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Timestamp: 2017-07-23 20:53:36+00:00
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Recommandations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario - PDF
Recommandations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario
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1 Recommandations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario Comité consultatif provincial des maladies infectieuses Maladies transmissibles Juilllet 20142 Santé publique Ontario Santé publique Ontario est une société de la Couronne vouée à la protection et à la promotion de la santé de l ensemble de la population ontarienne, ainsi qu à la réduction des inégalités en matière de santé. Santé publique Ontario met les connaissances et les renseignements scientifiques les plus pointus du monde entier à la portée des professionnels de la santé publique, des travailleurs de la santé de première ligne et des chercheurs. Santé publique Ontario offre au gouvernement, aux bureaux de santé publique et aux fournisseurs de soins de santé un soutien scientifique et technique spécialisé en matière de : maladies infectieuses et transmissibles prévention et contrôle des infections santé environnementale et santé au travail préparation aux situations d urgence promotion de la santé et prévention des maladies chroniques et des traumatismes services de laboratoires de santé publique Les activités de Santé publique Ontario incluent aussi la surveillance, l épidémiologie, la recherche, le perfectionnement professionnel et la prestation de services axés sur le savoir. Pour des précisions, consulter Le Comité consultatif provincial des maladies infectieuses Maladies transmissibles (CCPMI-MT) est un comité multidisciplinaire composé de professionnels de la santé possédant de l expertise et de l expérience en matière de maladies transmissibles. Le CCPMI-MT fournit des conseils à Santé publique Ontario en matière de maladies transmissibles en Ontario, en mettant l accent sur les activités qui ont des répercussions sur la collectivité au-delà des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée, comme les milieux communautaires ne faisant pas partie du secteur hospitalier (p. ex. écoles et garderies), les maisons de retraite et les autres milieux appropriés. Référence suggérée Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (Santé publique Ontario), Comité consultatif provincial des maladies infectieuses. Recommandations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario, Toronto, ON, Imprimeur de la Reine pour l Ontario, Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario ii3 Avis de non-responsabilité à l'égard des documents sur les pratiques exemplaires Le présent document a été préparé par le Comité consultatif provincial des maladies infectieuses Maladies transmissibles (CCPMI-MT). Le CCPMI-MT est un organisme consultatif multidisciplinaire scientifique qui conseille Santé publique Ontario en se fondant sur des faits probants relatifs à plusieurs aspects des maladies transmissibles. Pour ce faire, le CCPMI s appuie sur les meilleures données probantes, qui sont régulièrement actualisées. Les outils et les documents sur les pratiques exemplaires que le CCPMI-MT produit sont l'expression de l'opinion généralisée de ses membres relativement aux pratiques qu'ils jugent appropriées. Ces ressources sont mises à la disposition des bureaux de santé publique et des fournisseurs de soins de santé. Santé publique Ontario n assume aucune responsabilité pour les conséquences de l usage de ce document par quiconque. Ce document peut être reproduit sans permission à des fins non commerciales seulement, pourvu que les renvois appropriés soient faits à Santé publique Ontario. Aucun changement ou modification ne peut être effectué à ce document sans la permission écrite explicite de Santé publique Ontario. NOTE : Ce document a pour but d'offrir des lignes directrices pour la pratique de la santé publique. Les bureaux de santé publique sont encouragés à tenir compte de ces recommandations dans le but d améliorer l intervention en santé publique visant l hépatite C. Comité consultatif provincial des maladies infectieuses (CCPMI) Santé publique Ontario Tél. : Courriel : Le présent rapport peut être reproduit sans autorisation, en totalité ou en partie, à des fins éducatives seulement. Imprimeur de la Reine pour l Ontario, 2014 ISBN : Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario iii4 Remerciements Le CCPMI tient à souligner la contribution et l expertise du groupe de travail qui a mis au point le présent document : Groupe de travail sur l hépatite C M. Lee Sieswerda, président Épidémiologiste Bureau de santé du district de Thunder Bay D re Lynne Leonard Professeure adjointe, chercheuse Département d épidémiologie et de médecine communautaire Université d Ottawa D re Margaret Fearon Directrice médicale exécutive, microbiologie médicale Société canadienne du sang D r David Wong Directeur clinique, centre du foie Directeur de l éducation, hépatologie Réseau universitaire de santé M me Heather Hague Chef, programme de contrôle des maladies transmissibles Bureau de santé de la région du Niagara D re Eileen de Villa Médecin-hygiéniste adjointe Bureau de santé publique de Peel Personnel de Santé publique Ontario D r Colin Lee Médecin de santé publique Prévention et contrôle des maladies transmissibles Santé publique Ontario M me Beata Pach Chef, services de bibliothèque Santé publique Ontario M me Jocelyn Maregman Technicienne de laboratoire médical principale Laboratoires de santé publique - maladies évitables Santé publique Ontario M me Jennifer Pritchard Infirmière-conseil Maladies transmissibles Santé publique Ontario D re Margaret (Peggy) Millson Rédactrice scientifique, professeure émérite École de santé publique Dalla Lana Université de Toronto M. Michael Whalen Épidémiologiste principal Surveillance et épidémiologie Santé publique Ontario Le CCPMI aimerait aussi remercier M. Paul Lavigne, ancien superviseur en réduction des méfaits, pour sa participation à l élaboration d une ébauche précédente de ce document; Susan Massarella (anciennement du ministère de la Santé et des Soins de longue durée [MSSLD]), Letticia Adinkrah et Emily Karas (MSSLD) pour leur contribution aux recherches documentaires et autres; et M. Ed Jackson (Canadian AIDS Treatment Information Exchange), M me Janis Tripp (anciennement du Secrétariat pour les programmes de l hépatite C du MSSLD) et Cassandra LoFranco (MSSLD) pour les précieux renseignements qu ils ont fournis. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario iv5 Le CCPMI remercie également le personnel des bureaux de santé publique de l Ontario qui ont rempli notre sondage sur les besoins en matière d information sur l hépatite C, ainsi que la D re Liane MacDonald et une variété d organisations pour leur collaboration précieuse au présent document. Table des matières Préambule... vii Quand et comment utiliser ce document... vii Données probantes à l origine des recommandations... vii Hypothèses et principes généraux... viii Abréviations... viii Glossaire... ix Sommaire... 1 Recommendations... 4 Méthodes Sondage : Besoins du personnel des bureaux de santé publique de l Ontario en matière d information sur l hépatite C Analyse documentaire Contrôle de l hépatite C : Aperçu Épidémiologie de l hépatite C en Ontario Incidence et prévalence Incidence déclarée Modélisation de l incidence et de la prévalence Cas courants de co-infections par le VIH/VHC Séquelles de l infection chronique par le virus de l hépatite C non traitée Modes de transmission et risques d infection Contexte Données probantes Surveillance et tests Définition des cas Collecte de données par la santé publique au sujet des cas Dépistage Lignes directrices publiées sur le dépistage Rapport coût-efficacité du dépistage Dépistage dans les milieux de santé publique Réduction des méfaits Utilisation de drogues injectables Utilisation de drogues non injectables Counselling et interventions comportementales chez les personnes à risque accru Gestion des cas Généralités Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario v6 Risques d exposition sexuelle Grossesse Don de sang et de tissu Gestion des cas Éducation des patients Counselling et interventions comportementales Programmation par les pairs pour la prévention et le traitement de l hépatite C Éducation publique et marketing social Populations particulières Détenus Autochtones Jeunes de la rue Établissements de traitement de la toxicomanie et de gestion du sevrage Immigrants et réfugiés Utilisateurs de drogues Hommes séropositifs pour le VIH ayant des relations sexuelles avec d autres hommes Résumé : Exclusion sociale et hépatite C Annexes Annexe A : Enquête d évaluation des besoins en santé publique liés à l hépatite C Annexe B : Stratégies de recherches documentaires Annexe C : Literature Review Tables for Non-injection Drug Use Annexe D : Literature Review Tables for Sexual Transmission of Hepatitis C Annexe E : Recommandations de définitions de cas pour la surveillance de l hépatite C en Ontario et définitions de cas comparables ailleurs Annexe F : Labstract Testing, Interpretation and Follow-up Testing for Hepatitis Annexe G : Hepatitis Specimen Collection Guide from Ontario Public Health Laboratories Annexe H : Liste de vérification pour le counselling avant/après le test de dépistage de l hépatite C Annexe I : Literature Review Tables for HCV Screening Cost-Effectiveness Annexe J : Formulaire de déclaration d infections nouvellement signalées à la Société canadienne du sang 146 Annexe L : Literature Review Tables for Behaviour Change Interventions in People Who Use Drugs Annexe M : Literature Review Tables for Peer Interventions in People Infected with or at Risk for Chronic Hepatitis C Bibliographie Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario vi7 Préambule Quand et comment utiliser ce document Le présent document est destiné principalement aux membres du personnel des bureaux de santé publique de l Ontario, qui y trouveront des recommandations à jour sur la façon d'intervenir en matière d'hépatite C. Ces recommandations ont pour but d appuyer le personnel des bureaux de santé publique participant aux programmes de contrôle de l hépatite C, conformément aux Normes de santé publique de l'ontario et au Protocole concernant la santé sexuelle et la prévention et le contrôle des infections transmissibles sexuellement. Ce document s adresse également aux décideurs (médecins-hygiénistes, médecins- hygiénistes adjoints et gestionnaires de programmes) responsables des politiques régissant l affectation des ressources et l exécution des programmes. Il pourrait aussi intéresser les autres fournisseurs de soins de santé du domaine. Ce document tient également compte de la stratégie de lutte contre l hépatite C de l Ontario, élaborée par le Groupe de travail ontarien sur l hépatite C et adoptée par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée. La stratégie de lutte contre l hépatite C de l Ontario est fondée sur des renseignements obtenus lors de 13 consultations communautaires organisées à l échelle de la province auprès d intervenants, y compris des secteurs de la santé autochtone et des services sociaux, des organisations de services sociaux, des fournisseurs de soins de santé, des établissements correctionnels et des personnes aux prises avec l hépatite C ou ses répercussions. La stratégie de lutte contre l hépatite C de l Ontario mise sur des programmes existants et appuie les nouvelles initiatives qui touchent principalement le traitement de l hépatite C et les soins connexes dans quatre grands secteurs : les services et soutiens améliorés, la prévention, l éducation et le rayonnement, et la meilleur coordination. AU SUJET DES RECOMMANDATIONS ÉNONCÉES DANS LE PRÉSENT DOCUMENT : Doit et doivent indiquent une exigence obligatoire fondée sur la législation ou les normes nationales (p. ex., Association canadienne de normalisation (CSA)), ou une pratique exemplaire, c.