Source: https://fr.scribd.com/doc/174820627/Memoire-Assurance-islamique-Takaful-en-Tunisie
Timestamp: 2020-07-07 10:30:57+00:00
Document Index: 229369047

Matched Legal Cases: ["l'article 71", "l'article 3", '§ 6', '§23', '§30', '§ 14', "l'article 1", 'in fine', "l'article 1", '§11']

Mémoire Assurance islamique Takaful en Tunisie | Assurance | Économie
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Sommaire ............................................................................................................................... 6 Introduction Générale .......................................................................................................... 14 Première Partie ..................................................................................................................... 19 Les principales particularités de l’assurance islamique « Takaful Non Vie» et son cadre réglementaire et comptable .................................................................................................. 19 Introduction de la première partie ........................................................................................ 20 Chapitre I : Les fondements de base de l’assurance islamique Takaful Non-Vie et les particularités de l’activité ..................................................................................................... 23 1ére Section: Définition et historique de l’assurance islamique Takaful ............................ 23 1er Paragraphe: Définition du Takaful ........................................................................ 23 2ème Paragraphe: Historique du Takaful et son développement................................. 26 2.1 Période avant l’avènement de l’Islam ............................................................... 26 2.2 Période de l’Islam ............................................................................................. 26 2.3 Période contemporaine ...................................................................................... 27 2émeSection : Les particularités de l’assurance islamique Takaful Non-Vie comparée à l’assurance conventionnelle ................................................................................................. 29 1er Paragraphe: Les prohibitions de la Sharia .............................................................. 29 1.1 Al Riba .............................................................................................................. 30 1.2 Al Maisir ........................................................................................................... 31 1.3 Al Gharar.......................................................................................................... 32 1.4 Al Haram .......................................................................................................... 32 2ème Paragraphe: Le partage du risque ....................................................................... 33 3ème Paragraphe: Le comité de supervision de la Sharia ........................................... 36 3ème Section : Les différents modèles de l’assurance islamique Takaful ............................. 39 1er Paragraphe: Le modèle Takaful avec agent (Moudharaba) ................................... 39 2ème Paragraphe: Le modèle Takaful avec gestionnaire (Wakala) ............................... 40 3ème Paragraphe: Le modèle combiné ou hybride ........................................................ 41 4ème Paragraphe: Le modèle Al Waqf........................................................................... 42 Chapitre II : Le cadre réglementaire et comptable pour l’assurance islamique Takaful Non- Vie ........................................................................................................................................ 44 1ère Section : Cadre règlementaire et comptable en Tunisie ............................................... 44 1er Paragraphe: Cadre règlementaire applicable en Tunisie ........................................ 44 1.1 Le contrat d’assurance ...................................................................................... 45 1.2 L’agrément préalable pour l’exercice de l’activité d’assurance ....................... 45 1.3 Les formes juridiques des sociétés d’assurance ................................................ 46 1.4 Le capital social
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Assurance Islamique Takaful non-vie en Tunisie: Spécificités et tendances de la présentation des Etats Financiers
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J’adresse mes vifs remerciements à Mme Corinne Kastally et Mr Dhia Bouzayen associés au cabinet FMBZ KPMG Tunisie, au sein duquel j’ai accompli mon stage.
Je remercie aussi à mon directeur de recherche Mme Fattouma Gharsalli qui a bien voulu diriger ce mémoire. Ses apports sont certains ; sa méthodologie et sa vision ont contribué à perfectionner mon travail.
Par la même occasion, je voudrais remercier ma famille pour son soutien moral, la direction et le personnel de l’ISCAE, l’IHEC et l’OECT, pour les efforts fournis en matière de formation des experts comptables.
J’adresse mes remerciements les plus sincères à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce mémoire.
Enfin, je voudrais exprimer ma reconnaissance aux membres du jury, pour l’attention qu’ils auront bien voulu accorder à mon travail.
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A ma femme ;
A mes Fils ;
A mon père, à ma mère ;
A mes frères ;
A tous ceux qui m’aiment.
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Les principales particularités de l’assurance islamique « Takaful » et son cadre réglementaire et comptable
Chapitre I : Les fondements de base de l’assurance islamique Takaful et les particularités de l’activité
Chapitre II : Le cadre réglementaire et comptable pour l’assurance islamique Takaful
Règles et principes pour la préparation des états financiers dans une compagnie d’assurance
islamique Takaful
Introduction deuxième partie
Chapitre I : Les préalables à la préparation des états financiers d’une compagnie d’assurance Takaful Chapitre II : Présentation des états financiers dans une compagnie d’assurance islamique
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Les principales particularités de l’assurance islamique « Takaful Non Vie» et son cadre
réglementaire et comptable
Chapitre I : Les fondements de base de l’assurance islamique Takaful Non-Vie et les
particularités de l’activité
1ére Section: Définition et historique de l’assurance islamique Takaful
1er Paragraphe: Définition du Takaful
2ème Paragraphe: Historique du Takaful et son développement
2.1 Période avant l’avènement de l’Islam
2.2 Période de l’Islam
2 éme Section : Les particularités de l’assurance islamique Takaful Non-Vie comparée à
l’assurance conventionnelle
1 er Paragraphe: Les prohibitions de la Sharia
1.1 Al Riba
1.2 Al Maisir
1.3 Al Gharar
1.4 Al Haram
2ème Paragraphe: Le partage du risque
3ème Paragraphe: Le comité de supervision de la Sharia
3 ème Section : Les différents modèles de l’assurance islamique Takaful
1 er Paragraphe: Le modèle Takaful avec agent (Moudharaba)
2 ème Paragraphe: Le modèle Takaful avec gestionnaire (Wakala)
3 ème Paragraphe: Le modèle combiné ou hybride
4 ème Paragraphe: Le modèle Al Waqf
Chapitre II : Le cadre réglementaire et comptable pour l’assurance islamique Takaful Non-
1ère Section : Cadre règlementaire et comptable en Tunisie
1er Paragraphe: Cadre règlementaire applicable en Tunisie
1.1 Le contrat d’assurance
1.2 L’agrément préalable pour l’exercice de l’activité d’assurance
1.3 Les formes juridiques des sociétés d’assurance
1.4 Le capital social des sociétés d’assurance
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1.5 L’objet de la société d’assurance à forme Mutuelle
1.6 Les règles de solvabilité des sociétés d’assurance
1.7 Les organes de contrôle et de support des sociétés d’assurance
2ème Paragraphe: Cadre comptable applicable en Tunisie aux sociétés d’assurance . 50
Structure et contenu des états financiers :
2-1-1 Le bilan
2-1-2 L’état de résultat technique non vie
2-1-3 L’état de résultat technique vie
2-1-4 L’état de résultat
2-1-5 Tableau des engagements reçus et donnés
2-1-6 État des flux de trésorerie
2-1-7 Notes aux états financiers
Section 2 : Les cadres règlementaires et comptables Tunisiens face au Takaful Non-Vie . 59
1er Paragraphe: Le cadre règlementaire (existant et projet)
1.1 Aspects contractuels
1.1.1.1 Principe du Tabarru’
1.1.1.2 Contrat d’assurance selon la réglementation Tunisienne
1.1.1.3 Contrat Takaful selon le projet de loi portant sur l’assurance islamique
Modèles de gestion Al Moudharaba ou Al Wakala
1.1.2.1 Définition des modèles Moudharaba et Wakala
1.1.2.2 Modèles Moudharaba et Wakala en Tunisie
1.1.2.3 Modèles Moudharaba et Wakala selon le nouveau projet de loi sur le
Takaful en Tunisie
1.2 Distribution du surplus aux participants
1.2.1 Distribution du surplus aux participants selon la règlementation Tunisienne
1.2.2 Distribution du surplus aux participants dans le Takaful
1.2.3 Distribution du surplus aux participants selon le nouveau projet de loi sur le
Autres Aspects réglementaires
Formes juridiques prévues par le code des assurances en Tunisie
Dispositions prévues par le nouveau projet de loi sur le Takaful en
1.3.2 Comité de la supervision de la Sharia
1.3.3 Placements
Les placements dans les compagnies d’assurance Takaful
Cadre légal des placements dans les compagnies d’assurances en
Marge de solvabilité dans les compagnies d’assurance Takaful
Marge de solvabilité selon le code des assurances
Conclusion sur le cadre règlementaire en Tunisie
2eme Paragraphe: Le cadre comptable
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2.1 Définition du contrat d’assurances Takaful
2.1.1 Définitions prévues par le cadre comptable Tunisien et les normes IFRS 74
2.1.2 Définitions prévues par l’AAOIFI et l’IFSB
2.1.3 Analyse des définitions prévues par le cadre comptable Tunisien et les
L’opérateur Takaful
Participation dans un contrat d’assurance Takaful
2.3.1 Application des normes IFRS aux participations
2.3.2 Application des normes comptables Tunisiennes aux participations
Reconnaissance et mesure du revenu
3ème Section : Référentiels internationaux applicables à l’assurance Takaful
1er Paragraphe: Les normes IFRS de l’Intenational Accounting Standards Board
2ème Paragraphe : Les normes Financial Accounting Standards (FAS) promulguées par l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI)
3ème Paragraphe : Les normes internationales promulguées par l’Islamic Financial Services Board
4ème Paragraphe : Autres normalisateurs internationaux
4.1 Malaysian Accounting Standard Board (MASB)
Indonesian Accounting Institute (IAI)
islamique Takaful Non-Vie
Chapitre I : Les préalables à la préparation des états financiers d’une compagnie
d’assurance Takaful Non-Vie
1 ème Section : Conventions et principes comptables
1 er Paragraphe : Compréhension des conventions comptables selon la perspective islamique
1.1 Convention de l'entité :
1.2 Convention de l'unité monétaire :
1.3 Convention de la périodicité :
1.4 Convention du coût historique :
1.5 Convention de réalisation du revenu :
1.6 Convention de rattachement des charges aux produits :
1.7 Convention de l'objectivité :
1.8 Convention de la permanence des méthodes :
1.9 Convention de l'information complète :
1.10 Convention de prudence :
1.11 Convention de l'importance relative :
1.12 Convention de la prééminence du fond sur la forme :
Test des conventions comptables face à la Sharia
1.1.1.1 Convention de l’entité :
1.1.1.2 Convention de l'unité monétaire :
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1.1.1.3 Convention de la périodicité :
1.1.1.4 Convention du coût historique :
1.1.1.5 Convention de rattachement des charges aux produits :
1.1.1.6 Convention de prudence :
1.1.1.7 Convention de l'importance relative :
1.1.1.8 Convention de la prééminence du fond sur la forme :
Conclusions du test sur les conventions comptables face à la Sharia
2 ème Paragraphe :
Respect des hypothèses comptables islamiques :
2.1 Continuité d’exploitation
2.2 Comptabilité d’engagement
2 ème Section : Mise en avant de l’organisation comptable
1 er Paragraphe : Préalables organisationnels
1.1 Organigramme détaillé
1.2 Mise en place des manuels des procédures et comptable
1.2.1 Manuel des procédures
1.2.2 Manuel comptable
1.3 Comité d’audit
1.4 Comité de supervision de la Sharia
3 ème Section : Institution d’une cellule de gouvernance d’entreprise
1 er Paragraphe: Définition de la notion de la gouvernance d’entreprise
2 ème Paragraphe: Modalités d’implantation d’une cellule de gouvernance d’entreprise
dans une compagnie d’assurance islamique Takaful :
Modalités d’implantation d’une cellule de gouvernance d’entreprise
2.1.1 Mise en place de structures assurant la conformité à la Sharia
2.1.2 Mise en place des mécanismes nécessaires pour assurer le traitement
équitable entre les participants et l’opérateur du fond Takaful
2.1.3 Mise en place de procédures appropriées afin de présenter des notes aux
états financiers permettant l’accès des participants aux informations fiables et
2.1.4 Mise en place d’un code d’éthique
2.1.5 Mise en place des mécanismes appropriés pour soutenir la solvabilité des
entreprises Takaful
Chapitre II : Présentation des états financiers dans une compagnie d’assurance islamique
Takaful Non-Vie
1 ére Section : Les différentes modalités de présentation des états financiers
1 er Paragraphe : Séparation des actifs, passifs, produits et charges des opérateurs Takaful et des participants
2 ème Paragraphe : Combinaison des actifs, passifs, produits et charges des opérateurs
Takaful et des participants
3 ème Paragraphe : Consolidation des actifs, passifs, produits et charges des opérateurs
2 ème Section : Choix de la modalité de présentation des états financiers pour une compagnie
1 er Paragraphe: Motifs du choix de la modalité de présentation séparée en Tunisie . 133
d’assurance islamique Takaful Non-Vie en Tunisie
1.1 Conformité avec l’esprit de la Sharia
1.2 Possibilité de convergence avec les normes sectorielles Tunisiennes
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1.3 Concordance avec le projet de la loi sur l’assurance islamique Takaful en
Concordance avec les normes comptables islamiques promulguées par
l’AAOIFI
2 ème Paragraphe : Le Bilan
2.1 Application des normes comptables Tunisiennes
2.2 Présentation séparée des actifs, passifs et capitaux propres dans le bilan
2.3 Présentation combinée des actifs, passifs et capitaux propres dans le bilan
2.4 Proposition d’un modèle de présentation du bilan
3 ème Paragraphe: L’état de résultat des participants
Application des normes comptables Tunisiennes
3.1.1 Répartition des charges et des produits par destination
3.1.2 Non flexibilité du modèle de présentation de l’état du résultat technique145
3.2 Proposition d’un modèle de présentation de l’état de résultat des participants
4 ème Paragraphe: L’état de résultat de l’opérateur du fond
4.1 Application des normes comptables Tunisiennes
4.2 Proposition d’un modèle de présentation de l’état de résultat
5 ème Paragraphe : L’état des flux de trésorerie
5.1 Application des normes comptables Tunisiennes
5.2 Proposition d’un modèle de présentation de l’état des flux de trésorerie
6 ème Paragraphe: Le tableau des engagements reçus et donnés
7 ème Paragraphe : L’état de variation des capitaux propres de l’opérateur du fond
7.2 Proposition d’un modèle de présentation de l’état de variation des capitaux propres de l’opérateur du fond
8 ème Paragraphe : L’état du surplus (pertes) des participants
9 ème Paragraphe : Notes aux états financiers
3 ème Section : Préparation des notes aux états financiers
1 er Paragraphe : Notion du full disclosure
1.1 Définition du full disclosure
1.2 Les notes aux états financiers chez l’AAOIFI
1.3 Les notes aux états financiers en Tunisie
1.4 Proposition d’une structure de présentation des notes aux états financiers dans
une compagnie d’assurance islamique Takaful Non-Vie
1.4.1 Notes aux états financiers à aspect général
1.4.2 Notes spécifiques aux différentes composantes des états financiers
2 ème Paragraphe: Rapport du comité de la Sharia
4 ème Section : Traitement des principales difficultés comptables dans une compagnie
d’assurance islamique Takaful
1 er Paragraphe: La comptabilisation du Qardh Hasan
1.1 Une charge de l’opérateur Takaful
1.2 Une participation au capital du fond des participants
1.3 Un instrument financier
1.4 Schéma comptable à retenir
2 ème Paragraphe : La comptabilisation du Retakaful
3 ème Paragraphe : La comptabilisation des provisions techniques
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1 er Paragraphe : Référentiel d’audit des informations financières 2 eme Paragraphe : Référentiel règlementaire 3 eme Paragraphe : Référentiel comptable Conclusion de la deuxième partie
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L’assurance conventionnelle fournis les moyens aux différents intervenants économiques de transférer la charge de l’incertitude à l’assureur moyennant une contrepartie financière dite « prime ». En échange, l’assureur s’engage à apporter un appui financier en cas de survenance d’un péril ou d’une perte spécifiée. Il s’agit là d’un mécanisme efficace de transfert du risque par lequel des individus ou des sociétés peuvent échanger l’incertitude de la perte financière par la sécurité de la prime à payer.
