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Timestamp: 2018-01-19 00:08:54+00:00
Document Index: 212357832

Matched Legal Cases: ['art. 14', 'art. 14', 'art. 14', 'art. 31', 'art. 14', 'art. 31']

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1 2012 > L environnement pratique > Listes rouges / Gestion des espèces > Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves) Espèces menacées en Suisse, état 2010
3 > L environnement pratique > Listes rouges / Gestion des espèces > Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves) Espèces menacées en Suisse, état 2010 Publié par l Office fédéral de l environnement OFEV et par le Centre suisse de cartographie de la faune CSCF Berne, 2012
4 Valeur juridique de cette publication Liste rouge de l OFEV au sens de l art. 14, al. 3, de l ordonnance du 16 janvier 1991 sur la protection de la nature et du paysage (OPN; RS 451.1), La présente publication est une aide à l exécution de l OFEV en tant qu autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux autorités d exécution, elle concrétise des notions juridiques indéterminées provenant de lois et d ordonnances et favorise ainsi une application uniforme de la législation. Elle aide les autorités d exécution notamment à évaluer si un biotope doit être considéré comme digne de protection (art. 14, al. 3, let. d, OPN). Impressum Editeurs Office fédéral de l environnement (OFEV) L OFEV est un office du Département fédéral de l environnement, des transports, de l énergie et de la communication (DETEC). Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF), Neuchâtel. Auteurs Mollusques terrestres: Jörg Rüetschi, Peter Müller et François Claude Mollusques aquatiques: Pascal Stucki et Heinrich Vicentini avec la collaboration de Simon Capt et Yves Gonseth (CSCF) Accompagnement à l OFEV Francis Cordillot, division Espèces, écosystèmes, paysages Référence bibliographique Rüetschi J., Stucki P., Müller P., Vicentini H., Claude F. 2012: Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse, état Office fédéral de l environnement, Berne, et Centre suisse de cartographie de la faune, Neuchâtel. L environnement pratique n 1216: 148 p. Traduction Mollusques terrestres: Jérôme Fournier, Vernayaz Mollusques aquatiques: Pascal Stucki, Neuchâtel Graphisme, mise en page Ursula Nöthiger-Koch, Uerkheim Photo de couverture La Veloutée de la Suisse centrale (Trochulus biconicus), endémique de Suisse à statut de menace «Vulnérable» (photo: Markus Baggenstos) Commande de la version imprimée et téléchargement au format PDF OFCL, Diffusion des publications fédérales, CH-3003 Berne Tél. +41 (0) , fax +41 (0) Numéro de commande: f Cette publication est également disponible en allemand et en italien. OFEV/CSCF 2012
5 > Table des matières 3 > Table des matières Abstracts 5 Avant-propos 7 Résumé 8 1 Introduction 9 2 Recommandations de mesures Eaux Zones marécageuses et prairies humides Roches, pierriers, gravières Prairies et pâturages Forêts Milieux rudéraux et construits Recommandation pour davantage de recherche 28 6 Interprétation et discussion de la liste rouge des mollusques terrestres Le groupe d espèces en Suisse Comparaison avec la liste rouge de Influences possibles des changements climatiques Classement des mollusques aquatiques Aperçu Eteint en Suisse (RE) Au bord de l extinction (CR) En danger (EN) Vulnérable (VU) Potentiellement menacé (NT) Non menacé (LC) Données insuffisantes (DD) Non évalué (NE) Synthèse: situation des mollusques Degré de menace des mollusques terrestres et aquatiques Menaces selon le milieu 30 4 Liste des espèces et catégories de menace Liste rouge des mollusques terrestres Liste rouge des mollusques aquatiques 48 5 Classement des mollusques terrestres Aperçu Eteint en Suisse (RE) Au bord de l extinction (CR) En danger (EN) Vulnérable (VU) Potentiellement menacé (NT) Non menacé (LC) Données insuffisantes (DD) Non évalué (NE) 97 8 Interprétation et discussion de la liste rouge des mollusques aquatiques Le groupe d espèces en Suisse Comparaison avec la liste rouge de Influences possibles du changement climatique 122 Annexes 124 A1 Nomenclature et taxinomie 124 A2 Processus d établissement de la liste rouge des mollusques 127 A3 Les listes rouges de l UICN 135 A4 Remerciements 143 Bibliographie 145
