Source: https://www.agence-biomedecine.fr/annexes/bilan2017/donnees/organes/06-rein/synthese.htm
Timestamp: 2019-12-08 15:52:37+00:00
Document Index: 197786535

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

﻿ Agence de la biomédecine - Le rapport annuel médical et scientifique 2017
Depuis 1959, année de la première greffe rénale enregistrée dans Cristal, un total de 84 377 greffes rénales a été enregistré, ce qui représente l'expérience cumulée globale française en matière de greffe rénale. Le nombre estimé de malades porteurs d'un greffon rénal fonctionnel est de 40 347 au 31 décembre 2017 soit une prévalence de 601 par million d'habitants (pmh).
DDAC MIII : donneur décédé après arrêt circulatoire suite à la limitation ou l'arrêt des thérapeutiques (catégories III de Maastricht)
En 2017, 5 280 nouveaux malades ont été inscrits sur la liste nationale d'attente pour une greffe rénale, soit un taux d'inscription de 78,7 nouveaux candidats pmh contre 72,8 pmh en 2015. Sur les 5 dernières années, on observe une augmentation des inscriptions de 21,5% soit 934 nouveaux patients de plus en 2017 qu'en 2012. En amont, les données du rapport REIN analysant l'incidence de l'insuffisance rénale chronique terminale avec traitement de suppléance rénale indiquent pour la première fois, en 2016, une baisse de 2,4 % de cette incidence et une amélioration de l'accès à la liste d'attente des patients (Rapport annuel 2016 du registre REIN https://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/rapportrein2016.compressed.pdf)
L'âge moyen des nouveaux malades inscrits s'élève progressivement: il est de 54,2 ans en 2017 contre 51,3 ans en 2012. La part des nouveaux inscrits âgés de 70 ans et plus est de 14,6 % alors que cette tranche d'âge ne représentait que 7,5% en 2012.
Parmi les nouveaux inscrits, 15,1% (795) sont candidats à une retransplantation, 39,8%( 2 100) ne sont pas encore dialysés et 12,9% (681) sont hyperimmunisés. Il existe une prédominance masculine chez les nouveaux inscrits mais également parmi les greffés, les patients décédés, ceux restant en attente au 1er janvier et chez les donneurs. La comparaison de la part des malades d'une catégorie inscrite en attente, greffés et restant en attente permet d'apprécier la difficulté relative d'accès à la greffe et l'accumulation sur liste. Ainsi observe-t-on la difficulté d'accès à la greffe des candidats du groupe B (13% des nouveaux inscrits, 11% des greffés et 14% des malades restant en attente), des candidats à une retransplantation (15% des nouveaux inscrits, 13% des greffés et 23% des malades ceux restant en attente) et des hyperimmunisés (13% des nouveaux inscrits, 13% des greffés et 26% des malades de ceux restant en attente).
Le nombre total de candidats à une greffe (nouveaux inscrits + malades restant en attente au 1er janvier de l'année) a atteint 18 793 en 2017 soit une progression de 6% en 1 an. Cependant, la part des malades en contre-indication temporaire a aussi progressé puisqu'elle représentait 45% des malades en attente au 1er en janvier 2017 (6 482 malades) contre 35 % en 2012. Cette dimension relativise l'inadéquation entre le nombre de candidats et le nombre de greffes réalisées.
En 2017, le nombre de greffes réalisées est de 3 782 en augmentation de 5% (soit + 167 greffes) par rapport à 2016. Cette progression est de 24% en 5 ans. Néanmoins, chaque année le nombre de nouveaux inscrits excède le nombre de greffes de 40% (moyenne des 6 dernières années) conduisant à une augmentation progressive des malades restant en attente au 1er janvier de chaque année ( +49% soit + 4 424 en 5 ans).
Le nombre de patients sortis de la liste d'attente pour aggravation est stable depuis 3 ans tandis que le nombre de décès sur liste d'attente a augmenté de 35% en 5 ans et représente 1,9% du total des candidats de l'année 2017. Ceci est à mettre en rapport avec l'augmentation de la part des sujets âgés.
Parmi les 3 782 greffes rénales réalisées, 587 (15,5%) étaient préemptives et 486 (13%) étaient des retransplantations.
