Source: https://farmaka.cbip.be/fr/formulrinfo/contenu/mise-a-jour-de-l-information-pharmacotherapeutique-de-2017
Timestamp: 2020-06-06 11:09:31+00:00
Document Index: 114935625

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Mise à jour de l'information pharmacothérapeutique de 2017 - contenu - Farmaka
{$msgAboutOurNewsletter|sprintf:25}
Mise à jour de l'information pharmacothérapeutique de 2017
Comme chaque année, la rédaction vous donne un aperçu de l’information pharmacothérapeutique nouvelle ou actualisée, glanée au départ de la littérature médicale de qualité, publiée en 2017. En sélectionnant l’information, nous nous sommes concentrés sur les données ayant un intérêt pour notre groupe cible, les personnes âgées. Nous avons principalement puisé notre inspiration dans des articles de synthèse de La Revue Prescrire, Drug and Therapeutics Bulletin, Geneesmiddelenbulletin et Annals of Internal Medicine.
Que faire en cas de thrombose veineuse superficielle de la jambe?$ Les directives$ $ recommandent un examen par échographie en cas de thrombose veineuse superficielle des membres inférieurs, afin d’exclure une thrombose veineuse profonde. On connaît pourtant mal les groupes cibles à privilégier pour ce type d’examen. L’examen échographique est recommandé en cas de thrombose de la veine grande saphène. Un lien a été démontré entre des thromboses veineuses superficielles répétées et l’apparition d’une thrombose veineuse profonde$ . Il n’y a pas de consensus sur le traitement des thromboses veineuses superficielles. Des AINS par voie orale et des bas de contention sont utilisés pour soulager les symptômes en cas d’œdème et de douleurs. Les héparines de bas poids moléculaire pourraient être utiles chez les personnes présentant un risque accru de thrombose veineuse profonde.
L’utilité de l’aspirine en prévention secondaire des maladies cardio-vasculaires a été démontrée. Le rivaroxaban en monothérapie ou associé à l’aspirine est-il plus efficace que l’aspirine en monothérapie dans la prévention cardio-vasculaire secondaire ? Il ressort de l’étude de Eikelboom et al.$ que le critère d’évaluation primaire (critère composite d’AVC, infarctus du myocarde et décès d’origine cardio-vasculaire) survenait significativement moins fréquemment avec le traitement combiné (rivaroxaban à 2 x 2,5 mg par jour + aspirine), mais que ce traitement provoquait significativement plus d’hémorragies sévères. En ce qui concerne le critère d’évaluation primaire, aucune différence n’était observée entre le rivaroxaban à 5mg par jour en monothérapie et l’aspirine en monothérapie. Ici aussi, les hémorragies sévères étaient plus fréquentes dans le groupe traité au rivaroxaban. En s’appuyant sur cette étude sponsorisée par le fabricant du rivaroxaban, il semble qu’aucun bénéfice n’est à prévoir avec le traitement combiné de rivaroxaban + aspirine ou de rivaroxaban en monothérapie dans la prévention secondaire chez les personnes atteintes d’une maladie cardio-vasculaire. Notez toutefois que le rivaroxaban n’a pas cette indication pour le moment en Belgique.
