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Timestamp: 2016-10-26 07:46:25+00:00
Document Index: 85794665

Matched Legal Cases: ['art. 237', 'art. 14', 'art. 14', 'art. 100', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 106', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 17', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 241', 'ATF ', 'art. 237', 'art. 237', 'art. 241', 'art. 241', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 221', 'art. 237', 'art. 237', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

5A_918/2012 (18.02.2013)
5A_918/2012
toutes les quatre repr�sent�es par Me Beat Rieder, avocat,
Administrateur sp�cial de la Masse en faillite
Ma�tre X.________, avocat,
destitution de l'administrateur sp�cial de la faillite,
recours contre le jugement du Tribunal cantonal du canton du Valais, autorit� sup�rieure de surveillance en mati�re de LP, du 26 novembre 2012.
Par jugement du 12 mars 2007, la faillite de la soci�t� Y.________ S�rl a �t� prononc�e avec effet le m�me jour � 16 heures.
Le 11 avril 2007, la premi�re assembl�e des cr�anciers a d�sign� une administration sp�ciale, en la personne de Ma�tre X.________, avocat, et pr�vu la constitution d'une commission de surveillance au sens de l'art. 237 al. 3 LP, compos�e des syndicats, de la caisse de ch�mage et de Ma�tre Beat Rieder.
B.a Le 15 juillet 2011, les soci�t�s A.________ AG, B.________ AG, D.________ et C.________, ont adress� une plainte au Tribunal des districts de Martigny et St-Maurice, autorit� inf�rieure en mati�re de plainte LP. Invoquant de nombreuses irr�gularit�s commises par l'administrateur sp�cial de la faillite ainsi que des retards injustifi�s, elles ont notamment pris les conclusions suivantes au fond:
� 1. Herr X.________, ausseramtlicher Konkursverwalter der Y.________ S�rl im Konkurs, ist im Sinne von Art. 14 Abs. 2 Ziff. 4 SchKG seines Amtes zu entheben.
2. Das Bezirksgericht Martigny setzt sofort, nach vorheriger Anh�rung des Gl�ubigerausschusses, ein neuen Konkursverwalter ein. ... �
B.b Par d�cision du 16 ao�t 2011, le juge du Tribunal des districts de Martigny et St-Maurice a d�clar� irrecevable l'�criture des plaignantes du 15 juillet 2011 et l'a transmise � l'autorit� de surveillance au sens de l'art. 14 LP et 3a de la loi valaisanne d'application de la LP (LALP, RSV 281.1), � savoir au d�l�gu� aux poursuites et faillites du canton du Valais, comme objet �ventuel de sa comp�tence.
Statuant sur recours des plaignantes, le Tribunal cantonal du canton du Valais, autorit� sup�rieure de surveillance en mati�re de LP, l'a rejet� par arr�t du 12 d�cembre 2011.
Par arr�t du 4 juin 2012, le Tribunal f�d�ral a admis le recours en mati�re civile form� par les recourantes et renvoy� la cause au juge du Tribunal de district pour nouvelle d�cision.
C.a Sur renvoi, le juge du Tribunal de district a rejet� la plainte du 15 juillet 2011 tendant � la r�vocation de l'administrateur sp�cial de la faillite, par d�cision du 2 ao�t 2012.
C.b Statuant sur recours, le Tribunal cantonal du canton du Valais a partiellement admis la plainte, par jugement du 26 novembre 2012, et a ordonn� � l'administrateur sp�cial de d�poser un inventaire d�finitif et de convoquer la deuxi�me assembl�e des cr�anciers dans les meilleurs d�lais, de prendre les mesures de conservation utiles, ainsi que d'examiner l'opportunit� de solliciter la reprise des proc�dures judiciaires actuellement suspendues.
La 10 d�cembre 2012, les soci�t�s plaignantes exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Elles concluent � la destitution de X.________, administrateur sp�cial de la faillite, et � ce qu'ordre soit donn� au Tribunal du district de Martigny, apr�s audition de la commission de surveillance, de nommer un nouvel administrateur de la faillite et de prendre les mesures de s�ret� n�cessaires. Elles se plaignent d'arbitraire, de d�ni de justice et de retard injustifi�, ainsi que de violation des art. 14, 237 et 240 ss LP.
Dans sa r�ponse du 28 janvier 2013, l'intim� conclut � l'irrecevabilit� du recours, subsidiairement � son rejet.
