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Timestamp: 2016-10-28 21:51:35+00:00
Document Index: 153425578

Matched Legal Cases: ['art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 22', 'ATF ', 'art. 22', 'art. 18', 'art. 22', 'art. 18', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 28', 'art. 29']

I 245/05 (29.06.2006)
G.________, intim�
(Jugement du 24 d�cembre 2004)
G.________, n� en 1952, appartient au monde des gens du voyage. Son p�re �tait brocanteur ambulant, r�cup�rateur, r�mouleur, r�parateur et r�tameur de bassines ou casseroles en tous genres et l'a form� dans toutes ces activit�s professionnelles, en lui versant un salaire jusqu'� sa mort survenue en 1987. A partir de ce moment-l�, G.________ s'est mis � son compte comme r�tameur-r�mouleur, activit� qu'il a exerc�e jusqu'au 21 d�cembre 1998, date � partir de laquelle il a �t� � l'arr�t de travail pour des raisons de sant�.
Le 26 avril 1999, G.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'allocation d'une rente d'invalidit�. Dans un rapport m�dical du 30 juin 1999, le docteur U.________ sp�cialiste FMH en m�decine interne et m�decin traitant de l'assur�, a diagnostiqu� notamment une polyarthrite depuis juillet 1997, une arthrite r�cidivante de la cheville gauche (qui n'est toujours pas termin�e), une l�g�re hypercyphose dorsale, tendance aux lombalgies. Dans un rapport m�dical d'octobre 1999, le docteur I.________, rhumatologue, a retenu des arthrites r�cidivantes d'�tiologie ind�termin�e. Il indiquait que la symptomatologie et les plaintes pr�sent�es par le patient d�passaient le cadre des constatations cliniques et qu'une surcharge psychique n'�tait pas exclue. Dans un rapport m�dical du 16 f�vrier 2000, le docteur B.________, sp�cialiste FMH en m�decine interne, a pos� le diagnostic d'arthrite r�cidivante de la cheville gauche d'�tiologie ind�termin�e. Il concluait � une incapacit� de travail de 100 % depuis le 21 d�cembre 1998. Ce praticien, dans une communication du 23 octobre 2000, a signal� que l'apparition de paresth�sies des deux pieds �voquait une polyneuropathie qui n'�tait ni infirm�e ni confirm�e formellement par la doctoresse D.________, neurologue.
Selon le docteur L.________, sp�cialiste en m�decine g�n�rale et m�decin du Service m�dical r�gional (SMR) de l'assurance-invalidit�, il �tait �vident que l'on �tait pas au clair du point de vue m�dical et qu'un compl�ment d'investigation somatique et surtout psychique serait n�cessaire. Mais il �tait aussi plausible d'admettre d'embl�e une capacit� (de travail) compl�te dans une activit� adapt�e, qui serait semi-s�dentaire et sans travaux lourds, si l'on accordait une certaine cr�dibilit� aux limitations physiques mises en avant par l'assur� (avis m�dical du 11 mai 2001). Le 19 novembre 2001, le docteur L.________ et le docteur P.________, sp�cialiste FMH en rhumatologie, ont proc�d� � un examen clinique pluridisciplinaire. Dans leur rapport du 20 novembre 2001, ils ont pos� les diagnostics de syndrome douloureux de l'h�micorps gauche sans substrat anatomique, d'hypertension art�rielle trait�e non stabilis�e et de goutte anamnestique. Ils ont conclu qu'il n'y avait pas d'incapacit� de travail l�gitimable au plan ost�oarticulaire ou neurologique et que la capacit� de travail exigible apparaissait compl�te dans l'activit� exerc�e. Dans un rapport d'examen SMR du 23 novembre 2001, la doctoresse V.________, m�decin-cheffe, et le docteur L.________ ont consid�r� qu'il n'y avait aucune explication � l'apparition soudaine des douleurs dont l'assur� s'�tait plaint d�s 1997, �tant donn� qu'il y avait peu d'�l�ments �tablis m�dicalement concernant les tum�factions all�gu�es, � l'exception d'une probable crise de goutte du gros orteil gauche, et peu de constatations cliniques lors de l'examen pratiqu� au SMR pour attester une atteinte somatique invalidante. Sur le plan psychique, il n'y avait aucun signe d'une atteinte actuellement ni sur demande, ni sur observation clinique.
