Source: https://secoursrouge.org/archives/belgique.php
Timestamp: 2019-07-20 18:00:02+00:00
Document Index: 2796435

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Site d'information militante
Répression et résistance en Belgique
L'affaire du 5 juin (arrestations et poursuites contre 4 membres de notre Secours Rouge), l'affaire Bahar Kimyongur (arrestations et poursuites en Belgique de militants et de sympathisants du DHKC), et l'affaire des poursuites contre les grévistes d'IAC-FIAT font l'objet de dossiers particuliers.
Cette page doit être actualisée
Belgique: Patrons et polices 'contre le terrorisme'
À partir de ce 6 mars 2009, un réseau d’information entre entreprises est activé en Belgique contre les 'menaces terroristes'. Les Services Publics Fédéraux Justice et Intérieur ont créé ce réseau d’information en étroite collaboration avec la Fédération des Entreprises Belges. Le protocole relatif à ce réseau est signé aujourd’hui par le Ministre de la Justice Stefaan De Clerck, le Ministre de l’Intérieur Guido De Padt et l’Administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique Rudi Thomaes.
L’objectif est qu’une entreprise qui voit par exemple qu’une voiture s’arrête devant la porte d’entrée plusieurs jours de suite informe les autorités afin qu’une enquête puisse être menée. Si l’incident s’avère réellement suspect ou si une autre entreprise a également constaté les mêmes faits avec le même véhicule, l’ensemble du secteur peut en être informé via le réseau. Inversement, si une menace générale existe contre un secteur défini d’entreprises, les autorités en informeront ledit secteur. L’échange d’informations sur tout élément suspect se fait à un stade précoce ('early warning'), de sorte que la vraie nature de la menace puisse être rapidement examinée. Le réseau est alimenté à l’initiative tant des polices que des patrons: des informations (rendues anonymes) sont échangées sur les agissements ou incidents suspects constatés auprès des entreprises ou sur d’éventuelles menaces, qui font l’objet d’un examen par les autorités. Le système a déjà passé avec succès une phase d’expérimentation. Par ailleurs, son efficacité sera régulièrement évaluée à l’avenir.
Bruges: Un mois de prison pour un défenseur du bois du Lappersfort!
Un mois de prison pour avoir pris de la nourriture périmée dans une poubelle d’un AD Delhaize de Bruges! La sentence a été prononcée ce mardi 3 par la chambre du conseil de Bruges à l’encontre d’Olivier, un militant vert qui occupe depuis plusieurs mois les bois du Lappersfort. Olivier avait été interpellé jeudi dernier – et a vu son mandat confirmé ce mardi, a précisé son avocat qui a interjeté appel.
Olivier, qui refuse de révéler sa réelle identité aux enquêteurs, a pris, jeudi dernier, de la nourriture périmée dans un container à déchets d’un AD Delhaize. Les responsables de l’AD Delhaize estiment qu’une fois que la nourriture se retrouve dans des poubelles à l’extérieur, elle ne leur appartient plus. Les badauds peuvent donc s’en saisir sans le moindre problème. Selon le Procureur du Roi brugeois Jean-Marie Berkvens, le vol en soi n’est pas un fait grave. Ce qui met la justice hors d’elle, c’est que le jeune militant ose la narguer en refusant de lui révéler son identité. Son avocat même ignore les coordonnées de son client... Une telle 'arrogance' envers la justice et le fait qu’il se soit 'introduit dans une propriété privée' coûte donc un mois de détention préventive à Olivier.
Olivier est membre d’un groupe qui occupe depuis six mois le bois de Lappersfort, où ils ont construit des cabanes dans les arbres. Situé à moins de deux kilomètres du centre de Bruges, le Lappersfort est une zone semi-naturelle où on dénombre pas moins de sept biotopes différents. Ce site, qui abritait autrefois un château et une usine, a été laissé à l’abandon pendant des années. La nature y a peu à peu repris ses droits. D’où la vive opposition d’associations environnementales lorsque des projets de 'rentabilisation' ont vu le jour comme la transformation du site en parc industriel.
Dans le Lappersfortbos...
Gand: Actions anti-répression
La semaine dernière, les pneus de plusieurs véhicules de Fabricom ont été crevés à Gand en solidarité avec la lutte contre les prisons et avec la lutte pour sauvegarder le forest Lappersfort à Bruges. Des pneus d'un véhicule de police ont également été crevés en solidarité avec la lutte contre les centres fermés.
Belgique: Le MR veut armer la police de FN 303 ou de Taser
Nous annoncions hier la publication du rapport du GRIP contre les armes à léthalité réduite. Deux députés MR (dont le porte-parole du parti) ont commis une carte blanche dans Le Soir en faveur de l'équipement de la police en armes de ce type (le FN 303 est explicitement nommé).
La carte blanche des portes-paroles du MR
Le numéro de l'ancien journal du Secours Rouge sur le FN 303
Belgique: Suites judiciaires de l'affaire Carrefour
Une concentration de militants de la FGTB du Centre et d'autres régionales wallonnes est prévue demain mercredi matin devant le palais de justice de Mons afin de défendre le droit de grève. L'action aura lieu pendant que le tribunal examinera une requête de la FGTB dans le cadre du conflit qui a opposé le syndicat au groupe Carrefour, en octobre dernier. La FGTB du Centre défendra mercredi une requête en tierce opposition contre l'ordonnance prise le 24 octobre 2008 par le président du tribunal de première instance de Mons. Délivrée sur requête unilatérale du groupe Carrefour, cette ordonnance préventive interdisait notamment d'entraver l'accès aux bâtiments de la société, sous peine d'une astreinte de mille euros par personne, 'soit environ un mois de salaire dans le secteur', souligne le syndicat.
En octobre dernier, un conflit social a opposé Carrefour aux syndicats à propos de l'ouverture d'un nouvel hypermarché à Bruges, soumis à une commission paritaire moins avantageuse que dans le reste du groupe. Face aux menaces d'actions syndicales, la direction du groupe de distribution avait introduit des requêtes dans la plupart des arrondissements judiciaires afin de contrecarrer les piquets de grève. La FGTB du Centre et le syndicat en général disent regretter les ordonnances avec astreintes qui ont suivi, témoins à leurs yeux d'une 'judiciarisation des conflits sociaux', voir d'une dérive 'fascisante' de l'État de droit, selon les termes du secrétaire régional Setca Manu Morais. 'La Charte sociale européenne reconnaît le piquet comme partie intégrante du droit de grève et le Comité européen des Droits sociaux a déjà jugé que les astreintes en la matière sont inacceptables', a-t-il souligné.
Jusqu'ici, à propos de requêtes similaires portant sur le même conflit avec Carrefour, la justice s'est prononcée une fois en faveur des thèses syndicales - le 3 décembre au tribunal de Furnes - et une autre en sa défaveur - le 11 février au tribunal de Bruxelles.
Étude du GRIP sur les armes à léthalité réduite au service des forces de police
Le FN 303 est fabriqué en Belgique et vendu aux forces de police. Il tire à 100 mètres de distance divers projectiles pesant 8,5 grammes (à impact sans pénétration, à peinture indélébile pour marquer les manifestants, à gaz, etc.). Il fonctionne à l'air comprimé et a un magasin de 15 coups. Cet engin a indirectement provoqué en 2003 la démission du chef de la police genevoise. Une balle colorante de FN 303 avait gravement blessé à la tempe une syndicaliste suisse lors d'une manifestation anti-OMC.
Belgique: Rapport de la Ligue des Droits de l'Homme
La Ligue des Droits de l'Homme a présenté un livre intitulé 'L’état des Droits de l’Homme en Belgique' et dont la Ligue voudrait faire un rapport annuel. Cet ouvrage présente notamment une chronologie des faits qui se sont déroulés l’an dernier et qui posent question en matière de respect des Droits de l’Homme en Belgique.
Elle rappelle notamment l’alerte 'terroriste' déclenchée le 21 décembre 2007 au niveau national et dont la justification n’a cessé de varier, allant d’un projet d’évasion du tunisien Nizar Trabelsi, condamné en 2004 à une peine de dix ans de prison pour un projet d’attentat contre la base de Kleine Brogel, à la visite prévue du président pakistanais de l’époque, Perwez Musharraf, à Bruxelles.
Mais la liste de la Ligue cite aussi les condamnations de la Belgique prononcées par la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg, la surpopulation carcérale, l’enfermement d’enfants dans des centres fermés, l’arrestation de quatre membres de notre Secours Rouge.
La LDH dénonce aussi le recours accru à l’enfermement, avec 40% des personnes incarcérées étant en détention préventive, selon les chiffres du ministère de la Justice lui-même, le fichage des citoyens via la Banque de données Nationale Générale (BNG), dans laquelle la police stocke des données à caractère personnel sur des événements, des groupements et des personnes et qui contiendrait quelque 1,6 million de noms de personnes. La Ligue s’inquiète aussi de la multiplication des caméras de surveillance, dont le coût est jugé 'prohibitif' et à l’efficacité 'suspecte'.
Bruxelles: Action anti-carcérale contre une société d'interim
Dimanche, la vitrine de la société d'interim 'Tempo-Team' à Woluwe (appartenant au holding Randstad) a été détruite parce que cette société recrutait du personnel pour travailler dans les prisons. Sur la banque située de l'autre côté de la rue, le slogan 'NO GUARDS NO PRISONS' a été taggué.
Bruxelles: Vidéo de l'action de soutien à ceux de Tarnac
Cette initiative a été menée le 11 février à la Gare Centrale.
Belgique: A propos des fichiers policiers
Ce lundi un groupe d'experts européens a débarqué à Bruxelles pour s'assurer que la Belgique respecte bien la réglementation en matière de fichage des citoyens. Parmi les fichers suspects, la fameuse BNG (Banque de données nationale générale) alimentée par 40.000 policiers locaux et fédéraux. Le projet d'arrêté royal dit 'BNG' est toujours en rade sur la table du gouvernement. Cet arrêté-loi donne davantage de pouvoir aux services de police pour recueillir, traiter et stocker un multitude de données à caractère personnel (opinions politiques, orientation sexuelle, etc.). La BNG contient déjà plus de 11 millions de 'faits concrets', 1,6 millions de personnes, 1,8 millions de véhicules, 15.000 organisations,...
L'année passée, 159 personnes ont écrit à la Commission de la vie privée (CPVP), le seul organisme pouvant accéder à ces fichiers. Dans le cas des données policières, la commission peut vérifier, rectifier voire exiger l'effacement des données, mais elle ne peut communiquer le produit de ses recherches au demandeur. En 2008, 57% des contrôles effectués ont amené à un effacement total des données, 17% à un effacement partiel, 17% à une conservation intégrale. Dans 5% des cas, le demandeur n'était pas dans la BNG. Ces statistiques montrent que la BNG regorge d'informations qui, même aux yeux d'une institution aussi benoîte que la CPVP, n'ont (plus) rien à y faire. Les statistiques ne donnent aucune idée de la fiabilité des infos de la BNG. Rappelons qu'en France, la Commission Nationale informatique et Liberté (CNIL) a relevé jusqu'à 83% d'erreurs dans les fichiers policiers en 2008.
127bis: Nouveau déploiement de forces démesuré
A l'appel du CRER, entre 10 et 15 personnes s'étaient redue au 127bis pour apporter un message de solidarité aux victimes de la politique d'immigration Belge. Deux groupes de médias couvraient l'action : l'agence Belga et deux journalistes avec une caméra de Indymedia.be.
Le fait le plus marquant était le déploiement des forces de police au début, à la gare de Nosseghem : on pouvait dénombrer au moins une dizaine de véhicules, camionnettes et voitures avec à l'intérieur des gorilles anti-émeutes ; casques et boucliers compris, plusieurs flics en civil mais aussi des barrages et routes coupées. Une fois arrivés devant le centre fermé une deuxième rangée de flics bloquait l'accès à la petite ruelle le long du centre.
Vendredi 13, les sans-papiers manifestaient devant le cabinet Turtelboom
Steenokkerzeel: Des enfants au 127bis - Manif dimanche
Malgré les déclarations de Turtelboom, de nombreux enfants sont à nouveau enfermés au centre fermé 127bis. Selon les autorités, ce sont les familles qui ont été arrêtées à leur arrivée et qui étaient enfermées au centre fermé 127 (dans le No Man’s Land de l’aéroport) en attendant une réponse à leur demande d’asile. Le Centre 127 est composé de containers installés provisoirement à l’aéroport il y a une dizaine d’années. Vu le délabrement de ces 'bâtiments', on a cru bon de transférer les détenus au 127bis en attendant la construction d’un énième centre, prévu aussi à Steenokkerzeel.
Une manifestation est organisée devant le centre par la CRER ce dimanche 15 février à 14 heures (train Gare du Nord Bruxelles 13h44 direction Leuven-gare de Nossegem). Les mots d'ordre de la manifestation sont:
LIBRE CIRCULATION DE TOUS.
Bruxelles: Voitures de police incendiées
Le 26 janvier, peu avant 3h, trois voitures de police avaient été incendiées devant le commissariat de la rue du Bailli à Ixelles. Un bref communiqué a revendiqué cette action en ces termes: 'Solidarité avec les compagnons qui se sont défendus face à la police après la manifestation de Steenokkerzeel la semaine dernière et avec les révoltés qui ont incendié le 127bis en août. Solidarité avec Isa, Juan, Damien, Bruno et tous les engeôlés de la guerre sociale.'
Bruxelles: Action contre les centres fermés
Lundi 26, un véhicule d'ISS a été incendié à Koekelberg. ISS CLEANING est une entreprise qui participe à l'entretien des centres fermés en Belgique.
Hier une action a été menée au 127bis. L'objectif des manifestants était de signifier leur solidarité avec les détenus en grève de la faim depuis la semaine dernière. Une petite trentaine de personnes étaient venues avec quelques fumigènes et fusées colorées pour crier quelques slogans pendant 15 minutes - avant de reprendre le train ensemble. Si la police arrivait, les manifestants avaient convenu de refuser de montrer leur cartes d'identité. Ce qu'ils ont fait.
Deux voitures de police sont arrivées alors que les manifestants étaient déjà en route pour la gare sans avoir commis aucun grabuge. Quatre policiers sont sortis de leur voiture pour prendre les identités, les manifestants ont refusé. Les policiers ont tenté d'attraper en force certains des manifestants mais ils n'ont pas réussi. Le temps d'arriver à la gare il y avait quatre ou cinq combis, une trentaine de policiers pour bloquer l'accès au quai, matraque à la main. Leurs matraques et leurs flingues ne leur ont pas suffi. Un policier d'un mètre nonante environ a attrapé une jeune fille du groupe qui était au premier rang. Il l'a passée au-dessus de son épaule et l'a fait atterrir sur le dos derrière lui. Les manifestants ont appelé une ambulance, elle ne bougeait plus et criait de douleur... Les ambulanciers l'ont emmenée sur une civière. Les manifestants interpellés ont dû passer environ deux heures sur le tarmac à genou face à un mur et pour certains avec des menottes. Les policiers étaient à ce moment là plus ou moins quatre-vingt avec un hélicoptère! Les manifestants ont été fouillés une première fois, embarqués en car, refouillés au poste pour ensuite être emmené par petits groupes et relâché dans les campagnes un par un, parfois à deux. Il était 22h quand une militante et sa mère ont été jetées à cinq km de la gare de Leuven.
