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Timestamp: 2016-10-26 17:16:58+00:00
Document Index: 229404230

Matched Legal Cases: ['art. 4', 'art. 9', 'art. 5', 'art. 2', 'art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 59', 'art. 8', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 374', 'art. 41', 'in fine', 'ATF ', 'art. 18', 'art. 63', 'art. 343', 'art. 373', 'ATF ', 'art. 374', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 373', 'art. 156', 'art. 159']

4C.23/2004 (14.12.2004)
d�fendeur et recourant principal, repr�sent� par
demanderesse, intim�e et recourante par voie de jonction, repr�sent�e par Me Jean-Christophe Diserens.
recours en r�forme contre le jugement de la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 5 f�vrier 2003.
A.a En 1990 � l'occasion d'un chantier � N.________ (Vaud), B.________, fond� de procuration de Z.________ SA - devenue depuis lors X.________ SA -, a fait la connaissance de A.________, qui exploite une entreprise de gypserie-peinture. Comme ils ont sympathis�, A.________ a parl� � B.________ de son projet de se faire construire une villa � M.________ (Vaud).
Entre le 30 avril et le 12 juillet 1993, A.________, B.________ et l'architecte mandat� par X.________ SA ont �tabli plusieurs documents sous la forme de deux descriptifs de travaux, de divers projets et de plans pour la mise � l'enqu�te publique. Il a �t� retenu que les deux descriptifs de travaux n'�taient pas d�taill�s: le premier (30 avril 1993) faisait seulement "allusion" � certains postes; le second (17 juin 1993) a �t� qualifi� comme �tant "des plus sommaires". Ces descriptifs faisaient r�f�rence � des projets ayant une surface de 100 m2 et un volume de 750 � 800 m3 pour le premier et une surface de 114 m2 et un volume de 889 m3 pour le second. Les plans de l'architecte du 2 juillet 1993 relatifs � la mise � l'enqu�te publique faisaient �tat d'une surface (inchang�e) de 114 m2 pour un volume de 1'180 m3.
Le 12 juillet 1993, B.________, agissant pour X.________ SA, et A.________ ont sign� un contrat d'entreprise g�n�rale portant sur la construction d'une villa individuelle � M.________. Les parties ont convenu de fixer un "prix forfaitaire, y compris rench�rissement" de 400'000 fr. (art. 4.1) et arr�t� un �ch�ancier de paiement de cette somme entre la signature du contrat et la r�ception de l'ouvrage pr�vue en avril 1994 (art. 9.1). Selon l'art. 5.1 �taient comprises toutes les prestations et fournitures de l'entrepreneur g�n�ral et ses sous-traitants et fournisseurs n�cessaires � l'ex�cution conforme au descriptif de l'ouvrage et aux plans des parties. A l'art. 2 du contrat, il �tait express�ment fait r�f�rence au plan de l'architecte du 2 juillet 1993; la rubrique "descriptif de l'ouvrage" �tait laiss�e vierge, bien que celui-ci e�t d� faire partie int�grante du contrat, avec ordre de priorit� sur les "plans contractuels".
A.b Le 25 octobre 1993, B.________ et A.________ ont sign� une nouvelle version de la page 5 du contrat d'entreprise g�n�rale: l'�ch�ancier de paiement a �t� red�fini quant aux montants et aux termes pr�vus; le total des versements pr�vus s'�levait d�sormais � 330'000 fr. Les autres clauses du contrat n'ont pas �t� modifi�es, en particulier celle relative au prix forfaitaire de 400'000 fr.
Le lendemain, la banque Y.________ a sign� aux c�t�s de X.________ SA et A.________ une convention autorisant l'entrepreneur g�n�ral � utiliser un cr�dit de construction de 330'000 fr. ouvert par le ma�tre aupr�s de la banque. Cette convention faisait notamment obligation � X.________ SA d'informer en tout temps la banque de l'existence de frais suppl�mentaires par suite de modifications du projet, en particulier les nouvelles sp�cifications du ma�tre. Selon l'employ� de la banque, la diff�rence entre le forfait de 400'000 fr. et le montant de 330'000 fr. du cr�dit s'explique par l'existence de fonds propres ou par des travaux ex�cut�s par A.________.
