Source: https://fr.scribd.com/document/56471970/Rapport-Filippetti-Et-JF-Mamour-25-Mai-2011
Timestamp: 2019-08-22 20:07:03+00:00
Document Index: 114257178

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 145", "l'article 69", "l'article 13", "l'article 6", 'art. 1', "l'article 27", "l'article 24", "l'article 43", "l'article 45", "l'article 46", "l'article 47", "l'article 16", "l'article 43", "l'article 2", "l'article 69", "l'article 3", "l'article 3", "l'article 69"]

Rapport Filippetti Et JF Mamour 25 Mai 2011 | Loi | Paris sportifs
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N ° 3463 ASSEMBLÉE NATIONALE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 25 mai 2011
sur la mise en application de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne
PAR Mme Aurélie FILIPPETTI ET Jean-François LAMOUR
I.– L’ENTRÉE EN VIGUEUR DES MESURES D’APPLICATION DE LA LOI DU 12 MAI 2010 A ÉTÉ
EXCEPTIONNELLEMENT RAPIDE ...........................................................................................
A.– LA RÉGULATION EN ORDRE DE MARCHE .....................................................................
1.– Un échéancier des mesures réglementaires particulièrement ramassé .....................
a) Un objectif : l’ouverture de la Coupe du monde de football ..........................................
b) L’abandon de la procédure ouverte par la Commission européenne ...............................
c) Un exemple imité par un nombre croissant d’États-membres .........................................
opérationnelle ........................................................................................................
a) Des moyens importants ont été consentis à la mission de préfiguration, puis à l’ARJEL .....
b) Des agréments délivrés dès le mois de juin par le collège de l’ARJEL .............................
c) Un pouvoir répressif confié à la commission des sanctions ...........................................
3.– Un empressement à degré variable ........................................................................
jeux (CCJ) .........................................................................................................
b) Certaines dispositions sur les jeux « en dur » sont intervenues avec retard ......................
B.– LES EXIGENCES D’ORDRE PUBLIC ET SOCIAL PRISES EN COMPTE ................................
1.– La
préoccupation majeure du législateur ......................................................................
a) Le déferlement publicitaire n’a pas eu les effets escomptés ...........................................
b) Le jeu des mineurs a été efficacement découragé mais la vigilance doit demeurer .............
c) Les modalités d’interrogation de la liste des interdits de jeux ont été adaptées ..................
2.– Grâce aux obligations introduites par la
les jeux d’argent en ligne agréés
contribuent pas ou peu au blanchiment d’argent ......................................................
a) Les jeux en ligne reposent sur une inscription préalable des joueurs ...............................
Paradoxalement, les jeux en dur continuent à poser davantage de difficultés ....................
3.– Le soutien aux filières a été renforcé grâce à la loi ..................................................
a) Un premier bilan encourageant du droit au pari .........................................................
b) Le retour à la filière hippique contesté dans sa forme, pas dans sa finalité .......................
c) Le soutien au sport amateur via le financement du CNDS .............................................
4.– La protection de l’intégrité des compétitions sportives, une préoccupation neuve ......
notable ..............................................................................................................
b) Un effort supplémentaire doit être engagé sans tarder .................................................
C.– LA PRÉVENTION DE L’ADDICTION EN CHANTIER ...........................................................
1.– Le jeu excessif, un phénomène encore mal cerné dans notre pays ..........................
2.– Des efforts louables d’information des joueurs et de leur entourage..........................
joueurs et à leur entourage ....................................................................................
c) Les associations d’aide aux joueurs..........................................................................
3.– Les moyens des structures de prise en charge sont encore insuffisants ....................
4.– Des modérateurs de jeu à l’efficacité limitée ...........................................................
II.– AU TERME DES DOUZE PREMIERS MOIS D’OUVERTURE, LE SECTEUR DES JEUX D’ARGENT ET DE HASARD EN LIGNE N’A PAS ACHEVÉ SA RESTRUCTURATION .......................
A.– UNE OFFRE LÉGALE DIVERSIFIÉE ET ATTRACTIVE .......................................................
1.– Le marché français a attiré les principaux opérateurs européens de jeux en ligne .....
a) Un marché concurrentiel mais marqué par le poids des anciens monopoles .....................
b) Trois secteurs sont ouverts aux nouveaux opérateurs agréés .........................................
2.– Des jeux d'habileté (skill games) au statut incertain .................................................
B.– UNE RENTABILITÉ INSUFFISANTE DE L’OFFRE LÉGALE POURRAIT EN MENACER LA
PÉRENNITÉ ................................................................................................................
1.– Le marché
des jeux d’argent et
n’est pas l’eldorado que
certains ont prédit ..................................................................................................
2.– Des contraintes lourdes pour tous les opérateurs ....................................................
a) Un cahier des charges à satisfaire dès le dépôt de la demande d’agrément ......................
b) La gestion des données par les opérateurs est très encadrée .........................................
c) La certification complète les contrôles opérés par l’ARJEL...........................................
d) La mise en place d’un site en .fr ..............................................................................
e) La remise à zéro des comptes joueurs des anciens opérateurs illégaux ............................
f) Le plafonnement du taux de retour aux joueurs (TRJ) ...................................................
3.– Un champ d’ouverture restreint ..............................................................................
a) Les formes de paris autorisées sont strictement encadrées ............................................
b) L’ARJEL joue un rôle déterminant pour déterminer les supports de paris sportifs .............
c) Le pari hippique en la forme exclusivement mutuelle n’est plus remis en cause .................
d) Le poker est jugé insuffisamment attractif ..................................................................
4.– Une fiscalité mal adaptée au secteur des jeux en ligne ............................................
a) Un maintien global des recettes bienvenu, en des temps de forte contrainte budgétaire ......
b) Des taux français comparativement élevés .................................................................
c) Une assiette fiscale contestée ..................................................................................
C.– UNE OFFRE ILLÉGALE RÉSIDUELLE, DONT LES POUVOIRS PUBLICS NE SONT PAS
VENU À BOUT .............................................................................................................
1.– Le secteur illégal demeure mal connu et son ampleur difficile à
a) L’offre illégale a naturellement drainé la demande vers les opérateurs légaux .................
b) Les sites illégaux n’ont, pour autant, pas disparu ........................................................
2.– Les moyens mis en œuvre pour lutter contre les sites illégaux paraissent insuffisants
a) Le blocage des sites illégaux par les fournisseurs d’accès n’est qu’un instrument parmi d’autres
b) Le volet répressif de la loi du 12 mai 2010 achoppe sur un manque de moyens et de personnel
police, n’a toujours pas été utilisé ...........................................................................
III.– UN CADRE LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE À AJUSTER ..................................................
A.– LA CLAUSE DE RENDEZ-VOUS SUSCITE DES ATTENTES TRÈS FORTES..........................
même la clause de rendez-vous..............................................................................
rectificative pour 2010 .........................................................................................
b) Les autres modifications proposées ..........................................................................
2.– Des points de vue moins convergents qu’il n’y paraît ...............................................
a) Les opérateurs attendent, en majorité, un assouplissement du cadre actuel ......................
b) D’autres voix peinent à se faire entendre...................................................................
3.– Un processus de réflexion déjà lancé .....................................................................
a) Le rôle du Comité consultatif des jeux ......................................................................
b) Les travaux des commissions spécialisées de l’ARJEL .................................................
Les propositions du Parlement ................................................................................
B.– DES AJUSTEMENTS POURRAIENT ÊTRE APPORTÉS SANS REMETTRE EN CAUSE LES
GRANDS ÉQUILIBRES DE LA LOI DU 12 MAI 2010 ............................................................
contraintes du calendrier parlementaire ...................................................................
2.– Sans attendre un véhicule législatif, des modifications substantielles pourraient
être effectuées par voie réglementaire .....................................................................
CONTRIBUTION DE MME AURÉLIE FILIPPETTI .................................................................
I.– UNE OUVERTURE DU SECTEUR DES JEUX D’ARGENT ET DE HASARD EN TROMPE L’ŒIL .....
A.– LA FIN DES ILLUSIONS : LA RÉALITÉ DU MARCHÉ FRANÇAIS..........................................
B.– UN DISPOSITIF DE RÉGULATION DÉPASSÉ PAR L’OFFRE INTERNET............................... II.– LES ÉVOLUTIONS DE LA LOI DU 12 MAI 2010 ENVISAGÉES DEVRONT ASSURER UN
STRICT ENCADREMENT DE L’OFFRE DE JEU ..........................................................................
A.– LA PRÉVENTION ET LA PRISE EN CHARGE DE L’ADDICTION TOTALEMENT NÉGLIGÉES ...
B.– DE NOUVEAUX ASSOUPLISSEMENTS AGGRAVERAIENT LES RISQUES ...........................
CONTRIBUTION DE M. JEAN-FRANÇOIS LAMOUR ...........................................................
I.– LA
SUR LES JEUX D’ARGENT
HASARD : UN DISPOSITIF
ÉQUILIBRÉ, UN SUCCÈS TANGIBLE .......................................................................................
A.– UN AN APRÈS LA PROMULGATION DE LA LOI, L’OFFRE AGRÉÉE A MARGINALISÉ LES
SITES ILLÉGAUX .........................................................................................................
B.– DES PROGRÈS ONT DÉJÀ ÉTÉ ACCOMPLIS DANS LA PROTECTION DES JOUEURS .......... II.– LA RÉGULATION À LA FRANÇAISE : UN MODÈLE QUI DOIT PROUVER SA CAPACITÉ À
ÉVOLUER ............................................................................................................................
A.– LA CLAUSE DE REVOYURE PRÉVOYAIT DÈS L’ORIGINE LA POSSIBILITÉ D’AJUSTER LE
CADRE LÉGAL OU RÉGLEMENTAIRE .............................................................................
B.– LES ÉVOLUTIONS DES JEUX D’ARGENT ET DE HASARD DOIVENT ÊTRE PRISES EN COMPTE AFIN DE CONFORTER LA RÉGULATION DE CE SECTEUR ..................................
EXAMEN EN COMMISSION ................................................................................................
