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Timestamp: 2018-12-14 11:56:06+00:00
Document Index: 92236362

Matched Legal Cases: ['§ 2', '§ 2', '§ 2', '§ 3', '§ 3', '§ 1', '§ 2', '§ 2', '§ 3', '§ 3', '§ 2']

Servir à l’autel et distribuer la communion, que dit le droit de l'Eglise ? | Comité de la Jupe
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Servir à l’autel et distribuer la communion, que dit le droit de l'Eglise ?
Le droit permet aux femmes laïques de distribuer la communion exactement sous les mêmes conditions que pour les hommes laïcs : comme un « ministère extraordinaire ». Quant au service de l’autel, l’évêque diocésain peut le permettre aux femmes, en suivant certaines normes, pour répondre à un besoin pastoral local. Pour bien comprendre il faut décrire le ministère laïc de l’Acolyte qui exerce les deux fonctions du service de l’autel et de la distribution de la communion.
Les « ministères institués » de Lecteur et d’Acolyte[1] sont proposés à des laïcs depuis 1972. Ils remplacent les anciens « ordres mineurs » de Lecteur et d’Acolyte et l’« ordre majeur » de Sous-diacre qui incorporaient au clergé et préparaient au ministère presbytéral. Plusieurs des fonctions jointes en principe à ces ordres étaient par ailleurs déjà exercées aussi par des laïcs[2].
Les ministères institués de Lecteur et d’Acolyte sont proposés à des laïcs pour favoriser leur participation aux célébrations liturgiques d’une manière qui valorise le sacerdoce du Peuple de Dieu tout en distinguant bien les ministères des laïcs de ceux des ministres ordonnés[3].
Ces ministères institués sont réservés aux hommes[4]. Ils donnent lieu à une institution liturgique, d’où leur nom. Ils sont permanents.
L´acolyte est institué pour servir à l´autel et pour aider le prêtre et le diacre. C´est à lui principalement qu´il revient de préparer l´autel et les vases sacrés et, en cas de nécessité pour suppléer aux ministres ordonnés, de distribuer aux fidèles l´Eucharistie dont il est ministre extraordinaire[5].
A défaut d’« acolyte institué », comme c’est le cas habituel en France, la charge de cette fonction peut être députée[6] de manière temporaire à une ou plusieurs personnes laïques pour le service à l’autel[7] et pour le ministère extraordinaire de la distribution de la communion (dans les cas de nécessité, en suppléance du ministère ordinaire exercé par l’évêque, le prêtre et le diacre).[8]
Je ne détaille pas les conditions générales pour une telle députation temporaire. Précisons seulement dans ce cadre les normes spécifiques à l’admission des femmes et des filles au ministère d’acolyte :
Pour le service de l’autel
Les normes mentionnées sont la Responsio ad propositum dubium (1992) qui précise le canon 230 § 2 du Code de droit canonique (1983) ; la Lettre sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs (1994) ; et la Lettre à un évêque [concernant le service des femmes à l’autel] (2001) ; auxquelles il faut ajouter le début du n° 47 de l’instruction Redemptionis Sacramentum. Je présente ensemble ces normes ici :
- Il revient à chaque évêque diocésain, après avoir entendu l'avis de la Conférence épiscopale, d'émettre un jugement prudentiel sur ce qu'il convient de faire pour un développement harmonieux de la vie liturgique dans son propre diocèse et la réponse à des besoins pastoraux locaux.
- L’autorisation d’un évêque ne peut obliger un autre évêque.
- L’autorisation doit être clairement expliquée aux fidèles du diocèse, à la lumière du canon 230 § 2 (députation temporaire qui n’est pas un droit mais une admission par les pasteurs).
- Il fera observer que la norme du canon 230 § 2 trouve déjà une large application dans le fait que les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie et peuvent aussi être appelées à distribuer la sainte Communion, comme ministres extraordinaires de l'Eucharistie ainsi qu'à exercer d'autres fonctions, comme il est prévu par le canon 230 § 3.
