Source: http://pierre.coninx.free.fr/M7D3/M7D3div.htm
Timestamp: 2017-05-30 07:13:29+00:00
Document Index: 293660621

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M7d3TT
Dans certains cas, l'équipe de secouristes envoyée pour transporter une femme enceinte se trouve confrontée à deux problèmes :
- soit l'expulsion est en cours ;
- soit l'enfant est né.
Dans ces deux cas la demande d'un S.M.U.R. doit être systématique pour le transport de l'accouchée et les soins au nouveau-né.
Nous envisagerons le problème du quart d'heure où l'équipe de secouristes est seule en attendant avec impatience l'arrivée des renforts.
L'accouchement est imminent :
- Les contractions sont rapprochées, toutes les deux à trois minutes, longues et douloureuses.
- La femme ressent un besoin d'aller à la selle, ce qui témoigne de la pression de la tête sur le périnée.
- Elle a envie de pousser.
LORSQUE LA TETE COMMENCE A PARAITRE
Si l'on en a le temps, coucher la femme en travers de son lit, les fesses au bord du lit, les talons près des fesses ou reposant sur deux chaises placées devant le lit, la tête surélevée par un coussin.
La tête distend de plus en plus le périnée.
Après le dégagement de la tête, l'opérateur la saisit et la tire vers le bas pour dégager l'épaule antérieure qui se trouve sous la symphyse pubienne. Puis il relève la tête en surveillant le dégagement de l'épaule postérieure du périnée postérieur. Pendant le dégagement des épaules, on demande à la femme de pousser.
Si le cordon fait une boucle autour du cou (appelée circulaire), on l'attire au dehors en tirant doucement sur l'un des bouts pour former une anse que l'on passera autour de la tête. Si le cordon est trop serré rendant la manoeuvre impossible, il faut le sectionner entre deux pinces à ce moment.
Les épaules étant dégagées, l'opérateur prend l'enfant sous les bras et le dépose sur le ventre de sa mère. Le premier cri doit se produire et l'enfant devient rose. On sectionne le cordon entre deux pinces de kocher ou entre deux clamps à 5 - 10 cm du nouveau-né.
Si la respiration ne se produit pas spontanément à ce moment, il faut sectionner le cordon pour s'occuper de la réanimation du nouveau-né.
La position de la femme sera la même que précédemment si l'on en a le temps.
Dans la majorité des cas l'opérateur ne fait rien : l'accouchement se produit de lui-même sous l'influence des contractions et des efforts d'expulsion. Le dos du foetus tourne en avant, les épaules se dégagent toutes seules, puis enfin la tête. L'enfant est alors recueilli entre les cuisses de sa mère. Aucune traction sur l'enfant ne doit être exercée sous peine de voir les bras se relever ce qui rendrait impossible toute sortie de l'enfant.
Il doit surveiller la sortie de l'enfant qui doit se faire dos vers l'avant.
La seule dérogation à cette attitude d'expectative proviendrait de la rotation du dos en arrière. Dans ce cas, le menton viendrait s'accrocher sous le pubis empêchant toute sortie de l'enfant. Si le dos tourne vers l'arrière, il faut empaumer les hanches de l'enfant pour le retourner tout de suite vers l'avant.
La délivrance est l'expulsion du placenta et des membranes après l'expulsion du foetus. Cette phase survient environ un quart d'heure après l'expulsion de l'enfant avec l'apparition de nouveau de contractions.
Cette délivrance peut être spontanée sous l'effet des contractions ; elle peut être également aidée par l'opérateur qui empaume le fond utérin et exerce une pression modérée vers le bas en refoulant ainsi le placenta vers l'orifice vulvaire.
En aucun cas il ne doit tirer sur le cordon ce qui aurait pour effet de le déchirer et d'en laisser des fragments dans le fond utérin ce qui pourrait être la source d'hémorragies secondaires gravissimes.
