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Timestamp: 2016-10-21 14:56:23+00:00
Document Index: 174955450

Matched Legal Cases: ['art. 48', 'art. 46', 'art. 34', 'art. 55', 'art. 64', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 44', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 425', 'art. 425', 'art. 321', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 101', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 398', 'art. 44', 'art. 44', 'art. 99', 'art. 44', 'art 4', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 44', 'art. 397', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 84', 'art. 74', 'art. 84', 'art. 104', 'ATF ', 'art. 104', 'art. 102', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 156', 'art. 157']

4C.191/2004 (07.09.2004)
Me Pierre-Andr� Morand, avocat
(recours en r�forme contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice genevoise du 19 mars 2004).
Le 17 ao�t 1998, A.________, une citoyenne iranienne domicili�e � Londres, a conclu avec Y.________, soci�t� anonyme dont le si�ge principal est � Zurich, succursale de Gen�ve (ci-apr�s: la Banque), un contrat de compte courant, de giro bancaire et de d�p�t soumis aux conditions g�n�rales usuelles, ainsi qu'� celles relatives aux contrats d'options ex�cut�s par l'interm�diaire de la Banque.
L'article 5 des conditions g�n�rales, relatif aux erreurs de transmission, pr�voit que le dommage provenant de l'emploi notamment du t�l�phone ou de tout autre moyen de transmission et r�sultant en particulier de pertes, retards, malentendus, alt�rations ou doubles exp�ditions est � la charge du client, sous r�serve de faute grave de la banque.
Le gestionnaire principal du compte de A.________ �tait B.________, fond� de pouvoir et conseiller � la client�le de Z.________, unit� d'affaires de la succursale de Gen�ve en charge de la client�le priv�e fortun�e.
En son absence, le suivi des clients de B.________ �tait assur� par d'autres membres de Z.________, � savoir C.________, fond� de pouvoir et conseiller en investissements depuis le 1er septembre 1999, ou D.________, conseiller � la client�le.
Il a �t� retenu qu'A.________, sans activit� professionnelle, mais au b�n�fice d'une formation universitaire en �conomie politique, a une tr�s bonne connaissance des march�s boursiers. Elle suivait sur Internet l'�volution des cours, ainsi que des positions qu'elle d�tenait, avec un d�calage d'une quinzaine de minutes par rapport � la bourse, et savait se servir de l'instrument utilis� par la banque, appel� "Bloomberg", qui indique l'�volution des cotations en temps r�el. Elle t�l�phonait r�guli�rement � Z.________ pour conna�tre les cours et donner des ordres d'achat ou de vente. Lorsqu'elle n'obtenait pas le prix voulu, elle repla�ait les ordres sur le march� et recevait confirmation t�l�phonique de la vente.
A la fin de l'ann�e 1999, A.________ a fait part � B.________ de son m�contentement concernant les prestations de C.________, auquel elle reprochait une connaissance insuffisante du march� des options.
En janvier 2000, A.________ a rencontr� les conseillers de Z.________, dont B.________, et a annonc� qu'elle allait ouvrir une "position tr�s importante", n�cessitant un suivi �troit du dossier. C.________ l'a �galement appris. A.________ a obtenu l'assurance de Z.________ qu'en l'absence de B.________, son r�pondant serait D.________.
Le 14 janvier 2000, A.________ a achet�, au cours de 39 USD, 400 options qui permettaient chacune d'acqu�rir 100 actions Qualcomm Inc. au prix de 125 USD jusqu'au 22 avril 2000 (ci-apr�s: options 125). Le prix de la transaction �tait de 1'560'000 USD, plus 3'300 USD de commission, soit un prix total de 1'563'300 USD. Cette acquisition a �t� effectu�e par l'interm�diaire de C.________.
L'intention d'A.________ �tait de r�aliser une op�ration sp�culative � court terme, le cours de l'option 125 �tant tr�s volatil. Celle-ci voulait vendre ses 400 options 125 avant la fin du week-end du 22/23 janvier 2000 au cours de 50 USD, sinon au prix du march�, afin de r�aliser "un grand coup" et de mettre un terme � sa prise de risques. A son sens, l'�volution du cours de ces options n'�tait plus pr�visible d�s le lundi, car les march�s pouvaient r�agir � une prise de position de la R�serve F�d�rale Am�ricaine et le cours de l'option Qualcomm pouvait �tre influenc� si la soci�t� obtenait des brevets.
