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Timestamp: 2017-03-25 21:35:47+00:00
Document Index: 252445185

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'art, 1792']

Français English L’article montre par une étude minutieuse du cas parisien combien la suppression de la Compagnie de Jésus ne marque pas une interruption brutale de l’activité des jésuites, d’une part en raison de la progressivité de l’interdiction effective de cette activité et d’autre part par les rapides ébauches de regroupements puis de rétablissements qui aboutissent au fait que, sur une sorte de ligne d’archipel, la Compagnie de Jésus peut sembler recomposée avant même d’être décomposée ; cela n’empêchant pas que les individus eux-mêmes – puisqu’il s’agit d’une prosopographie – évoluent dans leur conception du monde et d’eux-mêmes. L’auteur donne à partir de là un aperçu des contradictions dans lesquelles se trouve placée l’histoire de cette suppression quand elle commence de s’écrire au tournant des années 1850.
Mots-clés :Barruel, Clorivière, Crétineau-Joly, Jésuites
Keywords :Barruel, Clorivière, Crétineau-Joly, JesuitHaut de page
Écrire l’histoire de la Compagnie pour « se présenter »Haut de page
5 Arrêt du Parlement de Bretagne du 27 novembre 1762.. Rennes, chez G. Vatar, 1762. 6 Jules Clère, Histoire de l’école de La Flèche, depuis sa fondation, Paris, 1853 ; Camille de Rochem (...)
16 Arrêt du Parlement de Normandie…, Rouen, R. Lallemant, 1763. 9La question des pensions alimentaires est abordée à Paris le 6 août 1762 : Les Jésuites de plus de 33 ans – âge de la profession – recevront les pères, 600 livres et les frères 300 ; et ceux de moins de 33 ans recevront, les étudiants, 200 livres et les frères 100. Le 22 février 1763, le Parlement statue sur les requêtes présentées9 et, pour clore, un arrêt demande le 22 juillet la liste de ceux qui n’ont pas sollicité de pension et une autre de tous ceux, pensionnés ou non, qui vivent dans le ressort10. De ces listes – portant sur les Parisiens, les Artésiens et même quelques Normands – il ressort que 219 Jésuites ont reçu une pension. Pour la Bretagne et la Normandie, nous ne disposons pas de listes mais nous savons que sur la proposition de La Chalotais, le Parlement de Rennes versa le 21 juillet 1762 des pensions proches de celles données à Paris et que le 17 janvier 1763, un nouvel arrêt accorda une augmentation11. À Rouen, l’animosité du Parlement rendit difficile l’attribution des pensions. Pour prétendre à une pension de 200 livres, il est demandé le 21 juin 1762 de remplir de nombreuses conditions12. Pierre Plesse, le recteur de Caen, les ayant refusées au nom de ses confrères, tous sont sommés de prêter le serment de 176213 ou de quitter le royaume14. À Paris seuls trois Jésuites prêtent ce serment15 et, en Bretagne, ils ne sont pas plus nombreux. On sait même que sept le refusèrent. En revanche, en Normandie, devant le refus des religieux de se soumettre au décret du 21 juin, et de prêter serment, les parlementaires décident le 3 mars 1763 d’exiler du royaume ceux qui s’y refusent. Seuls deux Jésuites se soumirent, mais l’arrêt d’expulsion, mal reçu, fut cassé par le roi16.
27 L’état des Jésuites à Paris après le 1er décembre 1764 (Ms. Joly de Fleuri 1629, f. 188). 14Selon D. G. Thompson cette prescription affecte 363 Jésuites24. 30 d’entre eux tentent de la contourner en déclarant leur loyauté au roi, tandis que 139 acceptent de prêter le serment25 et que 26 prêtent aussi le serment de 1762. Bientôt cependant, la situation devient difficile pour les 139 « jureurs ». Les 113 qui n’ont fait que le serment de 1764, s’ils jouissent d’une pension, doivent assumer d’avoir renié la Compagnie. Quant aux 26 qui ont prêté le serment de 1762, ils sont écartés par les évêques. Devant ces difficultés, certains se rétractent, courant le risque d’être emprisonnés ou de s’exiler. La situation des « non-jureurs » est pire encore26. Pour éviter l’emprisonnement, beaucoup partent, ainsi ceux de Versailles. Mais tous ne le font pas. Le 1er décembre 1764, le Parlement de Paris enregistre l’édit royal de novembre avec de sérieuses conditions. Les non-jureurs doivent vivre séparément, résider dans le diocèse de leur naissance, demeurer à moins de dix lieues de Paris et se présenter tous les six mois aux officiers du bailliage. En revanche ceux qui ont prêté le serment de 1764 peuvent vivre où ils le veulent et ceux qui ont prêté celui de 1762 sont libres d’exercer des fonctions publiques. En 1766, sur le ressort parisien, vivent les 271 jureurs, les infirmes et ceux qui ont tourné la loi. Mais, de la fin 1764 au début 1767, les autorités poursuivent les Jésuites qui vivent ensemble – 21 sont appréhendés et obligés à quitter Paris27.
Quartier du Marais : Annonciades célestes, Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Saint Sacrement, Bénédictines du Calvaire, Carmel de la Sainte-Mère-de-Dieu, Clarisses de l’Ave-Maria, Filles de la Charité, Hôpital des Enfants trouvés, Nouvelles Catholiques, Prieuré royal des Madelonnettes, Ursulines de Sainte-Avoie, Visitation Sainte-Marie Quartier Latin :Carmel de l’Annonciation, Filles de Sainte-Aure, Hôpital de la Pitié, Hôpital de la Salpêtrière, Séminaire des Eudistes, Séminaire des Irlandais, Séminaire des Nouveaux Convertis, Séminaire du Saint-Esprit, Séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Ursulines, Visitation Sainte-Marie Faubourg Saint-Germain :Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement (rue Bellechasse), Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement (rue Cassette), Bénédictines de Notre-Dame de Consolation, Bénédictines de Notre-Dame de Liesse, Bénédictines du Calvaire, Carmel royal de Sainte-Thérèse, Cisterciennes de l’Abbaye-aux-Bois, Filles de la Charité, Hôpital des Incurables Religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve (Maison mère, rue de Sèvres) ; Maison Royale de l’Enfant-Jésus, rue de Vaugirard ; Congrégation du Bon Pasteur, rue du Cherche-Midi ; Filles de Sainte-Valère, rue de Grenelle) ; Séminaire des Missions étrangères Visitation
30Estimant que tout cela n’est qu’ « escarmouche », plusieurs Jésuites se lancent dans des combats plus rudes mais empruntent des chemins divergeant. Rejoignant d’anciens confrères ayant quitté la Compagnie avant sa suppression, ils se font les disciples des Lumières ou de leurs adversaires. Certains suivent l’abbé Reynal qui collabore à l’Encyclopédie et publie avec succès L’Histoire des deux Indes, Robinet qui s’est fait connaître par son livre De la nature et Deleyre qui écrit dans l’Encyclopédie l'article « Fanatisme » qui eut un grand retentissement. Cerutti fait partie de ce groupe. En 1783, dans L'aigle et le hibou, il rend hommage aux encyclopédistes. À l’opposé, plus nombreux sont ceux qui se mettent à l’école d’Élie Fréron, devenu un journaliste célèbre : Delaporte, Geffroy, Donzé, Barruel, Fontenay et Grosier. Mis à part Delaporte et Donzé, qui adoptèrent les idées nouvelles, les autres s’y opposèrent. Avant l’explosion de la presse d’opinion sous la Révolution50, les Jésuites ont largement emprunté ce moyen d’expression. À l’étranger, avec l’accord des évêques, Coster publie L’Esprit des journaux (Liège, 1772-1775), Dambrin, LaGazette de Cologne (1764-1780) et Feller,LeJournal historique et littéraire (Bruxelles, 1773-1794). En France, outre Grosier et Geoffroy qui ont repris l’Année littéraire de Fréron (1776-1790)51, Fontenay publie LesAffiches de provinces (1776-1790). Mais le plus important est Barruel avec LesAnnales littéraires et morales (1774-1784) et Le Journal ecclésiastique (1788-1792). 31Dans un autre contexte, mais tout aussi engagés, prennent place les quatre Jésuites qui siègent alors à l’Académie française. Trois sont anciens sous la coupole : d’Olivet (1723), La Ville (1746) et Gresset (1748) dont l’attitude à l’égard des philosophes est mêlée. Gresset comme Radonvilliers qui le rejoint en 1763 heureux de retrouver ses nombreux condisciples de Louis-Le-Grand, demeurent attachés à la Compagnie. En revanche, Millot (1777) participe à la réception solennelle de Voltaire avant d’être reçu par d’Alembert en janvier 1778.
