Source: http://boitoto.com/civ-3-16032011/
Timestamp: 2018-01-17 12:38:36+00:00
Document Index: 238688789

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Arrêt de la Troisième Chambre civile de la Cour de cassation en date du 16 mars 2011, n°10-14051, FS – P+B : les réparations doivent s’effectuer dans un délai raisonnable (cas général d’un contrat d’entreprise) – Boitoto.com
mars 4, 2013 boitoto Références 0
Audience publique du 16 mars 2011
N° de pourvoi: 10-14051
M. Pronier, conseiller apporteur
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 11 décembre 2009), que M. X… a confié à M. Y… des travaux de réfection de peinture de plusieurs appartements donnés en location ou à louer ; qu’un différend est apparu sur le solde dû ; qu’après expertise, M. Y… a assigné M. X… en paiement de la somme de 62 249,71 euros à titre de solde dû sur travaux et que M. X… a contesté cette demande et reconventionnellement réclamé paiement de la somme de 63 148 euros au titre du préjudice consécutif au retard d’exécution ;
Attendu que, pour débouter M. X… de sa demande, l’arrêt retient que les devis ne mentionnaient aucun délai d’exécution et qu’aucun planning n’avait été fixé ;
Qu’en statuant ainsi, sans rechercher, comme il le lui était demandé, si l’entrepreneur, infructueusement mis en demeure par le maître de l’ouvrage, avait manqué à son obligation de livrer les travaux dans un délai raisonnable, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ;
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a débouté M. X… de sa demande en paiement d’une indemnité au titre du préjudice causé par les retards dans l’exécution des travaux, l’arrêt rendu le 11 décembre 2009, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;
Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de M. X… ;
Moyen produit par la SCP Masse-Dessen et Thouvenin, avocat aux Conseils pour M. X….
Le moyen reproche à l’arrêt attaqué d’avoir débouté le maître de l’ouvrage (M. X…, l’exposant) de sa demande tendant à voir l’entrepreneur (M. Y…) condamné à réparer son préjudice subi du chef de retards d’exécution ;
AUX MOTIFS QUE M. X… soutenait que le retard dans l’exécution des travaux lui avait fait perdre une somme de 57.279 € au titre des loyers ; que les devis ne mentionnaient cependant aucun délai d’exécution et qu’aucun planning n’avait été fixé (arrêt attaqué, p.3, 4ème et 5ème consid.) ;
ALORS QUE l’absence de délai contractuel d’exécution de travaux n’interdit pas au maître de l’ouvrage de rechercher la responsabilité de l’entrepreneur qui ne les a pas achevés dans un délai raisonnable ; qu’en décidant le contraire sans même examiner, ainsi qu’elle y était invitée, si l’entrepreneur, infructueusement mis en demeure par le maître de l’ouvrage, avait manqué à son obligation de livrer les travaux dans un délai raisonnable, la cour d’appel a violé l’article 1147 du code civil.
Publication : Bulletin 2011, III, n° 35
Décision attaquée : Cour d’appel de Paris , du 11 décembre 2009
Titrages et résumés : CONTRAT D’ENTREPRISE – Obligations de l’entrepreneur – Livraison de l’ouvrage – Délai – Délai raisonnable – Respect – Nécessité
L’entrepreneur est soumis à l’obligation de livrer les travaux dans un délai raisonnable, même lorsque les devis ne mentionnent aucun délai d’exécution et qu’aucun planning n’a été fixé
CONTRATS ET OBLIGATIONS CONVENTIONNELLES – Exécution – Manquement – Caractérisation – Délai contractuel – Défaut – Portée
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