Source: https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/sante-environnement-milieu-travail/rapports-publications/contaminants-environnementaux/quatrieme-rapport-biosurveillance-humaine-substances-chimiques-environnement-canada-page-3.html
Timestamp: 2019-12-07 14:57:54+00:00
Document Index: 124909943

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Page 3 - Quatrième rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada - Canada.ca
Quatrième rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada
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8 Sommaire et résultats liés à l'acrylamide
L'acrylamide (nº CAS 79-06-1) est une substance chimique utilisée principalement pour la production de polymères comme les polyacrylamides (ATSDR, 2012a). On emploie les polyacrylamides pour purifier l'eau potable et traiter les effluents des usines de traitement de l'eau et des procédés industriels (ATSDR, 2012a). Ils sont également employés comme liants, épaississants ou floculants dans le coulis, le ciment, les préparations de pesticides, les cosmétiques, la fabrication de produits alimentaires et la prévention de l'érosion des sols (Environnement Canada et Santé Canada, 2009a). Les polymères d'acrylamide sont aussi utilisés pour le traitement du minerai, les emballages alimentaires et les produits en plastique (Environnement Canada et Santé Canada, 2009a). Au Canada, le polyacrylamide est utilisé comme coagulant et floculant pour la clarification de l'eau potable et dans les terreaux, ainsi que comme ingrédient non médicinal dans les produits de santé naturels et les médicaments (Environnement Canada et Santé Canada, 2009b). L'acrylamide peut aussi se former naturellement dans certains aliments au cours de leur transformation ou de la cuisson à haute température (Santé Canada, 2009a). L'acrylamide se forme surtout dans les aliments d'origine végétale riches en glucides, comme les pommes de terre et les céréales. Les concentrations les plus fortes sont détectées dans les croustilles et les frites (Santé Canada, 2009a).
La pénétration dans l'environnement peut découler de la production et de l'utilisation industrielles (ATSDR, 2012a). Les procédés de traitement du polyacrylamide libèrent parfois des monomères résiduels dans l'eau potable et représentent la principale source de contamination de l'eau potable par l'acrylamide (ATSDR, 2012a). L'acrylamide est un composant de la fumée de cigarette et peut être rejeté dans l'air intérieur lorsque des personnes fument (NTP, 2005a; Urban et coll., 2006).
Pour la population générale, les principales sources d'exposition à l'acrylamide sont l'alimentation et, dans une moindre mesure, l'eau potable et le sol (Environnement Canada et Santé Canada, 2009a). L'inhalation de la fumée du tabac, y compris au cours du tabagisme passif, représente également une source importante d'exposition pour la population (ATSDR, 2012a). Des études sur les animaux montrent que l'acrylamide est facilement absorbé par les voies orale et pulmonaire et, dans une moindre mesure, par exposition cutanée (ATSDR, 2012a). Une fois absorbé, l'acrylamide se distribue dans tout l'organisme et s'accumule dans les globules rouges (ATSDR, 2012a). L'acrylamide est métabolisé soit par conjugaison au glutathion, pour former un dérivé de l'acide mercapturique de l'acrylamide, soit par oxydation pour former du glycidamide, un dérivé époxyde, qui peut ensuite être métabolisé par conjugaison au glutathion. L'acrylamide et le glycidamide réagissent tous deux avec l'hémoglobine des cellules rouges pour former des adduits (ATSDR, 2012a). L'acrylamide absorbé et ses métabolites sont rapidement éliminés dans l'urine, principalement sous forme d'acides mercapturiques, des conjugués d'acrylamide et de glycidamide (ATSDR, 2012a). Les adduits de l'acrylamide et du glycidamide à l'hémoglobine sont considérés comme des marqueurs de l'exposition survenue dans les 120 jours précédents l'analyse (durée de vie moyenne des globules rouges) (ATSDR, 2012a).
On sait que l'exposition à l'acrylamide est responsable de plusieurs effets sur la santé humaine, dont une neurotoxicité. Une relation a été établie entre l'exposition par inhalation à l'acrylamide en milieu de travail et la neuropathie périphérique, caractérisée par une faiblesse musculaire ainsi que des engourdissements des mains et des pieds (Environnement Canada et Santé Canada, 2009b). Des études sur des animaux de laboratoire ont permis de constater des effets nocifs sur la reproduction et le développement, et de montrer que l'acrylamide est génotoxique et cancérogène (Environnement Canada et Santé Canada, 2009b; FAO/WHO, 2006). Un examen des études épidémiologiques existantes a révélé que les preuves sont insuffisantes pour établir un lien entre l'exposition à l'acrylamide et la cancérogénicité (CIRC, 1994; Santé Canada, 2008a). Toutefois, compte tenu des données probantes obtenues chez des animaux de laboratoire, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis ont classé l'acrylamide comme étant probablement cancérogène pour les humains (CIRC, 1994; EPA, 2010). De même, compte tenu des données probantes issues d'études chez les animaux, le Comité d'experts FAO/WHO sur les additifs alimentaires a établi que la dose ingérée estimée d'acrylamide associée à certains aliments pourrait s'avérer préoccupante pour la santé humaine (FAO/WHO, 2006; FAO/WHO, 2011a).
Santé Canada et Environnement Canada (maintenant appelé Environnement et Changement climatique Canada) ont conclu que l'acrylamide peut être préjudiciable pour la vie ou la santé humaine au Canada, en raison de son potentiel cancérogène (Environnement Canada et Santé Canada, 2009b). L'acrylamide figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)]. La Loi permet au gouvernement fédéral de contrôler l'importation, la fabrication, la distribution et l'utilisation de l'acrylamide au Canada (Canada, 1999; Canada, 2011a). En ce qui concerne l'acrylamide, la stratégie de gestion des risques de Santé Canada est centrée sur la réduction de l'exposition alimentaire (Santé Canada, 2009b). Pour réduire l'exposition à l'acrylamide provenant de sources alimentaires, Santé Canada suggère de suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien visant à limiter la consommation d'aliments riches en glucides et en matières grasses (croustilles, frites, etc.), en sucre et en sel (Santé Canada, 2009a). Une consommation occasionnelle de ces aliments ne devrait cependant pas entraîner de risque pour la santé. D'autres moyens sont proposés pour réduire l'exposition à l'acrylamide dans certains aliments : bien vérifier les températures de l'huile et de cuisson au four; suivre les directives de cuisson du fabricant; entreposer les pommes de terre à plus de 8 °C; bien laver ou faire tremper les pommes de terre coupées dans l'eau avant de les frire, et faire griller le moins possible le pain ou les produits de boulangerie-pâtisserie (Santé Canada, 2009a). Santé Canada analyse régulièrement les données sur les taux d'acrylamide dans les aliments vendus au Canada et peut communiquer ses résultats à l'industrie, notamment pour les produits dans lesquels de fortes teneurs d'acrylamide sont relevées. Santé Canada continue d'encourager l'industrie alimentaire à poursuivre ses efforts pour réduire la teneur en acrylamide des aliments transformés (Santé Canada, 2012b). En septembre 2013, en vue d'obtenir plus d'information sur les stratégies fructueuses de réduction de l'acrylamide mises en œuvre par les fabricants de produits alimentaires, Santé Canada a lancé un appel sur un an pour recueillir des données techniques, publiées ou non, concernant la présence d'acrylamide dans des aliments vendus au Canada (Santé Canada, 2013b). Santé Canada a également modifié le Règlement sur les aliments et drogues afin d'autoriser l'emploi de l'asparaginase dans certains produits alimentaires, afin de réduire la formation d'acrylamide pendant la cuisson (Canada, 2012a; Santé Canada, 2013c). L'acrylamide figure à titre d'ingrédient interdit sur la Liste critique des ingrédients dont l'utilisation est restreinte ou interdite dans les cosmétiques (communément appelée « Liste critique des ingrédients des cosmétiques » ou tout simplement « Liste critique »). Santé Canada utilise la Liste critique comme outil administratif pour informer les fabricants et autres intervenants que certaines substances, lorsqu'elles sont présentes dans un produit cosmétique, peuvent contrevenir à l'interdiction générale énoncée à l'article 16 de la Loi sur les aliments et drogues ou à une disposition du Règlement sur les cosmétiques (Santé Canada, 2015b).
Étant donné que des polymères composés d'acrylamide servent à traiter l'eau potable, la plupart des administrations canadiennes ont adopté des normes sanitaires sur les additifs qui limitent la quantité d'acrylamide pouvant être présente dans l'eau potable traitée (NSF International, 2016a; NSF International, 2016b). Santé Canada a également fixé le taux maximal d'acrylamide dans les préparations contenant du polyacrylamide et dans les produits de santé naturels au Canada (Environnement Canada et Santé Canada, 2009a; Santé Canada, 2016b).
Selon une étude réalisée sur l'île de Montréal pour évaluer les taux d'acrylamide chez 195 jeunes non-fumeurs âgés de 10 à 17 ans, les moyennes géométriques des concentrations des adduits de l'acrylamide et du glycidamide à l'hémoglobine étaient respectivement de 45,4 pmol/g d'hémoglobine et de 45,6 pmol/g d'hémoglobine (Brisson et coll., 2014).
Dans le cadre du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, l'acrylamide et son métabolite, le glycidamide, ont été analysés sous forme d'adduits dans le sang total des participants âgés de 3 à 79 ans. Les données sont exprimées en pmol/g d'hémoglobine (Hb) de sang. La présence d'une quantité mesurable d'adduits de l'acrylamide et du glycidamide à l'hémoglobine est un signe d'exposition à l'acrylamide, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
Tableau 8.1.1 - Adduit de l'acrylamide à l'hémoglobine - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (pmol/g Hb) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
%<LDNote de bas de page a
MG (IC 95 %)
10e (IC 95 %)
50e (IC 95 %)
90e (IC 95 %)
95e (IC 95 %)
a Si plus de 40 % des échantillons étaient inférieurs à la LD, la distribution en percentiles est indiquée, mais les moyennes n'ont pas été calculées.
E Utilisez la donnée avec prudence.
Total, 3 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 2492 0 73 (65-82) 35 (30-40) 64 (57-70) 190 (160-230) 240 (190-290)
4 (2014 à 2015) 2529 0,04 67 (62-73) 38 (35-41) 60 (55-66) 150 (130-180) 200 (180-230)
Hommes, 3 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 1225 0 79 (69-90) 36 (31-40) 68 (61-75) 200 (150-260) 270Note de bas de page E (160-380)
4 (2014 à 2015) 1267 0,08 70 (62-79) 37 (33-42) 64 (57-71) 170Note de bas de page E (110-230) 220 (180-250)
Femmes, 3 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 1267 0 68 (59-78) 35 (29-41) 60 (51-69) 180 (130-230) 210 (180-250)
4 (2014 à 2015) 1262 0 65 (58-72) 38 (36-41) 58 (53-62) 140 (100-180) 180 (140-220)
3 (2012 à 2013) 471 0 59 (55-64) 39 (35-43) 59 (55-63) 87 (73-100) 100 (82-120)
4 (2014 à 2015) 484 0 60 (56-65) 37 (32-43) 61 (55-66) 96 (84-110) 100 (83-120)
3 (2012 à 2013) 505 0 61 (57-65) 37 (34-41) 62 (58-67) 100 (88-110) 110 (98-120)
4 (2014 à 2015) 507 0 62 (59-66) 42 (39-45) 62 (58-66) 90 (83-96) 100 (94-110)
3 (2012 à 2013) 507 0 63 (59-67) 37 (31-42) 57 (53-61) 110 (87-130) 170Note de bas de page E (96-240)
4 (2014 à 2015) 505 0 63 (55-72) 37 (33-42) 60 (51-70) 100 (83-120) 120 (91-160)
3 (2012 à 2013) 348 0 80 (65-97) 34 (24-43) 74 (59-89) 190 (130-260) 260 (190-340)
4 (2014 à 2015) 363 0 70 (60-80) 37 (33-41) 61 (53-70) 170 (120-220) 210 (170-250)
3 (2012 à 2013) 311 0 83 (67-100) 35 (24-47) 66 (49-82) 230 (180-290) 330 (210-450)
4 (2014 à 2015) 312 0,32 71 (62-80) 38 (34-42) 60 (50-70) 180 (130-230) 250 (170-330)
3 (2012 à 2013) 350 0 63 (59-68) 34 (29-40) 62 (59-65) 130 (100-150) 160 (130-190)
4 (2014 à 2015) 358 0 63 (56-71) 34 (26-43) 59 (53-65) 150 (110-190) 190 (170-210)
Tableau 8.1.2 - Adduit de la glycidamide à l'hémoglobine - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (pmol/g Hb) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2492 0,76 68 (62-75) 36 (34-38) 65 (59-70) 150 (120-180) 190 (150-220)
4 (2014 à 2015) 2529 1,86 60 (54-67) 34 (30-37) 57 (52-62) 120 (100-140) 170 (150-200)
3 (2012 à 2013) 1225 1,14 69 (62-77) 37 (35-38) 66 (58-74) 170 (120-210) 210 (160-260)
4 (2014 à 2015) 1267 2,37 61 (53-70) 33 (27-39) 58 (50-66) 130 (100-160) 170 (130-200)
3 (2012 à 2013) 1267 0,39 67 (60-74) 36 (32-40) 64 (57-71) 130 (100-160) 160 (120-200)
4 (2014 à 2015) 1262 1,35 59 (53-67) 34 (31-37) 56 (51-62) 110 (81-140) 170 (110-240)
3 (2012 à 2013) 471 0 80 (75-85) 51 (43-59) 78 (74-81) 120 (110-130) 140 (120-150)
4 (2014 à 2015) 484 0,21 76 (69-84) 49 (44-53) 73 (65-82) 120 (100-130) 140 (110-180)
3 (2012 à 2013) 505 0 73 (70-77) 47 (45-48) 74 (68-81) 110 (97-120) 130 (110-150)
4 (2014 à 2015) 507 0,39 70 (65-74) 44 (41-48) 66 (60-73) 100 (95-110) 120 (110-130)
3 (2012 à 2013) 507 1,18 62 (59-65) 35 (32-37) 60 (57-62) 110 (95-130) 160 (120-200)
4 (2014 à 2015) 505 2,38 58 (51-67) 34 (27-41) 55 (49-62) 99 (83-120) 120Note de bas de page E (58-180)
3 (2012 à 2013) 348 0,86 72 (60-86) 38 (30-46) 74 (62-86) 160 (130-190) 210 (160-260)
4 (2014 à 2015) 363 2,20 62 (52-74) 34 (29-39) 57 (49-66) 170 (110-230) 190 (170-220)
3 (2012 à 2013) 311 1,29 71 (58-86) 36 (31-42) 62 (50-74) 180 (140-220) 230 (170-290)
4 (2014 à 2015) 312 1,92 63 (55-71) 35 (30-39) 58 (50-65) 130 (97-160) 160Note de bas de page E (57-260)
3 (2012 à 2013) 350 1,71 60 (53-67) 34 (29-39) 60 (50-70) 100 (90-110) 120 (110-130)
4 (2014 à 2015) 358 5,03 50 (44-57) 25 (<LD-33) 50 (44-56) 98 (87-110) 120 (93-150)
9 Sommaires et résultats liés aux composés organiques volatils
9.1 Benzène et métabolites du benzène
Le benzène (nº CAS 71-43-2) est un composé organique volatil (COV) liquide et incolore, présent à l'état naturel dans l'air ambiant à de faibles concentrations (Santé Canada, 2009c). Il a été isolé et synthétisé pour la première fois au début du XIXe siècle. À l'heure actuelle, il est extrait de façon commerciale à partir de sources de charbon et de pétrole, à des fins industrielles (ATSDR, 2007a).
