Source: http://gazettenucleaire.org/2018/289/arrets-de-reacteurs.html
Timestamp: 2019-05-19 06:54:24+00:00
Document Index: 310829917

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Arrêt du réacteur 2
en raison d’un dysfonctionnement
Depuis plusieurs mois les problèmes s’enchaînent sur le site nucléaire et ne se ressemblent pas. Après le réacteur 1 en février, au tour du réacteur 2 d’être arrêté suite à un "dysfonctionnement sur la partie non nucléaire de l’installation". Communication pour le moins floue de l’exploitant, qui avoue ne pas avoir identifié la cause dudit dysfonctionnement.
Avril 2018 : Le réacteur 2 de Gravelines est arrêté, en raison d’un dysfonctionnement hors zone nucléaire. Plutôt vague comme explication. D’ailleurs l’exploitant avoue ne pas avoir identifié la
cause du problème. Ce même réacteur a lui aussi été arrêté pour maintenance à l’automne 2017, et pour autant les problèmes de sûreté se sont succédé. Une vanne située en zone nucléaire est retrouvée ouverte à plusieurs reprises, alors qu’elle aurait du être fermée. Conséquence : le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt n’était pas totalement opérationnel. Quelques jours plus tard, un salarié découvre que les éléments qui permettent le confinement du bâtiment réacteur en cas
d’incident ne sont pas branchés. Sans ventilation et sans piège à iode prêts à fonctionner, impossible de retenir dans l’enceinte du réacteur les rejets radioactifs, ce qui est pourtant une obligation prescrite par les règles d’exploitation.
Le réacteur 2 redémarre avec un mauvais réglage
Arrêté depuis juin 2016, le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim devrait redémarrer aux alentours du vendredi 6 avril 2018. L’annonce de ce redémarrage, déjà plusieurs fois repoussé, intervient en même temps que la déclaration d’un incident significatif pour la sûreté : un équipement qui sert à mesurer la puissance du réacteur, le système de mesure neutronique, a été mal paramétré. L’erreur de réglage remonte à près d’un an. Mais elle n’a cependant été détectée que le 30 mars 2018, 2 semaines après le lancement des opérations de redémarrage. Embêtant, car le système en question sert justement à mesurer les niveaux des flux neutroniques lorsque le réacteur est à l’arrêt et au démarrage.
C’est le seuil d’arrêt automatique qui était mal réglé : il était supérieur de 2% à ce qui est prescrit par les règles générales d’exploitation.
L’Alsace, par Olivier Bregeard
Arrêté depuis le 13 juin 2016, le réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim devait redémarrer à la fin du mois dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ayant jugé, le 12 mars, que le générateur de vapeur n°335, qui comporte une pièce fabriquée par Areva sans respecter le cahier des charges, était néanmoins bon pour le service. Mais l’échéance du 31 mars est passée, et EDF a annoncé un report au 3 avril, puis au 6...
Il n’en fallait pas plus aux antinucléaires pour affirmer qu’« après 661 jours d’arrêt total, le réacteur n°2 de la centrale nucléaire grabataire de Fessenheim n’arrive pas à redémarrer normalement».
Dans un communiqué, André Hatz, président de Stop Fessenheim, estime même que « ces tentatives » de redémarrage sont « très dangereuses, puisque la virole basse, trop carbonée, du générateur de vapeur n°335, n’a pas été remplacée ». Furieuses du feu vert de l’ASN, les associations ont écrit à son président, Pierre-Franck Chevet, pour lui demander de ne pas autoriser le redémarrage du réacteur. A l’instar du Regierungspräsidium de Fribourg, elles réclament une contre-expertise préalable.
De son côté, EDF déclare que les opérations suivent leur cours « normal » et confirme un probable redémarrage ce vendredi, avant une montée en puissance progressive, sur plusieurs jours. « Nous ne rencontrons pas d’aléas particuliers, assure le service communication. Nous contrôlons et testons l’ensemble des matériels, nous constatons des écarts et nous les traitons. Après un arrêt aussi long, cela prend évidemment davantage de temps.» L’exploitant prévient que ces opérations s’accompagnent de panaches de vapeur d’eau « non-radioactive » et de « bruits de soupapes », sans conséquences.
