Source: http://remacle.org/bloodwolf/Pompee/mithri2.htm
Timestamp: 2017-10-17 11:18:09+00:00
Document Index: 92318460

Matched Legal Cases: ['§ 1', '§ 70', '§ 28', '§ 19', '§ 16', '§ 36', '§ 41', '§ 28', '§ 27', '§ 13', '§ 37', '§ 65', '§ 66', '§16']

Guerre contre Mithridate
Situation en Asie Mineure
Au début de 66, un autre tribun, un certain Manilius, un homme de paille lui aussi, déposa un projet de loi, la loi Manilia, d'après laquelle le commandement en chef des provinces d'Asie, Bithynie, Cilicie, avec la direction de la guerre contre Mithridate, était transféré à Pompée. Celui-ci devait conserver d'ailleurs, dans toute la Méditerranée, les pouvoirs qu'il tenait de la loi Gabinia et qui, après la disparition de la piraterie, n'avaient plus de raison d'être. Le commandement extraordinaire de Pompée se trouvait donc, au point de vue territorial, accru de tout l'Orient, et de plus, cette fois, aucune limite précise de temps n'était assignée à sa durée. La proposition, combattue par l'oligarchie sénatoriale, rencontra encore, et pour les mêmes raisons, l'appui de César et, en outre, celui de Cicéron, qui fit alors ses débuts à la tribune aux harangues. Malgré l'intervention véhémente de Catulus, cette fois encore le parti oligarchique fut vaincu et la loi passa à une majorité considérable."
[4] Atque,--ut inde oratio mea proficiscatur, unde haec omnis causa ducitur,--bellum grave et periculosum vestris vectigalibus ac sociis a duobus potentissimis regibus infertur, Mithridate et Tigrane, quorum alter relictus, alter lacessitus, occasionem sibi ad occupandam Asiam oblatam esse arbitrantur. Equitibus Romanis, honestissimis viris, adferuntur ex Asia cotidie litterae, quorum magnae res aguntur in vestris vectigalibus exercendis occupatae: qui ad me, pro necessitudine quae mihi est cum illo ordine, causam rei publicae periculaque rerum suarum detulerunt:
[6] Causa quae sit videtis: nunc quid agendum sit considerate. Primum mihi videtur de genere belli, deinde de magnitudine, tum de imperatore deligendo esse dicendum. Genus est belli eius modi, quod maxime vestros animos excitare atque inflammare ad persequendi studium debeat: in quo agitur populi Romani gloria, quae vobis a maioribus cum magna in omnibus rebus tum summa in re militari tradita est; agitur salus sociorum atque amicorum, pro qua multa maiores vestri magna et gravia bella gesserunt; aguntur certissima populi Romani vectigalia et maxima, quibus amissis et pacis ornamenta et subsidia belli requiretis; aguntur bona multorum civium, quibus est a vobis et ipsorum et rei publicae causa consulendum.
Cicéron, pro lege Manilia, II. (4 - 6)
II. Et, d'abord, partons du fait qui donne lieu à toute la discussion présente : une guerre terrible et pleine de dangers est déclarée aux alliés et aux peuples tributaires de Rome par deux rois très puissants, Mithridate et Tigrane ; l'un, que vous avez laissé pour vaincu, l'autre, que vous avez attaqué, croient avoir trouvé une occasion favorable pour s'emparer de l'Asie. Il arrive, tous les jours des lettres de ce pays, adressées à des chevaliers romains, hommes très-honorables, qui ont de grandes sommes engagées dans le recouvrement de vos impôts ; les liens qui m'attachent à l'ordre équestre les ont décidés à me confier la défense de la république et de leurs intérêts. Ces lettres leur apprennent que plusieurs bourgs de la Bithynie, qui est aujourd'hui une de vos provinces, ont été incendiés ; que le royaume d'Ariobarzane, qui touche aux pays tributaires de Rome, est tout entier au pouvoir des ennemis ; que Lucullus, après avoir fait de grandes choses dans ce pays, quitte la direction de cette guerre ; que celui qui lui a succédé n'a point tout ce qu'il faut pour conduire une si grande expédition ; que les alliés et les citoyens ne désirent, ne demandent pour général qu'un homme ; que ce même homme est le seul aussi que redoutent les ennemis, et qu'ils n'en craignent pas d'autre. Vous voyez quelle est la question qui vous est soumise ; examinez maintenant ce que vous avez à faire. Je crois devoir vous parler d'abord de la nature de la guerre, puis de son importance, et enfin du général qu'il vous faut choisir.
