Source: https://www.fichier-pdf.fr/2016/03/23/projet-de-loi-ec-complet/
Timestamp: 2020-08-15 20:57:02+00:00
Document Index: 308268974

Matched Legal Cases: ["l'article 200", "l'article 200", "l'article 55", 'arrêt ', "l'article 200", "l'article 200"]

projet de loi EC complet - Fichier PDF
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Nom original: projet de loi EC complet.pdfTitre: Article X
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et de l’habitat durable
« Égalité et citoyenneté »
NOR : LHAL1528110L/Rose-1
« Aller plus loin, faire vivre l’égalité, renforcer la citoyenneté, c’est chercher sans répit,
sans fausses excuses, à nous hisser à la hauteur des exigences des Français. C’est porter toujours
plus haut nos ambitions ». Tel est le dessein qu’assignait le Premier ministre, Manuel Valls, au
premier comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté (CIEC), qu’il réunissait
le 6 mars 2015, à Paris.
Depuis 2012, le Gouvernement a mené une série de politiques en faveur de la sécurité, du
logement, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la sécurisation des parcours
professionnels, de la lutte contre les discriminations, ou de l’accès au marché du travail,
notamment pour les jeunes. Une vaste refondation de notre École a également été menée. Elle a
permis de remettre à l’honneur la laïcité, qui occupe une place centrale dans ce lieu où se forge la
liberté de conscience et où doit se faire l’intégration républicaine.
Les attentats de 2015 ont mis à jour, avec encore davantage d’intensité, des fractures,
anciennes de la société française qui continuent de se creuser. Elles se traduisent par la montée
des racismes, des intolérances, de la tentation du repli sur soi, des communautarismes et de la
peur de l’autre. La jeunesse de France est particulièrement en proie au doute.
Face à ce constat, le gouvernement a estimé que la réaffirmation et le rassemblement
autour des valeurs de la République constituait un objectif impérieux, et que cet objectif ne
pourrait être atteint que si ces valeurs parvenaient à s’incarner dans le quotidien de tous nos
compatriotes. C’est à travers une « République en actes », une République qui se manifeste
concrètement dans le quotidien des Français, que celle-ci retrouvera sa puissance fédératrice.
Le premier CIEC a ainsi déployé soixante mesures au sein d’un plan d’ensemble pour
« La République en actes ». Ces dispositions balaient un vaste cadre d’interventions, autour de la
réaffirmation de la citoyenneté, de la lutte contre les inégalités et les discriminations, et du retour
de la promesse républicaine dans le quotidien des Français, notamment de ceux qui vivent dans
territoires les plus fragiles de la République. Elles partagent la même volonté de retisser les liens
de la communauté nationale, par des politiques et des actions concrètes. Un deuxième CIEC, aux
Mureaux, le 26 octobre 2015, a permis d’établir un premier bilan du déploiement de
ces soixante mesures.
Une partie d’entre elles, concernant plusieurs thématiques, appelait une mise en œuvre ou
une prolongation par voie législative. Tel est l’objet du présent texte qui n’a donc pas vocation à
rassembler l’ensemble des réponses de la « République en actes », mais qui vise à les compléter,
de façon ciblée et transversale, là où une inscription dans la loi était indispensable ou de nature à
renforcer l’action de l’Etat.
Le premier titre de la loi est consacré à la citoyenneté et à l’émancipation des jeunes
(titre I ). Il répond à l’ambition d’une France engagée, au service des valeurs de la République,
de la communauté nationale. Il met en œuvre le « parcours citoyen généralisé » annoncé par le
Président de la République, la généralisation du service civique et la réserve citoyenne tout au
long de la vie. Il n’oublie pas les associations, premier objet d’engagement des Français.
S’engager au service des autres c’est aussi devenir acteur de sa propre vie, c’est une étape
indispensable pour accompagner l’émancipation des nouvelles générations. Mais certains jeunes
demeurent en situation difficile dans leur quotidien. Vivre dans la République, c’est également
s’intéresser aux questions d’information, d’insertion, de santé, de droits sociaux,… d’une
jeunesse qui aspire à être reconnue et soutenue.
Agir pour l’égalité et la citoyenneté impose à l’origine d’œuvrer contre les divisions
spatiales et sociales qui minent le quotidien. Nous le savons, l’environnement et le cadre de vie
influe sur les parcours individuels. Notre action doit permettre de lutter contre la
« ghettoïsation » de certains quartiers, ou la formation de poches de pauvreté, qui sont autant de
terreau du désespoir.
Dans cette perspective, le volet consacré au logement (titre II) est crucial. Il met en œuvre des
outils opérationnels en faveur de la mixité dans les immeubles, dans les quartiers et à l’échelle des
bassins de vie. Il donne les moyens d’œuvrer pour un aménagement harmonieux de nos villes.
Enfin, le titre III comprend des mesures pour tendre vers davantage d’égalité. Ces mesures,
notamment issues des Comités interministériels à l’égalité et à la citoyenneté, visent à la mise en
œuvre des politiques publiques dans les quartiers prioritaires, à la diversification de l’accès à la
fonction publique, à la priorité donnée à l’accès à la langue française ainsi qu’à la lutte contre le
racisme et les discriminations en facilitant la répression des délits de provocation, de diffamation ou
d’injures fondées sur les origines, l’identité ou l’orientation sexuelle ainsi que, plus généralement, la
répression de tous les crimes et délits commis pour des raisons racistes ou discriminatoires fondées sur
l’identité ou l’orientation sexuelle .
TITRE IER - CITOYENNETE
ET EMANCIPATION DES J EUNES
La jeunesse de France est fragilisée par d’importantes difficultés structurelles,
particulièrement en matière d’emploi, elle peine à trouver sa place dans la société, à se sentir
représentée par les institutions de la République et à se projeter dans l’avenir. Bref, elle est
parfois en proie au doute, et se sent, à plus ou moins grande échelle, en décalage avec notre
modèle de société.
Pourtant, la jeunesse en constitue l’avenir, tout autant que le présent.
Depuis 2012, de nombreuses mesures destinées à faire de la jeunesse la priorité de
l’action du gouvernement, conformément aux engagements du Président de la République, ont
déjà été mises en œuvre dans tous les champs de la vie et du parcours d’autonomie des jeunes :
mobilisation autour du « Plan Priorité Jeunesse », création de 210 000 emplois d’avenir,
revalorisation des bourses étudiantes, montée en charge du service civique pour atteindre 70 000
missions en 2015 et 110 000 en 2016, soutien à la mobilité internationale avec notamment la
revalorisation des crédits du programme Erasmus +, création de 40 000 logements étudiants sur
le quinquennat, mise en place du cautionnement locatif étudiant pour favoriser l’accès au
logement, installation des Comités interministériels à la Jeunesse et à l’Egalité et à la
Citoyenneté pour suivre de manière très opérationnelle le déploiement concret de ces mesures.
Il est aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin, pour prévenir et lutter contre le
« décrochage citoyen » qui touche une part croissante de jeunes.
Il s’agit de permettre à la jeunesse de vivre l’expérience de la République, d’assurer les
conditions de sa participation à la vie démocratique et citoyenne, et de la soutenir dans son
insertion sociale et dans la préparation de son avenir. Il est de la responsabilité du Gouvernement
d’assurer les conditions de l’autonomisation et de l’engagement de cette jeunesse dans le respect
et la défense des valeurs de la République.
Il s’agit également de permettre et d’encourager l’engagement de la société dans son
ensemble et de tous les citoyens au profit de missions de service public et d’intérêt général, pour
répondre aux tentatives obscurantistes en créant les conditions du renforcement de la cohésion
nationale autour des valeurs communes de liberté, d’égalité et de fraternité.
Ce titre relatif au soutien à l’engagement dans la vie citoyenne et au renforcement de la
place des jeunes dans la République se veut un socle pour concrétiser l’engagement de la société
toute entière en faveur de la jeunesse et de la cohésion nationale, et un remède à la tentation du
repli sur soi, à la peur et à la division.
ENCOURAGER L’ENGAGEMENT DE TOUS LES CITOYENS POUR FAIRE VIVRE LA
L’article 1er inscrit la réserve citoyenne comme un dispositif pérenne, en définissant de
façon concise son objet et sa vocation sur le renforcement des valeurs républicaines sous l’égide
de l’Etat. Ses orientations et les engagements essentiels attendus à la fois des structures d’accueil
et des réservistes seront déterminés par une charte de la réserve citoyenne, approuvée par décret
L’article 2 permet de constituer des sections thématiques ou territoriales de la réserve
citoyenne. Les sections thématiques comprendront les dispositifs de réserve citoyenne existants :
la réserve citoyenne prévue par le code de la défense, qui devient « réserve citoyenne de défense
et de sécurité », mais aussi le service volontaire citoyen, les réserves communales de sécurité
civiles et la réserve citoyenne de l’éducation nationale. Ils resteront régis par leurs règles
propres. D’autres sections thématiques pourront être créées par décret.
Par ailleurs, l’article prévoit la possibilité de créer des sections territoriales, par
convention entre l’Etat et une ou plusieurs collectivités territoriales.
L’article 3 prévoit l’ouverture de la réserve citoyenne aux personnes âgées de 18 ans
révolus, de nationalité française ou étrangère dans les mêmes conditions que le service civique.
L’inscription dans la réserve, subordonnée à l’adhésion à la charte, se fait pour une durée
déterminée renouvelable. En cas de comportement contraire à la Charte, l’autorité de gestion,
sous réserve des conditions spécifiques de chaque réserve thématique, peut radier le réserviste
par une décision motivée, sous le contrôle éventuel du juge.
L’article 4 détermine quelles structures et quels projets peuvent permettre la mobilisation
de réservistes, de façon à garantir l’utilisation à des fins désintéressées et présentant un intérêt
général incontestable. Le recours de manière récurrente à la réserve citoyenne sur des missions
est garanti par un volume horaire maximal défini par voie réglementaire et par une labellisation
des missions concernées.
L’article 5 prévoit les conditions d’affectation du réserviste, qui supposent son accord
sur la mission et, sauf situation d’urgence, la passation d’une convention. Il évite tout risque de
confusion avec un contrat de travail ou avec les emplois publics. L’article prévoit que le
réserviste, placé sous la direction de l’organisme d’accueil, n’est pas rémunéré et qu’il est
couvert au titre des dommages qu’il pourrait subir ou qu’il causerait à des tiers.
L’article 6 comprend des dispositions de coordination avec l’article 2 dans le code de la
défense et dans le code de la sécurité intérieure
L’article 7 renvoie les modalités d’application à un décret en Conseil d’Etat.
L’article 8 prévoit que tout salarié, fonctionnaire, ou agent public de l’une des trois
fonctions publiques, membre d'une association dont l'ensemble des activités est mentionné au b
du 1 de l'article 200 du code général des impôts, régie par la loi du 1er juillet 1901 relative au
contrat d'association ou inscrite au registre des associations en application de la loi du
19 avril 1908 applicable au contrat d'association dans les départements de la Moselle, du
Bas-Rhin et du Haut-Rhin, et qui est régulièrement élu pour siéger bénévolement dans l’organe
d’administration ou de direction de celle-ci, a droit, sur sa demande, à un congé non rémunéré
pour participer aux réunions de cet organe.
L’objet de cette mesure est d’élargir un dispositif déjà existant pour tous les travailleurs
quel que soit leur statut, pour mieux accompagner les besoins des associations (la prise de
responsabilités électives), sans ajouter un dispositif supplémentaire, ni modifier les modalités
d’obtention déjà prévues pour le droit existant. Le congé de formation d’animateurs devient un
congé de formation et de responsabilités électives. L’aménagement d’un congé existant répond à
une attente des organismes patronaux et salariés entendus.
Pour ne pas complexifier le code du travail et éviter l’empilement de dispositifs, la
mesure consiste à aménager un congé existant pour l’élargir et le rendre plus accessible et plus
utile. Le dispositif jusque-là circonscrit à une tranche d’âge (les moins de 25 ans), à quelques
secteurs (au-delà des seules associations jeunesse, éducation populaire et sports) et à un type
d’activité (la formation pour l’animation) est ouvert à tous les bénévoles, toutes les associations
pour la participation à la gouvernance associative. L’ouverture du dispositif le rendra plus
facilement utilisable par tous les acteurs concernés (individus éligibles, associations
bénéficiaires, employeurs autorisant le congé).
Le droit n’est plus restreint à quelques associations déterminées par arrêtés. Il est ouvert à
tous les champs sectoriels des associations éligibles au b du 1 de l'article 200 du code général des
impôts, tout en étant limité aux seules associations d’intérêt général au sens fiscal par ce même
Le droit à congé pour formation d’animateurs existe déjà pour les salariés (code du
travail L. 3142-43), les fonctionnaires et les agents publics des trois fonctions publiques
(Article 34, 8°, loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ; article 57, 8°, loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
article 41, 8°, loi n° 86-33 du 9 janvier 1986). L’extension proposée est aussi appliquée à
l’ensemble de ces statuts pour garantir un droit universel. En l’inscrivant dans le code du travail
et dans le statut de la fonction publique, tous les travailleurs peuvent bénéficier du même droit.
Dans tous les cas, les droits afférents au congé restent inchangés par rapport à ceux déjà
prévus pour le congé pour formation. Le congé est non rémunéré et considéré comme période de
travail effectif (pour les droits à congés payés, à retraite, à la sécurité sociale et aux suppléments
pour charge de famille). Les conditions de refus de l’employeur prévues sont maintenues (si les
nécessités du service s’y opposent). La durée totale de ce congé ainsi que le cumul maximum
autorisé de ce droit avec celui de formation économique et syndicale (12 jours maximum) pour
les salariés relève de la négociation collective, même si des dispositions supplétives sont
prévues. Pour faciliter l’utilisation du congé pour des responsabilités électives, le congé peut être
fractionné en demi-journées, et non plus pris en une ou deux fois à la demande du bénéficiaire,
modalité non adaptée pour des activités de gouvernance.
L’article 9 prévoit de permettre aux engagés de service civique réalisant leur mission
auprès d’un service d’incendie et de secours de bénéficier de tout ou partie de la formation
initiale de sapeur-pompier volontaire sur le temps de leur mission de service civique.
Elle doit aussi leur permettre d’accomplir une mission recouvrant l’ensemble du spectre
d’intervention des sapeurs-pompiers et pas uniquement le secours à personnes comme c’est le
Afin que cette période de mission soit compatible avec la réalisation effective de la
mission de service civique, la période de formation dont bénéficie l’engagé ne peut être
supérieure à deux mois.
L’engagé bénéficiera de l’ensemble des droits et devra satisfaire l’ensemble des
obligations afférentes à la signature d’un contrat d’engagement de service civique dans les
conditions fixées par le code du service national. La formation initiale de sapeur-pompier
volontaire est prise en charge par le service d’incendie et de secours auprès duquel le volontaire
réalise sa mission.
A l’issue de sa formation, la mission de service civique confiée au volontaire lui
permettra de concourir aux activités se rapportant à la protection et à la lutte contre les autres
accidents, sinistres et catastrophes, à l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou
naturels ainsi qu'aux secours d'urgence, en complément des sapeurs-pompiers et non en
remplacement de ces derniers.
Le volontaire accomplissant un service civique adapté aux sapeurs-pompiers bénéficiera,
par son engagement de service civique, de la couverture sociale des sapeurs-pompiers
volontaires sans avoir à signer simultanément un engagement de sapeur-pompier volontaire.
La période d'engagement de service civique permettra ainsi à l'engagé de bénéficier d'une
formation et de concourir aux activités opérationnelles de l'organisme d'accueil, mais elle doit
également constituer un temps de réflexion citoyen et personnel pour le volontaire.
L’article 10 permet de diversifier les structures d’accueil en service civique et de créer
de nouvelles missions de service civique. La mesure permet de rendre éligible au service civique
des organismes HLM, qui ne sont pas tous sans but lucratif au regard de leur statut de société
commerciale (SA HLM, SCOP HLM, SCIC HLM) car, comme le précise le droit
communautaire, le logement social est qualifié de service d’intérêt général économique. Elle
permet aussi l’agrément des sociétés publiques locales visées à l’article L. 1531-1 du code
général des collectivités territoriales et les sociétés dont l’Etat détient la totalité du capital.
Les missions d’intérêt général dévolues aux organismes HLM ont en effet été
précisément identifiées et définies en tant que service d’intérêt économique général par les
dispositions du code de la construction et de l’habitation applicables à l’ensemble des
organismes en charge du logement social. La mission d’intérêt général attribuée aux opérateurs
de logement social s’accompagne d’obligations spécifiques incombant directement à l’opérateur.
