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Timestamp: 2016-10-28 02:39:28+00:00
Document Index: 114853975

Matched Legal Cases: ['art. 28', 'art. 2', 'art. 29', 'art. 97', 'art. 5', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 104', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 24', 'art. 78', 'art. 78', 'art. 78', 'art. 24', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 78', 'art. 24', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 4', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 13', 'art. 15', 'art. 4', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 49', 'art. 30', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 2', 'art. 4', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 7', 'art. 78', 'art. 11', 'art. 2', 'art. 15', 'ATF ', 'art. 2', 'ATF ', 'art. 88', 'art. 88', 'ATF ', 'art. 88', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 88', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 88', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 33', 'art. 88', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 7', 'art. 7', 'in fine', 'art. 2', 'art. 156', 'art. 159']

1A.278/2000 (26.04.2001)
Vice-pr�sident du Tribunal f�d�ral, F�raud et Mme le Juge suppl�ant Pont Veuthey. Greffier: M. Zimmermann.
A.________ et consorts, tous repr�sent�s par Me Jean-Claude Perroud, avocat � Lausanne,
l'arr�t rendu le 29 septembre 2000 par le Tribunal administratif du canton de Vaud dans la cause opposant les recourants � la Municipalit� de Lausanne, repr�sent�e par Me Daniel Pache, avocat � Lausanne, et � l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels, repr�sent� par Me Alexandre Bonnard, avocat � Lausanne;
A.- L'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels (ci-apr�s: l'Etablissement cantonal) est propri�taire des parcelles nos10058, 10059 et 10060 du Registre foncier de la Ville de Lausanne. Ces bien-fonds, sur lesquels ont �t� �difi�es des maisons d'habitation, forment un �lot d�limit� par la rue Charles-Vuillermet au Nord, la place de la Cath�drale au Sud, la rue Cit�-Devant � l'Ouest et la rue Cit�-Derri�re � l'Est.
Le 16 avril 1996, le Conseil communal de Lausanne a approuv� le plan partiel d'affectation n�683 concernant les terrains compris entre la place de la Cath�drale, la rue Cit�-Devant, la rue Charles-Vuillermet et la rue Cit�-Derri�re (ci-apr�s: le plan). Ce plan vise notamment � conserver les b�timents �rig�s sur la parcelle n�10059 et sur la majeure partie de la parcelle n�10060. Les b�timents nos8953 et 8954 �difi�s sur la parcelle n�10058, ainsi qu'une partie du b�timent n�8952 �difi� sur la parcelle n�10060, seraient d�molis et remplac�s par un b�timent affect� au logement, � des �quipements publics, au commerce, � des bureaux ou � de l'artisanat compatible avec le logement (art. 28 du r�glement annex� au plan). Ce plan, approuv� le 24 mars 1997 par le D�partement des travaux publics, de l'am�nagement et des transports du canton de Vaud, est entr� en force.
En mars 1999, apr�s le rejet d'un premier projet, l'Etablissement cantonal a demand� une autorisation de construire portant sur la d�molition des b�timents nos8953 et 8954, ainsi que d'une partie du b�timent n�8952, en vue de la construction � leur place d'un b�timent comprenant des logements, des bureaux et une salle de quartier.
Mis � l'enqu�te publique du 16 avril au 6 mai 1999, ce projet a suscit� six oppositions.
Le 25 juin 1999, la Municipalit� de Lausanne a accord� l'autorisation de construire et rejet� les oppositions.
Par arr�t du 29 septembre 2000, le Tribunal administratif du canton de Vaud a rejet� le recours form� contre cette d�cision, qu'il a confirm�e. Il a notamment �cart� l'argument selon lequel la proximit� de la Cath�drale aurait exig� de recueillir l'avis de la Commission f�d�rale des monuments historiques (ci-apr�s: la Commission f�d�rale). Le Tribunal administratif a estim� que le projet ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN. M�me si tel e�t �t� le cas, l'avis de la Commission f�d�rale - produit spontan�ment dans la proc�dure cantonale - n'aurait pas �t� n�cessaire.
