Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010629-218464
Timestamp: 2017-07-23 23:06:23+00:00
Document Index: 327466972

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 15", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 15']

France, Conseil d'État, 7 ss, 29 juin 2001, 218464
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 218464Numéro NOR : CETATEXT000008034957 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-06-29;218464 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 13 mars 2000, présentée par M. Mohammed X..., demeurant Chez M. Ahmed X... 1, place Lénine, appt. 40 à Bezons (95870) ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 27 janvier 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2000 du préfet du Val-d'Oise ordonnant sa reconduite à la frontière ;
- le rapport de M. Lenica, Auditeur, - les conclusions de M. Piveteau, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 20 septembre 1999, de la décision du 16 septembre 1999 du préfet du Val-d'Oise lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé ;
Considérant qu'aux termes de l'article 15 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour : ( ...) 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge ; ( ...)" ;
Considérant que s'il n'est pas contesté que M. X... a un fils majeur de nationalité française vivant en France, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'à la date à laquelle une carte de résident lui a été refusée, il était à la charge de ce seul fils, alors qu'il a d'autres enfants vivant au Maroc ; qu'il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision lui refusant une carte de résident, qui est suffisamment motivée, est entachée d'illégalité ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir que sa famille vit en France et qu'il est âgé, malade et incapable de subvenir seul à ses besoins, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'il soit dépourvu d'attaches familiales au Maroc ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. X..., l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie familiale et privée une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de M. X... soit d'une gravité telle qu'il l'empêche de voyager et nécessite des soins qui ne puissent lui être donnés qu'en France ; qu'ainsi M. X... n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure de reconduite à la frontière sur sa situation personnelle ;
Considérant qu'alors même que dans son mémoire en défense présenté devant le tribunal administratif, le préfet a commis une erreur matérielle, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté lui-même n'était pas fondé sur de tels faits entachés d'inexactitude matérielle ; Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2000 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Mohammed X..., au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-01-13Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 15Publications :Proposition de citation: CE, 29 juin 2001, n° 218464Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. LenicaRapporteur public : M. PiveteauOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 7 ssDate de la décision : 29/06/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page