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Timestamp: 2017-05-27 23:15:44+00:00
Document Index: 319232812

Matched Legal Cases: ['art. 5', "l'article 14", 'art. 5', 'art. 4', 'art. 1', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 7', 'art. 6', 'art. 7', 'art. 18', 'art. 7', 'art. 9', 'art. 26', "l'article 135", "l'article 78", "l'article 93", "l'article 138", 'art. 27', 'art. 28', 'art. 29', "l'article 137", 'art. 30', "l'article 78", "l'article 80", "l'article 86", 'art. 10', 'art. 31', 'art. 10']

COPYRIGHT.ht - Code de la Propriété Intellectuelle - Chapitre III : Droits attachés aux brevets
Section 1. Droit
Art. L. 613-1. Le
droit exclusif d'exploitation mentionné à l'article L. 611-1 prend effet à compter du
Art. L. 613-2. L'étendue
de la protection conférée par le brevet est déterminée par la teneur des
revendications. Toutefois, la description et les dessins servent à interpréter les
Si l'objet du brevet porte sur un
procédé, la protection conférée par le brevet s'étend aux produits obtenus
directement par ce procédé.
La protection conférée par un brevet relatif à un procédé permettant de produire une matière biologique dotée, du fait de l'invention, de propriétés déterminées s'étend à la matière biologique directement obtenue par ce procédé et à toute autre matière biologique obtenue, à partir de cette dernière, par reproduction ou multiplication et dotée de ces mêmes propriétés. Art. L. 613-2-4. (L n° 2004-1338 du 8 décembre 2004, art. 5) La protection visée aux articles L. 613-2-2 et L. 613-2-3 ne s'étend pas à la matière biologique obtenue par reproduction ou multiplication d'une matière biologique mise sur le marché sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen par le titulaire du brevet ou avec son consentement, lorsque la reproduction ou la multiplication résulte nécessairement de l'utilisation pour laquelle la matière biologique a été mise sur le marché, dès lors que la matière obtenue n'est pas utilisée ensuite pour d'autres reproductions ou multiplications.
Art. L. 613-3. Sont
interdites, à défaut de consentement du propriétaire du brevet :
Art. L. 613-4. 1. Est
également interdite, à défaut de consentement du propriétaire du brevet, la livraison
ou l'offre de livraison, sur le territoire français, à une personne autre que celles
habilitées à exploiter l'invention brevetée, des moyens de mise en uvre, sur ce
territoire, de cette invention se rapportant à un élément essentiel de celle-ci,
lorsque le tiers sait ou lorsque les circonstances rendent évident que ces moyens sont
aptes et destinés à cette mise en uvre.
2. Les dispositions du 1 ne sont pas
applicables lorsque les moyens de mise en uvre sont des produits qui se trouvent
couramment dans le commerce, sauf si le tiers incite la personne à qui il livre à
commettre des actes interdits par l'article L. 613-3.
3. Ne sont pas considérées comme personnes habilitées à exploiter l'invention, au
sens du 1, celles qui accomplissent les actes visés aux a, b et c de
Art. L. 613-5. Les
droits conférés par le brevet ne s'étendent pas :
a) Aux actes accomplis dans un
cadre privé et à des fins non commerciales ;
b) Aux actes accomplis à titre expérimental qui portent
sur l'objet de l'invention brevetée ;
c) A la préparation de médicaments faite extemporanément
et par unité dans les officines de pharmacie, sur ordonnance médicale, ni aux actes
concernant les médicaments ainsi préparés.
Art. L. 613-5-1 Par dérogation aux dispositions des articles L. 613-2-2 et L. 613-2-3, la vente ou tout autre acte de commercialisation de matériel de reproduction végétal par le titulaire du brevet, ou avec son consentement, à un agriculteur à des fins d'exploitation agricole implique pour celui-ci l'autorisation d'utiliser le produit de sa récolte pour la reproduction ou la multiplication par lui-même sur sa propre exploitation. Les conditions de cette utilisation sont celles qui sont prévues par l'article 14 du règlement (CE) n° 2100/94 du Conseil du 27 juillet 1994 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales. Art. L. 613-5-2 Par dérogation aux dispositions des articles L. 613-2-2 et L. 613-2-3, la vente ou tout autre acte de commercialisation d'animaux d'élevage ou d'un matériel de reproduction animal par le titulaire du brevet, ou avec son consentement, à un agriculteur implique pour celui-ci l'autorisation d'utiliser, le cas échéant moyennant rémunération, le bétail protégé pour un usage agricole. Cette autorisation emporte la mise à disposition de l'animal ou du matériel de reproduction animal pour la poursuite de son activité agricole, mais exclut la vente dans le cadre d'une activité commerciale de reproduction.
Art. L. 613-5-3 Les droits conférés par les articles L. 613-2-2 et L. 613-2-3 ne s'étendent pas aux actes accomplis en vue de créer ou de découvrir et de développer d'autres variétés végétales. Art. L. 613-6 Les
droits conférés par le brevet ne s'étendent pas aux actes concernant le produit couvert
par ce brevet, accomplis sur le territoire français, après que ce produit a été mis
dans le commerce en France ou sur le territoire d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace
économique européen (L. n° 93-1420 du 31 décembre 1993, art. 5-I) par
le propriétaire du brevet ou avec son consentement exprès.
Art. L. 613-7. Toute
personne qui, de bonne foi, à la date de dépôt ou de priorité d'un brevet, était, sur
le territoire où le présent livre est applicable, en possession de l'invention objet du
brevet a le droit, à titre personnel, d'exploiter l'invention malgré l'existence du
Le droit reconnu par le présent article ne peut être
transmis qu'avec le fonds de commerce, l'entreprise ou la partie de l'entreprise auquel il
est attaché (L. n° 96-1106 du 18 décembre 1996, art. 4).
Section 2. Tansmission et perte des
Art. L. 613-8. Les
droits attachés à une demande de brevet ou à un brevet sont transmissibles en totalité
Ils peuvent faire l'objet, en totalité ou
en partie, d'une concession de licence d'exploitation, exclusive ou non exclusive.
Les droits conférés par la demande de brevet ou le brevet peuvent
être invoqués à l'encontre d'un licencié qui enfreint l'une des limites de sa licence
imposées en vertu de l'alinéa précédent.
Sous réserve du cas prévu à l'article L. 611-8, une transmission des
droits visés au premier alinéa ne porte pas atteinte aux droits acquis par des tiers
avant la date de transmission.
Les actes comportant une transmission ou une licence, visés aux deux
premiers alinéas, sont constatés par écrit, à peine de nullité.