7 > Abstracts 5 > Abstracts 101 (41 %) of the evaluated 249 molluscs species found in Switzerland are categorised as threatened on the basis of the IUCN criteria. A further 40 species (16 %) are considered to be near threatened. Moreover, 40 % of the 181 land gastropods and 43 % of the 68 freshwater gastropods and bivalves are threatened. The most severely threatened species are those found in wetlands and bound to sources, dry grasslands or transition habitats (ecotones, ruderal areas). In matter of conservation Switzerland assumes responsibility on an international level for several of the critically endangered and endangered species, which are considered to be local endemics. This revised Red List of molluscs replaces the first edition (Turner et al. in Duelli 1994). Keywords: Red List, threatened species, species conservation, gastropods, bivalves, molluscs In der Schweiz werden 101 (41 %) der 249 bewerteten Weichtierarten gemäss den IUCN-Kriterien als gefährdet eingestuft. 40 Arten (16 %) werden als potenziell gefährdet geführt. Dabei gelten 40 % der 181 Landschnecken sowie 43 % der 68 Wasserschnecken und Muscheln als bedroht. Am stärksten betroffen sind Arten der Feuchtgebiete sowie der Quellen, der Trockenwiesen und der Übergangsgebiete (Säume, Ruderalfluren). Für das Überleben mehrerer der vom Aussterben bedrohten oder der stark bedrohten Arten trägt die Schweiz eine grosse Verantwortung, da sie lokalendemisch in der Schweiz vorkommen. Die vorliegende revidierte Rote Liste der Weichtiere ersetzt die Erstausgabe (Turner et al. in Duelli 1994). Stichwörter: Rote Liste, gefährdete Arten, Artenschutz, Schnecken, Muscheln, Weichtiere, Mollusken En Suisse, 101 (41 %) des 249 espèces de mollusques évaluées sont considérées comme menacées selon les critères de l UICN. 40 espèces (16 %) sont classées comme potentiellement menacées. Plus précisément, 40 % des 181 gastéropodes terrestres ainsi que 43 % des 68 gastéropodes aquatiques et bivalves évalués affichent un statut de menace. Les menaces les plus fortes pèsent sur les espèces des zones humides, des sources, des prairies sèches et des milieux de transition (écotones, terrains rudéraux). Parmi les espèces menacées d extinction ou très menacées se trouvent des espèces endémiques, pour lesquelles la Suisse porte une grande responsabilité. La liste rouge des Mollusques révisée remplace la première édition (Turner et al. in Duelli 1994). Mots-clés: liste rouge, espèces menacées, conservation des espèces, gastéropodes, bivalves, mollusques In Svizzera, delle 249 specie di molluschi valutate secondo i criteri UICN, 101 (41 %) sono state considerate minacciate. 40 specie (16 %) sono considerate come potenzialmente minacciate. Più specificatamente, il 40 % delle 181 specie di gasteropodi terrestri nonché il 43 % delle 68 specie di bivalvi e gasteropodi acquatici figurano nella Lista Rossa. Le specie maggiormente colpite sono quelle delle zone umide nonché delle sorgenti, dei prati secchi e degli ambienti di transizione (margini, zone ruderali). La Svizzera ha una grande responsabilità per la conservazione degli endemismi locali, in particolare nei confronti delle molte specie che sono a rischio d estinzione o fortemente minacciate. La presente Lista Rossa dei Molluschi, aggiornata, sostituisce la prima edizione (Turner et al. in Duelli 1994). Parole chiave: Lista Rossa, specie minacciate, conservazione delle specie, gasteropodi, bivalvi, molluschi
9 > Avant-propos 7 > Avant-propos Les Mollusques, Gastéropodes et Bivalves forment un groupe d espèces très diversifié qui occupe une place importante dans les écosystèmes. Leur fonction ne se limite pas à recycler la matière organique morte et à servir de nourriture pour d autres organismes. En tant qu indicateurs de la qualité des milieux aquatiques comme terrestres, ils se prêtent au mieux aux suivis à long terme comme cela se pratique dans le programme national de monitoring de la biodiversité (MBD-CH) ou dans le cadre du contrôle régulier de la qualité des eaux effectué par les cantons. Le concept de «liste rouge» n est plus l apanage des seuls spécialistes, mais parle à tout un chacun. Les listes rouges sont à la fois signal d alarme pour l état de la protection de la nature et instrument d évaluation des milieux naturels. Cette importante fonction leur est conférée par l ordonnance sur la protection de la nature et du paysage (art. 14 OPN) ou par la loi sur la protection des eaux (art. 31 LEaux). Plus spécifiquement, en prenant l exemple des présentes listes, elles servent à évaluer sur le long terme le succès des mesures visant à améliorer la qualité des milieux terrestres, paludéens et aquatiques de Suisse: parvenir à réduire le nombre d espèces menacées figurant sur ces listes, c est apporter une précieuse contribution à la conservation et à l amélioration de la qualité de ces écosystèmes. Cette nouvelle version de la liste rouge des Mollusques de Suisse remplace celle parue en Elle dresse un bilan de la situation de ce groupe d espèces terrestres et aquatiques. L évaluation de leur statut s est faite sur la base des recommandations de l Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ce choix a été fait pour faciliter la comparaison avec les listes futures. Le constat que près de la moitié des espèces indigènes de Mollusques sont actuellement considérées comme menacées doit faire réfléchir. Il exige la mise en place