Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F01-04-2014-5A_778-2013
Timestamp: 2016-10-22 11:49:01+00:00
Document Index: 151153507

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 172', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 99', 'art. 99', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

5A_778/2013 (01.04.2014)
5A_778/2013 � � Arr�t du 1er avril 2014
repr�sent�e par Me Roger Mock , avocat,
(mesures protectrices de l'union conjugale),
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, du 30 ao�t 2013.
M. B.X.________, n� en 1960, et Mme A.X.________, n�e en 1970, se sont mari�s le 26 juillet 2003. Aucun enfant n'est issu de cette union.
�Les �poux se sont s�par�s le 23 d�cembre 2011, date � laquelle le mari a quitt� le domicile conjugal.
B.a.�M. B.X.________, chef de cuisine de r�putation internationale, exploite, � C.________, le restaurant D.________ depuis 1987. D�s 1998, il a par ailleurs ouvert ou repris divers �tablissements publics, lanc� une gamme de produits en vente en grandes surfaces ainsi qu'une gamme de vins et s'est lanc� dans des croisi�res gastronomiques. Il participe en outre � de grands �v�nements.
�Apr�s sa rencontre avec M. B.X.________ en 1997, Mme A.X.________, qui est au b�n�fice d'un certificat f�d�ral de capacit� (CFC) d'employ�e de commerce et d'un certificat de cafetier et a suivi les cours de pr�paration � l'examen pour l'obtention du brevet professionnel de clerc, a travaill� dans divers �tablissements du pr�nomm�, dont D.________ SA (restaurant D.________). Le 22 mars 2012, elle a vu son contrat de travail aupr�s de cette derni�re soci�t� �tre r�sili� avec effet au 30 juin suivant. Elle a toutefois b�n�fici� de la p�riode de protection pour cause de maladie en raison d'une incapacit� de travail du 21 mars au 1
er�juin 2012, � l'�ch�ance de laquelle elle a toutefois continu� � percevoir son salaire.
B.b.�Les conjoints sont copropri�taires, � parts �gales, de G.________, immeuble occup� par du personnel de D.________ ainsi que du domaine de F.________, parcelle de 16'800 m2, dont 1000 m2 habitables, sur laquelle est �rig� un ch�teau avec des d�pendances, dont deux maisons lou�es, une piscine et un court de tennis, et dans lequel ils ont emm�nag� en 2006.
er�juin 2012, Mme A.X.________ a requis des mesures protectrices de l'union conjugale.
�Par jugement du 15 f�vrier 2013, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a autoris� les conjoints � vivre s�par�s (ch. 1), attribu� � l'�pouse la jouissance exclusive du domicile conjugal de F.________ et de son mobilier (ch. 2) et condamn� l'�poux � verser une contribution d'entretien de 30'000 fr., par mois et d'avance, d�s le 1
er�avril 2012 (ch. 3). Il a en outre donn� acte au mari de son engagement de prendre � sa charge les int�r�ts et amortissements hypoth�caires de la propri�t� de F.________ et de l'immeuble de G.________, ainsi que les frais d'entretien usuels aff�rant � ce dernier, et l'y a condamn�, en tant que de besoin (ch. 4 et 5). Il a prononc� ces mesures pour une dur�e ind�termin�e (ch. 6), sous suite de frais et d�pens (ch. 7) et d�bout� les parties de toutes autres conclusions (ch. 8).
�Les �poux X.________ ont chacun appel� du chiffre 3 du dispositif, le mari contestant en outre le chiffre 8.
�Le 29 avril 2013, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a suspendu partiellement l'effet ex�cutoire attach� au chiffre 3 pour toute contribution d'entretien d�passant 15'000 fr. par mois.
�Statuant sur les appels le 30 ao�t 2013, elle a r�form� le jugement de premi�re instance en ce sens qu'elle a astreint M. B.X.________ � verser la somme de 65'700 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 au 31 ao�t 2013 et, d�s le 1
er�septembre 2013, une contribution d'entretien de 20'000 fr. par mois et d'avance.
