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Timestamp: 2016-10-27 20:57:36+00:00
Document Index: 63073845

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'art. 86', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 89', 'art. 24', 'art. 24', 'art. 25', 'ATF ', 'art. 79', 'art. 24', 'art. 24', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 24', 'art. 24', 'art. 24', 'art. 26', 'art. 36', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 36', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

1C_537/2011 (26.04.2012)
tous les deux repr�sent�s par Me Leila Roussianos, avocate,
Municipalit� de Blonay, case postale 171, 1807 Blonay, repr�sent�e par Me Denis Sulliger, avocat,
Service du d�veloppement territorial, place de la Riponne 10, 1014 Lausanne, repr�sent� par Me Edmond de Braun, avocat.
Remise en �tat de travaux illicites en zone agricole,
A.________ et B.________ sont propri�taires de la parcelle n� 2949 du cadastre de la commune de Blonay. Ce bien-fonds, colloqu� en zone agricole, supporte une maison paysanne du XIX�me si�cle qui n'avait pas d'usage agricole au 1er juillet 1972. Il est entour� au nord-ouest et au sud de deux b�timents d'habitation; le reste de l'entourage est compos� de pr�s et de champs cultiv�s.
Lors de l'acquisition de la parcelle, le 16 septembre 1999, les fa�ades de pierre de la maison �taient recouvertes d'un cr�pi de couleur ocre; la fa�ade ouest comportait un balcon �troit avec plancher et balustrade en bois; la fa�ade sud pr�sentait une organisation tripartite (habitation, grange et �curie) avec une paroi bois�e dans la partie "grange"; les alentours imm�diats de la maison �taient couverts de dallage ou de gravier; au sud de celle-ci, se trouvait une construction rectangulaire compos�e de poteaux en bois recouverts d'un toit en t�le.
Cette maison paysanne s'�tait vu attribuer le 31 mars 1976 la note *4* (qualit�s d'int�gration) au recensement architectural vaudois r�alis� par le Service immeubles, patrimoine et logistique (ci-apr�s: le SIPAL). Le 5 ao�t 2000, l'immeuble a �t� r��valu� pour obtenir le note *3* (importance locale). Les propri�taires en ont �t� inform�s par le SIPAL le 17 mai 2001; la municipalit� de Blonay en a eu connaissance le 6 mars 2002.
Le 9 mai 2000, A.________ et B.________ ont d�pos� une demande de permis de construire portant sur la transformation de l'appartement existant dans la maison paysanne, la cr�ation d'un logement dans le rural, l'installation d'une citerne et la cr�ation de quatre places de parc; une terrasse d'une profondeur de 2,60 m figurait sur les plans le long de la fa�ade sud, devant l'ancienne partie "rural". S'agissant de l'agrandissement de la partie habitable d'un ancien b�timent agricole sis hors zone � b�tir, une autorisation sp�ciale a �t� donn�e par le Service vaudois de l'am�nagement du territoire (ci-apr�s: le SAT) et l'autorisation de construire a �t� d�livr�e par la municipalit� le 4 ao�t 2000. Cette derni�re a �galement d�livr� un permis de construire le 17 novembre 2000 pour une modification du projet portant notamment sur la cr�ation d'un studio et de bureaux. Ces projets n'ont pas �t� transmis au SIPAL. Le 14 d�cembre 2005, la municipalit� a d�livr� le permis d'habiter pour les deux projets autoris�s.
Le 12 juin 2006, A.________ et B.________ ont d�pos� une demande de permis de construire portant sur la construction d'une piscine de 40 m2; les plans faisaient �tat d'une margelle d'une largeur de 50 cm, � construire, et d'une barri�re existante longeant les fa�ades sud et est de la maison � une distance d'environ 2,60 m de celle-ci. L'autorisation sp�ciale a �t� donn�e par le SAT, dans la mesure o� aucun am�nagement ext�rieur n'�tait pr�vu, � l'exception de la margelle autour du bassin de la piscine. La municipalit� a d�livr� le permis de construire le 15 septembre 2006.
A l'occasion d'un contr�le de la fin des travaux, le 23 juin 2009, la municipalit� a constat� que plusieurs installations avaient �t� r�alis�es sans autorisation. Interpell�, le Service du d�veloppement territorial (ci-apr�s: le SDT), qui a succ�d� au SAT, a constat� que les constructions avaient �t� r�alis�es en non-conformit� des dossiers d'enqu�te publique.
