Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/pacifique/polfr.htm
Timestamp: 2016-07-29 21:41:45+00:00
Document Index: 249617619

Matched Legal Cases: ['art. 2', 'arte 2', 'arte 3', "l'article 74", "l'article 15", "l'article 15", "l'article 57", "l'article 15", "l'article 74", "l'article 124", "l'article 74", "l'article 15", "l'article 2", "l'article 57", "l'article 2", "l'article 57", "l'article 57", "l'article 115", "l'article 57", "l'article 6", 'art. 2']

Pays d'outre-mer au sein de la R�publique
Polyn�sie fran�aise(France)
PapeetePopulation: 275 000 (2012)Langue officielle: fran�ais
Groupe majoritaire: tahitien (45 %)
Groupes minoritaires: fran�ais (30 %), chinois hakka (9,6 %), fran�ais (7,6
%), tuamotu (7,2 %), tubuai-rurutu (4 %), marquisien (2,7 %), mangar�vien (0,8 %), etc.
Syst�me politique: ancien territoire d�outre-mer autonome
(TOM), devenu depuis 2003 un POM (pays d'outre-mer au sein de la R�publique)Articles constitutionnels langue): art. 2 et 75-1 de la Constitution de 1992 de la
R�publique fran�aiseLois linguistiques:
toutes les lois linguistiques de la R�publique, dont les suivantes: loi no
84-747 du 2 ao�t 1984 relative aux comp�tences des r�gions de Guadeloupe, de Guyane, de
Martinique et de La R�union;
loi no 75-620 du 11 juillet 1975
relative �
l'�ducation (loi Haby); D�cision no 2036 du 28 novembre 1980 donnant � la langue tahitienne qualit� de langue officielle du territoire de la Polyn�sie fran�aise;
loi no 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement sup�rieur;
Arr�t� no 1266 CM du 20 octobre 1986 portant organisation du service de la traduction et de l�interpr�tariat;
loi d'orientation no 89-486 du 10 juillet 1989 sur l'�ducation (loi Jospin);
no 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et
des charges de la Soci�t� nationale de radiodiffusion et de t�l�vision
fran�aise pour l'outre-mer (RFO);
loi du 4 ao�t 1994 relative � l'emploi de la langue fran�aise (1994); Loi organique no 96-312 du 12 avril 1996 portant statut d'autonomie de la Polyn�sie fran�aise (abrog�e);
Code de l'�ducation (2000);
Loi d'orientation pour l'outre-mer (2000); Loi organique no 2004-192 du 27 f�vrier 2004 portant statut d'autonomie de la Polyn�sie fran�aise; Loi no 2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'�cole (loi Fillon).
1 Situation g�ographique La Polyn�sie fran�aise est un POM, un pays d'outre-mer fran�ais situ�
dans le Pacifique-Sud, entre la Nouvelle-Z�lande et l�Am�rique du Sud. En
fait, ce territoire fait partie d�un ensemble plus vaste couvrant une grande
partie du Pacifique et formant un vaste ensemble g�ographique qu�on appel� le triangle
polyn�sien, dont les
sommets sont Hawa� au nord, l��le de P�ques au
sud-est et la Nouvelle-Z�lande au sud-ouest (voir
la carte du Pacifique). Mentionnons qu'en Polyn�sie fran�aise les appellations Polyn�sie, Polyn�sien et polyn�sien ne font r�f�rence qu�aux �Polyn�siens fran�ais� et � la �Polyn�sie fran�aise� (et non pas aux Polyn�siens issus d�autres r�gions de la Polyn�sie, au sens g�ographique et ethnologique). Le nom Polyn�sien peut d�signer seulement les autochtones (appel�s Maohis) ou globalement tous les r�sidents, selon le contexte.
La Polyn�sie fran�aise,
au point de vue g�ographique, est constitu�e d�environ 118 �les
couvrant une superficie �merg�e (incluant les lagons) de 4200 km�, dispers�e
sur 2,5 millions de kilom�tres carr�s �quivalant � la surface de l�Europe
(moins la Russie). En guise de comparaison, rappelons que la superficie de l�Australie
est de 7,6 millions km�; l�Indon�sie, 1,9 million km�; la France, 534 000 km�; les �tats-Unis, 9,3 millions km�; le Canada, 9,9 millions km�. Ces �les de la Polyn�sie fran�aise sont
regroup�es en cinq archipels.
Archipel de la Soci�t� 1747 km�
- les �les-du-Vent (Tahiti, Moor�a et Tetiaroa) et Maiao (interdite aux �trangers), Meetia (inhabit�e);
- les �les-Sous-le-Vent (Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora
Bora et Maupiti);
1274 km�
- 10 �les, dont six habit�es
1000 km�
- 84 �les, dont 41 habit�es
36 km�
- 12 �les, dont six seulement sont habit�es
Archipel des Australes (ou Tubuai)
141 km�
- �les Rurutu, Tubuai, Rimatara, Raivavae et Rapa
En Polyn�sie fran�aise, les �les sont g�n�ralement de dimension r�duite
la carte 2): la plus importante est l��le de Tahiti, (1042 km�)
et, par comparaison, elle est 20 fois plus petite que la Grande Terre de la
Nouvelle-Cal�donie. La capitale, Papeete (23 555 habitants; avec l'agglom�ration: 140 000), est situ�e dans l��le
de Tahiti, soit � une distance de 17 100 km de Paris, 8800 km du Japon, 6200 km
des �tats-Unis(Los Angeles) et 5700 km de l�Australie (Sydney). La zone urbaine de Papeete, qui s��tend sur environ 40 km�, soit 1 % du
territoire, regroupe 65,4 % de la population.
Au sein m�me de la Polyn�sie fran�aise, les distances peuvent �tre tr�s
grandes d�un archipel � l�autre (voir
la carte 3). Par exemple, les �les-sous-le-Vent sont � 200 km de
Tahiti situ�e dans les �les-du-Vent; l�archipel des Marquises est situ� �
1500 km au nord de Tahiti, alors que les �les Australes sont � une distance
variant entre 600 km du point le plus proche de Papeete � 1500 km de son point le plus �loign�. L�archipel des Tuamotu est �gren� sur quelque 1500 km�
et est s�par� de Tahiti par pr�s de 2000 km� de territoire marin. Rappelons
que la Polyn�sie fran�aise couvre une superficie de 2,5 millions de
kilom�tres carr�s, soit l��quivalant environ de la surface de l�Europe
(moins la Russie).
Ajoutons une mention sur la petite �le de Clipperton, appel�e ��le de la Passion� par les Fran�ais, qui est un atoll de 9 km� situ� dans l'oc�an Pacifique, � quelque 1280 kilom�tres � l'ouest du Mexique et � 6500 km de l'archipel de Tahiti. Attribu� d�finitivement � la France en 1931, l'atoll inhabit�, constitu� au centre d'un lagon d�eau douce, a �t� sous la juridiction des �tablissements fran�ais d'Oc�anie � partir de 1936, puis de la Polyn�sie fran�aise jusqu'en mars 1986; mais aujourd'hui l'�le rel�ve du �domaine public maritime� et reste sous l'autorit� du ministre de l'Outre-Mer (depuis f�vrier 2007). Dans les faits, cette petite possession fran�aise ne fait pas partie des DOM-TOM. En 1981, l'Acad�mie des sciences d'outre-mer avait propos� de construire une piste d'atterrissage et un port et y installer des habitants, mais le projet ne s'est jamais concr�tis�. 2 Donn�es d�molinguistiques
Le recensement de 2002 faisait �tat de 244 830 habitants en Polyn�sie
fran�aise, dont 169 333, c�est-�-dire 69,1 %, vivant sur la seule �le de
Tahiti. Les estimations de 2012 r�v�lent que la population serait de 275 000 habitants, dont 178 00 � Tahiti (64,7 %). Dans ces conditions, la population n�est pas r�partie uniform�ment
dans les archipels:
�les de la Soci�t� �les-du-Vent �les-sous-le-Vent �les Marquises �les Tuamotu-Gambier
�les Australes (Tubua�)
[214 107] (87,45 %)
183 804 (75,07 %)
30 303 (12,37 %)
8 548 (3,49 %)
15 846 (6,47 %)
6 329 (2,58 %)
[242 663] (88,2 %)
206 335 (75,0 %)
36 228 (13,1 %)
8 613 ((3,1 %)
17 657 (6,4 %)
6 207 (2,2 %)
244 830
Par ailleurs, la population est jeune : 55 % de la population a moins de 30 ans, et les moins de 20 ans repr�sentent 40 %, soient 97 823 personnes. 2.1 La composition ethnique On compte en Polyn�sie fran�aise 71,7 % de
Polyn�siens
(et assimil�s), 4,8 % d�Asiatiques (surtout des Chinois), 10,5 % d�Europ�ens,
soient des �locaux� (6 %) ou des �m�tropolitains� (4 %). Parmi ces trois
groupes ethniques, il faut inclure les demis,
c�est-�-dire ceux qui sont m�tiss�s, que ce soit � dominante polyn�sienne
(32 641 habitants), blanche (2787 habitants) ou asiatique (1194 habitants). Au
plan de la religion, on compte 55 % de protestants adeptes de l��glise
�vang�lique, 30 % de catholiques, 6 % de mormons, 2 % d�adventistes, 2 % de
bouddhistes et de confucianistes.