52 Cet ouvrage est publié en 24 volumes, Paris, 1778-1790. 53 Grosier est resté fidèle aux maîtres de sa jeunesse. En 1790, il écrit que « la cessation des servi (...)
73 F. Uzureau. Les Serments pendant la Révolution, in-12, Paris, 1904. 48La chute de Robespierre en juillet 1794 marque un suspens. Le 18 septembre 1794, la Convention décrète que les cultes sont libres, qu’elle n’en rémunérera aucun et que désormais l'Église et l'État sont séparés. Le 30 mars 1795, certaines chapelles sont rouvertes au culte71 et le 30 mai il est décidé que des associations peuvent restaurer des lieux de culte, à condition que les desservants prêtent serment de soumission aux lois de la république. Ceci est précisé le 30 septembre. Ce serment fut peu imposé en dehors de Paris, le plus souvent on ne demanda de ne prêter que le serment de liberté-égalité (1792). Curieusement, alors que beaucoup de réfractaires accédèrent à cette demande, elle suscita l’opposition des plus intransigeants72. Clorivière reprocha à d’Espinasse, son ami, vicaire général de Paris et conseillé par Émery, le supérieur de Saint-Sulpice, d’avoir prêté serment73.
126 Jean Étienne Portalis, « Rapport et projet d’Arrêt du conseil d’État… », op. cit. pp. 445, 458. 127 Correspondance de Napoléon, Paris, t. X, 1862, p. 15-16.
139 Eva Fontana Castelli. Op. Cit., p. 208. 85Il faut ici distinguer le cas de Paccanari et de ceux qui le suivirent jusqu’au bout de celui de ceux qui se séparèrent de lui et enfin de ceux qui, s’étant séparés de lui, continuèrent à vivre en France en dépit du harcèlement dont ils étaient l’objet. Dès 1799, les rapports de Paccanari et des Jésuites de Russie ou d’ailleurs sont vite devenus conflictuels135. Finalement, il est rejeté pour avoir voulu faire des Pères de la foi une autre Compagnie136. Entre 1801, rétablissement en Russie, et 1804, rétablissement dans les Deux-Siciles, la position de Paccanari devient très difficile. En 1802-1803, au moment de l’éclatement, on compte 160 Jésuites (dont 52 prêtres, 76 étudiants et 32 frères)137. Ceux qui sont en Angleterre se rendent en Russie à l’exception de Fleury et de Broglie138 pour s’en remettre au « successeur légitime » d’Ignace. Ce sont des arguments analogues que les Pères de la Foi donnent à Pie VII en 1804 : « Ils désirent mourir dans l’Institut de la vraie Compagnie de Jésus et sous l’obéissance de son général légitime139 ». Ceux de France sont supprimés le 3 messidor an XII.
152 ARSJ His Soc 1082. Fasc. n°1. Toutes les citations qui suivent sont extraites de ce fascicule. 91Le décret 21 de la XXIe Congrégation générale de 1829 avait demandé que soit « continuée » l’histoire de la Compagnie146 Immédiatement, Jean-Baptiste Gury147, Fidèle de Grivel148 et Achille Guidée149 se mirent au travail150. Pendant quelques années on en reste là jusqu’à ce que le rédacteur des Lettres annuelles de 1839 mentionne : « Cette année a vu une chose inouïe : une Histoire, ou plutôt deux Histoires de la Compagnie faites dans un esprit de justice et de bienveillance, sont sur le point de paraître ou du moins promises et annoncées ». Les deux historiens étaient Emmanuel Mazas de Sarrion, proche de Loriquet, et Jean-Baptiste Leclère d'Aubigny, ami de Veuillot. Le premier ne donna pas suite à son projet et le second n’écrivit qu’un volume. C’est alors que Jacques Crétineau-Joly151 se propose au préposé général, ainsi que celui-ci l’explique le 6 octobre 1843 à Maillard, le provincial de Lyon : « J'oubliais de vous parler de l'offre que M. Crétineau-Joly a faite d'écrire l'Histoire de la Compagnie ; je n'y ai pas vu d'inconvénient. Il se propose de passer cinq ou six mois à Rome pour y réunir des documents et y tracer le plan de son ouvrage. Il désire auparavant connaître les documents que nous avons en France. Il s'arrêtera quelques jours à Lyon au commencement de novembre. Je vous prie de charger le Père Pouget, ou quelque autre Père que vous en jugeriez capable, de lui donner tous les renseignements qu'ils jugeront propres à rendre son travail consciencieux et le moins incomplet que possible152 ».
