Source: https://www.scribd.com/document/81106686/bosnia-herzegovina
Timestamp: 2018-11-15 17:15:16+00:00
Document Index: 172577523

Matched Legal Cases: ["l'article 36", "l'article 79", 'arrêt ', "l'article 31", "l'article 41", "l'article 34", "l'article 63", "l'article 43", "l'article 40", "l'article 79", "l'article 79", "l'article 53", "l'article 1", "l'article 2", "l'article 33", "l'article 51", "l'article 51", "l'article 24", "l'article 51", "l'article 51", "l'article 51", "l'article 51", "l'article 2", "l'article 36", "l'article 79", "l'article 23", "l'article 1", "l'article 13", "l'article 14", "l'article 11", "l'article 37", "l'article 36", "l'article 79", 'arrêt ', 'arrêt ']

bosnia herzegovina | Public International Law | Felony
Uploaded by Anas Affandi
Prof Carroll Quigley the Oscar Iden LecturesLecture 2 the State of Estates
rection 2
Civil Law -Chapter I
Convicted Felons Remain on Voter Rolls
Dar 01252017
AFFAIRE RELATIVE À L'APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE
(BOSNIE-HERZÉGOVINE c. YOUGOSLAVIE) EXCEPTIONS PRÉLIMINAIRES ARRÊT DU 11 JUILLET 1996
(BOSNIA AND HERZEGOVINA v. YUGOSLAVIA) PRELIMINARY OBJECTIONS JUDGMENT OF 11 JULY 1996
Mode officiel de citation: Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, exceptions préliminaires, arrêt, C.Z.J. Recueil 1996, p. 595
Officia1 citation : Application of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide, Preliminary Objections, Judgment, 1.C.J. Reports 1996, p. 595
Noàe vente:
ISSN 0074-4441 ISBN 92- 1-070744-3
c) Etendue ratione temporis de la compétence de la Cour.Accession à l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine et admission aux Nations Unies.Défaut de reconnaissance mutuelle des Parties au moment du dépôt de la requête .La question de savoir si la Yougoslavie a été partie prenante au conflit en cause relève du fond .Lettre du 8 juin 1992 des présidents du Monténégro et de Serbie .Retrait de la quatrième exception préliminaire de la Yougoslavie .Principe selon lequel la Cour ne doit pas sanctionner un défaut qui affecterait un acte de procédure et auquel la partie requérante pourrait aisément porter remède.Il n'a pas été contesté que la Yougoslavie soit partie à la convention sur le génocide Notijication de succession adressée au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies par la Bosnie-Herzégovine . YOUGOSLAVIE) EXCEPTIONS PRÉLIMINAIRES Compétence de la Cour .COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE 1996 ANNÉE 1996 11 juillet 1996 I l juillet Rôle général no 91 AFFAIRE RELATIVE À L'APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE (BOSNIE-HERZÉGOVINE c. Bases supplémentaires de compétence invoquées par la Bosnie-Herzégovine .Article X des accords de Dayton-Paris .L'article XI de la convention sur le génocide ouvre celle-ci à ((tout Membre des Nations Unies))La Bosnie-Herzégovine pouvait devenir partie à la convention sur le génocide par l'effet du mécanisme de la succession d'Etats ..Yougoslavie .Intention exprimée par la Yougoslavie de demeurer liée par les traités auxquels était partie l'ex.Article ZX de la convention sur le génocide: a) Compétence ratione personae . b) Compétence ratione materiae .Traité .Existence d'un diffërend juridique .Différend entrant dans les prévisions de l'article IX de la convention sur le génocide .L'obligation qu'a chaque Etat de prévenir et de réprimer le crime de génocide n'est pas limitée territorialement par la convention .L'article ZX n'exclut aucune forme de responsabilité d'Etat sous l'empire de la convention.Applicabilité de la convention sans considération particulière pour les circonstances liées au caractère interne ou international d'un conflit .
Article IX of the Genocide Convention: (a) Jurisdiction ratione personae .Existence of a legal dispute .Withdrawal of the fourth preliminary objection of Yugoslavia .Lack of mutual recognition of the Parties ut the time ofjiling of the Application .Article XI of the Genocide Convention opens it to "any Member of the United Nations" .Letter of 8 June 1992 from the Presidents of Montenegro and Serbia .Dispute falling within the provisions of Article IX of the Genocide Convention . 91 CASE CONCERNING APPLICATION OF THE CONVENTION ON THE PREVENTION AND PUNISHMENT OF THE CRIME OF GENOCIDE (BOSNIA AND HERZEGOVINA v.Applicability of the Convention without reference to the circumstances linked to the domestic or international nature of the conflict . (c) Scope ratione temporis of the jurisdiction of the Court. (b) Jurisdiction ratione materiae .The question whether Yugoslavia took part in the conflict ut issue belongs to the merits .Accession to independence of Bosnia and Herzegovina and admission to the United Nations . Additional bases of jurisdiction invoked by Bosnia and Herzegovina .It has not been contested that Yugoslavia was party to the Genocide Convention Notice of Succession addressed by Bosnia and Herzegovina to the SecretaryGeneral of the United Nations .Article X of the Dayton-Paris Agreement . YUGOSLAVIA) PRELIMINARY OBJECTIONS Jurisdiction of the Court .Principle whereby the Court should not penalize a defect in a procedural act which the applicant could easily remedy.The obligation each State has to prevent and punish the crime of genocide is not territorially limited by the Convention .INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE YEAR 1996 11 July 1996 1996 11 July General List No.Intention expressed by Yugoslavia to remain bound by the treaties to which the former Yugoslavia wasparty .Article IX does not exclude any form of State responsibility under the Convention.Bosnia and Herzegovina could become a party to the Genocide Convention through the mechanism of State succession .Treaty .
Président. BEDJAOUI. juges ad hoc. MM. MmeBrigitte Stern. M. SHI. entre la République de Bosnie-Herzégovine. M. MM. ministre-conseiller à l'ambassade de la République de Bosnie-Herzégovine aux Pays-Bas. professeur à la faculté de droit et directeur du centre d'études internationales de l'université de New York. KOROMA. représentant de la République de Bosnie-Herzégovine auprès du Tribunal pénal international pour l'exYougoslavie. Exc. M. membre de la faculté de droit de l'Université de Cambridge. M. PARRA-ARANGUREN. VALENCIAOSPINA. HERCZEGH. Alain Pellet. MmeVasvija VidoviC. En l'affaire relative à l'application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. GUILLAUME. WEERAMANTRY. M. Franck. Muhamed Sacirbey. professeur à l'université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). conseil et avocat.Chef d'Etat présumé pouvoir agir au nom de I'Etat dans ses relations internationales et reconnu comme tel. M. FERRARI BRAVO. Phon van den Biesen. VERESHCHETIN. membre du barreau d'Angleterre. le cas échéant. Greffier. professeur à l'université de Paris X-Nanterre et à l'Institut d'études politiques de Paris. RANJEVA. SHAHABUDDEEN. Présents: M. juges. comme conseils . directeur adjoint des études au centre d'études internationales de l'université de Cambridge. Qureshi. dans un contexte de guerre civile . Absence d'abus des droits tirés par la Yougoslavie du paragraphe 6 de l'article 36 du Statut et de l'article 79 du Règlement. représentée par S. . SCHWEBEL.entre les Puissances alliées et associées et le Royaume des Serbes. comme agent. comme agent adjoint. Marc Weller. Recevabilité de la requête . Thomas M. M. comme conseils et avocats. LAUTERPACHT. KRECA. Khawar M. avocat au barreau d'Amsterdam.Forum prorogatum. M. Vice-Président. ambassadeur et représentant permanent de la République de Bosnie-Herzégovine auprès de l'organisation des Nations Unies.Evénements survenus. ODA. Lecturer in Law au King's College de Londres.Acquiescement à la compétence de la Cour sur la base de l'article I X de la convention sur le génocide . Croates et Slovènes du 10 septembre 1919 .
King's College. Representative of the Republic of Bosnia and Herzegovina at the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia. Mr. New York University.E. Mr.Acquiescence in the jurisdiction of the Court on the basis of Article IX of the Genocide Convention . Attorney in Amsterdam.between the Allied and Associated Powers and the Kingdom of the Serbs. Center for International Studies. RANJEVA. Ms Vasvija VidoviC. University of Paris 1(Panthéon-Sorbonne). Admissibility of the Application . as Agent. Mr. as Counsel. PARRA-ARANGUREN. University of Paris X-Nanterre and Institute of Political Studies. JUDGMENT Present : President BEDJAOUI Vice-President SCHWEBELJudges ODA. paragraph 6. Judges ad hoc LAUTERPACHT. University of Cambridge. Professor at the School of Law and Director. KOROMA. Phon van den Biesen. Counsel and Advocate. SHAHABUDDEEN. Franck. . . as Deputy-Agent. Minister-Counsellor.Head of State presumed to be able to act on behalfof the State in its international relations and recognized as such. of the Statute and Article 79 of the Rules of Court. Paris. Thomas M. Member of the English Bar.Events that might have taken place in a context of civil war . London. In the case concerning application of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. Qureshi. Khawar M. Marc Weller. HERCZEGH. . Professor. SHI. Assistant Director of Studies. Croats and Slovenes of 10 September 1919 . as Counsel and Advocates. Ms Brigitte Stern. GUILLAUME. Centre for International Studies. KRECA. Mr. between the Republic of Bosnia and Herzegovina. Registrar VALENCIA-OSPINA.Forum prorogatum. represented by H. Professor. Alain Pellet. Lecturer in Law. FERRARI BRAVO. Ambassador and Permanent Representative of the Republic of Bosnia and Herzegovina to the United Nations. WEERAMANTRY. Embassy of Bosnia and Herzegovina in the Netherlands. Member of the Faculty of Law of the University of Cambridge. Mr. VERESHCHETIN. Absence of abuse of the rights of Yugoslavia under Article 36. Muhamed Sacirbey. Mr.
le Gouvernement de la RépubIique de Bosnie-Herzégovine (dénommée ci-après la «Bosnie-Herzégovine») a déposé au Greffe de la Cour une requête introductive d'instance contre le Gouvernement de la Répu- . Pierre Bodeau. M. professeur de droit international à l'université de Novi Sad. Gavro PeraziC.. allocataire-moniteur à l'université de Paris X-Nanterre. membre du barreau d'Israël. F. Shabtai Rosenne. Mme Marieke Drenth. C. allocataire-moniteur à l'université de Paris X-Nanterre. Eric Suy. M. M. comme assistants. Harold Kocken. M. Sam Muller.M. chargé d'affaires à l'ambassade de la République fédérative de Yougoslavie aux Pays-Bas. M. représentée par M. Ian Brownlie. Eelco Szab6. Le 20 mars 1993. M. professeur de droit international à l'université Podgorica. Leuven).C. ancien Secrétaire général adjoint et conseiller juridique de l'Organisation des Nations Unies. comme agents. M. rend l'arrêt suivant : 1. Stevan DjordjeviC.E. M.A. Djordje LopiEiC.B. M. Hervé Ascencio. Joop Nijssen. comme conseils. professeur de droit international à l'université de Belgrade. Mme Froana Hoff. comme conseils et avocats.. ancien ministre adjoint des affaires étrangères de la République fédérative de Yougoslavie. professeur à l'université catholique de Louvain (K.. titulaire de la chaire Chichele à l'université d'Oxford. M. M. Thierry Vaissière. Michael Kellogg. M. M. Michiel Pestman. M. Q. Miodrag MitiC. comme conseillers. et la République fédérative de Yougoslavie. conseiller juridique principal au ministère des affaires étrangères de la République fédérative de Yougoslavie. M.B. après délibéré en chambre du conseil.U. chercheur au Cedin-Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). MmeNathalie Lintvelt. avocat au barreau d'Amsterdam. Rodoljub Etinski. professeur de droit international public. ainsi composée.
). formerly Under-Secretary-General and Legal Counsel of the United Nations. Attorney in Amsterdam. Mr. Chargé d'Affaires. Ms Nathalie Lintvelt. as Agents . Professor.A. Mr. University of Paris X-Nanterre. Gavro Perazié. Harold Kocken. composed as above. Pierre Bodeau. Djordje LopiEié. Leuven). Member of the Israel Bar. and the Federal Republic of Yugoslavia. Podgorica University. Stevan Djordjevié. Rodoljub Etinski. Eelco Szabo. Mr. Catholic University of Louvain (K. Mr... Embassy of the Federal Republic of Yugoslavia in the Netherlands. Eric Suy. Chief Legal Adviser. Research Student. Mr. the Government of the Republic of Bosnia and Herzegovina (hereinafter called "Bosnia and Herzegovina") filed in the Registry of the Court an Application instituting proceedings against the Government of . Mr. Mr. Miodrag Mitié. Michael Kellogg. Ministry of Foreign Affairs of the Federal Republic of Yugoslavia. Professor of International Law. Q.E. Sam Muller. after deliberation. Hervé Ascencio.Mr. as Counsel. University of Oxford. represented by Mr. Ian Brownlie. Thierry Vaissière. Mr. as Assistants. as Counsellors. Mr. Belgrade University. Novi Sad University. Mr. Mr. Assistant Federal Minister for Foreign Affairs of the Federal Republic of Yugoslavia (Ret. Michiel Pestman. Professor of International Law.B. Mr. Ms Froana Hoff.. Cedin-Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).B. Chichele Professor of Public International Law. Mr. University of Paris XNanterre.U. delivers the following Judgment: 1. F. Research AssistantITutor. Professor of International Law. as Counsel and Advocates. Ms Marieke Drenth. Shabtai Rosenne. Mr. C. Joop Nijssen. On 20 March 1993. Mr. Research AssistantITutor.C.
dans certains cas. la Yougoslavie a présenté des observations écrites sur la demande de mesures conservatoires de la Bosnie-Herzégovine. selon la Bosnie-Herzégovine. le traité entre les Puissances alliées et associées et le Royaume des Serbes. 4. la requête a été immédiatement communiquée au Gouvernement yougoslave par le Greffier. La Cour ne comptant sur le siège aucun juge de la nationalité des Parties. chacune d'elles s'est prévalue du droit que lui confère le paragraphe 3 de l'article 31 du Statut de procéder à la désignation d'un juge ad hoc pour siéger en l'affaire: la Bosnie-Herzégovine a désigné M. dans lesquelles elle a à son tour recommandé à la Cour d'indiquer à la Bosnie-Herzégovine des mesures conservatoires. seraient liées à ces violations. a indiqué certaines mesures conservatoires à l'effet de protéger des droits conférés par la convention sur le génocide. Le 20 mars 1993.blique fédérative de Yougoslavie (dénommée ci-après la «Yougoslavie») au sujet d'un différend concernant d'une part une série de violations alléguées de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (dénommée ci-après la ((convention sur le génocide))). 6. 3. la requête. Croates et Slovènes sur la protection des minorités. Milenko KreCa. respectivement. et la Yougoslavie M. ainsi que. Par une ordonnance en date du 8 avril 1993. Le 27 juillet 1993. 2. La requête invoquait comme base de compétence de la Cour l'article IX de la convention sur le génocide. conformément au paragraphe 3 de cet article. Le 31 mars 1993. Elihu Lauterpacht. la Bosnie-Herzégovine a présenté une demande en indication de mesures conservatoires en vertu de l'article 41 du Statut. le Greffier a en outre adressé au Secrétaire général la notification prévue au paragraphe 3 de l'article 34 du Statut. après avoir entendu les Parties. signé à Saint-Germain-en-Laye . la Bosnie-Herzégovine a présenté une nouvelle demande en indication de mesures conservatoires. et. 5. par une série de communications ultérieures. 7. le texte d'une lettre en date du 8 juin 1992 adressée au président de la commission d'arbitrage de la conférence internationale pour la paix en Yougoslavie par les présidents des Républiques du Monténégro et de Serbie. la Cour. l'agent de la Bosnie-Herzégovine a indiqué que son gouvernement entendait invoquer comme bases supplémentaires de compétence de la Cour en l'espèce. adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948. y compris la base de compétence y invoqué?. dès après le dépôt de sa requête. le Greffier a adressé la notification prévue au paragraphe 1 de l'article 63 du Statut à tous les Etats qui sont apparus comme étant parties à la convention sur le génocide selon les informations communiquées par le Secrétaire général de l'organisation des Nations Unies en tant que dépositaire. Conformément à l'article 43 du Règlement. Par une ordonnance en date du 16 avril 1993. le Président de la Cour a fixé au 15 octobre 1993 la date d'expiration du délai pour le dépôt du mémoire de la Bosnie-Herzégovine et au 15 avril 1994 la date d'expiration du délai pour le dépôt du contre-mémoire de la Yougoslavie. tous les Etats admis à ester devant la Cour ont été informés de la requête. Conformément au paragraphe 2 de l'article 40 du Statut. Le le' avril 1993. elle a fait savoir qu'elle entendait modifier ou compléter cette demande. et d'autre part diverses questions qui. Par des lettres du 6 août et du 10 août 1993. en l'invoquant comme base supplémentaire de compétence de la Cour en l'espèce. l'agent de la Bosnie-Herzégovine a déposé au Greffe.
