniquement ça que la justice en premiere instance et la cours d’appel en confirmation ont dites .Aucune preuve n’a été apporté sur le fait que ses superieurs étaient au courant et d’ailleurs ,si ils en avaient été ainsi, ils auraient stoppé immediatement le processus de perte .Les pertes ne se font pas d’un bloc ,ce sont des glissades continuelles, et le role des superviseurs c’est justement d’arreter ce genre de derive ,c’est leur metier ,ils en sont responsable devant leur direction.La responsabilité de Kerviel est donc totale dans cette affaire .En ce qui concerne la somme à rembourser les juges appliquent le droit tel qu’il est, et il est donc stupide de leur reprocher d’etre ridicule.
le 24 mars 2014 à 15:50
Il a commence par gagner beaucoup d’argent. Les banques vous laisseront trivher tant que cela rappote. La musique change lorsque l’activite est en perte.
le 24 mars 2014 à 21:39
M. Ugeux, n’importe quelle hiérarchie normalement constituée, et celle de la SG l’était au moment des faits, ne saurait supporter de voir un trader gagner de l’argent en exposant la banque à des positions qui atteignent plusieurs milliards d’euros. C’est une bêtise sans nom de croire le contraire.
J’ai déjà vu un trader gagner quelques dizaines de milliers d’euros en spéculant sur son résultat en devises (le type était sur les taux) il a failli se faire virer parce que la procédure prévoyait une cession régulière de son résultat en devises.
En arriver à une position de 50 milliards ne peut-être que le résultat d’un processus de fuite en avant d’un individu seul, qui par malheur a commencé à gagner, se sentant devenir invulnérable et pensant pouvoir se refaire une fois les pertes venues.
le 25 mars 2014 à 04:17
>n’importe quelle hiérarchie normalement constituée
BWAHAHAHAHAHAHAAH……une HIERARCHIE, NORMALEMENT constituee….
Mais vous vivez chez les bisounours ou quoi….
Ha les ptits chefs…..et leur sevants serviles, tous croyant a la normalite d’un ‘hierarchie’, qu’est ce qu’ils peuvent me faire peur
le 27 mars 2014 à 00:44
@achtungbaby Vous faites un concours de blagues ?
le 29 mars 2014 à 06:31
Je ris de voir les remarques et reflexions sur ces banquiers et traders .En 2008 en pleine crise la SG annonce avoir provisionnée pour les primes de ses traders 1 milliards d’€ .Scandale et patati et patata…..jusqu’a ce qu’ une petite voix dise attention ,c’est du brut, il y à 50 % de charges sociales dessus ,20 % de charges salariales et 30 % de charges patronnales.Ainsi donc ,sur ce milliard d’€ ,la moitié soit 500 millions vont dans les caisses de la sécu et des complementaires .De plus il faut rappeller que si l’état a prété de l’argent aux banques françaises,celles ci ont remboursées capital et interets jusqu’au dernier €, l’état faisant meme un leger benefice dans l’operation.Il faut aussi dire que face à cette haine des banquiers ,que les banques en France sont les premieres contributrices à l’impot sur les sociétés et de loin ,et que si cet argent manquait dans les caisses de l’état c’est dans vos poches qu’il viendrait le chercher.Les salaires les plus haut sont aussi fortement mis à contribution au niveau de l’impot sur le revenu sans oublier ce qu’ils laissent en pouvoir d’achat dans l’économie .Vivement que tout cela cesse et que tout ces banquiers et speculateurs aillent travailler à la City ou ils vont etre reçus à bras ouverts .Mais là aussi ,il est evident que les pertes que tout cela engendrera un peu partout vous saurrez les combler …..avec vos impots !
le 24 mars 2014 à 16:05
Ben voyons… vous nous (les français) prenez pour des naïfs ? ou pour des ???
L’argent prêté (et remboursé) par l’Etat, quel a été son usage ? n’aurait il pas servi à acheter de la dette d’Etat française ? Et, vu le différentiel de taux, c’est « tout bénèf ! »…
le 24 mars 2014 à 20:20
« Le brevet originel (intitulé Method for Node Ranking in a Linked Database) ne vient pas de Sergey Brin mais de Larry Page, et il n’appartient ni à l’un ni à l’autre. Il fut déposé en janvier 1997 et enregistré le 9 janvier 1998 au nom de l’Université Stanford, qui a passé la licence de cette technologie à Google en 1998, deux mois après sa fondation. »
Notre bon vieux Hadrien ne perd aucune occasion pour collectionner des gaffes Cet algorithme, qui s’appelle PageRank du nom de son créateur, Larry Page, a été développé par Page et Brin quand ils étaient étudiants de PhD à Stanford. Comme toujours, les brévets appartiennent aux sociétés privées (l’Université de Stanford en est une) où ils sont développés.
Dans ce cas, l’entreprise privée Stanford University n’a pas « passé la licence de cette technologie » (quoique cela signifie) à Google, mais elle a plutôt vendu le droit exclusif d’utiliser le brévet à Google en échange de 1.8 millions d’actions, qui valent aujourd’hui 2 milliards 100 millions de USD.
Venture capitalists et une introduction en bourse ont en suite permis de financer le départ de Google.
Dans toute l’affaire, ni l’état de Californie, ni l’état fédéral USA ont joué aucun rôle, et le libre marché a montré pour l’ n-ième fois son efficacité dans la recherche, l’application, le financement, la commercialisation et le recrutement de dizaines de milliers de salariés dans le monde entier.
Qui, grâce à leurs impôts, contribuent à faire végéter les chercheurs étatiques de nombreux pays.
le 25 mars 2014 à 08:47
Sans compter les « banques poubelles » ou l’on passent les titrisations douteuses des banques qui se refont une santé….au frais des contribuables; le nier est digne d’un Sarkostory, le croire est un acte de foi.
le 25 mars 2014 à 12:52
En cette période de sanction électorale en France, il n’est pas inintéressant de rapprocher ce point de vue (BA) avec celui du livre d’auteurs rassemblés sous la direction de Cédric Durand dont le titre: « En finir avec l’Europe » est sans ambiguïté: « Cette vue d’ensemble fait apparaître un projet de classe dont la violence structurelle est décuplée par sa fragilité. Pour l’Europe en crise, tituber sur ses deux jambes, c’est accélérer un processus d’intégration sans légitimité démocratique et radicaliser l’agenda des réformes néolibérales. autrement dit,asphyxier la délibération démocratique pour mieux livrer les sociétés européennes au processus d’accumulation du capital.
Le constat est abrupt. Il appelle des enseignements. C’est dans ce cadre qu’il s’agit d’ « en finir avec l’Europe ». En finir avec l’Europe comme une évidence, comme une ligne d’horizon de la controverse politique. Et cela questionne aussi l’a priori de « l’autre Europe » comme seule option stratégique immédiatement opérante pour les gauches sociales et politiques. Car si les nations ne sauraient être un refuge, l’Europe néolibérale se révèle être un piège dont il reste à se défaire » car…
Au contraire, l’Europe réellement existante est entièrement et sans retenue aucune l’instrument politico-institutionnel du capital financier et des multinationales. Si l’austérité et et la grande régression des réformes structurelles constituent la contradiction politique principale de la situation , l’UE est à un pôle, les peuples sont à l’autre. En finir avec l’Europe, c’est ainsi briser une machine détestable et mettre au rebut le triste dessein d’un monde borné par l’horizon marchand. Plus qu’une fin, c’est un commencement. »
À un tout autre bout de l’échiquier, on trouve les éternels « croyants » comme Steve Ohana, professeur de finance à l’ESCP Europe, auteur du livre « Désobéir pour sauver l’Europe »… dont il déroule l’écheveau simpliste sur son blog.
Ça commence très mal avec l’invocation de ceux qui nous ont menés là:
« Une libération de la parole peut être aujourd’hui observée parmi nos élites. Romano Prodi, qui était le président de la Commission européenne lors du lancement de l’euro, a dénoncé il y a quelques jours dans une interview au Quotidiano Nazionale « l’obsession allemande de l’inflation » et appelé de ses vœux l’émergence d’un « front latin » en faveur d’une politique de« reflation » en Europe. Son prédécesseur Jacques Delors a récemment mis en garde contre une Europe « Père Fouettard » qui désespère les citoyens européens et alimente les mouvements populistes et anti-européens.
Cependant, malgré ces prises de position courageuses et bienvenues, le statu quo délétère de la zone euro n’évoluera probablement pas de manière spontanée. Sa remise en cause se heurte en effet aux intérêts à court terme de nos voisins allemands ainsi qu’aux tabous très pesants de la confrontation avec l’Allemagne et de la fin de l’euro. »
Et ça se termine en apothéose:
« C’est vous, monsieur le président, et vous seul, qui pouvez délivrer l’Europe de ses chaînes.
Le volet prioritaire, celui de la relance monétaire, consiste à réviser les mandats de la Banque centrale européenne…
Le deuxième volet, celui de la relance salariale et fiscale, consistera à revaloriser les salaires dans les pays les plus compétitifs de la zone…
La dernière étape, celle de la refondation institutionnelle, verra la constitution d’un parlement et d’un gouvernement dédiés aux peuples de la zone euro… »
Avec la conclusion qui va de soi:
« Bénéficiant du soutien d’une majorité d’Européens, ce projet alternatif mettra l’Allemagne face à ses responsabilités : soit elle s’y joindra,… soit elle prendra la décision responsable et salutaire de revenir d’elle-même au mark.
Dans un cas comme dans l’autre, l’Europe sera sauvée » !
