Source: http://catherinemorindesailly.typepad.fr/cmd/2008/07/index.html
Timestamp: 2018-02-22 00:59:55+00:00
Document Index: 176776116

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Adoption de la révision de la Constitution par le Congrès
Cet après midi, nous étions réunis à Versailles pour la réunion du Parlement en Congrès afin d'adopter la réforme des institutions. Avec mes collègues du groupe centriste, j'ai approuvé cette réforme, adoptée à une voix de majorité des 3/5e après plusieurs jours de suspense. Cette révision constitutionnelle, bien qu'insuffisante, contient, selon moi, des avancées significatives. C'est pourquoi, je l'ai approuvée pour plusieurs raisons. Premièrement, la réforme revalorise le rôle du Parlement en renforçant ses pouvoirs, alors que la faiblesse du législatif est une des caractéristiques de la Ve République. Le projet renforce également les droits des citoyens, notamment en leur donnant la possibilité de saisir indirectement le Conseil constitutionnel pour contester une loi contraire à la Constitution. Enfin, il inscrit dans notre loi fondamentale la parité hommes/femmes en matière professionnelle et sociale. Par ailleurs, les sénateurs centristes avaient formulé deux exigences. Elles ont été entendues et satisfaites. Ainsi, dans le projet de loi de révision de la Constitution, des droits spécifiques sont reconnus aux groupes parlementaires minoritaires et les parlementaires ne sont plus obligés déclarer appartenir à la majorité ou à l'opposition. C'est une avancée. Mais il est encore plus important à mon sens qu'ait été adopté notre amendement sur l'exigence de pluralisme politique. Désormais, la loi garantira "les expressions pluralistes des opinions", ce qui implique le vote et le mode de scrutin. Personnellement, je me suis prononcée en conscience sur ce texte et non en fonction du contexte politique. Quoiqu'on en dise, cette réforme participe à la modernisation de nos institutions et contribue à rendre notre Constitution plus démocratique. Nous ne pouvons la refuser.
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Catherine Morin-Desailly sur France 3 Haute Normandie ce midi
Catherine Morin Desailly sera l'invitée du journal de la mi-journée de France 3 Haute Normandie pour parler de la Médiathèque et des décisions annoncées ces derniers jours par la ville de Rouen et le département.
Catherine Morin-Desailly sur Public Sénat ce soir
Catherine Morin-Desailly est l'invitée du journal de 18 heures sur Public Sénat où elle sera interviewée sur la décentralisation des enseignements artistiques à l'occasion de la présentation de son rapport d'information à la presse ce matin.
Conférence de presse de Catherine Morin-Desailly
Catherine Morin-Desailly présentera aujourd'hui à la presse son rapport d'information sur la "décentralisation des enseignements artistiques : des préconisations pour orchestrer la sortie de crise". La conférence de presse a lieu au Sénat à 12 heures.
Consultez le rapport d'information
Dossier de la Médiathèque : improvisation et contradictions
Alors que ces derniers jours, un certain nombre d’élus locaux, au premier rang desquels le maire de Rouen, s’agite sur les possibilités de reconversion de la Médiathèque en construction, je tiens, avec les membres du groupe Centre, démocrates et indépendants, à faire part de leur très grand étonnement. Les propositions successives de reconversion du bâtiment publiées les 8 et 9 juillet par la presse locale témoignent de la gestion chaotique de ce dossier. D’une part, ni le droit, ni la démocratie locale ne s’y retrouvent (les élus ont-ils été saisis de ces dernières orientations ? les rouennais ont-ils été consultés ainsi que les habitants du quartier de Grammont ?). D’autre part, la question de savoir s’il faut ou non une Médiathèque à Rouen et le débat sur l’accès au livre et à la lecture sont complètement éludés.
Semble donc acté que Rouen serait une des seules villes de France à ne pas avoir besoin d’une Médiathèque. Je pense, comme ancienne adjointe à la culture et membre de la Commission des affaires culturelles du Sénat, au contraire qu’il serait inconséquent que Rouen renonce à ce projet d’une Médiathèque, outil central d’une politique du livre et de la lecture dynamique. Je réaffirme que ce projet élaboré en concertation avec les services déconcentrés du Ministère de la Culture, qui a fait l’objet d’un travail de sept années, est aujourd’hui indispensable.