B.- Agissant par la voie du recours de droit administratif, A.________ et dix-huit consorts demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du 25 septembre 2000, ainsi que, "en tant que de besoin" la d�cision municipale du 25 juin 2000 (recte: 1999). Ils invoquent la LPN, ainsi que l'art. 29 al. 1 Cst. Ils demandent en outre que l'autorit� f�d�rale comp�tente soit invit�e � produire les d�cisions ou documents relatifs au subventionnement de travaux concernant soit la Cath�drale, soit les b�timents �rig�s sur les parcelles nos10058, 10059 et 10060.
L'Etablissement cantonal conclut au rejet du recours, pour autant qu'il soit recevable. La Section des monuments historiques du D�partement cantonal des infrastructures a renonc� � se d�terminer. L'arch�ologue cantonal a produit des observations. La Municipalit� propose le rejet du recours.
Le D�partement f�d�ral de l'int�rieur (ci-apr�s: le D�partement f�d�ral) a produit des observations tendant � l'admission du recours.
Invit�es � se d�terminer, les parties ont maintenu leurs conclusions.
1.- a) Selon les art. 97 et 98 let. g OJ, mis en relation avec l'art. 5 PA, la voie du recours de droit administratif est ouverte contre les d�cisions des autorit�s cantonales de derni�re instance et qui sont fond�es sur le droit f�d�ral - ou qui auraient d� l'�tre - pour autant qu'aucune des exceptions pr�vues aux art. 99 � 102 OJ ou dans la l�gislation sp�ciale ne soit r�alis�e (ATF 127 II 1 consid. 2b/aa p. 3/4; 126 I 50 consid. 1 p. 52; 126 II 171 consid. 1a p. 173, 300 consid. 1a p. 301/302; 125 I 10 consid. 2a p. 13, et les arr�ts cit�s). Le recours de droit administratif est aussi recevable contre les d�cisions cantonales fond�es � la fois sur le droit f�d�ral et sur le droit cantonal dans la mesure o� la violation de dispositions du droit f�d�ral directement applicables est en jeu (cf. art. 104 let. a OJ; ATF 126 V 30 consid. 2 p. 31, 252 consid. 1a p. 253/254; 125 II 10 consid. 2a p. 13; 124 II 409 consid. 1d/dd p. 414/415, et les arr�ts cit�s). En revanche, c'est la voie du recours de droit public qui est ouverte contre des d�cisions fond�es uniquement sur le droit cantonal et ne pr�sentant pas un rapport de connexit� suffisamment �troit avec l'application du droit f�d�ral (ATF 126 II 171 consid. 1a p. 173; 126 V 252 consid. 1a p. 253/254; 124 II 409 consid. 1d/dd p. 414; 123 II 359 consid. 1a/aa p. 361; 121 II 72 consid. 1b p. 75).
b) L'autorisation litigieuse a �t� accord�e au regard du plan et des prescriptions du droit cantonal. Le Tribunal administratif a rejet� l'argument selon lequel la LPN serait applicable en l'esp�ce, le projet ne touchant pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 de cette loi. Les recourants contestent ce point, qu'il est n�cessaire de trancher pr�judiciellement afin de d�terminer si l'arr�t attaqu� peut faire l'objet d'un recours de droit administratif.
Cette disposition reprend l'art. 24sexies al. 1 aCst. , sous r�serve du fait que celui-ci �voquait la protection du paysage. Il �tait cependant admis que cette formulation, � entendre au sens large, d�signait aussi le patrimoine mentionn� d�sormais � l'art. 78 al. 1 Cst. (cf. Jean-Baptiste Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N.14; lors des travaux de la r�vision de la Constitution, l'art. 78 al. 1 Cst. n'a pas donn� lieu � discussion; cf. BO 1998 CE p. 80; BO 1998 CN p. 280-283). La comp�tence originaire des cantons n'emp�che pas la Conf�d�ration d'agir en mati�re de protection des monuments.