Du point de vue groupe ethnique, les Tahitiens formaient en 2012 quelque 54 % de la population. Il sont suivis des Demis-Europ�ens (les Euron�siens), des Fran�ais, des Chinois hakka et des Tuamotu. Les autres groupes sont num�riquement beaucoup moins importants. Peuples
Tahitiens et Demi-Tahitiens
langue austron�sienne
Euron�siens (Demis-Europ�ens)
tuamotu langue austron�sienne
Chinois Han/Hakka
chinois mandarin/hakka
langue sino-tib�taine
Tubua� (Touboua�s)
tubua� (touboua�)
Marquisiens du Nord
Marquisiens du Sud
Mangar�viens 2 400
mangar�vien langue austron�sienne
Maoris des �les Cook
Rapanuis de l'�le de P�ques
Insulaires de l'est de l'�le Rapa
Chinois tahitiens (M�tis)
pitcairnais-norfuk
En Polyn�sie fran�aise, on appelle popa'a (signifiant ��tranger� en tahitien) ceux qui ne parlent pas tahitien (mais jamais un Blanc local) et, en pratique, ne parlant pas le fran�ais avec l'accent local, au minimum ne roulant pas les [r], sauf si une personne a sa famille originaire de Polyn�sie et un nom polyn�sien. Un Blanc m�tropolitain est forc�ment un popa'a. On peut distinguer un popa'a farani (fran�ais), un popa'a merite (am�ricain) et un popa'a peretani (britannique). 2.2 L'usage
des langues Les Polyn�siens parlent des langues
austron�siennes appartenant au groupe des langues
malayo-polyn�siennes orientales: le tahitien, le marquisien, le
tuamotu, le mangar�vien (�le de Mangareva dans l�archipel des Gambier), le
ruturu (�les Australes), le ra�ivavae (�les Australes), le rapa (�les
Australes), le wallisien et le futunien. Toutes ces langues sont d�sign�es par
le terme g�n�rique reo ma'ohi (reo
maohi).
- Le tahitien
M�me si seulement 44 % des habitants de la Polyn�sie fran�aise parlent le tahitien (le reo tahiti) comme langue maternelle, plus de 80 % des Polyn�siens le parlent comme langue v�hiculaire. Le tahitien est �galement parl� par 73 % des
�demis� polyn�siens, 67 % des Chinois et 6 % des Europ�ens locaux, � l�exception
des �les Marquises o� seulement 35 % des habitants le pratiquent. Le tahitien est fragment� en quelques dialectes tr�s �troitement apparent�s et est couramment �crit
depuis le premier quart du XIXe si�cle, � l��poque o� les
missionnaires anglais l�utilisaient comme outil d�enseignement. Dans la
ville de Papeete, la capitale de la Polyn�sie fran�aise, et dans plusieurs
autres centres, les diff�rentes populations autochtones polyn�siennes ainsi
que la minorit� chinoise emploient une forme de pidgin tahitien pour
communiquer entre elles. D�ailleurs, le tahitien reste fort peu utilis� comme
langue v�hiculaire chez les membres des populations non tahitiennes de Papeete,
bien que la plupart d�entre eux puissent comprendre cette langue.
- Le marquisien
Le marquisien (ou 'eo 'enama) est pratiqu� par quelque 8200 locuteurs dont un bon
nombre vit � Tahiti. En dialecte de Nuku Hiva, il y en a au moins deux autres dans lesquels on dira plut�t 'enata et non 'enama. Dans les Marquises, il existe deux aires linguistiques: le
marquisien des �les du Nord-Ouest (3900 locuteurs) et le marquisien
des �les du Sud-Est (3700 locuteurs); les deux variantes sont mutuellement
intelligibles. Le marquisien fut largement utilis� comme langue d��vang�lisation
par les missionnaires catholiques et il existe une importante litt�rature
religieuse �crite, notamment une traduction de la Bible par Mgr Le Cl�ac�h,
ancien �v�que de Taiohae. - Le mangar�vien
Le mangar�vien
(ou reo magareva), assez proche du marquisien et de
l'hawa�en, est la langue parl�e aux �les Gambier par environ 2400 locuteurs.
Le mangar�vien est appel� reo ma'areva en tahitien. - Le tuamotu (paumotu)
Bien qu'il soit parl� par
seulement 8 % de la population, le tuamotu (ou
reo pa'umotu
en tahitien) � appel� paumotu et prononc� [pomotou] � est fragment� en sept aires dialectales: le mihiroa, le vahitu, le tapuhoe, le napuka, le marangai,
le parata et le fagatau. Chacune de ces aires est, � son tour, soumise � de
nombreuses variantes. Comme l'archipel des Tuamotou compte 75 atolls, la
diversit� linguistique est tout aussi vari�e. Les variantes du tuamotu sont fortement apparent�es au marquisien.
Au total, on d�nombre quelque 22 000 locuteurs du tuamotu.
- Les langues des Australes
Les langues des Australes (nom
g�n�rique: reo tuha'a pae) sont parl�es par 7200 locuteurs
r�partis selon leurs variantes linguistiques : langue de Ra'ivavae (1500),
langue de Rapa (600), langue de Rimatara (1100), langue de Rurutu (2500), langue
de Tubua'i (1500). Le nom de chacun des idiomes locaux est celui de l'�le sur
laquelle il est parl�. On observe que ces variantes linguistiques (tubua'i, rurutu, rapa,
etc.) ont tendance � �tre remplac�es de plus en plus par le tahitien des
�les de la Soci�t�, tout en conservant certaines caract�ristiques
phonologiques et lexicales particuli�res. - Le chinois hakka
Parmi les autres langues parl�es en Polyn�sie fran�aise, citons le chinois
hakka et le fran�ais. Le chinois hakka
est parl� par l�importante
minorit� asiatique (plus de 13 000 locuteurs: 4,7 %) de la Polyn�sie fran�aise, notamment les Chinois; toutefois, cette langue semble de plus en plus en d�clin en
Polyn�sie au profit du pidgin tahitien. C'est le mandarin qui est
enseign� dans les �coles de la communaut� chinoise. Mentionnons �galement le cantonais parl�e par les Chinois de Hong-Kong et le vietnamien parl� par les Vietnamiens.
- Les autres langues
On compte �galement quelques autres petites langues telles que le rapanui de l'�le de P�ques (une
langue austron�sienne du groupe polyn�sien), le pukapuka et le rarotongan parl�s par les Maoris des �les Cook, ainsi que le pitcairnais de l'�le de Pitcairn, une sorte de cr�ole anglo-tahitien parl� � l'�le. Il faut comprendre que l'�le Pitcairn est situ�e dans la r�gion de la Polyn�sie fran�aise et que l'�le de P�ques constitue une escale sur la ligne Santiago du Chili et Tahiti, ce qui explique l'arriv�e des ces immigrants en provenance de ces deux �les. De fait, la Polyn�sie fran�aise, les �les Pitcairn, les �les Cook et l'�le de P�ques sont situ�es dans le triangle
polyn�sien.
- Le fran�ais
Quant au fran�ais, c�est la langue maternelle des M�tropolitains, des Fran�ais install�s en permanence dans le pays et des Polyn�siens assimil�s. Cependant, �tant donn� que le fran�ais est la langue officielle de la Polyn�sie fran�aise et, par cons�quent, employ� dans tous les aspects de la vie administrative et scolaire, il est forc�ment parl� et compris, jusqu�� un certain degr�, par la grande majorit� de la population autochtone. Le fran�ais est entendu non seulement dans la capitale, Papeete, mais �galement ailleurs dans les �les o� il entre en concurrence avec le tahitien. Il est m�me parl� par des gens qui ma�trisent parfaitement une ou plusieurs langues polyn�siennes. Dans la plupart des familles, on ne s'adresse aux enfants qu'en fran�ais; ceux qui pr�tendent utiliser le tahitien en famille (quand personne n'est l� pour v�rifier!) ne doivent en r�alit� que placer quelques phrases de temps en temps, alors que le reste de la conversation reste en fran�ais m�l� de mots ou expressions tahitiennes. Par contre, le fran�ais employ� dans les �les n'est pas le fran�ais standard, car ce fran�ais a subi d'�normes modifications d'ordre phonologique, syntaxique et lexicale; l'intercompr�hension avec le fran�ais m�tropolitain n'est qu'apparente. Elle d�pend forc�ment des locuteurs, mais on peut estimer qu'elle n'est que de 50 % (� nuancer selon les situations) dans le sens tahitien-farani (popaa farani �tant un Fran�ais) et pourrait baisser jusqu'� 25 % dans l'autre sens; on parle ici d'une compr�hension r�elle, un faux sens pouvant annuler l'effet de toute une conversation.
Enfin, quelques mots au sujet de la place de l�anglais en Polyn�sie
fran�aise. Soulignons que ce territoire fran�ais est situ� � plus de 17 000
km de la M�tropole et que, par cons�quent, l�attraction du fran�ais se
r�v�le plus faible que, par exemple, en Corse ou aux Antilles. La Polyn�sie
fran�aise, peupl�e seulement de 220 000 habitants, fait partie d�un vaste
ensemble g�opolitique, le Pacifique-Sud, qui compte au moins 25 millions d�anglophones,
notamment avec l�Australie (1500 km � l�ouest) et la Nouvelle-Z�lande
(1700 km au sud-ouest).
De plus, la plupart des �tats du Pacifique ont l�anglais comme langue
officielle: l�Australie, la Nouvelle-Z�lande, la Papouasie-Nouvelle-Guin�e,
le Vanuatu (avec le fran�ais), les �les Salomon, Nauru, Tonga, Fidji, Tuvalu,
Kiribati, les Samoa occidentales, les Samoa am�ricaines, Niue, sans oublier
Guam, les �tats f�d�r�s de Micron�sie et Hawa�. En r�alit�, seuls les
territoires de la Nouvelle-Cal�donie, de Wallis-et-Futuna et de la Polyn�sie
fran�aise sont officiellement de langue fran�aise. � cela s�ajoute le fait
que la pr�sence am�ricaine, australienne et n�o-z�landaise est tr�s forte
dans tout le Pacifique... sauf dans les trois TOM fran�ais (Nouvelle-Cal�donie,
Wallis-et-Futuna et Polyn�sie
fran�aise). Ainsi, l�acc�s
� certains biens de consommation passe par l�anglais, m�me en Polyn�sie
fran�aise (et les autres TOM).
De fait, l�anglais est compris et parl� par une certaine partie de la
population polyn�sienne instruite; les Polyn�siens scolaris�s parlent anglais
comme les Europ�ens. � ceux-l� s�ajoutent certaines communaut�s
autochtones, dont les anc�tres ont �t� christianis�s par les missionnaires
protestants, ainsi qu�une couche importante de la population chinoise. Cela dit, le fran�ais est la langue officielle et domine enti�rement le paysage polyn�sien. Dans les faits, l�anglais ne demeure qu'une attraction th�orique en Polyn�sie fran�aise.
