Source: http://messe.forumactif.org/t556-le-blaspheme-contre-l-esprit-saint
Timestamp: 2019-08-24 13:13:52+00:00
Document Index: 260129604

Matched Legal Cases: ["l'article 3", 'art. 1', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 1', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 1', 'art. 2', 'art. 1', 'art. 2', 'art. 3', 'art. 1', 'art. 3', 'art. 4', 'art. 4']

LE BLASPHÈME CONTRE L'ESPRIT-SAINT.
ROBERT. le Jeu 18 Juin 2009, 6:19 pm
IIa-IIæ, qu. 14, par R. Bernard, O.P., Éd. Des Jeunes, Paris, 1950, et notes explicatives a écrit:
C'est ici le lieu de traiter en particulier du blasphème envers l'Esprit-Saint. [II9]
Et à ce sujet quatre questions se posent : 1. Le blasphème ou péché contre l'Esprit-Saint est-ce la même chose que le péché de véritable malice? — 2. Les espèces de ce péché. — 3. Est-il irrémissible? — 4. Quelqu'un peut-il pécher en vers l'Esprit-Saint dès le commencement avant même de commettre d'autres péchés?
[119] Qu. 14, prol. — Parler contre l'Esprit est un blasphème dont Notre-Seigneur dit qu'il ne sera remis ni dans la vie présente ni dans la vie future. Cette singulière révélation est rapportée en saint Mathieu et sera citée comme autorité à l'article 3 de cette question. La tradition s'est beaucoup préoccupée de ce péché, le seul que Jésus, si porté au pardon, déclara impardonnable. Il doit y avoir là quelque chose de très grave.
Ce qui est vicié c'est le cœur. Le mot revient avec plus d'insistance que jamais (cf. notes 103, 108), et par ce mot il faut entendre plus que jamais la source en nous des sentiments et des pensées. Lors donc que l'homme en arrive à ce péché qui ne peut plus être remis, c'est qu'il est méchant envers Dieu jusqu'au fond du cœur. Quelle que soit la nature exacte de cette méchanceté, toujours elle se situe spirituellement dans les profondeurs de l'homme et devant les grandeurs de Dieu. La tradition chrétienne a varié quant à la détermination de ce péché. Les quatre articles de cette question vont être l'écho émouvant de cette tradition.
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Re: LE BLASPHÈME CONTRE L'ESPRIT-SAINT.
ROBERT. le Ven 19 Juin 2009, 6:25 pm
Le péché envers l'Esprit-Saint est-ce la même chose que le péché de véritable malice?
DIFFICULTES : 1. Il ne semble pas que ce soit la même chose. Ce péché envers l'Esprit-Saint, comme il se voit en saint Mathieu, c'est le péché de blasphème. Mais le péché de véritable malice n'est pas toujours un péché de blasphème : il arrive en effet que beaucoup d'autres genres de péchés se commettent par malice bien arrêtée. Le péché envers l'Esprit-Saint n'est donc pas la même chose que le péché de malice certaine.
2. Le péché de véritable malice se distingue à l'encontre du péché d'ignorance et à l'encontre du péché. Tandis que le péché envers l'Esprit-Saint, toujours d'après saint Mathieu, se distingue à l'encontre du péché envers le Fils de l'homme. C'est donc que le péché envers l'Esprit-Saint n'est pas la même chose que le péché de véritable malice, parce que si des choses ont des opposés divers, c'est qu'elles-mêmes aussi sont diverses.
3. D'ailleurs, le péché envers l'Esprit-Saint est un certain genre de péché auquel sont assignées des espèces définies. Tandis que le péché de véritable malice n'est pas un genre spécial de péché, mais il est une certaine condition ou circonstance générale qui peut se rencontrer dans tous les genres de péchés. Donc le péché envers l'Esprit-Saint n'est pas la même chose que le péché de véritable malice.
CEPENDANT le Maître des Sentences dit que celui qui pèche envers l'Esprit-Saint c'est « celui qui se plaît dans la malice pour elle-même ». Or c'est bien là pécher par véritable malice. Il semble donc que le péché de véritable malice soit identique au péché envers l'Esprit-Saint.
Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Nov 2010, 5:49 pm, édité 1 fois
ROBERT. le Sam 20 Juin 2009, 4:21 pm
Le péché envers l'Esprit-Saint est-ce la même chose que le péché de véritable malice? (suite)
CONCLUSION : Du péché ou blasphème envers l'Esprit-Saint, il y en a qui parlent en trois sens. Les anciens Docteurs en effet, c'est-à-dire Athanase, Hilaire, Ambroise, Jérôme et Chrysostôme, disent qu'il y a péché envers l'Esprit-Saint lorsqu'au pied de la lettre un blasphème est prononcé contre l'Esprit-Saint, soit que les mots Esprit-Saint se trouvent pris comme le nom essentiel qui convient à la Trinité tout entière dont n'importe quelle personne est vraiment esprit et esprit saint, soit que les mots se trouvent pris comme le nom personnel d'une personne à l'intérieur de cette Trinité.
C'est dans ce sens que le blasphème envers l'Esprit-Saint est distingué en saint Mathieu à l'encontre du blasphème envers le Fils de l'homme. Le Christ en effet opérait certaines choses humainement, lorsqu'il mangeait, buvait et faisait d'autres actes du même genre; et il en opérait certaines divinement, lorsqu'il chassait les démons, ressuscitait les morts, et le reste du même genre, car c'étaient sûrement là des choses qu'il accomplissait et par la vertu de sa propre divinité et par l'opération de l'Esprit-Saint dont il était rempli en son humanité.
