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Timestamp: 2016-10-23 12:14:09+00:00
Document Index: 114970120

Matched Legal Cases: ['art. 11', 'art. 82', 'art. 113', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 82', 'art. 72', 'art. 113', 'art. 89', 'ATF ', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 42', 'art. 7', 'art. 106', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 11', 'art. 9', 'art. 27', 'art. 29', 'art. 28', 'art. 30', 'art. 25', 'art. 26', 'art. 38', 'art. 36', 'art. 42', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 29', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 44', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 44', 'art. 9', 'art. 95', 'art. 10', 'art. 11', 'art. 9', 'art. 6', 'art. 9', 'art. 11', 'art. 29', 'art. 32', 'art. 9', 'art. 29', 'art. 29', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 11', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 11', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 29', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 26', 'art. 36', 'art. 106', 'art. 36', 'art. 26', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 26', 'art. 65', 'art. 68']

tous les trois repr�sent�s par Me Denis Merz, avocat,
D�partement des infrastructures du canton de Vaud, Service des routes, rue de l'Universit� 3, 1014 Lausanne, intim�,
Commune de Roche, 1852 Roche, partie int�ress�e.
recours contre l'arr�t du Tribunal administratif du canton de Vaud du 14 septembre 2007.
Le Service des routes du D�partement des infrastructures du canton de Vaud a �labor� un projet de construction de route (au sens des art. 11 ss de la loi cantonale sur les routes [LRou]) pour un nouvel axe routier de transit entre la r�gion de Villeneuve (canton de Vaud) et le canton du Valais, au-del� du Rh�ne. Ce projet porte la d�nomination "projet routier H144". Il consiste, plus pr�cis�ment, � cr�er une nouvelle route principale de premi�re classe entre Rennaz (jonction � la route cantonale vaudoise RC 780) et l'entr�e sud des Evouettes (jonction � la route cantonale valaisanne RC 302). La longueur totale de la route est de 4'300 m, dont 3'957 m sur le territoire du canton de Vaud. Plusieurs ouvrages d'art sont pr�vus (viaduc sur l'autoroute A9 et la RC 780, galerie couverte � Crebelley, pont sur le Grand Canal, viaduc sur le Rh�ne et le canal Stockalper). La route comprend deux voies de circulation de 3.75 m chacune, sans acc�s lat�raux � l'exception d'un giratoire interm�diaire � Crebelley. Elle ne serait pas ouverte au trafic agricole ni cycliste (trafic non mixte).
Le projet routier H144 a �t� mis � l'enqu�te publique du 20 avril au 21 mai 2002. Comme il doit faire l'objet d'une �tude d'impact (cf. ch. 11.2 de l'annexe � l'ordonnance relative � l'�tude de l'impact sur l'environnement [OEIE; RS 814.011]), un rapport d'impact �tait au dossier. Ce rapport (ci-apr�s: RIE) contient notamment un chapitre "Justification du projet" qui se r�f�re � une "�tude multicrit�re" r�alis�e en 1999, o� "plusieurs variantes ont �t� compar�es et optimis�es" (p. 25 du RIE). Un r�sum� de l'"�tude multicrit�re" et des variantes examin�es y figure �galement, avec les conclusions d'un "comit� de pilotage" recommandant un trac� correspondant � celui du projet mis � l'enqu�te publique (p. 25 � 29 du RIE).
C.________ et ses enfants D.________ et E.________ (ci-apr�s: les consorts C.________) ont form� opposition au projet lors de l'enqu�te publique.
C.________ est propri�taire d'un domaine agricole d'une vingtaine de parcelles, r�parties sur les territoires des communes de Roche, Chessel, Rennaz et Noville. La plus importante parcelle du domaine (bien-fonds n� 411 du registre foncier, � Roche pr�s du hameau de Crebelley), de plus de 9 ha, avec des b�timents d'habitation et d'exploitation, serait travers�e par la nouvelle route. D.________ et E.________ sont quant � eux copropri�taires de la parcelle n� 82 du registre foncier, sur le territoire de la commune de Rennaz.
