Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021211-237337
Timestamp: 2016-10-21 13:39:02+00:00
Document Index: 57072463

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 3", 'art. 3', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 9 ss, 11 décembre 2002, 237337
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 237337Numéro NOR : CETATEXT000008108377 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-12-11;237337 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 16 août 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Smilja X..., épouse Y..., ; Mme Y... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 26 juillet 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 mai 2001 par lequel le préfet du Rhône a décidé sa reconduite à la frontière et la décision du même jour fixant le pays de destination de la reconduite ;
2°) d'annuler cet arrêté et cette décision pour excès de pouvoir ;Vu les autres pièces du dossier ;
Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité" ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y... est entrée en France le 29 septembre 1998 de façon irrégulière en provenance de Yougoslavie et n'était pas titulaire d'un titre de séjour ; qu'elle était ainsi dans le cas où, en application du 1° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que le document produit par Mme Y... ne suffit pas à établir qu'elle ne peut pas se prévaloir de la nationalité yougoslave ni qu'elle est apatride ;
Considérant que si Mme Y..., dont la demande d'admission au statut de réfugié a d'ailleurs été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides confirmée le 27 novembre 2000 par la commission des recours des réfugiés, soutient qu'en tant que "Rom", elle a été, avec sa famille, l'objet d'humiliations et de persécutions, que sa maison a été détruite, et qu'elle n'a plus aucun droit en Yougoslavie, elle ne produit aucun document susceptible d'établir la réalité des risques personnels allégués en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme Y... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Smilja X..., épouse Y..., au préfet du Rhône et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 11 décembre 2002, n° 237337Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. HourdinRapporteur public : M. GoulardOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 9 ssDate de la décision : 11/12/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page