Source: http://corpusetampois.com/che-15-1471bellefare.html
Timestamp: 2018-11-15 03:05:05+00:00
Document Index: 288990580

Matched Legal Cases: ['§ 68', '§ 33', '§ 28', '§ 71', '§ 10', '§ 25', 'art 14', 'art 39']

Martin de Bellefare: Procès-verbal d'exécution contre les bourgeois de Saint-Gilles d'Etampes (novembre 1471)
Martin de Bellefare
Procès-verbal d’exécution contre les bourgeois de Saint-Gilles d’Étampes novembre 1471
Avec une étude prosopographique des 53 familles étampoises concernées
par Bernard Gineste (2010)
Site de la Franchise d’Étampes d’après les indications de Basile Fleureau (vers 1668)
Voici un nouveau document, jusqu’ici inexploité, intéressant une période mal documentée et par suite peu étudiée de l’histoire d’Étampes. Il contient une liste complète des 53 familles qui habitent alors la zone franche du Marché Saint-Gilles, dix-huit ans après la Guerre de Cent ans, alors que la ville se repeuple doucement. On essaie ici d’en tirer tout le parti possible pour commencer à retracer l’histoire de ces familles parfois connues par d’autres documents épars.
Première édition, 9 novembre 2010
Augmentations et améliorations en cours (21 novembre)
Première page du procès-verbal de Bellefare
Archives municipales d’Étampes, AA 6 Procès-verbal d’exécution contre les bourgeois de Saint-Gilles d’Étampes
1. La zone franche du Marché Saint-Gilles
En 1123 le roi Louis VI dit le Gros délimita, entre Étampes et le bourg de Saint-Martin, une secteur de forme trapézoïdale à laquelle il accorda le statut de zone franche, pour y favoriser l’installation de nouveaux commerces. L’opération fut un succès et dès avant 1161 la population de ce nouveau quartier parut suffisante pour justifier la création d’une nouvelle paroisse détachée de celle de Saint-Martin.
Les bourgeois de la Franchise n’étaient pas pour autant affranchis de toute servitude; ils n’avaient été exemptés de la taille, par exemple que pendant les dix premières années, de 1123 à 1132; de même l’exemption du droit de minage dont ils bénéficiaient ne valait pas le jeudi, jour du marché. Nous voyons aussi, entre autres, qu’on leur avait imposé de fournir tout le linge, la vaisselle et les ustensiles de cuisine nécessaires lorsque la cour était à Étampes. Malgré tout cela le quartier connut une certaine prospérité jusqu’à la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453.
2. La Guerre de Cent Ans et la Messe au Comte
D’abord vint la Peste Noire, en 1349. Puis les Anglais. Comme ils couraient le pays, le quartier Notre-Dame fut environné de larges fossés dès 1353, et en 1360 on transféra provisoirement le marché Saint-Gilles dans cette zone fortifiée, d’une part sur la place Notre-Dame, et d’autre part à côté de l’église Saint-Basile. Néanmoins la ville fut prise et pillée en 1367, puis à nouveau en 1370.
Tout cela menait à la ruine du quartier Saint-Gilles, qui se dépeuplait tellement qu’on 1378, le comte d’Étampes, Louis II d’Évreux renonça à son droit de prélever sur les bourgeois de Saint-Gilles son linge et sa vaisselle, moyennant le versement annuel d’une simple rente annuelle de dix livres.
Le chapitre Notre-Dame d’Étampes avait également beaucoup souffert de la guerre, pendant laquelle elle avait perdu la jouissance de la plupart de ses biens fonciers, dont beaucoup étaient d’ailleurs retournés en friche. Nombre d’ecclésiastiques quittaient la collégiale pour chercher ailleurs de quoi subsister. Le comte la dota à nouveau avec une grande générosité, pour financer la célébration d’une messe quotidienne à sa mémoire, qui de fait subsista jusqu’à la Révolution, la messe au Comte.
La première fondation de cette messe est de 1368. Mais la situation générale ne cessant de s’aggraver, Louis II y apporta des modifications en 1378. C’est dans le texte de cette deuxième charte que le comte précise qu’il donne entre autres à Notre-Dame “dix livres parisis de rente que les habitans du marché de nôtre ville d’Estampes nous doivent pour compensation du linge et vaisselle de cuisine qu’iceux habitans étoient tenus de nous fournir, nous étant à Estampes, à cause certaines franchises et libertez dont ils ont usé et usent” (1).
La guerre de Cent Ans n’était pas terminée pour autant. La ville fut prise par les Bourguignons en 1411, puis à nouveau en 1417. Elle est clairement aux mains de Jean de Nevers en janvier 1437 (2). Elle paraît ensuite avoir été occupée par les Anglais et ce n’est qu’à partir de 1446 que l’autorité royale y paraît rétablie (3).
(1) Basile Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 321.
3. Les circonstances du procès
La fin de la Guerre de Cent Ans, en 1453, ne résolut pas tous les problèmes de la ville. En 1457, au dire de Charles VII lui-même elle commençait tout juste à se repeupler, et restait incapable de financer par elle-même la restauration des infrastructures routières à l’abandon depuis plus d’un siècle. D’ailleurs des hostilités reprirent au début du règne de Louis XI et la ville fut encore brièvement occupée en 1465 par la Ligue du Bien Public avant puis après la bataille de Montlhéry.
A partir de quand le Marché Saint-Gilles commença-t-il à se repeupler, et en quelle année précise y rétablit-on le marché? C’est ce que nous ne savons pas à cette heure. Ce que nous savons, c’est que cela ne se fit pas sans mal car les bourgeois de la Franchise rencontrèrent alors immédiatement deux nouveaux problèmes.
Le premier fut la concurrence sourde des quartiers Notre-Dame et Saint-Basile. Les bourgeois du centre-ville s’étaient habitués depuis plus deux générationà voir le marché se tenir chez eux, et ils résistaient de toutes les manières possibles à la pleine restauration de celui de Saint-Gilles. Par ailleurs les bourgeois de la Franchise, avant que la reprise économique ait pu réellement les faire sortir de la pauvreté, voyaient les chanoines de Saint-Basile leur réclamer le rétablissement d’une rente qu’ils n’étaient pas en état de régler, d’autant qu’on leur demandait dix ans d’arriérés.
Notre document fait dire au roi, sur la base de la plainte des chanoines, que ceux-ci et leur prédécesseurs ont toujours joui sans contestation ni empêchement de cette rente jusqu’à “environ l’an mil quatre cens cinquante” et qu’à partir de cette date les bourgeois de Saint-Gilles ont refusé de la payer et d’en faire assiette, c’est-à-dire d’en répartir entre eux la charge, comme il était d’usage au Moyen âge pour la perception de la plupart des impôts.
Paradoxalement, alors que la guerre s’achève théoriquement en 1453, et que l’autorité royale avait été rétablie à Étampes dès dès 1446, la maximum de la crise démographique, pour une raison encore indéterminée, paraît avoir été atteint entre 1448 et 1449. Nous ne savons pas exactement à cette heure ce qui s’est passé mais nous constatons d’une part que le nombre des censitaires de Longchamp qui règlent leur cens est divisé par quatre entre ces deux années; que les rares vignes qui y subsistaient sont abandonnées; et que, d’autre part, les bourgeois de Saint-Gilles ne versent plus une rente qu’ils avaient pourtant toujours continué à verser, au dire même des chanoines, pendant les soixante-dix dernières années de la guerre.
4. Résumé de l’affaire
Dans les années 1450 le chapitre porta plainte et l’affaire passa successivement devant le prévôt d’Étampes, devant le bailli d’Étampes, puis, devant le Parlement de Paris qui s’en déchargea sur les gens du Requêtes du Palais. Ces derniers condamnèrent les habitants le 7 octobre 1460, sentence mise en exécution par le parlementaire Pierre Clutin.
Cependant certains habitants prétendirent ne pas avoir été compris dans cette condamnation et attaquèrent le chapitre devant les gens des Requêtes, par qui ils furent condamnés à nouveau le 1er janvier 1469. Les habitants se tournèrent alors vers le chapitre et le supplièrent de lui accorder d’importantes remises, qui leur furent accordées par deux actes enregistrés devant la prévôté le 3 mai 1469.
Cependant ils n’en payèrent rien du tout malgré plusieurs sommations. Après la deux ou trois échéance impayées, les chanoines finirent par citer les habitants devant le prévôt qui ne réussit pas à s’en faire obéir et leur conseilla de faire appel aux autorités supérieures. Début novembre 1471 le chapitre fit donc appel au roi et en obtint le 7 une lettre de commission obligeant les bourgeois de Saint-Gilles à payer ce qu’il devaient.
La lettre du roi fut transmise à un conseiller parlementaire à ce commis, Martin de Bellefare, qui fit convoquer par deux sergents étampois, Jean Letellier et Jean Lemercier, les habitants de la Franchise, pour le 10 novembre en l’hôtel particulier de l’un d’entre eux, Jean Gontier.
Au jour dit le chantre, Jean Olivier, s’y trouve avec deux autres chanoines et la plupart des habitants. Il présente tout le dossier au commissaire royal qui, après audition des parties, entérine la condamnation. Constatant le refus des habitants de participer à l’établissement de l’assiette de cet impôt, il convoque à cet effet trois officiers du lieu et détermine avec eux la répartition de la somme à verser entre les 55 feux de la Franchise, au prorata des possessions foncières de chacun dans ce secteur.
L’après-midi du même jour, après réunion du chapitre au complet, Jean Olivier accède en partie à la demande des habitants de leur faire une nouvelle remise, moyennant un nouvel engagement former à régler sans obstruction les prochaines échéances.
5. Valeur documentaire de cette source
L’intérêt principal de cette source est de nous faire connaître les noms de tous les bourgeois de la franchise, à la date précise du 11 novembre 1471, tout en nous donnant à voir certaines choses sur la situation générale de la ville et du quartier: notamment la pauvreté relative de ces bourgeois, qui est reconnue implicitement d’abord par les gens des Requêtes, qui imposent un rabais, puis par le chantre lui-mêmes qui consent deux nouveaux rabais successifs à ses débiteurs sur la somme qu’ils ont pourtant été condamnés à régler.
Malheureusement, nous n’apprenons généralement rien de chacun d’entre eux, sinon le niveau auquel il a été taxé, au prorata de sa fortune foncière au sein de la Franchise (ce qui, notons-le bien, n’est pas une indication très fiable du niveau de fortune de chacun, car certains d’entre eux possédaient d’autres biens à Étampes qui n’entraient pas en compte dans ce calcul).
Ce qui est surtout intéressant, c’est de recouper les données de notre document avec celles que nous pouvons tirer des autres sources contemporaines dont nous disposons. Malheureusement elles aussi rares que dispersées. Je m’efforce en ce moment d’en repérer le plus grand nombre possible en vue de les éditer ou de les rééditer, pour arriver à terme, par un patient travail de recoupage et de traitement des données, à reconstituer la société étampoise de cette époque.
Dans ce but j’ai réuni en Annexe tout ce qu’on peut savoir de chacun des personnages cités par ce document et de leurs familles, par ordre alphabétique de prénoms, selon l’usage du temps. Il faut garder à l’esprit qu’il y a souvent quelques incertitudes dans l’identification des personnes et des familles, à une époque dont les registres paroissiaux ne sont pas conservés, où on porte souvent le même prénom que son père, et où près de la moitié des hommes s’appellent Jean.
Il faut aussi se souvenir que le hasard joue un grand rôle dans la conservation des données, au gré de l’histoire des archives, qui sont presque toujours celles des seuls établissements ecclésiastiques, les autres ayant été dispersées par le jeu des héritages et des alliances, des ventes et des échanges, qui sont le lot inéluctable et continuel des possessions nobles et bourgeoises.
On trouvera nos premières conclusions à la fin de cette étude, qui sera régulièrement mise à jour au gré de la découverte de nouveaux documents. C’est un outil de travail à la disposition de tous. Merci à tous les chercheurs qui trouveraient des documents relatifs aux familles considérées, de bien vouloir nous communiquer leurs découvertes, également au bénéfice de tous.
Bernard Gineste, 9 novembre 2010.
Merci à toute personne qui aurait le temps de relire tout au long ce document pour y relever des coquilles et nous les signaler.
2. Texte du rapport de Bellefare
(1) L’an de grace mil quatre cens soixante unze le jeudi septiesme jour du mois de novembre, à nous Martin de Bellefare*, conseiller du roy nostre sire en sa court de parlement, de la partie de venerables et discretes personnes les chantre*, chanoines et chappitre de l’eglise collegial de Nostre Dame d’Estampes, furent presentées les lectres du roy nostre sire desquelles la teneur s’ensuit.
7 novembre 1471
* Je n’ai pas trouvé d’autre trace à ce jour de ce parlementaire (octobre 2010).
** C’est alors, depuis au moins 1466, Jean Olivier, mort en 1481.
(2) Loys* par la grace de Dieu roy de France, au premier de nos amez et feaulx conseillers en nostre court de parlement à Paris et au bailly d’Estampes** ou à son lieutenant***, salut.
* Louis XI (roi de 1461 à 1483)
** Non identifié pour l’instant.
*** C’est alors Pierre de Senneville, cappitaine et lieutenant du bailly d’Estampes (§ 68).
(3) Reçu avons l’umble supplicacion de noz bien amez les chentre, chanoines et chappitre de l’eglise collegial de Nostre Dame d’Estampes contenant que tant à cause de la fondacion et doctacion de la dicte eglise que de pluseurs dons et laiz à icelle faiz, iceulx supplians, pour faire entretenir et continuer le divin service qui chacun jour y est fait et celebré bien notablement et devotement ont plusieurs beaulx, droiz, cens, rentes, possessions et revenues.
* La première charte dont puissent faire état les chanoines est celle de Henri Ier, de 1046, que nous avons déjà éditée (cliquez ici)
(4) Et entre autres, à cause de certaine fondacion et ordonnance faiz en la dicte eglise par feu de bonne memoire Loys d’Evreux, en son vivant conte d’Estampes*, dès l’an mil trois cens soixante et deux**, ont droit de prendre et parcevoir par chacun an, entre autres rentes, dix livres parisis de rente à deux termes, c’est assavoir aux festes de Toussains et Pasques, sur les manans et habitans de et en la franchise du marché Saint-Gilles d’Estampes.
* Comte d’Étampes de 1336 à 1400.
** L’acte de fondation de cette messe a été édité par dom Fleureau, qui lui consacre un long chapitre (Antiquitez d’Estampes, pp. 314-331)
(5) A l’occasion de la dicte rente iceulx supplians sont tenuz perpetuellement celebrer et ont tousjours depuis celebré et font celebrer chacun jour en la dicte eglise, incontinent après matines, une haulte messe à note sollempnelle de Nostre Dame, laquelle messe est encores nommée la Messe au Conte, et est cothidianement tous les jours au matin dicte et celebrée par les diz supplians, qui ont, et leurs predecesseurs, tousjours joy des dictes dix livres parisis de rente depuis les don et laiz à eulx fait par le dit conte, sans contredict ou empeschement*,
* Elle a été célébrée jusqu’à la Révolution française.
(6) jusques environ l’an mil quatre cens cinquante* que les diz habitans de la dicte franchise ou les aucuns d’iceulx reffuserent de faire sur eulx assiette** et de payer aux dis deux termes de Toussains et de Pasques les dictes dix livres parisis de rente, à chacun d’iceulx termes cent solz parisis, ainsi que paravant ilz avoient acoustumé.
(1450 environ)
* A cette date la ville paraît totalement dévastée et dépeuplée.
** L’assiette et la répartition sur les habitants à proportion de leur faculté respective.
(7) Pour lequel reffuz les diz supplians* misrent en procès les diz habitans par devant le prevost d’Estampes** ou son lieutenant**, et depuis par devant le bailly du dict lieu d’Estampes, par devant lequel fu tellement procedé entre les dictes parties que de certaine sentence donnée par le dit bailly les diz habitans appellerent en nostre dicte court de parlement, laquelle depuis renvoya les dictes parties par devant les gens tenans les Requestes de nostre palais à Paris***.
* Le chantre est alors Jean Desmazis (chnatre avant 1440, mort le 17 juillet 1456.).
* Non identifiés pour l’instant.
** Juridiction de première instance pour certaines causes, dont on peut faire appel devant le Parlement, constituées de conseillers qui achètent des commissions séparées de leur charge de conseillers au Parlement.
(8) Lesquelz, oyes les dictes parties bien au long, par leur sentence condempnerent les diz habitans en la dicte franchise, dès le septiesme jour d’octobre l’an mil quatre cens soixante, à payer aus diz supplians* pluseurs arreraiges qui escheuz et deuz estoient à cause de la dicte rente de dix livres parisis, qui furent par eulx moderez à la somme de cinquante livres. Et outre les condempnerent à icelle rente continuer et paier dès lors en avant aus diz supplians et ès despens de la cause.
(7 octobre 1460)
...* Le chantre est l’un des deux successeurs de de Jean Desmazis, soit Jean de Barre (à partir d e 1456), ou Quentin Dubois (cité en 1463).
(9) Laquelle sentence de condempnacion fut depuis confermée par arrest de nostre dicte court, et les diz habitans condempnez en l’admende et ès despens de la cause d’appel.
(10) Lesquelz sentence et arrest nostre amé et feal conseiller en nostre dicte court de parlement illustre Pierre Clutin* mist à execucion, et en ce faisant mist et imposa sur iceulx habitans chacun selon sa faculté les sommes èsquelles ilz avoient esté condemnez, et, pour les contraindre à payer chacun en son impost, bailla ses rooles et commissions adressans à certains sergens**, pour ce que à faire les dictes contrainctes ne povoit bonnement vacquer, afin aussy d’eviter les frais qu’il eust convenu porter aus dictes parties.
* Parlementaire en vue, cité comme tel au moins de 1465 à 1472 (cf. § 33).
* Non identifiés.
(11) Mais ces choses non obstans, aucuns des diz habitans qui, comme ilz disoient, n’avoient esté compris ès dictes sentence et arrest, furent reffusans de payer leur dicte part de la dicte rente et se misrent en procès à l’encontre des diz supplians par devant nos diz conseillers les gens tenans les dictes requestes.
(12) Lesquelz finablement, oyes bien au long les diz habitans, par autre sentence donnée le premier jour de janvier l’an mil quatre cens soixante et huit, les condempnerent à paier les arreraiges par eulx deuz aus diz supplians à cause de la dicte rente de dix livres parisis depuis l’an mil quatre cens cinquante includ jusques au commancement du dit procès, et ceulx que pendant et depuis icellui estoient escheuz, et à icelle rente continuer, et ès despens. De laquelle sentence ne fut appelé ne reclamé.
(1er janvier 1469 [en nouveau style])
* Le chantre est alors Jean Olivier (depuis au moins 1465).
(13) Ainçois congnoissans les diz habitans le grant tort qu’ilz avoient, se tirerent par devers les diz supplians et confesserent qu’ilz estoient tenuz ès dictes rente et arreraiges, leur requisrent moderacion et diminucion de la dicte rente avec temps et delay pour payer les diz arreraiges ès quelz ilz avoient esté condemnez.
(14) Et lors iceulx supplians voulans entretenir les diz habitans en [p.2] amour, et les supporter à ce que ou temps advenir ilz les paiassent sans procès, inclinant à la grant priere et requeste de pluseurs leurs amys de la dicte ville d’Estampes* et autres, et apprès que tous iceulx habitans en la dicte franchise eussent, de leur bon gré, vouloir et consentement, acquiessé aus dictes sentence et arrest, confessé, consenti et declairé estre tenuz, obligez et reddevables à payer aus diz supplians par chacun an aus diz deux termes la dicte rente de dix livres parisis tant qu’ilz et chacun d’eulx seroient demourans en la dicte franchise, modererent et diminuerent aus diz habitans les diz arreraiges et rente, et entre eulx composerent en la maniere qui s’ensuit.
* Les chanoines de Notre-Dame paraissent pour la plupart, d’après la documentation en notre possession, issus de la bourgeoisie étampoise, avec laquelle ils ont donc de nombreux liens personnels.
(15) C’est assavoir que les habitans s’obligerent et promisrent paier aus diz supplians, pour tous les arreraiges et despens èsquelz ilz avoient esté condempnez, la somme de quarante livres parisis dedans dix ans lors ensuivans, c’est assavoir chacun an quatre livres parisis aux termes de Pasques et Toussains par moytié, jusques à fin de paie, sans ce comprandre aucuns des diz habitans qui paravant ladicte composicion avoient composé avec les diz supplians*, qui en riens ne devoient estre par la dicte composicion tenuz des dictes dix livres parisis.
