Source: https://manualzz.com/doc/18147718/supreme-court--of-cour-supr%C3%AAme-du-canada
Timestamp: 2020-02-18 19:21:36+00:00
Document Index: 312200020

Matched Legal Cases: ['CSC ', 'CSC ', 'arrêt ', 'CSC ', 'arrêt ', 'CSC ', 'arrêt ', 'CSC ', 'art. 55', 'art. 55', 'art. 4', 'art. 1003', 'art. 1432', 'art. 55', 'art. 12', 'art. 272', 'art. 91', 'art. 16', 'art. 12', 'art. 55', 'art. 4', 'art. 1003', 'art. 12', 'art. 68', 'art. 70', 'art. 17', 'art. 1432', 'art. 69', 'art. 12', 'art. 12', 'art. 16', 'art. 12', 'art. 271', 'art. 272', 'arrêt ', 'CSC ', 'art. 1699', 'art. 12', 'art. 1491', 'art. 91', 'art. 12', 'arrêt ', 'CSC ', 'art. 12', 'art. 1699', 'arrêt ', 'CSC ', 'art. 1435', 'art. 12', 'art. 91', 'arrêt ', 'CSC ', 'art. 12', 'art. 1435', 'art. 12', 'arrêt ']

1396 - 1423
Intact, Compagnie d’assurance
v. (36037)
c. (36010)
Her Majesty the Queen (Que.)
Maxime Lacourcière
Les Constructions G.S.S. Gauthier 2000 inc.
et autres (Qc)
FILING DATE: 28.08.2014
DATE DE PRODUCTION : 15.08.2014
Juergen Hanne also known as Jurgen Hanne
D.A. McDermott, Q.C.
Graeme Malcolm on his own behalf and on
behalf of all commercial halibut licence holders
v. (36011)
SHN Grundstuecksverwaltungsgesellschaft
MBH & Co. Seniorenresidenz Hoppegarten –
Neuenhagen KG et al. (Alta.)
v. (36012)
Minister of Fisheries and Oceans as represented
by the Attorney General of Canada et al. (F.C.)
Timothy David Timberg
FILING DATE: 18.08.2014
Jean-Pierre Belhumeur
Lyse Duchesne
c. (36013)
c. (36016)
P.G. du Canada
Procureur général du Québec (Qc)
Chamberland, Gagnon
DATE DE PRODUCTION : 19.08.2014
DATE DE PRODUCTION : 22.08.2014
Julie Bossé et al.
William N. Fuhgeh
Fuhgeh Law Office
c. (36018)
v. (36026)
Ministre de la Justice du Canada (Qc)
Farm Credit Canada (N.B.)
FILING DATE: 27.08.2014
v. (36028)
v. (36048)
Jenny Briones (née Bejarano) (Man.)
Harold Bruce Boe et al. (B.C.)
Timothy E. Watkins
FILING DATE: 02.09.2014
Antonio Cerqueira, by his Estate Trustee
Delfina Cerqueira et al.
Helen Cerqueira
of British Columbia as represented by the
v. (36043)
Ministry of the Attorney General of
v. (36041)
Charles Mzite et al. (B.C.)
FILING DATE: 04.09.2014
Roy & Robert
Spencer Daniel Sigouin et al.
c. (35984)
v. (36042)
Mark Edward Maddex (B.C.)
DATE DE PRODUCTION : 31.07.2014
SEPTEMB ER 15, 2014 / LE 15 SEPTEMB RE 2014
Jean-François Blais c. Sa Majesté la Reine (Qc) (Crim.) (Autorisation) (35905)
Noël Ayangma v. Prince Edward Island Teachers’ Federation (P.E.I.) (Civil) (By Leave) (35965)
CORAM: LeBel, Karakatsanis and Gascon JJ.
Les juges LeBel, Karakatsanis et Gascon
Roger Chrétien c. Sa Majesté la Reine (Qc) (Crim.) (Autorisation) (35909)
Roberto Amato c. Sa Majesté la Reine (Qc) (Crim.) (Autorisation) (35984)
Ralph Ivan Doncaster v. Jennifer Lynn Field (N.S.) (Civil) (By Leave) (35943)
Ural Direk et al. v. Attorney General of Ontario et al. (Ont.) (Civil) (By Leave) (35870)
Before / Devant : CROMWELL J. / LE JUGE CROMWELL
v. (35650)
Deputy Prime Minister et al. (F.C.)
WHEREAS the Registrar has sent a notice under Rule 67 of the Rules of the Supreme Court of Canada;
AND WHEREAS the Registrar has requested that a judge issue an order under Rule 66(2) of the Rules of the Supreme
AND GIVEN THAT I am satisfied that the filing of further documents would be vexatious or made for an improper
I HEREB Y ORDER THAT:
Ms. Stubicar is prohibited from filing further documents relating to these proceedings.
The Registrar shall return to her the document received on June 25, 2014, and entitled “Applicant’s motion record in
support of motion for stay of execution against order of chambers judge made on May 22, 2014, for stay of execution
on certificate of costs issued on June 3, 2014 and for directions”.
The other documents already received from the parties after the Registrar’s notice was issued on June 27, 2014, should
be entered into the Court’s case management system as properly filed.
ATTENDU QUE le registraire a envoyé un préavis en vertu de l’article 67 des Règles de la Cour suprême du Canada;
ET ATTENDU QUE le registraire a demandé qu’un juge rende une ordonnance prévue par le par. 66(2) des Règles de
ET ÉTANT DONNÉ QUE je suis convaincu que le dépôt d’autres documents serait vexatoire ou fait dans un but
Il est interdit à M me Stubicar de déposer d’autres documents dans la présente procédure.
Le registraire lui retournera le document reçu le 25 juin 2014 qui s’intitule « Dossier de requête de la demanderesse en
vue de faire surseoir à l’exécution de l’ordonnance rendue le 22 mai 2014 par le juge en cabinet ainsi que du certificat
de taxation des dépens décerné le 3 juin 2014, et d’obtenir des directives ».
Les autres documents reçus des parties après que le registraire eut délivré son préavis le 27 juin 2014 doivent être
versés dans le système de gestion des dossiers de la Cour parce qu’ils ont été déposés régulièrement.
v. (35368)
The Registrar shall return to her the documents received on June 25, 2014, and entitled “Applicant’s motion record for
stay of execution on certificate of costs issued on June 3, 2014 and for directions” and “Fee waiver request pertaining to
motion for stay of execution and for directions filed today in SCC docket 35368”.
Le registraire lui retournera les documents reçus le 25 juin 2014 qui s’intitulent respectivement « Dossier de requête de
la demanderesse en vue de faire surseoir à l’exécution du certificat de taxation des dépens décerné le 3 juin 2014 et
d’obtenir des directives » et « Demande de dispense des frais afférents à la requête déposée aujourd’hui dans le dossier
n o 35368 de la CSC pour faire surseoir à l’exécution et obtenir des directives ».
a lengthy memorandum of
Ural Direk et al.
v. (35870)
Attorney General of Ontario et al. (Ont.)
UPON APPLICATION by the applicants for an order permitting the filing of a lengthy memorandum of argument of
fourteen (14) pages;
The motion is granted without costs.
À LA SUITE DE LA DEMANDE présentée par les demandeurs en vue d’obtenir une ordonnance les autorisant à
déposer un long mémoire de quatorze (14) pages;
La requête est accueillie sans frais.
Before / Devant : ABELLA J. / LA JUGE ABELLA
Nishnawbe Aski Nation;
Action Fund, Inc. (LEAF);
Canada and Canadian Association
of Elizabeth Fry Societies;
Aboriginal Legal Services of
v. (35475)
Clifford Kokopenace (Crim.)
FURTHER TO THE ORDER dated April 23, 2014, granting leave to intervene to the Advocates’ Society, the
Nishnawbe Aski Nation, the David Asper Centre for Constitutional Rights and Women’s Legal Education and Action
Fund, Inc. (LEAF), the Native Women’s Association of Canada and Canadian Association of Elizabeth Fry Societies,
and the Aboriginal Legal Services of Toronto Inc.;
IT IS HEREBY FURTHER ORDERED THAT the Advocates’ Society, the Nishnawbe Aski Nation, the David
Asper Centre for Constitutional Rights and Women’s Legal Ed ucation and Action Fund, Inc. (LEAF), the Native
Women’s Association of Canada and Canadian Association of Elizabeth Fry Societies, and the Aboriginal Legal
Services of Toronto Inc) are each granted permission to present oral argument not exceeding 10 minu tes at the hearing
À LA SUITE DE L’ORDONNANCE datée du 23 avril 2014 qui accorde l’autorisation d’intervenir à la Advocates’
Society, à la Nation Aski Nishnawbe, au David Asper Centre for Constitutional Rights et au Fonds d’action et
d’éducation juridiques pour les femmes, Inc. (FAÉJ), à l’Association des femmes autochtones du Canada et à
l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry, ainsi qu’aux Aboriginal Legal Services of Toronto Inc.;
La Advocates’ Society, la Nation Aski Nishnawbe, le David Asper Centre for Constitutional Rights et le Fonds d’action
et d’éducation juridiques pour les femmes, Inc. (FAÉJ), l’Association des femmes autochtones du Canada et
l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry, et les Aboriginal Legal Services of Toronto Inc. sont tous
autorisés à présenter une plaidoirie orale d’au plus 10 minutes lors de l’instruction de l’appel.