En contrepartie des aides reçues, ils doivent ainsi respecter des plafonds de loyers et de revenus
afin d’offrir des solutions de logement adaptées aux capacités des ménages à revenus modestes,
et se conformer à des règles d’attribution. La loi et le règlement, les conventions APL
(généralement supérieures à 35 ans, automatiquement reconduites sans limite de temps dans le
cas des organismes HLM), les conventions d’utilité sociale, fixent donc les contraintes de gestion
des logements locatifs sociaux et la durée des obligations de service public.
Ces organismes sont regroupés comme suit en plusieurs grandes familles :
- les Offices publics de l’habitat : 275
- les sociétés anonymes HLM : 278
- les sociétés coopératives d’HLM : 168
- les fondations HLM.
L’article 10 rend par ailleurs certaines entreprises du secteur public constituées sous
forme de personnes morales de droit privé éligibles à l’agrément de service civique. Les sociétés
publiques locales, quand bien même elles sont exclusivement constituées de personnes publiques
actionnaires, sont des sociétés anonymes. Ces sociétés publiques locales détenues à 100% par les
pouvoirs publics ne sont par contre pas mise en concurrence dans le cadre des marchés publics.
La solution est également identique pour les sociétés détenues par l’Etat. En dépit de leurs
activités d’intérêt général, le statut commercial de ces entreprises détenues exclusivement par
l’Etat les exclut, en l’état, du service civique. L’article 11 y remédie.
L’article 11 prévoit de permettre aux personnes morales de droit public bénéficiaires
d’un agrément de service civique de mettre des engagés de service civique à disposition d’autres
personnes morales de droit public tierces non agréées mais satisfaisant aux conditions
d’agrément fixées par le code du service national.
Cette pratique dite de l’intermédiation permet de mettre à disposition un volontaire, aux
fins d'accomplissement de son service civique, auprès d'une ou, de manière successive, de
plusieurs personnes morales tierces non agréées, mais qui remplissent les conditions d'agrément.
L’expérience a montré qu’elle présente plusieurs intérêts. En effet elle a fortement
contribué au développement du service civique en s’appuyant sur les grands partenaires
associatifs et en touchant notamment plus largement les collectivités territoriales. Elle offre par
ailleurs aux volontaires la possibilité de réaliser une mission dans plusieurs domaines et dès lors
d’enrichir leur expérience.
Depuis sa création en 2010, le service civique mobilise difficilement les personnes
morales de droit public notamment au regard de la lourdeur des procédures administratives.
La mise à disposition de volontaires, jusqu’à lors réservée aux organismes privés sans but
lucratif, va simplifier les procédures applicables aux personnes morales de droit public. Elle va
ainsi favoriser une mobilisation accrue des pouvoirs publics au service du développement du
service civique universel.
Elle est notamment de nature à favoriser le déploiement des grands programmes
ministériels engagés en 2015 en facilitant l’implication des opérateurs publics qui agissent dans
leur champ de compétence.
L’article 12 prévoit de désigner l’Agence du service civique comme agence nationale
pour la mise en œuvre de l’information pour le volet « sport » du programme « Erasmus + ».
Conformément aux dispositions du règlement européen (UE) n°1288/2013 du Parlement
européen et du Conseil du 11 décembre 2013 établissant « Erasmus + », le programme de
l’Union pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport et abrogeant les décisions
n° 1719/2006/CE, n° 1720/2006/CE et 1298/2008/CE, et plus particulièrement au
chapitre VIII - article 27-4, les ministères chargés de l’éducation nationale et de l’enseignement
supérieur et celui chargé de la jeunesse désignent une ou plusieurs agences nationales chargées
de la mise en œuvre du volet sport de ce programme.
Dans ce cadre, le ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, en tant qu’autorité
nationale pour le volet sport du programme européen « Erasmus + » 2014-2020 désigne
l’Agence du service civique comme agence nationale pour la mise en œuvre de l’information
pour le volet « sport ».
L’Agence du service civique aura dans ce cadre la mission de porter à la connaissance
des acteurs du sport (fédérations, services déconcentrés, etc.) les dates des appels à projets
publiés par l’Agence exécutive européenne. Elle devra également accompagner les porteurs de
projets dans leurs démarches liées à ces appels à projets. Elle sera également l’interlocuteur
privilégié de l’agence exécutive.
L’article 13 porte sur la création du livret citoyen. Lors de ses vœux à la jeunesse et aux
forces de l’engagement, le président de la République a exprimé la volonté qu’aucun jeune ne
reste en dehors de l’engagement civique et que tous puissent s’inscrire dans un parcours citoyen
Ce parcours commence à l’école, où un parcours citoyen est instauré du cours
préparatoire à la terminale, avec un double objectif : transmettre aux élèves les valeurs de la
République et les amener à devenir des citoyens responsables et libres.
Il se poursuit en dehors de l’école pour que chaque jeune puisse valider plusieurs temps
ou formes d’engagement.
De manière à assurer un support de ses engagements, à compter de septembre 2016,
chaque jeune se verra confier, au moment de son recensement, un livret citoyen. Il aura la
responsabilité de le faire vivre. Ce livret retracera l’histoire de ses engagements. Chaque action y
sera consignée, détaillée et valorisée.
Avec ce compte « livret citoyen », chaque jeune pourra, au-delà de sa scolarité, consigner
l’ensemble de ses engagements formels et informels et les valoriser pour son insertion dans la vie
sociale et l’emploi.
L’article 14 crée, afin d’encourager les jeunes à s’engager au bénéfice du développement
social, culturel et économique de la nation, un principe de validation obligatoire au sein des
formations supérieures des compétences, connaissances et aptitudes acquises par les étudiants à
l’occasion d’activités extra-académiques, qu’il s’agisse d’un engagement bénévole, d’un
engagement dans la réserve opérationnelle de la défense ou d’un engagement en service civique.
La validation de ces compétences, connaissances et aptitudes au sein des formations supérieures
contribue également à préparer les étudiants à leur insertion professionnelle.
Cet article constitue la concrétisation législative de la volonté exprimée par le Président
de la République lors de ses vœux à la jeunesse et aux forces de l’engagement que « tous les
établissements [reconnaissent] l’engagement de leurs étudiants pour l’obtention de leurs
diplômes ». Il traduit également l’une des engagements du plan national de vie étudiante,
proposant la reconnaissance des compétences acquises par les étudiants à l’occasion d’un
engagement associatif ou en tant qu’élu dans les établissements d’enseignement supérieur.
Les établissements d’enseignement supérieur ont développé depuis plusieurs années
divers dispositifs de valorisation de l’engagement et de l’ensemble des activités
extra-académiques des étudiants, notamment par une inscription dans l'annexe descriptive au
diplôme ou dans un portefeuille de compétences. L’introduction d’un principe législatif de
validation des compétences, connaissances et aptitudes au sein des formations permet d’aller audelà, en systématisant l’attribution d'éléments constitutifs d'une unité d'enseignement prévue au
sein de la formation ou de crédits du système européen de transfert et d'accumulation de crédits
(European Credits Transfer System, ECTS).
L’article 15 prévoit d’encourager l’expression des jeunes mineurs à partir de 16 ans en
leur accordant le droit d’être directeur de publication de tout journal ou écrit périodique réalisé à
L’article 13 de la convention internationale des droits de l’enfant prévoit que le droit à la
liberté d’expression de l’enfant comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des
informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale,
écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant. L’exercice de ce
droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont
nécessaires, d’une part, au respect des droits ou de la réputation d’autrui ou, d’autre part, à la
sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques.
La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse impose que le directeur de la
publication de toute publication de presse soit majeur.
Des journaux lycéens internes à l’établissement peuvent néanmoins être créés par des
lycéens majeurs ou mineurs avec l’autorisation du représentant légal en application de la
circulaire de l’éducation nationale n° 1991-051 du 6 mars 1991 actualisée par la circulaire
n°2002-026 du 1er février 2002 « Publications réalisées et diffusées par les élèves dans les
lycées ». Seuls les mineurs lycéens disposent donc ce droit. Les jeunes ne poursuivant pas leur
scolarité au lycée en sont dépourvus.
Or, la réalisation d’un journal par et pour les jeunes constitue un engagement concret
dans la vie de la cité et un apprentissage de la liberté d’expression.
Cette mesure prévoit donc d’accorder à tous les jeunes à partir de 16 ans le droit de
publication, avec l’accord écrit préalable de leurs représentants légaux. Ils pourront être nommés
directeurs ou codirecteurs de la publication de tout journal ou écrit périodique réalisé
La mesure ne supprime pas le dispositif propre aux lycéens à l’intérieur de
CHAPITRE II - ACCOMPAGNER LES J EUNES DANS LEUR PARCOURS VERS L ’AUTONOMIE
L’article 16 confie à la région le chef de filât en matière de politique de la jeunesse,
complétant ainsi les domaines de compétences prévues par la loi NOTRe.
La loi NOTRe (loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale
de la République) prévoit en effet dans son article 2 que la région est chargée d’organiser, en
qualité de chef de file, les modalités de l’action commune des collectivités territoriales et de
leurs établissements publics pour l’exercice de différentes compétences (aménagement et
développement durable ; protection de la biodiversité ; climat, qualité de l’air et énergie ;
transports ; soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche).
Les régions sont d’ores et déjà un acteur important dans le domaine des politiques de
jeunesse au niveau territorial. Elles constituent le partenaire incontournable des services de l’Etat
en la matière, notamment, depuis plusieurs années, s’agissant de l’élaboration et de la mise en
œuvre de plans d’action en faveur de la jeunesse, en déclinaison du plan priorité jeunesse mis en
place au niveau national depuis 2013. Dans ce cadre, l’identification de la région comme chef de
file vient renforcer la capacité de travail en commun entre acteurs locaux et entre régions et
services déconcentrés de l’Etat (DR(D)JSCS), chargés de la déclinaison de la politique de la
jeunesse du Gouvernement au niveau territorial. Comme le prévoit l’article 104 de la
loi n° 2015-991 du 7 août 2015, les politiques publiques en faveur de la jeunesse menées par
l’Etat, les régions, les départements, les communes et les collectivités à statut particulier
pourront être inscrites parmi les domaines de compétences de la conférence territoriale de
l’action publique, instituée par la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action
publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM).
Cet article vient également confier à la région la coordination – de manière
complémentaire avec le service public régional de l’orientation – des initiatives des collectivités
territoriales en matière d’information des jeunes et, dans ce cadre, des structures labellisées à ce
titre par l’Etat dans des conditions prévues par décret.
Ces structures appartiennent au réseau information jeunesse (IJ), acteurs territoriaux sous
des formes et intitulés divers (CRIJ-CIJ, BIJ-PIJ). Jusqu’ici coordonné par l’Etat, le réseau
information jeunesse a pour objet d’assurer l’effectivité de la mise à disposition de l’information
à destination de tous les jeunes, dans tous les aspects de leur vie quotidienne. Ces structures sont
financées par l’Etat, via les DR(D)JSCS ainsi que par les régions.
Cette coordination de la région permet notamment d’organiser la complémentarité des
actions menées par le réseau IJ et les schémas de développement de la formation professionnelle
initiale dans sa partie dédiée aux publics jeunes.
Dans ce cadre, l’Etat conserve son rôle de labellisation des structures appartenant au
réseau IJ. Ce label d’Etat doit notamment garantir le projet IJ mis en œuvre sur un territoire
donné et le respect des principes constitutifs de l’IJ (démarche déontologique, proposition
éducative, qualité du service, appartenance à un réseau, service assuré par des professionnels
formés, démarche d’évaluation des actions, service numérique de proximité).
Enfin, cet article ouvre la possibilité à la région de reconnaître comme participant au
service public régional de l’orientation (SPRO) les organismes qui proposent à destination des
jeunes de 16 à 25 ans une information sur l’accès aux droits et aux loisirs.
Cette reconnaissance, réalisée sur le fondement de normes de qualité élaborées par la
région à partir de la définition d’un cahier des charges, peut permettre d’intégrer au sein du
SPRO les structures et organismes proposant une information généraliste et de qualité aux
L’article 17 propose que, à 16 ans, au moment de l'acquisition du statut d'assuré (le plus
souvent vers 18 ans) et à 23 ans,, une information individualisée soit régulièrement dispensée
pour aider les jeunes à connaître leurs droits et les dispositifs de prévention et examens ou bilan
de santé auxquels ils peuvent prétendre gratuitement.
A partir de 16 ans, la plupart des jeunes entrent dans une période d’autonomisation
s’agissant notamment de leurs droits et de leur santé. Il s’agit d’une période où ils sont – ou se
croient - généralement en bonne santé et où s’exprime donc un relatif détachement sur ces
questions. Ils ne prêtent que peu d’attention aux démarches à entreprendre pour bénéficier d’une
couverture santé. Leurs comportements, s’agissant notamment des addictions, des conduites
alimentaires ou de la sexualité, peuvent porter préjudice à leur santé. Ils ont enfin des difficultés
à se repérer dans un paysage d’offre en santé pas suffisamment lisible, alors qu’ils pourraient
bénéficier de nombreux services ou dispositifs existants.
La mise en œuvre opérationnelle de cette disposition sera prévue par un arrêté
L’article 18 refonde le droit à l’accompagnement des jeunes en difficulté et confronté à
un risque d'exclusion professionnelle défini aux articles L. 5131-4 à 7 du code du travail.
Le droit à l’accompagnement, créé par la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de
programmation pour la cohésion sociale et inscrit dans le code du travail par l’ordonnance
n° 2007-329 du 12 mars 2007, consiste à garantir pour tout jeune de seize à vingt-cinq ans
révolus en difficulté et confronté à un risque d'exclusion professionnelle un accompagnement,
organisé par l'Etat, ayant pour but l'accès à la vie professionnelle.
Pour permettre l’évolution de l’offre de services proposée par les missions locales aux
jeunes et engagée de manière concertée entre l’Etat et les représentants du réseau des missions
locales, la mesure refond le droit à l’accompagnement, inscrit à l’article L. 5131-3 du code du
travail, autour du parcours d’accompagnement contractualisé vers l’emploi. Celui-ci constitue le
nouveau cadre contractuel d’un accompagnement adapté et gradué dans son intensité en fonction
de la situation et des besoins de chaque jeune. Il peut mobiliser, selon une plus ou moins grande
intensité, différentes modalités d’accompagnement (collectif, individuel, mise en situation
professionnelle, …) et les outils de la politique de l’emploi et de la formation, des actions de
nature à lever les freins périphériques à l’emploi et une allocation modulable en fonction de la
situation et des besoins du jeune.
Cette évolution répond à un enjeu de décloisonnement des dispositifs d’accompagnement
et au souhait des jeunes « d’arrêter de les mettre dans [des] cases », selon le mot d’ordre avancé
par l’Institut Bertrand Schwartz. Elle permet de proposer un socle unique et adaptable de l’action
du service public de l’emploi vis-à-vis des jeunes. Elle prend appui sur les enseignements tirés
notamment de la mise en œuvre du contrat d’insertion dans la vie sociale et de l’expérimentation
de la garantie jeunes.
Ces nouvelles dispositions prennent effet à compter du 1er janvier 2017.
L’article 19 reprend les mêmes dispositions dans le code du travail applicable à Mayotte.
L’article 20 prévoit les dispositions transitoires applicables aux contrats d’insertion dans
la vie sociale conclus antérieurement au 1er janvier 2017.
L’article 21 modifie le droit d'accès des bacheliers méritants dans les formations de
Créé par la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche, le
dispositif dit des « meilleurs bacheliers » offre à 10 % des meilleurs bacheliers de chaque lycée
par série (scientifique, économique et sociale, littéraire, technologique, professionnelle) un
« droit d'accès dans les formations de l'enseignement supérieur public où une sélection peut être
opérée ». Expérimenté à la rentrée 2014 (220 jeunes en ont bénéficié), ce dispositif est monté en
puissance à la rentrée 2015 en permettant à près de 2 000 jeunes d’accéder à une filière sélective.