de mesures effectives et durables de conservation de ces espèces par le biais de projets de revitalisation de milieux, de plans d action ciblés ou par une exploitation raisonnée de leurs habitats. Certaines d entre elles figurent également sur la liste nationale des espèces prioritaires et pourront ainsi bénéficier de mesures supplémentaires de conservation de leurs populations. Cette publication ne s adresse ainsi pas uniquement aux spécialistes, mais vise également toutes les personnes intéressées ou responsables qui s engagent pour la conservation des espèces et le maintien d un paysage proche de la nature, et à qui les valeurs naturelles, leurs particularités et leur diversité tiennent à cœur. Willy Geiger Sous-directeur Office fédéral de l environnement (OFEV)
10 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF > Résumé La liste rouge 2011 des Mollusques de Suisse a été établie en appliquant les critères et les catégories proposés par l UICN (2001, 2003). La procédure d attribution du statut de menace aux espèces est une adaptation de celle également élaborée par l UICN. Au total, 270 espèces ont été prises en compte: 197 Escargots terrestres, 73 Mollusques aquatiques (44 Escargots aquatiques et 29 Bivalves [Moules]). Une évaluation a pu être entreprise pour 249 espèces. Parmi celles-ci, 101 sont considérées comme menacées. Elles représentent 41 % des mollusques de Suisse, soit 40 % des Escargots terrestres et 43 % des Bivalves et Escargots aquatiques, et se répartissent dans les catégories RE disparues de Suisse (3 espèces), CR en danger critique d extinction (19 espèce), EN en danger (41 espèces) et VU vulnérables (38 espèces). A ces dernières s ajoutent 40 espèces (16 %) considérées comme potentiellement menacées (NT). Les espèces des milieux humides, principalement celles des prairies humides, des sources et des petits cours d eau propres de plaine, sont celles qui ont le plus souffert. De nombreuses espèces liées aux prairies sèches sont également dans une situation précaire. La Suisse porte une responsabilité particulière envers les espèces menacées d extinction, celles fortement menacées et celles dont l aire de distribution est strictement ou en grande partie limitée à la Suisse (cf. Liste des espèces prioritaires au niveau national [OFEV 2011]). Cette nouvelle version de la liste rouge remplace celle publiée en 1994 (Turner et al. in Duelli 1994), qui avait été établie sur la base d autres critères. L application de nouveaux critères explique la plupart des différences existant entre les deux versions. Au bilan, on observe un accroissement du nombre d espèces de mollusques menacées.
11 1 > Introduction 9 1 > Introduction Les listes rouges publiées ou reconnues par l Office fédéral de l environnement (OFEV) sont un outil juridique efficace en matière de protection de la nature et du paysage (art. 14, al. 3, de l ordonnance sur la protection de la nature et du paysage; On s y réfère notamment pour désigner des biotopes dignes de protection. Toutefois, lorsqu il s agit de fixer des priorités dans le domaine de la protection de l environnement, d autres données doivent également être prises en compte. Depuis 2000, suite à l introduction des critères et catégories définis par l Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les listes rouges suisses sont établies sur la base d un système reconnu sur le plan international. La première liste rouge officielle des Mollusques de 1994 (Turner, Wüthrich et Rüetschi in Duelli 1994) a donc été révisée sur cette nouvelle base. La révision de la liste rouge des mollusques aquatiques a débuté en 2001 avec un échantillonnage intensif sur le terrain s étalant de 2002 à Le travail sur les Mollusques terrestres a débuté en 2004 et la campagne de terrain s est déroulée de 2005 à Ces données ont été complétées par la récolte de données issues d autres projets auxquels les auteurs ont été associés, ainsi que par l importante contribution du programme national de monitoring de la biodiversité (MBD-CH, indicateur Z9). Le projet a également permis de vérifier un certain nombre d anciennes données à caractère douteux. Toutes ces activités se sont traduites par la compilation d un nombre très important de données pour l évaluation du statut des espèces: identifications de spécimens pour les Gastéropodes terrestres, 9213 pour les Gastéropodes aquatiques et 4870 pour les Bivalves. Les grandes lignes de l analyse du statut, qui fera l objet d une prochaine publication, sont présentées en annexe. Pour mener à bien la révision de la liste rouge des Mollusques terrestres, de nouvelles personnes ont dû être formées au préalable afin de soutenir le petit nombre de spécialistes existants, surtout dans les relevés de terrain. Il sera important de maintenir ces prochaines années ces connaissances nouvellement acquises par le biais