Source: https://www.scribd.com/document/27104550/Nephrotoxicite-Des-Antiretroviraux
Timestamp: 2018-10-19 02:43:08+00:00
Document Index: 221689743

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Néphrotoxicité Des Antiretroviraux
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Dr Hélène Sichez-Com 16 Mars 2007
Problème emergent:
• Complications métaboliques et cardiovasculaires du VIH • Complications des traitements antirétroviraux à long terme.
Utilisation croissante des antiretroviraux • Nouvelles pathologies • Potentiel nephrotoxique • Atteinte du segment tubulaire proximal • Cristallurie medicamenteuse – Prévention et surveillance
• Inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) • Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) • Inhibiteurs de la protéase (IP) • Inhibiteurs de la fusion
• • • • • • • Abacavir, ABC, Ziagen Didanosine, ddI, Videx Trizivir Lamivudine, 3TC, 3TC Stavudine, d4T, Zerit Combivir Zalcitabine, ddC, Hivid Zidovudine, ZDV ou AZT, Retrovir Cidofovir, Adéfovir; Tenofovir DF, TDF, Viread
Tubule proximale
SD de Fanconi
Atteinte généralisée des fonctions tubulaires proximales
Urines Polyurie – Sodium Na/K >1 – Potassium – Glucose > 1mmol/l precoce, sensible et spécifique – Acide urique – Phosphore – Bicarbonates – Ac aminés, petites protéines – +/- Ptu < 1g Sang
– Kaliémie normale ou basse – Euglycémie – Hypo-uricémie < 200 µmol/l – Hypophosphorémie < 0,8 mmol/l – Acidose tubulaire de type II
• pH<7,38 TA <15
Faux Fanconi
Dénutrition , alcoolisme chronique, anti-acides, nutrition parentérale Hyperparathyroïdie Ostéomalacie carentielle (25OHD3 basse) Dénutrition ,Allopurinol, hypo-uricémie congénitale Pertes digestives (diarrhée) Acido-cétose par excès de catabolisme lipidique Défaut d’acidification distale : ATD Alimentation pauvre en K, vomissements et/ou diarrhée Hyperaldostéronisme secondaire d’origine digestive
Hypouricémie Acidose métabolique
Pics fugaces d’hyperglycémie, diabète rénal
RTV INTI
INTI INTI INTI
hOAT1: Transport anions organiques
• Hyperuricémie 78% • Syndrome de Fanconi
– 1 cas (VIH 1) exceptionnel! – 19 mois après introduction du traitement – Rémission clinico-biologique complète après l’arrêt de la didanosine.
• Lithiases rénales (imputabilité?)
• • • • Néphrotoxicité précoce Néphrotoxicité dose-dépendante IRA par néphropathie interstitielle sévère Evolution sévère malgré l’arrêt du traitement
Dépistage •Anomalies tubulaires précoces (6 sem de Tt)
Diabète insipide néphrogénique Protéinurie
• Protéinurie
– 40 à 50% des patients – Index précoce et sensible, mais peu spécifique
–Vérifier l’absence de protéinurie avant traitement –Eliminer d’autres causes de Ptu:
Infection urinaire, pathologie vasculaire, rhabdomyolyse
–Si la ptu > 2X, interruption du traitement jusqu’à disparition de l’anomalie –Arrêt des autres néphrotoxiques –Rehydratation
• Tubulopathie proximale
– 20% des patients – Acidose < 16 mmol/l chez 16% des patients – Glycosurie , index précoce, non transitoire
– Vérification de l’absence de diabète car les antiprotéases peuvent induire un diabète – Interrompre le traitement si glycosurie euglycemique jusqu’à disparition de l’anomalie – Arrêt des autres nephrotoxiques – Rehydratation
– 12-15% des patients – Priorité au pronostic rénal Si augmentation de 44 µmol ou créat > 133µmol, arrêt du traitement jusqu’à normalisation de la fonction rénale
– Hydratation: 2 l de serum physio 1h avant et pendant la perfusion
• Boire avant et après la cure • Retarder la perfusion en cas de troubles digestifs
– Prescription de probenecide:
– Per os 4 gr avant et après chaque cure
– Augmente la concentration plasmatique de divers médicaments – Inhibition competitive des ions organiques au niveau du recepteur OAT1, dont il est un substrat – diminution de la clairance rénale du cidofovir par inhibition de sa secrétion tubulaire
• Nephrotoxicité à la dose >120 mg/j
– – – – 22-32% des patients Après 24-48 sem Tubulopathie proximale et I.rénale Tps median de resolution de la dysfonction tubulaire 15 sem – Résolution partielle chez 16% des patients, 41 sem après l’arrêt du TT – Moindre fréquence des anomalies rénales avec 60 mg/j – N’est plus utilisé que dans l’hepatite B et à la dose de 10 mg/j
Avantages – Très bonne tolérance clinique – Administration en dose unique 1cp/j Inconvenients – Elimination exclusivement rénale Néphrotoxicité? 3 études contrôlées: Insuffisance rénale et anomalies tubulaire proximales comparables sous placebo et sous ténofovir quelle que soit la dose administrée 75-150-300 mg/j
Anomalies rénales décrites
– Survenues en moyenne après 7 mois de traitement – Réversibles en 4 à 8 sem à l'arrêt du ténofovir
• Insuffisance rénale • Atteinte tubulaire: gycosurie, protéinurie modérée, hypophosphoremie Biais • Association du ritonavir à faible dose ( booster ). • Insuffisance rénale chronique sous-estimée
– conséquence d'un surdosage?
