Source: https://aqdmd.org/faq/
Timestamp: 2019-09-15 12:12:56+00:00
Document Index: 322710425

Matched Legal Cases: ['art. 26', 'art. 27', 'art. 242', 'art. 27', 'art. 242', 'art. 26', 'art. 241', 'art. 241', 'art. 29', 'art. 242', 'art. 241']

AQDMD | Foire aux questions sur l'aide médicale à mourir
AccueilFoire aux questions sur l’aide médicale à mourir
Vous trouverez ici les réponses aux questions les plus fréquemment posées concernant l’aide médicale à mourir.
Les réponses concernent le Québec (Loi 2) ; cependant, la loi fédérale (C-14) s’applique partout au Canada et en partie au Québec, mais pas dans tous ses aspects. Il peut donc y avoir des différences entre le Canada et le Québec.
Cette foire aux questions a été élaborée par un groupe d’étudiants en pharmacie de l’Université de Montréal dans le cadre de leur cours de service à la communauté.
Merci à Yacine Ben-Khedher • Mounira Bouras • Rayan Ghabi • Salim Kemel • Daphné Robitaille • Saranya Sinniah • Vinh Vu • Christine Yang
Quels sont les critères pour obtenir l’aide médicale à mourir ?
Comment se fait l’administration de l’aide médicale à mourir ?
Qu’arrive-t-il après le décès ?
Quel est le rôle du pharmacien ? Quels sont les médicaments utilisés ?
Le soutien et le rôle des proches
Que se passe-t-il en cas de refus de ma demande ?
Puis-je changer d’avis après que ma demande ait été acceptée ?
Que signifie un « consentement libre et éclairé » ?
Est-ce que je dois assumer un coût pour obtenir l’aide médicale à mourir ?
Que sont « les directives médicales anticipées » et puis-je demander l’aide médicale à mourir en prévision du jour où j’en aurai besoin ?
Qu’est-ce que l’aide médicale à mourir (AMM) ?
L’aide médicale à mourir est une intervention, encadrée par des critères rigoureux, au cours de laquelle un médecin administre des médicaments entraînant la mort d’un patient afin de mettre fin à sa souffrance physique ou psychologique alors qu’il souffre d’une maladie grave et incurable.
Quelle est la différence entre l’aide médicale à mourir et le suicide assisté ?
Deux formes d’aide médicale à mourir sont permises au Canada. L’administration directe par un médecin ou une infirmière praticienne d’une substance provoquant la mort de la personne qui en a fait la demande, ou la remise ou la prescription par un médecin ou une infirmière praticienne d’une substance que la personne peut s’administrer elle-même pour provoquer sa mort.
Au Québec, seul un médecin peut administrer les médicaments et il ne peut en aucune façon déléguer cet acte à qui que ce soit (résident, infirmière, etc). Une infirmière ou un infirmier ne peut administrer l’aide médicale à mourir au Québec alors que la loi canadienne le permet.
Le suicide assisté est illégal au Québec, mais est légal dans le reste du Canada.
Depuis quand l’aide médicale à mourir (AMM) est-elle légale au Québec et au Canada ?
L’AMM est légale au Québec depuis l’adoption de la Loi 2 le 5 juin 2014 et mise en vigueur le 20 décembre 2015. Elle est légale au Canada depuis l’adoption de la modification C-14 du code criminel le 17 juin 2016.
Pour être admissible à l’aide médicale à mourir, il faut que la personne remplisse toutes les conditions suivantes selon les termes exacts de la Loi 2 :
Elle est une personne assurée au sens de la Loi sur l’assurance maladie du Québec (chapitre A-29).
Elle est majeure et apte à consentir aux soins.
Elle est en fin de vie.
Elle est atteinte d’une maladie grave et incurable.
Sa situation médicale se caractérise par un déclin avancé et irréversible de ses capacités.
Quel est le processus d’admission pour avoir accès à l’aide médicale à mourir ?
