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Timestamp: 2016-10-23 22:10:30+00:00
Document Index: 200049673

Matched Legal Cases: ['art. 97', 'art. 53', 'art. 100', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 82', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 106', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'art. 105', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 53', 'art. 29', 'art. 53', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 82', 'art. 29', 'art. 53', 'art. 84', 'art. 229', 'art. 252', 'art. 75', 'art. 229', 'art. 252', 'art. 251', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 320', 'art. 82', 'art. 80', 'art. 251', 'art. 254', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 82', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 82', 'art. 82', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 82', 'art. 82', 'ATF ', 'art. 264', 'art. 82']

5A_465/2014 (20.08.2014)
5A_465/2014 � � Arr�t du 20 ao�t 2014
repr�sent�e par Me Thomas Zbinden, avocat,
repr�sent�e par Me Bernhard Blum, avocat,
recours contre l'arr�t de la IIe Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du canton de Fribourg du 9 mai 2014.
A.a.�Le 31 mars 2010, X.________ SA (ci-apr�s: X.________ SA ou la locataire) et Y.________ AG (ci-apr�s: Y.________ AG ou la bailleresse) ont conclu un contrat de bail portant sur un local commercial, d'une dur�e de cinq ans, du 1
er�mai 2010 au 30 avril 2015. Les parties ont convenu d'un loyer de 4'788 fr. 20, augment� ensuite � 4'806 fr. d�s le 1
er�janvier 2011, incluant la TVA et un acompte pour les frais accessoires, payable d'avance le 1
er�de chaque trimestre.
�Par courrier du 13 d�cembre 2011, la locataire a r�sili� le contrat pour le 31 d�cembre 2011, en invoquant l'existence de justes motifs, soit que la surface mise � sa disposition �tait situ�e au 2
�me��tage alors que celle promise devait se trouver au rez-de-chauss�e. Le 19 d�cembre 2011, la bailleresse a contest� les justes motifs de r�siliation. Le 25 octobre 2012, elle a encore envoy� � la locataire une facture d�taill�e de frais de chauffage et d'exploitation ("HBK") pour la p�riode du 1
er�juillet 2011 au 30 juin 2012, indiquant un solde � payer de 278 fr. 70.
A.b.�Le 18 novembre 2013, la bailleresse a fait notifier � la locataire le commandement de payer n� xxxx de l'Office des poursuites de la Broye pour les loyers de 4'806 fr. de janvier 2012 � d�cembre 2013 et le solde des frais de 278 fr. 70, plus int�r�ts �chelonn�s � 5%.
�La locataire a form� opposition.
B.a.�Par d�cision du 18 mars 2014, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye a prononc� la mainlev�e provisoire de l'opposition.
B.b.�Par arr�t du 9 mai 2014, la II
e�Cour d'appel civil du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg a rejet� le recours d�pos� par la locataire contre cette d�cision.
Par acte post� le 3 juin 2014, X.________ SA interjette un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Elle conclut � son annulation, puis � ce qu'il soit constat� qu'elle ne doit pas � l'intim�e les montants indiqu�s dans le dispositif de la d�cision de premi�re instance et � ce que la poursuite n� xxxx de l'Office des poursuites de la Broye soit radi�e. Elle invoque la violation des art. 97 al. 1 LTF, 82, 84 LP et 29 al. 2 Cst. en lien avec l'art. 53 CPC.
Par ordonnance du 4 juin 2014, la requ�te d'effet suspensif a �t� rejet�e.
Le recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) � l'encontre d'une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 115 consid. 1.1) rendue en mati�re de poursuite pour dettes (art. 72 al. 2 let. a LTF, en relation avec l'art. 82 LP) par le tribunal sup�rieur du canton de Fribourg ayant statu� sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF); la valeur litigieuse est atteinte (art. 74 al. 1 let. b LTF); la recourante, qui a succomb� devant la juridiction pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Cela �tant, eu �gard � l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, il n'examine en principe que les griefs soulev�s en lien avec les conclusions prises; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques pouvant se poser, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2; 135 III 397 consid. 1.4; 134 III 102 consid. 1.1). L'art. 42 al. 2 LTF exige par ailleurs que le recourant discute les motifs de la d�cision entreprise et indique pr�cis�ment en quoi il estime que l'autorit� pr�c�dente a m�connu le droit. Il suffit n�anmoins qu'� la lecture de son expos�, on comprenne clairement quelles r�gles de droit auraient �t�, selon lui, transgress�es par l'autorit� cantonale (ATF 140 III 86 consid. 2).
