Source: http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001324
Timestamp: 2014-07-23 07:39:07+00:00
Document Index: 306277519

Matched Legal Cases: ['art 17', 'art 18', 'art 17', 'art 18', 'art 17', 'art 18', 'art 19', 'arrêt ', 'art 17']

Roscanvel, Quélern, Retranchements (4e quart 17e siècle) puis fortifications extra-urbaines (4e quart 18e siècle) (Cr 36-39)
Année de rédaction : 2002
Retranchements (4e quart 17e siècle) puis fortifications extra-urbaines (4e quart 18e siècle) (Cr 36-39)
Dénomination : ligne fortifiée
Appellation et titre : Lignes de Quélern ; Retranchements de Roscanvel ; Retranchement de Quélern
Partie(s) contituante(s) : batterie ; caserne ; porte ; blockhaus ; casemate
Numéro INSEE de la commune : 29238
Latitude : 48.2919551
Longitude : -4.5683125
Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : granite ; schiste ; moellon ; terre ; rocaille
Matériau(x) de couverture : pierre en couverture ; terre en couverture
Etat de conservation : désaffecté ; envahi par la végétation
Datation(s) principale(s) : 4e quart 17e siècle ; 4e quart 18e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 4e quart 19e siècle ; 20e siècle
Datation(s) en années : 1689 ; 1694 ; 1695 ; 1697 ; 1698 ; 1699 ; 1776 ; 1777 ; 1778 ; 1779 ; 1780 ; 1781 ; 1782 ; 1783 ; 1784
Justification de la (des) datation(s) : daté par source ; daté par travaux historiques
Auteur(s) de l'oeuvre : Vauban (ingénieur militaire) ; Pierre-Jean de Caux, directeur des fortifications de Normandie chargé des travaux défensifs de Brest de 1776 à 1786 (ingénieur militaire)
Personne(s) liée(s) à l'histoire de l'oeuvre : Louis XIV (personnage célèbre) ; Louis XVI (personnage célèbre, commanditaire) ; Marquis de Langeron, lieutenant général en chef de la division de Bretagne (personnage célèbre)
Justification de la (des) attribution(s) : attribué par source ; attribution par travaux historiques
Commentaire historique : Fonction : défense de l'entrée du goulet de Brest contre une éventuelle prise à revers de la pointe des Espagnols.
Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre ; à signaler
Elément(s) remarquable(s) : ensemble fortifié
Observations : TERRAIN MILITAIRE. ACCES INTERDIT.Protection au titre des Monuments Historiques vivement préconisée.Site intégré (du moins la porte des Lignes de Quélern) à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.
"Les nouvelles lignes de Quélern, fortifications extra-urbaines" par Jean-Yves Besselièvre. 2007.
"Dès la fin du 17e siècle les retranchements édifiés par Vauban à Quélern apparaissent comme défectueux car ils ne permettent pas de battre l´isthme et de s´opposer à la progression d´un assaillant. Avec la fin de la guerre de la Ligue d´Augsbourg (1688-1697) et l´état des finances royales, les choses restent cependant en l´état. En 1772, l´ingénieur Louis-Lazare Dajot (1717-1786) propose de « rectifier » l´ouvrage. Menés de 1773 à 1776, les travaux ne sont pas achevés à la veille de la guerre d´Amérique (1778-1783). En charge des travaux de fortification de Brest, le marquis de Langeron (1720-1792) s´inquiète de la faiblesse de la protection à revers des batteries de la côte sud du goulet. Sous ses ordres, l´ingénieur Pierre-Jean de Caux (1720-1792), conçoit alors un nouveau projet de « rectification ».