Mme A.X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut principalement � ce que son �poux soit condamn� � lui payer 36'000 fr. par mois, avec effet r�troactif au 1
er�avril 2012, ainsi que la somme de 420'000 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 au 30 novembre 2013, sous d�duction du montant de 65'000 fr. d�j� vers�. Elle demande subsidiairement le renvoi de la cause pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
�L'intim� propose principalement l'irrecevabilit� du recours et subsidiairement son rejet. L'autorit� cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t. Invit�e � se d�terminer sur la r�ponse, la recourante a r�pliqu� par �criture du 24 f�vrier 2014. L'intim� a dupliqu� le 7 mars 2014. La recourante n'a pas fait de nouvelles observations.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur du conjoint, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est ainsi en principe recevable.
2.1.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur le prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC), lesquelles sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e. Il n'examine en outre les griefs de violation de droits constitutionnels que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (" R�geprinzip ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400).
2.2.�Plus particuli�rement, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte doit d�montrer que ceux-ci sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst., conform�ment au principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.1; ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
La recourante produit quatre pi�ces dont elle pr�tend qu'elles ne devraient pas tomber sous le coup de l'interdiction de l'art. 99 al. 1 LTF. Le 10 mars 2014, elle a en outre d�pos�, en compl�ment de sa r�plique, une estimation provisoire des revenus de l'intim� pour l'ann�e 2011.
3.1.�Selon l'art. 99 al. 1 LTF, aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente.
3.2.�En se bornant � exposer que les pi�ces nouvelles produites sont recevables car il s'agit de " moyens de droit visant � renforcer et � d�velopper son point de vue juridique ", la recourante n'all�gue, ni a fortiori ne d�montre, qu'elles r�sulteraient de la d�cision querell�e; d�s lors et ind�pendamment de leur pertinence, elles ne peuvent �tre prises en consid�ration qu'elles soient post�rieures � l'arr�t querell� (pi�ces 2 et 3 dat�es du 15 octobre 2013: simulation fiscale pour l'ann�e 2012; salarium - calculateur individuel de salaire) ou ant�rieures et non produites en instance cantonale (pi�ce 4 du 25 juin 2013: lettre relative � la restitution d'un v�hicule; pi�ce 5: proc�s-verbal d'audience de comparution personnelle du 12 juin 2013 dans la cause c/3337/2013-9 en restriction du pouvoir de disposer et en ex�cution du devoir de renseigner). Il en va de m�me des faits qui se fondent sur ces pi�ces.
3.3.�L'estimation provisoire des revenus bruts de l'intim� pour l'ann�e 2011, d�pos�e par la recourante le 10 mars 2014, soit hors du d�lai qui lui �tait imparti pour se d�terminer sur la r�ponse est irrecevable et constitue au demeurant une pi�ce nouvelle.
4.1.1.�La Cour de justice a condamn� le mari � verser 65'700 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 (dies a quo admis par les parties) au 31 ao�t 2013 (date de la fin pr�sum�e de la pr�sente proc�dure devant elle). D�s le 1
er�septembre 2013, elle l'a astreint au paiement d'une rente de 20'000 fr. par mois.
4.1.2.�Dans son calcul, elle a d'abord retenu que, selon leurs conclusions et leur argumentation, les �poux n'avaient pas envisag� de d�terminer le montant des aliments en vue de maintenir leur train de vie, conform�ment � la m�thode pr�conis�e par la jurisprudence f�d�rale. Ils auraient en effet d� exposer pr�cis�ment leurs d�penses mensuelles, ce qu'ils n'avaient pas fait. Ils avaient, au contraire, admis que la quotit� de la contribution d'entretien correspondrait au montant de leurs revenus cumul�s, loyers de F.________ inclus, divis�s par deux, apr�s la prise en consid�ration de certaines imputations sur lesquelles ils divergeaient toutefois. Cela �tant, et en vertu de la maxime des d�bats applicable � la proc�dure, l'autorit� cantonale s'est autoris�e � appliquer la m�thode ainsi choisie, en lieu et place de celle fond�e sur le maintien du train de vie avant la s�paration.
