Source: http://www.drogues.gouv.fr/node/
Timestamp: 2018-07-22 10:12:38+00:00
Document Index: 88739563

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

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Prescrit et utilisé avec discernement, un médicament psychoactif permet d'atténuer ou de faire disparaître une souffrance psychique. Un médicament psychoactif est prescrit par un médecin. Après examen, celui-ci établit un diagnostic et, s'il l'estime nécessaire, détermine le traitement adapté à l'état de santé du patient.
Un grand nombre de personnes demandent à leur médecin des médicaments pour faire face à des troubles provoqués par leurs difficultés quotidiennes. Ces troubles peuvent être transitoires, occasionnels ou devenir chroniques. Dans tous les cas, les prescriptions ont une durée limitée (à un mois) : tout renouvellement donne lieu à une nouvelle consultation.
Il est conseillé de s’en tenir à l’ordonnance du médecin :
Tranquillisants ou somnifères peuvent être prescrits temporairement sans conséquences pour la santé.
Les médicaments psychoactifs ne doivent pas être réutilisés sans nouvel avis médical et ne conviennent pas à une autre personne : une prescription est individuelle et personnelle.
Une consultation médicale ne se termine pas obligatoirement par la prescription de médicaments, notamment de tranquillisants ou de somnifères.
Un état anxieux ne relève pas systématiquement d’une prescription de tranquillisants. Le médecin saura s’il s’agit d’une maladie ou de difficultés passagères, et proposera alors des solutions adaptées.
Le patient doit se conformer strictement à l’ordonnance du médecin.
La consommation médicamenteuse chez les usagers réguliers d’héroïne ou de cocaïne
Parmi les usagers de drogues, la consommation des médicaments psychoactifs (notamment les benzodiazépines) peut être thérapeutique, constituer une automédication ou être « détournée » de son usage thérapeutique. Dans ce dernier cas, ils sont consommés pour apporter des sensations nouvelles ou moduler les effets sédatifs ou excitants des substances psychoactives consommées par ailleurs (héroïne, cocaïne…). L’association avec l’alcool est fréquente dans le cadre de ces polyconsommations. Les médicaments psychoactifs peuvent faire l’objet de trafic, au même titre que les substances psychoactives illicites.
Les traitements de substitution prescrits en cas de trouble lié à l’usage d’héroïne sont également concernés par le mésusage. Certaines personnes cumulent un mésusage de médicaments psychoactifs et un usage de substances psychoactives licites ou illicites (alcool, autres drogues). Cette association comporte des dangers, d’autant que certaines interactions sont méconnues médicalement. Le mélange avec l’alcool, notamment, potentialise ou parfois annule les effets des substances absorbées.
Les effets des médicaments psychoactifs diffèrent selon leur composition chimique, les doses administrées et la sensibilité individuelle du patient. Les effets d'un médicament psychoactif diffèrent selon la catégorie à laquelle il appartient :
Les effets des médicaments psychoactifs
Les tranquillisants ou anxiolytiques
Ils diminuent l'angoisse et les manifestations de l'anxiété (insomnie, tension musculaire.). Ils ne sont pas indiqués pour une maladie précise mais pour répondre à un état d'anxiété. Cependant, tout état de ce type ne nécessite pas systématiquement une prescription de ces médicaments. Les tranquillisants les plus prescrits, notamment pour des durées longues, appartiennent à la famille des benzodiazépines, connues pour le risque de dépendance qu'elles entraînent. Les tranquillisants sont parfois utilisés de façon toxicomaniaque, à doses massives ou en association à d'autres produits.
Les somnifères ou hypnotiques
Ils sont destinés à provoquer et/ou maintenir le sommeil. De ce fait, ils peuvent diminuer la vigilance. Les somnifères les plus prescrits, notamment pour des durées longues, n'appartiennent pas à la famille des benzodiazépines, mais celles-ci sont encore souvent utilisées en raison de leur efficacité contre l'angoisse.
Les somnifères sont parfois utilisés de façon abusive, à doses massives ou en association à d'autres produits notamment l'alcool.
Ils relèvent de prescriptions psychiatriques, notamment pour le traitement des psychoses (maladies mentales qui affectent les comportements, le rapport à la réalité et dont le malade ne reconnaît pas toujours le caractère pathologique). Dans le traitement de ces maladies souvent longues, la prise en charge psychologique et sociale du patient doit être associée au traitement médicamenteux. Comme pour tout traitement médical, son interruption est particulièrement déconseillée sans l'avis du médecin. Les neuroleptiques ne sont pas utilisés à des fins toxicomaniaques.
