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Timestamp: 2016-09-30 08:21:12+00:00
Document Index: 6759655

Matched Legal Cases: ['art. 32', 'art. 100', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 19', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'in fine', 'art. 106', 'ATF ', 'in fine', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 32', 'art. 32', 'art. 251', 'art. 251', 'ATF ', 'art. 244', 'art. 251', 'art. 251', 'art. 244', 'art. 232', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 164', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 164', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 164', 'art. 32', 'art. 32', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 18', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'art. 95', 'art. 394', 'art. 164', 'art. 32', 'art. 251', 'art. 42', 'art. 244', 'art. 9', 'art. 164', 'art. 32', 'art. 5', 'art. 66', 'art. 68']

5A_27/2016 (28.06.2016)
5A_27/2016 � � Arr�t du 28 juin 2016
repr�sent�e par Me Serge Fasel, avocat,
Masse en faillite de B.________ SA en liquidation,
production de cr�ances dans la faillite,
recours contre la d�cision de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 17 d�cembre 2015.
A.a.�B.________ SA (ci-apr�s: B.________) et C.________ SA (ci-apr�s: C.________) ont conclu un contrat de d�veloppement et de production de produits horlogers le 24 octobre 2005.
La Banque A.________ (ci-apr�s: A.________) �tait la principale bailleresse de fonds de C.________. Une premi�re convention, du 2 octobre 2006, pr�voyait une cession g�n�rale des cr�ances actuelles et futures de C.________ en faveur de la banque. Deux autres cessions ont �t� sign�es, le 5 f�vrier 2008 et le 6 f�vrier 2009, portant le cr�dit accord� en compte courant � 6'500'000 fr.
A.b.�B._______ est tomb�e en faillite le 10 novembre 2009 et C.________ le 25 janvier 2010.
A.c.�Le 16 avril 2010, la masse en faillite de C.________ a produit dans la faillite de B.________ une cr�ance d'un montant total de 1'720'950 fr., correspondant selon elle � la somme de dix-neuf factures dont B.________ restait redevable envers C.________ au moment de la faillite.
Par avis du 23 juin 2010, l'Office des faillites (ci-apr�s: office) a �cart� la cr�ance au motif qu'elle correspondait � de la marchandise non livr�e.
Les 21 et 23 septembre 2011, la masse en faillite de C.________ et A.________ ont conclu une convention, par laquelle la banque r�troc�dait � la masse, aux fins de recouvrement, les cr�ances produites par celle-ci dans la faillite de B.________.
Par jugement du 3 octobre 2011, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve (ci-apr�s: tribunal) a rejet� l'action en contestation de l'�tat de collocation introduite par la masse en faillite de C.________.
Par arr�t du 31 ao�t 2012, la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� ce jugement. Elle a consid�r� que la production par la masse en faillite de C.________ d'une cr�ance c�d�e �tait admissible pour autant que l'identit� r�elle du cr�ancier, soit A.________, f�t indiqu�e. En revanche, la masse n'�tait pas l�gitim�e � agir en justice en son nom pour contester la collocation d'une cr�ance dont elle n'�tait plus titulaire ni au moment de l'action, ni lors de la cl�ture de l'instruction. La cour a pr�cis� qu'en cas de r�trocession de cr�ances c�d�es, il incombait � la masse de proc�der � une nouvelle production (tardive) dans la faillite.
A.d.a.�Par courrier du 25 septembre 2012, la masse en faillite C.________ a produit dans la faillite de B.________ dix-neuf cr�ances pour un montant total de 1'563'204 fr. 85. Celles-ci correspondaient aux montants des dix-neuf factures pr�c�demment produites dans la faillite de B.________, sous d�duction d'un acompte vers� par B.________ et des d�pens allou�s � la masse en faillite de cette soci�t� dans le proc�s en contestation de l'�tat de collocation.
Elle a joint � sa production une copie de la convention de r�trocession. A.________ a contresign� cette production avec la mention " pour accord ".
A.d.b.�Par courrier du 6 mars 2013, l'office a statu� sur les cr�ances produites. Il a indiqu� que " suite � une �tude approfondie du dossier, il ressort[ait] que la production de la cr�ance tardive de CHF 1'563'204.85 [�tait] injustifi�e et [�tait] �cart�e en totalit� de l'�tat de collocation car elle correspond[ait] aux commandes non livr�es et annul�es par courrier du 21 janvier 2009 de B.________ SA � C.________ SA ".
