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Timestamp: 2020-07-04 14:28:29+00:00
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Contentieux administratif : Le Conseil d’Etat précise les règles de recevabilité d’une requête dématérialisée
08/11/2018 /dans Contentieux administratif, Droit des collectivités, Droit public général /par Jérôme MAUDET
L’utilisation de la plateforme dématérialisée telerecours s’impose désormais aux praticiens du droit public.
Pour les particuliers, il est même désormais possible de déposer une requête, consulter les documents communiqués et suivre l’avancement de son dossier devant ces trois juridictions :
la section du contentieux du Conseil d’État,
Si la dématérialisation présente de nombreux avantages, un formalisme particulier est imposé par les textes notamment pour le dépôt et la numérotation des pièces.
A défaut pour le requérant de respecter ce formalisme, le greffe doit inviter celui-ci à régulariser son envoi en expliquant les moyens pour y parvenir dans un délai donné.
Passé le délai imparti, la requête peut être rejetée par ordonnance comme étant irrecevable.
Par un arrêt du 5 octobre 2018, le Conseil d’Etat est venu préciser les conditions de recevabilité d’une requête déposée via telerecours :
« 3. Aux termes de l’article R. 412-2 du code de justice administrative : » Lorsque les parties joignent des pièces à l’appui de leurs requêtes et mémoires, elles en établissent simultanément un inventaire détaillé. (…) « . L’article R. 414-1 du même code dispose : » Lorsqu’elle est présentée par un avocat, un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, une personne morale de droit public autre qu’une commune de moins de 3 500 habitants ou un organisme de droit privé chargé de la gestion permanente d’un service public, la requête doit, à peine d’irrecevabilité, être adressée à la juridiction par voie électronique au moyen d’une application informatique dédiée accessible par le réseau internet. La même obligation est applicable aux autres mémoires du requérant. (…) « . Aux termes des dispositions de l’article R. 414-3 du même code, dans leur rédaction applicable au litige : » Par dérogation aux dispositions des articles R. 411-3, R. 411-4, R. 412-1 et R. 412-2, les requérants sont dispensés de produire des copies de leur requête et des pièces qui sont jointes à celle-ci et à leurs mémoires. / Les pièces jointes sont présentées conformément à l’inventaire qui en est dressé. / Lorsque le requérant transmet, à l’appui de sa requête, un fichier unique comprenant plusieurs pièces, chacune d’entre elles doit être répertoriée par un signet la désignant conformément à l’inventaire mentionné ci-dessus. S’il transmet un fichier par pièce, l’intitulé de chacun d’entre eux doit être conforme à cet inventaire. Le respect de ces obligations est prescrit à peine d’irrecevabilité de la requête. / Les mêmes obligations sont applicables aux autres mémoires du requérant, sous peine pour celui-ci, après invitation à régulariser non suivie d’effet, de voir ses écritures écartées des débats. / Si les caractéristiques de certaines pièces font obstacle à leur communication par voie électronique, ces pièces sont transmises sur support papier, dans les conditions prévues par l’article R. 412-2. L’inventaire des pièces transmis par voie électronique en fait mention « .
7. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge du fond que M. et Mme F… et le GAEC F…ont adressé au tribunal administratif de Versailles, le 18 juillet 2017, en utilisant l’application Télérecours, une demande accompagnée d’un inventaire mentionnant vingt-deux pièces qui y étaient numérotées par ordre croissant continu et désignées par des libellés suffisamment explicites ainsi que d’un fichier unique global dans lequel ces pièces étaient réparties en étant toutes répertoriées par des signets reprenant les numéros des pièces figurant à l’inventaire mais sans comporter aucun libellé. Le même jour, l’avocat des requérants a reçu une invitation à régulariser cette demande dans le délai d’un mois. Cette demande de régularisation précisait, notamment, qu’en cas de transmission des pièces regroupées en un seul fichier informatique, ce fichier devait comporter des signets identifiant les pièces telles qu’elles étaient nommées dans l’inventaire. Toutefois, dès lors que chacun des signets figurant au sein du fichier unique global transmis le 18 juillet 2017 était intitulé d’après le numéro d’ordre affecté par l’inventaire détaillé à la pièce qu’il répertoriait, le président de la 3ème chambre de la cour a commis une erreur de droit en jugeant, pour rejeter l’appel des requérants, que leur avocat était tenu de régulariser la demande en produisant les pièces assorties des signets les désignant conformément à leur inventaire. Par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens du pourvoi, les requérants sont fondés à demander l’annulation de l’ordonnance qu’ils attaquent. » (CE, 5 octobre 2018, N°418233)
http://seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2015/03/clavier.jpg 842 571 Jérôme MAUDET http://www.seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2018/06/logo.jpg Jérôme MAUDET2018-11-08 15:54:182018-11-08 17:31:52Contentieux administratif : Le Conseil d'Etat précise les règles de recevabilité d'une requête dématérialisée
Contentieux administratif : conséquence du retrait d’une décision sur l’instance en cours
Par un arrêt du 15 octobre 2018, le Conseil d’Etat, est venu préciser l’office du juge lorsque la décision attaquée est retirée en cours d’instance.
Selon cet arrêt, si une décision administrative faisant l’objet d’un recours est retirée en cours d’instance pour être suppléée par une autre décision de même effet, le recours initial doit être regardé comme visant à obtenir l’annulation de la nouvelle décision même si celle-ci n’a fait l’objet d’aucun recours dans les délais impartis.
« 2. Considérant que, lorsqu’une décision administrative faisant l’objet d’un recours contentieux est retirée en cours d’instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l’annulation de la nouvelle décision ; que, lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet ; que le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision ;
Considérant que l’arrêt attaqué constate que M. B…n’a pas attaqué dans le délai de recours contentieux la décision qui lui a été notifiée le 5 février 2014 ; que la cour en déduit que le retrait de la décision du 13 novembre 2013 est devenu définitif et que le recours de l’intéressé, uniquement dirigé contre cette décision, a perdu son objet ; qu’il résulte toutefois de ce qui a été dit ci-dessus que ce recours devait être regardé comme tendant également à l’annulation de la décision notifiée le 5 février 2014, en tant qu’elle refusait de reconnaître l’imputabilité au service de la maladie de M.B… ; que ce recours conservait, dans cette mesure, un objet et devait être examiné par la cour ; qu’il suit de là que l’arrêt est entaché d’erreur de droit et doit être annulé ;» (Conseil d’État, 15 octobre 2018, n°41435)
Ainsi le retrait de la décision attaquée n’implique pas nécessairement la perte d’objet de l’instance puisque le juge doit se prononcer sur les moyens dirigés contre la nouvelle décision portant retrait de la précédente mais tendant aux mêmes fins.
http://seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2015/03/clavier.jpg 842 571 Jérôme MAUDET http://www.seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2018/06/logo.jpg Jérôme MAUDET2018-11-08 15:14:392018-11-08 15:14:39Contentieux administratif : conséquence du retrait d'une décision sur l'instance en cours
Droit administratif : liquidation de l’astreinte par le juge
03/05/2016 /dans Droit des collectivités, Droit public général /par Jérôme MAUDET
Le juge du fond apprécie souverainement l’existence d’une situation d’inexécution justifiant la liquidation de l’astreinte conformément aux dispositions de l’article L. 911-7 du Code de justice administrative.
» En cas d’inexécution totale ou partielle ou d’exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l’astreinte qu’elle avait prononcée.
Sauf s’il est établi que l’inexécution de la décision provient d’un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l’astreinte définitive lors de sa liquidation.
Elle peut modérer ou supprimer l’astreinte provisoire, même en cas d’inexécution constatée. »
Si elle l’estime opportun, la juridiction peut repousser la date d’effet de l’astreinte sans our autant accorder au débiteur un délai supplémentaire notamment pour évacuer les lieux.
