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Timestamp: 2019-09-17 21:38:33+00:00
Document Index: 233904520

Matched Legal Cases: ['art. 343', "l'article 808", "l'article 696", "l'article 700", "l'article 808", "l'article 809", "l'article 700", "l'article 808", "l'article 696", "l'article 700", "l'article 808", "l'article 700"]

Linky, un compteur survolté (première des deux parties) - Page 2
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Linky, un compteur survolté (première des deux parties)
Par Benoît Deltombe, Avocat - Modifié le 03-05-2019
Tout simplement parce qu'il s'en passe des vertes et des pas mûres, en Aquitaine et en Bretagne.
Tout d'abord, rappelons les textes applicables :
- Directive 2009/72/CE du 13 juillet 2009
- Loi n° 2009-967 du 3 août 2009 (https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000020949548)
- Décret n° 2010-1022 du 31 août 2010, abrogé par le décret n°2015-1823 du 30 décembre 2015 (https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000022765140)
- Code de l’Énergie, article L.341-4 : «Les gestionnaires des réseaux publics de transport et de distribution d'électricité mettent en œuvre des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer à leurs clients »
- Code de l’Énergie, article R.341-4 : «les gestionnaires de réseaux publics de transport et de distribution d'électricité mettent en œuvre des dispositifs de comptage permettant aux utilisateurs »
Bref, la directive européenne, puis la loi française de transposition relatives au déploiement des compteurs communicants (qu'il s'agisse d'eau, de gaz ou d'électricité), ont été dénaturées dans un seul but : la substitution à la TIPP (taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers), de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) : du gasoil, c’est un produit pétrolier ; de l’électricité, c’est un produit énergétique ; moralité, l’électricité n’est pas taxable à la TIPP ; à l’inverse, elle est éligible à la TICPE.
C’est la raison pour laquelle la directive européenne, puis la loi de transposition édictent deux principes : d'une part, l'obligation pour le gestionnaire du réseau (ENEDIS pour le courant électrique), lui-même mandataire des collectivités locales (communes et intercommunalités), elles-mêmes propriétaires du réseau basse tension, de proposer aux usagers le remplacement d'un compteur mécanique ou électromécanique non communicant, par un compteur électronique communicant ; d'autre part, la faculté pour l'usager d'accepter ou de refuser discrétionnairement le changement de son terminal, du moins pour autant que celui-ci se trouve, non point en lisière du domaine public (par exemple, en saillie de clôture), mais à l'intérieur de son domicile personnel, fermé à clé, puisqu'aussi bien, si les préposés d'ENEDIS, payés à la pièce, sont certes téméraires, en revanche, il est un tabou devant lequel ils capitulent, à savoir la violation de domicile, infraction pénale qui déclencherait immédiatement une condamnation correctionnelle.
Certes, les courriers postaux ou électroniques des prestataires d'ENEDIS, les appels téléphoniques répétés de ses plateaux d'appel affirmeront ad nauseam que « le changement de compteur est obligatoire » ; contentez-vous de leur demander quel est le numéro, la date et l'article de la loi imposant à l'usager cette obligation; la réponse est évidente: il n'y en a pas.
En conséquence, pour faire échec à l'installation du Linky, il faut et il suffit de garder son domicile constamment fermé, de n'en confier les clés qu'à des tiers de confiance, et de monter une garde vigilante.
C'est d'ailleurs le principe affirmé par le tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé (affaire « Préfet de Haute Garonne c/ commune de Blagnac », ordonnance rôle 1803737 du 10 septembre 2018), qui avait censuré diverses prescriptions d'un arrêté municipal, mais qui avait consacré le principe, affirmé dans cet arrêté, du droit discrétionnaire pour les usagers d'accepter ou de refuser le changement de compteur.
Ensuite, trois récentes ordonnances de référé, toutes frappées d’appel, en l’espèce d’abord deux de Toulouse, du 12 mars 2019, enfin une de Bordeaux, du 23 avril 2019, rebattent les cartes, en accueillant l’exception d’hyperélectrosensibilité ; encore, d'une part, n'a-t-il pas été prévu de demander au premier magistrat de réserver sa compétence pour liquider l'astreinte comminatoire et les astreintes définitives, d'autre part, n'est-il pas été prescrit de faire poser le filtre en amont, et non point en aval du compteur, afin de faire définitivement échec à la communication par la technique du Courant Porteur en Ligne (CPL).
Pour BORDEAUX : Luc BOYREAU; Claire LE BARAZER & Laurène d'AMIENS; Pierre FONROUGE & Philippe LECONTE; Valérie JANOUEIX; Pierre LANÇON; Sylvain LEROY; Michel PUYBARAUD; Isabelle ROUSSEAU; Annie TAILLARD;
Pour TOULOUSE : Ingrid CANTALOUBE-FERRIEU; Valérie CERRI; Emmanuelle DESSART; Bernard de LAMY; Franck & Élisabeth MALET; Pierre MARBOT; Bruno MERLE; Francis NIDECKER; Robert RIVES; Gilles SOREL.
Quant au fond, l’objectif est d'articuler en défense, d'une part, deux moyens péremptoires mais nécessitant un mandat spécial (art. 343, al 2 CPC, L111-6, 9° COJ & 7-1 de l’Ordonnance n° 58-1270), d'autre part, une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), ainsi qu’une qpc (question préjudicielle de conventionnalité), prélude à la saisine de la CJUE ou de la CEDH.