Un plan financier a �t� �tabli � cette �poque par B.________: il en ressort que l'offre totale de X.________ SA - pour un volume SIA de 920 m3 - s'�levait � 393'300 fr., travaux de pl�trerie-peinture non compris.
A.c Les travaux se sont �coul�s d'octobre 1993 � mai 1994, date � laquelle A.________ et sa famille ont emm�nag� dans la villa. A dire d'expert, les prestations effectu�es par l'entreprise de A.________ se sont �lev�es � 111'050 fr. L'ensemble des travaux n'a donn� lieu ni � des critiques ni � des avis des d�fauts de la part du ma�tre.
Par le biais du cr�dit de construction, A.________ s'est acquitt� d'une somme totale de 335'648 fr. De son c�t�, la banque n'a jamais re�u d'avis de frais suppl�mentaires dus � des modifications de projet.
Le 22 septembre 1994, X.________ SA a licenci� B.________ avec effet imm�diat et a d�pos� plainte p�nale � son encontre. Elle lui reprochait notamment d'avoir d�tourn� � son profit une somme de 27'500 fr. dans le cadre de la construction de la villa de A.________. B.________ est d�c�d� le 28 septembre 1997. Le 10 juillet 1998, le juge p�nal a cl�tur� l'enqu�te, �galement dirig�e contre A.________, par un non-lieu, en raison du d�c�s de B.________ et de l'absence d'indices de la commission par A.________ d'infractions p�nales.
B.a Par courrier du 6 octobre 1994, X.________ SA a d�clar� invalider le contrat d'entreprise g�n�rale pour l�sion. A.________ a contest� cette invalidation.
Le 10 novembre 1994, X.________ SA a �tabli un d�compte du co�t total des travaux de la villa ascendant au montant de 764'764 fr. 50; ce d�compte n'incluait pas les prestations effectu�es par A.________.
Le 12 d�cembre 1995, X.________ SA a fait notifier � A.________ un commandement de payer d'un montant de 450'000 fr. � titre de "solde d� sur la construction de la villa de M.________". A.________ a form� opposition totale � cette poursuite.
B.b Le 12 ao�t 1996, X.________ SA a ouvert action contre A.________ devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, concluant au paiement de 399'258 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 5 d�cembre 1995 et et � la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par le d�fendeur au commandement de payer pr�cit�. A.________ s'est oppos� � la demande et a conclu reconventionnellement au paiement de 28'610 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 1994.
En cours d'instance, deux expertises judiciaires ont �t� ordonn�es, lesquelles ont �t� confi�es � l'architecte D.________. A l'examen des plans d'ex�cution - �tablis le 10 octobre 1993 par l'architecte mandat� par la demanderesse - l'expert a constat� que la villa construite pr�sente en r�alit� un volume de 1'255 m3: cela correspond � une augmentation de 6% par rapport au volume d�crit dans les documents � la disposition des parties le 12 juillet 1993. D.________ a qualifi� cette derni�re �volution de minime.
A dire d'expert, la villa pr�vue initialement - sans la part des travaux � la charge de A.________ - pouvait se concevoir pour 400'000 fr., soit 450 fr. le m3 pour un volume de 889 m3. Le co�t de la villa r�alis�e - qui se situe dans la cat�gorie moyenne sup�rieure - s'�l�ve � 911'455 fr. 35, soit 726 fr. le m3 pour un cubage de 1'255 m3. L'expert a estim� que l'augmentation du co�t �tait notamment due � une modification du volume, � un devis sous-estim�, � une qualit� de l'ouvrage r�alis� sup�rieure � celle de l'ouvrage initialement convenu et � l'importante augmentation des frais d'am�nagement ext�rieur. Toujours selon lui, les �volutions du projet "n'�chappaient � personne".