A.d.c.�Le 30 mai 2013, la plainte dirig�e par la masse en faillite de C.________ contre cette d�cision a �t� rejet�e.
A.d.d.�Par jugement du 20 mai 2015, le tribunal a d�clar� irrecevable en raison de sa tardivet� l'action en contestation de l'�tat de collocation form�e par la masse en faillite de C._______. Il a par ailleurs jug� que, par la r�trocession de cr�ances conclue en septembre 2011, les parties avaient seulement voulu confirmer le mandat d'encaissement, avec pouvoir d'encaissement de la masse en faillite de C.________, qui �tait ainsi simple mandataire mais non titulaire des cr�ances litigieuses et ne disposait d�s lors pas de la l�gitimation active.
B.a.a.�Par courrier du 17 juin 2015, A.________ a d�clar� produire dans la faillite de B.________ dix-neuf cr�ances pour un montant total de 1'721'233 fr. 94. Elle a fait valoir qu'elle �tait titulaire de ces cr�ances en vertu des conventions de cession de cr�ances des 6 f�vrier 2009, 5 ao�t 2008 et 2 octobre 2006 conclues avec C.________. Elle a indiqu� que, bien que tardive, cette production devait �tre admise dans la mesure o� elle se fondait sur le fait nouveau que constituait le jugement de premi�re instance du 20 mai 2015 dont il ressortait qu'elle, et non la masse en faillite de C.________, �tait titulaire des cr�ances.
Par courrier du 26 juin 2015 adress� � l'office, A.________ a expos� que les cr�ances produites le 17 juin 2015 r�sultaient des m�mes factures que celles qui avaient fait l'objet des productions de la masse en faillite de C.________ les 16 avril 2010 et 25 septembre 2012. Toutefois, la masse et elle-m�me avaient consid�r� qu'il appartenait � la premi�re de les faire valoir. Elle a pr�cis� que la convention de r�trocession n'avait �t� conclue qu'en vue de formaliser leur position commune.
B.a.b.�Par d�cision du 20 juillet 2015, l'office a refus� d'entrer en mati�re sur cette production au motif que A.________ avait d�j� produit les m�mes cr�ances, dont elle �tait seule titulaire, � deux reprises, par l'interm�diaire de la masse en faillite de C.________ agissant en tant que repr�sentante et que ces productions avaient �t� d�finitivement rejet�es. Il a ajout� que la banque commettait un abus de droit en attendant plus de 5 ans avant de produire ses pr�tendues cr�ances.
B.b.�Par d�cision du 17 d�cembre 2015, notifi�e le 4 janvier 2016, la Chambre de surveillance des offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: Chambre de surveillance), a rejet� la plainte form�e le 3 ao�t 2015 par A.________ contre cette d�cision.
Par acte exp�di� le 15 janvier 2016, A.________ exerce un recours en mati�re civile contre cette d�cision. Elle conclut � sa r�forme en ce sens que sa production tardive de cr�ances dans la faillite de B.________ SA est recevable et qu'ordre est donn� � l'office de statuer sur ces cr�ances. Subsidiairement, elle conclut � son annulation et au renvoi de la cause � la Chambre de surveillance pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. En substance, elle se plaint de la violation de l'art. 32 CO.
Par ordonnance du 2 f�vrier 2016, la requ�te d'effet suspensif de la recourante a �t� admise.
Le recours a �t� d�pos� � temps (art. 100 al. 2 let. a LTF) � l'encontre d'une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 350 consid. 1.2) rendue en mati�re de poursuite pour dettes (art. 72 al. 2 let. a LTF, en relation avec l'art. 19 LP) par une autorit� de surveillance statuant en derni�re (unique) instance cantonale (art. 75 al. 1 LTF); il est recevable sans �gard � la valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. c LTF); la recourante, qui a succomb� devant l'autorit� pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.�Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Cependant, compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, � respecter sous peine d'irrecevabilit�, il n'examine que les questions juridiques qui sont soulev�es devant lui; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 II 384 consid. 2.2.1; 135 III 397 consid. 1.4). D�s lors qu'une question est discut�e, le Tribunal f�d�ral n'est limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 140 III 86 consid. 2; 138 II 331 consid. 1.3; 137 II 313 consid. 1.4; 135 III 397 consid. 1.4).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353 consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1
in fine�LTF).
