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Timestamp: 2016-10-21 09:03:36+00:00
Document Index: 66494821

Matched Legal Cases: ['art. 725', 'art. 24', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 32', 'ATF ', 'art. 381', 'art. 386', 'art. 9', 'art. 115', 'art. 118', 'art. 115', 'art. 115', 'art. 115', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 251', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 541', 'ATF ', 'art. 696', 'art. 662', 'art. 958', 'art. 115', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 251', 'ATF ', 'art. 389', 'art. 389', 'art. 389', 'art. 139', 'art. 29', 'ATF ', 'art.\n6', 'art. 422', 'art. 426', 'art. 426', 'art. 8', 'art. 4', 'art. 14', 'art. 11', 'art. 11', 'art. 11', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 2', 'ATF ', 'art. 389', 'art. 337', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 71', 'art. 72', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 98', 'art. 71', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 454', 'art. 70', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 251', 'art. 251', 'art. 251', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 958', 'ATF ', 'art. 662', 'art. 957', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 662', 'ATF ', 'art. 957', 'art. 957', 'art. 957', 'ATF ', 'art. 251', 'art. 251', 'art. 669', 'art. 669', 'art. 960', 'art. 669', 'ATF ', 'art. 251', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 251', 'art. 251', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 47', 'art. 105', 'art. 65', 'art. 68']

6B_496/2012 (18.04.2013)
6B_496/2012, 6B_503/2012
6B_496/2012
1) A.________, repr�sent� par Me Christian Reiser, avocat,
6B_503/2012
2) B.________, repr�sent� par Me Christian L�scher, avocat,
repr�sent� par Ma�tres Eric Alves de Souza et
Jean-Luc Herbez, avocats,
Banque Cantonale de Gen�ve,
repr�sent�e par Ma�tres Jean-Marie Crettaz et Christophe Emonet, avocats,
Faux dans les titres; �galit� de traitement; lex mitior etc.,
Faux dans les titres; principe ne bis in idem, lex mitior etc.,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre p�nale d'appel et de r�vision, du 10 mai 2012.
Par jugement du 22 juillet 2011, le Tribunal correctionnel du canton de Gen�ve a condamn� B.________ et A.________ pour faux dans les titres � une peine p�cuniaire respectivement de 180 jours-amende � 400 fr. et 120 jours-amende � 260 fr., les peines �tant assorties du sursis pendant deux ans, ainsi qu'au paiement chacun d'un cinqui�me des frais de la proc�dure (soit 641'918 fr. 25) et les a acquitt�s du chef d'accusation de gestion d�loyale aggrav�e et partiellement du chef d'accusation de faux dans les titres. Le tribunal a en outre acquitt� C.________, D.________ et E.________ du chef d'accusation de faux dans les titres, ainsi que pour le premier nomm� de gestion d�loyale aggrav�e et pour les autres de complicit� de cette infraction.
Par arr�t du 10 mai 2012, la Chambre p�nale d'appel et de r�vision de la Cour de justice genevoise a partiellement admis l'appel du Minist�re public, de l'Etat de Gen�ve et de la BCGe. Elle a rejet� ceux form�s par B.________ et A.________, sauf sous l'angle des frais. Elle les a condamn�s pour faux dans les titres � des peines correspondant � celles inflig�es en premi�re instance et a fix� les frais pour la proc�dure de premi�re instance et d'appel respectivement � 300'000 fr. et 250'000 francs.
B.a La Banque cantonale de Gen�ve (ci-apr�s : BCGe ou la banque) a �t� fond�e sous la forme d'une soci�t� anonyme de droit public le 1er janvier 1994. Elle est le fruit de la fusion de la Caisse d'�parque de la R�publique et canton de Gen�ve et de la Banque hypoth�caire du canton de Gen�ve. Jusqu'en juin 2000, les organes principaux de la banque �taient l'assembl�e g�n�rale des actionnaires, le conseil d'administration, le conseil de banque et la direction g�n�rale. Depuis le 1er janvier 1997, l'activit� de la banque a �t� organis�e en trois d�partements principaux dont le d�partement � gestion des risques et logistique �. Ce dernier comportait notamment les sous-d�partements � affaires sp�cifiques � (ci-apr�s : AS), qui s'occupait des dossiers, essentiellement immobiliers, posant probl�me, � soutien PME � (ci-apr�s : PME) qui s'occupait des dossiers commerciaux en difficult�s, et � juridique � (ci-apr�s : SJ), lequel �tait charg� de la gestion des dossiers pour lesquels toutes les d�marches n�cessaires en vue d'obtenir d'un client qu'il r�gularis�t sa situation �taient rest�es vaines.
Du 1er janvier 1994 au 31 d�cembre 1999, C.________ �tait pr�sident du conseil d'administration de la BCGe. B.________ occupait le poste de directeur g�n�ral et pr�sident du comit� des risques. A.________ occupait, quant � lui, celui de directeur adjoint, d'abord en charge de la division � planification et contr�le de gestion �, puis d�s 1997 de la division � gestion des risques et logistique �. Il �tait �galement membre du comit� des risques. I.________ (devenu J.________) exer�ait le mandat de r�viseur externe.
B.________, en qualit� de directeur g�n�ral, signait les comptes �tablis sur la base des chiffres communiqu�s par A.________, directeur adjoint et responsable de la gestion des risques.
B.b Pour calculer les provisions n�cessaires s'agissant des cr�dits garantis par gages immobiliers, la banque avait recours � la m�thode du � blanc technique � (ou m�thode I.________). Le montant du risque, soit le blanc technique, �tait d�termin� par la diff�rence entre le montant des engagements du d�biteur et la valeur du gage remis par ce dernier. Le blanc technique devait �tre provisionn� � hauteur de 50% d�s lors que plusieurs �l�ments incertains rendaient une �valuation de la perte potentielle difficile sur les cr�dits, dans l'optique d'une reprise progressive du march� immobilier. Dans le m�me but, les gages n'�taient pas estim�s � leur valeur v�nale au jour du bouclement des comptes, mais en fin de proc�dure de r�alisation, � r�ception des certificats d'insuffisance de gage ou des actes de d�faut de biens. Lorsqu'un certificat d'insuffisance de gage (ci-apr�s : CIG) ou un acte de d�faut de bien (ci-apr�s : ADB) �tait d�livr� le montant y relatif devait �tre provisionn� � 100%. Il en allait de m�me des reliquats sur vente, soit du solde du cr�dit non couvert par la vente d'un gage.
La banque disposait d'un outil informatique de suivi de la client�le et des risques (MAGIC) qui couvrait les d�partements AS et SJ. MAGIC a �t� �largi progressivement au fil des ann�es � divers d�partements (PME d�s mi-1998) mais sans jamais couvrir l'ensemble de la banque pendant les exercices concern�s (1996-1998). L'alimentation de MAGIC se faisait par saisie manuelle des collaborateurs d'au moins une partie des informations et uniquement sur la base des dossiers identifi�s comme � risques par le comit� des cr�dits et/ou le comit� des risques.
B.c Pour l'exercice comptable 1996, A.________ a �tabli un tableau dat� du 3 d�cembre 1996, ayant servi � l'�tablissement des comptes annuels, qui pr�sentait l'�valuation des risques potentiels et des besoins de provisions de la banque au 31 octobre 1996. Ce tableau mentionnait, s'agissant du d�partement AS, un besoin de provisions de 320'000'000 fr., celui pour l'ensemble de la banque s'�levant � 960'000'000 de francs. La banque disposant de provisions constitu�es pour 1'009'000'000 fr., il lui restait, selon ce tableau, par rapport aux risques � couvrir, un solde de provisions de 49'000'000 de francs. Toutefois, une r�capitulation MAGIC du 6 d�cembre 1996 relative au d�partement AS laissait appara�tre des risques sur des ADB et des CIG pour 10'000'000 fr. et des risques � hauteur de 1'518'000'000 fr. sur d'autres positions. En application des r�gles de provisionnement de la banque, le besoin r�el de provisions pour le d�partement AS s'�levait � 754'000'000 fr. (50% du blanc technique pour les 1'518'000'000 fr. et 100% pour les ADB et CIG). Les provisions ont ainsi �t�, pour l'exercice 1996, sous-�valu�es � hauteur de 395'000'000 fr. (besoin r�el de provisions de 754'000'000 fr. sous d�duction des provisions constitu�es de 320'000'000 fr. et de l'exc�dent de provisions de 49'000'000 fr.).
Pour l'exercice comptable 1997, le tableau �tabli par A.________ dat� du 6 novembre 1997 qui pr�sentait l'�valuation des risques potentiels et des besoins de provisions de la banque au 30 septembre 1997, mentionnait, s'agissant du d�partement AS, un besoin de provisions de 300'000'000 fr., celui pour l'ensemble de la banque s'�levant � 992'000'000 de francs. Toutefois, une r�capitulation MAGIC du 5 ao�t 1997 relative au d�partement AS laissait appara�tre des risques sur des ADB, des CIG et reliquats sur ventes de gage pour 299'000'000 fr. (� provisionner � 100%) et des risques � hauteur de 1'126'000'000 fr. sur d'autres positions (� provisionner � 50%). Le besoin r�el de provisions pour le d�partement AS s'�levait � 862'000'000 de francs. Les provisions ont ainsi �t�, pour l'exercice 1997, sous-�valu�es � hauteur de 562'000'000 fr. (besoin r�el de provisions de 862'000'000 fr. sous d�duction des provisions constitu�es de 300'000'000 fr.).
Pour l'exercice comptable 1998, une �valuation des risques potentiels et des besoins en provision � fin 1998, �tablie par A.________, mentionnait, pour les trois d�partements AS, SJ et PME un besoin de provisions de 758'000'000 fr. auquel avait �t� ajout� un compl�ment de provisions de 150'000'000 fr., soit un total de 909'000'000 de francs. Ce montant correspondait au provisionnement � 100% des risques en blanc, mais ne tenait pas compte du provisionnement du 50% du blanc technique qui s'�levait � 731'000'000 de francs. En outre, un changement dans la m�thode d'�valuation des risques avait conduit � diminuer fictivement le besoin de provisions de 328'000'000 de francs. Ainsi, pour l'exercice 1998, les provisions ont �t� sous-�valu�es � hauteur de 909'000'000 fr. (besoin de provisions pour le blanc technique de 731'000'000 fr. et pour la neutralisation des risques de 328'000'000 fr. sous d�duction du compl�ment de provisions de 150'000'000 fr.).
En r�sum�, si la m�thode I.________ avait �t� correctement appliqu�e, les comptes auraient fait appara�tre un manque de provisions de 395'000'000 fr. pour l'exercice 1996, de 562'000'000 fr. pour l'exercice 1997 et de 909'000'000 fr. pour l'exercice 1998. Une perte aurait d� figurer dans les comptes alors qu'ils indiquaient la r�alisation d'un b�n�fice chaque ann�e (27'000'000 fr. en 1996, 30'000'000 fr. en 1997 et 26'000'000 fr. en 1998) qui a permis la distribution d'un dividende. Les comptes pour les exercices 1996, 1997 et 1998 �tablis par A.________ et sign�s par B.________ ne refl�taient ainsi pas la r�elle situation financi�re de la banque.
