Source: https://www.institutmaritimedeprevention.fr/moyens-de-prevention/risques-specifiques/les-epi-contre-les-chutes-de-hauteur
Timestamp: 2020-08-09 09:19:27+00:00
Document Index: 116630107

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Institut Maritime de Prévention - Les EPI contre les chutes de hauteur
Les équipements de protection individuelle (EPI) contre les chutes de hauteur sont complexes et variés. L’objectif de ce guide est de fournir aux marins et aux personnels d’armement, les informations techniques, pratiques, réglementaires et normatives pour les aider à choisir un équipement adapté.
Constat statistique des chutes de hauteur à bord des navires
Les chiffres qui suivent sont basés sur les QCATM pour la période 2012-2018. Pour faciliter la lecture des graphiques, les faibles pourcentages et les catégories "autres" et "non communiqué" ne sont pas représentées. Par ailleurs, les "chutes par-dessus bord" sont intégrées aux "chutes de hauteur".
Les chutes par-dessus bord représentent 6% du total des "chutes de hauteur".
Les chutes de hauteur sont plus récurrentes dans la navigation côtière ainsi qu'au pilotage et au lamanage.
Comme pour l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur surviennent majoritairement lorsque le navire est à quai.
Le personnel d'hôtellerie et de machine sont proportionnellement moins touchés par les chutes à l'inverse du personnel de pont/passerelle et les officiers.
Les chutes de hauteur génèrent 5% d'arrêts de travail de plus que l'ensemble des ATM.
Les rondes et les déplacements à bord sont à l'origine de la majorité des chutes de hauteur. Ce type d'accident survient environ 3 fois plus souvent lors de cette activité que les autres ATM.
Les chutes de hauteur provoquent plus d'entorses/atteintes tendineuses, de contusions/atteintes musculaires et de fractures/luxations que l'ensemble des ATM.
Par rapport à l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur provoquent plus de lésions au niveau du bassin/membre inférieur/cheville, du tronc/abdomen et de l'épaule/membre supérieur/poignet.
Les chutes par-dessus bord représentent 8% du total des "chutes de hauteur".
Les chutes de hauteur sont sur-représentées dans les secteurs de la petite pêche et de la pêche côtière.
Les chutes de hauteur surviennent majoritairement aux métiers du chalut et de la senne danoise mais sont sous-représentées par rapport à l'ensemble des ATM. Au filet, 2ème métier le plus accidentogène, c'est l'inverse.
Le personnel de pont/machine est très majoritairement touché par l'ensemble des ATM mais aussi par les chutes de hauteur.
Les chutes de hauteur génèrent légèrement plus d'arrêts de travail que l'ensemble des ATM.
La phase d'embarquement/débarquement du marin est l'activité qui génère le plus de chutes de hauteur.
Les chutes de hauteur provoquent plus de fractures/luxation, de contusions/atteintes musculaires et d'entorses/atteintes tendineuses que l'ensemble des ATM.
Par rapport à l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur provoquent plus souvent des lésions au niveau du bassin/membre inférieur/cheville, du tronc/abdomen et de l'épaule/membre supérieur/poignet.
Les chutes par-dessus bord représentent 11% du total des "chutes de hauteur".
Tout comme l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur surviennent principalement dans l'ostréiculture.
Par rapport à l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur surviennent plus fréquemment à bord du navire.
Les chutes de hauteur provoquent majoritairement des contusions/atteintes musculaires et des fractures/luxations et par rapport à l'ensemble des ATM, plus fréquemment.
Par rapport à l'ensemble des ATM, les chutes de hauteur provoquent plus souvent des lésions au niveau du bassin/membre inférieur/cheville, du pied, du tronc/abdomen.
protection individuelle : les dispositifs d'anti-chute
1. Systèmes d’arrêt de chute : ils permettent à un utilisateur d’atteindre des zones ou des positions où il existe un risque de chute. Ils arrêtent cette chute si elle se produit et assurent la suspension de l’opérateur après l’arrêt de la chute. Un tel système se compose toujours d’un point d’ancrage sur lequel est relié, par un élément de liaison comportant une fonction d’absorption d’énergie, un harnais antichute comme dispositif de maintien du corps.
2. Systèmes de retenue : ils sont destinés à limiter les mouvements de l’utilisateur afin de l’empêcher d’atteindre des zones où une chute pourrait se produire. Ils ne sont pas capables d’arrêter une chute de hauteur et ne doivent pas être confondus avec un système d’arrêt des chutes, même s’ils sont mis en œuvre avec des composants qui peuvent sembler similaires. Ce dispositif n’est pas non plus destiné à assurer la fonction de maintien au poste de travail.
3. Systèmes de maintien au poste de travail : ils permettent à un utilisateur de travailler en appui ou en suspension : il ne peut glisser ou tomber en contrebas de la zone où il travaille. Il est nécessaire d’utiliser conjointement un système d’arrêt des chutes avec ces systèmes.
Les EPI contre les chutes de hauteur font partie des EPI de catégorie 3 (risques graves à effets irréversibles ou mortels). Qu’ils soient en service ou en stock depuis plus de 12 mois, ils sont astreints à une vérification périodique par une personne compétente (appartenant ou non à l’entreprise), au moins une fois par an. L’objectif de la vérification périodique est de s’assurer du bon état des composants du système antichute, afin de déceler tout défaut susceptible d’altérer le niveau de sécurité ou de protection requis ou d’être à l’origine de situations dangereuses pour les utilisateurs. Cette vérification concerne en particulier l’état général des coutures et des modes de fixation des harnais antichute. Le résultat des vérifications générales périodiques doit être consigné sur le registre de sécurité ou la fiche d’identification de l’EPI.
