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Timestamp: 2016-10-24 05:16:00+00:00
Document Index: 268471868

Matched Legal Cases: ['art. 82', 'art. 192', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 74', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 116', 'art. 76', 'art. 45', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 108', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 82', 'art. 53', 'art. 799', 'art. 91', 'art. 855', 'in fine', 'art. 192', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 176', 'art. 66']

5A_398/2010 (31.08.2010)
5A_398/2010
Arr�t du 31 ao�t 2010
tous deux repr�sent�s par Me Reynald P. Bruttin, avocat,
repr�sent�e par Me Philippe Cottier, avocat,
poursuite en r�alisation de gage, mainlev�e d'opposition, action en lib�ration de dette,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 16 avril 2010.
A.a B.________ SA est issue de la reprise par la SI B.________, en juillet 2007, des actifs et des passifs de F.________ SA. Elle est propri�taire de la parcelle n� 1152 de la commune de E.________; la soci�t� y exploite un h�tel, auparavant g�r� par F.________ SA.
L'immeuble de B.________ SA est administr� depuis 1983 par la r�gie immobili�re C.________ SA, dont les administrateurs sont notamment G.________ et H.________.
G.________ a �t� radi� le 14 f�vrier 2006 du Registre du commerce de la fonction d'administrateur de B.________ SA qu'il occupait avec A.________. Celui-ci en est actuellement l'actionnaire et l'administrateur unique.
A.b C.________ SA, d'une part, et la SI B.________ (� savoir pour elle A.________ et G.________), F.________ SA et A.________, d'autre part, ont sign� le 31 ao�t 2005 une "convention de cr�dit hypoth�caire".
Aux termes de son pr�ambule, C.________ SA avait, dans le cadre de son mandat de gestion de l'immeuble de la SI B.________, fait des avances de tr�sorerie � cette derni�re pour lui permettre de payer les charges d'exploitation et des travaux dans l'immeuble command�s par A.________, le compte de la SI B.________ aupr�s de C.________ SA pr�sentant ainsi un solde d�biteur de 286'099 fr. 45 au 31 ao�t 2005.
Les parties sont convenues que C.________ SA acceptait que les comptes de la SI B.________ et/ou de A.________ pr�sentent un d�couvert maximum de 300'000 fr., la SI B.________, A.________ et F.________ SA reconnaissant solidairement, sans exceptions ni r�serve �tre d�biteurs de C.________ SA de ce d�couvert.
En garantie de cette facilit� de cr�dit, la SI B.________, A.________ et F.________ SA remettaient � C.________ SA en pleine propri�t� une c�dule hypoth�caire au porteur nouvellement cr��e d'un montant de 300'000 fr. grevant en troisi�me rang la parcelle n� 1152 de la commune de E.________.
Le d�couvert, calcul� sur la base du solde moyen semestriel, portait des int�r�ts au taux hypoth�caire de 1er rang de la Banque cantonale de Gen�ve, soit 3% au jour de la signature de la convention, major� de 2%, leur �ch�ance �tant fix�e les 30 juin et 31 d�cembre. Ce taux �tait modifiable en tout temps selon les variations de taux annonc�es par la BCGe. Le pr�t devait �tre amorti � raison de 60'000 fr. par an, payables aux m�mes �ch�ances que les int�r�ts. Un acompte sur les charges courantes d'exploitation de 17'000 fr. par mois devait �tre pay� d'avance � compter du 1er septembre 2005.
La SI B.________, A.________ et F.________ SA s'engageaient en outre � ne pas r�silier le mandat de g�rance de C.________ SA avant l'extinction totale de leur dette en capital et int�r�ts. En cas de mauvaise ex�cution ou d'inex�cution de la convention, le solde du pr�t devenait imm�diatement exigible.