-à-d. la norme minimale basée sur les recommandations courantes de la documentation médicale. Devrait ou devraient indiquent une recommandation ou une action qui est conseillée, mais non obligatoire. Peut ou peuvent indiquent une demarche conseillée ou facultative. Données probantes à l origine des recommandations Les recommandations fournies dans ce document ont été élaborées par le groupe de travail sur l hépatite C du Comité consultatif provincial des maladies infectieuses (CCPMI) et sont basées sur l examen d ouvrages documentaires publiés et non publiés, et l expertise des membres du groupe de travail. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario vii8 Hypothèses et principes généraux En Ontario, les programmes de contrôle de l'hépatice C s inscrivent dans le cadre juridique que constituent la Loi sur la protection et la promotion de la santé. Les présentes recommandations portent sur les pratiques en santé publique, dans le contexte de ce cadre. Abréviations ALT ARN ASPC CDC HSH IC ITS NIH OMS RRA ajusté USPSTF VHB VHC VIH Alanine aminotransférase Acide ribonucléique Agence de la santé publique du Canada Centers for Disease Control and Prevention Homme ayant des relations sexuelles avec d autres hommes Intervalle de confiance Infection transmise sexuellement National Institutes of Health Organisation mondiale de la santé Risque relatif approché ajusté United States Preventive Services Task Force Virus de l hépatite B Virus de l hépatite C Virus d immunodéficience humaine Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario viii9 Glossaire Terme Description Alanine aminotransférase (ALT) Enzyme hépatique utilisée comme marqueur dans le dépistage de l inflammation hépatique aiguë ou chronique. Il s agit d une épreuve non spécifique; c est-à-dire qu il faut procéder à d autres tests pour déterminer la présence d infections hépatiques spécifiques ou d autres maladies hépatiques. Cas Personne ayant reçu un diagnostic d hépatite C. Cas chronique Cas primaire Cas récent Cas de référence Co-infection par le VIH/VHC Comportement sexuel à risque élevé Contact Gestion de cas Personne infectée par le virus de l hépatite C qui n élimine pas le virus en six mois. Personne qui introduit une infection dans un groupe. Le cas primaire peut, ou non, être le cas de référence. Il est possible qu on n arrive jamais à déterminer le cas primaire d un groupe de cas d infections. Personne récemment infectée (dans les 24 mois précédents). Première personne identifiée comme étant infectée lors d une éclosion ou d un groupe de cas d une maladie. Le cas de référence peut, ou non, avoir infecté d autres personnes, mais il représente le point de départ du processus de localisation des contacts. Coexistence du virus d immunodéficience humaine et de l hépatite C chronique chez la même personne. Pratiques sexuelles pouvant causer des saignements ou des éraflures, et permettant un contact de sang à sang entre les participants, par exemple : relations sexuelles anales non protégées, pénétration anale du poing, utilisation d accessoires sexuels, pratiques sexuelles brutales, relations sexuelles non protégées entre participants ayant des lésions ouvertes causées par une infection transmise sexuellement, relations sexuelles durant les menstruations, ou relations sexuelles orales non protégées en présence de lésions ouvertes, d éraflures ou d ulcères qui saignent causés par l inhalation de fumée de crack («bouche de crack»), etc. Le risque d infection est aussi accru parmi les personnes infectées par le virus de l immunodéficience humaine (VIH). Le risque de transmission hétérosexuelle en l absence des activités mentionnées ci-dessus parmi les personnes non infectées par le VIH est généralement faible. Personne dont le sang a été exposé directement ou indirectement de façon significative ou répétée au sang d une personne dont l infection par le virus de l hépatite C est récente ou chronique; y compris les nouveau-nés de mères infectées. L exposition directe (partage de l attirail d injection) comporte le risque le plus élevé de transmission. L exposition indirecte ou mettant en jeu des quantités infimes de sang (p. ex. contact sexuel ou partage d articles d hygiène personnelle) comporte un risque beaucoup moins grand. Les simples contacts, comme donner la main, parler avec une personne infectée ou se trouver dans la même pièce qu une personne infectée ne sont pas considérés une exposition. Counselling, tests et aiguillage thérapeutique appropriés des personnes admissibles et disposées. La gestion de cas inclut également la localisation des contacts, le cas échéant. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario ix10 Terme Localisation des contacts Matériel plus sûr d inhalation (consommation de drogue) Période de traçage en amont Pratiques dangereuses de consommation de drogues injectables Réduction des méfaits Réponse virologique soutenue (RVS) Risque relatif ajusté Risque relatif approché ajusté (RRA ajusté) Séroconversion Usage plus sûr de drogues injectables Description Processus d identification des contacts pertinents d une personne atteinte d une maladie infectieuse. La localisation des contacts vise à veiller à ce que les contacts soient informés de leur exposition, à encourager les contacts à se soumettre à un test et à faciliter l enquête épidémiologique des groupes de cas. Dans le cas des infections véhiculées par le sang (virus de l immunodéficience humaine, de l hépatite B et de l hépatite C), la localisation des contacts inclut les contacts ayant partagé les seringues et le matériel d injection, les transfusés et les personnes ayant été exposées au sang d une autre façon, de même que les personnes dont les expositions sexuelles sont pertinentes. Dans le cas de l hépatite C, la localisation des contacts signifie les expositions sexuelles à risque élevé et possiblement les contacts sanguins (voir le chapitre 3, Modes de transmission et risques d infection). Pipes, pailles etc. utilisées pour fumer ou renifler des drogues. Le présent document s attarde plutôt à l équipment utilisé pour fumer des drogues tel le crack ou la méthamphétamine : embouts buccaux en caoutchouc, tuyaux et écrans de cuivre. Ces articles sont considérés «plus sûrs» car ils ont moins de chance de causer coupures, brûlures ou autres blessures. L usage plus sûr exige aussi que chaque utilisateur ait son propre équipement et évite de le partager. L équipement parallèle, comme les inhalateurs médicaux, les antennes de voiture, les cannettes de boissons gazeuses, les tuyaux de métal, la laine d acier pour les écrans, etc. ne sont pas considérés plus sûrs, même s ils ne sont pas partagés, en raison du risque de blessure qu ils posent. Période antérieure au diagnostic durant laquelle on demande au cas d identifier ses contacts aux fins de localisation des contacts. Utilisation de seringues ou d autre équipement d injection déjà utilisés (cuiseurs, filtres, eau, etc.) pouvant contenir des quantités infimes de sang. Le partage de ces articles est considéré dangereux. Politiques, programmes et pratiques de santé publique visant à réduire le risque de conséquences négatives associées à certains comportements. Dans le présent document, la réduction des méfaits se concentre sur les stratégies visant à réduire le risque de transmission du virus de l hépatite C. Niveau non détectable du virus six mois après l arrêt du traitement de l hépatite C. Risque relatif ajusté en fonction des facteurs de confusion. Risque relatif approché calculé lorsque d autres facteurs de confusion potentiels sont contrôlés dans un modèle statistique multivarié. Développement d une réponse immunitaire à un agent infectieux. Les tests sériques antérieurement négatifs sont maintenant positifs. Administration de drogues injectables d une façon qui réduit substantiellement le risque de transmission des virus d immunodéficience humaine (VIH), de l hépatite B et de l hépatite C. L injection plus sûre n est possible que si les mains demeurent propres. L attirail d injection (y compris les outils de mélange, l eau et les filtres) ne doivent jamais être partagés et les mains qui touchent l équipement ne doivent pas être contaminées par du sang. La réutilisation de l équipement ayant été nettoyé avec de l eau de Javel n est pas complètement sûre et est déconseillée, puisque le VIH et l hépatite C ont déjà été transmis malgré un nettoyage à l eau de Javel. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario x11 Sommaire Le virus de l hépatite C (VHC) provoque une infection chronique qui représente un lourd fardeau dans le monde entier. En Ontario, elle est associée au fardeau le plus lourd parmi toutes les maladies transmissibles. Il est donc essentiel que l intervention de la santé publique contre l hépatite C soit aussi efficace que possible. L hépatite C est une infection transmissible par le sang. Elle était autrefois liée à la transfusion de sang ou de produits sanguins; depuis le dépistage des donneurs, cette source d infection est désormais extrêmement rare. La majorité des nouvelles infections par le virus de l hépatite C contractées au Canada et dans d autres pays développés est due au partage de matériel d injection et à d autres formes de contact direct ou indirect avec le sang d une personne infectée. Des mesures préventives, visant à réduire au minimum l utilisation de matériel d injection non stérile (comme les programmes de réduction des méfaits qui assurent une distribution d aiguilles et d autres fournitures d injection stériles), ont permis de limiter la transmission du virus de l immunodéficience humaine (VIH), mais ont eu moins d effet sur celui de l hépatite C. Néanmoins, ces mesures restent des éléments clés de l intervention globale contre les infections à diffusion hématogène. En 2010, nouveaux cas d hépatite C ont été rapportés en Ontario. Les cas signalés étaient soit des infections nouvellement contractées, soit des infections chroniques acquises dans le passé, qui venaient juste d être diagnostiquées. Les estimations modélisées laissent croire que l incidence réelle des nouveaux cas connaît une légère hausse. En outre, d après cette modélisation et en l absence d une intervention efficace, un grand nombre de personnes présenteront, dans les années à venir, des séquelles de l hépatite C chronique, à savoir une