Les lignes de Quélern forment un arc concave de près de 1 220 mètres dont les feux se concentrent vers le centre. Achevées en 1784, elles comptent deux bastions et deux demi bastions dont l´un reçoit une batterie de mortiers défendant l´anse de Camaret. L´est des lignes se termine par une lunette ; la partie ouest comprend une batterie de côte dont les feux protègent le mouillage de Camaret. La défense extérieure repose sur une vaste demi lune et un réduit qui assurent le flanquement. La demi-lune oblige l´assaillant à la prendre avant toute attaque du corps de place afin de couvrir ses flancs. L´enceinte est percée d´une porte principale et d´une poterne. Le chemin couvert comporte cinq places d´armes ; le glacis est réduit à sa plus simple expression. En arrière des lignes, une caserne, un logement pour le commandant, et un magasin pour l´artillerie sont bâtis. Un bâtiment regroupe par ailleurs le logement des officiers, du gardien, du munitionnaire et un magasin aux vivres. La garnison est de 900 hommes en temps de paix et de 3 178 hommes en cas de siège. L´armement théorique se compose de 65 pièces d´artillerie.
Remarquablement préservées sous un épais couvert végétal, les lignes de Quélern constituent un exemple unique d´enceinte extra-urbaine en France. Situées sur un terrain militaire, elles sont interdites d´accès".
Archives départementales d´Ille-et-VilaineSérie C. Administrations provinciales. Intendance de Bretagne et subdélégations ; Etats de Bretagne, commission intermédiaire et commissions spéciales des Etats.C 983 : 16 pièces, papier ; 1 pièce, parchemin ; 4 plans. 1695-1703. "Fortifications de Roscanvel : Mémoire qui doit accompagner les plans et les procès verbaux qui concernent les retranchements de cette Presqu'île que Vauban reconnut indispensable de fortifier pour défendre du côté de la terre les batteries du goulet de Brest ; 4 plans des terrains pris, de 1695 à 1697 pour établir les dites fortifications, plans levés en 1701 par ordre de M. de Bouridal, commissaire ordonnateur ; 7 procès verbaux d'arpentage et d'estimation des héritages compris aux plans ci-dessus ; arrêt du Conseil d'Etat portant que le sieur de Lezonnet, trésorier des Etats de Bretagne, sera remboursé des intérêts de la somme de 60 000 livres qu'il a avancée pour les travaux de fortifications de Roscanvel ; procès verbal, dressé en 1705, pour servir à la liquidations de ces terrains, etc.".
Archives départementales d´Ille-et-VilaineSérie C. Administrations provinciales. Intendance de Bretagne et subdélégations ; Etats de Bretagne, commission intermédiaire et commissions spéciales des Etats.C 983 (1) : Le 8 juillet 1701, M. de Bouridal. Brest. 1er plan. Ce plan est relatif au 1er procès verbal. Plan du retranchement de Roscanvel relatif au procès verbal d'estimation des héritages qui y ont été compris et de ceux qui ont été endomagé par l'enlèvement des gazons et terres de placages dont on s'est servi pour cet ouvrage en 1695.Retranchement de Roscanvel, 1695Carte figurative des terres et héritages qui ont été compris dans l'etendue des ouvrages du retranchement de la presqu'île de Roscanvel et des lieux qui ont été endommagés aux environs pour les gazons et terres de placages que l'on a pris pendant l'année 1695.Les chiffres sont relatifs au bordereau de l'arpentage et servent à indiquer la situation des terres et héritages.A. Fort projetéB. Retranchement de la gorge de la Presqu'île.C. Petit retranchement sur la rade de BrestD. Batterie de la pointe de Tremet.C 983 (2) : Le 8 juillet 1701, M. de Bouridal. Brest. 