ANNEXE 1 : LISTE DES AUDITIONS RÉALISÉES PAR LES RAPPORTEURS
ANNEXE 2 : TABLEAU RÉCAPITULATIF DES MESURES D’APPLICATION DE LA LOI
DU 12 MAI 2010 ..................................................................................................................
ANNEXE 3 : DISPOSITIONS RELATIVES AUX CONFLITS D’INTÉRÊTS PRISES PAR
LES FÉDÉRATIONS SPORTIVES ET LES SOCIÉTÉS-MÈRE DE COURSES
Au terme de quatre mois de travaux, la mission sur l’application de la loi n° 2010- 476 du 12 mai 2010, constituée par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, s’est accordée pour formuler vingt et une propositions destinées à ajuster le cadre législatif et réglementaire applicable aux jeux en ligne.
● Quinze propositions relèvent du domaine de la loi ; elles supposeront un examen parlementaire approfondi, soit dans le cadre d’une prochaine loi de finances (lorsque leur objet le permet), soit dans celui d’un projet ou d’une proposition de loi spécifique :
– Renforcer les mécanismes d’auto-exclusion et de modération
– Renforcer les moyens budgétaires et en personnel de la « cyberpatrouille »
– Autoriser explicitement les opérateurs de paris hippiques agréés à mettre en place des mécanismes d’abondement des gains entre courses
– Ouvrir l’accès des tournois de poker en ligne aux joueurs enregistrés auprès d’un opérateur autorisé dans un autre État-membre de la Communauté européenne ou un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen avec les autorités duquel l’ARJEL a conclu une convention de coopération spécifique
– Étendre aux paris hippiques le droit au pari
– Étendre aux paris sportifs « en dur » les dispositions permettant à l'ARJEL de déterminer les types de compétition pouvant faire l'objet de paris
– Interdire à toute personne en activité, partie prenante à une compétition sportive, de réaliser des prestations de pronostics sportifs parrainées par un opérateur de paris, d’être contractuellement liée à un tel opérateur (comme consultant ou par un contrat d'image) ou de détenir un intérêt financier direct dans celui-ci (cf. proposition opérationnelle n° 3 du rapport Vilotte)
– Créer un délit pénal de corruption sportive (cf. proposition opérationnelle n° 8 du rapport Vilotte)
– Prescrire aux opérateurs de paris sportifs, en dur ou en ligne, légaux une séparation organique et fonctionnelle entre les activités de monitoring des compétitions et d’établissement des cotes
– Doter l’ARJEL de la personnalité morale, afin de lui permettre d’ester en justice et de lui conférer l’autonomie financière
– Reconnaître au collège de l’ARJEL le pouvoir d’adopter des mesures conservatoires, en cas d’atteinte grave et immédiate aux règles régissant le secteur
– Autoriser les enquêteurs de l’ARJEL à agir sous pseudonyme afin de constater l’offre illégale de jeu
– Prévoir une publication systématique des décisions de la Commission des sanctions de l’ARJEL, sauf dérogation expresse, dans les publications, journaux ou sur les supports désignés par arrêté
– Prévoir une publication systématique des décisions de blocage des sites, sauf dérogation expresse, dans les publications, journaux ou sur les supports désignés par arrêté
– Verser aux intercommunalités sur le territoire desquelles est implanté un hippodrome la fraction du prélèvement prévue aujourd’hui pour les communes, à charge pour elles de répartir les sommes correspondantes entre leurs membres.
* À titre personnel, Mme Aurélie FILIPPETTI recommande également de :
– Majorer les dotations des centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA)
– Interdire expressément le betting exchange
– Imposer, comme en Belgique, aux opérateurs la mise en place d'un taux maximal de perte horaire (70 euros par heure, par exemple)
– Sur le modèle de l’obligation de vigilance en vigueur dans les casinos, imposer l’enregistrement de l’identité du joueur qui procède à un change de plus de 2 000 euros, lors de l’achat de moyens de jeu ou du paiement d’un gain, aux cercles de jeux, ainsi qu’aux opérateurs de loteries, paris sportifs et paris hippiques
– Renforcer les moyens alloués à TRACFIN. Pour sa part, M. Jean-François LAMOUR préconise de :
– Substituer, pour les jeux et paris en ligne, à l'assiette basée sur les mises une
assiette basée sur le produit brut des
(PBJ) et
d’adapter le taux du
prélèvement à la compétition européenne (en retenant un taux fixé à 20 % du PBJ)
– Attribuer à chaque joueur un numéro d’identification unique, sur le modèle de l’Italie qui utilise le code fiscal obligatoire
– Soumettre les jeux d'habileté en ligne (skill games) payants à la régulation de l’ARJEL et à une fiscalité spécifique.
● Six propositions sont de nature réglementaire ou infra-réglementaire et pourraient être mises en œuvre sans délai :
– Exclure de l'assiette du prélèvement sur les jeux de cercle les sommes engagées au poker en cas d’arrêt avant le flop
– Modifier les libellés des messages de mise en garde figurant, d'une part, dans les communications commerciales et, d'autre part, sur les sites des opérateurs. Assurer une rotation suffisante de ces messages en prévoyant des libellés différents
– Confier à l'observatoire des jeux, placé auprès du Comité consultatif des jeux, le soin de conduire une évaluation de l'offre illégale accessible aux joueurs depuis le territoire français
– Lancer dès l’année 2011 une étude de prévalence sur les jeux en ligne, portant à la fois sur le périmètre de l’ouverture (paris hippiques, paris sportifs et poker) et sur les autres jeux en ligne (loteries, jeux de grattage, jeux de casino)
– Accélérer la conclusion des conventions entre l’État et la Française des Jeux, d’une part, l’État et le Pari mutuel urbain (PMU), d’autre part
– Définir, à compter du projet de loi de finances pour 2012, des objectifs et des indicateurs dans le volet « performance » des documents budgétaires relatifs aux crédits de l’ARJEL.
* À titre personnel, M. Jean-François LAMOUR recommande également
– Autoriser toutes les variantes de poker au titre des jeux de cercle en ligne – Fixer le taux de retour au joueur (TRJ) à 90 % – Autoriser les paris sportifs sur des matchs amicaux pris en compte dans un classement international – Autoriser les paris sportifs à handicap.
Le jeu ne laisse pas indifférent. Tantôt passion sulfureuse, tantôt manie innocente, il cause étonnement et réprobation presque unanimes : tenu pour un vice, parfois un péché, il heurte inconsciemment la morale publique. Pourtant, indissociable des sociétés humaines, il a partie liée avec l'histoire occidentale depuis la plus haute antiquité et continue, aujourd'hui encore, à transporter trente millions de nos concitoyens.
Rarement texte aussi technique – la lecture des 69 articles de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 suffirait à en convaincre quiconque – aura suscité autant d'émoi et de débats. C'est sans doute ce qui explique le parcours singulier de cette loi.
Déposé en mars 2009 sur le bureau de l'Assemblée nationale et examiné par la commission des Finances avant l'été (1) , le projet de loi relatif à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne a été débattu en séance au mois d'octobre. Adopté au terme de trois jours de débats marqués par le dépôt de 1 512 amendements, le texte a été transmis au Sénat. Celui-ci a procédé, à son tour, à une première lecture du projet au mois de février 2010 sans en modifier les grands équilibres (2) . C'est pourquoi le projet, une fois revenu à l'Assemblée (3) et après trois nouvelles journées de discussion houleuse, a pu être adopté définitivement par un vote conforme acquis à la majorité des voix.
Encore les députés de l'opposition ont-ils, avant la promulgation du texte, choisi de saisir le Conseil constitutionnel en s'appuyant principalement sur deux moyens tirés, d'une part, de l'irrégularité de la procédure d'adoption de la loi et, d'autre part, de la méconnaissance de l'intérêt général. La juridiction constitutionnelle n'a cependant pas retenu les griefs allégués et la loi a été promulguée le 12 mai, un mois avant l'ouverture de la Coupe du monde de football.
(1) Rapport de M. Jean-François LAMOUR, au nom de la commission des Finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, déposé le 22 juillet 2009 (Assemblée nationale, XIII ème législature, n° 1860), avis de M. Daniel FASQUELLE, au nom de la commission des Affaires économiques, déposé le 15 juillet 2009 (n° 1837), avis de M. Étienne BLANC au nom de la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, déposé le 15 juillet 2009 (n° 1838). (2) Rapport de M. François TRUCY, au nom de la commission des Finances, déposé le 19 janvier 2010 (Sénat, 2009-2010, n° 209), avis de M. Ambroise DUPONT, au nom de la commission de la Culture, de l'éducation et de la communication, déposé le 28 janvier 2010 (n° 238) et avis de M. Nicolas ABOUT, au nom de la commission des Affaires sociales, déposé le 27 janvier 2010 (n° 227). (3) Rapport de M. Jean-François LAMOUR, au nom de la commission des Finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, déposé le 23 mars 2010 (Assemblée nationale, XIII ème législature, n° 2386).
Cette première année d'application du dispositif voté s'est révélée
riche d'enseignements. Fait exceptionnel, la majeure partie des décrets a été
publiée dans les premières semaines qui ont suivi l'entrée en vigueur de la loi. Très
vite aussi, l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) a délivré les
premiers agréments grâce aux efforts de la mission de préfiguration mais aussi au
travail de veille attentive des opérateurs candidats.
En quelques mois, la nouvelle offre – légale – de jeux d'argent et de hasard
en ligne a gagné une visibilité réelle dans le paysage médiatique, grâce à la
publicité et au parrainage. Les joueurs, au moment de l'ouverture du secteur, se
sont inscrits nombreux sur ces sites. Passé ce premier effet de curiosité, on
observe aujourd'hui un tassement des mises, voire une érosion nette s'agissant des
paris sportifs, en même temps que des critiques s’élèvent pour stigmatiser la faible
rentabilité du marché français régulé.
