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Timestamp: 2016-10-28 18:02:38+00:00
Document Index: 189869448

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 76', 'ATF ', 'art. 76', 'art. 88', 'art. 74', 'art. 112', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 98', 'art. 490', 'art. 602', 'art. 20', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 86', 'art. 20', 'art. 23', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 23', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 1', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 186', 'art. 222', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 20', 'art. 24', 'art. 1', 'art. 24', 'art. 20', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 556', 'art. 554', 'art. 556', 'art. 554', 'art. 106', 'art. 517', 'art. 554', 'in fine', 'art. 556', 'art. 554', 'ATF ', 'art. 554', 'ATF ', 'art. 554', 'art. 106', 'art. 66']

5A_725/2010 (12.05.2011)
tous trois repr�sent�s par Me Jean-Louis Collart,
tous deux repr�sent�s par Me Jean-Pierre Jacquemoud, avocat,
recours contre la d�cision de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 13 septembre 2010.
A.a J.________, n�e le 14 ao�t 1912 en France, de nationalit�s fran�aise et am�ricaine, est d�c�d�e le 18 janvier 2010 � N.________. Ses h�ritiers l�gaux (en vertu du droit suisse) sont les deux fils issus de son union avec X.________, c'est-�-dire F.X.________, n� le 7 juillet 1941, domicili� � K.________, plac� sous la tutelle de Me H.________, et E.X.________, n� le 21 mars 1946, domicili� � Little Cayman (British West Indies).
Par un testament �tabli le 2 janvier 1992 � Gen�ve, J.________ a l�gu� ses biens � C.________, son neveu, L.________ et M.________; ces deux derniers lui �tant pr�d�c�d�s, l'int�ress�e a r�dig� un nouveau testament olographe, le 8 ao�t 2004 � Gen�ve, aux termes duquel elle a l�gu� 30 % de ses biens � C.________, 50 % � B.________ et 20 % � D.________ (ces deux derniers �tant les enfants de sa ni�ce L.________) � l'exception de 50'000 USD, libres de taxe, � remettre � A.________ (fils de M.________), qu'elle a en outre nomm� ex�cuteur testamentaire.
A.b Le 21 janvier 2010, E.________ et F.X.________ ont form� une requ�te d'inventaire de la succession aupr�s de la Justice de paix du canton de Gen�ve.
Le 8 f�vrier suivant, A.________ a d�pos� le testament du 8 ao�t 2004 en main de la Justice de paix. Invoquant sa qualit� d'ex�cuteur testamentaire, il a pr�tendu que le dernier domicile de la d�funte se trouvait en Floride (USA); il a joint, � cet �gard, un affidavit �manant d'un avocat am�ricain, dont il r�sulte que le "... Avenue, ...." correspond � l'adresse de feu J.________ pour la s�curit� sociale et le fisc am�ricains, et figure sur son permis de conduire et son passeport. Par courrier du 10 mars 2010 adress� � la Justice de paix, E.________ et F.X.________ se sont oppos�s � la d�livrance du certificat d'h�ritier, affirmant que le dernier domicile de leur m�re �tait � N.________.
Statuant le 11 mars 2010, la Justice de paix, apr�s avoir reconnu sa comp�tence en raison du dernier domicile de la d�funte � N.________, a ordonn� l'administration d'office de la succession, d�sign� l'avocat G.________ aux fonctions d'administrateur d'office, ordonn� l'inventaire de la succession et nomm� le notaire I.________ pour y proc�der.
Par d�cision du 13 septembre suivant, la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� cette ordonnance.
Par acte du 15 octobre 2010, A.________, d'une part, B.________, C.________ et D.________, d'autre part, exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral; sur le fond, ils concluent en bref � l'annulation de la d�cision attaqu�e et � l'incomp�tence des tribunaux suisses pour ordonner l'administration d'office de la succession de feu J.________, subsidiairement � la nomination de A.________ comme administrateur d'office.