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE TOULOUSE - ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ, rôle 19/00026, du 12 mars 2019
Par acte d'huissier en date du 27 décembre 2018, M. Serge B, Mme Chantal B, M. Camus C, Mme Céline C, Mme Mélody C, Mme Marie-Christine C, Mme Caroline F, M. David P, Mme Sophie P, Mme Sylviane R-D, M. Guy R ont fait assigner par-devant le Juge des Référés du Tribunal de céans la SA ENEDIS aux fins de voir :
"ENJOINDRE à la SA ENEDIS, sous astreinte de 500 Euros par jour de retard et par point de livraison, passé 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir :
De n'installer aucun appareil dit "Linky" ou autre appareil assimilé ou assimilable à raison de ses caractéristiques ;
De délivrer une électricité exempte de tout courant porteur en ligne de type "Linky" notamment dans les fréquences comprises entre 35 KHz et 95 KHz, y compris en provenance du voisinage des points de livraison objet du différend ;
De ne réclamer, faire réclamer, recouvrer, faire recouvrer, ou encore bénéficier, y compris par l'intermédiaire d'un tiers, d'aucune somme, autre que les sommes déjà dues au titre de la TURPE, consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ou encore à la réalisation de la relève habituelle, nonobstant tout acte contraire dans l'attente d'un règlement du litige au fond ;
D'enjoindre à ENEDIS SA le rétablissement de la délivrance du courant sur les points de livraison litigieux, par l'intervention sur place d'un électricien professionnel et qualifié pour ce faire, autant de fois qu'il serait interrompu consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ; [au titre des mesures fondées sur l'article 808 du CPC]
D'ENJOINDRE à la SA ENEDIS de communiquer aux demandeurs les catégories d'informations ci-après, sous astreinte de 500 Euros par jour de retard, par catégorie d'information et par personne demanderesse, passé 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir :
- la liste précise de toutes les données que le "Linky" est en capacité de communiquer en plus des données de consommation ;
- la liste précise de toutes les données que le "Linky" est en capacité de communiquer lors des interrogations par le concentrateur ;
- la liste précise de tous les capteurs compris dans le "Linky", avec notamment leurs références standardisées et leurs caractéristiques principales ;
- la fréquence par seconde à laquelle le composant le plus précis du "Linky" échantillonne la consommation électrique et la manière dont sont traitées les données issues de cet échantillonnage ;
- la liste précise de toutes les mémoires vives et mortes incluses dans le "Linky", notamment leurs références standardisées et leurs caractéristiques principales dont leurs vitesses en bits par seconde et leurs capacités en octets ;
- la liste précise des tous les départs de feu, qu'ils aient donné lieu à un incendie ou non, survenus depuis le 1er mars 2010 sur un point de livraison disposant d'un "Linky" et/ou en amont et/ou en aval, avec l'indication, pour chaque événement :
- du lieu et de sa date ;
- de la date de pose du "Linky" ;
- de la date et de la nature de la dernière intervention du distributeur ou d'un tiers mandaté par lui ;
- de l'état des composants du "Linky" après l'évènement, en précisant le type de détériorations subies dont notamment l'explosion ;
- de la composition du platine support sur laquelle le "Linky" était installé ;
- des causes et de leurs justifications telles que rapportées par le client ;
- des causes et de leurs justifications telles que rapportées par tout témoin ;
- des causes et de leurs justifications telles que rapportées par le fournisseur ;
- des causes et de leurs justifications telles que rapportées par le distributeur, des causes et de leurs justifications telles que rapportées par l'expert ;
- de l'emplacement et des conditions de garde du "Linky" en cause ;
- le détail des mesures techniques prises pour prévenir, à l'intérieur du "Linky", toute élévation de température, tout arc électrique et tout rayonnement pouvant causer un danger ;
- la description précise de toutes les modifications matérielles et logicielles apportées au "Linky" depuis le 1er mars 2010 pour prévenir de nouveaux départs de feu ou incendies ;
- le nombre total de platines support incombustibles installées concomitamment à la pose d'un "Linky" depuis le 1er mars 2010 ;
- la police d'assurance souscrite par ENEDIS SA auprès d'une compagnie d'assurance pour garantir les risques liés au déploiement du "Linky";
- la description précise des plus anciens logiciels ayant été implantés dans le "Linky" et notamment de toutes leurs fonctions ;
- l'historique précis de toutes les modifications faites sur les logiciels destinés au "Linky" ainsi que sur leurs fonctions ;
- la description précise des plus récents logiciels développés pour le "Linky" et notamment de toutes leurs fonctions ;
- la description précise des logiciels programmés, envisagés ou étudiés pour le "Linky" pour les cinq prochaines années et notamment de toutes leurs fonctions ;
- la description précise de la partie métrologie du "Linky" dont le volet matériel et le volet logiciel, y compris la fréquence à laquelle la consommation est prélevée ainsi que le détail de tous (es procédés matériels et/ou logiciels appliqués aux prélèvements ;
- la description précise de la partie modem CPL du "Linky", notamment les références standardisées de ses composants et leurs caractéristiques principales dont leur puissance maximale en Ampères et en Volts, ainsi que la description précise du type de signaux générés;
- la liste précise et exhaustive de toutes les normes auxquelles le "Linky" est certifié conforme par un organisme certificateur ainsi que l'identité de ces organismes, ainsi que les points de discussion survenus sur le respect desdites normes :
a) auxquelles le "Linky" est prétendu conforme par ENEDIS SA, ainsi que les points de discussion survenus sur le respect desdites normes ;
b) auxquelles le "Linky" devait être mis en conformité mais n'a pu l'être ou n'a finalement plus visé la norme, ainsi que les raison exactes des disqualifications ;
- les conditions essentielles de chacune des conventions passées depuis 2005 avec ou en présence de l'une ou plusieurs des entités "CAPGEMINI CONSULTING", "CAPGEMINI FRANCE", "CAPGEMINI", "CAPGEMINI SERVICES", "EDF", "AGENCE ORE", et ayant un lien avec le "Linky" et/ou avec les données issues du système "Linky" ;
- De DIRE chacune de ces mesures applicables au bénéfice des personnes et points de livraison ci-après listés ;
- De CONDAMNER ENEDIS SA aux entiers dépens en ce compris les frais d'huissiers, dont distraction au profit de Me Arnaud D par application de l'article 696 du Code de procédure civile."
Par conclusions en défense du 12 février 2019, la SA ENEDIS affirme qu'il n'y a pas lieu à référé et demande le rejet de la demande principale et la condamnation des demandeurs in solidum à verser une indemnité de 50 chacun au titre de l'article 700 du C.P.C.