* Il n’est plus fait mention ensuite de cette distinction entre ceux qui avaient composé et ceux qui ne l’avaient pas fait. Il semble donc qu’au bout du compte personne n’avait payé.
(16) Et, au regart de la dicte rente de dix livre parisis, iceulx habitans s’obligerent et promisdrent paier dès lors en avant jusques à dix ans ensuivans cinq livres parisis par chacun an, aus diz deux termes; et, les diz dix ans passez, jusques à cinq ans ensuivans, dix livres parisis aussy, aus diz deux termes de Pasques et Toussains par moytié; tant seullement et sans prejudice aus diz supplians de leur dicte rente, comme plus à plain peult apparoir par lectres sur ce faictes et passées par les dictes parties soubz les seaulx de la prevosté d’Estampes le troisiesme jour de may l’an mil quatre cens soixante et neuf*.
(3 mai 1469)
(17) Depuis lesquelles composicions et moderacions faictes, les diz habitans, non obstans leurs dictes obligacions et promesses, et eulx monstrant ingraz et obstinez, ont esté et sont reffusans ou delayans de payer et continuer la dicte rente, combien que par pluseurs et diverses foiz en ayent esté deuement sommez et requis, tellement que de present en sont deubz à iceulx supplians cinq termes escheuz dès le jour de la Toussaint dernier passé*, montant à la somme de vingt et deux livres dix solz parisis.
* C’est-à-dire le 1er novembre 1470.
(18) Pour avoir paiement de laquelle somme les diz supplians se sont transportez par devers le prevost d’Estampes ou son lieutenant, et par devant lui ont requis et sommé les diz habitans de faire assiecte sur eulx et payer la dicte somme, dont ilz ont esté reffusans.
(après le 1er novembre 1470)
(19) Et à ceste cause, a icellui prevost fait adjourner aucuns des diz habitans, pour faire assiecte de la dicte somme. Mais les aucuns des diz habitans n’ont voulu comparoir et se sont laissiez mectre en deffault, et les autres qui ont comparu, ausquelz le dit prevost a fait commandement qu’ilz lui aidassent à faire la dicte assiecte, ont respondu qu’ilz n’en feroient riens, et n’a peu ni sceu le dit prevost tant faire que les diz supplians aient [aucun (mot de lecture douteuse)] payement, mais leur a respondu qu’ilz se pourveussent*, et qu’il ne savoit que faire, au grant grief, prejudice et dommaige des diz supplians.
* C’est-à-dire qu’il fassent appel directement à l’autorité royale
(20) Et plus pourroit estre, se par nous ne leur estoit sur ce pourveu de remede et provision de justice, si comme ilz nous ont fait remonstrer, en nous requerant humblement que (attendu la grant moderacion par eulx faicte aus diz habitans pour cuider doresenavant estre payez sans contradiction ou empeschement, et que s’ilz n’estoient payez, fauldroit cesser de dire la dicte messe et faire le dit service divin), nous leur vueillons sur ce pourveoir de nostre dit remede*.
* Tout ce paragraphe (sauf la parenthèse) est une clause de style usuelle qui marque la transition entre la requête des suppliants, rapportée par le roi, et l’exposé de sa décision.
(21) Pour quoy NOUS, ces choses considerées, voulans les dictes sentence, arrest et composicion avoir et sortir leur plain effect, et la dicte messe et aussy le divin service estre entretenuz en la dicte eglise, vous mandons et commettons et à chacun de vous sur ce requis que, se, les dictes parties presentes ou appellées ou procureur pour elles, il vous appert des diz sentence et arrest, ensemble des dictes lectres de moderacion et composicion, [apparente lacune: qu’il en soit ainsi], et que par icelles les diz habitans se soient obligez à payer aus diz supplians chacun an aus diz deux termes de Pasques et la Toussains les dictes quatre livres parisis à cause des diz arreraiges et despens et les dictes cinq livres parisis à cause de la dicte rente et autres choses dessus dictes, ou de tant que souffire doye.
(22) Vous, ou dit cas, contraingnez ou faictes contraindre les diz habitans et chacun d’eulx par toutes voyes et manieres deues et raisonnables à rendre et payer aus diz supplians les sommes de deniers que trouverez leur estre deuz et escheuz d’arreraiges depuis les dictes composicions, en faisant ou les contraingnant à faire assiete entre eulx d’icelles sommes, ainsy qu’il est acoustumé de faire, et à continuer les diz payemens, tout selon la teneur des dictes sentence et arrest et composicions dessus dictes.
(23) Car ainsy nous plaist il estre fait, non obstant quelzconques lectres subreptices impetrées ou à impetrer à ce contraires*. Mandons et commandons à tous noz justiciers, [p.3] officiers et subgetz que à vous, et à voz commis et depputez en ce faisant, obeyssent et entendent diligemment. Donné à Paris le VIIme jour de novembre l’an de grace mil quatre cens soixante et unze, et de nostre regne le unziesme. Ainsy signé: Par le roy, à la relacion du conseil, Rolant.
(7 novembre 1471)
* Clause de style écartant les lettres royaux ou autres que certains arrivaient à se procurer en faisant jour des relations à la cour de manière à empêcher ou retarder l’exécution de la volonté royale.
(24) En nous requerant que voulsissions proceder à l’execucion d’icelles, offrans nous faire deuement apparoir de leur [mot oublié: droit] donné à entendre par les dictes lectres. Et nous aus diz de chappitre octroyasmes noz lectres de commission.
(25) Par vertu desquelles Jehan Lemercier* et Jehan Letellier**, sergens royaulx ou bailliage d’Estampes, adjournerent tous et chacuns les manans et habitans de la franchise du marché d’Estampes à comparoir par devant nous au dit lieu d’Estampes en l’ostel de Jehan Gontier*** en la dicte franchise, au dimenche ensuivant, à l’eure de l’issue de grant messe, contre les diz de chappitre ou leur procureur pour eulx, pour veoir par nous proceder à l’execucion des dictes lectres, respondre sur ce, et faire ainsy que de raison, comme par la relacion des diz sergens à nous faicte tant de bouche comme par escript soubz leurs sceaulx et seingz manuelz nous est deuement apparu.
* Sont cités comme censitaire de Longchamp un Jean Lermercier en 1271 (n°21), un Meistre Hébert Lemercier clerc en 1271 (n°73), 1274 (n°4) et 1292 (n°48) et une fille de feu Jean Lemercier en 1298 (n°87), un Henri Lemercier en 1323 (n°). etc.
* ** Le dit Jean Gontier, avec sa femme, fera partie des condamnés (§ 28 et 71). Hôtel signifie seulement ici demeure bourgeoise.
(26) Et le samedi ensuivant neufiesme jour du dit mois, partismes de Paris et allasmes au dit lieu d’Estampes.
samedi 9 novembre 1471
(27) Le dimenche ensuivant, nous estans au marché de Saint Gille d’Estampes en l’ostel de Jehan Gontier, comparurent par devant nous les diz chantre* et chappitre de la dicte eglise Nostre Dame d’Estampes, par maistre Estienne Lepiat** licencié en lois leur procureur, et avec lui messire Jehan Charpy*** et messire Jehan Delaporte**** chanoinnes d’icelle eglise d’une part,
(28) et Gervaise Gibon, Guillaume Lucquet, Jehan Preudomme, Jehan le Beuf, Jehan du Roussay, Thomas du Roussay, Guillaume Legat, Jehan Charles, Simon Boivin, Jehan Bandon, Guillaume Perner, Jehan Perriou, Jehan Esperance, Anthoine Guischart, Guillaume Chastillon, Jehan Avisse, Jehan Rogier, Jehan Hacte, Jehan Gontier, Simon Rondeau, Jehan Brossart, Jehan Houllier, Jehan Emery, Jehan de Lisle, Guillaume Chollet, Geuffroy Renault, Thevenin Durant, Guillot Bary, Jehan Sachet, Guion Brunet, Guillaume Baudouyn, Marquet du Bois, Macé Saulle, Phelippot de Vaulx, Pierre Robillart, Jacquet Regnart, Phelippot Michault, Jehan Michault, Alain Herclem, Guillaume Brosson, Jehan Marie, Jehan Danjou et autres, en leurs personnes, faisans tous ou la plus grant partie des manans et habitans de la franchise du marché de Saint Gilles d’Estampes, d’autre part****.
dimanche 10 novembre 1471
* C’est alors comme on l’a déjà dit Jean Olivier.
** Étienne Piat ou Lepiat, signalé comme garde du sceau de la prévôté le Le 19 août 1478 (Cartulaire de Notre-Dame, édition Alliot, n° LXXXI, p. 95) et encore le 20 juillet 1480 (Gombault 1480, éd. Gineste).
*** Déjà signalé le 2 février 1463 comme administrateur de l’hôpital Saint-Antoine.
**** Encore signalé le 20 juillet 1480 comme proviseur de l’église Notre-Dame, d’une famille domiciliée en face de Notre-Dame (acte édité ici)
**** Sur tous ces bourgeois, dont la liste est complétées plus bas (§ 71) et sur ce qu’on sait de chacun, voyez notre annexe prosopographique (cliquez ici).
(29) Ce fait, de la partie des diz chantre et chappitre nous furent presentées derechef les dictes lectres royaulx, et requis l’execucion et enterinement d’icelles, et, pour nous faire apparoir de ce que contenoient les dictes lectres, iceulx chantre et chappitre misrent et produisrent par devers nous, premierement, les lectres de sentence donnée et prononcée à leur prouffit par les gens tenans les requestes du palais, le septiesme jour d’octobre l’an mil quatre cens soixante,
(30) par laquelle les diz habitans et manans de la franchise du marché Saint Gille d’Estampes furent condempnez à rendre et payer aus diz chantre et chappitre les arreraiges escheuz depuis l’an cinquante jusques au dit jour à cause de dix livres parisis de rente que les diz chantre et chappitre ont droit de prendre et parcevoir par chacun an aux termes de Pasques* et Toussains** par moytié sur les diz habitans, lesquelz ilz modererent à cinquante livres parisis,
* La Pâque chrétienne est une fête mobile oscillant selon les années entre le 22 mars et le 25 avril.
** La Toussaint tombe le 1er novembre.
(31) et si les condempnerent à continuer doresenavant par chacun an, aus diz deux termes esgallement par moytié, la dicte rente de dix livres parisis, et à icelle asseoir seur eulx le plus esgallement que faire se pourra, pour en faire paiement aus diz chantre et chappitre, et ès despens de la cause.
(32) Et oultre fu ordonné par icelle sentence que les diz habitans seroient contrainctz par toutes voyes et manieres deues et raisonnables à faire sur eulx la dicte assiette en la maniere acoustumée* d’ancienneté.
* Le premier u a ici la forme d’un n.
(33) Avec l’arrest de la dicte court de parlement confirmatoire de la dicte sentence du treiziesme jour d’aoust l’an mil quatre cens soixante et trois, l’executoire d’icellui et certaines procedures faictes par monseigneur maistre Pierre Clutin* aussy conseiller du roy en icelle court, executeur des dictes sentence et arrest.
(13 août 1463)
* Sur Clutin, voyez la note au § 10.
(34) Item aussy, autres lectres de sentence des dictes requestes du dernier jour de janvier quatre cens soixante et huit, par laquelle pluseurs illec nommez (qui disoient non estre compris ès diz sentence et arrest) furent condempnez et chacun d’eulx comme habitans et demourans en la dicte franchise du marché Saint Gilles d’Estampes à payer les arreraiges pour les années que chacun d’eulx a demouré en la ditte franchise depuis l’an mil quatre cens cinquante jusques alors, à cause des dictes dix livres parisis de rente que les diz de chappitre ont droit de prendre et parcevoir, par chacun an aus diz deux termes, sur les diz habitans, et à continuer doresenavant par chacun an, aus diz termes, tout selon la forme et teneur des diz sentence et arrest, à [p.4] faire assiecte des dictes sommes et ès despens.
(31 janvier 1468)
(35) Et finablement autres lectres de transaction annexées ensemble soubz le scel de la prevosté d’Estampes données en datte le troisiesme jour de may l’an mil quatre cens soixante et neuf.
(36) Par la premiere desquelles les diz habitans de la franchise du marché Saint Gilles d’Estampes illec nommez et chacun d’eulx recongnurent et confesserent qu’ilz estoient deuement informez, acertenez et avoient entiere congnoissance que leurs predecesseurs qui ont esté, eulx mesmes qui sont, et leurs successeurs qui seront, manans, habitans et demourans ès fins et mectes d’icelle franchise du marché Saint Gilles d’Estampes, ont esté, sont et seront tenuz, chargez et redevables à cause de certaine franchise dont ilz ont tousjours joy et joyssent, rendre et payer aus diz chantre et chappitre de la dicte eglise Nostre Dame d’Estampes ou à leur procureur et receveur dix livres parisis de rente par chacun an à deux termes, Pasques et Toussains, à chacun d’iceulx termes cent solz parisis, à cause de la fondacion, dotacion et augmentacion d’une messe dicte chacun jour en la dicte eglise nommée la Messe au Conte. Et apprès recongnoissent et confessent les sentence et arrest dessus diz, qu’ilz ont pour aggreables et y acquiessent, promettent non venir contre ce.
(37) Et par les autres lectres ilz confessent devoir et estre tenuz payer aus diz chantre et chappitre Nostre Dame d’Estampes quarante livres parisis, par composicion par eulx faicte, à cause des arreraiges et despens en quoy ilz avoient esté condempnez envers les diz de chappitre pour raison des dictes dix livres parisis de rente, laquelle somme de quarante livres parisis les diz habitans promectent payer dedans dix ans lors ensuivans, quatre livres parisis par chacun an à deux termes, c’est assavoir Pasques quarante solz parisis, Toussains quarante solz parisis, premier terme à Pasques lors ensuivans, et ainsy d’an en an jusques à la fin de paye.
(38) Et pour ce que les diz de chappitre, par leurs lectres pattentes, pour les causes contenues en icelles mesmement, par charité et aumosne, ont diminué la dicte rente de dix livres à cent solz parisis jusques à dix ans, et cinq ans apprès à six livres parisis, les diz habitans confessent que c’est sans fraude, prejudice et diminucion dela dicte rente, les diz quinze ans passez, et ilz promettent payer et obliger leurs biens,
(39) Lesquelles lectres ainsy mises et produictes par devers nous de la partie d’iceulx chantre et chappitre, fu dit et proposé que, combien que par les sentence, arrest et composicions dessus diz, les diz habitans fussent tenuz payer la dicte rente de dix livres parisis par an, au moins cent solz parisis à cause de la dicte rente, et quatre livres parisis en paiement de la dicte somme de ~~~~~~~~ quarante livres parisis, qui sont neuf livres parisis par chacun an, selon la dicte composicion faicte entre eulx, neantmoins depuis les diz composicions et tractiez ils n’en avoient payé aucune chose, tellement que à present leur en estoit deue la somme de vint et deux livres dix solz parisis pour cinq termes escheuz, le jour et terme de Toussains dernierement passé.
(depuis le 1er novembre 1470)
(40) Pour avoir payement de laquelle somme, ilz avoient pluseurs foiz sommez et requis les diz habitans de faire sur eulx assiecte et paier la dicte somme, et par chacun terme, mais ilz en avoient esté reffusans. A ceste cause s’estoient iceulx chantre et chappitre traictz par devers le prevost d’Estampes, auquel les diz habitans n’avoient voulu obeyr ne comparoir par devant lui pour faire la dicte assiette. Et à ceste cause s’estoient traictz par devers le roy, duquel ilz avoient obtenu les dictes lectres à nous presentées.
(41) Et lesquelles d’abondant nous presenterent, en nous requerant que nous voulsissions proceder à l’execucion et enterinement d’icelles, et en ce faisant contraindre les diz habitans et chacun d’eulx, par toutes voyes et manieres deues et raisonnables, à leur rendre et payer les sommes de deniers à eulx deues et escheues d’arreraiges depuis les dictes composicions,
(42) et que, pour ce faire, fussent iceulx habitans par nous contraintz à faire assiete sur eulx des dictes sommes, et, en leur reffuz, nous mesmes feissions la dicte assiete, tellement qu’ilz puissent avoir paiement d’icelles sommes,
(43) et oultre, leur feissions commandement et injonction, sur certainnes et grans peinnes, de payer doresenavant, aux termes et selon la teneur des dictes composicions, les sommes qui escherront tout selon la teneur des dictes lectres, requerans despens.
(44) Lesquelles lectres royaulx par nous receues, nous en feismes faire lecture publicquement en la presence de tous les diz habitans illec presens,. Et ce fait, apprès ce que nous leur eusmes signiffié qu’il nous estoit deuement apparu du contenu ès dictes lectres royaulx, par les sentence, arrest et lectres de composicion dessus diz, leur demandasmes s’ilz voulloient aucun chose dire au contraire.
(45) Lesquelz, apprès aucunes parolles, se tirerent appert en une autre chambre*, en laquelle nous allasmes par devers eulx et leur declairasmes bien au long les procès qui avoient esté pour cause des dix livres parisis de rente, les sentence et arrest sur ce intervenuz, et les composicions par eulx mesmes faictes, en leur remonstrant qu’il failloit payer et qu’ilz advisassent entre eulx de obeyr à justice. Et à tant [mot gratté: les] [p.5] les laissasmes.
dimanche 10 novembre 1471 (matin)
* Dans une autre pièce de la maison de Jean Gontier.
(46) Et tost apprès les diz habitans vindrent par devers nous et nous requisrent avoir delay d’eulx conseiller. Et nous leur assignasmes jour à la relevée* du dit jour à comparoir par devant nous au dit lieu d’Estampes en l’ostellerie de l’Angle*, en laquelle nous estions logez, pour venir par conseil dire ce que bon leur sembleroit, touchant l’execucion et enterinement des dictes lectres.
* Relevée: après-midi.
* Angle est une ancienne graphie pour Ange. L’enseigne de cet établissement est sans doute un Saint Michel terrassant le dragon. Il y bien eu une hostellerie de Saint-Michel, rue Pavée, citée comme disparue en 1748, dans la paroisse Saint-Gilles mais en dehors de la Franchise.
(47) Et, à la relevée du dit jour, comparurent par devant nous les diz chantre et chappitre, icellui chantre et pluseurs chanoinnes de la dicte eglise en leurs personnes, et par maistre Estienne Piat leur procureur d’une part, et les diz habitans dessus nommez en leurs personnes d’autre part.
dimanche 10 novembre 1471 (après-midi)
(48) De la partie desquelz habitans fu dit et proposé que, comme habitans, ilz n’estoient tenuz faire assiete ne paiement des dictes sommes, car, comme ilz disoient, les maisons, masures, jardins et autres heritaiges assis en la franchise du dit marché de Saint Gille d’Estampes estoient tenuz au payement de la rente pretendue par les diz de chappitre, et non les diz habitans, ainsy qu’ilz disoient apparoir par lectres bien anciennes, lesquelles ilz nous monstrerent, disans qu’elles n’avoient esté produictes ou premier procès, mais seullement en la court de parlement ou procès en cas d’appel.
(49) Les diz chantre et chappitre disans au contraire que veuz les sentences, arrest et composicion dessus diz nous devions proceder à l’enterinement des dictes lectres.
(50) Et nous, oyez les dictes parties, veues les lectres, tiltres et tout ce que icelles parties avoient mis et produict par devers nous dismes et declairasmes par nostre sentence et par droit que les dictes lectres royaulx impetrées et à nous presentées par les diz chantres et chappitre de Nostre Dame d’Estampes leur seroient enterinées, (et les enterinasmes),
(51) et que nous procederions à l’execucion d’icelles, et, en ce faisant, seroient les dictz habitants et chacun d’eulx par nous contraintz, par toutes voyes et manieres deues et raisonnables, à faire solucion et paiement aus diz de chappitre des sommes de deniers à eulx deues et escheues d’arreraiges, à cause des dictes dix livres parisis de rente depuis les dictes composicions, et à continuer doresenavant aus diz termes et selon la teneur d’icelles composicions.
(52) Non obstant chose par eulx proposée au contraire, dont nous les deboutasmes. Et si les condempnasmes ès despens de l’instance sur iceulx, nostre tauxacion reservée*, sauf toutes voyes à iceulx habitans, leurs actions et recours de garentie contre tous ceulx qui ont masures, maisons, jardins ou autres heritaiges en la dicte franchise et n’y sont demourans, et à eulx leurs [deffen(ses) (mot de lecture incertaine)] au contraire.
* Bellefare semble ici faire allusion à sa propre rémunération, dont nous n’entendons pas parler par ailleurs.
