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Timestamp: 2019-03-20 15:22:22+00:00
Document Index: 244139905

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Plan BPCO par 01792640 - plan BPCO 2005 pdf - Fichier PDF
plan BPCO 2005 .pdf
Nom original: plan_BPCO_2005.pdf
Titre: Plan BPCO
Auteur: 01792640
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« Connaître, prévenir et mieux prendre en charge la BPCO »
Le programme d’actions en faveur
de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) :
 les objectifs généraux :
¾ Diminuer, à terme, la fréquence de la BPCO dans la population générale, par la mise en
place d’une politique de prévention visant à réduire les facteurs de risque de la maladie,
particulièrement l’exposition tabagique et professionnelle.
¾ Diminuer la mortalité évitable, les hospitalisations, réduire le handicap respiratoire et
améliorer la qualité de la vie et l’insertion socioprofessionnelle des malades par un
dépistage, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée
 Un programme articulé autour de 6 axes stratégiques:
Axe 1 : Développer les connaissances épidémiologiques sur la BPCO
Axe 2 : Soutenir la recherche sur la BPCO
Axe 3 : Prévenir la BPCO dans la population générale
Axe 4 : Renforcer la formation et l’information des professionnels de santé sur la BPCO
Axe 5 : Améliorer l’accès aux soins, le diagnostic précoce et la qualité de la prise en charge des
malades atteints de BPCO
Axe 6 : Développer l’information, l’accompagnement et le des malades et de leur entourage, en
lien avec les associations de patients
Préface du Ministre de la santé et des Solidarités…………………………………………4
Préface de la Société de Pneumologie de langue Française……………………………. 5
Etat des lieux en France sur la BPCO……………………………………………………… 6
Axe 1 : développer les connaissances épidémiologiques………………………………..12
Axe 2 : Soutenir la recherche………………………………………………………………..14
Axe 3 : prévenir la BPCO dans le population générale…………………………………...17
Axe 4 : renforcer la formation et l’information des professionnels de santé……………24
Axe 5 : Améliorer l’accès aux soins et à la qualité de la prise en charge……………….27
Axe 6 :développer l’information, le soutien des malades en partenariat avec les
associations……………………………………………………………………………………39
Annexes………………………………………………………………………………………..42
La broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie respiratoire qui touche
les personnes de plus de 45 ans fumeurs ou exposées professionnellement. Elle atteint plus de
3,5 millions de personnes et tue 16 000 malades chaque année en France.
C’est la 5ème cause de décès dans le monde, après l’infarctus, les accidents vasculaires
cérébraux, les infections respiratoires communautaires et la tuberculose.
Le tabagisme est la principale cause de cette affection. La fréquence de la bronchopneumopathie chronique obstructive croit de façon alarmante depuis 20 ans, et suit la progression
de la consommation de tabac. Si nous ne luttons pas plus énergiquement contre le tabac, cette
maladie deviendra la 3ème cause de décès dans le monde en 2010.
Trop souvent, les patients vont consulter tardivement leur médecin, car ils ne s’inquiètent
pas de la survenue progressive de la gène respiratoire, qui est le premier signe de cette maladie,
ce qui en retarde d’autant le diagnostic et donc la prise en charge.
Cette maladie impose une prévention ciblée, un diagnostic précoce et une prise en
charge adaptée. La loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 s’est fixé plusieurs
objectifs dans ce sens.
Sa prévention passe par une politique volontariste de lutte contre le tabac, notamment
chez les jeunes et d’aide au sevrage des fumeurs.
Le diagnostic précoce de la broncho-pneumopathie chronique obstructive impose une
généralisation de la mesure du souffle chez le médecin généraliste ou le médecin du
travail, notamment chez les personnes de plus de 45 ans se plaignant du gène respiratoire, chez
les fumeurs et chez les professionnels particulièrement exposés. Il faut aussi mobiliser nos
concitoyens sur l’importance de préserver leur « capital souffle » tout au long de leur vie.
C’est à ce prix que la prise en charge des malades sera précoce et efficace, en leur
proposant des soins adaptés, associant une éducation thérapeutique et une réhabilitation
respiratoire. Cette démarche permettra d’améliorer la qualité de vie des patients.
Je suis convaincu que, grâce à ce plan « Connaître, prévenir et mieux prendre en charge
la broncho-pneumopathie chronique obstructive », nous parviendrons ensemble à combattre la
souffrance de ces personnes et à enrayer demain la progression de cette affection. Cela n’est
possible que si nous conjuguons nos efforts avec ceux des professionnels de santé et de la
Société Française de Pneumologie de Langue Française, ainsi qu’avec ceux des associations de
Préface de la Société de Pneumologie de Langue Française
La Société de pneumologie de langue française (SPLF) s’est engagée depuis plusieurs
années dans un vaste programme de travail sur la BPCO, acronyme de la bronchopneumopathie
chronique obstructive. Ce programme se développe en lien étroit avec toutes les composantes de
la pneumologie, c’est à dire le CNMR, les pneumologues quel que soit leur mode d’exercice et les
associations de malades.
Dans cette démarche, le soutien de la Direction Générale de la Santé joue un rôle
fondamental. Elle a demandé à la SPLF de proposer un programme d’actions de santé publique
pour lutter contre la BPCO. Sous la direction du bureau de la SPLF et de son conseil
d’administration, ce plan a été élaboré grâce au travail de nombreux experts. La réalisation de ce
document a été conduite de manière classique : plusieurs réunions ont été organisées pour
dessiner au cours d’un premier tour de table les grandes questions à traiter (les axes de ce plan),
puis pour critiquer de manière consensuelle (sous forme d’accord d’experts) la rédaction des
différents chapitres. Nous voulons ici remercier l’ensemble des auteurs pour leur implication et
leur patience dans l’élaboration de ce texte.
Souhaitons que ce programme d’actions retienne l’attention des différentes instances
décisionnaires et contribue à la mise en place d’actions concrètes visant à enrayer le
développement quasiment épidémique de la BPCO.
Vice président SPLF
Président SPLF
Etat des lieux de la BPCO en France en 2005 :
1. La définition, les enjeux
La Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) se définit comme une maladie
chronique inflammatoire, lentement progressive atteignant les bronches. Cette affection est
caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits aériens.
Cette maladie, longtemps peu symptomatique, débute par une toux, une expectoration matinale,
symptômes souvent banalisés et attribués à la « bronchite chronique » du fumeur par les patients
eux mêmes; progressivement s’installe une dyspnée à l’effort puis au repos, pouvant gêner les
gestes de la vie courante. Des décompensations respiratoires, notamment à l’occasion d’épisodes
infectieux, peuvent entraîner une insuffisance respiratoire aiguë engageant le pronostic vital.
La mise en évidence d’un trouble obstructif peu réversible sous broncho-dilatateur permet de faire
de le diagnostic et d’évaluer la gravité de la maladie.
Plusieurs stades de sévérité de la maladie sont décrits en fonction des caractéristiques cliniques et
de l’importance des anomalies des épreuves fonctionnelles respiratoires
Classification de la BPCO en stades de sévérité .
Cette affection est longtemps non ressentie par le malade et évolue à bas bruit en l’absence de
prise en charge adaptée, entraînant des lésions bronchiques majeurs qui pourraient être prévenus
par un dépistage précoce et simple, la mesure du souffle et une prise en charge adaptée.
A un stade avancé, la maladie entraîne une insuffisance respiratoire limitant le moindre effort de la
vie quotidienne. Une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire afin de limiter les
complications et d’améliorer la qualité de la vie, souvent très altérée des personnes malades. Les
co-morbidités (cardiopathies ischémiques, accidents vasculaires cérébraux, cachexie) grèvent le
pronostic de survie des malades atteints de BPCO.
Dans plus de 80% des cas, le tabac est le principal responsable de cette pathologie. Dans 20%
des cas, l’exposition professionnelle (industrie sidérurgique, textile, extraction minière, secteur
agricole…) est en cause. L’arrêt de l’exposition aux risques, notamment du tabac, permet,
quelque soit le stade évolutif de la maladie, la stabilisation ou la récupération de la fonction
¾ La prévention primaire, qui a pour objectif de réduire l’incidence de la BPCO, est
possible : elle nécessite une mobilisation de tous contre ces facteurs de risque et,
notamment, d’intensifier la lutte contre le tabagisme.
¾ la prévention secondaire, permettant de diminuer les complications et d’améliorer la
qualité de vie des patients, implique de mieux diagnostiquer et prendre en charge au long
cours la maladie.
¾ Un effort concernant la prévention tertiaire doit être fait en assurant aux malades atteints
de formes sévères avec une insuffisance respiratoire majeure, un confort de vie, et un
soutien, incluant l’entourage, en lien, notamment, avec les associations de patients.
2. La BPCO, un impact médico-social majeur en France et dans le monde :
La BPCO constitue un enjeu de santé publique de plus en plus important, à la fois d’un point de
vue sociétal, médical et économique.
 Quelques repères épidémiologiques
Dans le monde, la BPCO est en augmentation constante depuis 20 ans avec plus de 44 millions
de malades, soit 4 à 10% de la population adulte.
En France, 3,5 millions de personnes (soit 6 à 8 % de la population adulte) sont atteintes de
BPCO ; 100 000 malades présentent des formes sévères nécessitant une oxygénothérapie et / ou
une ventilation à domicile.
Dans le monde, la mortalité par BPCO devrait doubler en 2020 par rapport à 1990 et devenir la
3ème cause de mortalité (après les cardiopathies ischémiques et les maladies cérébro-vasculaires)
en raison de l’augmentation du tabagisme, notamment chez les femmes.
Dans 15 ans, la BPCO sera au 5ème rang des maladies chroniques pour le nombre d’années
perdues par mortalité précoce avant 65 ans ou vécues avec un handicap important1.
En France, la mortalité augmente régulièrement depuis 20 ans, avec 16 000 décès2 par an, (ce
qui excède les décès par accidents de la route).
Connu sous l’acronyme en anglais de « DALYs » = disability-adjusted life years
Taux brut 26 pour 100 000 habitants, 30,7 pour les hommes, 20,7 pour les femmes selon les données de
l’INSERMSC8 de 1997.
 la population atteinte:
La BPCO atteint les adultes de plus de 45 ans et augmente de fréquence avec l’âge.
Les hommes sont plus atteints que les femmes (sexe ratio 0,6). Cependant, dans les pays
industrialisés, la proportion de femmes atteintes augmente, notamment en raison de
l’augmentation du tabagisme féminin et d’une susceptibilité plus grande à la maladie.
Les conditions de vie défavorables et la malnutrition aggravent le risque de voir apparaître
une BPCO sévère.
Les antécédents néonataux (prématurité), le tabagisme passif durant la grossesse, les
facteurs génétiques et les infections respiratoires dans l’enfance semblent être des facteurs
 Les facteurs d’exposition:
le tabac est en cause dans plus de 80% des cas de BPCO. Le risque augmente avec
l’ancienneté et l’intensité de l’addiction. Il existe, cependant, à consommation égale, une
susceptibilité individuelle au tabac due à des facteurs environnementaux et génétiques
L’arrêt de l’intoxication tabagique, à tous les stades de la maladie, permet de stabiliser et
même d’améliorer les fonctions respiratoires du malade.
D’autres expositions sont en cause et ne doivent pas être négligées :
le cannabis a été récemment reconnu comme responsable de lésions bronchiques
pouvant générer une BPCO. Consommé surtout chez les jeunes, souvent en
association avec le tabac, il peut être considéré comme un facteur de risque dont
l’importance va s’accroître dans les prochaines années.
les polluants professionnels3 (minéraux, chimiques, organiques) sont responsables de
20% des BPCO.
les pollutions domestiques et urbaines sont à la fois des facteurs de risque de la
maladie mais aussi responsables de la survenue, chez les malades atteints de BPCO,
de complications aiguës.
 L’impact en termes de morbidité et sur les dépenses de santé en France :
Chaque année, plus de 40 000 nouveaux malades sont admis en « affection de longue
durée» (ALD) pour insuffisance respiratoire chronique due à la BPCO4
100 000 malades sont sous oxygénothérapie à domicile
100 000 séjours en hospitalisation par an (soit 800 000 journées d’hospitalisation par an)
sont liés à des complications de la BPCO, notamment pour insuffisance respiratoire aiguë
au cours d’une exacerbation sévère.5
Le risque lié à des facteurs professionnels est clairement établi dans plusieurs secteurs d’activité, et suspecté dans de
multiples autres secteurs (8). Un excès de risque est connu dans le secteur minier et l’industrie extractive, en particulier
dans le secteur des mines de charbon, ainsi que dans l’industrie textile, le milieu céréalier, l’élevage des porcs et le
milieu de production laitière. Mais de multiples autres secteurs ont également fait l’objet de la description d’un excès de
risque de BPCO potentiellement liées à des expositions professionnelles : ouvriers de cimenterie, soudeurs, travailleurs
du bois, ouvriers de fonderie-sidérurgie, ouvriers exposés aux brouillards d’huile de coupe, ouvriers exposés aux
isocyanates, à l’amiante ou aux fibres minérales artificielles (évocation d’une action synergique du tabac et des fibres sur
les bronches), ouvriers du bâtiment et des travaux publics, ouvriers de fabrication du caoutchouc.
données de l’assurance maladies de 1998
Le poids médico-économique de la maladie est important:
Le coût direct de la maladie est estimé à 3,5 milliards d’euros par an dont 60% sont liés aux
exacerbations et 40% au suivi au long cours de la pathologie.
