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Timestamp: 2016-10-23 16:14:40+00:00
Document Index: 196785023

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 276', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 163', 'art. 179', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 179', 'art 179', 'art. 106']

5A_860/2013 (29.01.2014)
5A_860/2013 � � Arr�t du 29 janvier 2014
repr�sent� par Me Ludivine D�tienne, avocate,
repr�sent�e par Me Jean-Yves Zufferey, avocat,
recours contre la d�cision du Juge de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais du 3 octobre 2013.
M. A.X.________ (1961) et Mme B.X.________ (1969), se sont mari�s le 13 avril 1995. Deux enfants sont issus de leur union: C.________, n� le 28 septembre 1996, et D.________, n� le 6 mars 1999. Les �poux vivent s�par�s depuis le mois de juillet 2008.
Statuant le 22 juillet 2009, le Juge de district de Sierre (ci-apr�s: le Juge de district) a notamment confi� la garde des enfants au p�re et condamn� ce dernier � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement d'une pension mensuelle de 1'200 fr.
Le 4 novembre 2011, l'�poux a introduit une demande unilat�rale en divorce.
Par requ�te de modification des mesures provisionnelles du 30 octobre 2012, l'�poux a conclu � ce que la contribution d'entretien en faveur de son �pouse soit supprim�e. Il a all�gu�, en particulier: que son �pouse a dispos� du temps n�cessaire pour �tre autonome financi�rement, de sorte qu'un revenu hypoth�tique plus �lev� que celui figurant dans la d�cision initiale devrait lui �tre imput�; que son propre revenu mensuel net a diminu�; qu'il doit faire face � des charges suppl�mentaires, � savoir les frais d'�colage de l'institution o� est plac� l'a�n�, ainsi que les frais de l'�cole pr�professionnelle que suit l'enfant cadet.
Statuant le 21 mai 2013, le juge de district a rejet� la requ�te. Le 3 octobre 2013, le Juge de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais a rejet� l'appel form� par l'�poux.
Par acte du 14 novembre 2013, l'�poux d�pose un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � l'annulation de cette d�cision et � la modification des mesures provisionnelles prononc�es le 22 juillet 2009, avec effet � la date du d�p�t de la requ�te de modification, en ce sens que la contribution d'entretien de l'�pouse est supprim�e.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2 p. 431; 133 III 393 consid. 4 p. 396) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution pour l'entretien de l'�pouse, � titre provisionnel pour la dur�e du divorce des parties, � savoir une cause de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF), de sorte qu'il n'y a pas lieu de rechercher si - comme le pr�tend le recourant - elle soul�ve une question juridique de principe (art. 74 al. 2 let. a LTF). Le recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), de sorte que seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (" principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396; 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 138 V 67 consid. 2.2 p. 69; 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1); les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquent pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1 p. 398; 133 III 585 consid. 4.1 p. 588 s.). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit pratiquement au m�me r�sultat: le Tribunal f�d�ral ne corrige les constatations de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le r�sultat de la d�cision (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252; arr�ts 5A_845/2012 du 2 octobre 2013 consid. 1.2.1; 5A_95/2013 du 18 avril 2013 consid. 4.1). Le recourant ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (cf. supra consid. 2.1; art. 106 al. 2 Cst.; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.).
2.3.�Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable ou m�me pr�f�rable. Le Tribunal f�d�ral n'annule la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une d�cision soit annul�e au titre de l'arbitraire, il ne suffit pas qu'elle se fonde sur une motivation insoutenable; encore faut-il qu'elle apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339; 138 I 305 consid. 4.3 p. 319; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5).
Le recours a pour objet la contribution mise � la charge de l'�poux pour l'entretien de son �pouse, � titre de mesures provisionnelles, dans le contexte d'une action en divorce d�pos�e alors que la vie s�par�e des �poux �tait r�gie jusque-l� par des mesures protectrices de l'union conjugale, dont la modification est ainsi sollicit�e.
3.1.�Le Juge de la Cour civile II a rappel� que lorsque les mesures protectrices de l'union conjugale ont �t� prononc�es, l'�pouse travaillait � mi-temps en qualit� de serveuse aupr�s du restaurant " E._______ " � F.________. �tant d�charg�e de la garde des enfants, elle s'�tait vu imputer un revenu hypoth�tique de 2'900 fr. net par mois, treizi�me salaire compris, pour un taux d'activit� fix� � 80% afin qu'elle puisse exercer son droit de visite, puisque son activit� professionnelle se concentrait sur la fin de la semaine. La capacit� contributive de l'�poux avait �t� �valu�e � 7'300 fr., allocations familiales comprises (273 fr. par enfant), correspondant � un taux d'activit� de 80%. Le Juge de district avait arr�t� les charges incompressibles de l'�poux � 4'200 fr. et celles de l'�pouse � 3'000 fr., montant auquel s'ajoutait, pour chaque �poux, 500 fr. � titre d'imp�ts. Il avait ensuite appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Apr�s paiement de la contribution d'entretien � l'�pouse par 1'200 fr. par mois, il restait un solde disponible de 1'400 fr. pour l'�poux et de 600 fr. pour l'�pouse.
