Source: http://www.cannabiscafe.net/foros/showthread.php/268291-Bulletins-ENCOD-2012?p=3540227
Timestamp: 2017-10-23 13:40:35+00:00
Document Index: 217364884

Matched Legal Cases: ['CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ']

Bulletins ENCOD 2012
Tema: Bulletins ENCOD 2012
06/01/2012 08:01 AM #1
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-83.html
Israël a mis en place un programme national unique pour le cannabis médicinal concernant 7500 patients autorisés à
acheter 30 grammes de cannabis de type médicinal ( MGC Medical Grade Cannabis) par mois à 8 fournisseurs
conventionnés. L’évolution du programme depuis le "-Quoi ? De la marijuana pour des malades ? Vous êtes fous !" à
la position actuelle du "Regarde comme la vie des patients est en train de se transformer" a été et continue d’être un
combat d’activiste sur le fil du rasoir qui se transforme désormais en un grand programme national. Sur ce chemin
nous avons dû éduquer les acteurs impliqués, formuler un "modus operandi" en constante évolution et protéger ce
programme fragile d’attaques constantes de malveillants. L’histoire moderne du Cannabis Médicinal en Israël
commence il y a 16 ans, mais ses racines sont implantées dans des cultures et pharmacopées locales et
internationales anciennes.
En 1995 j’ai participé (avec Shlomi Sandak), en tant que représentant civil au "Comité d’examen du statut légal du
cannabis". Le comité fut nommé par le Directeur du Comité des Drogues du Parlement, Raphaël Eitan, réputé pour
sa dureté et sa rigidité. À mon avis, le résultat était prédéterminé et le comité ne fut rien de plus qu’une manoeuvre
pour calmer la pression croissante que nous avions générée au travers de manifestations et de présence dans les
La seconde recommandation a été très importante et extrêmement positive. Elle a permis l’apparition sur le marché
d’une pilule approuvée par la FDA (Marinol ou Dronabinol) dont l’étude très large aux États-Unis a montré que le THC
est bénéfique pour deux indications majeures : - la réduction des nausées et des vomissements dus à la
chimiothérapie d’une part et l’augmentation de l’appétit d’autre part. Par la suite il s’est avéré nécessaire de fournir
aux patients un accès aux fleurs de cannabis et non aux pilules qu’ils n’appréciaient pas à cause de leur coût, de
l’effet retardé et de leur niveau de psycho-activité.
Le 1er novembre 1999.
le Ministère de la Santé a mis en place un comité dont la tâche serait " d’établir des normes pour la consommation
médicinale de cannabis". Initialement le ministère avait autorisé les malades à cultiver 5-6 plantes mais on a vu
rapidement que beaucoup de malades étaient trop atteints pour cultiver et s’occuper des plantes.
Le temps s’écoulait lentement au Ministère de la Santé (MDS). Les patients qui souhaitaient mettre en application ce
projet devaient présenter une recommandation de spécialiste le concernant et beaucoup de médecins ont refusé de
faire ces recommandations. Plus les patients se rapprochaient du ministère plus nombreux étaient les refus et le
programme fut presque arrêté. La décision finale d’approbation des demandes était entre les mains d’un seul homme,
le vice-directeur du MDS.
L’infame Convention des Drogues de 1961 stipule que pour la consommation de drogues illicites comme le cannabis
pour des raisons médicales, le pays signataire doit mettre en place une agence spéciale ayant le monopole de la
régulation de tous les aspects de la consommation médicinale d’une drogue illégale, soit la production, la distribution,
l’importation et exportation etc… C’est seulement en 2003 que le gouvernement hollandais qui a mis en place
légalement "l’Agence" et la sélection de cultivateurs l’a rendue possible.
Ce n’est pas avant 2007 que le MDS a accordé (pour un cultivateur en bonne santé et sans antécédents judiciaires)
une licence pour cultiver 50 plantes à condition d’approvisionner des patients en Cannabis Médicinal sans être payé.
Le cultivateur a
commencé la culture du CM sur la propriété de ses parents en Galilée et sa mère, professeur de biologie, était la
gardienne du jardin. Au début il distribuait le cannabis dans son appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble de
Tel Aviv. Le MDS a ensuite dispensé des licences à 17 autres cultivateurs. Certains n’ont jamais pu fonctionner à
cause de l’investissement demandé, et aujourd’hui seulement 8 cultivateurs sérieux continuent.
La libre distribution a été possible sur un temps assez court mais le modèle de "distribution gratuite" n’a pas pu
continuer compte tenu que la production de Cannabis Médicinal biologique et standardisé coûte très cher. Des dons
pour maintenir ces cultures ont été nécessaires.
Après 18 mois de "Cannabis gratuit pour les patients" le MDS a autorisé les cultivateurs a recevoir 100 dollars pour
environ 40 grammes par mois. Cette quantité a ensuite été réduite à 30 grammes à cause de l’inquiétude de voir ce
cannabis médicinal dériver vers le marché noir. Petit à petit le nombre de patients a augmenté, les expériences
personnelles et les rapports dans les médias ont diffusé le message sur les multiples bénéfices du CM. En 2009 le
MDS nous a autorisé à ouvrir un centre de distribution. Un groupe de volontaires a commencé a distribuer le
cannabis dans une salle de 16 mètres carrés.
Alors que le cannabis et la formation étaient gratuits, les clients achetaient du papier, des machines à rouler et des
vaporisateurs. Dans leur majorité, consommer du cannabis fut une expérience complètement nouvelle. Nous leur
avons appris à rouler des joints, inhaler et exhaler, comment ne pas se brûler la gorge et quels sont les effets
collatéraux. Nous leur avons fait connaître différentes variétés pour qu’ils trouvent celles qui correspondent le mieux
à leurs symptômes. On distribuait aussi des biscuits et de l’huile pour usage sublingual pour ceux qui ne peuvent pas
fumer. Beaucoup de patients ont été très reconnaissants pour le changement occasionné dans leur vie par le
L’État pour sa part essaie d’avancer sur la régulation du programme depuis son expansion très rapide. L’autorité de
contrôle des drogues a reçu un mandat du MDS pour lancer un appel d’offre et mettre en place des directives pour la
sélection de cultivateurs, de qualité et de prix. Ce mouvement a été bloqué par les cultivateurs qui ont lancé une
procédure argumentant qu’en accord avec les Conventions de l’ONU, la seule institution qui a autorité pour réguler la
consommation médicinale de drogues interdites c’est une "agence spéciale" qui n’avait pas encore été mise en place
par le gouvernement à ce moment
Il y a quelques mois, le gouvernement israélien a pris une décision historique pour former et financer officiellement cette
"agence super-ministérielle spéciale" constituée de représentants du MDS, de la police, du Ministère de l’Agriculture, de l’Autorité de
Contrôle des Drogues et du Ministère de l’Intérieur. Cette agenda du gouvernement a le monopole pour réguler tous
les aspects du programme du Cannabis Médicinal y compris de publier des appels d’offres concernant les
cultivateurs, la distribution, l’importation et l’exportation. On suppose que cela commencera dans le courant de
Última edición por jean-michel; 03/07/2012 a las 04:03 AM
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araweli (10/01/2012), er13 (06/01/2012), rhmas (06/01/2012)
06/02/2012 21:45 PM #2
Re: Bulletins ENCOD 2012
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-84.html
En Italie la guerre aux drogues s’est révélée effective, brutalisant au passage plusieurs secteurs
de la population. Bon nombre de gens se sont retrouvés happés par le système pénal ou tout
bonnement en prison. La loi Fini-Giovanardi de 2006 a éliminé les différences entre l’héroïne ou
le cannabis dans sa politique. En conséquence le cannabis est, depuis lors, le plus attaqué et
correspond à 70 % des poursuites concernant les drogues. Les images d’horreur de quelques
victimes d’abus ont circulé dans les médias et la situation familiale des victimes constitue une
part importante de notre travail politique. Qui plus est, notre système carcéral est sur le point
d’exploser et une grande partie de l’Italie est sous l’influence d’organisations criminelles.
C’est sans doute pour cette raison que les partisans d’une réforme de la politique des drogues
en Italie pensent que la 55ème réunion annuelle de la Commission des Stupéfiants (qui aura lieu
du 10 au 16 mars 2012 à Vienne) sera le point de départ d’un chemin qui conduira l’humanité à la
fin du monde prohibitionniste.
Nous pouvons déjà voir que les gens qui résistent aux sinistres tendances de notre monde sont
précisément ceux qui sont capables de les changer, et que cette population critique peut devenir
la majorité. En fin de compte, l’injustice a un nom et une adresse, c’est le Viena International
Center dans la Wagramstrasse. La démocratie dans la politique des drogues a été abandonnée
par une grande partie des institutions publiques y compris par l’Union Européenne et les Nations
Unies. La politique des drogues est devenue un espace où les références scientifiques sont
Mon pays a été récemment touché par une sorte de coup d’état qui a fait vaciller notre
démocratie, nous mettant sous la vigilance de la Banque Centrale Européenne et créant un
régime d’économie contrôlée par la prohibition, l’industrie pharmaceutique, la mafia,
le Vatican, ainsi que d’autres grands pouvoirs.
