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Timestamp: 2016-10-21 21:50:11+00:00
Document Index: 155738123

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 59', 'art. 63', 'art. 1', 'art. 85', 'art. 63', 'art. 5', 'ATF ', 'art. 1', 'art. 85', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 63', 'art. 61', 'art. 61', 'art. 12', 'art. 7', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 133', 'art. 133', 'art. 296', 'art. 133', 'art. 298', 'art. 298', 'art. 298', 'art. 298', 'art. 298', 'art. 298', 'art. 133', 'art. 301', 'art. 301', 'ATF ', 'art. 301', 'art. 301', 'art. 298', 'art. 301', 'art. 301', 'art. 301', 'art. 298', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'in fine', 'art. 66', 'art. 68', 'ATF ']

5A_985/2014 (25.06.2015)
5A_985/2014 � � Arr�t du 25 juin 2015
repr�sent�e par Me Doris Leuenberger, avocate,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la
Cour de justice du canton de Gen�ve du 7 novembre 2014.
A.a.�A.________, n�e en 1967, et B.________, n� en 1965, tous deux de nationalit� italienne, se sont mari�s le 12 septembre 1998 � Stazzona (Italie), sous le r�gime matrimonial italien de la s�paration de biens. A cette date, l'�pouse �tait d�j� domicili�e � Gen�ve, o� elle travaillait comme fonctionnaire internationale aupr�s des Nations Unies, alors que le mari vivait en Italie, dans la r�gion de Milan, o� il exer�ait la profession d'avocat. Deux enfants sont issus de cette union: C.________, n�e le 12 janvier 2001 � Meyrin (GE), et D.________, n�e le 4 octobre 2002 � Meyrin (GE) �galement. Durant la vie commune, l'�pouse a continu� � r�sider dans le canton de Gen�ve avec ses deux filles, alors que le mari vivait dans la r�gion milanaise pendant une partie de la semaine, passant l'autre partie (g�n�ralement du jeudi au dimanche) aupr�s de sa famille � Gen�ve.
�Les �poux se sont s�par�s en juin 2009.
A.b.�Le 22 f�vrier 2012, l'�pouse a form� une demande unilat�rale en divorce.
Par jugement du 11 mars 2014, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, notamment, prononc� le divorce, attribu� l'autorit� parentale et la garde des enfants � leur m�re, r�serv� le droit de visite du p�re et condamn� celui-ci � verser mensuellement, d�s le 22 f�vrier 2012, des contributions � l'entretien de chacune de ses filles d'un montant de 600 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 700 fr. jusqu'� la majorit�, voire au-del� mais jusqu'� 25 ans au plus si l'enfant b�n�ficiaire poursuit des �tudes s�rieuses et suivies, allocations familiales non comprises. Concernant la garde et l'autorit� parentale, le Tribunal a consid�r�, en substance, que chacune des parties disposait de qualit�s parentales �gales, mais qu'il convenait d'�viter aux enfants toute modification de leur cadre de vie.
Par arr�t du 7 novembre 2014, la Cour de justice du canton de Gen�ve a partiellement annul� le jugement de premi�re instance et, statuant � nouveau, a maintenu l'autorit� parentale conjointe, attribu� la garde des enfants au p�re et autoris� celui-ci � transf�rer le lieu de r�sidence de ses filles en Italie, r�serv� � la m�re un droit de visite s'exer�ant d'entente entre les parties, mais � d�faut, un week-end sur deux et pendant la moiti� des vacances scolaires, enfin, condamn� la m�re � payer mensuellement, allocations familiales non comprises, � titre de contribution � l'entretien de ses filles, d�s le moment o� leur r�sidence en Italie serait effective, 1'000 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 1'400 fr. jusqu'� la majorit�, en mains du p�re puis de chaque enfant devenu majeur jusqu'� 25 ans au plus, en cas de formation professionnelle ou d'�tudes suivies et r�guli�res.
