Source: https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/changements-climatiques/publications/tendances-matiere-emissions-2014/chapitre-3.html
Timestamp: 2019-09-22 16:04:04+00:00
Document Index: 67496458

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Tendances en matière d'émissions au Canada, 2014 : chapitre 3 - Canada.ca
Tendances en matière d'émissions au Canada, 2014
Tendances en matière d'émissions au Canada, 2014 : chapitre 3
Tendances en matière d'émissions prévues
Facteurs clés servant à élaborer les projections des émissions
Scénario de référence : tendances projetées
Décomposition des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie au Canada
Projections en matière d’émissions par secteur
Hausse des émissions d’hydrofluorocarbures
Projections des émissions par province
Un certain nombre de facteurs influent sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. La croissance économique et démographique ainsi que l’éventail de sources d’approvisionnement en énergie sont des exemples des facteurs déterminants des émissions. Les projections en matière d’émissions futures sont grandement influencées par les hypothèses sous-jacentes quant à l’évolution prévue des facteurs économiques au fil du temps. Tout changement dans les hypothèses concernant ces facteurs déterminants aura une incidence sur l’évolution des émissions (voir la section intitulée Autres scénarios d’émissions et l’annexe 3).
La méthode adoptée pour élaborer les scénarios d’émissions figurant dans le présent document s’appuie sur une série d’hypothèses clés. Les projections économiques à court terme jusqu’à l’année 2018 sont étalonnées selon les projections du secteur privé tirées du rapport sur l’Enquête du ministère des Finances auprès des prévisionnistes économiques du secteur privé, réalisée en juin 2014. Au-delà de 2018, les hypothèses économiques à long terme sont fondées sur le rapport du ministère des Finances, intitulé Mise à jour des projections économiques et budgétaires, produit en novembre 2013. Les prévisions relatives aux projets d’approvisionnement en énergie tenant compte des projections de 2013 de l’Office national de l’énergie ont été intégrées au modèle pour les variables et les hypothèses clés (p. ex., production et prix du pétrole et du gaz). Dans le cadre du processus d’examen de l’Office national de l’énergie, ces prévisions tiennent compte des renseignements fournis par les experts de l’industrie et reflètent le point de vue le plus récent du gouvernement en ce qui concerne l’évolution du secteur de l’approvisionnement en énergie au Canada. Les projections intègrent également les données du Rapport d’inventaire national (RIN) et de l’Energy Information Administration des États-Unis. Pour obtenir un résumé plus détaillé des données et hypothèses économiques clés, voir l’annexe 2.
La politique du gouvernement a également une incidence importante sur les émissions, tout comme la modification des comportements des consommateurs et des entreprises. Même si la modélisation reconnaît explicitement les progrès technologiques dictés par les prix (p. ex., les technologies écoénergétiques, modernes et reconnues deviendront de plus en plus rentables au fil du temps), il est pratiquement impossible de prédire quelles nouvelles technologies seront mises au point et commercialisées à l’avenir, de sorte qu’aucune supposition ne peut être faite à cet égard. De même, les facteurs comportementaux sont considérés comme étant constants durant toute la période de projection. À ce titre, les tendances attendues en matière de projections d’émission seront façonnées par les mesures gouvernementales existantes. En réalité, les progrès technologiques, les changements comportementaux et les mesures gouvernementales à venir sont des facteurs qui doivent tous contribuer à la réduction des émissions.
Le secteur de l’Affectation des terres, des changements de l’affectation des terres et de la foresterie (ATCTF) est modélisé et pris en compte séparément des autres secteurs figurant dans le présent rapport. Tout comme pour d’autres secteurs, les facteurs déterminants des tendances des émissions anthropiques dans le secteur de l’ATCATF comprennent les conditions économiques, les politiques et les pratiques de gestion.
La contribution attendue de ce secteur en vue de l’atteinte de la cible de Copenhague est actuellement obtenue en comparant les niveaux d’émissions et d’absorptions du maintien du statu quo en 2020 aux niveaux de 2005, ou, dans le cas du secteur des forêts aménagées, à un niveau de référence fondé sur une approche acceptée à l’échelle internationale. En raison des conditions économiques et de diverses décisions en matière de pratiques de gestion, le secteur de l’ATCATF devrait s’améliorer par rapport à l’année ou aux niveaux de référence.
En prenant en considération ces facteurs, on s’attend à ce que la contribution du secteur de l’ATCATF s’élève à 19 Mt, essentiellement en raison d’une activité économique (p. ex., la récolte) moins élevée que par le passé. Cette contribution de 19 Mt est déduite des projections des émissions nationales totales pour 2020 en tant que crédit en vue d’atteindre l’objectif.
Si l’on tient compte de tous les facteurs économiques décrits précédemment et des mesures gouvernementales actuelles, mais en ne considérant pas de grand changement technologique, on obtient un scénario où les émissions atteignent 727 Mt d’ici 2020, lorsqu’on inclut la contribution prévue du secteur de l’ATCATF.
Projections des émissions nationales
Les émissions et l’activité économique sont étroitement liées, quoique leur relation dans le contexte canadien se soit affaiblie au cours des vingt dernières années en raison de divers changements structurels ainsi que de changements et d’améliorations d’ordre comportemental et technologique. L’intensité des émissions, soit les émissions de GES par dollar de (PIB), mesure la relation entre les changements dans l’économie et dans les émissions. Au Canada, la relation entre les émissions totales de GES et le PIB total réel a diminué à un taux annuel moyen de 1,3 % entre 1990 et 2012. Cette tendance devrait se poursuivre, mais à un rythme plus lent jusqu’en 2020.
Cependant, étant donné que la croissance économique et les émissions de GES sont toujours étroitement liées, les émissions absolues devraient augmenter au cours de la période, mais plus lentement que la croissance économique. Comme l’économie continue à croître au-delà de 2012 (dernière année pour laquelle on dispose de données historiques sur les émissions), on prévoit que les émissions totales vont augmenter. Sans mesure gouvernementale supplémentaire et avant de prendre en compte la contribution du secteur de l’ATCATF, les émissions devraient atteindre 746 Mt d’ici 2020, une hausse de 10 Mt par rapport à 2005. Comme il est indiqué à la figure 4, les émissions en 2020 devraient atteindre 727 Mt, en considérant la contribution de 19 Mt du secteur de l’ATCATF.
Figure 3 : Intensité des émissions de GES au Canada de 1990 à 2020 (à l’exclusion de l’ATCATF)
La figure 3 présente un graphique linéaire chronologique dont l’axe horizontal couvre la période 1990-2020 en pas de cinq ans. L’axe vertical représente l’intensité des émissions en Mt d’éq. CO2 par milliard de dollars (de 2012) de PIB sur une échelle allant de 0,2 à 0,9 en pas de 0,1. La ligne commence en 1990 à une valeur de 0,83 et varie peu jusqu’en 1996 (valeur de 0,84). Ensuite, la ligne baisse de façon relativement constante pour atteindre une valeur de 0,58 en 2012. Après 2012, la baisse ralentit pour atteindre 0,55 en 2020. Le graphique comprend un encadré qui présente comme suit les améliorations annuelles moyennes de l’intensité des émissions : 1990-2012 : 1,3 %; 2012-2020 : 0,7 %.
