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Timestamp: 2016-10-24 22:09:19+00:00
Document Index: 229556404

Matched Legal Cases: ['art. 10', 'art. 172', 'art. 176', 'art. 172', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 100', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 10', 'art. 10', 'ATF ', 'art. 172', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in casu', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 175', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 76', 'art. 66', 'art. 68']

5A_385/2012 (21.09.2012)
5A_385/2012
5A_389/2012
repr�sent� par Me Vincent Spira, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 13 avril 2012.
A.a X.________, n� en 1971 � F.________ (Arabie Saoudite), ressortissant d'Arabie Saoudite, et dame X.________, n�e en 1972 au Caire (Egypte), ressortissante de Jordanie, se sont mari�s en 1992 � F.________. Les �poux, qui s'�taient connus durant leurs �tudes en Suisse, se sont install�s dans l'appartement du sixi�me �tage de l'immeuble rue G.________ � H.________, propri�t� du p�re de l'�poux. Trois enfants, n�s � Meyrin, sont issus de leur union, � savoir A.________ le ***1996, B.________ le ***1999 et C.________ le ***2000. Ils ont �t� scolaris�s dans la section anglophone du Coll�ge D.________, � Y.________.
A.b Au cours de l'ann�e 2008, les �poux ont connu des difficult�s conjugales croissantes qui les ont amen�s � vivre s�par�s.
S'agissant des enfants, il r�sulte des faits retenus par la cour cantonale que les parties avaient eu initialement l'intention commune de scolariser les enfants en Arabie Saoudite, � F.________, pour l'ann�e scolaire 2009-2010. Les formulaires d'inscription ont �t� re�us le 5 mai 2009 par l'�cole E.________ de F.________ et les enfants ont pass� des tests d'�valuation au sein de celle-ci entre les 21 et 23 mai 2009, avant de rentrer le lendemain 24 mai 2009 � H.________. Ils ont ensuite effectu� des s�jours � F.________ (du 26 juin au 6 juillet 2009), � Cannes (du 6 au 10 juillet 2009), en Ecosse (du 10 au 27 juillet 2009), � Cannes (du 27 juillet au 18 ao�t 2009), � F.________ (du 18 ao�t 2009 au 20 septembre 2009) et � H.________ (du 20 septembre au 19 octobre 2009), avant de se rendre le 19 octobre 2009 � F.________ pour d�buter, le 24 octobre 2009, l'�cole internationale. Pourtant, apr�s les tests d'�valuation pass�s en mai 2009, les parties n'avaient plus manifest� d'int�r�t � l'inscription des enfants au sein de l'�cole internationale de F.________; le directeur de celle-ci a confirm� que c'est au mois de septembre 2009 seulement que le repr�sentant du p�re l'avait inform� qu'il proc�dait aux demandes d'autorisations et voulait confirmer leur int�r�t dans l'obtention de places au sein de l'�cole. L'annulation des inscriptions des enfants au Coll�ge D.________, par le p�re seul, a eu lieu le 20 ao�t 2009. Les enfants �taient toutefois retourn�s � H.________ le 20 septembre 2009 en raison du report de la rentr�e scolaire � F.________.
Enfin, ce n'est que le 17 novembre 2009 que le p�re seul a inform� l'Office cantonal de la population de leur d�part, au demeurant non d�finitif, de H.________.
Depuis cette date, les enfants ont v�cu principalement en Arabie Saoudite, o� ils n'avaient que tr�s peu de contacts avec leur m�re. Ils sont revenus s'installer � H.________, aupr�s de leur p�re d�s le mois d'ao�t 2011. Ils ont int�gr� un coll�ge � I.________ au mois de septembre 2011, o� ils poursuivent leur scolarit� en internat. Ils passent depuis lors leurs week-ends alternativement avec leur p�re et leur m�re.
A.c Dans l'intervalle, l'�poux a saisi la Cour de F.________ d'une demande en divorce, le 30 ao�t 2009. L'issue de cette proc�dure n'est pas connue.
B.a Le 5 octobre 2009, l'�pouse a d�pos� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale aupr�s du Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, concluant notamment � l'attribution de la garde des enfants et � une contribution � l'entretien de la famille, � charge du mari, de 90'000 fr. par mois. Cette proc�dure a donn� lieu � un jugement partiel du 27 janvier 2010 sur la comp�tence pour statuer sur le sort des enfants, par lequel le tribunal a d�ni� sa comp�tence, les enfants ayant leur r�sidence � F.________.