L'industrie utilise largement le benzène comme solvant et comme produit intermédiaire pour la production de diverses substances chimiques qui servent à fabriquer des produits finis comme les plastiques et les élastomères, le phénol et l'acétone, et les résines de nylon (ATSDR, 2007a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). On utilise également le benzène à différentes étapes de la fabrication de fibres synthétiques, de caoutchoucs, de lubrifiants, de teintures, de détergents, de médicaments et de pesticides (ATSDR, 2007a).
Le benzène libéré dans l'environnement provient de sources naturelles et anthropiques. Il est présent à l'état naturel dans le pétrole brut et se forme lors de la combustion incomplète de matières organiques (Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). Le benzène pénètre dans l'environnement sous l'effet de processus naturels comme le suintement de pétrole, l'altération atmosphérique des roches et des sols, l'activité volcanique, les feux de forêt, ainsi que les rejets de la vie végétale (Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). Les sources anthropiques comprennent la production, le stockage, l'utilisation et le transport du benzène isolé, du pétrole brut et autres produits du pétrole. Il peut s'agir notamment des vapeurs d'essence rejetées dans les stations-service ou encore de sous-produits de combustion libérés dans les gaz d'échappement des véhicules automobiles (Santé Canada, 2009c). De façon générale, le benzène trouvé dans l'environnement provient beaucoup plus souvent de sources anthropiques que de sources naturelles (Environnement Canada et Santé Canada, 1993a).
Pour la population générale, l'exposition au benzène se produit principalement par inhalation de l'air ambiant. Le niveau d'exposition est particulièrement élevé dans les zones de circulation routière intense et les stations-service, et en cas d'inhalation de la fumée du tabac (ATSDR, 2007a). L'exposition au benzène dans l'air ambiant représente entre 98 et 99 % de l'absorption totale de benzène pour la population canadienne des non-fumeurs (Santé Canada, 2009c). Le taux de benzène dans l'air intérieur résidentiel était plus élevé en cas de garage attenant ou lorsque des personnes fument à domicile (Héroux et coll., 2008; Héroux et coll., 2010; Wheeler et coll., 2013). Différents produits commercialisés contenant du benzène peuvent aussi contribuer à sa présence dans l'air intérieur (Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). Malgré la détection de benzène dans l'eau du robinet, dans certains aliments et dans diverses boissons, on ne considère pas qu'il s'agit de sources d'exposition majeures pour la population générale (ATSDR, 2007a; Santé Canada, 2009c).
Après inhalation, le benzène est facilement absorbé dans le sang et il se répartit dans tout l'organisme en se concentrant dans les tissus adipeux (EPA, 2002). Dans les poumons et le foie, le métabolisme du benzène produit plusieurs métabolites réactifs, dont l'oxyde de benzène (EPA, 2002; McHale et coll., 2012). Le métabolisme du benzène peut prendre diverses voies métaboliques : le réarrangement spontané de l'oxyde de benzène produit du phénol, un métabolite principal; la réaction avec le glutathion conduit à la formation d'acide S-phénylmercapturique (S-PMA); une réaction de catalyse par le fer entraîne la formation d'acide trans,trans-muconique (t,t-MA) (EPA, 2002). Le benzène est excrété par les poumons lors de l'expiration, ainsi que dans l'urine sous forme de métabolites conjugués; tous les métabolites du benzène peuvent être conjugués avec du sulfate ou de l'acide glucuronique (EPA, 2002). Le phénol, le S-PMA et le t,t-MA sont considérés comme des biomarqueurs urinaires de l'exposition récente au benzène (Boogaard et van Sittert, 1995; Qu et coll., 2005; Weisel, 2010). Le t,t-MA et le S-PMA sont des indicateurs plus sensibles et plus fiables de l'exposition au benzène, car le phénol urinaire peut résulter d'une exposition alimentaire ou environnementale au phénol ou à d'autres composés phénoliques (ATSDR, 2007a). La concentration sanguine de benzène représente le biomarqueur le plus fiable de l'exposition et reflète une exposition récente (Arnold et coll., 2013; Weisel, 2010).
On sait que le benzène est à l'origine de nombreux effets sur la santé humaine. Le type d'effet indésirable dépend de la concentration de benzène et de la durée de l'exposition. L'exposition à cette substance peut être hématotoxique chez les humains et les animaux de laboratoire, le principal organe cible étant la moelle osseuse (EPA, 2002). Les données existantes indiquent que les métabolites du benzène produits dans le foie peuvent être transportés vers la moelle osseuse, où se produit l'hématotoxicité (EPA, 2002). Chez les rongeurs, il a été montré que l'exposition chronique au benzène par inhalation provoque une leucémie (EPA, 2002). Les études épidémiologiques et les études de cas fournissent des preuves solides d'une relation entre l'exposition à des taux élevés de benzène et le risque de leucémie chez les humains soumis à une exposition en milieu de travail (EPA, 2002).
Le benzène a été classé comme étant cancérogène pour les humains par Environnement Canada et Santé Canada (groupe I), ainsi que par le Centre International de Recherche sur le Cancer (groupe 1) (CIRC, 2012a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). Bien qu'on n'ait pas encore établi de mode d'action commun pour les effets hématotoxiques et cancérogènes, il est généralement admis que la leucémie myéloïde aiguë et les effets non cancérogènes sont causés par un ou plusieurs métabolites réactifs du benzène (ATSDR, 2007a; McHale et coll., 2012; Meek et Klaunig, 2010; Smith, 2010).
À l'échelle internationale, le benzène est devenu l'une des substances les plus strictement réglementées (Capleton et Levy, 2005). Au Canada, des règlements limitent la concentration de benzène dans l'essence ainsi que dans les émissions des véhicules (Canada, 1997; Environnement Canada, 2014). Le benzène figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], et il est admissible à une gestion complète de son cycle de vie en vue d'empêcher ou de réduire le plus possible les rejets dans l'environnement (Canada, 1999; Environnement Canada et Santé Canada, 1993a). En 2000-2001, le Conseil canadien des ministres de l'Environnement a approuvé un standard pancanadien relatif au benzène, qui exige la réduction des émissions industrielles totales et l'utilisation de pratiques de gestion exemplaires (CCME, 2000a; CCME, 2001). L'application de ce standard a permis une réduction de 71 % des émissions industrielles de benzène dans l'air ambiant entre 1995 et 2008 (CCME, 2012). Le benzène figure également à titre d'ingrédient interdit sur la Liste critique des ingrédients dont l'utilisation est restreinte ou interdite dans les cosmétiques (communément appelée « Liste critique des ingrédients des cosmétiques » ou tout simplement « Liste critique »). Santé Canada utilise la Liste critique comme outil administratif pour informer les fabricants et autres intervenants que certaines substances, lorsqu'elles sont présentes dans un produit cosmétique, peuvent contrevenir à l'interdiction générale énoncée à l'article 16 de la Loi sur les aliments et drogues ou à une disposition du Règlement sur les cosmétiques (Canada, 1985; Santé Canada, 2015b).
Le gouvernement du Canada a par ailleurs pris diverses mesures à l'égard des COV, une vaste classe de composés dont le benzène fait partie. Cette classe est préoccupante aussi bien pour l'environnement que pour la santé, car elle contribue à la formation de smog. Le gouvernement du Canada a pris ou proposé des mesures pour lutter contre les émissions de COV qui découlent de l'utilisation de produits commerciaux et de consommation au Canada (Canada, 2009a; Canada, 2009b; Environnement Canada, 2002; Environnement Canada, 2013a).
Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada qui fixe la concentration maximale acceptable de benzène dans l'eau potable, sur la base de paramètres cancérogènes; on considère que ce seuil de concentration assure une protection contre les effets aussi bien cancérogènes que non cancérogènes du benzène (Santé Canada, 2009c). Santé Canada a désigné le benzène comme un contaminant de l'air intérieur d'intérêt prioritaire et a élaboré un document de conseils sur le benzène dans l'air intérieur résidentiel (Santé Canada, 2013d). D'après l'hypothèse que le risque de cancer associé aux niveaux d'exposition au benzène dans l'air intérieur est faible, mais non négligeable, le document de conseils recommande aux particuliers de prendre les mesures nécessaires pour réduire leur exposition au benzène dans l'air intérieur. Les stratégies recommandées concernent notamment les garages attenants aux résidences et le tabagisme, les deux sources majeures de benzène dans l'air intérieur.
La concentration de benzène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les concentrations des métabolites du benzène, t,t-MA et S-PMA, dans l'urine ont été mesurées pour les participants âgés de 3 à 79 ans lors du cycle 2 (2009 à 2011) et du cycle 3 (2012 à 2013) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang pour le benzène, et en µg/L et en µg/g de créatinine pour le t,t-MA et le S-PMA. La présence d'une quantité mesurable de benzène dans le sang, ou de t,t-MA ou de S-PMA dans l'urine peut être un indicateur d'une exposition au benzène, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de benzène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Statistique Canada, 2012; Wheeler et coll., 2013; Zhu et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.1.1 - Benzène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
Total, 12 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 2488 12,58 0,036 (0,025-0,050) <LD 0,039 (0,030-0,049) 0,15 (0,12-0,19) 0,24 (0,18-0,29)
4 (2014 à 2015) 2354 7,48 0,034Note de bas de page E (0,024-0,050) 0,0093Note de bas de page E (<LD-0,013) 0,033Note de bas de page E (0,017-0,049) 0,14 (0,090-0,19) 0,21 (0,16-0,26)
Hommes, 12 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 1245 11,57 0,037 (0,026-0,052) <LD 0,040 (0,030-0,049) 0,15 (0,13-0,18) 0,24 (0,18-0,30)
4 (2014 à 2015) 1164 6,44 0,037 (0,026-0,054) 0,0097Note de bas de page E (<LD-0,015) 0,036Note de bas de page E (0,019-0,054) 0,16 (0,10-0,21) 0,23 (0,15-0,31)
Femmes, 12 à 79 ans
3 (2012 à 2013) 1243 13,60 0,035Note de bas de page E (0,024-0,051) <LD 0,038 (0,028-0,049) 0,17Note de bas de page E (0,093-0,24) 0,23Note de bas de page E (0,11-0,35)
4 (2014 à 2015) 1190 8,49 0,032Note de bas de page E (0,021-0,048) 0,0090Note de bas de page E (<LD-0,013) 0,030Note de bas de page E (0,015-0,045) 0,13Note de bas de page E (0,071-0,19) 0,19 (0,14-0,25)
3 (2012 à 2013) 750 14,00 0,028 (0,019-0,040) <LD 0,034 (0,025-0,043) 0,084 (0,063-0,10) 0,12 (0,076-0,16)
4 (2014 à 2015) 663 9,65 0,028Note de bas de page E (0,019-0,041) 0,0087Note de bas de page E (<LD-0,014) 0,029Note de bas de page E (0,013-0,045) 0,087 (0,068-0,11) 0,12 (0,074-0,16)
3 (2012 à 2013) 548 10,40 0,037Note de bas de page E (0,023-0,059) <LD 0,040 (0,027-0,054) 0,13 (0,080-0,17) 0,18 (0,14-0,22)
4 (2014 à 2015) 568 6,69 0,033Note de bas de page E (0,021-0,051) 0,0097Note de bas de page E (<LD-0,014) 0,031Note de bas de page E (0,0097-0,052) 0,12 (0,074-0,16) 0,17Note de bas de page E (0,11-0,24)
3 (2012 à 2013) 598 8,70 0,040 (0,030-0,055) <LD 0,039 (0,028-0,050) 0,23 (0,16-0,31) 0,40Note de bas de page E (0,24-0,56)
4 (2014 à 2015) 575 6,26 0,041Note de bas de page E (0,027-0,062) 0,010Note de bas de page E (<LD-0,015) 0,037Note de bas de page E (0,014-0,060) 0,18 (0,13-0,22) 0,29Note de bas de page E (0,18-0,40)
3 (2012 à 2013) 592 16,72 0,031Note de bas de page E (0,021-0,047) <LD 0,038 (0,026-0,051) 0,13 (0,085-0,17) 0,20 (0,16-0,24)
4 (2014 à 2015) 548 6,93 0,031 (0,023-0,042) 0,0084Note de bas de page E (<LD-0,013) 0,030 (0,021-0,039) 0,13 (0,085-0,17) 0,24Note de bas de page E (0,15-0,33)
Tableau 9.1.2 - Acide S-phénylmercapturique (S-PMA) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans l'urine (μg/L) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 2 (2009 à 2011), cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
F La donnée est trop peu fiable pour être publiée.