Les �les de la Polyn�sie furent habit�es par les anc�tres des autochtones
actuels d�s 200 avant notre �re, peut-�tre avant. Les premiers visiteurs europ�ens sont, au
XVIe si�cle, le marquis espagnol Alvaro Menda�a de Neira (1595), qui
aurait nomm� les �les Las Islas de Marquesa de Mendoza en l'honneur de ses bienfaiteurs, puis Quiros
(1605), pilote de Menda�a, qui traversa l�archipel des Tuamotu, d�couvrit Tahiti qu�il nomma Sagitaria
(du latin sagitta, �fl�che�, rappelant le c�ne volcanique en
forme de faisceau de fl�ches). Toutefois, ces d�couvertes portugo-espagnoles
rest�rent sans lendemain.
3.1 Les premiers d�couvreurs
C�est au cours du XVIIIe si�cle que se multipli�rent les
d�couvertes marquantes. En juin 1767, la fr�gate du navigateur anglais Samuel
Wallis aborda le rivage de l��le de Tahiti qu�il nomma King George�s
Island; le capitaine Wallis en prit possession au nom du roi d�Angleterre,
Georges III. L�ann�e suivante, le navigateur fran�ais Louis-Antoine de
Bougainville la red�couvrit, la revendiqua au nom du roi de France, la baptisa Nouvelle-Cyth�re
en m�moire du c�l�bre sanctuaire d�Aphrodite, au milieu de la mer �g�e, et
ramena en France un Tahitien, ce qui accr�dita la l�gende du �bon
sauvage� de Rousseau et fit fantasmer l�Europe sur ces �les lointaines
du Pacifique-Sud. Puis, de 1769 � 1777, le capitaine James Cook visita trois
fois Tahiti ainsi que les �les-sous-le-Vent, les �les Marquises et les �les
Australes. C�est en 1769 que James Cook prit possession du groupe des �les qu�il
baptisa Society Islands en l�honneur de la Soci�t� royale de Londres
(qui finan�ait alors l�exp�dition). Par la suite, la Polyn�sie fut le
th��tre des affrontements entre la France et l�Angleterre, alors que Tahiti
�tait devenue une escale importante dans le Pacifique.
3.2 La dynastie des Pomar�
En 1791, le capitaine �tienne Marchand prit possession, au nom du roi de
France (Louis XVI), de plusieurs des �les Marquises qu�il appela �les de
la R�volution. C�est vers cette �poque que le chef polyn�sien Hapai
affirma sa supr�matie sur les archipels et cr�a avec l�aide de ses alli�s
anglais la dynastie des Pomar� (1762-1880) qui, seule, devait par la suite
r�gner sur Tahiti. En 1793, Tahiti et certaines �les environnantes formaient
d�j� les �tats du protectorat gouvern�s par Pomar� Ier. Celui-ci
assujettit �galement les �les Tuamotu, mais mourut en 1803 avant d�avoir
termin� son oeuvre h�g�monique.
En 1797, les premiers pasteurs de la London Missionary Society s��tablirent
� Tahiti, afin d��vang�liser les autochtones et les convertir au
protestantisme. Vers 1826, les pr�tres catholiques emp�ch�s d�y accoster
entreprirent, pour leur part, l��vang�lisation des Marquises, des Tuamotu et
des Gambier. C�est � cette �poque que les tensions entre les catholiques
fran�ais et les protestants anglais furent les plus vives, les uns tentant de
refouler les autres. Ainsi, des missionnaires catholiques s�implant�rent dans
des �les d�laiss�es par la London Missionary Society, mais ils abord�rent
Tahiti en 1836.
Sous le r�gne de Pomar� II (1780-1821), une partie de la population
polyn�sienne de Tahiti devint protestante au prix de sanglants combats qui la d�cim�rent. Pomar� II s�imposa comme monarque, cumulant
pouvoir temporel et pouvoir spirituel, il se fit le protecteur de la �nouvelle
religion� protestante. Puis il imposa son protectorat aux �les Tuamotu et aux
�les Australes en s�appuyant sur les pasteurs protestants et les Polyn�siens
convertis. Il laissa le tr�ne � son fils, Pomar� III, mais comme celui-ci mourut en
bas �ge (un an), il fut remplac� par sa soeur Aimata (1813-1877), qui r�gna
pendant cinquante ans sous le nom de Pomar� IV. Sous l�insistance du
missionnaire George Pritchard (1796-1883) qui faisait fonction de consul d�Angleterre,
la reine Pomar� IV expulsa les missionnaires catholiques fran�ais et fit du
protestantisme la religion officielle de son royaume.
3.3 Le protectorat fran�ais (1842-1880)
En guise de repr�sailles, le capitaine de vaisseau Abel-Aubert
Dupetit-Thouars (1793-1864) obtint, d�s 1838, r�paration de Pomar� IV qui dut
reconna�tre en 1843 le protectorat fran�ais � Tahiti. Le capitaine
Dupetit-Thouars proclama l�annexion de Tahiti � la France et �tendit en 1844
le protectorat fran�ais aux Marquises.
Selon les termes du trait� instituant le protectorat, la France
reconnaissait l�existence de deux �tats souverains li�s par une convention.
D�une part, la reine Pomar� IV conservait son pouvoir � l��gard de ses
sujets, alors que la France garantissait la souverainet� du monarque ainsi que l�autorit�
des chefs polyn�siens; la France reconnaissait aussi la possession des terres
par les Tahitiens ainsi que le libre exercice de leur culte; en mati�re de
justice, la souveraine continuait d�exercer sa comp�tence et sa juridiction
sur ses sujets polyn�siens. D�autre part, la France devenait comp�tente pour
tout ce qui concernait les Europ�ens, c�est-�-dire les �trangers, ainsi que
les relations ext�rieures, la s�curit� individuelle, les droits de
propri�t�s et l�ordre public.
Les missionnaires anglais furent expuls�s en 1852, tandis que la reine
Pomar� IV �tait renvers�e � la suite d�insurrections. Elle fut r�tablie
par la France, mais elle abdiqua en faveur de son fils Pomar� V. Cette
p�riode se r�v�la troubl�e, puisque l�arriv�e des Europ�ens conduisit �
un ph�nom�ne d�acculturation qui porta gravement atteinte aux fondements de
la soci�t� polyn�sienne; en outre, l�alcoolisme et les �pid�mies
ravag�rent les populations polyn�siennes.
En 1865, le pasteur anglais Jacques Stewart fit venir un millier de coolies
chinois (terme � connotation raciste form� des mots chinois ku et li signifiant �souffrance� et �force�)
de Canton afin d�exploiter une plantation de coton et de caf� � Atimaono. En 1873, la plantation fit faillite et la main-d�oeuvre chinoise ne
fut jamais rapatri�e. Celle-ci est devenue le noyau de la population asiatique
de la Polyn�sie fran�aise d�aujourd�hui. Cependant, le statut de
protectorat connut assez rapidement un caract�re formel et, peu � peu, la
France respecta de moins en moins les clauses du trait� et accrut
consid�rablement ses comp�tences institutionnelles en imposant la l�gislation
fran�aise et en restreignant progressivement le r�le des juridictions
3.4 Les �tablissements fran�ais d�Oc�anie (1880-1946)
Le roi Pomar� V abdiqua le 29 juin 1880 et dut
�c�der� ses
territoires � la France. Outre Tahiti, ceux-ci comprenaient Moorea, Maiaio,
Mehetia, les Tuamotu, Tubuai et Raivavae. Par la suite, le gouvernement
fran�ais accorda la citoyennet� fran�aise aux Tahitiens et transforma le
protectorat en colonie par la constitution des �tablissements
fran�ais d�Oc�anie. Le passage du protectorat � la colonie conduisit
logiquement � la suppression des juridictions autochtones par la convention du
29 d�cembre 1887. Par la suite, l�entreprise d�annexion des archipels
polyn�siens fut longue et ponctu�e de nombreux conflits. Apr�s l�annexion
des �les Gambier, ce fut le tour des �les Sous-le-Vent en 1888 et, en 1902,
des �les Australes. La seule annexion des �les-sous-le-Vent provoqua une
guerre qui dura neuf ans et amena la France � confier les �tablissements
fran�ais de l�Oc�anie � des gouverneurs aux pouvoirs tr�s �tendus.
La vie sociale de Tahiti connut ensuite l�ascension des �demis�
ou m�tis. Depuis le mariage du banquier anglais Alexandre Salmon avec la
princesse Ariioehau (Ariitaimai), en janvier 1842, les mariages mixtes �taient
devenus nombreux. Au cours de la seconde moiti� du XIXe si�cle, les
�demis� devinrent grands propri�taires terriens et s�accapar�rent
des postes dans l�Administration. De grandes familles de fetii (parents)
apparurent et domin�rent la vie �conomique et mondaine de Papeete. Ce furent
surtout les colons anglo-saxons qui, en s�unissant aux principales familles
locales, s�enrichirent et impos�rent leur puissance. Au d�but du XXe
si�cle, on d�nombrait dans les �tablissements fran�ais d�Oc�anie quelque 2701
Europ�ens pour une population de 11 777 habitants. La communaut� europ�enne
�tait alors divis�e en deux classes sociales: la petite bourgeoisie, qui
tentait de se faire admettre dans le milieu des hauts fonctionnaires
anglo-saxons et de l�aristocratie tahitienne, et une minorit� de colons, qui
vivait dans les quartiers �loign�s ou dans les archipels et se tahitianisait
par le biais de mariages mixtes. Avant la Premi�re Guerre mondiale, bien que la
France ait investi beaucoup dans les domaines de la sant� et de l�enseignement,
les disparit�s socio-�conomiques entre, d�une part, les Europ�ens et les
�demis� et, d�autre part, les autochtones polyn�siens �taient demeur�es tr�s grandes.