Le syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS) étant une pathologie courante chez les personnes atteintes d’une maladie cardio-vasculaire et une étude observationnelle ayant révélé que le nombre d’évènements cardio-vasculaires était moins élevé chez les personnes traitées par ventilation en pression positive continue (PPC), une étude ouverte, prospective, randomisée, en groupes parallèles, a été réalisée pour confirmer ces observations$. Des patients présentant une forme modérée à sévère du SAOS et ayant des antécédents de coronaropathie ou de maladie cérébrovasculaire, recevaient soit une PPC + soins habituels, soit seulement les soins habituels. La durée du suivi était de 3,7 ans en moyenne. Le critère d’évaluation composite primaire incluait le décès d’origine cardio-vasculaire, l’infarctus du myocarde et l’hospitalisation en raison d’un angor instable, l’insuffisance cardique, l’AVC ou l’AIT. Les critères d’évaluation secondaires incluaient la qualité de vie, le niveau de somnolence diurne, et des maladies cardio-vasculaires autres que celles précitées. En comparaison avec le groupe témoin, le groupe sous PPC ne présentait pas moins d’évènements cardio-vasculaires, malgré un bon contrôle des épisodes d’apnée et d’hypopnée. On rapporte en revanche une amélioration significative des critères d’évaluation secondaires concernant la qualité de vie, les ronflements, la somnolence diurne et les états anxieux et dépressifs liés à la santé. Les commentateurs étaient critiques envers cette étude: on signale notamment que la PPC n’était utilisée en moyenne que 3,3 heures par nuit. Les investigateurs estiment toutefois que cet usage, certes trop limité, aurait néanmoins dû entraîner une diminution du nombre d’évènements cardio-vasculaires. La population étudiée a également fait l’objet de remarques : à savoir que 63,7 % des participants étaient asiatiques et avaient en moyenne un IMC de « seulement » 28,8. Toute extrapolation des résultats de cette étude à la population générale des patients atteints du SAOS serait donc difficile. On retiendra surtout l’absence actuelle de preuves solides étayant l’hypothèse selon laquelle la PPC réduirait le risque d’évènements cardio-vasculaires chez les patients présentant un SAOS.
Une étude observationnelle a évalué l’utilité éventuelle d’une réduction agressive de LDL-cholestérol chez les personnes présentant une cardiopathie ischémique stable$. Il ressort des données de plus de 31.000 patients (âgés de 30 à 84 ans) qu’un taux de LDL ≤ 70 mg/dl n’était pas associé à moins d’évènements cardio-vasculaires majeurs qu’un taux de LDL se situant entre 70,1 et 100 mg/dl. Une comparaison entre des personnes présentant un taux de LDL entre 70,1 et 100 mg/dl et des personnes ayant un taux de 100,1 à 130 mg/dl révélait que les faibles taux étaient associés à moins d’évènements cardio-vasculaires majeurs. Ces données, bien que provenant d’une étude observationnelle, sont intéressantes. On ne doit pas oublier que pour atteindre des taux de LDL très faibles, des doses élevées de statines sont généralement nécessaires, qui s’accompagnent de davantage d’effets indésirables, en particulier chez les personnes âgées.
Chez les patients, âgés de moins de 80 ans, présentant une coronaropathie mais sans insuffisance cardiaque, dont le taux de LDL dépasse 100mg/dl, seules la simvastatine et la pravastatine (chacune à raison de 40mg/jour) ont été associées à une diminution de la mortalité (environ 2 décès sur 100 patients après 5 ans de traitement). La pravastatine présente moins d’interactions médicamenteuses que la simvastatine$ . Le Formulaire de soins aux Personnes âgées opte pour la simvastatine comme hypocholestérolémiant dans la prévention secondaire chez les personnes âgées de moins de 80 ans. Ce choix est justifié par le fait que la simvastatine est le médicament le mieux documenté et également le moins cher.
Le Center of Disease Control (CDC) a publié des directives sur l’usage d’opioïdes dans le traitement des douleurs chroniques, à l’exception des douleurs cancéreuses ou des douleurs dans le contexte des soins palliatifs$ . Diverses recommandations, s’appuyant sur différents niveaux de preuve, sont présentées de manière détaillée. Nous en avons sélectionné l’essentiel: par principe, il convient d’opter pour un traitement de la douleur sans opioïdes ou si possible, pour une approche non médicamenteuse. On n’envisagera des opioïdes que lorsque leur bénéfice dépasse les risques, et même alors, on devrait procéder à une évaluation régulière du rapport bénéfice/risque. Il est conseillé d’initier le traitement avec des opioïdes à action rapide, et non avec des opioïdes à libération prolongée. L’utilisation concomitante d’opioïdes à action rapide (et courte) et d’opioïdes à action lente (et prolongée) est déconseillée. Il est également conseillé d’éviter l’utilisation concomitante d’opioïdes et de benzodiazépines.