B.a Par courriers des 23 septembre et 14 octobre 2005, C.________ SA a invit� A.________ � payer l'int�gralit� des acomptes de charges des mois de septembre et d'octobre 2005. Le 26 janvier 2006, la r�gie a exig� le paiement de l'acompte du mois de janvier et les int�r�ts dus au 31 d�cembre 2005. Par r�ponse du 2 f�vrier 2006, A.________ a indiqu� que l'acompte du mois de janvier avait �t� pay�. Il a en revanche contest� devoir les int�r�ts r�clam�s. Le 15 f�vrier 2006, C.________ SA a fait parvenir � A.________ un d�compte d�taillant les int�r�ts calcul�s sur le solde moyen du compte ouvert dans ses livres conform�ment � la convention sign�e en ao�t 2005.
Par courrier du 15 mars 2006, la SI B.________ et A.________ ont indiqu� � C.________ SA vouloir rembourser la dette dont ils �taient tenus selon la convention du 31 ao�t 2005. Ils ont en outre r�sili� le contrat de g�rance avec effet imm�diat et ont sollicit� la transmission des comptes de gestion du 1er janvier 2005 au bouclement d�finitif. Par r�ponse du 22 mars 2006, la r�gie a r�clam� le paiement de 313'286 fr. 35, en joignant le d�compte relatif au calcul des int�r�ts sur le solde du d�couvert, indiquant qu'elle serait en mesure de boucler les comptes et de les communiquer d�s r�ception dudit montant.
La SI B.________ et A.________ ont demand� le 27 mars 2006 � la r�gie les pi�ces justificatives et les factures concernant les comptes 2005 et 2006 afin de v�rifier le d�compte y relatif. Ils ont �galement sollicit� la transmission des contrats d'entretien et des baux. Par r�ponse du 30 mars 2006, C._______ SA a fait savoir que les pi�ces justificatives des comptes 2005 �taient chez le r�viseur et a joint � son courrier les pi�ces relatives � l'exercice 2006. Le 27 avril 2006, la SI B.________ et A.________ ont demand� � la r�gie les comptes de gestion au 31 d�cembre 2005, ainsi que les contrats d'entretien et les baux.
Le 3 avril 2006, la r�gie a fait parvenir � la SI B.________ et A.________ un d�compte d'int�r�ts calcul�s sur le d�couvert, qui s'�levait au total � 314'896 fr. 65. Le 12 avril 2006, C.________ SA a mis en demeure la SI B.________ et A.________ de lui payer un montant de 314'060 fr. 15 au 20 avril 2006 et joint le d�compte d'int�r�ts y relatif.
Par courrier du 25 avril 2006, la SI B.________ et A.________ ont reconnu devoir � la r�gie la somme de 289'099 fr. 45 (sic) "conform�ment � la convention de cr�dit hypoth�caire sign�e en ao�t 2005", en pr�cisant qu'il n'�tait pas question de discuter des �v�nements qui s'�taient d�roul�s en 2003 et 2004, mais uniquement de v�rifier ce qui �tait �ventuellement d� en sus du montant susvis�.
B.b Par courrier du 30 octobre 2006 adress� � la SI B.________ et A.________, C.________ SA a d�nonc� la convention de cr�dit hypoth�caire et la c�dule hypoth�caire remise en garantie du cr�dit avec effet au 1er mai 2007.
B.c Sur r�quisition de C.________ SA, un commandement de payer la somme de 322'279 fr. 45 avec int�r�ts � 5% d�s le 4 mai 2007 solidairement avec la SI B.________ (poursuite en r�alisation de gage immobilier), a �t� notifi� le 22 ao�t 2007 � A.________, qui y a fait opposition. Ce commandement de payer indiquait que la cause de l'obligation �tait la convention du 31 ao�t 2005 et la c�dule hypoth�caire au porteur du 1er septembre 2005, le tiers propri�taire de l'immeuble �tant la SI B.________, qui, � ce titre, s'est vu notifier un commandement de payer la m�me somme.
Sur r�quisition de C.________ SA, un commandement de payer la m�me somme a �t� notifi� le 6 juillet 2007 � la SI B.________ en qualit� de cod�bitrice solidaire de A.________; elle y a form� opposition.
