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Timestamp: 2016-10-26 13:18:48+00:00
Document Index: 141789836

Matched Legal Cases: ['art. 8', 'art. 9', 'art. 1', 'art. 97', 'art. 2', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 76', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 8', 'art. 105', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 1', 'art. 394', 'ATF ', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 106', 'art. 97', 'art. 321', 'art. 398', 'art. 398', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66']

4A_75/2007 (05.06.2007)
recourant, repr�sent� par Me Serge Rouvinet,
soit les hoirs de feu Z.________, intim�s, tous deux repr�sent�s par Me Bernard Ziegler,
3. Banque C.________, intim�e, repr�sent�e par
intim�e, repr�sent�e par Me Patrick Blaser.
recours en mati�re civile contre l'arr�t rendu le 23 f�vrier 2007 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
E.________ est architecte � ..., dans le canton du Valais. En 1996, il a �labor� un projet immobilier d�nomm� � W.________ �. Ce projet consistait en la construction d'une r�sidence pour personnes �g�es, compl�t�e par un h�tel et un centre de bien-�tre et de congr�s.
A.a Dans le cadre de ses recherches en vue de trouver un financement, E.________ a �t� mis en contact avec F.________. Celui-ci, ne trouvant aucun investisseur int�ress� en Suisse, a orient� ses recherches vers l'Italie et a notamment parl� du projet � W.________ � avec G.________. F.________ a �t� mis en contact avec H.________, repr�sentant la soci�t� italienne K.________. Apr�s une premi�re rencontre � Milan, H.________ a accueilli � Rome, le 10 octobre 2000, E.________ et F.________; une autre personne, pr�sent�e comme le � s. � et d�nomm�e, semble-t-il, I.________, �tait pr�sente.
A.b H.________ s'est engag�, au nom de K.________, � financer le projet � W.________ � � hauteur de 25'000'000 fr., � condition qu'une commission de 2'000'000 fr. lui soit vers�e. Il a exig� que cette commission soit pr�sent�e en esp�ces, arguant qu'il avait eu de mauvaises exp�riences dans des affaires similaires. Il a �t� convenu que la somme de 25'000'000 fr. serait mise � disposition apr�s que le � s. � se serait vu pr�senter, dans une grande ville de Suisse, la commission de 2'000'000 fr. et aurait pu confirmer � H.________ l'existence de celle-ci. Cette confirmation obtenue, les contrats seraient sign�s, les fonds vir�s en faveur de la banque C.________ et la commission remise au � s. �.
A.c Apr�s l'�chec de l'op�ration de visualisation susmentionn�e, qui n'a pas pu �tre ex�cut�e conform�ment � ce qui avait �t� pr�vu, F.________ a repris contact avec E.________ et H.________. E.________, qui voulait absolument que le projet � W.________ � se r�alise, a contact� X.________, avocat � Gen�ve. Il lui a demand�, d'une part, de trouver des personnes pr�tes � fournir la commission en cash et, d'autre part, de pr�ter son concours � une nouvelle op�ration de visualisation de la commission de 2'000'000 francs. Une commission de 50'000 fr. devait �tre vers�e � X.________ pour son intervention et une autre de 200'000 fr. au(x) bailleur(s) de fonds.
