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Timestamp: 2016-10-24 07:02:16+00:00
Document Index: 131297631

Matched Legal Cases: ['art. 336', 'art. 57', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 59', 'art. 43', 'art. 43', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 4', 'art. 335', 'art. 333', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 336', 'art. 64', 'art. 64', 'art. 8', 'art. 324', 'art. 336', 'art. 319', 'art. 102', 'art. 82', 'ATF ', 'art. 324', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 324', 'art. 335', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 335', 'art. 335', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 119', 'art. 119', 'art. 119', 'ATF ', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 119', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 119', 'art. 119', 'art. 324', 'art. 119', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 324', 'art. 24', 'art. 115', 'ATF ', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 169', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 41', 'art. 321', 'art. 43', 'ATF ', 'art. 44', 'art. 4', 'ATF ', 'art. 321', 'art. 99', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 321', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 321', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 323', 'ATF ', 'art. 343', 'art. 156', 'art. 159', 'art. 159']

4C.155/2006 (23.10.2006)
4C.155/2006 /ech
MM. et Mmes les Juges Corboz, Pr�sident, Klett, Rottenberg Liatowitsch, Favre et Mathys.
d�fenderesse et recourante principale, repr�sent�e
par Me Yves Donzallaz,
demandeur, intim� et recourant par voie de jonction, repr�sent� par Me St�phane Riand.
contrat de travail; transfert d'entreprise; incapacit� de travail pendant le d�lai de cong�; dommage caus� par le travailleur,
recours en r�forme contre le jugement de la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais du 5 avril 2006.
B.________ exploitait, en raison individuelle, une entreprise de serrurerie et de constructions m�talliques. Par contrat du 2 d�cembre 1967, il a engag� A.________ , d�s le 1er f�vrier 1968, en qualit� de chef technique du d�partement de charpentes m�talliques; l'employ� �tait charg� des offres, projets, calculs statiques, devis, plans d'ex�cution, surveillance des travaux en usine et montage, ainsi que des contacts avec la client�le, en �troite collaboration avec la direction et le personnel responsable. Les parties ont notamment convenu du principe du versement d'une gratification annuelle, variant selon le r�sultat de l'exercice mais s'�levant � un mois de salaire au maximum. Le contrat instituait un d�lai de cong� de trois mois; il pr�cisait que les �assurances accidents, maladies, allocations familiales et vacances [�taient] celles pr�vues par le contrat collectif MSV�.
Le 26 f�vrier 1988, la soci�t� Y.________ SA, a �t� constitu�e. Elle a repris les activit�s de l'entreprise individuelle; C.________ est administrateur de la soci�t�. A.________ a travaill� d�s lors pour la nouvelle soci�t� anonyme, dont la raison sociale est Z.________ SA depuis le 12 octobre 1998. Il r�sultait du nouveau contrat que le travailleur b�n�ficiait des prestations sociales servies jusqu'alors.
A la fin des ann�es 1990, les relations de A.________ avec plusieurs coll�gues et C.________ se sont d�t�rior�es. En 2000, Z.________ SA a mandat� une soci�t� active dans le conseil en organisation et en gestion d'entreprise; celle-ci a constat� que le �poste [de A.________ ] co�tait tr�s cher � l'entreprise�.
X.________ S�rl, fond�e le 1er octobre 1997, a pour but l'acquisition et l'exploitation d'immeubles et d'entreprises agricoles, ainsi que la transformation et la vente de produits issus de cette exploitation; par ailleurs, elle �tablit et r�alise des projets en mati�re de constructions m�talliques. C.________ est associ�-g�rant de la soci�t� � responsabilit� limit�e. A la suite d'une restructuration interne, A.________ a travaill�, d�s le 1er janvier 2001, pour X.________ S�rl, en qualit� de directeur du secteur de charpentes m�talliques. Au moins quatre autres employ�s de Z.________ SA ont pass� au service de X.________ S�rl � partir du 1er janvier 2001, sans que leurs t�ches aient �t� modifi�es. Occasionnellement, X.________ S�rl a mis A.________ � disposition de Z.________ SA.
Le 30 avril 2001, Z.________ SA a constat� les �mauvais r�sultats engendr�s par le secteur de charpente m�tallique lors des exercices 1999 et 2000�; elle a invit� A.________ � justifier les pertes sur plusieurs chantiers. S'agissant plus particuli�rement du chantier R.________ , A.________ a r�pondu, le 18 mai 2001, que la perte estim�e � 174'500 fr. r�sultait de l'ex�cution d'un couvert de voitures; il en a attribu� la responsabilit� � l'un de ses coll�gues, qui aurait �tabli des offres suppl�mentaires sans le consulter.
Par lettre du 21 septembre 2001, X.________ S�rl a r�sili� le contrat de travail pour le 30 novembre 2001. A.________ a travaill� jusqu'� cette date.
En 2001, le salaire mensuel brut de A.________ s'�levait � 10'418 fr.20. En octobre et novembre 2001, X.________ S�rl a d�duit du revenu vers� � son collaborateur les montants de 4'572 fr.90 et 5'128 fr.10 �afin de compenser tr�s partiellement les pertes que celui-ci avait fait subir � la soci�t� Z.________ SA�. Pour la m�me raison, elle a r�duit la �gratification/13�me salaire� d'un montant de 4'745 fr.75; cette prestation, calcul�e au taux de 8,33% du salaire brut annuel, devait se monter � 9'546 fr.20.
Le 21 d�cembre 2001, le Dr D.________ , m�decin traitant de A.________ , a attest� d'une incapacit� de travail de son patient de 100% � partir du 12 d�cembre 2001. Une coronographie ex�cut�e � cette date avait mis en �vidence une maladie coronarienne tritronculaire. Le certificat a �t� remis � X.________ S�rl le 26 d�cembre 2001. A.________ a subi un quadruple pontage coronarien en date du 28 janvier 2002. L'incapacit� de travail � 100% a cess� le 31 mai 2002. Les 7 janvier et 27 mars 2002, le Dr D.________ a �tabli de nouveaux certificats, faisant �tat d'une incapacit� totale de travail de A.________ d�s le 28 novembre 2001.
A une date ind�termin�e, Z.________ SA a c�d� � X.________ S�rl �toutes pr�tentions qu'elle pourrait faire valoir� contre A.________ �pour dommages caus�s dans l'ex�cution de son travail�.