(53) Ce fait, en procedant par nous à l’execucion des dictes lectres et de nostre sentence, et apprès ce que avecques iceulx habitans nous eusmes calculé et compté combien il estoit deu d’arreraiges depuis les dictes composicions, et trouvasmes que (pour ce que le premier terme et payement estoient escheu à Pasques l’an mil quatre cens soixante et dix), il en estoit deu deux années escheues au terme de Toussains derrenier passé, chacunne desquelles années monte neuf livres parisis. Ainsy est deu aus diz de chappitre dix et huit livres parisis.
(54) Nous feismes exprès commandement de par le roy nostre dict seigneur à tous les diz habitans et chacun d’eulx qu’ilz feissent paiement aus diz chantre et chappitre de la dicte somme de dix huit livres parisis, pour les diz arreraiges escheuz le dit jour et terme de Toussains derrenier passé; et pour ce faire qu’ilz feissent seur eulx assiete de la dicte somme le plus esgallement que faire se pourroit.
(55) Mais ilz nous respondirent tous que ilz n’en feroient assiecte. Jamais n’en avoient fait et ne saroient comment la faire. Et nous leur respondismes que, s’ilz ne la faisoient, nous la ferions à leurs despens*.
* Nouvelle allusion de Bellefare à sa propre rémunération, dont nous n’entendons pas parler par ailleurs.
(56) Et lors ils nous requisrent que nous leur feissions faire aucune moderacion de la dicte somme par les diz de chappitre. Sur quoy, apprès plusieurs parolles dictes entre les dictes parties, de leur accort et consentement, fu ordonné et appoincté que, le landemain matin, tous les diz de chappitre se rendroient par devers nous et en nostre logis, et pareillement tous les diz habitans, pour aviser entre eulx se* iceulx de chappitre leur vouldroient faire aucune moderacion.
* Se: si.
(57) Le dit jour de lendemain, qui fu lundi unziesme jour du dit mois de novembre, comparurent par devant nous les diz chantre et chappitre de l’eglise Nostre Dame d’Estampes, tous en leurs personnes, d’une part, et les diz habitans dessus nommez, aussy en leurs personnes, d’autre part.
lundi 11 novembre 1471 (matin)
(58) De la partie desquelz habitans, apprès ce que eusmes recité ce qui avoit est fait le jour precedent, fu requis aus diz de chapittre qu’ils leur voulsissent faire aucune moderacion, tant des neuf livres qui leur sont deues par chacun an jusques à dix ans, c’est assavoir cent solz parisis pour et ou lieu de dix livres parisis de rente et quatre livres parisis en paiement et diminucion de quarante livres parisis pour arreraiges et despens, comme aussy de la dicte somme de dix huit livres escheue au dit jour de Toussains dernier passé, et que sur ce ilz parlassent ensemble et eussent regart à leur pouvreté.
(59) Sur quoy les diz de chappitre s’assemblerent, et apprès ce qu’ilz orent communicqué et parlé ensemble, [p.6] firent response aus ditz habitans, par la bouche du dit chantre, que quant au regart des dictes neuf livres parisis par iceulx deues chacun an à deux termes, comme dit est, et pour les causes dessus dictes, ils n’en feroient aucune moderacion ou diminucion.
(60) Mais au regart des arreraiges escheuz au dit jour de Toussains, ilz estoient contens de les quitter, et de fait les quitterent pour unze livres parisis, parmy ce que les diz habitans ne leur demanderoient plus de moderacion et continueroient doresenavant selon la teneur des dictes composicions.
(61) Ce fait, nous feismes derechef commandement aus diz habitans qu’ilz feissent sur eulx assiecte de la dicte somme de unze livres parisis, ou qu’ilz esleussent aucun d’entre eulx pour assister avec nous à faire la dicte assiete. Mais ilz n’en voulurent riens faire. Et pour ce que nous en voulusmes prendre aucuns pour assister avec nous, ilz s’excuserent tous de diverses excusacions, et finablement nous disrent que nul n’oseroit assister avec nous pour commancer la dicte assiete, car jamais ilz ne s’oseroient trouver ou dict marché*.
* Chacun redoute l’ostracisme de l’ensemble de la communauté en cas de collaboration avec l’autorité.
(62) Et à ceste cause, ce oy, nous deismes [mots oubliés: par notre sentence] et par droit que nous procederions à faire la dicte assiete + [+de la dicte somme ainsy que de raison], et que, pour nous informer des facultez des diz habitans, tous iceulx habitans demoureroient illec avec nous. Et de fait les feismes tous demourer, et leur deffendismes le partir.
(63) Ce fait, les nommasmes tous par nom et surnom* et leur fismes commandement de nous nommer les absens, et lors ilz nous en nommerent quatre ou cinq, tous lesquelz nous meismes en ung roolle.
* A cette date le véritable nom est ce que nous appelons aujourd’hui le prénom, et la patronyme n’est encore ressenti que comme un surnom.
(64) Et pour ce que entre autres ilz nous nommerent ung nommé Hervy Lelong officier du roy, lequel combien qu’il eust esté adjourné et fust l’un des principaulx de la dicte franchise, n’estoit pas venu ne comparu par devant nous, nous env*oiasmes querir icellui Lelong. Et ce pendent procedasmes à nous informer des facultez, demourances, tenemens et charges des diz habitans par pluseurs voyes et interrogatoires. Et en ce faisant survint le dit Hervy Lelong, lequel nous demanda pourquoi il avoit esté mandé, et nous lui declairasmes le contenu ès dictes lectres royaulx et ce que est dit est dessus et il respondit qu’il estoit quicte des tailles du roy et ne paieroit riens de la dicte rente, en nous declairant qu’il estoit appellant et de fait appella de nous et s’en alla.
* Hervé Lelong. Sa charge n’est pas précisé. Probablement fils de Jean Lelong, signale comme prévôt d’Étampes en 1439.
** Le v a ici la forme d’un n.
(65) Ce non obstant, nous achevasmes de nous informer des dictes facultez et demourances des diz habitans et autres choses qui nous povoient mouvoir à faire la dicte assiete. Mais quant iceulx habitans virent leur assiete presque faicte, ilz nous demanderent congié d’eulx en aller l’un apprès l’autre, disans qu’ilz s’atendoient à nous.
(66) Et lors nous leur feismes commandement de par le roy, sur peinne d’amende, que chacun d’eulx, de droit soy, payast la somme à laquelle il seroit assiz; et que doresenavant ilz et chacun d’eulx continuassent de payer à deux termes, par chacun an, les diz cent solz parisis d’une part; et quatre livres parisis d’autre part, jusques à dix ans, et de là en apprès, jusques à cinq ans, six livres parisis, et de lors en avant dix livres parisis # [# et feissent sur eulx assiete de ce qui sera deu à chacun terme, selon] la teneur des dictes composicions et des sentence et arrest dessus diz.
(67) En oultre, deismes et ordonnasmes que par nous pour ceste foiz, et doresenavant (apprès ce que les diz habitans aront esté sommez de fere assiete et payer ce qui sera deu, en leur reffuz ou delay), par nous ou par + [+ le premier de mes seigneurs les conseillers du roy en la dicte court sur ce requis, ou par les bally, prevost d’Estampes ou leurs lieutenans sera faicte assiete sur iceulx habitans de ce qui sera deu, et feront roolle, commission et contraincte balliez aus diz chantre et chappitre, pour contraindre les diz habitans et chacun d’eulx à paier ce qui sera deu à chacun terme, par prise vendue et explectation* de leurs biens, et à leurs propres coustz et despens. (paraphe)]
* Explectation: exploitation, utilisation complète.
(68) Tost apprès nous mandasmes Pierre de Senneville*, cappitaine et lieutenant du bailly d’Estampes, Jehan Dantelleu** procureur du roy au dit lieu, l’esleu d’Estampes*** ou son lieutenant, et Jehan Lemercier**** sergent royal bien ancien et voisin des diz habitans, avec lesquelz nous conferasmes.
(69) Et, tout ce qui avoit esté par nous fait recité, ensemble ce que nous sentions* des facultez des diz habitans, par leur avis et conseil, procedasmes à faire, et de fait feismes assiette de la dicte somme de XI livres parisis à laquelle les diz de chappitre avoient composé et chevy** et pour ceste foiz seullement quitté les diz habitans,
* Qu’il soit capitaine semble indiquer quele bailli ne réside pas à Étampes.
** Cité le 4 décembre 1496 comme juré, commis et ordonné par justice à régir, garder et gouverner les droictz, franchises et libertez, jadis donnés par les roy de France à feu Eude le Maire.
*** Non identifié.
*** Déjà cité au § 25.
* Sentions: jugions.
** Chevir: traiter, composer.
(70) pour les diz arreraiges escheuz depuis le mois de may l’an mil quatre cens soixante et neuf que furent faictes les dictes composicions, jusques au terme de Toussains dernier passé, icellui terme includ, à cause des diz cent solz parisis de rente que jusques à dix ans à compter depuis le dit mois de may soixante et neuf les chantre et chappitre ont droit de prendre sur les diz habitans, ou lieu de dix livres parisis de rente d’une part, et de quatre livres parisis dues par chacun an aus diz de chappitre jusques à la parpaye de ~~~~~~~~ quarante livres parisis, à quoy les diz habitans ont pieça* composé aus diz de chappitre pour pluseurs arreraiges et despens, en quoy ilz avoient esté condempnez envers eulx, en la manière qui suit:**
* Piéça: depuis longtemps.
** Sur cette liste nous renvoyons d’une part à notre étude prosopographique (pour ce que enous savons de chacun) et d’autre part à notre étude statistique.
(71) Gervaise Gibon, huit sols parisis; Guillemin Lucquet, trois solz parisis; la veufve Estienne Rondeau, deux solz parisis; Jehan Preudomme, cinq solz parisis; Jehan le Beuf, deux solz parisis; Jehan du Roussay, six solz parisis; Thomas du Roussay, deux solz parisis; Guillaume Legat, deux solz; Simon Boyvin et sa femme, cinq solz; Jehan Charles; trois solz; Jehan Baudon; deux solz; Guillaume Perner, [p.7] deux solz; Jehan Perriou, trois solz; Jehan Esperance, deux solz; Anthoine Guischart, ~~~~~~~~~ six solz; Guillaume Chastillon, cinq solz; Jehan Avisse, dix solz; Jehan Roger le jeune, quatre solz; Jehan Haste, six solz; Jehan Gontier et sa femme, neuf solz; les Cappis et leur seur, neuf solz; Simon Rondeau, deux solz; Jehan Brossart le jeune, trois solz; Jehan Houllier, huit solz; Jehan Emery, six solz; Jehan de Lisle, six solz; Jehan Brossart l’aysné, sept solz; Guillaume Cholet, cinq solz; Jehan Le Maire et Geuffroy Regnault, douze solz; Thevenin Durant, deux solz; Jehan Baudon l’aisné, quatre solz; Guillot Barry, cinq solz; Jehan Saichet, cinq solz; la veufve Perrin Dauphance, trois solz; Guion Brunet, six solz; Guillaume Baudouyn, trois solz; Marquet Dubois, deux solz; Macé Saulle, quatre solz; Hervy Lelong, huit solz; Phelippot de Vaulx, deux solz; Pierre Robillart, quatre solz; Jacquet Regnart, deux solz; Phelippot Michault, deux solz; Jehan Michault, quatre solz; Alain Herclem, deux solz; Guillaume Brosson, trois solz; Jehan Marie l’aisné, trois solz; Jehan Marie le jeune, trois solz; Jehan Danjou, deux solz; Phelippot Moyreau, huit deniers; ung nommé Laurens demourant au Cheval Rouge, deux solz; Berthelot Jaquellet, deux solz; la veufve Bardillet, seize ~~~ deniers*.
* Ce compte est exact puisqu’on arrive au total à 2640 deniers, soit 132 sols, soit 11 livres exactement..
(72) Laquelle assiette ainsy que dit est par nous faicte, nous feismes mettre et reddiger par escript un ung roolle de parchemin* parmy lequel nous avons annexé nos lectres de commission addreçans au premier huissier de la dicte court, ou sergent royal, pour contraindre tous les dessus diz habitans, et chacun d’eulx en droit soy, à payer les sommes dessus dictes, par prise vendue et explectacion de tous leurs biens, en prenant par le sergent quatre deniers parisis pour chacune execucion,
* L’original de cette liste était donc sur un rouleau de parchemin perdu, et la liste que nous avons conservée sur un cahier de parchemin n’est donc qu’on copie authentique à usage local, signée mais non scellée.
(73) et en cas d’opposition, reffuz ou delay, la main du roy souffisamment garnie de la somme ou sommes deues par les opposans premierement et avant toute œuvre*, adjourner les opposans à certain et compectant jour à comparoir par devant nous au Palais à Paris contre les diz de chappitre ou leur procureur pour eulx pour dire les causes de leur opposicion, proceder sur ce, respondre et faire en oultre ainsy que de raison.
* C’est-à-dire que les agents de la force publique doivent saisir les biens des opposants à hauteur de la somme due, avant même d’enregistrer leurs réclamations.
(74) Et le landemain ensuivant partismes du dit lieu d’Estampes pour venir à Paris.
mardi 12 novembre 1471
(75) En tesmoing desquelles choses nous avons signé cestui nostre procès verbal de nostre seing manuel et scellé de nostre scel, l’an et jours [sic]* dessus diz.
Collatio fit.
[Signé:] M. Gillefare [paraphe] [p.8] [vierge]
* Jours est au pluriel parce que la rédaction de cet acte s’est étalée sur six jours, du 7 au 12 novembre 1471.
3. Premier traitement des données
a. Représentation schématique de la répartition de la propriété foncière dans la Franchise
parmi les foyers taxés de la paroisse Saint-Gilles d’Étampes en 1471
En 1471 les habitants de la paroisse Saint-Gilles sont condamnés après un long procès à payer au chapitre de Notre-Dame une somme de 11 livres.
Un arbitrage rendu par Bellefare nous précise comment fut alors réparti le règlement de la dite somme ur les différents foyers fiscaux de la paroisse. Les données de notre document concernent 53 feux, répartis en 12 classes fiscales.
On considère généralement, quoiqu’avec beaucoup d’incertitude, qu’un feu correspond en moyenne à cinq habitants. Ces 53 foyers fiscaux représentent donc sans doute environ 265 habitants, ce qui est fort peu. C’est un nouvel indice de la catastrophe démographique à laquelle Charles VII avait fait allusion en 1457 en reconnaissant que la ville commençait seulement à se repeupler.
Ne perdons pas de vue cependant que ce dénombrement ne prend pas en compte la domesticité, ni le reste du prolétariat, sur lequel nous sommes mal renseignés, d’autant qu’il ne loge pas forcément dans la paroisse elle-même, comme on le constate aux époques ultérieures, où il habite souvent aux paroisses Saint-Pierre ou Saint-Martin.
Ceci considéré, voici une représentation graphique de la répartition de la richesse globale de la paroisse entre ces 54 feux regroupés en onze classes ficales, telle que la laisse deviner la répartition de cette amende de 1471.
96 deniers
72 deniers
36 deniers
24 deniers
2 feux 3 feux
(48,7 % des biens)
Si l’on écarte les cas particuliers d’une veuve qui ne paie que 16 deniers et d’un pauvre qui ne paie que 8 deniers, d’une part, et, d’autre part, celui d’un feu en réalité double, soit deux probables beaux-frères qui jouissent d’un bien en indivision taxé 144 deniers, soit deux fois 72 deniers, nous ne sommes plus en présence que de neuf classes fiscales, entre lesquelles n’existe qu’un écart de 1 à 5. Hormis en effet les trois cas particuliers concernés, les 17 feux les moins fortunés règlent 24 deniers, tandis que le feu à chef de famille unique le plus taxé n’en règle que 120.
Il semble qu’en gros la richesse foncière globale de la paroisse soit répartie à parts égales entre d’une part 14 feux aisés (réglant de 72 à 144 deniers), et d’autre part 39 autres foyers moins fortunés (réglant de 24 à 60 deniers). Si naturellement il faut compter avec l’habileté des plus riches, qui à travers les siècles se débrouillent toujours d’une manière ou d’une autre pour payer nettement moins qu’à proportion de leur état réel de fortune, il faut tout de même constater à Étampes, au moins dans ce secteur, une répartition générale de la propriété foncière beaucoup plus équilibrée que de nos jours dans la petite république bourgeoise de Saint-Gilles d’Étampes, telle qu’elle s’est reconstituée en 1471, 18 ans après la guerre de Cent Ans.
Il est probable qu’avec le temps et l’accroissement de la population autant que de la richesse de la ville dans les générations suivantes, jusqu’à la nouvelle période catastrophique des guerres de religion, les écarts se sont creusés davantage. Mais nous entrons là dans le domaine des pures conjectures, car la documentation abondante relative au XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles étampois n’a pas encore été exploitée autant qu’elle le mériterait. On attend beaucoup à cet égard des efforts pionniers de Michel Martin.
b. Extrapolation sur la nature du bâtis et de la propriété foncière
à partir du cas de Jean Rougier et Jean Hattes
Par chance nous disposons de certaines précisions sur deux de ces maisons qui étaient contiguës, qui nous sont données par les comptes de la paroisse de Notre-Dame pour les deux années 1513/1514 et 1514/1515. A cette date il apparaît que les rentes dûes par ces deux maisons de la Franchise ont été attribuées à la paroisse.
L’une de ces maisons est tenue dans son entier en 1513-1515 par Oudinet Hattes, fils de Jean Hattes. Il la tient pour une part seulement de de son père Jean Hattes, et pour l’autre part de son oncle Jean Rougier. On nous dit aussi qu’avant cela la maison avait été tenue dans son entier par un certain Perrin Dantelu. Il s’ensuit que Jean-Rougier et Jean Hattes étaient beaux-frères pour avoir épousé chaun l’une des filles de ce Perrin Dantelu, lui-même apparenté à notre Jean Dantelu procureur du roi en 1471. Rappelons que le probable fils d’Oudinet Hattes, Esprit Hattes, sera lui aussi procureur du roi de 1553 à 1561. Cette maison paie en 1513-1515 une rente annuelle de 108 deniers.
A côté d’elle se dresse une petite maison payant seulement 12 deniers de rente annuelle. Elle est tenue en 1513-1515 par un cordonnier, mais on nous dit qu’avant cela elle a été tenue par Simon Lelong (sans doute un fils du Hervy Lelong de 1471), et encore avant cela par notre Jean Rougier.
La somme de la rente annuelle due par ces deux maisons en 1513-1515 est de 120 deniers.
Or en 1471, Jean Hattes avait été condamné à payer 48 deniers, et Jean Rougier 72 deniers, total 120 deniers.
La coïncidence est forte.
Il semble donc qu’en 1471 les 48 deniers dus par Jean Hattes correspondaient à une partie de la maison de Jean Dantelu, tandis que les six sous dus par Jean Rougier correspondaient à soixante deniers pour l’autre partie de cette maison, plus douze deniers pour une dépendance de cette maison, plus tard devenue l’échoppe d’un cordonnier.
Quoi qu’il en soit, il apparaît que les bourgeois qui en 1471 paient 108, voire 120 deniers de taxe, quand d’autres n’en paient que 24, ne sont pas nécessairement propriétaires de plusieurs maisons: ils ont seulement une maison plus vaste, tandis que les autres vivent dans de simples masures, ou bien se partagent de grandes maisons comme le font alors Jean Hattes et son beau-frère Jean Rougier.
Il est donc probable qu’on trouve alors dans la franchise nettement moins de cinquante maisons habitables.
On constate de fait que la plus grande de ces maisons, qui paie en indivision 144 deniers de taxe est partagée également entre deux autres probables beaux-frères Jehan Le Maire et Geuffroy Regnault. Après cela vient Jean Avisse, taxé à 120 deniers: c’est le même montant que paie, réunie, l’ancienne maison de Perrin Dantelu: il n’y a pdonc pas lieu de supposer Jean Avisse tienne plus d’une maison. Quant aux deux foyers qui paient 96 deniers, il apparaît également qu’il s’agit de deux grandes maisons: l’une abrite la fratrie des Cappy, et l’autre est l’hôtel particulier de Jean Gonthier et de sa femme, où on a choisi de réunir les bourgeois de la Franchise.
Il ne semble donc pas qu’il y ait à cette date de bourgeois tenant à Saint-Gilles plusieurs maisons; en tout cas, ce n’est pas la règle. La différence d’imposition entre chaque feu doit seulement refléter la différence de valeur foncière de chaque maison.
