Source: http://gazettenucleaire.org/2012/266.html
Timestamp: 2017-05-30 07:28:30+00:00
Document Index: 158572862

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

N°266, novembre 2012
TOURNANT ENERGETIQUE: vous y croyez? La Gazette a de forts doutes!!
La dernière de l’année: 2013 sera peut être mieux que 2012. Je le
souhaite à tous nos lecteurs et leurs proches. André Claude Lacoste le président du Collège ASN va être remplacé
par Pierre Franck Chevet. Souhaitons à l’un une retraite active et
sympa et à son successeur de continuer à nous garantir une vigilance
sans faille. Nous avons besoin d’une ASN forte et compétente. Petite satisfaction supplémentaire une femme (Margot
Timarche spécialiste en radioprotection) a succédé à Marie Pierre
Comets. Il eut été dommage que ce collège ne comporte plus que des
hommes. N’hésitez jamais à interroger les
inspecteurs: consultez les lettres de suite d’inspections et exigez en
vertu de l’article 19 (décret des CLI) à exiger de connaître la réponse
d’EDF. Agitez les CLI si vous n’arrivez pas à obtenir les informations
;documents, car leur mission est l’information. Et pour ce faire elles
doivent être vigilantes et savoir poser des questions: la sûreté, la
protection de l’environnement et de la santé l’exigent.Une petite info à propos des eaux souterraines.Interpellez votre site parce que ce type d’incident (pollution de la nappe) est trop fréquent:EDF: Bugey info rapide6 nov 2012Détection d'un niveau de tritium supérieur à la normale dans le sous-sol de la centrale La
centrale de Bugey vérifie périodiquement la qualité des eaux
souterraines en effectuant et en analysant des prélèvements via des
puits de contrôle. L'eau de cette nappe phréatique ne fait l'objet
d'aucun usage direct, ni pour l'eau potable, ni pour les besoins
agricoles. Courant octobre, les résultats des prélèvements de l’un
des puits, situé entre le Rhône et les unités de production n°2 et 3,
ont montré une concentration en tritium croissante et supérieure au
niveau attendu (atteignant 200 Bq/l, contre 8 Bq/l habituellement). Cette présence de tritium, très localisée, ne présente pas
à l'heure actuelle d'impact significatif pour l'environnement. Des investigations sont en cours pour déterminer l'origine
de la présence de tritium et vérifier l’étanchéité des différents
circuits et équipements associés aux effluents contenant du tritium.
Les eaux souterraines sont surveillées quotidiennement. La centrale de Bugey a déclaré cet événement à l'Autorité
de sûreté nucléaire le 15 octobre et en a également informé les
pouvoirs publics. À la suite de cette déclaration, l'ASN a réalisé une
inspection le 23 octobre et demandé le 31 octobre à l'exploitant de
déterminer l'origine de ce niveau de tritium et prendre les mesures
nécessaires. Une fois de plus il y a soit une rétention non étanche donc en mauvais
état: maintenance? Les fuites de tritium dans la nappe (voir Civaux,
Fessenheim…) sont en général dues à du matériel défectueux. Cette fuite
est trop récente pour avoir connaissance de la lettre de suite, mais
ces pollutions sont inadmissibles. La «Transition Energétique» est
en train de partir sur un mauvais pied. Ce n’est pas fort étonnant. Ce
ne sera guère que la ènième fois qu’on nous promettera un débat. Depuis
1977 il y a eu la mise en place (1979-1981) de «plans Alter, un débat
parlementaire et le rapport Hugon en 1981, une grande consultation
nationale aboutissant en 1994 au Rapport Souviron (Gazette nucléaire N°141/132: enterré
dans les sous-sols de l’Assemblée, car trop pluraliste), un débat
discret en 2004 (aboutissant à une loi pour le nucléaire) et pour finir
ce débat (2012-2013) où l’on invite un public trié sur le volet (par
manque de place...) Bon on verra!! Reste la problématique
«déchets»: la concertation ne marche pas non plus très
bien: le gouvernement qui est en train de chausser les souliers des
gouvernements précédents, n’a pas pris la mesure des demandes sociétales.
Certes les déchets existent et il faut bien se pencher sur leur sort. En
particulier tous les déchets anciens doivent être repris, mais qu’en
faire? Il faut passer par des entreposages qui permettront d’étudier des
solutions sans précipitation et en concertation avec les citoyens. Pour les déchets futurs: tout d’abord,
une politique énergétique commençant par les économies puis appliquant
l’efficacité énergétique, l’adéquation des besoins aux énergies possibles pour
le chauffage, pour l’industrie. Et surtout «partir des besoins des
citoyens» et ne pas les inciter à consommer inutilement. Tout ceci pourra
réduire les tas de déchets.(suite)
Ensuite: il faut repenser nos façons de
procéder et arrêter de se projeter dans un futur non connu, en affirmant
«on trouvera». Eh bien, non on ne trouve pas quand le tas est tel
que c’est devenu ingérable.
ailleurs Fukushima doit nous inciter à la modestie: un accident met un
pays dans une situation épouvantable. Plusieurs dizaines de milliers de
Japonais ont tout perdu et peinent à repartir. Vous pourrez lire la synthèse du
rapport de la commission japonaise. Ses recommandations sont sans appel et très
importantes. En effet, elles s’appliquent à tous les pays.
On ne peut pas jouer avec la sûreté et la
sécurité. Le nucléaire ne supporte pas l’«à-peu-près». La Gazette martelle ce message depuis qusiment 40 ans: on a l’impression de radoter... Force est de constater qu’on a gagné un accès à la documentation,
on peut même intervenir et se faire entendre. Par contre être écouté
est une autre paire de manche. C’est d’ailleurs plus frustrant que de
ne pas pouvoir parler: «cause toujours et je fais ce qui me plaît» est encore plus énervant que «ferme-là c’est moi qui détient la vérité et surtout le pouvoir». Je reste cependant persuadée qu’il faut des militants dans
les instances et d’autres à l’extérieur. C’est en effet le seul moyen
d’obliger à l’écoute: alors essayons de ramer tous dans le même sens.