L�entre-deux-guerres amena une modification des structures sociales. La
d�population des �les entra�na une planification nouvelle de l�habitat et
une expansion de l�urbanisation. Les �les Gambier se d�sertifi�rent, � l�exception
de l��le Rikitea. L�agglom�ration de Papeete se transforma en un p�le
attractif qui accueillit des immigrants arrivant de tous les archipels
polyn�siens. La population se scolarisa plus jeune et le m�tissage continua d�alimenter
la classe des �sangs-m�l�s� ou �demis�. C�est � peu pr�s � cette �poque
que le terme de colon fut remplac� par celui de demi. Ces
�demis� vivaient en majorit� � Papeete, poss�daient des terres dans
les districts ou dans les �les et travaillaient surtout dans l�administration.
Ils sont g�n�ralement rest�s tr�s attach�s au fran�ais et � la France.
Durant toute cette p�riode des �tablissements fran�ais d�Oc�anie, trois
langues se faisaient alors concurrence: l�anglais, langue de nombreux
colons et des pasteurs protestants, le fran�ais, langue de l��tat et
des missionnaires catholiques, le tahitien, langue principale des
autochtones mais aussi langue d��vang�lisation des protestants. � cet
�gard, le r�le de l��glise �vang�lique a �t� d�terminant dans le
d�veloppement de la langue tahitienne. Depuis les ann�es vingt, l��glise
�vang�lique a adopt� le tahitien comme langue officielle de la liturgie et a
toujours fait preuve d�un grand attachement � la civilisation polyn�sienne
en s�adaptant � sa culture et � sa langue (tahitien). Bref, l��vang�lisation
par les pasteurs protestants a certainement jou� un r�le d�cisif et a frein�
la r�gression du tahitien.
� la fin de la Deuxi�me Guerre mondiale, les mentalit�s se transform�rent
avec le retour des combattants polyn�siens et le r�veil politique des
Tahitiens. Une volont� d�autonomie vis-�-vis de l�administration coloniale,
consid�r�e alors comme scl�ros�e, commen�a � voir le jour. Une �re nouvelle de
d�colonisation se profila, avec de nouveaux statuts institutionnels pour la
Polyn�sie.
3.5 Un territoire d�outre-mer (TOM)
Conform�ment � l�article 77 de la Constitution du 27 octobre 1946, les
�tablissements fran�ais d�Oc�anie acquirent le statut de territoire d�outre-mer
(TOM). De ce fait, tous les habitants du territoire devinrent des citoyens de la
R�publique fran�aise et furent repr�sent�s par un d�put�, un s�nateur
ainsi qu�un conseiller au Haut-Conseil de l�Union fran�aise. Le Territoire
fut alors dot� d�une Assembl�e territoriale. Les Polyn�siens profit�rent
des nouvelles institutions pour �lire leur d�put� � l�Assembl�e nationale
fran�aise. Les dirigeants locaux propos�rent l�oc�anisation de l�enseignement
et des cadres, la cr�ation de coop�ratives de production et d�achat pour
lutter contre les interm�diaires, ainsi que l�imp�t sur le revenu afin d�am�liorer
le niveau de vie, essentiellement en zones rurales.
En vertu de la loi-cadre de 1957, les archipels des �tablissements fran�ais
d�Oc�anie prirent le nom de Polyn�sie fran�aise. Mais la chute de la
IVe R�publique fut aussi synonyme d�une remise en cause des liens
entre la M�tropole et les territoires d�outre-mer. Apr�s le r�f�rendum du 28 septembre 1958, au cours duquel les Polyn�siens furent invit�s � se prononcer sur leur
appartenance � la R�publique fran�aise, les partisans du OUI l�emport�rent
avec 16 279 voix contre 8988. Parall�lement � ces aspects politiques
importants, la France prit des mesures qu�il convient d'exposer.
En 1964, la France d�cidait de transf�rer le centre d�essais nucl�aires
du Sahara aux atolls de Moruroa et Fangataufa et cr�ait le Centre d�exp�rimentation
du Pacifique (CEP). Pendant plus de trente ans, la pr�sence du Centre d�exp�rimentation
nucl�aire du Pacifique a repr�sent�, � elle seule, une manne financi�re
importante: plus de 15 % du PIB. Parall�lement, une sorte de "rideau de
bambou" tomba autour de la Polyn�sie fran�aise, car l�injection massive
de fonds publics et l�introduction de m�dias (ORTF et quotidiens) � l�optique
purement parisienne eurent pour effet d�isoler Tahiti de son environnement
oc�anien. En effet, on assista � l�interdiction d�enseignes en langue
anglaise pour les commerces de Papeete, aux liaisons a�riennes marginales avec
les �les voisines, � des campagnes anti-anglo-saxonnes r�guli�res et
r�p�titives dans les m�dias et au refus des investissements �trangers.
N�anmoins, en 1968, le CEP faisait travailler 25 000 personnes sur place dont
10 000 Polyn�siens. Le "colonialisme nucl�aire" dura dix ans et le
CEP a aujourd�hui cess� ses op�rations.
3.6 Vers l�autonomie
En 1977, la Polyn�sie fran�aise acquit un nouveau statut accroissant les
pouvoirs de l�Assembl�e territoriale qui b�n�ficia d�une autonomie de
gestion. D�s lors, le haut-commissaire rempla�a le gouverneur comme
repr�sentant de l��tat, mais les Polyn�siens autonomistes voulurent se
lib�rer de la pr�sence du haut-commissaire � la t�te de l�ex�cutif local
et de la tutelle a priori qu�il exer�ait sur le territoire. En 1980, la d�lib�ration no 2036 de l�Assembl�e territoriale de la Polyn�sie fran�aise a d�clar� dans son article 1er le tahitien langue officielle, au m�me titre que le fran�ais: �La langue tahitienne est, conjointement avec la langue fran�aise, langue officielle du
territoire de la Polyn�sie fran�aise.� Puis le tribunal administratif de Papeete a annul� l�adoption par l�Assembl�e territoriale d�un code de proc�dure civile pr�voyant, dans certains cas, l�utilisation exclusive des langues polyn�siennes devant les juridictions.
Ce fut ensuite la grande r�forme du 6 septembre 1984, instituant l�autonomie
interne de la Polyn�sie fran�aise, un peu � l�image des cantons
suisses. Cette loi institutionnelle permettait au Territoire de s�administrer
librement. La tutelle administrative du repr�sentant de l��tat
disparaissait. D�sormais, les d�lib�rations et actes des autorit�s du
territoire furent directement ex�cutoires apr�s leur transmission au
haut-commissaire. Celui-ci n��tait plus l�Ex�cutif responsable de la Polyn�sie
fran�aise. Un pr�sident du gouvernement du territoire �tait d�sormais �lu.
Il en d�coula une extension de la langue tahitienne, appel�e aussi le
maohi, la reconnaissance de l�identit� polyn�sienne avec l�adoption du tahitien comme langue co-officielle de la part du gouvernement local, une responsabilit� directe des autorit�s �lues sur le territoire et un �largissement des comp�tences propres au territoire. Rappelons que l�Acad�mie tahitienne fut cr��e en 1974 et fut charg�e de pr�server le patrimoine linguistique en codifiant une grammaire, une orthographe et une syntaxe; le
gouvernement a �galement cr�� une Acad�mie marquisienne. De plus, il a soutenu la r��dition d�ouvrages anciens en langues polyn�siennes et sauvegard� des archives sonores anciennes, et a
apport� son concours financier au festival des langues paumotu et au festival des langues mangar�viennes; il a
�galement cr�� une classe de orero (art oratoire) au sein du Conservatoire territorial; il soutient �galement le Heiva
(activit�s traditionnelles telles les spectacles de danse, le lancer du javelot, le lever de pierre, les courses de pirogues ou encore le tir � l'arc). En 1986, le gouvernement de la Polyn�sie fran�aise cr�ait un Service de la traduction et de l'interpr�tariat afin de pouvoir utiliser les langues locales (Arr�t� no 1266 CM du 20 octobre 1986 portant organisation du service de la traduction et de l�interpr�tariat). Enfin, le gouvernement a
par ailleurs cr�� un prix annuel destin� � r�compenser l�auteur d�un ouvrage en reo maohi et � l��diter.
Ainsi, la Polyn�sie fran�aise est en quelque sorte reconnue comp�tente pour g�rer ses propres affaires tout en demeurant au sein de la R�publique fran�aise.
- L'�volution des statuts Mais le statut a �volu� � deux reprises, soit en 1990 et en 1996, puis en mars 2003, vers une
autonomie accrue. Le statut a �t� d�fini dans la Loi organique no 96-312 du
12 avril 1996 portant statut d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise et de
la loi no 96-313 du 12 avril 1996 compl�tant le statut d�autonomie (sans aucune disposition linguistique). Le
haut-commissaire de la R�publique en Polyn�sie fran�aise repr�sente l��tat.
Celui-ci exerce des comp�tences de souverainet� �num�r�es par le texte de
loi traitant du statut de
la Polyn�sie fran�aise, notamment les relations ext�rieures, le contr�le de
l�immigration, la monnaie, le cr�dit, les changes, la d�fense, la justice,
les principes g�n�raux du droit du travail, l�ordre public, la s�curit�
civile, l�enseignement sup�rieur.
