Source: https://resuscitation.be/fr/directives/basic-life-support-new/
Timestamp: 2018-09-23 02:11:41+00:00
Document Index: 25413367

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Réanimation cardio-pulmonaire de base de l’adulte et défi brillation externe automatique
Les Directives ERC 2015 soulignent l’importance cruciale des interactions entre l’opérateur du centre de secours 112, le témoin procédant à la RCP et l’utilisation à temps d’un DEA. Une réponse collective, à la fois coordonnée et effi cace, réunissant tous ces aspects, est primordiale afi n d’améliorer la survie dans le cas d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier (Figure 1.1).
L’opérateur du centre de secours 112 joue un rôle important dans l’établissement du diagnostic rapide d’un arrêt cardiaque, la réalisation d’une RCP avec l’aide de l’opérateur du centre de secours 112 (également appelée Phone CPR), la localisation et le déploiement d’un DEA.
Le témoin formé et qualifi é devrait évaluer rapidement la victime en collapsus, afi n de déterminer si cette dernière est inconsciente et si elle présente une respiration anormale, pour alerter ensuite immédiatement les services d’urgence.
Les personnes assurant la RCP devraient procéder à des compressions thoraciques sur toutes les victimes d’un arrêt cardiaque. Si ces personnes ont été formées et qu’elles sont capables de réaliser des insufflations, elles devraient combiner compressions thoraciques et insufflations. Nous ne sommes pas suffisamment sûrs de l’équivalence entre une RCP par compressions thoraciques seules et une RCP standard pour recommander la modifi cation des pratiques actuelles.
La réalisation d’une RCP de haute qualité reste une pratique essentielle pour améliorer la survie. Les personnes assurant une RCP devraient réaliser des compressions thoraciques d’une profondeur adéquate (environ 5 cm, mais pas plus de 6 cm chez l’adulte moyen) selon une fréquence de 100-120 compressions par minute. Après chaque compression, il faut s’assurer du relâchement thoracique complet en minimisant l’interruption des compressions thoraciques. En cas d’alternance de compressions et de ventilations, il faut insuffler un volume d’air suffisant pendant environ 1 seconde pour permettre l’élévation visible de la cage thoracique. Le rapport compressions thoraciques/ ventilations reste de 30/2. Ne pas interrompre les compressions thoraciques pendant plus de 10 secondes pour réaliser les insuffl ations.
Une défibrillation dans les 3 à 5 minutes après le collapsus permet d’obtenir des taux de survie de 50 à 70 %. Toute personne pratiquant une RCP peut procéder à une défi brillation précoce en utilisant les DEA publics et disponibles. Il conviendrait d'implémenter activement des programmes d’accès public à la défibrillation dans les espaces publics très fréquentés.
Tout corps étranger entraînant une obstruction sévère des voies respiratoires constitue une urgence médicale qui doit être traitée immédiatement, soit en percutant le dos, soit, en cas d’écheci, en pratiquant des compressions abdominales. Si la victime ne réagit plus, il conviendra de commencer immédiatement une RCP et d’appeler à l’aide.
Réanimation cardio-pulmonaire de base (BLS) de l’adulte et défibrillation externe automatique (DEA)
Cette section présente des indications sur les techniques utilisées lors de la réanimation initiale d’un adulte en arrêt cardiaque, à savoir le BLS (réanimation respiratoire et circulatoire sans utilisation d’équipements autres qu’un dispositif de protection) et l’usage d’un DEA. Elle décrit également des techniques simples utilisées dans la prise en charge de la suffocation (obstruction des voies respiratoires par un corps étranger). Les directives concernant l’utilisation de défi brillateurs manuels et la réanimation intra-hospitalière figurent à la section 3. Un résumé concernant la position latérale de sécurité est proposé, et d’autres informations sont disponibles dans la section « Premiers soins ».