Progrès dans la réduction des émissions
Les progrès en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre se mesurent par rapport à un scénario « aucune mesure ». Ce scénario, que l'on décrit en plus de détails à l'annexe 4, sert de cadre de référence où les consommateurs, les entreprises et les gouvernements ne prennent aucune mesure dans le but de réduire les émissions après 2005.
Le scénario qui tient compte des mesures actuelles est ensuite comparé à ce scénario de référence. Pour être intégrées dans le scénario « mesures actuelles », les mesures doivent être concrètes ou légiférées, soutenues financièrement et suffisamment précises pour s'intégrer à la plateforme de modélisation avant mai 2014 (les politiques et les mesures modélisées pour le présent rapport sont énumérées à l’annexe 2).
Cela est conforme aux lignes directrices de la CCNUCC relatives aux présentations de communications nationales, qui recommandent de mesurer l'effet total des mesures en utilisant la différence entre les prévisions « avec les mesures » et les prévisions « sans les mesures ». En outre, cette comparaison montre le niveau d'effort requis pour atteindre la cible en 2020. Cela serait impossible en comparant les émissions aux niveaux actuels, puisqu'on ne tiendrait pas compte des facteurs qui influenceront les émissions d’ici 2020, comme l'augmentation de la population et la croissance économique.
L'analyse indique que si les consommateurs, les entreprises et les gouvernements n'avaient pris aucune mesure pour réduire les émissions de gaz à effet de serre après 2005, les émissions en 2020 auraient atteint 857 Mt. Ce chiffre doit être comparé au scénario « avec les mesures actuelles » dans lequel, à la suite des mesures prises depuis 2005 et la contribution de 19 Mt du secteur ATCATF, les émissions en 2020 devraient se chiffrer à 727 Mt, soit 130 Mt de moins qu’avec le scénario « sans mesure » (figure 4).
Figure 4 : Émissions de GES au Canada avec et sans les mesures actuelles, de 2005 à 2020
Description textuelle de la figure 4
La figure 4 présente une série chronologique sous forme d’un graphique à barres pour les années 2005, 2012, et 2020. L’axe vertical représente les émissions en mégatonnes (Mt) d’éq. CO2 sur une échelle de 0 à 1000 en pas de 100. Les valeurs sont de 736 Mt pour la barre de 2005, de 699 Mt pour la barre de 2012 et de 727 Mt pour la barre de 2020. La barre de 2020 est prolongée par deux segments de barre, un qui représente 19 Mt attribuées au secteur de l’ATCATF, et l’autre qui représente les réductions des émissions de 111 Mt. Le total de la barre de 2020 et de son prolongement se chiffre à 857 Mt et représente le total des émissions pour le scénario « sans mesures ». La différence entre ce total de 857 Mt et le total des émissions pour le scénario « avec mesures » de 727 Mt se chiffre à 130 Mt et est identifiée comme la « contribution à la cible » sur le graphique.
Émissions par habitant
Les émissions totales de GES divisées par la population canadienne (émissions par habitant) ont diminué considérablement depuis 2005, alors qu’elles atteignaient 22,8 t par personne. En 2012, les émissions n’étaient que de 20,1 t par habitant, ce qui constitue le niveau le plus faible jamais enregistré depuis qu’on a commencé à tenir des registres en 1990.
Les projections indiquent que cette tendance se poursuivra jusqu’en 2020, et que les émissions par habitant devraient diminuer pour atteindre 19,7 t par habitant en 2020.
Tableau 2 : Émissions de GES par habitant au Canada (à l’exclusion du secteur de l’ATCATF)
Tonnes d’éq. CO2
Émissions par habitant 22,8 20,1 19,7
Bien que les variations des émissions de GES soient étroitement reliées aux changements dans l’économie, cette relation a faibli depuis 1990 en raison d’améliorations considérables de l’intensité des émissions. On prévoit que les améliorations se poursuivront à l’avenir, surtout grâce à des améliorations de l’efficacité énergétique et à l’utilisation de combustibles plus propres.
Afin d’examiner la contribution de différents facteurs aux tendances des émissions projetées, une analyse de décomposition a été appliquée aux émissions de combustion (méthodologie présentée à l’annexe 4), car ces émissions sont fortement corrélées à la consommation d’énergie. Les émissions de combustion, qui représentaient 72 % (532 Mt) des émissions de GES au Canada en 2005, comprennent des sources stationnaires, comme celles brûlant du combustible à des fins de chauffage résidentiel ou de production d’électricité, et des sources mobiles comme les véhicules utilitaires légers et lourds. Les émissions de combustion ne comprennent pas les émissions des procédés industriels, ni le méthane d’origine agricole. Selon Environnement Canada, les émissions de combustion augmenteront pour atteindre 544 Mt en 2020, soit une hausse de 12 Mt par rapport aux niveaux de 2005.
Globalement, comme le montre la figure 5 plus bas, l’analyse porte à croire que si la croissance économique et les changements structurels touchant l’économie exercent des pressions à la hausse sur les émissions de combustion, on s’attend à ce que ces facteurs soient largement compensés par l’utilisation de combustibles plus propres et par des gains d’efficacité énergétique. L’analyse décompose la hausse des émissions de combustion en quatre facteurs différents :
L’effet de l’activité (économique)mesure l’effet de la croissance économique prévue. À elle seule, cette croissance augmenterait les émissions de GES de 108 Mt en 2020.
L’effet structurel mesure le changement dans la composition de l’économie. Bien que la part des industries de services dans l’économie continue d’augmenter, cette tendance ne compensera pas l’effet sur les émissions du développement projeté d’industries à forte intensité énergétique comme celle des sables bitumineux. Par conséquent, la structure projetée de l’économie se traduirait par une hausse des émissions de 11 Mt en 2020.
L’effet du changement de combustibles mesure les changements dans la répartition des combustibles utilisés. Les changements de combustibles, comme le remplacement du charbon par des sources d’énergie plus propres, devraient avoir un effet considérable en réduisant les émissions de 59 Mt en 2020.
L’effet de l’efficacité énergétiquemesure les changements dans l’efficacité énergétique pour chaque sous-secteur. Les projections indiquent que si l’on mettait en œuvre des politiques favorisant l’adoption des technologies éconergétiques actuellement disponibles, les réactions des consommateurs aux prix de l’énergie et le renouvellement des équipements permettraient de réduire les émissions de 48 Mt en 2020.