Apr�s avoir recueilli les d�terminations de A.________ et B.________, le SDT a ordonn� par d�cision du 13 ao�t 2010 des mesures portant sur la suppression de toutes les interventions non autoris�es dans les permis de construire des 4 ao�t 2000, 17 novembre 2000 et 15 septembre 2006.
A.________ et B.________ ont interjet� recours devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal), lequel a proc�d� � une vision locale en pr�sence des parties et des repr�sentants du SDT et du SIPAL. Par arr�t du 27 octobre 2011, le Tribunal cantonal a partiellement admis le recours en ce sens qu'il a annul� l'ordre de remise en �tat concernant le balcon ouest; il a confirm� pour le surplus la d�cision du 13 ao�t 2010 du SDT. Les juges cantonaux ont notamment constat� que tant le potentiel d'agrandissement dans le volume que le potentiel d'agrandissement hors volume avaient �t� largement d�pass�s par les travaux effectu�s par A.________ et B.________.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ et B.________ demandent principalement au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal cantonal du 27 octobre 2011 et de renvoyer la cause pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Ils concluent subsidiairement � l'annulation de la d�cision du SDT du 13 ao�t 2010.
Le Tribunal cantonal ainsi que le SDT et le SIPAL concluent au rejet du recours. La municipalit� de Blonay renonce � d�poser une r�ponse. Invit� � se d�terminer, l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial insiste sur l'importance du r�tablissement de l'�tat d'origine. Les recourants ont r�pliqu�, persistant dans leur pr�c�dente argumentation.
Dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 lit. d LTF) dans le domaine du droit public des constructions (art. 82 lit. a LTF), le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e. Les recourants ont pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal. En tant que destinataires de la d�cision de remise en �tat de la parcelle dont ils sont propri�taires, ils ont qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. Les autres conditions de recevabilit� sont par ailleurs r�unies, si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re sur le fond.
Les recourants critiquent d'abord les mesures prises en relation avec les permis de construire des 4 ao�t et 17 novembre 2000. Devant le Tribunal f�d�ral, sont encore litigieuses la reconstitution du cr�pi sur les fa�ades sud et ouest (ch. 2 d�cision du 13 ao�t 2010 du SDT), la restitution des fa�ades sud, est et nord conform�ment aux plans d�pos�s (ch. 3 id.), la suppression de plantations dites exotiques (ch. 7 id.) et la suppression de la pergola (ch. 9 id.).
2.1 S'agissant du cr�pi, la cour cantonale a constat� de mani�re � lier le Tribunal f�d�ral que le d�cr�pissage qu'ont op�r� les recourants porte sur une surface importante du b�timent (fa�ade ouest et moiti� de la fa�ade sud) et est particuli�rement visible. Elle a ensuite repris l'appr�ciation du SIPAL selon laquelle les murs en pierres nues que cette op�ration a mis � jour ne correspondent pas � l'architecture des fermes vaudoises et ne respectent pas l'identit� des maisons paysannes. D�s lors, une r�gularisation de la situation selon l'art. 24c de la loi f�d�rale du 22 juin 1979 sur l'am�nagement du territoire (LAT; RS 700) n'entrait pas en ligne de compte.
En ce qui concerne la restitution des fa�ades sud, ouest et nord, la cour cantonale a �galement constat� de mani�re souveraine que les ouvertures pratiqu�es dans ces fa�ades ne correspondent, dans une large mesure, ni aux plans d'enqu�te ni aux plans ult�rieurs. Ainsi, l'organisation tripartite du b�timent n'�tait plus perceptible, contrairement � ce que pr�voyaient les plans ayant fait l'objet de l'autorisation de construire. La cour cantonale a encore relev� que certaines parties en bois du b�timent qui auraient d� �tre maintenues selon le permis de construire ont �t� ma�onn�es, accroissant d'autant la perception d'une construction d'un seul tenant. Dans ces conditions, le b�timent ne pr�sentait plus les caract�ristiques architecturales ni l'aspect ext�rieur d'une maison paysanne. Ces interventions ne pouvaient donc �tre r�gularis�es selon l'art. 24d al. 3 et 24c LAT.
