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Timestamp: 2020-06-01 07:28:08+00:00
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01mars08f
8 ème année, N° 2838 du 01.03.2008
Cour européenne des droits de l’homme: Communiqué
L'Expression: Un procès et après…
Le Temps: Dangereux amalgames
Le Temps: Table ronde avec David Welch, sous-secrétaire d'Etat américain chargé du Moyen-Orient :
AFP: Ryad demande à ses ressortissants "de quitter si possible" le Liban
AFP: Les Sahraouis élisent un nouveau Conseil national
AFP: Film anti-islam : le gouvernement néerlandais condamne les menaces
21 ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34
Le CRLDHT a pris l’initiative d’organiser tout le long de l’année 2008, une série de rencontres politiques avec les différents acteurs tunisiens sur l’échéance de 2009.
Ces rencontres seront des moments privilégiés de réflexions et d’échanges entre Tunisiens sur la situation politique actuelle et future, en rapport avec les prochaines élections présidentielles et législatives.
A cette occasion, le CRLDHT vous invite, toutes et tous, à prendre part au débat organisé avec notre camarade et ami, M. Hamma HAMMAMI, porte parole du Parti Commniste des Ouvriers de Tunisie ( PCOT)
Le mardi 4 mars 2008 à partir de 18h30
21ter, rue Voltaire 75011 Paris -
TEXTE INTEGRAL (ET HISTORIQUE) DE L’ARRET PRONONCE PAR LES JUGES DE LA COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME DANS L’AFFAIRE DU CITOYEN TUNISIEN
NASSIM SAADI CONTRE l’ITALIE
SAADI c. ITALIE
La Cour européenne des droits de l’homme a prononcé aujourd’hui en audience publique son arrêt de Grande Chambre1 dans l’affaire Saadi c. Italie (requête no 37201/06).
La Cour conclut, à l’unanimité, que dans l’éventualité de la mise à exécution de la décision d’expulser le requérant vers la Tunisie, il y aurait violation de l’article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) de la Convention européenne des droits de l’homme.
En application de l’article 41 (satisfaction équitable) de la Convention, la Cour conclut, à l’unanimité, que le constat d’une violation constitue une satisfaction équitable suffisante au titre du préjudice moral subi par le requérant, et lui alloue 8 000 euros (EUR) pour frais et dépens. (L’arrêt existe en français et en anglais.)
Le requérant, Nassim Saadi, est un ressortissant tunisien né en 1974 et résidant à Milan (Italie). Il est le père d’un enfant, aujourd’hui âgé de huit ans, qu’il a eu avec une ressortissante italienne.
La requête concerne l’éventuelle expulsion du requérant vers la Tunisie, où il affirme avoir été condamné par contumace en 2005 à 20 ans d’emprisonnement pour appartenance à une organisation terroriste agissant à l’étranger en temps de paix et pour incitation au terrorisme.
En décembre 2001, le requérant se vit octroyer jusqu’en octobre 2002 un permis de séjour en Italie pour « raisons familiales ».
Soupçonné entre autres de terrorisme international, M. Saadi fut arrêté et placé en détention provisoire en octobre 2002. Il lui était reproché de s’être associé avec d’autres personnes afin de commettre des actes de violence, dont des attentats, dans des Etats autres que l’Italie, dans le but de semer la terreur ; il était également accusé de falsification de documents et de recel.
Le 9 mai 2005, la cour d’assises de Milan requalifia l’infraction de terrorisme international en association de malfaiteurs ; elle reconnut M. Saadi coupable de cette infraction, de faux en écritures et de recel, et le condamna à quatre ans et six mois d’emprisonnement. Elle relaxa l’intéressé de l’accusation de connivence avec l’immigration clandestine. Tant le parquet que le requérant interjetèrent appel de cette décision. A la date de l’adoption de l’arrêt de la Grande Chambre, la procédure était pendante devant les juridictions italiennes.
Le 11 mai 2005, le tribunal militaire de Tunis condamna le requérant par défaut à 20 ans d’emprisonnement pour appartenance à une organisation terroriste agissant à l’étranger en temps de paix et pour incitation au terrorisme.
M. Saadi fut remis en liberté le 4 août 2006. Cependant, le 8 août 2006, le ministre des Affaires intérieures ordonna son expulsion vers la Tunisie, en application de la loi du 27 juillet 2005 sur les « mesures urgentes pour combattre le terrorisme international ». Le ministre observa qu’il « ressortait des pièces du dossier » que le requérant avait joué un « rôle actif » dans le cadre d’une organisation chargée de fournir un support logistique et financier à des personnes appartenant à des cellules intégristes islamistes en Italie et à l’étranger. L’intéressé fut donc placé au centre de rétention de Milan dans l’attente de son expulsion.