Dans un projet de d�cision du 14 d�cembre 2001, l'Office de l'assurance-invalidit� pour le canton de Vaud a inform� G.________ qu'il n'avait pas droit � une rente d'invalidit�, au motif que celui-ci ne pr�sentait pas d'atteinte � la sant� invalidante selon l'art. 4 LAI et que sa capacit� de travail �tait enti�re dans l'activit� qu'il exer�ait auparavant.
G.________ a contest� le refus de rente. Il a produit un rapport du docteur B.________ du 4 janvier 2002, dans lequel son m�decin traitant invitait l'office AI � reconsid�rer sa d�cision, quitte � mettre en oeuvre une expertise psychiatrique ou d'autres examens.
Par d�cision du 16 janvier 2002, l'office AI a rejet� la demande.
G.________ a form� recours contre cette d�cision devant le Tribunal des assurances du canton de Vaud. Il demandait une nouvelle �valuation de son �tat de sant�.
Le 12 juin 2002, le magistrat instructeur a inform� les parties de sa d�cision de faire proc�der � une expertise m�dicale (expertise orthop�dique avec le concours d'un psychiatre). L'office AI a form� opposition contre cette d�cision. Par jugement incident du 17 f�vrier 2003, le Tribunal des assurances a rejet� l'opposition, les conditions mises par la loi et la jurisprudence � l'octroi d'une expertise judiciaire �tant remplies.
Le Tribunal des assurances a confi� une expertise au docteur S.________, sp�cialiste en chirurgie et orthop�die et Privat-Docent � la Facult� de M�decine. Ce praticien a adress� G.________ au docteur F.________, sp�cialiste FMH en radiologie m�dicale/radiodiagnostic/m�decine nucl�aire et membre de l'Institut de radiologie et d'imagerie m�dicale X.________, pour un bilan radiologique qui figure dans un rapport du 4 d�cembre 2003. Le docteur S.________ a d�pos� ses conclusions dans un rapport du 28 janvier 2004. En ce qui concerne la capacit� de travail de G.________, il indiquait qu'elle �tait � l'heure actuelle de l'ordre de 80 % au r�veil et de 70 � 60 % une heure plus tard, puis qu'elle devait osciller entre 60 et 40 % suivant les efforts physiques accomplis sans surmenage. La labilit� de la situation et ses variations horaires impr�visibles s'opposaient � une reprise de l'activit� de r�tameur-r�mouleur, tant et aussi longtemps qu'une th�rapeutique ad�quate n'aurait pas fait dispara�tre les incidences m�caniques responsables des variations en cause.
Dans le cadre de l'expertise, un consilium de psychiatrie a �t� organis� par la Policlinique psychiatrique universitaire Y.________. Deux consultations ont eu lieu les 9 janvier et 20 f�vrier 2004. Dans un rapport du 23 juillet 2004, les doctoresses A.________, cheffe de clinique adjointe, et R.________, m�decin assistante, ont retenu le diagnostic de trouble d�pressif majeur r�current, �pisode moyen avec syndrome somatique. Dans leur appr�ciation de la capacit� de travail de G.________, ces sp�cialistes ont consid�r� que celui-ci n'�tait plus apte � assumer une charge de travail � 100 %, mais qu'il souhaitait maintenir une activit� � 50 %, ce qui leur paraissait �tre un maximum exigible de la part d'un patient souffrant d'un trouble d�pressif r�current et d'une atteinte somatique multiple.
