Source: https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/cntrng-crm/crrctns/protctn-gnst-hgh-rsk-ffndrs/faq-fr.aspx
Timestamp: 2019-09-22 22:42:39+00:00
Document Index: 164178952

Matched Legal Cases: ["l'article 753", "l'article 810", "l'article 810", "l'article 810", "l'article 810", "l'article 810", "l'article 810", "l'article 811", "l'article 811", "l'article 810", "l'article 810"]

Foire aux questions : Mise en liberté des délinquants
Mise en liberté des délinquants
Modifications apportées aux mesures législatives régissant la banque de données génétiques
Q. Qu'est-ce que la date d'expiration du mandat?
La date d'expiration du mandat (DEM) est la date à laquelle prend fin la peine criminelle imposée par les tribunaux au moment de la détermination de la peine.
Q. Où sont mis en liberté les délinquants? Où s'établissent-ils?
Le SCC fait tous les efforts possibles pour savoir où un délinquant s'établira; la plupart du temps, il connaît la destination du délinquant.
Lorsqu'il n'obtient pas l'information, le SCC remet une trousse d'information sur le délinquant au bureau du district où le délinquant a été reconnu coupable et où il a été incarcéré afin qu'elle soit transmise au service de police de la région.
Q. À quel moment sont mis en liberté les délinquants qui ont atteint la date d'expiration de leur mandat?
Conformément au paragraphe 93(1) de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), il faut libérer le délinquant pendant les heures normales de travail du jour ouvrable qui précède celui où elle se ferait normalement.
Q. Quelle est la première date possible de mise en liberté?
Conformément au paragraphe 93(2) de la LSCMLC, le directeur de l'établissement peut libérer un délinquant, soit d'office, soit à l'expiration de sa peine, dans les cinq jours qui précèdent la date prévue au paragraphe (1) s'il est convaincu que cette mesure facilitera sa réinsertion sociale.
Cette période de cinq jours commence à partir du dernier jour ouvrable avant la date d'expiration du mandat, mais exclut celui-ci.
Q. Le public est-il informé de la destination du délinquant?
Le SCC travaille en étroite collaboration avec les corps policiers. Il revient à la province ou au territoire où ira s'établir le délinquant à l'expiration de son mandat de décider si l'information sur ce dernier sera communiquée au public. La plupart des provinces ou territoires ont mis en œuvre leur propre protocole ou loi concernant la divulgation de renseignements au public. La police est avisée de la date et de l'heure de la mise en liberté.
Q. Est-ce qu'on laisse simplement sortir les délinquants?
Les mises en liberté sont examinées au cas par cas et peuvent varier d'un délinquant à l'autre. Les dispositions varient d'un délinquant à l'autre, selon leurs circonstances personnelles.
Par exemple, certains délinquants prennent des dispositions pour qu'un parent vienne les chercher à la sortie de l'établissement correctionnel et leur fournisse le transport requis. D'autres sont accompagnés à destination par un membre d'un groupe de soutien.
Q. Le SCC remet-il de l'argent aux délinquants afin de les aider durant les premiers jours suivant leur mise en liberté?
La politique du SCC sur l'argent des détenus (directive du commissionnaire no 860) contient des dispositions concernant l'argent versé aux détenus au moment de leur mise en liberté.
Q. Le SCC assure-t-il le transport des délinquants mis en liberté?
La politique du SCC sur le processus de mise en liberté (Directive du commissaire no 712-4) contient des dispositions sur le transport des détenus au moment de leur mise en liberté. [Ajouter le lien vers la directive du commissaire]
Q. Le SCC facilite-t-il le retour des délinquants dans la collectivité?
La politique du SCC sur le processus de décision prélibératoire (directive du commissaire no 712‑1 traite des processus et des responsabilités liés à la préparation des cas et à l'élaboration d'une stratégie communautaire visant à faciliter le retour des délinquants dans la collectivité. [Ajouter le lien vers la directive du commissaire]. Le SCC collabore aussi avec diverses organisations communautaires pour aider les délinquants à réinsérer la collectivité (p. ex. la Société John Howard du Canada et l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry). Sécurité publique Canada a rédigé certains documents afin d'aider les délinquants lors de leur mise en liberté, comme En sortant — Un guide, destiné aux organisations et aux services communautaires et qui aident les délinquants autochtones mis en liberté dans les villes canadiennes. En outre, le ministère a distribué un grand nombre d'exemplaires d'une série de livrets pour aider les délinquants à obtenir les pièces d'identité provinciales et fédérales dont ils ont besoin (p. ex. J'ai besoin d'un certificat de naissance).