Le dispositif dit des « meilleurs bacheliers » élargit ainsi les possibilités d’orientation des
bacheliers méritants. Il contribue à lutter contre l’autocensure dans les choix d’orientation des
lycéens. Il permet de favoriser la réussite du plus grand nombre et un accès diversifié à
L’article 21 prévoit de faire évoluer le dispositif « meilleurs bacheliers » sur deux aspects
- en donnant la priorité aux meilleurs bacheliers bénéficiant du statut de boursier pour
l’inscription dans les formations concernées lorsque plusieurs candidats sont susceptibles
d'intégrer une même formation avec un nombre restreint de places disponibles ;
- en étendant la possibilité pour les meilleurs bacheliers de bénéficier d’un droit d’accès
aux formations universitaires non-sélectives lorsque l'effectif des candidatures excède les
capacités d’accueil de la formation constatées par l'autorité administrative selon les conditions
prévues à l’article L. 612-3 du code de l’éducation, en particulier au sein des formations qui ne
sont pas en mesure d’accueillir tous les candidats de terminale du secteur qui l’ont demandée en
premier vœux. Cet article prévoit que dans cette situation le recteur inscrit les étudiants dans les
formations concernées « en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des
préférences exprimées par celui-ci». L’article 21 permet donc aux recteurs de prononcer
également l’inscription des « meilleurs bacheliers » dans les formations universitaires
non-sélectives qui ne sont pas en mesure d’accueillir tous les candidats de terminale du secteur
qui l’ont demandée en premier vœu.
L’article 22 prévoit que des aides seront accordées aux apprenants de la Grande école du
numérique (GEN) ne disposant pas par ailleurs d’aide au titre de la formation et de l’insertion
A la suite des attentats de janvier 2015, le Président de la République a voulu adresser un
geste fort à la jeunesse en annonçant la création d’une Grande école du numérique (GEN)
permettant le développement de formations innovantes. La GEN sera constituée sous forme d’un
La GEN est conçue comme un réseau d’organismes délivrant des formations labellisées
préparant aux métiers du numérique sur des périodes comprises entre 3 et 24 mois. L’objectif est
de former environ 10 000 jeunes dans les trois premières années de création de la GEN. Le
public cible est constitué des jeunes décrocheurs, titulaires ou non du baccalauréat. 50 % des
apprenants doivent être issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville et 30 % doivent
L’article 22 permet le versement aux personnes inscrites dans les formations labellisées,
sous condition de ressources, d’aides dont les conditions d’attribution seront fixées par décret.
Il prévoit également que compte tenu de son expertise en matière de gestion des aides
directes aux étudiants, soit confiée au réseau des œuvres universitaires l’instruction des
demandes d’aides présentées par les apprenants de la GEN.
Les dispositions actuelles du code de l’éducation limitent la compétence du réseau des
œuvres universitaires aux étudiants et aux membres de la communauté universitaire.
L’article L. 822-1 est rédigé de la manière suivante : « Le réseau des œuvres universitaires
contribue à assurer aux étudiants une qualité d’accueil et de vie propice à la réussite de leur
parcours de formation. Il assure une mission d’aide sociale et concourt à l’information et à
l’éducation des étudiants en matière de santé. Il favorise leur mobilité. Il contribue aussi à
l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’ensemble des membres de la communauté
universitaire, telle que définie à l’article L. 111-5 (…) ». L’article 22 étend sa compétence à la
gestion d’aides à d’autres personnes en formation.
TITRE II - MIXITE SOCIALE ET EGALITE DES CHANCES DANS L’HABITAT
Un urbanisme qui concentre les populations les plus pauvres dans les territoires les moins
attractifs en termes d'emplois, de desserte et d'équipements culturels ne peut que mettre en cause
la cohésion sociale de la France et les valeurs de la République, au premier rang desquelles
l'égalité et la fraternité. La politique du logement doit être l'un des leviers privilégiés pour
organiser la mixité sociale indispensable au bien vivre ensemble. Pour favoriser la mixité sur les
territoires, il convient d'agir à la fois sur l'offre de logements, en veillant à sa bonne répartition
spatiale, sa diversité et son adaptation aux besoins et aux revenus des ménages ; il convient
également d'agir sur le parc social existant, en réformant les attributions des logements sociaux et
les politiques de loyers pratiquées, afin qu'elles constituent de véritables leviers de mixité sociale
à l'échelle des territoires et des immeubles.
Pour ce faire, il faut proposer une offre de logements diversifiée, en construisant des
logements aux loyers très accessibles dans tous les territoires et en renforçant l'attractivité des
quartiers les plus défavorisés ; il faut, par ailleurs, agir sur l'occupation du parc social existant, en
donnant l'opportunité à des ménages aux revenus modestes d'accéder à des logements dans les
secteurs les plus favorisés et éviter ainsi d'ajouter de la pauvreté à la pauvreté.
Conformément aux annonces faites par le Premier Ministre lors des deux comités
interministériels à l'égalité et à la citoyenneté en 2015, ce projet de loi vise à affirmer ces deux valeurs
fortes de la République. Le Gouvernement s'est engagé dans la lutte contre les inégalités territoriales et
a affirmé la volonté d'amplifier l'action de l'Etat dans cette direction. Il est aujourd'hui nécessaire de
mettre en œuvre une politique forte considérant tous les territoires.
L'objectif principal de ce projet de loi est ainsi de casser les logiques de ségrégation, de ne plus
ajouter de la pauvreté à la pauvreté et de favoriser la mixité sociale. Le projet de loi doit ainsi
permettre de concilier droit au logement et mixité sociale.
A cette fin, le volet « logement » de ce projet de loi développera trois axes, tous permettant de
Le premier chapitre vise à mieux piloter les attributions de logements sociaux afin de ne pas
concentrer la pauvreté dans les mêmes quartiers. Il s'agira avant tout de responsabiliser les
établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dans les objectifs d'attribution de
logement social en faveur de la mixité sociale. Tous les réservataires de logement social devront
partager ces objectifs afin de ne plus reléguer les ménages les plus modestes dans les zones les plus
défavorisées. Le projet de loi propose également de revoir les critères de priorité afin de rendre plus
juste l'accès au logement social. Nous nous devons de mettre en œuvre une politique d'attribution des
logements sociaux plus équitable entre les territoires et plus transparente et permettre aux demandeurs
de logements sociaux de pouvoir exprimer leur choix.
Le deuxième chapitre vise à créer une offre nouvelle de logements sociaux à bas loyers
dans le parc existant et dans les secteurs socialement favorisés pour y loger ou reloger des
ménages aux revenus modestes. Il va ainsi de pair avec les évolutions proposées concernant les
attributions. La mise en œuvre de cette nouvelle politique d'attribution doit nécessairement
passer par un rééquilibrage des loyers et par la production d'une offre diversifiée sur tous les
territoires. Il convient, en effet, de rendre plus juste l'occupation du parc social.
Un troisième chapitre vise à mieux répartir l'offre de logements sociaux, à destination des
plus modestes de nos concitoyens, sur l'ensemble du territoire, afin de mettre fin à la
« ghettoïsation » qui frappe encore trop souvent les quartiers qui concentrent les difficultés
Il convient donc de promouvoir la mixité sociale dans ces territoires défavorisés et d'y
diversifier l'offre de logement en accompagnement du renouvellement des fonctionnements
urbains qu'autorise la politique de la ville ambitieuse qu'y porte le Gouvernement. A l'inverse,
dans les parties de notre territoire où la demande en logement social est avérée mais où l'offre
disponible est encore défaillante, il convient de consolider les conditions d'application de
l'article 55 de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) de
décembre 2000, déjà renforcées par la loi du 18 janvier 2013 que le Gouvernement avait portée
devant le Parlement. Il n'est pas acceptable que, dans certains territoires, la loi ne soit pas ou mal
appliquée. Il est donc primordial, en concentrant l'effort de production et de meilleure répartition
de l'offre sociale sur les agglomérations où la tension des marchés locaux de l'habitat est avérée,
de consolider les modalités d'application opérationnelles du dispositif SRU. Sa mise en œuvre
stricte et homogène participera de l'indispensable effort de solidarité de chacune de nos
communes, et en particulier de celles qui se sont montrées jusqu'alors les plus récalcitrantes, en
faveur de la mixité sociale.
Enfin, un quatrième chapitre vise à habiliter le Gouvernement à prendre par voie
d'ordonnances diverses mesures de simplification d’ordre législatif.
CHAPITRE I - AMELIORER L ’EQUITE ET LA GOUVERNANCE TERRITORIALE DES POLITIQUES
D’ATTRIBUTION DES LOGEMENTS SOCIAUX
Aujourd’hui, la politique d’attribution des logements sociaux est trop compartimentée
entre les acteurs, souffre de trop de rigidités et ne se situe pas à la bonne échelle territoriale des
enjeux. Les règles et le cadre des attributions peuvent conduire à pérenniser des inégalités dans
l'occupation du parc social entre les territoires. Par ailleurs, le candidat locataire n'est pas acteur
du processus d'attribution et subit l'application de règles mal connues et complexes. Il apparait
donc nécessaire de réformer cette politique, tant du point de vue des acteurs que des échelons
Concernant l’échelle territoriale, il est nécessaire de déterminer la stratégie d’attribution
des logements sociaux au niveau de l’établissement public de coopération intercommunale
(EPCI) afin, d’une part, de mieux rééquilibrer l’occupation sociale d’un quartier ou d’une
commune par rapport à un autre, et, d’autre part d’avoir un choix plus ample de solutions pour
répondre à chaque demande de logement tout en respectant les principe de mixité sociale.
Néanmoins, il est proposé dans le projet de loi de fixer des règles nationales minimales
afin que la politique d’attribution soit au service de la mixité sociale.
L’article 23 comporte des dispositions destinées à favoriser un meilleur équilibre dans
l’occupation du parc social entre les diverses catégories de demandeurs et entre les territoires,
tout en respectant le principe du droit au logement.
L’article complète l’article L. 441 du code de la construction et de l’habitation (CCH)
pour préciser les objectifs d’égalité des chances et de mixité sociale, qui ne peuvent être
recherchés qu’en permettant à tous les citoyens d’avoir accès à tous les segments du parc et en
favorisant l’accès des ménages les plus pauvres aux secteurs situés hors des quartiers prioritaires
de la politique de la ville (QPV). Il précise que les acteurs que sont, non seulement les
collectivités territoriales, mais aussi, de manière générale, les réservataires de logements sociaux
(dont les collecteurs de l'union des entreprises et des salariés pour le logement (UESL)) doivent
contribuer à l’atteinte des objectifs fixés. Il prévoit la possibilité pour les bailleurs d’y contribuer
en différenciant, le cas échéant, les loyers des logements pratiqués selon les secteurs ou au sein
des immeubles. Il interdit la préférence communale comme pouvant constituer le seul motif
d’une décision de non-attribution d’un logement.
L’article modifie l’article L. 441-1 du même code pour mettre à jour la liste des critères
de priorité applicables aux attributions de logements sociaux. Il ajoute les personnes menacées
de mariage forcé à la catégorie des personnes justifiant de violence au sein du couple et supprime
la condition de mal logement pour la catégorie des personnes reprenant une activité après un
chômage de longue durée. Il intègre parmi les priorités les critères d’éligibilité au droit au
logement opposable (DALO), sauf en ce qui concerne les personnes handicapées, qui restent
prioritaires en application de l’article L. 441-1 sans condition supplémentaire, alors que, pour
demander le DALO, elles doivent en outre arguer de la sur occupation ou de la non décence du
logement actuel. Il précise les conditions dans lesquelles les critères de priorité sont déclinés au
niveau local par le plan départemental d'action pour le logement et l’hébergement des personnes
défavorisées et les accords collectifs d’attribution. Il prévoit que les critères s’appliquent à
l’ensemble des désignations et des attributions et pas seulement au contingent des logements
réservés de l’Etat. Afin de garantir la transparence de l’ensemble du processus d’attribution, il
prévoit que les modalités de désignation des candidats dont les demandes sont présentées à la
commission d’attribution sont rendues publiques (article L. 441-1) et qu’elles sont encadrées, sur
les territoires des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) concernés, par
les orientations relatives aux attributions élaborées par la conférence intercommunale du
logement (article L. 441-1-5).
Afin de garantir que les personnes aux ressources les plus modestes puissent être logées
dans l’ensemble du parc social et permettre ainsi un meilleur équilibre entre les territoires,
l’article impose aux bailleurs sociaux disposant de patrimoine dans les territoires des EPCI tenus
de se doter d’un programme local de l’habitat (PLH) ou compétents en matière d’habitat et
comportant au moins un QPV de consacrer au moins un quart des attributions, suivies de baux
signés, qu’ils réalisent en dehors des quartiers prioritaires de la politique de la ville aux
demandeurs les plus pauvres (nouveaux entrants ou locataires en mutation) et aux personnes
relogées dans le cadre du renouvellement urbain. Les demandeurs les plus pauvres sont définis
comme étant ceux qui appartiennent au quartile des demandeurs aux ressources les plus faibles
dont les demandes figurent dans le système national d’enregistrement à l’échelle régionale. Afin
de permettre une adaptation de l’obligation nouvelle à la réalité des situations des territoires, le
pourcentage pourra être minoré lorsque le territoire de l’EPCI est majoritairement couvert par
des QPV. Afin de tenir compte des différences de situation des bailleurs sociaux en termes
d’occupation sociale de leur patrimoine, la répartition entre les bailleurs des attributions
nécessaires à l’atteinte de l’objectif pourra être fixée par l’accord collectif intercommunal
d’attribution, que l’article rend obligatoire. En cas de manquement d’un bailleur à ces
obligations, le préfet pourra se substituer à lui pour effectuer les attributions manquantes. Cette
disposition entrera en vigueur en même temps que la présente loi.
Afin de garantir le respect de ces priorités nationales et dans la perspective d’une
meilleure articulation, voire d’une mutualisation, des contingents des différents réservataires,
- prévoit que les collectivités territoriales auront l’obligation de consacrer au moins 25 %
des attributions effectuées sur leurs logements réservés aux ménages prioritaires, dont les
ménages bénéficiant du DALO. En cas de manquement d’une collectivité territoriale à ses
obligations, le préfet pourra se substituer aux commissions d’attribution pour effectuer les
attributions manquantes, qui seront imputées sur le contingent de logements réservés de la
collectivité concernée ;
- permet au préfet d’imposer aux bailleurs sociaux l’attribution de logements réservés par
l’Etat à des demandeurs éligibles à ce contingent, alors qu’aujourd’hui il ne peut le faire que
pour ceux qui ont obtenu la reconnaissance du DALO ;
- supprime la possibilité de déléguer le contingent de logements réservés de l’Etat aux
communes, afin que tous les préfets maîtrisent leur contingent, ou, du moins, ne puissent le
déléguer qu’à une échelle cohérente avec les objectifs de la présente loi, une disposition non
codifiée permettant de mettre un terme aux délégations actuellement consenties. La possibilité de
déléguer ce contingent aux présidents des EPCI est maintenue de manière optionnelle, mais liée
à la prise de la responsabilité du DALO, dans les conditions prévues par l’article L. 3641-5 du
code général des collectivités territoriales pour la métropole de Lyon, les VI et VII de
l’article L. 5219-1 du même code pour la métropole du Grand Paris, les II et III de
l’article L. 5218-1 du même code pour la métropole d’Aix-Marseille Provence, et les II et III de
l’article L. 5217-2 du même code pour les autres métropoles, ainsi que par l’article L. 301-5-1 du
CCH pour les EPCI non métropoles. En revanche, l’article abroge la possibilité d’accorder aux
EPCI délégataires des aides à la pierre une telle délégation assortie de la prise de la
responsabilité du DALO, prévue à l’article 14 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le
droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale,
possibilité qui n’a jamais été utilisée.
L’article met en cohérence le champ d’application des dispositions des articles L. 441-1-1
et L. 441-1-5 du CCH, relatives respectivement à l’accord collectif intercommunal et à la
conférence intercommunale du logement, avec celui de la disposition insérée à l’article L. 441-1
qui impose que 25 % des attributions réalisées en dehors des QPV soient consacrées à des
demandeurs les plus pauvres ou aux ménages relogés dans le cadre du renouvellement urbain.
Il rend l’accord collectif intercommunal obligatoire pour les EPCI entrant dans le champ
précité (article L. 441-1-1) et mentionne cet accord comme étant une convention de mise en
œuvre des orientations relatives aux attributions (article L. 441-1-5). Il prévoit que ces
orientations peuvent prévoir les cas dans lesquels la désignation des candidats dont les demandes
sont présentées en commission d’attribution s’opère d’un commun accord entre les bailleurs, les
réservataires et l’établissement public de coopération intercommunale (article L. 441-1-5) et que
la commission de coordination créée dans le cadre de l’accord collectif intercommunal peut être
le lieu dans lequel cette désignation est effectuée (article L. 441-1-1).
Il insère un nouvel article L. 441-1-6 dans le CCH afin de rendre l’ensemble des
dispositions relatives à la gestion de la demande et aux attributions prévues par le CCH
applicables à la métropole de Lyon.
Enfin, l’article harmonise les dispositions du II de l’article 4 de la loi n° 90-449 du
31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement avec les modifications introduites
par le présent projet de loi à l’article L. 441-1 du CCH.
