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Timestamp: 2018-10-18 18:06:48+00:00
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Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911
Sujet: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:14
CHARLES-MARIE PHILLIPPO, L'ASSASSIN DES BOULANGÈRES
Charles-Marie Philippo - 24 ans, coureur cycliste et ouvrier boulanger. Le 23 juin 1909, tue en l'assommant à Saint-Gérant-le-Puy (Allier) son ancienne patronne, Mme Rochot, boulangère, pour la voler. Le 17 octobre 1909, à Laheycourt (Meuse), assassine avec un coutre de charrue Mme Veuve Marie-Adeline Bernard, 75 ans, boulangère. Arrêté, condamné en premier dans la Meuse, puis uniquement aux frais du procès dans l'Allier, le 1er février 1911. Le ministère public fait appel, et Philippo est rejugé et condamné à mort dans le Puy-de-Dôme. Pendant son séjour à la prison de Riom, tente de tuer un gardien en l'assommant avec le couvercle du poêle de sa cellule.
Condamnations : 5 juillet 1910 et 31 mai 1911,
Exécution : 22 juillet 1911.
Source - Le site de Sylvain Larue / Nemo, à visiter sans modération :
Saint-Mihiel, 5 juillet — Le 23 juin 1909, a Saint-Gérand-le-Puy (Allier), un ouvrier, boulanger, qui avait dit se nommer Henri Drochon, assassina sa patronne, Mme Rocher, en l'assommant, et prit la fuite à bicyclette, emportant 2.500 francs. On ne put le retrouver. Or dans la nuit du 17 au 18 octobre, un nouveau crime était commis à Laheycourt ; arrondissement de Bar-le-Duc, par un ouvrier boulanger, sur la personne de la grand-mère de son patron, Mme Bernard, que des voisins trouvèrent assommée dans son lit. L'ouvrier boulanger, qui avait déclaré se nommer Leroux, prit également la fuite a bicyclette, en emportant 2.200 francs.
Dans une péroraison émouvante l'organe du ministère public demande la peine capitale Maître Larzillière, avoué et défenseur de l'accusé, fait appel à la pitié du jury. Le jury se retire ensuite et après une demi-heure de délibération, il rapporte un verdict affirmatif et muet sur les circonstances atténuantes. En conséquence, Philippo est condamné à mort. Ajoutons que le condamné comparaîtra à nouveau devant la cour d'assises de l'Allier, pour y répondre du crime de Saint-Gérand-le-Puy.
Le Matin, 6 juillet 1910
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:19
L'ASSASSIN DES BOULANGÈRES
Déjà frappé de la peine de mort Philippo,
cette fois, n'est condamné qu'aux frais
Moulins, 1er février. - Devant la cour d'assises de l'Allier a comparu, aujourd'hui, Charles Philippo, surnommé l'assassin des boulangères. Il avait à répondre de l'assassinat de Mme Rochut, boulangère à Saint-Gérand-le-Puy, commis le 23 juin 1909
Philippo était embauché, depuis quatre ou cinq jours, comme mitron à la boulangerie Rochut, sous le nom d'Henri Erochen, lorsqu'il profita de l'absence de son patron pour assommer et étrangler la boulangère et s'emparer ensuite d'une somme de 2 500 francs.
Son crime commis, Philippo prit la fuite et on désespérait de découvrir le misérable, lorsque, le 10 avril 1910, la police de Saumur arrêtait un individu disant se nommer Henri Leroux, né à Cholet, mais qui, en réalité, s'appelait Charles Philippo. Pressé de questions, Philippo déclara qu'il était né en 18S6 à Malansac (Morbihan).
Il reconnut être l'auteur de l'assassinat de Mme veuve Bernard, boulangère à Laheycourt (Meuse), commis le 17 octobre 1909, crime pour lequel le parquet de Bar-le-Duc le faisait rechercher. Bientôt Philippo avoua également le crime de Saint-Gérand-le-Puy.
Il prétendit qu'il avait tué Mme Rochut, sans préméditation, simplement parce qu'elle l'avait surpris au moment où il dérobait de l'argent dans une armoire et qu'elle avait tenté de l'empêcher de fuir.
On se souvient que, dans son audience du 5 juillet dernier, la cour d'assises de la Meuse a condamné Philippo à mort pour le crime de Laheycourt.