162 Id., p. 2. 163 Id., p. 7. 164 J.-Ph. Roothaan, Epistolæ, t. 4, p. 460 : Lettre à Crétineau-Joly, 1er juin 1847. 95C’est alors qu’ayant achevé son Histoire, Crétineau-Joly, pensant n’avoir pas suffisamment développé la suppression des Jésuites dans son 5e volume, publie Clément XIV et les Jésuites161 où il dit avoir remis les choses à leur place : « On pourra bien encore calomnier ou louer les Jésuites, les livrer aux disputes des hommes […] il ne sera plus possible d'élever un piédestal à ceux qui les détruisirent et de faire de Clément XIV le modèle des Pontifes162 ». Une telle assertion, qui venge peut-être la Compagnie mais qui éclabousse l’Église, est alors difficilement recevable par les Jésuites. « Au nom de son Ordre et de l'honneur du Saint-Siège, reconnaît Crétineau-Joly, le Général de la Compagnie m’a supplié presque les larmes aux yeux de renoncer à la publication de cette Histoire163 ». Lors de la parution de l’ouvrage à Rome, Roothaan, qui ne méconnaît pas le mérite de la thèse mais qui juge que toute vérité n’est pas bonne à dire en dehors des « circonstances de temps et de lieux », craint que se produise du scandale et une recrudescence de haine contre les Jésuites164.
165 Jacques Crétineau-Joly, Défense de Clément XIV et réponse à l’abbé Gioberti. Paris, 1847. 166 Id., p. VII-VIII.
170 L‘Ami de la Religion, T. CLIX (1852), p. 63-64. 171 ARSJ His Soc 1082, fasc. 2. 98Tout cela entretient des rumeurs dans les milieux romains qui s’interrogent de nouveau sur d’éventuelles connivences entre les Jésuites et Crétineau-Joly. Voulant couper court, Roothaan déclare à la presse le 24 décembre 1852 : « Je proteste hautement, dans toute la sincérité de ma conscience, en mon nom propre et au nom de tous les miens, contre tout ce qui, dans les écrits de Mr Crétineau-Joly169, pourrait blesser l'honneur et le respect dû au Saint-Siège apostolique, et je déclare qu'il n'existe aucune solidarité entre cet auteur et les membres de la Compagnie de Jésus170 ». Le même jour, une lettre de Rubillon, devenu assistant général, à Victor Mertian, socius du provincial de Paris apporte trois éléments sur la situation à Rome : 1. On s’occupe de réfuter l’ouvrage de Theiner, mais « rien n’est encore arrêté sur le mode, c’est délicat » ; 2. Si le pape et plusieurs cardinaux sont indignés de l’ouvrage de Theiner, le projet de réponse de Crétineau « est extrêmement grave et peut produire, ici surtout, le plus déplorable effet. C’est ce qui motive la protestation du préposé général ». ; 3. « Quant à l’ouvrage de Theiner, Sa Paternité n’en est pas effrayée et elle recommande à tous la paix de l’âme sur cette attaque qui passera comme tant d’autres171 ».
Ponlevoy 1860 = Armand de Ponlevoy, Vie du R.P. de Ravignan, Paris, 1860. Ravignan 1854 = Xavier de Ravignan, Clément XIII et Clément XIV, Paris, 1854.
Thompson 1999 = D. Gillian Thompson, A modern persecution : Breton Jesuits under the suppression of 1762-1814. Oxford, 1999. Haut de page
5 Arrêt du Parlement de Bretagne du 27 novembre 1762.. Rennes, chez G. Vatar, 1762. 6 Jules Clère, Histoire de l’école de La Flèche, depuis sa fondation, Paris, 1853 ; Camille de Rochemonteix, Un collège de Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le collège Henri IV de La Flèche, T. IV, Le Mans, 1889. 7 Louis de Caradeuc de La Chalotais, Essai d’éducation nationale ou plan d’études pour la jeunesse. Genève, chez A. Philibert, 1763. Ce texte s’inspire de l'article « Collèges » de d'Alembert dans l'Encyclopédie. 8 Id., p. 77.
9 Arrêt de la Cour du Parlement… Extrait des registres du parlement du 22 février 1763, Paris, G. Simon, 1763. 10 Arrêt de la Cour de Parlement… Extrait des registres du parlement du 22 Juillet 1763, Paris, G. Simon, 1763. 11 Arrêt du Parlement de Bretagne… Extrait des registres du parlement du 17 janvier 1763, Rennes, G. Vatar, 1763
14 Arrêt du parlement de Rouen… Extrait des registres du Parlement du 20 juillet 1762, Rouen, R. Lallemant, 1762. 15 Pierre Bolduc et Jacques Farner, Cas de conscience sur le serment que plusieurs Parlements et en particulier le Parlement de Bordeaux demandent aux Jésuites, Douai, 1er octobre 1762. 16 Arrêt du Parlement de Normandie…, Rouen, R. Lallemant, 1763. 17 D‘après des sondages partiels, 40% des personnes qui ont accueilli les Jésuites appartenaient aux Congrégations. 18 Cf. H. Fouqueray, Les œuvres sociales de la Congrégation des Messieurs de Caen au XVIIIe siècle, Paris, 1905, p. 15-16. Le 3 mars 1763 le procureur explique : « La religion et les lois ont encore à craindre de l'esprit qui anima la Compagnie ; il lui survit et se perpétue dans le ressort de la Cour et particulièrement dans la ville de Caen, au mépris de vos arrêts […]. Tout est mis en usage pour établir dans le royaume une association générale sous l'étendard d'un despote étranger, et faire revivre ou remplacer, sans forme extérieure, une société formidable. »
20 Discours d’un des Messieurs des Enquêtes… Extrait des registres du parlement du 22 mars 1764, Rouen, J. Le Boullanger, 1764. 21 Arrêt de la Cour du Parlement… Extrait des registres de la cour du 27 mars 1765, Rouen, J. Le Boullanger, 1765. 22 Renoncer à leur institut, tenir pour impies les doctrines contenues dans les Assertions, reconnaître que leur Institut n'est qu'un code d'infamie et de corruption et s'engager à n'avoir aucune relation ni avec d'anciens confrères, ni avec le préposé général. Ce serment fut rédigé sous l’influence de Choiseul qui pensait que les Jésuites ne le prêteraient pas et qu’ainsi on pourrait les exiler.
23 Arrêt de la Cour du Parlement. Extrait des registres du Parlement du 9 mars 1764, Paris, G. Simon, 1764. Voir aussi Dieudonné Thiébault, Apologie des jeunes ex-Jésuites qui ont signé le serment prescrit par arrêt du 6 février 1764, 1764. 24 “The persecution of French Jesuits by the parlement of Paris, 1761-1771.”, A modern persecution : Breton Jesuits, 1762-1814. Oxford, 1999, p. 156-165. L’auteur traite du ressort de Paris et non de la province de France.
26 Le 2 avril 1764 le roi avait précisé : 1. Les Jésuites de 33 ans continueront de recevoir une pension ; 2. Que celle-ci sera prise sur les anciens bénéfices et revenus de la Compagnie de Jésus ; 3. Qu’elle sera versée de six mois en six mois ; 4. Aux lieux attestés par les ordinaires ; 5. Si les fonds venaient à manquer, ils seront alimentés autrement ; 6. À partir de 1765, un état annuel sera fait.(Déclaration du roi concernant la subsistance des Jésuites, le 2 avril 1764, Paris, G. Simon, 1764) 27 L’état des Jésuites à Paris après le 1er décembre 1764 (Ms. Joly de Fleuri 1629, f. 188). 28 Alexis de Saint-Priest, Histoire de la chute des Jésuites au XVIIIe (1750-1782), Paris, 1844, p. 306. 29 François Collet, relevé de ses vœux en 1762, retiré aux Missions étrangères de Paris, ordonné évêque d’Adras à Rome en 1766 par le cardinal Henri d’York. 30 Discours, arrêtés et arrêt du Parlement de Normandie, concernant les Jésuites, des 14 et 19 mai 1767... , Rouen, R. Lallemant, 1767. 31 L’arrêt, concernant les Jésuites déclarés tels le 6 août 1761, ne tient pas compte de ceux qui ont été relevés de leurs vœux par la suite. 32 254 étaient là depuis 1762 et 195 venus d’ailleurs par la suite.