Le placenta sera conservé pour examen ultérieur de son intégrité
Deux dangers guettent le nouveau-né à la naissance :
- l'infection par défaut d'asepsie,
- le refroidissement qui peut facilement atteindre 4 ou 5 degrés au cours du premier quart d'heure de vie.
PREPARATION DU MATERIEL Rassembler avant l'accouchement :
- un oreiller pour mettre le nouveau-né en déclive, c'est à dire la tête plus basse que le corps ;
- une alèse ou un drap chaud ;
- un clamp de Barr ou une pince stérile ou un fil à suture non résorbable ;
- une sonde d'aspiration à usage unique de 10 pour aspirer les sécrétions à adapter sur une seringue de 20 cc ou bien sur un aspirateur électrique en le réglant de façon à avoir la dépression la plus faible (un nouveau-né, c'est fragile ;)
- éclairage et une source de chaleur : le sèche-cheveux est très pratique pour cet usage à condition de ne pas le placer trop près de la peau du bébé pour ne pas le brûler ;
- une couverture en alu ;
- si possible un ballon autogonflant pédiatrique de type "ambu" avec masque facial de dimension adaptée ;
- compresses stériles pour le cordon s'il est coupé.
LE PLUS SOUVENT, LE NOUVEAU-NE VA BIEN :
Il crie, il bouge, le coeur bat à plus de 100 pulsations par minute, il faut cependant prévenir l'hypothermie et dégager les voies aériennes.
Le cordon est clampé.
L'enfant est placé tête basse, séché réchauffé et maintenu au chaud.
Les mucosités dans la bouche et le pharynx sont aspirées.
Le score d'Apgar effectué à la première et à la 5° minute permettent de juger de l'adaptation du nouveau-né à la vie extra-utérine. Il consiste à évaluer 5 éléments :
- la réponse aux stimulations ;
- la coloration cutanée.
L'indice est la somme de ces 5 notes.
A 1 minute, un coefficient de 10 à 8 est normal, de 7 à 4 médiocre, et inférieur à 3 est l'équivalent d'un état de mort apparente.
A 5 minutes, il doit être de 9 ou 10, les seules anomalies pouvant persister étant des extrémités légèrement bleutées en général en relation avec une hypothermie.
NOTATION 0 1 2
Rythme nul <100/mn >100/mn
cardiaque = coeur lent = coeur rapide
Réflexivité à la pas de petit mouvement net
plante du pied réponse mouvement et cri
Respiration absente faible avec cri
avec faible cri vigoureux
Tonus inertie flexion modérée bonne flexion
musculaire des extrémités des extrémités
Couleur de bleue ou téguments roses téguments
la peau pale extrémités bleues uniformément
LORSQUE L'ETAT EST MAUVAIS :
L'enfant est inerte, ne respire pas, ne crie pas, son coeur est lent, c'est-à-dire inférieur à 80 / minute : le nouveau-né est en état de mort apparente (un coeur qui bat lentement ou même à la fréquence d'un adulte, c'est l'équivalent d'un arrêt cardiaque.)
Après avoir immédiatement clampé et sectionné le cordon, il faut simultanément :
- Prévenir d'urgence la régulation du SAMU.
- Effectuer un massage cardiaque externe.
- Réaliser une désobstruction bucco-pharyngée.
- Mettre en route une ventilation au masque.
Le thorax du nouveau-né est empoigné à deux mains, en plaçant les pouces croisés l'un sur l'autre au niveau de la partie moyenne du sternum et les autres doigts sur le rachis en arrière.
Des pressions rythmées à environ 100-120 fois par minute sont alors effectuées avec les pouces bien sur la ligne médiane en réalisant ainsi des dépressions du thorax de 1 à 1,5cm.
Le critère d'efficacité est l'apparition d'un pouls palpable ou visible à la base du cordon.
Comme chez l'adulte sauf en cas de récupération spontanée d'un rythme cardiaque rapide chez le nouveau-né, le massage devra être poursuivi jusqu'à l'arrivée de l'équipe médicale de réanimation.