L’intervalle entre les vérifications peut être réduit, en raison notamment des conditions d’utilisation, de stockage, d’environnement, de mode de fonctionnement ou de conception de certains organes soumis à des contraintes susceptibles de nuire à leur fonction protectrice.
Avant chaque utilisation, un contrôle visuel de l’EPI doit permettre de déceler la présence éventuelle de coutures effilochées, de décoloration, de déchirures, de crochets endommagés, ainsi que l’état général. Une organisation permettant à l’utilisateur de ne jamais travailler seul doit être mise en place. L’organisation de secours rapides en cas de chute est également à anticiper. Les utilisateurs doivent être formés à l’entraînement du port de l’EPI et informés des risques et conditions d’utilisation ainsi que des consignes à suivre. Ils doivent avoir une connaissance suffisante du navire. Toute chute devra entraîner la destruction du matériel utilisé, accessoires compris.
d’un point d’ancrage soudé ou vissé à la structure du navire sur lequel l’utilisateur accroche son système d’arrêt de chute,
d’une ligne de vie constituée d’un câble métallique (de préférence en inox) tendu entre des poteaux ou des structures du navire et sur lequel l’utilisateur accroche son système d’arrêt de chute (longes avec absorbeur d’énergie sur les câbles horizontaux ou antichutes sur corde sur les câbles inclinés ou verticaux). L’utilisateur peut évoluer le long de la ligne d’ancrage tout en restant protégé.
Il s’agit le plus souvent d’une sangle destinée à créer un ancrage sur lequel un système d’arrêt de chute peut être accroché. La structure sur laquelle la sangle se fixe doit être suffisamment résistante pour absorber l’énergie d’une chute de hauteur d’un utilisateur.
Bien positionner le point d'ancrage
Le point d’ancrage doit être le plus possible installé au-dessus de la tête.
• la hauteur de chute libre en cas d’accident,
• l’énergie du choc lié à l’arrêt de chute et ses conséquences sur l’opérateur.
Harnais antichute standard
Il comporte au minimum un «D» d’accrochage dorsal ; les modèles les plus évolués peuvent comporter, en plus, un «D» d’accrochage sternal et deux latéraux.
Il comporte au minimum un «D» d’accrochage dorsal et deux «D» de maintien sur ceinture ; les modèles les plus évolués peuvent comporter en plus, un «D» d’accrochage sternal et deux latéraux.
Il comporte au minimum un «D» de suspension ventral et deux «D» de maintien sur ceinture ; les modèles les plus évolués peuvent comporter en plus, un «D» d’accrochage dorsal et un sternal.
Harnais antichute spéciaux
Le plus souvent, il s’agit de harnais antichute standard couplé à un autre EPI (vêtement à haute visibilité, VFI, etc.).
Il doit être facile à mettre même pour des personnes qui ne sont pas habituées à porter un harnais ;
Éléments de liaison pour l’antichute
Leur fonction est de freiner et d’arrêter une chute (au moyen d’un absorbeur d’énergie) de telle manière que les forces exercées sur le corps de l’utilisateur soient inférieures à 6 KN (Kilo Newton). Sans cette absorption, les forces exercées peuvent dépasser 18 KN, ce qui peut provoquer de graves blessures internes. Les longes à absorbeur d’énergie sont fabriquées en cordes, élastiques ou sangles et ont généralement une longueur comprise entre 1,50 et 2 mètres.
Longe élastique antichute avec absorbeur d’énergie
Comme la longe antichute, ces systèmes freinent et arrêtent une chute (au moyen d’un absorbeur d’énergie) de telle manière que les forces exercées sur le corps de l’utilisateur soient inférieures à 6 KN. Leur fonctionnement est comparable à celui d’une ceinture de sécurité : ils s’enroulent automatiquement et se bloquent en cas de grande et brusque accélération de la personne reliée, après une courte distance de chute. Les antichutes à rappel automatique sont constitués :
L’utilisation de longes antichute à absorbeur d’énergie ou d’antichute à rappel automatique nécessite de prendre en compte deux critères de sécurité importants : le tirant d’air du système, l’effet pendulaire.
Le tirant d'air
Le tirant d’air du système d’arrêt de chute est égal à : Longueur de la longe ou de l’enrouleur à rappel automatique et des mousquetons + Longueur de l’extension de l’absorbeur d’énergie (lorsque la longe en a un) ou Longueur de freinage de l’enrouleur à rappel automatique lors d’une chute + Distance entre la fixation du harnais et les pieds du travailleur + Distance minimale de sécurité de 1m. Ainsi, le tirant d’air du système d’arrêt de chute doit toujours être inférieur à la hauteur entre le point d’ancrage et le pont ou l’obstacle inférieur le plus proche.
Il faut donc veiller à conserver un angle de travail réduit entre le système antichute et le point d’ancrage pour limiter l’effet pendulaire.
Ce type de longe s’utilise uniquement avec les harnais équipés d’anneaux (ou «D») de positionnement. Elles ne peuvent pas servir comme dispositif d’arrêt de chute. Elles servent uniquement à travailler de manière stable, avec les mains libres sur un poteau ou un mât, en combinaison avec un système antichute, ou en tant que longe de retenue en vue d’éviter toute chute.
PUBLICATION ASSOCIEE
Equipements de protection individuelle contre les chutes de hauteur pour les marins pêcheurs professionnels
16 pages - septembre 2013