Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001215-211985
Timestamp: 2016-12-03 17:49:59+00:00
Document Index: 218262560

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 6 ss, 15 décembre 2000, 211985
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 211985Numéro NOR : CETATEXT000008031706 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-15;211985 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 2 septembre 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Abramane X..., demeurant chez Mlle Marie-Claire Y..., ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 4 mai 1999 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 9 octobre 1998 par laquelle le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière ;
Vu la décision d'aide juridictionnelle du 9 mars 1999 ;
- les conclusions de M. Seban, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;
Considérant qu'il est constant que M. X..., de nationalité malienne, à qui la qualité de réfugié a été refusée par une décision en date du 20 février 1991 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 13 juin 1991 par la commission des recours des réfugiés, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un mois à compter de la notification, le 18 juin 1998, de la décision du 16 juin 1998, du préfet de police, refusant son admission exceptionnelle au séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si M. X... fait valoir qu'il est bien intégré en France où il vit depuis 1990, et qu'il est marié à une Française dont il attend un enfant, ce mariage, intervenu le 6 mars 1999, donc postérieurement à la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité ; qu'à supposer établie la circonstance d'une vie commune entre les conjoints depuis 1994, celle-ci ne saurait suffire à faire regarder la mesure de reconduite comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de M. X..., qui n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident notamment ses parents, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise ; que dès lors, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Adramane X..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur.Références : Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 15 décembre 2000, n° 211985Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. CoursonRapporteur public : M. SebanOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 6 ssDate de la décision : 15/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page