2.1.2.�En l'esp�ce, il y a lieu d'embl�e de d�clarer irrecevables les conclusions prises par la recourante en constatation que la cr�ance n'est pas due et en radiation de la poursuite. En effet, la recourante ne s'attaque pas � la motivation de l'autorit� cantonale selon laquelle son premier chef de conclusion doit faire l'objet d'une action en lib�ration de dette et son second celui d'une action en annulation de la poursuite. Bien qu'il s'agisse des seules conclusions formellement prises, il y a n�anmoins lieu d'examiner les m�rites du recours: on comprend de sa critique que la recourante entend conclure � la r�forme de l'arr�t attaqu�, en ce sens que la requ�te de mainlev�e provisoire soit rejet�e (sur l'interdiction de formalisme excessif dans l'interpr�tation des conclusions, cf. not. arr�t 4A_688/2011 du 17 avril 2012 consid. 2, non publi�
in�ATF 138 III 425; 5A_827/2012 du 21 d�cembre 2012 consid. 1.2 et les r�f�rences).
2.2.1.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sous r�serve des cas pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. Le recourant ne peut critiquer la constatation de faits qui importent pour le jugement de la cause que si ceux-ci ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 140 III 115 consid. 2; 137 III 226 consid. 4.2; 135 III 397 consid. 1.5), ce qu'il lui appartient de d�montrer par une argumentation r�pondant aux exigences du principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2).
2.2.2.�En l'esp�ce, l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� a �t� compl�t� d'office sur la base de la d�cision de premi�re instance et du dossier cantonal (art. 105 al. 2 LTF). Pour le reste, les griefs relatifs aux faits que soul�ve la recourante seront examin�s ci-apr�s, dans la mesure de leur recevabilit� (art. 106 al. 2 LTF).
L'art. 99 al. 1 LTF pr�voit qu'aucun fait nouveau, ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente. Sont donc en particulier exclus les pseudo-�
nova�que le recourant a omis de pr�senter dans la proc�dure cantonale et dont il devait discerner la pertinence �ventuelle (arr�ts 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 2.2; 4A_18/2010 du 15 mars 2010 consid. 2.1, non publi�
in�ATF 136 I 197).
A contrario, en vertu du principe de l'application du droit d'office (art. 106 al. 1 LTF;�
supra�consid. 2.1.1), le recourant peut requ�rir du Tribunal f�d�ral d'examiner des nouveaux moyens de droit mat�riel, pour autant qu'il se base soit sur des faits �tablis devant l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), soit sur une rectification ou un compl�ment autoris�s des faits (art. 105 al. 2 LTF; ATF 136 V 362 consid. 4.1; 134 III 643 consid. 5.3.2; arr�t 2C_1196/2013 du 21 f�vrier 2014 consid. 1.7; 1C_113/2013 du 4 octobre 2013 consid. 2; 4A_188/2007 du 13 septembre 2007 consid. 4.3.5; 4A_223/2007 du 30 ao�t 2007 consid. 3.2�
in fine; 4A_28/2007 du 30 mai 2007 consid. 1.3, non publi�
in�ATF 133 III 421). En revanche, en vertu des principes de la bonne foi et de l'�puisement des griefs, les nouveaux moyens de droit constitutionnel - notamment l'arbitraire dans l'�tablissement des faits -, dont l'invocation est soumise au principe d'all�gation (cf. art. 106 al. 2 LTF), sont exclus (ATF 133 III 639 consid. 2; arr�t 2C_1196/2013 du 21 f�vrier 2014 consid. 1.7 et les r�f�rences).
4.1.�Le premier juge a tout d'abord examin� l'existence d'un titre de mainlev�e. Il a consid�r� que le contrat de bail constituait un tel titre pour le paiement des loyers et de l'int�r�t moratoire � 5% et qu'on pouvait d�duire du rapprochement de diff�rentes preuves, notamment la facture "HBK", l'existence d'un tel titre pour les autres frais.