Au chapitre des plantations exotiques, la cour cantonale a constat� sur la parcelle la pr�sence d'oliviers, de palmiers, de pins, de cypr�s, d'un figuier et de haies de thuyas. Consid�rant que rien n'imposait la plantation de telles essences en zone agricole, elle a estim� que l'int�r�t public � la protection d'un ensemble agricole harmonieux �tait pr�pond�rant par rapport � celui purement priv� des recourants � b�n�ficier d'un jardin d'agr�ment ne correspondant nullement au caract�re rural des lieux.
La cour cantonale a enfin retenu que la construction rectangulaire compos�e � l'origine de poteaux en bois recouverts d'un toit en t�le avait �t� d�molie et reconstruite � un autre endroit pour cr�er une pergola; son sol a �t� couvert de dalles et elle sert de terrasse couverte. D'une surface sup�rieure � 8 m2 et prolongeant la terrasse de la piscine, cette pergola ne pouvait �tre consid�r�e comme un ouvrage de minime importance dispens� d'autorisation de construire. L� encore, une r�gularisation de la situation �tait exclue.
2.2 Les recourants soutiennent d'abord que les travaux litigieux ont �t� valablement autoris�s.
2.2.1 Les recourants affirment que les travaux ex�cut�s ont �t� entrepris en s'informant constamment aupr�s de l'autorit� municipale de leur conformit� avec les permis de construire obtenus; ayant en outre b�n�fici� du permis d'habiter d�livr� par la municipalit�, ils �taient en droit de consid�rer que les travaux �taient valablement autoris�s.
Or, comme l'a relev� la cour cantonale, la comp�tence pour autoriser des constructions hors zone � b�tir incombe au seul canton (art. 25 al. 2 LAT et 81 al. 1 LATC), de sorte que les �ventuelles d�cisions de la municipalit� dans ce domaine sont nulles (ATF 132 II 21 consid. 3.2.2 p. 28; 111 Ib 213 consid. 5 p. 220). La seule transmission du permis d'habiter � la CAMAC (art. 79 al. 2 du R�glement d'application de la LATC; RS/VD 700.11.1), contrairement � ce que semblent sous-entendre les recourants, ne peut rien y changer. Pour le surplus, les recourants placent leur critique sous l'angle de la bonne foi, �l�ment susceptible d'entrer �ventuellement en consid�ration pour appr�cier la question de la remise en �tat de la parcelle (cf. consid. 2.3 infra). En revanche, ils ne discutent pas l'argumentation juridique de l'autorit� inf�rieure relative � la non-conformit� des travaux entrepris avec les imp�ratifs li�s � la zone agricole et ne remettent pas non plus en cause le raisonnement juridique des juges cantonaux conduisant � soumettre � autorisation la plantation d'essences exotiques formant un jardin d'agr�ment. Il n'y a donc pas lieu de revenir sur ces d�veloppements.
2.2.2 Sans se r�f�rer � une disposition l�gale pr�cise, les recourants font ensuite valoir que les modifications r�alis�es sur le b�timent n'ont pas modifi� de mani�re importante l'identit� de l'ensemble b�ti, certaines interventions �tant minimes.
Une telle critique doit sans doute �tre mise en relation avec les art. 24c LAT et 42 al. 1 de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire du 28 juin 2000 (OAT; RS 700.1) qui autorisent la modification de constructions en zone agricole pour autant que l'identit� de celle-ci ou de ses abords soit respect�e pour l'essentiel; elle peut �galement se fonder sur l'art. 24d al. 3 let. b LAT, � teneur duquel l'autorisation concernant des constructions et installations jug�es dignes d'�tre prot�g�es ne peut �tre d�livr�e en zone agricole que si l'aspect ext�rieur et la structure architecturale du b�timent demeurent pour l'essentiel inchang�s. La question de savoir si l'identit� de la construction ou de l'installation est respect�e pour l'essentiel est � examiner en fonction de l'ensemble des circonstances (art. 42 al. 3 OAT). D�s lors, l'autorit� cantonale dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation pour d�terminer le niveau d'atteinte � l'aspect ext�rieur ou � la structure architecturale d'un b�timent, de sorte que le Tribunal f�d�ral s'impose une certaine retenue (cf. ATF 132 II 408 consid. 4.3 p. 416 et les r�f�rences). En l'esp�ce, la cour cantonale a expos� de mani�re circonstanci�e et convaincante en quoi chacune des interventions litigieuses portait atteinte � l'identit� de la construction ou de ses abords. La critique g�n�rale des recourants est d�s lors infond�e dans la mesure o� elle est recevable.