Par m�moire du 29 novembre 2002, A.________ a introduit contre X.________ S�rl une action tendant au paiement de 101'697 fr.50. Par la suite, il a amplifi� ses conclusions � un montant total de 128'283 fr.10, plus int�r�ts, qu'il d�composait ainsi:
- 30'537 fr.40 � titre de salaire jusqu'au 31 d�cembre 2001;
- 72'927 fr.40 � titre de salaires dus au sens des art. 336c al. 1 let. b et 336c al. 2 et 3 CO jusqu'au 31 juillet 2002;
- 2'002 fr. � titre de rectification de salaires jusqu'au 31 d�cembre 2001 (augmentation de l'indice des prix � la consommation);
- 10'572 fr. � titre de gratification pour 2001;
- 6'167 fr. � titre de gratification pour 2002;
- 6'077 fr.30 � titre de treizi�me salaire pour 2002.
A titre principal, X.________ S�rl a conclu au rejet de la demande. Au cas o� les pr�tentions du demandeur seraient fond�es, elle invoquait, subsidiairement, la compensation � due concurrence avec �la cr�ance en dommages-int�r�ts de X.________ S�rl�.
En cours de proc�dure, une expertise a �t� confi�e � E.________ , ma�tre serrurier-constructeur, afin, en substance, qu'il analyse le comportement professionnel de A.________ et ses cons�quences dans le cadre des chantiers R.________ , S.________ , T.________ et U.________ .
Par jugement du 5 avril 2006, la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais a condamn� X.________ S�rl � payer � A.________ le montant net de 14'446 fr.75 avec int�r�ts � 5% d�s le 1er janvier 2002 et le montant brut de 54'210 fr.10 avec int�r�ts � 5% d�s le 1er ao�t 2002, sous d�duction du montant de 17'156 fr.70 avec int�r�ts � 5% d�s le 1er juillet 2002. Il �tait pr�cis� que X.________ S�rl paierait aux organes concern�s les charges sociales calcul�es sur le montant brut de 54'210 fr.10.
X.________ S�rl interjette un recours en r�forme. Elle conclut � la r�forme du jugement cantonal en ce sens que les pr�tentions de A.________ sont enti�rement rejet�es. Au cas o� les pr�tentions du demandeur seraient reconnues fond�es, elle invoque la compensation avec la cr�ance en dommages-int�r�ts qui lui a �t� c�d�e.
A.________ propose le rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�. Il exerce par ailleurs un recours joint, dans lequel il conclut � la r�forme du jugement cantonal, reprend ses conclusions en paiement � hauteur de 128'283 fr.10 et demande que toutes autres ou plus amples conclusions soient rejet�es dans la mesure o� elles sont recevables.
X.________ S�rl conclut � l'irrecevabilit� du recours joint, subsidiairement � son rejet.
Parall�lement, X.________ S�rl exerce un recours de droit public.
Aux termes de l'art. 57 al. 5 OJ, il est sursis en r�gle g�n�rale � l'arr�t sur le recours en r�forme jusqu'� droit connu sur le recours de droit public. La jurisprudence d�roge toutefois � cet ordre de traitement dans des situations particuli�res, qui justifient l'examen pr�alable du recours en r�forme. Il en va notamment ainsi lorsque la d�cision sur le recours de droit public ne peut avoir aucune incidence sur le sort du recours en r�forme (ATF 123 III 213 consid. 1 p. 215; 122 I 81 consid. 1 p. 82/83; 120 Ia 377 consid. 1 p. 379), ce qui sera notamment le cas lorsque le recours en r�forme appara�t irrecevable (ATF 117 II 630 consid. 1a p. 631) ou s'il para�t devoir �tre admis ind�pendamment des griefs soulev�s dans le recours de droit public (ATF 122 I 81 consid. 1; 120 Ia 377 consid. 1 et les arr�ts cit�s).
En l'esp�ce, le recours de droit public porte exclusivement sur l'existence du dommage subi par Z.________ SA � la suite du chantier R.________ . Cependant, la d�fenderesse n'invoque en compensation les dommages-int�r�ts dus par le travailleur que si la cr�ance du demandeur est fond�e. C'est dire que cette derni�re question doit �tre abord�e en priorit�. Or, elle ne fait l'objet que du recours en r�forme et du recours joint. De plus, il appara�t que le recours principal doit �tre admis partiellement, pr�cis�ment sur la mani�re dont la cour cantonale a ni� tout dommage en rapport avec le chantier R.________ . Dans ces conditions, il se justifie de traiter le recours principal et le recours joint avant le recours de droit public.
2.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires, et dirig� contre une d�cision finale rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours principal est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ). Il en va de m�me du recours joint (art. 59 al. 1, 2 et 3 OJ).
2.2 Le recours en r�forme est ouvert pour violation du droit f�d�ral (art. 43 al. 1 OJ). Il ne permet en revanche pas d'invoquer la violation directe d'un droit de rang constitutionnel (art. 43 al. 1 2e phrase OJ), ni la violation du droit cantonal (ATF 127 III 248 consid. 2c et les arr�ts cit�s).
2.3 Au surplus, la juridiction de r�forme ne peut aller au-del� des conclusions des parties; en revanche, elle n'est li�e ni par les motifs d�velopp�s dans les �critures (art. 63 al. 1 OJ; ATF 128 III 411 consid. 3.2.2 p. 415), ni par l'argumentation juridique suivie par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 130 III 136 consid. 1.4 p. 140; 128 III 22 consid. 2e/cc; 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a).
Selon le jugement attaqu�, Z.________ SA a transf�r� � la d�fenderesse, au 1er janvier 2001, une partie de son entreprise, dans laquelle le demandeur travaillait. Conform�ment � l'art. 333 al. 1 CO, les rapports de travail ont donc pass� automatiquement � la d�fenderesse. Un tel transfert impliquait notamment que les ann�es pass�es au service du pr�c�dent employeur �taient prises en compte dans le calcul de la dur�e des rapports de travail, d�terminante pour fixer le d�lai de r�siliation. La cour cantonale a constat� � cet �gard qu'en septembre 2001, le demandeur avait oeuvr� plus de treize ans au service de Z.________ SA, puis de la d�fenderesse. Au-del� de la neuvi�me ann�e de service, l'art. 4 ch. 4 de la convention collective de travail de la construction m�tallique du canton du Valais 1999-2001 (CCTCM), applicable en l'esp�ce, pr�voyait un d�lai de cong� de trois mois, identique � celui de l'art. 335c al. 1 CO. Ind�pendamment de la maladie du travailleur survenue depuis lors, le cong� signifi� le 21 septembre 2001 ne pouvait donc prendre effet que le 31 d�cembre 2001.
3.1 Dans son recours, la d�fenderesse ne conteste pas le transfert d'entreprise en tant que tel. Se fondant sur une jurisprudence genevoise, elle pr�tend toutefois que le transfert des rapports de travail d'un cadre, comme le demandeur, suppose l'accord expr�s de l'acqu�reur; or, un tel agr�ment ferait d�faut en l'esp�ce. Le contrat de travail liant le demandeur � Z.________ SA n'aurait ainsi pas �t� repris par la d�fenderesse au 1er janvier 2001, mais un nouveau contrat aurait �t� conclu � cette date. Le d�lai de r�siliation ne serait alors que d'un mois, de sorte qu'il aurait �t� �chu avant que le demandeur ne se trouve en incapacit� de travail pour cause de maladie.