En premier lieu, le bâtiment actuel, la bibliothèque Villon, est vétuste, inadapté et trop petit pour accueillir l’ensemble des collections que possède la Ville. Les magasins sont totalement saturés. Cette situation ne permet pas de mettre les collections en libre accès pour attirer le public, de les valoriser par des actions temporaires, et de favoriser un travail efficace et optimal du personnel. Or mettre ce bâtiment aux normes et le rendre fonctionnel, n’est guère possible sauf à faire des travaux considérables, dont il faudrait avoir des estimations.
En second lieu, Rouen et son agglomération présentent un retard important en matière d’accès à la lecture publique, notamment en matière de mise à disposition d’équipements autres que le livre. Seul un grand équipement serait à même de fédérer une offre électronique d’envergure adaptée, par sa capacité à négocier avec les ayants-droits en disposant d’une force de pression suffisante.
Par ailleurs, au regard du fond patrimonial dont dispose Rouen, le 4ème de France, de la gestion du dépôt légal imprimeur que lui a confié la Bibliothèque Nationale de France, du réseau existant au niveau de l’agglomération et en comparaison à des Médiathèques construites dans d’autres villes, la Ville aurait besoin de près de 10 000m² de surface. Prévue sur 9100 m², la Médiathèque est donc nécessaire et certainement pas surdimensionnée.
Enfin, on notera que la construction d’équipements structurants visant à développer la lecture publique s’inscrit dans une programmation nationale mise en œuvre par le ministère de la Culture et de la communication (les 12 bibliothèques à vocation régionale) à laquelle ont été rattachées ultérieurement d’autres médiathèques dont celle de Rouen. On peut rappeler à ce titre que l’Etat a réformé, par décret du 11 octobre 2006, le concours particulier de la dotation générale de décentralisation pour les bibliothèques municipales et les bibliothèques départementales de prêt afin d’augmenter, à la hauteur des besoins constatés, le financement de bibliothèques et de Médiathèques, comme celle de Rouen ou d’Angoulême. La participation de l’Etat a de ce fait été inscrite au projet de loi de finances 2007 et une subvention de 7 millions d’euros attribuée à la ville dont 3,5 millions engagés.
L’objectif n’était nullement de détruire le réseau des bibliothèques de proximité mais de le renforcer par un équipement central moderne et bénéficiant des technologies les plus récentes (numérisation, informatisation, supports audiovisuels, auditorium…), équipement dont la nécessité a été reconnue par ces mêmes élus socialistes lors des débats municipaux entre 2001 et 2007. On ne voit donc pas comment, bénéficiant de technologies innovantes et offrant des services de référence uniques sur le territoire haut normand, la construction d’une grande Médiathèque serait en contradiction avec un maillage étoffé de bibliothèques de proximité. L’expérience de BMVR déjà en service prouve au contraire que ces dernières ont profité du développement global de la lecture publique (fréquentation, documents empruntés, abonnements…).
Faut-il rappeler que la réalisation de cette Médiathèque à vocation régionale a fait l’objet d’une double reconnaissance. Tout d’abord dans le contrat de projet qui engage l’Etat et la région Haute-Normandie sur la période 2000-2006, reconduit dans le contrat de projet 2007-2013. En second lieu dans sa déclinaison territoriale, le contrat d’agglomération qui engage la ville signataire en tant que commune membre de la Communauté d’Agglomération Rouennaise en date des 7 et 23 octobre 2003. L’intérêt général, de niveau régional, de cet équipement ne peut être ainsi méconnu.
