Source: https://forum-juridique.net-iris.fr/travail/344753-reforme-procedure-prudhomale-1er-aout-2016-a.html?s=86a47cb720f1f9ab8fa6e3afd0cce063
Timestamp: 2019-08-21 23:27:16+00:00
Document Index: 8670918

Matched Legal Cases: ["l'article 58", "l'article 30", "l'article 930", "l'article 30", "l'article 930", "l'article 906", "l'article 908"]

Mon Salarié Réforme de la procédure prud'homale au 1er août 2016
[Mon Salarié] Réforme de la procédure prud'homale au 1er août 2016
Affichage des résultats 1 à 25 sur 68
Discussion : Réforme de la procédure prud'homale au 1er août 2016
27/05/2016, 17h24 #1
Si cela est possible, est-ce qu'un modérateur pourrait déplacer ce sujet dans les post-it ?
Le décret n° 2016-660 du 20 mai 2016 relatif à la justice prud'homale et au traitement judiciaire du contentieux du travail modifie en profondeur la procédure prud'homale en première instance et en appel afin de moderniser et rationaliser le contentieux prud'homal notamment pour améliorer les délais de traitement des affaires.
Sans rentrer dans les détails, voici les grandes modifications à venir applicable dès le 1er août 2016 avec mes remarques personnelles en italique :
1) La saisine du Conseil de Prud'hommes (articles 8 et 12 du décret)
Art. R. 1452-1: La demande en justice est formée soit par une requête, soit par la présentation volontaire des parties devant le bureau de conciliation et d'orientation.
Pas de changement ici sauf que le terme demande a été remplacé par requête. Je ne sais pas si les CPH mettront à disposition un formulaire plus détaillé que le formulaire actuel valant requête.
Art. R. 1452-2 : La requête est faite, remise ou adressée au greffe du conseil de prud'hommes.
A peine de nullité, la requête comporte les mentions prescrites à l' article 58 du code de procédure civile . En outre, elle contient un exposé sommaire des motifs de la demande et mentionne chacun des chefs de celle-ci. Elle est accompagnée des pièces que le demandeur souhaite invoquer à l'appui de ses prétentions. Ces pièces sont énumérées sur un bordereau qui lui est annexé.
La requête et le bordereau sont établis en autant d'exemplaires qu'il existe de défendeurs, outre l'exemplaire destiné à la juridiction.
Plusieurs changements ici qui ont leur importance.
Auparavant, la procédure exigeait juste que la demande comporte les mentions prescrites par l'article 58 du CPC ainsi que les chefs de demande.
Désormais, la requête devra comporter, outre ces mentions prévues auparavant, un exposé sommaire des motifs de chaque demande et être accompagnée des pièces visées à l'appui des demandes reprises dans un bordereau de pièces.
Concrètement, un salarié seul ne pourra plus se contenter de venir au CPH, de prendre le formulaire, de le remplir et de le déposer. Il devra, même sommairement, rédiger une véritable requête, argumenter juridiquement ses demandes, viser les pièces dans la requête, transmettre les pièces au CPH au moment de la saisine reprise dans un bordereau de pièces communiquées.
La requête devra être déposée en minimum deux exemplaires, un pour le CPH et un pour le défenseur (+ un pour chaque défendeur supplémentaire, ce qui est le cas notamment en cas de redressement ou liquidation judiciaire de la société défenderesse).
Une remarque très personnelle : si le fait que la requête doive comporter l'exposé sommaire de l'argumentation juridique à l'appui de chaque demande et être accompagnée d'un bordereau de pièces communiquées est cohérent et pertinent, le fait que le demandeur doive fournir au CPH au moment de sa saisine une copie des pièces est plus problématique. En effet, en cas de dossier complexe et alors même qu'il faudra vraisemblablement toujours remettre un dossier de plaidoirie aux conseillers à l'issue de l'audience de jugement, la transmission de toutes les pièces du dossier au moment de la saisine du CPH va poser de sacrés problèmes logistiques.
