Source: http://ardhd.org/affinfo.asp?articleID=5303
Timestamp: 2017-06-23 12:10:08+00:00
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A l'exception des dépêches et articles de journaux qui restent placés sous le copyright des auteurs et éditeurs, nos articles peuvent être reproduits, sans autorisation, à la seule condition de citer la source: "http://www.ardhd.org" (Merci de respecter ce point) 11/10/06 (B364) Comme nous l'avions souligné dès hier matin, la décision du Parquet de Paris, qui "coupe" les ailes de la Juge Clément, en la privant d'audition de témoins importants, est dénoncée par de nombreux protagonistes et observateurs, dont le syndicat de la magistrature. Décision politique d'un Procureur aux ordres du Gouvernement français, qui se met en quatre pour se faire "pardonner" par Guelleh ? (Revue de Presse) ________________ Nouvel Obs : Panique au plus haut niveau
NOUVELOBS.COM | 11.10.06 | 15:22
AFFAIRE BORREL "Une forme de panique au plus haut niveau" Interview de Bernard Nicolas,
co-auteur d'"Un juge assassiné" avec Elisabeth Borrel (Flammarion) Comment expliquez-vous que le parquet ait refusé de délivrer des mandats d'arrêt contre les personnes suspectées dans l'affaire Borrel ?
Je crois qu'on est face à une forme de panique au plus haut niveau, alors qu'un coup d'accélérateur judiciaire a été donné par le tribunal de Versailles, qui la semaine dernière a délivré des mandats contre un procureur djiboutien dans l'affaire des subordinations de témoins. Là, la juge d'instruction voulait effectuer des comparaisons entre l'ADN des suspects et celui trouvé sur le short du juge Borrel. Et l'argument du Parquet est de dire que c'est "prématuré" ! Après 11 ans !
On ressent une gêne dans ce dossier, et c'est un euphémisme. Les piliers de notre démocratie semblent avoir été ébranlés, peut-être pour préserver nos rapports avec Djibouti. De toutes les façons, la juge d'instruction a demandé l'avis du Parquet parce qu'elle devait le faire, mais elle n'est pas liée par sa décision.
Il ne faut pas oublier les liens qui existent entre la France et Djibouti. Nous avons 3.000 soldats basés là-bas. Nous avons aussi, ce qui n'est pas assez souligné, beaucoup investi dans un centre d'écoute basé à Arta: des "grandes oreilles" à la française, à quelques encablures des foyers islamistes. Sachant que les Etats-Unis prennent du poids dans le pays (le nombre de soldats américains en poste à Djibouti a doublé en 4 ans), la France essaie de conserver son leadership. Les relations entre les deux Etats se tendent quelque peu: le loyer que paye l'armée française sur le territoire djiboutien a par exemple été augmenté à 36 millions d'euros, sur décision du président Ismaïl Omar Guelleh.
Il y a clairement une tradition franco-djiboutienne depuis l'indépendance en 1977. Et en marge de ces relations officielles, il y a ce qu'on appelle les réseaux françafrique, ces coopérants influents qui tiennent à conserver une mainmise sur les flux financiers dans nos anciennes colonies.
L'affaire Borrel revient sur le devant de la scène médiatique. Pensiez-vous que c'était le seul moyen de faire avancer les choses ?
Ce retour sous les projecteurs n'est pas de notre fait. Nous écrivions, Elisabeth Borrel et moi, ce livre depuis plusieurs mois. Le fait que la justice s'intéresse à nouveau à l'affaire ne trouve pas son origine dans la parution du livre. Les échéances du tribunal de Versailles dans le dossier de la subordination de témoins sont tombées d'un côté, la juge Clément continuait son instruction de l'autre. Il s'agit d'une simple concomitance. La justice et l'édition ont chacun leurs propres rythmes.
Les choses ne sont par ailleurs pas finies. On a voulu enterrer cette affaire, mais ce n'est aujourd'hui plus possible. L'Etat français validait l'hypothèse du suicide, ce qu'il ne peut plus faire aujourd'hui. C'est la justice qui a fait évoluer le dossier. J'entends parfois dire qu'il s'agit d'une affaire complexe. Mais ce n'est pas le cas: c'est un assassinat déguisé en suicide couvert par la France et par Djibouti.