Interjet� dans le d�lai l�gal (art. 100 al. 2 let. a LTF) par les plaignantes qui ont partiellement succomb� dans leurs conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re de poursuite pour dettes et de faillite (art. 72 al. 2 let. a LTF) par une autorit� cantonale de surveillance de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF), le recours est en principe recevable, ce ind�pendamment de la valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. c LTF).
2.1 Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il ne conna�t cependant de la violation des droits fondamentaux ou du droit cantonal que si ce grief a �t� soulev� et motiv� (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 I 83 consid. 3.2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Si le recourant se plaint de la violation de tels droits, il doit ainsi satisfaire au principe d'all�gation (R�geprinzip, principio dell'allegazione), en indiquant pr�cis�ment quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e et en d�montrant, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation (ATF 133 IV 286 consid. 1.4; 133 II 249 consid. 1.4.2).
Lorsque le recourant entend faire compl�ter les faits - pertinents et qui n'auraient pas �t� constat�s en violation du droit -, il doit les d�signer avec pr�cision en se r�f�rant aux pi�ces du dossier; le compl�tement suppose en effet que les all�gations de fait correspondantes aient �t� introduites r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, qu'elles aient �t� consid�r�es � tort comme d�pourvues de pertinence ou aient �t� simplement ignor�es; si ces exigences ne sont pas respect�es, les faits invoqu�s sont r�put�s nouveaux (art. 99 al. 1 LTF), partant irrecevables (arr�t 5A_338/2010 du 4 octobre 2010 consid. 3, in SJ 2011 I p. 185; cf. � propos de l'art. 55 al. 1 let. c OJ: ATF 115 II 484 consid. 2a et la jurisprudence cit�e).
� titre liminaire, il est pr�cis� qu'il ne sera pas tenu compte des all�gations de la partie � Sachverhalt � du recours qui ne sont que la reprise partielle et mot pour mot de l'expos� des faits pr�sent� devant l'autorit� cantonale et qui diff�rent de l'�tat de fait contenu dans la d�cision entreprise. Une telle mani�re de faire ne r�pond pas aux exigences de motivation en la mati�re (cf. supra, consid. 2.2).
4.1 En substance, la cour cantonale a constat� des manquements de la part de l'administrateur sp�cial dans la gestion de la faillite. Elle a toutefois consid�r� que ceux-ci n'�taient pas � ce point importants pour emporter une r�vocation, ce d'autant plus que la nomination d'un nouvel administrateur, devant prendre connaissance du volumineux dossier, serait contre-productive en vue d'un avancement rapide de la proc�dure. La cour cantonale a n�anmoins ordonn� � l'administrateur sp�cial de d�poser un inventaire d�finitif et de convoquer la deuxi�me assembl�e des cr�anciers dans les meilleurs d�lais, de prendre les mesures de conservation utiles, ainsi que d'examiner l'opportunit� de reprendre les proc�dures judiciaires actuellement suspendues. Enfin, elle a rappel� au repr�sentant des recourantes qu'en qualit� de membre de la commission de surveillance, il lui appartenait de s'opposer aux mesures prises par l'administrateur sp�cial et de r�unir dite commission pour qu'elle prenne des d�cisions sur la suite de la proc�dure.
4.2 Pour justifier leur demande de r�vocation imm�diate de l'administrateur sp�cial, les recourantes invoquent divers graves manquements, qui leur auraient caus� un pr�judice de pr�s de 5 millions de francs et qui, pris dans leur ensemble, imposeraient la mesure requise. Elles contestent �galement que la nomination d'un nouvel administrateur se r�v�lerait contre-productive, l'administrateur actuel �tant, selon elles, incapable de rem�dier rapidement aux manquements constat�s. Elles en d�duisent que seule une r�vocation permet d'�viter une aggravation du dommage des cr�anciers.
4.3 L'intim� conclut � l'irrecevabilit� du recours invoquant que les recourantes se contentent de critiquer l'opportunit� de la d�cision entreprise mais ne d�montrent pas, par une argumentation juridique, que l'autorit� cantonale de surveillance aurait abus� ou exc�d� son pouvoir d'appr�ciation, ni que dite d�cision serait arbitraire dans sa motivation et son r�sultat. Pour le reste, il rejette les griefs form�s � l'encontre de sa gestion de la faillite et fait valoir que les interventions r�currentes des recourantes ralentissent la proc�dure et font perdre de l'argent � la masse en faillite.