En premier lieu, l'art. 78 al. 2 Cst. (dont le libell� correspond, mat�riellement, � celui de l'art. 24sexies al. 2 aCst.) oblige la Conf�d�ration, dans l'accomplissement de ses t�ches, � prot�ger les sites historiques, ainsi que les monuments naturels et culturels (cf. aussi l'art. 1 let. a LPN; Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N.49-51, 55-63; Anne-Christine Favre, Commentaire LPN, art. 1 N.5-7). En deuxi�me lieu, la Conf�d�ration peut soutenir les efforts d�ploy�s pour soutenir le patrimoine et acqu�rir ou sauvegarder les objets pr�sentant un int�r�t national (art. 78 al. 3 Cst. , correspondant � l'art. 24sexies al. 3 Cst. ; cf. art. 1 let. b LPN; Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N. 52-54, 64-73; Favre, Commentaire LPN, art. 1, N.8-10). Parmi les monuments que la Conf�d�ration doit prot�ger dans l'accomplissement de ses t�ches, on distingue les objets d'importance nationale et ceux d'importance r�gionale et locale (art. 4 LPN). Si cette distinction n'a pas pour effet de limiter l'engagement de la Conf�d�ration aux seuls objets de la premi�re cat�gorie (Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.2), elle circonscrit le champ des inventaires f�d�raux (art. 5 LPN) et d�termine le montant des subventions (art. 13 LPN), ainsi que la mise en oeuvre des mesures de sauvegarde et de conservation (art. 15 et 16 LPN; Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.5-7; cf. ATF 121 II 8 consid. 3a p. 14/15). Le Conseil f�d�ral �tablit les inventaires des objets d'importance nationale (art. 5 LPN), alors que les objets d'importance r�gionale et locale peuvent faire l'objet d'inventaires cantonaux (Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.11). Se fondant sur l'art. 5 LPN, le Conseil f�d�ral a notamment adopt� l'ordonnance concernant l'Inventaire f�d�ral des sites construits � prot�ger en Suisse, du 9 septembre 1981 (OISOS; RS 451. 12). Selon l'art. 6 LPN, l'inscription � l'inventaire f�d�ral a pour cons�quence que l'objet en question m�rite sp�cialement d'�tre conserv� intact ou en tout cas d'�tre m�nag� le plus possible (al. 1); dans l'accomplissement d'une t�che f�d�rale, on ne peut porter atteinte � un objet inscrit � l'inventaire que si des int�r�ts �quivalents ou sup�rieurs le commandent (al. 2). La protection des monuments n'est ainsi une t�che f�d�rale que lorsqu'elle concerne des objets d'importance nationale (ATF 121 II 8 consid. 3a p. 15, 190 consid. 3c/bb p. 196/197; 120 Ib 27 consid. 2c/dd p. 32/33; 120 Ib 27 consid. 2c/dd p.
bb) En l'esp�ce, ni la ville de Lausanne comme telle, ni le quartier de la Cit�, ne sont inscrits � l'ISOS - du moins pour l'instant. Les b�timents nos8952, 8953 et 8954, ne font ainsi l'objet d'aucune protection f�d�rale. Ils ne sont pas davantage class�s � l'inventaire cantonal au sens des art. 49ss de la loi vaudoise sur la protection de la nature, des monuments et de sites, du 10 d�cembre 1969 (LPNMS).
Dans le recensement architectural �tabli selon l'art. 30 du r�glement d'application de la LPNMS, du 22 mars 1989 (RPNMS), les b�timents nos8953 et 8954 ont re�u une note d'�valuation de 5, la partie � d�molir du b�timent n�8952, la note de 3.
Ils ne pr�sentent ainsi aucun int�r�t particulier. Leur d�molition et la reconstruction � leur place d'un nouveau b�timent ne rel�ve pas de l'accomplissement d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN. Les recourants ne le pr�tendent pas, au demeurant. Ils soutiennent en revanche que les travaux projet�s entreraient dans le champ d'application de l'art. 2 LPN en raison de la proximit� de la Cath�drale, monument d'int�r�t national dont l'entretien et la restauration a b�n�fici� de subventions f�d�rales.
cc) Est notamment consid�r�e comme une t�che f�d�rale l'allocation de subventions pour des mesures de planification, pour des installations et des ouvrages, tels que les am�liorations fonci�res, l'assainissement des b�timents agricoles, les corrections de cours d'eau, les installations de protection des eaux et les installations de communications (art. 2 let. c LPN). Dans l'accomplissement des t�ches f�d�rales, les autorit�s f�d�rales et cantonales prennent soin de m�nager les monuments historiques et, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit� (art. 3 al. 1 LPN).
