Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F23-01-2012-4A_608-2011
Timestamp: 2016-10-23 07:55:36+00:00
Document Index: 300567650

Matched Legal Cases: ['art. 72', 'art. 75', 'art. 90', 'art. 51', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 339', 'art. 404', 'art. 339', 'art. 405', 'art. 405', 'art. 405', 'art. 405', 'art. 317', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 363', 'art. 368', 'art. 368', 'art. 9', 'art. 29', 'art. 364', 'art. 321', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 66', 'art. 68']

X.________, repr�sent�e par Me Patrice Girardet,
repr�sent�e par Me Eric Kaltenrieder,
contrat d'entreprise; d�fauts de l'ouvrage, devoir d'information,
A.a X.________ est propri�taire d'un immeuble locatif sis dans le canton de Vaud. En 2004, elle a d�cid� d'entreprendre des transformations consistant notamment � proc�der � l'isolation thermique des appartements et � remplacer des corps de chauffe. Elle a confi� cette derni�re t�che � la soci�t� Z.________ SA (ci-apr�s: l'entreprise de chauffage, l'entreprise). Celle-ci devait en substance d�monter et �vacuer d'anciens radiateurs, les remplacer par de nouveaux mod�les et allonger les tuyaux de raccordement entre les radiateurs et l'installation de chauffage pr�existante. Le mari de la propri�taire, qui exerce la profession de ma�on, a �rig� de nouveaux murs par la pose de doublages en plaques; il s'agissait en particulier de cacher les colonnes montantes de chauffage. Il a coordonn� ses travaux avec l'entreprise de chauffage.
En 2005, la propri�taire a proc�d� � de nouvelles transformations et a confi� � l'entreprise des travaux de chauffage similaires � ceux r�alis�s en 2004.
A.b Des d�sagr�ments sonores sont apparus d�s la mise en marche du chauffage. Deux types de bruit �taient observ�s, soit d'une part des bruits de dilatation produisant l'effet de "coups de b�lier", d'autre part des bruits d'�coulement d'eau "en cascade". A cela s'ajoutaient des probl�mes de r�glage de temp�rature.
Dans les derniers mois de l'ann�e 2005, la propri�taire a fait appel � un chauffagiste bernois qui a install� un dispositif d�nomm� "by-pass"; l'intervention n'a pas eu d'effet. Au d�but de l'ann�e 2006, la propri�taire a mandat� un ing�nieur-conseil qui a constat� un probl�me d'ajustement entre l'ancien syst�me de distribution de chaleur et les nouveaux corps de chauffe. Il a recommand� de changer le vase d'expansion et la pompe de circulation au profit d'un mod�le � r�gulation diff�rentielle int�gr�e permettant d'ajuster la puissance de la pompe aux besoins de l'installation. Il pr�conisait aussi une purge compl�te de celle-ci et un contr�le g�n�ral de la r�gulation automatique.
L'entreprise de chauffage a remplac� le vase d'expansion et pos� � ses frais une pompe � d�bit variable. Avec le concours d'un technicien, elle a en outre proc�d� gratuitement � des r�glages sur le d�bit des radiateurs, sans succ�s.
A.c Constatant l'�chec des mesures entreprises, la propri�taire s'est oppos�e au plus tard au d�but du mois de mars 2006 � ce que l'entreprise et le technicien reviennent sur les lieux. Le 20 mars 2006, la propri�taire a requis et obtenu la mise en oeuvre d'une expertise hors proc�s.
Dans son rapport du 26 juin 2006, l'expert A.________, ing�nieur ETS, est arriv� � la conclusion que les travaux r�alis�s par l'entreprise de chauffage n'avaient pas �t� ex�cut�s dans leur int�gralit� selon les r�gles de l'art. Les bruits de dilatation lors de changements de r�gime provenaient du fait que les colonnes montantes de chauffage avaient �t� prises dans le pl�tre et cach�es par des doublages en plaques sans avoir �t� pr�alablement enrob�es d'une bande d'isolation, qui aurait permis une libre dilatation; la tuyauterie de raccordement des radiateurs �tait �galement noy�e dans les nouveaux doublages sans aucun enrobage isolant. Quant au bruit de "chuintement" � l'ouverture des vannes, il avait trois causes principales, soit un mauvais choix de la pompe, la d�cision d'�quiper tout le syst�me de chauffage de vannes thermostatiques, ce qui ne garantissait pas un d�bit minimal, et l'absence de pr�r�glage des corps de chauffe. Il �tait indispensable de suppl�er � ce dernier point afin d'�quilibrer l'installation et d'�viter toute propagation des bruits de circulation de l'eau par un d�bit trop �lev�. Entre autres mesures compl�mentaires, l'expert pr�conisait de r�duire la temp�rature de l'eau au d�part du circuit de chauffage et proposait une valeur de r�glage; cette op�ration devait avoir un effet positif sur les bruits de dilatation. L'expert chiffrait � 65'000 fr. le co�t li� � l'isolation des colonnes de chauffage et des tuyaux de raccordement.
Les frais li�s � la proc�dure d'expertise hors proc�s se sont �lev�s � 16'083 fr.90.
B.a Le 28 juin 2007, la propri�taire a ouvert action contre l'entreprise devant le Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois en concluant au paiement de 85'210 fr.90. Elle pr�tendait � l'allocation de 65'000 fr. pour le co�t de r�paration des d�fauts ou la moins-value li�e � ceux-ci, au d�dommagement de ses frais d'avocat et d'expertise avant proc�s et au remboursement des factures des diverses entreprises consult�es. La propri�taire concluait en outre � la mainlev�e de l'�ventuelle opposition au commandement de payer dont la notification �tait requise le m�me jour.
Le 13 juillet 2007, l'entreprise s'est oppos�e � la poursuite notifi�e deux jours auparavant. Le 26 octobre 2007, elle a conclu au rejet de l'action et, reconventionnellement, au paiement de 3'668 fr.60 � titre de paiement du solde de sa facture finale.
Une expertise a �t� confi�e � l'ing�nieur ETS B.________. Avec l'accord de la propri�taire, celui-ci a modifi� le r�glage de la chaudi�re. Le deuxi�me essai effectu� le 17 f�vrier 2009 a permis, par l'abaissement de la temp�rature de l'eau de chauffage, de r�duire consid�rablement les bruits de dilatation et d'�coulement d'eau, au point que ceux-ci sont devenus acceptables. La chaudi�re a pu �tre r�gl�e sur position 10 (44� C par - 5� C de temp�rature ext�rieure), alors que l'expert A.________ l'avait dans un premier temps r�gl�e sur position 18 (64� C par - 5� C de temp�rature ext�rieure). Dans son rapport du 27 avril 2009, l'expert B.________ a conclu que les travaux demand�s par le ma�tre avaient �t� r�alis�s dans les r�gles de l'art, m�me si certains d�tails auraient pu �tre trait�s avec plus de soin. L'entreprise aurait en outre pu proposer les compl�ments n�cessaires pour l'isolation des conduites et le pr�r�glage du d�bit d'eau � chaque radiateur. L'isolation des conduites devait �viter toute perte thermique et tout risque de frottement avec le pl�tre. Toutefois, la r�sistance du pl�tre n'�tait pas suffisante pour provoquer des bruits de dilatation, � tout le moins pas � long terme; on ne pouvait imputer la totalit� de l'origine de ces bruits aux travaux en cause. En outre, la temp�rature de l'eau de chauffage aurait d� �tre r�duite apr�s l'ach�vement des travaux d'am�lioration thermique de l'immeuble. Il �tait recommand� de renoncer � baisser le chauffage la nuit pour �viter tout risque de bruit de dilatation. Quant au pr�r�glage de l'ensemble des radiateurs, il aurait certes �t� pr�f�rable, mais cette op�ration n'�tait pas r�alis�e d'embl�e lors de travaux de r�novation pour lesquels aucune �tude thermique n'avait �t� demand�e par le ma�tre. En d�finitive, l'expert B.________ a jug� d�raisonnable de proc�der aux travaux de 65'000 fr. sugg�r�s par l'expert A.________ d�s lors que les bruits de dilatation �taient fortement r�duits et ne pouvaient �tre imput�s de fa�on certaine aux travaux de r�novation r�alis�s entre 2004 et 2005; il a ni� l'existence d'une moins-value pour l'immeuble.
La propri�taire ayant requis la mise en ?uvre d'une deuxi�me expertise, une audience incidente s'est tenue le 10 novembre 2009 en pr�sence des experts A.________ et B.________. Ceux-ci ont maintenu leur point de vue respectif. L'expert B.________ a pr�cis� qu'un pr�r�glage des radiateurs �tait d'autant moins n�cessaire en pr�sence de vannes thermostatiques que celles-ci cr�aient une pression autor�gulant l'installation, et que cette op�ration ne devait se faire que post�rieurement au r�glage de la temp�rature de l'eau au d�part de l'installation, lequel n'avait pas �t� effectu�.
Les parties ont convenu de fixer l'audience de jugement au printemps 2010. La propri�taire s'est r�serv� le droit de faire constater par l'expert B.________ l'�ventuelle persistance des probl�mes au cours de l'hiver, cas �ch�ant de renouveler sa requ�te de deuxi�me expertise, �ventuellement de se r�former. Elle n'a toutefois pas fait usage de ce droit. L'expert B.________ est encore intervenu en avril 2010 pour effectuer un r�glage apr�s que la propri�taire eut observ� l'apparition de bruit dans certains radiateurs.
B.b Par jugement du 7 avril 2011, le Tribunal civil a rejet� l'action principale et admis la demande reconventionnelle en ce sens que la propri�taire doit payer � l'entreprise la somme de 3'668 fr.60.
Le tribunal a pass� en revue chacune des anomalies r�pertori�es par l'expert A.________ en se ralliant en substance � l'avis exprim� par l'expert B.________. En droit, il a conclu que l'ouvrage n'�tait pas d�fectueux. Il a constat� que les "coups de b�lier" �taient dus � la dilatation des tuyaux de chauffage et que les travaux ex�cut�s par l'entreprise ne portaient pas � proprement parler sur ces tuyaux; en outre, le probl�me avait �t� r�solu par le r�glage de la chaudi�re, laquelle n'�tait pas concern�e par les travaux en question. Quant aux bruits de cascade et aux probl�mes de temp�rature, ils �taient dus au d�faut d'�quilibrage de l'installation. Sur ce point non plus, ce n'�tait pas � proprement parler l'ouvrage livr� par l'entreprise qui �tait d�fectueux; celle-ci avait tent� � bien plaire de r�soudre ce probl�me post�rieurement � l'ex�cution des travaux. Par �quilibrage, il fallait comprendre la r�gulation [thermo-hydraulique, r�d.] de l'installation de chauffage par le r�glage de la chaudi�re et des diff�rents corps de chauffe.
Le tribunal a retenu une violation du devoir d'informer en ce sens que l'entreprise aurait d� signaler la n�cessit� d'isoler les conduites de chauffage; toutefois, le ma�on assumait une part de responsabilit�. A �t� laiss�e ind�cise la question de savoir si l'entreprise aurait d� spontan�ment se d�clarer incomp�tente pour proc�der � l'�quilibrage de l'installation de chauffage et recommander de faire appel � un tiers. Aucun dommage ne pouvait de toute fa�on �tre retenu en relation avec les obligations enfreintes.
B.c La propri�taire a d�f�r� ce jugement � la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois. Elle a conclu au paiement de 30'000 fr., � la mainlev�e d�finitive de l'opposition � concurrence de ce montant et au rejet de toute autre conclusion.
L'appel a �t� rejet� par arr�t du 23 juin 2011.
La propri�taire (ci-apr�s: la recourante) interjette un recours en mati�re civile aupr�s du Tribunal f�d�ral. Elle r�it�re les conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente.
L'entreprise (ci-apr�s: l'intim�e) conclut au rejet du recours. La Cour d'appel se r�f�re � son arr�t.
La recourante s'est d�termin�e sur la r�ponse de l'intim�e. Cette derni�re a b�n�fici� d'un d�lai pour dupliquer, droit qu'elle a renonc� � exercer.
Le pr�sent recours satisfait aux conditions de recevabilit� du recours en mati�re civile (cf. art. 72 al. 1, art. 75, 76 al. 1 et art. 90 LTF). En particulier, la valeur litigieuse exc�de le minimum l�gal de 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et 74 al. 1 let. b LTF). Les exigences de d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et de forme (art. 42 LTF) sont �galement respect�es sur le principe.
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF). Le recourant ne peut pas se plaindre d'une violation du droit cantonal en tant que tel, mais peut faire valoir que l'application de ce droit est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. ou contraire � d'autres droits constitutionnels et contrevient ainsi au droit f�d�ral (ATF 134 III 379 consid. 1.2).
Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). N'�tant pas li� par l'argumentation des parties, il s'en tient cependant, d'ordinaire, aux questions de droit que la partie recourante soul�ve conform�ment aux exigences l�gales relatives � la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4). A cet �gard, le recourant doit se d�terminer au moins bri�vement par rapport aux consid�rants de l'arr�t entrepris et expliquer, ne serait-ce que succinctement, en quoi l'autorit� cantonale sup�rieure viole le droit f�d�ral (ATF 134 II 244 consid. 2.1 et 2.3). Par exception � la r�gle de l'art. 106 al. 1 LTF, le Tribunal f�d�ral n'examine la violation d'un droit constitutionnel ou une question relevant du droit cantonal que s'il est saisi d'un grief motiv� de mani�re pr�cise (cf. art. 106 al. 2 LTF); le recourant doit �noncer le droit ou principe constitutionnel viol� et exposer de mani�re claire et circonstanci�e en quoi consiste la violation (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 134 II 244 consid. 2.2).
2.2 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il tient compte non seulement des faits retenus par la d�cision de derni�re instance attaqu�e, mais aussi de ceux figurant dans le jugement de l'autorit� inf�rieure, pour autant que l'arr�t attaqu� reprenne au moins implicitement cet �tat de fait (cf. ATF 129 IV 246 consid. 1, confirm� apr�s l'entr�e en vigueur de la LTF notamment par l'arr�t 4A_565/2009 du 21 janvier 2010 consid. 2.2.4).
3.1 La recourante reproche � la Cour d'appel de ne pas avoir compl�t� l'instruction pour �tablir le dommage caus� par la violation du devoir d'information de l'intim�e. La cour lui aurait reproch� � tort de ne pas avoir all�gu� un tel dommage. La recourante ne pouvait pas anticiper quelle appr�ciation les juges porteraient sur les deux expertises divergentes. D�s lors que le Tribunal civil envisageait de retenir une notion nettement plus restreinte du dommage, il aurait d� spontan�ment ordonner un compl�ment d'instruction pour �tablir celui-ci; l'ancienne proc�dure acc�l�r�e vaudoise pr�voyait en effet l'instruction d'office (art. 339a al. 3 aCPC/VD [ancien Code de proc�dure civile vaudoise du 14 d�cembre 1966]). La Cour d'appel aurait pu et d� suppl�er � cette omission en ordonnant elle-m�me une telle mesure d'instruction. Elle aurait aussi d� ordonner un compl�ment d'expertise ou une deuxi�me expertise afin notamment de d�terminer si des d�fauts subsistent malgr� l'intervention de l'expert B.________.
3.2 Le Tribunal civil a consid�r� que l'ouvrage �tait exempt de d�fauts mais que l'intim�e n'avait pas donn� l'information n�cessaire pour une utilisation conforme. D�s lors que la violation contractuelle ne prenait pas corps dans un d�faut, le ma�tre devait �tre d�dommag� en fonction de son int�r�t positif � l'ex�cution r�guli�re du contrat. En l'occurrence, le dommage r�sidait dans la diff�rence entre la situation patrimoniale actuelle du ma�tre et la situation dans laquelle il se serait trouv� si l'entrepreneur avait en temps utile attir� son attention sur la n�cessit� d'isoler les conduites, et �ventuellement s'il s'�tait d�clar� d'embl�e incomp�tent pour proc�der � l'�quilibrage de l'installation. Au vu du succ�s des r�glages effectu�s par l'expert B.________, le dommage pouvait tout au plus consister en une diff�rence de consommation entre l'installation sans isolation et l'installation avec isolation, ou cas �ch�ant en une diminution de loyer accord�e aux locataires du fait des d�sagr�ments sonores jusqu'� l'intervention de l'expert. Or, la recourante n'avait pas all�gu� un tel dommage ni propos� de m�thode pour un calcul normatif.
La Cour d'appel a confirm� ce point de vue en relevant que sur la base de l'expertise B.________ et de la confrontation des deux experts � l'audience incidente du 10 novembre 2009, la recourante aurait pu se r�former pour all�guer les �l�ments nouveaux r�sultant de l'instruction, facult� qu'elle s'�tait d'ailleurs r�serv�e et qu'elle avait renonc� � utiliser.
3.3.1 L'ancien droit cantonal r�gissait la proc�dure de premi�re instance jusqu'au jugement du Tribunal civil (art. 404 al. 1 CPC). La recourante ne pr�tend pas que les normes cantonales d�terminant le moment et la mani�re d'introduire des all�gations nouvelles auraient �t� appliqu�es de fa�on arbitraire. Elle ne soul�ve pas non plus le grief d'arbitraire en relation avec l'art. 339a al. 3 aCPC/VD, de sorte que la cour de c�ans ne saurait contr�ler l'application (ou non-application) de cette disposition. La cour de c�ans est ainsi li�e par le point de vue selon lequel la recourante, au regard de l'ancien droit de proc�dure cantonal, aurait pu et d� all�guer les �l�ments du dommage.
Pour le surplus, la recourante ne pr�tend � juste titre pas que le principe de la bonne foi aurait d� conduire le Tribunal civil � attirer son attention sur le fait qu'il s'appr�tait � retenir une d�finition plus stricte du dommage. Il ne s'agissait en effet pas de modifier une conception juridique. A l'issue de l'audience incidente, il apparaissait que les experts ne s'accordaient pas sur l'�tat de l'ouvrage et la mani�re dont l'intim�e avait ex�cut� ses obligations, �l�ment qui �tait propre � influer sur la question des d�fauts, de la responsabilit� assum�e par l'intim�e et du dommage subi. La recourante, assist�e d'un avocat, ne pouvait ignorer les cons�quences juridiques qu'impliquaient les avis divergents �mis par les deux experts.
3.3.2 L'appel au Tribunal cantonal �tait soumis � la nouvelle proc�dure f�d�rale (art. 405 al. 1 CPC). Cette voie de droit permettait de contr�ler l'application de l'ancien droit de proc�dure civile par l'autorit� de premi�re instance (DENIS TAPPY, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 24 s. ad art. 405 CPC; IVO SCHWANDER, in Schweizerische Zivilprozessordnung, DIKE-Kommentar, 2011, n� 5 ad art. 405 CPC; FRIDOLIN WALTHER, Das �bergangsrecht zur neuen ZPO - offene Fragen und m�gliche Antworten, RSPC 2010 p. 416). En revanche, la nouvelle proc�dure d�terminait � quelles conditions des all�gations nouvelles pouvaient �tre introduites en deuxi�me instance (TAPPY, op. cit., n�s 14 et 25 ad art. 405 CPC). L'art. 317 CPC dispose que les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils ne pouvaient �tre invoqu�s ou produits devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise. Dans la mesure o� des faits ont �t� fautivement pass�s sous silence en premi�re instance, ils ne peuvent �tre pr�sent�s en appel (DAVID HOFMANN/CHRISTIAN L�SCHER, Le Code de proc�dure civile, 2009, p. 197). Le nouveau droit n'offrait ainsi aucune possibilit� de rem�dier au d�faut d'all�gation en premi�re instance. On ne saurait d�s lors reprocher � l'autorit� d'appel de s'�tre abstenue d'ordonner une mesure d'instruction sur le dommage alors que la recourante avait fautivement omis d'all�guer les �l�ments topiques.
3.3.3 La recourante pr�tend encore que la Cour d'appel aurait pu chiffrer le dommage en �quit� en vertu de l'art. 42 al. 2 CO.
L'application de cette r�gle suppose que la preuve du dommage ou de son �tendue ne puisse pas �tre rapport�e ou ne puisse pas �tre raisonnablement exig�e (ATF 134 III 306 consid. 4.2 p. 312; 122 III 219 consid. 3a). Une telle impossibilit� n'est pas �tablie en l'esp�ce. L'art. 42 al. 2 CO ne saurait servir � rem�dier au d�faut d'all�gation des faits pertinents par la recourante.
3.4 Contrairement � ce que plaide la recourante, la Cour d'appel a suffisamment motiv� sa d�cision en se concentrant sur l'argument d�cisif du d�faut d'all�gation. Elle n'avait pas � expliquer la port�e de l'art. 42 al. 2 CO, ni � rappeler par le d�tail les r�gles de l'ancienne proc�dure relatives � l'introduction d'all�gu�s nouveaux et au pouvoir du juge en proc�dure acc�l�r�e. Le grief formel de violation du droit d'�tre entendu doit �galement �tre rejet� (sur l'�tendue du devoir de motivation d�duit de l'art. 29 al. 2 Cst., cf. par ex. ATF 135 III 513 consid. 3.6.5).
3.5 Quant au fait que la Cour d'appel n'a pas ordonn� d'instruction compl�mentaire sur l'�ventuelle persistance de d�fauts nonobstant l'intervention de l'expert, il peut �tre renvoy� aux consid�rations qui pr�c�dent. La recourante ne pr�tend pas avoir fait � cet �gard les all�gations n�cessaires en temps utile.
3.6 Dans ses d�terminations du 5 d�cembre 2011, la recourante souligne que la Chambre des recours (sic) s'est limit�e � constater l'absence d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves alors qu'elle disposait d'un plein pouvoir d'examen.
Dans sa premi�re �criture, la recourante pr�cisait ne pas remettre en cause le ralliement des juges � l'expert B.________ et ne formulait aucun grief d'appr�ciation arbitraire des preuves. Le moyen est tardif d�s lors qu'il a �t� soulev� apr�s l'�ch�ance du d�lai de recours. Suppos� recevable, il devrait de toute fa�on �tre rejet�. Apr�s avoir rappel� qu'elle pouvait revoir librement les faits sur la base des preuves administr�es en premi�re instance, la Cour d'appel civile a conclu que l'appr�ciation des preuves op�r�e par le Tribunal civil ne pr�tait pas le flanc � la critique et devait �tre confirm�e. Il n'y a ainsi aucun indice que la cour aurait restreint � tort son pouvoir d'examen.
4.1 La recourante, qui ne conteste pas la qualification de contrat d'entreprise au sens des art. 363 ss CO, reproche � la Cour d'appel d'avoir m�connu le fait qu'il subsistait des d�fauts apr�s l'intervention de l'expert B.________. Ainsi, la diminution du r�glage de la puissance de la pompe induirait le risque que le deuxi�me �tage de l'immeuble ne soit pas correctement chauff� en cas de grand froid. Par ailleurs, la suppression de l'abaissement nocturne du chauffage entra�nerait une surconsommation de gaz.
4.2 L'art. 368 CO pr�voit une r�glementation sp�ciale en cas d'ex�cution d�fectueuse de l'ouvrage. C'est une question de droit que de dire si l'ouvrage est entach� de d�fauts au sens de cette disposition. En revanche, la d�termination de l'�tat de l'ouvrage et des �ventuels inconv�nients qui en d�coulent rel�ve du fait et peut notamment �tre �tablie par expertise (cf. PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 5e �d. 2011, p. 595 s. n�s 1511-1513).
4.3 La recourante ne pr�tend pas que les inconv�nients qu'elle �nonce r�sulteraient de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu�. Il appara�t tout au plus que les experts A.________ et B.________ ont discut� du probl�me de surconsommation qui pourrait d�couler de la renonciation au r�glage diff�rentiel diurne et nocturne, sans qu'une telle surconsommation ne soit pr�cis�ment �tablie. Faute de constatations de fait, la question de savoir si les inconv�nients invoqu�s pourraient constituer des d�fauts au sens de l'art. 368 CO est priv�e d'objet.
Sur le plan formel, la Cour d'appel n'a pas m�connu le grief de la recourante, qu'elle a r�sum� au consid�rant 4.2.2 de l'arr�t attaqu�, avant d'y r�pondre au chiffre suivant; le grief de violation du droit d'�tre entendu est ainsi infond�, la recourante invoquant du reste par inadvertance l'art. 9 Cst. en lieu et place de l'art. 29 al. 2 Cst.
4.4 La recourante para�t en outre reprocher � la Cour d'appel de ne pas avoir retenu l'existence de d�fauts entre l'ach�vement de l'ouvrage et l'intervention r�ussie de l'expert. Le grief est toutefois insuffisamment motiv� pour �tre recevable.
5.1 La recourante soutient que l'intim�e devrait assumer une pleine et enti�re responsabilit� pour ne pas avoir attir� son attention sur la n�cessit� d'isoler les conduites de chauffage. A tout le moins la Cour d'appel aurait-elle d� admettre que l'intim�e devait r�parer une partie du dommage d�s lors qu'elle lui imputait une part de responsabilit�, en concours avec le ma�on.
5.2 Les autorit�s cantonales ont consid�r� que le dommage r�sultant de la violation du devoir d'informer ne pouvait r�sider que dans une �ventuelle diff�rence de consommation entre l'installation actuelle et l'installation avec isolation, ou �ventuellement dans une perte de loyer. Or, un tel dommage n'�tait pas �tabli.
La recourante a soulev� un grief relatif � l'�tablissement du dommage, qui s'est r�v�l� infond� (cf. supra, consid. 3.3). Pour le surplus, elle ne pr�tend pas que l'autorit� cantonale se serait fond�e sur une conception erron�e du dommage, de sorte qu'il n'y a pas � discuter le point de vue exprim� par la Cour d'appel. En l'absence de dommage, la question d'un �ventuel partage de responsabilit� importe peu.
5.3 La recourante reproche � l'intim�e d'avoir en outre enfreint son devoir d'information en omettant de lui conseiller la mise en ?uvre d'une �tude thermique avant d'engager les travaux de r�novation, l'expert B.________ s'�tant � tort born� � constater que la recourante n'en avait pas demand�. Elle fait aussi grief � l'intim�e de n'avoir pas su �quilibrer l'installation de chauffage nonobstant le temps suffisant dont elle aurait dispos�, alors que l'expert B.________ y est rapidement parvenu. L'intim�e devrait ainsi assumer les frais des divers intervenants auxquels la recourante a l�gitimement fait appel, dont 16'083 fr.90 pour les frais de la proc�dure d'expertise hors proc�s.
5.3.1 L'entrepreneur assume un devoir de diligence (cf. art. 364 al. 1 CO en relation avec l'art. 321a al. 1 CO) dont d�coulent des devoirs de renseigner et conseiller le ma�tre. Compte tenu de sa qualit� de sp�cialiste, l'entrepreneur doit signaler toute circonstance importante pour l'ex�cution de l'ouvrage (ATF 129 III 604 consid. 4.1). S'il a connaissance d'�l�ments susceptibles de compromettre l'ex�cution de l'ouvrage, il doit les communiquer imm�diatement au ma�tre (FRAN�OIS CHAIX, La violation par l'entrepreneur de ses devoirs d'information vis-�-vis du ma�tre de l'ouvrage, SJ 2009 II p. 121 n� 10). Il ne doit accepter des travaux que s'il a les comp�tences n�cessaires (cf. ATF 93 II 317 consid. 2e/bb p. 324). Le devoir de renseigner peut perdurer apr�s la livraison de l'ouvrage (GAUCH, op. cit., p. 332 n� 821; CHAIX, op. cit., p. 132 n� 34). Pour pr�venir un dommage, l'entrepreneur peut �tre tenu de renseigner le ma�tre sur l'utilisation ad�quate de l'ouvrage (ATF 129 III 604 consid. 4.1 p. 611); ainsi, l'installateur d'un chauffage central doit fournir des indications pr�cises sur la qualit� d'eau � utiliser (ATF 94 II 157 consid. 5). L'obligation d'informer et de conseiller porte tant sur les faits que l'entrepreneur conna�t effectivement que sur ceux qu'il aurait d� conna�tre; il doit se laisser imputer la connaissance d'un entrepreneur diligent plac� dans les m�mes circonstances (GAUCH, op. cit., p. 336 n� 831; CHAIX, op. cit., p. 121 s. n� 10).
5.3.2 L'expert B.________ a conc�d� qu'il aurait �t� pr�f�rable d'effectuer un pr�r�glage du d�bit d'eau sur chaque radiateur et que l'intim�e aurait pu proposer ce compl�ment, mais il a ajout� qu'une telle op�ration n'�tait pas r�alis�e d'embl�e lors de travaux de r�novation pour lesquels aucune �tude thermique n'avait �t� demand�e par le ma�tre. A l'audience, il a pr�cis� qu'un pr�r�glage s'imposait d'autant moins que les radiateurs �taient �quip�s de vannes thermostatiques et qu'� l'issue de travaux entra�nant une am�lioration thermique de l'immeuble, il convenait de r�gler correctement la temp�rature de l'eau au d�part de la chaudi�re, avant m�me de proc�der au pr�r�glage des radiateurs.
L'expert a ainsi laiss� entendre qu'une �tude thermique pr�alable �tait n�cessaire avant d'effectuer le pr�r�glage des radiateurs, pr�r�glage que l'intim�e aurait d� proposer. Quoi qu'il en soit, l'expert a expliqu� que l'omission de l'intim�e n'avait pas pr�t� � cons�quence d�s lors qu'il convenait de proc�der en premier lieu � la r�gulation de la temp�rature de l'eau et que ce travail, une fois effectu�, avait permis de r�soudre le probl�me des bruits d'�coulement. Se pose donc tout au plus la question de savoir si l'intim�e aurait d� indiquer qu'il importait de r�gler la temp�rature de l'eau � l'issue des travaux. S'agissant d'un �l�ment de moindre importance, la Cour d'appel pouvait s'�pargner de discuter l'argument de l'�tude thermique; le grief de violation du droit d'�tre entendu doit d�s lors �tre rejet�.
5.3.3 La recourante reproche essentiellement � l'intim�e de n'avoir pas trouv� la solution aux probl�mes de bruit et de temp�rature observ�s apr�s les travaux alors que l'expert B.________ y est rapidement parvenu.
Encore une fois, la solution du probl�me r�sidait dans le r�glage de la temp�rature d'eau chaude au d�part de la chaudi�re. L'expert B.________ ne pr�tend pas que l'intim�e aurait enfreint son devoir d'information et de conseil en ne sugg�rant pas cette mesure; un tel reproche n'est pas non plus formul� par l'expert A.________, lequel avait aussi recommand� une telle mesure, sans insister sur son caract�re prioritaire, soulignant plut�t la n�cessit� de pr�r�gler les radiateurs.
De surcro�t, la difficult� � identifier la cause, respectivement � trouver la solution aux probl�mes de bruit et de temp�rature est d�montr�e par le nombre de propositions faites par les diff�rents intervenants. Le chauffagiste bernois consult� par la recourante a proc�d� � une op�ration qui s'est r�v�l�e inutile. L'ing�nieur-conseil qu'elle a ensuite sollicit� a fait �tat d'un probl�me de pompe et de vase d'expansion, mat�riaux qui ont �t� chang�s sans que les probl�mes ne soient r�solus. Le technicien du fournisseur de l'intim�e a mis en cause un mauvais choix des vannes. L'expert A.________ a �nonc� une s�rie de causes possibles, en particulier l'absence d'isolation des colonnes montantes et des tuyaux de raccordement, le choix de la nouvelle pompe, la d�cision d'�quiper la totalit� des chauffages de vannes thermostatiques et l'absence de pr�r�glage des corps de chauffe. Entre autres mesures, il a pr�conis� de baisser la temp�rature au d�part de l'installation; la r�duction qu'il a propos�e s'est toutefois r�v�l�e insuffisante, l'expert B.________ ayant finalement r�gl� la temp�rature en-de�� de la valeur indiqu�e par son confr�re.
Au vu de ces �l�ments, l'on ne saurait reprocher � l'intim�e d'avoir enfreint son obligation de diligence en ne parvenant pas � �quilibrer l'installation, respectivement en n'indiquant pas � la recourante quelle op�ration devait �tre faite pour supprimer les probl�mes.
D�s lors que l'intim�e n'assume aucune responsabilit� contractuelle, l'on ne saurait mettre � sa charge les frais engag�s par la recourante pour constater l'�tat de l'ouvrage, �tablir la cause des bruits et probl�mes de temp�rature et y mettre un terme. Il en est de m�me pour les frais d'avocat ant�rieurs au proc�s, la recourante admettant express�ment qu'il s'agit d'un poste li� � l'admission de son action.
La recourante para�t �galement contester la mise � sa charge des frais et d�pens de premi�re instance, respectivement des frais d'appel. En tant que le moyen est li� � l'admission d'une responsabilit� de l'intim�e, il ne peut qu'�tre rejet�. Quoi qu'il en soit, s'agissant des frais de premi�re instance, la recourante n'a pas soulev� le grief d'application arbitraire du droit de proc�dure cantonal, de sorte qu'il n'y a pas � entrer en mati�re. Quant aux frais d'appel, le droit f�d�ral pr�voit qu'ils sont en principe support�s par la partie qui succombe (cf. art. 106 al. 1 CPC).
La recourante reproche enfin � la cour cantonale de ne pas avoir discut� son moyen tendant au rejet de la pr�tention reconventionnelle de 3'668 fr.60.
Le grief liait le rejet de l'action reconventionnelle � la reconnaissance d'une mauvaise ex�cution contractuelle de l'intim�e, respectivement � une compensation avec une pr�tention de la recourante. Ces conditions n'�tant manifestement pas r�alis�es, la cour cantonale pouvait s'�pargner d'expliquer pour quels motifs le jugement attaqu� devait �tre confirm� sur ce point. La recourante ne soulevant qu'un grief d'ordre formel, l'admission de la conclusion reconventionnelle ne peut qu'�tre confirm�e.
En d�finitive, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable. En cons�quence, la recourante supportera les frais judiciaires et versera des d�pens � l'intim�e (art. 66 al. 1 et art. 68 al. 1 et 2 LTF).