Une étude randomisée de petite taille a été publiée concernant l’effet d’un supplément de magnésium sur les crampes musculaires nocturnes chez les personnes âgées$ . Aucun effet n’a été observé par rapport au placebo. La puissance statistique de l’étude n’était pas suffisante pour pouvoir démontrer une différence. A l’origine, l’objectif avait été d’inclure 220 patients dans l’étude, mais aucun effet n’ayant été observé chez les 94 premières personnes, les investigateurs ont décidé d’interrompre l’étude, estimant trop peu probable la démonstration d’une différence significative. Dans cette étude, le supplément de magnésium a été administré sous forme d’oxyde. L’oxyde de magnésium n’est disponible en Belgique qu’en tant que composant d’une association de vitamines (Becozyme®) et comme composant d’un laxatif pour lavage intestinal (CitraFleet® et Picoprep®). L’oxyde de magnésium serait rapidement absorbé, en comparaison avec d’autres sels de magnésium$ . Dans une Cochrane Review de 2012, qui n’incluait aucune étude ayant évalué l’oxyde de magnésium comme substance active, les autres préparations de magnésium n’avaient aucun effet sur les crampes musculaires$ .
Une revue détaillée de la littérature, avec méta-analyse d’études observationnelles concernant le lien entre l’usage d’IPP et l’apparition d’infections récidivantes à Clostridium difficile, a été publiée$ . Tenant compte des limites propres à toute étude observationnelle, il en ressort que le risque de récidive d’infection à C. difficile augmente chez les patients sous IPP. Ce n’était pas le cas chez les patients sous antihistaminiques H2. Notez qu’il s’agit ici d’un risque accru de récidives d’infections à C.difficile. S’il s’avère donc que les antihistaminiques H2 ne sont pas associés à un risque accru de récidives, ils jouent toutefois un rôle dans l’apparition de « primo-infections » à C. difficile$ . Les autres facteurs de risque sont l’âge avancé, l’utilisation d’antibiotiques et les comorbidités.
Une étude contrôlée randomisée$ a évalué l’efficacité d’une trithérapie (LAMA, LABA et corticostéroïde inhalé) sous forme d’un seul dispositif, en comparaison avec un LAMA. Un groupe témoin utilisait un LAMA/corticostéroïde inhalé + LABA sous forme de deux dispositifs (une trithérapie ouverte). Ces différents traitements ont été étudiés dans le traitement d’entretien chez des patients atteints de BPCO, en évaluant la fréquence d’apparition d’exacerbations modérées à sévères. Comme c’était à prévoir, ces exacerbations survenaient moins fréquemment, de manière statistiquement significative, dans le groupe sous trithérapie que dans le groupe traité par un LAMA en monothérapie. La différence était toutefois minime (0,1 exacerbation de moins par an par patient). Il aurait été plus utile de comparer cette trithérapie avec l’association LAMA/LABA, étant donné que les directives GOLD recommandent de limiter l’utilisation de corticostéroïdes inhalés dans le traitement de la BPCO.
Des incertitudes existent quant au lien entre l’utilisation de LABA et de LAMA par des patients atteints de BPCO et le risque accru de maladies cardio-vasculaires (incluant coronaropathies, arythmies, insuffisance cardiaque et accident vasculaire cérébral ischémique). Des études antérieures n’ont pas pas pu démontrer un tel lien$. Une étude cas-témoins nichée menée à Taiwan semble pourtant démontrer un lien$ . Chez les nouveaux utilisateurs d’un LAMA ou d’un LABA, le risque de maladie cardio-vasculaire est 1,5 fois plus grand. C’est particulièrement le cas durant les 30 premiers jours d’utilisation du médicament, indépendamment des antécédents éventuels de maladies cardio-vasculaires. Ce risque accru n’a pas été démontré en cas d’usage prolongé.
En s’appuyant sur une étude détaillée de la littérature$ , aucun argument ne peut être trouvé pour justifier l’approche arthroscopique en cas de gonarthrose. En comparaison avec les groupes témoins, l’état du patient n’avait pas changé après une arthroscopie, ou s’était aggravé par rapport à l’état avant l’intervention.
Pour le traitement d’une crise de goutte aiguë, un AINS ou un corticostéroïde est à privilégier. On met en garde contre la colchicine, qui est seulement considérée comme un troisième choix. Un traitement de 5 jours avec de la prednisolone (dose de 30 à 35 mg par jour) a été comparé avec un AINS (indométacine ou naproxène) : les résultats étaient comparables, que ce soit en termes d’efficacité ou d’effets indésirables$ $. La Fiche de transparence du CBIP sur la “Goutte” (2017) ainsi que le NHG-Standaard « Artritis » de 2017$ parviennent à la même conclusion.
Les directives et les mises en garde concernant le profil d’innocuité des antipsychotiques utilisés chez les personnes souffrant de démence ont-elles influencé les pratiques de prescription? C’est ce qui a été évalué au Royaume-Uni$ . Les données provenaient de pratiques médicales de première ligne. Il ressort de ces données que depuis 2001, la prescription répétée d’antipsychotiques chez des personnes atteintes de démence a diminué de manière systématique (de 15,8 % en 2001 jusqu’à 8,2% en 2014). En particulier le nombre de prescriptions d’antipsychotiques de première génération a considérablement diminué. Le nombre de prescriptions des médicaments de deuxième génération a légèrement augmenté. L’utilisation d’antipsychotiques (de première ligne) dans la démence a significativement diminué ces dernières années. C’est du moins le cas au Royaume-Uni. Notons toutefois l’utilisation hors-notice des antipsychotiques de deuxième génération dans la confusion aiguë et l’agitation chez les personnes atteintes de démence. En Belgique, cette indication existe pour l’halopéridol, un antipsychotique de 1e génération, et pour la rispéridone (comme deuxième choix après une benzodazépine telle que le lorazépam). Ainsi, dans le Répertoire Commenté des Médicaments, la préférence est accordée à une benzodiazépine à durée d’action intermédiaire tel le lorazépam. On évitera autant que possible d’utiliser un antipsychotique chez une personne âgée atteinte de démence, même en présence d’une composante psychotique. Lorsque l’on opte néanmoins pour un antipsychotique, un médicament tel que l’halopéridol peut être envisagé, à la dose la plus faible possible et pendant une durée de traitement aussi courte que possible. Dans le Formulaire de Soins aux Personnes âgées, on opte pour la rispéridone, moyennant le respect des recommandations présentées dans le plan par étapes « Les symptômes comportementaux et psychologiques dans la démence ».
Le délire est un phénomène fréquemment observé chez les personnes en soins palliatifs. Afin de comparer l’effet de deux antipsychotiques couramment utilisés (rispéridone et halopéridol) avec un placebo, une étude contrôlée randomisée a été réalisée chez des patients en phase terminale présentant des symptômes répondant aux critères de délire$. La durée de suivi était de (seulement) 3 jours, mais durant cette courte période, les symptômes sur deux des échelles utilisées s’étaient aggravés dans le groupe traité activement, dans lequel les symptômes extrapyramidaux étaient également plus fréquemment observés, nécessitant un recours plus fréquent au midazolam. Cette étude ne livre aucun argument justifiant l’usage d’antipsychotiques chez des personnes souffrant de délire dans le contexte des soins palliatifs. Il semblerait que les mesures non médicamenteuses soient à privilégier, bien que les preuves étayant ces interventions proviennent d’études menées en dehors du contexte des soins palliatifs (comme par exemple en soins intensifs).