Par acte post� le 15 d�cembre 2014, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 7 novembre 2014. Elle conclut, principalement, � ce que l'autorit� parentale et la garde des enfants lui soient attribu�es, sous r�serve d'un droit de visite du p�re s'exer�ant d'entente entre les parties, mais � d�faut un week-end sur deux et pendant la moiti� des vacances scolaires, et � ce que l'intim� soit condamn� � payer mensuellement, d�s le 22 f�vrier 2012, � titre de contribution � l'entretien de chacune de ses filles, allocations familiales non comprises, 600 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 700 fr. jusqu'� la majorit�, voire au-del� mais jusqu'� 25 ans au plus si l'enfant b�n�ficiaire poursuit des �tudes s�rieuses et suivies. Subsidiairement, elle demande l'annulation de l'arr�t querell� et le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Par ordonnance pr�sidentielle du 16 d�cembre 2014, l'effet suspensif a �t� attribu� � titre superprovisoire s'agissant de l'attribution de la garde et du transfert du lieu de r�sidence des enfants. Apr�s avoir recueilli les d�terminations de l'intim� et celles de l'autorit� cantonale, le Pr�sident de la cour de c�ans a admis la requ�te d'effet suspensif dans la m�me mesure par ordonnance du 13 janvier 2015.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 al. 1 LTF) rendue en mati�re matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale sup�rieure statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur l'attribution des droits parentaux et sur les contributions � l'entretien des enfants, en sorte que la cause est non p�cuniaire dans son ensemble (arr�ts 5A_724/2014 du 27 mars 2015 consid. 1.1; 5A_324/2014 du 9 octobre 2014 consid. 1 et la jurisprudence cit�e). La recourante a en outre qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
1.2.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les moyens des parties ni par les motifs de l'autorit� cantonale (ATF 135 III 397 consid. 1.4). Cependant, vu l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit�, il n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2; 135 III 397 consid. 1.4). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t en outre de la violation des droits fondamentaux que si ce grief a �t� invoqu� et d�ment motiv� par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 II 305 consid. 3.3), c'est-�-dire express�ment soulev� et expos� de fa�on claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 139 II 404 consid. 10.1 et les arr�ts cit�s).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue en principe sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sous r�serve des cas pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. Selon l'art. 97 al. 1 LTF, la partie recourante ne peut critiquer la constatation de faits que si ceux-ci ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte - autrement dit arbitraire (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 III 226 consid. 4.2; 136 II 304 consid. 2.4) - et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Si le recourant entend se pr�valoir de constatations diff�rentes de celles de l'autorit� pr�c�dente, il doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 97 al. 1 LTF seraient r�alis�es. A d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui retenu dans l'acte attaqu�. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 137 II 353 consid. 5.1; 136 II 101 consid. 3 et les arr�ts cit�s).
1.4.�La cause rev�t un caract�re international, compte tenu de la nationalit� italienne des parties et de leurs enfants ainsi que du domicile du mari en Italie.
1.4.1.�La Cour de justice a admis, � bon droit, la comp�tence des tribunaux genevois pour conna�tre de l'action en divorce introduite par l'�pouse (art. 59 let. b LDIP) et se prononcer sur les effets accessoires (art. 63 al. 1 LDIP), en particulier sur l'attribution de l'autorit� parentale et de la garde ainsi que sur la r�glementation des relations personnelles entre parents et enfants (art. 1er de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 concernant la comp�tence des autorit�s et la loi applicable en mati�re de protection des mineurs [RS 0.211.231.01; CLaH 61], applicable ici [arr�ts 5A_146/2014 du 19 juin 2014 consid. 3.1.1; 5A_809/2012 du 8 janvier 2013 consid. 2.3.1 publi� notamment in FamPra.ch 2013 p. 519], en relation avec l'art. 85 al. 1 LDIP), de m�me que sur les prestations d'entretien dues aux enfants du couple (art. 63 al. 1 LDIP; cf. aussi art. 5 ch. 2 CL). Ces points ne sont pas remis en cause.
1.4.2.�En ce qui concerne le droit applicable au litige - que le Tribunal f�d�ral doit contr�ler d'office sur la base du droit international priv� suisse en tant que�
lex fori�(ATF 135 III 259 consid. 2.1; 133 III 323 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s) -, l'autorit� cantonale a consid�r� � juste titre qu'il s'agissait du droit suisse. Vu la r�sidence habituelle des enfants � Gen�ve, le droit suisse est en effet applicable concernant l'attribution de l'autorit� parentale et de la garde ainsi que la r�glementation du droit de visite, qui constituent des mesures de protection de l'enfant (art. 1eret 2 CLaH 61 en relation avec l'art. 85 al. 1 LDIP; ATF 132 III 586 consid. 2.2.1; 126 III 298 consid. 2a/bb; 124 III 176 consid. 4; 123 III 411 consid. 2a/bb; 114 II 412 consid. 1c et les r�f�rences); il en va de m�me s'agissant de l'obligation d'entretien des enfants (art. 4 de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations alimentaires [RS 0.211.213.01] en relation avec les art. 63 al. 2 et 83 al. 1 LDIP). Quant au divorce lui-m�me, auquel le droit italien serait susceptible de s'appliquer (art. 61 al. 2 LDIP), il n'est pas litigieux � ce stade de la proc�dure; au reste, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, par jugement du 8 janvier 2013 - aujourd'hui d�finitif et ex�cutoire -, d�clar� le droit suisse applicable au divorce selon l'art. 61 al. 3 LDIP.