d offres adaptées sur le plan de la formation continue et par la mise en œuvre de projets. Les Mollusques constituent un maillon important de la biodiversité en Suisse. Pour les milieux aquatiques, cette liste rouge complète avantageusement celles consacrées aux Libellules (Gonseth et Monnerat 2002), aux Poissons (Kirchhofer et al. 2007) et aux Ephémères, Plécoptères et Trichoptères (Lubini et al. 2012). En raison de leur mobilité très réduite, les mollusques terrestres ne peuvent guère échapper aux altérations des milieux qu ils habitent. Ils constituent de ce fait de bons indicateurs de la qualité des biotopes et des exploitations privilégiées aux cours des dernières décennies. La composition des escargots terrestres colonisant une surface boisée ou cultivée peut être un très bon indicateur du mode d exploitation. La valeur bioindicatrice des mollusques aquatiques est élevée pour juger de la qualité de l eau (degré d eutrophisation, éléments
12 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF nocifs, teneur en oxygène et en calcaire, ph, température) ainsi que de la structure des cours et plans d eau. Ces espèces apportent de bons arguments pour assurer la conservation d habitats menacés lors d interventions prévues dans les milieux aquatiques. La Suisse porte une responsabilité particulière pour la conservation à long terme d un certain nombre d espèces ou de sous-espèces de mollusques endémiques dont l aire de distribution est strictement ou en grande partie limitée à la Suisse. Ces espèces seraient condamnées à disparaître définitivement si leur milieu venait à être détruit.
13 2 > Recommandations de mesures 11 2 > Recommandations de mesures Ce chapitre a pour objectif de décrire les mesures nécessaires non seulement pour maintenir la diversité des communautés de mollusques en Suisse, mais également pour en favoriser le développement. Les recommandations émises se basent sur les connaissances actuelles en matière de biologie et d écologie des espèces ainsi que sur celles du fonctionnement des écosystèmes aquatiques et terrestres. Elles s appuient sur les diverses lois et ordonnances fédérales énumérées ci-dessous dans leur forme abrégée: Loi et ordonnance sur la protection de la nature et du paysage (RS 451 et 451.1) ainsi que les ordonnances sur les zones alluviales (RS ), les hauts-marais (RS ), les bas-marais (RS ), les sites marécageux (RS ) et les prairies sèches (RS ); loi et ordonnance sur la protection des eaux (RS et ); loi et ordonnance fédérale sur la pêche (RS et ); loi et ordonnance sur l aménagement des cours d eau (RS et ); loi sur la protection de l environnement (RS ); ordonnance sur la réduction des risques liés à l utilisation de substances, de préparations et d objets particulièrement dangereux (RS ) et ordonnance sur la dissémination dans l environnement (RS ); loi sur l agriculture (RS 910.1) et ordonnance sur la qualité écologique (RS ); loi et ordonnance sur les forêts (RS et RS ). Les mesures proposées se basent en outre sur la brochure «Idées directrices Cours d eau suisses» (OFEV 2003). Comme la situation de beaucoup de mollusques est plutôt préoccupante, il devrait en être tenu compte plus systématiquement lors des interventions d ordre paysager. Les milieux renfermant des espèces menacées ne pouvant pas échapper à la destruction devraient être compensés dans les meilleurs délais de préférence au préalable par une restitution de milieux de valeur semblable. Les différents types de milieux susceptibles d abriter des mollusques menacés devraient être contrôlés lors de profondes modifications paysagères et dans le cadre de projets soumis à une étude de l impact sur l environnement (EIE). Ces contrôles devraient notamment être effectués en cas d améliorations foncières, d élargissements de routes, de mises en réseau, d assainissements de parois rocheuses, de ruines ou de vieux murs, ainsi que dans le cadre des plans directeurs régionaux ou forestiers ou encore lors de planifications d extraction. L élaboration de directives à ce sujet doit être renforcée par des spécialistes des mollusques. Une EIE est exigée lors de toute intervention dans les milieux aquatiques. Les relevés des mollusques aquatiques se réalisent généralement dans le cadre des échantillonnages standardisés du macrozoobenthos (p. ex. procédure uniformisée pour la prise et l analyse des échantillons de macrozoobenthos dans les cours d eau en Suisse IBCH; méthode pour l évaluation biologique des étangs et mares IBEM) qui sont ensuite ajustés à l espèce et éventuellement complétés par des relevés ciblés. Les méthodes de prélèvements doivent être adaptées en fonction du milieu étudié (kicknet, filets emmanchées, prélèvements en plongée). Les grandes moules ne peuvent guère passer inaperçues lors des relevés de la faune aquatique (p. ex. lors de relevés en plongée).