Données extraites de CRISTAL le 05/03/2018 : données générales et méthodes
L'évolution de la pénurie peut être mesurée par 4 indicateurs :
le nombre de nouveaux inscrits pour un greffon (1,4 inscrit en 2017 pour un greffon utilisable) ;
le nombre de candidats en attente au 1er janvier de l'année pour un greffon (3,6 receveurs début 2017 pour un greffon utilisable) ;
le nombre de candidats en attente au 1er janvier hors malades en CIT (2 receveurs hors CIT début 2017 pour un greffon utilisable),
le nombre total de candidats pour un greffon (5 candidats en 2017 pour un greffon utilisable dans l'année).
Tableau R3. Caractéristiques démographiques des donneurs de rein et des malades inscrits selon leur devenir en liste d'attente de greffe rénale en 2017
Greffons rénaux greffés en 2017*
Tableau R4. Caractéristiques démographiques des malades inscrits selon leur devenir en liste d'attente de greffe rénale en 2017
En 2017, les glomérulonéphrites chroniques continuent à être la principale maladie rénale primitive, représentant 20% des nouveaux malades inscrits en attente de greffe rénale. De plus, on constate un volumineux groupe de causes "Inconnue ou indéterminée" (17% des nouveaux inscrits). Ce chiffre reflète pour une part le fait que de nombreux malades arrivent au stade terminal de leur IRC (insuffisance rénale chronique) sans prise en charge néphrologique préalable ou dans des conditions où les données cliniques, anamnestiques, biologiques et morphologiques ne permettent pas de diagnostic étiologique. Le nombre de patients diabétiques de type 2 se stabilise à 11 % des nouveaux inscrits en 2017 de même que le nombre de diabétiques de type 1 qui se stabilise à 4-5%depuis 5 ans . Il est à noter que la comptabilisation du diabète parmi les maladies responsables de l'IRC est difficile car celui-ci est pris également en compte dans les comorbidités.
Tableau R6. Comorbidités parmi les nouveaux malades inscrits en greffe rénale selon leur âge à l'inscription (2012-2017)
**les 5 comorbidités cardiovasculaires utilisées pour ce calcul sont : antécédent d'infarctus du myocarde, insuffisance coronarienne, angor instable, arythmie, insuffisance cardiaque
Parmi les 29 086 malades inscrits sur la liste d'attente entre 2012 et 2017, 54% n'ont pas de comorbidité associée à leur maladie rénale, 25% ont une comorbidité déclarée, 17% au moins 2 comorbidités et les données ne sont pas disponibles pour 5%. La présence et le nombre de comorbidités augmentent avec l'âge. Le diabète et les complications cardiovasculaires sont les plus fréquentes.
En 2017, les inscriptions préemptives représentent 39,8% des inscriptions pour les nouveaux inscrits, soit plus d'un malade sur trois. La part de ces inscriptions préemptives a progressé de 7% depuis 2012, reflétant une amélioration globale de l'accès à la liste d'attente. Il existe cependant de grandes variations régionales détaillées dans le chapitre sur les activités régionales et le rapport REIN. La part des inscriptions préemptives est moins importante chez patients inscrits pour retransplantation que pour les candidats inscrits pour la 1ère fois en liste d'attente de greffe rénale (36,4% versus 40,4%).
Cinétique de la liste d'attente
L'accès à la greffe est évalué par le taux d'incidence cumulée qui mesure la probabilité d'accès à la greffe en fonction de la durée d'attente sur liste et en tenant compte des risques concurrents (décès et sortie de liste d'attente pour aggravation). La médiane d'attente qui est la durée d'attente pour laquelle la moitié des candidats a accédé à la greffe est également indiquée pour les différentes catégories de patients dans le tableau R9, hors temps cumulé en contre-indication pour ces différentes catégories dans le tableau R10 et par équipe de greffes dans le tableau R12. Dans l'interprétation de ces médianes d'attente, il faut prendre en compte qu'elles reflètent le temps d'attente des patients qui ont bénéficié d'une greffe et ne préjugent pas de la médiane d'attente des patients toujours en attente.
Le tableau R8 montre l'évolution de la cohorte des 3 436 malades inscrits en attente en 2014 et la cinétique d'accès à la greffe avec une diminution progressive de la part des patients en attente (51,5% de l'ensemble de la cohorte après 24 mois) et l'augmentation de celle des greffés (42,8% à 24 mois) tandis que la part des patients décédés en attente et sortis de la liste reste faible en greffe rénale représentant respectivement 3,2% et 2,4 %de la cohorte à 24 mois.