L’Italie semble totalement incapable de résoudre de nombreux dilemmes, comme celui des
prisons surpeuplées. L’administration ne veut pas normaliser le marché des drogues, qui figure
parmi les plus riches d’Europe. Une mesure qui, selon le professeur Marco Rossi de l’Université
de Rome, pourrait produire des bénéfices incroyables pour notre budget. Mais une telle action
pourrait s’avérer trop raisonnable, compte tenu que le gouvernement a même décidé
d’abandonner l’idée de créer des impôts pour des dizaines de milliers d’institutions catholiques
commerciales alors que de nombreux prisonniers de la guerre aux drogues sont enfermés dans
des cellules de moins de 3,5 mètres carrés, soit la moitié de l’espace auquel ils ont droit selon la
La peur est une des armes les plus puissantes du système. En Italie elle est devenue "un virus
qui produit des maladies et des bénéfices", grâce aux 4000 nouveaux cas de VIH. C’est une
occasion en or pour l’industrie pharmaceutique, comme l’a dénoncé le Dr Agnoletto de la Ligue
Italienne Anti-Sida qui a affirmé à la presse que les mesures de réductions des risques ont été
ignorées afin d’assurer des intérêts financiers.
Il n’y a rien d’étonnant à ce que de nombreuses ONG soient concernées par ces affaires et que
de puissants groupes internationaux aient rendu possible la nomination d’Andrea Riccardi au
poste de Ministre de l’Intégration et des Politiques des Drogues du nouveau gouvernement
italien. Il se trouve qu’il convient parfaitement à ce réseau en tant que fondateur de la
Communauté de St Egidio, le siège informel des Nations Unies à Rome, et qu’il est connu
internationalement pour sa importante implication en Afrique.
Son entreprise a mis en place le programme "Rêve, Renforcement des Traitements contre la
Malaria et la Malnutrition", dont le centre au Malawi effectue la circoncision de jeunes garçons. Il
affirme que sa politique de circoncision a réduit de 60 % le risque de transmission du VIH parce
que " soumettre des enfants à la circoncision aujourd’hui implique que beaucoup moins de gens
risquent d’être contaminés par le VIH demain".
Tout le monde sait que les instruments de prévention les plus efficaces sont volontairement
ignorés par l’église catholique et qu’annuellement 5,8 millions de personnes sont infectées par le
VIH ou meurent du SIDA y compris à cause des efforts que fait l’Eglise Catholique pour freiner
toute avancée de l’éducation concernant le sexe ou les drogues.
Selon l’entreprise Ricardi, la circoncision est une nouvelle pièce du mécanisme qui permettra de
réaliser le rêve de voir grandir une génération en bonne santé en Afrique et construire un futur
dans lequel l’épidémie de VIH serait vaincue". Cela ressemble aux autres programmes religieux
défendus par la Communauté dans les réunions de haut niveau de l’ONU.
Ce qui est particulièrement intéressant c’est que le renforcement proclamé des traitements
pharmaceutiques est accompagné d’un ensemble d’assistance armée". Selon le journal "Il
Manifesto", Mr Ricardi a "réussi depuis le début à associer les armes et la solidarité en facilitant
la possibilité, aux grandes entreprises italiennes, de vendre de grandes quantités d’armes aux
pays impliqués dans les actions d’aide humanitaire",
Última edición por jean-michel; 03/07/2012 a las 04:04 AM
araweli (08/02/2012), hoserra (12/02/2012)
08/02/2012 19:51 PM #3
araweli
1,225 gracias recibidas en 196 Posts
Merci beaucoup Jean Michel, pour votre aportation
Un gros calin de Madrid
El siguiente Usuario da las gracias a araweli por este Post:
hoserra (12/02/2012)
09/02/2012 12:39 PM #4
Iniciado por araweli
merci à toi araweli
05/03/2012 03:06 AM #5
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-85.html
UNE DROGUE CONTRE LA GUERRE ?
En théorie, la politique des drogues est une affaire qui dépend de la souveraineté nationale de chaque état, mais la Convention Unique de l’ONU de 1961 établit les principes de chaque état membre de l’ONU qui l’a adoptée. Cela veut dire que si un pays décide de développer une nouvelle politique basée sur d’autres stratégies que la prohibition, il doit tout d’abord demander l’autorisation à l’ONU, tout au moins pour une période probatoire.
Par ailleurs, à l’intérieur des frontières de l’UE, chaque état membre peut faire sa propre politique, mais on suppose que la Commission de l’UE proposera une stratégie commune, au travers de l’Unité du Groupe Horizontal des Drogues et d’une consultation superficielle, à la fois du Parlement Européen (dont les recommandations ne sont jamais prises en compte), et du Forum de la Société Civile ( qui n’a toujours pas réussi à donner une opinion cohérente).
Il faut dire aussi qu’il existe des autorités locales et régionales qui doivent affronter la réalité quotidienne de la rue. Quelques fois des politiques alternatives très spécifiques sont mises en place et sont reconnues après de nombreuses années d’effort, et soudainement elles sont largement diffusées. C’est par exemple le cas de plusieurs mesures très connues de réduction des risques.
Paradoxalement, le Gouvernement Fédéral des Etats-Unis (promoteur et sponsor de la guerre aux drogues de l’ONU depuis le premier jour) se confronte actuellement à un dilemme interne car une grande partie de son territoire a adopté des lois permettant la production et la distribution de la marijuana médicinale, contredisant sa classification comme "substance morbide sans intérêt médicinal".
C’est l’Office de l’ONU contre les Drogues et le Crime (UNODC) qui gouverne et qui organise les rencontres annuelles de la Commission des Stupéfiants dont elle gère le secrétariat permanent . Le lien entre l’OICS et le pouvoir supérieur de l’ONU c’est l’UNOCD. Vue de près l’OICS est une commission de treize membres "indépendants", alors que la Commission des Stupéfiants de l’ONU est constituée de délégations d’au moins 53 pays.
Cela veut dire que 350 millions de personnes dans le monde qui consomment des drogues illicites sont prises en otage par des décisions émanant de moins de 1000 "délégués" dirigés par 13 "experts", qui," en étroite collaboration avec les organisations régionales compétentes, et avec le soutien total des institutions financières internationales ainsi que d’autres agences compétentes, prennent les décisions finales et astreignantes" pour la mal nommée consultation de la "société civile".
D’un point de vue polémique cette crise économique n’est qu’une nouvelle opportunité pour le crime international organisé de blanchir leurs fortunes, agissant comme des sauveteurs du système économique (comme l’avait reconnu l’ancien directeur de l’UNODC, Antonio Maria Costa), par exemple par leurs investissements dans les paradis fiscaux qui rendent plus sûr leur commerce.
Alors, quel intérêt pour la population si le crime organisé domine l’économie mondiale et s’occupe de la politique ? La situation au Mexique est le destin fatal de l’actuelle "guerre aux drogues" alors que la politique du Portugal a démontré en une dizaine d’années que des alternatives à cette politique peuvent donner des résultats concrets.
C’est pour cela qu’ENCOD, sans moyens mais avec beaucoup de bonne volonté, invite au premier "Sommet pour la Paix des Drogues" du 9 au 16 mars à Vienne.
Última edición por jean-michel; 03/07/2012 a las 04:05 AM
04/04/2012 04:54 AM #6
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-86.html
LES ATTITUDES DE LA NORVEGE FACE A LA REFORME DE LA POLITIQUE DES DROGUES
L’an dernier, le débat public sur la politique des drogues en Norvège s’est déroulé de façon surprenante. L’attitude des gens a
toujours été très limitée, et les seules personnes qui ont osé défier la politique prohibitionniste jusqu’à il y a encore peu de temps, ont
été quelques avocats et quelques consommateurs de drogues. Cependant, on voit apparaître une tendance à des politiques de
réduction des risques pour les consommateurs de drogues dures : des programmes d’échange de seringue et des traitements de
substitution par la méthadone ou le subutex ont été mis en place dans plusieurs villes, et la capitale Oslo a ouvert une salle d’injection très controversée.
Des signaux de changement se sont multipliés. Le très énergique activiste Arild Knutsen, leader de l’Association pour des Politiques
des Drogues plus Humaines (Foreningen for Human Narkotikapolitikk) a changé la façon dont beaucoup de gens percevait le problème. Une attention particulière fut portée il y a quelques années quand le célèbre chercheur sur le cannabis Willy Pedersen, qui avait été un fervent prohibitionniste, a annoncé qu’il avait changé d’opinion et que maintenant il était pour une distribution légale du cannabis. Pedersen a aussi critiqué la prohibition du khat et la criminalisation, en général, des consommateurs de drogues en Norvège.
En Norvège comme ailleurs, l’élite politique se compose de gens qui ont mûri après que les drogues aient été plus faciles d’accès, et quelques uns ont même reconnu qu’ils en avait consommées. Le premier ministre, Jens Stoltenberg, du parti social-démocrate a reconnu avoir été un
fumeur de joint durant sa jeunesse, et sa soeur Nina est une consommatrice d’héroïne connue. En diverses occasions elle a demandé une réforme de la politique des drogues. Son père, Thorvald Stoltenberg (photo), ancien premier ministre, a été un partisan
remarqué des politiques alternatives en matière de drogues. Il a été président d’une commission de haut niveau qui, en 2010, dans
un rapport au Parlement de Norvège a exigé une approche plus tolérante, comme la dépénalisation de la consommation et de la
possession de toutes drogues, et pour la mise en place d’expérimentation de prescription d’héroïne pour des consommateurs avérés. Il a aussi été, plus récemment, membre de la Commission Mondiale sur les Drogues, qui, comme nous le savons tous, a demandé un changement radical du régime de contrôle global dans son rapport de l’année dernière.