�Le premier juge a ensuite examin� la vraisemblance du moyen lib�ratoire invoqu� par la poursuivie, soit la r�siliation du contrat de bail pour le 31 d�cembre 2011 en raison de justes motifs que constituerait la mise � disposition d'une surface commerciale au 2
�me��tage au lieu du rez-de-chauss�e pr�vue contractuellement. En premier lieu, il a interpr�t� la volont� des parties en se fondant sur le contrat de bail (clauses 1 et 4), le plan annex� � ce contrat, le���proc�s-verbal de remise du local lou�, les deux plans annex�s � ce document, et le comportement de la poursuivie qui a pay� sans r�serve le loyer durant plus d'une ann�e, pour en conclure que la surface lou�e se trouvait au deuxi�me �tage du b�timent et que les justes motifs justifiant une r�siliation extraordinaire ne semblaient pas exister. En second lieu, il a retenu que seuls les cong�s valables devaient �tre contest�s devant l'autorit� de conciliation, �tant pr�cis� que la poursuivante avait n�anmoins contest� la validit� du cong� par courriers envoy�s � la poursuivie. Le premier juge a conclu que la poursuivie n'avait ainsi pas rendu vraisemblable sa lib�ration et a accord� la mainlev�e de l'opposition.
4.2.�L'autorit� cantonale a examin� les deux seuls griefs soulev�s par le recourante dans son recours � la motivation des plus succinctes. Il s'agissait de l'inexistence d'un titre de mainlev�e d�s le 31 d�cembre 2011, au motif qu'elle avait r�sili� le contrat de bail, et de l'incomp�tence du juge de la mainlev�e pour examiner l'existence de justes motifs lui permettant de r�silier le contrat, en raison du fait que cette question devait �tre port�e devant l'autorit� de conciliation. Elle a alors jug� que seuls les cong�s valables devaient �tre contest�s dans le d�lai de 30 jours devant l'autorit� de conciliation. Or, en l'esp�ce, le premier juge avait retenu que la surface contractuellement mise � disposition de la recourante se trouvait bien au 2
�me��tage conform�ment aux plans annex�s au contrat et que le passage du contrat sur laquelle celle-ci se fondait pour pr�tendre � l'usage d'une surface au��������� rez-de-chauss�e �tait erron�. Les justes motifs de r�siliation n'�tant par cons�quent vraisemblablement pas r�alis�s, l'intim�e n'avait pas � saisir l'autorit� de conciliation pour contester le cong� et le premier juge �tait en droit d'examiner cette question.
La recourante se plaint de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst. en lien avec l'art. 53 CPC. Elle soutient qu'elle ne pouvait pas s'attendre � ce que la question de l'existence de justes motifs de r�siliation du contrat de bail soit examin�e dans la proc�dure de mainlev�e, de sorte que tant la premi�re que la seconde instance cantonale auraient d� l'en avertir afin qu'elle puisse se d�terminer.
5.1.�Le droit d'�tre entendu, ancr� � l'art. 29 al. 2 Cst. en tant que garantie constitutionnelle minimale, se trouve r�gl� au niveau l�gal par l'art. 53 CPC, pour le domaine d'application du CPC. La jurisprudence d�velopp�e par le Tribunal f�d�ral en relation avec l'art. 29 al. 2 Cst. doit aussi �tre prise en compte pour l'interpr�tation de cette disposition (arr�ts 5A_805/2012 du 11 f�vrier 2013 consid. 3.2.3; 5A_109/2012 du 3 mai 2012 consid. 2.1; 5A_31/2012 du 5 mars 2012 consid. 4.3 et les r�f�rences).
�Le droit d'�tre entendu est un grief de nature formelle dont la violation entra�ne l'annulation de la d�cision attaqu�e ind�pendamment des chances de succ�s du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa), qu'il convient d'examiner avant tout autre (ATF 135 I 279 consid. 2.6.1; 124 I 49 consid. 1).
�En vertu de ce droit, le justiciable doit pouvoir notamment s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment. En effet, le droit d'�tre entendu est � la fois une institution servant � l'instruction de la cause et une facult� de la partie, en rapport avec sa personne, de participer au prononc� de d�cisions qui l�sent sa situation juridique (ATF 122 I 53 consid. 4a; 122 I 109 consid. 2a; 114 Ia 97 consid. 2a et les r�f�rences). Le droit de s'expliquer sur tous les points importants avant qu'une d�cision soit prise vaut sans restriction pour les questions de fait. Pour ce qui est de la qualification juridique de ces faits, le justiciable peut s'en pr�valoir dans l'hypoth�se o� une partie change inopin�ment son point de vue juridique ou lorsque l'autorit� a l'intention de s'appuyer sur des arguments juridiques inconnus des parties dont celles-ci ne pouvaient pr�voir l'adoption (ATF 124 I 49 consid. 3c; arr�t 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 7.1.1).