Quels facteurs influencent l’instauration d’une antibiothérapie, le choix du médicament (plus précisément des fluoroquinolones) et la durée de l’antibiothérapie (dans ce cas-ci plus de 7 jours) chez les résidents de centres de soins de longue durée (« long-term care facilities ») ? Cette question a fait l’objet d’une étude rétrospective canadienne$ . Les investigateurs sont partis de l’hypothèse selon laquelle les facteurs précités (Quand? Quel médicament ? Pendant combien de temps ?) dépendraient des caractéristiques du prescripteur et non du hasard ou des caractéristiques du patient. L’étude révèle effectivement une corrélation entre les pratiques de prescription précédentes et l’instauration d’une antibiothérapie, la durée de cette thérapie et le fait d’opter pour des fluoroquinolones. Ces observations peuvent être utiles pour les programmes favorisant l’usage raisonné des antibiotiques (« antibiotic stewardship »).
Dans la mise à jour d’une Cochrane Review, l’effet d’un vaccin antipneumococcique a été étudié chez des patients atteints de BPCO$ . Ce vaccin diminue le risque de pneumonie (« community-acquired pneumonia », tous agents pathogènes confondus). Vingt-et-un patients atteints de BPCO (IC à 95% 15 -74) devaient être vaccinés pour éviter 1 cas de pneumonie. Aucune diminution significative n’a toutefois pu être démontrée dans le cas spécifique de la pneumonie à pneumocoques, ce qui pourrait s’expliquer par le manque de puissance statistique des études à ce sujet. Aucun effet n’a été mis en évidence sur la mortalité et les hospitalisations toutes causes confondues. On a toutefois observé une diminution de la fréquence des exarcerbations de BPCO. Huit patients atteints de BPCO doivent être vaccinés pour éviter 1 exacerbation, mais l’intervalle de confiance pour ce chiffre est large (IC à 95% 5 - 58). Les données concernant l’effet de cette vaccination sur l’exacerbation de BPCO pourraient éclairer le rôle joué par les pneumocoques dans l’apparition d’exarcerbations. Parmi les études incluses, une seule étude a comparé l’effet d’un vaccin 23-valent avec un vaccin 7-valent. Ce dernier type n’est pas disponible en Belgique. Aucune différence d’efficacité n’a d’ailleurs été observée entre ces deux vaccins.
Parmi les effets indésirables liés au bromure de butylhyoscine administré par voie parentérale (Buscopan®), on compte la tachycardie, l’hypotension et des réactions anaphylactiques. Chez les personnes souffrant d’une cardiopathie sous-jacente, ces réactions peuvent être plus sévères. L’agence britannique des médicaments, la Medication and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA), rapporte 8 cas de décès liés à ce médicament. Il s’agissait de cas d’infarctus du myocarde ou d’arrêt cardiaque$. Le Répertoire Commenté des Médicaments mentionne comme effets indésirables les « effets anticholinergiques classiques », dont (rares) la tachycardie et les arythmies.
Dans une grande étude cas-témoins danoise, l’utilisation d’AINS est associée à un risque accru d’arrêt cardiaque extra-hospitalier (« out of hospital cardiac arrest »)$ . Ce risque s’avérait particulièrement accru avec le diclofénac et l’ibuprofène (ces médicaments représentaient respectivement 21,8 % et 51% de la consommation totale d’AINS). Le risque n’était pas accru avec le naproxène et le célécoxib (deux médicaments moins utilisés au Danemark, respectivement 3,1% et 5,6%. Ces médicaments étant peu utilisés, leur lien éventuel avec des effets indésirables pourrait passer inaperçu). L’âge moyen des personnes qui se trouvaient dans ce cas était de 69 ans.