B.b Le 12 ao�t 2010, la Cour de justice du canton de Gen�ve a, statuant sur la base de l'art. 10 LDIP, r�form� ce jugement et admis la comp�tence des autorit�s suisses, les enfants ayant leur r�sidence habituelle � H.________. Le recours interjet� par le mari au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t a �t� rejet� le 2 d�cembre 2010 (5A_665/2010).
Dans l'intervalle, le 22 d�cembre 2009, l'�pouse a d�pos� devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve une demande unilat�rale en divorce.
Dans le cadre de cette proc�dure, elle a form� une requ�te de mesures provisionnelles, le 11 mai 2010, concluant � nouveau � ce que la garde sur les enfants lui soit attribu�e et � ce que le mari soit condamn� au paiement de contributions d'entretien respectivement pour les enfants et pour elle.
Le 24 octobre 2011, elle a form� une nouvelle requ�te de mesures provisionnelles, requ�rant � nouveau l'attribution de la garde et une contribution de 350'000 fr. par mois pour l'entretien de la famille. Le tribunal a rejet� cette requ�te le 25 octobre 2011 pour le motif qu'elle se confondait avec celle form�e le 11 mai 2010.
Les proc�dures de divorce et de mesures provisionnelles sont toutes encore pendantes devant les autorit�s judiciaires genevoises.
D.a Reprenant, apr�s d�cision du Tribunal f�d�ral, la cause de mesures protectrices de l'union conjugale introduite le 5 octobre 2009 (cf. supra B), le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, par jugement du 30 novembre 2011, d�clar� sans objet les conclusions relatives au sort des enfants et fix� la contribution d'entretien de l'�pouse � 100'000 fr. par mois pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009, tout en pr�cisant que cette mesure �tait susceptible de d�ployer des effets au-del�.
D.b Statuant sur appel des deux parties par arr�t du 13 avril 2012, la Cour de justice a confirm� qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur le sort des enfants pour le motif que l'�pouse avait form� une demande en divorce ainsi qu'une demande de mesures provisionnelles et que la comp�tence du juge des mesures protectrices de l'union conjugale �tait limit�e � la p�riode pr�c�dant le d�p�t de la demande en divorce. Elle a, par ailleurs, r�duit la contribution d'entretien due par le mari d�s le 5 octobre 2009 � 80'000 fr., le juge du divorce devant d�terminer le montant �ventuellement d� pour la p�riode suivant le d�p�t de la demande en divorce le 22 d�cembre 2009.
Contre cet arr�t, les �poux X.________ interjettent chacun un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral respectivement les 21 et 23 mai 2012.
L'�pouse conclut � l'attribution de la garde des trois enfants, un droit de visite, exerc� en Suisse, apr�s d�p�t du passeport et sous surveillance, �tant r�serv� en faveur du p�re, � l'instauration d'une curatelle de surveillance des relations personnelles et � l'allocation d'une contribution � l'entretien de la famille � charge du mari, payable d'avance et allocations familiales non comprises, de 950'000 fr. par mois. Subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Elle invoque l'arbitraire dans l'application des art. 172 ss CC et 137 aCC, dans l'application de l'ancien droit cantonal de proc�dure, ainsi que dans l'appr�ciation des preuves
L'�poux conclut � la r�duction de la contribution d'entretien � 15'000 fr. par mois du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009. Subsidiairement, il requiert le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il se plaint d'arbitraire dans l'application de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC.
2.1 La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 et les r�f�rences cit�es). Les recours ont pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Ils ont par ailleurs �t� d�pos�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale par le tribunal sup�rieur du canton de Gen�ve (art. 75 LTF) et par des parties qui ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t � la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 LTF). Les recours en mati�re civile sont donc en principe recevables.
2.2 Comme l'arr�t attaqu� porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5, 585 consid. 3.3), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e; il ne peut proc�der � une substitution de motifs que pour autant que la nouvelle motivation n'ait pas express�ment �t� r�fut�e par l'autorit� cantonale et qu'elle r�siste, � son tour, au grief de violation des droits constitutionnels (arr�t 5A_652/2009 du 18 janvier 2010 consid. 1.4; ATF 128 III 4 consid. 4c/aa).