Une des particularités principales de l’activité d’assurance ayant nécessité des normes comptables spécifiques au secteur étant le cycle d’exploitation inversé. En effet, en assurance le prix de la vente (la prime) est encaissé initialement lors de la signature du contrat, alors que la prestation (le règlement de l’indemnité) intervient ultérieurement.
Soumis aux incertitudes inhérentes à la fréquence, à la survenance et au coût des sinistres, l’assureur peut aussi de son côté faire appel à la réassurance pour permettre la dispersion et le partage du risque.
Conscient de la complexité et de l’importance du secteur d’assurances, le normalisateur Tunisien a mis en place en 2001 un cadre comptable spécifique aux entreprises d’assurance à travers l’entrée en vigueur de six normes comptables sectorielles (Normes comptable 26 jusqu’au 31).
Toutefois, le cadre comptable Tunisien relatif aux sociétés d’assurance et de réassurance se trouve confronté à plusieurs défis dont principalement sa capacité à être toujours d’actualité et son aptitude de traitement des nouveaux concepts et des nouvelles difficultés comptables.
Pour les professionnels comptables, l’existence d’un cadre normatif comptable constitue un élément indispensable pour la qualité de l’information financière communiquée. En effet, nul ne peut ignorer le rôle prépondérant qu’ont joué les normes comptables Tunisiennes relatives à l’activité d’assurance pour le rehaussement de la qualité d’information
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Cette étude est importante du moment qu’un nouveau type d’assurance, autre que l’assurance conventionnelle, est en train de se développer à grands pas dans le monde entier ainsi qu’en en Tunisie.
Le secteur de l’assurance islamique, dit Takaful 1 et conforme aux règles et principes islamiques (Sharia 2 ), connaît dans le monde entier une très forte croissance et des perspectives florissantes.
Enregistrant en 2012 un taux de croissance à deux chiffres de l’ordre de 12% selon le rapport annuel préparé par Ernst & Young pour l’année 2012 intitulé « Développement de l’industrie Takaful et préparation pour le changement de la réglementation » 3 , cela se compare à une moyenne de taux de croissance de l’assurance conventionnelle de l’ordre de 9% par an dans les marchés émergents et de 5% par an dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de développement économique).
En Tunisie, outre la compagnie offshore de réassurance BEST RE (Beit Ettamouil Saoudi Ettounsi de Réassurance) qui s’est installé à Tunis depuis l’année 1985 profitant ainsi de la loi n° 85-108 du 6 décembre 1985 portant encouragement d’organismes financiers et bancaires travaillant essentiellement avec les non-résidents, les compagnies Tunisiennes Takaful sont encore rares mais leurs développement reste prometteur.
Durant ces dernières années, la Tunisie n’a pas été épargnée par cette fièvre en la faveur de l’assurance islamique Takaful. En effet plusieurs groupes d’assurances ont exprimé leurs intérêts pour la mise en place de compagnies spécialisées dans l’assurance islamique Takaful ou juste l’ouverture d’une fenêtre de leur activité dédiée à cette nouvelle activité.
لفاكتلا 1
ةعيرشلا 2
http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/The_World_Takaful_Report_2012/$FILE/Ernst%20&%20You
ng's%20The%20World%20Takaful%20Report%202012.pdf
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La compagnie « Zitouna Takaful » a obtenu à la fin du mois de janvier 2010 un agrément pour la création d’une compagnie d’assurances islamiques Takaful. La compagnie de réassurance Tunis-Re à son tour a procédé par la création d’une cellule dédiée à la réassurance Takaful l’année d’après, soit en janvier 2011. Au début de l’année 2013, deux nouvelles compagnies d’assurance Takaful vont être crées avec la contribution d’un groupe de sociétés d’assurance classiques et de banques islamiques Tunisiennes et étrangères, et attendent juste l’autorisation du ministre des finances pour devenir opérationnelles. Ces deux compagnies auront pour dénomination Attakafulia et Al Amana Takaful. 4
L’assurance islamique Takaful présente certaines spécificités par rapport à l’assurance conventionnelle puisqu’elle doit être conforme aux règles et principes islamiques (Sharia) qui interdisent tous types de spéculations et d’incertitudes (Gharar 5 ), les jeux d’argent (Maisar 6 ), l’usure (Riba 7 ) et puisqu’elle est structurée au tour de concepts telle que l’aide mutuelle (Taawun 8 ) et la donation (Tabarru’ 9 ).
Dans ce type d’assurance, les contributions reçues des participants sont traitées comme des donations qui serviront à la constitution d’un fond pour honorer les obligations notamment le paiement des sinistres.
L’opérateur dans une assurance islamique Takaful peut gérer le fond en contrepartie d’une commission pour gérance (Wakala 10 ) ou bien une participation dans le résultat (Moudharaba 11 ) ou bien une combinaison entre les deux.
Dans le cas où les contributions s’avèrent insuffisantes pour la couverture des sinistres, un crédit sans intérêts (Qardh Hasan 12 ) doit être octroyé par le gestionnaire du fond pour l’alimentation du fond des participants.
4 http://www.babnet.net/cadredetail-61462.asp
رارغلا 5 رسيملا 6 ابرلا 7 نواعتلا 8 ؤربتلا 9 ةلاكولا 10 ةبراضملا 11 نسحلا ضرقلا 12
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Il nous a semblé intéressant à travers ce mémoire d’explorer les différences conceptuelles, comptables et celle relatives au reporting entre les compagnies d’assurance islamique Takaful Non-Vie et les compagnies d’assurance conventionnelles Non-Vie et ce dans le contexte Tunisien.
Il est nécessaire de préciser que dans le cadre de ce mémoire, notre intérêt porte seulement sur l’assurance islamique Takaful non vie. Nous n’allons pas nous intéresser aux spécificités relatives à la présentation des états financiers dans le cadre de l’assurance islamique Takaful Vie, connue généralement sous le nom de la Family Takaful. Ce choix est expliqué par la différence conceptuelle entre ces deux types d’assurances Takaful qui génèrent des traitements juridiques et comptables différents. L’utilisation du mot Takaful tout au long de ce mémoire fera référence au Takaful Non-Vie dit aussi « General Takaful ».
L’étude que nous mènerons à travers ce mémoire nous conduira à s’interroger sur un certain nombre de points :
- Quelles sont les principales particularités de l’assurance islamique Takaful ?
- Quel est le cadre réglementaire et comptable applicable au Takaful en Tunisie ?
- Quels sont les préalables à la préparation des états financiers dans une compagnie d’assurance islamique Takaful ?
- Compte tenu des spécificités conceptuelles et comptables de l’assurance islamique Takaful, quelle démarche faut-il suivre pour la préparation des états financiers et qu’elle modèle faudra il retenir pour leur présentation ?
Pour répondre à l’ensemble de ces questions, nous avons choisi de traiter le sujet en deux parties.
La première partie vise à étudier les particularités de l’activité d’assurance islamique Takaful ainsi que les cadres réglementaires et comptables qui existent en Tunisie et leurs applicabilités au Takaful.
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Le premier chapitre de cette partie présente l’environnement général de l’assurance islamique Takaful et étaye les particularités de cette activité. Ce chapitre aura pour objectif de faciliter la compréhension des spécificités du Takaful.
Le deuxième chapitre de cette partie traitera du cadre réglementaire et comptable applicable aux sociétés d’assurance en Tunisie ainsi que selon certains normalisateurs internationaux notamment l’IASB (International Accounting Standard Board) et l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions). L’objectif de ce chapitre étant d’étudier les traitements prévus par ces normalisateurs ainsi que leurs limites face à l’assurance islamique Takaful.
La deuxième partie traitera des règles à suivre pour optimiser la préparation des états financiers dans une compagnie d’assurance islamique Takaful.
Le premier chapitre portera sur les préalables à la préparation des états financiers d’une compagnie d’assurance islamique Takaful.
La nécessité de la compréhension des conventions et principes comptables est évidente pour la préparation d’états financiers reflétant la réalité économique et financière de la compagnie.
Sur le même ordre d’importance, et compte tenu de la complexité de l’activité d’assurance en général et du Takaful plus spécifiquement, la mise en place de règles de bonne gouvernance est d’une importance accrue pour une bonne préparation des états financiers.
En effet, il est indispensable d’adopter une approche structurée afin de réussir la préparation des états financiers.
Le deuxième chapitre de cette partie sera consacré à l’étude des modalités de présentation des états financiers dans une compagnie d’assurance islamique Takaful.
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Les principales particularités de l’assurance islamique « Takaful Non Vie» et son cadre réglementaire et comptable
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La comptabilité et le reporting dans une activité d’assurance islamique Takaful doivent refléter la relation spéciale qui existe entre l’opérateur et les participants, qui s’avère relativement différente par rapport à l’assurance conventionnelle.
Dans une activité d’assurance islamique Takaful, les principes, les méthodes et les techniques comptables utilisés ainsi que le contenu des états financiers et leurs formats de présentation doivent être en conformité avec l’esprit de justice qui représente le thème central du Takaful et un des objectifs principaux de la Sharia.
L’une des spécificités majeures de l’activité d’assurance islamique Takaful par rapport à celle dite conventionnelle est que cette première est considérée comme copropriété des participants qui conviennent de prendre à leurs charges le risque relatif à l’activité mais aussi le partage de tout surplus ou déficit qui en découle.
Les compagnies d’assurance Takaful sont dotées de deux fonds distincts. Le premier est relatif au fond des participants (Policyholders Fund) alors que le second est relatif au fond de l’opérateur (Shareholders Fund).
Le fond des participants représente les opérations d’assurance de la compagnie et fournis les liquidités pour couvrir les charges techniques alors que le fond du gestionnaire fournit le capital requis pour la gestion quotidienne de cette même compagnie et la couverture des frais généraux.
Le fond des participants peut s’avérer insuffisant et ne pas couvrir les engagements techniques, alors dans ce cas, le gestionnaire du fond devra fournir un emprunt sans intérêts (Qardh Hasan) en attendant qu’il redevienne excédentaire.
Le gestionnaire du fond a l’obligation d’assurer que tous les aspects des opérations sont conformes avec les principes de la Sharia par la mise en place d’un comité de conseil
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religieux indépendant composé de plusieurs membres ayant une expertise dans les domaines de la loi islamique et de la finance.
Compte tenu de cette forte spécificité, les aspects comptables et le reporting du Takaful semblent être un sujet sensible et toujours ouvert au débat.
C’est aussi un sujet d’une importance fondamentale dans le contexte Tunisien où l’absence de normes comptables locales spécifiques à l’assurance islamique fait face à l’arrivée sur le marché de nouveaux opérateurs appliquant le Takaful.
Les définitions et règles de comptabilisations présentées par les normes comptables Tunisiennes relatives aux contrats d’assurance peuvent ne pas traduire les spécificités de l’assurance. De même, le code des assurances Tunisien, dans son état actuel, peut s’avérer insuffisant pour encadrer les opérations des compagnies d’assurance Takaful.
Sur le plan international, l’International Accounting Standard Board (IASB) n’a pas promulgué, à ce jour, de normes IFRS (International Financial Reporting Standards) spécifiques à l’assurance islamique Takaful. Toutefois, de son côté, l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI) considérée comme un des pionniers de la normalisation comptable islamique s’est intéressé au domaine du Takaful et a promulgué trois normes comptables relatives à l’assurance islamique Takaful à savoir les Financial Accounting Standards FAS 12, FAS 13 et FAS 15.
Comme indiqué dans l’introduction générale, nous allons étudier dans cette partie les particularités de l’activité d’assurance islamique Takaful ainsi que les cadres réglementaires et comptables qui existent en Tunisie et leurs applicabilités au Takaful.
Dans le premier chapitre de cette partie, nous allons définir l’assurance islamique Takaful, présenter son historique de développement et étudier ses particularités.
Dans le deuxième chapitre de cette partie, nous allons traiter les cadres réglementaires et comptables applicables aux compagnies d’assurances en Tunisie et nous allons étudier la possibilité de leurs applications au Takaful.
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Nous nous intéresserons aussi aux différents référentiels internationaux ayant traité de l’assurance islamique Takaful.
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Chapitre I : Les fondements de base de l’assurance islamique Takaful Non-Vie et les particularités de l’activité
L’assurance Takaful est un modèle d’assurance islamique basé sur les principes d’assistance mutuelle et de contribution volontaire. Ce modèle implique la séparation des fonds des actionnaires et des assurés, la distribution des bénéfices techniques aux assurés, la conformité des actifs à la Sharia ainsi que la certification par le conseil de la Sharia. Les modèles d’exploitation diffèrent selon la manière dont se répartissent les bénéfices techniques entre l’assureur et ses assurés. 13
De cette définition ressort une certaine similitude avec concept mutualiste : Le principe sur lequel repose l’assurance Takaful s’inscrit dans la logique de la mutualité. L’assuré paie une contribution à l’assureur qui peut être assimilée à une donation. En contrepartie, l’assureur s’engage à compenser la perte subie par l’assuré si l’événement redouté, objet du contrat, se produit.
La différence est que si l’événement ne survient pas, l’assuré sera en droit de recevoir une partie de ce qu’il a versé initialement. En fait, c’est la collectivité des assurés qui bénéficie de ce droit : la totalité des donations est mutualisée, comme le sont les sinistres.
La définition ci-dessus met aussi en avant le principe de séparation des fonds. En effet, dans une compagnie d’assurance Takaful, on retrouve nécessairement deux fonds séparés :
le gestionnaire du fond (Shareholder’s Fund) et le fond des participants (Policyholder’s Fund).
13 Cheikh A.Qurradaghi (2011): « L’assurance islamique, étude des fondements juridiques, approche comparative avec les assurances commerciales et cas pratiques » éditions Bayane, France.