Ils s'acquittent de ce devoir notamment en n'allouant des subventions que sous conditions (art. 3 al. 2 let. c LPN, mis en relation avec l'art. 2 let. c de la m�me loi). L'importance de l'objet, au sens de l'art. 4 LPN, n'est pas d�terminant; les mesures prises en application de l'art. 3 al. 2 LPN ne doivent cependant pas aller au-del� de ce qu'exige la protection de l'objet et de ses environs (art. 3 al. 3 LPN). Si un b�timent ou un monument historique peut �tre gravement d�pr�ci� par des installations ou constructions �difi�es aux alentours, cela ne signifie pas encore que la pr�servation de son int�grit� emp�cherait l'octroi d'une autorisation de construire dans ses abords imm�diats; l'essentiel est que l'objet prot�g� soit conserv� dans son identit�, conform�ment au but assign� � la mesure de protection (Zufferey, Commentaire LPN, art. 3, N.8 et 9).
Dans un premier moyen, les recourants exposent que les fouilles arch�ologiques de l'ancien clo�tre cath�dral ont �t� r�alis�es gr�ce � des subventions f�d�rales. Ils se fondent � ce propos sur une indication contenue dans le volume n�4 des Cahiers d'arch�ologie romande publi� � Lausanne en 1975, consacr� pr�cis�ment aux fouilles effectu�es dans l'ancien clo�tre. Celui-ci occupait le terrain qui forme aujourd'hui la place de la Cath�drale, entre ce monument et l'�lot d'habitation dont font partie les b�timents litigieux. Dans sa r�ponse du 6 d�cembre 2000, l'arch�ologue cantonal a confirm� que la Conf�d�ration a vers� des subventions pour ces fouilles, lesquelles toutefois ne concernaient pas les parcelles nos10058 et 10060. Des fouilles ult�rieures ont �t� effectu�es d�s 1992 dans les sous-sols des b�timents sis � la rue Vuillermet 2-4, place de la Cath�drale 11-15, mais sans subsides f�d�raux. De ces indications, il ressort que les parcelles vis�es par l'autorisation querell�e n'ont pas fait l'objet de travaux arch�ologiques effectu�s ou financ�s par la Conf�d�ration, en accomplissement d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN.
Dans un deuxi�me moyen, les recourants exposent que la Conf�d�ration a subventionn� la r�novation de la Cath�drale.
Ce fait est confirm� par le D�partement f�d�ral, lequel a joint � sa r�ponse du 31 janvier 2001 la copie de la d�cision qu'il a prise le 18 septembre 1990. Cette d�cision porte sur l'octroi au canton de Vaud d'une subvention de 348'326 fr. pour les travaux de restauration de la Cath�drale effectu�s en 1989. Elle est assortie d'une condition (portant le n�5) selon laquelle le propri�taire du monument concern� (soit, en l'occurrence, l'Etat de Vaud) devra veiller � une protection suffisante des environs du monument et informer le service cantonal des monuments historiques et le D�partement f�d�ral de "tout projet de construction voisine pouvant porter atteinte � ce qui fait sa valeur".
Il est possible qu'en utilisant cette subvention pour effectuer des travaux de restauration d'un monument d'int�r�t national, les autorit�s cantonales aient particip� � l'ex�cution d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN.
On ne peut cependant en tirer la conclusion que toute d�cision concernant les alentours d'un b�timent ou d'une installation ayant fait l'objet d'une subvention selon les art. 3 al. 2 let. c et 2 let. c LPN, rel�verait ipso facto des t�ches f�d�rales.
La condition n�5 attach�e � la d�cision du 18 septembre 1980 impose uniquement � l'autorit� cantonale le devoir de prot�ger la Cath�drale et d'informer le D�partement f�d�ral de tout projet de construction de nature � porter atteinte � la Cath�drale. Cette derni�re obligation dispara�t lorsque l'autorit� cantonale, en se fondant sur l'avis du service de protection des monuments historiques, estime que l'ouvrage projet� ne cause pas une telle atteinte. Sur ce point, la d�cision du 18 septembre 1990 n'a fait que reprendre, dans le m�canisme de subvention, le syst�me de l'art. 7 LPN. On ne saurait en tout cas pr�ter � cette condition l'effet de donner � l'autorit� f�d�rale le droit de s'opposer � tout projet de construction aux abords d'un monument ayant fait l'objet d'une subvention, alors m�me que la proc�dure du permis de construire est, comme en l'esp�ce, r�gie exclusivement par le droit cantonal. Cela reviendrait, en fin de compte, � battre en br�che la r�partition des t�ches entre la Conf�d�ration et les cantons en mati�re de protection du patrimoine, telle qu'elle est fix�e � l'art. 78 al. 1 Cst. De toute mani�re, l'obligation de respecter les conditions attach�es � la subvention ne consiste pas � soumettre au contr�le de l'autorit� f�d�rale toute construction autoris�e selon le droit cantonal aux abords de la Cath�drale. M�me � supposer que les autorit�s cantonales et communales aient m�connu la condition assortie � la subvention, elles s'exposeraient � l'obligation de restituer celle-ci, en tout ou partie (cf.