1.5.�Les nouvelles dispositions du Code civil relatives � l'autorit� parentale du 21 juin 2013 sont entr�es en vigueur le 1er juillet 2014 (RO 2014 357). Selon l'art. 12 al. 1 Tit. fin. CC, elles sont d'application imm�diate. Pour les proc�s en divorce pendants, l'art. 7b Tit. fin. CC pr�voit toutefois que le nouveau droit n'est applicable que par les autorit�s cantonales (al. 1), alors que le Tribunal f�d�ral applique l'ancien droit lorsque la d�cision attaqu�e a �t� prononc�e avant l'entr�e en vigueur du nouveau droit (al. 3); la modification de la loi concernant l'autorit� parentale n'a pas d'effet anticip� (arr�ts 5A_46/2015 du 26 mai 2015 consid. 4.3; 5A_724/2014 du 27 mars 2015 consid. 2; 5A_92/2014 du 23 juillet 2014 consid. 2.1 et 2.3).
�En l'esp�ce, la d�cision querell�e a �t� rendue apr�s l'entr�e en vigueur du nouveau droit; la pr�sente affaire s'analyse d�s lors � l'aune de celui-ci.
La recourante se plaint de constatation manifestement inexacte des faits et d'appr�ciation insoutenable des preuves. Elle reproche � la cour cantonale d'avoir retenu que les enfants avaient plus ou moins de la peine � nouer des contacts dans leur cadre scolaire et n'avaient que peu de liens avec Gen�ve, compte tenu de leur environnement presque exclusivement international. Les juges pr�c�dents auraient aussi arbitrairement retenu que le p�re pr�sentait une disponibilit� personnelle plus grande que celle de la m�re, qui devait parfois effectuer des voyages professionnels plusieurs jours de suite, et que les "nounous" des enfants seraient des "employ�s instables".
2.1.�Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales (parmi plusieurs: ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons s�rieuses de tenir compte de preuves pertinentes ou encore a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables, ce qu'il appartient � la partie recourante de d�montrer (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 137 III 226 consid. 4.2).
2.2.�Selon la recourante, l'autorit� cantonale a retenu de mani�re contraire aux faits expos�s et aux documents produits que les enfants avaient peu de liens � Gen�ve. Elle pr�tend que ces constatations vont � l'encontre des �l�ments du dossier, des pi�ces et des d�clarations de ses filles, mais sans mentionner lesquels. Elle soutient en outre que la cadette de ses filles a expos� au Tribunal qu'elle avait nou� des relations amicales dans sa pr�c�dente �cole et gard� des contacts avec d'anciens camarades, que, post�rieurement � son audition par cette juridiction, elle a �t� nomm�e repr�sentante de sa classe et qu'elle pratique le th��tre au sein de son �cole, activit� qui l'a beaucoup �panouie. Elle a une vie sociale parfaitement adapt�e � son �ge, allant dormir chez des camarades ou les invitant chez elle. L'a�n�e a elle aussi augment� son cercle de relations; elle pratique le kung-fu, prend des cours d'italien et va parfois dormir chez des amies. La recourante affirme par ailleurs qu'elle et ses enfants ont r�guli�rement partag� des activit�s avec d'autres familles rencontr�es soit � l'�cole, soit dans son travail. En se bornant � exposer sa propre version des faits, sans pr�ciser de quel �l�ment du dossier elle tire ses all�gations, la recourante �met une critique purement appellatoire, partant irrecevable.