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Les souscripteurs ont droit aux bénéfices obtenus via les opérations d’assurance (à savoir les bénéfices de souscription ainsi que tout le revenu des placements du fond des participants).
Le fond du gestionnaire fournit le capital nécessaire pour la gestion quotidienne de cette même compagnie et la couverture des frais généraux. Le fond des participants peut s’avérer insuffisant et ne pas couvrir les engagements techniques, alors dans ce cas, le gestionnaire du fond devra fournir un emprunt sans intérêts (Qardh Hasan) en attendant qu’il redevienne excédentaire.
Le troisième principe annoncé par la définition de l’assurance Takaful a mis en exergue l’obligation qui pèse sur le gestionnaire du fond de s’assurer que tous les aspects des opérations soient conformes avec les principes de la Sharia par la mise en place d’un comité de conseil religieux indépendant composé de plusieurs membres ayant une expertise dans les domaines de la loi islamique et de la finance.
Le Ta’awun, le Tabarru’, la Moudharaba, La Wakala …, etc. sont des concepts justifiés par la Sharia et employés par le Takaful.
Dans une seconde définition, l’assurance Islamique Takaful est présentée comme un système de protection financière islamique qui implique un régime de garantie commun pour fournir des indemnisations contre le risque pur résultant d’une circonstance inattendue de perte ou de dommage pour un assuré de sa vie ou sa propriété. 14
Cette seconde définition reprend les principes énoncés par la première en mettant en avant le principe du partage coopératif du risque et de la donation qui constituent les principales différences entre l’assurance islamique Takaful et l’assurance conventionnelle.
La principale différence conceptuelle entre l’assurance islamique Takaful et l’assurance conventionnelle est que les risques dans le Takaful ne sont pas échangés par la voie du paiement d’une contribution pour les opérateurs. 15
14 Dr M. Ma’Sum Billah, (2003) « Islamic Insurance: Takaful », IIMIAH Publishers, Malaysia. 15 Omar.F & Dawood Y.T (2000) “Prospects for evolution of Takaful in the 21st century”, Malaysia
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L’importance de la répartition du risque dans le cadre de l’assurance islamique Takaful illustre donc l’une des différences fondamentales avec l’assurance conventionnelle.
En effet, alors qu’un assureur conventionnel cherche à minimiser au maximum le risque lié à une opération d’assurance, il est au contraire primordial pour l’opérateur dans le cas du mode de gestion Al Moudharaba d’une compagnie d’assurance Takaful d’assumer un tel risque afin d’assurer la compatibilité avec la Sharia.
Dans le mode de gestion Al Wakala, les opérateurs ne vendent pas et les participants n’achètent pas une couverture contre le risque. En effet, les opérateurs ne supportent et ne couvrent aucun risque des participants, au contraire, les risques sont répartis entre les participants lesquels s’engagent à assumer conjointement les risques. 16
C’est dans ce sens que les opérateurs sont juste considérés comme des intermédiaires ou des gestionnaires qui gèrent les fonds Takaful au nom des participants. En tant que gestionnaire du fond, les contributions versées par les participants sont considérées comme un passif ainsi, tous les droits sur ce fond demeurent éligibles aux participants.
Les modes de gestion Al Moudharaba et Al Wakala sont définis dans la 3 ème section du deuxième paragraphe qui suit.
16 Maysami, R. C. and Kwon, W. J. (1999), An analysis of Islamic Takaful insurance- a cooperative insurance mechanism. Journal of Insurance Regulation 18: 109–132.
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L’assurance a existé depuis de nombreux siècles, certains historiens retracent son origine au code d’Hammourabi au deuxième millénaire avant J.C. Les habitants de Babylone de cette période ont développé un système d’assurance similaire à celui de l’assurance marine moderne de nos jours.
Après mille ans, la mutualisation a été créée par les habitants de Rhodes. Les marchands devaient rembourser les pertes subies par les autres commerçants victimes de tempêtes. Les marchandises sont financées par un tiers, qui sera remboursé avec intérêt, s’il n’y a pas de sinistres. Dans le cas contraire, celui-ci ne sera pas remboursé. 17
En islam, il ne s’agit pas d’un nouveau concept. Pour les érudits musulmans, l’institution de la Diyah 18 (prix du sang) était le précurseur des relations d’assurance dans le monde musulman. 19
L’obligation de payer la Diyah repose sur la famille dite Aqilah 20 de l’assassin qui paye le prix du sang aux héritiers du membre assassiné de l’autre tribu. S’ils ne procèdent pas au paiement, les proches de la victime auront droit à la vengeance. C’est la raison pour laquelle le paiement était assuré par la tribu entière à partir d’un fond spécial.
De cette façon, le meurtrier était exempté des poursuites pénales, même si sa famille était dans l’incapacité de fournir la compensation nécessaire et ce grâce à l’esprit coopératif de la tribu.
17 Jacky.L (2010) “History, Progress and Future Challenge of Islamic Insurance (Takaful) In Malaysia, Oxford Business & Economics Conference Program, St. Hugh’s College, Oxford University, Oxford, UK. ةيدلا 18
19 Ma’sum Billah, (2000) « Quantum of damages in Takaful: The possibilities of adoption of the doctrine of Al-Diyah and Al Dhaman, a reappraisal » Journal of Islamic Banking and Finance 17, no. 1. Pakistan.
ةليقعلا 20
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Le développement de l’assurance dans sa forme moderne dans le monde Musulman est lié au nom de l’érudit Hanafite Ibn Abidin (1784-1836) auteur du livre « La réponse aux égarés ».
Ibn Abidin a décrit le cas d’un commerçant qui a loué un navire auprès d’un armateur. En plus du fret, le marchand a payé une somme d’argent dite « Sukra» 21 (prime) et ce pour être indemnisé par l’armateur en cas de survenance d’un accident durant le voyage.
L’assurance moderne peut être retracée depuis le XVII siècle quand Edward Lloyd eu l'idée d'assurer le commerce maritime britannique par la constitution de contrats d'assurance des navires et de leurs cargaisons. Tous les équipages payaient une mutualisation des risques de naufrage qui servait à indemniser ceux qui avaient rencontré des difficultés et avaient perdu la totalité ou une partie de leur cargaison. 22
A partir du XIX siècle, les musulmans ont commencé à utiliser les compagnies d’assurance étrangères et ont également ouvert les leurs qui cependant, n’étaient pas conformes à la Sharia.
De nombreux économistes s’accordent à considérer comme véritable date de naissance de la Finance Islamique moderne le début des années 1970, au carrefour de la montée du panislamisme et du boom pétrolier. Selon certains observateurs, le développement spectaculaire de la Finance Islamique à partir des années 1970 est une conséquence directe de la mise en exploitation des gisements du pétrole dans le Golfe Persique et des richesses que cette industrie a générées.
En 1970, la création de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) regroupant un grand nombre de pays musulmans remet les préceptes économiques de l’Islam à l’ordre du jour. 23
هركسلا 21
22 Paul Govar (1904) « L’assurance Maritime Anglaise » UK.
23 E,Jouini & Pastré, O (2008) « Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de Paris » Paris Europlace, France.
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En 1976, le premier congrès international en finances islamiques a été tenu à la Mecque ou étaient présents plus que 200 juristes islamiques et économistes. Ils se sont entendus sur cette décision : « La conférence estime que le contrat d’assurance commerciale tel que pratiqué par les compagnies d’assurance commerciales n’est pas conforme aux principes de mutualité et de solidarité de la Sharia ce qui le rend invalide et inacceptable ». 24
Durant les années qui suivent, il y’a eu un raz-de-marée d’activité ayant pour objectif de mettre en place un système d’assurance en respect des principes et concepts généralement admis de la Sharia.
En 1979, apparaît ainsi la première compagnie d’assurances islamique, « Islamic Insurance Company of Soudan » mais ce n’est qu'en 1984 que les Malaisiens vont prendre le relais et lancer le Takaful qui va connaître un certain essor.
24 Syed.K (1993) : « Islamization of Insurance A Religio Legal Experiment in Malaysia Religion and Law Review, Vol-2, Issue-I, Yr, Malaysia. P22.
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2 éme Section : Les particularités de l’assurance islamique Takaful Non-Vie comparée à l’assurance conventionnelle
« Dans la tradition musulmane, l’aspect temporel de l’activité humaine est régi par les règles de la Sharia qui sont tirées de cinq sources :
- Le Coran, le livre sacré des musulmans et la source principale du Droit Islamique ;
- La Sunna, 25 ce terme désignant l’ensemble des dires et des actions du Prophète ainsi que son approbation des dires et des pratiques de quelqu’un d’autre ;
- Les Quyas 26 , ou l’analogie, une forme de raisonnement utilisée par les juristes musulmans pour déterminer la solution à un problème de droit (fiqh 27 ) non prévu par les textes du Coran et de la Sunna ;
- L’Ijtihad 28 , qui est l’effort de réflexion personnelle basée sur les principes généraux de l’Islam. Il est pratiqué par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants) ;
- L’Ijma 29 , procédure juridique dans le droit musulman qui essaie d’établir une règle en se basant sur un consensus des spécialistes du domaine dont il est question. Une règle de droit prise par ce procédé ne peut en aucun cas contredire le Coran ou la Sunna ». 30
L’activité économique des musulmans, au même titre que leur activité politique et sociale, doit être conforme à ces normes. Ainsi, un système financier islamique, tout en intégrant
ةنسلا 25 سايقلا 26 هقفلا 27 داھتج ا 28 عامج ا 29
30 Dr Mbadiffo.R: « Comparaison des banques classiques-banques islamiques », Benin
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des objectifs de rentabilité et d’efficacité, se doit de respecter l’ensemble des principes éthiques de la Sharia. 31
L'Islam n'est donc pas contre le concept de l'assurance lui-même, mais contre certains moyens et méthodes actuellement utilisés dans l'assurance conventionnelle. 32
Ce terme vient du verbe « raba 33 » qui signifie « augmenter ». Il désigne donc une augmentation de valeur et correspond à deux notions bien distinctes dans la terminologie de la Finance Occidentale : l’usure et le taux d’intérêt. Le Coran interdit explicitement, à plusieurs reprises, la pratique de la riba.
« … O les croyants ! Craignez Allah ; renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants ». Coran, Sourate 2, verset 278. 34
Sur un autre plan, le débat sur la licité de la pratique de l’intérêt n’est pas aussi étranger à l’économie occidentale où plusieurs philosophes et économistes, à commencer par Aristote, ont pris position sur ce problème. De son côté, la tradition judéo-chrétienne a fait une distinction claire entre usure et intérêt, et, si, aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, la première est condamnée, le second est accepté. En revanche, l’islam condamne tout taux d’intérêt, qu’il soit usuraire ou non. La perception d’une rémunération fixe, fonction uniquement de l’écoulement du temps et complètement déconnectée de la rentabilité réelle du projet d’investissement sous-jacent, est contraire à l’éthique musulmane, car considérée comme socialement destructrice. 35
Dans les économies occidentales, la monnaie remplit en même temps un rôle d’instrument d’échange et un instrument de transfert de valeur dans le temps mais selon la logique de la philosophie musulmane, l’argent n’est qu’un simple instrument nécessaire pour créer de la
31 E,Jouini & Pastré, O (2008) « Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de Paris » Page 24 Paris Europlace, France.
32 Islamic financial services board & International Association of insurance supervisors, (August 2006) « Issues in regulation and supervision of Takaful »
ىبر 33 نينمؤم متنك نإ ىبرلا نم يقب ام اورذ و ﷲ اوقتا اونما نيذلا اھيأي 34
35 E,Jouini & Pastré, O 2008 « Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de Paris » Page 26 Paris Europlace, France.
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valeur réelle et pour faciliter les échanges et ne doit en aucun cas devenir l’objet de l’échange en soi. 36
Le Concept d’intérêt existe dans les produits de l’assurance-vie traditionnelle. A la mort de l’assuré, ses bénéficiaires obtiennent plus que ce qu’il a payé.
Les fonds de l’assurance investis dans les moyens de financements, (telles que les obligations et les actions) contiennent un élément du «Riba».
La Sharia encourage la prise du risque, mais elle interdit l’incertitude dans les termes d’une relation contractuelle. La spéculation est ainsi condamnée.
Plusieurs auteurs considèrent que l’assurance conventionnelle telle qu’on la connaît ne peut pas être conforme à la Sharia du fait qu’elle se base sur une prohibition de l’Islam soit Al Maisar.
En effet, dans une assurance conventionnelle, l’assuré paie une petite somme dans l’espoir de faire une grosse. L’assuré peut aussi perdre l’argent payé comme prime d’assurance au cas où l’événement assuré ne se produit pas.
Parallèlement, la compagnie d’assurance sera déficitaire si les montants des sinistres dépassent les primes payées. 37
La prohibition de la spéculation a trait à la condamnation du Gharar par l’éthique musulmane.
36 El Gamal, M., (June 2000) “A basic guide to contemporary Islamic banking and finance », ISNA Islamic Banking and Finance Series, Rice University Houston, P4, USA
37 Lezoul, M, Octobre 2009 « Takaful, Assurance islamique comme alternative à l’assurance traditionnelle » Université Oran. Algérie.
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La notion de Gharar se rapporte à tout échange dans lequel il y a un ou plusieurs éléments de déception, soit à cause de l’ignorance sur les biens ou les prix, soit à cause d’une fausse description des biens. Cela comprend donc les échanges de marchandises que le vendeur n’est pas en position de livrer mais aussi les contrats qui dépendent d’un événement imprévisible. L’objet de l’échange ne doit pas nécessairement exister au moment de la signature de contrat (ainsi la vente à terme, en tant que telle, n’est pas condamnée). La transaction est en conflit avec les principes de la Sharia uniquement si les termes de l’échange sont conditionnels à un événement futur incertain, hors de contrôle des parties prenantes. 38
Un financement islamique ne peut avoir pour objet un investissement dans une activité interdite par la Sharia. Aucun investissement ne peut ainsi être réalisé par un financier islamique dès lors qu’il porte sur des produits Haram 39 ou des activités illicites telles que l’alcool, l’armement, la viande porcine, la pornographie ou les jeux de hasard. 40
Est donc interdit, tout investissement lié aux secteurs suivants :
- L’industrie du tabac ;
- La pornographie ;
- L’industrie de l’alcool et du vin ;
- Le secteur des jeux de hasard ;
- L’industrie porcine et l’alimentaire non licite ;
- L’industrie des armes ;
38 E,Jouini & Pastré, O (2008) « Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de Paris » Page 27 Paris Europlace. France.
مارحلا 39
40 H, Smith (2009) « Guide de la finance islamique » P2, Herbert Smith LLP. France.
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- Le secteur bancaire (Excepté le secteur bancaire islamique) ;
- Le secteur de l’assurance (Excepté le secteur du Takaful : assurance mutuelle islamique) ;
- Le secteur du divertissement (Excepté celle qui respecte les bonnes mœurs).