Ils sont prescrits dans le traitement de la dépression dont les symptômes sont notamment : la tristesse, une diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir à vivre, des troubles du sommeil et des troubles alimentaires (perte de l'appétit ou plus rarement boulimie), sensation de fatigue ou perte d'énergie inexpliquées, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, diminution de l'aptitude à penser et à se concentrer. Les antidépresseurs peuvent entraîner des effets indésirables : perte de vigilance, somnolence ou excitation.
Ce sont des régulateurs de l’humeur. Ils sont prescrits dans le traitement du trouble bipolaire. Ils peuvent entraîner des effets indésirables et doivent être prescrits par un médecin.
Les analgésiques et les antalgiques
Ce sont des médicaments destinés à éliminer ou à réduire la douleur. Certains d’entre eux (Skénan®, Moscontin ®, Temgesic®, Codoliprane®, Neo-codion®…) contiennent des opiacés et peuvent entraîner des syndromes de tolérance et de sevrage (« manque).
Largement consommées en France, les benzodiazépines sont prescrites pour apaiser l’angoisse ou l’anxiété, favoriser le sommeil ou faciliter la relaxation musculaire. Elles peuvent entraîner des effets indésirables (baisse de la vigilance, somnolence, diminution des réflexes) qui rendent dangereuses la conduite d’un véhicule ou l’utilisation d’une machine.
Certaines ont des effets désinhibants pouvant mener à des actes incontrôlés. La prise d’alcool au cours d’un traitement est déconseillée. Leur association avec des traitements de substitution aux opiacés expose à un risque de dépression respiratoire pouvant provoquer la mort.
Elles peuvent entraîner des troubles liés au mésusage, favorisés par une durée trop longue du traitement, des doses trop importantes, l’état de santé de la personne, l’association à l’alcool. Des symptômes de sevrage peuvent se manifester en cas d’arrêt trop brutal du traitement : insomnie, douleurs musculaires, anxiété, irritabilité, agitation. Un arrêt progressif permet d’arrêter ces symptômes.
de la population française a eu au moins un remboursement de benzodiazépines (principes actifs de la majorité des anxiolytiques et somnifères) en 2015
Poppers colles solvants
Les poppers sont des préparations contenant des nitrites dissous dans des solvants, présentés comme aphrodisiaques et euphorisants, et destinés à être inhalés.
Les poppers sont essentiellement consommés par les jeunes adultes. Ils sont utilisés dans les milieux homosexuels depuis les années 1970 et leur consommation s'est étendue secondairement à d'autres usagers, en milieu festif. Les poppers se présentent sous la forme d'un liquide très volatile contenu dans un petit flacon ou une ampoule à briser pour pouvoir l’inhaler. Leur usage n’est pas interdit mais il comporte certains risques.
Les autres inhalants et les solvants sont des substances chimiques contenues dans des produits d'usage courant que l'on peut légalement se procurer dans le commerce. Inhalés, ces produits sont utilisés pour leurs effets psychoactifs, en particulier par des enfants ou des adolescents très jeunes. Ils ont une forte toxicité. Les solvants organiques (volatils ou gazeux) les plus connus sont l'éther, le trichloréthylène et l'acétone. On les trouve dans une gamme de produits variés : colles, solvants, détachants, vernis, dérivés du pétrole, gaz propulseurs de bombes aérosols, etc.
Les poppers peuvent provoquer une sensation d'euphorie, une dilatation intense des vaisseaux et une accélération du rythme cardiaque. Ils sont également utilisés dans le but d'optimiser les performances sexuelles. Leurs effets ne durent pas plus de deux minutes.
S’agissant des solvants, ces substances provoquent successivement une euphorie avec sensation d'ivresse, suivie, chez certains consommateurs, de troubles de la perception pouvant conduire à des hallucinations, et enfin, une somnolence allant parfois jusqu'à la perte de conscience.
La consommation de poppers peut s'accompagner de troubles transitoires (vertiges, nausées, maux de tête) ou durables en cas de consommation répétée, à forte dose (dépression respiratoire, anémie grave, problèmes d'érection, problèmes hématologiques, etc.) ou lors d’association avec d’autres produits (alcool, médicaments).