Par jugement du 24 d�cembre 2004, le Tribunal des assurances a admis le recours, annul� la d�cision attaqu�e et renvoy� le dossier � l'office AI afin qu'il en reprenne l'instruction, conform�ment aux consid�rants, puis rende telle nouvelle d�cision que de droit. Retenant que G.________ pr�sentait une incapacit� de travail de 50 % tant sur le plan somatique que psychique, la juridiction cantonale a consid�r� qu'il appartenait � l'office AI d'examiner les mesures de r�adaptation, avant tout m�dicales, qui �taient n�cessaires dans son cas et de d�terminer les mesures de r�adaptation qui donnent, en l'esp�ce, droit � des indemnit�s journali�res.
L'Office de l'assurance-invalidit� pour le canton de Vaud interjette un recours de droit administratif contre ce jugement, en concluant � l'annulation de celui-ci. Produisant un avis m�dical SMR du 2 mars 2004 des docteurs L.________, P.________ et C.________, une communication interne du docteur P.________ du 3 mars 2004 et un avis m�dical SMR du 2 septembre 2004 de la doctoresse E.________, psychiatre FMH, il conteste l'incapacit� de travail de 50 % retenue par les premiers juges et nie tout droit de l'assur� au versement d'indemnit�s journali�res.
G.________ conclut au rejet du recours, la d�cision de l'office AI du 16 janvier 2002 ne tenant compte ni des conclusions de l'expert S.________ dans son rapport du 28 janvier 2004 et du docteur B.________ dans son avis du 7 avril 2002, ni du consilium de psychiatrie concluant � un trouble d�pressif majeur r�current. L'Office f�d�ral des assurances sociales n'a pas d�pos� d'observations.
Le jugement attaqu� est un jugement de renvoi invitant l'office AI � d�terminer les mesures de r�adaptation qui entrent en ligne de compte dans le cas de l'intim�. Selon les premiers juges, il y a lieu d'allouer � l'assur� des indemnit�s journali�res durant une p�riode de six mois pendant laquelle celui-ci devra se soumettre au traitement antid�presseur m�dicamenteux mentionn� par les doctoresses A.________ et R.________ et � l'issue de laquelle l'office AI devra examiner la capacit� de travail de l'intim� dans son activit� ou dans toute autre activit� adapt�e et, en cas d'�chec de la r�adaptation, le droit �ventuel de celui-ci � une rente d'invalidit�. Cela est contest� par le recourant, qui nie que des mesures de r�adaptation entrent en ligne de compte dans le cas de l'intim� et que les conditions soient r�unies pour que l'assur� ait droit au versement d'indemnit�s journali�res.
La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003, entra�nant la modification de nombreuses dispositions l�gales dans le domaine de l'assurance-invalidit�. Cependant, sur le plan mat�riel, le cas d'esp�ce reste r�gi par les dispositions de la LAI en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002, eu �gard au principe selon lequel les r�gles applicables sont celles en vigueur au moment o� les faits juridiquement d�terminants se sont produits (ATF 127 V 467 consid. 1). En outre, le Tribunal f�d�ral des assurances appr�cie la l�galit� des d�cisions attaqu�es, en r�gle g�n�rale, d'apr�s l'�tat de fait existant au moment o� la d�cision litigieuse a �t� rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b).
3.1 Aux termes de l'art. 22 al. 1 LAI (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002), l'assur� a droit � une indemnit� journali�re pendant la r�adaptation si les mesures de r�adaptation l'emp�chent d'exercer une activit� lucrative durant trois jours cons�cutifs au moins ou s'il pr�sente, dans son activit� habituelle, une incapacit� de travail de 50 % au moins (premi�re phrase).
En principe, le droit aux indemnit�s journali�res est li� � la p�riode d'ex�cution de mesures de r�adaptation d'une certaine dur�e, dont ces indemnit�s sont une prestation accessoire (ATF 116 V 88 consid. 1a). Cette r�gle n'a cependant pas une port�e absolue. En effet, l'art. 22 al. 3 LAI (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2003) charge le Conseil f�d�ral de fixer les conditions auxquelles des indemnit�s journali�res peuvent �tre allou�es pour des jours isol�s, ainsi que pour la dur�e de l'instruction du cas, le temps pr�c�dant l'ex�cution de la r�adaptation et le temps de mise au courant dans un emploi.