Il est intéressant de voir qu’un concept similaire existe déjà en Europe et aux Etats Unis connu plutôt sous le nom d’Investissement socialement responsable. Dès 1760, John Wesley, fondateur du méthodisme, a insisté sur le lien entre éthique et utilisation d’argent.
Aux Etats-Unis, le Pioneer Fund, lancé en 1928 par le conseil fédéral des églises américaines a exclu de ses investissements les sociétés dont les activités étaient en relation avec l’alcool, le tabac et la pornographie.
En Europe, le premier produit d’investissement étique a été lancé par une association Suédoise de lutte contre l’alcoolisme. 41
Le concept de partage du risque dans l’assurance islamique Takaful se rapproche dans une certaine mesure du partage du risque dans une mutuelle d’assurance conventionnelle. Il s’agit d’un partage mutuel du risque fondé sur le concept de Taawun.
La différence entre l'assurance Takaful et l’assurance conventionnelle réside dans la façon dont le risque est évalué et traité. Comme on a déjà expliqué dans les paragraphes précédents, Al Gharar (incertitude), le Maisar (Jeux d’hasards), le Riba (intérêts) ne sont pas admis par l’assurance islamique Takaful.
41 Hobeika.S (2009) « Finance Islamique et ISR : convergence possible ? » Note de travail, P4, Novéthic France.
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Conformément au concept de l’assurance islamique Takaful, il n'y a pas de transfert des risques des participants à l'opérateur du fond, les risques sont partagés entre les participants avec un principe de garantie mutuelle.
Dans l'assurance conventionnelle, l'assurance est un mécanisme de transfert du risque par lequel une organisation ou des personnes peuvent échanger leurs Incertitudes contre de la certitude. L’expérience de l’incertitude comprendrait si la perte se produira ou pas, quand est ce qu’elle aura lieu, sa gravité ainsi que sa fréquence dans l'année. L'assurance offre donc la possibilité d'échanger l’incertitude contre la prime d'assurance. 42
Ce qui n'est pas autorisé ce n’est pas le risque en soi-même, mais plutôt la vente ou l'échange du risque ou le transfert du risque à une tierce partie dans le cadre d’un contrat de vente alors que l’entraide entre les personnes dans n'importe quelle situation, y compris le cas de malheur ou péril est fortement encouragée dans l'enseignement islamique. 43
Les schémas numéros 1 et 2 ci-dessous démontrent les différences conceptuelles qui existent entre l'assurance conventionnelle (transfert de risque) et l’assurance islamique Takaful (partage des risques).
42 M.Iqbal (2011) « General Takaful practice: Technical approach to eliminate Gharar (uncertainty), Maisar (Gambling) and Riba (Usury) » P31, Gema Insani edition, Indonesia.
43 M. Iqbal (2011) « General Takaful practice: Technical approach to eliminate Gharar (uncertainty), Maisar (Gambling) and Riba (Usury) » P6, Gema Insani edition, Indonesia.
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Schéma 1 : Transfert du risque dans une assurance conventionnelle
Schéma 2 : Transfert du risque dans une assurance Islamique Takaful
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Selon certains, « la finance islamique serait une et indivisible. En réalité, rien n’est moins homogène que l’univers de la finance islamique. Et ce à un double titre. D’abord parce qu’elle donne une place prépondérante à la jurisprudence. Il n’existe pas une définition unique et unanimement acceptée des produits conformes à la Sharia. Tout est donc question d’interprétation, d’où l’importance des comités de la Sharia ou aussi Sharia Boards ». 44
Selon l’Islamic Financial Services Board (IFSB) et l’International Association of Insurance Supervisors, le principe de base international (ICP) n°3 ajusté pour les besoins des compagnies d’assurance Takaful stipule que « le conseil de la Sharia :
- Dispose des pouvoirs nécessaires, la protection juridique et financières nécessaires pour exercer ses fonctions et ses pouvoirs ;
- Est indépendant et responsable dans l’accomplissement de ses fonctions et de ses pouvoirs ;
- Dispose du pouvoir pour embaucher, former et maintenir le personnel hautement qualifié qu’il juge suffisant et ce dans le respect du secret professionnel ». 45
Le rôle des membres du conseil de la Sharia est d’examiner les opérations Takaful, de veiller au développement des produits d’assurance islamique et d’en déterminer leur conformité à la Sharia.
En effet, le conseil de la Sharia intervient sur la conception des produits et certifie la légalité coranique.
44 E,Jouini & Pastré, O (2008) « Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de Paris » Page 17 Paris Europlace. 45 International Core Principal ICP 3 « The supervisory authority:
• has adequate powers, legal protection and financial resources to exercise its functions and powers;
• is operationally independent and accountable in the exercise of its functions and powers;
• hires, trains and maintains sufficient staff with high professional standards; and treats confidential
information appropriately ».
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Il certifie également les opérations et le fonctionnement de la compagnie Takaful et détermine le montant des commissions et il purifie les retours d’investissements en y retranchant la part éventuelle de revenus résultant d’opérations illicites réalisées de façon secondaire pour l’offrir à une cause charitable.
Le conseil de la Sharia doit être indépendant de toute influence du management pour veiller à l’établissement de son rôle dans les meilleures conditions étant donné la grande responsabilité qu’il porte.
Les conseils de la Sharia peuvent être internes à la société d’assurance islamique comme c’est le cas dans les pays du golfe ou centralisés au niveau d’un pays, comme en Malaisie. Un conseil national offre l’avantage de publier des « Fatwas 46 » incontestés permettant aux conseils particuliers de prendre leurs propres décisions et de les défendre le cas échéant, cependant, chaque conseil garde son autonomie.
Le management de la compagnie d’assurance Takaful doit rendre compte périodiquement au conseil de la Sharia lequel aura à donner une certification sur la conformité des investissements entrepris et des activités par rapport aux exigences de la Sharia.
Le conseil de la Sharia est composé de trois membres au minimum qui doivent être dotés d’une large connaissance des règles coraniques et du domaine de la jurisprudence appliquée aux transactions financières et actuaires.
Le principe de la prise de décision collective est très important du fait de la complexité de la finance moderne et des répercutions des décisions prises par le conseil de la Sharia sur les activités de la compagnie d’assurance Takaful.
Dans le monde islamique ou l’organisation religieuse n’est pas hiérarchisée comme celle de l’église catholique, on assiste à des variations sensibles : Les conseils de la Sharia d’Asie sud-est sont ainsi réputés plus souples que ceux des pays du golfe, ce que l’un autorise, l’autre peut interdire.
ىوتفلا 46
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Enfin, en matière de conseil de la Sharia, les institutions financières islamiques doivent faire face à un autre problème de taille : la rareté du capital humain. Il y a moins d’une centaine de spécialistes de la Sharia dans le monde suffisamment formés et compétents pour siéger dans un conseil de la Sharia.
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Il n'existe pas de modèle d'exploitation unique pour les entreprises Takaful, car chaque pays dispose de son modèle préféré. Toutefois, les modèles les plus couramment utilisés sont Al Moudharaba, Al Wakala et le modèle hybride. On retrouve aussi le modèle Al Waqf développé surtout au Pakistan et en Afrique du Sud.
Le modèle de Moudharaba est essentiellement un modèle de partage des profits entre l’opérateur Takaful et les participants.
L’opérateur Takaful gère le fond en échange d’une part de l’excédent en matière de souscription et une part des bénéfices de l’investissement ce qui l’incite à se montrer efficace en terme de souscription et de placements.
L’opération Takaful peut donc être envisagée comme une joint-venture entre l’opérateur et les membres individuels d’un groupe de participants qui désirent se garantir réciproquement contre les pertes ou les dommages qui pourraient leurs êtres infligés.
Par ce principe, l’entrepreneur ou Al Moudhareb (l’opérateur Takaful) accepte le paiement des versements ou des contributions Takaful des fournisseurs de capitaux (les participants Takaful) agissant comme Ashab Al Maal. 47 Il s’engage aussi à octroyer un prêt sans intérêts dit (Qardh Hasan) au fond des preneurs d’assurance si un déficit est constaté.
Le contrat spécifie comment l’excédent des opérations Takaful gérés par l’opérateur doit être partagé dans le respect du principe d’Al Moudharaba entre les participants et l’opérateur Takaful.
Le partage de ce profit peut ses faire selon un ratio de 50/50, 60/40 ou autrement selon ce qui a été convenu initialement entre les parties contractantes.
لاملا باحصا 47
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En vertu des principes de la Moudharaba, l’opérateur en tant que Moudhareb 48 ne peut pas facturer des frais de gestion au fond Takaful.
Le schéma ci-dessous présente le fonctionnement du modèle d’Al Moudharaba
Source : PriceWaterHouseCoopers LLP 49
Le modèle d’Al Wakala est un contrat d’agence qui remplace le partage de l’excèdent disponible par la commission de performance. L’opérateur Takaful agit dans ce modèle comme agent (Wakil 50 ) pour les participants et gère le fond en échange d’une redevance définie.
Ce modèle est semblable à celui d’un fond commun de placement dans la mesure ou l’opérateur reçoit une commission fixe convenue à l’avance et soumise à l’approbation du conseil de la Sharia, proportionnelle aux contributions versées par les participants (souvent entre 15% et 25%).
براضملا 48
49 PriceWaterHouseCoopers (2008) “Takaful growth opportunities in a dynamic market” P5, UK.
ليكولا 50
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En vertu du principe Al Wakala, l’opérateur étant agent des participants ne peut recevoir ni les bénéfices techniques, ni ceux des placements et ne peut encourir aucune perte technique ni des placements.
L’engagement d’octroyer un prêt sans intérêts dit (Qardh Al Hasan) au fond des preneurs d’assurance si un déficit est constaté demeure valable dans le modèle d’Al Wakala.
Le schéma ci-dessous présente le fonctionnement du modèle d’Al Wakala :
Source : PriceWaterHouseCoopers LLP 51
La majorité des récentes compagnies d’assurance Takaful au moyen orient et en Malaisie, ont adopté un modèle dit hybride. Ce modèle est une combinaison des modèles Al Moudharaba et Al Wakala.
Selon ce modèle, l’opérateur reçoit une part fixée à l’avance des contributions versées par les participants, puis une part des plus-values générées par les activités de placements.
51 PriceWaterHouseCoopers (2008) “Takaful growth opportunities in a dynamic market” P6, UK.
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La raison du choix de ce modèle par plusieurs compagnies d’assurances Takaful s’explique par le fait que pour des raisons de liquidités, le gestionnaire du fond préfère accélérer la reconnaissance des revenus et ce par le moyen d’un pourcentage dans les contributions payées généralement au début de l’année plutôt que d’attendre la fin de l’année date de la déclaration des résultats.
Certaines autorités de réglementation financière et des organisations internationales telles que L’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI) recommandent le modèle hybride qui permet de tirer parti des points forts des deux modèles : Wakala pour la gestion technique et Moudharaba pour l’investissement.
Le modèle Waqf 52 prévoit la contribution de l’opérateur Takaful par le moyen du versement d’une contribution initiale au fond Waqf.
Les participants doivent verser à leurs tours des contributions supplémentaires qui seront ensuite utilisées pour régler les sinistres.
Le fond Waqf a pour objectif :
- L’apport d’une aide financière à ses participants en cas de sinistres ;
- L’extension des avantages aux participants dans le respect du principe Waqf;
- L’octroi des dons aux organismes de bienfaisance approuvés par le conseil de la Sharia.
فقولا 52
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Le modèle Waqf présente certaines similitudes avec le modèle Al Wakala puisque l’opérateur reçoit une commission de souscription fixe quant aux assurés, ils reçoivent les montants restants dans le fond Waqf lorsque tous les sinistres seront réglés.
Le schéma ci-dessous présente le fonctionnement du modèle du Waqf :
Source : PriceWaterHouseCoopers LLP 53
53 PriceWaterHouseCoopers (2008) “Takaful growth opportunities in a dynamic market” P7, UK
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Chapitre II : Le cadre réglementaire et comptable pour l’assurance islamique Takaful Non-Vie
Le secteur des assurances a connu en Tunisie une réforme générale en 2002 qui s’est intéressée au développement du cadre législatif et règlementaire, la mise à niveau des compagnies d’assurances et l’amélioration de l’environnement par la promulgation de nouvelles dispositions.
Actuellement, les principaux textes qui constituent le cadre règlementaire en Tunisie sont les suivants :
- La Loi n° 92-24 du 9 mars 1992, portant promulgation du code des assurances ;
- La Loi n° 2002-37 du 01 Avril 2002, modifiant et complétant le code des assurances;
- La loi n° 2008-8 du 13 Février 2008 modifiant et complétant le code des assurances ;
- Le Décret n° 92-2257 du 31 décembre 1992, fixant les dispositions-type des statuts des sociétés d’assurances à forme mutuelle;
- Le Décret n° 92-2258 du 31 décembre 1992, fixant la composition et les règles de fonctionnement du Conseil National des Assurances et de la Commission Consultative des Assurances;
- Le Décret n° 92-2259 du 31 décembre 1992, fixant la composition et les règles de fonctionnement de la commission prévue à l'article 71 du code des assurances;
- L’Arrêté du ministre des finances du 22 novembre 2001, fixant le modèle type des conditions générales des contrats d’assurances;
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- L’Arrêté du ministre des finances du 27 février 2001, fixant la liste, le mode de calcul des provisions techniques et les conditions de leur représentation, tel qu’il a été modifié par l’arrêté du ministre des finances du 28 mars 2005 et par l’arrêté du ministre des finances du 5 janvier 2009.
Le secteur d’assurance revêt une importance cruciale dans l’économie Tunisienne ce qui explique l’arsenal très important des lois, décrets et arrêtés promulgués qui traitent de tous les aspects liés au secteur.
Nous avons choisi d’étayer les principales particularités juridiques des sociétés d’assurances qui peuvent se résumer comme suit :
Le contrat d'assurance est la convention par laquelle une entreprise d'assurance ou assureur s'engage, en cas de réalisation du risque ou au terme fixé au contrat, à fournir à une autre personne appelée "assuré" une prestation pécuniaire en contrepartie d'une rémunération appelée prime ou cotisation. 54
Le code d’assurance indique clairement les modalités de rédaction du contrat d’assurance, sa durée ainsi que les conditions de forme à respecter.
L’arrêté du ministre des finances du 22 novembre 2001, a fixé le modèle type des conditions générales des contrats d’assurances.
L’article 48 du code des assurances stipule que « sont considérées comme "entreprises d'assurances" et soumises de ce fait à agrément, toutes les entreprises qui se livrent, à titre d'activité habituelle, à la souscription et à l'exécution de contrats d'assurances tels que définis à l'article premier du présent code.
54 Code des Assurances Tunisien Article premier Chapitre I : Dispositions générales.
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Les demandes d’agrément et les dossiers d’information sont adressés au comité qui procède à leur examen. Il est habilité à cette fin à réclamer tous les renseignements et documents qu’il juge nécessaires ».