M. Saadi fit une demande d’asile politique qui fut rejetée le 14 septembre 2006 et introduisit le même jour une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme. En application de l’article 39 (mesures provisoires) du règlement, la Cour demanda au gouvernement italien de suspendre l’expulsion du requérant jusqu’à nouvel ordre.
Le délai maximal de détention en vue de son expulsion expirant, le requérant fut remis en liberté le 7 octobre 2006. Cependant, le 6 octobre 2006, un nouvel arrêté d’expulsion vers la France (pays par lequel il était entré en Italie) avait été pris à son encontre si bien que le requérant fut immédiatement reconduit au centre de détention provisoire de Milan. Le requérant sollicita vainement l’octroi d’un permis de séjour et du statut de réfugié.
Le 3 novembre 2006, le requérant fut remis en liberté car de nouveaux éléments indiquaient qu’il était impossible de l’expulser vers la France.
Le 29 mai 2007, l’ambassade d’Italie à Tunis demanda au gouvernement tunisien une copie du jugement de condamnation qui aurait été prononcé en Tunisie ainsi que des assurances diplomatiques selon lesquelles, en cas d’expulsion vers la Tunisie, M. Saadi ne serait pas soumis à des traitements contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, qu’il aurait droit à la réouverture de la procédure et qu’il serait jugé équitablement. En réponse, le ministère tunisien des Affaires étrangères adressa deux notes verbales à l’ambassade d’Italie en juillet 2007, dans lesquelles il indiqua notamment qu’il « acceptait le transfert en Tunisie des Tunisiens détenus à l’étranger une fois leur identité confirmée » et rappela que les lois tunisiennes garantissaient les droits des détenus, et que la Tunisie avait adhéré « aux traités et conventions internationaux pertinents ».
La requête a été introduite devant la Cour européenne des droits de l’homme le 14 septembre 2006.
Le 29 mars 2007, la chambre à laquelle l’affaire avait été attribuée s’est dessaisie au profit de la Grande Chambre en application de l’article 302 de la Convention.
Le président a autorisé le gouvernement du Royaume-Uni à intervenir dans la procédure en qualité de tiers intervenant.
Une audience s’est déroulée en public au Palais des droits de l’homme, à Strasbourg, le 11 juillet 2007.
L’arrêt a été rendu par la Grande Chambre de 17 juges, composée en l’occurrence de :
Christos Rozakis (Grec),
Boštjan M. Zupančič (Slovène),
Peer Lorenzen (Danois),
Loukis Loucaides (Cypriote)
Alvina Gyulumyan (Arménienne),
Ineta Ziemele (Lettonne),
Isabelle Berro-Lefèvre (Monégasque), juges,
ainsi que de Vincent Berger, jurisconsulte.
3. Résumé de l’arrêt3
Le requérant alléguait que l’exécution de son expulsion vers la Tunisie l’exposerait au risque d’être soumis à la torture ou à des traitements inhumains et dégradants contraires à l’article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants). Invoquant l’article 6 (droit à un procès équitable), il dénonçait également le déni flagrant de justice dont il aurait souffert en Tunisie du fait de sa condamnation par contumace et par un tribunal militaire. Sous l’angle de l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale), il alléguait par ailleurs que son expulsion priverait sa concubine et son fils de sa présence et de son aide. M. Saadi considérait également que son expulsion n’était ni nécessaire dans l’intérêt de l’ordre public ni basée sur des motifs de sécurité nationale, en violation de l’article 1 du Protocole n° 7 (garanties procédurales en cas d’expulsion d’étrangers).
La Cour observe qu’elle ne saurait sous-estimer le danger que représente aujourd’hui le terrorisme, et note que les Etats rencontrent des difficultés considérables pour protéger leur population de la violence terroriste. Cela ne saurait toutefois remettre en cause le caractère absolu de l’article 3.
Contrairement aux observations du gouvernement du Royaume-Uni (tiers intervenant), auxquelles se rallie le gouvernement italien, la Cour estime notamment qu’il n’est pas possible de mettre en balance, d’une part, le risque qu’une personne subisse des mauvais traitements et, d’autre part, sa dangerosité pour la collectivité si elle n’est pas renvoyée. La perspective qu’une personne constitue une menace grave pour la collectivité ne diminue en rien le risque qu’elle subisse un préjudice si elle est expulsée.
En ce qui concerne les arguments soutenant qu’un tel risque doit être étayé par des preuves solides lorsqu’un individu représente une menace pour la sécurité nationale, la Cour observe qu’une telle approche ne se concilie pas non plus avec le caractère absolu de l’article 3. Ce raisonnement reviendrait, en effet, à affirmer que la protection de la sécurité nationale justifie d’accepter plus facilement, en l’absence de preuves répondant à un critère plus exigeant, un risque de mauvais traitements pour l’individu. La Cour réaffirme que pour qu’un éloignement forcé soit contraire à la Convention, la condition nécessaire – et suffisante – est que le risque que l’intéressé subisse des mauvais traitements dans le pays de destination soit fondé sur des motifs sérieux et avérés.