Malgré que les recommandations de la commission de Stoltenberg aient été rejetées vigoureusement par tous les partis politiques, il y a eu un adoucissement au niveau des attitudes et de la manière d’en parler. Les partis politiques et spécialement leurs
organisations orientées vers la jeunesse portent désormais un regard critique sur le scénario de la guerre aux drogues.
Ces changements d’attitudes ont été évidents quand la revue Minerve
(conservatrice) a consacré la dernière édition de 2011 à la réforme de la politique des drogues, avec écrit "Légaliser les drogues"
sur la première page. En plus de quelques articles bien informés sur les politiques des drogues et le mouvement de réforme
internationale, ils ont rencontré des parlementaires de tous les principaux partis politiques prêts à défendre des changements
radicaux quant à l’approche publique des drogues. Minerva est associée au principal parti conservateur, Høyre, par ailleurs très
prohibitionniste. L’hypocrisie de cette attitude a été démontrée quand un de ces principaux partisans de la guerre aux drogues,
Henning Warloe, a reconnu être consommateur de cocaïne et d’amphétamines.
Les débats sur les alternatives au prohibitionnisme sclérosé ont duré jusqu’en 2012. Plusieurs journaux importants ont publié des articles remarquables qui demandaient la fin de la prohibition et l’expérimentation de régulation des marchés des drogues. Quelques sections locales du Parti Socialiste (SV) et du Parti Libéral (Venstre) demandent la légalisation de toutes les drogues. Même l’organisation jeunesse du Parti du Progrès (extrême droite), exige désormais la légalisation du cannabis. Le Parti du Progrès défend une économie libertaire, et leurs représentants sont connus à l’étranger pour défendre des modèles libéraux de politiques des drogues. Pourtant dans le discours qu’ils dispensent en Norvège, ils ont été les fervents défenseurs de la prohibition, demandant des peines de prison de plus en plus lourdes et rejetant toute discussion sur d’éventuelles alternatives. C’est pour ça que personne n’a été étonné quand les cadres du parti ont dénoncé sans délai la décision du parti jeunesse.
La situation actuelle en Norvège (et ailleurs) est donc que la prohibition reste enracinée dans l’institution politique mais aussi que les
fissures dans la forteresse se font de plus en plus marquées. Les politiciens les plus âgés sont généralement incapables de
changer d’attitude et les plus jeunes ne sont pas prêts à gaspiller leur capital dans ce qu’ils perçoivent comme une machine à perdre des bulletins de vote. Il faut qu’il y ait un changement perceptible dans l’opinion publique, ce n’est qu’ensuite que les politiciens
changeront. Comme toujours, le peuple doit agir, et la politique suivra.
Par : Jan Bojer Vindheim
06/05/2012 18:13 PM #7
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-87.html
BULLETIN ENCOD 87
Depuis la fin de l’année 2010 quelque chose est en train de bouger dans le débat sur la légalisation du cannabis en Allemagne. Alors que nos pays voisins ( la Belgique, la République Tchèque, le Danemark et la Pologne) sont en train de dépénaliser la consommation du cannabis et de sa culture pour usage personnel, alors que les arguments en faveur de la légalisation sont convaincants et rationnels, le gouvernement allemand ( formé de chrétiens-démocrates et de libéraux, CDU / CSU /FDP) rejette en bloc toute proposition de réforme de la politique concernant le cannabis. Leurs arguments ne sont en rien scientifiques, ils sont purement idéologiques : le cannabis et tout ce qui concerne cette plante doivent continuer à être interdits et réprimés.Dans l’état fédéral d’Allemagne il y a plus de 3 millions de consommateurs réguliers et plus de 12 millions de consommateurs occasionnels de cannabis. Chaque année on compte pas moins de 100 000 procédures criminelles pour le simple motif de "consommation de cannabis". Bien que de nombreux cas soient classés sans suite, car il concerne de petites quantités, ils ne sont pas sans conséquences, la police aura confisqué le cannabis et une amende aura été infligée. Dans certains états on sanctionne plus sévèrement pour simple consommation, même pour de faibles quantités. Les consommateurs risquent de perdre leurs permis de conduire et s’exposent à des perquisitions et autres traitements humiliants.En décembre 2010 l’Association Allemande pour le Chanvre a lancé une pétition sur Internet pour la dépénalisation de la consommation du cannabis. La pétition exige la fin des poursuites et de la discrimination à l’égard des consommateurs de cannabis ainsi que l’introdruction d’un peu de bon sens dans la législation Allemande du cannabis.
Des changements dans la législation ont été proposés :1- La possession de petites quantités de cannabis ( soit au moins 30 gr ) ne doit pas être poursuivie.2- Cette quantité doit être la même dans tous les états d’Allemagne.3-Cultiver un certain nombre de plantes pour usage personnel doit être dépénalisé. Un règlement doit être créer pour établir les normes relatives à de "petites quantités", afin de proposer un cadre légal pour la culture collective tels que les Clubs Sociaux du Cannabis en Espagne.4- L’introduction d’une limite logique et scientifique concernant la présence de THC au volant, tout comme pour l’alcool.5- Quand la police intercepte de petites quantités de cannabis, la procédure ne doit pas inclure de perquisition, ni la prise de photographies ou d’empreintes.La pétition a réuni 30 000 signatures.Quelques journaux ont publié des comptes-rendus et ont relayé nos arguments. En même temps, le porte-parole en matière de politique des drogues du Parti de Gauche (Die Linke), Frank Tempel, a présenté un amendement pour la légalisation de la possession de 30 gr de cannabis ainsi que pour l’autorisation de la culture pour usage personnel.Le Parti de Gauche a aussi proposé de mettre en place des Clubs Sociaux du Cannabis, où les consommateurs peuvent faire pousser leurs plantes collectivement ou demander à quelqu’un de le faire pour eux. Le Parti de Gauche a aussi demandé une limite, basée sur des données scientifiques, pour le THC au volant.
Tout ceci a été le résultat d’une audience publique à la Commission de Santé Publique qui eût lieu en janvier 2012 sous le titre " Le cannabis est-il si dangereux ?". Plusieurs experts ont été invités. Parmi eux, ceux de la Police allemande, le bureau du Procureur de la République et le Professeur Thomasius de la Clinique Universitaire de Hambourg ont rejeté la proposition. Le Dr Nicole Krumdiek ( Schildower Kreis) et Georg Wurth (Association Allemande pour le Chanvre) ont défendu cette proposition.Durant l’automne 2011, Maximilian Plenert (Association Allemande pour le Chanvre) a participé à des échanges quand Angéla Merkel a tenté d’obtenir la participation des citoyens aux débats sur la crise. Beaucoup d’observateurs ont été très intéressés par sa demande de légalisation du cannabis mais Merkel a répondu de façon stupide.Récemment, les participants d’un sondage sur Internet ont réussi à faire en sorte que la proposition de l’Association Allemande pour le Chanvre apparaisse dans le " Dialogue du Futur", dont Merkel est à l’origine. Elle a été placée en 2ème place sur la liste des sujets à aborder. Nous attendons maintenant une réaction de Merkel et du Gouvernement Allemand.Lors du premier week-end de mai aura lieu la "Marche Mondiale de la Marijuana 2012" à Francfort et au "Hanftag" de Berlin. Nous travaillons d’arrache-pied pour essayer de réunir le plus de gens possible aux manifestations et pour qu’ils fassent entendre leur voix. A Berlin, Steffen Geyer, un activiste cannabique allemand commence son "Cannabiskultour" à travers l’Allemagne. Il veut informer et convaincre plus de gens de ce pays et les inciter à soutenir notre lutte pour la légalisation du chanvre pour la médecine et le plaisir.Par Ingrid Wunn
PS de ENCOD : A partir du 1er mai, le gouvernement hollandais appliquera les nouvelles mesures concernant l’accès aux coffee-shops dans le sud du pays. A partir du 1er janvier 2013 elles s’étendront à l’ensemble du pays. Les personnes qui ne résident pas aux Pays-Bas ne pourront pas entrer dans les coffee-shops, et les résidents hollandais devront être inscrits en tant que membres permanents. Ils devront être transformés en club privés. Encod et plusieurs de ses membres hollandais s’opposent à ces nouvelles mesures qui veulent mettre fin au modèle de coffe-shop tel qu’il existe depuis 1976. Avec 19 coffee-shops et l’organisation de consommateurs WeSmoke, nous avons porté plainte contre l’Etat Hollandais, afin de dénoncer le caractère discriminatoire de ces nouvelles normes. Le 1er mai d’autres procès seront intentés au niveau local à Maastricht et à Tilburg. Le 17 juin, le Jour de la Libération du Cannabis à Amsterdam, des milliers d’activistes se réuniront et lanceront une campagne qui se terminera le 12 septembre 2012, à l’occasion des élections législatives des Pays-Bas. Espérons que les juges et le nouveau gouvernement supprimeront ces nouvelles mesures rapidement.
Última edición por jean-michel; 03/07/2012 a las 04:06 AM
02/07/2012 08:54 AM #8
NE PERDONS PLUS DE TEMPS, LA PROHIBITION A ÉCHOUÉ
La session 2012 de la Commission des Stupéfiants de l’ONU à Vienne , plutôt décevante, et le 50ème anniversaire de la
signature de la Convention Unique sur les Stupéfiants de 1961, ont provoqué une réaction scientifique et politique généralisée,
en faveur de la réforme et de la modernisation du système mondial de contrôle des drogues.
