Source: https://droitsculturels.org/nord/
Timestamp: 2019-09-15 14:03:08+00:00
Document Index: 26107259

Matched Legal Cases: ['art. 3', 'art. 5', 'art. 8', 'art. 7', 'art. 3', 'art. 6', 'art. 8', 'art. 4', 'art.7', 'art.3', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 7', 'art. 5', 'art. 3', 'art. 6', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 4', 'art.8']

Droits Culturels Nord |
Proposition #01
Proposition #02
Proposition #03
Proposition #04
Proposition #05
Proposition #06
Proposition #07
Proposition #08
Proposition #09
L’année 2015 a donné lieu a des travaux approfondis sur 12 thématiques de chantier au regard des droits culturels par de nombreux acteurs impliqués dans les différents services de la collectivité départementale et des associations ou institutions partenaires. Ces propositions ont été développées à partir des enseignements des nombreux cas d’école rassemblés sur les différents chantiers. Ce site déploie et documente 12 propositions qui permettent à chacun de traduire concrêtement les droits culturels dans sa pratique professionnelle au quotidien.
12 propositions de mise en œuvre des droits culturels
Les ressources de la communauté pour la protection de l’enfance
Développer la formation à l’interculturalité pour tous les professionnels
Le droit à l’information pour tous les acteurs dans la procédure de l’IP
L’espace d’accueil de l’UT, premier lieu du travail social
L’accueil : une mission partagée au sein d’une équipe
Les instances de concertation : un rôle central dans la vie des institutions
La collecte des projets de mémoire pour faire patrimoine commun
Mise en place d’organes mixtes de concertation pour la mise en œuvre des orientations des schémas de lecture publique
La démocratie participative : des compétences à acquérir pour une citoyenneté active
Le Contrat d’Engagement Réciproque (CER) : des contributions à diversifier pour un accompagnement efficient
La place du bénévole : un enjeu de démocratie pour les institutions aux missions de service public
Les circuits courts : pour une valorisation des savoirs des territoires
Chacune des 12 propositions est déployée sur le même modèle, à travers :
1. ses enjeux
2. ses problématiques
3. des propositions concrètes et point de veille pour sa mise en œuvre
Ces 3 niveaux de développement sont illustrés par des citations, consultables dans les onglets, sur :
1. les principes fondamentaux sur lesquels ils prennent appui
2. les témoignages des acteurs, issus majoritairement des publications de Paideia
3. la valeur ajoutée des droits culturels
Ensuite, sont présentées succintement les analyses de cas dont sont tirés ces enseignements.
Parfois de long extraits nous ont semblé opportun à partager pour les plus curieux d’approfondir le sujet.
Enfin, une liste de ressources documentaires permet d’aller plus loin.
Ce site sera régulièrement complété de documents, et notament de vidéos réalisées auprès des acteurs du département. N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions pour illustrer de manière concrête la réalisation des droits culturels des personnes dans l’action publique.
TYPOLOGIES DE PROPOSITIONS
A - Fonction d'accueil
Il s’agit d’une fonction à la fois transversale et spécifique.
Spécifique : La fonction d’accueil a pour enjeu principal de reconnaître chaque personne pour ce qu’elle est, et d’accueillir sa singularité non seulement comme un défi mais comme une ressource à découvrir et déployer. En termes de droits culturels, il s’agit tout d’abord du droit de chacun d’être respecté pour ce qu’il est (art. 3 a), qui conditionne la possibilité pour chacun d’agir, de participer et de contribuer à la vie culturelle et à la société librement (art. 5 et 8). Sans accueil, sans reconnaissance, cette participation est freinée, voire impossible, et une grande partie de ce qui pourrait émerger de la rencontre est gaspillé ou reste, comme la personne, inconnu et inaccessible.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’accueil n’est pas un acte unique, qui ne se déploierait qu’à la première rencontre. C’est plutôt une posture d’ouverture et de disponibilité, une réceptivité qui rend possible l’expression de la personnalité de chacun au moment qui lui semble le plus opportun. Cela implique un souci d’aménager des temps, espaces ou propos propices à l’interconnaissance, invitant à dépasser l’utilité stricte de l‘interaction pour la transformer en rencontre.