Il est temps désormais de tirer un premier bilan de la loi
du 12 mai 2010, d'en mesurer les carences ou les retards, d'en souligner les
aboutissements comme les limites. Tel est l'objet du présent rapport sur la mise
en application, présenté à la commission des Finances conformément à
l'article 145-7 du Règlement de l'Assemblée nationale. Celui-ci retrace les travaux
de la mission constituée le 3 novembre 2010, à la demande de M. Jean-François
LAMOUR, qui avait été rapporteur du projet de loi. Comme le prévoient ces
dispositions, ce rapport d'application a été confié à « deux députés, dont l’un
appartient à un groupe d’opposition et parmi lesquels figure de droit le député qui
a été le rapporteur » ; outre M. LAMOUR, la Commission a donc désigné
Mme Aurélie FILIPPETTI comme co-rapporteur.
Cette disposition réglementaire fait l'originalité des rapports d'application à
l'Assemblée, alors qu'elle n'a pas d'équivalent au Sénat. Dans cet esprit, le présent
rapport illustre le souci permanent de la mission de dégager des diagnostics
partagés entre les deux Rapporteurs : il repose sur une analyse commune, assortie
de propositions, qui est complétée par deux courtes contributions plus
La mission a enquêté ainsi pendant quatre mois, procédant à une vingtaine
d'auditions ou de tables rondes. Elle a rencontré les principaux opérateurs agréés,
les autorités de régulation, les services de police et de la douane mais aussi des
fédérations sportives, un fournisseur d'accès à Internet, des psychiatres et des
représentants des associations familiales.
Publié à l'occasion du premier anniversaire de la loi du 12 mai 2001, ce
rapport doit contribuer au débat sur l'adaptation du cadre législatif et réglementaire
des jeux en ligne. Déjà, plusieurs colloques ont rassemblé au cours des dernières
semaines les acteurs de ce secteur en développement. Les commissions
spécialisées mises en place par l'ARJEL doivent remettre leurs conclusions d'ici au
mois de juin. L'observatoire des jeux, récemment créé dans le cadre du comité
consultatif des jeux, vient de se mettre à la tâche. Le Sénat, enfin, publiera à l'été
son propre rapport sur la mise en application de la loi, sous la signature de
Toutes ces contributions seront reprises par le Gouvernement, lors de la
transmission au Parlement de son propre bilan d'étape, dans le cadre de la clause
de rendez-vous – dite aussi « clause de revoyure » – prévue à l'article 69 de la
loi. Ce diagnostic, lui-même sujet à débat, pourra déboucher sur des modifications
de la loi, ou encore des actes réglementaires publiés pour son application.
Beaucoup reste donc encore à faire.
I.– L’ENTRÉE EN VIGUEUR DES MESURES D’APPLICATION DE LA LOI DU 12 MAI 2010 A ÉTÉ EXCEPTIONNELLEMENT RAPIDE
déterminants pour le succès ou l’échec de la loi relative à l’ouverture à la
concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.
Le pouvoir réglementaire avait retenu un calendrier excessivement court
pour publier les mesures d’application, et les objectifs fixés par la loi de cette
nouvelle régulation, en termes de préservation de l’ordre public et de prévention
des addictions, étaient particulièrement ambitieux.
A.– LA RÉGULATION EN ORDRE DE MARCHE
1.– Un échéancier des mesures réglementaires particulièrement ramassé
a) Un objectif : l’ouverture de la Coupe du monde de football
● L’offre de paris sportifs devait pouvoir être opérationnelle dès
Au moment de la discussion parlementaire, un an en arrière, le second
semestre 2010 apparaissait comme capital pour les paris sportifs car il devait être
marqué par des événements internationaux de première importance, à commencer
par la Coupe du monde de football en Afrique du sud qui débutait le 11 juin. Le
Tour de France suivait de peu, à partir du 3 juillet.
Il va sans dire que ces deux manifestations mais également l’ensemble des
événements sportifs du semestre, tant internationaux (championnat du monde de
basket, saison de F1…) que nationaux (nouvelles saisons de ligue 1 de football, du
top 14 de rugby…), pouvaient constituer autant d’occasions pour les sites de paris
sportifs n’ayant pas demandé d’agrément d’essayer d’attirer des parieurs frustrés
par l’absence d’offre légale disponible.
Ces circonstances particulières expliquent que, dès l’examen du projet de
loi par le Sénat, le Gouvernement a pressé les parlementaires de parvenir à un
texte commun afin de permettre une entrée en vigueur rapide, au moins sur le
volet des paris sportifs.
Afin de se donner les moyens d’atteindre son objectif, et d’ouvrir
effectivement le secteur avant la Coupe du monde de football, le pouvoir
réglementaire a préparé très en amont les mesures d’application découlant de la
loi. Grâce à ce travail, une proportion très importante des décrets a pu être publiée
dans les semaines qui ont suivi la promulgation de la loi du 12 mai 2010 (1) .
(1) Se reporter au tableau récapitulatif annexé au présent rapport.
Ainsi, sur les vingt décrets d’application publiés à ce jour, dix-sept l’ont
été dans les six mois suivant l’entrée en vigueur de la loi et douze dans le premier
mois. Toutes mesures confondues (1) , le taux d’application de la présente loi
atteint 95,5 % à la date de publication de ce rapport.
Les Rapporteurs soulignent le caractère très exceptionnel de cette
démarche. Ordinairement, les mesures d’application ne sont publiées que
parcimonieusement et l’entrée en vigueur de certains articles de loi s’en trouve
retardée de six mois ou un an, voire davantage dans certains cas exceptionnels (2) .
réglementaires sont toujours en attente de publication :
– la première concerne le
contenu du rapport annuel adressé par les
organismes d'information et d'assistance (II de l’article 28) ;
– la deuxième, prévue à l’article 65 de la loi, suppose la modification du
décret n° 97-456 afin de diversifier les activités du Pari mutuel urbain (PMU) ;
– la dernière, plus importante, a trait aux modalités de compensation aux
opérateurs des coûts liés au blocage des sites (article 61).
Par ailleurs, le renvoi au décret prévu au II de l’article 13 afin de définir
« les catégories de paris sportifs et hippiques autorisés, les principes régissant
leurs règles techniques et la proportion maximale des sommes versées en moyenne
aux joueurs » a été jugé partiellement sans portée. Si le dernier point a été précisé
par le décret n° 2010-605 du 4 juin 2010, il n’est pas apparu nécessaire au pouvoir
réglementaire de détailler plus précisément les deux premiers déjà explicités dans
la loi du 12 mai 2010.
● Le secteur du poker a été ouvert dans un second temps
Afin de concentrer ses moyens sur l’instruction des demandes d’agrément
relatives aux paris sportifs, l’ARJEL a décalé au mois de juillet la délivrance
d’une partie des agréments pour les jeux de cercle.
La mise en place d’une offre légale de poker était, en outre, subordonnée à
la publication du décret prévu à l’article 14 de la loi afin de définir les jeux de
cercle autorisés et les principes régissant leurs règles techniques : ce décret
(n° 2010-723) n’a été publié que le 29 juin 2010.
(1) Compte non tenu des rapports, des mesures d’application qui n’étaient pas expressément prescrites par la loi et des conventions à négocier avec la Française des Jeux et le PMU. (2) Selon le bilan semestriel publié par le Secrétariat général du Gouvernement, au 31 décembre 2010, 1 174 dispositions votées depuis le début de la législature avaient reçu application, ce qui porte le taux d’application des lois votées sur la période 2007-2010 à 81,08 %. En revanche, le pointage effectué par le Sénat dans son rapport annuel de l’application des lois, au titre de l’année parlementaire 2009-2010, révèle que seulement 79 % des mesures parues ont été publiées dans le délai de six mois après publication de la loi, prescrit par les instructions du Premier ministre.
Par conséquent, les premiers opérateurs agréés ont attendu le début du
mois de juillet pour proposer leur offre
de poker dans
b) L’abandon de la procédure ouverte par la Commission européenne
À de nombreuses reprises au cours des débats parlementaires ont été
évoquées les procédures engagées contre notre pays par les autorités
communautaires, sans parvenir à accorder majorité et opposition sur le caractère
réellement contraint ou non de l'ouverture du secteur des jeux d’argent et de
Pour mémoire, la Commission européenne avait engagé à partir de 2006
des procédures d’infraction à l’encontre de onze États membres, estimant sur la
base de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que les
législations nationales visées portaient atteinte au principe de liberté des
Dans l’avis motivé notifié à la France le 27 juin 2007, elle considérait
ainsi qu’en imposant des restrictions sur la prestation et la promotion des services
de paris sportifs par des opérateurs légalement établis et qui ont légalement obtenu
des licences dans un autre État membre de l’espace économique européen, et
qu’en ne poursuivant pas une politique visant à réduire les occasions de jeu d’une
manière cohérente et systématique, la France avait manqué aux obligations qui lui
incombaient en vertu de l’article 56 du Traité sur le fonctionnement de l’Union
Parallèlement, conformément aux procédures d'information applicables
dans le domaine des normes techniques, la Commission devait donner son avis sur
le projet de loi avant le démarrage de la discussion parlementaire. Elle a adressé le
8 juin 2009 un avis circonstancié, demandant au Gouvernement de revoir le projet
de loi sur plusieurs points :
– la procédure d’agrément prévue car elle
ne tenait pas compte des
autorisations accordées dans d’autres États-membres ;
– le plafonnement du taux de retour aux joueurs, la Commission
demandant au Gouvernement français de lui démontrer l’existence d’un lien entre
ce taux et la prévention de l'addiction ;
– le mécanisme de droit au pari imposant aux opérateurs de négocier avec
les fédérations sportives l’autorisation d’offrir des paris sur les compétitions
sportives qu’elles organisent ;
– l’obligation
en France, jugée
Seul le premier point a effectivement été revu, par voie d'amendement
gouvernemental ; les trois autres ont cependant fait l'objet d'un dialogue entre les
services du ministère du budget et ceux de la Commission avant que la loi ne soit
définitivement promulguée.
La Commission s'est finalement satisfaite du cadre législatif tel qu'il avait
été adopté par le Parlement français et a clos, le 24 novembre 2010, la procédure
d'infraction engagée depuis trois ans. Ce dénouement était attendu dans la mesure
où elle avait clôturé, quelques mois auparavant, une enquête similaire concernant
l'Italie après que les autorités italiennes aient modifié leur législation dans le
domaine des jeux de hasard en ligne
c) Un exemple imité par un nombre croissant d’États-membres
d’encadrement du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.