Quant aux all�gations des recourants selon lesquelles les ouvertures dans les fa�ades seraient conformes aux plans mis � l'enqu�te publique, elles s'�cartent des faits constat�s par l'autorit� cantonale: en raison du d�faut de d�monstration d'arbitraire dans l'�tat de fait cantonal, ces critiques sont irrecevables (cf. art. 97 al. 1 LTF).
2.2.3 Citant enfin l'art. 24d al. 2 LAT, les recourants �voquent par ailleurs la n�cessit� d'ex�cuter les travaux litigieux pour assurer la conservation � long terme du b�timent. Dans la mesure o� le recours ne contient aucun �l�ment de fait venant � l'appui de cette argumentation, le grief - soulev� pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral - n'est pas recevable.
2.3 Les recourants s'en prennent ensuite plus sp�cifiquement � la d�cision de remise en �tat de leur parcelle en rapport avec les travaux pr�cit�s. Ils s'estiment en effet victimes d'une mauvaise coordination de l'activit� des autorit�s municipales et cantonales comp�tentes. A les suivre, la d�cision de remise en �tat du cr�pi et des ouvertures en fa�ades ainsi que la suppression des plantes exotiques et de la pergola contrevient au principe de la bonne foi, appara�t totalement disproportionn�e et aboutit � un r�sultat choquant et contraire � l'�quit� sans �tre justifi�e par un int�r�t pr�pond�rant.
2.3.1 A cet �gard, la cour cantonale a pos� que lorsque, comme en l'esp�ce, l'autorisation cantonale ne peut �tre obtenue apr�s coup, le permis communal doit �tre consid�r� comme radicalement nul et d�pourvu d'effet, ce qui rend superflu l'examen de la pr�tendue bonne foi du constructeur; on pouvait certes d�plorer le fait que la municipalit� ait d�livr� un permis d'habiter en pr�sence d'importants travaux r�alis�s sans autorisation, mais cela ne permettait pas de retenir la bonne foi du constructeur sur ce point; quant � la r��valuation de la note de l'inventaire architectural vaudois, peu importait de savoir si elle avait �t� initi�e par le pr�c�dent propri�taire, les recourants, leur architecte ou le SIPAL lui-m�me puisque la solution juridique �tait la m�me, tant en regard de l'art. 24c LAT (note *4*) qu'en regard de l'art. 24d LAT (note *3*).
D�s lors, s'agissant de constructions �rig�es sans autorisation et en l'absence de bonne foi des recourants, il ne pouvait �tre renonc� � la remise en �tat que si les d�rogations � la r�gle �taient mineures; or, tel n'�tait pas le cas des interventions litigieuses.
2.3.2 L'ordre de remise en conformit� d'un immeuble - qui peut impliquer la destruction de constructions - constitue une atteinte � la garantie de la propri�t� (art. 26 Cst.) et doit d�s lors respecter les conditions pos�es par l'art. 36 Cst. (arr�t non publi� 1C_187/2011 du 15 mars 2012 consid. 2.3). Les recourants ne remettent ici en cause ni la pr�sence d'une base l�gale formelle (art. 105 al. 1 et 130 al. 2 LATC), ni l'existence d'un int�r�t public (� ce sujet: ATF 136 II 359 consid. 6 p. 364). En revanche, ils reprochent � la mesure son caract�re disproportionn� (art. 36 al. 3 Cst.), �voquant, sans les chiffrer, les "frais tr�s importants" que vont engendrer les travaux de remise en �tat. Ils font en outre valoir leur bonne foi au cours du processus d'autorisation des travaux litigieux.
