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Timestamp: 2017-06-27 15:44:14+00:00
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Le juge ne peut annuler un licenciement que dans les cas expressément prévus par la loi ou dans l’hypothèse de la violation d’une liberté fondamentale (ex. : liberté d’agir en justice) (2 ; 3 ; 4).
discriminatoires ou prononcés suite à une action en justice du salarié fondée sur l’interdiction des discriminations (c. trav. art. L 1132-1 à L 1132-4) ;
Les sanctions de la nullité du licenciement Ø La réintégration du salarié
La nullité du licenciement, quel qu’en soit le motif, entraîne de plein droit la réintégration sur demande du salarié. La réintégration s’impose à l’employeur, sauf impossibilité matérielle.
La liquidation de l’entreprise constitue une impossibilité matérielle à la réintégration (5).
En revanche, il n’y a pas d’impossibilité matérielle lorsque les fonctions du salarié devant être réintégré ont été confiées à un prestataire extérieur (6).
Le salarié réintégré a droit au versement des salaires perdus entre son licenciement et sa réintégration (7).
Les revenus de remplacement et les rémunérations perçus pendant cette période doivent être déduits de ce versement (8), sauf lorsque le licenciement est déclaré nul pour cause de discrimination (ex. : grève, activité syndicale, état de santé) (9 ; 10)ou qu’il est déclaré nul en raison de la violation du statut protecteur d’un salarié protégé (à savoir, licenciement sans autorisation administrative) (11).
Dans ce dernier cas, le salarié peut cependant être condamné à rembourser les allocations de chômage à Pôle Emploi.
Ø Le droit à indemnité en cas de défaut de réintégration
-les indemnités de rupture : indemnités de licenciement (indemnité légale ou conventionnelle), indemnités de préavis ;
-en cas d’irrégularité de la procédure de licenciement, la réparation du préjudice lié à cette irrégularité soit par une indemnité distincte, soit par une somme comprise dans l’évaluation globale du préjudice résultant de la nullité du licenciement (12) ;
-des dommages-intérêts réparant l’intégralité du préjudice résultant du caractère illicite du licenciement, dont le montant, souverainement apprécié par les juges du fond, est au moins égal à 6 mois de salaire quels que soient l’ancienneté du salarié et l’effectif de l’entreprise (13).
La question s’est posée dans l’arrêt du 11 mai 2017 (1) de savoir si un salarié dont le licenciement est annulé et qui est réintégré dans l’entreprise peut obtenir le report des congés qu’il aurait dû acquérir pendant la période d’éviction et qu’il n’a pas pu prendre par la faute de l’employeur.
Dans l’arrêt commenté, un salarié en contrat à durée déterminée jusqu’au 3 août 2008 est victime d’un accident du travail et est placé en arrêt de travail jusqu’au 4 mars 2009.
En avril 2008, il saisit le conseil de prud’hommes d’une demande de requalification de son CDD en CDI et obtient gain de cause en 2010.
Or entre-temps, l’employeur lui notifie la rupture de son contrat à l’échéance de celui-ci (3 août 2008).
A tort : en mettant fin au contrat de travail pendant l’arrêt de travail du salarié, l’employeur n’a pas respecté la protection attachée aux salariés en accident du travail.
Les juges du fond, dans un précédent jugement, analyse cette rupture en un licenciement et ordonne la réintégration du salarié.
La réintégration a eu lieu le 8 septembre 2014.
Si le salarié a bien perçu le rappel des salaires qu’il n’avait pas perçu pendant la période d’éviction, il demande également :
Les juges du fond rejettent sa demande.
Toutefois, s’ils excluent la possibilité pour le salarié de bénéficier des jours de congés payés demandés, ils lui reconnaissent la possibilité de bénéficier d’une indemnité compensatrice de congés payés.
La Cour de cassation ne partage pas totalement cet avis et affirme que le salarié n’acquiert pas de congés payés pendant la période d’éviction.
(1) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 11 mai 2017 : RG n°15-19731
(4) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 3 février 2016 : RG n°14-18600
(5) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 20 juin 2006 : RG n°05-44256
(6) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 14 septembre 2016 : RG n°15-15944
(7) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 25 janvier 2006 : RG n°03-47517
(8) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 12 février 2008 : RG n°07-40413
(9) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 11 juillet 2012 : RG n°10-15905 (10) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 9 juillet 2014 : RG n°13-16434
(11) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 10 novembre 2006 : RG n° 04-47623
(12) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 23 janvier 2008 : RG n°06-42919
(13) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 14 avril 2010 : RG n°09-40486
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