Attendu que l'article 808 du CPC dispose: «Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal de grande instance peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend» ;
Attendu qu'il ressort des dispositions de l'article 809 du CPC : «le président peut toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
« Dans tous les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution de l'obligation, même s'il s'agit d'une obligation de faire»;
Attendu que sur la base de la directive du Parlement Européen et du Conseil n°2009/72 CE du 13 juillet 2009 visant à la mise en place par les Etats - membres de systèmes intelligents de mesure favorisant la participation active des consommateurs au marché de la fourniture d'électricité selon un calendrier fixé par les Etats - membres avec des objectifs sur une période de 10 ans maximum , la loi du 3 août 2009, I' article L341-4 du code de l'énergie, le décret du 31 août 2010 donnant lieu aux articles R 341-4 et R341- 8 dudit code, visent la mise en place de compteurs intelligents ou compteurs communicants afin de remplacer les compteurs électromagnétiques et les compteurs électriques;
Attendu que la CNIL dans un rapport du 15 novembre 2012 a indiqué que le décret du 31 août 2010 a rendu obligatoire la mise en œuvre des compteurs communicants en imposant la mise à disposition des données de comptage à l'abonné ainsi que le principe d'une transmission journalière des index de comptage aux fournisseurs d'électricité;
Attendu que la Commission de régulation de l'énergie, en abrégé CRE, a, dans sa délibération du 2 juillet 2014, précisé que ces nouveaux compteurs permettront le pilotage des équipements des consommateurs , contribueront à la limitation de la consommation pendant les périodes où celle-ci est la plus élevée, simplifieront la vie quotidienne des consommateurs, les aideront à maîtriser leurs dépenses par la transmission d'informations sur leur consommation réelle, permettront aux fournisseurs de proposer des offres tarifaires adaptées aux besoins de chacun avec des prix différents selon les périodes de l'année ou de la journée;
Attendu que c'est à juste titre que la SA ENEDIS affirme dans ses conclusions du 12 février 2019 qu'en tant que gestionnaire du réseau public d'électricité et en application des dispositions européennes, légales et réglementaires, elle s’est vue imposer de mettre en place les compteurs communicants baptisés Linky au plus tard en 2021;
Attendu que la mise en place des compteurs communicants par la SA ENEDIS, chargée de la mission de distribution de l'électricité, ne prive pas les demandeurs de choisir librement leur fournisseur d'électricité mais ces derniers devront laisser la SA ENEDIS procéder au remplacement du compteur conformément aux dispositions des articles R 341-4 à R341- 8 du code de l'énergie;
Attendu que la CNIL, dans un rapport du 15 juin 2018, a rappelé que les compteurs communicants relèvent à distance des données de consommation globales du foyer sans le détail des consommations de chaque appareil, que la généralisation des compteurs résulte d'une obligation légale de modernisation des réseaux qui répond à des directives européennes interdisant au consommateur de s'opposer au changement du compteur d'énergie du logement ; que les données de consommation fines ne sont collectées qu'avec l'accord de l'usager ou de manière ponctuelle lorsqu'elles sont nécessaires à l'accomplissement des missions de service public pour l'entretien et la maintenance du réseau ou l'intégration d'énergies renouvelables, que la transmission des données de consommation détaillée à des sociétés tierces notamment à des fins commerciales ne peut intervenir qu'avec l'accord de l'abonné ; que la SA ENEDIS a publié sur son site internet des documents concernant le compteur Linky, à savoir «Tout savoir sur le compteur Linky », un memento « Linky tout simplement», la notice d'utilisation du compteur monophasé et du compteur triphasé, que les informations transmises par les compteurs ne contiennent pas de données identifiantes ;
Attendu que le laboratoire LAVOUE , dans sa fiche n° 25 consacrée aux compteurs Linky et incendies , précise qu'il est un laboratoire indépendant , qu’à chaque fois qu'il a été missionné par la justice pour vérifier si l'installation récente d'un compteur Linky pouvait être à l'origine d'un incendie, il n'a relevé aucun pic de sinistralité lié à cet appareil et/ou à son installation massive ; que ses experts sont intervenus sur 2.500 incendies depuis fin 2015 et ont identifié zéro incendie causé par un départ de feu au niveau d'un compteur Linky ; que le risque de départ de feu au niveau d'un compteur Linky n'est certes pas nul mais très faible à infime et rien n'indique qu'il soit supérieur au risque inhérent aux compteurs électroniques d'ancienne génération; que le compteur Linky ne communique que quelques secondes par jour , entre minuit et 6h du matin et émet à ce moment-là un champ électromagnétique de 0,8 volt/mètre, soit bien en-dessous de la limite réglementaire fixé par l'Agence Nationale des Fréquences à 87 volts/mètre , que sur la base de ces éléments , Linky ne semble pas présenter de danger particulier pour la santé ; que l'ANSES l'affirme dans deux rapports en déclarant que le niveau d'émission d'ondes au Linky est très faible, de même niveau qu'une plaque à induction, un sèche-cheveux, un réfrigérateur ou un téléviseur ;
Attendu que la SA ENEDIS indique avoir fait le choix d'une technologie fiable, faiblement émettrice d'ondes; que les mesures réalisées à proximité du compteur communicant mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très inférieurs aux limites réglementaires définies par la réglementation européenne et reprises par la réglementation française;
Attendu que dans des rapports du 15 décembre 2016 et du 20 juin 2017, l'ANSES affirme que les intensités des champs électromagnétiques émis par les communications CPL à proximité des compteurs communicants sont de niveau très faible, qu'il existe une très faible probabilité d'un risque d'effets sanitaires à court ou long terme, que les niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques sont très inférieurs aux normes réglementaires;
Attendu que le Ministère de l'Écologie du développement durable et de l'énergie affirme, dans des réponses ministérielles du 1er décembre 2015 et du 8 mars 2016, que le système Linky respecte les normes sanitaires définies au niveau européen et français concernant l'exposition du public aux champs électromagnétiques;
Attendu qu'il convient de relever que la SA ENEDIS ne se livre pas à des pratiques commerciales déloyales ou trompeuses ou à une subordination de vente, dès lors qu'elle met sur le marché un produit qui respecte les seuils réglementaires relatifs aux niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques, produit qui doit être mis en place selon la réglementation européenne et la réglementation française pour permettre une meilleure utilisation de la consommation électrique et pouvoir satisfaire la demande de consommateurs toujours plus nombreux ;
Attendu qu'il appartiendra au juge du fond de dire si les clauses peuvent être qualifiées d'abusives, dès lors que la SA ENEDIS est chargée de par les pouvoirs publics français, qui lui ont confié la gestion du réseau public d'électricité, de mettre en place ces compteurs communicants;
Attendu par ailleurs que la SA ENEDIS sait parfaitement qu'elle engage sa responsabilité si elle venait à communiquer à des tiers des données de consommation détaillée, notamment à des fins commerciales, sans l'accord de l'abonné, ainsi que l'a rappelé la CNIL;
Attendu par ailleurs que la vie privée des consommateurs est respectée, dès lors que les informations transmises par les compteurs ne contiennent pas de données identifiantes ainsi que l'a rappelé la CNIL et que Linky ne connaît pas le détail de la consommation de chaque appareil mais uniquement les données de consommation globale en KWh, le compteur ne transmettant pas de données personnelles;