Après désobstruction bucco-pharyngée, la tête étant défléchie, la main gauche de l'opérateur qui luxe le menton en avant applique le masque sur la bouche et le nez.
La fréquence des insufflations est de 30 à 40 par minute, ou de 1 insufflation pour 4 pressions sternales lorsque le massage cardiaque externe est associé.
Les critères d'efficacité sont l'expansion régulière et symétrique des deux hémithorax, le "rosissement" des lèvres et l'accélération du rythme cardiaque.
Le score d'Apgar répété permet de juger de l'efficacité de la réanimation.
RETOUR AU SOMMAIRE LIBERATION DES VOIES AERIENNES
Assurer la liberté des voies aériennes, c'est assurer la liberté des mouvements respiratoires et le libre passage de l'air jusqu'aux poumons. Le but est de permettre :
- à la ventilation spontanée de se faire sans obstacle chez un sujet inconscient ;
- une ventilation artificielle efficace chez un patient présentant un arrêt ventilatoire ou une ventilation inefficace.
- Au niveau de la bouche et du nez : terre, débris divers, sang...
- Au niveau du pharynx : sécrétions salivaires, sang, liquide gastrique, débris alimentaires provenant de vomissements ou de régurgitations, corps étranger, appareil dentaire amovible ou, plus simplement, la langue qui obstrue le pharynx chez un sujet inconscient.
- Au niveau de la glotte : corps étranger solide, fragment alimentaire (bonbon) peuvent obstruer la glotte et entraîner une détresse immédiate chez un sujet auparavant sans problème.
GESTES SANS MATERIEL
Après avoir desserré les vêtements autour du cou et la ceinture :
Elle permet d'éviter une obstruction du pharynx par chute de la langue en arrière chez le patient en décubitus dorsal.
En l'absence de lésion du rachis cervical, le secouriste place une main sous la nuque, l'autre sur le front et bascule la tête en arrière avec douceur.
La main qui était sous la nuque se place sur le menton et essaie d'ouvrir la bouche du patient, l'autre restant sur le front.
La P.L.S. est la position d'attente d'un patient inconscient (qui ne parle pas) dont le cœur bat et qui présente une ventilation efficace.
Elle permet de maintenir ouvertes les voies aériennes supérieures en évitant que le massif de la langue ne vienne tomber en arrière comme c'est le cas dans la position allongée sur le dos. De plus en cas de vomissement, la tête étant déclive, il y a moins de risque d'inhalation de liquide gastrique dans les bronches.
La victime étant allongée sur le dos, s'agenouiller au niveau de la taille du patient perpendiculairement à ce dernier du côté dont on va effectuer la rotation.
Placer le bras du patient du côté où le secouriste se tient perpendiculaire à l'axe de son corps.
Saisir d'une main la hanche opposée et de l'autre main l'épaule opposée de la victime en s'aidant au besoin des vêtements.
Faire pivoter le patient d'un qurt de tour en le tirant vers soi.
Le stabiliser en pliant la jambe supérieure, le pied étant calé dans le creux situé derrière le genou de la jambe inférieure et la cuisse étant à la perpendiculaire du tronc.
Placer la tête légèrement en extension, bouche légèrement ouverte dirigée vers le sol.
Une fois le patient ainsi installé, revérifier qu'il présente une ventilation efficace et une efficacité cardiaque.
- La P.L.S. est une position qui ne permet pas la ventilation assistée : c'est une position d'attente chez un patient inconscient présentant une ventilation spontanée efficace. Si cette dernière ne l'est plus, il faut remettre le patient en décubitus dorsal pour le ventiler.