Concrètement, pour les dossiers complexes, cela va rendre compliqué la saisine du CPH par lettre (RAR ou non) et faire privilégier la saisine au greffe en personne.
Il aurait été plus pertinent que le texte n'indique pas "La requêteest accompagnée des pièces que le demandeur souhaite invoquer à l'appui de ses prétentions." mais plutôt : "La requête peut être accompagnée ..." ou alors ne rien indiquer à ce sujet.
Art. R. 1453-5 : Lorsque toutes les parties comparantes formulent leurs prétentions par écrit et sont assistées ou représentées par un avocat, elles sont tenues, dans leurs conclusions, de formuler expressément les prétentions ainsi que les moyens en fait et en droit sur lesquels chacune de ces prétentions est fondée avec indication pour chaque prétention des pièces invoquées. Un bordereau énumérant les pièces justifiant ces prétentions est annexé aux conclusions. Les prétentions sont récapitulées sous forme de dispositif. Le bureau de jugement ou la formation de référé ne statue que sur les prétentions énoncées au dispositif. Les parties doivent reprendre dans leurs dernières conclusions les prétentions et moyens présentés ou invoqués dans leurs conclusions antérieures. A défaut, elles sont réputées les avoir abandonnés et il n'est statué que sur les dernières conclusions communiquées.
Là, cela va devenir compliqué. Cet article transforme donc la procédure prud'homale en procédure écrite lorsque les deux parties sont assistées/représentées par un avocat chacune et concluent.
Nous allons donc nous retrouver avec une procédure prud'homale qui peut à la fois être orale ou écrite suivant les cas de figure (avocat ou non et rédaction de conclusions ou non). Concrètement, dans l'immense majorité des cas, en tous les cas en Ile de France, chaque partie a son propre avocat, ce qui fera basculer la procédure prud'homale en procédure écrite.
Pour les experts, il y a là une très grosse difficulté à avoir un double régime (procédure orale ou écrite) qui cohabite suivant les cas de figure. En effet, le principe d'oralité de la procédure prud'homale a une incidence sur le principe d'unicité de l'instance et par ricochet sur la question de la prescription. Je ne rentre pour l'instant pas dans les détails mais cela va être un vrai bazar.
Une remarque très personnelle : plutôt que d'obliger le demandeur a déposé ses pièces à l'appui de sa requête dès la saisine, puis le défendeur à le faire sous un certain délai dès réception de la convocation devant le CPH, il aurait été beaucoup plus pertinent, de mettre en place une véritable mise en état (comme cela peut exister par exemple au CPH de Bordeaux) afin que les conseillers prud'homaux lorsqu'arrive l'audience de jugement aient eu connaissance des conclusions respectives des parties.
A l'heure actuelle, la communication de la requête et des pièces est prévue préalablement à l'audience de jugement mais rien à propos des conclusions alors que cette communication préalable des conclusions est essentielle à garantir le principe du contradictoire et par ricochet une bonne administration de la justice en réduisant les délais de traitement des affaires.
2) L'appel (articles 28 à 30 du décret)
Article R. 1461-1 : Le délai d'appel est d'un mois. A défaut d'être représentées par la personne mentionnée au 2° de l'article R. 1453-2, les parties sont tenues de constituer avocat.
Les actes de cette procédure d'appel qui sont mis à la charge de l'avocat sont valablement accomplis par la personne mentionnée au 2° de l'article R. 1453-2. De même, ceux destinés à l'avocat sont valablement accomplis auprès de la personne précitée.
Les parties ne peuvent plus se défendre seules devant la Cour d'Appel et doivent prendre un avocat ou un défenseur syndical.
Article R1461-2 : L'appel est porté devant la chambre sociale de la cour d'appel.
Il est formé, instruit et jugé suivant la procédure avec représentation obligatoire.
La spécificité de la procédure prud'homale en appel tombe. Elle suit désormais la procédure classique devant la Cour d'appel avec représentation obligatoire par avocat.
Là, c'est du gros morceau. La procédure classique avec représentation obligatoire par avocat devant la Cour d'appel est régie par des règles procédurales complexes. Il faut passer par le RPVA, respecter des délais bien précis de communication de pièces et de conclusions ...