On ne sait pas encore si tout le monde a été relâché mais la camarade qui est à l'hôpital a deux vertèbres fracturées. A 16h, une militante était toujours au commissariat et refusait toujours de donner son identité.
Belgique: Une trentaine de personnes ont été arrêtées lors de la manifestation d'hier
Lors de la manifestation au rond-point Schuman d'hier, ce sont plus de 200 personnes qui ont été contrôlées et/ou refoulées. Les journalistes présents, caméramans, preneurs de son ont été dissuadés d'interviewer et de filmer. Les personnes arrêtées l'ont été, pour leur majorité, sur base du 'délit de faciès', les autres 'bien connus des services de police'. Les 'colsons' étaient également serrés plus ou moins fort, à la tête du client et en fonction des motivations des policiers.
Belgique: La police réprime une manifestation anti-sioniste au quartier européen
La ministre israélienne des affaires étrangères Livni était attendue aujourd'hui à dîner par ses pairs eurocrates. Au rond Point Schuman et aux alentours du Conseil Européen, dès 18h, il y avait une très forte présence policière, avec fermeture des accès de métro et barrages. Avant même le rassemblement, des manifestants venus crier l'horreur des crimes sionistes, une quinzaine d'entre eux sont embarqués manu militari, les mains liées derrière le dos avec des bracelets de plastique. La police fait l'impossible pour faire disparaître toute trace de manifestation, plusieurs dizaines de manifestants se regroupent du côté Cinquantenaire, d'autres ont été dispersés vers le Charlemagne ou vers la Place Jourdan.
Selon un camarade: 'La rapidité et la minutie des opérations d'identification (photographie des c.i. de personnes contrôlées, mais non arrêtées), photographie des c.i. des arrêtés groupées dans un dossier, indiquent que PolBru agissait au service des services de sécurité de l'Etat sioniste.'
Belgique: Suivons l'affaire Trabelsi
Le Secours Rouge exclut du bénéfice de son soutien les prisonniers politiques luttant pour des objectifs réactionnaires (chauvins, religieux, racistes, etc.). Ce n'est pas une raison de ne pas s'informer de leur situation car, bien souvent, les islamistes essuient les plâtres de mesures, de lois, de techniques et de méthodes répressives qui sont ensuite appliquées aux forces progressistes. C'est ainsi que la première application de la loi anti-terroriste (qui a ensuite été utilisée contre le DHKC et le Secours Rouge) l'a été contre la prétendue 'filière kamikaze'.
Nizar Trabelsi a été condamné en 2004 à la peine maximale de 10 ans de réclusion pour avoir préparé un attentat contre la base américaine de Kleine Brogel. Il est écroué à la prison de Bruges dans une aile spéciale pour les évadés potentiels. Après huit années de détention, Trabelsi pourrait prétendre à une libération normale. Mais les USA demandent son extradition. Trabelsi aurait déjà été interrogé cinq fois à ce propos par le FBI et par un représentant du département d'Etat. Les faits pour lesquels les Etats-Unis demandent son extradition (et qui vaudrait à Trabelsi la prison à vie) concernent surtout la préparation de l'attentat contre Kleine Brogel, pour laquelle il a déjà été jugé et condamné à une peine presque entièrement purgée! La chambre des mises en accusation de Bruxelles devait examiner hier la demande d'extradition. Les avocats ont obtenu le report de l'examen au 10 février.
Steenokerzeel: Grève de la faim au 127bis
Depuis plus d'un mois, des actes de désespoir isolés ont lieu au centre fermé 127bis: tentatives de suicide, grèves de la faim, révoltes, souvent suivis d'une mise au cachot, d'un transfert vers un autre centre fermé ou de l'expulsion de ces récalcitrants. Ce jour, plusieurs appels d'alerte: vingt cinq personnes entament une grève de la faim et de la soif pour protester:
- contre les maltraitances qu'elles subissent,
- contre les conditions de détention,
- contre le manque de soins (certains seraient très malade),
- contre les détentions arbitrairement longues,
- contre la répression qu'elles subissent,
- contre l'absence de renseignements sur leur situation,
- contre les renvois vers la Grèce, souvent suivis d'un renvoi de la Grèce vers le centre fermé en Belgique (certains ont déjà fait plusieurs aller-retour Grèce-Belgique).
Un rapport critique des prisons belges et la perspective ... de nouvelles prisons
Le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a terminé vendredi 20, une tournée d'une semaine dans les prisons, centres de rétention pour immigrés clandestins et centres fermés pour mineurs belges, mais encore dans les institutions de protection des droits de l'enfant. Objectif? Y évaluer le respect des droits de l'homme et confronter la Belgique à d'autres pays membres. Il a, à son tour, confirmé le peu réjouissant tableau belge. La surpopulation, évidemment, arrive parmi ses premières préoccupations, les prisons belges accueillant plus de 10.000 détenus pour 7.000 places. Mais Thomas Hammarberg s'est également inquiété de la santé des détenus. La prison de Forest l'aura peut-être encore plus préoccupé. Prison où les détenus se trouvent à trois dans une cellule individuelle et les rats et cafards ne sont pas rares. Bref, des conditions de détention 'inacceptables', a estimé le commissaire. Thomas Hammarberg s'en était d'ailleurs entretenu avec celui qui était encore ministre de la Justice, Jo Vandeurzen. Un dialogue 'très positif' et 'la pleine conscience du ministre' de la gravité de la situation. Avant d'annoncer sa démission, il lui parlait d'ailleurs du programme de construction de nouvelles prisons.
Gosselies: Les huissiers de retour chez Carrefour
Jeudi 19, les travailleurs du magasin Carrefour de Gosselies (Charleroi) se sont mis en grève pour protester contre le licenciement qu'ils trouvent abusif, de la responsable des ressources humaines. Pour le personnel, la faute de la responsable des ressources humaines s'explique par le manque de clarté au niveau des heures prestées. Pour le travail du dimanche, le personnel a soit un forfait de prestation de 4 heures ou de 8 heures. Le 2 novembre dernier, la personne licenciée a fait 6h30 et a donc renseigné le forfait de 8 heures avec l'accord du directeur du magasin. A la suite de ce constat, la direction a décidé de licencier pour faute grave la responsable des ressources humaines et ce, après 35 ans de carrière. Le personnel ne pouvait accepter cette situation et s'est mis en grève jusqu'à la réintégration de la personne licenciée. Ce mardi 23 au matin, la direction de Carrefour a envoyé un huissier pour menacer d'astreinte les travailleurs qui composaient le piquet de grève. Celui-ci a du être levé, mais la grève continue.
Bruxelles: Encore deux actions anti-répression
Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19, une voiture de ISS Cleaning à été incendiée à Schaerbeek. ISS effectue des travaux de nettoyage dans les centres fermés. Le message de revendication indique: 'De Steenokkerzeel à Athènes, feu aux frontières, feu aux papiers, feu à l'Etat.'
Une voiture de police garée devant le commissariat de Saint-Josse a été incendiée la nuit du jeudi 19 au vendredi 20. Le message de revendication indique: 'Nous ne nous attaquons pas à la police uniquement parce qu'il arrive qu'elle tue, mais pour ce qu'elle est.'
La manifestation, organisée à l'initiative d'ATTAC-ULB, a rassemblé une trentaine de personnes, étudiants et militants. Au départ, pas de calicots (mais quatre drapeaux du Bloc-M-L). La manifestation s'est rendue au carrefour de la Chaussée de Wavre et de la rue de la Paix où elle a bloqué quelques minutes la circulation avec un calicot 'Solidarité avec la Grèce'. L'important déploiement policier comprenait en particulier des en-civils, dont une demi-douzaine qui ont réalisé un véritable reportage vidéo et photo, allant jusqu'à provoquer des manifestants en les photographiant littéralement sous le nez. Un manifestant a mis sa main sur l'objectif d'un flic qui a crié à l'agression et téléphoné à Pol Bru pour demander du secours! Lequel secours n'est pas venu. Les flics ont également menacé de saisir la voiture qui avait amené le calicot. Tout cela dénote d'une certaine panique, entretenue sans doute par des rapports d'Europol et autres services, qui croient voir poindre un 'Mai '68 à Noël...
Mercredi 17, un rassemblement en solidarité au soulèvement de la jeunesse grecque devait avoir lieu sur la place du Jeu de Balle. Dès 15 heures, un important dispositif policier entourait et quadrillait les alentours, contrôlant toutes les personnes susceptibles d'être liées à cette manifestation. Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations, dont une jeune femme traînée par les cheveux jusqu'au commissariat. Un nouvel appel à la manifestation a été lancé pour le samedi 20 décembre à 16h au campus du Solbosh (ULB).
Arrivés à la fin 'officielle' de la manif, entre 50 et 80 personnes sont parties en manif spontanée. Une voiture de flics essuie des projectiles et se barre, la banque est tagguée, le mister crash rendu inutilisable. Arrivés dans une des principales rues commercantes de Gand, les vitrines des banques et d'une quinzaine de commerces choisis (bijouterie, 'Base shop', etc) sont brisées. Les manifestants se dispersent en petits groupes à l'arrivée de la police. Aucune arrestation durant les actions, mais il y a des courses-poursuites et les flics continuent pendant un certain temps à chasser les manifestants dans les rues. Au final, il y aura 19 arrestations. Un legal team ayant été mis en place, à 4h du matin, toutes les personnes arrêtées ont été libérées, sauf une.
Communiqué: 'Dans la nuit de 9 décembre, un syndicat de la police (VSOA) à Molenbeek (Bruxelles, Belgique) a été attaqué. Toutes les vitres ont été détruites. Solidarité avec la révolte en Grèce! Contre tous les Etats! Pour l'anarchie!'
Communiqué: 'Le 6 décembre, à Athènes, Alexandros a été assassiné par les flics quand il était en train de les attaquer. Depuis, des gens partout en Grèce et ailleurs ont dépassé le premier moment de réponse, choisissant l'offensive contre le système. Avec notre geste modeste de mettre le feu à un véhicule de police (mercredi le 10 décembre) devant le commissariat de St-Gilles, sous les yeux des flics, nous avons voulu rejoindre cette rebellion. Car la joie de la révolte ne connaît ni frontières, ni limites!'
Le jeudi 11 décembre, contre l'agence bancaire ING d'Auderghem.
Communiqué (traduction): 'Le 11 décembre, nous avons choisi de bouter le feu à une banque d'ING à Auderghem, Bruxelles, avec un engin incendiaire composé de quelques litres d'essence et deux bonbonnes de gaz, comme signe de solidarité avec la révolte en Grèce et ailleurs.'
Communiqué: 'Cette nuit, nous avons incendié la porte de la 'pastorale de la communauté grecque' à Ixelles. Solidarité avec les émeutiers de Grèce et de partout dans le monde.'
'Ce matin du 13 nous avons bombé à Bruxelles des bâtiments en solidarité avec les inculpés du procès contre le Militante Gruppe de Berlin, avec Mauricio Hernandez Norambuena, révolutionnaire chilien détenu depuis 5 ans au Brésil à l'isolement total, avec les insurgés de Grèce et avec toutes les victimes de la répression bourgeoise-impérialiste.'
Vive la lutte de classe - Vive la solidarité de classe
Le siège de Bayer
Sur les interpellations après le rassemblement devant l'ambassade de Grèce hier
Communiqué de l'Union Communiste Bruxelloise:
9 personnes ont été arrêtées ce mercredi après une action pacifique au consulat grec pour la solidarité internationale avec le jeune Alexandros Grigoropoulos, tué par la police il y a quelques jours. La manifestation s'est déroulée dans le calme, ce qui était déjà assez remarquable après les événements de ces derniers jours. Néanmoins, la police belge a trouvé nécessaire d'ajouter à la provocation, en arrêtant 9 manifestants à la fin de l'événement. Le groupe de jeunes a été poursuivi dans le métro par un bataillon de flics, les matraques à la main. Tous ont été arrêtées. Que ça soit une leçon pour les protagonistes des actions 'ludiques' et 'pacifiques': dans ce stade de la crise du capitalisme, le système répressif perd toute raison: il cherche à intimider ceux qui osent faire entendre leur voix, il cherche à qu'on s'habitue à leur répression, il cherche à combattre les forces de la libération et à maintenir son statut-quo de l'exploitation, du mensonge et de la misère.
'J'étais avec le groupe de jeunes, 10/15 personnes, on marchait vers l'arrêt de métro Maelbeek quand soudainement on a realisé qu'un groupe de flics anti-émeute nous courait après... On s'est vite dispersés. J'ai vu deux personnes se faire arrêter mais moi je suis rentré chez moi en me demandant POURQUOI? Je crois que la reponse est qu'on portait tous des capuches. Certains avaient le visage caché' (anonyme)
Les vielles forces capitalistes et réactionnaires sont de retour en force. La police belge a donné un signal très clair: qu' elle est prête à s'en prendre aux mouvements de la résistance comme elle l'a fait avec les grévistes, et qu'elle passera à l'acte de la répression brutale bientôt. Préparons-nous à la résistance! Renforçons nos rangs! Le capital nous a déclaré son ennemi principal. De bonne raison! Notre lutte ne fait que commencer.
A bas le capitalisme, à bas l'impérialisme! Solidarité avec les grévistes et les manifestants en Grèce!
Une quarantaine de personnes avaient répondu à l'appel de plusieurs organisations turques et kurdes appellant à manifester au rond-point Schuman, ce mercredi à 13h, contre les lois anti-terreurs en Turquie et dans l'Union Européenne.
Pour dénoncer le meurtre du jeune manifestant anarchiste athénien, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi à 13h devant la représentation permanente de la Grèce pour les institutions européennes, rue Jacques de Lalaing à 1040 Bruxelles. Il y a eu des interpellations après la manifestation. Toutes les personnes interpellées ont été relâchées.
En solidarité avec Mauricio Hernandez Norambuena, prisonnier révolutionnaire chilien détenu depuis 5 ans à l'isolement au Brésil, une douzaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi à 17h devant l'ambassade du Brésil à 1050 Bruxelles.
Voir notre dossier sur les prisonniers chiliens
Le super-fichier policier débattu au parlement
Ce mardi, la commission de la Justice et de l'Intérieur de la Chambre entamera ses travaux relatifs au fameux projet d'arrêté royal baptisé 'BNG'. Ce texte élaboré par les ministres Vandeurzen (Justice, CD&V) et Dewael (Intérieur, Open VLD) tend à donner plus de pouvoir aux 40.000 policiers locaux et fédéraux pour recueillir, traiter et stocker une multitude de données à caractère personnel. Sont notamment visées: les données 'physiques et psychiques', les 'habitudes de consommation', les 'opinions politiques et religieuses', 'l'orientation sexuelle', etc. Ces informations seront enregistrées dans la Banque de données nationale générale (BNG), un méga-réseau informatique mis en place depuis 1998 dans lequel figurent déjà 11 millions de 'faits concrets', 1,6 million de personnes, 1,8 million de véhicule, 15.000 organisations, etc.