A.d En mars 2001, E.________ s'est rendu, en compagnie de son ancien avocat J.________, � l'�tude de X.________, pour lui pr�senter l'op�ration � conclure, en particulier son contexte juridique et les projets de contrats. A cette occasion, J.________ a inform� X.________ de l'�chec de la premi�re op�ration de visualisation. Par la suite, X.________ a contact� Z.________ dans l'id�e qu'il l'aiderait � trouver des bailleurs de fonds. Z.________ a expliqu� qu'il fournirait lui-m�me l'int�gralit� de la somme, qui provenait de la vente d'une maison. Z.________ s'est adress� � la banque D.________ pour obtenir une garantie bancaire. Cette garantie �tait exig�e par la banque C.________ pour le transport de la somme de 2'000'000 fr. vers Gen�ve, afin que E.________ puisse prouver qu'il dispose de ce montant et qu'il puisse ainsi obtenir un cr�dit de 25'000'000 francs. Il �tait pr�vu qu'apr�s pr�sentation des 2'000'000 fr. au repr�sentant des financiers italiens � l'�tude de X.________, le � s. � t�l�phonerait � Rome pour confirmer l'existence de ce montant. La signature des contrats par E.________ et H.________ devait suivre, de m�me que le transfert de la somme de 25'000'000 fr. sur le compte ouvert aupr�s de la banque C.________. Cette mani�re de proc�der a �t� discut�e lors d'une r�union tenue � la banque C.________ le 30 mai 2001 entre E.________ et X.________. Z.________ n'a pas particip� � cette r�union, mais il a �t� inform� de la mani�re dont l'op�ration de visualisation devait se d�rouler. E.________ a inform� X.________ du fait que le � s. � ne s'identifierait pas, mais qu'il signerait une quittance si l'op�ration avait lieu. Il lui a �galement dit que le � s. � voudrait relever les num�ros des billets. La garantie bancaire a �t� �mise le 1er juin 2001. Le 5 juin 2001, E.________ a donn� l'ordre � la banque C.________ de transf�rer le montant de 2'000'000 fr. � l'�tude de X.________. Les employ�s de la banque C.________ ont pr�par� les billets et les ont remis au convoyeur de L.________.
A.e La seconde op�ration de visualisation a eu lieu, le 6 juin 2001 � l'�tude de X.________, pendant que E.________ et F.________ devaient rencontrer H.________ � Rome pour signer les contrats. A la demande de X.________, Z.________ �tait �galement pr�sent � l'�tude, mais attendait dans une pi�ce voisine; il n'a pas particip� � la r�union. G.________, pr�sent� � X.________ comme personne de confiance de E.________, �tait �galement pr�sent; il officiait en qualit� d'interpr�te. Le convoyeur a remis � X.________ deux enveloppes plastifi�es et scell�es chimiquement. Apr�s avoir compar� les num�ros figurant sur les enveloppes et les ordres de transfert, X.________ a sign� une quittance valant r�ception des fonds. X.________ a essay�, en vain, d'obtenir le passeport du � s. � pour le photocopier. Une fois les enveloppes ouvertes, le � s. �, aid� par G.________, a d�chir� les bandes de papier portant l'inscription � banque C.________ �, qui entouraient les liasses, et les a remplac�es par des �lastiques. X.________ n'a rien fait pour les en emp�cher, d�s lors qu'il �tait pr�venu que le � s. � voudrait relever les num�ros de billets. X.________ s'est absent� quelques instants du bureau dans lequel se tenait la r�union, mais sa secr�taire est rest�e pendant ce temps sur le pas de la porte. Le � s. � a plac� les liasses dans une bo�te en plexiglas, qu'il a ferm�e avec du scotch; il a ensuite pos� la bo�te dans sa serviette et a t�l�phon� � Rome pour dire que tout �tait en ordre. La confirmation de Rome que les contrats avaient �t� sign�s n'est toutefois pas venue et X.________ a d�cid� de rendre les fonds au convoyeur. Celui-ci a refus� de reprendre les billets dans la bo�te en plexiglas et a indiqu� que ses instructions lui imposaient de ne transporter de l'argent que dans les enveloppes pr�vues � cet effet. Apr�s avoir protest�, le � s. � a accept� d'ouvrir, avec l'aide du convoyeur, la bo�te en plexiglas et a d�pos� l'argent dans les enveloppes sp�ciales. Le � s. � a montr� au convoyeur le dessus des liasses avant de les placer dans les enveloppes et lui a demand� s'il voulait v�rifier, ce que celui-ci a refus� car l'entreprise n'�tait pas responsable du contenu des enveloppes. X.________ n'est pas intervenu � ce moment pour dire qu'il v�rifierait lui-m�me les liasses de billets. Le convoyeur a referm� les enveloppes, y a report� les num�ros des ordres de transfert et a sign� quittance � X.________. Le � s. � est ensuite parti.