Enfin, l'expert a soulign� que la demanderesse n'avait jamais pris en compte la relation entre le volume construit, la qualit� de l'ouvrage et le co�t de la villa. A son avis, X.________ SA a totalement n�glig� la gestion des co�ts.
B.c Par jugement du 5 f�vrier 2003 - dont la motivation a �t� exp�di�e le 10 d�cembre 2003 - la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois a condamn� le d�fendeur � verser � la demanderesse la somme de 99'040 fr. 10 avec int�r�ts � 5% d�s le 13 d�cembre 1995 et lev� d�finitivement, � due concurrence, l'opposition form�e au commandement de payer par le d�fendeur.
En substance, la cour cantonale a retenu qu'un contrat d'entreprise avait �t� valablement conclu entre les parties, � la suite de la ratification par la demanderesse des actes de B.________; elle a �cart� la l�sion invoqu�e par la demanderesse.
S'agissant du prix de l'ouvrage, elle a retenu que les parties avaient convenu un prix forfaitaire de 400'000 fr. Compte tenu que le d�fendeur avait vers� au moyen du cr�dit de construction 335'648 fr., il subsistait un solde encore d� par ce dernier se montant � 64'352 fr. La cour cantonale a ensuite jug� que le ma�tre avait pass� des commandes suppl�mentaires pour 71'142 fr. 35 - dont il s'�tait acquitt� � concurrence de 70'454 fr. 25 - laissant ainsi un solde � son d�bit de 688 fr. 10. Enfin, l'autorit� cantonale a fait supporter au d�fendeur une somme de 34'000 fr. � titre de participation au surco�t du cube SIA.
La Cour civile ayant enti�rement rejet� les conclusions reconventionnelles du d�fendeur, elle l'a condamn� � verser � la demanderesse la somme de 99'040 fr. 10 (64'352 fr. + 688 fr. 10 + 34'000 fr.).
A.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre le jugement pr�cit�. II conclut � la r�forme du jugement entrepris en ce sens qu'il ne doit rien payer � la demanderesse, que l'opposition form�e au commandement de payer notifi� par celle-ci est d�finitivement maintenue et que la demanderesse est condamn�e � lui verser la somme de 24'959 fr. 90, plus int�r�ts � 5% d�s le 13 d�cembre 1995.
La demanderesse conclut au rejet du recours principal. Elle forme un recours joint tendant � la r�forme du jugement entrepris. Soutenant principalement que le prix de l'ouvrage doit �tre fix� d'apr�s le prix du travail et non de mani�re forfaitaire, elle conclut � la condamnation du d�fendeur � lui verser la somme de 383'280 fr. 50 avec int�r�ts � 5% d�s le 13 d�cembre 1995 et au prononc� de la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par le poursuivi � la poursuite qui lui a �t� notifi�e. A titre subsidiaire, dans le cas o� le prix de l'ouvrage serait fix� � forfait, elle critique le calcul du surco�t � charge du d�fendeur et prend des conclusions tendant au paiement de la somme de 229'719 fr. 10, plus int�r�ts � 5% d�s le 13 d�cembre 1995, la mainlev�e d�finitive �tant prononc�e � due concurrence.
Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ). Il en va de m�me du recours joint (art. 59 al. 2 et 3 OJ).
Le recourant principal voit une violation de l'art. 8 CC dans le fait que la cour cantonale a retenu que le prix convenu par les parties pour l'ouvrage s'�levait � 400'000 fr., et non � 330'000 fr. comme il le pr�tend. II fait en outre valoir que la Cour civile a jug� contrairement aux pi�ces du dossier et a commis une inadvertance manifeste au sens de l'art. 63 al. 2 OJ. Enfin, pour �tayer son point de vue, le d�fendeur reproduit longuement la teneur de certains all�gu�s qu'il confronte avec les d�terminations qu'ils ont suscit�es.
