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Timestamp: 2016-10-26 19:36:09+00:00
Document Index: 200262153

Matched Legal Cases: ['art. 27', 'art. 105', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 132', 'art. 33', 'art. 53', 'ATF ', 'art. 84', 'art. 34', 'ATF ', 'art. 667', 'ATF ', 'art. 34', 'ATF ', 'art. 88', 'art. 86', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'CourEDH ', 'CourEDH ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 6', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 27', 'art. 153', 'art. 159']

1A.35/2007 (05.06.2007)
1A.35/2007
1P.89/2007 /col
repr�sent�s par Me Alix de Courten, avocate,
Commune de Randogne, 3975 Randogne, repr�sent�e par Me Andr� Fagioli, avocat,
recours de droit administratif (1A.35/2007) et recours de droit public (1P.89/2007) contre l'arr�t de la Tribunal cantonal du canton du Valais du 21 d�cembre 2006.
L'entreprise de construction et de g�nie civil B.________ est propri�taire de la parcelle n� 2002 du registre foncier de Randogne (VS), sise en zone � b�tir (zone industrielle et artisanale). Par d�cision des 2 octobre 1997 et 26 ao�t 1998, le Conseil communal de Randogne a d�livr� � cette entreprise l'autorisation de construire un d�p�t sur la parcelle en question. Une grue pivotante � tour fixe d'une hauteur d'environ 40 m a �t� install�e pour r�aliser ces travaux et n'a pas �t� d�mont�e depuis.
Les �poux A.________ sont copropri�taires de la parcelle voisine n� 5869, sur laquelle est b�tie une maison d'habitation. En avril 2001, ils se sont plaints aupr�s de la Commune de Randogne du fait que la grue pr�cit�e n'avait pas �t� d�mont�e et que son utilisation provoquait des nuisances et empi�tait sur leur bien-fonds. Une s�ance de conciliation a �t� am�nag�e mais n'a abouti � aucun accord.
Le 29 mai 2001, B.________ a d�pos� une demande de permis de construire visant notamment l'installation d'une grue � tour fixe sur la parcelle n� 2002. Mis � l'enqu�te publique par avis paru au Bulletin officiel du canton du Valais du 15 juin 2001, ce projet a suscit� plusieurs oppositions, dont celle des �poux A.________. La Commission cantonale des constructions a d�clin� sa comp�tence pour la partie de la demande qui concernait la grue et a renvoy� la requ�rante � agir aupr�s de l'autorit� communale. Le 28 juin 2004, B.________ a d�pos� une nouvelle demande de permis de construire portant uniquement sur l'installation de la grue litigieuse. Ce projet a �t� mis � l'enqu�te par avis paru au Bulletin officiel du 23 juillet 2004 et a suscit� de nouvelles oppositions, notamment de la part des �poux A.________. Les services cantonaux consult�s ont pr�avis� favorablement ce projet. Par d�cision du 19 janvier 2005, notifi�e le 16 mars 2005, le Conseil communal de Randogne a rejet� les oppositions et d�livr� l'autorisation requise "sous r�serve que, dans la mesure o� la technique le permet, la grue ne passe pas au-dessus d'un fonds voisin appartenant � des tiers".
Les �poux A.________ ont recouru contre cette d�cision devant le Conseil d'Etat du canton du Valais, qui a admis le recours par d�cision du 26 avril 2006. Le Conseil d'Etat a constat� que lorsque la grue litigieuse pivotait, elle empi�tait sur le bien-fonds des �poux A.________ sur une longueur d'une vingtaine de m�tres, les filins de la grue passant � environ 2 m au-dessus du toit de leur habitation. Selon l'expert de la SUVA consult�, un blocage (ou haubanage) de la grue l'exposerait � des risques accrus de basculement en cas de vents violents ou de temp�te. L'autorisation de construire �tait donc contraire � l'art. 27 al. 2 de la loi cantonale sur les constructions du 8 f�vrier 1996 (LC; RS/VS 705.1), aux termes duquel les constructions et installations ne doivent pas porter atteinte � la s�curit� et � la sant� des personnes ou � la propri�t� des tiers.