Selon la jurisprudence, l'ordre de d�molir une construction illicite n'est en soi pas contraire au principe de la proportionnalit�. L'autorit� renonce � une telle mesure si les d�rogations � la r�gle sont mineures, si l'int�r�t public l�s� n'est pas de nature � justifier le dommage que la d�molition causerait au ma�tre de l'ouvrage, si celui-ci pouvait de bonne foi se croire autoris� � construire ou encore s'il y a des chances s�rieuses de faire reconna�tre la construction comme conforme au droit (ATF 123 II 248 consid. 3a/bb p. 252; 111 Ib 213 consid. 6b p. 224; 102 Ib 64 consid. 4 p. 69). Plus pr�cis�ment, le principe de la bonne foi conf�re � l'administr� le droit d'exiger des autorit�s qu'elles se conforment aux promesses ou assurances pr�cises qu'elles lui ont faites lorsque, en particulier, sur la foi de celles-ci, il a pris des dispositions sur lesquelles il ne peut pas revenir sans subir de pr�judice (cf. ATF 131 II 627 consid. 6.1 p. 636 et les r�f�rences). L'autorit� concern�e doit en outre �tre comp�tente, ou du moins apparemment comp�tente, � d�faut de quoi les promesses qu'elle donne � l'administr� ne lient pas l'autorit� comp�tente (Thierry Tanquerel, Manuel de droit administratif, 2011, n. 578b). Ainsi, les assurances donn�es par les organes d'une administration communale sur la stabilit� d'un plan de zone ne sauraient lier le l�gislateur communal, seul comp�tent en la mati�re (ATF 102 Ia 331 consid. 3c p. 336). Enfin, celui qui place l'autorit� devant un fait accompli doit s'attendre � ce qu'elle se pr�occupe plus de r�tablir une situation conforme au droit que d'�viter les inconv�nients qui en d�coulent pour lui (ATF 123 II 248 consid. 4a p. 255 et les r�f�rences).
2.3.3 Afin de d�montrer leur bonne foi, les recourants font grand cas du permis d'habiter qui leur a �t� d�livr� en d�cembre 2005. Cette circonstance, �ventuellement de nature � r�v�ler une absence regrettable de coordination entre certains services de l'Etat et la municipalit� concern�e, ne permet pas � elle seule de prouver la bonne foi des recourants. Si cet �l�ment d�montre que la municipalit� a �t� mise au courant des travaux litigieux lors de la d�livrance du permis d'habiter, il ne permet pas de retenir que l'autorit� municipale serait intervenue auparavant en donnant des assurances concr�tes auxquelles se seraient fi�s les recourants pour entreprendre des travaux illicites: sur ce point pr�cis, les recourants se bornent � opposer leur propre version des faits, sans d�montrer l'arbitraire de ceux retenus par la cour cantonale. De m�me, le fait qu'ils aient cru que la d�livrance du permis d'habiter "avaliserait d�finitivement les travaux entrepris" ne leur est d'aucune aide puisque cette circonstance ne d�montre pas que ces travaux auraient �t� autoris�s - avant leur r�alisation - par une autorit� comp�tente, la municipalit� ne l'�tant pr�cis�ment pas en l'esp�ce (cf. consid. 2.2.1 supra): la situation n'est ainsi pas comparable � celle o� la municipalit�, dans le cadre de ses comp�tences, d�livre - avant la r�alisation des travaux - un permis de construire non conforme � la loi (cf. arr�t 1C_260/2008 du 26 septembre 2008 consid. 2.3). Les recourants ne contestent en outre pas le fait que l'autorit� comp�tente, � savoir le SDT, est intervenue aupr�s d'eux d�s qu'elle a �t� inform�e par la municipalit� des am�nagements qu'ils avaient r�alis�s sans droit. Enfin, il est constant que les recourants �taient inform�s depuis mai 2001 du rel�vement du degr� de protection de leur b�timent et que, sur ce point, leur bonne foi ne peut �tre retenue lors de la d�livrance du permis d'habiter.
Quant au caract�re pr�tendument disproportionn� de l'ordre de remise en �tat, force est de constater que les recourants n'ont jamais chiffr� au cours de la proc�dure le montant des travaux qui leur incomberaient � ce titre. Sur un plan purement �conomique, le grief n'est donc pas suffisamment expos� et, pour ce motif, irrecevable (cf. art. 42 al. 2 LTF). Au surplus, comme cela a d�j� �t� relev� pr�c�demment (cf. consid. 2.2.2 supra), les interventions illicites sur le b�timent et ses abords ne constituent pas des d�rogations mineures aux dispositions l�gales applicables. A cet �gard, les recourants perdent de vue qu'ils sont propri�taires d'une parcelle situ�e en zone agricole, sur laquelle est �rig� un b�timent faisant l'objet depuis plus de dix ans d'une mesure de protection du patrimoine, ce qui implique certaines contraintes l�gales. Enfin, � teneur du dossier et des all�gu�s des recourants, les mesures ordonn�es ne conduiront pas � modifier l'aspect quantitatif des travaux, lequel d�passe d�j� le potentiel d'agrandissement admissible.
2.3.4 Au vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il concerne la reconstitution du cr�pi sur les fa�ades sud et ouest, la restitution des fa�ades sud, est et nord conform�ment aux plans d�pos�s, la suppression de plantations dites exotiques et la suppression de la pergola.