En ex�cution de ce mandat, le Conseil f�d�ral a notamment adopt� l'art. 18 RAI, relatif aux indemnit�s journali�res pendant le d�lai d'attente (indemnit�s journali�res dites � d'attente �). Selon cette disposition r�glementaire, l'assur� qui pr�sente une incapacit� de travail de 50 % au moins et qui doit attendre le d�but de prochaines mesures de r�adaptation, a droit, durant le d�lai d'attente, � une indemnit� journali�re (al. 1); le droit � l'indemnit� s'ouvre au moment o� l'office AI constate, sur la base de l'instruction, que des mesures de r�adaptation sont indiqu�es, mais en tout cas quatre mois apr�s le d�p�t de la demande (al. 2).
3.2 Le droit � des indemnit�s journali�res selon l'art. 22 al. 3 LAI en corr�lation avec l'art. 18 al. 1 et 2 RAI suppose que la personne assur�e pr�sente une incapacit� de travail de 50 % au moins dans son activit� habituelle et que l'aptitude � la r�adaptation soit suffisamment �tablie tant objectivement que subjectivement, de mani�re que seules des mesures de r�adaptation entrent s�rieusement en ligne de compte dans le cas concret, et non pas simplement des mesures d'instruction (ATF 129 V 462 consid. 4.1).
3.3 Se fondant sur le rapport des doctoresses A.________ et R.________, du 23 juillet 2004, les premiers juges ont consid�r� que l'intim� devait se soumettre au traitement antid�presseur indiqu� par ces m�decins. Selon eux, il convient d'allouer des indemnit�s journali�res durant une p�riode de six mois pendant laquelle l'assur� devra se soumettre � ce traitement.
3.4 La Cour de c�ans ne saurait suivre les premiers juges dans leur raisonnement. D'une part, en effet, l'indemnit� journali�re d'attente n'entre pas en ligne de compte, car le traitement m�dical d'un �tat labile ne r�pond pas � la d�finition d'une mesure m�dicale de r�adaptation (ATF 120 V 279 consid. 3a et les r�f�rences). D'autre part, la loi f�d�rale sur l'assurance-invalidit� ne fait pas d�pendre le droit � la rente des possibilit�s de traitement d'une affection psychique: la rente prend naissance aux conditions de l'art. 29 LAI (ATF 127 V 297 s. consid. 4b/cc et 4c). Il se justifie d�s lors d'annuler le jugement attaqu�.
Il faut donc se prononcer sur le droit � la rente de l'intim�, sur lequel d'ailleurs porte uniquement la d�cision administrative litigieuse du 16 janvier 2002.
4.1 Selon l'art. 4 al. 1 LAI (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002), l'invalidit� au sens de la pr�sente loi est la diminution de la capacit� de gain, pr�sum�e permanente ou de longue dur�e, qui r�sulte d'une atteinte � la sant� physique, ou mentale provenant d'une infirmit� cong�nitale, d'une maladie ou d'un accident.
4.2 Sur la base de l'expertise du docteur S.________ du 28 janvier 2004 et du rapport des doctoresses A.________ et R.________ du 23 juillet 2004, les premiers juges ont retenu que l'assur� pr�sente une incapacit� de travail de 50 % tant sur le plan somatique que psychique, ce que conteste l'office AI dans son recours en se r�f�rant � l'analyse du rapport du docteur S.________ par les docteurs P.________, L.________ et C.________ et � l'avis de la doctoresse E.________ du 2 septembre 2004.
4.3 En principe, le juge ne s'�carte pas sans motifs imp�ratifs des conclusions d'une expertise m�dicale judiciaire, la t�che de l'expert �tant pr�cis�ment de mettre ses connaissances sp�ciales � la disposition de la justice afin de l'�clairer sur les aspects m�dicaux d'un �tat de fait donn�. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'�carter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonn�e par le tribunal en infirme les conclusions de mani�re convaincante. En outre, lorsque d'autres sp�cialistes �mettent des opinions contraires aptes � mettre s�rieusement en doute la pertinence des d�ductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interpr�tation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction compl�mentaire sous la forme d'une nouvelle expertise m�dicale (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa et les r�f�rences).
