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Timestamp: 2019-08-21 07:19:54+00:00
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Equipement de Protection Individuelle - Article - Entrepreneur
EVITER VAUT MIEUX QUE RATTRAPER
Equipements de protection individuelle pour chute d'une hauteur
Dans le travail en hauteur, les travailleurs sont exposés au risque de chute d'une hauteur. Avant, la frontière entre dangereux et non dangereux se situait à deux mètres, mais entre-temps, le législateur est mieux informé et prescrit une analyse des risques pour évaluer la situation. Sur la base de la pratique réelle, les risques réels doivent être soupesés pour prendre les mesures adéquates. Le travail en hauteur est donc à tout le moins un concept bien défini. Dans différents métiers de la construction, les travailleurs peuvent courir le risque d'une chute de différentes manières. Le législateur doit prévoir une protection, collective et individuelle, sur la base de l'analyse des risque.
Dans cet article, nous approfondissons les équipements de protection individuelle pour la protection contre les chutes.
PRINCIPES DE BASE DE LA PROTECTION CONTRE LES CHUTES
Un accident du travail sur trois dans le secteur de la construction entraînant la mort ou une invalidité permanente est lié à une chute d'une hauteur, soit d'une personne, soit d'un objet. Ceci reste un sujet qui mérite une attention permanente.
Sur chaque chantier, une analyse des risques doit montrer comment garantir au mieux la sécurité des collaborateurs.
L'utilisateur doit donc estimer lui-même les risques et formuler un plan étayé de l'approche. Il doit tenir compte de la nature et de la durée des travaux à exécuter, de l'expérience des travailleurs et des conditions de travail.
La protection collective prime
Il est crucial d'adopter la bonne 'séquence' dans la prise de mesures. En premier lieu, l'employeur que vous êtes, doit tenter d'exclure autant que possible les risques. Si cela paraît impossible, vous devez d'abord chercher votre salut dans les équipements de protection collective. Ce n'est que quand des risques subsistent que vous devez choisir un système qui protège l'individu. Le choix spécifique de certains équipements de protection contre les chutes doit surtout être motivé par le choc possible, le facteur de chute et la hauteur de chute.
Le législateur impose l'utilisation d'équipements de protection individuelle pour les salariés exposés à une chute d'une hauteur de plus de deux mètres, si les équipements de protection collective ne suffisent pas à exclure le risque de chute (Annexe II-10 de l'Arrêté Royal du 13 juin 2005 relatif aux équipements de protection individuelle).
La protection contre les chutes est également obligatoire pour les travaux sur les échafaudages mobiles et les bacs de chargement suspendus à une grue.
Cela vaut également pour les nacelles élévatrices équipées d'une rambarde supérieure à une hauteur entre 1 et 1,2 m, d'une rambarde intermédiaire à une hauteur de 0,4 à 0,5 m et d'une planche de chant de 15 cm de haut.
Pas seulement un harnais de sécurité
Quand on pense aux équipements de protection individuelle pour une chute d'une hauteur, on songe rapidement à un harnais de sécurité.
Il reste constitué de plusieurs éléments et ne comporte pas seulement le harnais proprement dit. Il faut par ailleurs un outil d'ancrage et un système de liaison. Les différents éléments doivent être compatibles entre eux pour garantir une réelle protection.
Le législateur stipule encore les conditions suivantes:
Les harnais doivent être reliés par une sangle de liaison à un point d'ancrage suffisamment solide;
La liaison entre le harnais et l'ancrage doit minimiser la hauteur de chute;
Le jeu sous l'utilisateur doit sans aucun doute être déterminé sur la base de la notice d'utilisation;
Les ceintures de sécurité, harnais, cordes et sous-ventrières doivent être fabriqués en fibres synthétiques;
Le contrôle des EPI doit se faire par une personne formée lors de chaque utilisation et par un Service Externe pour Contrôles Techniques quand les EPI sont fixés en permanence. On doit également contrôler à chaque fois quand ils ont arrêté la chute d'une personne. Si les EPI ne restent pas fixés de façon permanente, ils doivent être contrôlés au moins tous les douze mois et aussi à chaque fois qu'ils ont arrêté la chute d'une personne.
Une formation sur l'utilisation de ces EPI est obligatoire et cruciale pour la sécurité. Les collaborateurs doivent savoir comment mettre un harnais, mais également quels sont les systèmes de liaison et quelles en sont les applications.
Par ailleurs, ils doivent avoir une compréhension des divers systèmes d'ancrage et des aspects à prendre en compte pour voir si les systèmes sont agréés.
CONSTRUCTION DU HARNAIS DE SECURITE
Ce sont les éléments auxquels les EPI sont fixés au moyen d'un système de liaison. La solidité et la stabilité sont ici centrales. En effet, ils doivent absorber les forces qui provoquent le freinage de la chute, et pouvoir résister aux forces allant jusqu'à 6 kN (600 kg). Cela exige également des matériels de soutien adaptés. Si possible, on place le point d'ancrage à hauteur d'épaule, voire plus haut. Respectez l'angle d'utilisation extrême qu'indique le fabricant pour éviter une chute oscillante (voir plus loin).
La norme NBN EN 795 scinde les ancrages en cinq types:
A: ancrages structurels dans les murs, les colonnes, les toits ou fixés sur des toits inclinés;
B: ancrages temporaires mobiles;
C: systèmes d'ancrage avec lignes d'ancrage horizontales flexibles (ligne de vie);
D: ancrages avec lignes d'ancrage horizontales rigides;
E: ancrage avec poids mort (lourds blocs ou réservoirs remplis d'eau ou de sable sur une surface horizontale).
Les systèmes de liaison relient le point d'ancrage (ou un système de fixation accroché un ou plusieurs points d'ancrage) et le harnais. Une sangle de liaison peut atteindre 2 m au maximum et doit résolument être pourvue d'un absorbeur de chocs. Celui-ci doit limiter l'impact d'une chute aussi bien sur le corps que sur le point d'ancrage. Quand l'amortisseur de chocs entre en action, la sangle de liaison se tend, l'énergie cinétique est absorbée et la vitesse du poids tombant est abaissée. Il est important de commencer par calculer le jeu minimal. On entend par là la distance entre le point d'ancrage et le premier obstacle que l'on pourrait rencontrer lors d'une chute. Combinez ceci avec les notices d'utilisation du fabricant en matière de longueur de la sangle de liaison et de distance de l'étirement, et avec une distance suffisamment grande entre les pieds du travailleur qui est tombé et le sol.
Attention, le jeu peut atteindre environ 6 m. C'est l'équivalent de deux étages d'un bâtiment ou trois étages d'un échafaudage.
Les systèmes de liaison peuvent encore être scindés en:
Un harnais de sécurité avec une sangle de liaison fixe, aussi dénommé harnais de sécurité avec rétention. Ceci protège l'utilisateur en le positionnant de telle sorte qu'une chute est évitée;
Un harnais de sécurité avec appareil d'arrêt de chute, aussi dénommé 'stop-chute' ou bloc antichute. Ici, le système d'enroulement est doté d'un système de blocage automatique qui agit en fait selon le principe d'une ceinture de sécurité;
Un harnais de sécurité avec une sangle de liaison élastique intégrant un amortisseur de chocs.
Le seul harnais de sécurité ou sangle de hanche ne suffit pas comme équipement de protection contre les chutes. Sans la présence d'un amortisseur de chute, l'impact d'une chute excédera en effet les 600 daN légalement autorisés. Ils ne peuvent donc être utilisés que comme équipement de positionnement. La protection contre les chutes nécessite un harnais conforme à NBN EN 361. Celui-ci doit toujours être adapté à la situation de travail et à la constitution de l'utilisateur (sous-ventrières réglables).
Choisissez un harnais complet. D'une part, il pourra absorber le choc sur une plus grande partie du corps et d'autre part, maintenir la personne dans une position d'équilibre après une chute.
Celui qui est impliqué dans une chute, doit être extrait du harnais au plus vite. En effet, les sous-ventrières peuvent arrêter la circulation sanguine. Etablir une procédure d'urgence et la survoler avec les collaborateurs n'est donc pas un luxe inutile.
Toutefois, un harnais n'est pas sans risques. Par exemple, le fait de mal l'enfiler peut causer de sérieuses blessures à hauteur du dos, de la cage thoracique et pour les hommes, aux testicules.
Aussi communiquez les instructions suivantes:
De préférence, saisissez la sangle au point de fixation dorsale et secouez-la pour éviter un nœud ou des torsions. Maintenant, on devrait voir clairement ce qu'est le bas, le haut, l'avant et l'arrière.
Ensuite, enfilez le harnais comme une veste et serrez les sangles d'épaule une par une.
Fixez la fermeture thoracique et ajustez-la de telle sorte qu'elle se situe à hauteur de la poitrine. Ensuite, effectuez une dernière vérification et contrôlez que le harnais est ajusté et enfilé de façon correcte.
Fermez les boucles à hauteur des passants de jambe.
Ajustez bien toutes les fermetures. Les sangles de jambe ne peuvent jamais être trop tendues ou trop relâchées. Vous devez pouvoir insérer votre main entre la sangle et votre hanche, mais ceci ne peut pas être possible avec le poing fermé.
Contrôlez les fermetures.
En option, fermez le 'snapper' du point de fixation sur la poitrine.
SYSTEME ADAPTE
On doit toujours partir de la situation concrète sur place pour prévoir une protection adéquate. Le fonctionnement de l'appareil d'arrêt de chute dépendra de la position du point d'ancrage et demande un ajustement correct.
Le facteur de chute dépend du point d'ancrage. Plus il est élevé, plus la longueur requise pour stopper la chute est grande. Choisissez, si possible, le point d'ancrage le plus droit possible au-dessus de la tête. Il est alors question de facteur de chute 0. Les facteur de chute 1 et facteur de chute 2 se rencontrent respectivement quand le point d'ancrage se situe à hauteur de la fixation dorsale ou sous le point de fixation dorsale.
Celui qui veut utiliser un système de liaison avec un amortisseur de choc, doit tenir compte de l'espace libre requis. Si celui-ci est insuffisant, le choix d'un autre système s'impose de toute manière. L'espace libre minimal est la somme des facteurs suivants: la longueur de la angle de liaison, y compris l'amortisseur de choc (maximum 2 m), la longueur de la personne, la distance de freinage (maximum de 1,75 m) et la marge de sécurité imposée sous les pieds (généralement 1 m, légalement 0,5 m).
Appareil d'arrêt de chute
En fonction du point d'ancrage choisi, l'appareil d'arrêt de chute doit fonctionner dans une autre direction. Si l'appareil d'arrêt de chute se situe au-dessus de la tête, il doit pouvoir absorber une chute verticale. Avec le point d'ancrage à hauteur du point de fixation dorsale, il doit fonctionner de façon horizontale. Lorsque le point d'ancrage se situe plus bas, l'appareil d'arrêt de chute doit fonctionner à la fois de façon horizontale et verticale.
Il est important de minimiser le danger d'oscillation ou l'effet de balancier. Ceci peut augmenter l'espace libre nécessaire. Lorsque l'angle de travail est inférieur à 30°, le risque d'oscillation est le plus petit. Ancrer la ligne directement au-dessus de la tête donne le meilleur résultat. Utilisez toujours une ligne la plus petite possible pour exécuter la tâche. A partir d'un angle de travail de 30°, le risque d'oscillation est grand.
POINTS D'ATTENTION LORS DE L'UTILISATION D'UNE PROTECTION CONTRE LA CHUTE PERSONNELLE
Veillez à ce que le harnais soit enfilé de façon correcte.
Choisissez le bon système de liaison en fonction de l'application et veillez au bon accouplement de tous les éléments.
La construction à laquelle l'utilisateur s'attache, doit être assez solide pour supporter la chute.
N'utilisez pas un harnais de sécurité périmé ou qui a déjà arrêté une chute. Celui-ci doit être remplacé aussitôt. Ceci vaut aussi pour les points d'ancrage.
Assurez-vous que le matériel est en bon état: les sous-ventrières ne peuvent pas être effilochées, coupées, déchirées, moisies ou altérées. Le maillage ne peut pas être étiré ou coupé. Les boucles et anneaux en forme de D doivent être exempts de rouilles, petits trous, déformations, fissures ou usure exagérée. Contrôlez les mousquetons.
Tenez compte de la profondeur de chute pour un système de liaison avec amortisseur de chute.
Une grande hauteur de chute peut entraîner un danger d'oscillation. Plus la distance latérale entre l'utilisateur et le point d'ancrage est grande, plus le risque que la victime effectue un mouvement oscillant et heurte quelque chose, est grand.
Veillez à ce que la victime d'une chute d'une hauteur soit libérée au plus vite de ses équipements de protection individuelle.