3.2 L'art. 333 CO a �t� modifi� partiellement le 17 d�cembre 1993, avec effet au 1er mai 1994, principalement dans le but d'accro�tre la protection des travailleurs et le maintien de leurs droits en cas de transfert d'entreprise, tout en rendant cette disposition compatible avec le droit europ�en (ATF 129 III 335 consid. 5.1 p. 341). Contrairement � la solution pr�valant sous l'ancien droit, les rapports de travail existant au moment du transfert d'entreprise passent automatiquement � l'acqu�reur, m�me contre le gr� de ce dernier (ATF 132 III 32 consid. 4.2.1 p. 38; 129 III 335 consid. 5.1 p. 341; 127 V 183 consid. 4d p. 187; 123 III 466 consid. 3b p. 468).
Dans l'arr�t du 24 juin 1999 auquel la d�fenderesse se r�f�re (reproduit in JAR 2000, p. 185), la Chambre d'appel des prud'hommes du canton de Gen�ve a jug� toutefois que certains postes de travail, comme ceux occup�s par des cadres, �chappaient au principe du transfert automatique selon l'art. 333 al. 1 CO, un accord expr�s de l'acqu�reur �tant alors n�cessaire pour la reprise de ces contrats de travail (p. 187). A l'appui de son opinion, la cour genevoise cite deux avis de doctrine (Manfred Rehbinder, Berner Kommentar, n. 4 ad art. 333 CO; Bernard Holdermann, Der �bergang des Arbeitsverh�ltnisses nach schweizerischem Recht, in ArbR, Mitteilungen des Instituts f�r schweizerisches Arbeitsrecht 1991, p. 41).
Il suffit de relever � ce sujet que les auteurs en question analysaient l'ancien art. 333 CO, qui soumettait le transfert des rapports de travail au consentement de l'acqu�reur de l'entreprise. Si l'exigence d'un accord expr�s de l'acqu�reur pouvait alors se d�fendre pour la reprise des contrats des cadres, une telle condition n'a plus de sens sous le nouveau droit, qui pr�voit un transfert automatique des rapports de travail, sans distinction selon la position hi�rarchique du travailleur.
Le premier moyen de la d�fenderesse est manifestement mal fond�.
Se fondant sur le certificat du 21 d�cembre 2001 �tabli par le Dr D.________ , la cour cantonale a retenu que le demandeur �tait totalement incapable de travailler � partir du 12 d�cembre 2001, soit vingt jours avant l'�ch�ance du d�lai de r�siliation au 31 d�cembre 2001. Au terme de l'incapacit� de travail, le 31 mai 2002, le d�lai a recommenc� � courir durant vingt jours; le terme des rapports de travail a ensuite �t� report� au 30 juin 2002, en application de l'art. 336c al. 3 CO.
4.1 Dans son recours joint, le demandeur fait valoir que le contrat de travail a pris fin le 31 juillet 2002. Invoquant l'art. 64 al. 2 OJ, il demande au Tribunal f�d�ral de rectifier la date du d�but de la suspension du d�lai de cong� sur la base des certificats m�dicaux des 7 janvier et 27 mars 2002, qui faisaient �tat d'une incapacit� de travail totale � partir du 28 novembre 2001.
4.2 Contrairement � ce que le demandeur soutient, l'art. 64 al. 2 OJ ne permet pas au Tribunal f�d�ral de corriger l'�tat de fait cantonal, mais uniquement de le compl�ter sur un point secondaire.
Cela �tant, il incombe au salari�, conform�ment � l'art. 8 CC, d'apporter la preuve d'un emp�chement de travailler au sens de l'art. 324a CO. En cas de maladie ou d'accident, le travailleur aura le plus souvent recours � un certificat m�dical, lequel se d�finit comme un document destin� � prouver l'incapacit� de travailler d'un patient pour des raisons m�dicales (arr�t 4C.346/2004 du 15 f�vrier 2005, consid. 4.1 et les r�f�rences).
En l'esp�ce, le demandeur a produit trois certificats m�dicaux, �tablis par le m�me m�decin; le premier divergeait des deux autres � propos de la date du d�but de l'incapacit� de travail. Apr�s avoir analys� ces documents, les explications du Dr D.________ , l'attitude du demandeur jusqu'� fin novembre 2001 ainsi que les t�moignages de ses coll�gues, la cour cantonale a retenu que seul le premier certificat, attestant d'une incapacit� totale d�s le 12 d�cembre 2001, refl�tait la r�alit�. Elle a proc�d� ainsi � une appr�ciation des preuves, qui ne peut pas �tre revue par la juridiction de r�forme, conform�ment aux principes rappel�s ci-dessus au consid�rant 2.2. Le grief soulev� par le demandeur est par cons�quent irrecevable.
Selon le jugement cantonal, le demandeur �tait en demeure de fournir sa prestation de travail entre le 1er et le 11 d�cembre 2001, puis � nouveau d�s le 1er juin 2002, apr�s son r�tablissement, jusqu'au 30 juin 2002, date de la fin des rapports de travail. Faute d'avoir jamais offert ses services, le travailleur n'a pas droit � un salaire durant ces p�riodes.
5.1 Dans son recours joint, le demandeur conteste s'�tre trouv� en demeure. A son avis, toute proposition de sa part de reprendre son emploi aurait immanquablement �t� rejet�e par la d�fenderesse.