Art. L. 613-9. Tous
les actes transmettant ou modifiant les droits attachés à une demande de brevet ou à un
brevet doivent, pour être opposables aux tiers, être inscrits sur un registre, dit
registre national des brevets, tenu par l'Institut national de la propriété
Toutefois, avant son inscription, un acte
est opposable aux tiers qui ont acquis des droits après la date de cet acte, mais qui
avaient connaissance de celui-ci lors de l'acquisition de ces droits.
Art. L. 613-10. Sur la
demande du propriétaire qui désire faire une offre publique d'exploitation de
l'invention, et à la condition que le brevet n'ait pas fait l'objet d'une licence
exclusive inscrite au registre national des brevets, tout brevet peut être soumis, sur
décision du directeur de l'Institut national de la propriété industrielle, au régime
dit de la licence de droit s'il a fait l'objet d'un avis documentaire ne révélant pas
d'antériorité affectant de façon manifeste la brevatibilité de l'invention.
La demande prévue à l'alinéa précédent
doit contenir une déclaration dans laquelle le propriétaire du brevet autorise toute
personne de droit public ou privé à exploiter le brevet contre versement de justes
redevances. La licence de droit ne peut être que non exclusive. A défaut d'accord entre
le propriétaire du brevet et le licencié, le montant des redevances est fixé par le
tribunal de grande instance. Le licencié peut à tout moment renoncer à la licence.
La décision soumettant le brevet au régime de la licence de droit
entraîne, sauf en ce qui concerne les annuités déjà échues, une réduction de la
redevance annuelle mentionnée à l'article L. 612-19.
Sur la demande du propriétaire du brevet, le directeur de l'Institut
national de la propriété industrielle révoque sa décision. La révocation entraîne la
perte du bénéfice de la réduction mentionnée à l'alinéa précédent. Elle est sans
effet sur les licences de droit déjà obtenues ou demandées sur le brevet en cause.
Art. L. 613-11 Toute
personne de droit public ou privé peut, à l'expiration d'un délai de trois ans après
la délivrance d'un brevet, ou de quatre ans à compter de la date du dépôt de la
demande, obtenir une licence obligatoire de ce brevet, dans les conditions prévues aux
articles suivants, si au moment de la requête, et sauf excuses légitimes le
propriétaire du brevet ou son ayant cause :
a) N'a pas commencé à
exploiter ou fait des préparatifs effectifs et sérieux pour exploiter l'invention objet
du brevet sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté économique européenne ou
d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen (L. n° 93-1420
du 31 décembre 1993, art. 1er) ;
b) N'a pas commercialisé le produit objet du brevet en
quantité suffisante pour satisfaire aux besoins du marché français.
Il en est de même lorsque l'exploitation prévue au a)
ci-dessus ou la commercialisation prévue au b)
ci-dessus a été abandonnée depuis plus de trois ans. (L. n° 93-1420 du 31
décembre 1993, art. 5-II) -
(L. n° 96-1106 du 18 décembre 1996, art. 5) - Pour l'application du présent
article, l'importation de produits objets de brevets fabriqués dans un Etat partie à
l'accord instituant l'Organisation mondiale du commerce est considérée comme une
exploitation de ce brevet.
Art. L. 613-12. La
demande de licence obligatoire est formée auprès du tribunal de grande instance : elle
doit être accompagnée de la justification que le demandeur n'a pu obtenir du
propriétaire du brevet une licence d'exploitation et qu'il est en état d'exploiter
l'invention de manière sérieuse et effective.
La licence obligatoire est accordée (L.
n° 96-1106 du 18 décembre 1996, art. 7) à des conditions déterminées, notamment
quant à sa durée, son champ d'application et le montant des redevances auxquelles elle
Ces conditions peuvent être modifiées par décision du tribunal, à
la requête du propriétaire ou du licencié.
Art. L. 613-13. (L. n° 96-1106 du 18 décembre
1996, art. 6)
Les licences obligatoires et les licences d'office sont non
exclusives. Les droits attachés à ces licences ne peuvent être transmis qu'avec le
fonds de commerce, l'entreprise ou la partie de l'entreprise auquel ils sont attachés.
Art. L. 613-14. Si le
titulaire d'une licence obligatoire ne satisfait pas aux conditions auxquelles cette
licence a été accordée, le propriétaire du brevet et, le cas échéant, les autres
licenciés peuvent obtenir du tribunal le retrait de cette licence.
Les dispositions des articles L. 613-12 à L. 613-4 sont applicables. Art. L. 613-15-1. (L. n° 2004-1338 du 8 décembre 2004, art. 7) Lorsqu'un obtenteur ne peut obtenir ou exploiter un droit d'obtention végétale sans porter atteinte à un brevet antérieur, il peut demander la concession d'une licence de ce brevet dans la mesure où cette licence est nécessaire pour l'exploitation de la variété végétale à protéger et pour autant que la variété constitue à l'égard de l'invention revendiquée dans ce brevet un progrès technique important et présente un intérêt économique considérable. Lorsqu'une telle licence est accordée, le titulaire du brevet obtient à des conditions équitables, sur demande présentée au tribunal, la concession d'une licence réciproque pour utiliser la variété protégée.
Les dispositions des articles L. 613-12 à L. 613-14 sont applicables. Art. L. 613-16. (L. n° 2004-800 du 6 août 2004, art. 18) Si l'intérêt de la santé publique l'exige et à défaut d'accord amiable avec le titulaire du brevet, le ministre chargé de la propriété industrielle peut, sur la demande du ministre chargé de la santé publique, soumettre par arrêté au régime de la licence d'office, dans les conditions prévues à l'article L. 611-17, tout brevet délivré pour :
Art. L. 613-17. Du jour
de la publication de l'arrêté qui soumet le brevet au régime de la licence d'office,
toute personne qualifiée peut demander au ministre chargé de la propriété industrielle
l'octroi d'une licence d'exploitation. Cette licence est accordée par arrêté dudit
ministre à des conditions déterminées, notamment quant à sa durée et son champ
d'application, mais à l'exclusion des redevances auxquelles elle donne lieu.
Elle prend effet à la date de la
notification de l'arrêté aux parties.
A défaut d'accord amiable approuvé par le ministre chargé de la
propriété industrielle et le ministre chargé de la santé publique, le montant des
redevances est fixé par le tribunal de grande instance.
Art. L. 613-18. Le
ministre chargé de la propriété industrielle peut mettre en demeure les propriétaires
de brevets d'invention autres que ceux visés à l'article L. 613-16 d'en
entreprendre l'exploitation de manière à satisfaire aux besoins de l'économie
Si la mise en demeure n'a pas été suivie
d'effet dans le délai d'un an et si l'absence d'exploitation ou l'insuffisance en
qualité ou en quantité de l'exploitation entreprise porte gravement préjudice au
développe-ment économique et à l'intérêt public, les brevets, objets de la mise en
demeure, peuvent être soumis au régime de licence d'office par décret en Conseil
Le ministre chargé de la propriété industrielle peut prolonger le
délai d'un an prévu ci-dessus lorsque le titulaire du brevet justifie d'excuses
légitimes et compatibles avec les exigences de l'économie nationale.