Quelle est la nature de la maison qui paie 108 deniers de rente annuelle en 1513-1515, et qui réunie les deux parties tenues en 1471 par Jean Hattes et Jean Rouguier? c’est une “maison, court, jardin et appartenances d’icelle (...), tenant d’une part à Pierre Homo et aux appartenances de l’hostel du Daulphin , et d’autre part à Macé Jubert, cordonnier, aboutissant d’un bout sur la rue pavée tandant à la porte Sainct Martin et d’autre aux murs de la ville, ung chemin entre deux”. En d’autres termes elle s’ouvre quelque part au début de la rue d’Enfer et son jardin s’étend par derrière jusqu’à l’actuel boulevard Henri IV.
b. Extrapolations sur la localisation de certaines maison
L’ordre suivi par notre liste n’est ni alphabétique ni en lien avec le montant des différentes taxations. A moins qu’il ne soit tout à fait aléatoire, il est est vraisemblable qu’il suit un ordre vaguement topographique, hypothèse appuyée par le fait que Jean Hattes et Jean Roger sont cités l’un après l’autre alors que nous savons qu’ils partageaient une seule et même maison autrefois détenues dans son ensemble par un certain Perrin Dantelu.
Comme nous savons qu’à la génération suivante cette maison, à nouveau réunie, touche les dépendances de l’hôtel du Dauphin, au n°164 de la rue Saint-Jacques, à l’endroit où elle s’infléchit pour former la rue d’Enfer, il n’est pas indifférent de s’intéresser aux bourgeois qui sont cités avant eux, ou après. Ce sont Jean Avisse (taxé 120 deniers) et Jean Gontier et sa femme (taxés 108 deniers).
Vu qu’on a choisi l’hôtel des Gontier pour réunir tous les habitants du quartier, il n’est pas totalement arbitraire de conjecturer que cet hôtel est celui qui s’appellera en 1500 l’Hôtel du Dauphin.
Si nous avons raison de penser que cette liste suit un ordre topographique il n’est pas indifféret de remarquer qu’Hervé Lelong, qui se dit en 1571 officier du roi, sans que cette qualité lui soit contestée, est assez loin de là dans cette perspective. De fait ses descendants paraissent avoir tenu la Poste aux Chevaux qui se trouvait au n°122 de la rue Saint-Jacques, au-delà de l’église.
4. Bilan prosographique provisoire
Répertoire des personnages mentionnés, avec ce qu’on sait pour l’instant
de chacun d’eux et d’autres membres de leurs familles par d’autres documents
1) Différence entre les deux listes des habitants de la Franchise
La première liste mentionne ceux-là seuls qui furent présents lors de la première assemblée, et encore ne prétend pas à être complète puisqu’elle se termine par ces mots: “et autres en leurs personnes faisans tous ou la plus grant partie des manans et habitans de la franchise du marché de Saint Gilles d’Estampes”.
Elle ne distingue pas de plus entre les homonymes puisqu’elle mentionne seulement un un Jehan Brossart, un Jehan Marie et un Jehan Bandon, tandis que la deuxième liste distingue un Jehan Brossart l’aysné et un Jehan Brossart le jeune, un Jehan Marie l’aisné et un Jehan Marie le jeune, un Jean Baudon l’aisné et un autre Jehan Baudon qui doit être le jeune.
Les différences graphiques sont minimes en matière de patronymes (Bary, Barry; Boivin, Boyvin; Chollet, Chollet) mais parfois intéressantes pour ce qui est de leur prononciation (Hacte, Haste; Renault, Regnault; Rogier, Roger; Sachet, Saichet); en cas de divergence phonétique, il faut préférer la deuxième (Bandon, Baudon [bis])
2) Patronymes cencernés
a) Patronymes attestés dans la bourgeoisie de Saint-Gilles (orthographe modernisée)
Avisse (Jean) — Bardillet (la veuve de [Jean?]) — Barry (Guillot) — Baudon (Jean B. l’aisné, Jean B. [le jeune]) — Baudouin (Guillaume) — Boivin (Simon B. et sa femme) — Brossard (Jean B. l’aîné, Jean B. le jeune) — Brosson (Guillaume) — Brunet (Simon) — Cappy (les Cappis et leur sœur) — Charles (Jean) — Châtillon (Guillaume) — Cholet (Guillaume) — Danjou (Jean) — Dauphance (la veuve de Perrin) — Delisle (Jean) — Devaux (Philippot) — Dubois (Marquet) — Durand (Thévenin) — Duroussay (Jean, Thomas) — Émery (Jean) — Espérance (Jean) — Gibon (Gervaise) — Gontier (Jean G. et sa femme) — Guichard (Antoine) — Hattes (Jean) — Herclem (Alain) — Houllier (Jean) — Jaquellet (Berthelot) — Lebeuf (Jean) — Legât (Guillaume) — Lelong (Hervé) — Lemaire (Jean) — Lucquet (Guillemin) — Marie (Jean M. l’aîné, Jean M. le jeune) — Michault (Jean, Philippot) — Moireau (Philippot) — Perrier (Guillaume) — Perriou (Jehan) — Prudhomme (Jean) — Regnard (Jacquet) — Regnault (Geuffroy) — Robillard (Pierre) — Roger (Jean R. le jeune [et donc un Jean R. l’aîné quelque part à Étampes]) — Rondeau (la veuve d’Étienne, Simon) — Sachet (Jehan) — Saulle (Macé).
b) Autres patronymes étampois mentionnés par le document [ou reconstitués] (orthographe modernisée)
Charpy (Jean) — Dantelu (Jean) — Debarre (Jean) — Delaporte (Jean) — Demazis (Jean) — Lemercier (Jean) — Lepiat [ou Piat] (Étienne) — Letellier (Jean) — Olivier (Jean) — Senneville (Pierre de) —
c) Patronymes non étampois (orthographe modernisée)
Bellefare (Martin de) — Clutin (Pierre) — Roland
d) Patronymes inconnus
Un nommé Laurent demeurant au Cheval Rouge — le bailli d’Étampes vers 1450 — son lieutenant — le bailli d’Étampes en 1471 — le prévôt d’Étampes en 1471 — l’élu d’Étampes en 1471 — son lieutenant — la femme de Jean Gontier — la femme de Simon Boivin — la veuve de [Jean?] Bardillet — la veuve d’Étienne Rondeau — la veuve de Perrin Dauphance.
3) Prénoms attestés par l’ensemble du procès-verbal (tous masculins)
a) Par ordre aphabétique
Alain (1), Antoine (1), Berthelot (1), Étienne (2), Gervaise (1), Geuffroy (1), Guillaume (6), Guillemin (1), Guillot (1), Guion (1), Hervé (1), Jacquet (1), Jean (32), Laurent (1), Louis (1), Macé (1), Marquet (1), Martin (1), Perrin (1), Philippot (3), Pierre (3), Quentin (1), Simon (2), Thévenin (1), Thomas (1).
b) Par ordre de fréquence
Jean (32), Guillaume (6), Philippot (3), Pierre (3), Étienne (2), Louis (2), Simon (2), Alain (1), Antoine (1), Berthelot (1), Gervaise (1), Geuffroy (1), Guillemin (1), Guillot (1), Guion (1), Hervé (1), Jacquet (1), Laurent (1), Macé (1), Marquet (1), Martin (1), Perrin (1), Quentin (1), Thévenin (1), Thomas (1).
(2), (1),
c) Personnes dont le prénom est inconnu, mais le patronyme connu
Les frère Cappi(s) et leur sœur — Roland, qui signe l’édit de Louis XI — le premier huissier de la Cour de Parlement de Paris en 1471 —
d) Personnes dont le prénom et le patronyme sont inconnus
Le bailli d’Étampes vers 1450 — son lieutenant — le bailli d’Étampes en 1471 — le prévôt d’Étampes en 1471 — l’élu d’ Étampes en 1471 — son lieutenant — la femme de Jean Gontier — la femme de Simon Boivin — la veuve de [Jean?] Bardillet — la veuve d’Étienne Rondeau — la veuve de Perrin Dauphance.
On range ici les individus selon l’ordre alphabétique des prénoms pour ceux qui sont connus, et pour les autres, ensuite, vaille que vaille.
— On met en rouge les noms des familles bourgeoises de Saint-Gilles
— On met en bleu lce qu’on a trouvé sur ces personnages dans d’autres documents que le procès-verbal de Bellefare.
— On met en vert ce qu’on a trouvé sur d’autres membres de la même famille (sous réserve de cas d’homonymie fortuite, sans doute peu nombreux).
— On met [entre crochet] les noms des personnages anonymes dans notre document, mais dont les noms sont connus par ailleurs.
Alain Herclem
bourgeois de Saint-Gilles
(…1471…)
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Antoine Guichard est condamné six sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1500 ses héritiers tiennent des chanoines de Notre-Dame une maison rue de Darnatal, c’est-à-dire dans la partie de l’actuelle rue de la République située entre Notre-Dame et la rivière (2).
En 1506, un Antoine Guichard II est cité comme échevin (3).
Le 17 mars 1512 un Jean Guichard est cité comme témoin d’un aveu aux dames de Longchamp (4). C’est peut-être le même que le suivant.
De juin 1513 à juin 1515 les comptes de la paroisse Notre-Dame sont tenus par un chanoine dénommé Jean Guichard, grand boursier du chapitre, peut-être fils cadet d’Antoine Guichard I et frère de Jean Guichard II l’échevin (5); en 1515 il va à Paris pour transiger avec le curé et son vicaire alors en procès contre la fabrique (6). C’est sans nul doute le même que dom Fleureau a trouvé mentionné comme chantre de Notre-Dame en 1537 (7).
En 1556, Antoine Guichard III, bourgeois d’Étampes assiste à la rédaction de la Coutume (8), aussi cité comme censitaire du fief des Longs alias de Saint-Bonnet (9).
En 1598 une Avoie Guichard, veuve de Jacques Charron, censitaire du Bourgneuf (10).
Une Marie Guichard, fille de feu Antoine Guichard, marchand, censitaire du fief des Harengeois en 1625 (11). (1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°19; (3) Montrond, Essais historiques, t. 2, 1837, p. 231; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°121; (5) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°1, 72, 74, 75, 79, 80 et 102; (6) ibid. n°245; (7) Fleureau, Antiquitez, p. 353; (8) Coustumes des bailliage et prevosté d’Estampes, Paris, Jean Dallier, 1557, p. 40; (9) AD91 3933; (10) AD91 E. 3834; (11) AD91 E 3855.
Berthelot Jaquellet
(1) Bellefare 1471 n°71.
Étienne Lepiat / Piat
(…1471…1478…1480…)
Procureur des habitants de la franchise du marché de Saint-Gilles d’Étampes en 1471 (deux graphies dans le même document: Piat puis Lepiat) (1).
Le 19 août 1478 Étienne Lepiat est signalé, comme garde du sceau de la prévôté (2) et encore le 20 juillet 1480 (3).
S’agit-il du même patronyme que Piet? Un Geuffroy Piet est censitaire de Longchamp en 1387 et 1400 pour une vigne au-dessus du château, puis sa veuve Alais en 1408 toujous pour cette vigne (4); en 1448 un Guillemin Piet tient la même terre, terre autrefois vigne (4). Au XVIe siècle on trouve pour censitaire au fief des Longs un François Piet puis au début du XVIIe sa veuve Léonarde Dorange, veuve de François Piet mercier (5), puis, au milieu du XVIIe siècle, censitaires du Bourgneuf François Piet et Noël Piet, marchand épicier (6); et encore au début du XVIIIe, un Antoine Piet, marchand jardinier (7), ainsi qu’au fief des Harengeois un Denis Piet (8). Il est bien incertain cependant que Piet et Piat soient le même patronyme.
Qoui qu’il en soit, en 1482, un Denis Piat tient des dames de Longchamp un demi-arpent de vigne au Clos Valeton; en 1498 il en tient trois pièces de vignes; en 1511-1512 il est cité comme ancien tenancier décédé de ces vignes et l’on précise qu’il était cloutier (9). (1) Bellefare 1471 n°27, n°47; (2) Cartulaire de Notre-Dame, éd Alliot, n° LXXXI, p. 95; (3) Gombault 1480 éd. Gineste; (4) Longchamp 1387 éd. Gineste n°87: 1400 éd. Ginetse n°7; 1408 éd. Gineste n°5; (5) AD91 E.3935; (6) AD91 E. 3838 bis; (7) E. 3840 bis; (8) AD91 E. 3856; (9) Longchamp 1482 éd. Gineste n°55; Longchamp 1498 éd. Gineste n°14; Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n° 20 et n°118.
(† av. 1471)
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, sa veuve est condamnée à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Simon Rondeau, cité en même temps que lui (1).
En 1482 un Jean Rondeau tient des dames de Longchamp un demi-arpent de terre à Épinant (2), qu’il tient encore en 1498, désormais qualifié vigne (3); en 1509, les comptes de Jean Raclardy, procureur des dames de Longchamp, distinguent nettement ce Jean Rondeau dit de Saint-Martin, d’un autre Jean Rondeau, le jeune, boulanger (4); en 1511 il est mentionné comme tenant toujours cette parcelle mais nous apprenons incidemment qu’il est décécé (5)
En 1509 puis 1511, on mentionne alors aussi au Clos Valleton Jean Rondeau dit le jeune, boulanger, comme tenant un quartier de vigne tenu avant lui par un certain Robinet Gillebon, autre descendant semble-t-il d’un des bourgeois de Saint-Gilles cités en 1471, Gervais Gibon (6). Vers 1514 meurt un Jean Rondeau, de la paroisse de Saint-Basile, dont un don testamentaire est enregistré par les comptes de la paroisse Notre-Dame: ce doit être notre boulanger (7).
En 1578 un Jean Rondeau boulanger est encore cenistaire des dames de Longchamp (8).
(1) Bellefare 1471 n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°29; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°50; (4) AD91 3897, f°2v° et 30r°; f°3r° et 34r°; (5) AD91 3897, f°3r° et f°34r°; Longchamp 1511-1513, éd. Gineste n°19 cf. n°7; (6) ibid., n°16 et n°37; (7) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°89; (8) AD91 E 3901.
Gervais Gibon
(...1471...)
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné huit sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1482, un Robin ou Robinet Gilbon tient des dames de Longchamp un demi-arpent de terre à faire vigne en Épinant, et il a pour voisin un Jean Sachet le jeune, alors que qu’un Jean Sachet est aussi signalé en 1471 comme bourgeois de Saint-Gilles (2); en 1498, Robin Gillebon tient un quartier de vigne au clos Valleton, avec pour voisin Denis Piat (3); en 1511 et 1512 il est mentionné comme l’avant dernier tenancier de cette vigne au clos Valleton, mais aussi comme le tenancier précédent d’une terre désormais tenue par Guillaume Carquaret de Saint-Gilles qui l’a réunie à une vigne voisine (4). Il est possible que ce Guillaume soit son gendre.
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste, n°16=43) [doublon, Robin] (42) (67) [Robinet]; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°125; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°16 et n°155.
Geuffroy Regnault / Renault [dit Mérot]
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes en indivision avec son probable beau-frère Jean Lemaire, il est condamné à régler avec lui douze sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1482 Geffroy Regnault tient des dames de Longchamp un arpent de terre près du Château (2), où il a pour successeur en 1498 Étienne Pouville (3), peut-être son gendre. En 1511-1513, nous apprenons que Geoffroy Regnault était surnommé Mérot, quand sa veuve Gillon et ses héritiers sont mentionnés comme les avant-derniers tenanciers de cette parcelle et d’une autre tenues ensuite toutes deux par Étienne Poinville dont nous apprenons qu’il était marchand boucher (4).
En 1500 le censier de Notre-Dame mentionne comme censitaire “Jehan Regnault dict Merot et ses hoirs pour sa maison et apartenances, assis hors la porte Sainct Martin devant le cymetiere de Sainct Gilles et de Sainct Martin , tenant d’une part à Pierre Mesnager, barbier, aboutissant sur la grand rue Sainct Martin” (5). Il y a là une double incertitude: d’une part le personnage est-il encore vivant, ou bien décédé? D’autre part, vu la communauté de surnom, s’agit-il de notre personnage, Geoffroy, par suite d’une erreur sur le prénom ou bien de quelqu’un de sa famille avec lequel il partagerait ce surnom destiné à les distinguer d’une autre famille Regnault?
La deuxième hypothèse s’impose, car nous voyons retrospectivement dès 1449 un nouveau censitaire de Longchamp, remplaçant celui de 1448, dénommé Jehan le Merot, qui doit déjà être un Jean Regnault dit Mérot, pour deux pièces de vigne à présent en terre, non loin du château (6).
On semble donc pouvoir reconstituer: génalogie suivante: Jean Regnault dit Mérot I (1449), père de Geffroy Regault dit Mérot (1471), père de Jean Regnault dit Mérot II (1500).
En 1498, un Robin Regnault, menuisier, peut-être fils de Geffroy, tient un demi-arpent de vigne au champtier d’Épinant (6). En 1511-1513, il est cité comme ne tenant plus qu’un quartier de vigne dans ce chantier mais par ailleurs aussi sept cartes de vignes en celui de Barbion (7); il a alors pour fils un certain Martin Regnault (8); Robin Regnault meurt vers 1514 d’après les comptes de Notre-Dame qui enregistrent alors un don par son testament à la paroisse Notre-Dame (9).
En 1500, nous entendons aussi parler d’un certain Colin Regnault voisin d’un tenancier de Notre-Dame au Petit-Saint-Mars (10).
A la même date un Ferry Regnault tient de Notre-Dame une maison et appartenances au quartier Saint-Martin, rue Courte (11).
En 1511 nous voyons aussi cité un certain Richard Regnault peut-être apparenté à Robin et Martin (12).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°32; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°21; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°6 et n°76; (5) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°249; (6) Longchamp 1449 éd. Gineste n°19 ; (7) Longchamp 1498 éd. Gineste n°21; (8) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°7, 15, 16 41; (9); ibid. n°7, 41b; (10) NotreDame 1515 éd. Gineste n°89; (11) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°280); (12) ibid., n°280et 282; (13) Longchamp 1511-1513 n°66 et n°74.
En 1268, 1271 et 1274 aucun censitaire de Longchamp ne porte ce patronyme mais en 1292 et 1298 Colin et Arnoul Baudouin tiennent tous deux des dames de Longchamp une terre au champtier de Hurtebise (1). En 1300 et 1306, ce sont Arnoul et la veuve de Colin (2).
En 1323 Un Jacquelin Baudouin censitaire de Longchamp dans un autre secteur, à la Grosse Borne (3).
Le patronyme disparaît des censiers de Lonchamp pour 1348, 1353, 1359, 1382 1400, 1448, 1456, 1457, 1458, 1564, 1465. Aucun lien généalogique ne peut donc être établi entre ces premier et celui que nous trouvons en 1471 à Saint-Gilles, d’autant que le patronyme est endémique dans tout le nord de la France.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Guillaume Baudouin est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame (4).
En 1500 un Quentin Baudouin est cité comme censitaire de Notre-Dame à deux titres, d’une part comme tenant une maison près de la porte Saint-Pierre et d’autre part comme tenant une autre maison touchant à Monsieur de Morigny, sur le chemin de Morigny, entre Saint-Germain et Morigny, en commun avec Basile Bénard, Mathurin Chenevier et Antoine Vereton (5).
En 1604 est citée comme censitaire de Longchamp un Jacques Baudouin et de même en 1654 puis 1677 une Marie Baudouin, veuve de Pierre Forest tonnelier (6).
(1) Longchamp 1292 éd. Gineste n°137 et 149, doublon raturé) et n°148; 1298 n°16 et n°22; (2) Longchamp éd. Gineste 1300, n°16 et n°107; 1306, n°18 et 43; (3) Longchamp éd. Gineste 1323, n°60; (4) Bellefare 1471 n°28, n°71; (5) Notre-Dame 1500 n°6 et n°12; (6) AD91 E 3907; (7) AD91 E 3911; E3912.
Guillaume Brosson
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
Guillaume Châtillon
(…1471…1500...)
En 1448, un (115) Les ayant cause d’un feu Jean de Châtillon étaient censitaires des dames de Longchamp pour un jardin assis en la rue des Bruieres [sic (de Brières)] au dessus de la tour, moyennant 6 sous, mais il n’y a sans doute aucun rapport entre ces personnages, à cause de la particule (1).
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Guillaume Châtillon est condamné à régler cinq sols aux chanoines de Notre-Dame (2).