4.4 Au plan physique, les conclusions des m�decins du SMR et du docteur S.________ ne concordent pas.
4.4.1 Dans le rapport SMR du 20 novembre 2001, les docteurs L.________ et P.________ se sont fond�s sur l'examen clinique pluridisciplinaire du 19 novembre 2001. En ce qui concerne le dossier radiologique, ces m�decins disposaient uniquement d'un clich� de la cheville gauche dat� du 5 novembre 2001. Ils ont constat� la pr�sence d'un os surnum�raire au niveau du bord interne du scapho�de tarsien. L'interligne entre le calcan�um et le scapho�de tarsien �tait sans probl�me. Il en allait de m�me des autres interlignes articulaires visualis�s. Dans le rapport pr�cit�, les docteurs L.________ et P.________ ont indiqu� que l'examen clinique actuel �tait surtout marqu� par une hypertonie d'opposition touchant le membre sup�rieur gauche et le membre inf�rieur gauche, toutefois sans que l'on puisse mettre en �vidence de limitations articulaires quelconques. Ils ont retenu le diagnostic de syndrome douloureux de l'h�micorps gauche sans substrat anatomique. Consid�rant que l'anamn�se, le status clinique et les quelques examens de laboratoire disponibles ne permettaient pas de retenir un diagnostic ost�oarticulaire ou neurologique quelconque et que l'on �tait ainsi confront� � un syndrome douloureux subjectif fonctionnel apparent� aux troubles somatoformes douloureux, ils en ont conclu qu'il n'y avait pas d'incapacit� de travail l�gitimable au plan ost�oarticulaire ou neurologique et que la capacit� de travail exigible apparaissait comme compl�te dans l'activit� exerc�e.
4.4.2 Dans son rapport du 28 janvier 2004, le docteur S.________ s'est fond� sur un examen du patient du 20 novembre 2003, les clich�s des examens ant�rieurs encore disponibles et le bilan radiologique du docteur F.________ du 4 d�cembre 2003. Selon l'expert, l'essentiel des troubles douloureux d�coulait des s�quelles de l�sions traumatiques m�connues des deux chevilles et d'un conflit articulaire radio-cubital inf�rieur du poignet gauche, ainsi que d'irritations de surcharge secondaires, s'�tendant de proche en proche, de fa�on extensive, tant aux membres inf�rieurs qu'au membre sup�rieur gauche (pseudarthrose mall�olaire externe gauche, avec tiroir astragalien, et petites s�quelles de distorsion de la cheville droite + conflit articulaire radio-cubital gauche distal; contractures secondaires r�actives). De l'avis du docteur S.________, en l'absence de diagnostics et de traitements ad�quats et du fait d'une incapacit� de travail officiellement compl�te, il n'y a pas eu d'�volution des l�sions de 1998 � ce jour, ce qui fait que la capacit� de travail fondamentale n'a pas �volu� non plus. A l'heure actuelle, la capacit� de travail de l'intim� doit �tre de l'ordre de 80 % au r�veil et de 70 � 60 % une heure plus tard, puis elle doit osciller entre 60 et 40 %, suivant les efforts physiques accomplis sans surmenage (et ne restera gu�re � 70 % qu'en cas d'activit� exceptionnellement adapt�e, un � jour calme �, respectivement s'abaissera � 35 % ou m�me 30 % dans des circonstances inverses). Toutes choses �tant �gales par ailleurs, il doit en avoir �t� ainsi pendant toute la p�riode de 1998 � ce jour et vu la labilit� de la situation, il para�t vain de vouloir s'accorder sur un chiffre moyen, qui ne repr�sentera rien d'objectivable.
