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Timestamp: 2019-08-25 18:55:31+00:00
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Les réponses aux questions que vous vous posez sur la fin de vie de Vincent Lambert - Paris (75000) - La République du Centre
Publié le 02/07/2019 à 15h13
Le médecin de Vincent Lambert a relancé l'arrêt des soins, ce mardi. © HO
Comment va se passer l'arrêt des traitements de Vincent Lambert ? Quelle différence avec l'euthanasie ? Ce processus, qui reprend mardi 3 juillet après une décision de la Cour de cassation, obéit à un cadre strict, du point de vue de la loi comme de l'éthique.
« Le cours de la procédure d'arrêt des traitements », enclenché le 20 mai 2019 mais arrêté dès le lendemain sur demande de la Cour d'appel de Paris, « sera poursuivi à partir de ce jour (mardi 3 juillet NDLR) », a déclaré par courriel le docteur Vincent Sanchez, chef de service de soins palliatifs du CHU de Reims, à chacun des membres de la famille de Vincent Lambert.
Dans ce message envoyé à la mi-journée, le médecin en appelle « à la responsabilité de chacun » afin que « l'accompagnement de M. Vincent Lambert soit le plus paisible, intime et personnel possible ».
Les médecins vont arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en oeuvre une « sédation profonde et continue » jusqu'à sa mort.
Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas « d'obstination déraisonnable ».
Selon cette loi, les traitements peuvent être « suspendus » lorsqu'ils « apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».
Quand une personne ne peut exprimer sa volonté, comme Vincent Lambert, la « sédation profonde et continue jusqu'au décès » est « une mesure de précaution » pour être sûr « que le patient ne souffre pas », selon les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS).
Avec l'arrêt simultané de l'hydratation et de l'alimentation, la mort survient aux alentours d'une semaine, explique le Dr Bernard Devalois, spécialiste des soins palliatifs à la maison de santé protestante de Bordeaux-Bagatelle.
Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert. Photo AFP
Cet argument est en revanche réfuté par les spécialistes des soins palliatifs. « Vincent Lambert n'aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours », fait valoir le Dr Devalois.
Les gens confondent la soif et la sécheresse de la bouche. Dans le cas de Vincent Lambert, il n'y a pas de sensation de soif : pour avoir soif, il faut avoir conscience.
Bernard Devalois (Spécialiste des soins palliatifs à la maison de santé protestante de Bordeaux)
Le processus « n'est pas un arrêt des soins, c'est un arrêt du maintien artificiellement en vie », souligne le Dr Bernard Devalois.
A l'inverse, son épouse Rachel, six de ses frères et soeurs et son neveu dénoncent un « acharnement thérapeutique » en raison des lésions irréversibles causées à son cerveau par un accident de la route en 2008.
Rachel Lambert. Photo AFP
« C'est une application exemplaire de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l'acharnement, selon le Dr Bernard Devalois. Cela n'a rien à voir avec l'euthanasie par injection létale comme en Belgique ».
Tous deux ont cependant souligné qu'il fallait garantir un meilleur accès aux soins palliatifs. Le CCNE souhaite ainsi « qu'un nouveau plan gouvernemental de développement des soins palliatifs soit financé ».