Par rapport aux statuts ant�rieurs, les �avanc�es�
produites par
la loi de 1996 sont cependant suffisamment importantes pour qu�on ait pu
parler � son sujet de Constitution territoriale. Maintenant, le
Territoire d�termine librement les signes distinctifs (drapeau, hymne, ordre de
Tahiti-Nui, etc.) permettant de marquer sa personnalit� dans les manifestations
publiques officielles, aux c�t�s de l�embl�me national et des signes de la
R�publique fran�aise. De plus, le Territoire poss�de toutes les comp�tences,
dans les domaines non r�serv�s � l��tat, en particulier les comp�tences
en mati�re d�environnement. Les institutions territoriales comprennent l�Assembl�e,
le gouvernement et le Conseil �conomique, social et culturel. La Polyn�sie
fran�aise est d�sormais d�nomm�e territoire d�outre-mer autonome,
ce qui, en termes politiques, transforme radicalement le statut de ce TOM. Le
statut de 1996 devait renforcer nettement l�insertion de la Polyn�sie fran�aise
dans le champ international et lui conf�rer, sur le plan interne, des
comp�tences extr�mement larges. Le Conseil constitutionnel a ent�rin� le statut de 1996 dans sa
D�cision no 96-373 DC du 9 avril 1996 sur la Polyn�sie fran�aise. Puis, en 1999, un nouvel article 74 a �t� ajout� dans la Constitution fran�aise; on trouvera le texte sur les Collectivit�s territoriales (Titre XII)
en cliquant ICI, s.v.p. La premi�re phrase de l�article 74 rappelle �galement que, si la
Polyn�sie fran�aise (ou toute autre collectivit� territoriale) devait se gouverner, elle le faisait �au sein de la R�publique�. Autrement dit, la Polyn�sie fran�aise n�exerce plus des comp�tences,
elle se gouverne. Dans son article 76 (aujourd'hui abrog�) relatif � la Communaut�, la Constitution
pr�cise que �les �tats jouissent de l'autonomie�, qu'�ils s'administrent eux-m�mes et g�rent d�mocratiquement et librement leurs propres affaires�: Article 76 [abrog�]
Dans la Communaut� institu�e par la pr�sente
Constitution, les �tats jouissent de l�autonomie; ils s�administrent
eux-m�mes et g�rent d�mocratiquement et librement leurs propres affaires.
Cet article a �t� abrog� par un nouveau projet de r�forme de la Constitution. Le nouveau texte semble plus large et concerne la d�centralisation de l��tat fran�ais lorsqu'elle s'applique aux collectivit�s territoriales de la R�publique que sont les communes, les d�partements, les r�gions, les collectivit�s � statut particulier et les collectivit�s d�outre-mer r�gies (par l�article 74 de la Constitution). Cette r�forme de la Constitution a �t� ent�rin�e le 17 mars
2003 avec la convocation du Congr�s. L'�tape suivante fut
l�adoption, le 17 f�vrier 2004, d�une loi organique modifiant le statut de la Polyn�sie fran�aise: la Loi organique no 2004-192 portant statut d'autonomie de la Polyn�sie fran�aise. Cette loi fixe les r�gles d�organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivit� de la Polyn�sie, ainsi que l��tendue de ses comp�tences. Un titre sp�cifique (le Titre Ier: �De l'autonomie�) reconna�t l�autonomie de la Polyn�sie fran�aise au sein de la R�publique: �Pays d'outre-mer au sein de la R�publique, la Polyn�sie fran�aise constitue une collectivit� d'outre-mer dont l'autonomie est r�gie par l'article 74 de la Constitution.� Parmi les principales dispositions induites pour la Polyn�sie par la r�forme de la Constitution, on peut retenir :
- Les actes de l�Assembl�e de la Polyn�sie auront une comp�tence juridique sup�rieure aux r�glements ordinaires. Leur contr�le juridictionnel rel�vera du Conseil d��tat et non plus du tribunal administratif.
- Dans les domaines de l�emploi, du droit d��tablissement et de la protection du patrimoine foncier, la collectivit� pourra prendre des mesures en faveur des polyn�siens pour autant que les n�cessit�s locales l�exigent (discrimination positive).
participation de la Polyn�sie fran�aise aux comp�tences r�galiennes de l��tat. En mati�re de libert�s, d�ordre et de s�curit� publics de proc�dure p�nale, la Polyn�sie pourra proposer � l��tat de prendre certaines mesures la concernant. Par d�l�gation de l��tat, elle pourra exercer une comp�tence normative dans ces mati�res.
- Les autorit�s polyn�siennes pourront saisir le Conseil constitutionnel
lorsqu�elles consid�rent que la loi empi�te sur les comp�tences propres du territoire. Si le juge constitutionnel �d�classe� les parties litigieuses du texte, l�Assembl�e de la Polyn�sie pourra les modifier.
- L'ambigu�t� du statut
En mai 2005, l'Assembl�e territoriale de la Polyn�sie fran�aise a adopt� un r�glement afin de reconna�tre dans ses d�bats l'usage non seulement du fran�ais, mais aussi du tahitien et des autres langues polyn�siennes:
Le pr�sident dirige les d�bats. La parole doit lui �tre demand�e. En s�ance pl�ni�re, l'orateur s'exprime assis. Son intervention est faite en langue fran�aise ou en langue tahitienne ou dans l'une des langues polyn�siennes.
� la suite de l'adoption de ce r�glement int�rieur, le haut-commissaire en Polyn�sie fran�aise et repr�sentant de l'�tat (�douard Fritch), a fait un recours contre l'article 15 sur l'organisation des d�bats. Le 29 mars 2006, le Conseil d'�tat a annul� cette disposition qui mettait sur un pied d'�galit� les langues fran�aise et tahitiennes, chacun pouvant s'exprimer dans la langue de son choix. Voici quelques extraits de la d�cision du Conseil d'�tat:
Consid�rant que l'article 15 du r�glement int�rieur attaqu� pr�voit que: �1- Le pr�sident dirige les d�bats. La parole doit lui �tre demand�e. En s�ance pl�ni�re, l'orateur s'exprime assis. Son intervention est faite en langue fran�aise ou en langue tahitienne ou dans l'une des langues polyn�siennes [�]�; que ces derni�res dispositions ont pour objet et pour effet de conf�rer aux membres de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise le droit de s'exprimer, en s�ance pl�ni�re de cette assembl�e, dans des langues autres que la langue fran�aise; que ces dispositions sont contraires � l'article 57 pr�cit� de la loi organique du 27 f�vrier 2004 qui pr�voit que le fran�ais est la langue officielle de la Polyn�sie fran�aise et que son usage s'impose notamment aux personnes morales de droit public; que le HAUT COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE est ainsi fond� � demander l'annulation de la derni�re phrase du point 1 de l'article 15 du r�glement int�rieur attaqu�;
Consid�rant d'une part, que le HAUT COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE soutient que cet article 74 est contraire aux dispositions de la loi susvis�e du 11 mars 1988 relative � la transparence financi�re de la vie politique et de la loi susvis�e du 19 janvier 1995 relative au financement de la vie politique ; que ces dispositions l�gislatives fixent les conditions dans lesquelles les partis et les groupements politiques peuvent percevoir des financements ; que toutefois ces dispositions ne sont pas applicables aux groupes d'�lus constitu�s au sein de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise lesquels ne sont ni des partis ni des groupements politiques au sens de ces dispositions l�gislatives ;
Consid�rant d'autre part, que si le HAUT COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE soutient que l'article 74 du r�glement int�rieur contest� est contraire aux dispositions de la loi susvis�e du 6 f�vrier 1992 relative � l'administration territoriale de la R�publique fixant les conditions dans lesquelles les collectivit�s locales peuvent accorder des aides aux groupes d'�lus constitu�s en leur sein, ces dispositions ne sont pas applicables en Polyn�sie fran�aise ; Consid�rant enfin que l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise a pu l�galement pr�voir dans son r�glement int�rieur, sur la base des dispositions de l'article 124 de la loi organique du 27 f�vrier 2004, que les groupes d'�lus constitu�s en son sein b�n�ficient d'une dotation financi�re mensuelle ; qu'ainsi, le HAUT COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE n'est pas fond� � demander l'annulation de l'article 74 du r�glement int�rieur attaqu� ;
D � C I D E : Article 1er : La derni�re phrase du point 1 de l'article 15 du r�glement int�rieur de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise est annul�e. Article 2 : Le surplus des conclusions du recours du HAUT COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE et la requ�te de M. X sont rejet�s. Article 3 : La pr�sente d�cision sera notifi�e au HAUT-COMMISSAIRE DE LA R�PUBLIQUE EN POLYN�SIE FRAN�AISE, � M. X... , au pr�sident de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise et au ministre de l'outre-mer. La d�cision du Conseil d'�tat, bas�e notamment sur l'article 2 de la Constitution fran�aise et l'article 57 de la loi organique du 27 f�vrier 2004, qui font du fran�ais la seule langue officielle sur le territoire de la R�publique, n'a pourtant rien chang� � Papeete, car les �lus polyn�siens consid�rent que les deux langues font partie de facto de leurs langues de travail habituelles. Cela �tant dit, il est vrai que la l�gislation fran�aise impose l'usage du fran�ais �notamment aux personnes morales de droit public�, ce qui est le cas des �lus en Polyn�sie fran�aise. Que la R�publique exige que les documents officiels soumis au vote soient r�dig�s en fran�ais, est une chose, mais interdire que les �changes et les d�bats se d�roulent dans la langue que les participants utilisent couramment, c'en est une autre. Il faudrait alors
invalider un grand nombre d'actes de l'Assembl�e territoriale de la Polyn�sie fran�aise parce que la langue utilis�e lors des d�bats a �t� la langue locale, et ce, depuis 1945.
C'est pourquoi, en juillet 2006, des repr�sentants de la Polyn�sie fran�aise ont sign� une lettre ouverte en faveur du plurilinguisme en Polyn�sie fran�aise. Ils ont protest� du fait que l'�tat fran�ais puisse interdire l'emploi du tahitien, une langue qu'ils emploient tous les jours. Bref, le statut du tahitien en Polyn�sie fran�aise a toujours �t� ambigu. Tant que les �lus l'emploient oralement, m�me dans leurs fonctions officielles, il n'y a pas trop de probl�me dans la mesure o� ce n'est pas proclam� officiellement. Toutefois, l'Assembl�e nationale fran�aise a m�me adopt�, dans la nuit du 22 novembre au 23 novembre 2007, un amendement � la loi portant sur l'organisation �lectorale de la Polyn�sie. Et cet amendement interdit l'usage du tahitien. 4 La politique linguistique
La politique linguistique de la Polyn�sie fran�aise est d�finie en partie
par la Constitution fran�aise et certaines lois particuli�res de la
R�publique fran�aise. L�article 2 de la Constitution �nonce ce qui suit:
�La langue de la R�publique est le fran�ais� (Loi constitutionnelle
n� 92-554 du 25 juin 1992). Cependant, dans la d�lib�ration no 2036 de l�Assembl�e territoriale, le gouvernement local avait d�j� promu le
tahitien comme langue officielle, conjointement avec la langue fran�aise: �La langue tahitienne est, conjointement avec la langue fran�aise, langue officielle du
territoire de la Polyn�sie fran�aise.� Cette
proclamation n�a jamais �t� ent�rin�e par le gouvernement fran�ais. D�ailleurs,
l�article 115 de la Loi organique no 96-312 du 12 avril 1996 portant statut
d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise (aujourd'hui abrog�e) ne reconnaissait pas davantage le
caract�re co-officiel du tahitien:
1) Le fran�ais est la langue officielle, la langue tahitienne et les autres
langues polyn�siennes peuvent �tre utilis�es.