Les recourants s'en prennent �galement � l'ordre de remise en �tat concernant les travaux en relation avec le permis de construire d�livr� le 15 septembre 2006 pour l'installation d'une piscine. Devant le Tribunal f�d�ral, demeurent litigieuses la suppression de la douche et du salon ext�rieur (ch. 4 d�cision du 13 ao�t 2010 du SDT), la remise en herbe de la terrasse et la r�duction de la margelle de la piscine selon la synth�se CAMAC n� 74'887 (ch. 6 id.), la suppression du couvert m�tallique cr�� en 2009 pr�s des places de parc pour voitures (ch. 8 id.) et le maintien du cabanon de jardin, du moment qu'il n'exc�de pas 8 m2 (ch. 10 id.).
3.1 De mani�re g�n�rale, l'instance inf�rieure a constat� que les constructions et am�nagements pr�cit�s ont tr�s sensiblement modifi� les abords de la maison paysanne des recourants, accentuant l'aspect r�sidentiel de la parcelle au d�triment du caract�re rural inh�rent � une ferme sise hors de la zone � b�tir. Compte tenu de la transformation de la typologie et des caract�ristiques essentielles de cette ancienne ferme vaudoise, les juges cantonaux ont estim� que ces am�nagements ne pouvaient pas �tre r�gularis�s.
S'agissant plus pr�cis�ment de la remise en herbe de la terrasse, la cour cantonale a retenu, en se fondant sur les plans d'enqu�te, que seule une terrasse d'une largeur de 2,60 m�tres a �t� autoris�e le long de la fa�ade sud du b�timent. Il ressort en outre des constatations cantonales que cette terrasse a ult�rieurement �t� agrandie sans autorisation, formant deux rectangles � l'ouest et � l'est de la piscine jusqu'� une distance d'environ dix m�tres de la fa�ade sud. En ce qui concerne la margelle de la piscine, une largeur de 50 cm a �t� autoris�e, conform�ment aux plans mis � l'enqu�te. Or, � teneur des constatations cantonales, la margelle r�alis�e d�passe la dimension autoris�e.
3.2 Pour toutes les installations vis�es aux chiffres 4, 6, 8 et 10 de la d�cision du 13 ao�t 2010 du SDT, les recourants estiment que les travaux peuvent �tre r�gularis�s "en tant qu'ils constituent une d�rogation mineure � la r�gle" et affirment qu'une autorisation a posteriori est envisageable "eu �gard aux dispositions applicables et conform�ment au principe de la proportionnalit�". Ces critiques toute g�n�rales ne permettent pas de remettre en cause l'appr�ciation souveraine des autorit�s cantonales quant � la d�naturation radicale de la parcelle des recourants ensuite de la r�alisation des am�nagements litigieux (cf. consid. 2.2.2 supra). Quant aux critiques relatives � la question de savoir si l'extension de la terrasse a fait l'objet d'une autorisation ult�rieure, elles rel�vent des faits et - � d�faut de d�monstration d'arbitraire sur ce point - sont irrecevables. Le Tribunal f�d�ral ne peut pas non plus entrer en mati�re sur le sort du couvert m�tallique et du cabanon de jardin (ch. 8 et 10 d�cision SDT), faute de toute critique dirig�e sur ces points contre la d�cision attaqu�e (cf. art. 42 al. 2 LTF).
3.2.1 A suivre les recourants, la douche et le salon ext�rieur couvert (ch. 4 d�cision SDT) forment un tout b�ti avec le local technique - lequel a �t� d�ment autoris� - et doivent ainsi r�pondre � la m�me appr�ciation des autorit�s; il serait d�s lors disproportionn� d'ordonner "la destruction de la douche et du couvert formant un tout harmonieux avec le local technique".