B.d Les proc�dures en mainlev�e provisoire des oppositions pr�cit�es engag�es par C.________ SA ont trouv� leur terme par arr�ts du 25 septembre 2008 de la Cour de justice du canton de Gen�ve, qui a prononc� la mainlev�e provisoire desdites oppositions � concurrence de 300'000 fr.
C.a Par actes des 21 et 22 octobre 2008 adress�s au Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, B.________ SA et A.________ ont demand� leur lib�ration du paiement du montant qui leur �tait r�clam� par C.________ SA dans le cadre de ces poursuites. La d�fenderesse a sollicit� reconventionnellement la condamnation des demandeurs � lui payer solidairement la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts d�s le 15 mars 2006 et la mainlev�e d�finitive des oppositions pr�cit�es.
C.b Par jugement du 7 septembre 2009, le tribunal a condamn� B.________ SA et A.________ � payer � C.________ SA la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 15 mars 2006, prononc� la mainlev�e d�finitive � due concurrence des oppositions form�es par B.________ SA et A.________ et condamn� ceux-ci en tous les d�pens, y compris une indemnit� de proc�dure de 10'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de C.________ SA.
C.c Statuant sur appels de B.________ SA et A._________, la Cour de justice du canton de Gen�ve a, par arr�t du 16 avril 2010, annul� ce jugement, constat� que A.________ est d�biteur de C.________ SA de la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2007, prononc� � due concurrence la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par A.________, constat� que B.________ SA n'est pas d�bitrice envers C.________ SA de la somme objet de la poursuite en r�alisation de gage immobilier dirig�e contre elle, et condamn� B.________ SA et A.________ solidairement aux deux tiers des d�pens des deux instances, qui comprennent, dans leur int�gralit�, une indemnit� de proc�dure de 24'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de C.________ SA.
A.________ et B.________ SA interjettent le 25 mai 2010 un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant principalement � sa r�forme, en ce sens que A.________ n'est pas d�biteur de C.________ SA de la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2007 et que, en cons�quence, il est lib�r� des fins de la poursuite en r�alisation de gage dirig�e contre lui, C.________ SA �tant condamn�e � tous les d�pens; subsidiairement, ils concluent � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Ils se plaignent d'une violation des art. 82 al. 1 LP, 91 CO, 9 et 29 Cst., ainsi que d'une application arbitraire des art. 192 et 197 de la Loi de proc�dure civile genevoise du 10 avril 1987 (RSG E 3 05; LPC/GE).
Par ordonnance du 9 juin 2010, l'effet suspensif a �t� octroy� au recours.
L'intim�e n'a pas �t� invit�e � se d�terminer sur le fond.
Le Tribunal f�d�ral examine d'office la recevabilit� des recours qui lui sont soumis (ATF 134 III 115 consid. 1 p. 117 et les arr�ts cit�s).
Le jugement entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) contre des consorts simples par une juridiction cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF). En tant qu'il porte sur la constatation que A.________ est d�biteur de l'intim�e de la somme de 300'000 fr., la valeur litigieuse atteint 30'000 fr., de sorte que le recours en mati�re civile de celui-ci est en principe recevable (art. 74 al. 1 let. b LTF). Dans la mesure o� B.________ SA s'en prend, pour sa part, uniquement � la mise � sa charge d'une partie des d�pens, cette valeur litigieuse n'est pas atteinte et son recours en mati�re civile n'est pas ouvert. L'intitul� erron� d'un recours ne nuit pas � son auteur, pour autant que les conditions de recevabilit� du recours qui aurait d� �tre interjet� soient r�unies et qu'il soit possible de convertir le recours dans son ensemble (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382). En l'esp�ce, une conversion du recours est possible, d�s lors que la recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application du droit cantonal, � savoir de la violation d'un droit constitutionnel (art. 116 LTF).
Les recourants ont qualit� pour recourir, car ils ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t juridique � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 et 115 LTF). Enfin, le recours a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 45, 100 al. 1 et 117 LTF) et la forme pr�vus par la loi (art. 42 LTF).
