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Timestamp: 2019-08-24 15:51:35+00:00
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Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art. 7', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Est-il toujours interdit de... - Page 3 - Mi ca El !?
#21 Message par Laetitia » ven. 29 mars 2019 22:16
La constatation du fait de la mort d'un patient n'appartient pas à la compétence de l’Église.
3. « Quand la circulation sanguine et la vie d'un patient profondément inconscient à cause d'une paralysie centrale ne sont maintenues que par la respiration artificielle, sans qu'aucune amélioration se manifeste après quelques jours, à quel moment l’Église catholique considère-t-elle ce patient comme „ mort " ou doit-on, selon les lois naturelles, le déclarer „ mort " (question de facto et de jure) ? »
(La mort est-elle déjà intervenue après le traumatisme crânien grave, qui a provoqué l'inconscience profonde et la paralysie respiratoire centrale, dont les conséquences immédiatement mortelles ont pu toutefois être retardées par le moyen de la respiration artificielle ? — ou se produit-elle, selon l'opinion actuelle des médecins, seulement lors de l'arrêt définitif de la circulation, en dépit de la respiration artificielle prolongée ?)
En ce qui concerne la constatation du fait dans les cas particuliers, la réponse ne peut se déduire d'aucun principe religieux et moral et, sous cet aspect, n'appartient pas à la compétence de l’Église. En attendant, elle restera donc ouverte. Mais des considérations d'ordre général permettent de croire que la vie humaine continue aussi longtemps que ses fonctions vitales — à la différence de la simple vie des organes — se manifestent spontanément ou même à l'aide de procédés artificiels. Un bon nombre de ces cas font l'objet d'un doute insoluble, et doivent être traités d'après les présomptions de droit et de fait, dont Nous avons parlé.
#22 Message par Abenader » sam. 30 mars 2019 13:50
Grand merci à nouveau, chère Laetitia.
Avant de poursuivre, pourrions-nous faire une parenthèse sur cette citation de Pie XII ?
il faut appliquer dans ce cas le principe du double effet et celui du voluntarium in causa.
#23 Message par Abbé Zins » sam. 30 mars 2019 20:43
sam. 30 mars 2019 13:50
Ceci relève de cas où un acte posé va ou risque de produire un double effet ; l'un positif, l'autre négatif. En de tels cas, il importe de considérer quel est l'effet le plus important et déterminant à choisir de produire ou d'éviter, et l'intention ne doit porter que sur l'effet positif que l'on recherche.
Un exemple aidera à comprendre. Tel médicament pris par la mère, ou telle intervention faite en vue de la sauver, risque de procurer le trépas de l'enfant qu'elle porte en elle ; ou, au contraire, la tentative de sauver l'enfant, risque de faire mourir la mère. Que faut-il alors préférer : la mère ou l'enfant ? En soi, la mère est plus précieuse que l'enfant à naître, tant pour son mari que pour ses autres enfants. En fait, par exemple dans le cas d'un enfant royal tant attendu et déterminant le droit de succession, l'enfant peut être exceptionnellement préféré à la mère. Parfois, ce choix pourra être fait par la mère elle-même, avec toutefois l'accord de son mari. Ainsi en a-t-il été, il y a quelques années, de la pilote de chasse, commandant Aigle, qui n'a pas voulu prendre des médicaments pour endiguer l'extension d'une maladie grave du fait qu'ils risquaient de provoquer la mort de l'enfant qu'elle attendait. Pour finir, elle a pu le mettre au monde de façon un peu anticipée par césarienne : l'enfant a été sauvé, mais la mère est décédée en raison de l'extension de sa maladie alors trop avancée pour être endiguée.
En de tels cas, donc, l'intention ne peut et doit moralement porter que sur l'effet bon recherché, et non sur l'effet négatif s'y adjoignant.
#24 Message par Laetitia » sam. 30 mars 2019 21:17
Merci, Monsieur l'abbé pour ces exemples probants.
Quant à la question du double effet et pour simplifier sans rentrer dans les détails, il suffit pour comprendre ce principe de se reporter à l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin, en sa Somme Théologique II-IIae, q.64, art. 7, où il répond à la question, déjà vue au début de ce dossier : « est-il permis de tuer un homme pour se défendre ? »
« ... rien n'empêche que le même acte n'ait deux effets (duos effectus), dont l'un existe dans l'intention (in intentione) et dont l'autre soit en dehors (praeter intentionem). Or les actes moraux tirent leur espèce de ce qui est dans l'intention, mais non de ce qui est en dehors, puisque ceci existe par accident... »
Quant au principe du voluntarium in causa, c'est à dire de l'effet volontaire dans la cause, c'est un effet non voulu pour lui-même mais pour sa cause. Voici ce qu'en dit le Cardinal Gousset, dans sa Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs.
« Le volontaire est direct, quand l'acte est volontaire en lui-même; quand la volonté se porte directement, sans intermédiaire, à cet acte : tel est, par exemple, l'homicide dans un homme qui, voulant la mort de son ennemi, lui a donné lui-même ou lui a fait donner le coup mortel. Le volontaire est indirect, lorsque l'acte n'est volontaire que dans sa cause : ce qui a lieu toutes les fois que l'on prévoit que tel ou tel effet doit résulter de l'acte qu'on se propose de faire, d'une démarche ou d'une omission qu'on se permet volontairement. Cet effet, étant prévu, devient indirectement volontaire pour celui qui agit, ou qui s'abstient lorsqu'il est obligé d'agir... »
Ces questions de bioéthiques sont toujours d'actualité ; voyez ici par exemple.
#25 Message par Abenader » ven. 05 avr. 2019 21:28
Merci chère Laetitia.
En effet, ces questions sont bien d'actualité.
#26 Message par Laetitia » sam. 06 avr. 2019 11:48
Comme toutes les affaires concernant la bioéthique, c'est une situation extrêmement complexe. De plus, n'étant ni personnel de santé, ni membre de la famille, il m’apparaît impossible, par la seule information des médias et des jugements rendus, d'avoir l'objectivité requise pour répondre honnêtement à votre question.
#27 Message par Abenader » jeu. 11 avr. 2019 21:51
Effectivement ma chère.
Permettez-moi d'y revenir plus tard.
#28 Message par Abbé Zins » lun. 20 mai 2019 17:24
Il y a de multiples mensonges publiquement diffusés au sujet de Vincent Lambert.
1° Il n'est pas soutenu artificiellement par des appareils, respiratoire ou autres, mais seulement alimenté et hydraté, comme de multiples autres malades le sont quand ils ne peuvent se nourrir par eux-mêmes.
2° En conséquence, il n'y a pas, une 2e fois à partir de ce jour, d'arrêt de soins par débranchement d'appareil qui le maintiendrait artificiellement en vie, mais simple arrêt de nutrition, qui revient à un arrêt de mort lente par la faim.
3° Lors d'un précédent arrêt de nutrition, Vincent a tenu le coup durant plusieurs semaines, et son frère a témoigné de la réaction de soulagement de son frère Vincent quand l'hydratation et la nutrition a finalement été remise en place et en route.
4° Il pourrait donc être transféré hors d’un hôpital et gardé chez ses parents avec un simple goutte à goutte comme en bénéficient des milliers d’autres malades.
5̊° Plusieurs établissements spécialisés dans la rééducation des tétraplégiques, qui est son cas, ont déclaré être prêts à le recevoir dans leurs services.
6° Au lieu de cela, il enfermé à clé en une chambre d’un centre spécialisé pour les cas de malades en phases terminales ; les heures de visite étant réduites de plus en plus, réservée à la proche famille devant présenter carte d’identité pour passer, et à l’exclusion même d’un médecin de famille.
7° Il est volontairement emprisonné en ce service dont le médecin en charge est favorable à l'euthanasie ; les lobbys pro-euthanasie voulant se servir de son cas pour faire passer une loi autorisant l'euthanasie, contre laquelle l'opinion française, "mauvaise élève" en la matière malgré des campagnes en ce sens depuis des années, demeure opposée.
8° De multiples familles ayant un membre malade en divers cas similaires à celui de Vincent, on parle de 1.700 cas en France, sont très inquiets du précédent en la matière que constitue cette "affaire", comme plusieurs familles en font part à celle de Vincent Lambert.
9° Un handicapé a rédigé une lettre de protestations et de supplique adressé au président de la république, laquelle est signée par de multiples autres, eux aussi pas sans inquiétudes.
10° Un appel a été fait auprès d'un organisme de l'ONU pour la défense des handicapés, lequel a demandé un délai de 6 mois en vue d'étudier le cas à fond ; demande sur laquelle s'est assis tant le médecin pro euthanasie que le gouvernement actuel.
#29 Message par gabrielle » mar. 21 mai 2019 18:24
#30 Message par Louis Mc Duff » mer. 22 mai 2019 14:23
Merci Monsieur l'abbé, pour votre éclairage sur le cas de M. Vincent Lambert.
Je fais mien le commentaire de Gabrielle à savoir que votre exposé met en évidence la scandaleuse conduite des médecins pro-euthanasie.