Attendu qu'il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur l'abus de position dominante reproché à la SA ENEDIS, laquelle a la gestion du réseau public d'électricité conformément aux articles L 121-4, L322-4 du code de l'énergie et dont la mission est définie par l'article L 322-8 du code de l'énergie et ce conformément à la volonté des pouvoirs publics ;
Attendu cependant qu'en l'occurrence, les demandeurs versent aux débats des certificats médicaux pour démontrer qu'ils sont allergiques à I' exposition aux champs électromagnétiques;
Attendu que Mélody C, hébergée chez Camus C, produit un certificat médical du Prof. B du 17 janvier 2012, lequel certifie l'existence d'une hypersensibilité de sa cliente aux champs électromagnétiques nécessitant la mise à l'abri de toute source électromagnétique même de faible intensité sous peine d'atteinte à sa santé sous la forme d'une détérioration cérébrale sévère ;
Attendu que Marie-Christine C verse aux débats un certificat médical du Dr. V du 12 décembre 2015 lequel atteste que sa cliente est atteinte d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques ce qui contre indique toute exposition domestique et professionnelle aux ondes électromagnétiques dont les radiofréquences avec courants porteurs en ligne de CPL;
Attendu que Caroline F produit un certificat médical du Dr. Z du 12 mai 2017 duquel il ressort que celle-ci présente des symptômes dermatologiques, des fatigues chroniques, des difficultés de concentration, des douleurs musculotendineuses, une fibromyalgie, des palpitations cardiaques et des troubles digestifs, tableau clinique compatible avec le syndrome d'hypersensibilité électromagnétique défini par l'OMS;
Attendu que Sophie P produit un certificat médical du Prof. B du 17 octobre 2017, lequel certifie que sa cliente présente cliniquement des symptômes et anomalies compatibles avec un syndrome d'électrohypersensibilité;
Attendu qu'au vu de l'ensemble de ces éléments, il convient de considérer que la pose des compteurs communicants est de nature à créer un dommage imminent dès lors que les demandeurs établissent être des personnes électrohypersensibles ;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS de n'installer aucun appareil dit Linky ou autre appareil assimilé ou assimilable à raison de ses caractéristiques dans le domicile des demandeurs ou à l'extérieur de leur appartement ou de leur maison ;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS de délivrer une électricité exempte de tout courant porteur en ligne de type Linky, notamment dans les fréquences comprises entre 35 KHz et 95 KHz;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS de ne réclamer, faire réclamer, recouvrer, ou faire recouvrer ou encore bénéficier, y compris par l'intermédiaire d'un tiers, d'aucune somme autre que les sommes déjà dues au titre de la TURPE consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ou encore à la réalisation de la relève habituelle nonobstant tout acte contraire dans l'attente du règlement d'un litige au fond;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS le rétablissement du courant sur les points de livraison litigieux;
Attendu qu'il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte;
Attendu que les demandeurs devront être déboutés du surplus de leurs demandes et notamment de leur demande de communication de pièces en l'état actuel de la procédure, pièces qui pourront être communiquées dans le cadre d'une éventuelle expertise ;
Attendu qu'il convient de relever que la SA ENEDIS a émis une note du 1er juin 2017 adressée à L'ANSES et des communiqués de presse sur Linky et des dossiers de presse du 9 juillet 2015 et du 12 novembre 2015 pour faire connaître le fonctionnement et les caractéristiques de ce nouveau compteur outre la documentation émise sur le site Internet;
Attendu que la demande principale étant partiellement fondée, il convient de débouter la SA ENEDIS de sa demande au titre de l'article 700 du C.P.C. ;
Enjoignons à la SA ENEDIS de n'installer aucun appareil dit Linky ou autre appareil assimilé ou assimilable à raison de ses caractéristiques dans le domicile des demandeurs ou à l'extérieur de leur appartement ou de leur maison.
Enjoignons à la SA ENEDIS de ne réclamer, faire réclamer, recouvrer, ou faire recouvrer ou encore bénéficier, y compris par l'intermédiaire d'un tiers , d'aucune somme autre que les sommes déjà dues au titre de la TURPE consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ou encore à la réalisation de la relève habituelle nonobstant tout acte contraire dans l'attente du règlement d'un litige au fond.
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE TOULOUSE - ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ, rôle 19/00027, du 12 mars 2019
Par acte d'huissier en date du 27 décembre 2018, Jean T et Claudine V ont fait assigner par-devant le Juge des Référés du Tribunal de céans la SA ENEDIS aux fins de voir :
ENJOINDRE à la SA ENEDIS, sous astreinte de 500 Euros par jour de retard et par point de livraison, passé 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir :
De faire remplacer tout "Linky", et autre appareil assimilé ou assimilable à raison de ses caractéristiques, posé sur tout point de livraison figurant à la liste ci-après, par un compteur simple et sûr, par l'intervention d'un électricien professionnel et qualifié pour une intervention sous tension, en respectant notamment la norme NF C14-100 ;
D'enjoindre à ENEDIS SA le rétablissement de la délivrance du courant sur les points de livraison litigieux, par l'intervention sur place d'un électricien professionnel et qualifié pour ce faire, autant de fois qu'il serait interrompu consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne
[au titre des mesures fondées sur l'article 808 du CPC]
- la liste précise des tous les départs de feu qu'ils aient donné lieu à un incendie ou non, survenus depuis le 1er mars 2010 sur un point de livraison disposant d'un "Linky" et/ou en amont et/ou en aval, avec l'indication, pour chaque événement :
b) de la date de pose du "Linky",
c) de la date et de la nature de la dernière intervention du distributeur ou d'un tiers mandaté par lui,
d) de l'état des composants du "Linky" après l'évènement, en précisant le type de détériorations subies dont notamment l'explosion,
e) de la composition de la platine support sur laquelle le "Linky" était installé,
j) des causes et de leurs justifications telles que rapportées par l'expert,
k) de l'emplacement et des conditions de garde du "Linky" en cause ;
- la description précise de la partie métrologie du "Linky" dont le volet matériel et le volet logiciel, y compris la fréquence à laquelle la consommation est prélevée ainsi que le détail de tous les procédés matériels et/ou logiciels appliqués aux prélèvements ;
- la liste précise et exhaustive de toutes les normes :
a) auxquelles le "Linky" est certifié conforme par un organisme certificateur, ainsi que l'identité de ces organismes, ainsi que les points de discussion survenus sur le respect desdites normes ;
b) auxquelles le "Linky" est prétendu conforme par ENEDIS SA, ainsi que les points de discussion survenus sur le respect desdites normes ;
c) auxquelles le "Linky" devait être mis en conformité mais n'a pu l'être ou n'a finalement plus visé la norme, ainsi que les raison exactes des disqualifications ;
- les conditions essentielles de chacune des conventions passées depuis 2005 avec ou en présence de l'une ou plusieurs des entités "CAPGEMINI CONSULTING", "CAPGEMINI FRANCE", "CAPGEMINI", "CAPGEMINI SERVICES", "EDF", "AGENCE ORE", et ayant un lien avec le "Linky" et/ou avec les données issues du système "Linky".