La question litigieuse est celle de savoir si les manquements de l'administrateur sp�cial justifient ou non sa r�vocation.
5.1.1 En vertu de l'art. 17 al. 3 LP, il peut �tre port� plainte � l'autorit� de surveillance en tout temps pour d�ni de justice ou retard non justifi�. Ne constitue un d�ni de justice au sens de l'art. 17 al. 3 LP que le d�ni de justice formel, soit le refus de l'office ou de l'autorit� de surveillance de proc�der � une op�ration d�ment requise ou qu'ils devaient ex�cuter d'office; il ne saurait �tre question d'un d�ni de justice lorsqu'une mesure ou une d�cision, susceptible d'�tre attaqu�e dans les dix jours, a �t� prise, f�t-elle ill�gale ou irr�guli�re (ATF 105 III 107 consid. 5a; arr�t 7B.39/2005 du 9 mai 2005 consid. 2.2 publi� in Pra 2005, p. 1012). Le retard injustifi� suppose, quant � lui, qu'un acte d�fini par la loi n'est pas accompli dans le d�lai l�gal ou dans le d�lai indiqu� par les circonstances, sans qu'une faute ne soit n�cessaire (ATF 117 Ia 193 consid. 1c). Les proc�dures de faillite qui ne sont pas diligent�es sans retards inutiles sont repr�sentatives d'un retard injustifi� (ATF 119 III 1, 107 III 3). En pareils cas, l'autorit� de surveillance ne saurait se borner � ordonner l'accomplissement des proc�d�s dont l'accomplissement a �t� ind�ment retard�; elle doit prendre en consid�ration l'ensemble de la situation et les causes du retard, puis veiller � ce qu'il y soit rem�di� (ATF 107 III 3 consid. 3). Dans certaines situations, l'autorit� saisie d'une plainte au sens de l'art. 17 al. 3 LP peut prononcer la r�vocation d'une administration sp�ciale si celle-ci reste inactive ou n'ex�cute pas les t�ches pour lesquelles elle a �t� nomm�e (arr�t 5A_25/2012 du 4 juin 2012 consid. 4.3 et 4.5 et les r�f�rences cit�e).
5.1.2 L'administration sp�ciale est soumise au contr�le des autorit�s de surveillance (art. 241 LP), qui peuvent donner des directives � l'administration de la faillite quand cela se r�v�le n�cessaire; elles peuvent en particulier relever de ses fonctions une administration sp�ciale ou, selon les cas, annuler sa d�signation, s'il y a un doute quant � son ind�pendance, � son impartialit� ou � ses capacit�s (ATF 101 III 43 consid. 4b; JAEGER/WALDER/KULL/KOTTMANN, Bundesgesetz �ber Schuldbetreibung und Konkurs, 1997, n� 6 ad art. 237 LP; B�RGI, in Hunkeler, Kurzkommentar SchKG, 2009, n� 12 ad art. 237 LP; FRITZSCHE/WALDER, Schuldbetreibung und Konkurs nach schweizerischem Recht, Vol. II, 1993, p. 267 s.). Il s'agit alors d'une r�vocation administrative (GILLI�RON, Commentaire de la LP, 1999, n� 13 ad art. 241 LP; JEANDIN/FISCHER, Poursuite et faillite, Commentaire romand, 2005, n� 7 ad art. 241 LP). Il faut toutefois des motifs imp�ratifs pour r�voquer une administration sp�ciale avec un effet ex tunc, sa d�signation f�t-elle vici�e, surtout si elle a �t� confirm�e dans ses fonctions par la deuxi�me assembl�e des cr�anciers (ATF 105 III 67 consid. 1; arr�t 5A_25/2012 du 4 juin 2012 consid. 4.2 et les r�f�rences cit�es). L'autorit� de surveillance ne doit donc intervenir que dans l'hypoth�se de violations flagrantes qui rendraient impossible de maintenir en fonction quelqu'un ne pouvant s'acquitter de sa propre t�che tout en sauvegardant d'�gale mani�re les int�r�ts du d�biteur et des cr�anciers. En outre, l'incomp�tence et la partialit� ne doivent pas se traduire par de simples soup�ons mais se manifester concr�tement � travers un pr�judice ou une menace graves pour les int�r�ts des parties (cf. s'agissant d'une destitution � titre de mesure disciplinaire : ATF 112 III 67 consid. 7a).