Motion for an extension of time for leave to
intervene and for leave to intervene
Requête en prorogation du délai pour
demander l’autorisation d’intervenir et en
Procureur général de l’Alberta;
Procureur général du Territoire du
Procureur général des Territoires
officielles du Canada;
Fédération nationale des conseils
scolaires francophones;
Conseil des écoles fransaskoises;
francophone, Territoires du NordOuest
province de la ColombieBritannique et autre (B.C.)
À LA SUITE DES DEMANDES présentées par le Procureur général de la Saskatchewan, le Procureur général de
l’Alberta, le Procureur général du Territoire du Yukon, le Procureur général des Territoires du Nord -Ouest, le
Commissaire aux langues officielles du Canada, la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, le Conseil
des écoles fransaskoises, la Commission scolaire francophone du Yukon et la Commission scolaire francophone,
Territoires du Nord-Ouest en vue d’intervenir dans l’appel;
ET À LA SUITE DES DEMANDES présentées par la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, le
Conseil des écoles fransaskoises, la Commission scolaire francophone du Yukon et la Commission scolaire
francophone, Territoires du Nord-Ouest en prorogation du délai pour déposer et signifier une requête en autorisation
d’intervenir;
Les requêtes en prorogation du délai pour déposer et signifier une requête en autorisation d’intervenir présentées par la
Fédération nationale des conseils scolaires francophones, le Conseil des écoles fransaskoises, la Commission scolaire
francophone du Yukon et la Commission scolaire francophone, Territoires du Nord -Ouest sont accueillies.
Les requêtes en autorisation d’intervenir du Procureur général de la Saskatchewan, du Procureur général de l’Alberta,
du Procureur général du Territoire du Yukon, du Procureur général des Territoires du Nord -Ouest, du Commissaire aux
langues officielles du Canada, de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, du Conseil des écoles
fransaskoises, de la Commission scolaire francophone du Yukon et de la Commission scolaire francophone, Territoires
du Nord-Ouest sont accueillies.
Le Conseil des écoles fransaskoises, la Commission scolaire francophone du Yukon et la Commission scolaire
francophone, Territoires du Nord-Ouest pourront signifier et déposer un mémoire conjoint d’au plus dix (10) pages au
plus tard le 7 novembre 2014.
Le Procureur général de la Saskatchewan, le Procureur général de l’Alberta, le Procureur général du Territoire du
Yukon, le Procureur général des Territoires du Nord-Ouest, le Commissaire aux langues officielles du Canada et la
Fédération nationale des conseils scolaires francophones pourront signifier et déposer un mémoire d’au plus dix (10)
pages au plus tard le 7 novembre 2014.
La décision sur les demandes en vue de présenter une plaidoirie orale sera rendue après réception et examen des
Conformément à l’alinéa 59(1)a) des Règles de la Cour suprême du Canada, les intervenants paieront aux appelants et
aux intimés tous débours supplémentaires résultant de leurs interventions.
UPON APPLICATIONS by the Attorney General for Saskatchewan, the Attorney General of Alberta, the Attorney
General of the Yukon Territory, the Attorney General of the Northwest Territories, the Commissioner of Official
Languages of Canada, the Fédération nationale des conseils scolaires francophones, the Conseil des écoles
fransaskoises, the Commission scolaire francophone du Yu kon and the Commission scolaire francophone, Territoires
du Nord-Ouest, for leave to intervene in the above appeal;
AND UPON APPLICATIONS by the Fédération nationale des conseils scolaires francophones, the Conseil des écoles
fransaskoises, the Commission scolaire francophone du Yukon and the Commission scolaire francophone, Territoires
du Nord-Ouest for an extension of time to serve and file a motion for leave to intervene;
The motions for extension of time to serve and file a motion for leave to intervene of the Fédération nationale des
conseils scolaires francophones, the Conseil des écoles fransaskoises, the Commission scolaire francophone du Yukon
and the Commission scolaire francophone, Territoires du Nord-Ouest are granted.
The motions for leave to intervene of the Attorney General for Saskatchewan, the Attorney General of Alberta, the
Attorney General of the Yukon Territory, the Attorney General of the Northwest Territorie s, the Commissioner of
Official Languages of Canada, the Fédération nationale des conseils scolaires francophones, the Conseil des écoles
du Nord-Ouest are granted.
The Conseil des écoles fransaskoises, the Commission scolaire francophone du Yukon and the Commission scolaire
francophone, Territoires du Nord-Ouest shall be entitled to serve and file a joint factum not to exceed ten (10) pages in
length on or before November 7, 2014.
The Attorney General for Saskatchewan, the Attorney General of Alberta, the Attorney General of the Yukon Territory,
the Attorney General of the Northwest Territories, the Commissioner of Official Languages of Canada and the
Fédération nationale des conseils scolaires francophones shall be entitled to each serve and file a factum not to exceed
ten (10) pages in length on or before November 7, 2014.
Catholic Civil Rights League;
Faith and Freedom Alliance;
Association of Catholic Parents of
Canadian Secular Alliance;
c. (35496)
Ville de Saguenay et autre (Qc)
FURTHER TO THE ORDER dated July 2nd , 2014, granting leave to intervene to the Evangelical Fellowship of
Canada, the Catholic Civil Rights League, the Faith and Freedom Alliance, the Association of Catholic Parents of
Québec, the Canadian Secular Alliance and the Canadian Civil Liberties Association;
IT IS HEREBY FURTHER ORDERED THAT the said four interveners or groups of interveners are each granted
permission to present oral argument not exceeding 10 minutes at the hearing of the appeal.
À LA SUITE DE L’ORDONNANCE datée du 2 juillet 2014, autorisant l’Alliance évangélique du Canada, la Ligue
catholique des droits de l’homme, la Faith and Freedom Alliance, l’Association des parents catholiques du Québec, la
Canadian Secular Alliance et l’Association canadienne des libertés civiles à intervenir;
IL EST EN OUTRE ORDONNÉ QUE ces quatre intervenantes ou groupes d’intervenantes auront chacun le droit de
SEPTEMB ER 19, 2014 / LE 19 SEPTEMB RE 2014
Bank of Montreal v. Réal Marcotte, Bernard Laparé, Attorney General of Quebec and
Président de l’Office de la protection du consommateur – AND BETWEEN – Citibank Canada
v. Réal Marcotte, Bernard Laparé, Attorney General of Quebec and Président de l’Office de la
protection du consommateur – AND BETWEEN – Toronto-Dominion Bank v. Réal Marcotte,
Bernard Laparé, Attorney General of Quebec and Président de l’Office de la protection du
consommateur – AND BETWEEN – National Bank of Canada v. Réal Marcotte, Bernard
Laparé, Attorney General of Quebec and Président de l’Office de la protection du
consommateur – AND BETWEEN – Réal Marcotte and Bernard Laparé v. Bank of Montreal,
Amex Bank of Canada, Royal Bank of Canada, Toronto-Dominion Bank, Canadian Imperial
Bank of Commerce, Bank of Nova Scotia, National Bank of Canada, Laurentian Bank of
Canada, Citibank Canada and Attorney General of Canada – and – Attorney General of
Canada, Attorney General of Ontario, Attorney General of Quebec, Attorney General of
Alberta, Président de l’Office de la protection du consommateur and Canadian Bankers
Association (Que.)
2014 SCC 55 / 2014 CSC 55
McLachlin C.J. and LeBel, Abella, Rothstein, Cromwell, Moldaver and Wagner JJ.
The appeals brought by the Bank of Montreal, Citibank Canada, the Toronto -Dominion Bank and the National Bank of
Canada from the judgment of the Court of Appeal of Quebec (Montréal), Numbers 500-09-019849-090, 500-09019850-098, 500-09-019851-096, 500-09-019852-094, 500-09-019853-092, 500-09-019854-090, 500-09-019855-097,
500-09-019856-095, 500-09-019857-093, 2012 QCCA 1396, dated August 2, 2012, heard on February 13, 2014, are
dismissed with costs in this Court. The appeal brought by Réal Marcotte and Bern ard Laparé is allowed in part with no
costs in this Court. Costs in the courts below remain as ordered in paras. 151-54 of the judgment of the Court of
Appeal. The award at trial, including the costs award, against Amex Bank of Canada is restored in accord ance with
these reasons. The trial judgment with respect to punitive damages is restored for the Bank of Montreal, Citibank
Canada, Toronto-Dominion Bank, National Bank of Canada and Amex Bank of Canada. All relevant provisions of the
Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, are constitutionally applicable and operative.
