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Timestamp: 2017-01-18 03:51:26+00:00
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⭐Plan Santé au travail
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1 Plan Santé au travail2 Plan Santé au travail Le plan santé au travail est issu d un travail collectif. Il a été élaboré, sous l autorité du Ministre délégué aux relations du travail, par la Direction des relations du travail (Sous-direction des conditions de travail et de la protection contre les risques du travail), en étroite concertation avec les représentants des partenaires sociaux membres du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels. Les ministères en charge de l écologie, de la santé, de la recherche, de l agriculture et des transports ont été étroitement associés à ces travaux. Des consultations plus ponctuelles avec d autres départements ministériels, des représentants d organismes intéressés par la santé au travail ou du monde associatif, ont également permis d affiner et d améliorer sensiblement les actions initialement proposées.3 Sommaire 1. Préambule page 5 2. Pourquoi un plan santé au travail (PST)? page 7 3. Principes et structure générale du PST page Suivi de la mise en œuvre du PST page Les 23 Actions du PST en 4 objectifs Développer les connaissances des dangers, des risques et des expositions en milieu professionnel Introduire la santé au travail dans le dispositif de sécurité sanitaire page Structurer et développer la recherche publique en santé et sécurité au travail page Organiser l accès à la connaissance page Développer et coordonner les appels à projet de recherche en santé au travail page Développer la formation des professionnels de santé en matière de santé au travail page 35 Renforcer l effectivité du contrôle Créer des cellules régionales pluridisciplinaires page Adapter les ressources du contrôle aux dominantes territoriales page Développer la connaissance des territoires et renforcer le système de contrôle page Renforcer la formation des corps de contrôle en santé et sécurité au travail page 43 Réformer les instances de pilotage et décloisonner les approches des administrations Structurer la coopération interministérielle sur la prévention des risques professionnels page Réformer le Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels page Créer des instances régionales de concertation page Améliorer et harmoniser la réglementation technique page 51 Encourager les entreprises à être acteur de la santé au travail Moderniser et conforter l action de prévention des services de santé au travail page Mobiliser les services de santé au travail pour mieux prévenir les risques psychosociaux page Repenser l aptitude et le maintien dans l emploi page Refaire de la tarification des cotisations AT/MP une incitation à la prévention page Encourager le développement de la recherche appliquée en entreprise page 604 4.6 - Aider les entreprises dans leur démarche d évaluation a priori des risques page Promouvoir le rôle des CHSCT dans tous les établissements page Développer la prévention des accidents routiers au travail page Promouvoir le principe de substitution des substances chimiques les plus dangereuses (CMR) page Développer, dans les écoles et par la formation continue, la sensibilisation des ingénieurs et des techniciens aux questions de santé au travail page 70 Liste des sigles page 72 Annexes page 73 Annexe 1 : Le contexte international page 75 Annexe 2 : Comparaison des systèmes de prévention de la santé au travail en Europe page 79 Annexe 3 : Le dispositif français de prévention des risques professionnels et le contexte national page 83 Annexe 4 : Les principaux plans d action impactant la santé au travail page 875 PLAN SANTÉ AU TRAVAIL Le plan santé au travail engage, pour les cinq années à venir, une nouvelle dynamique afin d améliorer durablement la prévention des risques professionnels. Son but est de faire reculer ces risques, sources de drames humains et de handicaps économiques, et d encourager la diffusion d une véritable culture de prévention dans les entreprises. C est un plan pour rassembler les énergies et fédérer l ensemble des acteurs, aux niveaux national et local, autour de cet objectif commun. C est donc avant tout un plan d organisation. Il vise à mieux structurer notre dispositif de prévention. Il permettra, en particulier, un changement d échelle dans la connaissance des risques professionnels, grâce à la création d une agence publique en charge de leur évaluation scientifique. Ce plan s inscrit dans le long terme. Il fera l objet, en concertation notamment avec les partenaires sociaux, d un suivi, de bilans réguliers et donnera lieu à la mobilisation de moyens humains et financiers, avec des objectifs ambitieux à horizon C est là le sens du plan santé au travail qui, dans la continuité du plan de cohésion sociale, vise à réconcilier progrès social et prospérité économique, croissance durable et cohésion sociale. Jean-Louis BORLOO Ministre de l emploi, du travail et de la cohésion sociale Gérard LARCHER Ministre délégué aux relations du travail 56 PLAN SANTÉ AU TRAVAIL Pourquoi un plan santé au travail? Depuis les années 70, l action conjuguée des entreprises, des partenaires sociaux et des pouvoirs publics sous l impulsion décisive de l Union européenne a permis d améliorer la santé, la sécurité et les conditions de travail des salariés en France. Cette action s est traduite par une baisse particulièrement sensible des accidents du travail et par une meilleure reconnaissance des maladies professionnelles. Mais ces résultats encourageants, qui concernent tous les secteurs d activité, restent encore insuffisants, face aux accidents avec arrêt recensés annuellement et aux maladies professionnelles reconnues chaque année et face à la menace potentielle des risques à effets différés des milliers de substances chimiques dont les impacts sanitaires sont insuffisamment évalués. Des marges de progrès restent à conquérir en développant la prévention. C est tout l enjeu du plan santé au travail, qui doit se fixer pour objectif de réduire drastiquement le nombre d accidents du travail et de maladies professionnelles et de faire, des emplois de qualité, la norme. De ce point de vue, la prise en compte de l âge au travail dans les politiques de prévention doit devenir une priorité. La qualité des emplois de demain en dépend ; c est aujourd hui que la collectivité doit en prendre conscience. La France se distingue aujourd hui de ses partenaires européens par un faible taux d activité des jeunes et des seniors. Ce phénomène est appelé à évoluer en raison du vieillissement de la population active qui se traduira nécessairement, dans les années à venir, par un maintien plus long dans l emploi. Cette perspective doit donc être vécue, non comme un handicap, mais bien comme une formidable opportunité en vue d améliorer les conditions de travail des salariés, en particulier des salariés âgés. La gestion des âges dans l entreprise est un défi majeur qui concerne aussi bien les entreprises et les partenaires sociaux que l Etat et une chance. C est