B.d Dans le contexte de la crise du march� immobilier des ann�es 1990, la banque a eu recours au m�canisme des soci�t�s de portage (ou op�ration de portage).
La m�thode consistait � transf�rer des immeubles appartenant � des d�biteurs ob�r�s ou r�calcitrants dans les mains de soci�t�s de portage, collaborantes, g�r�es par des professionnels de l'immobilier. Le but �tait d'�viter que l'immeuble, dont la valeur avait chut� en raison de la crise immobili�re, soit vendu � un prix inf�rieur au montant du cr�dit hypoth�caire et que la banque doive ainsi enregistrer des pertes. Les soci�t�s de portage rachetaient donc des immeubles � un prix fix� par le comit� des risques de la banque sup�rieur � la valeur du march�, proche ou �gal au montant du cr�dit hypoth�caire additionn� des �ventuels int�r�ts de retard.
La banque concluait avec la soci�t� de portage un contrat de pr�t partiaire. Elle finan�ait en g�n�ral � pr�s de 100% le total des investissements de la soci�t� de portage. Ce contrat pr�voyait notamment que le r�sultat annuel de la soci�t� de portage devait servir � payer les int�r�ts hypoth�caires dont le taux �tait fix� en fonction de ce r�sultat, le rendement de ces soci�t�s �tant toutefois extr�mement faible. En cas de vente de l'immeuble, pour laquelle la soci�t� de portage devait obtenir l'accord pr�alable de la banque, la perte �tait support�e par la banque alors qu'en cas de gain, celui-ci �tait partag� avec la soci�t� de portage. Afin de garantir la survie juridique de la soci�t� de portage qui �tait g�n�ralement surendett�e au sens de l'art. 725 CO, la banque acceptait de postposer sa cr�ance.
Au fil des ann�es, les op�rations de portage ont �t� utilis�es de plus en plus fr�quemment pour concerner 1'900'000'000 fr. de cr�dit en 1999.
L'estimation des gages immobiliers des soci�t�s de portage �tait faite en privil�giant la valeur de rendement, m�thode qui menait g�n�ralement � des valeurs correspondant mieux � la structure du march� dans la p�riode 1996 � 1998, � condition de se baser sur un taux de capitalisation ad�quat et justifiable. Un tel taux se situait entre 6% (en 1996) et 5,2% � fin 1998. Or, la banque avait fait application de taux variant entre 3% et 4%, m�thode qui menait � une surestimation des valeurs v�nales des gages entre 13% et 50%. Une telle r�duction des taux en raison des portages n'�tait pas justifi�e et menait � une valeur des gages sup�rieure � la valeur v�nale.
Les actifs immobiliers des soci�t�s de portage �taient g�n�ralement sur�valu�s au moment de l'acquisition. Ces biens ayant �t� financ�s � pr�s de 100% par un cr�dit de la banque, il existait une partie non couverte, ou blanc technique, sur ces cr�dits. En raison de la solvabilit� limit�e des soci�t�s de portage et leur caract�re non significatif au regard de l'engagement, la banque aurait d� provisionner ces cr�dits. Le manque de provisions n�cessaires � couvrir 50% du blanc technique, estim� au minimum � 175'000'000 fr. en 1997 et 183'000'000 fr. en 1998, menait � une sur�valuation des fonds propres de la banque, ce qui conduisait � la pr�sentation d'un r�sultat sur�valu�. Les comptes pour les exercices 1997 et 1998 �tablis par A.________ et sign�s par B.________ ne refl�taient ainsi pas la r�elle situation financi�re de la banque.
En raison des conditions du pr�t partiaire (prix fix� par la banque, financement � pr�s de 100%, r�partition des pertes et des gains, accord pr�alable de la banque en cas de vente, postposition de la cr�ance etc.), la banque occupait une position d'administrateur de fait des soci�t�s de portage et exer�ait une influence non n�gligeable sur la politique d'entreprise. Elle se trouvait, au moins pour une part de son engagement, dans une position qui �tait �conomiquement comparable � celle d'un actionnaire des soci�t�s de portage et donc � celle de copropri�taire des immeubles. Les cr�dits octroy�s aux soci�t�s de portage �taient toutefois comptabilis�s par la banque comme des cr�ances, qui figuraient � l'actif de son bilan, sous la rubrique � cr�ances sur la client�le � ou � cr�ances hypoth�caires �. En r�alit�, leur financement aurait d� �tre trait� comme des fonds propres dissimul�s, de sorte que le capital et le financement fussent comptabilis�s comme des op�rations li�es � des participations. Les comptes pour les exercices 1997 et 1998 �tablis par A.________ et sign�s par B.________ ne refl�taient pas la v�rit� sur le point de l'influence �conomique de la banque sur les soci�t�s de portage ainsi que sur l'obligation de consolider les comptes de ces derni�res. Les comptes consolid�s de la banque �taient ainsi lacunaires.
B.e En 2000, le capital-actions de la BCGe a �t� augment� de 225'000'000 � 360'000'000 de francs. L'Etat de Gen�ve a emprunt� 246'000'000 fr. pour financer l'acquisition d'actions nominatives au porteur de la banque. Il a �galement financ� la cr�ation de la Fondation de valorisation, dont le but �tait de g�rer, valoriser et r�aliser les actifs � pourris � de la BCGe. Selon la convention pass�e entre l'Etat de Gen�ve, la fondation et la BCGe, cette derni�re c�dait � la fondation les cr�dits pr�sentant des risques, mais garantis par des biens immobiliers, au prix de 5'067'000'000 fr., correspondant aux cr�ances en capital, commissions, frais et int�r�ts contre les d�biteurs concern�s. Cette reprise d'actifs a �t� financ�e par un pr�t du m�me montant accord� par la BCGe, � un taux d'int�r�ts initial de 3,57%, � la fondation et garanti par l'Etat.
Les pertes li�es � la vente des actifs transf�r�s � la fondation entre 2000 et 2011 se sont �lev�es � environ 1'900'000'000 fr., le taux de perte moyen sur l'ensemble des actifs r�alis�s au 31 d�cembre 2010 �tant de 36,92%. Ces pertes ont �t� support�es par l'Etat de Gen�ve.
B.________ et A.________ forment tous deux un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t de la Chambre p�nale d'appel et de r�vision de la Cour de justice genevoise du 10 mai 2012. Ils concluent, sous suite de frais et d�pens, principalement � leur acquittement, subsidiairement au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Invit�s � d�poser des observations sur les recours, la cour cantonale y a renonc� en se r�f�rant aux consid�rants de son arr�t, alors que le Minist�re public, la Banque cantonale de Gen�ve et l'Etat de Gen�ve ont conclu � leur rejet. B.________ et A.________ se sont d�termin�s sur ces �critures par courriers des 12 et 15 mars 2013, lesquels ont �t� communiqu�s � titre de renseignement au Minist�re public, � la Banque cantonale de Gen�ve et � l'Etat de Gen�ve.
Les deux recours ont pour objet la m�me d�cision. Ils ont trait au m�me complexe de faits, les arguments d�velopp�s par les recourants sont, en substance, les m�mes et tendent � leur acquittement. Il y a lieu de joindre les causes et de les traiter dans un seul arr�t (art. 24 al. 2 PCF et 71 LTF).
2.1 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). La partie recourante ne peut ainsi critiquer ces faits que s'ils ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 136 II 304 consid. 2.4 p. 313; sur la notion d'arbitraire, v. : ATF 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le Tribunal f�d�ral n'examine, en g�n�ral, que les questions juridiques que la partie recourante soul�ve conform�ment aux exigences l�gales relatives � la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 135 I 91 consid. 2.1 p. 93). De plus, il n'entre en mati�re sur les moyens fond�s sur la violation de droits fondamentaux que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s de mani�re pr�cise (art. 106 al. 2 LTF). L'acte de recours doit, � peine d'irrecevabilit�, contenir un expos� succinct des droits viol�s et pr�ciser en quoi consiste la violation (ATF 136 I 65 consid. 1.3.1 p. 68 et les r�f�rences cit�es). Le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les r�f�rences cit�es).
2.2 Au d�but de leurs m�moires de recours, les recourants formulent plusieurs remarques pr�liminaires g�n�rales, sans toutefois formuler de griefs pr�cis. En particulier, s'agissant des remarques sur les faits, ils ne d�montrent pas en quoi ils auraient �t� �tablis de mani�re arbitraire par la cour cantonale. Ces critiques sont irrecevables.
Les recourants invoquent une violation des art. 8 al. 1 Cst., 3 CPP et 32 CP. Selon eux, d�s lors que le minist�re public a retir� les appels qu'il avait d�pos�s contre les acquittements de D.________ et E.________, la cour cantonale aurait d� consid�rer que ce retrait profitait �galement aux recourants.
3.1 L'�galit� de traitement, consacr�e par l'art. 8 Cst., implique que le juge traite de la m�me mani�re des situations semblables et de mani�re diff�rente des situations dissemblables (ATF 138 I 225 consid. 3.6.1 p. 229 s. et les r�f�rences cit�es). S'agissant d'un grief d'ordre constitutionnel (art. 106 al. 2 LTF), il suppose une argumentation claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287), circonstanci�e (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105).
L'art. 3 CPP pr�voit que les autorit�s p�nales respectent outre l'�galit� de traitement, les principes de la bonne foi et de l'interdiction de l'abus de droit.
Quant � l'art. 32 CP, il consacre le principe de l'indivisibilit� de la plainte, qui a pour but d'emp�cher que le l�s� puisse arbitrairement choisir de faire punir un participant � l'infraction � l'exclusion d'un autre (ATF 132 IV 97 consid. 3.3.1 p. 99 et l'arr�t cit�).
3.2 Sous l'angle de l'�galit� de traitement, les recourants ne d�montrent pas en quoi leur situation serait semblable � celle de D.________ et E.________. Comme l'a retenu la cour cantonale, ces derniers �taient les r�viseurs de la BCGe________ alors que les recourants occupaient respectivement les postes de directeur et sous-directeur. En outre, les susnomm�s ont �t� acquitt�s parce que leur comportement a �t� qualifi� de n�gligence, l'intention �tant n�cessaire pour la poursuite des infractions en cause. Ainsi, la situation des recourants �taient dissemblables de celle de D.________ et E.________. D�s lors que le minist�re public avait la facult� d'appeler de la d�cision (art. 381 al. 1 CPP), il �tait �galement libre de retirer son appel (art. 386 al. 2 CPP) � l'�gard de ceux-ci.
