Source: http://www.securite-routiere-plus.com/pages/ligne-d-arret-passage-pieton.html
Timestamp: 2019-07-17 14:40:47+00:00
Document Index: 235793918

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Comment améliorer la sécurité des passages piétons
Critères pour choisir le 90
ligne d'effet en amont des passages piétons
Le 9 janvier 2019 est un jour noir car un arrêté ministériel du 12 décembre 2018 vient d'être publié au journal officiel. Pour la partie concernant les passages piétons, ce décret est pris en dépit du bon sens, en dépit des exemples étrangers qui fonctionnent depuis 50 ans, en dépit de l'avis donné par les associations aux ministres (Lettre aux 2 ministres ) Un tel mépris, une telle erreur sont incompréhensibles... seule explication possible : on est en France, j'ai honte.
La ligne telle qu'elle est définie par l'arrêté du 12 décembre sera insuffisamment incitative, donc sera inefficiente, elle est très éloignée des caractéristiques des lignes utilisées dans d'autres pays et très loin de l'expérimentation faite à Rennes, qui pour une des lignes donnait presque satisfaction. D'une part la largeur de la ligne prévue par l'arrêté n'est que de 15 cm au lieu de 50 cm, ce qui, vu à 10 mètres, ne constituera pour l'œil qu'un faible liseré peu visible; et deuxième différence : les traits sont moins serrés : espacés de la même valeur que le trait, par exemple : traits de 50 cm espacés de 50 cm (au lieu d'un espacement de 20 à Rennes), ce qui rend la ligne encore moins visible et surtout peu incitative. En fait c'est la même ligne que celle utilisée actuellement pour les sas vélos et les lignes d'effet des feux qui est allègrement franchie par la plupart des automobilistes.
Comparez (ci-dessous) avec la ligne expérimentée à Rennes qui est "presque bien"
Comparez (ci-dessous) avec la ligne utilisée en Suisse qui est respectée à 100%
Plus de 100 piétons sont tués tous les ans SUR des passages piétons.
Le nombre de piétons tués est en augmentation depuis quelques années en France : 468 en 2015 et 559 en 2016 dont 30% sur des passages piétons ce qui n'est pas admissible. C'est d'autant moins admissible que sur les passages piétons on a un devoir particulier de sécuriser la traversée des piétons et qu'en plus on connait les raisons des accidents et on connait les solutions pour assurer la sécurité des passages piétons (tout au moins quand on ouvre les yeux).
Les 4 aménagements qui assurent la sécurité des passages piétons sont connues : ils sont résumées dans la photo ci-dessous :
ligne d'effet BIEN visible, place de stationnement supprimée sur 5 mètres, pas de végétation sur trottoir, refuge central.
1ère mesure pour éviter les accidents : la ligne d'arrêt tracée à 5 mètres
Ci-dessous un exemple pris sur le vif à Paris
Une ligne d'arrêt qui serait tracée 5 mètres avant les passages piéton éviterait que la voiture qui s'arrête, masque le piéton qui traverse aux yeux des autres voitures qui doublent. Le 9 janvier notre Premier ministre a annoncé comme une mesure FORTE (mesure N°9) cette possibilité prochaine marquer une ligne d'arrêt. L'arrêté du 12 décembre 2018 qui a fixé les caractéristiques de la ligne d'effet, est très MAUVAIS sur ce point. L'expérimentation réalisée à Rennes avec une ligne LARGE (50 cm) a montré qu'avec ce module (50-50) 35 % des automobilistes ne s'arrêtent pas à cette ligne et continuent au dela de la ligne pour s'arrêter au ras du passage piéton alors que le module 50-20 (espacement dfe 20 cm) seulement 6% des automobilistes continuent jusqu'au ras du passage piéton (94% des automobilistes s'arrêtent à la ligne ou en empiétant un peu). C'est bien, c'est ce que l'arrêté aurait dû retenir.