3.2.�La cour cantonale a constat� que les charges incompressibles de l'�poux s'�l�vent d�sormais � un montant arrondi � 4'517 fr., � savoir une augmentation de 317 fr. par rapport � la situation qui pr�valait en 2009, tenant notamment compte du fait que les minima vitaux de base ont augment�, ainsi que des frais suppl�mentaires de formation de C.________ et d'internat de D.________. L'�poux a per�u, pour une activit� � 80%, un salaire mensuel net de 7'045 fr. en 2012, allocations familiales non comprises, � savoir une augmentation de 291 fr., par rapport � ses revenus arr�t�s en 2009 � 6'754 fr. (7'300 fr. - [2 x 273 fr. d'allocations familiales]). Une fois les allocations familiales ajout�es au salaire, les revenus de l'�poux s'�l�vent � 7'745 fr. (7'045 fr. + 425 fr. + 275 fr.). Apr�s d�duction des charges incompressibles (4'517 fr.), de la charge fiscale (500 fr.) et de la contribution d'entretien (1'200 fr.), l'�poux b�n�ficie d'un solde de 1'528 fr., soit 128 fr. de plus que lors du prononc� de la d�cision dont il sollicite la modification.
Concernant l'�pouse, le Juge de la Cour civile II a retenu qu'elle a r�alis� un revenu net moyen, pour une activit� � 80%, de 3'172 fr. en 2012. Ses charges incompressibles s'�l�vent � 3'100 fr., montant auquel s'ajoutent 500 fr. d'imp�ts, de sorte que son d�ficit s'�l�ve � 428 fr. (3600 fr. - 3'172 fr.). La contribution d'entretien de 1'200 fr. permet ainsi � l'�pouse de b�n�ficier, apr�s couverture de son minimum vital, d'un montant de 772 fr. (1'200 fr. - 428 fr.) D�s lors, selon l'autorit� pr�c�dente, la proportion de r�partition du solde disponible, telle que retenue dans la d�cision du 22 juillet 2009, � savoir un tiers pour l'�pouse et deux tiers pour l'�poux gardien, est pour l'essentiel respect�e.
La cour cantonale a par ailleurs consid�r� qu'il n'y avait pas lieu d'exiger de l'�pouse qu'elle travaille � temps complet, puisque les motifs ayant conduit le juge, en 2009, � exiger d'elle un taux d'activit� de 80% - � savoir le fait que son activit� professionnelle est concentr�e sur les fins de semaines et ne lui laisse qu'un samedi de cong� par mois - n'ont pas chang�. Elle n'a pas non plus exig� de l'�pouse, qui travaille depuis 2007 aupr�s du m�me employeur, qu'elle cherche un emploi plus r�mun�rateur dans un autre �tablissement public, puisqu'en 2009, le juge de district ne lui a pas fix� de d�lai pour reprendre une activit� � plein temps et subvenir seule � son entretien, mais uniquement indiqu� que lorsque l'enfant cadet aurait atteint l'�ge de 16 ans r�volus, un taux d'activit� de 100% pourrait �tre exig� d'elle. L'autorit� pr�c�dente a constat� que l'�pouse s'�tait conform�e � la d�cision initiale puisqu'elle travaillait d�sormais � 80%. Elle a encore pr�cis� que si l'�poux entendait contester le revenu hypoth�tique imput� � son �pouse, voire le taux d'activit� qui �tait exig� d'elle, il appartenait � l'�poux de recourir contre la d�cision du 22 juillet 2009.
En d�finitive, apr�s avoir admis implicitement la survenance de faits nouveaux, le juge pr�c�dent a consid�r� qu'il n'y avait pas lieu de modifier la contribution d'entretien d�s lors que la situation p�cuniaire des parties est demeur�e pour l'essentiel identique.