5.2 La prolongation des rapports de travail sur la base de l'art. 336c al. 2 CO ne modifie pas les droits et obligations des parties. Le travailleur doit fournir sa prestation d�s qu'il a recouvr� sa capacit� de travail alors que l'employeur reste tenu de payer le salaire (art. 319 al. 1 CO). S'il n'ex�cute pas sa prestation de travail sans �tre emp�ch� par un motif reconnu, le travailleur est en demeure (art. 102 ss CO) et l'employeur peut alors refuser de payer le salaire (art. 82 CO; ATF 132 III 406 consid. 2.6 p. 412/413; 115 V 437 consid. 5a p. 444). De m�me, les r�gles sur la demeure de l'employeur sont applicables. S'il emp�che par sa faute l'ex�cution du travail ou se trouve en demeure de l'accepter pour d'autres motifs, l'employeur doit payer le salaire sans que le travailleur doive encore fournir sa prestation (art. 324 al. 1 CO). La demeure de l'employeur suppose en principe que le travailleur ait clairement offert ses services (ATF 115 V 437 consid. 5a p. 444; arr�t 4C.189/2005 du 17 novembre 2005, consid. 3.3; arr�t 4C.230/2005 du 1er septembre 2005, consid. 3.1; arr�t 4C.331/2001 du 12 f�vrier 2002, consid. 4b; arr�t 4C.383/1991 du 23 octobre 1992, consid. 3c, reproduit in SJ 1993, p. 365). Le travailleur ayant recouvr� sa capacit� de travail ne peut toutefois se voir reprocher de n'avoir pas offert ses services lorsque l'employeur l'a lib�r� de l'obligation de travailler jusqu'au terme du d�lai de cong� (ATF 118 II 139 consid. 1a p. 140 et les r�f�rences; arr�t 4C.66/1994 du 20 juillet 1994, consid. 3b, reproduit in SJ 1995 p. 801) ou lorsqu'il n'aurait de toute mani�re pas accept� la prestation de travail offerte (arr�t pr�cit� du 1er septembre 2005, consid. 4; arr�t pr�cit� du 12 f�vrier 2002, consid. 4c; cf. Gabriel Aubert, Commentaire romand, n. 3 ad art. 324 CO et n. 6 ad art. 335c CO). Au surplus, le travailleur ne peut en principe se pr�valoir de sa m�connaissance de la loi pour justifier une absence d'offre de services, l'employeur n'ayant, en r�gle g�n�rale, pas l'obligation d'informer l'employ� sur ses droits en mati�re de protection contre les licenciements (ATF 115 V 437 consid. 6d p. 446/447; arr�t pr�cit� du 1er septembre 2005, consid. 3.3; arr�t pr�cit� du 23 octobre 1992, consid. 3d). La question demeure toutefois ouverte de savoir si, en vertu du principe de la bonne foi ou de son obligation de diligence, l'employeur n'assume pas un devoir d'information lorsqu'il se rend compte ou devrait se rendre compte de l'erreur du travailleur, tout en �tant conscient que celui-ci subira un pr�judice irr�parable en ne faisant pas valoir les droits d�coulant de la protection contre les cong�s (ATF 115 V 437 consid. 6b p. 447; arr�t pr�cit� du 1er septembre 2005, consid. 3.3; arr�t pr�cit� du 12 f�vrier 2002, consid. 4c).
Selon l'arr�t pr�cit� du 1er septembre 2005, les m�mes principes s'appliquent lorsque le contrat est r�sili� dans un d�lai plus court que le d�lai l�gal ou contractuel et que le terme est report� au moment o� le cong� devait normalement prendre effet (consid. 3.1; cf. �galement Aubert, op. cit., n. 6 ad art. 335c CO). Une pr�cision s'impose toutefois � cet �gard. Lorsque c'est l'employeur qui commet l'erreur au sujet du d�lai de r�siliation applicable, le principe de la bonne foi commande en effet de ne pas faire grief au travailleur d'avoir omis d'offrir ses services si celui-ci ignore que le d�lai appliqu� est trop court ou ne devait pas le savoir; dans ce cas-l�, l'employ� pourra donc pr�tendre � son salaire jusqu'� la fin des rapports de travail (Streiff/von Kaenel, Arbeitsvertrag, 6e �d., n. 7 ad art. 335 CO, p. 600).
5.3 En l'esp�ce, le demandeur n'a jamais offert ses services apr�s son d�part de l'entreprise, le 30 novembre 2001. Selon le jugement attaqu�, le travailleur n'a pas �tabli que l'employeur �avait renonc� � la prestation de travail�. La question d'une �ventuelle renonciation effective apr�s le 30 novembre 2001 ne se posait toutefois pas, d�s lors que la d�fenderesse avait elle-m�me r�sili� le contrat pour cette date. Cela �tant, il appartenait au demandeur de prouver que la d�fenderesse n'aurait de toute mani�re pas accept� une offre de services pr�sent�e d�but d�cembre 2001 ou d�but juin 2002. Or, aucune constatation dans ce sens ne figure dans le jugement entrepris. Lorsqu'il pr�tend, dans son recours joint, que la d�fenderesse aurait de toute fa�on rejet� une offre de services de sa part, le demandeur remet en cause, de mani�re irrecevable dans un recours en r�forme, l'�tat de fait �tabli souverainement par la cour cantonale (cf. arr�t pr�cit� du 1er septembre 2005, consid. 4).
Ind�pendamment de la survenance d'une incapacit� de travail � partir du 12 d�cembre 2001, la fin des rapports de travail �tait report�e du 30 novembre 2001 au 31 d�cembre 2001, le d�lai de r�siliation conventionnel �tant plus long que celui appliqu� par erreur par l'employeur. Dans ces conditions, le demandeur se trouvait-il en demeure entre le 1er et le 11 d�cembre 2001, faute d'avoir offert ses services durant cette p�riode? En d�cembre 2001, le travailleur a d�clar� au Dr D.________ qu'il devrait chercher un emploi d�s janvier 2002 ou s'adresser � l'assurance-ch�mage. C'est donc qu'il savait que le contrat de travail le liant � la d�fenderesse �tait en vigueur au moins jusqu'� fin d�cembre 2001. Par la suite, le demandeur a d'ailleurs express�ment dit � son m�decin que les rapports de travail s'�tendaient jusqu'au 31 d�cembre 2001. En outre, d�s novembre 2001, le travailleur �tait repr�sent� par son pr�c�dent avocat; ce dernier devait savoir, ou en tout cas se douter s�rieusement, que le d�lai de cong� applicable en l'esp�ce �tait de trois mois. Dans ces conditions, le demandeur ne saurait invoquer le principe de la bonne foi pour justifier l'absence d'offre de travail d�but d�cembre 2001. A cette �poque, il �tait bel et bien en demeure. Il ne peut d�s lors pr�tendre � son salaire pour la p�riode pr�c�dant son incapacit� de travail.
Le demandeur a recouvr� sa capacit� de travail le 1er juin 2002 et les rapports de travail ont �t� prolong�s jusqu'au 30 juin 2002. D�s son r�tablissement, le travailleur devait offrir ses services � son employeur. Comme aucun motif ne le dispensait d'effectuer une telle d�marche, le demandeur �tait en demeure et n'a ainsi pas droit � son salaire pour juin 2002.
Pour la p�riode correspondant � l'incapacit� de travail totale du demandeur, la cour cantonale a accord� � celui-ci un montant de 54'210 fr.10 sur la base de l'art. 324a al. 1 et 4 CO.
6.1 Selon la d�fenderesse, l'art. 324a CO n'est pas applicable lorsque, comme en l'esp�ce, l'employeur (recte: le travailleur) est en demeure au moment o� il devient incapable de travailler pour cause de maladie. Le demandeur ne saurait d�s lors pr�tendre � une r�mun�ration pour la p�riode comprise entre le 12 d�cembre 2001 et le 31 mai 2002. Au surplus, reconna�tre une telle pr�tention au travailleur reviendrait � consacrer un abus de droit. Au demeurant, la d�fenderesse est d'avis que l'indemnit� allou�e au demandeur doit �tre largement r�duite en raison du comportement du travailleur, qui aurait d�cid� de ne plus travailler pour son employeur d�j� avant la survenance de son incapacit�.
