Source: https://www.santemagazine.fr/medicament/carboplatine-10mg-ml-fdg-fl-60ml-205375
Timestamp: 2019-08-24 22:52:44+00:00
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CARBOPLATINE 10MG/ML FDG FL 60ML : posologie et effets secondaires | Santé Magazine
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La posologie recommandée de carboplatine chez les malades non prétraités antérieurement par une chimiothérapie cytotoxique et dont la fonction rénale est normale est de 400 mg/m2, injectés par perfusion intraveineuse de brève durée (15 à 60 min). Le traitement ne devrait pas être répété avant un délai de 3 à 4 semaines, après l'administration précédente du carboplatine et/ou tant que le nombre de neutrophiles n'est pas supérieur ou égal à 2 000/mm3 et le nombre de plaquettes à 100 000/mm3.
41 - 60 ml/min
20 - 40 ml/min
Autres méthodes de détermination de la posologie (en mono ou polychimiothérapie, y compris dans le cas d'insuffisance rénale) :
L'adaptation individuelle des posologies de carboplatine peut aussi être approchée en utilisant la formule de Calvert ou la formule d'Egorin :
Dose (mg) = AUC x (GFR + 25) (la formule de Calvert calcule la dose totale en mg et non en mg/m2).
La méthode de référence pour déterminer le débit de filtration glomérulaire (GFR) est la mesure de la clairance à l'EDTA marqué au chrome 51 qui implique la manipulation de produits radioactifs. En pratique, on estime que le débit est correctement évalué par la clairance de la créatinine (Clcr) elle-même estimée grâce à la méthode prédictive de Jeliffe qui tient compte de l'âge, du sexe et de la créatininémie plasmatique (Pcr) :
GFR (homme) Clcr = 98 - 16 (Age - 20)/20
6 - 8 mg/ml x min
Remarque : les valeurs d'AUC ont été validées pour le carboplatine en association avec le cyclophosphamide chez les patients non pré-traités et avec l'étoposide chez les patients pré-traités et non pré-traités.
· La formule d'Egorin calcule la dose totale en mg/m2 :
Patient non pré-traité par chimiothérapie
Dose (mg/m2) :
[0,091 x Clcr (ml/min)/surface corporelle (m2)] x [(prett plaq - nadir plaq) x 100/prett plaq] + 86
Monochimiothérapie : en pratique se fixer un Nadir de plaquettes à 50 000/mm3 ou l'adapter en fonction de l'objectif thérapeutique (curatif versus palliatif).
Patient pré-traité par chimiothérapie
[0,091 x Clcr (ml/min)/surface corporelle (m2)] x [(prett plaq - nadir plaq) x 100-17/prett plaq] + 86
Monochimiothérapie : en pratique, se fixer un Nadir de plaquettes à 50 000/mm3 ou l'adapter en fonction de l'objectif thérapeutique (curatif versus palliatif).
Les données disponibles chez l'enfant sont insuffisantes pour pouvoir recommander une posologie dans cette population.
Une perte d'audition cliniquement significative a été rapportée chez des enfants en cas d'administration de carboplatine à des doses plus élevées que les doses recommandées, en association à d'autres agents ototoxiques.
Voie d'administration : perfusion intraveineuse.
Les différents dosages de carboplatine peuvent être administrés tels quels à la concentration de 10 mg/ml en dérivation d'une perfusion de solution de glucose à 5% ou de chlorure de sodium à 0,9%.
Ils peuvent aussi être dilués avant administration à l'aide d'une solution de glucose à 5% ou de chlorure de sodium à 0,9%, jusqu'à une concentration minimale de 0,5 mg/ml.
Dans tous les cas, il est recommandé après perfusion de carboplatine de rincer la veine avec une solution de glucose à 5% ou de chlorure de sodium à 0,9%.
La préparation des solutions injectables de cytotoxiques doit être obligatoirement réalisée par un personnel spécialisé et entraîné ayant une connaissance des médicaments utilisés, dans des conditions assurant la protection de l'environnement et surtout la protection du personnel qui manipule. Elle nécessite un local de préparation réservé à cet usage. Il est interdit de fumer, de manger, de boire dans ce local. Les manipulateurs doivent disposer d'un ensemble de matériel approprié à la manipulation, notamment blouses à manches longues, masques de protection, calot, lunettes de protection, gants à usage unique stériles, champs de protection du plan de travail, conteneurs et sacs de collecte des déchets. Les excreta et les vomissures doivent être manipulés avec précaution. Les femmes enceintes doivent être averties et éviter la manipulation des cytotoxiques. Tout contenant cassé doit être traité avec les mêmes précautions et considéré comme un déchet contaminé.