Ce système a, paraît-il, été conçu pour créer un monde plus sûr et plus sain grâce à "l’élimination ou la réduction significative" de
l’offre et de la demande des drogues illicites. Comme l’indique de nombreux rapports, et surtout le " Rapport Reuter-Traumann "
financé par la Commission Européenne, cinquante ans de prohibition ont apporté exactement le contraire : l’augmentation de
l’offre et de la demande. Étant donné que les politiques prohibitionnistes n’ont pas atteint leurs objectifs, et que leur coût est
beaucoup plus important que ce qu’elles rapportent, il est nécessaire et urgent de les réformer en faveur d’une régulation légale.
Même d’anciens hauts fonctionnaires des États-Unis, dont les prédécesseurs ont été à l’origine de cette politique criminelle, ont
déclaré récemmentque la guerre contre les drogues avait échoué, générant un coût social et économique très important (
augmentation des emprisonnements, des morts, des dommages causés aux consommateurs, de la criminalité liée à l’abus de
drogues et aussi du coût de la répression ). Parallèlement, cette guerre a généré des gains extraordinaires pour le crime organisé,
favorisant la corruption au niveau de la société ainsi qu’au plus haut niveau de l’état.
Les effets de la prohibition sont énormes. Le Rapport de 2011 de l’Observatoire Européen des Drogues et de la Toxicomanie (OEDT)signale que l’Europe s’affronte à de nouveaux défis concernant les modes de consommation et de trafic de drogues, dans le même temps apparaissent des signes préoccupants du marché des drogues synthétiques et en général des modes de consommation qui se caractérisent par des mélanges de plus en plus variés. La consommation simultanée de plusieurs drogues, y compris de mélange de drogues illicites avec l’alcool, ou encore de médicaments avec des substances non contrôlées est devenue le mode de consommation le plus courant en Europe.
Selon les données officielles du "Rapport Mondial des Drogues 2010 de l’ONUDD", depuis 1998 la production potentielle
mondiale d’opium a augmenté de 78 %, et l’usage de la cocaïne et du cannabis se développent régulièrement. En Europe, le
nombre de consommateurs de cocaïne a doublé durant la dernière décade et l’on estime qu’au niveau mondial, entre 155 et 250
millions de personnes ( soit de 3,5 à 5,7 % de la population âgée de 15 à 64 ans ) ont utilisé des substances illicites au moins une
fois dans le courant de l’année 2008. Le rapport estime à 5 millions le nombre de consommateurs de cocaïne et à 3,5 millions
celui des consommateurs d’opiacés en Europe. En 2008 le nombre de personnes considérées comme ayant une consommation
problématique de drogue était situé entre 16 et 38 millions soit de 10 à 15 % des consommateurs. Concernant le cannabis on
estime à 190 millions le nombre de consommateurs au niveau mondial et à 30 millions en Europe. Selon le même rapport, le
volume annuel du marché mondial des drogues est estimé à 400 milliards de dollars, le marché du cannabis en Europe dépasse
les 35 milliards.
Le Rapport 2008 de l’Observatoire Européen des Drogues et de la Toxicomanie (OEDT) mentionne que le coût de la prohibition,
c’est à dire des dépenses publiques liées aux politiques des drogues en Europe, se situe entre 34 et 40 millions d’euros chaque
année (90% pour le contrôle et la répression, 10% pour la santé et la prévention). Ce même rapport signale qu’au niveau de
l’Europe, 60% des condamnés à la prison pour délit concernant les drogues sont des consommateurs de cannabis inculpés pour
Dans mon pays, la Grèce, les effets de la prohibition et des politiques répressives des drogues des dix dernières années sont accablants. La consommation de plusieurs drogues est un problème incontrôlable et on s’attend à une augmentation spectaculaire, à cause de la crise économique actuelle, de la consommation parmi les jeunes et les populations marginales. On s’attend par contre, à une diminution des crédits apportés à la santé publique.En 2011 presque la moitié de la population carcérale, l’était pour un délit en relation avec les drogues et pour une majorité d’entre eux pour possession et usage. Par ailleurs on a constaté une augmentation dramatique de 100% des cas de VIH/SIDA chez les consommateurs d’héroïne ; une nouvelle drogue synthétique (shisa) faite de détergents chimiques est la plus consommée surtout parmi les consommateurs d’opiacés ayant migré vers les centres urbains ; 6 000 personnes sont dans l’attente des programmes de méthadone du réseau Reitox alors que le nombre des consommateurs problématiques d’héroïne recensés dépasse 27 000 personnes vivant dans des conditions
Il y a quelques mois on a failli avoir une victoire, malheureusement le système politique instable et les mesures d’austérité ont
empêché sa réalisation. Après sept ans d’une campagne de lobby intense nous avions obtenu l’introduction d’un nouveau projet
de loi sur les drogues au Parlement grec qui nous offrait des solutions pérennes. Alors que tout semblait aller dans la bonne
direction : on allait dépénaliser l’usage et la possession de toutes les drogues et faire en sorte que la culture de cannabis pour
usage personnel soit considérée comme un délit mineur. Malheureusement, une minorité conservatrice s’y est radicalement
opposée et malgré que le projet de loi soit passé par la Commission Parlementaire il n’a jamais été traité en session plénière.
Nous espérons qu’après les prochaines élections, une coalition gouvernementale progressiste débloquera la nouvelle loi sur les
Nos demandes sont plus urgentes que jamais :
Mettre fin à la criminalisation, à la marginalisation, et à la stigmatisation des consommateurs de drogues.
Expérimenter des modèles alternatifs de régulation légale des drogues, en particulier pour le cannabis ( les Clubs Sociaux du
Cannabis tels qu’ils existent en Belgique et en Espagne devraient être valorisés ).
Offrir une protection sociale et des services de traitement aux personnes qui en ont besoin.
Garantir la disponibilité d’une diversité de traitements, y compris des programmes de traitement à base d’héroïne, des accès à
des seringues et d’autres programmes de réduction des risques.
Apporter une information scientifique objective sur la prévention et la réduction des risques.
Remplacer les politiques des drogues et les stratégies soutenues par l’idéologie et le "politiquement correct" par des politiques
juridiques responsables et des stratégies basées sur la science, la santé, la sécurité et les droits humains et adopter des critères
adaptés pour leur évaluation.
Dernièrement, en Amérique Latine, sont apparues de nombreuses initiatives d’anciens et d’actuels chefs d’état, faisant la promotion d’un modèle de régulation légale afin de combattre la délinquance organisée. Le président du Costa Rica a récemment déclaré, suivant l’exemple du président du Guatemala, que la légalisation des drogues en Amérique Latine pourrait diminuer la violence et la criminalité.
Le président du Mexique et celui de Colombie se sont exprimés dans le même sens. Ceux du Guatemala, du Costa Rica et de
Panama ont célébré un sommet historique sur la légalisation des drogues, et, pour la première fois les chefs d’état des différents
pays se sont réunis pour débattre de façon explicite sur la fin de la guerre aux drogues telle que nous la connaissons.
Pour conclure, les réactions spasmodiques de répression, comme l’introduction de la "carte-herbe" aux Pays-Bas dernièrement,
donnent clairement les signes d’un animal moribond. Nous allons cultiver nos droits fondamentaux et lutter pour l’évidence
jusqu’à ce qu’à l’avènement de la vérité, qui est la meilleure prévention.
Par Michalis Theodoropoulos
Membre du comité exécutif d’ENCOD, assistant parlementaire du Groupe des Verts au Parlement Européen.
Última edición por jean-michel; 03/07/2012 a las 04:07 AM
03/07/2012 04:01 AM #9
Du 22 au 24 juin 35 membres d’ENCOD de 11 pays ont assisté à l’Assemblée Générale 2012 à T Klooster, Anvers. Pendant trois
jours, l’Assemblée a discuté de ses forces et faiblesses, des opportunités à saisir et des menaces pesant sur ENCOD après 20
ans d’une coalition de citoyens pour des politiques en matière de drogues justes et efficaces, sans oublier de prendre des
décisions concernant les défis que nous devrons affronter lors des 12 prochains mois.
Comme d’habitude, la réunion a commencé par un tour de table sur la situation actuelle de la politique des drogues dans les
différents pays représentés : Norvège, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Espagne, France, Italie, Slovénie, Israël.
De nombreux points noirs ont été soulignés et quelques améliorations sont constatées dans ces pays. La Belgique et l’Espagne
présentent des points positifs mais uniquement en ce qui concerne la politique du cannabis, et l’usage médicinal bénéficie d’une
acceptation de plus en plus importante dans toute l’Europe. Cependant les politiques d’austérité menace les programmes de
réduction des risques qui continuent d’exister dans des conditions très précaires, l’ère de la tolérance zéro n’est pas terminée
comme le montre, par exemple, le "weedpass" (carte cannabis) au Pays-Bas.