Les directives ont été élaborées à partir du document CoSTR (Consensus on Science and Treatment Recommendations) 2015 de l’ILCOR concernant le BLS/ AED. L’ILCOR a centré son évaluation sur 23 thèmes essentiels qui ont donné lieu à 32 recommandations thérapeutiques dans les domaines de l’accès rapide aux soins, de la prévention des arrêts cardiaques, de la RCP précoce de haute qualité et de la défi brillation précoce.
L’arrêt cardiaque soudain ou inopiné (ACS) est l’une des principales causes de décès en Europe. Selon les analyses initiales de rythmes cardiaques, environ 25-50 % des victimes d’un ACS présentent une fibrillation ventriculaire (FV). En revanche, lorsque le rythme est enregistré juste après un évanouissement, notamment avec un DEA disponible sur place, le pourcentage des victimes présentant une FV peut atteindre 76 %. En cas d’arrêt cardiaque associé à une FV, il est recommandé qu’un témoin procède immédiatement à une RCP et à une défibrillation électrique précoce. La plupart des arrêts d’origine non cardiaque sont associés à des causes respiratoires (noyade, particulièrement chez de nombreux enfants, et asphyxie). Les insufflations et les compressions thoraciques sont des pratiques essentielles au succès de la réanimation de ces victimes.
La Chaîne de survie synthétise les maillons vitaux nécessaires à une réanimation effi cace (Fig. 1.2). La majorité de ces maillons s’appliquent à la fois aux victimes d’arrêts cardiaques primaires ou suite à une asphyxie.
Figure 1.2 Chaine de survie.
1: Reconnaissance précoce et demande d’aide
Reconnaître l’origine cardiaque d’une douleur thoracique et appeler les services des secours médicaux avant que la victime ne s’évanouisse permet au Service d’Aide Médicale Urgente d’arriver plus vite, avant la survenue de l’arrêt cardiaque et améliore ainsi les chances de survie. Dès lors que l’arrêt cardiaque s’est produit, il est primordial de pouvoir procéder à sa reconnaissance précoce, afin de favoriser l’activation rapide des services de secours médicaux et la réalisation sans délai d’une RCP par un témoin. Les principaux éléments à observer sont l’absence de réaction et une respiration anormale.
2: RCP précoce par un témoin
La réalisation immédiate d’une RCP permet de multiplier par deux, voire par quatre, les chances de survie suite à un arrêt cardiaque. Les personnes formées à la RCP devront, si elles le peuvent, procéder à des compressions thoraciques combinées à des insufflations. Si la personne demandant de l’aide n’a pas été formée à la RCP, l’opérateur du centre de secours 112 devra lui donner les instructions pour ne réaliser que des compressions thoraciques en attendant l’arrivée d’une aide professionnelle.
3: Défibrillation précoce
Une défibrillation dans les 3 à 5 minutes suivant un évanouissement permet d’obtenir des taux de survie de 50 à 70 %. Pour ce faire, il convient d’utiliser des DEA publics ou disponibles sur place.
4: Réanimation cardio-pulmonaire avancée précoce et soins postréanimation standardisés
Une réanimation cardio-pulmonaire avancée associée à une intervention au niveau des voies respiratoires, à l’administration de médicaments et à la correction des facteurs de causalité peut s’avérer nécessaire en cas d’échec des tentatives initiales de réanimation.
Nécessité absolue d’une intervention de la part des témoins
Dans la plupart des communautés, le délai moyen entre l’appel au 112 et l’arrivée des services de secours (temps de réaction) est de 5 à 8 minutes, ou bien de 8 à 11 minutes jusqu’au premier choc. Pendant ce laps de temps, la survie de la victime dépendra des témoins qui initient une RCP et qui utilisent un défibrillateur externe automatique DEA.
