Source: http://avs.fr/2019/04/non-a-la-stigmatisation-de-labattage-halal/
Timestamp: 2019-10-19 16:22:54+00:00
Document Index: 189740485

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﻿ AVS | Non à la stigmatisation de l’abattage halal !
L’arrêt de la Cour de justice de l’union Européenne datant du 26 février 2019 « n’autorise pas l’apposition du logo de production biologique de l’Union européenne […] sur des produits issus d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage rituel sans étourdissement préalable […]. »
Cet arrêt fait suite à une action menée par l’OABA contre la Sarl Bionoor. Cette décision est un tournant dans l’activité de la certification halal de produits carnés provenant de bêtes ayant subi la saignée directement sans assommage au préalable. Cet arrêt interroge d’autant plus que la conclusion de l’avocat général est différente de l’arrêt de la cour.
Nous constatons que ce recours à la justice par une partie tierce empêchant des consommateurs soucieux de halal de pouvoir bénéficier du caractère naturel de certains produits carnés n’est pas juste.
Si la société Bionoor a été parmi les premières à proposer un produit halal et bio, elle est pénalisée aujourd’hui par cet arrêt. AVS organisme de certification, assumant pleinement l’initiative de Bionoor s’en trouve tout aussi impactée par cette décision.
Cela veut dire qu’à l’avenir AVS ne pourrait plus certifier halal des produits carnés avec le label Bio.
Nous regrettons fortement que la surenchère idéologique l’emporte sur la raison car considérer incompatible le halal et le bio est une manière de signifier que l’abattage rituel est une souffrance supplémentaire infligée aux animaux.
Encore une fois une stigmatisation de ce type d’abattage, prétexte d’une posture idéologique qui refuse tout débat serein. Cet arrêt perçu comme une victoire par l’OABA, voile la réalité de la souffrance d’un plus grand nombre d’animaux abattus quotidiennement d’une manière conventionnelle. On refuse les caractéristiques Bio à un produit provenant d’abattage religieux et on les accepte pour un abattage conventionnel qui fait subir des souffrances.
Autrement dit, les juifs et les musulmans n’ont pas le droit de proposer des alternatives pour l’avenir de nos sociétés françaises et européennes.
Leur mode d’abattage serait disqualifié du fait de la non-prise en compte de la souffrance des animaux. Le Bio aurait un standard de bien-être animal plus élevé que celui de l’abattage religieux. Une vérité assénée dans l’arrêt de la cour de Justice de l’Union Européenne.
AVS reste convaincue que l’avenir contribuera à un débat plus serein loin de toutes les passions en vue de garantir le caractère pluriel de notre société dans ses modes de consommation.
Saint Denis, le 1er avril 2019