2 (2009 à 2011) 2525 22,10 0,20 (0,18-0,23) <LD 0,12 (0,095-0,15) 1,3 (0,85-1,7) 3,5 (2,5-4,5)
3 (2012 à 2013) 2472 34,67 0,17 (0,14-0,21) <LD 0,10Note de bas de page E (<LD-0,16) Note de bas de page F 3,4 (2,3-4,5)
4 (2014 à 2015) 2484 36,59 0,17 (0,14-0,19) <LD 0,12 (0,10-0,14) 1,7Note de bas de page E (0,86-2,5) 3,4 (2,1-4,6)
2 (2009 à 2011) 1267 20,21 0,23 (0,20-0,26) <LD 0,13 (0,10-0,16) Note de bas de page F 3,9Note de bas de page E (2,5-5,4)
3 (2012 à 2013) 1223 31,07 0,20 (0,16-0,25) <LD 0,19Note de bas de page E (0,080-0,30) 1,9Note de bas de page E (0,51-3,3) 4,0 (2,7-5,3)
4 (2014 à 2015) 1246 34,43 0,17 (0,13-0,23) <LD 0,12 (0,093-0,15) 1,6Note de bas de page E (0,65-2,6) 3,1Note de bas de page E (1,1-5,0)
2 (2009 à 2011) 1258 24,01 0,18 (0,15-0,22) <LD 0,11 (<LD-0,14) 1,1Note de bas de page E (0,66-1,6) 2,5Note de bas de page E (0,89-4,1)
3 (2012 à 2013) 1249 38,19 0,14 (0,10-0,19) <LD 0,099 (<LD-0,12) Note de bas de page F 3,3Note de bas de page E (1,4-5,2)
4 (2014 à 2015) 1238 38,77 0,16 (0,12-0,20) <LD 0,12 (0,089-0,14) Note de bas de page F 4,2Note de bas de page E (2,3-6,1)
2 (2009 à 2011) 507 20,32 0,15 (0,13-0,17) <LD 0,12 (0,094-0,14) 0,40 (0,29-0,52) 0,64Note de bas de page E (0,40-0,88)
3 (2012 à 2013) 491 28,51 0,11 (0,10-0,12) <LD 0,099 (0,096-0,10) 0,32 (0,26-0,37) 0,51Note de bas de page E (0,30-0,72)
4 (2014 à 2015) 487 34,50 0,11 (0,091-0,13) <LD 0,11 (0,087-0,13) 0,43 (0,32-0,55) 0,56 (0,41-0,71)
2 (2009 à 2011) 511 25,24 0,14 (0,11-0,17) <LD 0,099 (0,083-0,12) 0,38 (0,28-0,49) 0,58Note de bas de page E (0,33-0,82)
3 (2012 à 2013) 491 38,90 0,099 (0,084-0,12) <LD 0,099 (0,092-0,11) 0,31 (0,23-0,39) 0,41 (0,35-0,47)
4 (2014 à 2015) 501 42,51 - <LD 0,11 (0,095-0,12) 0,36 (0,28-0,45) 0,49 (0,37-0,62)
2 (2009 à 2011) 506 18,97 0,17 (0,15-0,20) <LD 0,13 (0,094-0,16) 0,62 (0,45-0,79) 1,1Note de bas de page E (0,53-1,6)
3 (2012 à 2013) 497 32,19 0,14 (0,11-0,19) <LD 0,10Note de bas de page E (<LD-0,15) Note de bas de page F 2,3Note de bas de page E (0,74-4,0)
4 (2014 à 2015) 488 33,81 0,12 (0,11-0,13) <LD 0,11 (0,093-0,12) 0,65Note de bas de page E (0,40-0,90) 0,80 (0,60-0,99)
2 (2009 à 2011) 355 19,44 0,21 (0,17-0,27) <LD 0,12 (<LD-0,16) 1,4 (1,1-1,8) 3,0Note de bas de page E (1,5-4,5)
3 (2012 à 2013) 345 35,07 0,20Note de bas de page E (0,14-0,30) <LD 0,17Note de bas de page E (<LD-0,29) Note de bas de page F 3,3Note de bas de page E (1,4-5,3)
4 (2014 à 2015) 353 30,59 0,19 (0,14-0,27) <LD 0,13 (0,093-0,17) Note de bas de page F 3,3Note de bas de page E (2,0-4,6)
2 (2009 à 2011) 359 25,91 0,24 (0,18-0,30) <LD 0,13Note de bas de page E (<LD-0,20) 2,9Note de bas de page E (1,1-4,7) 5,2Note de bas de page E (3,2-7,3)
3 (2012 à 2013) 306 35,62 0,20Note de bas de page E (0,14-0,30) <LD 0,17Note de bas de page E (<LD-0,29) Note de bas de page F 3,4Note de bas de page E (1,8-5,0)
4 (2014 à 2015) 309 38,83 0,20 (0,15-0,27) <LD 0,12 (0,084-0,16) 3,1Note de bas de page E (1,1-5,2) 5,4Note de bas de page E (2,9-8,0)
2 (2009 à 2011) 287 23,69 0,19 (0,15-0,23) <LD 0,12 (0,094-0,15) 1,1Note de bas de page E (0,57-1,7) 3,4Note de bas de page E (1,3-5,4)
3 (2012 à 2013) 342 39,77 0,14 (0,11-0,18) <LD 0,093 (0,087-0,099) Note de bas de page F 5,1Note de bas de page E (2,0-8,3)
4 (2014 à 2015) 346 39,02 0,14 (0,12-0,18) <LD 0,10 (<LD-0,14) 1,6Note de bas de page E (0,44-2,8) 3,2Note de bas de page E (1,3-5,1)
Tableau 9.1.3 - Acide S-phénylmercapturique (S-PMA) (ajusté en fonction de la créatinine) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans l'urine (μg/g de créatinine) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 2 (2009 à 2011), cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
2 (2009 à 2011) 2515 22,10 0,20 (0,17-0,24) <LD 0,19 (0,12-0,26) 1,2Note de bas de page E (0,62-1,8) 3,1 (2,0-4,2)
3 (2012 à 2013) 2471 34,67 0,18 (0,15-0,22) <LD 0,14 (<LD-0,16) 1,4Note de bas de page E (0,86-2,0) 2,9 (1,9-4,0)
4 (2014 à 2015) 2484 36,59 0,15 (0,13-0,17) <LD 0,11 (0,090-0,13) 1,6 (1,0-2,1) 2,7 (2,3-3,0)
2 (2009 à 2011) 1263 20,21 0,19 (0,16-0,23) <LD 0,13Note de bas de page E (0,061-0,20) 1,8Note de bas de page E (0,84-2,8) 3,0Note de bas de page E (1,0-5,0)
3 (2012 à 2013) 1223 31,07 0,17 (0,14-0,21) <LD 0,12 (0,089-0,16) 1,4 (0,94-1,9) 2,2Note de bas de page E (1,2-3,3)
4 (2014 à 2015) 1246 34,43 0,14 (0,11-0,18) <LD 0,099 (0,084-0,11) 1,4Note de bas de page E (0,38-2,4) 2,3Note de bas de page E (1,4-3,3)
2 (2009 à 2011) 1252 24,01 0,20 (0,16-0,26) <LD 0,19 (<LD-0,24) 0,91Note de bas de page E (0,57-1,2) 3,1Note de bas de page E (1,1-5,2)
3 (2012 à 2013) 1248 38,19 0,18 (0,14-0,24) <LD 0,14 (<LD-0,16) Note de bas de page F 3,4Note de bas de page E (1,7-5,1)
4 (2014 à 2015) 1238 38,77 0,17 (0,13-0,21) <LD 0,13 (0,096-0,15) 1,7Note de bas de page E (<LD-2,8) 3,1Note de bas de page E (1,6-4,6)
2 (2009 à 2011) 506 20,32 0,26 (0,23-0,29) <LD 0,29 (0,19-0,39) 0,69 (0,56-0,82) 0,91 (0,71-1,1)
3 (2012 à 2013) 490 28,51 0,22 (0,20-0,24) <LD 0,20 (0,16-0,24) 0,52 (0,39-0,65) 0,79Note de bas de page E (0,50-1,1)
4 (2014 à 2015) 487 34,50 0,19 (0,17-0,22) <LD 0,18 (0,16-0,21) 0,54 (0,44-0,64) 0,76 (0,62-0,89)
2 (2009 à 2011) 509 25,24 0,15 (0,13-0,19) <LD 0,17Note de bas de page E (0,057-0,28) 0,46 (0,31-0,61) 0,60 (0,40-0,80)
3 (2012 à 2013) 491 38,90 0,13 (0,11-0,15) <LD 0,13 (0,10-0,15) 0,32 (0,27-0,37) 0,41 (0,36-0,45)
4 (2014 à 2015) 501 42,51 - <LD 0,12 (0,10-0,14) 0,33 (0,25-0,42) 0,46 (0,39-0,54)
2 (2009 à 2011) 504 18,97 0,13 (0,11-0,15) <LD 0,10 (0,091-0,11) 0,50 (0,34-0,66) 0,78Note de bas de page E (0,50-1,1)
3 (2012 à 2013) 497 32,19 0,11 (0,087-0,14) <LD 0,092 (<LD-0,11) Note de bas de page F 1,3Note de bas de page E (0,59-2,0)
4 (2014 à 2015) 488 33,81 0,089 (0,080-0,10) <LD 0,077 (0,065-0,088) 0,33 (0,24-0,43) 0,52Note de bas de page E (0,26-0,78)
2 (2009 à 2011) 353 19,44 0,19 (0,14-0,25) <LD Note de bas de page F 1,6Note de bas de page E (0,59-2,6) 2,9Note de bas de page E (1,7-4,1)
3 (2012 à 2013) 345 35,07 0,15 (0,11-0,21) <LD 0,12 (<LD-0,16) 1,1Note de bas de page E (<LD-1,8) 1,7Note de bas de page E (0,86-2,6)
4 (2014 à 2015) 353 30,59 0,16 (0,11-0,23) <LD 0,13 (0,096-0,16) 1,9Note de bas de page E (0,93-2,9) 2,4 (1,7-3,1)
2 (2009 à 2011) 357 25,91 0,23 (0,17-0,31) <LD 0,19 (<LD-0,24) Note de bas de page F 4,2Note de bas de page E (1,5-7,0)
3 (2012 à 2013) 306 35,62 0,24 (0,17-0,34) <LD 0,17 (<LD-0,23) 2,0Note de bas de page E (<LD-3,5) 3,5Note de bas de page E (1,8-5,3)
4 (2014 à 2015) 309 38,83 0,18 (0,13-0,24) <LD 0,10 (0,068-0,13) 2,5 (1,7-3,4) 3,6Note de bas de page E (1,3-5,8)
2 (2009 à 2011) 286 23,69 0,21 (0,17-0,27) <LD 0,19 (0,15-0,23) 1,2Note de bas de page E (0,55-1,9) 2,9Note de bas de page E (1,3-4,5)
3 (2012 à 2013) 342 39,77 0,17 (0,13-0,23) <LD 0,12 (0,080-0,16) 2,1Note de bas de page E (<LD-3,5) 3,5Note de bas de page E (2,2-4,9)
4 (2014 à 2015) 346 39,02 0,14 (0,11-0,19) <LD 0,098 (<LD-0,13) Note de bas de page F 3,2Note de bas de page E (1,6-4,7)
Tableau 9.1.4 - Acide trans,trans-muconique (t,t-MA) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans l'urine (μg/L) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 2 (2009 à 2011), cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
2 (2009 à 2011) 2523 0,20 64 (57-71) 15 (12-19) 59 (52-66) 330 (260-390) 500 (330-680)
3 (2012 à 2013) 2492 0 56 (47-67) 14 (11-16) 53 (41-65) 250 (160-340) 400 (290-510)
4 (2014 à 2015) 2514 0 67 (61-74) 15 (12-18) 57 (53-61) 350 (260-450) 670Note de bas de page E (410-930)
2 (2009 à 2011) 1267 0,24 68 (58-81) 19 (13-25) 66 (54-78) 340 (260-420) 480 (330-630)
3 (2012 à 2013) 1231 0 64 (53-78) 17 (14-20) 59 (45-73) 260Note de bas de page E (140-380) 400Note de bas de page E (140-650)
4 (2014 à 2015) 1257 0 72 (62-84) 19 (16-23) 58 (50-66) 340 (220-450) 540Note de bas de page E (280-790)
2 (2009 à 2011) 1256 0,16 59 (51-70) 13 (9,2-17) 56 (47-64) 320 (220-420) 610Note de bas de page E (330-890)
3 (2012 à 2013) 1261 0 49 (41-60) 11 (7,2-14) 46 (34-59) 230Note de bas de page E (120-340) 430 (290-580)
4 (2014 à 2015) 1257 0 62 (51-74) 12 (8,3-15) 54 (41-66) 370 (240-510) 730Note de bas de page E (460-1000)
2 (2009 à 2011) 506 0,40 75 (63-90) 20 (15-24) 68 (52-83) 380Note de bas de page E (220-540) 670 (510-840)
3 (2012 à 2013) 489 0 65 (57-75) 14 (12-17) 51 (41-61) 440 (390-490) 730Note de bas de page E (440-1000)
4 (2014 à 2015) 494 0 73 (58-93) 16Note de bas de page E (9,1-22) 63 (46-79) 380Note de bas de page E (230-520) 750Note de bas de page E (400-1100)
2 (2009 à 2011) 511 0,20 71 (57-87) 17 (13-21) 63 (41-85) 380Note de bas de page E (240-510) 540 (360-720)
3 (2012 à 2013) 496 0 61 (49-75) 12 (7,3-16) 55 (39-71) 330Note de bas de page E (200-470) 740Note de bas de page E (220-1300)
4 (2014 à 2015) 508 0 75 (60-93) 14 (9,6-17) 61 (50-73) 500 (340-660) 820Note de bas de page E (470-1200)
2 (2009 à 2011) 506 0 75 (61-92) 15Note de bas de page E (8,4-21) 66 (47-85) 380 (290-480) 560 (440-680)
3 (2012 à 2013) 506 0 65 (48-88) 13 (8,3-18) 61 (45-77) 360Note de bas de page E (220-510) 670Note de bas de page E (350-1000)
4 (2014 à 2015) 495 0 74 (66-83) 17 (13-20) 71 (55-87) 350 (230-460) 740Note de bas de page E (430-1100)
2 (2009 à 2011) 355 0,56 62 (48-81) 13Note de bas de page E (6,3-19) 70 (54-86) 310Note de bas de page E (120-510) 610Note de bas de page E (300-910)
3 (2012 à 2013) 347 0 66 (46-95) 15Note de bas de page E (9,0-22) 66Note de bas de page E (40-92) 270Note de bas de page E (140-400) 380Note de bas de page E (160-590)
4 (2014 à 2015) 356 0 75 (57-100) 17Note de bas de page E (10-24) 58 (45-70) 680Note de bas de page E (190-1200) 790Note de bas de page E (450-1100)
2 (2009 à 2011) 359 0 65 (54-80) 17 (14-20) 57 (41-73) 310Note de bas de page E (170-460) 470Note de bas de page E (200-750)
3 (2012 à 2013) 307 0 50 (39-65) 15Note de bas de page E (8,4-21) 47 (32-61) 160Note de bas de page E (73-240) 360Note de bas de page E (130-590)
4 (2014 à 2015) 309 0 60 (52-70) 16 (11-21) 53 (40-66) 250 (170-330) 410Note de bas de page E (220-600)
2 (2009 à 2011) 286 0 54 (43-67) 14Note de bas de page E (7,6-21) 52 (37-67) 240Note de bas de page E (120-370) 400 (300-500)
3 (2012 à 2013) 347 0 50 (40-62) 10Note de bas de page E (4,5-16) 44 (34-55) 260Note de bas de page E (70-460) 550Note de bas de page E (170-930)
4 (2014 à 2015) 352 0 59 (51-67) 14 (11-18) 55 (46-64) 240 (160-320) 390 (280-510)
Tableau 9.1.5 - Acide trans,trans-muconique (t,t-MA) (ajusté en fonction de la créatinine) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans l'urine (μg/g de créatinine) pour la population canadienne âgée de 3 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 2 (2009 à 2011), cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
2 (2009 à 2011) 2513 0,20 63 (58-70) 19 (16-21) 54 (48-60) 280 (230-340) 450 (370-520)
3 (2012 à 2013) 2491 0 58 (51-66) 19 (17-21) 51 (43-58) 220 (160-280) 390 (270-510)
4 (2014 à 2015) 2514 0 60 (54-68) 17 (15-18) 52 (45-59) 280 (220-340) 460 (340-580)
2 (2009 à 2011) 1263 0,24 59 (50-69) 17 (15-19) 52 (40-63) 230 (150-320) 380 (280-480)
3 (2012 à 2013) 1231 0 54 (48-60) 19 (16-21) 51 (44-57) 160Note de bas de page E (97-210) 290Note de bas de page E (110-470)
4 (2014 à 2015) 1257 0 57 (48-68) 17 (15-18) 49 (39-60) 250Note de bas de page E (160-350) 400Note de bas de page E (250-560)
2 (2009 à 2011) 1250 0,16 69 (61-77) 20 (17-23) 55 (48-63) 320 (240-400) 490 (320-650)
3 (2012 à 2013) 1260 0 63 (54-74) 19 (16-22) 51 (39-62) 270 (190-340) 460 (300-630)
4 (2014 à 2015) 1257 0 64 (56-74) 16 (14-19) 54 (45-62) 310 (250-380) 490 (350-620)
2 (2009 à 2011) 505 0,40 130 (110-160) 36 (31-41) 110 (87-130) 590 (420-750) 990Note de bas de page E (580-1400)
3 (2012 à 2013) 488 0 130 (110-150) 34 (31-37) 87 (70-100) 910 (650-1200) 1500Note de bas de page E (810-2100)
4 (2014 à 2015) 494 0 130 (110-160) 35 (32-38) 100Note de bas de page E (63-140) 760 (510-1000) 1300Note de bas de page E (690-1900)
2 (2009 à 2011) 509 0,20 82 (68-99) 24 (20-28) 69 (52-87) 380 (290-470) 490 (360-620)
3 (2012 à 2013) 496 0 78 (65-93) 21 (18-23) 65 (55-75) 380Note de bas de page E (220-530) 720Note de bas de page E (260-1200)
4 (2014 à 2015) 508 0 81 (67-98) 21 (17-25) 61 (46-76) 470Note de bas de page E (240-700) 760 (600-910)
2 (2009 à 2011) 504 0 57 (48-69) 18 (15-20) 43 (29-57) 320 (230-410) 410 (340-490)
3 (2012 à 2013) 506 0 49 (40-61) 15 (13-17) 38 (27-49) 230Note de bas de page E (140-310) 450 (290-600)
4 (2014 à 2015) 495 0 54 (47-63) 15 (12-18) 47 (36-58) 210 (140-280) 450 (330-560)
2 (2009 à 2011) 353 0,56 55 (46-66) 16 (14-19) 48 (36-60) 270Note de bas de page E (120-420) 430 (300-570)
3 (2012 à 2013) 347 0 50 (38-66) 16 (10-21) 46Note de bas de page E (22-70) 160 (120-200) 240Note de bas de page E (90-390)
4 (2014 à 2015) 356 0 61 (47-81) 17 (14-21) 53 (37-68) 400Note de bas de page E (200-600) 580Note de bas de page E (320-840)
2 (2009 à 2011) 357 0 66 (53-82) 19 (14-23) 54 (37-71) 270 (200-340) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 307 0 59 (47-75) 22 (19-24) 54 (41-66) 190Note de bas de page E (95-280) 290Note de bas de page E (120-450)
4 (2014 à 2015) 309 0 55 (49-62) 16 (13-19) 49 (41-57) 190 (150-230) 270 (190-350)
2 (2009 à 2011) 285 0 63 (54-73) 20 (18-23) 55 (44-65) 220Note de bas de page E (120-330) 400Note de bas de page E (210-590)
3 (2012 à 2013) 347 0 57 (48-70) 20 (18-23) 43 (32-53) Note de bas de page F 490Note de bas de page E (220-760)
4 (2014 à 2015) 352 0 57 (47-69) 16 (13-19) 50 (41-59) 240Note de bas de page E (130-350) 300 (230-370)
9.2 Éthylbenzène
L'éthylbenzène (nº CAS 100-41-4) est un composé organique volatil (COV) liquide et incolore. Il s'agit d'une substance chimique industrielle produite commercialement en grande quantité, principalement par l'alkylation du benzène avec l'éthylène (ATSDR, 2010a; CIRC, 2000). La quantité d'éthylbenzène fabriquée au Canada est restée relativement stable depuis 1999 (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a).