Des accidents peuvent survenir lors des prises de solvants : asphyxie liée à l'inhalation dans un sac en plastique, explosion par chauffage de solvants volatils, arrêt cardiaque, expériences d'hallucinations, etc.
L'usage à long terme entraîne des pathologies neurologiques, des lésions des reins, du foie, des voies respiratoires et du système digestif, ainsi que des troubles du comportement.
Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) ou Gamma OH est une molécule anesthésique à usage médical. Il a une double action : euphorisante, puis sédative. Son utilisation comme drogue est cantonnée à certains lieux de la vie nocturne. Il est classé comme stupéfiant.
Il est généralement vendu sous forme de poudre soluble ou sous forme liquide et est ingéré.
Après ingestion, la GBL est transformée dans le corps en GHB. Les effets sont les mêmes que ceux produits par le GHB, ils varient selon les doses ingérées, allant de l’euphorie, à des situations de désinhibition, pouvant conduire à des prises de risques sexuelles.
L’usage du GHB peut entraîner des vertiges, des nausées, des contractions musculaires ou des hallucinations.
Les champignons hallucinogènes (ainsi que les préparations les comprenant) sont classés comme stupéfiants. La famille la plus connue des champignons hallucinogènes est la famille des psilocybes qui comporte plus de 80 variétés. Le principe psychoactif essentiel est la psilocybine. Les champignons hallucinogènes sont surtout consommés dans un but expérimental, la consommation régulière reste rare.
Diverses espèces de champignons peuvent induire, après ingestion, des modifications sensorielles, voire des hallucinations. De ce fait, ces espèces ont donné et donnent encore lieu, en de nombreuses régions du globe (notamment en Amérique centrale), à des usages rituels (dans un cadre de chamanisme). C’est sous l’influence de ce modèle que les sociétés occidentales utilisent les champignons hallucinogènes.
LES AUTRES PLANTES HALLUCINOGENES
Toutes ces plantes sont consommées de manière très marginale en France :
les plantes à mescaline ou cactus hallucinogènes (peyotl) ;
la Salva Divinorium ou sauge divinatoire ;
les solanacées (datura, belladone, mandragore, etc.) ;
l'ayahuasca ;
l'iboga.
La plupart de ces plantes sont classées comme stupéfiants. Leurs effets hallucinogènes sont souvent très puissants et leur consommation peut être extrêmement dangereuse, voire mortelle. Les rituels « spirituels », « chamaniques » ou de « médecine alternative » auxquels elles sont parfois associées peuvent dissimuler des tentatives d’emprise de la part de charlatans ou de sectes.
Les champignons hallucinogènes procurent des effets hallucinogènes et euphorisants proches de ceux du LSD.
Même si leur appellation d'hallucinogènes « naturels » donne au consommateur une impression de sécurité, les risques sont les mêmes que pour le LSD : crises d'angoisse, perte de contrôle, bad trips. Certaines variétés sont fortement dosées en principe actif et peuvent exposer à de graves accidents.
Tous les champignons hallucinogènes sont vénéneux et présentent un réel risque toxique mortel.
Le chlorhydrate de kétamine est un produit utilisé en France en anesthésie humaine et vétérinaire. On trouve la kétamine sous forme de poudre cristalline, de gélules ou de comprimés. Généralement "sniffé", notamment chez les consommateurs de cocaïne la kétamine est parfois injectée par voie intramusculaire.
A certaines doses, qui sont variables selon les individus, cet anesthésiant a des effets hallucinogènes. Ce sont ces derniers qui sont recherchés. Un engourdissement avec la perte des notions de temps et d’espace, la perte également de sa sensibilité corporelle et à plus forte dose, le sentiment de dissociation entre le corps et l'esprit.
La durée des effets se situe généralement entre 2 et 4 heures.
L’utilisation de la kétamine en dehors d’un cadre médicalisé peut entrainer :
Des chutes avec blessures du fait de fait l’insensibilité liée à la prise.
Des troubles psychiques (angoisse, attaques de panique) qui peuvent être durables et neurologiques (paralysies temporaires).
La prise de doses importantes peut conduire à des dépressions respiratoires, des pertes de conscience totale, le coma.
Une accoutumance amène les usagers à augmenter progressivement les doses consommées. Ces effets sont aggravés en cas d’association avec d'autres hallucinogènes et/ou de l'alcool.