A.f La rencontre pr�vue � Rome pour la signature des contrats n'a jamais eu lieu. E.________ et F.________ n'ont pas pu entrer en contact avec H.________ et sont rentr�s en Suisse sans avoir pu finaliser l'accord convenu. Lorsque, le 7 juin 2001, les enveloppes ont �t� retourn�es � la banque C.________ et ouvertes, il s'est av�r� que seuls les premier et dernier billets de banque �taient authentiques et que les autres n'�taient que du papier teint�. La banque C.________ a inform� la banque D.________ de ce qu'elle appelait la garantie pour le montant de 2'000'000 francs. Z.________ a alors essay�, par voie de mesures provisionnelles, d'emp�cher le paiement de ce montant � la banque C.________. Sa d�marche est rest�e vaine. A la suite de l'arr�t rendu le 8 avril 2002 par le Tribunal f�d�ral (arr�t 4P.5/2002), qui confirmait le jugement de l'instance cantonale d�boutant Z.________ de toutes ses conclusions, la banque D.________ a le 15 avril 2002 pay� � la banque C.________ le montant de 2'057'499 fr.20, puis en ao�t 2002 un autre - suppl�mentaire - de 27'777 fr.75, destin� � couvrir le solde des int�r�ts pour la p�riode allant du 13 juin au 20 septembre 2001. Ces montants ont �t� d�bit�s des avoirs de Z.________. Les 30 avril, 1er mai et 23 mai 2002, Z.________ a fait notifier � E.________, � la banque D.________ et � la banque C.________ des commandements de payer la somme de 2'200'000 francs. Ces commandements de payer ont tous �t� frapp�s d'opposition. X.________ a renonc� � soulever l'exception de prescription.
Le 20 ao�t 2002, Z.________ a ouvert action contre X.________, E.________, la banque C.________ et la banque D.________ devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve. La demande tendait � la condamnation des d�fendeurs � payer, solidairement entre eux, la somme de 2'200'000 fr., avec int�r�ts � 5% d�s le 6 juin 2001, ainsi qu'� la lev�e des oppositions faites aux commandements de payer. Par jugement du 25 avril 2006, le Tribunal a condamn� E.________ � verser � Z.________ la somme de 2'085'276 fr.95, avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2002. La mainlev�e de l'opposition form�e au commandement de payer, poursuite No 37212, notifi� le 30 avril 2002, a �t� prononc�e, � due concurrence. Les conclusions du demandeur � l'�gard des autres d�fendeurs ont �t� rejet�es. Le Tribunal a ni� la responsabilit� de X.________, au motif qu'il n'a pas �t� �tabli que les billets de banque ont �t� substitu�s � son �tude et qu'il aurait pu et d� �viter un tel acte. En outre, l'autorit� cantonale a relev� que X.________ �tait, par un contrat de mandat conclu � titre on�reux, contractuellement li� � E.________, mais non pas � Z.________. Compte tenu des circonstances, X.________ ne devait, par ailleurs, assumer � l'�gard de Z.________ aucune obligation extracontractuelle.
Par arr�t du 23 f�vrier 2007, la Cour de justice du canton de Gen�ve a tout d'abord rectifi� la qualit� des parties au proc�s, puisqu'� la suite du d�c�s de Z.________, la proc�dure a �t� poursuivie par ses h�ritiers, A.________ et B.________. La Cour de justice a confirm� le rejet de l'action, dans la mesure o� elle �tait dirig�e contre la banque C.________ et la banque D.________. Elle a, par contre, modifi� le jugement entrepris, en ce sens que E.________ et X.________ ont �t� condamn�s, conjointement et solidairement, � verser � A.________ et B.________ la somme de 2'085'276 fr.95, avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2002. La Cour de justice a admis, comme l'ont soutenu les h�ritiers de Z.________, que celui-ci et X.________ �taient contractuellement li�s. L'autorit� cantonale a consid�r� que X.________ a d�velopp� dans cette affaire une activit� pour le compte de Z.________ en organisant, � son �tude, l'op�ration de visualisation, op�ration pour laquelle Z.________ avait fourni une garantie et dans la r�ussite de laquelle il avait un int�r�t direct, puisqu'elle lui permettrait de toucher la commission qui lui avait �t� promise. Les juges cantonaux ont conclu que X.________ avait viol� son obligation de diligence, en n'ayant pas v�rifi� les liasses de billets de banque au moment o� celles-ci �taient remises dans les enveloppes du convoyeur de fonds.