Techniquement, il va être quasiment impossible pour un défenseur syndical d'assurer la procédure d'appel dans un dossier qu'il aura suivi en première instance même si l'article 30 du décret prévoit que les dispositions de l'article 930-1 (communication par voie électronique -RPVA- devant la Cour d'Appel) ne sont pas applicables au défenseur syndical.
En effet, s'il n'aura pas l'obligation de passer par le RPVA qui n'est de toute façon, pour l'instant, ouvert qu'aux avocats, il devra respecter les règles procédurales de communication des pièces et conclusions devant la Cour d'Appel.
En conclusion, beaucoup de bouleversements avec cette réforme dont il était question depuis quelques temps mais que les praticiens ne s'attendaient pas à voir entrer en vigueur aussi vite.
Pour résumé, deux points importants :
De grosses interrogations sur la pertinence de la communication des pièces dès la saisine du CPH qui n'apparaît pas justifiée
Un problème de caractérisation de la procédure prud'homale, qui aura une incidence sur le principe d'unicité de l'instance et par ricochet entraînera des questions de prescription : la procédure prud'homale sera à la fois orale et écrite : écrite en tous les cas devant la Cour d'Appel, orale en première instance si les parties n'ont pas d'avocat ou s'il n'y a pas de conclusions de rédigés par les avocats, écrite en première instance si les parties ont un avocat qui chacun aura conclu
Je reviendrai sur ce sujet en fonction de l'actualité.
27/05/2016, 21h28 #2
question sans doute idiote, mais :
imaginons que l'une des parties soit assistée, mais pas l'autre ...
quelle procedure devra s'appliquer ? orale pour l'une et ecrite pour l'autre ? cela me semble difficile, voire impossible a mettre en place
28/05/2016, 05h02 #3
Sujet placé en Post-it !
Merci à Stéphane Boudin pour ces infos d'importance.
Dernière modification par Modérateur 02 ; 28/05/2016 à 05h05.
28/05/2016, 08h06 #4
514 message(s)
Envoyé par Stéphane Boudin
préambule sur ce qui existe à ce jour
Nous avons toujours l'impression, relayé par la presse et autres médias, que la lenteur , souvent décriée, est dues aux Prud'hommes!!!
certainement pas et vous devriez etre tres bien placé pour confirmer ce qui suit
en effet, je passe sur l'audience de conciliation, qui devient aux yeux des avocats un "passage obligatoire et contraint" presque sans intérêt, mais qui débouche néanmoins, force des conseillers présents, a plus de 11% de conciliation, c'est peu certes, mais cela diminue tout de meme les audiences de jugement
en moyenne la procédure Prud'homale demande (dans ma juridiction) environ 4 semaines apres saisine pour passer devant la formation de conciliation, puis si renvoi en bureau de jugement, un délai de 6 mois si licenciement économique, et 12 mois environ pour les autres dossiers (j’excepte les prises d'actes)
vous avez, vous autres avocats et défenseurs, signé, à l'occasion du bureau de conciliation, un calendrier de procédure ou vous avez, demandeur et défenseur largement le temps d'échanger vos écritures, voir meme de faire des conclusions responsives
comment alors justifiez, lors de l'audience de jugement, soit 12 mois apres le bureau de conciliation, qu'il y ait remise des conclusions et pièces, tres souvent de la part du défenseur,
1 jour avant voir le matin meme de l'audience, ce qui provoque de la part de la partie adverse une demande de renvoi
demande de renvoi, que bien sur la partie adverse s'empresse d'accepter
cela représente plus de 40 % des dossiers que je vois en bureau de jugement
ces renvois sont fait a plus de 11 mois
donc 12 mois, pour l'initial, plus 11 mois de renvoi = 23 mois
effectivement le délai devient inacceptable, mais comme les conseillers prud'homaux ne peuvent s'opposer à une demande de renvoi, validée, par un "je ne m'oppose pas confraternellement à cette demande de la partie adverse" , ce n'est donc pas du fait du conseil de prud'hommes de voir plus de 40 % des dossiers renvoyés à presque un an de plus, mais c'est bien lié à votre profession, car si les deux parties sont d'accord pour un renvoi, nous ne pouvons, nous autres conseillers, juger l'affaire le jour meme.