Les dépenses de santé sont fonction de la sévérité de la maladie. Le coût moyen de la
prise en charge d’une BPCO est estimé à 4000 euros par malade et par an.
Pour les malades les plus sévèrement atteints, admis en « affection de longue durée »
(ALD) pour insuffisance respiratoire chronique, les dépenses moyennes annuelles de santé
(dont 50% sont constituées par les dépenses d’hospitalisation, 20% par les médicaments)
sont supérieures à 6 000 euros.
Le coût moyen d’une oxygénothérapie à domicile est de 10 000 euros par an.
3 L’adéquation du diagnostic et de la prise en charge :
 La prévention de la BPCO est encore insuffisamment développée :
La BPCO est encore mal connue du grand public : lors d’une étude6 faite par téléphone auprès
de la population française, seuls 8% des personnes interrogées connaissaient le terme de
BPCO. Les facteurs de risque, notamment le tabac sont également mal connus.
Malgré l’efficacité démontrée du sevrage tabagique sur l’amélioration ou la stabilisation de la
fonction respiratoire, quelque soit le stade de sévérité de la BPCO, la mobilisation face au
tabac reste encore insuffisante.
Les professionnels de santé sous-estiment souvent le risque de BPCO chez les
fumeurs de plus de 45 ans et n’ont pas recours de façon régulière à la mesure du
souffle, faute, notamment, de formation suffisante dans ce domaine.
La lutte contre le tabac, qui a déjà permis de réduire la prévalence du tabagisme en
France de 12% en 3 ans7, doit s’intensifier par une mobilisation plus massive de
l’ensemble des professionnels de santé, notamment par la généralisation du « conseil
minimal antitabac8 ». Ce conseil a, en effet, fait la preuve de son efficacité en termes de
santé publique. D’une durée de 5 minutes, il permet à 2 % des personnes qui en ont
bénéficié, de s’arrêter durablement de fumer. Ainsi, si 2/3 des fumeurs bénéficiaient de
ce conseil, il y aurait 200 000 fumeurs de moins en France par an.
 Plus des 2/3 des malades ne sont pas diagnostiqués ou le sont tardivement au stade du
handicap respiratoire.
En effet, la BPCO est une maladie insidieuse, se manifestant, à ses débuts, par une toux et une
expectoration matinale, volontiers négligées par le malade car considérées comme les
conséquences « normales » du tabac. Ces signes sont aussi souvent banalisés par les
professionnels de santé, encore insuffisamment sensibilisés à l’importance du dépistage précoce
exacerbation = majoration ou l’apparition d’un ou plusieurs des symptômes de la maladie, toux, expectoration,
dyspnée, sans préjuger de la gravité de l’épisode ; décompensation respiratoire = exacerbation sévère susceptibles
d’engager le pronostic vital : définitions issues des recommandations d’experts publiées par la SPLF, actualisées en 2003, annexe
Roche N. Connaissance de la BPCO en population générale. Réseaux Respiratoires. Mars 2004.
Enquête de l’INPES : prévalence du tabagisme des 15/75 ans : 34,5% en 1999, 30,4% en 2003.
Le professionnel de santé s’enquiert systématiquement du statut tabagique de la personne qui consulte. En cas de
réponse positive, Il demande à la personne s’elle souhaite s’arrêter de fumer, l’informe sur le tabac et lui propose une
aide et une brochure d’information.
de la maladie et à réaliser la mesure systématique du souffle chez les fumeurs de plus de 45 ans
ou en cas de symptômes cliniques évocateurs.
La maladie est le plus souvent diagnostiquée tardivement, à l’occasion d’un épisode aigu ou de
l’apparition d’une gène respiratoire majeure handicapant la vie quotidienne.
 La prise en charge des malades, mêmes reconnus comme tels, est encore insuffisante :
Seule la moitié des malades est traitée, alors que plusieurs mesures (bronchodilatateurs, réhabilitation respiratoire) sont susceptibles d’améliorer la qualité de vie et
réduire le handicap du patient.
Malgré l’existence de recommandations internationales et françaises (annexe1)
relatives au traitement de la BPCO, il existe une importante variabilité dans les
modalités de traitement et de suivi des malades9 induisant une prise en charge au long
court souvent inadéquate.
les pratiques de traitement des exacerbations sont diverses et encore insuffisamment
L’éducation thérapeutique avec une aide au sevrage tabagique et un programme de
réhabilitation respiratoire, pourtant efficaces à tous les stades de la BPCO sont encore
très peu mis en place.
L’accompagnement des malades les plus gravement atteints et de leur entourage,
malgré les efforts des professionnels et des associations de patients, est encore
3. La BPCO et la politique de santé publique :
 Face à ces constats, l’amélioration de la prise en charge de la BPCO constitue un des objectifs
prioritaires inscrits dans la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004,
et cela à plusieurs tires:
Un objectif de prévention, par la réduction de l’exposition au tabagisme (objectifs N°3
et 410) visant à abaisser la prévalence du tabagisme chez les fumeurs quotidiens et à
diminuer le tabagisme passif,
Un objectif centré sur le diagnostic et la prise en charge de la BPCO (’objectif N°76), se
fixant le but de «réduire les limitations et les restrictions d’activités liées à la BPCO et
ses conséquences sur la qualité de la vie,
Un objectif plus général , en tant que maladie chronique, via le plan national, visant à
« améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques » (annexe
5), en cours d’élaboration. Dans ce plan, l’accent est mis sur l’importance de la prise en
compte de la qualité des vie des malades, ce qui constitue, un « changement de regard »
en considérant la maladie, non plus seulement du point de vue du soignant, mais
aussi de celui du malade et de son entourage.
à titre d’exemple, une étude de plus de 600 malades vus en consultation de pneumologie en Ile-de-France a montré
qu’une forte proportion reçoit une corticothérapie inhalée, alors que l’intérêt d’une telle thérapeutique n’a été démontré
que chez une minorité de patients (VEMS inférieur à 50 % de la théorique avec au moins deux exacerbations par
an)[19].
Objectif N° 3 : Abaisser la prévalence du tabagisme de 33 à 25% chez les hommes et de 26à 20% chez les femmes
d’ici 2008 ; objectif N° 4 : réduire le tabagisme passif dans les établissements scolaires, les lieux de loisirs,
l’environnement professionnel et à domicile.
Devant l’ensemble de ces constats, la nécessité d’un programme pluriannuel d’actions
coordonnées est apparue indispensable.
 Ce programme, prévu sur 5 ans, s’articule autour de 2 objectifs principaux :
¾ Diminuer, à terme, la fréquence de la BPCO dans la population générale,
améliorer la qualité de la vie et l’insertion socioprofessionnelle des malades.
et se décline en 6 axes stratégiques:
1 : Développer les connaissances épidémiologiques
2 : Soutenir la recherche
3 : Prévenir la BPCO dans la population générale
4 : Renforcer la formation et l’information des professionnels de santé
5 : Améliorer l’accès aux soins, le diagnostic précoce et la qualité de la prise en charge des
6 : Développer l’information, l’accompagnement et le soutien des malades et de leur
entourage, en lien avec les associations de patients.
Axe 1 : Développer les connaissances épidémiologiques
Les connaissances épidémiologiques sur la BPCO en France sont encore insuffisamment
développées en matière :
de taux de prévalence incluant tous les niveaux de gravité dans la mesure où les formes
débutantes ou légères qui représentent probablement la majorité des cas, sont inconnues car
rarement diagnostiquées dans la pratique clinique,
de facteurs de risque et leurs parts attribuables respectives (tabac et expositions
professionnelle et domestique),
de données sur l’histoire naturelle de la BPCO, en particulier le profil clinique et génétique des
malades ayant des exacerbations fréquentes et les facteurs associés à une évolution
péjorative (co-morbidité, facteurs environnementaux et génétiques),
d’évaluation du handicap respiratoire et de la qualité de vie des malades selon les degrés de
gravité, le profil évolutif de la maladie et le type de prise en charge,
d’analyse des pratiques de prise en charge sur l’évolution de la maladie. Un état des lieux des
pratiques de prise en charge aux urgences hospitalière des exacerbations au cours de la
BPCO est nécessaire afin de mieux appréhender leur adéquation avec les recommandations
professionnelles en vigueur,
d’appréciation du poids de la BPCO en termes médico-économiques.
Améliorer les connaissances épidémiologiques sur la BPCO et la part attribuable
respective des facteurs d’exposition en cause.
Objectifs et mesures:
Mettre en place un suivi épidémiologique de la BPCO :
¾ mesure 1 : Confier à l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) la surveillance épidémiologique de la
BPCO avec pour mission de :
- mettre en place, avec la collaboration des équipes de recherche déjà existantes, un
groupe de travail associant les chercheurs, les professionnels concernés et les
représentants des malades afin de définir :
- les objectifs généraux de la surveillance épidémiologique de la BPCO,
- les déterminants, notamment les expositions professionnelles devant faire l’objet
d’un suivi spécifique,
- les outils les plus pertinents (choix des indicateurs et incidence, prévalence, taux de
mortalité, mesure de la qualité de la vie, impact médico-économique et modalités de
recueil adaptées…).
- Mettre en place une surveillance épidémiologique régulière de la BPCO, selon les
indicateurs et la méthodologie pré-établis dans le cadre d’un suivi de cohorte au niveau
Soutenir des projets de recherche dans le domaine épidémiologique :
¾ mesure 2 : Lancer un appel d’offre financé, notamment, via les taxes sur le tabac, pour des
nouveaux projets de recherche épidémiologique concernant :
l’histoire naturelle de la BPCO
les facteurs génétiques et le rôle des antécédents pré et post natals
l’influence de la prise en charge de la maladie sur son évolution
la qualité de la vie et la mesure du handicap des patients
les représentations sociales de la maladie
l’impact médico-social et économique de la BPCO
¾ mesure 3 : Renforcer la participation française aux programmes de recherche déjà existants
notamment au niveau européen, à l’image de l’étude européenne ECRHS11.
DGS, INSERM, CNRS, HAS, SPLF, FFP, InVS, UNCAM, IRDES, associations de patients, MILDT,
INRS, fondations pour la recherche en pneumologie (cf. Annexe)
=European Community Respiratory Health Survey : ECHRSII est une étude épidémiologique prospective,
mise en place à l’échelon européen, dans 29 pays et sur 29 centres, permettant le suivi de 10 000 adultes
jeunes atteints d’allergie.
Axe 2 : Soutenir la recherche
 Malgré les progrès de la recherche, de nombreuses interrogations concernant la
physiopathologie de la BPCO demeurent sur :
les mécanismes à l’origine de la susceptibilité individuelle à développer une BPCO
les mécanismes qui président au développement et à la perpétuation de la réaction
inflammatoire et aux remaniements structuraux bronchiques et pulmonaires chez les
les acteurs cellulaires et les voies moléculaires spécifiques qui contribuent au
développement de la BPCO, en fonction des phénotypes cliniques et de la durée
les déterminants environnementaux favorisant la constitution d’une BPCO et son
la part attribuable de certains déterminants à l’origine de la BPCO ou de son
aggravation (rôle des certaines expositions professionnelles, polluants domestiques,
influence du statut nutritionnel…)
 Sur le plan thérapeutique, peu de traitements ont une efficacité démontrée dans la BPCO.
les traitements anti-inflammatoires actuels n’ayant pas démontré leur efficacité sur
l’inflammation et le remodelage bronchique observés dans la BPCO, l’expérimentation
de nouvelles molécules s’avère indispensable afin de proposer des traitements actifs
sur l’inflammation et la fibrose.
la transplantation pulmonaire qui peut constituer une option thérapeutique dans les
formes sévères de BPCO, est encore insuffisamment maîtrisée car peu d’équipes
d’immunologie travaillent spécifiquement sur le rejet de greffe pulmonaire.
la recherche sur les techniques de régénération pulmonaire qui peuvent, à terme,
représenter une alternative thérapeutique à la transplantation pulmonaire, doit se
les traitements symptomatiques de la BPCO (contre la toux, la dyspnée,
l’expectoration), bien que revêtant une importance toute particulière dans le domaine de
la BPCO, sont encore insuffisamment développés. Par exemple, l’utilisation de la
morphine, qui permet de soulager la dyspnée au cours de la BPCO, demeure encore
du domaine expérimental. Les techniques de ventilation non invasives et de
réhabilitation à l’effort adaptées à la problématique de la BPCO nécessitent de se
une amélioration des connaissances concernant les mécanismes de l’addiction au
tabac et au cannabis et une optimisation des techniques de sevrage sont nécessaires
pour améliorer la prévention de la BPCO.
Des efforts doivent être faits dans le domaine des sciences humaines pour mieux
appréhender, les déterminants socio-culturels de la maladie, ses représentations, son
retentissement psychosocial.
La mise au point d’outils évalués dans le domaine de l’éducation à la santé est indispensable.