35 Dans la province de Champagne, la Franche-Comté, la Flandre et l’Alsace ne seront fermées qu’en 1765 et la Lorraine en 1768. Pareillement, dans la province de Lyon, les Jésuites d’Avignon et de Carpentras seront dispersés en 1768 et ceux de Chambéry en 1770. 36 François Ducrest, Séjour à Fribourg de trente-six Jésuites français exilés (1762-1768), Fragnières, 1913. 37 Paul Bonnenfant, La suppression de la Compagnie de Jésus dans les Pays-Bas autrichiens (1773), Bruxelles, 1925. 38 Le procureur de Cateau-Cambrésis signale le 21 avril 1764 la course des Jésuites vers Tournai, Mons, Bruxelles, Liège et Cologne (Ms. Joli de Fleury 1620, f. 9-10).
39 Luc Daireaux, « Le Feu de la rébellion ». Les imprimés de l’Affaire de Bretagne (1764-1769), Paris, 2011. 40 B. Pocquet du Haut-Jussé, Le Pouvoir absolu et l’esprit provincial. Le duc d’Aiguillon et La Chalotais, 3 vol. Paris, 1900-1901. Voir le chapitre IV, du tome III, en particulier les p. 182-194 et 214-215. Voir les pamphlets : le Tableau des assemblées secrètes et fréquentes des Jésuites et de leurs affiliés à Rennes ; la Lettre d’un gentilhomme breton à un noble espagnol.
42 « L’environnement parlementaire des Jésuites rennais », p. 102-118, « Familles parlementaires, familles dévotes, Rennes au XVIIIe siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, n° 114-1, 2007,p. 89-130. 43 Liste des parlementaires de Bretagne. De la Saint Martin 1767à Pâques 1768, Rennes, G. Vatar, 1768. Cf. Barthélemy Pocquet du Haut-Jussé, op cit. T. III, 1901, p. 341- 352. 44 AD I-et-V 1 Bk 12, État des Prêtres, Écoliers, et autres de la ci-devant Société se disant de Jésus résidents sous le ressort du parlement de Rennes au mois de janvier 1770.
45 Arrêt du Parlement de Bretagne… Extrait des registres de Parlement du 2 mars 1770, Rennes, G. Vatar, 1770. 46 Philippe Lécrivain choisit dans cette nouvelle phase, postérieure à la Suppression, de conserver aux Jésuites leur nom. Nous respectons ce choix, qui donna toutefois lieu à de vifs débats lors de la table-ronde romaine de 2012, car elle postule le maintien d’une « identité » dont le statut et la définition sont précisément l’un des enjeux de l’enquête (NdE).
47 En avril 1784 il est inhumé « avec tous les honneurs » par arrêt de la cour du Parlement de Toulouse. 48 L’archevêque exigea une rétractation que Voltaire refusa mais un arrangement fut trouvé. Voltaire mourut le 30 mai. Son neveu, l’abbé Mignot, l’enterra provisoirement dans la petite abbaye de Sellières près de Troyes, dont il était abbé commendataire.
49 Cf. Journal de Hardy, 4 avril 1779 : Beauregard « chéri du prélat au point d'avoir été jugé digne d'occuper un logement dans son palais » ; Journal historique du 1er janvier 1779, p. 76 : « Il faut lui lâcher un coup de fusil, murmure brutalement une voix dans l'auditoire » ; et, dans les Mémoires de Weber (éd. Barrière, p. 58) : D'Alembert se contenta de dire au sortir du sermon : « Ces gens-là (les Jésuites) ont une rude agonie. » 50 Guillaume Colot, « Les combats catholiques dans la presse révolutionnaire (1789-1799) », Annales historiques de la Révolution française, n° 355, 2009/1, p. 45-71. 51 De 1779 à 1782, Grosier a repris l’ancien Journal de Trévoux où il attaque les philosophes et défend la Compagnie.
52 Cet ouvrage est publié en 24 volumes, Paris, 1778-1790. 53 Grosier est resté fidèle aux maîtres de sa jeunesse. En 1790, il écrit que « la cessation des services rendus par les Jésuites, justifie [les] regrets de l'homme impartial », que « des maximes saines, un but utile, ont toujours caractérisé les écrits des littérateurs Jésuites » et que « jamais le saint respect dû aux lois, aux mœurs, à la religion, n'a été violé par eux » (Mémoires d'une société célèbre, t. I, Préface, p. V et XXII).
55 Guy Boistel, « L'observatoire des Jésuites de Marseille sous la direction du père Esprit Pezenas (1728-1763) », Cahiers d'histoire et de philosophie des sciences, n°54, 2005, Lyon, p. 27-45. 56 J. Daguerre, de l’Aa de Bordeaux, en rétablit une à Lyon, puis d’autres à Chambéry, Annecy et Turin. 57 Nous renvoyons sur ce point aux enquêtes en cours de Sabina Pavone sur la situation des jésuites en Chine et en Inde à l’époque de la Suppression (NdE).
59 AFSJ C-PA 101 ; Paul Pisani, Répertoire biographique de l’épiscopat constitutionnel (1791-1802), Paris, Picard, 1907. 60 Jean Couturier envoya une lettre ouverte à Volfius, « son condisciple, son confrère et son ami ». Archives départementales de la Côte d’Or, M. 6, liasse 82, cote 17. 61 Notons que bien des chapelles que desservent des Jésuites demeurent ouvertes jusqu’en août 1792 : Bénédictines de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, rue Cassette, Bernardines de l'Abbaye-au-Bois, Filles de Saint-Thomas de Villeneuve, rue de Sèvres, Visitandines, rue du Bac, Missions étrangères, rue du Bac, Carmélites, rue de Grenelle, Eudistes, rue des Postes, Religieuses de Sainte-Aure, rue Neuve-Ste-Geneviève-Tournefort et les séminaires des Irlandais et des Lombards. 62 Journal de Paris, n° 31, alors rédigé par Condorcet, Garet et Regnault de St-Jean d’Angély. Déjà, le 19 février 1790, l’abbé Grégoire, à propos des pensions octroyées aux Jésuites, interpelle l’Assemblée : « Parmi les cent milles vexations de l’ancien gouvernement qui a tant posé sur la France, on doit compter celle qui a été exercée sur un ordre célèbre, sur les Jésuites. Il faut les faire participer à votre justice. » Barnave ajoute : « Le premier acte de la liberté naissante doit être de réparer les injustices du despotisme ; je propose une rédaction de l’amendement en faveur des Jésuites. » (Moniteur, n° 51).