De la diversité de nos points de vue naîtra notre force. Personne n’a
la vérité: chacun à la sienne. Et ce qu’il faut c’est chercher la
meilleure voie tous ensemble et ce sans s’injurier et se traiter de
traitre. La route est bien longue, mais comment faire autrement... Cette Gazette vous offre: - une fuite à Bugey (problème à suivre) - une annonce pour la sortie du livre «Cahiers de
Global Chance n°32»: L'efficacité énergétique à travers le monde, sur
le chemin de la transition - le Canada et les MAPPLE : un fiasco - la suite de DOEL 3 - Corruption: la Corée inspecte ses 23 réacteurs => contrefaçons sur des pièces - Fukushima: les coûts - Roumanie, Penly - À propos de CIGEO, la réalité géothermique - Les rejets de carbone 14 à la Hague - Manque de rigueur à l’usine de Romans sur Isère d’où un niveau 2 - Lettre de suite d’inspection à la Hague - Fukushima les conclusions de la commission indépendante : vaut le détour - CEDRA: un dossier sur Cigeo abordant des problèmes éthiques - Brennilis encore stoppée - Suite dossier Mably: analyse du dossier et liste des «bases chaudes» Bonne lecture à tous et merci de vos réabonnements. Et merci aussi de toutes vos nouvelles venant de vos luttes et que j’essaie de relayer. Notre webmaster s’est employé à restaurer le site: il y a peut être encore de petits soucis (en particulier avec l'existence de deux sites web,
investigation en cours...), mais le site est accessible et permet
d’avoir une version numérisée. Cependant si vous voulez que vive encore
la Gazette n’oubliez pas vos
réabonnements (ils rentrent déjà et c’est important). Bien sûr on a
fait des expertises et cela a rempli la caisse du GSIEN, nous
permettant de ne pas augmenter l’abonnement. Mais c’est tout de même un peu précaire. Bon courage à tous. Petite annonce:L’Assemblée Générale du GSIEN se tiendra à Paris le samedi 9 février 2013.Les convocations aux membres vont être envoyées.
Ritimo et Global Chance présentent leur co-édition «Passerelle n°8/Cahiers de Global Chance n°32»L'efficacité énergétique à travers le monde, sur le chemin de la transition Nous avons le plaisir de vous inviter à une réunion de
presse le jeudi 15 novembre à 10 heures à la Fondation pour le Progrès
de l'Homme 38 rue Saint-Sabin-75011 Paris (Métro Bréguet-Sabin) En présence de Benjamin Dessus, Bernard Laponche, Loïc Chappoz, Suzanne Humberset, Justine Peullemeulle. Cette revue est le fruit d'une collaboration d'une année pour coordonner une trentaine de contributeurs. L'objectif en est double: - Présenter un aperçu de politiques et de pratiques
concrètes qui s'engagent pour une consommation efficace de l'énergie
dans l'optique d'une «transition énergétique». - Démontrer que les leviers autour de l'efficacité énergétique
peuvent être reproductibles et généralisables. Les crises énergétiques récurrentes, les préoccupations
environnementales locales et globales, l’irrésistible montée des
inégalités énergétiques mondiales et de la précarité énergétique montre
les limites d’un système basé presque uniquement sur les questions de
production d’énergie et leurs conséquences. Dans toutes les analyses sérieuses de la «transition énergétique»
reconnue aujourd’hui comme indispensable et urgente, la prise en compte
simultanée des questions de maîtrise des besoins et de l’offre
d’énergie apparaît comme un élément central. L’efficacité énergétique
est donc une composante majeure de la réflexion et de l’action pour une
transition énergétique. C’est dans ce contexte
que Ritimo et Global chance ont souhaité mettre à disposition de leurs
lecteurs un aperçu des avancées, des expériences, des réussites, qu’ont
rencontré les porteurs de cette ambition «d’efficacité énergétique»
appliquée à la demande d’énergie dans des pays très divers à travers
les témoignages d’une série d’acteurs, publics, institutionnels,
bureaux d’études, entreprises, associations. Nous espérons vivement que vous voudrez bien honorer de votre présence cette réunion. Benjamin Dessus, Président de Global Chance. Suzanne
Humberset, responsable de l'initiative Coredem (Communauté des sites de
ressources documentaires pour une Démocratie Mondiale) à Ritimo. Contacts: Bernard Laponche: 06 08 90 52 48 bernard.laponche@fr.oleane.com Justine Peullemeulle: 01 44 64 74 16 j.peullemeulle@ritimo.org(suite)
Suite Canada: le fiasco des MAPPLE La Gazette
a publié un article sur les gros problèmes internationaux à propos des
radioisotopes pour la médecine. En effet, le réacteur canadien de CHALK
RIVER (NRU 1957) a dû être stoppé suite à très grave fuite. Comme l’écrit mon correspondant canadien: «l’un
des échecs le plus spectaculaire dans les annales du programme
nucléaire canadien est le ratage des 2 MAPLE, réacteurs conçus,
construits et en route vers son démantèlement sans avoir jamais
fonctionné un seul jour.» Ces réacteurs
de 10 MW ont été construits par AECL (Atomic Energy of Canada Ldt.)