Ces trois opposants ont critiqu� le trac� retenu, � cause notamment de l'atteinte � la parcelle principale du domaine o� se trouve le centre d'exploitation (n� 411 � Crebelley). Ils faisaient �galement valoir que la r�alisation du projet routier mettrait hors d'usage des installations de pompage et d'arrosage.
Le 26 mai 2005, le D�partement des infrastructures (ci-apr�s: le d�partement cantonal) a adopt� le projet routier H144, partie vaudoise, en levant les oppositions, dont celle des consorts C.________. Cette d�cision, intitul�e "d�cision finale relative � l'�tude de l'impact sur l'environnement", reprend les pr�avis de tous les services, cantonaux et f�d�raux, qui se sont prononc�s durant la proc�dure. Elle contient en outre une r�ponse � chaque opposition. Elle se r�f�re par ailleurs � une autorisation de d�fricher, concernant une surface globale de 19'072 m�, accord�e pour ce m�me projet routier le 10 janvier 2005 par le service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature (du D�partement de la s�curit� et de l'environnement).
Les consorts C.________ ont recouru contre ces deux d�cisions - d�cision finale et autorisation de d�fricher - aupr�s du Tribunal administratif du canton de Vaud.
Quatre autres recours, dirig�s contre le projet routier H144, ont �t� instruits simultan�ment par le Tribunal administratif jusqu'au 11 septembre 2007. A cette date, le juge instructeur a ordonn� une disjonction des causes. Auparavant, le juge instructeur avait notamment ordonn� une expertise, confi�e � l'ing�nieur Pedro de Aragao, pour "d�terminer si la m�thodologie appliqu�e dans l'�tude multicrit�res comparative r�pondait aux standards techniques g�n�ralement reconnus, si l'ensemble des param�tres d�terminants avait �t� pris en compte et si les choix �voqu�s par les recourants paraissaient opportuns et faisables". L'expert a d�pos� son rapport le 22 mars 2007 ("Expertise portant sur l'�tude de comparaison de variantes et sur le choix du trac�"). Le Tribunal administratif a tenu une audience � Roche le 26 mars 2007, suivie d'une inspection des lieux. A cette occasion, le rapport de l'expert a �t� remis aux parties. Les recourants ont encore pu ensuite d�poser un m�moire (observations finales).
Par un arr�t rendu le 14 septembre 2007, le Tribunal administratif a rejet� le recours form� par les consorts C.________, en disant que les deux d�cisions relatives au projet routier H144 (d�cision finale dans le cadre de l'�tude d'impact et autorisation de d�fricher) �taient maintenues.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public (art. 82 ss LTF), subsidiairement par celle du recours constitutionnel (art. 113 ss LTF), les consorts C.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif et de renvoyer l'affaire � l'autorit� cantonale vaudoise comp�tente pour nouvelle d�cision. Ils se plaignent, sur plusieurs points, de violations de garanties de proc�dure. Sur le fond, ils d�noncent une mauvaise application de certaines normes du droit f�d�ral de l'am�nagement du territoire ainsi qu'une violation de la garantie de la propri�t�.
Le d�partement cantonal conclut au rejet des recours. Le Tribunal administratif propose �galement leur rejet. La Municipalit� de la commune de Roche, autorit� int�ress�e, se prononce dans le m�me sens.
Par une ordonnance du 1er novembre 2007, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a rejet� la requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par les recourants.
La d�cision attaqu�e a �t� rendue dans une cause de droit public, au sens de l'art. 82 let. a LTF, sans qu'une des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF ne soit r�alis�e, de sorte que la voie du recours en mati�re de droit public est ouverte (art. 82 � 89 LTF). Le recours constitutionnel, qui n'est ouvert que contre les d�cisions qui ne peuvent faire l'objet d'aucun recours selon les art. 72 � 89 LTF (recours subsidiaire, art. 113 LTF), est donc irrecevable.