- Il faut garder à l’esprit que le service à l’autel de jeunes garçons a permis un développement encourageant des vocations presbytérales et qu’il faut donc continuer à en favoriser l'existence, ce qui interdit à l’évêque d’imposer aux prêtres l’admission de filles au service de l’autel et interdit d’exclure les garçons du service de l’autel.
Pour la distribution de la communion
Pas d’interdiction ni d’autorisation particulières requises. Les femmes et les hommes laïcs peuvent y être admis aux mêmes conditions ; si besoin était, cela est précisé ici :
« Les femmes […] peuvent aussi être appelées à distribuer la sainte Communion, comme ministres extraordinaires de l'Eucharistie ainsi qu'à exercer d'autres fonctions, comme il est prévu par le même canon 230 au § 3. »[9]
Pour la distribution de la communion je note que rien, dans le droit de l’Eglise, n’autorise l’exclusion des femmes comme cela se pratique pourtant en plusieurs paroisses françaises. Elles peuvent y être admises au même titre que les hommes, en tant que baptisées.
Le fait que ce soit un ministère extraordinaire en suppléance du ministère ordinaire du pasteur ordonné n’est pas un argument juridique valable pour les en exclure.
Concernant la question de l’éveil des vocations parmi les garçons servants d’autel, je note qu’il ne constitue pas une impossibilité juridique et qu’il n’est pas un argument théologique pour l’exclusion des filles mais seulement un argument pastoral à prendre en compte dans la décision de permettre aux filles le service de l’autel : « On ne doit pas oublier[10] » ; « On sait que[11] ».
Prenons donc en compte cet argument pastoral en remarquant que Jean-Paul II parle d’autres vocations éveillées au service de l’autel :
« J'ai parlé de l'amitié avec Jésus. Comme je serais content si de cette amitié naissait quelque chose de plus! Comme il serait beau que certains d'entre vous puissent découvrir la vocation sacerdotale! Jésus-Christ a un besoin urgent de jeunes qui se mettent à sa disposition avec générosité et sans réserve. En outre, le Seigneur ne pourrait-il pas appeler l'une ou l'autre d'entre vous, jeunes filles, à embrasser la vie consacrée pour servir l'Eglise et vos frères ? Et pour ceux qui voudront se marier aussi, le service de l'autel enseigne qu'une union authentique doit toujours inclure la disponibilité au service réciproque et gratuit[12]. »
Ensuite, cet argument de l’éveil aux vocations presbytérales pourra aussi être pesé avec les grandes orientations de la pastorale des vocations en France. Pensons par exemple à l’abandon général des « petits séminaires » et au choix de candidats mûrs, éprouvés, qui auront développé notamment des relations saines et équilibrées avec les femmes (qui forment 70 % des fidèles des paroisses et l’essentiel des cadres).
A ce sujet on peut s’interroger sur les conséquences, pour des garçons enfants de chœur qui deviendraient prêtres, d’une pratique d’exclusion des femmes apprise dès le plus jeune âge dans un ministère théoriquement ouvert aux baptisées autant qu’aux baptisés. C’est en effet l’argument pastoral le plus courant : « quand les filles viennent les garçons partent ». Quand cela arrive ce ne sont pourtant pas les filles qui les excluent. Il faut peut-être se demander pourquoi ces garçons valorisent un service dans la mesure où il exclut les filles. Peut-être que ces garçons là ne sont pas les futurs prêtres dont nous avons besoin ou peut-être leur a-t-on laissé croire que le service de l’autel était au fond moins un service qu’un privilège, qui perd de sa valeur quand tout le monde peut y accéder.
On pourra aussi considérer la remise à l’honneur par l’ecclésiologie contemporaine d’une conception plus traditionnelle de la vocation au ministère presbytéral : basée non pas d’abord sur le désir d’un candidat et sur les « germes de vocations » mais sur l’appel de l’Eglise locale exprimé par l’évêque[13].