pour être des réacteurs de production d’isotopes. Chacun d’eux était
supposé capable de fournir la même production que le NRU né en 1957,
arrêté en 2000, année où les réacteurs MAPLE auraient dû le remplacer. Mais ces réacteurs sont intrinsèquement dangereux. Contre
toute prévision, la réaction nucléaire tend à s’emballer sans
pouvoir être contrôlée dès que le niveau de puissance augmente dans un
des réacteurs. Pendant plus de 10 ans les
ingénieurs de Chalk River et de centres nucléaires d’autres pays se
sont démenés en vain pour comprendre la raison de l’instabilité des
MAPLE. AECL a renoncé et les 2 réacteurs ont été inscrits aux pertes et
profits. Sans se laisser découragée, la
compagnie privée Nordion a insisté pour que les MAPLE soient autorisés
à fonctionner de toute façon (sous couvert de la compagnie d’état
AECL), dans le but de produire des isotopes que Nordion aurait vendus
pour son seul profit. Une décision de justice
vient de mettre fin aux efforts de Nordion. Et comme l’annonce Tim
Loughead dans le «Canadian Medical Association Journal» voici le «One
last nail in the MAPLEs coffin» ou «le dernier clou dans le cercueil
des MAPLE.» En effet Nordion a bataillé 4 ans
pour obtenir l’autorisation de démarrage des 2 réacteurs. Cependant le
gouvernement fédéral et AECL ont refusé parce que ces réacteurs ont des
problèmes techniques trop importants. Nordion avait alors réclamé un
dédommagement de 350 millions de dollars. Ces
réacteurs devaient (première mondiale) être les premiers à fournir
seulement des isotopes médicaux. Commentaire Joli flop tout de même; on verra si notre perle de
Cadarache fait mieux: il a déjà au moins 4 à 5 ans de retard et à cause
de Fukushima pas mal de trucs à améliorer: Wait and see!!p.2
SUITE DOELSource AFP (Lesoir.be) L'Agence de contrôle nucléaire belge
(AFCN) n'exclut pas la fermeture définitive de deux des sept réacteurs
du pays pour des raisons de sécurité, selon un document interne obtenu
mercredi par l'AFP. Les réacteurs Doel 3 (à 25km d'Anvers, près de 130
km de la frontière française) et Tihange 2 (à 80 km au sud-est de
Bruxelles et près de 110 km de la frontière française), pourraient être
dangereux à terme. Tous deux sont équipés de
cuves métalliques installées au début des années 80 par la société
néerlandaise Rotterdam Drydocks qui n’existe plus aujourd’hui. Des
analyses complémentaires doivent être effectuées. Mais si la
dangerosité s'avérait, le calendrier belge de la sortie du nucléaire
pourrait être revu. Le pays dépend à plus de 50% du nucléaire pour sa
production d'électricité. D'autres pays pourraient être concernés.
Le problème pourrait par ailleurs concerner d'autres pays et les
contrôles s’étendre au-delà de la Belgique : l'entreprise hollandaise
aurait livré en effet pas moins de 21 réacteurs dans le monde. A
priori, cette société n'a participé à la construction d'aucune centrale
en France. Les Pays-Bas, dont la frontière est proche de Doel, ont
demandé mercredi des informations à la Belgique. De «potentielles fissures» à Doel 3. À la suite de la découverte de «potentielles fissures»
sur la cuve, l'AFCN a annoncé ce mercredi la mise à l'arrêt mercredi du
réacteur 3 de la centrale de Doel, l'un des sept réacteurs exploités
par Electrabel, une filiale du groupe français GDF Suez. Selon
l'agence, «il n'y a aucun danger pour la population, les travailleurs et l'environnement». En entretien depuis début juin, le réacteur n'est pas en fonction actuellement et «le combustible nucléaire a été déchargé».
Le réacteur de Tihange 2, équipé d'une cuve similaire, va être
également mis à l'arrêt pour être examiné. À terme, ce sera aux cuves
de Doel 4 et Tihange 3 de l'être. Des analyses en cours. «Une
nouvelle méthode d'analyses de la cuve au moyen de capteurs
ultrasoniques a été réalisée lors de la révision planifiée de la
centrale nucléaire de Doel 3. Si les résultats de ces analyses ne sont
pas encore complètement établis à ce stade, il apparaît déjà que les
capteurs ultrasoniques ont détecté sur la cuve la présence de très
nombreuses indications qui pourraient s'assimiler à de potentielles
fissures», explique l'AFCN. L'«opinion
finale de l'agence, se basera sur l'évaluation de sûreté du dossier
complet, de même que sur les avis de son Conseil scientifique, et sera
soumise à un audit international». Quoiqu'il en soit, Doel 3 ne sera pas remis en marche avant le 31 août 2012.Une possible révision du calendrier de sortie du nucléaire. Le directeur général de l'AFCN, Willy de Roovere estime
que «le calendrier de sortie du nucléaire pourrait devoir être revu à
la lumière de ces nouvelles informations». La Belgique a décidé de
sortir progressivement du nucléaire entre 2016 et 2025. Mais les deux
réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 devaient être parmi les derniers à
fermer, respectivement en 2022 et 2023. L'arrêt des deux réacteurs «ne pose pas de problème d'approvisionnement, du moins en période estivale, où la demande en électricité est moindre»,
selon le gestionnaire du réseau belge à haute tension, Elia. Mais qu'en
sera-t-il si les deux réacteurs ferment définitivement? Le gouvernement
a assuré que toutes les dispositions seront prises s’il s’avérait qu’il
fallait anticiper la fermeture d’une ou plusieurs centrales, selon
Lesoir.be.Doel 3, le point sur les contrôles en cours.Réponse aux questions les plus fréquentes par l’AFCN4 septembre 2012 12:44:12Mots-clés: centrale nucléaire, doel, nucléaire, sécurité nucléaire Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé dans les médias du
réacteur nucléaire de Doel 3. Parfois de manière très pertinente,
parfois un peu moins. Il nous a donc paru essentiel de répondre de
manière objective et précise aux questions les plus fréquentes qui sont
apparues et ont suscité le débat. Pour mieux le poursuivre...(suite)
Quelle est la fonction d’une cuve d’un réacteur nucléaire? C’est dans la cuve du réacteur que l’eau du circuit
primaire principal circule à travers le coeur, où elle est chauffée par
le combustible nucléaire. L’eau transfère ensuite sa chaleur au circuit
secondaire dans le générateur de vapeur, avant de retourner vers le
réacteur. La vapeur ainsi formée est destinée aux turbines et à la
production d’électricité. Les centrales
nucléaires d’Electrabel sont des unités PWR (Pressurised Water
Reactor), des réacteurs à eau pressurisée. Dans un réacteur à eau
pressurisée, cette eau ne bout pas sous l’effet de la pression à
laquelle elle est soumise. La cuve du réacteur doit donc être à
l’épreuve de pressions élevées. La cuve d’un
réacteur nucléaire se compose d’un corps de cuve et d’un couvercle. Le
corps de cuve mesure près de 13 mètres de hauteur (couvercle inclus) et
son diamètre extérieur atteint 4,4 mètres, pour un poids total de 330
tonnes (couvercle et éléments d’assemblage inclus). L’épaisseur de la
paroi de la partie cylindrique de la cuve atteint 20 centimètres. La cuve est constituée de composants forgés et usinés en
acier faiblement allié. Les principaux composants de la cuve (parois,
brides et tubulures) sont le résultat d’opérations de forgeage et
d’usinage métallurgiques. Ces pièces sont soudées entre elles et
protégées de la corrosion au moyen d’un fin revêtement en acier
inoxydable (environ 7 millimètres d’épaisseur, appelé ‘cladding’ ou
beurrage), déposé par soudage sur la face intérieure de la cuve, en
deux couches généralement. La cuve est, à la fin du processus de
fabrication, soumise à un test qui l’expose à une pression supérieure à
la pression maximale en fonctionnement, cela afin de vérifier sa
résistance. Ces contrôles sont effectués suivant les normes américaines
ASME (American Society of Mechanical Engineers). Quelle est la nature des indications rencontrées sur la cuve de Doel 3? En ce qui concerne la cuve de Doel 3, les inspections
effectuées ont permis d’identifier des indications de type lamellaire.