L’article 24 élargit la cible de l’obligation de réserver 25 % des attributions réalisées sur
leur contingent de réservations imposée aux collecteurs agréés associés de l’union des
entreprises et des salariés pour le logement (UESL) à l’ensemble des publics prioritaires
(article L.313-26-2 du CCH). La même mesure est prise pour l'association foncière logement
(article L. 313-35 du CCH).
L’article 25 modifie l’article L. 441-2 code de la construction et de l’habitation (CCH)
pour revoir la composition et le fonctionnement des commissions d’attribution des organismes
d’HLM dans un souci de cohérence avec les dispositions de l’article 22. Les critères que les
commissions d’attribution des logements doivent respecter sont clarifiés.
Un représentant des organismes collecteurs agréés associés de l’UESL réservataire de
logements sociaux est ajouté aux membres de la commission d’attribution avec voix
L’article renforce la position du préfet au sein de la commission d’attribution en lui
donnant voix délibérative.
L’article 26 aligne la définition des établissements publics de coopération
intercommunale (EPCI) tenus d’élaborer un plan partenarial de gestion de la demande et
d’information des demandeurs (article L. 441-2-8 du code de la construction et de
l’habitation -CCH-) et de mettre en place un dispositif de gestion partagée des demandes
(article L. 441-2-7 du CCH) sur le champ d’application proposé à l’article L. 441-1 pour la
disposition relative à l’obligation de réaliser 25 % des attributions hors QPV au bénéfice des
demandeurs les plus pauvres ou relogés dans le cadre du renouvellement urbain, c’est-à-dire les
EPCI qui sont tenus de se doter d’un programme local de l’habitat (PLH) ou ont la compétence
habitat et au moins un quartier prioritaire de la politique de la ville sur leur territoire.
L’article complète l’article L. 441-2-7 du CCH pour permettre que les EPCI tenus de
mettre en place un dispositif de gestion partagée de la demande puissent remplir cette obligation
en adhérant à un système créé au niveau national et non plus seulement au niveau départemental
Il modifie l’article L. 441-2-8 du CCH : Outre une correction de forme consistant à placer
dans le premier alinéa la disposition prévoyant l’association des bailleurs sociaux à l’élaboration
du plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d'information des
demandeurs, il prévoit qu’un représentant des organismes collecteurs agréés associés de l’union
des entreprises et des salariés pour le logement (UESL), en tant que réservataires de logements
sociaux, soient également associés à cette élaboration.
Afin que les EPCI, chargés d’élaborer les orientations en matière d’attribution
mentionnées à l’article L. 441-1-5 du CCH, aient une vision exacte de l’ensemble des données
sur le parc social, leur permettant de construire des politiques adaptées aux territoires, l’article
prévoit que le plan de gestion de la demande traite de la qualification du parc social (disposition
figurant aujourd’hui dans la partie réglementaire du CCH), en précisant que cette qualification
devra être fondée sur des indicateurs clairs, transparents et incontestables (qualité du bâti,
attractivité des secteurs du territoire et principales caractéristiques de l’occupation sociale).
Afin de garantir le respect du droit au logement, l’article prévoit que les systèmes de
cotation, dont le plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d'information
des demandeurs peut prévoir l’instauration devront impérativement intégrer parmi leurs critères
de classement les critères nationaux de priorité mentionnés à l’article L. 441-1 du CCH, tel que
modifié par le présent projet de loi, et que les refus de logements adaptés pourront être pris en
compte dans le classement des demandes. Il supprime le lien opéré par le texte actuel avec la
qualification du parc qui fait désormais l’objet de la disposition spécifique précitée.
L’article précise la définition (procédure d’attribution comportant la participation du
demandeur au choix de son logement) et les conditions que doit respecter le système de location
choisie : publication des logements disponibles sur un support commun et prise en compte des
choix des demandeurs dans le processus d’attribution. Il prévoit que, dès lors que l’EPCI aura
décidé de le mettre en place, les bailleurs sociaux et les réservataires seront tenus de collaborer à
la démarche. Il rend la publication des logements disponibles obligatoire dans un délai de cinq
ans pour tous les bailleurs ayant du patrimoine sur le territoire des EPCI tenus d’élaborer un plan
partenarial de gestion de la demande et d’information des demandeurs et permet que les bailleurs
puissent remplir cette obligation en adhérant à un dispositif créé au niveau départemental,
L’article prévoit que les relogements effectués à la suite d’opérations de renouvellement
urbain feront désormais l’objet d’un enregistrement dans le système national d’enregistrement
(SNE) afin de permettre le suivi de la disposition relative à l’obligation de réaliser 25 % des
attributions hors QPV au bénéfice des demandeurs les plus pauvres ou relogés dans le cadre du
Afin de simplifier et d’harmoniser sur l’ensemble du territoire national la gestion du
système national d’enregistrement des demandes de logement social, l’article modifie la
circonscription d’enregistrement de la demande et de délivrance du numéro unique mentionnée à
l’article L. 441-2-1 du CCH, en prévoyant qu’elle sera désormais nationale. Les demandes de
logement social verront leur ancienneté décomptée dans les départements ou, pour
l’Ile-de-France, la région où sont situées les communes que le demandeur aura mentionnées dans
L’article 27 modifie l’article L. 442-5 du code de la construction et de l’habitation
(CCH) afin que les bailleurs sociaux soient tenus d’utiliser et de partager avec les acteurs
concernés par la politique intercommunale des attributions les données de l'enquête sur
l’occupation du parc social.
En outre, l’article modifie l’article L. 411-10 du CCH pour majorer le montant de la
sanction administrative qui peut être prononcée en cas de défaut de renseignement ou d’erreur
dans les informations fournies pour le répertoire des logements locatifs sociaux, en le fixant à 1
000 euros par logement, et pour rendre le fonds national des aides à la pierre (FNAP)
bénéficiaire des sanctions recouvrées. Il modifie également l’article L. 342-3 du CCH pour
prévoir que le ministre chargé du logement puisse saisir l'agence nationale de contrôle du
logement social (ANCOLS) des manquements aux obligations de toute nature incombant aux
organismes de logement social.
C HAPITRE II. -
FAVORISER LA MOBILITE DANS LE PARC SOCIAL ET L ’ACCES DES MENAGES
DEFAVORISES AUX QUARTIERS ATTRACTIFS
Les loyers du parc social sont fixés en fonction du financement d'origine du logement. Ce
mécanisme a favorisé une certaine concentration des inégalités, les logements à bas loyer
destinés aux ménages aux ressources modestes ne se situant pas forcément dans les zones
Face à ce constat, il devient nécessaire de donner une plus grande souplesse à une
politique de loyer parfois inadaptée à la correction des déséquilibres sociaux observés et donc de
faire primer les objectifs de mixité sociale sur les questions techniques de financement des
logements dans le respect des équilibres financiers globaux des organismes. C’est l’objet du
L’actuel mécanisme de classement des immeubles en fonction du service rendu aux
locataires, prévu dans le cadre des conventions d’utilité sociale (CUS) et qui permet de substituer
aux loyers maximaux des conventions relatives à l’aide personnalisée au logement (APL) de
nouveaux loyers plafonds, contribue au renforcement des inégalités, en favorisant l’exclusion des
ménages les plus pauvres des immeubles les mieux classés. Il est ainsi proposé de supprimer ce
mécanisme et de subordonner l’éventuel passage à de nouveaux loyers plafonds au respect
d’objectifs de mixité sociale.
Dans ce cadre, l’enjeu est de fixer aux bailleurs sociaux des objectifs d’attribution en
faveur des demandeurs les plus pauvres dans les zones géographiques situées hors des quartiers
prioritaires de la politique de la ville. Afin de garantir une recette locative globale constante pour
ne pas déstabiliser les équilibres financiers des bailleurs sociaux qui seraient amenés à baisser
des loyers afin d’atteindre leurs objectifs, le mécanisme de la convention d’utilité sociale et de sa
politique des loyers est redéfini tout en permettant de substituer aux loyers maximaux des
conventions APL de nouveaux loyers plafonds dans les conventions d’utilité sociale.
La volonté d’aboutir à une occupation plus juste du parc social et à favoriser la mobilité
conduit par ailleurs à réévaluer les dispositifs de supplément de loyer de solidarité (SLS) et de
perte du droit au maintien dans les lieux.
L’article 28 donnera la faculté aux bailleurs sociaux de réorganiser les loyers de leurs
immeubles et de leurs logements en fonction de critères de mixité sociale.
Les bailleurs sociaux auront davantage de liberté pour fixer les loyers des logements
sociaux à condition :
- de répondre aux objectifs de mixité sociale que leur imposent la loi et les orientations
inscrites dans les accords collectifs intercommunaux et départementaux ;
- de réorganiser les loyers sans augmenter la masse globale des loyers plafonds déjà
- de rester sous des plafonds de ressources et des montants de loyers plafonds moyens
fixés par le bailleur dans ses ensembles immobiliers.
Cette nouvelle politique des loyers permet donc de s’abstraire des considérations
techniques liées au financement initial des logements en permettant aux bailleurs de redistribuer
les plafonds de loyers et les plafonds de ressources correspondants, entre ensembles immobiliers
et à l’intérieur des immeubles, dans le respect des limites énoncées ci-dessus.
Ces dispositions ne seront applicables qu’à la relocation du logement. Elles seront
contrôlées par l’Etat, à travers la négociation et la signature des conventions d’utilité sociale, et
par l’Agence de contrôle du logement social (ANCOLS) dans le cadre de sa mission de contrôle
du respect par les organismes de logement social des dispositions législatives et réglementaires
Cette réforme constitue le pendant de la réforme des attributions prévue au titre Ier du
présent projet de loi, qui renforce les obligations sociales et de répartition territoriales des
attributions de logements sociaux.
L’article 27 vise par ailleurs à ajouter au contenu des CUS l’état de l’occupation sociale
des immeubles ou des ensembles immobiliers. Cette « photographie » de l’occupation sociale du
patrimoine de l’organisme permettra notamment d’apporter un éclairage objectif à la commission
d’attribution des logements (CAL) dans le choix des attributaires de logements sociaux. Elle
permettra par ailleurs de mesurer, à chaque renouvellement de la CUS (tous les six ans), les
effets de la mise en œuvre des politiques d’attributions et des politiques de loyers sur
l’occupation sociale.
L’article prévoit, en outre, de réformer le régime des collectivités territoriales signataires
ou délégataires des conventions d’utilité sociale afin d’améliorer le pilotage de ces conventions
par ces mêmes collectivités, et permettre ainsi une contractualisation et un suivi amélioré des
dispositions qui y sont contenues, notamment celles relatives à la politique des loyers.
Afin de permettre la bonne mise en œuvre de ces mesures et une négociation de qualité
entre l’ensemble des signataires de la CUS, en particulier les collectivités territoriales, la
contractualisation de la seconde génération de conventions est reportée au 1er janvier 2018.
Enfin, l’article harmonise et pérennise les règles de révision des loyers applicables aux
organismes de logement social et aux sociétés d’économie mixte (SEM) en les alignant sur le
régime des SEM.
L’article 29 prévoit de limiter les possibilités d’exemption de supplément de loyer de
solidarité (SLS) dans le cadre des programmes locaux de l’habitat (PLH). Il prévoit également de
mettre fin aux modulations et dérogations définies de manière contractuelle au travers des
conventions d’utilité sociale (CUS).
Toutefois, le dispositif du supplément de loyer de solidarité (SLS) demeure non
applicable, ainsi que le prévoit l’article L. 441-3 du code de la construction et de l’habitation,
dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans les zones de revitalisation rurale
pour satisfaire aux objectifs de mixité sociale.
Il est par ailleurs rendu inapplicable, pendant une durée de trois ans, aux locataires de
logements privés lors de l’acquisition de leur logement par un bailleur social.
Par ailleurs, il est prévu de rehausser le plafond du SLS afin que le loyer ajouté au SLS ne
soit plus plafonné à 25 % des ressources d’un ménage mais à 35 %.
Enfin, l’article renforce le dispositif de perte du droit au maintien dans les lieux pour les
ménages dont les revenus excèdent significativement les plafonds de ressources applicables.
Dans les zones tendues, il est ainsi prévu d’abaisser le seuil de ressources à partir duquel le
locataire perd son droit au maintien dans les lieux de 200% à 150% du plafond de ressources
applicable et de réduire de 3 ans à 18 mois le délai à partir duquel le locataire perd ce droit. En
outre, le locataire pourra également perdre son droit au maintien dans les lieux s’il ne répond
pas, deux années consécutives, à l’enquête ressources prévue par l’article L. 441-9 du code de la
construction et de l’habitation. Ces mesures devraient permettre de favoriser la mobilité dans le
parc social, en mettant fin à des situations inappropriées d’occupation de logements à vocation
L’article 30 prévoit de simplifier certaines mesures en matière de logement social afin
d’améliorer le pilotage de l’activité des bailleurs et permettre l’évaluation des capacités
d’autofinancement et des fonds propres dont ils disposent au regard des besoins attendus.
C HAPITRE III. -
MIEUX REPARTIR L ’OFFRE DE LOGEMENT SOCIAL SUR LES TERRITOIRES ET
FAVORISER LE DEVELOPPEMENT DES STRATEGIES FONCIERES
Le présent chapitre vise à une meilleure répartition du parc social sur les territoires : il
faut simultanément produire davantage de logements sociaux dans les communes qui en sont
déficitaires et favoriser la production de logements en accession à la propriété, en locatif
intermédiaire ou libre dans les quartiers déjà fortement pourvus en logements sociaux.
La loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement
urbains (SRU) a fait la preuve de son efficacité pour renforcer et rééquilibrer la production de
logement social. Mais cet effort national doit être encore plus équitablement réparti. Si la plupart
des communes déficitaires rattrapent en effet peu à peu leur retard, certaines continuent à ne pas
prendre part aux efforts de solidarité nationale. Cette posture doit être sanctionnée plus
efficacement, et ces communes doivent faire l'objet de mesures volontaristes pour y faciliter le
développement des logements sociaux. Le projet de loi permet donc de mieux articuler l’action
de l’Etat vis-à-vis des communes en retard de développement de l’offre de logements sociaux, et
de préciser les conditions de mobilisation des outils devant permettre leur production effective.
Pour faciliter cette production dans les communes déficitaires, le présent projet de loi favorise
également le développement de stratégies foncières dans le cadre des documents
programmatiques élaborés par les intercommunalités.
Dans le même temps, ce projet recentre l’application du dispositif SRU sur les territoires
où la pression sur la demande de logement social, mesurée à partir du système national
d’enregistrement de la demande de logement social (SNE), le justifie réellement. Ceci vise à tirer
les conséquences d’une décrédibilisation du dispositif dans certains territoires, minoritaires, où
l’effort de production s’applique aujourd’hui, ou s’appliquerait demain à droit constant sous
l’effet de la profonde refonte en cours de la carte intercommunale, alors que la demande ne le
justifie(rait) pas. L’effort de solidarité nationale en matière de logement social doit être cohérent
avec ces contextes locaux.
L’article 31 redéfinit le champ d’application territorial de l’article 55 de la loi SRU et les
conditions générales (définition des obligations, conditions d’exonération…) de sa mise en
œuvre afin de recentrer le champ du dispositif sur les territoires où la pression sur la demande de
logement social est avérée.
Il permettra l’application du dispositif SRU et la concentration de l’effort de production
et de meilleure répartition en matière de logements sociaux sur les territoires urbanisés à enjeux,
constitués des métropoles et des unités urbaines de plus de 30 000 habitants dans lesquelles le
taux de pression sur la demande mesuré par le système national d’enregistrement de la demande
de logement social (SNE) justifiera cet effort, dans des conditions à préciser par décret.
La faculté de mesurer de manière fiable et objective la pression sur la demande de
logement social, permise par le SNE, qui n’existait pas au moment où ces dispositions ont été
modifiées pour la dernière fois, permet dès lors de supprimer la condition d’exonération en
vigueur du dispositif SRU, assise sur la décroissance démographique des territoires. Cet
indicateur est très imparfait pour qualifier les territoires où le développement du parc locatif
social ne se justifie pas. En effet, des communes peuvent être en décroissance démographique,
notamment du fait d’une hausse de la part des résidences secondaires ou du vieillissement de la
population, tout en étant caractérisées par une très forte pression de la demande, qui justifie la
création de logements locatifs sociaux.