2ème plan. Ce plan est relatif au 3ème procès verbal. Plan du retranchement de Roscanvel relatif au procès verbal d'estimation des héritages qui y ont été compris et de ceux qui ont été endomagé par l'enlèvement des gazons et terres de placages dont on s'est servi pour cet ouvrage en 1696.Retranchement de Roscanvel, 1696Carte figurative des terres et héritages où l'on a pris des gazons et terres de placage pour les ouvrages faits au retranchement de la presqu'île de Roscanvel pendant l'année 1696.A. Fort projetéB. Retranchement de la gorge de la Presqu'île.C. Petit retranchement sur la rade de BrestC 983 (3) : Le 8 juillet 1701, M. de Bouridal. Brest. 3ème plan. Ce plan est relatif au 4ème procès verbal. Plan du retranchement de Roscanvel relatif au procès verbal d'estimation des héritages qui y ont été compris et de ceux qui ont été endomagé par l'enlèvement des gazons et terres de placages dont on s'est servi pour cet ouvrage en 1697.Retranchement de Roscanvel, 1697Carte figurative des terres et héritages où l'on a pris des gazons et terres de placage pour les ouvrages faits au retranchement de la presqu'île de Roscanvel pendant l'année 1697.Les chiffres sont relatifs au bordereau de l'arpentage et servent à indiquer la situation des terres et héritages.A. Fort projetéB. Retranchement de la gorge de la Presqu'île.C. Petit retranchement sur la rade de BrestLes terrains enfermés de lignes ponctuées colorées de jaune sont les endroits où l'on a pris du gazon et des terres de placages pour les ouvrages.C 983 (4) : Le 8 juillet 1701, M. de Bouridal. Brest. 4e plan. Ce plan est relatif au 6ème procès verbal. Plan du front du fort de Roscanvel relatif au procès verbal d'estimation des héritages prise pour les dehors.Fort de Roscanvel, 1698-1699Carte figurative des terres et héritages qui ont été compris dans l'étendue des ouvrages faits au dehors du front du fort de Roscanvel du costé de l'attaque pendant les années 1698 et 1699.Les lettres et chiffres sont relatif au bordereau de l'arpentage et servent à indiquer la situation des terres et héritages.Les lignes pontuées colorées de jaune marquent l'étendue des ouvrages faits en 1698 et 1699.Les lignes colorées de rouge marquent les maisons qui ont été démolies et les murs à pierres sèches qui enfermaient les terres.Entrée du côté de Crozon ; ligne de retranchement ; bastion de Langeron ; front du fort ; bastion de Camaret.
Le Fort et le retranchement de Roscanvel : Le premier plan tracé par Vauban de la presqu´île de Roscanvel et du retranchement de l´île de Quélern est daté de 1689. Selon Vauban, la presqu´île faisait 2 800 toises de long sur 1 000 à 1 200 de large, entourée de la mer de tous côtés. Dès cette époque, l´idée de Vauban fut de faire de la presqu´île, en raison de son exceptionnelle position stratégique, de sa configuration géographique et de sa proximité de Brest, un territoire inviolable grâce à un système de défense tous azimuts.Selon Vauban, "ce fort est d´autant mieux placé que le terrain par lequel on peut y aborder forme une espèce de glacis naturel. Il y a néanmoins une partie devant la branche droite du retranchement qui ne peut être découverte ni du retranchement ni du bastion droit du fort ni de celui de la gauche. Il faudrait faire un transport de terre assez considérable pour remédier à ce défaut".Pour protéger le derrière des batteries établies tout autour de la presqu´île fortifié de Quélern, en particulier celles de la pointe des Espagnols, de Beaufort, de Cornouaille, de Kerviniou, du Capucin, de Trémet, un système de retranchements et de fossés d´environ 400 toises de long, complété au centre par l´édification d´un fort carré bastionné puissant, fut conçu par Vauban pour fermer le pied de la presqu´île dans sa partie la plus resserrée. Le projet de Vauban consistait à édifier un fort de terre de quatre bastions de 120 toises de polygone ou environ, de couvrir le front de l´entrée pour les soldats et les officiers, et un hangar derrière pour serrer les affûts et les armes.En avril 1694, Vauban écrivait à propos du fort dont la construction lui