Par le biais d'un recours en mati�re civile, X.________ requiert que le jugement de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 23 f�vrier 2007 soit annul� et que A.________ et B.________, formant la communaut� h�r�ditaire de Z.________, soient d�bout�s de toutes leurs conclusions. Le recourant fait valoir une violation de l'art. 8 CC, de l'art. 9 Cst., des art. 1, 394 et 398 CO, des art. 97, 321e et 398 CO, ainsi que de l'art. 2 CC.
Les intim�s A.________ et B.________ concluent, dans leur r�ponse commune, au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilit�.
La banque C.________ et la banque D.________, d�sign�es dans le recours comme � autres parties � la proc�dure �, ont expliqu�, dans une br�ve �criture, vouloir renoncer � se d�terminer.
Par d�cision du 10 mai 2007, la demande d'effet suspensif requise par X.________ a �t� rejet�e.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un jugement final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 francs (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. a et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Les m�moires doivent indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et �tre sign�s (art. 42 al. 1 LTF). Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit (art. 42 al. 2 LTF).
1.2.1 Le recourant conclut � l'annulation du jugement entrepris et au rejet de la demande. Comme l'autorit� cantonale a condamn� le recourant et E.________, conjointement et solidairement, � verser � A.________ et B.________ une certaine somme d'argent, ces conclusions pourraient �galement concerner E.________, cod�fendeur � l'action, qui ne saurait alors �tre qualifi� d'� autre partie � la proc�dure �. De telles conclusions ne sont toutefois pas recevables, faute de tout int�r�t juridiquement prot�g� du recourant � demander l'annulation de la d�cision attaqu�e en ce qu'elle concerne E.________ (art. 76 LTF). Il convient donc d'interpr�ter les conclusions du recourant, dans le sens o� seul le rejet de la demande dirig�e contre lui est requis.
1.2.2 La banque C.________ et la banque D.________ sont formellement d�sign�es dans le pr�sent recours comme � autres parties � la proc�dure �. Aucune conclusion n'est prise en ce qui les concerne et aucun grief ne leur est consacr�. Les conclusions du recours, lues parall�lement au dispositif de l'arr�t entrepris, sont significatives: le rejet, par l'autorit� cantonale, de la demande en paiement intent�e contre la banque C.________ et la banque D.________ n'est pas remis en cause par le recourant. Ces parties l'ont du reste bien compris, puisqu'elles ont renonc� � se d�terminer sur le recours, arguant du fait qu'elles n'�taient pas touch�es par l'issue de la proc�dure. Il n'est donc pas entr� en mati�re sur le recours, dans la mesure o� il est dirig� contre la banque C.________ et la banque D.________.
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Contrairement � l'avis du recourant, la constatation, selon laquelle les employ�s de la banque C.________ ont pr�par� les billets et les ont remis au convoyeur, qui les a v�rifi�s avant de les placer dans les enveloppes pr�vues � cet effet, n'a pas �t� �tablie de fa�on manifestement inexacte, puisqu'elle r�sulte de l'appr�ciation de d�positions concordantes de t�moins. Il n'y a donc pas lieu, sur ce point, de proc�der � une rectification de l'�tat de fait. Du point de vue du recourant, cet �l�ment factuel est � important �, dans la mesure o� les juges pr�c�dents ont retenu que les fonds litigieux ont �t� subtilis�s dans son �tude. En lien avec cette derni�re constatation, le recourant invoque une violation du droit, au sens de l'art. 95 LTF, et fait valoir que la constatation constitue une violation de l'art. 8 CC et qu'elle est arbitraire. Dans la mesure o� de tels griefs sont admissibles au regard de l'art. 105 al. 2 LTF, il convient de les examiner.
Ainsi, le recourant fait grief � l'autorit� cantonale d'avoir viol� l'art. 8 CC et d'avoir fait une appr�ciation arbitraire des preuves, en ayant retenu que la substitution des billets a �t� op�r�e lors de la manipulation des billets � son �tude.