1.1 Le recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) contre une d�cision finale (art. 90 LTF), susceptible d'un recours en mati�re civile (art. 72 al. 2 let. b ch. 5 LTF), prise par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 LTF). Les recourants ont qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF; ATF 133 III 421 consid. 1.1); m�me si les recourants nos 2 � 4 n'�taient pas formellement appelants en instance cantonale, ils ont pris part � la proc�dure devant la Cour de justice et formul� des conclusions propres (art. 76 al. 1 let. a LTF).
1.2 Dans les causes p�cuniaires - ce qui est le cas en l'occurrence (arr�t 5A_754/2009 du 28 juin 2010 consid. 1.1 [administration d'office de la succession instaur�e en vertu de l'art. 88 al. 1 LDIP]) -, le recours en mati�re civile n'est en principe recevable que si la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. au moins (art. 74 al. 1 let. b LTF). Contrairement � ce que prescrit l'art. 112 al. 1 let. d LTF, la d�cision entreprise est muette sur ce point et les recourants ne sont gu�re plus explicites (cf. art. 42 al. 2 LTF). Il ressort toutefois des constatations de la d�cision d�f�r�e et du dossier que cette valeur est amplement atteinte (cf. ATF 136 III 60 consid. 1.1.1).
1.3 La pr�sente affaire se rapporte � la comp�tence internationale pour ordonner l'administration d'office d'une succession, mesure qui est de nature provisionnelle selon l'art. 98 LTF (arr�ts 5A_502/2008 du 4 mars 2009 consid. 1.2; 5A_758/2007 du 3 juin 2008 [administration d'office au sens de l'art. 490 al. 3 CC]; cf. aussi: arr�t 5A_787/2008 consid. 1.1 [d�signation d'un repr�sentant de la communaut� h�r�ditaire au sens de l'art. 602 al. 3 CC]). Il s'ensuit - ce que paraissent m�conna�tre les recourants - que le Tribunal f�d�ral ne peut examiner l'application des art. 20 et 86 LDIP que sous l'angle de l'arbitraire (arr�ts 5A_754/2009 pr�cit� consid. 1.2; 5A_171/2010 du 19 avril 2010 consid. 2.2).
1.4 Dans les recours soumis � l'art. 98 LTF (cf. supra, consid. 1.3), une rectification ou un compl�ment de l'�tat de fait n'entre en consid�ration que si l'autorit� pr�c�dente a viol� des droits constitutionnels (ATF 133 III 393 consid. 7.1). Les nombreuses corrections au �complexe de faits tel qu'�tabli par la Cour de Justice� apport�es par les recourants sont donc par principe irrecevables, sous r�serve des moyens soulev�s et motiv�s en conformit� des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. sur ce point: ATF 134 I 83 consid. 3.2; 134 II 349 consid. 3).
Les recourants se plaignent d'abord d'arbitraire dans la constatation des faits relatifs � la d�termination du dernier domicile de la d�funte.
2.1 Conform�ment � l'art. 86 al. 1 LDIP, la comp�tence pour prendre les mesures n�cessaires au r�glement de la succession et conna�tre des litiges successoraux appartient aux autorit�s judiciaires ou administratives suisses du dernier domicile du d�funt. En vertu de l'art. 20 al. 1 let. a LDIP, qui repose sur les m�mes crit�res que l'art. 23 al. 1 CC (ATF 119 II 167 consid. 2b et les r�f�rences), une personne physique a son domicile dans l'Etat dans lequel elle r�side avec l'intention de s'y �tablir. Le lieu o� une personne r�side et - ce qui est litigieux dans le cas pr�sent - son intention de s'y �tablir constituent des questions de fait dont la solution lie le Tribunal f�d�ral (ATF 136 II 405 consid. 4.3 et les citations).
2.2 De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� dans ce domaine, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales. Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge pr�c�dent n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 et les arr�ts cit�s).
2.3 En l'esp�ce, les recourants reprochent � la juridiction pr�c�dente d'avoir retenu que la "d�funte ne poss�dait qu'un d�p�t aux �tats-Unis alors qu'elle �tait propri�taire de deux appartements en France et de son appartement genevois", refusant ainsi d'admettre que ses "int�r�ts �conomiques �taient principalement situ�s aux �tats-Unis". En outre, ils soutiennent que les juges cantonaux ont arbitrairement admis qu'il n'�tait pas prouv� que la d�funte ait entretenu des relations avec sa "famille am�ricaine durant son s�jour � N.________".