De CONDAMNER ENEDIS SA aux entiers dépens en ce compris les frais d'huissiers, dont distraction au profit de Me Arnaud D par application de l'article 696 du Code de procédure civile.
Par conclusions en défense du 12 février 2019, la SA ENEDIS affirme qu'il n'y a pas lieu à référé et conclut au rejet de la demande principale et à la condamnation des demandeurs in solidum à verser une indemnité de 50 chacun au titre de l'article 700 du C.P.C.
Attendu que l'article 808 du CPC dispose: «Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal de grande instance peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend»;
« Dans tous les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire»;
Attendu que sur la base de la directive du Parlement Européen et du Conseil n°2009/72 CE du 13 juillet 2009 visant à la mise en place par les États - membres de systèmes intelligents de mesure favorisant la participation active des consommateurs au marché de la fourniture d'électricité selon un calendrier fixé par les États - membres avec des objectifs sur une période de 10 ans maximum, la loi du 3 août 2009, I' article L341-4 du code de l'énergie, le décret du 31 août 2010 donnant lieu aux articles R 341-4 et R341- 8 dudit code visent la mise en place de compteurs intelligents ou compteurs communicants afin de remplacer les compteurs électromagnétiques et les compteurs électriques;
Attendu que la CNIL, dans un rapport du 15 juin 2018, a rappelé que les compteurs communicants relèvent à distance des données de consommation globales du foyer sans le détail des consommations de chaque appareil, que la généralisation des compteurs résulte d'une obligation légale de modernisation des réseaux qui répond à des directives européennes interdisant au consommateur de s'opposer au changement du compteur d'énergie du logement ; que les données de consommation fines ne sont collectées qu'avec l'accord de l'usager ou de manière ponctuelle lorsqu'elles sont nécessaires à l'accomplissement des missions de service public pour l'entretien et la maintenance du réseau ou l'intégration d'énergies renouvelables, que la transmission des données de consommation détaillée à des sociétés tierces notamment à des fins commerciales ne peut intervenir qu'avec l'accord de l'abonné ; que la SA ENEDIS a publié sur son site internet des documents concernant le compteur Linky à savoir «Tout savoir sur le compteur Linky, un memento « Linky tout simplement », la notice d'utilisation du compteur monophasé et du compteur triphasé, que les informations transmises par les compteurs ne contiennent pas de données identifiantes;
Attendu que le laboratoire LAVOUE, dans sa fiche n° 25 consacrée aux compteurs Linky et incendies, précise qu'il est un laboratoire indépendant , qu’à chaque fois qu'il a été missionné par la justice pour vérifier si l'installation récente d'un compteur Linky pouvait être à l'origine d'un incendie il n'a relevé aucun pic de sinistralité lié à cet appareil et/ou à son installation massive ; que ses experts sont intervenus sur 2500 incendies depuis fin 2015 et ont identifié zéro incendie causé par un départ de feu au niveau d'un compteur Linky ; que le risque de départ de feu au niveau d'un compteur Linky n'est certes pas nul mais très faible à infime et rien n'indique qu'il soit supérieur au risque inhérent aux compteurs électroniques d'ancienne génération; que le compteur Linky ne communique que quelques secondes par jour, entre minuit et 6h du matin et émet à ce moment-là un champ électromagnétique de 0,8 volt/mètre, soit bien en-dessous de la limite réglementaire fixée par l'Agence Nationale des Fréquences à 87 volts/mètre, que sur la base de ces éléments , Linky ne semble pas présenter de danger particulier pour la santé ; que l'ANSES l'affirme dans deux rapports en déclarant que le niveau d'émission d'ondes au Linky est très faible, de même niveau qu'une plaque à induction, un sèche-cheveux, un réfrigérateur ou un téléviseur;
Attendu que la SA ENEDIS indique avoir fait le choix d'une technologie fiable, faiblement émettrice d'ondes ; que les mesures réalisées à proximité du compteur communicant mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très inférieurs aux limites réglementaires définies par la réglementation européenne et reprises par la réglementation française;
Attendu que dans des rapports du 15 décembre 2016 et du 20 juin 2017 , l'ANSES affirme que les intensités des champs électromagnétiques émis par les communications CPL à proximité des compteurs communicants sont de niveau très faible, qu'il existe une très faible probabilité d'un risque d'effets sanitaires à court ou long terme , que les niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques sont très inférieurs aux normes réglementaires;
Attendu qu'il convient de relever que la SA ENEDIS ne se livre pas à des pratiques commerciales déloyales ou trompeuses ou à une subordination de vente dès lors qu'elle met sur le marché un produit qui respecte les seuils réglementaires relatifs aux niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques, produit qui doit être mis en place selon la réglementation européenne et la réglementation française pour permettre une meilleure utilisation de la consommation électrique et pouvoir satisfaire la demande de consommateurs toujours plus nombreux;
Attendu qu'il appartiendra au juge du fond de dire si les clauses peuvent être qualifiées d'abusives dès lors que la SA ENEDIS est chargée de par les pouvoirs publics français, qui lui ont confié la gestion du réseau public d'électricité, de mettre en place ces compteurs communicants;
Attendu par ailleurs que la SA ENEDIS sait parfaitement qu'elle engage sa responsabilité si elle venait à communiquer à des tiers des données de consommation détaillée notamment à des fins commerciales sans l'accord de l'abonné ainsi que l'a rappelé la CNIL;
Attendu par ailleurs que la vie privée des consommateurs est respectée dès lors que les informations transmises par les compteurs ne contiennent pas de données identifiantes ainsi que l'a rappelé la CNIL et que Linky ne connaît pas le détail de la consommation de chaque appareil mais uniquement les données de consommation globale en KWh, le compteur ne transmettant pas de données personnelles;
Attendu qu'il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur l'abus de position dominante reprochée à la SA ENEDIS, laquelle a la gestion du réseau public d'électricité conformément aux articles L 121-4, L 322-4 du code de l'énergie et dont la mission est définie par l'article L 322-8 du code de l'énergie et ce conformément à la volonté des pouvoirs publics ;
Attendu cependant qu'en l'occurrence, les demandeurs versent aux débats des certificats médicaux pour démontrer qu'ils sont allergiques à l'exposition aux champs électromagnétiques;
Attendu en effet que Jean T produit un certificat médical du Dr. L du 5 février 2018, lequel précise que son client présente une maladie de Lyme chronique, que son état est aggravé depuis la mise en place d'un compteur Linky ;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS de délivrer une électricité exempte de tout courant porteur en ligne de type Linky, notamment dans les fréquences comprises entre 35 KHz et 95 KHz ;
Attendu qu'il convient d'enjoindre à la SA ENEDIS de ne réclamer , faire réclamer , recouvrer, ou faire recouvrer ou encore bénéficier , y compris par l'intermédiaire d'un tiers , d'aucune somme autre que les sommes déjà dues au titre de la TURPE consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux, au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ou encore à la réalisation de la relève habituelle nonobstant tout acte contraire dans l'attente du règlement d'un litige au fond.