En accompagnement de cette mesure, l’article 30 réforme le mécanisme des « communes
isolées », et permettra, dans des conditions à préciser par décret, d’intégrer au dispositif SRU et
aux obligations de production afférentes, des communes qui seraient situées hors des métropoles
ou unités urbaines de plus de 30 000 habitants qui constituent le cœur de cible de ce dispositif,
mais qui présenteraient un fort niveau de demande de logement social, et dont les
fonctionnements des marchés locaux de l’habitat et les conditions d’intégration dans l’aire
urbaine de ces métropoles ou unités urbaines appréciées par le préfet de département en matière
de services et de transports justifieraient un effort de production supplémentaire.
Afin de favoriser la prise de conscience des communes nouvellement soumises au
dispositif SRU et leur appropriation pleine et entière de l’effort de solidarité à mettre en œuvre,
l’article 30 prévoit de les exempter du prélèvement SRU défini à l’article L. 302-7 du code de la
construction et de l’habitation pendant 3 ans. Cela leur permettra, d’une part, de lancer les
premières opérations de logement social en rattrapage de leurs obligations, sans conséquence sur
les finances locales dans un premier temps, d’autre part, de déduire les dépenses afférentes, à
droit constant, des prélèvements à percevoir à compter de la quatrième année.
L’article 31 prévoit également d’étendre le décompte des logements sociaux SRU aux
terrains locatifs familiaux en état de service, aménagés au profit des gens du voyage en demande
d’ancrage territorial, dont la réalisation est prévue au schéma départemental d’accueil des gens
du voyage, et qui sont aménagés et implantés dans les conditions prévues à l’article L. 444-1 du
code de l’urbanisme et destinés à l’installation prolongée de résidences mobiles, dans le
décompte des logements sociaux. Les publics visés sont en effet souvent défavorisés, et ces
terrains peuvent constituer une offre sociale pérenne.
Au-delà de ces mesures générales touchant aux conditions d’application du dispositif
SRU et au décompte des logements correspondants sur le territoire, le projet de loi vise à
renforcer les conditions opérationnelles de la mise en œuvre effective des objectifs quantitatifs et
qualitatifs de rattrapage en matière de logements sociaux dans les communes déficitaires, en
particulier dans le cadre des programmes locaux de l’habitat qui ont vocation à décliner, sur une
durée de 6 ans, les objectifs de production territorialisés des communes et des
L’article 31 reprécise les conditions d’application des seuils qualitatifs à atteindre dans
les objectifs de rattrapage SRU des communes concernées pour que la part minimum de
logements les plus sociaux soit effectivement mise en œuvre, ce sans quoi la procédure de
carence pourra être déclenchée. Il vise également à contraindre les communes déficitaires, quelle
que soit la date d’approbation de leur programme local de l’habitat (PLH), à prendre en compte
les objectifs de rattrapage dans les orientations et les plans d’actions et à les adapter dans le
temps pour tenir compte des évolutions législatives et réglementaires, dont celles issues du
présent projet de loi. A cet égard, l’article 30 clarifie la procédure de modification des PLH
applicable en cas d’évolution des obligations SRU, et prévoit de sanctionner les
intercommunalités bénéficiaires des prélèvements SRU versés en cas de non mise en
compatibilité dans un délai fixé par la loi, au profit des autres bénéficiaires prévus par la
Enfin, l’article 31 prévoit la suppression de la mutualisation, dans le cadre des PLH, des
objectifs de rattrapage SRU sur les communes d’une intercommunalité. Ce dispositif, au-delà du
fait qu’il est opérationnellement extrêmement compliqué à mettre en œuvre, est dans le droit
actuel trop souvent détourné de son objectif premier, et utilisé par des communes réfractaires à la
production de logements sociaux pour diminuer leurs objectifs de production et éviter la carence,
sans pour autant mettre en œuvre au niveau communautaire, comme dans l’esprit du texte initial,
de démarche volontariste en vue de rattraper le retard d’offre.
L’article 32 précise les conditions de déroulement de la procédure de bilan triennal qui,
lorsque les communes soumises au dispositif SRU n’ont pas réalisé les objectifs triennaux devant
leur permettre de respecter l’objectif légal de logements sociaux à l’échéance de 2025, peut
aboutir à la carence des communes. Cette sanction, décidée par le préfet de département, emporte
majoration éventuelle des prélèvements opérés sur les budgets communaux, et le cas échéant
substitution du préfet à la commune s’agissant de la mise en œuvre des outils devant permettre la
production de logement social (droit de préemption, délivrance des autorisations d’urbanisme).
L’analyse du dernier bilan triennal opéré en 2014 a en effet montré qu’à droit constant des
obstacles juridiques et opérationnels s’opposaient encore à la mise en œuvre efficace et
homogène entre les territoires de la procédure de carence et notamment des nouvelles mesures
issues de la loi n° 2013-61 du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public en
faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social.
L’article explicite ainsi les critères qui, s’agissant du respect des objectifs qualitatifs de
production et non pas seulement quantitatifs, peuvent conduire à la sanction de la commune.
Par ailleurs, en application de cet article, la commission nationale SRU, chargée dans le
droit actuel de proposer au ministre en charge du logement un aménagement des obligations
triennales d’une commune qui l’a saisie, disposera de pouvoirs élargis. Ainsi, elle pourra, avant
la signature des arrêtés de carence par les préfets, demander, sur la base de la communication des
projets d’arrêtés, toute explication et justification aux préfets sur le contenu de ces projets
d’arrêtés, notamment au regard des orientations nationales préalablement définies. Les arrêtés de
carence ne pourront être signés qu’une fois ce temps d’échange épuisé. Cette commission aura
également la faculté d’aménager les obligations triennales d’une commune qui l’aurait saisie sur
plusieurs périodes triennales, et le cas échéant au-delà de 2025, sur une durée de 3 ans
L’article 32 permet aussi de renforcer l’opérationnalité et l’efficacité des outils
mobilisables en commune carencée en vue d’y développer l’offre sociale, et de dissuader les plus
récalcitrantes en augmentant leur niveau de contribution aux opérations.
Ainsi, dans une commune carencée, le préfet pourra reprendre directement la compétence
de délivrance des autorisations d’urbanisme relatives à des opérations pour lesquelles il aura
directement contractualisé avec un bailleur social. Il se verra par ailleurs transférer la gestion du
contingent municipal de logements sociaux, afin d’y imputer le relogement des ménages
éligibles, au premier rang desquels les demandeurs reconnus prioritaires et urgents au titre du
droit au logement opposable (DALO).
De plus, les plafonds des contributions communales que le préfet peut imposer aux
communes carencées pour des opérations de logement social seront renforcés (50 000 € par
logement en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 30 000 € ailleurs) pour être plus
en adéquation avec le coût réel des opérations. Les procédures de recouvrement de ces
contributions obligatoires seront également sécurisées. Les modalités précises de détermination
de ces contributions sont renvoyées à un décret d’application.
D’un point de vue encore plus opérationnel, pour faciliter la conduite des procédures de
la compétence du préfet en communes carencées, l’article 31 autorise ce dernier à définir par
arrêté, non seulement des secteurs géographiques sur lesquels l’Etat est compétent pour délivrer
les autorisations d’urbanisme (droit actuel), mais aussi des catégories d’autorisations concernées.
Il améliore également les conditions du transfert au préfet et ainsi du traitement, dans le
délai réglementaire de deux mois, des décisions d’intention d’aliéner, dans le cadre de l’exercice
du droit de préemption qui lui est transféré en communes carencées par l’arrêté de carence.
Enfin, l’article 32 tire les conséquences de l’évolution du capital de la société ADOMA,
consistant en une réduction de la participation détenue par l’Etat. Cette réduction porte la
participation de l’Etat à moins de la moitié du capital d’ADOMA, un seuil plancher étant fixé à
au moins un tiers du capital de cette société.
L’article 32 abaisse donc de 50 % à 33 % le niveau de participation de l’Etat au capital
des sociétés de construction fixé au code de l’urbanisme pour lesquelles les autorisations
d’urbanisme attachées aux opérations de logements qu’elles mettent en œuvre relèvent
systématiquement de la compétence du maire au nom de l’Etat. L’Etat gardera ainsi la main sur
la délivrance des autorisations relatives aux opérations mises en œuvre par ADOMA.
Les autorisations d’urbanisme étant toujours délivrées en fonction du droit applicable au
jour de la délivrance et pour éviter des problèmes de compétence et retarder les permis en cours
d’instruction, des dispositions transitoires ont été introduites afin que la nouvelle mesure ne
s’applique que pour les permis déposés à compter de l’entrée en vigueur de la loi.
L’article 33 toilette les dispositions existantes relatives au mécanisme de prélèvement sur
les communes déficitaires, pour le mettre en adéquation avec les objectifs de mixité sociale et de
mobilisation des communes soumises au dispositif.
L’article 33 redéfinit ainsi l’orientation des prélèvements SRU en ne les affectant plus à
la production de logements sociaux dans les quartiers en difficulté où, précisément, le
développement de l’offre sociale doit être limité. De même, si le projet de loi maintient le
principe privilégié du recyclage local des prélèvements SRU versés par les communes
déficitaires par ordre de priorité aux EPCI délégataires et aux EPF, il tire néanmoins les
conséquences d’une utilisation à la fois hétérogène et incomplète au niveau local, des
prélèvements versés aux fonds d’aménagement urbain (FAU) régionaux. Afin de mieux
contrôler l’affectation des fonds issus des prélèvements jusqu’alors versés à ces FAU, ceux-ci
seront désormais versés au fonds national des aides à la pierre (FNAP) créé par la loi de finances
pour 2016, et qui aura vocation à financer le logement social sur le territoire, en mobilisant
l’ensemble de la ressource disponible, et selon une programmation nationale qui répondra aux
besoins recensés et remontants des régions, dans les territoires SRU en particulier. Dans la
mesure où le FNAP n’octroie pas d’aide en outre-mer, les communes SRU concernées
apporteraient une contribution à un dispositif dont elles n’auraient aucune chance de bénéficier,
et par conséquent la possibilité de versement des prélèvements SRU à l’équivalent des FAU dans
les DOM (fonds régionaux d’aménagement foncier et urbain – FRAFU) est maintenue par le
présent projet de loi.
Par ailleurs, l’article 33 durcit, pour les seules communes devant atteindre 25 % de
logements sociaux en 2025, les conditions d’exemption de prélèvement SRU en faisant passer de
15 à 20 % le taux de logement social qui permet aux communes bénéficiant de la dotation de
solidarité urbaine (DSU) d’être exonérées des prélèvements.
De la même manière, cet article propose d’augmenter le plafond de participation
obligatoire des communes carencées pour le financement de projets d’intermédiation locative
dans le parc privé à 10 000 € par logement et par an en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte
d’Azur contre 5 000 € actuellement, montant qui ne reflète pas suffisamment le coût réel des
L’article 34 vise à renforcer les stratégies foncières au service des territoires.
Ainsi, l’article renforce les dispositifs d’observation foncière afin de répondre aux
besoins de connaissance des territoires et de favoriser le développement des stratégies foncières.
D’une part, il réaffirme le rôle important de l’Etat dans la mise à disposition des données
nécessaires à l’observation foncière afin de favoriser une véritable culture du foncier. D’autre
part, il renforce le volet foncier des programmes locaux de l’habitat (PLH).
En effet, développer l’habitat social en particulier, à l’échelle d’un territoire nécessite de
mener une réflexion sur le foncier nécessaire et disponible pour accueillir cette offre de
logements. Dans le cadre d’un PLH, la réflexion sur le foncier est, en l’état actuel du droit,
menée au stade du diagnostic du PLH afin d’identifier les segments de l’offre foncière. Si cette
réflexion permet d’identifier les caractéristiques des marchés fonciers locaux et leurs impacts sur
l’évolution de l’offre de logements, un tel diagnostic ne suffit pas à s’assurer que les gisements
fonciers disponibles permettent de répondre aux objectifs de développement du PLH ni à définir
les moyens d’action à mobiliser sur le plan foncier pour ce faire.
Le projet de loi permet d’y remédier et de contraindre les orientations du PLH, et les
actions correspondantes, à prévoir et traduire une véritable stratégie foncière. Le diagnostic du
PLH devra désormais comporter une analyse de l’offre foncière et de son utilisation, prévoir la
création d’un observatoire du foncier à l’échelle du PLH ainsi que les autres actions à mener en
matière de politique foncière. Les établissements publics fonciers (EPF) d’Etat et locaux
pourront contribueront à la mise en place de ces observatoires foncier à l’échelle des PLH.
Par ailleurs, l’article 34 permet d’assurer la continuité des interventions des EPF locaux
dans un contexte de gouvernance fortement marqué par la réforme territoriale. Ainsi, il s’agit,
d’une part, de sécuriser l’intervention des EPF locaux dont les EPCI membres seraient regroupés
au sein d’un seul EPCI et, d’autre part, de rendre plus lisibles les modalités d’extension d’un
EPF local afin d’encourager les EPCI nouvellement créer recourir aux outils d’ingénierie
foncière existant.
Enfin, l’article 34 tire les conséquences de la nouvelle organisation territoriale prévue en
Ile-de-France par la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de
la République qui organise le transfert de certaines compétences en matière d’aménagement et
d’urbanisme des communes vers la métropole du grand paris et les établissements publics
territoriaux. La mise en œuvre opérationnelle de ces projets d’intérêt métropolitain et
communautaire nécessitent de doter ces nouveaux acteurs des prérogatives de puissance publique
indispensables telles que le droit de préemption urbain.
C HAPITRE IV. - MESURES DE SIMPLIFICATION
Le présent titre autorise le Gouvernement à procéder, par voie d’ordonnances, à diverses
En premier lieu, l’article 35 autorise le Gouvernement à prendre par ordonnances toute
mesure relevant du domaine de la loi et visant à simplifier certaines règles applicables au
- pour modifier divers dispositifs applicables au logement étudiant, portant notamment
sur les résidences universitaires définies à l’article L. 631-12 du code de la construction et de
l’habitation, et certaines règles de gestion relatives aux logements appartenant à des bailleurs et
loués à des centres régionaux des œuvres universitaires et sociales (CROUS) ;
- pour harmoniser les mesures du code de la construction et de l’habitation en matière de
dépôt de garantie dans le parc social ;
- pour simplifier la publication des conventions relatives à l’aide personnalisée au
logement (APL) régies par les articles L. 353-2 et suivants du code de la construction et de
- pour procéder à la réécriture, à droit constant, des dispositions du livre IV du code de la
construction et de l’habitation afin notamment d’en clarifier la rédaction et le plan.
En second lieu, l’article 35 prévoit d’habiliter le Gouvernement à légiférer par voie
d’ordonnance en vue d’harmoniser et de simplifier les règles applicables aux trois aides
personnelles au logement, à savoir l’aide personnalisée au logement qui relève du code de la
construction et de l’habitation, l’allocation de logement familiale et l’allocation de logement
sociale qui relèvent du code de la sécurité sociale, en les regroupant toutes dans le code de la
Le transfert, par l’article 53 de la loi de finances initiales pour 2016 du financement de
l’allocation de logement familiale au fonds national d’aide au logement (FNAL) est en effet,
notamment, motivé par la mise en place d’un pilotage unique des aides personnelles au
logement. Afin d’optimiser ce pilotage, il est nécessaire d’harmoniser les règles applicables aux
trois aides. Ces trois aides sont régies par des règles similaires qui, pour l’essentiel, diffèrent
dans leur rédaction formelle ou par leur niveau normatif. Aussi, une harmonisation complète de
ces règles, à droit constant, par leur regroupement dans le code de la construction de l’habitation,
via une ordonnance, permet d’améliorer l’intelligibilité du droit et facilite les évolutions futures
de ces dispositions. Cette harmonisation ne changera pas les conditions actuelles de gestion de
ces aides par les caisses d’allocations familiales et les mutualités sociales agricoles.
