Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021113-243717
Timestamp: 2016-12-11 00:39:27+00:00
Document Index: 8727053

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", "l'article 3", 'art. 3', 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 13 novembre 2002, 243717
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 243717Numéro NOR : CETATEXT000008103602 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-11-13;243717 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête et le mémoire complémentaire enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 4 mars et 8 juillet 2002, présentés par M. Djamel X..., ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 8 janvier 2002 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2001 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 28 mars 2000, de la décision du même jour du préfet de police lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que, par un arrêté du 9 avril 2001, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 13 avril 2001, le préfet de police a donné à M. Jean-Pierre Y..., sous-directeur de l'administration des étrangers de la direction de la police générale, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir qu'il est marié depuis le 25 mars 2000 avec une Algérienne résidant en France en situation régulière, que celle-ci subvient aux besoins du ménage, que son épouse et lui sont propriétaires de leur logement, et qu'elle est enceinte depuis avril 2002, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment du caractère récent du mariage, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entaché à ce titre d'une erreur manifeste d'appréciation ne peut être accueilli ;
Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir qu'il poursuit des études en France ; que ces circonstances ne sont pas de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;Considérant que l'arrêté attaqué doit, dans les termes où il est rédigé, être regardé comme comportant une décision distincte de renvoi de M. X... en Algérie, pays dont il a la nationalité ; que le requérant produit des attestations émanant des services de police et de gendarmerie algériens et précisant que l'intéressé fait personnellement l'objet de menaces de mort et de projets d'assassinat de la part de groupes terroristes ; que le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être accueilli ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière ; qu'il est en revanche fondé à demander l'annulation de ce jugement en tant qu'il a rejeté sa demande d'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a fixé l'Algérie comme pays à destination duquel il doit être reconduit ;
Article 1er : Le jugement du 8 janvier 2002 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé en tant qu'il a rejeté la demande de M. X... tendant à l'annulation de la décision fixant l'Algérie comme pays de renvoi.
Article 2 : La décision du préfet de police fixant l'Algérie comme pays à destination duquel sera éloigné M. X... est annulée.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Djamel X..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-04-09Arrêté 2001-07-12Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 13 novembre 2002, n° 243717Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. SénersOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 13/11/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page