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Timestamp: 2016-10-28 08:27:16+00:00
Document Index: 298119418

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 1', 'art. 2', 'art. 5', 'art. 7', 'art. 3', 'art. 9', 'art. 34', 'art. 90', 'art. 84', 'art. 86', 'art. 88', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 329', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 329', 'art. 84', 'art. 323', 'art. 81', 'art. 323', 'art. 81', 'art. 81', 'ATF ', 'art. 84']

4P.246/2005 (20.03.2006)
4P.246/2005 /ech
recourante, repr�sent�e par Me Gabriel Benezra,
intim�, repr�sent� par Me Nicolas Perret,
art. 9 et 29 al. 2 Cst. (appr�ciation arbitraire des preuves en proc�dure civile; droit d'�tre entendu),
recours de droit public contre l'arr�t de la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve du 19 juillet 2005.
Par contrat du 27 f�vrier 2000, Y.________ SA - dont les actifs et passifs ont depuis lors �t� repris par X.________ SA dans le cadre d'une fusion -, repr�sent�e par son administrateur pr�sident B.________, a engag� A.________ � compter du 15 mars suivant en qualit� de directeur d'un h�tel qu'elle exploitait.
Le salaire mensuel brut convenu s'�levait � 7'692 fr., payable treize fois l'an. S'y ajoutaient une somme "forfaitaire et confidentielle" de 10'000 fr. par an pour les frais, ainsi que des primes d'int�ressement de "2,5 % sur le chiffre d'affaires total de l'h�tel qui d�passerait le budget net, � condition que le GOP" - soit le Gross Operating Profit - "soit �gal � 25 % au minimum, inclus salaires et frais directeurs" et de "5 % sur le chiffre d'affaires total de l'h�tel de 2'700'000 fr., � condition que le GOP soit �gal � 25 % au minimum, inclus salaires et frais directeurs".
Une autre clause pr�voyait que les frais de d�placement seraient pay�s selon un budget approuv�, soit en nombre de kilom�tres, soit en train, soit en voiture pr�t�e par la soci�t�. Sous la rubrique "conditions sp�ciales" l'accord r�servait encore le remboursement des frais d'h�bergement et de transport pour des missions sp�ciales confi�es au directeur pour le compte de l'employeur ou des autres soci�t�s du groupe. Le directeur avait droit � quatre semaines de vacances par ann�e civile, � prendre pendant les p�riodes de fermeture de l'h�tel, en accord avec la direction de X.________ SA. L'employ� �tait enfin assur� contre la perte de gain.
Un cahier des charges d�taill� �tait annex� au contrat, rappelant notamment que le directeur �tait subordonn� � X.________ SA (art. 1), qu'il devait assurer la gestion de l'h�tel sous toutes ses formes (art. 2), l'engagement et la surveillance du personnel (art. 5.3), qu'il s'effor�ait d'en pr�server la stabilit� et qu'il lui appartenait de veiller � ce que les licenciements soient signifi�s aux employ�s, avec la recommandation de consulter la soci�t� avant de se s�parer d'un collaborateur (art. 7).
A.________ a expliqu� que ses relations avec B.________, harmonieuses dans les premiers mois de son activit�, avaient commenc� � se d�t�riorer � partir de juin 2000. Il avait alors �t� soumis � un harc�lement psychologique de plus en plus intense. B.________ intervenait continuellement dans la gestion courante de l'h�tel et modifiait les objectifs � atteindre. Ce dernier a contest� les griefs formul�s � son endroit et a d�nonc� l'activit� � ses yeux insatisfaisante du directeur, tant au niveau de l'exploitation courante que des r�sultats financiers obtenus.
Le 23 juin 2000, B.________ a accord� � A.________ un pr�t personnel de 10'000 fr. En cours d'instance, il a confirm� qu'il autorisait X.________ SA � invoquer la compensation pour le remboursement du pr�t.
Les 21 septembre 2000, 4 janvier et 3 mars 2001, B.________, au nom de X.________ SA, a donn� pour instruction � la banque de transf�rer � chaque fois la somme de 10'000 fr. sur le compte de A.________, avec la mention "avancement sur int�ressement futur" ou "sur prime selon contrat".
