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Timestamp: 2016-10-23 20:24:07+00:00
Document Index: 144899095

Matched Legal Cases: ['art. 4', 'art. 82', 'art. 113', 'art. 89', 'art. 57', 'art. 89', 'ATF ', 'art. 93', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 25', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 97', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 75', 'art. 1', 'art. 3', 'art. 9', 'art. 18', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 18', 'art. 7', 'art. 5', 'art. 1', 'art. 9', 'art. 10', 'art. 1', 'art. 10', 'art. 17', 'ATF ', 'art. 10', 'art. 9', 'art. 36', 'art. 19', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 19', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 18', 'art. 66', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 68', 'art. 66']

1C_414/2013 (30.04.2014)
1C_414/2013, 1C_415/2013 � � Arr�t du 30 avril 2014
Municipalit� de Montherod, route de Gimel 3, 1174 Montherod,
Municipalit� de Saubraz,
toutes les deux repr�sent�es par Me Christophe Misteli, avocat,
toutes les deux repr�sent�es par Me Jacques Haldy, avocat, galerie St-Fran�ois A, 1003 Lausanne,
H1.________ SA, repr�sent�e par Me Jean-Claude Mathey, avocat,
tous les deux repr�sent�s par Me Jean-Michel Henny, avocat,
D�partement des infrastructures et des ressources humaines du canton de Vaud, Secr�tariat g�n�ral, place de la Riponne 10, 1014 Lausanne,
Autorisation de d�fricher, plan d'extraction et permis d'exploiter une gravi�re,
Le plan directeur des carri�res du canton de Vaud (PDCAR) est un plan sectoriel du plan directeur cantonal (PDCn; art. 4 de la loi du 24 mai 1988 sur les carri�res [LCar]). Le Grand Conseil vaudois l'a adopt� par d�cret le 18 septembre 1991 et l'a compl�t� le 9 septembre 2003. Le PDCAR retient, parmi les sites de premi�re et deuxi�me priorit�, ceux d�sign�s sous la rubrique 1242/1 et 6, sis au lieu-dit "Les Ursins", sur le territoire des communes de Saubraz et Montherod. Le volume estimatif est de 2'000'000 m3. En compl�ment au PDCAR, le Conseil d'Etat a adopt� un plan de gestion des carri�res (PGCar), dont la derni�re version est celle du 1er janvier 2006. Le site des Ursins y figure, en premi�re et deuxi�me priorit�. Ce plan fait l'objet d'�tudes, qui n'ont pas, en l'�tat, conduit � sa r�vision.
En mai 2006, la soci�t� simple A.________, form�e des soci�t�s A1.________ SA et B1.________ SA, a pr�sent� un projet de plan d'extraction de gravier et une demande de permis d'exploiter pour le lieu-dit "Les Ursins". Le dossier, �tabli par le bureau CSD Ing�nieurs Conseils SA � Lausanne (ci-apr�s: CSD), comprend un plan de situation, un m�moire technique et un rapport d'impact sur l'environnement, �tabli le 15 mai 2006 (ci-apr�s: rapport CSD 1), une demande de d�frichement avec reboisement, ainsi qu'un rapport g�ologique et hydrog�ologique, �tabli le 24 mai 2005 (ci-apr�s: rapport CSD 2). Le projet pr�voit l'extraction de 2'575'000 m3 de gravier, sur une p�riode de dix-sept ans, � raison d'un volume annuel maximal de 200'000 m3. L'exploitation se ferait en quatre �tapes d'environ quatre ans chacune. Selon le rapport CSD 1, il a �t� pr�vu que l'acc�s au site se ferait par route communale (RCom 56f) allant de Saubraz � Montherod, qui borde le site de la future gravi�re � l'Ouest. Les camions suivraient la RC 54c depuis Montherod ou depuis Gimel; au carrefour se trouvant au lieu-dit "La Reculanne", ils emprunteraient la RCom 56f en direction du Nord pour acc�der � la gravi�re. Une fois charg�s, les camions effectueraient le trajet inverse, sans traverser Saubraz.
A raison des oppositions soulev�es lors de l'enqu�te publique, le projet a �t� remani� et r�duit. CSD a produit un dossier et des plans compl�mentaires, le 11 ao�t 2008 (ci-apr�s: rapport CSD 3). Le volume annuel d'exploitation a �t� ramen� � 150'000 m3 de gravier par an, le p�rim�tre d'exploitation r�duit � proximit� du hameau des Tattes et de la ferme des Ursins, des mesures ordonn�es pour assurer la protection des eaux souterraines et le contournement de Gimel impos�. Il s'agirait, sur ce dernier point, de pr�voir que les camions venant de la gravi�re et circulant sur la RC 54c en direction de Gimel, avant de traverser le pont sur la Saubrette, obliquent en direction du Sud-Ouest, puis empruntent la route dite des Anes (DP n�1042 et 1052), sur le territoire de Gimel, pour d�boucher sur la route cantonale (RC 47d) reliant Gimel � Essertines-sur-Rolle. Le plan d'extraction a �t� modifi� en cons�quence, ainsi que le rapport d'impact.
Les terrains mis � contribution par le plan d'extraction dans sa nouvelle version du 11 ao�t 2008 se trouvent sur le territoire des communes de Saubraz et Montherod, au Sud-Est du village de Saubraz, sur la rive gauche de la Saubrette. Ils sont bord�s, au Nord et � l'Est par le Bois des Saules, au Sud par la for�t qui longe la rive droite du ruisseau de la Sandoleyre, � l'Ouest par la RCom 56f. Le p�rim�tre du plan, d'une surface totale de 345'540m2, pour un volume de 2'177'000 m3 de gravier � exploiter en treize ans, englobe les biens-fonds nos 224, 225, 226, 227, 228, 242 et 243 de Saubraz, ainsi que les parcelles nos 283, 284, 285, 286, 287, 288, 289, 312 et 318 de Montherod. Le secteur dit de la ferme des Ursins, qui se trouve au centre des terrains concern�s et regroupe plusieurs b�timents agricoles, ainsi que les chemins reliant ce secteur � la route communale et au Bois des Saules, sont exclus du p�rim�tre d'exploitation. Tous ces bien-fonds sont class�s en zone agricole. Le programme d'exploitation pr�voit de diviser le p�rim�tre en onze secteurs, d�nomm�s "casiers", r�partis en quatre �tapes de trois ans environ chacune. A la fin du programme d'exploitation, les terrains compris dans le p�rim�tre du plan seraient combl�s et retrouveraient leur affectation agricole. Le projet implique �galement le d�frichement temporaire d'un cordon bois� et d'un bosquet, sis sur les parcelles nos 283, 284 et 289, pour une surface totale de 11'373 m2, ainsi qu'un d�frichement d�finitif de 522 m2, � proximit� du carrefour de la Reculanne. Le reboisement de compensation se ferait sur place, apr�s la fin des travaux. Une grande partie du p�rim�tre du plan est englob�e dans la r�serve cantonale de faune n� 20 du Vallon de l'Aubonne, ainsi que dans la zone de r�serve du r�seau �cologique national (REN) �tabli par l'Office f�d�ral de l'environnement. Une partie du secteur � d�fricher, ainsi que les Bois des Saules et des Ursins font �galement partie du r�seau �cologique cantonal (REC), tel que projet� par la r�vision partielle du PDCn (3�me adaptation), mise en consultation en juin 2012.
Mis � l'enqu�te publique, le projet remani� a soulev� de nombreuses oppositions. Le 26 janvier 2009, le Service des for�ts, de la faune et de la nature (ci-apr�s: le SFFN) a d�livr� une d�rogation � raison de la proximit� de la for�t, et autoris� un d�frichement d'une surface de 11'895 m2, sous r�serve d'un reboisement compensatoire, de m�me surface et au m�me endroit. Le 16 juin 2009, le D�partement de la s�curit� et de l'environnement, actuellement le D�partement du territoire et de l'environnement (ci-apr�s: le DTE), a adopt� le plan d'extraction, octroy� le permis d'exploitation et confirm� l'autorisation de d�frichement, sous diverses charges et conditions.
Les communes de Mont-sur-Rolle, Montherod et Saubraz, ainsi qu'Helvetia Nostra et consorts, ont recouru contre les d�cisions des 26 janvier et 16 juin 2009 aupr�s de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal).