aussi un moyen de renforcer la compétitivité des entreprises, et d assurer de meilleures conditions de travail aux salariés. Il convient de profiter de cette opportunité pour, à la fois, augmenter le taux d emploi des jeunes et des salariés âgés (comme la France s y est engagée au niveau européen), et renforcer les politiques de prévention, en luttant, en particulier, contre toutes les formes de pénibilité au travail. Le rôle des partenaires sociaux est particulièrement déterminant : c est à eux que la loi du 21 août 2003, portant réforme des retraites, a confié le soin de négocier sur une définition et une prise en compte de la pénibilité au travail. L Etat se doit de faciliter ces négociations qui ont débuté en janvier Le plan santé au travail peut s avérer un instrument utile en confortant les progrès réalisés jusqu à aujourd hui. Si les avancées significatives de ces 30 dernières années doivent constituer la base du plan santé au travail, elles doivent aussi permettre de faire plus et mieux. Il ne s agit pas de refonder un système, mais de l adapter à un environnement de plus en plus contraignant et évolutif, en réaffirmant le rôle concret et central des entreprises et en partant des gains réalisés au cours de ces dernières décennies. C est au travers du développement continu d une véritable culture de prévention en entreprise qu il sera possible de garantir un standard élevé de protection pour l ensemble des salariés. Pourquoi un plan santé au travail? 77 I. Les conditions de travail, en France, en 2005 : le résultat de 30 ans d efforts Sur le long terme, la réglementation édictée par l Etat et les actions engagées par les partenaires sociaux gestionnaires de nombreux outils et structures de prévention ont su trouver une application concrète dans les entreprises, lieu où se focalisent tous les enjeux de la politique de prévention. C est en effet au sein de l entreprise que sont réunis les acteurs essentiels de la prévention (CHSCT, services de santé au travail), autour de l employeur, sur qui pèse, en dernier ressort, l obligation du respect de la réglementation relative à la santé et à la sécurité. 1.1 L évolution la plus remarquable concerne les accidents du travail : en 30 ans, le nombre des accidents du travail avec arrêt a été diminué par 1,5, celui des accidents graves par 2,3 et celui des accidents mortels par 3 (1). Evolution du nombre d accidents du travail entre 1970 et Sources : 0 CNAMTS En particulier, le nombre de décès a diminué de manière sensible : avec 686 décès reconnus en 2002, les accidents mortels passent, pour la première fois depuis 1997, sous le seuil de 700 par an. La fréquence des accidents du travail est, elle aussi, en constante diminution depuis 1995 (2). Cet indicateur se révèle particulièrement représentatif de l évolution des conditions de travail, puisqu il met en relation l activité économique et la survenance des accidents : en 7 ans, entre 1995 et 2002, alors que le nombre de salariés augmentait de près de 3 millions, la fréquence des accidents passait de 46 à 43. Les périodes de croissance de l activité économique, alors qu elles sont potentiellement facteur de risques accrus, n ont donc pas conduit à une augmentation des accidents du travail, apportant la preuve de l efficacité structurelle des mesures de prévention. Ces évolutions positives concernent tous les secteurs d activité du régime général. Nombre et fréquence des accidents du travail entre 1996 et Accidents avec arrêt Evolution en % - 0,07 4,75 3,07 4,56-0,80 3,05 Salariés Evolution en % - 0,21 5,19 3,07 7,28 2,16 2,55 Accidents avec IP Evolution en % - - 6,53 3,27-2,09 4,36-10,43 9,13 Décès Evolution en % ,74 4,20 3,34-1,75 0,00-6,03 Indice de fréquence 45,47 45,4 45,22 45,22 44,07 42,79 43 Evolution en % - - 0,15-0,40 0,00-2,54-2,90 0,49 (1) Données CNAMTS pour les salariés des secteurs marchands non agricoles - (2) Sources : Bilan des conditions de travail, 2002 et 2003 (chiffres CNAMTS). 8 Pourquoi un plan santé au travail?8 Le secteur agricole connaît, lui aussi, les mêmes tendances. 66 salariés du régime agricole sont décédés en 2002 du fait d un accident du travail, contre 90 en 2000, soit une diminution, en 2 ans, de plus de 25 %. Le secteur public n échappe pas non plus à la règle. La fréquence des accidents du travail dans la fonction publique d Etat est presque trois fois inférieure à ce qu elle est dans le secteur marchand : l année 2001 enregistre 16,3 accidents pour 1000 agents contre 42,8 pour le secteur marchand relevant de la CNAMTS. La gravité des accidents du travail éclaire également l évolution du risque professionnel, sur le long terme. Ainsi, les indices de gravité, qui établissent une relation entre les sommes des taux d incapacité permanente et la durée d exposition au risque, traduisent un aspect particulier de gravité des accidents du travail, celui des séquelles physiques qui demeurent. Pour le régime général, cet indice a connu une baisse de 24 % en 7 ans, entre 1995 et 2002 (3). 1.2 Les statistiques des maladies professionnelles ne permettent pas une interprétation aussi simple. En effet seules sont recensées les maladies reconnues comme correspondant à une série de critères. Cette reconnaissance reste donc avant tout un indicateur juridique. La CNAMTS en a certes reconnu près de en 2001, contre moins de , en Mais cette évolution traduit avant tout une plus grande ouverture du système juridique et un assouplissement des critères de reconnaissance ainsi qu une plus grande sensibilisation du corps médical à l origine potentiellement professionnelle de certaines maladies. Cette tendance s applique en particulier aux troubles musculo-squelettiques (TMS) qui représentent les 3/4 des pathologies aujourd hui indemnisées. En revanche, l évolution tendancielle des maladies liées à l amiante traduit bien une progression des pathologies, reflet de fortes expositions anciennes qui continuent à produire leurs effets. Cette ouverture et cette meilleure information permettent aujourd hui à la France d avoir l un des taux de reconnaissance des maladies professionnelles les plus élevés en Europe (78 %). C est également en France que le nombre de nouveaux cas de maladies reconnues a le plus augmenté, entre 1990 et 2000 (4). Si ces chiffres ne reflètent pas nécessairement une dégradation de la santé des salariés au travail, ils démontrent que des marges de progrès sont encore possibles et doivent être recherchées. II. D importants efforts restent à accomplir : vers une plus grande efficacité de la politique de prévention Les progrès réalisés au cours des 30 dernières années ne doivent pas masquer la réalité. Beaucoup reste à faire pour garantir un standard élevé de protection pour l ensemble des salariés. Selon la dernière enquête SUMER , réalisée sur le terrain par médecins du travail auprès d environ salariés, l exposition des salariés à la plupart des risques et pénibilités du travail tend à s accroître, entre 1994 et Cette tendance recouvre toutefois des évolutions divergentes, certaines expositions augmentant, d autres diminuant parfois de manière sensible. Ainsi, les longues journées