Pas étonnant que Jacques Attali ait accepté de préfacer un livre pareil…
Et il n’est pas venu à ce pauvre homme l’idée saugrenue que les classes dirigeantes pourraient dire Nein…, laissant aux autres les frais d’extraction si ça leur chante, de cette Europe libérale-conservatrice dans laquelle ils se sont fourrés avec entrain ? Quant au capitalisme allemand, revigoré par l’unification d’une « Deutschland über alles », il pourra toujours compter sur le sens du sacrifice de sa population pour partir en guerre… économique, contre tout le monde !
le 25 mars 2014 à 12:57
http://www.google.ch/search?q=unis+dans+la+diversité&client=safari&rls=en&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=2poyU7XaN-Sv7Aa7jICYAQ&ved=0CDUQsAQ&biw=1112&bih=832#facrc=_&imgdii=_&imgrc=A7xBjh3U8oisbM%253A%3Buh-38bEGAVS8vM%3Bhttp%253A%252F%252Fwww.gralon.net%252Farticles%252Fvignettes%252Fthumb-la-devise-de-l-europe—presentation-et-histoire-3902.gif%3Bhttp%253A%252F%252Fwww.gralon.net%252Farticles%252Feconomie-et-finance%252Fpolitique%252Farticle-la-devise-de-l-europe—presentation-et-histoire-3902.htm%3B300%3B416
le 26 mars 2014 à 04:20
Comment pouvez-vous affirmer que « la perte dont Jérôme Kerviel est responsable n’a jamais atteint ce montant, mais était de l’ordre d’un milliard d’euros » (qu’en savez-vous d’ailleurs ?) et que « Le supplément est le résultat de la décision du Gouverneur de la banque de France de forcer une liquidation brutale de ces positions exécutée par la direction de la banque » ?
Aucune banque n’aurait pu continuer à porter une position aussi gigantesque que celle construite par J. Kerviel (50 milliards d’€) sans se mettre en contravention avec toutes ses obligations prudentielles et risquer de provoquer un séisme financier majeur. La Société Générale n’avait pas le choix de différer la liquidation de cette position. La connaissance rétrospective de l’évolution des indices sur lesquels J.Kerviel se positionnait valide d’ailleurs l’hypothèse selon laquelle la perte aurait pu être beaucoup plus importante si la position avait été conservée. Après, on peut certes discuter du point de savoir s’il aurait été préférable d’étaler cette liquidation en 5 ou 6 jours au lieu des 3 à 4 qui ont été impartis à la Société Générale. Mais c’est un point de détail qui n’enlève rien au fait que le premier responsable de la perte dégagée par la liquidation de cette position frauduleuse gigantesque reste celui qui l’a frauduleusement construite !
le 26 mars 2014 à 09:05
@oli71 : vous avez bien raison, mais peu de gens arrivent à comprendre qu’une telle position est intenable, au sens propre.
Monsieur Ugeux proposait de se donner 1 mois pour la solder. Imaginez que l’info sorte sur le marché : « oyez oyez, braves traders, la SG cherche 50 milliards sur l’indice truc muche ». Et bien avec ça c’estp as 4,9 milliards qu’elle aurait perdu…
Sachant que le soir même il aurait fallu le concours del a BdF pour assurer son refi, personne sur le marché interbancaire ne voulant prêter au JJ à une banque qui fait joujou avec une position de 50 milliards.
Tout ça est très logique, mais difficile à faire comprendre. La façon dont la SG a géré cette sortie de crise (en incluant l’augmentation de capital) a été exemplaire, pour le coup.
le 27 mars 2014 à 03:38
L’amende de 4,9 milliards d’euros était **logique, exemplaire et justifiée**.
Logique : on applique à la lettre un principe sain, « si tu casses tu rembourses ». Au nom de quelle morale devrait-on inventer des plafonds, des pourcentages, du montant qu’un individu peut ou ne peut pas rembourser ?
Exemplaire : dans l’intention frauduleuse, JK a agi seul. La SG n’a pas fraudé, mais a été négligente. Or, la SG dans son ensemble a déjà payé le prix de ses négligences par une perte financière énorme et une image catastrophique auprès du public et des investisseurs. A titre individuel, les employés dont la négligence a permis la fraude ont certainement été virés ou encouragés à partir.
Justifiée : le dommage n’est pas que la valeur théorique des positions à la fermeture des marchés (le mark-to-market) mais doit aussi inclure les frais de retournement, de courtage… Or, comme les montants étaient colossaux, la perte additionnelle (« slippage ») était inévitable. Ou alors, peut-être ne fallait-il pas fermer les positions ? 9 mois plus tard Lehman Brothers faisait défaut, et votre portefeuille de 55 milliards de contrats DAX, il aurait fait des profits d’après vous ?
Votre morale et votre logique sont absolument effrayantes.
le 26 mars 2014 à 15:55
# Hadrien
Pour en revenir à la mondialisation sans nuance actuelle (et accessoirement à la dérégulation financière) , on en voit aujourd’hui les conséquences politiques.
Les gens sentent bien que la politique économique de la droite ou de la gauche sont , dans les grandes lignes , les mêmes.
Leur condition ne s’améliore pas et le chômage poursuit son ascension infernale malgré les hallucinations idéologiques de baisse dudit chômage …chères au pouvoir en place.
Le FN qui ne soutient pas la mondialisation, arrive donc au galop grâce à un criminel entêtement idéologique de notre « élite » politique (et en particulier de gauche !) qui décidément ne comprend rien à l’économie.
le 27 mars 2014 à 02:59
le 27 mars 2014 à 03:47
Il est quand meme ahurissant que des individus puissent encore croire que 3 technocrates dans un bureau puissent allouer des ressources de maniere plus efficace que le marche, qui lui incorpore l’opinion de milliards de personnes…..
Vivement que les derniers pans du socilaisme tombent… Avec l’amerique du sud en pleine crise et la France au bord du gouffre, nous y sommes presque !
le 28 mars 2014 à 07:28
A propos du titre de l’article : juridiquement, une « sentence » est la décision d’un arbitre ou d’un tribunal arbitral (voir affaire Tapie). Dans le cas d’un tribunal, on doit parler d’un jugement et dans celui d’une Cour (de cassation, d’appel, d’assises) d’un arrêt.
Rédigé par : Finaud |
le 28 mars 2014 à 10:02
oui c’est un arret…mais tout le monde a compris
le 29 mars 2014 à 07:43
Attention Hadrien, l’envie est un vice capital…
Ce n’est pas parce que la NSA a donné quelques clopinettes, (j’aimerais en connaître le montant) que les recherches de Brin et Page n’ont pas été effectuées par eux-mêmes, dans une entreprise entièrement privée (Stanford), propriétaire du brévet.
Que le gouvernement US s’arroge des droits sur une invention aussi stratégique peut se comprendre, mais son rôle dans le développement de ce brévet, et de la constitution de Google est totalement marginal.
Quant à Tesla, le jour où vous comprendrez la différence entre ses voitures, et les horreurs électriques de Renault, nous reprendrons la discussions.
le 25 mars 2014 à 11:24
le 25 mars 2014 à 11:48
Je ne trouve pas que les résultats soient mauvais pour l’Europe.
1) Les mouvements populistes de rejet de la politique tel qu’elle est faite aujourd’hui me semblent encore plus forts dans les pays hors zone Euro et /ou Europe, comme en Suisse, Norvège, Danemark et Grande Brétagne, pour ne pas parler de ce qui s’est passé récemment en Islande.
2) Même dans les pays de zone Euro comme l’Italie,ces mouvements sont directs d’abord contre la politique locale et ses abus. Le mouvement 5 étoiles propose des profondes reformes à niveau national, mais il n’est pas homogène sur une éventuelle sortie de la zone Euro
3) Avec son vote local, la France montre de s’aligner aux autres grands pays européens, vu que la droite est au pouvoir en Grande Brétagne, Espagne, Pologne, et participe à des coalitions en Allemagne, Italie, et Pays Bas.
L’éternel refrain de la gauche européenne, endetter encore plus l’état pour donner plus de pouvoir aux ministres ne peut plus être appliqué, et les electeurs le comprennent de plus en plus.
Dans ce sens, nous avons une vraie convergence en Europe, qui est de bon auspice pour une ultérieure intégration (union bancaire, harmonisation budgétaire, fiscale et sociale etc)
le 26 mars 2014 à 04:23
« Le deuxième volet, celui de la relance salariale et fiscale, consistera à revaloriser les salaires dans les pays les plus compétitifs de la zone… »
Seul un jeune académicien sans expérience d’entreprise peut penser que les salaires doivent être fixés par décret.
Prix et salaires sont au contraire les précieuses informations que nous fournit le système le plus complexe connu, le libre marché, constitué par le réseau intelligent distribué de milliards de vendeurs et consommateurs.
Et voilà un apprenti sorcier, qui pense avoir résolu ce systèmes d’équations, en optimisant on ne sait pas quelle variable (les recettes fiscales qui paient son salaire ?), qui pense avoir trouvé comme solution « la hausse des salaires » (de quel montant ? ou alors le système n’a aucune contrainte et on optimise juste en rajoutant des zéros ?), et qui veut remplacer l’élaboration du marché par « sa » solution.
C’est un peu comme si pour faire les prévisions météo on remplaçait le réseau de stations et satellites et les supercalculateurs qui élaborent leurs données par le doigt mouillé du vieux sage du village.
Mais pourquoi, en ayant à disposition un réseau distribué de milliards d’opérateurs économiques, on devrait lui préférer l’opinion d’un seul, ou même de 1000 seuls individus ? Nous ne sommes plus au Moyen Age, quand les théories d’un Saint Thomas ou d’un Saint Anselme étaient incomparablement plus profondes que celles de l’homme de la rue.
Aujourd’hui l’opinion d’un grand entrepreneur de succès et aussi valable que celle de n’importe quel académicien.
Penser d’imposer les salaires par un calcul centralisé, peut conduire à d’autres abérrations dans le même sens.
Par exemple, on pourrait penser de régler le chauffage de chacun de nos domiciles par télétransmission de commandes émis par un ordinateur central qui optimise consommation, et pollution. Le jour le chauffage s’arrête parce que vous êtes au travail, et tant pis si vous êtes souffrant ou en congé.
On pourrait aussi télécommander le déplacement des véhicules particuliers du moins en ville ou sur autoroute : plus de déplacement de vitesse, stationnements interdits, ou encombrement des voies réservées au bus.
Et dans un futur proche, installer sous peau une puce qui se charge des commandes moteurs de notre corps à la place de notre cerveau, puce commandée par un ordinateur central qui nous ferait bouger à sa guise.
C’est nier et parcourir à rebours le chemin de l’évolution, qui a voulu pour l’homme une capacité importante et autonome d’élaboration, et de décision.
le 26 mars 2014 à 05:01
habsb, tu es de quelle nationalité ?
le 26 mars 2014 à 10:17
habs racle les fonds de tiroir du libéralisme (« la main invisible ») :
« Prix et salaires sont… les précieuses informations que nous fournit le système le plus complexe connu, le libre marché, constitué par le réseau intelligent distribué de milliards de vendeurs et consommateurs. »
Encore est -il en retard sur Adam Smith (1723-1790) dont les Editions du Petit Matin ont publié récemment le volet de son oeuvre en faveur de l’État pour la sauvegarde de l’intérêt général, sous le titre « Vive l’État » !
