Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20030117-248923
Timestamp: 2017-07-22 07:04:53+00:00
Document Index: 42519985

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 27", "l'article 3", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 27']

France, Conseil d'État, 17 janvier 2003, 248923
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 248923Numéro NOR : CETATEXT000008131803 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2003-01-17;248923 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 23 juillet 2002 présentée par Mme Aïcha X..., ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : 1°) d'annuler le jugement du 11 juillet 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 juin 2002 du préfet de l'Oise ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification le 16 mai 2002 de la décision du 14 mai 2002 du préfet de l'Oise lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que la circonstance que Mme X... était titulaire d'un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 26 juin 2002 ne faisait pas légalement obstacle à ce que le préfet de la Loire, par décision en date du 24 juin 2002 notifiée à l'intéressé le 5 juillet 2002 et après que la demande d'asile territorial formée par Mme X... ait été rejetée par décision du ministre de l'intérieur le 24 avril 2002, refuse de lui délivrer un titre de séjour et l'invite à quitter le territoire français ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... fait valoir qu'elle est entrée sur le territoire français en compagnie de sa fille actuellement scolarisée en France, qu'elle vit maritalement avec une personne de nationalité française avec laquelle elle souhaite se marier, que ce mariage n'a pu être célébré en raison du refus opposé par l'officier d'état civil le 26 mai 2002, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment du caractère récent de la présence en France de Mme X... et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas pour objet de faire obstacle au mariage de Mme X... avec un ressortissant français, n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté ; Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination :Considérant qu'aux termes de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : " (.) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ; Considérant que, dans les termes où il est rédigé, l'arrêté du 24 juin 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme X... doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de police a décidé que l'intéressée serait éloignée à destination de l'Algérie ; que si Mme X... soutient qu'elle et sa fille vivaient dans un état d'insécurité permanente en Algérie, elle n'apporte pas d'élément de nature à établir la réalité de risques personnels que comporterait pour elle son retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait contraire aux dispositions précitées doit être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Aïcha X..., au préfet de l'Oise et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2002-06-24Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 27 bisPublications :Proposition de citation: CE, 17 janvier 2003, n° 248923Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mme MauguëOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 17/01/2003Fonds documentaire : Legifrance Haut de page