C’est dans ce contexte que les équipes de la centrale ont découvert qu’un équipement de mesure de la puissance du réacteur avait été « indisponible » « au-delà de la période prescrite par le référentiel en vigueur », à la suite d’un paramétrage erroné. Cette « détection tardive » a été classée au niveau 1 (« anomalie ») de l’échelle internationale de classement des événements nucléaires (échelle INES).
https://www.lalsace.fr/actualite/2018/04/05/fessenheim-le-reacteur-n-2-devrait-redemarrer-ce-vendredi
Indisponibilité d’un équipement de mesure
Dans le cadre de l’arrêt programmé de l’unité de production n°2, des opérations de maintenance ont notamment été effectuées sur un équipement de mesure de la puissance du réacteur. Le paramétrage de cet équipement n’a pas été réalisé conformément à l’attendu entraînant son indisponibilité au-delà de la période prescrite par le référentiel en vigueur.
Dès constatation du défaut par les équipes de la centrale, l’équipement de mesure a été de nouveau paramétré pour retrouver sa pleine fonctionnalité
Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, d’autres moyens de mesure étant disponibles. Néanmoins en raison de sa détection tardive, il a été déclaré le 4 avril 2018 à l’Autorité de sûreté nucléaire, au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7.
Les « chaînes de mesure de niveau sources » ont pour rôle de mesurer les très faibles flux neutroniques lorsque le réacteur est à l’arrêt. Elles permettent également de mesurer le niveau de flux neutronique au démarrage du réacteur. Dans ces deux cas, des seuils d’alarme et d’arrêt automatique du réacteur sont programmés dans ces chaînes mesure.
Le 30 mars 2018, l’exploitant de la centrale de Fessenheim a détecté que le seuil d’arrêt automatique était mal réglé au niveau des deux chaînes de mesure de niveau sources que comporte le réacteur. La valeur du seuil implantée dans le système était supérieure de 2 % à la prescription fixée par les règles générales d’exploitation. Rétrospectivement, il s’avère que ce seuil, programmé dès le 27 juillet 2016 après une intervention de maintenance, était donc mal réglé depuis le début des opérations de démarrage du réacteur 2 le 15 mars 2018. Les seuils d’alarmes – avant atteinte du seuil d’arrêt automatique - étaient quant à eux correctement réglés.
Dès détection de l’écart, l’exploitant a reprogrammé le seuil avec la valeur attendue.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur la sûreté de l’installation, notamment du fait du faible écart de réglage. Toutefois, compte tenu de sa détection tardive, il a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.
https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Ecart-affectant-le-reglage-d-un-seuil-des-chaines-de-mesure-neutronique
Un morceau de caoutchouc retrouvé dans un circuit de refroidissement du réacteur 1,
ou quand les opérations de maintenance génèrent des problèmes de sûreté
et qu’ils ne sont pas détectés
Lors de tests effectués le 10 avril 2018 sur le réacteur 1, l’exploitant de la centrale nucléaire constate que le débit d’eau d’un circuit de refroidissement est inférieur au minimum requis. Ce circuit vient refroidir un autre circuit, le circuit d’aspersion, essentiel en cas d’accident. La source du problème a été rapidement identifiée : un morceau de caoutchouc était dans les tuyaux du circuit de refroidissement, réduisant le débit de l’eau. Provenant probablement d’une vanne, il s’est retrouvé là suite aux opérations de maintenance réalisées lors du dernier arrêt programmé de ce réacteur, arrêt qui remonte à plusieurs mois et qui ne s’était pas bien passé. Le site nucléaire de Cruas connait toute une série de problèmes depuis plusieurs mois. Les derniers en date
Sur une centrale nucléaire, tous les systèmes de secours du réacteur sont doublés et situés sur deux « voies » différentes, A et B, séparées physiquement l’une de l’autre. Le 10 avril 2018, lors d’un essai de fonctionnement d’une pompe de l’unité de production n°1 de la centrale EDF de Cruas-Meysse, les équipes détectent que le débit de circulation de l’eau est légèrement inférieur à la valeur attendue. Cette pompe appartient à l’un des deux circuits redondants qui visent à refroidir l’eau qui serait pulvérisée, en condition accidentelles, dans l’enceinte de confinement en béton du réacteur afin d’en diminuer la pression et la température. En raison de ce débit insuffisant, le circuit est donc considéré comme indisponible. Immédiatement un diagnostic est réalisé et les techniciens procèdent à la remise en conformité du circuit. Le 13 avril, de nouveaux essais sur la pompe montrent que le débit est conforme. Le circuit est donc de nouveau disponible.
Indisponibilité partielle du système d’aspersion dans l’enceinte de confinement du réacteur 1, publié le 19/04/2018
Le 17 avril 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’une des deux voies du système d’aspersion dans l’enceinte de confinement du réacteur 1 alors que celui-ci était en fonctionnement.