La partie recourante qui soutient que les faits ont �t� constat�s d'une mani�re arbitraire doit satisfaire au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), selon lequel le Tribunal f�d�ral n'examine la violation des droits fondamentaux que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� de fa�on claire et d�taill�e par le recourant (ATF 135 III 397 consid. 1.4�
in fine; 133 II 249 consid. 1.4.2). Pour le surplus, les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF; ATF 135 I 221 consid. 5.2.4; 133 IV 342 consid. 2.1).
3.1.�La Chambre de surveillance a constat� que, malgr� l'acte de r�trocession de cr�ances, la recourante avait contresign� " pour accord " la production de cr�ances qu'avait faite la masse en faillite de C.________ le 25 septembre 2012. Elle a alors �tabli que, quand bien m�me il �tait indiqu� que la production en cause avait �t� effectu�e pour le compte de la masse en faillite de C.________, la masse agissait en r�alit� en tant que repr�sentante de la recourante. Cela valait d'autant plus que la production �tait intervenue peu apr�s que l'arr�t du 31 ao�t 2012 avait pr�cis� qu'une production par la masse en faillite de C.________ dans la faillite de B.________ d'une cr�ance c�d�e �tait admissible pour autant que l'identit� r�elle du cr�ancier f�t indiqu�e. La d�cision rejetant la production de la masse en faillite �tait donc opposable � la recourante. Par cons�quent, dans la mesure o� les cr�ances litigieuses avaient d�j� fait l'objet d'une d�cision entr�e en force, la recourante ne pouvait pas les produire une seconde fois.
3.2.�Dans un premier argument, la recourante se plaint de la violation de l'art. 32 CO sur deux points. Premi�rement, se basant sur la d�cision du 6 mars 2013 et sur un courrier du 18 juin 2015 de l'office, elle soutient que celui-ci n'a jamais affirm� ou laiss� entendre que la masse en faillite de C.________ agissait comme sa repr�sentante et que c'est � tort que la Chambre de surveillance a retenu le contraire. Elle ajoute que si tel avait �t� le cas, l'office aurait d� alors l'indiquer dans ces deux documents et que, dans sa d�cision du 20 juillet 2015, il adopte une position ambigu� confirmant sa mauvaise foi vu qu'il affirme � la fois qu'elle avait d�j� produit sa cr�ance tout en lui reprochant d'avoir attendu plus de 5 ans pour le faire. La recourante affirme qu'il faut en d�duire qu'aucun effet de repr�sentation ne s'est produit. Secondement, la recourante soutient que la masse en faillite de C.________ n'a jamais eu la volont� d'agir en qualit� de sa repr�sentante lors de ses productions et qu'elle s'�tait d'ailleurs pr�sent�e comme cr�anci�re. Elle ajoute que, par la mention " pour accord " figurant dans le courrier du 25 septembre 2012, elle entendait indiquer qu'elle consentait � ce que le masse en faillite de C.________ produise les cr�ances en son propre nom et pour son propre compte et que, dans son courrier du 26 juin 2015, elle n'a pas indiqu� que les cr�ances qu'elle produisait �taient les m�mes que celles qui avaient fait l'objet d'une pr�c�dente production. Elle conclut que c'est � tort que la Chambre de surveillance a retenu qu'elle voulait �tre repr�sent�e par la masse en faillite de C.________ et que l'art. 32 al. 2 CO ne s'applique pas.
Dans un second argument, sans invoquer de norme l�gale, la recourante souligne que le retard dans sa production n'est pas abusif �tant donn� que, face � un office qui avait " clairement d�montr� �tre dispos� � faire preuve de la mauvaise foi la plus crasse ", il �tait n�cessaire qu'elle attende l'issue des proc�dures civiles. Elle en conclut que l'argument de l'office selon lequel son retard serait abusif est infond� et que, la Chambre de surveillance n'ayant pas examin� ce moyen, la cause doit lui �tre renvoy�e � titre subsidiaire.
La question qui se pose est de savoir si la recourante peut produire tardivement sa cr�ance au sens de l'art. 251 LP.
4.1.1.�Aux termes de l'art. 251 al. 1 et 3 LP, les productions en retard sont admises jusqu'� la cl�ture de la faillite et, si l'administration admet la production, elle proc�de � la rectification de la collocation et en avise les cr�anciers au moyen d'une publication.