2.1 Selon l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle all�gue pour en d�duire son droit. En l'absence de disposition sp�ciale contraire (ATF 130 III 321 consid. 3.1; 128 III 271 consid. 2a/aa), l'art. 8 CC r�partit le fardeau de la preuve et d�termine laquelle des parties doit supporter les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 131 III 222 consid. 4.3; 130 III 321 consid. 3.1; 129 III 18 consid. 2.6; 127 III 519 consid. 2a). On d�duit �galement de l'art. 8 CC un droit � la preuve et � la contre-preuve (ATF 129 III 18 consid. 2.6; 126 III 315 consid. 4a). En particulier, le juge enfreint cette disposition s'il se base sur un degr� de la preuve erron� (ATF 132 III 715 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s) ou s'il ne donne pas suite aux offres de preuve d'une partie sur des faits pertinents pour l'appr�ciation juridique de la cause (ATF 114 II 289 consid. 2a; 133 III 189 consid. 5.2.2). En revanche, l'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires � ordonner (ATF 127 III 519 consid. 2a), ni ne dicte au juge comment il doit forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d; 127 III 248 consid. 3a). Ainsi, lorsque l'appr�ciation des preuves convainc le juge qu'un fait est �tabli � satisfaction de droit ou r�fut�, la question de la r�partition du fardeau de la preuve ne se pose plus et le grief tir� de la violation de l'art. 8 CC devient sans objet (ATF 114 II 289 consid. 2a).
Dans le cas d'esp�ce, l'autorit� cantonale n'a pas fait �tat d'�chec de la preuve du fait litigieux et la condition d'application de l'art. 8 CC n'est donc pas r�alis�e. Contrairement � l'avis du recourant, l'autorit� cantonale n'a pas arr�t� qu'il n'�tait pas �tabli dans quelles circonstances les billets de banque ont �t� substitu�s. Elle a au contraire constat�, � l'issue de l'appr�ciation des preuves, que l'�change des billets est intervenu � l'�tude du recourant, tout en laissant ouverte la question portant sur la mani�re dont l'�change a eu lieu. La r�gle du droit � la preuve telle que d�coulant de l'art. 8 CC n'a donc pas �t� viol�e.
2.2 S'agissant de la m�me constatation litigieuse, le recourant consid�re �galement que l'autorit� cantonale est tomb�e dans l'arbitraire. En mati�re d'appr�ciation des preuves et de constatations de fait, l'autorit� tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1).
Contrairement � ce que pr�tend le recourant, l'autorit� cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire, en arr�tant que la substitution des billets a �t� op�r�e lors de leur manipulation � l'�tude du recourant. Si l'autorit� cantonale a relev� que la mani�re dont la substitution des billets a �t� op�r�e n'est pas �tablie, elle a constat� que la substitution en question n'a pu avoir eu lieu qu'� l'�tude du recourant. A cet �gard, elle a pris soin de pr�ciser qu'une malversation de l'entreprise de convoyage n'a pas �t� all�gu�e. Non seulement le recourant ne pr�tend pas, dans son recours, avoir all�gu� un tel fait, mais, en sus, il ne mentionne aucun �l�ment du dossier qui permettrait de l'�tablir. Il est pr�cis�, � toutes fins utiles, que la non-indication, par l'autorit� cantonale, du nom de l'entreprise de convoyage ne saurait �tre constitutive d'arbitraire. Quant � l'argumentation, consistant � soutenir que le contr�le des billets de banque avant leur transport de Rarogne � Gen�ve n'a pas �t� effectu�, elle ne prend appui sur aucun indice probant. Bien plus, il ressort des constatations du jugement entrepris que les enveloppes contenant les billets de banque ont �t� ouvertes et contr�l�es � l'�tude du recourant. Si, � ce moment-l�, les billets de banque avaient d�j� �t� remplac�s par du papier teint�, ce qu'insinue le recourant, la substitution n'aurait pas pu lui �chapper. Sur le vu de l'ensemble de ces �l�ments, le grief, qui consiste � soutenir que les billets de banque ont pu �tre substitu�s lors du transport de la banque C.________ � l'�tude du recourant ou lors du transport de retour, est d�nu� de tout fondement.
La cour cantonale a retenu que le recourant �tait li� � Z.________ par un contrat de mandat. Sur ce point, le recourant fait �tat d'arbitraire dans la constatation des faits et de violation de l'art. 1 CO en relation avec les art. 394 et 398 CO.