4.4.3 De leur c�t�, les docteurs L.________, P.________ et C.________, dans un avis m�dical SMR du 2 mars 2004, ont proc�d� � une analyse du rapport du docteur S.________ du 28 janvier 2004. Ils en ont conclu que les arguments apport�s par l'expert judiciaire se basaient essentiellement sur une lecture qu'on ne pouvait s'emp�cher de consid�rer comme partisane des radiographies de la r�gion de la cheville et du pied gauches et du poignet gauche qui le poussaient � faire des d�ductions que l'examen clinique et la lecture des radiographies faites par d'autres yeux (soit le docteur F.________, radiologue en l'occurrence) ne corroboraient pas, ainsi que sur des conclusions et des pronostics en ce qui concerne les radiographies rachidiennes que l'anamn�se actuelle et l'examen clinique ne soutenaient pas. A leur avis, malgr� la foison d'examens radiologiques et les longues consid�rations qui se veulent solides en termes physiopathologiques, l'expertise du docteur S.________ n'apporte pas d'arguments incontestables qui incitent � r�viser les conclusions de l'examen SMR du 19 novembre 2001.
4.4.4 En ce qui concerne la cheville gauche de l'intim�, le rapport du docteur S.________ du 28 janvier 2004 ne contient aucune contradiction. Selon les constatations de l'expert, on a pass� � c�t� de la fracture de la mall�ole externe gauche, que l'on a laiss� �voluer vers la pseudarthrose et qui, depuis juillet 1997 entretient des douleurs et parfois de l'enflure, avec ou sans rougeur � la face externe de la cheville et du pied gauches, ainsi que des crispations r�flexes secondaires de tous les muscles enjambant cette articulation semi-flottante pour finir par induire des troubles douloureux semblables et ascendants, montant jusqu'� la ceinture. De l'avis de ce m�decin, la pseudarthrose mall�olaire externe gauche rend compte du foyer fracturaire non consolid�, donc branlant, dont elle d�coule, ainsi que des douleurs sans cesse r�activ�es jusqu'� ce jour, par les mouvements de ce pont tissulaire toujours pas solidifi�.
L'opinion contraire des m�decins du SMR n'est pas apte � mettre s�rieusement en doute la pertinence des d�ductions de l'expert. Pas plus que la juridiction cantonale, la Cour de c�ans n'a de raison de s'�carter des conclusions du docteur S.________ en ce qui concerne l'incapacit� de travail li�e aux s�quelles de distorsion de la cheville gauche. En effet, le docteur I.________ indique dans son rapport m�dical d'octobre 1999 que les radiographies des chevilles montrent une tr�s vraisemblable s�quelle de fracture de la pointe mall�olaire externe gauche. Lui-m�me constatait des douleurs � la palpation de la face externe et ant�rieure de la cheville gauche. D'autre part, le bilan radiologique du docteur F.________ du 4 d�cembre 2003 atteste la pr�sence d'un s�samo�de sous la mall�ole externe gauche, mais pas � droite.
Il s'ensuit que l'intim� pr�sente une atteinte � la sant� physique invalidante, caract�ris�e par des troubles douloureux de la cheville gauche. Dans son rapport du 28 janvier 2004, le docteur S.________ a conclu � une incapacit� de travail de 50 % au moins en moyenne, taux dont il n'y a pas lieu de s'�carter. Au plan physique, l'intim� pr�sente donc une capacit� de travail de 50 %.
4.5 En ce qui concerne le status psychique de l'intim�, le recourant fait valoir que l'avis de la doctoresse E.________ du 2 septembre 2004 d�montre que les conclusions des m�decins du D�partement universitaire Q.________ reposent essentiellement sur des �l�ments subjectifs. Selon l'office AI, les doctoresses A.________ et R.________ ne font qu'interpr�ter les d�clarations de l'assur�, qui souhaite maintenir une activit� � 50 %, sans chercher � �tayer objectivement celles-ci.