- Tourner le patient du côté gauche ou droit n'a aucune importance et est une affaire de bon sens, de commodité pour la surveillance du patient et de simplicité de réalisation.( En cas de fracture de jambe ou de cuisse, le problème est de maintenir le membre cassé dans l'axe sans entraîner de déformation. En cas de traumatisme crânien, le problème est celui de l'œdème cérébral et de l'hypertension intracrânienne qui touche tout le cerveau ; le côté de la PLS importe peu sauf bien évidemment plaie du scalp saignant abondamment à comprimer ou plaie cranio-cérébrale avec destruction de la boite crânienne et issue abondante de matière cérébrale qu'il faut éviter de salir et de comprimer mais là, en général, l'expérience montre que le problème ne se pose pas hélas très longtemps...) Nettoyage de l'oropharynx au doigt
Un ou deux doigts recouverts d'un linge sont introduits en crochet et tournent dans l'oropharynx pour éliminer les mucosités ainsi que tout ce qui peut faire obstacle à la ventilation.
On recherchera enfin systématiquement la présence d'un ou de plusieurs dentiers qui seront systématiquement retirés et mis de côté.
La canule de Guédel, en plastique, a la forme d'une faucille qui présente trois portions :
- une partie courbe qui se trouve entre la langue et le palais ;
- une partie droite renforcée qui se trouve entre les dents ;
- une collerette qui repose sur les lèvres une fois la canule en place.
L'intérieur est creux permettant le libre passage de l'air depuis la bouche jusqu'à l'arrière-gorge et facilitant l'aspiration des mucosités qui s'y trouvent.
Plusieurs tailles existent, du nourrisson (00 ou 0) au grand adulte (5), les tailles correspondant à l'adulte allant du 3 au 5.
Le but de la canule de Guédel est de relever la base de la langue pour dégager l'arrière gorge et faciliter le libre passage de l'air.
Elle est utilisée chez les sujets inconscients présentant une ventilation spontanée et qui en tolèrent la présence. Il est en effet dangereux et source de vomissements de vouloir la maintenir chez un patient qui la recrache spontanément.
Choisir une canule de taille adaptée au patient : trop, courte elle est inefficace ; trop, longue elle bute en arrière et favorise les vomissements.
Ouvrir la bouche du patient, introduire la canule, concavité vers le haut, jusqu'à ce que l'extrémité bute contre le palais, puis la retourner et finir de l'enfoncer sans entraîner la langue en arrière.
- son maintien en bonne position par la facilité avec laquelle l'air sort sans bruit ;
- l'apparition d'éventuels vomissements qui imposent :
- le retrait immédiat de la canule ;
- de tourner le corps sur le côté ( PLS ) ;
- d'ouvrir la bouche ;
- d'aspirer les vomissements
- de nettoyer rapidement l'arrière gorge, le sujet étant cette fois placé en position latérale de sécurité.
Les mucosités, vomissements et le sang sont difficilement retirés à l'aide des doigts et sont au mieux ôtés à l'aide d'une aspiration.
Elle se fait au moyen d'une sonde d'aspiration toujours du plus grand calibre possible.
Elle est mise en place, l'index et le médium servant de guide ou bien dans l'orifice de la canule de Guédel. L'aspiration est arrêtée ou la sonde pincée pendant la mise en place. L'aspiration est alors mise en route pendant que l'on fait effectuer à la sonde des petits mouvements de rotation sur elle-même et qu'on la retire doucement.
Le massage cardiaque externe (MCE) constitue la technique de suppléance circulatoire utilisée en urgence. Cette méthode consiste, chez le patient couché sur un plan dur, à réaliser avec le talon de la main une compression rythmée du tiers inférieur du sternum.
Le but est de rétablir une perfusion tissulaire adéquate, principalement au niveau du cerveau. Le MCE doit donc être simultanément associé à une méthode de réanimation ventilatoire soit par le bouche-à-bouche, soit à l'aide d'un ballon autogonflant afin d'assurer les échanges gazeux entre capillaires et alvéoles pulmonaires.