A la raison invoquée que la ville n’aurait pas les capacités financières à supporter la réalisation de cet équipement, je tiens à apporter les précisions suivantes. La charge financière de cet équipement n’est pas une découverte. Son évaluation a toujours été précisément indiquée et doit être rapportée à la capacité globale de la ville qui est évidemment affaire d’appréciation et de choix. Tout d’abord, les caisses ne sont pas « vides » comme abusivement affirmé par la nouvelle équipe municipale puisque le compte administratif a dégagé un résultat net de 10 M d’€. La ville n’est pas non plus endettée de façon démesurée, puisque le ratio de désendettement est largement en dessous (10,4 ans) du seuil d’alerte communément admis (15 ans). Enfin, la Médiathèque est finançable puisque le coût de construction est de l’ordre de 46 M d’€ et qu’il reste à financer 34 M d’€ entre 2008 et 2011. Compte tenu des concours financiers obtenus et du remboursement de la TVA (8 M d’€), cela représente une charge pour Rouen de 6 à 7 M € par an. Cela est tout à fait compatible avec la capacité d’investissement de la ville. Hors subvention, la ville a en effet investi pendant le dernier mandat de 23 à 43 M d’€ chaque année.
Quand au surcoût de fonctionnement estimé à 1 565 000 € par an, il a déjà été pris en compte par le recrutement progressif de personnel supplémentaire depuis 2005. Le coût prévisionnel global à Rouen comprenait la Médiathèque et quatre annexes, Saint-Sever devant être transféré parce que très proche.
La Médiathèque représente certes une charge importante pour la ville, -la région et le département ayant choisi de ne subventionner que très faiblement, voire pas du tout cet équipement, ce qui ne s’est jamais vu ailleurs en France pour un projet de cette envergure-, néanmoins c’était un choix volontaire assumé par l’ancien Maire Pierre Albertini et son équipe qui entendaient faire du livre et de la lecture publique, première condition d’accessibilité à la culture, une de ses priorités. Visiblement la même ambition de politique culturelle ne guide pas le Président du Conseil Général de la Seine-Maritime qui est prêt aujourd’hui en annonçant son désir de reprendre le site pour y installer les archives départementales à investir 20 M d’euros, alors qu’il n’avait accordé que 300 000 euros pour le projet de Médiathèque. Le contribuable appréciera ce choix de Politique Publique !
Il est vrai qu’aujourd’hui la ville continue d’assumer beaucoup de charges de centralité qui devraient être transférées à l’Agglomération. Si la question financière représente un obstacle insurmontable pour le nouveau Maire de Rouen, elle devrait, à l’heure où l’on évoque la création d’une Communauté Urbaine (qui bénéficiera de moyens plus importants), militer pour qu’enfin soient définies les compétences culturelles. j'avais largement relayé cette demande légitime au conseil d’Agglomération dans les années précédentes; en effet, elle avait évoqué, comme la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales le stipulent, la nécessité de poser des critères à la fois claires, précis, objectifs et quantifiables, permettant de définir les compétences pour lesquelles la Communauté d’Agglomération aurait été alors susceptible d’intervenir en. J'avais évoqué quatre critères généralement retenus par 66% des agglomérations qui ont pris en charge les compétences culturelles :
 présenter un caractère unique, sans équivalent dans l’agglomération,
 proposer une activité de nature à satisfaire une offre globale de services culturels à l’échelle de l’agglomération,
 bénéficier d’un rayonnement communautaire ou extra-communautaire en terme de fréquentation,
 associer plusieurs collectivités publiques au financement du fonctionnement et/ou de l’investissement.
Aujourd’hui, force est de constater que la Médiathèque répond à ces critères au même titre d’ailleurs que d’autres établissements comme l’Ecole Régionale des Beaux Arts, et le Conservatoire à rayonnement régional de Rouen...
En quoi la future Communauté Urbaine ferait elle exception quand, selon les indications données par l’Assemblée des Communautés de France, la première compétence exercée dans le domaine culturel est le livre et la lecture publique.
La vraie question est de savoir quel est le meilleur schéma pour favoriser et développer la lecture publique à Rouen et mettre en valeur ses fonds patrimoniaux pour le plus grand nombre. Aujourd’hui la plus grande confusion règne, chaque jour apportant son lot de contradictions, démontrant aussi que le Maire de Rouen est tantôt pris de vitesse par le Président de l’Agglomération, Monsieur Fabius, qui annonce la destruction de la Médiathèque, tantôt par le président du Département, Monsieur Marie, qui préempte le lieu pour les Archives Départementales. Les conseillers municipaux de Rouen ont-ils encore voix au chapitre ?! Les habitants du quartier Grammont seront-ils satisfaits en dépit de leurs attentes exprimées, de se voir imposer un équipement qui aussi respectable soit il, ne sera pas forcément l’outil le plus propice au croisement des publics et des générations. Dernière contradiction : aux dernières nouvelles, on apprend qu’un ordre de reprise du chantier a été émis aujourd’hui alors que les travaux ont été arrêtés en début de semaine. C’est à ne plus rien y comprendre.
