Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F26-09-2003-6S-279-2003
Timestamp: 2016-10-23 22:12:02+00:00
Document Index: 69929504

Matched Legal Cases: ['art. 21', 'art. 146', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 146', 'ATF ', 'art. 513', 'art. 514', 'ATF ', 'art. 514', 'art. 66', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 41', 'art. 20', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 137', 'art. 260', 'art. 21', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 146', 'art. 278']

6S.279/2003 (26.09.2003)
recourant, repr�sent� par Me Jacques Michod, avocat, rue de Bourg 8, case postale 3712, 1002 Lausanne,
pourvoi en nullit� contre l'arr�t du Tribunal cantonal vaudois, Cour de cassation p�nale, du 22 novembre 2002.
Par jugement du 4 octobre 2002, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La C�te a notamment condamn� V.________ pour escroquerie par m�tier, � trois ans de r�clusion, sous d�duction de quatorze jours de d�tention pr�ventive.
Par arr�t du 22 novembre 2002, dont les consid�rants �crits ont �t� communiqu�s aux parties le 17 juin 2003, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours de V.________.
En r�sum�, il en ressort les �l�ments suivants.
B.a V.________, n� en 1944, a appris le m�tier d'employ� de commerce dans une agence immobili�re. Il a travaill� quatre ans au service du personnel du D�partement vaudois des finances, puis quatre ans comme comptable � Migros Vaud. Apr�s avoir �t� employ� dans un garage, il a obtenu un poste d'adjoint � l'administration cantonale des imp�ts � Lausanne. En 1986, il s'est mis � son compte, comme fiduciaire. Il a �t� d�clar� en faillite le 23 mars 2000. Son casier judiciaire ne comporte pas d'inscription.
V.________ s'est associ� � plusieurs personnes dont notamment W.________, X.________, Y.________ et Z.________ pour commettre des tromperies au moyen d'un jeu de cartes dit du "dada" ou de "l'arnaque des cantines" qui consiste � vendre aux victimes un vase rempli d'h�ro�ne qu'elles peuvent alors, soi-disant, revendre au triple de leur prix d'achat.
B.b En 1995, V.________ a lou�, au nom de sa soci�t� T.________ SA, l'appartement d'une de ses connaissances, A.________, qui avait perdu sa fortune immobili�re s'�levant � 14.2 millions de francs. Il l'a ensuite contact�, pr�tendant qu'il avait un moyen de le sortir de ses probl�mes financiers. Il lui a notamment pr�sent� X.________, qui jouait un vieux pr�nomm� UX.________, affubl� comme � chaque fois d'un gros manteau avec chapeau, lunettes noires, canne � la main et qui payait le repas en sortant une liasse de billets de 1'000 francs, ainsi que W.________, d�nomm� B.________. Quelque temps plus tard, V.________ a expliqu� � A.________ qu'il lui fallait trouver 250'000 francs, somme qui ferait office de commission de courtage et en �change de laquelle UX.________ pourrait lui remettre 14.2 millions de francs pour sauver ses affaires. A.________ a essay� en vain d'obtenir cette somme. Quelques jours plus tard, il s'est rendu, en compagnie de B.________, � l'h�tel Intercontinental, � Gen�ve, o� il a notamment rencontr� UX.________ qui lui a fix� un nouveau rendez-vous le lendemain et insist� sur le fait qu'il devait absolument trouver les 250'000 francs. B.________ lui a encore propos� trois vases � 50'000 francs dont le contenu fut certifi� par un expert comme �tant de l'h�ro�ne, ce qui pouvait tripler le prix (l'arnaque des cantines). Finalement, A.________ a fait valoir qu'il n'avait pas les moyens et qu'il ne s'int�ressait plus � l'affaire.