En troisième lieu, l’article 35 prévoit d’habiliter le Gouvernement à légiférer par voie
d’ordonnances afin de compléter ou modifier la législation applicable au logement privé :
- pour dispenser les personnes morales du formalisme de la caution (mentions
manuscrites) aujourd’hui obligatoire en vertu de l’article 22-1 de la loi n° 89-462 du
6 juillet 1989. Cette mesure d’assouplissement participe à la simplification des formalités
administratives tout en conservant l’esprit de protection des personnes physiques voulu par le
législateur. Elle permet de faciliter l’accès au logement en favorisant l’activité de caution par les
personnes morales. Cette mesure sera notamment utile pour permettre le développement du
produit de sécurisation des loyers du parc privé mis en œuvre par Action Logement (Vis@le) ;
- conforter et simplifier la mise en place d’une autorité unique exerçant l’ensemble des
polices spéciales de lutte contre l’habitat indigne au niveau des établissements publics de
coopération intercommunale (EPCI) prévue par l’article 75 de la loi n° 2014-366 du
24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové, en tenant compte des
spécificités de la métropole du Grand Paris. Il s’agit, plus précisément, de favoriser la création de
services spécialisés de lutte contre l’habitat indigne et les bâtiments dangereux au niveau des
EPCI compétents en matière d’habitat permettant une mise en œuvre plus efficiente et homogène
des procédures de lutte contre l’habitat indigne sur l’ensemble du territoire de l’EPCI par la mise
en place d’une incitation financière. Les modalités de transfert des pouvoirs de police de lutte
contre l’habitat indigne du code de la construction et de l’habitation du maire vers les présidents
d’EPCI seront également revues pour prendre en compte les difficultés liées notamment au délai
court de décision et prévoir une nouvelle entrée en vigueur du dispositif. Enfin, les attributions
en matière de danger sanitaire ponctuel urgent (article L. 1311-4 du code de la santé publique) et
en matière de lutte contre le saturnisme (articles L. 1334-1 à L. 1334-12 du même code) seront
ajoutées dans les attributions que le préfet peut déléguer au président de l’EPCI ;
- pour préciser les dispositions contenues dans la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour
l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) relatives aux copropriétés en difficulté en
vue notamment de sécuriser l’avance des frais de publication judiciaire par l’administrateur
provisoire à un syndicat en difficulté lorsque celui-ci n’a plus de trésorerie, de rectifier un oubli
dans l’information du maire et du président de l’établissement public de coopération
intercommunale (EPCI), de sécuriser la mise en œuvre du plan d’apurement en introduisant une
procédure de relevé de forclusion dans l’article 29-3 pour les créanciers n’ayant pu déclarer leur
créance à l’administrateur provisoire lorsque cette défaillance n’est pas de leur fait ;
- pour conférer à la commission de contrôle des activités de gestion et de transaction
immobilières la personnalité morale afin de lui allouer les ressources nécessaires à son
fonctionnement au moyen de cotisations professionnelles, redéfinir la composition de la
commission, modifier les règles procédurales afin d’améliorer l’efficacité des sanctions
disciplinaires et faire évoluer le contenu et les accès au répertoire mentionné à l’article 13-10 de
la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d'exercice des activités relatives à
certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce.
Enfin, en dernier lieu, l’article 35 prévoit d’habiliter le Gouvernement à légiférer pour
accompagner les fusions d’établissements publics à fiscalité propre prévues par les schémas
départementaux de coopération intercommunale.
A cet effet, il entend faciliter le transfert puis l’exercice de la compétence « plan local
d’urbanisme » par les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité
propre issus d’une fusion et compétents en la matière, en prévoyant une période transitoire et des
modalités adaptées à leur situation.
Il vise également à prendre en compte les nombreuses fusions et modifications de
périmètres d’EPCI qui vont impacter les schémas de cohérence territoriale (SCOT). Il s’agit
notamment de prévoir des dispositions permettant de gérer les SCOT existants ou en cours
jusqu’à l’élaboration d’un SCOT sur le nouveau périmètre élargi résultant de ces évolutions de
périmètres, et de conserver ainsi le bénéfice des travaux engagés.
TITRE III - POUR L’EGALITE REELLE
Dispositions relatives au délégué du Gouvernement
L’article 36 prévoit de déployer des délégués du Gouvernement en renfort des services
déconcentrés de l’Etat sur des sites jugés très prioritaires.
Douze premiers sites ont été définis au niveau national par le croisement de critères
objectifs et la pondération de données statistiques. La méthode a consisté sur cette première
vague expérimentale à faire ressortir les sites qui concentrent le plus de difficultés : cumul des
dispositifs politique de la ville, classement des zones de sécurité prioritaires les plus
problématiques, le nombre de signalements au numéro vert radicalisation, la courbe des
A l’issue de cette phase expérimentale, d’autres sites pourront être identifiés non plus de
façon unilatérale mais suite à l’interpellation du gouvernement par le Préfet sollicité par les
conseils citoyens mis en place dans le cadre des contrats de ville.
Cette interpellation citoyenne portée par le conseil citoyen du quartier se fera à travers le
filtre du représentant de l’Etat du département, saisi par le conseil citoyen d’une demande
d’actualisation du contrat de ville sur une problématique particulière vis-à-vis de laquelle
l’action publique locale est dans une situation de blocage. Cette demande est expertisée par les
services déconcentrés de l’Etat autour du préfet qui valide ou non la démarche et préconise soit
une actualisation du contrat de ville et formule les premières préconisations en la matière, soit
formule une demande officielle au Gouvernement de désignation sous son autorité
Plus qu’un dispositif long terme qui s’inscrive dans le temps administratif, la mission des
délégués du gouvernement est une mission ponctuelle (12 mois), rapide et efficace. Il s’agit
d’identifier et de résoudre les problèmes qui bloquent le développement durable des quartiers. Il
est donc chargé de formaliser un diagnostic, de formuler des préconisations et de concourir à la
mise en œuvre partenariale du plan d’actions défini.
Deux à trois problématiques prioritaires sur lesquelles les équipes déconcentrées de l’Etat
rencontrent des difficultés, notamment dans la mobilisation des partenaires constitueront la base
de travail du délégué du gouvernement. En mettant en avant un nombre très resserré de
thématiques par quartiers, le dispositif permet à la fois de renforcer la crédibilité du délégué du
gouvernement et d’illustrer au niveau national la diversité des actions menées par l’Etat au
bénéfice des quartiers.
Pour s’assurer de la pleine implication des collectivités locales concernées, communes et
intercommunalités notamment, il sera demandé à chacune d’entre elles de se prononcer en
conseil sur le plan d’actions proposé par le délégué du gouvernement pour ensuite le porter aux
côtés des services de l’Etat et de contribuer à sa mise en œuvre et à son évaluation.
Par ailleurs, un coordonnateur national sera désigné pour appuyer l’action des délégués
du gouvernement sur site et lever les éventuels freins rencontrés au niveau local, en lien avec les
préfets de département. Il aura également la charge d’élaborer des outils de suivi et rédigera à
terme un recueil de bonnes pratiques destinés aux autres quartiers prioritaires afin que les leviers
identifiés par les délégués du gouvernement sur tel ou tel territoire puissent être transposés
Il est prévu que le délégué du Gouvernement rende compte de son action au sous-préfet
territorialement compétent et le cas échéant au sous-préfet en charge de la politique de la ville.
Dispositions relatives à la langue française
Les évènements tragiques de janvier 2015 et la mobilisation républicaine qu’ils ont
suscitée ont remis au centre du débat politique et social les valeurs d’égalité et de citoyenneté. La
question de l’appropriation des savoirs et de la maitrise de notre langue commune, le français,
porteuse des valeurs de la République, occupe une place centrale dans ce débat.
Nombre d’acteurs publics et privés sont aujourd’hui impliqués dans l’acquisition ou
l’amélioration de la maitrise de la langue au titre de leurs compétences respectives: l’éducation
nationale, les acteurs de la formation professionnelle, dont les organisations syndicales et
professionnelles et les conseils régionaux, le ministère de l’intérieur au titre des politiques
d’accueil et d’intégration, la caisse nationale des allocations familiales via les actions portées par
les centres sociaux, etc.
Différentes formes de formation sont donc proposées et visent souvent des publics
spécifiques. Mais elles ne garantissent ni la capacité de toucher l’ensemble des personnes
concernées, ni la continuité de l’apprentissage dans le temps, ni souvent l’évaluation de la qualité
des formations proposées. Ces constats impliquent que des solutions nouvelles et globales pour
lutter contre l’illettrisme et l’analphabétisme soient proposées par l’État en articulation avec les
collectivités, les organismes collecteurs et les partenaires sociaux.
C’est pourquoi, le projet de loi érige au rang de priorité nationale et de missions d’intérêt
général l’ensemble des actions conduites, dans le champ de la formation continue, en vue d’une
meilleure maîtrise de la langue française, et engage les acteurs publics et privés concernés à les
L’article 37 institue comme priorité nationale l’amélioration de la maîtrise de la langue
française dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’intégration
des étrangers séjournant régulièrement sur le territoire français. Désormais, les politiques
publiques relatives à l’amélioration de la maîtrise de la langue française relèvent de l’intérêt
L’article 38 définit les acteurs en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre
coordonnée des politiques publiques relatives à l’amélioration de la maîtrise de la langue
française et au renforcement de sa pratique. Il prévoit également que toute personne peut
bénéficier d’une formation lui permettant d’améliorer sa maîtrise de la langue française.
Dispositions élargissant les voies de recrutement dans la fonction publique
La fonction publique se doit d’être le reflet de la société qu’elle sert, dans le respect des
valeurs posées par la Constitution, notamment celle de l’égal accès aux emplois publics selon les
seuls vertus et talents. Ce principe d’égalité masque cependant une réalité plus contrastée : les
profils recrutés dans la fonction publique sont peu diversifiés et la tendance à la reproduction
sociale y est forte. Les fonctionnaires sont souvent issus de familles de fonctionnaires et peu sont
issus des catégories socio-professionnelles les moins qualifiées. La fonction publique doit
désormais s’ouvrir à une plus grande diversité de profils et de compétences pour accroitre son
efficacité et sa légitimité et renforcer ainsi son exemplarité.
Le projet de loi ouvre deux voies nouvelles d’intégration dans la fonction publique qui
permettront la diversification des profils socioéconomiques en ouvrant plus largement les
concours à des personnes aux parcours de formation ou aux expériences professionnelles
L’article 39 modifie la voie d’accès dite « troisième concours » pour lui redonner sa
vocation sociale. Cette troisième voie est aujourd’hui ouverte à des candidats justifiant de
l’exercice, pendant une durée déterminée, d’une ou plusieurs activités professionnelles, ou d’un
ou de plusieurs mandats de membre d’une assemblée élue d’une collectivité territoriale ou d’une
ou de plusieurs activités en qualité de responsable d’une association. Afin d’élargir les viviers
concernés par cette voie d’accès, une nouvelle disposition prévoit que toute personne, quelle que
soit la nature de l’activité professionnelle qu’elle a exercée ou exerce, peut candidater à cette
troisième voie. Ce faisant le projet d’article fait obstacle aux conditions d’accès restrictives
actuellement prévues par les statuts particuliers. La modification du VIII de l’article 20 de la
loi n° 92-675 du 17 juillet 1992 portant diverses dispositions relatives à l’apprentissage, à la
formation professionnelle et modifiant le code du travail permet la prise en compte de la durée
d’un contrat d’apprentissage auprès d’un employeur public comme d’un employeur privé,
comme durée d’activité professionnelle permettant de se présenter à un troisième concours. Les
apprentis ou anciens apprentis qui souhaitent intégrer la fonction publique pourront ainsi
valoriser l’expérience professionnelle qu’ils ont acquise en se présentant aux troisièmes
concours. Par ailleurs, en fonction des besoins identifiés, les statuts particuliers des corps et
cadres d’emplois seront modifiés pour ouvrir plus largement la possibilité de recourir à cette
troisième voie, notamment en catégorie B. Les durées d’activité professionnelle seront de même
réduites et harmonisées par voie réglementaire ultérieurement afin d’élargir le vivier de
L’article 40 prévoit quant à lui de faciliter l’accès à la fonction publique pour des jeunes
âgés de moins de 28 ans peu ou pas qualifiés. Il étend aux emplois de catégorie B le dispositif dit
« PACTE » (parcours d’accès aux carrières territoriale, hospitalière et de l’Etat) permettant
actuellement d’accéder à des emplois de la catégorie C dans les trois versants de la fonction
publique de l’Etat, territoriale et hospitalière. Cette mesure permet à ces jeunes d’exercer dans le
cadre d’un contrat à durée déterminée des fonctions relevant d’un emploi de la catégorie B, tout
en bénéficiant d’une formation en alternance pour obtenir le titre, le diplôme ou le niveau de
qualification attendu dans le corps ou le cadre d’emplois concerné. A l’issue de ce contrat
l’intéressé peut être titularisé dans un corps ou cadre d’emplois de catégorie B. Les dispositions
existantes relatives au PACTE sont par ailleurs complétées de deux garanties supplémentaires,
afin d’assurer une plus grande transparence des recrutements et de garantir le respect du principe
d’égalité. L’une vise à imposer l’institution par l’employeur d’une commission pour la sélection
des candidats. L’autre prévoit le contingentement de cette voie de recrutement, qui reste
facultative pour les employeurs publics, à un plafond de 10 % des emplois vacants ouverts au
recrutement. Il est également procédé à un toilettage des articles du code du travail auxquels
renvoient les articles des lois statuaires relatifs au PACTE.
pour améliorer la lutte contre le racisme et les discriminations
Les dispositions de ce chapitre prennent en compte les préconisations du plan de lutte contre le
racisme annoncé en avril 2015 par le Gouvernement, en modifiant à la fois la loi du 29 juillet 1881 sur la
liberté de la presse et le code pénal.
L’article 41 améliore tout d’abord la répression des délits de provocations, de diffamations
et d’injures racistes ou discriminatoires (fondées sur le sexe, l’identité ou l’orientation sexuelle,
ou sur le handicap) figurant dans la loi de 1881, notamment en :
- ajoutant pour ces délits la peine complémentaire de stage de citoyenneté ;
- élevant la peine des injures racistes ou discriminatoires (6 mois 22 500 euros) au même
niveau que celle des provocations et des diffamations racistes ou discriminatoires (1 an et
45 000 euros) ;
- consacrant dans la loi la jurisprudence interdisant l’exceptio veritatis en matière de
racisme (et étendant cette interdiction aux autres diffamations discriminatoires) ;
- excluant l’excuse de provocation en matière d’injures racistes ou discriminatoires ;
- prévoyant que la requalification est toujours possible entre les délits de provocations, de
diffamations et d’injures racistes ou discriminatoires, par dérogation à l’interdiction de principe
posée par la loi de 1881 ;
- supprimant pour ces délits l’exigence d’articulation et de qualification des faits dans les
réquisitions du parquet interruptives de prescription ;
Sont ainsi conservées les garanties essentielles de la loi de 1881 (notamment
l’interdiction de la comparution immédiate et la prescription abrégée d’un an), mais sont
supprimés tous les obstacles aux poursuites qui ne sont actuellement pas justifiés, principalement
ceux liés aux difficultés de qualification.
L’article 42 modifie le code pénal afin de généraliser les circonstances aggravantes de
racisme et d’homophobie, actuellement prévues pour certaines infractions limitativement
énumérées, à l’ensemble des crimes et des délits.
Il réécrit à cette fin les articles 132-76 et 132-77. L’article 132-76 ne fait par ailleurs plus
référence aux infractions commises à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie
ou supposée, de la victime à une « race », mais aux infractions commises pour des « raisons
racistes », dans la mesure où la notion de race ne peut pas s’appliquer aux êtres humains.
Enfin, pour tenir compte de la décision QPC du 16 octobre 2015 par laquelle le Conseil
constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution les dispositions de l’article 48-2 de la loi du
29 juillet 1881 en ce qu’elles réservaient le monopole des constitutions de partie civile du chef
d’apologie de crimes de guerre et de crime contre l’humanité prévu par l’article 24 aux seules
associations de défense des intérêts moraux et de l'honneur de la Résistance ou des déportés,
l’article 43 réécrit cet article 48-2.
Les nouvelles dispositions donnent qualité à agir non seulement aux associations de
Résistants, mais également à toutes les associations de victimes de crimes de guerre ou de crimes
contre l’humanité, en précisant cependant qu’elles ne pourront le faire que si ces crimes ont
donné lieu à une ou plusieurs condamnations prononcées par une juridiction française ou
internationale, ce qui, sans rien changer pour les associations de Résistants évitera, pour les
autres associations, un élargissement sans limite de la possibilité de saisir le juge pénal pour lui
demander de « dire » l’Histoire.
L’application outre-mer de ces modifications est prévue par l’article 44.