Reconnaissance d’un arrêt cardiaque
Reconnaître un arrêt cardiaque peut s’avérer compliqué. Témoins et répondants (opérateurs du centre de secours 112) doivent être en mesure de diagnostiquer rapidement un arrêt cardiaque afin d’activer la chaîne de survie. Le contrôle du pouls carotidien (ou d’autres pouls) s’est avéré une méthode imprécise pour confi rmer la présence ou l’absence de circulation. L’existence d’une respiration agonique est possible chez 40 % des victimes au cours des premières minutes suivant un arrêt cardiaque. Si elle est reconnue et traitée comme un signe d’arrêt cardiaque, elle est associée à de meilleurs taux de survie. La signifi cation de la respiration agonique devrait être mise en exergue lors des formations à la réanimation cardio-pulmonaire de base. Les témoins devraient suspecter un arrêt cardiaque et débuter la RCP si la victime ne réagit ni ne respire normalement. Les témoins devraient suspecter un arrêt cardiaque chez les patients souffrant de convulsions.
Rôle de l’opérateur du centre de secours 112
Reconnaissance par l’opérateur 112 d’un arrêt cardiaque
Les patients sans réaction et ne respirant pas normalement doivent être présumés en arrêt cardiaque. La victime présente généralement une respiration agonique, laquelle est susceptible d’être considérée à tort comme normale par les appelants. Proposer aux opérateurs 112 une formation complémentaire, spécifi quement axée sur l’identification et la signification d’une respiration agonique, permet d’améliorer la reconnaissance d’un arrêt cardiaque et le nombre de phone CPR (RCP assistée par téléphone), réduisant ainsi le nombre de cas d’arrêts cardiaques non pris en charge.
Si l’appel d’urgence initial concerne une personne qui convulse, l’opérateur 112 doit suspecter fortement un arrêt cardiaque, même si l’appelant indique que la victime a des antécédents d’épilepsie.
Réalisation d’une RCP avec l’aide de l’opérateur du centre de secours 112
Dans nombre de communautés, les taux de RCP réalisées par des témoins sont faibles. Les instructions de RCP données par l’opérateur 112 (Phone CPR) améliorent les taux de RCP réalisées par les témoins, réduisent le délai de mise en oeuvre de la première RCP, augmentent le nombre de compressions thoraciques délivrées et favorisent une meilleure issue pour les patients victimes d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier (OHCA/Out-of-Hospital Cardiac Arrest), quel que soit le groupe de patients en question. Les opérateurs 112 devraient fournir des instructions de RCP par téléphone dans tous les cas où un arrêt cardiaque est suspecté, à moins qu’une personne formée procède déjà à la RCP. Si la victime est un adulte, les opérateurs 112 devront fournir des instructions portant exclusivement sur la réalisation de compressions thoraciques. Si la victime est un enfant, les opérateurs 112 devront demander aux appelants de procéder à des insufflations et à des compressions thoraciques.
Séquence du BLS de l’adulte
La Figure 1.3 représente la séquence étape par étape à assurer par l’intervenant formé. Elle continue à mettre l’accent sur l’importance de garantir la sécurité des sauveteurs, des victimes et des témoins. L’appel à une aide supplémentaire (si nécessaire) est incluse dans l’étape d’alerte des services de secours (cf. ci-dessous). Dans un souci de clarté, l’algorithme est présenté sous forme d’une séquence linéaire d’étapes. Il est admis que les étapes initiales consistant à vérifier si la victime réagit, à ouvrir les voies respiratoires, à vérifier la respiration et à appeler le 112 peuvent être exécutées soit simultanément, soit en succession rapide. Quiconque n’ayant pas été formé à reconnaître un arrêt cardiaque et à débuter une RCP n’a pas connaissance de ces directives. Ces personnes requerront l’aide de l’opérateur du centre de secours dès lors qu’elles auront composé le 112.
Figure 1.3 Algorithme de la séquence de réanimation cardio-pulmonaire de base/défibrillation externe automatique
Assurer la sécurité pour vous même, la victime et les témoins
Secouer prudemment ses épaules et demander d’une voix forte: “Est-ce que ça va?”