Le circuit d’aspersion dans l’enceinte est un système de sauvegarde, constitué de deux voies redondantes, qui pulvérise de l’eau contenant de la soude, en cas d’accident dans l’enceinte du réacteur afin d’y diminuer la pression et la température, et de condenser l’iode potentiellement radioactif. Cette eau est ensuite pompée au fond du bâtiment constituant l’enceinte du réacteur, refroidie et réutilisée pour l’aspersion. Ce refroidissement est effectué au moyen d’un circuit de refroidissement intermédiaire qui permet la réfrigération, en fonctionnement normal comme en situation accidentelle, de l’ensemble des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur.
Le 10 avril 2018, à l’occasion d’un essai de bon fonctionnement, l’exploitant a constaté que le débit d’eau dans la portion du circuit de refroidissement intermédiaire qui refroidit l’une des deux voies du circuit d’aspersion de l’enceinte du réacteur 1 de la centrale de Cruas-Meysse était inférieur au débit minimum requis par les règles générales d’exploitation.
Après vérification, il s’avère qu’un élément en caoutchouc, provenant probablement d’une vanne, était présent dans le circuit de refroidissement intermédiaire et limitait le débit d’eau disponible pour refroidir une des deux voies du circuit d’aspersion de l’enceinte, ce qui rendait cette voie inapte à remplir sa fonction en cas de situation d’accident. Selon les premières analyses menées par EDF, cet élément en caoutchouc pourrait avoir été introduit dans le circuit à l’occasion des travaux réalisés en 2017 sur le réacteur 1 à l’occasion de son arrêt pour maintenance programmée.
Cet élément en caoutchouc a été retiré du circuit et un nouvel essai de bon fonctionnement a été réalisé : le débit de refroidissement a retrouvé des valeurs conformes aux règles générales d’exploitation.
Toutefois, en raison de la détection tardive de l’indisponibilité d’une des deux voies du système d’aspersion de l’enceinte, cet incident a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.
Arrêt pour maintenance et renouvellement partiel du combustible du réacteur 1 de Cruas Meysse, publié le 04/04/2018
Les principales activités réalisées à l’occasion de cet arrêt et contrôlées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont été les suivantes :
-la maintenance et le contrôle de divers matériels et organes de robinetterie ;
-le remplacement des générateurs de vapeur du réacteur ;
-les épreuves hydrauliques des circuits secondaires principaux, consécutives au remplacement des générateurs de vapeur ;
-le remplacement des faisceaux des échangeurs des groupes sécheurs surchauffeurs ;
-le renouvellement d’une partie du combustible.
Pendant cet arrêt, l’ASN a procédé à quatre inspections de chantiers inopinées qui portaient principalement sur le respect des exigences en matière de sûreté, de radioprotection et de sécurité des personnes.
Quatre événements significatifs pour la sûreté», dont un classé au niveau 1 de l’échelle INES, et trois événements significatifs pour la radioprotection, liés aux activités réalisées au cours de cet arrêt, ont été déclarés.
Arrêt en urgence du réacteur 3 de cruas-meysse :
des rejets d'iode radioactif 131
se sont produits et ont été tus
Canicule ? Niveau du Rhône insuffisant ? Débit inférieur au minima requis ? Problème technique ? Perte de réseau ? Edf n'en sait rien mais toujours est-il que le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse s'est mis en "arrêt d'urgence" (Scram)* ce dimanche 5 août 2018 vers 18h. Rejets d'iode radioactif 131 et contamination à la clef. Le Rhône et son affluent Isère présentent une situation très critique pour les installations nucléaires et la santé des habitants, la pollution radiologique par insuffisante dilution des rejets.
Le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse s'est mis en "arrêt d'urgence" (Scram) ce dimanche 5 août 2018 vers 18h.
Rejets d'iode radioactive 131 (1) et contamination à la clef comme en attestent des mesures effectuées sur la "ViaRhôna" à 2km au nord de Cruas sur les vêtements des promeneurs et cyclistes. Ni les autorités préfectorales ni EDF ni l'ASN n'en ont informé la population riveraine, notamment celle se trouvant sous le vent qui soufflait du sud vers le nord à 18km/h selon Météo-France.
L’arrêt immédiat de la réaction nucléaire confinée dans le cœur d’un réacteur est dans tous les cas une opération délicate à hauts risques : le cœur radioactif du réacteur continue bien évidemment à chauffer fortement ce qui nécessite une évacuation de vapeur soit directement au niveau des échangeurs appelés Générateurs de Vapeurs situés dans l’enceinte de confinement, soit comme le précise EDF dans sa communication sur le SCRAM , sic : "L'arrêt d'une unité de production engendre l'apparition d'un panache de vapeur d'eau au niveau de la salle des machines, visible dans le périmètre proche de la centrale"
Dans tous les cas pour réduire les surpressions diverses engendrées par les réactions complexes, notamment celles possibles de gaz explosifs comme l’hydrogène par pyrolyse ou radiolyse de l’eau, des dégazages sont automatiquement effectués au plus vite, en association et obligatoirement avec d’autres rejets gazeux chimiques et radioactifs par les cheminées de rejets car les filtres atteignent rapidement leurs limites de saturation en quelques secondes.
