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Timestamp: 2016-10-27 10:58:33+00:00
Document Index: 272138519

Matched Legal Cases: ['art, 309', 'art. 125', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 108', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 163', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 129', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 129', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 129', 'art. 125', 'in fine', 'art. 66', 'art. 67']

5A_478/2010 (20.12.2010)
5A_478/2010
Mmes et MM. les Juge Hohl, Pr�sidente,
divorce (contribution d'entretien en faveur du conjoint),
recours contre l'arr�t de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 1er mars 2010.
A.a A.________, n� en 1969, de nationalit� suisse, et dame A.________, n�e en 1967, de nationalit� am�ricaine, se sont mari�s le 10 octobre 1997 � New-York (Etats-Unis).
Deux enfants sont issus de cette union, B.________, n�e en 1998, et C.________, n�e en 2000.
Les parties s'�taient rencontr�es en mai 1997 aux Etats-Unis et se sont install�es en Suisse � la fin de l'ann�e 1998, apr�s la naissance de B.________.
L'�pouse a trois fils issus d'un pr�c�dent mariage, lesquels sont venus habiter avec le couple en Suisse; ils sont actuellement tous majeurs et vivent aupr�s de leur p�re aux Etats-Unis.
A.b Par contrat de mariage du 29 avril 2002, les parties sont convenues d'adopter le r�gime de la s�paration de biens.
A.c Les parties se sont s�par�es le 3 ao�t 2004. Par convention partielle du 12 ao�t 2004, ratifi�e pour valoir mesures protectrices de l'union conjugale, le droit de garde sur les filles des parties a �t� attribu� � leur m�re, sous r�serve d'un libre droit de visite du p�re.
B.a Par requ�te unilat�rale du 15 septembre 2006, l'�poux a ouvert action en divorce devant le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne.
B.b De nombreuses ordonnances de mesures provisionnelles ont r�glement� successivement les modalit�s de la s�paration des parties durant la proc�dure de divorce. Par voie d'ordonnance d'appel sur mesures provisionnelles du 4 octobre 2007, le tribunal a fix� la contribution d'entretien due par l'�poux en faveur des siens � 3'600 fr. par mois, allocations familiales en sus, � laquelle s'ajoutait le r�glement direct, par celui-ci, du loyer mensuel du logement de l'�pouse d'un montant de 2'800 fr. Jusqu'alors et depuis une ordonnance de mesures provisoires du 7 novembre 2006, la pension mensuelle vers�e en sus du loyer �tait de 3'000 fr.
B.c L'�pouse vit seule avec ses deux filles. Elle n'a ni activit� lucrative, ni revenus. Elle est aid�e financi�rement par son partenaire avec lequel elle entretient une relation sentimentale depuis deux ans. Elle n'a ni formation, ni exp�rience professionnelle d�terminante.
B.d L'�poux vit en m�nage avec une compagne qui a trois enfants d'un premier mariage. Deux enfants sont issus de leur relation, n�s les 13 mai 2008 et 7 septembre 2009. Le p�re s'est engag� � contribuer � l'entretien de chacun d'eux par le versement d'une pension mensuelle, pour le premier enfant, de 1'650 fr. jusqu'� l'�ge de cinq ans r�volus, 1'750 fr. d�s lors et jusqu'� l'�ge de dix ans r�volus, 1'850 fr. d�s lors et jusqu'� l'�ge de quinze ans r�volus et 1'950 fr. d�s lors et jusqu'� sa majorit� et, pour le second enfant, de 1'650 fr. jusqu'� l'�ge de six ans r�volus, 1'750 fr. d�s lors et jusqu'� l'�ge de douze ans r�volus et 1'850 fr. d�s lors et jusqu'� sa majorit�.
L'�poux, qui travaillait en qualit� de n�gociant pour D.________ AG, a �t� nomm� directeur de cette soci�t� en 2007. Il ressort de ses certificats de salaire et de ses d�clarations fiscales que sa r�mun�ration annuelle globale nette a �volu� de la mani�re suivante: 241'958 fr. en 2001 comprenant une indemnit� de d�part, 309'894 fr. en 2002, 309'990 fr. en 2003, 273'752 fr. en 2004, 200'034 fr. en 2005, 190'161 fr. en 2006, 263'567 fr. en 2007, 1'176'235 fr. en 2008 comprenant un bonus net de pr�s de 950'000 fr., et 887'725 fr. en 2009 comprenant un bonus de 648'325 fr.