3.1 Le mandataire peut conclure un contrat avec plusieurs mandants, comme tout sujet de droit peut conclure plusieurs contrats, ind�pendants les uns des autres. Si les contrats ont le m�me objet, ils sont valables, pour autant que le double mandat ne conduise pas � un conflit d'int�r�ts (sur l'inadmissibilit� de la double repr�sentation, cf. ATF 126 III 361 consid. 3a et les r�f�rences; cf. aussi Rolf H. Weber, Commentaire b�lois, n. 15 ad art. 398 CO; Franz Werro, Commentaire romand, n. 29 ad art. 398 CO).
3.2 Il est �tabli que l'op�ration de visualisation de la commission de 2'000'000 fr., qui devait se tenir � l'�tude du recourant, intervenait tant dans l'int�r�t de l'architecte E.________ que dans celui de Z.________. D'apr�s les constatations de fait - non remises en cause par le recourant -, Z.________ �tait directement int�ress� par cette op�ration, puisque, en cas de r�ussite, il percevait une commission. Un conflit d'int�r�ts entre E.________ et Z.________ n'est pas manifeste et, encore moins, d�montr�. Le double mandat du recourant est donc valable.
3.3 Lorsque le recourant pr�tend que l'appr�ciation des faits et des preuves � laquelle se sont livr�s les juges pr�c�dents est arbitraire, le grief est insuffisamment motiv� et donc inadmissible au regard de l'art. 106 LTF. En particulier, le recourant n'explique pas pour quelle raison l'autorit� cantonale aurait d�, sur la base des faits recueillis, aboutir � la conclusion que, compte tenu de l'accord pass� entre lui-m�me et E.________, un autre contrat - au m�me contenu - ne pouvait �tre pass� avec Z.________. Que le recourant organise, contre r�mun�ration, pour l'architecte E.________ l'op�ration de visualisation n'exclut par ailleurs pas juridiquement, contrairement � ce que soutient le recourant, qu'il se soit engag� � fournir la m�me prestation � Z.________.
En ayant retenu � son encontre une violation de l'obligation de diligence, le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire et d'avoir enfreint les art. 97, 321e et 398 CO. Si la violation de l'obligation de diligence devait �tre retenue � son encontre, le recourant pr�tend que son comportement n'a entra�n� aucun pr�judice � Z.________. Ses h�ritiers ne sauraient d�s lors valablement pr�tendre � la r�paration du dommage subi. Sous cet angle, il y a donc �galement violation des art. 321e et 97 CO, applicables par renvoi de l'art. 398 CO.
4.1 La cour cantonale a consid�r� que, sur le vu du caract�re inhabituel de l'op�ration, le recourant aurait d� se montrer particuli�rement attentif au bon d�roulement de l'op�ration et prendre toutes les pr�cautions possibles pour que la somme de 2'000'000 fr. ne disparaisse pas. Dans la mesure o� le � s. � a touch� les billets et les a mis dans sa serviette, les faisant ainsi dispara�tre de la vue des autres personnes pr�sentes, le recourant aurait d�, selon les r�gles �l�mentaires de la prudence, v�rifier les liasses de billets au moment o� celles-ci �taient remises dans les enveloppes du convoyeur de fonds. Cette v�rification - op�ration en soi simple et rapide - se justifiait d'autant plus que le convoyeur a d�clar� n'avoir aucune obligation en la mati�re et que, pour ce motif, il a refus� toute v�rification des liasses lorsque le � s. � le lui a propos�. Cette mesure �l�mentaire aurait ais�ment permis de constater la disparition des billets lors de la remise des liasses au convoyeur.
4.2 La partie du grief qui a trait � l'arbitraire dans la constatation des faits et dans l'appr�ciation des preuves est infond�e. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, l'autorit� cantonale n'a pas constat� que l'op�ration de visualisation s'est d�roul�e de mani�re conforme � ce qui avait �t� pr�vu, puisqu'il a �t� relev� que la signature des contrats, � Rome, n'a pas �t� confirm�e et que, suite � cet �v�nement, le recourant a d�cid� de rendre les fonds au convoyeur. Le d�roulement de l'op�ration a donc subi un changement par rapport � ce qui avait �t� pr�vu et c'est pr�cis�ment lors de la remise - impr�vue dans la planification - des fonds au convoyeur que le recourant a viol� son devoir de diligence. En d�pit de ce que soutient � tort le recourant, les consid�rations de la cour cantonale ne sont pas sur ce point contradictoires. La cour cantonale a relev� que G.________ a aid� le � s. � a d�chir� les bandes de papier entourant les liasses et que le � s. � a propos� au convoyeur de v�rifier les liasses de billets. Ces constatations de fait ne permettent pas de d�montrer que le recourant n'�tait pas en mesure de v�rifier lui-m�me les billets de banque. Il n'est donc pas insoutenable de ne pas avoir retenu une telle constatation.