Le tabac est une plante cultivée dans le monde entier. Après séchage, les feuilles sont mises à fermenter pour obtenir un goût spécifique. Les tabacs en feuilles sont classés selon leur variété ou leur mode de séchage. Les tabacs bruns sont séchés à l'air et au feu ; les tabacs blonds sont séchés à l'air chaud, les tabacs clairs (« goût américain ») sont séchés à l'air ou au soleil.
Le tabac est proposé à la consommation sous forme de cigarettes, cigares, tabac en vrac (à rouler ou pour la pipe / chicha), tabac à chiquer. Toutes ces formes sont toxiques. Le tabac à rouler est encore plus nocif que les cigarettes vendues en paquet : son rendement en nicotine et en goudrons est trois à six fois plus élevé, et les cigarettes roulées ne contiennent généralement pas de filtre.
Le tabac contient de la nicotine, qui possède un effet « éveillant », anxiolytique et coupe-faim. Quelques secondes après avoir inhalé la fumée, le fumeur ressent :
des sensations de plaisir, bien-être, stabilisation de l’humeur, réduction de l’anxiété et du stress.
des sensations de stimulation cognitive, d’augmentation de la concentration intellectuelle, de la vigilance, de la mémoire à court terme.
une diminution de la sensation de faim.
Mais ces sensations dues à l’action de la nicotine sur le cerveau sont souvent trompeuses, notamment en ce qui concerne l’anxiété et le stress.
En réalité, loin d’apaiser le stress, la nicotine en augmente l’effet. Lorsqu’une personne fume, ses pulsations cardiaques sont plus rapides, sa pression artérielle augmente. C’est pour cela que la nicotine est classée parmi les substances excitantes, et non pas parmi les substances calmantes. Fumer est en fait une très mauvaise réponse face au stress : plus on est stressé, plus on fume et plus on fume, plus on stresse. Les personnes qui arrêtent de fumer déclarent souvent que cela leur a permis à terme de retrouver de la sérénité.
Et le tabac peut également provoquer des sensations moins agréables :
maux de tête, vertiges, diminution de la résistance à l’effort physique (le tabac limite l’apport d’oxygène au cerveau et aux muscles) ;
effets sur la digestion, dus à l’augmentation de la sécrétion d’acides gastriques.
QUE CONTIENT LA FUMEE DE TABAC ?
La fumée de tabac est un mélange de gaz et de particules qui se forme à une température pouvant atteindre 900°C. La combustion du tabac provoque la formation de plusieurs milliers de substances toxiques, qu’on retrouve dans toutes les formes de tabac. Plus de 60 de ces substances ont été identifiées comme cancérigènes.
Présente dans les feuilles de tabac, cette substance se retrouve sous forme de particules en suspension dans la fumée. La nicotine est l’élément psychoactif du tabac. C’est elle qui entraîne la tolérance / accoutumance qui peut apparaître dès les premières semaines, voire les premiers jours, et pour une faible consommation de tabac. La nicotine affecte aussi les systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
Particules solides formées par la combustion du tabac. Parmi eux se trouvent les principaux responsables des cancers liés au tabagisme. Ils ont aussi un effet nocif sur les tissus et les muqueuses.
Mélange d’éléments divers (acétone, phénols, acide cyanhydrique, etc.) qui se révèlent lors de la combustion. Ces substances affectent la capacité respiratoire. Elles entraînent l’inflammation des bronches et la toux.
Gaz toxique formé par la combustion incomplète du carbone qui se fixe sur l’hémoglobine du globule rouge à la place de l’oxygène. D’où un moindre taux d’oxygène dans le sang et les organes. Moins bien alimentés, ceux-ci ne peuvent travailler efficacement. Pour compenser, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, diminuant la capacité à l’effort et augmentant les risques cardiovasculaires.
Autres particules
Substances ajoutées au tabac par les industriels, selon des recettes secrètes. Cette information est pourtant cruciale car certains additifs, soumis à la combustion de la cigarette, dégagent de nouveaux composants potentiellement dangereux. Dans certaines cigarettes, l’ammoniac serait utilisé pour faciliter l’inhalation de la fumée sans provoquer de toux et favoriser l’absorption de la nicotine. Différents arômes comme la vanille ont été utilisés pour adapter le goût de la cigarette aux jeunes et aux fumeurs débutants, mais les cigarettes ainsi aromatisées, dites « cigarettes bonbons », ont été interdites en France en 2009. Le génol et le menthol masquent l’effet irritant de la fumée. D’autres additifs rendent la fumée moins repérable, empêchant ainsi les fumeurs passifs de s’en protéger.