2.1.1 Pour toutes les pr�tentions relevant du droit priv� f�d�ral (cf. ATF 125 III 78 consid. 3b), l'art. 8 CC, en l'absence d'une disposition sp�ciale contraire, r�partit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c) et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 126 III 189 consid. 2b). Cette norme ne r�gle cependant pas comment et sur quelles bases le juge peut forger sa conviction. En effet, lorsque l'appr�ciation des preuves convainc le juge de la r�alit� ou de l'inexistence d'un fait, la question de l'application de l'art. 8 CC ne se pose plus; seul le moyen tir� d'une appr�ciation arbitraire des preuves, � invoquer imp�rativement dans un recours de droit public, est alors recevable (ATF 122 III 219 consid. 3c).
2.1.2 Dans la mesure o� le recourant principal entend remettre en cause les constatations de l'instance cantonale relatives au prix convenu par les parties, le moyen est irrecevable. II s'agit en effet d'une question de fait (ATF 129 III 118 consid. 2.5), qui a r�sist� au grief d'appr�ciation arbitraire des preuves examin� dans l'instance de recours de droit public 4P.145/2004.
A juste titre, le d�fendeur ne se pr�vaut pas d'une mauvaise r�partition du fardeau de la preuve selon l'art. 8 CC.
2.2.1 La jurisprudence n'admet l'existence d'une inadvertance manifeste que lorsque l'autorit� cantonale a omis de prendre en consid�ration une pi�ce d�termin�e, vers�e au dossier, ou l'a mal lue, s'�cartant par m�garde de sa teneur exacte, en particulier de son vrai sens litt�ral (ATF 115 II 399 consid. 2a; 109 II 159 consid. 2b; cf. arr�t 4C.149/1995 du 5 d�cembre 1995 consid. 3a, SJ 1996 p. 353 ss). L'autorit� cantonale s'�carte, par m�garde, de la teneur exacte d'une pi�ce, par exemple, lorsqu'elle commet une erreur de lecture, ou lorsqu'elle ne prend pas en consid�ration la relation �vidente existant entre diff�rentes pi�ces du dossier. L'inadvertance manifeste ne saurait cependant �tre confondue avec l'appr�ciation des preuves. D�s l'instant o� une constatation de fait repose sur l'appr�ciation, m�me insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue (Jean-Fran�ois Poudret, COJ II, n. 5.4 ad art. 63 OJ).
2.2.2 Comme le Tribunal f�d�ral l'a relev� dans l'arr�t rendu ce jour sur le recours de droit public pr�cit�, la cour cantonale a pris en compte plusieurs �l�ments du dossier pour arriver � la conclusion critiqu�e par le d�fendeur. Elle a en particulier identifi� le probl�me r�sultant de la pr�sence de deux documents cons�cutifs sign�s par les parties, lesquels indiquaient - apparemment - des prix diff�rents de l'ouvrage. Pour retenir en d�finitive que ce prix avait �t� fix� � 400'000 fr. - et qu'il n'avait pas �t� modifi� ult�rieurement -, elle a proc�d� � une appr�ciation souveraine des preuves, laquelle ne peut pas �tre revue dans un recours en r�forme, m�me par le biais du grief d'inadvertance manifeste.
2.3 S'agissant du fardeau de l'all�gation et du fardeau de la contestation des faits all�gu�s, il s'agit de questions qui rel�vent de l'application du droit de proc�dure cantonal, d'o� leur irrecevabilit� en instance de r�forme.
Par son recours joint, la demanderesse critique la conclusion de la cour cantonale selon laquelle le prix convenu constitue un prix forfaitaire au sens de l'art. 373 CO. II convient de trancher cette question cruciale, avant d'aborder les autres griefs soulev�s dans les recours principal et joint.