Et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis l’époque littéraire de l’économie dite « structurelle » (à défaut d’analyse quantitative) où sa montre semble s’être arrétée.
Rappelons donc à celui qui réclamait ici le bénéfice du doute sur sa « formation mathématique » que même « l’école de Chicago » avait pour maxime « Science is measure », inscrit au blason de son département universitaire. Sans doute est-ce pour cette raison que (presque) tous les « prix Nobel d’Économie » américains qui se sont succédés après Friedman sont des régulationnistes…
L’ESCROQUERIE N°1 du dogme microéconomique néoclassique:
LA FRAUDULEUSE APPELLATION « OPTIMUM » de PARETO
C’est à une démarche et un critère du même type que parvint Pareto au XXe siècle, après plusieurs détours, lorsqu’il proposa d’optimiser une combinaison linéaire convexe des utilités élémentaires des citoyens, comme fonction d’utilité agrégée de la société.
Mais les théoriciens qui ont sévi en économie ont pris leurs désirs idéologiques pour des réalités : ils ont notamment forgé de toutes pièces une confusion entre « équilibre » et « optimum », que l’on rencontre encore aujourd’hui dans tous les enseignements universitaires sur le théorème de « l’équilibre général » (y compris chez ceux qui prétendent en modérer le dogme !).
– un équilibre multi-critère, appelé aujourd’hui à tort “optimum” de Pareto, qui est simplement un équilibre conflictuel un peu particulier de la théorie des jeux: on ne peut améliorer le « critère » d’un des agents qu’au détriment d’un autre (évitant ainsi les situations non globalement convexes, du type « paradoxe des 2 prisonniers »). A part cela, c’est la définition usuelle de tout équilibre de forces!
– un optimum monocritère global, obtenu par agrégation sociale (des critères individuels) et qui seul mérite le nom mathématique d’optimum (car définissant ainsi un ensemble totalement ordonné, contrairement au cas précédent).
On trouve aujourd’hui couramment des économistes et politiques allégeant que la politique libérale est forcément « optimale » puisqu’elle représente un “optimum” de Pareto garantissant l’ « allocation optimale des ressources » (entendu à la télévision, dans la bouche de Michel Rocard, que l’on ne s’attendait pas à voir tomber dans pareil travers de potache).
– le plus simple est connu des économistes eux-mêmes : je partage un gâteau en huit parts ; j’en prend sept, et je ne vous en laisse qu’une. Et bien, c’est un optimum de Pareto (parce qu’on ne peut améliorer la satisfaction d’aucun sans déplaire à l’autre)… Autrement dit: la défense des avantages acquis par les plus nantis !
– de même quant au monde économique « réel»: le même numéraire accordé à Mme Bettencourt a une faible utilité marginale au regard de sa fortune, alors qu’il aura une très forte utilité marginale pour le chômeur (cf. définition des utilités). Pour faire de la coexistence Bettencourt-chômeur un optimum global, il faut donc compenser par une très forte disparité des coefficients dans l’agrégation!
C’est cette escroquerie intellectuelle qui est dénoncée plus en détails dans un billet invité : http://www.pauljorion.com/blog/?p=33654#more-3365…
ADDENDUM ( Sur la dynamique de croissance)
Il faut évidemment évoquer le cas, seul réaliste, de la dynamique temporelle, où les conclusions sont encore pire:
Là encore, on voit la nécessité de garde-fous, imposant des forces de rappel additives dans le système, comme en physique, si l’on veut préserver la simple stabilité !
Deuxième aspect, macroscopique, sur le commerce international :
Au deuxième rang de la doxa néoclassique, figure en effet la « théorie des avantages comparatifs » que la plupart des économistes libéraux ânonnent avec délectation comme défense inconditionnelle du libre-échangisme, sans en comprendre les hypothèses sous-jacentes:
Le nouveau mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous! » a été la rangaine obsessionnelle de tous ceux qui pensent devoir marcher sur les autres pour survivre… comme à l’age de pierre.
Et s’il n’en reste qu’un…, habsb sera celui-là !
Mais cette doxa a eu son temps et les peuples excédés le font déjà savoir.
Certains l’ont déjà senti venir, même confusément…
(http://desobeirpoursauverleurope.com/2014/03/06/loffre-politique-manquante-pour-changer-le-statu-quo-europeen/)
L’ESCROQUERIE N°1 du dogme macroéconomique néoclassique:
« LA THÉORIE DES AVANTAGES COMPARATIFS »
Rappelons ici le schéma théorique élaboré par Ricardo (1772-1823) pour convaincre ses compatriotes de l’inocuité du libre-échange, à son époque d’industrie naissante, c’est à dire encore en économie de pénurie :
Si l’Angleterre et le Portugal, deux nations aux échanges maritimes intenses, produisent à la fois du vin et du drap, le Portugal ayant une productivité supérieure dans les deux produits, celui-ci a néanmoins intérêt à se spécialiser dans le domaine (vin) ou le rapport de sa productivité à celle de l’Angleterre est le plus favorable, laissant à ce dernier le domaine (drap) ou le rapport lui est le moins défavorable.
Les deux pays en sortent bénéficiaires, par un accroissement net de leurs productions respectives.
On note immédiatement que ce schéma ne fait aucunement mention de la demande. En d’autres termes, la demande est supposée absorber la production, quelle qu’elle soit, ce qui est conforme à une économie de pénurie.
D’où la première hypothèse sous-jacente:
Hypothèse 1: On est en économie de pénurie, dite « contrainte par l’offre », dans chaque pays.
On note d’autre part qu’il n’est pas fait mention non plus de la monnaie, les échanges des deux denrées pouvant être effectués directement sur la base de leurs valeurs travail. C’est, au contraire, sur cette même base que l’on peut établir le cours du change entre les deux monnaies respectives ayant cours dans les deux pays.
Celles-ci apparaissant ici comme « un voile », selon l’expression des monétaristes, elles sont équivalentes à une monnaie commune.
D’où la deuxième hypothèse sous-jacente:
Hypothèse 2: Il y a monnaie commune, le change ne reposant que sur la valeur travail de chacun des deux pays.
On notera, au passage, que le schéma induit sous ces hypothèses implique des rendements constants pour les deux denrées.
On notera, enfin, l’absence de toute autre ressource que le travail dans ce schéma. C’est évidemment préjudiciable à sa validité à l’époque de Ricardo (provenance du coton, possession des terres à vigne…?), mais ça l’est moins aujourd’hui pour nos produits à forte valeur ajoutée.
Nous en resterons donc aux deux hypothèses mises en évidence ci-dessus…
Point n’est besoin d’être économiste pour comprendre l’absurdité de l’hypothèse 1 à notre époque:
Elle stipule l’adéquation au schéma de Ricardo d’une économie de pénurie comme le fut l’économie de type soviétique entre ses états-républiques après la guerre… Elle ne concerne absolument pas à l’économie d’abondance actuelle qui est au contraire « contrainte par la demande »: la (sur)production est asservie à la demande, d’où le chomage (absent du schéma ricardien) en présence des limites de la demande. Cette simple intervention dans les équations classiques le démontre immédiatement.
Aussi est-il particulièrement inquiétant de lire un « prix Nobel d’économie » (Paul Krugman: « La mondialisation n’est pas coupable! ») nous faisant l’apologie de la mondialisation actuelle sur la base de ce schéma ricardien dont un autre « prix Nobel » (Samuelson) disait qu’il mériterait un « prix de beauté de l’économie »…!
Quant à l’hypothèse 2, elle est contredite par le système financier en place qui est une structure parallèle à celle du travail (la fameuse « économie réelle »):
Ainsi, la Chine manipule son taux de change en rachetant massivement la dette américaine en dollars obtenus par ses exportations. C’est une manière de maintenir un taux artificiellement bas de sa monnaie, privant ainsi son peuple d’un pouvoir d’achat mérité par son travail, mais permettant d’abattre la concurrence.
Le même phénomène a lieu plus discrètement sur l’euro à chaque accès de faiblesse de celui-ci, nonobstant notre absurde politique d’euro-mark fort… De sorte qu’il est particulièrement hilarant d’entendre, à chacune de ces occasions, le coeur des européistes béats clamer: même les Chinois s’inclinent en confiance devant note monnaie… unique !
Aussi doit-on dénoncer avec vigueur l’imposture d’énoncés pseudo-scientifiques clamant le (faux) théorème sans hypothèses :
« Dans le libre échange de deux produits du travail, entre deux pays aux coûts de production différents, la spécialisation engendre une richesse totale supérieure à l’autarcie pour chacun des pays, même si la compétitivité de l’un est supérieure à celle de l’autre pour chacun des produits. »
le 26 mars 2014 à 10:53
« Hypothèse 2: Il y a monnaie commune, le change ne reposant que sur la valeur travail de chacun des deux pays. »
Cette hypothèse n’est pas nécessaire ( si il y a une monnaie commune, il faudrait que les prix relatifs des biens changent ) ; il suffit en fait que les taux de change des monnaies nationales puissent fluctuer librement.
Il y a beaucoup d’autres modèles économiques ( en particulier comprenant plusieurs facteurs de production ) et des rendements pas nécessairement constants.
Tous concluent aux bienfaits globaux du commerce international.
Mais il font TOUS deux hypothèses ( implicites ou explicites ) fondamentales: a) il faut qu’il puisse y avoir redistribution des surplus entre les classes d’un même pays( propriétaires terriens et manufactures dans le modèle original ), sinon une classe peut y perdre.
b) il est absolument nécessaire que les taux de changes entre les monnaies des pays soient flexibles et que les monnaies ne soient pas manipulées. Bien entendu, ces deux hypothèses sont irréalistes aujourd’hui; la première à cause des paradis fiscaux, la seconde parce que les monnaies sont manipulées par les banques centrales pour des raisons de politique économique et sont de plus, vite attaquées par les fonds de spéculateurs.
D’où l’échec patent de la mondialisation pour la grande majorité des pays développés….et même , d’un point de vue social, pour bien des pays en développement.
Ceci étant, d’un point de vue méthodologique, ces petits modèles du commerce international ont l’immense mérite d’être des modèles; on voit donc clairement quelles sont leurs hypothèses et on peut ainsi les remettre en cause lorsqu’elles sont irréalistes dans un contexte donné.