L'élimination des déchets contaminés se fait par incinération dans des conteneurs rigides étiquetés à cet effet.
dans du glucose à 5%, la stabilité physico-chimique a été démontrée pendant 96 heures entre +2°C et +8°C et 48 heures à 25°C. D'un point de vue microbiologique, le produit est à utiliser immédiatement. Si le produit n'est pas utilisé immédiatement, les durées et conditions de conservation sont de la responsabilité de l'utilisateur et ne devraient normalement pas excéder 24 heures entre +2°C et +8°C sauf si la dilution a eu lieu dans des conditions aseptiques contrôlées et validées.
dans du chlorure de sodium à 0,9%, une utilisation immédiate est recommandée.
A conserver à une température ne dépassant pas 25°C et conserver le conditionnement primaire dans l'emballage extérieur, à l'abri de la lumière.
Les propriétés embryotoxique et tératogène du carboplatine ont été mises en évidence chez le rat. Le carboplatine est mutagène in vivo et in vitro et bien que le pouvoir carcinogène du carboplatine n'ait pas été étudié, des produits possédant un mécanisme d'action similaire et une mutagénicité sont considérés comme étant carcinogènes.
Le Carboplatine présente une incompatibilité physique avec tout matériel d'injection intraveineuse contenant de l'aluminium (voir rubrique Posologie et mode d'administration).
Le carboplatine est contre-indiqué dans les situations suivantes :
Hypersensibilité à d'autres produits contenant du platine ;
Insuffisance rénale sévère préexistante (clairance de la créatinine < 30 ml/min), sauf si le médecin et le patient jugent que les bénéfices éventuels du traitement sont supérieurs aux risques ;
Myélosuppression sévère ;
Tumeur hémorragique ;
Administration concomitante d'un vaccin contre la fièvre jaune.
Carboplatine peut être nocif pour le foetus lorsqu'il est administré pendant la grossesse. Carboplatine s'est révélé embryotoxique et tératogène chez le rat recevant la molécule pendant l'organogénèse. Aucune étude contrôlée n'a été menée chez la femme enceinte.
Si ce médicament est utilisé pendant la grossesse ou si la patiente devient enceinte alors qu'elle est sous traitement par ce médicament, la patiente doit être informée du risque possible pour le foetus.
Les patientes en âge de procréer doivent être informée de ne pas tomber enceinte.
Le passage de carboplatine dans le lait maternel n'est pas connu.
Si le traitement est vraiment nécessaire pendant l'allaitement, celui-ci doit être arrêté.
Une inhibition des gonades entraînant une aménorrhée ou une azoospermie peut survenir lors d'un traitement antinéoplasique. Ces effets semblent être liés à la dose et à la durée du traitement et peuvent être irréversibles. La prévision du degré d'altération de la fonction testiculaire ou ovarienne est compliquée par l'administration fréquente de l'association de plusieurs antinéoplasiques, ce qui rend difficile l'évaluation des effets spécifiques de chaque agent.
Il est recommandé aux hommes en âge de procréer traités par le carboplatine de ne pas procréer durant le traitement et jusqu'à six mois après son arrêt et de demander des conseils relatifs à la conservation du sperme avant l'instauration du traitement en raison de la possibilité d'une infertilité irréversible due au carboplatine.
Le conditionnement (opercule du flacon de Carboplatine de 50mg, 150mg et 450 mg) de cette spécialité contient un dérivé du latex, qui peut causer, chez les personnes allergiques au latex, des réactions allergiques graves.
L'administration du carboplatine doit être supervisée par un médecin qualifié et expérimenté en matière de mise en oeuvre des traitements anticancéreux. Des numérations de la formule sanguine ainsi qu'un contrôle des fonctions rénales et hépatiques sont recommandés de façon régulière. Le médicament doit être arrêté si une myélosuppression anormale ou une altération anormale de la fonction rénale ou hépatique est observée.
La sévérité de la myélosuppression est aggravée chez les patients déjà traités avec carboplatine ou avec cisplatine. Elle peut être également aggravée chez les patients avec une insuffisance rénale.