Par ailleurs, la Cour fait état de rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch qui décrivent une situation préoccupante en Tunisie, et dont les conclusions sont corroborées par le rapport du Département d’Etat américain. Ces rapports se font l’écho de cas nombreux et réguliers de torture concernant des personnes accusées en vertu de la loi antiterroriste de 2003. Les pratiques dénoncées, qui se produiraient souvent pendant la garde à vue, vont de la suspension au plafond aux menaces de viol, en passant par les décharges électriques, l’immersion de la tête dans l’eau, les coups et blessures et les brûlures de cigarettes. Les allégations de torture et de mauvais traitements ne seraient pas examinées par les autorités tunisiennes compétentes, qui refuseraient de donner suite aux plaintes et utiliseraient régulièrement les aveux obtenus sous la contrainte pour parvenir à des condamnations. La Cour ne doute pas de la fiabilité de ces rapports et relève en outre que le gouvernement italien n’a pas produit d’éléments susceptibles de réfuter de telles affirmations.
La Cour note qu’en Italie M. Saadi a été accusé de terrorisme international et que sa condamnation en Tunisie a été confirmée par une déclaration d’Amnesty International en juin 2007. Le requérant fait donc partie du groupe visé par les pratiques de mauvais traitements. Dans ces conditions, la Cour estime que des éléments sérieux et avérés justifient de conclure à un risque réel que l’intéressé subisse des traitements contraires à l’article 3 s’il était expulsé vers la Tunisie.
La Cour relève également que les autorités tunisiennes n’ont pas fourni les assurances diplomatiques sollicitées par le gouvernement italien en mai 2007. Se référant aux notes du ministère tunisien des Affaires étrangères, la Cour souligne que l’existence de textes internes et l’acceptation de traités ne suffit pas à assurer une protection adéquate contre le risque de mauvais traitements lorsque, comme dans la présente affaire, des sources fiables font état de pratiques manifestement contraires aux principes de la Convention. De surcroît, même si les autorités tunisiennes avaient donné les assurances diplomatiques, cela n’aurait pas dispensé la Cour d’examiner si de telles assurances fournissaient une garantie suffisante quant à la protection du requérant contre le risque de mauvais traitements.
En conséquence, la Cour conclut que la décision d’expulser M. Saadi vers la Tunisie violerait l’article 3 si elle était mise à exécution.
Articles 6, 8 et 1 du Protocole n° 7
Rappelant sa conclusion en ce qui concerne l’article 3 et n’ayant aucun motif de douter que le gouvernement italien se conformera à son arrêt de Grande Chambre, la Cour n’estime pas nécessaire de trancher la question de savoir si, en cas d’expulsion vers la Tunisie, il y aurait aussi violation des articles 6, 8 et 1 du Protocole n° 7.
Le juge Zupančič a exprimé une opinion concordante, et le juge Myjer a exprimé une opinion concordante à laquelle se rallie le juge Zagrebelsky. Les textes se trouvent joint à l’arrêt.
Emma Hellyer (téléphone : 00 33 (0)3 90 21 42 15)
Stéphanie Klein (téléphone : 00 33 (0)3 88 41 21 54)
Paramy Chanthalangsy (téléphone : 00 33 (0)3 90 21 54 91)
Sania Ivedi (téléphone : 00 33 (0)3 90 21 59 45)
1 Les arrêts de Grande Chambre sont définitifs (article 44 de la Convention).
2. Si l’affaire pendante devant une chambre soulève une question grave relative à l’interprétation de la Convention ou de ses Protocoles, ou si la solution d’une question peut conduire à une contradiction avec un arrêt rendu antérieurement par la Cour, la chambre peut, tant qu’elle n’a pas rendu son arrêt, se dessaisir au profit de la Grande Chambre, à moins que l’une des parties ne s’y oppose.
3 Rédigé par le greffe, ce résumé ne lie pas la Cour.
(Source : le site officiel de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, le 28 février 2008)
Lien : http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?item=1&portal=hbkm&action=html&highlight=37201/06&sessionid=5860245&skin=hudoc-pr-fr
Tunis, le 29 février 2008
* La vingt troisième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Chedli Boukhris, a rendu son jugement tard dans la soirée d’hier, jeudi 28 février 2008, dans l’affaire n°9765. Elle a condamné à l’emprisonnement Aymen Dridi pour une durée de deux ans et demi, et commué le jugement prononcé en première instance, en ôtant la peine de contrôle administratif. En première instance, il avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement, pour adhésion à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs et de collecte de fonds destinés à financer une organisation en rapport avec les crimes terroristes.