6.1.1 Lorsqu'un travailleur est emp�ch� sans sa faute de fournir le travail promis, il s'agit d'une impossibilit� qui entra�ne sa lib�ration, conform�ment � l'art. 119 al. 1 CO. Dans un contrat bilat�ral, le cocontractant est en principe �galement lib�r� de fournir la contrepartie de la prestation impossible (art. 119 al. 2 CO). Cette r�gle ne vaut cependant que si la loi ou le contrat ne met pas le risque � sa charge (art. 119 al. 3 CO; ATF 126 III 75 consid. 2c p. 78). Pour le contrat de travail, le probl�me du risque est r�gi sp�cialement par les art. 324a et 324b CO (m�me arr�t, consid. 2d, p. 78; Streiff/von Kaenel, op. cit., n. 5 ad art. 324a/b CO, p. 273). L'art. 324a al. 1 CO pr�voit que si le travailleur est emp�ch� de travailler, sans faute de sa part, pour des causes inh�rentes � sa personne - comme par exemple la maladie ou l'accomplissement d'une obligation l�gale -, l'employeur lui verse le salaire pour un temps limit�, y compris une indemnit� �quitable pour le salaire en nature perdu, dans la mesure o� les rapports de travail ont dur� plus de trois mois ou ont �t� conclus pour plus de trois mois.
Le Tribunal f�d�ral a d�j� eu l'occasion d'examiner le cas d'un travailleur qui �tait en demeure lors de la survenance d'un emp�chement de travailler au sens de l'art. 324a al. 1 CO. Il a qualifi� d'impossibilit� subs�quente sans faute (art. 119 al. 1 CO) l'incapacit� de fournir sa prestation dans laquelle se trouvait le travailleur accomplissant l'�cole de recrues; en cons�quence, l'obligation du d�biteur �tait �teinte et la demeure cessait, de sorte que l'employeur avait l'obligation de verser le salaire pendant le service militaire en vertu de l'art. 324a CO (arr�t pr�cit� du 12 f�vrier 2002, consid. 4b; cf. Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d., p. 695/696).
6.1.2 Les critiques de la d�fenderesse ne conduisent pas la cour de c�ans � remettre en cause cette jurisprudence. A l'appui de sa th�se, l'employeur invoque l'opinion de Pascal Pichonnaz, selon laquelle l'art. 324a CO ne constitue pas l'un des cas envisag�s � l'art. 119 al. 3 CO et d�rogeant � l'art. 119 al. 2 CO, mais une �d�rogation au principe de la d�pendance fonctionnelle du rapport d'�change� (JdT 2000 I p. 591); l'auteur diff�rencie en effet l'incapacit� d'agir, trait�e � l'art. 324a CO, de l'impossibilit� de l'art. 119 CO, soit de l'emp�chement d'ex�cuter une obligation pour une cause li�e au contenu de l'obligation (ibid., p. 590). A cet �gard, on ne voit pas en quoi cette distinction devrait amener le juge � refuser l'application de l'art. 324a CO � un travailleur en demeure. La d�fenderesse ne l'explique du reste pas. En effet, la demeure est un �tat de choses contraire au droit auquel il peut �tre mis fin (Engel, op. cit., p. 695; von Tuhr/Escher, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, tome II, 3e �d., p. 143, note de pied 68). L'emp�chement de fournir la prestation sans faute du d�biteur pour une cause inh�rente � sa personne est manifestement l'une des circonstances qui met un terme � la demeure du travailleur, que l'on consid�re cet emp�chement comme une impossibilit� subs�quente d'ex�cution ou comme une incapacit� d'agir.
Pour le surplus, il n'y avait rien d'abusif de la part du demandeur � remettre un certificat d'incapacit� de travail � la d�fenderesse en date du 26 d�cembre 2001 et � pr�tendre � une r�mun�ration pendant sa maladie, m�me s'il avait omis d'offrir ses services au d�but d�cembre 2001. Un abus � se pr�valoir des droits r�sultant de l'art. 324a CO peut d'autant moins �tre reproch� au travailleur que l'erreur dans le calcul du d�lai de r�siliation a �t� commise par l'employeur lui-m�me.
Enfin, il n'y a pas lieu en l'esp�ce de r�duire la pr�tention en raison d'une faute du travailleur. En effet, une telle faute n'entre en consid�ration dans le cadre de l'art. 324a CO que si elle est en rapport avec l'emp�chement de travailler (Streiff/von Kaenel, op. cit., n. 29 ad art. 324a/b CO, p. 309; Brunner/B�hler/Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3e �d., p. 111). Or, les circonstances dont la d�fenderesse se pr�vaut � cet �gard n'ont rien � voir avec l'�tat maladif du demandeur.
En conclusion, le moyen soulev� par la d�fenderesse en relation avec l'art. 324a CO est mal fond�.
6.2 Dans son recours joint, le demandeur calcule ses pr�tentions durant sa maladie sur la base d'un salaire mensuel brut de 10'418 fr.20. Pour sa part, la cour cantonale s'est fond�e sur l'art. 324a al. 4 CO et l'art. 24 CCTCM pour allouer au demandeur un montant repr�sentant le 80% du salaire durant les 60 premiers jours de maladie apr�s un d�lai de carence de deux jours, puis le 90% du salaire jusqu'au r�tablissement. Le demandeur se contente de reprendre les montants qu'il r�clamait en instance cantonale, sans �lever aucune critique sur le mode de proc�der adopt� par les juges valaisans. Faute de motivation, le grief est irrecevable.
Le demandeur pr�tend �galement au paiement de gratifications pour 2001 (10'572 fr.) et 2002 (6'167 fr.), ainsi qu'� un montant � titre d'adaptation du salaire au co�t de la vie (2'002 fr). Selon le jugement attaqu�, le poste �grat/13e� figurant sur les fiches de salaire repr�sente un treizi�me salaire, dont la cour cantonale a tenu compte dans le calcul de la r�mun�ration � verser pendant la maladie; en revanche, le demandeur n'a pas �tabli que la d�fenderesse lui versait, en sus, une r�tribution sp�ciale � titre de gratification. De m�me, apr�s avoir constat� que le salaire du demandeur devait �tre adapt� au co�t de la vie selon entente entre les parties et qu'il n'avait pas �t� syst�matiquement index� chaque ann�e, la cour cantonale a rejet� toute pr�tention � ce titre pour 2002, faute pour le demandeur d'avoir �tabli que les parties entendaient compenser le rench�rissement et, le cas �ch�ant, dans quelle mesure.