Transversale : Bien que la fonction spécifique et les professionnels de l’accueil doivent particulièrement maîtriser cet enjeu et être reconnus pour cette fonction centrale de facilitateurs de liens, la capacité d’accueil de l’autre est importante pour tous, quel que soit leur métier ou fonction. Elle est primordiale pour toute position d’encadrant, afin de valoriser ses collaborateurs et leur permettre de contribuer à la hauteur de ce qu’ils sont, ce qui engage leur motivation en plus de leurs compétences. Elle est centrale à toute interaction avec d’autres, collègues, clients, partenaires, amis, voisins, pour permettre de réelles rencontres, l’échange et le tissage social.
B - Organes mixtes de concertation
Quelle que soit l’ampleur de l’initiative ou la teneur du projet, sa réussite dépendra de la cohérence entre les objectifs et les moyens déployés. Un organe de concertation et de suivi, impliquant une diversité de compétences, de sensibilités et de personnes concernées par l’initiative et ses retombées, est une garantie pour ne pas perdre de vue cette cohérence et permettre la durabilité de l’action et de ses effets.
En termes de droits culturels, il s’agit d’assurer le développement du droit de participer à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des décisions qui concernent et ont un impact sur l’exercice des droit culturels et des droits humains (art. 8), ainsi que de prendre part à la coopération. Un organe mixte est un espace de dialogue qui contribue à la bonne gouvernance de l’initiative (légitimité vers l’extérieur). Il est un espace important de soutien et de renforcement pour les porteurs du projet (complémentarité et échanges de savoirs, art. 7).
C - Communauté d'acteurs et de ressources autour d'une problématique
Les problématiques et les tensions font partie de tout processus de changement et de transformation, et sont donc inévitables tout au long de la vie. Ce qui importe est la manière dont on traite ces tensions pour trouver les solutions et réponses les plus adaptées à chaque contexte. Cette proposition consiste à impliquer ou à créer une communauté d’acteurs et de ressources autour des problématiques qui sont observées afin de chercher ensemble les solutions.
En termes de droits culturels, rassembler toutes les personnes concernées signifie d’abord reconnaître que les savoirs et expériences qu’ils ou elles portent ont de la valeur et peuvent contribuer à la solution (art. 3b et 5), et se donner un cadre dans lequel tous peuvent apprendre les uns des autres (art. 6). Il s’agit aussi de mettre en place les conditions qui permettent à chacun de contribuer, de prendre part de manière significative à la communauté dont il ou elle est membre (art. 8) par une procédure démocratique de discussion. Ce travail peut faciliter l’identification et la reconnaissance de valeurs communes et de biens communs, que tous les acteurs concernés partagent et entendent préserver et développer (art. 4), tissant ainsi une plus grande conscience de ce qui les unit. L’objectif est de développer l’adaptabilité des solutions aux ressources des personnes et des milieux (pour une réelle mise en œuvre), l’acceptabilité des réponses (appropriation) et de résoudre les tensions en respectant les significations que les gens donnent à leur propre développement (légitimité interne et externe).
D - Intermédiation et réseaux
Pour toute initiative, quelle qu’elle soit, il est important de travailler sur l’accessibilité dans ses diverses formes : accès aux informations pour la comprendre, aux contenus qui doivent s’y déployer, accès physique aux lieux et installations, accès économique, éventuellement selon plusieurs modalités, et accès symbolique, pour s’autoriser à prendre part. L’accueil joue un rôle important dans l’accès symbolique. Pour toutes les autres formes d’accès, il est souvent nécessaire d’avoir une médiation.
Bien qu’elle puisse être facilitée par des supports variés et mieux adaptés, la médiation est principalement humaine et consiste à associer des personnes et organisations qui peuvent jouer le rôle de trait d’union, de traducteur, de liant, de facilitateur, de constructeur de la confiance réciproque rendant possible un véritable accès et une réelle participation. Comme celle d’accueil, cette tâche est à la fois spécifique et transversale : la médiation des savoirs et l’effort pour rendre accessibles les lieux, contenus, processus et institutions au plus grand nombre est un travail permanent qui implique de reconnaître, sans hiérarchisation, que nous n’avons pas tous les mêmes références, sensibilités et parcours et qu’il nous faut vulgariser nos intentions et processus, ouvrir plusieurs chemins d’accès et niveaux de communication et aménager des passerelles et des ponts. La fonction de médiation est donc à valoriser dans tous les métiers et dans toutes les fonctions, en plus des métiers spécifiques qui s’y consacrent. Elle est aussi décuplée par la mise en réseaux des compétences et par un travail de partenariat, où l’appropriation de chacun est une ressource de médiation qui peut être utile à d’autres.