Classiquement, on admettait que la compression du tiers inférieur du sternum entraînant son déplacement de 3 à 5 cm comprimait le coeur entre la face postérieure du sternum et le rachis. Le sang contenu dans les cavités cardiaques était alors chassé vers l'aorte et l'artère pulmonaire. Au relâchement de la compression sternale, l'élasticité du myocarde assurait le remplissage des cavités cardiaques.
Actuellement, on estime que la compression sternale élève la pression intra-thoracique, le coeur ne joue plus le rôle exclusif de pompe pendant le M.C.E. : c'est la différence de pression entre artères intrathoraciques et vaisseaux extra-thoraciques qui assurerait un débit sanguin.
Le patient est mis tout d'abord en décubitus dorsal sur un plan dur.
Le sauveteur repère rapidement les limites du sternum pour localiser la zone du MCE : jonction tiers inférieur et deux tiers supérieurs du sternum sur la ligne médiane.
Les pressions sont réalisées à deux mains chez l'adulte, le talon d'une main sur le tiers inférieur du sternum, le talon de l'autre main sur le dos de la main précédente, les deux mains à angle droit. C'est la partie de la main qui est dans le prolongement de l'avant-bras qui assure la compression et c'est cette partie qui doit se situer sur le sternum et non le milieu de la paume de la main.
La pression doit s'effectuer verticalement. Pour cela, le secouriste doit se placer le plus près possible du malade. Une pression exercée en oblique entraînerait une déformation des côtes et un risque accru de fracture ou de volet costal.
Les bras doivent être tendus. La compression sternale s'effectue par la pression du poids du sauveteur et non par des mouvements d'extension-flexion des avant-bras sur les bras.
L'enfoncement du sternum au cours des compressions est de l'ordre de 3 à 6 cm, avec une fréquence de 60 par minute environ. Au cours de cette phase de compression se produit une onde électrique visible sur le scope qui n'a aucune signification diagnostique.
La phase de relâchement du sternum a elle aussi son importance : le relâchement sternal doit être complet pour permettre un remplissage correct de l'ensemble coeur-poumons, et assurer un débit correct lors de la phase de compression.
SURVEILLANCE ET RESULTATS
L'efficacité hémodynamique du MCE doit être contrôlée par la palpation du pouls fémoral ou carotidien synchrone avec le MCE.
On peut également observer lorsque la réanimation cardio-respiratoire (c'est à dire MCE et ventilation artificielle) est correctement effectuée, une recoloration des téguments, la disparition ou la non-apparition d'une mydriase.
Sous MCE, on observe un débit cardiaque qui peut atteindre 40% de sa valeur initiale avant l'accident. La pression artérielle présente un pic systolique variable entre 8 et 14 cm de mercure, la diastolique en revanche étant nulle.
Certaines équipes préconisent une compression abdominale associée au MCE. Elle permet de supprimer ou de limiter les mouvements paradoxaux du diaphragme et d'augmenter ainsi la pression intra-thoracique lors du MCE et donc améliorer le débit, en particulier carotidien. En revanche, cette compression a le grave inconvénient de favoriser une régurgitation du contenu gastrique et une inhalation bronchique de liquide gastrique puisque les réflexes pharyngo-laryngés sont absents.
La principale complication du MCE est un massage inefficace par une technique défectueuse qui équivaut à un MCE non fait avec apparition de lésions irréversibles au niveau du cerveau en quelques minutes.
Les fractures de côtes sont hélas fréquentes, multiples, aboutissant à la constitution d'un volet thoracique. Contrairement à une opinion trop souvent diffusée, il n'est pas nécessaire de casser des côtes pour faire un MCE efficace. En effet, comme nous l'avons vu, le MCE comprime l'ensemble coeur-poumons et non le coeur seul. Les fractures sont plus fréquentes chez un sujet âgé ayant un thorax rigide. Chez un sujet au thorax souple, elles sont dues à un défaut de la technique :
- point de compression latéral
- massage en porte-à-faux provoqué par un sauveteur qui n'a pas les bras verticaux
- compression trop énergique ou plutôt trop brutale
- relâchement incomplet entre les compressions.