14 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF Toutes les grandes moules, à l exception d Anodonta cygnea, appartiennent à la liste rouge des espèces menacées et toute atteinte à leurs habitats devrait être évitée. Une attention particulière doit être portée à ces espèces lors d interventions ou de travaux dans la zone littorale des lacs. Les rares cours d eau qui hébergent des populations de grandes moules (Unio crassus) devraient être au bénéfice de mesures de protection particulières. Il s agit notamment d effectuer systématiquement une analyse approfondie de la situation en tenant compte entre autres de la qualité de l eau, qui ne doit en aucun cas se dégrader. Les mesures énumérées ci-dessous ne peuvent être que brièvement exposées. Elles nécessitent des explications plus détaillées pour leur application. Elles sont donc sans doute destinées à être quelque peu adaptées et complétées en fonction des expériences pratiques futures. Mesures par type d habitat 2.1 Eaux La plupart des mesures citées sont aussi utiles à la conservation des populations des espèces d autres groupes d organismes liés à ces milieux tels que les éphémères, les plécoptères, les trichoptères, les libellules, les amphibiens, les plantes aquatiques et les characées (cf. listes rouges concernées) Sources, suintements de pente, ruisselets et fossés Les sources représentent des écotones situés à l interface entre les eaux souterraines et les eaux de surface. Avec les ruisselets et le suintement qui s en échappent, elles forment une entité écologique particulière dont l aspect et le fonctionnement varient suivant la géologie du sous-sol, l altitude, le débit et la pente. On distingue trois types de sources: 1. Sources rhéocrènes ou jaillissantes, généralement à l origine d un cours d eau et permettant parfois, dans les régions karstiques (Jura, Préalpes), le développement de tuffières formées par d importants dépôts de concrétions calcaires. 2. Sources limnocrènes ou submergées alimentant un plan d eau ou formant dans les zones alluviales des bras latéraux alimentés par la nappe. 3. Sources hélocrènes ou suintantes, caractéristiques des marais de pente et des milieux ouverts en général. Ces trois types de sources sont susceptibles d abriter des espèces caractéristiques d escargots (Hydrobiidae), dont le milieu vital aérien se limite à quelques mètres carrés à l aval de l exutoire mais se prolonge à l amont dans le milieu souterrain. Les sources sont des biotopes importants non seulement pour les mollusques aquatiques, mais aussi souvent pour différentes espèces de mollusques terrestres menacés liés à l humidité environnante, comme ceux des sources, des suintements et des ruissellements de pente. Les recommandations suivantes sont proposées: > Il convient de renoncer à tout nouveau captage de sources qui hébergent des mollusques dignes de protection.
