Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001220-221834
Timestamp: 2016-10-22 03:55:53+00:00
Document Index: 98516808

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 3 ss, 20 décembre 2000, 221834
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 221834Numéro NOR : CETATEXT000008031916 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-20;221834 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 7 juin 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU DOUBS ; le PREFET DU DOUBS demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 3 mai 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Besançon a annulé son arrêté du 14 avril 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Nasr Eddine X... ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. Nasr Eddine X... devant le tribunal administratif de Besançon ;
- les conclusions de M. Austry, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Nasr Eddine X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la lettre du 26 mars 1999 par laquelle le PREFET DU DOUBS lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant, en premier lieu, que si à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir que le cercle de ses relations actuelles est principalement organisé autour de la famille dont il est issu et qui vit pour sa plus grande part en France, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'est pas dépourvu de toute attache familiale en Algérie où vivent ses deux filles ; que, eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, cet arrêté n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que c'est, dès lors, à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Besançon s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Considérant, en second lieu, que si M. X... fait valoir que, né en France, il y a été scolarisé et y a travaillé et que la partie de son existence passée sur le territoire national est très largement prépondérante, il ressort des pièces du dossier qu'il a effectué de nombreux séjours en Algérie, notamment de 1991 à 1999 ; que par suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle de l'intéressé ; que, par suite, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Besançon s'est fondé sur ce qu'il était en outre entaché d'une telle erreur pour en prononcer l'annulation ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DU DOUBS est fondé à demander l'annulation du jugement du 3 mai 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Besançon a annulé son arrêté du 14 avril 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Article 1er : Le jugement du 3 mai 2000 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Besançon est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DU DOUBS, à M. Nasr Eddine X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-04-14Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 20 décembre 2000, n° 221834Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BurguburuRapporteur public : M. AustryOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 20/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page