Le vendredi 21 janvier 2000, en l'absence de B.________, A.________ et C.________ ont eu plusieurs entretiens t�l�phoniques, durant lesquels A.________ s'est renseign�e sur le prix de diverses options et actions, notamment du cours des options 120 et des options 125. C.________ lui a annonc� par erreur que l'option 125 avait atteint le cours de 50 USD, alors qu'il s'agissait en r�alit� de l'option 120. Le cours de l'option 125 avait seulement vari� entre 43.88 et 49.25 USD ce vendredi.
A.________ a alors donn� l'ordre � C.________ de vendre les 400 options 125 de son portefeuille au cours de 50 USD et de la rappeler pour lui confirmer la vente. Il a �t� constat� qu'il n'y avait eu aucun malentendu entre la cliente et le conseiller en investissements: celle-ci lui avait donn� une instruction claire portant sur la vente des 400 options 125 � 50 USD en vue de cl�turer sa position, ce qu'avait bien compris C.________. La confusion s'est ensuite produite uniquement dans la sph�re de ce dernier.
Sans consulter le compte de la cliente, bien qu'il s'agisse d'un pr�alable indispensable � l'ex�cution de l'ordre, ce qui lui aurait permis de se rendre compte de son erreur, C.________ a pass� un ordre de vente portant sur 400 options 120 en lieu et place des 400 options 125. En proc�dant � cette op�ration, il �tait convaincu de vendre les options se trouvant sur le compte de la cliente.
L'ordre de vente d'A.________ n'a pas fait l'objet d'un enregistrement t�l�phonique, mais comme elle avait �t� plac�e � son insu sur haut-parleur, D.________ se souvient avoir entendu C.________ r�p�ter l'ordre de vendre 400 options 120 � 50 USD, ce qu'il avait par ailleurs not� sur le journal des ordres de bourse.
Vers 19 heures, C.________ a confirm� � A.________ que la vente avait �t� ex�cut�e � la bourse de New York, puis il a quitt� la banque.
Dans la matin�e du lundi 24 janvier 2000, C.________ s'est rendu compte de son erreur. Il en a fait part � B.________, qui en a inform� son sup�rieur. C.________ a re�u pour instruction d'aviser la cliente et de couvrir la position de la banque par l'acquisition de 400 options 120.
Aux environs de 14 heures, C.________ a t�l�phon� � A.________ en l'informant de la situation. Il s'est excus� de son erreur et a sollicit� des instructions pour les options 125 demeur�es dans le portefeuille de la cliente.
A.________, f�ch�e, a r�pondu, qu'elle souhaitait conna�tre la position de la banque avant de se prononcer. Elle a adress� un message �lectronique � B.________, afin d'obtenir une explication d�taill�e, pensant alors � tort que les options 120 se trouvaient dans son portefeuille et prot�geaient sa position relative aux options 125.
Le 25 janvier 2000, C.________ a annonc� � A.________ qu'il lui avait avait indiqu� un prix erron� pour les options 125, qui n'avaient jamais atteint le cours de 50 USD. Il a notamment pr�cis� que la Banque avait pu acheter les options 120 � 50 USD et qu'elle avait eu l'intention de lui cr�diter l'�ventuel b�n�fice de cette op�ration.
A.________ a compris de ces explications que, contrairement � ce qu'elle croyait, sa position n'�tait pas prot�g�e et qu'elle subissait une perte de l'ordre d'un million de dollars par rapport au b�n�fice escompt� de l'op�ration envisag�e, mais non ex�cut�e.
Le mercredi 26 janvier 2000, A.________ n'a obtenu aucun interlocuteur du management pour r�pondre � ses questions. L'un d'eux a indiqu� qu'elle "n'avait qu'� aller se faire voir", un autre a refus� de lui parler au t�l�phone, car "elle lui cassait les pieds".
Ce m�me jour, A.________ a eu un entretien t�l�phonique avec le directeur, E.________, � la suite duquel celui-ci lui a adress� par courrier �lectronique une offre transactionnelle portant sur le paiement de 60'000 USD, repr�sentant la diff�rence entre le cours des options 125 � la cl�ture du vendredi et le cours � l'ouverture le lundi matin. Il lui signalait �galement que sa position �tait toujours ouverte et qu'il demeurait dans l'attente de ses instructions. A.________ a ainsi appris de mani�re certaine que sa position n'�tait pas prot�g�e.