Le 17 ao�t 2010, le service des routes a inform� la juge instructrice qu'un projet de plan routier avait �t� mis � l'�tude, s'agissant des acc�s. Le juge instructeur a d�s lors suspendu la proc�dure, le 9 septembre 2010.
Le 11 novembre 2010, la soci�t� A.________ a d�pos� un projet de plan routier communal concernant l'am�nagement de la route des Anes. Le projet consiste � cr�er deux places d'�vitement sur ce chemin, afin de permettre le croisement des v�hicules, et de modifier les d�bouch�s sur les RC 54c et 47d. Mis � l'enqu�te publique, ce projet a suscit� 39 oppositions, �manant notamment des recourants contre le plan d'extraction. Le 21 juin 2011, le Conseil communal de Gimel a adopt� le plan, que le D�partement des infrastructures, actuellement le D�partement des infrastructures et des ressources humaines (ci-apr�s: le DIRH), a approuv� pr�alablement le 6 d�cembre 2011. Helvetia Nostra et consorts ont recouru contre ces d�cisions.
Le 14 f�vrier 2012, le juge instructeur a joint les causes et repris l'instruction du dossier.
Apr�s avoir tenu une audience avec inspection locale, le Tribunal cantonal a rejet� les recours et confirm� les d�cisions attaqu�es par arr�t du 20 mars 2013.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public et du recours constitutionnel subsidiaire (cause 1C_414/2013), les communes de Montherod et de Saubraz demandent au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t du 20 mars 2013 en ce sens que leur recours contre le plan d'extraction est admis et la d�cision attaqu�e annul�e. Subsidiairement, elles concluent � l'annulation de l'arr�t entrepris et au renvoi de la cause au Tribunal cantonal.
Helvetia Nostra et consorts ont �galement port� leur cause devant le Tribunal f�d�ral (cause 1C_415/2013), concluant � l'annulation des d�cisions suivantes: arr�t du Tribunal cantonal du 20 mars 2013, d�cisions de suspension de la proc�dure du 9 septembre 2010 ainsi que de jonction et de reprise de l'instruction du 14 f�vrier 2012, d�cision du SFFN du 26 janvier 2009, d�cision du DTE du 16 juin 2009 ainsi que d�cisions des 21 juin 2011 et 6 d�cembre 2011 rendues respectivement par le conseil communal de Gimel et le DIRH. Les recourants concluent �galement au rejet du projet de plan d'extraction et du permis d'exploiter.
Le Tribunal cantonal se r�f�re � son arr�t. La Direction g�n�rale de l'environnement (ci-apr�s: la DGE) ainsi que les intim�es A1.________ SA et B1.________ SA concluent au rejet des recours.
Invit� � se d�terminer, l'Office f�d�ral de l'environnement (ci-apr�s: l'OFEV) estime que le calcul du coefficient d'efficacit� d'utilisation du sol effectu� par le SFFN est erron� et se demande si le d�frichement du cordon bois� est vraiment ad�quat. Il ne met en revanche pas en doute les mesures compensatoires exig�es par les autorit�s sp�cialis�es comp�tentes. Il estime au surplus que les exigences l�gales en mati�re de protection contre le bruit sont remplies et que le projet ne pose pas de probl�me pour les eaux souterraines.
Les recourants, les soci�t�s exploitantes ainsi que le DTE ont d�pos� des �critures compl�mentaires.
Par deux ordonnances s�par�es du 12 juin 2013, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif dans les causes 1C_414/2013 et 1C_415/2013.
1.1.�Compte tenu de leur connexit�, il se justifie de joindre les deux recours, dirig�s contre une m�me d�cision, afin de statuer en un seul arr�t.
1.2.�La voie du recours en mati�re de droit public (art. 82 ss LTF) est en principe ouverte contre une d�cision prise par une autorit� cantonale de derni�re instance dans une contestation portant sur l'application du droit de l'am�nagement du territoire et de la protection de l'environnement.
Le recours constitutionnel subsidiaire 1C_414/2013 est par cons�quent irrecevable (art. 113 LTF).
1.3.�En vertu de l'art. 89 al. 2 let. d LTF, ont qualit� pour recourir les autorit�s auxquelles une autre loi f�d�rale accorde un droit de recours. Aux termes de l'art. 57 de la loi f�d�rale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement (LPE; RS 814.01), les communes sont habilit�es � user des moyens de recours pr�vus par le droit f�d�ral et le droit cantonal contre les d�cisions des autorit�s f�d�rales ou cantonales fond�es sur la LPE et ses dispositions d'ex�cution, en tant qu'elles sont concern�es par lesdites d�cisions et qu'elles ont un int�r�t digne de protection � ce que celles-ci soient annul�es ou modifi�es.
En l'esp�ce, la gravi�re litigieuse se trouve sur les communes de Saubraz et Montherod. Celles-ci se plaignent des effets n�gatifs de l'exploitation de cette installation sur leurs territoires. Les communes recourantes sont d�s lors manifestement concern�es par l'arr�t attaqu� et ont qualit� pour agir sur la base des dispositions pr�cit�es.
1.4.�Helvetia Nostra est reconnue comme une association d'importance nationale vou�e � la protection de l'environnement, de la nature et du paysage (cf. ch. 9 de l'annexe � l'ordonnance relative � la d�signation des organisations habilit�es � recourir dans les domaines de la protection de l'environnement ainsi que de la protection de la nature et du paysage [ODO; RS 814.076]); � ce titre, elle a la qualit� pour agir par la voie du recours en mati�re de droit public contre le projet de gravi�re litigieux (art. 89 al. 2 let. d LTF en relation avec les dispositions des lois sp�ciales).
Selon la jurisprudence, le voisin a qualit� pour agir lorsque son terrain jouxte celui du constructeur ou se trouve � proximit� imm�diate de celui-ci (ATF 121 II 171 consid. 2b p. 174; 115 Ib 508 consid. 5c p. 511). Tel est le cas du recourant B.________, propri�taire d'une parcelle qui se trouve � la limite du plan d'extraction.
La qualit� pour agir des autres recourants dans la cause 1C_415/2013 peut d�s lors rester ind�cise, comme elle l'a �t� devant le Tribunal cantonal.
A titre de mesures d'instruction, Helvetia Nostra et consorts demandent au Tribunal f�d�ral de solliciter les pr�avis de l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial (ci-apr�s: l'ARE), de l'OFEV et de l'Office f�d�ral de l'agriculture (ci-apr�s: l'OFAG).
L'OFEV a d�pos� ses d�terminations le 29 ao�t 2013. La requ�te des recourants est d�s lors satisfaite sur ce point. Il n'a toutefois pas �t� jug� utile de requ�rir des observations de l'ARE et de l'OFAG, le dossier ne soulevant pas de questions particuli�rement complexes dans les domaines trait�s par ces offices.
Helvetia Nostra et consorts demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler la d�cision de suspension de la proc�dure prise par le juge instructeur du Tribunal cantonal le 9 septembre 2010 ainsi que la d�cision de jonction et de reprise de l'instruction du 14 f�vrier 2012.
Ces d�cisions, prises en cours de proc�dure, doivent �tre qualifi�es d'incidentes. En vertu de l'art. 93 al. 3 LTF, elles peuvent �tre attaqu�es par un recours contre la d�cision finale dans la mesure o� elles influencent le contenu de celle-ci. Les recourants font valoir que la mani�re de proc�der du Tribunal cantonal constitue une violation grave du droit d'�tre entendu et de l'obligation de coordination; le tribunal aurait d� admettre leur recours au motif que l'�quipement du projet �tait insuffisant, au lieu de permettre qu'une proc�dure s�par�e concernant la route des Anes soit engag�e.