4.1.3.�Elle a ainsi d'abord arr�t� � 940'000 fr. les revenus annuels nets moyens des conjoints (mari: 819'750 fr., arrondis � 820'000 fr.; femme: 120'000 fr.), auxquels elle a ajout� 36'000 fr. � titre de loyers des d�pendances de F.________. Puis elle a port� en d�duction les charges hypoth�caires annuelles relatives � ce bien, qu'elle a chiffr�es � 153'716 fr. (int�r�ts: 108'969 fr.; amortissement: 44'747 fr.). Elle en a conclu que les revenus disponibles des parties s'�levaient, avant la s�paration, � 822'284 fr. (976'000 fr. - 153'716 fr.).
�Consid�rant que la vie s�par�e avait toutefois engendr� des frais suppl�mentaires et que la composition du revenu de l'�pouse s'�tait modifi�e depuis le 1er avril 2012, elle a ensuite distingu� deux p�riodes (du 1er avril 2012 au 31 ao�t 2013 et d�s le 1er septembre 2013).
4.1.4.�Pour celle courant�
du 1er avril 2012 au 31 ao�t 2013(dix-sept mois), elle a tenu compte du fait que, apr�s la s�paration, les charges du mari avaient augment� de 28'500 fr. du 1
er�avril au 30 juin 2012 (9'500 fr. par mois pour la location d'une chambre dans un h�tel cinq �toiles), puis de 154'910 fr. du 1
er�juillet 2012 jusqu'� la fin ao�t 2013 (11'065 fr. par mois pour le loyer d'un appartement de six pi�ces). Elle a d�duit ces nouvelles d�penses (183'410 fr.) des revenus aff�rant � cette p�riode (1'164'902 fr. arrondis [822'284 fr. : 12 mois x 17 mois]), ce qui repr�sentait un solde disponible de 981'492 fr., soit 490'746 fr. pour chaque conjoint. Elle a encore retranch� les sommes per�ues par l'appelante � titre de salaire et/ou indemnit�s journali�res (170'000 fr., soit 10'000 fr. nets par mois x 17 mois) ainsi que les contributions d'entretien effectivement vers�es par le mari (255'000 fr., soit 15'000 fr. x 17 mois). Le solde encore d� par ce dernier s'�levait ainsi � 65'746 fr., arrondis � 65'700 fr.
4.1.5.�Pour la p�riode courant�
d�s le 1er septembre 2013, la Chambre civile a jug� que l'�pouse n'allait vraisemblablement plus percevoir son salaire d�s lors que son contrat de travail avait �t� r�sili� et qu'elle n'�tait pas en incapacit� de travail.
�Elle a toutefois retenu que, dans un premier temps, l'int�ress�e pouvait pr�tendre � des indemnit�s de ch�mage, arr�t�es � 7'200 fr. par mois en chiffres ronds. Le montant des revenus disponibles avant la s�paration (822'284 fr.), qui avait d�j� subi une premi�re diminution � la suite de la location de l'appartement du mari (132'780 fr. par an), accusait ainsi une seconde r�duction r�sultant de la perte de revenus de l'�pouse (120'000 fr.), att�nu�e n�anmoins par la perception de ces indemnit�s de ch�mage (86'400 fr. par an [7'200 fr. x 12]), ce qui portait le solde annuel � disposition des parties � 655'904 fr., dont la moiti� pour l'appelante, soit 327'952 fr., duquel il fallait toutefois encore retrancher les indemnit�s de ch�mage (86'400 fr.). La contribution d'entretien devait ainsi �tre arr�t�e � 241'552 fr. par an ou 20'129 fr. 33 par mois, arrondis � 20'000 fr.