Les recourants ne d�montrent pas non plus en quoi le minist�re public aurait viol� les principes de la bonne foi et de l'interdiction de l'abus de droit. Ils se contentent d'invoquer, � l'appui de leur grief, une d�cision cantonale genevoise dans le cadre de laquelle la cour cantonale avait consid�r� que le minist�re public avait viol� les principes de l'�galit� de traitement, de la bonne foi, de l'interdiction de l'abus de droit et de l'indivisibilit� de la plainte en autorisant une partie plaignante � demander la reprise de la proc�dure, qui avait �t� suspendue, contre l'un des participants et pas l'autre, alors qu'aucun des deux n'avait satisfait aux exigences de retrait de plainte. Cette jurisprudence n'est toutefois d'aucun secours aux recourants puisqu'elle traite d'une situation diff�rente. En l'esp�ce, le minist�re public n'a pas permis aux parties plaignantes de choisir lesquels des participants seraient punis, mais les a tous renvoy�s devant le tribunal qui a valablement statu� sur le sort de chacun. C'est � bon droit que la cour cantonale a consid�r� que les appels d�pos�s par le minist�re public contre les acquittements partiels des recourants n'avaient pas �t� retir�s. Mal fond�, le grief des recourants doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Les recourants invoquent une violation des art. 9 Cst. et 382 CPP. Ils soutiennent que l'Etat de Gen�ve et la BCGe seraient d�chus de leur droit de faire appel d�s lors qu'ils n'ont pas d�pos� de conclusions civiles. A l'appui de leur grief, ils citent une d�cision de la cour cantonale genevoise qui a refus� d'entrer en mati�re sur un appel d�pos� par une partie plaignante qui n'avait pas formul� de conclusions civiles, la cour estimant que celle-ci n'avait pas d'int�r�t juridiquement prot�g� � recourir. La cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire en ne faisant pas application de sa propre jurisprudence.
4.2 Comme la cour cantonale le rel�ve, la d�cision � laquelle se r�f�rent les recourants n'�tait pas une d�cision d�finitive. Elle a fait l'objet d'un recours devant le Tribunal f�d�ral qui l'a annul�e (arr�t 6B_261/2012 du 22 octobre 2012). En substance, le Tribunal f�d�ral a consid�r� que le l�s� qui s'est constitu� partie plaignante en se d�clarant demandeur au p�nal a qualit� pour former appel au plan p�nal, ind�pendamment de la prise effective de conclusions civiles dans la proc�dure p�nale (arr�t 6B_261/2012 du 22 octobre 2012 consid. 3 destin� � la publication). Mal fond�, le grief des recourants doit �tre rejet�.
Les recourants font grief � la cour cantonale d'avoir viol� les art. 115 et 118 CPP en retenant que l'Etat de Gen�ve �tait un l�s� et pouvait se porter partie plaignante.
5.1 Selon l'art. 118 al. 1 CPP, on entend par partie plaignante le l�s� qui d�clare express�ment vouloir participer � la proc�dure p�nale comme demandeur au p�nal ou au civil. La notion de l�s� est d�finie � l'art. 115 CPP. Il s'agit de toute personne dont les droits ont �t� touch�s directement par une infraction. L'art. 115 al. 2 CPP pr�voit aussi que sont consid�r�es comme des l�s�s les personnes qui ont qualit� pour d�poser plainte p�nale. Cette disposition vise les repr�sentants et les h�ritiers du l�s�, ainsi que les autorit�s et organisations habilit�es � porter plainte (CAMILLE PERRIER, in Commentaire romand, Code de proc�dure p�nale suisse, 2011, no 15 ad art. 115 CPP).
En r�gle g�n�rale, seul peut se pr�valoir d'une atteinte directe le titulaire du bien juridique prot�g� par la disposition p�nale qui a �t� enfreinte (ATF 129 IV 95 consid. 3.1 p. 98 s. et les r�f�rences cit�es). Les droits touch�s sont les biens juridiques individuels tels que la vie et l'int�grit� corporelle, la propri�t�, l'honneur, etc. (Message relatif � l'unification du droit de la proc�dure p�nale du 21 d�cembre 2005, FF 2006 p. 1148). En revanche, lorsque l'infraction prot�ge en premi�re ligne l'int�r�t collectif, les particuliers ne sont consid�r�s comme l�s�s que si leurs int�r�ts priv�s ont �t� effectivement touch�s par les actes en cause, de sorte que leur dommage appara�t comme la cons�quence directe de l'acte d�nonc� (ATF 129 IV 95 consid. 3.1 p. 99 et les r�f�rences cit�es).
5.2 L'art. 251 CP prot�ge, en tant que bien juridique, d'une part la confiance particuli�re plac�e dans un titre ayant valeur probante dans les rapports juridiques et, d'autre part, la loyaut� dans les relations commerciales (ATF 129 IV 53 consid. 3.2 p. 58). Cette disposition vise d'abord un bien juridique collectif. Toutefois, le faux dans les titres peut �galement porter atteinte � des int�r�ts individuels. Une personne peut �tre consid�r�e comme l�s�e par un faux dans les titres lorsque le faux vise pr�cis�ment � lui nuire (ATF 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s. et les r�f�rences cit�es).
5.3 En substance, la cour cantonale a retenu que l'Etat de Gen�ve �tait dans l'obligation de participer � l'assainissement de la BCGe, sans que son intervention ne proc�de d'un choix de sa part. Son obligation �tait notamment fond�e sur l'art. 4 de la loi sur la Banque cantonale de Gen�ve (LBCGe; RSG D 2 05) qui pr�voit que l'Etat de Gen�ve garantit le remboursement en capital et int�r�ts des d�p�ts d'�pargne et de pr�voyance aupr�s de la banque. Se r�f�rant � l'avis de droit du Prof. L.________ et divers avis de la doctrine, la cour a estim� que l'Etat avait �galement une obligation d'intervenir. D�s lors que sa participation � l'assainissement �tait obligatoire, l'Etat de Gen�ve avait subi un dommage personnel et direct en relation de causalit� avec l'infraction de faux dans les titres poursuivie. Il �tait, � ce titre, un l�s� et pouvait donc se porter partie plaignante.
5.4 Les recourants soutiennent que l'Etat de Gen�ve n'a pas �tabli avoir d� rembourser des �pargnants ou des avoirs de pr�voyance. Il n'aurait ainsi pas subi de dommage direct, mais uniquement un dommage en lien avec sa qualit� d'actionnaire. En tant que tel, il aurait tout aussi bien pu d�cider de vendre sa participation majoritaire dans la BCGe ou de participer � une recapitalisation de la banque. L'avis du Prof. L.________ sur l'obligation d'intervenir de l'Etat serait sujet � caution et ne serait �tay� par aucun arr�t en mati�re p�nale ou avis d'auteurs reconnus en mati�re de proc�dure p�nale. En outre, dans l'une de ses d�cisions concernant cette affaire, le D�partement f�d�ral des finances aurait retenu que l'Etat de Gen�ve ne faisait pas partie du cercle des personnes que la loi sur les banques (LB; RS 952.0) entendait prot�ger, car il �tait un organe de fait de la banque, � laquelle il devait �tre assimil�.
5.5 Le point de savoir si l'Etat a subi un dommage patrimonial direct du fait de la recapitalisation de la banque � laquelle il a d� proc�der n'a pas � �tre r�solu en l'esp�ce. S'il est exact que l'actionnaire ne subit, en principe, qu'un dommage patrimonial indirect, par ricochet, lorsqu'il est port� atteinte au patrimoine de la soci�t� dont il est actionnaire, le faux dans les titres peut porter atteinte � un autre bien juridique que le patrimoine. En effet, selon la jurisprudence, l'associ� d'une soci�t� simple qui a �t� amen� � approuver des pr�l�vements indus gr�ce � des faux bilans et des fausses quittances est directement l�s� par ces faux d�s lors qu'il a notamment �t� priv� de son droit de se renseigner sur les affaires de la soci�t� au sens de l'art. 541 CO (ATF 119 Ia 342 consid. 2b p. 347). Cette jurisprudence est transposable � la soci�t� anonyme et au droit � l'information des actionnaires pr�vu � l'art. 696 CO. Selon cette disposition, le rapport de gestion, qui contient les comptes annuels, soit le compte de profits et pertes, le bilan et l'annexe (ancien art. 662 CO abrog� le 1er janvier 2013; nouvel art. 958 al. 2 CO), est mis � disposition de l'actionnaire au plus tard 20 jours avant l'assembl�e g�n�rale ordinaire. Ainsi, un actionnaire, en tant que destinataire principal du rapport de gestion, est directement l�s� au sens de l'art. 115 CPP lorsque les comptes qui lui sont pr�sent�s constituent un faux dans les titres. Par le renvoi de l'art. 6 LBCGe, les dispositions du Code des obligations sont applicables � titre suppl�tif � la BCGe. L'Etat de Gen�ve, en qualit� d'actionnaire principal de la BCGe, a ainsi �t� directement l�s� par les faux dans les titres reproch�s aux recourants qui ont viol� son droit � l'information. A suivre l'argument des recourants selon lequel l'Etat aurait �t� un organe de fait de la banque, il �tait �galement l�s� en cette qualit�, comme l'associ� de la soci�t� simple (cf. ATF 119 Ia 342 pr�cit�). La cour cantonale a en outre retenu, de mani�re non critiquable (cf. infra consid. 10), que les recourants avaient commis les faux dans les titres reproch�s avec l'intention de tromper les destinataires des comptes. Les faux reproch�s aux recourants visaient ainsi pr�cis�ment � nuire � l'Etat de Gen�ve que ce soit en sa qualit� d'actionnaire ou de pr�tendu organe de fait. Que le D�partement f�d�ral des finances ait retenu que l'Etat de Gen�ve ne faisait pas partie du cercle des personnes que la LB entendait prot�ger n'y change rien, le caract�re de l�s� devant s'examiner au regard de l'art. 251 CP et non de la LB. Les recourants invoquent �galement la jurisprudence f�d�rale rendue sous l'empire de l'OJ (ATF 125 IV 161 consid. 3 p. 164), selon laquelle la victime LAVI n'avait pas qualit� pour former un pourvoi en nullit� au Tribunal f�d�ral dans le cas d'une infraction commise � son encontre par un fonctionnaire si la loi pr�voyait que le l�s� n'avait pas de pr�tention directe contre ce dernier mais uniquement contre l'Etat. Cette jurisprudence est sans pertinence d�s lors qu'elle ne concerne pas la qualit� m�me de l�s� ou de victime, mais la qualit� pour recourir devant le Tribunal f�d�ral. La cour cantonale n'a par cons�quent pas viol� le droit f�d�ral en reconnaissant la qualit� de l�s� et de partie plaignante � l'Etat de Gen�ve s'agissant de l'infraction de faux dans les titres.
Les recourants invoquent une violation de l'art. 389 CPP.
6.1 Selon l'art. 389 al. 1 CPP, la proc�dure de recours se fonde sur les preuves administr�es pendant la proc�dure pr�liminaire et la proc�dure de premi�re instance. L'art. 389 al. 3 CPP r�gle les preuves compl�mentaires. Ainsi, la juridiction de recours peut administrer, d'office ou � la demande d'une partie, les preuves compl�mentaires n�cessaires au traitement du recours. Conform�ment � l'art. 139 al. 2 CPP, il n'y a pas lieu d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de l'autorit� ou d�j� suffisamment prouv�s. Cette disposition codifie, pour la proc�dure p�nale, la r�gle jurisprudentielle d�duite de l'art. 29 al. 2 Cst. en mati�re d'appr�ciation anticip�e des preuves (arr�t 1B_112/2012 du 6 d�cembre 2012 consid. 2.1). Le refus d'instruire ne viole ainsi le droit d'�tre entendu des parties que si l'appr�ciation anticip�e de la pertinence du moyen de preuve offert, � laquelle le juge a proc�d�, est entach�e d'arbitraire (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.).