L'�tat de collocation est une d�cision de l'administration de la faillite. Sa force de chose jug�e ne peut �tre remise en question par une production tardive. C'est pourquoi, celle-ci n'est admissible que si elle porte sur une cr�ance nouvelle ou sur des faits nouveaux relatifs � une cr�ance d�j� produite. Cette proc�dure n'a pas pour fonction de corriger des erreurs commises dans l'�tablissement de l'�tat de collocation et le cr�ancier ne saurait user de cette possibilit� pour tenter de remettre en question un refus de colloquer entr� en force (ATF 115 III 71 consid. 1; 108 III 80 consid. 5; 106 II 369 consid. 3 [376 s.]; 106 III 40 consid. 4; arr�ts 5A_66/2010 du 16 novembre 2010 consid. 6, r�sum�
in�SJ 2011 I 204; 7B.94/2003 du 24 juin 2003 consid. 3.1).
4.1.2.�Selon l'art. 244 LP, applicable aux productions tardives (JAQUES,�
in�Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n� 15 ad art. 251 LP; SPRECHER,�
in�Kurzkommentar SchKG, 2�me �d. 2014, n� 1 ad art. 251 LP), l'administration examine chaque production et fait les v�rifications n�cessaires; elle consulte le failli. L'examen porte sur l'existence, le montant et le rang de la cr�ance. Il s'�tend �galement � la l�gitimation du cr�ancier de la faire valoir (HIERHOLZER,�
in�Basler Kommentar, SchKG II, 2
�me��d., 2010, n� 15 ad art. 244 LP). Si la cr�ance repose sur un jugement d'un tribunal suisse ex�cutoire avant l'ouverture de la faillite, l'administration de la faillite est li�e par les consid�rants de ce jugement quant � l'existence et le montant de la cr�ance (arr�t 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3).
Bien que l'administration ait l'obligation de v�rifier pr�cis�ment chaque cr�ance produite, l'examen doit rester sommaire, comme cela d�coule d�j� du court d�lai qui lui est imparti pour dresser l'�tat de collocation. L'administration de la faillite ne v�rifie pas l'existence de la production, mais elle admet au passif la pr�tention dont l'existence lui para�t vraisemblable (arr�ts 5A_709/2015 du 15 janvier 2016 consid. 4.1.1, publi�
in�SJ 2016 I p. 277; 5A_105/2013 du 12 juin 2013 consid. 3.4.1; 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.3; 5A_141/2008 du 6 ao�t 2008 consid. 3.1). En cela, la proc�dure de v�rification est comparable � la proc�dure de mainlev�e de l'opposition (BRACONI, La collocation des cr�ances en droit international suisse de la faillite, 2004, n� 1.3 p. 76). Pour effectuer son contr�le, l'administration se fonde avant tout sur les moyens de preuve de l'art. 232 ch. 2 LP; il appartient au cr�ancier d'�tayer sa production par les moyens de preuve ad�quats (ATF 93 III 59 consid. 2; arr�ts 5A_141/2008 du 6 ao�t 2008 consid. 3.2.1; 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3).
La violation du devoir de proc�der aux v�rifications n�cessaires peut - en tant qu'erreur de proc�dure - �tre attaqu�e par la voie de la plainte (ATF 119 III 84 consid. 2a; 96 III 106 consid. 2; arr�t 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3). En revanche, il n'appartient pas aux autorit�s de surveillance de statuer sur les litiges portant sur la qualification d'une dette comme obligation de la masse ou obligation du failli, mais � l'autorit� comp�tente pour statuer sur le fond de la pr�tention en cause, � savoir le juge civil ou les autorit�s ou juridictions administratives suivant la nature du contentieux (arr�t 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.2 et les r�f�rences).
4.2.1.�La cession (art. 164 ss CO) op�re la substitution du titulaire d'une cr�ance par un nouveau titulaire. La cr�ance faisant l'objet de la cession est ainsi transf�r�e du patrimoine du c�dant � celui du cessionnaire. En vertu de cette op�ration juridique, le c�dant perd le pouvoir de disposition sur la cr�ance c�d�e, ce qui se manifeste notamment par le fait qu'il ne peut plus la transf�rer � une autre personne ni la faire valoir en son propre nom, que ce soit pour demander son ex�cution ou pour proc�der � une compensation. Si le cessionnaire c�de au c�dant la cr�ance qui lui a �t� transf�r�e ant�rieurement par ce dernier, on parle de r�trocession. Toutes les cons�quences juridiques de la cession s'appliquent � la r�trocession (ATF 130 III 248 consid. 3.1; arr�t 4A_248/2008 du 1
er�septembre 2008 consid. 3.2).
