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Timestamp: 2017-08-20 23:00:45+00:00
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Matched Legal Cases: ['§9', '§25', '§12', '§14', '§17', '§21', '§24', '§34', '§41', '§ 45']

Caristas in veritate : le défi lancé aux économistes (1) par Jean-Yves Naudet - l'enseignement social chrétien
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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 06:25
Réflexions sur l’encyclique « Caritas in Veritate »
LE DEFI LANCE AUX ECONOMISTES
-le débat charité/justice, déjà entamé dans Deus caritas est : « toute société élabore un système propre de justice. La charité dépasse la justice, parce qu’aimer c’est donner, offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c'est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas « donner » à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice » (...) « La charité exige la justice (…) La charité dépasse la justice » : tout un programme à l’heure de la solidarité, de l’Etat providence, du don, de la gratuité, de l’obligatoire et du volontaire.
-la mondialisation, sujet au cœur de l’actualité : « Le risque de notre époque réside dans le fait qu’à l’interdépendance déjà réelle entre les hommes et les peuples, ne corresponde pas l’interaction éthique des consciences et des intelligences dont le fruit devrait être l’émergence d’un développement vraiment humain » (§9) : la mondialisation ne doit pas être seulement économique. Et elle pose des problèmes « d’affaiblissement des réseaux de protection sociale » (§25).
-dans le même esprit, Benoît XVI relance la réflexion de Paul VI (Populorum progressio) sur les liens nécessaires entre « un développement intégral de l’homme » et « le développement solidaire de l’humanité » : le développement concerne l’homme tout entier, pas seulement « le pain », puisque « l’homme ne vit pas seulement de pain ».
-la parfaite continuité de la doctrine sociale : « Il n’y a pas deux typologies différentes de doctrine sociale, l’une préconciliaire et l’autre postconciliaire, mais un unique enseignement cohérent et un même temps toujours nouveau » (§12) : on retrouve une idée de Rerum novarum : les mêmes principes face aux choses nouvelles.
-la critique de « l’idéologie technocratique » (§14) : cette idée –fausse- que seule la technique compte dans le développement se retrouve du marxisme à l’utilitarisme.
-le lien indissociable entre développement et liberté : « Le développement humain intégral suppose la liberté responsable de la personne et des peuples : aucune structure ne peut garantir ce développement en dehors et au-dessus de la responsabilité humaine » (§17) « Le développement ne peut être intégralement humain que s’il est libre ; seul un régime de liberté responsable lui permet de se développer de façon juste ». Il y a donc une réflexion à mener sur le bon usage de la liberté et sur le lien liberté-vérité.
-« Le profit est utile si, en tant que moyen, il est orienté vers un but qui lui donne un sens relatif aussi bien à la façon de la créer que de l’utiliser » (§21): oui au profit, pas à n’importe quel prix, ni pour n’importe quoi.
-la réflexion sur le nouveau rôle des Etats dans un contexte de mondialisation : « Ce nouveau contexte a modifié le pouvoir politique des Etats » (§24).
-« A la liste des domaines où se manifestent les effets pernicieux du péché, s’est ajouté depuis longtemps déjà celui de l’économie » (§34) : on pense aux « structures de péché » selon Jean-Paul II.
-on notera des interrogations très fortes sur le rôle de l’entrepreneur dans les grandes sociétés, mais aussi, ce qui est beaucoup plus novateur, le fait qu’aujourd’hui « l’entreprenariat doit être compris de façon diversifiée (.. .) : il est bon qu’à tout travailleur soit offerte la possibilité d’apporter sa contribution propre de sorte que lui-même sache travailler à son compte » (§41). Comme le disait Paul VI, « tout travailleur est un créateur » : nous devons donc tous pouvoir devenir comme des entrepreneurs.
-enfin, rappel essentiel : « pour fonctionner correctement, l’économie a besoin de l’éthique » (§ 45), mais pas d’une fausse éthique dont on abuse aujourd’hui comme argument de marketing : l’éthique ne peut être « un étiquetage extérieur ».
Professeur à l’Université Paul Cézanne (Aix-Marseille III)
Président de l’Association des économistes catholiques
Vice-président de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien
(1) Article publié dans l’Osservatore Romano, Edition en langue française, N° 29 du 21 juillet 2009
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