Il faut d’abord formuler une demande verbale formelle à un professionnel de la santé. Il faut ensuite faire une demande écrite via le formulaire Demande d’aide médicale à mourir, disponible ici ou auprès d’un professionnel de la santé. Le formulaire doit être signé en présence de celui-ci.
Les termes exacts des recommandations du Collège des médecins du Québec et de la loi sont les suivants :
« Pour qu’une demande d’AMM soit conforme à la loi, la personne en fin de vie, majeure et apte, en proie à des souffrances constantes et intolérables « doit, de manière libre et éclairée, formuler pour elle-même la demande d’aide médicale à mourir au moyen du formulaire prescrit par le ministre. Ce formulaire doit être daté et signé par cette personne. » (art. 26 al. 2 de la LCSFV)
Si elle « ne peut dater et signer le formulaire […] parce qu’elle ne sait pas écrire ou qu’elle en est incapable physiquement, un tiers peut le faire en [sa] présence […] » (art. 27 de la LCSFV), « et selon ses directives » (art. 242.2 (4) du Code criminel).
Guide d’exercice et lignes directrices pharmacologiques, Collège des médecins du Québec, mise à jour Novembre 2017.
Le tiers doit être majeur et apte, ne doit pas faire partie de l’équipe de soins responsable (art. 27 de la LCSFV), doit comprendre la nature de la demande d’AMM, ne pas savoir ou ne pas croire être bénéficiaire de la succession testamentaire de la personne qui fait la demande ou qu’il recevra autrement un avantage matériel, notamment pécuniaire, de la mort de celle-ci (art. 242.2 (4) du Code criminel). Les raisons pour lesquelles la personne ne peut pas signer la demande de sa main devraient être indiquées dans son dossier médical.
Il doit aussi être signé par un autre médecin et par 2 témoins indépendants.
Dans tous les cas, ce formulaire doit être « signé en présence d’un professionnel de la santé ou des services sociaux qui le contresigne » et qui, s’il n’est pas le médecin traitant, le lui remettra (art. 26 al. 3 de la LCSFV).
Le Code criminel ajoute que le formulaire doit être signé par la personne « devant deux témoins indépendants », qui l’ont daté et signé à leur tour (art. 241.2 (3) c) du Code criminel).
Que veut-on dire par 2 témoins indépendants ?
Il s’agit d’une personne qui ne recevra aucun avantage de la mort de la personne ayant fait la demande d’aide médicale à mourir. Il n’est pas propriétaire ou exploitant de l’établissement où la personne qui a fait la demande reçoit des soins, il ne participe pas à la prestation des soins et ne fournit pas directement des soins au patient ayant fait la demande.
Selon la loi : aux termes du Code criminel (art. 241.2 (5)), n’est pas indépendant le témoin qui :
sait ou croit qu’il est bénéficiaire de la succession testamentaire de la personne qui fait la demande ou qu’il recevra autrement un avantage matériel, notamment pécuniaire, de la mort de celle-ci;
est propriétaire ou exploitant d’un établissement de soins de santé où la personne qui fait la demande reçoit des soins ou de l’établissement où celle-ci réside;
participe directement à la prestation de services de soins de santé à la personne qui fait la demande;
ou qui fournit directement des soins personnels à la personne qui fait la demande.
Où puis-je retrouver le Formulaire de demande d’aide médicale à mourir du ministère de la Santé et des Services sociaux ?
Ici, directement sur notre site avec des recommandations importantes.
Est-ce qu’un proche peut formuler la demande pour moi si je suis incapable de le faire ?
Non, la personne qui désire obtenir l’aide médicale à mourir doit en faire la demande elle-même.
Par contre, si la personne qui demande l’aide médicale à mourir ne peut signer et dater le formulaire parce qu’elle ne sait pas écrire ou qu’elle en est incapable physiquement, un tiers peut le faire, en sa présence et selon certaines directives. Cependant, tous les critères doivent bien sûr être respectés, en particulier celui de l’aptitude à comprendre ce que signifie l’aide médicale à mourir. D’ailleurs, le médecin qui recevra la demande devra s’en assurer en suivant un protocole bien défini.