4.5.1 Dans leur rapport du 23 juillet 2004, les doctoresses A.________ et R.________ ont retenu le diagnostic de trouble d�pressif majeur r�current en raison de la thymie triste que l'intim� pr�sente presque tous les jours avec une p�joration le soir, d'un �tat d'agitation interne, d'un sentiment de d�valorisation, de difficult�s de concentration avec des oublis fr�quents, de troubles du sommeil, d'une irritabilit� et d'un retrait social. Elles indiquent que les sympt�mes sont pr�sents depuis environ 2000 et qu'ils se sont aggrav�s progressivement jusqu'en 2002. Actuellement, l'intensit� est moins s�v�re, de sorte qu'elles ont retenu un �pisode actuel d'intensit� moyenne, avec syndrome somatique en raison de la pr�sence de troubles du sommeil.
4.5.2 Dans l'avis m�dical SMR du 2 septembre 2004, la doctoresse E.________ indique que les �l�ments sur lesquels repose le diagnostic de troubles d�pressifs majeurs r�currents �pisode moyen avec syndrome somatique ne sont pas bas�s sur l'observation m�dicale. Elle met en doute non pas la pr�sence d'une humeur d�pressive li�e au contexte de vie, mais bien son incidence sur la capacit� de travail.
4.5.3 S'agissant de la capacit� de travail de l'intim� sur le plan psychique, les doctoresses A.________ et R.________ indiquent dans leur rapport du 23 juillet 2004 que l'assur� n'est plus apte � assumer une charge � 100 %, mais qu'il souhaite maintenir une activit� � 50 %. Celle-ci leur para�t �tre un maximum exigible de la part du patient, qui souffre d'un trouble d�pressif r�current et d'une atteinte somatique multiple. Selon ces m�decins, il est probable que la restauration d'une capacit� de travail partielle permette � l'intim� de retrouver une meilleure estime de soi et l'aide �galement � faire face � son �tat d�pressif.
Il appara�t que les doctoresses A.________ et R.________ ne d�montrent pas en quoi le trouble d�pressif majeur r�current (�pisode moyen avec syndrome somatique) diminuerait de 50 % la capacit� de travail de l'assur�. Ces sp�cialistes ont bien plut�t pris acte du souhait de ce dernier de maintenir une activit� � 50 %.
L'avis sur ce point de la doctoresse E.________, elle-m�me sp�cialiste en psychiatrie, est propre � mettre s�rieusement en doute la pertinence des d�ductions des doctoresses A.________ et R.________. Il convient d�s lors d'interpr�ter de mani�re divergente leurs conclusions en ce qui concerne la capacit� de travail de l'intim�, qui demeure enti�re sur le plan psychique.
4.6 Dans le cas particulier, les possibilit�s de r�adaptation professionnelles sont tr�s al�atoires. C'est dans son m�tier de r�tameur-r�mouleur que l'intim� peut le mieux mettre � profit sa capacit� r�siduelle de travail (voir le rapport du docteur S.________ du 28 janvier 2004).
Il convient d�s lors d'�valuer l'invalidit� de l'intim� en pour-cent dans sa profession actuelle. Avec une capacit� de travail r�duite de 50 % sur le plan physique, celui-ci, dont on peut attendre qu'il reprenne l'activit� qui a toujours �t� la sienne de r�tameur-r�mouleur, pr�sente une invalidit� de 50 % (comparaison en pour-cent; ATF 114 V 313 consid. 3a, 104 V 136 s. consid. 2b). Il a donc droit � une demi-rente d'invalidit� (art. 28 al. 1 LAI).
Depuis le 21 d�cembre 1998, l'assur� a pr�sent� de mani�re continue une incapacit� de travail de 40 % au moins (rapport m�dical du docteur U.________ du 30 juin 1999, rapport d'expertise du docteur S.________ du 28 janvier 2004). Son droit � la rente a donc pris naissance une ann�e plus tard (art. 29 al. 1 let. b LAI). Il s'ensuit que l'intim� a droit � une demi-rente d'invalidit� depuis le 1er d�cembre 1999.
Le recours est partiellement admis en ce sens que le jugement du Tribunal des assurances du canton de Vaud, du 24 d�cembre 2004, et la d�cision de l'Office de l'assurance-invalidit� pour le canton de Vaud, du 16 janvier 2002, sont annul�s. G.________ a droit � une demi-rente d'invalidit� depuis le 1er d�cembre 1999.