B.e Par jugement du 8 septembre 2009, le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a prononc� le divorce des �poux, d�clar� leur r�gime matrimonial dissous en l'�tat, chacune des parties �tant reconnue propri�taire des biens alors en sa possession, attribu� � la m�re l'autorit� parentale et la garde sur les enfants, fix� le droit de visite du p�re, fix� la contribution d'entretien mensuelle de chacun des enfants � la charge du p�re � 2'000 fr. jusqu'� l'�ge de douze ans r�volus, 2'250 fr. d�s lors et jusqu'� l'�ge de seize ans r�volus, et 2'500 fr. d�s lors et jusqu'� la majorit� de l'enfant ou la fin de sa formation professionnelle, allou� � l'�pouse une contribution d'entretien de 1'500 fr. par mois jusqu'au 5 janvier 2016, pr�vu l'indexation des contributions d'entretien fix�es, ordonn� le partage par moiti� de la prestation de sortie des parties accumul�e durant le mariage et transmis d'office la cause � la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal pour d�terminer le montant � transf�rer.
B.f Par arr�t du 1er mars 2010, statuant sur recours de l'�pouse et recours joint de l'�poux, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a partiellement r�form� ce jugement en ce sens que la contribution d'entretien mensuelle � la charge de l'�poux en faveur de chacun des enfants a �t� fix�e � 2'000 fr. jusqu'� l'�ge de douze ans r�volus et 2'300 fr. d�s lors et jusqu'� la majorit� ou la fin de la formation professionnelle, et celle en faveur de l'�pouse � 2'100 fr. jusque et y compris le mois de janvier 2016.
Pour fixer � nouveau les contributions d'entretien en faveur des enfants, la cour cantonale a pris comme base les Tabelles zurichoises 2009, qui pr�voient que le besoin d'entretien d'un enfant d'une fratrie de deux enfants est de 1'700 fr. par enfant de sept � douze ans et de 1'870 fr. de treize � dix-huit ans, montants qui, major�s de 25% pour tenir compte de la situation financi�re ais�e du p�re, s'�l�vent respectivement � 2'125 fr. et 2'340 fr. Le troisi�me palier fix� par le tribunal de premi�re instance, de 2'500 fr., d�passant ainsi les besoins des enfants, il a �t� supprim� et le deuxi�me palier arr�t� � 2'300 fr. pour tenir compte de cette suppression.
L'�pouse interjette le 30 juin 2010 un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, concluant � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que l'�poux contribuera � son entretien par le versement d'une pension mensuelle de 6'000 fr. par mois jusqu'� ce qu'elle atteigne l'�ge l�gal de la retraite, le dossier �tant renvoy� � la cour cantonale en vue de lui allouer des d�pens de premi�re et deuxi�me instances. Elle se plaint d'une violation de l'art. 125 CC.
L'intim� conclut principalement au rejet du recours; subsidiairement, pour le cas o� le Tribunal f�d�ral devait revoir la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, il conclut � ce qu'il revoie �galement, d'office, les contributions en faveur des enfants, pour les fixer � 1'750 fr. par mois jusqu'� l'�ge de douze ans r�volus et 1'850 fr. d�s lors et jusqu'� leur majorit�.
1.1 Seule la contribution d'entretien apr�s divorce en faveur de l'�pouse, subsidiairement celle des enfants, est litigieuse. L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) dans une contestation p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 ainsi que 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), car elle a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t juridique � la modification de la d�cision attaqu�e. D�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, le recours est en principe recevable.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de l'autorit� pr�c�dente, ni par les moyens des parties; il peut donc admettre le recours en se fondant sur d'autres arguments que ceux invoqu�s par le recourant, comme il peut le rejeter en op�rant une substitution de motifs (ATF 133 III 545 consid. 2.2). Compte tenu des exigences de motivation pos�es, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), � l'art. 42 al. 2 LTF, le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une juridiction de premi�re instance, toutes les questions juridiques pouvant se poser lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2).
S'agissant de la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, la cour cantonale a constat� que les deux parties ne contestent pas que la recourante ait droit, sur le principe, � une telle rente. Pour un mariage ayant eu un impact sur la situation de l'�pouse, l'entretien convenable se mesure au regard du standard de vie des �poux durant la vie commune, en y ajoutant les co�ts suppl�mentaires d�coulant de la s�paration; les parties ont droit au maintien de ce standard en cas de moyens suffisants et celui-ci constitue la limite sup�rieure de l'entretien convenable. En l'esp�ce, la recourante n'ayant exerc� aucune activit� lucrative durant la vie commune, le niveau de vie des parties est d�termin� exclusivement par les revenus de l'�poux, qui se sont �lev�s, de 2001 � 2004, en moyenne, � 283'900 fr. par ann�e, � savoir 23'658 fr. par mois. L'�pouse n'a ni formation ni exp�rience professionnelle et n'est pas de langue maternelle fran�aise. Arriv�e en Suisse en 1998, elle n'a travaill� qu'occasionnellement et � temps partiel; ses employeurs se sont lou�s de la qualit� de ses services. N�e en 1967, elle avait 37 ans au moment de la s�paration et elle est proche aujourd'hui de ses 43 ans. Sur la base de ses deux derniers emplois, le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a consid�r�, dans l'arr�t sur appel de mesures provisionnelles du 4 octobre 2007, qu'elle �tait en mesure de r�aliser un revenu de 1'500 fr. par mois pour une activit� � mi-temps, montant �galement retenu par les premiers juges et qui peut �tre confirm�. Vu l'�ge des enfants, on ne saurait exiger qu'elle augmente en l'�tat son taux d'activit�. Ce revenu, cumul� avec les contributions de 2'000 fr. et 2'300 fr. pour les enfants, ne lui permet pas de couvrir ses besoins vitaux (enfants compris), fix�s � 7'507 fr.
