Source: http://www.energyregulationquarterly.ca/fr/articles/the-role-of-the-cnsc-under-the-proposed-impact-assessment-act
Timestamp: 2018-12-11 17:30:42+00:00
Document Index: 91968518

Matched Legal Cases: ['art 52', 'art 52', 'art 43', 'art 21', 'art 46', 'art 51', 'art 51', 'art 9', 'art 6', 'art 4', 'art 4']

Le rôle de la Commission canadienne de sûreté nucléaire en vertu de la Loi sur l’évaluation d’impact proposée - Publication trimestrielle sur la règlementation de l’énergie
Auteur : Andrew Dusevic | septembre 2018 – Volume 6, numéro 3 2018
Le projet de loi C-69 a été présenté en première lecture au Sénat canadien le 20 juin 2018. Ce projet de loi vise à édicter la Loi sur l’évaluation d’impact (la LEI)2. La LEI abroge la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale de 2012 (la LCEE)3 actuelle et elle met en œuvre des changements importants au processus d’évaluation environnementale. Le retrait du pouvoir de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) de mener des évaluations d’impact environnemental sur les activités nucléaires est un changement important qui est pratiquement passé inaperçu. En vertu de la LCEE, les évaluations des impacts sont renvoyées devant une commission d’examen composée de membres nommés par le ministre de l’Environnement (le « Ministre »)4.
La CCSN est établie par la Loi sur la sûreté et la règlementation nucléaires (la LSRN) afin d’élaborer la règlementation et de superviser les activités nucléaires au Canada5. Elle possède une connaissance et une expérience unique du secteur nucléaire et elle est en mesure de le règlementer de manière efficace conformément aux objectifs environnementaux et sécuritaires énoncés dans la LSRN. Le présent article porte sur la manière dont la participation limitée de la CCSN dans les évaluations des impacts interfère avec sa capacité d’atteindre ces objectifs et mine sa capacité de transmettre sa connaissance importante pouvant aider les évaluations d’impact des activités nucléaires. Ces restrictions auront des répercussions considérables sur l’industrie nucléaire du Canada et elles posent des défis uniques en ce qui concerne la progression de l’industrie et l’évaluation de technologies nucléaires nouvelles et novatrices, comme les petits réacteurs modulaires et d’autres réacteurs évolués.
2. Nomination des commissions d’examen
La LEI élimine la responsabilité de la CCSN de mener des évaluations des impacts des activités nucléaires précédemment réalisées en vertu de la LCEE, et elle prescrit que ces évaluations doivent être déléguées à une commission d’examen composée de membres nommés par le Ministre. La LEI tente d’équilibrer ce changement en demandant à l’Agence canadienne d’évaluation des impacts (l’« Agence ») et au Ministre d’offrir une consultation au sein de la CCSN. Toutefois, le succès de cette consultation est précaires puisque ces mesures sont à la discrétion de l’Agence ou du Ministre.
La mise en place d’une commission d’examen pour réaliser les évaluations des impacts des activités nucléaires se fait ainsi : Le paragraphe 43a) de la LEI oblige le Ministre à renvoyer l’évaluation des impacts des activités nucléaires règlementées en vertu de la LCEE devant une commission d’examen6. Lors du renvoi des évaluations devant une commission d’examen, le Ministre doit établir le mandat de la commission et nommer un président et au moins deux autres membres pour former la commission7. En ce qui concerne la nomination de ces derniers, le Ministre doit choisir au moins une personne dans une liste comprenant des membres de la CCSN8. Ce changement sert à répondre à la préoccupation publique que les agences gouvernementales, comme la CCSN, n’ont pas la compétence pour appliquer la loi de manière uniforme durant les évaluations des impacts9. Malgré la validité de ces préoccupations, cette approche néglige l’importance et la signification de l’expertise et de la connaissance de la CCSN pour réaliser les évaluations des impacts.