Soucieux de l’intérêt général, redevable auprès des électeurs de décisions prises dans la clarté et la transparence, respectueux des engagements pris et du principe de continuité républicaine, les élus du groupe Centre Démocrate et Indépendants ont déposé ce jour une demande de déféré préfectoral.
Hommage du Sénat à Ingrid Bétancourt
Cet après midi, le Sénat français a rendu un hommage solennel à Ingrid Bétancourt récemment libérée après plus de six années de détention par les FARC. Le Sénat, comme de nombreuses collectivités, s'est associé pendant ses longues années de détention à la mobilisation de l'opinion française pour obtenir la libération d'Ingrid Bétancourt. Depuis février 2006, son portrait était affiché sur les grilles du jardin du Luxembourg.
En recevant la sénatrice franco-colombienne, ancienne candidate à l'élection présidentielle en Colombie, le Sénat a marqué sa volonté de rendre hommage à son courage. Nous avons aussi souhaité penser à toutes celles et tous ceux qui sont encore retenus en otage dans le monde et notamment aux trente otages encore retenus dans la jungle colombienne. Ingrid Bétancourt est pour nous un exemple de courage et d'espérance, tant par son refus d'abdiquer elle a donné de l'espoir à tous ceux qui souffrent et qui sont privés de liberté.
Médiathèque: l’agitation autour de la reconversion du bâtiment tourne au grotesque
Alors que Madame Fourneyron avait annoncé le 12 mai dernier que la construction de la Médiathèque serait poursuivie mais le projet revu et repensé, qu’elle a annoncé lors d’une conférence de presse le 25 juin l’arrêt et la destruction de la Médiathèque en construction, et qu’enfin lors du conseil municipal du 2 juillet elle a confirmé l’arrêt du chantier mais pas la démolition de l’existant, Didier Marie, président du Conseil Général annonce ce jour que le site pourrait abriter les archives départementales.
Cette agitation autour du bâtiment et de sa reconversion tourne au grotesque et montre l’impréparation et la précipitation avec laquelle la décision d’arrêter le chantier a été prise.
Les propositions faites continuent à être le signe d’un mépris envers le quartier Grammont et ses habitants et révèlent une incompréhension et une méconnaissance totales du projet et de ses enjeux tels qu’ils avaient été conçus.
Ayant été rapporteur pour avis du projet de loi relatif aux archives, je mesure toute l’importance que des lieux fonctionnels, rénovés et adaptés abritent les archives. Je sais également que les archives du département sont saturées et que, contenant de précieux documents dont certains sont vieux de plus de 10 siècles, elles méritent un site modernisé.
Toutefois l’ouvrage pensé par un architecte de renom au regard d’une commande précise a été conçu pour être une Médiathèque.
Si le département, la région ou l’agglomération veulent sauver le projet architectural et mettre fin à un désastre annoncé, ils doivent convaincre la ville de la nécessité d’un tel équipement et soutenir financièrement le projet.
Ce que devait être la Médiathèque...
Une présentation compléte du projet de Médiathèque afin de connaïtre les enjeux de ce projet et de mieux comprendre le débat.
Quelques photos du chantier de la Médiathèque...
Conseil municipal du 2 juillet 2008 : arrêt de mort de la médiathèque
Hier soir, lors du conseil municipal de la ville, Yvon Robert a, pour la 2ème fois mais cette fois-ci définitivement, enterré le projet d'une médiathèque régionale à Rouen. L'épisode de 1995 se reproduit aujourd'hui.