L'�poux a r�alis�, hors bonus, un revenu annuel moyen de 220'418 fr. 25 durant les ann�es 2006 � 2009, � savoir un revenu inf�rieur � celui de 283'900 fr. r�alis� durant la vie commune. Vu les bonus accord�s en 2008 et 2009, il y a lieu de consid�rer qu'il a �t� en mesure de r�aliser ces deux ann�es ce m�me dernier revenu, qui constitue la limite sup�rieure de l'entretien convenable. Son minimum vital s'�tablit � 11'362 fr., y compris les montants de base du droit des poursuites pour ses deux nouveaux enfants. Il b�n�ficie ainsi d'un disponible de 12'296 fr., dont il faut d�duire les 4'300 fr. de pensions vers�es pour les deux enfants des parties, ce qui lui laisse un solde de 7'996 fr. par mois.
Selon la cour cantonale, compte tenu du fait que, nonobstant l'impact d�coulant de la naissance des enfants, la vie commune n'a dur� que sept ans et que l'absence de formation de l'�pouse d�coule en premier lieu d'un pr�c�dent mariage, il appara�t �quitable de fixer la contribution d'entretien en sa faveur � 2'100 fr. par mois et de limiter celle-ci, comme l'ont fait les premiers juges, � la date � laquelle la cadette des enfants aura atteint l'�ge de seize ans r�volus, ce d'autant que l'on peut admettre que l'�pouse sera en mesure d'augmenter son taux d'activit� d�s cette date.
La recourante se plaint d'une violation de l'art. 125 CC � plusieurs �gards. En substance, elle soutient que c'est � tort que la cour cantonale n'a pas pris en consid�ration les bonus 2008 et 2009 per�us par l'intim� pour �tablir son solde disponible apr�s couverture de son minimum vital et paiement des contributions d'entretien en faveur des enfants, solde qui serait ainsi largement sup�rieur aux 7'996 fr. retenus. Elle fait grief aux juges pr�c�dents d'avoir admis qu'elle a une capacit� de gain de 1'500 fr. par mois pour une activit� � mi-temps et qu'elle pourrait augmenter son taux d'activit� une fois que la cadette aura atteint l'�ge de seize ans. Elle leur reproche d'avoir d�termin� la contribution d'entretien en sa faveur en incluant au calcul de son minimum vital celui des enfants et, � ses ressources, les pensions vers�es en faveur de ceux-ci. La cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral en r�duisant la contribution d'entretien � une valeur inf�rieure au train de vie des parties durant le mariage, motif pris que celui-ci n'a dur� que sept ans et que son absence de formation professionnelle serait due � son premier mariage. C'est � tort �galement qu'elle aurait fix� l'�ch�ance de la contribution d'entretien au jour o� la cadette aura atteint l'�ge de seize ans, dans la mesure o� elle ne sera pas en mesure de s'assurer d�s cette date un revenu lui permettant de maintenir le train de vie qu'elle avait pendant le mariage. Enfin, les juges pr�c�dents auraient omis de tenir compte, dans le cadre de la d�termination de la contribution d'entretien, de la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e.
4.1.1 Aux termes de l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre d'un �poux qu'il pourvoie lui-m�me � son entretien convenable, y compris � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e, son conjoint lui doit une contribution �quitable. Cette disposition concr�tise deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien. Dans son principe, comme dans son montant et sa dur�e, l'obligation d'entretien doit �tre fix�e en tenant compte des �l�ments �num�r�s de fa�on non exhaustive � l'art. 125 al. 2 CC (ATF 132 III 598 consid. 9.1 et les arr�ts cit�s).
Le droit � une contribution d'entretien n'est pas sans limite, d�s lors que, en cas de modification notable et durable de la situation du conjoint d�biteur, la rente peut �tre diminu�e ou supprim�e, voire suspendue pour une dur�e d�termin�e par le juge, conform�ment � l'art. 129 CC. Il en est ainsi, en particulier, lorsque le conjoint d�biteur a de nouveaux enfants et, donc, de nouvelles charges. Dans ce cas, il y a lieu de tenir compte non seulement des nouvelles charges, mais �galement des nouvelles ressources, voire de l'obligation d'assistance du nouveau conjoint.
Lorsque les conditions d'une modification notable et durable de la situation financi�re du conjoint d�biteur se r�alisent avant m�me le prononc� du divorce, plus pr�cis�ment avant la fixation de la contribution d'entretien de l'art. 125 CC, il y a lieu d'arr�ter celle-ci en tenant compte non seulement des crit�res de l'art. 125 al. 2 CC, mais �galement des nouvelles ressources et charges du conjoint d�biteur, par application analogique de l'art. 129 al. 1 CC.