Danny Freeman, Belgique
L’évènement le plus remarqué du premier jour a été la présence de Chakib el Khayari, président de l’association des Droits
Humains du Rif, emprisonné entre 2009 et 2011 après avoir dénoncé les alliances entre des fonctionnaires de l’État et des
narcotraficants du Maroc. En 2008, Chakib a été à l’origine du débat sur la légalisation du chanvre/cannabis à des fins
industrielles et médicinales et malgré la violence de la répression à son encontre, l’impact et la force du débat n’ont fait que
Aujourd’hui 3 partis politiques parmi les plus grands soutiennent ouvertement cette proposition, ainsi que le conseiller à la
sécurité du roi du Maroc. Chakib a proposé a Encod d’accompagner l’introduction d’apports techniques et commerciaux à la
culture du chanvre au Maroc. La part la plus importante des bénéfices de cette coopération devra rester entre les mains des
producteurs marocains, cela peut permettre une avancée très importante et pas seulement au niveau du Maroc mais aussi au
Cuisine populaire, vendredi soir, en T Klooster
Les activités fondamentales d’Encod ont été discutées le samedi : les actions de lobby pour les différentes rencontres, aussi bien
pour la Commission des Stupéfiants des Nations Unies à Vienne que pour le Forum de la Société Civile sur la Politique des
Drogues dans l’Union Européenne à Bruxelles, ainsi que pour la promotion des Clubs Sociaux du Cannabis comme modèle de
régulation du marché du cannabis en Europe (en dehors des Pays-Bas).
Fredrick Polak (Pays Bas) et Max Plenert (Allemagne)
Ça n’a pas été très compliqué pour conclure. Lors des sommets internationaux et européens sur la politique des drogues, les
marges dans lesquelles nous pourrons agir seront très étroites. Les représentants de gouvernements et ceux de nombreuses
ONG n’arrivent pas à penser en dehors du concept de prohibition. Tout ce que nous pouvons faire c’est rester de côté et observer
les mouvements de la tortue géante. On a très vite été d’accord sur le fait que nous ne pouvons ignorer de telles rencontres mais
nous avons décidé de limiter notre présence à ce qui est pratiquement réalisable et stratégiquement nécessaire. On formulera les
conditions concrètes à respecter concernant notre participation. Nous espérons que cela facilitera aux membres, le suivi et le
partage des expériences des délégués d’Encod à ces réunions.
Ingrid Wunn, Allemagne
Des bonnes vibrations ont animé le débat sur la progression des Clubs Sociaux du Cannabis. Autant en Espagne qu’en
Belgique, ce modèle semble avoir été reconnu comme une alternative légitime au marché noir, favorisant la protection de la santé
et de la sécurité publiques. En Espagne, les clubs se sont rapidement professionnalisés et ils sont en train d’organiser le premier
Forum Social International de Cannabis lors de la foire Expo Grow à Irun, au Pays Basque du 14 au 16 septembre 2012. En
Belgique, Trekt Uw Plant a multiplié par deux le nombre de ces adhérents, depuis la fermeture, aux Pays-Bas, des coffeeshops
frontaliers, aux résidents belges.Le 18 juin, le premier Club Social de Cannabis français a vu le jour à Tours et une initiative
semblable se prépare en Slovénie.
Jaka Bitenc et Janko Belin, Slovenie
Dans le courant de cette année Encod réalisera un inventaire des données disponibles et nécessaires sur le fonctionnement des
clubs du cannabis en Espagne et en Belgique, en mettant en évidence les preuves que ce système peut contribuer à la réduction
du marché illégal. Nous construirons aussi une stratégie commune pour la défense légale de cette initiative qui pourra être
utilisée par les avocats dans les pays d’Europe quels qu’ils soient. Nous ferons aussi la promotion active du modèle dans les
pays où les activistes nous sollicitent et nous produirons du matériel d’information. Enfin nous défendrons la coopération
technique transnational entre les clubs sur des thèmes comme l’organisation ou l’échange de matériel génétique.
Jan Bojer (Norvège)
Le dimanche, l’assemblée a pris des décisions sur une série de propositions d’actions qui ont été présentées par des membres.
Suivant l’ordre chronologique :
Le site web d’Encod sera reconstruit en octobre par le webmaster.
Lors des prochains mois on diffusera des pétitions aux membres d’Encod traitant les thèmes urgents comme la réduction des
risques (particulièrement en milieu carcéral).
Nous ferons un récapitulatif des membres d’Encod, de leurs compétences et de leurs capacités, pour que cette information puisse
être partagée par d’autres membres et par le grand public, optimisant ainsi le réseau.
Nous commencerons à préparer une campagne pour les élections européennes de 2014. Nous voulons donner des informations
sur le comportement des partis dans le débat sur la politiques des drogues et lancer une discussion publique sur ce thème. En
France et au Royaume-Uni des membres pensent présenter leur propre liste.
Dans les 6 prochains mois Encod soutiendra les manifestations organisées par l’Association des Amis de la Feuille de Coca
pour informer sur les vertus médicinales, culturelles et alimentaires de cette feuille et promouvoir son modèle de commerce
équitable qui est la base du circuit fermé entre des consommateurs européens de la feuille de coca et des producteurs andins.
Dans cette campagne nous espérons collaborer avec des membres d’Encod de plusieurs pays, ainsi qu’avec des populations et
des ambassades péruviennes et boliviennes.
Pause dans le jardín du T Klooster
Enfin, nous avons décidé de créer un fond d’Encod. Grâce aux différents projets d’Encod (comme Trekt Uw Plant en Belgique ou
VOC en Hollande) le poids administratif sur le budget d’Encod a été réduit. Cela veut dire que chaque année on peut mettre de
côté une somme d’argent, une fois que tous les besoins d’Encod ont été satisfaits.
On a décidé que cet argent pouvait servir à soutenir des actions locales des membres d’Encod. Dans cet objectif, on élaborera
une procédure pour l’application et la sélection.
La force d’Encod tient dans sa diversité et son indépendance. Nous sommes une authentique coalition de citoyens qui ne se
laissent pas avoir par des intérêts à court terme. Toutefois notre point faible réside dans la fragilité de l’appareil qui impose trop
de tâches à trop peu de gens qui ont tendance à surestimer leurs capacités propres et à sous-estimer les exigences pour réussir.
’Rien n’est vraiment certain, même pas cette phrase." (mots de l’écrivain Frederik van Eeden,
dans les rues d’Anvers) )
Nous avons des opportunités à saisir dans la cohérence entre travail de lobby concentré sur des actions concrètes qui
démontrent qu’une alternative à la prohibition est possible ; et l’activisme de base dans l’aide aux personnes pour faire face aux
nécessités du quotidien (CSC et Amis de la Feuille de Coca).
Nous ne sommes pas menacés. La prohibition des drogues est prête à être abolie comme un des programmes sociaux les plus
absurdes de l’histoire humaine. L’appel à la population pour que soient envisagées des politiques alternatives plus justes et plus
efficaces ne se renforcera que dans les années à venir. Avec d’autres, nous devrions faire en sorte que ces alternatives soient les
plus convaincantes possibles. Si nous échouons, nous ne pourrions nous en prendre qu’à nous-mêmes.
Photos par Maja Kohek, Slovenie
05/08/2012 11:42 AM #10
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-90.html
Peu à peu, la situation a empiré, non pas en ce qui concerne la santé publique mais dans deux autres aspects. Dans les régions frontalières hollandaises de la Belgique et de l’Allemagne le tourisme a augmenté, mais pas seulement puisque ce tourisme est aussi alimenté par des pays plus éloignés comme la France, l’Italie et autres. Les nuisances conséquentes n’auraient pas dû être perçues comme un motif supplémentaire pour restreindre l’accès des coffeeshops aux étrangers. On peut traiter ce problème par des mesures pratiques comme celles qui ont été prises par la municipalité de Venlo à la frontière allemande, où deux coffeeshops ont été transférés des centres fortement peuplés vers un parking pour camions abandonné, près de la frontière et de l’autoroute venant de la région de la Ruhr.
Un des aspects intéressant de la dépénalisation c’est que peu de problèmes émergent quand on laisse en paix le secteur de l’offre. Comme on peut le voir dans "The Wire", la fameuse série américaine sur le marché des drogues à Baltimore:quand le système judiciaire n’agit pas de façon agressive pour "lutter" ou "réduire" les drogues, le marché noir/gris peut assumer sa fonction sans problèmes : la production et la distribution de cannabis. Toutefois sans les garanties de qualité qui doivent être requises.
Nous gardons l’espoir que nos politiciens retrouvent la raison et qu’ils se chargent de la mise en place d’un marché légal régulé pour le cannabis.