3.1.�L'art. 25a de la loi f�d�rale du 22 juin 1979 sur l'am�nagement du territoire (LAT; RS 700) �nonce, � ses al. 1 � 3, des principes en mati�re de coordination "lorsque l'implantation ou la transformation d'une construction ou d'une installation n�cessite des d�cisions �manant de plusieurs autorit�s". Une autorit� charg�e de la coordination doit en particulier veiller � ce que toutes les pi�ces du dossier de demande d'autorisations soient mises simultan�ment � l'enqu�te publique (art. 25a al. 2 let. b LAT) et � ce qu'il y ait une concordance mat�rielle des d�cisions ainsi que, en r�gle g�n�rale, une notification commune ou simultan�e (art. 25a al. 2 let. d LAT); ces d�cisions ne doivent pas �tre contradictoires (art. 25a al. 3 LAT). L'obligation de coordonner s'�tend � l'ensemble des autorisations que l'implantation d'une construction rend n�cessaires. Elle n'exclut pas de traiter s�par�ment les autorisations sp�ciales de moindre port�e pour autant que les contradictions puissent �tre �vit�es; il n'est pas non plus indispensable de coordonner les d�cisions qui, tout en ayant un rapport avec le projet de construction, n'ont aucune influence directement contraignante sur la construction proprement dite de l'ouvrage ou qui, pour des raisons mat�rielles, ne peuvent �tre rendues qu'apr�s sa r�alisation (cf. ARNOLD MARTI, in Commentaire LAT, nos 17 et 19 ad art. 25a LAT).
3.2.�En l'esp�ce, il ressort du dossier qu'apr�s la premi�re enqu�te publique relative au projet de plan d'extraction, le DTE avait impos� le d�tournement du trafic provenant de la gravi�re par la route des Anes, de mani�re � �viter la travers�e de Gimel. Le DTE en avait fait l'une des conditions d'adoption du plan, selon sa d�cision du 16 juin 2009. Or cette mesure n'avait pas fait l'objet d'une �tude ou d'un plan pr�alable. Dans sa r�ponse au recours, du 26 octobre 2009, le service des routes avait soulign� qu'en l'�tat, cette route n'�tait pas suffisante pour absorber le trafic pr�vu. Tenant compte de l'avis du service sp�cialis�, l'exploitante a pris l'initiative de mettre en oeuvre la proc�dure d'adoption du plan routier. Cette d�marche, annonc�e par le service des routes le 17 ao�t 2010, a amen� le juge instructeur � suspendre la proc�dure, par d�cision du 9 septembre 2010. Le plan routier a �t� adopt� selon les d�cisions des 21 juin et 6 d�cembre 2011, que les recourants ont attaqu�es devant le Tribunal cantonal. Le juge instructeur a d�cid� de joindre les causes relatives au plan d'extraction et au plan routier le 14 f�vrier 2012.
Contrairement aux critiques des recourants, le proc�d� suivi par le Tribunal cantonal ne consacre pas de violation du principe de la coordination. Le projet d'am�nagement de la route des Anes a suivi la proc�dure ad�quate et a �t� adopt� par les autorit�s comp�tentes. Le d�tournement du trafic provenant de la gravi�re par la route des Anes �tait l'une des conditions figurant dans la d�cision d'adoption du plan d'extraction du 16 juin 2009; le DTE avait ainsi estim� que la r�alisation de cette route pouvait �tre trait�e s�par�ment de la proc�dure principale, voire apr�s coup. Quoi qu'il en soit du point de vue formel, il appara�t que la suspension de la proc�dure, puis la jonction des causes, a permis au Tribunal cantonal de veiller � la coordination mat�rielle des d�cisions. Les recourants ne font d'ailleurs pas valoir que l'irr�gularit� qu'ils d�noncent aurait provoqu� des d�cisions contradictoires.
3.3.�Les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus en all�guant que la d�cision du DIRH �tait insuffisamment motiv�e. La d�cision d'approbation pr�alable du DIRH du 6 d�cembre 2011 a �t� notifi�e aux parties avec la d�cision de la municipalit� de Gimel du 21 juin 2011 d'adopter le projet d'am�nagement du chemin des Anes et une copie de l'extrait du proc�s-verbal du conseil communal du 27 avril 2011; le pr�avis pr�cit� pr�sente le projet et soumet des propositions de r�ponses � l'attention des opposants. Ces pi�ces ont ainsi permis aux recourants de comprendre les motifs qui ont amen� le DIRH � approuver le projet routier litigieux; ils ont pu faire valoir leurs moyens devant le Tribunal cantonal en toute connaissance de cause. Leur grief tir� d'une violation du droit d'�tre entendu doit par cons�quent �tre �cart�.
Comme devant le Tribunal cantonal, les recourants font valoir qu'une partie du p�rim�tre d'exploitation se trouve en dehors des limites d�finies par le PDCAR.
4.1.�Le PDCAR est un �l�ment du plan directeur cantonal. Il s'impose d�s lors aux autorit�s charg�es d'adopter notamment les plans d'affectation, g�n�raux ou sp�ciaux (cf. art. 9 al. 1 LAT). Le plan d'affectation concr�tise et pr�cise le plan directeur. Selon la jurisprudence, il peut s'en �carter sur des points secondaires, lorsque cela est objectivement justifi�, que la solution retenue par le plan directeur n'est pas conforme � la loi ou inapplicable, ou encore lorsque les circonstances, notamment de nouvelles constatations de fait, commandent de d�roger au plan directeur et qu'il para�t de surcro�t d�raisonnable de modifier le plan directeur avant l'adoption du plan d'affectation (ATF 119 Ia 362 consid. 4a p. 368 et les r�f�rences; Piermarco Zen-Ruffinen/Christine Guy Ecabert, Am�nagement du territoire, construction, expropriation, 2001, n. 248; Pierre Tschannen, Commentaire LAT, n. 19 ad art. 9 LAT).
4.2.�Les juges cantonaux ont relev� que les limites du PDCAR ne recoupaient effectivement pas le p�rim�tre du plan d'extraction. La divergence concernait la partie occidentale des casiers C4, C10, C11 et C12. La part du plan d'extraction qui se trouvait au-del� des limites du PDCAR �tait difficile � estimer. La cour cantonale a ainsi retenu qu'elle correspondait � un tiers du casier C4, � la moiti� des casiers C10 et C12, ainsi qu'aux deux tiers du casier C11. Cette part exc�dentaire recouvrait une surface totale d'environ 78'000 m2, soit 22,5 % de la surface totale du p�rim�tre d'extraction (345'450 m2), pour un volume total d'environ 491'000 m3, soit 22,55 % du volume total d'extraction (2'177'000 m3). Il s'agissait l� d'une diff�rence l�g�re au sens de la jurisprudence cantonale; dans un arr�t AC.2009.0098 du 17 f�vrier 2010, la cour cantonale avait en effet admis un �cart de 40% entre le PDCAR et la surface totale du p�rim�tre d'exploitation, tel que pr�vu par le plan d'extraction.
4.3.�Les recourants contestent tout d'abord les chiffres retenus dans l'arr�t attaqu�. Ils soulignent que le Tribunal cantonal a omis de prendre en consid�ration le casier C5 ainsi que la moiti� des casiers C9 et C10; le total des surfaces figurant hors du PDCAR repr�senterait d�s lors plut�t 35 % du p�rim�tre d'extraction. Cet �l�ment de fait n'a pas besoin d'�tre �clairci car une �ventuelle correction dans le sens des recourants n'aurait pas d'incidence sur l'issue du litige (art. 97 al. 1 LTF; cf. consid. 4.4 ci-apr�s). Les recourants nient ensuite qu'une surface de 22.5 %, voire de 35 %, serait une "diff�rence l�g�re" au sens de la jurisprudence. Le plan directeur devrait lui-m�me constituer l'instrument d'am�nagement, puisque l'on serait en pr�sence d'un grand projet � incidence spatiale. De m�me, selon l'art. 4 LCar, le PDCAR "d�limite les territoires se pr�tant � l'exploitation commerciale et industrielle des mat�riaux"; a contrario, les territoires ext�rieurs au p�rim�tre ne s'y pr�teraient pas.
