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Timestamp: 2016-10-24 12:33:10+00:00
Document Index: 50699975

Matched Legal Cases: ['art. 19', 'art. 26', 'art. 8', 'art. 89', 'art. 103', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 95', 'art. 95', 'art. 9', 'art. 95', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 35', 'art. 71', 'art. 35', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 202', 'art. 21', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

1C_154/2007 (29.08.2007)
1C_154/2007 /svc
1. AA.________ et BA.________,
2. CB.________ et DB.________,
3. EL.________,
4. FC.________ et GC.________,
5. HD.________ et KD.________,
recourants, tous repr�sent�s par Me Sylvain M�tille, avocat,
D�partement de la gestion du territoire, Ch�teau, 2001 Neuch�tel 1,
LE.________ et ME.________,
intim�s, repr�sent�s par Me Simon Othenin-Girard, avocat.
projet d'�largissement du chemin des Ribaudes,
recours en mati�re de droit public contre l'arr�t du Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel du 9 mai 2007.
Le 21 f�vrier 1969, le Conseil communal de la Ville de Neuch�tel a �dict� un plan d'alignement des quartiers Parc est, C�te, Bachelin, Clos-des-Auges et Pav�s. Ce plan, sanctionn� par le Conseil d'Etat le 6 ao�t 1969, avait pour but de permettre, au besoin, d'�largir les routes du secteur afin d'en garantir l'acc�s aux v�hicules motoris�s.
Le plan d'am�nagement communal de la Ville de Neuch�tel et son r�glement d'application (ci-apr�s: le PRAC) ont �t� modifi�s le 2 f�vrier 1998 et sanctionn�s par le Conseil d'Etat les 5 juillet 1999 et 13 juin 2001. Selon le PRAC, le quartier Bachelin/Clos-des-Auges est situ� en zone d'habitation, dans un secteur non contigu, b�n�ficiant d'un indice d'utilisation du sol de 0.8. Il fait en outre partie des quartiers �tag�s selon l'ancienne structure des murs de vigne. On y trouve quelques maisons de ma�tre entour�es de parcs bois�s et d'am�nagements paysagers, d'immeubles d'habitation, d'espaces naturels et de for�t. Le quartier est �galement parcouru par d'anciens chemins de vigne, dont celui de Gratte-Semelle et des Ribaudes.
Le chemin de Gratte-Semelle sert de route de desserte dans sa partie haute, sur une distance de 75 m�tres environ. La portion suivante, plus �troite (1,8 � 2 m�tres) et plus raide, est utilis�e dans les deux sens par les pi�tons et les v�hicules riverains.
Le chemin des Ribaudes est une desserte de quartier sur les 100 premiers m�tres, jusqu'� la hauteur de la parcelle n� 14408, sur laquelle a �t� �rig� un immeuble collectif et un parking couvert. Ensuite, la rue, en raison de sa largeur (1 � 1,5 m�tre), est exclusivement r�serv�e aux pi�tons. La premi�re partie du chemin a fait l'objet de travaux d'�largissement, avant 1969, sur une distance de 55 m�tres, puis en 1997/1998, sur 45 m�tres.
Le 10 octobre 2002, LE.________ et ME.________ ont acquis en copropri�t� la parcelle n� 14821 du cadastre de Neuch�tel, sise dans le quartier pr�cit�. Ils ont peu apr�s requis le Conseil communal d'ex�cuter le plan d'alignement sanctionn� par le Conseil d'Etat le 6 ao�t 1969 et de proc�der � l'�largissement du chemin des Ribaudes. Ils se pr�valaient de ce que leur parcelle n'�tait pas �quip�e conform�ment aux dispositions de la LAT, les chemins de Gratte-Semelle et des Ribaudes ne permettant pas un acc�s suffisant.
Un projet d'�largissement de la partie pi�tonne du chemin des Ribaudes a �t� mis � l'enqu�te publique du 30 avril au 1er juin 2004. Certains voisins, � savoir N.________, O.________, P.________, AA.________ et BA.________, FC.________ et GC.________, EL.________ et OL.________, CB.________ et DB.________, ainsi que HD.________ et KD.________ se sont oppos�s � cette construction le 24 mai 2004, en faisant valoir qu'il n'existait pas d'int�r�t public � proc�der � cet �largissement, que le r�glement d'am�nagement n'�tait pas respect� et que la nouvelle route engendrerait des nuisances et des dangers suppl�mentaires.