Le ministère des finances est habilité à retirer l’agrément octroyé à la société d’assurance et ce après avis de la commission consultative des assurances et dans des cas bien spécifiques énumérés dans l’article 51 du code des assurances.
Une des conditions d’octroi de l’agrément d’exercer pour les sociétés d'assurances consiste dans le fait qu’elles doivent être de droit tunisien et qu’elles soient constituées sous l'une des formes suivantes :
- Société anonyme ;
- Société à forme mutuelle ;
- Caisse mutuelle agricole constituée conformément aux textes particuliers la régissant. 55
Le code des assurances a exclu clairement toute possibilité d’exercer sous une autre forme.
Le montant du capital social est déterminant quant à la bonne conduite des affaires de la société d’assurance notamment en ce qui concerne la couverture de ses besoins permanents.
Le montant du capital social des sociétés anonymes a été fixé par le code des assurances et il ne peut être inférieur à dix millions de dinars qui doivent être entièrement libérés.
Le capital social des sociétés anonymes, pratiquant exclusivement une catégorie d'assurance, ne peut être inférieur à trois millions de dinars entièrement libérés. 56
55 Code des assurances Tunisien Article 53 Titre II Chapitre I Formes des entreprises d'assurances et des entreprises de réassurances.
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Le fond commun des sociétés d'assurances à forme mutuelle remplace le capital social et ne peut être inférieur à un million cinq cent mille dinars.
Ce fond est alimenté des droits d'entrée acquittés par les adhérents en même temps que la première cotisation, des emprunts, des subventions, des dons et legs à la société. 57
L’objet de la société d’assurance ayant la forme de mutuelle est différent par rapport à société d’assurance classique. La société a pour objet d’établir entre ses adhérents un système mutualiste visant à les couvrir contre tous les risques dont la législation autorise la garantie. 58
L’article 55 du code des assurances définit les sociétés d'assurances à forme mutuelle comme étant des sociétés civiles à condition qu'elles garantissent à leurs adhérents, moyennant cotisation, le règlement intégral de leurs engagements en cas de réalisation des risques dont elles ont pris la charge et qu’elles répartissent leurs excédents de recettes entre leurs adhérents dans les conditions fixées par les statuts.
La marge de solvabilité correspond aux fonds propres minimums dont doit disposer tout organisme (société ou mutuelle) pour pratiquer des opérations d’assurance. Le code des assurances en Tunisie pose en la matière des règles précises.
La solvabilité d’une compagnie d’assurance correspond à son aptitude à régler ses engagements. Lorsque ses actifs sont insuffisants ou ne peuvent être réalisées en temps voulu pour régler les sinistres survenus, la compagnie devient insolvable.
56 Code des assurances Tunisien Article 54 Titre II Chapitre I Formes des entreprises d'assurances et des entreprises de réassurances.
57 Code des assurances Tunisien Article 57 Titre II Chapitre I Formes des entreprises d'assurances et des entreprises de réassurances.
58 Décret n° 92-2257 du 31 décembre 1992, fixant les dispositions-type des statuts des sociétés d’assurances à forme mutuelle : Dispositions Type des statuts des sociétés d’assurance à forme mutuelle Titre I : Article 4.
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La solvabilité d’une compagnie d’assurance est soumise à une multitude de normes prudentielles telle qu’établis par le code des sociétés d’assurances et dépend principalement de la constitution de réserves techniques suffisantes pour faire face aux engagements contractés et de l’existence des fonds propres à même de garantir la sécurité.
Le code des assurances a énoncé les éléments constitutifs de la marge de solvabilité telle que définie par l’article 58 comme suit et ce après déduction des pertes et des actifs incorporels :
- Le capital social entièrement libéré ou fond d'établissement constitué et la moitié (50%) de la fraction non libérée du capital social ;
- Les réserves légales, les réserves statutaires et les réserves facultatives ;
- Les bénéfices reportés ;
- Les plus-values résultant de la réévaluation d'éléments d'actif de l'entreprise après la couverture totale des engagements techniques et accord du comité général des assurances ;
- Autres éléments corporels pouvant être compris dans la marge de solvabilité après accord du comité général des assurances.
Les modalités de la détermination du montant minimum réglementaire de la marge de solvabilité sont énoncées dans l’article 58 bis (ajouté par l'article 3 de la loi n°2002-37 du 1 avril 2002) du code des assurances.
Dans l’article 59 du code des assurances, le législateur Tunisien a précisé que les entreprises d'assurances doivent inscrire au passif et représenter à l'actif de leur bilan les provisions techniques suffisantes pour le règlement intégral de leurs engagements vis-à-vis des assurés ou bénéficiaires de contrats.
L’Arrêté du ministre des finances du 27 février 2001, a fixé la liste, le mode de calcul des provisions techniques et les conditions de leurs représentations dans des actifs.
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L’article Premier de cet arrêté énumère les typologies des provisions techniques qu’une société d’assurance peut présenter dans son passif alors que l’article 31 du même Arrêté énumère la liste des actifs dans lesquels les provisions techniques pourront être représentées.
Le secteur d’assurance en Tunisie est un secteur important pour l’économie nationale ce qui explique la pluralité des textes qui le régissent. Conscient de cette importance, le législateur a prévu plusieurs organes de contrôle et de support aux sociétés d’assurances.
Dans ce même ordre d’idée, le ministère des finances a créé le comité général des assurances qui a pour rôle de veiller à la protection des droits des assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurance et à la solidité de l'assise financière des entreprises d’assurance et des entreprises de réassurance et leur capacité à honorer leurs engagements. 59
Les sociétés d’assurances ayant la forme juridique d’une société anonyme sont soumises au contrôle du commissaire aux comptes et ce conformément aux dispositions de l’article 260 du code des sociétés commerciales.
Les sociétés d’assurances ayant la forme de mutuelles sont elles aussi soumises au contrôle du commissaire au compte conformément à l’article 24 du décret n° 92-2257 du 31 décembre 1992, fixant les dispositions-type des statuts des sociétés d’assurances à forme mutuelle.
Les principaux organes de support sont la Fédération Tunisienne des Sociétés d’assurance et de réassurance (FTUSA) et le Conseil National des Assurances.
59 Code des assurances Tunisien Article 177 Titre VI Chapitre I : La création du Comité Général des Assurances et la fixation de son organisation et de ses missions.
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La Fédération Tunisienne des Sociétés d’assurance et de réassurance (FTUSA) procède aux études des questions intéressant la profession d’assurances et notamment les questions d’ordre technique et juridique, les accords interentreprises ou avec les partenaires de la profession, les questions statistiques et informatiques et toutes autres études ou travaux demandés par le comité directeur ou par le délégué général. 60
L'association est habilitée à soumettre à l'autorité de tutelle toute question intéressant l'ensemble de la profession. 61
Le conseil National des Assurances a pour objectif d’examiner et d’émettre son avis sur les questions dont il est saisi par le ministre des finances et notamment celles relatives à la situation du secteur et à son organisation ainsi qu’aux moyens susceptibles d’améliorer ses prestations.
Le Décret n° 92-2258 du 31 décembre 1992, a fixé la composition et les règles de fonctionnement de ce conseil.
2ème Paragraphe: Cadre comptable applicable en Tunisie aux sociétés d’assurance
La Tunisie s’est dotée d’un cadre comptable spécifique aux sociétés d’assurance et ce depuis la promulgation des nouvelles normes comptables des entreprises d’assurance et de réassurance par l’arrêté du ministre des finances du 26 Juin 2000 62 qui s’est inscrit dans le cadre de la poursuite de la poursuite de la réforme globale du système comptable Tunisien.
L’objectif principal de la mise en place de ces normes était d’harmoniser les pratiques comptables pour favoriser la comparabilité entre les sociétés d’assurances locales et étrangères.
La date d’entrée en application de ces normes comptables spécifiques au secteur d’assurance a été le 01 Janvier 2001.
60 http://www.ftusanet.org/contenu.php?id=2&lang= 61 Code des assurances Tunisien Article 91 Titre II Chapitre IV : L’organisation de la profession. 62 Journal Officiel de la République Tunisienne n° 54 du 7 juillet 2000 page 1652.
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Les normes comptables Tunisiennes spécifiques d’assurances sont au nombre de six et sont détaillées comme suit :
- La Norme comptable N° 26 traite de la préparation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance. Cette norme a pour objectif la définition des règles particulières de présentation des états financiers spécifiques aux entreprises d’assurance et/ou de réassurance ;
- La norme comptable N° 27 traite du contrôle interne et l’organisation comptable dans les entreprises d’assurance et/ou de réassurance. Cette norme a pour objectif de prescrire les règles spécifiques relatives au contrôle interne et à l'organisation comptable des entreprises d'assurance et/ou de réassurance étant donné que la norme comptable générale N° 01 a définit les règles générales qui s'appliquent à l'ensemble des entreprises compte non tenu de la nature particulière de leurs activités;
- La norme comptable N° 28 traite des revenus dans les sociétés d’assurance et/ou de réassurance. L’objectif de cette norme est de définir la façon selon laquelle ces revenus sont mesurés, le moment de leur constatation dans les états financiers de l'a société et de déterminer la nature des informations à fournir à leur sujet. Il est à noter que cette norme couvre les opérations relatives aux primes d'assurance et de réassurance;
- La norme comptable N° 29 traite des provisions techniques dans les entreprises d’assurances et/ou de réassurance. L’objectif de cette norme est de prescrire les règles de prise en compte, d'évaluation et de présentation applicables aux provisions techniques des entreprises d'assurance et/ou de réassurance. Cette norme couvre les méthodes d'évaluation ainsi que la comptabilisation à l'inventaire;
- La norme comptable N°30 traite des charges techniques dans les entreprises d’assurance et / ou de réassurance. L’objectif de cette norme est de prescrire les règles de prise en compte, d'évaluation et de présentation ainsi que le traitement comptable applicable aux opérations relatives aux charges techniques des entreprises d'assurance et/ou de réassurance;
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- La norme comptable N°31 traite des placements dans les entreprises d’assurance et / ou de réassurance. L’objectif de cette norme est de prescrire les règles de prise en compte, d'évaluation et de présentation applicables aux opérations de placements dans les entreprises d'assurance et/ou de réassurance.
Cette norme couvre les méthodes de prise en compte ainsi que la comptabilisation à l'inventaire.
Ces normes relatives à l’assurance et à la réassurance peuvent être regroupées en trois groupes : Norme relative à la présentation des états financiers (N°26), norme relative au contrôle interne (N°27) et normes techniques (N°28, 29, 30 et 31). Nous allons nous intéresser aux principaux apports relatifs à la présentation des états financiers d’une société d’assurance.
2.1 Structure et contenu des états financiers :
La présentation des états financiers d’une société d’assurance est réglementée par la norme comptable N°26. Toutefois, la plupart des règles définies par la norme comptable N°1 demeurent applicables. Du fait de la spécificité de l’activité d’assurance qui diffère sensiblement de l’activité des sociétés commerciales ou industrielles, plusieurs nouvelles règles ont été mises en place.
La présentation du bilan a été réglementée par les normes 26 et 27 du système comptable Tunisien. Elle se caractérise d’une part, par la mise en relief des provisions techniques qui représentent la dette de l’assureur envers ses assurés et d’autre part la couverture de ces engagements par des actifs telle que les placements, emprunts obligataires, actions des sociétés cotées dans des conditions bien définies ou des créances sur les réassureurs. La présentation retenue illustre l’inversion du cycle de production caractéristique de l’activité d’assurance. 63
63 Norme Comptable Tunisienne N°26 : La présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance § 6.
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Nous allons résumer ci-dessous les principales rubriques du bilan outre celle qui sont standard et ce tel que énoncées par la norme comptable N° 26.
Au niveau de l’actif :
- Placements dans les terrains et constructions;
- Placements dans les entreprises liées et participations;
- Actions et autres titres à revenu variable;
- Obligations et autres titres à revenu fixe;
- Prêts hypothécaires;
- Autres prêts;
- Dépôts auprès des établissements bancaires et financiers;
- Créances par espèces déposées auprès des entreprises cédantes;
- Placements représentant les provisions techniques afférentes aux contrats en unité de compte;
- Part des réassureurs dans les provisions techniques;
- Créances nées d’opérations d’assurance directe;
- Créances nées d’opérations de réassurance;
collectivité publique;
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- Créances sur ressources spéciales. 64
Au niveau du passif :
- Provisions techniques brutes;
- Provisions techniques de contrats en unité de compte;
- Dettes pour dépôt en espèces reçus des cessionnaires;
- Autres dettes nées des opérations d’assurances directes, de réassurances. 65
Une des principales particularités de l’état de résultat non vie d’une société d’assurance ou de réassurance consiste dans le fait que cet état fait apparaître deux résultats distincts :
- Un résultat technique non vie : issue des opérations brutes, placements, rétrocessions;
cessions et
- Un résultat non technique : non lié à l’activité d’assurance et englobe toutes les autres opérations;
Selon le paragraphe 18 de la norme N° 26 relative à la présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance, le classement et la présentation des charges internes et externes doivent être classées selon leurs destinations et non pas selon leurs natures.
64 Norme comptable 26 La présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance :
Annexe N°1 Actif du bilan d’une entreprise d’assurance et/ou de réassurance. 65 Norme comptable 26 La présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance :
Annexe N°2 Capitaux propres et passif du bilan d’une entreprise d’assurance et/ou de réassurance.
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Le normalisateur Tunisien a identifié cinq destinations principales qui sont les suivantes :
- Les frais de gestion des sinistres;
- Les frais d’acquisition des contrats;
- Les frais d’administration;
- Les frais de gestion des placements (état de résultat pour l’assurance non vie);
- Les autres charges techniques.
Le normalisateur Tunisien a prévu une présentation différente de l’état de résultat technique selon qu’il s’agisse d’une activité d’assurance vie ou d’une activité d’assurance non vie.
Les sociétés qui pratiquent en même temps l’assurance non vie et l’assurance vie doivent présenter deux états de résultats techniques séparés, les produits et charges de placements figureront dans l’état de résultat technique pour l’assurance vie et dans l’état de résultat pour l’assurance non vie. 66
Il existe deux postes qui ne figurent que dans l’état de résultat technique de l’assurance vie à savoir les plus-values non réalisées sur placements et les moins-values non réalisées sur placements.
Ces postes sont utilisées pour enregistrer la réévaluation des actifs représentatifs des contrats en unité de compte. 67
66 Norme comptable
réassurance : §23.
