Source: http://patrimoinecarceral.blogspot.com/2012/02/le-patrimoine-carceral-en-sarthe.html
Timestamp: 2014-10-01 12:12:30+00:00
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Patrimoine carcéral des régions françaises: Le patrimoine carcéral en Sarthe par Christel Pomar
La chapelle de la Visitation au Mans est située sur la place de la République au cœur du centre ville. Cette dernière dépendait du couvent des Visitandines. L'église fut fondée en 1634. Le couvent attenant à la chapelle, confisqué après la Révolution, fut occupé au cours du XXe siècle par le Palais de Justice, notamment dans le corps de logis. La chapelle de la prison du Mans est classée Monument historique depuis 1906. Les bâtiments conventuels ont été transformés en prison. Dès le XVIIe siècle, la prison est jugée vétuste et obsolète. En 1844, on apprend que « les bâtiments sont dignes d’une prison du Moyen-âge, la construction d’une prison cellulaire sera donc un grand bienfait » mais également que « les cachots sont obscurs et sans air, les cellules affectées au service des prévenus et accusés sont inhabitables, aucunes améliorations ne peut être apportée à cet état des choses, une reconstruction complète serait des plus nécessaire » (1878). L'église de la Visitation, le palais de Justice et les prisons, 1846 (Archives départementales, PC/183/262)
Maison d'arrêt de Coulaines, site Europe 1.fr
L’hôtel Dieu fut utilisé comme caserne puis, à partir du 20 juillet 1807, comme tribunal et prison. La nouvelle prison ouvrait sur le parvis de l’église par un monumental porche en pierre de style égyptien assez étonnant. L’ancienne salle communautaire des religieuses fut transformée en locaux carcéraux. Les cellules étaient à l’étage, le long de deux couloirs en forme de T. Les geôles ouvraient sur l’extérieur par des grands œils-de-bœuf munis de grille. Plan de la prison de la Flèche 1828 (Ardos, Crimes et châtiments, justice et prisons en Sarthe, 1985, 4°I 12, Archives départementales de la Sarthe)
Cependant l’état de la maison d’arrêt était pitoyable. Le 7 aout 1807, l’état d’insalubrité fut dénoncé par Monsieur Rocher-Desperrés, membre du conseil, qui s’inquiétait des conditions de détention des détenus. L’aile orientale abrita les cellules. La prison hébergea 30 à 50 détenus pendant le XIXe siècle. Elle fut fermée en 1926 pour y être ré-ouverte en 1931 et fermée pour la seconde fois en 1933. A cette date, un décret supprima 14 maisons d’arrêt dont celle de la Flèche, les détenus furent transférés au Mans. De 1937 à 1939 elle fut ré-ouverte afin d’accueillir les réfugiés espagnols (hommes, femmes, enfants). Les Allemands la rouvrirent en 1943 pour l’incarcération des petits délinquants et des prisonniers politiques. Elle resta en activité jusqu’au 15 novembre 1953. En 1958, le portail de style égyptien fut abattu.
[1] Schilte Pierre, Les geôles fléchoises, 400 d’histoire, Province du Maine, 1994 Mamers accueillit la maison d’arrêt dans l’ancien couvent des Visitandines. Les religieuses furent contraintes de partir du couvent en 1792. Ce dernier devient une prison militaire puis un palais de justice, une caserne de gendarmerie et enfin une prison. Des travaux furent effectués de 1816 à 1820 notamment sur la partie occidentale du bâtiment et l’ancienne chapelle. Les hommes et les femmes étaient séparés, de sorte de ne pas pouvoir communiquer. La prison ne pouvait accueillir qu’une trentaine de détenus, elle fut fermée en 1926 puis rouverte en 1931.
La commune de Saint-Calais se situe dans le sud-est du département non loin du Mans. Elle accueillit une maison d’arrêt installée dans l’ancienne tour de l’abbaye bénédictine par le décret du 5 thermidor an VI (26 juillet 1798). Le bâtiment était mal adapté à la détention des détenus malgré les travaux réalisés. En 1817, la toiture du bâtiment fut détruite suite à un incendie. Les autorités décidèrent donc d’édifier une nouvelle maison d’arrêt place du Marché aux chevaux. Les travaux commencèrent en 1856 et furent terminés en 1861. La prison se compose de deux corps de bâtiments reliés par une galerie couverte entourées d’une double enceinte, formant un ovale aplati. Cependant un nombre réduit de détenus furent hébergés dans la prison. Ces détenus étaient placés sous la garde d’un seul et unique surveillant possédant le titre de gardien chef. Son épouse s’occupait des femmes emprisonnées à Mamers. La prison ferma en 1826 suite à la décision ministérielle de fermer des établissements, dans un contexte de baisse de la population carcérale. Cependant cette dernière fut réutilisée pendant la seconde guerre mondiale jusqu’en 1955. Vue aérienne de la prison de Saint-Calais 1955 (13 Fi 294, Archives départementales de la Sarthe)
Trois faits divers ont retenu l'attention : l’affaire des sœurs Papin et celle de la famille Leprince. Nous pouvons également rajouter l’enlèvement du milliardaire Mr Lelièvre par Mesrine en 1979.
Couverture du livre de Roland Agret et Nicolas Poincaré, Condamné à tort, l'affaire Leprince. Le 21 juin 1979, Monsieur Lelièvre, un riche octogénaire sarthois, habitant à Beaumont-sur-Sarthe, est kidnappé par le gangster Mesrine[1]. Ce dernier réclame une rançon de 6 millions de francs. La rançon sera donnée par le fils du milliardaire. Mr Lelièvre sera libéré le 28 juillet 1979[2].