Suite � une s�ance de conciliation entre les int�ress�s, un nouveau projet, qui pr�voyait une largeur de chauss�e inf�rieure au projet initial, certaines am�liorations esth�tiques, ainsi qu'une zone de rencontre, avec une limitation de la vitesse � 20 km/h, a �t� transmis aux opposants. Ceux-ci ont toutefois maintenu leur opposition.
Par d�cision du 30 mars 2005, le Conseil communal a lev� l'opposition. Les opposants ont interjet� recours contre ce prononc� aupr�s du d�partement de la gestion du territoire (ci-apr�s: le d�partement).
Le 13 juillet 2005, le d�partement a rejet� le recours. Les opposants ont alors saisi le Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel (ci-apr�s: le Tribunal administratif) d'un recours, qui a �galement �t� rejet� par arr�t du 9 mai 2007. Le Tribunal administratif a en substance jug� que le plan d'alignement de 1969 avait toujours force obligatoire. Le chemin de Gratte-Semelle n'�tait pas suffisant pour absorber la zone desservie. La n�cessit� de b�n�ficier d'un acc�s suffisant, pour des raisons de s�curit� notamment, �tait d'int�r�t public. L'�largissement litigieux ne profitait donc pas uniquement aux �poux LE.________ et ME.________. Il a �galement relativis� l'impact du nouvel am�nagement.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, BA.________ et AA.________, DB.________ et CB.________, EL.________, GC.________ et FC.________ ainsi que KD.________ et HD.________ (ci-apr�s: BA.________ et consorts) demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t rendu le 9 mai 2007 par le Tribunal administratif. Ils se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus. Ils font �galement valoir une violation de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire (art. 19 et 21 ss LAT) et de la garantie de la propri�t� (art. 26 Cst.). Enfin, ils invoquent les principes d'�galit� et d'interdiction de l'arbitraire (art. 8 et 9 Cst.).
Le Tribunal administratif se r�f�re aux motifs de la d�cision attaqu�e et conclut au rejet du recours. Le d�partement renvoie � l'arr�t attaqu� et aux consid�rants de sa d�cision. Il conclut au rejet du recours, de m�me que la Ville de Neuch�tel et les �poux LE.________ et ME.________.
Par ordonnance du 2 juillet 2007, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif formul�e par BA.________ et consorts.
Selon l'art. 89 al. 1 LTF, a notamment qualit� pour former un recours en mati�re de droit public quiconque est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e (let. b) et a un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de celle-ci (let. c). Cette disposition reprend les exigences qui pr�valaient sous l'empire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire pour le recours de droit administratif (cf. art. 103 let. a aOJ; Message du Conseil f�d�ral concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale du 28 f�vrier 2001 [ci-apr�s: Message], FF 2001 p. 4126). Le recourant doit se trouver dans une relation sp�ciale, �troite et digne d'�tre prise en consid�ration avec l'objet de la contestation. La proximit� avec l'objet du litige ne suffit cependant pas � elle seule � conf�rer au voisin la qualit� pour recourir contre la d�livrance d'une autorisation de construire. Celui-ci doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de l'arr�t contest� qui permette d'admettre qu'il est touch� dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la commune (Message, FF 2001 p. 4127; arr�t 1C_3/2007 consid. 1.3.1 du 20 juin 2007 destin� � la publication; cf. ATF 120 Ib 431 consid. 1 p. 433).
En l'esp�ce, les �poux AA.________ et BA.________ sont directement touch�s par le projet d'�largissement, en ce sens qu'une bande de leur parcelle devra �tre expropri�e. Les autres recourants sont �galement directement touch�s dans la mesure o� la r�alisation du projet implique une participation financi�re de leur part. Ils poss�dent d�s lors tous la qualit� pour recourir.