cirrhose, une insuffisance hépatique, un hépatome et une greffe du foie, sans compter les nombreux décès attribuables à l hépatite C elle-même. Il devrait être possible de réduire considérablement ces issues cliniques grâce à un traitement efficace comprenant un dépistage, un diagnostic, un meilleur accès au traitement et une bonne prise en charge thérapeutique. En effet, le taux de réussite des nouveaux traitements est beaucoup plus élevé que celui des plus anciens. Aux fins de la surveillance, tout test positif pour des anticorps de l hépatite C est considéré comme un cas, à savoir une preuve que la personne a été infectée à un moment donné dans le passé. Toutefois, pour offrir un counselling efficace aux personnes infectées, déterminer la nécessité d un traitement et prévenir toute transmission future, chaque personne porteuse d anticorps anti-vhc doit également subir des tests de dépistage de l ARN du VHC. Chez au moins 15 pour cent des personnes infectées par le VHC, le virus disparaît spontanément, et le résultat du test de l ARN se révèle ainsi négatif. Ces personnes continueront d être porteuses d anticorps anti-vhc, mais ne risquent plus de transmettre le virus ni n ont besoin d un traitement. Toutefois, elles pourraient être réinfectées en cas d exposition ultérieure au VHC et ont besoin d être conseillées en conséquence. Jusqu à présent, les meilleures données scientifiques ont laissé entendre que les personnes dont le test d ARN est négatif après un traitement réussi continuent d être porteuses d anticorps anti-vhc sans être contagieuses; cependant, elles risquent une réinfection en cas d une nouvelle exposition. Les personnes infectées par le virus de l hépatite C risquent davantage de contracter d autres infections transmissibles par le sang, comme le VIH et l hépatite B, et peuvent également être exposées à des infections transmissibles sexuellement en raison de facteurs liés au mode de vie. Les obstacles posés par les difficultés techniques et l échange de données doivent être surmontés, afin de garantir une surveillance efficace des infections concomitantes, et ce, pour la gestion des cas et les autres fins du programme. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 112 Étant donné que de nombreuses personnes atteintes d hépatite C chronique peuvent être asymptomatiques pendant des années et ignorer qu elles sont infectées, un dépistage est nécessaire. Les fournisseurs de soins de santé publique doivent offrir ou encourager/faciliter le dépistage des sujets à risque en cas de : Pratiques dangereuses actuelles ou passées d utilisation de drogues injectables Partage de matériel d inhalation ou d utilisation intranasale Transfusion de sang ou de produits sanguins ou transplantation d organe avant 1990 Tatouage ou perçage corporel reçu dans un établissement où le matériel n est peut-être pas stérile Partage d objets ayant pu être contaminés par le sang d une personne atteinte d hépatite C (p. ex., rasoir, coupe-ongles ou brosse à dents) Infection par le VIH ou l hépatite B Comportement sexuel à haut risque (c.-à-d., contact possible de sang à sang) avec une personne atteinte d hépatite C ou un utilisateur ancien ou actuel de drogues injectables Contact de sang à sang avec une personne atteinte d hépatite C, notamment les nourrissons nés de mères porteuses d hépatite C Immigration en provenance de pays à prévalence élevée. Il est également raisonnable de proposer aux personnes qui présentent un risque significatif continu de subir des tests au moins une fois par an. Les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis ont recommandé un dépistage général de la cohorte d adultes nés entre 1945 et Toutefois, comme la prévalence estimée des cas non diagnostiqués d hépatite C est nettement inférieure au Canada qu aux États- Unis; l adoption d une telle méthode ne peut être présumée efficace au Canada, mais mérite d être évaluée. Les bureaux de santé publique ont un rôle clé à jouer dans l examen et la gestion des cas d hépatite C nouvellement déclarés. Dans le cadre de l examen initial, tous les clients devraient être encouragés à subir des tests de dépistage de l ARN (si ces tests n ont pas déjà été effectués), afin de déterminer s ils présentent une infection active ou si le virus a été éliminé (spontanément ou grâce à un traitement). Les sujets infectés au cours des deux années précédentes constituent la priorité pour ce qui est du suivi, compte tenu de la possibilité accrue de cerner les sources d infection et de prévenir une transmission ultérieure à des tiers. Les fournisseurs de soins de santé publique devraient s efforcer de déceler les nouvelles infections en prenant les antécédents médicaux et en collaborant avec le laboratoire de santé publique. En présence d une infection nouvellement acquise, il serait tout particulièrement utile de mener une recherche approfondie au sujet d une exposition possible et d effectuer des examens supplémentaires, le cas échéant. Les patients doivent être formés sur la façon d éviter la transmission du virus à des tiers, et les personnes ayant été en contact avec le sang de ces patients au cours de la période d infection devraient en être mises au courant et subir des tests. En outre, la consommation de drogues et d alcool doit être évaluée chez les personnes infectées, qui devraient bénéficier d un counselling, d un aiguillage et de mesures de réduction des méfaits, comme il se doit. D autres besoins, tels que le logement, le soutien social et les soins de santé mentale, doivent également être évalués et un aiguillage approprié doit être proposé. Lorsque les services nécessaires ne sont pas offerts ou ne répondent pas aux besoins des clients, le bureau de santé publique peut préconiser des améliorations de service. Le bureau de santé publique, en partenariat avec les autorités correctionnelles locales et d autres autorités, doit assurer un accès à la formation sur l hépatite C aux détenus sous sa responsabilité et leur offrir counselling, tests médicaux et soutien. En outre, le bureau de santé publique devrait faire en sorte que les détenus en liberté conditionnelle ou libérés bénéficient de l information et de l aiguillage nécessaires pour ce Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 213 qui est des programmes de réduction des méfaits, des services de traitement de l hépatite C et des autres services de soutien offerts. Certaines données laissent croire que la prévalence de l hépatite C est plus élevée chez les autochtones; les bureaux de santé publique devraient donc chercher à faciliter l accès à des programmes de réduction des méfaits et de traitement, notamment à les coordonner de façon appropriée et continue avec les soins fédéraux généralement prodigués dans les réserves pour les autochtones vivant en dehors des réserves. Par ailleurs, des données probantes permettent de croire que les jeunes de la rue présentent un risque accru d infection par le virus de l hépatite C. Les bureaux de santé publique devraient évaluer les services offerts pour s assurer que les jeunes ont accès à un counselling sur l hépatite C, aux tests médicaux pertinents, ainsi qu aux services de réduction des méfaits et d aiguillage en matière de soins et de traitements. Les bureaux de santé publique devraient garantir la disponibilité des vaccins contre l hépatite A et B pour ceux qui répondent aux critères relatifs à l admissibilité aux vaccins financés par l État, en vertu des programmes d immunisation subventionnés par l Ontario, y compris tous les sujets atteints d hépatite C. Les vaccins doivent être administrés conformément au Guide canadien d immunisation; veuillez consulter le guide pour plus d information sur l immunisation des personnes atteintes d une infection chronique. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 314 Recommendations SURVEILLANCE ET TESTS (CHAPITRE 4) Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Santé publique Ontario et bureaux de santé publique 4.1 Les bureaux de santé publique, Santé publique Ontario et le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devraient utiliser les données de surveillance pour examiner l épidémiologie des infections par le VHC et le VIH nouvellement acquises/les co-infections par le VHC; ils devraient utiliser cette information pour cerner les grappes possibles qui nécessitent une enquête immédiate et déterminer la nécessité de prendre des mesures de prévention supplémentaires adaptées aux facteurs de risque signalés. Ministère de la Santé et des Soins de longue durée et Santé publique Ontario 4.2 Santé publique Ontario et le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devraient faire en sorte que les résultats de laboratoire tant négatifs que positifs de l ARN du virus de l hépatite C soient déclarés à la santé publique (lorsqu ils sont disponibles après un résultat positif de dépistage des anticorps anti-vhc), à des fins de surveillance et, le cas échéant, de gestion des cas et de localisation des contacts. 4.3 Santé publique Ontario et le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devraient diviser la définition des cas de surveillance de l hépatite C en d autres catégories plus spécifiques, notamment les infections chroniques et les infections nouvellement contractées. Ministère de la Santé et des Soins de longue durée 4.4 Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devrait utiliser les données de surveillance pour planifier et évaluer la maîtrise de l hépatite C, en Ontario. Santé publique Ontario 4.5 Les laboratoires qui effectuent des tests de dépistage des anticorps anti-vhc devraient inclure, avec chaque résultat positif, une recommandation aux cliniciens d effectuer des tests de suivi de l ARN. Ils devraient leur faciliter la tâche en leur envoyant un formulaire de dépistage et des renseignements à cet effet. Bureaux de santé publique 4.6 Tous les cas d hépatite C peuvent bénéficier d un traitement (qui doit leur être accessible). Lorsque les ressources sont suffisantes, le suivi de l ensemble des cas d hépatite C nouvellement signalés (avec la collecte des renseignements relatifs aux facteurs de risque) devrait être entrepris, que l infection soit chronique ou nouvellement acquise. Lorsque les ressources sont limitées, la priorité devrait être accordée à un suivi actif des cas d infections nouvellement contractées (sujets infectés au cours des deux dernières années). Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 415 4.7 Des tests d ARN positifs après une réponse virologique soutenue au traitement devraient être envisagés comme une réinfection possible. 4.8 Les bureaux de santé publique et le laboratoire de santé publique devraient collaborer afin d améliorer le dépistage des infections par le VHC nouvellement acquises en faisant correspondre les tests positifs de détection d anticorps anti-vhc aux tests négatifs précédents. 4.9 Les personnes infectées par le VIH ou l hépatite B devraient être fortement encouragées à subir un test de dépistage de l hépatite C, et vice versa. Il faudrait recommander aux personnes atteintes d hépatite C de se faire vacciner contre l hépatite A ou B, sauf en cas de contre-indication ou si cela est inutile (c.