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de l'autorit� pr�c�dente, ni par les moyens des parties. Compte tenu des exigences de motivation pos�es, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), � l'art. 42 al. 2 LTF, le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une juridiction de premi�re instance, toutes les questions juridiques pouvant se poser lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 152).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation. Le Tribunal f�d�ral n'examine en effet la violation de l'interdiction de l'arbitraire que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de fa�on claire et d�taill�e (principe d'all�gation; ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287).
3.1 La cour cantonale a consid�r� que la r�elle et commune intention des parties �tait de laisser subsister la cr�ance d�coulant de la convention de cr�dit hypoth�caire du 31 ao�t 2005 aux c�t�s de la c�dule hypoth�caire. Celle-ci a �t� transf�r�e � l'intim�e en propri�t� � titre fiduciaire, c'est-�-dire aux fins de garantie et les parties ont exclu la novation. En cas de transfert fiduciaire aux fins de garantie, seule la cr�ance abstraite incorpor�e dans la c�dule hypoth�caire et garantie par gage immobilier doit faire l'objet d'une poursuite en r�alisation de gage immobilier, tandis que la cr�ance causale peut faire l'objet d'une poursuite ordinaire. Ainsi, le cr�ancier qui introduit la poursuite en r�alisation de gage immobilier poursuit la cr�ance incorpor�e dans la c�dule.
La c�dule hypoth�caire est une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP pour la cr�ance incorpor�e � l'encontre du d�biteur figurant dans ce titre, mais seulement dans la mesure o� il est inscrit. Or, depuis l'entr�e en vigueur le 1er janvier 1997 du nouvel art. 53 ORF, la d�signation obligatoire dans la c�dule du nom du d�biteur a �t� abandonn�e. Si la c�dule hypoth�caire ne comporte pas d'indication du d�biteur, le cr�ancier ne pourra obtenir la mainlev�e provisoire que s'il produit une copie l�galis�e de l'acte constitutif dans lequel la dette a �t� reconnue. En l'esp�ce, la c�dule hypoth�caire produite ne contient pas l'indication du d�biteur; le conseil des appelants a n�anmoins admis que A.________ �tait le d�biteur de cette c�dule. S'agissant de la soci�t� appelante, ni l'acte de constitution de la c�dule, ni une �ventuelle r�quisition �crite de la soci�t� appelante au Conservateur du Registre foncier n'a �t� vers� � la proc�dure; la cause �tant soumise � la maxime des d�bats et l'intim�e supportant le fardeau de l'administration de la preuve sur ce point, il appartenait � cette derni�re de produire les pi�ces n�cessaires selon les formes prescrites et en temps utile. Pour le surplus, la convention du 28 ao�t 2005 n'indique pas que la soci�t� appelante est �galement d�bitrice de la c�dule, ind�pendamment du fait que ladite convention ne rev�t pas la forme authentique (art. 799 al. 2 CC). La soci�t� appelante ne s'y reconna�t en effet que comme la d�bitrice de la cr�ance de base; ainsi l'intim�e n'�tablit pas qu'elle est cr�anci�re de la soci�t� appelante.
3.2 Toujours selon l'arr�t attaqu�, le cr�ancier n'est fond� � recouvrer la cr�ance c�dulaire que si le d�biteur ne s'acquitte pas de la cr�ance (garantie) exigible. Par cons�quent, le recouvrement de la cr�ance incorpor�e dans la c�dule suppose tant l'exigibilit� de la cr�ance causale que celle de la cr�ance c�dulaire. En l'esp�ce, la convention du 31 ao�t 2005 pr�voyait que le solde du pr�t devenait exigible en cas d'inex�cution ou de mauvaise ex�cution de la convention. Supportant le fardeau de la preuve de l'inexigibilit� de la cr�ance d�duite en poursuite, il appartenait ainsi aux appelants d'�tablir qu'ils avaient ex�cut� leurs obligations, ce � quoi ils ont failli. Il s'ensuit que la cr�ance garantie est exigible. Par ailleurs, selon la c�dule hypoth�caire, celle-ci �tait d�non�able en tout temps moyennant un pr�avis de six mois. Par courrier du 30 octobre 2006 adress� aux appelants, l'intim�e a d�nonc� au remboursement la convention de cr�dit hypoth�caire et la c�dule avec effet au 1er mai 2007. Il est manifeste que ce d�lai de six mois �tait �coul� au moment o� la poursuite a �t� requise, � savoir le 4 mai 2007, de sorte que la c�dule a �t� valablement d�nonc�e.