after hearing the Parties. the Treaty between the Allied and Associated Powers and the Kingdom of the Serbs. 2. 7. Milenko KreEa. it recommended the Court to order the application of provisional measures to Bosnia and Herzegovina. By an Order of 16 April 1993. Pursuant to Article 43 of the Rules of Court. in turn. as well as. the Application. 3. paragraph 3. 4. paragraph 2. adopted by the General Assembly of the United Nations on 9 December 1948. immediately after the filing of its Application. Yugoslavia submitted written observations on osn nia and Herzegovina's request for provisional measures. indicated certain provisional measures with a view to the protection of rights under the Genocide Convention. Since the Court included upon the Bench no judge of the nationality of the Parties. Bosnia and Herzegovina submitted a new request for the indication of provisional measures. he also addressed to the Secretary-General the notification provided for in Article 34. the Agent of Bosnia and Herzegovina indicated that his Government was relying. al1 States entitled to appear before the Court were notified of the Application. of the Statute. the text of a letter dated 8 June 1992. in which. the Registrar addressed the notification provided for in Article 63. the Application was immediately communicated to the Yugoslav Government by the Registrar. including the basis of jurisdiction relied on therein. On 1 April 1993. the President of the Court fixed 15 October 1993 as the time-lirnit for the filing of the Memorial of Bosnia and Herzegovina and 15 April 1994 as the time-limit for the filing of the Counter-Memorial of Yugoslavia. respectively. paragraph 1. By letters of 6 August and 10 August 1993. signed at Saint-Germain-en-Laye on . On 20 March 1993. on. Croats and Slovenes on the Protection of Minorities. as well as various matters which Bosnia and Herzegovina claims are connected therewith. the Agent of Bosnia and Herzegovina filed in the Registry. pursuant to paragraph 3 of that Article. as additional bases of the jurisdiction of the Court in the case. 5. Elihu Lauterpacht. by a series of subsequent communications. 6. each of them exercised its right under Article 31. On 31 March 1993. the Court. Pursuant to Article 40. Bosnia and Herzegovina submitted a request for the indication of provisional measures under Article 41 of the Statute.the Federal Republic of Yugoslavia (hereinafter called "Yugoslavia") in respect of a dispute concerning alleged violations of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide (hereinafter called "the Genocide Convention"). of the Statute to al1 the States which appeared to be parties to the Genocide Convention on the basis of the information supplied by the Secretary-General of the United Nations as depositary. it stated that it was amending or supplementing that request. in some cases. and. The Application invoked Article IX of the Genocide Convention as the basis of the jurisdiction of the Court. of the Statute. On 27 July 1993. and Yugoslavia chose Mr. of the Statute of the Court to choose a judge ad hoc to sit in the case: Bosnia and Herzegovina chose Mr. addressed to the President of the Arbitration Commission of the International Conference for Peace in Yugoslavia by the Presidents of the Republics of Montenegro and Serbia. By an Order dated 8 April 1993. paragraph 3. invoking it as an additional basis of the jurisdiction of the Court in the case.
la Cour. à la demande de la Yougoslavie. à l'ouverture de la procédure orale. I l . la Yougoslavie. constatant qu'en vertu des dispositions du paragraphe 3 de l'article 79 du Règlement la procédure sur le fond était suspendue. l'agent de la Bosnie-Herzégovine a confirmé la volonté de son gouvernement d'invoquer au même titre la lettre susvisée des présidents du Monténégro et de Serbie. a fixé au 14 novembre 1995 la date d'expiration du délai dans lequel la Bosnie-Herzégovine pourrait présenter un exposé écrit contenant ses observations et conclusions sur les exceptions préliminaires soulevées par la Yougoslavie. par la même ordonnance. le Vice-Président de la Cour. respectivement. la Cour a décidé de rendre accessibles au public. M. a reporté au 15 avril 1994 la date d'expiration du délai pour le dépôt du mémoire. la date d'expiration du délai pour le dépôt du contre-mémoire a été reportée. En conséquence. Par une ordonnance en date du 21 mars 1995. elle a déposé des observations écrites sur la nouvelle demande de la Bosnie-Herzégovine. Par une ordonnance en date du 7 octobre 1993. après avoir entendu les Parties. se référant au paragraphe 1 de l'article 79 du Règlement. «comme document pertinent aux fins de l'affaire)). et l'affaire s'est trouvée en état pour ce qui est des exceptions préliminaires. au cours desquelles ont été entendus en leurs plaidoiries et réponses : Pour la Yougoslavie : M. Gavro Perazié. a présenté des exceptions préliminaires portant. Djordje Lopiëié. le texte de l'accord-cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine et ses annexes (appelés collectivement «accord de paix))). les pièces de procédure et documents y annexés. M. par une lettre du 13 août 1993. sur la recevabilité de la requête et sur la compétence de la Cour pour connaître de l'affaire. a reporté au 30 juin 1995 la date d'expiration du délai pour le dépôt du contre-mémoire. Eric Suy. au 15 avril 1995. en date du 8 juin 1992 (voir paragraphe 4 cidessus). les 10 août et 23 août 1993. . a réaffirmé les mesures indiquées dans son ordonnance du 8 avril 1993 et a déclaré que ces mesures devaient être immédiatement et effectivement mises en œuvre. 12. Par une ordonnance en date du 13 septembre 1993. Rodoljub Etinski. telle que modifiée ou complétée. et. M. et le droit international de la guerre coutumier et conventionnel ainsi que le droit international humanitaire. Ian Brownlie. Conformément au paragraphe 2 de l'article 53 du Règlement. paraphés à Dayton (Ohio) le 21 novembre 1995 et signés à Paris le 14 décembre 1995 (ci-après dénommés les «accords de Dayton-Paris »). Miodrag Mitié. M. Le 10 août 1993. la Yougoslavie a également présenté une demande en indication de mesures conservatoires. à la demande de la Bosnie-Herzégovine. le Président de la Cour. l'agent de la Yougoslavie a soumis à la Cour. Dans le délai ainsi prorogé. le Président de la Cour. M.le 10 septembre 1919. 8. 9. Par une lettre en date du 2 février 1996. 10. par une ordonnance en date du 14 juillet 1995. Des audiences publiques ont été tenues entre le 29 avril et le 3 mai 1996. La Bosnie-Herzégovine a déposé un tel exposé dans le délai ainsi fixé. La Bosnie-Herzégovine a dûment déposé son mémoire dans le délai ainsi prorogé. et.
the admissibility of the Application and the jurisdiction of the Court to entertain the case. Mr. Djordje Lopicik. the President of the Court. Rodoljub Etinski. By an Order dated 7 October 1993. Bosnia and Herzegovina duly filed its Memorial within the extended time-limit thus fixed. and on customary and conventional international laws of war and international humanitarian law. Mr. the Court. Pursuant to Article 53. 9. fixed 14 November 1995 as the time-limit within which Bosnia and Herzegovina could present a written statement of its observations and submissions on the preliminary objections raised by Yugoslavia. paragraph 1. Ian Brownlie. by the same Order. by a letter of 13 August 1993. the proceedings on the merits were suspended. the Vice-President of the Court. On 10 August 1993. extended to 15 April 1994 the time-limit for the filing of the Memorial. paragraph 3. after hearing the Parties. Miodrag Mitié. and. referring to Article 79. reaffirmed the measures indicated in its Order of 8 April 1993 and declared that those measures should be irnmediately and effectively implemented. extended to 30 June 1995 the time-limit for the filing of the Counter-Memorial. "as a document relevant to the case".10 September 1919. By an Order dated 21 March 1995. initialled in Dayton. 8. respectively. . on the same basis. paragraph 2. it filed written observations on Bosnia and Herzegovina's new request. the time-limit for the filing of the Counter-Memorial was extended. noting that. and. the Agent of Yugoslavia submitted to the Court. the Court decided to make the pleadings and documents annexed thereto accessible to the public on the opening of the oral proceedings. to 15 April 1995. the President of the Court. on 10 August and 23 August 1993. raised preliminary objections concerning. Bosnia and Herzegovina filed such a statement within the time-limit so fixed. Yugoslavia also submitted a request for the indication of provisional measures. by an Order dated 14 July 1995. Mr. as amended or supplemented. and the case became ready for hearing in respect of the preliminary objections. 11. of the Rules of Court. Mr. Public hearings were held between 29 April and 3 May 1996 at which the Court heard the oral arguments and replies of: For Yugoslavia : Mr. By a letter dated 2 February 1996. Mr. at the request of Bosnia and Herzegovina. dated 8 June 1992 (see paragraph 4 above). Ohio. on the aforementioned letter from the Presidents of Montenegro and Serbia. By an Order dated 13 September 1993. the text of the General Framework Agreement for Peace in Bosnia and Herzegovina and the annexes thereto (collectively "the peace agreement"). 12. 10. by virtue of Article 79. Gavro Perazik. of the Rules of Court. the Agent of Bosnia and Herzegovina confirmed his Government's desire to rely. Accordingly. on 21 November 1995 and signed in Paris on 14 December 1995 (hereinafter called the "Dayton-Paris Agreement"). Within the extended time-limit thus fixed. Yugoslavia. Eric Suy. of the Rules of Court. at the request of Yugoslavia.
du droit international coutumier de la guerre. en violation de ses obligations en vertu du droit international général et coutumier. M. 26 et 28 de la Déclaration universelle des droits de l'homme vis-à-vis des citoyens de la BosnieHerzégovine . c) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer les dispositions des articles 1. e ) qu'en traitant ainsi les citoyens de la Bosnie-Herzégovine. Franck. la Bosnie-Herzégovine prie la Cour de dire et juger: a ) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé. Thomas M. 20. Muhamed Sacirbey. 12. 23. II b ) . 13. . violé. Exc. détenu illégalement et exterminé des citoyens de la Bosnie-Herzégovine. volé. tout en se réservant le droit de reviser. h ) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). 9. 2. 19. 17. en violation de ses obligations en vertu du droit international général et coutumier. 13. et continue de le faire . en violation de ses obligations en vertu du droit international général et coutumier. assassiné. Alain Pellet. torturé. 25. Phon van den Biesen. 2. III c). les demandes ci-après ont été formulées par la BosnieHerzégovine : «En conséquence. IV et V de la convention sur le génocide . 22. enlevé. 11 d ) . M. et notamment du règlement de La Haye de 1907 concernant la guerre sur terre. 15. blessé. f) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a employé et continue d'employer la force et de recourir a la menace de la force contre la Bosnie-Herzégovine en violation des paragraphes 1. 7. ses obligations juridiques à l'égard du peuple et de 1'Etat de Bosnie-Herzégovine en vertu des articles premier. a tué. III a ) . 21. a utilisé et utilise la force et la menace de la force contre la Bosnie-Herzégovine. 10. la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer les obligations qu'elle a solennellement assumées en vertu du paragraphe 3 de l'article 1 et des articles 55 et 56 de la Charte des Nations Unies. d) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). 5. 16. 6. Dans la requête. II a ) . b) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer ses obligations juridiques à l'égard du peuple et de 1'Etat de Bosnie-Herzégovine en vertu des quatre conventions de Genève de 1949. compléter ou modifier la présente requête. III e ) . et sous réserve de la présentation à la Cour des preuves et arguments juridiques pertinents. III b ) . 8. Mme Brigitte Stern. g ) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). 4. de leur protocole additionnel 1 de 1977. III d ) . 11. II c ) . et d'autres principes fondamentaux du droit international humanitaire. 3. 3 et 4 de l'article 2 et du paragraphe 1 de l'article 33 de la Charte des Nations Unies.600 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) Pour la Bosnie-Herzégovine: S.d'attaques armées contre la Bosnie-Herzégovine par air et par terre. M. et continue de violer. a violé et viole la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine du fait: . 18. M.
robbed. 12.8. ( b ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated and is continuing to violate its legal obligations toward the People and state of Bosnia and Herzegovina under the four Geneva Conventions of 1949. murdered. Mr. in breach of its obligations under general and customary international law.7. 17. Franck. its solemn obligations under Articles 1 (3). 19. II ( a ) .9. (g) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro). ( f ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has used and is continuing to use force and the threat of force against Bosnia and Herzegovina in violation of Articles 2 (l). Ms Brigitte Stern. 25. Muhamed Sacirbey. while reserving the right to revise. 2 (4). and is continuing to violate. Mr. in breach of its obligations under general and customary international law. 13. 11 ( d ) .armed attacks against Bosnia and Herzegovina by air and land. of the United Nations Charter. illegally detained. the customary international laws of war including the Hague Regulations on Land Warfare of 1907. its legal obligations toward the People and state of Bosnia and Herzegovina under Articles 1. tortured. 2 (2).6. III ( b ) . and exterminated the citizens of Bosnia and Herzegovina. Thomas M. III ( c ) . 18. has killed. 23. in breach of its obligations under general and customary international law. supplement or amend this Application. 22. II ( b ) . and 33 (l). III ( d ) . and other fundamental principles of international humanitarian law . ( e ) that in its treatment of the citizens of Bosnia and Herzegovina. the following requests were made by Bosnia and Herzegovina : "Accordingly. and is continuing to breach.2. 16. Mr. 26 and 28 of the Universal Declaration of Human Rights with respect to the citizens of Bosnia and Herzegovina . Phon van den Biesen. Mr. ( h ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro). Bosnia and Herzegovina requests the Court to adjudge and declare as follows : ( a ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has breached. 13. ( d ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro). In the Application.3. has used and is using force and the threat of force against Bosnia and Herzegovina. 21.For Bosnia and Herzegovina: H. 20. 2 (3). . (c) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated and continues toviolateArticles1. Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated.5. Alain Pellet.4. 55 and 56 of the United Nations Charter. 10. and subject to the presentation to the Court of the relevant evidence and legal arguments. their Additional Protocol 1 of 1977. kidnapped. has violated and is violating the sovereignty of Bosnia and Herzegovina by: . wounded. IV and V of the Genocide Convention. and is continuing to do so.E. 11. II ( c ) . raped. III ( a ) . III ( e ) . 15.
que. des matériels et des fournitures militaires. a violé et viole ses obligations fondamentales et conventionnelles expresses a l'égard de la Bosnie-Herzégovine et.APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) - de la violation de l'espace aérien de la Bosnie-Herzégovine. est intervenue et intervient dans les affaires intérieures de la Bosnie-Herzégovine. que la résolution 713 (1991) du Conseil de sécurité et toutes les résolutions ultérieures du Conseil de sécurité qui s'y réfèrent ou la réaffirment ne doivent pas être interprétées comme imposant un embargo sur les livraisons d'armes à la Bosnie-Herzégovine. individuelle ou collective. armant.). en particulier. individuelle ou collective. vu les circonstances exposées ci-dessus. équipant. vu les circonstances exposées ci-dessus. de la BosnieHerzégovine en vertu des dispositions de l'article 51 de la Charte des Nations Unies et des règles du droit international coutumier. troupes.y compris en lui fournissant immédiatement des armes. etc.à sa demande . matériels et fournitures militaires. d'actes directs et indirects de coercition et d'intimidation à l'encontre du Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine. aidant et dirigeant des actions militaires et paramilitaires en Bosnie-Herzégovine ou contre celle-ci par le moyen de ses agents et de ses auxiliaires. aviateurs. en recrutant. qu'en vertu du droit de légitime défense collective reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies tous les autres Etats parties à la Charte ont le droit de se porter immédiatement au secours de la Bosnie-Herzégovine . et des forces armées (soldats. marins. conformément aux dispositions du paragraphe 1 de l'article 24 et de l'article 51 de la Charte des Nations Unies et au principe coutumier d'ultra vires. de même que ses obligations en vertu du droit international général et coutumier. que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro).). que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). appuyant. la Bosnie-Herzégovine possède le droit souverain en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies et du droit international coutumier de demander à tout Etat de l'assister immédiatement en se portant à son secours. la Bosnie-Herzégovine possède le droit souverain de se défendre et de défendre son peuple en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies et du droit international coutumier. de la Bosnie-Herzégovine en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies et des règles du droit international coutumier. . que toutes les résolutions ultérieures du Conseil de sécurité qui se réfèrent à la résolution 713 (1991) ou la réaffirment doivent être interprétées d'une manière telle qu'elles ne portent pas atteinte au droit naturel de légitime défense. ses obligations fondamentales et conventionnellesexpresses en vertu du paragraphe 4 de l'article 2 de la Charte des Nations Unies. approvisionnant et en encourageant. des matériels et fournitures militaires ainsi que des troupes. etc. entraînant. en violation des obligations que lui impose le droit international général et coutumier. que la résolution 713 (1991) du Conseil de sécurité imposant un embargo sur les livraisons d'armes à l'ex-Yougoslavie doit être interprétée d'une manière telle qu'elle ne porte pas atteinte au droit naturel de légitime défense. que. y compris par des moyens militaires (armes. finançant. y compris en se procurant immédiatement auprès d'autres Etats des armes.
and directing military and paramilitary actions in and against Bosnia and Herzegovina by means of its agents and surrogates. military equipment and supplies. that pursuant to the right of collective self-defence recognized by United Nations Charter Article 51. sailors. etc. has violated and is violating its express charter and treaty obligations to Bosnia and Herzegovina and.). Bosnia and Herzegovina has the sovereign right to defend Itself and its People under United Nations Charter Article 51 and customary international law. training. has intervened and is intervening in the interna1 affairs of Bosnia and Herzegovina. Bosnia and Herzegovina has the sovereign right under United Nations Charter Article 51 and customary international law to request the immediate assistance of any State to come to its defence. must be construed in a manner that shall not impair the inherent right of individual or collective self-defence of Bosnia and Herzegovina under the terms of United Nations Charter Article 51 and the d e s of customary international law . equipping. including by means of immediately obtaining military weapons. supporting. that Yugoslavia (Serbia and Montenegro). and armed forces (soldiers. that al1 subsequent Security Council resolutions that refer to or reaffirm resolution 713 (1991) must be construed in a manner that shall not impair the inherent right of individual or collective selfdefence of Bosnia and Herzegovina under the terms of United Nations Charter Article 51 and the rules of customary international law. financing. . as required by Articles 24 (1) and 51 of the United Nations Charter and in accordance with the customary doctrine of ultra vires. al1 other States parties to the Charter have the right to come to the immediate defence of Bosnia and Herzegovina . airpeople. as well as its obligations under general and customary international law . aiding. that Security Council resolution 713 (1991). in particular. its charter and treaty obligations under Article 2 (4) of the United Nations Charter. equipment.- aerial trespass into Bosnian airspace. that under the circumstances set forth above. supplying and otherwise encouraging. that Security Council resolution 713 (1991) and al1 subsequent Security Council resolutions referring thereto or reaffirming thereof must not be construed to impose an arms embargo upon Bosnia and Herzegovina. equipment. efforts by direct and indirect means to coerce and intimidate the Government of Bosnia and Herzegovina. etc.at its request .). in breach of its obligations under general and customary international law. imposing a weapons embargo upon the former Yugoslavia. troops. arming. including by military means (weapons. that Yugoslavia (Serbia and Montenegro). supplies and troops from other States. supplies. that under the circumstances set forth above. in recruiting.including by means of immediately providing it with weapons.