Le 27 janvier 2000, E.________ a avis� A.________ qu'il ne pouvait proc�der � la vente des 400 options 125 sans instruction de sa part et qu'il demeurait dans l'attente de celle-ci depuis lundi.
Le m�me jour, A.________ a r�pondu qu'elle consid�rait avoir donn� l'ordre de vendre ses 400 options 125, ce dont elle avait re�u confirmation. L'ex�cution n�gligente de la banque ne la concernait pas, d�s lors qu'elle s'�tait d�faite de ses options depuis le 21 janvier 2000. Elle a mis la banque en demeure de r�tablir sa situation dans les trois jours, sous peine d'entamer une proc�dure judiciaire.
Z.________ a relanc� en vain A.________ les 28 et 31 janvier 2000, le 11 f�vrier 2000, le 3 mars 2000, ainsi que les 4 et 20 avril 2000, afin d'obtenir son instruction de vendre les options 125. La Banque a encore pr�cis�, le 31 janvier 2000, qu'elle d�clinait toute responsabilit� d�s lors qu'A.________, au courant de la situation, devait donner des instructions. Elle lui a en outre signal�, le 11 f�vrier 2000, son obligation de r�duire le dommage.
Le cours moyen de l'option 125 a fluctu� � la baisse; il �tait de 40.815 le 24 janvier 2000, avant de passer � 36.505 le 25 janvier, � 21.815 le 26 janvier, � 19.19 le 27 janvier, � 13.565 le 28 janvier et � 16.505 le 3 mars 2000. Apr�s �tre remont� � 34.625 le 29 mars 2000, il a chut� � 0.22 le 20 avril 2000.
Le 8 d�cembre 2000, A.________ a assign� la Banque en paiement de 3'043'968 fr. plus int�r�t � 5 % d�s le 21 janvier 2000. Ce montant correspondait � la contre-valeur de 1'920'000 USD au taux du 21 janvier 2000, soit le montant de l'investissement initial de 1'560'000 USD, plus un gain manqu� de 360'000 USD repr�sentant ce que lui aurait rapport� la vente des 400 options 125 au cours de 48 USD.
Par jugement du 4 septembre 2003, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a admis la demande et condamn� la Banque � payer � A.________ la somme de 3'022'035 fr. avec int�r�t � 5 % d�s le 21 janvier 2000.
Admettant partiellement l'appel form� par la Banque, la Cour de justice, par arr�t du 19 mars 2004, a annul� le jugement du 4 septembre 2003 et, statuant � nouveau, elle a condamn� la Banque � payer � A.________ la somme de 1'114'700 USD avec int�r�t � 5 % d�s le 21 janvier 2000.
Contre l'arr�t du 19 mars 2004, les deux parties interjettent un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. A.________ (la demanderesse) conclut � l'annulation de la d�cision entreprise et � la condamnation de la Banque � lui verser le montant de 3'022'035 fr., contre-valeur de 1'888'600 USD au taux du 21 janvier 2000 de 1 USD pour 1,6004 fr., avec int�r�t � 5 % d�s le 21 janvier 2000. La Banque (la d�fenderesse) requiert, pour sa part, la r�forme de l'arr�t attaqu� dans le sens du rejet pur et simple de la demande et du renvoi du dossier � la cour cantonale pour qu'elle statue sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
La Banque propose de rejeter, dans la mesure de sa recevabilit�, le recours form� par A.________, alors que celle-ci conclut au rejet du recours interjet� par la Banque.
Par arr�t de ce jour, le Tribunal f�d�ral a rejet� le recours de droit public form� parall�lement par A.________ � l'encontre de l'arr�t du 19 mars 2004.
Interjet�s par les deux parties, dont aucune n'a obtenu le plein de ses conclusions, et dirig�s contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ), les recours portent sur une contestation civile dont la valeur litigieuse d�passe largement le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ). Ils ont en outre �t� d�pos�s en temps utile compte tenu des f�ries (art. 34 al. 1 let. a et 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ). Il convient donc d'entrer en mati�re.