67 Norme comptable
réassurance : §30
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La principale spécificité de cet état de résultat c’est que si la société d’assurance ne pratique que l’activité d’assurance vie ou bien l’activité d’assurance non vie sans cumuler entre les deux, dans ce cas, il ne doit apparaître que le résultat des activités non techniques. Si par contre la société d’assurance cumule entre ces deux activités, l’état de résultat devra faire apparaître :
- Le résultat technique de l’assurance vie;
- Le résultat technique de l’assurance non vie;
- Le résultat des activités ordinaires après impôt;
- Le résultat extraordinaire;
- Le résultat de l’exercice.
Les sociétés d’assurances ou de réassurances doivent, conformément au paragraphe 10 de la norme comptable N° 26 relative à la présentation des états financiers des entreprises d’assurances et/ou de réassurances, préparer un tableau des engagements reçus et donnés. Ce tableau se compose des rubriques suivantes :
- Engagements reçus;
- Engagements donnés : (Avals, cautions et garanties de crédit données, titres et actifs acquis avec engagement de revente, autres engagements donnés);
- Valeurs reçues en nantissement des cessionnaires et des rétrocessionnaires;
- Valeurs remises par des organismes réassurés avec caution solidaire ou caution de substitution;
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- Autres valeurs détenues pour compte de tiers. 68
Les sociétés d’assurances et/ou des réassurances doivent nécessairement présenter leurs états des flux de trésorerie selon la méthode directe et n’ont pas la possibilité d’opter pour un modèle indirect telle que les autres sociétés qui opèrent dans les autres secteurs d’activité.
La présentation de l’état des flux de trésorerie selon la méthode directe permet une optimale identification des flux de trésorerie d’exploitation telle que les primes, les sinistres, les placements.
Les notes aux états financiers dans une société d’assurance doivent fournir aux utilisateurs le détail des rubriques des états financiers ainsi que les informations complémentaires qui ne sont pas fournies dans ces états. Conformément à la norme comptable Tunisienne N°26 relative à la présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance, les informations suivantes doivent être présentées parmi les notes aux états financiers :
- Annexe 8 : Mouvements ayant affecté les éléments d’actifs;
- Annexe 9 : État récapitulatif des placements;
- Annexe 10 : État des règlements et des provisions pour sinistres à payer;
- Annexe 11 : Ventilation des charges et des produits des placements;
68 Norme comptable 26 La présentation des états financiers des entreprises d’assurance et/ou de réassurance :
Annexe N°6 Tableau des engagements donnés.
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- Annexe12 : Résultat technique par catégorie d’assurance (Pour les sociétés d’assurance ou de réassurance Vie);
- Annexe 13 : Résultat technique par catégorie d’assurance non vie;
- Annexe 14 : Tableau récapitulatif des éléments constitutifs de la participation des assurés aux résultats techniques et financiers;
- Annexe 15 : Tableau de raccordement du résultat technique par catégorie d’assurance aux états financiers (Pour les sociétés d’assurance ou de réassurance Vie);
- Annexe 16 : Tableau de raccordement du résultat technique par catégorie d’assurances aux états non vie.
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Section 2 : Les cadres règlementaire et comptable Tunisiens face au Takaful Non-Vie
Le cadre règlementaire Tunisien couvre l’activité d’assurance conventionnelle dans la majorité de ses aspects. Toutefois, il n’a pas été mis en place pour réglementer l’assurance islamique Takaful assez spécifique.
Conscient de l’importance de la finance islamique et du rôle qu’elle peut jouer pour le développement de l’économie nationale, le ministère des finances a organisé le 15 et le 16 Juillet 2011 le 1er forum maghrébin de la finance islamique pour discuter de l’avenir de la finance islamique en Tunisie et notamment du projet de la mise en place d’un cadre règlementaire, fiscal et comptable qui lui est propre.
Lors de l’inauguration de la quatrième édition de la conférence internationale, organisée par l'Association Tunisienne de la Finance Islamique (ATFI), qui s'est tenue les 8 et 9 décembre 2012, le ministre des Finances par intérim, a annoncé le parachèvement de la préparation d’un projet de loi organisant le Takaful en Tunisie.
Le 12 mars 2013, à l’occasion de la rencontre sur l'assurance islamique ayant porté sur le thème «Takaful: Concepts théoriques et pratiques», le secrétaire général de l'International Islamic Center for Reconciliation and Arbitration (IICRA), a confirmé que le projet du cadre réglementaire Tunisien spécifique aux assurances islamiques était en cours d’examen par la commission des finances à l’assemblée Nationale Constitutive avant d’être soumis au vote des membres de la constituante. Un septième livre serait ajouté au code des assurances Tunisien avec l’entrée en vigueur de ce projet.
Selon l’explication des motifs du projet de la loi relative au Takaful en Tunisie (annexe 1), la mise en place d’un cadre juridique spécifique à l’assurance islamique Takaful peut être un facteur efficace pour inciter à l’épargne national à travers l’amélioration de l’intégration du Takaful dans le Produit Intérieur Brut et l’augmentation du niveau des dépenses par
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citoyen en conséquence de l’intérêt que peut susciter certains assurés pour ce type d’assurance. 69 A notre avis, en attendant le vote par l’assemblée constituante de ces textes, les conseils religieux des compagnies Takaful doivent chercher à déterminer l’équilibre entre la compatibilité avec la loi islamique et le respect du régime juridique applicable en Tunisie.
C’est dans cette perspective que nous avons essayé d’étudier la comptabilisation des aspects contractuels et des autres aspects juridiques du Takaful avec la règlementation Tunisienne existante ainsi qu’avec le projet de loi en cours de préparation.
1.1.1 Contrat d’assurance
L’un des principes fondamentaux du Takaful étant le Tabarru’ définit comme étant un type de transactions financières islamiques par rapport aux schémas Takaful. Il correspond aux contributions versées par chaque participant afin de remplir ses obligations d’entraide mutuelle et de payer des participations au profit du bénéficiaire éligible. 70
Les érudits de la Sharia ont toujours été d’accord que pour être conforme aux règles islamiques, la participation dans un fond Takaful doit être payée sur la base du Tabarru’. Ce qui revient à considérer cette contribution volontaire comme une donation au profit d’une certaine communauté.
Le rapport du Badan Petugas Khas (BPK) publié par le gouvernement de la Malaisie en 1982 stipule que dans le cadre du système d’assurance islamique, une partie de la contribution reçue du participant doit être faite avec l’intention du Tabarru’ tout en
69 Explication des motifs du projet de la loi sur l’assurance islamique Takaful en Tunisie.
70 Islamic Financial Services Board, (Dec 2009): Guiding principles on governance Takaful Islamic Insurance) Undertakings IFSB 8, § 14 P 5: «Tabarru’ commitment is a type of Islamic financial transaction that is fundamental to Takaful schemes. It is the amount contributed by each Takaful participant to fulfil obligations of mutual help and to pay claims submitted by eligible claimants ».
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s’assurant que l’objectif ne doit pas être commercial. L’existence du Tabarru’ rend l’opération conforme et valide aux règles prescrites par la Sharia. 71
De son côté, l’article premier du code des assurances Tunisien promulgué par la Loi n° 92- 24 du 9 mars 1992 stipule que « Le contrat d'assurance est la convention par laquelle une entreprise d'assurance ou assureur s'engage, en cas de réalisation du risque ou au terme fixé au contrat, à fournir à une autre personne appelée "assuré" une prestation pécuniaire en contrepartie d'une rémunération appelée prime ou cotisation ».
Sur le plan contractuel, le fonctionnement de la prime en droit Tunisien semble contredire l'idée de la donation au sens de la Sharia telle que préconisé par le système d’assurance islamique Takaful. L’article premier du code de l’assurance prévoit plutôt une prime obligatoire pour se couvrir contre les risques.
Nous estimons que le mécanisme de l’assurance islamique Takaful semble être similaire de point de vu contractuel aux compagnies d’assurance à forme mutuelle en Tunisie. Toutefois, la lecture de l’article 51 du code des assurances promulgué par la loi n° 92-24 du 9 mars 1992 modifié par l'article 1 de la loi n° 2002-37 du 1 Avril 2002 nous permet de découvrir l’existence de certaines problématiques d’ordre juridique.
Cet article stipule que : « les sociétés d'assurances à forme mutuelle sont des sociétés civiles à condition qu'elles garantissent à leurs adhérents, moyennant cotisation, le règlement intégral de leurs engagements en cas de réalisation des risques dont elles ont pris la charge et qu'elles répartissent leurs excédents de recettes entre leurs adhérents dans les conditions fixées par les statuts ».
L’article ci-dessus prévoit le transfert du risque lié à la survenance ou non d’un événement, de l’assuré vers compagnie d’assurance sous forme de mutuelle.
71 Report of the “Badan Petugas Khas” (1982), p. 19 paragraph 2.6: «Under the Islamic insurance system, part of the contribution from every participant must be made with the intention of Tabarru’, not for buying and selling, the existence of tabarru’ makes the transaction permissible and valid according to Sharia». Malaysia.
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L’un des principes directeurs de l’assurance islamique Takaful étant le partage du risque entre les participants comme déjà discuté dans le deuxième paragraphe de la deuxième section du premier chapitre de ce mémoire.
En effet, l’assurance Takaful est basée sur le principe de la coopération mutuelle et l’assistance entre les participants. Ainsi, le risque est partagé collectivement et volontairement tout en éliminant l’incertitude et la prise de risque excessive. Nous estimons donc que les définitions d’un contrat d’assurance apportées par les textes réglementaires actuels en Tunisie ne répondent pas à la définition d’un contrat d’assurance islamique Takaful.
Ce vide juridique devrait être comblé dès que le projet actuel de textes régissant l’assurance islamique Takaful entrera en vigueur.
En effet, l’article 201 du projet prévoit que « l’assurance Takaful est un contrat ayant pour objectif l’instauration d’une mutualisation entre un groupe de participants qui font face à un risque ou plusieurs risques bien définis. Chacun de ces participants procède par le paiement d’un montant d’argent à titre de donation afin de constituer un fond appelé fond des participants à partir duquel s’opère le paiement des compensations au profit de qui le risque s’est réalisé. Ce fond doit être totalement distinct des comptes de la compagnie Takaful ». 72
1.1.1.3 Contrat Takaful selon le projet de loi portant sur l’assurance islamique Takaful
La commission de l’ordre des experts comptables ayant discuté le projet du texte relatif à l’assurance islamique Takaful et dont nous avons fait part par la présentation de nos critiques au texte du projet, a proposé un ajustement du projet de l’article 201, cité dans le paragraphe précédent, notamment en spécifiant que le fond des participants devrait être totalement distinct des comptes de la compagnie Takaful dans les aspects financiers, administratifs et techniques. 73
201 لصفلا ليبس ىلع يلام غلبم عفدب مھنم لكّ موقي ثيح ،ةنيعم راطخأ وأ دحاو رطخل نوضرعتيّ نيكرتشملا نم ةعومجم نيب نواعتلا قيقحت ىلإ فدھي يدقاعت ميظنت وھ يلفاكتلا نيمأتلا قودنصلا اذھ نوكيو ،هيلإ ةبسنلاب رطخلا ققحتي نمل قحتسملا ضيوعتلا عفد هل خ نم متيّ "نيكرتشملا قودنص" ىمسيّ قودنص نيوكت ىلإ يدؤيّ امب "كارتش ا" ىعدي عربتلا .يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم تاباسح نع ماتّ لكشب صفنم .ةينفلاو ةيراد او ةيلاملا بناوجلا يف يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم تاباسح نع ماتّ لكشب صفنم قودنصلا اذھ نوكيو 73
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Il est à noter que le législateur a utilisé dans le projet des textes régissant l’assurance Takaful le terme « compagnie d’assurance islamique » alors que nous avons utilisé tout au long de ce mémoire le terme « Opérateur du fond » pour parler de la partie qui gère le fond des participants. Dans notre logique des choses, la compagnie d’assurance islamique Takaful regroupe le fond des participants et le fond de l’opérateur.
Le texte intégral du projet des textes régissant l’assurance islamique Takaful, avec les commentaires de l’ordre des experts comptables, figurent dans l’annexe 1 de ce mémoire.
1.1.2 Modèles de gestion Al Moudharaba ou Al Wakala
Comme présenté au chapitre précédent, plusieurs modèles de gestion peuvent être adoptés par une compagnie d’assurance Takaful. Ceci inclut Al Moudharaba (partenariat entre l’opérateur et les participants), Al Wakala (gestion en contrepartie d’une commission) et le Wakf.
Chaque modèle prévoit un ensemble de droits et d’obligations entre l’opérateur et les participants. Toutefois, ils partagent le même objectif économique à savoir le partage collectif des risques individuels des participants par le fond Takaful.
Selon une définition apportée par la banque Zitouna installée en Tunisie depuis l’année 2010, Al Moudharaba est un contrat entre deux parties. Une partie nommée « Bailleur de fond » ou « Rab Al Mal » met à la disposition de la deuxième partie, appelée « Gestionnaire » ou « Moudhareb » ses fonds. Ce dernier se charge de les gérer, tout en définissant au préalable une clé de répartition des bénéfices à réaliser. Les profits sont partagés in fine selon un ratio préétabli. 74
Dans une compagnie d’assurance islamique Takaful, les bailleurs des fonds correspondent aux participants qui par le moyen de leurs cotisations contribuent à la création du fond Takaful alors que le Moudhareb correspond à l’opérateur ou gestionnaire du fond.
74 http://www.banquezitouna.com/page.php?code=68
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De son côté, « le contrat Wakala veut que l’opérateur Takaful agit en tant qu’un agent au nom des participants pour fructifier le fond de Takaful. Tous les risques sont assumés par le fond. L’opérateur reçoit des honoraires de Wakala pour assurer la gestion du fond au nom des participants, qui est habituellement un pourcentage des contributions payées ». 75
Dans le contexte règlementaire Tunisien, une compagnie d’assurance Takaful, gérée selon le contrat Al Moudharaba, peut être assimilée à une société en commandite simple telle que prévue par l’article 67 et suivants du code des sociétés commerciales promulgué par la loi n° 2000-93 du 3 novembre 2000.
La société en commandite simple comprend deux groupes d'associés : les commandités, qui, seuls, peuvent être chargés de la gestion de la société et qui répondent solidairement et indéfiniment des dettes sociales ; les commanditaires, bailleurs des fonds, qui ne sont tenus qu'à concurrence de leurs apports.
Modèles Moudharaba et Wakala selon le nouveau projet de loi sur le Takaful en
Le projet des textes de loi portant sur l’assurance islamique Takaful semble être clair sur le choix par le législateur Tunisien à appliquer le modèle de gestion hybride en Tunisie.