Le taux d'incidence cumulée a été calculé pour les malades inscrits entre 1996 et 2017 en excluant les malades candidats et greffés à partir d'un greffon de donneur vivant ainsi que les malades ayant bénéficié d'une greffe combinée rein et organe vital. La probabilité d'être greffé à 24 mois a progressivement diminué passant de 61% à 24 mois à 42% entre les cohortes 1996-1999 et 2012-2015 et 2015-2017. L'écart entre la demande /offre en greffe rénale s'est accru ces 6 dernières années avec un nombre total de candidats par greffon passant de 4,4 en 2012 à 5 en 2017.
Ces indicateurs doivent être nuancés par l'augmentation des malades en contre-indication temporaire sur la liste d'attente. Si on ne considère que la liste « active » en excluant le temps cumulé en contre-indication, la probabilité d'être greffé à 24 mois pour les malades inscrits sur liste « active » entre 2012 et 2017 est de 55% alors qu'elle n'est que de 41% pour l'ensemble de la liste.
L'accès à la greffe varie significativement selon le groupe sanguin. Ainsi, la probabilité d'être greffé à 24 mois pour les inscrits entre 2012 et 2017 est de 52% pour les malades de groupe sanguin A, 53% pour les malades de groupe sanguin AB, 31% pour les malades de groupe sanguin O et 33% pour les malades de groupe sanguin B. La probabilité d'être greffé varie aussi significativement selon l'âge et selon que le receveur présente ou non une immunisation. Les receveurs âgés de moins de 18 ans qui bénéficient de la priorité pédiatrique ont un accès à la greffe meilleur et plus rapide que les adultes avec une probabilité d'être greffé à 24 mois très supérieure à la probabilité nationale (78% versus 41% pour l'ensemble des inscrits entre 2012 et 2017). A l'autre extrémité, les sujets les plus âgés (≥66 ans) ont également une probabilité d'être greffé plus élevée (45% à 24 mois), ce qui s'explique par la part importante des greffons de donneurs décédés de plus de 65 ans qui leur est proposée (84% des greffons attribués à cette tranche d'âge) tandis que les candidats de 56 à 65 ans sont ceux dont la probabilité de greffe est la plus faible à 24 mois (34%) suivis de près par ceux de 30 à 55 ans (39%).Chez les malades hyperimmunisés avec un taux de greffons incompatibles supérieur à 85% la probabilité d'être greffé à 24 mois est de 27% contre 50% chez les non immunisés.
La médiane d'attente sur liste est de 32,4 mois pour les malades inscrits entre 2012 et 2017 et ayant bénéficié d'une greffe. Elle n'est plus que de 19,7 mois si on ne considère que la liste « active », hors contre-indications temporaire. En excluant les équipes pédiatriques, cette médiane d'attente varie de 14 à 67 mois selon les équipes. Ces différences, liées aux disparités régionales d'accès à la liste d'attente et à la greffe, mais aussi à l'épidémiologie propre de chaque région, ne peuvent être appréciées qu'en prenant en compte l'ensemble du parcours des patients avec le temps passé en dialyse avant inscription sur la liste (rapport 2016 du réseau épidémiologie information néphrologie REIN : https://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/rapportrein2016.pdf) Le risque de décès en liste d'attente est globalement faible avec en 2017, 352 décès parmi les 18 793 candidats en attente dans l'année. Le risque de décès augmente avec la durée d'attente avec une incidence cumulée de décès qui passe de 3% à 12 mois à 7% à 36 mois dans la cohorte des malades inscrits entre 2012 et 2015. Il augmente également discrètement au fil du temps avec un risque de décès à 24 mois qui est passé de 3% pour les malades inscrits entre 1996-1999 à 5% pour la cohorte 2012-2015, dans un contexte de receveurs plus âgés à l'inscription.
Tableau R8. Evolution sur les trois premières années du devenir des malades inscrits pour la première fois en greffe rénale en 2014 (N= 3436)
Interprétation des résultats pour un temps donné: après 18 mois d'attente 62% des malades inscrits en 2014 étaient toujours en attente, 34% greffés, 2% décédés en attente et 2% sortis de liste d'attente.