Cette guerre est du nombre de celles qui doivent le plus vivement intéresser et échauffer vos coeurs : il s'agit de la gloire du peuple romain, gloire qui vous a été transmise par vos ancêtres, éclatante dans tous les genres, mais surtout dans les armes ; il s'agit du salut de peuples alliés et amis, pour lequel vos pères ont entrepris plusieurs guerres importantes et dangereuses ; il s'agit des revenus les plus sûrs et les plus considérables du peuple romain, revenus dont la perte vous rendrait la paix moins honorable et la guerre moins facile ; il s'agit enfin de la fortune d'un grand nombre de citoyens, à qui vous devez aide et protection, tant pour eux-mêmes que pour l'intérêt de la république.
LE DISCOURS DE CICÉRON
texte tiré de l'introduction de J. VAN OOTEGHEM, S. J. au de imperio Cn. Pompei ad Quirites oratio.
Cicéron avait, comme Pompée, 40 ans, lorsqu'il prononça le De imperio Cn. Pompei. Plusieurs procès avaient illustré sort nom : l'affaire de Sextus Roscius d'Amérie (80), où il avait plaidé, non sans courage, contre L. Cornelius Chrysogsonus, le tout-puissant favori de Sylla ; dix ans plus tard, le procès de Verrès, coupable d'exactions et de vols pour quarante millions de sesterces. Mais il n'avait jamais encore abordé la tribune aux harangues (§§ 1-2).
Il venait, en 66, d'être élu à la préture, succès éclatant, car par trois fois les suffrages de toutes les centuries s'étaient portés d'emblée sur son nom, et il voyait non sans raison dans cette sympathique unanimité une approbation de sa conduite comme avocat.
1° But de ce discours
Cicéron proteste, au § 70, de ses intentions pleinement désintéressées : il n'a cédé, dit-il, à la sollicitation de personne, ne veut plaire à personne, ne cherche à s'assurer aucun appui ; il agit dans le seul intérêt de l'Etat. Cet intérêt voulait que l'on en terminât une bonne fois avec les difficultés que Mithridate suscitait sans fin en Orient : "Rome, écrit L. Laurand, soutenait contre Mithridate une série de guerres qui duraient depuis une génération ; on voulait en finir. Lucullus avait remporté de brillants succès ; mais les soldats refusaient de le suivre ; il s'était rendu impossible. Quant à Glabrion, il avait complètement échoué. On pouvait craindre un désastre. Un seul homme inspirait confiance à tous : c'était Pompée. Avec lui, pensait-on, les soldats marcheraient. Et l'on avait raison ; ils ont marché triomphalement. La question essentielle était celle-ci : il fallait "gagner la guerre". Or Pompée, comme Cicéron le remarque (§§ 28 et 42), était précisément l'homme qui avait terminé toutes les guerres dont on l'avait chargé. On lui a confié encore celle-là, qui durait depuis bien longtemps, et il l'a terminée, comme les autres."
En même temps qu'il défendait par sa harangue les intérêts bien compris de l'Etat, Cicéron favorisait loyalement, sans déguisement aucun, les intérêts d'une classe importante de citoyens, dont la cause était intimement liée à la cause même de la République - fortunae plurimorum coniunctae cum re publica (§ 19).
Lié comme Cicéron à l'ordre équestre par la naissance, Pompée avait depuis longtemps contracté avec la classe des chevaliers des relations plus étroites. Le nom de chevaliers désignait à l'origine la catégorie des citoyens qui possédaient un cens suffisant pour faire éventuellement à leur frais du service dans la cavalerie : de riches sénateurs faisaient partie de la corporation et possédaient le "cheval public", jusqu'au jour où, en 129, un plébiscite décida qu'ils en seraient désormais privés et que leur nom cesserait de figurer dans les centuries des chevaliers. Cette décision, jointe au plébiscite Claudien de 219 qui interdisait aux sénateurs le grand commerce maritime, consacra la séparation de la classe des chevaliers d'avec celle des sénateurs. Les conquêtes de la fin du III ème siècle et de la première moitié du II ème ayant introduit à Rome le grand capitalisme, les chevaliers devinrent, entre l'aristocratie sénatoriale, qui briguait les magistratures, et la plèbe, une aristocratie financière s'occupant de commerce et de banque : la ferme des impôts, à la fois en Italie et dans les provinces, l'adjudication des entreprises publiques, enfin les opérations financières étaient les trois branches principales de leur activité. Tout cela requérait une mise de fonds considérable, pour laquelle ils formaient des sociétés par actions, analogues à nos sociétés anonymes actuelles. Ils recevaient, dans le but de les faire fructifier, les capitaux des particuliers, fussent-ils personnages sénatoriaux : ils avaient ainsi entre les mains la presque totalité des intérêts financiers de la République.
Nous avons dit quels titres Pompée s'était acquis à leur reconnaissance lors de son consulat de 70. C'était surtout dans le domaine judiciaire qu'il les avait favorisés. "Dans les provinces, les sénateurs et les chevaliers se livraient, au détriment des provinciaux, à une véritable émulation de violences et de pillage, les premiers en qualité de gouverneurs, les seconds comme fermiers des impôts, adjudicataires des grandes entreprises publiques ou banquiers. En cas de réclamations, les organes compétents étaient les tribunaux criminels permanents - quaestiones perpetuae. La composition du jury représentait donc, pour les sénateurs comme pour les chevaliers, une affaire de premier ordre. Léon Homo)." Or, dans ce jury, Pompée avait restitué la majorité aux chevaliers, alors que, depuis Sylla, l'ordre équestre se trouvait livré, corps et biens, au jugement et à l'arbitraire de la classe sénatoriale.
Les chevaliers s'étaient en outre rendu compte, pendant la campagne toute récente contre les pirates, combien Pompée était précieux pour travailler à l'expansion du domaine méditerranéen de Rome, dont ils assuraient, eux, l’exploitation toujours plus intense.
Pompée était donc le bienfaiteur et l'homme de confiance de l'ordre équestre, dont il était issu et qu'il avait fidèlement servi. Ce serait un nouveau service qu'il lui rendrait, s'il mettait fin à la guerre d'Asie, province où les agents du fisc couraient de graves dangers et dont les impôts ne rentraient plus régulièrement (§ 16).
2° Préoccupations éthiques de Cicéron
Si le but de Cicéron dans ce discours fut surtout politique : faire nommer Pompée et servir ainsi, pour le bien de l'État, les intérêts financiers de ta classe équestre, il ne pouvait oublier l'amélioration morale de ses concitoyens lui le préoccupait toujours. "Cicéron, a écrit feu le professeur E. Remy a voulu rendre meilleurs ses compatriotes, et cette volonté a été non seulement consciente, mais une sorte de programme de vie, dont la pensée ne l'a jamais quitté, ni dans l'agitation de la politique ni dans la retraite." Dans le discours qui nous occupe, il a mis en lumière ce que le même admirateur de Cicéron appelle fort justement "la morale de l'imperium, c'est-à-dire les devoirs que la conquête du monde impose à l'État romain et à ceux qui le représentent devant les peuples conquis". En énumérant les qualités guerrières, mais surtout les qualités humaines - servantes et compagnes des premières (§ 36) - qui recommandaient Pompée au choix du peuple, en célébrant cette lumière bienfaisante de la civilisation que par lui l'imperium apportait au monde (§ 41), Cicéron a tracé du même coup le portrait du général parfait, idéal - summus imperator (§ 28). Bien rares, hélas étaient à Rome les généraux possédant les qualités qui distinguaient Pompée : utinam virorum fortium atque innocentium copiam haberetis, dit l'orateur (§ 27). C'était généralement en vue de s'enrichir que l'on convoitait la direction d'une guerre ou le gouvernement à l'étranger : l'histoire de l'administration des provinces sous la république est l'histoire d'une longue exploitation et d'un impitoyable pillage. Cicéron l'avoue sans réticence : "Nous envoyons en province des hommes dont l'arrivée dans les villes ne diffère guère d'une prise d'assaut par l'ennemi " (§ 13) ; "qui peut ignorer les misères que cause la cupidité de nos généraux et que nos armées apportent partout où elles vont ?" (§ 37) ; "on aurait de la peine à dire, Quirites, de quelle haine nous sommes l'objet chez les peuples étrangers à cause des convoitises et des injustices de ceux que nous avons envoyés dans ces contrées avec un commandement pendant ces dernières années" (§ 65) ; "quelle cité d'Asie peut suffire à la passion insolente, je ne dis pas d'un général en chef ou d'un légat, mais d'un seul tribun militaire ?" (§ 66). Aussi l'orateur prêche-t-il avec une insistance particulière la pratique de l'innocentia, de la temperantia, de la facilitas, de l'humanitas, vertus qui devraient être comme l'apanage des représentants de Rome auprès des nations de l'imperium.
Il manque cependant un point au programme de réforme : s'il tente d'inculquer la morale professionnelle à ceux qui s'occupent de l'expansion de l'imperium, il a négligé de prêcher leurs devoirs à ceux qui ont la tâche d'exploiter l'imperium, à savoir les chevaliers et leurs agents, qui vectigalia exercent atque exigunt (§16). Trop souvent, les fermiers des impôts extorquaient sans scrupule de l'argent aux provinciaux sans défense et mettaient en coupe réglée les contrées asservies par les armées romaines. Est-ce parce qu'il avait besoin de l'appui de l'ordre équestre pour le succès de su politique, et notamment en vue de son élection au consulat, qu'il a négligé de donner aux chevaliers et aux agents du fisc des conseils de modération et d'honorabilité ? Il réservait sans cloute pour une autre occasion un enseignement qui eût été ici quelque peu hors de propos.
On trouve des traces d'occupation humaine dont le début remonterait au néolithique et au chalcolithique. On trouva en effet des foyers, des statuettes et des outils lithiques, principalement en obsidienne, que l'on trouve très facilement en zone volcanique, ou en os.
D'autres traces humaines concernent l'âge du bronze, puis la période hittite ( 3000 – 1750 av. J.C). Le sol de cette région étant pauvre en étain, mais riche en d'autres minerais (or, argent, cuivre), le troc se développa donc avec les Assyriens vivant en Mésopotamie, qui fondèrent des comptoirs commerciaux dans la région. On prouva l'existence de l'écriture en Cappadoce en trouvant des tablettes assyriennes expliquant les diverses taxes et impôts que devaient payer les commerçants aux seigneurs anatoliens, ainsi que les intérêts qu'ils percevaient de leurs créanciers. L'influence culturelle et religieuse mésopotamienne s'inséra dans les pratiques des anatoliens qui développèrent une nouvelle conception artistique.
Un peuple venant d'Europe vers 2000 avant J.C. passant par le Caucase s'installa en Anatolie et s'intégra au peuple indigène. De langue Indo-Européenne, ils s'inspirèrent des rites culturels et religieux. Leur écriture en forme de hiéroglyphe est présente sur de nombreuses statuettes. Se développant peu à peu, ils bâtirent un empire, avec pour capitale Hatusag (actuelle Bogazköy). Après 600 ans de règne, ils furent sévèrement défaits par les phrygiens et leur empire fut démantelé. Il resta néanmoins quelques fiefs Hittites en Anatolie centrale et au sud-est.
D'autres peuples prirent le contrôle de la région : les Kimmers, puis les Mèdes et ensuite les Perses. Ceux-ci baptisèrent cette région « Katpatuka », qui veut dire Pays des chevaux de race. Adeptes du culte du feu, les volcans de la région étaient sacrés.
Alexandre le grand, roi Macédonien battit les armées perses en 334 et 332 avant J.C. et démantela l'Empire.
Puis les Romains envahirent la région qui fut rattachée à Rome et, comme la région était une des limites de l'Empire, fortifièrent la ville de Kayseri et déplacèrent des légionnaires.
L'apparition de la religion chrétienne en Palestine se répandit dans le sud de l'Anatolie, puis en Cappadoce. Les premiers chrétiens émigrèrent vers les grandes villes et villages. Ils commencèrent à creuser les premières églises et s'installèrent dans les rochers.
Après la division de l'Empire romain en deux, la Cappadoce, sous l'influence de l'Empire Byzantin, fut régulièrement une terre de conflits, entre Sassanides et Byzantins. Sous le ministère de Léon III, l'idolâtrie des icônes fut interdite. En Cappadoce, cette règle, qui dura un peu plus de cent ans, fut difficilement respectée, et certains iconoclastes vinrent trouver refuge dans les monastères de la région pour poursuivre leur culte.
Au XI ème siècle, les turcs Seldjoukides, dirigés par leur chef Alparslan pénétrèrent en Anatolie et infligèrent une sévère défaite à Romanos Diogènes, empereur byzantin.
Konya devint la capitale de l'état Seldjoukide d'Anatolie.
Ariobarzanes, is, m. : Ariobarzane (roi de Cappadoce)
Asia, ae, f. : Asie
Bithynia, ae, f. : la Bithynie (Asie Mineure)
certissimus, a, um : superlatif de certus, a, um : sûr, certain
complures, ium : pl. nombreux
considero, as, are : considérer, examiner
consulo, is, ere, sului, sultum : 1. délibérer, prendre des mesures, avoir soin de, veiller à 2. consulter
deligo, is, ere, legi, lectum : choisir
exerceo, es, ere, cui, citum : 1. ne pas laisser en repos, travailler sans relâche 2. tourmenter, exercer, pratiquer
exuro, is, ere, ussi, ustum : brûler entièrement
finitimus, a, um : voisin
gestio, is, ire, i(v)i : exulter, avoir des transports de joie, ou d'un autre sentiment, gesticuler, être impatient de
gravis, e : 1. lourd, pesant 2. grave, puissant, forts, grave, dur, rigoureux, pénible, accablant 3. alourdi, embarrassé, accablé
militaris, e : militaire
occupatus, a, um : pris, investi, occupé
ornamentum, i, n. : 1. l'appareil, l'équipement 2. l'ornement, la parure
paratus, us, m. : la préparation, l'apprêt, le préparatif
periculosus, a, um : dangereux, périlleux
potentissimus, a, um : superlatif de potens, entis : puissant
Tigranes, is, m. : Tigrane (roi d'Arménie)
vos, uestrum : vous texte