On est donc bien loin du baratin idéologique que l’on voit fleurir dans certaines « écoles » d’économie et dans les débats ( propagande mondialiste pour la plupart) télévisés.
le 27 mars 2014 à 01:54
L’optimum de Pareto est un critère normatif; les systèmes de pondérations attribuées à chacun des consommateurs correspondent chacun à des normes différentes et donc chacun à un optimum de Pareto différent; mais, une même propriété est satisfaite quelle que soit le système de pondération choisi et donc quelque soit l’OP choisi: il n’y a pas de gaspillage, ni de ressources, ni de distribution: pour reprendre l’exemple du gâteau, tout le gâteau est réparti (quelle que soit cette répartition,on ne jette pas du gâteau) et l’on donne la cerise sur le gâteau à celui qui l’aime…
D’un autre coté, l’équilibre concurrentiel -EC-(classique) est un jeu à équilibre de Nash.
On démontre ( théo 1 de l’éco du bien-être ) qu’il (EC) conduit ( sous un tas d’hypothèses) à un optimum de Pareto; cela signifie donc simplement qu’il évite les gaspillages, cela ne signifie nullement qu’il est équitable ou socialement juste.
Il ( EC) peut donc être absolument inéquitable et aucun économiste compétent ( je ne parle pas de Rocart) n’a jamais nié cela.
Faire une référence sociale de n’importe quel OP est une ânerie digne de la sottise éco de nos politiques PS.
Mais, la critique fondée sur la justice sociale concernant l’EC a été faite depuis longtemps et certains ont prétendu qu’ils préféraient être plus justes socialement que d’être efficaces, et donc qu’il fallait changer de système éco.
Or, il existe un second théo de « l’éco du bien-être » qui montre (toujours sous un tas d’hypothèses) que n’importe quelle distribution optimale (OP) peut être atteinte via un équilibre concurrentiel à condition que , avant le déroulement des marchés, l’état prélève des impôts directs sur les uns pour subventionner les autres (par ex, sur Mme Bettancourt pour subventionner le clochard).
En particulier, on peut ainsi atteindre les optima de Pareto que l’on juge socialement intéressants (justice sociale) …Et on peut montrer qu’ aucun système économique ne peut faire mieux avec moins d’information.
Donc, s’il faut chercher les causes de l’ inefficacité patente de certains marchés concurrentiels à l’heure actuelle, il faut les chercher dans la non validité des hypothèses qui sont à la base de ces « théo de l’éco du bien être. »
C’est ce que fait la théorie éco mathématique depuis maintenant plus de 30 ans et l’on a ainsi démontré que, sous des hypothèses plus réalistes, de nombreux marches concurrentiels sont inefficaces et qu’il faut donc les réguler (marchés avec pollution, finance-asymétrie d’information et effets externes-, biens publics ou collectifs et bien d’autres encore…)
Quant à l’injustice ou la justice sociale, on peut imposer en même temps que l’efficacité, des critères de justice sociale et regarder ce qui reste dans l’intersection.
Un ouvrage et des travaux intéressant dans cette direction sont ceux du prix Nobel SEN, mais n’est pas simple.
le 27 mars 2014 à 03:45
@ ….Hadrien
le 27 mars 2014 à 03:48
Habitué aux réponses empressées de habsb, j’ai cru un moment qu’il s’était rallié avec enthousiasme à un peu plus d’attention pour le « scalpel » d’analyse que permettent les modèles mathématiques. C’est à la lecture du pseudo de l’auteur que j’ai dû ranger les encouragements que je m’apprêtais à lui adresser…
Je n’ai donc que peu de choses à ajouter, si ce n’est que l' »Optimum de Pareto » reste une formulation « jeu multicritère » qui demeure étrangère à toute formulation monocritère globale (la fameuse « Utilité Intérieure Brute » chère aux utilitaristes anglais… et toujours hors de portée de l’économie néoclassique).
On pourrait même dire que les économistes se sont enthousiasmés pour la théorie mathématique (des jeux conflictuels) surtout parce qu’elle leur permettait de se réclamer enfin de « sciences exactes ». À l’instar des physiciens, ils avaient enfin leur corps de doctrine bien à eux: jetez les participants dans l’arène du jeu et, tel un entomologiste, vous allez les voir s’agiter dans un sens prévisible… par la théorie. On comprend que cette vision « Équilibre de Nash » avait besoin d’améliorations !
Mais si « l’Optimum de Pareto » débloque les situations de type « dilemme du prisonnier », c’est par comparaison interne au jeu. En un sens, qu’il faille faire appel à l’évidence et changer de définition pour démonter ces blocages, de Nash vers Pareto, est en soi la confirmation qu’il s’agit d’un « melior » comparatif, restreint à cette formulation « jeu », et non de la formulation d’un optimum collectif global au départ.
C’est pourquoi les régulationnistes, à mon humble sens, ne font encore que du rapiéçage… laborieux: c’est ainsi que Stiglitz, dans son dernier livre (« Le prix de l’inégalité ») en vient à constater que trop d’inégalité devient une inefficacité économique en soi… Stuart Mill le savait déjà, il y a deux siècles !
À force d’ajouter des règles correctives à la théorie néoclassique pour la faire fonctionner, on aboutira à la conclusion qu’il faut une plus ambitieuse formulation globale que la trivialité de Pareto: « aller toujours dans un sens qui ne soit (comparativement) contesté par aucun des joueurs ».
Il n’est pas difficile de comprendre qu’on n’enlèvera guère ses privilèges à la finance actuelle avec une telle stratégie, pas plus qu’on n’aurait pu enlever les siens à l’aristocratie en 1789 !
En un sens, c’est sans doute là que l’Optimum de Pareto révèle son affiliation conservatrice: on veut bien de l’omelette, mais sans casser aucun oeuf !
En un autre sens, c’est aussi la morale que l’on peut tirer des déboires actuels du pouvoir « socialiste » en France…
« C’est ce que fait la théorie éco mathématique depuis maintenant plus de 30 ans et l’on a ainsi démontré que, sous des hypothèses plus réalistes, de nombreux marches concurrentiels sont inefficaces et qu’il faut donc les réguler (marchés avec pollution, finance-asymétrie d’information et effets externes-, biens publics ou collectifs et bien d’autres encore…) »
Admettons qu’on puisse prouver formellement (comme vous le dites) que sous des hypothèses plus réalistes (comme l’asymétrie d’information et de pouvoir) on ne peut pas atteindre des optimum ni de Pareto ni sociaux.
Ce fait n’est pas du tout surprenant et je veux bien l’accepter.
Mais ce fait n’implique pas logiquement, et encore moins justifie, la nécessité d’une action quelcomque de la part de certains acteurs du libre marché (les politiciens), qui restraindrait par la force la liberté des autres acteurs.
Les politiciens FONT PARTIE du libre marché. Ils ne peuvent atteindre leur position que par l’utilisation de certaines resources du marché, obtenues en échange de services et politiques favorables.
Augmenter leur pouvoir de restriction de liberté ou leur pouvoir tout court ne fait donc qu’augmenter ces asymétries qu’on estime responsables des non optimalités.
Alors, où puis-je trouver la preuve que ces interventions que vous appellez régulation parviennent effectivement à atteindre l’optimum que le simple marché concurrentiel n’atteigne pas ?
Ou alors la régulation ne ferait qu’aggraver les non optimalités en introduisant encore plus d’asymétrie ?
Votre raisonnement me semble similaire à celui d’un médecin qui reconnaisse que les microbes et les infections nous empêchent d’atteindre la vie éternelle, (ce qui est très juste) et qu’il est donc obligé d’intervenir pour nous faire atteindre cet objectif (ce qui est de très bonne volonté), mais malheureusement la seule façon qu’il a d’intervenir, et son seul effet, sont ceux de nous contaminer avec encore plus de microbes et infections.
Comme nos politiciens, il pourra toujours expliquer le fait que la vie éternelle reste hors d’atteinte même après son intervention, par le fait qu’on n’a pas suffisamment suivi ses conseils.
Mais à lui, à vous et à nos politiciens, je demande: pouvez vous fournir une preuve scientifique que ces interventions de régulation, qui augmentent encore plus les asymétries, peuvent nous conduire à un optimum, dans quelles hypothèses et avec quelles modalités ?
le 27 mars 2014 à 06:10
Et les asymétries accrues ne sont qu’une difficulté de votre démarche (la régulation).
Une autre qui parait insurmontable est le caractère dynamique de l’économie, qui n’est pas processus physique mais partie d’échecs.
Les mesures prises par l’autorité de régulation (même si on la suppose indépendante de tout conditionnement, et agissante pour le pur intérêt de la collectivité – conditions qui seraient bien remplies pour la première fois dans l’histoire), sont susceptibles de comporter des réactions par les autres membres du marché, qui modifient les conditions de telle sorte que ces mesures ne sont plus opportune d’un point de vue quantitative voire qualitative.
Pourquoi l’équilibre de Pareto est tellement importante, (ce que le pauvre Hadrien n’arrive pas à comprendre, le considérant comme une simple façon d’éviter tout gaspillage) ? Mais parce que il résulte de modifications qui améliorent la situation de tous les membres du marché.
Par conséquent, en réponse à ces modifications, il n’y aura aucune réaction ultérieure et cet équilibre sera stable.
Au contraire, du moment que votre action de régulation améliore la situation de Pierre aux dépens de Paul, celui-ci va réagir et modifiera son comportement économique en changeant la donne initiale, ce qui rendra obsolète ou inutile ou contre productive votre action de régulation.
Imaginez qu’un régulateur décide de redistribuer les revenus par une imposition fortement progressive. Au délà d’un certain seuil, vous admettrez que les grands producteurs et distributeurs, souvent associés aux plus forts revenus vont prendre des contremesures pour balancer l’imposition accrue (la situation après régulation n’est pas un équilibre de Pareto donc elle est instable). Ces contremesures peuvent être une hausse des prix pour garder les mêmes marges précédentes à l’imposition accrue, ou aussi des délocalisations. La hausse des prix sera repercuté sur les faibles revenus, qui ne tireront donc aucun bénéfice de votre action de régulation. Pire, la compétitivité des producteurs sera forcément affaiblie, donc perte de parties de marché, et possibles licenciements.