Soutenir la recherche fondamentale et appliquée afin d’améliorer les connaissances sur la
BPCO dans les domaines physio-pathologiques, cliniques, thérapeutiques et des sciences
Faire progresser les connaissances fondamentales sur le poumon, sur la BPCO et initier
des recherches/actions innovantes pilotes en matière de prévention :
¾ Mesure 1 : Soutenir la création d’une Fondation nationale pour la recherche respiratoire
chargée de promouvoir et d’initier des projets de recherche dans le domaine de la BPCO.
Financée notamment par les taxes sur le tabac, cette Fondation aurait pour missions de
coordonner l’effort de recherche sur les maladies respiratoires.
¾ Mesure 2 : Mettre en place un appel à projets de recherche par la Fondation, en
collaboration avec les ministères de la santé et de la recherche, l’INSERM, le CNRS,
l’InVS, l’ANR, les Sociétés savantes, les associations de malades favorisant prioritairement
les thématiques de recherche physiologique et physiopathologique, sociologique et
¾ Mesure 3 : Mettre en place des cohortes nationales (intégrant la collecte d’échantillons
biologiques) de patients intégrées aux cohortes internationales existantes
¾ Mesure 4 : Développer l’utilisation de modèles animaux (par exemple, souris exposées à
la fumée), permettant de comprendre la place des acteurs cellulaires et des voies
d’activation moléculaires dans le développement de la BPCO et de tester des solutions
thérapeutiques originales.
¾ Mesure 5 : inscrire comme thématique des PHRC la BPCO ciblant, notamment les
profils évolutifs des malades, la recherche thérapeutique, les recherches/actions dans le
domaine de la prévention et de l’éducation thérapeutique.
Initier des recherches/actions innovantes pilotes en matière de prévention :
¾ Mesure 6: développer avec les associations de patients et les professionnels impliqués
des actions pilotes de prévention et d’éducation pour la santé
Développer des collaborations avec les partenaires européens dans le domaine de la
¾ mesure 7 : Favoriser les partenariats notamment avec l’Europe (DGSanco, DGG
recherche et équipes internationales de recherche, sociétés savantes européennes) afin de
développer la dimension multidisciplinaire et européenne de la recherche sur la BPCO
(épidémiologie, génétique, immunologie, pharmacologie, imagerie, bio-informatique, etc…).
des grandes entreprises concernées par les
¾ mesure 8 : Mettre en place des projets de recherche sur les expositions professionnelles
et organiser des recherches/actions sur les pratiques de dépistage et de prévention de la
BPCO et sur l’addiction tabagique dans des grandes entreprises privées et publics.
Mettre en place des partenariats avec l’industrie pharmaceutique pour développer la
recherche thérapeutique :
¾ mesure 9 : Mettre en place une charte entre l’industrie pharmaceutique et l’Etat, dans le
domaine de la recherche fondamentale, clinique et thérapeutique.
INSERM, CNRS, ANR, SPLF European Respiratory Society, Fédération française de Pneumologie
Fondations pour la recherche en pneumologie
Programmes européens, DG Sanco et DG recherche
1- La préservation du « capital souffle »
La BPCO est peu connue du grand public : selon les résultats d’une enquête téléphonique
française, seuls 8% de la population générale des plus de 40 ans ont déjà entendu parler de
« BPCO », alors que cette proportion augmente à 68% pour le terme « emphysème » et à 93%
pour le terme « bronchite chronique ». Les signes et la gravité de la maladie sont sous
estimés. La notion de « capital souffle » à préserver est inconnue du grand public.
Le rôle du tabac, du cannabis et des expositions professionnelles dans la genèse de la BPCO
est insuffisamment perçu par le grand public.
Le diagnostic de BPCO est souvent méconnu ou tardif : moins de 25 % des patients à risque
sont diagnostiqués12 et cela, malgré la présence de symptômes caractéristiques (toux,
expectoration matinale, dyspnée). Le caractère tardif du diagnostic est, au moins en partie, lié
à la trop fréquente banalisation des symptômes par les fumeurs et par les professionnels de
Même quand le diagnostic de BPCO est posé, la mesure du souffle n’est pas réalisée de façon
systématique pour évaluer la gravité de la maladie : une étude internationale a montré qu’une
personne sur deux ayant un diagnostic présumé de BPCO, avaient bénéficié d’une mesure de
la fonction respiratoire.
La mesure du souffle est aujourd’hui techniquement possible pour le médecin généraliste avec
l’apparition d’appareils spirométriques faciles à utiliser, fiables et peu onéreux. Un guide à
l’usage des patients et de leur entourage a récemment été édité dans le cadre d’une
collaboration entre la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), le Comité
National Contre les Maladies Respiratoires (CNMR) et l’Association BPCO.
Une opération « pilote », en mars 2005, soutenue par la DGS, (annexe 2), menée dans la ville
de Bourges, ayant mobilisé l’ensemble des professionnels de santé, les associations de
patients, les élus locaux et les pouvoirs publics a permis de proposer aux adultes volontaires,
une mesure de dépistage des anomalies du souffle, dans le cadre d’une campagne
d’information sur les maladies respiratoires obstructives.
Sur le même thème et devant le succès rencontré par cette opération, une campagne
nationale « capital souffle, prends ton souffle en main », ciblant les professionnels de santé et
le grand public a été lancée, en octobre 2005, par les sociétés savantes et les associations de
malades avec le soutien du ministère de la santé (annexe2).
Huchon GJ. Et coll. Chronic bronchitis among French adults : high prevalence and underdiagnosis.Eur Resp J2002 ;
20 :507-12
Sensibiliser le grand public et les professionnels de santé à la BPCO et à l’importance de la
préservation du « capital souffle »
Mieux faire connaître au grand public la BPCO, ses signes, ses causes et les moyens
de prévention et de prise en charge :
¾ mesure 1 : Développer des campagnes d’information sur la BPCO ciblant le grand
public et les professionnels de santé13:
- de façon directe par des campagnes médiatiques grand public (radio, TV, presse) et
dans les lieux de soins (affichages et de distribution de plaquettes (les pharmacies,
salles d’attente des médecins, dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers…)
- de façon indirecte par une sensibilisation des professionnels de santé par la mise
en place de formation et d’information sur la maladie.
¾ mesure 2 : Pérenniser la Journée Mondiale annuelle de la BPCO et décliner des actions
¾ mesure 3 : Faire inscrire la BPCO comme « grande cause nationale ».
¾ mesure 4 : Renforcer les partenariats avec les structures informant le grand public sur le
tabac et le cannabis afin que des informations sur la BPCO soient associées à celles
concernant ces addictions, notamment sur la ligne « Tabac info service » en lien avec
l’INPES.
¾ mesure 5 : Créer un portail Internet sur la BPCO, proposant des informations validées
ainsi que des liens vers des sites de référence comme ceux du CNMR, de la SPLF, de
tabac Info Service, les associations de patients….
Sensibiliser le grand public à l’importance de préserver son « capital souffle » et former
les professionnels de santé à dépister et à prendre en charge les anomalies du souffle :
¾ mesure 6 : Développer des programmes pilotes de dépistage de la BPCO dans des
grandes entreprises, en lien avec la médecine du travail dans le cadre d’actions en faveur
de la lutte contre le tabagisme et l’exposition professionnelle.
¾ mesure 7 : Favoriser des actions de dépistage en médecine de ville, en lien avec les
caisses d’assurance maladie :
Former les médecins généralistes à l’utilisation des outils de mesure du souffle et à
la prise en charge des anomalies du souffle détectées et diffusion des appareils de
mesures (piko) aux professionnels concernés,
Développer la pratique des dépistages des anomalies du souffle dans le cadre de
« consultations de prévention » des personnes de plus de 40 ans ayant des facteurs
de risque (tabac et / ou exposition professionnelle).
SPLF, FFP, Association BPCO, UNCAM, CNMR, Fédération Française des Associations et
Amicales des Insuffisants Respiratoires, DGS, INPES, SPLF, Société Française de Médecine
Générale, Société Française de Médecine du Travail, Ordre des Médecins, Ordre des
Pharmaciens, Industrie pharmaceutique, LEEM.
2- La lutte contre les facteurs de risques :
Un décès sur 9 est lié au tabac (soit 66 000 décès14 en France par an, dont la moitié
surviennent avant 65 ans). Dans plus de 20% des cas, ces décès sont dus à la BPCO qui est
la 3ème cause de mort par tabac, soit 16 000 décès par an, après les cancers du poumon et les
Nombre de décès attribuables au tabac pour les principales maladies
liées au tabac en France en 1995 :
Cancers de siège non précis
Cancers vessie, rein, col utérin
Cancers VADS*, œsophage
Maladies respiratoires (BPCO)**
(D’après B. Dautzenberg. Pathologie liée au tabagisme.Rev.Prat.2004 ; 54 :1877-82.)
-*voies aériennes digestives supérieures
-**ce chiffre de 11 000 décès correspond aux décès par BPCO imputables au tabac et non la totalité des décès par
BPCO (= 16 000).
La consommation de cannabis, plus importante chez les jeunes, (celle-ci a presque doublé
entre 1993 et 2002 pour les 18-44 ans) est corrélée avec un risque accru de BPCO et de
cancer pulmonaire15.
La législation anti-tabac (lois du 9 juillet 1976 et du 10 janvier 199116) et les directives
européennes ont permis de mettre en place :
La mortalité liée au tabac représente 10 à 15% de la mortalité française.
G.Lagrue et coll. Tabac et cannabis chez les adolescents, une liaison dangereuse. Rev. Prat 2004; 54 :
des mesures d’interdiction de la publicité directe ou indirecte sur le tabac,
une d’augmentation des taxes sur le tabac (plus 40% d’augmentation des prix des
cigarettes entre janvier 2003 et 2004),
des actions d’information des consommateurs (avertissements sanitaires obligatoires sur
les paquets)
l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
Le 26 Mai 1999, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, placée
sous l’autorité du Premier Ministre, a officialisé un plan triennal (1999-2002) de lutte contre la
drogue et la prévention des dépendances, dans lequel la lutte contre le tabagisme était un
objectif majeur avec, notamment, l’accès aux substituts nicotiniques (mise en vente libre en
Une ligne téléphonique d’aide à l’arrêt du tabac (Tabac Info Service17), les campagnes
d’information conduites par l’INPES ont renforcé la mobilisation contre le tabac.
Le plan gouvernemental 2004-200818 de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool
vient renforcer ces dispositifs :
- pour le cannabis : le plan cible les jeunes et prévoit la mise en place de campagnes
d’information et de communication19 et de consultations spécifiques,
pour le tabac : les objectifs généraux du plan sont de reculer l’âge de la première cigarette,
d’inciter précocement les fumeurs au sevrage tabagique, de diminuer le tabagisme passif
et celui des femmes enceintes ; le plan prévoit également la mise en place de campagnes
de communication, d’expériences de prise en charge financière des substituts nicotiniques,
le développement des consultations d’aide à l’arrêt du tabac et l’amélioration de la
formation des personnels de santé.
Des mesures similaires ont été énoncées dans une convention - cadre de l’OMS, signée en
2003, et ratifiée par 15 des 25 pays européens dont la France.
8 des 70 mesures du Plan Cancer 2003-200720, plan national inscrit dans la loi de santé
publique de 9 août 2004, « déclarent la guerre au tabac » et prévoit d’aider les citoyens à
s’arrêter de fumer par des actions volontaristes d’éducation à la santé et par une diffusion plus
grande de l’aide au sevrage en finançant une partie de ces mesures par les taxes du tabac.
Une expérience de gratuité des substituts nicotiniques en médecine de ville est actuellement
mise en place et en cours d’évaluation pour les bénéficiaires de la CMU dans 3 régions
pilotes : Alsace, Basse-Normandie et Languedoc Roussillon. Cette expérience concerne plus
de 70 000 fumeurs, parmi lesquels plus de 11 000 personnes volontaires pour le sevrage.
Malgré les efforts déjà consentis et la baisse de la prévalence du tabagisme observée
(prévalence chez les 12-75 ans =33,2% en 1999 ; 29,9 % en 2004,)21, la lutte contre le tabac et
le cannabis doit se renforcer en mobilisant, notamment, plus activement les professionnels de
Loi dite « Evin, articles L.3511 et suivants et R.355-28 du Code de santé publique.
Tabac Info Service : 0 825 309 310; site Internet : http://www.tabac-info-service.fr, sous l’égide de l’INPES.
Mission Interministérielle de lutte contre le drogue et la toxicomanie : http :// www.drogues.gouv.fr
Sous l’égide de l’INPES, mise en place de campagnes médiatiques de sensibilisation ciblant les jeunes et ouverture
d’une ligne téléphonique : « Ecoute Cannabis » : 0 811 91 20 20
Plan Cancer 2003-2007, en ligne sur le site du ministère de la santé : http://www.sante.gouv.fr : 1) rendre de plus en
plus difficile l’accès au tabac 2) faire appliquer l’interdiction de fumer dans les lieux collectifs, 3 )faire appliquer
l’interdiction de la promotion du tabac, 4) mobiliser les associations contre le tabac, 5) aider à l’arrêt du tabac par des
actes vonlontaristes d’éducation pour la santé, 6) lutter contre le tabagisme chez les femmes enceintes, 7) financer des
campagnes grand public et établir des chartes de bonne conduite avec les médias pour jeunes 8) utiliser l’augmentation
des taxes pour financer les actions de prévention contre le cancer et de soins.