"Dans la journée de mercredi dernier, comme tous les Rouennais, les habitants de cette agglomération, comme le personnel municipal, comme l’architecte Rudy Ricciotti, l’entreprise Léon Grosse et les 140 employés qui travaillent depuis plusieurs mois sur le chantier de la médiathèque, comme les autres financeurs engagés dans le projet dont le Ministère de la Culture, et bien sûr nous tous élus (j’imagine de la majorité comme de la minorité) avons appris brutalement, sans ménagement, par la presse et sur les blogs que vous aviez décidé de démolir la médiathèque régionale en cours de construction .
Plaidant pendant votre campagne électorale pour une consultation renforcée chaque fois que nécessaire notamment je vous cite sur « les dossiers importants pour l’avenir de Rouen » vous nous aurez donné là, avec la consultation biaisée sur l’avenir de la place de la Cathédrale deux grandes leçons de démocratie participative !
Depuis cette annonce qui a fait l’effet d’une bombe, inutile de souligner l’extrême indignation et émotion, l’incompréhension qui s’est emparée de nos concitoyens de tous milieux et toutes sensibilités…
Et là, ce soir, cerise sur le gâteau, vous nous demandez de nous prononcer sur l’arrêt des travaux de cet équipement culturel d’envergure voué selon vos déclarations à la démolition -le projet de rapport ne nous ayant été envoyé que samedi matin- déclaration que vous avez commencé à amender hier. De qui se moque t’on ? Cette délibération comporte déjà un vice juridique grave puisque, faut-il le rappeler, le délai légal est de 5 jours francs.
Où est aujourd’hui l’urgence pour d’un coup d’un seul signer l’arrêt de mort d’un équipement attendu depuis 20 ans, qui a fait l’objet de 7 années de préparation et montage de dossier, d’appels d’offres, d’un concours d’architecte. De milliers d’heures de travail des services de la ville et des services déconcentrés de l’Etat associés à toutes les réunions de pilotage , je pense encore aux dernières réunions que nous avons co-animées sur le 1% culturel avec toute l’équipe constituant le jury pour sélectionner les trois candidats restants.
Et vous voudriez qu’à moins d’une semaine de vos déclarations à la presse, dans la précipitation d’une décision solitaire et arbitraire, nous prenions là ce soir une quelconque décision ?
Je crois plutôt qu’il y a urgence à se poser. Il y a urgence à réfléchir, à remettre de l’ordre dans vos idées, de la cohérence dans votre projet de développement de la lecture publique auquel vous vous dites attachée.
Comment pouvez vous affirmer à quelques jours d’intervalle que vous poursuivez le chantier (Paris-Normandie du 12 mai) et changer de pied quelques jours plus tard ?
Comment, à plusieurs reprises et officiellement, peut-on se prononcer comme lors du conseil municipal du 16 décembre 2005 sur, je cite M. Robert, « la nécessité d’un tel équipement », qui dit encore « nous sommes totalement conscients des graves insuffisances de la bibliothèque actuelle » « Depuis le début du mandat notre accord est total. Sur le principe, vous avez l’accord de l’Etat, de la Région, du Département et de l’agglomération. Notre désaccord porte uniquement sur la localisation cet équipement… » Et aujourd’hui ne plus jurer que par les bibliothèques de quartier et le maintien de Villon, seules conditions selon vous d’une politique en faveur du livre et de la lecture réussie ?
Bien sûr que les bibliothèques de quartier sont essentielles. Vous allez me redire ce soir qu’on allait fermer 3 annexes : mensonge ! Je vous invite à relire très attentivement tous les PV des commissions Culture, des conseils municipaux ainsi que le dossier de presse où nous avons clairement expliqué que seul St Sever serait transféré pour raison de proximité.
Il y a urgence à consulter les professionnels du livre et de la lecture de cette région sur l’enterrement définitif d’une tête de réseau : le syndicat des libraires, le directeur de l’Agence Régionale du livre, l’association Accolade, des bibliothécaires de l’agglomération qui m’ont tous avoué leur grande inquiétude.
Il y a urgence à mesurer ce que représente le patrimoine, les moyens de sa sauvegarde et de sa valorisation et de son accessibilité au plus grand nombre.