4.4.�Il convient de relever que le PDCAR comporte l'inventaire des territoires d�j� exploit�s ou en cours d'exploitation ainsi que les surfaces pouvant �tre utilis�es ou d�velopp�es (art. 5 al. 2 LCar). L'art. 2 ch. 2 du d�cret du 18 septembre 1991 portant adoption du PDCAR (DPDCar) pr�cise que lient les autorit�s "les cartes des gisements dont les limites exactes seront pr�cis�es par le plan d'extraction". Le PDCAR n'a effectivement pas pour but de d�finir, de mani�re pr�cise et contraignante, les limites des gisements inventori�s. En effet, au stade et � l'�chelle d'un plan directeur, la d�limitation de ces gisements est forc�ment impr�cise, fond�e sur des �tudes g�n�rales op�r�es sur de vastes portions de territoires. Ces investigations pr�liminaires sont ensuite approfondies dans le cadre des �tudes de d�tail inh�rentes � la planification individuelle d'un gisement d�termin�, int�grant la mise � jour des donn�es et l'�volution des connaissances; le plan d'extraction repose ainsi notamment sur des constatations de fait (en particulier les forages) r�sultant d'�tudes abouties qui ne pouvaient �tre effectu�es au moment de l'adoption du PDCAR. Il s'ensuit que la d�limitation d'un gisement, telle qu'elle ressort du plan annex� au PDCAR, doit �tre tenue pour indicative.
Le Tribunal cantonal a estim� que la d�rogation au PDCAR devait �tre qualifi�e de l�g�re, en se basant sur sa jurisprudence. Dans l'arr�t AC.2009.0098 auquel il se r�f�re, l'�cart entre le PDCAR et le plan d'extraction correspondait � 40 % de la surface totale du p�rim�tre d'exploitation. Les juges cantonaux avaient consid�r� que cette diff�rence n'�tait certes pas mineure; il convenait toutefois de replacer le plan litigieux dans le contexte plus g�n�ral du PDCAR. Ils avaient ainsi soulign� les besoins importants du canton en approvisionnement de mat�riaux, la situation critique en terme de lieux de d�p�t de mat�riaux et le principe retenu par le PDCAR de favoriser la cr�ation de gravi�res � proximit� des grands chantiers. Dans ces conditions, ils avaient jug� que la part de 40 % d�passant le p�rim�tre du PDCAR apparaissait comme secondaire et pouvait encore �tre qualifi�e de "l�g�re". Dans les circonstances particuli�res qui pr�valent dans ce contexte, l'interpr�tation du PDCAR par le Tribunal cantonal �chappe � la critique. Au demeurant, il appara�t que le plan d'extraction renonce � une importante surface pr�vue par le PDCAR, dont l'exploitation aurait entra�n� le d�frichement de grandes parcelles foresti�res.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que l'�cart de 22.5 %, voire de 35 %, entre le PDCAR et le plan d'extraction est admissible. Mal fond�, le pr�sent grief doit �tre rejet�.
Tous les recourants se plaignent d'une mauvaise application de la LAT. Ils affirment d'une part que le PDCAR sur lequel le Tribunal cantonal s'est bas� est un instrument lacunaire et en r�vision. D'autre part, la cour cantonale aurait effectu� une pes�e des int�r�ts insuffisante: les autorit�s auraient d� en effet examiner si l'ouverture d'une ou de plusieurs gravi�res sur les autres sites disponibles selon le PDCAR permettait de r�pondre aux besoins en gravier sans entra�ner des atteintes aussi graves � la nature et � la faune. Le choix du site des Ursins �tait au demeurant d�pass� par la nouvelle politique r�gionale de privil�gier le transport du gravier par le rail.
5.1.�Les autorit�s en charge de l'am�nagement du territoire b�n�ficient d'une importante libert� d'appr�ciation dans l'accomplissement de leurs t�ches (art. 2 al. 3 LAT) et notamment dans leurs t�ches de planification. Cette libert� d'appr�ciation n'est toutefois pas totale. L'autorit� de planification doit en effet se conformer aux buts et aux principes d'am�nagement du territoire tels qu'ils r�sultent de la Constitution (art. 75 Cst.) et de la loi (art. 1 et 3 LAT); elle doit �galement prendre en consid�ration les exigences d�coulant de la l�gislation f�d�rale sur la protection de l'environnement. Une appr�ciation correcte de ces principes implique une pes�e globale de tous les int�r�ts en pr�sence (art. 3 OAT).
5.2.�En l'esp�ce, comme l'a relev� la DGE dans ses observations du 18 juin 2013, le PDCAR, adopt� par le Grand Conseil en 1991, retient le site des Ursins comme exploitable en premi�re et deuxi�me priorit�. Ce site a �t� repris dans la mise � jour du PDCAR de 2003. Le PGCar retient encore dans sa version du 1er janvier 2006 le site des Ursins en premi�re et deuxi�me priorit�. Les choix op�r�s au stade de l'�laboration du PDCAR ont impliqu� une �valuation succincte, mais s�rieuse, des impacts respectifs, une coordination des �l�ments relevant de la pr�servation des sites, de la protection des �l�ments (eau, nature, paysage), des probl�mes de transport et d'immissions li�s � la protection de l'air et contre le bruit. Figurant ainsi depuis des ann�es dans la planification cantonale, le projet des Ursins a fait l'objet de la planification pr�vue par la LCar (plan d'extraction et demande de permis d'exploiter, avec �tude d'impact sur l'environnement), qui a conduit � des am�liorations. Le simple fait que le PDCAR actuel soit en cours de r�vision ne signifie pas encore, comme le soutiennent Helvetia Nostra et consorts, qu'il serait d�suet et obsol�te quant au choix des sites recens�s. Quoi qu'il en soit, il appara�t que l'exploitation de la gravi�re litigieuse r�pond � une n�cessit� (cf. consid. 5.3 ci-apr�s) et que le projet respecte les exigences de la protection de l'environnement (consid. 6 ss ci-apr�s).
5.3.�Dans le volet op�rationnel de sa deuxi�me version adapt�e du 15 juin 2012, le PDCn �value � 2 ou 3 millions de m3 par an les besoins du canton pour son approvisionnement en mat�riaux; les gisements rep�r�s permettraient de r�pondre aux besoins pour plusieurs dizaines d'ann�es. La fourniture de graviers est en outre assur�e par des importations depuis la France voisine et par le recyclage des mat�riaux. Le PDCAR contient �galement une analyse des besoins. Il a �t� constat� qu'au cours des ann�es 1990, la production de gravier avait diminu� de 38 % par rapport � la d�cennie pr�c�dente; dans cette part, la production de gravier autochtone avait diminu� de pr�s de moiti�, alors que les importations depuis la France avaient doubl�. Le principe retenu par le PDCAR est de favoriser la cr�ation de gravi�res � proximit� des p�les de transformation ou des grands chantiers, le but �tant de trouver, autant que possible, dans chaque r�gion les mat�riaux n�cessaires pour le march� local, ceci aussi dans la perspective de pouvoir recycler sur place les mat�riaux d'excavation.
Pour la r�gion de Morges, le PDCAR recense quatorze sites, dont celui des Ursins, class� en premi�re et deuxi�me priorit�. Le rapport CSD1 insiste sur la n�cessit� de trouver des sources locales d'approvisionnement en mat�riaux, afin de r�duire les importations de France. La r�gion comprise entre le pied du Jura et La C�te repr�sente entre 25 et 30 % de la consommation totale du canton, soit 500'000 m3environ. La pression d�mographique qui s'exerce sur l'arc l�manique impose de rapprocher les sources d'approvisionnement des centres de d�veloppement, afin de r�duire les transports; cet int�r�t public est important (cf. arr�t 1A.115/2003 du 23 f�vrier 2004 consid. 3.2). Compte tenu �galement de la force obligatoire, pour les autorit�s, du PDCAR comme �l�ment du plan directeur cantonal (art. 9 al. 1 LAT), notamment pour ce qui concerne la d�signation des gravi�res, on ne saurait, avec le Tribunal cantonal, reprocher au DTE d'avoir retenu le site des Ursins pour l'ouverture de la gravi�re projet�e. Cette appr�ciation est confort�e par le fait que parmi les quatorze sites r�pertori�s dans la r�gion selon le tableau figurant dans le PDCAR, huit ne sont pas exploit�s (La Gordanne, La Fr�saire, Chanivaz, Chaney, Champagne, Bois du Cr�pon, St-Pierre et Sur Vuarne), un est abandonn� (La Fouly) et un autre ferm� (Les Bioles); seul le site de La Caroline est exploit�, et l'exploitation envisag�e pour Le S�pey et Les Bougeries. Au demeurant, les recourants �voquent en vain le projet de gravi�re des D�lices, sur le territoire de la commune d'Apples, qui pr�voit le transport des graviers par rail. Ce projet ne peut en effet pas se substituer � celui des Ursins, les deux exploitations �tant n�cessaires � l'approvisionnement r�gional et cantonal en mat�riaux pierreux. A cet �gard, les juges cantonaux ont relev� � juste titre que la question de savoir si, dans le canton ou la r�gion, d'autres sites pourraient �tre exploit�s au lieu de celui des Ursins revenait � remettre en discussion la planification directrice cantonale. Or celle-ci avait retenu �galement d'autres sites, m�me parfois proches, non pas comme solution alternative, mais cumulative; il ne s'agissait d�s lors pas de choisir entre diff�rents sites �quivalents.