La demande pour obtenir l’aide médicale à mourir peut-elle être faite à l’avance si le patient apprend qu’il est atteint d’une maladie dégénérative ?
Non, le patient doit être en fin de vie (selon les critères de la Loi 2 au Québec) pour faire sa demande. L’évaluation de cette période est faite par les médecins qui évalueront le demandeur.
Mon proche n’est pas en mesure de consentir pour obtenir l’aide médicale à mourir. Puis-je le faire à sa place?
Non, c’est le patient lui-même qui doit consentir à recevoir l’AMM, et ce à au moins deux (2) reprises, soit lors de la demande et immédiatement avant l’obtention de l’AMM.
Qui peut administrer l’aide médicale à mourir ?
Au Québec, seuls les médecins peuvent l’administrer. Dans les autres provinces et selon la Loi C-14 du fédéral, les infirmières praticiennes et les infirmiers praticiens le peuvent aussi.
Où s’administre l’aide médicale à mourir ?
L’aide médicale à mourir s’administre autant en établissement de santé qu’au domicile du patient. Le choix revient au patient.
Qui peut être présent lors de l’administration ?
C’est le demandeur qui décide des personnes qu’il souhaite avoir près de lui lors de son décès. « Selon le patient, et le sens qu’il lui donne, le moment de l’AMM peut se vivre entre le patient et le médecin, ou bien cela peut être un événement partagé : si le patient le souhaite, et s’ils le désirent, des proches peuvent assister à l’AMM. De même, toujours dans le respect des volontés du patient, une infirmière et d’autres membres de l’équipe interdisciplinaire, voire un autre médecin, peuvent être présents. »
Les deux médecins impliqués dans un cas d’aide médicale à mourir peuvent-ils se connaitre ?
Oui, bien sûr car dans la plupart des milieux, les médecins se connaissent. Cependant, ce qui est essentiel, c’est qu’ils soient indépendants l’un de l’autre au sens de la loi ainsi « qu’à l’égard de la personne qui demande l’AMM (art. 29 (3) de la LCSFV; art. 242.2 (3) e) et f) du Code criminel). Il est en effet essentiel d’éviter les situations qui pourraient influencer et biaiser leur jugement professionnel. »
Guide d’exercice et lignes directrices pharmacologiques, Collège des médecins du Québec, mise à jour Novembre 2017
Que signifie l’expression « médecins indépendants l’un de l’autre » ?
Le Code criminel précise que pour être indépendant, dans le contexte d’une demande d’AMM, ni le médecin qui administre l’AMM ni celui qui donne l’avis « ne peut :
a) conseiller l’autre dans le cadre d’une relation de mentorat ou être chargé de superviser son travail ;
b) savoir ou croire qu’il est bénéficiaire de la succession testamentaire de la personne qui fait la demande ou qu’il recevra autrement un avantage matériel, notamment pécuniaire, de la mort de celle-ci, autre que la compensation normale pour les services liés à la demande ;
c) savoir ou croire qu’il est lié à l’autre ou à la personne qui fait la demande de toute autre façon qui porterait atteinte à son objectivité. » (art. 241.2 (6) du Code criminel) »
Le médecin qui évalue le patient par exemple dans un hôpital peut être accompagné de son résident ou d’un médecin en formation pour l’AMM. Ce qui importe, c’est que le médecin qui donne le second avis soit indépendant du premier au sens du code criminel. De plus, il importe de préciser que l’avis du second médecin doit être objectif et impartial et ne doit pas être influencé par ses convictions personnelles. « Un médecin dont les convictions personnelles de nature morale ou religieuse ne lui permettent pas de participer à l’AMM devrait s’abstenir de participer à cette deuxième consultation. » (Guide d’exercice et lignes directrices pharmacologiques, Collège des médecins du Québec, mise à jour Novembre 2017)
Que se passe-t-il avec le corps du patient suite à son décès ?