C.________, en tant que propri�taire d'un immeuble sur lequel la route litigieuse devrait empi�ter, a manifestement qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF: il a pris part � la proc�dure devant le Tribunal administratif, il est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e et il a un int�r�t digne de protection � son annulation. Ses enfants D.________ et E.________ sont propri�taires fonciers dans la r�gion mais leur parcelle ne devrait pas �tre directement touch�e par le projet routier. Ils peuvent sans doute se plaindre d'une violation des droits qu'ils avaient comme parties � la proc�dure cantonale mais, sur le fond, ils n'expliquent pas en quoi ils seraient particuli�rement atteints, dans leurs int�r�ts factuels ou juridiques, par la d�cision attaqu�e (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253, 353 consid. 1 p. 356). La question de leur qualit� pour recourir peut toutefois demeurer ind�cise, vu le sort � r�server � leurs conclusions. Il y a donc lieu d'entrer en mati�re.
Les recourants soul�vent de nombreux griefs � l'encontre de l'arr�t du Tribunal administratif ou du projet routier. Certains d'entre eux sont d'ordre formel et concernent la conduite de la proc�dure. Dans d'autres griefs, les recourants d�noncent des violations de la l�gislation sur l'am�nagement du territoire et de la garantie constitutionnelle de la propri�t�.
3.1 Le recours en mati�re de droit public peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral, y compris le droit constitutionnel f�d�ral (art. 95 let. a LTF - cf. ATF 133 II 249 consid. 1.2.1 p. 252; 133 III 446 consid. 3.1 p. 447), et pour violation de droits constitutionnels cantonaux (art. 95 let. c LTF). Quels que soient les griefs, le recours doit �tre motiv� en ce sens qu'il doit exposer au moins succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit (art. 42 al. 2 LTF). S'agissant des griefs de violation des droits fondamentaux (art. 7 � 36 Cst.), l'art. 106 al. 2 LTF pr�voit pour la motivation du recours des exigences qualifi�es, qui correspondent � celles prescrites par l'ancien art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254; 133 III 439 consid. 3.2 p. 444; 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le Tribunal f�d�ral, qui n'est pas une juridiction d'appel, n'examine pas d'office si la d�cision attaqu�e retient les faits pertinents ni si elle est conforme aux r�gles de droit applicables; il incombe au recourant d'expliquer de mani�re claire et pr�cise en quoi cette d�cision pourrait �tre contraire aux garanties de la Constitution.
3.2 Les m�mes exigences de motivation s'appliquent, en vertu de l'art. 106 al. 2 LTF, aux griefs de violation du droit constitutionnel cantonal. En l'esp�ce, les recourants invoquent � plusieurs reprises des normes de la Constitution du canton de Vaud (Cst./VD [RS 131.231]), conjointement avec des normes de la Constitution f�d�rale dont la teneur est identique ou similaire: l'art. 11 Cst./VD en relation avec l'art. 9 Cst. (protection contre l'arbitraire et protection de la bonne foi); l'art. 27 Cst./VD en relation avec l'art. 29 Cst. (garanties g�n�rales de proc�dure); l'art. 28 Cst./VD en relation avec l'art. 30 Cst. (garanties de proc�dure judiciaire); l'art. 25 Cst./VD en relation avec l'art. 26 Cst. (garantie de la propri�t�); l'art. 38 Cst./VD en relation avec l'art. 36 Cst. (conditions pour la restriction des droits fondamentaux). Les recourants ne pr�tendent pas que ces normes du droit constitutionnel cantonal auraient, dans le cas particulier, une port�e plus �tendue que les normes correspondantes de la Constitution f�d�rale. Dans ces conditions, les griefs de violation de la Constitution cantonale se confondent avec ceux de violation de la Constitution f�d�rale.
Certains griefs des recourants sont irrecevables, � d�faut d'une motivation r�pondant aux exigences art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. supra, consid. 3.1).