L'assassin a signé un recours en grâce, puis a été transféré Cusset pour l'instruction du crime de Saint-Gérand-le-Puy. Il a été enfin écroué à la prison de Moulins.
Charles Philippo fait son entrée dans la salle d'audience, escorté par trois gendarmes. C'est un homme petit, au visage sournois et méchant, aux moustaches blondes. Il baisse la tête obstinément, indifférent à ce qui se passe autour de lui. L'assassin est coiffé d'une casquette à carreaux, vêtu d'une vareuse en molleton et d'un pantalon gris.
Il répond par monosyllabes et à voix basse aux questions du président qui rappelle son passé.
D. Qu'avez-vous fait après votre sortie de l'école à onze ans ?
R. J'ai été placé comme domestique, puis je suis entré en apprentissage chez un boulanger, que j'ai quitté à quinze ans. Je suis allé ensuite à Paris. Partout, j'ai travaillé.
Un réquisitoire contre la Société
L'assassin prononce ensuite, sur un ton monotone, un véritable réquisitoire contre la société, à laquelle il dénie le droit de punir. Son récit est entrecoupé de vers de sa composition et de passage du Génie du christianisme, qu'il a appris par cœur. Le président le rappelle aux faits.
Philippo ne veut pas entendre parler du procès de la Meuse qui n'a, dit-il, aucun rapport avec l'affaire soumise au jury de l'Allier.
Le président. - Ce n'est pas l'appréciation de la justice.
Philippo. - Je ne la connais pas cette justice.
Et Philippo reprend sa déclaration. Mais le président lui fait remarquer que ses réflexions philosophiques ne l’ont empêché ni de voler ni de tuer et il lui demande s'il a des remords.
Philippo. - Oui, j'ai des remords.
Le président. - Racontez le crime.
Philippo. - J'ai répondu une fois a ce sujet.
Le président. - Non, c'est une erreur : vous avez été jugé pour le crime de Laheycourt. D'ailleurs, vous comprenez parfaitement, vous avez intérêt à répondre, d'autant plus que vous êtes en contradiction avec l'accusation, qui prétend que vous avez agi avec préméditation. Voulez-vous encore une fois vous expliquer sur les faits de la cause ?
Philippo. - Non, puisque vous m'empêchez de parler (Rires.)
En présence du mutisme et de l'entêtement de l'accusé, le président retrace la scène, mais Philippo, énervé, s'écrie, avec vivacité :
Je reconnais tout. Un point, c'est tout. Faut-il vous l'avouer cent fois ? Napoléon, Voltaire, Rousseau, qui étaient cependant justes, ont commis, eux aussi, des fautes.
Le président se résout alors à raconter le crime de Laheycourt. On entend alors les témoins qui sont au nombre de seize. C'est d'abord Mme Laurent, tenancière d'un bureau de placement, à Moulins, qui fit embaucher Philippo chez M. Rochut. Le mitron lui avait déclaré s'appeler Henri Brochon, il était convenable et lui parut sérieux.
Le président (à Philippo). - Reconnaissez-vous le témoin ?
Philippo. - Je n'ai pas deux paroles. Je ne dirai plus rien.
Et Philippo conserve cette attitude jusqu'à la fin de l'audience.
Le procureur de la République dit que l'on ressent une impression d'horreur et d'épouvante aussi vive qu'au premier jour, après un an et demi. La question est de savoir si la justice, l'intérêt social commandent que la tête de Philippo tombe. Sans hésitation, après un examen approfondi du passé de l'accusé et des circonstances du crime, il répond : oui.
L'avocat de l'accusé, Me Guy Coquille, plaide longuement la cause de son triste client. Il écarte la préméditation et supplie le jury de ne pas se montrer impitoyable et d'éviter l'échafaud à Philippo.
Le jury rentre dans la salle de ses délibérations et, trente-cinq minutes plus tard, rapporte un verdict affirmatif sur les cinq questions qui lui ont été posées et muet sur tes circonstances atténuantes.
M. Guy Coquille, défenseur de l'accusé, dépose alors des conclusions tendant à ce qu’il plaise à la cour de déclarer qu'il n'y a pas lieu de prononcer contre Philippo la peine capitale, attendu que ce dernier a déjà été condamné à une peine semblable et pour un crime analogue, par la cour d'assises de la Meuse, et que cette peine constitue le maximum de la peine qu'il peut encourir.