. . directe ou indirecte. Dans la procédure écrite. de l'intégrité territoriale ou de l'indépendance politique de la Bosnie-Herzégovine. . mouvement ou individu se livrant ou se disposant a se livrer a des actions militaires ou paramilitaires en Bosnie-Herzégovine ou contre celle-ci. à la mutilation.q) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). et à toutes les menaces d'utilisation de la force contre la Bosnie-Herzégovine. et ses agents et auxiliaires. dans les affaires intérieures de la Bosnie-Herzégovine .a la dévastation sauvage et aveugle de villages. d'assistance. r ) que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) est tenue de payer à la Bosnie-Herzégovine.à toute nation. aux sévices physiques et psychologiques et à la détention des citoyens de la Bosnie-Herzégovine . la Bosnie-Herzégovine .à toutes les violations de la souveraineté.directe ou indirecte. groupe.aux actes ayant pour effet d'interrompre. et spécialement de sa capitale.à tout appui de quelque nature qu'il soit . et spécialement de sa capitale. . de matériels.à l'assassinat. Sarajevo. . aux blessures. d'agglomérations et d'institutions religieuses en Bosnie-Herzégovine . .à leur pratique systématique de la ((purification ethnique)) des citoyens et du territoire souverain de la Bosnie-Herzégovine. des réparations pour les dommages subis par les personnes et les biens ainsi que par l'économie et l'environnement de la Bosnie à raison des violations susvisées du droit international. de districts. sont tenus de mettre fin et de renoncer immédiatement à leurs violations susmentionnées de leurs obligations juridiques. . dont le montant sera déterminé par la Cour. dans le mémoire «Sur la base des éléments de preuve et des arguments juridiques exposés dans le présent mémoire. y compris toute intervention. en son propre nom et en tant que parens patriae de ses citoyens. )) 14.au bombardement de centres de population civile en Bosnie-Herzégovine. .à la poursuite du siège de centres de population civile de BosnieHerzégovine. de villes. et ont le devoir exprès de mettre fin et de renoncer immédiatement: . d'instruction ou toute autre forme de soutien .à la privation de nourriture de la population civile de BosnieHerzégovine. à la torture. d'entraver ou de gêner l'acheminement des secours humanitaires envoyés par la communauté internationale aux citoyens de Bosnie-Herzégovine. . Sarajevo. au viol. de munitions. de fonds.contre la Bosnie-Herzégovine. à l'enlèvement. organisation.y compris l'entraînement et la fourniture d'armes.à toute utilisation de la force . les conclusions ci-après ont été présentées par les Parties: Au nom du Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine. à l'exécution sommaire. manifeste ou occulte . La Bosnie-Herzégovine se réserve le droit de présenter à la Cour une évaluation précise des dommages causés par la Yougoslavie (Serbie et Monténégro).
including the provision of training. group. Bosnia and Herzegovina reserves the right to introduce to the Court a precise evaluation of the damages caused by Yugoslavia (Serbia and Montenegro). the following submissions were presented by the Parties: On behalf of the Government of Bosnia and Herzegovina.from al1 support of any kind . physical and mental abuse. Sarajevo. arms. assistance. . supplies. and detention of the citizens of Bosnia and Herzegovina. . reparations for damages to persons and property as well as to the Bosnian economy and environment caused by the foregoing violations of international law in a sum to be detennined by the Court. direct or indirect. from the bombardment of civilian population centres in Bosnia and Herzegovina.from al1 use of force .from its systematic practice of so-called 'ethnic cleansing' of the citizens and sovereign territory of Bosnia and Herzegovina. mayhem. wounding. in the Memorial: "On the basis of the evidence and legal arguments presented in this Memorial. .(q) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) and its agents and surrogates are under an obligation to cease and desist immediately from its breaches of the foregoing legal obligations. cities. . ( r ) that Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has an obligation to pay Bosnia and Herzegovina. .from the interruption of. including al1 intervention. towns. kidnapping.from the starvation of the civilian population in Bosnia and Herzegovina . in the interna1 affairs of Bosnia and Herzegovina . . and especially its capital. movement or individual engaged or planning to engage in military or paramilitary actions in or against Bosnia and Herzegovina . ammunition.to any nation. and religious institutions in Bosnia and Herzegovina. . In the written proceedings. territorial integrity or political independence of Bosnia and Herzegovina. districts. interference with. the Republic of Bosnia and Herzegovina.from continuing the siege of any civilian population centres in Bosnia and Herzegovina.whether direct or indirect. and from al1 threats of force against Bosnia and Herzegovina. summary execution. organization. and is under a particular duty to cease and desist immediately: .from the murder.against Bosnia and Herzegovina. overt or covert . . Sarajevo. or harassment of humanitarian relief supplies to the citizens of Bosnia and Herzegovina by the international community . in its own right and as parenspatriae for its citizens. rape. direction or any other form of support .from al1 violations of the sovereignty. - from the wanton devastation of villages." - 14. and especially its capital. torture. finances.
notamment mais non exclusivement sur le territoire de la République de Bosnie-Herzégovine. 6. . la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) est tenue de payer à la Bosnie-Herzégovine. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) doit effacer les conséquences de ses actes internationalement illicites et rétablir la situation qui existait avant que les violations de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ne fussent commises. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide en se rendant coupable d'entente en vue de commettre le génocide. 3.atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide en manquant à son obligation de prévenir et de punir les actes de génocide. en détruisant partiellement. plusieurs des demandes qu'elle avait formulées dans sa requête.prie la Cour de dire et juger: 1. 2. Que. et cette dernière est fondée à recevoir.imposition de mesures aux fins d'entraver les naissances au sein du groupe .soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence visant à entraîner sa destruction physique totale ou partielle. directement ou par le truchement de ses auxiliaires. en son propre nom et en tant que parens patriae de ses citoyens. pleine réparation pour les dommages et les pertes causés. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) doit immédiatement mettre fin aux actes susmentionnés et prendre des mesures immédiates et efficaces pour s'acquitter pleinement de ses obligations aux termes de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. réparation dont le montant sera déterminé par la Cour lors d'une phase ultérieure de la procédure en l'instance. et en tentant de détruire totalement. a violé et continue de violer la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) a violé et continue de violer la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide en aidant et encourageant des individus et des groupes se livrant à des actes de génocide. La République de Bosnie-Herzégovine appelle également respectueusement l'attention de la Cour sur le fait qu'elle n'a pas réitéré. ethniques ou religieux. en se livrant aux actes suivants: . de complicité dans le génocide. Que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro). . à ce stade. en particulier la population musulmane. des groupes nationaux. . 4. 7.meurtre de membres du groupe. partant du postulat formel que la République fédérative de Yougoslavie (Serbie et . sa responsabilité internationale étant engagée à raison des violations susmentionnées de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. de tentative de génocide et d'incitation a commettre le génocide. La République de Bosnie-Herzégovine se réserve le droit de compléter ou de modifier ses conclusions dans le cadre d'autres pièces de procédure. 5.
as a result of the international responsibility incurred for the above violations of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. . 4. full compensation for the damages and losses caused.imposing measures intended to prevent births within the group. or through the use of its surrogates.causing deliberate bodily or mental harm to members of the group. the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) is required to pay. directly. in its own right and as parens patriae for its citizens.Requests the International Court of Justice to adjudge and declare.deliberately inflicting on the group conditions of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part. territory of the Republic of Bosnia and Herzegovina. . including in particular the Muslim population. in the amount to be determined by the Court in a subsequent phase of the proceedings in this case. The Republic of Bosnia and Herzegovina also respectfully draws the attention of the Court to the fact that it has not reiterated. 2. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated and is violating the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide by aiding and abetting individuals and groups engaged in acts of genocide. at this point. That. national. several of the requests it made in its Application. 7. by destroying in part. ethnical or religious groups within the. 5. and the Republic of Bosnia and Herzegovina is entitled to receive. The Republic of Bosnia and Herzegovina reserves its right to supplement or amend its submissions in the light of further pleadings. by attempting to commit genocide and by incitement to commit genocide. 3. by complicity in genocide. has violated and is violating the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated and is violating the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide by virtue of having failed to prevent and to punish acts of genocide. by . on the forma1 assumption that the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has . and attempting to destroy in whole. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro). . but not limited to the. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) must wipe out the consequences of its international wrongful acts and must restore the situation existing before the violations of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide were committed. 6. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) must immediately cease the above conduct and take immediate and effective steps to ensure full compliance with its obligations under the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. That the Federal Republic of Yugoslavia (Serbia and Montenegro) has violated and is violating the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide by conspiring to commit genocide. 1.killing members of the group.
la requête de la prétendue République de Bosnie-Herzégovine n'est pas recevable. Si le défendeur devait revenir sur son acceptation de la compétence de la Cour en application de ladite convention . Quatrième exception préliminaire B. Deuxième exception préliminaire A. la prétendue République de Bosnie-Herzégovine n'est pas un Etat partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et. Attendu que la prétendue République de Bosnie-Herzégovine a été reconnue dans des conditions qui méconnaissent les règles du droit inter- . la présidence ou le gouvernement. et de formuler de nouveau toutes les conclusions et demandes qu'il a déjà présentées. la Cour n'a pas compétence en la présente affaire. Attendu qu'Alija Izetbegovii: n'occupait pas les fonctions de président de la République à l'époque ou il a donné l'autorisation d'introduire une instance et attendu que la décision d'introduire une instance n'a pas été prise par un organe compétent.2. la requête de la prétendue République de Bosnie-Herzégovine n'est pas recevable. dans les exceptions préliminaires : «La République fédérative de Yougoslavie prie la Cour de dire et juger: Première exception préliminaire A. » Au nom du Gouvernement yougoslave. en conséquence. l'autorisation d'introduire et de conduire une instance a été accordée en violation d'une règle de droit interne d'importance fondamentale.le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine se réserve le droit d'invoquer toutes les autres bases de compétence existantes. ou certaines d'entre elles. ou certaines d'entre elles. à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide est sans effet juridique. en date du 29 décembre 1992. Attendu que la prétendue République de Bosnie-Herzégovine a violé de façon flagrante.1. les obligations découlant du principe de l'égalité des droits et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et que pour cette raison la notification de succession de la Partie requérante. Attendu que la guerre civile exclut l'existence d'un différend international. Attendu que la prétendue République de Bosnie-Herzégovine n'est pas devenue Etat partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide conformément aux dispositions de la convention elle-même.Monténégro) a accepté la compétence de la Cour en vertu de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.1. Troisième exception préliminaire B.2.ce qu'en tout état de cause il n'est pas autorisé à faire . par ses actes relatifs à l'indépendance. en conséquence.
If the Respondent were to reconsider its acceptance of the jurisdiction of the Court under the terms of that Convention . Whereas the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina has been recognized in contravention of the rules of international law and that .1.the Government of Bosnia and Herzegovina reserves its right to invoke also al1 or some of the other existing titles of jurisdiction and to revive al1 or some of its previous submissions and requests. of the Applicant to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide has no legal effect.2. not entitled to do . Whereas the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina has by its acts on independence flagrantly violated the duties stemrning from the principle of equal rights and self-determination of peoples and for that reason the Notification of Succession. 1. Fourth preliminary objection B. Whereas civil war excludes the existence of an international dispute. in any event. the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina is not a State party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide and consequently the Court has no jurisdiction over this case." On behalf of the Government of Yugoslavia. Third preliminary objection B. the Application of the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina is not admissible. Whereas Alija IzetbegoviC did not serve as the President of the Republic at the time when he granted the authorization to initiate proceedings and whereas the decision to initiate proceedings was not taken by the Presidency nor the Government as the competent organs. consequently. the authorization for the initiation and conduct of proceedings was granted in violation of a rule of interna1 law of fundamental significance and. in the preliminary objections: "The Federal Republic of Yugoslavia asks the Court to adjudge and declare : First preliminary objection A. dated 29 December 1992. Whereas the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina has not become a State party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide in accordance with the provisions of the Convention itself.2.accepted the jurisdiction of this Court under the terms of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. the Application by the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina is not admissible. Second preliminary objection A.which it is.
la Cour n'est pas compétente en la présente affaire.2. conflit auquel la République fédérative de Yougoslavie n'est pas partie prenante. : Septième exception préliminaire D. la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide ne serait pas applicable entre les Parties avant le 29 décembre 1992 et elle ne conférerait donc pas à la . Cinquième exception préliminaire C. la Cour est compétente en l'espèce à compter du 29 mars 1993 de sorte que les demandes de la Partie requérante relatives aux actes ou faits allégués par elle et intervenus antérieurement à cette date ne sont pas du ressort de la Cour. il n'existe pas de différend international au sens de l'article IX de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et.1. Attendu qu'il y a en l'espèce un conflit interne entre quatre parties. attendu que la notification de succession en date du 29 décembre 1992 par laquelle la prétendue République de Bosnie-Herzégovine a exprimé son intention de devenir partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide ne peut avoir pour effet que l'adhésion à la convention. la prétendue République de Bosnie-Herzégovine n'est pas partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. si la notification de succession de la Partie requérante en date du 29 décembre 1992 est interprétée comme ayant pour effet que celle-ci est devenue partie à la convention de 1948 sur le génocide à compter du 6 mars 1992. Si la Cour ne retient aucune des exceptions préliminaires susmentionnées : Sixième exception préliminaire D.605 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) national. Attendu que le mémoire de la Partie requérante est fondé sur une interprétation foncièrement erronée de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et qu'en conséquence les demandes contenues dans les «conclusions» sont fondées sur des allégations de responsabilité d'Etat qui échappent au domaine d'application de la convention et de sa clause compromissoire. Sans préjudice des exceptions préliminaires qui précèdent. en conséquence. Au cas où la Cour refuserait de faire droit à l'exception préliminaire visée en D. 1. que celle-ci n'a jamais été établie sur le territoire qu'elle revendique comme le sien et dans la forme sous laquelle elle prétend exister depuis sa déclaration illégale d'indépendance. la Cour n'est pas compétente en la présente affaire. et attendu qu'il existe actuellement quatre Etats sur le territoire de l'ex-République yougoslave de Bosnie-Herzégovine. d'après la règle du droit international coutumier. Sans préjudice de la sixième exception préliminaire. en conséquence. et attendu que la République fédérative de Yougoslavie n'exerçait aucune juridiction sur les territoires en cause pendant la période considérée.
In case the Court refuses to adopt the preliminary objection under D .2. and consequently. dated 29 December 1992. l : Seventh preliminary objection D. If the Court does not accept any of the above-mentioned preliminary objections : Sixth preliminary objection D. if the Applicant State's Notification of Succession. thus. this would . whereby the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina expressed the intention to enter into the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide can only produce the effect of accession to the Convention. consequently. the Applicant's claims pertaining to the alleged acts or facts which occurred prior to that date do not fa11 within the jurisdiction of the Court. Without prejudice to the sixth preliminary objection.1. accordingly. Whereas the case in point is an interna1 conflict between four sides in which the Federal Republic of Yugoslavia is not taking part and whereas the Federal Republic of Yugoslavia did not exercise any jurisdiction over the disputed areas in the period under review. and that there are at present four States in existence in the territory of the former Yugoslav Republic of Bosnia and Herzegovina. Without prejudice to the above exposed preliminary objections.it has never been established in the territory and in the form in which it pretends to exist ever since its illegal declaration of independence. according to the rule of customary international law. is construed on the basis that it has the effect that the Applicant state became a party to the 1948 Genocide Convention from 6 March 1992. in consequence the claims contained in the 'Submissions' are based on allegations of State responsibility which fa11 outside the scope of the Convention and of its compromissory clause. Whereas the Memorial of the Applicant State is based upon a fundamentally erroneous construction of the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide and. the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide would not be operative between the parties prior to 29 December 1992 and. whereas the Notification of Succession. Fifth pveliminavy objection C. the so-called Republic of Bosnia and Herzegovina is not a party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime or Genocide. the Court has no jurisdiction over this case. there is no international dispute under Article IX of the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide and. the Court has jurisdiction over this case as of 29 March 1993 and. the Court has no jurisdiction over this case. dated 29 December 1992.
qui se sont produits en Bosnie-Herzégovine. en conséquence. il n'existe aucun différend international selon les termes de l'article IX de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. )) Au nom du Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine.de dire et juger: i) que la Cour a compétence à l'égard des conclusions présentées dans le mémoire de la Bosnie-Herzégovine.» 15. dans l'exposé écrit contenant ses observations et conclusions sur les exceptions préliminaires : ((Considérant l'exposé qui précède. la requête de la Bosnie-Herzégovine n'est pas recevable. à l'audience du 2 mai 1996 : «La République fédérative de Yougoslavie prie la Cour de dire et juger: Première exception préliminaire Attendu que les événements. l'autorisation d'introduire et de conduire une instance a été accordée en violation de règles de droit interne d'importance fondamentale. les demandes de la Partie requérante relatives aux actes ou faits allégués par elle qui sont antérieurs au 29 décembre 1992 ne sont pas du ressort de la Cour. ii) que ces conclusions sont recevables. Dans la procédure orale. le Gouvernement de la République de Bosnie-Herzégovine demande à la Cour: . les conclusions ci-après ont été présentées par les Parties : Au nom du Gouvernement yougoslave '.de rejeter et écarter les exceptions préliminaires de la Yougoslavie (Serbie et Monténégro). 15 . en conséquence. Troisième exception préliminaire Attendu que la Bosnie-Herzégovine n'a pas établi sa qualité d7Etatindé- ' Le Gouvernement yougoslave a renoncé a sa quatrième exception préliminaire. attendu que la décision d'introduire une instance n'a pas été prise par un organe compétent. la requête de la Bosnie-Herzégovine n'est pas recevable. auxquels se réfère la requête. Alija IzetbegoviC n'occupait pas les fonctions de président de la République à l'époque où il a donné l'autorisation d'introduire une instance et. constituent une guerre civile. Deuxième exception préliminaire Attendu que M. La République fédérative de Yougoslavie se réserve le droit de compléter ou de modifier ses conclusions à la lumière des plaidoiries à venir. et . la présidence ou le gouvernement.Cour compétence à l'égard d'événements intervenus avant cette date. en conséquence.