3.1 A teneur de l'art. 373 CO, lorsque le prix a �t� fix� � forfait, l'entrepreneur est tenu d'ex�cuter l'ouvrage pour la somme fix�e, et il ne peut r�clamer aucune augmentation, m�me si l'ouvrage a exig� plus de travail ou de d�penses que ce qui avait �t� pr�vu (al. 1). A l'inverse, le ma�tre est tenu de payer le prix int�gral, m�me si l'ouvrage a exig� moins de travail que ce qui avait �t� pr�vu (al. 3). En ce sens, on admet que le prix forfaitaire ou prix ferme fixe une limite � la fois maximale et minimale pour la r�mun�ration de l'entrepreneur (Theodor B�hler, Commentaire zurichois, n. 8 et n. 11 ad art. 373 CO; Fran�ois Chaix, Commentaire romand, n. 9 ad art. 373 CO; Peter Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation fran�aise par Beno�t Carron, ch. 900 p. 265; Gaudenz G. Zindel/Urs Pulver, Commentaire b�lois, 3e �d., n. 11 ad art. 373 CO).
La partie qui pr�tend � l'existence de prix ferme a la charge de la preuve (Droit de la Construction 2/2001 p. 80 no 261). En cas de doute, on ne pr�sume pas une telle convention et le prix de l'ouvrage doit �tre d�termin� d'apr�s la valeur du travail (art. 374 CO; Gauch, op. cit., ch. 1014 p. 297). La doctrine et l'usage en mati�re de construction recommandent de convenir un prix forfaitaire sur la base de documents clairs et complets, notamment pour �viter les probl�mes relatifs � la d�limitation entre l'objet du contrat et les �ventuelles commandes suppl�mentaires (cf. Norme SIA-118, art. 41 al. 2 et 40 al. 2; Gauch, op. cit., ch. 906 in fine p. 267). La pr�sence d'un descriptif d�taill� et de plans ne constituent cependant pas une condition n�cessaire � la fixation d'un prix ferme: celui-ci peut en effet �galement r�sulter d'une estimation grossi�re des co�ts (Gauch, op. cit., ch. 902 in medio p. 266).
3.2 Dans leur contrat, les parties ont utilis� de mani�re univoque les termes de prix forfaitaire et elles ont ajout� que le prix convenu comprenait le rench�rissement. Comme ces termes ont �t� choisis par deux parties, qui appartiennent dans le cas pr�sent au m�me cercle de profession, il faut les comprendre dans leur sens technique (ATF 122 III 426 consid. 5; Benedict Winiger, Commentaire romand, n. 27 ad art. 18 CO). D�s lors, le prix fix� constituait � la fois un prix maximum et un prix minimum.
Il a �t� retenu (art. 63 al. 2 OJ) que les documents sur lesquels se sont fond�s les plaideurs pour arr�ter le prix de l'ouvrage ont �volu� au fil du temps, que les descriptifs de travaux n'�taient pas d�taill�s et que le plan financier �tabli par B.________ - arr�tant un co�t tr�s proche de celui convenu - concernait un projet comportant seulement 920 m3 en lieu et place des 1'255 m3 de la villa d�finitive.
Ces �l�ments n'emp�chaient pas les parties de prendre - � leurs risques et p�rils - la d�cision de fixer le 12 juillet 1993 un prix ferme pour la construction de la villa litigieuse. Au surplus, le contrat faisait express�ment r�f�rence au plan de l'architecte du 2 juillet 1993 faisant �tat d'un volume de 1'180 m3. La d�cision commune de fixer un prix forfaitaire de 400'000 fr. pour un tel programme peut para�tre d�raisonnable, voire injustifiable sur un plan purement comptable. En vertu de la force obligatoire des contrats et sauf vice du consentement - non r�alis� en l'esp�ce -, elle fonde cependant la loi des parties, qui ne peut plus �tre remise en cause.
3.3 Par cons�quent, le grief de la recourante par voie de jonction en relation avec la nature forfaitaire du prix de l'ouvrage n'est pas fond�. Le recours joint doit �tre rejet� sur ce point.