Dans votre livre, "Un juge assassiné", paru le 10 octobre, quelle est la thèse que vous défendez quant à la vérité sur la mort du juge Borrel ?
On sait déjà que c'est un assassinat, et non un suicide. La question qui se pose est celle du mobile de cet assassinat. Pour Elisabeth Borrel, il est très difficile de privilégier une thèse. C'est ce qui a été fait quand tout le monde s'est contenté de conclure à un suicide. Elle ne veut pas répéter cette erreur.
Le problème est la multiplicité des hypothèses, des raisons qui auraient pu conduire au meurtre de Bernard Borrel. Tout ce que l'on peut dire avec certitude est qu'Ismaïl Omar Guelleh est impliqué à un niveau ou à un autre.
Cela m'a été confirmé par l'ancien chef de la garde présidentielle, Ali Iftin, qui est d'autant plus crédible qu'il est le cousin du président et ne peut en conséquence pas être soupçonné de lui être un opposant farouche. L'image qu'il a employée est à mon sens très juste: "Guelleh est au centre de tous les trafics. Il est l'araignée au centre de la toile. Touche un fil, et l'araignée s'inquiète."
Alors on ne sait pas quelle piste privilégier. L'enquête sur l'attentat au Café de Paris en 1990 ? L'enquête sur le trafic d'armes (on sait que quelqu'un a tenté de soudoyer le juge Borrel en lui proposant de l'uranium !) ? Quoiqu'il en soit il devenait gênant. Ses enquêtes étaient compromettantes pour le pouvoir.
Peut-être connaîtra-t-on un jour le véritable dossier qui a mené à cet assassinat.
Le plus évident est celui du Café de Paris, mais ce n'est pas le seul.
Le dénominateur commun de toutes ces affaires est donc le président Guelleh.
Or, pour pouvoir profiter de ces trafics en toute impunité, il avait besoin de l'aval, voire de la complicité de la France. On peut à mon sens parler de trafics franco-djiboutiens. On le sent tout de suite en allant sur place. En privé, les gens vous disent que Ismaïl Omar Guelleh est derrière l'assassinat du juge Borrel. La justice française ne peut évidemment pas se contenter de micro-trottoirs. Mais tout ce qu'on avance dans le livre, au-delà du combat et du ressenti d'Elisabeth Borrel, est étayé par des documents.
(le mercredi 11 octobre 2006) _____________________ Reuters : les magistrats critiquent le Parque
Affaire Borrel : les magistrats critiquent le parquet de Paris PARIS (Reuters) - Le Syndicat de la magistrature (SM) a critiqué mercredi l'avis défavorable du parquet de Paris concernant l'éventuelle émission de mandats d'arrêts contre deux citoyens de Djibouti dans l'enquête sur la mort du magistrat Bernard Borrel. "Le Syndicat de la magistrature dénonce ce nouvel obstacle mis par les autorités françaises à la manifestation de la vérité dans cette affaire", déclare le SM dans un communiqué. Selon ce syndicat, partie civile au dossier d'enquête judiciaire, Paris cherche à bloquer l'enquête pour protéger ses intérêts diplomatiques et militaires à Djibouti, qui abrite la plus grande base française d'Afrique. Elisabeth Borrel, veuve du magistrat, a aussi protesté contre cet avis du parquet. Son avocat Olivier Morice juge "honteuse" la position du procureur. La juge d'instruction Sophie Clément a demandé l'avis du parquet sur d'éventuels mandats d'arrêt contre Awalleh Guelleh Assoweh et Hamouda Hassan Adouani, mis en cause par un témoin du dossier. Le procureur de Paris a estimé que cette démarche serait prématurée, explique-t-on au bureau du procureur. La juge Clément peut passer outre et délivrer quand même les mandats d'arrêts qui seront diffusés par Interpol. Le corps de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en octobre 1995. L'hypothèse du suicide avait été initialement retenue mais après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment médico-légales, c'est la piste criminelle qui est désormais suivie. ___________ AP : Le SM dénonce les obstacles mis en place par la France
Affaire Borrel : le SM dénonce les obstacles mis par la France PARIS (AP) - Le Syndicat de la magistrature a dénoncé mercredi les réquisitions négatives du parquet de Paris qui a jugé "prématuré en l'état" de délivrer des mandats d'arrêt contre deux citoyens djiboutiens soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat du juge français Bernard Borrel en 1995.