Source : "Entkriminalisierung von Drogenkonsumenten - Legalisierung von Drogen"
10/09/2012 07:28 AM #11
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-91.html
SEPTEMBRE 2012UNE TENDANCE QUI VA ARRÊTER LE TRAIN DE LA PROHIBITION
Un spectre hante l’Europe : le spectre du Cannabis Social Club. La nécessité de briser les chaînes de la prohibition et de soumettre la production et la distribution du cannabis a un régime de contrôle plus transparent et plus responsable oblige les citoyens de toute l’UE à proposer des solutions à des problèmes que les politiciens sont incapables de résoudre.En Espagne et en Belgique les autorités de Justice tolèrent la présence des Clubs Sociaux du Cannabis qui fournissent à leurs membres du cannabis selon un modèle non lucratif. Comme toujours en Europe on prête attention à ce que décideront les grands pays.À cet égard, l’évolution en France est intéressante. En 2011 le sujet du cannabis a surgi régulièrement lors des primaires pour le choix du candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle. Ce thème a été au centre de l’attention des médias et de l’intérêt public. Trois jours avant le premier tour des élections présidentielles de mai 2012, dans une de ses dernières tentatives pour éviter la déroute, Sarkosy a attaqué Hollande, avertissant que si "les socialistes reviennent au pouvoir ils vont légaliser le cannabis". Plus tard, trois jours avant les élections législatives de juin, la nouvelle ministre du Logement a fait une déclaration aux médias en tant que leader des Verts, expliquant que son parti a pour objectif de "non seulement dépénaliser la consommation de drogues mais aussi de légaliser le cannabis"
À plusieurs reprises au cours de sa campagne, le Président Hollande s’est dit "opposé à la dépénalisation et qu’une solution au problème des drogues doit être apportée au niveau européen". Avant les élections, c’était une façon d’éviter les attaques de la droite en déplaçant la question à un autre niveau, au delà des frontières nationales. Mais depuis qu’il est au pouvoir, on pouvait espérer une initiative qui le ferait passer des paroles aux actes.De même, deux événements intéressants ont eut lieu. Six jours après les élections de Hollande, le 12 mai, la Marche Mondiale de la Marijuana en France a réuni plus de deux mille personnes à Paris et quelques centaines dans des dizaines de ville. Et le 16 juin l’initiative de créer le premier Club Social du Cannabis français a vu le jour. Deux mois se sont écoulés depuis et un mouvement important est en train de se développer autour du CSC, élevant le débat au niveau d’une alternative concrète sur laquelle peuvent se positionner les politiciens.
Au prochain Congrès du Parti Socialiste sera présentée une résolution ayant pour objectif de faciliter la mise en place de Clubs Sociaux du Cannabis et une autre pour rendre disponible le cannabis médical de manière légale. On espère que l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant et quelques autres personnalités voteront en faveur de la régulation du cannabis.De plus, deux initiatives importantes ont ouvert le débat sur les drogues en France : une lettre ouverte d’un policier au Président de la République a marqué la mise en place d’une branche française de LEAP (Law Enforcement Against Prohibition) et une grande coalition d’organisations qui travaillent pour la réduction des risques s’est formée autour d’une pétition en faveur d’une "nouvelle politique des addictions". La proposition de créer des salles d’injection sûres, qui fut abandonnée par le gouvernement antérieur, a été relancée et il se pourrait que de telles salles soient disponibles dans quelques villes françaises dans un proche avenir.En Allemagne, la Chancelière Merkel a organisé une réunion au début du mois de juillet avec les promoteurs de la pétition sur la régulation du cannabis qui a été signée par 70 000 personnes. Le 11 août, la Hanfparade pour "la Liberté, la Santé et la Justice" a reçu des milliers de personnes à Berlin et quelques autres manifestations pour la régulation du cannabis sont attendues au mois de septembre.
Aux Pays-Bas, le 18 août, le bus pour le cannabis a démarré sa tournée de 23 villes, une initiative parmi d’autres pour soutenir un appel au vote pour le cannabis lors des élections générales du 12 septembre. Ces élections sont d’une importance capitale pour le futur du "Wietpas", restriction de l’accès aux coffee shops aux seuls résidents hollandais. Cette mesure a été mise en place dans le sud des Pays-Bas le 1er mai et il est prévu de l’étendre au reste du pays à partir du 1er janvier 2013. Si le futur gouvernement confirme cet ordre du jour, Amsterdam sera envahi de vendeurs à la sauvette qui se lanceront à l’assaut de millions de touristes qui ne visitent pas la ville seulement pour ses musées et ses excursions sur les canaux. Si il est décidé d’abolir le "Wietpas" et d’ouvrir de nouveau les coffee shops aux étrangers dans le sud du pays, cela pourrait être le commencement d’un règlement définitif de la chaîne du cannabis aux Pays-Bas.En Slovénie, fin août, s’est organisé un congrès international sur les applications positives du chanvre et de la marihuana, avec la participation d’un grand nombre d’experts internationaux. Une modification de la loi concernant les drogues au début de cette année a ouvert la possibilité théorique de la création d’un Club Social du Cannabis, les activistes slovènes explorent les formes concrètes qui pourraient faire que le rêve devienne réalité.En dehors de l’Europe, des signaux similaires montrent une tendance que l’on pourrait définir ainsi : tout le monde en a marre de la prohibition, mais personne n’ose prendre le risque d’être le premier à légaliser. Aux Etats-Unis, des initiatives électorales pour la régulation du cannabis sont à l’ordre du jour en Arkansas, Colorado, Massachusettes, Montana, Oregon et Washington. Le président de l’Uruguay a annoncé une proposition législative pour le début de l’année prochaine qui, on l’espère, réalisera le premier "modèle d’Etat" pour la production et la distribution de cannabis.
L’enjeu pour les activistes du cannabis est clair. Une vraie réforme des politiques du cannabis doit partir de la base vers le haut. En définissant et en gérant leur propre modèle d’organisation de la chaîne du cannabis, les citoyens devront prendre l’initiative et montrer le chemin à la majorité des politiciens et des scientifiques qui se trouvent encore enfermés dans le cadre prohibitionniste. À chaque pas effectué, les activistes doivent se rendre compte de la grande responsabilité qui repose sur leurs épaules : s’ils se trompent, alors se seront les prohibitionnistes ou les laboratoires pharmaceutiques qui en feront un argument pour renforcer la prohibition généralisée ou faire une exception pour les dérivés pharmaceutiques du cannabis.Lors des prochains mois, ENCOD prévoit une large promotion du modèle des CSC avec un imprimé récemment actualisé dans plusieurs langues, et une participation à différents événements en Espagne, Belgique, France, Slovénie et République Tchèque. Du 14 au 16 septembre, le modèle CSC sera expliqué en détail lors du premier Forum International du Cannabis, organisé parallèlement à l’Expo Grow del Cáñamo à Irun en Espagne. Le 26 septembre, le CSC Trekt Uw Plant présentera sa sollicitation au conseil municipal d’Anvers pour faciliter la mise en place d’une serre de culture au service de ses 300 membres. La serre sera entretenue par 12 employés à temps plein, et produira plus de 100 00 euros en location annuelle pour la ville d’Anvers.
Le 19 octobre, ENCOD participera à un symposium sur les Cannabinoïdes en Médecine organisé au Parlement Européen de Strasbourg, en France. Ceci afin d’éclaircir le fait que l’on doit tenir compte de ce que nécessitent les patients et ce qu’ils peuvent dire, et ce, quelle que soit l’opinion du secteur de la santé publique sur le cannabis. Au début du mois de novembre Encod participera à une rencontre à la Faculté des Sciences Sociales de Ljubliana, dans le but d’expliquer et de soutenir le modèle des CSC en Slovénie. Et du 9 au 11 novembre nous serons présents à la Foire Internationale du Chanvre en Europe de l’Est, Cannafest à Prague.De plus, le secrétariat d’ENCOD est aussi impliqué dans d’autres activités. En raison de la disparition de notre webmaster Christian, nous avons dû trouver d’autres personnes pour prendre l’initiative du renouvellement du design de la page web d’Encod. Sur ce nouveau site web on incluera un inventaire des membres d’Encod. Le Comité Exécutif est en train d’étudier des "lettres pour une défense juridique" qui seront discutées en Assemblée Générale. Avec le soutien d’Encod, l’association des "Amis de la Feuille de Coca" est en train de préparer différentes manifestations pour les prochains mois, elles seront annoncées sur leur nouveau site web. Et pour finir, nous vous informerons bientôt sur la mise en place du Fonds d’Action d’Encod, où les membres d’Encod pourront solliciter un soutien pour de petites actions destinées à faire avancer le débat sur les politiques des drogues dans leur pays.
Par : Farid Ghehioueche y Joep Oomen
04/10/2012 07:04 AM #12
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-92.html
Parmi les Etats Membres de l’UE, la Slovénie est au troisième rang en nombre de policiers par habitant (après l’Espagne et la Grèce). Selon les statistiques de la police, la moitié des recherches criminelles est liée aux affaires de drogues dont 80 % concernent le cannabis ! La majorité des consommateurs condamnés le sont pour trafic, parce que la police, les procureurs et les tribunaux font ce qu’ils veulent. Les rapports de police montrent que dans 30% des cas on a à faire à des récidivistes. En réalité se sont des consommateurs de drogues accusés de crimes plutôt que d’infractions.La proportion entre les crimes et les infractions liés aux drogues dans l’UE se situe entre 5 et 10 % de crimes (trafic) et 90-95% d’infractions (possession). En Slovénie la situation est alarmante, la proportion est de 30% de crimes et 70 % d’infractions. Mais les variations entre les différents départements de la police sont pour le moins suspectes. Le département de Murska Sobota ( dans la région de Pomurje au nord-est de la Slovénie) a une proportion de 70 % de crimes et de 30 % d’infractions (graphique n°1).
Graphique n° 1 : Comparaison entre les crimes (en bleu) et les infractions (en rouge) dans les différents départements de la police en 2003-2010 ( Source : Ministère de l’Intérieur-Police)
Graphique n°2 : Moyenne des crimes en relation avec les drogues (en bleu), des infractions (en rouge) et des deux combinés (en vert) pour 1000 habitants 2003-2010 (Source : Ministère de l’Intérieur-Police)
Graphiquen°3 : Moyenne des crimes est des infractions en relation avec les drogues par agent de police 2003-2010 (Source : Ministère de l’Intérieur-Police).