Chez ces patients, les posologies initiales de carboplatine doivent être réduites de manière appropriée et les effets thérapeutiques seront à surveiller par des contrôles sanguins fréquents entre les cycles.
L'association de carboplatine avec d'autres molécules myélosuppressives doit être envisagée avec prudence en respectant les doses et intervalles afin de réduire l'effet cumulatif des molécules.
Des effets myélosuppresseurs peuvent s'ajouter chez des patients déjà traités par chimiothérapie. Les patients présentant des myélosuppressions sévères et persistantes ont de hauts risques de développer des complications infectieuses pouvant être fatales (voir la section Effets indésirables).
Si l'un de ces effets se produisait, le traitement par Carboplatine doit être interrompu et une modification ou un arrêt de traitement doit être envisagé.
Les leucopénies, neutropénies et thrombocytopénies sont dose-dépendantes et sont des facteurs limitant la posologie. La numération sanguine doit être contrôlée fréquemment au cours du traitement par carboplatine et, en cas de toxicité hématologique, jusqu'au retour à la normale de la numération sanguine.
En moyenne, le nadir se situe au 21ème jour chez les patients recevant carboplatine en monothérapie et au 15ème jour chez les patients recevant carboplatine en association avec une autre chimiothérapie.
En règle générale, les cures uniques d'administrations intermittentes de carboplatine ne doivent pas être répétées avant le retour à la normale de la numération des leucocytes, des neutrophiles et des plaquettes. Le traitement ne doit pas être répété moins de quatre semaines entre chaque administration de carboplatine et/ou jusqu'au retour de la numération des neutrophiles à au moins 2 000 cellules/mm3 et de la numération plaquettaire à au moins 100 000 cellules/mm3.
L'anémie est fréquente et cumulative et nécessite, dans de très rares cas, une transfusion.
Une anémie hémolytique, avec la présence d'anticorps induits par des médicaments sérologiques a été rapportée chez des patients traités par carboplatine. Cet évènement peut être fatal.
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est un effet secondaire qui peut engager le pronostic vital.
Le traitement par Carboplatine doit être arrêté dès les premiers symptômes d'anémie hémolytique microangiopathique comme : une diminution rapide de l'hémoglobinémie, avec concomitamment une thrombocytopénie, une augmentation de la bilirubinémie, de la créatininémie, de l'urémie ou de la LDH.
Des cas de leucémie promyélocytaire aiguë et de syndrome myélodysplasique (SMD)/ Leucémie myéloïde aiguë (LMA) ont été rapportés des années après le traitement par carboplatine et autres traitements antinéoplasiques.
L'insuffisance rénale peut ne pas être réversible à l'arrêt du traitement et une dialyse peut être nécessaire.
Comme avec les autres dérivés du platine, des réactions allergiques peuvent apparaître, le plus souvent durant la perfusion, et nécessiter l'arrêt de celle-ci. Un traitement symptomatique approprié peut être administré dans ces cas. Des réactions croisées parfois mortelles ont été rapportées avec tous les dérivés du platine.
Chez les patients dont la fonction rénale est altérée, les effets du carboplatine sur le système hématopoïétique sont plus importants et durent plus longtemps que chez les patients dont la fonction rénale est normale. Dans ce groupe à risque, le traitement par carboplatine doit être envisagé avec une prudence particulière.
Maladie veino-occlusive hépatique
Des cas de maladie veino-occlusive hépatique (syndrome d'obstruction sinusoïdale) ont été rapportés, dont certains étaient mortels. Les patients doivent être surveillés pour des signes et des symptômes de fonction hépatique anormale ou d'hypertension portale ne résultant pas de manière évidente de métastases hépatiques.
Bien que généralement fréquente et d'intensité modérée, limitée à des paresthésies ou à une diminution des réflexes ostéotendineux, la toxicité neurologique périphérique est plus fréquente chez les patients de plus de 65 ans et/ou chez les patients déjà traités par cisplatine. Une surveillance et un suivi neurologique réguliers sont recommandés.
Des troubles visuels et notamment une perte de la vue ont été rapportés chez des patients ayant une altération de la fonction rénale, après injection de carboplatine à des doses supérieures à celles recommandées. Ces troubles semblent se résoudre totalement ou de façon significative dans les semaines suivant l'arrêt de ces fortes doses.
Dans des études où le carboplatine et le cyclophosphamide étaient administrés en association, les patients âgés traités par du carboplatine étaient plus susceptibles de présenter des thrombocytopénies sévères que les patients plus jeunes. La fonction rénale étant souvent altérée chez les patients âgés, elle doit être évaluée pour déterminer la posologie.