La fumée de cigarette contient également des métaux lourds : cadmium, mercure, plomb, chrome, etc.
Les risques de cancers associés au tabac sont liés d’abord à la durée du tabagisme, puis à l’importance de la consommation quotidienne. Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel fumer est inoffensif. La diminution du nombre de cigarettes réduit mais ne supprime pas les risques.
1 cancer sur 4 est associé au tabac
TROUBLES LIES A L’USAGE
La nicotine, très addictive, provoque rapidement des syndromes de tolérance, de « craving » et de sevrage (« manque ») : irritabilité, angoisse, envie difficilement répressible de reprendre une cigarette. Les gestes et le rituel du fumeur s’ancrent dans les comportements et les habitudes de la personne.
Le tabac est en cause dans la grande majorité des cancers des poumons, des bronches, du larynx, de la cavité buccale, de l’œsophage. Il augmente fortement le risque d’autres cancers (de la vessie, du pancréas, de l’estomac, du foie, du rein, du sein…).
Essentiellement due au tabagisme, la bronchite chronique évolue vers l’insuffisance respiratoire chronique obstructive si l’usage du tabac n’est pas stoppé. L’emphysème (dilatation excessive et permanente des alvéoles pulmonaires, avec rupture de leurs cloisons) est aussi une maladie souvent liée au tabagisme.
Le tabagisme est un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde. Les accidents vasculaires cérébraux, l’artérite des membres inférieurs, les anévrismes, l’hypertension artérielle sont aussi liés, en partie, à la fumée de tabac.
TABAC ET FEMMES
Le tabac favorise le cancer de l’utérus et le cancer du sein.
À consommation égale, les femmes semblent plus sensibles que les hommes à certaines pathologies, notamment le cancer du poumon.
L’association pilule-tabac accroît les risques cardiovasculaires.
Certaines maladies respiratoires présentent chez les femmes des facteurs de risque et une sévérité accrues.
Le tabagisme peut aussi entraîner : baisse de la fertilité, ménopause précoce, perturbation du système hormonal, développement de l’ostéoporose.
Chez la femme enceinte, le tabagisme est un facteur de risque avéré de retard de croissance intra-utérine, de risques de grossesse extra-utérine, et de prématurité. De nombreuses études ont montré une association significative entre tabagisme maternel pendant et après la grossesse (tabagisme passif autour du bébé) et syndrome de la mort subite du nourrisson.
Le tabagisme passif subi par le fœtus d’une femme enceinte fumeuse l’expose à de nombreux risques pour l’avenir : asthme, infections respiratoires, otites récidivantes, troubles de l’attention, hyperactivité, troubles de l’apprentissage… L’enfant né d’une mère fumeuse a également un risque plus important de devenir fumeur.
Il est possible et bénéfique d’arrêter de fumer à n’importe quel moment de la grossesse.
L’utilisation des substituts nicotiniques est autorisée sous contrôle médical chez les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. Les substituts peuvent être prescrits par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
LES SOLUTIONS POUR ARRETER
Il est possible de s'arrêter de fumer sans aide particulière, ni médicament ou substitut. Cependant, pour augmenter ses chances d’arrêter durablement, on peut se faire aider par des professionnels de santé (médecins de ville, pharmaciens), consultations de tabacologie, service d’aide en ligne (Tabac Info Service), etc. Ces consultations peuvent aussi être proposées dans les Consultations Jeunes Consommateurs et les CSAPA.
Il existe différentes méthodes d'aide au sevrage avec ou sans contrôle médical adaptées selon le profil et la motivation de la personne :
une substitution nicotinique (patchs, gommes à mâcher, etc. vendus en pharmacie) permettant un sevrage progressif de la nicotine et réduisant les effets du manque ;
un traitement médicamenteux (bupropion, par ex.) ;
une aide psychologique individuelle ou collective, des rencontres avec d'anciens fumeurs, la relaxation et les techniques respiratoires, diététiques, etc. peuvent être préconisées.
fumeurs ont eu recours à des traitements d’aide à l’arrêt du tabac en 2016
Si le vin est la boisson la plus consommée en France, il l’est peu parmi les 15-25 ans. La bière et les alcools forts sont davantage consommés par les jeunes.