2.2 Se fondant sur l'art. 64 OJ et, dans une moindre mesure, sur l'art. 63 al. 2 OJ, la demanderesse reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s. L'art. 64 OJ ne s'applique toutefois que lorsque l'arr�t attaqu� ne contient pas les constatations n�cessaires pour pouvoir statuer (ATF 123 III 367 consid. 4b p. 372, 445 consid. 3d p. 453), quant � l'art. 63 al. 2 OJ, il vise l'inadvertance manifeste, soit le cas o� l'autorit�, par inattention, a omis de prendre en consid�ration tout ou partie d'une pi�ce d�termin�e, vers�e au dossier, l'a mal lue ou mal comprise (cf. ATF 121 IV 104 consid 2b p. 106). Ces dispositions ne sauraient �tre utilis�es pour remettre en cause l'appr�ciation des preuves. C'est pr�cis�ment ce que cherche � obtenir la demanderesse, d�s lors que, sous le couvert des art. 63 et 64 OJ, elle s'en prend � la constatation cantonale selon laquelle elle n'aurait pas donn� d'instruction quant � la vente de ses options 125, malgr� les demandes r�it�r�es de la banque. On ne discerne cependant pas dans quelle mesure il ne serait pas possible de statuer sans les pi�ces invoqu�es, ni en quoi consisterait l'inadvertance manifeste. En r�alit�, la demanderesse se contente de discuter les faits, reprenant une motivation similaire � celle d�velopp�e dans son recours de droit public. Son grief n'est donc pas recevable dans la pr�sente proc�dure.
2.3 La d�fenderesse invoque pour sa part l'existence d'une erreur de calcul lors de l'�tablissement du montant mis � la charge de la demanderesse en vertu de l'art. 44 CO. Les juges ont retenu que celle-ci aurait d� vendre ses 400 options 125 portant sur 100 actions le 27 janvier 2000 au plus tard, au taux moyen de 19.19, ce qui lui aurait rapport� 767'000 USD. Comme le rel�ve la banque, 400 options x 100 actions x 19.19 aboutit au r�sultat de 767'600 USD. En vertu de l'art. 64 al. 2 OJ, c'est donc ce dernier montant qui sera pris en consid�ration si n�cessaire.
2.4 Pour le surplus, il ne sera pas tenu compte des faits invoqu�s par les parties qui ne ressortent pas de l'arr�t entrepris.
3.1 La cour cantonale a admis la responsabilit� de la banque, consid�rant que celle-ci n'avait fautivement pas ex�cut� une instruction de sa cliente dont le dommage, �tabli � 1'881'700 USD, se trouvait dans un rapport de causalit� avec l'inex�cution de l'ordre donn�. Les juges ont toutefois r�duit les dommages-int�r�ts dus � la demanderesse pour faute concomitante. Ils ont estim� que, comme elle avait re�u, le 26 janvier 2000, une offre transactionnelle et avait appris de mani�re certaine que sa position n'�tait pas couverte, il lui incombait, apr�s un bref d�lai de r�flexion, de donner pour instruction � la d�fenderesse de vendre ses 400 options 125, d�s lors qu'elle savait ou devait savoir que la baisse du cours de l'option �tait amorc�e. La part du dommage mise � la charge de la demanderesse correspondait ainsi au montant qui aurait pu �tre r�cup�r� si les 400 options 125 avaient �t� vendues au plus tard le 27 janvier 2000, soit 767'000 USD (recte: 767'600 USD). Contrairement aux premiers juges, la cour cantonale a d�termin� le montant � allouer � la demanderesse en dollars, ce qui correspondait � 1'114'700 USD (1'881'700 USD - 767'000 USD). Quant � l'int�r�t, il a �t� fix� � 5 % l'an d�s le 21 janvier 2000.
3.2 Dans son recours, la demanderesse reproche en substance � la cour cantonale d'avoir retenu une faute concomitante � sa charge et de lui avoir octroy� des dommages-int�r�ts formul�s en dollars. Quant � la d�fenderesse, elle conteste principalement sa responsabilit�. A titre subsidiaire, elle fait grief aux juges d'avoir sous-estim� la faute concomitante de la demanderesse. Enfin, elle conteste le dies a quo de l'int�r�t moratoire.
Il convient d'examiner en premier lieu le grief de la d�fenderesse concernant le principe m�me de sa responsabilit�, car son bien-fond� rendrait vide de sens les autres critiques d�velopp�es dans les deux recours.
4.1 Selon l'arr�t attaqu�, la demanderesse a conclu avec la banque un contrat de compte courant, de giro bancaire et de d�p�t. Cette qualification juridique n'est pas contest�e par les parties et n'appara�t pas contraire aux circonstances d�crites par la cour cantonale, de sorte qu'il n'y a pas lieu de la remettre en cause.