paraissait absolument indispensable : "Le retranchement tracé, il y a cinq ans, ne suffirait pas pour défendre la presqu´île et serait à charge et très dangereux à défendre, à charge parce qu´il faudrait 2 000 ou 3 000 hommes pour le border suffisamment, et dangereux parce que, s´il était forcé, il ne s´en sauverait pas un seul homme. Capable de tenir 400 ou 500 hommes, ce fort pourrait se faire en fort peu de temps, spécialement si on ne le fait que de terre, bien fraisé et palissadé avec un petit chemin couvert, et épargnerait là de fort grosses gardes".Selon le projet de Vauban du 23 avril, la construction d´un fort sur la presqu´île des Espagnols était estimée à 94 164 livres dont 11 000 pour les dépenses extraordinaires "à cause du roc". D´après Vauban, "il faut y ajouter une redoute et une demi-lune" qui portaient la dépense à 40 000 écus (120 000 livres). Compte tenu de l´état des finances, ces dépenses plus considérables encore que celles des batteries ne pouvaient être prises en compte par le Roi.Tableau du coût du fort de Roscanvel (23 avril 1694)(Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 24)Circuit : 25 314 livres.Gazon : 7 000 livres.Palissades : 10 000 livres.Couverts : 10 000 livres.Dépenses extraordinaires : 11 000 livres.Redoute et demi-lune : 26 000 livres.Total : 120 114 livres.Le 9 mai, Vauban estimait indispensable pour la défense de Brest de construire le fort de Roscanvel : "On pourrait le faire tout entier cette année ou du moins le mettre en sa totale perfection pour la prochaine". Vauban ajoutait : "Je suis persuadé que ce fort, la façon des batteries et une bonne garde au Conquet mettraient toutes choses dans une parfaite sûreté à Brest".Le 4 juin, "le Roi n´était pas en mesure de faire le fort de Roscanvel même si cela évite une grande dépense pour fermer la batterie du côté de Léon".Le 17 décembre, Le Peletier écrivait à Vauban : "Si l´on ne peut pas construire le fort entier, je serai d´avis de faire au moins le polygone qui regarde la gorge de la presqu´île et les deux branches de retranchement jusqu´à la mer. Cela diminuerait la dépense de moitié et je croirai 20 000 écus (30 000 livres) très bien employés à cet ouvrage".Le 12 mars 1695, Vauban écrivait à Barbézieux : "Vous trouverez ci-joint la proposition de M. de Nointel touchant le fort de Roscanvel que le Roi a assez approuvée sans être toutefois déterminée. M. de Nointel fait tout ce qu´il peut pour le service du Roi. C´est en partie l´effet de mes exhortations pendant la campagne dernière au moyen de quoi, s´il tient parole, nous achèverons ce qu´il y a de plus pressant à Brest, et peut-être au château du Taureau et à la Conchée (Génie : F° 31, tome 8)".Le 6 juin Vauban écrivait à Pont chartrain : "Le retranchement de Roscanvel commencé depuis le 20 mai avance considérablement. La presqu´île se trouvera coupée tout d´un coup. On achèvera ensuite d´entreprendre le circuit du fort. Le terrain est dur comme du plomb, pierreux et plein de rochers, mais il se soutient droit comme une muraille".Le 24, Vauban écrivait : "Nos ouvrages de Roscanvel vont fort bien".Le 15, Pontchartrain écrivait à Vauban : "le Roi n´a aucune inquiétude sur le travail de la péninsule de Roscanvel et la pointe des Espagnols qui est entré de bonnes mains".Selon le mémoire de Vauban du 15 juillet, "on travaille très vivement au retranchement de Roscanvel accommodé au fort qui s´y doit bâtir, à la construction duquel nous ne commencerons à travailler qu´après que le retranchement sera tout à fait achevé.Comme la certitude des fonds de cette année n´est venue que fort tard, je ne me suis pas vu assez de temps pour pouvoir entreprendre de mettre ledit fort en défense assez tôt, mais bien le retranchement, de manière toutefois, qu´en le faisant, je ne laisse pas d´élever l´un des côtés du