De plus, dans sa D�cision no 96-373 DC du 9 avril 1996, le Conseil d'�tat a jug� que le rappel simultan� du fran�ais comme langue officielle �doit s'entendre comme imposant en Polyn�sie fran�aise l'usage du fran�ais aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit priv� dans l'exercice d'une mission de service public, ainsi qu'aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics; que toute autre interpr�tation serait contraire � l'article 2 de la Constitution�. � l'article 57 de la
Loi organique no 2004-192 du 27 f�vrier 2004 portant statut
d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise, le fran�ais demeure la langue officielle, alors que les autres langues polyn�siennes font partie de l'identit� culturelle. C'est pourquoi la langue tahitienne �est reconnue et doit �tre pr�serv�e, de m�me que les autres langues polyn�siennes, aux c�t�s de la langue de la R�publique, afin de garantir la diversit� culturelle qui fait la richesse de la Polyn�sie fran�aise.� La France a fait l� de beaux efforts, mais elle ne pouvait pas reconna�tre deux langues co-officielles!
Pourtant, la langue tahitienne et d'autres langues polyn�siennes ont un certain statut. En mati�re de langue, on trouve � l'article 57 ces dispositions sur l'identit� culturelle: Section 7: L'identit� culturelle
57 1) Le fran�ais est la langue officielle de la Polyn�sie fran�aise. Son usage s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit priv� dans l'exercice d'une mission de service public ainsi qu'aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics.
2) La langue tahitienne est un �l�ment fondamental de l'identit� culturelle : ciment de coh�sion sociale, moyen de communication quotidien, elle est reconnue et doit �tre pr�serv�e, de m�me que les autres langues polyn�siennes, aux c�t�s de la langue de la R�publique, afin de garantir la diversit� culturelle qui fait la richesse de la Polyn�sie fran�aise.
3) Le fran�ais, le tahitien, le marquisien, le paumotu et le mangarevien sont les langues de la Polyn�sie fran�aise. Les personnes physiques et morales de droit priv� en usent librement dans leurs actes et conventions ; ceux-ci n'encourent aucune nullit� au motif qu'ils ne sont pas r�dig�s dans la langue officielle.
4) La langue tahitienne est une mati�re enseign�e dans le cadre de l'horaire normal des �coles maternelles et primaires, dans les �tablissements du second degr� et dans les �tablissements d'enseignement sup�rieur.
5) Sur d�cision de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise, la langue tahitienne peut �tre remplac�e dans certaines �coles ou �tablissements par l'une des autres langues polyn�siennes.
6) L'�tude et la p�dagogie de la langue et de la culture tahitiennes sont enseign�es dans les �tablissements de formation des personnels enseignants.
Il faut noter que �le
fran�ais est la langue officielle de la Polyn�sie
fran�aise�, mais que tout citoyen peut utiliser librement l'une ou l'autre des
langues polyn�siennes�: tahitien, marquisien, paumotu (tuamotu )
et mangar�vien. La langue tahitienne, m�me si elle n'est pas reconnue comme
langue officielle, sera enseign�e dans le cadre de l�horaire normal des
�coles maternelles et primaires, dans les �tablissements du second degr� et
dans les �tablissements d�enseignement sup�rieur. On notera �galement la red�finition des langues polyn�siennes par rapport � l'article 115 de la de la Loi organique no 96-312 du 12 avril 1996 portant statut
d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise. Dans la loi de 2004, ces langues sont nomm�es, mais leur identification n'est pas exhaustive; par exemple, les langues de l'archipel des Australes ne sont pas repr�sent�es. 4.1 Les domaines de la l�gislation et de la justice
En vertu de l�article 2 de la Constitution, le fran�ais demeure donc l�unique
langue officielle de ce qui est encore un territoire fran�ais d�outre-mer.
Malgr� la pr�sence des langues autochtones en Polyn�sie fran�aise, seul le
fran�ais b�n�ficie d�une reconnaissance juridique dans les domaines de la
l�gislation et de la justice. Ainsi, les ordonnances du gouvernement territorial
et les proc�s-verbaux des cours de justice ne sont r�dig�s qu�en fran�ais. Mais l'affiche ext�rieure officielle identifiant l'Assembl�e de la Polyn�sie fran�aise est bilingue: ASSEMBL�E DE LA POLYN�SIE FRAN�AISE / APO'ORA'A RAHI NO TE FENUA. La Polyn�sie fran�aise est repr�sent�e au PARLEMENT national de Paris par
deux d�put�s et un s�nateur, et par un conseiller au Conseil �conomique et
social. L��lite dirigeante, tant europ�enne que polyn�sienne, n�utilise
en principe que le fran�ais non seulement au plan national, mais ce n'est pas une r�gle stricte. De fait, les d�bats au sein de l�Assembl�e de la Polyn�sie se font indiff�remment en fran�ais et en tahitien, comme l'attestent d�ailleurs les compte rendus effectu�s par l�institution. Par ailleurs, il n�est pas rare, m�me si ce n�est pas la r�gle, que le pr�sident du gouvernement local ou ses ministres s�expriment en tahitien lors de discours ou de d�clarations publiques.
En mati�re de JUSTICE, aucun texte r�cent d�ordre g�n�ral ne prescrit l�obligation
d�employer la langue fran�aise. C�est pourquoi
l�ordonnance de
Villers-Cotter�t de 1539 (Fran�ois Ier) est par tradition
consid�r�e comme le texte faisant de la langue fran�aise la langue
judiciaire, en France comme dans tous les DOM-TOM. C�est donc sur ce fondement
que les juges ont fait de la langue fran�aise une r�gle obligatoire dans le
d�roulement de la proc�dure tant administrative que judiciaire. �videmment,
en Polyn�sie fran�aise, la proc�dure se d�roule toujours en fran�ais, m�me
quand le juge est un autochtone. N�anmoins, le juge peut rendre son jugement en tahitien, mais avec une traduction fran�aise. Lorsque les circonstance l'exigent, il est autoris� d'entendre accus�s et t�moins en reo maohi � la condition de faire appel � des interpr�tes.
4.2 La langue de l�Administration
Dans l�administration publique, les communications se d�roulent
g�n�ralement en fran�ais puisque c�est la langue officielle, mais le
tahitien peut �tre utilis� lors des communications orales ou �crites � l�intention
des autochtones. De fait, les employ�s des services publics en contact avec les
citoyens sont g�n�ralement bilingues, mais il faut pour cela que le fonctionnaire en poste soit un
autochtone ou un �demi�. Le r�le social du tahitien demeure encore
relativement limit� aux communications entre autochtones, aux c�r�monies
religieuses, � l�information officielle et aux avis donn�s au public par l�Administration,
notamment par la voie d�affichage sur la place publique. Au cours des
ann�es r�centes cependant, la langue tahitienne a commenc� � s�imposer
Il faut pr�ciser que le personnel administratif ne compte que fort peu de Fran�ais (ou M�tropolitains), � part quelques chefs de service. C'est que, depuis vingt ou trente ans, les Polyn�siens ont appliqu� une politique s�gr�gationniste. Des concours ont lieu pour combler les postes et des �preuves facultatives de tahitien sont destin�es � favoriser les locaux. 4.3 L��ducation
En application de l�article 6 de la loi d�autonomie no 96-312 du 12 avril
1996, l�enseignement primaire et secondaire rel�ve de la comp�tence du
Territoire; les classes post-baccalaur�at et l�enseignement sup�rieur, de
celle de l��tat fran�ais. La Polyn�sie fran�aise compte 252
�tablissements du premier degr� (�coles maternelles et primaires et
enseignement sp�cialis�), et 62 �tablissements secondaires (second degr�).
Pour l�ann�e scolaire 1998-1999, l�enseignement du premier degr� comptait
46 800 �l�ves, celui du second degr� touchait 31 200 �l�ves.
- La l�gislation
En principe, selon l�article 11 de la loi no 94-665 du 4 ao�t 1994
relative � l�emploi de la langue fran�aise, la langue d�enseignement de la
Polyn�sie fran�aise doit �tre le fran�ais:
La langue de l�enseignement, des examens et concours, ainsi que des
th�ses et des m�moires dans les �tablissements publics et priv�s d�enseignement
est le fran�ais, sauf exceptions justifi�es par les n�cessit�s de l�enseignement
des langues et cultures r�gionales ou �trang�res ou lorsque les
enseignants sont des professeurs associ�s ou invit�s �trangers.
Cependant, les langues r�gionales peuvent �tre enseign�es sous r�serve de
la clause �sauf exceptions justifi�es par les n�cessit�s de l�enseignement
des langues et cultures r�gionales�. D�ailleurs, l�article 21 de la
m�me loi �nonce �galement ce qui suit: �Les dispositions de la pr�sente loi s�appliquent sans pr�judice de la l�gislation et de la r�glementation relative aux langues r�gionales et ne s�opposent pas � leur usage.�
Selon l�article 90 de la loi 6 septembre 1984 instituant l�autonomie
interne de la Polyn�sie fran�aise, l�enseignement du tahitien est
obligatoire comme mati�re d'enseignement dans toutes les �coles maternelles et primaires du premier cycle,
facultatif et � option au secondaire:
La langue tahitienne est une mati�re enseign�e dans le cadre de l�horaire
normal des �coles maternelle et primaire. Cet enseignement est organis�
comme mati�re facultative et � option dans le second degr�.