Dans sa premi�re branche, le grief est infond�. En instance de recours cantonale, l'ex�cuteur testamentaire a expos� que, en raison de ses nombreux voyages, la d�funte "maintenait des appartements � Paris et � N.________" (p. 6 ch. 8), all�gation � laquelle les recourants nos 2 � 4 ont express�ment acquiesc� (p. 7 ch. 8). Dans ses observations, l'administrateur d'office, apr�s s'�tre entretenu avec O.________ - "ami et conseil de longue date de la famille P.________, dont est issue par sa m�re feu J.________" -, a d�clar� avoir re�u plusieurs documents d'o� il ressort que la d�funte "pouvait �tre propri�taire d'un appartement [...] � Paris" et d'un autre "� Nice" (p. 3 let. d).
Sur le vu des observations susmentionn�es de l'administrateur officiel, l'affirmation d'apr�s laquelle la d�funte ne poss�dait qu'un "d�p�t" aux �tats-Unis n'est certes pas � l'abri de toute critique. Cependant, la cour cantonale a voulu dire que les int�r�ts �conomiques de l'int�ress�e ne se trouvaient pas exclusivement dans cet �tat; d'ailleurs, elle constate elle-m�me que les affaires pour la gestion desquelles le recourant n� 2 a �t� engag� �taient "essentiellement situ�es en Floride". Au demeurant, la nature des actifs am�ricains n'est pas claire. Les recourants parlent de "diverses soci�t�s d�tenues par Mme J.________" et de "divers trusts cr��s par elle", le tout �tant compos� de "36 propri�t�s", en particulier en Floride et � New York. Outre le fait que l'existence d'un domicile ne saurait s'appr�cier par rapport � cet unique �l�ment, il n'est nullement d�montr� - en d�pit des all�gations des recourants - que l'int�ress�e ait jamais s�journ� dans ces "propri�t�s" ni - contrairement � ce qu'ils sugg�rent - qu'elle ait exprim� l'intention de s'y �tablir � son retour aux �tats-Unis. Enfin, la constatation selon laquelle la d�funte "poss�dait �galement des int�r�ts financiers dans des soci�t�s fran�aises" n'est pas arbitraire. Les recourants n'apportent aucun �l�ment permettant de douter des informations fournies par O.________; m�me s'ils sont anciens (i.e. 1962), les documents sur lesquels s'est bas�e l'autorit� cantonale montrent � tout le moins que les int�r�ts �conomiques de la d�funte n'�taient pas exclusivement situ�s aux �tats-Unis. Au reste, � l'�poque des faits, J.________ avait plus de 90 ans et ne s'occupait plus personnellement de ses affaires, le recourant n� 2 �tant engag� � cette fin en 1991; dans ces conditions, il n'y a de toute fa�on pas lieu d'attribuer un poids trop important au centre des "int�r�ts �conomiques" de la d�funte.
Dans sa seconde branche, le grief est appellatoire, partant irrecevable (ATF 133 III 589 consid. 2; 134 II 349 consid. 3), car les recourants se contentent d'exposer leur propre appr�ciation du "centre des int�r�ts personnels" de la d�funte. Pour autant que leur production en justice r�ponde aux r�gles de la proc�dure genevoise (cf. infra, consid. 3.4.1), les d�clarations �crites dont ils se pr�valent sont d�nu�es d'incidence aux fins de la cause. En effet, elles se rapportent aux propos tenus par feu J.________ au sujet de sa "famille en Floride" et � "son d�sir profond de retourner aux �tats-Unis d�s que possible". Or, l'intention de s'�tablir ne saurait reposer sur la seule volont� intime de l'int�ress�e (ATF 97 II 1 consid. 3, avec la jurisprudence cit�e; E. BUCHER, in: Berner Kommentar, vol. I/2, 1976, nos 8 ss ad art. 23 CC); de plus, il n'est pas indispensable qu'une personne ait l'intention de demeurer pour toujours ou pour un temps ind�termin� dans un certain lieu, mais il suffit qu'elle fasse de cet endroit le centre de son existence, quand bien m�me elle aurait l'intention de transf�rer plus tard son domicile ailleurs (ATF 49 I 188 consid. 2; 69 I 9 consid. 2; 69 II 277 consid. 2 et 3; 127 V 237 consid. 2c; E. BUCHER, ibid., nos 22/23).