La LEI tente de remplir le besoin d’avoir la connaissance d’experts dans le processus en donnant l’occasion à la CCSN d’être consultée par l’Agence et le Ministre, mais elle n’atteint pas son but, car la loi ne fournit pas une portée et une influence significative à l’intérieur de ces mesures. Avant la performance de l’évaluation des impacts, l’Agence doit offrir une consultation avec la CCSN lors de la préparation d’une évaluation des impacts possible en vertu de l’article 12 de la LEI10. Cette consultation, en partie, doit être utilisée par l’Agence pour établir un sommaire des préoccupations qu’elle croit pertinentes au projet et en informer le promoteur11. Toutefois, quelque influence significative dérivée de cette mesure par la CCSN est limitée par la discretion de l’Agence. L’article 14(1) oblige l’Agence à communiquer avec le promoteur, à sa discretion, « le sommaire des questions à l’égard du projet qu’elle estime pertinentes, notamment les questions soulevées par… [la CNSN]12. De plus, la LEI est silencieuse à l’égard du contenu exact et la portée de cette consultation, plaçant ainsi ces aspects sous la responsabilité de l’Agence. Par conséquent, la consultation avec l’Agence donne à la CCSN une influence précaire aux étapes pré-évaluatives en ce qui concerne la détermination de questions importantes pour l’évaluation d’impacts.
La LEI oblige également le Ministre à offrir la consultation auprès de la CCSN pour déterminer les facteurs à être adressé par les évaluations des impacts éventuels, mais cette mesure ne fournit pas à la CCSN une participation réellement utile. Le paragraphe 21a) de la LEI énonce que le Ministre doit offrir de consulter et de coopérer avec la CCSN en ce qui concerne les évaluations des impacts13. Cette consultation doit comprendre la détermination de la portée de facteurs qui seront examinés14. Toutefois, comme la consultation préalable à l’évaluation discutée précédemment, le contenu de la consultation entre la CCSN et le Ministre est ambigu. La LEI ne définit pas directement ce qui peut ou doit être renvoyé devant la CCSN aux fins de consultation. Par conséquent, l’utilité et l’influence sur cette consultation sont à la discrétion du Ministre. Encore une fois, cette exigence d’offrir la consultation donne à la CCSN un rôle de participant limité dans le processus d’évaluation des impacts.
La LEI a remplacé la responsabilité de la CCSN de réaliser les évaluations environnementales par un rôle consultatif incertain à l’intérieur du processus d’évaluation des impacts. En ne s’attaquant pas à la question de la portée et du contenu de l’obligation de consultation avec la CNSC du Ministre et de l’Agence, la LEI met toute l’utilité de ces obligations à la discrétion de l’Agence et du Ministre. En plus de limiter l’influence et l’expertise de la CCSN à l’intérieur de l’évaluation des impacts, il y a ici un danger que cette obligation devienne superficielle puisque les critères de ces consultations sont minimes. Des consultations insignifiantes avec la CCSN pourraient miner les évaluations des impacts, car la CCSN est la seule agence gouvernementale avec l’expertise technique requise pour évaluer efficacement la portée complète des activités nucléaires.
3. Pouvoirs de la commission d’examen et du Ministre
La LEI confère à la commission d’examen et au Ministre un vaste ensemble de pouvoirs qui éliminent la nécessité de faire participer la CCSN et qui ont des répercussions sur la délivrance de permis d’installation nucléaire. Cette nouvelle loi confère à la commission d’examen les pouvoirs qui étaient auparavant conférés à la CCSN en vertu de la LSRN. De plus, elle donne au Ministre le pouvoir de prescrire les conditions des permis délivrés anciennement détenus par la CCSN. Ce transfert fait en sorte que l’on a plus recours à la CCSN pour réaliser les évaluations des impacts; toutefois, la CCSN demeure responsable de surveiller et d’appliquer les conditions des permis établies par le Ministre. Ainsi, les évaluations des impacts peuvent être faites de façon autonome à la CNSC et diminue le besoin de l’inclure dans les évaluations des impacts.