�Dans un second temps, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'au regard de ses capacit�s, de ses comp�tences multiples et de son exp�rience, l'�pouse devait �tre en mesure de retrouver, dans un avenir proche, c'est-�-dire d�s le 1
er�d�cembre 2013, une activit� lucrative dans l'h�tellerie et la restauration. Recourant au " calculateur de salaire en ligne pour le canton de Gen�ve ", elle lui a imput� un revenu hypoth�tique net de 7'083 fr. par mois, arrondi � 7'000 fr. Compte tenu des d�ductions � op�rer (120'000 fr. [salaire de la femme]; 132'780 fr. [loyer du mari]), les revenus disponibles des parties s'�levaient ainsi � 653'504 fr. (822'284 fr. - 252'780 fr. + 84'000 fr. [7'000 fr. x 12 mois]), dont la moiti� pour l'appelante (326'752 fr.). Eu �gard � son revenu hypoth�tique (84'000 fr.), cette derni�re avait d�s lors droit � 242'752 fr., ou 20'229 fr. 33 par mois, arr�t�s � 20'000 fr.
4.2.�La recourante, qui pr�tend � l'allocation d'une contribution d'entretien de 36'000 fr. par mois � partir du 1
er�avril 2012, taxe ce raisonnement d'insoutenable (art. 9 Cst.).
La recourante reproche d'abord � l'autorit� cantonale de s'�tre �cart�e sans motif de la jurisprudence selon laquelle, en cas de situations financi�res favorables, il y a lieu de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien du niveau de vie ant�rieur ou, � tout le moins, de garantir � chacun des �poux un train de vie semblable.
5.1.�Selon la jurisprudence, si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est pas possible de le conserver, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa p. 318; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257).
�Le l�gislateur n'a pas arr�t� de mode de calcul pour fixer le montant de la contribution d'entretien. Selon la jurisprudence, en cas de situation financi�re favorable, il faut se fonder sur les d�penses indispensables au maintien des conditions de vie ant�rieures de l'�poux cr�ancier, m�thode qui implique un calcul concret (arr�ts 5A_41/2011 du 10 ao�t 2011 consid. 4.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4).
�En mesures protectrices, � l'instar de ce qui vaut en mati�re de fixation de la contribution d'entretien apr�s divorce, il est toutefois admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses concr�tes lorsque les �poux d�pensaient l'entier de leurs revenus, ce qui est le cas lorsqu'il est �tabli qu'ils ne r�alisaient pas d'�conomies, lorsque l'�poux d�biteur �choue � d�montrer l'existence de telles �conomies ou encore lorsqu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant. En effet, dans ce cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es � chacun des �poux (arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.3 et les r�f�rences).
�Chacun des �poux ayant droit � un train de vie semblable, l'exc�dent devrait en principe, en l'absence d'enfants, �tre r�parti entre eux par moiti� (arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.3 et les r�f�rences).
5.2.�Dans le cas d'esp�ce, se r�f�rant aux conclusions et � l'argumentation des parties, la Cour de justice a consid�r� que celles-ci n'avaient pas envisag� de d�terminer le montant de la contribution en vue de maintenir leur train de vie, conform�ment � la jurisprudence, mais avaient admis, au contraire, qu'il correspondrait � la somme de leurs revenus annuels, loyers de F.________ inclus, divis�e par deux, apr�s la prise en consid�ration de certaines imputations. La proc�dure �tant soumise � la maxime des d�bats en l'absence d'enfants mineurs, elle s'est d�s lors autoris�e � appliquer cette derni�re m�thode, au lieu de se fonder sur le maintien du train de vie avant la s�paration.