Les appels interjetés par la Banque de Montréal, Citibanque Canada, la Banque Toronto -Dominion et la Banque
Nationale du Canada contre l’arrêt de la Cour d’appel du Québec (Montréal), numéros 500-09-019849-090, 500-09019850-098, 500-09-019851-096, 500-09-019852-094, 500-09-019853-092, 500-09-019854-090, 500-09-019855-097,
500-09-019856-095, 500-09-019857-093, 2012 QCCA 1396, en date du 2 août 2012, entendus le 13 février 2014, sont
rejetés avec dépens devant la Cour. L’appel interjeté par Réal Marcotte et Bernard Laparé est accueilli en partie sans
dépens devant la Cour. En ce qui a trait aux dépens devant les juridictions inférieures , ils demeurent tels qu’ils ont été
adjugés par la Cour d’appel aux par. 151 à 154 de ses motifs de jugement. La condamnation prononcée en première
instance, dont celle relative aux dépens, contre la Banque Amex du Canada est rétablie conformément aux présents
motifs. Le jugement de première instance condamnant la Banque de Montréal, Citibanque Canada, la Banque Toronto Dominion, la Banque Nationale du Canada et la Banque Amex du Canada à des dommages -intérêts punitifs est rétabli.
Toutes les dispositions pertinentes de la Loi sur la protection du consommateur, RLRQ ch. P-40.1, sont, du point de
vue constitutionnel, applicables et opérantes.
Réal Marcotte v. Fédération des caisses Desjardins du Québec – and – Attorney General of
Ontario, Attorney General of Quebec and Président de l’Office de la protection du
consommateur (Que.)
2014 SCC 56 / 2014 CSC 56
The appeal from the judgment of the Court of Appeal of Quebec (Montréal), Number 500-09-019846-096, 2012 QCCA
1395, dated August 2, 2012, heard on February 13, 2014, is allowed in part and recovery of the conversion charges is
ordered. In light of the divided success of the appeal, no costs are awarded. All relevant provisions of the Consumer
Protection Act, CQLR, c. P-40.1, are constitutionally applicable and operative.
L’appel interjeté contre l’arrêt de la Cour d’appel du Québec (Montréal), numéro 500-09-019846-096, 2012 QCCA
1395, en date du 2 août 2012, entendu le 13 février 2014, est accueilli en partie et le remboursement des frais de
conversion est ordonné. En rais on du succès mitigé de l’appel, aucuns dépens ne sont accordés. Les dispositions
pertinentes de la Loi sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, sont constitutionnellement applicables et
opérantes.
Amex Bank of Canada v. Sylvan Adams, Attorney General of Quebec and Président de l’Office
de la protection du consommateur – and – Attorney General of Canada, Attorney General of
Ontario, Attorney General of Alberta and Canadian Bankers Association (Que.)
2014 SCC 57 / 2014 CSC 57
The appeal from the judgment of the Court of Appeal of Quebec (Montréal), Number 500-09-019842-095, 2012 QCCA
1394, dated August 2, 2012, heard on February 13, 2014, is dismissed with costs. Sections 12, 219 and 272 of the
L’appel interjeté contre l’arrêt de la Cour d’appel du Québec (Montréal), numéro 500-09-019842-095, 2012 QCCA
1394, en date du 2 août 2012, entendu le 13 février 2014, est rejeté avec dépens. Les articles 12, 219 et 272 de la Loi
sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, sont constitutionnellement applicables et opérants.
Bank of Montreal et al. v. Réal Marcotte et al. (Que.) (35009)
Indexed as: Bank of Montreal v. Marcotte / Répertorié : Banque de Montréal c. Marcotte
Neutral citation: 2014 SCC 55 / Référence neutre : 2014 CSC 55
Hearing: February 13, 2014 / Judgment: September 19, 2014
Audition : Le 13 février 2014 / Jugement : Le 19 septembre 2014
Civil procedure — Class actions — Standing — Representative plaintiffs initiating class action against credit
card issuers on grounds they failed to disclose conversion charges on credit card purchases made in foreign currencies
— Representative plaintiffs not having direct cause of action or legal relationship with each defendant — Whether
plaintiffs have standing to sue all defendants — Code of Civil Procedure, CQLR, c. C-25, art. 55.
Consumer protection — Contracts of credit — Contracts extending variable credit — Credit cards —
Obligation to disclose costs in contract — Appropriate remedy for failing to disclose — Conversion charges imposed
by financial institutions on cardholders for transactions in forei gn currencies — Class actions — Whether conversion
charges imposed are “credit charges” or “net capital” as defined by the legislation — Whether Banks failed to
disclose charges to cardholders — Whether reimbursement of conversion charges collected from co nsumer class
members should be ordered — Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, ss. 12, 68, 69, 70, 272.
Consumer protection — Recourses — Obligation to disclose costs in contract — Appropriate remedy for
failing to disclose — Whether class members are entitled to punitive damages — Consumer Protection Act, CQLR,
c. P-40.1, s. 272.
Constitutional law — Division of powers — Banking — Interjurisdictional immunity — Federal paramountcy
— Quebec’s consumer protection legislation regulating disclosure of conversion charges with respect to contracts of
credit — Whether provincial legislation constitutionally inapplicable or inoperative in respect of bank -issued credit
and charge cards by virtue of doctrine of interjurisdictional immunity or federal paramou ntcy — Constitution Act,
1867, c. 91(15); Bank Act, S.C. 1991, c. 46, ss. 16, 988; Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, ss. 12, 272.
A class action was launched by consumers to seek repayment of conversion charges imposed by several credit
card issuers (the “Banks”) on credit card purchases made in foreign currencies primarily on the basis that the
conversion charges violated Quebec’s Consumer Protection Act (“CPA”). The Banks argued that (1) the representative
plaintiffs did not have a direct cause of action against each of the Banks and therefore did not have standing to sue all of
them, (2) the CPA did not apply to them due to the Constitution Act, 1867, and (3) no repayment of the conversion
charges was owed. The Superior Court maintained the class action and found that the CPA applied to the Banks. It
determined that the conversion charges were “credit charges” for the purposes of contracts extending variable credit,
and ordered all the Banks to reimburse the conversion charges. It further required BMO, NBC, Citibank, TD and Amex
(the “Group A Banks”) to pay punitive damages for failing to disclose the conversion charges. The Cou rt of Appeal
determined that the conversion charges were “net capital” and allowed the appeal of the non -Group A Banks. It
maintained the order against the Group A Banks, but overturned the amount awarded against Amex as well as the
award of punitive damages against all Group A Banks, with the exception of TD.
Held: The appeals by the Group A Banks should be dismissed. The appeal by the representative plaintiffs
The representative plaintiffs have standing to sue all of the Banks. The law permits a collective action where
the representative does not have a direct cause of action against, or a legal relationship with, each defendant. Indeed,
art. 55 of the Code of Civil Procedure (“CCP”), which requires plaintiffs to have “s ufficient interest” in the action,
must be interpreted in harmony with the provisions governing class actions and in accordance with the principle of
proportionality found in art. 4.2 of the CCP. This approach is consistent with most other Canadian jurisd ictions and the
CCP itself, and it ensures the economy of judicial resources, enhances access to justice and averts the possibility of
conflicting judgments on the same question of law or fact. In addition, the analysis of whether the plaintiffs have
standing must have the same outcome regardless of whether it is conducted before or after the class action is authorized,
because at both stages, the court must look to the authorization criteria of art. 1003 of the CCP.
Different obligations flow from whether conversion charges are qualified as credit charges or net capital. If
the conversion charges qualify as credit charges, then according to the CPA they would have to be disclosed on their
own, be included in the disclosed credit rate, and be subject t o a grace period. If conversion charges qualify as net
capital, they would not be included in the credit rate or be subject to the grace period, but would still have to be
disclosed under s. 12 of the CPA, the general disclosure provision. In this case, conversion charges constitute sums for
which credit is actually extended, within the meaning of s. 68 of the CPA, and are best classified as net capital. They
do not fall under any of the categories in s. 70 of the CPA. Treating conversion charges as administrative charges or
commissions pursuant to ss. 70(d) and (f) of the CPA, and therefore as credit charges, would not achieve the objectives
of the CPA either by restoring the balance between merchants and consumers or by improving consumers’ abilities t o
make informed choices. Rather, it would force merchants to either disclose a wide range for the credit rate, which
would confuse consumers, or require cardholders to unknowingly subsidize ancillary services that other cardholders
choose to use which would only benefit some consumers at the cost of others and reduce the ability of consumers to
make informed choices. Because neither option benefits consumers, s. 17 of the CPA and art. 1432 of the Civil Code of
Québec — both of which require contracts to be interpreted so as to favour consumers in cases of doubt or ambiguity —
do not require classifying these charges as credit charges. Moreover, conversion charges are not fees that consumers
must pay under the contract in order to access credit within the meaning of s. 69 of the CPA. Rather, they are
additional fees for an optional service that is not necessary for consumers to access the credit.