4.1 Le recourant soutient que la cour cantonale a admis � tort qu'il est d�biteur de la c�dule hypoth�caire, alors que sa situation est identique � celle de B.________ SA, � l'�gard de laquelle les juges pr�c�dents ont consid�r� � juste titre que l'intim�e n'avait pas d�montr�, bien qu'il lui appartenait de le faire, qu'elle �tait d�bitrice de la c�dule.
Cette critique tombe � faux. En effet, l'arr�t attaqu� retient que le conseil des recourants a admis que A.________ �tait le d�biteur de cette c�dule. Or, le recourant ne s'en prend pas � cette constatation de fait, de sorte que celui-ci doit �tre tenu pour �tabli (cf. supra, consid. 2.2). Le grief du recourant est ainsi infond�.
4.2 A titre subsidiaire, "pour le cas o� le Tribunal f�d�ral devait consid�rer que l'intim�e est titulaire d'une cr�ance de 300'000 fr. envers A.________", le recourant fait valoir que cette cr�ance ne serait pas fond�e. La cour cantonale aurait err� en retenant que les recourants s'�taient d�clar�s solidairement d�biteurs du d�couvert de 286'099 fr. 45 sans exceptions ni r�serve, de sorte que cela emportait reconnaissance dudit solde. Il ressortirait des pi�ces produites que ce solde n'a jamais pu �tre v�rifi� pr�alablement faute pour les recourants d'avoir pu obtenir les pi�ces sollicit�es � de nombreuses reprises. Qui plus est, il serait prouv� que les montants de 69'950 fr. vers�s de janvier � septembre 2004 n'auraient pas �t� d�duits.
Par cette critique, le recourant s'en prend aux constatations de fait de la cour cantonale, sans d�montrer - ni tenter d'ailleurs de le faire - en quoi ces faits auraient �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte. De nature purement appellatoire, et en l'absence de toute d�monstration de l'arbitraire, son grief est irrecevable (cf. supra, consid. 2.2).
4.3 Le recourant soutient �galement que la dette n'�tait pas exigible et que le contrat du 31 ao�t 2005 ainsi que la c�dule hypoth�caire n'auraient pas �t� d�nonc�s valablement par l'intim�e le 30 octobre 2006 pour le 1er mai 2007. Les juges pr�c�dents auraient retenu � tort que les recourants n'avaient pas �tabli avoir ex�cut� leurs obligations, violant ainsi l'art. 91 CO, qui pr�voit que le cr�ancier est en demeure lorsqu'il refuse notamment d'accomplir les actes pr�paratoires qui lui incombent et sans lesquels le d�biteur ne peut ex�cuter son obligation. En l'esp�ce, l'intim�e n'aurait pas fait parvenir � la SI B.________ les divers documents n�cessaires � la v�rification des montants qu'elle r�clamait. La SI B.________ n'aurait eu d'autre choix, dans ces circonstances, que de r�silier le contrat de g�rance, ce qui constituerait une r�siliation pour justes motifs; selon les recourants, "� la lumi�re de ce qui pr�c�de, la clause pr�voyant que la d�nonciation du mandat de g�rance entra�ne l'exigibilit� imm�diate du solde du pr�t est nulle". Ainsi, faute de demeure du d�biteur, la d�nonciation ne serait pas valable et le contrat conclu par les parties toujours en vigueur.
Ce grief tombe � faux. Il ressort en effet de l'arr�t attaqu� que la r�siliation du contrat de g�rance - que les recourants s'�taient engag�s � ne pas r�silier avant le remboursement de la dette et des int�r�ts - est ant�rieure � leur demande tendant � la transmission de diff�rents documents n�cessaires � la v�rification des montants r�clam�s par l'intim�e. L'argumentation du recourant, pour autant qu'elle soit compr�hensible, est ainsi d�nu�e de fondement.
4.4 Le recourant invoque que, m�me si on devait admettre par impossible l'exigibilit� de la cr�ance causale, le montant de cette cr�ance est inf�rieur (286'099 fr.45) � la cr�ance c�dulaire (300'000 fr.), de sorte que la poursuite ne devrait �tre admise que pour ce premier montant.
Si le cr�ancier poursuit pour le montant de la cr�ance incorpor�e dans le titre alors que la cr�ance garantie est d'un montant inf�rieur, le d�biteur poursuivi peut opposer les exceptions personnelles dont il dispose contre le poursuivant (propri�taire fiduciaire), en particulier l'exception tir�e de la convention de fiducie, et exiger la limitation de la somme r�clam�e au montant de la cr�ance garantie (ou causale; art. 855 al. 2 et 872 CC; cf. arr�t 4A_451/2009 du 25 f�vrier 2010 consid. 5.1 in fine; 5A_122/2009 du 2 f�vrier 2010 consid. 3.2 destin� � la publication; 5A_226/2007 du 20 novembre 2007 consid. 5.1. et les r�f�rences).
En l'esp�ce, le recourant oublie que la cr�ance causale de l'intim�e s'�l�ve � 322'279 fr. 45 selon le commandement de payer notifi� le 22 ao�t 2007 � A.________ et qu'il lui appartenait de prouver qu'elle �tait inf�rieure � la cr�ance c�dulaire, ce qu'il n'a pas d�montr�. Le fait que le recourant se soit reconnu d�biteur de la somme de 286'099 fr. 45 ne suffit pas � d�montrer que la cr�ance causale s'�l�ve � ce montant.
4.5 Le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir rejet� l'exception de compensation qu'il avait soulev�e, relative � une pr�tendue cr�ance en dommages-int�r�ts du fait de la violation du contrat de g�rance par l'intim�e et, notamment, par son organe G.________. Il reproche aux juges pr�c�dents d'avoir fait fi du conflit d'int�r�ts existant en la personne de celui-ci, agissant � la fois comme organe de la SI B.________ et de C.________ SA, et de l'absence de reddition des comptes pourtant r�clam�e � plusieurs reprises, de l'absence d'information et de la violation du devoir de fid�lit�. Les recourants avaient sollicit� que des mesures probatoires soient ordonn�es de mani�re � leur permettre de prouver ce qu'ils all�guaient, notamment l'audition de G.________. En refusant d'ordonner ces mesures probatoires ou de renvoyer le dossier au premier juge, la cour cantonale aurait viol� le droit d'�tre entendu des int�ress�s, respectivement aurait appliqu� de mani�re arbitraire les art. 192 et 197 LPC.
La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., en particulier le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, celui de fournir des preuves quant au fait de nature � influer sur le sort de la d�cision, celui d'avoir acc�s au dossier, de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 135 I 187 consid. 2.2 p. 190; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.).
Que le droit � la preuve soit fond� sur l'art. 29 al. 2 Cst. ou sur l'art. 8 CC, qui s'applique si les moyens de preuve sont invoqu�s en relation avec un droit subjectif priv� d�coulant d'une norme de droit mat�riel f�d�ral (arr�t 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1), ses conditions n'en sont pas diff�rentes. Le droit � la preuve n'existe que s'il s'agit d'�tablir un fait pertinent, qui n'est pas d�j� prouv�, par une mesure probatoire ad�quate, laquelle a �t� r�guli�rement offerte selon les r�gles de la loi de proc�dure applicable (ATF 133 III 189 consid. 5.2.2 p. 195, 295 consid. 7. 1 p. 299; 129 III 18 consid. 2.6 p. 24 et les r�f�rences cit�es). Une mesure probatoire peut �tre refus�e � la suite d'une appr�ciation anticip�e des preuves, c'est-�-dire lorsque l'autorit� parvient � la conclusion que l'administration de la preuve sollicit�e ne pourrait plus modifier sa conviction (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 129 III 18 consid. 2.6 p. 25). Si le juge a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, celle-ci ne peut �tre contest�e qu'en invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.).
Devant la cour cantonale, les recourants avaient soutenu que l'intim�e aurait viol� ses obligations de mandataire en omettant de les informer que les charges d'exploitation n'�taient plus couvertes et en s'abstenant de formuler des demandes de paiement pour celles-ci. Ils faisaient valoir que si l'intim�e n'avait pas laiss� s'accumuler et avanc� les sommes n�cessaires au paiement des diverses charges de la sorte, celles-ci auraient pu �tre r�gl�es au fur et � mesure; l'intim�e les aurait ainsi contraints de signer la convention de cr�dit hypoth�caire du 31 ao�t 2005 lui causant de cette mani�re un dommage de 286'099 fr. 45. A cet �gard, les juges pr�c�dents ont estim� que les appelants n'avaient pas �t� contraints de signer cette convention et qu'ils ont reconnu devoir la somme de 286'099 fr. 45, en renon�ant � en contester le fondement. Il s'ensuit que si la soci�t� appelante avait pay� au fur et � mesure les charges, elle aurait diminu� ses actifs d'un montant de 286'099 fr. 45; par cons�quent, elle n'avait pas subi de pr�judice.
Le recourant se borne � affirmer qu'il s'est vu refuser les mesures probatoires sollicit�es, � savoir l'interrogatoire des parties et l'audition de t�moins, sans pr�ciser l'identit� de ceux-ci, ni en quoi chacune de ces auditions pourrait �tre pertinente pour l'issue du litige. Dans ces conditions, sa critique n'est pas suffisamment motiv�e; partant, elle est irrecevable.
II. Sur le recours de B.________ SA
5.1 B.________ SA soutient que la cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire en la condamnant conjointement et solidairement avec A.________ au paiement des deux tiers des d�pens. Conform�ment � l'art. 176 LPC, tout jugement, m�me incident, doit condamner aux d�pens la partie qui succombe. Or, la derni�re instance cantonale a retenu que B.________ SA n'�tait pas d�bitrice du montant r�clam� dans le cadre de la poursuite en r�alisation de gage immobilier dirig�e contre elle. L'intim�e a ainsi �t� d�bout�e de toutes ses conclusions � l'�gard de B.________ SA; c'est donc elle qui aurait d� �tre condamn�e aux d�pens.
5.2 Par sa critique, la recourante ne s'en prend pas � la motivation de la cour cantonale. Celle-ci a en effet tenu compte du fait que l'intim�e, dont les conclusions tendaient � la reconnaissance de sa qualit� de cr�anci�re des deux parties appelantes, n'obtenait gain de cause qu'� l'endroit de l'une d'elles; elle a toutefois jug� que, bien qu'elle ne soit pas d�bitrice de l'intim�e, la soci�t� appelante ne s'�tait pas lib�r�e du gage grevant sa parcelle en garantie de la dette de son administrateur; il se justifiait ainsi, selon les juges pr�c�dents, de condamner les appelants solidairement aux deux tiers des d�pens des deux instances. Faute de diriger son grief contre les consid�rants topiques de la cour cantonale, la critique de la recourante est irrecevable (cf. supra, consid. 2.1).
Vu ce qui pr�c�de, le recours de B.________ SA, trait� comme recours constitutionnel subsidiaire, est irrecevable. Le recours en mati�re civile de A.________ est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les recourants, qui succombent, supporteront les frais judiciaires, � raison d'un septi�me pour la recourante et de six septi�mes pour le recourant (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � se d�terminer.
Le recours de B.________ SA, trait� comme recours constitutionnel subsidiaire, est irrecevable.
Le recours en mati�re civile de A._________ est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 7'000 fr., sont mis � la charge de B.________ SA � hauteur de 1'000 fr. et � la charge de A.________ � hauteur de 6'000 fr.
Lausanne, le 31 ao�t 2010