B.________ a recouru contre cette d�cision aupr�s de la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais (ci-apr�s: le Tribunal cantonal). Apr�s le d�p�t de son recours, B.________ a produit une expertise de l'entreprise C.________, fabricant de la grue litigieuse (ci-apr�s: le 1er rapport). Les parties ont �t� invit�es � se d�terminer sur ce rapport. B.________ a encore d�pos� un rapport du 29 novembre 2006 de l'expert de la SUVA qui s'�tait prononc� devant le Conseil d'Etat (ci-apr�s: le 2e rapport). Par ordonnance du 5 d�cembre 2006, le Tribunal cantonal a interpell� cet expert sur sa nouvelle prise de position. Il a communiqu� aux parties cette ordonnance ainsi que le 2e rapport, "pour information". Le 7 d�cembre 2006, l'expert de la SUVA a d�pos� un rapport compl�mentaire (ci-apr�s: le 3e rapport). Ce dernier document a �galement �t� communiqu� aux parties "pour information" le 13 d�cembre 2006, sans qu'un d�lai ne leur soit imparti pour se d�terminer.
Par arr�t du 21 d�cembre 2006, le Tribunal cantonal a admis le recours et annul� la d�cision attaqu�e, consid�rant en substance que les emp�chements d'ordre technique qui fondaient la d�cision du Conseil d'Etat ne faisaient plus obstacle � l'octroi du permis de construire. Il ressortait en effet des rapports susmentionn�s, en particulier des conclusions du 3e rapport, qu'il �tait techniquement possible de proc�der au haubanage de la grue litigieuse, en suivant une proc�dure "dont la conformit� aux normes de s�curit� a �t� contr�l�e par le sp�cialiste de la SUVA". Par cons�quent, le Tribunal cantonal a annul� la d�cision du Conseil d'Etat et renvoy� le dossier � la Commune de Randogne pour qu'elle d�livre l'autorisation requise en supprimant le membre de phrase "dans la mesure o� la technique le permet" et en fixant, comme condition pr�alable � son utilisation, la production d'un rapport de contr�le dress� par l'expert de la SUVA.
Agissant par la voie du recours de droit administratif (1A.35/2007) et par celle du recours de droit public (1P.89/2007), les �poux A.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler cet arr�t. A l'appui de leur recours de droit administratif, ils invoquent les art. 105 al. 2 OJ et 667 al. 2 CC. Dans le cadre de leur recours de droit public, ils se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus (art. 29 al. 2 Cst.) et invoquent l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Ils requi�rent en outre l'octroi de l'effet suspensif. Le Tribunal cantonal a renonc� � se d�terminer. Le Conseil d'Etat a pr�sent� des observations; il conclut � l'admission des recours. Les d�terminations de B.________ et de la Commune de Randogne, qui concluent au rejet ou � l'irrecevabilit� des recours, ont �t� transmises aux recourants.
Par ordonnance du 8 mars 2007, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a accord� l'effet suspensif aux recours.
Il y a lieu de joindre le recours de droit administratif 1A.35/2007 et le recours de droit public 1P.89/2007 pour statuer en un seul arr�t.
La d�cision attaqu�e ayant �t� rendue avant le 1er janvier 2007, la loi f�d�rale d'organisation judiciaire (OJ) demeure applicable � la pr�sente proc�dure de recours (art. 132 al. 1 LTF). Les anciens art. 33 al. 3 let. a et 34 LAT, en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2006, demeurent eux aussi applicables dans la pr�sente proc�dure (cf. art. 53 al. 1 de la loi sur le Tribunal administratif f�d�ral [LTAF; RS 173.32], en relation avec le ch. 64 de l'annexe de cette loi).
Le Tribunal f�d�ral examine d'office et librement la recevabilit� des recours qui lui sont soumis (ATF 132 I 140 consid. 1.1 p. 142; 131 II 571 consid. 1 p. 573; 130 I 312 consid. 1 p. 317 et les arr�ts cit�s). En raison de la r�gle de la subsidiarit� du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ), la recevabilit� du recours de droit administratif doit �tre examin�e en premier lieu.
