Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19950120-138830
Timestamp: 2017-01-24 19:19:42+00:00
Document Index: 22793103

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 15", "l'article 8", 'art. 15', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 10 / 7 ssr, 20 janvier 1995, 138830
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 138830Numéro NOR : CETATEXT000007851165 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1995-01-20;138830 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 21 avril 1992 et 1er juillet 1992 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés par Mme Saadia X..., née Y..., demeurant ... ; Mme X... demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement en date du 13 mars 1992 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 10 mars 1992 ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Vu le décret n° 81-405 du 28 avril 1981 ;
- les conclusions de Mme Denis-Linton, Commissaire du gouvernement ;Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ..... 2° - si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré ... " ; qu'il est constant que Mme X..., née Y..., de nationalité marocaine, était à la date de l'arrêté attaqué, dépourvue du titre de séjour mentionné ci-dessus, alors qu'elle était entrée en France depuis 1989 ; qu'il ressort des pièces du dossier que son époux, quoique ressortissant d'un Etat membre de la communauté européenne, ne rentrait dans aucune des catégories des bénéficiaires de la libre circulation des personnes et des services définies par le décret du 28 avril 1981 alors applicable ; qu'elle ne pouvait dès lors elle-même prétendre au droit au séjour en France ouvert en application de l'article 15 de ce décret aux conjoints des ressortissants communautaires remplissant les conditions prévues par ce même décret ; Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'existence de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure, qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ; qu'il résulte des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mme X... en France et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 10 mars 1992 ordonnant sa reconduite à la frontière n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; Considérant, en troisième lieu, que si Mme X... était enceinte à la date de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, l'intéressée ne justifie pas que son état de santé à la date de l'arrêté s'opposait à sa reconduite à la frontière ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police de Paris ait entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de Mme X... ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 mars 1992 ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Saadia X..., au préfet de police de Paris et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.Références : Décret 81-405 1981-04-28 art. 15Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 20 janvier 1995, n° 138830Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. PêcheurRapporteur public : Mme Denis-LintonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 / 7 ssrDate de la décision : 20/01/1995Fonds documentaire : Legifrance Haut de page