5.2 Saisi d'un recours contre une d�cision de l'autorit� cantonale de surveillance statuant sur la d�signation, la composition ou la r�vocation d'une administration sp�ciale en vertu de son pouvoir de surveillance, le Tribunal f�d�ral ne peut que rechercher si l'autorit� cantonale a exc�d� son pouvoir d'appr�ciation ou en a abus� (ATF 119 III 118 consid. 4; 97 III 121 consid. 5; arr�t 7B.52/2004 du 12 ao�t 2004 consid. 2).
Commet un abus ou un exc�s de son pouvoir d'appr�ciation l'autorit� qui retient des crit�res inappropri�s ou ne tient pas compte de circonstances pertinentes (ATF 110 III 17 consid. 2 p. 18 et arr�ts cit�s), rend une d�cision d�raisonnable, contraire au bon sens ou heurtant le but de la proc�dure de faillite, voire arbitraire (ATF 123 III 274 consid. 1a/cc; arr�t 7B.52/2004 du 12 ao�t 2004 consid. 2).
5.3 A l'appui de leur demande de r�vocation imm�diate de l'administrateur sp�cial, les recourantes invoquent divers manquements qu'elles qualifient de graves.
5.3.1 Elles consid�rent tout d'abord que le d�faut d'inventaire, concernant une masse en faillite d'une valeur de plus 50 millions de francs, suffit � justifier la r�vocation de l'administrateur.
5.3.1.1 La cour cantonale a constat� que, depuis le retrait d'un premier inventaire en septembre 2008, aucun inventaire n'avait �t� d�pos� alors que celui-ci doit �tre r�alis� d�s que l'adminstrateur a re�u la communication de la faillite. Elle a relev� que le non-respect de cette obligation constituait une violation de la loi pouvant fonder une action en responsabilit� au sens de l'art. 5 LP et que le d�faut d'inventaire emp�chait les cr�anciers de contester les mesures prises par l'administration sp�ciale, notamment en ce qui concerne l'estimation des biens.
5.3.1.2 Les recourantes reprochent � la cour cantonale de ne pas avoir suffisamment tenu compte du fait que les actifs de la faillie ont �t� c�d�s � E.________ SA peu de temps apr�s le prononc� de la faillite de sorte que, faute d'inventaire � ce moment-l�, il n'est plus possible de comparer les situations pr�valant respectivement avant la reprise et apr�s la cessation des activit�s de E.________ SA, ni de faire valoir d'�ventuelles pr�tentions � l'�gard du conseil d'administration de cette soci�t�. Elles avancent �galement que de nombreux biens de la faillie ont disparu et qu'il n'est d�sormais plus possible de proc�der � l'inventaire.
5.3.1.3 L'intim� rappelle qu'il a �tabli un tableau r�pertoriant le mat�riel et les mat�riaux stock�s de la faillie qui a servi de base au rapport d'expertise de F.________ GmbH du 11 mai 2007, rapport remplissant la fonction d'inventaire, que le 27 avril 2008 un nouveau rapport a �t� �tabli, qu'aucun mat�riel n'�tait manquant et qu'un inventaire d�finitif a �t� dress� le 8 ao�t 2008 mais a d� �tre retir� � la suite d'une plainte de G.________ SA. Il fait donc valoir qu'aucune cons�quence pr�judiciable aux cr�anciers n'a d�coul� du d�faut d'inventaire.
5.3.1.4 En l'occurrence, la cour cantonale a express�ment reconnu une violation de la loi en raison du d�faut d'inventaire. Lorsque les recourantes pr�tendent que cette constatation suffit, � elle seule, � justifier la r�vocation de l'administrateur sp�cial, leur critique toute g�n�rale ne permet pas de d�montrer que l'instance pr�c�dente aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation. De plus, F.________ GmbH a effectu� un rapport d'expertise avant la reprise par E.________ SA et un autre juste apr�s la cessation des activit�s de celle-ci. Aussi, m�me si dits rapports ne remplacent pas l'inventaire de l'art. 221 LP, ils permettent d'�valuer les biens et de comparer les situations respectivement d'avant et d'apr�s la reprise, en particulier de d�terminer si des biens ont disparu. Le grief des recourantes est donc infond�.