Les commissions d’examen sont investies des pouvoirs de la CCSN, tant que ces pouvoirs sont exercés conformément à leurs tâches lors de la réalisation d’une évaluation des impacts15. Les tâches de la commission d’examen sont énoncées dans le mandat16 donné par le Ministre et dans l’article 51 de la LEI17. La LEI ne limite pas la portée des pouvoirs accordés à la commission d’examen et, par conséquent, elle lui confère tous les pouvoirs que détenait la CCSN en vertu de la LSRN. Ce vaste éventail de pouvoirs comprend la tenue de réunions avec la CCSN18, le fonctionnement comme un tribunal d’archives19, l’assignation et l’interrogation de témoins20 et bien d’autres. Par conséquent, la LEI établit les commissions d’examen comme un corps entièrement comparable à la CCSN dans le contexte des évaluations des impacts, ce qui élimine tout besoin d’avoir recours à la CCSN pour la réalisation de l’évaluation.
La LEI confère au Ministre le pouvoir de déterminer les conditions contenues dans sa déclaration de décision pour les permis délivrés par la CCSN en vertu de l’article 24 de la LSRN21. Une déclaration de décision informe le promoteur des décisions résultant de l’évaluation, et elle peut comprendre les conditions touchant le permis délivré22. Ceci est contraire à la méthode suivie en vertu de la LCEE, laquelle ne donne pas de telles capacités au Ministre. Cette façon de faire a trois répercussions importantes pour la CCSN et les activités nucléaires régies par permis. Premièrement, le Ministre peut imposer des conditions sur les permis délivrés, renouvelés ou modifiés par la CCSN. Ensuite, la CCSN est responsable de s’assurer que ces conditions sont respectées par le promoteur. Pour terminer, toute infraction à ces conditions est une infraction sanctionnée en vertu de la LSRN. Il s’agit d’un élément important, car la LSRN impose des sanctions pécuniaires plus importantes que celles prévues dans la LEI, et ces sanctions peuvent même mener à l’emprisonnement du détenteur du permis23. La capacité du Ministre d’imposer des conditions environnementales aux permis nucléaires fait en sorte de retirer cette capacité à la CCSN, mais cette dernière conserve toutefois la responsabilité d’appliquer ces conditions en vertu de la LSRN.
La LEI donne au Ministre et à la commission d’examen les outils nécessaires pour réaliser les évaluations des impacts et retire définitivement le besoin d’avoir recours à la CCSN dans le cadre du processus. Les pouvoirs conférés à la commission d’examen lui permettent de mener des évaluations des impacts de façon autonome et entièrement indépendante de la CCSN. En outre, la capacité du Ministre de dicter les conditions des permis pour les activités nucléaires utilise les tâches d’application des permis de la CCSN en vertu de la LSRN, sans donner à cette dernière de rôle autoritaire ou d’influence dans le cadre du processus. Le transfert de ces pouvoirs à la commission d’examen et au Ministre assure leur autonomie et élimine effectivement le besoin d’inclure la CCSN dans les évaluations des impacts.
4. Conflit avec les objectifs de sûreté de la CCSN
L’exclusion de la CCSN des évaluations des impacts frustre leur capacité de se décharger de leur objectif de prévenir le risque déraisonnable à l’environnement prescrit par la NSCA24. L’objectif de sécurité environnementale est développé à l’intérieur des règlements établis par la CCSN et agit de façon complémentaire à leur objectif principal de prévenir le risque déraisonnable25. Le retrait de la CCSN comme autorité responsable de la réalisation des évaluations des impacts force le régulateur à se fier sur des évaluations et conclusions faites par la commission d’examen et le Ministre relativement à l’assurance que ces objectifs sont atteints qui sont potentiellement incomplètes, inexactes, mal fondées ou autrement inadéquates. Ceci frustre la capacité de la CCSN de se décharger des leurs objectifs de sécurité environnementale et impact ultimement leur objectif principal d’assurer que les risques liés à l’Activité sont raisonnables.
L’objectif de sûreté en matière de protection de l’environnement exige deux choses. Premièrement, que l’« installation du réacteur doit être conçue afin de s’assurer, en mode d’exploitation normale ou lors d’incidents de fonctionnement prévus et d’accidents de dimensionnement, qu’il n’y ait pas d’effets négatifs importants sur l’environnement, conformément aux exigences de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) »26. Deuxièmement, « la conception doit également prévoir des mesures d’atténuation des conséquences environnementales des accidents hors dimensionnement ». Historiquement, ces deux critères sont respectés en fonction du rendement d’une évaluation des impacts de la CCSN conformément à la LCEE. Même si la prévention des effets néfastes importants et l’atténuation des conséquences se poursuivent dans la LEI, la satisfaction de ces critères n’est plus à la discrétion de la CCSN27. Une question est soulevée à savoir si la CCSN a suffisamment d’influence dans les évaluations des impacts pour assurer de manière efficace que les objectifs sont atteints et à savoir si elle peut se fier aux évaluations de la commission d’examen pour que cet objectif de sûreté soit atteint.
