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Timestamp: 2017-06-24 22:24:01+00:00
Document Index: 72498171

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 103', 'art. 152', 'ATF ']

U 617/06 (29.03.2007)
U 617/06
recours de droit administratif contre le jugement du Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais du 22 décembre 2006.
A.________, née en 1955, a travaillé en qualité d'ouvrière agricole et était, à ce titre, assurée obligatoirement contre le risque d'accident auprès de Suisse Assurances.
Le 16 septembre 2002, elle a été victime d'un accident professionnel : alors qu'elle cueillait des pommes, elle est tombée d'une luge servant à cette activité et a été blessée à la tête. Elle a subi une incapacité de travail de 100 % dès cette date.
Suisse Assurances a pris en charge le cas. Une tentative de reprise du travail ayant échoué le 9 octobre 2002, elle a confié une expertise au docteur H.________, spécialiste en neurologie (rapport du 24 janvier 2003).
Se fondant sur cet avis médical, Suisse Assurances a rendu une décision, le 10 septembre 2003, par laquelle elle a supprimé le droit de l'assurée à une indemnité journalière dès le 17 mars 2003, ainsi que son droit à la prise en charge des frais médicaux à partir du 16 septembre 2003. L'assurée a fait opposition à cette décision par mémoire du 30 septembre 2003.
Suisse Assurances a alors confié une nouvelle expertise pluridisciplinaire aux docteurs H.________, M.________ et R.________, médecins au Centre multidisciplinaire X.________ (rapport du 11 novembre 2005).
Par décision sur opposition du 4 août 2006, Helsana Assurances SA (ci-après : Helsana), qui avait repris entre-temps le portefeuille d'assurances LAA de Suisse Assurances, a rejeté l'opposition formée contre la décision du 10 septembre 2003.
Saisi d'un recours contre cette décision sur opposition, le Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais l'a rejeté par jugement du 22 décembre 2006. Il a alloué au mandataire de l'assurée, à la charge de l'Etat du Valais, une indemnité de 820 fr. au titre de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours.
A.________ interjette recours de droit administratif contre ce jugement dont elle demande l'annulation, en concluant au maintien de son droit à une indemnité journalière au-delà du 16 mars 2003 et de son droit à la prise en charge des frais médicaux après le 15 septembre 2003. Par ailleurs, elle demande que le montant alloué au titre de l'assistance judiciaire gratuite en procédure cantonale soit porté de 820 fr. à 1'600 fr., taxe sur la valeur ajoutée non comprise. En outre, elle requiert l'assistance judiciaire gratuite pour la procédure fédérale.
2.1 La recourante conteste toute valeur probante au rapport d'expertise du CMD du 11 novembre 2005 en raison de la participation à l'expertise du docteur H.________. Celui-ci aurait dû se récuser, parce qu'il était déjà intervenu en qualité d'expert-neurologue dans l'expertise du 24 janvier 2003, confiée à lui par l'assureur. La recourante réfute le reproche que lui adresse la juridiction cantonale d'avoir invoqué tardivement le moyen tiré de la récusation de cet expert. En effet, elle n'aurait eu la possibilité de se déterminer ni sur la personne de l'expert ni sur le questionnaire adressé à ce dernier. Les exigences d'impartialité et d'indépendance n'ayant pas été respectées, elle soutient que l'expertise du 11 novembre 2005 est dépourvue de toute valeur probante.
2.2 Ces griefs ne sont pas fondés.
Le 18 août 2005, l'assurée a reçu une convocation du CMD pour se présenter les 29 septembre 2005 et 4 octobre 2005 aux fins de se soumettre à l'expertise envisagée. Le nom du docteur H.________ était mentionné dans la convocation en tant que médecin-examinateur (au sujet de la communication préalable du nom des experts en pareil cas, cf. ATF 132 V 376). Certes, la recourante allègue que son mandataire de l'époque n'a « jamais pu consulter le dossier » si bien qu'il n'avait pas connaissance du fait que le docteur H.________ était déjà intervenu dans cette affaire.
Cet élément n'est toutefois pas décisif. En effet, l'intéressée a donné procuration à son mandataire le 27 septembre 2004. A partir du mois de décembre 2004, celui-ci a échangé diverses correspondances avec l'assureur, sans demander à consulter le dossier. On peut en inférer qu'il était suffisamment informé de la situation. Au demeurant, la recourante doit de toute façon se laisser opposer un éventuel manque de diligence de la part de son représentant (licencié en droit) de l'époque : une demande de consultation du dossier est une démarche que l'on peut raisonnablement attendre d'un mandataire consciencieux. Au surplus, comme l'ont rappelé les premiers juges, le fait qu'un médecin est appelé à se prononcer à plusieurs stades de la procédure ne constitue pas, à lui seul, un motif de récusation.
2.3 Par la suite, le 14 septembre 2005, l'assureur a écrit a l'assurée pour lui confirmer les dates susmentionnées de l'expertise. En même temps, il lui a envoyé une copie du questionnaire d'expertise en précisant : «Dans le cas où vous souhaitez ajouter d'éventuelles questions, nous vous prions de bien vouloir nous en informer d'ici le 26 septembre 2005. Sans nouvelles de votre part à cette date, nous considérons que vous être d'accord avec le contenu dudit document ».
Cette lettre a été envoyée en copie au mandataire de l'époque de l'assurée. C'est donc de manière tardive, comme l'a retenu la juridiction cantonale, que la recourante a invoqué un motif de récusation (voir p. ex. ATF 124 I 121 consid. 2 p. 123, 119 Ia 221 consid. 5a p. 227, 118 Ia 282 consid. 3a p. 284; Egli/Kurz, La garantie du juge indépendant et impartial dans la jurisprudence récente, in : Recueil de jurisprudence neuchâteloise [RJN] 1990 p. 28 s.).
La recourante reproche ensuite aux premiers juges d'avoir examiné la question de la causalité adéquate au regard de la jurisprudence en matière de troubles psychiques (ATF 115 V 133, 413) et non celle qui est applicable en cas de traumatisme de type « coup du lapin »(ATF 117 V 359). Ce reproche n'est pas justifié. En effet, si les lésions appartenant spécifiquement au tableau clinique des suites d'un traumatisme de type « coup du lapin » à la colonne cervicale, d'un traumatisme analogue ou d'un traumatisme cranio-cérébral, bien qu'en partie établies, sont reléguées au second plan par rapport aux problèmes d'ordre psychique, ce sont les critères énumérés aux ATF 115 V 133 consid. 6c/aa p. 140 et 403 consid. 5c/aa p. 409, qui doivent fonder l'appréciation de la causalité adéquate (ATF 123 V 98 consid. 2a p. 99; RAMA 2002 n° U 470 p. 532 consid. 4a). Or, en l'espèce, comme l'ont considéré les premiers juges sur la base de l'expertise du CMD, après un délai de six mois à compter de l'accident, la symptomatologie constatée est l'expression d'une surcharge psychogène massive.
Pour ce qui est de l'examen des critères en matière de causalité adéquate dans le domaine des troubles psychiques consécutifs à un accident, on ne peut que renvoyer au jugement attaqué, qui retient au terme de cet examen et conformément à la jurisprudence, que les critères déterminants ne sont pas réunis.
Enfin, la recourante reproche aux premiers juges de n'avoir alloué qu'un montant de 820 fr. au titre de remboursement des honoraires et des frais de son avocat d'office. Elle n'a toutefois aucun intérêt digne de protection à ce que le jugement attaqué soit modifié sur ce point, et partant, n'a pas qualité pour recourir devant le Tribunal fédéral (art. 103 let. a OJ). En effet, comme cela ressort d'ailleurs du dispositif du jugement cantonal, l'avocat est seul créancier de l'indemnité qui lui a été allouée à titre de mandataire d'office, si bien qu'il avait seul qualité pour recourir (SVR 1995 AlV no 42 p. 119 consid. 4; arrêts du Tribunal fédéral des assurances des 15 juillet 2003, H 120/03, consid. 3 , et 2 mai 2003, U 261/02, consid. 4). Or, sur ce point, l'avocat n'a pas interjeté recours de droit administratif en son propre nom ni déclaré agir en cette qualité. La conclusion prise ici est irrecevable.
La recourante, qui succombe, demande à bénéficier de l'assistance judiciaire pour la procédure fédérale.
Dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée vouées à l'échec, il n'y a toutefois pas lieu de donner suite à cette requête (art. 152 OJ; cf. ATF 125 V 201 consid. 4a p. 202, 371 consid. 5b p. 372).