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Timestamp: 2016-12-07 08:51:44+00:00
Document Index: 138466018

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art. 63', 'art. 62', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 62', 'art. 62', 'ATF ', 'art. 62', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 96', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 67', 'arrêt ', 'arrêt ']

2C_706/2015 (24.05.2016)
2C_706/2015 {T 0/2} Arrêt du 24 mai 2016
A. X.________, ressortissant macédonien né en 1968, est entré une première fois en Suisse en 1988 et a été mis au bénéfice d'un permis de saisonnier. Ce permis a été régulièrement prolongé jusqu'au 31 janvier 1995. En février 1996, l'intéressé a regagné son pays, avant de revenir illégalement en Suisse à plusieurs reprises. Ayant obtenu un visa en vue de se marier, X.________ est entré en Suisse le 28 mai 2000. Le 27 juillet 2000, il a obtenu une autorisation de séjour et le 28 juillet 2000, il a épousé une ressortissante helvétique.
B. Par décision du 25 juillet 2013, le Service de la population et des migrations du canton du Valais (ci-après: le Service cantonal) a révoqué l'autorisation d'établissement accordée à X.________, ordonné son renvoi de Suisse et "classé sans suite" les demandes de regroupement familial. Le 26 août 2013, l'intéressé a interjeté recours contre cette décision auprès du Conseil d'Etat du canton du Valais. Celui-ci a rejeté le recours par décision du 5 novembre 2014. X.________ a contesté ce prononcé devant la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais (ci-après: le Tribunal cantonal) le 5 janvier 2015.
C. Agissant par la voie du recours en matière de droit public et celle, subsidiaire, du recours constitutionnel, X.________ demande au Tribunal fédéral, sous suite de frais et dépens, outre l'effet suspensif, l'annulation de l'arrêt du 24 juin 2015 du Tribunal cantonal et le renvoi de la cause au Service cantonal, afin que celui-ci statue sur la demande de regroupement familial. Il se plaint d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et de violation du droit fédéral.
2. Le recourant fait en premier lieu valoir que l'autorité précédente a apprécié les preuves à sa disposition de manière arbitraire. Il conteste avoir eu connaissance de l'existence de son fils, né en 2001, lors de sa demande d'autorisation d'établissement. Il nie en outre avoir gardé des contacts avec la mère de ses enfants alors qu'il était marié avec sa première épouse.
3. 3.1. A teneur de l'art. 63 al. 2 LEtr, l'autorisation d'établissement d'un étranger qui séjourne en Suisse légalement et sans interruption depuis plus de quinze ans ne peut être révoquée que pour les motifs mentionnés aux art. 62 let. b et 63 al. 1 let. b LEtr. Le respect de cette durée se vérifie au jour du prononcé de la décision de révocation de l'autorisation d'établissement par l'autorité de première instance (ATF 137 II 10 consid. 4.2 p. 12). Pour les étrangers qui séjournent légalement en Suisse depuis moins de quinze ans, l'art. 63 al. 1 let. a LEtr prévoit que l'autorisation d'établissement peut notamment être révoquée aux conditions de l'art. 62 let. a LEtr, c'est-à-dire si l'étranger ou son représentant légal a fait de fausses déclarations (première alternative de l'art. 62 let. a LEtr) ou a dissimulé des faits essentiels durant la procédure d'autorisation (seconde alternative de l'art. 62 let. a LEtr). Ainsi, lorsque l'autorité pose des questions à l'étranger, celui-ci doit y répondre conformément à la vérité. Les fausses déclarations, qui portent sur des élément déterminants pour l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'établissement, conduisent à la révocation de celle-ci. Il ne doit toutefois pas être établi que l'autorisation aurait avec certitude été refusée si l'autorité avait obtenu une information correcte. Quant à la dissimulation de faits essentiels, au même titre que pour les fausses déclarations (cf. ATF 112 Ib 473 consid. 3b p. 475 s.; ANDREAS ZÜND, in BERNHARD EHRENZELLER [éd.], Aktuelle Fragen des schweizerischen Ausländerrechts, volume 4, 2001, p. 141; ZÜND/ARQUINT HILL, in UEBERSAX ET AL. [éd.], Ausländerrecht, 2e éd. 2009, n° 8.27; MARC SPESCHA, in SPESCHA ET AL. [éd.], Migrationsrecht, 4e éd. 2015, n° 3 ad art. 62 LEtr), il faut que l'étranger ait la volonté de tromper l'autorité (arrêts 2C_736/2015 du 22 février 2016 consid. 3.2.1; 2C_403/2011 du 2 décembre 2011 consid. 3.3.3). Cela est notamment le cas lorsqu'il cherche à provoquer, respectivement à maintenir, une fausse apparence sur un fait essentiel (arrêts 2C_403/2011 précité consid. 3.3.3; 2C_595/2011 du 24 janvier 2012 consid. 3.4; 2C_726/2011 du 20 août 2012 consid. 3.1.1).
4. 4.1. En l'occurrence, la décision de révocation de l'autorisation d'établissement du recourant a été prononcée par le Service cantonal le 25 juillet 2013, c'est-à-dire un peu plus de treize ans après que le recourant était arrivé en Suisse. L'art. 63 al. 2 LEtr ne trouve donc pas application au cas d'espèce et il convient d'examiner si les conditions de l'art. 62 let. a en relation avec l'art. 63 al. 1 let. a LEtr sont remplies. Contrairement à ce que le recourant tente d'invoquer, le fait qu'il ait déjà séjourné légalement en Suisse entre la fin des années 80 et février 1996 n'y change rien, puisque, comme l'indique l'art. 63 al. 2 LEtr, seuls comptent les séjours ininterrompus.
5. La révocation de cette autorisation ne se justifie toutefois que si la pesée des intérêts à effectuer dans le cas d'espèce fait apparaître la mesure comme proportionnée (cf. art. 96 LEtr; ATF 139 I 145 consid. 2.2 p. 147 s.), étant toutefois précisé que la révocation d'une autorisation ensuite de la dissimulation d'une relation parallèle est une mesure qui sera en règle générale considérée comme étant proportionnée, sous réserve de circonstances particulières.
6. Sur le vu de ce qui précède, il n'est pas perçu de frais de procédure (art. 66 al. 1 et 4 LTF). Le canton du Valais doit en outre verser au recourant une indemnité à titre de dépens (cf. art. 68 al. 1 LTF). La cause est renvoyée au Tribunal cantonal pour qu'il procède à une nouvelle répartition des frais et dépens de la procédure qui s'est déroulée devant lui (art. 67 LTF).
1. Le recours en matière de droit public est admis et l'arrêt attaqué est annulé.
2. La cause est renvoyée au Service cantonal pour qu'il procède dans le sens des considérants.
3. La cause est renvoyée au Tribunal cantonal, afin qu'il statue à nouveau sur le sort des frais et dépens de la procédure devant lui.
6. Une indemnité de partie, arrêtée à 2'000 fr., est allouée au recourant, à charge du canton du Valais.
7. Le présent arrêt est communiqué au mandataire du recourant, au Service de la population et des migrations, au Conseil d'Etat et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, ainsi qu'au Secrétariat d'Etat aux migrations.