S’il répond, le laisser dans la position dans laquelle vous l’avez trouvé, à condition qu’il n’y ait pas de danger supplémentaire; essayer de trouver quel est le problème et trouver de l’aide si nécessaire; réévaluer la victime régulièrement
Placer la victime sur le dos
Placer votre main sur son front et basculer doucement sa tête en arrière; avec l’extrémité des doigts sous la pointe du menton, relever le menton pour ouvrir les voies respiratoires
Voir, écouter et sentir si la respiration est normale
Dans les premières minutes après un arrêt cardiaque, une victime peut respirer à peine respirer ou par gasps irréguliers, lents et bruyants
Ne pas confondre cela avec une respiration normale. Voir, écouter et sentir pendant maximum 10 secondes pour déterminer si la victime respire normalement
En cas du moindre doute quant à la respiration normale, agir comme s’il ne respirait pas normalement et se préparer à commencer la RCP
SANS REACTION ET PAS DE RESPIRATION NORMALE
Demander à quelqu’un d’appeler les services de secours (112), autrement le faire soi-même
Si possible, rester avec la victime pendant l’appel
Activer la fonction hautparleur du téléphone pour faciliter la communication avec l’opérateur
ENVOYER CHERCHER UN DEA
Envoyer quelqu’un chercher un DEA
Envoyer quelqu’un chercher et rapporter un DEA si disponible. Si vous êtes seul, ne pas quitter la victime, commencer la RCP
Commencer les compressions thoraciques
Placer le talon d’une main au centre du thorax de la victime;
(ce qui correspond à la moitié inférieure du sternum de la victime)
Placer le talon de l’autre main au-dessus de la première
Entrelacer les doigts des mains et s'assurer que la pression n'est pas exercée sur les côtes de la victime
Ne pas appliquer de pression sur l’abdomen supérieur ou sur la partie la plus basse du sternum
Se positionner verticalement au-dessus du thorax de la victime et enfoncer le sternum d’environ 5 cm (mais pas plus de 6 cm)
Après chaque compression, relâcher toute la pression sur le thorax sans perdre le contact entre les mains et le sternum
Répéter à une fréquence de 100-120/min
SI FORMÉ ET CAPABLE
combiner les compressions thoraciques et les insufflations
Après 30 compressions, ouvrir à nouveau les voies respiratoires en basculant la tête et en soulevant le menton
Pincer les narines pour fermer le nez avec l’index et le pouce de la main sur le front
Permettre l’ouverture de la bouche tout en maintenant le menton surélevé
Prendre une inspiration normale et placer les lèvres autour de sa bouche, en assurant une bonne étanchéité
Insuffler de façon régulière dans la bouche tout en regardant le thorax monter, pendant une seconde comme pour une respiration normale; c’est ce que doit être une insufflation efficace
En maintenant la tête basculée et le menton relevé, éloigner sa bouche de celle de la victime et regarder le thorax redescendre avec la sortie d’air
Prendre une autre inspiration normale et insuffler dans la bouche de la victime une fois de plus pour réaliser au total deux insufflations efficaces. Ne pas interrompre les compressions plus de 10 secondes pour effectuer deux insufflations. Replacer alors sans délai les mains dans la position correcte sur le sternum et réaliser 30 compressions thoraciques supplémentaires
Continuer avec les compressions thoraciques et les insufflations avec un rapport de 30/2
SI PAS QUALIFIÉ OU PAS CAPABLE DE DONNER DES INSUFFLATIONS
Continuer les compressies thoraciques uniquement
Réaliser une RCP avec seulement des compressions thoraciques (compressions continues à une fréquence d’au moins 100-120/min)
DÈS QUE LE DEA ARRIVE
Activer le DEA et appliquer les électrodes
Activer le DEA et appliquer les électrodes sur le torse nu de la victime
Si plus d’un secouriste est présent, il faut continuer la RCP pendant que les électrodes sont appliquées sur le thorax
Suivre les instructions audiovisuelles