Une étude épidémiologique$ signale que l’utilisation d’inhibiteurs de la 5-alpha-réductase pourrait être associée à un risque accru d’auto-mutilation et de dépression. Ce lien semble pouvoir être mis en évidence durant les 18 premiers mois d’utilisation de ces médicaments. Le risque suicidaire n’était pas accru. Il n’y avait pas de lien spécifique entre l’utilisation récente d’antidépresseurs ou un diagnostic antérieur de dépression, et l’apparition des effets indésirables précités suite à l’utilisation d’inhibiteurs de la 5-alpha-réductase. De ce point de vue, il semble donc peu utile de dépister un risque éventuellement accru de dépression avant d’instaurer un inhibiteur de la 5-alpha-réductase.
Partant du principe qu’un rhume guérit spontanément, toute prise en charge pouvant générer des effets indésirables est à éviter. Les décongestionnants vasoconsticteurs administrés par voie nasale peuvent ainsi engendrer une fibrillation auriculaire$.
Le rivaroxaban est associé à l’apparition d’arthralgies, de myalgies, de crampes et de difficultés à marcher. C’est ce qui semble ressortir de données de pharmacovigilance françaises$. Les douleurs dans les bras et les jambes sont mentionnées comme étant un effet indésirable « fréquent » (moins de 1 utilisateur sur 10) dans la notice du rivaroxaban, ce qui dépasse la fréquence associée au placebo.
Un risque accru d’insuffisance cardiaque a été constaté avec la saxagliptine et l’alogliptine (inhibiteurs de la DPP-4). Ceci n’a pas été mis en évidence avec les autres gliptines$. En s’appuyant sur ces données, Prescrire met en garde contre toute utilisation de gliptines dans le traitement du diabète de type II.
Les tremblements peuvent être d’origine médicamenteuse. Ces tremblements disparaissent généralement après l’arrêt du médicament concerné ou après diminution de la dose. Les neuroleptiques peuvent induire des tremblements. Ceux-ci sont beaucoup plus fréquents avec les “anciens” neuroleptiques, tels que l’halopéridol, qu’avec les neuroleptiques atypiques, tels que l’olanzapine. Même les neuroleptiques utilisés comme antiémétiques, tels que le métoclopramide et la dompéridone, peuvent provoquer des tremblements. Les antidépresseurs (ISRS, IRSN), le lithium, l’acide valproïque et les inhibiteurs de la cholinestérase peuvent être à l’origine de tremblements. Les tremblements peuvent également signaler un surdosage (par ex. lévothyroxine). Parfois, des tremblements apparaissent en cas d’arrêt brutal d’un médicament. Les sympathicomimétiques et un médicament tel que la venlafaxine (un IRSN) sont susceptibles d’aggraver les tremblements physiologiques$.
L’olanzapine et la clozapine sont susceptibles (dans de rares cas) de provoquer un bégaiement, mais ce désagrément disparaît rapidement après l’arrêt de ces médicaments. Le mécanisme qui sous-tend ce phénomène n’est pas connu$. Certains autres médicaments sont également associés, très occasionnellement, à l’apparition d’un bégaiement: certains antiépileptiques tels que la gabapentine et la phenytoïne, l’imipramine et les ISRS, les IMAO, le lithium et le méthylphénidate$.
La prégabaline est susceptible de provoquer des troubles de la vision: troubles de la vision des couleurs, vision trouble, diplopie, perte de la vision périphérique, anomalies du champ visuel, diminution de l’acuité visuelle, photopsie, kératite, perte de vision$. Dans la notice actuelle de la prégabaline, certains de ces effets indésirables sont mentionnés mais pas tous: vision floue, vision double,
éclairs de lumière, rétrécissement du champ visuel, douleurs oculaires, irritation des yeux. La consultation (en février 2018) des données de pharmacovigilance européennes (www.adrreports.eu) nous apprend que 3677 cas de troubles oculaires et visuels ont été rapportés suite à l’utilisation de la prégabaline.