Les contrats pr�cit�s sont des contrats mixtes comprenant des �l�ments du mandat (cf. arr�t du Tribunal f�d�ral 4C.108/2002 du 23 juillet 2002, publi� in Pra 2003 no 51 p. 244, consid. 2a; ATF 126 III 20 consid. 3a/aa p. 22). En outre, lorsque la banque ex�cute, pour le compte de son client, des transactions d'achat de choses mobili�res ou de papiers-valeurs, les parties sont en g�n�ral li�es par un contrat de commission au sens des art. 425 ss CO, ce qui suppose, par le renvoi de l'art. 425 al. 2 CO, que les r�gles du mandat trouvent aussi application (Lombardini, Droit bancaire suisse, Zurich 2002, p. 451).
4.2 Le mandataire doit ex�cuter avec soin la mission qui lui est confi�e et sauvegarder fid�lement les int�r�ts l�gitimes de son cocontractant (art. 321a al. 1 CO applicable par le renvoi de l'art. 398 al. 1 CO). Il est responsable envers le mandant de la bonne et fid�le ex�cution de sa mission (art. 398 al. 2 CO). Si le mandant ne peut obtenir l'ex�cution de l'obligation ou ne peut l'obtenir qu'imparfaitement, le mandataire est tenu de r�parer le dommage en r�sultant, � moins qu'il ne prouve qu'aucune faute ne lui est imputable (art. 97 al. 1 CO) (ATF 128 III 22 consid. 2b). S'agissant des ordres re�us par le client, il est du devoir de la banque de les ex�cuter fid�lement (Lombardini, op. cit., p. 458).
En l'esp�ce, la cour cantonale a constat� que la demanderesse a donn� l'ordre clair de vendre les 400 options 125 de son portefeuille en vue de cl�turer sa position. Le conseiller en investissements, dont la banque r�pond en vertu de l'art. 101 CO, a bien compris cette instruction, mais a ensuite op�r� une confusion entre les options 125 et les options 120, vendant ces derni�res par erreur, ce qui a caus� � la demanderesse un dommage total de 1'881'700 USD. En pareilles circonstances, c'est � juste titre que la d�fenderesse ne conteste pas la violation de ses obligations contractuelles, ni l'existence d'un lien de causalit� entre cette violation et le dommage subi.
4.3 Reste la question de la faute. La banque soutient � ce propos qu'elle n'a commis aucune faute ou qu'une faute l�g�re, de sorte qu'en vertu de l'art. 5 des conditions g�n�rales, la cour cantonale ne pouvait la tenir pour responsable.
Il ressort des constatations cantonales que le conseiller en investissements, apr�s avoir re�u l'instruction de la part de la cliente de vendre les 400 options 125 et l'avoir correctement compris, s'est tromp� au moment de passer l'ordre de vente, indiquant 400 options 120. De la part d'un professionnel de la banque, le fait de confondre deux titres et de vendre le mauvais constitue ind�niablement une faute, qui se trouve encore renforc�e par le fait que le conseiller aurait d� consulter le compte de la cliente. L'int�ress� lui-m�me, ainsi que plusieurs membres de la banque dont le directeur, ont admis que ce contr�le constituait un pr�alable indispensable, �l�mentaire et incontournable � la passation de l'ordre et qu'il aurait permis d'�viter l'erreur. Le conseiller a ensuite faussement donn� � la cliente la confirmation de l'ex�cution de son ordre. Dans un tel contexte, on est loin de la "banale faute de frappe" �voqu�e par la d�fenderesse. A l'�vidence, la banque a commis une faute qui ne saurait �tre qualifi�e de l�g�re, comme elle tente en vain de le d�montrer.
Quant � l'art. 5 des conditions g�n�rales, il pr�voit une clause exclusive de responsabilit� de la banque, sous r�serve d'une faute grave de sa part, en cas d'erreur de transmission provenant notamment de l'emploi du t�l�phone. La d�fenderesse perd toutefois de vue qu'une telle erreur fait d�faut en l'occurrence, puisque, contrairement aux juges de premi�re instance, la juridiction d'appel a constat� que la m�prise ne provenait pas de l'utilisation du t�l�phone, car la cliente avait donn� un ordre clair que le conseiller en investissements avait bien compris, son erreur n'�tant intervenue que lors de la vente des options. L'hypoth�se vis�e par l'art. 5 des conditions g�n�rales n'�tant pas r�alis�e en l'esp�ce, il n'y a pas lieu de se demander si la banque, en fonction du degr� de sa faute, aurait d� �tre mise au b�n�fice de cette clause.