Par rapport à mon message précédent, êtes-vous donc sûr de pouvoir prouver que votre action de régulation permet d’atteindre son but d’une partition plus équitable des revenus ? Ou plutôt, si vous prenez en compte toutes les possibles conséquences des reactions du marché à votre action de régulation, vous ne trouvez pas dans une nouvelle situation d’équilibre encore moins satisfaisante que celle du départ ?
Maintenant vous pouvez liquider tous mes arguments logiques car ils ne contiennent pas d’équations, mais mon opinion est que on ne maîtrise pas l’économie mathématique si on n’arrive pas à la présenter sous forme d’argumentation logique.
Encore une fois, je vous écoute.
le 27 mars 2014 à 09:32
Lisez de bons manuels d’éco: par ex: J.J. Laffont: Fondements de l’éco publique et Economie de l’incertain et information.Vous y trouverez lzs réponses à vos questions.
Et si vous ne voulez pas vous instruire, lâchez moi: je ne crois pas au baratin.
le 27 mars 2014 à 14:25
Sans perturber le moins du monde votre échange avec haiku, lire tout de même mon commentaire plus haut qui répond à certains de vos arguments « sans équations »…
J’en profite pour vous livrer la réponse d’Etienne Chouard sur son blog, rénové (ce qui a dû l’occuper toute une semaine), concernant la conférence-débat du 28 mars:
C’est la personne qui m’invite qui m’a dit au téléphone qu’il y a de nombreux ‘autrichiens’ dans leur groupe d’amis ; mais ce n’est pas étonnant qu’ils ne s’étiquettent pas eux-mêmes de cette manière…)
Et je ne sais pas s’il y aura des auteurs connus… On verra.
Je pense que cet échange sera très intéressant.
le 27 mars 2014 à 13:10
# Hadien
Je crois au contraire que c’est l’ignorance de la théorie éco actuelle qui est à l’origine des dérives ultralibérales qui sévissent aujourd’hui.Il ne s’agit nullement d’améliorer la théorie classique, c’est une profonde remise en cause.
Que peut répondre un ultralibéral si on lui démontre que de nombreux marchés concurrentiels sans régulation sont inefficaces ??…
Le pb c’est qu’ils l’ignorent.
Quant – à la justice sociale, il est évident qu’ils s’en moquent comme de leur première chemise.
Mais l’ efficacité, c’est autre chose.
Personne n’aime le gaspillage.
le 27 mars 2014 à 14:32
Le critère de Pareto n’est pas vraiment « multicritère », puisque à chaque pondération correspond un optimum différent.
On pourrait par ex, choisir l’OP égalitaire: dans ce cas, c’est mono critère; mais le pb qui se pose alors en éco est le suivant: les coefficients qui pondèrent les utilités ( pour calculer un OP) ont-ils un sens lorsque l’on suppose que les fonctions d’utilités représente les préordres des différents consommateurs sur l’ensemble des paniers de biens ?
La réponse est non, car dans ce cas, les fonctions d’utilités sont définies à une transformation croissante près…
Sinon, il faut faire des hyp supplémentaires: voir SEN.
le 27 mars 2014 à 14:41
« Lisez de bons manuels d’éco: par ex: J.J. Laffont: Fondements de l’éco publique et Economie de l’incertain et information.Vous y trouverez lzs réponses à vos questions. Et si vous ne voulez pas vous instruire, lâchez moi: je ne crois pas au baratin »
Allons, je ne vais pas vous dire de lire les textes du professeur de Soto, à fin de vous instruire et trouver la réponse à vos questions.
Nous sommes ici pour débattre amicalement, et pour mettre à la preuve nos idées face au challenge d’autres points de vue.
Vous ne pouvez pas nier que toute idée de régulation se heurte à la base à trois problèmes majeurs :
1) elle ne fait qu’augmenter les asymétries de pouvoir et d’information, qu’elle reconnait elle même comme obstacles à son action
2) si elle n’évolue pas vers un equilibre de Pareto, elle est alors contrée par la réaction économique de la part des sujets qu’elle pénalise. Dans une société non communiste, ces réactions peuvent être de la même force que la régulation, et/ou peuvent conduire à des situations pires que celles que la régulation voulait corriger
Ces deux points font qu’il est très difficile de prouver théoriquement que la régulation obtient de meilleurs résultats que le marché concurrentiel.
Et je ne connais pas une telle preuve, dans la literature.
D’ailleurs je vous demande de m’en indiquer une (pas seulement de m’adresser à un théoricien de l’intervention étatique, mais de me préciser dans quel chapitre de quel texte se trouverait une hypothétique preuve théorique que la régulation fait mieux que les marchés concurrentiel, en prenant en compte les deux problèmes que j’ai évoqués)
De plus il est évident que l’overhead nécessaire pour mettre en place la régulaiton soustrait de précieuses ressources à l’économie de production et distribution de biens.
« Je crois au contraire que c’est l’ignorance de la théorie éco actuelle qui est à l’origine des dérives ultralibérales qui sévissent aujourd’hui »
En toute honnêteté je ne vois aucune dérive ultralibérale aujourd’hui. Je vois par contre de nombreuses dérives régulationnistes,
1) les Banques Centrales et leur régulation des taux d’intérêt, de l’émission et de la circulation de monnaie.
2) la direction des impôts, et la quantité pléthorique de tributs qu’elle fabrique et impose à l’économie
3) le nombre impressionnant de monopôles et autres normes restrictives à la liberté d’entreprise dans tout secteur économique, (taxi, notaires, pharmacies, banque, grande distribution, chemins de fer, énergie, télécom..)
4) un code du travail d’une prolixité baroque, et d’une taille de plusieurs fois multiple que celui d’autres pays plus efficaces (comme la Suisse)
5) des aides injustifiés à certains secteurs corporatio, clés pour la réélection ou le maintien au pouvoir des politiciens (PAC pour les agriculteurs, embauches sans fin pour l’éducation nationale, plus grand employeur non militaire au monde, malgré la honte récolté à chaque évaluation internationale PISA)
« Que peut répondre un ultralibéral si on lui démontre que de nombreux marchés concurrentiels sans régulation sont inefficaces ?? »
Simplement que c’est tout à fait vrai, et qu’ils ne deviennent pas plus efficaces si on viole les droits de liberté et égalité, en donnant plus de pouvoir à certains membres du marché (les politiciens) à travers ce que vous appelez la régulation.
le 28 mars 2014 à 03:31
Je vous remercie pour votre contact avec M. Chouard.
Vous n’aurez aucune difficulté à reconnaître que M. Chouard refuse d’indiquer qui sera présent, et nous prépare même à l’éventualité que ces économistes ne soient autrichiens que dans sa propre particulière vision des ideés.
Dans ce cadre tout est possible, de voir M. Chouard débattre avec son voisin de palier, comme d’y voir un « autrichien » comme M. Montebourg.
J’ai relu avec attention votre message qui se termine par « c’est sans doute là que l’Optimum de Pareto révèle son affiliation conservatrice: « , mais je n’y ai pas trouvà la réponse à mes deux problèmes sur la régulation, déjà répétés deux fois à Haiku, sans qu’il daigne les adresser:
1) l’asymétrie accrue 2) la prise en charge des réactions économiques
Et c’est justement ce deuxième point qui peut mieux éclairer votre remarque sur Pareto. Pourquoi l’équilibre de Pareto présente une affiliation conservatrice ? Mais parce que l’équilibre de Pareto est le seul qui permet de sauvegarder la stabilité du système économique. Prenez-le comme un critère de stabilité. Si vous introduisez une modification au système qui pénalise un membre du marché pour en bénéficier un autre (donc vous évoluez en dehors d’un équilibre de Pareto), le membre pénalisé ne va pas en rester là comme une ampoule éteinte, mais il utilisera toutes ses resources pour retrouver son état ante-modification.
Donc, sauf état communiste où aucun membre ne contrôle aucune partie de la production et la distribution, ce membre pénalisé changera à son tour les modalités par lesquelles il contrôle son micro-domaine économique, pour contrer et annuler la pénalité que vous lui infligez.
Cette pénalité sera alors reporté sur d’autres, (ce qui annule votre action, et aggrave même la situation initiale) et s’il n’est pas possible, alors le membre pénalisé va arrêter son rôle pour l’exercer à l’étranger ou pour ne plus l’exercer du tout, en se limitant à profiter de ses propres ressources sans plus réaliser d’activité économique.
Voilà pourquoi le critère de Pareto est tellement important; c’est le seul qui garantit que votre action de régulation ne donnera pas lieu à toute une chaîne de réaction de la part de ceux que vous pénalisez, chaîne qui finit par transformer l’équilibre économique jusqu’à rendre contreproductive cette particulière action de régulation que vous avez mise en place.
Si au contraire la modification évolue vers un équilibre de Pareto qui ne pénalise personne, il n’y aura pas de réaction, le système n’évoluera pas vers un autre état, et votre acte de régulation gardera tout son sens.
Ce n’est donc pas un problème de conservatisme, mais un problème de stabilité. Ce n’est pas du De Maistre, mais du Lyapunov.
le 28 mars 2014 à 04:02
le 28 mars 2014 à 05:43
le 28 mars 2014 à 07:31
Et oui ! Cela prend du temps de corriger plus de dix ans d’egarement socialiste…. Mais au moins, le UK va dans le bon sens, a un taux de chomage faible et un optimisme au beau fixe.
De plus, dans cette terre sacree du liberalisme debride, il ne m’est pas arrive de croiser un seul SDF (a Londres) en 4 ans. On ne peut pas vraiment en dire autant d’autres capitales europeennes…
le 28 mars 2014 à 07:44
Cameron est loin d’être un génie, mais je pense que nous serions heureux d’avoir la croissance renouvelée de la Grande Bretagne. Dans cette croissance, la City joue un rôle non négligeable.
le 29 mars 2014 à 07:45
« Il est quand meme ahurissant que des individus puissent encore croire que 3 technocrates dans un bureau puissent allouer des ressources de maniere plus efficace que le marche, qui lui incorpore l’opinion de milliards de personnes »
La seule explication que j’ y trouve est que
1) soit ces individus font partie, ou espèrent faire un jour partie, des 3 technocrates qui tout décident
2) soit ils ont accepté sans le moindre esprit critique l’idée farfelue que le régulateur est par définition honnête, altruiste et compétent, et tout entrepreneur est au contraire égoiste, malhonnête et incompétent.
le 28 mars 2014 à 07:45
@ habsb (et Julio) :
Tout d’abord, l’ « optimum de Pareto » ne s’inscrit aucunement dans la dynamique fantasmée par habsb (chaînes de réactions… qui finit par…).