Selon Areva, il s’agirait de «défauts dus à l’hydrogène» (DDH) produits durant la fabrication de la cuve*. Ces «défauts dus à l’hydrogène» sont situés, en
général, le long des ségrégations qui sont des zones le long desquelles
des hétérogénéités de la composition chimique ont tendance à se former
lors de la solidification du lingot. Ils sont intégrés dans la masse
métallique dans les 120 premiers millimètres intérieurs de la paroi qui
fait 200 millimètres. Ces indications ne débouchent pas en surface (ni
côté interne, ni côté externe). Ces défauts
seraient liés à un excès d’hydrogène le long des ségrégations et ils se
formeraient lors du traitement thermique de forge. Ces défauts
seraient, d’après les experts métallurgistes du bureau d’études
Tractebel Engineering et du constructeur Areva, peu susceptibles
d’évoluer en service, vu leur orientation (indications lamellaires
quasi parallèles à la paroi donc soumis à très peu de contraintes). Comment avez‐vous découvert ces indications dans la cuve de Doel 3 ? En Belgique, dans le cadre d’une révision décennale, des
inspections de la cuve sont réalisées conformément à la réglementation
ASME et au Rapport de Sûreté. Electrabel avait décidé en concertation
avec les autorités de sûreté de profiter des révisions décennales pour
aller plus loin que le programme réglementaire «standard» de révision
et pour contrôler sous le revêtement de toutes les cuves en Belgique.
Cette inspection spécifique est liée au retour d’expérience de
contrôles effectués en France et qui ont révélé, à Tricastin et
Fessenheim principalement, l’existence de «défauts sous revêtement» (il
s’agit de défauts sous le revêtement en inox qui recouvre toute la
paroi interne de la cuve). La centrale de Doel 3 était
chronologiquement la première à passer cette nouvelle inspection lors
de la révision décennale en juin 2012. * Document EDF: Les DDH apparaissent lorsque le taux d’hydrogène dissous dans le métal issu du sidérurgiste (donc avant forgeage des différents éléments constitutifs de la cuve), est trop élevé. Ils se produisent dans l’acier de la cuve, sous forme de fissures parallèles à la paroi interne de la cuve.Pour éviter de tels défauts, le taux d’hydrogène est contrôlé à la coulée du métal, et un traitement thermique réalisé au cours du forgeage.Depuis l’origine, seules quelques pièces destinées au Parc EDF ont présenté des DDH. Elles ont toutes été mises au rebut, suite aux contrôles réalisés par le fabricant.p.3
Quelles analyses avez-vous réalisées? Afin de détecter la présence d’éventuels défauts sous
revêtement (comme sur certaines centrales françaises), nous avons
effectué en juin à Doel 3 l’inspection de la cuve sur une profondeur de
30 millimètres du matériau de base et à partir de la surface interne de
la cuve. L’examen a été réalisé à hauteur des assemblages combustibles
et a été étendu sur une zone de 20 centimètres en dessous et au dessus.