6.2 Les recourants se plaignent de ce que la cour cantonale n'a pas ordonn� la production de l'ensemble des accords pass�s entre l'Etat de Gen�ve, la BCGe, la Ville de Gen�ve d'une part, et J.________ d'autre part.
6.2.1 Selon les recourants, ces documents constitueraient une preuve importante pour �tablir les droits r�siduels sur la plan civil que les parties plaignantes pourraient �mettre contre les recourants. En l'absence de tels droits, les parties plaignantes auraient perdu le droit de plaider en appel.
Il ressort de l'arr�t entrepris que les parties plaignantes n'ont �mis aucune pr�tention civile dans le cadre de la proc�dure p�nale contre les recourants. En outre, comme cela ressort du consid. 4 supra, l'absence de conclusions civiles n'a pas d'influence sur la qualit� de partie des parties plaignantes en appel. Par cons�quent, les faits que les recourants entendent d�montrer par la production des pi�ces requises ne sont pas pertinents pour l'issue du litige et c'est � bon droit que la cour cantonale a refus� d'ordonner la production des pi�ces requises � cet �gard.
6.2.2 Les recourants soutiennent que les documents requis seraient �galement importants pour la question de la r�partition des frais de la proc�dure mis � leur charge. En effet, le montant relatif � l'expertise judiciaire (soit 3'000'000 fr.) serait compris dans le montant global de 110'000'000 fr. que J.________ s'est engag� � payer en faveur notamment de l'Etat de Gen�ve.
Les frais d'expertise font partie des d�bours (art. 422 al. 2 CPP) qui sont en principe mis � la charge du pr�venu condamn� (art. 426 al. 1 CPP). La personne condamn�e doit rembourser � l'Etat les frais que ce dernier a avanc�s dans la proc�dure (JO�LLE CHAPPUIS, in Commentaire romand, Code de proc�dure p�nale, 2011, no 1 ad art. 426 CPP). Cette disposition a pour but que l'Etat ne supporte pas les frais aff�rents � la proc�dure p�nale en cause. L'�ventuel accord par lequel une partie plaignante aurait convenu avec un tiers de se faire payer par ce dernier un montant �quivalent � celui de l'expertise n'a pas d'influence sur ce point. Les recourants ne d�montrent ainsi pas que les documents dont ils requi�rent la production permettraient de prouver un fait pertinent pour la pr�sente cause. Mal fond�, le grief doit �tre rejet�.
Le recourant 2 se plaint de la violation du principe ne bis in idem.
7.1 Le principe ne bis in idem est ancr� dans la Constitution f�d�rale (art. 8 al. 1 Cst.) ainsi qu'� l'art. 4 al. 1 du Protocole n� 7 � la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert�s fondamentales (RS 0.101.07) et � l'art. 14 al. 7 du Pacte international du 16 d�cembre 1966 relatif aux droits civils et politiques (RS 0.103.2). Il figure �galement, depuis le 1er janvier 2011, � l'art. 11 al. 1 CPP. Ce principe, qui est un corollaire de l'autorit� de chose jug�e, interdit qu'une personne soit p�nalement poursuivie deux fois pour les m�mes faits. L'interdiction de la double poursuite suppose la pr�sence de deux proc�dures : une premi�re, par laquelle l'int�ress� a �t� condamn� ou acquitt� par un jugement d�finitif, dot� � ce titre de l'autorit� de la chose jug�e et non passible de remise en cause selon les voies de recours ordinaires, et une seconde, ult�rieure, au cours de laquelle il aura �t� � nouveau poursuivi ou puni (MICHEL HOTTELIER, in Commentaire romand, Code de proc�dure p�nale suisse, 2011, no 6 ad art. 11 CPP; PIQUEREZ/MACALUSO, Proc�dure p�nale suisse, 3e �d. 2011, no 580 ss; BRIGITTE TAG, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, no 11 ss ad art. 11 CPP).
7.2 Aux termes de l'art. 99 al. 1 LTF, aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente. Cette exclusion vaut notamment pour les faits et moyens de preuve post�rieurs � la d�cision attaqu�e, lesquels ne peuvent �tre pr�sent�s dans le cadre d'un recours au Tribunal f�d�ral. La t�che de ce dernier est en effet de v�rifier si l'autorit� pr�c�dente a respect� le droit sur la base de la situation existant au moment o� elle a rendu sa d�cision. Des faits ou moyens de preuve post�rieurs � la d�cision attaqu�e peuvent en revanche faire l'objet d'une demande de r�vision si les conditions de celle-ci sont r�unies (cf. ATF 133 IV 342 consid. 2.1 p. 343 s.). Une exception rendant les faits et moyens de preuve nouveaux recevables n'est admise que dans les cas o� c'est la d�cision de l'autorit� pr�c�dente qui justifie, pour la premi�re fois, de les invoquer. Tel est par exemple le cas de l'all�gation des faits de proc�dure n�cessaires pour �tablir que l'autorit� pr�c�dente a viol� le droit d'�tre entendu du recourant (cf. arr�t 6B_462/2010 du 11 janvier 2011 consid. 3; 6B_52/2007 du 17 mai 2007 consid. 2.1).
7.3 Le recourant 2 pr�tend avoir d�j� �t� jug� pour des faits identiques � ceux objet de la pr�sente affaire dans le cadre d'une proc�dure s�par�e (P/12481/2011) ayant abouti � un jugement d'acquittement du Tribunal de police genevois le 10 f�vrier 2012. A cet �gard, la cour cantonale a retenu que le principe ne bis in idem n'�tait pas applicable d�s lors que le jugement du 10 f�vrier 2012 n'�tait pas d�finitif en raison des appels qui avaient �t� d�pos�s � son encontre. Le recourant 2 all�gue que ces appels ont �t� retir�s les 31 mai et 1er juin 2012. Il soutient que le jugement du 10 f�vrier 2012 est par cons�quent entr� en force, cette entr�e en force r�tro-agissant au jour o� ledit jugement a �t� rendu, soit ant�rieurement � l'arr�t ici entrepris.
7.4 Le retrait des appels des 31 mai et 1er juin 2012 est post�rieur � l'arr�t entrepris du 10 mai 2012. Il s'agit donc de faits nouveaux au sens de l'art. 99 al. 1 LTF qui sont irrecevables devant le Tribunal f�d�ral. Par ailleurs, le recourant ne soutient ni ne d�montre que c'est la d�cision de l'autorit� pr�c�dente qui justifie, pour la premi�re fois, d'invoquer ces faits. Par cons�quent, au moment o� la cour cantonale a statu�, la d�cision du 10 f�vrier 2012 n'�tait pas entr�e en force et c'est � bon droit que la cour cantonale a consid�r� que le principe ne bis in idem ne s'appliquait pas en l'absence d'une d�cision entr�e en force.
Les recourants font grief � la cour cantonale d'avoir viol� les art. 2 et 389 CP. Ils soutiennent que l'infraction de faux dans les titres relative � l'exercice comptable 1996 serait prescrite.
8.1 Selon l'art. 2 al. 1 CP, la loi p�nale ne s'applique qu'aux faits commis apr�s son entr�e en vigueur (principe de la non-r�troactivit� de la loi p�nale). Cependant, en vertu de l'art. 2 al. 2 CP, une loi nouvelle s'applique aux faits qui lui sont ant�rieurs si, d'une part, l'auteur est mis en jugement apr�s son entr�e en vigueur et si, d'autre part, elle est plus favorable � l'auteur que l'ancienne (exception de la lex mitior). Il en d�coule que l'on applique en principe la loi en vigueur au moment o� l'acte a �t� commis, � moins que la nouvelle loi ne soit plus favorable � l'auteur. La r�gle de la lex mitior constitue une exception au principe de non-r�troactivit�. Elle se justifie par le fait qu'en raison d'une conception juridique modifi�e le comportement consid�r� n'appara�t plus ou appara�t moins punissable p�nalement (ATF 134 IV 82 consid. 6.1 p. 86 s.).
8.2 L'art. 389 CP est une concr�tisation du principe de la lex mitior s'agissant de la prescription. Selon cet article (qui correspond � l'ancien art. 337 CP), les dispositions du nouveau droit concernant la prescription de l'action p�nale sont applicables aux infractions commises avant l'entr�e en vigueur du nouveau droit si elles sont plus favorables � l'auteur que celles de la loi ancienne (principe de la lex mitior). Si, au contraire, la loi nouvelle fixe un d�lai de prescription plus long, on appliquera la loi ancienne � une infraction commise sous son empire (principe de la non-r�troactivit�; cf. ATF 129 IV 49 consid. 5.1 p. 51).
8.3 La d�termination du droit le plus favorable s'effectue par une comparaison concr�te de la situation de l'auteur, suivant qu'il est jug� � l'aune de l'ancien ou du nouveau droit. Doivent en principe �tre examin�es au premier chef les conditions l�gales de l'infraction litigieuse. Lorsque le comportement est punissable tant en vertu de l'ancien que du nouveau droit, il y a lieu de proc�der � une comparaison d'ensemble des sanctions encourues. L'importance de la peine maximale joue un r�le d�cisif. Toutes les r�gles applicables doivent cependant �tre prises en compte, notamment celles relatives � la prescription et, le cas �ch�ant, au droit de porter plainte (ATF 135 IV 113 consid. 2.2 p. 114; 134 IV 82 consid. 6.2.1 p. 87 s. et les r�f�rences cit�es).
Par ailleurs, l'ancien et le nouveau droit ne peuvent �tre combin�s. Ainsi, on ne saurait, � raison d'un seul et m�me �tat de fait, appliquer l'ancien droit pour d�terminer quelle infraction a �t� commise et le nouveau droit pour d�cider si et comment l'auteur doit �tre puni. En revanche, si l'auteur a commis plusieurs infractions ind�pendantes qui sont punissables p�nalement, il convient d'examiner s�par�ment, en relation avec chacune des infractions, lequel de l'ancien ou du nouveau droit est le plus favorable (ATF 134 IV 82 consid. 6.2.3 p. 88 s. et l'arr�t cit�).
8.4 Les dispositions en mati�re de prescription ont �t� modifi�es par la loi du 5 octobre 2001, entr�e en vigueur le 1er octobre 2002 (RO 2002 2993 2996). Avec la r�vision de la partie g�n�rale du code p�nal, en vigueur depuis le 1er janvier 2007 (RO 2006 3459), les dispositions sur la prescription figurent d�sormais, sans nouvelle modification, aux art. 97 ss CP.