B.c Au d�but de l'ann�e 1996, W.________, pr�nomm� K.________, a souhait� acheter pour sa fianc�e l'appartement d'un d�nomm� C.________ � un prix surfait de 1'500'000 francs. V.________, se pr�sentant comme fiduciaire, a expliqu� au vendeur que son client K.________ jetait l'argent par les fen�tres. A un moment donn�, ce dernier s'est pr�tendu f�ch� car sa fianc�e ne voulait plus acqu�rir cet appartement s'il n'�tait pas � son nom. De l�, les comp�res en sont venus � parler du jeu du "dada". V.________, faisant mine de prot�ger son client, a affirm� que celui-ci ne devait plus jouer car il ne gagnait jamais. Finalement, K.________ a exig� de jouer pour un million de francs. Dans le courant de la semaine, V.________ a dit � C.________ qu'il avait trouv� 750'000 francs et lui a demand� de lui fournir les 250'000 francs manquants. Ce dernier est all� au rendez-vous. K.________ �tait pr�sent avec des liasses de billets, mais a finalement quitt� les lieux, C.________ n'ayant pas fourni la somme demand�e.
B.d Au d�but de l'ann�e 1996, V.________ et W.________ ont contact� D.________, riche propri�taire d'h�tels � Majorque o� ils se sont rendus avec Y.________ qui devait fonctionner comme interpr�te et app�t, D.________ �tant manifestement attir� par elle. W.________ devait s'int�resser � l'achat d'un h�tel et Y.________ se faire passer pour sa belle-fille. Le jeu du "dada" a �t� �voqu�, mais D.________ a finalement renonc� � jouer et les compagnons ont abandonn� leur projet.
B.e Lors de leur s�jour � Majorque, les trois comparses ont rencontr� E.________, propri�taire d'une ferme que W.________ a d�cid� d'acheter avec sa fianc�e. Il a finalement fait valoir que son amie n'�tait pas encore divorc�e, que la transaction ne pouvait se faire et lui a propos� de jouer la propri�t� ou son prix aux cartes. Les compagnons ont convaincu le propri�taire de venir en Suisse, ce qu'il a fait en compagnie de son �pouse au printemps 1996. Le couple est arriv� dans les bureaux de V.________ pour jouer au "dada". L'�pouse, d�tentrice des fonds, a flair� le pi�ge et interdit � son mari de jouer. Le jeu n'a donc finalement pas eu lieu.
B.f Au cours de la m�me p�riode, W.________ a invit� le couple F.________ � venir en Suisse pour discuter de la vente de leur villa, � Bruxelles. Arriv�s � la fiduciaire de V.________, on leur a propos� de jouer au "dada", ce qu'ils ont refus�.
B.g Au printemps 1996, W.________ a pr�sent� X.________, soit le vieux d�nomm� UX.________, � G.________, qui, gravement endett�, cherchait � vendre son appartement pour 1.2 millions de francs. V.________ a �tabli un projet de vente immobili�re qui, n'�tant qu'un leurre, n'a finalement pas abouti. Les comparses ont fait croire au vendeur que X.________ �tait un vieillard richissime, g�teux et passionn� du jeu du "dada" auquel il perdait r�guli�rement des sommes exorbitantes. App�t�, G.________ est all� demander des fonds � H.________ qui lui a avanc� 500'000 francs pour jouer contre le vieillard. La partie a �t� organis�e le 18 juin 1996 dans les locaux de la fiduciaire de V.________. UX.________ a tout d'abord propos� deux parties � blanc qu'il a perdues. G.________ a ensuite jou� 500'000 francs et perdu, W.________ ayant manipul� les cartes. UX.________ a remerci� G.________ en l'embrassant, lui a fait savoir qu'il pouvait venir toucher sa commission au Royal Savoy, � Lausanne, et a fil� avec l'argent. W.________ a feint de le poursuivre, puis est revenu bredouille, les v�tements d�rang�s, paraissant ainsi �tre du c�t� du perdant.