art. 11 OPN). Le syst�me l�gal ne pr�sente pas de faille � cet �gard, qu'il conviendrait de combler en faisant entrer, par une interpr�tation extensive des art. 2 et 3 LPN, tous les alentours des monuments d'int�r�t national dans l'orbite des t�ches f�d�rales.
Enfin, si elle avait effectivement voulu emp�cher toute construction aux abords de la Cath�drale ou, du moins, s'assurer de leur compatibilit� avec l'objet prot�g�, la Conf�d�ration aurait pu prendre des mesures plus incisives, appropri�es � ce but. Par exemple, elle aurait pu, en application de l'art. 15 LPN et de la LEx, constituer des servitudes pour limiter les possibilit�s de reb�tir les environs de la Cath�drale (cf. ATF 114 Ib 321). Or, elle ne l'a pas fait.
Un r�sultat �quivalent ne peut �tre atteint par l'entremise d'une condition attach�e � une d�cision de subvention.
c) L'autorisation litigieuse ne mettant pas en jeu une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN, le recours de droit administratif est irrecevable quant � son objet.
2.- A titre subsidiaire, les recourants d�clarent vouloir agir par la voie du recours de droit public s'agissant des griefs qu'ils soul�vent en relation avec la violation de leurs droits constitutionnels.
a) Un recours de droit administratif peut �tre converti en recours de droit public, pour autant que les conditions de forme l�gales sont respect�es (ATF 122 I 328 consid. 2d p. 333).
b) Ont qualit� pour agir notamment les particuliers l�s�s par des arr�t�s ou des d�cisions qui les concernent personnellement ou qui sont d'une port�e g�n�rale (art. 88 OJ); la qualit� pour recourir s'appr�ciant au regard du seul art. 88 OJ, le fait que la qualit� de partie ait, comme en l'esp�ce, �t� reconnue aux recourants dans la proc�dure cantonale n'est pas d�terminant (ATF 125 I 71 consid. 1b/aa p. 75, 253 consid. 1b p. 254/255; 123 I 279 consid. 3b p. 280; 120 Ia 369 consid. 1a p. 371, et les arr�ts cit�s). La qualit� pour agir au sens de l'art. 88 OJ se d�termine en fonction des griefs soulev�s dans le recours (ATF 123 I 212 consid. 1c p. 214; 116 Ia 316 ss). Le recours de droit public est ouvert seulement � celui qui est atteint par l'acte attaqu� dans ses int�r�ts personnels et juridiquement prot�g�s; le recours form� pour sauvegarder l'int�r�t g�n�ral ou de simples int�r�ts de fait est irrecevable. L'int�r�t juridique prot�g� dont le recourant doit se pr�valoir, peut d�couler de la loi f�d�rale ou cantonale, voire directement d'un droit constitutionnel sp�cifique, pourvu qu'il entre dans le champ d'application de la norme constitutionnelle invoqu�e (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42ss, 279 consid. 3c/ee p. 281; 122 I 373 consid. 1 p. 374, et les arr�ts cit�s). Celui qui agit par la voie du recours de droit public doit, conform�ment � l'art. 90 al. 1 let. b OJ, pr�senter au Tribunal f�d�ral des �l�ments de fait qui permettent � celui-ci de d�terminer dans quelle mesure la d�cision attaqu�e porte une atteinte actuelle et personnelle aux int�r�ts juridiquement prot�g�s du recourant (ATF 125 I 173 consid. 1b p. 175; 123 I 279 consid. 3c/bb p. 280; 120 Ia 227 consid. 1 p. 229). La prohibition de l'arbitraire ne fonde pas � elle seule la qualit� pour agir au sens de l'art. 88 OJ (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42/43, 279 consid. 3c/aa p. 280; 122 I 44 consid. 3b/bb p. 47, 373 consid. 1a p. 374, et les arr�ts cit�s). Cette jurisprudence, d�velopp�e sous l'empire de l'art. 4 aCst. , demeure applicable au regard de l'art. 9 Cst. (ATF 126 I 81), y compris pour ce qui concerne le recours de droit public form� par le propri�taire voisin contre une autorisation de construire (arr�ts non publi�s M., du 9 juin 2000, consid. 2a et M. du 7 juillet 2000, consid. 1b/aa).