-à-d. chez les personnes déjà immunes ou infectées par le virus de l hépatite B) Les personnes gravement immunodéprimées, mais qui sont probablement atteintes d une infection chronique en raison d une exposition précédente posant un risque d infection par le VHC, devraient se prêter à un test de dépistage de l ARN, même si les tests de dépistage des anticorps anti-vhc sont négatifs. DÉPISTAGE (CHAPITRE 5) Santé publique Ontario 5.1 Il est conseillé d effectuer une recherche pour déterminer si la recommandation récemment émise par les Centers for Disease Control and Prevention aux États-Unis sur le dépistage des cohortes de naissances s applique au Canada. Bureaux de santé publique 5.2 Les bureaux de santé publique devraient offrir un dépistage de l hépatite C aux personnes à risque d infection accru ou y faciliter l accès (voir la liste au chapitre 5). 5.3 Les bureaux de santé publique devraient particulièrement s efforcer d offrir des tests de dépistage de l hépatite C à toutes les personnes présentant un risque accru ou leur y faciliter l accès, en raison d un partage actuel ou précédent de matériel d injection ou d inhalation de drogues. Le dépistage peut être offert dans le cadre de campagnes de sensibilisation menées dans les rues ou par l intermédiaire d un partenariat établi avec les agences ou les services communautaires proposant des programmes de réduction des méfaits. 5.4 Les bureaux de santé publique devraient faciliter l accès des personnes infectées aux examens de suivi en soins primaires, là où sont offerts les services de réduction des méfaits ou à l aide d un aiguillage. 5.5 Un des éléments essentiels du dépistage consiste à offrir aux patients un counselling sur l hépatite C avant et après les tests (voir l annexe H) afin qu ils comprennent le bien-fondé de ces tests et l incidence des résultats, et qu ils accordent leur consentement éclairé. Ceux dont le test de dépistage s est révélé positif doivent recevoir une formation, savoir comment éviter la transmission aux autres, obtenir de l information sur les traitements disponibles et bénéficier d un aiguillage vers les soins de suivi. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 516 5.6 Les personnes exposées de façon permanente au virus de l hépatite C doivent bénéficier de counselling et de soutien pour réduire les comportements à risque (voir chapitres 6 et 7), être informées des méthodes de prévention de la transmission à des tiers au cas où elles contracteraient l infection et être encouragées à subir des tests de dépistage de l hépatite C, au moins une fois par an. RÉDUCTION DES MÉFAITS (CHAPITRE 6) Bureaux de santé publique 6.1 Les bureaux de santé publique devraient assurer aux utilisateurs de drogues injectables un accès aux programmes de réduction des méfaits, y compris la distribution d aiguilles/de seringues stériles et de matériel de préparation et d injection de drogues, comme celui fourni par le Programme ontarien de distribution des ressources pour la réduction des méfaits : eau stérile dans des flacons à usage unique, chauffoirs stériles, filtres neufs, tampons d alcool stériles, acide ascorbique et nouveaux tourniquets. Les programmes de réduction des méfaits ne devraient pas imposer de limites arbitraires sur le nombre d aiguilles ou les autres fournitures offertes; ils devraient en fournir selon les besoins du client. Les clients ne devraient pas être tenus de retourner les aiguilles pour en obtenir des nouvelles, mais devraient être encouragés à le faire; ils devraient en outre recevoir des contenants de récupération des objets pointus/tranchants et bénéficier de counselling sur l élimination sécuritaire des aiguilles, seringues et autres fournitures d injection de drogues. On devrait surtout former les clients sur les risques de partage des aiguilles, seringues et autre fournitures de préparation et d injection de drogues (comme les cuillères/chauffoirs, les filtres, l eau, les tampons et les tourniquets), au moment de la remise de ce matériel et les renseigner sur son utilisation appropriée. 6.2 Les bureaux de santé publique devraient chercher à faire participer les personnes qui consomment actuellement ou ont déjà consommé des drogues (souvent appelés pairs) à la planification, à la prestation et à l évaluation des programmes de réduction des méfaits en vue d améliorer la pertinence et la crédibilité du service pour les participants au programme et d insuffler confiance à la communauté des consommateurs de drogues. 6.3 Les bureaux de santé publique devraient intégrer des mesures de réduction des méfaits dans leur programme à l intention des fumeurs de drogues illicites (comme la distribution de matériel d inhalation plus sûr), en particulier le crack et la méthamphétamine. 6.4 Les clients ayant des antécédents d utilisation de drogues illicites ou ayant purgé une peine de prison doivent être sensibilisés aux risques et se voir offrir des tests de dépistage de l hépatite C, de l hépatite B et du VIH. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 617 GESTION DES CAS (CHAPITRE 7) Bureaux de santé publique 7.1 Les cas d hépatite C doivent être investigués afin de déterminer les motifs du test (le cas ou le médecin a proposé d effectuer un test, et pour quelles raisons); les sources et risques potentiels d infection (voir ci-dessous); et les co-infections par le VIH, l hépatite B ou autres infections transmises sexuellement. Si ce n est déjà fait, un test de l ARN est recommandé. 7.2 Il faut offrir aux cas d hépatite C counselling et tests de dépistage du VIH et du virus de l hépatite B. Il faut aussi évaluer le risque d infection bactérienne transmise sexuellement posé par les cas et leur offrir des tests, le cas échéant. Tous les cas d hépatite C sont admissibles aux vaccins contre l hépatite A et l hépatite B, remboursés par l État, et les bureaux de santé publique ou fournisseurs de soins de santé doivent veiller à l immunisation appropriée des cas. 7.3 Il faut déterminer si les femmes sont enceintes, car il existe des recommandations précises à leur égard. Il est conseillé aux femmes enceintes d informer leur professionnel de la santé de leur infection et de discuter des options thérapeutiques. Il faut les informer des tests de dépistage d une infection disponibles pour le fœtus. Le test de dépistage de l ARN du virus de l hépatite C chez les nourrissons se fait en deux temps : entre deux et six mois, puis entre 18 et 24 mois; ce dernier test doit inclure un test de dépistage des anticorps du VHC. Si celui-ci est positif, il faut aiguiller le nourrisson à un pédiatre. 7.4 Il faut déterminer les antécédents du cas quant aux transfusions, et greffes de tissu ou d organes afin de définir s il est admissible au remboursement. Il faut déterminer les antécédents de dons de sang, de tissu ou d organe afin de définir s il est nécessaire d effectuer un suivi auprès du receveur. Ces antécédents peuvent aussi contribuer à établir la date d un test de dépistage négatif de l hépatite C aux fins d estimation de la date d infection. 7.5 Il faut veiller à offrir au cas des séances de formation et de counselling. Ces séances doivent inclure de l information sur la disponibilité et les lieux des services de réduction des méfaits, le cas échéant. Les bureaux de santé publique doivent déterminer dans quelle mesure ils fourniront du counselling et quelle part reviendra aux cliniciens. Le Tableau 9 de l Annexe H et le document Soins primaires de l hépatite C chronique Guide de référence professionnel 2009 peuvent s avérer utiles aux intervenants qui n ont pas l expérience de counselling auprès des cas d hépatite C. 7.6 Dans la mesure du possible, déterminer si les cas signalés sont des cas récents (infectés dans les deux ans précédents), et dans l affirmative, quels en sont les facteurs de risque et s ils seraient liés à d autres cas (c.-à-d. groupe de cas ou éclosion). 7.7 Il faut offrir un test de dépistage du virus de l hépatite C aux contacts pouvant être identifiés et considérés à risque d infection (partage connu de l attirail de consommation de drogues ou comportements sexuels dangereux avec contact de sang à sang). En raison du faible risque de transmission sexuelle en l absence de contact de sang à sang, il est déconseillé aux bureaux de santé publique de procéder à la localisation systématique des contacts, car il s agit d une utilisation inefficace des ressources. 7.8 En présence d éléments étayant la présence d un groupe de cas, les bureaux de santé publique doivent examiner la situation de manière appropriée et envisager des services d intervention auprès des Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 718 contacts précis afin de les encourager à se soumettre aux tests et de leur offrir counselling et prévention. ÉDUCATION PUBLIQUE ET MARKETING SOCIAL (CHAPITRE 8) Ministère de la Santé et des Soins de longue durée et bureaux de santé publique 8.1 Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée et les bureaux de santé publique doivent identifier ensemble les façons d éduquer le public quant à la réduction des méfaits et la consommation de drogues, dans le but d accroître l acceptation et d effacer le stigmate et la discrimination. 8.2 Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée et les bureaux de santé publique doivent s associer au ministère de l Éducation et aux conseils scolaires locaux pour identifier et combler les lacunes en enseignement dans les écoles secondaires sur les infections transmises par le sang, y compris le VIH, l hépatite B et l hépatite C, en portant une attention spéciale aux différences et aux similarités entre les virus, de même qu à la disponibilité et au rôle de la prévention et des traitements de chaque virus. Bureaux de santé publique 8.3 Les bureaux de santé publique doivent préconiser les mesures tel un meilleur accès aux logements à loyer modique, aux aliments sains et au soutien du revenu, dans le cadre des mesures d amélioration de la santé des personnes atteintes d hépatite C et afin d augmenter leurs chances de réussir leur traitement. POPULATIONS PARTICULIÈRES (CHAPITRE 9) Ministère de la Santé et des Soins de longue durée 9.1 Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée doit tenter de recueillir des données sur la prévalence, l incidence, les facteurs de risque et les séquelles de l hépatite C dans la population autochtone (y compris le taux et les causes de morbidité et de mortalité des maladies chroniques du foie) afin de contribuer à l élaboration d un programme de santé publique qui soit approprié. 9.2 Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée doit effectuer des travaux d élaboration de politiques en matière de déterminants sociaux de la santé afin de mieux répondre aux besoins des sous-populations présentant un risque accru d hépatite C. Bureaux de santé publique 9.3 Les autorités correctionnelles sont principalement responsables de la santé des détenus. Les bureaux de santé publique dont le district comprend un établissement correctionnel, une prison ou un centre de détention doivent déterminer la disponibilité des ressources de formation, de counselling, de tests, de soutien et autres en matière d hépatite C et aider les autorités correctionnelles à fournir des services appropriés lorsque cela est faisable. Ils doivent aussi collaborer avec les autorités correctionnelles locales pour les aider à veiller à ce que les détenus libérés sur parole ou libérés dans la communauté Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 819 obtiennent de l information sur les programmes d échange de seringues, programmes de réduction des méfaits et autres services de soutien disponibles ainsi qu un aiguillage à ces programmes. 