4.1.2 Une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�direntier ("lebenspr�gend"). Si le mariage a dur� au moins dix ans - p�riode � calculer jusqu'� la date de la s�paration des parties (ATF 132 III 598 consid. 9.2) - il a eu, en r�gle g�n�rale, une influence concr�te. La jurisprudence retient �galement que, ind�pendamment de sa dur�e, un mariage influence concr�tement la situation des conjoints lorsque ceux-ci ont des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1). Un tel mariage ne donne toutefois pas automatiquement droit � une contribution d'entretien: selon la jurisprudence, le principe de l'autonomie prime le droit � l'entretien, ce qui se d�duit directement de l'art. 125 CC; un �poux ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable et si son conjoint dispose d'une capacit� contributive (ATF 134 III 145 consid. 4).
En outre, si le mariage n'a pas �t� de tr�s longue dur�e, le conjoint n'a pas droit � une rente illimit�e dans le temps. Dans un tel cas, l'�poux cr�direntier ne peut en effet se pr�valoir de la position de confiance cr��e par l'union (Vertrauensposition; cf. ATF 135 III 59 consid. 4.1) pour obtenir une contribution d'entretien durant une p�riode allant au-del� de ce qu'exige la prise en charge des enfants et sa r�insertion professionnelle.
4.1.3 En l'esp�ce, le mariage des parties a dur� moins de dix ans, mais il a n�anmoins influenc� la situation de la recourante en raison de la naissance de deux enfants. Le principe d'une contribution d'entretien doit donc �tre admis. La dur�e pendant laquelle celle-ci est due sera examin�e ci-dessous (cf. infra, consid. 4.3).
4.2 Lorsqu'il s'agit de fixer la contribution � l'entretien d'un conjoint dont la situation financi�re a �t� concr�tement et durablement influenc�e par le mariage, l'art. 125 CC prescrit de proc�der en trois �tapes (ATF 134 III 145 consid. 4; cf. �galement la pr�cision apport�e � cet arr�t in ATF 134 III 577 consid. 3, ainsi que les arr�ts 5A_249/2007 du 12 mars 2008 consid. 7.4.1 et 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5).
4.2.1.1 La premi�re de ces �tapes consiste � d�terminer l'entretien convenable apr�s avoir constat� le niveau de vie des �poux pendant le mariage. Lorsque l'union conjugale a durablement marqu� de son empreinte la situation de l'�poux b�n�ficiaire, le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2). Il s'agit de la limite sup�rieure de l'entretien convenable. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages s�par�s, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier de l'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur de l'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1). Enfin, ce n'est que lorsque le divorce est prononc� apr�s une longue s�paration, � savoir une dizaine d'ann�es, que la situation de l'�poux b�n�ficiaire durant cette p�riode est en principe d�terminante (ATF 132 III 598 consid. 9.3).
Lorsqu'il est �tabli que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies durant le mariage, ou que l'�poux d�biteur ne d�montre pas qu'ils ont r�ellement fait des �conomies, ou encore qu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant, il est admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses effectives des �poux durant le mariage (ATF 134 III 145 consid. 4). En effet, dans de tels cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es au conjoint cr�ancier divorc� et � tous les enfants, selon le principe de l'�galit� entre eux (cf. sur ce principe, arr�t 5A_352/2010 du 29 octobre 2010 consid. 6.2.1; arr�t 5A_272/2010 du 30 novembre 2010 consid. 4.2 dont la publication est pr�vue).
4.2.1.2 La recourante soutient que son train de vie mensuel durant la vie commune s'�levait � 8'800 fr. par mois. La cour cantonale a en effet retenu que le niveau de vie des parties �tait d�termin� exclusivement par les revenus de l'�poux, qui se sont �lev�s � 23'658 fr. par mois. Selon la recourante, si on admet que 20 � 25 % du train de vie du couple �tait affect� � leurs deux enfants, les parties avaient � leur disposition 17'743 fr. 50 par mois, � savoir 8'800 fr. par �poux.
L'intim� fait valoir que la s�paration des parties remonte � six ans, alors que la vie commune en a dur� sept. Dans la mesure o�, selon la jurisprudence, les crit�res applicables � l'entretien apr�s divorce sont applicables durant la s�paration d�j�, lorsqu'on ne peut plus compter sur la reprise de la vie commune, il soutient que c'est le train de vie durant la s�paration des parties qui est d�terminant en l'esp�ce, celui-ci �tant maintenu par la contribution d'entretien de 2'100 fr. fix�e par la cour cantonale.