PRINCIPALES ÉVOLUTIONS DE LA LÉGISLATION SUR LES JEUX D'ARGENT ET DE HASARD EN LIGNE DANS LES AUTRES ÉTATS-MEMBRES DE L'UE
Principales orientations du projet de loi
Proposition d’évolution du
La CJUE a considéré sans fondement le monopole
réglementaire de régulation suite à
allemand sur les jeux constatant qu’il n’assurait pas
l’avis rendu
par 8 septembre 2010
de façon systématique la protection contre les risques qui le justifiait. Par conséquent, l’objectif du Gouvernement fédéral est de créer un cadre réglementaire approprié à chaque jeu de hasard (organisation, distribution et transmission).
2010 portant
La loi établit un lien entre la licence pour organiser
modification de la loi du 7 mai 1999 sur les jeux de hasard
et exploiter des jeux de hasard « en dur » et la licence pour l’organisation et l’exploitation de tels jeux de hasard en ligne. Sa compatibilité avec les principes du droit européen de libre prestation des services et de non-discrimination est contestée. Elle est entrée en vigueur au 1 er janvier 2011.
Projet de loi veillant à la régulation des paris (intitulé « loi de 2010 sur les paris »)
Le Gouvernement chypriote espère que l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi mettra fin à l’activité des sites de casinos en ligne (nombre estimé à 400) qui ciblent actuellement Chypre en toute illégalité. Le texte prévoit la mise en place d’une autorité nationale des jeux en ligne.
Quatre lois ont été promulguées :
Une libéralisation étendue du marché du jeu en
– loi du 25 juin 2010 réformant le statut de Danske Spil A/S ; – loi du 25 juin 2010 sur la répartition des bénéfices dégagés par les loteries et les paris hippiques ou canins ; – loi du 1 er juillet 2010 sur les jeux ; – loi du 25 juin 2010 relative à la fiscalité des jeux.
ligne est envisagée (paris sportifs, jeux de casinos et de poker en ligne). Initialement programmée au 1 er janvier 2011, l’ouverture effective a été repoussée au mois d’avril.
Projet de loi de réglementation du jeu
L’objet de la loi est la réglementation de l’activité de jeu dans ses différentes formes, réglementation qui se développe dans le domaine public afin de garantir la protection de l’ordre public, de lutter contre la fraude et de préserver les droits des participants aux jeux. Elle a également pour objectif de définir le cadre réglementaire des activités de jeux basés sur des systèmes électroniques et des activités de loterie. Le projet de loi a été adopté définitivement en mai 2011 par le Congrès des députés. L’ouverture pourrait intervenir à l’été 2012.
Projet de loi intitulé « Réglementation du marché des jeux – Exploitation de jeux de hasard sur des machines de jeux ou en ligne ».
Le projet porte sur une légalisation en deux temps des paris sportifs et du poker en ligne d’abord, puis des jeux de casino et des paris hippiques en ligne. L’objectif est d’octroyer des licences de 5 ans aux opérateurs (50 licences seraient prévues). tous les sites ayant obtenu l’agrément devront porter l’extension « .gr » et être basés en Grèce. Le projet de loi pourrait être définitivement adopté à l’été 2011 ; l’appel d’offres est prévu d’ici la fin de l’année.
Décret-loi du 28 avril 2009 sur
Le « décret Bersani » du 4 juillet 2006 a opéré
Abruzzes, converti après modification
l’ouverture du marché des jeux italien, permettant à
l’Administration autonome des monopoles d’État
et intégration du 24 juin 2009
Décret-loi du 4 juillet 2006
(AAMS) d’attribuer au total 14 000 concessions, en dur ou en ligne. Une nouvelle étape a été franchie avec le décret-loi sur les Abruzzes du 28 avril 2009 qui a corrigé la fiscalité applicable aux jeux et élargi l’offre autorisée. Les jeux disponibles en ligne en Italie sont ainsi :
les paris à cote fixe (sur les événements sportifs
et sur les autres événements autres que les courses
de chevaux) ;
les paris à totalisateur sur événements sportifs et
autres, non hippiques – c'est-à-dire Big match, Big
race, Big show ;
l’hippique nationale, c'est-à-dire les paris
hippiques à totalisateur, assimilables au PMU
les loteries télématiques ;
les concours pronostics sportifs, c'est-à-dire
Totocalcio et Totogol. La dernière loi de finances a prévu un nouveau jeu remplaçant le Totip ;
les tickets à gratter (Gratta e Vinci),
les concours pronostics hippiques – nouveau jeu
devant être introduit prochainement ;
les jeux d’adresse (le poker) depuis 2008 et
exclusivement dans leur version à distance ;
l’exchange betting.
Projet de loi relatif à la modification de la loi sur les jeux de hasard et de certaines autres lois
Objectif de légaliser la prise de paris en mutuel et en bookmaking sur Internet (à l’exclusion de toute autre offre de jeu), en revenant sur l’interdiction expresse adoptée en 2009. Certains points du projet constitueraient des entraves à la libre prestation de services mais pourraient être justifiés par la nécessité de protéger les consommateurs. L’ouverture pourrait intervenir au 2 ème semestre 2011.
La loi a pour objectif de légaliser l’exploitation des
jeux en ligne (paris sportifs, à cote fixe, casino et
relative à l’organisation l’exploitation des jeux de hasard
À la demande de la Commission européenne, l’ouverture effective a été repoussée au 1 er avril.
Sources : ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, Commission européenne (DG Entreprises – TRIS) ; données compilées et actualisées par les services de la commission des Finances.
● La publication du livre vert ouvre une phase de consultations
Dressant le constat de l'extrême variabilité des législations en matière de
jeux d'argent et de hasard en ligne au sein des États-membres de l'Union, la
Commission européenne, sous l'impulsion du commissaire au marché intérieur
M. Michel BARNIER, a publié le 24 mars dernier un livre vert sur le sujet.
La Commission manifeste ainsi son souci de renforcer la sécurité juridique
et d'assurer la protection efficace des consommateurs européens dans le contexte
d'une expansion rapide de ces services transnationaux.
Traditionnellement, ces livres verts ont pour objectif de lancer à l'échelle
européenne un débat sur une thématique précise ; celui-ci ne fait pas exception
puisqu'il s'accompagne de 51 questions assez larges. Les acteurs du secteur, qu'il
s'agisse des opérateurs de jeux en ligne, des régulateurs, des organisateurs
d’événements sportifs ou des joueurs, ont jusqu’au 31 juillet prochain pour
répondre à cette consultation. La Commission Européenne se basera sur les
contributions qu’elle recevra pour déterminer les suites à donner au livre vert.
Les livres verts peuvent, éventuellement, déboucher sur la publication d'un
livre blanc comportant des propositions d'actes communautaires dans une
perspective d'harmonisation législative et réglementaire. Les Rapporteurs
rappellent qu'il est – à l'évidence – beaucoup trop tôt pour préjuger des suites que
la Commission européenne souhaitera donner au présent livre vert.
2.– L’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) a été immédiatement opérationnelle
préfiguration, puis à l’ARJEL
consentis à la mission de
9,737 millions
d’euros en autorisations
d’engagement et de 10,467 millions d’euros en crédits de paiement a été
inscrite sur la mission Gestion des finances publiques et des ressources
humaines de la loi de finances initiale pour 2011
Les crédits dévolus à l’ARJEL sont inscrits au budget de l’État, comme le
rappelle le III de l’article 37 de la loi et sont regroupés au sein de l’action n° 08
du programme n° 221 Stratégie des finances publiques et modernisation de l’État
de la mission Gestion des finances publiques et des ressources humaines. Ce
rattachement, qui paraissait provisoire dans les lois de finances initiales pour 2009
et 2010, peut paraître déroutant : les Rapporteurs se seraient attendus à ce que
cette action figure au sein du programme n° 134 Développement des entreprises et
de l’emploi de la mission Économie, qui retrace déjà les subventions versées aux
autres autorités de régulation sectorielles comme l’Autorité de régulation des
communications électroniques (ARCEP) et la Commission de régulation de
l’énergie (CRE) ou transversales, s’agissant de l’Autorité de la concurrence.
Interrogée par les Rapporteurs, la direction du budget a indiqué que le
rattachement actuel pourrait être reconduit en 2012.
Les dépenses de personnel de l’ARJEL sont inscrites pour un montant
de 5,7 millions d’euros, soit 45 % des crédits de l’action. Les Rapporteurs
rappellent que 30 ETPT avaient été inscrits dès la loi de finances initiale
pour 2009, et 50 ETPT en loi de finances initiale pour 2010 ; la loi de finances
initiale pour 2011, reflétant la montée en charge de la nouvelle autorité, prévoit un
plafond d’emplois de 59 ETPT.
L’ARJEL a pu ainsi se doter d’un personnel relativement nombreux et de
bonne qualité. Le personnel de conception est le plus nombreux, avec 33 agents de
catégorie A et 14 de catégorie A + ; les emplois correspondants sont pour moitié
affectés aux fonctions de contrôle au sein de la direction des enquêtes et du
contrôle ou au sein de la direction des services informatiques. Lors de son
audition, le Président de l’ARJEL, M. Jean-François VILOTTE, a indiqué qu’il
entendait poursuivre la montée en charge progressive des recrutements afin
d’adapter les profils des agents aux besoins de l’Autorité, visant à terme un
effectif d’environ 80 ETPT.
EMPLOIS BUDGÉTAIRES AFFECTÉS À L’ARJEL
Source : Projet annuel de performances pour 2011 de la mission Gestion des finances publiques et des ressources humaines.