Q. Les délinquants mis en liberté peuvent-ils obtenir un passeport?
Conformément aux articles 9 et 10 du Décret sur les passeports canadiens, Passeport Canada peut refuser de délivrer un passeport à un requérant qui, entre autres, pose un risque pour la sécurité nationale, a été condamné pour une infraction criminelle touchant un passeport ou est en prison, en liberté sous condition ou en probation et par conséquent à qui il est interdit de quitter le Canada.
Q. Prend-on des mesures de précaution supplémentaires à la mise en liberté d'un délinquant notoire?
Le SCC prend toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du public, du personnel et des délinquants. Au besoin, il demande l'aide de la police. Des ressources sont en place pour assurer la réinsertion sociale en toute sécurité de chaque délinquant.
Q. Quelles sont les options législatives prévues au Code criminel pour les délinquants présentant un risque élevé?
Les procureurs de la Couronne et les services de police disposent de plusieurs outils conçus pour protéger les Canadiens contre les délinquants violents et sexuels qui posent un risque élevé, par exemple :
désignations de délinquant dangereux ou de délinquant à contrôler en cas de sévices graves à la personne;
ordonnance de fournir un échantillon génétique à l'imposition de la peine ou sur délivrance d'un mandat;
ordonnance d'être conforme aux exigences d'enregistrement au Registre national des délinquants sexuels; période de probation et conditions imposées par le tribunal qui détermine la peine;
engagements de ne pas troubler l'ordre public en vertu des articles 810.1 et 810.2 qui servent à imposer des restrictions sévères à des personnes dans la collectivité, peu importe si elles ont déjà été condamnées pour une infraction;
article 161 qui prévoit l'imposition de conditions strictes aux individus déclarés coupables d'infraction impliquant des enfants âgés de moins de 16 ans.
Q. Qu'est-ce qu'un « délinquant dangereux »?
Le procureur de la province peut demander qu'un délinquant soit déclaré délinquant dangereux s'il estime que la mise en liberté de ce dernier à la fin de sa peine pose un danger considérable pour le public.
Il s'agit d'une désignation à vie qui peut entraîner une peine de durée indéterminée sans possibilité d'obtenir la libération conditionnelle totale avant sept ans à compter de la date d'incarcération et sans possibilité d'obtenir la semi‑liberté avant quatre ans à compter de la date d'incarcération.
Q. Dans quels cas cette désignation est-elle justifiée?
Une déclaration de délinquant dangereux peut résulter d'un seul acte de brutalité ou de plusieurs infractions (p. ex., infractions à répétition). L'infraction à l'origine de la peine doit constituer des sévices graves à la personne, et le délinquant doit présenter une grave menace à la vie, à la sécurité ou au bien-être physique ou mental d'autrui.
Q. Qui peut demander qu'un délinquant soit déclaré dangereux?
Le procureur de la Couronne provincial (ou fédéral, dans le cas des territoires) doit décider dans chaque cas s'il faut présenter une demande de déclaration de délinquant dangereux, sur approbation du procureur général de la province ou du territoire. Cette demande peut être présentée seulement au moment de l'imposition de la peine, sauf dans les six mois suivant l'imposition de la peine si de nouveaux renseignements sont portés à l'attention du procureur de la Couronne.
Q. Quelle est la marche à suivre pour demander la désignation de délinquant dangereux?
Si la Couronne est d'avis que le délinquant mérite une telle déclaration, et si le tribunal ayant imposé la peine est d'avis que le délinquant a été reconnu coupable de sévices graves à la personne, la première étape consiste à demander une évaluation psychiatrique de 60 jours. Une fois que l'évaluateur a remis son rapport au tribunal, la Couronne se sert des renseignements qu'il contient pour déterminer si la demande devrait aller de l'avant. Le cas échéant, la Couronne doit obtenir le consentement écrit du procureur général, ou du ministre fédéral de la Justice dans le cas des territoires, avant de procéder à la demande.
Q. Les délinquants dangereux peuvent-ils obtenir une mise en liberté sous condition?
Les délinquants dangereux purgeant une peine d'emprisonnement pour une période indéterminée sont admissibles à la libération conditionnelle totale après avoir purgé sept ans de leur peine et à la semi‑liberté après avoir purgé quatre ans de leur peine. La liberté conditionnelle n'est accordée que si la CLCC détermine que le délinquant peut être réintégré sans risque pour le public. Le cas échéant, il est surveillé au même titre que les autres libérés conditionnels.
