Source: http://www.assemblee-nationale.fr/11/rapports/r2965.asp
Timestamp: 2019-06-26 06:20:20+00:00
Document Index: 17883755

Matched Legal Cases: ["l'article 2", "l'article 4", "l'article 10", "l'article 3", "l'article 5", "l'article 7", "l'article 6", "l'article 8", "l'article 225", "l'article 225", "l'article 225", '§ 4', "l'article 6", "l'article 225"]

N° 2965 - Rapport de M. Philippe Vuilque, en vue de la lecture définitive sur la proposition de loi Proposition de loi relative à la lutte contre les discriminations dans l'emploi; A2 : Proposition de loi relative à la lutte contres les discriminations; S2 : Proposition de loi relative à la lutte contre les discriminations à l'embauche et dans l'emploi; A3 : retour au titre A2; S3 : retour au titre S22853
le 2 avril 2001
AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES, FAMILIALES ET SOCIALES(1) SUR LA PROPOSITION DE LOI, MODIFIEE PAR LE SÉNAT, relative à la lutte contre les discriminations dans l'emploi.
2ème lecture : 2853
La Commission des affaires culturelles, familiales et sociales est composée de : M. Jean Le Garrec, président ; M. Jean-Michel Dubernard, M. Jean-Paul Durieux, M. Maxime Gremetz, M. Édouard Landrain, vice-présidents ; M. André Aschieri, Mme Odette Grzegrzulka, M. Denis Jacquat, M. Patrice Martin-Lalande, secrétaires ; M. Bernard Accoyer, Mme Sylvie Andrieux-Bacquet, M. Gautier Audinot, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, M. Jean-Paul Bacquet, M. Jean-Pierre Baeumler, M. Pierre-Christophe Baguet, M. Jean Bardet, M. Jean-Claude Bateux, M. Jean-Claude Beauchaud, Mme Huguette Bello, Mme Yvette Benayoun-Nakache, M. Serge Blisko, M. Patrick Bloche, Mme Marie-Thérèse Boisseau, M. Jean-Claude Boulard, M. Bruno Bourg-Broc, Mme Danielle Bousquet, Mme Christine Boutin, M. Jean-Paul Bret, M. Victor Brial, M. Yves Bur, M. Alain Calmat, M. Pierre Carassus, M. Pierre Cardo, Mme Odette Casanova, M. Laurent Cathala, M. Jean-Charles Cavaillé, M. Bernard Charles, M. Michel Charzat, M. Jean-Marc Chavanne, M. Jean-Pierre Chevènement, M. Jean-François Chossy, Mme Marie-Françoise Clergeau, M. Georges Colombier, M. René Couanau, Mme Martine David, M. Bernard Davoine, M. Lucien Degauchy, M. Marcel Dehoux, M. Jean Delobel, M. Jean-Jacques Denis, M. Franck Dhersin, M. Dominique Dord, Mme Brigitte Douay, M. Guy Drut, M. Nicolas Dupont-Aignan, M. Yves Durand, M. René Dutin, M. Christian Estrosi, M. Michel Etiévant, M. Claude Evin, M. Jean Falala, M. Jean-Pierre Foucher, M. Michel Françaix, Mme Jacqueline Fraysse, M. Germain Gengenwin, M. Jean-Marie Geveaux, M. Jean-Pierre Giran, M. Michel Giraud, M. Gaétan Gorce, M. François Goulard, M. Gérard Grignon, M. Jean-Claude Guibal, Mme Paulette Guinchard-Kunstler, Mme Catherine Génisson, M. Francis Hammel, M. Pierre Hellier, M. Michel Herbillon, M. Guy Hermier, Mme Françoise Imbert, Mme Muguette Jacquaint, M. Serge Janquin, M. Jacky Jaulneau, M. Patrick Jeanne, M. Armand Jung, M. Bertrand Kern, M. Christian Kert, M. Jacques Kossowski, Mme Conchita Lacuey, M. Jacques Lafleur, M. Robert Lamy, M. Pierre Lasbordes, M. André Lebrun, M. Michel Lefait, M. Pierre Lequiller, M. Maurice Leroy, M. Patrick Leroy, M. Michel Liebgott, M. Gérard Lindeperg, M. Lionnel Luca, M. Patrick Malavieille, M. Alfred Marie-Jeanne, Mme Jacqueline Mathieu-Obadia, M. Didier Mathus, M. Jean-François Mattei, M. Pierre Menjucq, Mme Hélène Mignon, M. Pierre Morange, M. Hervé Morin, M. Renaud Muselier, M. Philippe Nauche, M. Henri Nayrou, M. Yves Nicolin, M. Alain Néri, M. Bernard Outin, M. Dominique Paillé, M. Michel Pajon, M. Jean-Pierre Pernot, M. Pierre Petit, Mme Catherine Picard, M. Jean Pontier, M. Jean-Luc Préel, M. Alfred Recours, M. Gilles de Robien, Mme Chantal Robin-Rodrigo, M. Marcel Rogemont, M. Yves Rome, M. Joseph Rossignol, M. Jean Rouger, M. Rudy Salles, M. André Schneider, M. Bernard Schreiner, M. Patrick Sève, M. Michel Tamaya, M. Pascal Terrasse, M. Gérard Terrier, Mme Marisol Touraine, M. Anicet Turinay, M. Jean Ueberschlag, M. Jean Valleix, M. Alain Veyret, M. Philippe de Villiers, M. Philippe Vuilque, Mme Marie-Jo Zimmermann.
Article 1er (articles L. 122-35, L. 122-45, L. 611-1 et L. 611-6 du code du travail et articles 225-1 et 225-2 du code pénal ) : Mesures discriminatoires 11
Article 2 (articles L. 122-45-1 et L. 122-45-2 nouveaux et L. 422-1-1 du code du travail) : Action en justice et droit d'alerte en matière de discriminations 13
Article additionnel après l'article 2 (article L. 122-45-3 nouveau du code du travail) : Différences de traitements fondées sur l'âge 14
Article 4 (articles L. 123-1 et L. 123-6 du code du travail) : Charge de la preuve et égalité professionnelle 14
Après l'article 4 15
Article 6 (articles L. 513-3-1, L. 513-10 et L. 513-11 du code du travail) : Listes de candidatures et contentieux des élections des conseillers prud'hommes 16
Article 8 : Service d'accueil téléphonique gratuit relatif aux discriminations 16
Article 9 nouveau (article L. 767-2 du code de la sécurité sociale) : Extension de la compétence du fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles 17
Article 10 nouveau (article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires) : Discriminations dans la fonction publique 17
Après l'article 10 18
Titre de la proposition de loi 18
La proposition de loi relative à la lutte contre les discriminations, déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale à l'initiative de M. Jean Le Garrec et des membres du groupe socialiste le 13 septembre 2000 et adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture le 12 octobre a également été adoptée par le Sénat le 9 janvier dernier avec des modifications de nature diverse.
Les travaux menés dans les deux assemblées confirment le sentiment exprimé par le rapporteur en première lecture selon lequel « il semble possible de parvenir rapidement à un accord sur des mesures destinées à faire reculer les pratiques discriminatoires ». Le Sénat, s'il a parfois critiqué la portée effective du texte, n'en a pas contesté le bien-fondé ni remis en cause l'architecture générale, à l'exception notable de l'aménagement de la charge de la preuve.
Ont ainsi été adoptés conformes trois articles :
- l'article 3 intégrant l'objectif de lutte contre les discriminations dans la négociation collective, tant au niveau de la branche que dans les travaux de la commission nationale de la négociation collective ;
- l'article 5 étendant l'aménagement de la charge de la preuve aux litiges relatifs à l'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes ;
- l'article 7 relatif à la protection des salariés des établissements sociaux et médicaux-sociaux ainsi que des salariés employés à domicile en vue d'aider des personnes âgées ou handicapées lorsque lesdits salariés témoignent de faits de maltraitance.
Cinq autres articles ont été modifiés par le Sénat par rapport au texte adopté par l'Assemblée nationale. Pour deux d'entre eux, le débat au Sénat a incontestablement amélioré le texte :
- l'article 6 relatif à la recevabilité des listes de candidats à l'élection de conseillers prud'hommes et au contentieux de cette élection ;
- l'article 8 relatif au service d'accueil téléphonique gratuit concourant à la prévention et à la lutte contre les discriminations.
Trois autres articles ont fait l'objet de modifications plus discutables :
Les autres amendements que propose le rapporteur et dont le détail est décliné dans les commentaires des articles devraient permettre de revenir au texte équilibré adopté par l'Assemblée nationale en première lecture tout en poursuivant son enrichissement.
La commission a examiné en deuxième lecture la présente proposition de loi au cours de sa séance du mercredi 28 mars 2001.
(articles L. 122-35, L. 122-45, L. 611-1 et L. 611-6 du code du travail et articles 225-1 et 225-2 du code pénal)
Cet article a pour objet essentiel d'élargir la définition des mesures discriminatoires posée par l'article L. 122-45 du code du travail afin d'intégrer l'ensemble de la carrière des salariés et de modifier le régime de la charge de la preuve (paragraphe I). Il en tire les conséquences s'agissant du contenu du règlement intérieur (paragraphe II) ainsi qu'en matière pénale en adaptant les sanctions pénales afférentes aux discriminations (paragraphes III et IV). Les trois premiers paragraphes ont fait l'objet de modifications substantielles par le Sénat. En revanche, le paragraphe IV et les paragraphes V et VI relatifs aux pouvoirs des inspecteurs du travail dans la lutte contre les discriminations ont été adoptés sans modification par le Sénat.
En première lecture, l'Assemblée nationale avait adopté plusieurs amendements renforçant le texte initial :
- interdiction explicite des discriminations dans deux circonstances dans lesquelles les salariés sont particulièrement exposés : le processus de reclassement en cas de licenciement pour motif économique et l'arrivée à échéance des contrats à durée déterminée ;
- alignement des dispositions protégeant contre les discriminations en raison de l'exercice normal du droit de grève sur celle protégeant les salariés des autres motifs de discrimination ;
- inclusion de nouveaux motifs de discrimination (orientation sexuelle, patronyme, apparence physique).
Le Sénat n'a pas remis en cause ces avancées. Les modifications apportées contribuent pour la plupart d'entre elles à un renforcement du dispositif :
- Il a ainsi précisé que la discrimination peut résulter non seulement de « l'appartenance », mais de « l'appartenance ou de la non-appartenance vraie ou supposée » à une ethnie, une nation ou une race. Cet amendement d'origine communiste qui a recueilli l'avis favorable du Gouvernement, présente un triple mérite : il protège les salariés contre les discriminations fondées sur la non-appartenance à un groupe, il évite d'octroyer une reconnaissance juridique à la notion de « race », enfin il aligne la rédaction de l'article L. 122-45 du code du travail sur celle de l'article 225-1 du code pénal. Le rapporteur propose par cohérence de modifier en ce sens l'ensemble des articles de la proposition de loi.
- Il a inclus au paragraphe I parmi les motifs de discrimination « l'âge », modifiant ainsi par cohérence les paragraphes II et III. Le rapporteur rappelle qu'une proposition comparable avait été rejetée en première lecture par l'Assemblée nationale, dans le souci de ne pas remettre en cause par une rédaction hâtive les politiques d'emploi fondées sur l'âge et le bon fonctionnement du marché du travail. Pour les mêmes raisons, le Gouvernement a demandé le retrait des amendements sénatoriaux sur ce sujet tout en promettant l'intégration de ce critère d'ici le vote du texte définitif de la proposition de loi. Le rapporteur, convaincu du bien-fondé de l'inclusion de ce motif de discrimination, ne propose pas le retour au texte adopté par l'Assemblée nationale en première lecture, mais souhaite préciser la notion de discrimination liée à l'âge par un amendement inspiré du projet de directive européenne sur l'égalité de traitement en matière d'emploi.
En revanche, le Sénat a remis en cause, contre l'avis du Gouvernement, la rédaction proposée par l'Assemblée nationale sur le point central de la proposition de loi : la charge de la preuve en matière de discrimination. Le Sénat a souhaité renforcer la part de la preuve à apporter par le salariés en substituant à la « présentation d'éléments de fait laissant supposer » l'existence d'une discrimination, « l'établissement » de tels faits. Le rapporteur propose d'en revenir à la rédaction équilibrée adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture qui, outre qu'elle est parfaitement compatible avec les directives communautaires en la matière, présente de plus l'avantage de conforter la jurisprudence de la Cour de cassation et de faciliter ainsi le travail des juridictions.
Action en justice et droit d'alerte en matière de discriminations
Le Sénat a adopté sans modification les paragraphes II et III adoptés par l'Assemblée nationale en première lecture, prévoyant respectivement un dispositif de réintégration spécifique du salarié licencié du fait de son action en justice parce qu'il s'estime victime d'une discrimination et un droit d'alerte en matière de discrimination au profit des délégués du personnel.
En revanche, le Sénat a profondément modifié, malgré l'avis défavorable du Gouvernement, le paragraphe I de cet article relatif à l'action en justice des syndicats ainsi qu'au droit d'alerte des associations.
S'agissant de l'action en justice des syndicats, il est nécessaire d'en revenir au texte adopté par l'Assemblée nationale en première lecture de façon à préciser, d'une part, que ceux-ci bénéficient également de l'aménagement de la charge de la preuve et d'autre part, à éviter que les salariés soient contraints de donner un accord explicite à l'action syndicale, tout en conservant la faculté de s'y opposer.
En ce qui concerne le droit d'alerte des associations, à la lumière des travaux du Sénat, le rapporteur propose un amendement leur ouvrant - comme c'est le cas chez certains de nos partenaires de l'Union européenne - la possibilité d'agir en justice, avec l'accord exprès du salarié.
(article L. 122-45-3 nouveau du Code du travail) :
Différences de traitements fondées sur l'âge
Le Sénat a, de façon cohérente avec les amendements adoptés aux articles 1er et 2, modifié cet article dans le sens d'un alourdissement de la charge de la preuve pour le salarié et en contraignant celui-ci à donner un accord écrit à l'action en justice des syndicats dans le cas de discrimination entre hommes et femmes.
Le rapporteur propose, en cohérence avec sa position sur les articles 1er et 2, d'en revenir au texte adopté par l'Assemblée nationale en première lecture.
Le rapporteur s'est déclaré défavorable à l'amendement pour trois raisons : la nature des « constatations » est incertaine ? la rédaction de l'amendement ne permettant pas de savoir s'il s'agit des procès-verbaux, qui constituent une pièce de l'instruction non communicable, ou des lettres d'observations ; certaines des informations recueillies par les inspecteurs du travail ont un caractère nominatif ou personnel, ce qui pose un problème de confidentialité ; enfin, l'amendement va bien au-delà du champ de la proposition de loi.
(articles L. 513-3-1, L. 513-10 et L. 513-11 du code du travail)
Listes de candidatures et contentieux des élections des conseillers prud'hommes
Le Sénat a adopté sans modifications les paragraphes I, III et IV de cet article - introduit à l'Assemblée par amendement du Gouvernement - respectivement relatifs au titre de la section 1 du chapitre III du titre Ier du livre V du code du travail, au contentieux de l'électorat prud'homal et au contentieux relatif aux listes de candidatures aux élections prud'homales.
En revanche, il a adopté un amendement du Gouvernement précisant que ne sont pas recevables les listes prônant les discriminations présentées non seulement par les partis politiques mais plus généralement par les « organisations », c'est-à-dire notamment les syndicats.
Le rapporteur propose d'adopter cet article sans modification.
Service d'accueil téléphonique gratuit relatif aux discriminations
Cet article est issu d'un amendement présenté par le Gouvernement à l'Assemblée nationale en première lecture. Il vise à conférer une bonne base législative à un service téléphonique (le 114) qui recueille et traite des données individuelles relatives aux discriminations, c'est-à-dire dans un domaine majeur des libertés individuelles, à en préciser les conditions d'exercice et à se conformer ainsi à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
Le Sénat a adopté deux amendements :
- l'un, sous-amendé par le Gouvernement, précisant que le secret professionnel s'applique aux agents de ce service et aux personnes traitant les données en cause ;
- l'autre prévoyant l'affichage du 114 dans les lieux de travail, pour lequel le Gouvernement s'en est remis à la sagesse du Sénat.
Le rapporteur propose d'adopter cet article dans la rédaction du Sénat.
Article 9 nouveau
(article L. 767-2 du code de la sécurité sociale)
Extension de la compétence du fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles
Cet article, issu d'un amendement présenté par le Gouvernement au Sénat, étend la compétence du fonds d'action sociale, centrée sur l'action sociale en faveur de la population immigrée, à la mise en _uvre d'actions d'intégration - mettant ainsi le droit en cohérence avec la pratique - et à la lutte contre les discriminations dont sont victimes les immigrés et leurs familles. Le fonds d'action sociale est rebaptisé « fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations ».
Article 10 nouveau
(article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires)
Cet article, issu d'un amendement du groupe socialiste sous-amendé par la majorité sénatoriale et pour lequel le Gouvernement s'en est remis à la sagesse du Sénat, aligne, s'agissant des motifs de discrimination, la protection des fonctionnaires contre de telles pratiques sur le nouvel article L. 122-45 du code du travail.
Favorable sur le principe à cet amendement, le rapporteur estime cependant que la réflexion doit être poursuivie sur ce sujet, s'agissant notamment de la non-discrimination en raison de l'âge et de la protection des fonctionnaires exerçant une action en justice ou témoignant de faits discriminatoires ou les relatant.
Pour expliquer son vote sur l'ensemble de la proposition, M. Pierre Cardo a dénoncé la complexification du droit du travail et la différence d'application des principes affirmés par la présente proposition de loi entre le secteur privé et la fonction publique.
En conséquence, et sous réserve des amendements qu'elle propose, la commission des affaires culturelles, familiales et sociales demande à l'Assemblée nationale d'adopter la proposition de loi n° 2853.
Proposition de loi relative à la lutte contre
Proposition de loi relative à la lutte contre les discriminations dans l'emploi
Conventions relatives au
I.- L'article L. 122-45 du code du travail est ainsi rédigé :
Art. L. 122-45.- Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement, aucun salarié ne peut être sanctionné ou licencié en raison de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de sa situation de famille, de son appartenance à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses ou, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail dans le cadre du titre IV du livre II du présent code, en raison de son état de santé ou de son handicap.
« Art. L. 122-45.- Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discri-minatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de son orientation sexuelle, de sa situation de famille, de son appartenance à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail dans le cadre du titre IV du livre II du présent code, en raison de son état de santé ou de son handicap.
« Art. L. 122-45.- Au- cune ...
sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de son appartenance ou de sa non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, ...
... handicap.
... décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge...
... uti-les.
Art. L. 122-35.- Le règlement intérieur ne peut contenir de clause contraire aux lois et règlements, ainsi qu'aux dispositions des conventions et accords collectifs de travail applicables dans l'entreprise ou l'établissement. Il ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché.
Il ne peut comporter de dispositions lésant les salariés dans leur emploi ou leur travail, en raison de leur sexe, de leurs moeurs, de leur situation de famille, de leurs origines, de leurs opinions ou confessions, ou de leur handicap, à capacité professionnelle égale.
1° Au deuxième alinéa, après le mot : « moeurs, », sont insérés les mots : « de leur orientation sexuelle, » ;
sexuelle , de leur âge, » ;
Le règlement intérieur est rédigé en français. [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil consti-tutionnel n° 94-345 DC du 29 juillet 1994] Il peut être accompagné de traductions en une ou plusieurs langues étrangères.
III.- Alinéa sans modification
Des crimes et délits contre les personnes
Des atteintes à la personne humaine
Des atteintes à la dignité de la personne
Art. 225-1.- Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs moeurs, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
b) Après le mot : « moeurs, », sont insérés les mots : « de leur orientation sexuelle, » ;
a) alinéa sans modification
b) Après ...
sexuelle, de leur âge, » ;
b) Après le mot : « moeurs, », sont insérés les mots : « de l'orientation sexuelle, ».
sexuelle, de l'âge, ».
Art. 225-2.- La discrimination définie à l'article 225-1, commise à l'égard d'une personne physique ou morale, est punie de deux ans d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende lorsqu'elle consiste :
5° A subordonner une offre d'emploi à une condition fondée sur l'un des éléments visés à l'article 225-1.
Contrôle de l'application de la législation et de la réglementation du travail
Art. L. 611-1.- Les inspecteurs du travail sont chargés de veiller à l'application des dispositions du code du travail et des lois et règlements non codifiés relatifs au régime du travail, ainsi qu'à celles des conventions et accords collectifs de travail répondant aux conditions fixées au titre III du livre 1er dudit code. Ils sont également chargés, concurremment avec les agents et officiers de police judiciaire, de constater, s'il y échet, les infractions à ces dispositions.
V.- Non modifié
Art. L. 611-6.- Les inspecteurs du travail placés sous l'autorité du ministre de l'agriculture sont chargés de veiller à l'application aux professions agricoles de celles des dispositions du code du travail et des lois et règlements non codifiés relatifs au régime du travail qui sont applicables à ces professions.
VI.- Non modifié
Art. L. 611-9.- Les inspecteurs du travail peuvent se faire présenter, au cours de leurs visites, l'ensemble des livres, registres et documents rendus obligatoires par le présent code ou par une disposition de loi ou de règlement relative au régime du travail.
« VII.- L'article L. 611-9 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé :
I.- Il est inséré, après l'article L. 122-45 du code du travail, un article L. 122-45-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 122-45-1.- Les organisations syndicales représentatives au plan national, départemental, pour ce qui concerne les départements d'outre-mer, ou dans l'entreprise peuvent exercer en justice toutes actions qui naissent de l'article L. 122-45 dans les conditions prévues par celui-ci en faveur d'un candidat à un emploi, à un stage ou une période de formation en entreprise ou d'un salarié de l'entreprise sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé, pourvu que celui-ci ait été averti par écrit et ne s'y soit pas opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention. L'intéressé peut toujours intervenir à l'instance engagée par le syndicat.
« Art. L. 122-45-1.- Les ...
... L. 122-45 en faveur ...
... l'entreprise sous réserve qu'elles justifient d'un accord écrit de l'intéressé. L'intéressé peut toujours ...
syndicat et y mettre un terme à tout moment. »
... L. 122-45, dans les conditions prévues par celui-ci, en faveur ...
... l'entreprise sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé, pourvu que celui-ci ait été averti par écrit et ne s'y soit pas opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention. L'intéressé ...
...syndicat.
Amendements n°s 10 et 11
« Les associations régulièrement constituées depuis cinq ans au moins peuvent exercer en justice toutes actions qui naissent de l'article L. 122-45, dans les conditions prévues par celui-ci, en faveur d'un candidat à un emploi, à un stage ou une période de formation en entreprise ou d'un salarié de l'entreprise sous réserve qu'elles justifient d'un accord de l'intéressé. Celui-ci peut toujours intervenir à l'instance engagée par l'association. »
I bis (nouveau).- Il est inséré, après l'article L. 122-45 du code du travail, un article L. 122-45-2 ainsi rédigé :
I bis.- Non modifié
Les groupements professionnels,
la participation et l'intéressement des salariés
Art. L. 422-1-1.- Si un délégué du personnel constate, notamment par l'intermédiaire d'un salarié, qu'il existe une atteinte aux droits des personnes ou aux libertés individuelles dans l'entreprise qui ne serait pas justifiée par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnée au but recherché, il en saisit immédiatement l'employeur.
Art. L. 122-45 du code du travail : cf dispositions en regard de l'article premier de la proposition de loi
« Les différences de traitement fondées sur l'âge ne constituent pas une discrimination lorsqu'elles sont objectivement et raisonnablement justifiées par un objectif légitime, notamment par des objectifs de politique de l'emploi, et lorsque les moyens de réaliser cet objectif sont appropriés et nécessaires.
- l'interdiction de l'accès à l'emploi ou la mise en place de conditions de travail spéciales en vue d'assurer la protection des jeunes et des travailleurs âgés;
- la fixation d'un âge maximum pour le recrutement, fondée sur la formation requise pour le poste concerné ou la nécessité d'une période d'emploi raisonnable avant la retraite.
................................conf
orme...............................
Art. L. 123-1.- Sous réserve des dispositions particulières du présent code et sauf si l'appartenance à l'un ou l'autre sexe est la condition déterminante de l'exercice d'un emploi ou d'une activité professionnelle, nul ne peut :
... recrutement présente des éléments de fait laissant supposer l'existence ...
Chapitre II du titre II du
Art. L. 123-6.- Les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise peuvent exercer en justice toutes actions qui naissent des articles L. 123 - 1, L. 140 - 2 à L. 140-4 en faveur d'un salarié de l'entreprise sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé, pourvu que celui-ci ait été averti par écrit et ne s'y soit pas opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention.
3° (nouveau) Les mots : « sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé, pourvu que celui-ci ait été averti par écrit et ne s'y soit pas opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention », sont remplacés par les mots : « sous réserve qu'elles justifient d'un accord écrit de l'intéressé ».
3° Alinéa supprimé
4° (nouveau) Le deuxième alinéa est complété par les mots : « et y mettre un terme à tout moment ».
Pour les actions qui naissent du dernier alinéa de l'article L. 123-1 exercées en faveur d'un salarié, les organisations syndicales doivent justifier d'un accord écrit de l'intéressé.
.................................conf
orme..............................
I.- L'intitulé de la section 1 du chapitre III du titre Ier du livre V du code du travail est ainsi rédigé : « Electorat, éligibilité et établissement des listes électorales et des listes de candidatures ».
II.- Après le paragraphe 3 de la même section 1, il est inséré un paragraphe 4 ainsi rédigé :
« § 4. - Etablissement des listes de candidatures
« Art. L. 513-3-1.- La déclaration de candidature résulte du dépôt à la préfecture d'une liste dans les conditions fixées par décret.
Election des conseillers prud'hommes
« Ne sont pas recevables les listes présentées par un parti politique ou par une organisation prônant des discriminations fondées notamment sur le sexe, les moeurs, l'orientation sexuelle, l'origine, la nationalité, la race, l'appartenance à une ethnie ou les convictions religieuses, et poursuivant ainsi un objectif étranger à l'institution prud'homale. »
«Ne ...
... présentées soit par un parti politique, soit par une ...
prud'homale. »
III.- L'article L. 513-10 du code du travail est ainsi rédigé :
Art. L. 513-10.- Les contestations relatives à l'électorat, à l'éligibilité et à la régularité des opérations électorales pour l'élection des conseillers prud'hommes sont de la compétence du tribunal d'instance qui statue en dernier ressort.
« Art. L. 513-10.- Les contestations relatives à l'électorat sont de 1a compétence du tribunal d'instance qui statue en dernier ressort. »
IV. - Il est inséré, dans le code du travail, un article L. 513-11 ainsi rédigé :
IV . - non modifié
« Art. L. 513-11.- Les contestations relatives à l'éligibilité, à la régularité et à la recevabilité des listes de candidats à l'élection des conseillers prud'hommes, ainsi qu'à la régularité des opérations électorales, sont de la compétence du tribunal d'instance qui statue en dernier ressort. Elles peuvent être portées devant ledit tribunal, avant ou après le scrutin, par tout électeur ou mandataire d'une liste relevant du conseil de prud'hommes pour lequel la contestation est formée, le préfet ou le procureur de la République, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. »
Le secret professionnel est applicable aux agents du service d'accueil téléphonique et à toutes les personnes qui, au niveau local, sont chargées de traiter les signalements transmis par ces services dans les conditions prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal.
Régimes divers -Dispositions diverses
Français résidant à l'étranger - Travailleurs migrants
Fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leur famille
I.- Le premier alinéa de l'article L. 767-2 du code de la sécurité sociale est ainsi rédigé :
Art. L. 767-2.- Le fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles met en oeuvre une action sociale familiale s'adressant à l'ensemble de la population immigrée résidant en France .
« Le fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations met en _uvre des actions visant à l'intégration des populations immigrées ou issues de l'immigration résidant en France ainsi qu'à la lutte contre les discriminations dont elles pourraient être victimes. »
Pour l'exercice de ces missions, le Fonds d'action sociale peut recruter des agents non titulaires sur des contrats à durée indéterminée.
II.- En conséquence, dans le deuxième alinéa du même article, les mots : « le fonds d'action sociale » sont remplacés par les mots : « le fonds d'action et de soutien ».
Art. 6.- La liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires.
Le deuxième alinéa de l'article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires est ainsi rédigé :
Aucune distinction ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur sexe de leur état de santé, de leur handicap ou de leur appartenance ethnique.
« Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle, de leur âgé, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance à une ethnie ou une race. »
« Aucune ...
... appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. »
Amendements n° 5, 6, 7, 2, 3 et 4 présentés par M. André Aschieri :
· Compléter le deuxième alinéa du I de cet article par les mots : « ou de son âge ».
· Compléter le IV de cet article par l'alinéa suivant :
« c) Dans le quatrième alinéa (3°) de l'article 225-2 du code pénal, après les mots : « à licencier » sont insérés les mots : « ou à discriminer notamment en matière de rémunération, de formation, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle ou de mutation, ».
· Compléter le IV de cet article par les deux alinéas suivants :
« d) L'article 225-2 du code pénal est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Quand le salarié, ou le candidat à un emploi ou à un stage, n'a pas accès aux informations lui permettant de présenter des indices laissant supposer l'existence d'une discrimination, directe ou indirecte, le juge, saisi par le salarié ou par le candidat, ordonne à l'employeur de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Si un doute subsiste, il profite au salarié. »
· L'article L. 611-8 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Les constatations des inspecteurs du travail sont tenues à la disposition des délégués du personnel et des organisations syndicales représentatives. »
· L'article L. 611-9 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Les inspecteurs du travail peuvent également se faire présenter tout document qu'ils estiment nécessaire à l'accomplissement de leurs enquêtes. »
Dans le premier alinéa de l'article L. 620-3 du code du travail, après les mots : « registre unique du personnel », sont insérés les mots : « et le registre d'embauche ».
2965 - Rapport de M.P.Vuilque relatif à la lutte contre les discriminations dans l'emploi.(commission des affaires culturelles)