Du jour de la publication du décret qui soumet le brevet au régime de
la licence d'office, toute personne qualifiée peut demander au ministre chargé de la
propriété industrielle l'octroi d'une licence d'exploita-tion.
Cette licence est accordée (L. n° 96-1106 du 18 décembre
1996, art. 7) par arrêté dudit ministre à des conditions déterminées quant à sa
durée et son champ d'application, mais à l'exclusion des redevances auxquelles elle
donne lieu. Elle prend effet à la date de notification de l'arrêté aux parties.
A défaut d'accord amiable, le montant des redevances est fixé par le
Art. L. 613-19. L'Etat
peut obtenir d'office, à tout moment, pour les besoins de la défense nationale, une
licence pour l'exploitation d'une invention, objet d'une demande de brevet ou d'un brevet,
que cette exploitation soit faite par lui-même ou pour son compte.
La licence d'office est accordée à la
demande du ministre chargé de la défense par arrêté du ministre chargé de la
propriété industrielle. Cet arrêté fixe les conditions de la licence à l'exclusion de
celles relatives aux redevances auxquelles elle donne lieu.
A défaut d'accord amiable, le montant des redevances est fixé par le tribunal de
grande instance. A tous les degrés de juridiction, les débats ont lieu en chambre du
Art. L. 613-19-1. (L. n° 96-1106 du 18 décembre
1996, art. 9)
Si le brevet a pour objet une invention dans le domaine de la
technologie des semi-conducteurs, une licence obligatoire ou d'office ne peut être
accordée que pour une utilisation à des fins publiques non commerciales ou pour
remédier à une pratique déclarée anti-concurrentielle à la suite d'une procédure
juridictionnelle ou administrative.
Art. L. 613-20. L'Etat
peut, à tout moment, par décret, exproprier, en tout ou partie, pour les besoins de la
défense nationale, les inventions, objets de demandes de brevet ou de brevets.
A défaut d'accord amiable, l'indemnité
d'expropriation est fixée par le tribunal de grande instance.
A tous les degrés de juridiction, les débats ont lieu en chambre du
Art. L. 613-21. La
saisie d'un brevet est effectuée par acte extra-judiciaire signifié au propriétaire du
brevet, à l'Institut national de la propriété industrielle ainsi qu'aux personnes
possédant des droits sur le brevet ; elle rend inopposable au créancier saisissant toute
modification ultérieure des droits attachés au brevet.
A peine de nullité de la saisie, le
créancier saisissant doit, dans le délai prescrit, se pourvoir devant le tribunal, en
validité de la saisie et aux fins de mise en vente du brevet.
Art. L. 613-22. 1. Est
déchu de ses droits le propriétaire d'une demande de brevet ou d'un brevet qui n'a pas
acquitté la redevance annuelle prévue à l'article L. 612-19 dans le délai prescrit par
ledit article.
La déchéance prend effet à la date de
l'échéance de la redevance annuelle non acquittée.
Elle est constatée par une décision du directeur de l'Institut
national de la propriété industrielle ou, à la requête du breveté ou d'un tiers, dans
2. Le breveté peut, dans les trois mois suivant la notification
de la décision, présenter un recours en vue d'être restauré dans ses droits s'il
justifie d'une excuse légitime du non-paiement de l'annuité.
La restauration est accordée par le directeur de l'Institut national de la propriété
industrielle sous réserve que la ou les redevances annuelles soient acquittées dans le
délai prescrit par voie réglemen-taire.
Art. L. 613-23. Les
délais mentionnés à l'article L. 613-22 peuvent être suspendus dans les cas et
selon les modalités prévues à l'article L. 612-18.
Art. L. 613-24. Le
propriétaire du brevet peut à tout moment renoncer soit à la totalité du brevet, soit
à une ou plusieurs revendications du brevet.
La renonciation est faite par écrit
auprès de l'Institut national de la propriété industrielle. Elle prend effet à compter
du jour de sa publication.
Si des droits réels, de gage ou de licence, ont été inscrits au
registre national des brevets, la renonciation n'est recevable que si les titulaires de
ces droits y consentent.
Les dispositions des deuxième et troisième alinéas du présent
article ne s'appliquent pas aux renonciations effectuées en application des dispositions
de l'article L. 612-15.
Art. L. 613-25. Le
brevet est déclaré nul par décision de justice :
a) Si son objet n'est pas
brevetable aux termes des articles L. 611-10, L. 611-11 et L. 611-13 à L. 611-17 ;
b) S'il n'expose pas l'invention de façon suffisamment
claire et complète pour qu'un homme du métier puisse l'exécuter ;
c) Si son objet s'étend au-delà du contenu de la demande
telle qu'elle a été déposée ou, lorsque le brevet a été délivré sur la base d'une
demande divisionnaire, si son objet s'étend au-delà du contenu de la demande initiale
telle qu'elle a été déposée.
Si les motifs de nullité n'affectent le brevet qu'en partie, la
nullité est prononcée sous la forme d'une limitation correspondante des revendications.
Art. L. 613-26. Le ministère public peut agir d'office en nullité d'un brevet
Art. L. 613-27. La
décision d'annulation d'un brevet d'invention a un effet absolu sous réserve de la
tierce opposition. A l'égard des brevets demandés avant le 1er janvier 1969,
l'annulation s'applique aux parties du brevet déterminées par le dispositif de la
Les décisions passées en force de chose
jugée sont notifiées au directeur de l'Institut national de la propriété industrielle,
aux fins d'inscription au registre national des brevets.
Lorsque la décision annule partiellement une revendication, elle
renvoie le propriétaire du brevet devant l'Institut national de la propriété
industrielle afin de présenter une rédaction de la revendication modifiée selon le
dispositif du jugement. Le directeur de l'institut a le pouvoir de rejeter la
revendication modifiée pour défaut de conformité au jugement, sous réserve d'un
recours devant l'une des cours d'appel désignée conformément à l'article L. 411-4 du
code (L. n° 94-102 du 5 février 1994, art. 26).
Art. L. 613-28. Le
certificat complémentaire de protection est nul :
le brevet auquel il se rattache est nul ;
- si le brevet auquel il se rattache est nul pour
la totalité de celles de ses parties correspondant à l'autorisation de mise sur le
- si l'autorisation de mise sur le marché
correspondante est nulle ;
- s'il est délivré en violation des
dispositions de l'article L. 611-3.
Dans le cas où le brevet auquel il se rattache est nul pour une
fraction seulement de celles de ses parties correspondant à l'autorisation de mise sur le
marché, le certificat est nul pour sa seule partie correspondant à cette fraction.