Le syndrome leucoencéphalopathique postérieur réversible (SLPR)
Des cas de syndrome leucoencéphalopathique postérieur réversible ont été rapportés chez des patients traités par Carboplatine en association avec une chimiothérapie.
Le SLPR, réversible après l'arrêt traitement, est une maladie neurologique rare qui évolue rapidement, vers un état convulsif, de l'hypertension, des céphalées, de la confusion, une perte de la vue et autres désordres visuels et neurologiques (voir la section Effets indésirables).
Le diagnostic du SLPR est basé sur l'imagerie cérébrale, de préférence l'IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique).
Dans l'expérience de post-mise sur le marché, le syndrome de lyse tumorale (SLT) a été rapporté chez les patients suite à l'utilisation de carboplatine seul ou en association avec d'autres agents chimiothérapeutiques. Les patients à risque élevé de SLT, comme les patients présentant un taux prolifératif élevé, une charge tumorale élevée et une haute sensibilité à des agents cytotoxiques, doivent être étroitement surveillés et des précautions appropriées doivent être prises.
Des déficits auditifs ont été rapportés au cours de traitements par carboplatine.
L'ototoxicité peut être plus sévère chez l'enfant. Des cas de perte d'audition de survenue retardée ont été rapportés chez des patients pédiatriques. Un suivi audiométrique à long terme est recommandé dans cette population.
Les examens audiométriques ont mis en évidence des déficits auditifs sur le langage chez 15% des malades, avec des anomalies situées au niveau des hautes fréquences (4 000-8 000 Hz). De très rares cas d'hypoacousie ont été rapportés.
Chez les patients ayant des lésions antérieures de l'appareil auditif dues au cisplatine, une aggravation du déficit auditif se produit parfois pendant le traitement par carboplatine.
L'administration de vaccins vivants ou vivants atténués à des patients immunodéprimés par des agents chimiothérapeutiques, dont le carboplatine, peut entraîner des infections graves ou mortelles. L'administration d'un vaccin vivant doit être évitée chez les patients recevant le carboplatine. Des vaccins tués ou inactivés peuvent être administrés, mais la réponse à ces vaccins peut être plus faible.
La manipulation et la reconstitution du carboplatine par le personnel médical nécessitent les précautions d'utilisation indispensables pour tout agent cytotoxique.
+ Phénytoïne (en cas de traitement antérieur à la chimiothérapie)
+ Diurétiques de l'anse : l'utilisation simultanée de carboplatine avec un diurétique de l'anse doit être prise en compte en raison de la néphrotoxicité et de l'ototoxicité cumulées.
La fréquence des effets indésirables rapportés ci-dessous a été établie à partir de données obtenues chez 1 893 malades ayant reçu du carboplatine en monothérapie aux doses recommandées et à partir des données post-commercialisation.
La liste est établie par classe de système d'organes et selon la terminologie MedDRA (termes préférentiels), et les fréquences présentées correspondent aux catégories ci-dessous :
Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100) ;
Rare (≥ 1/10 000 à ≤1/1 000) ;
Néoplasmes, Tumeurs bénignes, malignes (dont kystes et polypes)
Affections malignes secondaires après traitement
Thrombocytopénie, neutropénie, leucopénie, anémie
Hémorragie*
Insuffisance médullaire, neutropénie fébrile, syndrome hémolytique et urémique, anémie hémolytique
Hypersensibilité, réaction de type anaphylactoïde
Déshydratation, anorexie, hyponatrémie, Syndrome de lyse tumorale (SLT)
Neuropathie périphérique, paraesthésie, diminution du réflexe ostéo-tendineux, troubles sensoriels, dysgueusie
Accident vasculaire cérébral*, encéphalopathie, syndrome leucoencéphalopathique postérieur réversible (SLPR)
Troubles visuels, rares cas de perte de vision
Troubles cardiovasculaires*
Insuffisance cardiaque*, syndrome de Kounis (angor de Prinzmetal allergique)
Embolie*, hypertension, hypotension, maladie veino-occlusive (fatale)
Trouble respiratoire, maladie pulmonaire interstitielle, bronchospasme
Vomissements, nausées, douleurs abdominales
Diarrhées, constipation, troubles des muqueuses
Stomatite, Pancréatite
Affections de la peau et du tissus sous cutané
Alopécie, troubles cutanés
Urticaire, éruption cutanée, érythème, prurit
Asthénie, fièvre, frissons, mucite
Nécrose au site d'injection, réaction au site d'injection (chaleur, rougeur, gonflement, urticaire), extravasation au site d'injection, érythème au site d'injection, malaise
Diminution de la clairance rénale de la créatinine, augmentation de l'urémie, augmentation des phosphatases alcalines sanguines, augmentation des taux d'aspartate aminotransférases, anomalies des tests hépatiques, hyponatrémie, hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie
Augmentation de la bilirubine, augmentation de la créatinémie, augmentation de l'uricémie
*Mortel dans < 1% des cas, évènements cardiovasculaires mortels dans < 1% incluant insuffisance cardiaque, embolie et accidents vasculaires cérébraux combiné.