4.2.1.3 Conform�ment � la jurisprudence rappel�e ci-dessus, (cf. supra, consid. 4.2.1.1), une s�paration de sept ans est insuffisante pour que l'on prenne en consid�ration le train de vie des parties durant leur s�paration, de sorte que celui men� pendant la vie commune est d�terminant en l'esp�ce. La cour cantonale a consid�r� que le niveau de vie des parties �tait d�termin� exclusivement par les revenus de l'�poux, qui s'�levaient � 23'658 fr. par mois durant la vie commune. Celui-ci n'a pas d�montr�, ni m�me soutenu que les parties faisaient des �conomies, si bien qu'il faut partir du principe qu'elles d�pensaient chaque mois l'entier de ce montant. Un calcul selon le minimum vital �largi peut donc entrer en ligne de compte. Selon les chiffres retenus par les juges pr�c�dents, le minimum vital �largi de la recourante et des enfants s'�l�ve � 7'507 fr. par mois et celui de l'intim�, sans les frais li�s � ses deux nouveaux enfants, � 10'562 fr. Le train de vie des parties durant la vie commune �tait ainsi sup�rieur � leur minima vitaux actuels, les �poux disposant encore de 5'589 fr. par mois (23'658 fr. - 7'507 fr. - 10'562 fr.), qu'il convient de r�partir � raison d'un tiers (1'863 fr.) en faveur de l'�poux et de deux tiers (3'726 fr.) en faveur de l'�pouse et des enfants. Vu ce qui pr�c�de, le train de vie de la recourante et des enfants, durant la vie commune, doit �tre arr�t� � 11'233 fr. (7'507 fr. + 3'726 fr.).
Pour calculer le train de vie de l'�pouse seule, on doit d�duire de ce montant les besoins des enfants qui correspondent aux contributions d'entretien en leur faveur telles que fix�es par la cour cantonale sur la base des Tabelles zurichoises et major�es de 25 % pour tenir compte de leurs besoins et du niveau de vie des parents; ceux-ci comprennent en effet notamment une part de loyer et une part pour l'�ducation, qui doivent �tre prises en charge par le parent gardien, lequel doit occuper un appartement plus grand pour loger les enfants et leur consacrer personnellement du temps. Le train de vie de l'�pouse seule s'�l�ve ainsi � 6'900 fr. en chiffres ronds (11'233 fr. - 2'300 fr. - 2'000 fr.). Le calcul purement th�orique op�r� par la recourante ne suffit pas � d�montrer, alors qu'il lui appartenait de le faire, qu'elle aurait b�n�fici� d'un train de vie sup�rieur � ce montant.
4.2.2.1 La deuxi�me �tape relative � l'application de l'art. 125 CC consiste � examiner dans quelle mesure chacun des �poux peut financer lui-m�me l'entretien arr�t� � l'�tape pr�c�dente du raisonnement (ATF 134 III 145 consid. 4; 134 III 577 consid. 3).
4.2.2.2 Un conjoint - y compris le cr�ancier de l'entretien (ATF 127 III 136 consid. 2c) - peut se voir imputer un revenu hypoth�tique, pour autant qu'il puisse gagner plus que son revenu effectif en faisant preuve de bonne volont� et en accomplissant l'effort que l'on peut raisonnablement exiger de lui. L'obtention d'un tel revenu doit donc �tre effectivement possible (ATF 128 III 4 consid. 4a). Les crit�res permettant de d�terminer le montant du revenu hypoth�tique sont, en particulier, la qualification professionnelle, l'�ge, l'�tat de sant� et la situation du march� du travail. Savoir si l'on peut raisonnablement exiger d'une personne une augmentation de son revenu est une question de droit; en revanche, d�terminer quel revenu la personne a la possibilit� effective de r�aliser est une question de fait (ATF 128 III 4 consid. 4c/bb).
Selon la jurisprudence, en cas de mariage de longue dur�e, on pr�sume qu'il n'est pas possible d'exiger d'un �poux qui a renonc� � exercer une activit� lucrative pendant le mariage et qui a atteint l'�ge de 45 ans au moment de la s�paration, de reprendre un travail; cette limite d'�ge ne doit toutefois pas �tre consid�r�e comme une r�gle stricte (ATF 115 II 6 consid. 5a; arr�ts 5A_76/2009 du 4 mai 2009 consid. 6.2.3; 5C.320/2006 du 1er f�vrier consid. 5.6.2.2). La pr�somption peut �tre renvers�e, en fonction d'autres �l�ments qui plaideraient en faveur de la prise ou de l'augmentation d'une activit� lucrative (cf. arr�ts 5A_6/2009 du 30 avril 2009 consid. 2.2; 5A_76/2009 du 4 mai 2009 consid. 6.2.5; 5A_210/2008 du 14 novembre 2008 consid. 4.4 et 3.4, non publi� in ATF 135 III 158). La limite d'�ge tend � �tre augment�e � 50 ans (arr�t 5A_206/2010 du 21 juin 2010 consid. 5.3.2 et les arr�ts cit�s).