Attendu que les demandeurs devront être déboutés du surplus de leurs demandes et notamment de leur demande de communication de pièces en l'état actuel de la procédure, pièces qui pourront être communiquées dans le cadre d'une éventuelle expertise;
Attendu que la demande principale étant partiellement fondée, il convient de débouter la SA ENEDIS de sa demande au titre de l'article 700 du C.P.C.;
Enjoignons à la SA ENEDIS de ne réclamer, faire réclamer, recouvrer, ou faire recouvrer ou encore bénéficier, y compris par l'intermédiaire d'un tiers, d'aucune somme autre que les sommes déjà dues au titre de la TURPE consécutivement au refus de l'installation de l'appareil litigieux , au refus des nouveaux courants porteurs en ligne ou encore à la réalisation de la relève habituelle nonobstant tout acte contraire dans l'attente du règlement d'un litige au fond .
TROISIÈME DÉCISION (à suivre)
Linky, un compteur survolté (seconde des deux parties)
JLGPNI - Visiteur	Le 17-05-2019 à 22:58
Suite réponse à AlainDuCantal.
Concernant la situation discriminatoire entre les consommateurs en fonction de la puissance souscrite vous ne faites pas de commentaire pour éviter d’en faire trop de publicité car il faut aller au fond des textes pour le savoir et le consommateur lambda l’ignore et cela pourrait amener de l’eau au moulin de son refus de la technologie CPL.
Pour ce qui est de l’autorelève vous croyez m’expliquer la différence entre fournisseur et distributeur mais si cela vous a échappé, dans le cadre du contrat unique le contrat du consommateur est avec le fournisseur pas avec le distributeur et tant les directives européennes que le code de la consommation exige que les fournisseurs offre la possibilité d’autorelève au consommateurs, par tous moyens à sa convenance. Puisque vous évoquez de manière méprisante l’intention que je prêterais au législateur je vous signale que les menaces qu’Enédis profère directement dans ses courriers ou par le truchement de ses sous traitants d’études par la CRE d’une prestation de relève résiduelle, elles se heurteront au législateur qui ne pourra pas aller contre la directive 20121 du 25 octobre 2012 qui prévoit dans ses articles 10 et 11 que tant la relève que la facturation doivent se faire sans frais pour le consommateur. Ces deux articles sont d’ailleurs repris dans les attendus du décret du ministère de l’énergie du 10 mai 2017 sur le sujet.
S’agissant des variations de production des EnR et de l’électricité sale produite, ERDF à l’époque aurait mieux d’exiger la régulation de ces systèmes de production au lieu de supprimer ses propres filtres qui garantissaient une bonne qualité de l’électricité.
Personnellement incompétent en matière informatique je suis quand même informé par des ingénieurs retraités d’EDF, physiciens que la CPL G3 permet le protocole IPV6 et qu’en conséquence grâce au système linky l’installation électrique devient un réseau de communication piratable encore plus facilement.
Pour finir, je crois surtout qu’ERDF n’avait pas envisagé le mouvement de refus anti-linky et que les nombreux textes de loi qui protègent encore les droits fondamentaux du citoyen-consommateur n’avaient pas été épluchés dans cette optique par les juristes d’Enédis fussent-ils ceux provenant du conseil d’état.
Vous semblez délibérément mettre de côté la situation de monopole d’Enédis lorsque vous dites que chaque consommateur est libre de résilier son contrat qui est avec le fournisseur et non le distributeur. Ce dernier en prétendant imposer son système linky contrevient à l’article L 420-2 du code du commerce qui interdit les abus de position dominante. La DGCCRF de son côté explique bien que c’était une tendance récurrente chez les anciens titulaires du monopole. Personnellement petit actionnaire d’EDF je suis le premier à regretter son démembrement pour satisfaire de façon artificielle les exigences de concurrence de l’U.E.
J’aurais plaisir à débattre avec vous en face à face mais je crains que nous restions, pour des raisons compréhensibles, sur nos positions.
AlainDuCantal - Visiteur	Le 18-05-2019 à 00:24
A tous ceux qui me lisent :
- au sujet de la propriété des compteurs (ouvrages concédés par les collectivités locales au gestionnaire de réseau (GRD), tout comme les lignes et les transformateurs, dans le cadre de la loi de 1906 et de celles afférentes aux collectivité locales et au récent Code de l'énergie - je ne les détaille pas, vous semblez mieux les connaître que moi !) elle est assez complexe à comprendre : les Autorité concédantes ont la charge d'organiser le service public, le GRD, la mission de le mettre en oeuvre, le temps de la validité du contrat de concession. C'est à dire de fournir et construire à ses frais tous les ouvrages nécessaires à assurer ce service et c'est lui, le GRD qui choisit ces ouvrages, à partir du moment où ils sont homologués par les organismes compétents (UTE, ANFR, ANSES ...). La propriété est donc "déléguée" au GRD et c'est en fait la valeur "foncière" du service qui appartient aux collectivités, qui n'en acquièrent la propriété effective (théorique) qu'en fin de concession, moyennant le paiement des montants non amortis par le GRD.
- Au sujet des impacts du CPL, l'ANFR a clairement établi que "Les faibles niveaux d’exposition relevés en laboratoire et chez des particuliers dans le cadre de cette étude confirment que la transmission des signaux CPL (c’est-à-dire grâce aux courants porteurs en ligne) utilisés par le Linky ne conduit pas à une augmentation significative du niveau de champ électromagnétique ambiant."
voir la page : www.anfr.fr
- Au sujet des utilisations connexes (ERL, protocole IPV6) : ces options sont volontairement mises en oeuvre par les clients désirant l'inclure dans leur système de gestion privée (domotique) et non pas imposées par le GRD. Par ailleurs, le compteur Linky n'enregistre aucune donnée autre que la consommation globale, mais sert d'appareil de mesure de la puissance pour le système privé.