63 Pie VI, par un décret du 24 avril 1786, avait accordé une indulgence plénière pour la fête de saint Ignace et des saints de la Compagnie. C’est dans cet esprit que Nicolas Verron publie en 1792 les Neuvaines. Cet ouvrage reprend des textes d’Étienne de la Croix, Pierre de Clorivière, Jean Croisset, Nicolas Verron, Dominique de Colonia, Madeleine Thérèse Rousselet. (Neuvaines en l’honneur des saints de la Compagnie de Jésus. Paris, Crapart, 1792 – Neuvaines en l'honneur des saints de la Compagnie de Jésus : SS Ignace de Loyola, François Xavier, François de Borgia, Jean-François Régis, Louis de Gonzague, Stanislas Kostka, BB. Paul Miki, Jean de Goto, Jacques Kisaï ... avec figures. Bruxelles, Lecharlier, 1795). 64 « Le 19 août, le Séminaire du Saint-Esprit est envahi, entre 6 et 7 heures du soir, par plusieurs milliers de sans-culottes. Arrivés devant la porte, ils braquent un canon et poursuivent leur marche jusqu’au Séminaire des Irlandais […] Leurs perquisitions terminées, ils entrent chez les Eudistes, rue des Postes. Ils arrêtent 32 prêtres dont Hébert, Supérieur général et confesseur de Louis XVI […] . Tous ces prêtres sont conduits aux Carmes, où ils périssent dans la nuit du 2 au 3 septembre. Entre 10 et 11 heures du soir, les sans-culottes passent au Séminaire du St-Esprit […] . La visite dure environ trois quarts d'heure […] Chacun se croyait arrivé à sa dernière heure ; on s'embrassait les uns les autres comme ne devant plus se revoir que dans l'éternité. Le danger passé, des sentiments de joie succèdent aux alarmes ! […] Mais le bonheur d'avoir échappé au danger fut de courte durée. La nouvelle des massacres vint bientôt jeter les habitants du Séminaire dans la plus grande consternation. La plupart des amis de la maison furent au nombre des victimes : les eudistes, les Jésuites Le Gué, Verron, Seconds, et bien d'autres. » (AFSJ C Pa 85/23). 65 Il s’agit de François Balmain, Charles Béraud du Pérou, Jacques Bonnaud, Claude Cayx, dit Dumas, Jean Charton de Millou, Guillaume Delfaud, Jacques Friteyre-Durvé, Claude Gagnères des Granges, Louis Gaultier, Claude de La Porte, Mathurin Le Bous de la Ville-Crohain, dit Villeneuve, Charles Le Gué, Vincent Le Rousseau de Rosencoat, Joseph Rouchon, François Vareilhe-Duteil. Dans sa Relation inédite d’un survivant. (AFSJ C Pa 85/25), Joseph Saurin, arrêté chez les Eudistes, incarcéré aux Carmes et sauvé par un compatriote marseillais, raconte : « Le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin. »
66 René Andrieux, Jean-François Benoît dit Vourlat, Pierre Guérin du Rocher, Robert Guérin du Rocher, Éloi Herque du Roure, Antoine Segonds, Loup Thomas, dit Bonnotte, Nicolas Verron 67 Julien Derviller à Paris en 1793, Charles Ferry et Gabriel Dupleix à Lyon, Charles Brunet à Poitiers, Jean Friteau à Orange, François Rouville à Privas en 1794, tandis que neuf autres sont déportés à l’île d’Aix en 1794, cinq sur les Deux-Associés : Joseph Imbert, Antoine Raymond, Michel de La Motte, Alexis Romécourt et Jean-Baptiste Fiard. Ce dernier en ressortit vivant en 1795. Sur les 829 déportés à Rochefort, 274 ont en effet survécu. Voir, sur Fiard, les recherches de David Armando dans ce volume.
72 On répandit en France et en Belgique un prétendu bref du pape, en date du 5 juillet 1796, commençant par ces mots : Pastoralis sollicitudo, et qu'on prétendit adressé au Directoire, dans lequel Pie VI approuvait la déclaration en question. Il semble que cet acte émanait réellement des bureaux de la chancellerie pontificale, mais à l'insu du pape et de la Congrégation compétente ; il était donc faux et de nul effet. Le pape ne donna aucune approbation à ce serment, il s'abstint aussi de le condamner. 73 F. Uzureau. Les Serments pendant la Révolution, in-12, Paris, 1904. 74 En 1793, il écrit ses Eclaircissements sur la question s’il existe une distinction réelle entre le pouvoir d’ordre et le pouvoir de juridiction qu’exercent les prêtres dans l’administration des sacrements ; et s’il en existe une, quelle en est la nature et l’origine ? L’auteur se dit docteur en théologie et « membre de la Société des Amis de la Constitution de Clermont. » 75 Annales de la religion, n°14 et 21, thermidor an III (1795).
77 François II n’y étant plus opposé, le nonce de Vienne, Albani, pense en 1797 tout régler par un placet du Sacré-Collège. Consalvi pressenti, répond : « À une époque, tout en étant leur partisan, il me paraissait quelque peu fanatique de dire que sans eux l’Église ne pouvait vivre, puisqu’elle avait vécu sans eux tant de siècles. Mais c’est là une erreur dont je suis revenu, bien avant la Révolution, quand j’ai connu ce qu’est le jansénisme. Je crus alors et je crois aujourd’hui, que sans les Jésuites l’Église vit très mal. Si j’étais le maître, je les rétablirai demain. Plusieurs fois, je l’ai dit au pape ; lui en a été toujours désireux ; mais la crainte des princes opposants lui a fait différer, dans l’espoir de le réaliser un jour. » Albani partage les mêmes sentiments mais, refusant que l’affaire soit ainsi réglée, conseille à François II d’intervenir auprès de Pie VI, bien qu’il soit captif. Il n’y eut pas de lettre et le pape mourut le 29 août 1799. 78 Jacques Crétineau-Joly, Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, composée sur les documents inédits et authentiques, Paris, 1845-1846, T. 5, p. 493.
81 Halmat, un des premiers compagnons de Paccanari, dans Notes sur l’établissement de l’Institut de la foi de Jésus, parle beaucoup de visions et des visites de Dieu (ARSJ His Soc 1054 Vol. IV). 82 La Correspondance de Clorivière a été éditée par Marie-Louise Barthélemy (1993, 1997, 2002), François Morlot (1994), Chantal Reynier (1992). Dans les archives romaines et parisiennes, on trouve de nombreuses autres lettres. 83 AFSJ C-PA 500, 4 : La Société du Cœur de Jésus et ses premiers membres martyrs de la Révolution. Notes pour servir à leur histoire.