Il y a urgence que vous preniez le temps de visiter sérieusement Villon et de mesurer l’encombrement, la vétusté et l’archaïsme d’un lieu, de la somme des travaux qu’il faudrait faire pour le rendre un tant soit peu sécurisé et fonctionnel, un lieu qui n’est pas fermé mais restreint dans son nombre de places d’accueil, un lieu, rappelons les chiffres, qui bien avant cette date n’accueillait pas plus de 1% des rouennais.
Il y a urgence à ce que vous preniez le temps d’une discussion approfondie avec notre directeur des musées Laurent Salomé pour juger de la nécessité dans un deuxième temps une fois Villon libéré du projet d’extension pour un département d’art moderne et contemporain, projet soutenu par la Direction des Musées de France.
Il y a urgence surtout à attendre l’inspection que vous avez réclamée au Ministère et dont les conclusions ne sont pas rendues. Madame Albanel, la Ministre de la culture déplore dans la presse ces derniers jours votre précipitation et exprime sa préoccupation pour les rouennais qui se voient privés d’un outil majeur de lecture publique…
Pour justifier votre décision vous avancez que les caisses de la ville sont vides (nous n’allons peut-être pas recommencer là le débat) et donc vous n’avez pas d’autres choix que d’arrêter la médiathèque pour économiser 25 millions en investissement. Je voudrais vous croire, mais j’ai bien peur qu’au bout du compte, l’ensemble des dédits et des contentieux (qui bien entendu vont tomber en cascade quoiqu’il arrive d’ailleurs destruction ou réorientation du programme, auquel il faudra ajouter le coût des solutions alternatives que vous proposez) représente pratiquement le coût de la Médiathèque sauf qu’on n’aura pas la médiathèque !
Vous chiffrez d’abord les dépenses réalisées à 9 millions mais cela remonte déjà à quelques semaines, depuis le chantier a couru. Vous estimez les dédits à 4 millions mais d’où viennent ces estimations ? On sait bien qu’elles n’ont a pas été - si j’en juge le courrier qu’a adressé M. Ricciotti au mandataire et à madame le Maire. Lui annonce un chiffre de 20 millions d’euros !
Le coût de la démolition a-t-il été par ailleurs calculé ? Faudra t’il rétrocéder à l’Etat ses subventions ? Il y a en effet un engagement auprès de l’Etat comme auprès de l’agglomération : la médiathèque bénéficiant aussi de subventions inscrites au Contrat d’Agglomération ….. Faut-il préciser que les règles de la comptabilité publique feront que tous les dédits seront pris en fonctionnement ?
Certes M. Fabius a annoncé qu’ « on paiera les dédits qu’il faudra », c'est-à-dire l’Agglo j’imagine. Le contribuable appréciera tout autant que les élus qu’on essaie de convaincre des avantages financiers à escompter de la création de la Communauté Urbaine. Les communistes ont bien raison de nous écrire pour exprimer leur réserve !
D’ailleurs, je ne vois pas le Maire de Rouen aujourd’hui pour s’expliquer ???? Car vous en conviendrez, le Maire de Rouen c’est bien M. Fabius qui a annoncé il y a plus d’un mois le mercredi 25 mai la nouvelle lors d’une conférence de presse !
Que faisons nous là ? Y a-t-il lieu finalement de siéger ce soir ? Puisque tout est déjà décidé d’avance ! La preuve : le courrier signifiant l’arrêt du chantier est envoyé au mandataire et à l’architecte le 26 juin, bien avant le conseil municipal et au lendemain de la commission générale où on ne nous dit rien.
Non ! Les conseils municipaux ne peuvent pas prendre de décision sans éléments précis Nous exigeons d’avoir le décompte de ce que cela va coûter dans le détail. Et que soient évaluées sérieusement toutes les conséquences.
Au rang de celles-ci, il y aura la mauvaise réputation que se fera notre ville, notez bien que c’est déjà fait. La Cité de l’Architecture et du Patrimoine a pris la décision dès avant même l’arrêt du chantier de la médiathèque et compte tenu de ce qui se passe depuis quelques semaines (blocage du projet Viguier, non consultation des architectes urbanistes qui travaillent sur le GPV…) de retirer du pavillon français à la Biennale d’Art contemporain de Venise la présentation des projets rouennais cet été.
