Source: https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/deuxieme_chambre_civile_570/585_9_45114.html
Timestamp: 2020-08-13 17:38:14+00:00
Document Index: 208212157

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Arrêt n° 585 du 9 juillet 2020 (19-11.871) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile-ECLI:FR:CCAS:2020:C200585 | Cour de cassation
>Arrêt n° 585 du 9 juillet 2020 (19-11.871) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile-ECLI:FR:CCAS:2020:C200585
Demandeur(s) : société Coopérative d’intérêt collectif d’HLM de la Corrèze (COPROD)
Défendeur(s) : Caisse primaire d’assurance maladie de la Corrèze
1. Selon l’arrêt attaqué (Limoges, 11 décembre 2018), Mme X... (la victime), salariée de la société Coopérative d’intérêt collectif d’HLM de la Corrèze (l’employeur), a déclaré une maladie, prise en charge au titre de la législation professionnelle par la caisse primaire d’assurance maladie de la Corrèze par décision du 16 mai 2014.
2. Cette décision a été déclarée inopposable à l’employeur par jugement définitif du tribunal des affaires de sécurité sociale de Tulle du 24 février 2016, en raison de l’irrégularité de la procédure d’instruction de la demande.
3. La maladie professionnelle de la victime a été déclarée imputable à une faute inexcusable de l’employeur par un arrêt de la cour d’appel de Limoges du 24 avril 2018.
4. Par décision du 7 octobre 2016, la caisse a pris en charge une rechute de cette maladie professionnelle. Contestant l’opposabilité à son égard de cette décision, en invoquant d’une part, l’absence de caractère professionnel de la rechute, d’autre part, l’inopposabilité de la décision de prise en charge de la maladie professionnelle, l’employeur a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale.
5. L’employeur fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande de sursis à statuer, de confirmer la décision de la commission de recours amiable de la caisse du 16 février 2017, de constater le bien fondé de la décision de prise en charge de la rechute et de la débouter de sa demande de dommages-intérêts, alors « que la contestation de la reconnaissance du caractère professionnel d’une rechute est un droit pour l’employeur, et qu’en refusant d’analyser les moyens d’appel de l’employeur contre une décision de prise en charge d’une rechute aux motifs inopérants qu’elle lui était inopposable, et qu’il n’était pas justifié qu’elle soit invoquée dans un litige de reconnaissance de sa faute inexcusable, la cour d’appel a violé les articles R. 441-14 et R. 441-16 du code de la sécurité sociale, ensemble les article 31 et 542 du code de procédure civile. »
Vu les articles R. 441-14 du code de la sécurité sociale et 31 du code de procédure civile, le premier dans sa rédaction issue du décret n° 2009-938 du 29 juillet 2009, applicable au litige :
6. La contestation par l’employeur d’une décision de prise en charge d’une rechute, au titre de la législation professionnelle, dans les conditions prévues par le premier de ces textes, peut notamment porter sur le caractère professionnel de celle-ci. La circonstance que la décision lui soit déclarée inopposable, en raison de l’inopposabilité de la décision de prise en charge de la maladie professionnelle, ne prive pas d’objet la contestation par l’employeur du caractère professionnel de la rechute.
7. Pour confirmer le bien-fondé de la décision de prise en charge de la rechute litigieuse au titre de la législation professionnelle, l’arrêt retient que l’instance, qui concerne exclusivement les rapports entre l’employeur et la caisse ne peut avoir pour effet de remettre en cause la reconnaissance du caractère professionnel de la rechute telle que retenue par la caisse dans ses rapports avec la victime et ne peut avoir d’incidence dans le cadre du contentieux de la faute inexcusable qui est un contentieux distinct, qu’il y a lieu de confirmer la décision des premiers juges en ce qu’ils ont déclaré inopposable à l’employeur la décision de prise en charge de la rechute dès lors que la reconnaissance de la maladie professionnelle lui avait été initialement déclarée inopposable, et que la reconnaissance de l’inopposabilité de cette décision à l’employeur rend sans objet la contestation sur le fond dans les rapports entre l’employeur et la caisse.
8. En statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés.
9. Le moyen unique ne critiquant pas utilement les chefs de dispositif par lesquels la cour d’appel a refusé de surseoir à statuer sur les demandes et a débouté l’employeur de sa demande de dommages-intérêts, la cassation sera limitée aux chefs de dispositif par lesquels la cour d’appel a confirmé le jugement en ce qu’il a confirmé la décision de la commission de recours amiable de la caisse et a constaté le bien fondé de la décision de prise en charge de la rechute déclarée par la victime.
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il confirme le jugement du tribunal des affaires de sécurité sociale de Tulle du 17 janvier 2018 en ce qu’il a confirmé la décision de la commission de recours amiable de la caisse et constaté le bien-fondé de la décision de prise en charge de la rechute déclarée par Mme X..., l’arrêt rendu le 11 décembre 2018, entre les parties, par la cour d’appel de Limoges ;
Remet, sur ces points, l’affaire et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d’appel de Bordeaux ;
Avocat(s) : SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel - SCP Boutet et Hourdeaux