En revanche nous retrouvons bien Guillaume Châtillon mentionné en 1500 comme censitaire de Notre-Dame: “Guillaume Chastillon, cordier, demourant en la paroisse Sainct Gilles, pour sa maison assise à Sainct Martin devant le moullin Sainct Ladre d’Estampes, tenant d’une part à Jehan Morry l’aisné et au chemin qui mene dudict moullin à Sainct Martin, aboutissant d’un bout à la rue aux Pingles” (3).
A la même date de 1500 un autre Guillaume Châtillon, lui fils de Michau Châtillon, est également tenancier de Notre-Dame à Saint-Martin (4)
Enfin, vers 1515 nous trouvons un Cancien Châtillon vicaire à Notre-Dame d’Étampes du curé Philippe Canaye avec lui en procès contre la fabrique de cette paroisse (5).
(1) Longchamp 1448 éd. Gineste n°115; (2) Bellefare 1471 n°28, n°71; (3) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°274); (4) ibid., n°272; (4) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°245.
Guillaume Cholet / Chollet
En 1456, 1457 et 1458, un Michau Cholet, peut-être père de Guillaume, était l’un des rares censitaires des dames de Longchamp à continuer à payer le cens, soit 4 deniers, pour une vigne au-dessus du Château en 1456 (1). En 1465 c’est sa veuve qui règle le cens pour cette "terre" (2).
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Guillaume Cholet est condamné à régler cinq sols aux chanoines de Notre-Dame (3).
En 1487 un Gilles Chollet, peut-être fils de Guillaume, tient d’elles deux arpents et demi de terre en la vallée de Heurtebise (4), qu’il tient toujours en 1498, sous le nom déformé de Gillet Collet (5); entre 1511 et 1513, nous apprenons qu’il avait pris à cens d’autres parcelles mais qu’il en a cédé une partie à Étienne Boudon (descendant lui aussi apparemment d’un des bourgeois de la franchise de saint-Gilles cités en 1471) et le reste est tenue par sa veuve et ses héritiers (6). (1) Longchamp 1456 éd. Gineste, n°6; Longchamp 1457-1458 éd. Gineste n°6; (2) Longchamp 1464 éd. Gineste n°14; (3) Bellefare 1471 n°28, n°71; (4) Longchamp 1482 éd. Gineste n°74; (5) Longchamp 1498 éd. Gineste n°30 et n°108; (6) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°138d. et n°79.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Guillaume Legât est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1498 est fait mention d’un ancien tenancier (non encore enplace en 1482), Gillebert Dugast, encore mentionné en 1512 comme décédé, Gilbert Legast, pour deux arpents de terre aux Hautes Bonnes au terroir de Bonvilliers (2). Mais s’agit-il bien du même patronyme?
Vers 1514 meurt un certain Gilbert Dugast à Saint-Phallier, dont une donation testamentaire est enregistrée à la paroisse Notre-Dame (3)
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1498 éd. Gineste n°4; 1511-1513 éd. Gineste n°56a; (3) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°89.
Guillaume Perner [Perrier? Pernet?]
L’orthographe de ce nom est bizarre, car, pour un patronyme ainsi prononncé on attendrait plutôt une orthographe Pernet. On peut se demander s’il n’y a pas ici une faute de copie pour Perrier. En 1498 un Guillaume Porrier tient des dames de Longchamp un quartier de vigne au champtier d’Épinant (2). (1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1498 éd. Gineste n°37.
Guillemin Lucquet
Guillot Barry / Bary
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler cinq sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1500 Guillot Bary est mentionné comme censitaire de Notre-Dame pour sa maison située rue Évezard; il est donc possible que le bien qu’il tenait à Saint-Gilles lui venait de sa femme (2).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°49 et n°50.
Guion Brunet
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler six sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1498 un Pierre Brunet vigneron est cité comme tenant à Antioche des dames de Longchamp un arpent de terre à faire vigne (2). En 1512, où il est qualifié vigneron mais aussi homme de bras, c’est redevenu une vigne mais il n’en tient plus qu’une partie (3). (1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1498 éd. Gineste n°119; (3) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°86 et n°87
Hervy Lelong
Le 2 novembre 1439 est cité comme commis à la garde de la prévôté d’Étampes, c’est-à-dire comme prévôt un certain Jean Lelong (1).
Officier du roi, franc de taille, et tenant un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est en procès en 1471 contre le chapitre de Notre-Dame à qui il ne reconnaît pas le droit de lever sur lui la taxe que leur accorde la fondation de la Messe au Comte; il ne se rend pas à l’assignation de Martin de Bellefare et ne se présente que quand on l’envoie quérir; il interjette et quitte l’assemblée. Il est cependant condamné par ce dernier le 11 novembre 1471 à régler huit sols aux chanoines de Notre-Dame (2).
En 1500 les héritiers d’Hervé Lelong sont signalés comme voisins d’une tenancier de Notre-Dame dans la paroisse Saint-Martin rue de la Bretonnerie (3).
A la même date de 1500 un certain Arthême Lelong, marchand chaussetier tient en fief des chanoines de Notre-Dame Notre-Dame une maison dans la paroisse Saint-Basile en dessous du moulin Notre-Dame près de la rue au Comte, voisine de celle des héritiers de l’échevin Jean Richefemme (4); il tient aussi une maison rue Saint-Antoine près du moulin Sablon qu’il donne à rente à un certain Jean Chevrier tisserand en drap (5).
En 1514 est mentionné un Simon Lelong qui est sans nul doute le fils de notre Hervy ou Hervé, car il est cité comme l’ancien détenteur d’une maison de Saint-Gilles détenue auparavant par Jean Rougier (ce dernier mentionné en 1471) et ensuite par un cordonnier dénommé Macé Jubert, d’autant que ce cordonnier a pour voisin Oudinet Hattes, lui-même fils de Jean Hattes, également mentionné en 1471 (6).
Vers la même année de 1514 meurt de plus un certain Thomas Lelong, de la paroisse de Saint-Germain de Morigny, qui avec sa femme fait un legs à la paroisse de Notre-Dame (7).
En 1519 un Pierre Lelong est cité comme échevin (8).
Vers 1534 est cité le marchand Louis Lelong censitaire de Longchamp (9).
En 1556, lors de la rédaction de la Coutume d’Étampes, est cité, en même temps que deux autres bourgeois d’Étampes, Louis Lelong et François Lelong, un Simon Lelong II, probablement descendant d’Hervé et de Simon I, chevaucheur d’écurie tenant la Poste du roi à Étampes avec son probable fils Hervé: “Simon le Long, chevaucheur tenant la poste pour le Roy à Estampes. Henri le Long aussi chevaucheur d’escurie” (10); Simon tient encore cette poste en 1562 (11); il est cité comme censitaire de Longchamp en 1563 (12) comme échevin en 1567 (13).
Un Arthur Lelong sera encore signalé comme échevin en 1609 (14).
(1) Cartulaire de Notre-Dame, éd. Alliot n°LXVII, p. 64; (2) Bellefare 1471 n°64, n°71; (3) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°261; (4) ibid., n°133; (5) ibid., n°145; (6) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°15; (7) ibid. n°89; (8) Montrond, Essais historiques, t. 2, 1837, p. 232; (9) AD91 E. 3834; (10) Coustumes des bailliage et prevosté d’Estampes, Paris, Jean Dallier, 1557, p. 40; (11) Acarie 1562 éd. Gineste (cliquez ici); (12) AD91 E. 3900: (13) Montrond, Essais historiques, t. 2, 1837, p. 232; (14) ibid. p. 233.
Jacquet Regnart
En 1353 un Philippot Regnart (non mentionné en 1348) est signalé comme censitaire de Longchamp au champtier d’Antioche, et à nouveau en 1359, Philippot Renart (1), mais le patronyme n’apparaît plus en 1400, 1408, 1448, 1449, 146, 1457, 1458, 1464, 1465. Aucun lien généalogique ne peut donc établi avec le Jacquet Regnard de 1471, d’autant que ce patronyme est endémique.
En 1397 un Étienne Renard est signalé comme chanoine de Notre-Dame d’Étampes (2)
Le 11 novembre 1471, Jacquet Regnard, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (3).
En 1511 un Jean Regnard l’aîné est témoin d’un aveu rendu aux dames de Longchamp (4).
En 1556 un Lubin Regnard est signalé comme procureur (5).
Le 18 août 1686 meurt Jean Renard maître de poste d’Étampes (6). (1) Longchamp 1353 éd. Gineste n°110; AD91 E 3886 (en cours d’édition);
(2) Cartulaire de Notre-Dame éd. Alliot n°LXXXVI, p. 107; (3) Bellefare 1471 n°28, n°71; (4) Longchamp 1511-153 éd. Gineste n°139h; (5) Coustumes des bailliage et prevosté d’Estampes, Paris, Jean Dallier, 1557, p. 40; Pierre tombale en l’église Saint-Gilles (cf. Marquis, Les rues d’Étampes, p. 118).
De 1268 à 1274 sont signalés comme tenant en fief des dames de Longchamp une maison à Étampes rue de Brières (c’està-dire du Château), un frère et une sœur, Belon et Raoul Avice (1), pour laquelle il règlent 24 deniers de cens (1). Cependant comme ce patronyme n’apparaît plus ensuite dans les censiers de Longchamp, comme il n’est pas documenté pour l’instant ailleurs à ma connaissance, comme il est asezz relativement courant, et comme la guerre de Cent Ans est passéqui plus est passé par là, il est est impossible de supposer en l’état actuel de nos connaissances un lien généalogique entre ces personnages et le Jean Avisse mentionné à Saint-Gilles deux siècles plus tard.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Avice est condamné à régler dix sols aux chanoines de Notre-Dame (2).
En 1500 un Jean Avisse est signalé comme censitaire de Notre-Dame tenant une maison rue Saint-Antoine touchant au palais du Séjour, en même temps que que Jean et François Delaître avec lesquels il est sans doute allié (3).
En 1512 un Jean Avisse est noté comme témoin d’un aveu rendu aux dames de Longchamp (4). (1) Longchamp 1268 éd. Gineste n°129; 1271 n°24; 1274 n°122; (2) Bellefare 1471 n°28, n°71; (3) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°65; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°139h.
[Jean?] Bardillet
(…1471…† av. 1471)
Le 11 novembre 1471, la veuve Bardillet, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, est condamnée à régler seize deniers aux chanoines de Notre-Dame (1).
Elle est peut-être veuve d’un certain Jean Bardillet signalé en 1448 comme censitaire des dames de Longchamp (successeur de Germain Pouville) pour un quartier de vigne à Guinette, moyennant 6 deniers de cens (2); en 1456 et 1457-1458, il fait partie des très rares censitaires qui continuent à régler le cens, soit toujours 6 deniers, mais il est alors précisé que c’est pour un quartier de terre autrefois vigne (3); il le règle encore en 1464 mais à cette date on précise qu’il est de la paroisse de Saint-Basile (4). Sa veuve était peut-être fille de Germain Pouville.
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71;
(2) Longchamp 1448 éd. Gineste n°5 (3) Longchamp 1456 éd. Gineste, n°6; Longchamp 1457-1458 éd. Gineste n°14; (4) Longchamp 1464 éd. Gineste n°4.
Jean Baudon l’aisné
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Baudon l’aîné est condamné à régler quatre sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Baudon le jeune cité en même temps que lui (1).
En 1500 un Jean Baudon est signalé comme censitaire de Notre-Dame au quartier Saint-Pierre pour une maison touchant l’Hôtel-Dieu de Buval: c’est peut-être encore le nôtre, ou Jean Baudon le jeune (2).
En 1482 un Noël Boudon tient plusieurs parcelles en fief des dames de Longchamp, qui en 1498 sont passées à ses fils Estienne et Pierre les Bandons demeurant “à présent” au Chesnay (3), l’une de ces pièces ayant été cédée en partie à feu Gilles Cholet lui aussi descendant apparemment d’un des bourgeois de Saint-Gilles cités en 1471 (4). Cette installation des Baudons est documentée autrement, et elle est postérieure à 1478, car nous voyons en 1556 que la maladrerie Saint-Lazare a droit à une rente anuelle en nature “à prendre sur la métairie appelée la Grange Saint-Ladre d’Étampes et sur 24 muids de terre ou environ en dépendances à cause du bail à vie qui en a été fait par les maîtres et adminstrateurs d’icelle madrerie aux prédécesseurs dudit Baudon, par contrat du 17 novembre 1478” (5). La grange Saint-Ladre était un peu plus loin que le Chesnay, comme on le voit sur le plan d’Étampes que j’ai édité en 2009 (6).
Vers 1570 est signalé un Damien Bauldon vigneron censitaire du fief des Longs alias de Saint-Bonnet (7).
(1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]; (2) Notre-Dame 1500 éd. Gineste, n°210 et 211; (3) Longchamp 1482 éd. Gineste n°71; 1498 éd. Gineste n°20; (4) ibid., n°138d; (5) Plisson, Rapsodie éd. Forteau, Annales du Gâtinais (909), pp. 92-93; (6) Cahier d’Étampes n°10 (2009) p.36; (7) AD91 3933 et 3934.
Jean Baudon [le jeune]
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Baudon le jeune est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Baudon l’aîné cité en même temps que lui (1).
En 1500 un Jean Baudon est signalé comme censitaire de Notre-Dame au quartier Saint-Pierre pour une maison touchant l’Hôtel-Dieu de Buval: c’est peut-être encore Jean Baudon le jeune (2). Sur la famille Baudon, voyez la notice ci-dessus sur Jean Baudon l’aîné.
(1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]; (2) (2) Notre-Dame 1500 éd. Gineste, n°210 et 211.
Jean Brossard l’aîné
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler sept sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Brossard le jeune cité en même temps que lui (1).
En 1482 un Simon Brossard tient des dames de Longchamp 9 quartiers de terre au bout de la vallée de Heurtebise (2).
En 1498 un Colas Brossard tient des dites dames un arpent de terre à Heurtebise où il est voisin de Simon Brossard et d’Étienne Bandon (descendant probable lui aussi d’un des deux Baudon bourgeois de Saint-Gilles cités en 1471 (3); le dit Simon Brossard son voisin a sept quartiers de terre à Heurtebise et trois arpents à Antioche (4); mention aussi est faite d’un Jean Brossard qui tient une parcelle touchant celle d’une tenancier de ces dames à Vauminas (5)
En 1512 nous trouvons toujours Colas tenancier des dames de Longchamp (6), tandis que Simon est mort (7), ses biens étant partagés entre ses enfants Nicolas (8), Lubin (9), une fille de prénom inconnu première épouse alors décédée d’un certain Jean Lamore, maçon (10), et une autre fille Cancienne (apparemment marié à un certain Jean Deslandes le jeune), qui a vendu au moins une partie de son héritage sa part à son ex-beau-frère Simon Lamore remarié à la fille de feu Jean Guérin (11). Les données dispersées sur cette descendance restent légèrement entâchées d’incertitude car d’interprétation difficile.
Entre 1580 et 1585 est signalé comme censitaire du Bourgneuf une certain Étienne Brossard, marchand, puis entre 1598 et 1601 une Rose Brossard veuve de Michel Boullemier
(1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]; (2) Longchamp 148 éd. Gineste n°72; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°8; (4) ibid., n°130; (5) ibid., n°23b; (6) ibid., n°73; (7) ibid., n°101b; (8) ibid. n°93b, cf. n°96a; (9) ibid., n°69b, cf. n°100b et n°125c; (10) ibid., n°152a; (11) ibid., n°101b et n°142; (12) AD91 E. 3834* et E3834.2.
Jean Brossard le jeune
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Brossard l’aîné cité en même temps que lui (1).
Voyez ce qui est dit de la famille Brossard à l’article ci-dessus sur Jean Brossard l’aîné. (1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]; (2) Longchamp 148 éd. Gineste n°72.
On remarque en 1482 un Gervais Chale de Brières-les-Scellés tenancier des dames de Longchamp (2).
En 1498 un Guillaume Charles dont le surnom est indéchiffrable (Jpls) tient des dites dames un quartier de vigne au champtier d’Épinant (3).
En 1512 Pierre Charles dit Gourron, maçon, est témoin de deux aveux aux dames de Longchamp et il est aussi signalé comme l’ancien tenancier de deux arpents de vignes touchant à lamaison de Guinette, qu’il a depuis vendus au riche marchand et bourgeois parisien Robert Letellier (4). Il est surtout signalé tailleur de pierre, comme ayant commencé les travaux de la chapelle du Sépulchre à Notre-Dame, mais mort avant de les avoir achevés, vers 1514 (5).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°59; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°32; (4) Longchamp 1511-1513, éd. Gineste n°132, n°133 et n°153a; (5) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°119, 120, 121 et 238.
chanoine de Notre-Dame
Jezan Charpy, chanoine de Notre-Dame, est présent à la première réunion du 11 novembre 1471, puis avec tous les autres chanoines à celle du lendemain (1).
(1) Bellefare 1471 n°27, n°57.
Jean Dantelu
procureur du roi à Étampes (…1471…)
L’origine de ce patronyme me paraît être une altération de l’ethnique d’Andelu (Yvelines).
En 1515 est fait mention d’un certain Perrin Dantelu qui a détenu dans la Franchise du marché Saint-Gilles une maison tenue en 1471 par deux beaux-frères qui sans doute avaient épousé deux de ses filles, Jean Rougier, alias Rogier, alias Roger, et Jean Hattes, la maison étant ensuite revenue avant 1515 à Oudinet Hattes fils de Jean et neveu de Jean Rougier (1).
Il est donc bien possible que Jean Dantelu procureur du roi en 1471, ait été le fils de ce Perrin Dantelu, et par là le beau-frère de Jean Hattes, lui-même certainement grand-père d’Esprit Hattes, qui sera procureur du roi à Étampes de 1559 à 1564.
Le 11 novembre 1471, Jehan Dantelleu procureur du roy est convoqué en la demeure de Jean Gontier dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, avec Pierre de Senneville, capitaine et lieutenant du bailli d’Estampes, avec l’élu d’Estampes ou son lieutenant, et le sergent royal Jean Lemercier, pour participer avec lui à l’établissement d’une assiette d’imposition sur les habitants de cette franchise (2).
Son prédécesseur en cette charge est Michel L’Écuyer, cité comme procureur du Roi en 1468 (3), et son successeur Pierre Lécuyer, cité comme tel en 1473 (4)..
En 1482 et 1498, il est mentionné par les censiers des dames de Longchamp non pas comme censitaire, mais comme tenant du côté du champtier de Heurtebise une terre voisine de la parcelle d’un certain Quentin Hardy, censitaire (5).
Le 4 décembre 1496, Jean Dantelu est encore mentionné comme l’un des deux “jurés, commis et ordonnés par justice à régir, garder et gouverner les droictz, franchises et libertez, jadis donnés par les roy de France à feu Eude le Maire,” et le prévôt d’Étampes qu’il a témoigné devant notaire qu’un certain Jourdain Valton, marchand de fer et bourgeois de Paris, a droit au privilège de Chalo-Saint-Mars en raison de son mariage avec une certaine Catherine Aleaume, c’est-à-dire donc qu’il est exempt de toutes les tailles, impôts et droits de péage quelconques qui pourraient entraver son commerce (6).
En 1500 nous trouvons deux Jean Dantelu distincts, tous deux censitaires de Notre-Dame. L’un tient seulement une masure au Perrray Notre-Dame (7).
L’autre, qualifié Jean Dantelu l’aîné, détient plusieurs biens: place Notre-Dame, deux maisons qui se touchent, voisines de la Petite-Rose, l’une où réside le machand épicier Jean Barbault, l’autre où réside le pelletier Jean Brière (8); et par ailleurs plusieurs maisons rue de la Boucherie, c’est-à-dire dans la section de l’actuelle rue de la République qui est au-delà de la Juine, dans le quartier Saint-Pierre (9). C’est certainement lui, vu sa richesse, le fils du procureur de 1471.
En 1515, nous apprenons que ce monsieur Jean Dantelu l’aîné est à la fois chanoine de Notre-Dame et seigneur de Saint-Ladre (10), c’est-à-dire de la maladrerie Saint-Lazare et de ses dépendances (10). Nous le voyons encore en 1519, avec Jean Dallier, autre chanoine, aller demander copie à la prévôté du censier de 1500 qui nous a été conservée (11). Il meurt vers 1522, remplacé comme administrateur de Saint-Lazare par Pierre Marchant, prêtre, clerc de la chapelle de la Reine (12).
En 1539 un autre Jean Dantelu sera échevin d’Étampes (13). C’est sans doute celui qui est mentionné comme censitaire de Longchamp de 1530 et 1537 (14).
(1) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°24; (2) Bellefare 1471 n°68, n°69; (3) AD45 A. 1226 (document détruit à Orléans en 1940), cf. Inventaire-Sommaire de la série A, p. 276a; (4) Gustave Dupont-Ferrier, Gallia regia, ou État des officiers royaux des bailliages et des sénéchaussées de 1328 à 1515, Paris, Imprimerie nationale, 1947, p.273, n°12378. (5) Longchamp 1482 éd. Gineste n°63; Longchamp 1498 éd. Gineste n°123; (6) BNF ms fr. 5029, f°78 r°, cité par p. 186; (7) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°14 et n°60; (8) ibid., n°26, n°82; (9) ibid., n°3 et n°193 et 194;
(10) Notre-Dame 1515 édition Gineste n°54, 76, 127, 184 et 254; (11) Notre-Dame 1500 éd. Gineste, fin; (12) Dupieux, Lettres inédites, p. 253; (13) Montrond, Essais historiques, t. 2, 1837, p. 232; (14) AD91 E 3899.
[Jean Debarre]
chantre de Notre-Dame
(…[1456]…)
Successeur comme chantre de Jean Desmazis mort le 17 juillet 1456 (1), il poursuit la procédure contre les habitants de la Franchise, mais on ne sait pas si c’est sous son ministère ou sous celui de son successeur Quentin Dubois (cité en 1463) qu’est obtenu la première condamanation des habitants de la Franchise par les gens des Requêtes du Palais en 1460 (2).
(1) Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 352; Bellefare 1471 (7) (8).
Chanoine de Notre-Dame d’Étampes, présent comme représentant du chapitre à la première réunion qu’organise le commissaire royal Martin de Bellefare le 11 novembre 1471 dans l’hôtel de Jean Gontier, puis avec tous les autres chanoines à celle du lendemain (1).
Le 20 juillet 1480 nous le retrouvons mentionné comme représentant du chapitre lors de la passation d’un contrat d’accensement pour deux maisons aux uméros 27 et 29 de l’actuelle rue de la République (2).
Plusieurs membres de cette famille nous sont connus dans la paroisse Notre-Dame et sur le terrtoire de l’actuelle commune de Morigny-Champigny
Dès 1443 est cité un certain Jean Delaporte comme tenant une terre ou une maison à Bonvilliers au lieu-dit indéterminé le Val des Maisons (3)
En 1500 deux membres de cette famille sont signalés comme censitaires de Notre-Dame. Tout d’abord un certain Simon Delaporte tient une maison rue de Mauconseil tout près donc de l’église et du quartier des chanoines. Il tient aussi à cause de sa femme une maison, cour et appartenances, avec des bergeries, à Morigny, au lieu-dit les Roches de Sainvilliers, entre les chemins de Bonvilliers de Sainvilliers (3)
A la même date un certain Gervais Delaporte tient une maison et appartenances rue du Perray avec pour voisin l’huilier Pierre Bourdillon (4). On ne sait pas si c’est le même Gervais Delaporte dont décède vers 1514 la femme Étiennette, qui fait alors une donation par testament à la paroisse de Notre-Dame, car elle est alors dite elle-même de la paroisse de Saint-Germain de Morigny (5).
Vers 1514 également décède également en faisant une donation à la paroisse Notre-Dame un certain Pierre Delaporte de la paroisse de Notre-Dame (6).
En 1515 nous entendons parler des héritiers d’un feu Guillaume Delaporte, qui détiennent une terre à Champigny (18).
(1) Bellefare 1471 n°27, n°57; (2) Gombault 1480 éd. Gineste (cliquez ici); (3) Cartulaire de Notre-Dame éd. Alliot, p. 99; (3) Notre-Dame 1500 n°94, 95, 96 et 245; (4) ibid., pn°184 et 185; (5) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°89; (6) ibid., n°89; (7) ibid.,18 .
Le patronyme est inconnu des censiers de Longchamp de 1268 à 1512.
En 1512 un Gabriel Delisle est cité comme tenant des dames de Longchamp avec Girard Chéron, prêtre (à la suite du curé de Saint-Basile) une parcelle terre au-dessus du Château, alors bradée pour 39 ans à 12 sous au lieu 17 (2).
De 1529 à 1538 est cité un Jean Delisle tenancier des dames de Longchamp, puis sa veuve et ses héritiers à partir en 1539 et 1540 et encore sa veuve de 1561 à 1578 (3). Nous voyons cette veuve tutrice en 1561 de ses petits enfants (Constitution d’une rente annuelle de 42 sous 6 deniers tournois faite par Pierre Biélrix, vigneron, du faubourg Saint-Pierre d’Etampes, au profit de Françoise Lesné, veuve de Jean Delisle, marchand à Etampes, au nom et comme tutrice des enfants mineurs des feus Georges Hamois et Guillemette Delisle) (4).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°121a; (3) AD91 E 3899 (1529-1540) et E (1561); (4) AD91 E 3779.
[Jean Desmazis]
(...[av. 1440] ... apr. 1450... [†1456]
Selon dom Fleureau, “Jean des Mazis fut Chantre avant l’an 1440. On ne sçait s’il étoit parent de Jean des Mazis, Ecuyer, Seigneur de Brieres-les-Scellées, qui fut avant l’an 1432. Bailly et Gouverneur des villes & Châteaux d’Estampes et de Dourdan. Il mourut le dix-septéme Juillet 1456” (1).
C’est apparemment lui qui lança la procédure contre les habitants de la Franchise qui ne réglaient plus au chapitre de Notre-Dame la rente que leur imposait la donation de Louis II d’Évreux (2).
(1) Basile Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 352; (2) Bellefare 1471 n°6, n°7.
Jean Duroussay
Le patronyme est inconnu des censiers de Longchamp de 1268 à 1448. Cependant, en 1456, 1457 et 1458, un Thévenin Duroussay est l’un des rares censitaires des dames de Longchamp à continuer à payer le cens, soit 8 sols en 1456 et 9 sous et 6 deniers en 1457-1458 pour cinq arpents de vigne au champtier des Andrilles (1), mais il n’est plus cité en 1464 et 1465.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Duroussay est condamné à régler six sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Thomas Duroussay cité en même temps que lui (2).
En 1498 un Pierre Duroussay est mentionné comme l’ancien tenancier d’un quartier de terre à faire vigne au champtier d’Antioche dans la censive de Longchamp (3). Nous voyons en 1500 que ses héritiers tiennent une maison dans la rue Laie (c’est-à-dire Large) qui paraît être l’actuelle rue Magne (4).
(1) Longchamp 1456 éd. Gineste n°16; Longchamp 1457-1458 éd. Gineste n°10; (2) Bellefare 1471 n°28, n°71; (3) Longchamp 1498 éd. Gineste n°131; Notre-Dame 150 éd. Gineste n°29.
Le patronyme est inconnu des censiers de Longchamp de 1268 à 1448.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Émery est condamné à régler six sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1482 un Toussaint Aymery tient au champtier d’Épinant trois quartiers et demi de vigne (2).
En 1530 est cité comme censitaire de Longchamp un certain Georges Hémery (3)
Vers 1535 est cité un Cancian Hamery, vigneron, censitaire de Longchamp (4).
Dans les années 1560 sont cités à plusieurs reprises simultanément comme censitaires de Longchamp un André Hémery puis sa veuve, un Jean Hémery vigneron et la veuve du susdit Cancien Hémery vigneron (5), cette dernière encore citée, Barbe Ferry censitaire de fief des Longs en 1561 (6), et de Longchamp (veuve de Quantin ou Cantin) dans les années 1570 (7).
Au tout début du XVIIe siècle encore un Louis Hémery censitaire de Longchamp (8), ainsi que la veuve d’un Jacques Hémery, Marguerite Boucher, et un Denis Hémery (9), etc.
En 1663 nous entendons parler d’une rente du au seigneur du Bourgneuf qui l’avait acquise de Claude Hémery, marchand à Étampes (10); ce même Claude Hémery est cité comme devant cette rente vers 1678, puis sa veuve après lui (11)
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°69; (3) AD91 E 3899; (4) AD91 E 3534; (5)AD91 E 3934; (6) AD91 E 3900; (7) AD91 E 3901 et E 3902; (8) AD91 E 3905*; (9) AD91 E 3907 et E 3908; (10) AD91 E 3805; (11) AD91 E 3840.
Jean Espérance
Sur ordre du commissaire royal Martin de Bellefare les sergent royaux d’Étampes Jean Lemercier et Jean Letellier convoquent pour le dimanche 11 novembre 1471 après la grand messe tous les habitants de la Franchise du marché Saint-Gilles d’Étampes à l’hôtel particulier de Jean Gontier dans la dite franchise. C’est là que se tient la première assemblée. Ce même jour, parce qu’il tient avec sa femme un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné avec elle à régler neuf sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
(1) Bellefare 1471 n°25, n°27, n°28, n°71.
Jean Hattes (Haste / Hacte)
En 1464 un Jean Hattes (Haste) le jeune était censitaire des dames de Longchamp, on ne sait pour quel bien, moyennant 4 deniers obole, en encore en 1465 (Hacte) (2). En 1482 Jean Hattes (Hacte) tient des dames de Longchamp trois quartiers de vigne au chantier de Barbion, moyennant la même somme (3): c’est donc le même personnage, pour le même bien, et comme il n’est plus qualifié le jeune, il faut croire que son homonyme est décédé depuis un certain temps. Il tient encore cette vigne en 1498 (4).
Jean Hattes est mentionné en 1515 comme le défunt père d’Oudinet Hattes, qui à cette date tient une maison, cour, jardin et appartenance dans la paroisse Saint-Gilles, tenue avant lui par son père et par son oncle Jean Rougier (tous deux cités en 1471 comme habitant la Franchise); auparavant elle était tenue par un certain Perrin Dantelu. Il s’ensuit semble-t-il que Jean Hattes et Jean Rougier, alias Rogier, alias Roger, étaient beaux-frères, parce qu’ils avaient chacun épousé une fille du dit Perrin Dantelu. De fait, dans les deux listes, ils sont cités l’un après l’autre. Cette maison, en 1515, coincée entre la rue Saint-Jacques ou la rue d’Enfer et les murs de la ville, touche d’une part au cordonnier Macé Jubert, et d’autre part à un certain Pierre Homo en même temps qu’aux dépendances de l’hôtel du Dauphin (5), dont nous savons qu’il était au n°164 de la rue Saint-Jacques la rue d’Enfer (6).
En 1513, Houdin Hattes, dont nous venons voir qu’il était le fils de Jean Hattes et le neveu de Jean Rougier, est mentionné comme échevin (7). Sa stèle mortuaire, dont la date est malheureusement effacée, est encore à l’église Saint-Gilles: “Oudin Hatte, en son vivant marchant bourgeois d’Estampes”.
En 1536 et à nouveau en 1555, un Girault Hattes est mentionné comme échevin (8).
En 1538 est mentionné un Louis Hattes alors procureur du chapitre de Sainte-Croix d’Étampes (9).
Su cette famille Hattes, voyez notre étude en ligne consacrée en 2009 à Esprit Hattes, procureur du roi à Étampes (10). Il est intéressant de remarquer que Jean Dantelu, procureur du roi en 1471, était probablement le fils de ce Perrin Dantelu, et par là le beau-frère de Jean Hattes, lui-même certainement grand-père d’Esprit Hattes, qui sera procureur du roi à Étampes de 1559 à 1564.
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1464 éd. Gineste n°6; Longchamp 1465 éd. Gineste n°12; (3) Longchamp 1482 n°1, n°35; (4) Longchamp 1498 éd. Gineste n°54); (5) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°14; (6) Léon Marquis, Les Rues d’Étampes, 1881, p. 113: “On voit toujours ses magnifiques caves sous des bâtiments et jusque sous le jardin”; Gatineau, Étampes en lieux et places, 2003, p. 46; (7) Montrond, Essais historiques, t. 2, 1837, p. 231; (8) ibid. p. 232; (9) Audren 1538 éd. Gineste (cliquez ici), 19r, 24r, 27r; (10) Cliquez ici.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler huit sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
C’est sans nul doute un parent et peut-être un ascendant de Jacques Houllier, célèbre médecin né à Étampes, élu doyen de la faculté de médecine de Paris en 1546 et mort en 1562.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes en indivision avec son probable beau-frère Geoffroy Regnault, il est condamné à régler avec lui douze sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1448 un Jean Lemaire sans doute notre homme, est censitaire des dames de Longchamp pour 3 deniers obole de trois quartiers de vigne au champtier de Barbion (2). En 1482 (sous le nom déformé Jean Lemaitre) il est mentionné comme l’ancien tenancier de cette vigne alors tenue par messire Louis Georges, prêtre, et de même en 1498 (avec la même erreur) alors qu’elle est tenue par Jacquet Mestaut et Pierre Jarson (3).
En 1512 un certain Simon Lemaire tient une parcelle vosine de celle d’un tenancier des dames de Longchamp au champtier de Heurtebise (4), et un certain Jacquet Lemaire,, qui a épousé la fille d’un certain Guillemin Benoît tient de ces dames deux parcelles au champtier de Jardeaux et paraît aussi tenir une terre aux grosses Bonnes (5).
En 1556, lors de la rédaction de la Coutume, un Jean Lemaire est lieutenant particulier du bailliage.(6). (1) Bellefare 1471 n°71; (2) Longchamp 1448 éd. Gineste n°83; (2) Longchamp 1448 éd. Gineste n°83; (3) Longchamp 1482 éd. Gineste n°1; Longchamp 1498 éd. Gineste n°42; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°73a; (5) ibid., n° 61 n°55b; (6) Coustumes des bailliage et prevosté d’Estampes, Paris, Jean Dallier, 1557, p. 40.
sergent royal à Étampes
Hébert Lemercier, dont il nous est spécifié seulement en 1274 qu’il est clerc, tient en fief des dames de Longchamp des terres pour lesquelles il paie 21 deniers de cens fin septembre 1271, puis 1274. La première fois il nous est dit qu’il s’agit de plantes à Villeneuve; la deuxième, qu’il s’agit d’une terre et d’une vigne plus précisément au-dessus de Villeneuve (1).
En 1271, Jean Lemercier tient en fief des dames de Longchamp une vigne au lieu-dit étampois Montépinant qui avait été tenue avant lui par un certain Robert Lenormand, et pour laquelle il règle 60 deniers de cens. En 1274, sa veuve tient toujours cette vigne pour le même cens. De plus son gendre Laurent Leclerc tient en fief des mêmes dames des vignes aux lieux-dits Antioche et Montépinant, pour lesquelles il règle le même jour 216 deniers de cens, plus 96 deniers d’arrérages (2).
En 1292, Jeannot Lemercier règle pareillement 60 deniers pour une vigne à Antioche, et Jaquelet fille de feu Jean Lemercier 216 deniers pour trois vignes respectivement à Montépinant, Glane-d’Aulx et Antioche, pendant que maître Hébert Lemercier règle toujours 21 deniers pour sa plante et garenne de Villeneuve (3).
En 1298 la fille de feu Jean Mercier règle 180 deniers pour ue vigne à Épinant, 12 pour ujne vigne à Antioche, tandis qu’un Lucas Fortin règle 6 deiers pour une vigne qui fut à Jeanne Lemercier (4).
En 1300 mention d’un demi-arpent à 1, denier qui fut à Jeanne Lamercière.
En 1323, mention d’un lieu-dit la Vallee à la Merciere; à la même date un certain Henri Lemercier tient des dames de Longchamp une maison rue Louis-Moreau, et une Perroche Lamercière tient une prtie d’une terre qui fut à un certain Denisot Arondiau (6).
En 1387, un demi-quartier de vigne à Antioche est tenu par un certain Audren Lemarcher, puis par sa veuve en 1400 et 1408, dates auxquelles on l’appelle Andry Lemercier, mais on l’appelle à nouveau André Lemarchier en 1448, ce qui crée un doute sur son patronyme réeel (7). Il faut noter quoi qu’il en soit que cette parcelle paraît elle aussi abandonnée au moins de 1408 et 1448, car à chacune de ces dates elle n’est pas citée pour elle-même mais seulement comme voisine de parcelles effectivement tenue..
En 1400, mention également à Abtioche également des héritiers d’un certain Hervy Lemercier comme voisins d’un tenancier de Longchamp, parcelle tenue plus précisément en 1408 par un fils du Hervy dont le prénom est alors altéré en Henry (8).
Ainsi donc la famille Lemrcier paraît bien représentée à Étampes depuis au moins 1274.
Jehan Lemercier et Jehan Letellier, sergens royaulx ou bailliage d’Estampes, adjournerent tous et chacuns les manans et habitans de la franchise du marché d’Estampes à comparoir par devant nous au dit lieu d’Estampes en l’ostel de Jehan Gontier en la dicte franchise, au dimenche ensuivant. Ils en font le rapport à Bellefare (9).
Comme il est en fonctions depuis longtemps et voisin de la Franchise, Lemercier est de plus convoqué le 11 novembre 1471 par le commissaire Martin de Bellefare et vient l’aider à fixer l’assiette de la rente due aux chanoines de Notre-Dame sur les bourgeois de la Franchise Saint-Gilles d’Étampes (10).
En 1556, son probable descendant Jean Lemercier procureur, assiste à la rédaction de la Coutume d’Étampes; il est aussi cité comme censitaire du fief des Longs (11).
(1) Longchamp 1271 éd. Gineste n°73; 1274, n°4; (2) Longchamp 1271, n°21, n°20 (Lorenz Leclerc); 1274, n°104 et n°105; (3) Longchamp 1292 éd. Gineste n°37 et n°38; n°48; (4) Longchamp 1298 éd. Gineste n°87 et n°88; (5) Longchamp 1300 éd. Ginete n°49; (6) Longchamp 1323 éd. Gineste n°45, n°89 et n°193; (7) Longchamp 1387 éd. Gineste n°79; 1400 n°41 et n°110; 1408 n°102; 1448 n°99; (8) Longchamp 1400 éd. Gineste n°14; 1408 n°10; (9) Bellefare 1471 n°25; (10) ibid. n°68; (11) Coustumes des bailliage et prevosté d’Estampes, Paris, Jean Dallier, 1557, p. 40; AD91 E. 3933.
Jehan Lemercier et Jehan Letellier, sergens royaulx ou bailliage d’Estampes, adjournerent tous et chacuns les manans et habitans de la franchise du marché d’Estampes à comparoir par devant nous au dit lieu d’Estampes en l’ostel de Jehan Gontier en la dicte franchise, au dimenche ensuivant (1).
Il est sans doute apparenté de près à Jean Letellier, clerc et tabellion de la ville et
du comté d’Estampes dès avant juillet 1486 (2) et encore en mars 1490 (3); c’est d’ailleurs peut-être le même personnage.
Ce ou ces Jean Letellier n’ont sans doute rien à voir avec le riche marchand et bourgeois de Paris Robert Letellier, que nous trouvons en 1511 comme l’un des plus importants censitaires des dames de Longchamp, dont il tient neuf parcelles, pour un total de 61 arpents (4).
(1) Bellefare 1471 n°25; (2) D’après une pièce conservée à Étampes en date du 28 juillet 1486 éditée par Dupieux, Institutions royales, pp. 243-244; (3) AD91 E 3895; (4) Longchamp 151-1513 éd. Gineste n°153.
Jean Marie l’aîné
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Marie le jeune cité en même temps que lui (1).
En 1482 un Jean Marie dit Grand Jean, sans doute notre homme, tient des dames de Longchamp cinq pièces de terres pour un total de 17 arpents et demi dont deux arpents au moins sont retournés en friche et le sont toujours, et dont un arpent est à faire vigne, c’est-à-dire que la vigne n’y a toujours pas été replantée; ils tient toujours ces parcelles en 1498 (2). A la même date de1482, les enfants d’un certains feu Perrot Marie tiennent une vigne de ces dames au champtier du Fourneau, et ils sont eux aussi encore cités en 1498 (3).
En 1500 les héritiers de Jean Marie sont cités comme tenant une maison rue Saint-Antoine avec pour voisin Jean Ducamel à cause de sa femme et les héritiers d’Amiet Drouet (4).
En 1512, la veuve et les héritiers de Jean Marie dit Grand Jean ne sont plus cités que comme d’anciens tenanciers des dames de Longchamp (5), y compris un certain Jean Marie dit Petit Jean, qui paraît tenir encore cependant des terres avoisinant la censive de Longchamp (6).
(1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°39; Longchamp 1498 éd. Gineste n°56; (3) Longchamp 1482 éd. Gineste n°18; Longchamp 1498 éd. Gineste n°87; (4) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°34 et 36 (5) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°139cd et n°156cde; (6) ibid., n°36, n°91 et n°121e.