Etude baromètre santé, BEH n°21-22/2005.
santé. Ainsi, seulement 40% des fumeurs quotidiens bénéficient en médecine de ville du
conseil « anti-tabac » qui pourtant a prouvé son efficacité pour initier une demande d’aide au
En raison d’un accroissement de la demande d’aide au sevrage, les consultations
départementales hospitalières de tabacologie, mises en place en 2004, ne peuvent pas
répondre rapidement à toutes les demandes.
Prévenir l’apparition ou l’aggravation de la BPCO en réduisant le tabagisme et la
Renforcer l’information auprès du grand public sur les dangers du tabagisme :
¾ Mesure 1 : Développer des actions d’information et d’éducation pour la santé dans la
population générale en mettant en place :
- des campagnes annuelles médiatiques sur le tabac et le cannabis ciblant le grand public en
lien avec l’INPES, les associations et les professionnels concernés,
des messages sanitaires « renforcés » sur les paquets de cigarettes, cigares et de tabac à
rouler (ajout de photographies représentatives des dangers pour la santé du tabac et le N°
de téléphone et coordonnées des sites anti-tabac)
des campagnes médiatiques sur le souffle et les risques du tabac.
¾ Mesure 2 : Développer des actions d’information et d’éducation pour la santé auprès de
publics cibles en mettant en place des actions d’information par la mobilisation des
professionnels de santé concernés :
au sein des écoles et des collèges (CM2 et classe de sixième), en impliquant toute la
communauté éducative, en lien avec l’Education Nationale,
lors des consultations de suivi de grossesse et de PMI auprès des femmes enceintes, des
mères de jeunes enfants en mobilisant les médecins les infirmiers et les sages-femmes,
dans les entreprises, par la mobilisation des médecins du travail, en associant à ces
actions, un dépistage des anomalies du souffle, une aide au sevrage tabagique et une lutte
contre l’exposition au tabagisme passif et polluants professionnels,
parmi les populations précarisées, en généralisant les expériences récentes menées parmi
les fumeurs, bénéficiaires de la CMU.
Améliorer l’aide au sevrage tabagique en incitant au sevrage et améliorant l’accessibilité
aux soins de sevrage tabagique :
¾ Mesure 3 : Former les professionnels de santé à l’usage du « conseil minimal» anti-tabac,
à l’occasion d’une consultation, toute autre intervention de santé (médecins généralistes et
du travail, pharmaciens, dentistes, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes…) (axe 4)
afin qu’à terme 80 % des fumeurs puissent en bénéficier.
¾ Mesure 4 : Organiser la prise en charge financière des aides médicamenteuses
(substituts nicotiniques, bupropion) pour les patients :
en situation de précarité, remboursement sur prescription médicale,
en ALD, en particulier pour BPCO et insuffisance respiratoire chronique.
¾ Mesure 5 : Mettre à disposition gratuitement dans le cadre des actions préventives de la
Médecine du Travail des substituts nicotiniques pour les fumeurs s’engageant dans un
programme de sevrage.
¾ Mesure 6 : Développer dans chaque département les capacités d’accueil des
consultations hospitalières de tabacologie par la création d’un nombre de vacations
hospitalières et l’ouverture dans les grands centres hospitaliers de consultations collectives
sans rendez-vous22.
Renforcer l'application de la loi relative au tabac concernant la lutte contre le tabagisme
¾ Mesure 7 : Renforcer l’application des mesures de prévention du tabagisme passif dans
les lieux publics (magasins, restaurants, bâtiments administratifs, transports publics …) en
mobilisant des villes partenaires, les associations, les acteurs de la vie économique.
Utiliser les taxes sur le tabac pour financer la lutte contre le tabagisme :
¾ Mesure 8 : Mettre en place les procédures administratives permettant d’utiliser les taxes
sur le tabac pour financer l’information sur le tabac, l’aide au sevrage tabagique, la
recherche, la prévention et la prise en charge des pathologies liées au tabac, notamment la
DGS, INPES, UNCAM, INCA, MILDT, Education Nationale, Collectivités locales, Mutuelles,
Fédération Française de Cardiologie, Ligue Nationale contre le Cancer, Société Française de
Médecine du Travail, Office Français de Prévention du Tabagisme, Société Française de
Cardiologie, SPLF, FFP, CNMR, Associations de malades, entreprises.
action annoncée dans le cadre de la « Journée sans tabac », le 2005 du 31 mai 2005.
Axe 4 : Renforcer la formation et l’information des professionnels de santé
• Les médecins généralistes :
Une formation sur la BPCO est incluse dans le programmes des études médicales mais ne
permet pas d’aborder suffisamment la prévention des facteurs de risque, notamment le tabac
et l’aide au sevrage, les innovations dans le dépistage (mesure du souffle), le diagnostic et la
prise en charge de la maladie.
• Les pneumologues :
La formation initiale et continue des pneumologues ne permet pas d’aborder exhaustivement :
les nouvelles modalités de prise en charge, définies par les recommandations
professionnelles élaborées par la SPLF (modalités de traitement et de suivi,
réhabilitation respiratoire, éducation à la santé, alternatives à l’hospitalisation,
assistance ventilatoire à domicile…),
la notion de travail en coordination avec les autres partenaires de santé et sociaux,
les outils dévaluation de la qualité de vie, de l’éducation pour la santé,
les enjeux et les méthodes de la recherche (clinique, épidémiologique…).
• Les médecins du travail :
Les médecins du travail doivent mieux formés à la prévention et le dépistage précoce de la
BPCO dans le cadre du lieu de travail afin de lutter contre les expositions professionnelles
mais aussi de mener des actions contre le tabagisme actif et passif en entreprise.
• Les autres professionnels de santé, sont concernés par la BPCO à la fois pour la
prévention contre les facteurs de risque mais aussi dans le dépistage et la prise en charge,
- les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes qui peuvent être des relais d’information,
de prévention de la BPCO à condition d’être mobilisés et formés aux enjeux de cette
- les kinésithérapeutes qui doivent être sensibilisés à la prévention de la BPCO (mesure
du souffle) et à la lutte contre le tabagisme et formés aux pratiques de soins de
réhabilitation respiratoire,
- les infirmiers qui doivent être formés à la prise en charge des formes graves nécessitant
une assistance respiratoire à l’hôpital ou à domicile, mais aussi à l’information et à
l’éducation à la santé (prévention du tabagisme, aide au sevrage tabagique, éducation
thérapeutique…),
- les assistants sociaux qui doivent être sensibilisés à la prise en charge sociale et à
l’accompagnement des malades atteints de BPCO dans le parcours de soins et d’insertion
socioprofessionnelle,
- les psychologues qui doivent être sensibilisés à la prise en charge et à
l ‘accompagnement des malades atteints de formes sévères de BPCO, en lien avec les
autres professionnels de santé et les associations de malades.
Des besoins de coordination dans le domaine de la prise en charge des malades atteints
de maladies chroniques existent afin de permettre de faire le lien entre les différents aspects
de la vie quotidienne du malade et concilier les enjeux de santé et ceux d’une insertion
professionnelle et sociale réussie.
Objectif général : améliorer la formation des professionnels de santé sur la BPCO, ses
enjeux de prévention, son diagnostic et sa prise en charge.
Adapter la formation médicale initiale des médecins généralistes aux besoins de la prise
en charge des BPCO au quotidien : prévention, dépistage et traitement :
¾ Mesure 1 : Introduire dans le programme de l’examen national classant de fin
d’études des 2ème et 3ème cycle des études médicales les principes du dépistage et de
prise en charge de la BPCO (mesure du souffle et repérage des 1ers symptômes) et sur le
tabagisme (prévention et prise en charge),
¾ Mesure 2 : Mettre en place des séminaires de sensibilisation sur la BPCO au cours
du 3ème cycle des études médicales, via le concept du « patient formateur » (annexe 3) en
mobilisant les associations de malades.
Améliorer la formation continue des généralistes et des médecins du travail :
¾ Mesure 3 : Inscrire la B.P.C.O. comme thème prioritaire de la formation médicale
continue obligatoire et élaborer, avec le Collège national de la formation médicale continue
(FMC), le Collège des enseignants de médecine générale et les sociétés savantes
concernées, des modules de formation ciblant la prévention, le diagnostic, la prise en
charge de la BPCO et du tabagisme dans le cadre de référentiels de bonnes pratiques
¾ Mesure 4 : Mettre à disposition des outils de formation (CD-Rom, brochures, livres,
documents sur les sites de sociétés savantes) permettant de se former à la mesure du
souffle, à la réhabilitation respiratoire, à l’éducation thérapeutique, à l’aide et au sevrage
¾ Mesure 5 : Intégrer la prise en charge de la BPCO dans les EPP, en lien avec l’HAS et
des sociétés savantes concernées.
Optimiser la formation initiale et continue des pneumologues sur la BPCO:
¾ Mesure 6 : renforcer l’enseignement sur la BPCO dans le DES de pneumologie et dans
la formation médicale continue (FMC)23, en introduisant, notamment, des modules sur l’aide
au sevrage tabagique, les soins d’urgence de l’insuffisance respiratoire aiguë, la ventilation
à domicile, la réhabilitation respiratoire, l’éducation thérapeutique, la coordination médicosociale de la prise en charge et une sensibilisation à la pratique de la recherche et de
En lien, notamment avec la Fédération Française de Pneumologie, FFP, créée en octobre 2005 et regroupant des
représentants des organismes existants dans le domaine de la pneumologie (sociétés savantes, syndicats, collèges,
¾ Mesure 7 : Poursuivre la mise en ligne de l’ensemble des outils et types de formations
disponibles sur les sites des Sociétés savantes, les recommandations professionnelles de
diagnostic et de prise en charge de la BPCO.
¾ Mesure 8 : Intégrer ces recommandations dans le cadre de l’évaluation des pratiques
professionnelles (EPP), en lien avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Former les kinésithérapeutes à la prise en charge de la BPCO :
¾ Mesure 7 : Intégrer dans la formation initiale et continue des kinésithérapeutes une
sensibilisation sur la prévention, le dépistage et la prise en charge de la BPCO et une
formation théorique et pratique sur les soins de réhabilitation respiratoire.
Sensibiliser les autres professionnels de santé : (dentistes, pharmaciens, infirmiers, aides
soignants, assistants sociaux psychologues) à la prise en charge des patients atteints de
BPCO graves et aux problématiques de prévention de la BPCO (tabac, éducation
Développer les nouveaux métiers de « coordination des soins » (annexe 6) :
¾ Mesure 8 : initier des recherches/actions sur la place du « coordonnateur de soins »dans
la prise en charge des malades atteints de formes sévères de BPCO.
DGS, DHOS, Education nationale, Collèges de FMC, SPLF, FFP
HAS, UNCAM,
Société savantes (généralistes, médecins, urgentistes, kinésithérapeutes…)
Collège des Professeurs de pneumologie, médecine générale.
Associations de malades FFAIR
Axe 5 : Améliorer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des malades
¾ Favoriser l’accès à un dépistage et un diagnostic précoce
¾ Améliorer la prise en charge et le suivi des malades
1. Le dépistage et le diagnostic de la BPCO
Un dépistage a pour but d’identifier dans une population a priori en bonne santé les individus
malades ou porteurs d’une anomalie à un stade débutant ou infra clinique. L’objectif est de
proposer aux personnes repérées par le test de dépistage de confirmer le diagnostic par des
explorations complémentaires, et, le cas échéant, d’organiser une prise en charge précoce
susceptible de prévenir ou de limiter les conséquences sur leur santé induites par le problème de
santé ainsi détecté.
Des critères d’application d’un test de dépistage ont été proposés, selon les critères de Wilson, par
l’Organisation Mondiale de la Santé24. L’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé
(ANAES), devenue Haute Autorité de Santé, (HAS) a rappelé les éléments d’évaluation a priori
d’un programme de dépistage.
Les arguments en faveur d’une démarche de dépistage de la BPCO
La B.P.C.O. est une maladie longtemps peu symptomatique. Le caractère tardif de la dyspnée,
signe d’alerte pour le malade comme pour le médecin, apparaît lorsque la fonction respiratoire est
déjà très dégradée. Les signes cliniques (toux, expectoration) sont souvent banalisés par le
malade et le professionnel. A ce stade, il est, cependant, important de faire le diagnostic en
repérant les anomalies méconnues du souffle, car, une intervention (aide au sevrage tabagique,
mise en place d’un traitement et d’une réhabilitation respiratoire) est efficace pour limiter l’évolution
négative de la fonction respiratoire et réduire les complications, comme l’indique le graphique
Critères de WIlSON d’application d’un test de dépistage de masse (OMS 71)*
1) La maladie concernée est fréquente et crée un problème de santé (à l’échelle de la population et/ou
à l’individu)
2) Le dépistage à un stade précoce apporte un bénéfice pour le sujet atteint (amélioration de la survie,
ou de l’état physique, ou de la qualité de vie)
3) La société peut assurer la prise en charge du dépistage et le traitement des individus dépistés.