La cession peut �tre op�r�e � titre d'encaissement lorsque le c�dant transf�re une cr�ance au cessionnaire afin que celui-ci proc�de � l'encaissement en tant que titulaire de la cr�ance; le cessionnaire agit en son propre nom, mais pour le compte du c�dant (ATF 71 II 67 consid. 1; arr�ts 4C.215/1993 du 5 octobre 1993 consid. 3; 5P.63/1989 du 3 juillet 1989 consid. 4). Cette cession doit �tre distingu�e du mandat d'encaissement par lequel le mandataire s'oblige � encaisser une cr�ance que le mandant d�tient contre un tiers d�biteur. Dans un tel cas, le mandataire ne devient pas titulaire de la cr�ance. Il agit d�s lors r�guli�rement en qualit� de repr�sentant du mandant, soit au nom ou pour le compte de celui-ci (PROBST,�
in�Commentaire romand, Code des obligations I, 2�me �d., 2012, n� s 2 et 9 ad art. 164 CO). En revanche, la construction selon laquelle le mandataire serait nanti du seul pouvoir d'encaisser la cr�ance en son propre nom, sans toutefois devenir titulaire de la cr�ance n'est pas licite (ATF 130 III 417 consid. 3.4; 78 II 265 consid. 3.a; arr�ts 5C.243/2002 du 2 juin 2003 consid. 2.3; 4C.226/1992 du 6 mai 1993 consid. 3; cf. aussi ATF 119 II 452 consid. 1 dans lequel le droit du repr�sentant d'agir en son nom a �t� reconnu dans des circonstances sp�ciales; PROBST,�
op. cit., n� 9 ad art. 164 CO).
4.2.2.�La repr�sentation (art. 32 ss CO) permet au repr�sentant de faire des actes juridiques avec un tiers de mani�re � ce que les effets se produisent directement en la personne du repr�sent� (TERCIER/PICHONNAZ, Le droit des obligations, 5�me �d., 2012, n� 381). Il s'ensuit que le repr�sentant n'est pas li� par l'acte accompli. Les effets de la repr�sentation ne naissent que si le repr�sentant a manifest�, express�ment ou tacitement (art. 32 al. 2 CO), sa volont� d'agir au nom d'autrui et s'il dispose du pouvoir de repr�sentation, c'est-�-dire s'il est habilit� � faire na�tre des droits et des obligations directement en faveur et � la charge du repr�sent� (ATF 126 III 59 consid. 1b et les r�f�rences). L'application du principe de la confiance permettra de trancher la question de savoir si le tiers devait inf�rer des circonstances l'existence d'un rapport de repr�sentation (ATF 130 III 633 consid. 2.2.2; 120 II 197 consid. 2b/aa; arr�ts 4A_313/2010 du 3 septembre 2010 consid. 3.4.1; 4C.134/2005 du 13 septembre 2005 consid. 2.2). C'est ainsi que, lorsque le repr�sentant ne s'est pas express�ment fait conna�tre comme tel, l'effet de repr�sentation ne se produit que si le tiers doit savoir, ou �tre � m�me de savoir, que le repr�sentant agit non pas pour lui-m�me mais pour le repr�sent�. Ce qui est d�cisif ce n'est pas la volont� interne effective du repr�sentant d'agir pour une autre personne. Il suffit que le tiers puisse inf�rer du comportement du repr�sentant qu'il existe un rapport de repr�sentation (arr�t 4A_317/2010 du 5 octobre 2010 consid. 3.2.2 et les r�f�rences).
4.2.3.�Appel� � interpr�ter un contrat (art. 18 CO), le juge doit d'abord rechercher la r�elle et commune intention des parties (interpr�tation subjective), le cas �ch�ant empiriquement, sur la base d'indices; si elle aboutit, cette d�marche conduit � une constatation de fait, qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), � moins qu'elle ne soit manifestement inexacte (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF), c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst.; cf.�
supra�consid. 2.2). Ce n'est que s'il n'y parvient pas que le juge doit recourir � l'interpr�tation normative (ou objective) du contrat, � savoir rechercher la volont� objective des parties, en d�terminant le sens que, d'apr�s les r�gles de la bonne foi, chacune d'elles pouvait et devait raisonnablement pr�ter aux d�clarations de volont� de l'autre, autrement dit conform�ment au principe de la confiance; il s'agit d'une question de droit, que le Tribunal f�d�ral examine librement (art. 95 LTF; arr�t 4A_447/2015 du 31 mars 2016 consid. 4.2.1 et les r�f�rences, destin� � la publication).