S’assurer que personne ne touche la victime pendant l'analyse du rythme par le DEA
Si un choc est indiqué, administrer le choc
S’assurer que personne ne touche la victime
Appuyer sur le bouton choc si indiqué (les DEA entièrement automatiques délivrent le choc automatiquement)
Recommencer immédiatement la RCP 30/2
Continuer comme indiqué par les instructions audiovisuelles
Si un choc n’est pas indiqué, poursuivre la RCP
Recommencer immédiatement la RCP. Continuer comme indiqué par les instructions audiovisuelles
SI PAS DE DEA DISPONIBLE POURSUIVRE LA RCP
Poursuivre la RCP
Ne pas interrompre la réanimation jusqu’à ce que:
un professionnel de la santé vous demande d’arrêter
la victime, de façon certaine, se réveille, bouge, ouvre les yeux et respire normalement
vous soyez épuisé
SI PAS DE RÉACTION MAIS RESPIRATION NORMALE
Si vous êtes certain que la victime respire normalement mais est toujours aréactive, placez-la en position latérale de sécurité (voir chapitre premier secours)
Il est rare que la RCP seule fasse repartir le coeur. A moins d’être certain du rétablissement de la personne, continuer la RCP
Signes de récupération de la victime
respire normalement
Etre prêt à recommencer la RCP immédiatement si le patient se détériore
Figure 1.4 Séquence étape par étape du traitement d'une victime adulte en arrêt cardiaque à assurer par l'intervenant formé à la procédure RCP/DEA
Ouvrir les voies respiratoires et contrôler la respiration
L’intervenant formé doit évaluer rapidement la victime inanimée afin de déterminer si elle réagit et si elle respire normalement. Il faut libérer les voies respiratoires de la victime en inclinant la tête vers l’arrière et en relevant le menton (méthode « head tilt – chin lift ») tout en vérifiant si elle respire normalement.
Le 112 est le numéro d’appel d’urgence en Europe, accessible gratuitement partout dans l’U.E. Il est possible de composer le 112 depuis un téléphone fi xe ou mobile pour contacter tous services de secours d’urgence (ambulance, pompiers ou police). Plus tôt les services de secours seront contactés, plus vite l’opérateur 112 pourra apporter son aide pour reconnaître un arrêt cardiaque, donner des instructions de RCP par téléphone, dépêcher les secours médicaux d’urgence/un premier intervenant, localiser et fournir un DEA.
Chez les adultes nécessitant une RCP, il existe une forte probabilité pour que la cause principale soit d’origine cardiaque. Lorsque le sang arrête de circuler suite à un arrêt cardiaque, le sang dans les poumons et le système artériel reste oxygéné pendant quelques minutes. Nous insistons sur le caractère prioritaire des compressions thoraciques. À ce titre, il est recommandé de commencer la RCP par des compressions thoraciques plutôt que par des insufflations. Lors des compressions thoraciques manuelles:
4. Au terme de chaque compression, permettre le relâchement thoracique complet; ne pas resté appuyé sur la poitrine.
Des études expérimentales ont révélé de meilleures réponses hémodynamiques lorsque les compressions thoraciques sont réalisées sur la moitié inférieure du sternum. Il est recommandé d’enseigner cette position de façon simplifiée (ex.« placez le talon d’une main au centre du thorax et celui de l’autre main au-dessus de la première »). Cette instruction devrait s’accompagner d’une démonstration en plaçant les mains sur la moitié inférieure du sternum.
Afin d’exécuter les compressions thoraciques de façon aisée, un seul intervenant devrait s’agenouiller à côté de la victime, de manière à faciliter les mouvements entre compressions et insufflations avec le minimum d’interruptions. Dès lors qu'il est impossible de réaliser des compressions en position standard (par exemple dans un espace confiné), il peut être envisagé de procéder à une RCP en se positionnant par-dessus la tête de la victime, s'il n'y a qu'un seul intervenant, et à une RCP à cheval sur la victime, en présence de deux intervenents.