8.4.1 Sous l'ancien droit, l'action p�nale se prescrivait par dix ans si l'infraction �tait passible - comme en l'esp�ce le faux dans les titres - de l'emprisonnement pour plus de trois ans ou de la r�clusion (prescription relative; ancien art. 71 CP). Ce d�lai �tait toutefois interrompu par tout acte d'instruction d'une autorit� charg�e de la poursuite ou par toute d�cision du juge dirig�e contre l'auteur (ancien art. 72 ch. 2 al. 1 CP). A chaque interruption, un nouveau d�lai commen�ait � courir. N�anmoins, l'action p�nale �tait en tout cas prescrite lorsque le d�lai ordinaire �tait d�pass� de moiti�, soit au bout de quinze ans (prescription absolue; ancien art. 72 ch. 2 al. 2 CP).
Selon la jurisprudence, la prescription de l'action p�nale cessait de courir apr�s le prononc� d'un jugement de condamnation si celui-ci �tait ex�cutoire et ne pouvait plus faire l'objet que d'une voie de recours extraordinaire analogue au pourvoi en nullit� f�d�ral (ATF 127 IV 220 consid. 2 p. 224; 121 IV 64 consid. 2 p. 65 et les r�f�rences cit�es).
8.4.2 Les nouvelles dispositions sur la prescription, entr�es en vigueur le 1er octobre 2002, ont supprim� la suspension et l'interruption de la prescription et, en contrepartie, allong� les d�lais de prescription. Pour les infractions punissables d'une peine privative de libert� de plus de trois ans - telles que le faux dans les titres - le d�lai de prescription est de quinze ans. En outre, la prescription ne court plus si, avant son �ch�ance, un jugement de premi�re instance a �t� rendu.
8.4.3 Aux termes de l'art. 98 let. b CP (ancien art. 71 al. 2, puis 71 let. b CP), la prescription court d�s le jour du dernier acte si l'activit� coupable de l'auteur s'est exerc�e � plusieurs reprises. La jurisprudence au sujet de cette disposition a �volu� au fil du temps, le Tribunal f�d�ral abandonnant la notion de d�lit successif au profit de celle d'unit� du point de vue de la prescription. Cette derni�re notion a ensuite �t� remplac�e par la figure de l'unit� juridique ou naturelle d'actions (cf. ATF 131 IV 83 consid. 2.4.3 � 2.4.5 p. 92 ss).
L'unit� naturelle d'actions existe lorsque des actes s�par�s proc�dent d'une d�cision unique et apparaissent objectivement comme des �v�nements formant un ensemble en raison de leur relation �troite dans le temps et dans l'espace. Elle vise ainsi la commission r�p�t�e d'infractions - par exemple, une vol�e de coups - ou la commission d'une infraction par �tapes successives - par exemple, le sprayage d'un mur avec des graffitis pendant plusieurs nuits successives - une unit� naturelle �tant cependant exclue si un laps de temps assez long s'est �coul� entre les diff�rents actes, quand bien m�me ceux-ci seraient li�s entre eux (ATF 132 IV 49 consid. 3.1.1.3 p. 54; 131 IV 83 consid. 2.4.5 p. 94).
8.5 La question de la prescription ne se pose en l'esp�ce que pour les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 pour lesquels les recourants ont �t� condamn�s par la cour cantonale. La cour cantonale a retenu comme date d�terminante pour ces faits le 29 avril 1997, date � laquelle l'assembl�e g�n�rale ordinaire des actionnaires a approuv� le rapport annuel pour l'exercice comptable 1996, ce qui n'est pas contest� par les recourants. L'infraction de faux dans les titres se prescrit par 15 ans que ce soit sous le nouveau droit ou la prescription absolue de l'ancien droit d�s lors qu'il n'est pas contest� que le d�lai de prescription relatif a �t� r�guli�rement interrompu.
8.6 La cour cantonale a retenu que, de mani�re globale, le nouveau droit �tait plus favorable aux recourants et qu'il �tait par cons�quent applicable � l'ensemble des faits. On comprend de sa motivation, qu'elle a estim� qu'en application de l'ancien droit, la prescription n'aurait pas �t� interrompue par le jugement de premi�re instance d�s lors que ce dernier pouvait faire l'objet d'un appel, soit d'une voie de recours ordinaire, avec plein pouvoir d'examen. Les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 pouvaient ainsi potentiellement �tre prescrits au moment o� elle statuait le 10 mai 2012. Toutefois, la figure jurisprudentielle du d�lit successif se serait appliqu�e et la prescription n'aurait ainsi commenc� � courir qu'� la fin de l'activit� coupable des recourants, soit en 1999. Les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 n'auraient ainsi pas �t� prescrits. En application du nouveau droit, la prescription ne courait plus apr�s le jugement de premi�re instance, les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 n'�taient ainsi pas prescrits. En revanche, le nouveau droit �tait plus favorable d�s lors qu'il permettait la condamnation � des jours- amende. Il s'appliquait donc � l'ensemble des faits.
8.7 Le raisonnement de la cour cantonale ne peut �tre suivi.
Sous l'angle de l'ancien droit, les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 n'�taient pas prescrits lorsque le jugement de premi�re instance a �t� rendu le 22 juillet 2011, d�s lors que moins de 15 ans s'�taient �coul�s depuis le 27 avril 1997. La prescription n'a toutefois pas cess� de courir � ce moment-l�. En effet, le jugement �tait susceptible d'un appel selon le CPP (cf. art. 454 al. 1 CPP), lequel constitue une voie de recours ordinaire, l'autorit� d'appel disposant d'un plein pouvoir d'examen. Le jugement de premi�re instance n'�tait ainsi pas ex�cutoire et le d�lai de prescription a continu� � courir. Lorsque la cour cantonale a statu� le 10 mai 2012, plus de 15 ans s'�taient �coul�s depuis le 29 avril 1997 et l'infraction de faux dans les titres relative � l'exercice comptable 1996 �tait prescrite. Contrairement � ce qu'affirme la cour cantonale, la jurisprudence relative au d�lit successif qui se fondait sur l'ancien art. 70 al. 2 CP (actuel art. 98 let. b CP) - si tant est que les conditions en soient remplies - n'entre pas en ligne de compte. L'autorit� qui est amen�e � faire application de l'ancien droit n'a pas � appliquer la jurisprudence en vigueur au moment de la commission des infractions, mais la jurisprudence actuelle. En effet, une nouvelle jurisprudence est en r�gle g�n�rale applicable imm�diatement � toutes les proc�dures pendantes ou futures (ATF 135 II 78 consid. 3.2 p. 85; cf. ATF 133 I 270 consid. 1.2.2 p. 274). Ainsi, la cour cantonale aurait-elle pu tout au plus examiner si les faits reproch�s aux recourants constituaient une unit� naturelle ou juridique d'actions selon l'interpr�tation jurisprudentielle la plus r�cente de l'art. 98 let. b CP. Tel n'est pas le cas. Il est reproch� aux recourants d'avoir �tabli des fausses comptabilit�s pour trois exercices comptables successifs. Une ann�e s�pare � chaque fois les faits reproch�s aux recourants qui ont, pour chaque exercice, pris la d�cision de sous-�valuer les provisions et de ne pas int�grer les soci�t�s de portage dans le compte de participations. Leur comportement ne constitue pas une unit� juridique ou naturelle d'actions. Par cons�quent, les faits relatifs � chaque ann�e comptable constituent une infraction distincte pour laquelle la cour cantonale aurait d� examiner la question de la lex mitior.
8.8 Au vu de ce qui pr�c�de, l'application du principe de la lex mitior impliquait de retenir que l'ancien droit �tait plus favorable aux recourants pour les faits relatifs � l'exercice comptable 1996 d�s lors que la prescription de l'action p�nale �tait atteinte.
S'agissant des exercices comptables 1997 et 1998, la cour cantonale a retenu que les faits reproch�s aux recourants �taient post�rieurs au 10 mai 1997, ce que ne contestent pas ces derniers. Ils ont ainsi �t� commis moins de 15 ans avant l'arr�t entrepris et la prescription n'�tait pas atteinte que ce soit sous l'angle de l'ancien ou du nouveau droit. En revanche, le nouveau droit des sanctions est plus favorable aux recourants. En effet, il pr�voit que le faux dans les titres est punissable d'une peine privative de libert� de cinq ans ou d'une peine p�cuniaire, contre la r�clusion pour cinq ans au plus ou l'emprisonnement selon l'ancien droit. D�s lors que la peine p�cuniaire est plus favorable � la peine privative de libert� (ATF 137 IV 249 consid. 3.1 p. 251; 134 IV 82 consid. 7.2.2 p. 90), c'est � bon droit que la cour cantonale a retenu que le nouveau droit �tait applicable aux faits relatifs aux exercices comptables 1997 et 1998.
8.9 Au vu de ce qui pr�c�de, le dossier sera renvoy� � la cour cantonale pour qu'elle fixe � nouveau la peine en tenant compte de la prescription pour l'exercice comptable 1996. Elle se prononcera �galement � nouveau sur les frais.
Les recourants contestent s'�tre rendus coupables de faux dans les titres.
9.1 Dans la premi�re partie de leurs expos�s consacr�s � la violation de l'art. 251 CP (recours 1 no 60 � 66; recours 2 no 78 � 84), les recourants ne font que reprendre certains faits. Dans la mesure o� ils s'�cartent des faits constat�s par la cour cantonale sans d�montrer que ceux-ci auraient �t� �tablis de mani�re arbitraire, leurs expos�s sont appellatoires, partant irrecevables (cf. supra consid. 2.1).
9.2 Selon l'art. 251 CP, se rend coupable de faux dans les titres celui qui, dans le dessein de porter atteinte aux int�r�ts p�cuniaires ou aux droits d'autrui, ou de se procurer ou de procurer � un tiers un avantage illicite, aura cr�� un titre faux, falsifi� un titre, abus� de la signature ou de la marque � la main r�elles d'autrui pour fabriquer un titre suppos�, ou constat� ou fait constater faussement, dans un titre, un fait ayant une port�e juridique, ou aura, pour tromper autrui, fait usage d'un tel titre.
L'art. 251 ch. 1 CP vise non seulement un titre faux ou la falsification d'un titre (faux mat�riel), mais aussi un titre mensonger (faux intellectuel). Il y a faux mat�riel lorsque l'auteur r�el du document ne correspond pas � l'auteur apparent, alors que le faux intellectuel vise un titre qui �mane de son auteur apparent, mais dont le contenu ne correspond pas � la r�alit� (ATF 126 IV 65 consid. 2a p. 67).