Les fractures costales peuvent se compliquer d'hémothorax, de pneumothorax, de contusions pulmonaires, ou de complications abdominales (plaie de la rate ou du foie).
ASSOCIATION DU MCE ET DE LA VENTILATION ARTIFICIELLE
Le MCE n'assure qu'une circulation du sang en particulier entre les poumons, le coeur et le cerveau. Mais en aucune façon le M.C.E. seul permet l'oxygénation du sang circulant.
Il doit donc être associé à une technique de ventilation artificielle : bouche-à-bouche si le sauveteur est démuni de matériel ou ballon autogonflant. Le rythme d'alternance entre les insufflations et le MCE dépend du nombre de secouristes disponibles. Si le sauveteur est seul : il procède à deux insufflations suivies de 10 à 12 compressions sternales ; si les sauveteurs sont au moins deux : l'un s'occupe du MCE et l'autre de la ventilation à raison d'une insufflation toutes les 5 compressions.
QUAND CESSER UN MCE ?
Une réanimation cardio-respiratoire ne doit être interrompue que sur décision médicale. En aucun cas des secouristes n'ont le droit de décider de l'arrêt des manoeuvres de réanimation et de déclarer un patient mort.
En effet, tout pronostic est impossible quand on débute une réanimation cardio-respiratoire en situation d'urgence extra-hospitalière, car on ignore le plus souvent la durée de l'arrêt circulatoire. D'autre part, chez des patients en hypothermie (cas de noyades par exemple), le refroidissement protège le cerveau et permet de récupérer des patients en arrêt cardiaque prolongé sans séquelle.
* Patient en arrêt circulatoire : absence de pouls carotidien ou fémoral.
* Décubitus dorsal sur un plan dur.
* Sauveteur bras tendus verticaux, base de la main strictement médiane sur le thorax au niveau de la jonction 2/3 supérieur et 1/3 inférieur du sternum.
* 60/mn chez l'adulte.
*Surveillance efficacité : - pouls carotidien ou fémoral - recoloration, pupilles.
* Associé à ventilation artificielle (après libération des voies aériennes) :
- 10 à 12 compressions pour deux insufflations si sauveteur unique
- 5 compressions pour une insufflation si deux sauveteurs.
* Faire alerter les secours d'urgence en faisant préciser le motif d'appel : arrêt cardiaque massé ventilé.
* MCE poursuivi jusqu'à reprise d'un bon pouls spontané avec tension artérielle correcte, sinon arrêt de la réanimation exclusivement sur décision médicale. ASSISTANCE CARDIO-RESPIRATOIRE
L'absence de réaction de la victime = l'état d'inconscience
Vérifier la réalité de la perte de conscience
L'absence de respiration.
- Placer son oreille au dessus de la bouche et du nez de la victime
CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE ARTICLE 11
"Le secret professionnel, instauré dans l'intérêt des malades, s'impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi.
Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession, c'est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu et compris."
CODE PENAL ARTICLE 378
"Les médecins, chirurgiens et autres officiers de santé ainsi que les sages-femmes et toutes autres personnes dépositaires, par état ou profession ou par fonctions temporaires ou permanentes, des secrets qu'on leur confie, qui, hors le cas où la loi les oblige ou les autorise à se porter dénonciateurs, auront révélé ces secrets seront punis..."
Les secouristes sont tenus au secret dans leurs interventions vis-à-vis de l'entourage et des voisins des patients.
Ils le sont également vis-à-vis de leur propre entourage, famille et amis.
Même non médecins, ils sont tenus au secret et passibles des mêmes peines en cas de non respect.
Malgré le fait que nos véhicules ne sont pas banalisés, et attirent l'attention par leurs sirènes et gyrophares, une intervention doit se faire avec le maximum de discrétion pour la personne que l'on vient assister. Les secouristes n'ont pas à communiquer aux voisins l'identité de la personne qu'ils vont voir ni même a fortiori son état de santé.