A.________ s'est trouv� en incapacit� de travail pour cause de maladie du 12 au 17 avril 2001, puis a pris des vacances du samedi 5 ou du lundi 7 mai 2001 au mercredi 23 mai 2001. Il a �t� victime d'une d�compression psychique importante justifiant son hospitalisation du 4 juin au 2 ao�t 1999 (recte: 2001), puis une convalescence, avec une incapacit� � 100 % jusqu'au 1er mars 2000 (recte: 2002) et � 50 % pendant les deux mois suivants. Son m�decin traitant et le psychiatre qui l'a suivi lors de son hospitalisation ont attribu� les causes affectant l'�tat de leur patient aux pressions et exigences trop importantes qui lui avaient �t� impos�es par son employeur dans le cadre de ses activit�s professionnelles.
Par lettre du 10 septembre 2001, X.________ SA a licenci� A.________ avec effet au 30 avril 2002, en le lib�rant dans l'intervalle de son obligation de travailler. Invit�e � motiver la d�cision, la soci�t� l'a justifi�e en reprochant au directeur de ne pas avoir donn� satisfaction, notamment en ne parvenant pas � r�aliser le chiffre d'affaires pr�vu, en fournissant une gestion insuffisante et en omettant de pr�senter des rapports de gestion pourtant annonc�s au mois d'octobre 2000. La r�siliation s'expliquait aussi par la longue absence pour cause de maladie, enfin par la restructuration du personnel de l'h�tel et par un changement de politique.
L'employeur a continu� � verser le salaire convenu jusqu'au 30 avril 2002, mais en op�rant � partir de septembre 2001 des d�ductions mensuelles de 2'500 fr. destin�es au remboursement de primes pour un total de 30'000 fr., vers�es selon lui � tort au directeur � titre d'avances sur les r�sultats d'exploitation selon le contrat de travail.
Le 27 septembre 2001, A.________ a assign� X.________ SA devant le Tribunal des prud'hommes du canton de Gen�ve en paiement de la somme de 286'000 fr. plus int�r�t � 5 % l'an d�s le 27 septembre 2001 � titre d'indemnit� pour licenciement abusif, de r�mun�ration d'heures suppl�mentaires, de paiement de vacances non prises en nature, de frais de d�placement et d'indemnit� de tort moral pour mobbing. Huit mois plus tard, il a modifi� ses pr�tentions et r�clam� - en fonction d'un salaire mensuel de 7'692 fr. major� d'un montant net de 833 fr. 35 pour la part des frais forfaitaires annuels de 10'000 fr. - le total brut de 86'629 fr. 40 pour cinq cent trente-cinq heures et demie de cong�s et jours f�ri�s non pris, un solde de vacances de onze jours et demi et huit cent quarante-neuf heures suppl�mentaires en 2000 et 2001, ainsi que la somme nette de 178'452 fr. 35 correspondant � des heures de cong�s et jours f�ri�s non prises, � des jours de vacances non pris, � des heures suppl�mentaires, � une indemnit� pour licenciement abusif, � une indemnit� � titre de r�paration pour le mobbing dont il avait souffert, au remboursement de pr�l�vements indus et � celui de frais professionnels.
X.________ SA s'est oppos�e aux pr�tentions de A.________, admettant uniquement �tre redevable de frais � raison de 1'870 fr. et de 1'810 fr. 20. Reconventionnellement, elle a r�clam� 23'797 fr. 85 correspondant � des frais forfaitaires pay�s en trop, � des allocations familiales per�ues � tort, � un solde de pr�l�vement de caisse, au co�t de t�l�phones priv�s, � des int�r�ts courus sur une carte de cr�dit, � des heures suppl�mentaires factur�es par une employ�e et enfin au remboursement du pr�t de 10'000 fr. accord� par B.________, major� d'int�r�ts.