15 2 > Recommandations de mesures 13 > Les infrastructures de captages de sources qui ne servent plus à l approvisionnement en eau potable devraient être démontées et leurs environs renaturés. > Il convient d étudier les possibilités de renaturation, même partielle, des environs des sources captées. Dans tous les cas, la faisabilité d un aménagement de trop-plein ou de captage partiel garantissant un débit résiduel devrait être étudiée. Dans les cas de captages partiels, les pompages limités aux périodes de bas tarifs électriques, asséchant périodiquement le milieu, devraient être remplacés par des pompages à débit capté constant pour l alimentation des réservoirs d eau potable. > Lors de l entretien et du nettoyage des fontaines, le maintien d un substrat favorable à la faune devrait être garanti. > L aménagement de plans d eau ou de retenues artificielles devant les exutoires de sources devrait être évité en raison de l échauffement de l eau, néfaste à la faune, qui en résulte. > Une attention particulière sera portée à la protection des sources, de leurs abords et des ruisselets qui s en échappent lors des travaux forestiers (débardage par câble, ébranchage et stockage hors de la zone de source, élimination des déchets de coupe). > L apport d engrais dans les sources devrait être évité par la délimitation de zones de protection suffisamment larges. > Le drainage des ruissellements de pente et des suintements devrait être évité. Des surfaces aussi vastes que possible devraient être conservées en l état. > Les ruissellements de pente et les suintements drainés ou captés devraient être renaturés. > Les ruisselets et les milieux humides qui les environnent devraient être conservés en l état. > Les environs immédiats des sources, ruisselets, suintements et ruissellements de pente devraient si nécessaire faire l objet d une gestion similaire à celle préconisée pour les véritables milieux humides; il faudrait particulièrement veiller à ce qu ils ne soient pas soumis au piétinement du bétail (cf. 2.2). > Les fossés le long de chemins, routes et voies ferrées ne devraient pas être comblés avec du gravier, ni remplacés par des cunettes en béton, mais plutôt laissés à ciel ouvert avec un fond naturel. Une végétation naturelle et de petites ravines devraient pouvoir s y développer. Fig. 1 > Sources Source karstique naturelle (JU). Source karstique dégradée (JU). Photos: Pascal Stucki
16 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF Nappes d eaux souterraines, aquifères karstiques et fissurés Les aquifères qui hébergent les biocénoses des eaux souterraines se répartissent en trois types distincts: > Aquifères en roches meubles correspondant généralement aux grands dépôts fluvioglaciaires situés au fond des vallées, présentant des pores irréguliers, des vitesses d écoulement lentes et une bonne protection contre la pollution. > Aquifères karstiques se développant dans les roches sédimentaires calcaires (Jura, Préalpes, Alpes), présentant souvent des vitesses d écoulement élevées et une importante exposition à la pollution extérieure en raison d un faible pouvoir de filtration. > Aquifères fissurés se développant dans diverses roches cristallines, calcaires et sédimentaires, présentant des caractérisques et une exposition à la pollution variables. Les biocénoses de ces milieux, incluant les escargots de sources (Hydrobiidae), sont principalement touchées par la dégradation de la qualité physico-chimique de l eau et par l assèchement des nappes dû aux drainages, captages ou pompages excessifs. La loi sur la protection des eaux (art. 31 LEaux; RS ) et son ordonnance d application (OEaux; RS ) représentent une bonne protection des nappes exploitées pour leur eau potable ou exploitables dans le futur. En revanche, les aquifères ne possédant pas ou plus la qualité requise sont souvent délaissés. C est le cas de nombreux aquifères karstiques de l arc jurassien. Les mesures suivantes peuvent être préconisées pour toutes les eaux souterraines impropres à la production d eau potable: > Des plans d assainissement devraient être mis en place pour tous les aquifères karstiques n atteignant pas les objectifs qualitatifs et quantitatifs définis par la loi (secteurs et sites sensibles: limitation accrue de l épandage de purin, de nitrates et de produits phytosanitaires); application des dispositions légales en matière de protection quantitative (conservation/restauration des régimes hydriques proches de l état naturel) Cours d eau La majorité des mollusques aquatiques ne sont pas adaptés à la survie dans les courants rapides des chenaux principaux des cours d eau. La plupart des microhabitats favorables se situent plutôt au niveau des rives, dans les habitats marginaux et annexes des cours d eau (zones alluviales), là où dominent les courants plus lents. La qualité structurelle des rives des cours d eau revêt donc une importance particulière pour ce groupe d invertébrés. Ainsi, pour garantir la présence d une diversité suffisante de microhabitats disponibles pour les différentes espèces, les mesures suivantes sont préconisées: > Cours d eau proche de l état naturel Préservation des cours d eau encore proches de l état naturel, de leur végétation riveraine typique des différentes structures de leur lit et de leurs rives; conservation de la dynamique naturelle (débordements temporaires, érosion des rives, formation d embâcles tolérée). Tolérance de mouvements de terrain naturels. Préservation de la bonne qualité physico-chimique de l eau.
