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Timestamp: 2016-10-23 23:58:08+00:00
Document Index: 132072180

Matched Legal Cases: ['art. 179', 'art. 9', 'art. 176', 'art. 29', 'art. 137', 'art. 404', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 137', 'art. 163', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'art. 285', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 179', 'art. 137', 'art. 179', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 112', 'art. 179', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 29', 'art. 317', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 66']

5A_147/2012 (26.04.2012)
du 16 d�cembre 2011.
A.a Dame X.________, n�e le *** 1974, et X.________, n� le *** 1972, se sont mari�s le 30 d�cembre 2005, sous le r�gime de la s�paration de biens, selon contrat de mariage du 28 d�cembre 2005.
De cette union est issue A.________, n�e le *** 2007.
A.b.a X.________ travaille � plein temps aupr�s de B.________. En 2008, il a per�u un salaire annuel net de 419'349 fr., soit 34'945 fr. 75 en moyenne par mois, compos� d'un salaire brut (192'500 fr.), d'un bonus en esp�ces (277'919 fr.), d'une part de dividendes (3'270 fr.) et de droits de participation (11'143 fr.). En 2009, il a per�u un salaire annuel net de 472'380 fr., soit 39'365 fr. 75 en moyenne par mois, compos� d'un salaire brut (195'000 fr.), d'un bonus en esp�ces (300'000 fr.), de cash retention Award (3'097 fr.), d'une part de dividendes (378 fr.) et de droits de participation (46'929 fr.). En 2010, il a per�u un salaire annuel net de 439'261 fr., soit 36'605 fr. en moyenne par mois, compos� d'un salaire brut (250'000 fr.), de bonus en esp�ces (207'010 fr.), d'�quivalents de dividendes (4'972 fr.) et de droits de participation (42'917 fr.).
Les bonus sont calcul�s sur la base des performances et sont vers�s l'ann�e suivant celle durant laquelle celles-ci sont r�alis�es. Ainsi, le bonus servi en 2008 concerne l'ann�e 2007 et ainsi de suite.
A.b.b Dame X.________ exploite la raison individuelle C.________. En moyenne, elle a r�alis� un revenu de 45'000 fr. par an, entre 2008 et 2010, soit 3'750 fr. par mois.
Les charges de A.________ et Dame X.________ ont �t� fix�es � 3'992 fr. 90. Elles sont en partie contest�es par celle-ci.
A.c Les �poux vivent s�par�s depuis le 1er octobre 2008.
Le 17 novembre 2008, assist�s chacun d'un avocat, ils ont sign� une convention de mesures protectrices de l'union conjugale, pr�voyant notamment que l'�poux verserait � l'�pouse, d�s le 1er d�cembre 2008, pour l'entretien de l'enfant, dont celle-ci avait la garde, le montant de 2'000 fr., allocations familiales dues en sus (chiffre 5), et, pour son propre entretien, le montant de 4'000 fr. (chiffre 6), �tant pr�cis� que la convention pourrait �tre pr�sent�e en tout temps au juge civil pour homologation (chiffre 12).
Les 19 et 23 juin 2009, les �poux ont sign� une convention de liquidation des biens restants, modifi�e par avenant du 28 juillet 2009.
A.d Le 1er septembre 2009, X.________ a introduit une premi�re action en divorce; son �pouse a conclu au rejet.
Par requ�te de mesures provisionnelles du 2 mars 2010, Dame X.________ a conclu, principalement, au versement, par son �poux, d'une contribution d'entretien en faveur de la famille de 15'000 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2008, allocations familiales en sus, subsidiairement, au versement, d�s le 1er f�vrier 2009, d'un montant de 8'000 fr. par mois, allocations familiales en sus, ainsi que, d�s et y compris 2008, � titre de participation au bonus annuel et avant imp�ts, d'une somme �quivalant � 60% de celui-ci. A l'appui de sa requ�te, elle a fait valoir en substance qu'au moment de la signature de la convention du 17 novembre 2008, elle pensait que son �poux touchait un revenu mensuel brut de 16'250 fr., vers� 13 fois l'an, et qu'aucun bonus ne lui serait vers� en 2009 pour 2008. Lors de l'audience du 29 avril 2010, elle a pr�cis� qu'au moment de la signature de la convention, elle pensait que les revenus de son �poux �taient de 300'000 fr., bonus compris.