Second preliminary objection Whereas Mr. consequently. consequently. in the written statement containing its observations and submissions on the preliminary objections : "In consideration of the foregoing. the Application by Bosnia and Herzegovina is not admissible. the Applicant's claims pertaining to the alleged acts or facts which occurred prior to 29 December 1992 do not fa11 within the jurisdiction of the Court." 15. at the hearing on 2 May 1996: "The Federal Republic of Yugoslavia asks the Court to adjudge and declare : First preliminary objection Whereas the events in Bosnia and Herzegovina to which the Application refers constituted a civil war.not confer jurisdiction on the Court in respect of events occurring prior to 29 December 1992 and consequently. Alija Izetbegovii: did not serve as the President of the Republic at the time when he granted the authorization to initiate proceedings and whereas the decision to initiate proceedings was not taken either by the Presidency or the Government as the competent organs. The Federal Republic of Yugoslavia reserves its right to supplement or amend its submissions in the light of further pleadings.to adjudge and declare: (i) that the Court has jurisdiction in respect of the submissions presented in the Memorial of Bosnia and Herzegovina. and . the authorization for the initiation and conduct of proceedings was granted in violation of the mles of interna1 law of fundamental significance. no international dispute exists within the terms of Article IX of the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide." On behalf of the Government of Bosnia and Herzegovina. 15 . In the oral proceedings. the Application of Bosnia and Herzegovina is not admissible. the following submissions were presented by the Parties : On behalf of the Government of Yugoslavia'. and (ii) that the submissions are admissible. the Government of the Republic of Bosnia and Herzegovina requests the Court: . Third preliminary objection Whereas Bosnia and Herzegovina has not established its independent The Government of Yugoslavia relinquished its fourth preliminary objection.to reject and dismiss the Prelirninary Objections of Yugoslavia (Serbia and Montenegro).
en date du 29 décembre 1992. le 14 décembre 1995. les demandes de la Partie requérante figurant dans ses ~~conclusions» reposent sur des allégations de responsabilité d'Etat qui se situent en dehors du champ d'application de la convention et de sa clause compromissoire. par laquelie la Bosnie-Herzégovine a expkmé l'intention de devenir partie a la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide ne peut avoir pour effet que l'adhésion a la convention. il n'existe aucun différend international en vertu de l'article IX de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et. la Cour n'est pas compétente en la présente affaire. par conséquent. auquel la République fédérative de Yougoslavie n'est pas partie prenante. la Cour n'est pas compétente en la présente affaire. en conséquence. Attendu que la Bosnie-Herzégovine n'est pas devenue partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide conformément aux dispositions de la convention elle-même. les demandes de la Partie requérante qui ont trait aux actes ou faits qui se seraient produits avant cette date ne sont pas du ressort de la Cour. en conséquence. en conséquence. Au cas où la Cour refuserait de faire droit aux exceptions préliminaires qui précèdent : . Si la Cour ne retient aucune des exceptions préliminaires susmentionnées : Sixième exception préliminaire Sans préjudice des exceptions préliminaires qui précèdent. attendu aue la notification de succession.pendant conformément au principe de l'égalité des droits et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et pour cette raison n'a pu succéder à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Cinquième exception préliminaire Attendu qu'il y a en l'espèce un conflit interne entre trois parties. attendu que les deux Parties ont reconnu. Attendu que le mémoire de la Partie requérante repose sur une interprétation fondamentalement erronée de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et que. la Bosnie-Herzégovine n'est pas un Etat partie a la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. la Cour n'est pas compétente en la présente affaire avant le 14 décembre 1995. que la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide n'était pas applicable entre elles avant le 14 décembre 1995. chacune. Subsidiairement et sans préjudice des exceptions préliminaires formulées cidessus. la Cour n'est pas compétente en la présente affaire avant le 29 mars 1993 et. et attendu que la République fédérative de Yougoslavie n'exerçait aucune juridiction sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine à l'époque considérée. en conséquence.
Alternatively and without prejudice to the preliminary objections formulated above. dated 29 December 1992. consequently. the Court lacks the competence before 14 December 1995 over the case. Bosnia and Herzegovina is not a party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. the 1948 Convention on the ~revëntion and Punishment of the Crime of Genocide was not operative between them prior to 14 December 1995. whereby Bosnia and Herzegovina expressed the intention to enter into the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide can only produce the effect of accession to the Convention. in consequence. consequently. the claims contained in the 'Submissions' are based on allegations of State responsibility which fa11 outside the scope of the Convention and of its compromissory clause. Fifth ppreliminary objection Whereas the case in point is an interna1 conflict between three sides in which the Federal Republic of Yugoslavia was not taking part and whereas the Federal Republic of Yugoslavia did not exercise any jurisdiction within the region of Bosnia and Herzegovina at the material time. In case the Court refuses to adopt the above preliminary objections: . whereas the Notification of Succession. the Applicant's claims pertaining to the alleged acts or facts which occurred prior to that date do not fa11 within the competence of the Court. If the Court does not accept any of the above-mentioned preliminary objections : Sixth preliminary objection Without prejudice to the above exposed preliminary objections.statehood in conformity with the principle of equal rights and selfdetermination of peoples and for that reason could not succeed to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. the Court lacks the competence over the case. Whereas Bosnia and Herzegovina has not become a party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide in accordance with the provisions of the Convention itself. thus. there is no international dispute under Article IX of the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. the Court lacks the competence over the case. Whereas the Memorial of the Applicant State is based upon a fundamentally erroneous interpretation of the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide and. whereas the two Parties recognized each other on 14 December 1995. the Court lacks competence before 29 March 1993 over the case and. consequently.
en conséquence. la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide n'est pas applicable entre les Parties avant le 18 mars 1993 et. en conséquence. Croates et Slovènes. les informant de ladite succession. les demandes de la Partie requérante qui ont trait aux actes ou faits allégués qui sont antérieurs au 18 mars 1993 ne sont pas du ressort de la Cour. la République fédérative de Yougoslavie prie la Cour de rejeter ladite demande. conformément aux règles du droit international général. n'est pas en vigueur. au président de la commission d'arbitrage de la conférence pour la paix en Yougoslavie. présidents des deux Républiques yougoslaves (la Serbie et le Monténégro). et subsidiairement .étence à la Cour au regard d'événements qui se sont produits avant le 18 mars 1993. la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide n'est pas applicable entre les Parties avant le 29 décembre 1992 et. conformément aux règles du droit international général.au motif que la Partie requérante n'est pas fondée à invoquer la compétence de la Cour sur la base des articles 11 et 16 du traité.au motif que le traité entre les principales puissances alliées et associées et le Royaume des Serbes. En tant que dernière exception subsidiaire : Si la notification de succession de la Partie requérante en date du 29 décembre 1992 est interprétée comme ayant pour effet que la Partie requérante est devenu partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide à compter du 6 mars 1992. Croates et Slovènes. datée du 18 mars 1993. attendu que le Secrétaire général de l'organisation des Nations Unies a adressé aux parties a ladite convention une note. attendu qu'une telle situation ne saurait conférer comp. Exceptions fondées sur de prétendues bases supplémentaires de compétence Compte tenu de la demande de la Partie requérante de fonder la compétence de la Cour sur les articles 11 et 16 du traité entre les principales puissances alliées et associées et le Royaume des Serbes. .Septième exception préliminaire Si la notification de succession de la Partie requérante en date du 29 décembre 1992 est interprétée comme ayant pour effet que la Partie requérante est devenu partie à la convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide à compter du 6 mars 1992 et. . attendu qu'elle ne saurait conférer compétence à la Cour à l'égard d'événements qui se sont produits avant le 29 décembre 1992. Momir Bulatovié. la République fédérative de Yougoslavie prie la Cour de rejeter ladite demande. les demandes de la Partie requérante qui ont trait aux actes ou faits allégués qui sont antérieurs au 29 décembre 1992 ne sont pas du ressort de la Cour. Slobodan Milosevié et M. signé à Saint-Germainen-Laye le 10 septembre 1919. Compte tenu de la demande de la Partie requérante d'établir la compétence de la Cour sur la base de la lettre du 8 juin 1992 qu'ont adressée M. signé à Saint-Germain-en-Laye le 10 septembre 1919.
whereas this would not confer competence on the Court in respect of events occurring prior to 29 December 1992.because the Treaty between Allied and Associated Powers and the Kingdom of Serbs. and alternatively . In view of the claim of the Applicant to establish the jurisdiction of the Court on the basis of the letter of 8 June 1992. Mr. informing of the said succession. according to the rules of general international law. consequently. As a final alternative: If the Applicant State's Notification of Succession. dated 29 December 1992. the Federal Republic of Yugoslavia asks the Court to reject the said claim. and. the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide would not be operative between the Parties prior to 18 March 1993 and. Momir BulatoviC. consequently. . Croats and Slovenes signed at Saint-Germain-enLaye on 10 September 1919 is not in force. signed at Saint-Germain-en-Laye on 10 September 1919. whereas this would not confer the competence on the Court in respect of events occurring prior to 18 March 1993. Croats and Slovenes. the Federal Republic of Yugoslavia asks the Court to reject the said claim. according to the rules of general international law.because the Applicant is not entitled to invoke the jurisdiction of the Court according to Articles 11 and 16 of the Treaty. Serbia and Montenegro. the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide would not be operative between the Parties prior to 29 December 1992. the Applicant's claims pertaining to the alleged acts or facts which occurred prior to 18 March 1993 do not fa11 within the competence of the Court. the Applicant's claims pertaining to the alleged acts or facts which occurred prior to 29 December 1992 do not fa11 within the competence of the Court. Slobodan MiloseviC and Mr. Objections on alleged additional bases of jurisdiction In view of the claim of the Applicant to base the jurisdiction of the Court under Articles 11 and 16 of the Treaty between Allied and Associated Powers and the Kingdom of Serbs. sent by the Presidents of the two Yugoslav Republics. .Seventh prelimirzary objection If the Applicant State's Notification of Succession. is construed as having an effect of the Applicant State becoming a party to the 1948 Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide from 6 March 1992 and whereas the Secretary-General of the United Nations sent to the parties of the said Convention the Note dated 18 March 1993. to the President of the Arbitration Commission of the Conference on Yugoslavia. dated 29 December 1992. is construed as having the effect of the Applicant State becoming a party to the Convention on the Prevention and Punishrnent of the Crime of Genocide from 6 March 1992.
la Yougoslavie a contesté. .au motif que cette déclaration n'était pas en vigueur le 31 mars 1993 ni après cette date. 3) de dire et juger i) que la Cour est compétente sur la base des divers motifs qui ont été exposés dans nos conclusions écrites antérieures et qui ont été plus amplement démontrés au cours de la présente procédure orale au regard des conclusions présentées dans le mémoire de la Bosnie-Herzégovine.au motif que la déclaration figurant dans la lettre du 8 juin 1992 ne peut pas être considérée comme une déclaration de la République fédérative de Yougoslavie conformément aux règles du droit international. Elle prendra acte auparavant du retrait par la Yougoslavie. la République fédérative de Yougoslavie prie la Cour de rejeter ladite demande. que le différend soumis . et .au motif que la demande en indication de mesures conservatoires n'emporte pas consentement à la compétence de la Cour. ii) que ces conclusions sont recevables. et . la Yougoslavie a contesté. à l'audience du 3 mai 1996: ((Considérantce qui a été exposé par la Bosnie-Herzégovine dans toutes ses conclusions écrites antérieures et ce qui a été affirmé par les représentants de cet Etat au cours de la procédure orale de cette semaine.au motif que les conditions d'application de la doctrine du forum prorogatum ne sont pas remplies. pour des raisons diverses. de sa quatrième exception préliminaire. et. le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine prie respectueusement la Cour: 1) de dire et juger que la République fédérative de Yougoslavie a abusé du droit de soulever des exceptions préliminaires que prévoient le paragraphe 6 de l'article 36 du Statut de la Cour et l'article 79 de son Règlement . La Cour se penchera d'abord sur les exceptions préliminaires soulevées par la Yougoslavie sur ce point. au cours de la procédure orale. 2) de rejeter les exceptions préliminaires de la République fédérative de Yougoslavie. dont il n'échet en conséquence plus de traiter. la Bosnie-Herzégovine a invoqué à titre principal l'article IX de la convention sur le génocide. aux termes de sa cinquième exception. Pour fonder la compétence de la Cour en l'espèce. Aux termes de sa troisième exception. que la convention lie les deux Parties ou soit entrée en vigueur entre elles.» 16. Compte tenu de la demande de la Partie requérante d'établir la compétence de la Cour sur la base de la doctrine du forum provogatum. » - Au nom du Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine. pour différents motifs.
first. to adjudge and declare that the Federal Republic of Yugoslavia has abused its right to raise prelirninary objections as foreseen in Article 36. 2.because the request for indication of provisional measures of proteetion does not imply a consent to the jurisdiction of the Court. It takes note.because the declaration was not in force on 31 March 1993 and later. has disputed the contention that the Convention binds the two Parties or that it has entered into force between them. during the oral proceedings. and . and in its fifth objection. Yugoslavia. and . as a basis for the jurisdiction of the'court in this case. which therefore need no longer be dealt with. . the Government of Bosnia and Herzegovina respectfully requests the Court." 16." On behalf of the Govevnment of Bosnia and Herzegovina..because the conditions for the application of the doctrine of forum prorogatum are not fulfilled. for various reasons. to reject and dismiss the preliminary objections of the Federal Republic of Yugoslavia. of its fourth preliminary objection. 1. In its third objection. of the Statute of the Court and to Article 79 of the Rules of Court . In view of the claim of the Applicant State to establish the jurisdiction of the Court on the basis of the doctrine of forum prorogatum. the Federal Republic of Yugoslavia asks the Court to reject the said claim. The Court will initially consider the preliminary objections raised by Yugoslavia on this point. to adjudge and declare: (i) that the Court has jurisdiction on the various grounds set out in our previous written submissions and as further demonstrated during the present pleadings in respect of the submissions presented in the Memorial of Bosnia and Herzegovina. paragraph 6. to the argument that the dispute submitted by Bosnia . Bosnia and Herzegovina has principally relied. on Article IX of the Genocide Convention. at the hearing on 3 May 1996: "Considering what has been stated by Bosnia and Herzegovina in al1 of its previous written subrnissions. and 3. on various grounds. Yugoslavia has objected. and (ii) that the submissions are admissible. of the withdrawal by Yugoslavia.because the declaration contained in the letter of 8 June 1992 cannot be understood as a declaration of the Federal Republic of Yugoslavia according to the rules of international law. considering what has been stated by the representatives of Bosnia and Herzegovina in the course of this week's oral proceedings.
le 27 avril 1992.par la Bosnie-Herzégovine entre dans les prévisions de l'article IX de la convention. date à laquelle la Bosnie-Herzégovine a assumé la responsabilité de ses relations internationales. le 29 août 1950. la Yougoslavie était liée par les dispositions de la convention à la date du dépôt de la requête en la présente affaire. avec effet à compter du 6 mars 1992. date à laquelle la République de Bosnie-Herzégovine est devenue indépendante)). à laquelle l'ex-République fédérative socialiste de Yougoslavie était partie. Le 18 mars 1993. 18. avec effet au 6 mars 1992. L'instance introduite devant la Cour oppose deux Etats dont le territoire est situé à l'intérieur de l'ex-République fédérative socialiste de Yougoslavie. sans réserves. en sa qualité de dépositaire de la convention sur le génocide. aux termes de laquelle : «La République fédérative de Yougoslavie. La Cour examinera successivement ces deux chefs d'incompétence allégués. une notification de succession aux termes de laquelle: «le Gouvernement de la République de Bosnie-Herzégovine. respectera strictement tous les engagements que la République fédérative socialiste de Yougoslavie a pris à l'échelon international. une déclaration formelle a été adoptée en son nom. ayant examiné la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. pour sa part. Celle-ci a signé la convention sur le génocide le 11 décembre 1948 et a déposé son instrument de ratification. du 9 décembre 1948. Ainsi. a communiqué le 29 décembre 1992 au Secrétaire général de l'organisation des Nations Unies. Lors de la proclamation de la République fédérative de Yougoslavie. La Cour observe en outre qu'il n'a pas été contesté que la Yougoslavie soit partie à la convention sur le génocide. le 20 mars 1993. le Secrétaire général a communiqué aux parties à la convention sur le génocide la notification ci-après: «Le 29 décembre 1992. souhaite être le successeur de cette dernière et s'engage à respecter et exécuter scrupuleusement toutes les clauses figurant dans ladite convention. » L'intention ainsi exprimée par la Yougoslavie de demeurer liée par les traités internationaux auxquels était partie l'ex-Yougoslavie a été confirmée dans une note officielle du 27 avril 1992 adressée au Secrétaire général par la mission permanente de la Yougoslavie auprès des Nations Unies. assurant la continuité de 1'Etat et de la personnalité juridique et politique internationale de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. 17. la notification de succession par le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine à la convention susmentionnée a été déposée auprès du Secrétaire général. La Bosnie-Herzégovine. » .