9.3 Un simple mensonge �crit ne constitue pas un faux intellectuel. La confiance que l'on peut avoir � ne pas �tre tromp� sur la personne de l'auteur est plus grande que celle que l'on peut avoir � ce que l'auteur ne mente pas par �crit; pour cette raison, la jurisprudence exige, dans le cas du faux intellectuel, que le document ait une cr�dibilit� accrue et que son destinataire puisse s'y fier raisonnablement. Une simple all�gation, par nature sujette � v�rification ou discussion, ne suffit pas; il doit r�sulter des circonstances concr�tes ou de la loi que le document est digne de confiance, de telle sorte qu'une v�rification par le destinataire n'est pas n�cessaire et ne saurait �tre exig�e (ATF 138 IV 130 consid. 2.1 p. 134; 132 IV 12 consid. 8.1 p. 14 s.; 129 IV 130 consid. 2.1 p. 133 s.; 126 IV 65 consid. 2a p. 67 s.). Tel est le cas lorsque certaines assurances objectives garantissent aux tiers la v�racit� de la d�claration. Il peut s'agir, par exemple, d'un devoir de v�rification qui incombe � l'auteur du document ou encore de l'existence de dispositions l�gales comme les anciens art. 958 ss CO relatifs au bilan, qui d�finissent le contenu du document en question (ATF 132 IV 12 consid. 8.1 p. 15; 129 IV 130 consid. 2.1 p. 134; 126 IV 65 consid. 2a p. 68).
9.4 De jurisprudence constante, la comptabilit� commerciale et ses �l�ments (pi�ces justificatives, livres, extraits de compte, bilans ou comptes de r�sultat) sont, en vertu de la loi (anciens art. 662a ss CO; nouveaux art. 957 ss CO en vigueur d�s le 1er janvier 2013), propres et destin�s � prouver des faits ayant une port�e juridique. Ils doivent permettre aux personnes qui entrent en rapport avec une entreprise de se faire une juste id�e de la situation financi�re de celle-ci et font donc preuve, de par la loi, de la situation et des op�rations qu'ils pr�sentent. Ils ont ainsi une valeur probante accrue ou, autrement dit, offrent une garantie sp�ciale de v�racit� (ATF 132 IV 12 consid. 8.1 p. 15; 129 IV 130 consid. 2.2 et 2.3 p. 134 ss; arr�t 6B_367/2007 du 10 octobre 2007 consid. 4.2 non publi� in ATF 133 IV 303; arr�t 6S.156/2006 du 24 novembre 2006 consid. 4.1 non publi� in ATF 133 IV 36). De tels documents dont le contenu est faux doivent d�s lors �tre qualifi�s de faux intellectuels. Il y a donc faux dans les titres lorsque la comptabilit� ne satisfait pas aux exigences l�gales requises pour assurer sa v�racit� et la confiance en celle-ci. Cela vaut m�me si la comptabilit� n'a pas encore �t� soumise � l'organe de r�vision et � l'assembl�e g�n�rale (arr�t 6B_541/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2; ATF 114 IV 32 consid. 2a p. 33).
9.5 La comptabilit� doit fournir une image exacte et compl�te de la situation �conomique r�elle de la soci�t�. Le bilan doit rendre correctement compte des rapports financiers d'une entreprise � une date d�termin�e (ATF 132 IV 12 consid. 8.1 p. 15; ATF 129 IV 130 consid. 2.3 p. 135). Une fausse �criture constitue un faux dans les titres lorsqu'elle donne une fausse image globale de la comptabilit� et viole de cette mani�re les r�gles et les principes de comptabilit� qui ont �t� institu�s pour garantir la v�racit� de la d�claration et la cr�dibilit� accrue de la comptabilit�. Des violations minimes des r�gles civiles en mati�re de comptabilit� ne suffisent cependant pas. De tels principes ont �t� express�ment pr�vus dans les dispositions l�gales relatives � l'�tablissement r�gulier des comptes annuels du droit de la SA aux anciens art. 662a ss CO applicables au moment des faits reproch�s (ATF 132 IV 12 consid. 8.1 p. 15; arr�t 6B_778/2011 du 3 avril 2012 consid. 5.2.3). Les r�gles figurent d�sormais dans les nouveaux art. 957 ss CO, en vigueur au 1er janvier 2013.
La comptabilit� doit, conform�ment � son but (cf. ancien art. 957 CO; nouvel art. 957a al. 1 CO), refl�ter la situation financi�re r�elle de l'entreprise. Elle doit par cons�quent �tre exacte tant du point de vue formel que mat�riel (ATF 116 IV 52 consid. 2a p. 55). Elle se fonde souvent sur des d�cisions comportant une marge de man?uvre notamment en mati�re d'estimation des actifs et passifs. Le bilan est faux, lorsque l'�tat de la fortune et des b�n�fices est pr�sent� de mani�re plus favorable qu'en r�alit�, ou lorsque les actifs sont nettement sur�valu�s ou les passifs clairement sous-�valu�s et qu'ainsi l'�valuation d�passe la marge d'appr�ciation (arr�t 6B_778/2011 du 3 avril 2012 consid. 5.2.4 et les r�f�rences cit�es). Lorsqu'un poste suppose une �valuation, la comptabilit� ne peut �tre consid�r�e comme fausse qu'en cas d'abus du pouvoir d'appr�ciation (BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol II, 3e �d. 2010, no 40 ad art. 251 CP; v. aussi MARKUS BOOG, in Basler Kommentar, Strafrecht II, 2e �d 2007, no 54 ad art. 251 CP et les r�f�rences cit�es).
9.6 Selon l'ancien art. 669 al. 1 CO, des amortissements, corrections de valeur et provisions pour risques et charges sont effectu�s dans la mesure o� ils sont n�cessaires selon les principes g�n�ralement admis dans le commerce (1�re phrase). Des provisions pour risques et charges sont notamment constitu�es pour couvrir les engagements incertains et les risques de pertes sur les affaires en cours (2e phrase). L'ancien art. 669 al. 1 CO (cf. nouvel art. 960 et 960e CO en vigueur au 1er janvier 2013) vise � assurer que lors de l'�tablissement du bilan les corrections n�cessaires sont faites afin que la pr�sentation de la situation financi�re de la soci�t� soit correcte et conforme au principe de prudence. Cette disposition s'applique � tous les engagements futurs attendus ou � tout le moins craints, dont la survenance, l'ampleur ou l'�ch�ance est inconnue. En raison de l'incertitude de l'engagement, la direction de la soci�t� dispose au sujet de la d�cision concr�te de savoir si et � hauteur de combien des provisions doivent �tre constitu�es d'un certain pouvoir d'appr�ciation. Elle doit toutefois l'exercer de mani�re consciencieuse, c'est-�-dire selon les principes reconnus dans le commerce (arr�t 6B_778/2011 du 3 avril 2012 consid. 5.4.2 et les r�f�rences cit�es). La loi n'indique pas � partir de quelle probabilit� des provisions doivent �tre constitu�es pour des sorties de capitaux futures qui sont encore inconnues tant dans leur survenance que dans leur ampleur. Une partie de la doctrine soutient, en r�f�rence aux � International Financial Reporting Standards � (IFRS), qu'en de�� de 50% de probabilit�, une provision ne devrait pas imp�rativement �tre constitu�e et il pourrait suffire de mentionner dans l'appendice, de mani�re reconnaissable, le passif �ventuel. Selon une autre partie de la doctrine, il peut �tre n�cessaire de constituer des provisions en dessous de 50% de probabilit�; dans ce cas, il est tenu compte de la probabilit� de r�alisation du risque pour estimer le montant des provisions. Selon la jurisprudence, vu l'ancien art. 669 al. 1 CO, des provisions (� hauteur du versement partiel estim� selon le pire des sc�narios possibles) peuvent �ventuellement �tre constitu�es d�j� � 50% de probabilit� ou en dessous (arr�t 6B_778/2011 pr�cit� consid. 5.4.2 et les r�f�rences cit�es; v. aussi LUKAS HANDSCHIN, Rechnungslegung im Gesellschaftsrecht, 2013, no 774 p. 356 s.).
9.7 Se r�f�rant � un arr�t du Tribunal f�d�ral (arr�t 6S.835/1999 du 5 avril 2000) ainsi qu'� une d�cision cantonale vaudoise se fondant sur cet arr�t, les recourants soutiennent que l'omission de comptabiliser des provisions ne constitue pas un faux dans les titres.
Comme l'a relev� la cour cantonale, l'arr�t f�d�ral, non publi�, ne saurait signifier de mani�re g�n�rale que le fait de ne pas constituer les provisions n�cessaires ne serait pas constitutif d'un faux intellectuel. Bien plut�t, il ressort de la jurisprudence post�rieure cit�e supra (cf. consid. 9.5) que la comptabilit� doit refl�ter la situation financi�re r�elle de la soci�t� et qu'un faux dans les titres est envisageable lorsque l'image globale de la situation financi�re de la soci�t� est fauss�e. En pr�sence d'un poste du bilan sujet � estimation, tel que les provisions, un faux dans les titres est r�alis� lorsque ledit poste est grossi�rement fauss� (cf. supra consid. 9.6). En application de cette jurisprudence, il n'est ainsi pas exclu, contrairement � ce que pr�tendent les recourants, qu'une sous-estimation caract�ris�e des provisions constitue un faux dans les titres. En l'esp�ce, les recourants ne remettent pas en cause l'existence d'un risque, ni la n�cessit� de former des provisions. Il leur est reproch� un sous-provisionnement de 562'000'000 fr. pour l'exercice comptable 1997 et de 909'000'000 fr. pour 1998. Ces montants vont bien au-del� de la marge de man?uvre laiss�e � la direction en mati�re de poste comptable sujet � estimation. Le sous-provisionnement a pour cons�quence une image grossi�rement fauss�e de la situation financi�re r�elle de la soci�t� d�s lors que si les provisions n�cessaires avaient �t� constitu�es la banque n'aurait pas pr�sent� un b�n�fice de 30'000'000 fr. en 1997 et de 26'000'000 fr. en 1998 mais respectivement une perte de 332'000'000 fr. et de 883'000'000 fr. (sans m�me tenir compte du sous-provisionnement relatif aux op�rations de portage). La cour cantonale a retenu, de mani�re non critiquable (cf. infra consid. 11), que le but vis� par les recourants �tait pr�cis�ment de fausser le r�sultat afin d'�viter les mesures d'assainissement (arr�t p. 75). De plus, les montants retenus par la cour cantonale � titre de sous-provisionnement ont �t� obtenus en application de la m�thode de provisionnement (blanc technique) choisie par la banque - et d�j� qualifi�e de minimaliste par les experts (arr�t p. 71). Cela met en lumi�re que pour calculer les provisions figurant dans les comptes, les recourants n'ont pas appliqu� la m�thode du blanc technique choisie par la banque. Ainsi, non seulement les provisions insuffisantes constitu�es par les recourants sont fausses car clairement au-del� de la marge de man?uvre laiss�e � la direction, mais �galement parce qu'elles ne r�sultent pas de l'application de la m�thode de calcul de provisionnement choisie par la banque. Par cons�quent, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en retenant que les �l�ments constitutifs objectifs du faux dans les titres �taient r�alis�s s'agissant du sous-provisionnement. Le m�me raisonnement peut �tre tenu s'agissant du sous-provisionnement des op�rations de portage.