Tant dans le recours principal que dans le recours joint, les parties critiquent - sous l'angle d'une violation de l'art. 343 CO (recte 374 CO) - le calcul auquel a proc�d� la cour cantonale en mati�re de surco�t d�coulant de l'augmentation du cubage du projet. Pour la recourante par voie de jonction, il conviendrait de faire supporter au d�fendeur un surco�t de 164'679 fr.: cette somme correspond � l'augmentation de 41,16% du projet entre des volumes de 889 m3 (au moment de la fixation du forfait de 400'000 fr.) et de 1'255 m3 (lors de la r�alisation de la villa). Pour le recourant principal, aucun surco�t ne peut �tre mis � sa charge, dans la mesure o� l'augmentation du volume entre la conclusion du contrat (1'180 m3) et la r�alisation d�finitive (1'255 m3) ne r�sulte pas d'une demande de sa part, mais est imputable au seul entrepreneur ou � son architecte.
4.1 Le caract�re ferme du prix forfaitaire n'est pas absolu. L'art. 373 al. 2 pr�voit une premi�re exception lorsque l'ex�cution de l'ouvrage est emp�ch�e ou rendue difficile � l'exc�s par des circonstances extraordinaires, impossibles � pr�voir, ou exclues par les pr�visions des parties. Une seconde exception est r�alis�e quand intervient une modification de commande par rapport � l'objet du contrat initialement convenu; le prix ferme arr�t� par les parties n'est, en effet, d�terminant que pour l'ouvrage alors projet�, sans modifications qualitatives ou quantitatives (ATF 116 II 315 consid. 3).
Les modifications de commande donnent droit � une augmentation du prix en cas de prestations suppl�mentaires de l'entrepreneur; cette r�mun�ration se calcule sur la base de l'art. 374 CO (B�hler, op. cit., n. 16 ad art. 373 CO; Chaix, op. cit., n. 10 ad art. 373 CO; Gauch, op. cit., ch. 905 p. 266/267). Tel n'est pas seulement le cas lorsque la modification provient du ma�tre, mais �galement lorsqu'elle �mane de l'entrepreneur et qu'elle a �t� accept�e par le ma�tre (arr�t 4C.375/1993 du 20 juin 1994 consid. 3, SJ 1995 p. 100). En pratique, il est difficile de d�terminer si une modification de commande all�gu�e existe r�ellement ou si une prestation argu�e de suppl�mentaire fait encore partie des prestations convenues � l'origine, raison pour laquelle le degr� de pr�cision du contrat a son importance (cf. supra consid. 3.1). Comme c'est l'entrepreneur qui entend d�duire un droit � une r�mun�ration suppl�mentaire, c'est lui qui supporte le fardeau de la preuve de la modification de commande et des frais suppl�mentaires en r�sultant (Chaix, op. cit., n. 36 ad art. 373 CO; Gauch, op. cit., ch. 786 p. 233; Zindel/Pulver, op. cit., n. 39 ad art. 373 CO).
4.2 Au moment de la conclusion du contrat, les plans � la disposition des parties indiquaient un volume de 1'180 m3. L'accord intervenu entre celles-ci a ainsi port� sur un projet de cette ampleur; la cour cantonale l'a constat� souverainement (p. 18 et p. 32 du jugement d�f�r�), ce qui emp�che toute critique � ce sujet de la part de la recourante par voie de jonction.
Il ne ressort pas des faits �tablis par l'autorit� cantonale que le d�fendeur aurait - post�rieurement � la conclusion du contrat - demand� une augmentation du programme de sa villa. II est par ailleurs �tabli que la demanderesse n'a appris le volume r�el de la construction (1'255 m3) qu'� la suite de la lecture du rapport d'expertise judiciaire, raison pour laquelle elle n'a jamais inform� la banque de l'existence de frais suppl�mentaires dus � des modifications du projet.