Graphique n°4-Nombre de crimes et d’infractions du département de Murska Sobota 2002-2011 ( Source : Ministère de l’Intérieur-Police).
Graphique n°5 : Nombre de crimes et d’infractions concernant les drogues durant la première moitié de 2011 (Source : Ministère de l’Intérieur-Police)
Graphique n°6 : Nombre de crimes et d’infractions liés aux drogues en Slovénie 2003-2011 (Source : Ministère de l’Intérieur-Police)
Une autre évidence apparaît dans le graphique n°6, la relation entre les crimes et les infractions concernant les drogues en Slovénie est relativement stable et réelle.Mais nous ne devons pas oublier que chaque année la Slovénie dépense 300.000.000 € en criminalisant les citoyens qui consomment du cannabis. Cette somme inclut la police, les poursuites judiciaires, les tribunaux, les experts, les témoins, les défenseurs, les informateurs, les hélicoptères etc...Par Božidar Radišič
En septembre,on a fait savoir aux membres d’ENCOD que le fonds d’ Action Encod pour des petits projets, Graines pour la Paix des Drogues, était opérationnel, et on a imprimé des prospectus pour la campagne des Clubs Sociaux du Cannabis en anglais, en français et en allemand.Nous avons participé au Premier Forum International du Cannabis qui s’est déroulé dans le cadre de la Foire du Chanvre Expo Grow à Irun (Espagne) à laquelle ont assisté des représentants de clubs du cannabis des Etats-Unis, de France, de Belgique et d’Espagne, ceux qui organisent le marché du cannabis dans la transparence. La prochaine étape de la campagne pour les CSC commencera lors des manifestations de Ljubliana, Slovénie les 7 et 8 novembre et de la Foire Cannafest à Prague en République Tchèque du 9 au 11 novembre.Le Comité Exécutif s’est réuni deux fois au travers de Skype. Lors des prochaines semaines un plan d’action sera élaboré pour les représentants d’Encod au Forum de la Société Civile de l’UE. Les éléments de base font apparaître la nécessité d’augmenter la transparence du FSC et de ses membres ( en référence aux normes des ONG), la participation des membres dans l’organisation de ses réunions et la nécessité de créer un espace de discussion dédié aux alternatives à la prohibition.Le mois prochain le CE espère terminer une version définitive des lettres de défenses juridiques qui ont été approuvées lors de la dernière Assemblée Générale, et qui peuvent être utilisées par les membres d’Encod en contact avec leurs autorités. De même, commenceront les activités de campagne autour des Elections Européennes de juin 2014.Par Joep Oomen
ENCOD A BESOIN DE VOTRE SOUTIEN :Account : 001- 3470861-83 Att. ENCOD vzw - BelgiqueBank : FORTIS, Warandeberg 3, 1000 BruxellesIBAN : BE 14 0013 4708 6183SWIFT : GEBABEBB
04/11/2012 14:12 PM #13
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-93.html
LE CANNABIS MEDICINAL EN ITALIE
L’Union Européenne, défend, parmi ses principaux objectifs, la protection de la santé de ses citoyens.
Après deux ans d’activisme de la part de groupes de patients et de professionnels, quelques pays
européens ont accordé un accès partiel au cannabis médicinal et aux cannabinoïdes. C’est le cas de
l’Allemagne, de la Finlande, de l’Autriche, de la Suisse, des Pays-Bas, de l’Espagne et de l’Italie.
Cependant, bien qu’il soit théoriquement possible d’accéder au cannabis médicinal, l’obtenir de façon
légale reste souvent difficile, voire impossible, pour la majorité des gens.
L’accès au cannabis médicinal en Italie n’est pas facile, et pas seulement à cause des lois
restrictives, mais aussi à cause des obstacles culturels et politiques, et tout ça sans parler des coûts.
Les médecins italiens pensent que le patient doit essayer tous les médicaments existants avant de
recommander un traitement à base de cannabis. Parfois quelques institutions ou des professionnels
aident les patients, mais seulement quand ils sont en phase terminale. C’est une attitude cynique,
inhumaine, et c’est parfois même une torture pour beaucoup de patients.Souvent le personnel médical préfère éviter le sujet qui porte à controverse. Le processus d’accès à l’avortement est un bon exemple de cette attitude dans les hôpitaux publics d’Italie. Même si l’avortement est complètement légal, il est devenu difficile, voire impossible d’en bénéficier dans certaines régions.
En Italie il semblerait qu’il existe le meilleur cadre pour le cannabis médicinal qui pourtant évolue dans la pire des législations des drogues en Europe. La possession de 0,5 gr de THC ou la culture de quelques plantes de cannabis peuvent être punies de 6 à 20 ans de prison. Deux gouvernements de droite successifs ont déclaré la guerre aux consommateurs de cannabis qui représentent aujourd’hui 75 % des cas jugés en tribunal pénal, ce qui a pour conséquence déplorable que 40 % de la population carcérale est issue de l’infâme loi Fini-Giovanardi contre les drogues .
Le droit à la santé est basé sur l’article 32 de la Constitution et ce principe a été confirmé pour le
cannabis dans le décret signé par Mme Livia Turco le 18 avril 2007. Ce décret considère que le THC
fait partie des substances dont valeur thérapeutique est certifiée et aptes à prescription médicale, ce
qui permet aux pharmacies de proposer des préparations magistrales ou d’importer des dérivés du
cannabis produits à l’extérieur de l’Italie.
Mais cette règle n’est en général pas respectée et il est très difficile d’obtenir des ordonnances. De
fait, la majorité des politiciens, le public en général et même la grande majorité des consommateurs
de cannabis continuent de croire que le cannabis médicinal est illégal. Même les médecins tendent à
ignorer que les cannabinoïdes à usage médical importés ne sont que les fleurs de cannabis.
Le ministre de la Santé Andrea Riccardi veut que le débat sur les politiques des drogues soit posé par un gouvernement élu légalement, mais le personnel de son Département Antidrogues suit le même chemin, avec la publication récente d’un manifeste idéologique antidrogues, signé par de nombreux médecins, avertissant des dangers du cannabis illégal. Ça ressemble à un avertissement adressé aux professionnels qui peuvent ne pas être conscients de la situation légale actuelle du cannabis médicinal.
Sur le marché italien il est théoriquement possible pour les patients d’obtenir la majorité des
cannabinoïdes légalement produits sur la planète. Même s’ils ne sont pas fabriqués en Italie, les
produits naturels ou de synthèse, tout comme les fleurs femelles sèches d’un titrage défini de
composants actifs, doivent être disponibles.Les produits dérivés du cannabis peuvent être remboursés par le Service National de Santé s’ils ont
été prescrits par un médecin de l’hôpital, quand le budget de l’institution le permet et si il est
consommé dans le cadre hospitalier. C’est sous la totale discrétion du chirurgien qu’est décidé si tel
ou tel symptôme ou pathologie nécessite l’usage de cannabis.
Le produit est accessible en 3-4 jours après la demande en cas de préparations magistrales et
seulement après 2-3 mois pour des produits importés d’autres pays. Sur ce point, le pharmacien
fournit la prescription directement au chirurgien ou même au patient, après avoir effectué le paiement
au prix de vente en gros demandé par le producteur. Le patient paiera beaucoup moins que le prix en
pharmacie du pays producteur ; dans le service de santé italien aucun surcoût n’est appliqué. En
Allemagne, par exemple, les fleurs de cannabis peuvent coûter beaucoup plus cher que dans le pays
producteur, mais ce n’est pas le cas en Italie.
Malheureusement pour la majorité des patients il est très difficile de trouver le moyen d’obtenir des produits dérivés du cannabis à usage médicinal. Il existe des organisations comme PIC, les patients impatients qui utilisent du cannabis, mais ils ont une infrastructure basique et ils ne peuvent pas atteindre la majorité des gens qui ont besoin d’aide pour affronter une bureaucratie très compliquée.
Faute de régime d’importation plus efficace ou de production italienne de cannabis médicinal qui
coûte moins cher que d’acheter dans les pays producteurs. Alors quoi ? Il ne vaudrait pas mieux
continuer d’importer du cannabis médicinal relativement bon marché ? Tout laisser dans l’état actuel
et travailler pour que le personnel médical soit plus ouvert à la question et sorte de son actuelle
A cette question, un membre des patients impatients qui utilise du cannabis a répondu que "oui, en
théorie du point de vue de la liberté d’accès, il vaudrait mieux que tout reste tel quel, avec toutes les
possibilités thérapeutiques déjà disponibles au plan national, mais seulement si les chirurgiens
prescrivent vraiment les remèdes et si les hôpitaux n’empêchent pas l’application des normes
actuelles. Malheureusement ce n’est pas le cas, il faudrait imposer une loi sans ambiguïté bien que
cela ne devrait pas être nécessaire si tout fonctionnait comme prévu. Il faut maintenant compenser
plusieurs décades de campagnes et de politiques anti-marihuana qui ont beaucoup marqué le
subconscient du personnel médical et des citoyens, et essayer de "normaliser" l’usage médical des
dérivés du cannabis au niveau culturel".