La myélosuppression est la toxicité dose-limitante du carboplatine. Chez les patients ayant des valeurs initiales normales, il a été observé une thrombocytopénie avec des plaquettes inférieures à 50 000/mm3 chez 25% des patients, une neutropénie avec des granulocytes inférieurs à 1 000/mm3 chez 18% des patients et une leucopénie avec des leucocytes inférieurs à 2 000/mm3 chez 14% des patients. Le nadir apparait généralement au 21ème jour.
La myélosuppression peut être aggravée par l'association de carboplatine Hospira à d'autres molécules myélosuppressives ou à d'autres formes de traitements.
Le nombre de plaquettes et de leucocytes reviennent habituellement à la normale 28 jours après le traitement.
La régénération des plaquettes et des leucocytes peut prendre jusqu'à 35 à 42 jours respectivement. Dans ces conditions, le traitement par carboplatine ne devrait pas être repris avant que le nombre de plaquettes soit supérieur à ≥ 100 000 cellules /mm3 et que le nombre de globules blancs soit ≥ 4 000 cellules /mm3.
La diminution de la fonction de la moelle osseuse est plus sévère et plus prolongée chez les patients insuffisants rénaux ou qui ont déjà subi un traitement précédent intensif, en particulier chez les patients traités précédemment par cisplatine, les patients avec un état de santé diminué ou les sujets âgés (+ de 65 ans) que chez des patients sans ces facteurs de risques.
Les patients ayant un faible indice de performance ont également présenté une leucopénie et une thrombocytopénie plus importantes.
Ces perturbations de la fonction de la moelle osseuse, sont normalement réversibles et non cumulatives, à condition que Carboplatine Hospira soit utilisé selon les recommandations d'usage.
Ces effets, bien que généralement réversibles, ont provoqué des complications infectieuses et hémorragiques chez respectivement 4% et 5% des patients sous carboplatine. Ces complications ont été mortelles chez moins de 1% des patients.
Une anémie caractérisée par une hémoglobinémie inférieure à 8 g/dl a été observée chez 15% des patients ayant des valeurs initiales normales. L'incidence de l'anémie augmente avec l'exposition au carboplatine Hospira.
Dans des cas exceptionnels, une administration de globules rouges peut être envisagée.
Des affections malignes secondaires après l'association d'autres cytotoxiques avec du carboplatine ont été rapportées.
Après l'association d'autres cytotoxiques avec du carboplatine des cas, peu fréquent, de syndromes myélodysplasiques et de leucémie myéloïde aiguë ont été observés. Très rarement, des cas de leucémie promyélocytaire aiguë ont été observés.
Des réactions anaphylactiques, parfois mortelles, peuvent survenir dans les minutes suivant l'injection du produit : oedème facial, dyspnée, tachycardie, diminution de la pression artérielle, urticaire, choc anaphylactique, bronchospasme, angioedème.
Ces réactions peuvent être contrôlées avec des antihistaminiques, de l'adrénaline et/ou des glucocorticoïdes.
Ces réactions sont similaires à celles observées après l'administration d'autres dérivés du platine et peuvent apparaitre en quelques minutes après l'injection. L'incidence des réactions allergiques peut augmenter avec une exposition précédente aux dérivés de platine et il existe une sensibilité croisée avec les autres composants du platine.
Les patients doivent être surveillés étroitement pour détecter les réactions allergiques potentielles et pouvoir les traiter aussitôt.