5.3.2 Les recourantes reprochent ensuite � l'administrateur sp�cial d'avoir restitu�, sans l'accord des cr�anciers, une partie des s�ret�s � E.________ SA et de n'avoir entrepris aucune d�marche � l'encontre de celle-ci en vue de pr�server les droits de la masse en faillite.
5.3.2.1 La cour cantonale a constat� que les recourantes n'avaient pas contest� la restitution d'une partie des s�ret�s, � savoir 200'000 fr. sur 600'000 fr., lorsqu'elles en avaient eu connaissance en ao�t 2008. Elle a ainsi jug� que celles-ci �taient malvenues de s'en plaindre plus de quatre ans apr�s et a consid�r� leur grief comme tardif.
5.3.2.2 Les recourantes contestent avoir pu s'opposer � la remise d'une partie des s�ret�s. Invoquant l'arbitraire dans la constatation des faits, elles avancent que l'administrateur avait d�cid� de remettre une partie des actifs de la faillie � E.________ SA sans avoir pr�alablement �tabli un inventaire des biens transmis et inform� la commission de surveillance, qu'une somme de 600'000 fr. avait �t� remise � la masse en faillite au titre de s�ret�s, que les recourantes, inform�es de ce que la reprenante �tait insolvable, avaient requis de l'administrateur sp�cial, en mars 2008, qu'il �tablisse un inventaire, prenne des mesures de s�ret� concernant le mat�riel, les stocks et d'�ventuelles pr�tentions de la masse en faillite, que, ayant constat� qu'une grande partie des biens de la masse en faillite avait disparu, elles r�clam�rent, en juin 2008, le d�p�t d'une plainte p�nale contre les responsables de E.________ SA, qu'elles n'ont appris que le 4 ao�t 2008, soit apr�s la faillite de la reprenante, qu'une partie des s�ret�s avait �t� restitu�e et que, imm�diatement, elles ont r�clam� que l'administrateur en requi�re le remboursement, que, le 1er septembre 2008, elles ont demand� qu'une pr�tention d'au moins 1'612'969 euros soit invoqu�e � l'encontre de la reprenante et que des mesures de s�ret� soient prises � cet effet.
5.3.2.3 Ces critiques concernant l'�tablissement des faits, pour autant qu'elles soient recevables, ne sont pas en mesure d'influer sur l'issue du litige. En effet, quel que f�t le comportement de l'administrateur sp�cial en relation avec la reprise des activit�s de la faillie, il n'en demeure pas moins que les recourantes, pourtant d�ment inform�es le 8 ao�t 2008 de la restitution d'une partie des s�ret�s, n'ont pas saisi l'autorit� de surveillance dans un d�lai de dix jours. Il importe peu � cet �gard que E.________ SA avait d�j� suspendu ses activit�s � ce moment-l� et que le repr�sentant des recourantes ait entrepris plusieurs d�marches aupr�s de l'administrateur sp�cial en vue de r�cup�rer cette somme. C'est donc � juste titre que la cour cantonale a consid�r� que leur grief �tait tardif.
Les recourantes se plaignent �galement de ce que l'administrateur sp�cial n'aurait rien entrepris pour faire valoir une pr�tention d'au moins 1'612'969 euros � l'encontre de la reprenante. Il ressort de l'arr�t cantonal que le choix de poursuivre l'activit� a �t� valid� par la premi�re assembl�e des cr�anciers et qu'une expertise de F.________ GmbH a �t� effectu�e � la suite de la cessation des activit�s de E.________ SA en avril 2008, de laquelle il ne ressort pas que la poursuite des activit�s ait pu causer le pr�judice all�gu� par les recourantes et justifier une action en dommages-int�r�ts. En tant que les recourantes avancent, en faisant r�f�rence � des pi�ces du dossier, qu'elles avaient requis � maintes reprises de l'administrateur sp�cial qu'il agisse en ce sens et lui avaient transmis une expertise sur ce point, elles ne d�montrent pas encore qu'en ne donnant pas suite � ces demandes, l'administrateur aurait contrevenu � ses devoirs. En effet, les recourantes n'indiquent pas, conform�ment aux exigences en la mati�re (cf. supra consid. 2.2), avoir offert de prouver devant les instances cantonales qu'une telle pr�tention �tait fond�e de sorte que l'inaction de l'intim� leur aurait caus� le dommage all�gu�. Leur argumentation repose d�s lors sur des faits non constat�s dans l'arr�t d�f�r�. Mal fond�, le grief doit ainsi �tre rejet�.
5.3.3 Les recourantes font encore grief � l'intim� de ne rien avoir entrepris au sujet de pr�tendus vols de cinquante tonnes de m�tal.
5.3.3.1 La cour cantonale a consid�r� que de tels vols n'avaient pas �t� �tablis m�me si le rapport de F.________ GmbH du 6 d�cembre 2011 faisait �tat de mat�riel manquant. Elle a en outre pr�cis� que l'administrateur avait r�agi de mani�re appropri�e en ce qui concerne les vols de mat�riel survenus en janvier et f�vrier 2007, soit avant son entr�e en fonction, et ceux perp�tr�s par une personne charg�e de surveiller le site de l'usine.
5.3.3.2 Les recourantes ne remettent pas en cause le comportement de l'administrateur sp�cial concernant les vols susmentionn�s mais lui reprochent de ne rien avoir entrepris concernant ceux qui ont eu lieu peu de temps apr�s la cessation d'activit� de E.________ SA en avril 2008, les stocks de m�tal s'�tant alors drastiquement r�duits. Elles font valoir qu'elles en ont inform� l'administrateur sp�cial en juin 2008 et qu'il ressort �galement du rapport de F.________ GmbH de mai 2011 qu'un important stock de m�tal ainsi que des machines avaient disparu depuis le rapport de mai 2007. Elles contestent, pour le surplus, qu'il leur appartenait de d�montrer qu'il y avait eu des vols, d�s lors qu'il est �tabli que des biens appartenant � la masse en faillite avaient disparu sans que l'administrateur sp�cial n'intervienne.
5.3.3.3 En l'esp�ce, le rapport de F.________ GmbH du 6 d�cembre 2011 fait effectivement �tat de mat�riel manquant par rapport � l'expertise de 2007. Il ressort �galement du dossier que les recourantes ont pr�venu l'intim� que de pr�tendus vols avaient �t� commis � la suite de la cessation des activit�s de E.________ SA entre avril et juin 2008. En revanche, l'�tat de fait de la d�cision entreprise ne permet pas de d�terminer si les vols dont l'existence a �t� constat�e - � savoir ceux survenus en janvier et f�vrier 2007 et ceux perp�tr�s par une personne charg�e de surveiller le site de l'usine - sont ou non � l'origine de la diminution de mat�riel constat�e ni si celle-ci est n�cessairement due � des vols. Aussi, lorsque les recourantes pr�tendent que des vols sont survenus entre avril et juin 2008 et que l'intim�, qui �tait inform� mais qui n'avait plus la situation sous contr�le, n'a rien entrepris, leurs critiques sont appellatoires, partant irrecevables. Par ailleurs, la constatation selon laquelle du mat�riel �tait pr�sent en 2007 et ne l'est plus en 2011, ne d�montre pas, � elle seule, un manquement de la part de l'administrateur sp�cial. Mal fond�, le grief doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�.
5.3.4 Les recourantes s'en prennent �galement au comportement de l'administrateur sp�cial � l'encontre de la commission de surveillance.
5.3.4.1 L'instance pr�c�dente a consid�r� que, les recourantes �tant repr�sent�es par leur mandataire dans la commission de surveillance, elles pouvaient solliciter des renseignements de la part de l'administrateur sp�cial et l'enjoindre de convoquer la commission en r�union. Elle a en outre estim� que l'administrateur avait donn� suite aux nombreux courriers du mandataire des recourantes et que la tenue de r�unions de la commission de surveillance n'avait pas �t� indiqu�e durant de nombreuses ann�es, la proc�dure �tant bloqu�e par des proc�dures en revendication et en contestation de l'�tat de collocation.
5.3.4.2 Les recourantes contestent avoir �t� en mesure d'obtenir que la commission de surveillance soit inform�e et consult�e. Elles all�guent avoir maintes fois demand� la convocation de la commission de surveillance sans que l'administrateur sp�cial ne r�agisse et font valoir que celle-ci doit �tre convoqu�e, inform�e et entendue avant la prise de d�cisions importantes. Or, en l'esp�ce, elles indiquent que dite commission n'a �t� convoqu�e qu'� deux reprises, � leur demande, pour une proc�dure de faillite ayant dur� cinq ans et qu'il n'existe aucun proc�s-verbal des s�ances. Elles pr�cisent en particulier que ladite commission n'a pas �t� inform�e de la restitution d'une partie des s�ret�s � la reprenante et de la faillite toute proche de celle-ci.