Cette opération a confirmé que la cuve de Doel 3 ne présentait pas de
«défauts sous revêtement». Par contre, d’autres
types d’indications ont été détectés, ce qui a conduit Electrabel,
courant juillet, à effectuer un examen sur toute la profondeur de la
paroi de la cuve (200 millimètres) et sur toute la surface. Ce
programme de contrôle supplémentaire a été proposé par l’exploitant à
AIB Vinçotte (organisme mandaté en charge du suivi des équipements sous
pression) et communiqué à l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire
(AFCN) et à sa filiale technique Bel V. Des indications situées
principalement entre 20 et 60 millimètres de profondeur à partir du
revêtement intérieur ont ainsi été détectées. Ces indications sont
quasi parallèles à la surface (inclinées de seulement 10 degrés par
rapport à la paroi). Il s’agirait de «défauts dus à l’hydrogène». Comment la cuve d’un réacteur a-t-elle été inspectée? L’inspection de la cuve d’un réacteur est effectuée par un
robot spécialisé de haute technologie. Celui‐ci est placé dans la cuve
pour sonder les parois. Sur les bras du robot se trouvent des caméras
ainsi que des appareils à ultrasons. Les caméras procurent des images
de la surface interne de la cuve. L’épaisseur de la paroi est soumise à
un examen ultrasonique. Des ondes sont ainsi envoyées à travers le
matériau, à l’instar de ce qui se fait en médecine. Pourquoi ces constatations n’ont pas été faites lors des tests de résistance? L’objectif des tests de résistance était de déterminer si
les centrales nucléaires belges disposent d’une marge de sécurité
suffisante pour garantir leur fonctionnement en toute sécurité, même
dans des conditions extrêmes (tremblement de terre, inondation, attaque
terroriste). Au cours des tests de résistance, le réacteur lui‐même n’a
pas été soumis à inspection. Les inspections du réacteur et de la cuve
se font, en effet, lors des révisions périodiques qui ont lieu à
intervalles fixes. Quelle est la situation dans les autres centrales belges? En concertation avec les autorités de sûreté, il a été
prévu que toutes les centrales belges subiront des inspections pour
détecter d’éventuels «défauts sous revêtement».En ce qui concerne
l’examen sur toute l’épaisseur de la cuve comme à Doel 3, il sera
pratiqué à Tihange 2. La cuve de Tihange 2 a, en effet, suivi le même
procédé de fabrication que celle de Doel 3. Ce contrôle est prévu
mi‐septembre dans le cadre de la révision qui a démarré le 16 août. Comme c’est toujours le cas dans notre processus
d’amélioration continue, les résultats des inspections complémentaires
seront intégrés à notre gestion du retour d’expérience et partagés avec
les exploitants à l’étranger. Il en sera tenu compte lors de futures
inspections d’autres unités nucléaires. Y a‐t‐il une fuite dans la cuve du réacteur? Non, il n’est absolument pas question de fuite. Les
défauts se situent à l’intérieur de la paroi de la cuve. Cette
situation n’a aucune influence sur le bien‐être et la santé des
collaborateurs ou des riverains, ni sur l’environnement. De plus, la
centrale est déjà mise à l’arrêt dans le cadre de la révision décennale
et ne redémarrera pas avant qu’une exploitation sûre ne soit garantie. La centrale de Doel 3 devra‐t‐elle fermer définitivement? Il n’est pas possible dans l’état actuel de répondre à
cette question. Nous devons attendre les résultats des multiples
analyses détaillées actuellement en cours. Peut‐on remplacer ou réparer une cuve? Le remplacement d’une cuve n’a, à ce stade, jamais été opéré. Quelle est la différence entre les indications constatées à Doel et les
«défauts sous revêtement» identifiés à la centrale de Tricastin et de
Fessenheim? En 1999, lors de l’inspection sous revêtement de la
cuve de Tricastin 1 (inspection limitée au 30 premiers millimètres
d’épaisseur sous le revêtement interne de la cuve), des défauts
longitudinaux ont été détectés. Ces défauts démarrent à l’interface
entre le métal de base et le revêtement inoxydable et se dirigent vers
le centre de la paroi. Ils sont situés dans les premiers 25 millimètres
du matériau de base de la cuve, en dessous du revêtement inoxydable.(suite)
défauts sont attribués à du «cold cracking», c’est‐à‐dire qu’ils
apparaissent suite à une température de préchauffage trop basse lors du
dépôt de la première couche de revêtement en présence de ségrégations
dans l’acier forgé de la cuve. À Tricastin, le redémarrage de la
centrale a été autorisé après justification par l’exploitant, au moyen
de modèles informatiques, de la résistance de la cuve (avec ces
défauts) en cas de chocs thermiques et autres sollicitations extrêmes
du métal. En ce qui concerne Doel, les inspections effectuées ont
permis d’identifier des indications de type lamellaire. L’hypothèse la
plus probable est qu’il s’agit de «défauts dus à l’hydrogène» (DDH).
Ils sont intégrés dans la masse métallique et ne sont pas en contact
avec la surface du métal. La presse a parlé de « fissures » déjà évoquées en 1979. Qu’en est‐il? Ce dossier n’a rien à voir avec les indications trouvées en 2012. En 1979, des «défauts sous revêtement» avaient été
identifiés au niveau des tubulures avant la mise en service des
centrales. Ces indications avaient pu être expliquées et justifiées,
d’où la mise en service avait été autorisée par les autorités
compétentes. Ce dossier a été définitivement clôturé après qu’une
inspection en service a confirmé en 1993 le caractère stable de ces
indications. Les tests d’Electrabel sont‐ils allés plus loin que ceux exigés par les autorités? Les tests qui ont permis d’identifier les indications vont
au‐delà des exigences réglementaires actuelles. Les autorités demandent
d’appliquer les codes et normes en vigueur tel que l’ASME XI (règles
pour le contrôle des équipements mécaniques en fonctionnement). Ceux‐ci
prévoient des contrôles réguliers des zones «sensibles» de la cuve,
notamment les soudures et les tubulures qui sont susceptibles de
présenter des défauts potentiellement évolutifs. Dans le cadre de
l’application du retour d’expérience d’EDF‐Tricastin relatif aux
«défauts sous revêtement» (DSR), les zones «non sensibles» de la cuve
ont également été inspectées. Les indications relevées dans la cuve de
Doel 3 n’ont pas été caractérisées comme «défauts sous revêtement»,
mais, vu le nombre détecté d’indications, Electrabel a décidé, en
concertation avec l’AIA (organe de contrôle pour les appareils sous
pression), de faire des inspections supplémentaires. Les contrôles complémentaires suite au retour d’expérience de
Tricastin s’inscrivent dans la démarche de tout exploitant nucléaire
d’intégrer les expériences des autres opérateurs dans sa politique
d’exploitation. C’est un des piliers de la sûreté nucléaire, qui est
notre priorité absolue. Étiez‐vous au courant de ces «défauts dus à l’hydrogène» depuis de nombreuses années? Nous n’avions aucunement connaissance de ces indications.