3.1 Dans la mesure o� l'arr�t attaqu� concerne une proc�dure d'autorisation de construire en zone � b�tir, il ne peut en principe faire l'objet que d'un recours de droit public en vertu de l'art. 34 al. 3 aLAT. Selon la jurisprudence, la voie du recours de droit administratif est cependant ouverte lorsque l'application de certaines prescriptions de droit f�d�ral, notamment en mati�re de protection de l'environnement, est en jeu; cette voie de recours permet alors de soulever �galement des griefs concernant l'application du droit constitutionnel f�d�ral ou des normes cantonales autonomes, pour autant qu'il existe un rapport suffisamment �troit avec l'application du droit f�d�ral (cf. ATF 132 II 209 consid. 2 p. 211; 128 I 46 consid. 1b/aa p. 49; 125 II 10 consid. 2a p. 13; 123 II 359 consid. 1a/aa p. 361; 121 II 72 consid. 1b p. 75 et les r�f�rences; arr�t 1A.68/2005 du 26 janvier 2006 consid. 2).
En l'occurrence, la d�cision attaqu�e se fonde uniquement sur des dispositions de droit cantonal. Les recourants ne se pr�valent pas d'une violation du droit public f�d�ral et la seule norme f�d�rale invoqu�e est l'art. 667 al. 2 CC, disposition de droit priv� relative � l'�tendue de la propri�t� fonci�re. Pour le surplus, il n'appara�t pas que l'application d'autres normes de droit f�d�ral soit en jeu. Il s'ensuit que seule la voie du recours de droit public est ouverte en l'esp�ce, de sorte que le recours de droit administratif doit �tre d�clar� irrecevable. La fausse indication donn�e � ce sujet par le Tribunal cantonal n'y change rien, d�s lors que le renseignement erron� ne peut cr�er une voie de droit qui n'existe pas (ATF 117 Ia 297 consid. 2 p. 299 et les r�f�rences) et que les recourants, assist�s d'un avocat, �taient en mesure de d�celer l'erreur par la consultation du texte l�gal, soit en l'esp�ce l'art. 34 LAT (ATF 127 II 198 consid. 2c p. 205 et les arr�ts cit�s).
3.2 En ce qui concerne le recours de droit public, il y a lieu de constater que les recourants ont un int�r�t juridiquement prot�g� � l'annulation de l'arr�t attaqu�, d�s lors qu'ils sont les voisins directs d'un projet auquel ils reprochent d'empi�ter sur leur propri�t� et de porter atteinte � leur s�curit�. Cet int�r�t d�coule �galement du fait que les recourants se pr�valent de leurs droits de parties, en invoquant une violation de leur droit d'�tre entendus et l'application arbitraire de diverses r�gles cantonales de proc�dure. Ils ont donc la qualit� pour recourir au sens de l'art. 88 OJ. Les exigences formelles des art. 86 ss OJ �tant par ailleurs satisfaites, il y a lieu d'entrer en mati�re sur le recours de droit public.
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus.
4.1 Le droit d'�tre entendu, tel qu'il est garanti � l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment le droit pour l'int�ress� de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision ne soit prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuve pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 I 54 consid. 2b p. 56; 124 I 48 consid. 3a p. 51 et les arr�ts cit�s). Les parties ont donc en principe le droit de prendre connaissance des pi�ces d�cisives et de se d�terminer � leur propos (ATF 129 I 85 consid. 4.1 p. 88 s.; 121 I 225 consid. 2a p. 227 et les r�f�rences).
Le droit d'�tre entendu est l'un des aspects de la notion g�n�rale de proc�s �quitable au sens des art. 29 al. 1 Cst. et 6 par. 1 CEDH. Selon la jurisprudence de la Cour europ�enne des droits de l'homme, cette notion implique en principe le droit pour les parties � un proc�s de prendre connaissance de toute pi�ce ou observations pr�sent�e au juge et de la discuter (arr�ts de la Cour europ�enne des droits de l'homme Ziegler c. Suisse, du 21 f�vrier 2002, par. 33; Lobo Machado c. Portugal, du 20 f�vrier 1996, Rec.CourEDH 1996-I p. 206, par. 31). L'effet r�el de ces �l�ments sur le jugement � rendre importe peu; les parties doivent avoir la possibilit� d'indiquer si elles estiment qu'un document appelle des commentaires de leur part (arr�ts Ressegatti c. Suisse, du 13 juillet 2006, par. 32; Nider�st-Huber c. Suisse, du 18 f�vrier 1997, Rec.CourEDH 1997-I p. 101, par. 27). Les prises de position doivent �galement �tre communiqu�es aux parties. Si le droit de proc�dure applicable ne pr�voit en principe qu'un seul �change d'�critures, l'autorit� peut se limiter dans un premier temps � communiquer la prise de position � titre d'information, sans avis formel de la possibilit� de r�pliquer. La partie est ainsi mise en situation de faire ou non usage de cette possibilit�; si elle s'en abstient, elle est cens�e y avoir renonc� (ATF 132 I 42 consid. 3.3.2 � 3.3.4 p. 46 s. et la jurisprudence europ�enne cit�e). La notion de droit d'�tre entendu fond�e sur l'art. 29 al. 2 Cst. ayant int�gr� ces principes, ils valent pour toutes les proc�dures judiciaires, y compris celles qui ne tombent pas dans le champ de protection de l'art. 6 par. 1 CEDH (arr�ts destin�s � la publication 1A.56/2006 du 11 janvier 2007, consid. 4.3 � 4.6; 1A.10/2006 du 14 d�cembre 2006, consid. 2.2 et 2.3).
4.2 Les dispositions cantonales de proc�dure invoqu�es par les recourants, et dont le Tribunal f�d�ral ne contr�le l'application et l'interpr�tation que sous l'angle de l'arbitraire, ne fondent pas de garanties allant au-del� des exigences susmentionn�es. Il y a donc lieu de v�rifier uniquement si l'autorit� intim�e a respect� les garanties minimales d�duites directement des art. 29 al. 2 Cst. et 6 par. 1 CEDH; le Tribunal f�d�ral examine librement cette question (ATF 127 III 193 consid. 3 p. 194; 125 I 257 consid. 3a p. 259).
4.3 En l'occurrence, les recourants ont �t� invit�s � se d�terminer sur le rapport d�pos� par l'intim�e � l'appui de sa r�plique (1er rapport). Ils n'ont pas fait usage de cette facult�, si bien que, par ordonnance du 23 novembre 2006, le Tribunal cantonal a inform� les parties du fait que l'�change d'�critures �tait clos. Le 2e rapport, �tabli le 29 novembre 2006 par l'expert de la SUVA, a �t� communiqu� aux parties "pour information" en date du 5 d�cembre 2006. Le 3e rapport a �galement �t� communiqu� aux parties "pour information" le 13 d�cembre 2006, sans qu'un d�lai ne leur soit imparti pour se d�terminer. Les recourants ne se sont plus manifest�s jusqu'� la notification de l'arr�t attaqu�, le 8 janvier 2007.
Il d�coule de la jurisprudence expos�e ci-dessus que les parties avaient le droit de s'exprimer sur les 2e et 3e rapports, ce d'autant plus que le Tribunal cantonal a admis le recours en se fondant essentiellement sur ces documents. Cela �tant, en les communiquant � titre d'information aux recourants, l'autorit� intim�e les a mis en situation de s'exprimer � leur sujet. Si les int�ress�s jugeaient n�cessaire de se d�terminer sur ces pi�ces, on pouvait attendre d'eux qu'ils se manifestent. Les recourants n'expliquent au demeurant pas en quoi ils auraient �t� emp�ch�s de se d�terminer. Ils se bornent en effet � affirmer que l'autorit� intim�e ne leur a "pas laiss� le temps de r�agir spontan�ment", alors qu'ils ne se sont pas manifest� entre la communication des rapports litigieux - respectivement les 5 et 13 d�cembre 2006 - et le moment o� ils ont eu connaissance de l'arr�t attaqu� - soit le 8 janvier 2007. Il est d�s lors douteux que leur droit d'�tre entendus au sens des art. 29 al. 2 Cst. et 6 par. 1 CEDH ait �t� viol�. Cette question peut cependant demeurer ind�cise, vu l'issue du recours.
Dans un deuxi�me moyen, les recourants se plaignent d'une appr�ciation arbitraire des preuves et d'un �tablissement manifestement erron� des faits.
5.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue en derni�re instance cantonale que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut� ou si elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de la d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17; 131 I 217 consid. 2.1 p. 219, 57 consid. 2 p. 61; 129 I 173 consid. 3.1 p. 178). En mati�re d'appr�ciation des preuves et d'�tablissement des faits, il y a arbitraire lorsque l'autorit� n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, si elle ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision ou lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des �l�ments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 127 I 38 consid. 2a p. 41).
5.2 En l'occurrence, les recourants reprochent � l'autorit� intim�e de s'�tre fond�e � tort sur le 3e rapport et d'avoir consid�r� arbitrairement qu'il �tait techniquement possible de proc�der au haubanage de la grue conform�ment aux normes de s�curit�. Ces conclusions seraient contredites par les documents du fabricant de la grue mettant en garde contre les risques li�s au haubanage. De plus, une telle mesure ne permettrait pas d'�viter le survol de leur parcelle et ne garantirait pas leur s�curit�.
5.2.1 Il est exact que les documents �tablis par le fabricant de la grue litigieuse - d�pos�s par l'expert de la SUVA � l'appui du 2e rapport - ne permettent pas de conclure d'embl�e que la s�curit� du dispositif est garantie. En effet, le fabricant insiste sur le fait que l'�tude vers�e en cause n'a pas port� sur le mod�le de la grue install�e par l'intim�e (Kran 50.1 HC), mais sur un autre mod�le datant des ann�es 1960 (Kran 50 HC). Il semble que les dimensions de cet ancien mod�le 50 HC ("Auslegerl�nge: 39 m, Hakenh�he: 26,9 m) soient moins importantes que celles de la grue litigieuse (hauteur d'environ 40 m selon la d�cision du Conseil d'Etat du 26 avril 2006). Les deux mod�les r�pondent en tous cas � des exigences diff�rentes, puisque le fabricant pr�cise qu'une nouvelle �tude est n�cessaire pour la Kran 50.1 HC, les normes ayant fond� l'�tude d�pos�e n'�tant plus valables depuis longtemps. De plus, il ressort de ces pi�ces que le haubanage ne peut �tre envisag� que si le vent ne d�passe pas une certaine vitesse (120 km/h pour le mod�le 50 HC). Le fabricant recommande donc une attention particuli�re aux pr�visions m�t�orologiques, afin que le dispositif de haubanage puisse �tre enlev� � temps en cas de fort vent. Par cons�quent, il convenait � tout le moins de conna�tre la vitesse de vent � partir de laquelle le dispositif de haubanage devait �tre enlev�, ce qui n'�tait pas le cas en l'esp�ce, faute d'�tude men�e pour le mod�le litigieux. Dans ces conditions, l'autorit� intim�e ne pouvait pas conclure sans arbitraire que le haubanage de la grue respectait les normes de s�curit�, ce que laisse d'ailleurs entendre la formule �quivoque de l'arr�t attaqu� selon laquelle la fiabilit� est "th�oriquement garantie". Il se justifiait pourtant d'�tre d'autant plus attentif � cette question qu'il s'agit en l'occurrence d'une installation permanente sise � proximit� imm�diate d'une habitation.
C'est en outre de mani�re insoutenable que l'autorit� intim�e s'est fond�e sur les 2e et 3e rapports pour retenir que "la conformit� aux normes de s�curit� a �t� contr�l�e par le sp�cialiste de la SUVA". En effet, dans son rapport du 15 septembre 2005, cet expert estimait que le haubanage ne devait �tre adopt� "qu'en cas de pr�sence d'obstacles physiques dans le rayon de giration" et que le risque de basculement �tait accru en cas de vents violents ou de temp�tes. Puis, dans sa lettre du 29 novembre 2006 (2e rapport), il consid�rait que les documents fournis par le fabricant r�pondaient au exigences requises afin d'effectuer correctement le haubanage et il recommandait une application rigoureuse des crit�res mentionn�s dans ces documents afin de garantir la s�curit� de l'installation. Enfin, dans son courrier du 7 d�cembre 2006 (3e rapport), il expliquait en substance - de mani�re peu convaincante - que "la d�cision de justice interdisant tout survol de la parcelle voisine" constituait un obstacle au sens de son rapport du 15 septembre 2005, ce qui justifiait "l'acceptation du principe de haubanage", mesure qui "n'est cens�e �tre appliqu�e qu'en ultime recours". Il r�p�tait en outre que les documents pr�cit�s contenaient les informations n�cessaires � l'ex�cution correcte de cette op�ration, de sorte qu'il n'avait plus de raison de s'y opposer. Ce que l'autorit� intim�e appelle un "contr�le des normes de s�curit�" par l'expert de la SUVA se limite donc � un renvoi aux documents du fabricant. Or, comme cela est expos� ci-dessus, on ne peut pas d�duire de ces documents que le haubanage de la grue litigieuse respecte les garanties de s�curit�.