L'éthylbenzène est surtout utilisé pour fabriquer le styrène et le caoutchouc synthétique (ATSDR, 2010a; CIRC, 2000; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Il sert également de solvant dans l'industrie des semiconducteurs et de solvant d'usage général dans les produits fabriqués, ainsi qu'à la production de diéthylbenzène, d'acétophénone et d'autres substances chimiques (ATSDR, 2010a). L'éthylbenzène entre dans la composition de l'asphalte, du naphta ainsi que des carburants pour automobiles et avions, y compris l'essence, qui contient normalement environ 2 % d'éthylbenzène en poids (ATSDR, 2010a). Comme les mélanges commerciaux à base de xylènes peuvent contenir jusqu'à 25 % d'éthylbenzène, on peut retrouver ce COV dans certaines peintures, y compris les peintures à pulvériser et les apprêts, les laques, les encres d'imprimerie, les insecticides et les solvants contenant des xylènes (ATSDR, 2010a; CIRC, 2000; Environnement et Changement Climatique Canada, et Santé Canada, 2016a).
L'éthylbenzène libéré dans l'environnement, principalement dans l'atmosphère, provient de sources naturelles et anthropiques. Il a été détecté dans les émissions volcaniques et de feux de forêt, ainsi que dans des gisements de pétrole brut et de charbon (ATSDR, 2010a; CIRC, 2000; Environnement et Changement Climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Les sources anthropiques d'éthylbenzène comprennent la fabrication, le traitement, le stockage, l'utilisation, le transport et l'élimination de carburants, de solvants, de produits pétrochimiques et de polymères. La croissance démographique et de la demande d'énergie pourraient accroître les rejets d'éthylbenzène dans l'air, notamment comme produits de combustion des carburants (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a).
Pour la population générale, l'exposition à l'éthylbenzène se produit principalement par inhalation de l'air intérieur (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a; Santé Canada, 2007a). Le taux d'éthylbenzène dans l'air intérieur résidentiel était plus élevé dans les résidences munies d'un garage attenant, qui possèdent un nombre élevé d'occupants, pour lesquelles des rénovations ont été faites récemment ou dans lesquelles on a récemment utilisé des parfums ou des décapants (Wheeler et coll., 2013). L'utilisation de produits de consommation comme les laques, les teintures, les vernis et les mastics pour sols en béton peuvent également être des sources d'exposition par inhalation de courte durée, mais à des concentrations potentiellement élevées. Bien que la fumée de cigarette puisse faire augmenter la concentration d'éthylbenzène dans l'air résidentiel, il ne s'agit probablement pas d'une source importante d'exposition (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a; Santé Canada, 2010b). D'autres produits commerciaux contenant de l'éthylbenzène peuvent également contribuer à la présence de ce COV dans l'air intérieur (ATSDR, 2010a; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Bien qu'on ait décelé de l'éthylbenzène dans l'air extérieur, l'eau du robinet, le sol et des aliments, il ne s'agit pas de sources importantes d'exposition pour la population (Santé Canada, 2007a).
Après l'exposition par voie orale ou cutanée ou par inhalation, l'éthylbenzène est facilement absorbé et réparti dans tout l'organisme (ATSDR, 2010a; CIRC, 2000). Chez les humains, entre 49 et 64 % de l'éthylbenzène est absorbé par inhalation (ATSDR, 2010a). La majeure partie de l'éthylbenzène absorbé dans le sang et l'organisme est éliminée dans l'urine, mais des quantités infimes sont exhalées. Sa demi-vie d'élimination va de moins de 1 heure à 25 heures (ATSDR, 2010a). Après une exposition par voie orale, l'absorption de l'éthylbenzène est d'environ 72 à 92 % chez les animaux de laboratoire, avant une excrétion rapide dans l'urine (ATSDR, 2010a). Au contraire, après une absorption par voie cutanée, seule une petite partie de l'éthylbenzène absorbé est éliminée dans l'urine et aucune quantité n'est exhalée (ATSDR, 2010a). La concentration sanguine d'éthylbenzène représente le biomarqueur le plus fiable de l'exposition et reflète une exposition récente (ATSDR, 2010a).
Chez les humains, l'éthylbenzène peut être irritant pour les yeux, le nez, la gorge, les poumons et la peau, et il a été associé à des symptômes comme des céphalées, des étourdissements, des vertiges et une sensation d'intoxication (ATSDR, 2010a; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Une exposition aiguë par inhalation a été généralement associée à des symptômes neurologiques et des irritations des voies respiratoires réversibles, tandis qu'une exposition chronique a été associée à des troubles de la fonction neurologique, notamment du rendement cognitif et neuromusculaire (ATSDR, 2010a; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Les résultats d'études menées sur des animaux de laboratoire exposés à l'éthylbenzène par inhalation étayent l'hypothèse d'effets sur le système nerveux central, de changements neuromusculaires et du comportement, ainsi que de pertes auditives (ATSDR, 2010a; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Chez les animaux de laboratoire, l'exposition chronique à de fortes concentrations d'éthylbenzène dans l'air et par voie orale a été associée à des atteintes rénales et hépatiques, à des troubles mineurs de développement, ainsi qu'à des effets sur le sang, l'hypophyse, la thyroïde et les tissus des voies respiratoires (ATSDR, 2010a; Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a). Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé l'éthylbenzène dans le groupe 2B, à savoir celui des agents peut-être cancérogènes pour les humains (CIRC, 2000). Toutefois, l'évaluation la plus récente de Santé Canada et d'Environnement Canada conclut que l'éthylbenzène est probablement un agent cancérogène avec seuil, c'est-à-dire qu'en deçà d'un certain seuil, la formation de tumeurs est peu probable (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a).
Santé Canada et Environnement Canada ont publié une évaluation préalable finale sur l'éthylbenzène en 2016. Dans ce document, ils concluent que l'éthylbenzène ne pénètre pas dans l'environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à constituer ou à pouvoir constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaine (Environnement et Changement climatique Canada, et Santé Canada, 2016a).
Le gouvernement du Canada a par ailleurs pris diverses mesures à l'égard des COV, une vaste classe de composés dont l'éthylbenzène fait partie. Cette classe est préoccupante aussi bien pour l'environnement que pour la santé, car elle contribue à la formation de smog. Le gouvernement du Canada a pris ou proposé des mesures pour lutter contre les émissions de COV qui découlent de l'utilisation de produits commerciaux et de consommation au Canada (Canada, 2009a; Canada, 2009b; Environnement Canada, 2002; Environnement Canada, 2013a).
Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada, qui fixe une concentration maximale acceptable d'éthylbenzène pour assurer la protection de la santé humaine, ainsi qu'un objectif esthétique pour l'éthylbenzène fondé sur son seuil olfactif (Santé Canada, 2014b). La recommandation a été formulée en fonction des effets cancérogènes et non cancérogènes touchant le foie, les reins et l'hypophyse d'animaux de laboratoire (Santé Canada, 2014b).
La concentration d'éthylbenzène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable d'éthylbenzène dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à cette substance, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux d'éthylbenzène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Statistique Canada, 2012; Wheeler et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.2.1 - Éthylbenzène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2441 17,90 0,026 (0,020-0,033) <LD 0,025 (0,017-0,033) 0,084 (0,070-0,098) 0,12 (0,095-0,15)
4 (2014 à 2015) 2505 11,90 0,026 (0,022-0,031) <LD 0,024 (0,018-0,029) 0,078 (0,061-0,094) 0,11 (0,089-0,13)
3 (2012 à 2013) 1212 17,49 0,028 (0,022-0,034) <LD 0,026 (0,018-0,034) 0,088 (0,063-0,11) 0,14 (0,096-0,18)
4 (2014 à 2015) 1239 11,62 0,028 (0,023-0,035) <LD 0,027 (0,019-0,034) 0,088 (0,067-0,11) 0,12 (0,086-0,15)
3 (2012 à 2013) 1229 18,31 0,025 (0,018-0,033) <LD 0,025 (0,016-0,033) 0,080 (0,057-0,10) 0,11 (0,076-0,14)
4 (2014 à 2015) 1266 12,16 0,024 (0,020-0,029) <LD 0,022 (0,018-0,026) 0,065 (0,046-0,084) 0,093 (0,068-0,12)
3 (2012 à 2013) 731 19,84 0,020 (0,016-0,027) <LD 0,021 (0,015-0,027) 0,064 (0,044-0,084) 0,081 (0,056-0,11)
4 (2014 à 2015) 709 15,37 0,022 (0,017-0,027) <LD 0,022 (0,016-0,027) 0,053 (0,044-0,061) 0,065 (0,052-0,077)
3 (2012 à 2013) 532 17,29 0,026 (0,019-0,035) <LD 0,026Note de bas de page E (0,012-0,041) 0,077Note de bas de page E (0,040-0,11) 0,12Note de bas de page E (0,058-0,17)
4 (2014 à 2015) 596 12,75 0,024 (0,019-0,032) <LD 0,023 (0,016-0,029) 0,062Note de bas de page E (0,034-0,089) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 591 14,89 0,029 (0,024-0,037) <LD 0,027 (0,020-0,034) 0,10 (0,082-0,12) 0,14 (0,10-0,18)
4 (2014 à 2015) 622 8,36 0,029 (0,023-0,036) 0,012Note de bas de page E (<LD-0,016) 0,025 (0,017-0,033) 0,098 (0,070-0,13) 0,12 (0,10-0,14)
3 (2012 à 2013) 587 19,08 0,025 (0,019-0,032) <LD 0,024 (0,016-0,032) 0,079 (0,064-0,094) 0,12Note de bas de page E (0,062-0,17)
4 (2014 à 2015) 578 10,55 0,027 (0,024-0,030) <LD 0,026 (0,022-0,029) 0,087 (0,074-0,10) 0,12 (0,084-0,15)
9.3 Styrène
Le styrène (nº CAS 100-42-5), un composé volatil organique (COV) liquide et incolore, est une substance chimique industrielle produite en grande quantité. Le styrène a été isolé pour la première fois par distillation d'une résine naturelle, le styrax (baume), de l'aubier et du tissu cortical des arbres (ATSDR, 2010b; CIRC, 2002).
Le styrène est fabriqué de façon synthétique depuis le début du XIXe siècle et il est souvent présent sous forme d'impureté dans les procédés de traitement industriel de la houille de goudron et de craquage du pétrole (CIRC, 2002). Le styrène est un produit commercial utilisé dans le monde entier pour la fabrication de plastiques, de résines renforcées à la fibre de verre, de revêtements protecteurs, de résines d'échange ionique et de caoutchoucs synthétiques (ATSDR, 2010b; CIRC, 2002). Le styrène commercial contient plusieurs composants, dont le benzène, l'éthylbenzène, le xylène et d'autres COV (CIRC, 2002). Parmi les utilisations industrielles du styrène au Canada, on compte la fabrication de polystyrène, de latex et de caoutchouc butadiène-styrène, de résines d'acrylonitrile-butadiène-styrène et de résines de polyester non saturé (Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Les matériaux polymères à base de styrène servent à la fabrication de toute une panoplie de produits, qui contiennent également, pour la plupart, une petite quantité de monomères de styrène non liés (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Ces produits sont par exemple les mousses isolantes, les pneus d'automobile, les matériaux de conditionnement, les moulures sur modèles, les cires et les lasures, les adhésifs et les nettoyants pour métaux (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b).
Le styrène libéré dans l'environnement provient de sources naturelles et anthropiques. Le styrène est libéré principalement dans l'atmosphère par la fabrication, l'utilisation et l'élimination de produits à base de styrène, les rejets industriels, les gaz d'échappement des véhicules, l'incinération et la fumée du tabac (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). La production, l'utilisation et l'élimination du styrène et de produits qui en contiennent peuvent également être à l'origine de rejets dans les milieux aquatiques, par l'intermédiaire des eaux usées. La biodégradation des végétaux et des matières organiques constitue l'une des sources naturelles de styrène dans l'environnement (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b).
Pour la population générale, l'exposition au styrène se produit principalement par inhalation et les taux de styrène sont plus élevés dans l'air intérieur que dans l'air extérieur (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Le styrène est un constituant minoritaire et naturel de la fumée du tabac, et cette dernière est la source majeure d'exposition au styrène pour les fumeurs (Environnement Canada et Santé Canada, 1993b; Zhu et coll., 2013). Outre la fumée du tabac, les sources les plus courantes de styrène dans l'air sont les gaz d'échappement des automobiles, l'utilisation et la fabrication de styrène, ainsi que l'utilisation de photocopieurs et d'imprimantes laser (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Par ailleurs, il n'est pas rare qu'une exposition par inhalation à court terme soit attribuable aux émissions dans l'air intérieur provenant d'adhésifs et de lasures fraîchement appliqués, ainsi que de nouveaux matériaux de construction contenant des résines de polymère, des caoutchoucs synthétiques et des matériaux stratifiés. D'autres sources d'exposition possibles comprennent l'ingestion d'aliments et de boissons. Toutefois, dans les aliments, on trouve surtout des résidus de monomères de styrène introduits par les emballages en polystyrène (ATSDR, 2010b; Genualdi et coll., 2014). En règle générale, l'ingestion de styrène par la consommation d'eau potable est négligeable (Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Une exposition par contact cutané et oculaire peut également survenir lors de la manipulation de produits liquides contenant du styrène.