Dans son ordonnance du 24 juin 2010, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a consid�r� que les mesures protectrices pr�vues dans la convention du 17 novembre 2008 demeuraient en vigueur � titre de mesures provisionnelles depuis l'introduction de l'instance de divorce et, bien que ce document n'e�t jamais �t� ratifi� par un juge, il a trait� la requ�te comme une requ�te de modification des mesures provisionnelles, au sens de l'art. 179 CC applicable par analogie. Examinant si un fait nouveau �tait survenu depuis lors, il a retenu que la requ�rante avait sign� la convention de mesures protectrices de l'union conjugale du 17 novembre 2008 en toute connaissance de cause, �tant donn� qu'elle savait que le revenu de son �poux se montait � plus de 520'000 fr. en 2008 suite aux �changes de correspondances entre le conseiller fiscal des �poux et leurs conseils. Consid�rant qu'il fallait appliquer la m�thode du maintien du niveau de vie ant�rieur pour fixer la pension, il a �galement retenu que le montant de 6'000 fr. correspondait � ce train de vie, au motif que, m�me en admettant que la requ�rante pensait que les revenus de son �poux �taient de 300'000 fr. par ann�e (soit 25'000 fr. par mois), elle aurait pu demander une pension plus �lev�e si le montant de 6'000 fr. s'�tait r�v�l� insuffisant � cet �gard. Pour ces motifs, il a rejet� la requ�te en modification, jugeant que la convention continuait � d�ployer ses effets � titre de mesures provisionnelles.
Dame X.________ a form� appel contre cette ordonnance. La proc�dure de divorce a toutefois pris fin suite au pass�-exp�dient de X.________ sur les conclusions de son �pouse en audience pr�liminaire du 5 novembre 2010. La proc�dure de recours sur les mesures provisionnelles a alors �t� d�clar�e caduque, celles-ci ne se muant pas automatiquement en mesures protectrices de l'union conjugale.
Le 24 d�cembre 2010, invoquant en substance les m�mes arguments que dans son m�moire du 2 mars 2010, Dame X.________ a d�pos� une requ�te de mesures provisionnelles, concluant � ce que X.________ verse, pour l'entretien de sa famille, par mois et d'avance, allocations familiales en sus, en mains de Dame X.________, une somme que cette derni�re se r�servait le droit de pr�ciser en cours d'instance, mais qui ne serait pas inf�rieure � 8'000 fr., et ceci d�s le 1er f�vrier 2009, et � ce que, d�s et y compris 2008, X.________ lui verse, � titre de participation � son bonus annuel et avant imp�ts, une somme �quivalant � 60% de celui-ci. X.________ a conclu au rejet de la requ�te et a lui-m�me �galement introduit une requ�te de mesures provisionnelles concluant � ce qu'il soit condamn� au versement, en faveur de A.________, d'une contribution d'entretien de 2'000 fr. par mois, allocations dues en sus, d�s et y compris le 1er f�vrier 2011. En audience du 9 avril 2010, Dame X.________ a modifi� ses conclusions, en ce sens que celles formul�es dans sa requ�te devenaient subsidiaires, et qu'elle concluait � titre principal � ce que X.________ verse, pour l'entretien de la famille, la somme de 15'000 fr. d�s le 1er d�cembre 2008.
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 26 septembre 2011, jugeant en substance qu'aucun fait nouveau n'�tait survenu depuis la conclusion de la convention, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a rejet� les requ�tes, qu'elle a trait�es comme des requ�tes en modification des mesures protectrices du 17 novembre 2008.
B.b Le 7 octobre 2011, chaque partie a fait appel contre cette ordonnance devant le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois. X.________ a repris ses conclusions et Dame X.________ a, � titre principal, repris ses conclusions subsidiaires formul�es en premi�re instance et, � titre subsidiaire, conclu au renvoi de la cause en premi�re instance pour nouvelle instruction et nouvelle d�cision.
Par arr�t du 16 d�cembre 2011, les deux appels ont �t� rejet�s.