La cour, après une courte délibération, rend un arrêt conforme à ces conclusions et dit qu'il n'y a pas lieu de faire application à Philippo de la peine qu'il a encourue d'après le verdict du jury. Elle le condamne seulement aux frais envers l'État.
Le Petit Parisien, n° 12 514 du 2 février 1911
PHILIPPO SERA JUGE UNE TROISIEME FOIS
Philippo, l'assassin des boulangères, avait été condamné, on se le rappelle, une première fois par la cour d'assises de la Meuse, siégeant à Saint-Mihiel, à la peine de mort.
Il fut déféré ensuite la cour d'assises de l'Allier pour un autre crime commis dans ce département. Là encore les jurés rendirent un verdict affirmatif sans admission des circonstances atténuantes.
Les magistrats composant la cour trouvant, puisque Philippo avait été déjà une fois frappé de la peine capitale, qu'il était superflu de la lui infliger une deuxième, se bornèrent à le condamner aux dépens.
Le ministère public se pourvut contre cette décision contraire à la loi et, hier, la chambre criminelle a cassé l'arrêt en question. Elle estime que la cour de l'Allier devait donner une sanction au verdict du jury.
Philippo sera donc renvoyé devant une autre cour, qui sera ultérieurement désignée, laquelle n'aura qu'à appliquer au condamné l'arrêt découlant naturellement du verdict rendu par les jurés de l'Allier, pure formalité en somme.
Le Petit Parisien, n° 12 557 du 17 mars 1911
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:22
Philippo, l’assassin des boulangères, a été de nouveau condamné à mort par la cour d’assises de Riom.
Le Petit Parisien, n° 12 633 du 1er juin 1911
LA COUR DE CASSATION REJETTE LE POURVOI DE PHILIPPO
La chambre criminelle de la cour de cassation, présidée par M. Bard, a rejeté, hier, le pourvoi formé par Philippo, l'assassin des boulangères, contre l'arrêt de la cour d'assises du Puy-de-Dôme qui, le 31 mai, l'avait condamné à la peine de mort et elle décida que l'exécution aura lieu à Saint-Mihiel, siège de la cour d'assises de la Meuse, où le même Philippo avait été antérieurement jugé, pour assassinat, et condamné également la peine de mort.
Le Petit Parisien, n° 12 663 du 1er juillet 1911
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:26
LA DERNIÈRE NUIT DE PHILIPPO
LE CONDAMNÉ A DES PRESSENTIMENTS
Prenant prétexte de la chaleur, on le tond
et on le rase.
Saint-Mihiel, 21 juillet. - Quoique prévue et attendue depuis qu’a été annoncé le rejet du pourvoi de Philippo, la nouvelle de l'exécution imminente, l’arrivée de la guillotine et d'un aide-bourreau au train de 2 h. ½ ont produit une grande émotion ici. Deibler est arrivé par le train suivant, à 5 h. 20, et s'est rendu au parquet.
On sent, dans notre ville habituellement si calme et où la dernière exécution a eu lieu le 9 avril 1903, une effervescence considérable. C'est un va-et-vient continuel, on se rend place du palais de justice, on s'arrête en face de la porte de la prison où aura lieu l'exécution.
Pendant ce temps, Philippo attend sa dernière heure avec anxiété, car il a des pressentiments. Il essaie de bavarder avec ses gardiens.
« Tiens, a-t-il dit hier, je croyais que c’était pour aujourd'hui ». Cet air gouailleur n'est qu'affectation car ses nuits sont agitées. Il est déprimé, depuis le 14 juillet surtout car il espérait, à cette occasion, être gracié.
Cet après-midi, on l'a rasé et on lui a rafraîchi les cheveux.
- Il fait bien chaud, lui a-t-on dit, vous serez mieux avec les cheveux courts.
Il a paru se rendre à cet argument, mais il est trop madré pour ne pas se rendre compte que sa situation est critique.
A l'heure où je vous télégraphie, de nombreuses personnes se dirigent vers la prison, résolues passer la nuit en attendant l'exécution. Si Philippo espère encore un tant soit peu, son illusion disparaîtra bientôt, car la cellule qu'il occupe est trop près de la rue pour qu'il n'entende pas le bruit de la foule.