L'alcool est obtenu par fermentation de végétaux riches en sucre ou par distillation et entre dans la composition des boissons alcooliques : vin, cidre, bière, rhum et alcools distillés, vodka et whisky.
Premix, Alcopops et Vinipops
Les professionnels du secteur des boissons alcoolisées ont développé des stratégies marketing en direction des jeunes consommateurs, attirés par les saveurs sucrées. Ces produits sont des mélanges de différents types d’alcool, de jus de fruits ou de sodas, dont la teneur en sucre, souvent élevée, masque le goût de l’alcool. Les nouveaux consommateurs, habitués à l’alcool grâce à ces produits, peuvent ensuite « évoluer » vers d’autres types de boissons alcoolisées et entretenir ainsi ce marché.
Les équivalences d'alcool
reglette_alcool.jpg, par mildeca
Il y a la même quantité d'alcool dans un demi de bière, une coupe de champagne, un ballon de vin, un verre de pastis, etc.
1 verre standard = 10 g d'alcool
Le verre d'alcool standard contient 10 g d'alcool pur ou encore 1,25 centilitre d'alcool pur quel que soit le produit alcoolisé.
Inégaux face à l’alcool
Face à la consommation d’alcool, chacun réagit différemment selon sa corpulence, son état de santé physique et psychique, que l’on soit un homme ou une femme, et selon le moment de la consommation. Le seuil de tolérance dépend donc de la personne et du contexte.
L'alcool n'est pas digéré : il passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins. En quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les parties de l'organisme.
L’alcool est un produit psychoactif. Il modifie la conscience et les perceptions, ainsi que les comportements. Ses effets dépendent de l’alcoolémie (la concentration d’alcool dans le sang). À petite dose, il désinhibe, donne le sentiment d’être à l’aise et provoque une sensation de détente ou d’euphorie. Mais dès que l’on augmente les quantités consommées, il provoque l’ivresse et altère rapidement le jugement et le comportement.
Boire une grande quantité d'alcool en peu de temps provoque une montée importante du taux d'alcoolémie, qui baisse ensuite en fonction de la quantité bue : seul le temps permet de le faire baisser. L’alcoolémie commence à baisser 1h après le dernier verre et il faut compter environ 1h30 en moyenne pour éliminer chaque verre d’alcool. Si on boit sans manger, l'alcool passe plus rapidement dans le sang et ses effets sont plus importants.
La consommation d'alcool peut exposer à des risques majeurs :
malaises et comas éthyliques : nausées et vomissements peuvent survenir. À plus forte dose encore, l’alcool peut entraîner la somnolence, qui peut évoluer vers un coma éthylique parfois mortel ;
accidents : les réflexes et la vigilance s’amoindrissent. Cette altération du comportement est souvent à l’origine d’accidents de la route ou encore du travail ;
rapports sexuels à risque : l’ivresse peut entraîner des relations non protégées ou non consenties ;
violence : une grande partie des agressions (injures, coups, agressions sexuelles) sont commises sous influence de l’alcool. La consommation d’alcool peut également amener à en être victime, du fait parfois d’une attitude provocatrice ou du fait que la personne ivre est moins capable de se défendre.
Les risques à plus long terme
Une consommation régulière, quand elle est excessive, augmente le risque de nombreuses pathologies tel que cancers (notamment de la bouche, de la gorge, de l’oesophage…), maladies du foie (hépatite, cirrhose) et du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies neurologiques, troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement).
Trouble lié à l’usage d’alcool
La personne peut devenir incapable de réduire ou d’arrêter sa consommation, sous peine de malaise, de souffrances psychologiques et/ou physiques.
De nombreux symptômes peuvent apparaître lors de la consommation ou de l’arrêt comme la tristesse, des troubles du sommeil, une irritabilité ou encore tremblements, sueurs, anorexie, troubles du comportement. Ces troubles peuvent s’accompagner de difficultés majeures d’ordre familial, relationnel, social, professionnel, sanitaire et judiciaire.
Une consommation, même occasionnelle ou faible, d'alcool pendant la grossesse n'est pas anodine et peut entraîner des risques pour l'enfant à naître. L'alcool passe du sang maternel au sang du fœtus, sans que le placenta ne joue le rôle de « filtre » : les concentrations d'alcool chez le fœtus sont donc très proches des concentrations dans le sang maternel.