En effet, l’article 206 de ce projet stipule que la compagnie d’assurance islamique Takaful doit gérer les opérations d’assurance Takaful sur la base d’Al Wakala et gérer les opérations d’investissements des fonds des participants sur la base de la Moudharaba. La compagnie reçoit en contrepartie un montant fixe ou un pourcentage des participations en sa qualité de gestionnaire (Wakil) et reçoit un pourcentage des résultats des investissements en sa qualité de Moudhareb, tout en prévoyant ces montants et pourcentages parmi les conditions relatives aux contrats d’assurances. 76
75 http://www.cfcgdz.com/actualite3.html
هذھ ىلع صيصنتلا متيّ
:206 لصفلا .ةبراضملا ساسأ ىلع تاكارتش ا رامثتسا تايلمع ةرادإو ةلاكولا ساسأ ىلع يلفاكتلا نيمأتلا تايلمع ةرادإب يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم موقت نأ ىلع ابراضم اھرابتعاب تافيظوتلا تادئاع نم ةبسنو يكو اھرابتعاب تاكارتش ا نم ةبسن وأ ايفازج اغلبم كلذ لباقم يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم ىضاقتتو نيمأتلا دوقعل ةصاخلا طورشلا نمض بسنلاو غلابملا
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Il semble que le principe de partage des profits et des pertes entre participants et assureur
n'est pas fondamentalement incompatible avec le droit Tunisien, qui connaît la possibilité
de répartition des excédents de recettes entre ses adhérents pour une compagnie
d’assurance sous forme de mutuelle.
Ainsi, l’article 55 du code des assurances Tunisien promulgué par la loi n° 92-24 du 9 mars
1992 modifié par l'article 1 de la loi n°2002-37 du 1 Avril 2002 stipule que les sociétés
d'assurances à forme mutuelle sont des sociétés civiles à condition qu'elles garantissent à
leurs adhérents, moyennant cotisation, le règlement intégral de leurs engagements en cas de
réalisation des risques dont elles ont pris la charge et qu'elles répartissent leurs excédents
de recettes entre leurs adhérents dans les conditions fixées par les statuts.
Toutefois, le code des assurances Tunisien n’a pas traité clairement le sujet du partage des
pertes entre les adhérents dans une compagnie d’assurance à forme mutuelle.
Dans le cadre du respect de l’esprit mutuel de l’assurance islamique, les participants dans
un fond Takaful se couvrent les uns les autres contre le risque de survenance d’un sinistre
ou d’un événement entraînant des pertes.
A la fin de chaque exercice comptable, l’opérateur Takaful procède à une évaluation des
actifs et des passifs du fond Takaful afin de déterminer le résultat, qui peut correspondre à
une perte ou à un surplus à partager entre les participants.
1.2.3 Distribution du surplus aux participants selon le nouveau projet de loi sur le Takaful en Tunisie
Le projet des textes de loi portant sur l’assurance islamique Takaful a régit le sujet du
calcul et de la distribution du surplus dans les articles 212 et 213.
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L’article 212 prévoit que « le surplus Takaful doit être distribué sur les participants conformément à la décision de la compagnie d’assurance Takaful après la consultation du comité de la supervision de la Sharia. Les modalités de calcul du surplus seront présentées par arrêté du ministre ». 77
L’article 213 a insisté sur le fait que l’opérateur du fond ne peut réclamer aucune part ou droit dans le surplus du fond des participants.
1.3 Autres Aspects réglementaires
1.3.1 Forme Juridique
1.3.1.1 Formes juridiques prévues par le code des assurances en Tunisie
Le code des assurances Tunisien prévoit que pour être agréées, les entreprises d'assurances doivent être de droit tunisien et constituées sous l'une des formes suivantes :
- Caisse mutuelle agricole constituée conformément aux textes particuliers la régissant. 78
Les compagnies d’assurances Takaful présentent plusieurs spécificités par rapport aux sociétés d’assurances conventionnelles d’où la question sur la forme juridique qu’elles doivent avoir dans un contexte Tunisien qui limite déjà les formes à adopter.
Une première approche présentée par certains auteurs est orientée vers la séparation de l’assurance islamique Takaful en deux entités juridiques différentes. 79
:212 لصفلا
.ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ يأر ذخأ دعب يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم هددحتّ ام بسح نيكرتشملا ىلع ينيمأتلا ضئافلا عيزوت متيّ .يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤمل يساس ا ماظنلا نمض ينيمأتلا ضئافلا عيزوت ةقيرط ىلع صيصنتلا متيوّ .رمأب ينيمأتلا ضئافلا باستحا ةقيرط ددحتوّ 78 Code des assurances Tunisien Article 53 Titre II Chapitre I Formes des entreprises d'assurances et des entreprises de réassurances.
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Certains autres auteurs partagent cet avis mais pensent qu’il s’agit plus exactement d’une création d’une compagnie au sein d’une autre compagnie. 80
Cette deuxième approche repose sur le principe que les participants, qui apportent les contributions au fond Takaful dont ils possèdent la propriété pour se couvrir mutuellement contre les aléas, représentent une première compagnie. L’opérateur représente de son côté la deuxième compagnie dont l’objet est la gestion du fond Takaful.
1.3.1.2 Dispositions prévues par le nouveau projet de loi sur le Takaful en Tunisie
Le projet du texte de loi Tunisien qui porte sur l’assurance Takaful présente dans son article 201 l’idée de la séparation totale entre le fond des participants et le fond de l’opérateur. Cet article demeure selon notre compréhension, insuffisant pour se prononcer sur la forme juridique que peut prendre une compagnie d’assurance islamique en Tunisie pour plusieurs raisons notamment :
- La nature de la séparation complète entre les deux fonds n’a pas été spécifiée : elle peut être de nature juridique, financière, organisationnelle, géographique ou autre. Ce point de vue a été partagé par les commentaires formulés par l’Ordre des experts comptables Tunisien sur ce projet de texte de loi. En effet, le dit commentaire a proposé de compléter le texte de l’article 201 en spécifiant la nature de la séparation tout en excluant la séparation juridique jugée non nécessaire;
- La séparation de la compagnie d’assurance Takaful en deux entités juridiques séparées poserait un problème lors de l’application de l’article 48 du code des assurances concernant l’octroi de l’agrément pour l’exercice de l’activité d’assurance. En effet, dans ce cas de figure, l’agrément devra-il être octroyé au gestionnaire ou bien aux participants Takaful?
79 Daniel. JP, Vigie, (2010) “L'assurance Takaful : “Much Ado about Nothing?”. Université Paris Ouest. France. 80 Madzlan, MH, (2009) “Legal issues in Takaful” Wiley Finance edition, Singapore.
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Nous estimons qu’il n’est pas convenable de considérer la compagnie d’assurance Takaful comme une société anonyme dans sa globalité puisque l’opérateur ne dispose pas de la propriété du fond Takaful qui demeure la propriété des participants. Nous estimons donc que la forme juridique de Mutuelle serait la plus adéquate pour une compagnie d’assurance islamique Takaful.
Un opérateur Takaful doit s’assurer que tous les aspects des opérations d’assurance Takaful sont conformes aux règles de la Sharia. Le comité de la Sharia aura la tâche de certifier cette conformité aux règles islamiques.
Dans certains pays, le conseil de la Sharia est centralisé auprès de l’Etat, ce qui assure l’uniformité de l’opinion face aux problématiques touchant l’activité Takaful et qui peuvent se présenter.
La notion de comité de la Sharia n’est pas prévue par le code des assurances ou tout autre cadre législatif Tunisien, toutefois, le nouveau projet de textes de loi relatif à l’assurance islamique Takaful prévoit dans l’article 207 « qu’une compagnie d’assurance Takaful doit constituer un comité de supervision de la Sharia constituée d’au moins trois membres nommés pour une période de trois ans renouvelable. Ces membres ne doivent pas faire partie des actionnaires de la compagnie ou de ses employés. Tout membre du comité de supervision de la Sharia ne peut être membre dans plus de deux comité de supervision de la Sharia dans les compagnies d’assurance Takaful». 81
L’article 207 n’a pas spécifié la formation académique des membres du comité de la supervision de la Sharia qui doivent avoir selon les normes de l’AAOIFI à titre d’exemple une forte connaissance dans le Fiqh Almua'malat.
Il ne s’agit pas de la seule insuffisance puisque l’article 207 était vague sur la partie à qui incombe la tâche de la nomination du comité de la supervision de la Sharia. Nous estimons
:207 لصفلا نأ ىلع ديدجتلل ةلباق تاونس ث ث ةدملّ مھنييعت عقي ءاضعأ ث ث لق ا ىلع مضتّ ةيعرش ةباقر ةئيھ نيوكت يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم ىلع .اھب نيلماعلا نم وأ ةسسؤملا يف نيمھاسملا نم اونوكي .يلفاكتلا نيمأتلا تاسسؤمب ةيعرشلا ةباقرلا ناجل نم نيتنجل يف نيتيوضع نم رثكأ نيب عمجي نأ ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ وضعل زوجي و
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que la nomination devrait être faite par l’assemblée générale des actionnaires de la compagnie Takaful.
L’article 208 du nouveau projet des textes de loi relatifs à l’assurance islamique Takaful a fixé le rôle du comité de la supervision de la Sharia. 82 Afin de permettre au comité général des assurances d’avoir un contrôle sur l’activité des compagnies d’assurance islamique Takaful, le comité de la supervision de la Sharia devrait préparer un rapport annuel sur le résultat de ses travaux et le lui communiquer.
L’article 209 du nouveau projet des textes de loi relatifs à l’assurance islamique Takaful a prévu l’obligation de la nomination par le comité de la supervision de la Sharia d’un auditeur de la Sharia « Mudakkek Sharî 83 » qui devra être choisi parmi les employés de la compagnie et s’assurer de la conformité des transactions réalisées aux avis et décisions du comité de supervision de la Sharia. 84
1.3.3.1 Les placements dans les compagnies d’assurance Takaful
Dans une compagnie d’assurance Takaful, les opérateurs agissent simultanément comme des gestionnaires du fond des participants et comme des responsables de l’activité d’assurance, ce qui nécessite l’existence d’un cadre règlementaire spécifique.
La question des investissements est sans doute la plus difficile à appréhender, pas tant du point de vue des activités tombant sous le coup des interdits religieux comme l’alcool à titre d’exemple, qu'au regard de l'interdit de la production d'intérêts de l'argent et, en
:208 لصفلا ةعيرشلا ماكحأ عم اھقباطت ىدم يف يأرلا ءادبإو اھيلع فارش او ةسسؤملا ت ماعم عيمج ةبقارم يف ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ ةمھم لثمتت .ةيم س ا .اھماھم ةسراممل ةيرورض اھارت يتلا تاحاضي او قئاثولا ةفاكب اھدمّ ةسسؤملا نم بلطت نأ اھلو .يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤمل ةمزلم ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ نع ةرداصلا تارارقلا نوكتو .نيمأتلل ةماعلا ةئيھلا ىلإ هنم ةخسن لاحتو ةسسؤملا ةرادإ سلجم ىلإ هجويّ اھلامعأ جئاتن لوح يونس ريرقت دادعإب ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ موقتو .اھرييست تاءارجإو اھيلإ ةلوكوملا ماھملاو ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ ءاضعأ يف اھرفوت بجاولا طورشلا رمأب طبضتو
يعرش ققدم 83 :209 لصفلا نوكي اھيفظوم نيب نم "يعرش ققدم" نييعت ،ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ نم حارتقا ىلع ءانبو ،يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم ىلع
.ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ تارارقو ءار اھتقباطم نم دكأتلاو ةسسؤملا ت ماعمل يعرشلا قيقدتلا ماھمب فلكيو يلفاكتلا نيمأتلا
.ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ راظنأ ىلع اھضرعي ريراقت دادعإب يعرشلا ققدملا موقيو
ت ماعم يف اصتخمّ
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général, de l'insuffisance, voire de l'indisponibilité, de produits financiers conformes à la Sharia.
Ces opérateurs Takaful ne pouvant donc investir que dans les portefeuilles jugés conformes aux normes de la Sharia, doivent mettre en place une structure de « Corporate Governance » et un ensemble de procédures de contrôle interne pour faciliter le suivi des portefeuilles d’investissement et pour instaurer des moyens de purification des investissements qui peuvent s’avérer non conformes à la Sharia.
1.3.3.2 Cadre légal des placements dans les compagnies d’assurances en Tunisie
En Tunisie, les entreprises d'assurances sont en effet soumises à une réglementation stricte en matière d'investissements, notamment quant à leur nature, leur dispersion et à leur diversification.
L’arrêté du ministre des finances du 27 février 2001 a fixé la liste, ainsi que le mode de calcul des provisions techniques et les conditions de leur représentation par des actifs. Compte tenu de la composition actuelle du marché financier Tunisien, une entreprise d'assurances Takaful ne pourrait pas respecter au sens strict les obligations de la Sharia en matière d'investissements si elle se conforme aux dispositions du code des assurances.
1.3.3.3 Dispositions prévues par le nouveau projet de loi sur le Takaful en Tunisie
L’article 211 du nouveau projet des textes de loi relatifs à l’assurance islamique Takaful prévoit que la compagnie Takaful doit s’engager à investir les fonds des participants ainsi que ceux des actionnaires conformément aux règles prescrites par le comité de la supervision de la Sharia. 85
La nature et la diversification de l’investissement dans une compagnie d’assurance islamique Takaful devrait selon le même article de ce projet faire l’objet d’un arrêté ministériel.
:211 لصفلا ةباقرلا ةئيھ هزيجت امبو ةيلاملا ريزو رارقب اھطبض متي يتلا تافيظوتلا ةمئاقل اقفو نيكرتشملا لاومأ رامثتساب يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم مزتلت .ةيعرشلا ةيعرشلا ةباقرلا ةئيھ هزيجت امبو ةعيرشلا ماكح اقبط نيمھاسملا لاومأ رامثتساب يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم مزتلت امك
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1.3.4 Marge de solvabilité
1.3.4.1 Marge de solvabilité dans les compagnies d’assurance Takaful
La séparation des fonds qui constitue une spécificité propre à l’assurance islamique Takaful apporte un problème de taille quant à l’évaluation de la solvabilité de la compagnie où les spécificités et les caractéristiques de cette dernière nécessitent un changement de l’approche adoptée à l’égard des compagnies d’assurances conventionnelles. 86
Selon l’Islamic Financial Services Board, du fait que les fonds sont séparés, les règles de solvabilité doivent être nécessairement considérées séparément pour chaque fond, à savoir le fond des participants et le fond de l’opérateur Takaful.
Ceci présume déjà l’existence de règles prudentielles spécifiques à chacun des deux fonds ce qui n’est pas le cas actuellement selon la réglementation Tunisienne en matière de règles de solvabilité pour les entreprise d’assurances.
Les participants du fond Takaful ayant chacun apporté une contribution selon le principe du Tabarru’ peuvent bénéficier d’une cote part de l’excédent du fond Takaful mais, selon ce même principe, ils peuvent être redevables au fond d’une contribution supplémentaire dans le cas où un déficit est enregistré. Il est important de noter que sur le plan pratique, il a été constaté notamment dans les pays ou l’assurance islamique Takaful est développée à savoir en Malaisie et aux pays du golfe, que dans le cas où le fond Takaful enregistre une perte, les participants n’ont pas les moyens financiers suffisants qui permettent de couvrir le déficit enregistré.