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:27
L’EXÉCUTION DE PHILIPPO
Saint-Mihiel, 22 juillet. - Toute chaude encore du sang de Deviot, la guillotine est prête à fonctionner à nouveau. Hier matin, elle se dissimulait au coude d'une voie étroite aujourd'hui, elle s'érige avec une sorte de majesté sur un assez vaste quadrilatère que limitent le palais de justice, la gendarmerie et la prison. Cinq ou six mètres il peine la séparent de la porte de ce dernier édifice, et, lorsque, tout à l'heure, Charles-Marie Philippo sortira pour marcher au supplice, ses yeux verront luire le couperet que tiendront bien en face de lui les deux bras de la sinistre machine.
En dépit du plus grand espace, le public ne sera pas plus nombreux à Saint-Mihiel qu'à Vitry-le-François. De très sévères dispositions ont été prises. Dès minuit, gendarmes, chasseurs à pied et à cheval forment des barrages et interceptent, à plus de cent mètres du lieu de l'exécution, les deux voies donnant accès à la place
Au reste, la population d'ici manifeste moins d'indécente joie ; elle montre aussi, semble-t-il, moins d'empressement à assister à a lugubre scène qui va se dérouler. Assez peu compacte, elle reste massée en silence derrière les cordons de troupe elle attend on ne sait pas trop quoi, puisqu'elle ne verra absolument rien, mais elle attend patiente et calme. Tout se serait passé assez dignement si le tenancier d'un petit café n'avait eu la malencontreuse idée de faire jouer la Valse Bleue, Viens Poupoule, et quelques pas redoublés à son phonographe. Alors, d'un toit où une vingtaine de curieux ont réussi à se placer, partent des chants, des cris, des sifflets. Le trouble, un instant, gagne le reste de la foule, mais le phonographe se tait et tout retombe au silence. On n’entend plus que le piétinement des chevaux sur les pavés, le cliquetis des mors et le heurt des sabres.
A une heure et demie, quand le fourgon, où sont placés les bois de justice, arrive sur la place, le public redevient un peu houleux. Quelques applaudissements éclatent ; de nouveaux cris s'élèvent, mais peu nourris puis, c'est un murmure confus qui, maintenant, ne cessera plus : la foule a définitivement secoué .sa torpeur.
Le montage de la guillotine est terminé. Il est trois heures. M. Laroche, procureur de la République, joint Deibler, qui va de long en large, en caressant sa barbe, et lui demande si tout est prêt. Sur la réponse affirmative du bourreau, le magistrat, qu'accompagnent MM. Cosson, juge d'instruction ; le docteur Thierry, médecin légiste ; le maire et M° Larzillière, avocat da Philippo, pénètre dans la prison. Arrivé sur le seuil de la cellule qu'occupe le condamné, il le trouve étendu sur son lit, tout éveillé. Il lui dit, non d'ailleurs sans une certaine émotion, la phrase traditionnelle :
« Philippo, votre recours en grâce a été rejeté, ayez du courage. »
Philippo n'a pas bougé, et c'est avec le plus grand calme qu'il répond :
« J'en aurai d'ailleurs, je m'y attendais depuis hier et, cette nuit, j'ai tout entendu. »
Il se lève les gardiens l'aident à passer son pantalon.
« Voulez-vous voir un prêtre ? » lui demande M. Laroche.
Philippo a un court instant d'hésitation, puis :
« Je veux bien », dit-il.
Alors, l'abbé Lombard, qui se tenait dans le couloir, pénètre dans la cellule. Il y reste sept ou huit minutes seul avec le condamné, qu'il embrasse et exhorte, lui aussi, à être courageux. Lorsqu’ il se retire, Philippo est conduit à la salle du greffe, où Deibler et ses aides procèdent à sa toilette. Il refuse, d'un geste, le verre de rhum et la cigarette qu'on lui offre. Au moment où le ciseau échancre sa chemise, il dit :
« C'est malheureux, tout de même, de m'avoir fait poser jusqu’aujourd'hui. Puisqu'on devait me couper le cou, on aurait bien dû le faire un an auparavant. »
Ce seront ses derniers mots mais, de les avoir prononcés, d'avoir fait allusion au supplice qu'il va subir, cet homme qui pourtant montra beaucoup de courage pendant sa longue détention, perd toute énergie il pâlit, ses dents claquent, ses mains tremblent. Il faut le traîner, en le soutenant sous les bras, le long des couloirs qui mènent à la sortie.