C’est simplement une manière de sortir des situations de blocage auxquelles conduit le jeu de Nash du chacun pour soi. Et tout cela, dans un cadre statique!
Mais il n’assure en rien un optimum global (somme des revenus des joueurs, par exemple, grâce à des règles adéquates), même en statique !
Or, c’est ce dernier point qui est l’objectif du « Contrat social » qui assure le fonctionnement de toutes les sociétés évoluées. L’importance de l’économie à partir du XIXe a logiquement fait surgir le besoin d’étendre cet effort aux rapports économiques (cf Marx). C’est pourquoi y renoncer, comme le voudraient les ultra-libéraux, conduirait tout aussi logiquement à revenir à l’état primitif « de nature » !
Ensuite, le mot régulation vient de « régulier », contrairement à règlementation qui vient de « règle », même si l’origine est commune. D’où la connotation dynamique de toute « régulation » systémique.
Sur ces questions abordées par habsb, je renvoie à l’addendum (« dynamique ») dont j’avais pris soin d’accompagner mon commentaire, plus haut, sur l’ « optimum de Pareto »:
« les jeux dynamiques sont instables: toute infime perturbation avantageant l’un des joueurs s’amplifie exponentiellement avec le temps.
Là encore, on voit la nécessité de garde-fous, imposant des forces de rappel additives dans le système, comme en physique, si l’on veut préserver la simple stabilité » (au sens de Liapounov, notamment) !
Mais il y a bien d’autres choses à dire sur la régulation:
Un système général (pour peu qu’il ne soit pas linéaire) n’est stable ou instable que localement. Globalement, il peut avoir à l’état libre des cycles limites (ex: le modèle de prédation, chez les espèces vivantes, et les sociétés en font partie…).
Les ultra-libéraux (comme habsb et Julio) croient y voir leur salut: vous voyez bien que l’état libre assure lui -même sa régulation ! Oui, mais à quel prix, celui d’attendre la catastrophe pour rebondir dans l’autre sens…
À ce sujet, le célèbre Richard Bellmann (associé au développement de la programmation dynamique) avait recours à cette métaphore provocatrice: on peut aussi ne rien faire… « because the world is ultimately stable » !
En fait la vieille croyance en « la main invisible » et autres bobards antediluviens relève de cette logique…
Quant aux arguties de Julio reprenant celles de habsb:
« Il est quand meme ahurissant que des individus puissent encore croire que 3 technocrates dans un bureau puissent allouer des ressources de maniere plus efficace que le marche, qui lui incorpore l’opinion de milliards de personnes… »
Leur logique est à peu près la même que:
« Il est quand meme ahurissant que des individus puissent encore croire que 3 fonctionnaires (deux professeurs d’Université, en Hollande et en France, et un employé du Bureau des brevets de Berne) aient pu apporter des réponses plus efficaces à l’énigme de la lumière que la science officielle qui, elle incorporait des millions de scientifiques dans le monde entier… »
Les mêmes arguent déjà du « génie » supposé de l’un d’eux pour s’opposer, à l’avance, au prochain progrès décisif:
» Il est quand meme ahurissant que des individus puissent encore croire que…
l’on ait pu apporter des réponses plus efficaces…
que la théorie de la relativité qui, elle, incorpore des millions d’adeptes! »
le 28 mars 2014 à 10:18
« dans cette terre sacree du liberalisme debride, il ne m’est pas arrive de croiser un seul SDF (a Londres) en 4 ans. On ne peut pas vraiment en dire autant d’autres capitales europeennes… »
Vous manquez un peu de recul… et d’impartialité :
J’ai vécu, moi aussi, plus de trois ans à Londres, à une époque plus ancienne (1969-1972) où un étudiant pouvait encore vivre dans les beaux quartiers tout en y côtoyant les autres… Mes premiers jours furent aussi ceux de la rencontre avec la mendicité « for a cup of tea » à la sortie de l’Université, dont le souvenir m’est encore vivace!
Et peu après, c’est un SDF qui se porta témoin en ma faveur lors d’un accrochage avec un chauffard britannique de mauvaise foi!
Il est vrai qu’aujourd’hui , la cherté du centre en a chassé toute ces classes…
(Expérience plus pénible encore aux États-Unis où, dès le premier jour à l’Université de Berkeley, je fus attaqué pour mon argent de pôche en rentrant chez moi… expérience qui m’était alors inconnue en France!)
Autre contre-vérité, courante en ce moment dans nos médias:
Jusque là, il n’était question que de «reprise de la croissance britannique» grâce à «la cure d’austérité sans précédent que le gouvernement de David Cameron a imposée à son pays… qui était la bonne réponse aux déséquilibres de l’économie britannique, les preuves attestant que cela marche». (Le Monde)
Ou « L’Angleterre a gagné son pari : austérité et croissance peuvent aller de pair » (Express.be)
Hélas, la mèche a été vite vendue: c’est précisément par la politique honnie par les libéraux-conservateurs dont nous parlons, que cette reprise a pu avoir lieu, alors que l’on reste encalaminés avec les allemands à croire que les nôtres sont pires que les leurs !
Il suffit pour s’en convaincre de se référer à l’excellente enquête de O, Berruyer http://www.les-crises.fr/idee-recue-austerite-uk/ :
« Mais à quoi est alors dû ce “boom incroyable ?
Mmmm, il faudrait aller voir du côté d’Eurostat – et on va comparer avec le déficit public :
Rôôôôô qu’elle est belle l’austérité à 6 / 8 % du PIB de déficit public !
Bref, les USA et le royaume-Uni, “ils font les bonnes réformes”, et nous, il nous faut d’urgence diminuer les dépenses publiques. Comprenne qui pourra…
Comme d’habitude, l’austérité anglaise a surtout consisté à faire souffrir la population pour rien… Oups, pardon, pour “moderniser et flexibiliser” l’économie au bénéfice “de ses forces vives qui vont faire pleuvoir sur les pauvres tout l’argent accumulé”…
A rajouter, donc, au classeur “le néolibéralisme ça marche !”, en l’insérant après l’immobilier espagnol, les subprimes américains, le modèle japonais, etc… »
le 28 mars 2014 à 10:56
Je ne trouve pas la politique UK ideale, loin de la, mais ils vont clairement dans le bon sens. Il faut quand meme rappeler que le UK partait de deficits de 11% du PIB en 2010, ayant ete touche tres fortement par la crise du fait de la taille massive de son industrie financiere.
De plus, au dela du niveau de deficit, les reformes structurelles pour reduir le deficit vont dans le sens de la baisse des depenses plutot que de l’augmentation des impots. C’est cela qui a permis au chomage de chuter – baisse des charges patronales associees a l’emploi, liberalisation du marche du travail, coupe massive des aides sociales abusives (certaines familles touchaient des indemnites de plus de 600 livres par semaine rien que pour se loger) qui ont permis a la croissance de repartir.
Le gouvernement est maintenant engage dans un vrai processus de liberalisation economique et sociale. Pas plus tard qu’il y une semaine, ils ont annonce une reforme des pensions qui les aurait menes a la guillotine de l’autre cote de la manche.
Finalement, la comparaison avec Einstein est ridicule. Comparer le genie d’un homme a celui de bureaucrates poujadistes est absurde…. Qui peut croire, par exemple, qu’un Montebourg, bouffi de ses certitudes et ambitions electorales, peut – de par son simple esprit – plannifier le developement industriel optimal des 20 prochaines annees………… (il suffit d’ecouter notre chere ministre de la culture annoncer fierement que « tout le monde en a marre d’Amazone »…. on croit rever !)
le 28 mars 2014 à 11:14
Julio, vous vous moquez du monde :
Ce que démontrent les chiffres et courbes de O. Berruyer, référencés ci-dessus, c’est précisément que la récente « reprise britannique » est due à un renoncement soudain par Cameron et à l’application de l’inverse de tout ce que vous prétendez:
– L’austérité à 6 / 8 % du PIB de déficit public (soit 45 à 50 Md€ annuels de déficit en plus!)?
– L’austérité passée avait donc consisté à faire souffrir la population pour rien ? (Oups, pardon, à “moderniser et flexibiliser” l’économie au bénéfice “de ses forces vives qui vont faire pleuvoir sur les pauvres tout l’argent accumulé”…)
– Bref, les USA et le royaume-Uni, “ils font les bonnes réformes”, et nous, il nous faut d’urgence diminuer les dépenses publiques. Comprenne qui pourra…
Quant à la comparaison avec Einstein, dont vous omettez les deux précurseurs cités, j’étais sûr de votre réponse-bateau tombant dans le piège de tous les clichés habituels. J’avais pourtant averti: Les mêmes arguent déjà du « génie » supposé de l’un d’eux pour s’opposer, à l’avance…
Comme à l’habitude à propos d’Einstein, en effet, on ne prête qu’aux riches… et il est dangereux d’en tirer des généralisations hatives.Si l’auteur avait cherché à « comparer le genie d’un homme » à ceux qui l’avaient précédé, il se serait aperçu qu’Einstein a constamment dissimulé ses sources:
Il en fut ainsi de l’expérience de Michelson-Morley, de même que des deux articles célèbres qui l’avaient précédè dans l’histoire de la relativité (Lorentz 1904, et Poincaré 1905 trois semaines avant le sien). De ces trois éléments précurseurs Einstein a toujours prétendu n’avoir pas eu connaissance avant d’écrire son propre article sur l’electrodynamique des corps en mouvement…
Or, il existe une biographie originale, celle de sa première femme Mileva Einstein (née Maric) d’origine serbe, par une compatriote (Desanka Trbukovic-Gjuvic: Mileva Einstein, édition française: »des femmes ») qui avait recueuilli les confidences de Mileva non seulement comme épouse, mais aussi comme compagne d’études et de recherches du jeune Albert au Polytechnicum de Zurich, et même plus tard. On y apprend que non seulement Albert et Mileva se tenaient au courant de toute la physique de leur temps, mais qu’ils avaient constitué un petit groupe de discussion entre amis qui se réunissait régulièrement pour faire le point sur toutes les questions importantes de l’époque. Or, l’expérience de Michelson-Morley (1887) sur l’invariance de c avait fait grand bruit et constituait l’évènement scientifique majeur de la fin du XIXe siècle, de même que l’article de Planck en 1901 sur sa constante h était le second coup de tonnerre en ce début du XXe. Ce n’est pas un hasard si Einstein, en cette « annus mirabilis » que fut 1905, aborda les deux principaux problèmes ainsi soulevés, relativité du mouvement et quanta d’énergie électromagnétique (il ne reçut d’ailleurs le prix Nobel que pour le second, en raison de l’opposition de Lorentz pour le premier, au sein du comité Nobel, ce qui est souvent oublié). Ne pas connaître l’expérience de Michelson-Morley pour aborder la relativité en 1905 eut été équivalent, pour un physicien fondamentaliste, à ignorer aujourd’hui celle de Wison-Penzias sur le bruit de fond cosmologique pour discuter de la thèse du Big Bang!
S’agissant des deux sources Lorentz 1904 et Poincaré 1905, il suffit pour démentir Einstein sur son inadvertance de la première, de lire cette source originelle dans le petit recueil des éditions américaines Dover, sur la relativité, où elle cotoie l’article d’Einstein l’année suivante. On s’aperçoit alors qu’Einstein avait choisi la même lettre minuscule grecque béta, que celle adoptée par Lorentz, pour désigner le facteur de contraction relativiste. Etant donné la variété des caractères possibles (romains et grecs, minuscules et majuscules), cela représentait une chance sur cent de choisir la même, dans l’hypothèse d’inadvertance qu’a toujours soutenu Albert Einstein !
Quant à la source Poincaré 1905, un résumé paru aux « Comptes Rendus de l’Académie des Sciences » quelques jours avant qu’Einstein n’écrive son propre article (avant d’être développé l’été suivant pour le « Cercle Mathématique de Palerme »), il existe également des indices troublants dans la biographie sus-dite : Albert Einstein, qui lisait couramment le français, était pour cette raison même le correspondant de « Annalen der Physik » afin d’y signaler les articles intéressants paraissant dans le domaine d’intérêt. Or, Mileva confia à sa biographe que le jeune Albert fut pris, durant cette période qui vit en quelques jours la rédaction de son propre article, d’une véritable frénésie de course contre le temps, au point qu’il tomba malade aussitôt aprés en avoir terminé. Mais il prétendra toujours n’avoir pas alors lu l’article de Poincaré !
Sur cet éternel sujet (Poincaré/Einstein), le lecteur curieux pourra consulter trois livres parus en français:
– Jean Hladik : Einstein, Poincaré. Editions Ellipses
– Jean-Paul Auffray : Einstein et Poincaré, Editions du Pommier
– Jules Leveugle : La relativité, Einstein et Poincaré, Planck, Hilbert. Editions L’harmattan
ainsi que l’appréciation édifiante de cet autre prix Nobel (d’Economie), mais physicien de formation, qu’était Maurice Allais :
Ajoutons, pour terminer le tableau, que le physicien qui eut à expertiser l’article d’Einstein en 1905 est le russe Jaffe, alors assistant de Rontgen (premier prix Nobel de Physique en 1901, pour les rayons X). Jaffe a toujours affirmé que le manuscrit originel était co-signé Albert et Mileva Einstein, et s’étonnait que le nom de Mileva ait mystérieusement disparu lors de l’édition par la revue. Or, personne ne put vérifier car l’article originel ne put jamais être retrouvé. Curieusement, lorsque Albert Einstein reçut le prix Nobel quelques années plus tard, aprés sa séparation avec Mileva, il lui en adressa le montant…
On peut d’autant plus s’interroger sur la nature de cet étrange « deal » qu’Albert Einstein n’était pas particulièrement désintéressé, comme en témoigne l’évènement survenu aprés son émigration aux Etats-Unis:
Bien que le manuscrit originel déjà cité eût disparu, une vente aux enchères de ce manuscript fut organisée qui rapporta un impressionnant paquet de dollars à Albert Einstein. Il avait, pour l’occasion, réécrit le dit « manuscrit originel »… L’histoire ne dit pas si l’ »heureux » acquéreur en fut averti de son vivant.
( la relation des faits figure dans une émission de la Television française qui fut consacrée à Einstein, aux alentours du centenaire de la relativité. )
le 28 mars 2014 à 12:11
JULIO et HADRIEN
Je suis persuadé qu’un homme de la culture et de la finesse de Hadrien ne doit jamais être pris au premier dégré.
Ainsi, son ineffable comparaison de Poincaré et Einstein à M. Montebourg et M. Moscovici (à se demander lequel des deux recevra le Nobel de l’économie), n’est que boutade et fine ironie qui reconnait la justesse de l’ argumentaire de Julio.
Si tel n’était pas le cas (mais c’est impossible), il suffirait de remarquer la différence fondamentale entre un problème où l’on demande de découvrir une loi physique toujours en action avec la même modalité, et un problème de stratégie où l’on demande d’anticiper et prevoir le comportement des autres « joueurs », ce qui est le cas sur les marchés.
Dans ce deuxième problème il n’est absolument pas question de génie, mais surtout de disponibilité d’information, et personne ne peut disposer de l’information nécessaire, excepté le système à intelligence distribué constitué par les opérateurs du marché lui-même.
Sur l’équilibre de Pareto (pourquoi s’obstiner à l’appeler optimum alors que nous pensons tous les deux que il n’en est pas un ?), vous refusez tout simplement de voir mon point.
Toute action de régulation qui ne transite pas par un équilibre de Pareto est sujette à une réponse de la part du marché, (due à la pénalisation d’un autres joueur, qui réagit). Et ceci complique enormément le calcul des conséquences de cette régulation. (et comment les calculer, du moment que les réponses des autres joueurs n’ont même pas la contrainte d’être rationnelles ?)
Je ne dis aucunément que ces réactions peuvent conduire le système vers une dynamique exponentielle qui nécessite un garde fou, car potentiellement infinie : les resources limitées l’empêchent. Je dis plutôt que ces réactions conduiront le système vers un AUTRE point stable, qui n’est pas celui étudié par le régulateur, et qui rendra donc inefficaces voire contreproductives les mesures prises de régulation.
D’exemples j’en ai déjà faits: la hausse d’impôts sur les sociétés qui est déchargée sur les consommateurs via une hausse des prix. La contrainte sur les licenciements qui devient timidité au récrutement. Le salaire minimum qui ne rend plus économique l’embauche. La réglementation excessive qui est contournée par la délocalisation. Les pseudo-monopoles d’état qui tuent la concurrence donc l’innovation et amènent de forts retards technologiques ou d’équipement (comme dans la téléphonie 4G où la France est bonne dernière pour ne pas avoir voulu offrir de licences aux opérateurs étrangers).
Contrairement à ce que vous sembler croire le « Contrat social » de Rousseau et le « Capital » de Marx n’ont que très peu apporté à l’évolution des grandes économies.
Concernant le premier, l’écrasement de l’individu par d’autres individus qui arrivent à gagner le consentement passif d’une majorité n’ a fort heureusement pas été implémenté par nos sociétés modernes, qui reconnaissent les droits individuels inaliénables de vie, liberté, propriété, que Rousseau niait, et qui avaient déjà été enoncés plusieurs siècles avant lui.
Concernant le second, il n’ a fait que reprendre et mener à ses extrêmes conséquences l’erreur historique de Adam Smith qu’on appelle aujourd’hui LVT (la théorie de la valeur travail, qui voudrait que la valeur d’un bien est fonction du travail nécessaire à le produire). Pensez que déjà l’école de Salamanca, donc bien avant Smith, avait confuté cette héresie par le simple exemple de l’impression : « pourquoi un livre imprimé vaudrait moins d’un livre écrit à la main alors que les caractères y sont de meilleur qualité,? »
Il faudra attendre l’école autrichienne avec Menger et surtout von Wieser père de l’expression Grenznutzen « utilité marginale », pour sortir de l’impasse marxiste et décorréler la valeur du travail.
Pour en finir, c’est déjà trop long, vous continuez d’ignorer et ne pas répondre à mon argument que la régulation implique une accrue asymétrie de pouvoir et information, et tout le monde s’accorde à dire qu’un tel asymétrie est source d’inégalité et inefficacité.
Je suis ravi que vous lisiez des biographies revisionistes sur la vie d’Einstein, mais quel est le rapport avec le sujet ?
le 28 mars 2014 à 12:22
Le rapport est que je n’avais pas nommé Einstein, c’est vous qui l’avez fait, comme j’en avais averti !
Ne reprochez donc pas aux autres vos propres fautes:
Quand on invoque le « génie d’un homme », surtout pour l’opposer aux autres et y asseoir son argumentation, il faut être sûr de soi et connaître la question, et non répéter des poncifs.
Contrairement au faux-semblant de habsb « Je suis persuadé qu’un homme de la culture et de la finesse de Hadrien ne doit jamais être pris au premier dégré », je suis d’un désolant matérialisme !
le 28 mars 2014 à 13:19
« les coefficients qui pondèrent les utilités ( pour calculer un OP) ont-ils un sens lorsque l’on suppose que les fonctions d’utilités représent[ent] les préordres des différents consommateurs sur l’ensemble des paniers de biens ? »
n’invalide en rien l’aggrégation quantitative (par les probabilités):
Il suffit de se référer à la situation analogue (très instructive) qui a cours en physique statistique: les atomes d’un gaz sont discrets et en nombre fini dans tout volume utile. Néanmoins, leur grand nombre permet de passer à la limite en formulant la (densité de) probabilité d’un quelconque d’avoir une position et une vitesse quelconque parmi une infinité.
