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Timestamp: 2019-05-24 20:54:00+00:00
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Ministère de la Justice - CA Caen : Alençon : fermeture de la prison. Quelles conséquences ?
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Alençon : fermeture de la prison. Quelles conséquences ?
La maison d'arrêt d'Alençon a fermé ses portes le 9 janvier 2010
La maison d'arrêt d'Alençon était installée depuis 1824 dans un château du début du XV ème siècle, le château des Ducs. Classé monument historique depuis 1862, cet édifice n'avait pas pour vocation d'être une structure carcérale. L'établissement comprenait 11 cellules et 4 dortoirs, répartis sur plusieurs niveaux, correspondant à une capacité de 47 places dont 7 en semi-liberté. Malgré des améliorations apportées par l'administration pénitentiaire au cours de ces dernières années, la maison d'arrêt se révélait inadaptée aux normes d'hygiène, de sécurité et aux exigences d'un établissement pénitentiaire.Elle connaissait par ailleurs des problèmes chroniques de surpopulation. Au 1er janvier 2010 l'effectif était de 70 détenus, ce qui représentait une densité de 143%. La maison d'arrêt d'Alençon peinait ainsi à remplir les missions de l'administration pénitentiaire tendant à la réadaptation sociale et professionnelle des détenus.
La maison d'arrêt du Mans-Les Croisettes est entrée en service le samedi 9 janvier 2010. Elle a une capacité de 401 places, réparties en 2 quartiers de 181 et 150 places, d'un quartier arrivants de 30 places et d'un quartier de semi-liberté de 40 places. Elle compte 194 personnels pénitentiaires. En outre, 2 enseignants, des prestataires privés, une équipe médicale et 8 personnels du SPIP de la Sarthe y sont quotidiennement.
- des meilleurs conditions de vie pour les détenus
La maison d'arrêt d'Alençon était vétuste et ne permettait pas un confort suffisant des détenus. Sa configuration contraignait les détenus à dormir, assurer leur hygiène et manger dans la promiscuité de dortoirs.La maison d'arrêt du Mans-Les croisettes devrait assurer de meilleures conditions de vie pour les détenus, qui disposeront de cellule propres et modernes et d'un confort supérieur.
- des meilleurs conditions de travail pour les surveillants
La maison d'arrêt d'Alençon comprenait une partie médiévale et une partie renaissance, qui dispersaient les cellules, dortoirs et les salles d'activité sur plusieurs étages et de nombreux couloirs, ce qui contraignait les surveillants à des déplacements permanents dans les escaliers. Le mauvais état général avait également des répercussions sur leurs conditions de travail.
- un changement d'échelle facilitant la sécurité et la réinsertion
A l'échelle d'Alençon, le faible nombre de surveillants ne permettait pas d'assurer une sécurité optimale des lieux. Ainsi, de nuit, trois surveillants seulement étaient présents ce qui ne permettait pas une intervention en cellule, en cas de difficulté, avant l'arrivée de renforts.En outre, l'absence de sas entre l'entrée et la rue, l'absence de locaux permettant la création d'ateliers ou le stockage de palette rendaient quasiment impossible le travail des détenus.Enfin, les salles d'activités étaient peu nombreuses et mal adaptées en raison de la configuration des lieux.Le nouvel établissement, conçu selon les normes pénitentiaires actuelles, permettra une meilleure prise en charge des détenus.
Les mesures prises pour surmonter les difficultés :
- Un suivi judiciaire plus complexe
La difficulté tient au fait que le juge de l'application des peines qui aura pris l'initiative d'un aménagement de peine ou d'un rejet ne sera pas le même que celui qui suivra le détenu. Pour les peines d'emprisonnement de deux ans ou moins, un aménagement de peine peut être envisagé avant toute incarcération par le juge de l'application du tribunal dans lequel le condamné est domicilié. Les juges de l'application des peines continueront bien-sûr à exercer ces attributions, mais devront désormais procéder de la façon suivante. S'ils font bénéficier le condamné d'un placement sous surveillance électronique ou d'un placement extérieur sans hébergement, l'écrou se fera à la maison d'arrêt du Mans pour les condamnés suivis par le juge d'application des peines d'Alençon et au centre de détention d'Argentan pour les condamnés suivis par le juge d'application des peines d'Argentan.En cas d'incident rendant nécessaire une incarcération réelle, les condamnés seraient en principe incarcérés au Mans. S'agissant des semi-libertés, la règle est que les détenus bénéficiant de ce régime seront écroués au quartier de semi-liberté (QSL) du Mans. Mais, le juge d'application des peines pourra également prévoir un écrou sur Caen, si la situation le justifie.
- Un accompagnement des familles
La maison d'arrêt du Mans-Les croisettes est nécessairement plus éloignée du domicile des familles des détenus que n'était celle d'Alençon, ce qui peut rendre plus compliquées les visites.
Les familles de détenus trouveront des renseignements complémentaires sur les modalités de réservations de parloirs et les associations pouvant leur venir en aide en cliquant ici.
Maison d'arrêt du Mans- Les Croisettes,
rue Cesare Beccaria,
Téléphone : 02.44.02.47.00
A noter que la construction d'un nouvel établissement pénitentiaire est prévue dans le département de l'Orne, mais qu'elle n'interviendra que dans quelques années. Il s'agira d'un établissement pour peines.