Plus de 200 000 patients ont maintenant bénéficié d'un traitement par ténofovir. Estimation de la frequence des complications: 19%
• • • • Facteurs liés au médicament Dose Durée Voie d’administration Adaptation posologique
– Clairance 50-80 ml/min 1cp/24h – Clairance >30 ml/min 1 cp/48h – Clairance <30 ml/min : 1cp/72 ou 96 heures
• • • • Age IRC sous jacente Maladies rénales associées Hypoperfusionrénale (cirrhose, insuffisance cardiaque, syndrome néphrotique Etats de déshydratation,Acidose, hypokaliémie, carence en magnésium, Transplantation rénale,Néphrotoxicité intrinsèque, Expositions répétées Interactions médicamenteuses: autres INTIs,ritonavir+) Utilisation combinée ou rapprochée dans le temps de nephrotoxiques (AINS++)
• Mesure du DFG
– Pas de mesure de la créatinine – clairance MDRD > Cockroft
Feuille de Calcul de Cockcroft normalisé et MDRD abrégée Renseigner les cases prévues à cet effet. Déplacement entre les cases par simple tabulation.
Créatininémie (µM) Age (années) Sexe (F=2,M=1) Ethnie (W=1, B=2) Poids (kg) Taille (cm) 123 32 1 1 60 165
pour MDRD et Cockcroft pour MDRD et Cockcroft
Cockcroft 65 67
MDRD abrégée
pour MDRD et Cockcroft pour MDRD pour Cockcroft
soit Cockcroft corrigé
Surface corporelle m2
pour Cockcroft et surface corporelle
Du Bois D. A formula to estimate the approximate surface area if height and weight are known. Arch Intern Med. 17:863; 1916. Cockcroft DW. Prediction of creatinine clearance from serum creatinine. Nephron. 16:31; 1976. Levey AS. A more accurate method to estimate glomerular filtration rate from serum creatinine: a new prediction equation from the MDRD study group Levey AS. A simplified equation to predict glomerular filtration rate from serum creatinine. J Am Soc Nephrol. 11:155A sept.; 2000.
• Bandelette urinaire Multistix
– Protéinurie, glycosurie
• Glycémie sanguine • Ionogramme avec Bicar, K et AcUrique • Bilanphospho-calcique
– Phosphorémie (à jeun) – Calcémie – Phosphatases Alcalines Si bilans anormaux: compléter l’enquête métabolique rénale (PTH, 25OHD3 et urines +++) avant l’INTI S’assurer de l’absence d’interaction avec le reste du traitement
• Fréquence 1-3 mois en fonction du bilan initial • BU: protéinurie, glycosurie • Ionogramme, créatinine, glycémie, uricémie, phosphore
N’implique par l’arrêt mais une exploration métabolique rénale • Hypophosphorémie 0,30-0,60 mmol/L • Hypokaliémie ou acidose métabolique isolée • Protéinurie seule ou avec glycosurie • Syndrome polyuro-polydypsique inexpliqué • Apparition de douleurs osseuses diffuses ou d’une ostéopénie • Insuffisance rénale modérée
– DFG 20-30 % / contrôle précédent
Indication d’interruption thérapeutique Extrapolation du Groupe ICAR • Hypophosphorémie < 0,30mmol/L
– absence de cause patente)
• Sd de Fanconi confirmé, partiel ou complet • Insuffisance rénale évolutive
– DFG > 30 % / contrôle prec
• Diabète insipide néphrogénique
• Acidose tubulaire proximale
– Supplémentation parentérale en bicarbonates (1-2 mmol/kg/j
• Objectif HCO3 > 15 mmol/L
– Risque d’aggravation de l’hypokaliémie: corriger les 2 en parallèle – Apport oral dès que possible : Vichy St Yorre
– Supplémentation parentérale puis orale
• Objectif K >3 mmol/L et disparition des signes ECG.
