Source: http://actuagencebiomed.blogspot.fr/2008/09/
Timestamp: 2018-01-20 07:27:44+00:00
Document Index: 20006041

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Ethics, Health and Death 2.0: The News: septembre 2008
"A la suite de l'article de l'Osservatore Romano sur les critères de la mort (cf Synthèse de presse du 04/09/08), Zenit a interrogé le docteur Chiara Mantovani, présidente de l'Association des médecins catholiques Italiens de Ferrara.
Dans un premier temps, le docteur Mantovani estime qu'il faut clarifier les termes. Elle souligne que la terminologie 'mort cérébrale' est une expression erronée et qui est utilisée de manière incorrecte comme synonyme de 'mort encéphalique'.
Par mort encéphalique, il faut comprendre plutôt l'absence totale, enregistrée plusieurs fois, de toute activité du cortex cérébral, du tronc et du bulbe rachidien (c'est à dire un silence électrique des parties du cerveau), par conséquent de tout ce qui génère ou coordonne les activités du corps.
De cette définition générique, on peut alors comprendre que quelqu'un qui paraît mort mais qui respire de lui-même et dont le cœur continue à battre n'est en fait pas mort.
Chiara Mantonavi précise également que les termes 'coma' et 'état végétatif' ne veulent pas dire mort encéphalique, qui est l'état dans lequel la capacité à faire fonctionner les processus vitaux a disparu.
Aujourd'hui en Italie, la loi permet l'extraction d'organes uniquement dans le cas où la mort a été confirmée avec des critères neurologiques caractérisant la mort encéphalique et non pas cérébrale.'L'électroencéphalogramme plat n'est pas tout à fait la mort encéphalique, on ne peut prélever les organes si les centres cérébraux profonds donnent des signes d'activité électrique'.
Pour réguler la circulation et la respiration du patient, les médecins maintiennent l'apport en oxygène nécessaire, le temps qu'il faut, afin de constater avec rigueur les critères de mort encéphalique. Il s'agit d'un mécanisme de sécurité pour s'assurer qu'il n'y a pas d'erreur dans l'enregistrement de l'électroencéphalogramme qui peut donner des résultats erronés."
Zenit 28/09/08
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 29.9.08 1 commentaire:
Des cellules SPi sans intégration virale grâce à un vecteur adénoviral
"Des Américains ont obtenu des cellules souches pluripotentes induites (cellules SPi) par reprogrammation de cellules adultes de souris, sans recourir à l'intégration d'un virus dans le génome cellulaire. Cette nouvelle approche, qui utilise un adénovirus non intégrant pour exprimer de façon transitoire les facteurs de reprogrammation, élimine le risque de mutagenèse d'insertion associé aux cellules SPi produites jusqu'ici."
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 26.9.08 2 commentaires:
Beaujon, centre de greffe intestinale pour l'adulte
"Deux greffes intestinales — une transplantation isolée de l'intestin grêle et une transplantation combinée foie + intestin grêle — ont été réalisées en juillet à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine). Deux mois après leur greffe, les patients vont très bien, annonce le Pr Yves Panis (chirurgie colorectale).
Réunissant les compétences multiples nécessaires pour réaliser ces greffes difficiles, l'hôpital Beaujon a le statut officiel de Centre de greffe intestinale pour l'adulte en France, agréé par l'Agence de biomédecine. Les spécialistes prévoient de réaliser environ 5 greffes par an.
La greffe intestinale est indiquée chez des patients en insuffisance intestinale sévère et irréversible. Ce qui a deux causes principales : les résections étendues de l'intestin grêle ou syndrome du grêle très court et la dysfonction motrice de la pseudo-obstruction intestinale chronique (POIC). Les patients restent alors sous nutrition parentérale à vie.
On a recours à la greffe intestinale lorsque les complications de la nutrition parentérale menacent le pronostic vital. Ce qui concerne une quarantaine de patients en France."
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 25.9.08 Aucun commentaire:
Leucémie : l'injection intra-osseuse de sang de cordon serait "plus performante"
"Une équipe d'hématologues italiens, dirigée par le Dr Francesco Frassoni, a, selon des travaux parus dans le Lancet, obtenu de meilleurs résultats de greffes de sang de cordon chez des adultes en injectant directement les cellules de sang de cordon par voie intra-osseuse. Cette étude, menée sur 32 patients atteints de leucémie aiguë lymphoïde ou myéloïde, montre que l'injection par voie osseuse permettrait de pallier une migration limitée des cellules souches vers les sites hématopoïétiques."
"Le sang de cordon a d'abord été concentré afin d'en extraire les cellules qui ont ensuite été injectées, après anesthésie générale, au niveau de la crête iliaque. Après 13 mois de suivi, 16 patients 'seulement' sont décédés : 5 de réaction de rejet, 7 d'infection (liées à d'autres causes que l'injection) et 4 de rechute de leur maladie.
Pour les auteurs, ces résultats 'suggèrent que l'utilisation de la voie intra-osseuse permet de limiter les échecs de transplantation de cellules de sang de cordon, y compris lorsqu'il existe une mauvaise correspondance HLA'. 'Le nombre de transplantations de ce type chez des adultes pourrait donc augmenter', concluent-ils."
Le Quotidien du Médecin (Dr Isabelle Catala) 24/09/08
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 24.9.08 Aucun commentaire:
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 19.9.08 Aucun commentaire:
"A partir de lignées porteuses de maladies rares, des chercheurs français espèrent mieux connaître ces dernières. Et demain les soigner."
"Dans la course mondiale aux thérapies fondées sur les cellules souches, la France recolle enfin au peloton. Alors que des équipes américaines et japonaises ont multiplié, tout l'été, les publications sur le sujet, des chercheurs français viennent, selon nos informations, d'enregistrer, à leur tour, des avancées qui pourraient aider à mieux connaître certaines maladies génétiques."
"Tout est parti du centre de diagnostic préimplantatoire de Strasbourg (Bas-Rhin), où des couples, inquiets à l'idée de transmettre à leurs enfants une pathologie grave, se rendent pour bénéficier d'une fécondation in vitro, avec l'assurance que seuls les embryons sains seront ensuite réimplantés. La majorité de ces couples ont accepté de donner à la recherche leurs embryons touchés par une anomalie génétique. Ainsi, 10 lignées de cellules souches embryonnaires porteuses de pathologies (par exemple, la maladie de Huntington) ont pu être développées, à Strasbourg, par l'équipe du Pr Stéphane Viville, en collaboration avec l'institut Istem à Evry (Essonne)."