Figure 5 : Décomposition de la hausse des émissions (depuis 2005) en 2020
Description textuelle de la figure 5
La figure 5 est un graphique à barres qui présente les cinq catégories suivantes sur l’axe horizontal : total des émissions, activité, structure, changement de combustibles et efficacité énergétique. Chaque catégorie a un valeur pour 2020. L’axe vertical représente la variation prévue des émissions (Mt) sur une échelle de -100 à 150 en pas de 50. Voici les valeurs pour chaque catégorie: Total des émissions : 12; Activité : 108; Structure : 11; changement de combustibles : -59; efficacité énergétique : -48.
Le tableau 3 illustre comment les tendances prévues relatives aux émissions de gaz à effet de serre varient d'un secteur économique à l'autre. Cette variation s'explique par l'évolution attendue des principaux facteurs des émissions dans chaque secteur ainsi que par les diverses initiatives gouvernementales qui auront une incidence sur l'intensité des émissions du secteur à l’avenir. À titre d'exemple, la population croissante du Canada a une incidence sur le nombre de voitures sur la route; par conséquent, on prévoirait une hausse des émissions provenant de ce sous-secteur. Or, ces tendances sont contrebalancées par les normes fédérales relatives aux gaz à effet de serre pour les nouveaux véhicules, ce qui a pour effet de réduire l'intensité moyenne des émissions de ces véhicules pour la période visée par les prévisions.
Le secteur de la production d'électricité est celui qui contribue le plus fortement à la réduction totale des émissions, principalement en raison de l'incidence combinée des diverses mesures gouvernementales visant à obtenir un réseau électrique plus propre, essentiellement en éliminant la production d'électricité au charbon. Les émissions du secteur de l'électricité devraient baisser de 50 Mt (41 %) entre 2005 et 2020. Par contre, la croissance de la production dans les sables bitumineux du Canada devrait entraîner une augmentation de 45 Mt (28 %) des émissions provenant du secteur du pétrole et du gaz entre 2005 et 2020.
Tableau 3 : Variation des émissions de GES par secteur économique (en Mt d’éq. CO 2)
Variation entre 2005 et 2020
Transports 168 165 167 -1
Pétrole et gaz 159 173 204 45
Électricité 121 86 71 -50
Bâtiments 84 80 98 14
Industries exposées au commerce et intensives en émissions 89 78 90 1
Agriculture 68 69 70 2
Déchets et autres 47 47 46 -1
Contribution prévue du secteur de l’ATCATF - - -19 -
Total 736 699 727 -9
Remarque : Les chiffres étant arrondis, la somme ne correspond pas nécessairement au total indiqué.
En 2012, les émissions provenant du secteur des transports (y compris les émissions attribuables au transport de passagers, de marchandises et hors route) représentaient la deuxième source en importance des émissions de gaz à effet de serre au Canada, avec 24 % des émissions globales de GES.
En octobre 2010, le gouvernement du Canada a publié la version définitive du Règlement sur les émissions de gaz à effet de serre des automobiles à passagers et des camions légers, qui prescrit des normes d’émissions annuelles de plus en plus strictes pour les nouveaux véhicules des années modèles 2011 à 2016. Le gouvernement a également publié un projet de règlement dans la Gazette du Canada en 2014 pour la deuxième phase de mesures concernant les véhicules légers; ce projet contient aussi des normes d’émissions de gaz à effet de serre de plus en plus strictes, ciblant les véhicules légers des années modèles 2017 à 2025.
Pour les deux phases de réglementation concernant les véhicules légers, qui couvrent les années modèles 2011 à 2025, le rendement énergétique des nouvelles voitures augmentera de 41 % par rapport à l’année modèle 2010 (et de 50 % par rapport à l’année modèle 2008), et le rendement énergétique des nouveaux camions légers à passagers augmentera de 37 %. La consommation de carburant des nouveaux véhicules à passagers, pondérée en fonction des ventes, devrait s’améliorer et passer de 8,6 L/100 km en 2010 à 6,4 L/100 km en 2020, et à 5,1 L/100 km d’ici à 2025. La consommation de carburant des nouveaux camions légers à passagers, pondérée en fonction des ventes, devrait s’améliorer et passer de 12,0 L/100 km en 2010 à 9,1 L/100 km en 2020, et à 7,6 L/100 km d’ici 2025.
Ces améliorations du rendement énergétique devraient contribuer à réduire les émissions à long terme. Selon les projections, les émissions totales du transport devraient diminuer de 1 Mt en passant de 168 Mt en 2005 à 167 Mt d'ici 2020. Cet écart par rapport aux tendances historiques devrait se poursuivre en raison de l’amélioration du rendement énergétique, accélérée par la réglementation fédérale sur les émissions des véhicules, et ce, en dépit des augmentations projetées de la population et du nombre de véhicules. Les émissions devraient continuer à décliner à mesure que les véhicules existants seront progressivement remplacés par des véhicules plus récents et plus éconergétiques.
Comme l’illustre le tableau 4, le secteur des transports comprend plusieurs sous-secteurs distincts : transport de passagers, transport de marchandises, transport aérien et autres types de transport (p. ex., ferroviaire et maritime). Chaque sous-secteur présente différentes tendances au cours de la période de projection. Ainsi, les émissions produites par le transport de passagers devraient diminuer de 8 Mt entre 2005 et 2020, tandis que les émissions du transport de marchandises terrestre, hors route et des autres véhicules devraient augmenter de 10 Mt au cours de la même période en raison de la croissance économique prévue. Il s’ensuit une stabilité des émissions nettes au cours de cette période.
Même si les émissions absolues devraient augmenter dans le sous-secteur du transport de marchandises en raison de la croissance économique, les émissions devraient baisser par rapport aux niveaux du maintien du statu quo, grâce aux divers programmes fédéraux, provinciaux et territoriaux. La réglementation sur les émissions des véhicules lourds permettra d’améliorer le rendement énergétique moyen des camions, qui passera de 2,3 L/100 t-km en 2012 à 2,2 L/100 t-km d’ici 2020.
Tableau 4 : Transports : émissions (en Mt d’éq. CO 2)
Transport de passagers 96 94 88 -8
Voitures, camions et motocyclettes
87 85 78 -9
Transport par autobus, train et transport aérien intérieur
Transport de marchandises 57 61 67 10
Camions lourds, trains
49 54 59 10
Transport aérien intérieur et transport maritime
Autres : à des fins récréatives, commerciales et résidentielles 14 11 12 -2
Total 168 165 167 -1
Selon les projections, les émissions produites par les activités d’exploitation du pétrole et du gaz augmenteront de 28 % (de 159 Mt à 204 Mt) pendant la période comprise entre 2005 et 2020. Cette situation s’explique principalement par l’augmentation de l’exploitation des sables bitumineux.