4) Les autres méthodes diagnostiques ne sont pas applicables ou entraînent un retard diagnostique
préjudiciable au malade.
5) Il existe un test de dépistage fiable, sensible spécifique peu coûteux et non invasif applicable à la
*«guide méthodologique : comment évaluer a priori un programme de dépistage, guides pratiques » http://www.anaes.fr
courbe de décroissance du VEMS en fonction de l’âge
chez les sujets non-fumeurs, fumeurs et ex-fumeurs.
L’arrêt du tabagisme est associé à une amélioration de la survie quelle que soit la dégradation de
la fonction respiratoire. La sévérité de la maladie fait l’objet d’une classification fondée sur les
valeurs du VEMS exprimées en % de la valeur attendue.
Déclin du VEMS en fonction de l’âge (d’après Fletcher, 1977)
1) Sujets non-fumeurs et fumeurs dits « peu sensibles au tabac » en termes de fonction respiratoire.
2) Sujets fumeurs sensibles aux effets de la fumée de cigarette.
3) Sujets ayant arrêté leur tabagisme.
Le principe de la stratégie de dépistage repose sur le fait de repérer un trouble ventilatoire
obstructif (TVO) par la mesure du souffle :
Le dépistage de la BPCO, quelque soit son stade évolutif, doit donc s'appuyer sur la mesure
du souffle, et plus spécifiquement sur la mise en évidence de la limitation des débits
expiratoires ; la valeur limite considérée comme pathologique du rapport VEMS/CV est fixée à
0,725, justifiant le recours à une exploration respiratoire complète faite par un pneumologue.
Dans le cadre d’un dépistage en population adulte, ce paramètre ne peut être utilisé car il est
trop complexe à mesurer ; il est remplacé par une mesure plus simple et donnant des résultats
comparables, le rapport VEMS/VEM626 (volume expiré maximum par seconde/ volume expiré
pendant 6 secondes).
Cette mesure simple peut être faite avec un maximum de fiabilité27 par un professionnel de
santé, ayant reçu une brève formation, avec l’appui d’un appareil de mesure miniaturisé,
simple, peu onéreux (40 euros), muni d’embouts jetables (0,40 euros).
En cas de test de dépistage anormal (VEMS/VEM6 inférieur ou égal à 0,7), des explorations
spécialisées sont, alors, proposées afin de confirmer (ou d’infirmer) le syndrome obstructif par
la réalisation d’une spirométrie complète.
Une fois le syndrome obstructif confirmé, il faut, par un bilan pneumologique spécialisé, en
déterminer la cause, (asthme ou BPCO, en fonction de la réversibilité du syndrome obstructif
constaté), la sévérité, évaluer les facteurs de risque et proposer une prise en charge adaptée.
Les conditions du dépistage :
Les professionnels de santé pouvant prendre part aux tests de dépistage sont :
- les spécialistes non pneumologues (cardiologues, médecins de sport),
- certains personnels paramédicaux (infirmiers, kinésithérapeutes).
La confirmation diagnostique de la BPCO nécessite que les personnes repérées par le test de
dépistage soient référées à un pneumologue qui pourra, en cas de diagnostic de certitude,
après une évaluation complète de la maladie, proposer une intervention thérapeutique
VEMS/CV= Volume expiré maximum par seconde/capacité vitale. La recommandation de GOLD, Global Initiative for
Chronic Obstructive Lung Diseases) reprise par la SPLF est de fixer un seuil de 70% de la normale du rapport
VEMS/CV ,volume expiré maximum par seconde /Capacité vitale) La simplicité de cette approche peut s’avérer robuste
dans le cadre d’un dépistage (10). En effet plusieurs travaux démontrent que le cinquième percentile de la distribution
dépend du sexe et de l’âge. Ainsi pour un homme, il est pour le VEMS/CV à 20 ans de 75%, à 50 ans de 70% et à 80
ans de 65%. Une valeur seuil unique fixée à 70% est donc à l’origine de faux négatifs chez le sujet jeune et de faux
positifs chez le sujet âgé (18). Ceci conduit à considérer la zone située entre 0,7 et 0,8 comme une zone d'incertitude à
interpréter en fonction du contexte clinique. La répétition annuelle de la mesure du souffle pourrait permettre de
« récupérer » les faux négatifs initiaux
VEM6= volume expiré pendant 6 secondes. Il a été démontré que la mesure du VEM6 peut constituer une estimation
fiable de la capacité vitale forcée (30, 31). C’est une mesure plus rapide, plus simple et moins fatigante à réaliser que la
manœuvre de capacité vitale forcée.
Le travail réalisé dans les laboratoires d'explorations fonctionnelles respiratoires démontre une bonne reproductibilité
des résultats. Toutefois deux travaux publiés dans la littérature suggèrent que la reproductibilité de l'examen entre les
mains d'un médecin non entraîné est probablement moins bonne et justifie la mise en place d’une formation médicale
spécifique et d'une procédure d'assurance qualité.
La mise en place d’un dépistage suppose que :
la population générale soit sensibilisée à la problématique de la BPCO et à l’intérêt de
mesurer son souffle et accepte de se prêter au dépistage,
les professionnels de santé de première ligne (médecins généralistes, médecins du travail)
considèrent que la mesure du souffle, appliquée aux populations à risque, fait partie de
l’examen médical de routine, de même que le contrôle du poids ou de la tension artérielle
et qu’ils soient formés à la réalisation et à l’interprétation de cette mesure et à l’organisation
de la prise en charge en cas d’anomalie constatée,
les pneumologues se mobilisent pour prendre en charge les personnes repérées grâce au
dépistage afin de les intégrer dans un programme d’intervention efficace comprenant des
propositions thérapeutiques adaptées (traitement et suivi médical, aide au sevrage
tabagique, éducation thérapeutique, réhabilitation respiratoire, aide, si besoin, à l’insertion
socioprofessionnelle, accompagnement).
l’évaluation des actions puissent être faite, notamment dans le cadre de programmes
« pilote » de dépistage organisés dans une population ciblée à risque.
Améliorer le diagnostic précoce de la BPCO parmi la population cible : fumeurs de plus de
40 ans, personnes exposées professionnellement, sujets symptomatiques.
Favoriser le dépistage de la BPCO en médecine générale, chez les sujets de plus de 40
ans fumeurs ou anciens fumeurs :
¾ Mesure 1 : Former et informer les professionnels de santé sur les enjeux et les
modalités du prévention, le dépistage , le diagnostic et la prise en charge des anomalies
du souffle (axe 4) et intégrer cette pratique dans les évaluations des pratiques
¾ Mesure 2 : Intégrer la mesure du souffle dans le cahier des charges des consultations
de prévention prévues dans la loi de santé publique, et, notamment à 40, 60, 70 ans.
Favoriser le dépistage de la BPCO sur le lieu de travail, chez les sujets de plus de 40 ans
qui fument ou qui sont exposés à des polluants connus :
¾ Mesure 3 Former les médecins du travail à la prévention et au dépistage de la BPCO
(axe 4).
¾ Mesure 4: Créer un observatoire des BPCO professionnelles, afin de créer un dispositif
d’alerte et de mieux évaluer la fréquence de cette affection en France et la part attribuable
de l’exposition professionnelle dans la BPCO, en lien avec l’InVS .
¾ Mesure 5 : Mettre en place des actions « pilote » évaluées de dépistage dans des
grandes entreprises s’inscrivant dans le cadre d’actions de lutte contre le tabagisme actif et
passif et des polluants professionnels avec mise en place d’une évaluation.
Les médecins généralistes, les médecins du travail, les pneumologues, SPLF, FFP.
Les Sociétés savantes (Société de Pneumologie de Langue Française, Société Française de
Médecine du Travail, Structures de médecine générale; Société française de Médecine
Les URML, InVS, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) ;
UNCAM, Mutuelles
Grandes entreprises privées ou publiques
2. La prise en charge et le suivi des malades
2.1. la prise en charge des exacerbations de BPCO
La BPCO reste longtemps méconnue est souvent révélée par une exacerbation
(décompensation respiratoire survenant, souvent, à l’occasion d’une surinfection). Cette
complication grave est souvent un tournant évolutif de la maladie, nécessitant, le recours à des
hospitalisations prolongées28 et/ou à des soins de réanimation. Les exacerbations sont
responsables d’une mortalité hospitalière immédiate variant de 2,5 à 30%, selon la sévérité
de la BPCO ; 25 à 30% de décès sont observés dans les 3 années suivant l’hospitalisation
pour exacerbation.
L’hospitalisation, surtout en cas de séjour prolongé ou de soins de réanimation, peut être
ressentie comme une agression physique et psychique difficilement supportable par les
malades et leur entourage. Parfois, le retour à domicile de la personne est compromis du fait
de la lourdeur des soins de suite et/ ou de la survenue d’un syndrome dépressif. Dans ces cas,
les besoins d’accompagnement social et psychologique sont particulièrement importants à
La survenue d’exacerbations fréquentes entraîne une aggravation progressive de la
fonction respiratoire, majorant ainsi le handicap respiratoire et le risque de complications
aiguës et altérant la qualité de la vie.
Les exacerbations génèrent des dépenses de santé importantes29 (100 000 séjours
hospitaliers par an d’une durée de 10 à 12 jours en moyenne)
Diverses études européennes et françaises, montrent une prise en charge extrêmement
hétérogène des exacerbations, souvent non conformes aux recommandations en vigueur.
(annexe1). Un état des lieux est nécessaire en France afin de mieux cerner les pratiques
Des alternatives à l’hospitalisation conventionnelle (traitement ambulatoire suivi d’une
hospitalisation à domicile) sont possibles dans certaines indications et mieux acceptées par les
malades (annexe 4)30.
La prise en charge de ces exacerbations doit permettre de réaliser:
une confirmation diagnostique de la BPCO si cette dernière était méconnue
une évaluation de la sévérité de la BPCO, de la co-morbidité, de l’état nutritionnel,
des facteurs de risque, du retentissement psychologique et des conséquences sur la
qualité de la vie et l’insertion socioprofessionnelle du malade,
Les exacerbations sont responsables de 100 000 hospitalisations, par an, en France, d’une durée moyenne de 8 à 10
50-70% des dépenses totales liées à la BPCO sont attribuées aux hospitalisations pour exacerbation, la BPCO étant
par ailleurs la première cause respiratoire de coûts directs et la seconde en comptant les coûts indirects.
Des expériences d'intervention pré-hospitalière en cas d'exacerbation de BPCO ont été menées en Grande Bretagne
avec des résultats très positifs en termes de réduction du taux d'hospitalisation et des coûts afférents; des résultats
similaires ont été rapportés récemment qui confirment l'amélioration du pronostic à moindre coût de la prise en charge à
un traitement adapté de l’épisode aigu, dans les meilleures conditions possibles d’efficacité et d’acceptabilité pour la personne soignée et son entourage,
Une prise en charge et un suivi au long cours, dans le cadre d’un projet de soins et
d’éducation thérapeutique négocié, personnalisé et coordonné entre le malade, son
entourage et le soignant permettant de limiter les complications.
Améliorer la prévention et la prise en charge des exacerbations
Améliorer les connaissances concernant les modalités de prise en charge et le devenir
des malades traités pour exacerbations dans les services d’urgence en France :
¾ Mesure 1 : Réaliser une étude sur la prise en charge et le suivi hospitalier des
exacerbations dans les services hospitaliers, notamment d’urgence.
¾ Mesure 2 : Mettre en place un suivi épidémiologique des patients atteints de BPCO
sous forme de cohortes permettant de mieux identifier les populations à risque et les
déterminants associés aux exacerbations.
Harmoniser et optimiser la prise en charge en urgence, selon les recommandations
professionnelles par une meilleure formation et information des professionnels de santé
concernés (médecins généralistes, urgentistes, pneumologues) :
¾ Mesure 3 : Mettre en place et diffuser, à partir des recommandations existantes de la
SPLF, des protocoles standardisés de prise en charge des exacerbations de BPCO en
urgence, destinés aux médecins de ville et aux structures hospitalières d’urgence et de
transport médicalisé.
Développer l’éducation thérapeutique et l’information des malades sur les
exacerbations pour en assurer une meilleure prévention et une prise en charge plus
¾ Mesure 4 : Développer des programmes personnalisés d’éducation thérapeutique pour
les malades, notamment lors d’un séjour hospitalier pour exacerbation (brochures, actions
d’éducation et de réhabilitation).
Développer les modalités de la prise en charge :
¾ Mesures 5 : Développer des services de soins continus respiratoires pour l’accueil de
malades présentant une décompensation aiguë due à une insuffisance respiratoire
chronique sans autre défaillance d’organe, en lien avec les services d’urgence et de
¾ Mesure 6 : Développer des alternatives à l’hospitalisation conventionnelle, en lien avec
les structures/réseaux existants (structure de soins continus respiratoires, structures de
prise en charge en ambulatoire et à domicile, d’hospitalisation à domicile, hôpitaux de
SPLF, FFP, SFMU, SAMU, HAS, DGS, DHOS, INPES, ARH.