Ainsi, faute de commandes suppl�mentaires de la part du ma�tre, la demanderesse aurait pu d�montrer que la modification - dont elle aurait �t� � l'origine - avait �t� accept�e par le d�fendeur. Or, dans la mesure o� elle ignorait elle-m�me cette diff�rence, elle ne pouvait requ�rir d'accord � ce sujet de son cocontractant. Dans ces circonstances particuli�res, il faut constater que les parties ont d�lib�r�ment fix� le prix forfaitaire de l'ouvrage en fonction d'un programme de 1'180 m3 et qu'elles n'ont pas - � tout le moins de mani�re consciente - modifi� ce volume dans un accord ult�rieur. L'expert judiciaire a d'ailleurs qualifi� la derni�re augmentation du projet (6% sur l'ensemble) de minime, ce qui peut expliquer que les parties n'en aient pas eu conscience au moment des faits.
4.3 Puisque l'existence d'une modification de commande relative � l'augmentation de 6% du volume par rapport � ce qui avait �t� convenu lors de la signature du contrat n'a pas �t� d�montr�e, le principe du prix forfaitaire s'applique en plein. Autrement dit, l'entrepreneur (la demanderesse) n'a droit � aucune r�mun�ration suppl�mentaire de ce chef.
La Cour civile a viol� le droit f�d�ral en faisant supporter au d�fendeur un surco�t de 34'000 fr. en raison de l'augmentation du cubage SIA.
Le recours principal sera donc admis sur ce point et le recours joint rejet�.
Au vu de ce qui pr�c�de, le d�fendeur doit verser � la demanderesse la diff�rence entre le prix forfaitaire (400'000 fr.) et les sommes vers�es au moyen du cr�dit de construction, par 335'648 fr., � savoir 64'352 fr., conform�ment � la d�cision entreprise (cf. consid. 2 et 3 ci-dessus). De m�me, il doit la somme de 688 fr. 10 � titre de diff�rence entre le total des commandes suppl�mentaires admises par les parties et les versements d�j� effectu�s (point non critiqu� dans la pr�sente instance). En revanche, le d�fendeur est lib�r� de tout paiement en relation avec l'augmentation du volume entre la signature du contrat et la r�alisation de l'ouvrage (cf. consid. 4 ci-dessus).
A juste titre, le taux ainsi que la date de d�part des int�r�ts moratoires ne sont pas critiqu�s. D�s lors, le d�fendeur sera condamn� � verser � la demanderesse la somme de 65'040 fr. 10 (64'352 fr. + 688 fr.10) avec int�r�ts � 5% d�s le 13 d�cembre 1995.
Le d�fendeur a obtenu partiellement gain de cause dans son recours principal. Il obtient une r�duction d'environ 35% du montant dont il avait �t� d�clar� d�biteur en instance cantonale. En revanche, la demanderesse succombe enti�rement dans son recours joint. A consid�rer le r�sultat de la proc�dure, il se justifie de r�partir l'�molument judiciaire global, fix� � 11'500 fr., � raison de 3'000 fr. � charge du recourant principal et de 8'500 fr. � charge de la recourante par voie de jonction (art. 156 al. 1 et 3 OJ).
Apr�s compensation des d�pens, la recourante par voie de jonction paiera � ce titre au recourant principal une indemnit� r�duite (art. 159 al. 1 et 3 OJ).
Vu l'issue de l'instance, il appartiendra � la cour cantonale de statuer � nouveau sur le sort des frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Le recours principal est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable. Le recours joint est rejet�.
Les chiffres I et II du dispositif du jugement attaqu� sont r�form�s dans le sens qui suit:
I. Le d�fendeur doit payer � la demanderesse la somme de 65'040 fr.10 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 13 d�cembre 1995.
II. L'opposition form�e par le d�fendeur au commandement de payer no ... de l'Office des poursuites de Lausanne-Ouest est d�finitivement lev�e � concurrence du montant en capital et int�r�t allou� au chiffre I ci-dessus.
Les chiffres III, IV et V dudit dispositif sont annul�s.
Un �molument judiciaire de 8'500 fr. est mis � la charge de la demanderesse.
La demanderesse versera au d�fendeur une indemnit� de 6'000 fr. � titre de d�pens r�duits.