Tester de nouveaux médicaments
"Certaines sont uniques au monde, comme la lignée masculine du syndrome de l'X fragile (cause de retard mental), celle de l'ataxie spinocérébrale de type 2 (une maladie dégénérative) ou encore celle d'une forme familiale de cancer de la thyroïde. Ces cellules vont permettre aux scientifiques d'étudier en laboratoire les mécanismes des différentes pathologies et de tester à grande échelle de nouveaux médicaments. Les chercheurs de Strasbourg s'engagent également dans une autre voie, récente mais prometteuse, qui permettrait d'aboutir aux mêmes résultats sans recourir aux embryons. Ils viennent ainsi d'obtenir 12 lignées de cellules souches humaines (saines, cette fois) à partir de simples cellules de peau."
Avis partagés sur le prélèvement d'organes au Royaume-Uni
"Le Premier Ministre Gordon Brown a soulevé la question du 'consentement présumé' (presumed consent) du patient qui arrive en soins intensifs pour pouvoir lui prélever ses organes.
Selon un sondage, les 2/3 de l'opinion publique soutiennent cette proposition, mais celle des médecins travaillant en soins intensifs est plus partagée. Plusieurs se disent très inquiets d'un possible changement de la loi sur le prélèvement d'organe. En effet, Kevin Gunning, de la Société des soins intensifs et consultant à l'hôpital Addenbrooke de Cambridge, répète qu'il est très important pour les familles d'avoir la confiance du médecin qui traite leur proche. Or ce 'consentement présumé' pourrait instiller le doute et la crainte que les médecins prélèvent plus librement les organes des patients en soins intensifs.
Dans quelques mois un groupe de travail du gouvernement du Royaume-Uni devra rendre un rapport sur le sujet."
BBC News (Branwen Jeffreys) 03/09/08
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 16.9.08 Aucun commentaire:
Les promesses des cellules souches des dents de lait
"L'Institut français pour la recherche odontologique (Ifro) organise aujourd'hui à Paris, un colloque sur les 'cellules souches pulpaires'.
En 2003, une équipe américano-australienne découvrait l'existence de cellules souches dans des dents de lait. Comme cellules souches, celles-ci se sont révélées capables de se différencier, de se spécialiser et de donner outre des cellules pulpaires, des cellules nerveuses, osseuses ou adipeuses. La technique de préparation est aujourd'hui au point et des entreprises industrielles américaines ont déjà créé des banques de congélation de tissu pulpaire de dents de lait.
Les chercheurs espèrent maintenant soigner les caries, voire réparer un nerf sectionné d'ici à une dizaine d'années.
Une autre possibilité réside dans les cellules souches issues des dents de sagesse.
Enfin, en 2006 une équipe de l'Inserm a montré que les cellules souches de la moelle osseuse, qui ressemblent beaucoup à celles des dents, étaient capables de donner naissance aux cellules impliquées dans la construction de l'émail et de la dentine."
La Croix (Denis Sergent) 15/09/08
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 15.9.08 Aucun commentaire:
"Tout porte à croire que la mission Leonetti qui travaille sur une éventuelle évolution de la loi de 2005 sur la fin de vie privilégiera une approche modérée. Au fil des consultations, les vertus de ce texte ont souvent été mises en avant. Ainsi, Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) saluait la semaine dernière une loi 'tout à fait remarquable'. On pourrait s'orienter alors vers une évolution du code de déontologie médicale.
Lors de son audition, Michel Legmann, président de l'Ordre national des médecins a estimé, comme beaucoup d'autres l'avaient déjà fait, que la loi était avant tout 'mal connue du public et des médecins' et admis que quelques 'précisions' ne seraient pas superflues.
La principale interrogation tourne autour de l'arrêt des traitements 'inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie'. Beaucoup s'interrogent sur les conséquences de cet arrêt, notamment l'agonie. Trois cas d'arrêts de traitement sont concernés :
- les personnes en 'état végétatif' chronique,
- les traumatisés crâniens dont le cerveau est détruit,
- les nourrissons grands prématurés qui sont réanimés mais chez qui se révèlent de grandes séquelles neurologiques.
C'est pourquoi la mission cherche à préciser les conditions de mise en place d'une sédation terminale *. 'Ce n'est pas une alternative à l'euthanasie', précise Jean Leonetti. 'Nous sommes ici dans le devoir d'accompagnement, de non-abandon. Il s'agit d'apaiser la fin de vie d'un patient et son entourage'.
Dans ce contexte, l'évolution de la loi ne paraît pas forcement nécessaire. En effet, le texte de 2005 précise que 'le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins nécessaires. On s'acheminerait donc vers une voie réglementaire.'
Le président de l'Ordre des médecins envisage une éventuelle 'réécriture' du code de déontologie médicale. Il s'agit 'tout en maintenant l'interdiction de donner délibérément la mort, de décrire les conditions dans lesquelles le patient [serait] placé après la prise de décision afin que sa dignité soit respectée, qu'il ne soit pas abandonné'."
* "Le journal La Croix précise que 'la sédation terminale' consiste à provoquer l'inconscience d'un malade en fin de vie pour soulager une détresse physique ou morale lorsque toutes les autres interventions ont échoué. L'endormissement n'est pas à priori définitif, il peut y avoir des phases de réveil."
La Croix (Marine Lamoureux) 13/09/08
Inauguration de l'Unité d'Hospitalisation de Courte Durée (UHCD) de l'hôpital Antoine-Béclère, Clamart
Le vendredi 3/10/2008 aura lieu l'inauguration de l'Unité d'Hospitalisation de Courte Durée (UHCD) de l'hôpital Antoine-Béclère, Clamart.
==> Programme et carton d'invitation (document PDF, 416 Ko).
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 11.9.08 Aucun commentaire:
"L'article de l'Osservatore Romano du 3 septembre 2008 (Cf. Synthèse de presse du 04/09/08), lance un pavé dans la mare en contestant que le concept actuel de mort cérébrale suffise à déclarer la mort. Cet article qui, selon le Père Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican, 'ne peut être considéré comme une position du Magistère de l'Eglise', relance le débat sur la définition de la mort au moment où l'opinion en Italie est secouée par la décision du père d'Eluana Englaro (dans le coma depuis 16 ans) d'arrêter l'alimentation et l'hydratation de sa fille."
"Rappelons toutefois que l'article de l'Osservatore Romano s'émeut de la définition de la mort donnée dans le rapport d'Harvard de 1968, en raison des conséquences qu'une telle définition implique pour le donneur d'organes mais n'évoque pas les questions d'euthanasie ni le cas d'Eluana Englaro. L'enjeu est pour lui d'interroger sur la légitimité du prélèvement d'organes, non pas en tant que tel, mais tel qu'il est pratiqué aujourd'hui avec les critères actuels de la mort. Il pose au fond la question de savoir si le mort, le 'donneur d'organes', est bien mort quand on lui prélève ses organes. S'appuyant sur des publications et des analyses d'experts, l'article met en doute cette 'certitude'.
Alessandro Nanni Costa, directeur du centre national des greffes en Italie s'étonne : 'je n'ai pas l'impression qu'il existe en l'état actuel des études scientifiques remettant en question les principes établis dans le rapport Harvard.' De son côté le président de l'Association des anesthésistes-réanimateurs hospitaliers italiens, Vincenzo Carpino, estime qu''en l'absence de nouveaux critères scientifiques, la mort cérébrale est le seul élément permettant d'établir la mort d'un être humain' et qu'il est 'prêt à engager le débat en cas de nouvelles précisions scientifiques.'
Le Quotidien du Médecin rappelle ce que le rapport Harvard établit comme concept de coma irréversible : 'absence de réceptivité et de réaction, électro-encéphalogramme (EEG) plat, aucune modification des résultats des tests répétés 24 heures plus tard, et exclusion d'hypothermie et de dépresseurs du SNC.' En France, la définition légale de la mort est fixée par un décret du 2 décembre 1996 portant sur le prélèvement d'organes ou de tissus. Selon ce décret, en cas d'arrêt cardiaque ou respiratoire persistant, trois critères cliniques sont nécessaires pour faire le constat de la mort : 'absence totale de conscience et d'activité motrice spontanée, abolition de tous les réflexes du tronc cérébral, absence totale de ventilation spontanée.' Enfin pour confirmer le caractère irréversible de la destruction encéphalique, on effectue deux EEG à 4 heures d'intervalle qui doivent être aréactifs, ou l'on fait une angiographie montrant l'arrêt de la circulation encéphalique.
Le Quotidien du Médecin rapprochant ces données de l'affaire Eluana Englaro, évoque les interventions du Pr Carlo Alberto Defanti, directeur du département neurologique de l'hopital Niguarda de Milan qui soigne la jeune femme. Il y a quelques mois, celui-ci déclarait : 'l'irréversibilité de la mort encéphalique n'a pas encore été démontrée', alors qu'aujourd'hui il se dit prêt à interrompre l'alimentation et l'hydratation d'Eluana Englaro, considérant que lorsque certains critères médicaux sont réunis, 'le point de non-retour peut être alors constaté'.
Dès lors, il est intéressant de noter les propos du procureur général de Milan qui a introduit, jeudi 31 juillet, un recours auprès de la Cour de cassation contre la décision rendue par la Cour d'appel de Milan autorisant l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation médicales d'Eluana Englaro. Le procureur général s'est opposé à cette décision car il a estimé que les juges 'n'ont pas établi avec suffisamment d'objectivité l'irréversibilité de l'état végétatif permanent' de la jeune femme, plongée dans le coma depuis 16 ans."
Quotidien du Médecin (Ariel F. Dumont) 08/09/08
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 8.9.08 Aucun commentaire:
Le journal Libération a accordé une interview à Jean Leonetti, député UMP et spécialiste des questions de la mort et de l'euthanasie à l'Assemblée nationale. Il est l'auteur de la loi sur la fin de vie qui porte son nom et pilote une mission parlementaire qui fait le bilan de l'application de la loi [loi du 22/04/2005, ndlr.].
Il reconnait que dans sa loi, 'chacun y a mis ce qu'il attend', que ce soit les personnes favorables à l'euthanasie ou que ce soit ceux qui y sont opposés. Jean Leonetti estime que beaucoup attendaient de cette loi une réponse univoque. Or, 'c'est une loi qui propose une méthode pour choisir la moins mauvaise des solutions. Une méthode qui repose sur la transparence et la collégialité. Si le patient est conscient, c'est lui qui décide de l'arrêt des traitements. Si ne l'est pas, ce sont les médecins'.
Revenant sur l'affaire Pierra, mort dans des spasmes provoqués par l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation (cf. Synthèse de presse du 09/05/2008), Jean Leonetti explique qu'il s'agissait d'une incompétence médicale. Pour lui, il fallait accompagner l'agonie d'Hervé Pierra et non se retirer et attendre la mort. Cette affaire, explique-t-il, a révélé l'ambigüité de l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation. 'Quand on arrête l'alimentation d'un patient, ce n'est pas pour soulager, mais pour provoquer la mort. En d'autres termes, on n'est pas dans le laisser mourir mais dans le faire mourir'. Si boire et manger relèvent pour nous de quelque chose de naturel, il souligne qu'il s'agit d'un soin dans des situations de fin de vie. Poser une sonde gastrique est un acte chirurgical. Arrêter l'alimentation et l'hydratation peut paraître 'barbare' explique t-il, alors que 'le patient n'en souffre pas'. Les personnes âgées par exemple meurent parfois parce qu'elles ne peuvent plus s'alimenter et s'hydrater et cela est perçu comme une fin de vie 'naturelle'.
Pour Jean Leonetti lorsqu'on arrête un traitement, 'nous ne sommes pas en train de donner la mort, mais nous arrêtons une survie inutile'. Pour lui, il ne s'agit pas de situation 'de faire mourir'.
Il cite trois situations dans lesquelles on est confronté à des interrogations :
- le nourrisson que l'on a réanimé et dont on s'aperçoit que son cerveau a de graves séquelles ;
- les personnes en état végétatif chronique que l'on maintient en les nourrissant artificiellement ;
- le traumatisé crânien qui a été réanimé. Dans ces 3 cas, il estime qu''arrêter les traitements n'est pas du faire mourir. L'intention n'est pas la même. Reste que l'on prend une décision médicale, qui entraîne la perception que la mort va survenir après cette décision'. Pour lui, la vraie question qui subsiste alors c'est le temps de l'agonie.
Sur ce point, il s'est rendu compte que 'l'agonie c'est les autres. Le regard des autres. C'est l'entourage qui pose problème'. Il s'interroge : 'n'est-il pas légitime d'offrir à l'entourage qui souffre une mort apaisée, sans hoquets, ni convulsions ?' Il y a sur ce point un défaut dans la loi, explique t-il : 'on doit à la famille une fin de vie apaisée'. Ainsi dans le cas d'un nourrisson réanimé, la sédation terminale lui paraît être la conséquence quasi obligatoire d'une décision d'arrêt thérapeutique.
Pour conclure, Jean Leonetti estime que sa loi règle presque tous les problèmes. 'Le problème, c'est le presque. Reste à assumer le double effet (expression qui décrit l'effet de certains médicaments dont le but est de soulager la douleur mais qui peuvent, parallèlement, provoquer la mort) dont le but n'est pas le confort du malade, mais le confort de l'entourage. Ce qui est accepté par le mourant n'est pas toujours accepté par l'entourage.'
Interrogé sur d'éventuels aménagements de sa loi, il reconnait qu'ils ne seraient peut être pas consensuel : 'la sédation terminale n'est pas consensuelle. Mais avant de provoquer des clivages, continuons le plus loin à réfléchir ensemble.'"
Libération (Eric Favereau) 06/09/08
Chine : "L’aveu des prélèvements d'organes est 'incontestable', déclarent les enquêteurs"
"Reconstitution dramatique des prélèvements d’organes forcés sur les pratiquants de la méditation Falun Gong, lors d’un rassemblement anti-persécution à Ottawa."
"Une nouvelle preuve de l'existence de prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong par le régime de Pékin s’est fait jour suite à l’aveu d’un médecin chinois.Un enregistrement audio d’une conversation avec le médecin, qui admet avoir participé au prélèvement des organes de pratiquants de Falun Gong, est associé à un documentaire sanctionné par l’État chinois. Dans ce documentaire, ce même médecin reconnaît prendre part à ladite conversation et cela constitue une 'pièce à conviction indéniable de prélèvements d’organes sur des prisonniers du Falun Gong pour le profit', ont déclaré David Matas, avocat spécialiste des droits de l’Homme, et David Kilgour, ex-député canadien, dans une lettre datée du 22 août 2008. La lettre, adressée à l’ambassadeur de la République populaire de Chine (RPC) au Canada, appelle les autorités chinoises à admettre officiellement leur implication dans les prélèvements illégaux d’organes et à 'mettre un terme à cette pratique'.Les enquêteurs de Matas et de Kilgour ont téléphoné à des hôpitaux chinois pour se renseigner sur les greffes d’organes et pour savoir s’ils pouvaient obtenir des organes provenant de pratiquants de Falun Gong. Cette demande spécifique pour des organes provenant de pratiquants de Falun Gong est basée sur la connaissance que ceux-ci sont généralement en bonne santé. En réponse, le médecin Lu Guoping, de l’hôpital Minzu de la Région autonome du Guangxi, a déclaré que son hôpital avait eu, dans le passé, des organes de pratiquants de Falun Gong, mais que ce n’était plus le cas. Voici une partie de la retranscription :
Enquêteur : Ce que vous utilisiez auparavant provenait-il des centres de détention ou des prisons?
Lu Guoping : Des prisons.
Enquêteur : Oh, des prisons. Et ils provenaient de pratiquants de Falun Gong en bonne santé, les Falun Gong en bonne santé, n'est-ce pas?
Lu Guoping : Exact, exact, exact. Nous choisissons les bons, parce que nous assurons la qualité de nos opérations.
Enquêteur : Ceci signifie que vous choisissiez vous-même les organes?
Lu Guoping : Exact, exact, exact.
Il a ensuite indiqué à son interlocuteur un hôpital de Guangzhou, déclarant que cet hôpital aurait des organes de pratiquants de Falun Gong.
Dans un documentaire diffusé par la chaîne Phœnix TV, proche du régime chinois, Lu Guoping a admis avoir reçu l’appel et aussi avoir indiqué à son interlocuteur un hôpital de Guangzhou.Cependant, il a nié que la transcription soit fiable, déclarant lors de l’entretien : 'Je lui ai dit [l’enquêteur] que je n’étais pas impliqué dans les opérations chirurgicales et que je n’avais pas d’idée sur la provenance des organes. Je lui ai dit que je ne pouvais pas répondre à ses questions. Elle a alors demandé si ces organes provenaient des prisons. Je lui ai répondu 'non' en termes clairs.'
Lorsqu’on lui a montré une retranscription de la conversation dans le documentaire, Lu Guoping a déclaré qu’il s’agissait d’une version déformée de la conversation. Cependant, l’existence de l’enregistrement audio à la base de la transcription n’est pas remise en question. Matas et Kilgour ont résumé la preuve : 'Ainsi, nous avons ici sur notre enregistrement l’aveu fait par un médecin que lui et ses collègues se rendaient dans les prisons pour sélectionner les pratiquants de Falun Gong pour leurs organes. Il ne dit pas simplement que quelqu’un d’autre le fait. Il dit que lui et ses collègues le faisaient eux-mêmes. De plus, nous avons un autre témoignage qui affirme que la voix de la personne sur notre enregistrement est bien la voix de Lu Guoping. Le documentaire en question de Phoenix TV est disponible par le biais des consulats et ambassades de Chine. En ce qui concerne le documentaire, Kigour et Matas déclarent dans leur lettre, qu’en conséquence, 'il a l’approbation du gouvernement chinois. L’aveu est donc sanctionné et approuvé par le gouvernement de Chine et ne peut être nié de façon crédible par le gouvernement.'
Kilgour et Matas ont enquêté sur les allégations de prélèvements d’organes sur le Falun Gong depuis 2006. Certaines des preuves incluent les 40 000 greffes effectuées en Chine, et provenant de donneurs non enregistrés, ayant eu lieu depuis le début de la persécution du Falun Gong en 1999. De plus, le temps d’attente pour une greffe d’organes en Chine est de l’ordre de quelques semaines alors que, dans les pays occidentaux, l’attente se compte en mois ou en années. L’enregistrement audio, la transcription et le documentaire mentionnés dans cet article se trouvent sur le site [organharvestinvestigation.net]."
http://www.lagrandeepoque.com
Écrit par Ben Bendig, La Grande Époque
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 7.9.08 Aucun commentaire:
"Transplantations et mort cérébrale. 'L'Osservatore Romano' a brisé le tabou"
"Le journal du pape a mis en doute que l'arrêt du fonctionnement du cerveau suffise à donner la certitude de la mort. Il a donc réouvert la discussion sur les prélèvements d'organes sur des 'cadavres chauds' dont le cœur bat encore. Les chercheurs de l'Académie Pontificale des Sciences sont encore plus critiques. Quant à Ratzinger, quand il était cardinal..."
"Il y a deux jours, 'L’Osservatore Romano' a relancé la discussion sur les critères établissant la mort d’un être humain, dans un article choc publié en une.
L’auteur de l’article, Lucetta Scaraffia, enseigne l’histoire contemporaine à l’Université de Rome 'La Sapienza' et signe régulièrement des articles dans le journal du Vatican. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a précisé que l’article 'n’est ni un acte du magistère de l’Église ni un document d’un organisme pontifical' et que les réflexions qui y sont exprimées 'doivent être attribuées à l’auteur du texte et n’engagent pas le Saint-Siège'.
Exact. 'L’Osservatore Romano' n’a valeur d’organe officiel du Saint-Siège que dans la rubrique 'Nos informations', qui indique les nominations, les audiences et les actes du pape. Presque tous ses articles sont publiés sans contrôle préalable des autorités du Vatican. Ils engagent la responsabilité des auteurs et du directeur, le professeur Giovanni Maria Vian.
Il n’empêche: l’article a brisé un tabou, dans un journal qui reste 'le journal du pape'.
Il y a quarante ans, le 5 août 1968, le 'Journal of American Medical Association' publiait un document – appelé 'le rapport de Harvard' – qui indiquait que la mort survenait non pas lors de l’arrêt du cœur, mais lors de la cessation totale des fonctions du cerveau. Tous les pays du monde se sont rapidement alignés sur ce critère. L’Église catholique a fait de même, en particulier par une déclaration de l’Académie Pontificale des Sciences, en 1985, puis à nouveau en 1989 par un nouvel acte de la même académie, confirmé par un discours de Jean-Paul II. Celui-ci est encore revenu sur le sujet à plusieurs reprises, par exemple dans un discours prononcé à un congrès mondial de la Transplantation Society, le 29 août 2000.
Par là, l’Église catholique légitimait de fait les prélèvements d’organes tels qu’ils sont aujourd’hui universellement pratiqués sur des personnes en fin de vie du fait d’une maladie ou d’un accident : sur un donateur considéré comme mort après qu’on s’est assuré de son 'coma irréversible' même s’il respire encore et que son cœur bat.
Depuis ce moment, la discussion a cessé dans l’Église. Les seules voix qu’on entendait étaient en accord avec le rapport de Harvard. Parmi ces voix standard, celle du cardinal Dionigi Tettamanzi, dans les années précédant l’an 2000, époque où les questions de bioéthique étaient son pain quotidien. Après lui, l'autorité ecclésiastique la plus écoutée sur ce sujet a été l’évêque Elio Sgreccia, président de l’Académie Pontificale pour la Vie il y a encore quelques mois, avec le cardinal Javier Lozano Barragán, président du conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé.
Aussi l’un des experts les plus réputés aujourd’hui dans le monde ecclésiastique, Francesco D’Agostino, professeur de philosophie du droit et président émérite du comité italien de bioéthique, défend bec et ongles les critères fixés par le rapport de Harvard. Les doutes exprimés par l’article de 'L'Osservatore Romano' n’ébranlent pas ses certitudes: 'La thèse présentée par Lucetta Scaraffia existe dans les milieux scientifiques, mais elle est très minoritaire'.
En sous-main, cependant, les doutes progressent dans l’Église. De toute façon, depuis Pie XII, les déclarations de la hiérarchie sur le sujet sont moins linéaires qu’il n’y paraît. Ces 'ambiguïtés' de l’Église apparaissent dans un chapitre entier d’un livre publié récemment en Italie : 'Morte cerebrale e trapianto di organi. Una questione di etica giuridica', aux éditions Morcelliana à Brescia. Son auteur est Paolo Becchi, professeur de philosophie du droit aux universités de Gênes et de Lucerne et élève de Hans Jonas, penseur juif qui a consacré des réflexions inquiètes à la question de la fin de la vie. Selon Jonas, la nouvelle définition de la mort accréditée par le rapport de Harvard était motivée, plus que par un réel progrès scientifique, par l'intérêt, c’est-à-dire par le besoin d’organes à transplanter.
Mais surtout les voix critiques se font plus nombreuses dans l’Église. Déjà en 1989, quand l’Académie Pontificale des Sciences a traité la question, le professeur Josef Seifert, recteur de l'Académie Internationale de Philosophie du Liechtenstein, a soulevé de fortes objections contre la définition de la mort cérébrale. A ce colloque, la voix de Seifert fut la seule discordante. Mais quand, des années plus tard, l’Académie Pontificale des Sciences s’est réunie à nouveau, les 3 et 4 février 2005, pour discuter de la question des 'signes de la mort', les positions s’étaient renversées. Les experts présents – philosophes, juristes, neurologues de divers pays – se sont accordés pour estimer que la seule mort cérébrale n’est pas la mort de l'être humain et que le critère de la mort cérébrale, n’étant pas crédible scientifiquement, doit être abandonné.
Cette conférence a été un choc pour les dirigeants du Vatican qui adhéraient au rapport de Harvard. L’évêque Marcélo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie Pontificale des Sciences, a décidé que les actes ne seraient pas publiés. Beaucoup d’intervenants ont alors remis leurs textes à un éditeur extérieur, Rubbettino. Cela a donné un livre publié sous le titre latin: 'Finis Vitae', sous la direction du professeur Roberto de Mattei, sous-directeur du Conseil National de la Recherche et directeur du mensuel 'Radici Cristiane'. L’ouvrage a été édité en italien et en anglais. Il comporte 18 textes : une moitié est due à des chercheurs n’ayant pas participé au colloque de l’Académie Pontificale des Sciences mais qui en partageaient les orientations, dont le professeur Becchi, tandis que, parmi les intervenants au colloque, on relève les noms de Seifert et du philosophe allemand Robert Spaemann, très estimé de Benoît XVI.
Les deux volumes publiés par Rubbettino et celui de Becchi publié par Morcelliana ont incité Lucetta Scaraffia à reprendre la discussion dans 'L'Osservatore Romano', à l’occasion du quarantième anniversaire du rapport de Harvard.
Et Benoît XVI ? Il ne s’est jamais prononcé directement sur la question, pas même en tant que théologien et cardinal, mais on sait qu’il apprécie les arguments de son ami Spaemann.
Au consistoire de 1991, Ratzinger avait présenté aux cardinaux un exposé sur les 'menaces contre la vie', qu’il décrivait ainsi:
'Le diagnostic prénatal est appliqué de manière presque routinière aux femmes dites à risque, pour éliminer systématiquement tous les foetus qui pourraient être plus ou moins malformés ou malades. Tous ceux qui ont la chance que leur mère porte sa grossesse à terme, mais la malchance de naître handicapés, risquent fort d’être éliminés tout de suite après la naissance ou d’être privés d'alimentation et des soins les plus élémentaires.
'Plus tard, ceux que la maladie ou un accident feront tomber dans un coma irréversible seront souvent mis à mort pour répondre aux demandes de transplantations d'organes ou serviront, eux aussi, aux expériences médicales, en tant que cadavres chauds.
'Enfin, quand la mort s’annoncera, beaucoup de gens seront tentés d’en accélérer la venue par l'euthanasie'.
Ces propos donnent à penser que Ratzinger était, déjà alors, très réservé quant aux critères de Harvard et à la pratique qui en a découlé. Selon lui, les prélèvements d'organes sur des donateurs en fin de vie sont souvent effectués sur des personnes pas encore mortes, mais 'mises à mort' dans ce but.
De plus, en tant que pape, Ratzinger a publié l’Abrégé du Catéchisme de l’Église Catholique. On y lit, au n° 476 :
'Pour que soit réalisé l’acte noble du don d’organes après la mort, on doit être pleinement certain de la mort réelle du donneur'.
Commentaire de Becchi dans son livre:
'Puisqu’il y a aujourd’hui de bons arguments pour considérer que la mort cérébrale n’équivaut pas à la mort réelle de l'individu, les conséquences en matière de transplantations pourraient être vraiment graves. Et l’on peut se demander quand elles feront l’objet d’une prise de position officielle de l’Église'"
L'article de Lucetta Scaraffia dans 'L'Osservatore Romano' du 3 septembre 2008
► I segni della morte. A quarant'anni dal rapporto di Harvard
► "Finis Vitae. La morte cerebrale è ancora vita?", sous la direction de Roberto de Mattei, Rubbettino, Soveria Mannelli, 2007, 482 pages, 35,00 euros.
Paolo Becchi, "Morte cerebrale e trapianto di organi. Una questione di etica giuridica", Morcelliana, Brescia, 2008, 198 pages, 12,50 euros.
Article de Sandro Magister
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"Synthetic Blood From Stem Cells? Yes, a Company Says"
"Will bloodmobiles soon be a thing of the past, like vacuum-tube televisions and glass milk bottles delivered daily?
More important: Will the use of embryonic stem cells, which became a heated issue during the 2004 presidential election, finally produce a breakout product? One that will squelch the controversy for all but a few die-hards who still prefer their milk in glass bottles?
Researchers at Advanced Cell Technology in Worcester, Massachusetts, announced the breakthrough a few days ago. Working with scientists from the Mayo Clinic in Rochester, Minnesota, and the University of Chicago, A.C.T.'s team says it has developed a method for making potentially unlimited and scalable supplies of synthetic blood from embryonic stem cells.
The findings are published in Blood, a scientific journal. A.C.T.'s chief scientific officer Robert Lanza led the team."
==> Read more: http://www.wired.com/medtech/stemcells/news/2008/08/portfolio_0827
Professeur Bernard Debré : "Dictionnaire amoureux de la médecine"
Aujourd'hui 4/09/08 paraît aux Editions Plon le "Dictionnaire Amoureux de la Medecine" écrit par le Professeur Bernard Debré :
"De 'A' comme Acharnement thérapeutique ou bien encore comme A.D.N. à 'Z' comme Zellweger (syndrome de), Bernard Debré nous raconte l'histoire d'une médecine sans cesse en devenir. La médecine et la religion ont longtemps dormi dans le même lit. Le divorce fut à la mesure de cette longue histoire fusionnelle : sans merci ! Réduire l'homme à un ensemble de mécanismes, n'expliquera jamais l'étincelle de la vie. La science moderne - et en son sein la médecine, dont les progrès touchent à la structure même du vivant grâce, notamment, à la connaissance du génome et au cortège d'innovations qu'elle a engendrée, de la simple thérapie génique au clonage - rapproche à nouveau le savoir de l'imaginaire religieux. L'intuition que le pouvoir de l'homme sur lui-même débute avec la procréation, autrement dit avant qu'il ait vu le jour, est au coeur de toutes les religions. Mais tandis que la médecine réalise des miracles, les maladies prospèrent pour nous rappeler la fragilité de la condition humaine. Les virus se révoltent, les bactéries entrent en résistance. H5N1, la grippe aviaire ressemble à celle de 1920 qui a tué plus de 20 millions d'hommes et de femmes en Europe. Le sida dont on oublie de dire qu'il n'est pas vaincu, décime toujours des millions d'hommes et de femmes, souvent parmi les plus jeunes. En même temps, nous savons intimement que le progrès scientifique ne peut s'arrêter, indissociable qu'il est de l'évolution de l'homme. L'histoire de la médecine est plus que jamais une grande aventure collective. L'eugénisme, mot épouvantable quand il s'adresse à une catégorie d'hommes, est pratiqué chaque jour pour des couples stériles ou qui veulent éviter que leur enfant ne soit atteint d'une grave maladie. Le clonage thérapeutique est balbutiant mais il va peut-être permettre de s'auto réparer. L'euthanasie est à la mode, acte d'une telle ambiguïté qu'il attire et choque à la fois. L'homme veut être maître de sa fécondation, de sa procréation, de sa vie et de sa mort."
"Le quotidien La Croix revient dans son édition du jour sur le 7ème sommet mondial d'éthique qui se déroulait hier et aujourd'hui à Paris et qui a réuni cette année 35 États de tous les continents. La rencontre s'est organisée autour de trois thèmes: le 'respect de la personne' (quel statut pour le corps humain? Comment protéger la vie privée?), 'l’autonomie de la personne' (quels droits et quelle place pour les patients ?), et 'comités d’éthique et débat public'.
'À la veille de la révision des lois bioéthiques de 2004 en France, il est intéressant et utile de se confronter à d’autres approches, de sortir du seul mode de pensée français', estime Marie-Hélène Mouneyrat, secrétaire générale du CCNE. Recherches sur l’embryon, gestation pour autrui, accès aux origines... : autant de questions sur lesquelles les parlementaires devront trancher lors de cette révision.
Les participants souhaitent-ils jeter les bases d’une éthique universelle ? Difficile d'y songer dans l'immédiat pensent la plupart des intervenants. Aujourd'hui au niveau international, le seul texte existant est la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme, qui date de 1997. Au niveau européen, le protocole additionnel à la Convention d’Oviedo, conclu en 1998, lie aujourd’hui 15 États. Il ne faut pas omettre aussi de citer la Déclaration de l'Onu contre toute forme de clonage humain. Cette Déclaration sur le clonage des êtres humains, texte non contraignant mais de référence, a été adopté par l’Assemblée générale des Nations-Unies le 8 mars 2005.
Ces journées seront 'l'occasion, aussi, de mesurer les fossés qui séparent les pays en développement (certains sont présents à Paris) de nos sociétés hy­permédicalisées, où surgit la revendication de choisir sa mort, tandis qu’eux se battent, sans armes, pour ne pas mourir de maladies que l’on a appris à combattre au Nord' commente Dominique Quinio.
Le calendrier français à l'approche de la révision des lois de bioéthique s'accélère : tandis que l'Assemblée nationale a déjà constitué une mission d'information sur la révision des lois de bioéthique, dès la fin du mois de septembre le CCNE doit remettre un mémoire au premier ministre et les Etats généraux devraient avoir lieu au premier semestre 2009."
La Croix (Marine Lamoureux – Ariane Gigon – Stéphanie Fontenoy) 01/09/08
Des cellules de sang cultivées en grand nombre à partir de cellules souches embryonnaires
WASHINGTON (AFP) — "Des cellules de sang peuvent être cultivées en grand nombre à partir de cellules souches embryonnaires, a annoncé mardi la firme américaine Advanced Cell Technology (ACT), une avancée qui devrait ouvrir la voie à une production illimitée de sang humain."
"Cette recherche montre pour la première fois que les cellules sanguines dérivées des cellules souches embryonnaires ont la même capacité à transporter l'oxygène que les autres cellules des globules rouges, affirment les auteurs de ces travaux.
Ces cellules sanguines dérivées répondent aux changements biochimiques du corps avec une efficacité physiologique normale, acheminant l'oxygène dans l'ensemble des tissus du corps, précisent-ils.
Les cellules souches sont la source de nouvelles cellules et tissus de l'organisme qu'elles renouvellent quand ces derniers meurent. Les cellules souches embryonnaires offrent le plus grand potentiel puisqu'elles peuvent devenir n'importe quels tissus et cellules de l'organisme.
'Les cellules souches embryonnaires représentent une nouvelle source de cellules sanguines pouvant être créées et reproduites indéfiniment fournissant une source potentiellement inépuisable de globules rouges pour des transfusions humaines', souligne dans un communiqué le Dr Robert Lanza, responsable scientifique d'ACT et principal auteur de la recherche.
'Nous pouvons actuellement générer jusqu'à 100 milliards de cellules de globules rouges à partir d'une culture de six cellules souches...', assure-t-il, notant que 'des limites dans les quantités de sang disponibles pour des transfusions peuvent mettre en danger des patients ayant d'importantes hémorragies'.
Le président George W. Bush a interdit pour des raisons religieuses le financement fédéral de recherche sur de nouvelles lignées de cellules souches embryonnaires humaines en 2003, limitant les travaux aux lignées existantes avant cette décision.
Le Dr Lanza précise qu'il allait maintenant essayer de cultiver ces cellules de globules rouges avec des cellules souches pluripotentes obtenues à partir de cellules ordinaires de la peau reprogrammées à l'aide de plusieurs gènes pour les faire redevenir à un état similaire à des cellules embryonnaires.
Cette percée est bienvenue pour la petite firme ACT, en difficultés financières et a le plus grand mal à attirer des investisseurs.
Ces travaux, conduits en collaboration avec des chercheurs de la Mayo Clinic et de l'Université d'Illinois (nord), paraissent dans la version en ligne de la revue américaine Blood, principale publication dans ce champ de recherche."
Rome : ‘L’Osservatore Romano’ met en doute le concept de mort cérébrale
Rome - "'L’Osservatore Romano' met en doute le concept de mort cérébrale.
Nouveaux problèmes posés par le prélèvement d'organes :
Rome, 3 septembre 2008 - "Dans un article paru dans L’Osservatore Romano, le 2 septembre, l’éditorialiste a affirmé que 'de nouvelles recherches' mettaient aujourd’hui 'en doute le fait que la mort du cerveau provoque la désintégration du corps'.
Cet article a été écrit à l’occasion du 40e anniversaire du 'rapport de Harvard' qui a donné une nouvelle définition de la mort se fondant non plus sur l’arrêt du coeur mais sur celui du cerveau. L'auteur a mis en avant les 'nouveaux problèmes' que cela pose à l’Eglise catholique, notamment concernant 'l’acceptation du prélèvement d’organes sur des patients morts cérébralement'.Interrogé par les agences de presse italiennes, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a immédiatement affirmé que cet article n’était 'ni un acte magistériel, ni un document d’un organisme pontifical'. 'Les réflexions publiées (…) dans L’Osservatore Romano (…) sont attribuées à l’auteur du texte (Lucetta Scaraffia, ndlr) et n’engagent pas le Saint-Siège'. Historienne et journaliste italienne, professeur d’histoire contemporaine à l’université romaine de La Sapienza, Lucetta Scaraffia est cependant régulièrement invitée à s’exprimer dans les colonnes de L’Osservatore Romano. Cet article de L’Osservatore Romano explique ainsi que le 'rapport de Harvard', paru en 1968, a changé 'la définition de la mort, se fondant non plus sur l’arrêt cardiaque mais sur un encéphalogramme plat : dès lors, l’organe qui indique la mort n’est plus seulement le cœur mais le cerveau'. 'Il s’agit d’un changement radical de la conception de la mort - qui a résolu le problème du débranchement de la respiration artificielle, mais qui a surtout rendu possible les transplantations d’organes'."
Quelles conditions pour la transplantation d'organes ?
"Pour le quotidien du Saint-Siège, 'l’Eglise catholique aussi, consentant aux transplantations d’organes, accepte implicitement cette définition de la mort', même si elle le fait 'avec beaucoup de réserves'. 'Aujourd’hui, de nouvelles recherches (…) mettent justement en doute le fait que la mort du cerveau provoque la désintégration du corps', affirme encore L’Osservatore Romano. 'Ces considérations ouvrent bien sûr de nouveaux problèmes pour l’Eglise catholique, dont l’acceptation du prélèvement des organes de patients morts cérébralement, dans le cadre d’une défense de la vie humaine intégrale et absolue, tient seulement sur la certitude scientifique présumée que ceux-ci sont effectivement des cadavres'. 'Mais la mise en doute des critères de Harvard ouvrent d’autres problèmes bioéthiques pour les catholiques : l’idée que la personne humaine cesse d’exister quand le cerveau ne fonctionne plus, alors que son organisme, grâce à la respiration artificielle, est maintenu en vie, comporte une identification de la personne avec ses seules activités cérébrales, et cela entre en contradiction avec le concept de personnes selon la doctrine catholique, et donc avec les directives de l’Eglise vis-à-vis des cas de coma persistant', ajoute le quotidien du Saint-Siège. Pour L’Osservatore Romano, le 40e anniversaire de la nouvelle définition de la mort cérébrale semble donc rouvrir la discussion, d’un point de vue scientifique mais aussi au sein de l’Eglise catholique."
Concept de mort cérébrale, 'un débat important'
"Gian Maria Vian, directeur du quotidien du Saint-Siège a affirmé avoir 'ouvert un débat important' avec la réflexion sur le concept de mort cérébrale. Interrogé le 3 septembre par l’agence de presse italienne AdnKronos, il a souligné que ce n’était pas 'la première fois'. 'Nous sommes en train de le faire dans des domaines différents : art sacré, liturgie, musique, littérature, politique internationale'. 'Le journal a 147 ans d’histoire, et cela a toujours été son rôle de participer au débat culturel', a-t-il ajouté. Par ailleurs, 'la lettre qui m’a été adressée par le pape le 27 octobre dernier disait justement cela. Il parlait du rôle public de L’Osservatore Romano et de sa contribution au débat culturel'."
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Rapport d'activité de l'Agence de biomédecine publié le 01/09/08
"L’agence de biomédecine fait le point sur l’assistance médicale à la procréation et les greffes d’organes en France. L’Agence de biomédecine a publié en août son troisième rapport annuel, portant sur les données de 2006 dans le domaine de l’assistance médicale à la procréation (AMP) et de 2007 pour les greffes d’organes.
En ce qui concerne les greffes d’organes, l’augmentation constante de l’activité se confirme avec le chiffre inégalé de 4.666 organes greffés en 2007 dont 253 provenant de donneurs vivants.
Rappelons qu’il existe trois types de donneurs : les personnes décédées en état de mort encéphalique, les décédés par arrêt cardiaque et les donneurs vivants. La moyenne d’âge des donneurs prélevés se stabilise à 50 ans.
En 2007, 168 établissements rétablis sur tout le territoire français exceptés neuf départements, ont déclaré à l’Agence de biomédecine 3.147 donneurs potentiels décédés en état de mort encéphalique, soit 2,6 pour cent de plus qu’en 2006. Parmi ces donneurs potentiels, 1.562, soit la moitié, ont effectivement été prélevés, en augmentation de 8,3 pour cent par rapport à l’année précédente, ce qui porte le taux national à 24,7 prélèvements par million d’habitants. Cette hausse est en partie liée à la baisse du taux d’opposition passé pour la première fois sous la barre des 30 pour cent (28 pour cent), même si l’opposition du défunt ou de la famille demeure la première cause de non prélèvement.
Depuis octobre 2006, 10 centres pilotes sont habilités à prélever des organes sur des donneurs décédés par arrêt cardiaque. En 2007, des prélèvements de reins ont été réalisés sur 39 de ces donneurs et 42 greffes rénales s’en sont suivies.
En ce qui concerne les donneurs vivants, l’activité n’a pas progressé : 235 greffes de rein et 18 greffes de lobe de foie."
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 2.9.08 Aucun commentaire:
Une étude révèle l'origine de la forme tubulaire des vaisseaux sanguins
"Une équipe de scientifiques vient de découvrir l'une des molécules responsables de la forme cylindrique des vaisseaux sanguins. Cette découverte pourrait avoir d'importantes répercussions sur la régénération des organes à partir de cellules souches.
Cette étude a été partiellement financée par l'UE, et ses résultats ont été publiés dans la revue Blood."
"Le développement des vaisseaux sanguins est régulé par les protéines VEGF, le facteur de croissance de l'endothélium vasculaire. La liaison de ce facteur à des récepteurs présents à la surface des cellules se traduit par un message qui indique à la cellule ce qu'elle doit faire.
Dans le cadre de cette étude, une équipe internationale de scientifiques, dirigée par Lena Claesson-Welsh de l'université d'Uppsala en Suède, a étudié l'importance des VEGF dans le développement normal des vaisseaux sanguins en forme de tubes et non en couches.
Cette étude a révélé que certaines variantes de VEGF attirent une protéine 'instructeur'. La fixation de cette association VEGF - protéine 'instructeur' sur un récepteur de la membrane cellulaire déclenche un signal dans la cellule, ce qui la mène à former un tube avec ses voisines.
En l'absence de cette protéine 'instructeur', les cellules s'alignent côte à côte et forment une couche au lieu d'un tube.
Ces résultats pourraient être utiles aux spécialistes qui cherchent à reconstruire des organes à partir de cellules souches. Si l'on pouvait reconstituer un organe à partir des cellules souches d'un individu, en vue d'une autogreffe, on éviterait les risques de rejet ; cependant, recréer de cette façon des structures tridimensionnelles cohérentes s'est révélé extrêmement complexe.
'Notre contribution pourrait rendre possible la création de vaisseaux sanguins à partir de cellules souches, avec leur forme tubulaire normale', explique le professeur Claesson-Welsh. 'Il se peut que cette découverte soit transférable à d'autres structures tubulaires de l'organisme, comme les poumons et les intestins. Les [perspectives] pour l'avenir sont très intéressantes.'
L'étude a été soutenue par l'UE dans le cadre du projet Lymphangiogenomics (Genome-wide discovery and functional analysis of novel genes in lymphangiogenesis), financé au titre du domaine thématique 'Sciences de la vie, génomique et biotechnologie pour la santé' du sixième programme-cadre (6e PC).
Ce projet regroupe 13 partenaires venant de 8 pays, et vise à découvrir les facteurs qui régulent la croissance des vaisseaux sanguins."