Source: https://www.citepa.org/fr/2019-co2/
Timestamp: 2019-11-20 21:36:17+00:00
Document Index: 185080318

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2019-CO2 - Citepa
Dioxyde de carbone (format Secten)
Evolution des émissions de CO2 de 1990 à 2017 pour la France métropolitaine (en Mt)
Le niveau le plus bas observé des émissions de CO2 avec UTCATF sur la période concerne l’année 2014 notamment du fait d’un climat particulièrement clément (indice de rigueur le plus bas observé depuis 1960).
Tous les secteurs d’activité contribuent aux émissions dans des proportions variables et ces contributions dépendent également de l’année considérée.
Depuis 1990, les émissions de CO2 hors UTCATF et hors biomasse ont baissé, bien que la consommation d’énergie primaire (corrigée du climat) se soit accrue de 1% sur cette période.
De plus, les émissions de CO2 dues à l’utilisation énergétique de la biomasse ont fortement augmenté entre 1990 et 2017 pour trois raisons principales :
la prise en compte de la consommation d’agrocarburants depuis l’année 1992;
l’augmentation de la quantité de déchets incinérés (dont une partie est d’origine biomasse) avec récupération d’énergie,
l’augmentation de la consommation de bois dans le secteur résidentiel et de liqueur noire dans le secteur industriel.
Sur la période 1990-2017, les années 1991, 1998 et 2010 correspondent à des pics de rejets du fait notamment de situations conjoncturelles particulières.
Transport routier : Les émissions du transport routier ont connu une hausse depuis 1990 qui s’explique en grande partie par l’augmentation du trafic routier. La baisse observée en 2008 fait suite à un recours accru aux agrocarburants, à la mise en place du bonus/malus qui a permis d’accélérer le renouvellement du parc automobile par des véhicules moins énergivores et à la flambée des prix du carburant au cours du premier trimestre 2008. Depuis 2009, les émissions oscillent autour de 120 Mt.
Résidentiel/tertiaire : le niveau des émissions de ce secteur est globalement en baisse depuis 1990. L’année 2014 représente le niveau le plus bas observé (70 Mt) du fait de la douceur du climat français cette année-là.
En ce qui concerne le bois et les résidus de bois (inclus dans la catégorie biomasse), les consommations sont liées aux conditions climatiques. Ainsi, par exemple, un pic de consommation est observé en 1991 (année froide avec un indice de rigueur de 1,11) car le bois a été utilisé comme appoint.
Industrie manufacturière : les émissions de ce secteur ont globalement diminué depuis 1990. Cette baisse observée s’explique, d’une part, par les économies d’énergie réalisées suite au premier choc pétrolier survenu en 1973 (la consommation de pétrole a fortement chuté au profit de l’électricité et du gaz naturel) et, d’autre part, par les nouvelles réglementations élaborées en 1998 visant à imposer des rendements minimaux aux chaudières industrielles ainsi qu’un contrôle périodique des installations de combustion supérieures à 1 MW. Entre 2008 et 2009, les émissions ont été fortement réduites suite à la baisse de la production dans le secteur de la sidérurgie et des minéraux non métalliques pour des raisons économiques. Les émissions ont connu une légère hausse en 2010, du fait de la reprise économique, pour retomber depuis en dessous du niveau atteint en 2009.
Transformation d’énergie : les émissions de ce secteur ont globalement été réduites sur la période. Le pic a été atteint en 1979 au moment du second choc pétrolier. La baisse observée à partir de cette année-là provient essentiellement de la mise en œuvre du programme électronucléaire et, dans une moindre mesure, d’autres actions comme les économies d’énergie induisant une demande plus faible. L’année 2011 présente une baisse importante du fait d’une moindre production d’électricité d’origine thermique suite à un climat doux cette année-là. Bien que 2012 et 2013 soient des années plus froides, les émissions de ce secteur stagnent au même niveau que celles de 2011 du fait de la baisse d’activité dans le secteur du raffinage du pétrole. Enfin, la poursuite de cette baisse d’activité dans le secteur du raffinage, associée à la douceur du climat et à une moindre consommation de charbon dans le secteur de la production d’électricité (divisée par deux entre 2013 et 2014) ont fait de 2014 l’année présentant le niveau le plus bas observé depuis 1979. Depuis 2013, les émissions sont de nouveau à la hausse du fait d’un climat légèrement moins doux sur ces dernières années et de la disponibilité des moyens de production non carbonés (nucléaire et hydroélectrique, notamment).