La capacit� de pourvoir soi-m�me � son entretien est susceptible d'�tre limit�e totalement ou partiellement par la charge que repr�sente la garde des enfants. En principe, on ne peut exiger d'un �poux la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50 % avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'�ge de 10 ans r�volus, et de 100 % avant qu'il n'ait atteint l'�ge de 16 ans r�volus (ATF 115 II 6 consid. 3c). Ces lignes directrices sont toujours valables d�s lors que, comme par le pass�, la garde et les soins personnels sont dans l'int�r�t des enfants en bas �ge, ainsi que de ceux en �ge de scolarit�, et que les soins personnels repr�sentent un crit�re essentiel lors de l'attribution de la garde (arr�t 5A_210/2008 du 14 novembre 2008 consid. 3.2, non publi� in ATF 135 III 158). Elles ne sont toutefois pas des r�gles strictes; leur application d�pend des circonstances du cas concret (arr�t 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 5.4.3). Ainsi, une activit� lucrative appara�t exigible lorsqu'elle a d�j� �t� exerc�e durant la vie conjugale ou si l'enfant est gard� par un tiers, de sorte que le d�tenteur de l'autorit� parentale, respectivement de la garde, n'est pas emp�ch� de travailler pour cette raison; en revanche, la reprise d'une activit� lucrative ne peut raisonnablement �tre exig�e lorsqu'un �poux a la charge d'un enfant handicap� ou lorsqu'il a beaucoup d'enfants (arr�t 5A_6/2009 du 30 avril 2009 consid. 2.2). Le juge du fait tient compte de ces lignes directrices dans l'exercice du large pouvoir d'appr�ciation qui est le sien (ATF 134 III 577 consid. 4).
4.2.2.3 La recourante fait valoir qu'elle s'est mari�e aux Etats-Unis � la fin de sa scolarit� obligatoire et n'a exerc�, jusqu'� maintenant, que quelques activit�s professionnelles accessoires, qui ne lui ont pas permis d'acqu�rir une quelconque formation ou exp�rience professionnelle. Elle a 43 ans et elle est ainsi proche de la limite de 45 ans, au-del� de laquelle, selon la jurisprudence, on ne pourrait plus exiger d'elle qu'elle se r�int�gre professionnellement. Compte tenu de son �ge, du fait qu'elle doit encore rester disponible pour ses enfants, de son absence de toute formation professionnelle, de ses lacunes en fran�ais et des difficult�s existant actuellement sur le march� de l'emploi, la possibilit� qu'elle puisse trouver une activit� lucrative qui soit � m�me de lui assurer un revenu lui permettant de couvrir, ne serait-ce qu'en partie, ses charges serait exclue.
4.2.2.4 Il r�sulte de l'arr�t attaqu� que la recourante a travaill� durant un mois comme assistante de direction au sein de E.________ pour un salaire mensuel net sup�rieur � 6'000 fr., qu'elle a travaill� de juin 2005 � fin mars 2006 � 80 % en qualit� de vendeuse dans une boutique de mode pour un salaire mensuel net de 3'223 fr. et qu'elle a travaill� du mois de mai au mois d'ao�t 2007 dans un restaurant, notamment comme r�ceptionniste � 50 % de 12h00 � 14h00 et de 19h30 � 22h00, pour un salaire mensuel approximatif de 1'500 fr. Entendus comme t�moins, les trois employeurs successifs de la recourante ont d�clar� avoir pu appr�cier ses qualit�s professionnelles, son dynamisme et son entregent; ils ont estim� qu'elle ne devrait pas avoir de probl�me � retrouver un emploi et consid�r� que sa ma�trise de l'anglais est un avantage sur le march� du travail pour bon nombre de postes dans leurs domaines d'activit�s. Sur la base de ses deux derniers emplois, le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne avait consid�r�, dans l'arr�t sur appel de mesures provisionnelles du 4 octobre 2007, que la recourante �tait en mesure de r�aliser un revenu de 1'500 fr. par mois pour une activit� � mi-temps. Vu ce qui pr�c�de, c'est sans violer le droit f�d�ral que la cour cantonale a confirm� que la recourante peut r�aliser un revenu de 1'500 fr. par mois en exer�ant une activit� lucrative � 50 %, qui pourra �tre augment�e � 100 % lorsque la cadette de ses filles aura seize ans r�volus, en 2016. Le fait qu'elle soit �g�e de 43 ans aujourd'hui n'est pas de nature � modifier cette appr�ciation; la recourante avait 37 ans au moment de la s�paration et devait s'attendre � devoir reprendre une activit� lucrative, vu la dur�e du mariage, lorsque ses enfants seraient en �ge de scolarit�; elle a actuellement 43 ans, alors que sa cadette a atteint l'�ge de 10 ans. Dans ces circonstances, il n'est m�me pas fait exception aux lignes directrices rappel�es ci-dessus (cf. supra, consid. 4.2.2.2), ce d'autant que la recourante a travaill� durant la s�paration. Elle peut ainsi, partiellement, pourvoir � son entretien convenable.