Une consommation quotidienne, même très faible, ou des ivresses épisodiques peuvent entraîner des complications durant la grossesse ainsi que des troubles des fonctions cognitives, tels que des troubles définitifs de la mémoire, de l'apprentissage, de l'attention.
Le syndrome de l'alcoolisation fœtale est l'atteinte la plus grave de l'exposition prénatale à l'alcool. Il se manifeste notamment par : des anomalies dans la croissance, des anomalies faciales, des dommages du système nerveux central susceptibles d'entraîner des déficits fonctionnels tels que le retard mental ou l'hyperactivité.
picto_enceinte.jpeg, par capgemini
Les troubles peuvent apparaître pour de faibles consommations. On ne connaît pas le seuil au-dessous duquel la consommation d’alcool chez la femme enceinte n’a pas de conséquence sur la santé du fœtus. Aucune boisson alcoolisée n’est moins à risque. Il est donc recommandé de s’abstenir de consommer toute boisson alcoolisée tout au long de la grossesse et pendant l’allaitement.
c’est le nombre de décès par an attribuable à l’alcool en 2009 (source OFDT)
L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu par synthèse à partir de la morphine, extraite du pavot. La morphine est le médicament le plus actif contre la douleur. Il arrive que ce médicament soit détourné, avec les mêmes dangers que ceux de l’héroïne.
L’héroïne peut être fumée, sniffée (reniflée avec une « paille ») ou injectée (à l’aide d’une seringue). Quelle que soit la façon dont elle est consommée, elle comporte toujours des risques importants pour la santé.
L’injection est cependant le mode de consommation le plus dangereux, notamment en raison du risque particulièrement important de transmission sanguine du VIH/sida et des virus des hépatites B ou C. En France, les pratiques d'injection sont stables depuis les années 1990.
L’héroïne peut prendre :
différentes formes : poudre, granulés, cailloux…
différentes couleurs : blanche, brune, beige, grise, rosâtre…
différents noms : rabla, came, tar, dré, poudre, smack, junk, horse, schnouff, blanche, brune, brown sugar…
"Montée" plus ou moins rapide et puissante selon les modes d’administration et le produit. Puis sensations de calme, d’apaisement, de diminution de l’angoisse et de l’anxiété. Ces effets disparaissent après quelques heures et sont suivies d’une période de somnolence.
Effets non désirés possibles
Dès la première prise : ralentissement du rythme respiratoire / cardiaque et de la tension artérielle, possibles vertiges, nausées, vomissements, etc.
Après quelques prises : possibles perturbations des cycles du sommeil, perte d’appétit et de désir sexuel, retard ou impossibilité de l’orgasme ou de l’éjaculation chez l’homme, perturbation ou arrêt des règles chez la femme, etc.
Lorsque la consommation régulière s’installe (en quelques semaines, voire quelques jours) : l’état de manque, entre deux consommations, a d’importants effets psychologiques (irritabilité, angoisse, perte d’appétit, trouble du sommeil…) et physiques (pouls élevé, éternuements, sensation de froid intense, fièvre, douleurs dans les reins, maux de ventre, dérangements intestinaux…).
Les effets varient selon le mode de consommation, le produit, la dose, les caractéristiques physiques et psychologiques de chaque personne et la fréquence de consommation : les effets recherchés ressentis lors des premières prises ont tendance à diminuer par la suite, tandis que les effets pénibles et en particulier ceux liés au manque ont tendance à augmenter.
Des risques dès la première fois
Les risques infectieux :
Consommer dans un environnement à l’hygiène insuffisante comporte des risques d’infections locales causées par des champignons ou des bactéries.
Partager et réutiliser le matériel d’injection (seringue, récipient, eau, filtre, tampon d’alcool, tampon sec) ou la paille de sniff favorise la transmission du VIH/sida et des virus des hépatites B et C (les hépatites passent souvent inaperçues, peuvent provoquer des cancers et détruire le foie). C'est pour enrayer le phénomène de contamination qu'a été mise en place à partir de 1987 une politique de réduction des risques.
Le risque de surdose (overdose)
L’héroïne ralentit la respiration. Cet effet peut être très brutal et dangereux. Il peut s’accompagner d’un relâchement des muscles et de troubles de la conscience, entraîner un coma et parfois la mort : c’est ce qu’on appelle la surdose (ou overdose).
