Source: https://www.brc-rea.be/fr/directives-2/basic-life-support/
Timestamp: 2020-03-31 08:50:48+00:00
Document Index: 176274009

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Les Directives ERC 2015 soulignent l’importance cruciale des interactions entre l’opérateur du centre de secours 112, le témoin procédant à la RCP et l’utilisation à temps d’un DEA. Une réponse collective, à la fois coordonnée et efficace, réunissant tous ces aspects, est primordiale afin d’améliorer la survie dans le cas d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier (Figure 1.1).
La réalisation d’une RCP de haute qualité reste une pratique essentielle pour améliorer la survie. Les personnes assurant une RCP devraient réaliser des compressions thoraciques d’une profondeur adéquate (environ 5 cm, mais pas plus de 6 cm chez l’adulte moyen) selon une fréquence de 100-120 compressions par minute. Après chaque compression, il faut s’assurer du relâchement thoracique complet en minimisant l’interruption des compressions thoraciques. En cas d’alternance de compressions et de ventilations, il faut insuffler un volume d’air suffisant pendant environ 1 seconde pour permettre l’élévation visible de la cage thoracique. Le rapport compressions thoraciques/ ventilations reste de 30/2. Ne pas interrompre les compressions thoraciques pendant plus de 10 secondes pour réaliser les insufflations.
Une défibrillation dans les 3 à 5 minutes après le collapsus permet d’obtenir des taux de survie de 50 à 70 %. Toute personne pratiquant une RCP peut procéder à une défibrillation précoce en utilisant les DEA publics et disponibles. Il conviendrait d’implémenter activement des programmes d’accès public à la défibrillation dans les espaces publics très fréquentés.
Tout corps étranger entraînant une obstruction sévère des voies respiratoires constitue une urgence médicale qui doit être traitée immédiatement, soit en percutant le dos, soit, en cas d’échec, en pratiquant des compressions abdominales. Si la victime ne réagit plus, il conviendra de commencer immédiatement une RCP et d’appeler à l’aide.
Cette section présente des indications sur les techniques utilisées lors de la réanimation initiale d’un adulte en arrêt cardiaque, à savoir le BLS (réanimation respiratoire et circulatoire sans utilisation d’équipements autres qu’un dispositif de protection) et l’usage d’un DEA. Elle décrit également des techniques simples utilisées dans la prise en charge de la suffocation (obstruction des voies respiratoires par un corps étranger). Les directives concernant l’utilisation de défibril-lateurs manuels et la réanimation intra-hospitalière figurent à la section 3. Un résumé concernant la position latérale de sécurité est proposé, et d’autres informations sont disponibles dans la section « Premiers soins ».
La Chaîne de survie synthétise les maillons vitaux nécessaires à une réanimation efficace (Fig. 1.2). La majorité de ces maillons s’appliquent à la fois aux victimes d’arrêts cardiaques primaires ou suite à une asphyxie.
Reconnaître un arrêt cardiaque peut s’avérer compliqué. Témoins et répondants (opérateurs du centre de secours 112) doivent être en mesure de diagnostiquer rapidement un arrêt cardiaque afin d’activer la chaîne de survie. Le contrôle du pouls carotidien (ou d’autres pouls) s’est avéré une méthode imprécise pour confirmer la présence ou l’absence de circulation. L’existence d’une respiration agonique est possible chez 40 % des victimes au cours des premières minutes suivant un arrêt cardiaque. Si elle est reconnue et traitée comme un signe d’arrêt cardiaque, elle est associée à de meilleurs taux de survie. La signifi cation de la respiration agonique devrait être mise en exergue lors des formations à la réanimation cardio-pulmonaire de base. Les témoins devraient suspecter un arrêt cardiaque et débuter la RCP si la victime ne réagit ni ne respire normalement. Les témoins devraient suspecter un arrêt cardiaque chez les patients souffrant de convulsions.
Les patients sans réaction et ne respirant pas normalement doivent être présumés en arrêt cardiaque. La victime présente généralement une respiration agonique, laquelle est susceptible d’être considérée à tort comme normale par les appelants. Proposer aux opérateurs 112 une formation complémentaire, spécifiquement axée sur l’identification et la signification d’une respiration agonique, permet d’améliorer la reconnaissance d’un arrêt cardiaque et le nombre de phone CPR (RCP assistée par téléphone), réduisant ainsi le nombre de cas d’arrêts cardiaques non pris en charge.
Entrelacer les doigts des mains et s’assurer que la pression n’est pas exercée sur les côtes de la victime
S’assurer que personne ne touche la victime pendant l’analyse du rythme par le DEA
Figure 1.4 Séquence étape par étape du traitement d’une victime adulte en arrêt cardiaque à assurer par l’intervenant formé à la procédure RCP/DEA
Le 112 est le numéro d’appel d’urgence en Europe, accessible gratuitement partout dans l’U.E. Il est possible de composer le 112 depuis un téléphone fixe ou mobile pour contacter tous services de secours d’urgence (ambulance, pompiers ou police). Plus tôt les services de secours seront contactés, plus vite l’opérateur 112 pourra apporter son aide pour reconnaître un arrêt cardiaque, donner des instructions de RCP par téléphone, dépêcher les secours médicaux d’urgence/un premier intervenant, localiser et fournir un DEA.
Afin d’exécuter les compressions thoraciques de façon aisée, un seul intervenant devrait s’agenouiller à côté de la victime, de manière à faciliter les mouvements entre compressions et insufflations avec le minimum d’interruptions. Dès lors qu’il est impossible de réaliser des compressions en position standard (par exemple dans un espace confiné), il peut être envisagé de procéder à une RCP en se positionnant par-dessus la tête de la victime, s’il n’y a qu’un seul intervenant, et à une RCP à cheval sur la victime, en présence de deux intervenents.
Nous suggérons d’insuffler un volume d’environ 500-600 mL (6-7 mL/kg) lors d’une RCP chez un adulte. En pratique, il s’agit du volume nécessaire pour permettre à la cage thoracique de se soulever de façon visible. Les intervenants pratiquant la RCP devraient réaliser chaque insufflation pendant environ 1 seconde, avec un volume d’air suffisant pour permettre l’élévation de la cage thoracique de la victime, en évitant des insufflations rapides ou forcées. La durée maximale de l’interruption des compressions thoraciques pour effecteur deux insufflations ne doit pas dépasser 10 secondes.
Risque pour l’intervenant et les bénéficiaires de la RCP
En ce qui concerne les vctimes n’étant éventuellement pas en arrêt cardiaque, la RCP pratiquée par un témoin conduit de façon extrêmement rare à des lésions sérieuses. C’est pourquoi les témoins ne devraient pas hésiter à débuter la RCP de peur de blesser la victime.