- Un point aussi sur "à qui profite Linky" ? si vous connaissez le rôle de la CRE, vous savez que c'est cette commission qui fixe les tarifs d'utilisation du réseau (TURPE) en imposant aux GRD, donc à Enedis sur 95% du territoire, des coûts de fonctionnement très drastiques. En résumé, les GRD sont chargés d'exploiter l'infrastucture existante (payée par les consommateurs et non les contribuables) au moindre coût. Ainsi, les économies de gestion réalisables grâce au système Linky (pas seulement le compteur !) seront répercutées, sous l'étroite surveillance de la CRE, sur les tarifs payés par les consommateurs, dès que les avances nécessaires à l'investissement initial seront compensées à terme (grâce au report tarifaire qui suppose de ne pas augmenter les prix durant la période d'investissement mais de ne pas non plus les diminuer avant le remboursement des emprunts effectués, c'est à dire de conserver les tarifs tels qu'ils auraient exister si on n'avait rien fait !) Cette durée d'amortissement, avant baisse des tarifs (profitable aux consommateurs) est d'environ 20 ans à partir du début du déploiement effectif (2015) . Cette durée est d'ailleurs parfois confondue avec la durée de vie de ces appareils ! qui elle est du même ordre que les compteurs précédents (entre 40 et 60 ans ... voire plus , mais seul l'avenir le dira !) ..
- à suivre (limite des 5000 caractères oblige !)
AlainDuCantal - Visiteur	Le 18-05-2019 à 00:27
- un mot au sujet du mouvement "anti" : celui-ci a démarré dans l'esprit (brillant, mais fort mal utilisé) d'un élu de l'ouest de la France, sociologue et surtout foncièrement anti-nucléaire, qui a assez vite perçu que s'opposer à ce projet nuirait surtout à la maison mère d'Enedis . Il a progressivement construit son argumentaire, non pas sur des preuves scientifiques mais sur la connaissance qu'il avait de la société, dont une une minorité est prompte à écouter ceux qui diffusent la peur, la contestation (insoumission ?) de l'ordre établi, des théories du complot, etc ... et il semble que sa démarche 'sectaire" ait réussi à enrôler des adeptes (environ 1 à 3% de la population) et surout certains journalistes friands de sensationnel, peu scrupuleux quant aux preuves apportées dans les discours (car souvent trop complexes pour les lecteurs, les auditeurs, voire les téléspectateurs).
- Enfin, je partage votre appréciation sur le caractère dogmatique de l'ouverture des marchés de l'électricité, qui loin d'avoir atteint ses objectifs "concurrentiels" (baisse des prix) conduit les décideurs à persister dans leur aveuglement en obligeant l'Etat français à augmenter les tarifs pour permettre aux offres concurrentielles d'être "compétitives" vis à vis de prix plus élevés !!! (si j'en crois mon entourage et aussi les marquages de repérage des réseaux sur la voie publique, l'opérateur historique reste la réfrence !)
Je reste disponible pour dialoguer avec vous, dans un esprit d'échange et d'information mutuelle,
JLGPNI - Visiteur	Le 19-05-2019 à 18:17
Bonjour à l'équipe de Juritravail,
il semble pour le moins curieux que le premier commentaire de AlainDuCantal sur l'article de Benoît Deltombe ait été retiré de cette page car cela peut rendre incompréhensible ma première réponse. Une explication serait la bienvenue.
JLGPNI - Visiteur	Le 19-05-2019 à 19:36
à AlainDuCantal.
Nous n’allons pas continuer à ferrailler par clavier interposé mais il semble que vous reprenez facilement les arguments d’Enédis (avis de l’ANFR ou celui de l’ANSES en l’interprétant abusivement) en écartant ceux qui dérangent et en particulier les constatations du CSTB sans oublier le fait qu’il n’a pas disposé de linky G3 pour les mesures in-situ. Ça figure noir sur blanc dans leur rapport.
Sur l’aspect amortissement/durée de vie (qui ne m’intéresse pas vraiment) vous êtes optimiste. Un spécialiste de ces questions témoignant devant le sénat américain devant lequel il vaut mieux ne pas plaisanter, a déclaré qu’au mieux les compteurs communicants de dureraient que de 5 à 7 ans comme tout ce qui est ordinateur. Je n’ignore pas qu’il ne s’agit pas de même technologie de transmissions mais cela reste des ordinateurs. Il précisait même, "pas forcément pour des questions matérielle mais plutôt logicielle pour rester performant".
Au sujet logiciel je vous fais part d’une anecdote personnelle. Désirant installer le logiciel "JAVA" sur mon Mac, Apple me l’a interdit sous peine de ne plus rien garantir car ce logiciel serait au plan sécurité un des plus mauvais du marché et il semble que c’est justement celui-ci qu’Enédis a choisi pour nous rassurer.
Sachez par ailleurs que je n’ai rien à voir avec le mouvement antinucléaire mais qu’au cours de ma carrière j’ai été amené à constater une certaine "légèreté" dans les centres où j’ai été amené à intervenir professionnellement.
Enédis essaie de cantonner les opposants sur les questions sanitaires avec la même réthorique que les fabricants de tabac ou de pesticides c’est à dire utiliser des scientifiques et des journalistes stipendiés pour fabriquer du doute et retarder les décisions de nos responsables politiques incompétents.
Mais à côté de ces aspects il y a les droits fondamentaux garantis par les textes nationaux ou internationaux qui protègent le citoyen consommateur. Même s’il la loi de 2015 imposait ce type de dispositif elle ne pourrait s’appliquer que pour l’avenir car les lois ne sont pas rétroactives comme je l’ai dit plus haut. Le droit des contrats protège aussi le consommateur des clauses abusives que voudrait imposer unilatéralement un professionnel. Et je suis plus attaché au droit qu’aux autres arguments pourtant pertinents.
MB51 - Visiteur	Le 19-05-2019 à 19:58
A l'intention de JLGPNI
Suite à votre commentaire j’aimerai apporté quelques précisions. Les anciens compteurs appartiennent bien aux communes il n’en est pas de meme pour les linky ppour la bonne et simple raison qu’Enedis les a commandés et surtout c’est Enedis qui a règlé la facture ce qui fait que ces compteurs lui appartiennent jusqu’au remboursement de cette dernière .
Vous n’avez pas saisi l’utilité de l’ERL ,cet outil sera acheté et installé par l’usager et uniquement s’il en a le besoin , Enedis ne propose rien ce sera toujours à l’usager à en faire la demande où se trouve le problème ??