L’opérateur Takaful peut être appelé en cas de déficit du fond des participants à mettre à la disposition de ce dernier un crédit sans intérêts dit « Qardh Hasan ». Ce crédit devra être remboursé à partir des résultats bénéficiaires des exercices qui suivent l’année au cours de laquelle le déficit a été constaté.
86 Islamic Financial Services Board, (Dec 2010), IFSB 11, §11: Standard on Solvency Requirements For Takaful (Islamic Insurance) Undertakings «The segregation of funds which is a fundamental feature of Takaful introduces an immediate issue in respect of the assessment of solvency where “the specificities and characteristics of a Takaful undertaking” require modification of the approach taken in respect of conventional insurers with no such segregation».
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Certains auteurs 87 pensent que l’opérateur est en droit de refuser l’octroi d’un Qardh Hasan au fond Takaful en cas de déficit et ce sous couvert du fait qu’il n’est qu’un agent de gestion et que la responsabilité demeure entière à la charge des participants.
Le groupe de travail qui s’est tenu en 2006 entre le Conseil des Services Financiers Islamique et l’Association Internationale des Contrôleurs d’Assurance a corroboré ce point de vue et a estimé que le régime de solvabilité doit refléter l’origine du risque.
Par exemple, s’il existe un déficit dans le fond de souscription, dans quelle mesure l’opérateur serait-il obligé d’accorder un prêt de secours sans intérêts, et comment en tenir compte dans le régime de solvabilité? 88
Il est clair que les règles de solvabilité dans le cadre d’une compagnie d’assurance islamique Takaful répondent à des contraintes très spécifiques issues non seulement de la structure même de la compagnie mais aussi des contraintes imposées par les règles et principes islamiques de la Sharia.
1.3.4.2 Marge de solvabilité selon le code des assurances
En Tunisie, les articles 58 et 58 bis du code des assurances promulguées par la loi N° 92-24 du 9 mars 1992 ont réglementé la marge de solvabilité à constituer par les entreprises d’assurance ainsi que le minimum règlementaire de cette marge.
Les règles de solvabilité prévues par la loi Tunisienne sont toutes à la charge de la compagnie d’assurance. Nous pensons que ces règles ne peuvent pas être applicables à une compagnie d’assurance Takaful puisqu’elles ne prennent pas en compte les spécificités du de l’investissement au sein du Takaful et ses contraintes relatives à la Sharia.
1.3.4.3 Dispositions prévues par le nouveau projet de loi sur le Takaful en Tunisie
L’article 214 du nouveau projet des textes de loi relatifs à l’assurance islamique Takaful prévoit qu’une compagnie Takaful doit déduire au moins 30% du surplus du fond des
87 Archer, S ;Rifaat.A & Volker,N, 2009 «Takaful Islamic Insurance, Concepts and regulatory issues » Wiley- Black Well Edition. 88 Islamic financial services board & International Association of insurance supervisors, (August 2006) « Issues in regulation and supervision of Takaful »
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participants pour alimenter une provision contre la volatilité des sinistres et ayant pour objectif la couverture de tout déficit probable du fond des participants. Cette provision ne doit pas dépasser 50% des contributions nettes des annulations encourues durant l’année comptable en cours. 89
Le choix du normalisateur Tunisien quant à la modalité de constitution d’une provision pour garantir la solvabilité d’une compagnie d’assurance islamique Takaful plutôt que l’utilisation des mécanismes d’investissements et de placements prévus par le code des assurances pour les compagnies d’assurances conventionnelles, s’explique par les exigences de la Sharia très difficiles à respecter dans le marché financier Tunisien.
1.3 Conclusion sur le cadre règlementaire en Tunisie
L’étude de l’environnement réglementaire a pour objectif d’illustrer le besoin d’un cadre légal spécifique qui pourra répondre aux différents problèmes soulevés relatifs aux opérateurs et aux participants.
L’instauration d’un cadre réglementaire est cruciale pour le développement du secteur Takaful, pour la promotion de normes solides de gouvernance des entreprises au profit des opérateurs des compagnies d’assurances Takaful et pour la promotion d’une meilleure compréhension de l’activité en général.
Le législateur Malaisien était l’un des pionniers dans la mise en place d’un cadre juridique propre à l’assurance islamique Takaful depuis déjà l’année 1984.
Dans les années qui ont suivi, l’Etat de Brunei Darussalam, le Pakistan ainsi que d’autres pays de l’extrême et du moyen orient ont instauré à leurs tours des cadres réglementaires spécifiques à l’assurance islamique Takaful ce qui leurs a permis de développer cette activité d’une manière accrue.
:214 لصفلا ا ىلع %30 ةبسن حرط يلفاكتلا نيمأتلا ةسسؤم ىلع
.ةلبقملا ةيبساحملا تاونسلا ىلإ ةبسنلاب نيكرتشملا قودنص زجع
غلب اذإ مصخلا اذھ فقيو
ةيطغتو تاضيوعتلا بسن تابلقت ةھباجمل رخدمّ
نيوكتل يونسلا ينيمأتلا ضئافلا نم لقّ
.ةيبساحملا ةنسلاب ةقلعتملا تاءاغل ا نم ةيفاصلا تاكارتش ا نم%50 ةبسن نوكملاّ
رخدملاّ
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La Tunisie est en phase de promulguer un texte spécifique à l’assurance islamique Takaful qui complétera le code des assurances en ajoutant un septième livre qui traitera plusieurs aspects du Takaful. Nous estimons que ce texte permettra la vulgarisation de ce type d’assurances et contribuera à la dynamisation de l’économie nationale.
2.1.1 Définitions prévues par le cadre comptable Tunisien et les normes IFRS
L’assurance islamique Takaful est conçue pour offrir aux participants une protection comparable à l’assurance conventionnelle tout en adhérant aux principes de la Sharia et elle est établie sur le concept Tabarru’ (donation).
Au lieu de souscrire une assurance auprès d’un assureur, les participants Takaful procèdent au versement d’une contribution à un fond destiné à s’indemniser mutuellement les uns les autres. Dans le cas où un membre souffre d’un sinistre ou d’une perte, le fond des participants servira à le couvrir.
L’opérateur Takaful aura la tâche de gérer le fond des participants pour recevoir en contrepartie une commission ou une part dans les surplus selon le mode de gestion choisi initialement.
La lecture des six normes comptables Tunisiennes numéros 26 à 31 nous permet de noter qu’aucun traitement spécifique à l’assurance Takaful n’a été prévu. En effet, rien n’incite ou n’interdit l’application des dispositions qui y sont prévues aux contrats d’assurance islamique Takaful.
Aucune définition explicite du contrat d’assurance n’est énoncée par les normes comptables Tunisiennes toutefois, le paragraphe 7 de la norme N° 28 relative aux revenus dans les entreprises d’assurances et/ou de réassurance prévoit que « La prime ou cotisation est la rémunération que perçoit l'assureur et/ou le réassureur en contrepartie du risque assuré conformément aux termes du contrat ».
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La norme IFRS 4 qui traite des contrats d’assurances définie le contrat d’assurance comme étant : « Un contrat selon lequel une partie (l'assureur) accepte un risque d'assurance significatif d'une autre partie (le titulaire de la police) en convenant d'indemniser le titulaire de la police si un événement futur incertain spécifié (l'événement assuré) affecte de façon défavorable le titulaire de la police ». 90
Les deux définitions prévues par le normalisateur Tunisien et le Financial Accounting Standard Borad (FASB) donnent lieu à la question quant à savoir si oui ou non un contrat Takaful est considéré comme un contrat d’assurance.
Les normalisateurs comptables à tendance islamique tel que l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI) et l’Islamic Financial Standard Board (IFSB) définissent le contrat d’assurance islamique comme suit :
« L’assurance islamique est un processus d’accord entre un groupe de personnes pour gérer les blessures résultant de risques spécifiques auxquels tous sont vulnérables. Un processus implique le paiement des contributions sous forme de dons, et…la mise en place d’un fond d’assurance qui jouit d’une entité juridique…les ressources de ce fond sont utilisés pour indemniser tout participant qui rencontre des blessures ». 91
« Dans le Takaful,… un groupe de participants se mettent d’accord entre eux pour se soutenir les uns les autres conjointement pour faire face aux pertes découlant de risques spécifiés…Les participants contribuent selon le principe du Tabarru’ par le moyen d’une somme d’argent dans un fond commun, lequel sera utilisé pour l’assistance mutuelle des membres contre les pertes ou dommages spécifiés ». 92
90 International Financial Reporting Standard N°4 “Contrats d’assurances” Appendices A, Definitions
91 AAOIFI Sharia Standard N°26 Islamic Insurance, Paragraph 2 “Islamic insurance is a process of agreement among a group of persons to handle the injuries resulting from specific risks to which all of them are vulnerable. A process… involves payment of contributions as donations, and… establishment of an insurance fund that enjoys the status of a legal entity…The resources of this fund are used to indemnify any participant who encounters injury.”
92 Islamic Financial Standards Board 8, Guiding Principals on Governance for Takaful (Islamic Insurance) Undertakings, Page 27 “[In] Takaful… a group of participants agree among themselves to support one another jointly for the losses arising from specified risks…the participants contribute a sum of money as Tabarru’ commitment into a common fund, which will be used for mutual assistance of the members against specified loss or damage.”
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Analyse des définitions prévues par le cadre comptable Tunisien et les normes
Il y’a deux éléments clés à considérer dans les définitions prévues par les normes NCT 28
et l’IFRS 4, ci-dessus énoncées, afin de se prononcer sur le fait qu’elles soient applicables
ou non à l’assurance islamique Takaful à savoir ; L’acceptation de l’assureur d’un risque
significatif d’assurance et l’engagement d’indemnisation de l’assuré en cas de survenance
d’un événement futur incertain spécifié.
Dans l’assurance conventionnelle, l’assureur est la partie qui accepte les risques sur les
assurés lesquels lui ont été transférés par le moyen d’un contrat d’assurances.
Dans le Takaful, le participant paye une contribution à un fond commun de participation
qui va être utilisé pour se couvrir mutuellement.
Ce sont les participants en tant que collectifs et non l’opérateur Takaful qui acceptent le
risque d’assurance des participants pris individuellement. Ainsi, on peut dire que
l’assurance islamique Takaful est caractérisée par le partage du risque et non par son
Certains auteurs croient que le transfert du risque est complètement différent de son partage
et donc un contrat d’assurance Takaful ne pourrait pas entrer dans le champ d’application
de la norme IFRS 4.
D’autres n’ont exprimé aucune objection à inclure le fond des participants dans le champ
d’application de la norme IFRS 4 puisque l’acceptation du risque significatif s’est faite en
réalité entre ce fond et les participants pris individuellement.
Nous pensons qu’un fond des participants ayant accepté le transfert du risque d’assurance
des participants pris individuellement au collectif des participants entre dans le champ
d’application de l’IFRS 4 et notamment des normes comptables Tunisiennes relatives à
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2.2 L’opérateur Takaful
Le fait que l’opérateur Takaful soit couvert dans le champ d’application de la norme IFRS 4 relative aux contrats d’assurances ou non, partage plusieurs auteurs.
Le paragraphe B19 (b) de l’IFRS 4 donne des exemples de contrats qui ne sont pas considérés comme contrat d’assurance. Si le contrat transfère le risque de l’assurance aux assurés, il est considéré comme hors du champ d’application de la norme. « Les exemples suivants sont des exemples d'éléments qui ne sont pas des contrats d'assurance:
… Contrats qui ont la forme juridique de l'assurance, mais qui rétrocèdent tout le risque d'assurance significatif au titulaire de la police par le biais de mécanismes exécutoires non résiliables et qui ajustent les paiements futurs à effectuer par le titulaire de la police directement en fonction des pertes assurées ».
A la première lecture de ce paragraphe, il peut apparaître qu’un opérateur Takaful est exclu du champ d’application de la norme IFRS 4. En effet, un des principes directeurs de l’assurance islamique Takaful étant le partage du risque d’assurance au sein des participants ce qui peut être interprété comme si l’opérateur a transféré tous les risques significatifs d’assurance aux participants.
Cependant, en examinant d’une façon critique la description prévue par le paragraphe B19 (b), il en ressort que l’assurance Takaful est sensiblement différente de ce qui est décrit. Le contrat Takaful est généralement un contrat résiliable puisque le participant se préserve le droit de mettre fin à son contrat (tout en respectant les clauses de résiliation prévues par ledit contrat). Ainsi, s’il y’a un déficit du fond des participants, il est difficile de contraindre le participant à augmenter sa contribution.
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Ceci nous amène à la deuxième différence entre le contrat Takaful et le contrat décrit dans le paragraphe B19 (b). L’opérateur ne dispose pas de mécanismes exécutoires afin de lui permettre d’extraire des paiements supplémentaires des participants.
Ceux qui pensent que l’opérateur Takaful fait partie du champ d’application de l’IFRS 4 citent le paragraphe B17 qui stipule qu’un assureur peut accepter un risque d'assurance significatif en provenance du titulaire de la police seulement si l'assureur est une entité séparée du titulaire de la police. Dans le cas d'un assureur mutualiste, la mutuelle accepte le risque de chaque sociétaire et procède à la mise en commun de ce risque. Bien qu'en leur qualité d'adhérents à la mutuelle, les sociétaires supportent collectivement ce risque mis en commun, la mutuelle a quand même accepté le risque qui est l'essence d'un contrat d'assurance.
La lecture du paragraphe B17 révèle que la définition du risque d’assurance inclut la mise en commun du risque. Ainsi, d’après la description fournie, il peut sembler que la mise en commun des risques dans les mutuelles d’assurances est similaire à celle dans l’assurance islamique Takaful.
De par l’activité d’assurance Takaful, le rôle de l’opérateur ne peut se limiter à la gestion du fond des participants. En effet, dans de nombreuses juridictions telle que la Malaisie 93 ou le Pakistan, 94 l’opérateur est contraint à prêter une assistance financière au fond des participants déficitaire. En Tunisie, le législateur n’a pas prévu de textes spécifiques au Qardh Hasan.
Certains auteurs pensent que le Qardh Hasan en tant que prêt génère un risque financier et non un risque d’assurance. Toutefois, nous pensons que puisque le remboursement de ce Qardh est fortement tributaire des résultats techniques du fond des participants, cela peut constituer une exposition à un risque d’assurance.
93 Law of Malaysia Act 312, Takaful Act 1984, Malaysia
94 Section 167 of the Insurance Ordinance Number 39 of 2000, Pakistan
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2.3 Présentation des états financiers
Actuellement, une grande partie des assureurs à travers le monde utilisent les normes internationales d'information financière (IFRS) pour leurs comptes. Conformément à ces