fort. Cependant, comme je ne puis compter pour cette année que sur le retranchement et qu´il est d´une nécessité absolue de pouvoir garder cette presqu´île, que l´ennemi entre ou entre pas dans le goulet, j´ai pris le parti de le faire très bon.C´est pourquoi, j´ai donné 4 toises de largeur à son fossé sur 2 de profondeur, le terrain étant ferme, et la plus grande partie du roc qui se soutient très bien ; on ne lui a donné que très peu de talus, d´où il s´en suit qu´il n´y a homme qui puisse entrer ni sortir dudit fossé sans échelle. Ce retranchement est de plus fraisé et palissadé. Comme votre Majesté le verra par son profil, le parapet aura 12 pieds d´épais et sera très bien gazonné ou plaqué devant et derrière. Ce qui est la même chose.Il sera de plus garni de bonnes batteries sur les angles saillants et sur les flancs. On voit de là le pays devant soi jusque bien au-delà de l´extrême portée du canon. Cela, joint à l´aplanissement des haies et fossés et à quelques bouts de retranchements que je ferai faire en moins de 15 jours sur les anses plus abordables du côté de la rade, nous mettra en état de conserver cette presqu´île comme une place, ce qui assurera la rade et le goulet, qui est le moyen unique et certain pour empêcher le bombardement de Brest".Fin juillet, la disposition du fort et des retranchements de Roscanvel avait fait grand plaisir au Roi qui ne pouvait s´empêcher de demander : "A combien se monte la dépense jusqu´à présent ? ".Au cours de l´année 1695, les fonds accordés par le Roi pour le retranchement de Roscanvel, qui faisait 540 toises de long, s´élevèrent à 57 000 livres. Les batteries des deux côtés du retranchement prévues par Vauban, l´une du côté de la rade de Brest et l´autre du côté de celle de Camaret, étaient faites. Elles devaient être servies durant l´hiver par 42 maîtres canonniers, canonniers et aide-canonniers de la marine.Selon le projet de Traverse de 1696, le fort qui n´était toujours pas fait était conçu pour recevoir une garnison de 500 hommes (Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 35).Le 16 mars 1697, Traverse se proposait d´abattre une série de maisons du côté de Roscanvel et de raser les haies terrassées. S´agissant des maisons, le Roi préconisait la plus grande circonspection.Le 10 janvier 1699, le plan de l´ingénieur Traverse représentait les batteries faites au bout des deux retranchements, côté rade de Camaret et côté rade de Brest, ainsi que le fort à quatre bastions projeté par Vauban qui comportait une demi-lune devant le côté de la terre (Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 38)".A la suite de son voyage d´inspection des places maritimes de Normandie et de Bretagne effectué en juillet 1700, Le Peletier écrivait à Vauban à propos de la défense de Brest : "J´ai vu toutes vos batteries qui me paraissent parfaitement bien disposées sur le goulet pour en empêcher l´entrée.Il est fâcheux que celle de Léon soit si fort commandée par les hauteurs de sa droite et de sa gauche. Il est vrai que ces batteries ne doivent pas être considérées comme des places qu´on doive se proposer de mettre en état de soutenir des attaques dans les formes.Portzic et la pointe des Espagnols font un très bel effet, mais rien n´est mieux imaginé pour la sûreté de toutes les batteries de la côte de Cornouaille et pour la conservation d´une lieue de terrain très utile et très avantageux que le fort de Roscanvel et les retranchements qui se répandent à droite et à gauche jusqu´à la mer. Je cois qu´il est très important d´achever ce fort.J´ai vu aussi la tour de Camaret qui a fait ses preuves, après lesquelles on ne peut pas douter de son utilité. Je la trouve si bien placées que je ne voudrais que vous lui eussiez donné un peu plus d´étendue (Archives Nationales : Fonds Rosanbo, 161 Mi 32, n° 14) (p. 285)", p. 277-281.