85 Clorivière n’a pas lu Joachin de Flore et n’adopte pas sa division tripartite de l’histoire. Pourtant il n’est pas étranger à la nébuleuse post-joachimite. Il a lu Vincent Ferrer qui parle lui aussi d’« hommes évangéliques qui surviendront aux derniers temps ». Mais si, quand il parle de ceux-ci en 1798, il évoque les prêtres du Cœur de Jésus, après 1805 il évoquera les Jésuites rétablis partiellement dont il fera de nouveau partie. 86 A. Rayez, « Clorivière et les Pères de la Foi », AHSJ, t. 23 (1954), p. 283-297.
87 Clorivière constitue alors un dossier (les textes des deux Sociétés, un Mémoire pour le pape, une lettre de l’évêque de Saint-Malo). À peine Astier et Beulé sont-ils arrivés à Rome qu’on les dissuade de rencontrer Paccanari qui n’est plus persona grata. Ils remettent le dossier à Consalvi. Pendant que les cardinaux discutaient, le pape approuve verbalement la forme de vie décrite dans le Mémoire et autorise ceux qui le désirent à l’embrasser et y prononcer des vœux annuels sous l’autorité de l’évêque. À la demande des délégués, il consent à envoyer un bref à l’évêque de Saint-Malo. Le 1er mai 1801, Clorivière envoie une lettre circulaire aux membres des deux Sociétés pour les informer des décisions pontificales et épiscopales. 88 Cité par Crétineau-Joly, op. cit., p. 498.
89 Poczobut, jésuite astronome et recteur de l’académie de Vilnius, est opposé à ce projet : « Les professeurs actuels sont très versés dans la physique expérimentale, l’histoire naturelle, les mathématiques et surtout l’astronomie. Il y a donc à craindre que les Jésuites ne leur soient inférieurs pour la science et que la réputation de la Compagnie n’en souffre. » 90 Cité par Crétineau-Joly, op. cit., p. 499-500.
93 En 1805, Alexandre Ier demande à Gruber de répondre à l’appel de Louis de Poirot, jésuite de Pékin. Le préposé général désigne les mathématiciens Korsak et Grassi et leur donne pour compagnon Sturrner. Ceux-ci se rendent au Portugal par le Danemark et séjournent à Coimbra. Là, ils reçoivent l'ordre de passer en Angleterre. Korsak reste à Londres, Grassi s'embarque pour l’Amérique et Sturmer revient à Saint-Pétersbourg avant de quitter. 94 Cité par J. Crétineau-Joly, op. cit. p. 509. Le texte latin complet de Per alias se trouve dans S. Sanguinetti, op. cit. p. 385-387.
96 Joseph Pignatelli, chassé d'Espagne par Charles III, de Corse par Marbeuf, de Parme, puis de Naples par les Français, devait encore voir les Français maîtres de Rome avant de mourir en 1811. 97 70 Jésuites s’établissent « incognito » au Collège romain, d‘autres s’installent au séminaire d'Orvieto qui devient le noviciat où entre Louis Fortis, le futur préposé général. Mais, dans l’ensemble, les pères se dispersent pour ne point compromettre ceux qui les accueillaient. Quant à ceux de Sicile, ils forment en 1807 une province séparée. 98 Dans une lettre du 25 octobre 1805, Brzozowski rappelle à Poirot que F. Bourgeois avait demandé sa réintégration juste avant de mourir en 1792
99 ARSJ Russia 1016. Registra originalia epistolarum vicariorum generalium in Russia (1802-1808). Lettres de Gruber (1801-1805). En tête des correspondants vient Virginio qui est son intermédiaire, puis ce sont tous les noms que nous avons cités. 100 ARSJ His Soc 1054 Vol. IV/10 : « Je crois que c’est la volonté de Dieu que l’Institut de saint Ignace soit rétabli dans ce temps-ci pour la gloire de Dieu et le bien de l’Église. Mon intention est en conséquence de faire revivre cet identique Institut sous le nom de Compagnie de la foi de Jésus ou sous son ancien nom de Compagnie de Jésus selon qu’il semblera bon au Vicaire de Jésus-Christ. Je désire outre cela que les nouveaux aussi bien que les anciens enfants de saint Ignace ne forment qu’un seul corps et ne soient animés que d’un seul et même esprit, sous la seule condition que toutes choses s’arrangent de la manière qui paraîtra devoir procurer la plus grande gloire de Dieu et que rien ne se fasse sans l’approbation du Saint Siège. » 101 ARSJ His. Soc. 1053 – Institutum, Regulæ, Ordinationes, Decret, Privilegia - Modifications apportées aux Constitutions sj : vœu de soumission au pape. -- ARSJ His. Soc. 1057 – Relations des Pères de la foi avec les Jésuites anglais.
102 Gruber demande à Virginio le 20 février 1802 de le renseigner sur Paccanari (ARSJ Russia 1016) ; le 28 octobre 1803, il dit à Strickland douter de la personne et de la doctrine de Paccanari (ARSJ His Soc 1054, Vol. IV). 103 À Broglie qui lui demande comment être admis en Russie, Gruber répond que tous les candidats à la Compagnie doivent rencontrer Strickland. (ARSJ Russia 1016)
104 Dans ses Mémoires historiques, Gury écrit que Rozaven et les siens (environ 20) – dont beaucoup de français - ont été reçus en mars 1804, mais il précise que Fleury resta en Angleterre. 105 1805 : Dissidia entre Paccanari et Sineo della Torre ; 1806 : graves accusations contre Paccanari de Sineo de la Torre qui dit ne plus suivre ses conseils. ARSJ His Soc 1054 Vol. IV. 106 Dufraisse écrit à Pie VII avant de mourir le 17 septembre 1802. Brival meurt, réconcilié avec Rome, en 1802. Volfius, réconcilié avec Rome en 1816, meurt le 6 février 1823. Laurent qui a apostasié est devenu conseiller général de l'Allier entre 1800 et 1801. Il se retire à Clermont-Ferrand, où il meurt le mai 1821 réconcilié avec l'Église. 107 Barruel prend parti pour le pape et fait campagne pour entraîner les prêtres émigrés à reprendre en France leur ministère. Là est la raison d'être de leur sacerdoce. Dès le 8 juillet 1800, il publie à Londres chez Dulau un premier écrit pour démontrer aux prêtres que le salut des âmes leur fait un devoir de revenir en France dès lors que la Constitution existante leur en donne la liberté : L'Evangile et le Clergé français, sur la soumission des pasteurs dans les révolutions des empires.
109 Sur ce point Portalis s'explique : « Toutes les institutions monastiques ont disparu ; elles avaient été minées par le temps. Il n'est pas nécessaire à la religion qu'il existe des institutions pareilles ; et quand elles existent, il est nécessaire qu'elles remplissent le but pieux de leur établissement. La politique, d'accord avec la piété, a donc fait sagement de ne s'occuper que de la régénération des clercs séculiers, c'est à dire de ceux qui sont vraiment préposés, par leur origine et leur caractère, à l'exercice du culte. La discipline ecclésiastique ne sera plus défigurée par des exemptions et des privilèges funestes et injustes, ou par des établissements arbitraires qui n'étaient point de la religion. » Discours et rapports du citoyen Portalis, conseiller d’État, sur l’organisation des cultes. À Nancy, chez J. R. Vigneulle, an X (1802), p. 72. 110 ARSJ Russia 1016.
111 Lettre du 19 juin 1806 envoyée à Strickland depuis Amsterdam : « Me voilà du nouveau réduit à vivre au milieu du siècle et loin de nos retraites religieuses. Car pour la Russie je n’ai pas le courage d'en supporter les glaces. Dans cette situation toujours pénible pour une vocation à laquelle je ne veux ni ne puis me résoudre à renoncer, j'attends que la Providence s'explique et surtout je la prie, je la conjure de me diriger, de suppléer au moins à celle qui me serait si précieuse si jamais je me trouvais dans la société de mes anciens frères ». (Lettres inédites de Barruel à son retour d’exil (1802-1806), publiées par Abel Dechêne, Aubenas, C. Habauzit, 1923, p. 36.) 112 Il lui est reproché d’avoir participé au complot de « la machine infernale » contre le premier consul, dans lequel son neveu semble avoir trempé. 113 J.-B. Gury, op. cit. p. 204 : La Société des Prêtres du Cœur de Jésus « fit du bien pendant quelques années mais elle s’affaiblit peu à peu ; et lorsque le fondateur fut nommé supérieur de la Compagnie de Jésus en France, elle tomba d’elle-même. »… J. Terrien, le biographe de Clorivière, fait remarquer qu’aucun membre de cette Société n’est entré dans la Compagnie de Jésus. 114 Le collège de Lyon est fermé en 1902 sur ordre de Fouché ; celui d'Amiens, transféré à Montdidier en 1804, est fermé en 1812 ; celui de Roanne en 1810 ; celui de Belley en 1808 ; celui de Largentière en 1809. 115 Jean Étienne Portalis, « Rapport et projet d’Arrêt du conseil d’État sur les ecclésiastiques qui s’établissent en France sous le titre de Pères de la foi et sur les associations connues sous le nom du Sacré Cœur et autres semblables (7 juin 1804/19 prairial an XI) », in Discours, rapports et travaux inédits sur le Concordat de 1801… Paris, 1845. 116 Rapport et projet d'Arrêt du Conseil d'Etat sut les Ecclésiastiques qui s'établissent en France sous le titre de Pères de la Foi et sur les Associations connues sous le nom de Sacré-Cœur et autres semblables.
117 Le gouvernement impérial reconnaissait cinq communautés hospitalières par ce même décret ; d'autres le seront les années suivantes. On ne compte pas moins de 54 communautés nouvelles, dont deux d'hommes, qui, de 1804 à 1814, s'ouvrirent sans autorisation et ne furent pas inquiétées. Les congrégations qui existaient avant le décret, telles les Eudistes et les Picpuciens, n'en continuèrent pas moins leur apostolat. 118 « Nous ne sommes pas même désignés formellement, à prendre le décret à la lettre : 1er parce que nous ne sommes pas entièrement formés en corps d'Association, et que nous tendons seulement à cela, sous le bon plaisir des autorités civiles et ecclésiastiques ; 2e parce que les vœux chez nous ne sont pas perpétuels ; 3e parce que nous dépendons de l’ordinaire ; 4e parce que rien ne paraît à l'extérieur. Ainsi nous pouvons demeurer tranquilles et garder le silence. »
119 Dans le Mémoire qu’il fait remettre à Pie VII venu pour le couronnement, Clorivière écrit le 4 décembre 1804 : « Ce gui peut paraître étrange, si on le regarde seulement avec des yeux charnels, aucune mesure vraiment grave n’a été prise contre nous de la part de l'autorité civile. Cependant il est impossible qu'elle ait ignoré ce que nous avions entrepris depuis plusieurs années […]. Tout dernièrement enfin, lorsqu’eut été saisi chez moi tout ce qui nous concerne, nous et nos Sociétés, et qu'à cette occasion la Société du Cœur de Jésus fut dénoncée par le Ministre des Cuites lui-même, aucune mention ne fut faite de celle-ci dans le décret impérial consécutif à cette dénonciation. Elle ne semble pas davantage comprise dans les dispositifs généraux de ce décret, pour peu qu'on le lise attentivement. » 120 Émile Flourens, « Napoléon 1er et les Jésuites », La Nouvelle Revue, janvier-février 1894, p. 622. Cité par A. Rayez, note 110. 121 Jean Étienne Portalis, « Rapport au Premier Consul sur une association de prêtres se destinant à l’éducation de la jeunesse (15 septembre 1802/18 fructidor an X) », in Discours, rapports et travaux inédits sur le Concordat de 1801… Paris, 1845.
122 Jean Étienne Portalis, « Rapport au Premier Consul sur les associations dites du Cœur de Jésus, et société des victimes de l’amour de Dieu (12 septembre 1802/25 fructidor an X) », op. cit. p. 450. 123 Portalis est ici mal renseigné. La Compagnie a été rétablie à Parme avec l’accord du pape et ce sont les paccanaristes qui revêtent le costume jésuite, ce que leur interdit immédiatement Pie VII.
124 Jean Étienne Portalis, « Rapport… 18 fructidor an X », op. cit p. 447 ; Id., « Rapport à Sa Majesté… 25 fructidor an X. Op. cit. p. 448. 125 Jean Étienne Portalis, « Rapport… 18 fructidor an X », op. cit p. 445.
131 Louis-Abel de Bonafous Fontenay, ex-jésuite, Du Rétablissement des Jésuites et de l'éducation publique, J. Lambert Romen, 1800. 132 En 1807 les Pères de la foi sont 40 prêtres et 30 frères répartis en huit collèges ou petits-séminaires : L'Argentière (près de Lyon), Montdidier, Belley, Roanne, Montmorillon, Bazas, Marvejols, Roulers, et dans des maisons à Paris, Lyon et Amiens. 133 Par le même décret, la Congrégation, dite Congrégation de la Sainte-Vierge – héritière lointaine des Congrégations mariales – fondée le 2 février 1801 par Jean-Baptiste Bourdier-Delpuits, joue un rôle politique et religieux important, notamment dans la défense de la Religion. Elle n’est sans doute pas sans lien avec les Chevaliers de la foi. Il est difficile de savoir laquelle des deux organisations propagea la bulle d'excommunication fulminée par le pape contre l'empereur. 134 J.-O. Boudon, Napoléon et les cultes : les religions en Europe à l'aube du XIXe siècle : 1800-1815. Paris, 2002.
139 Eva Fontana Castelli. Op. Cit., p. 208. 140 Il s’agit de Champier, Pralet, Pravaz, Barruel, Rossignol, Grosier, Chavignac, d’Espinasse et Séguy de la Garde. 141 Pour Barruel, voir AFSJ H Ba 52, ou A. Dechêne, Lettres inédites de Barruel à son retour d’exil (1802-1806). Aubenas, Habauzit, 1923. Pour Rossignol, voir Lettres de M. Rossignol de Vallouise. Turin, Imprimerie de la Cour d’appel, 1806. Sur ce passage, voir Anne-Sophie Gallo, « Réflexions et jalons sur une histoire de ‘l’identité jésuite’ pendant la suppression de la Compagnie de Jésus (1762-1814) », in Europa Moderna - Revue d'histoire et d'iconologie. 2012.
147 J.-B. Gury, Mémoires sur le noviciat de Montrouge. Pour servir à l’histoire de la Société de Jésus en France. Depuis 1818 jusqu’à 1828 inclusivement. Montrouge, 1829. AFSJ E-Mo 11 ; Mémoires historiques sur deux sociétés qui ont servi au rétablissement de la Compagnie de Jésus en 1814. AFSJ C-Pa 500-1. Dans cet ouvrage il cite ses sources : les notes des PP. Gloriot, Varin, Seillier, Jennesseaux, Roger, Debrosse et Loriquet. 148 Histoire des deux sociétés du Sacré-Cœur et de la Foi, par le R.P. de Grivel, de la Compagnie de Jésus. 1829, AFSJ C-Pa 500-2. 149 Achille Guidée, Notices historiques sur quelques pères du Sacré-Cœur et de la Compagnie de Jésus pour faire suite à la Vie de Joseph Varin. Paris, 1860. 150 En 1837, à la demande du gouvernement belge, l’œuvre des Bollandistes est reprise à Bruxelles. Par ailleurs, Roothaan appuie Augustin De Backer qui relance en 1844 la Bibliotheca Scriptorum Societatis.
151 Jacques Crétineau-Joly (1803-1875) est historien, journaliste et essayiste proche des légitimistes. En 1840-1842, il a publié une Histoire de la Vendée militaire (4 vol.) qui connaît un beau succès. Cf. L’abbé M. Maynard, Jacques Crétineau-Joly. Sa Vie politique, religieuse et littéraire..., Paris, 1875. 152 ARSJ His Soc 1082. Fasc. n°1. Toutes les citations qui suivent sont extraites de ce fascicule. 153 Jacques Crétineau-Joly, Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, composée sur les documents inédits et authentiques, 6 vol., Paris, Poussièlgue-Fusand, 1845-1846. Dans le volume 1, p. 2, on lit : « Historien, je reste dans l’histoire, en ne m’attachant qu’à la vérité, en cherchant à l’aide de faits incontestés et incontestables qu’à déduire des conséquences logiques, et en ne me formant une opinion que sur l’examen le plus consciencieux. »
155 ARSJ His Soc 1082. Fasc. n° 2. Le 27 octobre 1845 Crétineau-Joly écrit au P. Bresciani : « Je commence le sixième volume de mon histoire. Je veux faire pour les vivants ce que j’ai fait pour les morts. » 156 Le 30 avril Crétineau-Joly explique qu’il a suivit les événements : « Il y a eu un grand coup. Les ennemis ont baissé la tête. Rossi est la risée de tous. » Il rappelle ensuite que « tout le monde fait des compliments de ce dernier volume ». Il précise enfin que personne n’a choisi pour lui les papiers à exploiter.
158 Gioberti, érigeant la raison humaine en divinité, proclame que Dieu est une idée, que le christianisme ne peut vivre et triompher qu'à la condition de rester ou de redevenir idéal. La morale de l'Évangile se résume dans l'amour de l'idée et, à ce point de vue, les philosophes et les grands hommes de l'antiquité ont été plus véritablement chrétiens que beaucoup de chrétiens des temps modernes. Pour réformer le catholicisme actuel conformément au vrai type, il est nécessaire d'opérer un mouvement de retour vers la civilisation païenne. Le Jésuite moderne, et les ouvrages Du renouvellement civil de l'Italie et De la primauté civile des Italiens, complètent l'exposé de Gioberti. A ses yeux, le jésuitisme a perverti le catholicisme, et, depuis le Pape jusqu'au dernier des fidèles, il n'y a plus de vrais catholiques, mais seulement des Jésuites. Le jésuitisme est une forme vieillie et usée de la religion, qu'il faut briser ou rajeunir. 159 Vincenzo Gioberti, Il Gesuita Moderno, 5 v, Losanna, 1846.
161 Jacques Crétineau-Joly, Clément XIV et les Jésuites ou histoire de la destruction des Jésuites composée sur les documents inédits et authentiques, Paris, 1847. 162 Id., p. 2. 163 Id., p. 7. 164 J.-Ph. Roothaan, Epistolæ, t. 4, p. 460 : Lettre à Crétineau-Joly, 1er juin 1847. 165 Jacques Crétineau-Joly, Défense de Clément XIV et réponse à l’abbé Gioberti. Paris, 1847. 166 Id., p. VII-VIII.
168 Augustin Theiner, ‎Histoire du Pontificat de Clément XIV, d’après des documents inédits des archives secrètes du Vatican, 2 vol., Traduit de l'allemand par Paul de Geslin. Paris, 1852. 169 Les réponses de Crétineau-Joly viendront l’année suivante : Le Pape Clément XIV, lettre au Père Augustin Theiner, 1853 ; Le Pape Clément XIV, seconde et dernière lettre au Père Augustin Theiner, 1853. 170 L‘Ami de la Religion, T. CLIX (1852), p. 63-64. 171 ARSJ His Soc 1082, fasc. 2. 172 X. de Ravignan, Clément XIII et Clément XIV, Paris, Lanier, 1854. Cf. A. de Ponlevoy, Vie du R.P. de Ravignan, t. 2, Paris, 1860, p. 220-24.
173 ARSJ His Soc 1082, fasc. 2. Le 12 octobre 1856, alors qu’il en délicatesse avec la Compagnie de Jésus à propos des droits sur son Histoire, Crétineau-Joly écrit au P. Tewercoren que le livre de Ravignan n’avait pas pour but de le blesser et que, d’ailleurs, la Compagnie n’a jamais voulu entrer en guerre contre lui. 174 ARSJ Hist. Soc. 299. On trouve dans ce dossier un manuscrit de Giuseppe Strickland sj (1864-1917), Abozzo de una storia della suppressione de la Compagnia de Gesu, esquisse d’une histoire de la suppression de la Compagnie de Jésus, qui poursuit la controverse les ouvrages de Theiner et Crétineau-Joly. Haut de page
Philippe Lécrivain S.J., « Une prosopographie des ex-jésuites « parisiens » (1762-1848) », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines [En ligne], 126-1 | 2014, mis en ligne le 06 août 2015, consulté le 25 mars 2017. URL : http://mefrim.revues.org/1670 ; DOI : 10.4000/mefrim.1670 Haut de page
Facultés jésuites de Paris - philippe.lecrivain@jesuites.comHaut de page
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