Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19921005-133593
Timestamp: 2017-07-21 09:17:48+00:00
Document Index: 295772068

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 6", 'art. 6', 'art. 22']

France, Conseil d'État, Le president de la section du contentieux, 05 octobre 1992, 133593
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 133593Numéro NOR : CETATEXT000007816407 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1992-10-05;133593 Analyses : DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETRANGERS - REFUGIES - APATRIDES - QUESTIONS COMMUNES - RECONDUITE A LA FRONTIERE - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES.POLICE ADMINISTRATIVE - POLICES SPECIALES - POLICE DES ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES.Texte : Vu la requête, enregistrée le 3 février 1992 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Abdelhamid X..., demeurant ... ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 2 janvier 1992 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 30 décembre 1991 par lequel le préfet du Rhône a décidé sa reconduite à la frontière ;
- les conclusions de Mme Denis-Linton, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : "L'étranger qui fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière peut, dans les vingt-quatre heures suivant sa notification, demander l'annulation de cet arrêté au président du tribunal administratif" ; qu'aux termes de l'article R. 241-6 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, les recours en annulation dirigés contre des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière des ressortissants étrangers doivent "être enregistrés au greffe du tribunal administratif dans les vingt-quatre heures suivant la notification de l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Toutefois, si, au moment de la notification de l'arrêté, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée dans ce même délai de vingt-quatre heures soit auprès de ladite autorité administrative, soit au greffe du tribunal devant lequel il comparait en vue de la prorogation de sa rétention administrative. Dans le cas prévu à l'alinéa précédent, mention du dépôt est faite sur un registre ouvert à cet effet, un récépissé indiquant la date et l'heure du dépôt est délivré au requérant" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet du Rhône en date du 30 décembre 1991 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... lui a été notifié le jour même à 15 heures et que cette notification comportait l'indication des voies et délais de recours ; que, contrairement aux allégations du requérant, le centre de rétention administrative où il a été conduit deux heures après la notification de l'arrêté, disposait d'un registre où le dépôt d'une requête aurait pu être mentionné ; que ce registre indique que la requête de M. X... serait déposée par son avocat directement au tribunal administratif ; que cette requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 31 décembre à 17 h 34, soit après l'expiration du délai fixé par les dispositions précitées de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, lequel se décompte d'heure à heure ; que les litiges concernant les reconduites à la frontière n'entrant pas dans le champ d'application de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme, le requérant ne saurait utilement soutenir qu'en instituant ce délai, la loi du 10 janvier 1990 modifiant l'ordonnance du 2 novembre 1945 aurait méconnu les stipulations de cette convention ; que la demande présentée par M. X... était donc tardive ;Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande comme non recevable ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X..., au préfet du Rhône et au ministre de l'intérieur et de la sécurité publique.Références : Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R241-6Convention européenne 1950-11-04 sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales art. 6Loi 90-34 1990-01-10Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22 bisPublications :Proposition de citation: CE, 05 octobre 1992, n° 133593Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : CombarnousRapporteur public : Mme Denis-LintonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : Le president de la section du contentieuxDate de la décision : 05/10/1992Fonds documentaire : Legifrance Haut de page