5.3.4.3 En l'occurrence, il ne ressort pas de l'arr�t cantonal que les recourantes auraient, � r�it�r�es reprises, demand� la convocation de la commission de surveillance. Or, celles-ci ne d�montrent nullement dans leur recours au Tribunal f�d�ral que, en proc�dure cantonale, elles auraient all�gu� et offert de prouver - en indiquant pr�cis�ment des passages de leurs �critures et les pi�ces y relatives - avoir requis dites convocations. Ce fait doit d�s lors �tre consid�r� comme nouveau, partant irrecevable (cf. supra consid. 2.2). De plus, m�me si la commission de surveillance n'a �t� convoqu�e qu'� deux reprises, si elle n'a pas �t� inform�e de la restitution d'une partie des s�ret�s et de la faillite toute proche de E.________ SA et s'il n'existe pas de proc�s-verbal des s�ances, les recourantes ne pr�tendent pas que l'administrateur aurait viol� des dispositions l�gales ou des prescriptions arr�t�es par l'assembl�e des cr�anciers sur ce point. En effet, selon la doctrine, l'administration d�cide quand elle entend solliciter un pr�avis de la commission de surveillance, sans n'avoir aucune obligation � cet �gard � moins que l'assembl�e des cr�anciers n'ait pr�vu des r�gles particuli�res sur ce point (JAEGER/WALDER/KULL/KOTTMANN, op. cit., n� 13 ad art. 237 LP; JEANDIN/FISCHER, op. cit., n� 37 ad art. 237 LP). Les critiques des recourantes sont donc mal fond�es dans la mesure o� elles sont recevables.
5.3.5 Les recourantes estiment encore que la mise en lumi�re de manquements dans la gestion de la faillite par les autorit�s de surveillance place d�sormais l'administrateur sp�cial dans un conflit d'int�r�ts; d'une part, il doit veiller � ce que ne soit pas d�montr� qu'il aurait failli � ses devoirs et, d'autre part, pr�server les int�r�ts des cr�anciers. Elles indiquent notamment qu'une action en justice contre E.________ SA en vue de r�cup�rer la somme de 200'000 fr. et de faire valoir des pr�tentions contre les organes de celle-ci d�montrerait � quel point l'intim� a �t� d�faillant dans la surveillance de la reprenante entre mars 2007 et avril 2008.
5.3.5.1 La cour cantonale a ni� tout conflit d'int�r�ts de la part de l'administrateur sp�cial. Elle indique que le fait que des reproches pouvaient �tre formul�s quant � la gestion de la proc�dure de liquidation, ne signifiait pas encore que celui-ci f�t partial, pr�cisant, pour le surplus, que de simples all�gations quant au dommage des cr�anciers n'�taient pas suffisantes pour fonder une demande de r�vocation.
5.3.5.2 Cette appr�ciation ne pr�te pas le flanc � la critique. En effet, selon la jurisprudence, des d�cisions ou des actes de proc�dure erron�s ne fondent pas en soi une apparence objective de pr�vention (cf. s'agissant d'un magistrat: ATF 125 I 119 consid. 3e; 116 Ia 14 consid. 5b; arr�t 5A_643/2010 du 11 janvier 2011 consid. 3.2).
En outre, les recourantes ne d�montrent pas, conform�ment aux exigences en la mati�re (cf. supra consid. 2.2), qu'il est insoutenable de consid�rer que le pr�tendu dommage d� au comportement de l'administrateur sp�cial durant la reprise des activit�s de la faillie n'a pas �t� �tabli (cf. � cet �gard supra consid. 5.3.2 et 5.3.3). Leurs critiques appellatoires se r�v�lent par cons�quent irrecevables sur ce point.
5.3.6 Les recourantes font aussi valoir, se fondant sur le rapport d'expertise de F.________ GmbH, que l'administrateur n'a pas pris les mesures n�cessaires afin de maintenir la valeur des biens appartenant � la masse en faillite.