Une neuropathie périphérique (principalement paresthésies et diminution des réflexes ostéotendineux) est apparue chez 4% des patients ayant reçu une injection de carboplatine. Les patients âgés de plus de 65 ans et les patients déjà traités par du cisplatine ainsi que ceux recevant un traitement prolongé par du carboplatine présentent un risque augmenté.
Des paresthésies sous traitement par le cisplatine sont parfois aggravées par un traitement ultérieur par carboplatine.
Des troubles sensoriels cliniquement significatifs (troubles visuels et modifications du goût) ont été décrits chez 1% des patients.
La fréquence globale des effets indésirables neurologiques semble être augmentée chez les patients recevant carboplatine en association. Ceci peut aussi être dû à une exposition cumulée plus longue.
Des symptômes du système nerveux central qui sont souvent attribués au traitement antiémétiques ont été décrits comme étant peu fréquent.
Des cas d'inflammation du nerf optique entrainant une perturbation de la vue, incluant une cécité ont été fréquemment rapportés. Ces troubles sont habituellement associés à un traitement à forte dose chez des patients insuffisants rénaux.
Les examens audiométriques ont mis en évidence des déficits auditifs chez 15% des malades, avec des anomalies situées au niveau des hautes fréquences (4 000-8 000 Hz). De très rares cas d'hypoacousie ont été rapportés.
Des cas d'acouphènes, ont été aussi fréquemment rapportés.
Chez les patients ayant des lésions antérieures de l'appareil auditif dues au cisplatine, le traitement par carboplatine peut aggraver le déficit auditif.
À des doses plus élevées que celles recommandées en association à d'autres agents cytotoxiques, une perte cliniquement significative de l'audition a été rapportée chez des enfants traités par le carboplatine.
Des vomissements se produisent chez 65% des patients et sont sévères chez un tiers de ces patients. Des nausées apparaissent chez 15% en plus. Le risque de vomissements est supérieur chez les patients traités antérieurement (en particulier les patients ayant déjà reçu du cisplatine).
Les vomissements apparaissent environ 6 heures après l'administration du carboplatine. Ces effets durent relativement peu de temps et puis cessent. Ces effets disparaissent habituellement dans les 24 heures suivant le traitement par carboplatine.
Les vomissements sont plus fréquents lorsque les patients sont précédemment traités, spécialement par un traitement par cisplatine. Les vomissements sont plus courants, si carboplatine Hospira est administré en association à d'autres molécules émétisantes.
Les nausées et vomissements sont généralement contrôlés par l'administration d'antiémétique et peuvent être évités par l'administration prophylactique.
Les autres effets indésirables gastro-intestinaux correspondent à des douleurs chez 8% des patients, des diarrhées et une constipation chez 6% des patients.
Des cas de vomissement peuvent ne pas être contrôlés par les antiémétiques.
Chez les patients ayant des valeurs initiales normales, une modification de la fonction hépatique a été observée, avec une augmentation de la bilirubine totale chez 5% des patients, des ASAT chez 15% des patients et des phosphatases alcalines chez 24% des patients.
Ces modifications sont généralement légères et réversibles chez environ la moitié des patients.
Une élévation des enzymes hépatiques (incluant phosphatases alcalines et aspartate amino-transférase), souvent réversible et qui n'est pas clairement attribué à la tumeur est notée après l'administration de la carboplatine aux doses recommandées ici. Cependant, ces changements dans les résultats d'analyses de laboratoires n'ont jamais conduit à un arrêt du traitement chez les patients.
Des cas de nécroses cellulaires hépatiques fulminantes sont survenus après l'administration de carboplatine à forte dose. Dans un petit groupe de patients recevant de très fortes doses de carboplatine, ayant subi une greffe de moelle osseuse autologue, il a été observé une élévation importante des enzymes hépatiques.
À des posologies habituelles, l'apparition d'anomalies de la fonction rénale est peu fréquente même si carboplatine est administré sans hyperhydratation et/ou diurèse forcée. Une augmentation de la créatinine sérique est observée chez 6% des patients, une augmentation de l'azote uréique sanguin chez 14% des patients et de l'acide urique chez 5% des patients. Ces augmentations sont généralement faibles et réversibles chez environ la moitié des patients. La mesure da la clairance de créatinine est le facteur le plus sensible de la fonction rénale. Une diminution de la clairance de la créatinine a été observée chez 27% des patients avec une créatinémie supérieure ou égale à 60 ml/min après un traitement par carboplatine.
L'hyperuricémie (augmentation dans le sérum de la quantité d'acide urique) peut être réduite significativement par une administration d'allopurinol.