Que dit la loi concernant cet appareil : www.legifrance.gouv.fr
Le consommateur n’a pas à le refusé s’il veut rester client chez Enedis :
www.swavocats.com
S’il le refuse il mettra un terme à son contrat .
Je vous rapellle que le réseau s’arrete à la sortie du disjoncteur principal, on passe de la C14-100 à la C15-100 et c’est comme cela depuis EDF existe.
Pourquoi ces compteurs sont utiles la première raison sera la diminution de la fraude, dans ce domaine le français est également un champion (cette fraude existe dans tous les pays )
La fraude n’est pas gratuite pour tout le monde :
J’estime que ma facture d’électricité est suffisament importante, je ne veux pas payer la fraude de certains usagers. Et etre anti-linky c’est soutenir la fraude et c’est ce que vous faites.
La deuxième raison est une gestion du réseau plus réactive un électricien dignede nom le comprend parfaitement.
Réponse d’Enedis à UFC ;
http://www.newspress.fr/Communique_FR_307632_6037.aspx
Cette fronde est connue d’Edf depuis le début de l’installation de ces compteurs ;
i3.cnrs.fr
collectifstoplinkyburessuryvette.files.wordpress.com
MB51 - Visiteur	Le 19-05-2019 à 20:01
vous dites : <<Les compteurs installés depuis 2001 étaient électroniques mais pas communicants >> c’est faux ils le sont depuis leur installation c'est-à-dire 2001.
je ne vois pas l’utilité d’installé des compteurs communicants qui ne communiquent pas .
J’ai dit que le cpl est adopté par tous les pays européens , je n’y suis pour rien et c’est bien pour une raison économique.
Elrick - Visiteur	Le 19-05-2019 à 20:51
Quoi qu'on en dise, ce compteur reste une farce à l'échelle du pays, du vol légalisé puisqu'il est imposé.
L'argument marketing avec des prétentus économies est une plaisenterie.
Surveiller sa consommation était déja possible avant, la lire sur son smartphone n'apporte rien, si ce n'est le plaisir de certain geek et encore.
Pour certains, ce changement rime avec une augmentation de leur abonnement car ce compteur n'a aucune tolerance en cas de dépassement de votre abonement, cette cash machine leur impose de payer plus immédiatement sinon le compteur saute !
Ce compteur coutera au contribuable environ 130 /piece, une sommes qui sera prélevé dans nos différentes factures insidueusement, j'entends encore l'argument du compteur gratuit qui ne coute rien au consommateur, là encore on prend vraiement les gens pour des idiots.
Je rejoins également les discussions précédentes concernant la pression mise sur le consommateurs par les mercenaires d'Enedis, un scandale qui s'ajoute à la honte.
Les données collectées serviront les interets du principal fournisseur qui s'en servira pour profiler les consommateurs que nous sommes dans un but évident de rentabilité, toujours sur notre dos.
Le pire est à venir car derrière ce mouchard 2.0 imposé en marche forcer par ERDF et sous couvert de l'état qui contresigne cette bêtise, c'est uniquement leur interet que l'on sert puisqu'il prévoit déja la futur taxe pour recharger nos véhicules éléctriques...
Concernant sa durée de vie, comme tous les systèmes existant et peu importe les exploitants, ce compteur sera piraté/piratable, c'est une évidence.
Quand certaines attaques de ce réseau permettront d'éteindre des zones de la carte, on se demandera comment on a pu laisser faire une tel connerie et il faudra encore remettre la main au portefeuille.
Qui à interet à piraté cela ? n'importe qui ? une personne voulant se donner de l'importance, cela arrangerait beaucoup de cambrioleur je pense, ou un pays ennemis nous voulant du bien ?
La sécurité nationale, c'est un autre débat mais le risque est réél.
Ce n'est pas pour rien que l'Elysé, notre armé, n'utilise et n'utiliseront jamais ce compteur.
La pseudo concurence créé artificiellement n'apporte rien au consommateur, elle nous coute de l'argent car nous la financons indirectement, les aumgentations démesuré subis sont la pour nous le rappeler.
Ce qu'il y a de plus detestable, c'est que ce compteur ne sert à aucun moment les interets des consommateurs.
Il n'y a là aucun bon sens, ni modernité, aucune obligation de quoi que ce soit, c'est du vol, ni plus, ni moins.
La cours des comptes l'avait déja annoncé, cette opération n'a aucun interet pour le particulier, au contraire.
Aujourd'hui tout augmente, sauf les salaires !
L'énergie encore plus que les nos impôts, alors oui, la rébellions doit s'organiser contre la démence de ces gens bien pensant.
AlainDuCantal - Visiteur	Le 19-05-2019 à 21:43
A Elrick : décidément la mauvaise foi n'est guère propice au débat (à moins que cela ne soit juste de la bêtise dogmatique des anti ?)
Alors juste une chose : n'utilisez pas des textes que vous ne semblez pas avoir lu ! En effet, le rapport de la cour des comptes (www.ccomptes.fr)
"Le dispositif de comptage de l’électricité demande donc d’être modernisé ..."
Ce n'est qu'en fin de rapport qu'elle émet une recommandation pour que l'état fasse ensorte que l'utilisation des informations soit mieux prise en compte pour réduire la facture (sur ce point ce n'est pas Enedis qui est mis en cause, mais la CRE qui fixe les tarifs et l'Etat qui les valide)
+ 2 précisions qui montrent que votre discours ne tient pas debout :
- ERDF a changé de nom en 2016 est s'appelle désormais Enedis
- le contribuable n'est pas mis à contribution sur ce projet, mais les clients qui absorberont le coût de l'investissement sur les factures qui suivront la fin de projet, par le maintien (et non l'augmentation) des tarifs, alors qu'Enedis réalisera des réductions de coût de gestion.
Pour le reste, si c'est vraiment ce que vous pensez, résiliez sans plus tarder votre contrat avec votre fournisseur (voleur ?!!!) et produisez votre électricité par vos propres moyens !!!
Elrick - Visiteur	Le 19-05-2019 à 23:01
Quoi, c'est tout, juste un message pour nous dire qu'Erdf = Enedis.
Je suis content d'avoir pu vous informez de ce que tout le monde pense de la situation.
Comme chaqu'un, on s'interroge sur ce qui se passe.
Je ne suis pas un anti, on le devient quand on regarde sous le tapis.
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Article Avocat LINKY, un compteur au courant Par Juritravail le 17/09/2018
Maître Benoît Deltombe
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