4.1 Tel est le cas quand les recourants reprochent au d�partement cantonal un comportement arbitraire et contraire � la bonne foi, parce qu'il a statu� sur leur opposition en 2005, soit � une date o� la voie de la requ�te en r�examen de l'opposition par un autre d�partement cantonal n'�tait plus ouverte, de sorte que seul �tait possible un recours au Tribunal administratif. L'ancienne proc�dure, avec un recours administratif puis un recours judiciaire au niveau cantonal, leur aurait �t� plus favorable. Or les recourants ne cherchent pas � d�montrer que le droit de proc�dure administrative cantonal, notamment le r�gime de droit transitoire au moment de la suppression de la proc�dure de requ�te, aurait �t� appliqu� de mani�re manifestement insoutenable (� propos de la port�e de l'art. 9 Cst., cf notamment ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
4.2 Il en va de m�me lorsque les recourants d�noncent une violation du droit d'�tre entendu parce qu'aucune audience de jugement n'a �t� fix�e par le Tribunal administratif. Ils ne contestent cependant pas avoir pu s'exprimer avant la fin de l'instruction, lors de l'audience tenue le 26 mars 2007 � Roche, suivie d'une inspection des lieux. Ils ne pr�tendent pas que le droit constitutionnel f�d�ral (art. 29 al. 2 Cst. en particulier) ni que le droit cantonal de proc�dure administrative imposeraient � la juridiction comp�tente d'entendre les parties au cours de deux audiences successives, dont une audience de jugement.
4.3 Les recourants reprochent en outre, sans motivation suffisante, � l'expert du Tribunal administratif de ne pas les avoir entendus avant qu'il ne d�pose son rapport. Ils n'expliquent en effet pas de mani�re claire sur quelle base juridique ils auraient pu exiger cette audition.
4.4 Invoquant l'art. 29 Cst., les recourants se plaignent d'une violation du droit d'�tre entendu parce que le Tribunal administratif a �cart� leur requ�te tendant � ce que soit effectu�e une �tude compl�mentaire pour le giratoire de Crebelley, d�s lors que la "configuration" de cet ouvrage "joue[rait] un r�le dans le choix de la route s'agissant entre autres de l'analyse du trafic perpendiculaire, notamment agricole". Devant le Tribunal administratif, les recourants avaient effectivement demand� "la mise en oeuvre d'une �tude aff�rente � la n�cessit� de mettre en oeuvre un giratoire � Crebelley", et il n'a pas �t� donn� suite � cette requ�te.
Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst. comprend le droit de faire administrer des preuves, notamment d'obtenir une expertise. Ce droit suppose que le fait � prouver soit pertinent, que le moyen de preuve propos� soit n�cessaire pour constater ce fait et que la demande soit pr�sent�e selon les formes et d�lais prescrits par le droit cantonal. Par ailleurs, la garantie constitutionnelle n'emp�che pas le juge de mettre un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de former sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, il a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (cf. notamment ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157). En l'esp�ce, le m�moire de recours n'indique pas de mani�re claire et pr�cise les questions que ce rapport ou expertise compl�mentaire aurait d� traiter. Les recourants n'expliquent pas non plus la n�cessit� d'une telle mesure d'instruction apr�s que l'administration cantonale a d�crit les diff�rents �l�ments du projet routier de fa�on d�taill�e, notamment dans le rapport d'impact. Le grief de violation de l'art. 29 Cst. est donc irrecevable, faute d'une motivation suffisante.
4.5 Un autre grief de violation du droit d'�tre entendu est irrecevable pour des raisons semblables. Les recourants reprochent au Tribunal administratif d'avoir rejet� leur requ�te tendant � la r�alisation d'une "�tude aff�rente � la n�cessit� �conomique de mettre en oeuvre la route H144". Ils souhaitaient ainsi apporter la preuve de l'absence d'int�r�t �conomique ou industriel r�el � la cr�ation de la nouvelle route. Sur ce point �galement, les recourants n'expliquent pas de mani�re claire et pr�cise ce que cette �tude ou expertise aurait d� traiter, ni en quoi il aurait �t� arbitraire de renoncer � compl�ter ainsi le dossier. Au demeurant, on ne discerne pas le sens exact de la notion d'int�r�t �conomique ou industriel d'une infrastructure publique de transport, �tant rappel� que le rapport d'impact et ses annexes ont analys� l'int�r�t public � la r�alisation de la route (ou la justification du projet).