Q. Combien de délinquants ont été désignés délinquants dangereux?
En avril 2012, on comptait 486 délinquants actifs déclarés délinquants dangereux. De ces 486 délinquants, 466 étaient incarcérés (ils représentent environ 3 % de l'ensemble de la population carcérale sous responsabilité fédérale).
Q. Qu'est-ce qu'un « délinquant à contrôler »?
Certains délinquants sont déclarés « délinquants à contrôler » s'il est déterminé qu'une peine régulière sera insuffisante pour assurer la sécurité publique. Ils sont assujettis à des ordonnances imposées par les tribunaux au moment de la détermination de la peine et qui entrent en vigueur lorsque les délinquants ont purgé en entier leur peine et peuvent être mis en liberté.
Q. Qui peut demander de faire déclarer un individu délinquant à contrôler?
Le procureur de la Couronne provincial (ou fédéral, dans le cas des territoires) doit décider dans chaque cas s'il faut présenter une demande en vue de faire déclarer un individu délinquant à contrôler. Cette demande peut être présentée seulement au moment de l'imposition de la peine.
Q. Quelle est la marche à suivre pour faire déclarer un individu délinquant à contrôler?
Comme c'est le cas pour la déclaration d'un délinquant dangereux, une évaluation psychologique du délinquant et de son comportement est nécessaire avant de présenter la demande. Une fois que cette évaluation a été présentée au tribunal, le procureur général de la province doit consentir par écrit à la demande d'ordonnance.
Une demande de déclaration de délinquant à contrôler peut être présentée indépendamment ou, lorsque le tribunal qui inflige la peine refuse de déclarer l'individu délinquant dangereux, il peut le déclarer délinquant à contrôler sans entendre d'autres preuves.
Q. Combien d'individus ont été déclarés délinquants à contrôler au Canada?
En avril 2012, on comptait 680 délinquants à contrôler au Canada; 339 étaient assujettis à une ordonnance de surveillance de longue durée.
Depuis l'introduction des mesures de déclaration de délinquant à contrôler en 1997, leur nombre n'a cessé de croître : il est passé de trois, en 1998, à 768, en avril 2012.
Q. Quelle est la différence entre la désignation de délinquant à contrôler et l'ordonnance de surveillance de longue durée?
D'une part, la déclaration portant que le délinquant est un « délinquant à contrôler », faite par le juge chargé de la détermination de la peine, constitue la peine effective infligée par le tribunal en vertu de l'article 753.1 du Code criminel.
D'autre part, l'« ordonnance de surveillance de longue durée » se rapporte aux aspects administratifs de la peine. Une fois que le délinquant est déclaré délinquant à contrôler, le Code criminel établit expressément, par renvois, que la gestion de la période de surveillance imposée par le tribunal après la libération du délinquant relève de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC).
La différence entre les deux expressions est que, sous le régime de la LSCMLC, la CLCC est responsable de la gestion des « OSLD » qui découlent de la peine infligée à un délinquant à contrôler, comme la détermination des conditions applicables au délinquant et le traitement des demandes en vue de modifier ces conditions. Cependant, le juge chargé de la détermination de la peine n'est pas autorisé à imposer des conditions dans le cadre de l'OSLD. Par contre, la CLCC gère et surveille les OSLD découlant de la peine infligée, mais elle n'est pas autorisée à modifier la durée de la déclaration de délinquant à contrôler faite au moment de la détermination de la peine. La peine imposée par le tribunal se rapporte donc à la déclaration portant que le délinquant est un délinquant à contrôler, tandis que la gestion de la peine sous le régime de la LSCMLC se rapporte à l'« ordonnance de surveillance de longue durée ».
Après la détermination de la peine
Q. Pourquoi le SCC et la CLCC ne peuvent-ils pas déclarer un individu délinquant dangereux ou à contrôler à la fin de sa peine s'il présente toujours une menace?
Il incombe à la partie poursuivante de demander, lors de la détermination de la peine, qu'un individu soit déclaré délinquant dangereux ou à contrôler. Le SCC et la CLCC ne sont pas habilités par la loi à prendre cette décision. Seuls les tribunaux peuvent le faire, et ce, lors de la détermination de la peine. Le mandat de SCC est d'administrer les peines d'emprisonnement de deux ans ou plus imposées par les tribunaux.