Les recourants reprochent en outre � l'autorit� pr�c�dente d'avoir viol� leur droit d'�tre entendus.
3.1 L'art. 8 CC comprend, entre autres garanties, le droit � la preuve; le juge enfreint cette disposition lorsqu'il refuse d'administrer une preuve r�guli�rement offerte et portant sur un fait pertinent pour l'appr�ciation juridique de la cause (cf. parmi plusieurs: ATF 133 III 189 consid. 5.2.2 et 295 consid. 7.1). Quand le droit � la preuve est invoqu� en relation avec un droit subjectif priv� d�coulant d'une norme de droit mat�riel f�d�ral, le recourant doit donc, en principe, se plaindre d'une violation de l'art. 8 CC, et non de celle de son droit d'�tre entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. (arr�t 5A_783/2010 du 8 avril 2011 consid. 6.1 et la jurisprudence cit�e). Une exception s'impose toutefois lorsque, comme ici (cf. supra, consid. 1.3), seule peut �tre d�nonc�e une violation des droits constitutionnels (arr�ts 5A_193/2008 du 13 mai 2008 consid. 3.1; 5A_561/2009 du 1er d�cembre 2009 consid. 2.1). Contrairement � l'avis des recourants, c'est d�s lors l'art. 29 al. 2 Cst. qui est applicable en l'esp�ce, lequel conf�re aussi le droit � l'administration de moyens de preuve, autant qu'ils portent sur des faits pertinents et n'apparaissent pas d'embl�e inaptes � �lucider les faits litigieux (notamment: ATF 124 I 241 consid. 2 et les arr�ts cit�s). Comme la pr�sente cause rev�t un caract�re international (cf. art. 1er al. 1 LDIP), le droit applicable r�git le droit � la preuve, alors que l'appr�ciation des preuves est soumise � la lex fori (arr�t 4A_469/2010 du 1er d�cembre 2010 consid. 2.1).
3.2 Sous r�serve d'exceptions qui n'entrent pas en consid�ration dans le cas particulier (cf. ATF 122 II 464 consid. 4c), le droit constitutionnel f�d�ral ne garantit pas le droit de s'exprimer oralement (ATF 134 I 140 consid. 5.3; 130 II 425 consid. 2.1). Il s'ensuit que le grief selon lequel les "parties n'ont pas �t� entendues" est - en faisant abstraction de l'indigence de sa motivation - d'embl�e mal fond�. Faute de motivation suffisante (art. 106 al. 2 LTF), il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re sur le reproche g�n�ral de n'avoir pas ordonn� "l'audition de t�moins".
3.3 Les recourants all�guent que la juridiction pr�c�dente n'a pas fait droit aux "demandes de preuves [du recourant n� 1] figurant dans ses conclusions", ni "autoris� [les recourants nos 2 � 4] � faire la preuve des faits all�gu�s dans leurs �critures".
Le grief est irrecevable. Non seulement les recourants ne pr�cisent pas les preuves offertes � cet �gard, ce qui ne satisfait pas aux exigences de motivation (art. 106 al. 2 LTF; cf. sur ce point: LORENZ MEYER, Wege zum Bundesgericht - �bersicht und Stolpersteine, in: ZBJV 146/2010 p. 873 ss, avec les r�f�rences), mais ils motivent en outre leur moyen par un renvoi aux �critures de la proc�dure cantonale, ce qui n'est pas admissible (ATF 133 II 396 consid. 3.1 in fine et les arr�ts cit�s).
3.4.1 Les recourants font encore grief � l'autorit� pr�c�dente d'avoir ignor� ou �cart� des d�clarations �crites qui prouvaient "l'�tendue des relations personnelles de [J.________] avec sa famille am�ricaine", ainsi que son "intention de retourner aux �tats-Unis d�s que sa sant� le lui permettrait".