On procède à l’inhumation ou à la crémation du patient selon les volontés qu’il a exprimées par écrit ou verbalement avec ses proches.
Une personne qui décède par l’AMM peut-elle donner ses organes ?
Oui, et c’est un geste très généreux. La personne peut faire un don d’organe ou de tissu, mais l’évaluation de la demande et la prise de décision médicale se fait au cas par cas et est fonction de multiples facteurs médicaux. Cancer ou non ? Métastases ou non ? État physiologique de fonctionnement de l’organe (foie, rein, cœur, etc.).
De plus, cette décision et l’évaluation doivent être prises plusieurs jours avant l’administration de l’AMM afin de procéder aux divers examens nécessaires pour vérifier l’ensemble de la situation physiologique du donneur éventuel.
Est-il possible d’aller chercher les médicaments servant à l’AMM à une pharmacie communautaire ?
Oui, les médecins peuvent aller chercher les médicaments pour l’aide médicale à mourir si elle se déroule à domicile même si de façon générale, en raison du type de médicaments utilisés, ce sera le plus souvent une pharmacie d’hôpital qui sera le fournisseur. Dans tous les cas, le médecin doit en discuter avec le pharmacien ou la pharmacienne en personne. En raison du type de médicaments à utiliser pour pratiquer une AMM, un délai entre la demande des médicaments par le médecin et leur livraison par le pharmacien est prévisible.
Pourquoi le pharmacien doit-il préparer deux trousses identiques avec le matériel d’injection et les médicaments nécessaires pour l’aide médicale à mourir ?
La deuxième trousse sert en cas de bris, d’erreur de manipulation ou, au besoin, pour ajuster la posologie d’un médicament. Les médicaments restants, incluant la seconde trousse même si elle n’a pas été utilisée, doivent être rapportés intégralement au pharmacien et ils seront détruits selon les techniques usuelles.
Quel rôle joue la famille dans le processus ?
La famille a un rôle de soutien auprès de son proche pendant tout le processus, de la demande jusqu’à l’administration de l’aide médicale à mourir. Le médecin s’assure que les proches reçoivent le soutien et l’aide nécessaire tout au long du processus.
Un membre de la famille proche, par exemple un conjoint ou un enfant, aurait-il le droit de refuser que son proche ait accès à l’aide médicale à mourir ?
Non. La décision appartient seulement au patient. Le médecin doit s’assurer que les proches reçoivent l’aide et le soutien nécessaire avant, pendant et après l’administration de l’aide médicale à mourir.
Est-ce que la famille du demandeur doit être consultée lors de la prise de décision ?
Non, la décision est faite par le demandeur seulement et c’est lui qui décide s’il veut informer ou consulter sa famille.
Quel type de soutien peut recevoir un demandeur d’AMM durant le processus ?
Un demandeur ainsi que sa famille peuvent demander un soutien psychologique, social et spirituel s’ils le désirent.
Un médecin peut-il refuser de m’administrer l’AMM ?
Si vous rencontrez les critères d’admissibilité, le médecin qui vous suit et qui ne veut pas prodiguer ce dernier soin, quelle que soit la raison, est dans son droit. Par contre, il a l’obligation déontologique de vous référer à un autre médecin qui est prêt à traiter le dossier.
Selon le Collège des médecins du Québec, « le médecin qui reçoit une demande d’AMM est donc tenu d’y répondre avec professionnalisme, quelles que soient ses convictions personnelles. Cependant, et c’est l’exception qui confirme la règle, à certaines conditions, il n’est pas obligé de participer à l’AMM si ses convictions personnelles, de nature morale ou religieuse, l’en empêchent. Quelle que soit sa décision, elle doit être consignée dans le dossier du patient. »
En conformité avec le Code de déontologie des médecins, un médecin peut refuser d’administrer l’AMM, mais il doit s’assurer de la continuité des soins offerts à la personne. Il doit ainsi aviser sans tarder les instances responsables, chargées de trouver un médecin qui accepte de traiter la demande.