– Objectif final > 3,5 mmol/L – Continuer au moins 2 mois (déplétion cellulaire)
– Supplémentation orale ou parentérale
• Phosph > 0,3 mmol/l
– Prévenir l’ostéomalacie +++ : calcitriol+ (permet aussi de traiter l’hypocalcémie). – Surveillance rhumatologique !! – Consommer des laitages et protéines animales
• bénéfique pour l’hypo-aminoacidémie)
– Continuer au moins 2 mois (déplétion cellulaire)
• Delavirdine, DLV, Rescriptor • Efavirenz, EFV, Sustiva • Névirapine, NVP, Viramune
• Essais de Phase II et III
– – – – – – – – Hyperkaliémie Hyperuricémie Hypocalcémie Hyponatrémie Hypophosphatémie Insuffisance rénale Hématurie, protéinurie Lithiases
• Pas de données cliniques…
• • • • • • • Amprénavir, APV, Agénérase Atazanavir, ATZ, Reyataz Indinavir, IDN, Crixivan Lopinavir/Ritonavir, LPV/r, Kaletra Nelfinavir, RTV, Norvir Ritonavir, RTV, Norvir Saquinavir, SQH , Invirase - Fortovase
• Cristallurie médicamenteuse
– Concentration urinaire accrue
• Défaut d’hydratation
– Faible solubilité – Faible pouvoir de dissociation des cristaux
Ritonavir et Saquinavir
• Phases I et II – utilisation prolongée
– – – – Lithiases urinaires 0,1 et 2% Glycosuries Polyuries hématuries
– Insuffisance rénale aiguë précoce 8 patients – Diminution de la clairance (800 mg/j) 6 patients
– – – – – – IRA précoce Test de réintroduction 5/8 Sd pancréatico-rénal 1/8 7/8 absence de syndrome glomérulaire Amélioration rapide à l’arrêt du traitement Hypothèse obstructive: cristaux médicamenteux intratubulaires – Hypothèse hémodynamique : vasoconstriction intrarénale
6 Patients (4 VIH 2 et 2 volontaires sains) Abaissement de la clairance de 106 à 78 ml/min/1,73m2 après 3 jours de traitement par Saquinavir Analyse retrospective 87 patients Ritonavir • IR significative
– Elevation de plus de 50% de la créat
13,7% des patients: diminution de la clairance de 116 à 71 ml/min
Lithiases • Symptomatiques 2,5 – 12,4%
– – – – – – Délai de survenue 6 à 50 semaines Colique néphrétique Dysurie et fièvre 37% Hématurie microscopique 90% 82% radio- transparents 18% radio-opaques – moins bonne évolution DFG
• 20-30% Cristallerie médicamenteuse – Faible solubilité de l’indinavir en milieu alcalin • 5% SFU (Htu) ou lombalgies sans lithiase identifiable • 8% symptomatiques • 3% identification d’une lithiase radiotransparente • 13% IR après 200 jours de traitement – administration concomittante d’autres nephrotoxiques – PBR cristaux dans les tubules et réaction inflammatoire – IR séquellaire possible – 70% de regression après l’arrêt du traitement (21 jours)
– – – – Chaleur importante favorisant la deshydratation Co-Infection HCV-HIV (37% vs 14%) Hémophilie (50% vs 17%) pH urinaire alcalin
– Boissons > 2l/j – l’acidification systématique n’est plus recommandée – Debit urinaire > 150 ml/h dans les 3 heures suivant chacune des prises – Acidification des urines en cas de lithiase identifiée (coca, vit C)
• Phase II et III
– Hyperuricémie – Calculs rénaux – Anomalies urinaires Pas de données en clinique…
2 grands types de complications
INTI Tubulopathie proximale Insuffisance rénale Prévention correction IP Lithiase Insuffisance rénale Prévention correction
IRA Tenofovir NTA Didanosine oui Zalcitabine Ritonavir oui Saquinavir oui Indinavir NIA Cidofovir NIA
Cristallurie Tubulopathie IRC oui oui oui oui oui oui oui oui oui
Néphropathies indirectement lieés au VIH
• Pathologies liées au FDRCV
– Tabagisme – Utilisation d’IP et d’INTI: sd de lipodystrophie
• Insulinoresistance – diabète • Atherome vasculaire • protéinurie
• Bilan minimal à réaliser chez un patient de 32 ans VIH 1, hypertendu, tabagique, avant de débuter un traitement par Tenofovir (Viread)?