Mémoire sur les Lignes de Quélern
Article 7 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785
"Après avoir prouvé dans ce mémoire que les nouveaux ouvrages de Quélern en font un poste capable d'une vigoureuse défense, après avoir conseillé d'y tenir en tous temps l'artillerie et les munitions nécessaires à son armement, qu'il nous soit encore permis une observation. Plus les objets ci dessus seront remplis avec exactitude, et plus la prise de ce point deviendra interressante et précieuse à l'ennemi, puisque par cette seule expédition, au début d'une guerre, il empêcherait la France de mettre en usage toutes les forces maritimes, qui seraient enfermées dans le port de Brest : nous croyons donc ne pouvoir pas trop insister sur l'indispensable nécessité de mettre ce point sur le pied de guerre dès les premiers moments de mésintélligence entre les deux Cours ; c'est à dire, d'en palissader les chemins couverts, d'y monter les canons sur les remparts, d'y placer les munitions à portée, enfin d'être en état d'y rassembler d'un moment à l'autre les 900 hommes que nous avons jugés nécessaires pour résister avec avantage aux premiers efforts de l'ennemi.
Il serait peut-être possible de diminuer un peu cette artillerie ; cependant, si l'on examine la répartition en détail, l'on jugera que chaque partie n'en n'est que faiblement armée en égard au rôle qu'elle est suceptible de jouer dans la défense. Dans un développement de cette étendue, les hommes peuvent bien au commandement se porter de la droite à la gauche, suivant que l'ennemi changent ses attaques ; mais l'artillerie ne pouvant se mouvoir si aisément, nous avons pensé qu'il était nécessaire d'en placer à demeure dans tous les endroits où l'on peut être dans le cas d'en faire usage ; c'est ce qui nous a guidé dans la demande d'armement ci-dessus.
Comme cette artillerie ne peut agir en même temps, on croit que l'on pourrait régler l'armement ordinaire à 60 coups par pièces. Ce qui demenderait en poudre.
LES LIGNES FORTIFIEES DE QUELERN. ROSCANVEL
Pour protéger les batteries de la côte sud du goulet dit côte de Cornouaille d'une attaque à revers, Vauban avait proposé lors de son troisième voyage à Brest en 1689 de "couper la gorge de la presqu'île de Roscanvel, pièce très dangereuse pour Brest". Tracé en mai 1694 et mis en oeuvre fin mai 1695 par Vauban lui-même, l'ouvrage se présente comme un retranchement soutenu en son milieu par un fort carré bastionné... Réalisé dans l'urgence et avec très peu de fonds, seuls les retranchements précédés de palissades et une demi-lune du fort sont achevés à la fin du 17e siècle ! L'ingénieur Traverse poursuit sur place l'oeuvre de Vauban en proposant à nouveau le plan en janvier 1699...
OUVRAGES DE QUELERN par Philippe Truttmann, septembre 1972.
(Y compris lignes, réduits, caserne Sourdis et bâtiments divers)
Ce projet reçut un commencement d´exécution mais avec une telle lenteur qu´en 1693 bien peu en était réalisé (une partie de la redoute est qui est devenue le demi-bastion 4 incorporé ensuite dans les nouvelles lignes.). En 1694, Louis XIV, informé par son service de renseignements des projets anglo-hollandais d´attaque contre Brest, charge Vauban de prendre sur place toutes dispositions utiles pour la mise en état de défense. Lieutenant-général depuis 1688, Vauban reçoit alors pour la circonstance les pleins pouvoirs sur les troupes de terre et de mer ainsi que les milices [gardes-côtes]. Il arrive à Brest le 23 mai 1694.
Parmi les travaux considérables exécutés de 1777 à la révolution figure la réorganisation complète des ligne de Quélern ayant abouti à l´ouvrage tel qu´il existe aujourd´hui. Les travaux consistent en : - Un remaniement de la partie gauche (est) des anciennes lignes de Vauban en en conservant le tracé général.