4.1.�D'apr�s l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisionnelles (art. 276 al. 1 2�me phrase CPC), le juge fixe la contribution p�cuniaire � verser par l'une des parties � l'autre. Tant que dure le mariage, les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facult�s (art. 163 al. 1 CC), aux frais suppl�mentaires engendr�s par l'existence parall�le de deux m�nages. Chaque �poux peut pr�tendre � participer d'une mani�re identique au train de vie ant�rieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�ts 5A_304/2013 du 1er novembre 2013 consid. 4.1; 5A_710/2009 consid. 4.1, non publi� aux ATF 136 III 257). Le montant de la contribution d'entretien se d�termine en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux. Le l�gislateur n'a pas arr�t� de mode de calcul � cette fin. L'une des m�thodes pr�conis�es par la doctrine et consid�r�e comme conforme au droit f�d�ral en cas de situations financi�res modestes ou moyennes et tant que dure le mariage (art. 176 al. 1 ch. 1 CC en relation avec l'art. 163 al. 1 CC), est celle dite du minimum vital, avec r�partition de l'exc�dent (arr�t 5A_547/2012 du 14 mars 2013 consid. 4.1).
4.2.�Les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur m�me au del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce. Une fois ordonn�es, elles ne peuvent �tre modifi�es par le juge des mesures provisionnelles qu'aux conditions de l'art. 179 CC (arr�ts 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 consid. 3.1; 5A_535/2013 du 22 octobre 2013 consid. 3.1). Le juge prononce les modifications command�es par les faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont d�termin�es n'existent plus. La modification des mesures provisoires ne peut �tre obtenue que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, notamment en mati�re de revenus, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, si les faits qui ont fond� le choix des mesures provisoires dont la modification est sollicit�e se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vus (arr�ts 5A_245/2013 du 24 septembre 2013 consid. 4.1; 5A_400/2012 du 25 f�vrier 2013 consid. 4.1). En revanche, les parties ne peuvent pas invoquer, pour fonder leur requ�te en modification, une mauvaise appr�ciation des circonstances initiales, que le motif rel�ve du droit ou de l'�tablissement des faits all�gu�s sur la base des preuves d�j� offertes (arr�t 5A_511/2010 du 4 f�vrier 2011 consid. 2.1); pour faire valoir de tels motifs, seules les voies de recours sont ouvertes (arr�ts 5A_153/2013 du 24 juillet 2013 consid. 2.1; 5A_147/2012 du 26 avril 2012 consid. 4.2.1), car la proc�dure de modification n'a pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 131 III 189 consid. 2.7.4 p. 199; 120 II 177 consid. 3a p. 178, 285 consid. 4b p. 292 s.).
4.3.�Lorsqu'il admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, le juge doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent et litigieux devant lui (ATF 138 III 289 consid. 11.1.1 p. 292; 137 III 604 consid. 4.1.2 p. 606, arr�ts 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 consid. 3.1; 5A_140/2013 du 28 mai 2013 consid. 4.1). La survenance de faits nouveaux importants et durables n'entra�ne toutefois pas automatiquement une modification du montant de la contribution d'entretien; celle-ci ne se justifie que lorsque la diff�rence entre le montant de la contribution d'entretien nouvellement calcul�e sur la base de tels faits et celle initialement fix�e est d'une ampleur suffisante (arr�t 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 consid. 3.1).
Le recourant expose que l'autorit� cantonale n'a pas expliqu� la raison pour laquelle, dans le cadre du calcul de la contribution d'entretien, elle a r�parti le montant disponible � raison d'un tiers pour son �pouse, et deux tiers pour lui-m�me et les enfants. Ce faisant, autant qu'on le comprenne, il soul�ve le grief de violation de son droit d'�tre entendu en raison d'un manque de motivation de l'arr�t attaqu� (art. 29 al. 2 Cst.).
5.1.�La jurisprudence a notamment d�duit du droit d'�tre entendu, consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst., le devoir pour le juge de motiver sa d�cision. Il suffit qu'il mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445 et les arr�ts cit�s). L'autorit� n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties; elle peut se limiter � ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 136 I 229 consid. 5.2 p. 236; ATF 133 I 270 consid. 3.1 p. 277; 130 II 530 consid. 4.3 p. 540). Une motivation implicite, r�sultant des diff�rents consid�rants de la d�cision, suffit � respecter le droit d'�tre entendu (arr�ts 5A_278/2012 du 14 juin 2012 consid. 4.1; 6B_726/2010 du 17 mai 2011 consid. 1.3 in fine).
5.2.�En l'occurrence, il ressort clairement des consid�rants que la clef de r�partition du disponible qui a �t� appliqu�e correspond � celle de la d�cision du 22 juillet 2009 dont la modification est requise, l'autorit� cantonale ayant par ailleurs rappel�, au pr�alable, que la requ�te de modification des mesures provisionnelles " ne peut avoir pour objet qu'une adaptation aux circonstances nouvelles, mais non une nouvelle fixation ". Le recourant pouvait ainsi parfaitement comprendre le raisonnement de la d�cision attaqu�e et le grief de violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), sous l'angle d'une motivation lacunaire, doit donc �tre rejet�.
Le recourant reproche � l'autorit� cantonale d'avoir appliqu� la m�thode dite " du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent " pour calculer la contribution d'entretien, estimant qu'elle aurait d� tenir compte du principe du clean break. Il s'en prend �galement � la m�thode utilis�e pour calculer la pension alimentaire ainsi que, en particulier, � la r�partition du disponible � raison de 1/3 pour l'�pouse et 2/3 pour lui-m�me et les enfants.
Ce faisant, le recourant critique la m�thode de calcul de la contribution d'entretien retenue en 2009 par le Juge de district, qui a �t� reprise trait pour trait par le juge d'appel; partant, il s'�carte manifestement des principes jurisprudentiels selon lesquels la proc�dure de modification n'a pas pour but de corriger le premier jugement, mais uniquement de l'adapter aux circonstances nouvelles (cf. supra consid. 4.1), de sorte que son argumentation doit �tre rejet�e. Au demeurant, contrairement � ce qu'il pr�tend, le principe du clean break ne joue aucun r�le dans le cadre des mesures provisionnelles (arr�t 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.3).
Invoquant une appr�ciation arbitraire des faits et des preuves (art. 9 Cst.), le recourant critique le montant de ses charges et de ses revenus tel que retenu par l'autorit� pr�c�dente. Il expose que son revenu s'�l�ve en r�alit� � 7'045 fr., non pas � 7'745 fr., soutenant que les allocations familiales n'auraient pas d� �tre ajout�es � son salaire, un tel proc�d� �tant " contraire aux principes jurisprudentiels applicables en la mati�re ". S'agissant des charges, en se r�f�rant aux recommandations pour la fixation des contributions d'entretien des enfants �dit�es par l'Office de la jeunesse du canton de Zurich (tabelles zurichoises), il soutient que les besoins des enfants se sont accrus et s'�l�vent d�sormais � 2'123 fr. apr�s d�duction des allocations familiales.
7.1.�Par sa critique, le recourant ne conteste en d�finitive pas le montant qu'il per�oit � titre de revenu, ni celui des allocations familiales ou de formation. En tant qu'il soutient que les allocations n'auraient pas d� �tre ajout�es au montant de son salaire dans le cadre du calcul de la contribution, le recourant perd de vue que si elles n'avaient pas �t� int�gr�es � ses revenus, les allocations auraient d� �tre port�es en d�duction des charges des enfants, ce qui aurait abouti au m�me r�sultat. D�s lors, la d�cision entreprise ne saurait �tre qualifi�e d'arbitraire dans son r�sultat, � tout le moins le recourant ne le d�montre-t-il pas de mani�re claire et d�taill�e (cf. supra consid. 2.1).
7.2.�En tant qu'il s'en prend au montant retenu de ses charges et indique la somme qu'il eut fallu retenir � ce titre sur la base des " tabelles zurichoises ", le recourant se contente de substituer sa propre version � celle de l'autorit� cantonale, sans d�montrer qu'elle se serait m�prise sur le sens ou la port�e d'un moyen de preuve ou aurait op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables. Le grief est ainsi insuffisamment motiv� eu �gard au principe d'all�gation; partant, il est d'embl�e irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1).
Le recourant expose ensuite que le Juge de la Cour civile II s'est rendu coupable d'arbitraire en retenant que son �pouse a r�alis� un revenu mensuel net moyen de 3'172 fr. en 2012, et en refusant de lui imputer un revenu hypoth�tique plus �lev�. Selon lui, elle devrait aujourd'hui travailler � 100%, ayant par ailleurs eu suffisamment de temps pour devenir autonome financi�rement. Elle pourrait en outre pr�tendre au salaire pr�vu par la CCNT pour les employ�s de la cat�gorie IIb, voire de la cat�gorie IV, de sorte qu'un revenu hypoth�tique de 4'500 fr. pourrait �tre exig� d'elle. Aux dires du recourant, d�s lors que les enfants sont d�sormais plus �g�s, le droit de visite pourrait �tre exerc� de mani�re plus souple qu'en 2009, ce qui permettrait � l'�pouse de travailler � plein temps et d'exercer son droit de visite les dimanches et lundis, � savoir ses jours de cong�. Enfin, en n'exigeant pas de l'�pouse qu'elle augmente son taux de travail, alors qu'elle a pu " profiter d'une pension " durant plus de quatre ans sans chercher un autre emploi, l'autorit� pr�c�dente aurait arbitrairement viol� l'art. 163 CC.
8.1.�En tant qu'il soutient que son �pouse pourrait et devrait travailler " dans un �tablissement ordinaire de l'h�tellerie et de la restauration " et pr�tendre � un salaire pr�vu par la convention collective de travail de sa branche " pour la cat�gorie IIb, voire (...) la cat�gorie IV ", sans toutefois indiquer � quoi correspondent ces cat�gories, ni pour quelles raisons l'�pouse pourrait y pr�tendre, le recourant n'expose pas son argument de mani�re claire et d�taill�e comme l'exige pourtant le principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.1). D�s lors, cette critique n'est pas de nature � d�montrer l'arbitraire de l'appr�ciation de l'autorit� cantonale, qui a estim� qu'il n'y avait pas lieu d'exiger de l'�pouse qu'elle cherche un emploi plus r�mun�rateur aupr�s d'un nouvel employeur. Par ailleurs, le recourant ne s'en prend pas � la motivation principale du juge d'appel selon laquelle les faits ayant conduit le Juge de district, en 2009, � exiger de l'�pouse qu'elle travaille � 80% (� savoir permettre l'exercice du droit de visite) n'ont pas chang�, l'�pouse travaillant toujours en fin de semaine. Il n'a du reste jamais pr�tendu que le droit de visite, respectivement ses modalit�s, auraient �t� modifi�s depuis lors, pas plus qu'il n'en a requis la modification dans le cadre de la pr�sente proc�dure. Il ne conteste pas non plus le fait, constat� par l'autorit� d'appel, selon lequel son �pouse a augment� sa capacit� contributive dans la mesure exig�e d'elle par le Juge de district jusqu'� ce que le plus jeune des enfants ait atteint l'�ge de 16 ans. Si le recourant entendait contester les motifs pour lesquels le juge a exig� de l'�pouse qu'elle n'exerce une activit� qu'� un taux de 80%, il lui appartenait d'utiliser les voies de droit qui �taient ouvertes � l'encontre de la d�cision du 22 juillet 2009 (cf. supra consid. 4.2).
8.2.�En tant qu'il invoque une application arbitraire de l'art. 163 CC, le recourant invoque une fois de plus un grief qui ne peut �tre soulev� dans le cadre de la pr�sente proc�dure, le juge des mesures provisionnelles n'�tant pas fond� � v�rifier l'application qui a �t� faite de cette disposition dans le cadre de la d�cision initiale (cf. supra consid. 4.2).
Le recourant fait ensuite grief � l'autorit� pr�c�dente d'avoir fait preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 179 CC en omettant les modifications de fait survenues entre le prononc� de mesures protectrices de 2009 et le d�p�t de la requ�te en modification; ce faisant, il aurait mis en p�ril les int�r�ts financiers des enfants et du parent gardien. En outre, le fait de permettre � l'�pouse de b�n�ficier d'un montant sup�rieur � son minimum vital rel�verait de l'abus de droit, au motif que celle-ci lui ferait alors supporter " une charge additionnelle correspondant au 20% du taux d'activit� compl�mentaire qu'elle refuse volontairement d'effectuer, et ce malgr� le fait qu'elle en ait les capacit�s, les qualifications et qu'elle n'ait aucune charge de garde des enfants ".
Tout d'abord, on ne discerne pas en quoi l'invocation de l'interdiction de l'abus de droit - qui ne pourrait d'ailleurs �tre examin�e que sous l'angle restreint de l'arbitraire (cf. supra consid. 2.1) - serait ici pertinente, les �l�ments avanc�s par le recourant sur ce point se rattachant en r�alit� au grief de l'arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC. En tant qu'il se plaint des faits dont a tenu compte le juge d'appel pour v�rifier s'il y avait lieu de modifier la contribution d'entretien, il a d�j� �t� pr�cis� que ses critiques �taient infond�es (cf. supra consid. 7 et 8). Pour le reste, le recourant n'�tablit pas en quoi la d�cision entreprise contreviendrait de mani�re choquante � l'art 179 CC, se contentant d'exposer, dans une critique essentiellement appellatoire, que son �pouse ne devrait pas b�n�ficier d'un montant sup�rieur � son minimum vital et que ses propres int�r�ts financiers seraient atteints. Il n'explicite pas plus avant sa critique, de sorte que le grief est irrecevable, faute de motivation suffisante (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1).