2.2. La prise en charge au long cours
Malgré l’existence de recommandations élaborées par les professionnels, des les malades
ayant une BPCO identifiée, ne bénéficient pas tous d’un traitement et d’un suivi optimal
(prescription médicamenteuse, surveillance spirométrique, suivi nutritionnel, utilisation des
échelles de dyspnée et de qualité de vie pour le suivi …)31.
Les prescriptions d’oygénothérapie pour les malades atteints de BPCO sévères32 ne sont
pas toujours adaptées (durée insuffisante de l’oxygénothérapie dans la journée, prescription
excessive d’oxygénothérapie liquide)33. A un stade plus tardif, les malades peuvent nécessiter
d’une ventilation non invasive (VNI), associée ou non à l’oxygénothérapie dont les indications
et les modalités doivent être clarifiées34.
La réhabilitation respiratoire (RR) n’est pas encore suffisamment diffusée bien qu’elle ait fait
la preuve de son efficacité en réduisant le risque de complications aiguës et en améliorant le
handicap respiratoire et la qualité de vie des malades35.
50% des malades ne bénéficient pas des traitements et de la prise en charge conformes aux recommandations en
La BPCO est estimée sévère lorsque le trouble ventilatoire obstructif est caractérisé par un rapport VEMS/CVF &lt; 70%
avec un VEMS &lt; 30%Th (stade III) (1). A ce stade les désordres gazométriques sont constants.
Dans un premier temps, le trouble ventilatoire obstructif peut exposer le patient à des désaturations d’effort. Dans ce
cas, la législation actuelle autorise la prescription d’une oxygénothérapie d’effort (oxygène liquide ; Nomenclature N°
1130220 du JO du 6/9/2003) malgré le faible niveau de preuve scientifique alors que la réhabilitation à l’effort, dont
l’efficacité est démontrée, n’est que peu souvent proposée à ce stade par faute de centres et de prise en charge par la
Les patients BPCO sont considérés comme « insuffisants respiratoires chroniques » lorsque leur PaO2 devient inférieure
à 55 mmHg et ce de façon constante. Ils relèvent alors d’une oxygénothérapie au long cours (&gt;15H/j, tous les jours)
reconnue pour améliorer significativement leur pronostic tout en permettant le maintien au domicile. Deux types de
sources d’oxygène sont employés : poste fixe (concentrateur) pour les patients déambulant peu et oxygénothérapie
liquide (poste fixe + module portable rechargeable) pour les patients déambulant plus de 1 heure/jour. Le coût de
l’oxygénothérapie liquide est plus du double d’une oxygénothérapie en poste fixe. En France, les prescriptions
d’oxygénothérapie sont pas toujours conformes aux recommandations, ce qui conduit à des prescriptions inadaptées
(45% de celles-ci) ou excessives notamment d’oxygénothérapie liquide. Par ailleurs,
les durées réelles
d’oxygénothérapie sont insuffisantes : seulement 45% des insuffisants respiratoires utilisent leur oxygénothérapie 15
heures /j ou plus .
les patients deviennent hypercapniques (PaCO2 &gt; 45 mmHg) incitant à la prescription d’une ventilation non invasive
(VNI) en association avec ou sans oxygénothérapie au long cours. En dehors de l’existence d’un trouble ventilatoire
restrictif associé et/ou en présence d’une acidose hypercapnique non compensée sous oxygénothérapie , l’intérêt d’une
VNI est discutable sur la plan scientifique. Malgré cette absence de données, la France représente le premier pays
prescripteur de ventilation non invasive chez les patients BPCO.
Les résultats des différentes méta-analyses confirment avec un niveau de preuve maximal que la RR améliore la
dyspnée, améliore la tolérance à l’effort (avec diminution du niveau de ventilation pour une puissance donnée), améliore
la qualité de vie et réduit la fréquence et la durée des hospitalisations avec les conséquences économiques qui en
découlent. Ces effets se maintiennent pendant environ un an après la prise en charge initiale mais un suivi est
nécessaire pour le maintien des acquis .
Elle s’adresse à tous les malades atteints de BPCO, même sévères, dyspnéiques et
intolérants à l’effort, quelque soit l’âge, motivés pour une telle démarche.
Elle s’intègre dans la démarche d’éducation pour la santé et a pour objectif de rompre le cercle
vicieux dyspnée/inactivité /déconditionnement par le ré-entraînement à l’effort, afin d’améliorer
la tolérance à l’exercice et diminuer la dyspnée.
Cette modalité de prise en charge a fait l’objet, en février 2005, d’une conférence d’experts
sous l’égide de la SPLF36.
En fonction des éventuelles contres indications (co-morbidité, état nutritionnel) et après une
optimisation du traitement médical, un programme de RR, négocié avec le malade, est mis en
place selon les capacités respiratoires.
Le programme initial d’une durée de 4 à 8 semaines inclut aussi des conseils personnalisés
pour les activités de la vie quotidienne. La RR peut être réalisée sous oxygène pour les
malades sévèrement atteints, sous contrôle médical. En fin de programme, une poursuite de
l’entraînement à domicile est proposé afin d’entretenir et de faire progresser les acquis.
Parmi les professionnels de santé, les kinésithérapeutes sont particulièrement impliqués dans
la réalisation de la RR et doivent être particulièrement sensibilisés et formés à cette technique.
La RR, bien qu’efficace quelque soit le lieu de sa réalisation, n’est possible, en France, que
dans quelques centres (en hospitalisation complète, hospitalisation à temps partiel), en
ambulatoire ou plus rarement au domicile.
L’information et l’éducation thérapeutique, incluant l’aide au sevrage tabagique, des
patients souffrants de BPCO restent encore insuffisamment développées :
- l’éducation thérapeutique doit être personnalisée, négociée avec le malade, intégrée
aux soins de RR ; cette démarche nécessite de disposer d’outils et de méthodes
pédagogiques qui doivent, encore, se développer et être validés dans le domaine de la
- les pratiques d’éducation pour la santé sont encore insuffisamment diffusées
notamment parmi certains groupes à risque (population précarisée, personnes
âgées…).
Conférence mise en place par la SPLF en collaboration avec la Société de Physiologie et la Société française de
médecine physique et de réadaptation (SOFMER) en 2005.
La mise à jour des recommandations de la SPLF sur la prise en charge de la BPCO attribue un niveau de
recommandation A au réentraînement des membres inférieurs, un niveau B pour la kinésithérapie de désencombrement,
la prise en charge nutritionnelle et l’éducation thérapeutique.
La RR est efficace quelque soit le lieu de réalisation (en institution, en ambulatoire ou à domicile) avec un niveau de
preuve A..
Améliorer la prise en charge et le suivi des malades atteints de BPCO en y intégrant les
pratiques de réhabilitation respiratoire et d’éducation thérapeutique
proposer et évaluer des pratiques innovantes de prise en charge et de suivi dans le
cadre des recommandations professionnelles sur le plan thérapeutique ciblant
l’ensemble des malades atteints de BPCO :
¾ Mesure 1 : Harmoniser les pratiques de prescriptions d’oxygénothérapie et/ou VNI à
domicile pour les malades en ALD pour insuffisance respiratoire chronique dans le cadre
de protocoles de soins issus des recommandations professionnelles, en lien avec l’HAS.
¾ Mesure 2 : Développer « la fonction de coordonnateur de soins (annexe 6) pour les
malades chroniques, notamment pour la BPCO» permettant d’assurer, sous l’égide du
médecin traitant et du pneumologue, une prise en charge cohérente et continue en
favorisant la qualité de vie et l’intégration ou la réinsertion socioprofessionnelle.
Améliorer l’accessibilité de la réhabilitation respiratoire et de l’éducation thérapeutique
des malades selon les recommandations professionnelles :
¾ Mesures 3 : Faire un état des lieux et des besoins en matière de nombre et de type
(ambulatoire, hospitalières…) de structures nécessaires pour permettre de couvrir
l’ensemble des besoins de soins de réhabilitation respiratoire sur le territoire.
¾ Mesure 4 : Faire reconnaître l’activité de réhabilitation respiratoire et d’éducation pour la
santé en ville et à l’hôpital dans le cadre des protocoles de soins d’ALD validés par l’HAS et
de la tarification à l’activité (T2A).
¾ Mesure 5 : Développer l’activité de réhabilitation respiratoire en fonction de l’état des
lieux de l’existant et des besoins.
Développer et diffuser les initiatives innovantes en matière d’éducation pour la santé :
¾ Mesure 6 : Elaborer et diffuser les outils et les méthodes d’éducation thérapeutique
adaptés, en lien notamment avec les associations de patients.
¾ Mesure 7 : Mettre place des actions pilotes d’éducation pour la santé, intégrées aux
programmes de réhabilitation respiratoire pour les malades et notamment en faveur de
certains publics spécifiques (personnes âgées, personnes en situation de précarité,
malades très souvent hospitalisés….), en collaboration avec les professionnels et les
Favoriser l’accessibilité aux soins de sevrage tabagique pour les malades (axe 3)
Améliorer la couverture vaccinale contre la grippe et le pneumocoque des malades
atteints de BPCO :
¾ Mesure 8 : Proposer systématiquement la vaccination (pneumocoque et grippe) à tous
les malades pris en charge pour BPCO: patients en ALD pour insuffisance respiratoire par
BPCO, malades entre 45 et 65 ans ayant recours à un traitement continu habituel de la
BPCO (broncho-dilatateurs) ou bénéficiant (ou ayant bénéficié) d’une réhabilitation
Favoriser la mise en place d’une prise en charge coordonnée des malades ainsi que leur
accompagnement dans le cadre d’une filière de soins structurée :
¾ Mesure 9 : Mettre en place des filières de soins incluant les services d’accueil d’urgence,
les services hospitaliers (court et soins de suite et de réadaptation), les médecins
généralistes, les pneumologues, les kinésithérapeutes, les services de soins infirmiers à
domicile, réseaux de santé utilisant des outils communs de suivi et d’évaluation (dossier
DHOS, DGS, DSS, INPES URCAM, HAS, UNCAM, URML,ARH, Réseaux de soins, SSIAD,
SPLF,SFMU, Alvéole-Groupe de travail exercice et réhabilitation de la SPLF, FFP, SOFMER,
Société française de médecine Générale, Collège des enseignants en pneumologie, associations
Axe 6 : Développer l’information, le soutien aux malades en partenariat avec les
1. L’information destinée aux malades, à leur entourage et au grand public.
Les malades atteints d’insuffisance respiratoire et plus particulièrement de BPCO
disposent aujourd’hui de quelques ouvrages qui leur permettent de mieux comprendre leur
maladie37. Un « guide à l’usage des patients et de leur entourage » sur la BPCO a été
élaboré sous l’égide de l’ensemble des professionnels et associations concernées.38
La FFAAIR, l’association BPCO et le CNMR39, ont également conçu des documents
destinés aux malades et au grand public40 . Cependant, ces documents sont encore
insuffisamment diffusés.
Des sites Internet développés41 par les professionnels de santé ou les associations de
malades permettent d’accéder à des informations validées sur la BPCO. Des sites dédiés
à l’information sur le tabac sont accessibles et permettent d’apporter une aide au
sevrage42.
Des campagnes médiatiques sur la BPCO sont organisées (annexe2) afin d’inciter le
grand public à se mobiliser contre la BPCO, le tabagisme, parmi lesquelles on peut citer la
campagne « capital Souffle » de Bourges en mars 2005 et celle mise en place sur
l’ensemble de la France en octobre 2005 et regroupant l’ensemble des partenaires, les
Etats généraux de la BPCO.
Malgré ces initiatives, la BPCO reste encore mal connue des professionnels de santé et du
grand public et la mobilisation contre le tabagisme doit se poursuivre.
On peut ainsi citer parmi les livres les plus récents :« BPCO, guide à l’usage des patients et de leur
entourage », ouvrage collectif, Edition Bash, (2004)« Souffle et tabac : Prévenir, détecter et traiter la BPCO »,
de Thomas Similowski, Edit. John Libbey Eurotext (30 avril 2002)« La BPCO en questions », de Alain Didier,
Marlène Murris-Espin, Edit. Phase 5 (nov.2004)« Asthme et BPCO. Ou maladies chroniques des bronches », de D.
Vervloet, Edit. Phase 5 (13 avril 1999)BPCO et... Qualité de vie, de Jean-Marie Grosbois, Edi. Phase 5 (18
novembre 2004)« BPCO et réversibilité, de Jean-Louis Racineux, Nicole Meslier, Edit. Phase 5 (18 novembre
« BPCO, guide à l’usage des patients et de leur entourage », édition BASH élaboré par la Sociéte de
Pneumologue de langue Française, SPLF, l’association BPCO, Le Comité National contre les maladies
respiratoires, CNMR.
L’association BPCO édite un journal ‘à bout de souffle » distribué dans les cabinets médicaux.
Le Comité National contre les Maladies respiratoires, CNMR a élaboré de nombreux documents et plaquettes
d’information sur la BPCO, destinés aux professionnels de santé et au grand public, il s’est aussi fortement
mobilisé contre le tabagisme.
Parmi les publications de la Fédération Française des associations et amicales des insuffisants respiratoires
(FFAAIR), on peut citer le manifeste BPCO publié en partenariat avec EFA, un livre à usage des enfants leur
expliquant la BPCO, le « Papy branché » , la publication annuelle « la Voix des Air » permettant de relater la vie
associative des 40 associations composant la FFAAIR.