Explications sur l'expérimentation faite à Rennes :
Expérimentation en cours à Rennes. Au lieu d'adopter une ligne continue comme dans les pays étranger, la ligne choisie est une ligne discontinue composée de traits de 50 cm de long espacés de 20 à 50 cm selon les sites. Dans les propositions que j'avais faites au ministère, ainsi que 5 autres associations,(Lettre ministres ) je préconisais des traits de 80 cm de long espacés de seulement 20 cm afin d'inciter davantage les conducteurs à s'arrêter rigoureusement à la ligne sans pour autant être confondue avec la ligne continue appliquée aux carrefours stop. Des traits de 50 cm de long ont donc été choisis pour l'expérimentation de Rennes, avec la consigne de les espacer de 50 cm (ligne 50-50), mais par un courage et une intelligence louables, les responsables de la ville de Rennes ont judicieusement réalisé certaines lignes plus serrées en espaçant les traits de 20 cm au lieu de 50 cm (50-20). Cette différence d'espacement selon les sites a permis de constater qu'effectivement les lignes 50-20 était beaucoup mieux respectée que les lignes 50-50. Cette constatation permet de prévoir que si la ligne choisie avait été plus incitative : 80-20 (traits de 80cm distant de 20 cm), un plus grand nombre de voitures se seraient arrêtées vraiment au trait.
Soyons clair : le but de la ligne d'arrêt n'est pas d'augmenter le pourcentage d'automobilistes qui laissent traverser les piétons mais d'éviter que les voitures s'arrêtent trop près du passage piéton. Sur ce point l'expérimentation de Rennes est relativement réussie : très peu d'automobilistes s'arrêtent tout près du passage piéton : soit ils brulent la priorité qu'ils doivent aux piétons et passent sans s'arrêter, soit ils s'arrêtent pile à la ligne (1/4 le font), soit ils mangent un peu la ligne de 2 mètres et de ce fait laissent 3 mètres libres devant eux (3/4 le font), dans ce dernier cas tout se passe comme si les conducteurs faisaient coîncider la ligne à l'emplacement de leur corps.
Deux enseignements à tirer de l'expérimentation de Rennes :
1er enseignement - Lorsque les traits sont espacés seulement de 20 cm au lieu de 50, la ligne est mieux respectée. Cette constatation permet de prévoir que si la ligne choisie eut été composée de traits plus serrés, le pourcentage de ceux qui s'arrêtent vraiment à la ligne aurait été plus fort : par exemple 80 % d'arrêt à la ligne serait BIEN. Ces traits plus serrés peuvent être par exemple les modules suivants : traits de 80 cm séparés de 20 cm, ou traits de 60 cm séparés de 15 cm ou traits de 50 cm séparés de 12 cm.
2ème enseignement Du fait que la majorité des automobilistes "mangent" les 2 premiers mètres, il est IMPéRATIF de tracer la ligne à 5 mètres afin qu'il reste au moins 3 m de visibilité. Dans le cas contraire, si on marque la ligne à 3 m, les voitures s'arrêteront tout près du passage piéton : ce serait un échec.
Vous trouverez plus de détails sur l'expérimentation de Rennes sur le lien : Ligne d arret experimentation a rennes
Les six principales causes d'accidents aux passages piétons,
Les principales causes d'accidents aux passages piétons, avec ou sans feux, sont :
1 – le véhicule qui effectue un dépassement : le danger réside dans le manque de visibilité entre le piéton qui traverse et le véhicule qui dépasse le premier véhicule arrêté trop près du passage piéton et masquant le piéton :
Exemples sur passage piéton en section courante : Oscan tué dans sa poussette à Strasbourg, Laurent tué à Châteauroux, Adelcia 8 ans, tuée à Annemasse, femme 78 ans tuée à Compiègne.
Exemples sur passage piéton en brulant le feu rouge de carrefour : Nelson tué à Marseille par une voiture de police brulant le feu rouge, garçon fauché à Kremnil-Bicêtre par une ambulance qui grille le feu rouge.
2 - l’angle mort devant un poids lourd, arrêté trop près du passage piéton, masquant de ce fait un piéton qui traverse aux feux (Claudine Pestou 71 ans tuée à Moissac)
3 - l’hésitation, génératrice d’accident, du piéton qui craint le redémarrage brutal inopiné du véhicule arrêté trop près du passage piéton.
4 – les masques à la visibilité aux abords créés par une voiture en stationnement ou par une végétation ou bac ou barrière en bord de trottoir - exemples : enfant 4 ans tué rue Curial à Paris (barrières) ; enfant 2 ans 1/2 pourtant accompagné tué à Tours (stationnement).
5 – l'absence d'îlot refuge central empêchant de se prémunir du danger d'un véhicule qui croise ou qui double le premier véhicule arrêté
6 - le redémarrage brutal inopiné du véhicule arrêté trop près du passage piéton qui ne laissera aucun temps ni aucun espace au piéton pour esquiver, ni au conducteur pour se reprendre et s'arrêter.
Quelques accidents particuliers survenus sur des passages piétons correspondant aux points 1 et 4 : Accidents particuliers de passages pietons
La raison principale de ces 5 dangers est :
La raison est le fait que les véhicules s'arrêtent trop près du passage piéton. La solution est le traçage d'une ligne transversale très bien visible, environ à cinq mètres avant le passage piéton, indiquant le point où les véhicules s'arrêtent dans le cas où un piéton entreprend la traversée de la chaussée.
Presque tous les pays du monde on adopté depuis longtemps une telle ligne devant les passages piéton aux feux et beaucoup de pays l'ont adopté aussi pour les passages piétons hors feux (en section courante).
La recherche de sécurité milite en faveur de l'adoption urgente d'une telle ligne en France. Pour être efficace, cette ligne doit être bien visible et bien comprise.
Dans les pays étrangers la largeur de la ligne varie de 40 cm à 90 cm (en Suisse), elle est le plus souvent de 50 cm, c'est cette largeur de 50 cm qui est recommandable.
Toute solution qui ne répondrait pas aux 3 critères suivants serait une demi-mesure qui laisserait persister le danger et qui nous maintiendrait dans la situation et le retard dans laquelle nous sommes depuis plus de 50 ans par rapport aux autres pays:
1 - largeur de la ligne : 50 cm
2 - position avant le passage piéton : 5 mètres, jamais moins
3 - rapport de 4 entre la longueur des traits et leur espacement : exemple traits de 80 cm espacés de 20 cm ou traits de 60 cm espacés de 15 cm ou traits de 50 cm espacés de 12 cm.
Sur le lien ci- après, quelques accidents particuliers sur passages piétons qui auraient pu être évités par le marquage d'une ligne d'arrêt à 5 mètres : Accidents particuliers de passages pietons
Ci-dessous 4 photos : l'une montrant un exemple étranger d'une ligne continue en Estonie, l'autre un exemple au Portugal, la troisième montrant la proposition de ligne semi-continue qui serait souhaitable pour la France, la quatième montrant les dangers de l'absence en France.
éviter les confrontations directes dangereuses entre piétons et véhicules : 2 photos ci-dessous
Il vous est possible de consulter les dossiers plus détaillés suivants :
L'étude plus détaillée sur la ligne d'arrêt sur le lien La ligne d arret .
Rapport que j'ai fait pour la Commission Européenne : Rapport pour la commission europeenne .
Rapport concernant l'accident d'Adelcia (8 ans) à Annemasse qu'une ligne d'arrêt aurait pu éviter : Ligne d arret accident d annemasse.
Dossier Suppression des repetiteurs de feu ces répétiteurs sont nocifs pour les piétons et les cyclistes car ils incitent les automobilistes à s'approcher au plus près des feux et des passages piétons.
D'autres dossiers suivants concernent ce sujet .
Semi continues a l etranger
Ligne continue a l etranger
50 50 vs 80 20
Sas cyclistes
Exageration des passages pietons
La securite des passages pietons
Accidents particuliers de passages pietons
Lignes discontinues 50 50
Piece jointe details et photos
Croquis ligne d arret
Modules de rapport 4
Deux cotes negatifs des passages pietons
Passages pietons suggeres
4 photos ligne d effet