Pour autant que le demandeur puisse s'en prendre au raisonnement de la cour cantonale dans un recours en r�forme, son grief se borne � renvoyer, sans explication, au contrat de travail en vigueur avant le transfert des rapports de travail et repris par la d�fenderesse. L� aussi, la motivation du recours joint est insuffisante et, par cons�quent, le moyen est irrecevable.
La d�fenderesse a invoqu� en compensation des cr�ances en dommages-int�r�ts contre le demandeur, que Z.________ SA lui a c�d�es. La cour cantonale a rejet� toute pr�tention en rapport avec le chantier R.________ ; elle a jug� en effet que la d�fenderesse n'avait pas apport� les �l�ments d�montrant qu'un dommage �tait imputable aux pourparlers conduits, le cas �ch�ant, l�g�rement par le demandeur. Elle a admis en revanche que la responsabilit� du travailleur �tait engag�e pour les dommages subis par Z.________ SA sur les chantiers de S.________ , de T.________ et de U.________ . Pour fixer le montant des dommages-int�r�ts, les juges valaisans ont pris en consid�ration le risque professionnel, la gravit� moyenne des fautes commises, l'absence d'un contr�le instaur� par l'entreprise et le revenu plut�t appr�ciable du travailleur; ils ont �galement relev� que les trois projets en cause �taient relativement importants par rapport au chiffre d'affaires du secteur �charpentes m�talliques� de l'entreprise et que le dommage imput� au demandeur n'�tait pas �lev� �proportionnellement aux travaux adjug�s�. La moiti� du pr�judice fix� � 34'313 fr.40, soit 17'156 fr.70, a ainsi �t� mis � la charge du demandeur.
7.1 Dans son recours joint, le demandeur fait valoir que Z.________ SA a renonc� � d'�ventuelles cr�ances en dommages-int�r�ts en n'�mettant aucune pr�tention envers le travailleur lors du transfert des rapports de travail � la d�fenderesse. Cette derni�re ne disposerait ainsi d'aucune pr�tention � faire valoir sur la base de la cession.
7.1.1 Selon la jurisprudence, une renonciation de l'employeur � une cr�ance en dommages-int�r�ts contre un travailleur ne peut �tre admise que si, en application des principes g�n�raux sur la formation des contrats, l'attitude des parties, interpr�t�e selon la th�orie de la confiance, peut �tre comprise dans le cas particulier comme une remise de dette conventionnelle (art. 115 CO; ATF 110 II 344 consid. 2b p. 345). Ainsi, en r�gle g�n�rale, l'employeur qui omet de faire valoir avant la fin des rapports de travail des pr�tentions connues dans leur principe ou leur quotit� adopte un comportement qui peut �tre compris par le travailleur comme une renonciation � la cr�ance par actes concluants. Le silence de l'employeur n'est toutefois pas d�terminant lorsque ce dernier n'a pas connaissance de la cr�ance, du moins dans son principe, ou lorsqu'il n'a pas la possibilit� de manifester son intention au travailleur avant la fin des rapports de travail (m�me arr�t, consid. 2b, p. 346 et les r�f�rences; Streiff/von Kaenel, op. cit., n. 14 ad art. 321e CO, p. 185/186; Aubert, op. cit., n. 8 ad art. 321e CO). Le fardeau de la preuve des faits permettant d'admettre une renonciation de la part de l'employeur appartient au travailleur (m�me arr�t, consid. 2b, p. 346).
7.1.2 Le comportement � prendre en compte en l'esp�ce est celui de Z.________ SA (cf. art. 169 al. 1 CO).
Le demandeur �tait encore salari� de cette entreprise lorsqu'il a r�dig� les soumissions � l'intention de R.________ AG, le 28 janvier 2000, puis n�goci� l'offre ayant conduit � l'adjudication des travaux de charpente et d'enveloppe du chantier � Z.________ SA, le 8 juin 2000. Il est �tabli que l'entrepreneur a adress� la facture finale au ma�tre de l'ouvrage en date du 8 f�vrier 2001 et qu'il a exig� des explications du demandeur, notamment sur la perte enregistr�e sur le chantier R.________ , le 30 avril 2001. En revanche, il ne ressort pas de l'�tat de fait cantonal que l'employeur connaissait l'existence d'une telle perte avant le transfert des rapports de travail, le 1er janvier 2001. Faute d'avoir apport� les preuves n�cessaires � ce sujet, le demandeur ne saurait, en tout �tat de cause, se pr�valoir du silence de l'ancien employeur lors du transfert d'entreprise et en d�duire une renonciation de sa part � toute pr�tention en dommages-int�r�ts relative au chantier R.________ .
Les trois autres cr�ances en dommages-int�r�ts en cause concernent des chantiers r�alis�s en 2001, apr�s le transfert d'entreprise; la d�fenderesse avait alors mis le demandeur � disposition de Z.________ SA, locataire de services. D�s lors que le transfert des rapports de travail est ant�rieur aux chantiers en question, l'attitude de l'ancien employeur � ce moment-l� ne saurait �tre d�terminante. Au surplus, aucun �l�ment du jugement attaqu� ne laisse supposer que, par la suite, Z.________ SA aurait adopt� un comportement susceptible d'�tre compris par le travailleur, selon le principe de la confiance, comme une renonciation aux cr�ances pr�cit�es. Le moyen soulev� par le demandeur doit d�s lors �tre rejet�.
7.2 Le demandeur invoque �galement un abus de droit de la part de la d�fenderesse.
7.2.1 Opposer en compensation une cr�ance c�d�e ne constitue pas, ipso facto, un abus de droit. Ce n'est que dans des circonstances particuli�res qu'une exception de compensation relative � une cr�ance c�d�e pourra appara�tre comme abusive; il en ira ainsi, par exemple, si le cr�ancier parvient � d�montrer un int�r�t digne de protection � obtenir un paiement en esp�ces (arr�t 4C.96/2002 du 1er juillet 2002, consid. 1 et les r�f�rences).
7.2.2 En l'esp�ce, le demandeur se contente d'affirmer qu'il est abusif pour un employeur de se pr�valoir de fautes professionnelles pr�tendument commises par le travailleur au service d'une autre entit� juridique. Il ne d�veloppe pas son argumentation et ne fait valoir aucune autre circonstance propre � faire appara�tre la compensation comme abusive en l'esp�ce. Pour autant qu'il soit recevable, le grief est mal fond�.
7.3 Invoquant une mauvaise application de l'art. 321e CO, la d�fenderesse critique les �l�ments pris en compte par la cour cantonale pour r�duire de moiti� le montant des dommages-int�r�ts mis � la charge du demandeur. A suivre la d�fenderesse, ni le volume d'affaires trait�, ni la gravit� moyenne de la faute ne constituent des facteurs de r�duction; par ailleurs, les erreurs de calcul reproch�es au demandeur ne sont pas la r�alisation d'un risque professionnel; enfin, un d�faut de surveillance de la part de l'employeur n'avait pas � entrer en consid�ration d�s lors que le demandeur, en qualit� de chef et directeur technique du d�partement de charpentes m�talliques, occupait une position dirigeante dans l'entreprise.