Le recours peut notamment �tre form� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris les droits constitutionnels (cf. Message concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale du 28 f�vrier 2001, FF 2001 p. 4132). La violation du droit cantonal ne constitue pas un motif de recours, sous r�serve de celle des droits constitutionnels cantonaux et des dispositions cantonales sur le droit de vote des citoyens ainsi que sur les �lections et votations populaires (art. 95 let. c et d LTF). La violation de dispositions l�gales cantonales ou communales peut en revanche �tre constitutive d'une violation du droit f�d�ral au sens de l'art. 95 let. a LTF, telle que l'interdiction de l'arbitraire ancr�e � l'art. 9 Cst., ou du droit international au sens de l'art. 95 let. b LTF. Sur ce point, la loi sur le Tribunal f�d�ral n'apporte aucun changement � la cognition du Tribunal f�d�ral, qui pr�valait sous l'angle de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire (cf. Message pr�cit�, FF 2001 p. 4133).
Dans un grief de nature formelle qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus. Ils reprochent � l'autorit� cantonale de ne pas s'�tre prononc�e sur les deux r�quisitions qu'ils avaient formul�es dans leur acte de recours, � savoir la production de l'acte d'achat du bien-fonds n� 14821 et celle de l'�tude du co�t d'�largissement du chemin des Ribaudes r�alis�e en 1985.
5.1 Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu garanti � l'art. 29 al. 2 Cst. comprend pour les justiciables notamment le droit d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer � l'administration des preuves essentielles et de se d�terminer sur son r�sultat lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arr�ts cit�s). Le droit d'�tre entendu ne peut �tre exerc� que sur les �l�ments qui sont d�terminants pour d�cider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer � l'administration de certaines preuves offertes lorsque le fait � �tablir est sans importance pour la solution du cas, qu'il r�sulte d�j� de constatations ressortant du dossier ou lorsque le moyen de preuve avanc� est impropre � fournir les �claircissements n�cessaires. Ce refus d'instruire ne viole le droit d'�tre entendu des parties que si l'appr�ciation anticip�e de la pertinence du moyen de preuve offert, � laquelle le juge a ainsi proc�d�, est entach�e d'arbitraire (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135, 417 consid. 7b p. 430).
5.2 En l'esp�ce, contrairement � ce que soutiennent les recourants, le Tribunal administratif s'est prononc� sur les r�quisitions. Il a en effet jug� que, ayant �t� en mesure de se prononcer en l'�tat du dossier, il n'�tait pas n�cessaire d'administrer d'autres moyens de preuve.
S'agissant plus particuli�rement de l'�tude de 1985, la cour cantonale a en outre pr�cis� que la comparaison n'�tait pas pertinente, le projet de 1985 concernant un trac� beaucoup plus long, ce que les recourants ne contestent pas.
A l'appui de leur m�moire au Tribunal administratif, les recourants n'ont en aucune fa�on expos� en quoi la production de l'acte de vente pouvait servir � la r�solution du litige. Dans la pr�sente proc�dure, ils soutiennent que le prix d'acquisition aurait pu prouver que lorsque les �poux LE.________ et ME.________ ont acquis le terrain, tout devait leur laisser penser que le plan d'alignement n'�tait pas applicable. On discerne mal quel pourrait �tre l'int�r�t � d�terminer ce qu'ont pu penser les intim�s � l'�poque de l'achat de leur bien-fonds. Au demeurant, la cour cantonale a conclu, de fa�on motiv�e, � la validit� persistante du plan d'alignement. Dans ces conditions, l'acte de vente ne lui �tait d'aucune utilit�.
Le grief tir� d'une violation du droit d'�tre entendu doit par cons�quent �tre rejet�.
Au fond, les recourants soutiennent tout d'abord que le plan d'alignement aurait perdu sa validit� � partir du 1er janvier 1988. Ils invoquent � cet �gard l'art. 35 al. 3 LAT.
6.1 Selon l'art. 71 al. 1 de la loi cantonale sur l'am�nagement du territoire du 2 octobre 1991 (LCAT), les plans d'alignement communaux structurent l'environnement urbanis� et r�servent l'espace n�cessaire � la construction des voies de communication publiques telles que routes, voies ferr�es, voies cyclables, chemins pour pi�tons, places publiques. Les plans d'alignement sont des plans d'affectation sp�ciaux (Piermarco Zen-Ruffinen/Christine Guy-Ecabert, Am�nagement du territoire, construction, expropriation, Berne 2001, p. 126; dfjp/ofat, Etude relative � la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire, Berne 1981, p. 187).