Dispositions modifiant la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions
d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations
L’article 45 réforme le recours civil et administratif en matière de discriminations dans
l’accès aux biens et services. Dans le domaine de la lutte contre les discriminations, le dispositif
législatif français est asymétrique. En matière d’emploi, de location immobilière, de santé ou
d’éducation notamment, les textes prévoient un recours civil ou administratif, en parallèle du
dispositif pénal, afin d’apporter des réponses adaptées aux situations de discrimination. Les
comportements les plus délibérés tombent sous le coup de la loi pénale, des peines d’amende et
d’emprisonnement étant encourues, alors que les comportements établis par des preuves
indirectes, des faisceaux d’indices, relèvent d’un contentieux notamment indemnitaire devant les
juges civils, prud’homaux ou administratifs. En effet, la charge de la preuve fait l’objet d’un
aménagement : l’article 4 de la loi de 2008 prévoit que « toute personne qui s'estime victime
d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui
permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse
de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute
discrimination. Le présent article ne s'applique pas devant les juridictions pénales.». En effet, en
matière pénale, il appartient à la partie poursuivant de caractériser l’infraction dans ses éléments
matériels et intentionnels. Or les motifs de traitement différent constitutifs d’une discrimination
sont définis de manière plus large en matière pénale qu’en matière civile et le champ dans lequel
certains motifs de discrimination peuvent être invoqués, ainsi que les exceptions où les
différences de traitement ne constituent pas des discriminations, ne sont pas harmonisés entre
eux. Afin de rendre plus efficiente la protection prévue en matière civile, sans contraindre les
victimes à s’adresser au juge pénal pour certains motifs de discriminations intervenant dans
certains domaines (typiquement le handicap dans l’accès aux biens et services), il est proposé
d’aligner la liste des motifs discriminatoires prévues dans la loi de 2008 sur celle prévue dans le
A cette fin, le 1° de l’article 45 modifie le premier alinéa de l’article 1er de la loi
dans le domaine de la lutte contre les discriminations en reprenant les critères de discrimination
prohibés énumérés à l’article 225-1 du code pénal.
Pour rendre effective l’interdiction des discriminations dans l’ensemble des domaines
visés par la loi du 27 mai 2008, le 2° de l’article procède aux modifications suivantes :
Concernant le domaine de l’emploi, afin de compléter le dispositif actuellement prévu par
la loi du 27 mai 2008, le 2° de l’article 2 de cette loi (renuméroté 1°) est modifié en introduisant
la référence aux motifs qui seront dorénavant mentionnés à l’article 1er de la loi (soit ceux
énumérés à l’article 225-1 du code pénal). Cette modification, opérée pour plus de lisibilité,
intervient à droit constant puisque les motifs énoncés par l’article L 1132-1 du code du travail
sont conformes à ceux prévus par l’article 225-1 du code pénal.
Concernant les domaines de l’éducation, de la protection sociale, de la santé et de l’accès
aux biens et services, désormais traités au 2° de l’article 2 de la loi de 2008, les discriminations
seront désormais également prohibées pour tout motif visé à l’article 1er de ladite loi, alors que
jusqu’à présent, étaient seules expressément prohibées dans ce domaine les discriminations
fondée sur l’ethnie et la race, outre la grossesse et la maternité qui bénéficient d’une protection
A l’instar de ce qui est prévu dans le domaine de l’emploi, une exception générale
s’appliquera dans les domaines de l’éducation, de la protection sociale, de la santé et de l’accès
aux biens et services : les différences de traitement sont tolérées « lorsqu’elles sont justifiées par
un but légitime et que les moyens de parvenir à ce but sont nécessaires et appropriés ».
Toutefois, conformément à ce qui est prévu au 1° de l’article 2 de la loi de 2008 dans sa
rédaction en vigueur ayant transposé sur ce point la directive 2000/43/CE du Conseil
du 29 juin 2000, aucune différence de traitement ne sera admise dans les domaines de
l’éducation, de la protection sociale, de la santé et de l’accès aux biens et services lorsqu’elle est
fondée sur l’appartenance à une race ou à une ethnie. Sont ajoutés à ces motifs ne supportant
aucune dérogation ceux de l’origine et du patronyme, qui sont également destinés à lutter contre
les discriminations raciales ou ethniques.
Par ailleurs, l’article 45 opère une clarification et une actualisation des différences de
traitement admises, qui seront récapitulées au 3° de l’article 2 de la loi de 2008.
Ainsi, il est tout d’abord proposé de supprimer une exception qui figurait dans la loi de
2008 en matière de calcul des primes et d’attribution des prestations d’assurance. Dans ce
domaine, l’article 5 de la directive 2004/113 prévoyait initialement une autorisation des
différences proportionnelles en matière de primes et de prestations pour les assurés lorsque le
sexe est un facteur déterminant dans l’évaluation des risques, sur la base de données pertinentes
et précises. Toutefois, cet article, qui avait été transposé dans la loi du 27 mai 2008, est devenu
sans objet depuis le 20 décembre 2012, à la suite de l’arrêt Test-Achats rendu par la CJUE
le 1er mars 2011 ayant déclaré invalide le paragraphe 2 de l’article 5 de la directive précitée 1. Il
est donc proposé donc de supprimer l’exception en question, le régime transitoire rendu
nécessaire par l’application de la jurisprudence européenne ayant d’ores et déjà été intégré par le
législateur en 2013 à l’article L111-7 du code des assurances 2.
CJUE 1er mars 2011 Test-Achats n°C-236/09
Les différences de primes et de prestations ne sont plus autorisées que pour les contrats et les adhésions à des
contrats d’assurance de groupe conclus ou effectués au plus tard le 20 décembre 2012 et à ces contrats et adhésions
reconduits tacitement après cette date.
Continueront en revanche de figurer les exceptions déjà inscrites dans la loi permettant
l’organisation d’enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe et les
mesures prises en faveur des femmes en raison de la grossesse ou de la maternité.
En outre, au nombre des situations auxquelles l’interdiction des discriminations ne fait
pas obstacle, il est proposé, outre les mentions existantes relatives aux mesures en faveur des
femmes, d’ajouter la référence à celles prises en faveur des personnes handicapées ou résidant
dans certaines zones géographiques.
Enfin, l’article 45 introduit dans un nouveau 3° de l’article 2 de la loi de 2008 une clause
générale de réserve spécifiant expressément que les règles édictées par la loi du 27 mai 2008 « ne
font pas obstacle aux différences de traitement prévues et autorisées par la loi » afin d’éviter sur
l’ensemble des thématiques tout risque de contradiction entre les textes.
Par ailleurs, l’article 5 de la directive 2004/113 prévoyait initialement une autorisation
des différences proportionnelles en matière de primes et de prestations pour les assurés lorsque le
le 1er mars 2011 ayant déclaré invalide le paragraphe 2 de l’article 5 de la directive précitée 3. Il
est donc proposé donc de supprimer l’exception figurant dans la loi de 2008, le régime transitoire
rendu nécessaire par l’application de la jurisprudence européenne ayant d’ores et déjà été intégré
par le législateur en 2013 à l’article L. 111-7 du code des assurances3.
Enfin, l’article 45 introduit dans un nouveau 3° de l’article 2 de la loi de 2008 la clause
font pas obstacle aux différences de traitement prévues et autorisées par la loi » de sorte d’éviter
sur l’ensemble des thématiques tout risque de contradiction entre les textes.
-----TITRE Ier
ENCOURAGER L’ENGAGEMENT DE TOUS LES CITOYENS POUR FAIRE VIVRE LA FRATERNITE
I. - Il est créé une réserve citoyenne offrant à toute personne volontaire la possibilité de
servir les valeurs de la République en s’engageant, à titre bénévole et occasionnel, sur des projets
La réserve citoyenne contribue à renforcer les valeurs de fraternité, notamment la
cohésion nationale et la mixité sociale.
L’Etat est garant du respect des finalités de la réserve citoyenne et des règles la régissant.
II. - Une charte de la réserve citoyenne, approuvée par décret en Conseil d’Etat, énonce
les principes directeurs de la réserve citoyenne, ainsi que les engagements et les obligations des
réservistes citoyens et des organismes d’accueil.
I. - La réserve citoyenne intègre la réserve citoyenne prévue au livre II de la partie IV du
code de la défense, qui prend le nom de « réserve citoyenne de défense et de sécurité », les
réserves communales de sécurité civiles prévues au chapitre IV du titre II du livre VII du code de
sécurité intérieure, le service volontaire citoyen de la police et de la gendarmerie nationale prévu
par les articles L. 433-1 et suivants du code de la sécurité intérieure, et la réserve citoyenne de
l’éducation nationale, qui demeurent régis par les dispositions qui leur sont propres. Les
principes de la Charte de la réserve citoyenne leur sont néanmoins applicables.
Toute autre section thématique peut être instituée par décret.
II. - La réserve citoyenne peut comporter des sections territoriales, instituées par
Ces conventions peuvent être dénoncées unilatéralement par l’Etat, de façon motivée et
après mise en demeure, s’il apparait soit que les réservistes sont affectés à des fins ou selon des
modalités étrangères à celles figurant à l’article 5 de la présente loi ou à la charte de la réserve
citoyenne, soit que leurs stipulations ont été méconnues.
La réserve citoyenne est ouverte à toute personne majeure possédant la nationalité
française ou celle d’un autre Etat membre de l’Union européenne et aux ressortissants d’un Etat
tiers remplissant les conditions fixées au 2° ou 3° de l’article L. 120-4 du code du service
L’inscription dans la réserve citoyenne vaut pour une durée déterminée, renouvelable sur
demande expresse du réserviste. Elle est subordonnée à l’adhésion du réserviste à la charte
mentionnée à l’article 1.
L’autorité de gestion de la réserve citoyenne peut s’opposer, sous réserve des conditions
spécifiques de chaque réserve thématique, par décision motivée, à l’inscription ou au maintien
dans la réserve de toute personne dont le comportement serait contraire à la charte de la réserve
citoyenne ou pour tout motif tiré d’un risque d’atteinte à l’ordre public.
I. - Les missions au titre de la réserve citoyenne peuvent être proposées par une personne
morale de droit public, par un organisme sans but lucratif ou par un organisme d'habitation à
loyer modéré mentionné à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, au titre
d’un projet d’intérêt général répondant aux orientations générales de la réserve citoyenne et aux
valeurs qu’elle promeut.
Les organismes d’accueil souscrivent à la charte de la réserve citoyenne et s’engagent à
en respecter les principes.
Une association cultuelle ou politique, une congrégation, une fondation d’entreprise ou
un comité d’entreprise ne peut accueillir de réservistes citoyens.
II. - Les missions impliquant une intervention régulière de réservistes citoyens sont
préalablement labellisées par l’autorité de gestion de la réserve. Ces missions ne peuvent excéder
un nombre d’heures hebdomadaire défini par voie réglementaire.
I. - Aucune affectation à une mission ne peut être prononcée par l’autorité de gestion sans
le double accord de l’organisme d’accueil et du réserviste citoyen. Elle prend en considération
les attentes, les compétences et les disponibilités exprimées par le réserviste citoyen au regard
des besoins exprimés par l’organisme d’accueil.
II. - Le réserviste citoyen est placé sous la direction de l’organisme d’accueil auprès
duquel il est affecté et soumis à ses règles de service.
III. - Aucune mission ne peut donner lieu à rémunération ou gratification du réserviste
citoyen. L’organisme d’accueil du réserviste le couvre des dommages subis par lui ou causés aux
tiers dans le cadre d’une mission effectuée au titre de la réserve citoyenne.
IV. - L’engagement, l’affectation et l’activité du réserviste ne sont régis ni par les
dispositions du code du travail, ni par celles du chapitre I de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984
portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat, du chapitre Ier de la loi
n° 84-53 du 26 janvier 1984 relative à la fonction publique territoriale ou du chapitre Ier de la loi
n° 86-33 du 9 janvier 1986 relative à la fonction publique hospitalière.
I. - Le livre II de la partie IV du code de la défense est ainsi modifié :
1° Le titre IV s’intitule : « Titre IV : Réserve citoyenne de défense et de sécurité » ;
2° Au 2° du III, au deuxième alinéa du IV et au deuxième alinéa du V de
l’article L. 4211-1, dans les deux alinéas de l’article L. 4241-1 et à l’article L. 4241-2, les mots :
« réserve citoyenne » sont remplacés par les mots : « réserve citoyenne de défense et de
sécurité » ;
3° Au premier alinéa de l’article L. 4241-1, après les mots : « ses forces armées. » sont
insérés les mots : « Elle s’intègre dans la réserve citoyenne prévue par la loi n°… du .... Elle est
régie par les dispositions du présent code ».
1° Le 2° de l’article L.433-2 est remplacé par les dispositions suivantes :
« 2° Être majeurs ; »
2° A l’article L.433-4, les mots : « sont indemnisées. » sont remplacés par les mots :
« n'ouvrent droit à aucune indemnité ou gratification. » ;
3° A l’article L.433-7, la référence à l’article L.433-4 est remplacée par la référence à
l’article L. 433-5 ;
4° A l’article L. 724-1, est inséré un dernier alinéa ainsi rédigé :
« La réserve communale de sécurité civile s’intègre dans la réserve citoyenne prévue par
la loi n°…. du ….. En raison de ses spécificités organisationnelles et opérationnelles, elle est
régie par les dispositions du présent code. »
Les modalités d’application des articles 1 à 6 sont fixées par décret en Conseil d’Etat.
« Sous-section xx
« et de dirigeants associatifs bénévoles
« Art. L. 3142-55. - Tout salarié âgé de moins de vingt-cinq ans participant aux activités
des organisations de jeunesse et d'éducation populaire, des fédérations et des associations
sportives agréées, a droit, sur sa demande, à un congé non rémunéré , destiné à favoriser la
formation ou le perfectionnement d’animateur pour la jeunesse. Ce congé peut être fractionné en
« Art. L. 3142-55-1. - Le congé prévu à l’article L 3142-55 peut être accordé à tout salarié
régulièrement élu pour siéger à titre bénévole dans l’organe d’administration ou de direction
d'une association régulièrement déclarée régie par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat
d'association ou inscrite au registre des associations en application de la loi du 19 avril 1908
applicable au contrat d'association dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du
Haut-Rhin, dont l'ensemble des activités est mentionné au b du 1 de l'article 200 du code général
« Art. L. 3142-55-2. - L’employeur peut différer, de façon motivée, le congé mentionné
aux articles L. 3142-55 ou L. 3142-55-1, en raison des nécessités propres de son entreprise ou de
« L’employeur peut refuser, de façon motivée, le bénéfice du congé s’il estime que cette
absence peut avoir des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise.
« A l’issue du congé, le salarié remet à l’employeur une attestation constatant la
participation à la réunion de l’organe d’administration ou de direction de l’association ou aux
stages ou sessions dispensées.
« Art. L. 3142-56. - La durée des congés prévus aux articles L. 3142-55 et L. 3142-55-1
est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés
ainsi que pour l'ensemble des autres droits résultant pour l'intéressé de son contrat de travail.
« Art. L. 3142-57. - Les congés prévus aux articles L. 3142-55 et L. 3142-55-1 ne peuvent
se cumuler avec le congé de formation économique et syndicale qu'à concurrence de douze jours
ouvrables pour une même année.
« Art. L. 3142-58. - Un décret en Conseil d'Etat détermine, pour l'application de la
présente sous-section :
« 1° Les conditions dans lesquelles l'employeur peut différer le congé, en raison des
nécessités propres de son entreprise ou de son exploitation ;
« 2° Les conditions dans lesquelles le refus de l’employeur peut être directement contesté
devant le bureau de jugement du conseil de prud'hommes ;
« 3° Les conditions dans lesquelles les salariés âgés de plus de vingt-cinq ans peuvent
être exceptionnellement admis à bénéficier du congé ;
« 4° Les conditions dans lesquelles le congé est attribué aux agents des services publics et
des entreprises publiques ;
« 5° Les conditions dans lesquelles le congé est attribué au salarié bénéficiant d'un régime
de congé plus avantageux que celui qui résulte du chapitre Ier.