�Il en va de m�me dans la mesure o� elle s'en prend � la constatation selon laquelle l'intim� pr�sente une disponibilit� plus grande que la sienne. Sur ce point, elle se contente d'opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, affirmant, en bref, qu'elle a toujours exerc� une activit� lucrative d'entente avec son mari, lequel n'a jamais assum� l'entretien de la famille de mani�re r�guli�re, et que son employeur a attest� qu'elle b�n�ficiait d'horaires souples et que ses d�placements professionnels �taient peu fr�quents, de tr�s courte dur�e et souvent fix�s pendant les vacances scolaires. Elle soutient en outre que l'intim� ne l'a jamais assist�e dans les t�ches familiales lorsque les enfants �taient petits puisqu'il se contentait de venir � Gen�ve en fin de semaine et que son activit� d'avocat ind�pendant ne lui permet pas d'�tre plus disponible qu'elle pour ses filles en fin de journ�e. Une telle argumentation ne r�pond pas non plus aux exigences de motivation requises, de sorte qu'elle ne peut �tre prise en consid�ration.
�Tel est aussi le cas en tant qu'elle conteste que les personnes engag�es pour s'occuper des enfants seraient instables, ses all�gations, au demeurant non document�es, selon lesquelles elle n'en a employ� qu'une seule en 2013 puis une autre � partir de 2014, ne suffisant pas � d�montrer l'arbitraire de la constatation incrimin�e.
La recourante se plaint d'une application arbitraire de l'art. 133 CC. Elle soutient en substance que la d�cision querell�e est insoutenable, en tant qu'elle attribue la garde des enfants � l'intim� et prononce le maintien de l'autorit� parentale conjointe.
3.1.�Selon l'art. 133 CC, le juge du divorce r�gle les droits et les devoirs des p�re et m�re conform�ment aux dispositions r�gissant les effets de la filiation. Cette r�glementation porte notamment sur l'autorit� parentale, la garde de l'enfant, les relations personnelles, la participation de chaque parent � la prise en charge de l'enfant et la contribution d'entretien (al. 1). Le juge tient compte de toutes les circonstances importantes pour le bien de l'enfant; il prend en consid�ration une �ventuelle requ�te commune des parents et, autant que possible, l'avis de l'enfant (al. 2).
3.1.1.�Contrairement � ce qui pr�valait pr�c�demment, le divorce n'a g�n�ralement plus d'influence sur la titularit� de l'autorit� parentale. L'attribution de l'autorit� parentale conjointe - dont le principe est pos� � l'art. 296 al. 2 CC - aux parents divorc�s (art. 133 CC) ou non mari�s (art. 298a CC) est d�sormais la r�gle, sans qu'un accord des parents ne soit n�cessaire sur ce point. Il n'est qu'exceptionnellement d�rog� au principe du maintien de l'autorit� parentale conjointe, lorsqu'il appara�t que l'attribution de l'autorit� exclusive � l'un des parents est n�cessaire pour prot�ger le bien de l'enfant. Le parent qui ne veut pas de l'autorit� parentale conjointe doit d�montrer le bien-fond� de sa position. Si rien ne s'y oppose, l'autorit� parentale sera attribu�e aux deux parents (notamment: Hausheer/Geiser/Aebi-M�ller, Das Familienrecht des Schweizerischen Zivilgesetzbuches, 5e �d., 2014, n� 10.135 p. 188; Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e �d., 2014, n� 488 p. 328; Message du 16 novembre 2011 concernant une modification du Code civil suisse [Autorit� parentale], FF 2011 8339 ch. 2.1). Le juge doit ainsi s'assurer que les conditions � l'exercice de l'autorit� parentale conjointe sont toujours remplies, ce qui n'est plus le cas si la sauvegarde des int�r�ts de l'enfant exige que l'autorit� parentale soit retir�e � l'un des parents (FF 2011 8340 ch. 2.1). A cet effet, l'art. 298 al. 1 CC pr�voit que le juge confie l'autorit� parentale exclusive � l'un des parents si le bien de l'enfant le commande (cf. parmi plusieurs: Schwenzer/Cottier, in Basler Kommentar, n� 14 ad art. 298 CC; Meier/Stettler, op. cit., n� 510 p. 343; Hausheer/Geiser/ Aebi-M�ller, op. cit., n� 17.88 p. 390/391 et, pour l'art. 298d CC, n� 17.168 p. 413).
3.1.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'il ne se justifiait pas de retirer � l'un ou l'autre des parents l'autorit� parentale exerc�e actuellement de fa�on conjointe par les parties. A cet �gard, la recourante fait valoir sa propre conception de l'int�r�t des enfants, en se fondant sur des faits non �tablis, et la substitue � celle de l'autorit� cantonale, sans mettre en �vidence de violation du droit f�d�ral. Tel est en particulier le cas lorsqu'elle soutient que les perspectives professionnelles de ses filles seraient mieux assur�es si elles continuaient leurs �tudes � Gen�ve plut�t qu'en Italie. Quant � ses all�gations selon lesquelles, vu le conflit majeur opposant les parties sur toutes les d�cisions concernant l'avenir de leurs filles, il serait dans l'int�r�t bien compris de celles-ci que seule leur m�re puisse exercer l'autorit� parentale et prendre les d�cisions les concernant, elles ne se fondent sur aucun fait �tabli et ne permettent pas non plus de consid�rer que l'autorit� cantonale aurait viol� les dispositions applicables en la mati�re. En effet, il ne r�sulte pas de l'arr�t querell� - sans que la recourante n'ait d�montr� d'arbitraire dans la constatation des faits - que les d�saccords entre les parties seraient � ce point graves et fr�quents que la d�cision d'attribuer l'autorit� parentale exclusive � l'un des parents, en application de l'art. 298 al. 1 CC, serait n�cessaire � la sauvegarde du bien des enfants (cf. supra consid. 3.1.1).
�Au demeurant, par son argumentation, la recourante ne critique en r�alit� le maintien de l'autorit� parentale conjointe que pour le cas o�, comme elle le requiert, la garde des enfants lui serait attribu�e. Or cette conclusion doit �tre rejet�e, comme il sera expos� ci-apr�s (cf. infra consid. 3.2.2).
3.2.�L'art. 298 al. 2 CC - auquel renvoie l'art. 133 al. 1 CC - pr�voit que lorsqu'aucun accord entre les parents ne semble envisageable sur ce point, le juge peut aussi se limiter � statuer sur la garde de l'enfant ainsi que sur les relations personnelles ou la participation de chaque parent � sa prise en charge.
3.2.1.�Cette disposition habilite le juge � d�cider uniquement du lieu de s�jour et de la prise en charge de l'enfant, sans que l'autorit� parentale ne soit remise en cause, lorsqu'il appara�t que les parents ne parviendront pas � surmonter leurs divergences sur ces questions (FF 2011 8340 s. ch. 2.1; Meier/Stettler, op. cit., n� 885 p. 595). Le terme "garde" se r�f�re � la prise en charge effective de l'enfant (FF 2011 8339 ch. 2.1; sur la signification de cette notion sous le nouveau droit, cf. Nino Gloor, Der Begriff der Obhut, in FamPra.ch 2015 p. 331 ss). Conform�ment � l'art. 301 al. 1bis CC, le parent qui a la charge de l'enfant peut prendre seul les d�cisions courantes ou urgentes (ch. 1) ou d'autres d�cisions, si l'autre parent ne peut �tre atteint moyennant un effort raisonnable (ch. 2).
�L'art. 301a al. 1 CC pr�voit toutefois que l'autorit� parentale inclut le droit de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant. Ainsi, alors que pr�c�demment, le droit de garde comprenait la facult� de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant, de sorte que son titulaire unique pouvait en r�gle g�n�rale d�m�nager, m�me � l'�tranger, sans l'accord de l'autre parent (en particulier: ATF 136 III 353 consid. 3.2), l'art. 301a CC rattache d�sormais ce droit � l'autorit� parentale. Il en r�sulte qu'en cas d'autorit� parentale conjointe, les deux parents d�tiennent le droit de fixer la r�sidence de l'enfant sans �gard � l'attribution de la garde, sous r�serve des limitations pr�vues � l'art. 301a al. 2 CC (Andreas Bucher, op. cit., n� 80 p. 32; Patrick Fassbind, Inhalt des gemeinsamen Sorgerechts, der Obhut und des Aufenthaltsbestimmungsrechts, in PJA 2014 p. 692 ss, 694). Ils doivent d�s lors d�cider ensemble chez lequel d'entre eux l'enfant va habiter, les exceptions �tant r�gl�es aux art. 298 al. 2 et 298b al. 3 CC (FF 2011 8344 ch. 2.1).