Le juge administratif peut également limiter le taux de l’astreinte lors de la liquidation, en raison de la bonne volonté manifestée par le débiteur de l’obligation (CAA Marseille, 10 avr. 2006, n° 03MA01777).
Le juge a ainsi refusé de liquider une astreinte lorsqu’une commune justifié des diligences qui lui étaient demandées. (CE, 27 nov. 1996, n° 124244) ou en cas de dépassement mineur du délai imparti.
« 5. Considérant qu’il résulte de l’instruction que le ministre de la défense a, dès le 6 décembre 2014, soit dans le délai de deux mois suivant la notification de l’arrêt susmentionné du 7 octobre 2014, fait connaître à M. B…les suites qu’il entendait donner à sa demande d’avancement ; qu’ainsi, le ministre intimé a accompli les diligences nécessaires pour exécuter intégralement les arrêts de la cour de céans rendus les 19 juin 2007 et 7 octobre 2014 ; qu’il s’ensuit qu’il n’y a pas lieu pour la cour de procéder à une liquidation de l’astreinte infligée par le premier article du second de ces arrêts ; » (CAA de MARSEILLE, 8ème chambre – formation à 3, 08/12/2015, 14MA01616)
« 5. Considérant qu’il résulte de l’instruction que l’arrêt rendu par la Cour le 6 février 2014 a été notifié le 11 suivant à la CCIPPO ; que, certes l’exécution totale de cet arrêt a été établie par la transmission à la Cour le 11 juillet 2014, soit plus de deux mois après sa notification, d’une décision de réintégration non datée ; que, cependant, dans les circonstances de l’espèce, ce retard ne justifie pas qu’il soit procédé à la liquidation de ladite astreinte ; » (Cour Administrative d’Appel de Marseille, 9ème chambre – formation à 3, 19/12/2014, 13MA03432)
Voir également a contrario à propos d’une contravention de grande voirie :
« 3. Considérant, en deuxième lieu, qu’en présence d’une contravention de grande voirie, le juge administratif qui, ayant enjoint au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et prononcé une astreinte provisoire, se prononce sur sa liquidation peut, le cas échéant, modérer l’astreinte provisoire ou la supprimer, même en cas d’inexécution de la décision juridictionnelle ; que cette faculté doit s’exercer en tenant compte des diligences effectuées par le contrevenant pour exécuter sa décision ou, le cas échéant des mesures prises par la personne qui a obtenu le bénéfice de l’astreinte en vue de faire exécuter la décision d’injonction ou de l’existence d’une démarche contractuelle révélant que la partie bénéficiaire de l’astreinte n’entend pas poursuivre l’exécution de la décision juridictionnelle ; qu’en l’espèce, M. C… ne fait état d’aucune diligence accomplie pour déférer à l’injonction prononcée le 30 juin 2010, il y a plus de cinq ans, ni d’aucune difficulté à laquelle il aurait été confronté pour assurer la pleine exécution du jugement ; qu’ainsi qu’en atteste la démarche accomplie par le département en saisissant le tribunal, le bénéficiaire de l’astreinte entend poursuivre l’exécution de la décision juridictionnelle ; que M. C…se cantonne à des considérations liées aux difficultés financières auxquelles il se trouve confronté du fait de la liquidation prononcée ; que l’intéressé s’étant lui-même exposé à ce que l’astreinte soit liquidée du fait de sa propre carence, et, d’ailleurs, à ce qu’elle le soit à nouveau pour la période de déjà plus de huit cents jours qui continue à courir, ces considérations ne sauraient, en l’espèce, justifier ni une modération de l’astreinte prononcée ni, a fortiori, sa suppression ; » (CAA de MARSEILLE, 7ème chambre – formation à 3, 13/10/2015, 14MA05134)
http://seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2015/04/IMG_3994.jpg 527 480 Jérôme MAUDET http://www.seban-atlantique.fr/wp-content/uploads/2018/06/logo.jpg Jérôme MAUDET2016-05-03 16:30:242016-05-03 16:37:44Droit administratif : liquidation de l'astreinte par le juge