Après inhalation, le styrène est facilement absorbé et il se répartit dans tout l'organisme en se concentrant surtout dans les tissus adipeux (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Après une exposition par voie orale chez des animaux de laboratoire, on observe une absorption rapide et complète du styrène, qui se répartit dans les reins, le foie, le pancréas, les tissus adipeux et, dans une moindre mesure, l'estomac ainsi que l'intestin grêle et le gros intestin (ATSDR, 2010b). Le styrène absorbé par l'organisme est rapidement éliminé de tous les tissus après 1 à 3 jours (ATSDR, 2010b). Les demi-vies estimées vont de moins de 1 à 13 heures, selon la phase d'élimination; dans les tissus adipeux, la demi-vie estimée d'élimination est de 2 à 5 jours (ATSDR, 2010b). Chez les humains, environ 97 % du styrène absorbé est excrété sous forme de métabolites dans l'urine et le restant est éliminé dans l'air expiré sans subir de transformation (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Le principal métabolite intermédiaire est l'époxy-7,8-styrène, qui est hydrolysé en styrène glycol avant d'être métabolisé en acide mandélique et acide phénylglyoxylique, les principaux métabolites urinaires (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Le foie est le principal site de métabolisme du styrène. À de forts niveaux d'exposition qui saturent les enzymes métaboliques, une plus grande quantité de styrène non métabolisé est excrétée dans l'air expiré (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Chez des animaux de laboratoire, après une exposition par voie orale, le styrène est rapidement excrété dans l'urine (à raison de 90 % dans les 24 heures) et une faible quantité de ce VOC (inférieure à 2 %) est excrétée dans les matières fécales (ATSDR, 2010b). Les concentrations de styrène dans le sang, l'urine et l'air expiré représentent les biomarqueurs les plus fiables d'une exposition récente au styrène (ATSDR, 2010b).
Une exposition aiguë au styrène provoque une irritation des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que des dermatites (ATSDR, 2010b; CIRC, 2002). Chez les humains, l'exposition aiguë à de fortes concentrations de styrène dans l'air est associée à des troubles du système nerveux central, comme des nausées, des céphalées, une fatigue et des problèmes de concentration, qui sont semblables aux effets narcotiques d'autres solvants organiques. Ces effets sont généralement réversibles après élimination de la source d'exposition (ATSDR, 2010b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Une exposition chronique au styrène a été associée à des troubles des systèmes nerveux central et périphérique, à un ralentissement du temps de réaction, à une moins bonne capacité à discriminer les couleurs, à des troubles auditifs, à un manque de coordination oculo-manuelle, ainsi qu'à une diminution des capacités d'apprentissage verbal (ATSDR, 2010b; ATSDR, 2012b; CIRC, 2002). On ne sait pas encore si une exposition chronique au styrène entraîne des lésions permanentes du système nerveux chez les humains (ATSDR, 2010b). Les résultats d'études menées sur des humains et des animaux de laboratoire exposés au styrène par inhalation et par voie orale suggèrent également que de fortes concentrations de styrène pourraient entraîner une immunosuppression (ATSDR, 2010b; CIRC, 2002; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). L'exposition chronique à des taux importants de styrène dans l'air en présence d'autres substances chimiques, y compris des substances cancérogènes, a été faiblement associée à la formation de lymphomes et d'autres cancers, ainsi qu'à des aberrations chromosomiques (ATSDR, 2010b; CIRC, 2002). Compte tenu des données probantes limitées sur les animaux et les humains, le styrène a été classé comme étant peut-être cancérogène pour les humains par Environnement Canada et Santé Canada (groupe III), de même que par le Centre International de Recherche sur le Cancer (groupe 2B) (CIRC, 2002; Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé le principal métabolite intermédiaire du styrène, l'époxy-7,8-styrène, dans le groupe 2A, à savoir celui des agents probablement cancérogènes pour les humains (CIRC, 2002). Récemment, le National Toxicology Program des États-Unis a inscrit le styrène parmi les agents que l'on peut raisonnablement présumer être cancérogènes pour les humains, compte tenu de diverses études sur le cancer menées chez les humains, d'études sur des animaux de laboratoire et de données mécanistes à l'appui (ATSDR, 2011; NTP, 2016).
Santé Canada et Environnement Canada ont conclu que les concentrations de styrène généralement détectées dans l'environnement au Canada ne sont pas préoccupantes pour la santé humaine (Environnement Canada et Santé Canada, 1993b). Le styrène fait également partie de la classe plus large des COV. Cette classe est préoccupante aussi bien pour l'environnement que pour la santé, car elle contribue à la formation de smog. Le gouvernement du Canada a pris et proposé des mesures pour lutter contre les émissions de COV qui découlent de l'utilisation de produits commerciaux et de consommation au Canada (Canada, 2009a; Canada, 2009b; Environnement Canada, 2002; Environnement Canada, 2013a). Étant donné qu'on n'a pas détecté de styrène dans l'eau potable au Canada, le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable n'a pas élaboré de recommandation à son égard.
La concentration de styrène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable de styrène dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à cette substance, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de styrène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Zhu et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.3.1 - Styrène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2063 7,61 0,043Note de bas de page E (0,029-0,062) Note de bas de page F 0,043 (0,030-0,055) 0,12 (0,076-0,16) 0,17Note de bas de page E (0,10-0,23)
4 (2014 à 2015) 2527 3,09 0,055 (0,043-0,070) 0,026Note de bas de page E (0,013-0,040) 0,058 (0,047-0,069) 0,11 (0,094-0,13) 0,14 (0,12-0,15)
3 (2012 à 2013) 1036 6,95 0,043Note de bas de page E (0,029-0,064) Note de bas de page F 0,045 (0,033-0,057) 0,12 (0,079-0,15) 0,17Note de bas de page E (0,099-0,24)
4 (2014 à 2015) 1251 3,28 0,056 (0,042-0,075) 0,026Note de bas de page E (<LD-0,042) 0,063 (0,049-0,077) 0,12 (0,097-0,14) 0,14 (0,12-0,16)
3 (2012 à 2013) 1027 8,28 0,042Note de bas de page E (0,028-0,061) Note de bas de page F 0,041 (0,028-0,055) 0,11Note de bas de page E (0,062-0,17) 0,16Note de bas de page E (0,092-0,23)
4 (2014 à 2015) 1276 2,90 0,053 (0,044-0,065) 0,027Note de bas de page E (0,015-0,038) 0,055 (0,046-0,065) 0,10 (0,078-0,12) 0,13 (0,10-0,15)
3 (2012 à 2013) 626 8,47 0,037Note de bas de page E (0,024-0,057) Note de bas de page F 0,040 (0,029-0,052) 0,094Note de bas de page E (0,029-0,16) 0,15Note de bas de page E (0,063-0,24)
4 (2014 à 2015) 713 3,23 0,053 (0,041-0,068) 0,027Note de bas de page E (0,014-0,041) 0,058 (0,045-0,070) 0,097 (0,086-0,11) 0,10 (0,087-0,11)
3 (2012 à 2013) 435 7,36 0,043Note de bas de page E (0,029-0,065) <LD 0,043Note de bas de page E (0,024-0,061) 0,12Note de bas de page E (0,055-0,18) 0,18Note de bas de page E (0,10-0,26)
4 (2014 à 2015) 600 2,83 0,055 (0,043-0,070) 0,029Note de bas de page E (0,014-0,044) 0,057 (0,047-0,068) 0,11 (0,085-0,13) 0,12 (0,10-0,15)
3 (2012 à 2013) 493 5,68 0,045Note de bas de page E (0,031-0,066) 0,016Note de bas de page E (<LD-0,026) 0,044 (0,032-0,056) 0,13 (0,090-0,16) 0,18Note de bas de page E (0,11-0,25)
4 (2014 à 2015) 625 3,84 0,056 (0,042-0,075) 0,025Note de bas de page E (<LD-0,040) 0,064 (0,049-0,079) 0,12 (0,099-0,15) 0,15 (0,12-0,17)
3 (2012 à 2013) 509 8,64 0,041Note de bas de page E (0,027-0,063) Note de bas de page F 0,044 (0,029-0,058) 0,11 (0,069-0,15) 0,14Note de bas de page E (0,049-0,24)
4 (2014 à 2015) 589 2,38 0,053 (0,043-0,065) 0,025Note de bas de page E (0,012-0,038) 0,053 (0,042-0,064) 0,11 (0,086-0,13) 0,14 (0,11-0,17)
9.4 Tétrachloroéthylène (Perchloroéthylène)
Le tétrachloroéthylène (nº CAS 127-18-4), également appelé perchloroéthylène, est un composé organique volatil (COV) liquide incolore (Canada, 2011b; Canada, 2011c; CIRC, 2014; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Il s'agit d'une substance chimique industrielle produite commercialement par chloration d'autres hydrocarbures, y compris l'acétylène, par l'intermédiaire du trichloroéthylène (CIRC, 2014). L'emploi du tétrachloroéthylène a évolué au fil des années. Au milieu du XXe siècle, le tétrachloroéthylène était surtout utilisé par l'industrie du nettoyage à sec et il constituait le principal solvant organique employé pour le dégraissage à la vapeur dans les procédés de nettoyage de pièces métalliques (CIRC, 2014). Dans les années 1980, l'adoption de règlements environnementaux et l'amélioration des contrôles technologiques au Canada et dans le monde ont entraîné des changements de son profil d'utilisation (Canada, 2011b; Canada, 2011c; CIRC, 2014). Depuis les années 1990, le tétrachloroéthylène sert principalement de matière première pour la production d'hydrurofluorurocarbones (hydrocarbures fluorés) (CIRC, 2014). Toutefois, le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone prévoit l'arrêt progressif de la production de chlorurofluorurocarbones d'ici 2030 (CIRC, 2014; PNUE, 2007). Au Canada, la production de tétrachloroéthylène a cessé en 1992 et, depuis lors, ce produit continue d'être importé principalement à des fins d'usage domestique comme matière première et comme solvant dans les industries du nettoyage à sec et du nettoyage des métaux (Environnement Canada et Santé Canada, 1993c; Santé Canada, 2015c). Le tétrachloroéthylène est libéré principalement dans l'atmosphère par l'évaporation de sources anthropiques (ATSDR, 2014a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). L'utilisation et l'élimination du tétrachloroéthylène et des produits qui en contiennent peuvent également être à l'origine de rejets dans l'environnement, par l'intermédiaire des eaux usées. Les algues marines produisent une petite quantité de tétrachloroéthylène trouvé naturellement dans l'environnement (Abrahamsson et coll., 1995).
Pour la population générale, l'exposition au tétrachloroéthylène se produit principalement par inhalation de l'air intérieur contaminé par des émissions provenant de vêtements récemment nettoyés à sec, de produits automobiles et d'autres produits de consommation contenant du tétrachloroéthylène (Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Malgré la détection de tétrachloroéthylène dans l'eau potable, on considère qu'il s'agit d'une source mineure d'exposition (Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). D'autres sources d'exposition possibles comprennent l'utilisation de produits de consommation contenant du tétrachloroéthylène, l'air ambiant et les aliments (ATSDR, 2014a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Le fait de résider à proximité d'une installation de nettoyage à sec peut également accroître le risque d'exposition (ATSDR, 2014a; CDC, 2009; CIRC, 2014).
Le tétrachloroéthylène est rapidement absorbé par le sang, puis il se répartit dans tout l'organisme en se concentrant dans les tissus adipeux (ATSDR, 2014a; CIRC, 2014; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Le tétrachloroéthylène est métabolisé dans les reins, le foie et les poumons, où se forment son principal métabolite, l'acide trichloroacétique (TCA), ainsi que d'autres métabolites mineurs, dont le trichloroéthanol (CIRC, 2014). Le tétrachloroéthylène absorbé est rapidement éliminé de l'organisme en quelques minutes ou quelques heures, par exhalation du tétrachloroéthylène non métabolisé, ainsi que par excrétion plus lente des métabolites dans l'urine (CIRC, 2014). Les demi-vies estimées du tétrachloroéthylène dans les tissus bien vascularisés, les tissus musculaires et les tissus adipeux sont respectivement de 12 à 16, de 30 à 40 et de 55 heures (ATSDR, 2014a). Il est possible de mesurer le taux des métabolites du tétrachloroéthylène dans l'urine et de mesurer le taux de tétrachloroéthylène dans le sang et dans l'air expiré; la concentration sanguine de tétrachloroéthylène représente le biomarqueur le plus fiable d'une exposition récente au tétrachloroéthylène (ATSDR, 2014a; CIRC, 2014).
On sait que l'exposition au tétrachloroéthylène entraîne plusieurs effets sur la santé humaine. Une exposition aiguë par inhalation, ingestion et contact cutané peut provoquer une irritation des membranes (ATSDR, 2014a). Si les concentrations de tétrachloroéthylène sont très élevées, l'exposition aiguë par inhalation ou par voie orale peut conduire à une atrophie des nerfs olfactifs, des tremblements et une dépression du système nerveux central, ainsi qu'à un mauvais fonctionnement rénal et hépatique chez des animaux de laboratoire. Tous ces symptômes s'apparentent à ceux qui sont observés chez les humains après un empoisonnement accidentel et l'abus de solvant (ATSDR, 2014a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). L'exposition au tétrachloroéthylène est également associée à des effets narcotiques et anesthésiques, dont la gravité est proportionnelle au niveau d'exposition (ATSDR, 2014a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c; EPA, 2012). Ces symptômes neurologiques peuvent être réversibles après l'arrêt de l'exposition aiguë, mais une exposition chronique provoque parfois des troubles neurologiques plus persistants (ATSDR, 2014a; CIRC, 2014; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Le Groupe d'experts sur le cancer du Centre International de Recherche sur le Cancer a évalué de nombreux types de cancers possibles et a établi des relations positives systématiques avec le cancer de la vessie chez les humains (CIRC, 2014). Compte tenu des données probantes limitées pour les humains et suffisantes pour les animaux de laboratoire, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé le tétrachloroéthylène dans le groupe 2A, à savoir celui des agents probablement cancérogènes pour les humains. Environnement Canada et Santé Canada l'ont pour leur part classé dans le groupe III, à savoir celui des agents susceptibles d'être cancérogènes pour les humains (CIRC, 2014; Environnement Canada et Santé Canada, 1993c).
Le gouvernement du Canada a réalisé une évaluation scientifique des répercussions de l'exposition au tétrachloroéthylène pour les humains et l'environnement, à l'issue de laquelle il a conclu que le tétrachloroéthylène est toxique pour l'environnement, mais pas pour la santé humaine, en vertu des critères de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)] (Environnement Canada et Santé Canada, 1993c). Le tétrachloroéthylène figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999) et il est admissible à une gestion complète de son cycle de vie en vue d'empêcher ou de réduire le plus possible les rejets dans l'environnement (Canada, 1999). Au Canada, le Règlement sur le tétrachloroéthylène (utilisation pour le nettoyage à sec et rapports) vise à réduire les émissions de tétrachloroéthylène provenant des installations de nettoyage à sec (Canada, 2011b; Canada, 2011c). Le gouvernement du Canada a de plus adopté le Règlement sur les solvants de dégraissage en vue de réduire la consommation totale de tétrachloroéthylène utilisé dans les procédés de dégraissage aux solvants au Canada (Canada, 2011c; Environnement Canada, 2013b). Le tétrachloroéthylène figure à titre d'ingrédient interdit sur la Liste critique des ingrédients dont l'utilisation est restreinte ou interdite dans les cosmétiques (communément appelée « Liste critique des ingrédients des cosmétiques » ou tout simplement « Liste critique »). Santé Canada utilise la Liste critique comme outil administratif pour informer les fabricants et autres intervenants que certaines substances, lorsqu'elles sont présentes dans un produit cosmétique, peuvent contrevenir à l'interdiction générale énoncée à l'article 16 de la Loi sur les aliments et drogues ou à une disposition du Règlement sur les cosmétiques (Canada, 1985; Santé Canada, 2015b). En outre, Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada, qui fixe une concentration maximale acceptable de tétrachloroéthylène dans l'eau potable, pour assurer la protection de la santé humaine (Santé Canada, 2015c). Cette recommandation a été élaborée en fonction des effets neurologiques observés chez des sujets humains et des animaux de laboratoire et est considérée comme offrant une protection contre les effets cancérogènes et non cancérogènes.