Le 14 f�vrier 2012, Dame X.________ interjette un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Elle conclut principalement � sa r�forme, en ce sens que X.________ verse, pour l'entretien de sa famille, par mois et d'avance, allocations familiales en sus et en mains de Dame X.________, un montant de 8'000 fr., d�s le 1er f�vrier 2009, et que, d�s et y compris 2008, X.________ verse � Dame X.________, � titre de participation � son bonus annuel et avant imp�ts, une somme �quivalant � 60% de celui-ci. Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'instance pr�c�dente pour nouvelle instruction et nouveau jugement. Elle se plaint de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'�tablissement des faits conduisant �galement, dans son r�sultat, � la violation des art. 176 et 125 CC, ainsi que, pour peu qu'on la comprenne, de l'art. 29 al. 2 Cst.
Le recours est dirig� contre une d�cision de mesures provisoires selon l'art. 137 al. 2 aCC (applicable d�s lors que l'instance a �t� introduite avant le 1er janvier 2011 [art. 404 al. 1 CPC]), soit une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 et 2 LTF), par le juge d�l�gu� de la cour d'appel du Tribunal cantonal du canton de Vaud, autorit� de derni�re instance cantonale statuant sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une cause de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Il a en outre �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 et 46 al. 2 LTF), par la partie qui a succomb� dans ses conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 LTF), de sorte qu'il est en principe recevable.
La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1; 585 consid. 3.3), de sorte que la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de ses droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que si ceux-ci ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ("principe d'all�gation"; art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 III 589 consid. 2). Le Tribunal f�d�ral peut proc�der � une substitution de motifs pour autant que la nouvelle motivation, conforme � la Constitution, n'ait pas �t� express�ment r�fut�e par l'autorit� cantonale (ATF 128 III 4 consid. 4c/aa; arr�t 5A_591/2011 du 7 d�cembre 2011 consid. 3.1).
3.1 Dans son ordonnance du 26 septembre 2011, dans laquelle elle a consid�r� que celle du 24 juin 2010 �tait devenue caduque suite � la cl�ture de la proc�dure en divorce, la juge de premi�re instance a trait� la requ�te de la recourante comme une requ�te en modification de la convention de mesures protectrices de l'union conjugale du 17 novembre 2008 et a consid�r� qu'il fallait fixer la contribution d'entretien en fonction du train de vie men� par l'�pouse avant la s�paration. Elle a retenu que la recourante connaissait le revenu de 520'000 fr. de son �poux et que ce montant avait �t� pris en compte lors de la signature de la convention, car la recourante �tait pr�sente lors des entretiens avec le conseiller fiscal mandat� par les parties en janvier 2008, au cours desquels un revenu de l'ordre de 520'000 fr. avait �t� �voqu� pour l'�poux et que ce conseiller lui avait adress� personnellement des courriels faisant mention de revenus de 521'500 fr. et 520'000 fr. Selon elle, la recourante ne pouvait pas �tre suivie lorsqu'elle invoquait un fax du 12 novembre 2008 du conseil de son �poux pour d�montrer son ignorance, car il en ressortait seulement que le montant du bonus 2008 n'�tait pas encore connu. Elle a ainsi constat� que les revenus de chacun des �poux pris en compte au moment de la signature de la convention s'�taient m�me r�v�l�s sup�rieurs � ceux que chacun avait effectivement r�alis�s par la suite. Par ailleurs, elle a retenu qu'en percevant une contribution d'entretien de 6'000 fr. par mois au total pour elle (4'000 fr.) et sa fille (2'000 fr.), � laquelle s'ajoutait son propre revenu (3'750 fr.), la recourante �tait toujours en mesure de maintenir son train de vie, tel que d�termin� au moment de la signature de cette convention. Au vu de ces �l�ments, la juge de premi�re instance a rejet� la requ�te en modification.
3.2 Dans l'arr�t attaqu�, pr�cisant que la recourante n'invoquait pas de nouvel argument, l'autorit� cantonale a retenu que la juge de premi�re instance avait correctement �tabli que l'�pouse avait sign� la convention du 17 novembre 2008 en toute connaissance de cause, � savoir que le revenu de l'�poux, bonus compris, �tait de l'ordre de 520'000 fr., et que cette connaissance r�sultait d'�changes de correspondances entre le cabinet fiscal mandat� par les parties et celles-ci. Ensuite, elle a retenu que la juge de premi�re instance avait �galement correctement arr�t� que la recourante pouvait, avec le montant de la contribution d'entretien, maintenir le niveau de vie auquel elle pouvait pr�tendre, tel que d�termin� au moment de la signature de la convention.