Selon l'art. 35 al. 3 LAT, les plans directeurs et les plans d'affectation cantonaux en force au moment de l'entr�e en vigueur de la LAT conservent leur validit� selon le droit cantonal jusqu'� l'approbation par l'autorit� comp�tente des plans �tablis selon cette loi. Cette disposition n'enl�ve rien � la validit� des plans d'affectation qui existaient au moment de l'entr�e en vigueur de la LAT. Ces derniers ne peuvent toutefois en principe pas avoir les effets que la nouvelle loi rattache maintenant aux plans d'affectation. Leur l�galit� par rapport au droit f�d�ral doit �tre examin�e. Jusqu'� leur approbation, leurs effets ne peuvent aller au-del� de ce que le droit cantonal permettait (ATF 113 Ia 266 consid. 3b p. 270; dfjp/ofat, op. cit., p. 368).
Selon l'art. 97 LCAT, les plans d'alignement doivent �tre �tablis ou adapt�s aussit�t apr�s l'adoption du plan d'am�nagement.
6.2 En l'esp�ce, comme l'a relev� le Tribunal administratif, le PRAC, sanctionn� par le Conseil d'Etat en 1999 et en 2001, a pr�vu le maintien du plan d'alignement (art. 202 PRAC a contrario). Cela est d'ailleurs tout � fait coh�rent, puisque le PRAC autorise la construction d'immeubles collectifs de 3 � 4 �tages dans le secteur consid�r�, ce qui suppose une densification de la zone, avec pour corollaire la n�cessit� d'�largir les acc�s.
On ne discerne d'ailleurs pas en quoi le plan d'alignement pourrait �tre contraire au droit f�d�ral et les recourants ne pr�sentent aucun argument dans ce sens. Dans ces conditions, il faut retenir, avec le Tribunal administratif, que le plan d'alignement a force obligatoire.
A supposer que le plan soit valable, les recourants estiment qu'il serait trop ancien pour pouvoir encore �tre applicable. Il n'y aurait d'ailleurs presque jamais �t� fait recours. Au reste, il n'existerait pas d'int�r�t public au maintien en vigueur de ce plan.
7.1 Selon la jurisprudence, le contr�le incident ou pr�judiciel d'un plan d'affectation dans la proc�dure relative � un acte d'application est en principe exclu. Un tel contr�le est pourtant admis, � titre exceptionnel, lorsque les circonstances ou les dispositions l�gales se sont modifi�es, depuis l'adoption du plan, dans une mesure telle que l'int�r�t public au maintien des restrictions impos�es aux propri�taires concern�s pourrait avoir disparu; cette pr�cision jurisprudentielle correspond � l'obligation de r�examen des plans pr�vues notamment � l'art. 21 al. 2 LAT (ATF 121 II 317 consid. 12c p. 346).
7.2 Il est vrai que plus un plan est ancien, plus la pr�somption de stabilit� s'affaiblit. En l'esp�ce, le plan d'alignement a certes �t� sanctionn� en 1969. Il est cependant cens� avoir �t� r�examin� � l'occasion de la modification du PRAC, qui a �t� sanctionn� en 1998 et en 2001. Dans ces circonstances, on ne saurait retenir que le plan ne b�n�fice pas de la pr�somption de validit� pour ce motif.
Il n'est pas davantage correct d'affirmer que le plan n'a presque jamais �t� appliqu�. Comme l'a relev� le d�partement, le plan a �t� r�alis� sur plus de sa moiti� et seuls 80 m�tres manquent pour achever l'�largissement planifi� du chemin des Ribaudes. Les derniers travaux sont du reste r�cents (1998/1999).