La partie termin�e, les comparses ont partag� le butin. G.________, accompagn� de Z.________, W.________ et V.________, est all� retrouver H.________ qui lui a remis, le 28 juin 1996, un million de francs emprunt�s � un ami. Sur cette somme, G.________ a pr�lev� 200'000 francs pour son usage personnel et plac� le solde dans un coffre au Cr�dit Suisse. Pour disputer la revanche dont la mise devait �tre cette fois de 4 millions de francs, G.________ s'est tout d'abord rendu au ManH�tel, � Gen�ve, avec exclusivement des fausses coupures. W.________ et V.________ ont v�rifi� les billets et refus� de jouer dans de telles conditions. G.________ est alors parti chercher le solde d'environ 800'000 francs. Il a ensuite constitu� des liasses pour 4 millions de francs en m�langeant le solde de 800'000 francs de vrais billets avec des fausses coupures. De retour � Gen�ve, les compagnons ont accept� le jeu et G.________ a tout perdu. UX.________ a alors quitt� la chambre avec le magot qu'il a partag� avec ses comparses ult�rieurement.
B.h Au d�but de l'ann�e 1997, V.________ a contact� une de ses connaissances, J.________, qui avait des immeubles � vendre et lui a fix� un rendez-vous lui expliquant qu'il connaissait des gens int�ress�s. Il lui a ainsi pr�sent� UX.________ qui, selon le proc�d� habituel, a notamment exhib� une liasse de billets de 1'000 francs et distribu� des gros pourboires, ainsi que W.________, int�ress� � l'achat de diverses maisons. Quelque temps plus tard, les m�mes personnes, ainsi qu'Y.________, se sont retrouv�es au Lausanne-Palace o� elles ont alors parl� de vases chinois. V.________, W.________, UX.________ et J.________ sont ensuite mont�s dans une chambre o� le vieux a sorti un vase contenant de la poudre blanche. L'affaire en est toutefois rest�e l�, J.________ ayant d�cid� de quitter les lieux.
B.i En f�vrier 1997, W.________ a contact� un Belge auquel il a propos� une maison sur la C�te d'Azur. Sont ensuite apparus V.________ et X.________ lequel cherchait une propri�t� pour sa fianc�e. Le Belge devait toucher une commission de 3 � 5 %. Les compagnons lui ont demand� s'il s'int�ressait aux antiquit�s et lui ont montr� des vases, � Gen�ve. A la rencontre suivante, le Belge a compris qu'il �tait en train de se faire pi�ger et a renonc� � acheter les vases remplis de drogue.
Invoquant une violation des art. 21, 63 et 146 CP, V.________ se pourvoit en nullit� au Tribunal f�d�ral. Il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu�. Il requiert l'effet suspensif.
Le recourant met en cause sa condamnation pour escroquerie. Selon l'arr�t attaqu�, cette infraction a �t� r�alis�e dans le cas G.________/ H.________ (cf. supra, consid. B.g), les sept autres cas (cf. supra, consid. B.b � B.f, B.h et B.i) ne constituant que des tentatives.
2.1 Le recourant nie l'existence de l'astuce et conteste ainsi s'�tre rendu coupable d'escroquerie et de tentatives d'escroquerie. Il soutient que les victimes auraient d� se rendre compte que les arnaques (le jeu du dada et l'arnaque des cantines) �taient extravagantes, sept des huit personnes vis�es ne s'�tant d'ailleurs pas laiss� tromper.
2.1.1.1 L'astuce est r�alis�e au sens de l'art. 146 CP lorsque l'auteur recourt � un �difice de mensonges, � des manoeuvres frauduleuses ou � une mise en sc�ne, mais aussi lorsqu'il donne simplement de fausses informations, si leur v�rification n'est pas possible, ne l'est que difficilement ou ne peut raisonnablement �tre exig�e, de m�me que si l'auteur dissuade la dupe de v�rifier ou pr�voit, en fonction des circonstances, qu'elle renoncera � le faire en raison d'un rapport de confiance particulier (ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 20; 122 II 422 consid. 3a p. 426 s.; 122 IV 246 consid. 3a p. 247 s. et les r�f�rences cit�es).