Q. Si un délinquant est maintenu en incarcération jusqu'à la fin de sa peine par la CLCC parce qu'il présente toujours un risque de commettre une infraction causant un dommage grave à une autre personne, pourquoi le SCC ne le garde-t-il pas indéfiniment en prison?
Les délinquants qui parviennent à la date d'expiration de leur mandat après avoir purgé la totalité de leur peine ne relèvent plus du SCC. Ni le SCC ni la CLCC ne peuvent prolonger une peine.
Q. Que peuvent faire le SCC et la CLCC pour protéger la société contre les délinquants qui, selon eux, pourraient présenter un risque?
Lorsque le SCC a des motifs raisonnables de croire qu'un détenu qui arrive à la fin de sa peine peut représenter une menace pour une autre personne après sa mise en liberté, il fournit à la police toutes les informations qu'il détient concernant cette menace perçue. Un dossier complet est préparé 90 jours avant la date d'expiration du mandat du délinquant pour aider les policiers à déterminer quelles mesures pourraient être prises.
Q. Ce dossier contient quels genres de renseignements?
Le dossier remis à la police à l'expiration du mandat est semblable à celui fourni à la CLCC lorsque le SCC fait une demande de renvoi pour maintien en incarcération. Il contient un certain nombre de documents, dont le profil criminel du délinquant, son plan correctionnel, ses dossiers de comportement en milieu carcéral, ainsi que ses évaluations psychologiques et psychiatriques.
Q. Que peut faire la police avec ces renseignements?
En vertu de l'article 810 du Code criminel, la police peut demander aux tribunaux d'imposer au délinquant une ordonnance de bonne conduite. Cette ordonnance est assortie de conditions auxquelles le délinquant doit se conformer.
Q. Qu'est-ce qu'une ordonnance de bonne conduite en vertu de l'article 810?
Une ordonnance de bonne conduite imposée en vertu de l'article 810 est une ordonnance judiciaire de prévention obligeant un individu à ne pas troubler l'ordre public, à faire preuve de bonne conduite et à se conformer à toutes autres conditions raisonnables dans les circonstances pour assurer la sécurité publique. Une demande de désignation de délinquant dangereux peut être présentée en vertu de l'article 810 peut être présentée, que l'individu ait été condamné ou non à une infraction criminelle.
Q. Dans quelles circonstances l'article 810 s'applique-t-il?
Toute personne peut présenter une demande à une cour provinciale, bien que d'ordinaire, ce sont les services de police et/ou les procureurs de la Couronne provinciaux qui présentent des demandes en vertu de ces articles. La cour accueillera la demande lorsqu'il est raisonnable de craindre que le défendeur causera des blessures graves ou des dommages aux biens. Le défendeur doit se conformer à l'ordonnance l'obligeant à respecter les conditions établies, faute de quoi il est immédiatement renvoyé en prison.
Une demande peut être également présentée relativement à un engagement de ne pas troubler l'ordre public à l'endroit d'un individu actuellement incarcéré pour une infraction antérieure. Les conditions imposées en vertu des articles 810.1 et 810.2 entrent en vigueur à la date fixée par la cour.
Q. Pendant combien de temps une ordonnance imposée relativement à un engagement de ne pas troubler l'ordre public est‑elle en vigueur?
Une fois accordée, l'ordonnance de bonne conduite est en vigueur pendant une période maximale de deux ans et peut être renouvelée sur présentation d'une demande à la cour. À tout moment, l'individu concerné ou la Couronne peut demander à la cour de modifier les conditions auxquelles il est assujetti.
Q. Une ordonnance octroyée par un juge d'une cour provinciale en vertu de l'article 810 est-elle en vigueur à la grandeur du Canada?
Les dispositions ne prévoient aucune restriction sur le plan géographique; par conséquent, si la cour accède à la demande, l'ordonnance est en vigueur partout au Canada. Tout manquement à une condition d'une ordonnance de bonne conduite constitue un acte criminel en vertu de l'article 811 du Code criminel et est donc passible de poursuites intentées devant un tribunal criminel provincial ou territorial.
Q. Que se passe-t-il si le délinquant ne respecte pas les conditions prévues dans l'ordonnance de bonne conduite?
Le non-respect d'une condition prévue dans une ordonnance de bonne conduite constitue un acte criminel aux termes de l'article 811 du Code criminel, peut faire l'objet d'une poursuite devant une cour criminelle provinciale ou territoriale et est passible d'une peine d'emprisonnement d'une durée maximale de deux ans sur déclaration de culpabilité.