l'autre point de délai trop long vient du départage (lié à un désaccord entre conseillers prud'homaux lors d'un délibéré) représentant chez nous moins de 8 % des cas, et renvoyé à plus de 13 mois, délai imposé par les juges départiteurs et non par les conseillers prud'homaux, une fois de plus ce délai n'est pas du fait de la formation prud'homale
a la décharge des départiteurs ( souvent issus du TI) étant trop peu nombreux, ils ne peuvent gérer plus vite ces dossiers
ce préambule étant fait, s'il ce qui vient d'etre écrit n'aurait plus lieu d’exister, le délai réel d'un procédure prud’homale est de
Après saisine = 4 semaines pour passer en conciliation, plus 12 mois pour passer devant le bureau de jugement , et 3 mois pour rendre le prononcé aux justiciables
le vrai problème est le non respect du calendrier de procédure et la remise extrêmement tardive aux parties adverses, des pièces et conclusions et non dans le respect d'autrui
le seul point qui devrait etre obligatoire et sanctionné serait le respect de ce calendrier de procédure et la mise en l'état des dossiers mais nous n'avons pas , nous autres conseillers prud’homaux, voir cour d'appel de pouvoir de sanction
en conclusion, nous sommes en France obligé de légiférer à cause d'un non respect d'un calendrier de procédure (non imputable aux conseillers prud'homaux) !!!
sur les formes, inclues dans ce texte de loi, il y a par contre des bienfaits qui se feront ressentir et dont je veux bien débattre
Dernière modification par Halias ; 28/05/2016 à 08h21.
31/05/2016, 08h12 #5
Très intéressant l'exposé de Stéphane BOUDIN tout comme les remarques fondées d'HALIAS sur l'origine et les causes de la longueur des procédures .
Nul doute que le R 1452-2 va mettre en difficulté le "demandeur" inexpérimenté qui se défend seul lors du dépôt de sa requête au greffe -
Quel va être le nouveau rôle du greffe lorsque les requêtes déposées sembleront incomplètes ? conseiller le "demandeur "pour qu'il complète son dossier ou bien prendre le dossier dans l'état ?
Contrairement à ce que dit Stéphane Bourdin Je ne vois pas dans cet article l'obligation qui est faite au demandeur "qui se défend seul " d'argumenter juridiquement ses demandes -
Entre un "exposé sommaire des demandes" et l'argumentation juridique de ces mêmes demandes , il y a un fossé que le législateur s'est bien gardé de franchir.
Nul doute aussi que le R 1453-5 va changer radicalement les (mauvaises) habitudes des avocats : déposer toutes les pièces énumérées dans la requête lors de la saisine - Wouah ! un coup dur pour la profession qui depuis de longues années " prend toutes ses aises "avec la juridiction prud'homale.
Quel motif vont ils bien pouvoir invoquer maintenant pour demander "un renvoi " ?
puisque le dossier est réputé avoir été mis en état d'être jugé dès le dépôt de la requête .
Ou se situe le défenseur syndical ? Je suppose qu'il relève du R 1452-2 - Je ne vais pas
m'en plaindre si le dossier présente d'emblée une porte de sortie vers une négociation amiable -
Monter un dossier pour rien - Merci ! au prix ou on est payé (Zéro euro) je m'en passe volontiers .
Très..très intéressante cette réforme -
C'est pour quand la grève des avocats ? C'est le moment ou jamais !
Dernière modification par Milou27 ; 31/05/2016 à 08h24.
27/07/2016, 09h55 #6
Le dépôt d'un formulaire de saisine le 29 juillet au bureau des prud'hommes, présentant les chefs de demandes, sans aucune pièce justificative, permet-il de rester dans la procédure actuelle, même si l'employeur attaqué n'est informé qu'en août de la plainte?