L'astuce n'est toutefois pas r�alis�e si la dupe pouvait se prot�ger avec un minimum d'attention ou �viter l'erreur avec le minimum de prudence que l'on pouvait attendre d'elle. Il n'est pas n�cessaire, pour qu'il y ait escroquerie, que la dupe ait fait preuve de la plus grande diligence et qu'elle ait recouru � toutes les mesures de prudence possibles; la question n'est donc pas de savoir si elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour �viter d'�tre tromp�e (ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 20; 122 IV 246 consid. 3a p. 247). L'astuce n'est exclue que lorsque la dupe est coresponsable du dommage parce qu'elle n'a pas observ� les mesures de prudence �l�mentaires qui s'imposaient (ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 20; 126 IV 165 consid. 2a p. 171; 119 IV 28 consid. 3f p. 38). Pour appr�cier si l'auteur a us� d'astuce et si la dupe a omis de prendre des mesures de prudence �l�mentaires, il ne suffit pas de se demander comment une personne raisonnable et exp�riment�e aurait r�agi � la tromperie; il faut, au contraire, prendre en consid�ration la situation particuli�re de la dupe, telle que l'auteur la conna�t et l'exploite, par exemple une faiblesse d'esprit, l'inexp�rience ou la s�nilit�, mais aussi un �tat de d�pendance, d'inf�riorit� ou de d�tresse faisant que la dupe n'est gu�re en mesure de se m�fier de l'auteur. L'exploitation de semblables situations constitue pr�cis�ment l'une des caract�ristiques de l'astuce (ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 21; 120 IV 186 consid. 1a p. 188). Le principe de la coresponsabilit� doit amener les victimes potentielles � faire preuve d'un minimum de prudence. Il s'agit d'une mesure de pr�vention du crime, la concr�tisation d'un programme de politique criminelle. Le principe ne saurait dans cette mesure �tre utilis� pour nier trop ais�ment le caract�re astucieux de la tromperie (ATF 128 IV 18 consid. 3a p. 21 et les r�f�rences cit�es).
2.1.1.2 Il y a tentative, au sens large, d'escroquerie lorsque l'auteur, agissant intentionnellement et dans un dessein d'enrichissement, a commenc� l'ex�cution de cette infraction, manifestant ainsi sa d�cision de la commettre, m�me si les �l�ments objectifs font, en tout ou en partie, d�faut. Conform�ment aux r�gles g�n�rales, l'intention doit porter sur l'ensemble des �l�ments constitutifs objectifs. A cet �gard, ce qui est d�terminant, c'est que l'auteur a agi en se repr�sentant, donc en acceptant, une situation dans laquelle ces �l�ments sont r�alis�s (ATF 128 IV 18 consid. 3b p. 21; 122 IV 246 consid. 3a p. 248).
Une tentative punissable d'escroquerie n'est r�alis�e que si l'intention de l'auteur porte sur une tromperie astucieuse, donc sur un comportement qui appara�t objectivement astucieux. On ne saurait conclure que toute tromperie qui ne r�ussit pas est n�cessairement d�nu�e de caract�re astucieux. Abstraction faite de l'�chec de la tromperie, il importe d'examiner si la tromperie pr�vue paraissait ou non facilement d�celable compte tenu des possibilit�s de protection dont disposait la victime et dont l'auteur avait connaissance. Autrement dit, c'est dans le cadre d'un examen hypoth�tique qu'il faut d�terminer si le plan �labor� par l'auteur �tait objectivement astucieux ou non. S'il l'�tait et que la tromperie �choue parce que la victime �tait plus attentive ou plus avis�e que l'auteur ne se l'�tait figur� ou en raison du hasard ou d'une autre circonstance non pr�visible, il y a alors lieu de retenir une tentative de tromperie astucieuse (ATF 128 IV 18 consid. 3b p. 21 et 22 et les r�f�rences cit�es).