Enfin, il faut rappeler que le service de l’autel, qui est une fonction de l’acolyte institué et qui peut être députée temporairement à d’autres ministres laïcs, n’est pas une suppléance du prêtre, n’est pas un degré dans le clergé et n’est pas en soi une préparation au ministère presbytéral[14]. Ce ministère a au contraire été créé en 1972 pour favoriser la participation plus active et plus consciente du Peuple de Dieu dans la liturgie et pour distinguer plus clairement les ministères ordonnés et les ministères des laïcs[15].
En n’y admettant que des hommes à l’image du ministère presbytéral, on court le risque pastoral de recléricaliser ce ministère des laïcs, de produire des « grands clercs », comme on dit encore parfois. On risque aussi de laisser croire à ces garçons que ce n’est pas leur baptême qui les fait accéder à ce ministère mais leur sexe ; ou de leur laisser croire qu’au fond seuls les garçons sont pleinement baptisés, ce que le choix des vêtements révèle assez bien dans les paroisses où les garçons sont seuls servants d’autel et portent l’aube blanche des baptisés[16] tandis que les filles envoyées à d’autres tâches portent une cape blanche, quand ce n’est pas un fichu de couleur, qui rappelle d’abord leur sexe.
Enfin, le fait qu’on accueille aujourd’hui un peu mieux les femmes au ministère de Lectrice est une piètre compensation : dans le cas d’une députation temporaire elles sont de toute façon autorisées à y être admises exactement comme les hommes[17], et elles ne réclament pas, à ma connaissance, qu’on leur réserve l’exclusivité de ce ministère.
Documents romains cités
- 1972 PAUL VI, « Lettre apostolique Ministeria Quaedam en forme de « motu proprio » réformant la discipline de la tonsure, des ordres mineurs et du sous-diaconat dans l'Église latine », 15 août 1972, La Documentation Catholique n° 69, 1972, pp. 852-856
- 1983 Code latin de droit canonique (CIC) [Pour l’acolyte, voir canons : 230-231 ; 910-911 ; 943.]
- 1992 Conseil Pontifical pour l'Interprétation des Textes Législatifs, Responsio ad propositum dubium, 11 juillet 1992, AAS 86, 1994, pp. 541-542.
- 1994 Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, « Lettre aux Présidents des Conférences des Évêques sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs », 15 mars 1994, Notitiae 30, 1994, pp. 333-335, 347-348.
- 2000 Présentation générale du Missel Romain, editio typica tertia.
- 2001 Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, « Lettre à un Évêque concernant le service des femmes à l’autel », 27 juillet 2001, Notitiae 38, 2002, pp. 46-54.
- 2001 Jean-Paul II, « Le service particulier des “servants d’autel” », audience générale du 1er août 2001, La Documentation catholique, n° 2254
- 2004 Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, « Instruction Redemptionis Sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie », 2004. [Voir notamment les n° 44 et 47]
[1] Du grec akolouthos : suivant, serviteur (cf. www.cef.fr)
[2] Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972)
[3] Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972)
[4] Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972) n° 7 : en raison de « la vénérable tradition de l’Eglise » ; Code de droit canonique (1983), canon 230 § 1.
[5] Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972) n° 6 ; Code de droit canonique (1983), canon 910 § 2 ; Présentation générale du Missel Romain (2000) n° 98 [décrit aussi toutes ses fonctions liturgiques] ; Instruction Redemptionis Sacramentum (2004) n° 155-156.
[6] Instruction Redemptionis Sacramentum (2004) n° 44.
[7] Code de droit canonique (1983), canon 230 § 2 ; précisé par Responsio ad propositum dubium (1992) ; confirmé par Présentation générale du Missel Romain (2000) n° 100 ; et par l’instruction Redemptionis Sacramentum (2004) n° 44.
[8] Code de droit canonique (1983), canon 230 § 3 et 910 ; Présentation générale du Missel Romain (2000) n° 100.
[9] Lettre sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs (1994), n° 3 [La précision ne vient pas d’un doute sur la question mais de la valorisation de cette possibilité pour les femmes afin de mieux leur faire accepter l’éventualité de ne ma servir à l’autel] ; Sur le ministère extraordinaire de l’eucharistie voir : Code de droit canonique (1983), canon 230 § 3 et canon 910 ; instruction Redemptionis Sacramentum (2004) n° 88 et 154-160.