La concentration de tétrachloroéthylène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable de tétrachloroéthylène dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à cette substance, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de tétrachloroéthylène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Zhu et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.4.1 - Tétrachloroéthylène (perchloroéthylène) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2453 60,82 - <LD <LD 0,10 (0,067-0,14) 0,17Note de bas de page E (0,10-0,23)
4 (2014 à 2015) 2527 70,32 - <LD <LD 0,066Note de bas de page E (0,022-0,11) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 1228 58,96 - <LD <LD 0,13 (0,086-0,17) 0,19 (0,13-0,25)
4 (2014 à 2015) 1251 70,02 - <LD <LD Note de bas de page F Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 1225 62,69 - <LD <LD 0,096Note de bas de page E (0,060-0,13) 0,13Note de bas de page E (0,039-0,22)
4 (2014 à 2015) 1276 70,61 - <LD <LD 0,068Note de bas de page E (<LD-0,12) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 739 60,76 - <LD <LD Note de bas de page F Note de bas de page F
4 (2014 à 2015) 713 77,00 - <LD <LD 0,042Note de bas de page E (<LD-0,065) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 543 60,04 - <LD <LD 0,093Note de bas de page E (0,052-0,13) 0,15Note de bas de page E (0,080-0,23)
4 (2014 à 2015) 600 68,50 - <LD <LD Note de bas de page F Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 587 65,08 - <LD <LD 0,10Note de bas de page E (0,058-0,14) 0,13 (0,089-0,17)
4 (2014 à 2015) 625 70,08 - <LD <LD 0,061Note de bas de page E (<LD-0,10) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 584 57,36 - <LD <LD 0,16Note de bas de page E (0,062-0,25) Note de bas de page F
4 (2014 à 2015) 589 64,35 - <LD <LD 0,088Note de bas de page E (0,028-0,15) Note de bas de page F
9.5 Toluène
Le toluène (nº CAS 108-88-3) est un composé organique volatil (COV) liquide et incolore. Il est produit commercialement, principalement par la conversion de pétrole en essence et d'autres carburants, ou par récupération comme sous-produit dans le four à coke ainsi que dans l'industrie de la fabrication du styrène (ATSDR, 2000; Environnement Canada et Santé Canada, 1992).
Le toluène est largement utilisé dans l'industrie comme solvant et comme produit intermédiaire dans la production de diverses substances chimiques. Il a été couramment employé dans la fabrication du benzène et de ses dérivés, du trinitrotoluène et du toluène diisocyanate, ainsi que comme remonteur d'octane ajouté aux essences mélangées (ATSDR, 2000; CDC, 2009). Il a de plus été largement utilisé comme solvant dans les peintures et les finis, les adhésifs, les polymères et les résines, les teintures, les produits automobiles et certains produits d'hygiène personnelle (ATSDR, 2000; Environnement Canada et Santé Canada, 1992; Santé Canada, 2016b). L'emploi du toluène dans les produits et les procédés à base de solvant a diminué depuis qu'on trouve sur le marché des préparations de substitution à teneur réduite en COV, de même que des produits et des procédés à base d'alcool et d'eau.
Le toluène est libéré dans l'environnement par des sources naturelles et anthropiques. Il a été détecté dans les émissions volcaniques et de feux de forêt, ainsi que dans des gisements de gaz naturel et de pétrole brut (ATSDR, 2000; Environnement Canada et Santé Canada, 1992). Les sources anthropiques de toluène atmosphérique sont principalement la volatilisation des carburants à base de pétrole ainsi que des solvants et des diluants à base de toluène, les gaz d'échappement des véhicules à moteur, ainsi que les dégagements gazeux de toluène de certains matériaux de construction, produits de consommation et automobiles (ATSDR, 2000; Environnement Canada et Santé Canada, 1992). Le toluène est également libéré dans l'environnement par les déchets des installations de fabrication et de traitement, les déversements et les fuites, ainsi que l'élimination de produits contenant du toluène (ATSDR, 2000; CCME, 2004a; Environnement Canada et Santé Canada, 1992).
Pour la population générale, l'exposition au toluène se produit principalement par inhalation de l'air intérieur (Santé Canada, 2011a). Le tabagisme peut entraîner une hausse considérable de l'exposition et, chez les fumeurs, l'inhalation de la fumée de cigarette pourrait être une source majeure de l'exposition globale au toluène (ATSDR, 2000; Santé Canada, 2011a; Santé Canada, 2012c). Le taux de toluène dans l'air intérieur résidentiel était également plus élevé dans les résidences neuves, munies d'un garage attenant, ou dans lesquelles on a utilisé de la peinture et des décapants dans la semaine précédente (Wheeler et coll., 2013). Le toluène est présent dans la fumée du tabac, et la consommation régulière de tabac dans le logement est un important élément prédictif de la présence de toluène dans l'air intérieur (Santé Canada, 2012c). Malgré la détection de toluène dans l'eau potable et dans certains aliments, on ne considère pas qu'il s'agit de sources d'exposition majeures pour la population (Environnement Canada et Santé Canada, 1992; Santé Canada, 2014b).
Après inhalation, le toluène est facilement absorbé et il se répartit dans tout l'organisme (ATSDR, 2000; Environnement Canada et Santé Canada, 1992). Une grande partie du toluène absorbé est rapidement éliminée. Une petite quantité, concentrée dans les tissus adipeux, est éliminée plus lentement (ATSDR, 2000). Jusqu'à 20 % du toluène absorbé est exhalé sans avoir subi de transformation et moins de 1 % est excrété dans l'urine sans avoir été métabolisé (ATSDR, 2000; Donald et coll., 1991). Après inhalation, les demi-vies d'élimination du toluène vont de moins de 3 minutes à 12 heures dans le sang, et de 0,5 à 3 jours dans les tissus adipeux sous-cutanés chez les humains (ATSDR, 2000). La concentration sanguine de toluène représente le biomarqueur le plus fiable de l'exposition et reflète une exposition récente (ATSDR, 2000; CDC, 2009).
Le toluène peut être irritant pour les yeux, le nez, la gorge, les poumons et la peau, et il a été associé à des symptômes comme des céphalées, des étourdissements, un manque de coordination et une sensation d'intoxication (ATSDR, 2000; CCHST, 2013a; CIRC, 1999a; Santé Canada, 2011a; Santé Canada, 2012c). Une exposition aiguë par inhalation a été généralement associée à des symptômes neurologiques réversibles, tandis qu'une exposition chronique a été associée à des troubles de la fonction neurologique, notamment du rendement cognitif et neuromusculaire, à des dyschromatopsies (anomalies de la vision des couleurs) et à des troubles auditifs (ATSDR, 2000; CCHST, 2013a; CDC, 2009; CIRC, 1999a; Santé Canada, 2011a). Les résultats d'études menées sur des animaux de laboratoire exposés au toluène apportent la preuve de modifications du comportement, de pertes auditives et de modifications subtiles de la structure, de l'électrophysiologie et de la chimie du cerveau (ATSDR, 2000; Bowen et Hannigan, 2006; Gospe et Zhou, 2000). Chez les femmes enceintes, l'exposition au toluène à des concentrations potentiellement toxiques pour la mère, notamment dans les cas d'abus de solvant, a été associée à une toxicité fœtale et à des troubles du développement chez l'enfant (ATSDR, 2000; Bowen et Hannigan, 2006; Donald et coll., 1991; Yücel et coll., 2008). Le toluène est inclassable quant à sa cancérogénicité pour les humains selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (groupe 3) et l'Environmental Protection Agency des États-Unis (groupe D) (CIRC, 1999a; EPA, 2005).
En vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada et Environnement Canada ont conclu que les concentrations actuelles de toluène dans l'environnement ne sont pas préoccupantes pour la vie ou la santé humaine (Environnement Canada et Santé Canada, 1992). Le toluène fait également partie de la classe plus large des COV. Cette classe est préoccupante aussi bien pour l'environnement que pour la santé, car elle contribue à la formation de smog. Le gouvernement du Canada a pris et proposé des mesures pour lutter contre les émissions de COV qui découlent de l'utilisation de produits commerciaux et de consommation au Canada (Canada, 2009a; Canada, 2009b; Environnement Canada, 2002; Environnement Canada, 2013a).
En 2011, Santé Canada a publié une ligne directrice sur la qualité de l'air intérieur résidentiel visant l'exposition à court et à long terme au toluène (Santé Canada, 2011a). Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada, qui fixe une concentration maximale acceptable de toluène pour assurer la protection de la santé humaine, ainsi qu'un objectif esthétique pour le toluène fondé sur son seuil olfactif (Santé Canada, 2014b). Cette recommandation a été élaborée en fonction de plusieurs effets neurologiques ayant été signalés dans le cadre d'études chez l'être humain en milieu de travail.
La concentration de toluène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable de toluène dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à cette substance, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de toluène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Statistique Canada, 2012; Wheeler et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.5.1 - Toluène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2449 0,69 0,096 (0,083-0,11) 0,036 (0,030-0,042) 0,079 (0,067-0,090) 0,39 (0,32-0,46) 0,58 (0,46-0,71)
4 (2014 à 2015) 2384 0,08 0,12 (0,094-0,16) 0,044 (0,028-0,059) 0,11 (0,076-0,14) 0,42 (0,27-0,58) 0,55 (0,39-0,71)
3 (2012 à 2013) 1224 0,65 0,098 (0,081-0,12) 0,034 (0,025-0,043) 0,081 (0,066-0,095) 0,42 (0,33-0,51) 0,59 (0,42-0,77)
4 (2014 à 2015) 1182 0,17 0,13 (0,10-0,18) 0,044Note de bas de page E (0,023-0,065) 0,12 (0,085-0,15) 0,46 (0,30-0,61) 0,65 (0,41-0,88)
3 (2012 à 2013) 1225 0,73 0,093 (0,081-0,11) 0,037 (0,034-0,041) 0,077 (0,064-0,089) 0,35 (0,24-0,46) 0,55Note de bas de page E (0,34-0,76)
4 (2014 à 2015) 1202 0 0,11 (0,086-0,15) 0,043 (0,030-0,055) 0,10Note de bas de page E (0,058-0,14) 0,37Note de bas de page E (0,17-0,57) 0,53 (0,43-0,64)
3 (2012 à 2013) 732 0,55 0,074 (0,066-0,083) 0,034 (0,026-0,042) 0,070 (0,058-0,082) 0,19 (0,14-0,24) 0,26 (0,19-0,32)
4 (2014 à 2015) 681 0 0,096 (0,070-0,13) 0,039 (0,028-0,050) 0,097 (0,061-0,13) 0,22Note de bas de page E (0,14-0,31) 0,30Note de bas de page E (0,17-0,44)
3 (2012 à 2013) 533 0,94 0,089 (0,069-0,11) 0,036 (0,028-0,045) 0,074 (0,050-0,098) 0,29Note de bas de page E (0,16-0,43) 0,42Note de bas de page E (0,23-0,61)
4 (2014 à 2015) 574 0 0,12 (0,094-0,16) 0,047Note de bas de page E (0,027-0,067) 0,12Note de bas de page E (0,076-0,17) 0,30Note de bas de page E (0,19-0,41) 0,46 (0,30-0,61)
3 (2012 à 2013) 594 0,51 0,12 (0,10-0,14) 0,041 (0,033-0,049) 0,085 (0,071-0,10) 0,58 (0,38-0,79) 0,86 (0,64-1,1)
4 (2014 à 2015) 580 0,17 0,13 (0,10-0,18) 0,045 (0,029-0,060) 0,11 (0,071-0,14) 0,51 (0,34-0,67) 0,72 (0,55-0,88)
3 (2012 à 2013) 590 0,85 0,086 (0,070-0,11) 0,031 (0,024-0,039) 0,080 (0,065-0,096) 0,31 (0,22-0,40) 0,46 (0,39-0,53)
4 (2014 à 2015) 549 0,18 0,12 (0,089-0,16) 0,038Note de bas de page E (0,023-0,054) 0,099Note de bas de page E (0,061-0,14) 0,49 (0,34-0,64) 0,70 (0,46-0,94)
9.6 Trichloroéthylène
Le trichloroéthylène (nº CAS 79-01-6) est un composé organique volatil (COV) liquide et incolore. Il est produit commercialement par chloration de l'acétylène et de l'éthylène depuis les années 1920 (ATSDR, 2014b; CIRC, 1995). La demande globale pour le trichloroéthylène a fléchi au fil des ans (CIRC, 2014; Santé Canada, 2005a). Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce recul, comme l'emploi de solvants de substitution, une augmentation de la récupération et du recyclage des solvants par les utilisateurs, de même que l'adoption de règlements et de contrôles visant à remédier aux effets néfastes des solvants chlorés sur l'environnement, la santé et la sécurité (CIRC, 2014; Santé Canada, 2005a). La production de trichloroéthylène a cessé en 1985 au Canada (Santé Canada, 2005a). Il continue toutefois d'être importé, principalement pour être employé comme solvant pour le dégraissage à la vapeur et le nettoyage à froid de pièces métalliques et, dans une moindre mesure, pour le nettoyage à sec, dans des peintures pour usages spéciaux et des décapants, de même que dans divers produits domestiques (Environnement Canada, 2013c; Environnement Canada, 2013d; Santé Canada, 2005a). Il sert également d'intermédiaire chimique dans la fabrication d'autres substances chimiques (CIRC, 2014).
Le trichloroéthylène pénètre dans l'environnement essentiellement par l'évaporation de sources anthropiques (ATSDR, 2014b; Environnement Canada, 2013d). Bien que la plupart des émissions anthropiques se retrouvent dans l'atmosphère, la production, l'utilisation et l'élimination du trichloroéthylène et des produits qui en contiennent peuvent également être à l'origine de rejets dans l'environnement, par l'intermédiaire des eaux usées. Les algues marines produisent une petite quantité de trichloroéthylène trouvé naturellement dans l'environnement (Abrahamsson et coll., 1995).
Pour la population générale, l'exposition au trichloroéthylène se produit principalement par inhalation de l'air intérieur contaminé par du trichloroéthylène libéré par des peintures pour usages spéciaux, des adhésifs ou des produits domestiques (CDC, 2009; Environnement Canada et Santé Canada, 1993d). La population canadienne peut également être exposée au trichloroéthylène présent dans l'eau potable, l'air et les aliments (Santé Canada, 2005a).
Quelle que soit la voie d'exposition, le trichloroéthylène est rapidement et presque complètement absorbé par le sang, puis il se répartit dans tout l'organisme (ATSDR, 2014b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993d; EPA, 2011). Le trichloroéthylène absorbé se concentre principalement dans le cerveau, les reins, le foie, les muscles et les tissus adipeux (ATSDR, 2014b). Le trichloroéthylène est métabolisé dans les reins, le foie et les poumons, et l'acide trichloroacétique (TCA) et le trichloroéthanol (TCOH) en sont les principaux métabolites (ATSDR, 2014b; EPA, 2011). Le trichloroéthylène absorbé est rapidement éliminé de l'organisme en quelques minutes ou quelques heures, par exhalation du trichloroéthylène non métabolisé, ainsi que par excrétion dans l'urine des métabolites et d'une très faible quantité de trichloroéthylène non métabolisé (ATSDR, 2014b; EPA, 2011). Le taux de trichloroéthylène dans le sang et dans l'air expiré représente le biomarqueur le plus fiable d'une exposition récente au trichloroéthylène (ATSDR, 2014b; CIRC, 1995). Les concentrations des métabolites TCA et TCOH dans le sang ou dans l'urine sont des biomarqueurs moins fiables, en raison des différences de concentrations urinaires entre les sujets et d'un manque de spécificité pour l'exposition au trichloroéthylène (ATSDR, 2014b; CIRC, 1995).