SPLF : www.splf.org ; CNMR : WWW.lesouffleclavie.com ; FFAAIR : www.ffaair.org. Association BPCO :
www.bpco-asso.fr.
Tabac Info service : www.tabac-info.net ; Comité national de lutte contre le tabagisme : www.cnct.org&gt;.
Améliorer l’information des malades et du grand public sur la BPCO
Faire un état des lieux de l’information disponible sur la BPCO :
¾ Mesure1 : Répertorier les documents et sources documentaires validés existants
et, élaborer, selon les besoins restant à couvrir, des documents d’information utiles,
en lien avec l’INPES et les différents partenaires professionnels et associatifs
Développer mutualiser et diffuser l’information destinée au grand public et aux
¾ Mesure 2 : Mieux faire connaître au grand public et aux malades les documents
existants par la création d’une base documentaire commune, disponible sur Internet.
¾ Mesure 3 : Remettre et expliquer à chaque patient atteint de BPCO des
documents d’information validés (par exemple à l’occasion d’une admission en ALD
pour insuffisance respiratoire, lors d’une consultation de prévention ou de suivi d’ALD
réalisée par le médecin traitant , lors d’une consultation de pneumologie confirmant le
diagnostic de BPCO suspectée lors d’un examen de dépistage …).
2. L’accompagnement et le soutien des malades et de leur entourage :
L’accompagnement et le soutien des malades et de leur entourage est indispensable
pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle, réduire les troubles psychologiques et
dépressifs associés et lutter contre l’isolement. L’implication croissante des professionnels
de santé et sociaux et des associations de patients permet de développer des initiatives
innovantes, comme celle du « patient formateur » (annexe3) qui aide à sensibiliser les
soignants aux difficultés rencontrées, au quotidien, par les malades et aux moyens d’y faire
Développer l’accompagnement et le soutien des malades et de leur entourage en lien
avec les professionnels et les associations de patients.
Objectif et mesures :
Soutenir les malades et favoriser leur insertion socioprofessionnelle par un
accompagnement personnalisé en lien avec l’ensemble des professionnels et des
¾ Mesure 1 : soutenir les initiatives des associations de malades dans le domaine de l’aide
à la réinsertion, en lien notamment avec le monde du travail.
¾Mesure 2 : Soutenir et renforcer les programmes de formation par la « patient formateurs »
dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels de santé et l’éducation
thérapeutique des malades (axe 4).
¾ Mesure 3 : Renforcer le soutien psychologique et l’accompagnement social des malades
dans le cadre de leur suivi médical en intégrant la prise en charge psychosociale au suivi
médical des malades.
¾ Mesure 4 : Développer la profession de « coordinateur de soins » (axe 4)
DGS, DGAS, DHOS, SPLF, FFP, Association Passerelles éducatives ; ARH ; FFAAIR ;
Société française de Médecine Générale, Associations de patients
1- Recommandations professionnelles :actualisation des recommandations de la SPLF pour
la prise en charge de la BPCO, points essentiels
2- les Opérations « capital souffle »:
« mesure du souffle à Bourges », une opération de sensibilisation sur
l’importance du capital souffle menée à l’échelon d’une ville entière
La campagne médiatique « Prend ton souffle en main »
3- Projet patient formateur
4- Expérience d’une HAD consacrée à la BPCO
5- Plan national « pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de
maladies chroniques »
6- Coordonner les soins pour la personne, un nouveau métier
7- le tabac
8- Glossaire des abréviations utilisées
Actualisation des recommandations de la SPLF pour la prise en charge de la BPCO,
Actualisation des recommandations de la SPLF
pour la prise en charge de la BPCO
La Société de Pneumologie de Langue Française publiait
en 1997 des recommandations pour le diagnostic et la prise en
charge de la BPCO dont beaucoup demeurent valides. Cependant, à la lumière des nombreuses publications de ces dernières
années, il était nécessaire de les actualiser.
1.1 Définition, nosologie et histoire naturelle
Publié par anticipation sur www.splf.org/rmr en version préliminaire le
23.01.2003, en version définitive le 18.04.2003.
Rev Mal Respir 2003 ; 20 : 294-9
• La bronchopneumopathie chronique obstructive
(BPCO) se définit comme une maladie chronique et lentement progressive caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits aériens.
• Sauf précision contraire, la terminologie de BPCO
admet implicitement une origine tabagique.
• Bien qu’elles répondent en partie à cette définition, les
maladies suivantes ne font pas partie de la BPCO :
– l’asthme, dont les formes chroniques, anciennes, peuvent
comporter une diminution non complètement réversible des
débits aériens ;
– les bronchectasies ;
– les atteintes respiratoires de la mucoviscidose ;
– les bronchiolites chroniques de l’adulte.
• Le cours évolutif de la BPCO est émaillé d’exacerbations, qui, dans les formes évoluées de la maladie, peuvent
mettre en jeu le pronostic vital ; on parle alors de décompensations.
• On décrit, par convention, 4 stades évolutifs de la
BPCO, dont le niveau de sévérité est fonction du VEMS
(tableau I). Le stade 0 correspond à l’ancienne dénomination
de la bronchite chronique. Le stade III correspond aux insuffisants respiratoires obstructifs graves, hypoxémiques et souvent hypercapniques.
• Au cours de la BPCO, la décroissance annuelle du
VEMS est, en moyenne, plus rapide que celle constatée chez
des sujets sains non fumeurs. Cette décroissance n’est pas
linéaire, et varie individuellement.
• L’arrêt du tabagisme est la seule mesure susceptible
de rétablir un rythme de décroissance normal du VEMS
• L’existence d’une BPCO réduit l’espérance de vie.
Classification de la BPCO en stades de sévérité.
0 : A risque
Symptômes chroniques : toux,
VEMS/CV* &gt; 70 %
I : BPCO
peu sévère
II : BPCO
III : BPCO
VEMS/CV &lt; 70 %
VEMS ≥ 80 % de la valeur prédite avec ou
sans symptômes chroniques (toux,
expectoration)
30 % ≤ VEMS &lt; 80 % de la valeur prédite
IIA : 50 % ≤ VEMS &lt; 80 % de la valeur
IIB : 30 % ≤ VEMS &lt; 50 % de la valeur
prédite avec ou sans symptômes
chroniques (toux, expectoration,
dyspnée)
VEMS &lt; 30 % de la valeur prédite
ou VEMS &lt; 50 % de la valeur prédite en
présence d’insuffisance respiratoire
chronique (PaO2 &lt; 60 mmHg [8 kPa]) ou
de signes cliniques satellites d’une
• Le taux brut de décès par BPCO, estimé en France à
environ 26 pour 100 000, devrait doubler en 2020 par rapport
aux données de 1990, l’amenant au troisième rang des décès
par maladie.
• Environ la moitié des dépenses de santé liées à la prise en
charge des malades atteints de BPCO est représentée par l’hospitalisation.
On distingue des facteurs exogènes et endogènes. Le
tabagisme est, de loin, le principal facteur de risque dans les
pays développés (tableau II).
Facteurs de risque de BPCO.
Polluants professionnels
* Voir, à propos de la CV, paragraphe 1.4 ci-contre.
1.4 Diagnostic et organisation du suivi
• La prévalence de la BPCO augmente avec le tabagisme
et l’âge. Elle n’est pas exactement connue en France, en partie
du fait d’un sous-diagnostic important (moins d’un tiers des
cas est identifié).
• On estime, en France, à environ 40 000 le nombre total
d’insuffisants respiratoires bénéficiant d’une prise en charge
instrumentale à domicile.
Déclin du VEMS en fonction de l’âge (d’après Fletcher, 1977). 1)
Sujets non fumeurs et fumeurs dits « peu sensibles au tabac » en termes
de fonction respiratoire. 2) Sujets fumeurs sensibles au tabac. 3) Sujets
ayant arrêté de fumer.
Un diagnostic précoce et un suivi régulier sont nécessaires
– dépister les complications (grade A) ;
– optimiser le traitement (grade A).
• L’exposition à des facteurs de risque, essentiellement le
tabac, et la présence d’un syndrome obstructif incomplètement réversible, confirment le diagnostic de BPCO, qu’il
existe ou non des symptômes.
• Un syndrome obstructif doit être recherché en présence
d’une toux chronique, d’une expectoration chronique, qu’il
existe ou non une dyspnée, celle-ci pouvant être d’apparition
très tardive (grade A).
• L’existence de facteurs de risque, de symptômes bronchiques chroniques, impose la réalisation d’une spirométrie
(grade A). Le médecin généraliste doit pouvoir réaliser un test
de dépistage (débit de pointe ou mieux VEMS) qui, en cas
d’anomalie, justifie une exploration fonctionnelle pratiquée
par un pneumologue.
• Un examen clinique normal n’exclut pas le diagnostic
• La maigreur (IMC &lt; 21) est un facteur de risque indépendant de mortalité. Il est recommandé d’évaluer le statut
nutritionnel de chaque patient BPCO (grade A).
• La spirométrie est l’examen minimal recommandé, permettant le diagnostic et le suivi de la BPCO (grade A). Cet
examen relève du pneumologue.
© 2003 SPLF, tous droits réservés
– Un rapport VEMS/CV inférieur à 70 %, après administration de bronchodilatateurs, confirme l’existence d’un
syndrome obstructif incomplètement réversible. Lorsqu’il
existe une discordance entre la CV lente et la CV forcée, il
apparaît préférable d’utiliser la valeur la plus élevée, généralement la CV lente.
– La spirométrie permet également d’estimer la sévérité
de la BPCO (tableau I).
• Les indications des autres examens fonctionnels respiratoires sont portées par le pneumologue en fonction de la
présentation clinique et du stade évolutif de la BPCO.
• La mesure des gaz du sang artériel est recommandée
chez tout patient présentant une dyspnée d’effort et a fortiori
une dyspnée de repos, des signes d’HTAP, ou dont le VEMS
est inférieur à 50 % de la valeur théorique.
2 Prise en charge hors
exacerbations/décompensations
2.1 Arrêt du tabac
• L’arrêt du tabagisme, seule mesure susceptible d’interrompre la progression de l’obstruction bronchique et de retarder l’apparition de l’insuffisance respiratoire, est un objectif
prioritaire, quel que soit le stade de la maladie (grade A).
• Les trois techniques de sevrage tabagique recommandées (isolées ou associées) sont : la substitution nicotinique, la
prescription de thymo-modificateur (bupropion) et les thérapies cognitives et comportementales (grade A).
• Chez les sujets qui ne peuvent cesser complètement de
fumer, la réduction partielle du tabagisme par substitution
nicotinique peut être envisagée (grade C). L’objectif final doit
demeurer l’arrêt définitif du tabagisme.
2.2 Réduction et prévention des autres facteurs
• La recherche et la prévention d’une éventuelle exposition respiratoire aux polluants professionnels s’imposent chez
tous les sujets atteints d’une BPCO (grade A).
• Lors d’une alerte à la pollution de l’air, des mesures de
protection individuelle sont recommandées pour les sujets
atteints d’une BPCO sévère (grade C).
2.3 Bronchodilatateurs
• Les bronchodilatateurs sont le principal traitement
symptomatique des BPCO (grade A).
• La voie inhalée est la voie d’administration privilégiée
car elle a le meilleur rapport efficacité/tolérance (grade A).
• Les deux classes de bronchodilatateurs inhalés sont les
bêta-2 mimétiques et les anticholinergiques, existant sous la
forme de courte ou longue durée d’action.
• Les bêta-2 mimétiques et les anticholinergiques de
courte durée d’action sont utilisés en traitement symptomati296
que sans qu’il y ait d’avantage clinique formellement démontré
d’une classe par rapport à l’autre. Le choix de la classe dépend
de la réponse individuelle sur les symptômes et des effets secondaires (grade C).
• Si la réponse symptomatique à l’une des classes de bronchodilatateur de courte durée d’action n’est pas satisfaisante, il
peut être justifié de changer de classe ou de l’associer à l’autre
classe de bronchodilatateur (grade C).
• Les formes combinées de bêta-2 mimétiques et d’anticholinergiques de courte durée d’action, comparées à chacun
des produits pris séparément à même posologie, améliorent
l’efficacité sur les débits expiratoires sans bénéfice démontré
sur les symptômes.
• Les bêta-2 mimétiques et les anticholinergiques de longue durée d’action ont une efficacité bronchodilatatrice supérieure aux bronchodilatateurs de courte durée d’action mais
avec un bénéfice clinique inconstant sur la dyspnée et la tolérance à l’effort. Chez les patients utilisant les bronchodilatateurs de façon pluriquotidienne, il est recommandé de les
prescrire (grade C).
2.4 Corticostéroïdes
• BPCO et asthme sont des entités pathogéniques distinctes avec un profil inflammatoire différent.
• L’évaluation des corticostéroïdes inhalés (CSI) dans la
BPCO est fondée sur un nombre limité d’études de longue
durée à haut niveau de preuve.
• Les CSI ne ralentissent pas la vitesse du déclin du
VEMS, facteur pronostique majeur de la maladie.