Ces anomalies peuvent être plus importantes et plus prononcées chez les patients insuffisants rénaux avant le début du traitement que chez les patients avec une fonction rénale normale. Les cas d'insuffisances rénales sont plus fréquents chez des patients qui ont déjà été atteints de néphrotoxicité avec par un traitement précédent de cisplatine.
Il est actuellement incertain d'éviter une détérioration de la fonction rénale par un programme d'hydratation chez les patients atteints d'insuffisance rénale. Dans le cas d'une perturbation de la fonction rénale modérée (avec une clairance de la créatinine ‹ 60 à 30 ml/min), la dose de carboplatine doit être réduite en fonction de la réduction du débit de filtration glomérulaire (GFR) ou le carboplatine devrait être arrêté (voir rubrique Posologie et mode d'administration).
Carboplatine Hospira est contre-indiqué quand le débit de filtration glomérulaire (GFR) est ‹ à 30 ml/min.
Des cas isolés d'accidents cardiovasculaires (insuffisance cardiaque, embolie) et d'accidents vasculaires cérébraux ont été rapportés.
Une réduction des taux sériques de sodium, potassium, calcium et magnésium a été observée chez respectivement 29%, 20%, 22% et 29% des patients. En particulier, quelques cas d'hyponatrémie précoce ont été rapportés. Ces anomalies électrolytiques ne sont pas suffisamment marquées pour être responsables de manifestations cliniques.
Autres affections et réactions au site d'injection
Des réactions au site d'injection (brûlure, douleur, érythème, oedème, urticaire, nécrose en relation avec une extravasation) ont été rapportées.
Des cas de fièvre, de frissons et de mucite ont été parfois observés. Des études chez les animaux ont montré que le carboplatine a des propriétés embryotoxique et tératogène. Lors de cultures cellulaires, des mutations génétiques et des aberrations chromosomiques ont été démontrés. En se basant sur ces résultats, on peut dire que le carboplatine a des effets carcinogéniques.
Des cas de fibroses pulmonaires ont été observés, cela se manifeste par une constriction thoracique et une dyspnée. Cela devrait être considéré si un état d'hypersensibilité pulmonaire est exclue (voir Affections du système immunitaire ci-dessus).
Des anomalies modérées (Normales x 1,25) des paramètres de la fonction hépatique ont été observées. Il s'agit d'élévations des phosphatases alcalines chez 24% des patients, et, plus rarement, des SGOT, des SGPT (15%) et de la bilirubine totale (5% des patients).
Pour la plupart, elles ont régressé spontanément malgré la poursuite du traitement par le carboplatine. Des cas de nécroses cellulaires hépatiques fulminantes sont survenues après l'administration de carboplatine à forte dose.
Enfin, chez moins de 2% des patients au total, on a observé : asthénie, alopécie, fièvre et frissons, réaction au site d'injection (gonflement, rougeur, douleur).
Le carboplatine a été administré lors d'études de phase I à une dose allant jusqu'à 1600 mg/m² par cure, par voie IV. A cette dose, des effets indésirables hématologiques susceptibles de mettre la vie en danger ont été observés : granulocytopénie, thrombocytopénie et anémie. Le nadir des granulocytes, des thrombocytes et de l'hémoglobine a été observé entre le 9ème et 25ème jour (médiane : entre le 12ème et le 17ème jour). Les granulocytes ont atteint des valeurs ≥ 500/µl entre le 8ème et 14ème jour (médiane : 11ème jour) et les thrombocytes ont atteint des valeurs ≥ 25 000/µl entre le 3ème et 8ème jour (médiane : 7ème jour).
Les effets indésirables non-hématologiques suivants sont également apparus : anomalies de la fonction rénale avec une chute de 50% du taux de filtration glomérulaire, neuropathie, ototoxicité, perte de la vue, hyperbilirubinémie, mucite, diarrhée, nausées et vomissements avec céphalées, alopécie, érythème et infection grave. Dans la majorité des cas, les troubles auditifs sont transitoires et réversibles.
Il n'existe pas d'antidote connu au carboplatine en surdosage. Les complications prévisibles d'un surdosage sont liées à une myélosuppression, ainsi qu'à une altération de la fonction rénale et hépatique. Une transplantation de moelle osseuse et des transfusions (thrombocytes, sang) peuvent constituer des mesures efficaces pour traiter ces effets indésirables hématologiques.