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Timestamp: 2019-08-20 01:34:58+00:00
Document Index: 327108472

Matched Legal Cases: ["l'article 2", "l'article 2", "l'article 19", "l'article 10", "l'article 1", "l'article 2"]

Nietzsche sur l'athéisme
" Radicalisation " de la laïcité, héritage intellectuel et culturel, expliquer le fait religieux. Travail sur la structuration de l'islam. Conseil des (13) sages de la laïcité. Il est normal de croire. Face à des journalistes. Au dîner du CRIF. " Réparer " le lien entre l'Église et l'État. La civilité qu'il y a dans notre pays. Visite au Vatican. L'islam au Congrès. "1905, rien que 1905 ". la loi de 1905 est notre pilier ; être beaucoup plus dur à l'égard de toutes les formes de l'islamisme politique (conférence de presse du 25/4/19).
L'État civil, première séparation (depuis le décret du 20 septembre 1792.). La laïcité française n'est ni la seule séparation, ni la seule coexistence des religions. La laïcité n'est pas un athéisme d'État, mais pas non plus le silence de l'athéisme dans l'espace public. Principes : loi du 8 décembre 1905 et décret du 6 février 1911. Loi jugée " gravement injurieuse envers Dieu " (Vatican, 1906), " une très pernicieuse erreur " (Vatican, 1907). Exceptions territoriales. Le Conseil constitutionnel et l'article 2. La question des crèches.
Propos liminaire, conférence de presse, 25 avril 2019 :
" La laïcité, c’est la possibilité de croire en Dieu ou de ne pas y croire, de pouvoir vivre ensemble dans la concorde et le respect, et de respecter absolument les règles de la République, de n’être jamais ennuyé par ce que l’on croit, mais de ne jamais imposer dans le champ de la société sa religion, déroger aux règles de la République pour ce faire. À ce titre, la loi de 1905 est notre pilier. Elle est pertinente, elle est le fruit de batailles, elle doit être réaffirmée et pleinement appliquée ; et je le dis ici avec force. Et d’ailleurs, nous avons renforcé son application ces derniers temps. Nous l’avons renforcé en fermant des écoles lorsqu’elles ne respectaient pas les lois de la République, en fermant davantage d'associations ou d'établissements cultuels ou culturels lorsqu'ils ne respectaient pas les règles de la République, au titre même de ce principe ou de l'ordre public ou de la lutte contre le terrorisme. Mais aujourd'hui, nous ne devons pas nous masquer : quand on parle de laïcité, on ne parle pas vraiment de laïcité. On parle du communautarisme qui s'est installé dans certains quartiers de la République. On parle d'une sécession qui s'est parfois sournoisement installée parce que la République avait déserté ou n'avait pas tenu ses promesses. On parle de gens qui au nom d'une religion poursuivent un projet politique, celui d'un islam politique qui veut faire sécession avec notre République. Et là-dessus, j'ai demandé au gouvernement d'être intraitable. Nous avons commencé à le faire, avec une politique ambitieuse de reconquête républicaine dans plusieurs quartiers, je souhaite que nous allions plus loin, en renforçant le contrôle sur les financements venant de l'étranger, en étant beaucoup plus durs à l'égard de toutes les formes de cet islamisme politique, de ce communautarisme, de cette sécession au sein de notre République, parce que c'est une menace sur la capacité à tenir la nation ensemble. " (Ma transcription d'après la vidéo, seul le prononcé faisant foi).
" Gabriel Attal contre l'interdiction du voile lors des sorties scolaires
Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation s'oppose à un amendement proposé par les sénateurs LR dans le cadre de la future loi sur l'école. " (Le Point/AFP, 21 mai 2019).
Article L. 141-5-1 du Code de l'éducation tel qu'amendé par le Sénat le 15 mai 2019 :
" Dans les écoles, les collèges et les lycées publics « et lors des sorties scolaires organisées par ces établissements », le port de signes ou tenues par lesquels les élèves « ou les personnes concourant au service public de l'éducation » manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. "
Le président Macron a semblé contredire la séparation constitutionnelle des cultes et de la République. En s'adressant de façon régulière in situ à des responsables religieux, en valorisant " d’un point de vue presque anthropologique " le fait de croire, en en faisant quelque chose " qui peut être nécessaire ", à " ne pas gommer ", en disant vouloir rétablir le lien " abîmé " entre l’Église et l’État, en insistant sur l'idée qu' " il doit bien y avoir un lien de l’État avec chacune des religions ", il considère les incroyants comme des minus habens et rompt la neutralité de l'exécutif de l'État en ce domaine, comme l'avait fait peu après son élection le président Nicolas Sarkozy en comparant les rôles respectifs de l'instituteur et du curé :
" Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n'ont pas rendu les Français plus heureux. C'est une évidence. [...] Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. " (Discours au Palais du Latran, 20 décembre 2007).
Notons que l'un et l'autre n'ont jamais envisagé le moindre projet de loi relatif à une modification des principes de la loi du 9 décembre 1905. En notant que le tchador n'est " pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays " (15 avril 2018), le président Macron fit toutefois savoir que le droit de manifester sa religion en public n'est ni absolu ni illimité ; ceci en conformité avec l'esprit de la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation complète du visage dans l'espace public. " La loi de 1905 est notre pilier. Elle est pertinente " a-t-il déclaré le 25/4/19. La prochaine révision constitutionnelle offrira l'occasion d'inscrire dans la Constitution les trois principes de la loi de décembre 1905 (liberté de conscience, libre exercice des cultes, séparation des cultes et de la République).
" 1905, rien que 1905 ", répond le président lors du débat avec les intellectuels sur France Culture, le 18 mars 2019.
Trois mots qu'il ajoute à la traduction d'un dialogue faussement attribué à Platon. Socrate, s'adressant à son ami Axiochus, y prononce la phrase suivante, inspirée d'Épicure : "... Et si tu mourrais, elle [la mort] ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus." Dolet rajoute "rien du tout" à la fin de la phrase : " Et si tu mourrais, elle ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus rien du tout. "
1880 : Décrets du 29 mars contre les congrégations.
1884 : restauration du divorce par la loi Naquet du 27 juillet.
Cette laïcité devient un principe constitutionnel avec la Constitution de 1946. La Constitution de 1958 y ajoutera le respect des croyances, ce qui a été contesté : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances »
Article 19, dernier alinéa,
modifié par l'article 2 de la loi du 25 décembre 1942 (J. O. du 2 janvier 1943 ; extension des subventions pour réparation aux monuments non classés). Conservé apparemment en 1945 ; en tout cas, figure dans la version en vigueur au 20/1/2019 :
" Elles ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'État, des départements et des communes. Ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées pour réparations aux édifices affectés au culte public, qu'ils soient ou non classés monuments historiques. "
Cette formulation est directement inspirée de l'article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, ONU, 1948, qui n'avait cependant pas de valeur contraignante. Repris, avec valeur contraignante, dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 (entré en vigueur en 1976), précisément dans son article 18 :
On a là une conception extensive, envahissante, pénible, de la liberté religieuse (prières sur les lieux de travail, port de signes religieux).
Conseil constitutionnel, décision 2012-297 QPC :
" 5. Considérant qu'aux termes de l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi » ; qu'aux termes des trois premières phrases du premier alinéa de l'article 1er de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances » ; que le principe de laïcité figure au nombre des droits et libertés que la Constitution garantit ; qu'il en résulte la neutralité de l'État ; qu'il en résulte également que la République ne reconnaît aucun culte ; que le principe de laïcité impose notamment le respect de toutes les croyances, l'égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion et que la République garantisse le libre exercice des cultes ; qu'il implique que celle-ci ne salarie aucun culte ; "
Commentaire de Laurent Bouvet : " Le Conseil constitutionnel confirme [le] déséquilibre entre le principe de liberté et celui de séparation, en laissant explicitement hors du champ constitutionnel l'article 2. "
Les tenants des crèches dans les bâtiments publics des collectivités locales voudraient bien rétablir, sinon " la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de l'État. " (Charte constitutionnelle de 1814), du moins cet article 6 de la Charte de 1830 : " la religion catholique, apostolique et romaine, professée par la majorité des Français ". Mais la place naturelle des crèches est dans les nombreuses églises, chapelles, basiliques, abbatiales, couvents, monastères, prieurés et cathédrales. De même, le lieu de prières des musulmans, c'est dans les mosquées ou chez eux, pas dans nos rues ni sur les lieux de travail.
Contrairement à ce qu'on raconte sur Internet et même sur France Culture (notamment dans l'émission Répliques du 24/2/17) et dans Le Figaro (Rémi Brague encore), contrairement à ce que croit Bernard-Henri Lévy, ou dit Luc Ferry, le christianisme n'a pas inventé la laïcité, ni même la seule séparation des cultes et de la République ; le fameux " Rendez à César..., Reddite ergo, quae sunt Caesaris, Caesari et, quae sunt Dei, Deo ”. (Matthieu, XXII, 21) est bien davantage une distinction et une subordination qu'une séparation ; si la simple existence d'un État distinct des institutions religieuses constituait un régime de laïcité, alors nous aurions connu la laïcité bien avant 1905, et les pays du Maghreb où l'islam est religion d'État la connaîtraient.
Pour la DDHC, article 3, c'est au contraire la Nation qui est au principe de la souveraineté ; exit le pouvoir de droit divin.
La loi de 1905 fut d'abord refusée par le Vatican, dans le contexte de la rupture des relations diplomatiques. Encycliques Vehementer Nos et Pascendi Dominici Gregis de Pie X, 11 février 1906 et 8 septembre 1907. Ensuite seulement, les accords de 1923-24 (associations diocésaines présidées par les évêques) et 1945.
b) Sur la liberté de conscience : ce principe fondamental de la laïcité n'a jamais été accordé par le christianisme.
« Quant à mes ennemis , ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux , amenez-les ici , et égorgez-les tous devant moi ! » (Luc, XIX, 27).
L'Index Librorum Prohibitorum est aboli en juin 1966, aucun ouvrage paru depuis n'y figure, mais il garde sa valeur morale. Il se trouve que j'ai connu à Paris l'abbé Marc Oraison, un des derniers auteurs, avec André Gide, à figurer dans cet Index (décret du 18 mars 1953).
Publié par Connaissance ouverte à 13:53 Aucun commentaire: Liens vers cet article