2.1.2 Selon l'arr�t attaqu�, le jeu du "dada", malgr� certaines variantes, se d�roulait comme suit: une annonce immobili�re permettait aux coauteurs de prendre contact avec une client�le fortun�e ou cens�e telle; lorsque l'affaire immobili�re �tait suffisamment emmanch�e, entrait en sc�ne le personnage du vieux riche g�teux � la recherche d'un immeuble pour sa jeune fianc�e; ce personnage d�montrait qu'il ne savait plus que faire de son argent, payant notamment les consommations avec des billets de 1'000 francs dont il ne r�clamait pas le solde; les victimes apprenaient ensuite que cet individu jouait volontiers aux cartes et qu'il perdait ainsi r�guli�rement des sommes exorbitantes; elles exp�rimentaient ce jeu dans des parties jou�es � blanc et constataient ainsi qu'elles ne pouvaient perdre; finalement, le jeu �tant fauss� par tricherie, les victimes perdaient leur mise et le vieux gagnait, alors qu'il aurait d� perdre. Quant � l'arnaque des cantines, elle se d�roulait, avec certaines variantes, de la mani�re suivante: apr�s la pr�tendue op�ration immobili�re et la r�union des personnes n�cessaires, le vieux pr�sentait des vases chinois � vendre pour des montants tr�s �lev�s; les victimes s'apercevaient ensuite que les vases contenaient de la poudre blanche qu'un soi-disant sp�cialiste identifiait comme �tant de l'h�ro�ne; les comparses leur proposaient alors d'acheter les vases pour le montant initial afin de les revendre au triple de leur prix.
En l'esp�ce, l'astuce est bien r�alis�e. En effet, aussi bien en ce qui concerne le jeu du "dada" que l'arnaque des vases, les coauteurs ont recouru � un �difice de mensonges et �labor� toute une mise en sc�ne propre � tromper la vigilance de leurs victimes. Le sc�nario mis en place �tait d'une certaine dur�e et impliquait plusieurs acteurs, chacun d'eux jouant un r�le pr�cis et d�termin� � l'avance. Ces derniers int�ressaient d'abord leurs victimes � une op�ration immobili�re r�elle qu'ils faisaient �chouer. Ils leur faisaient ensuite miroiter la possibilit� de r�aliser des gains importants, soit au jeu du "dada" ou � la revente des vases remplis d'h�ro�ne. Ils les convainquaient en les assurant, vu la simplicit� du jeu ou de l'op�ration des vases, qu'elles ne pouvaient perdre et que le vieillard riche et g�teux acceptait de perdre des sommes importantes. Les coauteurs ont ainsi attir� leurs victimes par toute une mise en sc�ne, jouant sur la faiblesse humaine en leur faisant miroiter la possibilit� d'obtenir des gains facilement et rapidement et amoindri leur m�fiance, celles-ci �tant convaincues qu'elles pouvaient gagner en tr�s peu de temps des sommes importantes. En outre, on ne peut imputer � ces derni�res une quelconque coresponsabilit� dans la mesure o� les objets des op�rations immobili�res �taient bien r�els, que le jeu de cartes propos� permettait objectivement de r�aliser des gains et que le contenu des vases �tait �tabli par un soi-disant expert. Sur le vu de ce qui pr�c�de, le grief du recourant doit �tre rejet�.
2.2 Le recourant conteste l'existence d'un dommage en raison du caract�re immoral du jeu du "dada", lequel visait � spolier un vieillard s�nile, et du caract�re illicite de l'arnaque des cantines, les vases �tant remplis d'h�ro�ne.
2.2.1 On parle de dommage patrimonial au sens de l'art. 146 CP dans la mesure o� le droit civil reconna�t � la victime de la tromperie astucieuse le droit � la r�paration de son pr�judice (ATF 126 IV 165 consid. 3b p. 174; 117 IV 139 consid. 3d/aa aa p. 148).
2.2.2 Concernant le jeu du "dada", la cour cantonale a retenu qu'il s'agissait d'un tour de cartes reposant sur un principe arithm�tique qui permettait, sauf tricherie, de remporter la mise en d�signant avec certitude la carte choisie par le joueur adverse et produisant donc un r�sultat infaillible. Elle a relev� que, lors de la premi�re partie, G.________ avait perdu 500'000 francs apr�s que W.________ e�t trich� en proc�dant, par manipulation invisible, au d�sordre des cartes, puis 800'000 francs, dans les m�mes conditions, lors de la seconde partie.