7.3.1 Au pr�alable, il convient de relever que les dommages-int�r�ts dont le montant est critiqu� par la d�fenderesse ont �t� allou�s en rapport avec trois chantiers men�s en 2001, soit � une �poque o� le demandeur n'�tait plus li� � Z.________ SA par un contrat de travail, mais avait �t� �pr�t� � cette soci�t� par la d�fenderesse. Faute de contrat de travail, la responsabilit� du travailleur � l'�gard du locataire de services n'est pas r�gie directement par l'art. 321e CO. Cependant, selon des d�cisions cantonales, la relation entre le travailleur et l'entreprise locataire est de nature quasi-contractuelle (Kantonsgericht St. Gallen, 14 juin 1993, in RSJ/SJZ 91/1995 p. 455) ou rel�ve de rapports de travail indirects (Kantonsgericht Graub�nden, 23 janvier 2003, in JAR 2004 p. 509), de sorte que l'art. 321e CO serait tout de m�me applicable dans ce cas de figure (ibid.). Pour leur part, Streiff/von Kaenel sont d'avis que le travailleur r�pond en vertu des art. 41ss CO, tout en relevant qu'une telle aggravation de responsabilit� est probl�matique et que la question n'a pas �t� r�gl�e dans la loi f�d�rale du 6 octobre 1989 sur le service de l'emploi et la location de services (LSE; RS 823.11) (op. cit., n. 5 ad art. 321e CO, p. 176).
En ce qui concerne le point ici litigieux, soit l'�tendue de la r�paration, il y a lieu d'observer que l'art. 43 al. 1 CO, applicable en mati�re de responsabilit� tant d�lictuelle que contractuelle (ATF 127 III 453 consid. 8c p. 459), prescrit au juge de se prononcer d'apr�s les circonstances et la gravit� de la faute. De m�me, l'art. 44 al. 1 CO permet au juge de r�duire les dommages-int�r�ts, en particulier lorsque des faits dont la partie l�s�e est responsable ont contribu� � cr�er ou � augmenter le dommage. L'ampleur de la r�duction repose largement sur le pouvoir d'appr�ciation du juge au sens de l'art. 4 CC (ATF 128 III 390 consid. 4.5 p. 399; 127 III 453 consid. 8c p. 459 et l'arr�t cit�). Aux termes de l'art. 321e al. 2 CO, la mesure de la diligence incombant au travailleur se d�termine par le contrat, compte tenu du risque professionnel, de l'instruction ou des connaissances techniques n�cessaires pour accomplir le travail promis, ainsi que des aptitudes et qualit�s du travailleur que l'employeur connaissait ou aurait d� conna�tre. Selon la jurisprudence, ces circonstances peuvent �galement �tre prises en consid�ration pour d�terminer l'�tendue de la r�paration (art. 99 al. 3, art. 42 � 44 CO), le juge disposant � cet �gard d'un large pouvoir d'appr�ciation (ATF 110 II 340 consid. 6b p. 349; arr�t 4C.304/1993 du 21 f�vrier 1994, consid. 3a, reproduit in SJ 1995 p. 777). Il est admis par ailleurs que l'art. 321e al. 2 CO ne contient pas une liste exhaustive de facteurs de r�duction (Streiff/von Kaenel, op. cit., n. 3 ad art. art. 321e CO; Rehbinder, op. cit., n. 23 ad art. 321e CO), si bien que d'autres �l�ments peuvent intervenir.
En l'esp�ce, il s'agit d'appr�cier dans quelle mesure le dommage caus� au locataire de services peut �tre mis � la charge du travailleur �pr�t�, lequel �tait, par ailleurs, un ancien employ� de l'entreprise l�s�e. Le large pouvoir d'appr�ciation r�serv� au juge dans ce domaine lui permet assur�ment, dans un cas comme celui-ci, de se r�f�rer par analogie aux crit�res �num�r�s � l'art. 321e al. 2 CO.
C'est le lieu de rappeler que la juridiction de r�forme ne revoit qu'avec r�serve la d�cision d'�quit� prise en derni�re instance cantonale. Il intervient lorsque celle-ci s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, ou lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le, ou encore lorsqu'elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; il sanctionnera en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 131 III 12 consid. 4.2 p. 15; 130 III 182 consid. 5.5.2 p. 191; 128 III 390 consid. 4.5 p. 399 et les arr�ts cit�s).
7.3.2 Dans le cas particulier, il n'appara�t pas que la cour cantonale a outrepass� son pouvoir d'appr�ciation en mettant la moiti� du dommage � la charge du demandeur.
Certes, le fait que le dommage imputable au travailleur ne soit proportionnellement pas important par rapport aux montants des adjudications en jeu n'est pas n�cessairement une circonstance d�terminante. Mais, d'un autre c�t�, la cour cantonale a tenu compte, � la charge du demandeur, de son salaire relativement �lev�. Or, il est douteux qu'un tel �l�ment soit pertinent lorsqu'il s'agit de fixer les dommages-int�r�ts dus � l'entreprise locataire de services. De toute mani�re, ce crit�re n'entre en consid�ration que lorsque le montant du dommage est particuli�rement important (ATF 110 II 344 consid. 6c/ee p. 351), ce qui n'est pr�cis�ment pas le cas en l'esp�ce. En tout �tat de cause, la prise en compte du dommage par rapport au volume d'affaires est contrebalanc�e par la r�f�rence erron�e au montant du salaire.
Par ailleurs, l'importance de la faute intervient dans la d�termination de la r�paration, l'absence de faute grave permettant de r�duire les dommages-int�r�ts (ATF 110 II 344 consid. 6c/dd p. 351). Contrairement � ce que la d�fenderesse soutient, la cour cantonale pouvait d�s lors, dans son appr�ciation du montant de la r�paration, prendre en consid�ration le degr� moyen des fautes commises par le demandeur dans les trois chantiers en cause.
Le demandeur a commis des erreurs de calcul. Dans le chantier de S.________ , il a command� une quantit� excessive de tubes en acier inoxydable. Dans le chantier T.________ , il a surdimensionn� l'ossature m�tallique du b�timent. Dans le chantier U.________ , il s'est tromp� dans la surface de la toiture du centre commercial. Comme la cour cantonale le rel�ve � juste titre, l'activit� du demandeur exigeait de nombreux calculs, fond�s partiellement sur des appr�ciations. En pareil cas, le travailleur est expos� � commettre occasionnellement des erreurs, lesquelles r�alisent en partie un risque professionnel (ATF 110 II 344 consid. 6c/cc p. 350). L� �galement, le crit�re pris en compte par la cour cantonale est pertinent.