* La onzième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Farouk Gharbi, a examiné aujourd’hui, vendredi 29 février
- l’affaire n°14985 dans laquelle sont déférés Imed Benati, Abdelhakim Lchiheb, Hamza Sahhal, Abdallah Nbigh et Anouar Jabli, accusés d’adhésion sur le territoire de la République à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’appel à adhérer à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, d’utilisation d’un nom, d’un mot et d’un symbole pour identifier une organisation terroriste, ses activités et ses membres. La commission de la défense était composée de maîtres Lazhar Akrami, Samir Ben Amor, Abderraouf Ayadi, Abdelfattah Aloui et Ali Abdelkebir. A L’issue des plaidoiries, le juge a décidé de lever la séance pour le délibéré et le prononcé du jugement.
* la première chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Hédi Ayari, a examiné aujourd’hui vendredi 29 février l’affaire n°10600 dans laquelle sont déférés : Khtib Boukhari, Laïd Jouadi, Hafedh Samoudi, Hassib Chebbi, Ramzi Brini, Samir Guediri, Abdeljelil Aliaoui, Abdessalem Bali, Ali Lafi, Ghassan Siliane, Gamoudi Hamed, Mokhtar Akouri, Mourad Saadi, Nejmeddine Rgougui, Noureddine Elharrich, Mohammed Ali Horchani, Habib Hafsi, Ramzi Romdhani et Ali Elamri, en vertu de la loi du 10 décembre 2003 « antiterroriste ». Maîtres Abdelfattah Mourou, Abderraouf Ayadi, Mokhtar Jallali, Kamel Elhamdi, Boubaker Ben Ali et Samir Ben Amor se sont présentés pour les défendre. Le juge a décidé de reporter l’examen de l’affaire au 10 mars 2008 pour permettre aux avocats de plaider.
Le secrétaire général de l’association
Un procès et après…
Le procès en appel des trente présumés terroristes a abouti, le 20 février, au maintien de la condamnation à mort prononcée en première instance contre l’un des prévenus. Sept autres ont été condamnés à perpétuité et les 22 restants à des peines allant de 30 à 3 ans d’emprisonnement.
Par-delà les conditions assez éprouvantes dans lesquelles s’est déroulée la dernière séance de ce procès (48 heures de plaidoiries non stop, en présence de proches des prévenus, de diplomates en poste à Tunis et d’observateurs étrangers, notamment l’ex-bâtonnier français Denys Robiliard, mandaté par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et Amnesty International)…
Par-delà aussi la déception exprimée par la quarantaine d’avocats de la défense qui ont parlé d’«irrégularités», d’«entorses à la loi», d’«absence de preuve à charge» voire d’«aveux arrachés sous la torture». Ces derniers auraient souhaité, on le comprend, des allégements plus conséquents des peines assez lourdes prononcés, en première instance, contre leurs clients…
Par-delà également la suite qui sera donnée à ce procès, qui a démarré fin décembre dernier dans une atmosphère assez lourde et moyennement agitée, d’autant que des pourvois en cassation sont envisageables et, dit-on, envisagés…
Par-delà donc ces considérations, le procès des membres du «groupe de Soliman» appelle de notre part les remarques suivantes :
- Les trente prévenus, qui ont entre 22 et 42 ans, ne sont pas des enfants de chœur, puisqu’ils sont accusés de «complot contre la sûreté intérieure», de «tentative d’attaques visant à changer le régime», d’«incitation de la population à s’entre-tuer», d’«adhésion à une organisation terroriste», de «collecte de fonds au profit de cette organisation», de «maniement d’armes», de «détention d’explosifs» et d’«assassinats». Qu’ils aient été directement ou indirectement impliqués dans les événements sanglants qui ont eu lieu au sud de la capitale fin décembre 2006 et début janvier 2007, ils méritent donc d’être jugés, condamnés et punis conformément aux lois en vigueur dans le pays. Même si on peut comprendre que certains d’entre eux, qui se sont trouvés impliqués dans cette aventure dans un moment d’égarement, méritent une seconde chance afin qu’ils puissent de racheter.
– Ce procès, qui est censé constituer un moment important dans la vie des Tunisiens, a été à peine évoqué par les médias nationaux. Il n’a pas fait, en tout cas, les gros titres de la presse ni suscité le moindre débat sur ses enjeux, qui ne sont pas seulement juridiques, mais interpellent les fondements même de notre citoyenneté. Comment expliquer en effet que de jeunes Tunisiens, dont certains ont fait des études universitaires, se sont-ils trouvés happés par la mouvance salafiste et entraînés dans une aventure suicidaire ? Qu’est-ce qui, dans le fonctionnement (ou le dysfonctionnement) de notre société, a pu susciter, en eux, ce besoin de fuite en avant dans le déni de la réalité, la marginalité révolutionnaire et le combat pour l’avènement d’une société… salafiste ?