Des données d’études observationelles suggèrent qu’une profondeur de compression comprise entre 4,5 et 5,5 cm chez l’adulte donne de meilleurs résultats que toutes autres profondeurs dans le cadre d’une RCP manuelle. Selon l’une de ces études, des compressions d’une profondeur de 46 mm étaient associées aux taux de survie les plus élevés. C’est pourquoi l’ERC soutient la recommandation de l’ILCOR, selon laquelle il est raisonnable de viser une profondeur de compression d’environ 5 cm (pas plus de 6 cm) chez l’adulte de taille moyenne.
Fréquence des compressions
Deux études ont révélé une meilleure survie des patients ayant bénéficié de compressions thoraciques à une fréquence de 100–120//minute. Des fréquences de compressions très élevées impliquaient des profondeurs de compressions inférieures. C’est pourquoi l’ERC recommande d’exécuter les compressions thoraciques à une fréquence de 100-120/minute.
Réduire au minimum les interruptions des compressions thoraciques
Des interruptions avant et après les chocs plus courtes que 10 secondes et des ratios de compressions thoraciques supérieurs à 60 % favorisent de meilleurs résultats. Les interruptions des compressions thoraciques devraient être réduites au minimum.
La RCP devrait être assurée, autant que possible, sur un plan dur. Les matelas gonflables devraient généralement être dégonflés lors d’une RCP. Les preuves sur l’utilisation d’une planche dorsale sont ambiguës. Si une planche dorsale est utilisée, il convient de veiller à ne pas interrompre la RCP et à ne pas retirer les voies intraveineuses et autres cathéters lors du positionnement de la planche.
Relâchement de la paroi thoracique
Permettre le relâchement thoracique complet après chaque compression favorise un meilleur retour veineux vers le thorax et une meilleure efficacité de la RCP. Les intervenants assurant la RCP devraient donc éviter de rester appuyés sur la poitrine après chaque compression thoracique.
Cycle opératoire (Rapport temps de compression/temps de relaxation)
Il existe très peu de preuves permettant de recommander un cycle opératoire spécifique et, par conséquent, aucune nouvelle preuve suffisante pour modifier le rapport actuellement recommandé 50/50.
Feed back sur la technique de compression
Aucune des études portant sur des dispositifs guides ou de feed-back n’a démontré une meilleure survie à la sortie de l’hôpital grâce aux dispositifs de rétroaction (feed-back). L’utilisation de ces dispositifs lors de la RCP devrait entrer dans le cadre d’un système de soins global, impliquant de préférence une série d’initiatives pour l’amélioration de la qualité de la RCP, plutôt que dans le cadre d’une intervention isolée.
Nous suggérons d’insuffl er un volume d’environ 500-600 mL (6-7 mL/kg) lors d’une RCP chez un adulte. En pratique, il s’agit du volume nécessaire pour permettre à la cage thoracique de se soulever de façon visible. Les intervenants pratiquant la RCP devraient réaliser chaque insufflation pendant environ 1 seconde, avec un volume d’air suffisant pour permettre l’élévation de la cage thoracique de la victime, en évitant des insufflations rapides ou forcées. La durée maximale de l’interruption des compressions thoraciques pour effecteur deux insufflations ne doit pas dépasser 10 secondes.
Rapport compressions-ventilations
Les Directives ERC 2010 recommandaient un rapport 30:2 pour une RCP à un seul intervenant sur une victime adulte. Plusieurs études observationelles ont signalé des résultats légèrement meilleurs après la modification des directives (passage d’un rapport compressions/ventilations de 15:2 à 30:2). En conséquence, l’ERC continue à recommander un rapport compressions/ventilations de 30:2.
RCP par compressions thoraciques seules
Des études observationelles, considérées pour la plupart comme des données de référence de très faible qualité, ont suggéré l’équivalence de la RCP par compressions thoraciques seules et de la combinaison compressions thoraciques/ ventilations chez les adultes en arrêt cardiaque d’origine potentiellement cardiaque. Nous ne sommes pas suffisamment certains de l’équivalence entre une RCP par compressions thoraciques seules et une RCP standard pour imposer une modification des pratiques actuelles. Par conséquent, l’ERC soutient les recommandations de l’ILCOR selon lesquelles l’ensemble des intervenants pratiquant une RCP doit administrer des compressions thoraciques chez tous les patients en arrêt cardiaque. Les intervenants formés et capables de réaliser des insufflations devraient procéder à des compressions thoraciques combinées à des insufflations, dans la mesure où cette pratique pourrait se traduire par de meilleurs résultats pour les enfants et les victimes d’un arrêt cardiorespiratoire sur asphyxie, ou lorsque le délai d’intervention du service de secours médical est relativement long.