Agriculture/sylviculture : les émissions de ce secteur sont relativement stables depuis 1990, autour de 12 Mt.
Modes de transport hors routier : les émissions des transports hors routier ont baissé de moitié sur la période 1960-2017. Depuis les années 1990, les émissions des transports hors routier sont relativement stables.
UTCATF : le puits du secteur UTCATF a été multiplié par environ 1,6 entre 1960 et 2017 et a augmenté d’environ 38% entre 1990 et 2017.
Le CO2 étant un produit fatal de la combustion et, en l’absence à ce jour de dispositifs de captage de ce gaz sur les installations de combustion, les émissions suivent d’assez près l’évolution de la consommation d’énergie fossile. Les rejets de CO2 liés à la combustion représentent, en 2017, 94% des émissions totales hors UTCATF. Ils ne sont que partiellement compensés par la fixation du carbone induite par l’activité de photosynthèse des plantes et par les éventuels stockages de carbone dans les sols (pris en compte dans la catégorie UTCATF), à défaut d’autres rétentions, comme la séquestration géologique du CO2, qui pourraient être envisagées dans le futur avec la mise en place du captage et du stockage du CO2.
Les consommations énergétiques étant, dans une certaine mesure, liées aux conditions climatiques, les variations des émissions de CO2 observées peuvent aussi s’expliquer en partie par cette raison, pour certains secteurs.
En application de la loi de transition énergétique, la stratégie nationale bas-carbone prévoit l’adoption de « budgets carbone » pour les périodes 2015-2018, 2019-2023 et 2024-2028, avec pour objectif la limitation des émissions de CO2.
Pour rappel : le total UTCATF représente le bilan des absorptions et des sources d’émission qui couvre la récolte et l’accroissement forestier, la conversion des forêts (défrichement) et des prairies ainsi que la conversion des sols dont la composition en carbone est sensible à la nature des activités auxquelles ils sont dédiés (forêt, prairie, terre cultivée, etc.).
L’UTCATF fait l’objet de règles comptables particulières comme, par exemple, dans le cadre du Protocole de Kyoto.
Les émissions estimées pour 2017 s’élèvent à 336 Mt hors UTCATF (297 Mt avec UTCATF), soit une nouvelle hausse de 1% hors UTCATF par rapport à 2016 :
Transformation d’énergie (+10,6%) : la production nucléaire atteint son plus bas niveau depuis la fin des années 1990 et baisse de la production hydraulique résultant en un recours à la production thermique,
Industrie manufacturière (+0,8%) : stabilité des consommations et augmentation de certaines productions industrielles,
Résidentiel / tertiaire (-0,6%) : légère baisse des consommations notamment imputable à des besoins en chauffage moins importants en raison d’un climat plus doux qu’en 2016,
Agriculture/sylviculture (-12,1%) : baisse de la consommation du gazole non routier des engins mobiles non routiers,
Transport routier (+0,4%) : légère augmentation de la consommation énergétique finale,
Autres transports (+2,9%) : hausse des consommations des autres moyens de transport (aérien).
Note sur la répartition des émissions de CO2 entre la combustion et la décarbonatation
Pour certaines activités, les émissions de CO2 proviennent :
d’une part, des émissions induites par l’utilisation de combustibles,
d’autre part, des émissions induites par la décarbonatation.
La décarbonatation correspond à la transformation du carbone contenu dans des carbonates (par exemple, le calcaire) en CO2, sous l’effet de la chaleur.
Les principaux secteurs d’activité concernés par la décarbonatation sont :
la production de verre,
la sidérurgie (utilisation de castine),
la production de chaux (aérienne et hydraulique) (sites dédiés ou en sucreries),
la production de tuiles et briques.
Dans les secteurs de la céramique et de la production d’émail, les émissions de CO2 induites par la décarbonatation sont très faibles au regard de celles relatives à la combustion.
En revanche, pour certains des secteurs cités précédemment, les émissions relatives à la décarbonatation peuvent représenter une part non négligeable dans les émissions totales de CO2 du secteur concerné, comme par exemple le ciment et la chaux.
Le graphique suivant présente la répartition des émissions de CO2 entre la combustion et la décarbonatation pour les principaux secteurs, pour l’année 2017.
Lors des dernières années, les émissions totales de CO2 ont globalement augmenté. En effet, des hausses significatives sont observées dans le secteur de la transformation de l’énergie. D’autres secteurs comme l’industrie manufacturière et les transports ont également contribué à cette augmentation, mais dans une moindre mesure. Par ailleurs, les émissions du secteur de l’agriculture et du résidentiel/tertiaire ont une tendance à baisser.
Note sur le CO2 de la biomasse énergie
La combustion de la biomasse (quelle qu’elle soit) émet du CO2. Néanmoins, il existe des différences de traitement dans
les inventaires selon le type de biomasse considéré. On distingue ainsi la biomasse de cycle court, par exemple les pailles des céréales, et la biomasse de cycle long, typiquement le bois (matériau ligneux).
Pour la biomasse de cycle court, les émissions de CO2 ne sont pas rapportées dans les inventaires d’émissions de gaz à effet de serre, car il est considéré que le cycle du carbone n’est pas fortement modifié par la combustion. En effet, lorsqu’un blé croît, il capte du carbone atmosphérique pour constituer sa propre biomasse. Si les pailles sont brûlées, le carbone est libéré par la combustion. Si elles ne sont pas brûlées, le carbone est également libéré après dégradation de la paille ou consommation par les animaux. Il serait possible de faire un bilan entre la croissance des plantes et la libération de ce carbone dans l’atmosphère par combustion ou dégradation mais le retour à l’atmosphère du carbone n’est pas fortement accéléré par la combustion. Sur un bilan annuel, il a été décidé de considérer que les quantités de carbone libérées sont équivalentes aux quantités captées pour la biomasse de cycle court. Une hypothèse de neutralité est appliquée pour la biomasse de cycle court.
Pour la biomasse de cycle long, comme le bois, la situation est différente car il peut y avoir un écart important sur un territoire donné entre les quantités de carbone capté par des surfaces boisées et les quantités de carbone émises (ou exportées). Lorsque les quantités de carbone captées par les surfaces boisées sont plus importantes que les quantités libérées, le stock de carbone dans la biomasse du territoire augmente et constitue ce qu’on appelle un « puits de carbone ». Inversement, des territoires peuvent déstocker du carbone accumulé depuis des décennies voire des siècles, ces territoires constituent alors des « sources de carbone ». C’est sous cet angle qu’est considéré, dans le cadre des inventaires, le carbone contenu dans la biomasse. Et c’est pour cette raison qu’à la fois les émissions et les absorptions de CO2 biomasse sont rapportées sous le secteur UTCATF (utilisation des terres, changements d’affectation des terres et forêt). Du fait de cette prise en compte dans le secteur UTCATF, les émissions de CO2 biomasse ne sont pas incluses dans le secteur énergie même en cas d’une utilisation énergétique de la biomasse. Ce n’est pas une hypothèse de neutralité qui est appliquée pour la biomasse de cycle long (celle-ci n’est pas valable sur l’horizon de temps considéré à savoir environ un siècle). C’est une allocation spécifique orientée selon le point de vue producteur de bois (forestier) et non selon le point de vue consommateur de bois.
Pour information, les émissions de CO2 liées à la combustion de biomasse à finalité énergétique sont indiquées en aparté (hors total) dans les inventaires.