Dans sa courte "période d’activité" l’iode 131 est très toxique pour l’humain du fait de sa fixation sur la thyroïde et du risque d'irradiation de cette glande sensible notamment par les rayons bêta.
Niveaux et débits de l'eau, des rivières et fleuves
Avec les fortes chaleurs et la canicule qui se sont installées sur la France (et au-delà) les niveaux et débits du Rhône et de son principal affluent Isère qui prend sa source dans le massif des Alpes sont au plus bas et des plus faibles. La situation est très critique par rapport au seuil réglementaire des installations nucléaires. La pollution radiologique du Rhône par non dilution optimisée et réglementaire des rejets radioactifs des centrales nucléaires du Bugey (Ain), de Saint-Alban (Isère), de Cruas (Ardèche) et du Tricastin (Drôme-Vaucluse) ainsi que des autres installations nucléaires de Cadarache (Bouches-du-Rhône) et Marcoule (Gard) est en cours.
Il en va ainsi des niveaux d'eau des fleuves et rivières dans lesquels les centrales atomiques puisent l'eau froide par station de pompage à raison de 50 m3/s pour les réacteurs nucléaires de 900 à 1 300 MWe. Indispensable au refroidissement des installations nucléaires au coeur desquelles la fission atomique atteint des vitesses de destruction des noyaux d'uranium (propagation du neutron émis par la fission) de 20 000 km/s générant jusqu'à 200 millions d’électron-volts/200 MeV (2) équivalent à 3.20435313 10-11 Joules et une température de 160 000 000 000°.
Rivières et fleuves, mers dans lesquels les centrales atomiques rejettent aussi ensuite leurs eaux pas très décontaminées et mixées d'additifs chimiques de traitement contre le tartre pour éviter l'encrassement du condenseur.
Rejets d’effluents liquides radioactifs (source EDF) de 15 radioéléments émetteurs ß et ? issus de la fission nucléaire dont du Carbone 14, du Tritium, des Iodes radioactifs, etc ... Rejets d'effluents liquides chimiques (source EDF) : acide borique, hydrazine, lithine ou oxyde de lithium, morpholine ou éthanolamine, ammonium, nitrates, nitrites, sodium, chlorures, AOX acronyme d’Adsorbable Organic Halogen, THM ou trihalométhanes, sulfates, phosphates, détergents, chlore, etc ...
Des rejets évidemment bien plus chauds qu'à l'entrée après avoir porté l'eau du circuit de génération de vapeur jusqu'à 323°C à une pression de 155 bar (circuit primaire) et 220 °C à 60 bar (circuit secondaire) . "La pollution thermique d'une centrale nucléaire représente une quantité de chaleur de l'ordre du double de la quantité d'énergie utile produite" (3). La faune et la flore aquatique en pâtissent à longueur d'année. L'agriculture aussi.
D'autant plus lors de canicule.
Il en va aussi du débit de m3 par seconde afin que l'eau ne stagne pas trop et n'affecte négativement les installations et permette la dilution des rejets (radioactifs) dans la rivière, fleuve ou la mer (effet de dilution). La réglementation fixe à ≥ mini 500 m3/s le débit minima nécessaire au fonctionnement d'une centrale nucléaire sur le Rhône.. En cette période caniculaire on est fréquemment en dessous. En période de crues on est trop au dessus.
Situation critique, arrêt d'urgence, dérogations inadmissibles
Les installations nucléaires dérogent en France au droit commun et bénéficient, par décret ou décision préfectorale, d'un droit à polluer et à contaminer permanent. L'atome est maître et les populations et autorités doivent se plier. D'ailleurs sans ces autorisations de rejets dans l'eau et dans l'air le nucléaire ne pourrait pas exister.
Toutefois, pour se "couvrir" les autorités ont édicté quelques normes fixées par ... les dirigeants du nucléaire eux-mêmes sous la contrainte des limites de leur technique (4). Mais parfois ces normes très généreuses peuvent être dépassées ou ne pas correspondre au contexte minima pour qu'une installation nucléaire puisse fonctionner. Réglementairement existent donc des limites à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement local trop important et des risques accrus. C'est vrai notamment en cas de fortes chaleurs voire de canicule. Même si l'ASN veille à répondre avec servilité aux demandes de dérogations à la réglementation exprimées par les exploitants atomistes.