Comme nous en avons fait état précédemment, les mesures prises dans le cadre de la LEI pour inclure le processus d’évaluation sont insuffisantes pour assurer à la CCSN une participation ou une influence significative ainsi que la transmission d’expertise au cours du processus. Dans son rôle à titre de régulateur de l’énergie nucléaire, la CCSN détient la responsabilité ultime de s’assurer que les objectifs de la LSRN sont atteints. Par conséquent, afin de satisfaire cet objectif, la CCSN doit pouvoir participer adéquatement au processus pour s’assurer que la portée intégrale de son objectif de sûreté en matière de protection de l’environnement est atteinte. Ceci ne peut être fait dans le cadre du régime prescrit par la LEI.
À l’avenir, la CCSN a peu d’options autres que celle de se fier aux décisions et aux évaluations du Ministre et de la commission d’examen. Toutefois, des préoccupations sont soulevées en ce qui a trait au caractère adéquat de telles évaluations sans une consultation significative avec la CCSN. Une autre option serait que la CCSN étudie le rapport préparé par la commission d’examen et la déclaration de décision du Ministre pour déterminer si son objectif de sûreté en matière de protection de l’environnement est atteint. Cette option fera en sorte que la CCSN puisse veiller à ce que ses objectifs règlementaires soient atteints. Toutefois, il peut être coûteux pour la CCSN de fournir une analyse approfondie de chaque évaluation. De plus, ceci peut augmenter les coûts, le temps de licence et la redondance, tout en étant un élément de frustration pour le promoteur. Ainsi, CCSN doit se fier aux décisions prises par la commission d’examen et le Ministre.
En résumé, la LEI enlève la capacité de la CCSN de se décharger de son objectif de sûreté en matière de protection de l’environnement et, ultimement, leur objectif premier de de prévenir le risque déraisonnable, conformément à son mandat énoncé dans la LSRN. La LEI force la CCSN à se fier à l’évaluation de la commission d’examen et aux décisions du Ministre pour atteindre ses objectifs règlementaires, qui peut être peu judicieux pour certains secteurs qui nécessitent l’expertise unique de la CCSN. Cette inquiétude a été soulevée par les membres de l’industrie qui questionnent le manque d’expérience de la commission d’examen concernant l’exposition aux radiations et sur les obligations internationales du Canada.
5. Expertise et accords internationaux
Des préoccupations ont été soulevées devant le Comité permanent de l’environnement et du développement durable (ENVI) concernant l’exposition aux radiations et les engagements internationaux pris par le Canada28. On a argumenté que la commission d’examen n’avait pas l’expertise adéquate pour veiller à avoir une radioprotection contre le rayonnement adéquat et que les engagements internationaux du Canada relativement aux mesures de sûreté et à la non-prolifération sont respectés29. La CCSN est la seule agence qui détient l’expertise requise et qui est en position de réaliser une évaluation qui permet de respecter ces critères de manière efficace et efficiente. Non seulement ces deux critères nécessitaient une expertise technique et scientifique, mais ils étaient partie intégrante du cadre règlementaire développé par la CCSN.
La CCSN a élaboré sa règlementation en matière de radioprotection et ses critères d’acceptation pour que le tout soit conforme aux objectifs mandatés dans la LSRN et à ceux des engagements internationaux du Canada. Cette règlementation énonce que l’exposition aux radiations à l’intérieur d’une installation de réacteur durant l’exploitation normale et lors de relâchement prévu de radiation soit gardée au plus bas que l’on peut raisonnablement atteindre (ALARA)30. Cet objectif est atteint à l’aide de différents processus de contrôle et de planification31. L’ALARA est un objectif souhaité courant dans la règlementation nucléaire qui est atteint grâce à l’expérience et à la pratique sur plusieurs années32. Par conséquent, la CCSN est dans la meilleure position pour s’assurer que des mesures sont en place pour les activités nucléaires afin de s’assurer que le rayonnement est au plus bas que l’on peut raisonnablement atteindre durant les évaluations des impacts.