En termes de droits culturels, il s’agit de développer le droit à l’information adéquate (art.7) et le droit d’accéder et de participer aux patrimoines qui, dans leur diversité, constituent le bien commun de l’humanité (art.3c).
E - Diversifier les modes et espaces d'expression et les cycles d'information
L’attention à la diversité des personnes (art. 3a) implique de porter une attention à la diversité des modes et espaces d’expression. En plus de questionner le choix d’une ou de plusieurs langues, cette démarche implique de prendre conscience des niveaux de langages, des codes, et des supports qui peuvent être plus ou moins accessibles quand on communique, et du fait que nos reflexes et supports de communication ne sont peut-être pas ceux que d’autres identifient comme les plus appropriés pour eux (art. 3b et c). Diversifier les supports – affiche, blog, capsule radio, film, livre, musique, illustrations, récits, etc. – et développer des cycles réguliers d’émission des informations sont de bons moyens pour permettre à une diversité de personnes de s’approprier les contenus que l’on veut transmettre (art. 7).
Toutefois l’acte de communication étant un acte réciproque, il importe aussi de diversifier les espaces et modes permettant à chacun de s’exprimer selon le média qui lui convient le mieux, ou qui libère au mieux cette expression. La possibilité exclusive de donner son avis sur un formulaire disponible sur un site peut être, par exemple, absolument inadéquate pour une grande partie des personnes qui n’écrivent pas volontiers, ne maîtrise pas la langue, n’ont pas accès à internet, ne connaissent pas l’architecture du site en question, et ne pensent pas que leur idée est à ce point importante pour l’écrire. Ici, la médiation peut jouer un rôle capital, mais aussi le choix de divers espaces, lieux, temps et modes d’expression (art. 5 et 7).
Le souci de développer et de transmettre des savoirs, des connaissances, de maintenir et de préserver des traditions, des métiers, des valeurs, des modes de vies, des questionnements et des expériences est inhérent à la plupart des projets et initiatives. Mais il n’est pas toujours conscient ni explicité. Conséquemment, les actions qui permettraient de maintenir et développer les savoirs en question, de valoriser les acquis et cette fonction de transmission, ne sont pas toujours déployées de la manière la plus adéquate. Elle peuvent avoir des effets négatifs sur la pérennité des actions et la capitalisation des expériences.
Il est donc important de réfléchir activement aux savoirs et valeurs qui sont en cause (art. 3c) et à mettre en place les conditions permettant de les transmettre. En termes de droits culturels, il s’agit du droit tout au long de la vie, à l’éducation et à la formation, dans une approche réciproque impliquant de développer ses savoirs et connaissances et de les partager (art. 6).
G – Travail en transversalité
C’est parce que l’on sait que les expériences humaines sont complexes et les savoirs nombreux que l’on développe des disciplines et métiers séparés, permettant d’aller au plus loin et au mieux de ces spécialisations (art. 3c). Mais il est tout aussi important de rassembler de nouveau ces différentes facettes de la réalité, pour qu’elles puissent s’enrichir des apports les unes des autres et contribuer à une meilleure compréhension de l’ensemble (art. 3b). Parce que même si chaque secteur se concentre sur une partie, les changements et développements dans un domaine ont des impacts sur les autres, et vice versa, ainsi que des conséquences au-delà du domaine, du temps, du territoire et des personnes initialement concernées (interdépendance des savoirs et des libertés).
La proposition de travailler en transversalité invite à dépasser les frontières habituelles des activités et projets pour les replacer dans l’environnement plus large, à prendre du recul pour mieux appréhender leur place dans la chaîne de valeurs. Elle implique de reconnaître la valeur spécifique des divers métiers et secteurs (art. 3a et 5), tout en cultivant des espaces de travail communs permettant de se comprendre mutuellement et de porter des valeurs et des objectifs partagés (art. 4). Il s’agit de maintenir de manière soutenue l’interaction avec les autres pour favoriser les complémentarités et assurer les synergies qui décuplent les résultats et évitent les gaspillages (art.8).