Ces questions n’ont pas fait l’objet, en tout cas jusqu’à ce jour, de débats sérieux dans les journaux, radios et télévisions ni même de réflexions dans les instances publiques (gouvernement, universités, organismes de recherche…), comme si le sujet n’intéressait finalement qu’un certain nombre de juges, d’avocats et d’activistes des droits de l’homme, alors que le jour même du jugement en appel des membres du groupe de Soliman, cinq terroristes, dont un Tunisien, appartenant à la branche armée d’Al Qaïda au Maghreb islamique, ont été abattus par les forces de sécurité algériennes non loin de nos frontières, et que, deux jours après le jugement en appel du «groupe de Soliman», le tribunal de première instance de Tunis a examiné quatre nouvelles affaires (pas moins !) dans lesquelles sont impliqués, successivement, 4, 12, 28 et 4 éléments salafistes poursuivis dans le cadre de la même loi antiterroriste du 10 décembre 2003.
Tout cela pour dire qu’il ne suffit pas de juger les jeunes présumés jihadistes et les jeter en prison pour régler définitivement le problème. Il faut aussi chercher à comprendre pourquoi notre société enfante-t-elle des islamistes radicaux et comment venir à bout des conditions objectives présidant à ce phénomène. Car il y a ver dans le fruit, pour ne pas dire péril en la demeure.
- Si l’un des deux condamnés à la peine capitale, Imed Ben Ameur, 34 ans, a vu sa peine commuée à la prison à perpétuité, le second a vu la sienne maintenue. Il s’agit de Saber Ragoubi, 24 ans. Cette décision du tribunal a provoqué beaucoup d’émotion parmi les observateurs, notamment étrangers, qui ont suivi le procès. Et cela se comprend, au moment où la communauté internationale œuvre, à travers les Nations unies, pour l’abolition de la peine de mort. On doit cependant rappeler que notre pays observe, depuis le début des années 1990, un moratoire de facto sur les exécutions et que le Président Zine El Abidine Ben Ali s’est engagé, en novembre dernier, à «ne jamais signer l’exécution de condamnés à mort».
(Source: Editorial de L'Expression n° 20 du 29 février 2008)
La question du journaliste de Sonntags Blick (*) à Chikhaoui
•Vous êtes croyant musulman, comment priez-vous souvent?
Chikhaoui: Cinq fois par jour, toujours un peu moins de dix minutes. La première prière, le plus souvent à six heures du matin. J'ai toujours eu un petit tapis et une boussole pour moi afin que je sache où se trouve la Mecque. Le vendredi, je vais ailleurs, toujours dans la mosquée, le lieu est d'ailleurs tout à fait indifférent. Avant le match contre Hambourg, j'ai, par exemple, fait la prière dans la cabine".
Il s'agit là d'une première maladresse. Une ingénuité. Et, au risque de choquer, d'une relative méconnaissance de la philosophie de l'Islam. Philosophie essentiellement basée sur l'exclusivité du lien entre le musulman et son créateur. Un rapport intime et qui ne doit pas être affiché ou exhibé. La formulation dans la question "croyant musulman" est, en elle même, subversive: peut-on être (dans notre religion) croyant et non musulman ou musulman non croyant? Il n'empêche: Chikhaoui tombe dans le panneau. Il donne des détails, ponctuels, précis comme une montre suisse, justement, sur la manière dont il assume sa dévotion cinq fois par jour, confiant en cette boussole qui l'oriente vers la Mecque, même dans une cabine de pilotage. Avait-il besoin de le prouver? Quelque part Chikhaoui est confondu dans les brumes d'une époque contrastée: d'un côté on exhibe la dépravation; de l'autre, on affirme, avec véhémence même (ce n'est pas son cas) son "islamité".
Mais le dérapage se produit lorsque Chikhaoui répond à une question plus subversive encore:
(…) Pensez-vous qu'il est juste que le caricaturiste doit (doive) être mis à mort?
Chikhaoui balbutie: "Je ne veux pas dire qu'il est juste de le tuer ou pas. C'est l'affaire de Dieu".
On connaît la suite. N'ayant pas été tranchant quant à la Fatwa décrétée à l'endroit du caricaturiste danois, Chikhaoui fait l'objet du déchaînement de la presse suisse et, surtout, de la presse allemande. A leurs yeux Chikhaoui serait "un sympathisant des Islamistes radicaux". La presse allemande a, même, appelé les admirateurs de Chikhaoui, en Allemagne, à cesser de le convoiter. En fait, elle l'a massacré. Et, pire que tout, elle décrète une Fatwa à sa manière, contre notre international.