5.2.�En l'esp�ce, la recourante n'a pas soulev� ce grief devant l'instance pr�c�dente; de nature constitutionnelle, celui-ci doit donc �tre d�clar� irrecevable en raison de son caract�re nouveau (cf.�
supra�consid. 3). Au demeurant, la question des justes motifs de r�siliation faisait tr�s exactement partie de la motivation qui a amen� le premier juge � prononcer la mainlev�e provisoire de l'opposition. La recourante �tait d�s lors parfaitement en mesure d'attaquer cette motivation devant l'autorit� cantonale. En tant qu'elle pr�tend que cette question ne fait pas partie de celles que le juge de la mainlev�e doit examiner, elle se m�prend sur le grief qu'elle doit soulever: celui de la violation du droit d'�tre entendu n'est pas pertinent; seul l'est la violation de l'art. 82 LP. C'est d'ailleurs ce que la recourante tente de faire dans un de ses autres griefs, qui sera examin� ci-apr�s (cf.�
infra�consid. 7).
�Le grief de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst. en lien avec l'art. 53 CPC doit �tre rejet�, pour autant que recevable.
Dans une critique dont la compr�hension n'est pas ais�e, o� elle m�lange de plus les griefs de fait et de droit, la recourante se plaint de la violation de l'art. 84 LP. Elle reproche � l'autorit� cantonale d'avoir m�connu que les affirmations de l'intim�e selon lesquelles la r�siliation pour justes motifs n'�tait pas valable, contenues dans sa r�plique produite en premi�re instance �taient tardives, vu que l'intim�e �tait au courant de cette r�siliation. Elle fonde son argumentation sur l'arr�t 5A_264/2007.
�Par cette critique, la recourante se plaint en r�alit� de la violation de l'art. 229 CPC, en lien avec les art. 252 ss CPC. Au vu du sort r�serv� � ce grief, peut rester ind�cise la question de savoir si celui-ci ne doit pas �tre d'embl�e d�clar� irrecevable au motif que, m�me si elle oppose � l'autorit� cantonale de n'avoir pas retenu la tardivet� du moyen, la recourante s'en prend � la d�cision de premi�re instance, qui seule a admis un second �change d'�critures, auquel la recourante ne pr�tend en outre pas s'�tre oppos�e dans sa duplique (cf. art. 75 LTF). Par ailleurs, m�me si la recourante invoque la tardivet� des moyens, tout examen de la port�e de l'art. 229 CPC est superflu. En effet, la recourante ne pr�tend pas que, dans sa r�plique, l'intim�e aurait pr�sent� un�
nova. Elle pr�tend seulement que celle-ci a invoqu� l'invalidit� de la r�siliation; or, ce moyen rel�ve du droit.
6.1.�La proc�dure sommaire pr�vue aux art. 252 ss CPC s'applique en mati�re de mainlev�e de l'opposition (cf. art. 251 let. a CPC). En principe, le juge n'a pas � ordonner de deuxi�me �change d'�critures en premi�re instance, qui devrait rester exceptionnel, mais seulement � communiquer les prises de position afin de donner aux parties l'occasion d'�ventuellement se d�terminer et de respecter ainsi leur droit d'�tre entendues (ATF 138 III 252 consid. 2.1; arr�ts 4A_273/2012 du 30 octobre 2012 consid. 3.2 et les r�f�rences, non publi�
in�ATF 138 III 620; 5A_42/2011 du 21 mars 2011 consid. 2, publi�
in�Pra 2011 (92) p. 657).
6.2.�En l'esp�ce, au vu de la jurisprudence qui pr�c�de, la recourante se m�prend manifestement lorsqu'elle pr�tend que l'intim�e ne pouvait pas se d�terminer dans sa r�plique sur son moyen lib�ratoire. Au surplus, l'intim�e ayant conclu � la mainlev�e de l'opposition, le premier juge pouvait examiner cette question de droit, et ce ind�pendamment de toute r�plique. L'arr�t 5A_264/2007 du 25 janvier 2008 dont se pr�vaut la recourante dans son argumentation n'est pas pertinent: dans cette affaire, la question �tait de savoir si le droit d'�tre entendu du poursuivant avait �t� viol� au motif que celui-ci n'avait pas pu se d�terminer sur les exceptions soulev�es par le poursuivi. En aucun cas, dans cet arr�t, le Tribunal f�d�ral n'a exclu le droit du poursuivant de se d�terminer s'il en a l'occasion.