Tableau 5 : Secteur du pétrole et du gaz : émissions par type de production (en Mt d’éq. CO2)
Production et transformation du gaz naturel 54 48 40 -14
Production conventionnelle de pétrole 32 30 29 -3
Production de pétrole léger
9 10 9 0
Production de pétrole lourd
21 18 17 -4
Production de pétrole des régions pionnières
Sables bitumineux 34 61 103 69
Bitume in situ
11 26 53 42
Extraction de bitume
9 15 23 14
Valorisation du bitume
13 20 27 14
Transport du pétrole et du gaz naturel 16 11 9 -7
Secteur aval du pétrole et du gaz 24 22 21 -3
Produits du pétrole
22 20 18 -4
Production de gaz naturel liquéfié 0 0 3 3
Total 159 173 204 45
Industrie du pétrole et du gaz en amont
L’industrie pétrolière et gazière en amont comprend l’extraction, la production, la transformation et le transport du pétrole et du gaz conventionel et non conventionel. Ce sous-secteur représentait environ 87 % des émissions dues au secteur du pétrole et du gaz en 2012. On s’attend à ce que cette part s’élève à 90 % d’ici 2020 en raison de la forte augmentation de l’extraction des sables bitumineux.
Les projections des émissions du secteur du pétrole et du gaz sont fondées sur les suppositions faites par l’Office national de l’énergie quant aux prix du pétrole et du gaz naturel ainsi que sur les estimations de la production anticipée. Selon ces hypothèses, on estime que les émissions du secteur de la production pétrolière et gazière en amont vont croître de 135 Mt en 2005 à 181 Mt en 2020. Cette hausse est due à la croissance de la production des sables bitumeux, dont on prévoit une hausse des émissions de 34 Mt en 2005 à environ 103 Mt d’ici 2020. Plus précisément, on projette que les émissions liées à l’extraction des sables bitumineux feront plus que doubler au cours de la période de 2005 à 2020. Point encore plus important, on prévoit une hausse des émissions liées à la production in situ de 11 Mt en 2005 à 53 Mt en 2020. On prévoit aussi une hausse des émissions associées à la valorisation du bitume des sables bitumineux qui passeront de 13 Mt en 2005 à 27 Mt en 2020. On prévoit une chute des émissions liées à la production conventionelle de pétrole brut de 32 Mt en 2005 à 29 Mt en 2020, à cause de l’épuisement des réserves conventionelles. On prévoit également que les émissions liées à la production et à la transformation du gaz naturel baisseront, passant de 54 Mt en 2005 à 40 Mt d’ici 2020. On prévoit que les émissions liées au transport du pétrole et du gaz naturel par pipeline chuteront d’environ 16 Mt en 2005 pour atteindre 9 Mt d’ici 2020.
Tableau 6 : Sous-secteurs choisis de l’industrie du pétrole et du gaz en amont: émissions et facteurs déterminants
Production conventionelle de pétrole
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 32 30 29
Production (milliers de barils/jour) 1 359 1 311 1 302
Production et transformation du gaz naturel
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 54 48 40
Production brute (milliards de pieds cubes) 6 834 5 826 4 861
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 34 61 103
Production (milliers de barils/jour) 1 064 1 921 3 418
Industrie du pétrole et du gaz en aval
On s’attend à ce que les émissions des sous-secteurs en aval demeurent relativement inchangées d’un bout à l’autre de la période de projection. Selon les projections, les émissions vont baisser de 24 Mt en 2005 à 21 Mt en 2020.
Le tableau 7 présente les émissions associées au secteur du raffinage du pétrole qui, en 2005, comptait pour plus de 90 % des émissions de l’industrie pétrolière et gazière en aval. De 2005 à 2020, les émissions issues du raffinage du pétrole devraient diminuer à 4 Mt.
Les raffineries canadiennes devraient diminuer leur production de 4 % entre 2012 et 2020. Cependant, on s’attend à ce que les émissions de GES diminuent de 10 % pendant cette période en raison des améliorations en matière de rendement énergétique prévues à ces installations (p. ex., remises en état).
Tableau 7 : Raffinage du pétrole : émissions et facteurs déterminants
Raffineries traditionnelles
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 22 20 18
Pétrole raffiné traité (milliers de barils/jour) 2296 2193 2112
Le gaz naturel liquéfié (GNL) est un gaz naturel (principalement constitué de méthane) qu’on a converti sous forme liquide afin d’en faciliter le stockage et le transport. Les projets canadiens en Colombie-Britannique et dans l’est du Canada visent à produire du gaz naturel liquéfié en vue de le vendre sur les marchés mondiaux, où l’on procéderait à sa regazéification pour ensuite le distribuer par pipeline sous forme de gaz naturel. Une grande incertitude entoure la production de gaz naturel liquéfié au Canada, puisque son potentiel d’exportation repose sur des facteurs tels le coût et l’acceptabilité des terminaux d’exportation et des pipelines sur la côte ouest ainsi que sur les attentes à long terme en ce qui concerne le prix du gaz naturel, au pays et à l’échelle internationale. Pour ce rapport, les hypothèses de modélisation reposent sur les projections de 2013 de l’Office national de l’énergie en ce qui concerne la production prévue de GNL. Les émissions de GES liées à la production de GNL correspondent à la consommation d’énergie supplémentaire requise par ces procédés.
La récente tendance à la baisse des émissions provenant du secteur de l’électricité devrait se poursuivre au cours de la prochaine décennie en raison de diverses initiatives gouvernementales, tant fédérales que provinciales. Ainsi, on s’attend à ce que les émissions dans ce secteur diminuent de 41 % entre 2005 et 2020.
Plusieurs provinces ont adopté des mesures afin de passer de la production d’électricité par combustion de combustibles fossiles à des sources moins polluantes et ainsi contribuer à la diminution des émissions dans le secteur de l’électricité.
Le gouvernement du Canada a publié la version définitive de la réglementation en vue de réduire les émissions attribuables à la production d’électricité à partir de charbon en septembre 2012. Cette réglementation impose une norme de rendement stricte aux nouvelles centrales de production d’électricité alimentées au charbon ainsi qu’aux centrales au charbon qui ont atteint la fin de leur vie utile. Cette réglementation, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2015, facilitera une transition permanente vers des types de production à émissions plus faibles ou nulles, tels que le gaz naturel à haut rendement et les sources d’énergie renouvelable. Grâce à cette réglementation, le Canada devient le premier grand utilisateur de charbon à interdire la construction de centrales de production d’électricité traditionnelles alimentées au charbon. De plus, le Canada peut se vanter d’avoir un des réseaux électriques les plus propres du monde, puisque 75 % de son système d’approvisionnement en électricité n’émet aucun GES. Cette réglementation renforce la position du Canada en tant que chef de file en matière de production d’électricité propre.
Le tableau 8 décrit la diminution des émissions projetées parallèlement à l’augmentation prévue de la production d’électricité jusqu’en 2020.