5.3.�Vu ces consid�rations, la recourante se m�prend lorsqu'elle pr�tend que l'autorit� cantonale aurait �cart� - sans motif - la m�thode bas�e sur le maintien du train de vie. Elle ne soutient par ailleurs pas, dans un grief motiv� conform�ment aux exigences (supra, consid. 2), que les juges auraient interpr�t� de fa�on insoutenable les conclusions et l'argumentation des parties en retenant que celles-ci ont choisi de ne pas fixer la contribution selon le train de vie, mais selon leur propre m�thode, ni qu'ils seraient tomb�s dans l'arbitraire en s'autorisant � suivre cette derni�re.
�Cela �tant, vu son pouvoir d'examen limit� (supra, consid. 2), la cour de c�ans se bornera � examiner - dans la mesure des griefs soulev�s (supra, consid. 2) - si les consid�rations de la Chambre civile quant aux revenus des �poux et aux d�ductions op�r�es sont arbitraires (dans le m�me sens: arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6), c'est-�-dire si sa d�cision est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318/319 et les r�f�rences).
Dans ce cadre, la recourante reproche � l'autorit� cantonale de n'avoir arbitrairement pas admis que les " frais courants " du couple �taient, avant la s�paration, pris en charge par les soci�t�s du " groupe X.________ " et le seront toujours en ce qui concerne son mari.
6.1.�Il ressort du jugement de premi�re instance que la recourante a �t� d�bout�e sur cette question. Les premiers juges ont en effet retenu qu'en l'�tat du dossier, il n'y avait aucune raison de mettre en doute les chiffres relatifs aux revenus des parties contenus dans les d�clarations fiscales et que, d�s lors, � d�faut de preuve contraire, il fallait consid�rer les d�penses comptabilis�es dans les comptes des soci�t�s comme justifi�es professionnellement (notamment les frais li�s aux v�hicules, les frais de restaurant, les frais de nourriture, les frais de personnel et les frais li�s � l'entretien de la propri�t� de F.________) et non pas que, en contradiction avec la r�glementation en vigueur, les d�penses priv�es du couple - que l'�pouse n'avait au demeurant pas chiffr�es - y �taient comptabilis�es de mani�re indue.
6.2.�Il n'appara�t pas que la Cour de justice ait �t� saisie de cette question. La recourante ne pr�tend en tout cas pas qu'elle aurait soulev� l'argument en discussion dans son appel, sur lequel l'autorit� cantonale ne serait pas entr�e en mati�re. Le grief est ainsi nouveau et, partant, irrecevable faute d'�puisement des moyens (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429).
La recourante taxe d'insoutenables les consid�rations de l'arr�t cantonal qui lui imputent un revenu hypoth�tique de 7'840 fr. Elle conteste tant le principe que le calcul de ce dernier.
7.1.�La Cour de justice a consid�r� que, compte tenu de son �ge (43 ans), de sa formation (CFC d'employ�e de commerce, cours de clerc d'avocat, certificat de cafetier), de l'exp�rience professionnelle acquise de 1997 � 2012 au c�t� de son mari ainsi que des capacit�s et comp�tences multiples qu'elle avait d�montr�es sur de nombreux plans (organisation du groupe, ressources humaines, communication, contr�le de qualit�, gestion informatique, comptabilit�, relations avec les prestataires de services et les fournisseurs, d�veloppement et gestion des soci�t�s du groupe, relation clients), l'�pouse �tait en mesure de retrouver une activit� lucrative - � temps plein - dans l'h�tellerie et la restauration, voire le secr�tariat de direction, d�s le 1
er�d�cembre 2013. Elle a fix� le montant du revenu hypoth�tique � 7'000 fr. sur la base du " calculateur de salaire en ligne pour le canton de Gen�ve ", charges sociales et de deuxi�me pilier selon le pourcentage pr�lev� en 2012 d�duites.
7.2.�Autant que la recourante pr�tend que l'�quit� exigerait que l'on ne lui impute pas un revenu hypoth�tique, sa critique est appellatoire et, partant, irrecevable (supra, consid. 2).
7.3.�Pour le surplus, elle reproche � l'autorit� cantonale de ne pas s'�tre pench�e sur les possibilit�s effectives de r�aliser un tel revenu. Elle pr�tend � cet �gard qu'elle ne retrouvera jamais les conditions de travail qu'elle avait en oeuvrant au c�t� de son mari, qu'elle n'a qu'un CFC d'employ�e de commerce, qu'elle n'a jamais pratiqu� comme clerc d'avocat et que " peu d'�tablissements seront enclins � l'engager de peur de contrarier celui qui r�gne sur l'univers de la restauration � Gen�ve ". Se r�f�rant au " Salarium - calculateur individuel de salaires " de la Conf�d�ration, elle soutient par ailleurs que le revenu brut moyen de femmes ayant son exp�rience et son �ge s'�l�ve � environ 6'000 fr. par mois, soit 5'415 fr. apr�s d�duction de 9,65 % de charges sociales et de deuxi�me pilier. Ce faisant, elle se contente d'opposer de fa�on appellatoire sa propre appr�ciation des faits et son propre calcul sans d�montrer en quoi les consid�rations de l'autorit� cantonale � ce sujet seraient insoutenables (supra, consid. 2). Le grief est d�s lors irrecevable.
La recourante pr�tend qu'il " n'est pas acceptable " que le loyer de l'intim� soit port� en d�duction des revenus cumul�s des �poux, alors que les frais d'entretien courants (�lectricit�, assurance-incendie, chauffage, jardinage, approvisionnement en eau, taxes communales et cantonales, entretien de la piscine, personnel de maison) - qu'elle estime � 15'000 fr. par mois - de la luxueuse propri�t� de F.________, dont la jouissance lui a �t� attribu�e, sont � sa seule charge.
8.1.�Partant du principe que les frais li�s � l'entretien de F.________, comptabilis�s dans les comptes des soci�t�s du " groupe X.________ ", �taient justifi�s professionnellement, les premiers juges ont consid�r� que l'�pouse ne pouvait pr�tendre � ce qu'ils soient pris en charge par le biais d'une contribution d'entretien.
8.2.�Il n'appara�t pas que la Chambre civile ait �t� saisie de cette question. La recourante ne pr�tend en tout cas pas qu'elle aurait soulev� l'argument en discussion dans son appel, sur lequel l'autorit� cantonale ne serait pas entr�e en mati�re. Le grief est ainsi nouveau et, partant, irrecevable faute d'�puisement des moyens (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429). Cela �tant, la critique de la recourante selon laquelle il ne se justifierait pas de porter en d�duction des revenus du couple les d�penses de loyers de l'intim�, motif pris qu'elle supporte les frais d'entretien de F.________, tombe � faux ou, en tous les cas, ne d�montre pas le caract�re insoutenable des consid�rations de l'autorit� cantonale sur ce point.
La recourante conteste que les amortissements relatifs aux biens en copropri�t� soient d�duits des revenus cumul�s du couple. Elle pr�tend que l'intim� doit les prendre " sur sa quote-part ", comme il s'y �tait d'ailleurs lui-m�me engag� et y avait �t� condamn� en premi�re instance.
9.1.�Force est de relever que la critique de la recourante n'a d'objet que dans la mesure o� elle porte sur l'imputation de l'amortissement de F.________. Il ne r�sulte en effet pas de l'arr�t entrepris que l'autorit� cantonale ait tenu compte dans son calcul de l'amortissement de G.________, dont le jugement de premi�re instance - qui n'a pas �t� attaqu� sur ce point - a au demeurant pris acte qu'il serait support� par l'intim�.