Les obligations internationales du Canada engagent des exigences règlementaires impératives pour le demandeur. Le Canada a ratifié un grand nombre de traités et d’accords, la plupart provenant d’ententes de protections et de mesures ayant été conclues avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN). Il est fait état de ces ententes et d’autres engagements internationaux et ils sont expliqués dans la règlementation élaborée par la CCSN. Par conséquent, la CCSN possède une expérience approfondie pour l’administration de ces objectifs.
Une commission d’examen n’a pas l’expérience nécessaire pour évaluer les mesures de radioprotection et pour veiller au maintien des engagements internationaux du Canada. La CCSN détient des années de pratique et d’expérience en la matière. Les objectifs en matière d’exposition aux radiations emploient un objectif qualitatif qui requiert une expérience référentielle pour l’évaluer. Non seulement une commission d’examen n’a pas l’expérience requise, mais l’établissement d’une nouvelle commission pour chaque évaluation empêche d’accumuler l’expérience requise pour faire une évaluation précise de cet objectif de sécurité et d’autres objectifs.
Le régime d’évaluation des impacts proposé dans le cadre de la LEI fait en sorte que la CCSN ne règlemente plus les activités nucléaires qui font partie de son mandat en vertu de la LSRN. Les rédacteurs de la LEI tentent de balancer cette révocation en créant des opportunités pour eux d’être consultés à deux moments lors du processus d’évaluation. Toutefois, l’efficacité de cette approche est restreinte par l’absence de direction et de portée de la consultation et, à la place, la LEI remet l’utilité de la consultation à la direction de l’Agence ou du Ministre. Non seulement ce changement enlève à la CCSN la responsabilité d’assurer la sûreté de l’environnement et le maintien des obligations internationales du Canada, mais il place également entre les mains d’une commission d’examen, qui n’a ni l’expérience ni l’expertise, l’évaluation des impacts des activités nucléaires complexes et techniques. Ce changement a des impacts importants pour les Canadiens et l’industrie nucléaire.
Le retrait de la CCSN des évaluations d’impact pourrait terminer avec des évaluations des impacts inadéquates qui mettre en danger la sécurité des Canadiens et le bienêtre de l’industrie nucléaire au Canada.
De mauvaises évaluations des activités nucléaires peuvent mettre en danger la sûreté de l’environnement et les Canadiens, car la commission d’évaluation pourrait outrepasser ou mal évalué certains facteurs ou considérations importantes. En outre, ce régime peut avoir des répercussions négatives sur l’industrie nucléaire, car les promoteurs peuvent être dissuadés par les incertitudes règlementaires que crée par le manque d’expertise de la commission dévaluation et le manque d’uniformité des évaluations des impacts en raison de l’impermanence des commissions d’examen. Ceci est particulièrement pertinent pour les promoteurs de réacteurs nucléaires évolués et les petits réacteurs modulaires, qui tentent de déployer de la technologie première en son genre et donc faire face aux défis économiques.
Les évaluations des impacts sont plus efficaces lorsqu’elles sont menées par la CCSN en raison de sa position comme régulateur du secteur nucléaire canadien et de son expertise du domaine33. La majorité des problèmes soulevés ici serait réglée si l’on accordait un rôle plus important à la CCSN dans le processus. Une solution efficace serait de réaffecter la CCSN comme autorité responsable de l’évaluation des impacts des activités nucléaires. Il est possible de mettre en place une structure de supervision pour encourager une application uniforme et compétente de la loi canadienne et des exigences en matière d’évaluation. Une telle structure peut obliger la CCSN à consulter d’autres entités, comme l’Agence, pour évaluer le rendement de son évaluation tout au long du processus. D’un autre côté, une autre approche peut être que la CCSN mène les évaluations avec un membre ou plus nommé par le Ministre. Ces deux recommandations encourageraient le public à faire confiance au processus, tout en maintenant une expertise adéquate.
Andrew Dusevic est étudiant à la Maîtrise en droit au College of Law de l’Université de la Saskatchewan. Il tient à remercier le Sylvia Fedoruk Canadian Centre for Nuclear Innovation pour lui avoir accordé du financement pour ses études supérieures, lui permettant de rédiger des articles comme celui-ci.
Canada, PL C-69, Loi édictant la Loi sur l’évaluation d’impact et la Loi sur la Régie canadienne de l’énergie, modifiant la Loi sur la protection de la navigation et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois, 1re sess, 42e lég, 2018, [projet de loi C-69].
Loi canadienne sur l’évaluation environnementale de 2012, LC 2012, c 19, art 52 [LCEE].
Jamie Kneen, Bill C-69: New Federal Environmental Review Laws Fall Short of Promises, (9 février 2018), Mining Watch Canada (blogue), en ligne : <https://miningwatch.ca/blog/2018/2/9/bill-c-69-new-federal-environmental-review-laws-fall-short-promises> [Kneen]; Voir Projet de loi C-69, supra note 2, art 52.
Loi sur la sûreté et la règlementation nucléaires, LC 1997, c 19, au para 8(1) [LSRN].
Projet de loi C-69, supra note 2, art 43.
Ibid au para 44(1).
Ibid au para 44(3).
Canada, ministère de l’Environnement et du Changement climatique, Bâtir un terrain d’entente : une nouvelle vision pour l’évaluation des impacts au Canada, par le Comité d’experts pour l’Examen des processus d’évaluation environnementale, Ottawa, Agence canadienne d’évaluation environnementale, 2017, en ligne : <https://www.canada.ca/fr/services/environnement/conservation/evaluation/examens-environnementaux/processus-evaluation-environnementale/batir-terrain-entente.html> [Bâtir un terrain d’entente] (le public a critiqué les agences gouvernementales, comme la CCSN, pour leur manque de compétence et d’uniformité dans l’application de la loi durant les évaluations des impacts à 49); voir également Kneen, supra note 4.
Ibid au para 12.
Ibid au para 14(1).
Ibid (le Ministre doit offrir de consulter toute compétence et de coopérer avec cette dernière en ce qui a trait aux évaluations des impacts si cette compétence a le pouvoir, les responsabilités ou les fonctions en relation à une évaluation des effets environnementaux d’un projet désigné), art 21(1) a).
Voir Ibid au para 22(2).
Projet de loi C-69, supra note 2, art 46.
Ibid au para 41(1).
Ibid, art 51.
LSRN, supra note 5 au para 14(2).
Ibid au para 20(1).
Ibid au para 20(2).
Ibid au para 67(1).
Ibid aux para 64(1) et 65(1).
LCEE, supra note 5, art 51(3) a).
NSCA, supra note 5, art 9(a)(1).
Canada, Commission canadienne de la sécurité nucléaire, Conception des installations dotées de petits réacteurs, Ottawa. CCSN, 2011, en ligne : < http://nuclearsafety.gc.ca/fra/acts-and-regulations/regulatory-documents/published/html/rd367/index.cfm> à la p 4.
Voir le Projet de loi C-69, supra note 2, art 6(1) a) à n), para 22b).
Canada, Chambre des communes, Comité permanent de l’environnement et du développement durable, Réunion de comité : Témoignages, 42e lég, 1re sess, numéro 102, en ligne : <https://www.noscommunes.ca/DocumentViewer/fr/42-1/ENVI/reunion-102/temoignages> [ENVI].
Règlement sur la radioprotection, DORS/2000-203, art 4 a); voir aussi Règlement sur l’emballage et le transport des substances nucléaires (2015), DORS/2015-145 (« maintient le degré d’exposition aux produits de filiation du radon ainsi que la dose efficace et la dose équivalente qui sont reçues par la personne, et engagées à son égard, au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre, compte tenu des facteurs économiques et sociaux »), art 4 a).
Nuclear Regulatory Decision Making (Paris : Organisation de coopération et de développement économiques, 2005) à la p 17.
ENVI, supra note 8 à la p 3.