Le solde des crédits inscrits sur cette action (3,5 millions d’euros en
autorisations d’engagement et 4,2 millions en crédits de paiement) est destiné à
couvrir les frais de fonctionnement. Il s’agit notamment des dépenses liées à son
implantation immobilière : l’Autorité loue 1 500 m² de bureaux dans
le XV e arrondissement de Paris, pour un coût annuel global, charges et entretien
compris, d’un million d’euros (1) . À cet égard, l’avis du 6 août 2009 de France
Domaine préalable à la prise à bail de l’immeuble concluait que l’opération
recueillait « un avis favorable tant sur les conditions financières que sur le respect
de l’opération aux orientations de la politique immobilière de l’État ».
En outre, un budget de 1,5 million d’euros sera consacré, en 2011, aux
actions de communication grand public initiées en 2010 et poursuivies cette année
(1) Soit un ratio par poste de travail de 17,80 m², sur la base d’une surface utile nette calculée à 1 050 m², ce qui peut paraître élevé au regard des objectifs d’efficience assignés à la politique immobilière de l’État. Il faut rappeler en effet que le cinquième conseil de modernisation des politiques publiques a fixé la norme à 12 m² de surface utile nette par poste de travail et que le Premier ministre a chargé France Domaine de veiller au respect de ce ratio. Cependant, la cible de 12 m² par agent devrait être atteinte dès lors que l’ARJEL aura dépassé les 80 personnes, effectif cible évoqué dans le cadre des débats parlementaires et lors de l’audition par la mission.
dans le cadre de la sensibilisation aux risques que comporte le jeu sur des sites
illégaux. Les prestations de services représentent un coût de 500 000 euros
correspondant aux honoraires d’avocats et d’huissiers intervenant dans les
procédures engagées à l’encontre notamment des sites illégaux, ainsi qu’aux
honoraires de conseil et d’études à hauteur de 400 000 euros, permettant de mieux
connaître le marché et son évolution.
Proposition commune n° 1
Autre acte d’application
Doter l’ARJEL de la personnalité morale, afin de lui permettre d’ester en
justice et de lui conférer l’autonomie financière.
Le I de l’article 34 devra être complété pour faire de l’ARJEL une autorité
publique indépendante (API) dotée de la personnalité morale, sur le modèle de
l’Autorité des marchés financiers. En application de l’article 40 de la Constitution
qui proscrit la création d’une charge publique, cette création en droit d’une nouvelle
structure publique ne pourra être opérée qu’à l’initiative du Gouvernement.
Les Rapporteurs regrettent néanmoins que le projet annuel de
performances du programme ne comporte pas cette année, compte tenu de la
création récente de l’autorité, d’objectifs et d’indicateurs relatifs à l’action que
de l’Autorité. La direction du Budget a fait valoir que la nécessité de garantir la
stabilité du volet performance du programme devait conduire à s’assurer de
l’adéquation, dans la durée, des indicateurs avec l’action à laquelle ils se
rapportent. L’objectif et les indicateurs seront donc définis à l’occasion du PLF
Proposition commune n° 2
Définir, à compter du projet de loi de finances pour 2012, des objectifs et
des indicateurs dans le volet « performance » des documents budgétaires relatifs
aux crédits de l’ARJEL.
Deux objectifs et cinq indicateurs pourraient être retenus :
OBJECTIF 1 : Lutter contre l’offre illégale de jeux en ligne
INDICATEUR 1.1 : Nombre des mises en demeure adressées par
l’ARJEL et nombre des saisines du TGI de Paris visant à bloquer l’accès à
des sites de jeux illégaux
INDICATEUR 1.2 : Taux de suite opérationnelle des indices de
pratiques illégales transmis par l’ARJEL aux services spécialisés
INDICATEUR 1.3 : Temps consacré par les services de l’ARJEL
aux contrôles rapporté au temps total travaillé
OBJECTIF 2 : Rendre des décisions de qualité dans les délais (à rapprocher
de l’objectif n° 5 du programme n° 134 de la mission Économie)
INDICATEUR 2.1 : Délai moyen de réponse aux demandes d’avis
INDICATEUR 2.2 : Délai de traitement des demandes de sanction
● Le rôle central du collège
Le I de l’article 35 de la loi du 12 mai 2010 dispose que l’ARJEL est
composée d’un collège, d’une commission des sanctions, d’une commission
consultative et, le cas échéant, de commissions spécialisées. Il précise que le
collège est chargé de prendre les décisions relevant des attributions confiées à
l’Autorité par la loi, à l’exception des sanctions ou des attributions expressément
déléguées.
Les nominations des sept membres du collège ont été rapides : trois ont été
nommés par décret du Président de la République (1) , deux par avis publié par le
Président de l’Assemblée nationale et deux par avis publié par le Président du
Sénat. Ces trois nominations ont été effectuées en date du 14 mai 2010 ;
cependant, un second avis du Président de l’Assemblée nationale daté
du 11 janvier 2011 a opéré le remplacement de l’un des deux membres. Les noms
des membres ainsi désignés sont récapitulés dans l’encadré ci-dessous.
COMPOSITION DES COLLÈGES DE L’ARJEL
Le collège de l’ARJEL
Il est composé de sept membres. – Son président, Jean-François VILOTTE, et MM. Alain MOULINIER et Jean-Michel BRUN ont été nommés par le Président de la République. – MM. Laurent SORBIER et Jean-Luc PAIN ont été nommés par le Président du Sénat. – Mme Dominique LAURENT et M. Jean-Louis VALENTIN (en remplacement de M. Guy DRUT, démissionnaire) ont été nommés par le Président de l’Assemblée Nationale.
(1) Le recours à un décret du Président de la République alors que la loi ne prévoit qu'un décret simple est conforme à la répartition habituelle des compétences en matière de nomination. En application de l'article 13 de la Constitution, le Président de la République signe toute mesure portant nomination dans les emplois civils et militaires. Cette compétence de droit commun a pour conséquence que lorsqu'un texte prévoit que la nomination dans un emploi est prononcée « par décret », c'est d'un décret du Président de la République et non du Premier ministre qu'il s'agit (CE, 20 décembre 2006, Mathieu). Dès lors, il est inutile de préciser qu'une nomination dans un emploi civil ou militaire est prononcée « par décret du Président de la République ».
Elle est constituée de six membres. – Son président, M. Thierry TUOT, et M. Bertrand DACOSTA ont été nommés par le vice-président du Conseil d’État. – Mme Pierrette PINOT et M. Michel ARNOULT ont été nommés par le premier président de la Cour de cassation. – Mme Fleur PELLERIN et M. Antoine GUEROULT ont été nommés par le premier président de la Cour des comptes.
Les commissions spécialisées consultatives
1. La commission sur l’impact de l'ouverture sur la demande
Mme Dominique LAURENT et M. Laurent SORBIER, membres du collège de l’ARJEL assureront une présidence semestrielle de cette commission. Cette commission est composée des personnalités qualifiées suivantes :
– Mme Justine ATLAN, directrice de l’association E-enfance – M. Bernard BENHAMOU, délégué aux usages de l'Internet – M. Emmanuel BERETTA, journaliste au Point – M. Charles COLLIN, vice-président du Club des Clubs – M. Jean-Pierre COUTERON, président de l'Association nationale des intervenants en toxicomanie et en addictologie (ANITeA) et de la Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie (F3A) – M. Olivier GERARD, coordonnateur à l’Union nationale des associations familiales – M. Michel LEJOYEUX, professeur de médecine à l'université Paris-VII, chef du service de psychiatrie et d'addictologie à l'hôpital Bichat (AP-HP) – M. Stéphane MARTIN, directeur général de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) – M. Christian SCHMIDT, président de l’Association européenne de neuroéconomie
2. La commission sur les instruments et les procédures de régulation
MM. Jean-Luc PAIN et Jean-Michel BRUN, membres du collège de l’ARJEL, assureront successivement la présidence de cette commission pour une durée de six mois chacun.
En outre, cette commission est composée des personnalités qualifiées suivantes :
– M. Laurent COMBOURIEU, chef du service des enquêtes de la direction des enquêtes et de la surveillance des marchés de l’Autorité des marchés financiers ; – Mme Véronique DEGERMANN, vice-procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Paris ; – Mme Marie-Anne FRISON-ROCHE, professeur e des universités, Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) ; – M. Sébastien SORIANO, rapporteur général adjoint de l'Autorité de la concurrence et, en qualité de suppléante de celui-ci, Mme Iratxe GURPEGUI, rapporteur permanent des services d'instruction de l'Autorité de la concurrence ; – M. Jean-Marc CATHELIN, chef du bureau de droit économique et financier de la Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la justice ; – Mme Sophie NICINSKI, professeure des universités, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
3. La commission sur l’impact de l'ouverture à la concurrence du marché des paris et jeux de cercles en ligne sur
les filières hippiques, sportives et des casinos
MM. Jean-Louis VALENTIN et Alain MOULINIER, membres du collège de l’ARJEL, assureront successivement la présidence de cette commission pour une durée de six mois chacun.
– M. Raymond-Max AUBERT, président du Conseil d’administration du Centre National pour le Développement du Sport ; – Mme Emmanuelle BOUR-POITRINAL, ingénieur agronome ; – M. Jean-François CHARY, vétérinaire, enseignant ; – M. Laurent DAVENAS, magistrat ; – Mme Brigitte DEYDIER, ancienne sportive de haut niveau, membre de la Fédération française de golf ; – M. Bernard GLASS, journaliste, responsable de la rubrique hippique de RTL ; – Mme Géraldine LEDUC, directrice générale de l’Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques ; – M. Gérald SIMON, professeur de droit et directeur de recherche en droit du sport.
Toutefois, le I de l’article 37 de la loi ouvre d’importantes possibilités de
délégation de compétences du collège au Président de l’Autorité et de délégation
de signature du Président à l’un de ses subordonnés, précisées respectivement par
les articles 17 et 9 du décret n° 2010-481 du 12 mai 2010, délibéré en Conseil
La durée maximale d’une délégation de pouvoirs est fixée par le décret à
un an maximum ; son objet est limité aux décisions à caractère individuel, comme
le prévoit la loi, ce qui peut paraître assez large. Le collège a mis en œuvre cette
faculté dans une décision n° 2010-006 du 17 mai 2010 et délégué au Président de
l’ARJEL l’ensemble des mises en demeure nécessaires au déclenchement des
procédures visant à sanctionner les opérateurs agréés et à lutter contre les sites
illégaux. Les Rapporteurs soulignent néanmoins que ces mises en demeure sont
limitées dans le temps et qu’il est rendu compte de leur mise en œuvre devant le
collège de l’Autorité de manière régulière.
L’organisation interne de l’ARJEL est encadrée par le II de l’article 37 de
la loi. Celle-ci dispose de services dirigés par un directeur général chargé, aux
termes de l’article 16 du décret, d’assurer l'exécution des délibérations du collège
et des décisions de son président. Comme le soulignait déjà le rapport lors de la
première lecture du projet de loi, il n’est pas prévu que le recrutement du directeur
général soit soumis à un formalisme particulier, à la différence des règles en
vigueur dans d’autres autorités administratives indépendantes. Le recrutement de
ce dernier n’a donc pas été soumis à l’approbation du collège et a simplement été
acté par un arrêté du ministre chargé du budget en date du 31 mai 2010. Celui-ci
reçoit, comme les autres directeurs, délégation du Président à l’effet de signer les
actes relevant de ses attributions (1) .
En vertu de l’article 8 du décret, c’est le président de l'ARJEL qui
décide de l'organisation des services de l'Autorité et qui en informe le collège.
Ceux-ci sont organisés comme suit :
– une présidence, composée d’un secrétariat particulier du Président et du
secrétariat du collège ;
institutionnels et associatifs tant nationaux qu’internationaux ;
– une direction juridique, qui a pour mission d’initier et de suivre les
évolutions réglementaires ainsi que le contentieux avec les opérateurs, et d’assurer
le secrétariat du collège et de la commission des sanctions ;
(1) Voir les décisions n° 2010-P-01 du 17 mai 2010, n° 2010-P-02 du 13 septembre 2010, n° 2010-P-03 du 9 novembre 2010 et n° 2011-P-01 du 6 avril 2011 portant délégation de signature. Le cas échéant, le directeur général peut à son tour déléguer son pouvoir de signature : cf. la décision n° 2011-DG-01 du 7 février 2011.
– une direction des affaires administratives et financières et des ressources
humaines. Il s’agit d’une responsabilité fonctionnelle qui recouvre les fonctions
financières, de gestion des ressources humaines, logistiques et administratives.
Ces attributions sont distinctes de celles du directeur général, qui est appelé à
exercer un rôle de coordination gé nérale des services de l’ARJEL ;
– une direction des agréments et de la supervision : qui a pour mission
d’examiner et préparer les dossiers d’agrément, d’auditer les opérateurs de jeux
afin de contrôler le respect de leur cahier des charges, sur le plan de l’organisation,
de la régularité juridique, des flux d’informations et de leur solvabilité financière ;
– une direction des systèmes d’information et de l’évaluation, qui est
chargée de mettre en place le système d’information et de suivre les évolutions des
logiciels de jeux, d’être l’interface technique des opérateurs, l’interlocuteur de
l’hébergeur éventuel, et a également la responsabilité de la bureautique ;
– une direction des enquêtes et du contrôle : qui a pour mission de mener
des enquêtes auprès des sites légaux en vue de la détection d’éventuelles fraudes
ou contournements de la réglementation.
Organigramme des services de l’ARJEL
Un temps envisagée par la mission de préfiguration de l’ARJEL (1) , la
création d’une direction de la régulation a été abandonnée ; elle aurait eu pour
mission d’être l’interlocutrice des organisateurs de manifestations sportives,
hippiques et de jeux de cercle, afin de définir les événements et les phases de jeu
sur lesquels peuvent être organisés des paris en ligne et de mettre en place de
façon concertée les dispositifs de prévention des risques d’atteinte à l’équité des
compétitions ou parties supports de paris.
Les membres du collège et le personnel de l’ARJEL sont, par ailleurs,
soumis à des règles de déontologie exigeantes. Le III de l’article 36 de la loi
dispose que l’Autorité « détermine dans son règlement intérieur les modalités de
prévention des conflits d’intérêts ».
Sur ce fondement, le décret
n° 2010-481
12 mai 2010 a
opéré une
distinction entre un règlement intérieur du collège et un règlement général
applicable au personnel de l'autorité.
Ainsi l'article 6 du décret dispose-t-il que « le collège adopte un règlement
intérieur fixant les modalités de tenue de ses séances et l’adoption de leur procès-
verbal ». Par ailleurs, l’article 22 énonce qu’un « règlement général précise les
règles applicables à l’ensemble du personnel de l’Autorité de régulation des jeux
en ligne et notamment :
– les règles de déontologie, et notamment les modalités de consultation du
collège sur la cessation de fonctions de tout agent de l’Autorité en vue de
s’engager dans toute activité lucrative, salariée ou non, auprès d’une entreprise
exploitant des jeux d’argent et de hasard en ligne ;
– l’hygiène et la sécurité du travail ».
Les règles ayant trait aux membres du collège – dont la prévention des
conflits d’intérêts – figurent dans la décision n° 2010-001 en date du 17 mai 2010
portant adoption du règlement intérieur du collège de l’ARJEL. Celles concernant
uniquement le personnel sont détaillées dans la décision n° 2010-003 en date
du 17 mai 2010 portant adoption du règlement général de l’Autorité de régulation
des jeux en ligne dans la partie règles de déontologie.
En dernier lieu, les Rapporteurs relèvent que l'ARJEL a développé des
relations étroites avec trois autres autorités administratives indépendantes :
– l'Autorité de la concurrence, en particulier dans le cadre des procédures
de saisine et de transmission formalisées à l’article 39 de la loi ;
d'encadrer la publicité en faveur des opérateurs de jeu ;
(1) Voir le rapport de M. Jean-François LAMOUR (Assemblée nationale, XIII ème législature, n° 1860), p. 218.
– et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) pour
tous les sujets relatifs à l'utilisation et à l'archivage des données sur les joueurs
auxquelles l'ARJEL a accès.
● La constitution de commissions spécialisées au sein de l’ARJEL
de l’article 35 de
articles 13 à 14-1
décret n° 2010-481 du 12 mai 2010, ménage la possibilité pour le collège de
consultatives spécialisées.
son président, des commissions
Le collège a ainsi créé, par des décisions adoptées au cours du dernier
trimestre de l’année 2010, trois commissions chargées d’étudier :
(décision n° 2010-113 du
7 octobre publiée sur le site Internet de l’ARJEL) ;
– les instruments et les procédures de régulation (décisions n° 2010-130
du 4 novembre 2010 et n° 2010-141 du 18 novembre 2010) ;
– l’impact de l'ouverture à la concurrence du marché des paris et jeux de
cercles en ligne sur les filières hippiques, sportives et des casinos (décision
n° 2010-148 du 3 décembre 2010).
Chacune de ces commissions est présidée par un membre du collège de
l’ARJEL ; elles sont par ailleurs composées respectivement de neuf, six et huit
personnes qualifiées (cf. encadré ci-dessus). Au total, l’Autorité peut donc
s’appuyer sur vingt-trois personnes qualifiées pour éclairer les sept membres de
Lors des débats parlementaires, le versement d'une indemnité de séance à
ces personnes qualifiées n'avait pas été évoqué. La pratique en la matière est très
variable et dépend de la charge que représentent pour les personnes qui y siègent
les séances de travail des organismes consultatifs. Dans le cas présent, il a paru
opportun de prévoir la rémunération des membres des commissions spécialisées
lorsque la création effective de celles-ci a finalement été envisagée.
l’article 14-1
n° 2010-481 du 12 mai 2010 (créé par l'art. 1 er du décret n° 2010-1070
du 8 septembre 2010) et par l’arrêté du 13 septembre 2010 sont identiques à celles
qui concernent les membres du collège et les membres de la commission des
sanctions. Cet arrêté fixe à 150 euros par réunion le montant des vacations
perçues, dans une limite fixée à 50 indemnités par an.
Les Rapporteurs se sont étonnés de l’ampleur des sommes qui
pourraient ainsi être versées. À titre de comparaison les indemnités dues aux
membres du comité consultatif des jeux et de son observatoire des jeux sont fixées
par un arrêté du 11 mars 2011 à 130 euros par séance, dans la limite stricte de
En réponse, l’ARJEL a précisé que ce plafond annuel ne s’applique
qu’aux membres des commissions qui ne siègent pas au collège. Pour mémoire,
les membres du collège, hormis le Président, ont droit à 100 indemnités annuelles
maximum, ce plafond intégrant à la fois les indemnités versées au titre de leur
participation aux séances du collège (250 euros) que celles au titre de leur
participation aux séances des commissions spécialisées (150 euros).
L’ARJEL estime enfin que, sauf demandes supplémentaires, le plafond
de 50 réunions par an ne devrait pas être atteint puisqu’elle prévoit pour chaque
commission spécialisée de 7 à 15 réunions au titre de 2011.
Il aurait toutefois été préférable d’aligner les modalités de rémunération
des membres des commissions spécialisées de l’ARJEL sur celles fixées par l’État
pour les membres du comité consultatif des jeux (autres que le président) et ceux
de l’observatoire des jeux.
● L’ébauche d’une coopération avec les autres autorités de régulation
l’article 34 de
l’article 10 du décret n° 2010-481
du 12 mai 2010 prévoient la faculté et les modalités de la conclusion par le
Président de l’ARJEL de conventions avec les autorités de régulation des jeux
d’autres États-membres de la Communauté européenne ou d’autres États parties à
l’accord sur l’Espace économique européen.
Pour l’heure, c’est avec l’Administration autonome des monopoles d’État
(AAMS) – son homologue italienne dotée d’une grande antériorité et s’appuyant,
depuis 2006, sur un cadre législatif très comparable à celui désormais en vigueur
dans notre pays – que l’ARJEL a le plus approfondi sa coopération. Suite à
l’engagement de négociations entre les deux autorités, un projet d’accord a été
rédigé et transmis au Premier ministre le 17 février 2011, conformément aux
La coopération entre l’AAMS et l’ARJEL devrait prendre la forme d’un
protocole général, permettant à la fois l’échange de données et d’informations
mais aussi la mise en place de groupes de travail communs et l’échange de
fonctionnaires entre les deux autorités dans le cadre de formations de courte durée.
Quatre principaux axes de coopération ont été identifiés :
– la lutte contre les sites illégaux ;
– le contrôle des opérateurs
légaux et notamment le contrôle sur les
– les stratégies de communication institutionnelles ;
– la prévention des fraudes sportives.
La signature de cette convention devait intervenir vers la mi-avril.
L’ARJEL s’est, par ailleurs, rapprochée des autorités de régulation
d’autres États membres afin d’entamer des négociations visant à la conclusion de
– la Gambling Commission britannique a adressé à l’ARJEL un projet de
protocole, dont les dispositions sont à l’étude selon les éléments transmis aux
Rapporteurs ;
négociations engagées, mais leur contenu reste à déterminer. Les cadres de
régulation des jeux en ligne de ces États membres ne sont en effet pas encore
entrés en vigueur.
● Des agréments délivrés rapidement grâce à un important travail en
Afin de permettre que la nouvelle autorité soit opérationnelle le plus
rapidement possible, une mission de préfiguration présidée par M. Jean-François
VILOTTE a été constituée dès le mois d’avril 2009. Au début de l’année 2010,
cette structure, adossée à la direction du Budget, était déjà dotée de 18 agents (soit
16 ETPT).
Cette mission a formé des groupes de travail avec les différents acteurs
concernés – les opérateurs de jeux en ligne, le mouvement sportif, les acteurs en
matière de lutte contre l’addiction – afin de vérifier l’applicabilité du projet de loi.
Elle a également travaillé de concert avec les services du ministère du budget pour
préparer les textes d’application de la future loi. Enfin, elle a engagé une réflexion
sur l’organisation interne de la future ARJEL, en particulier ses ressources
humaines et ses systèmes informatiques.
Grâce à ce travail préparatoire, la plupart des textes réglementaires étaient
prêts dès la promulgation de la loi du 12 mai 2010, permettant à la toute nouvelle
ARJEL d’instruire immédiatement les demandes et de délivrer les premiers
agréments dès le 5 juin.
● Trente-cinq opérateurs sont aujourd’hui agréés au titre de l’un au
moins des trois secteurs ouverts à la concurrence
Depuis sa création par l’article 34 de la loi du 12 mai 2010, l'ARJEL a
successivement agréé trente-six opérateurs distincts mais un agrément a depuis
lors fait l'objet d'une abrogation (CANALWIN SAS au mois de janvier).
Au 3 mai 2011, quarante-neuf agréments étaient en cours de validité :
vingt-cinq agréments ont été attribués dans le secteur des jeux de cercle, seize
concernent les paris sportifs et huit les paris hippiques. Cinq demandes ont été
rejetées et plusieurs autres sont encore en cours d'instruction.
LISTE DES OPÉRATEURS AGRÉÉS (AU 3 MAI 2011)
Catégories de jeux concernées
888 888.fr
Paris sportifs Jeux de cercle
BETCLIC ENTREPRISES
Paris hippiques Jeux de cercle
france-pari.fr coupedumonde-pari.fr sportnco.fr football-pari.fr
parions974.fr
placedesparis.fr
joaclub.fr joa-club.fr joa-online.fr
LA FRANÇAISE DES
joaonline.fr parionsweb.fr
LIL MANAGERS
MICROGAME FRANCE
peoplesbet.fr
Paris sportifs Paris hippiques Jeux de cercle
titanpartners.fr
L’Autorité a par ailleurs confirmé, le 28 avril 2011, les trois agréments
accordés l’an dernier à la société SPS BETTING France ; suite à la restructuration
de son actionnariat, celle-ci avait en effet été invitée à présenter trois nouvelles
demandes d’agrément en application des dispositions du V de l’article 21 de la
loi et du 3° de l’article 11 du décret du 12 mai 2010.
Parmi les opérateurs agréés, vingt-cinq ont leur siège social situé en
France, huit à Malte, un en Irlande et un au Royaume-Uni, selon les pointages
réalisés par les services de l’ARJEL. Quant aux maisons-mères de ces opérateurs,
dix-neuf sont situées en France, sept à Malte, une au Luxembourg, trois au
Royaume-Uni, une en Irlande, une en Grèce et trois en Italie.
La liste complète des opérateurs agréés doit être publiée par l’ARJEL au
Journal officiel et dans un quotidien national traitant de l'actualité hippique
(Turfez, en l’espèce), pour les seuls agréments relatifs aux paris hippiques, ou de
l'actualité sportive (l’Équipe), pour ceux relatifs aux paris sportifs, conformément
au VII de ce même article 21. Elle est également tenue à jour sur le site Internet
de l’Autorité (1) qui précise utilement les noms de domaine correspondants. La
première insertion a été effectuée au Journal officiel du 8 juin 2010, puis elle a été
(1) http://www.arjel.fr/-Liste-des-operateurs-agrees-.html.
c) Un pouvoir répressif confié à la commission des sanctions
● Cette commission est strictement séparée du collège de l’ARJEL
La commission des sanctions de l’ARJEL est chargée de prononcer les
sanctions mentionnées aux articles 43 et 44 de la loi. Le I de l’article 41 fixe sa
composition à six membres : deux membres désignés par le vice-président du
Conseil d’État (par lettre du secrétaire général du Conseil d'État du 22 juin 2010),
deux membres désignés par le premier président de la Cour de cassation (par lettre
du 7 mai 2010) et deux membres désigné par le premier président de la Cour des
comptes (par lettre du 10 juin 2010). Un avis du 29 juin 2010, publié par le
ministère du budget, a récapitulé les désignations intervenues (cf. encadré supra).
La loi prévoit également que le président de la commission des sanctions
est désigné par décret parmi les membres de celle-ci : un décret du Président de la
République en date du 2 juillet 2010 a procédé à cette désignation.
Les procédures d'investigation des services de l'ARJEL, dans le cadre
des enquêtes disciplinaires diligentées par la commission des sanctions, sont
strictement encadrées. Les agents enquêteurs sont expressément habilités par
décision du directeur général, en application des articles 23, 25 et 26 du décret
n° 2010-481 du 12 mai 2010, délibéré en Conseil d'État. Les contrôles effectués
donnent lieu à procès-verbaux, conformément à l'article 27.
l'assermentation de ces
enquêteurs ; les modalités de la prestation de serment ont été précisées par
l'article 24 du même décret.
Les conditions de communication à un tiers d’une pièce mettant en jeu le
secret des affaires font également, en application du III de l'article 43, l'objet d'un
renvoi aux articles 17 à 22 du décret n° 2010-495 du 14 mai 2010, délibéré en
Conseil d’État. La rédaction retenue s’inspire directement des articles R. 331-18
du code de la propriété intellectuelle (Autorité de la propriété intellectuelle) et
R. 463-13 du code de commerce (Autorité de la concurrence).
Le régime des sanctions que peut prononcer la commission des sanctions
est défini par l'article 45 de la loi du 12 mai 2010. On distingue une phase
préalable de mise en demeure par le collège de l’ARJEL (paragraphes I et II) puis
une phase d’intervention et, le cas échéant, de sanction par la commission des
sanctions, sur saisine du collège (paragraphes III à V). En complément,
l'article 46 détaille à son I les modalités de garantie des droits de la défense ainsi
que le mode de recouvrement en matière de sanctions, au II les conditions de la
prescription des faits pouvant donner lieu à sanction, et au III les règles
d’information du parquet.
Les conditions d'application de ces deux articles – à l'exclusion de la
définition de l'échelle des sanctions qui est de nature strictement législative – sont
précisées aux articles premier à 16 du décret du 14 mai 2010 précité, auquel
renvoie l'article 47 de la loi. Ces dispositions précisent les délais applicables, les
modalités de notification des griefs ou le déroulement de l'audience ; comme cela
existe au sein de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers
(à l'article R. 621-7 du code monétaire et financier), elles introduisent également
une possibilité d'abstention, à l'initiative de l'un des membres de la commission
des sanctions, ou de récusation, à celle de l'opérateur mis en cause.
Aux termes de l'article 16 du décret, les décisions de la commission des
sanctions font uniquement l'objet d'une publication sur le site Internet de l'ARJEL,
après avoir été rendues anonymes, sauf à ce que l'affichage ou la publication
intégrale ait été expressément prononcé en complément de la sanction principale,
comme le permet le VII de l'article 43 de la loi.
Proposition commune n° 3
Prévoir une publication systématique des décisions de la Commission des
sanctions de l’ARJEL, sauf dérogation expresse, dans les publications, journaux ou
sur les supports désignés par arrêté.
La procédure suivie par la commission des sanctions de l’ARJEL ne prévoit
pas que la publication des décisions intervienne de plein droit ; elle subordonne
celle-ci à une décision expresse, qui est analysée par les juridictions de recours
comme une sanction complémentaire pouvant être contestée en tant que telle.
Il paraît souhaitable d’inverser le dispositif : la publication deviendrait ainsi
la règle sans qu’il soit besoin de la décider spécialement. Néanmoins, il demeurerait
possible, par mention expresse de la décision, de déroger à cette règle lorsque la
publication risque de causer un préjudice disproportionné aux parties en cause.
Une modification similaire a été adoptée en mai 2010, s’agissant de la
commission des sanctions de l’AMF, dans le cadre de l’examen parlementaire du
texte devenu loi n° 2010-1249 du 22 octobre 2010 de régulation bancaire et
● Trois affaires pendantes devant la commission des sanctions
Selon le communiqué de presse publié par l'ARJEL, le collège a décidé
le 3 décembre 2010 de saisir la commission des sanctions de trois manquements
distincts qu'elle a constaté à l'occasion des contrôles réalisés depuis le mois de
Le collège de l’ARJEL a procédé à la notification des griefs aux
opérateurs concernés et a transmis cette notification au Président de la commission
des sanctions conformément à l'article 2 du décret du 14 mai 2010 précité, ladite
transmission valant saisine. Selon les informations dont la presse s’est fait l’écho,
les opérateurs mis en cause seraient Betclic, Full Tilt Poker et Zeturf.