Sur la place, où la nuit n'est pas encore entièrement dissipée, un commandement retentit. Les hommes de troupes rendent les honneurs. Toutes les têtes se découvrent. La petite porte tourne sur ses gonds. Philippo paraît.
À la vue de l'échafaud, il a un brusque sursaut en arrière, mais les aides du bourreau le redressent et le poussent sur la planche qui bascule. Le couperet tombe. L’assassin des boulangères a vécu !
Lorsque le corps roule dans le panier, les gendarmes, chargés d'empêcher les quelques témoins de l'exécution d'approcher trop près de l'échafaud oublient toute consigne ; ils rompent leurs rangs et, l'arme sur l'épaule, se précipitent en désordre pour regarder curieusement les restes du supplicié. Un officier doit les rappeler à l'ordre.
Le panier est chargé dans le fourgon qui se dirige vers le cimetière.
La foule ne s'est aperçue de rien c'est seulement en voyant les barrages s'ouvrir pour laisser passer les chevaux lancés au galop qu'elle apprend que Charles-Marie Philippo a expié ses crimes.
Le Petit Parisien, n° 12 685 du 23 juillet 1911
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Dim 19 Avr 2015 - 17:30
http://www.compagnons-boulangers-patissiers.com/crebesc/charles-philippo-lassassin-des-boulangeres/
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Lun 4 Mai 2015 - 20:55
CHARLES PHILIPPO, L’ASSASSIN DES BOULANGÈRES
TENTE D’ASSASSINER SON GARDIEN
Clermont-Ferrand, 17 mai
Charles Philippo, l'assassin des boulangères, condamné à mort, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Riom, a tenté, cet après-midi, de tuer son gardien, nommé Alessandri.
Tandis qu'il se trouvait avec ce dernier dans la cour de la prison, profitant d'un filament d'inattention du gardien, il le saisit par derrière et le frappa à la tête de plusieurs coups avec une pierre qu'il tenait la main, et comme Alessandri, renversé à terre, criait au secours, Philippo essaya de l'étouffer en lui introduisant dans la bouche une poignée d'herbes mais en se débattant, le gardien réussit à gagner une sonnette installée dans la cour. Le gardien-chef et deux autres gardiens accoururent alors à son aide et le délivrèrent. Alessandri, qui avait perdu connaissance, fut conduit à l'infirmerie où le docteur Roulet, appelé à lui donner des soins, constata que son état était très grave. Le malheureux gardien, qui est âgé de trente-sept ans, est marié et père de trois enfants en bas âge.
Philippo a été mis aux fers. Il déclare qu'il avait voulu se débarrasser de son gardien pour s'évader, en escaladant le mur de la cour.
On sait que l'assassin des boulangères a été condamné à mort par la cour d'assises de Saint-Mihiel. Transféré ensuite à Moulins pour répondre devant le jury de l'Allier de l'assassinat de Mme Rochut, la boulangère de Saint-Géran-le-Puy, il fut reconnu coupable de ce deuxième crime, sans circonstances atténuantes. La cour, prenant acte du verdict, n'avait pas prononcé de peine, la peine capitale ayant déjà été prononcée à Saint-Mihiel.
Cet arrêt fut cassé par la cour de cassation, qui renvoya Philippo devant la cour d'assises de Riom, qui devait prononcer la peine en se basant sur le verdict de Moulins. L'affaire devait venir aux assises du Puy-de-Dôme, à la session qui va s'ouvrir le mai courant.
Mais il va falloir sans doute maintenant juger encore Philippo pour le nouveau crime dont il vient de se rendre coupable, crime qui, ainsi que les deux précédents, est puni de la peine de mort.
Le petit Parisien, n° 12 619 du 18 mai 1911
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911 Mer 13 Mai 2015 - 15:21
Une vue de Saint-Gérand-le-Puy, village où Mme Rochot a été assassinée le 23 juin 1909
Sujet: Re: Charles-Marie Philippo - l'assassin des boulangères - 1911
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