Source: https://www.doc-du-juriste.com/droit-prive-et-contrat/droit-civil/commentaire-d-arret/ce-20-juillet-1990-ville-melun-448667.html
Timestamp: 2019-09-21 23:49:54+00:00
Document Index: 97201772

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De manière générale, pour caractériser la maîtrise de la personne publique sur le service public géré par une personne privée, la jurisprudence a recours à la technique du faisceau d'indices. Ainsi il incombe au juge administratif de rechercher si la personne privée a été créée par la personne publique et enfin si elle est composée de ses représentants.
L'arrêt rendu par le Conseil d'Etat, le 20 juillet 1990 apporte un éclairage intéressant sur la notion de service public et plus particulièrement sur la difficulté de l'admission de certains de ces critères de reconnaissance.
Depuis l'arrêt Narcy de 1963, la question semblait pourtant définitivement close. En effet, les critères de reconnaissance qui étaient établies permettaient une cohérence bien nécessaire à la qualification des services publics.
Les liens unissant les prérogatives de puissance publique à une activité de service public
Un lien classique appliqué
Un lien substantiellement réorienté
La rupture du lien consacrée
Le renouvellement du principe de service public
Le reflet d'un droit casuistique effectué par ce revirement
[...] CE juillet 1990, Ville de Melun De manière générale, pour caractériser la maîtrise de la personne publique sur le service public géré par une personne privée, la jurisprudence a recours à la technique du faisceau d'indices. Ainsi il incombe au juge administratif de rechercher si la personne privée a été créée par la personne publique et enfin si elle est composée de ses représentants. L'arrêt rendu par le Conseil d'Etat, le 20 juillet 1990 apporte un éclairage intéressant sur la notion de service public et plus particulièrement sur la difficulté de l'admission de certains de ces critères de reconnaissance. [...]
[...] I liens unissant les prérogatives de puissance publique à une activité de service public Ici, il s'agira d'étudier le lien classique établi par la jurisprudence pour voir ensuite comment ce lien est substantiellement réorienté Un lien classique appliqué Dans l'affaire Ville de Melun et l'association Melun Culture - Loisirs le juge n'attache que peu d'importance à l'absence de prérogative de puissance publique. Alors que l'arrêt rendu par le Conseil d'Etat, en date du 28 juin 1963, Narcy avait pourtant établi que si l'intention des pouvoirs publics d'ériger ou non une activité en service public n'apparaît pas clairement, le juge cherche a découvrir des indices permettant la qualification de service public. [...]
[...] Cette demande se basait sur la loi du 17 juillet 1978 portant sur la communication des documents administratif. Le tribunal administratif de Versailles, en date du 26 avril 1985 accueille favorablement la demande de Monsieur Vivien, Laplace et Bodin tendant à l'annulation du refus de communication opposé par le Maire de Melun. La ville de Melun et l'association Melun Culture - Loisirs »ont alors relevé appel devant le Conseil d'Etat. La résolution du problème est délicate et fait appel aux critères de reconnaissance du service public. [...]
[...] Finalement, l'arrêt se base essentiellement sur l'intervention de la commune pour qualifier l'association de service public et apporte de ce fait une nouvelle perspective à la notion de service public, celle de l'absence de prérogatives de puissance publique qui n'est pas un obstacle à la reconnaissance d'une activité de service public. Le reflet d'un droit casuistique effectué par ce revirement La doctrine a considéré que l'arrêt de Melun était un abandon de la jurisprudence Narcy de 1963. Toutefois, plusieurs arrêts postérieurs à l'arrêt de la ville de Melun viennent rappeler que les trois critères cumulatifs sont indispensables (Conseil d'Etat 1992, Texteron). [...]
[...] L'arrêt ville de Melun est donc une particularité spécifique à l'espèce. Effectivement, lors de cette espèce le critère de prérogative de puissance publique fait défaut, mais malgré tout le Conseil d'Etat n'abandonne pas ce critère. La Haute juridiction prend juste ici en compte l'existence de cas particuliers, ou le contrôle de la gestion de l'organisme par la puissance publique est tellement intense que le critère de prérogative de puissance publique n'est pas nécessaire, pour qualifier une activité de service public. [...]
Droit civil CE, 20 juillet 1990, Ville de Melun