A bien y réfléchir, le journaliste a bien calculé son coup. Chikhaoui a, pour ainsi dire, la tête de l'emploi. Et puisque bien des Suisses, bien des Allemands et autres descendants des Vikings se proclament de la supériorité eugénique de la race, ils finiront bien par déceler un délit de faciès en Chikhaoui. Ils avaient bien avalisé les caricatures de Mohamed et "fabriqué" des peluches représentant le pape Benoît VI en peluche et alors…
Certaines pratiques sont en train de s'insinuer dans les mœurs du football. En Egypte, d'abord, au Maroc et chez nous. Les entraîneurs ont du mal à gérer le jeûne presque généralisé de leurs joueurs durant le mois de Ramadan alors que, dans les cinq piliers de l'Islam, celui qui traite du jeûne est le plus souple. Lisez l'interview de Selliti: "Vous découvrirez une vision obtuse des choses. Sans doute les footballeurs professionnels sont-ils angoissés du fait de la fragilité de leur carrière. Cette angoisse les pousse soit vers une descente aux enfers (Maradona); sinon vers les stratosphères à la recherche d'une protection divine.
Les dieux du stade s'effacent. Les mythes tombent. Dieu se retrouve dès lors mêlé au football. Sauf que le football est l'école de la laïcité par excellence. S'il est apolitique, le sport ne peut être qu'areligieux.
Lorsqu'on est "trop" croyant le mieux serait, en effet, de ne pas parler religion… Et puis les footballeurs devraient préserver leur intimité avec Dieu, éviter de faire des prières sur la pelouse d'un stade bondé de spectateurs (à Tamalé) et ne parler football sinon autre chose qu'ils maîtrisent. Ces manifestations d'indignation aveugle que nous lisons sur quelques tabloïds, de chez nous, sont trop intempestives, trop épidermiques. Défend-on l'Islam ou défend-on Chikhaoui?
Car si l'on veut coûte que coûte que le football connaisse des dérives à coups d'amalgame, un jour les Ayatollahs finiront par réinventer les "systèmes de jeu"… et ce sera un chantier de plus pour Dieu.
(*) D'après le blog "Tunisia Watch" du 22 février, repris par notre consœur l'Expression, parue hier, dans le cadre d'un article intitulé: "Chikhaoui salafiste malgré lui"
(Source : « LE Temps » (Quotidien – Tunis), le 1er Mars 2008)
* « La lutte contre le terrorisme est une priorité internationale »
* « La situation demeure difficile entre Palestiniens et Israéliens »
* « L'Irak n'est pas sous occupation américaine »
* A une question du Temps sur la situation à Gaza, David Welch : « Nous n'identifions pas Gaza à Hamas ! »
En marge de sa visite en Tunisie, le sous-secrétaire d'Etat américain chargé du Moyen-Orient, David Welch, a pris part à une table ronde organisée, jeudi, par l'Ambassade des Etats-Unis à Tunis et à laquelle ont participé des journalistes et des correspondants de la presse étrangère. L'ordre du jour a porté sur la situation au Moyen-Orient et la politique menée par les Etats-Unis dans la région. Les questions des journalistes ont permis à M. Welch d'expliquer en détail la position américaine sur la lutte contre le terrorisme, le nucléaire iranien, le conflit arabo-israélien et la situation en Irak.
Le sous-secrétaire d'Etat américain a affirmé que : « la lutte contre le terrorisme est une priorité internationale. Les dirigeants de tous les pays qu'il a visités, lors de ses derniers voyages, ont exprimé des soucis de voir renforcer cette lutte. Quelques approches ne concordent pas avec celles de l'administration américaine. Nous essayons de comprendre les raisons de ce désaccord et de limiter ses portées. Toutefois, nous sommes convaincus que tous les pays collaborent dans cette lutte. »
Concernant cette problématique, les questions et les commentaires des journalistes ont montré que les points de vue étaient divergents. Ainsi, les commentaires et les questions ont considéré que le nucléaire iranien n'était pas une priorité. Pourtant, David Welch a répliqué que : « l'Iran travaille contre les intérêts de la paix. C'est pourquoi tout le monde est d'accord pour lui barrer la route de la technologie nucléaire. Beaucoup de gouvernements le disent et expriment ouvertement leurs inquiétudes. D'ailleurs, l'administration américaine se concerte avec ses amis au Conseil de Sécurité pour unifier leur position face à l'Iran. Ce sont des concertations diplomatiques. »
Le difficile problème palestino-israélien
Pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, le sous-secrétaire d'Etat américain a affirmé : « la position de l'administration américaine est très explicite sur cette question. Le président Bush est catégorique et a dit qu'il doit y avoir deux Etats. Nous avons essayé d'ouvrir des horizons pour réaliser cet objectif. Mais, plusieurs obstacles persistent et nous appelons les pays de la région à soutenir davantage ce processus. La situation demeure difficile malgré l'engagement ferme des dirigeants israéliens et palestiniens. L'administration américaine va essayer de réaliser ce programme le plus rapidement possible ».