Ces réquisitions du parquet, sollicitées la semaine dernière par la juge d'instruction Sophie Clément, ne lient pas la magistrate. Elle peut donc décider de lancer les mandats d'arrêt sans tenir compte de l'avis du parquet.
"Alors que cette affaire est en cours depuis près de 11 années, le parquet considère la délivrance de ces mandats d'arrêt comme prématurée", a ironisé le SM, partie civile aux côtés de la veuve de Bernard Borrel, dans un communiqué. Le syndicat "dénonce ce nouvel obstacle mis par les autorités françaises à la manifestation de la vérité dans cette affaire".
Le parquet de Paris a émis la semaine dernière des réquisitions négatives sur la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre d'Awalleh Guelleh Assoweh, dit "Mireh", et Hamouda Hassan Adouani, deux repris de justice djiboutiens, actuellement en fuite.
La juge d'instruction souhaite notamment recueillir les ADN des deux hommes pour les comparer aux traces découvertes récemment sur le short que portait Bernard Borrel le jour de sa mort.
Le parquet a notamment estimé qu'il fallait d'aborder entendre des militaires français qui s'étaient manifestés auprès de la justice indiquant qu'ils avaient manipulé le short et pouvaient donc être les auteurs des ADN.
Des recherches en ce sens ont été lancés par la juge d'instruction, mais les résultats ne sont pas encore connus. En attendant le parquet a jugé prématuré de lancer des mandats d'arrêts contre d'autres personnes, a-t-on indiqué de sources judiciaires.
Sa veuve, Elisabeth Borrel, soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d'être le commanditaire du crime. Une version contestée par Djibouti. AP
_____________________AFP : Le Parquet ne sort pas grandi !
PARIS (AFP) - Affaire Borrel : "Le parquet ne sort pas grandi de ce dossier", selon Mme Borrel
La veuve du juge Bernard Borrel, assassiné en 1995 à Djibouti, a estimé mercredi que "les magistrats du parquet" ne sortaient "pas vraiment grandis de ce dossier" n'hésitant pas à parler d'une "reprise en main".
Le parquet de Paris a requis qu'il n'y avait pas lieu, en l'état du dossier, de délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre des deux principaux suspects de l'assassinat du juge Bernard Borrel.
"Dans ce dossier, j'ai connu un parquet qui était contre moi pendant très longtemps, un parquet d'une bienveillante neutralité avec Yves Bot (ancien procureur général, ndlr) et je constate aujourd'hui que la reprise en main est faite", a réagi .
Pour sa part, le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a "dénoncé" mercredi la décision du parquet de Paris de ne pas délivrer de mandats d'arrêt contre les deux principaux suspects de l'assassinat du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti.
Dans un communiqué, le SM "dénonce ce nouvel obstacle mis par les autorités françaises à la manifestation de la vérité dans cette affaire".
"Alors que cette affaire est en cours depuis près de 11 années, le parquet considère la délivrance de ces mandats d'arrêt comme prématurée", ironise le syndicat.
La juge d'instruction parisienne Sophie Clément avait transmis jeudi dernier au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux mandats d'arrêt visant Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, deux repris de justice suspectés d'être impliqués dans l'assassinat du juge.
La magistrate souhaite notamment pouvoir comparer les empreintes génétiques des deux suspects à celles, jusqu'alors inconnues, retrouvées sur le short du magistrat assassiné. Mais les deux hommes sont actuellement en fuite.
Mais pour le parquet de Paris, la délivrance des deux mandats d'arrêt serait prématurée.