Utilisation d’un défibrillateur externe automatique
Les DEAs sont sans danger et efficaces lorsqu’ils sont utilisés par le grand public, avec ou sans une formation minimale préalable. Ils permettent de procéder à une défibrillation bien avant l’arrivée d’une aide professionnelle. Les intervenants doivent poursuivre la RCP avec une interruption minimale des compressions thoraciques pendant la mise en place et l’utilisation du DEA. Ils doivent être attentifs à suivre sans délai les instructions vocales qui leur sont données, notamment en reprenant la RCP dès qu’ils en reçoivent l’ordre et en réduisant au minimum les interruptions des compressions thoraciques. Des DEA standards peuvent être utilisés pour des enfants de plus de 8 ans. Pour les enfants âgés de 1 à 8 ans, il convient d’utiliser des électrodes pédiatriques combinées à un atténuateur d’énergie, ou bien de passer en mode pédiatrique si ce dernier est disponible.
Poursuivre la RCP jusqu’à ce qu’un défibrillateur ou d’un DEA soit disponible sur place et utilisé; la défibrillation ne devrait pas être retardée davantage.
Délai entre chaque vérifi cation du rythme
Il faut interrompre les compressions thoraciques toutes les deux minutes pour évaluer le rythme cardiaque.
Il est vital que les intervenants pratiquant la RCP prêtent attention aux instructions vocales données par les DEA et qu’ils les respectent immédiatement. Dans la mesure où ces instructions sont généralement programmables, il est recommandé de les configurer en fonction de la séquence des chocs et des délais indiqués ci-dessus pour la RCP. Par ailleurs, des dispositifs mesurant la qualité de la RCP peuvent proposer en temps réel une feed-back concernant la RCP ainsi que des instructions vocales/visuelles complémentaires.
En pratique, les DEA sont principalement utilisés par des sauveteurs entraînés; les instructions de ces appareils devraient être configurées par défaut sur un rapport compression/ventilation de 30:2. Si (exceptionnellement) les DEA sont installés dans un lieu où il est peu probable que des secouristes formés soient disponibles ou présents, le propriétaire ou le distributeur peut choisir de confi gurer l’appareil en mode de compressions thoraciques seules.
Programmes d’accès public à la défibrillation
L’installation de DEA dans des zones où on peut craindre un arrêt cardiaque tous les 5 ans est considérée comme une pratique rentable et comparable aux autres interventions médicales. Le recensement de DEA en accès public peut également favoriser une intervention optimale, en permettant aux opérateurs 112 de diriger les intervenants vers un DEA situé à proximité. L’utilisation de DEA sur des victimes à leur domicile présente une efficacité limitée. Le taux des patients trouvés en FV à domicile est inférieur à celui observé dans des espaces publics. En revanche, le nombre absolu de patients que l’on peut potentiellement sauver est supérieur à domicile. Les victimes à domicile bénéficient rarement d’un accès public à la défibrillation. S’ils sont à proximité de la victime, des intervenants grand public peuvent être envoyés à son secours et dirigés vers un DEA rapidement accessible. Cela permet d’améliorer les taux de RCP assurée par des témoins et de réduire le délai pour réaliser une défibrillation.
Risque pour l'intervenant et les bénéficiaires de la RCP
En ce qui concerne les vctimes n'étant éventuellement pas en arrêt cardiaque, la RCP pratiquée par un témoin conduit de façon extrêmement rare à des lésions sérieuses. C'est pourquoi les témoins ne devraient pas hésiter à débuter la RCP de peur de blesser la victime.
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