La situation en Irak a suscité l'intérêt de plusieurs intervenants. Quelques uns reprochent à l'administration de Bush d'avoir compliqué une situation sur le terrain et de solliciter, par la suite, l'aide internationale en vue d'une solution. David Welch a expliqué : « l'Irak n'est pas sous occupation américaine, ni sous n'importe quelle autre occupation. Les troupes américaines sont en Irak avec l'accord du gouvernement irakien élu. Notre mission dans ce pays a été bien accueillie par la population locale. »
A une question du Temps sur la situation à Gaza, David Welch :
« Nous n'identifions pas Gaza à Hamas ! »
A une question de notre journal ainsi intitulée : « La situation à Gaza est chaotique et la population palestinienne vit sous un embargo inhumain. La communauté internationale est-elle en train de faire payer aux Palestiniens le prix de leur choix de la démocratie ? Car, et quelle que soit l'évaluation politique de Hamas, personne ne peut nier qu'il a été choisi de manière démocratique. Donc, est-ce que vous croyez que c'est un bon moyen pour détourner les masses de l'extrémisme ? Plusieurs experts pensent que de telles pratiques ne peuvent que renforcer l'attitude anti-israélienne et anti-américaine de cette population ». M. David Welch a précisé : « l'administration américaine est réellement préoccupée par la situation humanitaire à Gaza . Nous n'identifions pas Gaza à Hamas. La population de Gaza n'est pas uniquement formée des partisans du Hamas et nous avons demandé à Israël de faire attention aux conséquences humanitaires de ses actions. D'ailleurs, la cote de Hamas ne cesse de décroître parmi la population civile. Ce n'est qu'une poignée de jeunes gens qui tirent sur les Israéliens. C'est vrai qu'il y a un problème et nous sommes conscients des difficultés rencontrées par la population civile. Toutefois, il faut faire évoluer le processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens. En plus, il est nécessaire de maintenir la pression pour parvenir aux objectifs dans la lutte contre le terrorisme. »
Ryad demande à ses ressortissants "de quitter si possible" le Liban
BEYROUTH - L'ambassade d'Arabie saoudite à Beyrouth a demandé à ses ressortissants de "circuler prudemment et de quitter si possible" le Liban, qui traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, a-t-on appris samedi de source gouvernementale libanaise.
"Le gouvernement libanais a été informé de la mesure prise par l'ambassade d'Arabie saoudite qui a demandé à ses ressortissants de circuler prudemment et de quitter le pays si possible", a déclaré à l'AFP cette source sous couvert d'anonymat.
Le Liban est sans président depuis le 24 novembre du fait d'un bras de fer entre l'opposition proche de Damas et Téhéran et la majorité parlementaire antisyrienne, soutenue par l'Occident et la plupart des pays arabes. Des accrochages ont eu lieu au cours des dernières semaines.
Mi-février, l'Arabie saoudite avait conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre au Liban en raison de sa situation "instable". Les autorités koweïtiennes et bahreïnies avaient à leur tour appelé leurs ressortissants à différer leurs voyages au Liban.
(©AFP / 01 mars 2008 18h06)
Les Sahraouis élisent un nouveau Conseil national
ALGER - Les Sahraouis ont élu un nouveau Conseil National Sahraoui (CNS, Parlement) qui doit être installé officiellement à Tifariti, une localité du Sahara Occidental annexé par le Maroc, ont annoncé des journaux algériens samedi.
Ces élections se sont tenues le 27 février à l'occasion du 32e anniversaire de la République arabe sahraoui démocratique (RASD), autoproclamé en 1976 par le mouvement indépendantiste du Polisario. Le CNS compte 53 membres, dont 34% de femmes, selon la presse.
Les cérémonies marquant cet anniversaire se sont déroulées dans la région de Tindouf, où se touvent plusieurs camps de réfugiés sahraouis et à Tifariti, à la frontière entre le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie.
L'ambassadeur d'Afrique du sud auprès de la RASD, Maketuka Mzuvukile, a présenté, à cette occasion, ses lettres de créance au chef du Polisario Mohamed Abdelaziz.
M. Abdelaziz a par ailleurs posé à Tifariti la première pierre d'un complexe sportif, qui doit être financé par l'Afrique du sud, comprenant un stade de football et des aires de jeux, et lancé la construction du siège de la mairie.
Il a aussi posé la première pierre d'un petit barrage destiné à l'alimentation en eau potable des populations locales.