Chez les personnes présentant un syndrome grippal, la prise de benzodiazépines (et le somnifère apparenté, la zopiclone) peut être associée à un risque accru de pneumonie et de décès (toutes causes confondues). C’est ce qui ressort d’une étude observationnelle britannique s’appuyant sur des données de première ligne$. Après exclusion des facteurs de confusion, le risque relatif (RR) de pneumonie était de 4,2 (IC à 95% 2,3 – 8,0) et le RR de mortalité de 20,7 (IC à 95% 15,5 – 27,5) en cas d’exposition à une benzodiazépine. Ceci signifie que le risque de pneumonie avait quadruplé et que le risque de décès (toutes causes confondues) était même 20 fois plus grand lorsqu’une benzodiazépine était utilisée lors d’un syndrome grippal. Une étude finlandaise menée auprès de patients non institutionnalisés atteints de la maladie d'Alzheimer révèle que la prise de benzodiazépines (mais pas celle des hypnotiques Z) augmente de manière significative le risque de pneumonie. L’augmentation du risque était la plus importante durant les 30 premiers jours de la prise. Les résultats de cette étude ne permettent toutefois pas de déduire que les hypnotiques Z constituent une alternative plus sûre aux benzodiazépines, étant donné que cette étude n’a pas été réalisée dans l’objectif de comparer ces deux groupes de médicaments$. L’utilisation de benzodiazépines et d’hypnotiques apparentés (médicaments de type “Z-drugs”) en général avait déjà été associée à l’apparition de pneumonies$ . Toutes ces données proviennent d’études observationnelles et n’ont donc pas été confirmées par des études expérimentales.
Une méta-analyse renforce les preuves de l’effet positif des soins palliatifs qui ne raccourcissent pas la durée de vie mais augmentent la qualité de vie et diminuent la gêne occasionnée par les symptômes$ . La satisfaction est également plus grande chez les dispensateurs de soins. Les données concernant la durée de vie font peu de doute. Les autres données, concernant la qualité de vie et la gêne liée aux symptômes, sont un peu plus incertaines en raison de la nature des études dans un contexte de soins palliatifs, où un facteur tel que la mise en aveugle par exemple s’avère problématique tant pour le patient que pour le dispensateur de soins, et en raison de la subjectivité des critères d’évaluation. L’importance d’une telle méta-analyse ne réside pas seulement dans les résultats, mais aussi dans la mesure où elle nous éclaire sur les problèmes rencontrés par les études réalisées dans un contexte de soins palliatifs.
L’arrêt de médicaments inappropriés chez des personnes âgées résidant dans des centres de soins de longue durée a fait l’objet d’une étude randomisée$ . Les investigateurs ont utilisé une Multidisciplinary Multistep Medication Review (3MR) évaluant successivement les attentes du point de vue du patient, les antécédents médicaux, suivi d’une évaluation critique des médicaments utilisés, une discussion commune entre le médecin traitant et un pharmacien, et enfin de l’implémentation des changements proposés en termes de médicaments utilisés. Une approche qui demande donc un assez grand investissement. Après quatre mois, l’effet d’un arrêt réussi (c.-à-d. sans symptômes de sevrage perturbateurs, et sans récidive des symptômes) d’au moins 1 médicament inapproprié a été évalué sur des critères d’évaluation cliniques (symptômes neuropsychiatriques, fonction cognitive et qualité de vie). Dans le groupe étudié, au moins 1 médicament inapproprié a pu être arrêté chez 39% des personnes évaluées, et chez 29% des personnes dans le groupe témoin. Tout en étant significative, cette différence est finalement minime. On n’a observé aucune différence sur les critères d’évaluation cliniques entre les premières et les dernières mesures. Les résultats de cette étude ne font que confirmer l’utilité de la diminution progressive ou de l’arrêt des médicaments potentiellement inappropriés chez les personnes âgées vulnérables: ceci peut se faire sans influencer la qualité de vie.
Les mises à jour permanentes apportées à ces documents visent à faire concorder la pratique et les connaissances scientifiques les plus récentes. Avez-vous des questions ? Souhaitez-vous réagir ? Avez-vous des suggestions pour optimaliser leur valeur sur le terrain ? Envoyez-nous votre feedback via redaction@cbip.be