Quant � l'enregistrement des op�rations de portage dans le compte � cr�ances sur la client�le - cr�ances hypoth�caires � au lieu du compte de participations, au moins pour une partie des cr�ances, les recourants ne contestent pas en tant que telle la r�alisation des �l�ments constitutifs objectifs du faux dans les titres. Comme l'a relev� la cour cantonale, les comptes ne refl�taient pas la v�rit� sur le point de l'influence �conomique de la banque sur les soci�t�s de portage. On se bornera � rappeler que l'enregistrement d'une op�ration dans un mauvais compte est constitutif d'un faux dans les titres lorsqu'il est de nature � tromper les tiers notamment sur leur appr�ciation de la situation de l'entreprise, de sa sant� �conomique, de ses perspectives d'avenir et de sa solvabilit� (cf. ATF 122 IV 25 consid. 2b i.f. p. 29 s.).
La cour cantonale n'a ainsi pas viol� le droit f�d�ral en retenant que les �l�ments objectifs de l'infraction de faux dans les titres �taient r�alis�s.
Les recourants contestent la r�alisation de l'�l�ment subjectif de l'infraction de faux dans les titres.
10.1 Du point de vue subjectif, le faux dans les titres est une infraction intentionnelle. L'intention doit porter sur tous les �l�ments constitutifs de l'infraction, le dol �ventuel �tant suffisant. Ainsi, l'auteur doit �tre conscient que le document est un titre. Il doit �galement savoir que le contenu ne correspond pas � la v�rit�. L'auteur doit avoir voulu (faire) utiliser le titre en le faisant passer pour v�ridique, ce qui pr�suppose l'intention de tromper autrui. Bien que l'art. 251 CP ne le mentionne qu'au sujet de l'usage de faux, l'intention de tromper est requise dans tous les cas d'esp�ce vis�s par la disposition. En revanche, point n'est besoin que l'auteur ait eu l'intention d'utiliser lui-m�me le titre. Il suffit qu'il ait su (au sens d'un dol �ventuel) qu'un tiers allait l'utiliser de fa�on trompeuse pour amener autrui � avoir un comportement ayant une port�e juridique (ATF 135 IV 12 consid. 2.2 p. 15). Il n'est pas non plus requis que la tromperie r�ussisse (cf. ATF 121 IV 216 consid. 4 p. 223; cf. MARKUS BOOG, in Basler Kommentar, Strafgesetzbuch, 2e �d. 2007, no 87 ad art. 251 CP). De surcro�t, l'art. 251 CP exige un dessein sp�cial, � savoir que l'auteur agisse afin de porter atteinte aux int�r�ts p�cuniaires ou aux droits d'autrui ou de se procurer ou de procurer � un tiers un avantage illicite.
10.2 D�terminer ce qu'une personne a su, voulu, envisag� ou accept� rel�ve de l'�tablissement des faits. Est en revanche une question de droit, celle de savoir si l'autorit� cantonale s'est fond�e sur une juste conception de la notion d'intention, notamment de dol �ventuel, et si elle l'a correctement appliqu�e sur la base des faits retenus et des �l�ments � prendre en consid�ration (ATF 133 IV 1 consid. 4.1 i.f. p. 4).
10.3 S'agissant de l'�l�ment subjectif, la cour cantonale a retenu qu'au vu de leur formation professionnelle respective, les recourants connaissaient les r�gles applicables � la tenue de la comptabilit� commerciale. Ils avaient en outre une information compl�te sur la client�le, la solvabilit� des d�biteurs, l'�valuation des risques et les chiffres relatifs aux besoins en provision. M�me s'ils avaient agi dans ce qu'ils pensaient �tre l'int�r�t de la banque, compte tenu des circonstances, encourag�s en cela par les manquements des r�viseurs, il n'en restait pas moins qu'ils avaient une pleine connaissance de la mauvaise situation de l'�tablissement, notamment que de nombreux artifices comptables devaient �tre utilis�s pour masquer la r�alit�, soit qu'en application des r�gles, la banque �tait tr�s endett�e. Ils avaient aussi fait en sorte que l'information relative � la situation r�elle de la banque, en particulier celle ayant trait � la gestion des risques et aux provisions, reste dans leurs seules mains, ce qui ne se comprenait que par la volont� de rester libres de fixer le montant des provisions de fa�on compatible avec les capacit�s de la banque et non dans le respect des r�gles. L'absence, au sein de la banque, de la documentation qui aurait permis de savoir comment les provisions �taient calcul�es et ce que permettait r�ellement de garantir la provision d'un milliard allait dans le m�me sens. Il apparaissait �vident que les deux recourants avaient agi intentionnellement, tant il �tait vrai qu'ils devaient �viter que les destinataires des comptes ne connaissent la v�rit�, ce qui aurait emp�ch� la banque de poursuivre ses activit�s sans un assainissement imm�diat. En cela, ils avaient tromp� les administrateurs, les actionnaires, la CFB, m�me si cette derni�re avait une vision assez r�aliste de la situation, mais aussi le public, en particulier les investisseurs potentiels.
10.4 Les recourants rel�vent que la cour cantonale n'a pas retenu qu'ils avaient voulu tromper le r�viseur de la banque. Ils n'exposent toutefois pas en quoi cela pourrait avoir une influence sur l'�l�ment subjectif et on ne voit pas que tel serait le cas d�s lors que la cour cantonale a retenu qu'ils avaient voulu tromper les administrateurs, les actionnaires, la CFB, le public, en particulier les investisseurs potentiels. Cela suffit pour admettre la r�alisation du dessein de tromper autrui. Mal fond� le grief doit �tre rejet�.
10.5 Les recourants reprochent � la cour cantonale de ne pas avoir indiqu� sur quels faits elle se fondait pour retenir qu'ils avaient l'intention de cacher la r�alit� aux fins d'�viter les mesures d'assainissement de la banque.
Le droit d'�tre entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., implique notamment pour l'autorit� l'obligation de motiver sa d�cision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le. Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que l'autorit� mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid�e et sur lesquels elle a fond� sa d�cision de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 138 I 232 consid. 5.1 p. 237; 136 V 351 consid. 4.2 p. 355; 134 I 83 consid. 4.1 p. 88).
Quoiqu'il soit douteux que le grief des recourants soit suffisamment motiv� au regard des exigences accrues de l'art. 106 al. 2 LTF, il est de toute mani�re mal fond�. La cour cantonale a expos� de mani�re d�taill�e (cf. supra consid. 10.3) les �l�ments qui l'ont amen�e � retenir que les recourants savaient que les comptes �taient faux. S'agissant de l'intention de tromper autrui, la cour cantonale l'a d�duit du but poursuivi par les recourants. Elle a en effet retenu, sans arbitraire (cf. infra consid. 11.2), que ces derniers avaient agi dans l'intention de prot�ger les int�r�ts de la banque. A cet �gard, elle a renvoy� � la motivation du jugement de premi�re instance qui repose sur les d�clarations m�mes des recourants qui ont toujours dit avoir agi dans le seul int�r�t de la banque. La cour cantonale a retenu que pour atteindre ce but, les recourants devaient �viter que les destinataires des comptes ne connaissent la v�rit� sur la situation de la banque. La motivation de la cour cantonale est ainsi suffisante. On comprend en effet qu'elle a consid�r� qu'� tout le moins par dol �ventuel, les recourants se sont accommod�s du fait que les destinataires des comptes devaient �tre tromp�s afin de prot�ger ce qu'ils pensaient �tre l'int�r�t de la banque. Mal fond�, le grief des recourants doit �tre rejet�.
10.6 Les recourants soutiennent � diverses reprises dans leurs recours qu'il serait contradictoire et inconciliable de retenir, d'une part, qu'ils avaient la volont� de tromper autrui et de commettre une infraction et, d'autre part, qu'ils avaient agi dans ce qu'ils pensaient �tre l'int�r�t de la banque et que leurs motivations et buts �taient peu r�pr�hensibles. A aucun moment ils n'exposent toutefois en quoi un tel raisonnement serait contradictoire et on peine � le comprendre. En effet, rien n'emp�che un auteur de commettre une infraction avec conscience et volont� dans le but de prot�ger les int�r�ts d'un tiers. L'infraction de faux dans les titres pr�voit pr�cis�ment que l'auteur peut agir dans le dessein de procurer � un tiers un avantage illicite. En outre, le fait que ses motivations et buts apparaissent compr�hensibles au juge n'emp�che pas l'auteur d'avoir agi avec la conscience et la volont� de commettre une infraction. Le juge devra en tenir compte lors de la fixation de la peine (art. 47 al. 2 CP), ce que la cour cantonale a fait en l'esp�ce (arr�t p. 85 s.). Mal fond�, le grief doit �tre rejet�.
10.7 Les recourants soutiennent que le recours aux soci�t�s de portage �tait connu de tous et admis.
10.7.1 Concernant les op�rations de portage, la cour cantonale a retenu que, sur le plan subjectif, comme pour le sous-provisionnement g�n�ral, il apparaissait �vident que les deux recourants avaient agi intentionnellement, tant il �tait vrai qu'ils devaient �viter que les destinataires des comptes ne connaissent la v�rit�, ce qui aurait emp�ch� la banque de poursuivre ses activit�s sans un assainissement imm�diat. Les recourants avaient tromp� les administrateurs, les actionnaires, la CFB, mais aussi le public, en particulier les investisseurs potentiels. Les op�rations de portage �taient artificielles et avaient grandement contribu� au sous-provisionnement de la banque. Au fil des ann�es, elles avaient �t� utilis�es de plus en plus fr�quemment, pour concerner 1,9 milliard de francs de cr�dits en 1999, pour lesquels aucune provision n'�tait constitu�e. Ces op�rations comprenaient de nombreux �l�ments qui ne correspondaient pas � la r�alit�, en particulier des cessions � des prix surfaits, des valeurs de gages exag�r�es, des taux de capitalisation inf�rieurs � ceux du march�, appliqu�s � des �tats locatifs potentiels et un rendement moyen tr�s inf�rieur au taux de 4% en de�� duquel l'organe de r�vision lui-m�me consid�rait qu'il �tait n�cessaire de constituer des provisions. Cet organe avait aussi consid�r� que, dans le cadre des op�rations de portage, le risque en capital �tait att�nu�, mais pas supprim�. Au vu de ces �l�ments, les recourants ne pouvaient b�n�ficier d'un avis �mis de mani�re th�orique et g�n�rale selon lequel ces op�rations �taient en soi licites. C'�tait bien la mani�re dont elles avaient �t� utilis�es par les organes de la banque qui pouvait leur �tre imput�e sur le plan p�nal.
10.7.2 Les recourants ne discutent pas les faits tels qu'�tablis par la cour cantonale s'agissant de l'�l�ment subjectif. Ils ne pr�tendent, ni ne d�montrent que ceux-ci auraient �t� �tablis de mani�re arbitraire. Ils se contentent de soutenir que tant le conseil d'administration, le conseil de banque, la CFB, les gestionnaires du d�partement AS, l'inspectorat interne de la banque que l'organe de r�vision �taient au courant du recours aux soci�t�s de portage. Toutefois, les recourants n'expliquent pas en quoi cette affirmation pourrait avoir une influence sur les �l�ments subjectifs de l'infraction. Insuffisamment motiv�, le grief est irrecevable.