�Le grief doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
�Elle pr�sente ses arguments dans une langue difficilement compr�hensible et par reproduction d�cousue de passages de doctrine. Pour autant qu'on parvienne � la comprendre, elle pr�tend tout d'abord que, pour �tablir les faits, l'autorit� cantonale a ignor� les r�f�rences qu'elle a faites dans son recours � sa r�ponse d�pos�e en premi�re instance ainsi qu'� son courrier envoy� � l'intim�e, et qu'elle s'est m�prise sur le contenu du contrat de bail ainsi que sur le plan annex� � celui-ci; ce serait donc � tort que cette autorit� a retenu que les parties avaient convenu de la location d'une surface situ�e au 2�me �tage de l'immeuble, l'accord portant en r�alit� sur une surface situ�e au rez-de-chauss�e (cf.�
infra�consid. 7.1). Ensuite, la recourante soutient que, le contrat de bail �tant bilat�ral, la simple affirmation selon laquelle l'intim�e n'a pas prest� suffit � obtenir le rejet de la mainlev�e. Elle affirme aussi qu'il n'appartient dans tous les cas pas au juge de la mainlev�e d'examiner si les conditions de la r�siliation du bail pour justes motifs sont r�alis�es (cf.�
7.1.�En l'esp�ce, l'argumentation de la recourante relative � l'�tablissement des faits ne r�pond manifestement pas aux exigences de motivation en la mati�re. Si le motif de recours est pr�vu � l'art. 97 al. 1 LTF, le recourant qui entend soulever un tel grief ne doit pas invoquer la violation de cette norme en tant que telle, mais d�noncer, dans une argumentation conforme au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), l'�tablissement manifestement inexact de faits, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf.�
supra�consid. 2.2.1). Or, la recourante ne pr�sente pas une telle argumentation. En outre, elle n'a pas invoqu� ce grief en instance cantonale, ni fait la moindre r�f�rence au texte du contrat ou � ses annexes: dans son recours cantonal, elle s'est born�e � faire "r�f�rence" aux affirmations contenues dans sa r�ponse de premi�re instance ainsi qu'� l'un de ses courriers, sans m�me d�velopper le contenu de ces deux documents. En aucun cas, l'autorit� cantonale ne pouvait comprendre que, par cette br�ve affirmation, la recourante entendait d�noncer l'�tablissement arbitraire de faits retenus en premi�re instance (cf. art. 320 let. b CPC), raison pour laquelle elle a int�gralement repris les constatations du premier juge. Ainsi, les faits relat�s doivent �tre consid�r�s comme nouveaux (cf.�
supra�consid. 3). Au demeurant, � lire le r�sum� que la recourante donne dans le pr�sent recours de ces documents, il en ressort uniquement qu'elle y all�guait que la surface lou�e devait se trouver au rez-de-chauss�e, et non au 2�me �tage, ce que les deux instances pr�c�dentes ont parfaitement compris et dont elles ont tenu compte dans leur examen du titre de mainlev�e.
�Le grief relatif � l'�tablissement des faits doit donc �tre d�clar� irrecevable.
7.2.�Selon l'art. 82 LP, le cr�ancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constat�e par acte authentique ou sous seing priv� peut requ�rir la mainlev�e provisoire (al. 1); le juge la prononce si le d�biteur ne rend pas imm�diatement vraisemblable sa lib�ration (al. 2).
7.2.1.1.�Le contentieux de la mainlev�e de l'opposition (art. 80 ss LP), soumis � la proc�dure sommaire (art. 251 let. a CPC), est un "�
Urkundenprozess�" (art. 254 al. 1 CPC), dont le but n'est pas de constater la r�alit� d'une cr�ance, mais l'existence d'un titre ex�cutoire; le juge de la mainlev�e examine uniquement la force probante du titre produit par le cr�ancier poursuivant, sa nature formelle, et non pas la validit� de la pr�tention d�duite en poursuite (ATF 132 III 140 consid. 4.1.1 et les r�f�rences). Le prononc� de mainlev�e ne sortit que des effets de droit des poursuites (ATF 100 III 48 consid. 3) et ne fonde pas l'exception de chose jug�e (�
7.2.1.2.�Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre notamment l'acte sous seing priv�, sign� par le poursuivi - ou son repr�sentant (ATF 130 III 87 consid. 3.1) -, d'o� ressort sa volont� de payer au poursuivant, sans r�serve ni condition, une somme d'argent d�termin�e, ou ais�ment d�terminable, et exigible (ATF 136 III 624 consid. 4.2.2; 627 consid. 2). Une reconnaissance de dette peut r�sulter d'un ensemble de pi�ces dans la mesure o� il en ressort les �l�ments n�cessaires. Cela signifie que le document sign� doit clairement et directement faire r�f�rence, ou renvoyer, aux documents qui mentionnent le montant de la dette ou permettent de le chiffrer (ATF 136 III 627 consid. 2; 132 III 480 consid. 4.1; arr�t 5A_577/2013 du 7 octobre 2013 consid. 4.2.1).