- Les batteries "de la droite des ligne" : -- Batterie de 24 cm, -- Batterie de 95 mm, -- Magasins à munitions.
LES LIGNES PRIMITIVES OU "LIGNES VAUBAN"
A gauche une sorte de grand redan, dont la face droite est presque perpendiculaire aux éléments précédents et la face gauche s'appuie sur un demi-bastion (dit "bastion de Quélern") se raccordant à la baie de Roscanvel par un tronçon de courtine. L'ensemble dessine une ligne de défense continue, à tracé tenaillé irrégulier.
Après achèvement des nouvelles lignes (1785 environ) puis du réduit (1854), il ne subsistait plus que le tronçon rectiligne de la partie droite, devenu sans utilité et abandonné. Ces vestiges ont été peu à peu nivelés et il n'en subsiste plus qu'une sorte de vallum estompé, couvert de ronces extrêmement denses. En ce qui concerne le profil, ces lignes comportaient : - Un glacis et un chemin couvert avec traverses et places d'armes.
LE REDUIT DE QUELERN
Détails : Escarpe, front sud : maçonnerie grossière en moellon de schiste exécutée au 18e siècle.
Portes des couloirs : plein cintre, montants et claveaux harpés. L'accès aux couloirs et à la travée centrale du rez-de-chaussée se fait par des ponceaux en maçonnerie franchissant la cour. Le ponceau central a disparu sous les bombardements. Circulation longitudinale réalisée par des portes percées dans les refends transversaux et disposées en alignement droit.
Côté cour, le passage est encadré par deux locaux casematés à usage de corps de garde prenant jour dans une façade donnant sur la cour centrale. Les locaux casematés communiquent chacun par deux portes avec le passage couvert. Leur façade arrière, encastrée dans le talus intérieur du rempart se raccorde à celui-ci par deux murs en aîle, tracés en retour oblique et surmontés chacun d'un escalier d'accès à la banquette du rempart. Le tout est assez sévère, très sobre mais de proportions heureuses.
Vue générale des lignes de Quélern : courtine et tenaille situées à l'ouest de la porte principale dite de Camaret Fig. 64
Vue générale des lignes de Quélern : courtine située à l'ouest de la porte principale dite de Camaret Fig. 67
Vue des lignes de Quélern : la plage de Trez-Rouz, champ de bataille de juin 1694 Fig. 86
Bretagne, Finistère, Architecture vaubanienne
Bretagne, Finistère, Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié (18e siècle)
Bretagne, Finistère, Roscanvel, Quélern, Batteries de la Droite des lignes de Quélern (2 canons de 24 cm modèle 1876, 4 canons G de 95 mm sur affûts G de campagne)
Bretagne, Finistère, Roscanvel, Quélern, Ouest des Lignes de Quélern, Casemate armée d'un canon de 75 mm (Cr 39)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Vestibule et rade de Brest : ensemble fortifié (19e siècle)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Brest, Ville-port
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Brest, 6 bd Jean Moulin, Château (faisant citadelle)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, route de Quélern, Caserne Sourdis
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, Pointe de Cornouaille, Batterie basse
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, Pointe de Tremet, Batteries de côte puis batterie antiaérienne française en 1955 (6 canons de 19 cm modèle 1875-1876, 4 canons G de 95 mm sur affût G de côte), (4 canons de 240 mm modèle 1903 TR, 4 canons de 95 mm en 1914) (4 canons de 10,5 cm) (Cr 340)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, Pointe des Espagnols, Batteries hautes et basse puis fort et ensemble fortifié (Stützpunkt "Espagnols" ou "Nordspitze Crozon") (Cr 42-50)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, Quélern, Réduit, année "1854" (Cr 1)
juxtaposé : Bretagne, Finistère, Roscanvel, Roche Mengant, Fort (4e quart 17e siècle ; projet) puis balise en fer puis tourelle en maçonnerie