Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021030-242377
Timestamp: 2016-10-22 00:16:11+00:00
Document Index: 122004379

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 13", "l'article 3", "l'article 25", "l'article 23", "l'article 22", "l'article 27", "l'article 3", 'art. 3', 'art. 13', 'art. 22', 'art. 25', 'art. 27']

France, Conseil d'État, 30 octobre 2002, 242377
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 242377Numéro NOR : CETATEXT000008135152 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-30;242377 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 28 janvier 2002 présentée pour M. Youcef X..., ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : 1°) d'annuler le jugement du 25 septembre 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2001 du préfet de la Marne ordonnant sa reconduite à la frontière et fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit ;
- les observations de Me Le Prado, avocat de M. X... ;
Considérant que si M. X... soutient que le jugement rendu le 25 septembre 2001 par le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne n'est pas suffisamment motivé, il n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 17 juillet 2001, de la décision en date du même jour du préfet de la Marne lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Sur l'exception d'illégalité de la décision du 20 juin 2001 du ministre de l'intérieur refusant à M. X... le bénéfice de l'asile territorial :
Considérant qu'à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... excipe de l'illégalité de la décision du 20 juin 2001 du ministre de l'intérieur lui refusant l'asile territorial ; qu'aux termes de l'article 13 de la loi du 25 juillet 1952 modifiée relative au droit d'asile : " Dans les conditions compatibles avec les intérêts du pays, l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur après consultation du ministre des affaires étrangères à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (.) " ; que si M. X... soutient qu'il est activement recherché par des terroristes dans son pays, qu'il a fait l'objet de tentatives d'enlèvement ainsi que de très nombreuses menaces de mort, il n'apporte pas de justifications suffisamment probantes à l'appui de ses allégations ; que, par suite, en refusant le bénéfice de l'asile territorial à l'intéressé le ministre de l'intérieur n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ; qu'il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision de refus d'asile territorial serait illégale doit être écarté ; Sur les autres moyens :Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23 : ( ...) 8° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi.. ( ...). Les étrangers mentionnés au 1° à 6° et 8° ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application de l'article 22 de la présente ordonnance." que si M. X... fait valoir qu'il souffre de lombalgies aiguës pour lesquelles il suit actuellement un traitement en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi ; que, par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait contraire aux dispositions précitées doit être écarté ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X... est célibataire, sans enfants et que l'ensemble de sa famille demeure en Algérie, qu'il n'est par suite pas fondé à soutenir que la mesure ordonnant sa reconduite à la frontière porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise ;
Considérant qu'aux termes de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : " (.) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ; Considérant que, dans les termes où il est rédigé, l'arrêté décidant la reconduite à la frontière de M. X... doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de la Marne a décidé que l'intéressé serait éloigné à destination de l'Algérie ; que si M. X... soutient qu'il courait des risques vitaux en cas de retour dans son pays d'origine, il n'établit pas, par les seules attestations de proches et de voisins, la réalité de ces risques ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision distincte fixant le pays de renvoi serait contraire aux dispositions précitées ne peut qu'être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Youcef X..., au préfet de la Marne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-06-20Arrêté 2001-09-17Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3Loi 52-893 1952-07-25 art. 13Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 27 bisPublications :Proposition de citation: CE, 30 octobre 2002, n° 242377Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mme RoulOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 30/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page