Qui pourra être fiché? L'arrêté est large: avoir plus de 14 ans; être membre d'un 'groupement présentant un intérêt particulier pour l'ordre public'; avoir fait l'objet d''au moins' un procès-verbal; etc. Les données seront conservées dix ans 'après leur dernier traitement'. Quid de la remise à jour? Qui pourra y accéder? Policiers, magistrats et 'toutes personnes habilitées' , précise le texte. Rédigé en catimini, il n'était pas destiné à un débat public. Face aux multiples réactions, le gouvernement a finalement accepté de le renvoyer au Parlement. Cet après-midi, à la Chambre, plusieurs experts seront entendus sur le sujet: président de la commission de la protection de la vie privée, représentants de la police, Ligue des droits de l'homme, ordres des avocats, etc.
Belgique: Chiffre record pour la population carcérale
La population carcérale en Belgique a atteint aujourd'hui un chiffre record: en 1980, on comptait 5.611 détenus par jour dans les prisons belges. Actuellement, ce chiffre s'élève à 10.208 détenus en prison. C'est à partir des années 90 qu'on a assisté à une hausse vertigineuse. Cela s'explique avant tout par des peines plus sévères. Ainsi, le nombre de jugements avec une peine de 5 ans ou plus est passé de 81 en 1990 à 312 en 2003. Les détenus condamnés à de longues peines sont également moins vite libérés. En 1990, 68,3% des personnes condamnées à une peine de plus de 3 ans ont obtenu une libération conditionnelle, contre 57,4% en 2004. En 1990, le terme auquel les détenus devaient en théorie pouvoir être pris en compte pour une libération conditionnelle (c'est-à-dire un tiers de la peine) était en moyenne dépassé de 9,2 mois. En 2005, il s'agissait de 13,5 mois. La réglementation pour les courtes peines s'est au contraire fortement assouplie. Les tribunaux condamnent plus souvent à des peines plus lourdes: le nombre de condamnations effectives est passé de 2.500 en 1980 à 4.900 en 2005. Au sein de ce groupe, le nombre de détenus purgeant une peine de 5 ans ou plus a été multiplié par dix et le nombre de peines de 3 à 5 ans a été multiplié par trois. Cela a évidemment un impact sur l'évolution de la population carcérale. Le nombre des personnes inculpées qui se trouvent en détention préventive a plus que doublé: il est passé sur la même période de 1.500 à 3.400. En revanche, la présence d'autres catégories de personnes (comme des vagabonds, des mineurs ou des étrangers) dans la population carcérale a fortement diminué.
Carrefour: La procédure anti-grève jugée 'inappropriée' par le tribunal de Furnes
Le tribunal de Furnes siégeant en référé a déclaré recevable et fondée la requête en tierce opposition lancée par le LBC-NVK (l'aile flamande du syndicat chrétien des employés) à l'encontre de la procédure judiciaire initiée unilatéralement par la direction du magasin Carrefour de Coxyde pour empêcher des piquets de grève début novembre. Cette décision favorable aux syndicats est la première d'une série de requêtes en tierce opposition contestant en justice ce qu'ils estiment être des atteintes au droit de grève. La grève avait frappé le Carrefour de Coxyde le 10 novembre dernier, comme dans bien d'autres établissements du groupe à cette époque.
La direction de Coxyde avait immédiatement répliqué en intentant une action en justice. Le tribunal avait jugé que le secrétaire de la LBC-NVK devrait payer une astreinte de 1.000 euros par personne, client ou membre du personnel désireux de travailler, qui n'aurait pu entrer dans le supermarché en raison des piquets de grève. L'objectif de Carrefour était de casser l'action, ce qui fut le cas. En raison de cette menace d'astreinte, le syndicat chrétien avait en effet préféré stopper la grève.
La LBC-NVK estimait que le tribunal des référés ne pouvait pas prendre cette décision du fait que le juge n'avait entendu que Carrefour et pas les syndicats. Le juge des référés a donné raison aux syndicats. Selon lui, la procédure engagée sur requête unilatérale pour mettre fin à la grève n'était pas appropriée. Il a relevé notamment que l'action avait été annoncée par les syndicats dans les temps. Le caractère urgent d'une telle procédure, indispensable pour un référé, n'était donc pas fondé. Le juge a encore estimé exagéré l'argument selon lequel toute l'activité économique de Carrefour avait été à l'arrêt en raison de cette action. L'ordonnance du 10 novembre doit donc être réduite à néant, a jugé le tribunal. L'astreinte qui menace le syndicaliste n'est plus applicable, de même que l'interdiction qui lui est faite de pénétrer dans un Carrefour.
Bruxelles-Paris: A propos de Tarnac
Communiqué de la conférence de presse à la librairie 'L'Imaginaire' le 2 décembre (.pdf)
Bruxelles: Rassemblement en soutien aux inculpés de Tarnac et en protestation contre l'opération policière du 27 novembre!
Suite aux arrestations et perquisitions qui ont visé en Belgique les membres du comité de soutien aux inculpés de Tarnac (cf. ci-dessous), une soixantaine de personne se sont rassemblées dans et devant la librarie 'Imaginaire', place du Jeu de Balle, entre 14h et 15h. Une conférence de presse a été donnée dans la librairie. Le Secours Rouge avait envoyé une délégation de solidarité.
Bruxelles: Cocktails Molotov vs police
Le 19 novembre dernier, le lendemain de l'expulsion des sans-papiers de l'immeuble d'Electrabel à Ixelles, un cocktail Molotov a été retrouvé entre deux véhicules de police stationnant rue du Viaduc, près du commissariat de police d'Ixelles. L'engin ne s'était pas enflammé. Le Service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs (SEDEE) et le laboratoire de la police fédérale se sont rendus sur place. Le cocktail Molotov ne s'est pas enflammé. Aucun suspect n'a été interpellé. 'Si le cocktail Molotov s'était enflammé, les deux véhicules auraient été détruits, selon le service de déminage', a déclaré une porte-parole du parquet de Bruxelles. Déjà le 23 octobre, à Laeken, un cocktail Molotov avait été jeté contre la maison d'un commissaire de police. Des déchets de construction de la maison, qui est en chantier, avaient pris feu. Le début d'incendie avait été éteint dans un premier temps par des policiers arrivés sur place, puis par les pompiers. Les dégâts sont limités. Aucun suspect n'a été interpellé. La commissaire travaille au service du Palais de Justice au sein de la Direction des Interventions et du Soutien opérationnel de la zone de Bruxelles Capitale Ixelles, qui a pour mission principale d'assurer le transfert des détenus et la surveillance des cours et tribunaux.
- 27 novembre, 10h45: lors d'un contrôle routier sous caméras de repérage, un membre du Comité fraîchement créé est interpellé à Bruxelles parce que la voiture qu'il conduit est signalée dans le fichier Schengen. Alors que lui-même ne fait l'objet d'aucun signalement de recherche, il est immédiatement arrêté et menotté lorsque les policiers découvrent des documents relatifs au Comité. La voiture, un rétro-projecteur et tous les documents trouvés dans le véhicule sont saisis. L'automobiliste est emmené au commissariat de la rue Marché au Charbon et maintenu menotté à un banc sans pouvoir manger de 11h du matin à 20h. Il est interrogé par des inspecteurs du Parquet fédéral qui l'interrogent au sujet du Comité et cherchent à savoir qui est le responsable du Comité de soutien. A 20h, il est emmené avec trois voitures de police place du Jeu de Balle.
- 28 novembre, 1h: le membre du comité est relâché mais la voiture, la liste d'adresses électroniques et tout le matériel du Comité sont saisis.
Cette arrestation, cette perquisition et ces saisies laissent présumer qu'une procédure pour faits de terrorisme a été ouverte en Belgique en relation avec les événements français. S'organiser en vue de soutenir des personnes incriminées pour terrorisme est désormais criminalisé. Détenir des documents relatifs à un Comité de soutien est directement prétexte à arrestation, perquisition... La saisie des documents du Comité et d'un fichier d'adresses est inacceptable. Les adresses des personnes reprises dans le fichier saisi apparaissent dorénavant dans une enquête pour faits de terrorisme! Dorénavant, ils peuvent craindre d'être poursuivis eux-mêmes. Philippe Simon et le membre du Comité de soutien arrêté se voient également, tous deux, associés avec l'enquête menée en France. Ceci est excessivement grave.
Il y a clairement amalgame entre lutte politique et terrorisme. Le Comité de soutien bruxellois aux inculpés du 11 novembre s'est constitué non seulement pour obtenir la remise en liberté des personnes arrêtées en France mais également pour dénoncer les législations anti-terroristes qui prolifèrent partout en Europe. L'utilisation du terme 'terrorisme' pour qualifier les idées portées par certaines personnes constitue une épée de Damoclès qui plane au-dessus de toutes les formes d'actions politiques et sociales. Cet incident en est une nouvelle preuve.
Mardi 2 décembre à 14h, un rassemblement et une conférence de presse auront lieu devant la librairie 'L'imaginaire', place du Jeu de balle à Bruxelles.
La Belgique épinglée au Comité contre la Torture de l'ONU
Les 12 et 13 novembre derniers, le Comité contre la Torture de l'ONU (CAT) examinait le rapport de la Belgique sur son application de la convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le rapport du Comité épingle la Belgique sur de nombreux points sensibles. Le Comité pointe du doigt l'insuffisance en Belgique des contrôles externes sur les expulsions et le fait qu'il n'existe pas de mesures alternatives permettant de renforcer ces contrôles, vu que les ONG n'ont pas accès aux cellules de l'aéroport ni à la zone d'expulsion. Concernant les centres fermés, le Comité relève le manque de recours effectifs au départ de ces centres et pour les personnes expulsées. Le Comité estime que la Commission des plaintes n'est pas suffisamment indépendante et impartiale et que le système de plainte est déficient. Il recommande à la Belgique de prendre des mesures pour conférer un caractère suspensif 'non seulement aux recours en extrême urgence, mais aussi aux recours en annulation introduits par tout étranger qui invoque qu'il risque d'être soumis à la torture dans le pays vers lequel il doit être renvoyé et 'd'étendre la période de 24h disponible pour le recours en extrême urgence', comme le demande l'arrêt rendu par la Cour constitutionnelle. Le rapport met également en avant la quasi-impossibilité de porter plainte pour les personnes expulsées et la difficulté de rapporter la preuve de mauvais traitements lors d'une expulsion, tout comme la quasi-absence de suivi des gens expulsés pour voir s'ils ne sont pas maltraités dans leur pays d'origine.
Concernant le Comité P, le Comité regrette 'la trop grande présence, dans sa composition, de policiers détachés de leur service et qui, parfois, y retournent à l'issue de leur mission'. C'est l'indépendance et l'impartialité du Comité P qui sont mises en cause. Le Comité de l'ONU relève également 'le grand nombre d'allégations de mauvais traitements de la part des forces de l'ordre, en particulier pour les zones de police Bruxelles/Ixelles et Bruxelles Midi, et l'absence de sanctions suite au constat de ces violations'.
Le Comité déplore toujours, malgré de précédentes recommandations en ce sens, que l'accès à un avocat dès le début de la détention ne soit toujours pas reconnu aux citoyens. Actuellement, un projet de loi n'accorde le droit à l'assistance juridique qu'après un délai de huit heures 'or la période qui suit immédiatement la privation de liberté est celle où le risque d'intimidation et de mauvais traitements est le plus important', souligne le rapport.
En ce qui concerne les prisons, la surpopulation carcérale est dénoncée, mais le Comité propose non pas d'augmenter les places en milieu carcéral comme le préconise la Belgique, mais d'envisager des mesures alternatives et de rendre plus accessible l'octroi des libérations conditionnelles.
Ecoutes des altermondialistes liégeois: l'Etat va en appel
L'Etat va en appel dans l'affaire qui le condamnait pour avoir mis sur écoute les organisateurs de la manifestation du 22 septembre 2001.
Lire le document officiel (.pdf)
Bruxelles: Fondation d'un comité de soutien aux inculpés de Tarnac
Mercredi 25 novembre, un Comité de Soutien aux Inculpés du 11 novembre a été fondé à Bruxelles. Voici son texte fondateur:
A l'aube du 11 novembre, 150 policiers cagoulés ont encerclé le village de Tarnac (350 habitants) en Corrèze, en plein centre de la France. A leur suite, une brigade de la police scientifique, des chiens renifleurs d'explosifs, un hélicoptère et une nuée de journalistes. Ces derniers n'avaient toutefois pas eu le temps de sortir leurs micro que déjà les dépêches AFP vendaient le scoop: les 'dangereux saboteurs du rail' ont été débusqués et arrêtés. Cette opération spectaculaire a eu lieu à la suite de dommages commis sur des câbles électriques de la SNCF, qui avaient entraîné une perturbation du trafic ferroviaire les jours précédents, dans un contexte de grogne des cheminots. Un jour entier, le petit village a été isolé du monde par des barrages de police. Sur 20 personnes interpellées, 9 ont été emmenées dans les locaux de la police judiciaire à Paris pour subir quatre jours d'interrogatoires (temps maximum récemment autorisé par la loi pour une enquête terroriste). Les personnes qui ont été arrêtées vivaient en communauté; certains travaillaient à la ferme du Goutailloux, d'autres à l'épicerie du village qu'ils avaient repris à sa fermeture et où ils servaient tous les jours des repas ouvriers. Piétinant la présomption d'innocence aussi bien que le simple bon sens, les médias ont relayé deux jours durant les discours de la ministre de l'Intérieur et du chef de l'Etat, qui se sont empressés de saluer cette enquête éclair, ont 'félicité la police et la gendarmerie pour leur diligence' et se sont 'réjouis des progès rapides et prometteurs de l'enquête', tandis qu'un responsable syndical exprimait son soulagement à ne voir figurer aucun cheminot parmi les prévenus. Avant même le début de la garde à vue, l'affaire semblait entendue. Mais moins de deux jours après, force était de reconnaître de source judiciaire qu'aucune des preuves attendues n'était venue conforter les affirmations des policiers; ni flagrant délit, ni trace ADN, ni aveux, le dossier ne se fonde plus que sur l'enquête de police et sur des soupçons. L'on assiste dès lors à une surenchère de discours tenant lieu de pièces à conviction: dans la presse, on est passé 'd'actes de malveillance' à 'actes terroristes'. S'il y a communauté, il ne peut s'agir que d''une secte'. S'ils n'ont pas de portable, ce n'est pas un choix de vie mais parce que ce sont des 'pros de la clandestinité'. Ils ont une épicerie? Oui, mais 'tapie dans l'ombre' (le Figaro, 12/11). A cela s'ajoute un classique éculé, la construction de la figure du 'leader charismatique': le principal prévenu est accusé d'être le 'dirigeant' d'une inconcevable 'cellule invisible' ayant pour objet la 'lutte armée', dont les cinq personnes aujourd'hui en détention seraient le 'noyau dur'. Ce qui peut valoir 'jusqu'à 20 ans de prison' (le procureur Jean-Claude Marin, dans Libération, 15/11). Avec le comité de soutien de Tarnac à l'appel duquel nous répondons, nous ne pouvons que constater la démesure, grotesque ou tragique, qui entoure cette affaire: Démesure entre les actes reprochés et leurs qualifications, entre les preuves fournies par l'accusation et les procès d'intention faits aux inculpés, entre l'ampleur de l'opération 'Taïga' digne d'un raid en Irak et l'existence tout sauf clandestine des personnes qu'elles visaient. Après une semaine de délire et de surenchère généralisée, la presse change un peu de ton, grâce d'ailleurs à la lucidité salutaire de certaines interventions (nous pensons au philosophe Giorgio Agamben, dans le Libération du 19, ou à un article de M. Quadruppani, sur le site Rue89 le 18...) et à l'indignation d'un grand nombre de lecteurs anonymes choqués par le traitement médiatique de cette affaire. Mais cinq des inculpés, eux, restent en détention. Une détention qualifiée de 'provisoire' mais qui peut s'étendre en France, pour les affaires qualifiées de 'terrorisme', jusqu'à 4 ans et huit mois... Dans un contexte de crise générale allant s'approfondissant et face aux désaveux de sa politique, l'Etat français a besoin pour se soutenir de la constitution d'un nouvel ennemi intérieur. Le 'terrorisme islamique', la 'racaille des banlieues' ne suffisent plus: la 'résurgence d'une mouvance anarcho-autonome (décrétée par Michèle Alliot-Marie, ministre française de l'Intérieur) semble arriver à point nommé. Si l'affaire de Tarnac paraît 'montée de toute pièce' il y a derrière un enjeu de taille. En faisant, d'une part, coïncider toujours davantage la figure du suspect et celle du coupable, l'Etat installe la peur dans les milieux contestataires. D'autre part, en faisant passer pour terroristes des actes qui relèvent plutôt du blocage, et qui s'inscrivent dans la continuité de gestes qui ont toujours existé dans les luttes sociales (blocages de la gare du midi par les étudiants de l'ULB ces mois derniers à Bruxelles, blocages autoroutiers en France pendant le CPE...). Il diabolise toute contestation qui ne se condamnerait pas d'avance à rester symbolique; il s'agit là de distiller la peur dans l'opinion publique. Pour ce faire, rien de tel qu'une opération comme celle du 11 novembre; opération dont la démesure est elle-même une opération visant à conforter, aussi a posteriori, l'introduction de ces 'lois d'exception'. Les lois d'exception s'appliquent bien sûr aussi en Belgique. La Belgique a été l'un des premier pays à suivre avec zèle les directives européennes invitant à se doter de nouvelles mesures anti-terroristes. Affirmer maintenant notre solidarité avec ceux qui se trouvent en ce moment sous le coup de ces mesures indique aussi bien que nous nous organisons pour résister, ici, à leur mise en oeuvre. En écho avec le comité de soutien de Tarnac, nous demandons la libération immédiate de tous les inculpés et la levée des poursuites en matière de terrorisme.