Quelle est la limite où un professionnel peut affirmer qu’il ne souhaite pas participer à l’aide médicale à mourir ?
Aucune limite claire n’a été définie. Les professionnels peuvent refuser de l’administrer ou d’y participer selon leurs convictions personnelles. Ils doivent cependant référer le patient à un professionnel qui saura répondre à leur demande.
Que se passe-t-il lorsque la demande de la personne est refusée ?
Le médecin informe le patient du motif de refus et le consigne au dossier de ce dernier.
Est-il possible de changer d’idée en cours de processus si je ne désire plus recourir à l’aide médicale à mourir ?
Oui, il est possible de retirer la demande à n’importe quel moment, et ce jusqu’au tout dernier moment avant son administration. C’est d’ailleurs une obligation du médecin qui prodigue l’AMM de vous le demander immédiatement avant de procéder.
Comment pouvons-nous être sûr que le patient prenne la décision de son plein gré sans être influencé ?
Le médecin doit vérifier que le patient n’a pas subi de pression extérieure pour sa prise de décision. Il demandera au patient à plusieurs reprises s’il désire toujours poursuivre le processus, après avoir formulé la demande. Le médecin doit bien sûr fournir toute l’information nécessaire au patient pour qu’il prenne une décision éclairée. De plus, il doit s’assurer de l’aptitude du demandeur à bien comprendre la situation et pour ce faire utilisera des moyens à sa disposition comme les « Critères de Nouvelle-Écosse ». Le second médecin doit également confirmer que le patient rencontre toutes les conditions pour recourir à l’aide médicale à mourir. De cette façon, on peut s’assurer que le patient prend une décision de son plein gré sans influence extérieure.
Combien doit débourser un citoyen assuré par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) pour obtenir l’aide médicale à mourir ?
Une personne assurée au sens de la Loi sur l’assurance maladie du Québec n’a rien à débourser puisque tous les frais sont couverts. De toute façon, « être assuré » au sens de la loi est le premier critère pour être admissible à l’AMM ceci afin d’éviter le « tourisme médical » à la recherche de l’aide médicale à mourir.
Que sont « les directives médicales anticipées » ?
Selon la Loi 2 sur les Soins de fin de vie, article 51 :
Toute personne majeure et apte à consentir aux soins peut, au moyen de directives médicales anticipées, indiquer si elle consent ou non aux soins médicaux qui pourraient être requis par son état de santé au cas où elle deviendrait inapte à consentir aux soins.
Mais, elle ne peut toutefois, au moyen de telles directives, formuler une demande d’aide médicale à mourir.
Donc, en vertu de la loi, il n’est pas possible de demander l’aide médicale à mourir dans des directives médicales anticipées.
Que dois-je faire pour obtenir mon formulaire ?
Il s’agit d’un formulaire du gouvernement du Québec, complété par vous et signé de votre main ainsi que par deux témoins majeurs. Ce document est versé au dossier informatisé du MSSS, accessible partout dans le réseau, donc dans tous les établissements de santé et qui est contraignant pour tout le personnel médical, ce qui signifie qu’il est obligatoire de le suivre.
Pour obtenir votre formulaire personnalisé, vous avez plusieurs façons de faire :
Soit sur le site de la RAMQ.
Ou encore tapez dans votre moteur de recherche : Directives médicales anticipées.
Québec : 418- 646-4636
Montréal : 514- 864-3411
Ailleurs au Québec : 1 800 -561-9749
Avant de demander votre formulaire à la Régie, il est fortement recommandé de bien vous informer au sujet des directives médicales anticipées en consultant la section Directives médicales anticipées du site du Gouvernement du Québec.
Est-il nécessaire de faire signer ou valider mon formulaire par un notaire ?