Enfin, l'attitude de Z.________ SA est un �l�ment que les juges valaisans pouvaient prendre en consid�ration. En effet, cette entreprise, qui avait occup� le travailleur jusqu'� r�cemment comme chef du d�partement de charpentes m�talliques, s'�tait d�j� plainte, avant les chantiers litigieux, d'erreurs commises par le demandeur en 1998, 1999 et 2000. Il lui appartenait donc d'exercer une surveillance sur l'activit� du travailleur pr�t� par la d�fenderesse. Sa situation est comparable � celle de l'employeur qui ne contr�le pas de mani�re ad�quate l'ex�cution du travail. N'ayant pris aucune mesure dans ce sens, Z.________ SA a couru un risque qu'il n'appara�t pas in�quitable de lui faire supporter en partie (cf. ATF 110 II 344 consid. 6c/cc p. 350; arr�t 4C.87/2001 du 7 novembre 2001, consid. 4b).
Sur le vu de ce qui pr�c�de, le grief tir� d'une mauvaise application de l'art. 321e al. 2 CO ne peut �tre que rejet�.
7.4 En dernier lieu, la d�fenderesse reproche � la cour cantonale d'avoir m�connu la notion juridique du dommage en rejetant la pr�tention en dommages-int�r�ts �lev�e en relation avec le chantier R.________ . A son avis, les juges valaisans ont confondu les notions de gain manqu� et de perte �prouv�e. Elle fait valoir que la conclusion m�me du contrat par le demandeur a fait subir une perte � Z.________ SA, comme l'expertise, fond�e sur les prix de revient, le d�montre; il �tait d�s lors absurde de la part des juges valaisans d'exiger de la d�fenderesse de prouver, de surcro�t, que le contrat aurait �t� tout de m�me conclu sans les rabais accord�s par le demandeur.
7.4.1 Selon la jurisprudence, le dommage r�side dans la diminution involontaire de la fortune nette; il correspond � la diff�rence entre le montant actuel du patrimoine du l�s� et le montant qu'aurait ce m�me patrimoine si l'�v�nement dommageable ne s'�tait pas produit (ATF 132 III 359 consid. 4 p. 366; 129 III 331 consid. 2.1 p. 332; 128 III 22 consid. 2e/aa p. 26; 127 III 73 consid. 4a). Il peut se pr�senter sous la forme d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de l'actif ou d'une non-diminution du passif (ATF 132 III 359 consid. 4 p. 366; 128 III 22 consid. 2e/aa p. 26; 127 III 543 consid. 2b). Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait qui ne peut �tre revue dans le cadre d'un recours en r�forme. En revanche, la juridiction de r�forme peut examiner si la notion juridique du dommage a �t� m�connue (ATF 132 III 359 consid. 4 p. 366; 130 III 145 consid. 6.2 p. 167; 129 III 18 consid. 2.4 p. 23).
7.4.2 Selon le jugement attaqu�, il appartenait � la d�fenderesse de d�montrer � quel prix - sup�rieur � celui n�goci� par le demandeur - elle (recte: Z.________ SA) aurait pu obtenir l'adjudication des travaux de la part de R.________ AG; faute d'�l�ments � ce sujet, le dommage imputable aux pourparlers conduits par le demandeur n'est pas �tabli. Ce faisant, la cour cantonale part de l'id�e que le pr�judice en cause est un gain manqu�, par non-augmentation d'un poste de l'actif.
Telle que r�sum�e dans la d�cision entreprise, l'expertise judiciaire, sur laquelle la d�fenderesse fonde sa pr�tention, ne se place pas sur ce plan-l�. En effet, l'expert a relev� que, hormis pour les vitrages, les escaliers et les portes sectionnelles, les prix des soumissions �tablies par le demandeur �taient bas, voire m�me, pour certains, inf�rieurs au prix de revient; apr�s le d�p�t des soumissions, le demandeur avait accept� de r�duire encore le montant de l'offre, de sorte qu'en d�finitive, le montant factur� au ma�tre de l'ouvrage �tait inf�rieur au prix de revient de la charpente et du bardage.
Comme la d�fenderesse pr�tendait que Z.________ SA avait d�pens�, pour l'ex�cution du contrat d'entreprise, plus que le prix convenu avec R.________ AG, le dommage invoqu� �tait une perte �prouv�e, par diminution d'un poste de l'actif.
Par cons�quent, la cour cantonale a m�connu la notion juridique du dommage en jugeant qu'un gain manqu� n'�tait pas d�montr�, alors qu'elle devait examiner si l'entrepreneur avait subi une perte effective � la suite de la conclusion par le demandeur d'un contrat comportant un rabais important. Le recours principal est fond� sur ce point. Il convient d�s lors d'annuler le jugement attaqu� et de renvoyer la cause � l'autorit� pr�c�dente. Il appartiendra aux juges valaisans d'�tablir si Z.________ SA a subi un dommage et, le cas �ch�ant, de calculer le montant de la perte �prouv�e, en admettant que le dommage �tait bien involontaire, c'est-�-dire que l'entreprise n'avait pas, pour une raison ou une autre, donn� consigne au demandeur de conclure l'affaire � tout prix. Si n�cessaire, la cour cantonale devra �galement examiner les autres conditions de la responsabilit� du demandeur, ainsi que l'application �ventuelle de l'art. 323b al. 2 CO n'autorisant la compensation que dans la mesure o� le salaire est saisissable.
Sur le vu de ce qui pr�c�de, le recours principal est admis partiellement et le recours joint est rejet� dans la mesure o� il est recevable; le jugement attaqu� est annul� et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
La valeur litigieuse, repr�sentant la pr�tention du demandeur � l'ouverture de l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41), d�passe le seuil de 30'000 fr. de sorte que la proc�dure n'est pas gratuite (art. 343 al. 2 et 3 CO). Vu le sort r�serv� aux recours, les frais judiciaires li�s au recours principal seront partag�s par moiti� et les frais du recours joint seront mis � la charge du demandeur (art. 156 al. 1 et 3 OJ). Les d�pens seront compens�s en tant qu'ils concernent le recours principal (art. 159 al. 3 OJ). Le demandeur versera des d�pens � la d�fenderesse pour sa r�ponse au recours joint (art. 159 al. 1 OJ).
Le recours principal est admis partiellement et le recours joint est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le jugement attaqu� est annul� et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Un �molument judiciaire de 3'500 fr. est mis par moiti� � la charge de chacune des parties.
Un �molument judiciaire de 4'500 fr. est mis � la charge du demandeur.
Le demandeur versera � la d�fenderesse une indemnit� de 5'500 fr. � titre de d�pens.