17 2 > Recommandations de mesures 15 > Cours d eau dégradés Maintien d une bonne qualité physico-chimique de l eau. Rétablissement des régimes hydrologiques dynamiques assurant un charriage des sédiments proche de l état naturel; diminution de l impact des éclusées. Rétablissement de la diversité écomorphologique du cours d eau (augmentation de la variabilité de la profondeur d eau, création ou réactivation de zones inondables). Maintien des arbres tombés ou abattus en bordure des grands cours d eau. Utilisation, si nécessaire, des méthodes du génie biologique pour la stabilisation des berges du cours d eau. Planification des travaux de curage des canaux de façon à les étaler dans le temps et l espace (curage par tronçon, curage par rive). Amélioration de la qualité physico-chimique de l eau. Elimination des néophytes envahissantes le long des rives (p. ex. la Renouée du Japon et ses hybrides). Mesures particulières pour la sauvegarde des grandes moules (Unionidae): > Parmi les grandes moules, Unio crassus, la Mulette épaisse, est l espèce qui pénètre le plus loin dans les cours supérieurs des rivières et des ruisseaux. On la rencontre dans les petits cours d eau et les fossés de plaine, comme dans les marais. Les autres espèces de grandes moules vivent principalement dans les anses protégées et calmes des grands cours d eau et dans leurs bras morts, des milieux où se déposent les sédiments fins. La reproduction de cette moule est également tributaire de la présence des poissons hôtes de ses larves. La qualité de l eau doit être améliorée. Sur le Plateau suisse, la Mulette épaisse a largement disparu en raison de la densification de l urbanisation et de l intensification de l agriculture. Cette disparition n est pas liée à un déficit de structures mais à une qualité insuffisante de l eau et parfois à l absence des poissons hôtes. L eutrophisation de même que la charge en pesticides et autres substances toxiques constituent un problème majeur pour la survie des Unionidae. Les zones alluviales devraient être revitalisées en restaurant spécialement les bras morts comblés et en recréant des liaisons avec le cours principal, supprimées par exemple lors de construction de digues. Il ne suffit pas de créer des habitats favorables aux grandes moules, encore faut-il qu ils soient adaptés aux poissons hôtes, c est-à-dire dépourvus d obstacles à la migration, riches en abris, couverts d une végétation riveraine adéquate et possédant une qualité d eau suffisante. Cela comprend également la remise à ciel ouvert des tronçons sous tuyau. Il faut vérifier que les prélèvements d eau éventuels à l étiage permettent le maintien d un débit résiduel adapté à la survie de la faune aquatique (moules et poissons hôtes). Il faut éviter le sur-creusage des lits des cours d eau et le drainage des terrains environnants afin d améliorer la capacité de rétention d eau dans les sols. Les eaux météoriques devraient pouvoir s infiltrer de manière conséquente. Les zones exposées à des précipitations et à des débits importants devraient être équipées de bassins de rétention (étangs proche de leur état naturel, éventuellement
18 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF avec amenées d eau temporaires). Ceci principalement dans les bassins versants comprenant des cours d eau colonisés par les moules. Le boisement des rives doit être suffisant pour éviter l échauffement excessif de l eau et limiter le développement des algues. La strate herbacée des rives (p. ex. mégaphorbiée) devrait être laissée en place jusqu à l automne. Cette végétation couvrant le ruisseau fournit des abris et de l ombre à la faune piscicole. Le rat musqué (Ondatra zibethicus) se nourrissant de grandes moules, en hiver surtout, et pouvant dans certains cas décimer toute une population, il importe de lutter contre cette espèce et si possible de l exterminer dans tous les types de cours d eau et tout particulièrement dans ceux qui abritent la Mulette épaisse Eaux stagnantes (lacs, étangs et mares) Les lacs (profondeur > 8 m et surface > 2 ha) et les petits plans d eau (étangs, mares, gouilles de marais) occupent une position prépondérante dans la protection des mollusques aquatiques, dont ils hébergent la grande majorité des espèces. Dans ces milieux, les mesures suivantes sont préconisées: > Eaux stagnantes en général: Aménagement de zones-tampon suffisamment larges entre les surfaces intensivement exploitées et les rives afin d empêcher ou de diminuer l apport de polluants (engrais, produits phytosanitaire). Suppression des déversements d eaux de surface polluées dans les plans d eau naturels (eaux de chaussées polluées, déversoir d orages, place de lavage, etc.). > Lacs: Protection des berges naturelles et des deltas des cours d eau existants. Suppression des déversements des effluents de STEP dans les zones d eaux profondes afin d éviter l accumulation de substances résiduelles à décomposition fortement ralentie en zone abyssale. Revitalisation des berges en remplaçant les enrochements abrupts par des rives en pente douce couvertes de végétation naturelle. Extensification de l exploitation agricole le long des berges de leurs affluents afin de limiter l apport d engrais et de polluants. Conservation d une partie des bois morts échoués et autres laisses de crue le long des rives.
19 2 > Recommandations de mesures 17 Fig. 2 > Rives Rives lacustres naturelles (lac de Neuchâtel). Rives lacustres construites (Léman). Photos: François Claude (gauche); Pascal Stucki (droite) > Petits plans d eau: Délimitation de secteurs inaccessibles autour des petits plans d eau aux rives naturelles afin de diminuer le tassement des sols marécageux (activités de loisir, bétail). Conservation de la dynamique d atterrissement et création de nouveaux plans d eau secondaires (mares, gouilles, étangs). Assainissement des étangs très eutrophisés par dragage et évacuation des boues (drague aspirante). Conservation et création de mares et d étangs (biotopes secondaires) en gravières, en glaisières comme en zones alluviales. > Plans d eau d altitude (lacs de montagne, étangs, mares, gouilles de marais): Conservation et protection des plans d eau primaires et conservation des régimes hydriques naturels permettant leur alimentation. Protection des petits plans d eau du piétinement et de l apport excessif de fertilisants par le bétail. > Mares: Maintien des processus naturels d inondation et d assèchement. Création de nouveaux plans d eau à zones riveraines peu profondes dans les basmarais de grande surface, en zones alluviales et au bord des lacs. > Situation des grandes moules (Unionidae) et recommandations pour leur sauvegarde: Les Unionidae vivent généralement dans la zone littorale des lacs jusqu à la limite du talus. Une des espèces de cette famille, l Anodonte des étangs (Anodonta cygnea), colonise les fonds des petits plans d eau vaseux, riches en plantes aquatiques, des marécages et même parfois des étangs de jardin. Cette espèce et ses habitats ne sont pas menacés. La plupart des grands lacs sont entrés dans une phase d oligotrophisation en raison de l interdiction des phosphates et d autres mesures d accompagnement. Cela a permis d améliorer les conditions de vie de la plupart des espèces de grandes moules. Certains lacs n ont pas encore atteint les objectifs de qualité fixés en
20 Liste rouge Mollusques (gastéropodes et bivalves). Espèces menacées en Suisse OFEV/CSCF raison du lessivage des engrais en provenance de l agriculture et de l élevage. Un autre problème non résolu réside dans l apport de pesticides et d autres substances toxiques. Avec l urbanisation croissante des rives des lacs, de nombreuses zones littorales ont été remblayées et des murs de protections érigés sur les berges. D importantes surfaces littorales et de nombreuses roselières ont ainsi été perdues. Les secteurs à fonds sableux de faible profondeur hébergeant la Mulette des peintres (Unio pictorum) ont particulièrement été touchés par ce phénomène. De plus, la bande littorale située à l avant des murs de protection devient un milieu défavorable à l installation des herbiers de macrophytes et plus généralement aux grands invertébrés, qui ne supportent pas les turbulences créées par la réflexion des vagues devant les ouvrages. Cet effet est encore amplifié par les vagues et remous dus à une navigation motorisée intense. > Recommandations: Il s agit d améliorer encore la qualité de l eau, principalement dans les petits lacs (p. ex. lac des Taillières, Pfäffikersee, Greifensee, Baldeggersee et Hallwilersee). Protéger strictement et si possible restaurer la zone littorale. Une attention particulière doit être portée aux zones sableuses peu profondes, qui sont devenues rares mais constituent le principal habitat de la Mulette des peintres. Il est urgent de supprimer dans la mesure du possible les murs et les empierrements occupant le rivage et de les remplacer par des rives naturelles permettant le développement des roselières. 2.2 Zones marécageuses et prairies humides Les milieux humides comprennent non seulement les terrains marécageux, mais aussi les petits cordons de végétation palustre ou de roseaux qui se développent par exemple au bord des milieux aquatiques ou en lisière de forêt. De manière générale, les mesures suivantes peuvent être appliquées: > Eviter d engraisser directement ces milieux lors d une utilisation agricole. En cas de pâture, le bilan en éléments nutritifs devrait être négatif et on renoncera donc généralement totalement à l épandage d engrais. En cas de fauche, le produit de la fauche devrait être exporté. > Eviter un engraissement indirect par les eaux de ruissellement des milieux agricoles voisins en définissant des zones-tampon suffisamment grandes. > Ne pas rejeter les eaux de pluie en provenance des routes ni les eaux usées non traitées dans les zones humides. > Ne pas installer de nouveaux drains. Les anciens drainages devraient être désaffectés. > Remettre en lumière les marais ayant subi un embroussaillement: le recouvrement des buissons ne devrait pas excéder 25 % de la surface marécageuse. > Dans les milieux sensibles comme les parvocariçaies ou les prairies à molinies, la fauche est en général préférable à la pâture. Si la pâture est tout de même souhaitée ou si elle est incontournable, il convient d empêcher que l association végétale ne se modifie en limitant la charge et le temps de pâture. Dans les parvocariçaies, les lieux dépourvus de végétation et fortement compactés par le piétinement du bétail ne devraient pas excéder 5 % de la surface totale du milieu humide. Les marais situés
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