Par jugement du 13 janvier 2004, le Tribunal des prud'hommes s'est estim� incomp�tent quant � la mati�re pour statuer sur le remboursement du pr�t de 10'000 fr. consenti personnellement par B.________. En fonction des t�moignages recueillis, il a estim� que celui-ci avait soumis A.________ � un harc�lement assimilable � du mobbing, comportement qui justifiait l'allocation d'une r�paration morale de 5'000 fr. Le licenciement ne se r�v�lait en revanche pas abusif. A.________ avait droit � un solde de vacances de 4'579 fr. 35. N'occupant pas une position dirigeante �lev�e au sens de l'art. 3 let. b LTr., il pouvait pr�tendre au paiement de dimanches et de jours f�ri�s travaill�s pour un total de 35'280 fr., � l'exclusion d'heures suppl�mentaires dont la r�alit� n'avait au demeurant pas �t� d�montr�e. L'employeur avait l�gitimement op�r� des d�ductions sur le salaire de son directeur � concurrence d'avances repr�sentant un total de 30'000 fr., car les r�sultats d'exploitation de l'h�tel ne justifiaient pas l'allocation de primes d'int�ressement, et de 1'890 fr. pour des allocations familiales vers�es � tort. La r�alit� d'autres imputations sur le salaire n'avait pas �t� d�montr�e. L'employ� devait encore se voir rembourser des frais professionnels � raison de 7'269 fr. 65. Les montants ainsi allou�s ont �t� major�s d'int�r�ts moratoires. Le tribunal a enfin rejet� les conclusions reconventionnelles de l'employeur.
Saisie par les deux parties et statuant par arr�t du 19 juillet 2005, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a annul� le jugement entrepris et condamn� X.________ SA � payer � A.________ les montants de 14'240 (recte: 14'250) fr. net avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er ao�t 2001 (indemnit� pour licenciement abusif et indemnit� � titre de r�paration morale � raison du mobbing), 21'621 fr. 60 brut avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 27 octobre 2001 (r�mun�ration des week-ends et jours f�ri�s), 2'938 fr. 80 brut avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 27 octobre 2001 (r�tribution d'un solde de vacances), 6'060 fr. 65 net avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 27 octobre 2001 (remboursement de frais professionnels) et 20'000 fr. net avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er janvier 2002 (paiement des trois "avances", sous d�duction du montant de 10'000 fr. en remboursement du pr�t accord� par B.________).
Parall�lement � un recours en r�forme, X.________ SA (la recourante) interjette un recours de droit public au Tribunal f�d�ral. Invoquant les art. 9 et 29 al. 2 Cst., elle se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves ainsi que de la violation de son droit d'�tre entendue et conclut � l'annulation de la d�cision attaqu�e, sous suite de frais et d�pens.
A.________ (l'intim�) propose le rejet du recours, avec suite de d�pens. N'ayant pas d'observations particuli�res � formuler, la cour cantonale se r�f�re quant � elle � son arr�t, dans les termes duquel elle persiste.
2.1 Exerc� en temps utile compte tenu des f�ries (art. 34 al. 1 let. b et 89 al. 1 OJ), dans la forme pr�vue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), pour violation de droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ), contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ), par la recourante qui est personnellement touch�e par la d�cision attaqu�e (art. 88 OJ), le recours de droit public soumis � l'examen du Tribunal f�d�ral est en principe recevable.
A la fin de son m�moire, la recourante invoque l'art. 29 al. 2 Cst. et soutient que la motivation du consid. 8 de la d�cision attaqu�e, relatif � la question des "avances" faites � l'intim�, serait lacunaire, contradictoire et confuse. En particulier, elle n'�noncerait aucun des faits sur lesquels la cour cantonale pouvait fonder sa d�termination de la volont� r�elle des parties, selon laquelle les trois "avances" seraient en r�alit� le paiement inconditionnel d'un salaire d�.
3.1 Vu la nature formelle du droit d'�tre entendu, dont la violation entra�ne l'annulation de la d�cision attaqu�e ind�pendamment des chances de succ�s du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437), ce moyen doit �tre examin� en priorit� (ATF 124 I 49 consid. 1).
3.3 Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu implique notamment pour l'autorit� l'obligation de motiver sa d�cision afin que le justiciable puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le (ATF 129 I 232 consid. 3.2 p. 236 et les arr�ts cit�s). L'autorit� n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais elle peut au contraire se limiter � ceux qui, sans arbitraire, lui paraissent pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102 s. et les arr�ts cit�s). Il appartient � la partie recourante de d�montrer de fa�on pr�cise quels sont les arguments pertinents pr�sent�s qui auraient �t� occult�s par le juge (cf. art. 90 al. 1 let. b OJ).
3.4 En l'occurrence, la cour cantonale a longuement expos�, sur plus de trois pages, le raisonnement qui l'avait conduite � juger que la recourante �tait redevable envers l'intim� de la somme nette de 30'000 fr. correspondant aux trois sommes vers�es les 21 septembre 2000, 4 janvier et 3 mars 2001. Dans la mesure o� elle a attaqu� la d�cision entreprise tant sous l'angle de l'arbitraire, dans son recours de droit public, que sous celui de la violation du droit f�d�ral, dans son recours en r�forme, la recourante a d�montr� qu'elle l'avait bien comprise ou avait � tout le moins �t� en mesure de la contester. Dans ces circonstances, il ne saurait �tre question de violation du droit d'�tre entendu au sens de la jurisprudence susmentionn�e et le grief doit �tre rejet�.
La recourante estime que la cour cantonale a fait montre d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits, en violation de l'art. 9 Cst.
Dans la mesure o� l'arbitraire est invoqu� en relation avec l'�tablissement des faits, il convient de rappeler que le juge dispose d'un large pouvoir lorsqu'il appr�cie les preuves (arr�t 4P.223/2005 du 15 d�cembre 2005, consid. 4.1; 4P.178/2005 du 18 octobre 2005, consid. 3.1). La partie recourante doit ainsi expliquer dans quelle mesure le juge a abus� de son pouvoir d'appr�ciation et, plus particuli�rement, s'il a omis, sans aucune raison s�rieuse, de prendre en compte un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision attaqu�e, s'il s'est manifestement tromp� sur son sens et sa port�e ou encore si, en se fondant sur les �l�ments recueillis, il en a tir� des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41). Il ne suffit pas que la partie recourante invoque seulement quelques moyens de preuve dont elle souhaiterait qu'ils aient une port�e diff�rente de celle retenue dans l'arr�t attaqu�. Le recours de droit public n'�tant pas un appel, il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de substituer sa propre appr�ciation � celle de l'autorit� cantonale (cf. ATF 128 I 295 consid. 7a), de sorte que la partie recourante ne peut discuter librement les faits et le droit en pr�sentant sa propre version des �v�nements (cf. ATF 129 III 727 consid. 5.2.2 in fine).
4.2 La recourante invoque d'abord l'arbitraire en rapport avec la question de la compensation des jours de cong�.
4.2.1 Sur ce point, la cour cantonale a retenu que plusieurs t�moins avaient relat� de mani�re convaincante que l'intim� travaillait les week-ends et les jours f�ri�s. Le fait pouvait donc �tre admis, mais uniquement pour les saisons touristiques allant du week-end avant No�l au lundi de P�ques et du 1er juin au week-end de l'Open de golf. Entre les saisons touristiques, l'intim� avait la possibilit� de s'organiser pour prendre ses jours de cong�. Les p�riodes d�terminantes allaient donc du 15 mars au 24 avril et du 1er juin au dimanche 10 septembre 2000, puis du 23 d�cembre 2000 au 16 avril 2001, enfin le samedi 2 juin 2001. Pour le surplus, il convenait de tenir compte des jours de cong� et de vacances indiqu�s comme ayant �t� pris - ou rattrap�s en semaine - sur les r�capitulatifs 2000-2001 produits par l'employ� (pi�ce 11).
Sur ces bases, les week-ends - samedi et/ou dimanche - ainsi que les jours f�ri�s travaill�s repr�sentaient quatre jours et demi jusqu'au 24 avril 2000, vingt jours du 1er juin au 10 septembre 2000, vingt jours du 23 d�cembre 2000 au 16 avril 2001, ainsi que le samedi 2 juin 2001, soit en tout quarante-cinq jours et demi. En fonction d'une r�mun�ration quotidienne de 352 fr. 80, major�e de 50 % pour vingt-quatre dimanches, la r�mun�ration due repr�sentait la somme brute de (21 x 352 fr. 80 + 24 x 592 fr. 20 sic =) 21'621 fr. 60, avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 27 octobre 2001.
4.2.2 En substance, la recourante reproche � la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que l'intim� avait travaill� quarante-cinq jours et demi de week-ends et jours f�ri�s en se fondant sur la pi�ce 11 produite par celui-ci et les t�moignages. A son avis, il serait insoutenable de retenir d'une part le d�compte �tabli par l'intim�, dans lequel celui-ci pr�tendait avoir joui de cong�s sur un nombre important de week-ends, et d'accueillir d'autre part comme probants les t�moignages selon lesquels l'intim� aurait travaill� tous les week-ends et jours f�ri�s, alors que ces deux �l�ments auraient des port�es contradictoires. Les pr�c�dents juges auraient par ailleurs proc�d� � une distinction entre la basse et la haute saison touristique qui ne reposerait sur aucun �l�ment du dossier, l'intim� jouissant selon elle en tout temps de la libert� d'organiser son horaire � sa guise et rien ne venant confirmer l'absence de compensation. Il serait enfin arbitraire d'admettre que l'intim� avait droit � deux jours de cong� par semaine - compte tenu de l'art. 329 CO - et � la compensation de vingt-quatre dimanches.
4.2.3 Quand bien m�me la recourante rel�ve, dans son m�moire, que la pi�ce 11 de l'intim� avait �t� "�tablie par lui-m�me et port�e pour la premi�re fois � (sa) connaissance (...) en cours de proc�dure en date du 3 mai 2002", elle ne semble pas critiquer en tant que tel le fait, pour les juges cantonaux, d'avoir pris ladite pi�ce en compte. A tout le moins ne le fait-elle pas d'une mani�re qui satisfasse aux exigences d�coulant de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
Concernant la distinction entre haute et basse saison, l'on ne voit pas en quoi la cour cantonale aurait commis arbitraire en consid�rant, � l'issue de l'appr�ciation des �l�ments de preuve en pr�sence, que l'intim� n'avait pas pu compenser les jours de week-ends et f�ri�s travaill�s pendant la saison touristique et dans la mesure o�, sur ce point, la recourante ne fait qu'opposer sa propre version � celle de la cour cantonale, son argumentation n'est pas admissible.
Pour le surplus, il appara�t que la cour cantonale n'a pas express�ment pr�cis� le nombre de jours de cong� hebdomadaires auxquels l'intim� avait droit. D'un c�t�, le fait qu'elle mentionne le samedi 2 juin 2001 comme faisant partie des p�riodes d�terminantes, qu'elle fasse �tat des "week-ends - samedi et/ou dimanche" travaill�s et qu'elle parvienne � un total de quarante-cinq jours et demi � compenser, dont vingt-quatre sont des dimanches et dont le solde ne saurait vraisemblablement correspondre uniquement � des jours f�ri�s, porte � croire qu'elle a consid�r� qu'ils �taient au nombre de deux, soit les samedis et les dimanches. D'un autre c�t�, l'on constate que les pr�c�dents juges se sont implicitement r�f�r�s au raisonnement tenu par le Tribunal des prud'hommes pour d�terminer la r�mun�ration quotidienne de l'intim�, fix�e � 352 fr. 80. Or, � cet �gard, les premiers juges ont retenu que les parties n'avaient pas express�ment pr�cis� la dur�e et le nombre de jours de travail � effectuer par l'intim�, que les enqu�tes avaient prouv� que celui-ci travaillait en tout cas six jours par semaine et que compte tenu de sa position de directeur et de son salaire, un horaire de six jours par semaine devait �tre retenu. Quoi qu'il en soit, force est de constater que la recourante ne d�montre pas en quoi la cour cantonale aurait, sur ce point, proc�d� � une appr�ciation arbitraire des preuves. Pour le surplus, � supposer que l'on consid�re que la cour cantonale se soit effectivement r�f�r�e au raisonnement du Tribunal des prud'hommes qui, en l'absence de clause sp�cifique et faute d'avoir pu d�terminer la commune et r�elle intention des parties, semble avoir interpr�t� le contrat de travail en application du principe de la confiance, il s'agit d'une question de droit qui ne peut �tre critiqu�e que dans le cadre d'un recours en r�forme (ATF 131 III 217 consid. 3 p. 219, 268 consid 5.1.3 p. 276, 606 consid. 4.1 p. 611). Il en va de m�me de l'application - �ventuelle - de l'art. 329 CO, ind�ment invoqu� par la recourante dans son recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ).
En d�finitive, le moyen doit �tre rejet�.
4.3 La recourante invoque encore l'arbitraire en relation avec la probl�matique des avances faites � l'intim�.
4.3.1 A cet �gard, la cour cantonale a rappel� qu'� teneur du contrat, le directeur devait recevoir un "int�ressement" de 2,5 % sur le chiffre d'affaires total de l'h�tel qui d�passerait le budget net, � la condition que le "Gross Operating Profit" soit �gal � 25 % au minimum, inclus salaires et frais directeurs". Un pourcentage de 5 % avait �t� promis aux m�mes conditions si le chiffre d'affaires atteignait 2'700'000 fr. De l'avis des premiers juges, ni l'une ni l'autre de ces hypoth�ses ne s'�tait r�alis�e.
S'agissant de l'int�ressement de 2,5 %, les juges cantonaux ont relev� qu'aucun budget �tabli au moment de la conclusion du contrat de travail n'avait �t� communiqu�, alors qu'un tel document aurait logiquement d� �tre pr�par� � ce moment, puisqu'il servait � d�finir les conditions de la r�mun�ration. La recourante s'�tait content�e de produire en vrac des pi�ces comptables, dont deux budgets datant de la fin ao�t 2000, puis de f�vrier 2001. Aucune explication n'avait �t� donn�e permettant de comprendre cette lacune. On savait en revanche que le directeur avait d� refaire plusieurs fois des budgets, sur ordre de l'administrateur de la recourante. Pour le surplus, � la lecture des comptes de r�sultats pour 2000 et 2001, on pouvait certes concevoir que le "GOP" conventionnellement pr�vu n'avait pas atteint 25 %, mais pour autant que le pourcentage en question se r�f�re au chiffre d'affaires, ce que le contrat de travail ne pr�cisait pas � tout le moins clairement. D�j� � ce niveau, l'argumentation de l'employeur se r�v�lait fragile.
La d�cision prise le 24 septembre 2001 d'op�rer des d�ductions sur le salaire du directeur, de mani�re � obtenir le remboursement des trois "avances", �tait �galement critiquable.
Dans le cas d'esp�ce, les trois sommes de 10'000 fr. avaient �t� mentionn�es comme �tant des avances sur la prime d'int�ressement promise selon le contrat de travail. L'employ� n'avait � l'�poque pas r�agi, de sorte que le vocable utilis� paraissait correspondre � premi�re vue � la volont� commune des parties. L'administrateur de la recourante avait rappel� durant l'instruction de la cause les motifs avanc�s par l'intim� pour recevoir ces fonds, li�s aux obligations financi�res qui lui incombaient envers son ex-�pouse et ses enfants. Il n'avait cependant pas �t� d�montr� que l'int�ress� s'�tait v�ritablement trouv� dans le besoin au sens de l'art. 323 al. 4 CO et l'on devait donc plut�t retenir que les versements avaient �t� effectu�s sur la base de l'art. 81 CO.
Cependant, l'employeur n'�tait en tous les cas pas fond� � r�clamer la restitution des deux avances de 10'000 fr. datant des 21 septembre 2000 et 4 janvier 2001, consenties � l'�vidence en fonction des r�sultats de l'exercice clos le 31 d�cembre 2000. La participation du directeur pour cette ann�e devait �tre vers�e le 30 juin 2001 au plus tard, selon l'art. 323 al. 3 CO. Or, la recourante n'avait pas r�agi avant cette date, en objectant que les objectifs �conomiques d�finis par le contrat de travail pour l'ann�e 2000 n'auraient pas �t� atteints.
Restait l'"avance" de 10'000 fr. consentie le 3 mars 2001. L'instruction de la cause avait d�montr� que l'administrateur de la recourante contr�lait �troitement l'activit� du directeur et la gestion de l'h�tel. Un t�moin avait rappel� qu'un directeur pouvait �tre amen� � adresser quotidiennement des comptes aux investisseurs, exigence qu'il avait consid�r�e comme normale. Tout donnait ainsi � penser que l'administrateur disposait de comptes d'exploitation de l'h�tel en tous les cas pour le mois de janvier et peut-�tre de f�vrier 2001, lorsqu'il avait accept� de verser la troisi�me "avance". Aucune r�serve n'avait en outre �t� exprim�e durant les semaines qui avaient suivi, d�non�ant le fait que le chiffre d'affaires ou le GOP pour la saison d'hiver 2001 n'aurait pas �t� r�alis�. On devait ainsi � nouveau admettre que la recourante avait pay� le troisi�me montant de 10'000 fr. en choisissant en connaissance de cause d'ex�cuter son obligation par anticipation conform�ment � l'art. 81 CO et en estimant que la prime convenue �tait due. Sa premi�re r�action pour en obtenir le remboursement, le 27 septembre 2001, apparaissait en tout �tat tardive.
4.3.2 Relevant qu'il semblait que la cour cantonale, en admettant que les avances avaient �t� pay�es au titre de l'art. 81 CO, soit en ex�cution anticip�e d'une dette existante, avait estim� que la volont� r�elle des parties aurait �t� de consid�rer que les 30'000 fr. feraient partie de mani�re inconditionnelle du salaire convenu, la recourante reproche � celle-ci de s'�tre �cart�e tant du texte expr�s du contrat pr�voyant un int�ressement conditionnel au chiffre d'affaires que du libell� m�me des trois avances effectu�es, sans pour autant qu'il y ait de raison s�rieuse � cette interpr�tation. Elle tient pour choquante et insoutenable l'opinion de la cour cantonale selon laquelle la demande en remboursement d'avances op�r�es � tort serait soumise � un d�lai qui n'aurait pas �t� respect� en l'esp�ce, dans la mesure o� non seulement les juges cantonaux ne diraient pas quel serait ce d�lai et sur quelle disposition l�gale ou contractuelle il serait fond�, mais encore elle n'aurait nullement tard� � faire valoir sa pr�tention, puisqu'elle avait invoqu� la compensation d�s le mois de septembre 2001, soit d�s le premier mois suivant le prononc� du cong�.
4.3.3 Concernant l'argumentation relative � la pr�tendue d�termina-tion, par la cour cantonale, de la volont� commune et r�elle des parties, celle-ci a effectivement retenu que les trois sommes avaient �t� "mentionn�es comme �tant des avances sur la prime d'int�ressement promise selon le contrat de travail. L'employ� n'a � l'�poque pas r�agi, de sorte que le vocable utilis� para�t correspondre � premi�re vue � leur volont� commune".
Toutefois, dans la partie "en fait" de sa d�cision, la cour cantonale avait expos� que, dans le cadre de la proc�dure d'appel, l'intim� avait tout d'abord affirm� qu'en sus de son salaire de 7'692 fr. payable treize fois l'an et du d�fraiement compl�mentaire forfaitaire de 10'000 fr. pour les frais, sa r�mun�ration comprenait une prime annuelle garantie qu'il avait tout d'abord �voqu�e comme �tant de 42'000 fr. Il avait ensuite mentionn� une r�tribution de 140'000 fr. par an - calcul�e en fonction des trois "avances" de 10'000 fr. - et expliqu� avoir indiqu� � B.________, au moment de cet engagement, qu'il avait besoin de ces montants pour couvrir ses charges d'�poux divorc�. La recourante avait contest� cette version et rappel� que les trois montants de 10'000 fr. repr�sentaient bien des avances sur la prime d'int�ressement aux r�sultats d'exploitation de l'h�tel, telle que pr�vue dans le contrat de travail. Or, les chiffres pr�vus n'avaient pas �t� r�alis�s. B.________ avait ajout� que l'intim� avait sollicit� les avances, en lui indiquant avoir des dettes � payer.
Face � cette divergence d'opinion sur la nature des montants vers�s les 21 septembre 2000, 4 janvier ainsi que 3 mars 2001, la cour cantonale ne pouvait que se livrer � une interpr�tation selon le principe de la confiance, question de droit qui doit �tre examin�e dans la proc�dure du recours en r�forme (ATF 131 III 217 consid. 3 p. 219, 268 consid 5.1.3 p. 276, 606 consid. 4.1 p. 611).
De m�me, le probl�me de l'�ventuelle d�ch�ance ou p�remption du droit de la recourante de demander, le cas �ch�ant, le remboursement des avances ind�ment vers�es, rel�ve de l'application du droit f�d�ral et ne saurait par cons�quent �tre abord� dans le pr�sent arr�t sur recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ).
Partant, le moyen de la recourante doit �tre rejet�.
Compte tenu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�.
Un �molument judiciaire de 3'000 fr. est mis � la charge de la recou-rante.
La recourante versera � l'intim� une indemnit� de 3'500 fr. � titre de d�pens.