Toutefois, il est difficile d’influencer les médecins. Personne ne peut imposer, ni même par une loi, ce qu’ils doivent prescrire s’ils ne veulent pas le faire. Beaucoup semblent avoir peur de l’évidence clinique et des préférences thérapeutiques de leurs patients. Les sources courantes d’information des médecins sont issues des compagnies pharmaceutiques qui incitent à prescrire un remède ou un autre, et le cannabis n’en fait pas partie. On pourrait croire que la prescription de cannabis serait beaucoup plus facile s’il y avait un fournisseur pharmaceutique qui proposait le produit au chirurgien.
Quelles sont les perspectives pour les patients italiens quant au droit à l’usage du cannabis ?
Si les politiciens et les médecins ne permettent pas l’accès à des traitements à base de cannabis
pour les patients qui en tirent ou qui pourraient en tirer un bénéfice thérapeutique, sans préjugé ni
exclusion à priori d’aucune catégorie de patients, le problème perdurera. On ne peut pas demander à
un patient, qui a peut-être déjà testé personnellement l’efficacité de cette substance sur ses
symptômes, son état de santé général et sa qualité de vie, de renoncer ou d’attendre le temps
nécessaire à la recherche ou à la politique. Ce patient n’obtiendra satisfaction qu’au travers de sa
propre initiative ou de celle d’un groupe, ce qui est déjà un droit.
Compte-rendu du secrétariat d’Encod
En octobre on a publié les flyers de la campagne des Cannabis Social Clubs en slovène et en italien
, en plus de l’anglais, du français et de l’allemand.
En raison de la Conférence sur l’usage du cannabis en médecine au Parlement Européen le 19
octobre, Encod a diffusé un communiqué de presse.
Nous avons aussi envoyé une lettre urgente pour inclure un soutien aux mesures de réduction des risques dans la stratégie des drogues de l’UE en lien avec les autorités européennes. Cette lettre peut être copiée/collée par les membres qui souhaitent prendre contact avec les autorités de leur pays.
Le Comité Exécutif s’est réuni trois fois au travers de Skype. Il a été adopté, entre autre, un
code de conduite pour les représentants d’Encod aux réunions du Forum de la Société Civile. C’est avec ce shéma à l’esprit que Fredrick Polak a assisté à la réunion de groupe de pilotage du CSF, qui a eu lieu le 22 octobre. Dans quelques jours on publiera un rapport complet sur cette réunion.
Le mois prochain, Encod participera à la Conférence sur les Clubs Sociaux du Cannabis en Slovénie
à l’Université de Ljubljana le 8 novembre et à la Cannafest du 9 au 11 novembre à Prague.
Aucun membre d’Encod n’a sollicité le Fonds d’Action d’Encod pour de petits projets, Des Graines pour la Paix des Drogues.
02/12/2012 18:11 PM #14
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-94.html
BRISER LE STATUS QUO DE LA POLITIQUE DES DROGUES EN EUROPE
Pyramides des effets dommageables et bénéfiques de la politique des drogues
Le status quo du débat de la politique des drogues tient au fait que la
prohibition des drogues et le trafic illégal des drogues ne s’opposent en
aucune manière. Ils se soutiennent mutuellement. Se sont deux instruments
d’un même empire qui domine la politique et l’économie de ses deux
composantes les plus importantes : l’industrie criminelle et l’industrie de la
sécurité, profondément enracinées aussi bien dans le secteur public que
L’illégalité des drogues est un outil très utile pour le contrôle répressif de
centaines de millions de citoyens, pour la violation de leurs droits
fondamentaux, la militarisation de leurs sociétés, la domination sur leurs
cultures et la destruction de leurs ressources naturelles. Et tout ça basé sur
des arguments qui semblent pavés de bonnes intentions aux yeux de
l’opinion publique, comme par exemple la protection de la santé et de la
sécurité sur la planète.
Depuis de nombreuses années, les autorités politiques, judiciaires et
sanitaires qui s’occupent de la question des drogues en Europe ont
commencé à comprendre que la prohibition est contre-productive. Comme
des funambules sur une corde molle, ils restent en équilibre entre la loi et
l’application pragmatique de la loi, car il est pratiquement impossible
d’enrayer un phénomène aussi massif que celui de la consommation de
drogues. Cependant, la question est de savoir quand cette tension conduira à
la réforme légale. Pour l’instant aucun pays européen ne semble disposé à
aller au delà d’ajustements purement d’apparence.
Pendant ce temps là, ceux qui souffrent du dysfonctionnement de la politique
des drogues sont les citoyens ordinaires, qui n’ont pas accès aux espaces où
sont prises les décisions. Alors que les autorités en sont à discuter du bien-
fondé ou non d’un débat sur les drogues, ces citoyens deviennent de plus en
plus les architectes des futures politiques. Quoi qu’il en soit, briser le status
quo demande du temps.
En France, le débat sur la situation légale du cannabis a resurgi après la
déclaration de Vincent Peillon qui a plaidé en faveur d’un nouveau système
de régulation des drogues après deux affaires importantes de corruption.
Après la déclaration de Peillon, beaucoup de journalistes et de politiciens ont
exprimé leur soutien, mais le premier ministre Ayrault a décidé de clore la
discussion. Toutefois, au même moment, la ministre de la Santé, Marisol
Tourraine, déclarait que l’ouverture de salles d’injection faisait partie de ses
principales préoccupations.
En Italie, une rencontre nationale d’activistes pour la réforme de la politique
des drogues a eu lieu dans une immense usine occupée qui appartient à la
firme multinationale d’origine américaine J.Colors, à Pise. Quelques jours
plus tôt, la police anti-émeute de Milan a interrompu une rave party illégale,
attaquant les participants au beau milieu de la nuit. Mais le sujet principal de
la réunion parlait de la possible organisation des Clubs Sociaux du Cannabis
en Italie, peut-être en commençant par des groupes de patients qui cultivent
pour leur propre consommation.
En Espagne, les activistes pour une autre politique des drogues tirent la
sonnette d’alarme quant à l’impact des réductions budgétaires importantes
sur les programmes des drogues en conséquence des mesures d’austérité.
Dans son analyse de ces nouvelles mesures, ENLACE, la Fédération
d’Organisations Andalouses de la société civile, qui travaille pour la réduction
des risques, regrette que les plus touchés par ces mesures soient les
organisations de la société civile :" Nous accomplissons un travail de rue
nécessaire, professionnel et de qualité, en créant des réseaux dans les
quartiers des villes et dans les villages. Cependant, d’année en année nous
nous retrouvons avec de moins en moins de soutien de la part de
l’Administration. De nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs
sont restés des mois et des mois sans salaire. Beaucoup ont dû avancer avec
leurs propres deniers les sommes dues par l’Administration".
En République Tchèque, la modification de la loi pour permettre l’usage
médical du cannabis en est à sa troisième lecture au Parlement. Quand elle
sera approuvée elle passera par le Sénat avant d’être signée par le président.
La loi stipule que le cannabis médicinal doit être totalement accessible aux
patients, avec le meilleur contrôle possible et le suivi scientifique de l’Institut
d’État pour le Contrôle des Drogues. La culture du cannabis pour les patients
sera légale après un an, elle devrait donc être possible à partir du 1er janvier
En Allemagne, les attentes et les discussions sur la légalisation et sur la
dépénalisation du cannabis vont dans la bonne direction mais les réactions
des autorités sont décevantes. Aucune proposition n’est prise au sérieux.
En Hollande on ne sait pas quel sera l’avenir du wietpass (carte qui permet
d’acheter du cannabis dans un coffeeshop) au vu de l’arrivée au pouvoir d’un
nouveau gouvernement. Les responsables du ministère de la sécurité et de la
justice restent les mêmes personnes qui essaient de poursuivre la mise en
oeuvre de la majeure partie de leurs projets. Heureusement, une forte
résistance s’est généralisée dans les grandes villes mais aussi dans des
villes de dimensions moyennes, il n’est pas encore possible de savoir quel
sera le résultat. Prochainement les verdicts d’une série d’affaires concernant
les coffeeshops seront rendus publics. Ils peuvent avoir une influence sur le
déroulement de la politique des drogues en Hollande. Le Ministre de la
Sécurité et de la Justice, Mr Opstelten maintient que ses politiques sont
nationales, mais que les autorités locales pourront faire des ajustements. Par
conséquent nous ne savons pas comment tout ça se terminera.
En Belgique, les politiques des drogues sont reformulées à la base : le Club
Social du Cannabis Trekt uw Plant a vu ses adhésions augmenter
rapidement. Environ 300 belges ont maintenant la possibilité d’obtenir une
plante de cannabis de l’organisation, et plusieurs groupes sont sur le point de
lancer d’autres CSC.
L’exemple des CSC en Belgique et en Espagne continuent d’inspirer des
activistes d’autres pays qui cherchent un horizon au delà du status quo
actuel. Début novembre un atelier sur la création de CSC s’est déroulé à
Ljiubljana, en Slovénie. Pour l’instant, les activistes slovènes sont très
occupés à faire sortir de prison Bozidar Radisic, mais quand ce combat sera
terminé, la mise en place d’un CSC pourrait être l’étape suivante.
Le 30 novembre, le concept de CSC sera exposé lors de la fête de la récolte
au centre social de Turin, en Italie, et l’Assemblée Générale de la Fédération
Française des CSC se déroulera le 1er décembre à Paris.
Par Joep Oomen (merci à Enrico Fletzer, Farid Ghehioueche, Fredrick Polak, Hanka Gabrielova, Ingrid Wunn et Peter Webster)