Tableau 8 : Secteur de l’électricité : émissions et facteurs déterminants
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 121 86 71
Production (térawatts-heures) 553 553 590
L’augmentation prévue de la production d’ici 2020 reposera sur différentes sources de carburant en fonction de la province canadienne et des ressources disponibles. Même si l’utilisation du charbon pour la production d’électricité diminue, la part de la production à partir de combustibles fossiles devrait varier d’une province à l’autre, en fonction de la disponibilité de l’hydroélectricité, de l’énergie nucléaire et des sources d’énergie renouvelable non hydraulique, comme l’énergie éolienne.Note de bas de page 9 La production d’hydroélectricité devrait être celle qui s’accroîtra le plus dans la plupart des provinces canadiennes. À l’échelle nationale, les émissions issues de la production d’électricité à partir du charbon devraient diminuer de 46 Mt au cours de la période de 2005 à 2020.
Tableau 9 : Production d’électricité : émissions par type de combustible (en Mt d’éq. CO2)
Charbon 97 63 51 -46
Produits pétroliers raffinés 11 4 3 -8
Gaz naturel 14 19 16 2
Biomasse 0 0 0 0
Total 121 86 71 -50
La proportion de la production d’électricité des services publics provenant de l’énergie éolienne et d’autres sources renouvelables, autres que l’hydroélectricité et l’énergie nucléaire, devrait augmenter entre 2005 et 2020. Les sources de production d’électricité autres qu’hydrauliques ont représenté 0,3 % de la production d’électricité totale en 2005, et on prévoit qu’elles représenteront 7,5 % de la production totale d’ici 2020, la prémisse étant que les sources d’énergie renouvelable ne produisent pas d’émissions.
Industries exposées au commerce et intensives en émissions
Le secteur des industries exposées au commerce et intensives en émissions englobe l’exploitation minière des minerais métalliques et des minerais non métalliques, la fonte et l’affinage ainsi que la production et la transformation de produits industriels comme les produits chimiques, les engrais, l’aluminium, les pâtes et papiers, la sidérurgie et le ciment.
Les émissions du secteur des industries exposées au commerce et intensives en émissions ont diminué de 11 Mt entre 2005 et 2012 à la suite de la baisse de la production des pâtes et papiers et de l’exploitation minière, mais elles devraient remonter et atteindre leur niveau global de 2005 d’ici 2020, en raison de la hausse modeste de la production pendant les années de reprise ayant suivi le ralentissement économique et de la réduction continue des intensités des émissions.
Tableau 10 : Industries exposées au commerce et intensives en émissions : émissions par sous-secteur (en Mt d’éq. CO2)
Exploitation minière 6 8 9 3
Fonte et affinage (métaux non ferreux) 14 10 12 -2
Pâtes et papiers 9 6 6 -3
Sidérurgie 19 16 18 -1
Ciment 13 10 11 -2
Chaux et gypse 3 3 3 0
Produits chimiques et engrais 25 25 32 7
Total 89 78 90 1
Selon les projections, les émissions liées aux bâtiments commerciaux et résidentiels augmenteront de 15 % (passant de 84 Mt à 98 Mt) pendant la période comprise entre 2005 et 2020 (à l’exclusion des émissions indirectes liées à l’électricité).
Tableau 11 : Bâtiments : émissions (en Mt d’éq. CO 2)
Résidentiel 45 41 47 2
Commercial 40 39 51 11
Total 84 80 98 14
Comme l’indique le tableau 12, les émissions de GES provenant des bâtiments résidentiels (p. ex., maisons, appartements et autres logements) devraient augmenter de façon constante de 6 Mt entre 2012 et 2020 (15 %). Même si l’intensité énergétique continue à diminuer au cours de la période de projection, la supposition selon laquelle les besoins en chauffage équivaudront à la moyenne des 10 dernières années donne lieu à une demande de chauffage des locaux supérieure à ce qui a été observé au cours des hivers récents qui ont été plus doux.
Tableau 12 : Secteur résidentiel : émissions et facteurs déterminants
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 45 41 47
Ménages (millions) 12,7 14,0 15,7
Les émissions de GES issues du secteur commercial au Canada devraient atteindre 51 Mt en 2020, une hausse de 11 Mt par rapport à 2005 (tableau 13). Les émissions du sous-secteur des bâtiments commerciaux sont demeurées stables entre 2005 et 2012, même si la surface utile a continué d’augmenter, en partie grâce au renforcement des codes de l’énergie pour les bâtiments, à la détermination accrue à étalonner l’utilisation de l’énergie et aux rénovations liées à l’énergie. Malgré les améliorations continues de l’efficacité, on prévoit une hausse des émissions à cause de deux facteurs. Dans un premier temps, il y a l’augmentation de la surface utile commerciale (le principal facteur déterminant des émissions dans ce sous-secteur), à mesure que l’économie poursuit sa croissance. Ensuite, on prévoit une augmentation des hydrofluorocarbures (HFC) dans la réfrigération et la climatisation pour le secteur commercial, à cause de l’abandon progressif de l’utilisation des autres solutions de réfrigération utilisant les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) qui appauvrissent la couche d’ozone. (Voir l’encadré ci-dessous.) Les HFC comptent parmi les puissants gaz à effet de serre, et la puissance de certains d’entre eux est 14 000 fois plus élevée que celle du dioxyde de carbone. Ce qui veut dire qu’une petite augmentation de l’utilisation des HFC suffit à avoir d’importantes répercussions sur les émissions. Entre 2012 et 2020, on projette une hausse des émissions de 31 % (12 Mt), tandis que la surface utile augmentera de 14 %. Les émissions de HFC (en éq. de CO2) comptent pour plus du tiers (4,1 Mt) de l’augmentation projetée des émissions globales attribuables aux bâtiments commerciaux entre 2012 et 2020. Cependant, le governement du Canada a indiqué son intention de mettre en place des réglementations qui limiteront la croissance des émissions de HFC dans l’avenir.
Tableau 13 : Secteur commercial : émissions et facteurs déterminants
Émissions (en Mt d’éq. CO2) 40 39 51
Surface utile (millions de m2) 634 712 813
Les hydrofluorocarbures (HFC) sont des produits chimiques synthétiques surtout utilisés dans les systèmes de climatisation et de réfrigération, les mousses isolantes et certains produits aérosol. La plupart de ces gaz fluorés sont des polluants climatiques à courte durée de vie et de puissants gaz à effet de serre, de certains d’entre eux est 14 000 fois plus élevée que le CO2. À l’échelle mondiale, l’utilisation et les émissions de HFC augmentent rapidement, car on continue de les adopter pour remplacer les substances appauvrissant la couche d’ozone, comme les hydrochlorofluorocarbures (HCFC), qui sont graduellement éliminés aux termes du Protocole de Montréal, le traité international conclu en 1987 pour protéger la couche d’ozone. Les HFC représentent actuellement environ 1 % des émissions mondiales de GES, mais ils pourraient représenter jusqu’à 20 % des émissions d’équivalent CO2 en 2050 compte tenu de la croissance soutenue de la demande mondiale en réfrigération, et en climatisation dans les bâtiments et les véhicules motorisés.