Le Comité de Soutien aux Inculpés du 11 novembre - Bruxelles
Pour contacter le comité: soutien11novembre@bruxxel.org
Fin de la grève chez UCB
Les ouvriers d'UCB Braine-l'Alleud ont approuvé le texte élaboré en bureau de conciliation au début de la semaine à plus de 76%. Après trois semaines de grève et deux refus, la grève est donc officiellement terminée. Ce vote intervient après celui des employés, qui plus tôt dans la journée s'étaient prononcés en faveur de l'accord. En plus des primes et avantages, les discussions ont permis de réduire le nombre de pertes d'emploi. Lors de l'annonce par la direction, on parlait de 425 emplois en péril sur le site de Braine-l'Alleud, dont 344 employés. Ce nombre de postes d'employés perdus est descendu depuis à 298. Et les syndicats espèrent encore en sauver quelques-uns dans les jours qui viennent.
Cette grève avait elle aussi été marquée par l'intervention de la justice aux côtés du patronat. Le piquet de grève installé mercredi avait été levé après qu'un huissier soit venu rappeler aux grévistes qu'une ordonnance de référé les enjoint de laisser l'accès libre sous peine d'astreinte. Cette ordonnance de référé obtenue par la direction avait été signifiée tôt dans la matinée par un huissier accompagné de policiers. Menacés d'astreintes, les membres du piquet de grève qui avaient pris position devant les grilles à 05h30, après un vote de 72% des ouvriers en faveur de la poursuite de la grève, mardi soir, avaient levé leur barrage. Ils avaient laissé passer les véhicules, se contentant de les ralentir. La grève était tellement générale que la levée du piquet n'a pas influencé l'arrêt de la production.
Les sans-papiers pourront rester à l'ULB
C'est mardi que le conseil d'administration de l'ULB se réunissait d'urgence pour prendre une décision relative à l'occupation du gymnase par les 300 sans-papiers chassés de l'immeuble d'Electrabel à Ixelles. Pendant la réunion du conseil d'administration, et pour faire pression sur celui-ci, entre 200 et 300 personnes étaient présentes sur le campus. Finalement, le conseil d'administration a rendu public un communiqué dans lequel on peut notamment lire que: 'Pour des raisons humanitaires évidentes, le conseil d'administration de l'ULB a décidé de tolérer à titre provisoire l'occupation de son hall des sports par les personnes sans-papiers qui l'occupent depuis mardi dernier. L'Université réitère son soutien à la cause des personnes sans-papiers et en appelle au gouvernement pour concrétiser rapidement les engagements pris en la matière. L'ULB s'attachera également à sensibiliser ses partenaires de l'enseignement supérieur.'
Le rassemblement de mardi à l'ULB
L'affaire du vol SN 351 bientôt au tribunal?
Le 26 avril 2008, trois personnes avaient été débarquées d'un avion de Brussels Airlines à destination du Kinshasa via Douala, parce qu'elles avaient protesté (avec plusieurs autres passagers) contre les traitements violents infligés à un sans-papier camerounais en instance d'expulsion du territoire belge, Folefack Sontsa. Ce jeune homme décédera le premier mai 2008 dans des circonstances troubles dans un centre de rétention belge. Il laissera un témoignage accablant pour les policiers chargés de son expulsion qu'il accusait de l'avoir tellement frappé après cette tentative d'expulsion manquée qu'il était incapable de manger, tant il avait mal aux mâchoires. Les trois passagers ont été menottés par la police et retenus au commissariat. Une journée pas comme les autres. Une journée au cours de laquelle j'avais été violemment débarqué, menotté et retenu dans une cellule de l'aéroport international de Bruxelles pendant de nombreuses heures. Les trois passagers débarqués ont pu reprendre contact. Une plainte a été déposée par l'un d'eux, épaulé par la Ligue des Droits de l'Homme et du CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers), et les auditions vont commencer avec des enquêteurs du Comité P (Comité Permanent de Contrôle des Service de la Police) et le Juge d'instruction.
Le passager originaire de cette plainte lance un appel à la solidarité pour financer les dépenses liées à ce combat (déplacements à Bruxelles, frais de justice et honoraires de ses avocats). Serge NGAJUI FOSSO, 9 Villa Jean Jaurès, 92110 Clichy - France. Serge NGAJUI FOSSO, BNP PARIBAS, Compte : 00064 00000607856, IBAN : FR76 3000 4000 6400 0006 0785 696, BIC : BNPAFRPPPGN
Les chiffres officiels des écoutes en Belgique
En 2007, la police fédérale a officiellement placé 3.603 téléphones sur écoute (2.582 en 2004). Les opérateurs téléphoniques ont présentés, pour ces écoutes, une facture de plus de 10 millions d'euros au Ministère de la justice.
Déclaration de Membres de la Communauté Universitaire sur les sans-papiers à l'ULB
Les sans-papiers dans le gymnase de l'ULB
'Les sans-papiers peuvent rester tant qu'ils ne perturbent pas le bon fonctionnement de l'ULB'
Nous sommes perturbés car nous ne considérons pas les 'sans-papiers' comme un facteur de perturbation si ce n'est celui de montrer la contradiction entre nos principes et notre pratique;
Faut-il rappeler que l'ULB a 'perturbé' l'occupation nazie en cessant de 'fonctionner'?
Faut-il rappeler que beaucoup des sans-papiers de cette époque furent des juifs venant de l'Est? Faut-il rappeler que le square G honore la mémoire de résistants et d'activistes morts pour la défense d'une certaine conception de la dignité?
Faut-il rappeler que la tolérance accordée jusqu'à présent consiste à parquer nos 'hôtes' dans un bâtiment vétuste à la marge de la vie universitaire? Faut-il rappeler que solidarité n'est pas charité? Faut-il rappeler que la perturbation incriminée aux 'sans-papiers' est d'avoir l'outrecuidance de vouloir protéger leurs enfants en attendant de trouver une alternative? Faut-il rappeler que même les chiens dorment sous un toit l'hiver?
Nous sommes perturbés car notre Université si prompte à défendre ses valeurs humanistes et à les rappeler aux autres perpétue cependant les 'pratiques' qu'elle dénonce 'hors nos murs'? Faut-il rappeler que drapés de la légitimité de la science dans le débat public nous ne pouvons nous voiler les yeux lorsque la question se pose en nos murs?
Nous sommes perturbés par une université dont la position consiste à exprimer une solidarité forte et de principe mais qui la viole dans le monde réel des besoins concrets. Faut-il rappeler qu'une université qui ment et se dément est une université qui pratique la démagogie? Faut-il rappeler que la morale et l'éthique participent de la définition même de notre Communauté?
Nous sommes perturbés par le silence complice des consciences de notre Université pourtant si promptes à jouer les intellectuels indignés 'hors nos murs'. Faut-il rappeler que la Communauté universitaire est dépositaire et surtout garante de leur légitimité? Faut-il rappeler qu'on ne peut s'engager 'hors nos murs' et se dégager en nos murs sur la même question sans perdre sa crédibilité?
Nous sommes perturbés car nous, Communauté Universitaire, préférons ne plus 'être' qu'être sans conscience.
Souhail Chichah (Assistant ULB); Christian Vandermotten (Professeur ULB); Corinne Gobin (Maitre de Recherche FNRS ULB); Catherine Bourgeois (LAMC/ULB); Lucie Masy (Membre du CA de l'ULB); Thu Tuyen Pham Nhu (Chercheuse au DULBEA); Iason Foscolos (Chercheur au DULBEA); Zouhair Alaoui Amine (Chercheur ULB); Antoine Bertulot (Etudiant ULB); Elisabeth Printz (Membre du CA de l'ULB); Eléonore Wolff (Chargée de cours ULB); Moritz Lennert (Chercheur ULB); Xavier May (Chercheur ULB); Aurélie Decoene (Chercheure ULB); Luce Bellefontaine (Chercheur ULB); Pierre Kummert (Chercheur ULB); Patricia Aelbrecht (Doctorante ULB); Dan Van Raemdonck (Professeur ULB); Olivier Cailloux (Chercheur ULB); Yolaine Lhoist (Etudiante ULB); Marie Godin (Chercheuse GERME-METICES ULB); Nouria Ouali** (METICES/Institut de sociologie ULB); Mateo Cordier (Doctorant ULB); Ariane Toussaint (Directeur de Recherche FNRS ULB); Sophie Stoffel (Docteure de l'ULB); Charles Cullard (Etudiant ULB); Aurélien Bach (Etudiant ULB); Johanna D'Hermoncourt (Chercheuse ULB); Pierre Marage (Professeur Faculté des Sciences ULB); Lara Thommès (Etudiante en Droit ULB); Laurent Licata (Professeur- Assistant ULB).
Les sans-papiers d'Ixelles à l'ULB
Depuis hier, les occupants sans-papiers du 133 chaussée d'Ixelles se sont déplacés au gymnase de l'ULB (campus du Solbosch). Le Comité d'Action et Soutiens est sur place et l'UDEP Bruxelles aussi mais pas seulement, il y a beaucoup d'electrons libres et autres réseaux qui rejoignent la dynamique. La situation est très difficile car les 500 sans-papiers sont exténués de tant de stress et de manque de repos mais ils sont très motivés de continuer leur lutte en lieu sûr. Le problème est que l'ULB refuse catégoriquement d'accueillir les sans-papiers dans leurs installations. Tout le monde est débordé sur place, toutes les aides, toutes les présences sont plus que bienvenues.
500 sans-papiers brutalement délogés du 133 chaussée d'Ixelles
Ce matin, les flics ont très violement (contrairement à ce que rapportent les médias, répétant la version lénifiante du bourgmestre) expulsés les sans-papiers retranchés dans l'immeuble d'Elctrabel chaussée d'Ixelles. Environ 300 manifestants s'étaient regroupés autour de l'immeuble pour soutenir les sans-papiers et empêcher l'expulsion. La police a déployé les grands moyens (et en avait prévus de plus grands encore, puisque les auto-pompes et la cavalerie étaient présentes, prêtes à intervenir). Les visages de plusieurs expulsés portent les traces des violences policières. La députée Céline Delforge qui se trouvait prisonnière de la police avec les derniers occupants (dont un d'à peine 15 ans) a témoigné de ces exactions ainsi que de nombreux occupants qui ont montré les traces de coups au visage devant les caméras de la télévision flamande et de RTL. En outre, une femme enceinte de 8 mois a été malmenée à l'intérieur de l'occupation alors qu'elle demandait à un policier de pouvoir emmener ses affaires. Elle a pu être évacuée en ambulance avec une autre personne inconsciente grâce à l'intervention de P. van Muylder, président de la FGTB qui a convaincu la police de leur accorder des soins. 19 personnes ont été arrêtées 'administrativement'.
500 hommes, femmes, enfants se sont donc dirigés vers les bâtiments de l'INSAS (rue Jules Bouillon) qu'ils occupent depuis 15h30. Leur intention n'est pas de demeurer dans cet endroit éternellement et de gêner l'école. Ils souhaitent passer la nuit à l'abri en attendant d'obtenir une négociation avec le bourgmestre. Celui-ci continue son sale jeu. Le bourgmestre PS Decourty aurait demandé à l'Office des Etrangers de venir contrôler les papiers des délogés et que le PS aurait fait pression sur le C.A. d'Electrabel (qui jusqu'alors était resté muet) pour qu'Electrabel reprenne la main comme propriétaire et fasse la demande d'expulsion en justice.
Carrefour: Téléchargez l'affichette du Secours Rouge
Carrefour quatrième épisode : Flics et huissiers contre les grévistes à Kraainem, Namur et Marche-en-Famenne
Nouvel épisode dans le conflit social chez Carrefour, un épisode une fois de plus marqué par l'intervention de la justice et de la police au côté du patronat. Dix magasins ont été bloqués par des actions syndicales. Les magasins Carrefour de Kraainem et Marche-en-Famenne, et le GB de Belgrade (Namur) ont ouvert leurs portes après l'intervention d'un huissier et de la police.
Plus de photos du piquet à Kraainem sur indymedia
La police locale de la zone Bruxelles-Ixelles a contrôlé, la nuit de samedi à dimanche, 225 personnes à Ixelles. 59 personnes ont été interpellées parce qu'elles étaient en séjour illégal en Belgique. 36 d'entre elles ont reçu un ordre immédiat de quitter le territoire, 13 ont été emmenées dans un centre fermé ou à l'aéroport en vue de leur expulsion. L'immeuble occupé d'Electrabel n'a toutefois pas été visé. Les proches des sans-papiers se sont rassemblés dimanche à 18h30 place Fernand Cocq, devant la maison communale, pour dénoncer le bourgemestre Decourty (PS) qui a autorisé (commandité?) cette rafle. Ce rassemblement a été suivi d'une réunion où les suites à donner à cette rafle ont été discutées.
Il n'y a pas de rassemblement prévu ce lundi comme annoncé ce matin par erreur.