Incidence cumulée des greffes avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou sorties pour aggravation en % [IC à 95%]
32 [32-33]
62 [61-62]
24 [23-25]
42 [41-42]
Après 24 mois d'attente, les malades inscrits entre 2012 et 2015 ont 34,2% de chance d'être greffés et 5% de risque de décès en attente.
Tableau R9. Incidence cumulée des greffes rénales avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou sorties pour aggravation selon les caractéristiques des malades inscrits à partir du 1er janvier 2012 sur la liste d'attente globale (incluant le temps en contre indication temporaire) et médiane d'attente avant greffe pour les patients greffés.
12 [11-12]
41 [40-41]
53 [53-54]
13 [13-13]
23 [22-23]
67 [67-68]
16 [16-17]
34 [31-36]
53 [50-56]
64 [61-68]
43 [42-44]
64 [63-66]
44 [43-45]
51 [48-53]
27 [26-29]
66 [62-69]
Interprétation des résultats pour un facteur : Après 1 an d'attente, les malades inscrits entre 2012 et 2017 de groupe sanguin A ou AB ont significativement plus de chance d'être greffés que les malades de groupes B et O (respectivement 31% et 34% pour les groupes A et AB versus respectivement 16% et 16% pour les B et O, p<0,001).
Tableau R10. Incidence cumulée des greffes avec prise en compte du risque concurrent de décès en attente ou sorties pour aggravation selon les caractéristiques des malades inscrits à partir du 1er janvier 2012 sur la liste d'attente d'une greffe rénale, hors temps cumulé en contre-indication (liste active)
et durée médiane d'attente sur la liste active avant greffe pour les greffés.
33 [30-37]
68 [65-72]
57 [55-58]
77 [76-78]
48 [45-50]
59 [57-62]
41 [39-43]
87 [84-90]
63 [55-70]
89 [81-93]
26 [24-29]
Interprétation des résultats pour un facteur : Après 1 an d'attente hors temps cumulé en CIT, les malades inscrits entre 2012 et 2017 de groupe sanguin A ou AB ont significativement plus de chance d'être greffés que ceux des groupes B et O (respectivement 50% et 51% pour les groupes A et B versus respectivement 28% et 27% pour les B et O, p<0,001).
80 [72-85]
46 [36-55]
78 [62-88]
49 [45-53]
54 [49-59]
41 [39-42]
38 [36-41]
Tableau R12. Tableau R12. Taux d'incidence cumulée selon l'équipe de greffe des malades inscrits à partir du 1er janvier 2012 sur la liste d'attente d'une greffe rénale (Exclusion des malades en attente de greffe à partir de donneurs vivants et des greffes combinées rein plus un organe vital)
36 [31-40]
50 [45-55]
12 [8-15]
29 [24-34]
48 [42-54]
54 [47-60]
61 [57-65]
19 [4-41]
44 [19-66]
22 [18-27]
36 [31-41]
58 [52-64]
73 [67-79]
40 [35-46]
38 [34-41]
44 [38-49]
La Réunion (A)
La Réunion (P)
10 [0-37]
36 [7-68]
76 [4-98]
21 [18-24]
23 [21-26]
47 [44-51]
8 [3-17]
37 [24-50]
71 [54-82]
76 [59-87]
25 [20-29]
59 [53-65]
23 [21-25]
53 [49-56]
8 [4-15]
47 [37-57]
82 [71-89]
92 [79-97]
35 [20-51]
58 [38-73]
89 [62-97]
95 [52-100]
15 [2-40]
24 [5-50]
59 [18-85]
80 [8-98]
22 [5-47]
48 [13-77]
65 [15-91]
48 [35-61]
76 [61-86]
31 [28-35]
48 [45-52]
49 [45-52]
57 [45-67]
80 [68-88]
30 [27-34]
28 [24-31]
14 [10-18]
42 [35-49]
51 [44-58]
38 [33-43]
18 [15-23]
39 [35-43]
42 [38-46]
58 [54-63]
50 [46-55]
23 [9-41]
84 [58-94]
89 [60-97]
32 [29-35]
17 [4-37]
37 [14-60]
82 [38-96]
L'incidence cumulée de greffe diffère d'une équipe à l'autre. Après 1 an d'attente, le pourcentage de malades greffés parmi les malades inscrits entre 2012 et 2017 varie de 4% (Paris Tenon) à 45% (Caen) en excluant les équipes de greffe uniquement pédiatrique. Cet écart se creuse d'année en année. L'interprétation de ces différences brutes entre les équipes doit demeurer prudente car il existe, entre les équipes, d'importantes variations des caractéristiques des malades inscrits (malades pédiatriques, malades immunisés, inscriptions pour retransplantation, etc…). L'accès à la greffe dépend des politiques d'inscription sur liste et de greffe qui diffèrent entre les équipes, notamment vis-à-vis des malades "à risque" (malades immunisés, sujets âgés par exemple). La constatation d'un pourcentage de malades greffés élevés à un an ou deux ans ne signifie pas un meilleur accès des malades insuffisants rénaux à la greffe, notamment lorsque le taux d'inscription reste faible dans la région. L'incidence de l'insuffisance rénale chronique terminale, l'accès à la liste d'attente et le taux de prélèvement de sujets décédés sont autant de facteurs qui pèsent sur l'accès à la greffe et varient fortement d'une région à l'autre.