En effet, aucun contrôle en fonctionnement n’est requis sur ces zones
de la cuve localisées entre les soudures des différents anneaux. De
plus, les analyses par ultrasons réalisées au moment de la fabrication
depuis la surface externe de la cuve et sur toute l’épaisseur de la
paroi, compte tenu des techniques existantes à l’époque, n’ont pas
détecté les indications telles que constatées aujourd’hui. La résistance de la cuve de Doel a‐t‐elle été testée depuis sa mise en service? La résistance ou tenue de la cuve est contrôlée en
fonctionnement. L’impact de l’irradiation sur le métal de la paroi est
suivi à travers des essais mécaniques sur des pièces métalliques «
témoins » (des éprouvettes) qui sont insérées dans la cuve.
Concrètement, des échantillons prélevés lors de la fabrication de la
cuve sont placés à l’intérieur même de la cuve et subissent la même
irradiation que la cuve elle-même, voire une irradiation supérieure à
celle de la cuve. Cette opération permet d’analyser les éventuelles
évolutions du matériau de base en fonctionnement. Ces analyses
réalisées les dernières années (en ce compris à Doel 3) n’ont pas remis
en cause les caractéristiques mécaniques de la cuve. Qu’est-ce qu’une révision décennale? Le Rapport de Sûreté prévoit
la réalisation de révisions décennales. Il s’agit principalement d’une
réévaluation de la sûreté des installations mais aussi de travaux
d’entretien spécifiques. Au cours de la révision décennale,
l’exploitant et l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN)
contrôlent ensemble l’état des installations au regard des règles,
normes et pratiques telles qu’elles sont applicables actuellement aux
États-Unis et dans l’Union européenne (Code ASME). Il s’agit d’une
analyse complémentaire qui s’effectue parallèlement au processus
d’amélioration continue.p.4
La réévaluation de la sûreté des
installations dans le cadre d’une révision décennale se prépare sur 2 à
3 ans et l’arrêt pour travaux d’entretien dure de 5 à 6 semaines. Lors
de l’arrêt pour la révision décennale, le combustible nucléaire est
totalement retiré de la cuve du réacteur. Une inspection complète de la
cuve n’est réalisable, de manière programmée, que lors de ce type de
révision. À cette occasion, ce sont principalement les parties
sensibles de la cuve, notamment les soudures entre les divers anneaux
qui constituent la cuve du réacteur, qui font l’objet d’un contrôle
minutieux. Qui veille au fonctionnement sûr des centrales nucléaires? Ce sont d’abord les collaborateurs actifs sur le terrain
qui sont en première ligne pour veiller au bon fonctionnement des
centrales. Tous les collaborateurs d’Electrabel sont imprégnés d’une
véritable culture de la sûreté, priorité d’Electrabel. Tant pour nos
propres collaborateurs que pour les contractants, nous prévoyons des
formations et un coaching à cet effet. En plus des structures
générales de contrôle et de sécurité sur nos sites de production, les
centrales nucléaires disposent aussi d’un service de qualité permanent.
Les collaborateurs de ce service effectuent des audits internes durant
toute l’année afin d’évaluer la sûreté et la qualité de nos
installations et procédures. Évidemment, de nombreux organismes et
organisations externes surveillent également le fonctionnement de nos
centrales nucléaires. Cela s’effectue à plusieurs niveaux, du national
à l’international. Concernant la sécurité classique et la sûreté
nucléaire, nos activités sont suivies de près, dans le cadre du système
de contrôle de la qualité, par diverses instances: * Au niveau
national, la plupart des audits et contrôles sont effectués par
l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) et sa filiale technique
Bel V. Des inspecteurs de ces deux instances ont toujours accès libre
sur les sites des centrales nucléaires. * AIB Vinçotte est l’organisme mandaté en charge du suivi des équipements sous pression. * Au
niveau international, la WANO (World Association of Nuclear Operators)
et l’IAEA (International Atomic Energy Agency) sont présents
régulièrement sur nos sites. La WANO est une organisation mondiale qui
a été fondée par les plus grands exploitants nucléaires avec pour
objectif d’optimiser autant que possible la sûreté dans toutes les
centrales nucléaires réparties dans le monde entier. L’IAEA organise
notamment à la demande des États membres des missions OSART
(Operational Safety Review team). Quels fournisseurs sont intervenus pour la fabrication de la cuve de Doel 3? Voici les acteurs et leur rôle spécifique: * Krupp: la coulée des lingots. * Rotterdamsche
Droogdok Maatschappij: forgeage des viroles (bride inférieure, virole
inférieure, virole supérieure, virole porte-tubulure) et fabrication du
fond de cuve par emboutissage d’une tôle (fournie par Marrel Frères). * Cockerill: beurrage à l’acier inoxydable de la surface interne des viroles,
soudage et assemblage du fond de cuve et des viroles inférieures. * Framatome: - assemblage
de la partie supérieure: finalisation de la virole porte-tubulure avec
les tubulures des branches froides et chaudes, beurrage de la virole
porte-tubulure et bride supérieure, emboutissage du couvercle, soudage
des parties supérieures entre elles;-soudage de la partie inférieure (fournie par Cockerill) avec la partie supérieure. En quoi consistent les calculs et des tests de résistance en cours? Ces
calculs devront démontrer que les caractéristiques actuelles du
matériau (avec les indications) permettent l’exploitation future du
réacteur en toute sûreté. Pour ce faire, Electrabel travaille avec les
meilleurs experts, notamment métallurgistes, sur deux méthodes: * Calculs
déterministes (Tractebel Engineering avec supports externes):
détermination de la taille critique d’un défaut isolé, critère de
regroupement des défauts proches, vérification de la non propagation
d’un défaut. * Calculs probabilistes (Oak Ridge National Laboratory): calculs de la probabilité de propagation de défaut, calculs sur base
de la géométrie réelle des défauts relevés dans la cuve, simulation
dans différentes conditions d’exploitation et suite à des chocs