de travail sont devenues plus rares et le travail répétitif est moins répandu. Mais les contraintes organisationnelles se sont globalement accrues, les pénibilités physiques également. L exposition à des agents biologiques est restée stable, mais l exposition aux produits chimiques a progressé. Un effort coordonné de l ensemble des acteurs est en particulier nécessaire pour faire face à deux séries de tendances, qui sont préoccupantes. - D une part, la tendance générale à la réduction des risques professionnels n est pas homogène : certaines catégories de travailleurs restent surexposés, comme les jeunes (alors que les jeunes de moins de 25 ans ne représentent que 8,5 % des travailleurs, ils sont impliqués dans plus de 22 % des accidents du travail avec arrêt (5) ), les salariés précaires (les intérimaires connaissent un taux d accident de 13,3 %, contre 8,5 % en moyenne (6) ) ou les nouveaux embauchés (le taux d accident des personnes ayant moins de deux ans d ancienneté s élève à 11,4 %, contre 6,8 % pour les salariés ayant plus de 10 ans d ancienneté (7) ); certaines catégories d entreprises sont plus vulnérables, car souvent démunies, comme les petites et moyennes entreprises (PME) ; certains secteurs d activité demeurent particulièrement dangereux, comme celui du bâtiment et des travaux publics (BTP) (avec 99 accidents pour 1000 salariés, la fréquence des accidents du travail dans le BTP reste deux fois supérieure à la (3) Statistiques nationales des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles - (4) EUROGIP, «Les maladies professionnelles dans 15 pays européens», juin (5) «Statistiques nationales des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles», Remarques 2002, CNAMTS - (6) Enquête Conditions de travail, DARES, (7)Enquête Conditions de travail, DARES, Pourquoi un plan santé au travail? 99 moyenne) ou les travaux forestiers (cette activité, qui relève du secteur agricole, connaît un taux de fréquence des accidents particulièrement élevé) ; certaines maladies professionnelles prennent une ampleur nouvelle et sont en forte croissance, comme les troubles musculosquelettiques (TMS) (qui représentent les 3/4 des maladies reconnues) et les cancers professionnels ; certains risques deviennent prépondérants, comme les accidents routiers du travail survenus en mission (qui sont à l origine de 37 % des accidents mortels du travail) ; certaines inquiétudes demeurent du fait de l augmentation de l indice de gravité des accidents : en 2002, 57,1 % des accidents donnaient lieu à un arrêt de travail, contre 51,6 % en La durée moyenne d un arrêt de travail était de 38,9 jours en 1997, contre 46,2 en 2002 (8). - D autre part, la nature des risques professionnels tend sans cesse à évoluer : Cela exige une adaptation de notre système de prévention pour mieux prendre en compte ces risques nouveaux encore mal appréhendés par les différents acteurs de la prévention. Cette évolution tient notamment : à l accélération de l innovation, ce qui appelle, en étroite coordination internationale, un renforcement de la veille épidémiologique et toxicologique sur les nouveaux produits, en particulier pour les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) ; à la montée de nouveaux facteurs de risques (stress professionnel, violences au travail, addictions) ; au développement des pathologies à effet différé (amiante ) et multi-causales (travail et hors travail), comme les cancers professionnels ou les TMS ; aux transformations du travail avec, en particulier, des parcours professionnels plus hachés. Toutes ces raisons militent en faveur d une approche globale du phénomène, car elles supposent une mobilisation de l ensemble des acteurs de la prévention, que seul un plan concerté et pluriannuel permettra d obtenir. Le système français de prévention des risques professionnels repose en effet, historiquement, sur une gestion partagée, entre l Etat et les partenaires sociaux. Les partenaires sociaux jouent un rôle important dans la gestion de la branche AT/MP et sont partie prenante à la convention d objectifs et de gestion (COG) qui comporte des engagements réciproques de l Etat et de la branche AT/MP dans le domaine de la prévention des risques professionnels. L évolution du système français de prévention des risques professionnels ne peut être envisagée et menée sans une volonté conjointe et complémentaire. Le plan santé au travail doit donc prendre appui sur la négociation initiée par les partenaires sociaux dans le cadre de l Accord interprofessionnel de fin Cela suppose, en particulier, de compléter utilement les moyens et les structures dont dispose la branche AT/MP de la CNAMTS (CRAM, INRS, ) et de favoriser l action des Observatoires régionaux de la santé au travail (ORST), créés par les partenaires sociaux. La légitimité de l Etat et celle des partenaires sociaux, loin de s opposer, doivent se compléter en matière de prévention. Cela est d ailleurs conforme à la stratégie européenne pour la santé et la sécurité au travail, adoptée en 2002 et à sa déclinaison française, en Cette logique s appuie en particulier sur les principes de prévention posés par la directive cadre de 1989 (article L230-2 du code du travail), et sur les valeurs essentielles liées à la personne, à la transparence et au dialogue social, qui doivent guider toute démarche de prévention. Les principes généraux de la prévention des risques professionnels 1. Eviter les risques ; 2. Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3. Combattre les risques à la source ; 4. Adapter le travail à l homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; 5. Tenir compte de l état d évolution de la technique ; 6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; 7. Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l influence des facteurs ambiants, notamment en ce qui concerne les risques liés au harcèlement moral ; 8. Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ; 9. Donner les instructions appropriées aux travailleurs. (8)Statistiques trimestrielles des accidents du travail, CNAMTS, Mars Pourquoi un plan santé au travail?10 PLAN SANTÉ AU TRAVAIL Principes et structure générale du PST Annoncé le 13 avril 2004 par le ministre délégué aux relations du travail, devant les partenaires sociaux, en formation plénière du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels, le plan santé au travail, qui définit un cadre d actions cohérent et transversal, marque avant tout la volonté des pouvoirs publics de faire de la santé au travail une priorité dès aujourd hui et pour les années à venir. I. Articulation du plan santé au travail avec les autres politiques du Gouvernement Si la santé au travail s inscrit pleinement dans le champ des politiques de santé publique dont elle ne pourrait se dissocier en totalité, elle relève également, à part entière, des politiques du travail et de l emploi, par la nature même de ses interventions dans le milieu professionnel. La santé au travail ne saurait s appréhender en dehors d approches - concomitantes et conjointes - sanitaires, sociales et économiques, ou organisationnelles. C est pourquoi la santé au travail ne saurait être regardée comme une compétence exclusive des pouvoirs publics. Cette compétence et les responsabilités qui en sont le corollaire est partagée, chacun pour son domaine de compétences propres entre l Etat, les partenaires sociaux et les organismes dont ils assurent la gestion, les entreprises et les salariés eux-mêmes. Pour garantir la cohérence de la politique de santé au travail, un effort de coordination important et inédit est actuellement conduit, auquel le PST apporte sa contribution. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2003 a en effet inscrit le principe d une convention d objectifs et de gestion (COG) entre l Etat et la branche AT/MP de la Sécurité sociale. Cette convention signée en février 2005 permet d incarner, pour la première fois, l objectif de cohérence des politiques de l Etat et de la Sécurité sociale dans un véritable instrument contractuel et pluriannuel. Etat et CNAMTS sont désormais tenus de se fixer des objectifs communs, en se concertant lors de l élaboration de leurs orientations respectives. Le PST s inscrit dans cette logique et dans cette continuité, en particulier en ce qui concerne la priorité que constitue le développement de la connaissance des risques professionnels. La COG AT/MP prévoit, en effet, un effort particulier en matière de détection et de connaissance des maladies professionnelles, alors qu il est connu que l insuffisante connaissance de ces maladies constitue l une des failles majeures du système de prévention. Cet axe se traduira notamment par un renforcement des capacités d études, de recherche et de statistiques de la CNAMTS, et par une sensibilisation accrue des médecins traitants, dont l apport est essentiel. Le plan santé au travail s inscrit d abord dans le sillage du plan national santé environnement (PNSE) présenté au Président de la République par le Premier ministre, en juin 2004 : il en décline certaines actions mais surtout développe, pour le milieu professionnel, des propositions structurantes, prenant en compte les recommandations de la commission d orientation scientifique du PNSE. Le plan santé au travail s inscrit également dans la démarche globale du plan de cohésion sociale annoncé par le ministre de l emploi, du travail et de la cohésion sociale, en juin 2004, car la santé au travail - ce droit premier du salarié - et la qualité de l emploi participent pleinement de cette cohésion sociale. Le travail et l emploi structurent la société et ne sauraient exister en dehors de la protection des salariés contre les risques en milieu professionnel. Le plan santé au travail vise à étendre à l ensemble des salariés, du secteur public comme du secteur privé, et des agents de l administration dans le respect de leurs statuts des niveaux com- Principes et structure générale du PST 1111 parables et aussi hauts que possible, de protection de leur santé sur le lieu de travail, dans le cadre des priorités arrêtées par le gouvernement. Tout ne peut être fait en 5 ans. Ce plan répond à des urgences prioritaires identifiées par la communauté scientifique, le juge administratif et les acteurs politiques et sociaux. Il jette, le plus souvent, les bases qui fonderont les actions à plus long terme. II. Principes et objectifs structurants du plan santé au travail Le plan santé au travail veut lancer pour les 5 années à venir une dynamique pour améliorer la prévention des risques professionnels. C est principalement un plan d organisation qui initie des chantiers structurants en particulier dans le champ de la connaissance des dangers et des risques liés à l exposition aux substances chimiques en milieu professionnel. Il est doté, pour ce faire, de moyens publics humains et financiers nouveaux. Ce plan introduit la santé au travail dans le système de sécurité sanitaire français, mis en place en 1998 et En cela, l Etat se dote d une agence chargée de la santé au travail. Il disposera ainsi d une instance d expertise scientifique indépendante pour asseoir et motiver les décisions de gestion du risque professionnel, lorsqu elles relèvent de sa compétence. Ce plan veut également rendre plus lisible pour la communauté scientifique, en particulier les chercheurs, le champ de la santé au travail de sorte qu ils l investissent pleinement, pour étendre davantage encore le corpus de connaissances acquises et permettre les échanges de savoir, notamment au niveau européen et international. Ces connaissances fondamentales nouvelles qui aujourd hui font trop souvent défaut pour conduire des politiques sur le terrain, permettront, demain, de prévenir et d éviter plus vite, plus près et mieux, les risques pour la santé en milieu professionnel. Ce plan veut accroître encore la pertinence des actions de contrôle du respect des normes, sur le terrain, en investissant prioritairement sur le potentiel des hommes et des femmes qui composent les corps de l inspection du travail, soutenus dans leurs activités par de nouveaux appuis techniques. Ce renforcement de l efficacité des missions régaliennes de l inspection du travail, doit s accompagner d une diffusion plus nette encore de la culture de prévention sur tous les lieux de travail. Ce plan vise à adapter les structures de pilotage de la santé au travail aux mutations socio-économiques que nous connaissons, pour renforcer encore - tant au niveau national que pour tenir compte des réalités régionales ou locales - la concertation entre les pouvoirs publics qui fixent les normes et les partenaires sociaux qui demeurent des acteurs privilégiés et de première ligne de la prévention des risques professionnels. Le plan santé au travail , enfin, est un document cadre qui d une part appelle des déclinaisons thématiques (TMS, agents CMR ) ou régionales en concertation étroite avec les partenaires sociaux et les acteurs de l entreprise. D autre part, ce document sera mis à jour périodiquement en fonction de l évolution des connaissances et de l évaluation de l efficacité du plan. III. Les actions du plan santé au travail Durant plusieurs mois, la direction des relations du travail, du ministère de l emploi, du travail et de la cohésion sociale, a animé un groupe ad-hoc de réflexion associant étroitement les partenaires sociaux pour faire émerger les actions concrètes et prioritaires présentées dans la partie 5 de ce document. Ce groupe préparatoire s est réuni trois fois, en juillet, en septembre et en octobre Les actions présentées ci-après sont donc le fruit d un travail collectif auquel ont participé par des contributions significatives les organisations d employeurs et de travailleurs représentatives, de nombreuses directions de l administration, notamment des ministères en charge de la recherche (direction de la recherche (9) ), de l environnement, de la santé, de l agriculture et des transports. De nombreuses consultations plus ponctuelles, avec les représentants d autres départements ministériels, (9) La partie Recherche de ce plan a été élaborée en collaboration directe et sous la responsabilité du Ministère délégué à la Recherche. 