En 2017, parmi les 1 933 donneurs décédés (de mort encéphalique ou après arrêt circulatoire) prélevés d'au moins un organe, 1 825 (94,4%) ont été prélevés d'au moins un rein. Au total, 3 537 greffons rénaux ont été prélevés dont 90,5% ont été greffés. La part des greffons greffés parmi les prélevés, indicateur de l'efficacité du prélèvement, a diminué au cours des dix dernières années (93,9% de greffons greffés parmi ceux prélevés en 2000). Cela s'explique par l'augmentation de l'âge moyen des donneurs décédés de mort encéphalique (58,3 ans en 2017 contre 41,5 ans en 2000) et du nombre de greffons dits à critères élargis qui représentent 50,1% des greffons greffés en 2017 soit 1 472 greffons. La part des donneurs très âgés (≥ 75 ans) parmi les donneurs décédés de mort encéphalique est passée de 10 à 20% entre 2010 et 2017.
En 2017, la progression de la mise sous machine à perfusion des reins de donneurs décédés de mort encéphalique à critères élargis se poursuit correspondant au déploiement du programme national avec 73,7% de mise sous machine contre 67% en 2015, 24% en 2013 et 13% en 2012 date du début du programme. Il existe encore une marge de progression de cette pratique avec un taux de mise sous machine des reins de ce type de donneurs variant de 43 à 95% selon l'équipe de greffe (hors DOM-TOM).
Depuis 2015, début du programme national de développement des donneurs décédés après arrêt circulatoire suite à la limitation ou l'arrêt des thérapeutiques (catégorie III de Maastricht), le nombre de donneurs prélevés d'au moins un rein progresse rapidement passant de 15 en 2015 à 97 en 2017 En revanche, le nombre de donneurs décédés après arrêt circulatoire inopiné (catégorie I et II de Maastricht) débuté en 2006 est stable avec une trentaine de donneurs par an.
Tableau R13. Evolution de l'activité de prélèvement en France de greffon rénal sur donneurs décédés depuis 1997 (incluant les donneurs décédés après arrêt circulatoire prélevés en France depuis 2006)
Tableau R14. Age des greffons prélevés sur donneurs décédés et greffés en France en 2017 selon l'âge du receveur (donneurs décédés de mort encéphalique et après arrêt circulatoire)
Remarque : les donneurs prélevés à l'étranger sont exclus de ce tableau
Le score d'attribution des greffons rénaux permet un bon appariement en âge des donneurs et des receveurs. La limitation à moins de 15 ans du différentiel d'âge entre receveur et donneur des attributions prioritaires, lorsque le receveur a plus de 50 ans, évite également l'attribution de greffons de donneurs jeunes à des receveurs âgés.
Tableau R15. Caractéristiques des donneurs prélevés en France dont au moins un rein a été greffé en 2017
Remarque : les donneurs prélevés à l'étranger sont exclus de ce tableau.
En 2017, 3 782 greffes rénales ont été réalisées en France, soit 56,3 pmh et une augmentation de 4,6% (+167 greffes) par rapport à l'année précédente. C'est ainsi le plus grand nombre de greffes annuelles jamais atteint. Cette progression a été possible grâce à l'augmentation des 3 types de greffe.
Parmi les greffes réalisées, 77,6 % (2936 ont été effectuées à partir de donneurs en mort encéphalique), 1,5% (57) avec donneur décédé après arrêt circulatoire suite à un arrêt cardiaque inopiné (Maastricht I et II), 4,7% (178) avec donneur décédé après arrêt circulatoire suite à la limitation ou l'arrêt des thérapeutiques (Maastricht III) et 16,1% (611) avec un donneur vivant.