Cette retenue d'eau financé par la mairie de Séville (Espagne) aura une capacité de quelque 3.000 M3 d'eau.
Les autorités sahraouies prévoient par ailleurs l'attribution aux populations locales de lots de terrains à bâtir, en vue de regrouper les nomades sahraouis de la région, ainsi que les réfugiés sahraouis des camps de Tindouf, en territoire algérien.
"La politique de repeuplement de Tifariti et le lancement de projets sociaux se veut la consécration de la souveraineté saharouie sur les territoire libérés", a déclaré M. Abdelaziz.
De durs combats ont opposé l'armée marocaine aux troupes du Polisario en 1978 à Tifariti. Les Sahraouis, qui s'étaient installés en 1976 à Tifariti, affirment que ce village a été "bombardé au napalm et rasé par l'aviation marocaine" en 1978. Un cessez-le-feu est observé par les deux parties depuis 1991.
Les deux derniers congrès du Polisario se sont déroulés en 2003 et 2007 à Tifariti en présence de journalistes et de nombreuses délégations étrangères.
Rabat avait protesté contre la tenue de ces deux congrès dans une zone qu'il considère depuis la trêve comme une "zone tampon", qui doit être exempte de la présence des belligérants et d'infrastructures de quelque nature que ce soit.
Un quatrième round de négociations entre le Maroc et le Polisario doit s'ouvrir le 16 mars à Manhasset dans la banlieue de New-York, sous l'égide de l'ONU, en vue de trouver une solution politique à ce conflit vieux de 32 ans.
M. Abdelaziz a déclaré jeudi à Tifariti, que le Polisario se présentera "au prochain round des négociations avec une volonté sincère de paix sur la base de la légalité internationale et défendra jusqu'au bout le droit du peuple sahraoui à l'indépendance".
Il a souligné que ces négociations étaient "un moyen permettant au peuple sahraoui d'exercer son droit légitime à l'autodétermination et à l'indépendance à travers un référendum libre et honnête".
Le Sahara Occidental est une ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975.
Le Polisario réclame l'organisation d'un référendun d'autodétermination accordant aux Sahraouis le choix entre trois options: le rattachement du territoire au Maroc, l'autonomie ou l'indépendance.
Rabat s'en tient à une seule option: l'autonomie sous souveraineté marocaine, que le Polisario a rejetée à plusieurs reprises.
(©AFP / 01 mars 2008 13h42)
LA HAYE - Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a condamné vendredi les menaces proférées en raison de la diffusion prévue d'un film fustigeant l'islam du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, tandis que les organisations patronales l'ont appelé à renoncer.
Les trois organisations patronales néerlandaises "veulent que Geert Wilders renonce à diffuser le film", écrivent-elles dans un communiqué commun.
"Il implique de grands risques pour les entreprises néerlandaises et les employés dans un certain nombre de pays", estiment-elles.
De nombreux pays musulmans ont publiquement critiqué le projet du député. Son film, dont la diffusion est prévue en mars, doit montrer que le Coran est un "livre fasciste" et Mahomet "un barbare", selon lui.
Des pays comme l'Iran ou l'Egypte ont exprimé leur indignation, menaçant les Pays-Bas d'un boycottage économique et déplorant des "attaques gratuites".
Le gouvernement, qui a par deux fois convoqué le député afin de l'encourager à abandonner son projet, a condamné ces menaces vendredi. "Nous condamnons toutes les menaces, aussi celles adressées à Wilders", a déclaré le Premier ministre Jan Peter Balkenende à l'issue du conseil des ministres.
Il est "évident" que le film du député provoque "des réactions extrêmement véhémentes", a-t-il poursuivi.
Mais les menaces proférées concernent plus largement "la sécurité de citoyens et d'entreprises néerlandais à l'étranger", ainsi que les "militaires néerlandais en mission" et "notre réputation à l'échelle internationale", a noté le chef du gouvernement.
"Nous appelons (M. Wilders) à intégrer tous ces aspects dans sa décision" de diffuser ou non le film, a-t-il ajouté solennellement.
"Le cabinet peut se courber et s'incliner devant l'islam. Moi, jamais je ne capitulerai", a réagi le Geert Wilders, 44 ans, leader du parti PVV (9 sièges sur 150 au parlement).
La tension était montée d'un cran cette semaine aux Pays-Bas, après la convocation de M. Wilders par les ministres de la Justice et des Affaires étrangères, inquiets des conséquences de la diffusion de son film, sur internet ou à la télévision.
Il avait déjà été convoqué une première fois en novembre par le gouvernement, très inquiet qu'une affaire similaire à celle des caricatures danoises de Mahomet n'éclate.
Le film est prêt, selon le député. La date exacte de sa diffusion, prévue en mars, n'est pas connue.
(©AFP / 29 février 2008 19h29)