2.2.2.1 Selon l'art. 513 al. 1 CO, le jeu et le pari ne donnent aucun droit de cr�ance. Il en r�sulte que, contre la volont� du perdant, le gagnant ne peut ni exiger, ni recouvrer, ni se procurer d'une autre mani�re la somme qui lui a �t� promise. Si le perdant paie volontairement, la loi y voit un comportement correct, raison pour laquelle elle interdit en principe la r�clamation de la restitution de la somme perdue et pay�e. Toutefois, aux termes de l'art. 514 al. 2 CO, il peut y avoir r�p�tition d'un paiement volontaire si l'ex�cution r�guli�re du jeu ou du pari a �t� emp�ch�e par un cas fortuit, par le fait de l'autre partie, ou si cette derni�re s'est rendue coupable de manoeuvres d�loyales (ATF 126 IV 165 consid. 3c p. 174 s. et les r�f�rences cit�es). En l'esp�ce, cette derni�re circonstance est manifestement r�alis�e. En effet, l'un des coauteurs a, � chaque reprise, fait �chouer l'arithm�tique du jeu et la victime a perdu ses mises alors qu'elle aurait pu gagner si le jeu avait �t� ex�cut� r�guli�rement. Dans ces conditions, celle-ci a le droit � la r�paration de son pr�judice en application de l'art. 514 al. 2 CO.
2.2.2.2 En contestant l'existence du dommage en raison du caract�re immoral poursuivi par les dupes, � savoir spolier un vieillard s�nile, le recourant se pr�vaut implicitement de l'art. 66 CO aux termes duquel il n'y a pas lieu � r�p�tition de ce qui a �t� donn� en vue d'atteindre un but illicite ou contraire aux moeurs. Selon la jurisprudence, cette r�gle s'applique � toute prestation faite en ex�cution d'une obligation illicite ou contraire aux moeurs. Le Tribunal f�d�ral a toutefois r�serv� les cas o� l'exclusion de la r�p�tition constituerait un abus de droit inadmissible, en raison notamment du comportement malhonn�te de l'enrichi lui-m�me (ATF 102 II 401 consid. 4 et 5 p. 409 � 412 et les r�f�rences cit�es; 76 II 346 consid. 5 p. 369 ss; 75 II 293; 74 II 23). Une telle exception s'impose dans le cas particulier. En effet, les coauteurs ont �labor� toute une mise en sc�ne pour faire croire � leur victime qu'elle allait gagner � un jeu de cartes contre un vieillard s�nile. Ils ont ensuite trich� de sorte que la dupe a perdu sa mise alors qu'elle �tait s�re de gagner puisque, d'une part, elle avait exp�riment� le jeu et que, d'autre part, le tour de cartes �tait cens� produire un r�sultat infaillible en sa faveur. Dans ces conditions, le recourant ne peut se pr�valoir de l'art. 66 CO sans commettre un abus de droit manifeste. Soutenir le contraire reviendrait � favoriser de mani�re inadmissible les auteurs d'une escroquerie enrichis aux d�pens de leur victime. Le grief du recourant doit par cons�quent �tre rejet�.
2.2.3 Il est �tabli en fait que l'objet de l'arnaque des cantines �tait un vase de l'ordre de 40'000 francs et son contenu, soit des sachets de poudre blanche que l'un des coauteurs identifiait comme �tant de l'h�ro�ne, ce qui permettait � l'acheteur de le revendre au triple de son prix. Selon la jurisprudence du Tribunal f�d�ral, l'acqu�reur de produits stup�fiants, tromp� astucieusement sur la qualit� de la marchandise vendue, a un droit � la r�paration du pr�judice fond� sur l'art. 41 CO, m�me s'il est emp�ch� par les art. 20 et 66 CO d'exiger le remplacement de la marchandise ou la restitution du prix pay� (ATF 117 IV 139 consid. 3e p. 150). Partant, c'est � tort que le recourant pr�tend que le patrimoine de la victime ne saurait �tre prot�g� en raison du caract�re illicite de la vente des vases remplis d'h�ro�ne. Enfin, il ne peut se pr�valoir de l'ATF 122 IV 179, cet arr�t concernant le cas particulier de la soustraction de stup�fiants au sens de l'art. 137 CP, qui est une infraction contre la propri�t� o� la question du dommage ne se pose pas, et non pas l'escroquerie. Infond�, le grief du recourant doit �tre rejet�.
Le recourant soutient que la cour cantonale a retenu � tort que les cas d�crits sous let. B.b � B.f, B.h et B.i constituaient des tentatives. Il estime ne pas avoir d�pass� le stade des actes pr�paratoires.