[10] Instruction Redemptionis Sacramentum (2004) n° 47.
[11] Lettre sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs (1994) n° 2.
[12] « Le service particulier des “servants d’autel” » (2001).
[13] Sur ce sujet voir notamment : LEGRAND Hervé, « La vocation au ministère ordonné », in LAURET Bernard et REFOULE François (éd.), Initiation à la pratique de la théologie. Tome III : Dogmatique 2, Paris : Cerf, 1993, pp. 246-250. [Notamment la note : « peut-on parler de vocation d’enfants ? »]
[14] Même si les candidats au presbytérat et au diaconat doivent recevoir les ministères institués de Lecteur et d’Acolyte afin de se préparer à leurs futures fonctions de la Parole et de l'Autel. Cf. Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972), n° 13.
[15]Cf. Lettre apostolique Ministeria Quaedam (1972), introduction.
[16] « Le service particulier des “servants d’autel” » (2001)
[17] Code de droit canonique (1983), canon 230 § 2 ; Lettre sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs (1994), n° 3
La paroisse Notre-Dame du Travail fait très fort : elle prévoit des "Servantes de l'assemblée" à côté des "servants d'autel". "Discrétion", "accueil"; "climat", "maitresses de maison", "soin des enfants", voici l'édifiant texte de présentation du site Internet : "Dès leur première communion, les filles peuvent rejoindre le groupe des Servantes de l’assemblée. Elles sont chargées du « climat » dans l’assemblée, pendant les célébrations. Comme de vraies maitresses de maison, elles sont attentives à l’ensemble, et veillent discrètement à ce que chacun soit à l’aise et trouve sa place dans l'église. En particulier, elles accueillent les personnes aux entrées de l'église, en distribuant par exemple les feuilles de messe ou autres. Elles peuvent accueillir spécialement les jeunes enfants, en leur distribuant coloriages et crayons… Elles accompagnent la quête et la procession des offrandes." "Les filles reçoivent une formation adaptée qui leur permet de tenir un rôle actif lors des célébrations, de grandir dans la foi de leur baptême et de la partager avec leurs amies ou camarades." On peut comprendre les premières craintes d'Isabelle qui est servante d'autel à Saint Benoît en Morinie : "J'étais contente de savoir que j'allais être servante d'autel car j'allais me rendre au service de Jésus. Ça fait bizarre car on s'installe à l'autel et non pas à côté des parents. J'avais un peu peur mais monsieur Fusil m'a expliqué le déroulement du service d'enfant de chœur. Ma mission est de tenir le flambeau à l'évangile et à la communion.(quand il n'y a qu'un autre servant d'autel avec moi, je fais aussi le reste...) J'avais aussi peur de me prendre les pieds dans l’aube, et des critiques car je suis la première fille qui sert à la chapelle de la Valeur. Mais tout compte fait, ça c'est très bien passé." (http://morinie-arras.cef.fr/page-12165-servante-autel.html) Dans d'autres paroisses comme à Saint-charles de Monaco on encourage plus ouvertement les filles (sans parvenir à ne pas se justifier mais je ne vais pas faire le difficile) : "Conformément au Code de Droit Canonique, et avec l'accord de Notre Archevêque Mgr Bernard BARSI, garçons et filles peuvent être Servant et Servante d'autel et remplir, sans distinction, toutes les fonctions de ce magnifique " Service ".[http://www.eglise-saint-charles.com/servant.htm] Dans d'autres enfin, on mobilise toute une théologie louche de la "femme sacerdotale" pour justifier un service complémentaire de celui des garçons. Mais nous en reparlerons...
Pourquoi chercher la petite faille ? Tous ces règlements ont été écrits par des Hommes/hommes pour assoir leur pouvoir L'autre moitie des baptisé(e)s a-t-elle eu son mot à dire ? D'où l'importance de la Conférence des baptisé(e)s En outre, cette réglementation nous sépare profondément des autres chrétiens. Il y a même des rabbins femme !!
C'est amusant, comme l'auteur de l'article laisse entendre le contraire de la réalité : - les ministères laïcs institués sont réservés aux hommes - la fonction d'enfant de choeur est normalement réservée aux garçons. Cependant, dans des circonstances particulières, pour des besoins pastoraux spécifiques, un évêque peut, après avoir bien réfléchi, autoriser temporairement des enfants de choeur féminins et en l'absence de ministres laïcs institués, un célébrant peut députer temporairement un laîc quelconque. Et il fait croire que les femmes laïques ont les mêmes droits que les hommes! Alors qu'il est bien précisé qu'il ne peut s'agir que de situations extrêmes, particulières, toujours révocables et qu'elles ne peuvent jamais être considérées comme un droit. Or sur ce site, il est fait croire qu'il s'agit d'un droit inaliénable ! C'est tout simplement faux. Le simple fait que certains le croient, justifie pleinement que cette tolérance soit révoquée. De même, votre site montre qu'il serait temps que les évêques en France instituent des laïcs (hommes) au ministère de lecteur, afin de lutter contre l'erreur qui se répand (et qui risque de mener à l'hérésie comme on l'a vu dans les mondes anglicans et luthériens). Le choix du père Potez à Notre Dame du travail est particulièrement pertinent et cela se passe bien.
@Micheline : Sauf erreur de ma part TOUT RABBIN DOIT ETRE MARIÉ. Pour retrouver la sérénité je fréquente à présent l’église luthérienne, et, je dois avouer que j ai choisi une paroisse avec un pasteur masculin, père de famille. Tous ces tralalas et décorums autour de l’autel m énervent, à quoi correspondent-ils à notre époque ? et c’est pas avec l’évolution actuelle de l’Eglise en région parisienne que ça s’améliore. Des messes avec pléthore de prêtres à Paris alors qu’à un jet de pierre en banlieue 93-94-77 etc... un seul prêtre pour desservir 3 ou 4 paroisses. Les enfants filles et garçons sont heureux d’entourer le prêtre à l’autel, et, c est ainsi qu ils sont prêts à accompagner leurs parents, et, non pas s’ils sont perdus dans la foule où chaque mouvement dérange les bigots. Un de mes amis lorsqu’il était curé en province appelait les enfants dès le début de la messe à venir à l’autel, et, l’assemblée toute entière était rayonnante, y compris le célébrant !!!!!!! Je pense que tous gardent un souvenir ému de ces assemblées. Dans ces conditions je veux bien qu on parle de servants d’autel.
Un grand merci à Gonzague pour ce point très complet sur la question. J'en profite pour faire de la pub pour un cours accessible sur le net (20 €): "Structures de participation des laïcs dans l'Eglise" de Benoit Malvaux s.j. (Lumen Vitae, Bruxelles, site d'auto-formation très riche http://www.lumenonline.net/courses/DL/) "Que peut-il sortir de bon du Droit canon ?" me demandais-je en m'y inscrivant. Réponse après avoir suivi ce parcours : quand on connait précisément ses droits, on est conforté (e ) dans ses intuitions et on sait alors mieux où mener le combat pour que les choses avancent dans le bon sens ; d'autant que l'auteur sait communiquer sa vision ouverte du Droit canon qui se doit, périodiquement, de prendre en compte les évolutions que le Peuple de Dieu a initiées avec l'Esprit-Saint... Ce cours a été fait par un pasteur de terrain, dans le but d'encourager les laïcs à user de leurs droits afin que les grandes intuitions de Vatican II portent fruit. J'étais au départ, en gros un peu à la manière de Micheline, dans un jugement à l'emporte -pièces, dans une (sainte ?)impatience provoquée par la souffrance de ces discriminations qui perdurent, inscrites dans le marbre - alors que tout me dit qu'elles ne sont pas selon la justice de Dieu Créateur et Père, pas selon la Mission de Jésus Ressuscité, pas selon la liberté de l'Esprit. Ce petit travail m'a rendue plus confiante, plus assurée et plus intelligente sur le terrain. C'est comme ça aussi que l'Eglise avance : sur le terrain.
@ Julius, Votre réaction, en invitant à instrumenter le droit canon aux fins sexistes d'un retour à l'ordre ancien, faisant fi des "besoins pastoraux spécifiques" aux pays qui vivent depuis longtemps déjà la révolution tranquille de l'émancipation des femmes (un "signe des temps" pour le bienheureux Jean XXIII), corrobore l'idée que si les évêques, en France, n'usent pas de la possibilité qu'ils ont d'instituer des ministères laïcs, c'est en raison même du scandale que cela provoquerait, du fait, précisément, d'être jusqu'à nouvel ordre "réservés" à un sexe, à l'exclusion de l'autre ! Que nos évêques affinent toujours leur discernement et ne manquent ni de prudence ni de courage pour résister aux voix des sirènes (mâles ou femelles): telle est ma prière pour eux (à l'Eucharistie et au fond de ma maison).
Personnellement si j'étais la République une et indivisible je ne tolérerais pas l'existence sur mon sol d'un autre droit que le Droit défini par le pouvoir législatif élu par le peuple. Ce "droit canon" est une survivance d'un autre âge, son langage (comme tout langage juridique il faut bien l'avouer) permet à dessein toutes les interprétations et en particulier les plus limitatives pour la liberté. Cet article est une tentative courageuse de prendre d'Eglise à son propre jeu. Mais malheureusement il faut pour cela rentrer dans ce jeu, en accepter les règles biaisées.
Thérèse, merci de votre réponse. Je pense comme vous que la raison des évêques pour cela (la non-institution de laïcs) est la peur. Je leur conseille le courage ! Les "besoins pastoraux spécifiques" ne devraient pas signifier l'hérésie, surtout quand on l'a de toutes pièces fabriquée. L'article de Gruffydd (24/11) dans Golias montre le rapport étroit avec le sacerdoce. http://www.golias.fr/spip.php?article3226#Forums Je suis, bien sûr, partisan de l'émancipation des femmes, mais le pendule doit trouver un équilibre sous peine de repartir dans l'autre sens. C'est l'extrêmisme que porte vos revendications qui incite à réaffirmer les principes contraires (un peu comme la contre-réforme après la réforme). J'étais autrefois favorable au diaconat féminin, j'ai changé d'avis au vu des forces considérables (l'air du temps démagogique et athée) tapies derrière vous. Si votre mouvement venait à se raffermir, je militerais pour la séparation des sexes dans la nef (les hommes du côté de l'évangile, les femmes du côté de l'épitre, ou le contraire je ne sais plus) et le retour du chef couvert pour les femmes à l'église (contre une interdiction symétrique pour les hommes). La situation actuelle n'est PAS injuste. La réflexion permet de s'en convaincre (supériorité naturelle de la femme que les cultures humaines cherchent à compenser). Celles qui en souffrent doivent trouver en elle-même la guérison sans chercher à changer le monde (comme les contrariétés des petits enfants). A nouveau j'attire votre attention sur la fuite en avant des communautés anglicanes et luthériennes qui se sont vendues à l'air du temps et ont ainsi précipité leur chute.
parfois, il fut laisser la parole aux chiffres. Communion anglicane: 75 à 80 millions TAC: anglicans traditionalistes, refusant le presbytérat féminin, les prêtres homosexuels (ouvertement) et autres "dérives modernes", récemment accueillis par Rome: 400 000 une règle de trois: 0,5 % de "chute"
C'est "amusant" de constater à quel point des gens comme Julius sont crispés sur des positions anciennes et abandonnées par les textes, textes que sur d'autres questions ils n'hésitent pas à lire de manière fondamentaliste. C'est à se demander si leur foi n'est pas toute entière fondée sur l'exclusion des femmes. Comme celle de ces anglicans qui fuient leur Eglise parce qu'elle s'ouvre aux femmes : pauvre foi qui ne tient qu'à ce fil...