Source: http://www.kazeco.com/actualites-economiques/10-d%C3%A9cembre-1948-d%C3%A9claration-universelle-des-droits-de-lhomme-1418218417.html
Timestamp: 2018-08-21 21:27:46+00:00
Document Index: 91219378

Matched Legal Cases: ['art.30', 'art.2', 'art.4', 'art.5', 'art.16', 'art.6', 'art.13', 'art.14', 'art.15', 'art.18', 'art.19', 'art.17', 'art.23', 'art. 22', 'art.24', 'art.25', 'art.26', 'art.21', 'art.29']

Dec, 10 2014 18:12
Adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 10 décembre 1948 à Paris, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) consacre les libertés fondamentales des communautés humaines, trois ans à peine après la fin d’un second conflit mondial qui aura profondément ébranlé les notions de fraternité, de dignité et de respect de l’être humain. Sans portée juridique normative (art.30), le texte servira cependant de socle à l’évolution postérieure du droit international et de nombreuses législations nationales.
"La méconnaissance et le mépris des droits de l’Homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité." (Préambule)
Synthèse de conceptions antérieures évoquant déjà les droits de l’Homme (Bill of Rights, 1689 ; Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, 1776 ; Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 1789 ; Charte des Nations-Unies, 1945…), la version originale de la DUDH est rédigée par une commission composée de grands juristes internationaux - notamment du français René Cassin – sous la présidence d’Eleanor Roosevelt, femme de l’ex-Président américain.
Proclamation de droits, la DUDH se veut récipiendaire d’ambitions universellement partagées par les communautés humaines, reconnaissant l’idée d’une « famille humaine » où « les hommes naissent libres et égaux en droits », mais affirmant aussi des condamnations plus précises à l’égard de toutes discriminations de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion, d’origine sociale (art.2), de l’esclavage et de la servitude (art.4), de la torture (art.5) ou même des mariages forcés (art.16).
Prônant les garanties d’un Etat de droit (art.6 à 12), la Déclaration reconnaît les libertés individuelles et collectives de l’être humain, comme la liberté d’aller-et-venir (art.13), le droit d’asile (art.14), le droit d’avoir une nationalité (art.15), ceux garantissant la liberté de culte et de conscience (art.18), d’expression (art.19), de propriété (art.17) ou encore le droit d’avoir un travail (art.23) et de pouvoir en vivre décemment.
Ambitieux, le texte propose également une vision élargie des libertés publiques et des idées novatrices pour l’époque, comme celle d’une sécurité sociale (art. 22), d’une limitation « raisonnable » de la journée de travail (art.24), l’octroi de congés payés (art.25) ou encore des préconisations d’ordre général qui donneront plus tard plus de poids aux droits des femmes et de l’enfant (art.26).
Reconnaissant enfin le principe d’élections libres et le droit de pouvoir librement prendre part à la vie politique de son pays (art.21), mais aussi l’existence de devoirs incombant à l’individu vis-à-vis d’une société respectueuse de ses droits (art.29), la Déclaration s’aligne clairement sur les grandes orientations de l’idéal démocratique.
De portée plus symbolique que juridique, la DUDH a cependant inspiré la rédaction de textes internationaux normatifs et contraignants comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), le Pacte aux droits économiques, sociaux et culturels (1966), la Convention Internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965), celle portant sur les différentes formes de discrimination à l’égard des femmes (1979)…
Adoptée à l’origine par 48 Etats sur 58[1], la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est aujourd’hui reconnue par 193 Etats et fait l’objet d’une journée internationale des droits de l’Homme officiellement reconnue par les Nations-Unies et célébrée tous les 10 décembre.
[1] L’Afrique du Sud et son régime d’Apartheid ne reconnaissant pas le principe d’égalité devant la loi, les pays du bloc de l’Est (Russie, Ukraine, Biélorussie, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie) remettant en question le principe d’universalité du document, l’Arabie-Saoudite ne remplissant pas les conditions édictées sur l’égalité homme-femme, s’abstinrent de voter le texte de la Déclaration. Le Honduras et le Yemen ne participèrent pas au vote.