Une des autres particularités fondamentales "explosives" des centrales nucléaires est la nécessité de devoir maintenir le refroidissement après l'arrêt même du réacteur. Car une quantité considérable de chaleur (puissance résiduelle) continue d'être dégagée par les produits usés de fission nucléaire ("combustibles" usés/déchets radioactifs). Le refroidissement est crucial après l'arrêt du réacteur pour éviter la fusion du combustible nucléaire et du coeur du réacteur.
EDF ne respecte pas la loi
Le 5 août 2018 à 22h30 le Rhône avait un débit à Ternay (vallée du Rhône, Est Lyonnais) de 295 m3/s et celui de l’Isère de 145 m3/s soit un total cumulé de 440 m3/s et un débit total jusqu’à Avignon inférieur à la réglementation ( ≥ à 500 m3/s). La Drome avec environ 2 m3/s et l’Ardèche avec moins de 2 m3/s présentaient des débits marginaux. Le 6 août à 18h en amont de la centrale atomique de Cruas Meysse l'eau était à 24,6° avec un Ph (acidité) de 6,23, une heure plus tôt à 2km en aval la température de l'eau était de 26°5 et le Ph à 6,76.
En conséquence EDF n’est pas en conformité avec la loi suivant la Décision n°2013-DC-0334 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 14 février 2013 (5) fixant les limites de rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux : paragraphe "4. Rejets thermiques : L'échauffement maximal entre l'amont du site et l'aval du site après mélange est fonction de la température maximale observée à l’amont du site : -si la température observée à l'amont (T amont) est inférieure à 27°C, cet échauffement n'excédera pas 1°C ; " . En ce moment, avec une élévation constatée de + 1,9° de la température du Rhône EDF n’est donc pas en conformité. 1 seul réacteur, au plus, de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse devrait être en activité. Et non deux à ce jour du 6 août 2018.
En conséquences et réglementairement, à mesures identiques, tous les réacteurs nucléaires devraient être à l’arrêt sur le territoire français et non pas seulement 25 réacteurs sur 58 (plus du tiers quand même) au 6 août. EDF et l'ASN jouent avec la vie de millions d'êtres humains, le territoire et les pays riverains.
1) L’iode 131 est un élément fortement radioactif ayant une "période radiologique" de 8,02 jours, la décroissance de la radioactivité de ses isotopes est divisée par 1000 tous les 80 jours. Lors de sa désintégration l’iode 131 émet principalement dans 90 % des cas des rayonnements bêta ayant une forte énergie de 192 keV (soit 192 Kilo électron-Volt soit 103 eV). Ces désintégrations de l’iode 131 sont aussi accompagnées d’émission d’irradiations gamma beaucoup plus élevées ayant une valeur de 364,89 keV.
(2) -La température ambiante (~20 °C) correspond à ¼ d'électron-volt (0,025 eV).
(3) - D'après Énergie, électricité et nucléaire (par Gilbert Naudet et Paul Reuss, 2008),
(4) - Le rendement théorique des centrales nucléaires françaises actuelles est d'environ 33 %. Les centrales électriques alimentées au gaz, fioul, charbon possèdent un rendement supérieur d'environ 40 %. Même l'EPR ne parviendra pas, selon ses promoteurs, à atteindre les 37% %, plutôt 36%. Si seulement 33% de l'énergie produite par une centrale nucléaire est transformée en électricité, le surplus d'énergie produit est relâché sous forme de chaleur conduisant à un réchauffement de l'air et de l'eau. Le panache blanc mélange gouttelettes d'eau visibles et de vapeur d'eau issu des tours de refroidissement est l'aspect le plus visible - mais pas unique - de cette pollution de gaz à effet de serre.
(5) next-up.org/pdf/ASN_Rejets_Cruas_Meysse_Decision_2013_0334.pdf
(*) Une perte du réseau, par exemple à la suite d'un incident, entraîne la déconnexion de l'alternateur du réseau, une réduction immédiate de l'alimentation en vapeur de la turbine par fermeture des organes d'admission turbine et une réduction de la puissance du réacteur. Celle-ci est alors évacuée par l'ouverture de vannes de contournement vers le condenseur disposées sur le barillet vapeur. Le groupe turboalternateur (turbine + alternateur) reste en rotation prêt au recouplage immédiat sur le réseau. On dit que la tranche est « ilotée » : elle alimente elle-même ses auxiliaires.