Au Canada, les émissions de HFC se chiffraient à 1 Mt d’éq. CO2 en 1990, à 5 Mt en 2005 et à 8 Mt en 2012, mais on projette qu’elles atteindront 15 Mt en 2020, soit près de deux fois le niveau actuel. Dans le scénario du maintien du statu quo, les émissions projetées de HFC augmenteraient plus rapidement que la croissance économique puisque ces produits servent souvent à remplacer les HCFC qu’on élimine graduellement. On projette que les émissions de HFC augmenteront dans les secteurs du transport et du bâtiment où ils sont utilisés pour la réfrigération commerciale et la climatisation, ainsi que dans des produits de mousse isolante.
Depuis cinq ans, le Canada, le Mexique et les États-Unis proposent une modification au Protocole de Montréal prévoyant l’élimination graduelle des HFC. La modification permettrait de réduire progressivement la consommation et la production de HFC et de limiter les émissions de HFC en tant que sous-produits à l’échelle mondiale. Bien que la proposition n’ait pas encore été adoptée par la communauté internationale, le Canada s’est engagé à lutter contre les HFC et a annoncé que le Canada publiera un avis d’intention de réglementer ces gaz. S’inscrivant dans la continuité du succès de l’approche d’intégration avec notre partenaire commercial le plus important, le règlement s’alignera sur le règlement sur les HFC récemment proposé par les États-Unis. Ce règlement s’appliquera aux HFC en vrac et à certains produits fabriqués qui contiennent des HFC.
Bien que les émissions demeurent relativement stables au cours de la période de 2005 à 2020, on observe un certain nombre de tendances dans les diverses catégories d’émissions du secteur. Entre 2005 et 2012, les hausses dues à l’utilisation de combustibles dans les exploitations agricoles et aux cultures agricoles ont été compensées par les baisses de la production animale. Dans la prévision, les émissions agricoles devraient rester relativement stables dans tous les sous-secteurs pour atteindre un total de 70 Mt en 2020.
Tableau 14 : Secteur de l’agriculture : émissions Note de bas de page 10 (en Mt d’éq. CO2)
Combustibles à la ferme 10 14 13 3
Cultures agricoles 19 24 24 5
Production animale 39 32 33 -6
Total 68 69 70 2
Déchets et autres
Ce secteur comprend un certain nombre de sous-secteurs variés, dont les déchets ainsi que d’autres secteurs industriels. Les sous-secteurs industriels à faible intensité d’émissions du secteur des déchets et autres représentent une grande variété d’exploitations, dont l’industrie légère (p. ex., alimentation et boissons, et électronique), ainsi que la construction et la foresterie. La diminution projetée des émissions liées aux déchets, principalement attribuable à l’augmentation du captage de gaz d’enfouissement, sera contrebalancée par une augmentation modérée des secteurs industriels à faible intensité d’émissions au cours de la période de 2005 à 2020.
Tableau 15 : Déchets et autres : émissions (en Mt d’éq. CO 2)
Déchets 22 21 16 -6
Production de charbon 2 4 4 2
Industrie légère, construction et ressources forestières 23 22 26 3
Total 47 47 46 -1
Affectation des terres, changements d’affectation des terres et foresterie
Le secteur de l’ATCATF est particulièrement important pour le Canada en raison de la vaste étendue de ses terres. Dix pour cent (10 %) des forêts de la planète se trouvent au Canada. Nos forêts gérées couvrent 232 millions d’hectares (ha),Note de bas de page 11 une superficie supérieure à celle de la totalité des forêts gérées au sein de l’Union européenne. En outre, la superficie agricole totale du Canada est de 65 millions d’hectares, selon le Recensement de l’agriculture 2011. Les terres aménagées peuvent soit servir de puits de carbone (c.-à-d. qu’elles captent le CO2de l’atmosphère), soit être une source de GES (en émettant du CO2 et d’autres GES dans l’atmosphère). Par exemple, la plantation d’arbres sur des terres non forestières (boisement) élimine le carbone de l’atmosphère durant la croissance des arbres; inversement, la conversion des terres forestières en terres pour d’autres utilisations (déboisement) rejette du CO2 et d’autres GES dans l’atmosphère, à cause de la décomposition ou du brûlage de la biomasse. La comptabilisation du secteur de l’ATCATF représente seulement les émissions et les absorptions des terres aménagées au Canada.Note de bas de page 12
La contribution du secteur de l’ATCATF en vue de l’atteinte de l’objectif de 2020 du Canada représente les émissions et les absorptions qui découlent des activités humaines. Les émissions et les absorptions relatives aux perturbations naturelles (p. ex., incendies de forêt, infestations d’insectes comme le dendoctrone du pin ponderosa) ne sont pas prises en compte dans le calcul de la contribution du secteur de l’ATCATF.Note de bas de page 13 Ce secteur était inclus dans le rapport Tendances en matière d’émissions de 2012 et de 2013. Cette année, le Canada continue à évaluer la contribution du secteur de l’ATCATF avec la même méthode générale, mais en utilisant des données à jour et en tenant compte de certaines améliorations méthodologiques conformes au RIN 2014.
Dans le présent rapport, le secteur de l’ATCATF comprend les quatre mêmes catégories ou sous-secteurs que dans le rapport Tendances en matière d’émissions de 2013 :
Terres forestières dont la vocation n’a pas changé : toutes les forêts qui sont « aménagées » pour les ressources en bois d’oeuvre (p. ex., récolte) et autres (dont les parcs), ou qui sont protégées contre les incendies (ce qui correspond à 67 % de toutes les forêts au Canada);
Terres cultivées dont la vocation n’a pas changé : les terres agricoles travaillées;
Terres forestières converties à d’autres catégories d’affectation des terres : conversion permanente, due à l’activité humaine, des terres forestières à d’autres utilisations des terres (en terres agricoles, infrastructures, mines, etc.) où l’on ne prévoit pas que la forêt se régénère;
Terres converties en terres forestières : terres reboisées par des activités humaines directes (p. ex., plantation d'arbres) et qui n’étaient pas auparavant affectées à la foresterie.
Le tableau 16 présente un résumé des émissions et absorptions projetées dans le secteur de l’ATCATF en 2020. Les estimations par projection du secteur de l’ATCATF sont modélisées séparément des autres secteurs économiques et font appel à des approches de comptabilisation différentes de celles des autres secteurs. La contribution de chaque sous-secteur de l’ATCATF à la cible canadienne de réduction des émissions pour 2020 est estimée au moyen d’une méthode de comptabilisation qui compare les émissions et les absorptions prévues pour 2020 selon le scénario de maintien du statu quo aux émissions et absorptions de 2005, à l’exception des terres forestières dont la vocation n’a pas changé, pour lesquelles les émissions et absorptions projetées pour 2020 sont comparées à un niveau de référence pour 2020. Les méthodes utilisées pour produire ces estimations sont décrites de façon plus détaillée à l’annexe 1du présent rapport.