4.1.1 Pour fixer la contribution d'entretien due au conjoint � titre de mesures provisionnelles pour la dur�e de la proc�dure de divorce selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, dont l'art. 137 al. 2 aCC pr�voit l'application par analogie, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux (art. 163 al. 2 CC), l'art. 163 CC demeurant en effet la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2; arr�t 5A_662/2011 du 18 janvier 2012 consid. 2.2, destin� � la publication aux ATF 138). Chaque �poux a le droit de participer de mani�re identique au train de vie ant�rieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa). La fixation de la contribution d'entretien ne doit pas anticiper sur la liquidation du r�gime matrimonial. En cas de situation financi�re favorable, il convient ainsi de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien du niveau de vie durant la vie commune, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b et les r�f�rences; arr�t 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3, publi� in FamPra.ch 2010 p. 894; 5A_504/2008 du 20 novembre 2009 consid. 2.1.2 et les r�f�rences). Il incombe au cr�ancier de la contribution d'entretien de pr�ciser les d�penses n�cessaires au maintien de son train de vie et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2; arr�t 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences). En revanche, lorsqu'il n'est pas possible de conserver le train de vie ant�rieur, chaque �poux a droit � un niveau de vie semblable � celui men� par l'autre (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�ts 5A_502/2010 du 27 juillet 2011 consid. 3.2, publi� in FamPra.ch 2011 p. 993; 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1, non publi� aux ATF 136 III 257).
4.1.2 En tant que des enfants mineurs sont concern�s, le juge ordonne les mesures n�cessaires d'apr�s les dispositions sur les effets de la filiation (art. 176 al. 3 CC). En vertu de l'art. 285 al. 1 CC, la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi qu'� la situation et aux ressources des p�re et m�re. En cas de situation financi�re particuli�rement bonne, il n'est pas n�cessaire de prendre en consid�ration toute la force contributive des parents pour calculer la contribution � l'entretien de l'enfant. Il ne faut pas prendre comme point de d�part le niveau de vie le plus �lev� qu'il est possible d'avoir avec un certain revenu, mais celui qui est r�ellement men� (ATF 120 II 285 consid. 3b/bb; 116 II 110 consid. 3b; arr�t 5C.66/2004 du 7 septembre 2004 consid. 1.1). Bien que la maxime inquisitoire s'applique, il incombe aux parties, en vertu de leur devoir de collaborer, d'all�guer et de rendre vraisemblables les �l�ments de fait pertinents pour fixer la contribution d'entretien due � l'enfant (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1).
4.2.1 Une fois ordonn�es, des mesures protectrices de l'union conjugale ou des mesures provisionnelles dans la proc�dure en divorce ne peuvent �tre modifi�es qu'aux conditions de l'art. 179 CC (applicable directement pour les premi�res, par renvoi de l'art. 137 al. 2 aCC pour les secondes). Aux termes de l'art. 179 al. 1 1�re phr. CC, le juge ordonne les modifications command�es par les faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont d�termin�es n'existent plus. Cette disposition s'applique �galement � la requ�te de mesures provisionnelles tendant � modifier les mesures protectrices prononc�es auparavant (arr�t 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.2, publi� in FamPra.ch 2011 p. 993; 5A_183/2010 du 19 avril 2010 consid. 3.3.1; 5A_667/2007 du 7 octobre 2008 consid. 3.3). Ces mesures ne peuvent �tre modifi�es que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, notamment en mati�re de revenus, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, si les faits qui ont fond� le choix des mesures provisoires dont la modification est sollicit�e se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vus. Une modification peut �galement �tre demand�e si la d�cision de mesures provisoires s'est r�v�l�e par la suite injustifi�e parce que le juge appel� � statuer n'a pas eu connaissance de faits importants (ATF 129 III 60 consid. 2; arr�ts 5P.473/2006 du 19 d�cembre 2006 consid. 3; 5A_730/2008 du 22 d�cembre 2008 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s). En revanche, les parties ne peuvent pas invoquer, pour fonder leur requ�te en modification, une mauvaise appr�ciation des circonstances initiales, que le motif rel�ve du droit ou de l'�tablissement des faits all�gu�s sur la base des preuves d�j� offertes (arr�t 5A_618/2009 du 14 d�cembre 2009 consid. 3.2.2). Pour faire valoir de tels motifs, seules les voies de recours sont ouvertes.