Q. Quelles conditions peuvent être imposées en vertu de l'article 810?
Une ordonnance de bonne conduite oblige l'individu visé à ne pas troubler l'ordre public et à faire preuve de bonne conduite. En outre, la cour peut imposer les conditions jugées raisonnables dans les circonstances afin de prévenir le préjudice redouté dans la demande. Les conditions les plus courantes sont l'interdiction de posséder une arme à feu, l'ordonnance de ne pas s'approcher de personnes ou de lieux précis, la nécessité de se présenter régulièrement à des agents de police et/ou de correction, l'interdiction de consommer de la drogue et de l'alcool, une consigne concernant les heures de rentrée, les ordonnances de traitement et la surveillance électronique. Dans presque tous les cas d'imposition d'une ordonnance de bonne conduite en vertu de l'article 810.1 (infractions sexuelles à l'égard d'enfants), on impose des conditions générales qui interdisent à l'individu de se trouver près d'un terrain de jeu, d'une piscine, d'une école et d'autres lieux que l'on sait être fréquentés par des enfants.
Q. Pour quels types d'infractions un délinquant est-il tenu de s'inscrire au Registre national des délinquants sexuels?
À la suite d'une condamnation pour l'une des infractions énoncées au paragraphe 490.011 du Code criminel, le tribunal rendra automatiquement une ordonnance d'enregistrement au tribunal. La Couronne peut présenter de telles demandes dans le cas non seulement des condamnations pour infractions sexuelles, mais également de toute autre infraction prévue à l'alinéa 490.011b) si elle a été perpétrée avec l'intention de commettre l'une des infractions sexuelles désignées (p. ex. introduction par effraction).
Q. Comment le processus d'enregistrement fonctionne‑t‑il?
Lorsqu'un tribunal rend une ordonnance d'enregistrement, un avis est envoyé au délinquant, lui demandant de se présenter en personne au service de police désigné (centre d'enregistrement) dans les sept jours suivant l'imposition de l'ordonnance ou la mise en liberté afin de procéder à l'enregistrement. La période d'enregistrement commence la journée que l'ordonnance est rendue, et un renouvellement de l'enregistrement doit être effectué chaque année ou, si des changements sont apportés aux renseignements personnels (nom, adresse, etc.), dans les sept jours suivant cette modification. Si le délinquant compte s'absenter de son domicile pendant plus de sept jours consécutifs, il doit en aviser le centre d'enregistrement.
En vertu de la Loi, les préposés à l'enregistrement doivent enregistrer seulement les renseignements concernant l'infraction et l'ordonnance connexe. Les préposés enregistrent immédiatement les renseignements dans la banque de données sur les délinquants sexuels et veillent à ce que l'enregistrement des renseignements soit effectué dans des circonstances garantissant leur confidentialité. Le délinquant sexuel peut demander la correction de tout renseignement, s'il le croit erroné ou incomplet.
Q. Pendant combien de temps les délinquants sexuels doivent‑ils demeurer inscrits?
Les délinquants sexuels doivent demeurer inscrits pour l'une des trois périodes suivantes, selon la peine maximale possible pour l'infraction pour laquelle ils ont été reconnus coupables :
10 ans pour les infractions punissables par déclaration sommaire de culpabilité et les infractions entraînant une peine maximale de deux ou cinq ans;
20 ans pour les infractions entraînant une peine maximale de 10 ou 14 ans;
à perpétuité pour les infractions entraînant une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité ou s'il y a eu condamnation antérieure pour infraction sexuelle, plus d'une infraction sexuelle dans le cadre de la même instance ou si le délinquant a déjà fait l'objet d'une ordonnance en vertu de la Loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels (LERDS).
Après 20 ans et (au besoin) tous les cinq ans par la suite, les délinquants inscrits à perpétuité pourront faire une demande de contrôle judiciaire pour déterminer l'obligation de demeurer inscrit jusqu'à la fin de la période d'enregistrement.
Q. Pendant combien de temps les renseignements sur les délinquants sont-ils conservés dans la banque de données sur les délinquants sexuels?
Les renseignements concernant un délinquant sexuel resteront dans la banque de données indéfiniment, sauf si le délinquant est acquitté définitivement sur appel ou s'il obtient un pardon absolu en vertu de la prérogative royale de clémence ou du Code criminel. Dans ces cas, les renseignements sont supprimés de façon permanente.