7.3 Le Tribunal administratif a expos� qu'il ressortait de la visite des lieux et du dossier que le chemin de Gratte-Semelle constituait actuellement le seul moyen pour atteindre en voiture les b�timents du chemin de Gratte-Semelle n�s 7, 9, 11, 15, du Clos-des-Auges n� 7 et du chemin des Ribaudes n� 6 ainsi que la parcelle des intim�s. Les b�timents de la rue Auguste-Bachelin n�s 6, 10 et 12, donnant sur le chemin des Ribaudes, n'�taient actuellement pas accessibles en voiture (acc�s en escalier depuis la rue Auguste-Bachelin et/ou petit acc�s depuis le chemin des Ribaudes). La partie haute du chemin de Gratte-Semelle, � partir de l'avenue des Alpes, apparaissait suffisamment large sur une distance de 75 m�tres environ. En revanche, la portion suivante, qui permettait d'acc�der aux immeubles pr�cit�s, mesurait environ 70 m�tres, �tait raide (15 %) et �troite (de 1,8 � 2 m�tres), bord�e par deux murs de construction irr�guli�re et n'�tait pas rectiligne. A plusieurs endroits, il n'�tait pas possible de croiser un pi�ton. La visibilit� n'�tait en outre pas bonne. Cette situation mettait en �vidence un probl�me de s�curit� des usagers, qui pouvait s'aggraver selon les conditions m�t�orologiques. En raison de l'�troitesse du passage, l'acc�s des services de secours n'�tait en outre pas garanti.
Les recourants se bornent � affirmer que les acc�s doivent aujourd'hui encore �tre consid�r�s comme suffisants, sans davantage d'explications. Faute de motivation, le grief est irrecevable (art. 42 al. 2 LTF). On ne discerne au demeurant aucun �l�ment qui contredirait la position des autorit�s selon laquelle, au vu de la situation existante, les parcelles concern�es ne sont pas suffisamment �quip�es s'agissant des voies d'acc�s. Quoi qu'il en soit, il appara�t que si la situation pouvait �ventuellement �tre tol�r�e jusque-l� en raison du type de b�timents existants, elle devient inadmissible au vu de la densification pr�vue par le PRAC. Si les recourants �taient oppos�s � cet objectif, il leur aurait appartenu de recourir en temps utile contre le PRAC.
7.4 Pour le surplus, les recourants n'indiquent pas en quoi les circonstances se seraient modifi�es � un point tel que toute mise en oeuvre du plan d'alignement serait exclue. Il s'av�re au contraire que ce dernier correspond bien aux besoins actuels, l'int�r�t public qui y est li� s'�tant m�me renforc� avec l'�coulement du temps. Le grief doit d�s lors �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Les recourants invoquent enfin l'interdiction de l'arbitraire. Ils estiment que le projet serait contraire aux objectifs du PRAC. Ils font �galement valoir qu'aucun am�nagement n'est pr�vu pour le carrefour. Ils critiquent ensuite le financement du projet. Ils d�clarent que l'int�r�t priv� des intim�s serait pr�pond�rant. Les autorit�s n'auraient en outre pas examin� la possibilit� d'une alternative. Enfin, ils estiment que toute la ville devrait �tre concern�e, et non pas seulement leur quartier.
8.1 De jurisprudence constante, une d�cision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle appara�t discutable ou m�me critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son r�sultat (ATF 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178).
8.2 Les recourants exposent que le PRAC n'exigerait pas une densification syst�matique et une urbanisation de la ville. Il viserait au contraire essentiellement la protection du paysage.
Contrairement � ce qu'estiment les recourants, le projet d'�largissement n'entre toutefois pas en conflit avec les objectifs du PRAC, dans la mesure o� il est respectueux des principes g�n�raux d'am�nagement du territoire. A cet �gard, on peut se r�f�rer aux observations du service juridique de la Ville de Neuch�tel, selon lesquelles le projet met en oeuvre des proc�d�s constructifs favorables � la reconstitution d'une flore et d'une faune riches et vari�es ainsi qu'� des plantations compensatoires (arbres, haies, etc.). De m�me, il pr�serve les caract�ristiques paysag�res du site, domin� par la v�g�tation et des murs de pierre. Les recourants n'infirment pas ces propos, de sorte que l'argument doit �tre rejet�.