9.4 Les bureaux de santé publique doivent veiller à l accès efficace aux programmes de traitement et de réduction des méfaits, y compris la coordination appropriée et la continuité des soins prodigués par le gouvernement fédéral dans les réserves à l intention des Autochtones atteints d hépatite C qui vivent hors réserve dans leur district. 9.5 Les bureaux de santé publique doivent évaluer les besoins en services à l intention des jeunes de la rue et la disponibilité de ces services dans leur district; veiller à ce que les personnes infectées par le virus de l hépatite C aient accès à des services de counselling, de tests et de réduction des méfaits; et tenter de faciliter l accès aux soins et au traitement pour les personnes infectées. 9.6 Les bureaux de santé publique doivent collaborer avec les services de traitement de la toxicomanie de leur district pour veiller à ce que les personnes atteintes d hépatite C aient accès à des services de counselling, de tests, de soins, de traitement et de soutien pour les clients qui suivent un traitement de la toxicomanie, y compris dans les établissements de traitement d entretien à la méthadone ou de désintoxication. Cela comprend fournir de l information sur la disponibilité et le lieu des services de réduction des méfaits et de veiller à l accès aux vaccins contre l hépatite A et B, le cas échéant. 9.7 Les bureaux de santé publique qui offrent des services cliniques et de counselling et de test contre l hépatite C peuvent offrir des services de counselling et de test de l hépatite C aux nouveaux arrivants au Canada en provenance de pays où l hépatite C est très endémique s ils n ont pas déjà été testés, et ces personnes doivent recevoir des séances de counselling et de suivi appropriées sur le plan culturel. Les bureaux de santé publique doivent encourager les fournisseurs de soins primaires à offrir des séances de counselling et de test de l hépatite C aux nouveaux arrivants au Canada. 9.8 Les bureaux de santé publique doivent offrir ou animer des séances de counselling et de test de l hépatite C à l intention des hommes ayant des relations sexuelles avec d autres hommes séropositifs pour le VIH. Les séances de counselling doivent inclure une discussion sur le taux élevé de co-infection de l hépatite C et du VIH, le risque élevé de transmission sexuelle de l hépatite C aux contacts de ceux qui sont co-infectés, les pratiques sexuelles sûres et les approches de réduction des méfaits, le cas échéant. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 920 Méthodes Le présent document a été élaboré en se fondant sur de multiples sources de données probantes, y compris l examen et l évaluation des données tirées des documents publiés et parallèles, ainsi que des avis d experts. L avis des experts est présenté sous forme d information et de documentation sur les méthodes utilisées par les professionnels de la santé publique chevronnés et de renseignements obtenus de la part d experts en maladies infectieuses. Sondage : Besoins du personnel des bureaux de santé publique de l Ontario en matière d information sur l hépatite C Le groupe de travail sur l hépatite C a cherché à garantir la pertinence du présent document en réalisant un bref sondage en ligne qui a été distribué à tous les bureaux de santé publique (BSP) de l Ontario. Le questionnaire figure à l annexe A. Analyse documentaire Afin de définir la nature et la portée des données probantes tirées de la documentation publiée et non publiée, le groupe de travail sur l hépatite C a dressé la liste des sujets clés qui se rapportent à la gestion des cas d hépatite C et à la localisation des contacts pour lesquelles des données probantes sont nécessaires. De nombreuses stratégies d analyse documentaire ont été mises au point pour répondre à ces questions (voir l annexe B). Les recherches ont été exécutées dans diverses bases de données, y compris Ovid dans MEDLINE, Embase, PsycINFO, CINAHL EBSCOhost Plus, Academic Search Premier et, dans certains cas, SocINDEX. Chaque base de données a été explorée à l aide d un vocabulaire contrôlé propre à chacune d entre elles, mais toutes les recherches ont été complétées par un furetage par mots clés, et ce, pour extraire plus facilement les articles visés. Les recherches couvrent les années qui s étendent entre 1950 et 2011, même si dans certains cas, des documents allant jusqu en mai 2012 ont été inclus. Seuls les résumés en anglais ont été examinés. Pour certains sujets, le groupe de travail a également entrepris des recherches dans des sources de documentation parallèle; autrement dit, des sources non publiées, considérées comme pertinentes et fiables, ont été incluses dans le cadre de l analyse documentaire. Celles-ci étaient principalement limitées aux publications gouvernementales du Royaume-Uni (R.-U.), des États-Unis, du Canada et de l Australie. La documentation parallèle a été trouvée sur Google, à l aide de synonymes pour les catégories de sujets, y compris : counselling, testing (tests), best practice guidelines (lignes directrices sur les pratiques exemplaires), harm reduction (réduction des méfaits), screening (dépistage), management (prise en charge) et education (formation). Pour la recherche sur les jeunes de la rue et l accès aux soins de santé, la stratégie suivante a été adoptée : «(street-involved youth OU homeless youth) (public health OU community health)» «(jeunes de la rue OU jeunes sans-abri) (santé publique OU santé communautaire)». De même, la documentation parallèle sur les tests de dépistage de l hépatite C et le counselling a été obtenue en tapant les termes de recherche suivants : «Hepatitis C test* counsel*» (test hépatite C*, counselling). Des analyses des territoires et provinces ont également été menées. Des extraits des études publiées ont été revus pour valider leur pertinence, et certains articles choisis ont été soumis à des analyses complètes. Pour la pertinence, il s agissait de déterminer si l étude traitait de la question Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1021 envisagée, et si le cadre socioculturel et le système des soins de santé concernant la question de recherche étaient suffisamment semblables à ceux au Canada. Les limites imposées en ce qui a trait aux ressources ont empêché le groupe de travail d effectuer des analyses systématiques complètes. Des analyses systématiques publiées ou d autres analyses de qualité ont été utilisées, autant que possible, au lieu de procéder à un examen complet distinct de la documentation principale. Lorsqu une analyse systématique ou autre analyse de qualité était cernée, elle était complétée, au besoin, par des études réalisées depuis sa publication ou des études comblant les lacunes ou les limites. Lorsqu aucune analyse n était disponible, les études les plus pertinentes étaient prises en considération et résumées sous forme de tableau; leur puissance individuelle était également évaluée. Ces études ont été soumises à une évaluation de leur rigueur méthodologique, à l aide de critères semblables à ceux publiés par le National Institute for Health and Clinical Excellence 1 sur les méthodes d orientation en matière de santé publique utilisées au Royaume-Uni. Le cas échéant, la puissance des études individuelles est présentée selon le même format que les documents d orientation en matière de santé publique du National Institute for Health and Clinical Excellence : ++, + ou sont les cotes de validité interne selon la possibilité que les résultats puissent faire l objet de biais («++» représentant la possibilité de biais la plus faible et, la plus élevée), et le même système de classement est adopté pour la validité externe selon la probabilité que les résultats puissent être appliqués dans d autres contextes dans ce cas, l Ontario pour évaluer leur généralisabilité. Les données probantes ont été résumées et présentées lors des réunions du groupe de travail sur l hépatite C. Le résultat des discussions et les commentaires ont été intégrés dans les chapitres pertinents, et les recommandations ont été formulées par consensus. Les données probantes et d autres considérations découlant des recommandations sont discutées en détail pour aider les lecteurs à comprendre le fondement de chaque recommandation. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1122 1. Contrôle de l hépatite C : Aperçu L hépatite C revêt une grande importance pour la santé publique, tant en Ontario que dans le monde entier. En Ontario, elle est associée au fardeau le plus lourd de toutes les maladies transmissibles 2. Il s agit d un flavivirus, et six génotypes différents ont été décelés jusqu à présent. Les génotypes 1 à 3, que l on retrouve dans le monde entier, constituent les principaux génotypes au Canada, avec une prédominance du génotype 1. Les tests effectués pour déterminer le génotype sont importants, étant donné que l efficacité et la durée du traitement ne sont pas les mêmes pour tous. Compte tenu de l évolution des nouveaux traitements, le génotypage pourrait se révéler moins nécessaire. Il n existe actuellement aucun vaccin disponible pour prévenir l hépatite C; la prévention de l infection consiste à éviter les expositions et les comportements liés à la transmission. L hépatite C peut être traitée avec succès; toutefois, en raison des coûts élevés, des effets secondaires graves et de la durée relativement longue du traitement par interféron et ribavirine, le traitement est souvent retardé jusqu à ce que des signes de lésions hépatiques apparaissent et que les avantages l emportent sur les manifestations indésirables. De nouveaux traitements, causant moins d effets secondaires, voient le jour, mais ils sont également très coûteux. La possibilité d une guérison signifie que la transmissibilité prendra fin grâce au traitement, rendant ainsi souhaitable l instauration d un traitement précoce du point de vue de la santé publique. Il y a également lieu de croire que les taux de guérison sont plus élevés chez les patients qui sont pris en charge à un stade précoce (c est-à-dire au cours de la phase aiguë de l infection), avec des taux de réponse virologique soutenue de 80 à 98 pour cent 3-6. Il n en demeure pas moins que ces taux impressionnants doivent tenir compte du fait que 15 pour cent au moins des personnes ayant nouvellement contracté l hépatite C élimineront le virus sans traitement. On a laissé entendre qu il serait bon de retarder le traitement de 8 à 12 semaines après le début de la phase aiguë de l hépatite afin de permettre au virus de disparaître spontanément. Les personnes n ayant pas réussi à éliminer le virus au bout de cette période ne pourront probablement pas le faire sans traitement 7. En Ontario, la Loi sur la protection et la promotion de la santé (LPPS) est l instrument législatif en vertu duquel les maladies qui revêtent de l importance pour la santé publique sont désignées comme étant à déclaration obligatoire, doivent faire l objet d une enquête et nécessitent un traitement 8. L hépatite C est une maladie transmissible et à déclaration obligatoire en vertu de la LPPS. Selon la LPPS, il faut signaler les infections diagnostiquées qui s inscrivent dans la catégorie des maladies à déclaration obligatoire aux médecins hygiénistes locaux. La déclaration des infections par le virus de l hépatite C permet aux agences de santé publique de surveiller la maladie dans la communauté et d adapter les programmes de prévention et d intervention en conséquence dans le but de réduire le risque d infection et de transmission. L objectif des programmes de santé publique en matière de maladies transmissibles est double : prévenir les effets nuisibles chez la personne porteuse de la maladie infectieuse et ses contacts pouvant être contaminés, et maîtriser la propagation dans la population. La surveillance des maladies et la gestion individuelle des cas font partie des principales fonctions des services de santé publique. Toutefois, pour pouvoir contrôler l hépatite C au sein de la population, les BSP locaux doivent élaborer et offrir divers programmes destinés au patient lui-même, à la population et au système des soins de santé. Par exemple, étant donné qu une grande proportion des cas courants et nouveaux d hépatite C est liée à la consommation de drogues illicites, les programmes de réduction des méfaits connexes sont devenus de plus en plus répandus. Les stratégies qui peuvent être appliquées au sein de la population comprennent l éducation, en particulier chez les jeunes, les Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1223 campagnes de marketing social (par exemple la promotion du counselling et du dépistage volontaires pour les personnes à risque), les programmes de dépistage, et les programmes de changement des comportements ciblant des groupes de population présentant un risque plus élevé, y compris le soutien et la sensibilisation par les pairs. La majorité des personnes ayant contracté l hépatite C sont asymptomatiques pendant de nombreuses années. Les personnes asymptomatiques atteintes d une infection, qui n ont pas régulièrement recours aux soins de santé et ne sont pas nommées comme contacts, peuvent être identifiées si elles ont accès aux programmes de dépistage. Le dépistage signifie qu un fournisseur de soins de santé recommande à une personne de subir un test, sachant que celle-ci ne l a pas demandé ni ne présente des symptômes de la maladie. Par conséquent, les fournisseurs de soins de santé doivent bien être conscients de l hépatite C et des personnes à risque; ils devraient également être en mesure d en discuter avec leurs patients et d encourager les personnes à risque à subir des tests. Le dépistage peut s effectuer dans un établissement de soins primaires ou un milieu de services de santé traitant une clientèle à risque élevé, comme les programmes d échange d aiguilles, de traitement d entretien à la méthadone et d autres programmes de traitement de la toxicomanie; les établissements correctionnels et ceux offrant des services aux jeunes de la rue. Les principaux défis avec lesquels doivent composer les programmes de dépistage sont la manière d accéder aux personnes difficiles à joindre qui sont exposées à un risque accru d infection, la manière d évaluer les risques et les avantages du dépistage des personnes asymptomatiques en bonne santé, la façon d assurer les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des personnes atteintes d une infection chronique et cernées grâce au dépistage, et la manière d amorcer des programmes thérapeutiques gérés efficacement et d y maintenir la participation, compte tenu que ces programmes sont susceptibles d éliminer l infection, et, de ce fait, le risque de contamination des autres. Le dépistage des personnes infectées peut également être favorisé par l intermédiaire de l éducation du public ou des groupes à risque plus élevé, et ce, dans le but de promouvoir le recours aux tests, en plus d un accès facile au counselling et au dépistage volontaires. L efficacité du counselling et du dépistage volontaires dépend du degré auquel les personnes se considèrent à risque surtout si elles sont asymptomatiques et dans quelle mesure elles sont prêtes à être diagnostiquées et traitées. La peur de la stigmatisation, de la discrimination et de la divulgation aux autres, ainsi que le déni et le manque d avantages perçus, peuvent empêcher les personnes à risque de recourir au dépistage. Pour que les BSP puissent participer efficacement à la gestion des cas d hépatite C et soutenir les changements de comportements des personnes infectées et de leurs contacts, des mesures de formation du personnel et d assurance de la qualité devraient être prises. La formation relative aux compétences en matière de counselling, la compréhension de la diversité et des normes culturelles, la formation à la réduction des méfaits, la compréhension des enjeux relatifs à la consommation de drogues et à la santé mentale, ainsi que les possibilités de formation continue et de recyclage des connaissances et des compétences sont particulièrement importantes. Bien que ce document porte essentiellement sur les pratiques de santé publique, comme la gestion des cas, d autres niveaux d intervention sont nécessaires et importants. L hépatite C est une maladie difficile à maîtriser parce que les facteurs déterminants sous-jacents de la plupart des nouvelles infections sont liés à des problèmes sociaux plus larges, comme la pauvreté, la stigmatisation, la toxicomanie et la santé mentale, l utilisation illicite de médicaments sans ordonnance, l alcoolisme, l absence de domicile fixe, l incarcération et Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1324 d autres questions connexes. Les multiples facettes et la vaste portée des facteurs déterminants sociaux de l infection par le virus de l hépatite C signifient que la santé publique ne peut pas, à elle seule, contrôler cette infection. Les programmes actuels de prévention ont tendance à être compartimentés; ils pourraient ne pas répondre de manière intégrée aux besoins des personnes exposées à des risques multiples et qui nécessitent bien plus que des soins de santé, notamment un logement adéquat, un revenu suffisant, des possibilités d inclusion sociale et un soutien approprié. La panoplie d interventions nécessaires pour contrôler l hépatite C fait appel à des ministères et paliers gouvernementaux différents. Dans ce document, nous nous sommes limités aux recommandations en matière de contrôle de l hépatite C formulées par les autorités de santé publique provinciales et municipales, tout en reconnaissant que le problème est trop important pour être réglé par la santé publique à elle seule. Les professionnels de la santé publique devraient préconiser des politiques et des programmes qui vont au-delà du champ de compétences des BSP individuels. Il serait également primordial d élargir les ressources des BSP locaux pour leur permettre d offrir les services nécessaires, comme les interventions à plus grande échelle visant la réduction des méfaits, les changements de comportement et les programmes de sensibilisation plus efficaces. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1425 2. Épidémiologie de l hépatite C en Ontario MESSAGES CLÉS On a recensé nouveaux cas d hépatite C en Ontario, en À quelques exceptions près, on a constaté un déclin relativement constant du nombre des cas signalés au fil du temps, après un pic en Les hommes représentent environ 62 pour cent des nouveaux cas déclarés. L âge moyen des nouveaux cas déclarés augmente. Au milieu des années 1990, la plupart des nouveaux cas déclarés concernaient des personnes âgées entre 30 et 49 ans tandis qu en 2010, il s agissait de personnes âgées entre 50 et 59 ans. Les nouveaux cas déclarés constituent une combinaison de personnes nouvellement infectées et de personnes ayant contracté l infection il y a quelques décennies. L incidence et la prévalence réelles ne sont pas mesurées au niveau de la population; elles doivent être estimées à partir de modèles épidémiologiques. Les estimations de l incidence et de la prévalence réelles (par rapport à celles déclarées), fondées sur des modèles épidémiologiques, permettent de croire que la prévalence de l hépatite C diminue légèrement, tandis que l opposé est vrai pour l incidence. Les pratiques dangereuses passées ou actuelles d injection de drogues représentent 54 pour cent des cas courants et 81 pour cent des cas nouveaux. En 2010, la prévalence de l hépatite C était estimée à 0,84 pour cent en Ontario, sachant qu il existe une fluctuation importante entre les bureaux de santé publique. Les bureaux de santé publique dont l incidence et la prévalence estimées sont les plus élevées, selon la modélisation, sont : Kingston, Frontenac, Lennox et Addington, district de Thunder Bay, Timiskaming, Algoma et Chatham-Kent. Les bureaux de santé publique dont l incidence et la prévalence estimées sont les plus faibles, selon la modélisation, sont : comté de Huron, district de Perth, région de York, région de Halton et Wellington-Dufferin-Guelph (tableau 4). Les bureaux de santé publique connaissant l augmentation relative la plus élevée de la prévalence de l hépatite C depuis 2007 sont : Chatham-Kent, Porcupine, Lambton et Hamilton. Les bureaux de santé publique connaissant le plus grand recul relatif sont : Renfrew, la région de Halton, Haliburton- Kawartha-Pine Ridge, région de York, région de Niagara et Toronto. Incidence et prévalence Plusieurs facteurs compliquent la surveillance de l hépatite C et rendent difficile de déterminer avec précision l incidence et la prévalence actuelles en Ontario. Tout d abord, il convient de définir trois termes : incidence, prévalence et incidence déclarée. L incidence est le nombre réel de cas nouveaux qui surviennent dans une période donnée, généralement un an. La prévalence est le nombre de personnes vivant avec une hépatite C chronique à un moment donné. L incidence annuelle déclarée est le nombre de personnes dont le test de Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1526 dépistage d anticorps anti-vhc est positif et qui sont déclarées aux bureaux de santé publique, au cours d une année donnée. L incidence et la prévalence réelles demeurent inconnues, mais elles diffèrent de l incidence déclarée pour plusieurs raisons. En effet, on estime qu environ un tiers des personnes atteintes d hépatite C n ont jamais subi de test ni ne savent qu elles sont infectées 9, ce qui aboutit à une sous-estimation de l incidence et de la prévalence lorsqu elles sont fondées sur les cas déclarés. Les cas déclarés peuvent avoir contracté l infection il y a des décennies, mais ont seulement été diagnostiqués récemment; ainsi, l incidence déclarée pourrait mieux refléter l intensité des tests actuels plutôt que les modes de transmission actuels. En même temps, certains facteurs peuvent gonfler l incidence et la prévalence déclarées. Par exemple, la définition actuelle de cas d hépatite C n exige qu un test d anticorps anti-vhc positif, lequel indique seulement qu une personne a été exposée au virus de l hépatite C (VHC) et a produit une réponse immunitaire. Un grand nombre de personnes ayant obtenu un résultat positif au test d anticorps anti-vhc n ont pas subi le test de confirmation des acides nucléiques pour déceler la présence soutenue du VHC. Des études ont montré que 15 à 50 pour cent (en moyenne, environ 20 pour cent) des personnes porteuses d anticorps éliminent le virus spontanément et ne devraient pas être considérées comme des cas courants. Cela pourrait mener à une surestimation de la prévalence et à une sous-estimation de l incidence, puisqu une personne peut contracter le virus et l éliminer plusieurs fois si l exposition est continue. Pour les raisons susmentionnées, l estimation de l incidence et de la prévalence réelles doit être fondée sur des modèles épidémiologiques. Il existe deux principales sources de données utilisées dans la modélisation épidémiologique de la prévalence et de l incidence de l hépatite C en Ontario. La première est constituée des données sur l incidence déclarée provenant du système de santé publique de l Ontario (laboratoires et BSP); la deuxième comprend les données provenant d études de recherche sur les groupes à risque élevé. La dernière pourrait représenter une source d information sur la portée des tests pour les groupes à risque élevé, indiquant dans quelle mesure ils sont inclus dans les données des tests de laboratoire et les estimations de la prévalence de l hépatite C. La plupart des études de recherche ont uniquement pris en compte le test d anticorps et font donc face au même problème de surestimation mentionné ci-dessus. Les méthodes de modélisation, comme celles mentionnées par le D r Robert Remis, comprennent une estimation du taux d élimination spontanée du virus, tenant ainsi compte de ce paramètre lors de l évaluation de la prévalence de l infection chronique et de ses séquelles 10. Incidence déclarée En 2010, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée a été avisé de la présence de cas d hépatite C, soit un taux de 34 cas par tranche de habitants. La figure 1 fournit un examen du nombre de cas déclarés par tranche de habitants en Ontario, depuis l entrée en vigueur de la déclaration obligatoire de l hépatite C, en Elle montre une tendance vers une augmentation exponentielle du nombre de tests positifs dans les premières années, reflétant ainsi le recours aux tests d un grand nombre de cas atteints d une infection chronique qui se sont accumulés au sein de la population pendant les décennies précédentes, y compris ceux ayant contracté l infection en raison d une transfusion sanguine, avant la disponibilité en 1990 du test des donneurs de sang. En outre, un certain nombre de programmes d indemnisation fédéraux et provinciaux, offerts au cours des années 1990 et au début des années 2000, ont motivé le recours à des tests supplémentaires pour fournir une preuve d infection ou confirmer les tests effectués au début des années 1990 (en raison de la spécificité relativement faible des premiers tests). Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 16 27 1991 Nombre de cas confirmés d hépatite C Cas confirmés d hépatite C pour habitants Depuis le pic de 1996, le taux de nouveaux cas déclarés a chuté. L incidence déclarée représente toujours une combinaison d infections chroniques et de nouveaux cas, cernés grâce au dépistage des personnes à risque élevé et des consultations effectuées chez les fournisseurs de soins de santé, qui détectent les anomalies de la fonction hépatique chez les cas chroniques et procèdent au test diagnostique de l hépatite C dans le cadre de leur examen clinique. Le recul apparent des cas déclarés en Ontario en 2005 et 2006 est quelque peu controversé. Il reste à élucider s il s agit d un véritable recul suivi d un rebond ultérieur de l incidence de l hépatite C, ou si les données de surveillance pendant cette période étaient erronées. Nous savons qu une transition importante s est produite en 2005 et 2006 lorsque les bureaux de santé publique en Ontario sont passés, selon un échéancier échelonnée, du vieux Système d information sur les maladies à déclaration obligatoire au nouveau Système intégré d information sur la santé publique (SIISP). Pour l instant, il n y a aucune explication satisfaisante; les données pour ces années devraient donc être interprétées avec prudence. Figure 1 : Cas déclarés confirmés d hépatite C en Ontario, Year Nombre Taux pour Source : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l Ontario, base de données du Système intégré sur la santé publique; données extraites par Santé publique Ontario (12/05/2011). Ces données peuvent changer en raison de l épuration des données et de la suppression des doublons. La figure 2 affiche les taux de cas confirmés d hépatite C pour habitants selon le sexe depuis 1994, et la figure 3 fournit la même information par tranche d âge. Les taux considérablement plus élevés chez les hommes peuvent s expliquer, du moins en partie, par le fait qu environ deux-tiers des utilisateurs de drogues injectables en Amérique du Nord sont des hommes. Dans les pays où une proportion significative des cas d hépatite C semble attribuable à des transfusions infectées ou à des interventions médicales effectuées avec Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1728 Cas confirmés d hépatite C pour habitants du matériel contaminé, la prévalence de l hépatite C augmente avec l âge. En Ontario, la plus forte proportion de cas confirmés semble survenir chez les 40 à 49 ans. La tendance à l augmentation de la prévalence dans la vingtaine, la trentaine et la quarantaine concorde avec la durée des pratiques dangereuses de consommation de drogues injectables en tant que facteur de risque majeur; le problème se complique, étant donné que beaucoup de personnes sont seulement testées dans la quarantaine et la cinquantaine après l apparition de symptômes graves de maladie du foie. La tendance aux taux inférieurs de cas confirmés chez des personnes de plus de 60 ans est compatible avec les pratiques dangereuses de consommation de drogues injectables en tant que facteur de risque majeur, étant donné que cette consommation et l hépatite C non traitées peuvent contribuer à une morbidité et à une mortalité précoces; relativement peu de personnes non cernées atteindront alors l âge de 60 ans sans avoir été identifiés. Figure 2 : Cas confirmés d hépatite C en Ontario selon le sexe, Homme Femme Année Source : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l Ontario, base de données du Système intégré sur la santé publique; données extraites par Santé publique Ontario (12/05/2011). Ces données peuvent changer en raison de l épuration des données et de la suppression des doublons. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1829 Cas confirmés d hépatite C pour habitants Figure 3 : Cas confirmés d hépatite C en Ontario par tranche d âge, < Année Source : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l Ontario, base de données du Système intégré sur la santé publique; données extraites par Santé publique Ontario (12/05/2011). Ces données peuvent changer en raison de l épuration des données et de la suppression des doublons. Comme il est indiqué dans le tableau 1 et la carte 1, il existe une grande variation dans l incidence déclarée de l hépatite C à l échelle des bureaux de santé publique de l Ontario. Les taux les plus élevés concernent le BSP de Kingston, Frontenac, Lennox et Addington, et le BSP du district de Thunder Bay. Cette variation est probablement liée à la présence de populations à risque plus élevé dans certains bureaux de santé publique. Par exemple, la région de Kingston abrite neuf établissements correctionnels fédéraux et provinciaux, et les cas d hépatite C qui y sont déclarés sont dénombrés, à des fins statistiques, avec les chiffres du bureau de santé publique de Kingston, Frontenac, Lennox et Addington. Environ la moitié des cas déclarés à Kingston, Frontenac, Lennox et Addington concerne le système correctionnel (relevés personnels, van Dijk A, 2012). En revanche, Thunder Bay possède la deuxième incidence déclarée la plus élevée en Ontario, et presque tous les cas se trouvent au sein de la collectivité. Thunder Bay est considérée comme ayant une proportion excessivement élevée d utilisateurs de drogues injectables (UDI). Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 1930 Tableau 1 : Incidence déclarée des cas confirmés d hépatite C en Ontario par le Bureau de santé publique, Bureau de santé publique Cas déclarés Taux moyen par Kingston, Frontenac, Lennox et Addington ,3 District de Thunder Bay ,6 Algoma ,3 Timiskaming ,3 Middlesex-London ,5 Région du Niagara ,6 Sudbury et district ,8 District de Haliburton, Kawartha et Pine Ridge ,9 Comté de Brant ,8 District de Leeds, Grenville et Lanark ,4 Comté d Oxford ,1 Chatham-Kent ,3 Lambton ,1 Ville de Hamilton ,9 Elgin St. Thomas ,3 Comté de Windsor-Essex ,7 Toronto ,1 District de North Bay-Parry Sound ,3 District de Simcoe Muskoka ,4 Haldimand-Norfolk ,6 Porcupine ,9 Comté et ville de Peterborough ,5 Ottawa ,6 Région de Durham ,4 Comtés de Hastings et de Prince Edward ,1 Peel ,8 Comté et district de Renfrew ,5 Nord-Ouest ,5 Est de l Ontario ,5 Région de Waterloo ,4 Région de Halton ,9 Grey Bruce ,9 Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2031 Bureau de santé publique Cas déclarés Taux moyen par Wellington-Dufferin-Guelph ,5 Région de York ,8 District de Perth ,3 Comté de Huron ,5 Source : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l Ontario, base de données du Système intégré sur la santé publique; données extraites par Santé publique Ontario (12/05/2011). Ces données peuvent changer en raison de l épuration des données et de la suppression des doublons. Carte 1 : Incidence déclarée des cas confirmés d hépatite C en Ontario par le Bureau de santé publique, 2010 Source : Données extraites du tableau 1. Modélisation de l incidence et de la prévalence La modélisation des données épidémiologique a été utilisée pour estimer l incidence et la prévalence réelles du virus de l hépatite C par catégorie d exposition, sexe, âge, bureau de santé publique et stade de la maladie. La modélisation a également permis d évaluer la morbidité liée à l hépatite C, y compris les tendances des séquelles graves 10. Les tableaux 2 et 3 fournissent des estimations de l incidence et de la prévalence réelles de l hépatite C en Ontario, de 2007 à 2011 (relevés personnels, Remis R, 2012). Ces estimations indiquent qu en 2011, 54 pour cent des cas étaient imputables aux pratiques dangereuses, actuelles ou passées, des UDI, 5 pour cent à une Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2132 transfusion, 5 pour cent à l hémophilie et 36 pour cent à d autres causes, y compris un tatouage effectué avec des instruments non stériles, des pratiques risquées de consommation de drogues non injectables, des pratiques dangereuses non déclarées des UDI, des transfusions et d autres interventions médicales reçues hors du Canada par des immigrants en Ontario. En 2011, l incidence réelle modélisée des nouveaux cas infectés en Ontario a été estimée à 3 591, dont (81 pour cent) étaient des utilisateurs de drogues injectables. Dans l ensemble, ces modèles estiment que la prévalence de l hépatite C pourrait être légèrement en recul, alors que l opposé est vrai pour l incidence. Tableau 2 : Modélisation de l incidence réelle de l hépatite C en Ontario par sexe et catégorie d exposition, Sexe Homme Femme Les deux sexes Catégorie d exposition Année UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI, utilisateur de drogues injectables. Les chiffres sont arrondis au nombre entier le plus proche. Les totaux des colonnes peuvent ne pas correspondre à la somme de leurs composants à cause de l arrondissement. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO). Il est important de noter que, même si la modélisation prédit cinq ou six cas annuels de transmission due à une transfusion de produits sanguins en se fondant sur une contamination probable pendant la fenêtre sérologique chez des donneurs de sang ou de produits sanguins dont le test s est révélé négatif, on n a pas connu au Canada de cas déclaré d hépatite C due à une transfusion de produits sanguins depuis Le test d anticorps anti-vhc des donneurs a été mis en place par la Société canadienne du sang et Héma-Québec en 1990, avec des épreuves perfectionnées de deuxième et de troisième génération lancées en 1992 et en L ajout du test des acides nucléiques pour le dépistage du VHC en 1999 a réduit davantage la fenêtre sérologique. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2233 Tableau 3 : Modélisation de la prévalence réelle de l hépatite C en Ontario par sexe et catégorie d exposition, Sex Exposure Category Year Homme Femme Les deux sexes UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI Ex-UDI Produits sanguins Autres Total UDI, utilisateur de drogues injectables. Les chiffres sont arrondis au nombre entier le plus proche. Les totaux des colonnes peuvent ne pas correspondre à la somme de leurs composants à cause de l arrondissement. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO). En utilisant ces valeurs modélisées, nous avons estimé l incidence et la prévalence réelles de l hépatite C enregistrées par chaque BSP en Ontario au cours de chaque année entre 2007 et 2010, en multipliant l incidence et la prévalence totales modélisées de l Ontario par le pourcentage de l incidence déclarée dans chacun des BSP. Étant donné que l incidence annuelle déclarée au niveau des BSP est soumise, chaque année, à des fluctuations, nous avons ensuite rectifié les modèles de régression de Poisson selon l incidence déclarée par chacun des BSP entre 2007 et 2010 afin d estimer le taux réel de l incidence et le pourcentage de la prévalence en Les cas nouveaux et courants annuels modélisés, ainsi que les taux d incidence et les pourcentages de prévalence enregistrés par les BSP en 2010, figurent aux tableaux 4 et 5. La carte 2 illustre la prévalence modélisée de l hépatite C par BSP de l Ontario en La figure 4 montre la tendance des pourcentages de prévalence spécifiques à chaque BSP de 2007 à Les BSP ayant enregistré une tendance significative sur le plan statistique pour ce qui est des pourcentages de prévalence apparaissent au tableau 6. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2334 Tableau 4 : Estimations modélisées de l incidence de l hépatite C en Ontario par bureau de santé publique, Bureau de santé publique Nombre modélisé des cas nouveaux Taux d incidence estimé par tranche de Kingston, Frontenac, Lennox et Addington ,6 District de Thunder Bay ,2 Timiskaming ,0 Algoma ,7 Chatham-Kent ,8 Middlesex-London ,2 Lambton ,1 Sudbury et district ,6 Comté d Oxford ,0 District de Leeds, Grenville et Lanark ,2 Région du Niagara ,1 Ville de Hamilton ,2 Comté de Brant ,9 Elgin St, Thomas ,7 Porcupine ,5 District de Haliburton, Kawartha et Pine Ridge ,6 District de North Bay-Parry Sound ,8 Comté de Windsor-Essex ,3 District de Simcoe Muskoka ,2 Toronto ,4 Nord-Ouest ,2 Haldimand-Norfolk ,7 Comté et ville de Peterborough ,3 Région de Durham ,1 Ottawa ,1 Peel ,5 Comtés de Hastings et de Prince Edward ,0 Est de l Ontario ,5 Comté et district de Renfrew ,6 Région de Waterloo ,5 Grey Bruce ,7 Wellington-Dufferin-Guelph ,0 Région de Halton ,7 Région de York ,6 District de Perth ,8 Comté de Huron ,6 Total de l Ontario , Les chiffres ayant été arrondis, la somme de l incidence modélisée par bureau de santé peut ne pas correspondre au total de l Ontario. Source : Le D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO), a fourni les totaux annuels modélisés de l incidence en Ontario. La répartition des cas nouveaux entre les bureaux de santé était fondée sur l incidence déclarée indiquée au tableau 1. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2435 Tableau 5 : Estimations modélisées de la prévalence de l hépatite C en Ontario par bureau de santé publique, Nombre estimatif de cas courants Prévalence estimée Bureau de santé publique par tranche de Kingston, Frontenac, Lennox et Addington ,33 District de Thunder Bay ,04 Timiskaming ,51 Algoma ,44 Chatham-Kent ,38 Middlesex-London ,33 Lambton ,20 Sudbury et district ,19 Comté d Oxford ,11 District de Leeds Grenville et Lanark ,08 Région du Niagara ,08 Ville de Hamilton ,05 Comté de Brant ,04 Elgin St, Thomas ,01 Porcupine ,94 District de Haliburton Kawartha et Pine Ridge ,91 District de North Bay-Parry Sound ,89 Comté de Windsor-Essex ,87 District de Simcoe Muskoka ,87 Toronto ,84 Nord-Ouest ,81 Haldimand-Norfolk ,79 Comté et ville de Peterborough ,75 Région de Durham ,71 Ottawa ,71 Peel ,69 Comtés de Hastings et de Prince Edward ,68 Est de l Ontario ,63 Comté et district de Renfrew ,60 Région de Waterloo ,60 Grey Bruce ,55 Wellington-Dufferin-Guelph ,49 Région de Halton ,48 Région de York ,48 District de Perth ,36 Comté de Huron ,23 Total de l Ontario ,84 Les chiffres ayant été arrondis, la somme de l incidence modélisée par bureau de santé peut ne pas correspondre au total de l Ontario. Source : Le D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO), a fourni les totaux annuels modélisés de l incidence en Ontario. La répartition des cas nouveaux entre les bureaux de santé était fondée sur l incidence déclarée indiquée au tableau 1. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2536 Carte 2 : Estimations modélisées de la prévalence de l hépatite C en Ontario par bureau de santé publique, 2010 Source : Données tirées du tableau 5. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2637 Figure 4 : Estimations modélisées par bureau de santé publique de l Ontario, avec courbes de tendance du pourcentage de la population infectée par l hépatite C, Pourcentage de la population infectée par l hépatite C CHATHAM-KENT PORCUPINE LAMBTON TIMISKAMING NORTHWESTERN ELGIN-ST. THOMAS HAMILTON OXFORD LEEDS-GRENV. LANARK SIMCOE MUSKOKA MIDDLESEX-LONDON SUDBURY EASTERN ONTARIO NORTH BAY PARRY SOUND ALGOMA BRANT WINDSOR-ESSEX PERTH OTTAWA GREY BRUCE DURHAM WATERLOO THUNDER BAY HALDIMAND-NORFOLK PETERBOROUGH PEEL KFL & A TORONTO NIAGARA HASTINGS PRINCE EDWARD WELLING.-DUFF.-GUELPH YORK HKPR HALTON HURON RENFREW Année Pourcentage estimé de la prévalence annuelle Tendance du pourcentage de prévalence annuelle Classement par tendance du pourcentage de prévalence annuelle Source : Données tirées du tableau 5. Tableau 6 : Estimation de la variation annuelle relative de la prévalence modélisée de l hépatite C parmi les bureaux de santé publique avec des changements significatifs sur le plan statistique Bureau de santé publique Estimation de la variation annuelle de la prévalence de l hépatite C Valeur p Chatham-Kent +38 % <0,0001 Porcupine +22 % 0,0229 Lambton +16 % 0,0123 Ville de Hamilton +10 % 0,0039 Toronto 5 % 0,0002 Région du Niagara 6 % 0,0295 Région de York 7 % 0,0124 District de Haliburton, Kawartha et Pine Ridge 12 % 0,0100 Région de Halton 12 % 0,0015 Comté et district de Renfrew 15 % 0,0395 Les valeurs positives indiquent une prévalence croissante; les valeurs négatives indiquent une prévalence décroissante. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO). Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 2738 Cas courants de co-infections par le VIH/VHC Les modèles ont également été utilisés pour estimer la prévalence des co-infections par les virus de l immunodéficience humaine (VIH)/VHC en Ontario en 2006 (tableau 7). Les utilisateurs de drogues injectables constituent la principale catégorie à risque unique. Tableau 7 : Nombres modélisés de cas courants de co-infections par le VIH/VHC en Ontario, en 2006 Facteur de risque Nombre estimatif Utilisateurs de drogues injectables Hommes ayant des relations sexuelles avec d autres hommes Hommes ayant des relations sexuelles avec d autres hommes/utilisateurs de drogues injectables Hémophilie 114 Autres relations sexuelles hétérosexuelles 97 Immigrants en provenance de pays où la prévalence du VIH est élevée Transfusion 3 Total Les chiffres ayant été arrondis, la somme du nombre modélisé de co-infections dues à chacun des facteurs de risque peut ne pas correspondre au total. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO) Selon ces modèles, on estime qu en 2006, 2,8 % des personnes infectées par le VHC avaient également contracté le VIH, et que 11,9 % des personnes infectées par le VIH étaient également atteintes d hépatite C, en Ontario. Le présent document traite de la co-infection par le VIH/VHC du point de vue de la prévention et du contrôle de l hépatite C; la prévention de la transmission sexuelle du VIH et la gestion des cas de VIH par la santé publique sont, quant à elles, abordées dans le document Infections transmissibles sexuellement Recommandations pour des pratiques optimales en gestion des cas et localisation des contacts 11. Séquelles de l infection chronique par le virus de l hépatite C non traitée La figure 5 (ci-dessous) illustre l incidence prévue des conséquences graves de l hépatite C non traitée dans la population de l Ontario, en fonction des niveaux actuels et projetés de l infection jusqu en La figure 6 illustre la prévalence projetée de ces conséquences, qui se traduira par l alourdissement du fardeau sur le système de santé et des coûts connexes. Les séquelles modélisées ici (figures 5 et 6) incluent la cirrhose du foie, la décompensation hépatique («insuffisance hépatique»), l hépatome (c.-à-d., cancer primitif du foie), la greffe du foie, ainsi que les décès attribuables à l hépatite C. Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 28 39 Figure 5 : Incidence modélisée des séquelles de l hépatite C en Ontario, Cirrhose Décomp HCC Greffe Mortalité Décomp., décompensation hépatique; HT, hépatome; VHC, virus de l hépatite C. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO) Figure 6 : Prévalence modélisée des séquelles de l hépatite C en Ontario, Cirrhose Décomp HCC Greffe Décomp., décompensation hépatique; HT, hépatome; VHC, virus de l hépatite C. Source : D r Robert Remis, Unité de surveillance épidémiologique du VIH de l Ontario (USEVO) Recommendations en matière d intervention en santé publique pour contrer l hépatite C en Ontario 29 Montrer encore
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