Q. Quelles sont les sanctions prévues pour les délinquants sexuels inscrits qui ne respectent pas une ordonnance d'enregistrement?
Le non‑respect des modalités d'une ordonnance d'enregistrement ou la prestation de renseignements erronés par un délinquant sexuel inscrit constitue une infraction au Code criminel. Cette infraction est punissable d'une période maximale de six mois d'emprisonnement pour une première infraction et, pour les infractions subséquentes, une amende d'au plus 10 000 $ et une peine d'emprisonnement maximale de deux ans.
Q. Qui peut avoir accès au Registre national des délinquants sexuels?
La LERDScomprend des dispositions particulières sur l'accès au Registre par les policiers ainsi que sur l'utilisation et la divulgation de l'information contenue dans le Registre national des délinquants sexuels. Ces dispositions prévoient une infraction punissable par procédure sommaire pour l'accès ou l'utilisation illégale de l'information continue dans le Registre. Cette infraction est punissable d'une peine d'emprisonnement maximale de six mois et d'une amende pouvant atteindre 10 000 $.
Q. Quelles infractions désignées régissent la délivrance de mandats et d'ordonnances autorisant le prélèvement d'échantillons corporels à des fins d'analyse génétique et en vue de l'inclusion du profil génétique du délinquant dans le fichier de criminalistique?
Par infractions primaires, on entend les actes criminels les plus graves, par exemple les infractions de nature sexuelle, le meurtre et l'homicide involontaire coupable. Les infractions secondaires sont relativement moins graves, mais tout de même assez importantes. Il s'agit notamment des voies de fait et des incendies criminels.
Si des éléments de preuve de nature génétique sont trouvés sur les lieux d'une infraction désignée, la police peut demander à un juge d'une cour provinciale de délivrer un mandat autorisant le prélèvement d'échantillons corporels d'un suspect à des fins d'analyse génétique dans le cadre de l'enquête sur l'infraction en question. Les résultats de l'analyse permettront de disculper l'individu ou pourraient être utilisés en tant que preuves circonstancielles lors de la poursuite pour établir un lien entre l'accusé et la perpétration du crime.
Q. Quels types de profils d'identification génétique sont contenus dans la banque de données génétiques?
La banque de données génétiques se compose de deux répertoires de profils d'identification génétique : un fichier de criminalistique, qui contient les profils d'identification génétique obtenus à partir de substances corporelles trouvées sur les lieux de crimes, et un fichier des condamnés, qui contient les profils d'identification génétique obtenus à partir de substances corporelles prélevées chez des délinquants ayant, après leur condamnation, fait l'objet d'ordonnances à cette fin.
Q. Combien de profils de délinquants se trouvent actuellement dans la banque de données génétiques?
En date du 31 janvier 2012, plus de 237 000 profils d'identification génétique ont été versés au fichier des condamnés, et plus de 71 000 profils ont été versés au fichier de criminalistique. De plus, on a constaté 21 563 correspondances entre les profils de l'un et l'autre fichier, et 2 741 correspondances « criminalistiques » (entre deux scènes de crime).
Q. Quelles modifications ont été apportées récemment aux mesures législatives régissant la banque de données génétiques?
Les projets de loi C-13 et C‑18 visant à modifier les mesures législatives régissant la banque de données génétiques du Canada sont entrés en vigueur le 1er janvier 2008. Le projet de loi C‑13 a élargi la portée des dispositions rétroactives du Code criminel de sorte que :
toutes les personnes condamnées avant le 30 juin 2000 pour meurtre, homicide involontaire coupable ou une infraction de nature sexuelle et qui purgent toujours leur peine puissent voir leur profil d'identification génétique être versé dans la Banque Nationale de données génétiques;
les infractions sexuelles maintenant abrogées (attentat à la pudeur contre une personne du sexe féminin, attentat à la pudeur contre une personne du sexe masculin et grossière indécence) puissent être inscrites à la liste des infractions désignées auxquelles s'appliquent les dispositions rétroactives du Code criminel.
La disposition rétroactive a entraîné l'ajout d'environ 3 200 délinquants reconnus coupables dans la Banque nationale de données génétiques en 2008.
En outre, les projets de loi C‑13 et C‑18 ont contribué à élargir la portée des mesures législatives existantes relativement à la banque de données génétiques et à l'amélioration des procédures liées à la collecte et à la gestion des éléments de preuve de l'analyse de l'ADN figurant dans la banque de données.