La moitié des greffes avec donneur décédé en mort encéphalique a été réalisée à partir de donneurs à critères élargis (1 472 sur 2 936) et 73,7% des reins de ce type de donneur ont été mis sous machine à perfusion, correspondant au déploiement du programme national mis en place en 2012. Il existe des grandes variations de la part des reins à critères élargis perfusés selon les équipes avec une marge de progression de cette pratique qui permet de diminuer le risque de retard de fonction des greffons (cf paragraphe survie post greffe).
Le prélèvement sur DDAC MI-II a débuté fin 2006. Depuis l'activité est fluctuante avec un maximum de 81 greffes en 2012. En 2017, 57 greffes de ce type ont été réalisées. La difficulté à développer ce type de greffe tient aux importantes contraintes du prélèvement des donneurs répondant aux critères Maastricht I et II, seuls autorisés en France jusqu'en 2014.
Le prélèvement de DDAC-MIII est autorisé depuis février 2014 et a conduit à l'élaboration d'un protocole national auquel participent des équipes volontaires. Le premier prélèvement de ce type a été réalisé en décembre 2014. En 2015, 27 greffes de ce type ont été réalisées, 86 en 2016 et 178 en 2017. Cette nouvelle activité devrait permettre d'élargir progressivement le nombre de donneurs après arrêt circulatoire. Les premiers résultats sont très prometteurs avec un taux très faible de retard de fonction. Les greffes effectuées à partir de donneur vivant, après une hausse historique de 28% en 2014 poursuivent une progression plus lente avec 611 greffes (+ 35 greffes). Le nombre de greffes avec donneur vivant a doublé depuis 2011.
En 2017, 16,4% des premières transplantations ont été préemptives et cette proportion atteint 37,2% pour les greffes avec donneur vivant.
Depuis le 3 février 2015, un nouveau score d'attribution des greffons rénaux a été mis en place. L'objectif global de ce nouveau score est de promouvoir des stratégies d'allocations différenciées, mieux adaptées aux besoins des malades, et en particulier à leur âge. Il vise à améliorer l'appariement en âge et le matching HLA, en particulier pour les jeunes receveurs grâce à une mutualisation plus large des greffons. Il modifie le modèle géographique de répartition des greffons. Un des reins du donneur est attribué au niveau local sauf si aucun receveur ne remplit l'exigence d'un différentiel d'âge de moins de 20 ans avec le donneur. L'autre rein, jusqu'alors attribué au niveau de l'interrégion, est désormais mutualisé au niveau national. Les attributions prioritaires restent inchangées. Il vise également à l'attribution des greffons de donneurs jeunes, dont le nombre a diminué avec le temps à des receveurs dont la différence d'âge n'excède pas 20 ans (15 ans pour les receveurs de plus de 50 ans bénéficiant d'une priorité nationale ou interrégionale. En 2017, pour les 2 936 greffes rénales réalisées à partir de greffons issus de donneurs décédés en mort encéphalique, 1 366 greffons (46,5%) ont été attribués à l'échelon local, 29 à l'échelon régional (1% contre 27% en 2014), 864 greffons (29,4% contre 2% en 2014) ont été attribués à l'échelon national et 642 greffons (21,9%) ont fait l'objet d'une attribution prioritaire, à l'échelon national dans 84,1% des cas.
Le tableau R14 indique l'appariement en âge entre donneur et receveur. Globalement, 75,8% des receveurs de moins de 30 ans ont reçu un greffon de donneurs âgés de moins de 30 ans et 83,9% des receveurs de plus de 65 ans ont reçu un greffon de donneurs âgés de plus 65 ans. La modification de la définition de l'hyperimmunisation mise en place en juillet 2009 a conduit à une augmentation des attributions prioritaires qui sont passées de 17% pour la période 2007-2009 à 22% pour la période 2013-2016. La limitation en 2011 de l'accès au programme hyperimmunisés-antigènes permis exigeant un meilleur appariement en âge et en HLA et l'institution d'un délai de carence de 18 mois avant l'accès à cette priorité en 2016 a permis de contrôler la priorisation de ces patients qui ne représentaient que 13,1% des attributions en 2017. Cependant, ces patients continuent à représenter 26,2% des patients restant en attente au 1er janvier 2017 avec un taux d'accès à la greffe réduit.