Ce grief doit �tre �cart�. D'une part, les recourants ne d�montrent pas que les preuves en question ont �t� r�guli�rement offertes (ATF 124 I 241 consid. 2; cf., pour l'art. 8 CC: STEINAUER, Le Titre pr�liminaire du Code civil, in: Trait� de droit priv� suisse, t. II/1, 2009, n� 685, avec les r�f�rences), en d'autres termes que la proc�dure genevoise autorise la production de d�clarations �crites �manant de personnes �trang�res au proc�s (cf. BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de proc�dure civile genevoise, vol. II, 2001, n� 4 ad art. 186 et n� 1 ad art. 222 LPC/GE). Pour le surplus, le pr�tendu vice est sans incidence sur l'issue du litige, exigence qui vaut aussi lorsque le recourant affirme que les faits ont �t� �tablis au m�pris de son droit d'�tre entendu (arr�ts 5A_634/2010 du 7 janvier 2011 consid. 4.2; 9C_1001/2009 du 15 avril 2010 consid. 3.2); comme on l'a vu (consid. 2.3), le fait que l'int�ress�e voulait retourner ensuite aux �tats-Unis n'exclut pas la pr�sence d'un domicile en Suisse jusqu'au jour o� ce projet est mis � ex�cution.
3.4.2 En tant qu'il concerne les propri�t�s de la d�funte, en particulier ses appartements, aux �tats-Unis, ce moyen n'a pas d'incidence sur le sort du litige. En admettant m�me - ce qui n'a pas �t� d�montr� - que l'int�ress�e ait eu l'intention de s'installer ult�rieurement dans l'une de ses "propri�t�s", cet �l�ment n'exclut pas la constitution d'un domicile en Suisse (cf. supra, consid. 2.3 et infra, consid. 4.2); savoir si tel est le cas en l'esp�ce ressortit au droit (ATF 136 II 405 consid. 4.3).
L'autorit� pr�c�dente a retenu que feu J.________ �tait domicili�e en Floride (USA) chez sa ni�ce L.________ jusqu'en 2003. Cette ann�e-l�, les int�ress�es ont entrepris un voyage qui les a conduites � Gen�ve. Le 15 ao�t 2003, alors qu'elle s'appr�tait � repartir aux �tats-Unies avec sa ni�ce, J.________ s'est fractur� le col du f�mur, ce qui a entra�n� son immobilisation jusqu'au 13 octobre 2003. Son �tat de sant� l'emp�chant de retourner aux �tats-Unis, elle a emm�nag� dans un appartement dont elle �tait propri�taire � N.________; elle n'a plus quitt� ce logement jusqu'� son d�c�s en 2010. Certes, on ne peut parler d'un abandon de domicile puisque l'appartement qui constituait son domicile am�ricain a �t� vendu par les h�ritiers de sa ni�ce sans qu'elle ait �t� consult�e; il n'en demeure pas moins que, � partir de la vente de cet appartement, elle �tait dans l'impossibilit� de retourner vivre dans son ancien domicile. En outre, on ne saurait admettre que le domicile de son petit-neveu, B.________, se substituait � son ancien domicile am�ricain; en effet, le pr�nomm� a express�ment admis que la d�funte n'utilisait son adresse personnelle qu'en guise de bo�te aux lettres, et il n'a pas �t� rendu vraisemblable qu'elle aurait manifest� l'intention de s'installer chez son petit-neveu. S'agissant de ses int�r�ts mat�riels, la d�funte ne poss�dait qu'un "d�p�t" aux �tats-Unis, alors qu'elle �tait propri�taire de deux appartements en France et d'un autre � N.________; elle poss�dait, de surcro�t, des "int�r�ts financiers" dans des soci�t�s fran�aises. Partant, on ne peut affirmer que ses int�r�ts �conomiques �taient principalement situ�s aux �tats-Unis. Enfin, l'int�ress�e n'avait plus de relations avec ses deux fils depuis plusieurs ann�es, au point de vouloir les exh�r�der au profit de tiers, sans avoir entretenu, pour autant, des rapports plus �troits avec sa "lointaine famille am�ricaine" pendant ces derni�res ann�es.