– Prise de médicaments néphrotoxiques – Troubles digestifs? – Deshydratation extracellulaire
• TA, pli cutané, perte de poids
– – – – – Ionogramme Créatinie, Cockroft ou MDRD Uricémie Glycémie Calcium, phosphore, PAL
– Glycosurie – Protéinurie
• Perte de poids 5 kgs en 2 mois • Clairance MDRD: 50 ml/min • Protéinurie 2X • Prescription avec adaptation thérapeutique? • Bilan complémentaire avant prescription? • Surveillance?
Bilan complémentaire avant prescription
• Bilans précédents
– Protéinurie? – – – – Protides et albumine sériques Bilan métabolique Protéinurie des 24 heures Phosphaturie
• Protéinurie 0,5 gr/24h, déjà présente sur les bilans précédents • Pas d’autre anomalies urinaires • Que faites-vous?
– Rehydratation per os Apport de sel alimentation, vichy St Yorre – Arrêt du tabac et contrôle tensionnel – Adaptation thérapeutique du Viread 1cp/48h – Surveillance mensuelle puis tous les 3 mois si stable
• Iono urée créatinine, glycemie, uricemie, bilan P-Ca • Iono u, uricosurie, glycosurie, protéinurie/24h, Pu • En cas d’anomalie, espacement des doses et consultation néphrologique
• Bilan rénal stable Ptu 0,3- 0, 5 gr/24h • Introduction de Norvir? • Introduction à la posologie de 600 mg 2 fois par jour? • Précautions particulières?
• Risque de potentialisation de la nephrotoxicité du Viread • Hydratation importante > 2 l/jour • Augmentation de la fréquence de surveillance à tous les mois, jusqu’à stabilisation du bilan
• Après 10 mois de traitement, apparition d’une hypophosphoremie à 0, 6 mmol/l, et d’une protéinurie à 1gr/24 heures, • Pas d’hématurie, pas de douleur de colique néphretique, • Que faites -vous
• Examen clinique • Bilan biologique complet • Suppression des facteurs de risque
– Autre nephrotoxiques? – Potentialisation par le Norvir?
• Rehydratation ++
• Dégradation de 25% du DFG • Apparition d’une Hypophosphorémie sévère à 0,3 mmol/l • Glycosurie eu-glycémique • Que faites-vous?
• Arrêt du Viread • Supplementation IV puis per os en phosphore • Correction d’une acidose ou d’une hypokaliémie éventuelle • Surveillance • En cas de nécessité de réintroduire le traitement, pas d’autre néphrotoxique, moindre posologie 1cp/72h
• Patient de 44 ans • VIH 1 , VHC positif ancien • Bilan avant prescription d’un anti-retroviral
– Protéinurie 2gr/24h – Hematurie microscopique Que faites vous? – Adaptation posologique – Consultation nephrologique? – Contre indication à un INTI?
• Consultation néphrologique
– Protéinurie en rapport avec une charge virale élevée
• VHC? (cryoglobulinemie?) • VIH? • Indication de PBR avant traitement • PBR: confirmation d’une HSF en rapport avec le VIH • Feu vert pour prescription d’INTI, mais surveillance rénale très rapprochée
• Plus que le potentiel néphrotoxique d’un anti-rétroviral, ce sont les facteurs associés qui sont déterminants • Interrogatoire, examen clinique et bilan préliminaire limitent considérablement les risques néphrotoxiques • Actuellement, la plupart des complications sont réversibles à l’arrêt du traitement
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