En admettant la responsabilit� de la d�fenderesse, la cour cantonale n'a, dans ces circonstances, pas viol� l'art. 398 CO.
Dans leur recours respectif, les deux parties invoquent une violation de l'art. 44 al. 1 CO, la demanderesse reprochant � la cour cantonale d'avoir appliqu� cette disposition, la d�fenderesse soutenant, � titre subsidiaire, que la r�duction aurait d� �tre calcul�e en fonction du cours des titres au lundi 24 janvier 2000 et non au jeudi 27 janvier 2000, date ne reposant sur aucune justification.
5.1 L'art. 44 CO, applicable � la responsabilit� contractuelle en vertu de l'art. 99 al. 3 CO, permet de r�duire les dommages-int�r�ts ou m�me de n'en point allouer si la partie l�s�e est responsable de son dommage ou de l'aggravation de celui-ci. L'art. 44 al. 1 CO laisse � cet �gard au juge une large marge d'appr�ciation au sens de l'art 4 CC (ATF 130 III 182 consid. 5.5.2; 127 III 453 consid. 8c p. 459). Dans un tel cas, le Tribunal f�d�ral ne substitue pas sa propre appr�ciation � celle de l'instance inf�rieure; il n'intervient que si celle-ci en a abus�, c'est-�-dire si elle a retenu des crit�res inappropri�s ou bien si la d�cision rendue aboutit � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 129 III 380 consid. 2 p. 382, 715 consid. 4.4; 128 III 428 consid. 4).
Dans ses relations avec la banque, l'inaction du client peut, dans certains cas, repr�senter une faute et justifier une r�duction des dommages-int�r�ts (arr�t du Tribunal f�d�ral 4C.96/1997 du 8 octobre 1997 consid. 5b/bb). Ainsi, le client qui n'a pas vendu l'actif qui �tait en sa possession � un moment o� il avait encore une certaine valeur risque de se voir reprocher de ne pas avoir tout fait pour r�duire son pr�judice (cf. Lombardini, Droit et pratique de la gestion de fortune, 3e �d. B�le 2003, p. 153).
5.2 En l'occurrence, la cour cantonale a relev� qu'avant le mercredi 26 janvier 2000, aucun reproche ne pouvait �tre adress� � la demanderesse. C'est ce jour-l� que la banque lui a fait une proposition transactionnelle et que la cliente a appris de mani�re certaine que sa position n'�tait pas prot�g�e. Selon les juges, comme la demanderesse savait ou devait savoir que la baisse du cours de l'option �tait amorc�e, il lui incombait, apr�s un bref d�lai de r�flexion, de donner l'instruction � la banque de vendre ses options 125 le jeudi 27 janvier 2000 au plus tard. Elle a d'ailleurs �t� sollicit�e � plusieurs reprises de vendre ses options. Compte tenu de ces �l�ments, la cour cantonale a fait supporter � la demanderesse le montant que lui aurait rapport� la vente de ses options au cours moyen du 27 janvier 2000.
Une telle motivation ne r�v�le pas la prise en compte de crit�res inappropri�s, pas plus qu'elle ne fait appara�tre le r�sultat auquel ont abouti les juges cantonaux comme choquant ou injuste. En effet, la responsabilit� de la banque ne pouvait dispenser la cliente, qui savait ou devait savoir que la baisse des titres �tait amorc�e, de donner pour instruction de vendre ses actions, ce qu'elle n'a pas fait selon les constatations de l'arr�t entrepris. En mettant � sa charge les cons�quences de son inaction � partir du 27 janvier 2000, la cour cantonale n'a ainsi pas abus� du large pouvoir d'appr�ciation que lui conf�re l'art. 44 CO.
5.3 Pour tenter de d�montrer une violation de cette disposition, les deux parties s'�cartent du reste des faits ressortant de la d�cision entreprise.
5.3.1 La demanderesse affirme qu'elle n'a commis aucune faute, car, comme le cours de l'option n'�tait pas pr�visible, l'ordre de vendre n'aurait pas eu pour effet de r�duire son dommage. Ce faisant, elle perd de vue qu'il a �t� constat� qu'elle savait ou aurait d� savoir, d�s le 26 janvier 2000 en tout cas, que la baisse du titre �tait amorc�e. En outre, lorsqu'elle soutient que les art. 397 et 398 CO imposaient � la banque de vendre les titres sans instruction, puisqu'il r�sultait des faits qu'elle voulait se d�faire des options 125 le plus rapidement possible, elle oublie que, selon l'arr�t attaqu�, il lui appartenait de donner � la banque les ordres d'achat ou de vente relatifs � cette op�ration. On ne voit donc pas pour quelle raison la banque, qui avait d�j� commis une erreur, ce qu'elle avait reconnu le 26 janvier 2000, aurait d� vendre les titres de sa propre initiative, en pr�sumant la volont� de sa cliente. Au demeurant, la banque lui a demand� � de r�it�r�es reprises l'ordre de vendre, de sorte que, si la demanderesse avait v�ritablement souhait� se d�faire de ses titres, comme elle le pr�tend, il lui suffisait de donner suite � l'une de ces requ�tes.
5.3.2 L'argument de la d�fenderesse, selon lequel c'est le lundi 24 janvier 2000 d�j� que la cliente aurait d� donner l'ordre de vendre ses options 125, occulte, pour sa part, le fait qu'il a �t� constat� que, ce lundi, la demanderesse pensait � tort que sa position relative aux options 125 �tait prot�g�e et qu'aucun reproche ne pouvait lui �tre adress� avant le mercredi 26 janvier 2000, jour o� elle a appris de mani�re certaine par le directeur que sa position n'�tait plus prot�g�e et o� elle a pu se rendre compte que la baisse du cours de l'option �tait amorc�e. On ne pouvait donc manifestement pas exiger de la cliente qu'elle se d�fasse de ses titres le lundi 24 janvier d�j�. En revanche, quoi qu'en dise la banque, il �tait admissible de retenir que, le 27 janvier 2000 au plus tard, soit le lendemain de l'annonce du directeur, la demanderesse aurait d� agir.
5.4 Par cons�quent, en mettant � la charge de la demanderesse le montant qu'elle aurait per�u si elle avait vendu ses titres le 27 janvier 2000 � la cotation de 19.19, soit 767'000 USD (recte: 767'600 USD; cf. supra consid. 2.3), la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral.
La demanderesse se plaint encore d'une violation de l'art. 84 CO, d�s lors que le montant qui lui a �t� allou� a �t� prononc� en dollars am�ricains et non en francs suisses.
L'art. 84 al. 1 CO pr�voit que le paiement d'une dette qui a pour objet une somme d'argent se fait en moyens de paiement ayant cours l�gal dans la monnaie due. Lorsqu'une dette est exprim�e dans une monnaie �trang�re, le d�biteur peut, sous r�serve de stipulation contraire, l'acquitter en monnaie du lieu du paiement (cf. art. 84 al. 2 CO). Seul le d�biteur b�n�ficie de cette facult� alternative et le dispositif d'un jugement qui ne serait libell� qu'en monnaie nationale n'appara�trait pas admissible (arr�t du Tribunal f�d�ral 4C.399/1996 du 17 juillet 1997, publi� in SJ 1998 p. 205, consid. 9a et la r�f�rence cit�e; cf. aussi, Loertscher, Commentaire romand, art. 84 CO no 17).
Ces principes supposent tout d'abord de se demander en quelle monnaie est due la cr�ance de la demanderesse envers la banque, attendu qu'il s'agit d'une pr�tention en dommages-int�r�ts reposant sur la violation d'un contrat. La doctrine consid�re que les cr�ances en dommages-int�r�ts doivent en principe �tre �tablies dans la monnaie de l'�tat dans lequel le dommage est survenu, tout en pr�cisant que, selon les circonstances, il se justifie de se fonder sur la monnaie du contrat. Tel est en particulier le cas lorsque les dommages-int�r�ts viennent remplacer une prestation en paiement (cf. Schraner, Commentaire zurichois, no 181 ad art. 84 CO et les r�f�rences cit�es).
C'est pr�cis�ment ce qui se produit en l'esp�ce. Les dommages-int�r�ts dus par la banque en raison de la violation de ses obligations contractuelles tendent � compenser la perte subie par la demanderesse dans le cadre d'une op�ration boursi�re portant sur des options libell�es en dollars am�ricains et dont la vente devait rapporter un b�n�fice en cette monnaie. Il faut donc admettre que le dollar am�ricain repr�sente la monnaie dans laquelle est due la cr�ance en dommages-int�r�ts au sens de l'art. 84 al. 1 CO. La cour cantonale n'avait ainsi d'autre choix que de libeller son dispositif en cette monnaie. On peut du reste m�me douter que la banque puisse disposer de la facult� de s'acquitter du montant des dommages-int�r�ts en francs suisses (cf. art. 84 al. 2 CO), d�s lors que les dettes d'argent sont des dettes portables (art. 74 al. 2 ch. 1 CO) et que la demanderesse est domicili�e � Londres.
Le grief li� � une violation de l'art. 84 CO s'av�re ainsi infond�.
En dernier lieu, la d�fenderesse, invoquant l'art. 104 CO, consid�re que le dies a quo de l'int�r�t moratoire aurait d� �tre fix� au 1er f�vrier et non au 21 janvier 2000, la demanderesse ayant mis en demeure la banque, le 27 janvier 2000, de s'ex�cuter dans un d�lai de trois jours.
7.1 L'arr�t attaqu� indique que le taux et le dies a quo de l'int�r�t moratoire n'�taient pas contest�s. La d�fenderesse peut tout de m�me remettre en cause ce dernier point dans son recours en r�forme, d�s lors que la jurisprudence admet la pr�sentation d'une argumentation juridique nouvelle, � condition qu'elle reste dans le cadre de l'�tat de fait ressortant de la d�cision attaqu�e (ATF 130 III 28 consid. 4.4 et les arr�ts cit�s).
7.2 La critique tombe toutefois � faux. En effet, s'agissant de la r�paration d'un dommage, l'int�r�t per�u est un int�r�t compensatoire (Schadenszins) qui vise � remettre le l�s� dans la situation patrimoniale qui aurait �t� la sienne si la r�paration du dommage avait eu lieu imm�diatement. Il court donc du jour o� le dommage est subi (Th�venoz, Commentaire romand, no 3b ad art. 104 CO). Bien qu'il poursuive le m�me but, il ne doit pas �tre confondu avec l'int�r�t moratoire (Verzugszins), d�s lors qu'il ne d�pend pas d'une demeure du d�biteur au sens de l'art. 102 al. 1 CO (ATF 122 III 53 consid. 4a p. 54). Le dommage s'�tant produit le 21 janvier 2000, on ne peut reprocher � la cour cantonale d'avoir fait courir l'int�r�t d�s cette date.
Compte tenu de ce qui pr�c�de, le recours de la demanderesse doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Quant au recours en r�forme de la d�fenderesse, il ne doit �tre admis que dans la faible mesure o� il rel�ve une erreur de calcul dans l'arr�t entrepris (cf. supra consid. 2.3). Celle-ci sera rectifi�e d'office (art. 64 al. 2 OJ), de sorte que c'est un montant de 767'600 USD � la place de 767'000 USD qui sera mis � la charge de la demanderesse. Sa pr�tention � l'encontre de la banque s'�l�ve ainsi � 1'114'100 USD (1'881'700 USD - 767'600 USD) et non � 1'114'700 USD comme retenu dans l'arr�t entrepris.
La demanderesse succombe enti�rement. La d�fenderesse n'obtient gain de cause que sur un point de d�tail, qui entra�ne seulement une modification insignifiante (de l'ordre de quelques milli�mes) du montant mis � sa charge, alors qu'elle concluait � sa lib�ration compl�te.
Dans ces circonstances, il se justifie de faire supporter � chaque partie ses propres frais et d�pens (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
L'inadvertance manifeste sera rectifi�e, ce qui entra�ne une modification de l'arr�t attaqu�, mais dans une si faible mesure qu'il n'y a pas de raison de r�partir autrement les frais et d�pens prononc�s dans la proc�dure cantonale (cf. art. 157 OJ).
Le recours de la demanderesse est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le recours de la d�fenderesse est tr�s partiellement admis.
L'arr�t attaqu� est rectifi� en ce sens que la d�fenderesse est condamn�e � payer � la demanderesse non pas la somme de 1'114'700 USD, mais la somme de 1'114'100 USD, avec int�r�t � 5 % d�s le 21 janvier 2000. Il est confirm� pour le surplus.
Un �molument judiciaire de 16'000 fr. est mis � la charge de la d�fenderesse.