4.1 La juridiction pr�c�dente a correctement rappel� les principes qui r�gissent la d�termination du domicile (cf. r�cemment: ATF 136 II 405 consid. 4.3; arr�t 5A_663/2009 du 1er mars 2010 consid. 2); du reste, ils ne sont pas critiqu�s en tant que tels (art. 106 al. 2 LTF), mais bien leur application au cas concret.
4.2 Les recourants d�noncent une violation des art. 20 et 86 LDIP. Ils n'exposent toutefois pas les droits constitutionnels que les magistrats pr�c�dents auraient viol�s, seul grief recevable en l'esp�ce (cf. supra, consid. 1.3); au surplus, ils compl�tent � de nombreuses reprises l'�tat de fait de la pr�sente cause, sans se conformer aux exigences pos�es � cet �gard (cf. supra, consid. 1.4). Partant, le moyen est enti�rement irrecevable.
� toutes fins utiles, il faut n�anmoins relever que l'argumentation des recourants se fonde sur des pr�misses juridiques erron�es. En instance cantonale, ils avaient express�ment invoqu� l'art. 24 al. 1 CC, en vertu duquel une personne conserve son domicile (i.e. aux �tats-Unis) aussi longtemps qu'elle ne s'en est pas cr�� un nouveau (i.e. en Suisse); or, dans les rapports internationaux (cf. art. 1er al. 1 LDIP), l'art. 24 CC ne s'applique pas (art. 20 al. 2 in fine LDIP; ATF 119 II 64 consid. 2a/aa et 167 consid. 2b). De surcro�t, les motifs sur lesquels repose l'intention de s'�tablir ne sont pas d�terminants (E. BUCHER, ibid., n� 26); aussi celle-ci peut-elle �tre dict�e par la "force des circonstances" (ATF 127 V 237 consid. 2c; 133 V 309 consid. 3.1).
Pour instituer une administration d'office de la succession, la Cour de justice est partie de la pr�misse que les "vocations h�r�ditaires �taient incertaines", puisque "les enfants de la d�funte (i.e. intim�s nos 1 et 2) ont d�clar� qu'ils entreprendraient une proc�dure en nullit� et / ou en r�duction en attaquant les dispositions fondant la vocation des h�ritiers institu�s". Quant au choix de l'administrateur, la juridiction pr�c�dente a constat� que A.________ (i.e. recourant n� 1) avait �t� d�sign� par la d�funte � la fois comme ex�cuteur testamentaire et b�n�ficiaire du testament (cf. supra, let. A.a), de sorte qu'il existait "un risque de conflit d'int�r�ts suffisamment s�rieux pour que cela constitue un obstacle � sa d�signation comme administrateur d'office".
5.1 Les recourants ne contestent pas la comp�tence ratione materiae des juridictions cantonales pour ordonner l'administration d'office de la succession (cf. sur ce point: Thorens, note in: SJ 1999 II 47 ss); il n'y a donc pas lieu d'examiner cet aspect (art. 106 al. 2 LTF).
5.2 Il faut conc�der aux recourants que la d�cision attaqu�e n'est pas tr�s explicite quant au fondement juridique de la mesure critiqu�e. On comprend n�anmoins que l'autorit� pr�c�dente a entendu se r�f�rer � l'�ventualit� vis�e par l'art. 556 al. 3 CC (cas d'application de l'art. 554 al. 1 ch. 4 CC): les juges d'appel ont consid�r� que, apr�s le d�p�t du testament, ils ne pouvaient envoyer les h�ritiers l�gaux en possession provisoire des biens de la d�funte en raison d'un conflit d'int�r�ts avec les h�ritiers institu�s; une telle solution n'appara�t pas arbitraire (arr�t de l'Obergericht du canton d'Argovie du 15 ao�t 2000, in: AGVE 2000 p. 21 ss consid. 1; Karrer, in: Basler Kommentar, ZGB II, 3e �d., 2007, n� 28 ad art. 556 CC, avec les citations); d'ailleurs, pour une partie de la doctrine, l'administration d'office doit �tre ordonn�e chaque fois que l'un des h�ritiers l�gaux au moins - r�servataire ou non - est exclu de la succession et qu'il existe au moins un h�ritier institu� (Piotet, Droit successoral, in: Trait� de droit priv� suisse, t. IV, 1975, � 92 I, p. 657; de l'avis contraire: Karrer, ibid.). Les arguments des recourants fond�s sur l'art. 554 al. 1 ch. 2 CC se r�v�lent ainsi d�pourvus de pertinence, cette disposition n'�tant pr�cis�ment pas applicable (Karrer, ibid., avec les citations). Le fait qu'aucune proc�dure en nullit� et/ou en r�duction n'ait encore �t� intent�e par les h�ritiers l�gaux n'est pas d�terminant, en pr�cisant que les recourants ne critiquent pas de mani�re motiv�e la constatation d'apr�s laquelle lesdits h�ritiers ont exprim� l'intention d'entreprendre de telles d�marches (art. 106 al. 2 LTF).