Le Tribunal f�d�ral n'examine en outre les griefs de violation de droits constitutionnels que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 III 589 consid. 2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les r�f�rences cit�es). L'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst. ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de cette d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1; 133 II 257).
2.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences cit�es). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 et les r�f�rences cit�es). Ainsi en va-t-il dans le domaine des mesures protectrices de l'union conjugale, qui sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb et les r�f�rences cit�es; sous l'empire du CPC: cf. arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 2.3).
En substance, la cour cantonale a jug� que, l'�pouse ayant form� une demande en divorce ainsi qu'une requ�te de mesures provisionnelles, il n'y avait pas lieu de statuer sur le sort des enfants par des mesures protectrices de l'union conjugale qui visaient d�sormais � r�gler une situation pass�e puisqu'elles n'avaient pas pu �tre rendues avant la saisine du juge du divorce. Elle a consid�r� que le juge des mesures protectrices n'�tait comp�tent pour statuer sur la contribution d'entretien que pour la p�riode pr�c�dant le d�p�t de la demande en divorce et a arr�t� le montant de celle-ci � 80'000 fr. L'�pouse conteste qu'il ne puisse �tre statu� que pour la p�riode ant�rieure au d�p�t de la demande de divorce et requiert que la garde sur les enfants lui soit attribu�e et que la contribution en faveur de la famille soit augment�e � 950'000 fr. par mois. Le mari ne remet en cause que le montant de la contribution; il conclut � ce que celle-ci soit fix�e � 15'000 fr. mensuellement.
En l'occurrence, la Cour de justice a converti le jugement partiel du Tribunal de premi�re instance du 27 janvier 2010 en prononc� de mesures provisoires selon l'art. 10 LDIP. Aussi, � la suite du rejet du recours de l'�poux par le Tribunal f�d�ral, le Tribunal de premi�re instance, lorsqu'il a repris la cause, ne pouvait statuer que dans le cadre des mesures provisoires de l'art. 10 LDIP. De telles mesures peuvent �tre ordonn�es par le juge suisse, alors m�me qu'une action en divorce est pendante � l'�tranger, quand le droit du juge du divorce ne conna�t pas une r�glementation provisoire, analogue � celle du droit suisse, de la situation des �poux en instance de divorce; quand des mesures ordonn�es par le juge �tranger ne peuvent pas �tre ex�cut�es au domicile des parties en Suisse; quand doivent �tre ordonn�es des mesures pour garantir une ex�cution future sur des biens sis en Suisse; quand il y a p�ril en la demeure; ou quand on ne saurait esp�rer que le tribunal � l'�tranger prendra une d�cision dans un d�lai convenable (ATF 134 III 326 consid. 3.5.1; arr�t 5C.243/1999 du 5 mars 1991 consid. 5a et b in SJ 1991 p. 465 s.). La question de savoir si ces conditions sont r�alis�es peut demeurer ind�cise en l'esp�ce compte tenu de ce que suit (cf. consid. 5.3).
Invoquant l'arbitraire dans l'application des art. 172 ss CC et 137 aCC, l'�pouse se pr�vaut de ce que, selon la jurisprudence, les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur dans la proc�dure de divorce tant qu'elles n'ont pas �t� supprim�es ou modifi�es par des mesures provisoires, m�me si elles n'ont �t� ordonn�es qu'apr�s l'ouverture de l'action en divorce. Elle en d�duit que, en l'esp�ce, le juge des mesures protectrices de l'union conjugale est comp�tent pour r�gler tous les aspects de la vie s�par�e des parties - y compris le sort des enfants - entre le 5 octobre 2009 et le 22 d�cembre 2009, les effets de sa d�cision devant perdurer jusqu'� leur modification �ventuelle par des mesures provisoires prononc�es dans le cadre de la proc�dure de divorce.
5.1 Dans l'ATF 129 III 60, le Tribunal de c�ans a d�limit� les comp�tences respectives du juge des mesures protectrices et de celui des mesures provisionnelles lorsque l'action en divorce est introduite. Il a tout d'abord rappel� les principes d�j� d�gag�s par la jurisprudence et toujours applicables: le juge des mesures protectrices est comp�tent pour la p�riode ant�rieure � la litispendance de l'action en divorce, tandis que le juge des mesures provisionnelles l'est d�s ce moment pr�cis; les mesures protectrices ordonn�es avant la litispendance continuent toutefois de d�ployer leurs effets tant que le juge des mesures provisionnelles ne les a pas modifi�es (consid. 2). Dans cet arr�t de principe, le Tribunal f�d�ral a ensuite tranch� la question du sort de la proc�dure de mesures protectrices lorsque le juge des mesures provisionnelles est saisi: la proc�dure de mesures protectrices ne devient pas sans objet, le juge des mesures protectrices demeurant en effet comp�tent pour la p�riode ant�rieure � la litispendance, et ce, m�me s'il ne rend sa d�cision que post�rieurement (consid. 3).
Dans l'arr�t 5A_139/2010, le Tribunal f�d�ral a consid�r� qu'il n'�tait pas arbitraire d'admettre l'incomp�tence du juge saisi d'une requ�te de modification des mesures protectrices introduite quelques jours seulement avant l'ouverture de l'action en divorce, la recourante n'ayant effectivement pas d'int�r�t � obtenir une modification pour une dur�e de quelques jours (consid. 2.5). Le r�sum� de l'ATF 129 III 60 figurant au consid. 2.3 est cependant erron�. En vertu de la jurisprudence publi�e aux ATF, la d�cision de mesures protectrices d�ploie ses effets - au-del� de la litispendance - jusqu'� ce que le juge des mesures provisionnelles l'ait modifi�e (ATF 101 II 1 p. 3 cit� dans l'ATF 129 III 60 consid. 2); s'il n'y a pas de conflit de comp�tences, il importe peu que, en raison du temps n�cessaire au traitement du dossier par le tribunal, la d�cision de mesures protectrices ait ainsi �t� rendue avant ou apr�s la litispendance de l'action en divorce (arr�t 5A_324/2012 du 15 ao�t 2012 consid. 3.3.2 destin� � la publication).
5.2 � l'aune de la jurisprudence susmentionn�e (cf. consid. 5.1 supra), l'�pouse conserve en principe un int�r�t � ce qu'il soit statu� sur les mesures protectrices de l'union conjugale. Cela �tant, lorsque, comme en l'esp�ce, une partie saisit le juge des mesures protectrices de l'union conjugale et qu'ensuite, elle d�pose devant le juge du divorce une requ�te de mesures provisionnelles; que manifestement les circonstances se sont modifi�es depuis - puisque les enfants ont quitt� la Suisse, qu'ils y sont revenus et que l'�pouse a pris un emploi -; et que le juge du divorce a instruit sur mesures provisionnelles et est sur le point de statuer, il se justifie de fixer la limite des comp�tences entre les deux juges au jour de l'ouverture de la proc�dure de divorce. En cons�quence, les mesures protectrices de l'union conjugale ne peuvent �tre prononc�es in casu que pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009.
5.3 En l'occurrence, les mesures protectrices requises concernant les enfants ne d�ploieraient aucun effet, compte tenu des circonstances particuli�res du cas d'esp�ce, au-del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce; elles sont destin�es � r�gler une p�riode �coul�e bien d�termin�e (cf. consid. 5.2 supra), durant laquelle il est �tabli que les enfants r�sidaient en Arabie Saoudite. Aussi, quelle que soit la mesure ordonn�e, elle ne pourrait modifier cette situation pass�e, sur laquelle il n'y a donc pas lieu de revenir. Il s'ensuit que la d�cision de la cour cantonale de d�clarer sans objet les conclusions de l'�pouse relatives au sort des enfants n'est pas arbitraire dans son r�sultat. Le recours de l'�pouse doit donc �tre rejet� sur ce point.
En revanche, la proc�dure conserve tout son int�r�t en ce qui concerne la contribution d'entretien due par l'�poux pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009; les parties n'ont d'ailleurs jamais contest� la comp�tence du juge suisse des mesures protectrices de l'union conjugale � ce sujet, l'incident de proc�dure soulev� par l'�poux n'ayant port� que sur le sort des enfants.
Chacun des �poux conteste la quotit� de la contribution d'entretien d� � l'�pouse du 5 octobre au 22 d�cembre 2009; ils s'en prennent en particulier � la d�termination du niveau de vie du couple durant la vie commune.
6.1 La cour cantonale a tout d'abord jug� que l'�pouse avait droit au maintien de son niveau de vie d'avant la s�paration. Elle a en outre constat� que l'�poux r�alisait d'importants revenus, lesquels �taient vraisemblablement bien sup�rieurs � ceux all�gu�s. Se r�f�rant au d�compte de d�penses pour le mois de septembre 1999 fourni par la recourante - selon lequel 251'000 fr. �taient consacr�s � l'entretien de la famille -, elle a estim� que, cette pi�ce �tant ancienne, il y avait lieu �galement de consid�rer les d�penses encourues par celle-ci depuis la s�paration, � savoir un montant mensuel moyen de 27'325 fr., pr�cisant cependant que cette somme n'�tait pas repr�sentative de son train de vie ant�rieur. En d�finitive, elle a jug� qu'il fallait allouer � l'�pouse une contribution d'entretien �quivalant au tiers des d�penses du couple selon le document fourni par celle-ci, � savoir 80'000 fr.; elle n'a pas tenu compte des revenus de l'�pouse puisqu'elle ne travaillait pas durant la p�riode en cause.
6.2 L'�pouse se plaint d'arbitraire dans la d�termination du train de vie des �poux durant la vie commune; elle reproche � la cour cantonale de s'�tre bas�e de fa�on pr�pond�rante sur une pi�ce datant de 1999, soit de plus de dix ans. Elle estime que le train de vie du couple, qu'il lui est difficile de d�terminer de mani�re chiffr�e, ne peut �tre �tabli sur la base de cette unique pi�ce, qu'elle ne conteste cependant pas, mais doit �tre fix� en tenant compte �galement des revenus et de la fortune de l'�poux.
6.3 L'�poux reproche aussi � la cour cantonale de s'�tre fond�e sur une pi�ce datant de plus de dix ans, concernant, selon lui, les d�penses de feu son p�re et non express�ment invoqu�e par l'�pouse pour �tablir le train de vie du couple. Il fait ensuite valoir que son �pouse n'a pas expliqu� quelles d�penses �taient n�cessaires au maintien du niveau de vie ni rendu vraisemblable leur caract�re effectif puisque la seule charge �tablie consiste en son loyer. Il invoque encore que, dans sa requ�te, la recourante avait fait une premi�re estimation du co�t de l'entretien de la famille � 69'950 fr., incluant les frais d'�colage priv� des enfants et les salaires des trois employ�s de maison alors que lui-m�me avait exerc� la garde sur les enfants durant cette p�riode et que des charges li�es � la s�curit� et au personnel de maison n'avaient jamais �t� all�gu�es par l'�pouse. Enfin, il argue que, les d�penses effectives de la recourante �tant pour la p�riode en cause de 27'325 fr. par mois, il serait arbitraire d'arr�ter le montant de la contribution au triple de cette somme.
6.4 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, ce que le juge du fait doit constater, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux. Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties (ATF 121 I 97 consid. 3b et les r�f�rences; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3, publi� in FamPra.ch 2010 p. 894). Il incombe au cr�ancier de la contribution d'entretien de pr�ciser les d�penses n�cessaires au maintien de son train de vie et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2; arr�t 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257).
6.5 Les parties ne sauraient reprocher � la cour cantonale d'avoir �tabli leur train de vie sur la base du document fourni par l'�pouse et inventoriant des d�penses mensuelles pour le mois de septembre 1999. Tout d'abord, ni l'une ni l'autre ne pr�tendant que leur niveau de vie se serait modifi� depuis cette date, on ne saisit pas en quoi il serait insoutenable de se fonder sur ce document m�me s'il date de plus de dix ans. Par ailleurs, il s'agit de la seule pi�ce produite par l'�pouse pour d�terminer son train de vie ant�rieur alors qu'il lui incombe de rendre vraisemblable les d�penses n�cessaires au maintien de celui-ci; elle est en cons�quence malvenue de pr�tendre que cette pi�ce n'�tait pas suffisante. Quant � l'�poux, il ne s'en prend pas aux consid�rants de l'arr�t cantonal, qui lui reprochent de n'avoir produit aucun autre �l�ment permettant d'�tablir le niveau de vie du couple. En outre, en tant qu'il pr�tend avoir d�montr�, renvoyant � ses �critures d'appel, que cette pi�ce concernerait les d�penses de son p�re, il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de compl�ter lui-m�me l'acte de recours en allant consulter les m�moires produits sur le plan cantonal; un renvoi aux actes cantonaux ne suffit donc pas au regard des exigences l�gales en mati�re de motivation des recours (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 396 consid. 3.2; 131 III 384 consid. 2.3; 130 I 290 consid. 4.10). Enfin, la pi�ce en cause a �t� produite par l'�pouse � l'appui de sa requ�te de sorte que l'�poux ne peut se pr�valoir de ce qu'elle n'�tait pas invoqu�e pour d�terminer le niveau de vie du couple.
La contribution d'entretien devant exclusivement �tre �tablie sur la base des d�penses n�cessaires au maintien du niveau de vie du couple, l'�pouse ne peut tirer aucun argument des revenus et de la fortune de son �poux, aussi importants soient-ils. De son c�t�, celui-ci ne saurait se fonder sur les d�penses effectives de son �pouse depuis la s�paration puisqu'elle a droit au maintien du niveau de vie qui �tait le sien durant la vie commune. � cet �gard, en tant que l'�poux soutient que l'�pouse n'a ni all�gu� ni �tabli des frais li�s au personnel de maison et de s�curit�, son grief est mal fond� d�s lors qu'il n'a jamais contest� que le couple ait eu recours � de tels services durant la vie commune. Concernant les frais relatifs aux enfants, la cour cantonale a tenu compte du fait que ceux-ci n'�taient pas pris en charge par la m�re durant la p�riode en cause puisqu'elle lui a allou� un montant correspondant au tiers des d�penses globales de la famille.
Il suit de l� que les critiques des parties concernant la d�termination du montant des d�penses n�cessaires au maintien du niveau de vie pour la p�riode du 5 octobre au 22 d�cembre 2009, essentiellement appellatoires, ne permettent pas de qualifier d'insoutenable l'appr�ciation de la cour cantonale et doivent donc �tre rejet�es dans la mesure o� elles sont recevables.
D�s lors que l'�pouse n'est pas parvenue � d�montrer que la contribution d'entretien aurait �t� arr�t�e de mani�re arbitraire, point n'est besoin d'examiner plus avant si elle pouvait amplifier ses conclusions en appel, le montant retenu �tant inf�rieur aux conclusions qu'elle a prises en premi�re instance.
Enfin, l'�poux requiert que le dispositif de l'arr�t cantonal soit pr�cis� en ce sens que la contribution soit express�ment limit�e � la p�riode du 5 octobre au 22 d�cembre 2009 comme il ressort sans doute possible des consid�rants dudit arr�t. Ce chef de conclusion est irrecevable, faute pour le recourant de disposer d'un int�r�t digne de protection � la modification de l'arr�t sur ce point (art. 76 al. 1 let. b LTF). Il est �vident � la lecture des consid�rants de l'arr�t entrepris que la validit� des mesures ordonn�es est limit�e � la p�riode susmentionn�e; c'est d'ailleurs dans ce sens que l'une et l'autre des parties l'ont compris. La modification sollicit�e se r�v�le ainsi inutile.
Sur le vu de l'ensemble de ce qui pr�c�de, le recours de dame X.________ ainsi que celui de X.________ doivent �tre rejet�s. Les frais judiciaires relatifs � chaque recours doivent �tre mis � la charge de leur auteur (art. 66 al. 1 LTF); ils sont arr�t�s � un montant de 3'000 fr. pour chacun des recours. Les parties n'ont pas droit � des d�pens d�s lors qu'aucune d'elles n'a �t� invit�e � se d�terminer sur le recours de l'autre (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Les causes 5A_385/2012 et 5A_389/2012 sont jointes.
Le recours form� par dame X.________ (5A_385/2012) est rejet�.
Le recours form� par X.________ (5A_389/2012) est rejet�.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr. pour la cause 5A_385/2012, sont mis � la charge de dame X.________.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr. pour la cause 5A_389/2019, sont mis � la charge de X.________.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve et au Tribunal tut�laire du canton de Gen�ve.