3.1 Conform�ment � la jurisprudence, les actes pr�paratoires non punissables, sous r�serve de l'art. 260bis CP, doivent �tre distingu�s de ceux qui constituent un d�but d'ex�cution et seront par cons�quent r�prim�s, le cas �ch�ant en qualit� de tentative inachev�e, conform�ment � l'art. 21 al. 1 CP, selon que ce ou ces actes repr�sentent, dans l'esprit de l'auteur, la d�marche ultime et d�cisive vers l'accomplissement du d�lit et apr�s laquelle on ne revient en principe plus en arri�re, sauf survenance de circonstances ext�rieures qui rendent l'ex�cution de l'intention plus difficile sinon impossible. La distinction entre les actes pr�paratoires et ceux constitutifs d'un d�but d'ex�cution de l'infraction doit �tre op�r�e au moyen de crit�res avant tout objectifs. En particulier, le seuil � partir duquel il y a tentative ne doit pas pr�c�der de trop longtemps la r�alisation proprement dite de l'infraction (ATF 117 IV 395 consid. 3 p. 396 s. et les r�f�rences cit�es).
3.2 Dans les sept cas retenus (cf. supra, consid. let. B.b � B.f, B.h et B.i), les coauteurs ont accompli tous les actes qui, selon le cours ordinaire des choses, devaient aboutir imm�diatement � la consommation de l'escroquerie. Ils ont en effet, � chaque reprise, propos� � leurs victimes, soit de jouer au "dada", soit d'acheter des vases remplis d'h�ro�ne. Il n'appartenait donc plus qu'aux victimes d'accepter les propositions qui leur �taient faites pour que l'infraction f�t r�alis�e. C'est uniquement en raison de leur refus, qu'elles ont signal� imm�diatement ou dans de brefs d�lais, que le dommage ne s'est finalement pas produit et que l'infraction n'a donc pas �t� r�alis�e. Dans ces circonstances, il y a bien un d�but d'ex�cution et c'est avec raison que la cour cantonale a retenu la tentative d'escroquerie. Partant, le grief du recourant doit �tre rejet�.
Le recourant conteste la r�alisation de la circonstance du m�tier au motif qu'il doit �tre lib�r� des chefs d'accusation retenus contre lui. Une telle critique pr�suppose l'admission des griefs pr�c�dents soulev�s par le recourant. A d�faut, elle est irrecevable.
5.1 Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Un pourvoi en nullit� portant sur la quotit� de la peine ne peut donc �tre admis que si la sanction a �t� fix�e en dehors du cadre l�gal, si elle est fond�e sur des crit�res �trangers � l'art. 63 CP, si les �l�ments d'appr�ciation pr�vus par cette disposition n'ont pas �t� pris en compte ou enfin si la peine appara�t exag�r�ment s�v�re ou cl�mente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 127 IV 101, consid. 2c p. 104; 124 IV 286 consid. 4a p. 295; 123 IV 49 consid. 2a p. 51, 150 consid. 2a p. 152 s. et les arr�ts cit�s).
5.2 Le recourant reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte de ses difficult�s financi�res, du r�le qu'il a jou� au sein de la bande et de son absence d'ant�c�dents judiciaires.
Cette critique est infond�e. Aucun des �l�ments invoqu�s n'a �t� omis et savoir quel poids il fallait leur accorder est une question qui d�pend du large pouvoir d'appr�ciation du juge de r�pression. En effet, l'autorit� cantonale a relev� que W.________ s'�tait montr� amical et pr�venant � l'�gard du recourant - lequel lui avait parl� de ses difficult�s financi�res -, qu'il lui avait avanc� 3'000 francs pour l'installation de son bureau, ainsi que 25'000 francs pour r�gler ses poursuites en paiement de pensions alimentaires. Elle a donc bien fait �tat de sa mauvaise situation financi�re, de l'aide apport�e par W.________ et du fait qu'il avait accept� de s'associer � ce dernier pour tenter de sauver une situation pr�caire. Contrairement aux affirmations du recourant, de telles circonstances ne justifient pas une att�nuation de la peine pour d�tresse profonde au sens de l'art. 64 CP. Concernant son r�le, l'autorit� cantonale a constat� qu'il assistait W.________, donnait confiance par sa qualit� de fiduciaire et discutait de la transaction immobili�re pr�alable et n�cessaire aux tromperies; elle a aussi relev� qu'il s'�tait laiss� infecter par le milieu, qu'il avait toutefois recrut� des victimes parmi ses amis et que, s'il avait �t� particuli�rement actif, il n'avait toutefois pas r�alis� autant de gains que ses coaccus�s. Enfin, l'autorit� cantonale a retenu que son casier judiciaire �tait vierge.