4.2.3.1 Selon la jurisprudence, s'il n'est pas possible ou que l'on ne peut raisonnablement attendre d'un �poux qu'il pourvoie lui-m�me � son entretien convenable et que son conjoint lui doit donc une contribution �quitable, il faut, dans un troisi�me temps, �valuer la capacit� de travail de celui-ci et arr�ter une contribution d'entretien �quitable; celle-ci se fonde sur le principe de la solidarit� (ATF 134 III 145 consid. 4 et les arr�ts cit�s). A ce stade, les crit�res de l'art. 129 al. 1 CC doivent �tre pris en consid�ration, par analogie.
4.2.3.2 En l'esp�ce, compte tenu de la capacit� de gain de la recourante (cf. supra, consid. 4.2.2.4), il lui manque un montant de 5'400 fr. par mois (6'900 fr. - 1'500 fr.) pour subvenir � son entretien convenable. Il convient par cons�quent de d�terminer si l'intim� est en mesure de lui verser ce montant, compte tenu notamment des bonus qu'il a per�us en 2008 et 2009, dont la recourante reproche � la cour cantonale de n'avoir tenu compte que tr�s partiellement.
Contrairement � ce que soutient l'intim�, il ne s'agit pas de prendre en consid�ration ses bonus 2008 et 2009 pour calculer le train de vie des �poux durant le mariage et ainsi fixer la contribution due � la recourante, mais de d�terminer s'il est en mesure de s'acquitter du montant arr�t� ci-dessus, au vu de ses ressources actuelles. A cet �gard, son salaire s'est �lev�, en 2008, � 1'176'235 fr. (dont 950'000 fr. de bonus) et, en 2009, � 887'725 fr. (dont 648'325 fr. de bonus). Avec la recourante, il y a lieu de constater que ces revenus ont �t� r�alis�s deux ans de suite et que leur augmentation co�ncide avec la nomination de l'intim� au poste de directeur de la soci�t� D.________. Il convient, dans ces circonstances, d'en tenir compte et de constater que l'intim� est en mesure de s'acquitter du montant de 5'400 fr. en faveur de la recourante, en sus des contributions d'entretien dues aux enfants. M�me sans prendre en consid�ration la totalit� des bonus re�us, dont il ne ressort pas de l'arr�t attaqu� qu'ils seraient "extraordinaires" comme le soutient l'intim�, celui-ci dispose encore, une fois les montants mis � sa charge vers�s, d'une somme largement suffisante pour maintenir son train de vie et pourvoir � l'entretien des enfants issus de sa nouvelle relation, en faveur de chacun desquels il s'est engag� � payer 1'650 fr. par mois compte tenu de leur �ge actuel.
4.3.1 S'agissant de la dur�e de la contribution d'entretien, la recourante fait grief � la cour cantonale d'avoir fix� l'�ch�ance de celle-ci au jour o� sa fille cadette atteindra l'�ge de seize ans r�volus. Elle invoque que le revenu hypoth�tique de 3'000 fr. � plein temps retenu par les juges pr�c�dents ne lui permettra pas, d�s ce moment-l�, de faire face � son minimum vital, ni, par cons�quent, d'assurer un train de vie qui devrait �tre �quivalent � celui qu'elle avait durant le mariage.
4.3.2 Contrairement � ce que soutient la recourante, le l�gislateur n'a pas entendu, en cas de remariage, reporter sur le second �poux l'entier de la charge d'entretien de son conjoint. Sauf circonstances particuli�res, dont on pourrait d�duire que le second mari s'est engag� � compenser la perte de l'entretien d� par le premier mari, l'�pouse ne peut se pr�valoir d'une position de confiance (Vertrauensposition; arr�t 5C.49/2005 du 23 juin 2005 consid. 2, in FamPra.ch 2005 p. 919).
En l'esp�ce, d�s lors que la vie commune a dur� 7 ans et que l'�pouse, m�me sans formation, avait 37 ans au moment de la s�paration et 43 ans lorsque le dernier de ses enfants a atteint l'�ge de 10 ans, qu'elle aura b�n�fici� du m�me niveau de vie pendant 12 ans, � savoir pendant pr�s du double de la vie commune, certes en travaillant � temps partiel, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en renon�ant � imposer au mari une contribution destin�e � maintenir le niveau de vie sur une plus longue dur�e. La position de confiance cr��e par le mariage et la r�partition des t�ches durant celui-ci ne justifient pas que l'intim� doive maintenir le niveau de vie de la recourante jusqu'� sa retraite. Ainsi, en arr�tant la contribution d'entretien au moment o� l'�pouse recouvrera sa pleine capacit� de gain, la cour cantonale n'a pas exc�d� le pouvoir d'appr�ciation que lui attribue le droit f�d�ral (art. 125 et 4 CC).