« Art. L. 3142-59. - Une convention ou un accord collectif d’entreprise ou à défaut un
accord de branche détermine notamment:
« 1° Les durées totales maximales de chacun des congés prévus aux articles L. 3142-55 et
L. 3142-55-1 et les conditions de leur cumul éventuel avec le congé de formation économique,
sociale et syndicale ;
« 2° Les délais dans lesquels le salarié adresse sa demande de congé à l’employeur ;
« 3° Les règles selon lesquelles est déterminé, par établissement, le nombre maximum de
salariés susceptibles de bénéficier des congés prévus aux articles L. 3142-55 et L. 3142-55-1 au
cours d'une année ;
« Art. L. 3142-60. - A défaut de stipulations dans la convention ou l’accord mentionné
article à l’article L. 3142-59, les dispositions suivantes sont applicables :
« 1° Le nombre maximal total de jours de chacun des congés prévus aux
articles L. 3142-55 et L 3142-55-1 est de six jours ouvrables ;
« 2° Les congés prévus aux articles L. 3142-55 et L. 3142-55-1 ne peuvent se cumuler
avec le congé de formation économique, sociale et syndicale qu’à concurrence de douze jours
ouvrables pour une même année ;
« 3° Les délais dans lesquels le salarié adresse sa demande de congé à l’employeur sont
fixés par décret ;
« 4° Les règles selon lesquelles est déterminé, par établissement, le nombre maximum de
salariés susceptibles de bénéficier de ces congés, sont fixées par un décret en Conseil d’Etat. »
II. - Les deux premières phrases du 8° de l’article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984
portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, du 8° de l’article 57 de la
loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique
territoriale et du 8° de l’article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions
statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, sont ainsi rédigées :
« A un congé non rémunéré de six jours ouvrables par an qui peut être fractionné en
demi-journées, sur sa demande, au fonctionnaire de moins de vingt-cinq ans, pour participer aux
activités des organisations de jeunesse et d'éducation populaire, des fédérations et des
associations sportives agréées, destiné à favoriser la formation ou le perfectionnement
d’animateur. Le même congé peut être accordé à tout fonctionnaire régulièrement élu pour
participer bénévolement aux réunions de l’organe d’administration ou de direction d'une
association régie par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association ou inscrite au
registre des associations en application de la loi du 19 avril 1908 applicable au contrat
d'association dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, dont l'ensemble
des activités est mentionné au b du 1 de l'article 200 du code général des impôts. »
I. - Le II de l’article L. 120-1 du code du service national est complété par un 3° ainsi
« 3° Le service civique des sapeurs-pompiers qui comporte une phase de formation
initiale d’une durée maximale de deux mois dispensée sur le temps de mission du volontaire, au
sein de son unité d’affectation ou dans une structure adaptée, à la charge de l'organisme d'accueil
« Au terme de sa formation initiale, le volontaire peut concourir aux activités de
protection et de lutte contre les incendies et autres accidents, sinistres et catastrophes, à
l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels ainsi qu'aux secours
d'urgence, en complément des sapeurs-pompiers et non en remplacement de ces derniers. »
1° Au premier alinéa de l’article L. 1424-10, après les mots : « membres du corps
départemental », sont insérés les mots : « et les volontaires en service civique des sapeurspompiers » ;
2° A l’article L. 1424-37, après les mots : « Tout sapeur-pompier volontaire », sont
insérés les mots : « ou volontaire en service civique des sapeurs-pompiers ».
III. - La loi n° 91-1389 du 31 décembre 1991 relative à la protection sociale des sapeurspompiers volontaires en cas d’accident survenu ou de maladie contractée en service est ainsi
A l’article 1er, après les mots : « le sapeur-pompier volontaire », sont insérés les mots :
« ou le volontaire en service civique sapeurs-pompiers »
I. - Au II de l'article L. 120-1 du code du service national, la troisième phrase est
« La personne morale agréée est un organisme sans but lucratif de droit français, une
personne morale de droit public, un organisme d'habitation à loyer modéré mentionné à
l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, une société publique locale
mentionnée à l’article L. 1531-1 du code général des collectivités territoriales ou une société
dont l’Etat détient la totalité du capital. »
II. - Le premier alinéa de l’article L. 120-30 du même code est remplacé par les
« L'agrément prévu par le présent titre ne peut être délivré qu'à des organismes sans but
lucratif de droit français, à des personnes morales de droit public, à des organismes d'habitation à
loyer modéré mentionnés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, à des
sociétés publiques locales mentionnées à l’article L. 1531-1 du code général des collectivités
territoriales ou aux sociétés dont l’Etat détient la totalité du capital. »
L’article L.120-32 du code du service national est ainsi modifié :
« Le contrat mentionné à l'article L. 120-3 souscrit auprès d’une personne morale de droit
public agréée peut prévoir la mise à disposition de la personne volontaire, aux fins
d'accomplissement de son service auprès d'une ou, de manière successive, de plusieurs autres
personnes morales de droit public non agréées, si elles satisfont aux conditions d'agrément
prévues à l'article L. 120-30. » ;
2° Au deuxième alinéa, les mots : « Dans ce cas » sont remplacés par les mots : « Dans
ces cas » ;
3° Aux deuxième et troisième alinéas, après les mots : « organisme sans but lucratif
agréé », sont insérés les mots : « ou la personne morale de droit public agréée ».
Au 10° de l’article L. 120-2 du code du service national, après les mots : « volet jeunesse
du programme ERASMUS + », sont insérés les mots : « et d’informer pour son volet sport ».
L’article L. 113-2 du code du service national est ainsi modifié :
Après les mots : « une attestation de recensement » sont insérés les mots : « et un livret
citoyen sur lequel pourront être consignés leurs engagements volontaires et bénévoles. »
Après l’article L. 611-8 du code de l’éducation, est ajouté l’article suivant :
« Art. L. 611-9. - Les compétences, connaissances et aptitudes acquises par un étudiant
dans le cadre d’une activité bénévole, d'une activité militaire dans la réserve opérationnelle
prévue au Livre II de la partie IV du code de la défense ou dans l'exécution d'un service civique
sont validées au sein de sa formation, selon des modalités fixées par décret. »
Le cinquième alinéa de l’article 6 de la loi 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est
« Par dérogation, un mineur de seize ans révolus peut, avec l’accord écrit préalable de ses
représentants légaux, être nommé directeur ou codirecteur de la publication de tout journal ou
écrit périodique réalisé bénévolement, sans préjudice de l'application des dispositions de loi
n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. »
I. - Le 4° du II de l’article L. 1111-9 du code général des collectivités territoriales est
1° Après le sixième alinéa de l’article L. 6111-3 est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« La région coordonne également, de manière complémentaire avec le service public
régional de l’orientation et sous réserve des missions de l’Etat, les initiatives des collectivités
territoriales et des groupements conventionnés visant à garantir à tous les jeunes l’accès à une
information généraliste, objective, fiable et de qualité touchant tous les domaines de leur vie
quotidienne, dont les structures labellisées à ce titre par l’Etat dans des conditions prévues par
décret. » ;
2° Après le 1° de l’article L. 6111-5, est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« 2° d’offrir à destination des jeunes de seize à vingt-cinq ans une information sur l’accès
aux droits et aux loisirs ; »
3° Le 2° de l’article L. 6111-5 devient le 3°.
Chaque jeune bénéficie à seize ans, lors de sa sortie du statut d’ayant droit à l’assurance
maladie et à vingt-trois ans, d’une information individualisée transmise par les caisses
d’assurance maladie sur ses droits en matière de couverture santé, sur les dispositifs et
programmes de prévention ainsi que sur les examens de santé gratuits tels que celui prévu à
l’article L. 321-3 du code de la sécurité sociale auxquels il peut avoir accès.
Cette information est dispensée selon des modalités prévues par arrêté.
1° La subdivision en deux sous-sections de la section 3 du chapitre Ier du titre III du
livre Ier de la cinquième partie est supprimée ;
2° L’article L. 5131-4 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. L. 5131-4. - Cet accompagnement peut prendre la forme d’un parcours
contractualisé d’accompagnement vers l’emploi conclu avec l’Etat et adapté en fonction des
besoins du jeune identifiés lors d’un diagnostic. » ;
3° L’article L. 5131-5 est abrogé ;
4° Au premier alinéa de l’article L. 5131-6, les mots : « le titulaire d’un contrat
d’insertion dans la vie sociale » sont remplacés par les mots : « le bénéficiaire d’un parcours
contractualisé d’accompagnement vers l’emploi » et les mots : « pendant les périodes durant
lesquelles l’intéressé ne perçoit ni une rémunération au titre d’un emploi ou d’un stage, ni une
autre allocation » sont remplacées par les mots : « modulable en fonction de la situation du
jeune. » ;
5° L’article L. 5131-7 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. L. 5131-7. - Un décret détermine :
« 1° Les modalités du parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi, ainsi que
la nature des engagements respectifs de chaque partie au contrat ;
« 2° Les conditions de fixation de durée et de renouvellement du parcours contractualisé
d’accompagnement vers l’emploi ;
« 3° Les conditions d’attribution, de modulation et les modalités de versement de
l’allocation prévue à l’article L. 5131-6. » ;
6° Les dispositions de l’article 18 sont applicables à compter du 1er janvier 2017.
Dans le code du travail applicable à Mayotte, la section 1 du chapitre IV du titre II du
livre III est ainsi modifiée :
1° La subdivision intitulée « sous-section 2 contrat d’insertion dans la vie sociale » est
2° L’article L. 324-2 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. L. 324-2. - Cet accompagnement peut prendre la forme d’un parcours
3° L’article L. 324-3 est abrogé ;
4° Au premier alinéa de l’article L. 324-4 , les mots : « le titulaire d’un contrat d’insertion
dans la vie sociale » sont remplacés par les mots : « le bénéficiaire d’un parcours contractualisé
d’accompagnement vers l’emploi » et les mots : « pendant les périodes durant lesquelles
l’intéressé ne perçoit ni une rémunération au titre d’un emploi ou d’un stage, ni une autre
allocation » sont remplacés par les mots : « modulable en fonction de la situation du jeune. » ;
5° L’article L. 324-5 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. L. 324-5. - Un décret détermine :
d’accompagnement vers l’emploi;
l’allocation prévue à l’article L. 324-4. » ;
6° Les dispositions de l’article 19 sont applicables à compter du 1er janvier 2017.
I. - Les contrats d’insertion dans la vie sociale conclus antérieurement au 1er janvier 2017
continuent à produire leurs effets dans les conditions applicables antérieurement à cette date,
jusqu'au terme du contrat. En fonction du besoin du jeune, la poursuite de l’accompagnement
pourra s’effectuer dans le cadre du parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi.
II. - Les contrats d’insertion dans la vie sociale conclus antérieurement au
1 janvier 2017 en application de l’article L. 324-2 du code du travail applicable à Mayotte
I. - Des aides peuvent être attribuées, selon leurs ressources, aux personnes diplômées à la
recherche d'un emploi ou en reconversion, ou aux personnes dépourvues de qualification
professionnelle ou d'un titre ou diplôme, qui sont inscrites dans des formations préparant aux
métiers du numérique, dans des conditions fixées par décret.
II. - A l’article L. 822-1 du code de l’éducation, après le deuxième alinéa, il est inséré un
« Il peut assurer la gestion d’aides à d’autres personnes en formation. »
1° A la fin de la première phrase de l'article L. 612-3-1, il est ajouté, « ou dans lesquelles
les capacités d’accueil sont insuffisantes au regard du nombre de candidatures » ;
2° L'article L. 612-3-1 est complété de l’alinéa suivant :
« La qualité d’élève boursier est prise en compte pour l’inscription dans ces formations. »
MIXITE SOCIALE ET EGALITE DES CHANCES DANS L’HABITAT
AMELIORER L’EQUITE ET LA GOUVERNANCE TERRITORIALE
I. - Le code de la construction et de l’habitation est ainsi modifié :
a) Au deuxième alinéa, après les mots : « des quartiers » sont insérés les mots : «, en
permettant l’accès à l’ensemble des secteurs d’un territoire de toutes les catégories de publics
éligibles au parc social et en favorisant l’accès des ménages dont les revenus sont les plus faibles
aux secteurs situés en dehors des quartiers prioritaires de la politique de la ville » ;
b) Au troisième alinéa, après les mots : « Les collectivités territoriales » sont insérés les
mots : « et les réservataires de logements sociaux » ;
c) Au quatrième alinéa, après les mots : « de la présente section », sont insérés les mots :
«, en pratiquant, le cas échéant, des loyers différents selon les secteurs ou au sein des immeubles,
afin de remplir ces objectifs » ;
« L’absence de lien avec la commune d’implantation du logement ne peut constituer à soi
seul le motif de la non attribution d’un logement adapté aux besoins et aux capacités du
demandeur. » ;
a) Au premier alinéa, après les mots : « lieux de travail » sont insérés les mots : «, de la
mobilité géographique liée à l’emploi » ;
b) Les alinéas 3 à 7 sont remplacés par les dispositions suivantes :
« Les logements mentionnés au premier alinéa sont attribués prioritairement au profit des
personnes déclarées prioritaires et à loger d’urgence par la commission de médiation mentionnée
à l’article L. 441-2-3 et aux catégories de personnes suivantes :
« a) Personnes en situation de handicap au sens de l’article L. 114 du code de l’action
sociale et des familles ou de familles ayant à leur charge une personne en situation de handicap ;
« b) Personnes mal logées, défavorisées et personnes rencontrant des difficultés
particulières de logement pour des raisons d’ordre financier ou tenant à leurs conditions
d’existence ou confrontées à un cumul de difficultés financières et de difficultés d’insertion
c) Au huitième alinéa le e devient le f. A la première phrase, les mots : « De personnes
mariées » sont remplacés par les mots « personnes mariées » et après les mots : « puisse y faire
obstacle » sont insérés les mots : «, et personnes menacées de mariage forcé ». A la deuxième
phrase, les mots : « Cette situation est attestée » sont remplacés par les mots : « Ces situations
sont attestées » ;
d) Après le huitième alinéa, sont insérés onze alinéas, ainsi rédigés :
« g) Personnes ayant à leur charge un enfant mineur et logées dans des locaux
manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d’un logement décent ;
« i) Personnes menacées d’expulsion sans relogement.
« Ces critères de priorité sont pris en compte dans les processus de désignation des
candidats et d’attribution des logements sociaux.
« Les réservataires de logements sociaux et les bailleurs rendent publics les conditions
dans lesquelles ils procèdent à la désignation des candidats dont les demandes sont présentées
aux commissions mentionnées à l’article L. 441-2, ainsi qu’un bilan annuel des désignations
effectuées chacun en ce qui le concerne à l’échelle départementale. »
« Le plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes
défavorisées et les accords collectifs mentionnés aux articles L. 441-1-1 et L. 441-1-2
déterminent les conditions dans lesquelles les critères de priorité mentionnés ci-dessus sont pris
en compte dans les processus de désignation des candidats et d’attribution des logements
« Sur le territoire des établissements publics de coopération intercommunale tenus de se
doter d'un programme local de l’habitat en application du dernier alinéa de l’article L. 302-1 ou
ayant la compétence habitat et au moins un quartier prioritaire de la politique de la ville, au
moins 25 % des attributions annuelles, suivies de baux signés, de logements situés en dehors des
quartiers prioritaires de la politique de la ville, doivent être consacrés :
« - à des demandeurs appartenant au quartile des demandeurs aux ressources les plus
faibles enregistrés dans le système national d’enregistrement sur le périmètre de la région ;
« Ce pourcentage peut être adapté dans le cadre des orientations en matière d’attributions
prévues à l’article L. 441-1-5, lorsque le territoire de l’établissement public de coopération
intercommunale est majoritairement couvert par des quartiers prioritaires de la politique de la
« L’accord intercommunal mentionné à l’article L. 441-1-1 peut fixer la répartition entre
les bailleurs des attributions à réaliser sous réserve que le pourcentage soit respecté globalement
sur le territoire de l’établissement public de coopération intercommunale. Les bailleurs adaptent
en tant que de besoin les loyers des logements ainsi attribués.
« En cas de manquement d’un bailleur à ces obligations, le représentant de l’Etat dans le
département peut procéder à l’attribution d’un nombre de logements équivalent au nombre de
logements restant à attribuer aux publics concernés. » ;
e) Au neuvième alinéa, les mots : « Ce décret » sont remplacés par les mots : « Le décret
mentionné au premier alinéa » ;
« Au moins un quart des attributions annuelles de logements réservés par une collectivité
territoriale est destiné à des personnes prioritaires en application du présent article. En cas de
manquement d’une collectivité territoriale à cette règle, le représentant de l’Etat dans le
logements restant à attribuer aux publics concernés. Ces attributions s’imputent sur les logements
réservés par la collectivité concernée. » ;
g) Le douzième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « En cas de refus de
l’organisme de loger le demandeur, le représentant de l’Etat dans le département qui l’a désigné
procède à l’attribution d’un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur
sur ses droits de réservation. » ;
a) A la première phrase du premier alinéa, les mots : « compétent en matière d’habitat
et » sont remplacés par les mots : « mentionné au seizième alinéa de l’article L. 441-1 » et les
mots « disposant d’un programme local de l’habitat adopté peut proposer » sont remplacés par le
mot : « propose ». ;
« - pour chaque organisme, un engagement annuel quantifié d’attribution de logements à
des personnes répondant aux critères de priorité mentionnés à l’article L. 441-1 ; » ;
c) Avant la dernière phrase du cinquième alinéa, est ajouté une phrase ainsi rédigée : « La
désignation de candidats d’un commun accord entre les bailleurs, les réservataires et
l’établissement public de coopération intercommunale mentionnée au 3° de l’article L. 441-1-5
peut être effectuée au sein de cette commission. » ;
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