Seulement si vous le désirez, vous pouvez consulter un notaire qui inscrira vos volontés dans un acte notarié dont le contenu reprend celui du formulaire des directives médicales anticipées prescrit par le ministre. À votre demande, le notaire transmettra l’acte notarié à la RAMQ pour qu’il soit déposé dans le Registre des directives médicales anticipées.
Vous pouvez aussi transmettre le formulaire à votre médecin ou à un professionnel de la santé pour qu’il le dépose dans votre dossier médical. S’il y a lieu, informez vos proches du lieu où vous avez déposé votre acte notarié.
Le notaire peut vérifier avec vous s’il n’y a pas de conflit entre vos volontés exprimées ailleurs et vos directives médicales anticipées. Il peut également répondre à vos questions de nature juridique.
Le seul point important est que vous adressiez vous-même le formulaire au gouvernement pour que vos directives soient bien inscrites dans le Registre.
Ces témoignages ont été recueillis par le groupe d’étudiants en pharmacie de l’Université de Montréal.
Témoignage de Mélanie Cantin, pharmacienne au CSSS d’Argenteuil
Quel est votre rôle comme pharmacienne lors d’une demande d’aide médicale à mourir (AMM) ? Depuis quand pratiquez-vous ce rôle ?
Nous sommes un petit milieu et bien impliqué dans tout le processus (CSSS d’Argentueil). Je pratique ce rôle depuis l’entrée en vigueur de la loi 2. Mes rôles consistent principalement à rencontrer la personne ou faire un appel téléphonique afin d’obtenir son consentement pour la demande de son profil pharmacologique. Également, à répondre aux questions de la personne et de ses proches suites à la visite médicale au besoin. Aussi, à monter le dossier du patient en recueillant les antécédents médicaux, les problèmes de santé, les médicaments pris actuellement. Puis, à effectuer la formation de l’infirmier/infirmière qui assistera le médecin lors de la procédure. Enfin, rencontrer le médecin qui administra l’aide médicale à mourir pour déterminer le choix de prescription du médicament, ainsi que d’autres modalités du médicament concernant leur conservation, leur préparation/livraison, le retour des médicaments et leur destruction.
Selon le contexte (domicile ou hôpital), on tente de s’ajuster dans les délais selon les besoins/demandes du patient en tenant compte des ressources disponibles. Jusqu’à présent, nous avons pu satisfaire aux volontés des patients. Sinon, auprès des professionnels de la santé, je m’occupe de la formation auprès des infirmières ou de nouveaux médecins concernant l’AMM. Je joue un rôle également de coordination selon la situation et les intervenants disponibles (travailleur social/soins spirituels).
Pour mon milieu, à ce que j’en sais, les demandes ont été considérées dès qu’il en était question. J’ai vu un médecin référer un patient à un collègue, car cela ne correspondait pas à ces valeurs. En général, les demandes se font au médecin plutôt qu’à une infirmière ou un travailleur social. En lisant sur le sujet, certaines personnes ayant une maladie incurable, mais n’étant pas en fin de vie prochaine, selon la définition actuelle, ont parfois cessé de prendre leurs médicaments ou cessé de manger pour leur permettre de répondre aux critères. Un processus souffrant qui ne devrait pas être nécessaire à mon avis.
Les personnes qui font une demande d’AMM ressentent un énorme soulagement une fois leur demande acceptée. Toutefois, un stress demeure, car ils sont tous craintifs de ne pas pouvoir acquiescer au jour J. Parfois, la personne refusera des entre-doses pour être certaine de pouvoir être alerte au moment voulu. Les proches sont également touchés durant cette attente. Comme intervenant, nous accompagnons les patients dans leur parcours de soins et cela veut également dire leur apporter notre aide pour l’AMM. C’est aussi ça, la continuité de soins.
Cela offre une possibilité aux gens atteint d’une maladie incurable dont la fin approche de pouvoir décider du moment où ils pourront mettre fin à leur souffrance. Également, il est maintenant possible de devancer la date prévue (normalement délai de 10 jours entre la demande et l’AMM), si le médecin constate une détérioration rapide de l’état de son patient. À ce propos, à deux reprises, nous avons pu coordonner les éléments pour répondre aux besoins du patient. Enfin, un groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) a été créé au sein de notre CISSS pour soutenir les intervenants dans la démarche.
Témoignage de Valérie Guibbaud | Son père a eu recours à l’AMM
Comment avez-vous réagi lorsque vous avez entendu la nouvelle ?
Mon père était gravement malade. Il souffrait de MPOC et derrière ses poumons, on y a trouvé des lymphomes. Après seulement un traitement de chimiothérapie, le médecin a décrété qu’il était trop fragile pour recommencer. De retour à l’urgence, il avait évoqué l’idée de recevoir l’aide médicale à mourir. Moi, j’étais dans le déni. Je l’ai entendu faire sa demande mais j’ai fait comme si tout ça allait se régler autrement. Donc, le matin où il nous a annoncé que le tout avait été accepté et que ça se passerait 4 heures plus tard…. je suis devenue soudainement résiliente.
Quelles étaient vos craintes face à la demande de votre père ?
Honnêtement ? J’en ai eu aucune, car il avait l’air pour la première fois de sa vie si certain d’avoir fait le bon choix. Il est devenu serein et l’anxiété avait disparu. Je savais bien que si on lui avait accordé un tel privilège, c’est qu’on avait pris le soin d’analyser sa situation de façon rigoureuse et juste.
À partir du moment où nous avons appris la nouvelle…toute une équipe de psychologues, travailleurs sociaux et médecins nous ont tenu la main. Nous nous sentions soutenus et pris en charge. Tout le monde faisait équipe. Et comme je le répète, nous avons eu 4 heures pour tout mettre en branle. Il était 10 h 30 quand nous avons appris la nouvelle. Nous n’avions pas de temps à perdre.
Comment s’est comparée le moment venu, soit 14 h 59, à vos attentes ?
Tout ce que je souhaitais, c’était de voir mon père heureux et soulagé de savoir que ses souffrances allaient enfin prendre fin. Je savais que j’assisterais à quelque chose de grand, d’unique, de beau et de doux… c’est exactement ce qui s’est produit. Malgré la peine, ce moment restera à jamais un des plus forts de toute ma vie. Mon père est parti avec le sourire et le corps apaisé. Il n’avait pas peur et nous non plus.
J’ai eu la chance de voir la mort autrement. Les heures qui ont précédé le départ de mon père furent infiniment chargées mais l’après fut plus doux que je ne l’aurais cru. Comme si de voir mon père enfin heureux me réconfortait avec la suite des choses et le vide que ça allait nous laisser. Le personnel a grandement aidé ce passage de la vie vers la mort.
Points positifs suite à la Loi concernant les soins de fin de vie (Québec)
L’opportunité de vivre ses derniers moments dans la dignité.
Possibilité de devancer la date prévue maintenant si détérioration rapide de l’état du patient.
Offre une possibilité aux gens atteint d’une maladie incurable dont la fin approche de pouvoir décider du moment où ils pourront mettre fin à leur souffrance.
Il avait l’air, pour la première fois de sa vie, certain d’avoir fait le bon choix. Il est devenu serein et l’anxiété avait disparu.
Le psychologue, travailleur social, médecin et infirmière faisaient tous équipe pour soutenir la famille et le patient.
Soulagé de savoir que les souffrances du patient prennent fin.
Mon père est parti avec le sourire et le corps apaisé.
De voir mon père enfin heureux me réconfortait avec la suite des choses et le vide que ça allait nous laisser.
Support de la part de l’équipe soignante. Ils répondaient à toutes nos questions et ont expliqué le déroulement du processus. Cette présence était fort rassurante.
On peut mourir dans la dignité
Il avait l’air, pour la première fois de sa vie, certain d’avoir fait le bon choix. Il est devenu serein et l’anxiété avait disparu