L�article 115 de la Loi organique no 96-312 du 12 avril 1996 portant
statut d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise (aujourd'hui abrog�e) reprenait les m�mes
dispositions que la loi de
1984: Article 115 (abrog�)
2) La langue tahitienne est une mati�re enseign�e dans le cadre de l'horaire normal des �coles maternelles et primaires et dans les �tablissements du second degr�.
3) Sur d�cision de l'assembl�e de la Polyn�sie fran�aise, la langue tahitienne peut �tre remplac�e dans certaines �coles maternelles et primaires et dans les �tablissements du second degr� par l'une des autres langues polyn�siennes.
4) L'�tude et la p�dagogie de la langue et de la culture tahitiennes sont � cet effet enseign�es � l'�cole normale mixte de la Polyn�sie fran�aise. Actuellement, cet article 115 est remplac� par l'article 57 de la Loi organique no 2004-192 du 27 f�vrier 2004 portant statut
d�autonomie de la Polyn�sie fran�aise :
57 4) La langue tahitienne est une mati�re enseign�e dans le cadre de l'horaire normal des �coles maternelles et primaires, dans les �tablissements du second degr� et dans les �tablissements d'enseignement sup�rieur.
Il faut ajouter �galement une loi adopt�e par
l�Assembl�e nationale fran�aise: la Loi
d'orientation pour l'outre-mer (ou loi 2000-1207 du 13 d�cembre
2000) entr�e en vigueur le 14 d�cembre 2000. Ce sont les articles 33 et 34 de
cette loi qui concernent tous les DOM-TOM. � l�article 33, on apprend que �l��tat
et les collectivit�s locales encouragent le respect, la protection et le
maintien des connaissances, innovations et pratiques des communaut�s
autochtones et locales fond�es sur leurs modes de vie traditionnels et qui
contribuent � la conservation du milieu naturel et l'usage durable de la
diversit� biologique� et qu�� l�article 34 que �les langues r�gionales
en usage dans les d�partements d'outre-mer font partie du patrimoine
linguistique de la Nation� et qu�elles �b�n�ficient du renforcement des
politiques en faveur des langues r�gionales afin d'en faciliter l'usage�. D�apr�s
la Loi d�orientation d�outre-mer, la loi n� 51-46 du 11 janvier 1951
relative � l'enseignement des langues et dialectes locaux leur est
applicable. - L'enseignement
Le tahitien a �t� introduit dans les �coles primaires en
1982; le nouveau statut de 1996 a �tendu son enseignement aux �coles
secondaires. On constate que, au primaire et au secondaire, l�enseignement du tahitien,
en plus d'�tre limit� � un enseignement hebdomadaire de deux heures et demie,
reste une mati�re facultative, et ne constitue pas une langue d�enseignement.
Il en est ainsi du marquisien, mais la langue des Tuamotu fait partie des
�activit�s d'�veil� dans certaines classes du primaire. Dans
les �coles primaires des �les Gambier, un cours de reo maohi est dispens�
durant deux heures et demie par semaine, soit en tahitien soit en mangar�vien,
selon les comp�tences et la disponibilit� de l'enseignant. Comme en France, le fran�ais reste la seule langue de l�instruction. Pour le
moment, l�enseignement de la langue locale demeure marginal et il ne doit pas
nuire � l�enseignement du fran�ais. Les textes d�montrent que les �coles
ont le droit de dispenser cinq heures d�enseignement (maximum) par semaine
pendant lesquelles les langues vernaculaires, notamment le tahitien, peuvent
�tre employ�es: une heure d�expression orale, deux heures d��ducation
physique, une heure d��ducation artistique et une heure de g�ographie, d�histoire
ou de sciences. Il resterait �ventuellement � mettre en application les clauses adopt�es par la France
europ�enne des langues r�gionales ou minoritaires de 1992; rappelons que, si cette Charte a �t� sign�e, elle n'a pas �t� ratifi�e et ne peut donc �tre mise en application. Le Rapport Cerquiglini d�avril 1999 pr�cise quelles sont les langues territoriales
pouvant �tre admises dans l�enseignement: le tahitien, le marquisien, la
langue des Tuamotu, la langue mangar�vienne, la langue de Ruturu (�les
Australes), la langue de Ra�ivavae (�les Australes), la langue de Rapa (�les
Australes), le wallisien et le futunien. Compte tenu des pratiques en cours, les
risques sont grands pour que seul le tahitien r�ussisse � concurrencer quelque
peu le fran�ais.
En 2003, apr�s le bilan de l'application de la Charte de l'�ducation, la d�lib�ration de l'Assembl�e de la Polyn�sie fran�aise no 2003-89 APF du 24 juin 2003 approuvant les perspectives d'actions dans le domaine de l'�ducation fixe de nouveaux objectifs, qui r�orientent le cadre de la politique linguistique :
Aujourd'hui et compte tenu des �l�ments dont il dispose, le gouvernement pense que la position � adopter devrait �tre la suivante : une approche de l'enseignement du fran�ais en terme de langue seconde et un enseignement renforc� du/et en tahitien. (D�lib�ration JOPF du10 Juillet 2003 p.1723)
Notons particuli�rement la cr�ation d'un groupe �ma�trise des langues� au niveau de l'enseignement secondaire : 1.2.2. S'agissant de l'enseignement secondaire, un groupe langues vient d'�tre cr�� afin d'introduire sur l'ensemble de la Polyn�sie un enseignement du fran�ais en tant que langue seconde : il s'agit de continuer au coll�ge et au lyc�e � apprendre � communiquer en fran�ais et pas simplement d'apprendre � d�crire la langue fran�aise, suppos�e connue, en termes grammaticaux. Pour cela, il faudra corriger de mani�re appropri�e les effets de l'interaction entre les langues en pr�sence. Cela implique l'organisation et l'animation de groupes compos�s de professeurs ne parlant pas forc�ment le reo ma'ohi et de professeurs de tahitien-fran�ais pour qu'un juste diagnostic initial conduise � des pratiques p�dagogiques appropri�es de rem�diation. Les r�sultats des travaux du groupe langues qui ont �t� valid�s sont mis � la disposition de tous sur le site www.des.pf depuis la fin mai 2003. L'espoir est que des �quipes de plus en plus �toff�es et r�parties dans tous les �tablissements proposeront des solutions p�dagogiques efficaces, r�pondant tr�s concr�tement aux besoins des �l�ves, par effet d'entra�nement sur des bases clarifi�es pour tous.
En 2004, l'alternance gouvernementale entra�ne le rattachement de la question des langues au minist�re de l'�ducation . Une " exp�rimentation pour l'enseignement des langues polyn�siennes � l'�cole primaire publique de la Polyn�sie fran�aise " est mise en place et doit se d�rouler sur la p�riode 2005-2008. Le document de pr�sentation du dispositif exp�rimental, pr�sent� sur le site du minist�re, rappelle les objectifs g�n�raux et fixe les modalit�s de mise en �uvre (extraits) :
Pourquoi enseigner les langues polyn�siennes � l'�cole ?
Pour contribuer au d�veloppement personnel de l'enfant et � sa r�ussite scolaire
- Contribution de la langue maternelle pour la formation intellectuelle.
- D�veloppement d'une comp�tence bilingue et biculturelle [�] bilinguisme additif.
- Double valorisation de la langue maternelle ou d'origine et de la langue fran�aise : Lorsque deux langues sont en contact, dont l'une est plus prestigieuse que l'autre (on parle alors de �diglossie�), l'apprenant bilingue qui a pour premi�re langue celle qui est la moins prestigieuse est confront� � une double contradiction[�] la valorisation conjointe des deux langues doit permettre � l'�l�ve de sortir de cette double contradiction. - Facilitation de la diff�renciation entre les deux langues [�] un enseignant diff�rent pour chaque langue. [�] Cette prise de conscience pr�coce permet de r�duire le m�lange de code. L'enfant apprend � choisir le code qui convient selon la situation de communication.
Pour valoriser le patrimoine linguistique polyn�sien et participer � sa transmission
Pour s'ouvrir � l'Autre
[�] Dans une soci�t� multilingue et multiculturelle, la construction d'une citoyennet� commune passe par le d�veloppement de la tol�rance linguistique.
La mise en �uvre du projet �implique une r�forme du syst�me �ducatif�, qui passe entre autres par l'�laboration d'un support scientifique, la formation, des actions de sensibilisation des agents (ma�tres, cadres, formateurs, etc.) et des populations. De fa�on pr�liminaire, l'exp�rimentation a pour objectifs de :
- Consolider l'enseignement des langues polyn�siennes � l'�cole primaire ;
- Exp�rimenter un programme de formation d'enseignants qualifi�s de/en langue polyn�sienne ;
- Cr�er des supports p�dagogiques pour l'enseignement des/en langues polyn�siennes ;
- �valuer l'impact de cet enseignement sur les �l�ves du dispositif exp�rimental ;
- �valuer le programme de formation ;
- Sensibiliser et informer les partenaires de l'�cole sur le d�veloppement bilingue.
L'enseignant de/en langue polyn�sienne intervient 5 heures hebdomadaires (1 h/ jour) par niveau scolaire, en petite, moyenne et grande sections de maternelle ; son r�le est celui d'un �partenaire de l'�quipe p�dagogique : � la fois personne-ressource sur la langue et la culture et �ventuel m�diateur vis-�-vis des familles�. L'enseignement exp�rimental des langues polyn�siennes, assur� par 17 enseignants recrut�s et form�s � cette occasion, a d�marr� en janvier 2006 sur 17 sites. Le dispositif pr�voit l'int�gration des langues suivantes : tahitien, marquisien, paumotu (tapuhoe), langues des Australes (langues de Raivavae et de Tupuai).