Or les juifs avaient d'abord prononcé le blasphème envers le Fils de l'homme, lorsqu'ils disaient qu'il était « vorace, buveur de vin et ami des publicains », comme c'est écrit en saint Mathieu. Mais ils se mirent ensuite à blasphémer envers l'Esprit-Saint, lorsqu'ils attribuaient au prince des démons ces œuvres que le Christ même opérait en vertu de sa propre divinité et par l'opération du Saint-Esprit. [120]
— Saint Augustin, d'autre part, dit que le blasphème ou péché envers l'Esprit-Saint c'est l'impénitence finale, c'est-à-dire quand quelqu'un persévère dans le péché mortel jusqu'à sa mort, ce qui se produit certes non pas seulement par la parole de la bouche mais aussi par la parole du cœur et des œuvres, non en une fois mais en beaucoup.
Or, cette parole dans une telle acception, on dit qu'elle est contre l'Esprit-Saint, parce qu'elle va contre la rémission des péchés qui se fait par l'Esprit-Saint, lequel est la charité du Père et du Fils. Et, quand le Seigneur a dit la chose aux juifs ce n'est pas qu'ils fussent eux-mêmes dans le péché envers l'Esprit-Saint, car ils n'étaient pas encore dans l'impénitence finale. Mais il leur a donné un avertissement, de crainte qu'en parlant comme ils faisaient ils ne parvinssent au point de pécher envers l'Esprit-Saint.
C'est en ce sens qu'il faut comprendre ce qui est dit en saint Marc à l'endroit où, après avoir noté : « Celui qui aura blasphémé envers l'Esprit-Saint », l'évangéliste ajoute : « Parce qu'ils accusaient Jésus d'être possédé d'un esprit impur ». [121]
— D'aucuns prennent encore la chose autrement. Ils disent qu'il y a péché ou blasphème envers l'Esprit-Saint quand quelqu'un pèche contre le bien qu'on attribue en propre à l'Esprit-Saint. A lui est attribuée en propre la bonté, comme au Père est attribuée la puissance et au Fils la sagesse. De là, disent-ils, le péché envers le Père c'est quand il y a péché par faiblesse; le péché envers le Fils, quand il y a péché par ignorance; le péché envers l'Esprit-Saint, quand il y a péché par véritable malice, c'est-à-dire, comme nous l'avons exposé plus haut, par le choix même du mal.
Ce parti-pris arrive effectivement de deux façons. Il provient parfois de l'inclination de l'habitude vicieuse, habitude à laquelle on donne le nom de malice : dans ce cas, pécher par malice n'est pas la même chose que pécher envers l'Esprit-Saint. Autrement, cela vient du fait que ce qui pouvait empêcher le parti-pris du péché se trouve rejeté et éloigné avec mépris, comme l'espérance le sera par le désespoir, la crainte par la présomption, et certaines autres choses du même genre comme on va le dire ci-dessous. Or tous ces éléments qui mettent obstacle au parti-pris du péché sont des effets de l'Esprit-Saint en nous. Voilà pourquoi pécher ainsi par malice c'est pécher envers l'Esprit-Saint. [122]
[120] Qu. 14, art. 1, concl. init. — Les plus anciens Pères, frappés avant tout de la grandeur de Dieu et de celle de l'Homme-Dieu ont pensé qu'il fallait voir dans ce blasphème contre l'Esprit celui qui s'attaque à la Majesté de Dieu même et se différencie par là de celui qui atteint seulement l'Humanité du Christ. Esprit-Saint est de toutes façons un nom de Dieu : il convient à sa Trinité tout entière, comme il convient à la Troisième Personne en cette Trinité
[121] Qu. 14, art. 1, concl. med. —Saint Augustin, en profond analyste du cœur de l'homme, voit dans ce blasphème l'état d'une âme engagée à fond dans le péché mortel et prête à y persévérer jusqu'au bout. Dans ce cas, l'homme oppose son refus total à l'amitié de Dieu. L'Esprit-Saint est en effet l'expression même de l'Amour, l'Amitié en personne du Père et du Fils. L'homme s'y refuse par un mot du cœur, dit non pas seulement une fois, mais redit de multiples fois, et menant droit à l'impénitence finale.
[122]Qu. 14, art. 1, concl. fin. — De plus récents auteurs, qui seraient à ce qu'il paraît Richard de Saint-Victor et ses disciples, procèdent ici par de simples appropriations. Pour eux, le péché de faiblesse offense spécialement le Père à qui est la puissance, le péché d'ignorance le Fils à qui est la Sagesse, et le péché de malice le Saint-Esprit à qui est toute la bonté de Dieu. Cette distinction des péchés est classique; cette distribution des attributs divins l'est aussi.
Cependant tout cela donne lieu à une interprétation du péché contre l'Esprit qui est plus superficielle que les deux précédentes. L'auteur la retient quand même, parce qu'elle lui permet de scruter plus à fond le péché de malice, en considérant que ce péché renferme un réel mépris des influences du Saint-Esprit en nous et que, si ce mépris s'extériorise, il devient un véritable blasphème envers le Saint-Esprit.
— Le péché de malice est celui où l'on choisit de faire le mal et où on est comme fixé dans le péché. Ce qui peut provenir de deux sources : ou bien de ce qu'on est entraîné et comme emporté par une habitude vicieuse qu'on a; ou bien de ce qu'on rejette avec mépris ce qui pourrait empêcher de s'attacher au péché.