12 Principes et structure générale du PST12 avec des personnalités extérieures qualifiées, des représentants d organismes intéressés par la santé au travail ou du monde associatif ont également permis d affiner et d améliorer sensiblement les actions initialement proposées. Le plan santé au travail comprend vingt-trois actions - de portée et de nature diverses - organisées autour des 4 objectifs structurants suivants : Développer les connaissances des dangers, des risques et des expositions en milieu professionnel Renforcer l effectivité du contrôle Reformer les instances de pilotage et décloisonner les approches des administrations Encourager les entreprises à être acteur de la santé au travail Elles sont décrites de façon détaillée dans la partie 5 de ce document afin de permettre notamment d évaluer, à échéances régulières, l état de leur mise en œuvre. Chacune des actions est structurée selon un canevas commun qui présente : son objectif propre, c est à dire le but précis que l action se propose d atteindre sur la durée du plan, ou qu elle vise sur un plus long terme ; sa justification qui, partant du constat de la situation présente, légitime et fonde la démarche entreprise ; les actions proprement dites, concrètes, qui doivent permettre d atteindre l objectif fixé ; le calendrier indicatif de mise en œuvre qui permet de fixer, à l ensemble des acteurs, des échéances sur la durée du plan et qui permettra de piloter l avancement des actions. Principes et structure générale du PST 1313 PLAN SANTÉ AU TRAVAIL Suivi de la mise en œuvre du PST Le plan santé au travail comporte 23 actions dont la mise en œuvre doit s étaler sur les 5 ans de la durée du plan. Pour chacune des actions proposées, un calendrier indicatif de mise en œuvre est fixé qui doit permettre d atteindre, dans les délais proposés, l objectif fixé. Les actions proposées dans le plan santé au travail sont le fruit d un travail collectif et concerté avec les partenaires sociaux. Il constitue un cadre général auquel des adaptations pourront être apportées dans sa mise en œuvre pour tenir compte des particularités de certains secteurs professionnels, comme l agriculture par exemple. Dans l intervalle de sa mise en œuvre, de nouvelles données scientifiques, socio-économiques ou sanitaires peuvent nécessiter l évolution, voire la réorientation, de certaines des actions prévues par le plan santé au travail. Celles-ci ne pourront se faire qu en concertation avec l ensemble des acteurs de la santé au travail. La multiplicité des actions, la variété des modalités de mise en œuvre qu elles impliquent, la coordination des nombreux acteurs concernés, supposent également que soit prévu et mis en place un dispositif de suivi des actions poursuivies pour atteindre les objectifs fixés par le plan. Le suivi du plan santé au travail sera organisé à l image de ses travaux d élaboration. La commission interministérielle d orientations stratégiques de la protection contre les risques professionnels, placée sous l égide du Premier ministre (cf. fiche 3.1), conduira la mise en œuvre des actions proposées par le plan. Le CSPRP où siègent notamment les représentants des partenaires sociaux sera régulièrement consulté et informé de l activité de cette commission. Un rapport annuel particulier présentant l état d avancement des travaux sera inséré au bilan des conditions de travail (10) présenté en séance plénière du CSPRP, présidée par le ministre en charge des relations du travail. Ce rapport fera également l objet d une communication devant la commission interministérielle d orientations stratégiques de protection contre les risques professionnels. Enfin, à échéances régulières, le ministre en charge des relations du travail proposera au Président de la République de présenter devant le Conseil des ministres, l état d avancement de la mise en œuvre du plan et les résultats significatifs obtenus au cours du semestre précédent, et informera les membres du Gouvernement des objectifs prévus pour les 6 mois à venir. A mi-étape (2 nd semestre 2007), un bilan sera établi pour examiner l'état d'avancement des mesures prévues par le PST et mesurer les progrès réalisés dans le champ de la santé au travail. Cet état sera notamment présenté au regard des objectifs visés par le PST et des objectifs quantifiés qu'il prévoit et de ceux qui sont prévus par le plan national santéenvironnement, par la loi relative à la politique de santé publique et dans le projet annuel de performance du programme relatif à l'amélioration de la qualité de l'emploi et des relations du travail (établi en application des dispositions de la loi organique relative aux lois de finances du 1 er août 2001). Le tableau en page suivante présente ces objectifs quantifiés. (10) Ce bilan annuel, actualisé, est édité et diffusé par les Editions Liaisons. Suivi de la mise en œuvre du PST 1514 OBJECTIF OBJECTIF PREALABLE INDICATEURS 1. Réduire le nombre d accidents routiers mortels liés au travail 2. Réduire de 20 % le nombre de travailleurs soumis à des contraintes articulaires plus de 20 heures par semaine par rapport à la prévalence estimée à partir des résultats de l enquête SUMER Réduire le nombre de travailleurs soumis à un niveau de bruit de plus de 85 db(a) plus de 20 heures par semaine sans protection auditive par rapport à la prévalence estimée à partir des résultats de l enquête SUMER Réduire les effets sur la santé des travailleurs des expositions aux agents cancérogènes (cat. 1 et 2) par la diminution des niveaux d exposition. 5. Diminuer les accidents du travail avec incapacité permanente (partielle ou totale) 6. Améliorer l effectivité des démarches d évaluation des risques dans les entreprises 7. Renforcer la coordination des différents acteurs de la prévention en matière d information dans les entreprises. 8. Réduire de 20 % à horizon 2009 le nombre de TMS déclarés Objectifs quantifiés (11) Améliorer la qualité des dispositifs de prévention des accidents routiers liés au travail Encourager les négociations de branche dans le cadre des accords sur la prévention des risques professionnels Evaluer la faisabilité de l identification des cancers d origine professionnelle dans les registres généraux du cancer. Systématiser la surveillance épidémiologique des travailleurs exposés sur le lieu de travail (renforcement du rôle de l InVS) Développer la connaissance des dangers des substances utilisées en milieu professionnel. Etat des lieux des données existantes en matière d AT/MP Evaluer l efficacité des contrôles de l inspection du travail portant sur la démarche d évaluation des risques dans les entreprises Améliorer la surveillance des TMS d origine professionnelle. Nombre d accidents routiers mortels par branche (accidents de trajet et accidents liés directement à l activité professionnelle) Nombre de travailleurs exposés à des contraintes articulaires plus de 20 heures par semaine Nombre de travailleurs soumis à un niveau de bruit de plus de 85 db(a) plus de 20 heures par semaine. Nombre de cancers d origine professionnelle identifiés à partir des registres généraux du cancer. Nombre de personnes exposées/nombre de personnes non exposées par branche professionnelle et par type de substance. Nombre de dossiers d évaluation des risques associés aux substances chimiques déposées par les fabricants auprès des autorités compétentes des Etats membres de l Union européenne (futur système REACH) Taux de fréquence des accidents du travail avec incapacité permanente (partielle ou totale) Impact des visites d inspection sur la conformité des démarches d évaluation des risques dans les entreprises (évolutions des observations et sanctions). Part des actions coordonnées dans l ensemble des actions d information sur la santé et la sécurité au travail menées par l inspection du travail auprès des entreprises. Nombre annuel de TMS déclarés (11) Sources : : Loi relative à la politique de santé publique ; : Projet annuel de performance, (Mission travail ; programme 4).Ministère du travail. 