En mati�re d'autorisation de construire, les propri�taires voisins ont qualit� pour recourir selon l'art. 88 OJ s'ils invoquent la violation de dispositions qui tendent non seulement � la sauvegarde des int�r�ts de la collectivit�, mais aussi � la protection de leurs int�r�ts de voisins.
Il faut en outre que les voisins se trouvent dans le champ de protection des dispositions dont ils all�guent la violation et qu'ils soient touch�s par les effets pr�tendument illicites de la construction litigieuse (ATF 118 Ia 112 consid. 2a p. 116, et les arr�ts cit�s). En application de ces principes, la jurisprudence a reconnu la qualit� pour agir aux voisins se plaignant de la violation des prescriptions relatives aux distances, aux dimensions des b�timents et � la densit� des constructions, qui sont des r�gles mixtes (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 117 Ia 18 consid. 3b p. 20, et les arr�ts cit�s). En l'esp�ce, les recourants ne se pr�valent d'aucune r�gle qui les prot�gerait comme voisins. En outre, ils ne sont pas recevables � remettre en cause, comme ils le font, le caract�re esth�tique des b�timents projet�s (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235). Le grief tir� de l'art. 33 al. 2 et al. 3 let. b LAT, tel qu'il est invoqu�, n'a pas de port�e propre � cet �gard. Les recourants ne sont pas davantage habilit�s � se plaindre d'une atteinte � la vue, faute pour eux d'avoir invoqu� une norme sp�ciale prot�geant la vue et qui pourrait fonder leur qualit� pour agir sous cet aspect particulier.
Enfin, ils ne peuvent se plaindre de la violation de la r�gle de la bonne foi, � raison d'assurances donn�es pr�tendument � un tiers et que les autorit�s communales n'auraient pas respect�es.
c) La jurisprudence admet qu'ind�pendamment de la qualit� pour agir au fond, le particulier puisse se plaindre, par la voie du recours de droit public, de la violation d'une garantie de proc�dure �quivalant � un d�ni de justice formel.
Dans ce cas, l'int�r�t juridique prot�g� exig� par l'art. 88 OJ d�coule non pas du droit mat�riel, mais du droit de participer � la proc�dure. Un tel droit existe lorsque le particulier avait qualit� de partie en proc�dure cantonale et il peut se plaindre de la violation des droits formels que lui reconna�t le droit cantonal ou qui d�coulent des art. 29 Cst.
et 6 CEDH (ATF 125 II 86 consid. 3b p. 94; 123 I 25 consid. 1 p. 26/27; 122 I 267 consid. 1b p. 270, et les arr�ts cit�s).
aa) Les recourants ne se pr�valant pas des r�gles du droit cantonal r�gissant leur droit d'�tre entendus, c'est � la lumi�re de l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il convient d'examiner leur grief (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259; 124 I 49 consid. 3a p. 51; 119 Ia 136 consid. 2c p. 138, 260 consid. 6 p. 260/261, et les arr�ts cit�s).
bb) Le droit d'�tre entendu inclut le droit du particulier de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur la d�cision, d'avoir acc�s au dossier, de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 126 V 130 consid. 2 p. 130-132; cf., pour la jurisprudence relative � l'art. 4 aCst. , ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51, 242 consid. 2 p. 242; 124 V 90, 180 consid. 1a p. 181, et les arr�ts cit�s). L'autorit� peut renoncer au moyen de preuve offert par une partie, pour autant qu'elle puisse admettre sans arbitraire que ce moyen n'aurait pas chang� sa conviction (ATF 124 I 241 consid. 2 p. 242; 124 V 90 consid. 4b p. 94; 122 II 464 consid. 4a p. 469; 122 V 157 consid. 1d p. 162, et les arr�ts cit�s). Le droit d'�tre entendu est cependant viol� lorsque l'autorit� nie sans motifs suffisants toute pertinence � un moyen de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 291). Le Tribunal f�d�ral revoit cette question sous l'angle restreint de l'arbitraire, car elle porte uniquement sur l'appr�ciation des preuves, et non point sur la port�e du droit d'�tre entendu (ATF 115 Ia 8 consid. 3a p. 11/12; 106 Ia 161).
cc) Les recourants reprochent au Tribunal administratif de n'avoir pas tenu compte de l'avis de la Commission f�d�rale.
