Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEDOUAI-20010214-96DA02236
Timestamp: 2016-12-08 12:34:33+00:00
Document Index: 285075342

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 208", "l'article 208", "l'article 1", "l'article 208", 'art. 1']

France, Cour administrative d'appel de Douai, 3e chambre, 14 février 2001, 96DA02236
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 96DA02236Numéro NOR : CETATEXT000007599253 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.douai;arret;2001-02-14;96da02236 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES - QUESTIONS COMMUNES - POUVOIRS DU JUGE FISCAL - RECOURS POUR EXCES DE POUVOIR.CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES - IMPOT SUR LES BENEFICES DES SOCIETES ET AUTRES PERSONNES MORALES - EXONERATIONS.Texte : Vu l'ordonnance en date du 30 août 1999 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Nancy a, en application du décret n 99-435 du 28 mai 1999 portant création d'une cour administrative d'appel à Douai et modifiant les articles R. 5, R. 7 et R. 8 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, alors applicables, transmis à la cour administrative d'appel de Douai la requête présentée pour la société Corona Carpets, société anonyme dont le siège est ..., par Me Christian Y... et Me Richard X..., avocats ;
Vu la requête, enregistrée le 12 août 1996 au greffe de la cour administrative d'appel de Nancy, par laquelle la société Corona Carpets demande à la Cour :
1 ) d'annuler le jugement du 13 juin 1996 du tribunal administratif de Lille en tant qu'il a rejeté sa demande dirigée contre la décision du 28 mars 1991 par laquelle le directeur des services fiscaux du Nord-Lille lui a retiré le bénéfice de l'exonération décennale de l'impôt sur les sociétés prévue à l'article 208 quinquies du code général des impôts ;
3 ) de décider, le cas échéant, de saisir à titre préjudiciel la Cour de Justice des communautés européennes ;
4 ) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 100 000 francs au titre de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
les observations de Me Y..., avocat, pour la société Corona Carpets,
Considérant que, pour rejeter la demande de la société Corona Carpets, le tribunal administratif de Lille a estimé que la décision du directeur des services fiscaux du Nord-Lille en date du 28 mars 1991 ne pouvait être regardée comme valant retrait de précédentes décisions en date des 29 janvier 1988 et 12 juin 1989 ; qu'il ressort des pièces du dossier, que, dans un mémoire enregistré au greffe du tribunal administratif le 28 avril 1993, le ministre du budget avait soutenu que les décisions en cause s'étaient bornées à formuler un simple avis ; qu'il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que, faute d'avoir communiqué aux parties le moyen susanalysé, le jugement attaqué aurait été rendu en méconnaissance des dispositions de l'article R. 153-I du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, alors en vigueur ;
Considérant que l'article 208 quinquies du code général des impôts dispose que les entreprises qui seront créées dans l'une des zones prévues à l'article 1er de l'ordonnance n 86-1113 du 15 octobre 1986 pourront bénéficier de plein droit d'une exonération d'impôt sur les sociétés pendant une période de dix ans sous réserve de remplir les conditions prévues audit article ;
Considérant que, par la lettre contestée en date du 28 mars 1991, le directeur des services fiscaux du Nord-Lille a fait savoir à la société Corona Carpets qu'en raison de la position adoptée le 10 janvier 1990 par la Commission des Communautés européennes, elle ne pouvait bénéficier de l'avantage fiscal prévu à l'article 208 quinquies du code général des impôts dès lors qu'elle exerçait une activité de fabrication de tapis et de moquettes ; que la société Corona Carpets soutient que le directeur des services fiscaux ne pouvait, sans porter atteinte à ses droits acquis, revenir sur les précédentes décisions en date des 29 janvier 1988 et 12 juin 1989 ;
Considérant qu'il résulte des dispositions susrappelées que l'exonération en cause n'est pas subordonnée à un agrément de l'autorité administrative ; qu'ainsi, la lettre du 28 mars 1991 présentait, quels qu'en fussent les termes, le caractère d'un acte non détachable de la procédure d'imposition insusceptible d'être attaqué par la voie du recours pour excès de pouvoir, en dépit du fait que le directeur des services fiscaux ait cru à tort devoir préciser le 15 juin 1992 que sa "décision" pouvait être déférée au tribunal administratif ; que, par suite, la société Corona Carpets n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande ;
Considérant que les dispositions susvisées font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à verser à la société requérante la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : La requête de la société Corona Carpets est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Corona Carpets et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Copie sera transmise au directeur de contrôle fiscal.Références : CGI 208 quinquiesCode de justice administrative L761-1Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R153Ordonnance 86-1113 1986-10-15 art. 1Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme ChelleRapporteur public : M. EvrardOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de DouaiFormation : 3e chambreDate de la décision : 14/02/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page