4.4 La recourante fait valoir en dernier lieu que la cour cantonale aurait omis de prendre en compte, dans le cadre de la d�termination de la contribution d'entretien, la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e. Dans la mesure o� elle soutient qu'une contribution d'entretien de 6'000 fr. par mois "appara�t ad�quate" pour lui permettre de se constituer une telle pr�voyance, son grief, autant qu'il est suffisamment motiv� (cf. supra, consid. 1.2), appara�t sans objet. En effet, compte tenu de sa capacit� de gain hypoth�tique, la contribution d'entretien fix�e ci-dessus permet � la recourante d'obtenir un revenu de 6'900 fr. par mois, lui permettant ainsi de se constituer une pr�voyance appropri�e, compte tenu de la dur�e du mariage et des �l�ments rappel�s ci-dessus (cf supra, consid. 4.3.2 in fine).
4.5 Enfin, contrairement � ce que soutient l'intim�, le principe de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce n'exclut pas que les contributions d'entretien apr�s divorce soient plus �lev�es que la pension provisionnelle. A cet �gard, il r�sulte de l'arr�t attaqu� que les revenus de l'intim�, sur la base desquels la contribution d'entretien due en faveur des siens a �t� calcul�e durant la s�paration, ont �t� inf�rieurs � ceux r�alis�s durant la vie commune, qui est d�terminante lorsqu'il s'agit d'�tablir le train de vie des �poux au maintien duquel ils ont droit en l'esp�ce. Pour le surplus, la cour cantonale n'a pas tenu compte, � l'instar des premiers juges, du r�sultat de la dissolution du r�gime matrimonial (attribution � l'�pouse des meubles) pour fixer la contribution d'entretien, de sorte que le grief de l'intim� sur ce point est infond�. Quant au fait que la recourante serait entretenue financi�rement par son ami, il n'est pas pertinent.
5.1 L'intim� soutient, � titre subsidiaire, que si la contribution d'entretien de la recourante devait �tre revue, il y aurait lieu �galement de revoir d'office le montant des contributions d'entretien en faveur des filles des parties et de les adapter, afin que ses quatre enfants per�oivent les m�mes pensions. Selon lui, avec quatre enfants � charge, il ne se justifiait pas d'augmenter les montants fix�s par les tabelles zurichoises; les contributions pr�vues par la convention qu'il a sign�e avec sa compagne actuelle seraient �quitables et il y aurait lieu de r�duire les pensions pour ses filles � 1'750 fr. par enfant jusqu'� 12 ans r�volus et 1'850 fr. d�s lors et jusqu'� leur majorit�.
5.2 La question de savoir si la maxime d'office applicable au sort des enfants imposerait au Tribunal f�d�ral de revoir automatiquement les contributions � l'entretien des enfants lorsqu'il augmente la contribution � l'entretien de l'�pouse, puisqu'un recours joint au Tribunal f�d�ral n'est pas admissible, peut demeurer ouverte, le grief de l'intim� �tant de toute fa�on infond�. En effet, vu le revenu du p�re et le niveau de vie de la famille durant la vie commune, c'est � raison que les juges cantonaux ont consid�r� que les besoins moyens des enfants fix�s par les Tabelles zurichoises pouvaient �tre augment�s de 25%. De son c�t�, l'�pouse a �galement droit au maintien de son niveau de vie ant�rieur d�s lors que l'intim� est en mesure de l'assurer au vu de l'augmentation importante de ses revenus apr�s la s�paration (cf. consid. 4.2.3.2 ci-dessus). Il s'ensuit que le fait que l'intim� ait pass� avec sa nouvelle compagne des conventions fixant des contributions inf�rieures pour ses nouveaux enfants et le principe de l'�galit� de traitement ne sauraient �tre invoqu�s pour exiger une diminution des contributions en faveur des premiers enfants.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre partiellement admis. La recourante obtient partiellement gain de cause sur la question du montant de la contribution d'entretien, mais succombe quant � sa dur�e; l'intim� voit pour sa part ses conclusions subsidiaires rejet�es. Dans ces circonstances, il se justifie de mettre les frais judiciaires � la charge des parties � raison de la moiti� chacune et de compenser les d�pens (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 LTF). La requ�te d'assistance judiciaire de la recourante doit �tre rejet�e; une telle assistance est en effet subsidiaire � l'obligation d'entretien du conjoint, laquelle peut prendre la forme d'une provisio ad litem. Or, la recourante ne d�montre pas qu'elle ait �t� emp�ch�e d'obtenir de son �poux une telle provisio ad litem. Enfin, la cause sera renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 67 et 68 al. 5 LTF).
Le recours est partiellement admis et le chiffre II de l'arr�t attaqu�, modifiant le chiffre VI du jugement rendu le 8 septembre 2009 par le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne, est r�form� en ce sens que:
"dit que le demandeur contribuera � l'entretien de la d�fenderesse par le versement d'une pension mensuelle de 5'400 fr. (cinq mille quatre cents francs) payable d'avance le premier de chaque mois jusque et y compris le mois de janvier 2016".
Lausanne, le 20 d�cembre 2010