27/07/2016, 12h53 #7
Il n'y a pas de "plainte " en matière civile. Cela ne concerne que la matière pénale.
Pour répondre à votre question, oui, c'est bon. Ce qui compte est la date de saisine du CPH. Photocopiez le formulaire et demandez un coup de tampon avec la date du greffier sur votre copie pour pouvoir justifier si besoin de la date de saisine. Certains greffiers (et c'est une grave erreur) indiquent comme date de saisine la date d'enregistrement des demandes qui peut avoir lieu plusieurs jours après celle de la saisine. En faisant tamponner votre photocopie, vous vous prémunissez d'une telle erreur.
Pour information, les nouveaux formulaires conformes à la nouvelle procédure circulent mais n'ont pas encore été mis à disposition des greffes des CPH.
Je posterai sur ce sujet dans quelques temps pour revenir sur tous les points essentiels de la réforme et ils sont nombreux.
Dernière modification par Stéphane Boudin ; 27/07/2016 à 13h50.
27/07/2016, 15h29 #8
j'attends de voir les réactions des avocats comme toi Milou
29/07/2016, 09h48 #9
une question simple, les pièces fournies au moment de la saisine des Prud'hommes sont elles définitives ou d'autres pourront-elles s'ajouter au cours de la procédure (attestations par exemple)
08/08/2016, 18h02 #10
Envoyé par thunderbird
Bonjour, il sera toujours possible d'ajouter des pièces en cours de procédure devant le Conseil de Prud'hommes. Mais les nouveaux principes dégagés - notamment le fait qu'en cas d'absence du défendeur lors de l'audience de conciliation, l'affaire pourra être jugée immédiatement - amènent à beaucoup de prudences dans la constitution du dossier à déposer lors de la saisine. En bref, il faut mieux déposer le dossier le plus complet possible dès la saisine.
08/08/2016, 18h33 #11
Si je comprends bien , du fait que l'avocat qui représente le demandeur aura quasiment l'obligation de rédiger et déposer ses conclusions lors du dépôt de la requète alors que l'affaire fera peut être ultérieurement l'objet d'une conciliation ou d'une transaction , cela ne revient' il pas à travailler pour rien même si comme je le suppose , le montant des honoraires va monter en flèche dès le 1er contact avec le demandeur ?
Pour les petits dossiers, y a t'il une stratégie autre que le dépôt de la requète au CPH et la facturation des honoraires au prix fort (par la force des choses)
04/09/2016, 22h00 #12
Bonjour et merci à S Boudin d'avoir initié le sujet et aux autres d'avoir ajouté des infos,
Pour récupérer le formulaire de saisine, le bordereau de pièces et la note explicative, voir site en bas du message.
Lors de l'envoi de la requête, on envoie les pièces (Pour le CPH seulement car on peut rajouter des pièces) et 2 bordereaux + 2 requêtes pour CPH et défendeur.
On n'envoie pas encore les conclusions. (Comme l'a dit S Boudin, ce n'est pas encore prévu.)
On doit envoyer au défendeur les pièces avant l'audience de conciliation obligatoire.
Justice.fr | Une justice plus proche. Un accès permanent à l
Dernière modification par Al-Batros ; 04/09/2016 à 22h01.
06/09/2016, 17h49 #13
Bonjour, pour information, le site visé en lien ci-dessus renvoie bien sur un site officiel du Ministère de la Justice avec un astucieux système d'arborescence pour naviguer à l'intérieur. Malheureusement, la page concernant la saisine du Conseil de Prud'hommes contenant les différents liens vers les modèles de requête, de bordereau de pièce et la notice renvoie vers des liens morts (pages 404).
Je reviendrai courant octobre sur toutes les modifications théoriques et pratiques qu'entraînent cette réforme.
06/09/2016, 18h32 #14
Bonjour, S Boudin,
Malheureusement, la page concernant la saisine du Conseil de Prud'hommes contenant les différents liens vers les modèles de requête, de bordereau de pièce et la notice renvoie vers des liens morts (pages 404).
Je viens d'essayer avec mon ordi, les liens ne sont pas morts.
Il est possible qu'il y ait un problème d'extensions au navigateur Internet.
06/09/2016, 19h02 #15
Rebonjour, c'est noté. Je n'ai pas un navigateur à jour au travail. Cela doit être cela.
En tous les cas, il est pertinent que le ministère est enfin mis à disposition ces modèles et notices qui étaient très difficilement trouvables auparavant.
06/09/2016, 22h35 #16
Re-Bonjour, S Boudin,
Pas de triomphalisme hâtif, les docs sont en version *.pdf. Et qui dispose du logiciel permettant de les éditer sur son ordi? Peu de gens.
Faudra les imprimer.
De plus, il permettent d'entamer une procédure contre une personne morale, un salarié, mais, il n'y a pas le cas où le conflit est avec un représentant de l'employeur (Cad, titulaire d'une D de P), ni les autres cas: Contrat de bienfaisance (1105 du C Civil) cad, le bénévolat, ...
"On était au bord du gouffre et on a fait un grand pas en avant."
Dernière modification par Al-Batros ; 06/09/2016 à 22h37. Motif: Fautes de frappe
09/09/2016, 02h10 #17
Cette très pertinente remarque avait attiré toute mon attention car je l'avais aussi noté.
Désormais, j'ai un avis d'un avocat spécialiste en droit du travail: Pour éviter les erreurs, il vaut mieux transmettre les conclusions même si ce n'est pas encore obligatoire.
En tout cas, merci d'avoir nourri le sujet.
[Al-Batros]
Dernière modification par Modérateur 01 ; 09/09/2016 à 12h03. Motif: Fautes de frappe
09/09/2016, 08h24 #18
Envoyé par Al-Batros
il est préférable de les envoyer en même temps que le dépôt de la saisine pour éviter de les envoyer trop tard comme c'est toujours le cas a l'heure actuelle (surtout coté défendeur)
en conciliation on ne pourra donc vous reprocher un quelconque retard
21/09/2016, 18h45 #19
Pour accéder aux documents de saisine : Ce formulaire et est téléchargeable ici ainsi que sa notice explicative ici
02/11/2016, 14h47 #20
Des chiffres? A la réunion 96% en faveur des salariés et en Île de France?
02/11/2016, 15h09 #21
Envoyé par Elphi
de quel chiffre parlez vous?
27/11/2016, 08h16 #22
Quelle galère cette réforme ...
je viens d'en faire les frais : assignation de 3 héritiers d'un particulier employeur décédé , qui résident loin - pas de négociation possible envisageable avant " l'audience de conciliation" sans produire aux héritiers tous les documents du dossier pour qu'ils puissent juger du bien fondé des demandes .
Résultat des courses : 7 exemplaires de la requête à photocopier - 3 LR/AR avec envoi de 30 pièces à chacun des héritiers -
tout ça pour espérer une négociation avant la "conciliation " - Pfff - !
30/11/2016, 19h36 #23
Merci beaucoup Stéphane BOUDIN pour cette présentation de la réforme.
J'aurais une petite question SVP en ce qui concerne la procédure en appel. Vous dites :
"Techniquement, il va être quasiment impossible pour un défenseur syndical d'assurer la procédure d'appel dans un dossier qu'il aura suivi en première instance même si l'article 30 du décret prévoit que les dispositions de l'article 930-1 (communication par voie électronique -RPVA- devant la Cour d'Appel) ne sont pas applicables au défenseur syndical.
En effet, s'il n'aura pas l'obligation de passer par le RPVA qui n'est de toute façon, pour l'instant, ouvert qu'aux avocats, il devra respecter les règles procédurales de communication des pièces et conclusions devant la Cour d'Appel."
Je m'interroge un peu sur cette notion de "quasiment impossible". Si je comprends bien, il suffit juste que le délégué syndical respecte l'article 906 du code de procédure civile que je copie ici :
"Les conclusions sont notifiées et les pièces communiquées simultanément par l'avocat de chacune des parties à celui de l'autre partie ; en cas de pluralité de demandeurs ou de défendeurs, elles doivent l'être à tous les avocats constitués.
