Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020318-232565
Timestamp: 2017-07-24 20:31:04+00:00
Document Index: 14028754

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 12", "l'article 25", "l'article 12", 'art. 12', 'art. 25']

France, Conseil d'État, 8 ss, 18 mars 2002, 232565
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 8 ss, 18 mars 2002, 232565
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 232565Numéro NOR : CETATEXT000008089320 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-03-18;232565 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE - LEGALITE INTERNE - ETRANGERS NE POUVANT FAIRE L'OBJET D'UNE MESURE DE RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 13 avril 2001, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 14 février 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 11 août 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Emerita X... ; 2°) de rejeter la demande présentée par Mme X... devant le tribunal administratif de Paris ; Vu les autres pièces du dossier ;
- le rapport de M. Olléon, Maître des Requêtes, » - les conclusions de Mme Mignon, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit ( ...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans, si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ;
Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris selon la procédure normale ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X... justifie résider habituellement en France depuis janvier 1990, notamment par des attestations et relevés bancaires, certificats et examens médicaux, factures, attestations de séjour établies par une église évangélique et plusieurs personnes ; que, par suite, le PREFET DE POLICE ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis précité de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 11 août 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Emerita X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-08-11Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 12 bis, art. 25Publications :Proposition de citation: CE, 18 mars 2002, n° 232565Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. OlléonRapporteur public : Mme MignonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 8 ssDate de la décision : 18/03/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page