The proceedings instituted before the Court are between two States whose territories are located within the former Socialist Federal Republic of Yugoslavia. For its part. wishes to succeed to the same and undertakes faithfully to perfom and carry out al1 the stipulations therein contained with effect from March 6. on 29 August 1950.and Herzegovina falls within the provisions of Article IX of the Convention. as depositary of the Genocide Convention. Bosnia and Herzegovina transmitted to the Secretary-General of the United Nations. with effect from 6 March 1992. a Notice of Succession in the following terms: "the Government of the Republic of Bosnia and Herzegovina." This intention thus expressed by Yugoslavia to remain bound by the international treaties to which the former Yugoslavia was party was confirmed in an officia1 Note of 27 April 1992 from the Permanent Mission of Yugoslavia to the United Nations. to which the former Socialist Federal Republic of Yugoslavia was a party. shall strictly abide by al1 the commitments that the Socialist Federal Republic of Yugoslavia assumed internationally. international legal and political personality of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia. of December 9. that it has not been contested that Yugoslavia was party to the Genocide Convention. on 29 December 1992. continuing the State. the date on which Bosnia and Herzegovina assumed responsibility for its international relations. That Republic signed the Genocide Convention on 11 Decernber 1948 and deposited its instrument of ratification. On 18 March 1993. 1992. on 20 March 1993. Yugoslavia was bound by the provisions of the Convention on the date of the filing of the Application in the present case. the notification of succession by the Government of Bosnia and Herzegovina to the above-mentioned Convention was deposited with the Secretary-General. the date on which the Republic of Bosnia and Herzegovina became independent". the Secretary-General communicated the following Depositary Notification to the parties to the Genocide Convention: "On 29 December 1992. The Court will consider these two alleged grounds of lack of jurisdiction in turn. on 27 April 1992. having considered the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. namely. a forma1 declaration was adopted on its behalf to the effect that: "The Federal Republic of Yugoslavia. At the time of the proclamation of the Federal Republic of Yugoslavia. 18." . The Court observes. 1948. 17. Thus. without reservation. addressed to the Secretary-General. furthermore.
tous et chacun. La Cour constate que la Bosnie-Herzégovine est devenue Membre de l'organisation des Nations Unies à la suite des décisions prises le 22 mai 1992 par le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale. et la Cour en a pris note dans son ordonnance du 8 avril 1993 (Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. pour une convention de ce type.)) (C. dès son admission au sein de l'organisation.I. 20. La Yougoslavie a mis en cause la validité et l'effet juridique de la notification du 29 décembre 1992 en soutenant que la République de Bosnie-Herzégovine avait violé de façon flagrante. p. Or l'article XI de la convention sur le génocide ouvre celle-ci à ((tout Membre des Nations Unies)). La Yougoslavie a ensuite repris cette objection dans la troisième exception préliminaire qu'elle a soulevée en la présente affaire. La Yougoslavie a contesté toute ((succession automatique)) de la Bosnie-Herzégovine à la convention sur le génocide sur cette base ou autrement. Recueil 1951. p. Il ressort de ce qui précède que la Bosnie-Herzégovine pouvait devenir partie à la convention par l'effet du mécanisme de la succession dYEtats. selon la Yougoslavie.) . C. organes compétents en vertu de la Charte. 23. 21. le Secrétaire général des Nations Unies a considéré que Du tel avait été le cas. les Etats contractants n'ont pas d'intérêts propres.19.I. 16. la Cour rappellera ce qu'elle a déclaré dans son avis consultatif du 28 mai 1951 afférent aux Réserves à la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide: ((Dans une telle convention. 22. ils ont seulement. Il en résulte que l'on ne saurait. Dans ce contexte. par ses actes relatifs à l'accession à l'indépendance. mesures conservatoires. la Bosnie-Herzégovine pouvait donc devenir partie à la convention. 25). les obligations découlant du ((principe de l'égalité des droits et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes)). un intérêt commun. la Bosnie-Herzégovine n'avait pas qualité pour être partie à la convention. celui de préserver les fins supérieures qui sont la raison d'être de la convention. non plus que d'un exact équilibre contractuel à maintenir entre les droits et les charges. Peu importent alors les circonstances dans lesquelles elle a accédé à l'indépendance. Les Parties au différend ont exprimé des opinions divergentes sur les conséquences juridiques qui devraient s'attacher à la survenance d'une succession d'Etats en l'espèce. la Bosnie-Herzégovine a notamment avancé que la convention sur le génocide appartient à la catégorie des instruments de protection des droits de l'homme et qu'en conséquence la règle de la «succession automatique)) s'impose. Ainsi. parler d'avantages ou de désavantages individuels des Etats.J. Recueil 1993. La BosnieHerzégovine en conclut qu'elle est devenue partie à la convention dès son accession à l'indépendance.J. En ce qui concerne la nature de la convention sur le génocide. par. reste.
among other things. from the time of its admission to the Organization. and that consequently. they merely have. the accomplishment of those high purposes which are the raison d'être of the convention. The Parties to the dispute differed as to the legal consequences to be drawn from the occurrence of a State succession in the present case. of State succession. It is clear from the foregoing that Bosnia and Herzegovina could become a party to the Convention through the mechanism.C. Moreover. Consequently. 20. the Court would recall what it stated in its Advisory Opinion of 28 May 1951 relating to the Reservations to the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide: "In such a convention the contracting States do not have any interests of their own. the Republic of Bosnia and Herzegovina had flagrantly violated the duties stemming from the "principle of equal rights and selfdetermination of peoples". Bosnia and Herzegovina concluded therefrom that it became a party to the Convention with effect from its accession to independence.J. for this reason. 23. Yugoslavia has contested the validity and legal effect of the Notice of 29 December 1992. Reports 1993." (I. para. one and all. In this context. Yugoslavia disputed any "automatic succession" of Bosnia and Herzegovina to the Genocide Convention on this or any other basis. 21. in a convention of this type one cannot speak of individual advantages or disadvantages to States. bodies competent under the Charter. 25). Reports 1951. I.19. contended that the Genocide Convention falls within the category of instruments for the protection of human rights. The Court notes that Bosnia and Herzegovina became a Member of the United Nations following the decisions adopted on 22 May 1992 by the Security Council and the General Assembly. Bosnia and Herzegovina could thus become a party to the Convention. Bosnia and Herzegovina was not. According to Yugoslavia. p. or of the maintenance of a perfect contractual balance between rights and duties. qualified to become a party to the convention. namely. Bosnia and Herzegovina has.J. As regards the nature of the Genocide Convention. the rule of "automatic succession" necessarily applies. Yugoslavia subsequently reiterated this objection in the third preliminary objection which it raised in this case. p. Hence the circumstances of its accession to independence are of little consequence. Provisional Measuves. a comrnon interest. 16.) . and the Court took note of this in its Order of 8 April 1993 (Application of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. contending that. by its acts relating to its accession to independence.C. Article XI of the Genocide Convention opens it to "any Member of the United Nations". the Secretary-General of the United Nations considered that this had been the case. 22.
outre qu'elle restreindrait le cercle de son application. à cette époque.L'exclusion complète de la convention d'un ou de plusieurs Etats. soit le 29 mars 1993. Elle rappellera toutefois que. p. Comme elle l'indiquera dans les paragraphes suivants.J. de sa propre initiative. Toutefois. conformément à l'article XIII de la convention.) 23. même si la Bosnie-Herzégovine devait être considérée comme ayant adhéré à la convention sur le génocide. Sans préjudice de l'applicabilité ou non du principe de la ((succession automatique)) dans le cas de certains types de traités ou conventions internationaux. que. à l'audience. La Yougoslavie a aussi soutenu. les neuf jours manquant à cette date auraient été couverts par le laps de temps écoulé depuis lors. que le quatre-vingt-dixième jour suivant son dépôt. 24. revêtir une certaine pertinence au regard de la détermination de l'étendue ratione temporis de la compétence de la Cour. entrer en vigueur entre . serait une atteinte à l'autorité des principes de morale et d'humanité qui sont à sa base. de se prononcer sur les questions juridiques concernant la succession d'Etats en matière de traités qui ont été soulevées par les Parties. si la notification faite par la Bosnie-Herzégovine le 29 décembre 1992 devait être interprétée comme constituant un instrument d'adhésion au sens de l'article XI de la convention sur le génocide.de sa notification de succession du 29 décembre 1992. point sur lequel la Cour se penchera plus loin (voir paragraphe 34). le cas échéant. 24. Recueil 1951. » (C. 25. ce qui aurait pour conséquence que la requête pourrait être tenue pour prématurée au moment de son dépôt le 20 mars 1993. Peu importe dès lors que la requête eût été déposée quelques jours trop tôt.La Cour a ensuite constaté dans ce même avis: ((L'objet et le but de la convention sur le génocide impliquent chez l'Assemblée générale et chez les Etats qui l'ont adoptée l'intention d'y voir participer le plus grand nombre possible d7Etats.I. comme elle l'a noté dans son ordonnance du 8 avril 1993. pour décider de sa compétence en l'espèce. en tout état de cause. au cours duquel la Bosnie-Herzégovine aurait pu. remédier à ce défaut procédural par le dépôt d'une nouvelle requête. Que la Bosnie-Herzégovine soit devenue automatiquement partie à la convention sur le génocide à la date de son accession à l'indépendance le 6 mars 1992. elle n'aurait pu prendre effet. Tout au plus ces questions pourraient-elles. la Yougoslavie a fait valoir que. la question de l'application des articles XI et XIII de la convention n'a pas à être posée. celle-ci n'aurait pu. la Cour ne considère pas nécessaire. dans sa sixième exception préliminaire. La Cour étant parvenue à la conclusion que la Bosnie-Herzégovine pouvait devenir partie à la convention sur le génocide par l'effet d'une succession. le 20 mars 1993. ou qu'elle le soit devenue par l'effet rétroactif ou non . à supposer même que la Bosnie-Herzégovine ait été liée par la convention en mars 1993. elle y était partie à la date du dépôt de sa requête. la Cour n'est pas tenue d'attacher à des considérations de forme la même importance que celle qu'elles pourraient avoir dans le droit interne.
These matters might. but would detract from the authority of the moral and humanitarian principles which are its basis. which would mean that the Application could be said to be premature by nine days when filed on 20 March 1993. the Court would recall that. Whether Bosnia and Herzegovina automatically became party to the Genocide Convention on the date of its accession to independence on 6 March 1992. as it noted in its Order of 8 April 1993. to make a determination on the legal issues concerning State succession in respect to treaties which have been raised by the Parties. Yugoslavia has also contended. However. in order to decide on its jurisdiction in this case." (1. 24. even if Bosnia and Herzegovina were to be treated as having acceded to the Genocide Convention. 24. or whether it became a party as a result retroactive or not . during the time elapsed since then. p.The Court subsequently noted in that Opinion that: "The object and purpose of the Genocide Convention imply that it was the intention of the General Assembly and of the States which adopted it that as many States as possible should participate. even supposing that Bosnia and Herzegovina had been bound by the Convention in March 1993. have entered into force . on the 90th day following its deposit. J 2 25. possess a certain relevance with respect to the determination of the scope ratione temporis of the jurisdiction of the Court. As will be indicated in the following paragraphs. a point which the Court will consider later (paragraph 34 below). However. The complete exclusion from the Convention of one or more States would not only restrict the scope of its application. It therefore matters little that the Application had been filed some days too early. that is. Since the Court has concluded that Bosnia and Herzegovina could become a party to the Genocide Convention as a result of a succession.) C. in its sixth preliminary objection. at that time. if the Notice given by Bosnia and Herzegovina on 29 December 1992 had to be interpreted as constituting an instrument of accession within the meaning of Article XI of the Genocide Convention. the Court does not consider it necessarv. at al1 events it was a party to it on the date of the filing of its Application on 20 March 1993. it could only have become effective. on its own initiative. that. in the oral proceedings Yugoslavia submitted that. it could not. Without prejudice as to whether or not the principle of "automatic succession" applies in the case of certain types of international treaties or conventions. the question of the application of Articles XI and XIII of the Convention does not arise. at the most. Reports 1951. the Court is not bound to attach the same degree of importance to considerations of f o m as they might possess in domestic law . 29 March 1993. have remedied the procedural defect by filing a new Application. Bosnia and Herzegovina could. pursuant to Article XIII of the Convention. J. 23.of its Notice of Succession of 29 December 1992.
I.) La présente Cour a fait application de ce principe dans l'affaire du Cameroun septentrional (C. dans l'affaire des Concessions Mavrommatis en Palestine. la Cour permanente de Justice internationale. 14. la Cour permanente s'est exprimée de la sorte: «Même si la base de l'introduction d'instance était défectueuse pour la raison mentionnée. série A no 6. Aux fins de se prononcer sur sa compétence en l'espèce. Telle n'est cependant plus la situation qui prévaut depuis la signature et l'entrée en vigueur. p. n'est pas tenue d'attacher à des considérations de forme la même importance qu'elles pourraient avoir dans le droit interne.P.613 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRET) les Parties. cette condition pourrait être à tout moment remplie par un acte unilatéral de la Partie demanderesse. » 26.) C'est du même principe que procède le dictum suivant de la Cour permanente de Justice internationale dans l'affaire relative à Certains intérêts allemands en Haute-Silésie polonaise: «Même si la nécessité d'une contestation formelle ressortait de l'article 23. la Cour n'a pas à trancher la question de savoir quels peuvent être les effets d'une situation de non-reconnaissance sur les liens contractuels entre parties à un traité multilatéral. p.P. exerçant une juridiction internationale. ce ne serait pas une raison suffisante pour débouter le demandeur de sa requête. 34.I. ce fait aurait été couvert par le dépôt ultérieur des ratifications requises. le 14 décembre 1995. des accords de Dayton-Paris.I. J. même si l'introduction avait été prématurée. Les autres aspects de leur reconnaissance réciproque feront l'objet de nouveaux pourparlers. 28). car les deux Etats ne se reconnaissaient pas et les conditions nécessaires pour conférer une base consensuelle à la juridiction de la Cour faisaient par suite défaut. Dans ces conditions.J.)) (C. Recueil 1963. toutes les conditions sont à présent réunies pour fonder la compétence de la Cour ratione personae. a toujours eu recours au principe selon lequel elle ne doit pas sanctionner un défaut qui affecterait un acte de procédure et auquel la partie requérante pourrait aisément porter remède. Certes. comme sa devancière. dont l'article X stipule: «La République fédérative de Yougoslavie et la République de Bosnie-Herzégovine se reconnaissent l'une l'autre comme Etats indépendants souverains à l'intérieur de leurs frontières internationales. La Cour. ainsi que dans celle des .J. parce que le traité de Lausanne n'était pas encore ratifié. La Cour ne pourrait s'arrêter à un défaut de forme qu'il dépendrait de la seule Partie intéressée de faire disparaître. » (C. Il lui suffira de constater qu'à supposer même que la convention sur le génocide ne soit entrée en vigueur entre les Parties qu'à la signature des accords de Dayton-Paris. Ainsi. la compétence de la Cour doit normalement s'apprécier à la date du dépôt de l'acte introductif d'instance. série A no 2. p. Cependant la Cour.