Vous avez dit lors de votre conférence de presse : « c’est fini les grands projets, c’est fini les grands architectes » Rassurez-vous, ces derniers n’auront de toute façon plus envie de travailler avec vous ! Et les grands projets pour Rouen c’est fini aussi et pour longtemps. Comment en effet par exemple le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche accepterait-il de financer la médiathèque universitaire que le président Oskul s’apprête à réclamer dans le cadre du Contrat de Projets Etat-Région 2007-2013 ?
Il y a les conséquences écologiques aussi. Alors que nous avions souhaité concevoir un bâtiment répondant aux normes HQE, on n’envisage même si on n’est pas d’accord avec le projet culturel de reconvertir le bâtiment. Alors oui, pour moi cet acte de démolition est barbare. La barbarie, c’est le contraire de la culture et de la civilisation et s’attaquer à ce qui est destiné à être un lieu dédié à la lecture premier outil d’émancipation et de conquête est de cet ordre là, de même que casser le travail d’un architecte, homme de l’art est contraire à l’éthique…
Je ne comprends pas votre décision. Peut-être prônez vous l’esthétisme de la destruction, la ruine du XXIème siècle qu’on prépare aux habitants du quartier, nouveau palais des congrès du quartier Grammont ; ça sera peut être assez tendance du Ricciotti transformé en squat parce qu’avec les recours il faut bien s’attendre à ce que cela dure des années.
On pourrait rire plutôt que de pleurer, rien ne serait finalement tragique s’il n’y avait derrière tout cela des femmes et des hommes :
Les 140 employés de l’entreprise Léon Grosse vont se retrouver sur le carreau.
Les artisans dont ont méprise le travail, travail fait avec cœur tant de leur propre aveu c’est un chantier exceptionnel.
Des ouvriers auxquels on n’a même pas le courage d’aller dire en face droit dans les yeux que tout est fini.
Des personnels de bibliothèques au nombre de 14 qu’on a recruté entre 2005 et 2007 qui effectuent tout le travail de préparation pour le futur équipement.
Ceux qui ont investi dans ce quartier en mutation désormais dénommé Grammont-Médiathèque chez les agents immobiliers car oui ce quartier est appelé à vivre une mutation profonde.
Enfin et surtout les habitants auxquels on vient dire « cet équipement n’est pas pour vous, à la place je vous propose une ludothèque » habitants qui on l’a entendu hier veulent un lieu de culture !
J’ai une pensée toute particulière pour les personnels municipaux qui se sont donnés sur ce dossier, aucun ne mérite cela.
Non le choix n’est pas financier, c’est un faux problème. Certes l’investissement pour réaliser la médiathèque représente une part importante du budget investissement de la Ville. Mais à qui la faute ? Vous vous êtes asphyxiée toute seule en allant convaincre vos amis socialistes les uns après les autres de ne surtout pas aider la municipalité de Pierre Albertini sur ce dossier.
C’est un choix de politique culturelle et de politique de la ville, un choix politique tout court. Mais surtout le choix oui ou non d’assumer la continuité républicaine comme nous l’avons fait en 2001. Car il y a là abus de droit.
Mais il y a surtout urgence à ne pas décider quoique ce soit ce soir car pour nous les conséquences financières et juridiques au premier chef sont incalculables. Je vous donne lecture de la lettre que Rudy Ricciotti a adressée à Madame le Maire la rappelant à ses responsabilités.
Aujourd’hui, vous proposez une reconversion du site. Mais on ne substitue pas dans la cacophonie la confusion et la fébrilité un projet par un autre.
Mesdames et messieurs, j’en appelle à votre bon sens de façon à ce que nous exigions une estimation précise afin de prendre nos décisions en connaissance de cause. Je demande très officiellement que ce dossier riche et complexe en termes d’enjeux soit présenté dans le détail. Madame le maire je vous demande également de nous emmener visiter tous ensemble le chantier déjà avancé, en compagnie de la ministre de la culture, du préfet, l’architecte, de l’entrepreneur, de l’équipe des bibliothèques et de madame Rendu conseillère au livre à la Drac ainsi que le site Villon."
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