Le Tribunal cantonal a encore relev� que la perte des terres actuellement exploit�es � des fins agricoles �tait limit�e puisqu'� la fin de l'exploitation de la gravi�re, les lieux seront remis en l'�tat et r�affect�s � l'agriculture. Contrairement � ce que soutiennent Helvetia Nostra et consorts, il n'y aura donc � terme aucune perte de surfaces agricoles. De m�me, l'atteinte au paysage sera r�duite � la fin des travaux, qui se feront en outre par �tapes, et la situation, du point de vue de la faune, est satisfaisante compte tenu des mesures de compensation pr�vues (cf. consid. 6 ci-apr�s).
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le Tribunal cantonal a proc�d� � une pes�e des int�r�ts minutieuse et qu'il n'a pas viol� les principes applicables en mati�re d'am�nagement du territoire en confirmant le projet litigieux.
Les recourants d�noncent une atteinte au paysage et � la nature. Les communes de Montherod et de Saubraz invoquent les art. 18 de la loi f�d�rale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451) et 5 de la loi f�d�rale du 4 octobre 1991 sur les for�ts (LFo; RS 921.0), mais sans indiquer en quoi l'arr�t attaqu� aurait mal appliqu� ces dispositions. Les recourants Helvetia Nostra et consorts font de longs d�veloppements sur la beaut� du site et l'�quilibre �cologique de la r�gion. En particulier, plusieurs groupes faunistiques seraient menac�s par le projet, en compl�te contradiction avec la politique cantonale de protection de la nature. Ils estiment par ailleurs qu'une expertise de la Commission f�d�rale de la protection de la nature et du paysage (ci-apr�s: la CFNP) �tait n�cessaire.
6.1.�Les autorit�s, services, instituts et �tablissements f�d�raux ainsi que les cantons doivent, dans l'accomplissement des t�ches de la Conf�d�ration, prendre soin de m�nager l'aspect caract�ristique du paysage et des localit�s, les sites �vocateurs du pass�, les curiosit�s naturelles et les monuments historiques et, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit� (art. 3 al. 1 LPN). Ils s'acquittent de ce devoir notamment en attachant des charges ou des conditions aux autorisations et aux concessions, ou en refusant celles-ci (art. 3 al. 2 let. b LPN).
L'inscription d'un objet d'importance nationale dans un inventaire f�d�ral indique que l'objet m�rite sp�cialement d'�tre conserv� intact ou en tout cas m�nag� le plus possible, y compris au moyen de mesures de reconstitution ou de remplacement ad�quates (art. 6 al. 1 LPN). Lorsqu'il s'agit de l'accomplissement d'une t�che de la Conf�d�ration, la r�gle suivant laquelle un objet doit �tre conserv� intact dans les conditions fix�es par l'inventaire ne souffre d'exception, que si des int�r�ts �quivalents ou sup�rieurs, d'importance nationale �galement, s'opposent � cette conservation (art. 6 al. 2 LPN).
En vertu de l'art. 18 LPN, la disparition d'esp�ces animales ou v�g�tales indig�nes doit �tre pr�venue par le maintien d'un espace vital suffisamment �tendu (biotopes) ainsi que par d'autres mesures appropri�es (al. 1). Il y a lieu de prot�ger tout particuli�rement les rives, les roseli�res et les marais, les associations v�g�tales foresti�res rares, les haies, les bosquets, les pelouses s�ches et autres milieux qui jouent un r�le dans l'�quilibre naturel ou pr�sentent des conditions particuli�rement favorables pour les bioc�noses (al. 1bis). Si, tous int�r�ts pris en compte, il est impossible d'�viter des atteintes d'ordre technique aux biotopes dignes de protection, l'auteur de l'atteinte doit veiller � prendre des mesures particuli�res pour en assurer la meilleure protection possible, la reconstitution ou, � d�faut, le remplacement ad�quat (al. 1ter)
6.2.�En l'esp�ce, la gravi�re des Ursins se trouve en dehors du p�rim�tre de l'inventaire IFP 1201 La C�te, contrairement � ce que soutiennent Helvetia Nostra et consorts. Les autorit�s cantonales n'avaient d�s lors pas d'obligation d'exiger une expertise de la CFNP (cf. art. 7 LPN).
L'arr�t attaqu� �num�re les mesures de protection envisag�es pour les esp�ces rep�r�es dans le secteur. Il est ainsi notamment pr�vu de mettre en place des biotopes itin�rants en cours d'exploitation, par la cr�ation de surfaces graveleuses, de falaises ensoleill�es, de plans d'eau. En outre, le projet planifie un r�am�nagement du site, soit la cr�ation de biotopes de remplacement, comprenant la cr�ation d'un bosquet, d'un cordon bois�, d'une haie et de prairies, ainsi que de biotopes de compensation, � savoir une prairie extensive, une zone humide, un verger et une haie arboris�e. L'OFEV et le SFFN avaient estim� ces mesures pertinentes et ad�quates. Le Tribunal cantonal n'avait d�s lors pas de raison de s'�carter de l'avis de ces services sp�cialis�s.
Dans leurs recours, les int�ress�s se contentent de faire des consid�rations de caract�re g�n�ral sur les atteintes graves � la nature et � la faune, qui ne sont pas suffisamment concr�tes pour �tre discut�es. Dans ses d�terminations du 29 ao�t 2013, l'OFEV a ainsi confirm� qu'il n'avait aucune raison de mettre en doute les mesures compensatoires pr�vues. Les recourants ne sont pas parvenus � d�montrer que le projet �tait contraire au droit f�d�ral en ce qui concerne la protection de la nature et du paysage. Leurs griefs doivent par cons�quent �tre �cart�s.
6.3.�Les recourants ne formulent aucun reproche pr�cis � l'encontre de l'autorisation de d�frichement. L'OFEV, dans ses observations du 29 ao�t 2013, revient en partie sur son pr�avis positif du 21 novembre 2008 et arrive � un r�sultat diff�rent quant au coefficient d'efficacit� de l'utilisation du sol; il ne constate toutefois pas de violation de la LFo. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a proc�d� � une pes�e des int�r�ts qui �chappe � la critique. Il ressort en effet de l'arr�t attaqu� que le d�frichement du cordon bois�, d'une surface totale de 11'0373 m2, est provisoire et que le reboisement compensatoire se fera sur les lieux du d�frichement provisoire (y compris pour le d�frichement d�finitif de 522 m2 n�cessit� par le r�am�nagement du carrefour de la Reculanne, cf. consid. 8.3 ci-apr�s). Le d�frichement contest� ne portera pas atteinte � la faune dans une telle mesure que cela suffirait pour ne pas l'autoriser au sens de l'art. 5 al. 2 LFo en relation avec l'art. 1er al. 1 let. b LFo. Enfin, le site des Ursins ne fait pas partie d'un biotope d'importance nationale au sens des dispositions de la LPN et le projet pr�voit des mesures de compensation pertinentes et ad�quates (cf. consid. 6.2 ci-dessus). II n'y a d�s lors pas lieu de remettre en cause l'autorisation de d�frichement, ce d'autant que le reboisement sera int�gralement compens�, sur les lieux du d�frichement provisoire.
Invoquant les art. 9 et 36 de l'ordonnance du 15 d�cembre 1986 sur la protection contre le bruit (OPB; RS 814.41), les communes recourantes critiquent les m�thodes de comptage du trafic actuel. Il �tait � leur avis inacceptable que le Tribunal cantonal prenne en compte le rapport CSD 4 produit apr�s l'audience et qui constituerait une nouvelle version des comptages de trafic de 2006 (rapport CSD 1) et de 2008 (rapport CSD 3). Elles y voient une violation de la proc�dure relative � l'�tude d'impact sur l'environnement (EIE). Les recourantes mettent �galement en cause les comptages � la base des derniers pronostics de trafic produits.