No. For the purposes of determining its jurisdiction in this case. and the entry into force on 14 December 1995.. Reports 1963. And the Court cannot allow itself to be hampered by a mere defect of form. . Series A. al1 the conditions are now fulfilled to found the jurisdiction of the Court ratione personae. The Court. Even. Series A. if the application were premature because the Treaty of Lausanne had not yet been ratified.. the Permanent Court of International Justice. 14. the Court has no need to settle the question of what the effects of a situation of non-recognition may be on the contractual ties between parties to a multilateral treaty. However. Further aspects of their mutual recognition will be subject to subsequent discussions. J. the Permanent Court said: "Even if the grounds on which the institution of proceedings was based were defective for the reason stated. as well as Military and C. the existence of a definite dispute were necessary. 2. However. Hence. this condition could at any time be fulfilled by means of unilateral action on the part of the applicant Party.) The present Court applied this principle in the case concerning the Northern Cameroons (I. this circumstance would now be covered by the subsequent deposit of the necessary ratifications. like its predecessor. Article X of which stipulates that: "The Federal Republic of Yugoslavia and the Republic of Bosnia and Herzegovina recognize each other as sovereign independent States within their international borders. whose jurisdiction is international. has always had recourse to the principle according to which it should not penalize a defect in a procedural act which the applicant could easily remedy. the Court." (P. of the Dayton-Paris Agreement. It need only note that. therefore. because the two States did not recognize one another and the conditions necessary to found the consensual basis of the Court's jurisdiction were therefore lacking.C. this situation no longer obtains since the signature. 6. even if it were to be assumed that the Genocide Convention did not enter into force between the Parties until the signature of the Dayton-Paris Agreement.I.) The same principle lies at the root of the following dictum of the Permanent Court of International Justice in the case concerning Certain German Interests in Polish Upper Silesia: "Even if. in the case concerning the Mavrommatis Palestine Concessions. 28). p. is not bound to attach to matters of form the same degree of importance which they might possess in municipal law." 26. this would not be an adequate reason for the dismissal of the applicant's suit. 34. the removal of which depends solely on the Party concerned. p." (P. No. J. p.C. under Article 23. It is the case that the jurisdiction of the Court must normally be assessed on the date of the filing of the act instituting proceedings.between the Parties. J.I.
la Cour ne saurait écarter sa compétence sur cette base dans la mesure où la Bosnie-Herzégovinepourrait à tout moment déposer une nouvelle requête. la Cour estime devoir rejeter la troisième exception préliminaire de la Yougoslavie. quant à l'exécution ou à la non-exécution de certaines obligations découlant d['un traité]. ordonne à la Yougoslavie de mettre fin aux actes contraires aux obligations stipulées dans la convention. dont elle doit réparer les conséquences de manière appropriée. qui serait de ce point de vue inattaquable. 27. que ce soit au stade des procédures afférentes aux demandes en indication de mesures conservatoires. J. l'application ou l'exécution de la présente convention. Au vu de ce qui précède. Reste à la Cour. à la requête d'une partie au différend.» C'est sur la compétence ratione materiae ainsi définie que porte la cinquième exception de la Yougoslavie. et dise que la Yougoslavie a engagé sa responsabilité internationale à raison de ces violations. quand bien même il serait établi que les Parties. par.) En l'occurrence. 83. 28. » (C.Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua c. sont nettement opposés)) (Interprétation des traités . Etats-Unis d'Amérique) lorsqu'elle a déclaré : «Il n'y aurait aucun sens à obliger maintenant le Nicaragua à entamer une nouvelle procédure sur la base du traité . 428-429. Si la Yougoslavie s'est abstenue de déposer un contre-mémoire au fond et a soulevé des exceptions préliminaires. . la Cour constate en conséquence qu'il persiste «une situation dans laquelle les points de vue des deux parties. 29. ne l'auraient été entre elles qu'à compter du 14 décembre 1995. Recueil 1984.ce qu'il aurait pleinement le droit de faire. qui étaient liées chacune par la convention au moment du dépôt de la requête. y compris ceux relatifs à la responsabilité d'un Etat en matière de génocide ou de l'un quelconque des autres actes énumérés à l'article III. En leur dernier état. elle n'en a pas moins globalement rejeté toutes les allégations de la Bosnie-Herzégovine. à vérifier s'il existe entre les Parties un différend entrant dans les prévisions de cette disposition. les demandes présentées à titre principal par la Bosnie-Herzégovine tendent à ce que la Cour dise et juge que la Yougoslavie a violé de diverses façons la convention sur le génocide. L'article IX de la convention est ainsi conçu : «Les différends entre les Parties contractantes relatifs à l'interprétation. ou au stade de la présente procédure relative auxdites exceptions. Conformément à une jurisprudence bien établie. pour déterminer si elle a compétence pour connaître de l'affaire sur la base de l'article IX de la convention sur le génocide. seront soumis à la Cour internationale de Justice.I. p. identique à la présente.
shall be submitted to the International Court of Justice at the request of any of the parties to the dispute. In conformity with well-established jurisprudence. for which it must make appropriate reparation. 428-429. the Court accordingly notes that there persists "a situation in which the two sides hold clearly opposite views concerning the question of the performance or non-performance of certain treaty obligations7' (Interpretation of Peace Treaties with . or at the stage of the present proceedings relating to those objections. including those relating to the responsibility of a State for genocide or for any of the other acts enumerated in article III. to order Yugoslavia to cease the acts contrary to the obligations stipulated in the Convention." (I. Article IX of the Convention is worded as follows: "Disputes between the Contracting Parties relating to the interpretation. While Yueoslavia has refrained from filing a Counter-Memorial on the rnerits and has raised preliminary objectigns. 28." It is jurisdiction ratione materiae. 27. it remains for the Court to verify whether there is a dispute between the Parties that falls within the scope of that provision. fn their final form.J.Paramilitary Activities in and against Nicaragua (Nicaragua v. which it would be fully entitled to do. which would be unassailable in this respect. 29. United States of America) when it stated: "It would make no sense to require Nicaragua now to institute fresh proceedings based on the Treaty. 83. had only been bound as between themselves with effect from 14 December 1995. whether at the stage of proceedings relating to the requests for the indication of provisional measures. inasmuch as Bosnia and Herzegovina might at any time file a new application. application or fulfilment of the present Convention. as so defined. the principal requests submitted by Bosnia and Herzegovina are for the Court to adjudge and declare that Yugoslavia has in several ways violated the Genocide Convention. identical to the present one. In the light of the foregoing. para.) In the present case. even if it were established that the Parties. each of which was bound by the Convention when the Application was filed. it has nevertheless wholly denied al1 of Bosnia and Herzegovina's allegations. to which Yugoslavia's fifth obiection relates. the Court considers that it must reject Yugoslavia's third preliminary objection.C. Reports 1984. and to declare that Yugoslavia has incurred international responsibility by reason of those violations. In order to determine whether it has jurisdiction to entertain the case on the basis of Article IX of the Genocide Convention. the Court could not set aside its jurisdiction on this basis. pp.
Recueil 1995. 22). 100. En d'autres termes. d'autre part.directement ou indirectement . qu'elles s'engagent à prévenir et à punir. 30. la Hongrie et la Roumanie. avis consultats C.au conflit ici en cause. la Cour se bornera à constater que les Parties soutiennent à cet égard des points de vue radicalement opposés et qu'elle ne saurait. le conflit qui a eu pour théâtre certaines parties du territoire du demandeur aurait été de nature interne.J. S'agissant enfin des problèmes territoriaux liés à l'application de la convention. «il existe un différend d'ordre juridique)) entre elles (Timor oriental (Portugal c. sans considération particulière pour les circonstances liées au caractère interne ou international d'un conflit. Australie). ainsi libellé : «Les Parties contractantes confirment que le génocide. de l'avis de la Cour. 74) et que. dès lors que les actes qu'elle vise à ses articles II et III sont perpétrés. les obligations de prévention et de répression qui sont à charge des Etats parties à la convention demeurent identiques. d'un «différend international)) au sens de la convention en se fondant sur deux propositions: d'une part. par. la Cour relèvera que la seule disposition pertinente à ce pro- . p. Elle exclut l'existence. trancher cette question. » La Cour n'aperçoit dans cette disposition aucun élément qui subordonnerait l'applicabilité de la convention à la condition que les actes qu'elle vise aient été commis dans le cadre d'un conflit de nature déterminée. quelle que soit la nature du conflit qui serve de cadre à de tels actes. Elle commencera à cet effet par rappeler les termes de l'article 1 de la convention sur le génocide. C. la responsabilité d'Etat telle que visée dans les demandes de la Bosnie-Herzégovine serait exclue du champ d'application de l'article IX. 31.de paix conclus avec la Bulgarie. La Yougoslavie le conteste. qu'il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre. que la convention est applicable. qui relève clairement du fond. est un crime du droit des gens. Les parties contractantes y expriment leur volonté de considérer le génocide comme un «crime du droit des gens» qu'elles doivent prévenir et punir indépendamment du contexte «de paix» ou «de guerre)) dans lequel il se produirait. en l'espèce. Recueil 1950. Il en découle. La Cour se penchera d'abord sur la première proposition formulée par la Yougoslavie.I. par la Yougoslavie. p.I. la Yougoslavie n'y aurait pas été partie et elle n'aurait pas exercé de juridiction sur ce territoire à l'époque considérée. du fait du rejet. et. première phase. des griefs formulés à son encontre par la Bosnie-Herzégovine. Pour asseoir sa compétence. la Cour doit cependant encore s'assurer que le différend en question entre bien dans les prévisions de l'article IX de la convention sur le génocide. à ce stade de la procédure.J. Pour ce qui est de la question de savoir si la Yougoslavie a été partie prenante .
it will start by recalling the tems of Article 1 of the Genocide Convention. Yugoslavia was not party to it and did not exercise jurisdiction over that territory at the time in question. In other words. p. however. and second. The contracting parties expressly state therein their willingness to consider genocide as "a crime under international law". C. Hungary and Romania. para. It contests the existence in this case of an "international dispute" within the meaning of the Convention. the Court must. In the view of the Court. this means that the Convention is applicable. basing itself on two propositions: first. without reference to the circumstances linked to the domestic or international nature of the conflict. Reports 1950. 31.in the conflict at issue. which they must prevent and punish independently of the context "of peace" or "of war" in which it takes place. In doing so.J. Lastly. at this stage in the proceedings. 30. settle this question. Australia). Advisory Opinion. p. I. which clearly belongs to the merits. "there is a legal dispute" between them (East Timor (Portugal v. the Court would merely note that the Parties have radically differing viewpoints in this respect and that it cannot." The Court sees nothing in this provision which would make the applicability of the Convention subject to the condition that the acts contemplated by it should have been committed within the framework of a particular type of conflict. worded as follows: "The Contracting Parties confirm that genocide. irrespective of the nature of the conflict forming the background to such acts. provided the acts to which it refers in Articles II and III have been perpetrated.Bulgaria. that State responsibility. Reports 1995.J. the obligations of prevention and punishment which are incumbent upon the States parties to the Convention remain identical. 74) and that. To found its jurisdiction. 22). As regards the question whether Yugoslavia took part . was excluded from the scope of application of Article IX. Yugoslavia disputes this. 100. is a crime under international law which they undertake to prevent and to punish. the Court would point out that the only provision relevant . as to the territorial problems linked to the application of the Convention. whether committed in time of peace or in time of war. that the conflict occurring in certain parts of the Applicant's territory was of a domestic nature. The Court will begin with a consideration of Yugoslavia's first proposition. C. as referred to in the requests of Bosnia and Herzegovina. by reason of the rejection by Yugoslavia of the complaints formulated against it by Bosnia and Herzegovina. still ensure that the dispute in question does indeed fa11 within the provisions of Article IX of the Genocide Convention. First Phase.directly or indirectly . I.
La Cour en vient maintenant à la seconde proposition de la Yougoslavie. . Une deuxième conséquence est le caractère universel à la fois de la condamnation du génocide et de la coopération nécessaire «pour libérer l'humanité d'un fléau aussi odieux» (préambule de la convention). l'article VI. La responsabilité d'un Etat pour le fait de ses organes n'est pas davantage exclue par l'article IV de la convention. dont l'article IX..I. mais. 23.» Elle rappellera par ailleurs les conséquences qu'elle a inférées. D'après la Yougoslavie..) Il en résulte que les droits et obligations consacrés par la convention sont des droits et obligations erga omnes. Recueil 1951. se contente de prévoir que les personnes accusées de l'un des actes prohibés par la convention ((seront traduites devant les tribunaux compétents de 1'Etat sur le territoire duquel l'acte a été commis. et qui est contraire à la fois à la loi morale et à l'esprit et aux fins des Nations Unies (résolution 96 (1) de l'Assemblée générale. refus qui bouleverse la conscience humaine. en revanche. La Cour constate que l'obligation qu'a ainsi chaque Etat de prévenir et de réprimer le crime de génocide n'est pas limitée territorialement par la convention.. Elle fera d'ailleurs observer qu'il ressort à suffisance des termes mêmes de cette exception que les Parties. la responsabilité d'un Etat à raison d'un acte de génocide perpétré par 1'Etat lui-même serait exclue du champ d'application de la convention. Au vu de ce qui précède. dans son avis précité du 28 mai 1951.. l'application ou l'exécution de la . sur leur imputabilité et sur l'applicabilité à ceux-ci des dispositions de la convention sur le génocide. en outre. de l'objet et du but de la convention: «Les origines de la convention révèlent l'intention des Nations Unies de condamner et de réprimer le génocide comme «un crime de droit des gens» impliquant le refus du droit à l'existence de groupes humains entiers. inflige de grandes pertes à l'humanité. non seulement s'opposent sur les faits de l'espèce. 33. 11 décembre 1946). la Cour estime devoir rejeter la cinquième exception préliminaire de la Yougoslavie. La Cour observera qu'en visant «la responsabilité d'un Etat en matière de génocide ou de l'un quelconque des autres actes énumérés à l'article III».pos. il ne saurait en conséquence faire de doute qu'il existe entre elles un différend relatif à ((l'interprétation. 32.)) (C. relative au type de responsabilité d'Etat qui serait visée à l'article IX de la convention. l'article IX n'exclut aucune forme de responsabilité d7Etat.J. Pour la Cour. VI et VII. sont en désaccord quant au sens et à la portée juridique de plusieurs de ces dispositions. Cette conception entraîne une première conséquence: les principes qui sont à la base de la convention sont des principes reconnus par les nations civilisées comme obligeant les Etats même en dehors de tout lien conventionnel. seule serait couverte la responsabilité découlant du manquement d'un Etat à ses obligations de prévention et de répression telles qu'envisagées aux articles V. qui envisage la commission d'un acte de génocide par des «gouvernants» ou des «fonctionnaires». p.
32. even without any conventional obligation.) It follows that the rights and obligations enshrined by the Convention are rights and obligations erga omnes. For the Court. regarding the type of State responsibility envisaged in Article IX of the Convention. that Article would only cover the responsibility flowing from the failure of a State to fulfil its obligations of prevention and punishment as contemplated by Articles V. there is accordingly no doubt that there exists a dispute between them relating to "the interpretation. and which is contrary to moral law and to the spirit and aims of the United Nations (Resolution 96 (1) of the General Assembly. Article VI.to this. December 11th 1946). According to Yugoslavia. The Court notes that the obligation each State thus has to prevent and to punish the crime of genocide is not territorially limited by the Convention. (Preamble to the Convention). VI and VII. the responsibility of a State for an act of genocide perpetrated by the State itself would be excluded from the scope of the Convention. . The Court now comes to the second proposition advanced by Yugoslavia. which contemplates the commission of an act of genocide by "rulers" or "public officials". In the light of the foregoing. . including Article IX." (I. but are moreover in disagreement with respect to the meaning and legal scope of several of those provisions. 33. application or . Nor is the responsibility of a State for acts of its organs excluded by Article IV of the Convention. It would moreover observe that it is sufficiently apparent from the very terms of that objection that the Parties not only differ with respect to the facts of the case. merely provides for persons accused of one of the acts prohibited by the Convention to "be tried by a competent tribunal of the State in the territory of which the act was committed . cited above: "The origins of the Convention show that it was the intention of the United Nations to condemn and punish genocide as 'a crime under international law' involving a denial of the right of existence of entire human groups. the Court considers that it must reject the fifth preliminary objection of Yugoslavia. on the other hand. their imputability and the applicability to them of the provisions of the Genocide Convention. does not exclude any form of State responsibility. A second consequence is the universal character both of the condemnation of genocide and of the CO-operation required 'in order to liberate mankind from such an odious scourge' C. J. a denial which shocks the conscience of mankind and results in great losses to humanity. Reports 1951. The Court would observe that the reference in Article IX to "the responsibility of a State for genocide or for any of the other acts enumerated in Article III". p. It would also recall its understanding of the object and purpose of the Convention. 23.". as set out in its Opinion of 28 May 1951. The first consequence arising from this conception is that the principles underlying the Convention are principles which are recognized by civilized nations as binding on States.
convention, y compris ... la responsabilité d'un Etat en matière de génocide...)), selon la formule utilisée par cette dernière disposition (voir Applicabilité de l'obligation d'arbitrage en vertu de la section 21 de l'accord du 26 juin 1947 relatif au siège de l'Organisation des Nations Unies, avis consultat$ C.I.J. Recueil 1988, p. 27-32).
34. Etant parvenue à la conclusion qu'elle a compétence en l'espèce, tant ratione personae que ratione materiae sur la base de l'article IX de la convention sur le génocide, il incombe encore à la Cour de préciser I'étendue de cette compétence ratione temporis. Dans ses sixième et septième exceptions préliminaires, la Yougoslavie, se fondant sur le principe de la non-rétroactivité des actes juridiques, a en effet fait valoir à titre subsidiaire que, quand bien même la Cour serait compétente sur la base de la convention, elle ne pourrait connaître que des faits postérieurs aux différentes dates auxquelles la convention aurait pu devenir applicable entre les Parties. A cet égard, la Cour se bornera à observer que la convention sur le génocide - et en particulier son article IX - ne comporte aucune clause qui aurait pour objet ou pour conséquence de limiter de la sorte l'étendue de sa compétence ratione temporis et que les Parties ellesmêmes n'ont formulé aucune réserve à cet effet, ni à la convention, ni à l'occasion de la signature des accords de Dayton-Paris. La Cour constate ainsi qu'elle a compétence en l'espèce pour assurer l'application de la convention sur le génocide aux faits pertinents qui se sont déroulés depuis le début du conflit dont la Bosnie-Herzégovine a été le théâtre. Cette constatation est d'ailleurs conforme à l'objet et au but de la convention tels que définis par la Cour en 1951 et rappelés ci-dessus (voir paragraphe 31). La Cour estime par suite devoir rejeter les sixième et septième exceptions préliminaires de la Yougoslavie.
35. Après le dépôt de sa requête, la Bosnie-Herzégovine a invoqué diverses bases supplémentaires de compétence de la Cour en l'espèce. Bien qu'elle se soit essentiellement prévalue, tant au cours de la procédure écrite qu'orale, de l'article IX de la convention sur le génocide, la Bosnie-Herzégovine a indiqué qu'elle maintenait ses prétentions au titre de ces bases supplémentaires. Elle a en particulier précisé à l'audience que si elle renonçait «à toutes les demandes [exposées dans sa requête] qui ne sont pas directement liées au génocide commis par la Yougoslavie ou auquel elle a contribué)), lesdites bases supplémentaires pouvaient néanmoins
((présenter un certain intérêt pour permettre à la Cour de se prononcer sur certains moyens auxquels la Yougoslavie a eu recours pour perpétrer le génocide dont elle est accusée, en particulier le recours à
fulfilment of the . . . Convention, including . . . the responsibility of a State for genocide . . .", according to the form of words employed by that latter provision (cf. Applicability of the Obligation to Arbitrate under Section 21 of the United Nations Headquarters Agreement of 26 June 1947, Advisory Opinion, I. C.J. Reports 1988, pp. 27-32).
34. Having reached the conclusion that it has jurisdiction in the present case, both ratione personae and ratione materiae on the basis of Article IX of the Genocide Convention, it remains for the Court to specify the scope of that jurisdiction ratione temporis. In its sixth and seventh preliminary objections, Yugoslavia, basing its contention on the principle of the non-retroactivity of legal acts, has indeed asserted as a subsidiary argument that, even though the Court might have jurisdiction on the basis of the Convention, it could only deal with events subsequent to the different dates on which the Convention might have become applicable as between the Parties. In this regard, the Court will confine itself to the observation that the Genocide Convention - and in particular Article IX - does not contain any clause the object or effect of which is to limit in such manner the scope of its jurisdiction ratione temporis, and nor did the Parties themselves make any reservation to that end, either to the Convention or on the occasion of the signature of the Dayton-Paris Agreement. The Court thus finds that it has jurisdiction in this case to give effect to the Genocide Convention with regard to the relevant facts which have occurred since the beginning of the conflict which took place in Bosnia and Herzegovina. This finding is, moreover, in accordance with the object and purpose of the Convention as defined by the Court in 1951 and referred to above (see paragraph 31). As a result, the Court considers that it must reject Yugoslavia's sixth and seventh preliminary objections.
35. After the filing of its Application, Bosnia and Herzegovina invoked various additional bases of iurisdiction of the Court in the ~resent case. Even though, in both the written and oral proceedings, it relied essentially upon Article IX of the Genocide Convention, Bosnia and Herzegovina indicated that it was maintaining its claims in relation to those additional grounds of jurisdiction. In particular, it specified at the hearing that while it was renouncing "al1 the claims [set forth in its Application] which are not directly linked to the genocide committed or abetted by Yugoslavia", those additional bases could nonetheless "present a degree of interest, enabling the Court to make findings on some of the means used by Yugoslavia to perpetrate the genocide of which it stands accused, and particularly its recourse to a war of
une guerre d'agression au cours de laquelle elle a commis des infractions graves aux conventions de Genève de 1949 et aux protocoles 1 et II de 1977)); et la Bosnie-Herzégovine d'ajouter que «la Cour pourrait procéder ainsi sur le seul fondement de l'article IX», tout en expliquant que: «La possibilité de s'appuyer sur d'autres bases de compétence ... serait de nature au moins à ... éviter des controverses stériles entre les Parties sur la question de savoir si ces comportements sont ou non ((suffisamment directement liés» à la convention. )) 36. La Yougoslavie, pour sa part, a soutenu, au cours de la procédure, que la Cour ne pourrait prendre en considération celles de ces bases supplémentaires qui auraient pu être mentionnées dans la requête et ne l'ont pas été. Toutefois, dans ses conclusions finales, elle n'a pas réitéré cette objection et a prié la Cour, pour les motifs y indiqués, de décliner toute compétence au titre desdites bases.
37. Ainsi que la Cour l'a indiqué plus haut (voir paragraphe 4), l'agent de la Bosnie-Herzégovine a déposé au Greffe, le 31 mars 1993, le texte d'une lettre en date du 8 juin 1992, adressée au président de la commission d'arbitrage de la conférence internationale pour la paix en Yougoslavie par M. Momir BulatoviC, président de la République du Monténégro, et M. Slobodan MiloseviC, président de la République de Serbie. Selon la traduction française de cette lettre, fournie par la BosnieHerzégovine, ceux-ci s'y exprimaient notamment comme suit: «La RF yougoslave est d'avis que toutes les disputes légales qui ne peuvent pas être résolues entre la RF yougoslave et les anciennes républiques yougoslaves, qu'elles devraient être soumises à la Cour internationale de la Paix, qui est le principal organe judiciaire des Nations Unies. En conséquence, et étant donné que les questions demandées dans votre lettre sont de nature légale, la RF yougoslave propose que, en cas où une solution n'est pas trouvée entre les participants à la conférence, les questions susmentionnées soient jugées par la Cour internationale de la Paix, en concordance avec son Statut. )) La Cour estime que, compte tenu des circonstances dans lesquelles la lettre en question a été écrite, ainsi que des déclarations qui l'ont suivie, elle ne peut considérer celle-ci comme exprimant un engagement immédiat des deux présidents, ayant force obligatoire pour la Yougoslavie, d'accepter inconditionnellement que soit soumise à la Cour, par requête unilatérale, une grande diversité de différends juridiques. Elle confirme ainsi la conclusion provisoire à laquelle elle était parvenue à cet égard dans ses ordonnances du 8 avril (C.I.J. Recueil 1993, p. 16-18, par. 2732) et du 13 septembre 1993 (C.I.J. Recueil 1993, p. 340-341, par. 32);
it did not reiterate that objection and asked the Court." The Court finds that. President of the Republic of Montenegro. it could not be taken as expressing an immediate commitment by the two Presidents. 16-18. given the circumstances in which that letter was written and the declarations that ensued. to accept unconditionally the unilateral submission to the Court of a wide range of legal disputes. for the reasons there given. As the Court has indicated above (see paragraph 4). . contended during the proceedings that the Court could not take account of such additional grounds as could have been referred to in the Application but to which no reference was in fact made." 36. on 3 1 March 1993. and in view of the fact that al1 the issues raised in your letter are of a legal nature. President of the Republic of Serbia. 32). According to the English translation of that letter provided by Bosnia and Herzegovina. no fundamentally new argument has been presented to it on this matter since that time. inter alia: "FR Yugoslavia holds the view that al1 legal disputes which cannot be settled by agreement between FR Yugoslavia and the former Yugoslav republics should be taken to the International Court of Justice. for its part. . Slobodan Milosevié. pp.aggression during which it seriously violated the 1949 Geneva Conventions and the 1977 Protocols 1 and II". It fol- . the Agent of Bosnia and Herzegovina filed in the Registry. would at least . para. avoid futile arguments between the Parties as to whether such conduct is or is not linked 'with sufficient directness' to the Convention. Reports 1993.J. explaining that "The possibility of relying on other bases of jurisdiction . they expressed the following views. and Bosnia and Herzegovina went on to Say that "The Court might proceed in this way on the basis of Article IX alone". 340-341. Momir Bulatovié. the text of a letter dated 8 June 1992 that was addressed to the President of the Arbitration Commission of the International Conference for Peace in Yugoslavia by Mr. and Mr. . besides. pp. . However. binding on Yugoslavia. these questions should be adjudicated by the International Court of Justice. Yugoslavia. C. 27-32) and 13 September 1993 (Z. as the principal judicial organ of the United Nations.J. FR Yugoslavia proposes that in the event that agreement is not reached among the participants in the Conference.C. in accordance with its Statute. Reports 1993. 37. to declare that it lacked jurisdiction on those grounds. in its final submissions. It thus confirms the provisional conclusion which it had reached in this regard in its Orders of 8 April (1. Accordingly. paras.
Croates et Slovènes. si l'autre partie le demande. L'Etat serbe-croate-slovène agrée en outre qu'en cas de divergence d'opinion. La décision de la Cour permanente sera sans appel et aura la même force et valeur qu'une décision rendue en vertu de l'article 13 du Pacte. cette divergence sera considérée comme un différend ayant un caractère international selon les termes de l'article 14 du Pacte de la Société des Nations. Le chapitre 1de ce traité concerne la protection des minorités et comporte un article I I aux termes duquel: «L'Etat serbe-croate-slovène agrée que tout membre du Conseil de la Société des Nations aura le droit de signaler à l'attention du Conseil toute infraction ou danger d'infraction à I'une quelconque de ces obligations. le traité entre les Puissances alliées et associées (les Etats-Unis d'Amérique.619 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRET) aucun argument fondamentalement nouveau ne lui a d'ailleurs été présenté à ce sujet depuis lors. comme base supplémentaire de compétence. dans la mesure où la Yougoslavie serait . le commerce. la France. La Cour a également rappelé ci-dessus (voir paragraphe 7) que. l'agent de la BosnieHerzégovine a indiqué que son gouvernement entendait en outre faire valoir. tout Membre de la Société des Nations pouvait porter devant la Cour permanente un différend tombant sous le coup de l'article 11. par le jeu de l'article 37 du Statut. étant Membre de l'Organisation des Nations Unies. saisir la présente Cour. de son différend avec la Yougoslavie. l'Empire britannique. il comporte un article 16 qui prévoit notamment que: «Tous les droits et privilèges accordés par les articles précédents aux Puissances alliées et associées seront également acquis à tous les Etats Membres de la Société des Nations. le traitement des navires étrangers et la liberté de transit. et le Conseil pourra prendre telles mesures et donner telles instructions qui paraîtront appropriées et efficaces dans la circonstance. sur la base du traité de 1919. par l'effet de ces deux dispositions. peut aujourd'hui. » Quant au chapitre II. signé à Saint-Germain-en-Laye le 10 septembre 1919 et entré en vigueur le 16 juillet 1920.)) La Bosnie-Herzégovine soutient pour l'essentiel que. déféré à la Cour permanente de Justice internationale. La Cour considère que. L'Etat serbe-croate-slovène agrée que tout différend de ce genre sera. l'Italie et le Japon) et le Royaume des Serbes. sur des questions de droit ou de fait concernant ces articles entre 1'Etat serbe-croate-slovène et I'une quelconque des principales Puissances alliées et associées ou toute autre Puissance. par une communication en date du 6 août 1993. concernant la succession en matière de traités. membre du Conseil de la Société des Nations. 38. que l'Assemblée générale des Nations Unies s'est substituée au Conseil de la Société des Nations en la matière. La Cour ne peut par suite trouver dans ladite lettre une base supplémentaire à sa compétence dans la présente affaire. et que la BosnieHerzégovine.
by a communication dated 6 August 1993. inter alia. that "Al1 rights and privileges accorded by the foregoing Articles to the Allied and Associated Powers shall be accorded equally to al1 States Members of the League of Nations. the treatment of foreign vessels and freedom of transit. may now. or any danger of infraction. as a Member of the United Nations." Bosnia and Herzegovina substantially contends that. trade. Italy and Japan) and the Kingdom of the Serbs. that was signed at Saint-Germain-en-Laye on 10 September 1919 and entered into force on 16 July 1920. includes an Article 16 which provides. seise the present Court of its dispute with Yugoslavia. in so far as Yugoslavia is now bound by the . by the effect of those two provisions. The Serb-Croat-Slovene State further agrees that any difference of opinion as to questions of law or fact arising out of these Articles between the Serb-Croat-Slovene State and any one of the Principal Allied and Associated Powers or any other Power. and that the Council may thereupon take such action and give such directions as it may deem proper and effective in the circumstances. shall be held to be a dispute of an international character under Article 14 of the Covenant of the League of Nations. The Court considers that. The Court has likewise recalled above (see paragraph 7) that. which concerns succession in respect of treaties. Croats and Slovenes. the British Empire. and that Bosnia and Herzegovina. the Agent of Bosnia and Herzegovina indicated that his Government intended likewise to submit. any Member of the League of Nations could refer to the Permanent Court a dispute to which Article 11 applied. of any of these obligations. a member of the Council of the League of Nations. by operation of Article 37 of the Statute. that the General Assembly of the United Nations has taken the place of the Council of the League of Nations in respect of such matters. on the basis of the 1919 Treaty. Chapter 1 of that Treaty concerns the protection of minorities and includes an Article 11 according to which: "The Serb-Croat-Slovene State agrees that any Member of the Council of the League of Nations shall have the right to bring to the attention of the Council any infraction. be referred to the Permanent Court of International Justice. France. The decision of the Permanent Court shall be final and shall have the same force and effect as an award under Article 13 of the Covenant. the Treaty between the Allied and Associated Powers (the United States of America. 38. as an additional basis of jurisdiction. The Serb-Croat-Slovene State hereby consents that any such dispute shall.lows that the Court cannot find in that letter an additional basis of jurisdiction in the present case. if the other party thereto demands." Chapter II.
Recueil 1993. 33). Comme la Cour l'a également rappelé ci-dessus (voir paragraphe 7). recommandé elle-même l'indication de mesures conservatoires dont certaines tendaient à la protection de droits non couverts par la convention sur le génocide. le règlement annexé à la convention de La Haye de 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre. Elle note au demeurant que le demandeur n'a plus fait état. conformément à la doctrine du forum prorogatum (stricto sensu). la Cour ne peut pas retenir le traité de 1919 comme une base sur laquelle sa compétence en l'espèce pourrait être fondée. Ainsi qu'elle l'a déjà relevé dans son ordonnance du 13 septembre 1993 (C. seraient limitées à son territoire actuel. Dans ces conditions. le droit international humanitaire. la conclusion provisoire à laquelle elle était parvenue dans son J. acquiescé à la compétence de la Cour sur la base de l'article IX de la convention sur le génocide.620 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÉT) aujourd'hui liée par le traité de 1919 en tant que successeur du Royaume des Serbes. p. Selon la première de ces thèses. en vertu de ce traité. le statut du Tribunal de Nuremberg. aucun argument fondamentalement nouveau n'a d'ailleurs.J. Selon la seconde thèse. La Bosnie-Herzégovine a enfin avancé. par une lettre de son agent datée du 10 août 1993.I. par. 341. par divers aspects de son comportement au cours des procédures incidentes ouvertes par les demandes en indication de mesures conservatoires. le premier protocole additionnel de 1977 à ces conventions. La Cour étant parvenue ci-dessus à la conclusion qu'elle a compétence sur la base de cette disposition. Elle confirme donc. le le' avril 1993. à cet égard non plus. deux thèses connexes visant à asseoir la compétence de la Cour en l'espèce sur d'autres bases encore. p. été avancé depuis lors. par. de cette base de compétence comme telle. 339-340. 40. elle aurait. sur ce point aussi. la Yougoslavie aurait. mais sans que cette énumération soit limitative. ses obligations. ordonnance du 13 septembre 1993 ((2. à un stade ultérieur de la procédure. y compris. le jugement qu'il a rendu et les principes qu'il a appliqués». 29-31) . les quatre conventions de Genève de 1949.lesquelles tendaient exclusivement à la protection de droits conférés par la convention sur le géno- .1.. Compte tenu de la nature des mesures conservatoires ultérieurement sollicitées par la Yougoslavie le 9 août 1993 . la Bosnie-Herzégovine.. par la suite. a encore invoqué en tant que base supplémentaire de compétence en l'espèce «le droit international de la guerre coutumier et conventionnel et . la Cour n'aperçoit dans aucun des instruments précités de clause afférente à sa compétence. Recueil 1993. 39. la Yougoslavie ayant. or elle constate que la BosnieHerzégovine n'a présenté dans sa requête aucune demande concernant le traitement des minorités en Yougoslavie. elle n'a plus à se pencher sur cette question. Croates et Slovènes. consenti à ce que la Cour dispose en l'espèce d'une compétence plus large que celle prévue à l'article IX de la convention.
to have given its consent to the exercise by the Court. Bosnia and Herzegovina advanced two related arguments aimed at basing the Court's jurisdiction in this case on still other grounds. its obligations under that Treaty would be limited to its present territory. at a later stage of the proceedings. in addition. 40. further invoked as an additional basis of jurisdiction in the present case "the Customary and Conventional International Laws of War and International Humanitarian Law. itself called for the indication of provisional measures some of which were aimed at the preservation of rights not covered by the Genocide Convention. pp. On this point as well. Lastly. C. in the present case. Yugoslavia. the Court is unable to uphold the 1919 Treaty as a basis on which its jurisdiction in this case could be founded. their First Additional Protocol of 1977. the Court thus confirms the provisional conclusion C. 339340.1919 Treaty as successor to the Kingdom of the Serbs. by a letter from its Agent dated 10 August 1993. in accordance with the doctrine of forum prorogatum (stricto sensu). the Court can find no provision relevant to its jurisdiction in any of the above-mentioned instruments. p. had acquiesced in the jurisdiction of the Court on the basis of Article IX of the Genocide Convention. 39. it notes that Bosnia and Herzegovina has put forward no claim in its Application concerning the treatment of minorities in Yugoslavia. Croats and Slovenes. no fundamentally new argument has been presented on this matter either. it need no longer consider that question. that the Applicant has made no further reference to this basis of jurisdiction as such. and the Nuremberg Charter. In these circumstances. 33). and Principles". Reports 1993. As the Court has also recalled above (see paragraph 7). by various aspects of its conduct in the course of the incidental proceedings set in motion by the requests for the indication of provisional measures. Reports 1993. paras. 29-31). J. besides. it was said. since that time. 341. J. reached in its Order of 13 September 1993 (I. According to the first of those arguments. as Yugoslavia. including but not limited to the Four Geneva Conventions of 1949. Given the nature of both the provisional measures subsequently requested by Yugoslavia on 9 August 1993 which were aimed exclusively at the preservation of rights conferred by . As the Court has alreadv reached the conclusion that it has jurisdiction on the basis of that Provision. According to the second argument. It notes. para. As it has already pointed out in its Order of 13 September 1993 (I. the Hague Regulations on Land Warfare of 1907. on 1 April 1993. Bosnia and Herzegovina. of a wider jurisdiction than that provided for in Article IX of the Convention. Judgrnent.
par. la Cour passera maintenant à l'examen des exceptions yougoslaves qui ont trait à la recevabilité de la requête.I. la Cour estime devoir confirmer la conclusion provisoire à laquelle elle était parvenue à ce sujet dans son ordonnance du 13 septembre 1993 (C. Ayant constaté qu'il existe bien entre les Parties un différend entrant dans les prévisions de l'article IX de la convention sur le génocide . En répondant à cette dernière exception.621 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) cide -. 27) qui lui accorderait une compétence excédant celle qu'elle s'est déjà reconnue au titre de l'article IX de la convention sur le génocide.c'est-à-dire un différend international -. ainsi que des déclarations non équivoques par lesquelles la Yougoslavie a constamment contesté la compétence de la Cour . la requête serait irrecevable motif pris de ce qu'elle se réfère à des événements survenus dans le cadre d'une guerre civile. 34). C. dans un contexte de guerre civile. en réalité. la Cour ne saurait conclure au caractère irrecevable de la requête au seul motif que. Recueil 1993. indiscutable» (voir Détroit de Corfou.J. Il découle de ce qui précède que la Cour ne peut retenir aucune des bases supplémentaires de compétence invoquées par le demandeur et qu'elle n'est compétente pour connaître de l'affaire que sur la base de l'article IX de la convention sur le génocide. 42. 341-342. la Cour a également. p. la requête serait irrecevable parce que M. S'étant prononcée sur les exceptions soulevées par la Yougoslavie au sujet de sa compétence. Cette exception est très proche de la cinquième exception sur laquelle la Cour s'est déjà penchée ci-dessus (paragraphes 27-33). La Cour ne trouve pas que le défendeur a exprimé en l'espèce un consentement ((volontaire. Selon la première exception préliminaire de la Yougoslavie. n'aurait pas occupé les fonctions de président de la République .mais seulement celles de pré- .I. le cas échéant. et qu'il n'existerait en conséquence aucun différend international sur lequel la Cour pourrait se prononcer. 44. Aux termes de la deuxième exception de la Yougoslavie. répondu à la présente. arrêt. La première exception de la Yougoslavie doit par suite être rejetée. elle serait amenée à prendre en considération des événements survenus. exception préliminaire. 41. 43. p. Alija IzetbegoviC.J. 1948. pour trancher ce différend.au cours de la suite de la procédure. Recueil 1947-1948.que ce soit sur la base de la convention sur le génocide ou sur toute autre base .
43. the Application is inadmissible because. 41. pp. 34). It follows that the first objection of Yugoslavia must be rejected.C. as Mr. The Court does not find that the Respondent has given in this case a "voluntary and indisputable" consent (see Corfu Channel. Judgment.the Court finds that it must confirm the provisional conclusion that it reached on that subject in its Order of 13 September 1993 (1. and there is consequently no international dispute upon which the Court could make a finding. Preliminary Objection. the Court will now proceed to consider the objections of Yugoslavia that relate to the admissibility of the Application.that is to Say an international dispute -. Having noted that there does indeed exist between the Parties a dispute falling within the provisions of Article IX of the Genocide Convention . According to the first preliminary objection of Yugoslavia. the Application is said to be inadmissible on the ground that it refers to events that took place within the framework of a civil war. It follows from the foregoing that the Court is unable to uphold any of the additional bases of jurisdiction invoked by the Applicant and that its only jurisdiction to entertain the case is on the basis of Article IX of the Genocide Convention. the Court cannot find that the Application is inadmissible on the sole ground that. 1948.J. p. Alija IzetbegoviE was not serving as President of the Republic . Having ruled on the objections raised by Yugoslavia with respect to its jurisdiction. 42. Reports 1993. In responding to the latter objection. it would be impelled to take account of events that may have occurred in a context of civil war. in order to decide the dispute.but only as President of the Presidency .J. 27) which would confer upon it a jurisdiction exceeding that which it has already acknowledged to have been conferred upon it by Article IX of the Genocide Convention. This objection is very close to the fifth objection which the Court has already considered (paragraphs 27-33). According to the second objection of Yugoslavia. I. 341-342. C. the Court has in fact also answered this.whether on the basis of the Genocide Convention or on any other basis . 44. para.at the .and the unequivocal declarations whereby Yugoslavia consistently contended during the subsequent proceedings that the Court lacked jurisdiction .the Genocide Convention . Reports 1947-1948.
La Yougoslavie a également soutenu que M. à examiner les dispositions de droit interne qui ont été invoquées à l'appui ou à l'encontre de ladite exception au cours de la procédure. Conformément au droit international.au moment où il a donné l'autorisation d'introduire l'instance. si la requête est recevable . elle tient à préciser qu'elle n'en considère pas pour autant que la Yougoslavie aurait. La deuxième exception préliminaire de la Yougoslavie doit en conséquence aussi être rejetée. et que cette autorisation aurait de ce fait été accordée en violation de règles de droit interne d'importance fondamentale. à l'époque. La Cour conclut de ce qui précède que la requête déposée par la Bosnie-Herzégovine le 20 mars 1993 est recevable. Izetbegovié avait été reconnu. Au terme du présent arrêt. IzetbegoviC n'aurait pas même exercé légalement.parmi lesquels les accords de Dayton-Paris . et ayant conclu a la recevabilité de la requête. Ayant établi sa compétence en vertu de l'article IX de la convention sur le génocide. la qualité de chef d7Etat a continué de lui être reconnue dans de nombreuses enceintes internationales par la suite et plusieurs accords internationaux . art. au moment du dépôt de la requête. M. 2 a)). comme étant le chef d'Etat de la BosnieHerzégovine. les fonctions de président de la présidence. La Cour rejette donc la demande formulée à cet égard par la Bosnie-Herzégovine dans ses conclusions finales. La Cour doit. abusé des droits qu'elle tire en la matière du paragraphe 6 de l'article 36 du Statut de la Cour et de l'article 79 de son Règlement. la Cour peut désormais procéder à l'examen du fond de l'affaire sur cette base. vérifier si elle a compétence pour connaître de l'affaire et.portent sa signature. La Cour n'a pas. les exceptions éventuellement soulevées par la partie défenderesse peuvent être utiles pour clarifier la situation juridique.J. Recueil 1993. les exceptions préliminaires présentées par la Yougoslavie ont eu cette fonction. De surcroît. . dans chaque instance introduite devant elle. par. en présentant ces exceptions. le cas échéant. La Cour a pris acte du retrait de la quatrième exception et a rejeté les autres exceptions préliminaires de la Yougoslavie. 45. en particulier par l'Organisation des Nations Unies. pour se prononcer sur cette exception. par. comme la Cour l'a constaté dans son ordonnance du 8 avril 1993 (C. il ne fait pas de doute que tout chef d'Etat est présumé pouvoir agir au nom de 1'Etat dans ses relations internationales (voir par exemple la convention de Vienne sur le droit des traités. 7. 11.622 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) sident de la présidence . Or.I. 13). 46. p. En l'occurrence.
J. in order to rule on that objection.time at which he granted the authorization to initiate proceedings. have to consider the tlrovisions of domestic law which were invoked in the course of the proceedings either in support of or in opposition to that objection. in presenting those objections. The Court must. In conclusion. Reports 1993. and having concluded that the Application is admissible. abused its rights to do so under Article 36. 1993 (1. and. The Court rejects the request made to that end by Bosnia and Herzegovina in its final submissions.including the Dayton-Paris Agreement . the Court emphasizes that in so doing it does not consider that Yugoslavia has. verify whether it has jurisdiction to deal with the case. if necessary. in each case submitted to it. Art. It follows that the second preliminary objection of Yugoslavia must also be rejected. para. Izetbegovik was recognized. his status as Head of State continued subsequently to be recognized in many international bodies and several international agreements .bear his signature. and such objections as are raised by the Respondent may be useful to clarify the legal situation. As matters now stand. 7. the Court may now proceed to consider the merits of the case on that basis. paragraph 6. of the Statute of the Court and Article 79 of the Rules of Court. p. . 2 (a)). According to international law. Yugoslavia likewise contended that Mr. The Court has taken note of the withdrawal of the fourth preliminary objection of Yugoslavia and has rejected the other preliminary objections. 45. The Court does not. Izetbegovié was not even acting legally at that time as President of the Presidency. para. whether the Application is admissible. 11. the preliminary objections presented by Yugoslavia have served that purpose. as the Head of State of Bosnia and Herzegovina. Moreover. there is no doubt that every Head of State is presumed to be able to act on behalf of the State in its international relations (see for example the Vienna Convention on the Law of Treaties. Mr. 46. As the Court found in its Order of 8 April C. The Court concludes from the foregoing that the Application filed by Bosnia and Herzegovina on 20 March 1993 is admissible. that authorization was granted in violation of certain rules of domestic law of fundamental significance. at the time of the filing of the Application. 13). Having established its jurisdiction under Article IX of the Genocide Convention. in particular by the United Nations.
623 APPLICATION DE CONVENTION GÉNOCIDE (ARRÊT) 47. Weeramantry. Ranjeva. Vereshchetin. Président. Ranjeva. Par ces motifs. Schwebel. Shahabuddeen. Ferrari Bravo. M. 1) Ayant pris acte du retrait de la quatrième exception préliminaire soulevée par la République fédérative de Yougoslavie. Herczegh. POUR: Bedjaoui. Vereshchetin. M. Vice-Président. MM. Vereshchetin. MM. Oda. M. Président. Koroma. Koroma. Schwebel. Shahabuddeen. M. juge ad hoc. juge ad hoc. M. M. pour statuer sur le différend . Schwebel. Oda. laume. juge ad hoc. Ranjeva. Weeramantry. 2) a) Par treize voix contre deux. b ) Par quatorze voix contre une. Président. Vice-Président. Shi. CONTRE: Oda. juges. Oda. Herczegh. MM. POUR: Bedjaoui. Guillaume. Herczegh. Lauterpacht. CONTRE: Kreéa. juge ad hoc. Herczegh. Vice-Président. juge ad hoc. M. Ranjeva. Koroma. Ferrari Bravo. POUR: Bedjaoui. M. Parra-Aranguren. Schwebel. Kreka. les première. . juges. Parra-Aranguren. M. Parra-Aranguren. Shahabuddeen. Weeramantry. la cinquième exception préliminaire. sur la base de l'article IX de la convention pour la prévention et la répression d u crime de génocide. Dit qu'elle a compétence. MM. Guillaume. b) par onze voix contre quatre. CONTRE : M. Parra-Aranguren. juges. c) par quatorze voix contre une. Schwebel. deuxième et troisième exceptions préliminaires. Vereshchetin. Koroma. M. Vereshchetin. juges. GuilM. juge ad hoc. Kreéa. POUR: Bedjaoui. Lauterpacht. M. juge ad hoc. CONTRE: Lauterpacht. M. Shahabuddeen. Weeramantry. Ferrari Bravo. M. M. Vice-Président. Ranjeva. juge ad hoc. laume. Ecarte les bases supplémentaires de compétence invoquées par la République de Bosnie-Herzégovine. Oda. Shi. Vice-Président. CONTRE: Kreéa. M. juge. Shi. les sixième et septième exceptions préliminaires. POUR: Bedjaoui. Président. M. MM. juges. Shi. Rejette a) par quatorze voix contre une. Koroma. Lauterpacht. Shahabuddeen. M. Ferrari Bravo. Président. Guillaume. Herczegh. Shi. juge ad hoc. MM. juges. Weeramantry. M. juge ad'hoc. Lauterpacht. GuilM. Kreéa. Parra-Aranguren. Ferrari Bravo.
the sixth and seventh preliminary objections. Weeramantry. Vereshchetin. ( b ) by eleven votes to four. Ferrari Bravo. For these reasons. Vice-President Schwebel. Shahabuddeen. Ranjeva. Shahabuddeen. (c) by fourteen votes to one. Herczegh. Koroma. Judges Oda. Judges Oda. Herczegh. Ferrari Bravo. the fifth preliminary objection. Herczegh. Judge ad hoc Lauterpacht. Herczegh. Guillaume. Parra-Aranguren. Weeramantry. Judge ad hoc Lauterpacht . AGAINST: Judge ad hoc Kreéa. IN FAVOUR : President Bedjaoui . IN FAVOUR: President Bedjaoui. Guillaume. Judge ad hoc KreCa . Shi. on the basis of Article IX of the Convention o n the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide. IN FAVOUR: President Bedjaoui. Shi. Ranjeva. Dismisses the additional bases of jurisdiction invoked by the Republic of Bosnia and Herzegovina. AGAINST: Judges Oda. Shahabuddeen. Koroma. Judges Guillaume. Vereshchetin. Vereshchetin. Finds that. Parra-Aranguren. Weeramantry. IN FAVOUR: President Bedjaoui. (2) ( a ) by thirteen votes to two. Vereshchetin. Koroma. Shahabuddeen. Judges Oda. AGAINST : Judge . Ranjeva. Judge ad hoc Lauterpacht . Judge ad hoc Lauterpacht . Guillaume. Vice-President Schwebel . AGAINST: Judge ad hoc Kreéa. Judges Guillaume. Rejects ( a ) by fourteen votes to one. Shi. Parra-Aranguren . Shi. (1) Having taken note of the withdrawal of the fourth preliminary objection raised by the Federal Republic of Yugoslavia. Vice-President Schwebel . Parra-Aranguren.47. it has jurisdiction to adjudicate upon the dispute. second and third preliminary objections. Koroma. Weeramantry. AGAINST : Judge ad hoc Lauterpacht . Judge ad hoc KreCa. IN FAVOUR : President Bedjaoui . Koroma. Ranjeva. Weeramantry. Vice-President Schwebel. Shi. ( b ) By fourteen votes to one. Ferrari Bravo. Ferrari Bravo. Oda . Ferrari Bravo. Parra-Aranguren. Vice-President Schwebel. the first. Herczegh. Judge ad hoc Kreka . Vereshchetin. Shahabuddeen. Ranjeva.
juge.V. MM. M. Le Président. dont l'un restera déposé aux archives de la Cour et les autres seront transmis respectivement au Gouvernement de la République de Bosnie-Herzégovine et au Gouvernement de la République fédérative de Yougoslavie. M.B. SHAHABUDDEEN. (Paraphé) E. Shahabuddeen. M. KreCa. le texte français faisant foi. au Palais de la Paix.O. et juges. juge ad hoc. ODA. Dt que la requête déposée par la République de Bosnie-Herzégovine le i 20 mars 1993 est recevable. juge ad hoc. juges. KRECA. CONTRE: Oda. Lauterpacht. Guillaume. Weeramantry. (Signé) Mohammed BEDJAOUI. LAUTERPACHT. SHIet VERESHCHETIN. Vice-Président. joignent à l'arrêt les exposés de leur opinion individuelle. M. juge. juge ad hoc. Koroma. Herczegh. M. . le onze juillet mil neuf cent quatre-vingt-seize. Président. M. Schwebel. M. à La Haye. joint une déclaration à l'arrêt. Fait en français et en anglais. POUR: Bedjaoui. joint une déclaration à l'arrêt. Ranjeva. joint à l'arrêt l'exposé de son opinion dissidente. M. Vereshchetin.3) Par treize voix contre deux. Ferrari Bravo. en trois exemplaires. MM. joignent une déclaration commune à l'arrêt. MM. WEERAMANTRYPARRA-ARANGUREN. Le Greffier. juge ad hoc. (Paraphé) M. Parra-Aranguren. (Signé) Eduardo VALENCIA-OSPINA. juges. Shi.
in three copies. Weeramantry.V.(3) By thirteen votes to two. . IN FAVOUR : President Bedjaoui. append a joint declaration to the JudgJudges SHI and VERESHCHETIN ment of the Court.O. one thousand nine hundred and ninety-six. Judges Guillaume. (Signed) Mohammed BEDJAOUI. Done in French and in English. (Signed) Eduardo VALENCIA-OSPINA. President. Shi. this eleventh day of July. Judge ad hoc KreCa. The Hague. Judge AGAINST: Oda. Judge ad hoc Lauterpacht. (Initialled) E. WEERAMANTRY and PARRA-ARANGUREN append separate opinions to the Judgment of the Court. Judge ad hoc KRECA appends a dissenting opinion to the Judgment of the Court. Registrar. Koroma. Vice-President Schwebel. Finds that the Application filed by the Republic of Bosnia and Herzegovina on 20 March 1993 is admissible. Judge ODA appends a declaration to the Judgment of the Court.B. Judge ad hoc LAUTERPACHT appends a declaration to the Judgment of the Court. respectively. at the Peace Palace. Vereshchetin. Parra-Aranguren. the French text being authoritative. Shahabuddeen. one of which will be placed in the archives of the Court and the others transmitted to the Government of the Republic of Bosnia and Herzegovina and the Government of the Federal Republic of Yugoslavia. (Initialled) M. Judges SHAHABUDDEEN. Ferrari Bravo. Ranjeva. Herczegh.
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