Dans le cadre du programme bigreffe, 70 reins ont été greffés chez 35 receveurs, soit une activité faible et stable dans les dernières années, alors que le nombre de donneurs âgés augmentent.
Le nombre de greffes combinées augmente depuis 2014 avec 175 greffes combinées en 2017. Ceci est lié principalement à une augmentation des greffes foie-rein. Les greffes combinées pancréas-rein après plusieurs années de stagnation augmente en 2017 avec 84 greffes réalisées.
En excluant les malades greffés à partir d'un greffon de donneur vivant ou de donneur décédé après arrêt circulatoire, ainsi que les malades ayant bénéficié d'une greffe combinée rein et organe vital, la durée moyenne d'ischémie est de 16,4 heures soit une diminution de 2,5 heures en 10 ans. Pour les reins greffés localement cette durée est passée de 16,6 à 14,3 heures dans la même période. Elle demeure très variable d'une équipe à une autre (de 13,5 à 19,5 heures, hors équipes exclusivement pédiatriques et départements d'Outre-mer). L'effort de réduction de la durée d'ischémie froide réalisé par l'ensemble des intervenants du prélèvement et de la greffe doit se poursuivre, la durée d'ischémie froide ayant un impact important sur la survie à long terme des greffons rénaux. L'objectif du plan greffe 2017-2021 est d'atteindre une moyenne nationale de 15 heures.
Tableau R17. Caractéristiques des receveurs greffés en 2017 selon le type de donneur
La répartition du type de néphropathie primitive parmi les malades greffés ne s'est pas modifiée dans les cinq dernières années. Les glomérulonéphrites demeurent en tête et représentent près d'un quart des patients, suivis par la polykystose rénale, les néphropathies interstitielles et les néphroangioscléroses. Dix-sept pour cent sont de nature inconnue ou indéterminée. L'appréciation de la part du diabète de type 2 est difficile avec une sous-estimation car celui-ci est pris en compte également comme comorbidité.
En 2017, 16,4% des greffes réalisées étaient des greffes préemptives en excluant les retransplantations. Cette proportion a augmenté de 3,9% dans les 6 dernières années principalement en raison de l'augmentation de ce type de greffe avec les donneurs vivants. En 2016, 37,3% des greffes avec donneur vivant étaient préemptives
Tableau R20. Caractéristiques des greffes en 2017 selon la compatibilité HLA en super-type (hors donneur vivant)
Tableau R21. Nombre de greffes rénales effectuées par équipe en 2017
Taux de croissance 2017/2016 (%)
L'activité de greffe rénale s'est effectuée en 2017 dans 46 équipes de greffe, dont 12 équipes avec une activité pédiatrique exclusive et 2 équipes avec une activité pédiatrique associée au programme de greffe chez l'adulte. En France, l'activité de greffe rénale est soumise à autorisation.
Tableau R22. Evolution des durées moyennes d'ischémie froide en heure (hors donneur vivant, donneur décédé après arrêt circulatoire et greffe combinée)
Tableau R23. Evolution des durées moyennes d'ischémie froide en heure pour les greffes rénales à partir des donneurs décédés après arrêt circulatoire
En 2017, la durée moyenne d'ischémie froide pour les greffes à partir de donneurs en mort encéphalique est, estimée à 16,4 heures et reste stable mais varie d'une équipe à l'autre. Pour les greffes avec DDAC MI-II et MIII, cette durée est respectivement de 12,9 heures et de 10,1 heures.
Tableau R24. Durée moyenne d'ischémie froide en heure pour l'année 2016 par équipe de greffe (hors donneur vivant, donneur décédé après arrêt circulatoire non contrôlé et greffe combinée)
antécédent d'hypertension artérielle,
La part des reins de donneurs à critères élargis perfusés est passée de 6% en 2011 à 74 % en 2017 avec 1472 reins perfusés. Actuellement, la plupart des équipes ont débuté ce programme avec des activités très variables. Certaines équipes atteignent plus de 90% de reins de donneurs à critères élargis perfusés. La marge de progression est importante avec un objectif de perfuser tous les reins à critères élargis d'ici 2021.
Tableau R26. Nombre de greffes par équipe selon que le rein a été mis sous machine à perfusion (donneur décédé en mort encéphalique à critères élargis - 2017)