16 Suivi de la mise en œuvre du PST15 PLAN SANTÉ AU TRAVAIL Les 23 actions du plan santé au travail en 4 objectifs Le tableau suivant précise l articulation générale entre les 4 objectifs généraux du plan et les 23 actions qui les déclinent. Chaque action est ensuite présentée sous forme de fiche organisée en 4 parties (justification, objectif, action, calendrier de mise en œuvre). Les objectifs du plan santé au travail Développer les connaissances des dangers, des risques et des expositions en milieu professionnel Renforcer l effectivité du contrôle Reformer les instances de pilotage et décloisonner les approches des administrations Encourager les entreprises à être acteur de la santé au travail Les actions du plan santé au travail - Introduire la santé au travail dans le dispositif de sécurité sanitaire - Structurer et développer la recherche publique en santé et sécurité au travail - Organiser l accès à la connaissance - Développer et coordonner les appels à projet de recherche en santé au travail - Développer la formation des professionnels de santé en matière de santé au travail - Créer des cellules régionales pluridisciplinaires - Adapter les ressources du contrôle aux dominantes territoriales - Développer la connaissance des territoires et renforcer le système de contrôle - Renforcer la formation des corps de contrôle en santé et sécurité au travail - Structurer la coopération interministérielle sur la prévention des risques professionnels - Réformer le Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels - Créer des instances régionales de concertation - Améliorer et harmoniser la réglementation technique - Moderniser et conforter l action de prévention des services de santé au travail - Mobiliser les services de santé au travail pour mieux prévenir les risques psychosociaux - Repenser l aptitude et le maintien dans l emploi - Refaire de la tarification des cotisations AT/MP une incitation à la prévention - Encourager le développement de la recherche appliquée en entreprise - Aider les entreprises dans leur démarche d évaluation a priori des risques - Promouvoir le rôle des CHSCT dans tous les établissements - Développer la prévention des accidents routiers au travail - Promouvoir le principe de substitution des substances chimiques les plus dangereuses (CMR) - Développer, dans les écoles et par la formation continue, la sensibilisation des ingénieurs et des techniciens aux questions de santé au travail Les 23 actions du PST en 4 objectifs 1716 OBJECTIF 1 : DÉVELOPPER LES CONNAISSANCES EN MILIEU PROFESSIONNEL Introduire la santé au travail dans le dispositif de sécurité sanitaire FICHE 1.1 Justification La qualité et la transparence des processus de décision et d expertise préalable conditionnent largement la pertinence et l efficacité des politiques publiques en matière de prévention des risques en milieu de travail. Le dispositif public d évaluation scientifique des risques sanitaires ne prend pas en compte, comme l a montré le rapport d évaluation des agences de sécurité sanitaire (12), le milieu de travail et, plus particulièrement, l analyse des risques induits par les substances chimiques. La surveillance sanitaire en milieu de travail menée par l InVS n est pas encore, faute de moyens, à la hauteur des enjeux. La recherche publique, qui permet la connaissance des contaminants dans les milieux, des impacts sur la santé humaine des expositions, l identification des dangers et qui permet aussi de comprendre les phénomènes en jeu dans l activité de travail, de diagnostiquer les causes et les effets, est conduite au sein des organismes de recherche publique, des grandes écoles et des universités. Elle contribue à la production des connaissances et à former le potentiel de spécialistes mobilisables pour les activités d expertise. En l état actuel, le dispositif d expertise publique n assure donc pleinement aucune des 4 missions pourtant essentielles dans la prévention et la réduction des risques sanitaires en milieu de travail, à savoir : 1. L expertise qui doit, à partir des données scientifiques issues de la recherche, éclairer la décision publique dans le domaine de la gestion du risque en milieu de travail ; 2. La veille scientifique (notamment toxicologique et épidémiologique mais aussi sur les résultats en sciences sociales), technologique (existence de procédés permettant de substituer à un agent dangereux, un agent moins dangereux, métrologie) ; 3. La surveillance et l alerte sanitaires comportant l identification des épidémies et des agrégats et leur investigation, la surveillance au long cours de la population des travailleurs ; 4. L étude et l évaluation des moyens de prévention en milieu de travail ainsi que leur promotion. C est pourquoi l Etat doit pouvoir s appuyer sur une agence chargée de l évaluation scientifique des risques en milieu de travail et renforcer la surveillance sanitaire, qui lui apporteront l ensemble des garanties recherchées. La question de la recherche est abordée dans les fiches 1.2. et 1.4. Objectif L objectif du plan est d intégrer dans le dispositif public de sécurité sanitaire : - d une part, une surveillance globale de la santé et sécurité au travail permettant de définir les priorités d action en matière de prévention, - d autre part, une capacité d expertise en milieu de travail lui permettant d obtenir une évaluation scientifique relative à un risque spécifique (notamment - mais pas seulement - dans le domaine du risque chimique). Cette intégration s inscrit dans un processus de réorganisation de notre dispositif de sécurité sanitaire autour de quatre principes fondamentaux : - La séparation nette entre l évaluation des risques, qui relève des experts, et la gestion des risques, qui relève des autorités publiques ; (12) Rapport IGAS/IGF/IGE/COPERCI du 4 juin 2004 sur l évaluation de l application de la loi du 1 er juillet 1998 relative au renforcement de la veille et du contrôle sanitaires Développer les connaissances en milieu professionnel 1917 - La nécessité d une agence publique en charge, de façon lisible, des questions de santé au travail ; - La nécessité d une coordination entre les différents départements ministériels concernés par l évaluation des risques, notamment des substances et des produits ; - La distinction