5.3 Lorsque le de cujus a d�sign� un ex�cuteur testamentaire (art. 517 al. 1 CC), l'autorit� comp�tente peut provoquer l'entr�e en fonction de celui-ci sans ordonner d'administration d'office; elle peut �galement, si elle a d�cid� d'instaurer pareille mesure (cf. supra, consid. 5.2), confier celle-ci � l'ex�cuteur testamentaire conform�ment � l'art. 554 al. 2 CC (Steinauer, Le droit successoral, 2006, n� 889 et les n. 66-67, avec les r�f�rences; cf. aussi: Tuor/Picenoni, in: Berner Kommentar, 1964, n� 10 in fine ad art. 556 CC).
Aux termes de l'art. 554 al. 2 CC, s'il y a un ex�cuteur testamentaire d�sign�, l'administration de l'h�r�dit� lui est remise. Selon le Tribunal f�d�ral, l'ex�cuteur testamentaire n'a pas automatiquement la qualit� d'administrateur, car, si les conditions d'une administration d'office sont r�alis�es, encore faut-il qu'il soit d�sign� � cette fonction par l'autorit� comp�tente (ATF 42 II 339 consid. 3; en ce sens: Karrer, op. cit., n� 24 ad art. 554 CC; Piotet, op. cit., � 24 II C, p. 144; critique: Schuler-Buche, L'ex�cuteur testamentaire, l'administrateur officiel et le liquidateur officiel: �tude et comparaison, 2003, p. 35/36). Malgr� les termes absolus de la loi, l'autorit� comp�tente peut d�signer une autre personne que l'ex�cuteur testamentaire lorsque celui-ci n'a pas les qualit�s requises pour administrer la succession (ATF 98 II 276 consid. 4 et la doctrine cit�e). � cet �gard, l'existence d'un conflit objectif d'int�r�ts s'oppose � ce qu'un ex�cuteur testamentaire soit d�sign� comme administrateur d'office; cette situation se pr�sente, notamment, lorsque celui-l� rev�t au surplus la position d'h�ritier (ou de l�gataire) (Karrer, op. cit., n� 25 ad art. 554 CC, avec les nombreuses r�f�rences cit�es). En d�pit de l'argumentation des recourants, qui se fonde sur l'absence d'un conflit subjectif d'int�r�ts - au sujet duquel la d�cision entreprise ne contient aucune constatation -, les juges d'appel n'ont pas commis d'arbitraire � cet �gard; de plus, rien n'autorise � affirmer que la somme dont a �t� gratifi� l'ex�cuteur testamentaire constituerait la "r�mun�ration" de son activit�. Les constatations de la juridiction pr�c�dente ne permettent pas non plus d'admettre que l'ex�cuteur testamentaire d�sign� par la d�funte poss�derait les comp�tences requises pour assumer la t�che d'administrateur d'office (cf. sur cette exigence: Karrer, ibid., n� 22 et les r�f�rences). Enfin, il ressort de l'arr�t attaqu� que les comp�tences de l'administrateur nomm� par la Justice de paix (i.e. intim� n� 3) n'ont pas �t� remises en cause, de sorte que cette question n'a pas besoin d'�tre examin�e (art. 106 al. 2 LTF).
En conclusion, le pr�sent recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�, aux frais des recourants, solidairement entre eux (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu d'accorder des d�pens aux intim�s, qui n'ont pas �t� invit�s � r�pondre.