La contribution totale prévue du secteur de l’ATCATF est de 19 Mt, ce qui reflète en grande partie la baisse prévue de la récolte d’arbres dans les terres forestières par rapport à ce qui se faisait dans le passé. Cette contribution de 19 Mt est déduite des projections des émissions nationales totales pour 2020 en tant que crédit en vue d’atteindre la cible.
Tableau 16 : Émissions (+) ou absorptions (-) projetées provenant du secteur de l’ATCATF en 2020 Note de la table a (en Mt d’éq. CO2)
(En Mt d’émissions ou d’absorptions de GES)
Émissions de 2005/2020 Niveau de référence
Émissions/absorptions projetées pour 2020
Contribution prévue en 2020
Terres forestières dont la vocation n’a pas changé -115,1Note de la table b -133,8 -18,7
Terres cultivées dont la vocation n’a pas changéNote de la table c -10,0 -8,0 2,0
Terres forestières converties en d’autres catégories de terresNote dedla table d 17,3Note de la table e 14,8 -2,5
Terres converties en terres forestières -0,9 -0,4 0,6
Total -108,7 -127,4 ≈-19
Notes de la table
Pour les terres forestières dont la vocation n’a pas changé, on a utilisé un niveau de référence pour 2020 afin de déterminer la contribution.
Les terres cultivées dont la vocation n’a pas changé comprennent les émissions résiduelles au-delà de 20 ans après la conversion des forêts en terres cultivées.
Comprend toutes les émissions issues de la conversion des terres forestières en d’autres catégories de terres, sauf les émissions résiduelles au-delà de 20 ans après la conversion des forêts en terres cultivées.
Les différences entre ces valeurs et celles présentées dans le Rapport d’inventaire national du Canada de 2014 découlent de la prise en compte des émissions attribuables à la conversion des forêts en d’autres catégories de terres au-delà de 20 ans pour toutes les catégories, à l’exception de la conversion des forêts en terres cultivées.
On s’attend à ce que la catégorie des terres forestières dont la vocation n’a pas changéreprésente un puits net ou une absorption de 18,7 Mt (valeur arrondie à 19 Mt), en vue d’atteindre l’objectif de 2020, soit la plus importante contribution de tous les sous-secteurs de l’ATCATF. Le plus important facteur déterminant des émissions anthropiques sur les terres forestières est le volume de bois récolté. Quand des arbres sont récoltés, une bonne partie du carbone qui était stocké dans les arbres est retirée de la forêt et transférée aux produits du bois récoltés. Puis, le carbone stocké dans les produits du bois récoltés est rejeté dans l’atmosphère pendant plusieurs années ou décennies, quand les produits du bois sont jetés, se décomposent dans les sites d’enfouissement, sont brûlés dans des poêles à bois, etc. Entretemps, la biomasse morte laissée dans les forêts après la récolte rejette, en se décomposant, du carbone, même si, parallèlement, de nouveaux arbres poussent et absorbent le carbone de l’atmosphère.
Cette contribution de 18,7 Mt représente l’effet des activités humaines sur les GES que rejettent les forêts du Canada, et est principalement attribuable aux tendances en matière de récolte. Les niveaux de récolte projetés seraient inférieurs pendant la période allant jusqu’en 2020 par rapport à ce qu’ils ont été ces derniers temps, ce qui donnerait lieu à des réductions des émissions anthropiques par rapport aux niveaux historiques et, conséquemment, ils contribueraient à l’atteinte de la cible. En raison de la récession économique mondiale, les taux de récolte en 2009 ont atteint leur point le plus bas depuis 1975, ce qui représente une diminution de 43 % depuis le record de récolte de 2004.Note de bas depage 14 Les taux de récolte ont maintenant commencé à se relever, mais on s’attend à ce que, jusqu’en 2020, ils demeurent inférieurs aux taux moyens historiques.
Outre le rythme de la reprise économique dans le secteur de la foresterie, d’autres facteurs devraient influer sur les taux de récolte d’ici 2020. En premier lieu , il y a le fait que le marché des produits du bois récoltés connaît des changements structuraux. Ainsi, même s’il y a une reprise des ventes de bois d’oeuvre, la demande pour les produits de pâtes et papiers est touchée par un virage à long terme en faveur des médias électroniques. En deuxième lieu, certaines provinces ont modifié leur cadre stratégique en matière de gestion des forêts, y compris la récolte. Bien que le but premier des politiques de gestion des forêts établies par les provinces et les territoires n’est pas l’atténuation des changements climatiques, ces politiques peuvent avoir un effet sur les émissions et les absorptions. Par exemple, au Québec, la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier,Note de bas de page 15 entrée en vigueur en 2013, et la réforme de la tenure forestière de l’Ontario, fondée sur la Loi de 2011 sur la modernisation du régime de tenure forestièreNote de bas de page 16 en Ontario auront toutes deux des répercussions sur la gestion des forêts et, par conséquent, sur les émissions et les absorptions des forêts.
Les terres cultivées dont la vocationNote de bas de page 17 n’a pas changé devraient constituer une source nette de 2 Mt d’émissions en 2020. Au Canada, la séquestration du carbone dans les sols a augmenté passant d’un taux de 1 Mt d’éq. CO2 par an en 1990 à 10 Mt d’éq. CO2 par an en 2012 (RIN, 2014). Cette augmentation découle de plusieurs facteurs, comme l’augmentation de l’absorption par la culture sans labour, l’utilisation réduite de la jachère en été et l’évolution des modes de culture. Selon les estimations, le taux de séquestration devrait baisser de 10 Mt à 8 Mt d’éq. CO2 par année de 2012 à 2020, en raison de l’approche de l’équilibre par le sol en tant que puits de carbone et de la marge limitée pour l’adoption de pratiques supplémentaires, d’où une source nette de 2 Mt en 2020. Par exemple, sur la plupart des terres où la culture sans labour se justifie sur le plan économique, cette pratique est déjà utilisée et on suppose que les absorptions supplémentaires seront faibles. En outre, une partie importante des terres déjà cultivées sans labour aura été soumise à cette pratique depuis 20 ans ou plus d’ici 2020 et, par conséquent, approchera de cet équilibre ou l’aura atteint. On s’attend à ce que le taux de séquestration continue de diminuer après 2020.
Les terres forestières converties à d’autres catégories d’affectation des terres constituent un puits net de 2,5 Mt en 2020. On estime le taux actuel de conversion des forêts au Canada à 46 000 hectares par an, soit une baisse par rapport à 52 000 hectares en 2005 et par rapport au taux de 64 000 hectares par an observé en 1990. Dans l’ensemble, les émissions liées à la conversion des forêts devraient décliner légèrement en 2020, par rapport aux niveaux de 2005. Les facteurs déterminants de la conversion des forêts au Canada sont variés. Ainsi, en 2005, le plus important facteur était l’agriculture, suivie de l’extraction des ressources, de l’expansion urbaine et industrielle, des aménagements hydroélectriques et des transports (voir la figure A.1 à l’annexe 1). Selon les projections, d’ici 2020, l’extraction des ressources dépassera l’agriculture comme plus important facteur de conversion des terres, en raison de l’expansion de l’industrie pétrolière et gazière.