5.3.6.1 L'instance pr�c�dente a constat� que, selon le rapport d'expertise de F.________ GmbH du 31 mai 2011, toutes les mesures de conservation n'avaient pas �t� prises par l'administrateur sp�cial pour pr�server les actifs de la faillie (r�paration des parties non �tanches du toit, couverture ad�quate des machines ou fermeture des v�hicules), celui-ci ne pouvant se contenter de renvoyer � la responsabilit� de la soci�t� de surveillance engag�e. Elle a cependant jug� que ce manquement ne justifiait pas une r�vocation, seules des violations flagrantes, qui rendent impossible la continuation de la t�che confi�e, entrant en consid�ration.
5.3.6.2 Les recourantes invoquent les lourdes pertes dues � la corrosion des machines et du mat�riel - qui ne furent pas prot�g�s contre les intemp�ries et qui n'ont d�sormais plus aucune valeur - ainsi que la disparition pure et simple de mat�riel. Elles reprochent � la cour cantonale d'avoir constat� ce manquement et, malgr� tout, d'avoir jug� qu'une r�vocation de l'administrateur sp�cial ne se justifiait pas, alors que celui-ci, inform� de la situation, n'avait jamais rien entrepris pour y rem�dier durant les cinq ans qu'avait dur� la proc�dure de faillite.
5.3.6.3 En tant que les recourantes affirment, mentionnant des exemples, que les manquements constat�s par l'expertise de F.________ GmbH ont caus� des pertes �normes aux cr�anciers et attestent clairement l'incomp�tence de l'administrateur sp�cial pour poursuivre la proc�dure de liquidation dans l'int�r�t des cr�anciers, elle ne font qu'opposer leur propre appr�ciation � celle de la cour cantonale. Elles ne d�montrent cependant pas que celle-ci aurait outrepass� son pouvoir en consid�rant que ces d�faillances dans la gestion de la faillite ne justifiaient pas encore une r�vocation de l'administrateur sp�cial. Leur critique, pour autant qu'elle soit recevable, se r�v�le d�s lors infond�e.
5.3.7 Enfin, lorsque les recourantes font valoir que, durant la pr�sente proc�dure qui a d�but� en �t� 2011, l'administrateur sp�cial n'a pris aucune mesure en vue de l'avancement de la liquidation de la faillite, malgr� les graves conclusions du rapport d'expertise de mai 2011, et qu'il n'est pas en mesure de le faire d�s lors qu'il est rest� inactif durant plus de cinq ans, leur critique doit d'embl�e �tre rejet�e. Elle se fonde en effet sur des constatations qui ne ressortent pas de l'arr�t entrepris sans que les recourantes n'aient requis, conform�ment aux exigences en la mati�re, que les faits soient compl�t�s sur ce point (cf. supra consid. 2.2).
5.4 Sur le vu de l'ensemble de ce qui pr�c�de, les recourantes n'ont pas �t� en mesure d'�tablir d'autres manquements de la part de l'administrateur sp�cial que ceux constat�s par la cour cantonale. Par ailleurs, il y a lieu d'admettre, avec celle-ci, que la nomination d'un nouvel administrateur sp�cial - qui devrait prendre connaissance du volumineux dossier - ne serait pas de nature � acc�l�rer la proc�dure de faillite. Il s'ensuit que, tout bien consid�r�, la d�cision de ne pas r�voquer l'administrateur en place, malgr� les d�faillances constat�es dans la gestion de la faillite et la dur�e de la proc�dure, ne proc�de pas d'un abus du pouvoir d'appr�ciation de l'instance pr�c�dente (cf. supra consid. 5.2), ce d'autant plus que dit administrateur a �t� enjoint de pallier les manquements, � savoir plus particuli�rement de d�poser un inventaire d�finitif et de convoquer la deuxi�me assembl�e des cr�anciers dans les meilleurs d�lais, de prendre les mesures de conservation utiles, ainsi que d'examiner l'opportunit� de reprendre les proc�dures judiciaires actuellement suspendues.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis solidairement � la charge des recourantes qui succombent (art. 66 al. 1 LTF). Celles-ci verseront en outre � l'intim� une indemnit� de 6'000 fr., au titre de d�pens (art. 68 al. 1 et 4 LTF).
Une indemnit� de 6'000 fr., � payer � l'intim�, � titre de d�pens, est mise solidairement � la charge des recourantes.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, au Tribunal cantonal du canton du Valais, autorit� sup�rieure de surveillance en mati�re de LP, et au Juge III du Tribunal des districts de Martigny et St-Maurice.