5.3 Le recourant soutient que sa peine est excessive en comparaison � celles inflig�es � ses coaccus�s qui sont des escrocs professionnels et ont d�j� des casiers judiciaires.
5.3.1 Dans le contexte de la fixation de la peine, il est possible de faire valoir une in�galit� de traitement (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144). Les disparit�s en mati�re de fixation de la peine s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines (ATF 124 IV 44 consid. 2c p. 47). N�anmoins, l'id�e de ne pas cr�er un �cart trop important entre coaccus�s qui ont particip� ensemble au m�me complexe de faits d�lictueux est soutenable (ATF 123 IV 150 consid. 2b p. 154).
5.3.2 Les deux autres coaccus�s ont �t� condamn�s � des peines de r�clusion de 5 et 4 ans, soit � des peines plus �lev�es que celle de 3 ans inflig�e au recourant. La cour cantonale a bien tenu compte des r�les respectifs de chaque protagoniste. Elle a aussi relev� que les deux autres coaccus�s, contrairement au recourant, avaient d�j� �t� condamn�s � des peines importantes, qu'ils �taient des professionnels de l'arnaque, que tout leur genre de vie y concourait et qu'ils avaient r�alis� plus de gain que le recourant. Dans ces circonstances, on ne distingue aucune in�galit� de traitement dans la fixation de la peine entre le recourant et ses coaccus�s. Au demeurant, ce dernier n'ajoute aucun �l�ment d'appr�ciation qui aurait �t� omis par l'autorit� cantonale pour diff�rencier les peines entre les coauteurs. Son grief est ainsi infond�.
5.4 Le recourant pr�tend que la peine prononc�e est insuffisamment motiv�e et qu'elle est excessive.
En l'esp�ce, la motivation de la peine est clairement suffisante. Elle permet de discerner quels sont les �l�ments essentiels qui ont �t� pris en compte et s'ils l'ont �t� dans un sens aggravant ou att�nuant. On comprend sans difficult� ce qui a guid� les juges cantonaux dans leur solution.
La peine a incontestablement �t� fix�e dans le cadre l�gal, en tenant compte des �l�ments � prendre en compte relativement � l'art. 63 CP et sans se laisser guider par des consid�rations �trang�res � cette disposition. Il ne reste plus qu'� examiner si, au vu des faits retenus, la peine inflig�e appara�t exag�r�ment s�v�re au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation.
Le recourant r�pondait d'escroquerie par m�tier au sens de l'art. 146 al. 2 CP. Il a particip� � tous les cas d'escroquerie et � toutes les tentatives, au nombre total de huit, et �tait pr�t � agir autant de fois que possible. Sa situation financi�re �tant mauvaise, il a accept� de lier son sort � celui d'escrocs professionnels. Les gains esp�r�s �taient �lev�s et, m�me s'il n'a pas gagn� autant d'argent que ses compagnons, le recourant a tout de m�me �t� particuli�rement actif, en donnant notamment confiance aux victimes par son titre fiduciaire et en discutant des transactions immobili�res. Il n'a pas d'ant�c�dents judiciaires. Au regard de ces �l�ments, la peine inflig�e de 3 ans de r�clusion n'appara�t pas s�v�re au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation. Elle ne viole pas le droit f�d�ral.
Au vu de ce qui pr�c�de, le pourvoi doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais de la cause sont mis � la charge du recourant, qui succombe (art. 278 al. 1 PPF).