Jean Marie le jeune
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Marie l’aîné cité en même temps que lui (1). Voyez pour cette famille ce que nous disons de Jean Marie l’aîné.
(1) Bellefare 1471 n°71 [et peut-être n°28]
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler quatre sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Philippot Michault cité en même temps que lui (1).
C’est sans doute le même que le maréchal Jean Michot cité comme censitaire de Notre-Dame en 1500 pour une maison rue Évezard qu’il tient de sa femme (2).
En 1498 un certain Jacquet Michau est mentionné comme tenant une parcelle apparemment voisine de la censive de Longchamp au champtier d’Antioche (3).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Notre-Dame 1500 n°125; (3) Lonchamp 1498 éd. Gineste n°70.
[Jean Olivier]
chantre de Notre-Dame d’Étampes
(…[1466] … 1471…[†1481])
Mentionné comme curé et chevécier de Notre-Dame en 1439 (1), Jean Olivier a succédé comme chantre à Quentin Dubois entre 1463 et 1466 jusqu’à sa mort survenue le 2 décembre 1481 (1).
Lorsque le chapitre gagne son procès contre les bourgeois de Saint-Gilles il accepte de modérer leur dette, mais comme ils ne paient toujours pas il relance la procédure. Le 11 novembre 1571 il assiste à la deuxième audience organisée par le commissaire royal Martin de Bellefare, et après s’être concerté avec les autres chanoines accepte d’accorder aux bourgeois un nouveau rabais (2).
(1) Cartulaire de Notre-Dame, éd. Alliot n°LXVII, pp. 64-65; (2) Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 352; (3) Bellefare 1471, passim.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame (1). (1) Bellefare 1471 n°28, n°71.
Jean Prudhomme (Preudomme)
De 1529 à 1532 un Bastien Prudhomme est signalé comme censitaire des dames de Longchamp (2).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) AD91 E 3899.
[Jean Roger l’aîné]
bourgeois d’Étampes
(…vers 1471…)
Son existence est impliquée par la dénomination d’un Jean Roger le jeune le 11 novembre 1471 qui tient alors un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes. Mais comme il n’est pas dans la liste exhaustive des bourgeois de la Franchise, il est soit logé ailleurs, ou bien décédé, s’il est par exemple le père de l’autre (1). (1) Bellefare 1471 n°28, n°71.
Jean Roger / Rogier le jeune
Vers 1348 sont signalés deux censitaires de Longchamp décédé, Simon et Perrin Rogier ()
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Jean Roger le jeune est condamné à régler quatre sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1515, Jean Rougier est cité comme l’ancien tenancier de deux maisons qui se touche dans la franchise Saint-Gilles. D’une part il a tenu jadis une maison depuis passée à Symon Lelong puis au cordonnier Macé Jubert (2). D’autre part il a tenu une partie de maison provenant d’un certain Perrin Dantelu, dont l’autre partie était tenue par son beau-frère feu Jean Hattes; en effet elle est désormais tenue par Oudinet Hattes qui est à la fois fils de Jean Hattes et neveu de Jean Rougier (3). Il apparaît donc que Jean Hattes et Jean Rougier avaient tous deux épousé une fille Dantelu, et qu’à la mort de Jean Rougier, apparemment sans enfant, les biens qui lui venaient de sa femme sont allés au neveu de cette dernière, Oudinet Hattes, tandis que ses biens propres sont allés à Simon Lelong, fils probable de Hervé Lelong, qui paraît par là avoir épousé de son côté une sœur de ean Rougier.
En 1511 un certain Robin Roger est aussi mentionné comme témoin d’un aveu aux dames de Longchamp (4).
En 1601 est cité comme censitaire du fief de Longchamp une Marie Durand, veuve d’Antoine Roger I, sergent royal, ainsi qu’un Jean Roger procureur (5). En 1643 un Antoine Rougier II également sergent royal censitaire au Bourgneuf et de même à la fin du siècle un Jean Roger procureur (6). Antoine Roger II est alors également censitaire de Longchamp jusqu’en 1655, puis sa veuve Marie Durand en 1657 (7).
En 1601 sont cités comme censitaires du Bourgneuf un Jean Roger vigneron et la veuve d’un Denis Roger (8), puis aux générations suivantes tout au long du XVIIIe siècle d’autres Roger également vignerons apparemment leurs descendants. Au milieu du XVIIe siècle on cite même un champtier des Rogiers, non localisé (9).
() Longchamp 1348 éd. Gineste n°179, n°180 et n°189.
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°15; (3) ibid., n°14; (4) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°45b.
(5) AD91 E 3906; (6) AD91 E3838bis; (7) AD91 E 3839; (8) AD91 E 3910; E 3911; E 3911; (9) AD91 3788.
Jean Sachet / Saichet
En 1482, Jean Sachet le jeune est signalé comme le voisin au champtier d’Épinant d’un tenancier des dames de Longchamp, qui l’est aussi d’un certain Robinet Gilbon, alors qu’un Gervaise Gibon est signalé aussi comme bourgeois de Saint-Gilles en 1471 (2).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°67.
Seul bourgeois de Saint-Gilles dont le patronyme ne soit pas mentionné ni connu, le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, sans doute le Cheval Rouge où il demeure, il est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (1). On ne connaît pas par ailleurs pour l’instant cet établissement.
Louis [XI]
Louis XI accède le 7 novembre 1471 à la requête du chapitre de Notre-Dame d’Étampes lui demandant de nommer un commissaire en charge de veiller à l’exécution de la sentence des gens des requêtes du Palais condamnant les bourgeois de Saint-Gilles à leur régler ce qu’il doivent (1).
(1) Bellefare 1471 n°1, n°2.
Louis [II] d’Évreux
comte d’Étampes
(…1362…)
Cité comme l’auteur premier de la donation au chapitre de Notre-Dame de sa rente de dix livres sur les habitants de la Franchise du marché de Saint-Gilles d’Étampes (1).
(1) Bellefare 1471 n°4.
Macé Saulle
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler quatre sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
Marquet Dubois
En 1323 est cité un Bunef Dubois tenant des dames de Longchap un quartier de terre au chantier de Jardiaux (1); au même lieu vers 1348 Buene Dubois tient huit arpents, plus seize autres arpents, les deuxpièces touchant aux terres de Jeannette Dubois; dans le même temps Oudin Dubois tient une terre non localisée (2); même situation en 1353 et en 1359 (3), la famille n’étant plus citée en 1382 ni 1400 ni 1408. En fait ces terres semblent avoir été abandonnées, et l’être encore en 1448.
En 1448 on note que les ayant cause de feue Jeannette Duboys doivent 20 deniers 2 tournois pour 16 arpens de terre à Jardeaux tenant aux ayant cause de feu Beunes Dubois, et que les ayant cause d’un certain Thomas Dubois ou ses ayant cause (ce qui semble indiquer qu’on ne sait pas s’il est vivant ou mort) dovent pour les deux pièces de terres tenus auparavant par Buenes Dubois la même somme qu’auparavant; sans parler de la mention d’une vigne du Bois ou Dubois (4).
En 1482 les terres de feu Buenes Dubois est à nouveau citée comme touchant deux des six que tient alors un certain Germain Loreau: elles paraîssent encore inoccupées (5).
En 1498, on ne parle plus de cette famille; les parcelles qu’elle a tenue sont sans doute réoccupée, sans qu’on sache desquelles il s’agit. Quoi qu’il en soit, leur abandon a duré un siècle.
Pendant ce temps, en 1463 un Quentin Dubois est mentionné comme chantre de Notre-Dame d’Étampes (et il est décédé avant 1465 où est cité dans cette charge Jean Olivier, chantre jusqu’en 1481) (6). S’agit-il de la même famille?
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Marquet Dubois est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (7).
En 1500 un certain Jacquet Dubois est mentionné comme censitaire de Notre-Dame pour une maison qu’il tient rue de la Porte-Dorée (8); nous apprenons en 1512 qu’il est vigneron et tient des dames de Longchamp au champtier d’Antioche un demi-arpent de terre et vigne (9).
(1) Longchamp 1323 éd. Gineste n°107; (2) Longchamp 1348 n°5 et n°134; (3) Longchamp 1353 éd. Gineste n°78 et AD91 E. 3886 (en cours d’édition); (4) Longchamp 1448 éd. Gineste n°114, 128 et 117; (5) Longchamp 1482 n°2c; (6) Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 352; (7) Bellefare 1471 n°28, n°71; (8) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°166; (9) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°106.
Parlementaire parisien commis par Louis XI à l’exécution de la sentence des gens des Requêtes du Palais, auteur du procès-verbal ici édité (1).
(1) Bellefare 1471 passim.
Perrin Dauphance
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, sa veuve est condamnée à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
Philippot Devaux / de Vaulx
Léon Marquis note
Philippot Michault
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Michault cité en même temps que lui (1).
Philippot Moireau / Moyreau
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler huit deniers aux chanoines de Notre-Dame (1).
Il semble bien qu’il s’agisse d’un patronyme Moireau tout à fait distinct du patronyme Moreau et on ne semble pas pouvoir le rattacher à la famille Moreau attestée à l’époque à Étampes.
Pierre Clutin
Conseiller au Parlement (…1463 …)
Conseiller du Parlement de Paris, auteur en 1463 d’une sentence exécutoire à l’encontre des habitants de la franchise du marché Saint-Gilles d’Étampes, et d’autres actes indéterminés, qui restèrent sans effet parce que certains réussirent à relancer la procédure (1).
Conseiller au Parlement dès le 10 mai 1451. “II estoit fils d’Henry Clutin Changeur du Trésor, qui mourut l’an 1438. & de leanne Luillier sa femme, & portoit d’argent au chef bretessé ou crénellé par le bas d’azur chargé d’une Estoille d’or au premier canton.” (2). Cité par ailleurs en 1465, “maistre Pierre Clutin (…) conseiller” (3) et le 11 mars 1470 (“Le XIe jour de mars mil CCCC LXIX, ou conseil du roy tenu à Tours, ouquel monsieur le Chancellier, messires Pierre Duriolle, Jehan Herbert, Pierre du Reffuge, Pierre Poingnant, Guillaume Compaing, Pierre Clutin et Jehan de La Lere estoient” (4). Encore mentionné en 1472 comme agent de Louis XI dans les manœuvres qui amenèrent Philippe de Commynes à passer du parti bourguignon à celui du roi (5).
Il a eu pour fils un autre Pierre Clutin, notaire et secrétaire du roi en 1509 et prévôt de Paris en 1517 (6), reçu président ès enquêtes le 14 novembre 1524 et mort le 16 juillet 1533 (7). “Sa postérité masculine a pris fin en la personne d’Henry Clutin Seigneur de Villeparisis son petit fils qui mourut à Rome estant Ambassadeur vers sa Saincteté, sans laisser aucuns enfans de Ieanne Chastaignier dela Rochepozay sa femme.” (8)
(1) Bellefare 1471 n°10, n°33; (2) François Blanchard (†1660), Les presidens au mortier du parlement de Paris, Paris, Besongne, 1647, 2e partie, p. 24; (3) BNF, ms fr. 20490, f°88, cité par Henri Stein, Charles de France, frère de Louis XI, Paris, Picard, 1919, p. 309, note 4 de la p. 308); (4) copie du XVIIe, BNF, collection Baluze, vol. 17, f°12, éd. Stein, ibid., pièce n°LXXXVII, p. 721; (5) A. R. Scoble, The Memoirs of Philip de Commines, Londres, Henry G. Bohn, 1855, t. I, p. XVII; (6) M.-N. Baudouin-Matuszek, “Henri II et l’Écosse”, in Bibliothèque de l’École des chartes 145/2 (1987), p. 350, note 5, alléguant Alexandre Tuetey et Paul Guérin, Registre des délibérations du Bureau de la ville de Paris, Paris, 1883-1958, t. I, p. 237-241; (7) F. Blanchard, op. cit,p. 52; (8) ibid., p. 24.
capitaine et lieutenant du bailli d’Étampes
Ce personnage n’est pas connu par ailleurs, autant que je sache. Qu’il soit capitaine en même temps que lieutenant du bailli semble indiquer que ce dernier ne résidait à Étampes, comme c’était alors souvent le cas (1).
Il descendait très probablement du Pierre de Senneville qui avait été fait chevalier ès lois par Charles V en 1396 (2), lui-même descendant d’un Pierre Senneville devenu président du Parlement de Paris en 1343 et mort en 1369 (3); on cite encore des Pierre des Senneville au XVIIe siècle.
(1) Bellefare 1471 n°68; (2) Philippe Antoine Merlin, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, Paris, Garnery, 1827, t. 2, p. 648; .(3) Jean-Baptiste de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, Paris, 1820, p. 331.
En 1498 il est question dans un passage confus et fautif du censier des dames de Longchamp de “de Jehan Gabillart, de feu Thomas Robillart [sic]” (2).
En 1500 un certain Guillot Robillard est cité comme voisin au quartier Saint-Pierre, rue de Buval d’un tenancier de Notre-Dame (3).
De 1529 à 1540 un Jean Robillard est régulièrement cité comme censitaire de Longchamp (4), puis encore en 1562 (5).
En 1625 nous voyons que le pont de Juine, au bout du Perray, où se perçoit le cens, après s’atre appelé Pont aux Lièvres, s’appelle alors le pont Robillard (6).
Un Barthélémy Robillard encore censitaire du Bourgneuf à la fin du XVIIe siècle (7).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71: (2) Longchamp 1498 éd. Gineste n°100; (3) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°215; (4) AD91 E 3899; (5) AD91 E. 3900; (6) AD91 E 3855, cf. Gatineau, op. cit., pp. 110a et 76b; (7) AD91 E. 3839.
[Quentin Dubois]
(…[1453]…)
Successeur de Jean Desmazis mort le 17 juillet 1456 et de Jean Debarre, il est cité comme chantre en 1463 (1).
Il poursuit la procédure contre les habitants de la Franchise, mais on ne sait pas si c’est sous son ministère ou sous celui de son prédécesseur Jean Debarre qu’est obtenu la première condamanation des habitants de la Franchise par les gens des Requêtes du Palais en 1460 (2).
(1) Fleureau, Antiquitez d’Estampes, 1681, p. 352; Bellefare 1471 n°7, n°8.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien avec sa femme dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler avec elle cinq sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1500 nous apprenons par le censier de Notre-Dame qu’il est boulanger dans une maison avec cour, jardin et appartenances qu’il tient de sa femme et qui touche à la porte Saint-Martin, côté rue Saint-Martin, touchant aussi à la boutique du cordonnier Jean Boutet (2).
Nous connaissons d’autres membres de cette famille:
1) Le sergent Pernet Boivin
En 1464 une certaine Catherine femme d’un certain Pernet Boivin est mentionnée comme messagère d’une certain Jean Morin: elle verse pour lui le cens de aux Dames de Longchamp (3). En 1482 nous apprenons que cette Catherine femme de Pierre, alias Pernet, alias Perrault Boivin est en fait la fille de feu Jean Morin, de qui elle tient une maison devant Saint-Basile avec cour, cave, jardin, et appartenances; et que les dames de Longchamp lui ont consenti un rabais pour toute sa vie durant: elle ne paie que 8 sous au lieu de 25 (4). En 1498 Pernet alias Pierre Boivin et sa femme fille de Jean Morin tiennent toujours cette maison à loyer modéré autrefois tenue par Robin Morin, plus deux terres d’un arpent chacune au champtier d’Antioche, plus une autre maison au champ du château plus une place à faire jardin derrière sa maison (5); En 1511 nos apprenons que Pernet Boivin était sergent et que la maison qu’il tenait était la maison seigneuriale des dames de Longchamp désormais tenue par le marchand épicier Gillet le Coup (6).
2) Le laboureur Jean Boivin dit Gaucher et le prêtre Robert Boivin
A la même date de 1482 par ailleurs, un Jean Boivin dit le Gaucher tient des même dames de Longchamp un arpent de vigne sur le haut du Larriz d’Antioche, et en 1498 il y a ajouté un quartier de vigne (7). En 1500 le censier de Notre-Dame nous montre ce Jean Boivin, quallifié laboureur, tenant rue Saint-Jacques, près de l’église Saint-Basile, une maison, cour, jardin et appartenances où pend pour enseigne saint Jean-Baptiste, touchant à une maison que tient son parent messire Robert Boivin, prêtre (8). on ne sait pas si c’est encore lui, ou son fils qui est encore signalé en 1511 comme censitaire de Longchamp Jean Boivin laboureur de vigne, tenant un quartier de vigne au clos Valleton (9).
3) Un autre Robert Boivin.
Enfin les comptes de la paroisse Notre-Dame signale la mort vers 1514 d’un certain Robert Boivin, serviteur de monsieur le Capitaine d’Étampes, qui est alors le lieutenant du bailli (10).
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°246 et n°247; (3) Longchamp 1464 n° 4; (4) Longchamp 1482 éd. Gineste n°5, n°7, n°8 et n°19; (5) Longchamp 1498 éd. Gineste n°109; (6) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°12; (7) Longchamp 1482 éd. Gineste n°19; Longchamp 1498 éd. Gineste n°47; (8) Notre-Dame 1500 n°159); (9) Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°20; (10) Notre-Dame 1515 éd. Gineste n°89.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Étienne Rondeau, cité en même temps que lui (1).
Sur la famille Rondeau, voyez la notice consacrée à Étinne Rondeau.
Thévenin Durand
En 1348 nous trouvons comme censitaires de Longchamp au champtier d’Antioche un Guillaume Durand et un Thibaud Durand; en 1353, Thibaud Durand seul; en 1359 Thibaud Durand et Jeannot Durand (1).
Un Pierre Durand bourgeois d’Étampes est signalé comme bienfaiteur de Notre-Dame peu avant 1383 (2).
En 1387 Thibaud Durand, peut-être deuxième du nom, tient toujours la terre d’Antioche (3)
En 1408 puis 1448 sont cités pour la même terre les héritiers d’un certain feu Jean Durand; comme de plus cette terre n’est pas citée pour elle-même mais seulement mentionnée comme voisine de terres effectivement occupées, il semble bien que pendant toute cette période elle a été abandonnée (4); il ne s’ensuit pas que la famille ait disparu de la ville.
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, Thévenin Durand est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (5).
En 1498 un certain Jean Durand est mentionné comme le voisin de l’un des tenanciers des dames de Longchamp dans le champtier de la Vallée d’Épinant (6). En 1500 il est signalé aussi à Saint-Martin comme voisin de deux tenanciers de Notre-Dame, Jean Decourcelles à l’enseigne de l’Image-Saint-Martin, et la veuve de Guillaume Mory dont la maison touche à la rue Courte (7).
Vers 1514 est enregistrée une donation par testament à la paroisse Notre-Dame d’un Jean Durant paroissien de Saint-Basile (8).
En 1509 puis 1511, un Jean Durand praticien en cour laie est mentionné comme censitaire de sans qu’on sache si c’est le même, comme tenant des dames de Longchamp rue Saint-Jacques, devant la grande porte de l’église Saint-Basile, une maison, une maison, cour, jardin et appartenances tenue avant lui par le défunt Étienne Picard (9). Il est encore mentionné “Jehan Durant” en 1529, “maistre Jehan Durant” en 1530, 1532, mais décédé en 1533: “les hoirs feu maistre Jehan Durand”, de 1533 à 1540 (10).
En 1538 nous entendons parler d’un autre Durand procureur à Étampes, très probablement son fils (11). On trouve ensuite de nombreux Durand à Étampes.
(1) Longchamp 1348 éd. Gineste n°57 et n°89; 1353 n°100; 1359 (encours d’édition); Longchamp 1387 éd. Gineste n°42 et n°110; (2) Cartulaire de Notre-Dame, éd. Alliot, n°LV, pp. 46-47; (3) Longchamp 1382 éd. Gineste n°42; (4) Longchamp 1408 éd. Gineste n°8 et n°28; 1448 éd. Gineste n°10 et n°20; (5) Bellefare 1471 n°28, n°71; (6) Longchamp 1498 éd. Gineste n°96; (7) Notre-Dame 1500 éd. Gineste n°276 et 282; (8) Notre-Dame 1515 n°89; (9) AD91 E. 3897 et 3898 = Longchamp 1511-1513 éd. Gineste n°24; (10) AD91 E.3899; (11) Audren 1538 éd. Gineste (cliquez ici), f°12v°.
Thomas Duroussay
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, il est condamné à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame. On ne connaît pas son lien de parenté exact avec Jean Duroussay cité en même temps que lui (1).
Sur la famille Duroussay, voyez la notice consacrée à Jean Duroussay.
(1) Bellefare 1471 n°28, n°71; (2) Longchamp 1482 éd. Gineste n°29;
Prénoms inconnus
1. Patronymes connus
?? Cappy (1er frère)
Le 11 novembre 1471, parce qu’il tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes en indivision avec sa sœur et au moins un frère, il est condamné avec eux à régler neuf sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
En 1574, Jacques Petit, laboureur, demeurant à Marolles, se portant fort pour Denise Cappy, sa femme, Mathurin Boucher, laboureur, demeurant à Dhuilet, paroisse d’Hormoy-la-Rivière, Nicolas Leloup, laboureur, demeurant à Boischambault et Noël Ymbault, laboureur de Marolles, vendent à Augustin de Thou, chevalier, conseiller au conseil privé et avocat du roi au parlement de Paris, sieur d’Abbeville, absent, ce acceptant par Guillaume Vincent, avocat à Étampes “ung lieu et héritage assis au lieu et village du dict Boischambault, qui se consiste en maison et grange couvertz de chaulme, masures, jardin...” etc., contenant 5 quartiers et le tiers d’une quarte, plus 1/2 quartier 1 perche 1/2 de jardin près le dit lieu; plus les bois, pierres et autres “mathières,” qui sont sur ledit lieu, plus 2/3 de quartiers de bois taiIlis au bois du dit Boischambault; le tout moyennant 500 livres tournois (2).
En 1643 est cité comme censitaire du Bourgneuf un certain Jacques Cappy, vigneron (3), et de même à la génération suivante un Jacques Cappy vigneron en même temps qu’un Jean Cappy, qu’un Lambert Cappy et que la veuve d’un certain Cancien Cappy vigneron (4). De même, en 1678 François et Pierre Cappy (5)..
La famille Cappy est encore bien représentée à Étampes au XVIIIe siècle (6).
(1) Bellefare 1471 n°71; (2) AD91 E3853 (résumé par l’Inventaire-Sommaire; (3) AD91 E 3838bis et E 3780 (4) AD91 E 3839; (5) AD91 E 3840; (6) AD91 E 3762; E 3840; E 3840bis; E 3911.
?? Cappy (2e frère)
?? Cappy (sœur)
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes en indivision avec au moins deux frères, elle est condamné avec eux à régler neuf sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
?? Roland
Un édit du roi Charles VII contre Jacques Cœur en date de Bois Sire-Amé le 14 juillet 1455 est déjà signé A. Rolant (1).
Il signe aussi le 12 juin 1456 un édit royal de Charles VII donné au Vivier octroyant pour cinq ans aux Étampois les revenus de la gabelle (2).
Il signe enfin l’édit de Louis XI du 7 novembre 1471 contre les contre les habitants de la franchise du marché Saint-Gilles d’Étampes qui refusaient de se soumettre au jugement les condamant à régler leurs dettes aux chanoines de Notre-Dame (3).
(1) éd. Buchon, Choix de Chroniques et mémoires sur l’histoire de France, Paris, Desrez, 1838, p. 653; (2) .......; (3) Bellefare 1471 éd. Gineste n°23.
2. Femmes de patronyme également inconnu
femme de Jean Gontier
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient avec son mari un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, elle est condamnée avec lui à régler neuf sols aux chanoines de Notre-Dame (1). (1) Bellefare 1471 n°71.
femme de Simon Boivin
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien avec son mari dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, elle est condamnée à régler avec lui cinq sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
veuve de [Jean?] Bardillet
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, elle est condamnée à régler seize deniers aux chanoines de Notre-Dame (1).
veuve d’Étienne Rondeau
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, elle est condamnée à régler deux sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
veuve de Perrin Dauphance
Le 11 novembre 1471, parce qu’elle tient un bien dans la franchise de Saint-Gilles d’Étampes, elle est condamnée à régler trois sols aux chanoines de Notre-Dame (1).
3. Hommes de patronyme également inconnu
premier huissier de la Cour de Parlement de Paris
C’est à lui que Martin de Bellefare adresse son rapport (1).
bailli d’Étampes
(… peu après 1450 …)
Non identifié pour l’instant, il est mentionné en 1471 comme ayant rendu (lui ou son lieutenant), après le prévôt, une sentence dont il a été fait appel devant le Parlement de Paris (1).
(1) Bellefare 1471 n°7.
(… 1471 …)
En 1471 le bailli d’Étampes en fonctions peu après 1450, que nous n’avons pas encore identifié, ne paraît pas résider à Étampes, puis c’est son lieutenant qui esy châtelain (1).
(1) Bellefare 1471 n°
lieutenant du bailli d’Étampes
(…vers 1450 …)
Non identifié pour l’instant, il est mentionné en 1471 comme ayant rendu (lui ou le bailli lui-même), après le prévôt, une sentence dont il a été fait appel devant le Parlement de Paris (1).
prévôt d’Étampes
Non identifié pour l’instant, il est mentionné en 1471 comme ayant rendu une sentence (lui ou son lieutenant) dont il a été fait appel devant le bailli d’Étampes puis devant le Parlement de Paris (1) (1) Bellefare 1471 n°7.
Au début de novembre 1471, le prévôt, non identifié pour l’instant, essaie de mettre à exécution le jugement rendu par les gens des Requêtes du Palais contre les bourgeois de saint-Gilles d’Étampes, mais la plupart de ceux-ci ne se rendent même pas à sa convocation et les autres indiquent qu’il refuse de s’y soumettre; il conseille donc aux chanoines de se pourvoir.
Le 19 août 1478 le prévôt est Étienne Prunellé (2), et c’est Jean Laurent au moins à partir du 27 février 1481 (3).
(1) Bellefare 1471 n°18, n°19, n°40, n°67; (2) Cartulaire de Notre-Dame, éd. Alliot cf Alliot 19 aout 1478, n°LXXXI, p. 92, cf. Dupieux, Institutions, p.90; (3) Dupieux, Institutions, p. 91 n. 1 .
lieutenant du prévôt d’Étampes
Non identifié pour l’instant, il est mentionné en 1471 comme ayant rendu une sentence (lui ou le prévôt lui-même) dont il a été fait appel devant le bailli d’Étampes puis devant le Parlement de Paris (1). (1) Bellefare 1471 n°7.
élu d’ Étampes
Non identifié pour l’instant, il est convoqué, lui ou son lieutenant, le 11 novembre 1471 par le commissaire Martin de Bellefare et vint l’aider à fixer l’assiette de le rente due aux chanoines de Notre-Dame sur les bourgeois de la Franchise Saint-Gilles d’Étampes (1).
(1) Bellefare 1471 n°68.
lieutenant de l’élu d’ Étampes
Non identifié pour l’instant, il est convoqué, lui ou l’élu lui-même, le 11 novembre 1471 par le commissaire Martin de Bellefare et vint l’aider à fixer l’assiette de le rente due aux chanoines de Notre-Dame sur les bourgeois de la Franchise Saint-Gilles d’Étampes (1).
C) RÉCAPITULATION DES DONNÉES RECOUPÉES LES PLUS INTÉRESSANTES
On range ici les individus selon le montant auquel a été portée leur taxation.
144 deniers (1 feu)
— Jean Le Maire et Geoffroy Regnault (tiennent apparemment une grande maison en indivision, sans doute beaux-frères ; Geoffroy, surnommé Mérot, tient aussi une maison au début de la rue Saint-Martin en face du cimetière Saint-Gilles-et-Saint-Martin)
120 deniers (1 feu)
— Jean Avisse (tient aussi une maison rue Saint-Antoine)
108 deniers (2 feux)
— Jean Gontier et sa femme (tient une grande maison où se réunissent tous les bourgeois de Saint-Gilles, peut-être l’hôtel du Dauphin au n°164 de la rue Saint-Jacques)
— Les frères Cappy et leur sœur
96 deniers (3 feux)
— Gervais Gibon
— Hervé Lelong (officier du roi dont les descendant tiennent la Poste aux Chevaux au n°122 de la rue Saint-Jacques, tient aussi une maison à Saint-Martin rue de la Betonnerie et semble-t-il plusieurs maisons dans les paroisses Saint-Basile et Notre-Dame)
— Jean Houllier
84 deniers (1 feu)
— Jean Brossard l’aîné
72 deniers (6 feux)
— Antoine Guichard (tient aussi une maison rue de Darnatal)
— Guion Brunet
— Jehan Duroussay
— Jean Émery
— Jehan Hattes (beau-frère de Jean Roger, tient la plus grosse partie de la maison de Perrin Dantelu plus une dépendance voisine père d’Oudin Hattes, qui sera marchand et échevin)
60 deniers (6 feux)
— Guillaume Châtillon (cordier, possédant aussi une maison près du moulin Saint-Ladre, c’est-à-dire de l’Hospice)
— Guillaume Cholet
— Guillot Barry (tient aussi une maison rue Évezard)
— Jean Prudhomme
— Jean Sachet
— Simon Boivin et sa femme (boulanger, d’une famille très présente dans la paroisse Saint-Basile, il tient aussi en propre des chanoines de Notre-Dame une maison avec cour, jardin et appartenances, à deux pas de la Franchise, rue du Haut-Pavé)
48 deniers (5 feux)
— Jean Baudon l’aîné
— Jean Michault (maréchal, tient aussi de sa femme une maison rue Évezard)
— Jean Roger le jeune (beau-frère de Jean Hattes, tient la plus petite partie de la maison de Perrin Dantelu)
— Macé Saulle
— Pierre Robillard
36 deniers (9 feux)
— Guillaume Baudouin
— Guillaume Brosson
— Guillemin Lucquet
— Jean Brossart le jeune
— Jean Marie l’aîné (surnommé Grand-Jean, tient aussi des chanoines de Notre-Dame une maison rue Saint-Antoine, et 17 arpents en différentes pièces de terre des dames de Longchamp)
— Jean Marie le jeune
— Jehan Perriou
— La veuve Perrin Dauphance
24 deniers (17 feux)
— Alain Herclem
— Berthelot Jaquellet
— Guillaume Legât
— Guillaume Perner
— Jacquet Regnard
— Jean Baudon [le jeune] (paraît tenir aussi une maison à Saint-Pierre rue du Sablon)
— Jean Danjou
— Jean Lebeuf
— Jean Espérance
— Laurent, demeurant au Cheval Rouge (auberge non identifiée)
— Marquet Dubois
— Philippot Devaux
— Philippot Michault
— Simon Rondeau
— Thévenin Durand
— Thomas Duroussay
— La veuve d’Étienne Rondeau
16 deniers (1 feu)
— La veuve Bardillet (peut-être la veuve de Jean Bardillet, qui était de la paroisse Saint-Basile)
8 deniers (1 feu)
— Philippot Moireau
TOTAL: 53 feux
(2640 deniers)
(inachevé, merci de patienter)
Comme on l’aura constaté, les premiers résultats de cette enquête prosopographique sont relativement maigres eu égard à la somme d’efforts fournis, mais cela ne doit pas nous décourager.
1) Origine de ces familles
Peu de famille sont clairement attestées à Étampes avant 1471. Mais il serait prématuré d’en tirer quelque conclusions que ce soit. Le fait est que le quatorzième siècle étampois est pour l’instant encore plus mal documenté que le quinzième. J’attends beaucoup à cet égard du dépouillement de certains documents conservés aux Archives départementales de l’Yonne, généralement en latin, où l’on trouve mention de quantité d’Étampois. J’espère pouvoir m’y atteler dans le courant de l’année 2011.
a) Recoupements avec les censiers de Longchamp
On dispose surtout pour l’instant des censiers de Longchamp, qui concerne pour l’essentiel une zone comprise entre l’actuelle rue Louis Moreau, comprise, et Brières-les-Scellés, où un assez grand nombre d’Étampois tenaient des vignes ou d’autres petites parcelles.
A cette heure, avec la collaboration de Jean-Marc Warembourg, j’ai dépouillé et entièrement transcrit l’intégralité des censiers de 1268 à 1511-1513.
Dans celui celui de 1448, on trouve seulement mentionnés comme censitaires :
— Jean Bardillet qui est probablement l’ancien mari de la veuve Bardillet, pour une vigne à Guinette ;
— Jean Lemaire (mentionné comme ancien censitaire en 1482) qui est sans doute déjà le bourgeois de Saint-Gilles du même nom, ou son père ;
— Thomas Dubois, ancien censitaire, ou censitaire défaillant, peut-être apparenté à notre Marquet Dubois.
Dans celui de 1449, où le nombre des censitaires a brusquement été divisé par quatre, personne.
Dans celui de 1456 où la chute se poursuit, deux nouveaux tenanciers apparaissent pourtant, outre :
— Jean Bardillet ;
— Michau Cholet, pour une vigne au-dessus du château, probablement père de notre Guillaume Cholet ;
— Thévenin Duroussay pour une vigne également à Antioche, probablement père de Jean et Thomas Duroussay.
Dans celui de 1465, outre
— Jean Hattes est probablement notre Jean Hattes
— Jean le Mérot, probable père de notre Geoffroy Regnault dont une source postérieure dit qu’il était surnommé Mérot, et ce d’autant plus qu’à la génération suivante, en 1500, nous entendons d’une nouveau Jean Régnault dit Mérot.
Ce qui frappe en première analyse est que la grande majorité de ces censitaires de Longchamp paraissent des hommes nouveaux dont les patronymes ne sont pas attestés auparavant dans la censive de Longchamp. On y trouve bien aussi de 1268 de 1274 une famille Avice tenant une maison rue Louis Moreau, mais le patronyme est assez courant et n’y est plus ensuite représensenté pendant deux cents ans de sorte que le lien généalogique est loin d’être évident avec le Jean Avice de 1471.
D’autres sources éparses livrent :
— Étienne Renard, chanoine en 1397, peut-être apparenté à notre Jacquet Regnard.
— Jean Lelong, prévôt en 1439, ascendant presque certain de notre Hervy Lelong, officier du roi.
— Quentin Dubois, chantre de Notre-Dame en 1463, peut-être apparenté à notre Marquet Dubois.
En résumé, seulement neuf familles de ces 55 familles sont pour l’instant attestée à Étampes avant 1471, aucune n’est attestée avant la guerre de Cent Ans. Je n’aie autres patronymes n’y sont pas représentés
Si l’on combine cette observation à ce qu’on constate dans les censiers de Longchamp, où le stock des patronymes est complètement renouvelé pendant la même période, la première impression que donnent les sources actuellement connues et utilisables, c’est que la population d’Étampes semble avoir été presque entièrement renouvelée au milieu du XVe siècle.
Notre document en lui-même ne nous renseigne guère sur les alliances contractés par ces familles vu que le nom des deux épouses et des trois veuves mentionnées ne sont pas précisés. Cependant par recoupement avec d’autres sources, nous
En deux cas les tenanciers sont mentionnés avec leurs femmes, ce qui tend à indiquer qu’elles étaient les propriétaires réelles du bien en question, le tenancier n’étant lui-même d’une famille établie dans la zone franche:
a) Simon Boivin et sa femme. Précisément la famille Boivin est bien documentée dans la paroisse de Saint-Basile, où nous trouvons, de 1464 à 1514, un Pernet Boivin sergent qui tient de sa femme Catherine, fille de Jean Morin, une maison rue Louis-Moreau; un Jean Boivin laboureur qui tient dans la même rue une maison où prend l’enseigne de saint Jean-Baptiste; son voisin messire Robert Boivin I, prêtre; un Robert Boivin II, serviteur du capitaine d’Étampes, mort vers 1514.
b) Jean Gontier et sa femme.
c) Jean Michault est sans doute le même que le Jean Michot maréchal qui, en 1500 qui tient à cause de sa femme une maison dans la paroisse Notre-Dame rue Évezard.
3) Biens tenus en dehors de la zone franche
inachevé (en cours de rédaction)
Original (copie authentique): Martin de BELLEFARRE (conseiller au Parlement de Paris), Procès-verbal d’exécution de jugement contre les bourgeois de Saint-Gilles d’Étampes [cahier de 8 pages (34 cm sur 37) formé de deux feuilles de parchemins pliées en deux et cousue, signé mais sans trace de sceau], Étampes et Paris, novembre 1571, conservé aux Archives municipales d’Étampes sous la cote AA 6.
Édition princeps: Bernard GINESTE, «Martin de Bellefare: Exécution de jugement contre les bourgeois de Saint-Gilles d’Étampes (novembre 1471)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-15-1471bellefare.html, 2010.
Sur le Marché Saint-Gilles d’Étampes
PARLEMENT DE PARIS, Arrêt réglant le marché du jeudi à Étampes (original perdu)
Copie: Jean LE NAIN (maître des Requêtes, 1613-1668), Collection Lenain (505 volumes d’extraits des registres du Parlement de Paris conservés, à l’époque de Dupieux, à la Bibliothèque de la Chambre des députés sous la cote 495, transférés depuis 1959 aux Archives nationales sous les cote U *2000 à *2504), tome 4, f°326.
Édition princeps: Paul DUPIEUX [éd.], «Documents», in ID., Les Institutions royales au pays d’Étampes (comté puis duché: 1478-1598), Paris, Mercier, 1931, p. 243 (pièce n°III).
Réédition: Bernard GINESTE [éd.], «Parlement de Paris: Arrêt réglant le marche du jeudi à Étampes (20 mars 1479)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-15-1479arretsurlemarchedujeudi.html, 2010.
Dom Basile FLEUREAU (religieux barnabite), «De la Franchise du Marché de Saint Gilles d’Estampes», in ID., Les Antiquitez de la ville, et du Duché d’Estampes avec l’histoire de l’abbaye de Morigny et plusieurs remarques considerables, qui regardent l’Histoire generale de France [in-4°; XIV+622+VIII p.; publication posthume par Dom Remy de Montmeslier d’un texte rédigé en réalité vers 1668], Paris, J.-B. Coignard, 1683 [dont une réédition en fac-similé: Marseille, Lafittes reprints, 1997], chapitre XXV, pp. 94-99.
Bernard GINESTE [éd.], «Dom Basile Fleureau: De la Franchise du Marché de Saint Gilles d’Estampes (1668)» [réédition numérique illustrée en mode texte], in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-17-fleureau-b25.html, 2006.
Bernard GINESTE [éd.], «Léon Marquis: Le Quartier Saint-Gilles (1881)» [réédition numérique illustrée en mode texte], in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-19-marquis-rues02b.html, 2006.
Paul DUPIEUX, «Les marchés», in ID., Les Institutions royales au pays d’Étampes (comté puis duché: 1478-1598), Paris, Mercier, 1931, pp. 136-139
Léon GUIBOURGÉ, «La paroisse et l’église Saint-Gilles d’Étampes», in ID., Étampes, ville royale [in-16 (20 cm); 253 p.; armoiries de la ville en couleurs sur la couverture; préface d’Henri Lemoine], Étampes, chez l’auteur (imprimerie de la Semeuse), 1957 [dont une réédition en fac-similé: Péronnas, Éditions de la Tour Gile, 1997], pp. 159-165.
Bernard GINESTE [éd.], «Léon Guibourgé: La paroisse et l’église Saint-Gilles d’Étampes (1957)» [réédition numérique illustrée en mode texte], in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes501saintgillesparoisse.html, 2004.
Clément WINGLER (directeur des Archives et du Patrimoine de la Ville d’Étampes) [éd.], Actes constitutifs de la Ville d’Étampes, XII-XVIe siècles: Charte de Louis le Gros 1123 (copie de 1594), Charte du Comte d’Étampes 1378, Inventaire de titres de la Ville 1512, Arrêt du Conseil royal de 1518, Charte de Henri III 1575 (copie de 1594) [cahier de format A4 (21 cm sur 29,4); 19 folios sténographiés], Étampes, Archives municipales d’Étampes, 1992 (non conservé à la BNF).
Clément WINGLER, Jour de marché. Le commerce à Étampes sous l’Ancien régime [21 cm; 40 p.; 16 illustrations], Étampes, Archives municipales d’Étampes, 1997.
Frédéric BEAUDOIN & Michel MARTIN, «Les échanges», in Jacques GÉLIS [directeur de la collection], Michel MARTIN & Frédéric BEAUDOIN [directeurs du premier tome], Le pays d’Étampes. Regards sur un passé. Tome 1: Des origines à la ville royale, Étampes, Étampes-Histoire, 2003, pp. 149-152.[La création et le rôle du Marché Saint-Gilles sont à peine effleurés dans le tome 1, mais la question sera sûrement traitée plus au long dans le tome 2].
Source: Le texte du parchemin conservé aux Archives municipales d’Étampes saisi par Bernard Gineste en octobre 2010.