7.1.�Selon l'art. 10a de la loi f�d�rale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement (LPE; RS 814.01) en relation avec l'art. 1 et le ch. 80.3 de l'annexe � l'ordonnance du 19 octobre 1988 relative � l'�tude de l'impact sur l'environnement (OEIE; RS 814.011), les gravi�res d'un volume global d'exploitation sup�rieur � 300'000 m3 sont soumises � une EIE. En vertu de l'art. 10b al. 1 LPE, quiconque entend planifier, construire ou modifier une installation soumise aux dispositions sur l'�tude d'impact doit pr�senter � l'autorit� comp�tente un rapport relatif � l'impact sur l'environnement; ce rapport sert de base � l'appr�ciation du projet. L'autorit� comp�tente appr�cie la compatibilit� du projet avec l'environnement en se fondant notamment sur le rapport d'impact, l'avis du service sp�cialis� de la protection de l'environnement qui a �valu� ce rapport et les propositions du service sp�cialis� (art. 17 let. a, c et d OEIE).
Lorsqu'un projet a �t� modifi� apr�s avoir �t� soumis � l'enqu�te publique, une nouvelle enqu�te n'est n�cessaire, d'apr�s la jurisprudence, que si la modification s'av�re essentielle, au point que la nouvelle version doive �tre assimil�e � un nouveau projet (cf. ATF 98 Ia 475 consid. 2 p. 478).
7.2.�En l'esp�ce, il n'est pas contest� que le projet d'extraction de gravier des Ursins est soumis � l'obligation d'effectuer une EIE au sens de l'art. 10a LPE. Un rapport d'impact sur l'environnement (RIE) a �t� �tabli le 15 mai 2006 (rapport CSD 1). Le projet a �t� remani� et r�duit en 2008 et le RIE a �t� modifi� notamment en ce qui concerne les donn�es de trafic (rapport CSD 3). Les rapports CSD 1 et 3 contiennent des comptages de trafic �tablis en 2000, respectivement 2005. De nouvelles donn�es de trafic actualis�es ont �t� �tablies en 2010 (rapport CSD 4).
Les recourantes estiment que les derniers comptages de trafic constituent une modification du RIE initial. Le projet a effectivement �t� redimensionn� apr�s la premi�re mise � l'enqu�te publique. Dans ses d�terminations du 16 novembre 2012, le SEVEN a toutefois indiqu� que l'�volution du trafic entre 2005 et 2010 n'�tait pas de nature � modifier les conclusions du RIE �tabli en 2005 et que les donn�es actualis�es ne faisaient que confirmer les �valuations ant�rieures. Cette modification n'appara�t d�s lors pas essentielle au point que l'on doive consid�rer qu'il s'agit d'un nouveau projet; les recourants ne le font d'ailleurs pas valoir. Il n'�tait ainsi pas n�cessaire de recommencer depuis le d�but la proc�dure d'�valuation du RIE avec les derniers comptages de trafic actualis�s. Ce grief d'ordre formel est par cons�quent mal fond� et doit �tre �cart�.
7.3.�Les recourantes remettent en cause les donn�s de trafic utilis�es dans le rapport CSD 4. Ces donn�es se basent sur un comptage effectu� en 2010 par le service des routes, durant une semaine. D'apr�s les d�terminations de l'OFEV du 29 ao�t 2013, c'est la dur�e standard minimum de comptage pour des axes routiers de cette importance; les r�sultats sont ensuite normalis�s en tenant compte des courbes de variation annuelle selon les normes en vigueur. Il n'existe pas de directive sp�cifiant la dur�e minimum de comptage n�cessaire � l'�tablissement d'un plan de charge. Les extraits de m�thodologie de l'Office f�d�ral des routes, cit�s par les recourantes, sont des directives qui s'appliquent aux routes nationales, sur lesquelles un vaste r�seau de compteurs automatiques est install�. De tels moyens co�teux ne peuvent s'appliquer � toutes les routes du r�seau routier suisse; cela repr�senterait un effort technique et financier disproportionn�. Selon l'OFEV, les donn�es employ�es par le bureau CSD afin de d�montrer le respect des valeurs limites sont donc consid�r�es comme suffisantes et fiables selon l'�tat de la technique. L'OFEV estime �galement, en tenant compte du volume annuel d'exploitation, de la capacit� de chargement d'un camion et du taux de trajets � vide pr�vu, que le nombre de mouvements de camions par jours ouvrables pris en compte dans le rapport CSD 4 est r�aliste. Ce rapport conclut au respect des valeurs limites d'immissions (VLI) fix�es par l'annexe 3 OPB sur l'ensemble du r�seau routier, et par cons�quent au respect de l'art. 9 OPB, constat qui est confirm� par le service des routes et le SEVEN.
Avec l'OFEV, il y a par cons�quent lieu de relever que le RIE de 2006 (rapport CSD 1) et ses compl�ments de 2008 et 2012 (rapports CSD 3 et 4) sont complets et clairs en ce qui concerne le trafic suppl�mentaire des poids lourds; ces rapports concluent avec justesse au respect des exigences l�gales en mati�re de protection contre le bruit, apr�s mise en place des mesures ad�quates. Une �tude acoustique au sens de l'art. 36 OPB, comme le pr�conisent les recourantes, n'est donc pas utile.
Les recourants all�guent que la route des Anes est inadapt�e au trafic des poids lourds; la cr�ation de places d'�vitement n'y changerait rien. En sus du probl�me technique du poids supportable par la route des Anes, se poserait celui de la s�curit� du trafic. Les normes VSS ne seraient par ailleurs pas respect�es. La situation serait tout aussi pr�caire pour l'autre acc�s, du c�t� Sud, o� aucun plan routier n'a �t� pr�vu. Les recourants critiquent en particulier le caract�re insuffisant de l'acc�s � la gravi�re par la RCom 56f, le passage par le pont sur la Sandoleyre �tant particuli�rement probl�matique.
8.1.�L'art. 19 LAT exige l'am�nagement des voies d'acc�s adapt�es � l'utilisation pr�vue. Un bien-fonds ne peut �tre consid�r� comme �quip� si, une fois construit conform�ment aux r�gles du plan d'affectation, son utilisation entra�ne un accroissement du trafic qui ne peut �tre absorb� par le r�seau routier ou s'il provoque des atteintes nuisibles ou incommodantes pour le voisinage (ATF 129 II 238 consid. 2 p. 241). Lors de l'adoption d'un plan d'affectation portant sur l'exploitation d'une gravi�re, l'autorit� doit ainsi v�rifier que le secteur en question dispose d'acc�s suffisants, ce qui est le cas lorsque l'acc�s est garanti aussi bien pour les utilisateurs des fonds riverains que pour les services publics, le rev�tement ad�quat en fonction du type de v�hicules, la visibilit� et les possibilit�s de croisement suffisantes (Andr� Jomini, Commentaire LAT, n. 19 ad art. 19; Bernhard Waldmann/Peter H�nni, Raumplanungsgesetz, Berne, 2006, n. 20 et 22 ad art. 19). La loi n'impose pas des voies d'acc�s id�ales; il faut et il suffit que, par sa construction et son am�nagement, une voie de desserte soit praticable pour le trafic li� � l'utilisation du bien-fonds et n'expose pas ses usagers ni ceux des voies publiques auxquelles elle se raccorderait � des dangers excessifs. Il va de soi, en outre, que les exigences d'acc�s sont diff�rentes lorsqu'il s'agit de desservir une zone industrielle ou un quartier r�sidentiel (ATF 116 Ib 159 consid. 6b p. 166). En l'esp�ce, il faut tenir compte du fait que la gravi�re projet�e serait ouverte � l'�cart des habitations. Pour appr�cier si un acc�s est suffisant, la jurisprudence se r�f�re en g�n�ral aux normes de l'Union des professionnels de la route (VSS).
8.2.�En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a indiqu� que le but de l'am�nagement routier du chemin des Anes, qui fait l'objet du plan routier des 21 juin et 6 d�cembre 2011, �tait d'�viter que les camions ne traversent Gimel. Afin de faciliter le d�bouch� du trafic sur les RC 54c et 47d, le plan routier pr�voyait de modifier les acc�s � ces endroits, par l'�largissement de la voie, de mani�re � permettre le croisement des camions et am�liorer la visibilit� du trafic. Deux places d'�vitement �taient par ailleurs pr�vues pour permettre aux camions de s'arr�ter pour laisser passer le trafic venant en sens inverse. A l'entr�e de la route des Anes �tait appos� un signal prohibant la circulation des v�hicules de plus de 3,5 tonnes. Selon le service des routes, cette restriction �tait impos�e non pas par la capacit� de la route � supporter le poids des v�hicules, mais par le gabarit de celle-ci. Une fois la route �largie � certains endroits pour permettre le croisement des v�hicules, la limitation actuelle sera supprim�e.
Les recourants citent les d�terminations du service des routes du 28 octobre 2009, selon lesquelles la route des Anes ne serait absolument pas adapt�e au trafic poids lourds li� � l'exploitation de la gravi�re projet�e. Ces d�terminations sont toutefois ant�rieures � la proc�dure de plan routier approuvant la cr�ation de places d'�vitement et l'am�nagement des d�bouch�s du chemin des Anes sur les RC 47d et RC 54c.Dans ses d�terminations du 20 f�vrier 2012, le service des routes a consid�r� que ces am�nagements �taient d�sormais ad�quats pour permettre aux camions de la gravi�re d'emprunter cet itin�raire, comme le requ�rait la d�cision du DTE du 16 juin 2009. Les am�nagements projet�s �taient par ailleurs conformes aux normes VSS 640'262 et 640'273a qui traitent principalement des mesures n�cessaires � garantir la s�curit� aux carrefours en assurant la visibilit� et la praticabilit� des d�bouch�s. C'est d�s lors en vain que les recourants affirment que la s�curit� ne serait pas garantie sur ce chemin, dans la mesure o� il subsisterait de longs tron�ons sur lesquels aucun croisement ne serait possible entre un camion et les voitures.
8.3.�Les recourants soutiennent ensuite qu'un plan routier serait n�cessaire pour l'am�nagement du carrefour de La Reculanne. Actuellement, l'acc�s au carrefour serait interdit aux 3,5 tonnes et les travaux envisag�s seraient importants; or il ne figurerait aucun descriptif au dossier permettant une bonne compr�hension du projet.
Il semble que cette question n'�tait pas litigieuse en proc�dure cantonale. En effet, l'arr�t attaqu� indique qu'un d�frichement d�finitif est impos� par la n�cessit� d'am�nager l'acc�s � la gravi�re par la RC 54c, au carrefour de La Reculanne, mais que cette partie du projet n'est pas contest�e (consid. 12 c/cc). Quoi qu'il en soit, ce grief est infond�. Tout d'abord, un panneau prohibant la circulation est certes appos� au carrefour de La Reculanne; ce panneau est compl�t� par des plaques autorisant notamment la circulation des riverains. Le service des routes a indiqu� que le trafic li� � la gravi�re devait �tre consid�r� comme riverain, de sorte que l'interdiction de la circulation des camions sur cette voie ne s'appliquerait pas en l'occurrence. Quant � aux travaux d'am�nagement du carrefour, ils ont �t� d�crits dans le RIE (rapport CSD 1). Il y est notamment indiqu� qu'au niveau de ce carrefour, une l�g�re adaptation de trac� sera n�cessaire, qui a �t� int�gr�e dans le p�rim�tre du plan d'extraction; le projet de modification de ce trac� avait d'ailleurs fait l'objet d'une mise � l'examen pr�alable aupr�s des services cantonaux et d'une mise � l'enqu�te simultan�e au projet de gravi�re. Il ressort en effet du dossier que l'exploitante a pr�sent� un projet d�taill� relatif � la modification de la jonction entre la route communale "les Ursins" et la RC 54C, avec un plan d'enqu�te, un plan technique et un dossier de d�frichement, mis � l'enqu�te publique en juin 2006. Les recourants ne peuvent d�s lors �tre suivis lorsqu'ils all�guent que l'absence de "proc�dure routi�re" heurterait le principe de la coordination.
8.4.�Comme devant le Tribunal cantonal, les recourants font valoir que le pont sur la Sandoleyre n'est pas assez large pour permettre le croisement des camions ou des camions avec des voitures. Ils estiment qu'une largeur de 7.30 m est n�cessaire, alors que la largeur du pont varie entre 6 m et 6.30 m.
La cour cantonale s'est fond�e sur les d�terminations du service des routes pour consid�rer que l'espace �tait suffisant. Les recourants discutent l'application par l'autorit� sp�cialis�e et le Tribunal cantonal des normes VSS topiques; ils contestent en particulier le fait que la marge de s�curit� a �t� jug�e non n�cessaire du c�t� du parapet du pont et qu'il a �t� tenu compte d'une vitesse r�duite de 45 km/h. Les critiques des recourants sont d�nu�es de pertinence. En effet, m�me dans l'hypoth�se o� il ne serait pas possible de croiser sur le pont, il n'en demeure pas moins que l'acc�s � la gravi�re par la route RCom 56f est suffisant au sens de la jurisprudence. Un acc�s suffisant n'implique en effet pas n�cessairement que les v�hicules circulant en sens inverse doivent pouvoir se croiser en tout lieu de celle-ci, y compris sur le pont de Sandoleyre; compte tenu de la configuration des lieux, il serait concevable, comme l'ont relev� les juges cantonaux, que les camions s'arr�tent au bord de la route pour laisser passer le v�hicule venant en sens inverse, sans que cela ne soit de nature � remettre en cause le caract�re suffisant de l'acc�s.
8.5.�Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la cour cantonale pouvait, � bon droit, consid�rer que les acc�s � la gravi�re �taient suffisants au sens de l'art. 19 LAT. Les recours doivent par cons�quent �tre rejet�s sur ce point, sans qu'il soit n�cessaire d'examiner plus pr�cis�ment les longs d�veloppements d'Helvetia Nostra et consorts, selon lesquels le transport par camions d�truirait la particularit� de toute la r�gion.
Les recourants d�noncent une violation de la l�gislation en mati�re de protection des eaux. Ils soutiennent en substance que le risque du ruissellement des eaux de la RCom 56f et du pont dans le ruisseau n'a aucunement �t� pris en compte. Ils s'�tonnent par ailleurs de l'absence de zone S3 correspondant aux zones de protection des eaux souterraines; cela d�montrerait que la d�limitation des zones de protection des eaux a �t� faite pour arranger l'exploitant. Le Tribunal cantonal aurait en outre refus�, � tort, d'ordonner une expertise pour �valuer le danger du projet pour les eaux.
9.1.�Selon l'art. 44 al. 1 de la loi f�d�rale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux (LEaux; RS 814.20), quiconque entend exploiter du gravier, du sable ou d'autres mat�riaux ou entreprendre des fouilles pr�liminaires � cette fin doit obtenir une autorisation. Conform�ment � l'art. 44 al. 2 al. a LEaux, ces exploitations ne sont pas autoris�es dans les zones de protection des eaux souterraines (let. a), au-dessous du niveau des nappes souterraines exploit�es (let. b) et dans les cours d'eau, lorsque le d�bit solide charri� ne compense pas les pr�l�vements (let. c). L'exploitation de mat�riaux peut toutefois �tre autoris�e au-dessus de nappes souterraines exploitables � condition qu'une couche protectrice de mat�riau soit maintenue au-dessus du niveau le plus �lev� que la nappe peut atteindre; l'�paisseur de cette couche sera fix�e en fonction des conditions locales (art. 44 al. 3 LEaux).
L'art. 29 al. 1 de l'ordonnance du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (RS 814.201; OEaux) pr�voit que, lorsqu'ils subdivisent leur territoire en secteurs de protection des eaux, les cantons d�limitent les secteurs particuli�rement menac�s et les autres secteurs; les secteurs particuli�rement menac�s comprennent notamment le secteur A u de protection des eaux, destin� � prot�ger les eaux souterraines exploitables (let. a). D'apr�s l'annexe 4 � l'OEaux, chiffre 211 al. 3 let. a, en cas d'extraction de gravier, de sable et d'autres mat�riaux dans le secteur Au de protection des eaux, il y a lieu de laisser une couche de mat�riau de protection d'au moins 2 m au-dessus du niveau naturel maximal d�cennal de la nappe.