Les terres converties en terres forestièresn’ont qu’un effet mineur sur la contribution du secteur de l’ATCATF, constituant une faible source nette de 0,6 Mt en 2020. Étant donné les faibles niveaux de création de nouvelles forêts, il n’est pas possible de déterminer des tendances pour cette activité, sinon qu’elle semble plus réduite que dans les années 1990.
La contribution projetée de 19 Mt du secteur de l’ATCATF dans l’atteinte de l’objectif de 2020 pourra évoluer au fil du temps, à mesure que les projections seront peaufinées grâce à des analyses plus poussées, à de nouvelles données, à des projections mises à jour ou à des méthodes de comptabilisation modifiées. Les mesures visant à réduire les émissions ou à augmenter les absorptions dans ce secteur pourraient aussi modifier cette estimation.
Les émissions varient considérablement d’une province à l’autre en raison, entre autres, de la diversité de la taille de leur population, des activités économiques et de leur base de ressources. Par exemple, dans les provinces où l’économie est plutôt axée sur l’extraction des ressources, les niveaux des émissions ont tendance à être supérieurs, tandis que les émissions des économies où les industries manufacturières ou les services occupent une place plus importante ont tendance à être inférieures. Les sources de production d’électricité varient également; les provinces qui dépendent des combustibles fossiles pour la production d’électricité ont des niveaux d’émissions plus élevés que les provinces qui comptent davantage sur l’hydroélectricité. Le tableau 17 montre la répartition provinciale et territoriale des émissions en termes absolus ainsi que de leurs émissions par habitant (tonnes/personne).
Tableau 17 : Émissions de gaz à effet de serre par province ou territoire et par habitant pour la période de 2005 à 2012
(en Mt d’éq. CO2)
Émissions par habitant (t/habitant)
Terre-Neuve-et-Labrador 10 9 19,2 16,6
Île-du-Prince-Édouard 2 2 15,6 13,4
Nouvelle-Écosse 23 19 24,6 20,1
Nouveau-Brunswick 20 16 26,9 21,7
Québec 86 78 11,3 9,7
Ontario 207 167 16,5 12,5
Manitoba 21 21 17,8 16,9
Saskatchewan 71 75 71,6 68,8
Alberta 232 249 69,8 64,0
Colombie-Britannique 62 60 14,8 13,2
Territoires 2 2 23,0 17,9
Canada 736 699 22,8 20,1
Le tableau 18 présente les émissions de GES projetées pour chaque province et territoire entre 2005 et 2020. Les émissions projetées reflètent une grande variété de facteurs économiques et de mesures gouvernementales visant à réduire les émissions de GES. Il s’agit notamment de campagnes d’information du public, de programmes d’efficacité énergétique et d’électricité renouvelable, d’écologisation des opérations gouvernementales, de taxes ou de redevances sur les émissions de carbone (p. ex., en Colombie-Britannique, en Alberta et au Québec), de mesures réglementaires et d'objectifs législatifs en matière d’électricitéNote de bas de page 18. Tous les gouvernements provinciaux et territoriaux (à l’exception du Nunavut) ont annoncé leurs propres cibles de réduction des GES, décrites au tableau A.8 de l’annexe 2.
Tableau 18 : Émissions de GES des provinces et des territoires de 2005 à 2020 (en Mt d’éq. CO2)
Terre-Neuve-et-Labrador 10 9 8 -2
Île-du-Prince-Édouard 2 2 2 0
Nouvelle-Écosse 23 19 15 -8
Nouveau-Brunswick 20 16 16 -4
Québec 86 78 80 -6
Ontario 207 167 170 -37
Manitoba 21 21 23 2
Saskatchewan 71 75 73 2
Alberta 232 249 287 55
Colombie-Britannique 62 60 69 7
Territoires 2 2 2 0
ATCATF - - -19 -
Canada 736 699 727 -9
Dans les provinces où l’extraction des ressources occupe une place importante ou qui sont fortement dépendantes des combustibles fossiles pour leur production d’électricité (c.-à-d. l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick), les émissions par habitant sont supérieures à la moyenne nationale. Dans les provinces qui dépendent fortement de l’hydroélectricité ou de sources produisant moins d’émissions pour leur production d’électricité (c.-à-d. le Québec, la Colombie-Britannique, l’Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador et le Manitoba), les émissions par habitant sont inférieures à la moyenne nationale.
Le tableau 19 présente les projections des émissions de GES par habitant jusqu’en 2020, selon la province ou le territoire, et les compare aux chiffres réels obtenus en 2005 et en 2012. Les émissions par habitant devraient décliner dans toutes les provinces en 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
Tableau 19 : Émissions par province ou territoire et par habitant de 2005 à 2020 (t/habitant)
Terre-Neuve-et-Labrador 19,2 16,6 16,0
Île-du-Prince-Édouard 15,6 13,4 12,1
Nouvelle-Écosse 24,6 20,1 15,9
Nouveau-Brunswick 26,9 21,7 21,3
Québec 11,3 9,7 9,4
Ontario 16,5 12,5 11,5
Manitoba 17,8 16,9 16,6
Saskatchewan 71,6 68,8 62,9
Alberta 69,8 64,0 65,3
Colombie-Britannique 14,8 13,2 13,7
Territoires 23,0 17,9 18,5
Canada 22,8 20,1 19,7
Voir l'annexe, tableau A.5 - Production d'électricité par source d’énergie.
Inclut les émissions liées ou non à l'énergie, telles que le méthane provenant du fumier et des ruminants et l'oxyde de diazote provenant de l'utilisation d'engrais, des cultures et du fumier.
Rapport d’inventaire national du Canada, 2014.
Étant donné que, par définition, aucune activité du secteur de l'ATCATF ne se déroule sur des terres non gérées, les pays soumis à une obligation en matière de déclaration en vertu de la CCNUCC n'ont pas à produire de déclaration en ce qui concerne les terres non aménagées.
L'approche fondée sur le niveau de référence annule ou exclut les répercussions des perturbations naturelles. Voir l'annexe 1.
Programme national de données sur les forêts
Les catégories de terres où des changements ont été examinés pour estimer les émissions au-delà de 2011 étaient des terres de culture annuelle, de culture fourragère et de jachère d'été.
Bien que les gouvernements provinciaux et territoriaux aient annoncé un éventail de mesures différentes, seules les mesures pouvant être facilement modélisées ou comportant une dimension réglementaire ou budgétaire ont été modélisées. Les objectifs souhaités et les cibles, non étayés par des mesures quantifiables, réelles et vérifiables n’ont pas été inclus.