Belgique: Encore des flics et des huissiers ce samedi pour briser les grèves à Carrefour
Trois supermarchés Carrefour (Malines Nord, Waterloo centre et Waterloo Mont-Saint-Jean) étaient fermés samedi matin, à la suite d'une action syndicale. Les magasins de Genk et de Leeuw-Saint-Pierre, où les syndicats mènent également leur action, sont ouverts. Le patronat dispose d'une ordonnance judiciaire interdisant un blocage pour quatre magasins. Il n'a pu cependant la faire appliquer dans les magasins de Waterloo car la police locale n'a pu suffisamment escorter l'huissier. En ce qui concerne Malines, Carrefour ne dispose pas d'une telle ordonnance. Le juge des référés a en effet refusé de donner suite à la demande de Carrefour, affirme le journal De Morgen dans son édition de samedi. D'après le juge, la procédure ne peut être acceptée lorsqu'un débat contradictoire est possible via une citation. Trois arrestations administratives ont eu lieu plus tôt dans la matinée au magasin de Leeuw-Saint-Pierre, après des échauffourées consécutives à l'intervention d'un huissier.
Le conflit social en cours chez Carrefour concerne le nouvel hypermarché de Bruges, où le personnel est inscrit à une convention collective impliquant une baisse de revenu de 25%. Les travailleurs de Carrefour craignent l'application de ce statut à tous les magasins. Au cours des précédentes semaines, des actions avaient déjà été menées durant le week-end dans plusieurs hypermarchés en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. A chaque fois, le patronat a envoyé des huissiers escortés de policiers, et à chaque fois des grévistes avaient été arrêtés.
'Pétain, reviens! T'as oublié tes chiens!'
Une centaine de manifestants ont répondu ce vendredi à l'appel du BEA de l'ULB et du Comité d'Action Solidaire avec les sans-papiers en se rassemblant avec des flambeaux à 18 heures devant la résidence de l'ambassadeur de France. Il s'agissait d'exiger la fin des poursuites contre les manifestants arrêtés lors des manifestations contre le sommet européen sur l'immigration à Vichy. Sur la quarantaine de manifestants arrêtés à Vichy, trois sont passés mercredi 5 en comparution immédiate à Vichy et ont été condamnés à : 30 jours et une amende de 10 euros pour jet de canette vide, de 250 euros pour jet de pierre et deux mois de sursis pour port de poing américain. Sur les huit manifestants belges arrêtés, un seul devra passer dans un mois en procès, pour bris d'abribus.
Ce soir à Bruxelles, les manifestants ont à deux reprises bravés l'interdiction policière de quitter le terre-plein où la manifestation était 'tolérée'. Ils ont traversé la petite ceinture en y bloquant la circulation, pour se rassembler directement devant la résidence de l'ambassadeur. A 19h30 (heure de rédaction de ce communiqué) un renfort de police prenait position devant la résidence. Les slogans et mots d'ordre étaient nombreux, qui visaient Nicolas Sarkozy, Annemie Turtelboom, Brice Hortefeux, la police, les Etats belge et français, évoquant notamment la véritable provocation que constitue le fait d'organiser un sommet sur (c'est-à-dire contre) l'immigration à Vichy. Les expulsions et l'exploitation des sans-papiers étaient dénoncés à plusieurs reprises.
Ixelles: Les sans-papiers occupent l'ancien bâtiment d'Electrabel et l'ouvrent aux SDF
300 personnes sans papiers de l'UDEP ont ouvert hier mardi, dans le bâtiment vide d'Electrabel (et non de la RTT comme nous l'avions annoncé par erreur) chaussée d'Ixelles, un 'espace citoyen de rencontres, de débat politique et d'accueil de la richesse du monde' baptisé la Turtelb'HOME.La Turtelb'HOME apportera une solidarité concrète envers les plus démunis, avec ou sans papiers.
Rassemblement ce vendredi pour les manifestants belges (et autres...) inculpés à Vichy
Le Secours Rouge/APAPC s'associe à l'appel du Bureau des étudiants administrateurs (BEA) de l'ULB et du Comité d'Action Solidaire (le CAS, soutenant les sans-papiers) pour un rassemblement ce vendredi à 18h, devant la résidence de l'ambassadeur de France (41 boulevard du Régent, petite ceinture, métro Arts-Loi), pour exiger l'arrêt des poursuites contre les manifestants de Vichy. Tous les manifestants belges de Vichy sont maintenant libres (ils étaient huit au départ à s'être fait arrêter) mais restent des inculpations pour au moins deux d'entre eux.
La manif du 4 à Vichy
Un manifestant belge reste détenu après la prolongation de sa garde à vue. Il doit comparaître aujourd'hui. Il est possible que d'autres puissent être inculpés.
Réunion à l'ULB, au BEA à 14h
'Nous rentrons de Vichy, après une soirée très mouvementée. Des arrestations, il y an a eu, et tout laisse penser qu'il y en a eu beaucoup après 23h. Explication: la manif a démarré correctement jusqu'au moment ou elle tombe sur un barrage anti-émeute en plein centre ville, absolument pas au programme négocié entre préfecture et organisateurs, fortement garni en robocops. Nous sommes obligés de bifurquer dans une petite rue, ce que fait la tête de manif, mais pas la suite qui stationne longuement devant le barrage. Premières escarmouches. La tête de manif arrive devant l'hôtel de ville, où des prises de parole devaient avoir lieu, amputée d'une bonne partie de ses troupes. Hésitations. Redémarrage sans prise de parole, mais dans les rues adjacentes, les affrontements entre Anars / Libertaires et police ont commencés. Passage devant la gare, fort regroupement d'Anars visiblement prêts à en découdre. La manif, au moins en tête, remonte vers Cusset, à peu près en bon ordre, suivie par un nuage de lacrymo, feux de poubelles, feux de bagnoles, charges. Elle arrive sans encombres à l'espace Chambon, lieu du meeting.
Les allocutions se dérouleront dans un vacarme indescriptible, orchestré par les groupes anars (et quels autres?), qui veulent interrompre le meeting et entraîner les 1000 participants séance tenante à un sitting devant le commissariat où leurs copains sont en garde à vue. Ils ont commencé à dépaver la cour, barricade et feu de poubelles à l'entrée de l'espace Chambon cerné par les flics. Débat impossible. Le maire de Cusset a négocie avec la CRS une sortie immédiate 'sans agression' et en groupe, des participants au meeting. Il est évident que cette 'évacuation' faite, les flics auront chargé les jeunes qui tenaient la barricade et procédé à de multiples arrestations. Inquiétude pour les gens venus de loin qui devaient dormir dans la salle de meeting. Inquiétude pour les jeunes (certains n'avaient manifestement pas plus de 15 ans). Inquiétude pour l'instrumentalisation qu'Hortefeux et sa clique ne manqueront pas de faire de ces débordements...
A signaler: un, (des?) car au départ de Lyon a subi un contrôle d'identité (illégal) au moment du départ. Il semble qu'on ait pratiquement pas vu de lyonnais au rassemblement. Idem pour un car de Grenoble, qui lui, est arrivé. Nombre de contrôles arbitraires ont été réalisés à l'encontre de voitures, de voyageurs en train aussi, selon des bruits insistants. Il est de première importance que ces entraves à la liberté de manifester remontent sur la liste de discussion.'
Des centaines de militants syndicaux étaient réunis mercredi matin aux portes du nouvel hypermarché Carrefour à Bruges, pour tenter d'empêcher son ouverture officielle, programmée pour 9h. Une grève était prévue dans dix magasins du groupe. Les syndicats dénoncent un montage juridique qui place les salariés du magasin sous une commission paritaire différente de celle de leurs collègues des autres hypermarchés du groupe, ce qui équivaut à une perte de revenu de 25%. A titre d'exemple, les dimanches seraient payés avec 50% d'augmentation au lieu d'être payés à 300%. 'Carrefour mine la commission paritaire 312; le groupe rabaisse un hypermarché de 150 travailleurs au niveau d'une épicerie de quartier', résumait un syndicaliste.
Ce vendredi 31, la direction de Carrefour fait une nouvelle fois fait appel à des huissiers de justice pour forcer l'ouverture des magasins. Une trentaine de travailleurs ont été arrêtés administrativement devant le Carrefour de Ninove et embarqués au commissariat par la police. Ils avaient refusé de présenter une pièce d'identité à l'huissier envoyé sur place. En Wallonie, malgré la présence d'huissiers, tous les magasins concernés par les actions sont restés fermés. Les magasins ouverts sont ceux d'Oostakker, Ninove, Kuurne, Sint-Eloois-Vijve et Berchem-Saint-Agathe. Un huissier est intervenu ce matin à Kuurne et Sint-Eloois-Vijve pour lever le piquet de grève installé par les manifestants. Les trois autres magasins, de Haine-Saint-Pierre, Mouscron et Soignies, étaient fermés, tout comme le Super GB à Houdeng-Aimeries. Les piquets de grève qui étaient à l'entrée des magasins Carrefour de Mouscron et de Froyennes ont reçu par huissiers une ordonnance les menaçant d'une astreinte financière si la clientèle ne pouvait accéder aux hypermarchés. Finalement, par manque de personnel, les magasins n'ont pu ouvrir leurs portes. Au Carrefour de Mouscron, où 130 personnes sont occupées, les choses se sont rapidement réglées. A 7 heures, un huissier de justice rendait aux permanents syndicaux une ordonnance les menaçant d'une astreinte de 1.000 euros par personne pour tout client qui ne pouvait accéder au supermarché. A 9 heures, par manque de personnel et pour des raisons de sécurité, le gérant mouscronnois annonçait que le magasin serait toutefois fermé toute la journée. Au Carrefour de Froyennes (Tournai), où 258 personnes travaillent, une vingtaine de managers étaient présents et entendaient entrer dans le magasin. De leur côté, une soixantaine de grévistes bloquaient les différents accès. A 7 heures, un huissier rendait une ordonnance aux responsables syndicaux. A 9h30, vu l'absence de tout personnel, il entrait en contact téléphonique avec la responsable juridique de Carrefour lui précisant que pour des raisons de sécurité, faute de personnel, il n'était pas raisonnable d'ouvrir le magasin. La gérante faisant fonction a finalement décidé de ne pas ouvrir le magasin. Les syndicats ont alors accepté que la direction et que l'équipe chargée de la sécurité du magasin puissent entrer dans l'hypermarché afin de procéder à diverses vérifications.
Après avoir refusé la proposition de la conciliatrice ce mardi, la direction de Carrefour tente par tous les moyens inadmissibles de casser le mouvement des travailleurs qui craignent de subir le sort de leurs collègues de l'hypermarché de Bruges.
Anderlecht: Les sans-papiers annoncent une nouvelle occupation
Face à l'immobilisme politique en matière de régularisation et à la non-application de l'accord gouvernemental; face à l'énième promesse non respect de date butoir (14 octobre) pour sortir de la crise; face à l'absence totale de perspectives de pouvoir changer un jour sa vie de clandestinité et de misère; l'UDEP s'est réunie ce lundi 27 octobre à 18h30 en Assemblée Générale. Une centaine de ses membres qui ont voté à la quasi unanimité d'ouvrir de nouvelles occupations afin mener de nouvelles actions de sensibilisation et de protestation.
La première occupation s'ouvrira ce mercredi 29 octobre à Anderlecht, en l'église où en 2006, 40 militants de l'Udep occupant l'église furent raflés au lendemain du non-vote de la loi de régularisation. Elle se trouve rue du Docteur De Meersman 12 à Anderlecht, à la hauteur du numéro 70 chaussée de Mons / porte d'Anderlecht / Lemonnier / Midi / Clemenceau. Les occupations suivantes s'ouvriront dans le courant de la semaine prochaine dans des lieux qui seront jusqu'à leur ouverture tenus secrets.
Site de l'UDEP
Auderghem: Huissier et policiers contre le piquet de grève chez Carrefour
Les syndicats menaient ce samedi des actions dans dix magasins Carrefour du pays (Auderghem, Mons, Jumet, Gosselies, Montigny-le-Tilleul, Schoten, Burcht et Zemst, ainsi que dans deux magasins franchisés à Gilly et Anderlues). Ils dénonçaient la politique de la direction du groupe qui a placé les 150 employés du nouveau Carrefour de Bruges sous une commission paritaire moins favorable par rapport au statut des autres employés du groupe, notamment pour les rémunérations du travail dominical. Seuls les grandes surfaces d'Auderghem et de Burcht ont finalement pu ouvrir leurs portes. La direction du Carrefour d'Auderghem a fait pression pour que les travailleurs ne fassent pas grève. Le directeur du Carrefour d'Auderghem est descendu en personne sur le parking de la grande surface pour faire pression sur les travailleurs présents (souvent sous contrat précaire) afin qu'ils brisent la grève. La direction avait en avait appelé au tribunal des référé qui avait ordonné que les magasins restent accessibles. Confronté au piquet, l'huissier (encadré par plusieurs dizaines de policiers) a notifié des astreintes. Les policiers sont intervenus brutalement et ont procédé à l'arrestation administrative d'un délégué syndical. A Mons, un huissier s'est également présenté pour signifier une ordonnance du tribunal des référés, mais il n'a rien eu à constater car le personnel ne s'est pas présenté pour travailler.
Voir le sujet au JT de la VRT
Vottem: blocage du centre fermé!
Ce dimanche 26 à 7h du matin: une cinquantaine d'activistes de Flandres, Bruxelles et Wallonie ont pénétré sur le site du centre fermé de Vottem. Certains se sont attachés à l'aide de lock-on aux grilles des quatre points d'entrée du camp, ainsi qu'à deux autres grilles de la deuxième ligne de grillage. Avec une heure de retard et quelques énervements, les relèves de la nuit pénètrent par une des grilles entr'ouvertes. Une vingtaine de minute plus tard, c'est une dizaine de flics qui rappliquent par la même entrée. La dizaine de personnes devant la grille ne faisant pas le poids pour les en empêcher. Sur une radio du service public un communiqué annonce qu'un groupe d'individus bloquent les accès du centre fermé de Vottem, et cela pour 24 heures. Cette action est menée simultanément au Danemark et aux Pays-Bas
Vers 12h30, une quinzaine de flics anti-émeute ouvre la grille de la porte '4', risquant de casser les bras des activistes attachés. Ils arrachent les banderoles, puis rentrent. Des visiteurs venus visiter leur proches enfermés sont bloqués dehors. Malgré l'accès possible aux personnes à une des quatre entrées, la direction refuse l'accès aux visiteurs. La police veut négocier un arrêt du blocage. La direction affirme que les expulsions d'aujourd'hui sont annulées et qu'aucun fourgon n'entrera ni sortira du centre. Les groupes veulent bien quitter les lieux à 15h en posant des conditions: aucun contrôle d'identité opéré, aucune expulsion effectuée aujourd'hui, et accès des visiteurs aux parloirs. La police accepte. A 14h10, coup de théâtre, le gradé affirme que la négociation est caduque. Le Ministère de l'intérieur refuse, et veut que les activistes soient délogés de suite. Personne ne cède à la provocation. A 15h, les activistes se rassemblent à l'intérieur et défont leur lock-on, certains sont confisqués par la police. A l'extérieur, c'est une centaine de personnes qui s'en vont en chantant des slogans pour la liberté de circulation, contre les frontières et les états. Bilan: 13 heures d'occupation. Aucun contrôle ni arrestation.
Pour le compte-rendu complet et plus de photos cliquez ici
Réaction contre une enquête policière à l'ULB
A 18H ce mercredi, la police a fait irruption sur le campus du Solbosch à l'ULB en cherchant ouvertement à identifier des personnes qui avaient participé aux dernières manifestations de soutien aux sans-papiers (ainsi celle du 16 octobre devant le CGRA). Les flics se sont baladés sur le campus, posant des questions, prenant des photos. Une vingtaine d'étudiants a manifesté son désaccord et pour calmer le jeu, la sécurité du campus est allée expliquer aux policiers qu'il n'y avait aucun trouble qui pouvait justifier une présence policière. Pour rappel, il y a trois mois, c'est cette même sécurité du campus qui avait appelé la police pour dénoncer un collage militant (sur les colonnes d'affichage!). La police était venue et avait arrêté le colleur. Des étudiants se sont interposés et la police les avait alors menacé d'une arrestation pour 'appel à l'émeute'.
Débat autour du super-fichier policier
C'est ce jeudi 23 que le gouvernement discutera de l'arrêté royal (une procédure qui évite le vote parlementaire) qui fixera le cadre des fichiers policiers de la BNG (Banque de données nationale générale). Cet arrêté royal étend considérablement le fichage puisqu'il autorise la mise sur fiche de l'appartenance ethnique, des opinions politiques et philosophiques, des orientations sexuelles, etc. Les policiers pourraient ficher des personnes à partir de l'âge de 14 ans. Le projet date de la ministre PS Onkelinx, il est déposé par les actuels ministres de la justice (Vandeuren, CD&V) et de l'intérieur (Dewael, VLD).
Anvers: Acquitement d'Abou Jahjah et d'Ahmed Azzuz
Ce lundi 20 octobre, la cour d'appel d'Anvers a acquitté Dyab Abou Jahjah et Ahmed Azzuz, dirigeants de la Ligue Arabe Européenne (LAE), estimant que les preuves n'étaient pas suffisantes sur leur responsabilité dans les heurts qui se sont déroulés près d'Anvers en 2002, après le meurtre de Mohamed Achrak. Tout le mal que le Secours Rouge pense du crypto-islamisme de la LAE ne nous empêche pas de nous réjouir de la manière dont ce lynchage juridique a finalement tourné court. 'Durant six ans, nos militants ont été présentés comme des criminels. Maintenant, il s'avère qu'il n'y avait rien, un simple 'désolé' ne suffira pas. Je veux des réparations' a déclaré Abou Jahjah, à l'annonce de son acquittement. Il envisage de porter plainte contre l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, son conseiller en sécurité de l'époque Bryce De Ruyver et l'ancienne bourgmestre d'Anvers Leona Detiège: 'Ils ont commis des faits punissables en déclarant que nous sommes une organisation criminelle.'
Bruxelles: Arrestations après une manifestation de soutien aux sans-papiers
Environs 30 étudiants et sans-papiers afghans ont occupés ce jeudi 16 à 11h30 le hall du Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides. Une centaine de manifestants restaient groupés sur le trottoir devant l'immeuble. Les manifestants ont été violement dispersés par la police. Dans la bousculade le 'fameux' capitaine Vandersmissen a d'ailleurs perdu ses galons et ses étoiles. Une trentaine de manifestants ont été a embarqués à l''Amigo'. Ils ont tous été libérés à 17h sauf Niccolo, Lola et Youri, trois étudiants du CAS, qui ont été placé en arrestation judiciaire pour 'incitation à l'émeute'. Un rassemblement s'est tenu devant le commissariat, qui a évolué en manifestation sur la Grande-Place. Rappelons que les sans-papiers afghans sont depuis 57 jours en grève de la faim.
Bruxelles-midi: Tentative de blocage du Thalys
Le 12 octobre dernier, un jeune demandeur d'asile de nationalité serbe, dont la demande de séjour en Belgique a fait l'objet d'une réponse négative, s'est suicidé au centre fermé pour étrangers de Vottem. Il avait été interpellé le 26 septembre à la suite d'un contrôle dans le Thalys Paris-Bruxelles. Le 13 octobre, le Comité d'Actions et de Soutien (CAS) a tenté de bloquer le Thalys afin de montrer notre volonté de faire changer cette politique xénophobe. L'intervention policière a été immédiate. Les policiers ont même fait usage de gaz. Le Thalys est le symbole de cette société libérale dans laquelle les plus riches, les plus employables, les plus performants peuvent circuler 'librement' pour vendre leur force de travail, pendant que d'autres sont arrêtés aux frontières, dans les transports ou dans la rue parce qu'ils viennent d'ailleurs ou parce qu'ils n'ont pas les bons papiers. Le CAS s'est constitué en appui aux sans-papiers qui occupent depuis six mois un bâtiment de l'ULB.
Lire le communiqué du CAS
L'Observatoire international des prisons critique la politique du tout-répressif de l'Etat belge
La politique 'hyper-répressive' (sic) de l'Etat belge a été critiquée dans le rapport 2008 de l'Observatoire des prisons. Le plan pluriannuel 2008-2012 du ministre de la Justice Jo Vandeurzen est axé sur l'extension du parc carcéral, il prévoit la création de 1.500 nouvelles places. La population carcérale a augmenté de 74% en Belgique depuis 1980 et de 20% depuis 2007, sans que la délinquance ne se soit accrue. La population carcérale a atteint un pic de 10.008 détenus en août (pour 8.133 lits). L'augmentation de la surpopulation s'explique par le recours démesuré à la détention préventive, par l'allongement des peines et les freins mis aux libérations conditionnelles. Le rapport de l'Observatoire souligne aussi le manque de soins de santé dans les prisons belges.
Le communiqué suivant a été posté sur le site du Centre de Médias Alternatifs de Bruxelles (CMAB): 'Cette nuit nous avons défoncé à coups de marteaux une caisse de Dalkia à Laeken. Phares, rétros, vitres, carrosserie, tout y est passé. Par ce geste nous voulons saluer les émeutiers de la prison de Bruges. Pour la démolition de toutes les prisons!'. Cette action n'est pas la première du genre. Le 16 juin par exemple, une camionette de la société ISS Cleaning avait été incendiée à Bruxelles. Cette société avait emporté le contrat de l'entretien des centres fermés. Pour se tenir informé des initiatives anarchistes anti-carcérales, lire La Cavale que l'on peut télécharger en français et en néerlandais sur le site de l'Anarchist Black Cross.
site du CMAB
site de l'A.B.C.
Le journal Le Soir de ce vendredi 3 octobre révèle que les policiers belges avaient stockés depuis 1998, sur leur Banque de données nationale générale (BNG), des millions de données personnelles (adresses, numéros de GSM, condamnations et peines, comptes bancaires, photos, empreintes digitales, etc. ) concernant 1,6 millions de citoyens. Si l'on tient compte de la population belge et que l'on élimine les personnes non actives (personnes âgées, enfants, handicapés, etc.), cela fait plus d'un belge sur cinq.
La BNG est l'ensemble des systèmes d'information de la police intégrée destiné à soutenir les missions de police judiciaire ou administrative de manière à assurer une circulation maximale, structurée et sécurisée de l'information. C'est le Service de l'Information Policière qui a en charge la BNG. Ce service est une des composantes de la Direction de l'Information Policière Opérationnelle. Il a pour but principal de garantir et d'optimaliser en permanence la gestion de l'information policière opérationnelle à des fins de contrôle, de recherche et de gestion, et ce au profit de la police intégrée (fédérale et locale).
Un arrêté-loi destiné à 'encadrer' le BNG est étudié par le gouvernement. Le recours à un arrêté royal pour encadrer le BNG permet au gouvernement de ne même pas demander l'avis du Parlement. Parmi les informations qui seraient intégrées au fichier, les orientations philsophiques, politiques et sexuelles, les habitudes de consommation, les 'données psychique', etc.
Peut-être un appel de l'Etat contre le verdict favorable aux activistes liégeois mis sur écoute
L'Etat belge examine l'opportunité d'interjeter appel du jugement qui l'a condamné le 9 septembre à payer un dédommagement de 2.000 euros aux altermondialistes liégeois qui avaient été placés sur écoute dans le cadre de la loi sur les organisations criminelles. En chambre du conseil, ils avaient obtenu un non-lieu, mais le parquet avait fait appel. La chambre des mises en accusation a finalement confirmé le non-lieu. Estimant que le parquet s'était fourvoyé, engendrant des frais de procédure inutiles, le tribunal civil a condamné l'Etat belge le 9 septembre à un dédommagement de 2.000 euros à chacun des demandeurs. 'Mes services examinent actuellement l'opportunité d'interjeter appel du jugement', a indiqué mercredi en Commission le ministre de la Justice, Jo Vandeurzen.
Le 9 septembre, la 6e chambre du tribunal civil de Liège a condamné l'Etat belge à payer 2.000 euros de dédommagement aux quatre activistes liégeois, mis sur écoute téléphonique lors d'un sommet européen en 2001 (cf. ci-dessous). Selon le jugement, l'enquête proactive de la gendarmerie et la mise à l'instruction du dossier ne constituent pas vraiment des fautes: des précédents (Gênes et Göteborg) ayant pu laisser croire à une menace de violences urbaines. Ceci dit, les techniques spéciales d'investigation sont hors de proportion. Un magistrat prudent n'aurait pas du les autoriser. De même, l'acharnement du parquet du procureur du roi est constitutif d'une faute. Une première ordonnance favorable aux quatre suspects a été frappée d'appel, ce qui a allongé la procédure de trois ans. Inutilement.
Les activistes liégeois mis sur écoute en justice contre l'Etat belge
En août 2001, un groupe d'activistes liégeois organisa une manifestation le 22 septembre 2001 à l'occasion du sommet des ministres des finances de l'Union européenne. En même temps, la police liégeoise demandait à un juge une autorisation de mettre les porte-paroles sur écoute (coûts 17.240€). Cette demande fut avalisée par un juge qui entama une instruction à leur égard pour 'association de malfaiteurs'.
Faire partie d'une association de malfaiteur signifie faire 'partie d'une organisation criminelle structurée de plus de deux personnes établie dans le temps, en vue de commettre des crimes et délits punissables d'un emprisonnement de 3 ans ou d'une peine plus grave pour obtenir, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux, en utilisant l'intimidation, la menace, la violence, des manoeuvres frauduleuses ou la corruption ou en recourant à des structures commerciales ou autres pour dissimuler ou faciliter la réalisation des infractions'.
La manifestation fut autorisée et se déroula sans aucun incident. La mise sur écoute aurait dû tomber dans l'oubli du secret de l'instruction. Mais un autre juge, ayant pris en charge le dossier, réagit à l'abus manifeste opéré par son prédécesseur en envoyant le dossier devant la Chambre du Conseil. L'affaire fut ainsi rendue publique et les accusés purent prendre connaissance de la violation de leur vie privée (alors qu'il y a certainement beaucoup de dossiers d'écoutes qui tombent dans le secret des lois spéciales). En 2003, un non-lieu est déclaré et le procureur fit appel de cette décision! Pendant l'été 2006, trois ans après le premier non-lieu et cinq ans après les faits, les activistes ont reçu une nouvelle convocation devant la Chambre de mise en accusation du Tribunal de Liège. L'audience eu lieu le 14 février. Cas exceptionnel, le procureur (qui n'était pas celui qui avait demandé l'appel en 2003) refusa de suivre son prédécesseur et appela le juge à réitérer le jugement de 2003 déclarant le non-lieu. Dernier (?) épisode de la saga: les quatre personnes mises sur écoute ont entamé une procédure judiciaire contre l'Etat belge. Celle-ci a pour objectif d'influencer la jurisprudence sur l'utilisation des procédures d'exceptions, comme les écoutes téléphoniques, les filatures et la surveillance, afin d'exclure leur utilisation contre des militants politiques et syndicaux.
Rassemblement des sans-papiers attaqué par la police
Ce mardi 29 avril, la police a violement dispersé une manifestation pacifique appelant à la régularisation des sans-papiers. Environ 250 manifestants (deux tiers de sans-papiers et un tiers de militants sympathisants) s'étaient rassemblés devant l'Office des étrangers. Ils avaient plantés quelques tentes pour y rester la journée. Les policiers se sont fait de plus en plus menaçant et ont fini par procéder à l'encerclement complet des manifestants. Les interpellations ont commencé, parfois très violentes en cas de résistance passive. Au moins trois bus ont été remplis de manifestants interpellés. Ceux-ci ont été conduits dans les cellules du palais de justice. Le SAMU a du intervenir pour au moins un des interpellés. Un manifestant africain au moins a été passé à tabac, un autre serait sous mandat d'arrêt. A l'heure où nous écrivons ce compte-rendu (21h), grâce au témoignage d'un camarade du Secours Rouge qui vient d'être remis en liberté, plusieurs dizaines de manifestants restent enfermés. Les libérations se poursuivent sans que l'on sache si des sans-papiers ont été transférés au 129bis.
Quelques anciennes activités du Secours Rouge
Malgré le mauvais temps, la manifestation du 1er mai co-organisée par le Secours rouge APAPC comptait, au départ de la place Van Meenen, entre 200 et 250 personnes. Le cortège s'est terminé avec environ 300 personnes présentes place Rouppe.
Voir la vidéo du départ de la manifestation, à Saint-Gilles
Verdict au procès de Thierry
Ce mercredi 12 décembre 2007 le procès du militant du Secours Rouge Thierry Delforge a connu sa conclusion à la 51ème chambre correctionnelle du palais de justice de Bruxelles. Une grosse soixantaine de militants avaient répondu à l'appel à la mobilisation, sur les marches du palais et à l'audience. Contrairement à la première audience, les sympathisants de Thierry se sont vus interdit l'accès à la salle. Le service de sécurité au palais de justice n'a laissé entrer l'assistance dans la salle d'audience qu'à la hauteur du nombre de places assises disponibles. Quinze sympathisants ont pu entrer, quelques dizaines d'autres se sont pressés dehors, ce qui a engendré une sérieuse tension avec les policiers (un camarade a été isolé pour une prise d'identité qui relevait de la pure manoeuvre d'intimidation). Pour en finir au plus vite avec cette affaire encombrante, le juge a commencé par le jugement relatif à Thierry.
Pour la prévention A (le bombage de solidarité avec les dockers emprisonnés), il y a eu 'suspension du prononcé'. Cela signifie que le procès n'aura aucune conséquence pénale pour Thierry, sauf en cas de récidive, auquel cas cette affaire sera jointe à la nouvelle et elles seront jugées ensemble.
Pour la prévention B (port et transport d'armes - à savoir ses outils de jardinage) Thierry a été acquitté.
La ville de Bruxelles réclamait 250€ à Thierry pour le nettoyage de son mur. Elle en recevra cent, puisque le juge a estimé que le solde devrait être réglé par le tageur qui s'est activé sur le même mur, quelques temps après. Ce tageur (que l'on suppose activement recherché), devra aussi supporter la moitié des frais de justice. Les sommes réunies par la campagne de solidarité organisée par le Secours Rouge avec Thierry dépasse largement ce que ce procès coûtera à Thierry. A la sortie de l'audience, Thierry a déclaré que le solde serait utilisé à la solidarité, à commencer par les quatre militants et sympathisants du DHKC en jugement en Belgique. Pour rappel, le prononcé de ce procès d'une extrême importance aura lieu à la cour d'appel d'Anvers le jeudi 17 janvier 2007 (et non plus le 20/12). Mobilisons-nous!
Grand succès de la soirée de solidarité avec Thierry!
Plus d'une centaine de repas ont été servis ce vendredi 30 novembre au Garcia Lorca lors de la soirée de solidarité financière organisée par le Secours Rouge pour Thierry. Le bénéfice net de la soirée est de 765 euros, (auxquels s'ajouteront les sommes que vous avez versées sur le compte du SR à cet effet), ce qui couvre largement les sommes dépensées jusqu'ici par notre camarade pour faire face au procès.
Le Secours Rouge remercie tous ceux qui, au-delà des divergences politiques, ont fait de cette soirée un succès, en venant et en amenant leurs proches. Tous nos remerciements aussi à l'équipe du Centre Garcia Lorca qui a rendu cette large démonstration de solidarité possible.
Nous espérons être aussi nombreux sur les marches du palais de justice de Bruxelles, le 12 décembre, à 13h30, et à partir de 14h00 dans la salle d'audience de la 50ème chambre correctionnelle pour le prononcé du verdict.
Un militant du Secours Rouge condamné à 1 an d'emprisonnement avec sursis pour un bombage à Bruxelles en solidarité avec les dockers emprisonnés.
Ce mercredi 21 novembre s'est tenu à la 50e chambre correctionnelle le procès en opposition de notre camarade Thierry Delforge, condamné en première instance et par défaut à un an de prison dont six mois avec sursis. Une grosse septantaine de personnes s'étaient rassemblées sur les marches du Palais de justice pour marquer leur solidarité avec Thierry. Plusieurs dizaines d'entre elles ont suivi l'audience, au visible déplaisir d'une cour peu habituée à siéger devant (pour reprendre l'expression du juge) des 'supporters'. Les relations entre la cour et l'auditoire étaient tendues. La procureur s'est signalée par une attitude provocatrice, refusant ostensiblement d'employer son micro, s'arrangeant ainsi pour n'être comprise que de ses seuls comparses.
L'avocat de Thierry a traité séparément les deux préventions. Il a exposé que Thierry assumait totalement la première (le bombage de solidarité) et a replacé cette initiative dans son contexte, c'est-à-dire dans la lutte contre la directive européenne de régression sociale dérégularisant le travail des dockers. Remarquant que l'infraction était mineure et qu'elle ne valait jamais, d'ordinaire, de poursuites devant les tribunaux (sans quoi les tribunaux n'en finiraient pas de voir comparaître les taggeurs), il a demandé la suspension du prononcé.
Pour la deuxième prévention, il a demandé qu'elle soit tout bonnement tenue pour nulle et non avenue tant elle était risible. Rappelons qu'il s'agissait de 'transport d'armes prohibées'. Thierry a rappelé que la machette et la serpette étaient dans le coffre de sa voiture (il ne se trimbalait pas en ville une machette à la main !) et qu'elles lui servaient sur la petite parcelle de bois qu'il possède en Ardennes. L'avocat a établi que la machette venait de la quincaillerie de Couvin et la serpette du Brico, et qu'ainsi, il suffisait à la police d'établir un contrôle à la sortie du Brico pour remplir les tribunaux de personnes poursuivies pour 'transport d'armes prohibées'...
La procureur a tenté d'expliquer que Thierry avait été poursuivi par une sorte d'automatisme judiciaire, parce qu'il n'avait pas voulu renoncer à ce que la police avait saisi. La police avait besoin d'une condamnation pour détruire les 'armes' en question. Thierry et l'avocat ont clairement mis au point qu'à l'origine de cet 'automatisme', il y avait un geste hostile et politique des policiers qui ont saisi comme élément à charge du matériel politique (drapeau, affiche) et qui ont identifié comme 'armes' ce qui était clairement des outils (des copeaux de bois y adhéraient encore). La police avait non seulement saisi ces deux outils mais aussi un drapeau palestinien, une affiche du Bloc Marxiste-Léniniste, un jerrican d'essence deux-temps (pour tronçonneuse), une boite d'allumettes et les mémoires du maréchal Molotov. La saisie du livre de Molotov et de l'essence devait résulter, a suggéré Thierry, d'une sorte de réflexe pavlovien policier (essence + molotov + allumettes). Mais le tout met clairement en évidence que Thierry a été 'chargé' par les policiers qui avaient, de plus, été particulièrement agressifs lors de l'interpellation.
Verdict le 12 décembre. Maintenons notre solidarité!
Compte-rendu de Thierry (.doc)
Rendez-vous. Soirée de solidarité
Ces poursuites ont déjà valu à Thierry plusieurs centaines d'euros de frais d'avocat. Acquittement ou condamnation, il ne faut pas que Thierry soit financièrement touché par cette affaire. Un repas de solidarité est organisé au Centre Garcia Lorca, rue des Foulons à 1000 Bruxelles, le vendredi 30 novembre à partir de 19h. Il s'agit simplement de manger ensemble, venez nombreux et amenez vos amis !
Vous pouvez également contribuer à son soutien en versant quelque argent au compte 'solidarité communiste' avec la mention 'procès Thierry'. Compte solidarité communiste : 034-1827469-51
Début 2006, les dockers et les travailleurs de toute l'Europe se mobilisent contre une directive européenne qui autorise leur remplacement par les marins, sous-payés et doublement exploités, pour les travaux de charge et décharge dans les ports. Cette directive visait uniquement à augmenter encore les profits des grands armateurs, sans même fournir un bénéfice quelconque pour les travailleurs embarqués de pays non européens, avec lesquels les dockers déclarent d'ailleurs leur solidarité. Dix mille dockers étaient venus à Strasbourg de tous les ports de l'Europe pour protester, le 16 janviers 2006, contre cette directive. Ils avaient dispersé les policiers français et démoli la façade vitrée du parlement européen. Treize dockers, dont neuf belges, seront alors arrêtés. Un Comité pour la défense des dockers est rapidement mis sur pied à Bruxelles. La campagne de solidarité commence par plusieurs distributions de tracts. Elle se poursuit, le 6 février, par une soirée de soutien et, le 9 février, par un rassemblement devant la résidence de l'ambassadeur de France. Le Secours rouge/APAPC était parmi les forces fondatrices de ce Comité.
Le 21 janvier, la police de Bruxelles arrêtait notre camarade Thierry Delforge (alias 'le professeur') en compagnie de deux autres membres du Secours Rouge. Thierry est un militant politique et syndical bien connu. Membre actif du Secours Rouge depuis de nombreuses années, il est présent sur tous les fronts de la solidarité, de l'aide aux sans-papiers à la campagne pour l'acquittement des militants et sympathisants du DHKC poursuivis en Belgique. La police l'a accusé d'avoir participé au bombage du mur d'un entrepôt de la ville de Bruxelles, et a trouvé dans le coffre de sa voiture des couteaux d'abattage dont il usait pour des travaux de débroussaillage.
Le 28 mars 2007, au tribunal de première instance de Bruxelles, cela est devenu 'destruction partielle' du mur et 'transport d'armes prohibées'. Le tribunal condamne Thierry (en son absence) à un an d'emprisonnement auquel il en sera sursis pendant cinq ans pour la moitié. Cela signifiait qu'il devait purger six mois de prison fermes. Thierry a fait opposition à ce jugement et doit repasser en procès.
Attendus du tribunal contre Thierry (.pdf)
La libération de Bahar Kimyongür est une nouvelle preuve qu'à force de mobilisations solidaires, nous pouvons faire reculer la répression. Il s'agit indiscutablement d'une victoire de la solidarité militante, mais il ne faut pas baisser la garde et au contraire développer nos capacités de mobilisation dans la perspective du nouveau procès de Bahar, qui aura lieu dans les six mois. Bahar n'était pas le seul militant belge détenu pour son engagement; Bart De Geeter, membre actif de l'Anarchist Black Cross (ABC) de Gand, est toujours détenu en Allemagne pour avoir aidé des anarchistes espagnols évadés de prison. La solidarité internationale requiert aussi nos énergies. En France, la situation des prisonniers d'Action Directe, et de Georges Ibrahim Abdallah, détenus depuis plus de vingt ans et tous libérables depuis des années, est effroyable. Plusieurs d'entre eux accumulent de graves problèmes de santé (Georges Ibrahim Abdallah vient de subir un pneumothorax, Nathalie Ménigon a subi plusieurs accidents cérébral-vasculaire qui l'ont laissée partiellement hémiplégique), et si on laisse les autorités françaises faire à leur guise, elles n'accorderont de grâce médicale qu'à la toute dernière extrêmité, comme pour Joëlle Aubron, militante d'Action Directe libérée quelques mois avant de mourir de son cancer.
Partout en Europe la répression se durci: en Italie, les militants du Parti Communistes Politico-Militaire ont rejoint, dans les couloirs d'isolement total, les prisonniers des Brigades Rouges/Parti Communistes Combattant et ceux du mouvement 'anarchiste-insurectionnel'.
Par leur engagement révolutionnaire, les prisonniers ont été à l'avant-garde de la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste, et leur emprisonnement, comme tout ce qui l'aggrave, est une réaction des oppresseurs à cet engagement. En effet, toutes les modalités de la répression spécifiquement dirigée contre les prisonniers révolutionnaires visent à les éliminer comme acteurs politiques. Du premier au dernier jour de la détention, de l'isolement carcéral qui suit l'arrestation jusqu'au chantage au reniement qui précède la libération, l'appareil répressif de la bourgeoisie vise les prisonniers révolutionnaires en ce qu'ils sont, précisément, des militants politiques actifs et résolus.
A la différence des organismes humanitaires et apolitiques, pour qui cette question est secondaire, le Secours Rouge considère que le premier devoir de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires est de les aider à maintenir leur identité politique, à rester des acteurs politiques, à continuer de servir la cause de la libération des peuples. Constitué en 1985 en soutien aux prisonniers des Cellules Communistes Combattantes, ayant élargi en 1989 son champ d'activité à tous les prisonniers révolutionnaires, communistes, antifascistes et anti-impérialistes, et ayant rallié en 2000 le projet de construction d'un Secours Rouge International (projet auquel travaillent aujourd'hui dix-sept organisations de sept pays), le Secours Rouge/APAPC assure depuis plus de vingt ans, sans interruption (mais non sans problèmes...) le soutien aux prisonniers révolutionnaires. Informez-vous sur les activités du Secours Rouge (www.secoursrouge.org), prenez contact avec nous (permanence à la librairie Aurora, 34 av. Jean Volders, du mardi au vendredi de 12h à 18h).
Salut aux prisonniers révolutionnaires! Liberté pour tous! Stop à l'isolement et au chantage au reniement!Abattre le capitalisme! Construire la solidarité!
Le tract diffusé par le Secours Rouge (format. jpg)
Rassemblement pour les dockers devant la résidence de l'ambassadeur de France
Soirée du 6 février au Garcia Lorca: cinquante personnes ont assistés à la projection du film de Ken Loach 'The Flikering Flame' sur la grève des dockers de Liverpool en 1992. 250€ ont été recueillis à cette soirée pour les familles des dockers emprisonnés.
'FREE THE DOCKERS': Liberté pour les dockers emprisonnés à Strasbourg!
Les dockers et les travailleurs de toute l'Europe se mobilisent depuis des années contre la directive Bolkenstein et pour la défense de leur emploi et la sécurité au travail. On veut remplacer les dockers par les marins embarqués, sous-payés et doublement exploités, pour les travaux de charge et décharge dans les ports. Cette directive vise uniquement à augmenter encore les profits des grands armateurs, sans même fournir un bénéfice quelconque pour les travailleurs embarqués de pays non-européens, avec lesquels les dockers déclarent d'ailleurs leur solidarité
Les dockers d'Europe avaient déjà obtenu une première victoire, quand le parlement a rejeté en 2003 un projet 'd'ouverture à la concurrence' des services portuaires. Un nouveau projet, la 'seconde mouture dramatique de la directive portuaire' selon la Lloyd, a été présenté au Parlement européen, et a été rejeté le 18 janvier. Dix milles dockers étaient venus de tous les ports de l'Europe pour protester depuis le lundi 16 contre cette directive et ont donc obtenu encore une fois gain de cause. 'Nous venons d'encaisser une seconde calotte' disait Lamoureux, de la Commission européenne des Transports. Ce qui n'empêchera pas les patrons et la Commission de faire une troisième tentative.
Les dockers ne se battent pas seuls, comme l'a montré la manifestation européenne du 19 mars 2004 à Bruxelles. Cette fois, par une lutte coordonnée de solidarité au-delà des frontières, avec les dockers nous avons gagné tous les travailleurs.
Après cette victoire, le capital européen a contre-attaqué. Mettant en oeuvre les mêmes lois 'sécuritaires' fraîchement élaborés à l'occasion de la révolte des banlieues, il y a quelques mois, la police française a réprimé la manifestation des dockers à Strasbourg et a par la suite arrêté et jugé en 'comparution immédiate' devant le tribunal correctionnel de Strasbourg neuf dockers belges, deux français, un espagnol et un néerlandais pour 'dégradations, violences et rébellion à agent'. Un docker belge a écopé de quatre mois de prison ferme avec interdiction de territoire d'un an. Un ressortissant espagnol a été condamné à cinq mois d'emprisonnement avec sursis. Un docker français du Havre a été condamné à un mois de prison avec sursis, tandis qu'un ressortissant de Saint-Nazaire a écopé d'une peine de trois mois ferme.
Tous les travailleurs ont bénéficié de la combativité des dockers européens. Tous les secteurs doivent maintenant se concentrer sur la défense de ces camarades et exiger leur mise en liberté immédiate et la cessation de toute poursuite judiciaire. En Belgique nous avons eu un grand exemple lorsque les patrons et le gouvernement ont voulu condamner les militants de la grande lutte des forges de Clabecq. Une mobilisation sans trève a finalement obtenu leur acquittement. Pour les dockers de toute l'Europe, nous devons aussi organiser une telle mobilisation maintenant, au-delà des frontières évidemment.
Dans le sillage du Comité Splintex, un Comité a été mis sur pied à Bruxelles le samedi 21 janvier 2006 pour la défense de tous les dockers européens, persécutés, emprisonnés et condamnés à la suite de leur grande lutte. Nous exigeons des syndicats une ample mobilisation en défense des dockers. C'est ainsi que nous continuerons la lutte commune et unitaire. L'argent est nécessaire mais pas suffisant. Les sections d'entreprises doivent prendre des initiatives.
Libération immédiate et acquittement de tous les dockers emprisonnés. Non à la criminalisation des luttes syndicales. TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE AVEC LES DOCKERS CONTRE L'EUROPE DU CAPITAL!
Le tract de la campagne en français (format .pdf)
Le tract de la campagne en néerlandais (format .pdf)
Le Secours Rouge s'associe à la manifestation d'hommage à Semira Adamu et de soutien aux sans-papiers
Le 22 septembre a marqué le cinquième anniversaire de la mort de Semira Adamu, assassinée lors de son expulsion. Une politique toujours plus répressive à l'égard des sans papiers et de ceux qui les soutiennent s'applique plus férocement que jamais. Les récentes rafles, le procès contre les membres des collectifs contre les expulsions mais aussi les luttes des équatoriens, des iraniens et des afghans ont marqué l'actualité et souligné les effets désastreux de cette politique inhumaine. Parallèlement, une solidarité sans précédent s'est constituée: assemblées de voisins, comités de quartier, collectifs de sans papiers... Cinquante organisations et associations (parmi lesquelles le Secours Rouge/APAPC) se sont regroupées afin de marquer le dimanche 21 septembre d'une pierre blanche, en organisant ensemble un grand rassemblement en mémoire à Semira Adamu sous les mots d'ordre:
5 ans après l'assassinat de Semira Adamu, les expulsions et les déportations sont toujours des crimes. Justice pour Semira Adamu. Arrêt des poursuites à l'encontre des militants des collectifs contre les expulsions. Régularisation de tous les sans-papiers. Liberté de circulation et d'installation.
Plusieurs centaines de personnes ont participé au rassemblement qui s'est tenu dans la salle de la Madeleine (centre de Bruxelles) à 18h30, pour suivre les concerts (notamment Claude Semal, Starflam, Pitcho, Rionsnoir, PPZ30, Ecuador Andino, Emma Peal....), les interventions, et les diverses activités proposées par les associations organisatrices (le Secours Rouge a ainsi tenu un stand d'information). La journée avait été animée de plusieurs initiatives et manifestations organisées par les collectifs de soutien aux sans-papiers.
Cette nuit du 19 septembre 2003, des membres et des sympathisants du Secours Rouge/APAPC ont tiré des fusées marines de détresse contre le centre fermé de Steenokerzeel. Il s'agissait de signaler aux hommes, femmes et enfants qui y sont emprisonnés sans avoir commis aucun délit, et à fortiori, sans avoir jamais été jugés, qu'il se trouve, dans ce pays, des gens pour connaître leur détresse et pour vouloir y mettre un terme. Il s'agissait aussi d'attirer l'attention sur cette réalité honteuse et tragique de ces centres fermés que les gouvernements (tous partis et coalitions confondus) s'appliquent à camoufler. La réaction frénétique des forces de sécurité à la suite de notre action révèle la véritable nature de ces camps de concentration nouveau style que sont les centres fermés. Lutter pour la fermeture des centres fermés, c'est aussi et surtout lutter contre la politique migratoire propre au régime capitaliste.
Contradiction manifeste de la phase actuelle du capitalisme: tout en favorisant la généralisation des échanges et la circulation infinie (des capitaux, des biens, des services, de l'information, de la main d'oeuvre utile,...), le capitalisme mondialisé doit se protéger contre une partie des liaisons et des mouvements qu'il suscite. Comme souvent, cette contradiction génère de l'agitation sociale que l'Etat au service des intérêts capitalistes s'empresse de réprimer et criminaliser. Par son attitude prétendument réaliste à l'égard des sans-papiers, l'Etat ne fait que gérer le fruit de sa politique migratoire. En s'appuyant sur un discours démagogique associant l'immigration au chômage - comme si c'était les travailleurs immigrés qui avaient provoqué la fermeture des forges de Clabecq et comme si le travail des migrants n'était pas une source de richesse sociale - l'Etat refuse toute forme d'immigration légale et contraint par là les migrants à recourir aux procédures d'asile ou aux filières clandestines.
Cette politique est hypocrite en ce sens que l'exploitation du tiers-monde par l'impérialisme y provoque une telle misère que les politiques migratoires les plus intolérantes et les plus répressives ne freineront en rien l'afflux des migrants, mais les pousseront simplement davantage dans la clandestinité et la précarité. L'hypocrisie se poursuit lorsque les opérations policières de contrôles et de rafles sont menées au nom de la lutte contre les réseaux maffieux, les trafiquants d'êtres humains et les exploiteurs (de travail clandestin ou de logement insalubre), alors que c'est précisément l'épée de Damoclès de la répression qui fait le fonds de commerce de ces réseaux.
Nouvelle 'armée de réserve' du capital, ces travailleurs non-protégés, non syndiqués, exploitables au dernier degré, fait pression sur le prolétariat pour baisser les salaires et dégrader les conditions de travail. Les travailleurs étrangers servent régulièrement de cobayes pour l'expérimentation de nouvelles conditions de travail et comme matelas protecteurs ou boucs émissaires pour amortir les chocs sociaux et politiques qu'engendrent ces nouveaux rapports de production. Le travail des étrangers irréguliers n'est pas un phénomène aberrant ou marginal mais l'aboutissement logique d'un système de production qui privilégie toujours plus de flexibilité et de précarité de l'emploi. Au lieu de jouer le jeu de patronat et de l'Etat qui cherchent à diviser la classe ouvrière en stigmatisant les immigrés, il est donc de l'intérêt du prolétariat de se solidariser avec les travailleurs illégaux, de les aider à sortir de leur situation de non-droit et, à plus long terme, de combattre le système impérialiste seul responsable de toute cette 'misère du monde'. La défense des étrangers ne relève pas de d'une attitude humaniste ou caritative mais participe pleinement à la lutte des classes et au combat contre le capitalisme.
Tract du Secours Rouge sur le vote de la loi sur les 'méthodes particulières de recherches'
En janvier dernier, le Parlement a adopté le projet de loi concernant les 'méthodes particulières de recherches' qui autorise le placement secret de micros et de caméras dans les domiciles privés pour faciliter les enquêtes sur les infractions pouvant déboucher sur une condamnation de plus d'un an de prison - c'est-à-dire presque toutes les infractions prévues par le Code pénal à l'exception d'une poignée d'entre elles (comme la grivèlerie - c'est-à-dire commander et consommer dans un café ou un restaurant sans avoir les moyens de payer - , l'abandon de famille - en fait, le non-paiement de pension alimentaire - , ou l'empoisonnement de chevaux,...).
Pour toutes les autres infractions, le seul fait qu'il existe des 'indices sérieux' de faits punissables 'portant atteinte au respect des lois' suffit à ce que soient appliquées les 'méthodes particulières de recherches'. L'infraction ne doit même pas être commise car la loi est non seulement 'réactive' mais 'proactive': elle peut s'appliquer dans le cas où une infraction pourrait être commise ... Ainsi, le fait d'avoir l'intention de lancer un appel à désobéissance civile (ne pas voter, par exemple) entre dans le champ d'application de la loi: on peut placer une caméra chez vous, examiner vos comptes bancaires, écouter vos conversations avec un micro directionnel, etc.
La loi prévoit une 'cause d'excuse légale' pour toutes les infractions commises par les policiers appliquant ces 'méthodes particulières de recherche' - le jeu de la rétroaction permettant même de couvrir les infractions commises par des policiers avant le vote de la loi... La loi prévoit que le Procureur peut ordonner une perquisition ou intercepter du courrier sans mandat du Juge d'Instruction non seulement du suspect mais aussi de tiers (une personne à qui le suspect a écrit par exemple) ... La loi prévoit l'organisation de 'dossiers répressifs confidentiels' dont les pièces (par exemple les films des caméras cachées, les enregistrements des micros) ne seront accessibles qu'au Procureur et au Juge d'Instruction. Ni l'accusé, ni son avocat, ni même le juge ne pourront accéder à ce dossier! Ils devront se contenter d'un procès-verbal rédigé par les policiers à partir de ces films et enregistrements... La loi ne prévoit rien quant aux informations recueillies par les 'méthodes particulières de recherche' - autrement dit: la police peut garder ces informations indéfiniment...
Voilà la loi que le gouvernement 'Arc-en-ciel' a proposé! Voilà la loi que les parlementaires ont voté quasiment sans débat ni restriction (aucun vote contre, treize abstentions)! La presse 'démocratique' a gardé sur ce sujet un silence assourdissant. Les réactions d'organisations démocratiques comme la Ligue des Droits de l'Homme ou le Syndicat des Avocats Démocrates n'ont reçu aucun écho. Une carte blanche ici, un courrier des lecteurs là-bas - et passez muscade... L'adoption de cette nouvelle loi est une étape dans la répression croissante qui frappe toute opposition: arrestations préventives à Melsele d'opposants à la guerre contre l'Irak, limitation du droit de manifestation à Bruxelles, répression violente de la manifestation de soutien aux sans-papiers de Steenokezeel, intervention brutale et massive de la gendarmerie belge à Luxembourg avec tir de balles en caoutchouc contre les métallurgistes, etc.
Ces événements et quelques autres ne sont que le volet belge d'un processus de renforcement de la répression de toute opposition au Nouvel Ordre Impérialiste, qu'il s'agisse de faire la guerre à des pays dont le régime ne satisfait pas les multinationales ou de réprimer par tous les moyens les luttes populaires, ouvrières, révolutionnaires. Ce n'est pas un hasard si les infractions motivées par des buts politiques sont infiniment plus sévèrement réprimées que les autres (avec par exemple pour les prisonniers 'terroristes' un régime carcéral spécial, délibérément destructeur, fondé sur l'isolement total, dont l'institution systématique et permanente pour les prisonniers révolutionnaires vient de trouver une base légale en Italie avec le vote par tout le Parlement de la loi 41bis).
La loi belge sur les 'méthodes particulières de recherches' fait partie des dizaines de lois proposées ou déjà adoptée dans les pays de l'OTAN: réactivation en Italie des articles 270 et 270bis (hérités du Code fasciste des années 20) visant les 'associations subversives' et adoption de nouveaux articles visant la 'conspiration politique pour perturber l'action gouvernementale; pour subvertir violemment l'ordre économique'. En Espagne, un projet de loi a envisagé visant toute protestation ou manifestation contre une guerre dans laquelle l'Espagne serait partie prenante (chaque manifestant contre la guerre en Irak aurait pu être emprisonné pendant plusieurs années!). Chaque jour, les multinationales dévastent la planète et mettent l'humanité en coupe réglée, saluées par leurs actionnaires dès qu'elles jettent à la rue des dizaines et des dizaines de milliers d'hommes. Elles sont fidèlement servies par les gouvernements et les organisations internationales (OTAN, Union Europèenne, etc.) dont le principal souci est de maintenir un système social qui non seulement permet, mais surtout provoque de tels désastres.
Dans cette situation, la lutte contre la guerre et la répression doit devenir notre plus élémentaire des réflexes de défense. Ce réflexe doit déboucher sur une lutte systématique contre la répression politique, passant par le soutien aux victimes de cette répression, à commencer par les centaines de militants révolutionnaires, communistes, antifascistes, anarchistes, anti-impérialistes emprisonnés dans les pays de l'Union Européenne.
C'est cela leur mondialisation: Guerre, misère et répression!
Le texte de la loi, l'analyse critique de la Ligue des droits de l'homme sur le projet de loi relatif à la loi sur les méthodes particulières de recherche et quelques autres méthodes d'enquête et la note du Syndicat des Avocats Démocrates à propos du projet de loi concernant les méthodes particulières de recherche et autres méthodes d'investigation, sont accessibles sur notre site. Ces deux derniers documents critiquent le projet de loi adopté par la chambre le 20 juillet 2002. Le Parlement a voté la loi en janvier 2003 en se limitant à exclure du champ d'application de la loi les cabinets d'avocats et de médecins.
Le tract en .pdf (en français et en néerlandais)
Le Secours Rouge co-organise le cortège du premier mai à Bruxelles
Ce mardi 29 janvier, après cinq années de péripéties judiciaires (premier tribunal révoqué, second tribunal se déclarant incompétent) le procès de la délégation syndicale des Forges de Clabecq a repris à la 11e chambre de la cour d'appel de Bruxelles. L'instruction d'audience, par laquelle commence d'ordinaire les procès, a donné un avant-goût de la manière dont la justice bourgeoise entend mener ce procès - et de la manière dont elle le mènera effectivement si le mouvement de solidarité ne l'en empêche pas.
Dans cette affaire du mobile comme dans les autres affaires, Roberto D'Orazio et Silvio Marra (le président du Comité de Sécurité et d'Hygiène) ont entrepris d'exposer à la cour en quoi la prévention, en coupant l'incident de son contexte, relevait de la manipulation. A l'époque où la curatelle tentait de brader l'entreprise en faillite, la délégation syndicale, refusant la fermeture, était parvenue avec le travail bénévole de centaines d'ouvriers à maintenir l'outil en fonctionnement. L'avenir lui a donné raison en ce sens qu'effectivement, au lieu de la liquidation de l'aciérie au profit de quelques créanciers, l'usine a été reprise et la moitié des emplois ont été préservés. A l'époque des faits, la curatelle n'en voulait rien savoir et non seulement elle avait déserté l'entreprise, mais elle avait entrepris de saboter systématiquement les efforts des sidérurgistes. Parmi ces sabotages et provocations, les curateurs avait fait couper toutes les lignes téléphoniques. Ce faisant, ils menaçaient délibérément non seulement la tentative des ouvriers de sauver l'usine, mais également la sécurité de ces ouvriers et même celle de la région puisque les risques industriels dans une aciérie ne sont pas minces (l'usine est traversée de conduites d'hydrogène, il y avait sur place un stock de 200 kg de dynamite destinée à rompre l'acier malvenu, etc.). La seule ligne téléphonique laissée ouverte par la curatelle était celle du téléphone mobile en question, téléphone programmé de telle sorte qu'il ne pouvait servir qu'au flicage de l'usine par le vigile. Plusieurs ouvriers n'ont pas accepté que cette ligne subsiste: ils ont été saisir saisir le mobile, l'ont mis au frais, et l'ont restitué quelques temps après.
Les interventions des délégués à l'audience furent réellement remarquables de clarté, de dignité et de combativité, mais de ces remises en contexte qui démontraient le caractère proprement indécent des préventions, le président du tribunal s'est appliqué à n'en rien entendre. C'est ainsi qu'après l'exposé du contexte de l'affaire du mobile, le président s'est borné a demander (après avoir benoîtement laissé parler les délégués sur le mode du 'cause toujours') à Roberto D'Orazio : 'donc, vous rejettez la prévention de vol de téléphone'...
Ce n'est pas innocemment que l'instruction vise en bloc la délégation syndicale sans chercher à établir le degré exact d'implication de chacun des délégués dans chaque incident. Elle se désintéresse non seulement de la réalité de l'implication (présence sur place ou non) mais aussi de la nature d'une éventuelle implication, car à plusieurs reprises, les délégués soucieux de la sécurité des travailleurs ont mis un terme à des incidents qui leur valent officiellement aujourd'hui d'être traînés au tribunal. Officiellement et officiellement seulement, car derrière le procès de ces délégués, il y a purement et simplement le procès de la résistance ouvrière et du syndicalisme de lutte.
La prochaine audience (suite de l'instruction d'audience, réquisitoire du procureur et plaidoiries des parties civiles) se tiendra le lundi 4 février, la suivante aura probablement lieu de lundi suivant. De nouvelles péripéties de procédure ne sont toutefois pas à exclure puisque les avocats de la défense ont demandé que les inculpations soient déclarées nulles en raison de leur imprécision. Il importe d'apporter le soutien le plus large aux délégués des Forges de Clabecq en dénonçant ce procès et en leur apportant un soutien financier: à ce jour, leurs frais de procès dépassent 50.000 euros (compte de l'asbl Défense des Travailleurs : 370-1053288-52). (info : Secours Rouge/APAPC)
Secours Rouge / APAPC - Janvier 2002