• Les indications des CSI en traitement de fond dans la
BPCO ne concernent, avec un niveau de présomption scientifique raisonnable, que les patients de stade III et les patients
avec exacerbations répétées malgré une prise en charge par
ailleurs optimale (grade B). L’évaluation du rapport bénéfice/
risque des CSI dans la BPCO est imparfaite.
• Le résultat des études évaluant l’effet de l’association de
CSI et de bêta-2 mimétiques de longue durée d’action suggère
une réduction de la fréquence des exacerbations dans ce groupe
de patients (grade B).
• Les corticoïdes par voie générale ne sont pas recommandés au long cours en raison de l’importance des effets secondaires. Ils ne sont indiqués dans la BPCO stable qu’en traitement
d’épreuve de deux à trois semaines en cas de doute sur une
composante asthmatique (grade A). La qualité de la réponse
n’est pas prédictive d’une réponse ultérieure aux CSI au long
2.5 Autres traitements médicamenteux
• Les théophyllines sont proposées en cas de difficultés
d’utilisation des bronchodilatateurs inhalés ou d’amélioration
insuffisante de la dyspnée (grade B).
• Les vaccinations anti-grippale (grade A) et antipneumococcique (grade C) sont recommandées.
• Les antioxydants et l’almitrine doivent faire l’objet
d’études complémentaires. Il n’est pas recommandé de prescrire des antitussifs et des médicaments susceptibles de provoquer une dépression respiratoire.
• Les prescriptions de fenspiride, d’antileucotriènes, ne
sont pas recommandées.
2.6 Réhabilitation et kinésithérapie
• La réhabilitation respiratoire est un élément majeur de
la prise en charge des malades atteints de BPCO, dyspnéiques
et intolérants à l’effort. Elle améliore la qualité de vie (grade A).
• La réhabilitation est organisée en programmes multidisciplinaires, proposés à des sujets motivés, à l’optimum de
leur traitement pharmacologique (grade C).
• Le réentraînement des membres inférieurs est un volet
indispensable de ces programmes (grade A). Les contenus
médicaux et psychosociaux des programmes doivent être individualisés (grade A).
• Il est recommandé de réaliser, avant la mise en œuvre
d’un programme de réhabilitation, une épreuve d’effort maximale à charge croissante (grade A).
• La réhabilitation est efficace quel que soit son lieu de
réalisation, en institution, en ambulatoire, ou au domicile du
malade (grade A).
• Il n’est pas recommandé de prescrire plus d’un programme médicalisé par an ; la poursuite de l’entraînement à
domicile doit être privilégiée (grade B).
2.7 Oxygénothérapie de longue durée (OLD)
et ventilation au long cours
• Une OLD est indiquée chez les patients BPCO lorsque,
à distance d’un épisode aigu et sous réserve d’un traitement
optimal (arrêt du tabagisme, traitement bronchodilatateur et
kinésithérapie), deux mesures des gaz du sang artériel en air
ambiant à au moins trois semaines d’intervalle ont montré une
PaO2 diurne inférieure ou égale à 55 mmHg (≤ 7,31 kPa)
Chez les patients dont la PaO2 diurne est comprise entre
56 et 59 mmHg (entre 7,4 et 7,8 kPa), l’OLD est indiquée
uniquement en présence d’un ou plusieurs des éléments suivants : hypertension artérielle pulmonaire (pression artérielle
pulmonaire moyenne ≥ 20 mmHg (grade A), désaturations
artérielles nocturnes non apnéiques, polyglobulie (hématocrite &gt; 55 %), signes cliniques de cœur pulmonaire chronique).
Chez les patients dont la PaO2 diurne est égale ou supérieure à 60 mmHg (≥ 8 kPa), aucun bénéfice clinique de
l’OLD n’a été démontré. Ces patients ne relèvent donc pas des
indications d’une OLD.
• L’utilisation de l’OLD doit être la plus prolongée possible au cours du nycthémère, jamais inférieure à 15 heures par
jour (grade A) et incluant systématiquement de ce fait les
périodes de sommeil.
• En dehors des indications de l’OLD, l’oxygénothérapie
à l’effort apparaît bénéfique en termes de tolérance à l’exercice
dans le cadre des protocoles de réhabilitation (grade B). En
dehors de tels protocoles, l’absence d’étude clinique à long
terme ne permet pas de recommander l’oxygénothérapie à
l’effort chez des patients ne désaturant qu’à l’exercice.
• Chez les patients traités par OLD, une surveillance au
moins semestrielle est souhaitable lorsque l’état clinique est
stable (grade C). Lorsque l’état clinique se détériore et/ou
lorsqu’une aggravation de la SpO2 en air ambiant est constatée
entre deux contrôles, une surveillance plus rapprochée est justifiée (grade C).
• En situation d’échec de l’OLD, une ventilation non
invasive (VNI) au domicile peut être proposée en présence des
éléments suivants : signes cliniques d’hypoventilation alvéolaire nocturne, PaCO2 supérieure à 55 mmHg et notion d’instabilité clinique traduite par une fréquence élevée des hospitalisations pour décompensation (grade C). La seule présence
d’une PaCO2 supérieure à 55 mmHg (7,31 kPa) au repos et
stable à différents contrôles ne justifie pas à elle seule la mise en
place d’une VNI au domicile.
• En l’absence de travaux ayant démontré sa supériorité
sur l’OLD et sur la VNI, la ventilation invasive à domicile par
trachéotomie est réservée :
– aux impossibilités de sevrage d’une ventilation endotrachéale instaurée au cours d’une décompensation (grade C) ;
– aux échecs de la VNI au long cours (grade C).
Du fait de son caractère invasif, la ventilation au long
cours par trachéotomie s’inscrit dans le cadre d’un projet thérapeutique décidé avec le patient et son entourage et nécessite
une éducation spécifique (grade C).
• Chez un patient ventilé à domicile, de façon non invasive ou invasive, un bilan est réalisé tous les 3 à 6 mois (grade
C). A la surveillance clinique et paraclinique du patient, doit
être obligatoirement associé un contrôle technique de l’appareillage (grade A).
2.8 Traitements chirurgicaux
• La chirurgie de réduction de volume s’adresse à certains
patients ayant une insuffisance respiratoire liée à un emphysème évolué, dont la qualité de vie s’altère malgré un traitement médical optimal, et ne relevant pas de la transplantation
pulmonaire (grade C).
• Il s’agit d’une chirurgie fonctionnelle, techniquement
difficile, dont l’impact sur l’espérance de vie est inconnu.
• La transplantation pulmonaire est une option thérapeutique concevable chez des sujets motivés, porteurs d’une
BPCO évoluée, et ne supportant plus leur condition respiratoire (grade B).
• En moyenne, la transplantation pulmonaire améliore la
tolérance à l’effort et la qualité de vie sans démonstration
avérée d’un bénéfice sur la survie.
3 Exacerbations/décompensations
3.1 Diagnostic, niveaux de gravité et prise en
charge (hors antibiothérapie)
• La très grande majorité des exacerbations peut et doit
être prise en charge en ambulatoire. Une réévaluation clinique
précoce, entre 24 et 72 heures selon les cas, est justifiée pour
vérifier l’efficacité du traitement et l’absence d’aggravation
(grade C). L’hospitalisation s’impose en cas de décompensation (exacerbation susceptible d’engager le pronostic vital) ou
d’inefficacité de la prise en charge ambulatoire d’une exacerbation simple.
• Les signes de gravité immédiate d’une exacerbation
• Appareil respiratoire
– dyspnée de repos ;
– cyanose ;
– SpO2 &lt; 90 % ;
– usage des muscles respiratoires accessoires ;
– respiration paradoxale abdominale ;
– FR &gt; 25/min ;
– toux inefficace.
– tachycardie &gt; 110/min ;
– troubles du rythme ;
– marbrures ;
– œdèmes des membres inférieurs.
• Appareil neurologique
– obnubilation ;
– coma ;
– asterixis.
– hypoxémie (PaO2 &lt; 55 mmHg en air ambiant [7,3 kPa]) ;
– hypercapnie (PaCO2 &gt; 45 mmHg [6 kPa]) ;
– acidose ventilatoire.
• Une SpO2, au repos, en air ambiant, inférieure à 90 %
indique une oxygénothérapie (grade A). La surveillance de
l’oxygénothérapie est fondée sur la pratique de gazométries
séquentielles et non sur l’oxymétrie transcutanée (grade C).
• Les bronchodilatateurs doivent être systématiquement
prescrits au cours des exacerbations (grade A). Anticholinergiques et bêta-mimétiques de courte durée d’action sont d’efficacité équivalente. Le traitement est poursuivi jusqu’à l’amélioration des symptômes (grade C). Il n’est pas recommandé
d’utiliser les méthylxanthines. Les corticoïdes systémiques ne
doivent pas être prescrits systématiquement (grade B). Il est
recommandé de les prescrire en cas de réversibilité documen298
tée de l’obstruction bronchique (grade C). Il n’est pas recommandé d’utiliser des corticoïdes inhalés.
• La prescription d’une kinésithérapie de désencombrement adaptée à l’état du patient est recommandée (grade C).
• Les antitussifs et les neurosédatifs sont contre-indiqués.
Les mucomodificateurs n’ont pas fait la preuve d’une efficacité
• L’exacerbation, quelle que soit sa gravité, doit être un
moment privilégié pour l’activation ou la réactivation d’une
filière de soins pneumologiques (grade C).
• La récidive à court terme d’une exacerbation doit faire
rechercher une pathologie favorisante (infection chronique
ORL ou stomatologique, cardiopathie gauche, cancer bronchique, maladie thrombo-embolique veineuse, apnées du
sommeil) et discuter des mesures de traitement approprié ou
de prévention secondaire (grade C).
3.1.2 Points-clés spécifiques à la prise en charge
• Une prévention de la maladie thrombo-embolique est
justifiée (grade B), en particulier en réanimation (grade B).
• La décision de support nutritionnel dépend du bilan
nutritionnel qui doit être systématique (grade A).
• La ventilation non invasive doit pouvoir être proposée
si nécessaire à tout patient en décompensation de BPCO
(grade A). L’assistance ventilatoire mécanique conventionnelle (via une prothèse endotrachéale) doit être réservée aux
détresses vitales immédiates et aux contre-indications et échecs
de la ventilation non invasive (grade A).
3.2 Antibiothérapie
• Les voies aériennes sous-glottiques des sujets atteints de
BPCO sont souvent colonisées par des bactéries potentiellement pathogènes. Les espèces le plus souvent isolées sont Haemophilus influenzae (HI), Streptococcus pneumoniae (SP) et
Branhamella catarrhalis (BC). La prévalence des colonisations
à bacilles gram négatif (BGN), dont Pseudomonas aeruginosa,
est plus élevée dans les formes sévères de BPCO.
• Les mêmes espèces bactériennes sont mises en évidence
dans 50 % environ des exacerbations/décompensations. Les
autres 50 % sont représentées par des exacerbations/
décompensations d’origine virale ou liées à des bactéries atypiques, ou sont de nature non infectieuse.
• L’examen bactériologique des crachats est une technique peu sensible et peu spécifique pour l’identification du ou
des germes en cause. En première intention, un examen microbiologique des crachats n’est donc pas recommandé.
• Une fièvre n’est pas prédictive d’une infection bactérienne. Sa persistance au delà de 4 jours doit toutefois faire
évoquer une telle infection et implique d’éliminer une pneumopathie infectieuse. Dans cette circonstance une radiographie thoracique est recommandée (grade C).
Antibiothérapie dans les exacerbations de BPCO (au stade 0, l’antibiothérapie n’est en règle pas justifiée).
• Une franche purulence des crachats est probablement
un signe plus sensible et plus spécifique d’infection bactérienne.
• L’antibiothérapie, lorsqu’elle est indiquée, est probabiliste. Les indications sont décrites dans la fig. 2. Les antibiotiques utilisables chez les patients sans facteur de risque identifié
sont proposés en raison de leur activité acceptable sur les trois
germes principaux (HI, SP et BC) et de leur bonne tolérance.
En cas de facteur de risque d’évolution défavorable identifié,
le choix des antibiotiques repose sur un spectre plus large
(Haemophilus sécréteurs de bêta-lactamases, pneumocoques
de sensibilité diminuée à la pénicilline et BGN du milieu
– Le cotrimoxazole et les céphalosporines de première
génération ne sont pas recommandés en raison de l’inadéquation de leur spectre à la situation épidémiologique française
– En cas de prescription d’une céphalosporine de troisième génération (C3G) ou d’une fluoroquinolone, seront
– pour les C3G : céfotiam-hexetil, cefpodoxime-proxétil ;
– pour les quinolones : levofloxacine, moxifloxacine ; la ciprofloxacine a comme seule indication les infections à Pseudomonas aeruginosa.
• La mise en évidence d’une infection à Pseudomonas
aeruginosa justifie une prise en charge pneumologique
NB : Les niveaux de preuve ayant servi à établir les grades de
recommandations apparaissent dans le texte intégral de
l’actualisation (Rev Mal Respir, 2003, 20, no 3 cahier 2).
Le grade des recommandations est le suivant :
– grade A : preuve scientifique établie ;
– grade B : présomption scientifique ;
– grade C : faible niveau scientifique.
Fichier PDF plan BPCO 2005.pdf
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