8.3 Le Tribunal administratif a jug� que des dispositions pour l'am�nagement du carrefour pourraient �tre prises lors de la mise en place des am�nagements de d�tail et de signalisation. Les recourants n'expliquent pas en quoi ce point de vue serait arbitraire, de sorte que la critique est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
8.4 Les recourants soutiennent �galement que l'�largissement pr�vu ne permettrait toujours pas d'acc�der en voiture au b�timent du chemin de Gratte-Semelle no 7. Ce grief n'a pas �t� pr�c�demment soumis au Tribunal administratif. Il est par cons�quent irrecevable pour d�faut d'�puisement des griefs. Que l'affirmation soit correcte ou non, il ressort de l'opposition des propri�taires concern�s que ceux-ci disposent d'un acc�s direct � une voie carrossable � l'intersection du chemin de Gratte-Semelle et du Clos-des-Auges. En outre, le fait qu'une habitation ne puisse b�n�ficier d'un acc�s suffisant malgr� l'�largissement pr�vu ne saurait remettre en cause � lui seul le projet. Dans ces conditions, le grief ne peut qu'�tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
8.5 Les recourants soutiennent que les propri�taires expropri�s ne le seront qu'� une valeur extr�mement faible et que tous devront financer un acc�s dont ils ne veulent pas.
Ces griefs sont irrecevables dans la pr�sente proc�dure. Le montant des indemnit�s d'expropriation et des participations financi�res devra �tre discut�, le cas �ch�ant, dans une proc�dure distincte. On rel�vera cependant que, contrairement � ce que laissent entendre les recourants, la moiti� des propri�taires concern�s ne s'oppose pas au projet. Sur les trois propri�taires qui devront faire l'objet d'une expropriation, deux ont m�me renonc� � recourir au Tribunal f�d�ral.
8.6 C'est ainsi � tort que les recourants insistent sur l'int�r�t priv� pr�tendument pr�pond�rant des intim�s. Il est vrai que ce sont ces derniers qui ont d�clench� le processus. L'application du plan d'alignement est toutefois dict�e par le plan d'am�nagement et non par l'unique volont� des intim�s. A noter que le grief des recourants selon lesquels les intim�s n'auraient aucun droit � obtenir l'�quipement de leur parcelle est irrelevant, dans la mesure o�, sur la base d'un plan d'alignement en force, les autorit�s ont pris la d�cision de mettre un projet d'�largissement � l'enqu�te. Le grief doit d�s lors �galement �tre rejet�.
8.7 Les recourants ne sauraient soutenir que des alternatives n'ont pas �t� examin�es. Les autorit�s ont en effet estim� que l'option du chemin de Gratte-Semelle n'�tait pas convaincante du point de vue de la protection du site et du point de vue routier (d�clivit� sup�rieure � 15 %). L'expert mandat� par les recourants a d'ailleurs lui-m�me soulign� que le chemin de Gratte-Semelle ne pourrait pas supporter une charge suppl�mentaire, d'autant plus qu'il s'agissait d'un chemin destin� prioritairement aux pi�tons. Il s'ensuit que le grief doit �tre rejet�.
8.8 Les recourants font enfin valoir que le projet viole le principe de l'�galit� de traitement. Tous les acc�s insuffisants de l'ensemble de la ville auraient d� faire l'objet d'un agrandissement.
En l'esp�ce, outre le fait que le principe de l'�galit� de traitement n'a qu'une port�e tr�s restreinte en la mati�re (ATF 121 I 245 consid. 6e/bb p. 249), les recourants ne sauraient se plaindre de ce qu'une collectivit� publique se conforme � la loi en mati�re d'�quipement. Le grief doit donc �tre rejet�.
Au vu de ce qui pr�c�de, les griefs tir�s de l'arbitraire, dans la mesure o� ils sont recevables, doivent int�gralement �tre rejet�s.
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Les recourants, qui succombent, doivent supporter l'�molument judiciaire (art. 66 al. 1 LTF). Les intim�s ont droit � des d�pens (art. 68 LTF).
Une indemnit� de 2'000 fr., � payer � LE.________ et � ME.________ � titre de d�pens, est mise � la charge solidaire des recourants.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties, au Conseil communal de la Ville de Neuch�tel, au D�partement de la gestion du territoire et au Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel.