Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?highlight_docid=aza%3A%2F%2F26-10-2015-2C_913-2015&lang=de&type=show_document
Timestamp: 2018-03-19 18:54:42+00:00
Document Index: 43208219

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art. 50', 'arrêt ', 'art. 50', 'art. 83', 'art. 42', 'art. 50', 'art. 83', 'art. 50', 'art. 50', 'arrêt ', 'art. 109', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'arrêt ']

2C_913/2015 26.10.2015
2C_913/2015
représenté par Me Claude Brügger, avocat,
Refus de prolongation d'une autorisation de séjour et renvoi,
recours contre le jugement du Tribunal administratif du canton de Berne, Cour des affaires de langue française, du 8 septembre 2015.
Le 2 juin 2012, X.________, ressortissant tunisien né en 1987, a épousé en Tunisie une ressortissante suisse. Il est entré en Suisse le 15 septembre 2012 et a obtenu une autorisation de séjour. Les époux vivent séparés depuis le 20 novembre 2013. Le 6 mars 2015, l'épouse a introduit une demande en divorce.
Par décision du 13 novembre 2014 le Service des migrations de l'Office de la population et des migrations du canton de Berne a refusé de prolonger l'autorisation de séjour de l'intéressé. Par décision du 1er juin 2015, la Direction de la police et des affaires militaires du canton de Berne a rejeté le recours que l'intéressé a déposé contre la décision du 13 novembre 2014.
Par arrêt du 8 septembre 2015, le Tribunal administratif du canton de Berne a rejeté le recours du 1er juillet 2015 que l'intéressé a interjeté contre la décision du 1er juin 2015 de la Direction de la police et des affaires militaires du canton de Berne. Les conditions de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr n'étaient pas réunies.
Agissant par la voie du recours en matière de droit public, X.________ demande au Tribunal fédéral, sous suite de frais et dépens d'annuler l'arrêt rendu le 8 septembre 2015 par le Tribunal administratif du canton de Berne. Il demande l'effet suspensif et se plaint de la violation des art. 50 al. 1 let. b LEtr et 8 CEDH.
D'après l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en matière de droit public est irrecevable contre les décisions en matière de droit des étrangers qui concernent une autorisation à laquelle ni le droit fédéral ni le droit international ne donnent droit. En l'espèce, la vie conjugale du recourant avec une ressortissante suisse ayant cessé d'exister, celui-ci ne peut pas déduire un droit à une autorisation de séjour de l'art. 42 al. 1 LEtr. Reste l'art. 50 al. 1 LEtr qui subordonne la prolongation de son autorisation de séjour à certaines conditions dont se prévaut le recourant. En pareilles circonstances, il convient d'admettre un droit de recourir sous l'angle de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF. Le point de savoir si c'est à juste titre que les autorités cantonales ont nié la réalisation des conditions de l'art. 50 LEtr relève du droit de fond et non de la recevabilité. Le recourant invoque également son droit à la protection de la vie privée pour conserver un droit de séjour en Suisse.
En l'espèce, le recourant se prévaut de son respect de l'ordre public suisse et de sa bonne intégration socio-professionnelle, qui n'est du reste pas contestée, mais ne suffit pas au regard de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. Pour le surplus, il peut être renvoyé aux considérants de l'arrêt de l'instance précédente, qui a dûment appliqué le droit fédéral (art. 109 al. 3 LTF), notamment à propos de la situation personnelle du recourant.
Sous l'angle étroit de la protection de la vie privée, l'art. 8 CEDH n'ouvre le droit à une autorisation de séjour qu'à des conditions très restrictives. L'étranger doit en effet établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le Tribunal fédéral n'adopte pas une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une certaine durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de ce fait d'un droit de présence dans notre pays. Il procède bien plutôt à une pesée des intérêts en présence, en considérant la durée du séjour en Suisse comme un élément parmi d'autres (cf. ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 p. 286 et les arrêts cités). Les années passées dans l'illégalité ou au bénéfice d'une simple tolérance - par exemple en raison de l'effet suspensif attaché à des procédures de recours - ne doivent normalement pas être prises en considération dans l'appréciation ou alors seulement dans une mesure très restreinte (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 23 s.; 130 II 281 consid. 3.3 p. 289).
En l'espèce, le recourant a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans en Tunisie et n'est venu en Suisse qu'en 2012. Une partie de son séjour en Suisse résulte en outre de l'effet suspensif accordé durant les procédures judiciaires en cours. Dans ces circonstances, au vu de la brièveté de sa présence en Suisse, il ne peut pas se prévaloir de son droit à la protection de la vie privée garantie par l'art. 8 CEDH pour conserver son autorisation de séjour.
Le présent arrêt est communiqué au mandataire du recourant, au Service des Migrations, Office de la population et des migrations du canton de Berne, à la Direction de la police et des affaires militaires du canton de Berne, au Tribunal administratif du canton de Berne, Cour des affaires de langue française, ainsi qu'au Secrétariat d'Etat aux migrations.