A supposer que les recourants entendaient soutenir que la volont� de tromper autrui n'�tait pas r�alis�e d�s lors que les organes de la banque et la CFB connaissaient la situation s'agissant des soci�t�s de portage, leur raisonnement tomberait � faux. En effet, les actionnaires et les investisseurs potentiels, �galement destinataires des comptes, n'�taient eux pas au courant et pouvaient �tre tromp�s sur la situation financi�re r�elle de la banque par les fausses �critures comptables relatives aux soci�t�s de portage reproch�es aux recourants.
Si, par leur argumentation, les recourants entendaient invoquer une erreur, on ne comprend pas ce qu'ils visaient en droit. Leur grief est �galement irrecevable sous cet angle.
Enfin, c'est avec raison que la cour cantonale a soulign� que l'avis selon lequel les op�rations de portage �taient en soi licites ne b�n�ficiait pas aux recourants. En effet, c'est bien la mani�re dont ces derniers ont utilis� les op�rations en l'esp�ce qui n�cessitait de constituer des provisions et d'int�grer les op�rations dans le compte de participations, � tout le moins partiellement.
10.8 Les recourants soutiennent que la validation des chiffres par l'organe de r�vision et l'acquittement des r�viseurs rendraient impossible leur condamnation.
L'argumentation des recourants tombe � faux. Tout d'abord, il convient de relever que les juges de premi�re instance ont retenu que les �l�ments objectifs de l'infraction de faux dans les titres �taient r�alis�s s'agissant du comportement des r�viseurs, mais qu'il restait compatible avec une n�gligence, raison pour laquelle ils �taient acquitt�s d�s lors que le faux dans les titres �tait une infraction intentionnelle. Ainsi, l'acquittement des r�viseurs en raison de l'absence d'�l�ment subjectif n'enl�ve rien au caract�re objectivement faux des chiffres figurant dans les comptes. Le fait que les r�viseurs aient indiqu� dans leurs rapports de r�vision qu'ils estimaient que les provisions �taient suffisantes pour couvrir les risques n'y change rien. Ces chiffres restent objectivement faux et leur validation par les r�viseurs ne les rend pas exacts. On ne comprend en outre pas en quoi le fait que l'Etat de Gen�ve ait, d'une part, soutenu dans une proc�dure civile contre l'organe de r�vision que ce dernier avait gravement failli � ses devoirs de r�viseur et, d'autre part, retir� son appel contre l'acquittement des r�viseurs emp�cherait la condamnation des recourants. Les conditions pour engager la responsabilit� civile et la responsabilit� p�nale sont diff�rentes et l'acquittement des r�viseurs n'emp�che pas que la responsabilit� civile de l'organe de r�vision puisse �tre engag�e en raison de leur n�gligence. Mal fond�, le grief doit �tre rejet�.
10.9 Les recourants soutiennent qu'ils ont r�guli�rement inform� leur hi�rarchie sur les risques et leur couverture et qu'ils ne pouvaient ainsi pas avoir la volont� de la tromper.
En tant que les recourants pr�tendent que leur hi�rarchie �tait inform�e des risques et de leur couverture et que la place financi�re genevoise avait une vision claire de l'�tat de la BCGe, ils s'�cartent de mani�re irrecevable des faits constat�s par la cour cantonale qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF). En effet, la cour cantonale a retenu que les recourants avaient fait en sorte que l'information relative � la situation r�elle de la banque, en particulier celle ayant trait � la gestion des risques et aux provisions, reste dans leurs seules mains. Elle a soulign� que les administrateurs et les membres du conseil de banque disposaient des rapports de solvabilit� du r�viseur, au contenu pour le moins discutable, des comptes de la banque, audit�s de mani�re tout aussi discutable, ainsi que des informations fournies par la direction g�n�rale, laquelle ne transmettait toutefois que des chiffres globaux et faux, calcul�s de mani�re telle qu'il �tait possible d'annoncer un b�n�fice et de distribuer un dividende. Les recourants ne pr�tendent, ni ne d�montrent que ces �l�ments auraient �t� retenus de mani�re arbitraire par la cour cantonale. Il en va de m�me lorsqu'ils affirment que C.________ �tait particuli�rement au fait de la situation. A cet �gard, la cour cantonale a retenu que C.________ n'avait pas eu connaissance du d�tail des chiffres relatifs aux provisions, les recourants ne l'ayant par ailleurs pas mis en cause sur ce point. Insuffisamment motiv� et appellatoire, leur grief est irrecevable.
10.10 Les recourants affirment que si les organes de la banque et la CFB avaient �t� tromp�s, ils l'auraient �t� par les rapports de solvabilit� �tablis par l'organe de r�vision et non pas par les comptes. Le jugement de premi�re instance n'aurait pas retenu que ces rapports �taient faux. Pour juger s'il y a faux dans les titres, il faudrait se placer dans la peau d'un destinataire normalement vigilant en faisant abstraction des circonstances concr�tes ext�rieures � la pi�ce, et se demander si, en prenant connaissance de la pi�ce, celui-ci pouvait, en respectant les devoirs de prudence, consid�rer que le fait faux �tait ainsi prouv�. Les seuls documents qui auraient pu inspirer confiance aux destinataires des comptes seraient les comptes r�vis�s.
Contrairement � ce que pr�tendent les recourants, il a bien �t� retenu que les rapports de r�vision �taient objectivement des faux (jugement 1�re instance p. 73 ss, en particulier 81). Quoi qu'il en soit, par leur argumentation, les recourants tentent de remettre en cause non pas l'aspect subjectif de l'infraction, mais le caract�re de titre ayant une valeur probante accrue de la comptabilit�. Cette remise en cause est infond�e (cf. supra consid. 9.4). La fausse comptabilit� �tablie par les recourants �tait propre � tromper les destinataires des comptes, ind�pendamment de l'existence des faux rapports de r�vision, �tant rappel� qu'il n'est pas n�cessaire que les comptes soient r�vis�s pour qu'ils constituent des faux dans les titres (cf. supra consid. 9.4 i.f.). Mal fond�, le grief doit �tre rejet�.
10.11 Le recourant 1 soutient qu'une activit� criminelle ne serait pas compatible avec sa personnalit�, se r�f�rant � diff�rents t�moignages qui rel�veraient son caract�re honn�te. La description du recourant faite par les t�moins serait incompatible avec un trait de caract�re d'une personne qui serait pr�te � accepter la tromperie � l'�gard de sa hi�rarchie. En tant que l'argumentation du recourant consiste � opposer une nouvelle fois sa propre appr�ciation des faits � celle de la cour cantonale, elle est appellatoire, partant irrecevable. La cour cantonale a en outre expos� les motifs pour lesquels elle retenait que le recourant avait voulu tromper notamment sa hi�rarchie (cf. supra consid. 10.3). Le recourant ne pr�tend, ni ne d�montre que les faits retenus par la cour cantonale � cet �gard seraient arbitraires. Le grief est irrecevable.
10.12 Les recourants contestent que la condition du dessein sp�cial soit r�alis�e.
La cour cantonale a retenu, s'agissant du dessein sp�cial, que les recourants avaient agi illicitement dans l'unique but d'�viter � la banque les cons�quences de sa mauvaise situation, soit un audit sp�cial et ses cons�quences pr�visibles, voire un retrait de l'autorisation d'exercer, ce qui entrait dans la notion tr�s large d'avantage illicite procur� � un tiers. A cet �gard, elle a renvoy� � la motivation du jugement de premi�re instance fond�e sur les d�clarations m�mes des recourants qui ont toujours dit avoir agi dans le seul int�r�t de la banque.
Les recourants pr�tendent que le m�me dessein, soit la survie de la banque, aurait �t� imput� par la cour cantonale � l'Etat de Gen�ve. Ils en d�duisent que la cour cantonale reconna�trait de cette mani�re qu'ils n'ont fait qu'appliquer une d�cision prise par les organes de la banque dans lesquels l'Etat de Gen�ve d�tenait la majorit�. On peine � comprendre l'argument des recourants. Quoi qu'il en soit, � supposer que l'Etat de Gen�ve ait poursuivi ce but, on ne voit pas en quoi il serait insoutenable de retenir que les recourants poursuivaient ce m�me but. Au demeurant, pour autant que l'on comprenne le raisonnement des recourants, ceux-ci semblent sous-entendre que la d�cision de falsifier les comptes serait imputable � l'Etat de Gen�ve. Si l'on devait suivre ce raisonnement - qui se fonde toutefois sur des �l�ments �trangers � l'�tat de fait retenu par la cour cantonale - il n'en demeure pas moins que les faux dans les titres leur resteraient imputables. Ils �taient les seuls � avoir connaissance des chiffres exacts, ils �taient responsables d'�tablir les comptes et pour le recourant 2 de les signer. Ce sont donc bien eux qui ont �tabli les fausses comptabilit�s.
Contrairement � ce qu'affirment les recourants, la cour cantonale ne leur a pas imput� un dessein de vouloir nuire, mais le dessein de fournir un avantage illicite � un tiers. Ce dernier dessein n'est donc pas contradictoire avec le fait d'avoir retenu que les recourants avaient agi de mani�re illicite, alors qu'ils voulaient bien faire, soit sauver la banque (cf. supra consid. 10.6).
Les recourants soutiennent qu'ils n'avaient rien � craindre d'un audit sp�cial de la CFB qui pouvait tout au plus redonner au canton de Gen�ve la responsabilit� de la surveillance de la banque. Ce faisant, les recourants s'�cartent de mani�re irrecevable des faits retenus par la cour cantonale qui ne leur a pas seulement imput� le dessein d'�viter un audit de la CFB mais bien d'�viter toutes les cons�quences qu'auraient impliqu�es des comptes exacts, soit les mesures imm�diates d'assainissement, voire la fermeture de la banque.
Les recourants ne d�montrent pas que les faits retenus par la cour cantonale s'agissant du dessein sp�cial auraient �t� �tablis de mani�re arbitraire. Sur la base des faits retenus par la cour cantonale, c'est-�-dire que les recourants avaient agi dans le but d'�viter � la banque les cons�quences de sa mauvaise situation, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en retenant que cela entrait dans la conception d'avantage procur� � un tiers. Dans la mesure o� il est recevable, le grief des recourants doit �tre rejet�.
Les recourants obtiennent partiellement gain de cause (cf. supra consid. 8.8 et 8.9). Les intim�s succombent dans la m�me mesure. Pour le surplus, les recours sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables. Au regard de l'ampleur du dossier, les frais judiciaires sont arr�t�s, pour les deux recours, � 12'000 fr. en application de l'art. 65 al. 3 et 5 LTF. Vu le sort des recours, deux tiers des frais seront support�s par les recourants, par moiti� chacun, le tiers restant �tant mis � la charge des intim�s, par moiti� chacun (66 al. 1 LTF). Les d�pens sont compens�s (art. 68 al. 1 LTF).
Les causes 6B_496/2012 et 6B_503/2012 sont jointes.
Les recours sont partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� et la cause est renvoy�e � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle d�cision. Pour le surplus, les recours sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 12'000 fr., sont mis pour 8000 fr. � la charge des recourants, par moiti� chacun, et pour 4000 fr. � la charge des intim�s, par moiti� chacun.