Ce risque existe quel que soit le mode de consommation (que l’héroïne soit fumée, sniffée ou injectée), quelle que soit la quantité consommée, même faible. Il est plus important :
chez les nouveaux usagers (premières fois) ou en cas de reprise de consommation après une période d’abstinence
si l’héroïne est très concentrée ou coupée avec des tranquillisants
en cas de mélange avec d’autres drogues et/ou de l’alcool et/ou certains médicaments (somnifères, tranquillisants, antidouleur)
Soigner les troubles liés à l’usage d’héroïne
L'objectif de la prise en charge est l'arrêt de la consommation et de la prise compulsive d'opiacés. Cette prise en charge s'inscrit dans la durée et prend en compte les aspects médicaux, psychologiques et sociaux.
soit directement d'un sevrage. Celui-ci est réalisé en hospitalisation ou à domicile, avec une supervision médicale pour soigner les symptômes physiques et psychologiques de manque ressentis pendant le sevrage.
soit d'une prescription de traitement de substitution. Celui-ci consiste à remplacer la consommation d'héroïne par la prise par voie orale de médicaments opiacés : méthadone ou buprénorphine haut dosage (Subutex®, buprénorphine Arrow et buprénorphine Mylan).
Ces médicaments visent à réduire l’utilisation des produits illicites, diminuer la pratique de l’injection, favoriser une meilleure insertion sociale, améliorer le suivi des traitements de l’infection VIH ou des hépatites et réduire le risque de décès.
Certaines personnes n’arrêteront jamais de prendre un traitement de substitution, l’équipe médicale mettra alors en place un « traitement de maintenance ». Ce n’est pas en soi un signe d’échec, le patient sera alors suivi dans la durée tel un patient diabétique pour lequel l’insuline est indispensable à sa santé.
Les traitements de la dépendance (sevrage et/ou traitements de substitution) sont également assurés en prison.
En savoir plus sur la substitution
En savoir plus sur le sevrage
personnes environ ont reçu un traitement de substitution aux opiacés en 2015 (source OFDT)
La MDMA (méthylènedioxymétamphétamine) est une molécule de la famille chimique des amphétamines.
Elle peut se présenter sous forme de comprimés de couleurs et de formes variées, ornés d’un motif ou d’un logo qui change régulièrement. Dans ce cas, elle est également appelée "ecstasy".
Lorsqu’elle se présente sous forme de poudre (éventuellement présentée en gélule) ou de cristaux : elle est appelée MDMA.
Le contenu d'un comprimé présenté comme étant de l'ecstasy est souvent incertain voire nulle. On peut y trouver de la caféine, des médicaments, des sucres et liants divers mais aussi d’autres substances psychoactives.
Après une période de « flottement », s’installe une certaine euphorie, une sensation de bien-être et « d’empathie ». Parfois, au contraire, survient une sensation d'angoisse, une incapacité totale à communiquer. En général, les effets durent entre quatre et six heures avant la « descente », qui s'apparente à une forme de dépression plus ou moins intense.
La consommation de MDMA peut entraîner des nausées, des sueurs, des maux de tête. Surtout, elle peut provoquer une déshydratation de l'organisme et une élévation de sa température (hyperthermie), d'autant plus forte que le consommateur se trouve dans une ambiance surchauffée et fait un effort physique important, comme souvent lors de fêtes ou de raves.
Des troubles neuropsychiatriques (angoisse, hallucinations), des troubles digestifs et des pertes de connaissance ont été décrits. Des accidents graves ont été reliés à la consommation d'ecstasy : décès par hyperthermie, arythmies cardiaques. Plus généralement les troubles du rythme cardiaque ne sont pas rares.
Une consommation régulière entraîne avec le temps amaigrissement, irritabilité, troubles cognitifs (mémoire, attention, concentration, prise de décision). L'ecstasy peut provoquer une forme de dépendance psychique. Des dépressions graves, nécessitant un traitement médical, peuvent survenir en cas d'usage intense.
Des études scientifiques ont établi que des lésions de cellules nerveuses sont possibles à la suite de consommations de MDMA. On ne sait pas à ce jour si elles sont réversibles.
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million de comprimés d’ecstasy saisis en 2016 (source OFDT)