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Timestamp: 2018-01-19 09:05:13+00:00
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Meurtre à la Maison d’arrêt de Brazzaville - OBSERVATOIRE CONGOLAIS DES DROITS DE L'HOMME
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Par OCDH le lundi 20 septembre 2010, 18:08 - Lien permanent
En effet, M. Ferdinand Mbourangon, 35 ans environ, lieutenant des Forces armées congolaises (FAC), en service à la Zone autonome de Brazzaville (ZAB) était incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville dans le cadre de l’opération de contrôle des salaires des agents de la fonction publique. Actuellement, plusieurs dizaines de militaires, pour la plupart des sous-officiers, sont détenus à la Maison d’arrêt de Brazzaville suite à ce contrôle initié par le gouvernement depuis février 2010.
Cette situation perdurant, le Régisseur de la Maison d’arrêt intime l’ordre de punir les meneurs de ce qui a été qualifié de mutinerie. Une dizaine de personnes, y compris Ferdinand Mbourangon, a alors été trainée dans la cellule dite « disciplinaire » pour un passage à tabac par les gendarmes sous la direction d’un capitaine. Ces gendarmes, complètement dans la dérive, se sont alors livrés aux actes barbares de torture sur ces détenus sans défense.
Le lendemain, ayant constaté l’état piteux de ces victimes, les responsables de la Maison d’arrêt les ont emmené à l’hôpital central des armées pour des soins.
Face à la gravité des blessures, le médecin avait requis l’internement des blessés, notamment de Ferdinand Mbourangon, pour un meilleur suivi. Comme à l’accoutumée, cette demande a, une fois de plus, été refusée. Ramené à la Maison d’arrêt, Ferdinand Mbourangon décède, le 09 septembre 2010 aux environs de 14h, sans avoir reçu des soins adéquats. Il laisse deux enfants.
Il sied de rappeler que cette battue aurait causé de nombreux blessés dont deux graves parmi lesquels Yoka Koumou. A ce jour, aucune enquête n’a été officiellement ouverte par le Parquet du tribunal de grande instance de Brazzaville qui pourtant a demandé l’autopsie du corps de Ferdinand Mbourangon. Cette autopsie a eu lieu le 18 septembre 2010, en présence des membres de la famille de la victime. A l’œil nu, cette opération a dévoilé des impacts importants surtout dans la cage thoracique où le médecin a constaté une hémorragie interne.
Ce meurtre perpétré dans la Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville ne fait que confirmer deux réalités : celle de l’univers carcéral congolais et pose le problème du non respect par le Congo des engagements internationaux relatifs à la dignité de la personne humaine en général et celle des personnes privées de liberté en particulier qui sont souvent victimes des actes de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants.
L’autre réalité est un constat de routine : la brutalité et les multiples dérapages des gendarmes. Les gendarmes qui à travers leurs comportements barbares et immoraux contrastant avec les formations qu’ils subissent, ont perdu leur crédibilité aux yeux de la population. Leur devise « honneur et patrie » est devenue un slogan pieux.
La Maison d’arrêt et de correction de Brazzaville est une vieille bâtisse construite pendant l’époque coloniale pour emprisonner une centaine d’indigènes. Elle ne répond plus aux normes modernes en matière de détention. Au 20 septembre 2010, cet établissement détenait environ 570 personnes dont 21 mineurs. Il y a plus de prévenus que de condamnés. Gardée par une dizaine de gendarmes appuyant le personnel pénitentiaire, on y retrouve des prévenus qui sont là, depuis une année, sans jugement pour des délits mineurs.
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