Art. L. 613-29. La
copropriété d'une demande de brevet ou d'un brevet est régie par les dispositions
a) Chacun des copropriétaires
peut exploiter l'invention à son profit, sauf à indemniser équitable-ment les autres
copropriétaires qui n'exploitent pas personnellement l'invention ou qui n'ont pas
concédé de licences d'exploitation. A défaut d'accord amiable, cette indemnité est
fixée par le tribunal de grande instance.
b) Chacun des copropriétaires peut agir en contrefaçon à
son seul profit. Le copropriétaire qui agit en contrefaçon doit notifier l'assignation
délivrée aux autres copropriétaires ; il est sursis à statuer sur l'action tant qu'il
n'est pas justifié de cette notification.
c) Chacun des copropriétaires peut concéder à un tiers
une licence d'exploitation non exclusive à son profit, sauf à indemniser équitablement
les autres copropriétaires qui n'exploitent pas personnellement l'invention ou qui n'ont
pas concédé de licence d'exploitation. A défaut d'accord amiable, cette indemnité est
Toutefois, le projet de concession doit être notifié aux autres
copropriétaires accompagné d'une offre de cession de la quote-part à un prix
Dans un délai de trois mois suivant cette notification, l'un
quelconque des copropriétaires peut s'opposer à la concession de licence à la condition
d'acquérir la quote-part de celui qui désire accorder la licence.
A défaut d'accord dans le délai prévu à l'alinéa précédent, le
prix est fixé par le tribunal de grande instance. Les parties disposent d'un délai d'un
mois à compter de la notification du jugement ou, en cas d'appel, de l'arrêt, pour
renoncer à la concession de la licence ou à l'achat de la part de copropriété sans
préjudice des dommages-intérêts qui peuvent être dus ; les dépens sont à la
charge de la partie qui renonce.
d) Une licence d'exploitation exclusive ne peut être
accordée qu'avec l'accord de tous les copropriétaires ou par autorisation de justice.
e) Chaque copropriétaire peut, à tout moment, céder sa quote-part. Les
copropriétaires disposent d'un droit de préemption pendant un délai de trois mois à
compter de la notification du projet de cession. A défaut d'accord sur le prix, celui-ci
est fixé par le tribunal de grande instance. Les parties disposent d'un délai d'un mois
à compter de la notification du jugement ou, en cas d'appel, de l'arrêt, pour renoncer
à la vente ou à l'achat de la part de copropriété sans préjudice des
dommages-intérêts qui peuvent être dus ; les dépens sont à la charge de la
partie qui renonce.
Art. L. 613-30. Les
articles 815 et suivants, les articles 1873-1 et suivants, ainsi que les articles 883 et
suivants du code civil ne sont pas applicables à la copropriété d'une demande de brevet
ou d'un brevet.
Art. L. 613-31. Le
copropriétaire d'une demande de brevet ou d'un brevet peut notifier aux autres
copropriétaires qu'il abandonne à leur profit sa quote-part. A compter de l'inscription
de cet abandon au registre national des brevets ou, lorsqu'il s'agit d'une demande de
brevet non encore publiée, à compter de sa notification à l'Institut national de la
propriété industrielle, ledit copropriétaire est déchargé de toutes obligations à
l'égard des autres copropriétaires ; ceux-ci se répartissent la quote-part abandonnée
à proportion de leurs droits dans la copropriété, sauf convention contraire.
Art. L. 613-32. Les
dispositions des articles L. 613-29 à L. 613-31 s'appliquent en l'absence de
stipulations contraires.
Les copropriétaires peuvent y déroger à
tout moment par un règlement de copropriété.
Chapitre IV : Application
de conventions internationales
Section 1. Brevets
Art. L. 614-1. La
présente section est relative à l'application de la convention faite à Munich le
5 octobre 1973, ci-après dénommée "convention de Munich".
Paragraphe 1 : Dépôt
des demandes de brevet européen
Art. L. 614-2. Toute
demande de brevet européen peut être déposée auprès de l'Institut national de la
propriété industrielle soit à son siège, soit, en tant que de besoin, dans ses centres
régionaux, selon des modalités qui sont précisées par voie réglementaire.
La demande doit être déposée auprès de l'Institut
national de la propriété industrielle, lorsque le déposant a son domicile ou son siège
en France et qu'il ne revendique pas la priorité d'un dépôt antérieur en France.
Art. L. 614-3. Le
ministre chargé de la défense est habilité à prendre connaissance auprès de
l'Institut national de la propriété industrielle, à titre confidentiel, des demandes de
brevet européen déposées à cet institut.
Art. L. 614-4. Les
inventions faisant l'objet de demandes de brevet européen, déposées à l'Institut
national de la propriété industrielle, ne peuvent être divulguées et exploitées
librement aussi longtemps qu'une autorisation n'a pas été accordée à cet effet.
Pendant cette période, les demandes ne
peuvent être rendues publiques ; aucune copie conforme ne peut être délivrée, sauf
sur avis du ministre chargé de la défense.
L'autorisation prévue au premier alinéa peut être accordée à tout
moment. Sous réserve des dispositions du premier alinéa de l'article L. 614-5, elle est
acquise de plein droit au terme d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la
demande ou, lorsqu'une priorité a été revendiquée, au terme d'un délai de quatorze
mois à compter de la date de priorité.
Art. L. 614-5. Avant
le terme de l'un ou l'autre des délais mentionnés au dernier alinéa de l'article L.
614-4, les interdictions prévues audit article peuvent être prorogées, sur réquisition
du ministre chargé de la défense pour une durée d'un an renouvelable. Dans ce cas, la
demande n'est pas transmise à l'Office européen des brevets. Les interdictions
prorogées peuvent être levées à tout moment.
Dans le cas de prorogation des
interdictions, les dispositions des deuxième et troisième alinéas de l'article
L. 612-10 du présent code sont applicables.
Art. L. 614-6. Une
demande de brevet européen ne peut être transformée en demande de brevet français que
dans les cas prévus à l'article 135-1 a de la convention de Munich.
Dans ces cas et sous peine de rejet de sa
demande de brevet français, le déposant doit satisfaire aux conditions qui sont fixées
Si un rapport de recherche a été établi avant transformation de la demande, ce
rapport tient lieu de rapport de recherche prévu à l'article L. 612-15.
Paragraphe 2 : Effets en
France des brevets européens
Art. L. 614-7. Lorsque
le texte, dans lequel l'Office européen des brevets créé par la convention de Munich
délivre un brevet européen ou maintient un tel brevet sous une forme modifiée, n'est
pas rédigé en français, le titulaire du brevet doit fournir à l'Institut national de
la propriété industrielle une traduction de ce texte dans les conditions et délai
déterminés par décret en Conseil d'Etat. Faute de satisfaire à cette obligation, le
brevet est sans effet.
Art. L. 614-8. Dans
les trois mois qui suivent la publication des demandes de brevets européens et lorsque la
langue de la procédure n'est pas le français, l'Institut national de la propriété
industrielle assure la traduction et la publicité en français des abrégés prévus à
l'article 78, paragraphe l e, de la convention de Munich.
Art. L. 614-9. Les
droits définis aux articles L. 613-3 à L. 613-7, L. 615-4 et L. 615-5 du présent
code peuvent être exercés à compter de la date à laquelle une demande de brevet
européen est publiée conformément aux dispositions de l'article 93 de la convention de
Si la publication a été faite dans une
langue autre que le français, les droits mentionnés à l'alinéa précédent ne peuvent
être exercés qu'à compter de la date à laquelle une traduction en français des
revendications a été publiée par l'Institut national de la propriété industrielle,
sur réquisition du demandeur, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat,
ou a été notifiée au contrefacteur présumé.
Art. L. 614-10. Lorsqu'une
traduction en langue française a été produite dans les conditions prévues à l'article
L. 614-7 ou au second alinéa de l'article L. 614-9, cette traduction est
considérée comme faisant foi si la demande de brevet européen ou le brevet européen
confère dans le texte de la traduction une protection moins étendue que celle qui est
conférée par ladite demande ou par ledit brevet dans la langue dans laquelle la demande
a été déposée.
Toutefois, une traduction révisée peut
être produite à tout moment par le titulaire de la demande ou du brevet. Cette
traduction ne prend cependant effet que lorsque les conditions prévues à l'article L.
614-7 ou au second alinéa de l'article L. 614-9 ont été remplies.
Toute personne qui a, de bonne foi, commencé à exploiter une
invention ou fait des préparatifs effectifs et sérieux à cette fin, sans que cette
exploitation constitue une contrefaçon de la demande ou du brevet dans le texte de la
traduction initiale, peut, dès que la traduction révisée a pris effet, poursuivre à
titre gratuit son exploitation dans son entreprise ou pour les besoins de celle-ci.
Par dérogation aux dispositions ci-dessus, la langue de la procédure fait foi dans
les actions en nullité.
Art. L. 614-11. L'inscription
au registre européen des brevets des actes transmettant ou modifiant les droits attachés
à une demande de brevet européen ou à un brevet européen rend ces actes opposables aux
Art. L. 614-12. La
nullité du brevet européen est prononcée en ce qui concerne la France par décision de
justice pour l'un quelconque des motifs visés à l'article 138, paragraphe 1, de la
convention de Munich.
Si les motifs de nullité n'affectent le brevet qu'en
partie, la nullité est prononcée sous la forme d'une limitation des revendications, de
la description ou des dessins.
Art. L. 614-13. Dans la
mesure où un brevet français couvre une invention pour laquelle un brevet européen a
été délivré au même inventeur ou à son ayant cause avec la même date de dépôt ou
de priorité, le brevet français cesse de produire ses effets soit à la date à laquelle
le délai prévu pour la formation de l'opposition au brevet européen est expiré sans
qu'une opposition ait été formée, soit à la date à laquelle la procédure
d'opposition est close, le brevet européen ayant été maintenu.
Toutefois, lorsque le brevet français a
été délivré à une date postérieure à l'une ou l'autre, selon le cas, de celles qui
sont fixées à l'alinéa précédent, ce brevet ne produit pas d'effet.
L'extinction ou l'annulation ultérieure du brevet européen n'affecte pas les
dispositions prévues au présent article.
Art. L. 614-14 Une
demande de brevet français ou un brevet français et une demande de brevet européen ou
un brevet européen ayant la même date de dépôt ou (L. n° 94-102 du 5 février
1994, art. 27) la même date de priorité, couvrant la même invention et
appartenant au même inventeur ou à son ayant cause, ne peuvent, pour les parties
communes, faire l'objet indépendamment l'une de l'autre d'un transfert, gage,
nantissement ou d'une concession de droits d'exploitation, à peine de nullité.
Par dérogation à l'article L. 613-9, le
transfert ou la modification des droits attachés à la demande de brevet français ou au
brevet français n'est rendu opposable aux tiers par son inscription au registre national
des brevets que dans la mesure où le même transfert ou la même modification des droits
attachés à la demande de brevet européen ou au brevet européen a été inscrit au
registre européen (L. n° 94-102 du 5 février 1994, art. 28) des brevets.
La demande de brevet français ou le brevet français et le droit de
priorité pour le dépôt d'une demande de brevet européen ne peuvent être transférés
Art. L. 614-15. Le
tribunal saisi d'une action en contrefaçon d'un brevet français qui couvre la même
invention qu'un brevet européen demandé par le même inventeur ou délivré à celui-ci
ou à son ayant cause avec la même date de priorité sursoit à statuer jusqu'à la date
à laquelle le brevet français cesse de produire ses effets aux termes de l'article L.
614-13 ou jusqu'à la date à laquelle la demande de brevet européen est rejetée,
retirée ou réputée retirée, ou le brevet européen révoqué.
Si l'action en contrefaçon a été
engagée sur la base du seul brevet français, le demandeur peut, à la reprise de
l'instance, poursuivre celle-ci en substituant le brevet européen au brevet français
pour les faits postérieurs à la date à laquelle le brevet français cesse de produire
ses effets et pour les parties communes.
Si une action en contrefaçon est intentée sur la base à la fois (L.
n° 94-102 du 5 février 1994, art. 29) d'un brevet français et d'un brevet
européen, ni les sanctions pénales ni les réparations civiles ne peuvent se cumuler.
Si l'action a été intentée sur la base de l'un seulement des deux brevets, une
nouvelle action sur la base de l'autre brevet, pour les mêmes faits, ne peut être
engagée par le même demandeur, à l'égard du même défendeur.
Art. L. 614-16. Un
décret en Conseil d'Etat déterminera les modalités d'application de la présente
section, notamment en ce qui concerne l'application des dispositions de l'article 137-2 de
la convention de Munich.
Art. L. 614-17. La
présente section est relative à l'application du traité de coopération en matière de
brevets, fait à Washington le 19 juin 1970, ci-après dénommé "traité de
Paragraphe 1 : Dépôt des
Art. L. 614-18. Les
demandes internationales de protection des inventions formulées par des personnes
physiques ou morales ayant leur domicile ou leur siège en France doivent être déposées
auprès de l'Institut national de la propriété industrielle lorsque la priorité d'un
dépôt antérieur en France n'est pas revendiquée. L'Institut national de la propriété
industrielle agit alors en qualité d'office récepteur au sens des articles 2-XV et 10 du
traité de Washington.
Art. L. 614-19. Le
l'Institut national de la propriété industrielle, à titre confidentiel, des demandes
internationales de protection des inventions déposées à cet institut.
Art. L. 614-20. Les
inventions faisant l'objet de demandes internationales déposées à l'Institut national
de la propriété industrielle ne peuvent être divulguées et exploitées librement aussi
longtemps qu'une autorisation n'a été accordée à cet effet.
peuvent être rendues publiques ; aucune copie conforme de la demande ne peut être
délivrée, sauf autorisation.
sur avis du ministre de la défense.
moment. Sous réserve des dispositions du premier alinéa de l'article L. 614-21, elle est
acquise de plein droit au terme d'un délai de cinq mois à compter du dépôt de la
demande ou, lorsqu'une priorité a été revendiquée, au terme d'un délai de treize mois
à compter de la date de priorité.
Art. L. 614-21 Avant
le terme de l'un ou de l'autre des délais mentionnés au dernier alinéa de l'article
L. 614-20, les interdictions prévues audit article peuvent être prorogées, sur
réquisition du ministre de la défense, pour une durée d'un an renouvelable. Dans ce
cas, la demande n'est pas transmise au bureau international institué par le traité de
Washington. (L. n° 94-102 du 5 février 1994, art. 30) - Les
interdictions prorogées peuvent être levées à tout moment.
Dans le cas de prorogations des
interdictions, les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas de
l'article L. 612-10 sont applicables.
Art. L. 614-22. Les
dispositions des articles L. 614-19, L. 614-20 et L. 614-21 ne sont pas applicables
lorsque, le déposant n'ayant pas son domicile ou son siège en France, l'Institut
national de la propriété industrielle agit en tant qu'office récepteur à la place de
l'office national d'un autre Etat partie au traité de Washington, ou lorsqu'il a été
désigné comme office récepteur par l'assemblée de l'union instituée par ledit
Art. L. 614-23. Un
décret en Conseil d'Etat détermine les modalités d'application des dispositions de la
présente section, en ce qui concerne notamment les conditions de réception de la demande
internationale, la langue dans laquelle la demande doit être déposée, l'établissement
d'une redevance pour services rendus dite taxe de transmission perçue au bénéfice de
l'Institut national de la propriété industrielle et la représentation des déposants
ayant leur domicile ou leur siège à l'étranger.
Paragraphe 2 : Effets en France des demandes
Art. L. 614-24. Lorsqu'une
demande interna-tionale de protection des inventions formulée en application du traité
de Washington comporte la désignation ou l'élection de la France, cette demande est
considérée comme tendant à l'obtention d'un brevet européen régi par les dispositions
de la convention de Munich.
Art. L. 614-25. La
présente section est relative à l'application de la convention relative au brevet
européen pour le Marché commun (convention sur le brevet communautaire), fait à
Luxembourg le 15 décembre 1975, ci-après dénommée "convention de
Luxembourg". Elle entrera en vigueur à la même date que la convention de
Art. L. 614-26. Les articles L. 614-7 à L. 614-14 (premier et deuxième alinéas)
ne sont pas applicables lorsque la demande de brevet européen désigne un Etat de la
Communauté économique européenne et lorsque le brevet délivré est un brevet
Art. L. 614-27. Dans les trois mois qui suivent la publication des demandes de
brevets communautaires et lorsque la langue de la procédure n'est pas le français,
l'Institut national de la propriété industrielle assure la traduction et la publicité
en français des abrégés prévus à l'article 78, paragraphe l e, de la
Art. L. 614-28. Pour
l'application, aux demandes de brevet et aux brevets mentionnés à l'article L. 614-26,
de l'article L. 614-15 et de l'article L. 615-17, la référence faite par ces articles à
l'article L. 614-13 est remplacée par une référence à l'article 80, paragraphe 1,
de la convention de Luxembourg.
Art. L. 614-29. Un
transfert, gage, nantissement ou une concession de droits d'exploitation d'une demande de
brevet européen désignant un Etat de la Communauté économique européenne ou d'un
brevet communautaire auquel cette demande a donné lieu emporte de plein droit, pour les
parties communes, le même transfert, gage, nantissement ou la même concession de droits
d'exploitation de la demande de brevet français ou du brevet français ayant la même
date de dépôt ou la même date de priorité, couvrant la même invention et appartenant
au même inventeur ou à son ayant cause.
Dans les mêmes conditions, la demande de
brevet français ou le brevet français ne peut faire, à peine de nullité, l'objet d'un
transfert, gage, nantissement ou d'une concession de droits d'exploitation
indépendam-ment de la demande de brevet européen désignant un Etat de la Communauté
économique européenne ou du brevet communautaire auquel cette demande a donné lieu.
Par dérogation à l'article L. 613-20, ce transfert ou cette modification des droits
attachés au brevet français ou à la demande de brevet français n'est rendu opposable
aux tiers par son inscription au registre national des brevets que dans la mesure où le
même transfert, ou la même modification des droits attachés à la demande de brevet
européen désignant un Etat de la Communauté économique européenne ou à un brevet
communautaire auquel cette demande a donné lieu, a été inscrit, selon le cas, au
registre européen des brevets ou au registre des brevets communautaires.
Art. L. 614-30. Lorsque,
par application de l'article 86, paragraphe 1er, de la convention de
Luxembourg, la requête en délivrance du brevet contient une déclaration selon laquelle
le demandeur ne désire pas obtenir un brevet communautaire, les dispositions des articles
L. 614-26 et L. 614-29 ne sont pas applicables.
Toutefois, dans ce cas, l'article L. 614-13 n'est pas
Art. L. 614-31. Les
Français peuvent revendiquer l'application à leur profit, en France, des dispositions de
la convention internationale pour la protection de la propriété industrielle, signée à
Paris, le 20 mars 1883, ainsi que des arrangements, actes additionnels et protocoles de
clôture qui ont modifié ou modifieront ladite convention, dans tous les cas où ces
dispositions sont plus favorables que la loi française pour protéger les droits
dérivant de la propriété industrielle.
Aucune disposition du présent titre ne
peut être interprétée comme retirant aux Français un droit qui leur est reconnu à
Section 1. - Actions
Art. L. 615-1. Toute
atteinte portée aux droits du propriétaire du brevet, tels qu'ils sont définis aux
articles L. 613-3 à L. 613-6, constitue une contrefaçon.
La contrefaçon engage la responsabilité
civile de son auteur.
Toutefois, l'offre, la mise dans le commerce, l'utilisation, la
détention en vue de l'utilisation ou la mise dans le commerce d'un produit contrefait,
lorsque ces faits sont commis par une autre personne que le fabricant du produit
contrefait, n'engagent la responsabilité de leur auteur que si les faits ont été commis
Art. L. 615-2. L'action
en contrefaçon est exercée par le propriétaire du brevet.
Toutefois, le bénéficiaire d'un droit
exclusif d'exploitation peut, sauf stipulation contraire du contrat de licence, exercer
l'action en contrefaçon si, après mise en demeure, le propriétaire du brevet n'exerce
Le breveté est recevable à intervenir dans l'instance en contrefaçon
engagée par le licencié, conformément à l'alinéa précédent.
Le titulaire d'une licence de droit, d'une licence obligatoire ou d'une
licence d'office, mentionnées aux articles L. 613-10, L. 613-11, L. 613-15, L.
613-17 et L. 613-19, peut exercer l'action en contrefaçon si, après la mise en
demeure, le propriétaire du brevet n'exerce pas cette action.
Tout licencié est recevable à intervenir dans l'instance en
contrefaçon engagée par le breveté, afin d'obtenir la réparation du préjudice qui lui
Art. L. 615-3. Lorsque
le tribunal est saisi d'une action en contrefaçon sur le fondement d'un brevet, son
président, saisi et statuant en la forme des référés, peut interdire, à titre
provisoire, sous astreinte, la poursuite des actes argués de contrefaçon, ou subordonner
cette poursuite à la constitution de garanties destinées à assurer l'indemnisation du
La demande d'interdiction ou de
constitution de garanties n'est admise que si l'action au fond apparaît sérieuse et a
été engagée dans un bref délai à compter du jour où le breveté a eu connaissance
des faits sur lesquels elle est fondée.
Le juge peut subordonner l'interdiction à la constitution par le
demandeur de garanties destinées à assurer l'indemnisation éventuelle du préjudice
subi par le défendeur si l'action en contrefaçon est ultérieurement jugée non fondée.
Art. L. 615-4. Par
exception aux dispositions de l'article L. 613-1, les faits antérieurs à la date à
laquelle la demande de brevet a été rendue publique en vertu de l'article L. 612-21 ou
à celle de la notification à tout tiers d'une copie certifiée de cette demande ne sont
pas considérés comme ayant porté atteinte aux droits attachés au brevet.
Toutefois, entre la date visée à
l'alinéa précédent et celle de la publication de la délivrance du brevet :
1° Le brevet n'est opposable que dans la mesure où les revendications
n'ont pas été étendues après la première de ces dates ;
2° Lorsque le brevet concerne l'utilisation d'un micro-organisme, il
n'est opposable qu'à compter du jour où le micro-organisme est mis à la disposition du
Le tribunal saisi d'une action en contrefaçon sur le fondement d'une
demande de brevet sursoit à statuer jusqu'à la délivrance du brevet.
Art. L. 615-5. Le
propriétaire d'une demande de brevet ou le propriétaire d'une demande de certificat
d'utilité, ou le propriétaire d'un brevet ou d'un certificat d'utilité, a la
possibilité de faire la preuve par tous moyens de la contrefaçon dont il se prétend
Il est par ailleurs en droit de faire
procéder, sur ordonnance du président du tribunal de grande instance du lieu de la
contrefaçon présumée, par tous huissiers assistés d'experts de son choix, à la
description détaillée, avec ou sans saisie réelle, des produits ou procédés
prétendus contrefaits. L'ordonnance est exécutoire par provision. Elle peut être
subordonnée à une consignation par le requérant. Dans la même ordonnance, le
président du tribunal peut autoriser l'huissier à procéder à toute constatation utile
en vue d'établir l'origine, la consistance et l'étendue de la contrefaçon.
Le même droit est ouvert au concessionnaire d'un droit exclusif
d'exploitation sous la condition prévue au deuxième alinéa de l'article L. 615-2, ainsi
que sous la condition prévue au quatrième alinéa de l'article L. 615-2, au
titulaire d'une licence de droit, d'une licence obligatoire ou d'une licence d'office
visées aux articles L. 613-10, L. 613-11, L. 613-15, L. 613-17 et L. 613-19.
A défaut par le requérant de s'être pourvu devant le tribunal dans le délai de
quinze jours, la saisie sera nulle de plein droit, sans préjudice d'éventuels
Art. L. 615-5-1. (L. n° 96-1106 du 18 décembre
1996, art. 10)
Si le brevet a pour objet un procédé d'obtention d'un produit, le
tribunal pourra ordonner au défendeur de prouver que le procédé utilisé pour obtenir
un produit identique est différent du procédé breveté. Faute pour le défendeur
d'apporter cette preuve, tout produit identique fabriqué sans le consentement du
titulaire du brevet sera présumé avoir été obtenu par le procédé breveté dans les
deux cas suivants :
a) Le produit obtenu par le
procédé breveté est nouveau ;
b) La probabilité est grande que le produit identique a été
obtenu par le procédé breveté, alors que le titulaire du brevet n'a pas pu, en dépit
d'efforts raisonnables, déterminer quel procédé a été en fait utilisé.
Dans la production de la preuve contraire, sont pris en considération les intérêts
légitimes du défendeur pour la protection de ses secrets de fabrication et de commerce.
Art. L. 615-6. Dans
une instance en contrefaçon introduite en vertu d'une demande de certificat d'utilité,
le demandeur devra produire un rapport de recherche établi dans les mêmes conditions que
le rapport prévu à l'article L. 612-14.
Art. L. 615-7. Sur la
demande de la partie lésée, et autant que la mesure s'avère nécessaire pour assurer
l'interdiction de continuer la contrefaçon, les juges pourront ordonner la confiscation,
au profit du demandeur, des objets reconnus contrefaits, qui sont la propriété du
contrefacteur à la date de l'entrée en vigueur de l'interdiction, et, le cas échéant,
celles des dispositifs ou moyens spécialement destinés à la réalisation de la
Il sera tenu compte de la valeur des objets
confisqués dans le calcul de l'indemnité allouée au bénéficiaire de la condamnation.
Art. L. 615-8. Les
actions en contrefaçon prévues par le présent chapitre sont prescrites par trois ans à
compter des faits qui en sont la cause.
Art. L. 615-9. Toute
personne qui justifie d'une exploitation industrielle sur le territoire d'un Etat membre
de la Communauté économique européenne ou de préparatifs effectifs et sérieux à cet
effet peut inviter le titulaire d'un brevet à prendre parti sur l'opposabilité de son
titre à l'égard de cette exploitation dont la description lui est communiquée.
Si ladite personne conteste la réponse qui
lui est faite ou si le titulaire du brevet n'a pas pris parti dans un délai de trois
mois, elle peut assigner ce dernier devant le tribunal pour faire juger que le brevet ne
fait pas obstacle à l'exploitation en cause, et ce, sans préjudice de l'action en
nullité du brevet et d'une action ultérieure en contrefaçon dans le cas où
l'exploitation n'est pas réalisée dans les conditions spécifiées dans la description
visée à l'alinéa précédent.
Art. L. 615-10. Lorsqu'une
invention, objet d'une demande de brevet ou d'un brevet, est exploitée pour les besoins
de la défense nationale par l'Etat ou ses fournisseurs, sous-traitants et titulaires de
sous-commandes, sans qu'une licence d'exploitation leur ait été octroyée, l'action
civile est portée devant la chambre du conseil du tribunal de grande instance. Celui-ci
ne peut ordonner ni la cessation ou l'interruption de l'exploitation ni la confiscation
prévue à l'article L. 615-7.
Si une expertise ou une description avec ou
sans saisie réelle telle que prévue à l'article L. 615-5 est ordonnée par le
président du tribunal, l'officier public commis doit surseoir à la saisie, à la
description et à toute recherche dans les archives et documents de l'entreprise, si le
contrat d'études ou de fabrication comporte une classification de sécurité de défense.
Il en est de même si les études ou fabrications sont exécutées dans
un établissement des armées.
Le président du tribunal de grande instance peut, s'il en est requis
par l'ayant droit, ordonner une expertise qui ne peut être effectuée que par des
personnes agréées par le ministre chargé de la défense et devant ses représentants.
Les dispositions de l'article L. 615-4 ne sont pas applicables aux
demandes de brevet exploité dans les conditions définies au présent article aussi
longtemps que ces demandes sont soumises aux interdictions prévues par les articles L.
612-9 et L. 612-10. Une telle exploitation fait encourir de plein droit à ses auteurs la
responsabilité définie au présent article.
Art. L. 615-11 (L. n° 94-102 du 5 février 1994,
art. 31) Abrogé.
Art. L. 615-12. Quiconque
se prévaut indûment de la qualité de propriétaire d'un brevet ou d'une demande de
brevet est puni d'une amende de 50 000 F. En cas de récidive, l'amende peut
être portée au double. Il y a récidive au sens du présent article lorsqu'il a été
rendu contre le prévenu dans les cinq années antérieures une condamnation pour le même
Art. L. 615-13. Sans
préjudice, s'il échet, des peines plus graves prévues en matière d'atteinte à la
sûreté de l'Etat, quiconque a sciemment enfreint une des interdictions portées aux
articles L. 612-9 et L. 612-10 est puni d'une amende de 30 000 F. Si la
violation a porté préjudice à la défense nationale, une peine d'emprisonnement de un
à cinq ans pourra, en outre, être prononcée.
2. Les dispositions du 1 ci-dessus entrent
en vigueur le 1er janvier 1993.
Art. L. 615-14-1 (L. n° 94-102 du 5 février
1994, art. 10)
En cas de récidive des infractions définies à l'article L.
615-14, ou si le délinquant est ou a été lié par convention avec la partie lésée,
les peines encourues sont portées au double.
Les coupables peuvent, en outre, être
privés pendant un temps qui n'excédera pas cinq ans du droit d'élection et
d'éligibilité pour les tribunaux de commerce, les chambres de commerce et d'industrie et
les chambres de métiers, ainsi que pour les conseils de prud'hommes.
Art. L. 615-15. Sans
sûreté de l'Etat, quiconque aura sciemment enfreint une des obligations ou interdictions
prévues aux articles L. 614-18, L. 614-20 et au premier alinéa de l'article L. 614-21
sera puni d'une amende de 40 000 F. Si la violation a porté préjudice à la
défense nationale, une peine d'emprisonnement de cinq ans pourra, en outre, être
Art. L. 615-16. Sans
sûreté de l'Etat, quiconque aura sciemment enfreint l'une des obligations ou
interdictions prévues au second alinéa de l'article L. 614-2, à l'article L. 614-4 et
au premier alinéa de l'article L. 614-5 sera puni d'une amende de 40 000 F. Si la
violation a porté préjudice à la défense nationale, une peine d'emprisonnement de cinq
ans pourra, en outre, être prononcée.
Section 3. - Règles de
compétence et de procédure
Art. L. 615-17. L'ensemble
du contentieux né du présent titre est attribué aux tribunaux de grande instance et aux
cours d'appel auxquelles ils sont rattachés, à l'exception des recours formés contre
les décrets, arrêtés et autres décisions de nature administrative du ministre chargé
de la propriété industrielle, qui relèvent de la juridiction administrative.
Les tribunaux de grande instance appelés
à connaître des actions en matière de brevets sont déterminés par voie
Les dispositions qui précèdent ne font pas obstacle au recours à
l'arbitrage, dans les conditions prévues aux articles 2059 et 2060 du code civil.
Les tribunaux de grande instance ci-dessus visés, ainsi que les cours
d'appel auxquelles ils sont rattachés, sont seuls compétents pour constater que le
brevet français cesse de produire ses effets, en totalité ou en partie, dans les
conditions prévues à l'article L. 614-13.
Art. L. 615-18. Les
actions en fixation d'indem-nités intentées en application des dispositions des articles
L. 612-10, L. 613-17, L. 613-19 et L. 613-20 sont portées devant le tribunal de
Art. L. 615-19. Les
actions en contrefaçon de brevet sont de la compétence exclusive du tribunal de grande
Toutes les actions mettant en jeu une contrefaçon de
brevet et une question de concurrence déloyale connexe sont portées exclusivement devant
Art. L. 615-20. La
juridiction saisie d'une action ou d'une exception relevant des dispositions du présent
titre peut soit d'office, soit à la demande d'une des parties, désigner tel consultant
de son choix pour suivre la procédure dès sa mise en état et assister à l'audience. Le
consultant peut être autorisé à poser des questions aux parties ou à leurs
représentants en chambre du conseil.
Art. L. 615-21. Si
l'une des parties le demande, toute contestation portant sur l'application de l'article
L. 611-7 sera soumise à une commission paritaire de conciliation (employeurs,
salariés), présidée par un magistrat de l'ordre judiciaire dont la voix est
Dans les six mois de sa saisine, cette
commission, créée auprès de l'Institut national de la propriété industrielle, formule
une proposition de conciliation ; celle-ci vaut accord entre les parties, si, dans le mois
de sa notification, l'une d'elles n'a pas saisi le tribunal de grande instance compétent
statuant en chambre du conseil. Cet accord peut être rendu exécutoire par ordonnance du
président du tribunal de grande instance saisi sur simple requête par la partie la plus
Les parties pourront se présenter elles-mêmes devant la commission et
se faire assister ou représenter par une personne de leur choix.
Les modalités d'application du présent article, qui comportent des dispositions
particulières pour les agents visés au dernier alinéa de l'article L. 611-7, sont
fixées par décret en Conseil d'Etat après consultation des organisations
professionnelles et syndicales intéressées.
Art. L. 615-22. Des
décrets en Conseil d'Etat fixent les modalités d'application du présent titre.