Les deux cas sont fort différents : dans le premier, le pécheur garde une certaine retenue, éprouve du remords, et ne pèche pas de gaieté de cœur; dans le second cas, le pécheur se précipite dans le péché, répudie tout frein, fait fi de toute grâce, et veut pouvoir pécher de gaieté de cœur. Dans les deux cas, il y a de la malice; dans le premier par habitude, et dans le second par mépris et le mépris est formellement contre l'action de l'Esprit en nous. D'où il suit qu'en ce second cas on a vraiment un péché spécial qui est un péché contre l'Esprit.
ROBERT. le Lun 22 Juin 2009, 6:24 pm
SOLUTIONS : 1. De même que la confession de la foi consiste non pas seulement dans la protestation des lèvres mais aussi dans celle des œuvres, de même également le blasphème de l'Esprit-Saint peut être considéré et sur les lèvres et dans le cœur et dans les œuvres. [123]
2. Suivant la troisième acception le blasphème envers l'Esprit-Saint est distinct du blasphème envers le Fils de l'homme en tant que le Fils de l'homme est également le Fils de Dieu, c'est-à-dire « la force de Dieu et sa sagesse ». Aussi d'après cela le péché envers le Fils de l'homme ce sera le péché d'ignorance ou de faiblesse.
3. Le péché de véritable malice, tant qu'il provient de l'inclination d'une habitude, n'est pas un péché spécial mais une condition générale du péché. Mais, en tant qu'il découle d'un mépris spécial de l'effet de l'Esprit-Saint en nous, il se présente comme un péché spécial. Et par là même aussi le péché envers l'Esprit-Saint est un genre spécial de péché.
— Et selon la première interprétation, nous concluons semblablement.
— Mais, selon la seconde interprétation, il n'y a pas un genre spécial de péché, car l'impénitence finale peut être une circonstance de n'importe quel genre de péché. [124]
[123] Qu. 14, art. 1, sol. 1. — Lorsque l'homme ainsi engagé dans le péché ne fait mystère ni dans ses paroles ni dans ses œuvres de rejeter avec mépris ce qui pourrait le ramener vers Dieu, alors il est en plein dans le blasphème et ce blasphème est contre l'Esprit-Saint.
[124] Qu. 14, art. 1, sol. 3. — A cet endroit est conclu et résumé ce premier article et sont amorcés les suivants. Les trois interprétations sont admissibles. Cependant, si l'on veut voir dans le blasphème contre le Saint-Esprit un péché bien spécialisé, il faut plus de précisions. Le péché contre la Majesté divine, selon l'interprétation des anciens Pères, est effectivement un genre de péché bien caractérisé. Mais l'impénitence finale, selon l'interprétation de saint Augustin, n'est pas un genre spécial de péché, c'est une circonstance qui peut s'ajouter à n'importe quel genre de péché.
Quant au péché de malice, selon l'interprétation des plus récents auteurs, si on le considère à son premier degré, il est une façon générale de pécher découlant de n'importe quelle habitude vicieuse; mais, si on le considère à son second degré, il est un péché très spécial caractérisé par le mépris des bons effets du Saint-Esprit dans l'âme. C'est de cette méchanceté bien caractérisée que nous allons à l'article suivant détailler les espèces principales.
ROBERT. le Mar 23 Juin 2009, 5:14 pm
Y a-t-il bien six espèces dans ¡e péché envers l’Esprit-Saint?
DIFFICULTÉS : 1. Il semble qu'il n'est pas séant d'assigner au péché envers ¡'Esprit-Saint ces six espèces-ci, le désespoir, la présomption, l'impénitence, l'obstination, l'opposition à la vérité reconnue, l'envie des grâces fraternelles, qui sont les espèces que suppose le Maître des Sentences. Nier en effet la divine justice ou la divine miséricorde, c'est de l'infidélité. Mais dans le désespoir un homme rejette la divine miséricorde, dans la présomption la divine justice. Chacune de ces deux choses est donc plutôt une espèce d'infidélité que de péché envers l'Esprit-Saint.
2. D'autre part, l’impénitence regarde, semble-t-il, le péché passé; l'obstination au contraire, le péché futur. Mais le passé ou le futur ne diversifient pas une espèce de vertu ou de vice : c'est en effet selon la même foi que nous croyons qu'il est né le Christ et que les anciens ont cru qu'il naîtrait. Donc l'obstination et l'impénitence ne doivent pas être rangées en deux espèces de péché envers l'Esprit-Saint.
3. D'un autre côté, « la vérité comme la grâce s'est faite par Jésus-Christ », ainsi que c'est marqué en saint Jean. Il semble donc que la répugnance à la vérité reconnue et l'envie des grâces fraternelles appartiennent plus au blasphème envers le Fils de l'homme qu'au blasphème envers l'Esprit-Saint.
4. En outre, saint Bernard dit que " ne pas vouloir obéir c'est résister à l'Esprit-Saint". La Glose dit également que « simuler la pénitence c'est blasphémer l'Esprit-Saint ». Le schisme aussi paraît s'opposer directement à l'Esprit-Saint par qui l'Eglise est dans l'union. Ainsi paraît-il que la tradition des espèces de péché envers l'Esprit-Saint n'est pas suffisamment complète.
Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Nov 2010, 5:50 pm, édité 1 fois
ROBERT. le Jeu 25 Juin 2009, 4:44 pm
Y a-t-il bien six espèces dans le péché envers l’Esprit-Saint? (suite)
CEPENDANT saint Augustin affirme au livre de la foi à Pierre, que ceux qui désespèrent du pardon des péchés ou qui présument de la miséricorde de Dieu sans la mériter pèchent envers l'Esprit-Saint.
Dans son Enchiridion il dit que « celui qui clôt son dernier jour dans l'obstination de l'esprit est coupable du péché envers l'Esprit-Saint »
Au livre sur les paroles du Seigneur, il dit que l’impénitence est un péché envers l'Esprit-Saint.
Au livre du Sermon sur la montagne, il dit que « s'opposer à la fraternité par les brandons de l'envie » c'est pécher envers l'Esprit-Saint.
Au livre sur l'Unique Baptême, que « celui qui méprise la vérité, ou bien est méchant envers ses frères par qui est révélée la vérité, ou bien est ingrat envers Dieu par l'inspiration duquel l'Eglise est instruite », de sorte que dans ce cas-là il semble bien qu'on pèche aussi envers l’Esprit-Saint. [125]
[125] Qu. 14, art. 2, cependant. — Nous avons ici un beau trait de théologie positive, en même temps que de la continuité dans la tradition. Ces six espèces de malice, qu'on lit en tête de l'article, et qui sont celles où l'homme pour mieux pécher s'enfonce dans le mépris de Dieu, saint Thomas les emprunte au Maître des Sentences qui lui-même les tient de saint Augustin.
ROBERT. le Lun 29 Juin 2009, 5:10 pm
CONCLUSION : Dans la mesure où le péché envers l'Esprit-Saint revêt la troisième acception, les susdites espèces lui sont convenablement assignées. Elles se distinguent par l'éloignement ou le mépris de ce qui peut empêcher l'homme de fixer son choix dans le péché. Ces empêchements se prennent, soit du côté du jugement de Dieu, soit du côté de ses dons, soit aussi du côté du péché lui-même.
— Par la pensée du jugement de Dieu l'homme est en effet détourné de fixer son choix dans le péché. Il y a dans le jugement divin justice et miséricorde. L'homme trouve une aide dans l'espérance qui surgit à la pensée que la miséricorde remet le mal et récompense le bien, et voilà que le désespoir détruit cette espérance. L'homme trouve aussi une aide dans la crainte qui surgit à la pensée que la divine justice punit les péchés, et voici que cette crainte est détruite par la présomption, c'est-à-dire qu'un individu se fait fort d'obtenir la gloire sans les mérites ou le pardon sans la pénitence.
— Quant aux dons de Dieu par lesquels nous sommes retirés du péché, ils sont deux. L'un d'eux est la connaissance distincte de la vérité : c'est contre quoi s'élève l'opposition à la vérité reconnue, ce qui a lieu quand un individu, pour se donner plus de licence de pécher, combat la vérité qu'il a pourtant bien vue dans la foi. L'autre est le secours de la grâce intérieure : c'est à quoi s'oppose l'envie des grâces fraternelles, ce qui a lieu quand un individu non seulement porte envie à la personne de son frère, mais se montre même envieux de l'accroissement de la grâce de Dieu dans le monde.
— Pour ce qui est du péché, il y a deux choses qui peuvent en retirer l'homme. L'une d'elles est le désordre et la turpitude de l'acte : cette considération a coutume de provoquer dans l'homme la pénitence du péché commis; et c'est à cela que s'oppose l'impénitence, non point par ce côté où elle signifie une persistance dans le péché jusqu'à la mort comme était prise ci-dessus l'impénitence, car dans ce sens elle ne serait pas un péché spécial mais une circonstance du péché, mais l'impénitence est prise ici par ce côté où elle implique la résolution de ne pas faire pénitence.
L'autre chose est la médiocrité et la brièveté du bien qu'on cherche dans le péché, selon cette parole de l'Apôtre : « Quel fruit avez-vous eu dans ces péchés dont aujourd'hui vous rougissez? » : cette considération a coutume d'amener l'homme à ne pas fixer sa volonté dans le péché; et c'est ceci qui se trouve détruit par l'obstination, c'est-à-dire quand l'homme affermit sa résolution dans l'attachement au péché. Il est question de ces deux choses-là en Jérémie : « Il n'est personne qui fasse pénitence pour son péché, en disant : Qu'ai-je fait là? », voilà pour l'impénitence; « Tous sont retournés à leur course comme un cheval emporté dans la bataille », voilà pour l'obstination. [126]
[126] Qu. 14, art. 2, concl. — Ce péché de malice se distingue dans l'ensemble par le rejet méprisant, en face du péché, de tout ce qui pourrait le plus soit empêcher de le commettre, soit contribuer à le remettre (cf. 2a-2ae, qu.100, art. 1 sol. 2; qu. 105, art. 2, sol. 2). Dans le détail il se compose, en proportions variables, des traits ci-indiqués. Pour ce qui est des jugements de Dieu, ces grands pécheurs sont ballottés entre la présomption et le désespoir : ils n'ont plus de crainte de sa justice ni d'espoir en sa miséricorde. Pour ce qui est des dons de Dieu, ils sont en lutte contre la lumière et repoussent des vérités pourtant reconnues: ils sont de même en rébellion contre les grâces reçues.
Pour ce qui est enfin du péché lui-même, deux considérations les en pourraient détourner, celle des grands maux qu'il apporte et celle des maigres biens qu'il procure; mais ces sortes de pécheurs sont dans une totale adhérence à ces maigres biens et dans une complète indifférence à ces maux inconnus. De pareilles dispositions sont évidemment très graves : qui les a est à peu près sûr de s'enraciner dans le péché. Il faut voir là les funestes effets de l'infidélité, tout l'opposé des effets salutaires de la foi que nous avons analysés plus haut (qu. 7, art. 1-2).