4.2.2 Lorsque des mesures provisionnelles ont �t� ordonn�es alors qu'une action en divorce �tait pendante, si la litispendance cesse sans toutefois qu'un jugement de divorce ne soit rendu, les effets des mesures provisionnelles ordonn�es pour la dur�e de la vie s�par�e perdurent tant que les parties demeurent s�par�es et que le juge des mesures protectrices ne les a pas modifi�es sur requ�te des parties (ATF 137 III 614 consid. 3.2.2).
5.1 La recourante se plaint tout d'abord d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'appr�ciation des preuves. En substance, elle reproche � l'autorit� cantonale d'avoir retenu, d'une part, que les parties ont pris en compte, pour conclure la convention du 17 novembre 2008, des revenus annuels de l'�poux, comprenant un bonus, de l'ordre de 520'000 fr., �tant donn� qu'elle connaissait ces faits, et, d'autre part, que le montant de 6'000 fr. suffisait � maintenir le train de vie ant�rieur de sa fille et d'elle-m�me.
5.2 En l'esp�ce, contrairement � ce qu'ont retenu les deux instances pr�c�dentes, lorsque la recourante a introduit sa requ�te de mesures provisionnelles du 24 d�cembre 2010, la vie s�par�e des �poux n'�tait pas r�gie par la convention du 17 novembre 2008 mais par l'ordonnance rendue le 24 juin 2010, ex�cutoire nonobstant appel (art. 112 al. 4 aCPC/VD) puis entr�e en force faute pour les parties d'avoir attaqu� la d�cision par laquelle l'appel interjet� a �t� ray� du r�le. En effet, lorsque la litispendance de la premi�re proc�dure en divorce a pris fin sans jugement, les mesures provisionnelles qui y avaient �t� ordonn�es ont perdur�, les �poux n'ayant pas repris la vie commune. C'est donc sur la base de cette d�cision judiciaire en force, et non sur celle de l'acte conventionnel, qu'il y a lieu de contr�ler si des faits nouveaux, pouvant conduire � la modification des contributions d'entretien, sont survenus dans la situation des parties. Or, durant toute la pr�sente proc�dure de modification des mesures provisionnelles, la recourante n'a fait que r�p�ter les arguments qu'elle avait d�j� avanc�s dans sa requ�te du 2 mars 2010 et que le juge avait d�j� examin�s dans son ordonnance du 24 juin 2010, soit qu'un fait nouveau (la connaissance du bonus per�u par son �poux en sus de son salaire) �tait survenu apr�s la signature de la convention du 17 novembre 2008 et que le train de vie ant�rieur � la s�paration avait �t� d�termin� de mani�re erron�e. N'ayant invoqu� ni qu'un fait nouveau �tait survenu dans la situation des parties depuis l'ordonnance du 24 juin 2010, ni que cette d�cision s'�tait r�v�l�e injustifi�e parce que le juge appel� � statuer ne connaissait pas un fait important, la recourante s'est limit�e � requ�rir, dans cette seconde proc�dure, une nouvelle appr�ciation des circonstances initiales retenues dans l'ordonnance du 24 juin 2010. Elle n'a donc fait valoir aucun motif de modification des mesures provisionnelles au sens de l'art. 179 CC.
5.3 Dans tous les cas, m�me si on n'appliquait pas la jurisprudence pr�cit�e, publi�e aux ATF 137 III 614 dans le 13 �me fascicule paru le 3 mars 2012 (cf. supra consid. 4.2.2), pour tenir compte du fait que la recourante ne pouvait pas en avoir connaissance avant l'�ch�ance du d�lai de recours, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits devrait de toute fa�on �tre rejet�. En effet, l'autorit� cantonale a retenu que, cumul� au revenu de l'�pouse de 3'750 fr., la contribution d'entretien de 4'000 fr. pour celle-ci et de 2'000 fr. pour l'enfant leur permettait de maintenir leur train de vie ant�rieur. Il appartenait donc � la recourante de d�montrer l'arbitraire dans l'�tablissement de ce fait, en indiquant pr�cis�ment quelles all�gations et offres de preuves, introduites r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, elle avait pr�sent�es concernant ses d�penses n�cessaires au maintien du niveau de vie ant�rieur et en expliquant pourquoi ces �l�ments avaient �t� consid�r�s � tort comme d�pourvus de pertinence ou simplement ignor�s. Or, s'agissant des d�penses relatives � l'entretien de l'enfant, la recourante n'en mentionne pr�cis�ment aucune qui concernerait celle-ci, la plupart des montants cit�s �tant m�me survenus avant la naissance de l'enfant; s'agissant des d�penses relatives � son propre entretien, elle se limite, sans aucune motivation et sans chiffrer celles-ci, � affirmer qu'il est incontestable qu'elle n'est pas en mesure de maintenir son train de vie ant�rieur en raison du revenu �lev� de son �poux et � renvoyer aux all�gu�s de son m�moire d'appel, qui eux-m�mes ne font que renvoyer � ceux de premi�re instance, dont certains concernent une p�riode ant�rieure au mariage, d'autres font mention de d�penses du seul �poux (achat de deux montres) et d'autres encore, repr�sentant la quasi totalit� des montants invoqu�s, n'ont pas trait � l'entretien courant mais � des cadeaux offerts par son �poux (un bijou � raison d'une fois par ann�e) et � des travaux sur des immeubles.
Ainsi, par cette argumentation, la recourante ne parvient pas � d�montrer l'arbitraire de la d�cision attaqu�e sur ce point. En cons�quence, peut demeurer ouverte la question de savoir si les parties ont, ou non, pris en compte le revenu de l'�poux de 520'000 fr. pour conclure la convention du 17 novembre 2008.
5.4 Partant, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.) doit �tre rejet�.
A deux �gards, la recourante semble aussi se plaindre de la violation de son droit d'�tre entendue consacr� � l'art. 29 al. 2 Cst.
6.1 Premi�rement, elle reproche � l'autorit� cantonale de s'�tre born�e, dans sa motivation, � renvoyer aux explications du premier juge. Secondement, elle lui reproche de n'avoir pas examin�, en application de l'art. 317 CPC, le fait nouveau qu'elle invoquait pour la premi�re fois devant elle, � savoir que ses charges incompressibles comprenaient d�sormais des frais d'inscription � une formation de perfectionnement professionnel, d'un montant de 18'000 USD.
6.2 Le droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique notamment pour l'autorit� l'obligation de motiver sa d�cision. Selon la jurisprudence, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. L'autorit� n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut se limiter � ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 137 II 266 consid. 3.2 et les r�f�rences; 133 III 439 consid. 3.3 et les r�f�rences).
6.3 En l'esp�ce, premi�rement, si l'autorit� cantonale a renvoy� � la motivation du premier juge, c'est qu'elle a consid�r� que la recourante n'invoquait pas de nouvel argument. Elle a alors expos� dans son arr�t les motifs retenus dans l'ordonnance attaqu�e, qu'elle estimait pertinents pour confirmer la d�cision sur le niveau de vie ant�rieur � la s�paration et sur les revenus pris en consid�ration par les �poux pour conclure la convention du 17 novembre 2008. La recourante a d'ailleurs parfaitement compris cette motivation, �tant donn� qu'elle l'attaque tout au long de son recours.
Secondement, la contribution d'entretien �tant fond�e sur le train de vie ant�rieur � la s�paration, soit la limite sup�rieure de l'entretien convenable, l'autorit� cantonale n'avait pas � examiner les moyens de preuve nouveaux sur d'�ventuels frais suppl�mentaires, relatifs � une formation professionnelle.
Ainsi, pour peu que recevable, le grief relatif � l'art. 29 al. 2 Cst. doit �tre rejet�.
Dans un dernier grief, la recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir pr�jug� de mani�re inacceptable le sort de la cause au fond en indiquant qu'elle ne devrait pas toucher de pension apr�s divorce. Bien que la cour cantonale semble m�conna�tre la jurisprudence en la mati�re, il n'y a pas lieu d'examiner ce grief en l'�tat (cf. supra consid. 2).
En conclusion, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable, aux frais de son auteur (art. 66 al. 1 LTF).
Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens, l'intim� n'ayant pas �t� invit� � r�pondre.