On sait que l'exposition au trichloroéthylène entraîne plusieurs effets sur la santé humaine. Une exposition aiguë par inhalation, ingestion et contact cutané peut provoquer une irritation des membranes (ATSDR, 2014b; CIRC, 1995; Santé Canada, 2005a). L'exposition au trichloroéthylène est également associée à des effets narcotiques et anesthésiques, dont la gravité est proportionnelle au niveau d'exposition (CIRC, 1995; Environnement Canada et Santé Canada, 1993d). Ces symptômes neurologiques peuvent être réversibles après l'arrêt de l'exposition aiguë, mais une exposition chronique provoque parfois des troubles neurologiques plus persistants (ATSDR, 2014b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993d; EPA, 2011). Récemment, compte tenu des données probantes nouvelles et suffisantes sur l'association entre l'exposition au trichloroéthylène et le cancer des reins chez les humains, lesquelles sont solidement étayées par des études sur des animaux de laboratoire, le Centre International de Recherche sur le Cancer a revu la classification du trichloroéthylène pour le placer dans le groupe 1, à savoir celui des agents cancérogènes pour les humains (CIRC, 2014). Une relation positive a également été établie entre l'exposition au trichloroéthylène et le cancer du foie et des voies biliaires, ainsi que le lymphome non hodgkinien (CIRC, 2014; EPA, 2011; OMS, 2000).
Le gouvernement du Canada a réalisé une évaluation scientifique des répercussions de l'exposition au trichloroéthylène pour les humains et l'environnement, à l'issue de laquelle il a conclu que le trichloroéthylène peut pénétrer dans l'environnement à des quantités ou dans des conditions qui sont potentiellement préjudiciables pour la vie ou la santé humaine au Canada, en vertu des critères de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)] (Environnement Canada et Santé Canada, 1993d). Le trichloroéthylène figure sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999) (Canada, 1999). En vertu de la LCPE (1999), le gouvernement du Canada a adopté le Règlement sur les solvants de dégraissage en vue de réduire la consommation totale de trichloroéthylène et de tétrachloroéthylène utilisés dans les procédés de dégraissage aux solvants (Environnement Canada, 2013b). Le secteur commercial du nettoyage à sec a en outre adopté des mesures visant à empêcher et à réduire au minimum les rejets de solvants, notamment de trichloroéthylène et de tétrachloroéthylène (Canada, 2011b; Canada, 2011c; CIRC, 2014). Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada qui établit la concentration maximale acceptable du trichloroéthylène dans l'eau potable (Santé Canada, 2005a). Cette recommandation a été élaborée en fonction de la toxicité pour le développement et est considérée comme offrant une protection contre les effets cancérogènes et non cancérogènes. La concentration du trichloroéthylène dans le sang total a été mesurée pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable de trichloroéthylène dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à cette substance, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de trichloroéthylène dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Zhu et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.6.1 - Trichloroéthylène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2474 99,51 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 2527 99,49 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1240 99,35 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1251 99,20 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1234 99,68 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1276 99,76 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 746 99,73 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 713 100 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 543 99,63 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 600 98,83 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 594 99,33 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 625 99,52 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 591 99,32 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 589 99,49 - <LD <LD <LD <LD
9.7 Trihalométhanes
Les sous-produits de désinfection (SPD) représentent un groupe de composés chimiques qui se forment lorsque les agents de désinfection de l'eau (le chlore, les chloramines, l'ozone, le dioxyde de chlore) interagissent avec des précurseurs organiques ou des bromures naturellement présents dans l'eau (CCME, 1999a; CDC, 2009; Santé Canada, 2006a). Les SPD comprennent notamment les trihalométhanes (THM), les acides haloacétiques, les haloactétonitriles, les halocétones et les chlorophénols. La formation de THM augmente proportionnellement avec la concentration de chlore et de matières organiques dans l'eau. En présence de bromure, il se forme des THM bromés (Santé Canada, 2006a). Dans le cadre du cycle 4 de l'ECMS, on a mesuré quatre THM : le bromodichlorométhane, le dibromochlorométhane, le bromoforme (tribromométhane) et le chloroforme (trichlorométhane). Ces quatre THM sont des composés organiques volatils (COV) formés de trois groupes halogènes liés à un atome de carbone unique (CCME, 1999a). Le chloroforme est le THM le plus courant et le SPD le plus souvent détecté dans l'eau potable chlorée au Canada (ATSDR, 2005a; Santé Canada, 2006a).
Tableau 9.7.1 - Trihalométhanes mesurés dans le cadre du cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015) de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé
Bromodichlorométhane 75-27-4
Dibromochlorométhane 124-48-1
Tribromométhane (bromoforme) 75-25-2
Trichlorométhane (chloroforme) 67-66-3
Ces quatre THM sont également produits de façon commerciale (ATSDR, 1999a; ATSDR, 2005a). Le chloroforme et le bromodichlorométhane servent aussi bien de produits intermédiaires pour la fabrication de substances chimiques organiques que de solvants, bien que le chloroforme n'ait pas été fabriqué au Canada depuis 1978 (ATSDR, 2005a; Santé Canada, 2006a). Au Canada, le chloroforme n'est plus employé comme anesthésique et son utilisation dans les dentifrices, les liniments et les antitussifs est maintenant interdite (CCME, 1999a; Environnement Canada et Santé Canada, 2001). Le dibromochlorométhane sert d'intermédiaire dans la fabrication de fluides frigorigènes, de pesticides, de propulseurs et d'autres substances chimiques organiques (Santé Canada, 2006a). Le bromoforme sert de solvant dans la synthèse de produits pharmaceutiques et de produits chimiques résistants au feu, et entre dans la composition de fluides d'étalonnage utilisés dans les industries aéronautiques et de construction navale (Santé Canada, 2006a).
Une petite partie des THM présents dans l'environnement provient d'une production naturelle par les algues marines ainsi que des processus naturels de dégradation et de transformation (ATSDR, 1999a; ATSDR, 2005a). De manière générale, on considère que les THM dans l'environnement proviennent principalement de sources anthropiques. Au Canada, les principales sources anthropiques de THM sont l'eau désinfectée provenant des usines de traitement de l'eau potable, les effluents chlorés des stations municipales d'épuration des eaux usées et des installations industrielles, ainsi que les eaux de refroidissement des centrales électriques et des installations industrielles (Environnement Canada et Santé Canada, 1993e). L'utilisation de chlore pour le traitement de l'eau potable a quasiment éradiqué les maladies d'origine hydrique, car ce composé peut tuer ou neutraliser la plupart des microorganismes couramment présents dans l'eau (Santé Canada, 2006a). La majorité des usines de traitement de l'eau potable au Canada utilisent du chlore pour désinfecter l'eau directement à l'usine ou pour maintenir un résidu de chlore dans le réseau de distribution, afin d'empêcher une nouvelle croissance bactérienne (Santé Canada, 2006a). La désinfection des effluents d'eaux usées permet de protéger en aval l'approvisionnement en eau des municipalités, les eaux à usage récréatif et les zones conchylicoles d'une contamination bactérienne et d'autres microorganismes responsables de maladies d'origine hydrique (Environnement Canada et Santé Canada, 1993e). Outre l'eau potable, les effluents de désinfection et les eaux de refroidissement, les sources anthropiques de THM comprennent les usines de fabrication de substances chimiques et les sites industriels, les piscines, les cuves thermales et les parcs d'attractions aquatiques (ATSDR, 2005a; CCME, 1999a; Santé Canada, 2006a).
Pour la population générale, l'exposition aux THM se produit principalement par l'ingestion d'eau chlorée (CDC, 2009; Environnement Canada et Santé Canada, 2001; Santé Canada, 2006a). L'exposition est également possible par inhalation au cours de la douche et du bain, de même que par absorption cutanée pendant le bain ou la nage en piscine (CDC, 2009; Santé Canada, 2006a). L'ingestion d'aliments et de boissons serait une source d'exposition plus négligeable (Santé Canada, 2006a). Les piscines et les cuves thermales représentent d'autres sources d'exposition aux THM (Aggazzotti et coll., 1998).
Après l'ingestion, les quatre THM sont absorbés rapidement dans le sang, puis ils se disséminent dans l'organisme en se concentrant dans les tissus adipeux, le sang, le foie, les reins, les poumons et le système nerveux (ATSDR, 1989; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). L'absorption des THM est élevée après une exposition par voie orale ou par inhalation, et l'exposition par voie cutanée pourrait également s'avérer importante (ATSDR, 1989; IPCS, 2000; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). Les demi-vies estimées des THM dans l'organisme vont généralement de 1,5 à 6 heures. Environ 95 % du bromodichlorométhane absorbé est éliminé de l'organisme après 8 heures (ATSDR, 1989; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). L'élimination des THM absorbés se fait surtout par expiration de métabolites volatils et de composés non métabolisés. Seules de petites quantités sont excrétées dans l'urine, et une quantité encore plus faible est éliminée dans les matières fécales (IPCS, 2000; Santé Canada, 2006a). La présence de SPD non métabolisés dans le sang constitue le biomarqueur le plus fiable d'une exposition à des SPD et reflète une exposition récente (CDC, 2009).
Les quatre THM sont irritants pour les yeux et les voies respiratoires, et l'exposition aiguë par inhalation a été associée à des rougeurs au visage (IPCS, 2000; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). Chez des animaux de laboratoire, une exposition aiguë à de fortes doses par inhalation et par voie orale a entraîné des effets narcotiques et anesthésiques généraux, dont la gravité est proportionnelle au niveau d'exposition, mais qui sont habituellement réversibles après l'arrêt de l'exposition (IPCS, 2000; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). Il ressort d'études sur des animaux de laboratoire que les THM contenant du brome, comme le bromodichlorométhane, pourraient être plus toxiques que le chloroforme et d'autres SPD à base de chlore (Santé Canada, 2006a). Il existe une relation faible et non cohérente entre l'exposition chronique aux THM dans l'eau potable et le cancer du foie, des reins, du côlon, du rectum, du cerveau, du pancréas et de la vessie (IPCS, 2000; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). Les résultats d'études menées sur des animaux de laboratoire exposés de façon chronique par voie orale à des niveaux élevés de THM distincts étayent une association entre les cancers du rein, du foie et de l'intestin et l'exposition à des SPD (ATSDR, 1989; OMS, 2004; Santé Canada, 2006a). Compte tenu des données probantes disponibles pour les animaux de laboratoire, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé le chloroforme et le bromodichlorométhane dans le groupe 2B, à savoir celui des agents peut-être cancérogènes pour les humains (CIRC, 1999a; CIRC, 1999b). Toutefois, les données probantes ne sont pas suffisantes pour déterminer si le bromoforme, le dibromochlorométhane et l'eau potable chlorée sont cancérogènes (CIRC, 1991; CIRC, 1999a).
En vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada et Environnement Canada ont recensé et évalué les effluents chlorés d'eaux usées, c'est-à-dire les effluents désinfectés au moyen de chlore ou d'agents de chloration. L'évaluation préalable a permis de conclure que les effluents chlorés des eaux usées qui sont déversés dans l'environnement par les stations municipales d'épuration des eaux usées sont préoccupants pour l'environnement (Environnement Canada et Santé Canada, 1993e). Le manque de données ne permet toutefois pas de déterminer si les eaux usées chlorées entraînent des risques pour la santé humaine. Les eaux usées chlorées figurent sur la Liste des substances toxiques (annexe 1) de la LCPE (1999) (Canada, 1999). Le Règlement sur les aliments et drogues du Canada interdit aux fabricants d'importer ou de vendre au Canada un médicament contenant du chloroforme destiné à la consommation humaine (Canada, 2012b; Environnement Canada et Santé Canada, 2001).
Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada qui fixe la concentration maximale acceptable de THM totaux (c'est-à-dire la somme du bromodichlorométhane, du dibromochlorométhane, du bromoforme et du chloroforme) dans l'eau potable (Santé Canada, 2006a). La recommandation canadienne enjoint les services publics à maintenir les concentrations les plus faibles que l'on puisse raisonnablement atteindre sans compromettre l'efficacité de la désinfection (Santé Canada, 2006a). Les mesures de réduction de l'exposition aux THM sont généralement axées sur la réduction de la formation de SPD chlorés. Pour y arriver, il faut éliminer les matières organiques présentes dans l'eau avant la chloration, optimiser le procédé de désinfection, recourir à d'autres méthodes de désinfection ou tout simplement changer de source d'eau.
Les concentrations de quatre THM, soit le chloroforme, le bromoforme, le dibromochlorométhane et le bromodichlorométhane, dans le sang total ont été mesurées pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang. La présence d'une quantité mesurable de THM dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à ces substances, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
Tableau 9.7.2 - Bromodichlorométhane - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2499 98,88 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 2527 96,91 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1245 98,96 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1251 97,36 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1254 98,80 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1276 96,47 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 744 98,12 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 713 96,35 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 556 98,92 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 600 97,67 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 595 99,66 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 625 96,00 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 604 99,01 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 589 97,79 - <LD <LD <LD <LD
Tableau 9.7.3 - Dibromochlorométhane - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2527 97,07 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 2499 96,24 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1263 96,52 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1233 96,76 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1264 97,63 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1266 95,73 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 757 96,83 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 704 96,45 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 557 97,13 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 596 96,14 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 604 98,01 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 617 95,62 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 609 96,39 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 582 96,74 - <LD <LD <LD <LD
Tableau 9.7.4 - Tribromométhane (bromoforme) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2496 94,79 - <LD <LD <LD 0,010Note de bas de page E (<LD-0,015)
4 (2014 à 2015) 2527 97,39 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1244 95,02 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 1251 97,44 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 1252 94,57 - <LD <LD <LD <LDNote de bas de page E (<LD-0,013)
4 (2014 à 2015) 1276 97,34 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 744 94,49 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 713 97,05 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 554 94,40 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 595 96,47 - <LD <LD <LD <LD
4 (2014 à 2015) 625 97,60 - <LD <LD <LD <LD
3 (2012 à 2013) 603 93,86 - <LD <LD <LD Note de bas de page F
4 (2014 à 2015) 589 97,28 - <LD <LD <LD <LD
Tableau 9.7.5 - Trichlorométhane (chloroforme) - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2527 77,44 - <LD <LD 0,021 (0,016-0,026) 0,029 (0,019-0,038)
4 (2014 à 2015) 2527 75,78 - <LD <LD 0,028Note de bas de page E (<LD-0,043) 0,043Note de bas de page E (0,022-0,064)
3 (2012 à 2013) 1263 77,51 - <LD <LD 0,021 (0,015-0,027) 0,035Note de bas de page E (0,018-0,052)
4 (2014 à 2015) 1251 77,22 - <LD <LD Note de bas de page F 0,046Note de bas de page E (0,022-0,069)
3 (2012 à 2013) 1264 77,37 - <LD <LD 0,021 (0,016-0,027) 0,028 (0,019-0,037)
4 (2014 à 2015) 1276 74,37 - <LD <LD 0,030Note de bas de page E (0,016-0,045) 0,039Note de bas de page E (0,016-0,062)
3 (2012 à 2013) 757 77,81 - <LD <LD 0,020Note de bas de page E (<LD-0,028) 0,031Note de bas de page E (<LD-0,049)
4 (2014 à 2015) 713 75,32 - <LD <LD 0,028Note de bas de page E (0,017-0,038) 0,040Note de bas de page E (0,015-0,066)
3 (2012 à 2013) 557 76,48 - <LD <LD 0,023 (0,016-0,029) 0,036Note de bas de page E (0,015-0,058)
4 (2014 à 2015) 600 75,33 - <LD <LD 0,030Note de bas de page E (0,016-0,045) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 604 78,81 - <LD <LD 0,019 (<LD-0,025) 0,027 (0,019-0,036)
4 (2014 à 2015) 625 76,16 - <LD <LD Note de bas de page F 0,046Note de bas de page E (0,024-0,067)
3 (2012 à 2013) 609 76,52 - <LD <LD 0,020Note de bas de page E (<LD-0,027) 0,028Note de bas de page E (<LD-0,041)
4 (2014 à 2015) 589 76,40 - <LD <LD 0,027Note de bas de page E (<LD-0,040) 0,037Note de bas de page E (0,019-0,056)
9.8 Xylènes
Les xylènes (nº CAS 1330-20-7) sont des composés organiques volatils (COV) (ATSDR, 2007b; CCHST, 2013b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993f). Les trois isomères du xylène sont l'ortho-xylène (o-xylène; nº CAS 95-47-6), le méta-xylène (m-xylène; nº CAS 108-38-3) et le para-xylène (p-xylène; nº CAS 106-42-3). Ils diffèrent les uns des autres par la position des deux groupes méthyle sur le noyau aromatique. Le terme « xylènes totaux » désigne les trois isomères du xylène, alors que celui de « mélanges de xylènes » désigne un mélange de xylènes totaux et d'éthylbenzène (6 à 15 %) (CCHST, 2013b). Les xylènes sont en grande majorité les produits directs ou les sous-produits du raffinage du pétrole et du charbon, ou les sous-produits de la fabrication d'oléfine (ATSDR, 2007b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993f).