Dans l'absolu, la proximit� du local technique d'une piscine avec une douche et un salon ext�rieur couvert est certes concevable, voire opportune. De telles consid�rations doivent cependant manifestement c�der, en l'esp�ce, le pas devant les imp�ratifs li�s � la stricte distinction entre la zone agricole et le territoire b�ti (ATF 136 II 359 consid. 6 p. 364). En outre, les recourants n'exposent pas en quoi ils seraient priv�s de l'usage de leur piscine apr�s la destruction des am�nagements r�alis�s sans autorisation; ils ne font pas plus valoir de mani�re pr�cise des co�ts excessifs de remise en �tat des abords de la piscine. Les recourants reprochent �galement � la cour cantonale d'avoir refus� d'instruire la question de savoir si les constructions litigieuses �taient de nature � r�duire les immissions excessives de bruit � l'extr�mit� est de leur parcelle: ils font ainsi valoir une violation du droit f�d�ral et de leur droit d'�tre entendu. Sur ce point, la cour cantonale a retenu qu'il ne saurait �tre question de r�gulariser, au titre de la protection contre le bruit, des constructions illicites, ce qui rendait vaine toute mesure d'instruction � ce propos. Les recourants n'opposent � ces d�veloppements juridiques aucune argumentation pr�cise et ne se r�f�rent � aucune disposition l�gale, se bornant tout au plus � �voquer une pes�e des int�r�ts � laquelle la cour cantonale aurait d� proc�der. De telles critiques ne sont pas aptes � d�montrer une violation du droit f�d�ral. D�s lors, la cour cantonale pouvait - par une appr�ciation anticip�e et non arbitraire des preuves (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236) - renoncer � administrer les preuves requises. Le grief de violation du droit d'�tre entendu n'est donc pas non plus fond�.
3.2.2 En ce qui concerne la remise en herbe de la terrasse (ch. 6 d�cision SDT), les recourants se r�f�rent au permis d'habiter d�livr� en 2005 et �voquent la "transparence" dans laquelle ils auraient entrepris les travaux. Sur la base de ces �l�ments, ils s'estiment fond�s � consid�rer que les travaux entrepris l'ont �t� dans le respect de la d�cision de l'autorit� et en conformit� au droit.
Comme on l'a d�j� vu, la d�livrance du permis d'habiter ne saurait avoir la port�e que veulent lui conf�rer les recourants pour d�montrer leur bonne foi (consid. 2.3.3). En tout �tat, les recourants sont mal venus de se plaindre d'une disproportion de la mesure de remise en �tat de leur parcelle lorsque la terrasse r�alis�e se trouve � dix m�tres de la fa�ade sud du b�timent, par rapport aux 2,60 m�tres mentionn�s dans l'autorisation. L� encore, les recourants ne se pr�valent pas non plus des co�ts excessifs que repr�senteraient les travaux de remise en �tat. D�s lors, la d�cision de remise en herbe �chappe � la critique.
3.2.3 S'agissant enfin de la margelle de la piscine (ch. 6 d�cision SDT), force est de constater que, contrairement � ce que soutiennent les recourants, la synth�se CAMAC n� 74887 faisait r�f�rence � une largeur de 50 cm, qui est aujourd'hui d�pass�e.
Le fait que ce d�passement, selon les recourants, r�pondrait � am�liorer l'aspect "esth�tique peu satisfaisant" du projet ne permet pas encore de remettre en cause l'appr�ciation des services cantonaux sp�cialis�s, ni la conclusion � laquelle est parvenue la cour cantonale et selon laquelle les caract�ristiques essentielles de la maison paysanne sont modifi�es par cette intervention. Quant aux all�gu�s des recourants relatifs aux dimensions "de minime importance" de la margelle, ils s'�cartent des constatations cantonales � teneur desquelles la terrasse non autoris�e pr�sente des dimensions importantes; � d�faut de d�monstration d'arbitraire, de telles critiques sont irrecevables.
3.3 Au vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �galement �tre rejet� en tant qu'il concerne la suppression de la douche et du salon ext�rieur, la remise en herbe de la terrasse et la r�duction de la margelle de la piscine, la suppression du couvert m�tallique cr�� en 2009 pr�s des places de parc pour voitures et le maintien du cabanon de jardin, du moment qu'il n'exc�de pas 8 m2.
Il s'ensuit que le recours doit �tre enti�rement rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais de la proc�dure, solidairement entre eux (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu de pr�voir de d�pens au b�n�fice de la municipalit� de Blonay, celle-ci ayant agi dans l'exercice de ses attributions officielles sans que son int�r�t patrimonial soit en cause (art. 68 al. 3 LTF). Il en va de m�me des services cantonaux qui ont particip� � la proc�dure.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 francs, sont mis � la charge des recourants, solidairement entre eux.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des recourants, de la Municipalit� de Blonay et du Service du d�veloppement territorial, au Service immeubles, patrimoine et logistique et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, ainsi qu'� l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial.