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Timestamp: 2018-02-25 10:37:25+00:00
Document Index: 283649655

Matched Legal Cases: ['art 1', 'arrêt ', 'art 2', "l'article 14", 'art 2', 'arrêt ', 'arrêt ', 'art 21', 'art 3', 'art 4', 'art 4', 'arrêt ']

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La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
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1 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers Place Victor Horta Brussel Rapport scientifique CONSEIL DU BIEN-ÊTRE DES ANIMAUX 2008 Place Victor Horta Brussel
2 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers Rapport scientifique commandé par le Conseil du bien-être des animaux 2008 Version 3 (révision 2009)
3 Table des matières Table des matières... 3 Liste des figures... 4 Liste des tableaux... 4 Résumé Introduction Aspects législatifs CITES La réglementation dans l'union européenne Réglementation du commerce de la vie sauvage et CITES dans l'ue Réglementation en matière de conservation de la nature Synthèse de la législation dans d'autres pays (européens) Europe États-Unis Législation nationale et régionale Analyse de situation de la population de rapaces et opinions en Belgique Population de rapaces chez les particuliers en Belgique Opinions des personnes concernées à propos de la détention de rapaces en Belgique Prérequis sur le comportement des rapaces Éléments de comportement Problèmes comportementaux chez les rapaces Comportement infantile Mendier de la nourriture (en anglais 'food begging) Couvrir la nourriture (en anglais mantling ) Crier (en anglais screaming ) Comportement infantile en tant que composante du comportement de cour Agressivité Agressivité au sein d'une espèce Agressivité entre espèces Agressivité dirigée contre l'homme Possession et territoire Picage des plumes, mâchonnage ou automutilation Aspects de gestion en relation avec les besoins des rapaces Approvisionnement en nourriture et en eau Logement Hébergement sans attache : volières Structures de construction Aménagement d'une volière Dimensions recommandées pour les volières Hébergement à l'attache - hébergement de fauconnerie Bloc et perche en arc Trolley ou fil de vol Perche haute Hygiène Climat Logement social Discussion et conclusions Détention de rapaces en captivité Possibilité de vol pour les rapaces en captivité...55 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 3 -
4 6.3 Besoin de normes minimales pour les rapaces en captivité? Conclusion...58 Liste de références...59 Annexes...61 Annexe 1 : questionnaire transmis aux administrations de pays européens sur la législation relative à la détention de rapaces en captivité et les démonstrations de rapaces...61 Annexe 2 : aperçu des législations dans d'autres pays européens sur les démonstrations de rapaces...63 Annexe 3 : exemple d'un rapport d'inspection pour l'hébergement de rapaces et l'équipement de fauconnerie (Californie - États-Unis)...65 Annexe 4 : entretiens avec des parties concernées par la détention de rapaces en Belgique67 Liste des figures Figure 1 : représentation d'un hébergement sur bloc...53 Figure 2 : représentation d'un hébergement sur perche en arc avec auvent...54 Figure 3 : représentation d'un trolley...54 Figure 4 : représentation d'une perche haute...55 Liste des tableaux Tableau 1 : classification des rapaces...8 Tableau 2 : classification des rapaces diurnes et hiboux selon la réglementation de l'ue (CE 407/2009; annexe A, B ou C) et convention CITES (I, II ou III)...11 Tableau 3 : aperçu de la législation dans d'autres pays européens sur la détention de rapaces par les particuliers et sur des restrictions éventuelles selon l'espèce...16 Tableau 4 : aperçu de la législation dans d'autres pays européens sur la détention de rapaces par les particuliers : conditions préalables...18 Tableau 5 : synthèse de la législation régionale de protection des oiseaux qui s'applique aux rapaces vivants...22 Tableau 6 : aperçu du nombre de certificats CITES délivrés par espèce de rapace à partir de Tableau 7 : aperçu du nombre de rapaces inscrits dans un inventaire d'associations d'éleveurs d'oiseaux en Région flamande à partir de Tableau 8 : différentes phases du processus d'empreinte pour les différents modes d''imprégnation...32 Tableau 9 : dimensions recommandées pour les volières d'oiseaux d'élevage d'après Forbes (2002)...42 Tableau 10 : dimensions minimales recommandées (L x l x h) pour les volières d'après Hammer et al. (1989)...42 Tableau 11 : catégories de critères de superficie minimale pour l'hébergement de rapaces (par animal; jeunes non compris jusqu'à ce qu'ils deviennent autonomes) d'après Brücher et al. (1995)...43 Tableau 12 : catégories de critères de température d'après Brücher et al. (1995)...43 Tableau 13 : aperçu des critères de dimensions de volière et de température pour les espèces de rapaces diurnes d'après Brücher et al. (1995)...44 Tableau 14 : aperçu des critères de dimensions de volières et de température pour les hiboux d'après (Brücher et al., 1995)...48 Tableau 15 : superficies minimales des cages de rapaces aux termes de la législation autrichienne...50 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 4 -
5 Tableau 16 : dimensions minimales des volières à rapaces (largeur x longueur x hauteur) aux fins de réhabilitation d'après Miller (2000)...51 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 5 -
6 Résumé Ces dernières années, l élevage de rapaces a gagné en popularité. Par ailleurs, le service Bien-être animal du service public fédéral Santé publique reçoit un nombre croissant de plaintes concernant le logement des rapaces. L objet de ces plaintes varie, allant de rapaces attachés en permanence dans des environnements fréquentés à des oiseaux séjournant dans de vieilles cages à lapins. Le présent rapport a pour but de vérifier s'il est justifié d'un point de vue du bien-être animal de détenir des rapaces en captivité. Si la réponse est positive, se pose alors la question des types d'hébergement dans lesquels l'animal peut être détenu (par exemple selon des techniques de fauconnerie ou en volière) et/ou si des normes légales sont requises pour l'hébergement. Le présent dossier donne un aperçu de la législation nationale et étrangère existante. Il résume également le comportement des rapaces et la gestion en relation avec les besoins. Enfin, il analyse dans la discussion le bien-être en captivité. La législation belge sur la détention de rapaces en captivité est une compétence régionale. La Flandre et la Wallonie autorisent la détention de rapaces à certaines conditions. Toutefois, ces conditions sont axées sur la conservation de la nature et non sur le bien-être des oiseaux. Plusieurs pays européens interdisent la détention de rapaces, d'autres appliquent des conditions préalables, tandis qu'un troisième groupe de pays ne prévoit aucune restriction ou seulement des restrictions selon les espèces. Il n'est pas possible d'établir la carte de la population de rapaces en captivité en Belgique parce qu'il n'y a pas d'obligation d'enregistrement. Sur la base des informations recueillies (certificats CITES et inventaires d'associations de protection des rapaces), on peut cependant affirmer que la population de rapaces a effectivement fortement augmenté ces dernières années. Il n existe aucune indication scientifique sérieuse permettant de penser que le bien-être des rapaces en captivité est en danger. Certes, on constate parfois des problèmes de comportement, mais ils peuvent être résolus dans certains cas par des mesures appropriées. Si le rapace est détenu en captivité, une condition requise est que son bien-être doit être garanti. La question de la nécessité pour les oiseaux de pouvoir voler dépend de la définition (du comportement naturel) utilisée. Bien qu il n existe aucune étude scientifique sur l'hébergement permanent à l'attache des rapaces (sur bloc ou perche), il est communément admis que ce type d'hébergement est contraire à la loi sur le bien-être animal. La possibilité pour l oiseau de voler régulièrement est une des exigences minimales fixées. Plusieurs auteurs se sont basés sur leur expérience pour émettre des recommandations en matière de dimensions minimales des volières. Il ressort d'entretiens avec les différentes parties concernées en Belgique à propos de la détention de rapaces par les particuliers (détenteurs de rapaces, associations de fauconniers, centres d'accueil pour oiseaux, associations de protection des oiseaux) que ces dernières sont majoritairement favorables à des mesures complémentaires pour la détention de rapaces, parmi lesquelles une formation obligatoire du détenteur de rapaces occupe une place préférentielle. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 6 -
7 1. Introduction Ces dernières années, l élevage de rapaces a gagné en popularité. Par ailleurs, le service Bien-être animal du service public fédéral Santé publique reçoit un nombre croissant de plaintes en rapport avec le logement des rapaces. L objet de ces plaintes varie, allant de rapaces attachés en permanence dans des environnements fréquentés à des oiseaux séjournant dans de vieilles cages à lapins. La législation en vigueur en Belgique prévoit la possibilité de détenir des rapaces nés en captivité. Il existe cependant des différences entre les régions en matière de restrictions selon les espèces. Le présent rapport a pour but de vérifier s'il est justifié d'un point de vue du bien-être animal de détenir des rapaces en captivité. Si la réponse est positive, se pose alors la question des types d'hébergement dans lesquels l'animal peut être détenu (par exemple selon des méthodes de fauconnerie ou en volière) et/ou si des normes légales sont requises pour l'hébergement. Ce dossier donne un aperçu de la législation nationale et étrangère existante. Il résume également le comportement des rapaces et la gestion en relation avec les besoins. Enfin, il analyse dans la discussion le bien-être en captivité. Le terme 'rapace' est un terme générique désignant à la fois les rapaces diurnes, principalement dans l'ordre des Falconiformes et les rapaces nocturnes, les Strigiformes (hiboux). (Forbes, 2002). La classification des rapaces est illustrée dans le tableau 1. Les vautours du Nouveau Monde sont, selon la source, classés dans l'ordre des Falconiformes (del Hoyo et al., 1994) ou des Ciconiiformes ((Sibley and Monroe, 1990): ciconiiformes, parmi lesquels les cigognes, les hérons, les flamants roses, etc.). Dans la suite du document, nous appliquerons la classification de la Commission européenne 1, à savoir la classification dans l'ordre des Falconiformes. Tableau 1 : classification des rapaces CLASSE des AVES Ordre des Strigiformes Hiboux Ordre des Falconiformes Famille des Accipridités Autours, aigles, milans, vautours de l'ancien Monde Famille des Faconidés Faucons Famille des Cathartidés Vautours du Nouveau Monde Famille des Pandionidés Balbuzards Famille des Sagittariidés Secrétaires Source : Nicholson (1996) 1 Règlement (CE) n 1332/2005 de la Commission européenne du 9 août 2005 modifiant le règlement (CE) n 338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 7 -
8 2. Aspects législatifs 2.1 CITES La CITES (Convention on International Trade in endangered Species of Wild Fauna and Flora) est une convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d extinction. L'objectif de la CITES est de garantir que le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages ne constitue pas une menace pour ces dernières. La CITES régule le commerce de plus de espèces de faune et de flore et fonctionne sur la base d'un système d'autorisations et de certificats dont la délivrance conditionne le commerce international de spécimens d'espèces inscrites à l'annexe de la convention. Le texte de la convention a été adopté lors d'une rencontre des représentants de 80 pays à Washington DC (États-Unis), le 3 mars 1973, et la CITES est en vigueur depuis le 1 er juillet pays sont actuellement membres de la convention, dont l'ensemble des États membres de l'union européenne. Il y a trois annexes différentes (Annexe I, II et III), qui reprennent les espèces sur la base de leur statut de protection et des niveaux de commerce international. L'Annexe I contient les espèces menacées d'extinction. Le commerce des spécimens de ces espèces n'est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles. L'Annexe II contient les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d'extinction, mais dont le commerce doit être contrôlé. L'Annexe III contient les espèces protégées dans au moins un pays qui a demandé l'aide d'autres pays de la CITES pour en contrôler le commerce. Le texte intégral de la convention peut être consulté sur le site De plus amples informations sur la législation en vigueur sont disponibles sur S'agissant de la classification des rapaces dans les annexes de la CITES, il est fait référence au tableau 2 : (I), (II), (III) indiquent les annexes de la convention CITES où sont inscrites les espèces concernées. 2.2 La réglementation dans l'union européenne Réglementation du commerce de la vie sauvage et CITES dans l'ue En raison du marché unique européen et de l'absence de contrôles systématiques aux frontières intérieures de la Communauté européenne, la convention CITES a été mise en oeuvre de manière uniforme dans l'ensemble des 25 États membres aux termes du règlement (CE) n 338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce (législation-cadre). Les annexes modifiées qui résultent de la dernière Conférence des Parties - une réunion de tous les pays participant à la convention CITES de Washington - sont inscrites dans le règlement (CE) n 407/2009 de la Commission modifiant le règlement (CE) n 338/97. Le règlement (CE) n 865/2006 de la Commission du 4 mai 2006, modifié par le règlement (CE) n 100/08 du 4 février 2008, portant modalités d application du règlement (CE) n 338/97 du Conseil relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce fournit des informations plus concrètes pour l'application du règlement de base (modalités d'application). Ces deux règlements régissent à la fois le commerce international et le commerce intracommunautaire. Toutes les espèces de faune inscrites aux annexes de la CITES, avec d'autres non concernées par la CITES et que l'union européenne entend cependant protéger, La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 8 -
9 sont classées dans 4 annexes UE (A, B, C, D). Ainsi, conformément à d'autres règlements européens sur la protection d'espèces indigènes (tels que les directives Habitats 2 et Oiseaux 3, certaines espèces indigènes qui figurent aux annexes II ou III de la CITES sont inscrites à l'annexe A de l'ue. Par ailleurs, certaines espèces dont la liste ne figure pas dans les annexes de la CITES, sont bel et bien inscrites à une annexe de la réglementation européenne. La box 1 décrit la CITES et la réglementation européenne applicable aux hybrides. La classification basée sur la réglementation européenne et applicable aux espèces de rapaces est également présentée dans le tableau 2. Encart 1 - Hybrides Les hybrides sont également couvertes par la réglementation CITES et de l'ue, lorsqu'au moins un des deux parents appartient à une espèce inscrite sur une des quatre listes. Les règles de l'annexe la plus restrictive s'appliquent aux cas où les parents d'un tel animal sont mentionnés dans plusieurs annexes ou lorsqu'un seul parent est mentionné dans l'annexe. 2 Directive 92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages 3 Directive 79/409/CEE du Conseil, du 2 avril 1979, concernant la conservation des oiseaux sauvages La détention de rapaces en captivité chez les particuliers - 9 -
10 Tableau 2 : classification des rapaces diurnes et hiboux selon la réglementation de l'ue (CE 407/2009; annexe A, B ou C) et convention CITES (I, II ou III) Annexe A Annexe B Annexe C Nom vernaculaire FALCONIFORMES Rapaces diurnes FALCONIFORMES spp. (II) (sauf les espèces Rapaces diurnes inscrites à l annexe A et une espèce de la famille Cathartidae inscrite à l annexe C; les autres espèces de cette famille ne sont pas inscrites aux annexes du présent règlement) Cathartidae Vautours du Nouveau Monde Gymnogyps californianus (I) Condor de Californie Sarcoramphus papa (III Honduras) Vautour royal Vultur gryphus (I) Condor des Andes Pandionidae Balbuzards fluviatiles Pandion haliaetus (II) Balbuzard fluviatile Accipitridae Autours, aigles et vautours Accipiter brevipes (II) Épervier à pieds courts Accipiter gentiles (II) Autour Accipiter nisus (II) Épervier d'europe Aegypius monachus (II) Vautour-moine Aquila adalberti (I) Aigle à épaules blanches Aquila chrysaetos (II) Aigle doré Aquila clanga (II) Aigle criard Aquila heliaca (I) Aigle royal Aquila pomarina (II) Aigle pomarin Buteo buteo (II) Buse variable Buteo lagopus (II) Buse pattue Buteo rufinus (II) Buse féroce Chondrohierax uncinatus wilsonii (I) Busard de Wilson Circaetus gallicus (II) Circaète Jean-le-Blanc Circus aeruginosus (II) Busard des roseaux Circus cyaneus (II) Busard Saint-Martin Circus macrourus (II) Busard pâle Circus pygargus (II) Busard de montagne La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
11 Elanus caeruleus (II) Élanion blanc Eutriorchis astur (II) Aigle serpentaire Gypaetus barbatus (II) Gypaète barbu Gyps fulvus (II) Vautour fauve Haliaeetus spp. (I/II) (l espèce Haliaeetus Pygargues albicilla est inscrite à l annexe I; les autres espèces sont inscrites à l annexe II) Harpia harpyja (I) Harpie Hieraaetus fasciatus (II) Aigle de Bonelli Hieraaetus pennatus(ii) Aigle botté Leucopternis occidentalis (II) Buse à dos gris Milvus migrans (II) Milan noir Milvus milvus (II) Milan royal Neophron percnopterus (II) Percnoptère d'egypte Pernis apivorus II) Bondrée apivore Pithecophaga jefferyi (I) Aigle des singes Falconidae Faucons Falco araea (I) Faucon crécerelle des Seychelles Falco biarmicus (II) Faucon Lanier Falco cherrug (II) Faucon sacré Falco columbarius (II) Faucon émerillon Falco eleonorae (II) Faucon d'eléonore Falco jugger (I) Faucon laggar Falco naumanni (II) Faucon crécerellette Falco newtoni (I) (seulement la population Faucon de Newton d'aldabra des Seychelles) Falco pelegrinoides (I) Faucon de Barbarie Falco peregrinus (I) Faucon pèlerin Falco punctatus (I) Faucon de l'île Maurice Falco rusticolus (I) Faucon gerfaut Falco subbuteo (II) Faucon hobereau Falco tinnunculus (II) Faucon crécerelle Falco vespertinus (II) Faucon kobez La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
12 STRIGIFORMES Hiboux STRIGIFORMES spp. (II) (sauf les espèces inscrites à Hiboux l annexe A) Tytonidae Chouettes effraies Tyto alba (II) Chouette effraie Tyto soumagnei (I) Effraie rousse de Madagascar Strigidae Chouettes, hiboux Aegolius funereus (II) Chouette de Tengmalm Asio flammeus (II) Hibou brachyote Asio otus (II) Hibou moyen-duc Athene noctua (II) Chouette chevêche Bubo bubo (II) Hibou grand-duc Glaucidium passerinum (II) Chouette chevêchette Heteroglaux blewitti (I) Chevêche forestière Mimizuku gurneyi (I) Scops géant de Guerney Ninox natalis (I) Ninoxe ou chouette des mollusques Ninox novaeseelandiae undulata (I) Chouette boobook de l'île de Norfolk Nyctea scandiaca (II) Harfang des neiges Otus ireneae (II) Petit-duc d'irène Otus scops (II) Hibou petit-duc Strix aluco (II) Hulotte chat-huant Strix nebulosa (II) Chouette lapone Strix uralensis (II) Chouette de l'oural Surnia ulula (II) Chouette épervière La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
13 2.2.2 Réglementation en matière de conservation de la nature La directive "Oiseaux" (directive 79/409/CEE du Conseil du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages) impose des obligations strictes aux États membres de l'ue. Cette directive a pour buts la conservation du cheptel avicole présent naturellement en régulant le commerce des oiseaux, la limitation de la chasse et l'interdiction de certaines méthodes de capture et de mise à mort. Dans l'arrêt Vergy (encart 2), la Cour de justice européenne a estimé que la directive "Oiseaux" ne s'applique pas aux animaux nés et élevés en captivité. Aux termes de l'article 14 de la directive "Oiseaux", les États membres peuvent prendre des mesures de protection plus strictes que celles prévues par la directive elle-même. En Belgique, cette directive a été transposée en réglementation régionale (cf. 2.3). Encart 2 - Arrêt Vergy Le 8 février 1996, la Cour de Justice Européenne a rendu l'arrêt Vergy. Le nom de cet arrêt vient du nom d'un agriculteur français, D. Vergy, chez qui une oie (Bernache du Canada) - (Branta canadensis minima), qu'il avait élevé et qu'il avait offerte en vente, avait été saisie dans le cadre de la loi française sur la protection des oiseaux et de la Directive Européenne 79/409/CEE. L'agriculteur s'était opposé à la saisie parce que l'animal était né et avait été élevé en captivité et il estimait dès lors qu'il ne relevait pas de la Directive "Oiseaux". (Vogelbescherming Vlaanderen, 2003) Synthèse de la législation dans d'autres pays (européens) Europe Afin de connaître la législation dans d'autres pays de l'union européenne, un questionnaire a été rédigé (voir annexe 1), comportant des questions sur la législation relative à la détention de rapaces et aux restrictions éventuellement en vigueur en la matière. Des questions portaient également sur le fait de savoir si une législation particulière s'appliquait aux spectacles de rapaces, aux démonstrations et à la présentation de rapaces au public. Ce questionnaire a été envoyé par courriel en octobre 2007 aux administrations responsables de pays de l'union européenne et de Suisse. Cet appel a été répété en février et juillet 2008 (par l'intermédiaire des services CITES) auprès des pays dont aucune réponse n'avait encore été reçue. Au total, 17 des 28 pays contactés ont répondu. Le tableau 3 donne un résumé des réponses aux questions de savoir si la détention de rapaces est autorisée et si des restrictions éventuelles s'appliquent aux espèces. Le tableau 4 donne un aperçu des conditions préalables éventuelles à la détention de ces oiseaux. Le présent rapport n'ayant pas pour finalité de porter un jugement sur les spectacles de rapaces et autres démonstrations, la législation en vigueur en la matière dans les pays européens étant présentée pour information à l'annexe 2. Le tableau 3 montre que plusieurs pays européens interdisent la détention de rapaces (c'est le cas à Chypre, en Estonie et en Suède), d'autres pays (tels que la Finlande, la France, la Lettonie, le Luxembourg et la République tchèque) appliquent des conditions préalables (cf. tableaux 3 et 4), tandis qu'un troisième groupe de pays n'applique aucune restriction ou seulement des restrictions pour certaines espèces (Belgique, Danemark, Allemagne et Royaume-Uni). L'Autriche interdit l'attache de rapaces (cf. tableau 4) en faisant une seule exception pour les fauconniers : l'attache de rapaces n'est autorisée que pour les rapaces qui volent librement ou utilisés pour la chasse, avec lesquels un vol d'au moins une heure est effectué tous les deux jours. Si cette condition ne peut pas être remplie, les animaux doivent être hébergés en volières. Par ailleurs, des dimensions minimales légales s'appliquent La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
14 également à ces volières en Autriche. Le texte d'avis allemand de Brücher (1995) (cf ) a servi de base à ce propos. Par rapport à cette classification mentionnée en dernier lieu, des adaptations mineures ont été apportées, dans les catégories autrichiennes, aux superficies minimales par espèce (par exemple une catégorie de moins) et des superficies plus grandes ont été exigées. Le texte législatif complet peut être retrouvé à l'adresse La Suisse, elle aussi, applique des règles strictes, qui sont contenues dans l'ordonnance sur la protection des animaux du 27 mai Les rapaces ne peuvent être détenus que sur autorisation et un hébergement à l'attache n'est autorisé que dans des centres de réhabilitation non accessibles au public et pour les fauconniers, à condition que les rapaces puissent voler régulièrement. Par ailleurs, la loi fixe aussi des dimensions minimales et des enrichissements d'enclos pour volières de rapaces (voir p. 115 et suivantes) États-Unis Aux États-Unis d'amérique, des autorisations sont requises conformément au 'Code of Federal Regulations' 4 pour la détention de rapaces (section 21.27), l'exercice de la fauconnerie (sections 21.28, 21.29) et l'élevage (section 21.30). Une autorisation de détention de rapaces est délivrée après introduction d'une demande motivant le projet ou l'activité. Il existe différents niveaux de formation de fauconnier où chaque niveau doit répondre à certaines conditions (par exemple âge minimum, nombre d'oiseaux détenus, nombre d'années d'expérience, etc.). Une autorisation de fauconnerie est délivrée après réussite d'un examen. En outre, un délégué du 'state wildlife department' inspecte et certifie le logement et l'équipement de fauconnerie. Une autorisation est également requise pour l'élevage de rapaces et est obtenue pour autant qu'il soit satisfait à plusieurs conditions (logement, âge, expérience, but de l'élevage, etc.). Dans l'état de Californie (USA), on utilise un formulaire type pour inspecter les installations pour rapaces et l'équipement de fauconnerie, et contrôler s'ils répondent à la législation précitée (rapport en annexe 3, ainsi que sur 4 Code of Federal Regulations-Title 50 (Wildlife and Fisheries), Volume 5, Part 21 (Migratory bird permits) cf. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
15 Tableau 3 : aperçu de la législation dans d'autres pays européens sur la détention de rapaces par les particuliers et sur des restrictions éventuelles selon l'espèce Can individuals keep raptors a If yes, restriction of species? b Austria Belgium yes, being on hawking: only 2 species/falconer// keeper: no limitation of number One (of three) regional legislation prohibit the keeping of European species Bulgaria no Cyprus Czech Republic permit (species specification, number of species, identification) no Denmark yes: only not-native species Estonia Finland allowed by exemption: educational and research purposes France in a "élevage d'agrément" (less than 7 birds used for hunting and reproduction in order to hunt): having a prefectural permission// in an "établissement d'élevage" (more than 6 birds and/or other activities or in case of a profit goal): having a prefectural permission to open and certificate of capacity. yes, in an "élevage d'agrément", only following species of the Falconiformes: accipiter ssp., buteogallus spp., parabuteo spp., buteo spp., aquila ssp., hieraaetus spp., spizaetus spp., falco spp. and the Strigiformes: bubo bubo La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
16 Germany yes: indigenous species (and hybrids with native species in the ancestral lines): not allowed or only a limited number (if the falconer has a falconry license), with exceptions of bird been kept before 25/02/2005) Greece yes: only species not menioned on Annex A of EC 338/97 Italy Latvia There are some regional legislation on hunting and animal welfare that are stricter than national law Allowed by exemption: only birds placed by rehabilitations centres, individual receives permission no, however there are some regional legislation on hunting regulation and animal welfare that are stricter than national law no Luxembourg Allowed by exemption: individual receives permission no Portugal no Sweden Swiss permit no United Kingdom a Red = not allowed; green = allowed; orange = allowed, but requirements b Grey = no application no La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
17 Tableau 4 : aperçu de la législation dans d'autres pays européens sur la détention de rapaces par les particuliers : conditions préalables Keeper Housing Cage dimensions Cage enrichment Flight Other Comments Austria qualification of the keeper no tethering allowed, not even temporary (exemption for falconers)// before and after flying performances: birds in aviaries// keeping in group of pairs is required yes yes: possibility to retire, screen from view, water bath, shelter, perches in upper area training devices using electricity: forbidden keeping a register of medical treatment// obligation of identification by transponder or ring, reporting of keeping those birds, keeping register for monitoring no artificial breeding for commercial purpose Belgium no No no no no no Bulgary no No no no no no Cyprus N.A. a Czech Republic yes, falconer must past test about hunting yes yes yes no no Denmark no No no no no no Falconry club approved the Animal Protection Code for Breeding, that contains housing conditions and cage dimensions Blood samples of birds of prey required Estonia N.A. a La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
18 Finland N.A. a France in a "élevage d'agrément": attribution of permission comprises facts about the experience of the keeper, the feed, the housing,... in an "établissement d'élevage": certificate of capacity (having experience and following a start course) and a prefectural permission to open (public services investigate the equipments and installations,...) no no no Germany no no no no no registering the raptors used for hunting in a national register general requirements of the German animal welfare law Greece no no no no no no Italy no no no no no no Latvia Owner needs animalrelated degree no Before receiving the permission, infrastructure will be inspected by competent authority no no no Luxembourg N.A. a Portugal official registration veterinary and welfare criteria veterinary and welfare criteria veterinary and welfare criteria no Sweden N.A. a Swiss no no no tethering allowed, with exemption for rehabilitations centers not yes yes no La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
19 United Kingdom accessible for public if the bird has regularly a possiblity to fly no no no no no no a N. A. = not applicable, because the keeping of raptors by individuals is not allowed in this country. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
20 2.3 Législation nationale et régionale Bien que les réglementations précédentes s'appliquent à l'ensemble des États membres de l'ue, les modalités d'application nécessaires doivent être décrites et complétées par des lois nationales (par exemple la fixation de peines en cas d'infractions). En Belgique, ces modalités d'application de la convention CITES ont été fixées dans la version coordonnée de la loi du 28 juillet portant approbation de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Des aspects plus concrets ont été fixés dans l'ar du 9 avril 2003 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce. Au niveau fédéral, plusieurs législations s'appliquent en exécution de la convention CITES 6. Des dispositions légales sur la protection des oiseaux s'appliquent également au niveau régional (wallon, flamand et Région de Bruxelles-Capitale), à savoir : Région wallonne : 27 NOVEMBRE Arrêté du Gouvernement wallon fixant des dérogations aux mesures de protection des oiseaux Région de Bruxelles-Capitale : 25 OCTOBRE Arrêté de l'exécutif de Région de Bruxelles-Capitale relatif à la protection des oiseaux 7 29 AOÛT Ordonnance relative à la conservation de la faune sauvage et à la chasse Région flamande : 9 SEPTEMBRE Arrêté royal relatif à la protection des oiseaux en Région flamande 8 Ces dispositions légales concernent également la détention de rapaces. Le tableau 5 donne par région un aperçu schématique des dispositions légales respectives qui s'appliquent aux rapaces. 5 Modifié par les lois-programmes suivantes : MB 31/12/2002, 31/12/2003, 15/07/2004, 31/12/ Version coordonnée de la loi du 28 juillet 1981, AR du 9 avril 2003, MB du 12 février 2004 (nomination des membres du comité scientifique) et MB du 6 juin 2005 (nomination des experts CITES). 7 La législation en Région de Bruxelles-Capitale est actuellement en cours de révision (commentaire personnel d'olivier Beck) 8 L'arrêté du Gouvernement flamand relatif à la protection et à la gestion des espèces du 15 mai 2009 (désigné sous le vocable arrêté "Espèces") entrera en vigueur à partir de septembre La détention de rapaces en captivité chez des particuliers
21 Tableau 5 : synthèse de la législation régionale de protection des oiseaux qui s'applique aux rapaces vivants S'applique aux rapaces Conditions Région wallonne Oiseaux d'élevage : Toutes les espèces de rapaces Oiseaux nés et élevés en captivité européens vivant à l'état sauvage. appartenant à une des espèces vivant naturellement à l état sauvage sur le territoire européen (y compris les hybrides). Oiseaux d'élevage non communément élevés : À l'annexe III de l'arrêté. Oiseaux d'élevage d'origine étrangère : Oiseaux en provenance d'un autre territoire que le territoire européen des États membres de l'union européenne ainsi que des États signataire de la Convention (1997) relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l Europe. Accipiter gentilis (autour des Palombes) Accipiter nisus (épervier d'europe) Falco rusticolus (faucon gerfaut) Falco subbuteo (faucon hobereau) Falco biarmicus (faucon lanier) Falco peregrinus (faucon pèlerin d'eurasie) Falco cherrug (faucon sacre) Espèces de rapaces non européennes et espèces non mentionnées plus haut. - Baguer les oiseaux avec des bagues de groupements agréés. - La liste des éleveurs et le nombre de bagues délivrées sont tenus à jour par le groupement. - L'installation (éclairage, aération, espace, etc.) est d'abord contrôlée et évaluée. - Baguer les oiseaux avec des bagues d'un diamètre prédéterminé. - Il doit exister une fiche d'identification par oiseau. - Satisfaire aux conditions d'élevage du pays d'origine. - Fiche d'identification. Région de Bruxelles Capitale Toutes les espèces d'oiseaux, sous-espèces et variétés d'espèces sauvages vivant sur le territoire européen des États membres de la Communauté européenne 1. Toutes les espèces de rapaces européens vivant à l'état sauvage. - Pas de détention 2 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
22 Région flamande Oiseaux détenus et élevés en captivité appartenant au territoire des États membres de la Communauté européenne 1. 1 Espèces non européennes : pas de disposition. 2 Quelques dérogations individuelles ont été accordées dans le passé sous le ministre Gossuin. Toutes les espèces de rapaces européens vivant à l'état sauvage. - Baguer les oiseaux avec des bagues fermées. - Doit provenir d'un couple de parents obtenu légalement. - Inscrire l'oiseau sur l'inventaire tenu par des associations agréées. - Chaque oiseau a une fiche individuelle. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
23 3. Analyse de situation de la population de rapaces et opinions en Belgique 3.1 Population de rapaces chez les particuliers en Belgique Il n'est pas possible d'identifier toute la population des rapaces en captivité en Belgique, parce que les législations européenne, nationale ou régionale, par exemple, n'imposent pas de déclarer les rapaces non indigènes. Il en va de même des espèces européennes non commercialisées. Cependant, afin d'obtenir une image de l'évolution de ces dernières années, des informations ont été recueillies de deux manières. Ainsi, en Europe, un certificat pour chaque oiseau négocié doit être demandé auprès du service CITES du service public fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne Alimentaire et Environnement pour le commerce des rapaces de l'annexe A (règlement (CE) n 338/97; cf ). Le nombre de certificats délivrés depuis 2000 est illustré par type de rapace dans le tableau 6. Le total des espèces indique qu'à partir de 2000 la plupart des certificats (3269 certificats) ont été délivrés pour des chouettes effraies (Tyto alba), suivies des faucons crécerelles (Falco tinnunculus; 794 certificats), des chouettes chevêches (Athene noctua; 784 certificats) et des grands-ducs d'europe (Bubo bubo; 549 certificats). On constate en général que le nombre de certificats délivrés pour les espèces de rapaces de l'annexe A a triplé en l'espace de 7 ans. À noter cependant que la CITES est une convention commerciale et que les certificats délivrés ne sont nécessaires que lorsque le rapace fait l'objet d'un commerce et qu'il ne faut pas de certificats pour les espèces négociées de l'annexe B du règlement (CE) n 338/97. Tableau 6 : aperçu du nombre de certificats CITES délivrés par espèce de rapace à partir de 2000 Total Nom commun espèce Accipiter gentilis Accipiter nisus Aegolius funereus Aegypius monachus Aquila chrysaetos Aquila chrysaetos x Aquila rapax 1 1 Aquila clanga Aquila heliaca Aquila nipalensis 2 2 Asio flammeus Asio otus Athene noctua Bubo bengalensis 1 1 Bubo bubo Bubo bubo sibiricus Bubo bubo tucomanus Buteo buteo Buteo buteo x Buteo swainsoni 2 2 Buteo jamaicensis La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
24 Buteo rufinus Buteo rufinus x B. jamaicensis x B. regalis 1 1 Buteogallus meridionalis 1 1 Circus aeruginosus Elanus caeruleus Falco biarmicus Falco biarmicus x F. biarmicus x F. cherrug 1 1 Falco biarmicus x F. cherrug Falco biarmicus x F. cherrug x.f cherrug 2 2 Falco biarmicus x F. cherrug x F. mexicanus Falco biarmicus x F. cherrug x F. mexicanus x F. rusticolus 2 2 Falco biarmicus x F. peregrinus x F. rusticolus 2 2 Falco biarmicus x F. rusticolus Falco biarmicus x F. rusticolus x F. cherrug 1 1 Falco cherrug Falco cherrug x F. cherrug x F. rusticolus 3 3 Falco cherrug x F. mexicanus 1 1 Falco cherrug x F. peregrinus Falco cherrug x F. peregrinus x F. peregrinus 2 2 Falco cherrug x F. peregrinus x F. rusticolus x F. rusticolus 5 5 Falco cherrug x F. rusticolus Falco cherrug x F. rusticolus x F. peregrinus Falco cherrug x F. rusticolus x F. rusticolus 1 1 Falco columbarius Falco columbarius x F. peregrinus 1 1 Falco femoralis x F. peregrinus Falco jugger Falco jugger x F. cherrug x F. rusticolus 2 2 Falco jugger x F. mexicanus 1 1 Falco jugger x F. peregrinus x F. rusticolus 1 1 Falco mexicanus x F. biarmicus x F. cherrug Falco mexicanus x F. peregrinus Falco mexicanus x F peregrinus x F pelegrinoides Falco mexicanus x F. rusticolus 1 1 Falco naumanni Falco pelegrinoides Falco pelegrinoides x F. peregrinus 5 5 Falco peregrinus Falco peregrinus x F. biarmicus Falco rusticolus Falco rusticolus x F. cherrug x F. peregrinus Falco rusticolus x F. peregrinus Falco rusticolus x F. peregrinus x F. novaezeelandiae 1 1 La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
25 Falco sparverius 2 2 Falco subbuteo Falco tinnunculus Falco vespertinus Glaucidium passerinum 2 2 Gypaetus barbatus 1 1 Gyps fulvus Haliaeetus albicilla Haliaeetus leucocephalus Haliaeetus vocifer Hieraaetus fasciatus Hieraaetus pennatus Milvus migrans Milvus milvus Neophron percnopterus Ninox novaeseelandiae Ninox novaeseelandiae undulata 1 1 Nyctea scandiaca Otus scops Parabuteo unicinctus Phalcoboenus australis 1 1 Strix aluco Strix nebulosa Strix uralensis Surnia ulula Tyto alba Vultur gryphus Total des rapaces par an La législation régionale qui est différente en Wallonie, en Flandre et en Région de Bruxelles- Capitale (cf. 2.3), peut exiger la tenue d'un inventaire. La Région wallonne attend des associations ornithologiques qu'elles lui signalent le nombre de bagues délivrées. À cet égard, c'est un total de bagues qui lui est communiqué, toutefois sans préciser l'espèce, ce qui rend impossible une estimation de la population (commentaire personnel de Catherine Debruyne). La Région de Bruxelles-Capitale interdit la possession 9 d'espèces de rapaces européens vivant à l'état sauvage, et donc leur nombre ne peut pas non plus être recensé. Certes, les espèces non européennes peuvent être légalement détenues, mais aucun enregistrement n'est d'application (commentaire personnel d'olivier Beck). Enfin, en Région flamande, toutes les espèces de rapaces européens vivant à l'état sauvage doivent être inscrites dans un inventaire tenu à jour par des associations agréées de détenteurs d'oiseaux; chaque année, ces associations communiquent cet inventaire à la Région flamande. Afin de récolter ces chiffres, une lettre a été adressée aux quatre 9 Quelques exceptions individuelles ont été accordées dans le passé par le ministre Gossuin. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
26 associations qui comptent des détenteurs de rapaces parmi leurs membres (l'association ornithologique de Belgique, Aviornis, les groupes d'élevage d'oiseaux européens KEV- et la Fédération royale ornithologique belge). Il leur a été demandé l'inventaire des rapaces européens par espèce à partir de 2000 et, si possible, des espèces non européennes et des croisements. Quatre associations ont répondu à cet appel. La Fédération royale ornithologique belge ne possédait qu'un inventaire de 2007, les inventaires des années antérieures ayant été envoyés par province à la Région flamande. La demande des listes introduites par la KBOF auprès des unités provinciales de la Région flamande à partir de 2000 reçut peu d'écho. Le tableau 7 a donc été établi sur la base des informations de l'aob, d'aviornis et des KEV. Pour information, les nombres inscrits sur l'inventaire de la KBOF pour 2007 sont également présentés dans le tableau. L'on se rend compte que le nombre de rapaces figurant dans l'inventaire de la KBOF pour 2007 est supérieur au nombre des trois autres associations. Et ainsi, les chiffres pour 2000 à 2007 sont probablement nettement plus élevés que les nombres mentionnés. Par ailleurs, il faut souligner que la loi n'impose pas de dresser l'inventaire des espèces de rapaces non européens (exemple la buse de Harris). En outre, de nombreux rapaces ne seraient pas déclarés (commentaire personnel de Wouter Faveyts) par ignorance et pour éviter des contrôles. La quantité récoltée est donc un minimum. De plus, les inventaires ne sont pas toujours actuels : des oiseaux ne sont pas désinscrits d'une banque de données, alors qu'ils sont inscrits dans une autre (commentaire personnel de Roger Vanlook). Pour le total des espèces de rapaces européens inventoriées auprès des associations ornithologiques KEV, Avironis et AOF, il est question d'une multiplication par six en sept ans. 3.2 Opinions des personnes concernées à propos de la détention de rapaces en Belgique Pour connaître les opinions des différentes parties concernées à propos de la détention de rapaces par les particuliers, des entretiens avec ces personnes ont été recueillis à l'automne Ainsi, des détenteurs de rapaces (en ce compris des personnes qui donnent des démonstrations à l'aide de rapaces), des associations de fauconniers, des centres d'accueil pour oiseaux, un vétérinaire pour oiseaux de proie et des associations de protection des oiseaux ont reçu une série de questions ouvertes. Au total, 11 parties ont été interrogées sur la détention de rapaces par les particuliers, sur l'instauration de conditions préalables, sur les spectacles de rapaces, etc. Les questions et réponses sont rassemblées à l'annexe 4 du présent dossier. En résumé, on peut dire que la majorité des parties est en faveur de mesures supplémentaires pour la détention de rapaces. Les réflexions n'allaient pas dans le sens de strictes dimensions en matière de logement en raison de fortes disparités de besoins entre les espèces de rapaces, mais plutôt dans le sens d'une formation obligatoire du détenteur de rapaces, parce que la détention d'un rapace requiert certaines connaissances spécialisées. Au cours de ces entretiens, d'autres questions pertinentes portant sur le bien-être ont été posées, qui ne sont pas en rapport direct avec l'objectif du présent dossier, telles que 'Peut-on exposer des hiboux? Faut-il une liste positive pour les rapaces?. La détention de rapaces en captivité chez les particuliers
27 Tableau 7 : aperçu du nombre de rapaces inscrits dans un inventaire d'associations d'éleveurs d'oiseaux en Région flamande à partir de 2000 Nom latin Nom (français) 2000 a 2001 a 2002 a 2003 a 2004 a 2005a 2006 a 2007 a 2007-KBOF Accipiter gentilis autour des Palombes Accipiter nisus épervier d'europe Aegolius funereus chouette de Tengmalm Aquila chrysaetos aigle doré Aquila clanga aigle criard Aquila heliaca aigle royal 1 Asio flammeus hibou brachyote Asio otus hibou moyen-duc Athene noctua chouette chevêche Bubo bubo grand-duc d'europe Buteo buteo buse variable Buteo rufinus buse féroce Circus aeruginosus busard des roseaux Falco biarmicus faucon lanier Falco cherrug faucon sacre Falco columbarius faucon émerillon Falco jugger faucon laggar Falco naumanni faucon crécerellette 3 Falco peregrinoides faucon de Barbarie Falco peregrinus faucon pèlerin Falco rusticolus faucon gerfaut Falco subbuteo faucon hobereau Falco tinnunculus faucon crécerelle Falco vespertinus faucon kobez 10 Glaucidium passerinum chouette chevêchette Gyps fulvus vautour fauve Haliaeetus albicilla pygargue à queue blanche 4 Haliaeëtus leucocephalus aigle à tête blanche Hieraaetus fasciatus aigle de Bonelli Milvus migrans milan noir 2 Milvus milvus milan royal Ninox novaeseelandiae chouette boobook de l'île de Norfolk Nyctea scandiaca chouette harfang Otus scops hibou petit-duc Strix aluco chouette hulotte Strix nebulosa chouette lapone Strix uralensis chouette de l'oural Surnia ululla chouette épervière Het houden van roofvogels in gevangenschap bij particulieren
28 Tyto alba chouette effraie Vultur gryphus condor des Andes Aquila rapax aigle ravisseur Athene cunicularia chevêche des terriers 1 Bubo africanus grand-duc africain 12 Bubo bengalensis grand-duc d'europe Bubo bubo sibiricus grand-duc de Sibérie Bubo bubo tucomanus grand-duc turkmène Bubo capensis grand-duc du Cap 2 1 Buteo jamaicensis buse à queue rousse Buteo regalis buse rouilleuse Falco mexicanus faucon des prairies Falco sparverius crécerelle américaine Otus (Ptilopsis) leucotis petit-duc à face blanche 9 Otus choliba petit-duc maculé Parabuteo unicintus buse de Harris Tyto alba pratincola effraie des clochers Vultur aura urubu à tête rouge 1 1 Buteo jamaicensis x Buteo regalis buse à queue rouge x buse rouilleuse F. biarmicus x F. cherrug faucon lanier x faucon sacre F. biarmicus x F. peregrinus faucon lanier x faucon pèlerin F. cherrug x F. mexicanus faucon sacre x faucon des prairies F. cherrug x F. peregrinus faucon sacre x faucon pèlerin F. cherrug x F. rusticolus faucon sacre x faucon gerfaut F. cherrug x F. rusticolus x F. peregrinus facon sacre x faucon gerfaut x faucon pèlerin 1 F. jugger x F. cherrug x F. rusticolus faucon laggar x faucon sacre x faucon gerfaut 1 F. mexicanus x F. biarmicus faucon des prairies x faucon lanier F. mexicanus x F. biarmicus x F. cherrug faucon des prairies x faucon lanier x faucon sacre 1 F. mexicanus x F. peregrinus faucon des prairies x faucon pèlerin F. peregrinus x F. cherrug x F. peregrinus faucon pèlerin x faucon sacre x faucon pèlerin 1 F. peregrinus x F. columbarius faucon pèlerin x faucon émerillon 1 0 F. rusticolus x F. biarmicus faucon gerfaut x faucon lanier F. rusticolus x F. peregrinus faucon gerfaut x faucon pèlerin TOTAL a Inventaire de la Fédération royale ornithologique belge non (KBOF) repris dans les chiffres de 2000 à 2007 inclus Het houden van roofvogels in gevangenschap bij particulieren
29 4. Prérequis sur le comportement des rapaces 4.1 Éléments de comportement Afin de débattre des effets de la captivité sur le comportement naturel et d'interpréter le comportement en captivité, il est utile de comprendre le développement du comportement chez les rapaces (Park, 2003). Le comportement d'un rapace est le résultat de trois éléments et de leurs interactions : le comportement hérité ou inné, le comportement imprégné et le comportement acquis (Fox, 1995b). Ces éléments peuvent être classés comme suit : (a) comportement hérité et inné instincts spécifiques, caractéristiques d'une espèce, dont le tempérament et premières étapes vers le vol tempérament individuel stimuli biologiques et pulsion mémoire (b) comportement imprégné empreinte sur les parents empreinte sur les ascendants réaction de peur empreinte sur le futur partenaire sexuel empreinte sur le type de nid, d'environnement et d'habitat (c) comportement acquis apprentissage involontaire - accoutumance - conditionnement classique - conditionnement opérant - association - apprentissage à partir de traumatismes apprentissage volontaire - compréhension - expérience. Le comportement inné permet à l'oiseau de se comporter de certaines façons si et lorsque la situation appropriée se présente. (Fox, 1995b). Fox (1995b) a défini le comportement imprégné comme suit : "A distinct genetically programmed learning mechanism in which there is a permanent attachment, during a specific sensitive period, of an innate behaviour pattern to specific object which thereafter become important elicitors of that behaviour pattern". Le tableau 8 montre différents modes d'imprégnation, dont les deux extrêmes: un oiseau imprégné naturellement (oiseau capturé à l'état sauvage) 10 et un rapace complètement nourri à la main de l'homme. Sont successivement imprégnés d'une manière qui se chevauche chronologiquement : les parents, les congénères, les réactions de peur à certains événements, les partenaires potentiels à l'accouplement et l'environnement physique (le type de nid, le lieu de nidification et l'habitat). Le processus d'empreinte a lieu naturellement à un très jeune âge de la vie chez la plupart des petits 10 La capture à l'état sauvage est interdite dans l'union européenne conformément à la directive du Conseil du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages (79/409/CEE) (des exceptions s'appliquent cependant à certaines espèces). La détention de rapaces en captivité par les particuliers
30 nidicoles, dont les rapaces, (Jones, 2001). Entre ces deux extrêmes d'imprégnation naturelle et non naturelle, existe une large variété de combinaisons possibles de '(mal)imprint' (cf. encart 3) selon le traitement qu'un oiseau reçoit au cours des différents stades de son développement. Tableau 8 : différentes phases du processus d'empreinte pour les différents modes d''imprégnation Oiseau capturé à l'état sauvage Oiseau manifestement nourri par l'homme dès Rapace domestiqué Empreinte aux parents Mendie sa nourriture auprès de congénères sa naissance Mendie sa nourriture auprès de l'homme et rejette celle de ses congénères Mendie auprès de congénères, ne crie pas après l'homme, l'ignore Empreinte aux congénères Manifeste de l'agressivité et de la jalousie compétitives, couvre 11 sa nourriture envers ses congénères Traite l'humain comme un ascendant. Manifeste une réponse instinctive de prédateur pour tuer ses propres congénères Ni agression ni jalousie envers l'humain pour la nourriture Réaction de peur A peur d'autres prédateurs, en particulier l'homme N'a pas peur de l'homme, en particulier du soigneur. Peut craindre ses propres congénères N'a pas peur de l'homme, des congénères, des chiens, etc. Empreinte au partenaire d'accouplement À l'état adulte : la femelle invite le mâle de sa propre espèce, le mâle fait la cour à la femelle La femelle appelle le 'petit' de l'humain à manger au printemps, le mâle fait la cour à la 'petite' de l'humain. Ne réagit sexuellement qu'aux congénères Empreinte à l'environnement du nid Source : Fox (1995b) Préfère des nids naturels Préfère un type de nid artificiel au sein duquel il a été élevé Préfère un nid artificiel et est à l'aise dans une volière La troisième composante du comportement des rapaces, à savoir le comportement acquis, est un concept dont le sens n'est pas totalement compris. (Jones, 2001). Des comportements appris peuvent changer durant la vie de l'oiseau et comprennent un apprentissage involontaire et volontaire (Fox, 1995b). Le premier crée une réponse non voulue ou ne crée pas de réponse de la partie du système nerveux autonome qui n'est pas soumise à la conscience. En revanche, l'apprentissage volontaire se traduit par des réponses conscientes et voulues qui ne sont pas automatiques et n'ont pas lieu nécessairement tout de suite. 11 Les ailes et les plumes de la queue s'étalent sur la nourriture pour empêcher que d'autres rapaces ne voient ou ne volent la nourriture (Fox, 1995a) La détention de rapaces en captivité par les particuliers
31 Box 3 - "Human malimprint" Comme l'illustre le texte précédent, l'empreinte est un aspect du processus d'apprentissage naturel qui se déroule pendant une brève période sensible dans le nid. Le poussin va s'identifier à ses congénères (parents et ascendants) et à d'autres objets. ''La mauvaise impregnation'' est le résultat de l'exposition à l'humain au cours de la période critique lorsque le rapace est imprégné à des objets et à des individus. L'oiseau s'identifiera alors à l'humain et non à ses congénères, et considérera l'humain comme un parent de substitution, un proche et/ou un futur compagnon, selon le moment de l'imprégnation. Cela s'exprime dans un comportement anormal, tel que la perte de la peur de l'humain (avec pour conséquence une domestication exceptionnelle ou une agressivité envers l'humain), la mendicité alimentaire envers l'humain, le piaillement constant envers l'humain pour de la nourriture, l'attaque contre l'humain pour défendre le territoire, la redirection du comportement sexuel vers l'humain, etc. (Jones, 2001; Park, 2003). 4.2 Problèmes comportementaux chez les rapaces Les problèmes comportementaux dans la famille des psittacidés (qui regroupe entre autres les perruches et les perroquets) ont été bien étudiés 12. Des problèmes surviennent aussi chez les rapaces, mais ils sont soit moins rapportés soit pas aussi bien documentés. D'après Jones (2001), de nombreux problèmes de comportement chez les rapaces en captivité sont la conséquence directe d'un traitement inapproprié ou d'erreurs de jugement du détenteur. Dans la suite, les problèmes de comportement seront décrits brièvement selon la classification et la description de Jones (2001) Comportement infantile Le comportement infantile n'est pas inhabituel chez les rapaces et il existe de nombreuses raisons pour qu'un rapace même adulte qui vient d'être détenu en captivité présente ce comportement juvénile. Si l'analogie avec l'enfant peut être faite, le retour au comportement infantile ou juvénile est une manière de répondre à des situations de stress Mendier de la nourriture (en anglais 'food begging) La mendicité alimentaire s'observe en général chez des rapaces qui sont empreints à l'humain et qui appellent leur parent humain de substitution en réaction à la faim. Des oiseaux sauvages qui sont traités pour des problèmes médicaux ou chirurgicaux dans un centre de réhabilitation présenteront eux aussi un comportement juvénile dès qu'ils reconnaissent dans l'humain une source de nourriture Couvrir la nourriture (en anglais mantling ) Un rapace étalera ses ailes et sa queue pour protéger ce qu'il est en train de manger. Ce comportement est appliqué pour éviter le vol de nourriture par d'autres rapaces ou voleurs potentiels et aussi pour entourer une proie afin qu'elle ne puisse échapper à l'emprise du rapace. Ce processus est naturel, mais ce comportement peut prendre une forme extrême et devenir problématique si l'oiseau devient trop possessif et protège tout dans ses serres de manière agressive. Ce comportement trouve son origine dans une forte diminution de la quantité de nourriture offerte, une importante réduction de poids, de sorte que l'oiseau est trop excité pendant qu'il mange une proie, pendant les tentatives pour emporter de la nourriture ou 12 Cf aussi van Hoek, C.S., and C. ten Cate Abnormal behavior in caged birds kept as pets. Journal of Applied Animal Welfare Science 1: La détention de rapaces en captivité par les particuliers
32 la proie lors du repas ou dans le fait de se tenir debout au-dessus de l'oiseau pendant le repas, ce qui l'intimide. Ce comportement diminue au fur et à mesure que l'oiseau vieillit et devient adulte, et il est aussi réversible Crier (en anglais screaming ) Le cri est un comportement normal chez les rapaces juvéniles en relation avec leurs parents soit dans leur demande de nourriture ou en tant qu'identification. En captivité, des rapaces tant juvéniles qu'adultes qui identifient l'humain comme source de nourriture peuvent se mettre à crier. Il peut en résulter de longues périodes de cris excessifs, souvent pendant des heures. McDermott (1998) a suggéré que, chez un autour, les cris diminueront lorsque la période - qui n'est pas relatée à la nourriture - augmente en présence du détenteur. Cet auteur a également mentionné que le cri est le résultat de la frustration ressentie par l'oiseau qui n'est pas capable d'accomplir des actes qui sont dans sa nature (comme saisir des proies). Plus un jeune rapace saisit précocement ses propres proies, moins il a tendance à crier Comportement infantile en tant que composante du comportement de cour Les rapaces femelles peuvent présenter un comportement juvénile, tel que mendier la nourriture et crier, en tant que partie de la liaison au partenaire. Ils présentent ce comportement pour obtenir d'un mâle qu'il les nourrisse et pour passer pour moins intimidant auprès des plus petits mâles. Les rapaces en captivité qui sont imprimés sur l'humain et ont constitué un lien avec lui peuvent aussi présenter ces comportements vis-à-vis de lui Agressivité L'agressivité chez les rapaces à l'état sauvage est normale si elle est dirigée contre une proie chassée. En captivité, cette agressivité est toutefois souvent dirigée contre d'autres rapaces, voire l'humain Agressivité au sein d'une espèce Cette agressivité est souvent due au dimorphisme sexuel inversé (le mâle est habituellement un tiers plus petit que la femelle). Exemple de cette forme d'agressivité, l'autour femelle en captivité qui n'est pas intéressé par les avances du mâle et qui peut le blesser, voire le tuer. Autre exemple, le non-respect de la hiérarchie naturelle au sein d'un groupe de buses de Harris et entre individus. Cette hiérarchie est en dominante décroissante : femelles adultes, mâles adultes, femelles juvéniles et mâles junéviles; elle n'est pas toujours respectée en captivité. De même, des congénères du nid plus jeunes peuvent être tués par des plus âgés parce que, sortis de l'oeuf plus tôt, ils sont aussi physiquement plus forts. En captivité, l'intervention humaine peut se révéler indispensable Agressivité entre espèces Cette forme d'agressivité implique habituellement une confrontation en captivité, parce que les tendances agressives ne peuvent être canalisées sur des activités naturelles, telles que la recherche de nourriture et la capture d'une proie Agressivité dirigée contre l'homme L'agressivité dirigée contre l'homme est généralement le résultat d'un développement stoppé à un stade où le jeune rapace agresserait physiquement un "plus âgé" pour de la nourriture, le territoire ou la possession. Les attaques sont déclenchées par la pénétration de l'oiseau dans le territoire en vue de la défense du jeune ou d'un nid. Une autre préoccupation partagée par des biologistes et des soigneurs d'oiseaux est la mise en liberté de rapaces qui ont été mal La détention de rapaces en captivité par les particuliers
33 élevés (en particulier imprégnés) et qui pourraient attaquer ou blesser des personnes naïves pour de la nourriture. À cet égard, l'oiseau mendie auprès de l'humain en espérant recevoir à manger dans sa main. D'autres expliquent le comportement comme une défense du territoire (commentaire personnel de René Motmans) Possession et territoire L'établissement et la protection de zones de reproduction et de ressources fourragères sont une propension naturelle chez les rapaces et indispensables à la survie. Les deux sexes délimitent leur terrain à l'extrême, mais à l'état sauvage, c'est généralement le mâle qui construit, reconstruit et préserve le territoire. Chez les rapaces en captivité, le comportement possesseur ou territorial déclenche une sorte d'agressivité ou des cris agressifs lorsqu'un individu s'approche du territoire, et le comportement peut se traduire par de la violence physique Picage des plumes, mâchonnage ou automutilation Le picage des plumes et l'automutilation s'observent moins fréquemment chez les rapaces qu'au sein de la famille des Psittacidés. Ces problèmes de comportement s'observent en général chez les oiseaux qui vivent déjà depuis longtemps en captivité et/ou chez les oiseaux en situation de stress extrême (par exemple à proximité d'un passage fréquenté, de chiens qui aboient ou en l'absence d'interaction sociale). Les causes du picage peuvent être soit médicales soit comportementales. Ainsi, le manque de mouvements appropriés chez les rapaces peut être une cause significative du picage. Bien qu'il soit aussi difficile de déterminer la cause de problèmes comportementaux que chez les Psittacidés, les principes pour les traiter restent par essence les mêmes : identifier le problème et traiter la cause sous-jacente. En cas de picage des plumes ou d'automutilation, les traitements devraient se concentrer sur une stimulation appropriée sous forme d'un enrichissement du milieu pendant des périodes prolongées d'inactivité ou de chasse obligatoires s'il s'agit d'un oiseau destiné à la fauconnerie. Des exercices suffisants, de nombreuses possibilités de se baigner et une exposition extérieure contrôlée (en anglais outdoor exposure ) peuvent être utiles (Jones, 2001). Cependant, ce dernier comportement est peu fréquent (commentaire personnel de René Motmans). 5. Aspects de gestion en relation avec les besoins des rapaces Peu d'études se risquent à comparer les niveaux de stress chez les rapaces en liberté et en captivité. Dufty et Belthoff (1997) ont comparé le niveau de corticostérone considérée comme l'hormone de stress chez le rapace (Ruckebusch et al., 1991), chez le jeune petit duc des montagnes (Otus kennicottii) en captivité et en liberté. Cette étude a montré que le niveau de corticostérone et la réponse à la capture et à la maipulation étaient comparables entre les deux groupes (c'est-à-dire un niveau basal d'environ 15 ng/ml, suivi d'une augmentation de la concentration en corticostérone durant les 30 minutes suivantes). Ils en ont conclu que les hiboux en captivité n'ont pas été exposés à des niveaux de stress chroniques élevés. En raison de différences fondamentales dans le protocole de collecte des échantillons, les données n'ont pas été comparées à des fins statistiques. De plus, il faut être prudents avec les résultats, car les hiboux en captivité utilisés pour l'expérience étaient jeunes et n'ont vécu que trois mois en captivité. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
34 Marra et al. (1995) ont comparé les taux de corticostérone plasmatique des étourneaux en captivité et des étourneaux à l'état sauvage : les oiseaux en captivité avaient des taux de corticostérone deux à trois fois supérieurs à ceux des oiseaux à l'état sauvage. Les auteurs ont suggéré que les oiseaux capturés ne s'acclimatent jamais complètement à leurs conditions en captivité. Il convient de noter que le groupe d'étourneaux capturés avait eu une période d'adaptation de seulement 35 jours et que ces oiseaux ne sont pas nés en captivité et ne sont donc pas habitués à des contacts avec l'humain. D'une manière générale, les rapaces sont considérés comme des solitaires, sauf en période de migration, d'accouplement et de nidification (Jones, 2001). Étant donné qu'ils sont plutôt solitaires que sociaux, ils peuvent rapidement stresser en captivité (Fox, 1995b; Park, 2003). Park (2003) a écrit que des personnes du centre de réhabilitation de New South Wales (Australie) ont remarqué que le stress chez des rapaces hébergés en volière ou dans des petites cages s'exprimait soit par l'inactivité (principalement chez la chouette effraie (Tyto alba) et la ninoxe puissante (Ninox strenua) soit par la frénésie (par exemple chez l'autour et l'épervier). Au sein de certaines espèces de rapaces, par exemple les autours, on observe des différences individuelles notoires (commentaire personnel René Motmans). Les comportements de confort chez des rapaces non stressés sont : le lissage du plumage, son ébrouement (toutes les plumes sont relevées, puis secouées) et le perchage sur une seule patte (Arent and Martell, 1996; Park, 2003). Les rapaces sont des prédateurs et ils ont donc besoin de possibilités d'observation, de préférence sans être observés (Gibson, 1996). Des efforts devraient être faits pour minimiser le stress lié à la gestion, à l'environnement des cages ou à l'habitat en volière (en prévoyant par exemple des endroits qui protègent la vie privée, qui masquent la vue depuis la cage, qui abritent du bruit, de l'activité humaine autour des oiseaux) (Park, 2003). Pendant la période de reproduction, il faut prêter une attention toute particulière à un environnement calme, afin que les oiseaux parviennent à se reproduire et ne se blessent pas eux-mêmes à la volière (Forbes, 2002). Une situation de faible bien-être peut entraîner un comportement anormal et inversement, la présence d'un comportement anormal peut exprimer un faible bien-être. Mais tous les types de comportements anormaux ne peuvent pas être interprétés comme provoqués par un faible bien-être, tandis que la diminution du bien-être ne doit pas toujours résulter dans un comportement anormal (Dawkins, 1980; Mason and Turner, 1993). D'une manière générale, l'automutilation, le picage des plumes et un comportement stéréotypique que l'oiseau développe dans des environnements dépouillés sont considérés comme de forts indicateurs d'un bien-être diminué (van Hoek and ten Cate, 1998). On ne connaît pas de stéréotypes chez les rapaces (Richter, 1993). Huckabee (2000) a rapporté que des rapaces sauvages ont souvent besoin de soins vétérinaires en raison de blessures physiques dues à des collisions avec des véhicules, des fenêtres, des câbles électriques et autres objets. Par ailleurs, des causes métaboliques, toxicologiques et infectieuses constituent une part importante des prises en charge de rapaces sauvages. En revanche, les rapaces en captivité présentent souvent des affections liées à la gestion et propres à leur état de captivité. Burke et al. (2002) ont résumé que des rapaces utilisés pour la fauconnerie ou détenus en captivité peuvent souffrir de blessures consécutives à une mauvaise gestion ou à des logements inadaptés, de problèmes cutanés dus à des déficiences nutritionnelles, des morsures provoquées par d'autres animaux en captivité ou des animaux domestiques et des blessures pendant le transport. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
35 La législation belge sur le bien-être des animaux 13 précise les mesures qu'une personne doit respecter lors de la détention ou des soins apportés à un animal en Belgique. Art er Toute personne qui détient un animal, qui en prend soin ou doit en prendre soin, doit prendre les mesures nécessaires afin de procurer à l'animal une alimentation, des soins et un logement qui conviennent à sa nature, à ses besoins physiologiques et éthologiques, à son état de santé et à son degré de développement, d'adaptation ou de domestication. 2. Aucune personne qui détient un animal, en prend soin, ou doit en prendre soin, ne peut entraver sa liberté de mouvement au point de l'exposer à des douleurs, des souffrances ou des lésions évitables. Un animal habituellement ou continuellement attaché ou enfermé doit pouvoir disposer de suffisamment d'espace et de mobilité, conformément à des besoins physiologiques et éthologiques. 3. L'éclairage, la température, le degré d'humidité, la ventilation, la circulation d'air et les autres conditions ambiantes du logement des animaux doivent être conformes aux besoins physiologiques et éthologiques de l'espèce. Ces exigences minimales seront à la base de la description des besoins des rapaces décrits dans la littérature (scientifique). 5.1.Approvisionnement en nourriture et en eau Un apport alimentaire varié est recommandé : outre une stimulation possible des oiseaux par la variété des aliments, on réduit également le risque de carences en minéraux et oligoéléments. Si possible, la nourriture distribuée à des oiseaux vivant en captivité sera très proche de celle des oiseaux vivant à l'état sauvage (Forbes, 2002). Valkama et al. (2005) ont donné un aperçu du régime alimentaire de rapaces vivant à l'état sauvage en Europe. Cela va de petits mammifères, lièvres et lapins, pigeons, gibier à plumes à des oiseaux d'eau. Certaines espèces de rapaces, telle que la bondrée apivore (Pernis apivorus) et le faucon hobereau (Falco subbuteo) capturent des insectes, d'autres mangent du poisson (exemple le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et le pygargue à queue blanche ((Haliaeetus albicilla))(hammer et al., 1989). En réalité, la plupart des rapaces sont nourris avec des poussins d'un jour. Il est toutefois déconseillé de nourrir exclusivement avec des poussins d'un jour en raison d'une carence en certains minéraux et vitamines (Hammer et al., 1989). Lors du nourrissage à l'aide de poissons ou de poussins d'un jour, il est important de supplémenter en thiamine (Huckabee, 2000). Tabaka et al. (1996) conclurent néanmoins, après des essais sur des niches métaboliques, que l'alimentation ad libitum de buses à queue rousse (Buteo jamaicensis), de grands-ducs d'amérique (Bubo virginianus) et d'urubus à tête rouge (Cathartes aura) adultes vivant en captivité avec des poussins d'un jour ou des hamsters de 3 semaines et de l'eau couvre les besoins en énergie et en nutriments des oiseaux sans supplémentation. Dans la pratique, la nourriture est congelée pour sa conservation, ensuite elle est décongelée avant d'être donnée au rapace (Forbes, 2002). La congélation de l'aliment réduit les risques de transmission de la trichomonase (surtout chez le pigeon) de l'aliment au rapace (Forbes, 2002). 13 Loi du 14 août 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
36 D'une façon générale, les rapaces doivent être nourris une fois par jour et il est recommandé de les nourrir deux fois par jour lorsque les conditions météorologiques sont très froides (Forbes, 2002). Il n'y a pas unanimité sur la suppression de certaines parties d'une proie : ainsi, Huckabee (2000) a recommandé de ne pas éviscérer les proies pour offrir une alimentation complète sur le plan nutritionnel. Hammer et al. (1989) ont conseillé d'enlever les organes pour éviter la transmission de maladies, tandis que Forbes (2002) recommandait d'enlever le canal alimentaire de la proie pour des raisons d'hygiène. Vanommeslaeghe (2007) a résumé de la façon suivante : en raison du risque de contamination, il est nécessaire d'éviscérer l'animal, mais ce ne l'est pas chez les poussins et souris d'élevage. Dans le premier cas, la carence éventuelle en nutriments due à l'éviscération peut être comblée par une supplémentation en vitamines et minéraux. Pour garder une volière propre, Forbes (2002) recommandait d'enlever chaque jour les restes d'aliments non consommés (sans provoquer d'agitation), sauf lorsque des jeunes sont élevés. D'après Richter (1993), les espèces de rapaces plus petites devraient être nourries normalement deux fois par jour. Afin d'éviter un excès pondéral, un jour de jeûne par semaine est recommandé pour les espèces de rapaces petites et moyennes et deux jours par semaine pour les espèces de grande taille (Hammer et al., 1989). L'argument utilisé est que dans la nature aussi ces espèces de rapaces ne capturent pas une proie chaque jour (Hammer et al., 1989). Le besoin en eau des rapaces est couvert par l'eau qu'ils retirent de la nourriture qu'ils ingurgitent. Par conséquent, ils boivent rarement de l'eau (Kirkwood, 1980; Hammer, 1989). S'ils ne boivent pas régulièrement, les rapaces le font néanmoins de temps en temps, en particulier lorsqu'ils sont jeunes, par temps chaud ou lorsqu'ils sont malades. De l'eau potable, propre et fraîche sera donc toujours disponible (Forbes, 2002; Hammer et al., 1989). Par ailleurs, certains rapaces aiment à se baigner; il faut donc prévoir de l'eau fraîche dans une vasque (Hammer et al., 1989; Vanommeslaeghe, 2007). Forbes (2002) conseillait les baignades au moins une fois par semaine et de renouveler l'eau jusqu'à trois fois par semaine pendant les mois d'été. 5.2 Logement Dittrich (1988) a écrit dans un article d'opinion que la taille des systèmes d'hébergement n'est qu'un facteur qui détermine la qualité d'une cage ou d'un abri, et qu'il n'est donc pas possible de mesurer si un animal est détenu ou non selon les besoins propres à son espèce. Et l'auteur de citer à cet égard l'exemple d'une volière, parfaite imitation d'un habitat naturel. Toutefois, lorsque l'animal se sent dérangé pendant le nettoyage de son abri et, voulant s'échapper, vole dans le grillage, la volière n'a pas été adaptée à l'espèce qui y est hébergée, bien qu'elle remplisse les normes minimales. Et d'exprimer alors sa préférence pour une volière aux dimensions plus petites, où les animaux ont la possibilité de s'isoler s'ils se sentent dérangés. Par ailleurs, il indiquait que plus un système d'hébergement est petit, plus l'aménagement doit être de qualité. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
37 5.2.1 Hébergement sans attache : volières Structures de construction Parois En fonction de la destination des volières, on peut distinguer trois types (selon la classification de Brücher et al. (1995)). Volière 'ouverte' Dans les volières ouvertes, tous les côtés sont en grillage. Ces volières ont l'inconvénient qu'on peut regarder de tous côtés à l'intérieur, ce qui impose de prévoir des possibilités de retrait (Bertram, 2003), par exemple par des plantations appropriées. Pour la plupart des espèces cependant, les plantations ne suffisent pas et les volières partiellement fermées sont préférables (commentaire personnel de René Motmans). Le grillage ne peut pas être tranchant (comme le grillage à poule) pour éviter de blesser les yeux, le follicule, les plumes, les pattes et les griffes en cas de contact avec les fils (Forbes, 2002). Selon Hammer et al., (1989), des fils recouverts de matière plastique ou des filets en nylon très tendus conviennent le mieux. Pour le reste, on peut aussi utiliser des barreaux verticaux, mais il faut éviter les fils ou les grilles sur lesquels les rapaces peuvent grimper parce qu'il peut en résulter des dommages aux pattes et au plumage (Gibson, 1996). Selon les recommandations de Brücher et al. (1995), les volières ouvertes : ne conviennent pas aux espèces de rapaces à ailes courtes et rondes, et à longue queue, qui ont une vitesse d'envol élevée et peuvent virer rapidement, tels l'autour des palombes et l'épervier d'europe; conviennent en partie (uniquement des individus adaptés) aux espèces à ailes longues et étroites qui démarrent relativement lentement, mais ont un vol rapide, tels les faucons. Volière partiellement close Les volières partiellement closes ont, outre des parois latérales fermées en bois, en fibre de verre ou en maçonnerie, une ou plusieurs parois (partiellement) transparentes. Les parois fixes doivent être lisses, les autres sont de nature à ne pas blesser un oiseau qui s'y heurterait en volant (cf. volière ouverte) (Richter, 1993). Selon les recommandations de cet auteur, des rapaces adaptés de toute espèce peuvent y être logés, à l'exception des couples nicheurs. Vanommeslaeghe (2007) écrit que les meilleures volières se composent de trois parois fixes et d'une paroi en filet tendu. Par ailleurs, cette volière a idéalement un toit fermé et un perchoir surélevé où l'oiseau peut se retirer sans être dérangé et qui offre une protection contre toutes les conditions météorologiques, le vent, les précipitations et le soleil. L'ouverture sera de préférence orientée vers l'est (commentaire personnel de René Motmans). Volière totalement close La fermeture complète de toutes les parois était surtout la règle autrefois et ce type de volière était dénommé 'mue' (en anglais) 14. (pour la mue 15 de l'oiseau). Cette volière a seulement une amenée de lumière et d'air et la vue n'est pas possible de l'extérieur. Le nourrissage s'effectue par des trappes ou des buses (Hammer et al., 1989). Le matériau du toit fera également l'objet d'une attention particulière pour éviter blessures et dommages en cas de collision en vol (Richter, 1993). 14 Une volière avec seulement trois parois fermées peut aussi être utilisée pour la mue et est dénommée maisonnette de mue (Hammer, W., M. Heidenreich, J. Kösters, and G. Trommer Empfehlungen zur tierschutzgerechten Haltung von Greifvögeln und Eulen. Tieraerztliche Praxis 17: La mue est le changement de plumage. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
38 Richter (1993) a indiqué que ce type de volière peut convenir à toutes les espèces de rapaces, en particulier pendant l'élevage : pendant la saison de nidification, les rapaces sont sensibles aux dérangements et peuvent se blesser eux-mêmes dans la volière ou ne pas réussir à se reproduire s'ils sont trop dérangés (Forbes, 2002). Selon Hammer et al. (1989), les volières doivent avoir soit deux côtés qui offrent une protection contre le mauvais temps et un toit (cf. plus loin), soit posséder une installation intérieure qui protège du mauvais temps et du vent. Cette dernière structure de volière est souvent utilisée comme norme dans la littérature américaine (exemple : on subdivise en composants indoor facilities et outdoor weathering facilities ). L'aménagement intérieur est un abri équipé de perchoirs (pas de végétation) et éventuellement de fenêtres, dans lequel l'oiseau est protégé des aléas de la météo; l'aménagement extérieur permet à l'oiseau, par exemple, de profiter du soleil. Toit Les volières à rapaces doivent avoir un toit fermé recouvert d'un matériau imperméable de façon à offrir aux oiseaux un abri décent. Les toits transparents sont possibles pour plus de lumière, mais il vaut mieux les installer hors du voisinage des zones de nidification (Forbes, 2002). Le toit devrait être constitué pour moitié ou pour les deux tiers d'un matériau solide : une partie du toit doit rester ouverte pour permettre aux oiseaux de prendre un bain de soleil, de profiter de la pluie pour se baigner et, dans certains cas, de faire l'expérience de la neige si cela leur est naturel (Gibson, 1996). Le toit peut aussi être complètement fermé pour qu'aucune saleté ne tombe dans la volière. Dans ce cas, des panneaux de toiture en plastique transparent sont à conseiller (Vanommeslaeghe, 2007). Sol Parmi les couvre-sols, sont considérés comme de bons choix les cailloux, la tourbe naturelle, l'herbe, le gravier, etc. (Gibson, 1996; Richter, 1993; Vanommeslaeghe, 2007). Le foin, la sciure ou les écorces ne sont pas conseillés, parce qu'ils se nettoient difficilement, contaminent la nourriture et, lorsqu'ils sont trop humides, ils peuvent être source d'aspergillus sp. (Gibson, 1996) Aménagement d'une volière L'enrichissement du milieu est par définition la fourniture de moyens ou de structures pertinentes sur le plan biologique dans une cage, qui facilitent ou permettent un comportement naturel fortement motivé, de sorte que l'animal peut contrôler son environnement et préserver son homéostasie (Olsson and Dahlborn, 2002) (in Garner, 2005). Certes, il faut un équilibre entre le fait de fournir un environnement intéressant et stimulant pour les animaux et les préserver de tout risque pour leur santé (Kohn, 1994) : ainsi, l'intérieur d'une volière devra être aménagé de manière à ne pas entraver le vol de l'oiseau. Perchoirs D'une manière générale, les rapaces sont plus à l'aise s'ils peuvent percher à une certaine hauteur (Forbes, 2002; Hammer et al., 1989). Certes, il convient de tenir compte du fait que les oiseaux doivent au besoin être capturés sans leur causer un traumatisme. La hauteur du perchoir, sa forme et ses dimensions dépendent toutefois de l'espèce d'oiseau hébergé dans l'abri : ainsi, le messager sagittaire préfère se percher sur le sol, de sorte que des souches d'arbres basses ou de gros rochers lui suffisent. Les vautours (tant de l'ancien que du Nouveau Monde) ont besoin de perchoirs larges non dérapants avec beaucoup de place pour La détention de rapaces en captivité par les particuliers
39 atterrir, parce que leurs pattes n'ont pas une bonne adhérence. Il doit également y avoir suffisamment d'espace autour des perchoirs pour que l'oiseau puisse atterrir en toute sécurité et pour éviter tout dommage au plumage et aux pattes (Forbes, 2002). D'autres avantages de cet espace sont une meilleure visibilité et des abris plus propres. (Vanommeslaeghe, 2007). L'utilisation de perchoirs mobiles (en anglais swinging perches ; ils bougent lorsqu'un oiseau s'y pose) réduit l'impact de la force et donc les traumatismes potentiels aux pattes (telle que la pododermatite, cf. encart 4) (Forbes, 2002). Les perchoirs doivent être recouverts d'astroturf (gazon artificiel), de tapis ou de sisal tressé (Gibson, 1996). L'habitat naturel des oiseaux déterminera le type de perchoir. Lorsqu'ils sont à l'état sauvage aussi, les rapaces préfèrent utiliser des perchoirs que de poser sur le sol : Widen (1994) a mis au point une expérience d'observation de buses variables (Buteo buteo) vivant à l'état sauvage pour vérifier si la présence massive de perchoirs constitue un facteur déterminant dans l'utilisation des habitats par ces rapaces qui fourragent. Il en a conclu que les buses utilisaient plus souvent les vastes plaines avec perchoirs artificiels (à 6 m de hauteur) que les vastes plaines sans perchoirs. L'installation des perchoirs dans l'autre plaine a eu pour conséquence que celle-ci n'a plus été utilisée. Encart 4 - Pododermatite (en anglais bumblefoot ) Il s'agit du terme générique pour désigner toute inflammation ou état dégénératif de la patte d'un oiseau et peut aller d'une rougeur ou d'une tuméfaction très pâles à un abcès chronique profond ou une malformation osseuse. Cet état s'observe habituellement chez les rapaces en captivité et est dû principalement à un hébergement inapproprié ou à l'occupation de perchoirs inappropriés (Redig et Ackerman (2000), cité par Burke et al. (2002)). D'après Fox (1995a), la pododermatite peut être évitée dans 99 % des cas, et les perchoirs, le régime et l'hygiène sont des facteurs ayant une importance non négligeable. Muller et al. (2000) ont étudié l'apparition et les causes de la pododermatite du faucon dans les Émirats arabes unis et sont arrivés à la conclusion que chez les faucons capturés à l'état sauvage cette affection est significativement plus fréquente que chez les faucons nés en captivité. Chez les oiseaux capturés à l'état sauvage, une fréquence d'entraînement plus élevée (deux fois par jour au lieu d'une fois), un régime varié (régime composé de pigeons, d'outardes et de canards au lieu de cailles seulement) et un hébergement approprié pendant la mue (vol libre en volière au lieu d'un hébergement sur bloc) ont réduit l'apparition de la pododermatite. Cette différence a été expliquée par le métabolisme inférieur des oiseaux nés en captivité et leur meilleure adaptation à la situation de liberté de mouvement réduite. Sur la base d'informations récoltées dans un centre de réhabilitation pour rapaces sauvages (Californie, États-Unis), Rodriguez-Lainz (1997) a constaté que les aigles et les buses sont plus sujets au développement de la pododermatite, tandis que les hiboux présentent le risque le moins élevé. Espaces de nidification Certaines espèces de rapaces préfèrent nicher sur des rochers, d'autres dans des arbres, d'autres encore dans des creux ou des grottes, quelques-uns à même le sol. En examinant les critères de nidification d'espèces individuelles dans des textes de référence faisant autorité, il est possible de satisfaire les besoins spécifiques des individus (Forbes, 2002). Les espaces de nidification doivent être suffisamment vastes pour héberger confortablement à la fois les parents et un maximum de jeunes (Forbes, 2002). Dans les volières d'élevage, des possibilités de nidification ou de retrait doivent être aménagées et les oiseaux nicheurs doivent disposer en suffisance de matériaux pour leur nid (branches, rameaux) (Hammer et al., 1989). Les La détention de rapaces en captivité par les particuliers
40 hiboux à l'état sauvage ne construisent pas leur propre nid, mais se servent des endroits naturels ou artificiels ou des structures existantes construites par d'autres congénères (del Hoyo et al., 1994). Aussi, les hiboux se satisferont de nichoirs résistants à l'eau, de taille appropriée et en nombre suffisant (Hammer et al., 1989). Baignades Cf Dimensions recommandées pour les volières Généralités Everts (1989) a mentionné que dans des zoos, ce n'est pas tant la taille de l'espace de vie/la cage qui est le facteur déterminant que la qualité du modèle spatial. À cet égard, il plaidait pour que les critères de détention d'animaux sauvages ne doivent pas être déterminés par des mesures restrictives, car ces réglementations ne feraient que compliquer les innovations. D'après l'auteur, les rapaces sont déjà détenus dans la plupart des zoos dans de grandes cages; il n'empêche qu'il a constaté chez ces oiseaux seulement un minimum de mouvement, parce qu'ils leur manque la motivation pour bouger (chercher la nourriture, jouer, chercher un partenaire, etc.). Bien que certaines espèces de rapaces en captivité se reproduisent dans des cages relativement petites, Forbes (2002) a trouvé qu'un espace suffisant est favorable aux mouvements. Le tableau 9 donne un aperçu des dimensions qu'il recommande pour les volières d'oiseaux d'élevage. Tableau 9 : dimensions recommandées pour les volières d'oiseaux d'élevage d'après Forbes (2002) Espèce Envergure des ailes Dimensions de la volière (L x l) Hauteur de la volière Aigles, grands vautours 2 3 m 8 m 8 m 6 m Buses, milans, grands faucons, petits 1 1,75 m 7 m 7 m 4 m aigles, autours des palombes Petits faucons, petites buses, petits milans, petits autours 0,5 1 m 4 m 4 m 3 m Hammer et al. (1989) ont indiqué que les grandes volières souvent souhaitées (en particulier dans les zoos et les parcs à oiseaux) ne sont pas à conseiller pour tous les rapaces : ainsi, les espèces nerveuses et au vol rapide (autours, épervier, faucons hobereaux et busards) atteignent dans de longues cages des vitesses élevées et s'écrasent en vol contre les parois ou les grilles avec, pour conséquence, des dommages à leur plumage. Le tableau 10 donne les dimensions minimales fixées par ces auteurs et recommandées pour les volières. Tableau 10 : dimensions minimales recommandées (L x l x h) pour les volières d'après Hammer et al. (1989) Espèce Seuls En couple Jusqu'à maximum 5 exemplaires Petits rapaces et hiboux (jusqu'à la m m m La détention de rapaces en captivité par les particuliers
41 taille des faucons crécerelles et des chouettes chevêches Rapaces de taille moyenne (jusqu'à la taille des buses et des grands-ducs) Grands rapaces (jusqu'à la taille des aigles et des vautours) 3 x 2,5 x 2,5 m 4 3 2,5 m m m 8 x 5 x 3 m 10 x 6 x 4 m Avis et législation avec dimensions recommandées Fox et Chick (2007) ont suggéré que chaque espace pour un rapace ait une largeur et une longueur minimales qui soient le double de l'envergure de l'espèce qui y est logée. Lorsque cela est possible, il faut donner à l'oiseau plus d'espace pour un maximum de confort. Chez un individu qui présente des signes physiques de stress ou de dommages, il est clair que son acclimatation est insuffisante et doit être modifiée. Étant donné qu'il n'est pas possible de laisser un oiseau voler en permanence toute l'année, chaque détenteur de rapaces doit disposer d'une volière appropriée avec logement sans attache pour les périodes où l'oiseau n'est pas utilisé pour le vol (par exemple pendant la mue). Brücher et al. (1995) ont donné un aperçu détaillé des exigences en matière de dimensions de volières et de température pour les espèces de rapaces diurnes. Le tableau 13 illustre cet aperçu, les normes relatives aux catégories utilisées sont reprises dans le tableau 11 (exigences de superficie) et le tableau 12 (exigences de température). Par analogie, un tableau a également été établi pour les hiboux (tableau 14). Tableau 11 : catégories de critères de superficie minimale pour l'hébergement de rapaces (par animal; jeunes non compris jusqu'à ce qu'ils deviennent autonomes) d'après Brücher et al. (1995) Volière extérieure Espace intérieur (si Cat. Sup. Largeur Hauteur Superficie supplémentaire par animal nécessaire) Sup. Largeur Hauteur A 2 m² 1 m 2 m 1 m² 2 m² a 1 m² a 1 m a B 5 m² 2 m 2 m 1 m² 1,5 m² 1 m 2 m C 7,5 m² 2 m 2,5 m 3 m² 2 m² 1 m 2 m D 12 m² 2 m 2,5 m 6 m² (rapace diurne) 4 m² 1 m 2 m 3 m² (hibou) E 18 m² 3 m 2,5 m 6 m² (rapace diurne) 4 m² 2 m 2 m 3 m² (hibou) F 24 m² 3 m 3 m 10 m² 4 m² 2 m 2 m G Pour un couple : au moins 100 m² a Si seule la volière intérieure est chauffée. Par animal supplémentaire 1 m² de plus. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
42 Tableau 12 : catégories de critères de température d'après Brücher et al. (1995) Cat. Description I Résiste à l'hiver, nécessite uniquement une protection contre la pluie et le vent II Sensible aux températures très froides, requiert un espace ou abri fermé non chauffé III Sensible aux températures moyennement froides, requiert un espace intérieur protégé du gel et des courants d'air IV Ne supporte pas le froid, requiert un abri intérieur chauffé avec des températures supérieures à + 15 C. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
43 Tableau 13 : aperçu des critères de dimensions de volière et de température pour les espèces de rapaces diurnes d'après Brücher et al. (1995) Famille et Genre (G.) Espèce (nom commun français + latin) Catégorie de dimensions de cage Catégorie de température VAUTOURS DU NOUVEAU MONDE cathartidés Vautour noir Catharthes atratus D III Vautour aura Cathartes aura D IV Vautour pape Sarcoramphus papa D IV (très sensible au gel) Condor des Andes Vultur gryphus F I BALBUZARDS pandionidés Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus D II SECRETAIRES sagittariidés Secrétaire Sagittarius serpentarius G a IV AUTOURS accipitridés G. Elanus Élanion blanc Elanus caeruleus C IV G. Milvus Milan noir Milvus migrans D I II b Milan royal Milvus milvus D I Milan sacré Haliastur indus D IV G. Ichthyophaga Pygargue à tête grise Ichtyophaga ichthyaetus D IV G. Haliaeetus Pygargue à queue blanche Haliaetus albicilla F I Pygargue à tête blanche Haliaetus F I leucocephalus Pygargue à ventre blanc Haliaetus leucogaster D IV Pygargue de Pallas Haliaetus leucoryphus D I Pygargue vocifère Haliaetus vocifer D IV G. Gypaetus Gypaète barbu Gypaetus barbatus F I G. Aegypius Vautour moine Aegypius monachus F I G. Gypohierax Palmiste africain Gypohierax angolensis D IV G. Neophron Vautour percnoptère Neophron percnopterus D II-III b G. Necrosyrtes Vautour charognard Necrosyrtes monachus D IV G. Sacrogyps Vautour royal Sarcogyps calvus F IV G. Torgos Vautour oricou Torgos tracheliotus F IV La détention de rapaces en captivité par les particuliers
44 G. Trigonoceps Vautour à tête blanche Trigonoceps occipitalis F III G. Gyps Vautour fauve Gyps fulvus F I Vautour de l'himalaya Gyps himalayensis F I Vautour de Rüppell Gyps rueppellii F III G. Pseudogyps Vautour chaugoun Pseudogyps bengalensis D - Vautour africain Pseugogyps africanus D III G. Circaetus Circaète brun Circaetus cinereus D IV Circaète Jean-le-Blanc Circaetus gallicus D IV G. Terathopius Bateleur des savanes Therathopius ecaudatus D IV G. Spilornis Serpentaire bacha Spilornis cheela D IV G. Circus Busard des roseaux Circus aeruginosus D II Busard Saint-Martin Circus cyaneus D I G. Melierax Autour chanteur Melierax canorus D IV G. Polyboroides Gymnogène d'afrique Polyboroides typus D IV G. Accipter Autour des palombes Accipiter gentilis D I Épervier d'europe Accipiter nisus D I G. Kaupifalco Autour unibande Kaupifalco monogrammicus C IV G. Geranoaetus Buse aguia Geranoaetus melanoleucus D II G. Buteo Buse variable Buteo buteo C c I Buse à queue rousse Buteo jamaicensis C c I-II b Buse pattue Buteo lagopus D I Buse tricolore Buteo polyosoma D II Buse rouilleuse Buteo regalis D I Buse rounoir Buteo rufofuscus D III Buse féroce Buteo rufinus D I G. Pernis Bondrée apivore Pernis apivorus C c III G. Harpia Harpie féroce Harpia harpyja F III G. Morphnus Harpie huppée Morphnus guianensis F III G. Pithecophaga Aigle des singes Pithecophaga jefferyi F IV G. Polemaetus Aigle martial Polemaetus bellicosus F III G. Stephanoaetus Aigle couronné Stephanoaetus coronatus F IV G. Lophaetus Aigle huppard Lophaetus occipitalis D IV G. Hieraaetus Aigle de Bonelli Hieraaetus fasciatus D I-II b La détention de rapaces en captivité par les particuliers
45 G. Spizaetus Aigle orné Spizaetus ornatus D IV G. Aquila Aigle d'australie Aquila audax F I Aigle criard Aquila clanga D II Aigle royal Aquila chrysaetos F I Aigle impérial Aquila heliaca F I Aigle pomarin Aquila pomarina D II Aigle ravisseur Aquila rapax E I-II b Aigle de Verreaux Aquila verreauxii F III FAUCONS Falconidés G. Milvago Chimango Milvago chimango C III G. Phalcoboenus Caracara austral Phalcoboenus australis D I Caracara montagnard Phalcoboenus D II megalopterus G. Polyborus Caracara huppé Polyborus plancus D II G. Poliherax Fauconnet d'afrique Polihierax semitorquatus B IV G. Microhierax Fauconnet à collier Microhierax caerulescens A IV G. Falco Faucon lanier Falco biarmicus D I-II b Faucon sacre Falco cherrug D I-IIIb Faucon émerillon Falco columbarius C I Faucon d'eléonore Falco eleonorae D III Faucon laggar Falco jugger D II Faucon des prairies Falco mexicanus D I Faucon pèlerin Falco peregrinus D I Faucon gerfaut Falco rusticolus D I Crécerelle d'amérique Falco sparverius B II-III b Faucon hobereau Falco subbuteo C c III Faucon crécerelle Falco tinnunculus B I Faucon kobez Falco vespertinus B III a Car il s'agit d'oiseaux terrestres; leur détention est également possible avec les rémiges taillées d'un seul côté. b Tenir compte de l'origine : les exigences de température varieront en fonction de l'origine géographique. D'autres catégories seront peut-être plus indiquées. c Pour les oiseaux hébergés seuls, les exigences de superficie sont les mêmes que pour les couples : 10,5 m². La détention de rapaces en captivité par les particuliers
46 Tableau 14 : aperçu des critères de dimensions de volières et de température pour les hiboux d'après (Brücher et al., 1995) Famille, sous-famille (S), genre (G) Espèce (nom commun français + latin) Catégorie de dimensions de cage Catégorie de température STRIGIDÉS S. Tytonidae G. Tytonidae Effraie des clochers Tyto alba C I-II e Effraie du Cap Tyto capensis C IV S. Phodilinae G. Phodilus Chouette baie Phodilus badius B IV S. Asioninae G. Asio Hibou du Cap Asio capensis C a III Hibou des marais Asio flammeus C a I Hibou moyen-duc Asio otus C I Hibou criard Asio (Rhinoptynx) clamator C I-III e S. Striginae G. Aegolius Petite nyctale Aegolius acadicus B I Chouette de Tengmalm Aegolius funereus B I G. Athene Chouette brame Athene brama B IV Chouette chevêche Athene noctua B I e Chevêche des terriers (Speotyto) cunicularia B b II G. Bubo Grand-duc africain Bubo africanus C? IV Grand-duc d'europe Bubo bubo E I Grand-duc du désert Bubo ascalaphus E III Grand duc du Bengale Bubo bengalensis D IV Bubo omissus E I Grand-duc du Cap Bubo capensis E III Grand-duc de Verreaux Bubo lacteus E III-IV Grand-duc du Népal Bubo nipalensis D IV Grand-duc à aigrettes Bubo poensis C IV Grand-duc bruyant Bubo sumatranus D IV Grand-duc d'amérique Bubo virginianus E I-II e La détention de rapaces en captivité par les particuliers
47 G. Glaucidium Chevêchette brune Glaucidium brasilianum A IV Chevêchette cuculoïde Glaucidium (Taenioglaux) B IV cuculoides Chevêchette d'europe Glaucidium passerinum B I Chevêchette perlée Glaucidium perlatum A III-IV e G. Ketupa Kétoupa malais Ketupa ketupu D III Kétoupa brun Ketupa zeylonensis D III G. Micrathene Chevêchette des Saguaros Micrathene whitneyi A IV G. Ninox Chouette boobook de l'île de Norfolk Ninox C I novaeseelandiae G. Nyctea Chouette harfang Nyctea scandiaca C I G. Otus Petit duc de Bruce Otus brucei A III Petit-duc choliba Otus (Megascops) choliba A III-IV Petit duc à face blanche Otus (Ptilopsis) leucotis B III-IV Petit duc scops Otus scops A III Petit duc africain Otus senegalensis A III-IV G. Scotopelia Chouette pêcheuse de Pel Scotopelia peli D IV G. Strix Chouette hulotte Strix aluco C I Chouette dryade Strix hylophila C IV Chouette leptogramme Strix leptogrammica D III Chouette lapone Strix nebulosa E I Chouette à lunettes Strix (Pulsatrix) perspicillata D III Chouette de l'oural Strix uralensis D I Chouette rayée Strix varia C I Chouette africaine Strix (Ciccaba) woodfordi C IV G. Surnia Chouette épervière Surnia ulula D d I a Vivant pour l'essentiel sur le sol, requiert des sols couverts. b Doit pouvoir creuser le sol. c Actif le jour, vivant essentiellement sur le sol, une hauteur de volière de 2 m suffit. d Essentiellement active le jour. e Tenir compte de l'origine : les exigences de température varieront en fonction de l'origine géographique. D'autres catégories seront peut-être plus indiquées. La détention de rapaces en captivité par les particuliers
48 La base de ce texte d'avis a été reprise dans la législation autrichienne, où les "Verordnungen zum Bundesgesetz über den Schutz der Tiere" ont été publiés le 17 décembre 2004, avec en annexe 2 les critères de détention d'oiseaux. Une synthèse des dimensions requises est proposée dans le tableau 15. La législation comporte également une annexe spécifique avec les critères de superficie et de température par espèce de rapace (cf. D'une façon générale, le texte de loi impose des superficies plus élevées que le texte d'avis allemand de Brücher et al. (1995). Tableau 15 : superficies minimales des cages de rapaces aux termes de la législation autrichienne Espèce animale Sup. minimale, m² Hauteur minimale, m Sup. min. pour chaque animal supplémentaire, m² Condors, grands vautours, grands aigles Petits vautours (du Nouveau 30 2,5 10 Monde), petits aigles Grands faucons, buses, 10 2,5 5 caracaras, busards, milans, grands hiboux Petits faucons, hiboux moyens Fauconnets, petits hiboux Source : Bundesministerin für Gesundheit und Frauen (2004) La littérature fait souvent référence aux normes IWRC et NWRA (Miller, 2000) (cf. entre autres Gibson, 1996; Greene et al., 2004). Il s'agit des normes 'minimum standard for wildlife rehabilitations élaborées par l''international Wildlife Rehabilitation Council et la National Wildlife Rehabilitators Association. Ils travaillent avec trois espèces de cages, basées sur le statut médical de l'animal, à savoir une cage pour activité/mobilité réduite, une cage pour activité/mobilité limitée et une cage pour activité/mobilité illimitée. La première cage a pour but de maintenir un animal dans un espace confiné pour réduire presque tous ses mouvements, mais de prévoir un espace suffisant pour qu'il puisse adopter une station debout normale et tendre le corps, les aigles et la queue, mais pas assez pour sauter, voler ou courir. Pour la phase suivante de la réhabilitation (traitement physique et/ou acclimatation), une activité restreinte est autorisée. Les cages permettent des vols et des promenades/parcours de courte durée. La dernière cage, qui est la plus grande, est utilisée dans la dernière phase de la réhabilitation et prépare l'oiseau à son retour dans la nature en améliorant ses forces, en développant sa résistance et sa coordination, en rétablissant la tension musculaire et en l'acclimatant aux conditions météorologiques. Le tableau 16 illustre les dimensions minimales recommandées par l'iwrc/nwra dans les trois phases décrites de la réhabilitation. Les directives provenant d'une association/d'un conseil américains, la liste porte sur des espèces de rapaces indigènes des États-Unis et contient aussi des espèces moins connues. D'autres dimensions minimales pour les cages destinées à la réhabilitation peuvent être retrouvées sur les sites Web suivants : (Birds of prey foundation, Colorado, USA) La détention de rapaces en captivité par les particuliers
49 Tableau 16 : dimensions minimales des volières à rapaces (largeur x longueur x hauteur) aux fins de réhabilitation d'après Miller (2000) Espèce Activité réduite Activité limitée Activité illimitée Epervier de Cooper Accipiter cooperii Chevêche des terriers Speotyto cunicularia Petit duc maculé Otus asio Chevêchette des Saguaros Micrathene whitneyi Chevêchette brune Glaucidium brasilianum Petit duc nain d'amérique Otus flammeolus Chevêchette des Rocheuses Glaucidium 0,30 x 0,43 x 0,41 m 0,91 x 1,8 x 2,4 m 2,4 x 2,4 x 2,4 m californicum Petite nyctale Aegolius acadicus Petit duc de Porto Rico Otus nudipes Petit duc des montagnes Otus kennicottii Petit duc à moustaches Otus trichopsis Crécerelle d'amérique Falco sparverius Faucon Aplomado Falco femoralis Faucon crécerelle Falco tinnunculus buse grise Asturina plagiata Milan bec-en-croc Chondrohierax uncinatus Faucon émerillon Falco columbarius Milan du Mississippi Ictinia mississippiensis Faucon hobereau Falco subbuteo 0,41 x 0,58 x 0,48 m 1,8 x 1,8 x 2,4 m 2,4 x 4,9 x 2,4 m Chouette épervière Surnia ulula Buse à gros bec Buteo magnirostris Milan des marais Rostrhamus sociabilis épervier brun Accipiter striatus Buse à queue courte Buteo brachyurus Élanion à queue blanche Elanus leucurus Effraie des clochers Tyto alba Petite buse Buteo platypterus Épervier de Cooper Accipiter cooperii Buse d'hawaï Buteo solitarius 0,41 x 0,69 x 0,56 m 1,8 x 2,4 x 2,4 m 3,0 x 9,1 x 3,7 m La détention de rapaces en captivité par les particuliers
50 Hibou moyen-duc Asio otus Buse à épaulettes Buteo lineatus Hibou des marais Asio flammeus Chouette rayée Strix varia Buse noire Buteogallus anthracinus Caracara huppé Polyborus plancus Grand-duc d'amérique Bubo virginianus Buse de Harris Parabuteo unicinctus Autour des palombes Accipiter gentilis Busard Saint-Martin Circus cyaneus Buse pattue Buteo lagopus Buse à queue rousse Buteo jamaicensis Chouette tachetée Strix occidentalis Milan à queue fourchue Elanoides forficatus Buse de Swainson Buteo swainsoni Buse à queue blanche Buteo albicaudatus Buse à queue barrée Buteo albonotatus Pygargue à tête blanche Haliaetus leucocephalus Urubu noir Coragyps atratus Buse rouilleuse Buteo regalis Chouette lapone Strix nebulosa Aigle royal Aquila chrysaetos Faucon gerfaut Falco rusticolus Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus Faucon pèlerin Falco peregrinus Faucon des prairies Falco mexicanus Pygargue de Steller Haliaeetus pelagicus Chouette harfang Nyctea scandiaca Vautour aura Cathartes aura Pygargue à queue blanche Haliaeetus albicilla 0,41 x 0,69 x 0,56 m 1,8 x 2,4 x 2,4 m 3,0 x 15,0 x 3,7 m 0,91 x 0,91 x 0,91 m 2,4 x 3,0 x 2,4 m 6,1 x 30,0 x 4,9 m La détention de rapaces en captivité par les particuliers
51 Hébergement à l'attache - hébergement de fauconnerie Dans ce type d'hébergement, les rapaces sont attachés par des lanières de cuir (jet ou bracelets) autour du tarso-métatarse, auxquelles sont fixées une longe à l'aide d'un touret/émerillon. De nos jours, le cuir est parfois remplacé par une matière synthétique comme le nylon plus durable et plus facile à entretenir. La longe est à son tour fixé à un des systèmes d'hébergement suivants : Bloc et perche en arc Le choix du type de reposoir mobile dépend de l'habitat naturel de l'espèce de rapace. Ainsi, les espèces qui nichent dans les rochers, comme les aigles et les faucons, sont installées sur un bloc en forme de champignon (figure 1). La perche en arc (figure 2) est utilisée pour les oiseaux qui dans la nature reposent sur des branches, par exemple l'autour des palombes (Bertram, 2003). Les perches rondes, qui ne sont généralement plus utilisées, sont des versions de perchoirs installés plus haut, où l'arceau a un diamètre plus petit et forme un cercle complet fixé sur une barre. (Vanommeslaeghe, 2007). Ces perchoirs sont recouverts de tapis en gazon synthétique, de liège (chez les faucons) ou de cuir, l'astroturf étant particulièrement recommandé. (Vanommeslaeghe, 2007). Les deux systèmes d'hébergement nécessitent une protection contre les intempéries (soleil, vent, précipitations) (Hammer et al., 1989); un auvent (en forme de V inversé) est utilisé à cette fin (figure 2). Figure 1 : représentation d'un hébergement sur bloc Source : Bundesamt für Veterinärwesen (1983) La détention de rapaces en captivité par les particuliers
52 Figure 2 : représentation d'un hébergement sur perche en arc avec auvent Source : Bundesamt für Veterinärwesen (1983) Trolley ou fil de vol Un trolley se compose d'un câble en nylon ou en fils entre deux sièges. Le rapace est relié au câble par une corde avec anneau (figure 3). La longueur du trolley varie entre 4 et 15 m : chez les espèces à vitesse d'envol élevée, la corde peut être au maximum de 6 m à cause du risque de blessures. Pour éviter des blessures dues à un arrêt brutal, il est conseillé de fixer une pièce intermédiaire flexible à la longe (Bertram, 2003) ou d'installer des freins. (Hammer et al., 1989). D'après Hammer et al. (1989), l'avantage d'un fil de vol réside dans la grande liberté de mouvement qui est au moins égale à celle dans une volière. Figure 3 : représentation d'un trolley Source : Bundesamt für Veterinärwesen (1983) D'après René Motmans (commentaire personnel), cette forme d'hébergement ne convient qu'à des espèces de rapaces très calmes, tels le vautour et l'aigle. Les espèces comme l'autour, l'épervier ou le faucon ont des vitesses d'envol élevées qui occasionnent des blessures et des dommages au plumage en cas de logement sur trolley Perche haute Il s'agit d'une barre horizontale fixée à deux supports, la hauteur de la perche atteignant 1,2 à 1,5 m. Une toile de cuir ou un tapis sont accrochés verticalement sous l'oiseau pour l'empêcher de La détention de rapaces en captivité par les particuliers
53 s'entortiller (cf. figure 4). En raison du risque accru de lésion, l'oiseau doit être attaché de façon à ne pas pouvoir toucher le sol (Hammer et al., 1989; Vanommeslaeghe, 2007). Parce que la liberté de mouvement liée à l'attache d'un rapace à la perche haute n'est constituée que d'un fil court, cette forme d'hébergement d'après Hammer et al. (1989) ne se justifie que dans des cas particuliers (chez les oiseaux en dressage pour leur faire perdre l'habitude de s'enfuir et chez les oiseaux dressés pour les abriter pendant la nuit et en cas de mauvais temps) et uniquement pour peu de temps. Vanommeslaeghe (2007) a prescrit que cette perche ne pouvait s'utiliser qu'en présence du fauconnier. Figure 4 : représentation d'une perche haute Source : Bundesamt für Veterinärwesen (1983) Certains parcs animaliers exhibent, outre des rapaces en volières, également des rapaces à l'attache qui sont présentés dans des spectacles de rapaces comme attraction supplémentaire (Bertram, 2003). Une autre forme d'hébergement à l'attache utilisée en Belgique est une tablette fixée au mur (commentaire personnel de Patrick Morel). 5.3 Hygiène Lorsqu'un nettoyage biologique du matériel de sol peut avoir lieu (par exemple en cas d'utilisation de végétation verte), un nettoyage ne sera nécessaire que deux à trois fois par an (Hammer et al., 1989; Miller, 2000). En cas d'hébergement sous un toit fermé et de sol recouvert de sable grossier, de graviers, de terre ou d'écorces qui absorbent bien les fientes, un nettoyage approfondi doit être réalisé plus souvent pour prévenir entre autres les maladies et éviter que le plumage ne se salisse. Le nettoyage ne peut pas avoir lieu pendant la mue ou la période de nidification (Hammer et al., 1989). Lorsque les animaux sont attachés (hébergement de fauconnerie), le sol sous leur siège doit également être nettoyé régulièrement (Hammer et al., 1989). Les dispositifs de nourrissage, d'abreuvement et de baignade faciles à nettoyer doivent être installés de manière à ne pas être souillés par les excréments des pensionnaires des volières qui seraient perchés au-dessus (Bertram, 2003) Climat Les rapaces diurnes sont actifs pendant la journée et les hiboux sont, selon l'espèce, actifs pendant la journée, la nuit ou le soir. Toutes les espèces de rapaces aiment un certain ensoleillement, ce qui devrait être possible pour toutes les formes d'hébergement. Par ailleurs, des possibilités de se mettre à l'ombre doivent aussi être offertes : les rapaces diurnes aiment le soleil du soir et du matin, en général, ils se reposent à l'ombre sur le temps de midi. Dans la nature aussi, la plupart des espèces La détention de rapaces en captivité par les particuliers
Het houden van roofvogels in gevangenschap bij particulieren
Het houden van roofvogels in gevangenschap bij particulieren Place Victor Horta 40 1060 Brussel http://www.health.fgov.be Wetenschappelijk rapport RAAD VOOR DIERENWELZIJN IN BELGIË 2008 Place Victor Horta