Les xylènes sont largement et de plus en plus utilisés pour toutes sortes d'applications, y compris comme solvant, comme produit de substitution au benzène dans le constituant solvant de divers produits commerciaux et dans les mélanges d'essence (ATSDR, 2007b). Les xylènes sont souvent employés comme solvant dans les diluants à peinture, les vernis, les laques, les teintures, les mastics pour béton, les produits nettoyants, les adhésifs, les encres, les agents de nettoyage et de dégraissage. Ils servent également à la fabrication de colorants, de parfums, de plastiques, de produits pharmaceutiques et de pesticides (ATSDR, 2007b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993f; IPCS, 1997).
Les xylènes sont libérés dans l'environnement par des sources naturelles et anthropiques. Des xylènes ont été détectés dans les émissions volcaniques et de feux de forêt, ainsi que dans les matières volatiles des végétaux (ATSDR, 2007b; CCME, 2004b). Les sources anthropiques de xylènes atmosphériques sont la volatilisation des carburants à base de pétrole et des solvants et des diluants à base de xylène, l'utilisation d'essence et l'émission des gaz d'échappement des véhicules motorisés, ainsi que les dégagements gazeux de xylènes de certains matériaux de construction, produits de consommation et automobiles (ATSDR, 2007b; Environnement Canada et Santé Canada, 1993f). Les xylènes sont également libérés dans l'environnement par les déchets des installations de fabrication et de traitement, les déversements et les fuites, ainsi que l'élimination de produits contenant des xylènes (ATSDR, 2007b; CCME, 2004b; Environnement Canada, 2014). Auparavant, les principales sources d'émissions atmosphériques de xylènes étaient les émissions des raffineries de pétrole et des installations de fabrication de produits chimiques (butadiène-styrène, caoutchouc, solvants, peintures, plastiques, polymères pour tissus synthétiques et polyesters). Avec l'avènement de technologies éliminant ou réduisant les émissions de COV, les changements des profils d'utilisation de l'industrie et des consommateurs, et le rendement accru des carburants, il y a lieu de croire que ces émissions continueront de diminuer.
Pour la population générale, l'exposition aux xylènes se produit principalement par inhalation de l'air intérieur (Environnement Canada et Santé Canada, 1993f). Le tabagisme peut faire considérablement augmenter le taux de xylènes dans l'air intérieur et, chez les fumeurs, l'inhalation de la fumée de cigarette est sans doute une source majeure d'exposition aux xylènes (ATSDR, 2007b). Les taux de xylènes dans l'air intérieur résidentiel étaient également plus élevés dans les résidences munies d'un garage attenant, qui possèdent un nombre élevé d'occupants, pour lesquelles des rénovations ont été faites récemment ou dans lesquelles on a récemment utilisé des parfums ou des décapants (Wheeler et coll., 2013). D'autres sources d'exposition possibles comprennent l'utilisation de produits de consommation contenant des xylènes, l'utilisation de moteurs à essence (tondeuse, hors-bord), ainsi que l'air ambiant, l'eau, le sol, l'eau potable et les aliments (ATSDR, 2007b; CIRC, 1999a; Wheeler et coll., 2013). Comme les xylènes présents dans l'essence et les produits de consommation sont des mélanges, on s'attend à ce que la population générale soit surtout exposée à ces mélanges plutôt qu'aux isomères distincts de xylène (ATSDR, 2007b).
Quelle que soit la voie d'exposition, les xylènes sont absorbés rapidement, puis ils se répartissent dans tout l'organisme, se concentrant surtout dans les tissus adipeux et les autres tissus à forte teneur lipidique, comme le foie et le cerveau (ATSDR, 2007b; EPA, 2003; Santé Canada, 2014b). L'élimination des xylènes contenus dans le sang et la majorité des compartiments tissulaires après leur inhalation se fait généralement rapidement, avec une demi-vie chez les humains allant de 1 à 20 heures (ATSDR, 2007b). La majeure partie des xylènes absorbés dans le sang et l'organisme est excrétée dans l'urine, sous forme de métabolites, mais une petite partie est éliminée par les poumons, par exhalation de la substance chimique non métabolisée (ATSDR, 2007b). La concentration sanguine de xylènes représente le biomarqueur le plus fiable de l'exposition et reflète une exposition récente (ATSDR, 2007b; CIRC, 1999a).
Des effets nocifs sur la santé ont été observés chez les humains et les animaux de laboratoire exposés aux xylènes par inhalation, par ingestion et par voie cutanée. Chez les humains, les xylènes peuvent être irritant pour les yeux, le nez, la gorge, les poumons et la peau, et ils ont été associés à des symptômes comme des céphalées, des étourdissements, un manque de coordination et une sensation d'intoxication (ATSDR, 2007b; CCHST, 2013b). Une exposition aiguë par inhalation a été associée à des symptômes neurologiques réversibles, tandis qu'une exposition chronique est associée à des troubles de la fonction neurologique, notamment du rendement cognitif et neuromusculaire, à des troubles auditifs et à des dermatites chez les humains (ATSDR, 2007b; CIRC, 1999a). Chez les humains, on a établi une relation entre l'exposition aiguë aux xylènes par ingestion et un inconfort gastrique ainsi que des modifications des fonctions hépatique et rénale; par ailleurs, l'ingestion de solvants de pétrole peut être fatale (ATSDR, 2007b; IPCS, 1997). Chez les femmes enceintes, l'exposition aux mélanges de xylènes et à d'autres solvants à des concentrations potentiellement toxiques pour la mère, notamment dans les cas d'abus de solvant, a été associée à une toxicité fœtale et à des troubles du développement chez l'enfant (ATSDR, 2007b; EPA, 2003; IPCS, 1997). Les xylènes ont été jugés inclassables quant à leur cancérogénicité pour les humains par Environnement Canada et Santé Canada (groupe IV), par le Centre International de Recherche sur le Cancer (groupe 3) et par l'Environmental Protection Agency des États-Unis (groupe D) (CIRC, 1999a; Environnement Canada et Santé Canada, 1993f; EPA, 2003).
En vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [LCPE (1999)], Santé Canada et Environnement Canada ont conclu que les xylènes ne pénétraient pas dans l'environnement à des quantités et dans des conditions qui sont potentiellement préjudiciables pour la vie ou la santé humaine (Environnement Canada et Santé Canada, 1993f). Les xylènes font également partie de la classe plus large des COV. Cette classe est préoccupante aussi bien pour l'environnement que pour la santé, car elle contribue à la formation de smog. Le gouvernement du Canada a pris et proposé des mesures pour lutter contre les émissions de COV qui découlent de l'utilisation de produits commerciaux et de consommation au Canada (Canada, 2009a; Canada, 2009b; Environnement Canada, 2002; Environnement Canada, 2013a).
Santé Canada et le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable ont élaboré conjointement une recommandation pour la qualité de l'eau potable au Canada, qui fixe une concentration maximale acceptable de xylènes pour assurer la protection de la santé humaine, ainsi qu'un objectif esthétique pour les xylènes fondé sur son seuil olfactif (Santé Canada, 2014b).
Les concentrations des xylènes dans le sang total ont été mesurées pour les participants âgés de 12 à 79 ans lors du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS. Les données sont exprimées en µg/L de sang pour l'o-xylène ainsi que pour la somme du m-xylène et du p-xylène. La présence d'une quantité mesurable de xylènes dans le sang peut être un indicateur d'une exposition à ces substances, mais elle ne signifie pas nécessairement que des effets nocifs sur la santé s'ensuivront.
On a également mesuré le taux de xylènes dans l'air intérieur au domicile des participants lors du cycle 2 (2009 à 2011) (Statistique Canada, 2012; Wheeler et coll., 2013), du cycle 3 (2012 à 2013) et du cycle 4 (2014 à 2015) de l'ECMS, ainsi que dans l'eau du robinet lors du cycle 3 et du cycle 4. Pour obtenir une description détaillée des analyses de l'air intérieur et de l'eau du robinet, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 4 (Statistique Canada, 2017). Il est possible de se procurer les données sur l'air intérieur et l'eau du robinet auprès des Centres de données de recherche de Statistique Canada ou sur demande en contactant Statistique Canada à l'adresse infostats@statcan.gc.ca.
Tableau 9.8.1 - m-Xylène et p-xylène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2326 14,53 0,062 (0,050-0,079) <LD 0,063 (0,047-0,080) 0,20 (0,14-0,26) 0,30 (0,20-0,39)
4 (2014 à 2015) 2505 7,27 0,063 (0,053-0,075) 0,023 (<LD-0,030) 0,061 (0,047-0,076) 0,18 (0,15-0,21) 0,26 (0,22-0,30)
3 (2012 à 2013) 1172 13,31 0,065 (0,051-0,082) <LD 0,062 (0,045-0,080) 0,21 (0,15-0,28) 0,34Note de bas de page E (0,19-0,49)
4 (2014 à 2015) 1239 6,86 0,069 (0,057-0,083) <LD 0,069 (0,055-0,084) 0,21 (0,15-0,27) 0,30 (0,22-0,39)
3 (2012 à 2013) 1154 15,77 0,060 (0,047-0,078) <LD 0,064 (0,046-0,082) 0,19 (0,12-0,26) 0,27 (0,18-0,36)
4 (2014 à 2015) 1266 7,66 0,059 (0,049-0,069) 0,024 (<LD-0,030) 0,056 (0,042-0,071) 0,16 (0,12-0,19) 0,21 (0,18-0,23)
3 (2012 à 2013) 701 16,83 0,049 (0,037-0,065) <LD 0,055 (0,039-0,071) 0,14Note de bas de page E (0,086-0,19) 0,18 (0,14-0,23)
4 (2014 à 2015) 709 7,90 0,054 (0,043-0,067) 0,024Note de bas de page E (<LD-0,033) 0,055 (0,044-0,066) 0,12 (0,092-0,14) 0,16 (0,12-0,20)
3 (2012 à 2013) 500 14,00 0,058 (0,045-0,074) <LD 0,057Note de bas de page E (0,026-0,088) 0,16 (0,11-0,22) 0,25 (0,17-0,32)
4 (2014 à 2015) 596 7,21 0,059 (0,046-0,076) <LD 0,055 (0,037-0,073) 0,16 (0,12-0,19) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 559 11,99 0,074 (0,056-0,096) <LD 0,068 (0,052-0,084) 0,28Note de bas de page E (0,17-0,39) 0,42 (0,29-0,54)
4 (2014 à 2015) 622 6,43 0,067 (0,054-0,083) <LDNote de bas de page E (<LD-0,034) 0,069 (0,050-0,088) 0,21 (0,15-0,26) 0,27 (0,21-0,33)
3 (2012 à 2013) 566 14,66 0,060 (0,045-0,079) <LD 0,061 (0,043-0,078) 0,18 (0,15-0,21) 0,25Note de bas de page E (0,12-0,37)
4 (2014 à 2015) 578 7,44 0,071 (0,063-0,080) 0,025 (<LD-0,034) 0,068 (0,057-0,079) 0,22 (0,17-0,27) 0,31 (0,23-0,39)
Tableau 9.8.2 - o-Xylène - Moyennes géométriques et percentiles sélectionnés des concentrations dans le sang entier (μg/L) pour la population canadienne âgée de 12 à 79 ans par groupe d'âge, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 3 (2012 à 2013) et cycle 4 (2014 à 2015).
3 (2012 à 2013) 2336 41,05 - <LD 0,022Note de bas de page E (0,010-0,034) 0,087 (0,061-0,11) 0,11 (0,083-0,14)
4 (2014 à 2015) 2428 29,57 0,015 (0,012-0,019) <LD 0,016 (0,011-0,020) 0,056 (0,045-0,066) 0,082 (0,063-0,10)
3 (2012 à 2013) 1164 40,55 - <LD 0,022Note de bas de page E (0,0097-0,033) 0,088 (0,061-0,11) 0,12 (0,075-0,16)
4 (2014 à 2015) 1198 27,71 0,017 (0,013-0,021) <LD 0,017 (0,012-0,023) 0,065 (0,047-0,082) 0,097Note de bas de page E (0,044-0,15)
3 (2012 à 2013) 1172 41,55 - <LD 0,022Note de bas de page E (0,011-0,034) 0,081 (0,052-0,11) 0,11 (0,082-0,14)
4 (2014 à 2015) 1230 31,38 0,014 (0,011-0,017) <LD 0,015 (0,010-0,019) 0,049 (0,039-0,058) 0,064 (0,048-0,080)
3 (2012 à 2013) 692 43,93 - <LD Note de bas de page F 0,057 (0,041-0,072) 0,075 (0,053-0,098)
4 (2014 à 2015) 687 32,17 0,013 (0,0099-0,017) <LD 0,014 (0,0090-0,019) 0,041 (0,028-0,053) 0,052 (0,038-0,067)
3 (2012 à 2013) 515 42,14 - <LD 0,020Note de bas de page E (0,0095-0,030) 0,077Note de bas de page E (0,036-0,12) 0,11Note de bas de page E (0,053-0,17)
4 (2014 à 2015) 580 32,41 0,012 (0,0090-0,017) <LD 0,012Note de bas de page E (<LD-0,018) 0,046 (0,036-0,057) Note de bas de page F
3 (2012 à 2013) 565 38,94 0,022Note de bas de page E (0,014-0,034) <LD 0,029Note de bas de page E (0,012-0,045) 0,099 (0,075-0,12) 0,13 (0,095-0,17)
4 (2014 à 2015) 604 26,49 0,017 (0,014-0,021) <LD 0,018 (0,012-0,023) 0,060 (0,049-0,071) 0,087 (0,063-0,11)
3 (2012 à 2013) 564 38,65 0,016Note de bas de page E (0,010-0,023) <LD 0,016Note de bas de page E (<LD-0,027) 0,076 (0,055-0,098) 0,10Note de bas de page E (0,030-0,17)
4 (2014 à 2015) 557 26,75 0,018 (0,016-0,021) <LD 0,019 (0,015-0,023) 0,077 (0,058-0,096) 0,096 (0,070-0,12)
Si plus de 40 % des échantillons étaient inférieurs à la LD, la distribution en percentiles est indiquée, mais les moyennes n'ont pas été calculées.
Données non disponibles, étant donné qu'on n'a pas inclus les participants âgés de moins de 6 ans dans le cycle 1 (2007 à 2009).
Pour chaque individu dans un cycle, la somme d'arsénate, arsénite, acide diméthylarsinique et acide monométhylarsonique est calculée. Si la valeur d'une espèce est inférieure à la limite de détection (LD), la valeur attribuée est calculée en utilisant la LD divisée par 2. Si les quatre espèces d'arsenic sont inférieures à la LD, la somme présentée sera la somme des quatre valeurs attribuées.
Utilisez la donnée avec prudence.
La donnée est trop peu fiable pour être publiée.
La donnée est supprimée selon les exigences de la Loi sur la statistique.