La commission des sanctions est susceptible de prononcer, en fonction de
la gravité des manquements, l’une des sanctions prévues au IV de l’article 43 de
la loi, à savoir :
– un simple avertissement,
– la réduction d’une année au maximum de la durée de l’agrément,
– la suspension de l’agrément pour trois mois au plus,
– ou encore, le retrait pur et simple de l’agrément.
À la place ou en sus de ces sanctions, elle pourra, le cas échéant,
prononcer une amende pouvant aller, en fonction de la gravité du manquement, de
la situation de l’opérateur en cause, de l’ampleur du dommage causé et des
avantages qui en sont tirés, jusqu’à 5 % du montant du chiffre d’affaires hors taxes
du dernier exercice clos correspondant aux activités faisant l’objet de l’agrément.
À la date du 3 mai 2011, soit cinq mois après les saisines, la commission
des sanctions n'avait toujours statué sur aucune de ces trois affaires. Les
Rapporteurs craignent que l'addition des délais prévus aux
articles 3, 4, 5, 7 et 9 du décret, même si ceux-ci garantissent un scrupuleux
respect du contradictoire, n'aboutisse à allonger démesurément la durée des
procédures de sanction et ne risque de saper la crédibilité du dispositif de
régulation du secteur. Ces délais paraissent difficilement compatibles avec des
situations urgentes, pour lesquelles le collège de l’ARJEL pourrait régir plus vite.
Proposition commune n° 4
Reconnaître au collège de l'ARJEL le pouvoir d'adopter des mesures
conservatoires, en cas d’atteinte grave et immédiate aux règles régissant le secteur.
L’article 34 devra être complété pour étendre les pouvoirs de l’ARJEL. Ce
caractère d’urgence devra être apprécié au cas par cas et de manière très
précautionneuse par le régulateur. En tout état de cause, comme toute décision prise
par l’ARJEL, ces mesures conservatoires resteront soumises au contrôle du juge
administratif en cas de contestation.
3.– Un empressement à degré variable
a) L’incompréhensible retard accumulé pour la mise en place du
Comité consultatif des jeux (CCJ)
● Les dispositions votées par le Parlement
L'article 3 avait été complété, en première lecture à l'Assemblée
nationale, par un III afin d'inscrire dans la loi le comité consultatif des jeux, dont
la création avait été renvoyée au décret sur les recommandations du Conseil d'État.
Il s'agissait ainsi, non seulement d'affirmer l'importance de comité, mais surtout
pour le Parlement de veiller à y être représenté.
Il avait alors paru souhaitable de s’en tenir à prévoir la création du comité
consultatif tout en suggérant que celui-ci pourrait avantageusement remplacer les
comités existants : le comité consultatif pour le jeu responsable et l'encadrement
du jeu (COJER), encadrant les activités de la Française des Jeux, et la commission
supérieure des jeux (CSJ), chargée du secteur des casinos.
Avec l'avis favorable du représentant du Gouvernement, les sénateurs
avaient franchi une étape supplémentaire en prévoyant que le CCJ soit placé, non
plus sous une triple tutelle des ministres chargés du budget, de l'intérieur et de
l'agriculture, mais directement auprès du Premier ministre. Le but était de
conforter ainsi la vocation transversale et interministérielle du comité. Celui-ci,
déjà investi de missions de centralisation, de conseil, de coordination et d’avis, a
par ailleurs été chargé de formuler des avis sur tout projet de loi ou de règlement
intervenant dans le domaine des jeux.
Simultanément, la nouvelle rédaction avait procédé à une recomposition
du comité : il est désormais prévu dans la loi que le collège comprenne dix-neuf
membres et qu’il soit présidé par un parlementaire. Le détail de la composition du
collège relève ainsi du décret.
● La tutelle, point de focalisation
Peu après la promulgation de la loi du 12 mai 2010, les services du
Gouvernement ont fait valoir qu’un tel rattachement, s’il répondait à une nécessité
de cohérence interministérielle, ne permettait pas de créer un lien direct entre,
d’une part, le comité consultatif des jeux et, d’autre part, le ministère du budget
qui a centralisé les travaux en vue de l’élaboration de la loi et le ministère de
l’intérieur qui, avec le ministère du budget, assure le suivi de la mise en œuvre de
cette loi. Au contraire de la rédaction esquissée à l'Assemblée, serait-on tenté de
Le Gouvernement a jugé ce lien nécessaire afin de permettre de préparer le
rapport d’évaluation sur les conditions et les effets de l’ouverture du marché des
jeux et paris en ligne prévu à l'article 69 (« clause de revoyure »). Plus
simplement, selon l'une des réponses adressées aux rapporteurs, « un tel
rattachement du comité consultatif des jeux se justifie par la compétence
transverse dont bénéficient le ministre chargé du budget et le ministère de
l’intérieur en matière de jeux d’argent et de hasard ».
C'est pourquoi le caractère réglementaire du rattachement du comité
consultatif des jeux « auprès du Premier ministre » et de la tenue du secrétariat de
ce comité « par les services du Premier ministre » a justifié une demande de
déclassement de l’article 3 auprès du Conseil constitutionnel. Sans surprise, celui-
ci y a fait droit le 14 décembre 2010. Il est tout de même permis de s'étonner du
temps nécessaire pour décider cette demande de déclassement ; ces
tergiversations ont retardé d'au moins six mois la mise en place du CCJ.
Suite à cette décision n° 2010-221 L, deux décrets en Conseil d’État ont
été pris :
– l'un modifiant la loi a été publié le 12 février 2011 (décret n° 2011-169
du 10 février 2011 modifiant l'article 3
n° 2010-476 du 12 mai 2010
relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux
d'argent et de hasard en ligne) ;
– l'autre précisant les modalités de fonctionnement du CCJ, qui a mobilisé
les différents ministres concernés (intérieur, budget, santé, agriculture, sports), a
été publié le 10 mars 2011 (décret n° 2011-252 du 9 mars 2011 relatif au comité
consultatif des jeux).
● Une architecture duale
Le comité consultatif des jeux est chargé de centraliser les informations en
provenance des autorités de contrôle et des opérateurs de jeux, d'assurer la
cohérence de la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard au regard des
objectifs généraux mentionnés par la loi et d'émettre des avis sur l'ensemble des
questions relatives à ce secteur et sur l'information du public concernant les
dangers du jeu excessif.
L'ARCHITECTURE DU COMITÉ CONSULTATIF DES JEUX
Le collège de dix-neuf membres constitue la formation plénière du CCJ
Il peut s'appuyer sur les travaux d'un observatoire
Il peut siéger sous la forme de deux commissions spécialisées
Commission spécialisée sur la mise en œuvre de la politique d’encadrement des jeux de cercle et de casinos
Commission spécialisée sur la mise en œuvre de la politique d’encadrement des jeux et paris sous droits exclusifs
Remplace la CSJ actuelle
Conseille le collège
commissions spécialisées en tant que de besoin
Donne un avis sur les demandes d’autorisations de jeux pour les cercles et les casinos
Remplace le COJER et étend la compétence au hippique
Conseille les ministres chargés du Budget et de l’Agriculture sur la politique d’encadrement des jeux et paris de la FDJ et du PMU
(parties monopolistiques)
Conformément au décret n° 2011-252 du 9 mars 2011 pris en application
de l'article 3 de la loi, ce comité comprend quatre organes distincts :
– le collège (articles 5 et 6 du décret) :
Réunissant dix-neuf membres, il constitue la formation plénière du comité
consultatif des jeux. Cette composition a quelque peu varié par rapport au projet
de décret qui avait été communiqué au Rapporteur au fond, lors de la deuxième
Son rôle courant consiste à réunir des informations, à procéder ou à faire
procéder à des études relatives au secteur des jeux tant dans ses aspects
économiques, sociaux et culturels, qu’au regard des exigences d’ordre public et de
Plus rarement, ce collège émet un avis sur toute question et sur tout projet
de texte que lui soumet le Gouvernement mais il peut surtout s'autosaisir afin de
proposer des évolutions législatives et réglementaires nécessaires au regard des
objectifs définis au I de l’article 3 de la loi du 12 mai 2010. Ses avis,
observations et propositions sont adressés au ministre de l’intérieur et au ministre
chargé du budget. Dans le cadre de la clause de rendez-vous de l'article 69, il
paraîtrait logique aux deux Rapporteurs que le collège du comité formule ses
propres propositions, sur la base du rapport remis par le Gouvernement au
LA COMPOSITION DU COLLÈGE DU COMITÉ CONSULTATIF DES JEUX (CCJ)
Les dix-neuf membres du collège de l'ARJEL sont désignés comme suit :
– les deux députés sont désignés par le Président de l’Assemblée nationale ; – les deux sénateurs sont désignés par le Président du Sénat ; – les deux maires sont désignés par le ministre de l'intérieur après avis de l'Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques ; – le président de l'Autorité est membre du collège du fait de sa nomination à la tête de l’ARJEL ; – le président de l'observatoire des jeux et la présidente de la commission consultative des jeux et paris sous droits exclusifs sont désignés ès-qualités ; – le conseiller d'État, président de la commission consultative des jeux de cercles et de casinos, est désigné par le vice-président du Conseil d'État ; – le conseiller maître à la Cour des comptes est désigné par le premier président de la Cour des comptes ; – deux représentants sont désignés par le ministre de l'Intérieur ; – deux représentants sont désignés par le ministre chargé du Budget ; – un représentant est désigné par le ministre chargé de l'Agriculture ; – deux représentants sont désignés par le ministre chargé de la Santé ; – un représentant est désigné par le ministre chargé des Sports.
Des suppléants aux membres de la commission consultative des jeux de cercles et de casinos sont également désignés par les autorités concernées.
engagées par l'État sur les dangers du jeu excessif et peut émettre des
recommandations sur celles-ci.
– l'observatoire des jeux (articles 7 à 9 du décret) :
L’observatoire a pour mission d’informer et de conseiller, à leur demande,
le collège et les deux commissions consultatives.