4.3.�En l'esp�ce, la Chambre de surveillance a retenu que la recourante avait sign� " pour accord " la production de cr�ance du 25 septembre 2012 et que l'acte des 21 et 23 septembre 2011 intitul� " r�trocession aux fins de recouvrement " avait �t� conclu peu apr�s que la Cour de justice e�t jug� qu'une production d'une cr�ance c�d�e n'�tait admissible que pour autant que l'identit� de cr�ancier f�t indiqu�. Sur ces �l�ments, elle a �tabli, en fait, la volont� r�elle des parties, soit que, en concluant l'acte pr�cit�, la recourante et la masse en faillite de C.________ ont convenu d'un mandat d'encaissement en faveur de la seconde (art. 394 ss CO); en revanche, la recourante n'avait pas r�troc�d� � la masse en faillite la titularit� de ses cr�ances (art. 164 ss CO). Pour cette raison, en produisant les cr�ances le 25 septembre 2012, la masse en faillite pr�cit�e avait seulement agi en qualit� de repr�sentante de la recourante (art. 32 CO), seule titulaire des cr�ances. En cons�quence, le 17 juin 2015, la recourante n'avait pas produit une cr�ance nouvelle, au sens de l'art. 251 LP.
A titre pr�liminaire, il sied de relever que la recourante ne pr�tend pas (art. 42 al. 2 LTF) que la Chambre de surveillance aurait proc�d� � un examen allant au-del� du contr�le sommaire postul� par l'art. 244 LP (cf.�
supra�consid. 4.1.2). Cette question peut d�s lors demeurer ind�cise.
Pour le reste, la recourante ne s'attaque pas � la motivation de la Chambre de surveillance: elle ne soul�ve pas le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits. Elle n'apporte aucun �l�ment qui permettrait de comprendre les motifs qui l'auraient amen�e � c�der ses cr�ances � la masse en faillite de C.________, ne serait-ce qu'� titre fiduciaire (elle n'�voque d'ailleurs aucun engagement interne sur l'usage que la masse en faillite aurait �t� en droit de faire des cr�ances r�cup�r�es, cf. PROBST,�
op. cit., n� 44 ad art. 164 CO), et d'en perdre ainsi la titularit�. Elle se borne au contraire, dans son grief relatif � l'art. 32 CO, � faire des d�veloppements sur ce que, � son avis, l'office a, ou non, entendu retenir dans ses d�cisions ainsi que, sans la moindre r�f�rence � une norme l�gale ou constitutionnelle, sur la bonne foi de celui-ci. De tels arguments ne sont en rien pertinents pour l'issue de la cause. Peu importe la mani�re dont la Chambre de surveillance a formul� son propos; seul importe les faits qu'elle a retenus. Or, en l'occurrence, elle a retenu l'existence d'un mandat d'encaissement. M�me � supposer que la recourante entende, par cette critique, soulever le grief d'arbitraire, celle-ci ne r�pondrait pas au principe d'all�gation. La recourante ne fait en effet qu'opposer sa propre version des faits � celle de la Chambre de surveillance, sans s'attaquer aux �l�ments d�cisifs de la d�cision. Par ailleurs, m�me si la recourante comptait ainsi se plaindre de la violation de l'art. 5 al. 3 Cst., son grief ne serait pas pertinent: on ne voit pas les assurances que l'office lui aurait donn�es dans ses actes ou les inconstances dont celui-ci aurait fait preuve envers elle (cf. not. arr�t 2C_771/2010 du 22 mars 2011 consid. 2.1 et les r�f�rences).
Son argument selon lequel son retard n'est pas abusif est non seulement sans objet, mais il est aussi irrecevable, en tant qu'il est dirig� contre la d�cision de l'office, qui seul lui a oppos� un tel abus.
En conclusion, le recours est irrecevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Des d�pens ne sont pas dus (art. 68 al.1 LTF).
La recours est irrecevable.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et � la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve.