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Timestamp: 2019-02-17 13:42:44+00:00
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De l'utopie au "monstre": la plus grande prison d'Europe, Fleury-Mérogis, a 50 an - SK Center
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De l'utopie au "monstre": la plus grande prison d'Europe, Fleury-Mérogis, a 50 an
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Messagepar marathon » 20 janv. 2019, 18:08
Prison "modèle" ultra-moderne à son ouverture, puis décriée comme un "monstre" automatisé et déshumanisant, Fleury-Mérogis, plus grand établissement pénitentiaire d'Europe aujourd'hui surpeuplé, aura mardi 50 ans.
"Plus qu'une prison", écrivait l'AFP en 1964 au moment de la pose de la première pierre de ce complexe pénitentiaire de 180 hectares, c'est "un ensemble aux bâtiments clairs, harmonieux et fonctionnels", installé au milieu des champs en Essonne.
Un établissement édifié "dans l'esprit des nouvelles conceptions judiciaires, qui visent à transformer l'univers carcéral traditionnel aux austères citadelles pénitentiaires dont cinéastes et romanciers ont tant de fois décrit les hauts murs rébarbatifs et les lourds barreaux".
Avec ses murs bas et son plan en "panoptique", offrant au gardien du poste de surveillance une large vision sur la détention, les architectes se sont inspirés du philosophe britannique Jeremy Bentham.
Contemporain de la Révolution française, Bentham avait pensé la prison modèle comme un lieu de transparence où la domination s'exercerait moins par la contrainte physique que par l'intériorisation par les détenus du contrôle permanent.
Une utopie qui se traduit par la construction de cinq bâtiments en forme d'hélices à trois branches - les tripales - avec au centre un "poste de contrôle", un système électronique d'ouvertures des portes pour limiter le nombre de surveillants, des interphones en cellules...
Orgueil de l'administration pénitentiaire, Fleury est aussi pensé "pour l'humain". Les cellules de 9m2 prévues pour 3.000 détenus sont individuelles, des ateliers, des terrains de sports y sont installés. Les fenêtres en verre incassables sont sans barreaux pour "découvrir le champ visuel", vantent ses architectes.
- "Usine" -
"L'aménagement de ce que l'on pourrait appeler des chambrettes est tel que, hormis la privation de liberté, le détenu éprouvera le moins possible un sentiment de déchéance", écrivait aussi l'AFP en 1968.
Construit entre 1964 et 1968 et unique structure en son genre en France, le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis comprend une maison d'arrêt pour hommes - dédiée aux détenus en attente de leur jugement ou condamnés à de courtes peines -, un centre de jeunes détenus et une maison d'arrêt pour femmes.
Mais l'utopie de cette prison modèle qui devait notamment remplacer la vétuste prison parisienne de La Santé, ne dure pas. Moins de 10 ans après son inauguration, Fleury est sous le feu des critiques: trop grande, trop peuplée, trop impersonnelle.
La prison a fait l'objet de rénovations depuis les années 2000. Elle est aujourd'hui occupée à 143%, avec plus de 4.200 détenus, et le taux de suicides y est plus élevé qu'ailleurs.
Fleury, "c'est la pire que j'ai vu", résume Eric Sniady, ancien braqueur et militant de l'Observatoire international des prisons (OIP), qui a passé 30 ans dans les prisons françaises. "C'est l'usine, c'est totalement déshumanisant", dit-il, en mentionnant les violences entre détenus et le peu de contact avec les surveillants.
La prison a vu passer, entre autres détenus célèbres: Jacques Mesrine, la proxénète "Madame Claude", Florence Rey, Michel Fourniret, Yvan Colonna, Jérôme Kerviel. Plus récemment l'islamologue Tariq Ramadan ou le rappeur Booba, et surtout le détenu le plus surveillé de France: Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015, incarcéré à l'isolement complet et surveillé par vidéo 24 heures sur 24.
Considérée comme l'une des prisons les plus sûres de France, la "prison dont on ne s'évade pas" comme elle avait été baptisée à sa création, a pourtant connu plusieurs évasions, dont la première par hélicoptère du pays, en 1981.
Johnny Hallyday y a donné un concert en 1982, le chef étoilé Thierry Marx y a mijoté un caviar d'aubergine.
"A Fleury, tout est disproportionné, on n'en fera plus des comme ça. C'est un monstre, un mastodonte, c'est un enfer à gérer", résume Thibault Capelle, du syndicat FO Pénitentiaire. "Par contre, c'est une des prisons les plus fonctionnelles de France", assure-t-il.
"Fleury est hors-norme. A l'époque on pensait sortir les prisons des centre-villes, aujourd'hui on veut créer des structures plus petites, plus ouvertes, au coeur de la ville pour favoriser la réinsertion", explique la direction de l'administration pénitentiaire (DAP), soulignant que "le mythe de la prison idéale change en fonction des époques".
Source : France Soir le 20 janvier 2019
Re: De l'utopie au "monstre": la plus grande prison d'Europe, Fleury-Mérogis, a 50 an
Messagepar marathon » 20 janv. 2019, 18:16
Date d'ouverture 1968
La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis est une maison d'arrêt française située dans la commune de Fleury-Mérogis, dans le département de l’Essonne et la région Île-de-France. Achevée en 1968, c’est en 2010, le plus grand centre pénitentiaire d’Europe avec 2 855 places
. Sa directrice en 2015 est Nadine Picquet, première femme à diriger l'établissement
La maison d’arrêt est située au numéro 7 de l’avenue des Peupliers sur le territoire de la commune de Fleury-Mérogis, bien que l’adresse postale indiquée par le ministère de la Justice soit Sainte-Geneviève-des-Bois, lieu du bureau postal distributeur au lieu-dit Plessis Le Comte au nord du bois de Saint-Eutrope et à deux kilomètres au sud du grand ensemble de La Grande Borne. Le site est implanté au centre d’un carré formé par quatre axes routiers majeurs du département, l’autoroute A6 à l’est, la route départementale 310 au nord, la route départementale 445 à l’ouest et la route nationale 104 au sud. Il est rattaché administrativement au tribunal de grande instance d’Évry.
La décision de construire un centre pénitentiaire de grande capacité fut prise en 1962 par l’administration pénitentiaire dans le but de fermer la prison de la Santé, vétuste et surpeuplée. Entre 1964 et 1968 fut construite la maison d’arrêt pour hommes. L’établissement pour jeunes adultes fut lui construit en 1967 et la maison d’arrêt pour femmes en 1968.
La maison d’arrêt a connu des prises d’otages comme en septembre 2008 avec la rétention d’un psychologue6 et a fait l’objet de blocages par le personnel pénitentiaire gréviste comme en novembre 2010.
En 2008, des détenus filmèrent clandestinement leurs conditions de vie à l’intérieur de la prison.
Architecture[modifier
Le complexe pénitentiaire, conçu par les architectes Guillaume Gillet, Pierre Vagne, Jacques Durand et René Bœuf, comporte trois blocs construits sur le même modèle hexagonal, la maison d’arrêt pour hommes majeurs avec des murs d’enceintes de trois cents mètres de long entourant un bâtiment central, le tout étant relié par cinq satellites à quatre niveaux en forme de patte d'oie appelés « tripales », numérotées de D1 à D5. Chaque tripale construit en coffrage tunnel, accueille entre sept cents et neuf cents détenus selon la configuration. Entre les blocs sud et sud-est se trouve une piste d'athlétisme, entre les blocs sud et sud-ouest un terrain de football et entre les blocs sud-est et nord-est un plateau d’évolution. La maison d’arrêt des femmes, à l’ouest, reprend la forme hexagonale avec des murs d’enceinte de cent mètres et un satellite au centre. Le centre des jeunes détenus, à l’est, est bâti sur le même plan mais inachevé avec seulement trois côtés élevés et un satellite central en forme de H. Les murs d’enceintes en béton armé comportent des ateliers de travail. Dans chaque tripale, une rotonde centrale comporte la loge des gardiens, leur permettant à chaque étage de surveiller les détenus sur le modèle du panoptique développé par Jeremy Bentham5. L’établissement a été conçu en utilisant le principe du modulor carcéral, unité de mesure de 2,54 mètres.
La majorité des cellules sont prévues pour être individuelles avec une superficie de 11 m2, équipées d’un lavabo et de toilettes et de deux lits superposés.
Le dernier étage du bâtiment D4, qui accueillait jusqu'en avril 2017 les personnes accusées de terrorisme ou de radicalisation, a fait place au Quartier Spécifique (Q.S.), qui accueille les détenus sensibles de par leur situation pénale, par la médiatisation de leur affaire ou leur métier (policier, juge, avocat notamment). Les détenus du Q.S. ont accès uniquement à des promenades à leur étage, entièrement grillagées, sans accès à l'air libre. Ils sont tous dans une cellule individuelle qui ne comporte qu'un seul lit, contrairement à la plupart des autres cellules de l'établissement.
En 2009 l’établissement prévu pour 2850 renfermait environ 3500 condamnés.
Conçue pour 2 748 personnes, la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis héberge 4 109 prisonniers en mai 2014.
Selon le rapport mensuel des statistiques pénitentiaires du ministère de la Justice, la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis comptait 4484 détenus au mois de mars 2017 pour une capacité de 2857 places, soit un taux d'occupation de 157%.
Environ 40 % des détenus sont employés dans les ateliers à la confection de pièces industrielles. La prison propose également dans certains bâtiments du travail en cellule.
Projets[modifier
Construits rapidement, la grande majorité des bâtiments étaient en 2010 détériorés par le temps avec des toits-terrasses poreux et des façades décomposées. L’établissement fait l’objet de rénovation et d’un programme d’élargissement qui conduira en 2014 à ajouter trois cent soixante-neuf places avec la livraison en 2008 de la tripale D213, en 2010 de la tripale D314, en 2012 de la tripale D1, en septembre 2013 de la tripale D5 et en janvier 2016 de la tripale D4.
Parmi les détenus, en détention provisoire ou condamnés à des peines plus ou moins longues ou récurrentes :
Fernande Grudet dite Madame Claude (1923-2015)15
Marie-Élisabeth Cons-Boutboul (1924- )16
Jacques Mesrine (1936-1979)17
Michel Fourniret (1942- )18
Zouzou (1943- )19
Christine Deviers-Joncour (1947- )20
Xavier Dugoin (1947- )21
Georges Cipriani (1950- )[réf. nécessaire]
Joëlle Aubron (1959-2006)22
Thierry Paulin (1963-1989)23
Pascal Payet (1963- )24
Jean-Pierre Treiber (1963-2010)25
Laurent Jacqua (1966- )
Joeystarr (1967-)26
Antonio Ferrara (1973- )27
Céline Bara (1973- )28
Florence Rey (1975- )29
Sinik (1980- )30
Mister You (1984- )
Rédoine Faïd (1972-)
Bruno Sulak (1955-1985)31
Jérôme Kerviel (1977-)32
Salah Abdeslam (1989-)33
Saad Lamjarred (1985-)34
Ademo (1986-)35
Jonathan Guyot
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