C’est d’ailleurs là un procédé qui semble trop méconnu des économistes qui discutent encore du passage de la microéconomie à la macroéconomie, de la validité de l’agrégation, etc. Si les physiciens en étaient restés là, ils seraient encore dans la position d’intégrer les équations de la mécanique molécule par molécule en invoquant la fameuse parabole de Laplace (Un être qui connaîtrait à la fois toutes les positions et les vitesses de toutes les molécules de l’univers…)
Il en va de même avec le nombre d’agents économiques qui est susceptible d’un traitement probabiliste. La probabilité sert en quelque sorte d’interpolation fondée sur la loi des grands nombres. C’est d’ailleurs pourquoi Pareto, malgré le caractère arbitraire de ses pondérations « ad hoc » proposait une combinaison linéaire convexe (comme c’est le cas pour les probabilités, mais qui, elles, sont uniques dans le modèle) C’est ce à quoi je faisais allusion dans un commentaire antécédent, plus explicite: OÙ LA STOCHOCRATIE ANTIQUE RÉVÈLE LES INSUFFISANCES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE MODERNE :
Rappelons que le critère ultime des utilitaristes (Jeremy Bentham, John Stuart Mill, mais aussi David Hume et Adam Smith lui-même) était le bonheur de la collectivité, comme variable d’utilité globale. À un facteur multiplicatif près, sans incidence sur son optimisation, cela n’est rien d’autre que l’espérance mathématique de la fonction d’utilité individuelle, sous sa forme (nécessairement) probabilisée face à l’incertitude et la multitude:
Pi représentant la probabilité d’occurrence de la fonction d’utilité Ui(x) dans la population, en convenant d’inclure dans les composantes de la variable vectorielle x (l’ensemble des dispositions de la société à optimiser) les biens et services publics au même titre que les biens et services privés.
Dès lors, la formulation univoque du problème d’optimisation de l’économie politique, telle qu’énoncée par les utilitaristes, ainsi que retrouvé plus tard par Pareto sous une autre forme, s’obtient en remarquant que :
le 28 mars 2014 à 13:45
Le petit bisounours Julio écrit : « De plus, dans cette terre sacree du liberalisme debride, il ne m’est pas arrive de croiser un seul SDF (a Londres) en 4 ans. On ne peut pas vraiment en dire autant d’autres capitales europeennes… »
Hausse des sans-abris à Londres.
A cause de la crise économique, le nombre de SDF dans Londres a augmenté de 200% dans certains quartiers. Pour leur permettre de gagner un peu leur vie, une association les encourage à servir de guides pour les touristes.
http://www.wat.tv/video/hausse-sans-abris-londres-68wtn_2i6xp_.html
le 28 mars 2014 à 14:47
« …vous continuez d’ignorer et ne pas répondre à mon argument que la régulation implique une accrue asymétrie de pouvoir et information, et tout le monde s’accorde à dire qu’un tel asymétrie est source d’inégalité et inefficacité. »
Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre:
L’affirmation ci-dessus est aussi absurde que celle qui s’appliquerait au même titre à la justice de nos tribunaux telle que nous la connaissons:
« La justice implique une asymétrie accrue de pouvoir et d’information, et tout le monde s’accorde à dire qu’une telle asymétrie est source d’inégalité et inefficacité »…?
Heureusement qu’il y a là une asymétrie en faveur du pouvoir de l’État, qui représente l’intérêt général… C’est même plus qu’une asymétrie, c’est une subordination !
Quand comprendrez-vous que toute civilisation est basée sur la délégation à une entité centrale représentant l’agrégation évoquée plus haut ?
Le dépassement des querelles individuelles sous-optimales n’est dû qu’à ça !
Et il est inutile d’invoquer les petits intérêts individuels residuels (electifs notamment) puisque la Stochocratie amenée sur le tapis, ci-dessus, a précisément pour objet d’y répondre.
Il n’est évidemment pas question de placer le centralisme là où il n’y en a pas besoin, à l’instar de ces marchés kholkoziens où le plan quinquennal décidait à l’avance de la catégorie de tomâtes que devrait « choisir » le consommateur !
Mais tel n’est pas le cas des grands projets, de l’infrastructure, de l’éducation, de la recherche, etc. qui ne peuvent réussir sans le soutien volontaire de l’État.
C’est pourquoi vous vous êtes donné en vain bien du mal à chercher une initiative privée d’envergure qui ne doive rien à l’État: même dans ces nouvelles technologies de l’information requérant peu d’investissements, celle de Google citée en exemple fut un projet financé par la « National Science Foundation ». Mais l’université en cause (Stanford), disiez-vous, est privée…
Non sans le soutien, à nouveau, des subventions d’État que Stanford cumule allègrement avec celui des donations et des quelques 50 000 dollars de frais d’inscription annuels réclamés par tête… qui privilégient la fortune. Et les bourses qui permettent d’y déroger sont encore des subventions d’État… Pourtant, l’État n’a jamais reclamé ses droits, inscrits en tête du brevet Page dont j’avais donné référence, et c’est l’université privée Stanford qui en a bénéficié seule !
Alors, elle est où l’inégalité ?
À titre de comparaison, l’université publique voisine (Berkeley) a développé le système « Unix » supplantant « Windows » de Microsoft par sa fiabilité, et le mit à disposition gratuitement !
Alors, elle est où l’inefficacité ?
James Galbraith l’a montré dans son « Increvable New Deal », écrit sous Bush: les USA ont eu exactement la même proportion (54%) de dépenses publiques que la France !
Encore un mauvais coup collectiviste d’asymétrie d’information et de pouvoir ?
En France, la « révolution conservatrice » a surtout permis à de grands actionnaires privés de profiter de la braderie des privatisations commencée avec la droite et qui s’est terminée en apothéose avec la gauche socialiste !
Je ne recommence pas ici à égrainer la longue liste… de nos secteurs innovants construits avec l’argent du contribuable (Aerospatial, Nucléaire, Ferroviaire, Télécommunications, etc.) et qui ont fini en délocalisations au profit des actionnaires, et en évasions de capitaux dans les paradis fiscaux.
Elle est où « l’asymétrie de pouvoir et d’information… source d’inégalité et d’inefficacité » ?
le 28 mars 2014 à 15:16
Pour rester dans la discussion théo de bon niveau ( baratineurs s’abstenir) ,il y a 2 arguments dans votre réponse si j’ai bien compris.
1/Représenter l’ occurrence de chaque fonction d’utilité » dans la société; il est évident que la plupart des économistes mathématiciens qui sortent en majorité des grandes écoles scientifiques n’ignorent pas la loi des grands nombres; le problème est: »qui connait les fonctions d’utilité des individus à part eux -mêmes » (chacun connaissant seulement la sienne) ?
Donc, comment les inclure « pratiquement » dans le critère normatif qu’est l’OP ?
Bien sûr, on pourrait demander aux individus leur préférences pour faire ce calcul; mais il est évident que , dans ce cas, il faudrait mettre en place un mécanisme de révélation non biaisé, c’à d. qui n’incite pas les individus à mentir sur leurs préférences.Toute une littérature éco est consacrée à cette question, mais on démontre qu’en général, ces mécanismes ont un coût social, parfois élevé(un bon exemple est la théorie des enchères).
2/ Mais admettons un instant que le premier problème soit résolu, et que ces fonctions d’utilité soient connues; un second pb se pose alors: que représente une telle fonction ? Naturellement les goûts du consommateur considéré, c-à-d. la façon dont il classe les paniers de consommation; donc, pour représenter les goûts d’un consom, il suffit donc que cette fonction respecte le préordre du consom considéré (c-àd la façon dont il classe …) sur l’ensemble des paniers de consom possibles. Ainsi, si le consommateur préfère le panier A au panier B, la fonction U(.) associée devra attribuer une valeur réelle plus grande à A qu’à B, et ceci quels que soient A et B; sous certaines hyp, une telle fonction existe ( théo de Arrow).
Mais, bien sûr, toute fonction croissante de U sera aussi une fonction d’utilité car elle classe les paniers A et B de la même façon que U.
Mais alors, dans le critère de Pareto, je peux remplacer chaque fonction d’utlité par n’importe quelle fonction croissante de cette fonction, et pas nécessairement la même pour chaque consom, tout en respectant le préordre de chacun d’entre eux.
En éco, on dit alors que l’on est dans le cadre de la représentation « ordinale » des goûts des consom; d’autres hyp plus restrictives peuvent être faites ( voir Sen ).
Ainsi, dans ce cadre ordinal, les coefficients des fonctions d’utilité dans le calcul de l’OP qui sont censés représenter le poids (objectif ou subjectif) que l’on accorde à chaque consom. n’ont aucun sens économique, puisque , par ex, si U( ) est une fonction d’utilité pour un consom, je peux la remplacer par 5.U( ) dans le critère de Pareto.
On dit alors qu’il y a « non comparabilté des utilités ».
Il est donc évident que, dans ce cadre, on ne peut introduire aucune notion de justice sociale en modifiant les « poids » (coefficients) attribués à chaque consom.
Pour des hyp plus restrictives qui permettent d’introduire des comparaisons entre utilités, voir Sen.
Mais alors, à quoi sert le critère de Pareto ?
Simplement et SELEMENT à dire que tout système éco qui parvient à une allocation qui correspond à n’importe quel l’OP est EFFICACE .
Il n’est donc pas question ici de justice sociale.
L’équilibre conc, sous de nombreuses hyp ( concurrence pure et parfaite) y parvient (théo 1 de l’éco du bien être) , mais il y a d’autres systèmes éco aussi, par exemple une éco centralisée ou le planificateur aurait des infos complètes sur les utilités ( ce qui n’est pas réaliste bien entendu, mais pas plus irréaliste que la « concurrence pure et parfaite » ).
Donc, la critique la plus sévère de l’équilibre conc et du « laisser faire »est de remarquer que ces hyp ( conc pure et parfaite ) ne sont pas réalistes pour de nombreux marchés et de démontrer que , dans ce cas (c-àd si l’on supprime ces hyp irréalistes) , il faut réguler ces marchés car ils sont inefficaces et ne conduisent PAS à des OP, ce qui fait sauter au plafond tous les ultra-libéraux qui bien souvent ignorent ou font mine d’ignorer ces théories qui, je le répètent datent quand même de plus 30 ans et se développent encore aujourd’hui.
Mais, si l’on veut introduire en plus, des notions de justice sociale, il faut alors faire des hyp supplémentaires d’intercomparabilité des utilités( voir Sen).
Cette discussion devient alors très intéressante , mais aussi très technique.
le 29 mars 2014 à 03:33
Ce qui joue un rôle considérable serait plutôt la banque centrale et le fait que les anglais aient leur propre monnaie et non l’euro, ce qui permet à la banque centrale d’avoir une vraie politique monétaire. Quant à la City,un de ses rôles majeurs est de planquer l’argent dans les paradis fiscaux,ce qui ne peut que favoriser l’éco anglaise comme chacun s’en doute
le 29 mars 2014 à 15:53
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