ROBERT. le Jeu 02 Juil 2009, 2:33 pm
SOLUTIONS : 1. Le péché de désespoir, ou celui de présomption, ne consiste pas à ne pas croire à la justice de Dieu, ou à sa miséricorde, mais il consiste à n'en faire aucun cas.
2. L'obstination et l'impénitence ne se différencient pas seulement d'après le passé et le futur, mais d'après certaines raisons formelles, tirées, comme nous l'avons dit, de diverses manières de regarder ce qui peut être regardé dans le péché.
3. La grâce et la vérité, le Christ les a produites par ces dons de l'Esprit-Saint qui ont été procurés par lui aux hommes.
4. Ne pas vouloir obéir, c'est de l'obstination. Ne faire qu'un simulacre de pénitence, c'est de l'impénitence. Le schisme, c'est être envieux de cette grâce fraternelle par laquelle les membres de l'Eglise sont unis entre eux. [127]
[127] Qu. 14, art. 2, sol. 4. — Nous ne nions pas qu'il puisse y avoir d'autres dispositions aussi malicieuses que les six dépeintes ci-dessus. Mais toutes se ramènent à celles-ci comme à autant d'espèces principales.
Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Nov 2010, 5:51 pm, édité 1 fois
ROBERT. le Mar 07 Juil 2009, 6:22 pm
ARTICLE 3. Le péché envers l'Esprit-Saint est-il irrémissible?
DIFFICULTES : 1. Apparemment non. « On ne doit désespérer de personne, dit saint Augustin, aussi longtemps que la patience du Seigneur invite à la pénitence ». Mais, s'il y avait un péché irrémissible, il y aurait à désespérer d'un pécheur. Donc le péché envers l'Esprit-Saint n'est pas irrémissible.
2. D'ailleurs, aucun péché n'est remis sinon par le fait que c'est Dieu qui guérit l'âme. Mais « pour un médecin qui peut tout il n'est pas de maladie qui soit inguérissable », comme dit la Glose sur le psaume « celui qui guérit toutes tes infirmités ». Le péché envers l'Esprit-Saint n'est donc pas inguérissable.
3. Du reste, le libre arbitre se porte de soi au bien et au mal. Mais, aussi longtemps que dure l'état du voyage, à quelque vertu que soit quelqu’un, il peut en tomber : l'ange même est tombé du ciel. D'où cette parole de Job : « Dans ses anges il découvre de la dépravation ; combien plus dans ceux qui habitent des maisons de boue ». Egalement donc, de quelque péché que ce soit, quelqu'un peut revenir à un état de justice. Donc le péché envers l'Esprit-Saint n'est pas irrémissible.
CEPENDANT il est écrit en saint Mathieu : « Celui qui aura dit la parole contre l'Esprit-Saint, elle ne lui sera remise ni dans ce siècle ni dans le siècle futur ». Et, au dire de saint Augustin, « ce péché fait un si grand dégât qu'il ne peut plus souffrir qu'on ait l'humilité de prier ».
ROBERT. le Sam 11 Juil 2009, 5:28 pm
ARTICLE 3. Le péché envers l'Esprit-Saint est-il irrémissible? (suite)
CONCLUSION : Ce péché envers l'Esprit-Saint est dit, suivant ses diverses acceptions, diversement irrémissible. [128]
— Si on le prend pour l'impénitence finale, alors il est qualifié irrémissible parce que de fait il n'est plus remis d'aucune façon. Le péché mortel, en effet, dans lequel on persévère jusqu'à la mort, puisqu'il n'est pas remis dans cette vie par la pénitence, ne le sera pas non plus dans la vie future.
—Mais, suivant les deux autres acceptions, le péché est dit irrémissible, non pas en ce sens qu'il ne puisse plus être remis d'aucune façon, mais parce qu'il a de soi tout ce qu'il faut pour mériter de ne plus être remis. Et ceci doublement :
1° D'abord quant à la peine. Celui en effet qui pèche par ignorance ou par faiblesse mérite une peine moindre; mais celui qui pèche par véritable malice n'a pas une excuse par où sa peine puisse être diminuée. Pareillement aussi, ceux qui blasphémaient envers le Fils de l'homme, tant que sa divinité n'était pas révélée, pouvaient avoir quelque excuse dans ce fait qu'ils voyaient en lui une faible chair, et ainsi méritaient-ils une peine moindre.
Mais ceux qui blasphémaient la divinité elle-même en attribuant au diable les œuvres de l’Esprit-Saint, n'avaient aucune excuse par où leur peine pût être diminuée. C'est pourquoi on dit, suivant l'interprétation de saint Chrysostome, que ce péché n'a été remis aux Juifs ni dans ce siècle ni dans le siècle futur puisqu'ils ont subi pour cela un châtiment, et dans la vie présente par les Romains, et dans la vie future avec la peine de l'enfer.
Dans le même sens, saint Athanase rapporte aussi l'exemple de leurs ancêtres : d'abord ils entrèrent en lutte contre Moïse à cause du manque d'eau et de pain, et le Seigneur le supporta patiemment, car ils avaient une excuse dans la faiblesse de la chair; mais ensuite ils péchèrent plus gravement et firent pour ainsi dire un blasphème envers l'Esprit-Saint en attribuant à une idole les bienfaits de Dieu qui les avait tirés de l'Egypte, lorsqu'ils s'écrièrent : « Voici tes dieux, Israël, ce sont eux qui t'ont ramené du pays d'Egypte ».
C'est pourquoi le Seigneur, tout ensemble les fit punir dans le moment même puisque «ce jour-là trois mille hommes environ périrent », et laissa planer sur eux la menace d'un châtiment dans l'avenir en disant : « Quant à moi, au jour de ma vengeance, je visiterai ce péché qu'ils ont fait ».
2° Quant à la faute, la chose peut s'entendre d'une autre manière. De même qu'une maladie est dite incurable dans sa nature même parce qu'elle abolit ce qui peut aider à la guérison, par exemple lorsqu'elle ôte toute vigueur à la nature ou qu'elle amène le dégoût de la nourriture et du remède, bien que Dieu puisse pourtant guérir une maladie même à ce point; de même également le péché envers l'Esprit-Saint est dit irrémissible par sa nature en tant qu'il exclut tout ce qui concourt à la rémission des péchés.
Cependant toute voie de rémission et de guérison n'est pas complètement fermée par là à la toute-puissance et à la miséricorde de Dieu, et il arrive grâce à elles que de tels êtres sont spirituellement guéris comme par miracle.
[128] Qu. 14, art. 3, concl. — Nous avons à définir en quel sens le blasphème contre l'Esprit est un péché irrémissible, suivant chacune des trois acceptions susdites (art. 1). Le blasphème d'impénitence finale est le péché qui en fait n'est plus remis parce que c'est celui auquel l'homme se fixe en mourant.
Quant aux deux autres, le blasphème contre la Divinité et celui de malice, ce sont en effet des péchés tels qu'en droit ils mériteraient de ne plus être remis, bien qu'en fait ils puissent l'être et le soient par un miracle de la toute-puissance et de la miséricorde divine.
Ces grands états de blasphème sont extrêmement, graves : ceux qui s'y trouvent engagés ne peuvent que s'enfoncer dans la faute puisqu'ils écartent de parti-pris ce qui pourrait les en sortir; et ils ne peuvent qu'amonceler sur eux la plus lourde peine en ce monde et en l'autre, étant sans la moindre excuse.
Par deux exemples bibliques, empruntés l'un au Nouveau Testament et l'autre à l'Ancien, l'auteur montre toute la gravité des peines que peut encourir le blasphème envers la Divinité.
ROBERT. le Lun 13 Juil 2009, 1:04 pm
SOLUTIONS : 1. On ne doit désespérer de personne dans cette vie si l'on considère la toute-puissance et la miséricorde de Dieu. Mais, si l'on considère la condition du péché, il y a des gens qui sont appelés « fils de méfiance » comme il est dit aux Ephésiens. [129]
2. La raison est valable si l'on regarde la toute-puissance de Dieu; elle ne l'est pas si on tient compte de la condition du péché.
3. Le libre arbitre reste, il est vrai, toujours changeant en cette vie. Cependant il rejette loin de lui parfois ce qui peut le faire changer en bien autant que c'est en lui. De là vient que le péché est irrémissible de son côté à soi, encore que Dieu puisse le remettre.
[129] Qu. 14, art. 3, sol. 1. — C'est ici qu'est exactement formulée la doctrine concernant l'irrémissibilité de ces grandes fautes. La formule est répétée et encore précisée aux solutions 2 et 3. Les mots doivent être pesés avec soin.
Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Nov 2010, 5:52 pm, édité 1 fois
ROBERT. le Jeu 16 Juil 2009, 4:38 pm
L'homme peut-il du premier coup pécher envers L’Esprit-Saint sans que d'autres péchés soient présupposés ?
DIFFICULTES : i. Ce ne paraît pas vraisemblable. Car il est dans l'ordre naturel qu'on passe de l'imparfait au parfait. Cela se voit sûrement dans le bien, selon la parole des Proverbes : « Le sentier des justes comme une lumière d'aurore grandit et s'étend jusqu'au plein jour ». Mais dans le mal on appelle parfait ce qui est le mal le plus grand, comme le montre le Philosophe dans ses Métaphysiques. Comme le péché envers l'Esprit-Saint est précisément le plus grave, il semble que l'on y parvienne par d'autres péchés qui sont moindres.
2. Pécher envers l'Esprit-Saint c'est pécher par véritable malice ou par choix. Mais l'homme ne peut pas faire cela tout de suite, avant d'avoir péché beaucoup de fois. Car, au dire du Philosophe, si l'on peut faire des injustices, on ne peut cependant pas tout de suite agir comme un injuste, c'est-à-dire par choix. Il semble donc que le péché envers l'Esprit-Saint ne puisse être commis qu'après d'autres péchés.
3. En outre, la pénitence et l'impénitence ont le même domaine. Or la pénitence ne regarde que des péchés passés. L'impénitence, qui est une espèce de péché envers l'Esprit-Saint ne regarde donc aussi que cela. C'est la preuve que le péché envers l'Esprit-Saint présuppose d'autres péchés.
ROBERT. le Mer 29 Juil 2009, 5:32 pm
CEPENDANT, comme il est écrit dans l'Ecclésiastique, « sous le regard de Dieu il est facile de montrer tout de suite de la considération pour le pauvre ». En sens contraire il est donc possible, par la malice du démon, et sous sa suggestion, qu'un individu soit entraîné dans le péché le plus grave qui est celui envers l'Esprit-Saint.
ROBERT. le Lun 03 Aoû 2009, 4:57 pm
L'homme peut-il du premier coup pécher envers L’Esprit-Saint sans que d'autres péchés soient présupposés ? (suite)
CONCLUSION : D'une manière, pécher envers l’Esprit-Saint, c'est, avons-nous dit, pécher par une véritable malice. Mais il y a deux façons, avons-nous dit aussi, de pécher par véritable malice.