�Selon l'art. 301a al. 2 CC, un parent exer�ant conjointement l'autorit� parentale ne peut modifier le lieu de r�sidence de l'enfant qu'avec l'accord de l'autre parent ou sur d�cision du juge ou de l'autorit� de protection de l'enfant lorsque le nouveau lieu de r�sidence se trouve � l'�tranger (let. a) ou quand le d�m�nagement a des cons�quences importantes pour l'exercice de l'autorit� parentale par l'autre parent et pour les relations personnelles (let. b). Le d�m�nagement d'un parent � l'�tranger fait ainsi l'objet d'une r�gle sp�ciale: � la diff�rence d'un d�m�nagement en Suisse, un d�part n'est possible qu'avec le consentement de l'autre parent m�me s'il n'en r�sulte pas de cons�quence significative pour l'exercice de l'autorit� parentale (FF 2011 8345 ch. 2.1). Quand le consentement d'un parent est sollicit� et qu'il le refuse, son opposition sera priv�e de tout effet si l'autorit� accepte le d�placement, conform�ment � l'alin�a 2 de l'art. 301a CC. La d�cision d'autoriser un changement de lieu de r�sidence de l'enfant est prise par le tribunal dans le cadre de la proc�dure matrimoniale lorsque, dans le m�me temps - ce qui est g�n�ralement le cas -, il est n�cessaire de r�glementer ou de modifier l'autorit� parentale, la garde, les relations personnelles, la prise en charge ou l'entretien de l'enfant (Schwenzer/Cottier, op. cit., n� 23 ad art. 301a CC). Le juge du divorce - et l'autorit� de protection de l'enfant - peuvent ainsi d�cider du lieu o� vivra l'enfant m�me dans l'hypoth�se d'un d�m�nagement � venir (Andreas Bucher, op. cit., n� s 178 et 179 p. 62).
Les crit�res d�gag�s par la jurisprudence concernant notamment l'attribution de la garde demeurent applicables,�
mutatis mutandis, au nouveau droit (Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e �d., 2014, nos 498 et 499 p. 334 s.; Schwenzer/Cottier, op. cit., n� s 5 et 15 ad art. 298 CC). Ainsi, la r�gle fondamentale en ce domaine est le bien de l'enfant, les int�r�ts des parents devant �tre rel�gu�s au second plan. Au nombre des crit�res essentiels, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre parents et enfants, les capacit�s �ducatives respectives des parents, leur aptitude � prendre soin de l'enfant personnellement, � s'en occuper, ainsi qu'� favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution qui, au regard des donn�es de l'esp�ce, est la mieux � m�me d'assurer � l'enfant la stabilit� des relations n�cessaires � un d�veloppement harmonieux des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel. En cas de capacit�s d'�ducation et de soin �quivalentes des parents, le crit�re de la stabilit� des relations, selon lequel il est essentiel d'�viter des changements inutiles dans l'environnement local et social des enfants propres � perturber un d�veloppement harmonieux (ATF 114 II 200 consid. 5a), est important (ATF 136 I 178 consid. 5.3; arr�ts 5A_529/2014 du 18 f�vrier 2015 consid. 2.2; 5A_26/2014 du 2 f�vrier 2015 consid. 5.3.1; 5A_105/2014 du 6 juin 2014 consid. 4.2.1 et les r�f�rences).
�L'autorit� cantonale, qui conna�t le mieux les parties et le milieu dans lequel vit l'enfant, dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation dans ce domaine (art. 4 CC); le Tribunal f�d�ral n'intervient que lorsque cette autorit� a �cart�, sans aucun motif, des crit�res essentiels en la mati�re ou, � l'inverse, s'est fond�e sur des �l�ments d�pourvus d'importance au regard du bien de l'enfant. Il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2; 133 III 201 consid. 5.4; 132 III 97 consid. 1; 117 II 353 consid. 3; arr�t 5A_653/2013 du 30 janvier 2014 consid. 2.1).