4.3 D'apr�s l'art. 398 CO, le mandataire est responsable envers le mandant de la bonne et fid�le ex�cution du mandat (al. 2). Sa responsabilit� est soumise, d'une mani�re g�n�rale, aux m�mes r�gles que celle du travailleur dans les rapports de travail (al. 1). L'�tendue du devoir de diligence se d�termine selon les circonstances de chaque cas en fonction de crit�res objectifs et consiste dans le respect des r�gles reconnues et admises (ATF 117 II 563 consid. 2a et les r�f�rences). La cour cantonale n'a pas m�connu ces principes, en ayant retenu que, compte tenu de la nature inhabituelle de l'affaire, en particulier apr�s le manquement des financiers italiens qui n'ont pas sign� les contrats, le recourant aurait d� se montrer particuli�rement prudent, afin de s'assurer que le montant objectivement �lev� qu'il d�tenait pour le compte de ses mandants ne disparaisse pas. Elle a relev� que le contr�le des liasses de billets apr�s que le � s. � ait touch� les billets et les ait plac�s dans une bo�te �tait une mesure �l�mentaire de prudence. Cette mesure se justifiait d'autant plus que le � s. � a, tout au long de l'op�ration, gard� l'anonymat.
4.4 Le recourant conteste que Z.________ ait subi un dommage � la suite de la violation du devoir de diligence, si une telle violation devait �tre retenue. A cet �gard, le recourant pr�tend que la violation du contrat a caus� un dommage � E.________ et, par ricochet, � la banque C.________, qui lui a pr�t� l'argent, objet de l'op�ration de visualisation. Il omet toutefois de rappeler que Z.________ a fourni la garantie bancaire exig�e par la banque C.________ pour le pr�t de la somme de 2'000'000 fr., que la banque C.________ a appel� la garantie, dont le montant, pay� par la banque D.________, a �t� d�bit� des avoirs de Z.________, diminuant ainsi la fortune de celui-ci (ATF 132 III 379 consid. 3.3.2 et les r�f�rences). Par ailleurs, lorsque le recourant affirme que l'appel en garantie est abusif et que Z.________ a agi de mani�re contraire aux r�gles de la bonne foi, il ne prend appui sur aucune constatation de fait, telle que retenue par l'autorit� cantonale. Dans ces circonstances, force est de constater que le grief est infond�.
Il n'est pas entr� en mati�re sur le recours, en tant qu'il est dirig� contre la banque C.________ et la banque D.________. Dans la mesure toutefois o� le recourant a dirig� le recours contre ces deux parties, qui ont �t� invit�es � se d�terminer sur le recours et sur la requ�te d'effet suspensif et qui, � travers de courtes �critures, ont renonc� � se d�terminer, il doit les indemniser. Il y a donc lieu d'allouer � la banque C.________ et � la banque D.________ des d�pens, dont l'ampleur sera fix�e en consid�ration de la faible ampleur du travail effectu� par leurs avocats. Le recours dirig� contre A.________ et B.________ est rejet�. Le recourant doit donc acquitter l'�molument judiciaire et les d�pens � allouer � A.________ et B.________ (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Il n'est pas entr� en mati�re sur le recours, dans la mesure o� il est dirig� contre les � autres parties � la proc�dure � la banque C.________ et la banque D.________.
Le recours est rejet�, dans la mesure o� il est dirig� contre A.________ et B.________.
Le recourant versera � A.________ et B.________, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 19'000 fr. � titre de d�pens.
Le recourant versera � chacune des � autres parties � la proc�dure �, la banque C.________ et la banque D.________, une indemnit� de 800 fr. � titre de d�pens.