entre la surveillance de la santé des populations (dont est responsable l Institut de veille sanitaire) et l évaluation des risques des produits, à la charge des différentes agences. A cet effet, il est proposé au sein du dispositif de sécurité sanitaire : - qu une agence publique soit chargée de la question de la santé au travail et notamment de l évaluation des risques des produits ; - que l Institut de veille sanitaire développe une véritable surveillance au long cours de la population des travailleurs. Cette agence, qui sera placée sous la tutelle, notamment, des ministères en charge du travail et de la santé : - assurera une veille scientifique et technique sur les dangers (propriété intrinsèque d un agent susceptible d avoir un effet nuisible (13) ) et sur les risques (probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d utilisation et/ou d exposition) en milieu professionnel ; - procédera à une évaluation des risques pour l homme en s appuyant sur une expertise intégrée concernant la connaissance des dangers et des expositions ; - organisera l expertise (analyse critique des valeurs toxicologiques de référence, caractérisation des risques associés aux différents niveaux de valeurs limites d exposition professionnelle VLEP - en prenant en compte les aspects effets sur la santé et métrologie ) nécessaire à la fixation des valeurs limites d exposition aux substances dangereuses ; - répondra à toute demande d avis des ministères concernés sur les dangers et les risques en milieu professionnel. L Institut de veille sanitaire mettra en place la surveillance de l état de santé des populations et conduira les investigations, notamment épidémiologiques, appropriées pour identifier les menaces et facteurs de risques au travail, activités dont les résultats alimentent la veille scientifique de l Agence. Il contribuera à tous les travaux ayant trait aux maladies professionnelles, notamment développés au sein du CSPRP. L Etat décide des modalités de gestion du risque, fixe les règles à respecter et contrôle leur mise en œuvre. Ce processus comporte une phase de consultation sociale conduite par le ministère chargé du travail - sur la base de données fournies, par les agences - particulièrement des partenaires sociaux, principaux détenteurs d informations sur le milieu du travail et de connaissances sur les pratiques professionnelles et sur les conditions de mise en œuvre des mesures envisagées. Le rôle des partenaires sociaux, qui contribuent à la mise en œuvre de la prévention sur le terrain - notamment à travers les organismes experts dont ils assurent la gestion et qui apportent une assistance technique aux entreprises - sera par ailleurs conforté. L INRS, qui demeure le seul organisme rassemblant des compétences scientifiques et techniques dans ce domaine, restera un partenaire privilégié de la direction des relations du travail pour le compte de laquelle il accomplit, dans le cadre de conventions, des études et oriente ses recherche. Actions Constitution d un pôle d évaluation des risques regroupant, sur un même site, les différentes agences publiques compétentes dont celle en charge de l évaluation scientifique des risques en milieu professionnel Dès l année 2005, sera progressivement constitué, sur un même site, un pôle d évaluation des risques associant les agences en charge de l évaluation des risques en matière de santé au travail, de santé environnement et de sécurité alimentaire. (13) Définition donnée dans la directive 98/24/CE relative aux agents chimiques. 20 Développer les connaissances en milieu professionnel18 Ce pôle n a pas vocation à internaliser l ensemble des compétences nécessaires mais d une part, s appuiera sur les compétences existantes dans les différents organismes experts, y compris en matière d organisation et de conditions de travail (InVS, INERIS, IRSN, INRS, ANACT, CEMAGREF, ) et, d autre part, assurera la relation avec les organismes de recherche et les universités. A cet égard, le rapprochement en cours entre l INRS et l INERIS devrait faciliter la coordination. Au sein de ce pôle, l agence en charge de la santé au travail pourra s appuyer, dès 2005, sur 10 experts de haut niveau et lancera un programme pluriannuel d expertise sur les principales substances dangereuses. Ce programme portera notamment sur les conditions d utilisation des fibres minérales artificielles (dont les fibres céramiques), le formaldéhyde, les éthers de glycol ainsi que sur les nano-matériaux. Du point de vue de son organisation, l agence en charge de la santé au travail disposera d une réelle autonomie, à la mesure des enjeux sanitaires, majeurs et prioritaires, en milieu professionnel. A cet égard, elle disposera: - d un comité scientifique spécifique dans le domaine de la santé au travail ; - d un comité d orientation spécifique permettant d associer les partenaires sociaux et, le cas échéant, les représentants de la société civile ; - d un budget propre, identifié et dédié à la santé au travail ; - d une autonomie de communication dans le domaine santé au travail ; - de la tutelle administrative et technique, à titre principal, du ministère du travail. Renforcement et regroupement des compétences en matière de surveillance de la santé en milieu de travail Le ministère chargé du travail allouera des moyens nouveaux à l InVS dans le domaine santé au travail. En partenariat avec le ministère chargé de la santé qui assure la tutelle de l InVS, il sera étroitement associé aux activités de l InVS concernant la santé au travail (cosignature des saisines, coprésidence du comité de liaison DGS/DRT/InVS-DST, prise en compte de l avis de la DRT sur la partie santé travail du contrat d objectifs et de moyens de l InVS, ) L InVS développera des partenariats avec la CNAMTS (cf. fiche 1.3), créera ou consolidera des réseaux de médecins du travail pour améliorer la surveillance sanitaire en milieu professionnel et développera les compétences de ses structures régionales (CIRE) pour contribuer à la surveillance épidémiologique dans les entreprises. Le rapprochement déjà opéré sous forme de convention cadre, entre le département santé travail de l InVS et le département épidémiologie en entreprise de l INRS pourrait être un moyen de créer un pôle de compétences en matière de surveillance de la santé au travail. Calendrier de mise en œuvre Les textes réglementaires de création de l agence chargée de la santé au travail seront élaborés et publiés avant fin Dans l attente, l AFSSE recrutera au premier semestre 2005, 10 spécialistes en santé travail de haut niveau qui constitueront l embryon de la future agence et seront chargés de développer des programmes d expertise (cf. fiches 1.3, 1.4, 4.6, 4.9) et de répondre aux saisines du ministère chargé du travail. Elle sera, d ores et déjà en 2005, dotée pour ce faire de crédits d expertise, ainsi que l InVS pour améliorer la surveillance sanitaire. Le budget total s élève à 5.7 M en Ces recrutements et les budgets d études correspondants seront développés régulièrement sur la durée du plan, pour que d une part l agence chargée de la santé au travail puisse disposer, au