Il faut noter aussi la mise en place d'un autre volet exp�rimental, trilingue celui-l�, avec l'introduction de classes d'apprentissage pr�coce de l'anglais par les TICE. Les fili�res dites �Pacifique� explicitent la relation particuli�re que la Polyn�sie fran�aise entretient avec la langue anglaise, du fait - outre une part de son histoire - de sa situation au c�ur du Pacifique insulaire. Si les premiers r�sultats d'�valuation n'ont pas fait l'objet d'un communiqu� officiel, il ressort de l'opinion publique une appr�ciation positive globale de ce projet. Un nouveau changement de gouvernement intervenu en d�cembre 2006 pourrait le mettre en question, toutefois, d'apr�s un article paru dans La D�p�che de Tahiti le 22 f�vrier 2007, le nouveau ministre envisagerait de mener l'exp�rimentation � son terme. � l�Universit� de la Polyn�sie fran�aise, les
cours ne se donnent qu�en fran�ais. L��tablissement propose des programmes
de formation scolaire dans les domaines suivants: droit, lettres,
langues-sciences humaines et sciences. L'Universit� pr�pare � la licence et au CAPES de reo maohi. Il existe des cours, notamment �de civilisation�, qui se donnent en anglais et en reo ma�ohi.
- Les r�sultats
Par ailleurs, on ne saurait passer sous silence la question des
scolaires et les probl�mes d�int�gration socio-culturelle. La Polyn�sie
fran�aise, comme tous les DOM-TOM, vit une situation de d�pendance quasi
exclusive de la France, non seulement pour ce qui concerne son syst�me
�ducatif, mais aussi pour son approvisionnement en manuels et autres documents
p�dagogiques. Tous les enfants d�origine non europ�enne � la tr�s grande
majorit� � �voluent dans un milieu naturel et humain tout � fait diff�rent
de celui qui est repr�sent� dans les manuels de classe europ�ens, et la
plupart d�entre eux peuvent se consid�rer comme des �trangers dans leur
propre pays. Cette situation a favoris� un fort taux d�analphab�tisme et d�illettrisme,
une situation qui peut �tre consid�r�e comme une honte pour un territoire fran�ais.
On peut parler d'un relatif demi-�chec (ou demi-succ�s) en mati�re d'enseignement des langues polyn�siennes. Ce constat n'est pas si surprenant. D'une part, il est le r�sultat d'une pratique coloniale qui a consist� � interdire l'enseignement des langues autochtones durant un si�cle et demi. D'autre part, beaucoup de dirigeants polyn�siens ne sont pas convaincus eux-m�mes de l'importance de l'enseignement des langues autochtones � l'�cole, ne serait-ce que pour l'alphab�tisation ou la d�finition de l'identit� culturelle des enfants. De plus, tout le syst�me est ainsi fait qu'il laisse croire que l'enseignement du "tout en fran�ais" constitue l'unique garantie de la r�ussite scolaire et de l'acc�s aux emplois. C'est ainsi que les difficult�s p�dagogiques qu'entra�ne l'enseignement quasi exclusif de la langue fran�aise et l'importation du moule p�dagogique m�tropolitain, dues au fait que nombre d'enfants ne sont en r�alit� que partiellement francophones, n'ont �t� prises en compte que tr�s r�cemment. 4.4 Les m�dias
La presse �crite en Polyn�sie fran�aise compte deux quotidiens, Les
Nouvelles de Tahiti et La D�p�che de Tahiti, ainsi que des
hebdomadaires (Tahiti Beach Press et Week) et quelques mensuels
locaux (dont le Tahiti Pacifique Magazine), compl�t�s par la diffusion
des journaux �dit�s en M�tropole. Tous les journaux sont publi�s en
fran�ais, sauf la Tahiti Beach Press destin�e aux touristes anglophones
de passage sur le territoire. Toutefois, des sections de certains journaux sont
r�dig�es en langue tahitienne. En r�alit�, le gouvernement local reste le seul
� publier un mensuel int�gralement en reo maohi (Te Reo Fenua) et � avoir des publications bilingues.
Il y a une vingtaine d'ann�es et plus, Les Nouvelles et Le Journal de Tahiti offraient quelques pages en tahitien, mais elles furent abandonn�es, faute de lecteurs. Les deux publications actuelles en langue tahitienne, le Vea Porotetani (�glise �vang�lique, moiti� fran�ais moiti� tahitien) et la toute r�cente version tahitienne du Te Fenua (cr��e gr�ce � John Mairai), n'existent qu'avec les soutiens financiers de l'�glise ou du gouvernement.
Le service public de radiodiffusion est assur� par RFO (Soci�t� nationale
de radiodiffusion et de t�l�vision pour l�outre-mer) qui �met sur deux
canaux. Le premier diffuse une s�lection de programmes repris des cha�nes
nationales, ainsi que des �missions dites �de proximit�. Le second
diffuse, avec le diff�r� in�vitable, des programmes de France 2. Deux
cha�nes priv�es �mettent sur le territoire depuis 1995: une cha�ne crypt�e �Canal Outre-mer� (Canal +), aujourd�hui int�gr�e � TNS, et une cha�ne c�bl�e �T�l�f�nua� (maintenant disparue). Le tahitien est utilis� environ 18 heures par mois pour les informations et les divertissements de proximit� auxquelles il faut ajouter une �mission bilingue quotidienne de 52 minutes (soit 26 heures par mois), ainsi que de nombreuses �missions totalement ou partiellement en tahitien, telles que des retransmissions sportives ou musicales. Depuis juin 2000, la Polyn�sie fran�aise poss�de sa propre cha�ne de t�l�vision, purement polyn�sienne, cr��e dans le cadre de l'article 6 du statut d'autonomie, TNTV (Tahiti Nui T�l�vision). Il s'agit d'une cha�ne g�n�raliste locale bilingue, re�ue dans l'ensemble du territoire, qui pr�sente des journaux et des magazines en tahitien. Par ailleurs, trois journalistes de la cha�ne sont actuellement en formation au sein de l'Universit� Laval (Qu�bec), au D�partement d'information et de communication. Dans le domaine de la radio, le tahitien et d�autres langues polyn�siennes sont r�guli�rement employ�s et totalisent environ une soixantaine d�heures par semaine. � l'heure actuelle, quelque 18 radios priv�es �mettent en Polyn�sie fran�aise; la plupart op�rent en fran�ais et en tahitien. Les productions locales sont caract�ris�es par le bilinguisme, un �l�ment identitaire fondamental, et elles se sont appliqu�es � s�ouvrir aux langues marquisienne et paumotu, notamment par la mise en place d�une �mission quotidienne dans chacune de ces langues. Toute la journ�e la radio se fait en bilingue fran�ais/tahitien. Un magazine d�information hebdomadaire de trente minutes est r�alis� tant en fran�ais qu�en tahitien.
Rappelons que, en tant que territoire fran�ais, la Polyn�sie fran�aise
fait partie de la France. Or, �tant donn� que le fran�ais est la langue
officielle (art. 2 de la Constitution de la R�publique), toutes les
communications formelles doivent se faire exclusivement dans cette langue. Il
est d�autant plus ais� d�utiliser le fran�ais sur le territoire que c�est
la principale langue �crite et orale permettant de communiquer avec toutes les
ethnies.
Par ailleurs, de tout temps, les langues autochtones de la Polyn�sie
fran�aise ont souffert de l�indiff�rence des responsables fran�ais qui ont
toujours pratiqu�, au mieux, une politique linguistique de non-intervention, au
pire, une v�ritable politique d�assimilation; seule l��glise �vang�lique
a pris des dispositions pour freiner la r�gression du tahitien. Jusqu�� pr�sent,
l�Administration locale n�avait d�autre choix que d�adopter
int�gralement la politique nationale fran�aise. Mais au moment o� la France
vient de signer � mais sans encore ratifier � la Charte
europ�enne des langues r�gionales ou minoritaires,
la politique linguistique pratiqu�e en Polyn�sie fran�aise doit �tre
r�vis�e, notamment sur le plan de l��ducation et des m�dias, mais aussi en
mati�re d�administration et de justice. Jusqu�ici, les revendications
autochtones ne se sont pas souvent transpos�es sur le plan de la langue, mais
il pourrait bien en �tre autrement un jour et ce serait dans l�ordre des
choses. La France a accept� 35 engagements �nonc�s dans la partie III de la
Charte, justement dans les secteurs de l�administration, de la justice, de l��ducation
et des m�dias. Mais c�est � l�Administration locale de prendre maintenant
ses responsabilit�s.
Dans le cas de la Polyn�sie fran�aise, le gouvernement local a d�j� commenc� � mettre
en oeuvre les moyens dont il dispose pour promouvoir la culture polyn�sienne
autrement que par des pratiques folkloriques et des colliers de coquillages. Il
fallait que l�utilisation des langues polyn�siennes, notamment du tahitien, se
manifeste dans les activit�s autres que strictement culturelles, en particulier
dans l��ducation, les m�dias et certaines activit�s �conomiques. C�est avant
tout une question de reconnaissance d�une identit� pour les Polyn�siens,
sinon le situation actuelle pourrait hypoth�quer leur d�veloppement socioculturel et �conomique.
Quant � l'avenir du tahitien, beaucoup de gens veulent encore le prot�ger, mais la tendance qui s'accentue avec les ann�es laisse plut�t croire � son �ventuelle disparition. Pour beaucoup de Polyn�siens, la question n'est plus de savoir si le tahitien se maintiendra, mais de savoir quelle sorte de fran�ais sera parl� en Polyn�sie fran�aise, le fran�ais standard ou le fran�ais polyn�sien? Pr�sentement, il s'agirait vraisemblablement d'un rapprochement progressif entre les deux vari�t�s, comme essaient de la faire les journalistes, les ministres, les instituteurs (quand ils sont inspect�s) et l'Administration en g�n�ral par le moyen des m�dias. Puis, lorsque le tahitien sera presque liquid� et qu'il ne repr�sentera plus un menace pour l'�tat fran�ais, il sera alors temps pour l'�tat de manifester sa grande g�n�rosit� par des mesures juridiques pour prot�ger la culture polyn�sienne. Derni�re
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