3.2.2.�En l'occurrence, l'autorit� cantonale a consid�r� que chacun des parents pr�sentait de bonnes capacit�s parentales et souhaitait le bien des enfants. La disponibilit� personnelle du p�re, qui travaillait � domicile et � son compte comme avocat, �tait cependant nettement plus importante que celle de la m�re. Il �tait en outre soutenu dans sa t�che �ducative et dans les travaux m�nagers par sa propre m�re, qui vivait dans la m�me maison familiale. De surcro�t, tant la famille maternelle que la plupart des membres de la famille paternelle habitaient � proximit� du p�re, mais loin de la m�re qui devait s'organiser seule � Gen�ve, avec l'aide d'employ�s instables, alors qu'elle travaillait � plein temps et devait parfois s'absenter de son domicile plusieurs jours de suite. Or, la disponibilit� restreinte de leur m�re pesait d�j� sur ses filles quand ni les parents, ni la fratrie n'�taient s�par�s. Les besoins particuliers des enfants, qui souffraient d'anxi�t�, avaient plus ou moins de la peine � nouer des contacts dans leur environnement scolaire et qui, s'agissant de la cadette, rencontrait des difficult�s d'apprentissage, plaidaient pour un entourage familial renforc�, afin de leur assurer une pr�sence affective r�guli�re et s�curisante. Une telle solution s'imposait d'autant plus que les relations entre la m�re et sa fille a�n�e s'�taient d�t�rior�es au point de rendre n�cessaire un placement de cette derni�re en internat et, partant, une s�paration des deux soeurs ainsi qu'un isolement de l'enfant concern� hors de la cellule familiale, isolement potentiellement compromettant pour son d�veloppement. Enfin, le placement des deux enfants aupr�s de leur p�re en Italie correspondait � leur souhait de changer d'environnement et ne leur ferait perdre que tr�s peu de liens avec Gen�ve, compte tenu de leur enfance pass�e dans un milieu presque exclusivement international.
�Dans ces conditions, il y avait lieu de confier la garde des enfants - d�sormais �g�s de douze et treize ans et parlant couramment l'italien - � leur p�re, celui-ci pouvant d�terminer seul leur futur lieu de r�sidence en Italie.
3.2.3.�A l'appui de son moyen, la recourante soutient que ses filles ont toujours v�cu aupr�s d'elle et ont toujours �t� scolaris�es � Gen�ve, qu'elle s'en est continuellement occup� depuis leur naissance, en sorte qu'elles ne sauraient �tre mieux entour�es en vivant aupr�s de leur p�re, et qu'elle n'est pas moins disponible que celui-ci pour les prendre en charge. Le d�sir exprim� par les enfants d'aller vivre en Italie devrait en outre �tre replac� dans son contexte, soit les p�riodes de vacances pass�es dans ce pays, les difficult�s rencontr�es avec sa fille a�n�e s'�tant par ailleurs r�sorb�es depuis que celle-ci est plac�e en internat. L'autorit� cantonale n'aurait pas non plus tenu compte de l'instrumentalisation des filles par leur p�re, ni des difficult�s qu'elles rencontreraient si elles devaient changer de pays, de programmes scolaires et de langue, d'autant qu'il n'est pas �tabli qu'elles b�n�ficieraient d'une formation de qualit�. Les avantages li�s � son statut de fonctionnaire internationale s'agissant des soins dentaires et m�dicaux n'auraient pas davantage �t� pris en consid�ration, pas plus que les perspectives d'avenir indubitablement meilleures � Gen�ve qu'en Italie, en raison des difficult�s �conomiques que traverse ce pays.
Contrairement � ce que pr�tend la recourante, l'autorit� pr�c�dente a examin� la situation au regard de l'int�r�t des enfants, en tenant compte de toutes les circonstances. Elle a notamment d�ment pris en consid�ration la disponibilit� plus importante du p�re, l'absence pour la m�re de tout soutien familial � Gen�ve et l'avis des deux filles, selon lesquelles un changement d'environnement leur donnerait la possibilit� d'�tre plus entour�es. Sur la base des faits constat�s - dont la recourante a �chou� � d�montrer le caract�re insoutenable (cf. supra consid. 2) -, la Cour de justice n'a pas enfreint le droit f�d�ral, ni abus� de son pouvoir d'appr�ciation, en consid�rant que la garde des enfants devait �tre confi�e au p�re et en autorisant celui-ci � transf�rer leur lieu de r�sidence en Italie (cf. supra consid. 3.2.1�
in fine�), le crit�re de la stabilit� de leur lieu de vie n'�tant, vu les circonstances, pas d�terminant.
Vu ce qui pr�c�de, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les all�gations de la recourante tendant au versement de contributions � l'entretien de ses filles.
En conclusion, le recours appara�t mal fond� et doit par cons�quent �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante supportera d�s lors les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � r�pondre sur le fond et qui, s'agissant de ses d�terminations sur l'effet suspensif, auquel il ne s'est pas oppos�, a agi sans �tre repr�sent� ni justifier de d�penses particuli�res (art. 68 al. 1 et 2 LTF; ATF 129 II 297 consid. 5 et les arr�ts cit�s).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 2'500 fr., sont mis � la charge de la recourante.