_____________________ Libération : Une promo Juge Bernard Borrel
http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/histoiredujour/206980.FR.php
Une histoire : une promo «Bernard-Borrel» chez les élèves magistrats
QUOTIDIEN : Mercredi 27 septembre 2006 - 06:00
Les nouvelles recrues de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux ont choisi de baptiser leur promotion Bernard-Borrel, en hommage à ce magistrat en poste à Djibouti et dont le cadavre a été découvert, en partie carbonisé dans un ravin, en 1995. Longtemps, c'est la thèse du suicide ­ défendue par les autorités locales et confortée par la France ­ qui a prévalu.
Mais la juge parisienne Sophie Clément a récemment prouvé qu'il s'agit d'un assassinat, et son enquête se resserre autour des tueurs et de leurs commanditaires. Aux derniers tours du scrutin lancé à l'ENM, Bernard Borrel était en concurrence avec Raymond Depardon (pour ses films sur la justice) et Pierre Desproges (avocat général du Tribunal des flagrants délires). Les dernières promotions s'appelaient Shirin Ebadi (avocate iranienne, prix Nobel de la paix) et Alfred Dreyfus.
______________________ Libération : Le Parquet opposé aux mandats
NOUVELOBS.COM | 11.10.06 | 09:13
DJIBOUTI Borrel : le parquet opposé aux mandats Le parquet de Paris estime qu'il est prématuré de délivrer des mandats d'arrêt contre les suspects de l'assassinat du juge. Le parquet de Paris estime qu'il n'y a pas lieu, en l'état du dossier, de délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre des deux principaux suspects de l'assassinat du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, a annoncé mardi 10 octobre le parquet de Paris.
La juge d'instruction parisienne Sophie Clément, avait transmis jeudi 5 octobre au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux mandats d'arrêt visant Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, deux repris de justice suspectés d'être impliqués dans l'assassinat du juge.
Le parquet a pris ses réquisitions le 4 octobre et les a aussitôt transmises à la magistrate qui est libre de les suivre ou non. Me Olivier Morice, avocat de la famille du juge Bernard Borrel a dénoncé mardi "une obstruction systématique du parquet dans la recherche de la vérité".
"Charges accablantes"
"Le parquet général de Versailles s'était déjà opposé à la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre du procureur et du chef des services secrets de Djibouti. Pourtant, la cour d'appel a délivré ses mandats d'arrêt (pour une éventuelle "subornation de témoins, ndlr)", rappelle l'avocat.
"Il y a dans ce dossier des charges accablantes contre les deux personnes mises en cause par le juge d'instruction (deux repris de justice: Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, ndlr) et Mme Borrel est confiante sur la décision que prendra la juge Sophie Clément, magistrate indépendante qui n'est pas tenue par les réquisitions du parquet", a-t-il conclu.
Pour l'heure, la juge Clément n'a pas encore fait connaître sa décision au parquet, a précisé une source judiciaire.
Pour le parquet de Paris, la délivrance des deux mandats d'arrêt serait prématurée. Dans ses réquisitions, il note que la juge Clément a mandaté en juillet la gendarmerie pour effectuer des recherches afin d'obtenir l'ADN des deux suspects. Or, ces investigations sont toujours en cours, note le parquet, pour qui il apparaît souhaitable d'attendre le résultat des recherches et la confirmation que l'ADN retrouvé sur le short du juge est bien celui des suspects, avant de délivrer des mandats d'arrêt à leur encontre. Le parquet de Paris fait également valoir que des enquêteurs et militaires, qui étaient en 1995 en poste à Djibouti et ont participé aux premières constatations sur le lieux du crime et à la mise en bière du corps, se sont récemment manifestés pour dire que les empreintes génétiques retrouvées sur le short du juge pourraient être les leurs.
Il apparaît donc nécessaire de vérifier cela avant de délivrer des mandats d'arrêt, explique le parquet de Paris qui a pris pour cela des réquisitions supplétives pour permettre à la juge Clément d'effectuer ces vérifications. ordre des brosses à reluire