Dans ces circonstances, il y a lieu de constater que l'autorit� intim�e a fait preuve d'arbitraire en omettant sans raison de prendre en compte les mises en garde du fabricant de la grue, en se fondant exclusivement sur les conclusions de l'expert SUVA et en retenant que la conformit� aux normes de s�curit� avait �t� contr�l�e par ce sp�cialiste, ce qui ne ressort aucunement des pi�ces vers�es au dossier.
5.2.2 Selon l'arr�t attaqu�, il n'est pas contest� que l'ing�rence de la grue dans le volume a�rien du bien-fonds des recourants constituerait une atteinte � leur propri�t�. A cet �gard, le Tribunal cantonal retient implicitement que la charge selon laquelle la grue ne devait pas passer au-dessus d'un fonds voisin appartenant � des tiers pouvait �tre respect�e, puisqu'il consid�re que "les emp�chements techniques li�s � l'ex�cution de cette charge, lesquels fondaient le refus du Conseil d'Etat d'autoriser la r�gularisation de l'installation litigieuse, ne font plus obstacle � l'octroi du permis". Cette appr�ciation est �galement insoutenable.
En effet, si la recommandation de l'expert d'�quiper la grue d'un "dispositif de limitation �lectrom�canique d'orientation" permet d'�viter le survol de la parcelle des recourants "en mode de fonctionnement normal", il en va diff�remment lorsque la grue n'est pas utilis�e et qu'elle est "mise en girouette". Dans la mesure o� il est douteux que le dispositif de haubanage puisse �tre install� en l'�tat, faute de pr�senter des garanties suffisantes en mati�re de s�curit� (cf. supra consid. 5.2.1), la grue pourra s'orienter librement lorsqu'elle n'est pas utilis�e. Or, selon le rapport de l'expert SUVA du 15 septembre 2005, "compte tenu des vents dominants, la fl�che de la grue hors service pourrait se situer sur la parcelle voisine". Par ailleurs, m�me si un dispositif de haubanage pouvait �tre install�, il devrait �tre enlev� en cas de forts vents pour �viter un basculement, si bien que la fl�che de la grue pourrait empi�ter sur la parcelle des recourants dans cette situation �galement. Dans ces conditions, que la grue soit ou non �quip�e d'un dispositif de haubanage, elle est susceptible de porter atteinte � la propri�t� des tiers.
5.2.3 Ainsi, que la grue soit laiss�e libre ou qu'elle soit maintenue en place par un dispositif de haubanage qui devra de toute fa�on �tre enlev� en cas de forts vents, elle portera atteinte soit � la s�curit� des recourants, soit � leur propri�t�. En plus de reposer sur une constatation arbitraire des faits, la d�cision attaqu�e viole donc manifestement l'art. 27 al. 2 LC, qui pr�cise que les constructions et installations ne doivent porter atteinte ni � la s�curit� des personnes ni � la propri�t� de tiers. Cette d�cision est �galement arbitraire dans son r�sultat, puisqu'elle fait primer les int�r�ts d'ordre financier de l'entreprise intim�e - qui n'a au demeurant pas �tabli que le d�placement ou le d�montage de la grue construite sans autorisation lui causerait un pr�judice consid�rable - sur la s�curit� et la garantie de la propri�t� des recourants.
Il s'ensuit que le recours de droit public doit �tre admis et que la d�cision attaqu�e doit �tre annul�e. L'intim�e, qui succombe, doit supporter les frais de la proc�dure de recours de droit public (art. 153, 153a et 156 al. 1 OJ). Il n'est pas per�u de frais pour la proc�dure de recours de droit administratif, les recourants ayant express�ment d�clar� former ce recours superf�tatoire pour suivre la voie de droit indiqu�e par l'arr�t attaqu�. Les d�pens sont compens�s, de sorte que l'intim�e supportera une indemnit� r�duite pour les d�pens dus aux recourants en raison de l'admission du recours de droit public (art. 159 OJ).
Les causes 1A.35/2007 et 1P.89/2007 sont jointes.
Le recours de droit public est admis et la d�cision attaqu�e est annul�e.
Un �molument judiciaire de 2000 fr. est mis � la charge de l'intim�e.
L'intim�e versera aux recourants une indemnit� de 2000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux parties, � la Commune de Randogne, au Conseil d'Etat et � la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais.