Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20000228-200634
Timestamp: 2017-07-25 01:07:02+00:00
Document Index: 171440475

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 75", "l'article 5", "l'article 6", 'art. 6', 'art. 75']

France, Conseil d'État, 2 ss, 28 février 2000, 200634
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 200634Numéro NOR : CETATEXT000008052520 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-02-28;200634 Analyses : ETRANGERS - SEJOUR DES ETRANGERS.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 16 octobre 1998 et 9 février 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés par M. Langhari X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 17 juin 1998 du consul général de France à Rabat lui refusant un visa d'entrée en France ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de lui délivrer un visa dans un délai d'un mois ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 F sur le fondement de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ; Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertésfondamentales ; Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
- les conclusions de M. Martin Laprade, Commissaire du gouvernement ;Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 17 juin 1998 :
Considérant qu'aux termes de l'article 5 de la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 : "1. Pour un séjour n'excédant pas trois mois, l'entrée sur les territoires des Parties contractantes peut être accordée à l'étranger qui remplit les conditions ci-après : ( ...) d) ne pas être signalé aux fins de non-admission ( ...) 2. L'entrée sur les territoires des Parties contractantes doit être refusée à l'étranger qui ne remplit pas l'ensemble de ces conditions, sauf si une Partie contractante estime nécessaire de déroger à ce principe pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national ou en raison d'obligations internationales" ;
Considérant que si M. X..., ressortissant marocain qui faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission au fichier du système d'information Schengen soutient que le consul général de France à Rabat aurait fait application de ces stipulations pour rejeter, sans examen particulier de son dossier, sa demande de visa, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette autorité administrative n'aurait pas procédé à un examen particulier de l'ensemble de la situation de M. X... avant de prendre la décision attaquée ;
Considérant que, pour refuser à M. X..., par sa décision du 17 juin 1998, la délivrance d'un visa de court séjour, le consul général de France à Rabat s'est fondé sur la condamnation dont il avait fait l'objet, le 3 avril 1995, pour séjour irrégulier, à un mois de prison assorti d'une interdiction de séjour sur le territoire français d'une durée de trois ans, et sur son comportement délictueux répété ; qu'ainsi, le refus du consul général de France à Rabat n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte qui a excédé ce qui était nécessaire à la défense de l'ordre public et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 juin 1998 par laquelle le consul général de France à Rabat lui a refusé la délivrance d'un visa de court séjour ;
Sur les conclusions tendant à ce qu'un visa d'entrée en France soit délivré à M. X... :Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article 6-1 de la loi du 16 juillet 1980 modifiée : "Lorsqu'il règle un litige au fond par une décision qui implique nécessairement une mesure d'exécution dans un sens déterminé, le Conseil d'Etat, saisi de conclusions en ce sens, prescrit cette mesure et peut assortir sa décision d'une astreinte à compter d'une date qu'il détermine" ;
Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions de M. X... tendant à l'annulation de la décision du 17 juin 1998 du consul général de France à Rabat rejetant sa demande de visa, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, ces conclusions sont irrecevables ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Langhari X... et au ministre des affaires étrangères.Références : Loi 80-539 1980-07-16 art. 6-1Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 28 février 2000, n° 200634Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mlle VérotRapporteur public : M. Martin LapradeOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 2 ssDate de la décision : 28/02/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page