9.2.�S'agissant de l'amortissement de F.________ (44'747 fr.), il appara�t que la recourante a contest� en appel le fait que le juge de premi�re instance l'ait port� en d�duction des revenus cumul�s des parties, alors que son mari avait accept� d'en assumer la charge. La Cour de justice a d'abord rappel� la jurisprudence selon laquelle l'amortissement d'une hypoth�que li�e � un immeuble peut �tre inclus dans les charges lorsque les circonstances financi�res le permettent, hypoth�se r�alis�e en l'esp�ce, ainsi que le reconna�t d'ailleurs aussi la recourante. Elle a ensuite consid�r� que cette d�duction �tait justifi�e, le bien �tant en copropri�t� des �poux. La recourante ne d�montre pas le caract�re insoutenable de ce motif (cf. supra, consid. 2). Elle se contente d'opposer p�remptoirement que le montant qui lui a �t� allou� � titre de contribution ne lui permet ni de maintenir son train de vie ni de b�n�ficier d'un train de vie semblable � celui de son �poux - critique au demeurant irrecevable (supra, consid. 5) -, que " le mode de proc�der " de l'autorit� cantonale " est d'autant plus curieux " que le tribunal de premi�re instance a donn� acte � l'intim� de son engagement de payer " le montant des int�r�ts et de l'amortissement hypoth�caire de la propri�t� de F.________ " et qu'elle " ne voit pas pourquoi le paiement d'amortissements, qui servent � la constitution d'un patrimoine suppl�mentaire ", et dont le montant est �lev�" devrait primer sur sa contribution d'entretien, respectivement pr�vaudrait sur le maintien de son train de vie ".
Il ne ressort pas de l'arr�t entrepris que la recourante se serait plainte en appel du fait que sa charge fiscale future n'aurait pas �t� prise en consid�ration. En tous les cas, la recourante n'affirme pas qu'elle aurait soulev� une telle question sur laquelle la Cour de justice n'aurait pas statu�. Nouveau, le grief est irrecevable (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429).
La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir ni� que le������non-paiement de son salaire entra�nera une augmentation des revenus de son mari et d'avoir revu " � la baisse le total des revenus annuels � disposition des parties. En d'autres termes, elle conteste que, pour la p�riode courant d�s le 1
er�septembre 2013, le salaire annuel qu'elle percevait de D.________ SA avant la r�siliation de son contrat de travail (120'000 fr.) soit port� en d�duction des revenus cumul�s.
11.1.�La Cour de justice a jug� que la perte d'emploi de l'appelante conduisait � une r�duction des ressources financi�res pour les parties, sans toutefois impliquer une r�duction des charges salariales de D.________ SA, domin�e par le mari, parce que la soci�t� devrait engager du personnel de remplacement charg� d'effectuer les prestations professionnelles fournies auparavant par l'�pouse pour une r�mun�ration vraisemblablement du m�me ordre que celle de cette derni�re, soit 10'000 fr. nets par mois.
11.2.�Lorsque la recourante soutient que le salaire annuel qu'elle percevait se justifiait par son d�vouement constant, sa disponibilit� permanente et par le fait qu'elle dirigeait d'un point de vue strat�gique, aux c�t�s de son �poux, l'ensemble des soci�t�s du groupe, elle se fonde sur un fait nouveau qui ne ressort pas de l'arr�t entrepris sans qu'elle ne soul�ve aucun grief � cet �gard (supra, consid. 2). Pour le surplus, elle ne conteste pas qu'elle est intervenue dans divers domaines comme l'organisation du groupe, les ressources humaines, la communication, le contr�le de qualit�, la gestion informatique, la comptabilit�, les relations avec les prestataires de services et les fournisseurs, le d�veloppement et la gestion des soci�t�s du groupe ainsi que les relations clients. Dans ces circonstances, il n'appara�t pas insoutenable de consid�rer que la soci�t� devra engager du personnel de remplacement charg� d'effectuer ces prestations pour une r�mun�ration vraisemblablement du m�me ordre.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, supportera les frais de la proc�dure (art. 66 al. 1 LTF) et versera des d�pens � l'intim� (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Une indemnit� de 3'500 fr., � verser � l'intim� � titre de d�pens, est mise � la charge de la recourante.