The doctrine of interjurisdictional immunity does not apply. Sections 12 and 272 of the CPA, which deal with
the disclosure of charges requirement and the remedies for breach of same, do not impair the federal banking power.
While lending, broadly defined, is central to banking, it cannot be said that a disclosure requirement for certain charges
ancillary to one type of consumer credit impairs or significantly trammels the manner in which Parliament’s legislative
jurisdiction over bank lending can be exercised.
Similarly, the doctrine of paramountcy is not engaged. Assuming that a purpose of the Bank Act is to provide
for exclusive national standards, ss. 12 and 272 of the CPA cannot be said to frustrate or undermine that purpose,
because they do not provide for standards applicable to banking products and banking services offered by banks.
Rather, they articulate a contractual norm analogous to the substantive rules of contract found in the CCQ. The basic
rules of contract cannot be said to frustrate the federal purpose of comprehensive and exclusive standards, and the
general rules regarding disclosure and accompanying remedies support rather than frustrate the federal scheme. In
addition, ss. 12 and 272 of the CPA are not inconsistent with ss. 16 and 988 of the Bank Act and therefore do not
frustrate the narrower federal purpose of ensuring that bank contracts are not nullified even if a bank breaches its
disclosure obligations. The Plaintiffs seek restitution of the conversion charges and punitive damages, not nullification
of their contracts or of the specific clauses at issue.
The Group A Banks breached s. 12 of the CPA by failing to disclose the conversion charges. This violation is
not related to the terms and conditions of payment or to the computation or indication of the credit charges or the credit
rate, which are specifically covered by s. 271 of the CPA. It is a substantive violation that goes against the CPA’s
objective of permitting consumers to make informed choices, and, at the very least, the violation results from ignorant
or careless conduct. Section 272 of the CPA applies, and the appropriate remedy is a reduction of the cardholders’
obligations in the amount of all conversion charges imposed during the period of non -disclosure. As there is an
absolute presumption of prejudice for violations that give rise to s. 272 remedies, the commercial competitiveness of
the conversion charges imposed is of no consequence.
In addition, the trial judgment with respect to punitive damages should be restored. The threshold for
awarding punitive damages is not higher in the context of class actions where the plaintiffs are awarded collective
recovery as opposed to individual recovery. The mode of recovery is not a factor set out in the jurisprudence for
assessing punitive damages, nor would it be reasonable to include it as one. Moreover, the amoun t of punitive damages
awarded in this case is rationally connected to the purposes for which the damages are awarded. Indeed, neither
evidence of antisocial behaviour nor reprehensible conduct is required to award punitive damages under the CPA.
Rather, what is necessary is an examination of the overall conduct of the merchant, before, during and after the
violation, for behaviour that was lax, passive, or ignorant with respect to consumers’ rights and to their own
obligations, or conduct that displays ignorance, carelessness or serious negligence. In this case, the Group A Banks
breached the CPA without any explanation for a period of years, and that negligence overwhelms their unexplained
decision to start disclosing a fee they were charging consumers without their knowledge.
APPEALS from a judgment of the Quebec Court of Appeal (Forget, Dalphond and Bich JJ.A.), 2012 QCCA
1396, [2012] R.J.Q. 1541, [2012] AZ-50881449, [2012] Q.J. No. 7428 (QL), 2012 CarswellQue 14792, setting aside in
part a decision of Gascon J., 2009 QCCS 2764 (CanLII), [2009] AZ-50560820, [2009] J.Q. n o 5771 (QL), 2009
CarswellQue 6515. Appeals by the Bank of Montreal, Citibank Canada, the Toronto -Dominion Bank and the National
Bank of Canada dismissed and appeal by Réal Marcotte and Bernard Laparé allowed in part.
Mahmud Jamal, Sylvain Deslauriers, Silvana Conte, Alberto Martinez, W. David Rankin, Anne-Marie Lizotte
and Alexandre Fallon, for the appellants/respondents the Bank of Montreal, Citibank Canada, the Toronto -Dominion
Bank and the National Bank of Canada and for the respondents the Amex Bank of Canada, the Royal Bank of Canada,
the Canadian Imperial Bank of Commerce, the Bank of Nova Scotia and the Laurentian Bank of Canada.
Bruce W. Johnston,
Philippe H. Trudel,
respondents/appellants Réal Marcotte and Bernard Laparé.
Andrew E. Cleland,
Jean-François Jobin, Francis Demers and Samuel Chayer, for the respondent/intervener the Attorney General
Marc Migneault and Joël Simard, for the respondent/intervener Président de l’Office de la protection du
Bernard Letarte and Pierre Salois, for the respondent/intervener the Attorney General of Canada.
Janet E. Minor and Robert A. Donato, for the intervener the Attorney General of Ontario.
John B. Laskin and Myriam M. Seers, for the intervener the Canadian Bankers Association.
Solicitors for the appellants/respondents the Bank of Montreal, Citiban k Canada, the Toronto-Dominion Bank
and the National Bank of Canada and for the respondents the Amex Bank of Canada, the Royal Bank of Canada, the
Canadian Imperial Bank of Commerce, the Bank of Nova Scotia and the Laurentian Bank of Canada: Osler, Hoskin &
Harcourt, Montréal and Toronto; Deslauriers & Cie, Montréal.
Solicitors for the respondents/appellants Réal Marcotte and Bernard Laparé: Trudel & Johnston, Montréal;
Lauzon Bélanger Lespérance inc., Montréal.
Solicitors for the respondent/intervener the Attorney General of Quebec: Bernard, Roy & Associés, Montréal.
Solicitors for the respondent/intervener Président de l’Office de la protection du consommateur: Allard,
Renaud et Associés, Trois-Rivières; Office de la protection du consommateur, Trois-Rivières.
Solicitor for the respondent/intervener the Attorney General of Canada: Attorney General of Canada,
Solicitors for the intervener the Canadian Bankers Association: Torys, Toronto.
Procédure civile — Recours collectifs — Qualité pour agir — Recours collectif intenté par les représentants
des demandeurs contre des émettrices de cartes de crédit au motif que ces dernières n’avaient pas indiqué les frais de
conversion imposés sur les opérations par carte de crédit en devises étrangères — Les représentants des demandeurs
n’ont pas une cause d’action directe contre chaque défenderesse ou un lien de droit avec chacune d’elles — Les
demandeurs ont-ils le statut pour poursuivre l’ensemble des défenderesses? — Code de procédure civile, RLRQ,
ch. C-25, art. 55.
Protection du consommateur — Contrats de crédit — Contrats de crédit variable — Cartes de crédit —
Obligation d’indiquer les frais applicables dans un contrat — Réparation appropriée en cas de manquement à cette
obligation — Frais de conversion sur les opérations en devises étrangères imposés par des institutions financières aux
titulaires de cartes de crédit — Recours collectifs — Les frais de conversion imposés constituent-ils des « frais de
crédit » ou du « capital net » au sens de la loi? — Les banques ont-elles omis d’indiquer certains frais aux titulaires de
cartes? — Le remboursement des frais de conversion perçus des membres du groupe qui sont des consommateurs
devrait-il être ordonné? — Loi sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, art. 12, 68, 69, 70 et 272.
Protection du consommateur — Recours — Obligation d’indiquer les frais applicables dans un contrat —
Réparation appropriée en cas de manquement à cette obligation — Les membres du groupe ont-ils droit à des
dommages-intérêts punitifs? — Loi sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, art. 272.
Droit constitutionnel — Partage des compétences — Banques — Doctrine de l’exclusivité des compétences —
Prépondérance fédérale — Loi québécoise sur la protection du consommateur régissant la mention des frais de
conversion applicables dans les contrats de crédit — La loi provinciale est-elle constitutionnellement inapplicable ou
inopérante à l’égard des cartes de crédit et des cartes de paiement émises par des banques en raison des doctrines de
l’exclusivité des compétences et de la prépondérance fédérale? — Loi constitutionnelle de 1867, art. 91(15); Loi sur les
banques, L.C. 1991, ch. 46, art. 16 et 988; Loi sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, art. 12 et 272.
Des consommateurs ont intenté un recours collectif pour obtenir le remboursement des frais de conversion
imposés sur les opérations par carte de crédit en devises étrangères par plusieurs institutions émettrices de telles cartes
(les « banques ») au motif que ces frais contrevenaient à la Loi sur la protection du consommateur du Québec (la
« L.p.c. »). Les banques ont fait valoir les arguments suivants : (1) les représentants n’avaient pas une cause d’action
directe contre chacune des banques et n’avaient donc pas le statut pour poursuivre l’ensemble de celles -ci; (2) elles
étaient soustraites à l’application de la L.p.c. en raison de la Loi constitutionnelle de 1867 et (3) elles n’étaient pas
tenues au remboursement des frais de conversion. La Cour supérieure a accueilli le recours collectif et conclu que la
L.p.c. s’appliquait aux banques. Selon elle, les frais de conversion étaient de s « frais de crédit » dans le cadre des
contrats de crédit variable et a ordonné à toutes les banques de les rembourser. Elle a de plus condamné BMO, BNC,
Citibanque, TD et Amex (les « banques du groupe A ») à verser des dommages -intérêts punitifs pour avoir omis
d’indiquer les frais de conversion. La Cour d’appel a conclu que les frais de conversion constituaient du « capital net »
et a accueilli l’appel des banques n’appartenant pas au groupe A. Elle a confirmé l’ordonnance défavorable aux
banques du groupe A, mais a annulé la condamnation aux dommages -intérêts qui avait été prononcée contre Amex
ainsi que la condamnation aux dommages -intérêts punitifs prononcée contre l’ensemble des banques du groupe A, sauf
Arrêt : Les appels interjetés par les banques du groupe A sont rejetés. L’appel interjeté par les représentants
est accueilli en partie.
Les représentants ont le statut pour poursuivre toutes les banques. La loi permet le recours collectif lorsque le
représentant n’a pas une cause d’action directe contre chaque défendeur ou un lien de droit avec chacun d’eux. En fait,
l’art. 55 du Code de procédure civile (le « C.p.c. »), qui exige du demandeur un « intérêt suffisant » dans l’action, doit
être interprété en harmonie avec les dispositions relatives aux recours collectifs et conformément au principe de la
proportionnalité énoncé à l’art. 4.2 C.p.c. Ce raisonnement a été adopté dans la plupart des autres juridictions
canadiennes et est conforme à l’économie du C.p.c.; il prévient le gaspillage des ressources judiciaires et l’accès à la
justice et évite le risque de jugements contradictoires sur une même question de droit ou de fait. De plus, l’analyse de
la question de savoir si les demandeurs ont le statut doit abo utir au même résultat qu’elle soit entreprise à l’étape de
l’autorisation du recours collectif ou après, parce que, dans un cas comme dans l’autre, le tribunal doit tenir compte des
critères d’autorisation énoncés à l’art. 1003 C.p.c.
Différentes obligations s’appliquent selon que l’on qualifie les frais de conversion de frais de crédit ou de
capital net. Conformément à la L.p.c., si les frais de conversion sont des frais de crédit, ils doivent être mentionnés à
part et entrer dans le calcul du taux de crédit indiqué, et un délai de grâce s’applique. Si les frais de conversion sont du
capital net, ils n’entrent pas dans le calcul du taux de crédit, et le délai de grâce ne s’applique pas, mais ils doivent
quand même être mentionnés en application de l’art. 12 L.p.c., qui prévoit généralement ce qui doit l’être. En l’espèce,
les frais de conversion constituent une somme pour laquelle le crédit est effectivement consenti au sens où il faut
l’entendre pour l’application de l’art. 68 L.p.c., et il vaut mieux les assimiler au capital net. Ils n’entrent dans aucune
des catégories énumérées à l’art. 70 L.p.c. Assimiler les frais de conversion aux frais d’administration ou commissions
visés aux al. 70d) et f) L.p.c., et donc aux frais de crédit, ne permettrait pas que soient atteints les objectifs de la L.p.c.
en rétablissant l’équilibre entre les commerçants et le consommateur ou en améliorant la capacité du consommateur à
faire des choix éclairés. Les commerçants devraient alors mentionner une large fourchette de taux de crédit — ce qui
ne ferait qu’ajouter à la confusion des consommateurs — ou faire payer à tous les titulaires de cartes, à leur insu, les
services accessoires que seuls certains utilisent, ce qui n’avantagerait que certains consommateurs au détriment d’autres
et empêcherait les consommateurs de faire des choix éclairés. Comme aucune de ces formules ne bénéficie au
consommateur et que l’art. 17 L.p.c. et l’art. 1432 Code civil du Québec disposent qu’en cas de doute ou d’ambiguïté le
contrat doit être interprété en faveur du consommateur, les frais de conversion ne sauraient être assimilés à des frais de
crédit. De plus, les frais de conversion ne constituent pas une somme que le consommateur doit payer en vertu du
contrat pour avoir accès au crédit au sens de l’art. 69 L.p.c. En fait, il s’agit de frais additionnels pour un service
optionnel auquel l’accès au crédit n’est pas subordonné.
La doctrine de l’exclusivité des compétences ne s’applique pas. Les articles 12 et 272 L.p.c., qui concernent la
mention des frais et les recours possibles en cas de manquement à ces obligations, n’entravent pas la compétence
fédérale sur les banques. Bien que le prêt d’argent, au sens large, appartienne au contenu essentiel des opérations des
banques, on ne peut prétendre que l’obligation de mentionner certains frais accessoires à un type de crédit à la
consommation entrave ou porte une atteinte importante à l’exercice de la compétence fédérale qui permet de légiférer
en matière de prêt bancaire.
La doctrine de la prépondérance fédérale ne s’applique pas non plus. Si l’on présume que l’un des objectifs de
la Loi sur les banques est l’établissement de normes nationales exclusives, on ne peut conclure que les art. 12 et 272
L.p.c. empêchent la réalisation de cet objectif ou y nuisent, parce qu’ils n’établissent pas de normes applicables aux
produits et services bancaires offerts par les banques. Ces dispositions établissent plutôt une norme contractuelle
analogue aux règles de fond en matière contractuelle établies par le C.c.Q. De telles règles ne sauraient empêcher la
réalisation de l’objectif fédéral qui consiste à établir des normes complètes et exclusives, et les règles générales sur la
mention des frais et les recours qui s’y rattachent appuient le régime fédéral; elles ne lui nuisent pas. En outre, les
art. 12 et 272 L.p.c. ne sont pas incompatibles avec les art. 16 et 988 de la Loi sur les banques et n’empêchent donc pas
la réalisation de l’objectif fédéral plus étroit qui vise à éviter l’an nulation du contrat bancaire même si une banque
contrevient à son obligation de mentionner les frais. Les demandeurs sollicitent la restitution des frais de conversion et
des dommages-intérêts punitifs, et non l’annulation de leurs contrats ou des clauses précises en litige.
Les banques du groupe A ont contrevenu à l’art. 12 L.p.c. en ne mentionnant pas les frais de conversion. Cette
violation n’est pas liée aux modalités de paiement ni au calcul ou à l’indication des frais ou du taux de crédit, qui s ont
expressément visés par l’art. 271 L.p.c. Il s’agit d’une violation de fond qui va à l’encontre de l’objectif de la L.p.c.
visant à permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés, et qui résulte, à tout le moins, d’un comportement
d’ignorance ou d’insouciance. L’article 272 L.p.c s’applique et il convient d’accorder la réduction des obligations des
titulaires de cartes correspondant au montant des frais de conversion imposés pendant les périodes où ils n’étaient pas
indiqués. Vu la présomption absolue de préjudice applicable aux cas de violation ouvrant droit aux réparations prévues
à l’art. 272, la compétitivité des frais de conversion imposés n’a aucune importance.
De plus, il y a lieu de rétablir le jugement de première instance en ce qui concerne les dommages -intérêts
punitifs. Le seuil d’octroi de dommages -intérêts punitifs n’est pas plus élevé dans le cas d’un recours collectif où le
tribunal a ordonné qu’il soit procédé par recouvrement collectif plutôt que par voie de réclamations individuelles. Le
mode de recouvrement ne fait pas partie des facteurs éno ncés dans la jurisprudence sur l’analyse servant à déterminer
l’opportunité d’une condamnation aux dommages -intérêts punitifs, et il ne serait pas non plus raisonnable de l’inclure
dans cette analyse. De plus, le montant des dommages -intérêts punitifs accordés en l’espèce a un lien rationnel avec les
objectifs de leur octroi. En fait, il n’est pas nécessaire d’établir un comportement antisocial ou répréhensible pour que
des dommages-intérêts punitifs soient attribués en vertu de la L.p.c. Il faut plutôt examiner le comportement global du
commerçant avant, pendant et après la violation, pour déterminer s’il a adopté une attitude laxiste, passive ou ignorante
à l’égard des droits du consommateur et de leurs propres obligations, ou un comportement d’ignoranc e, d’insouciance
ou de négligence sérieuse. En l’espèce, les banques du groupe A ont enfreint la L.p.c. sans explication pendant des
années, et cette négligence prévaut sur leur décision inexpliquée de mentionner aux consommateurs des frais qui leur
étaient auparavant imposés à leur insu.
POURVOIS contre un arrêt de la Cour d’appel du Québec (les juges Forget, Dalphond et Bich), 2012 QCCA
1396, [2012] R.J.Q. 1541, [2012] AZ-50881449, [2012] J.Q. n o 7428 (QL), 2012 CarswellQue 7796, qui a infirmé en
partie une décision du juge Gascon, 2009 QCCS 2764 (CanLII), [2009] AZ-50560820, [2009] J.Q. n o 5771 (QL), 2009
CarswellQue 6515. Pourvois interjetés par la Banque de Montréal, Citibanque Canada, la Banque Toronto -Dominion
et la Banque Nationale du Canada rejetés et pourvoi interjeté par Réal Marcotte et Bernard Laparé accueilli en partie.
et Alexandre Fallon, pour les appelantes/intimées la Banque de Montréal, Citibanque Canada, la Banque
Toronto-Dominion et la Banque Nationale du Canada et pour les intimées la Banque Amex du Canada, la Banque
Royale du Canada, la Banque Canadienne Impériale de Commerce, la Banque de Nouvelle -Écosse et la Banque
Laurentienne du Canada.
Bruce W. Johnston, Philippe H. Trudel, André Lespérance et Andrew E. Cleland, pour les intimés/appelants
Réal Marcotte et Bernard Laparé.
Jean-François Jobin, Francis Demers et Samuel Chayer, pour l’intimé/intervenant le procureur général du
Marc Migneault et Joël Simard, pour l’intimé/intervenant le Président de l’Office de la protection du
Bernard Letarte et Pierre Salois, pour l’intimé/intervenant le procureur général du Canada.
Robert J. Normey, pour l’intervenant le procureur général de l’Alberta.
John B. Laskin et Myriam M. Seers, pour l’intervenante l’Association des banquiers canadiens.
Procureurs des appelantes/intimées la Banque de Montréal, Citibanque Canada, la Banque
Toronto-Dominion et la Banque Nationale du Canada et des intimées la Banque Amex du Canada, la Banque Royale
du Canada, la Banque Canadienne Impériale de Commerce, la Banque de Nouvelle -Écosse et la Banque Laurentienne
du Canada : Osler, Hoskin & Harcourt, Montréal et Toronto; Deslauriers & Cie, Montréal.
Procureurs des intimés/appelants Réal Marcotte et Bernard Laparé : Trudel & Johnston, Montréal; Lauzon
Bélanger Lespérance inc., Montréal.
Procureurs de l’intimé/intervenant le procureur général du Québec : Bernard, Roy & Associés, Montréal.
Procureurs de l’intimé/intervenant le Président de l’Office de la protection du consommateur : Allard, Renaud
et Associés, Trois-Rivières; Office de la protection du consommateur, Trois-Rivières.
Procureur de l’intimé/intervenant le procureur général du Canada : Procureur général du Canada, Montréal.
Procureurs de l’intervenante l’Association des banquiers canadiens : Torys, Toronto.
Amex Bank of Canada v. Sylvan Adams et al. (Que.) (35033)
Indexed as: Amex Bank of Canada v. Adams / Répertorié : Banque Amex du Canada c. Adams
Neutral citation: 2014 SCC 56 / Référence neutre : 2014 CSC 56
Consumer Protection — Contracts of credit — Contracts extending variable credit — Credit and charge cards
— Obligation to disclose costs in contract — Appropriate remedy for failing to disclose — Conversion charges imposed
by financial institutions on cardholders for transactions in foreign currenci es — Class actions — Whether Amex failed
to disclose conversion charges to cardholders — Whether reimbursement of conversion charges collected from
consumer class members should be ordered — Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, ss. 12, 272.
Receipt of a payment not due — Contracts of credit — Credit and charge cards — Payment made in error —
Class actions — Whether cardholder agreements imposed obligation to pay conversion charges — Whether Amex owes
restitution of conversion charges to non-consumer class members — Whether restitution would have the effect of
according adhering parties with undue advantage — Civil Code of Québec, arts. 1491, 1492, 1554, 1699.
and charge cards by virtue of doctrine of interjurisdictional immunity or federal paramountcy — Constitution Act,
1867, s. 91(15); Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, ss. 12, 272.
Amex’s credit and charge cards offer the ability to make purchases in foreign currencies. Such purchases are
subject to a conversion charge, whereby a percentage of the converted amount is charged as a fee for the conversion
service. Quebec’s Consumer Protection Act (“CPA”) imposes various rules on the content and disclosure of charges
and fees in contracts extending variable credit. The conversion charge was not disclosed in Amex’s cardholder
agreements between 1993 and 2003. A, the representative plaintiff, filed a class action against Amex to seek repayment
of the conversion charges imposed by Amex on credit or charge card purchases made in foreign currencies on the basis
that the conversion charges violated the CPA and the Civil Code of Québec provisions. The class at issue in this action
includes both consumer and non-consumer cardholders of both credit and charge cards. Amex argued that the CPA is
constitutionally inapplicable to a bank such as Amex and that no repayment of the conversion charges is owed. The
Superior Court maintained the class action and condemned Amex to reimburse the conversion charges collected from
all cardholders between 1993 and 2003. The Court of Appeal allowed the appeal but only to the extent of overturning
the trial judge’s decision to award punitive damages.
For the reasons given in the companion case of Bank of Montreal v. Marcotte, 2014 SCC 55, the relevant CPA
provisions are neither inapplicable nor inoperative under the doctrine of interjurisdictional immunity or federal
The trial judge’s finding that the conversion charge was a separate fee rather than a component of the
exchange rate was a determination of fact, or at most of mixed fact and law, and should therefore not be disturbed given
the lack of any palpable and overriding error. As a result, Amex violated s. 12 of the CPA and must, under s. 272(c) of
that Act, reimburse the conversion charges collected from the consumer class members between 1993 and 2003 as
described by the trial judge.
With respect to the non-consumer class members, the CPA does not apply. Amex must instead restore the
conversion charges under the Civil Code of Québec. The receipt of a payment not due provisions allow someone to
recover an amount paid in excess by creating an obligation on th e part of the party who received the amount paid
without debt, to return that amount. Here, the evidence was clear that from 1993 to 2003 there was no reference in the
cardholder agreement to the conversion charge because an “exchange rate determined by A mex” could not be
understood as including such a charge, and therefore there was no obligation for cardholders to pay the conversion
charge. All payments of the conversion charge by cardholders were therefore made in error and accordingly, Amex
owes restitution of the conversion charges to the non-consumer class members. The power to refuse to grant restitution
under art. 1699 para. 2 of the CCQ if restitution would confer an undue advantage on one party is quite exceptional and
must be exercised sparingly. In this case, nothing indicates that the trial judge acted improperly in refusing to exercise
his discretion to not grant restitution.
APPEAL from a judgment of the Quebec Court of Appeal (Forget, Dalphond and Bich JJ.A.), 2012 QCCA
1394, [2012] R.J.Q. 1512, 353 D.L.R. (4th) 296, [2012] AZ-50881447, [2012] Q.J. No. 7426 (QL), 2012 CarswellQue
7779, setting aside in part a decision of Gascon J., 2009 QCCS 2695, [2009] R.J.Q. 1746, [2009] AZ-50560798, [2009]
Q.J. No. 5769 (QL), 2009 CarswellQue 6873. Appeal dismissed.
and Alexandre Fallon, for the appellant.
Peter Kalichman, Catherine McKenzie and Mathieu Bouchard, for the respondent Sylvan Adams.
Jean-François Jobin, Francis Demers and Samuel Chayer, for the respondent the Attorney General of Quebec.
Marc Migneault and Joël Simard, for the respondent Président de l’Office de la protection du consommateur.
Bernard Letarte and Pierre Salois, for the intervener the Attorney General of Canada.
Solicitors for the appellant: Osler, Hoskin & Harcourt, Montréal and Toronto ; Deslauriers & Cie, Montréal.
Solicitors for the respondent Sylvan Adams: Irving Mitchell Kalichman, Montréal.
Solicitors for the respondent Président de l’Office de la protection du consommateur: Allard, Renaud et
Associés, Trois-Rivières; Office de la protection du consommateur, Trois-Rivières.
Protection du consommateur — Contrats de crédit — Contrats de crédit variable — Cartes de crédit et cartes
de paiement — Obligation d’indiquer les frais applicables dans un contrat — Réparation appropriée en cas de
manquement à cette obligation — Frais de conversion sur les opérations en devises étrangères imposés par des
institutions financières aux titulaires de cartes — Recours collectifs — Amex a-t-elle omis d’indiquer les frais de
conversion aux titulaires de cartes? — Le remboursement des frais de conversion perçus des membres du groupe qui
sont des consommateurs doit-il être ordonné? — Loi sur la protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, art. 12 et
Réception de l’indu — Contrats de crédit — Cartes de crédit et cartes de paiement — Paiement fait par erreur
— Recours collectifs — Les conventions régissant l’utilisation des cartes prévoyaient -elles l’obligation de payer des
frais de conversion? — Amex doit-elle restituer aux membres du groupe qui ne sont pas des consommateurs les frais de
conversion payés? — La restitution aurait-elle pour effet d’accorder un avantage indu aux adhérents? — Code civil du
Québec, art. 1491, 1492, 1554 et 1699.
l’exclusivité des compétences et de la prépondérance fédérale? — Loi constitutionnelle de 1867, art. 91(15); Loi sur la
protection du consommateur, RLRQ, ch. P-40.1, art. 12 et 272.
Les cartes de crédit et les cartes de paiement d’Amex permettent à leurs titulaires de faire des achats en devises
étrangères. Des frais de conversion s’appliquent à ces opérations, c’est-à-dire qu’un pourcentage de la somme
convertie est exigé en sus pour ce service de conversion. La Loi sur la protection du consommateur du Québec (la
« L.p.c. ») impose différentes règles sur la teneur et la mention des frais et dro its dans les contrats de crédit variable.
Les frais de conversion n’étaient pas indiqués dans les conventions régissant l’utilisation des cartes émises par Amex
entre 1993 et 2003. A, le représentant des demandeurs, a intenté un recours collectif contre Amex pour obtenir le
remboursement des frais de conversion imposés par cette institution sur les opérations par carte de crédit ou par carte de
paiement en devises étrangères au motif que ces frais contrevenaient aux dispositions de la L.p.c. et du Code civil du
Québec (le « C.c.Q. »). Le groupe en cause est composé de consommateurs et de non -consommateurs qui sont
titulaires de cartes de crédit ou de cartes de paiement. Amex a fait valoir que la L.p.c. était constitutionnellement
inapplicable à une banque comme Amex et qu’elle n’était pas tenue au remboursement des frais de conversion. La
Cour supérieure a accueilli le recours collectif et a condamné Amex à rembourser les frais de conversion perçus de tous
les titulaires de carte entre 1993 et 2003. La Cour d’appel a accueilli l’appel, mais seulement pour annuler les
dommages-intérêts punitifs accordés en première instance.
Pour les motifs exposés dans l’arrêt connexe Banque de Montréal c. Marcotte, 2014 CSC 55, les dispositions
pertinentes de la L.p.c. ne sont ni inapplicables ni inopérantes en raison de la doctrine de l’exclusivité des compétences
ou de celle de la prépondérance fédérale.
La conclusion du juge de première instance suivant laquelle les frais de conversio n étaient distincts du taux de
change, et n’en faisaient pas partie, était une conclusion de fait ou, au mieux, une question mixte de fait et de droit, et
ne devrait donc pas être modifiée en l’absence d’une erreur manifeste et dominante. En conséquence, Amex a manqué
aux obligations mentionnées à l’art. 12 L.p.c. et elle est tenue, en application de l’al. 272c), de rembourser les frais de
conversion qu’elle a perçus entre 1993 et 2003 des membres du groupe qui sont des consommateurs, suivant la
description qu’en a fait le juge du procès.
La L.p.c. ne s’applique pas aux membres du groupe qui ne sont pas des consommateurs. Dans leur cas, Amex
est plutôt tenue à la restitution des frais de conversion en application du C.c.Q. Les dispositions relatives à la réception
de l’indu permettent à quiconque de recouvrer un paiement effectué en trop en imposant à la partie qui l’a reçu
indûment l’obligation de le restituer. En l’espèce, la preuve établissait clairement que, de 1993 à 2003, les conventions
régissant l’utilisation des cartes ne faisaient aucune mention des frais de conversion parce qu’on ne peut prétendre que
de tels frais étaient inclus dans le « taux de change déterminé par Amex ». Ainsi, aucune obligation de payer ces frais
n’incombait aux titulaires. Tous les paiements des frais de conversion faits par les titulaires de cartes l’ont donc été par
erreur et, en conséquence, Amex doit restituer aux membres du groupe qui ne sont pas des consommateurs les frais de
conversion qu’ils ont payés. Le pouvoir de ne pas ordonner la restitution que confère le deuxième paragraphe de
l’art. 1699 C.c.Q. dans le cas où celle-ci aurait pour effet d’accorder à l’une des parties un avantage indu est un pouvoir
tout à fait exceptionnel qui doit être exercé avec circonspection. En l’espèce, rien ne permet de croire que le juge du
procès a eu tort de décliner d’exercer le pouvoir discrétionnaire qui l’habilite à refuser d’ordonner la restitution.
POURVOI contre
1394, [2012] R.J.Q. 1512,
7779, qui a infirmé en
AZ-50560798, [2009] Q.J.
un arrêt de la Cour d’appel du Québec (les juges Forget, Dalphond et Bich), 2012 QCCA
353 D.L.R. (4th) 296, [2012] AZ-50881447, [2012] Q.J. No. 7426 (QL), 2012 CarswellQue
partie une décision du juge Gascon, 2009 QCCS 2695, [2009] R.J.Q. 1746, [2009]
No. 5769 (QL), 2009 CarswellQue 6873. Pourvoi rejeté.
et Alexandre Fallon, pour l’appelante.
Peter Kalichman, Catherine McKenzie et Mathieu Bouchard, pour l’intimé Sylvan Adams.
Jean-François Jobin, Francis Demers et Samuel Chayer, pour l’intimé le procureur général du Québec.
Marc Migneault et Joël Simard, pour l’intimé le Président de l’Office de la protection du consommateur.
Bernard Letarte et Pierre Salois, pour l’intervenant le procureur général du Canada.
Procureurs de l’appelante : Osler, Hoskin & Harcourt, Montréal et Toronto; Deslauriers & Cie, Montréal.
Procureurs de l’intimé Sylvan Adams : Irving Mitchell Kalichman, Montréal.
Procureurs de l’intimé le Président de l’Office de la protection du consommateur : Allard, Renaud et Associés,
Trois-Rivières; Office de la protection du consommateur, Trois-Rivières.
Réal Marcotte v. Fédération des caisses Desjardins du Québec (Que.) (35018)
Indexed as: Marcotte v. Fédération des caisses Desjardins du Québec /
Neutral citation: 2014 SCC 57 / Référence neutre : 2014 CSC 57
Obligation to disclose costs in contract — Appropriate remedy for failing to disclose — Prescription — Punitive
damages —Conversion charges imposed by financial institutions on cardholders for transactions in foreign currencies
— Class actions — Whether conversion charges are “net capital” or “credit charges” as defined by legislati on —
Whether Desjardins adequately disclosed conversion charges to cardholders — Whether reimbursement of conversion
charges collected from consumer class members should be ordered — Whether class members are entitled to punitive
damages — Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1, ss. 12, 272.
Constitutional law — Division of powers — Bills of exchange — Interjurisdictional immunity — Federal
paramountcy — Quebec’s consumer protection legislation regulating credit card contracts — Whether legal
characterization of transaction consisting of payment for good or service in foreign currency by means of credit card of
same nature as that of payment by means of bill of exchange over which Parliament has exclusive jurisdiction, such
that the doctrines of interjurisdictional immunity and paramountcy are potentially applicable — Constitution Act, 1867,
s. 91(18); Consumer Protection Act, CQLR, c. P-40.1.
Desjardins’s credit cards offer the ability to make purchases in foreign currencies. Such purchases are subjec t
to a conversion charge, whereby a percentage of the converted amount is charged as a fee for the conversion service.
Quebec’s Consumer Protection Act (“CPA”) imposes various rules on the content and disclosure of charges and fees in
contracts extending variable credit. For the relevant period, Desjardins included the conversion charge on the back of
the monthly credit card statements sent to cardholders. M, the representative plaintiff, filed a class action against
Desjardins to seek repayment of the conversion charges imposed by Desjardins on credit card purchases made in
foreign currencies on the basis that the conversion charges violated the CPA provisions. Desjardins argued that the
CPA does not apply to it due to the Constitution Act, 1867 and that no repayment of the conversion charges is owed.
The Superior Court maintained the class action and condemned Desjardins to reimburse the conversion charges
imposed during the class period for the non-prescribed claims. The Court of Appeal allowed the appeal and set aside
the order against Desjardins.
Payment by credit card does not fall under the exclusive federal jurisdiction over bills of exchange. As such,
the application of the CPA to credit cards issued by Desjardins is consistent with the division of powers, and neither the
interjurisdictional immunity nor the paramountcy doctrines apply. “Bills of exchange” is a well-established technical
term around which an extensive structure of legislation has developed. While some of the effects of payment by credit
card are the same as payment by bills of exchange, the natural limits of the text of s. 91(18) of the Constitution Act,
1867 prevent it from being reinterpreted to include credit cards.
For the reasons given in the companion case of Bank of Montreal v. Marcotte, 2014 SCC 55, the conversion
charges are net capital under the CPA. Desjardins breached s. 12 of the CPA by imposing a charge that was not
disclosed in the cardholder agreement. The inclusion of the conversion charges on the back of the monthly credit card
statements amounted to an external clause to the cardholder agreement under the Civil Code of Québec. This clause
was not expressly brought to the attention of the consumer at the time of contract formation, as required by art. 1435 of
the CCQ. Therefore, it is not possible for the consumers to have known about the external clause providing the rate of
the conversion charge at the time they entered into the cardholder agreement, given that the clause was only available in
the first monthly credit card statement, i.e. after the first use of the credit card.
The appropriate remedy for Desjardins’s failure to disclose the conversion charges in the cardholder agreement
is reimbursement of the conversion charges. However, since the conversion charges were included on the monthly
statements, the prescription period for the class members was only suspended fro m the time each member formed their
contract with Desjardins to the time they received their first monthly statement. That prescription was not affected by
the renewal of the credit cards because no new contract is formed at that time. There is one main framework agreement
that is effective from the first usage of the credit card. As a result, the claims of some class members are entirely
prescribed. There is insufficient evidence in the record to determine the total amount owed by Desjardins to those c lass
members whose claims are not prescribed. The details of the procedure for effecting recovery are left to be determined
by the Superior Court.
Finally, the conduct of Desjardins does not support awarding punitive damages. Desjardins did disclose th e
conversion charges through the monthly credit card statements. Even though Desjardins’s disclosure does not satisfy
the requirements of s. 12 of the CPA, it does not amount to negligent or careless behaviour.
1395, [2012] R.J.Q. 1526, [2012] AZ-50881448, [2012] Q.J. No. 7427 (QL), 2012 CarswellQue 13752, setting aside a
decision of Gascon J., 2009 QCCS 2743 (CanLII), [2009] AZ-50561028, [2009] J.Q. n o 5770 (QL), 2009 CarswellQue
14191. Appeal allowed in part.
Bruce W. Johnston, Philippe H. Trudel, André Lespérance and Andrew E. Cleland, for the appellant.
Raynold Langlois, Q.C., Vincent de l’Étoile and Chantal Chatelain, for the respondent.
Jean-François Jobin, Francis Demers and Samuel Chayer, for the intervener the Attorney General of Quebec.
Marc Migneault and Joël Simard, for the intervener Président de l’Office de la protection du consommateur.
Solicitors for the appellant: Trudel & Johnston, Montréal; Lauzon Bélanger Lespérance inc., Montréal.
Solicitors for the respondent: Langlois Kronström Desjardins, Montréal.
Solicitors for the intervener Président de l’Office de la protection du consommateur: Allard, Renaud et
obligation — Prescription — Dommages-intérêts punitifs — Frais de conversion sur les opérations en devises
étrangères imposés par des institutions financières aux titulaires de cartes de crédit — Recours collectifs — Les frais
de conversion imposés constituent-ils des « frais de crédit » ou du « capital net » au sens de la loi? — Desjardins
a-t-elle indiqué adéquatement les frais de conversion aux titulaires de cartes? — Le remboursement des frais de
conversion perçus des membres du groupe qui sont des consommateurs doit -il être ordonné? — Les membres du
groupe ont-ils droit d’obtenir des dommages-intérêts punitifs? — Loi sur la protection du consommateur, RLRQ,
ch. P-40.1, art. 12, 272.
Droit constitutionnel — Partage des compétences — Lettres de change — Doctrine de l’exclusivité des
compétences — Prépondérance fédérale — Loi québécoise sur la protection du consommateur régissant les contrats de
cartes de crédit — Le paiement d’un bien ou d’un service en devises étrangères au moyen d’une carte de crédit est -il de
même nature sur le plan juridique que celui fait au moyen d’une lettre de change, une matière qui relève de la
compétence exclusive du Parlement, de sorte que les doctrines de l’exclusivité des compétences et de la prépondérance
fédérale pourraient s’appliquer? — Loi constitutionnelle de 1867, art. 91(18); Loi sur la protection du consommateur,
RLRQ, ch. P-40.1.
Les cartes de crédit de Desjardins permettent à leurs titulaires de faire des achats en devises étrangères. Des
frais de conversion s’appliquent à ces opérations, c’est-à-dire qu’un pourcentage de la somme convertie est exigé pour
ce service de conversion. La Loi sur la protection du consommateur du Québec (la « L.p.c. ») impose différentes règles
sur la teneur et la mention des frais et droits dans les contrats de crédit variable. Pendant la période pertinente, les frais
de conversion étaient indiqués par Desjardins au verso des relevés mensuels envoyés aux titulaires des cartes de crédit.
M, le représentant du groupe, a entrepris un recours collectif contre Desjardins en remboursement des frais de
conversion imposés par Desjardins sur les achats par carte de crédit en devises étrangères au motif que ces frais de
conversion contrevenaient aux dispositions de la L.p.c. Desjardins soutient que la L.p.c. ne s’applique pas à elle en
raison de la Loi constitutionnelle de 1867 et qu’elle n’est pas tenue au remboursement des frais de conversion. La Cour
supérieure a accueilli le recours collectif et a condamné Desjardins à rembourser les frais de conversion imposés
pendant la période visée par le recours collectif à l’égard des demandes qui n’étaient pas prescrites. La Cour d’appel a
accueilli l’appel et infirmé l’ordonnance prononcée à l’encontre de Desjardins.
Le paiement par carte de crédit ne relève pas de la compétence fédérale exclusive en matière de lettres de
change. Ainsi, l’application de la L.p.c. aux cartes de crédit émises par Desjardins respecte le partage des compétences,
et ni la doctrine de l’exclusivité des compétences ni celle de la prépondérance fédérale ne s’appliquent. Le terme
« lettres de change » est un terme consacré autour duquel s’articule tout un régime législatif. Si les effets d’un paiement
par carte de crédit peuvent parfois être identiques à ceux d’un paiement par lettre de change, les limites naturelles du
texte du par. 91(18) de la Loi constitutionnelle de 1867 empêchent une nouvelle interprétation de la disposition qui
engloberait les cartes de crédit.
Pour les motifs exprimés dans l’arrêt connexe Banque de Montréal c. Marcotte, 2014 CSC 55, les frais de
conversion appartiennent au capital net au sens de la L.p.c. Desjardins a contrevenu à l’art. 12 L.p.c. en imposant des
frais sans les indiquer dans la convention régissant l’utilisation de la carte. La mention des frais de conversion au verso
du relevé mensuel constitue une clause externe de l’entente régissant l’utilisation de la carte au sens où il faut l’entendre
pour l’application du Code civil du Québec. Cette clause n’a pas été expressément portée à la connaissance du
consommateur au moment de la formation du contrat comme le veut l’art. 1435 C.c.Q. Il est donc impossible que les
consommateurs aient eu connaissance de la clause externe faisant état du taux de conversion au moment de la formation
de la convention, étant donné que cette clause ne figurait qu’au premier relevé mensuel de carte de crédit : ils ne
pouvaient donc en prendre connaissance qu’après avoir utilisé la carte une première fois.
Il convient d’ordonner à Desjardins de rembourser les frais de conversion à titre de sanction pour avoir omis
de les indiquer dans la convention régissant l’utilisation de la carte. Toutefois, comme ces frais étaient indiqués dans les
relevés mensuels, la prescription n’a été suspendue dans le cas de chaque membre du groupe dans le recours contre
Desjardins qu’entre le moment de la formation de son contrat et le moment où il a reçu son premier relevé mensuel. Le
renouvellement de la carte n’a eu aucun effet sur la prescription, car aucun nouveau contrat n’est alors formé. Il y a une
seule convention-cadre et elle entre en vigueur à la première utilisation de la carte de crédit. En conséquence, les
demandes de certains membres du groupe sont prescrites. La preuve au dossier ne permet pas de déterminer le total des
frais que Desjardins est tenue de rembourser aux membres du groupe dont les demandes ne sont pas prescrites. Les
détails relatifs à la procédure de recouvrement seront réglés par la Cour supérieure.
Enfin, la conduite de Desjardins ne justifie pas l’octroi de dommages-intérêts punitifs. Desjardins a indiqué les
frais de conversion dans les relevés mensuels des cartes de crédit. Bien que Desjardins n’ait pas respecté les
prescriptions de l’art. 12 L.p.c., la manière avec laquelle elle a mentionné les frais ne constitue pas une conduite
marquée au coin de l’insouciance ou de la négligence.
POURVOI contre un arrêt de la Cour d’appel du Québec (les juges Forget, Dalphond et Bich), 2012 QCCA
1395, [2012] R.J.Q. 1526, [2012] AZ-50881448, [2012] J.Q. n o 7427 (QL), 2012 CarswellQue 3381, qui a infirmé une
décision du juge Gascon, 2009 QCCS 2743 (CanLII), [2009] AZ-50561028, [2009] J.Q. n o 5770 (QL), 2009
CarswellQue 14191. Pourvoi accueilli en partie.
Procureurs de l’intervenant le Président de l’Office de la protection du consommateur : Allard, Renaud et
- 2014 OCTOBER - OCTOBRE
- 2015 JANUARY - JANVIER