L'une consiste à suivre le penchant d'une habitude, ce qui n'est pas proprement pécher envers l'Esprit-Saint; et pécher de cette façon par véritable malice ne se produit pas dès le principe : il faut en effet que ce soit précédé par des actes de péchés et que ces actes causent l'habitude qui incline à pécher.
L'autre façon dont un individu peut pécher par véritable malice consiste à rejeter avec mépris ce qui retient l'homme de pécher, ce qui est, avons-nous dit, proprement pécher envers l'Esprit-Saint ; et ceci également présuppose la plupart du temps d'autres péchés, parce que, comme il est dit dans les Proverbes, « l'impie, lorsqu'il est descendu dans la profondeur des péchés, en arrive au mépris »(Prov. XVIII, 3). Cependant il peut se faire que dès le premier acte du péché quelqu'un pèche envers l'Esprit-Saint par mépris, soit pour affirmer la liberté de son arbitre, soit à cause des nombreuses dispositions qu'il a déjà, ou encore parce qu'il éprouve quelque véhémente impulsion au mal et un faible attachement au bien.
Voilà pourquoi chez les hommes parfaits il peut à peine ou ne peut jamais arriver qu'ils pèchent dès le principe contre l'Esprit-Saint. D'où cette parole d'Origène : « Je ne pense pas qu'un de ceux qui se sont établis au plus haut degré de la perfection puisse subitement être vidé ni tomber; mais, s'il tombe, c'est nécessairement petit à petit et par parties».
— Le raisonnement est le même si le péché envers l'Esprit-Saint est pris à la lettre pour le blasphème de l'Esprit-Saint. Un tel blasphème en effet, dont le Seigneur parle, provient toujours du mépris de malice.
— Mais, si par péché envers l'Esprit-Saint on entend, comme fait saint Augustin, l'impénitence finale, il n'y a plus de question. Il est sûr que pour le péché envers l'Esprit-Saint il faut toute une continuation de péchés jusqu'à la fin de la vie. [130]
[130] Qu. 14, art. 4, concl. — La question est de savoir si on peut commettre ces grands péchés contre l'Esprit du premier coup avant même d'avoir commis d'autres péchés. Suivons bien la pénétrante réponse.
— 1° Le péché de malice. Si la malice ne provenait que de l'entraînement d'une habitude prise, alors il faudrait bien que le pécheur eût eu le temps de prendre sa mauvaise habitude par des actes répétés. Mais la malice contre l'Esprit provient, avons-nous dit, du rejet plein de mépris de ce qui est gênant pour pécher. Le plus souvent il est vrai qu'on n'arrive à cette extrémité qu'après avoir déjà péché; cependant il n'est pas invraisemblable qu'on y arrive du premier coup. Il se peut que d'un premier geste on envoie tout au diable : tantôt c'est pour affirmer sa liberté; tantôt c'est en raison de certaines dispositions dont on était travaillé et qui peuvent être multiples et diverses autant que les péchés capitaux par exemple; tantôt c'est sous le coup d'un puissant et soudain attrait pour le mal que contrebalance un très faible attachement au bien. De tels motifs expliquent que l'homme puisse tomber tout d'un coup dans la malice. Cependant cela ne peut pour ainsi dire pas arriver chez les parfaits.
— 2° Le péché contre l'Esprit proprement dit. Cette autre acception du blasphème contre le Saint-Esprit nous ramène par un détour à la même conclusion que celle qu'on vient d'exposer. Car, pour blasphémer Dieu de cette manière, il faut vraiment le mépriser, et c'est précisément ce mépris de Dieu qui fait aussi le péché de malice quand il est au degré le plus fort. L'homme peut donc tout d'un coup rejeter et blasphémer Dieu même, comme il peut tout d'un coup rejeter l'action et les bons effets de Dieu sur lui.
— 3° Le péché d'impénitence finale. Celui-ci, évidemment, suppose une certaine succession de péchés. C'est une fin.
Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Nov 2010, 5:53 pm, édité 1 fois
ROBERT. le Sam 08 Aoû 2009, 4:13 pm
SOLUTIONS : 1. Tant en bien qu'en mal, la plupart du temps il y a passage de l'imparfait au parfait, dans la mesure où l'on progresse soit en bien soit en mal. Et pourtant, d'un côté comme de l'autre, un individu peut commencer plus grandement qu'un autre. Dans ce cas ce qui est au début peut être parfait dans son genre en bien ou en mal, bien que ce soit imparfait par rapport à la suite du développement de l'homme dans son progrès en mieux ou en pire. [131]
2. Cette raison-là va bien lorsqu'il s'agit du péché de malice quand il a lieu par le penchant d'une habitude.
3. Si l'impénitence est prise, selon la pensée de saint Augustin, dans le sens d'une permanence dans le péché jusqu'à la fin, alors il va de soi que l'impénitence présuppose des péchés, tout comme la pénitence. Mais si nous parlons de cette habitude d'impénitence dont on fait une espèce de péché envers ΓEsprit-Saint, alors il est manifeste qu'il peut y avoir impénitence même avant les péchés : celui qui n'a jamais péché peut en effet avoir la résolution ou d'être pénitent ou de ne pas l'être s'il lui arrivait de pécher.
[131] Qu. 14, art. 4, sol. 1. — Ce passage contribuerait peut-être à l'étude aujourd'hui controversée de l'imperfection. Le problème est à résoudre, avons-nous dit en son lieu, non dans l'abstrait mais dans le concret. Or dans le concret il n'y a pas d'acte indifférent : on ne peut à aucun moment rester neutre, on est embarqué soit dans le bien soit dans le mal. On peut, il est vrai, commencer par des actes imparfaits, quitte à progresser. De sorte que l'imperfection est possible, mais d'un côté comme de l'autre, dans le bien comme dans le mal. L'imperfection dans le bien ne laisse pas d'être un commencement dans la vertu; l'imperfection dans le mal, un commencement dans le péché.
Via Crucis le Sam 08 Aoû 2009, 5:42 pm
gabrielle le Sam 08 Aoû 2009, 5:51 pm
Dans tout le dossier ou un message en particulier...
Humilis Miles le Sam 08 Aoû 2009, 6:12 pm
T'as qu'à tout revoyu, tout relisu, et tout apprendu !
gabrielle le Sam 08 Aoû 2009, 6:26 pm
A ce que je vois, c'est une question de U
Humilis Miles le Sam 08 Aoû 2009, 6:29 pm
AaaaaaalleeeeeelUUUUUUUUUUUUUUUUiiiiiiiiiaaaaaaa
ROBERT. le Sam 08 Aoû 2009, 8:17 pm
Humilis Miles a écrit: AaaaaaalleeeeeelUUUUUUUUUUUUUUUUiiiiiiiiiaaaaaaa
La journée a été duuuuuuuuuuuuuuuuure à ce que je vois...
ROBERT. le Sam 08 Aoû 2009, 8:54 pm
Via Crucis a écrit: j'ai rien comprendu
je potasse avec notre bon Saint Thomas depuis plus de 30 ans... je retourne souvent à la page que je viens de lire ...Alors que beaucoup d'autres l'ont envoyé promené j'y suis toujours demeuré fidèle, malgré toutes les difficultés...
Via Crucis le Dim 09 Aoû 2009, 12:20 pm
J'ai déjà lisu d'autres chapitres de St Thomas sur les divers forums et apparemment j'ai l'impression de les avoir bien comprendus !
Cependant tout ce qui concerne le péché contre l'Esprit Saint produit chez moi une peur panique surtout lorsque notre bon St Thomas parle des derniers instants du pécheur in articulo mortis !
A la fin de tout le chapitre, j'ai pensé à St Paul qui avait commis bien des crimes avant de devenir St Paul ! Si Jésus ne lui était pas apparu sur le chemin de Damas se serait-il converti ? Je pense que oui : il aurait mis plus de temps à réaliser ses fautes mais à cause de ce temps il aurait commis un peu plus de péchés donc sa conversion était urgente et surtout la prédication de l'Evangile l'était encore plus pour Jésus-Christ qui avait besoin de recrues !!
Je dis cela parce que cela me renvoie à ma propre conversion due à une NDE mais malgré cette dernière, cette conversion donc la mienne, est bien lente et donc je me fais du souci sur les conséquences fâcheuses que cela entraîne inévitablement pour mon âme et celle des autres !
St Paul et cette NDE m'ont fait prendre conscience de la miséricorde divine mais aussi de la justice divine ! Cette crainte doit demeurer en nous sans nous paralyser ! Mais dans le monde où nous vivons comme tout autour de nous nous rappelle les flammes de l'enfer au lieu de nous rappeler le bonheur des bienheureux il est bien difficile de se dire converti et l'on se sent à certains moments pris au piège et traqués ! Et c'est pourquoi beaucoup prennent leurs jambes à leur cou et relèguent St Thomas aux oubliettes !
Ste Bernadette et bon nombre d'autres saints avaient-ils lu St Thomas ? St Jean-Marie Vianney s'est battu avec le latin le pauvre mais cela ne l'a pas empêché de devenir un saint !
Bref, je reviendrai sur ce fil lorsque je ne craindrai pas la prise de tête !
Priez pour moi s'il-vous-plaît j'en ai bien besoin !
gabrielle le Dim 09 Aoû 2009, 7:30 pm
Faut pas vous en faire Via, moi aussi je me sens perdue en lisant Saint Thomas..
Pour la peur de la denière agonie, dites-vous ma chère amie, que le Bon Dieu, qui s'est penché sur vous avec tant d'amour ne vous laissera pas tomber à cet ultime moment.
Et notre Bonne Mère, qui nous guide toute notre vie, elle ne serait pas au dernier rendez-vous, alors que nous lui demandons des milliers de fois dans notre pauvre vie "maintenant et à l'heure de notre mort" jamais on a entendue dire que la Vierge Marie avec manqué ce rendez-vous.
Chère Via, comprendre tout Saint Thomas n'est pas nécessaire au salut, nous serons juger sur l'amour.
Vous savez Saint Joseph de Cupertino, qui était intellectuellement très inférieur à la moyenne, ne connaissait qu'un passage du Saint Évangile, celui de la brebis perdue... et bien lorsqu'on l'interrogea pour la prêtrise, Dieu permit que la question porte sur ce passage exclusivement.
Ce grand saint, n'était pas savant, mais il était rempli d'amour et c'est le cas de le dire, l'amour lui donnait des ailes, puisqu'il passa la moitié de sa vie dans les airs ( lévitation) en ravissement. .. alors on s'encourage mon amie aimons et soyons fidèles et Dieu fera le reste
ROBERT. le Dim 09 Aoû 2009, 7:38 pm
Merci pour ce très beau témoignage chère amie…
Soyez sans crainte, je prie pour vous la Sainte Vierge Marie, tous les Anges et tous les Saints et Saintes du Ciel.. En si bonne
compagnie, qui craindre ? Un jour, pas très lointain si Dieu le veut, je mettrai sur Te Deum la très belle histoire d'un pécheur, fervent
dévot à la Sainte Vierge, et à qui Saint Pierre ne voulait pas ouvrir les portes du Paradis...