second semestre 2009, d une équipe de 50 scientifiques de haut niveau, spécialisée sur les questions de santé au travail et d évaluation des dangers et des risques en milieu professionnel et pour que d autre part l InVS double ses moyens dans le domaine de la santé au travail. Développer les connaissances en milieu professionnel 2119 OBJECTIF 1 : DÉVELOPPER LES CONNAISSANCES EN MILIEU PROFESSIONNEL Structurer et développer la recherche publique en santé et sécurité au travail FICHE 1.2 Le rôle de la recherche scientifique La recherche scientifique fondamentale surtout, et appliquée est déterminante pour contribuer à l indispensable amélioration de la connaissance en santé et en sécurité au travail. Elle permet, à la fois, de décrire les phénomènes en jeu, de diagnostiquer les causes et les effets, de contribuer à l élaboration de solutions dans les domaines de la prévention ou de l innovation technologique, et d éclairer la décision publique. Ainsi la recherche contribue à la production des normes et des réglementations, des savoir-faire en termes d organisation et à l enrichissement de la maîtrise des procédés et des techniques. Comprendre l influence des différents facteurs sur la santé représente un vaste enjeu scientifique. Qu il s agisse d interpréter les corrélations entre l apparition des «pathologies», les conditions environnementales - au sens large - et les conditions d exposition, ou d identifier les facteurs qui concourent à la protection de la santé ou à la réussite des actions de prévention, la recherche scientifique joue un rôle central. Les thèmes prioritaires choisis doivent être de nature à contribuer à des avancées significatives des connaissances scientifiques, à mobiliser l intérêt des communautés scientifiques, à présenter une réelle pertinence en termes de santé publique et pouvoir intégrer les préoccupations des différents acteurs. La définition de thèmes stratégiques passe par une confrontation entre des questions telles qu elles se posent aux différents acteurs, avec l offre de recherche existante, la veille scientifique et les perspectives d avancées scientifiques par domaine. Une meilleure prise en compte des problèmes - tant par les pouvoirs publics que par les différents acteurs - passe par le développement des activités d expertise, c est-à-dire l accès aux informations les plus pertinentes au regard de la question posée et en fonction de l état des connaissances, à un instant donné. L existence d un potentiel d expertise varié et indépendant appelle une mobilisation de spécialistes diversifiés et le développement de procédures collégiales et pluridisciplinaires de nature à garantir l indépendance. La participation à des activités d expertise, qu elles soient initiées par les organismes de recherche eux-mêmes, par les agences ou par d autres partenaires, fait partie des missions des organismes de recherche et de leurs personnels. Cependant, pour améliorer la traduction de cette mission dans les faits, il est nécessaire d améliorer sa prise en compte dans l évaluation des chercheurs et des laboratoires. Le champ du plan santé au travail Ce champ concerne l ensemble des domaines et des disciplines permettant d apporter des connaissances scientifiques sur le rôle de l environnement de travail, y compris organisationnel, sur la santé. Dans le cadre du PNSE et du PST, la mobilisation de la recherche publique relève du ministère de l éducation nationale, de l enseignement supérieur et de la recherche et du ministère délégué à la recherche. Développer les connaissances en milieu professionnel 2320 Objectifs Le volet recherche du plan santé au travail, articulé à celui du plan national santé environnement, a pour objectif de mobiliser et de développer le potentiel de recherche fondamentale et appliquée dans ses différentes disciplines et établissements (organismes, universités, grandes écoles) sur des thèmes prioritaires. Ce volet doit renforcer les synergies entre les différentes initiatives, soutenir l excellence scientifique sur les différents enjeux et ainsi renforcer la place de la recherche française, au niveau européen et international, l internationalisation étant moteur du développement des connaissances. A ce titre, il convient de : Mobiliser et développer le potentiel de recherche dans l ensemble des domaines et des disciplines concernés ; Renforcer la connaissance (détection, qualification, complexification, évolution) des substances toxiques (en traces, en mélange, en interaction), renouveler les méthodes d approche (toxicologie, métrologie, épidémiologie, ) et développer de nouvelles méthodes ; Renforcer la connaissance des différents déterminants de la santé au travail : évolutions technologiques, évolutions des savoir-faire, approches socio-techniques, contenu du travail, secteur, type et taille d entreprise (services, production, ), organisation, échelle d approche (poste de travail, atelier, entreprise, l entreprise et ses partenaires), interconnexion des risques, parcours d emploi ; Renforcer et développer le recueil de données fiables (traçabilité des expositions liée aux différents procédés, prise en considération de la dimension de genre homme/femme, approches longitudinales, construction de cohortes, ) et favoriser l accès des chercheurs aux données de terrains (cf. article 55 de la loi relative à la politique de santé publique) ; Développer la veille prospective technologique concernant les procédés facilitant la substitution (remplacement par des produits non ou moins dangereux) ; Renforcer l expression des besoins de recherche par les différents partenaires, notamment sociaux, et leur prise en compte dans la recherche (organisation de séminaires de réflexion réunissant les partenaires et la recherche) ; Renforcer la valorisation et le transfert des connaissances scientifiques (tant dans les domaines de l innovation technologique que dans les domaines de la prévention et de l aide à la décision publique) auprès des partenaires selon différentes modalités : transferts de technologie, expertises collectives pluridisciplinaires, synthèse des connaissances, séminaires de restitution des travaux de recherche, séminaires de formation... Justification Si chacun s accorde sur la relative faiblesse de la recherche - tant dans les domaines santé et travail que santé et environnement - il existe cependant un bon potentiel mobilisable. L augmentation des connaissances passe par le développement et la structuration de la recherche publique dans ce domaine et la mobilisation des différentes disciplines des sciences de la vie, des sciences de l ingénieur, des sciences chimiques et des sciences humaines et sociales. Le développement de la recherche, concernant les facteurs potentiels de pénibilité, de stress et, plus largement, de troubles psycho-sociaux et de TMS, correspond à la nouvelle recommandation de la Commission européenne concernant les maladies professionnelles qui a recueilli un avis favorable du Comité tripartite de Luxembourg (CCHS). 24 Développer les connaissances en milieu professionnel Montrer encore
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