Le secouriste a toujours la possibilité de se retrancher derrière son ignorance de la situation : "il ne sait pas ce qu'il se passe, il est là par hasard et n'est au courant de rien." Vis-à-vis de la famille, il doit se rappeler qu'il n'est pas médecin mais secouriste et que ce ses connaissances sont limitées. Par ailleurs, il ignore tout des relations familiales et doit limiter ses informations au strict minimum. Il doit surtout se garder de tout pronostic, de toute interprétation de la situation et renvoyer la famille aux explications qui lui seront données par le médecin des urgences de l'hôpital.
Avec les autorités de police sur place, l'intervention doit être menée en collaboration intelligente : chacun a son rôle à jouer, est utile et ne doit pas entraver le travail de l'autre dans la mesure où l'état du patient le permet.
Vis-à-vis des autorités de police et judiciaires, le secret professionnel persiste. S'il est logique de transmettre aux autorités sur place l'hôpital de destination du patient, que l'intervention ait lieu en domicile privé comme sur voie publique, aucune autre information à caractère médical n'a à être transmise. Les secouristes sur le terrain doivent renvoyer toute demande de renseignements à la régulation du SAMU-CENTRE 15.
Les dossiers ne peuvent être réclamés que par un juge d'instruction ou un magistrat délégué par lui ou encore par un officier de police judiciaire muni d'une commission rogatoire.
ORGANISATION PRATIQUE DES SECOURS EN SITUATION D'EXCEPTION
- Seuls les véhicules effectivement engagés se dirigent vers le site, les autres restent à proximité mais ne viennent pas encombrer la zone de stationnement.
- Les véhicules effectivement engagés se rendent au point de rendez-vous fixé par l'itinéraire indiqué. Ils se garent conformément aux ordres de l'officier de circulation des Sapeurs-Pompiers en évitant de bloquer la circulation des autres véhicules.
- Le conducteur reste à bord de son véhicule et ne le quitte sous aucun prétexte.
- Le chef de bord vient se présenter au PC médical du SAMU et non au PC Pompiers qui, lui, gère les moyens de lutte contre le sinistre et de dégagement des victimes sans s'occuper de leur mise en condition et de leur évacuation.
- Les victimes sont évacuées du chantier par les Sapeurs-Pompiers vers le centre de tri. Les secouristes n'ont pas à aller faire du ramassage primaire sur le chantier, sauf cas particulier sur demande du Directeur des Secours Médicaux.
- Ils prennent en charge au centre de tri la victime qui leur est confiée et, à l'appel de leur indicatif, ils l'évacuent par la sortie du centre de tri où vient les rejoindre leur véhicule vers l'établissement de soins qui a été choisi par le Directeur des Secours Médicaux SAMU (D.S.M.S.).
- Il ne doit y avoir aucune évacuation sauvage de victime non passée par le centre de tri.
- Les véhicules non utilisés ne doivent pas quitter la zone sans en avertir le PC SAMU. - Les secouristes essaient de se libérer rapidement une fois arrivés à l'établissement de soins et signalent à leur PC leur disponibilité. C'est lui qui après contact avec le SAMU décidera ou non de les rediriger vers le site.
LA FICHE CATASTROPHE
- Un talon supérieur récupéré par le médecin D.S.M.S. Y sont mentionnés l'identité et le diagnostic de la victime. Ce talon lui servira pour décider de l'orientation de la victime.
- La partie du milieu (recto et verso) suivra le patient jusqu'à l'hôpital de destination. Y figurent : l'identité du patient, son bilan, le mode d'évacuation et son orientation. Une case est réservée pour la surveillance et l'évolution en cours de transport.
- Le talon inférieur où sont consignés les renseignements administratifs : identité, mode d'évacuation et destination est conservé par le secrétariat de la sortie du centre de tri.