thermiques. En ce qui concerne la justification des caractéristiques
mécaniques (résistance aux chocs thermiques, ténacité, limite
élastique...), elle se fera avec Areva notamment sur un bloc témoin d’un
générateur de vapeur présentant des «défauts dus à l’hydrogène». Ce
dernier est à notre disposition pour conduire un programme de tests
destructifs et non destructifs et en déduire les caractéristiques
mécaniques actuelles de la matière dans les zones contenant des
indications.(suite)
Corruption:la Corée du Sud va inspecter ses 23 réacteurs nucléaires Le
régulateur sud-coréen a annoncé mercredi l'inspection des 23 réacteurs
nucléaires du pays après des révélations sur des cas de corruption et
de certification douteuse qui font craindre pour la sécurité de son
parc atomique. La Corée du Sud a prévenu lundi qu'elle
risquait d'enregistrer des pénuries d'électricité "sans précédent" cet
hiver après la fermeture des deux réacteurs de la centrale de
Yeonggwang (sud-ouest) pour pièces non conformes, alors que le réseau
du pays est déjà chroniquement déficitaire. "Les 23 réacteurs
en fonctionnement et cinq autres en construction seront contrôlés", a
déclaré à l'AFP Shim Eun-Jung, porte-parole de la Commission de
sécurité et de sûreté nucléaire. Des fournisseurs sont
soupçonnés d'avoir produit de faux certificats de conformité pour les
réacteurs de l'opérateur public Korea Hydro and Nuclear Power (KHNP).Le
régulateur va ouvrir une enquête pour établir d'éventuelles complicités
au sein de KHNP dont les patrons ont d'ores et déjà offert de
démissionner. En octobre, un réacteur avait été arrêté en raison
d'une défaillance des barres de contrôle. Un second réacteur s'était
arrêté automatiquement en raison d'un défaut de fonctionnement d'une
pompe d'approvisionnement en eau de refroidissement. En juillet
déjà, un autre réacteur de 1.000 mégawatts sur la même centrale s'était
arrêté automatiquement après un incident similaire. Le réseau nucléaire sud-coréen fournit environ 35% de la consommation électrique du pays.Un réacteur nucléaire arrêté après une défaillance en Roumanie(AFP (07.11.2012) Un
des deux réacteurs de la centrale nucléaire roumaine de Cernavoda
(sud-est) a été mis hors service mercredi après le déclenchement
"intempestif" d'un système automatique d'arrêt rapide, a annoncé la
société publique Nuclearelectrica dans un communiqué. "Les
causes de l'arrêt non planifié du réacteur N°2 sont analysées
selon les procédures de la centrale", a indiqué la compagnie, précisant
que le réacteur sera maintenu fermé jusqu'à l'éclaircissement de cet
incident. "Cet événement n'a pas mis en danger le personnel de
la centrale, la population ou l'environnement", a-t-on souligné de même
source. La Roumanie compte une seule centrale nucléaire équipée de deux réacteurs. Entrée
en fonction en 1996, Cernavoda utilise le procédé canadien Candu 6 et
fonctionne avec de l'uranium naturel et de l'eau lourde. Elle fournit
environ 18% des besoins en électricité de la Roumanie.Fukushima: coût doublé selon Tepco Le
coût du traitement de l'accident de Fukushima, intégrant la
décontamination et les dédommagements des victimes, pourrait atteindre
10.000 milliards de yens (100 milliards €), selon Tepco, la
compagnie gérante de la centrale nucléaire ruinée par le tsunami du 11
mars 2011. "Nous devons discuter avec le gouvernement des besoins selon
plusieurs scénarios", a répondu mercredi le président de Tepco,
Kazuhiko Shimokobe, à un journaliste l'interrogeant sur le risque d'un
doublement du montant de 5.000 milliards de yens précédemment évoqué
par le groupe.Source majeure d'information: fukushima.over-blog.fr/Le réacteur de la centrale nucléaire de Penly arrêté après un dégagement de vapeur (L’Express - 07.11.2012 - web) Un
dégagement de vapeur a été constaté ce mercredi à la centrale nucléaire
EDF de Penly en Seine-Maritime. Le réacteur numéro un du site a été
provisoirement mis à l'arrêt.Lire la suite:http://www.lexpress.fr/ Date: Thu, 8 Nov 2012 12:10:04 +0100p.5
En Belgique, la sortie du nucléaire se lézarde: toujours DOEL LE MONDE | 06.11.2012 à 13h46 • Mis à jour le 06.11.2012 à 14h02 Par Pierre Le Hir - Huy (Wallonie) Envoyé spécial Huy, son château fort, sa collégiale gothique, ses
carillons, sa centrale nucléaire de cœur de ville... Pas une rue de la
petite cité wallonne (22.000 habitants) d'où le regard ne bute sur les
tours de refroidissement des trois réacteurs de Tihange, mêlant leur
vapeur d'eau à un ciel chargé de nuages, au-dessus des eaux sombres de
la Meuse. L'horizon s'est encore obscurci depuis
qu'ont été découvertes, sur la cuve d'un de ces réacteurs comme sur
celle d'un réacteur de la centrale de Doel, en région flamande, de
"potentielles fissures". L'arrêt des deux unités, pour une durée
indéterminée, pourrait chambouler le plan de sortie du nucléaire de la
Belgique, déjà bousculé. "Au début, ça nous a inquiétés. Et puis, on nous a dit que les défauts étaient là depuis l'origine et qu'on ne risquait rien",
se rassure une hôtelière, qui voit défiler dans son établissement des
bataillons d'experts. Depuis l'origine? Pas de risques? C'est
précisément ce dont l'exploitant, Electrabel, la filiale belge du
français GDF Suez, doit aujourd'hui faire la démonstration. "Ce sera difficile à prouver", estimait cet été le patron de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), Willy de Roovere.DES MILLIERS D'ANOMALIES L'alerte a été donnée début août. Une inspection par
ultrasons a révélé que l'acier de la cuve du réacteur 3 de Doel-la
chaudière où se produit la fission nucléaire- était traversé de environ
dix mille discontinuités. Mi-septembre, des défauts similaires,
mais moins nombreux, ont été observés sur la cuve du réacteur 2 de
Tihange, livrée - comme une vingtaine d'autres cuves dans le monde -
par le même forgeur néerlandais. "On n'avait encore jamais vu ça,
relate Karina de Beule, porte-parole de l'autorité de contrôle, qui se
souvient de la fébrilité qui régnait alors dans ses bureaux. S'il n'y avait eu que vingt ou trente anomalies, ça n'aurait inquiété personne. Mais des milliers!"
La crainte est qu'en raison de leur nombre et de leur proximité les
discontinuités de l'acier, dont la plupart sont parallèles aux parois
des cuves mais certaines légèrement obliques, se transforment en
véritables fissures. Ce qui fragiliserait les chaudières métalliques,
soumises à d'énormes pressions internes. Electrabel s'est attelé à un "dossier de justification", visant à
démontrer que l'intégrité des cuves n'est pas menacée et que les
réacteurs peuvent être redémarrés. Des groupes d'experts internationaux
ont été constitués, les archives techniques dépouillées, des tests
métallurgiques réalisés dans un laboratoire d'Areva et des centres
spécialisés en Belgique, des calculs effectués."INCLUSIONS D'HYDROGÈNE" "Selon l'hypothèse la plus probable, les
défauts sont dus à des inclusions d'hydrogène formées lors du coulage
et du forgeage de l'acier", indique, au siège bruxellois de GDF Suez,
Wim de Clercq, directeur de la production et ancien directeur du site
de Tihange, en alignant coupes et schémas. Ils seraient donc présents
depuis que les cuves ont été fabriquées, au milieu des années 1970.(suite)
Est-on pour autant certain que, depuis leur mise en service en 1982, ils ne se sont pas aggravés? "Nous
ne présenterons notre dossier que si nous sommes sûrs que les deux
réacteurs peuvent redémarrer sans danger, répond Wim de Clercq. Il est
trop tôt pour conclure, mais le dossier avance bien." L'électricien prévoit de remettre son rapport fin novembre
à l'AFCN qui, assistée de ses propres experts et d'un conseil
scientifique, pourrait se prononcer début 2013. En cas de feu vert, les
deux réacteurs pourraient alors reprendre du service avant la fin de
l'hiver. Karina de Beule n'est pas aussi affirmative. "Aucune date
n'est fixée, dit-elle. Il se peut que nous demandions des analyses
supplémentaires. Tout doit être examiné à fond du point de vue de la
sûreté."SITE INONDABLE D'autres nuages s'amoncellent dans le ciel de Tihange. Sur
le réacteur 2 toujours, le béton de l'enceinte extérieure, épaisse d'un
mètre vingt, s'effrite sur une profondeur de trente centimètres à
certains endroits. L'exploitant va devoir établir que "cette enceinte résistera, le cas échéant, aux sollicitations encourues suite à un accident extérieur extrême".
Ce n'est pas tout. À l’issue des stress tests post-Fukushima, l'AFCN a
demandé que le site de Tihange, inondable en cas de crue de la Meuse,
soit protégé par un mur. En outre, l'une des piscines de désactivation
du combustible usé fuit légèrement... Les
vicissitudes s'accumulent au moment même où la Belgique vient de se
donner un nouveau calendrier de fermeture, d'ici à 2025, de ses sept
réacteurs (quatre à Doel, trois à Tihange), qui lui fournissent un peu
plus de 50% de son électricité, le reste provenant pour l'essentiel de
centrales au gaz et, pour 4%, d'énergies renouvelables. Or, dans ce
scénario, les deux réacteurs aux cuves suspectes – qui représentent un
tiers de la capacité nucléaire – ne devaient fermer qu’en 2022 et 2023. Lire aussi: Belgique: un compromis pour sortir du nucléaire Même si les deux tranches à l'arrêt finissent par
redémarrer, le pays va devoir trouver très vite un nouveau "mix
énergétique", alors même que des centrales à gaz, non compétitives,
sont en passe d'être arrêtées, et que plusieurs projets de centrales à
gaz de nouvelle génération sont bloqués."CADRE EN BÉTON" "Nous avons désormais un cadre de sortie du nucléaire en béton, mais il nous faut gérer des événements imprévus",
commente Joseph George, premier échevin (adjoint au maire) de Huy et
député centriste. Le gestionnaire du réseau de distribution, Elia,
avertit que, "dans l'hypothèse d'une
confirmation de l'indisponibilité des deux réacteurs, la Belgique
devient structurellement dépendante de ses importations à la pointe
hivernale". Lire aussi: La Belgique va sortir du nucléaire Pour la section belge de Greenpeace, l'arrêt prolongé des
deux unités (auquel s'ajoute l'arrêt temporaire, pour entretien, d'un
troisième réacteur) prouve que "la fermeture des centrales est bel et bien possible sans que les lumières ne s'éteignent". À la brasserie du bowling de Huy, le serveur ne dit pas autre chose: "Nous, les Belges, on est assez écolos sur les bords! Alors, le nucléaire, si on pouvait s'en passer, on serait très contents."Pierre Le Hir - Huy (Wallonie) Envoyé spécialp.6
* (Bugey et le tritium); Suite Edito: livre sur «l’Efficacité énergétique», Les
réacteurs producteurs d’isotopes, Suite Doël, Corée du
sud, Arrêt d’un réacteur roumain, Fukushima plus
cher, Suite Penly, Arrêt du nucléaire Belge?* La confusion des rôles (Antoine Godinot - PhD of Geology)* La Hague, terre sous influence du carbone 14* Inspection de FCBC à St Romans sur Isère, Inspection HAO à Areva la Hague* Fukushima: conclusions et recommandations de la Commission Indépendante* CEDRA et Bure, Analyse du projet BCSN à Roanne, Brennilis: pas de transfert à ICEDA, Bases chaudes en France