�Un contrat �crit justifie en principe la mainlev�e provisoire de l'opposition pour la somme d'argent incombant au poursuivi si les conditions d'exigibilit� de la dette sont �tablies. Lorsque, pour faire �chec � la mainlev�e fond�e sur un contrat bilat�ral, le poursuivi all�gue que le poursuivant, qui doit prester en premier, n'a pas ou pas correctement ex�cut� sa propre prestation, la mainlev�e ne peut �tre accord�e que si le cr�ancier est en mesure de prouver imm�diatement le contraire (ATF 136 III 627 consid. 2; arr�ts 5A_326/2011 du 6 septembre 2011 consid. 3.2 et 3.3 [en mati�re de pr�t]; 5A_367/2007 du 15 octobre 2007 consid. 3.1; cf. aussi, en mati�re de bail, Daniel Staehelin,�
in�Basler Kommentar, SchKG I, 2�me �d., 2010, n� 117 s. ad art. 82 LP et Florence Krauskopf, La mainlev�e provisoire: quelques jurisprudences r�centes,�
in�JdT 2008 II p. 23 ss (35) ).
7.2.1.3.�Le poursuivi peut faire �chec � la mainlev�e en rendant imm�diatement vraisemblable sa lib�ration (art. 82 al. 2 LP; ATF 96 I 4 consid. 2; arr�ts 5A_577/2013 du 7 octobre 2013 consid. 4.3.1; 5A_878/2011 du 5 mars 2012 consid. 2.2). Il peut se pr�valoir de tous les moyens de droit civil - exceptions ou objections - qui infirment la reconnaissance de dette (ATF 131 III 268 consid. 3.2), notamment l'inexistence ou l'extinction de la dette (Staehelin,�
op. cit., n� 90 s. ad art. 82 LP).
7.2.2.�En l'esp�ce, en tant que, pour critiquer la motivation de l'autorit� cantonale, la recourante se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arr�t attaqu� et dont elle n'a pas d�montr� l'�tablissement arbitraire (cf.�
supra�consid. 7.1), son grief est irrecevable. En tant qu'elle objecte que, en cas de contradiction entre un texte et un plan annex� au contrat, le premier devrait primer, elle ne saurait �tre suivie. M�me si le texte du contrat contient certes une contradiction quant � l'�tage lou�, sa lecture avec le proc�s-verbal sign� par les parties et les plans, notamment celui portant la signature de la recourante qui fait clairement r�f�rence � une surface sise au 2�me �tage, permet de lever celle-ci. Le juge de la mainlev�e pouvait donc admettre, sur la base de l'ensemble de ces documents, que l'intim�e est au b�n�fice d'une reconnaissance de dette par laquelle la recourante s'est oblig�e � payer le loyer contre la cession de l'usage d'une surface sise au 2�me �tage et que, en c�dant cette surface, l'intim�e s'est ex�cut�e, la recourante ne contestant au demeurant pas avoir pu l'utiliser.
�Pour le reste, dans la mesure o� la recourante a invoqu� comme moyen lib�ratoire l'extinction du rapport d'obligation, l'autorit� cantonale n'a pas viol� l'art. 82 al. 2 LP en examinant le bien-fond� de ce moyen pour d�terminer si l'intim�e disposait encore d'un titre de mainlev�e (cf. ATF 134 III 267 consid. 3: examen des conditions de la restitution anticip�e de la chose [art. 264 al. 1 CO] pour d�terminer si le contrat de bail reste un titre de mainlev�e provisoire; cf. aussi arr�t 5D_147/2009 du 11 novembre 2009 consid. 3.2, publi�
in�SJ 2010 I p. 190: examen de la port�e de la r�siliation imm�diate sur la qualit� de titre de mainlev�e provisoire d'un contrat de travail).
�Au vu de ce qui pr�c�de, le grief de la violation de l'art. 82 LP doit �tre rejet�, pour autant que recevable.
En conclusion, le recours est rejet�, dans la tr�s faible mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis � la charge de la recourante, qui succombe. Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens, l'intim�e n'ayant �t� invit�e � se d�terminer ni sur les mesures provisionnelles ni sur le fond de la cause.