9.2.�En l'esp�ce, il ressort de l'arr�t attaqu� qu'� la suite de la modification de la carte de protection des eaux du 5 f�vrier 2010, la zone d'exploitation de la gravi�re des Ursins se situe en partie dans un secteur �B de protection des eaux et en partie dans un secteur Au de protection des eaux. Dans le secteur Au, l'exploitation de mat�riaux est autoris�e � condition que l'annexe 4 � l'OEaux, chiffre 211 al. 3 let. a, soit respect�e. Cela signifie qu'en cas d'extraction de gravier, il y a lieu de laisser une couche de mat�riau de protection d'au moins 2 m au-dessus du niveau naturel maximum d�cennal de la nappe, de limiter la surface d'extraction de mani�re � garantir l'alimentation naturelle des eaux du sous-sol et de reconstituer la couche de couverture apr�s la fin des travaux de mani�re � ce que son effet protecteur corresponde � celui d'origine. Les rapports figurant au dossier d�montrent que ces points sont respect�s sur tout le secteur du projet. En supposant que les mesures habituelles soient prises, l'exploitation de la gravi�re litigieuse ne pose pas de probl�me pour les eaux souterraines, comme le confirme l'OFEV dans ses d�terminations du 29 ao�t 2013.
9.3.�S'agissant du risque de ruissellement des eaux provenant de la RCom 56f et du pont existant sur le ruisseau de la Sandoleyre, il y a lieu de relever que la route en question est une route existante, situ�e en dehors du p�rim�tre d'extraction. Il existe bien un conflit d'int�r�ts entre la RCom 56f et les captages d'eau potable; des mesures sont toutefois pr�vues dans une proc�dure distincte pour am�liorer la situation. D'apr�s les rapports figurant au dossier, des mesures sont pr�vues pour �vacuer les eaux de la route et du pont en dehors de la zone S2, l'�vacuation de ces eaux devant en particulier se faire sur les bas-c�t�s et non dans la Sandoleyre. En outre, comme l'a relev� � juste titre le Tribunal cantonal, la question de savoir si le secteur de la Reculanne devrait �tre class� dans une zone S3 plut�t que S2 d�passe le cadre du litige.
9.4.�Le Tribunal cantonal a refus� de donner suite � la requ�te d'Helvetia Nostra et consorts d'ordonner une expertise hydrog�ologique, consid�rant que le dossier contenait plusieurs pi�ces d�taill�es relatives � l'examen de la situation hydrog�ologique du secteur; ces �l�ments, ainsi que les explications fournies lors de l'audience du 11 octobre 2012 et les d�terminations finales des parties, suffisaient pour statuer en connaissance de cause.
Les recourants n'all�guent ni ne d�montrent que l'appr�ciation anticip�e � laquelle a proc�d� la cour cantonale serait entach�e d'arbitraire (cf. (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arr�ts cit�s), ce qui n'appara�t pas �tre le cas. Dans ces conditions, le Tribunal cantonal pouvait, sans violer leur droit d'�tre entendus, rejeter leur offre de preuve. Le grief doit �galement �tre rejet� sur ce point.
Les recourants Helvetia Nostra et consorts estiment qu'il est contraire au principe de la coordination de ne pas tenir compte du projet de PPA La Piquette, lequel serait �troitement li� � la planification de la gravi�re litigieuse. A leur avis, les exploitants ont voulu cacher que le site de La Piquette devra servir comme un immense centre de graviers et de mat�riaux pour la gravi�re des Ursins; le transit entre ces sites serait d�j� pr�t, confirmant la "volont� r�elle d'agrandir le p�rim�tre de la gravi�re des Ursins".
Il ressort de l'arr�t attaqu� qu'un projet de plan partiel d'affectation (PPA La Piquette) est � l'�tude. Les terrains compris dans le p�rim�tre du PPA seraient affect�s � une zone artisanale, ainsi qu'� un centre de tri de mat�riaux, exploit� par l'intim�e B1.________ SA. Seraient stock�s, transform�s et tri�s des mat�riaux de d�molition des b�timents et des routes, mais aussi des mat�riaux provenant de gravi�res ou de carri�res, en vue de leur recyclage ou de leur d�p�t dans des d�charges pour mat�riaux inertes. Il s'agirait, pour B1.________ SA, de d�placer � la Piquette les activit�s en cours sur le site de Borire. Les recourants ont d�duit du fait que le site de la Piquette ne sera pas ouvert avant quelques ann�es la cons�quence que le tri et le lavage de mat�riaux seraient dans l'intervalle d�plac�s sur le site de la gravi�re des Ursins, o� seraient ainsi trait�s des mat�riaux exog�nes � celle-ci. Aucun �l�ment du dossier ne confirme cette hypoth�se. Dans son �criture du 13 d�cembre 2012, l'exploitante a expliqu� qu'apr�s la fermeture de l'installation de lavage de Borire, et dans l'attente de l'ouverture du centre de tri de la Piquette, elle dispose, comme solution alternative et transitoire, d'une installation de lavage � Allaman. Avec le Tribunal cantonal, il n'y a pas de raison de douter que c'est ainsi que les choses se passeront et que le SESA veillera au respect des charges impos�es � l'exploitante. Le pr�sent grief doit par cons�quent �tre rejet�.
Dans un dernier grief, Helvetia Nostra et consorts critiquent la haie de 5 m de haut situ�e � 80 m de la maison de B.________, qui aurait pour effet d'"emmurer" la villa. L'int�ress� propose, en remplacement, une butte d�gressive de 6 m de haut, car la butte de 2 m pr�vue par le rapport CSD 1 ne serait pas suffisante pour le prot�ger du bruit et des poussi�res de la gravi�re.
Dans son arr�t, le Tribunal cantonal a relev� que l'exploitante avait refus� la demande de d�placement de la butte lors de l'audience du 11 octobre 2012, mesure que les juges cantonaux ne pouvaient imposer de leur propre initiative et selon leur bon vouloir, si le droit sup�rieur ne l'imposait pas. Or les recourants se contentent d'all�guer que la butte pr�vue est insuffisante, sans toutefois indiquer quelles normes pr�cises du droit de la protection de l'environnement ne seraient pas respect�es en l'�tat. L'exploitante, pas plus que le Tribunal cantonal, n'�taient d�s lors tenus de donner suite � la proposition des recourants. Quant � la haie critiqu�e, elle constitue une mesure de compensation, destin�e � jouer un r�le de liaison �cologique. Elle ne peut donc �tre d�plac�e, sous peine de ne pas jouer son r�le dans le r�seau �cologique; l'exigence de l'art. 18 al. 1ter LPN sur l'ad�quation des mesures de remplacement ne serait en effet plus remplie, comme l'a soulign� l'OFEV dans ses observations du 29 ao�t 2013.
Partant, le recours d'Helvetia Nostra et consorts doit �tre rejet� sur ce point.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet des recours.
Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Conform�ment � l'art. 66 al. 4 LTF, les communes de Montherod et de Saubraz ne sont pas assujetties aux frais judiciaires.
En vertu de l'art. 68 al. 2 LTF, les recourants verseront aux intim�es A1.________ SA et B1.________ SA une indemnit� � titre de d�pens, solidairement entre eux (cf. art. 68 al. 4 en relation avec l'art. 66 al. 5 LTF). Les autres intim�s, qui ne se sont pas exprim�s, n'ont pas droit � des d�pens.
Les frais judiciaires, fix�s � 6'000 fr., sont mis � la charge des recourants Helvetia Nostra et consorts, solidairement entre eux (1C_415/2013).
5.1.�Les communes de Montherod et de Saubraz verseront aux intim�es A1.________ SA et B1.________ SA, � titre de d�pens, une indemnit� de 3'000 fr., solidairement entre elles (1C_414/2013).
5.2.�Helvetia Nostra et consorts verseront aux intim�es A1.________ SA et B1.________ SA, � titre de d�pens, une indemnit� de 3'000 fr., solidairement entre eux (1C_415/2013).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Municipalit� de Gimel, au Conseil communal de Gimel, au D�partement de la s�curit� et de l'environnement du canton de Vaud, au D�partement de l'int�rieur du canton de Vaud, au D�partement des infrastructures et des ressources humaines du canton de Vaud, au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, et � l'Office f�d�ral de l'environnement, Division Droit.