Copie des conclusions est remise au greffe avec la justification de leur notification."
...Le tout en respectant bien sûr les délais impartis par l'article 908 (trois mois). Bien sûr, il y a bien d'autres "pièges" auxquels il faut être vigilant. Je pense notamment à la signification de la déclaration de la déclaration d'appel par voie d'huissier dans le cas ou la partie adverse n'a pas constitué avocat dans le délai imparti, ou encore à la "réactivité" nécessaire face au magistrat chargé de l'instruction.
Mais hormis ces aspects, je trouve que la notion de "quasiment impossible" est peut-être un peu trop pessimiste. Y-a-t-il des gros points bloquants que je n'ai pas vus ?
PS : Je semble m'adresser à Stéphane BOUDIN mais bien sûr tout le monde est invité à donner son avis
Dernière modification par Zozoy ; 30/11/2016 à 19h49.
01/12/2016, 02h04 #24
Envoyé par Zozoy
Ma vision n'est pas trop pessimiste. Le contentieux du droit du travail est devenu depuis plusieurs dizaines d'années très technique, tellement technique qu'il est quasiment impossible de ne pas conclure dans une affaire. Or, l'oralité de la procédure allait à l'encontre de cette quasi-obligation de conclure.
L'avantage de la procédure prud'homale anté-réforme était qu'elle était très souple au niveau des délais à respecter pour l'échange des pièces et des conclusions en appel ainsi que sur les formalités "d'information" de la partie adverse sur la procédure et de communication des actes.
Avec la procédure post-réforme, les pièges sont multiples et les sanctions sont très lourdes en cas de loupé, à tel point qu'un certain nombre de confrères spécialistes pourtant en droit du travail font ou envisagent de faire appel à des avocats anciennement avoués auprès des Cour d'Appel pour gérer l'aspect procédural de leur contentieux.
En tout état de cause, cette réforme peut se comprendre. Le droit du travail était procéduralement très dérogatoire aux principes directeurs du procès en matière civile "classique". Bilan : en plus d'être sur le fond technique, il va également le devenir en ce qui concerne la conduite du procès et les défenseurs syndicaux déjà peu nombreux au stade de la Cour d'Appel en tout cas en région parisienne vont encore plus se raréfier dans l'avenir.
01/12/2016, 06h31 #25
ha non je ne peux laisser passer cela
c'est le jeu des avocats entre eux qui provoquent la lenteur actuelle en première instance (cf ma réponse n° 4) car en effet si les parties demandent un renvoi pour diverses raisons on ne peut retenir l'affaire
Mais meme actuellement les avocats ne tentent pas des retards en cour d'appel ho bien sur que non
la réforme, certes compliqué, obligera les "conseils" à respecter le calendrier de procédures, ce qui empêchera de voir cette honte que l'on voit aujourd'hui avec des affaires reportées jusqu'à 2 ou 3 fois et que l'on attribue aux prud'hommes alors que l'on doit attribuer ces retards aux avocats
« Indemnité congés payés temps partiel | Maladie Professionnelle »
[Mon Employeur] Fin de cdd le 30/09/2016 et debut cdi le01/10 /2016
Par bbnerveux dans le forum Travail
Dernier message: 27/10/2016, 20h17
[Mon Employeur] Information pour procédure prud'homale
Par logo33 dans le forum Travail
Dernier message: 27/03/2011, 17h38
[Rapport avec les pros du droit] Pourvoi en cassation et procédure prud'homale
Par Alroco dans le forum Monde de la Justice
Dernier message: 19/01/2011, 13h51
[Mon Employeur] abandon de la procédure prud'homale?
Par Sara75 dans le forum Travail
Dernier message: 16/11/2006, 23h16
[Mon Employeur] procédure Prud'homale
Par Pm14 dans le forum Travail
Dernier message: 21/05/2004, 00h16