Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021002-240793
Timestamp: 2017-01-24 13:32:51+00:00
Document Index: 169950509

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 13", "l'article 3", "l'article 25", "l'article 23", "l'article 8", "l'article 3", "l'article 3", 'art. 3', 'art. 13', 'art. 25', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 02 octobre 2002, 240793
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 240793Numéro NOR : CETATEXT000008146498 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-02;240793 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 6 décembre 2001, présentée par Mme Houria X..., ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : 1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2001 du préfet de la Meuse ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision du même jour fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite ;
2°)° d'annuler pour excès de pouvoir ces deux décisions ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 14 septembre 2001, de la décision du 12 septembre 2001 du préfet de la Meuse lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... excipe de l'illégalité de la décision du 24 août 2001 du ministre de l'intérieur lui refusant l'asile territorial ; qu'aux termes de l'article 13 de la loi du 25 juillet 1952 modifiée relative au droit d'asile : "Dans les conditions compatibles avec les intérêts du pays, l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur après consultation du ministre des affaires étrangères à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (.) " ; que si Mme X... soutient qu'elle et sa famille ont été personnellement menacées par un groupement islamiste depuis que son époux, ancien sympathisant dudit groupement, a décidé de rompre tout lien avec cette organisation et qu'elle a été contrainte de quitter son pays d'origine, où elle menait une vie confortable, du fait des menaces pesant sur elle et son entourage, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant le bénéfice de l'asile territorial à l'intéressée le ministre de l'intérieur ait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ; que, par suite, Mme X... n'est pas fondée à soutenir que la décision du 12 septembre 2001 refusant de lui délivrer un titre de séjour serait entachée d'illégalité ;
Sur les autres moyens :Considérant que Mme X... ne saurait utilement se prévaloir de l'avenant, signé le 11 juillet 2001, portant modification de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, cet avenant n'étant pas entré en vigueur à la date de l'arrêté attaqué ;
Considérant qu'aux termes de l'article 25 : "Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23 : (à) 8° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi." ; que si Mme X... fait valoir qu'elle souffre de troubles psychiatriques aigus pour lesquels elle suit actuellement un traitement et qu'elle a fait l'objet d'une importante intervention chirurgicale, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni, en tout état de cause, qu'elle ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que, par suite, Mme X... n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait contraire aux dispositions précitées ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... fait valoir qu'elle vit en France auprès de son époux et de son enfant et qu'une partie de sa famille réside également en France, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment du fait que l'époux de Mme X... est également en situation irrégulière sur le territoire français, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté ; Considérant que Mme X... fait valoir également que son époux souffre d'un diabète de type 2, que ses enfants sont scolarisés en France et sont bien intégrés à la société française ; que ces circonstances ne suffisent pas à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée ;Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : "Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale" ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure litigieuse ait, dans les circonstances de l'espèce, méconnu les stipulations précitées ;
Considérant que par une décision du 25 octobre 2001 le préfet de la Meuse a décidé que Mme X... sera reconduite à destination de l'Algérie ; que Mme X... n'apporte pas d'élément de nature à établir la réalité des risques auxquels elle serait, selon elle, exposée en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision distincte fixant le pays de renvoi serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Houria X..., au préfet de la Meuse et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Accord 1968-12-27 France AlgérieArrêté 2001-08-24Arrêté 2001-10-25Avenant 2001-07-11 France AlgérieConvention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3-1Loi 52-893 1952-07-25 art. 13, art. 25Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 02 octobre 2002, n° 240793Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. Le ChatelierOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 02/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page