Dans le cours de la proc�dure cantonale, l'Office f�d�ral de la culture a, le 4 novembre 1999, transmis spontan�ment au Tribunal administratif un avis de la Commission f�d�rale, �tabli le 25 octobre 1999. Cet avis, intitul� "expertise", critique le projet autoris� par la Municipalit�, au motif qu'il porterait atteinte "d'une certaine mani�re" � la Cath�drale et au caract�re du quartier de la Cit�. La Commission f�d�rale a recommand� que le projet soit repris ab ovo ou, du moins, "retravaill�". Le Tribunal administratif a communiqu� cette prise de position aux parties, qui se sont d�termin�es � ce sujet.
Dans l'arr�t attaqu�, le Tribunal administratif, apr�s avoir constat� que le projet ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN, a estim� qu'aucun avis ou expertise de l'autorit� f�d�rale n'�tait n�cessaire au sens de l'art. 7 al. 1 in initio LPN (dans sa teneur du 18 juin 1999, entr�e en vigueur le 1er janvier 2000, soit avant le prononc� de l'arr�t attaqu�). M�me � supposer que le projet touchait � une t�che f�d�rale, les autorit�s cantonales auraient pu, selon le Tribunal administratif, se dispenser de requ�rir une expertise f�d�rale, comme le permet l'art. 7 al. 1 in fine LPN (consid. 3c de l'arr�t attaqu�). Par surabondance, le Tribunal administratif a �cart� les objections exprim�es par la Commission f�d�rale, en consid�rant que les critiques de celle-ci �taient en fait dirig�es contre le plan et non contre l'autorisation de construire; elles ne pouvaient, partant, plus �tre retenues � ce stade, eu �gard aussi au fait que le projet avait re�u l'aval de la Section cantonale des monuments historiques.
On ne voit pas en quoi le Tribunal administratif aurait viol� le droit d'�tre entendus des recourants en proc�dant et en d�cidant comme il l'a fait. Les parties ont eu connaissance de l'avis du 25 octobre 1999, qu'elles ont eu l'occasion de discuter. Sur le fond, d�s l'instant o� le Tribunal administratif pouvait, sans violer le droit f�d�ral, admettre que le projet de d�molition et de reconstruction litigieux ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN (cf. consid. 1 ci-dessus), il pouvait se dispenser de prendre en compte l'avis de la Commission f�d�rale, laquelle n'avait plus de titre � intervenir dans la proc�dure.
Quant aux raisons pour lesquelles le Tribunal administratif a, par surabondance de droit, estim� qu'il n'y avait pas lieu de suivre l'avis et les recommandations f�d�rales, elles �chappent � la critique. Sous couvert de la violation de leur droit d'�tre entendus, les recourants cherchent � contester au fond la solution retenue dans l'arr�t attaqu�, ce qu'ils ne sont pas autoris�s � faire sur le vu de la jurisprudence qui vient d'�tre rappel�e.
3.- Le recours est irrecevable comme recours de droit administratif. Trait� comme recours de droit public, il doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais en incombent aux recourants (art. 156 OJ), ainsi qu'une indemnit� en faveur de l'Etablissement cantonal, � titre de d�pens (art. 159 OJ). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � la Municipalit� de Lausanne, cens�e pouvoir intervenir sans l'assistance d'un mandataire.
1. D�clare le recours de droit administratif irrecevable.
2. Rejette le recours, trait� comme recours de droit public, dans la mesure o� il est recevable.
3. Met � la charge des recourants un �molument judiciaire de 5000 fr., ainsi que, solidairement entre eux, une indemnit� de 2000 fr. en faveur de l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels, � titre de d�pens.
Dit qu'il n'est pas allou� de d�pens pour le surplus.
4. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties, au D�partement des infrastructures et au Tribunal administratif du canton de Vaud, ainsi qu'au D�partement f�d�ral de l'int�rieur.