4.6 Les recourants reprochent, �galement de mani�re insuffisamment motiv�e, au Tribunal administratif d'avoir ordonn� en fin d'instruction la disjonction de leur cause et des quatre autres recours form�s contre la d�cision du d�partement cantonal. Selon eux, le poids de leurs arguments et de leurs revendications aurait �t� sensiblement augment� si les causes n'avaient pas �t� disjointes, car ils s'�taient eux-m�mes pr�valu en cours d'instruction des arguments et pi�ces des auteurs de recours s�par�s. En rendant un arr�t dans leur seule cause, et des arr�ts distincts dans les causes des autres recourants, le Tribunal administratif aurait "jou� le jeu de l'Etat", en violation de la s�paration des pouvoirs. Les recourants invoquent � ce propos les art. 9, 29 et 30 Cst. mais sans d�crire avec pr�cision la port�e de ces droits constitutionnels dans cette hypoth�se et sans se pr�valoir d'une norme du droit cantonal de proc�dure administrative qui emp�cherait le cas �ch�ant d'instruire et de juger s�par�ment diff�rents recours dirig�s contre une m�me d�cision administrative. Les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF ne sont pas satisfaites. Quoi qu'il en soit, l'argument selon lequel les moyens et preuves invoqu�s par d'autres parties auraient d� �tre retenus en leur faveur par le Tribunal administratif dans leur propre affaire, alors qu'ils avaient eux-m�mes renonc� � s'en pr�valoir directement, n'est �videmment pas concluant.
Les recourants critiquent l'�tat de faits de l'arr�t attaqu�, bas� sur un dossier dont la teneur r�elle leur serait inconnue et qui serait de surcro�t incomplet. Ils se plaignent de violations des art. 9 et 29 Cst., ainsi que de l'art. 44 al. 4 de la loi cantonale sur la juridiction et la proc�dure administratives (LJPA).
Le droit d'�tre entendu, selon l'art. 29 al. 2 Cst., comporte le droit de consulter le dossier moyennant une requ�te � cet effet (cf. notamment ATF 132 II 485 consid. 3.2 p. 494; 132 V 387 consid. 6.2 p. 391). Les recourants ne pr�tendent pas que la possibilit� leur aurait �t� refus�e, par le juge instructeur du Tribunal administratif, de consulter le dossier de la cause avant le jugement. L'instruction a dur� plus de deux ans, les parties ayant pu � plusieurs reprises d�poser des d�terminations ou des requ�tes, tout en �tant inform�es d'office des actes accomplis par les parties adverses. Une audience avec inspection locale a eu lieu environ six mois avant la d�cision finale du Tribunal. Si les recourants d�clarent ignorer "quelle est la consistance du dossier ayant abouti � l'arr�t cantonal", cela para�t r�sulter uniquement d'une renonciation de leur part � le consulter, et les garanties de proc�dure d�coulant de l'art. 29 Cst. n'ont � l'�vidence pas �t� viol�es. Dans ce contexte, on saisit au demeurant mal le sens du grief de violation de l'art. 44 al. 4 LJPA, disposition consacr�e � l'�change d'�critures selon laquelle "les parties joignent � leurs m�moires le dossier et les pi�ces en leur possession"; seule l'application arbitraire (art. 9 Cst.) de cette disposition pourrait au demeurant �tre d�nonc�e dans le cadre de l'art. 95 let. a LTF.
Cela �tant, les recourants se plaignent singuli�rement de l'absence de deux documents dans le dossier du Tribunal administratif: "l'�tude multicrit�re du 4 avril 2001 concernant le giratoire de Crebelley", d'une part, et le plan directeur cantonal, d'autre part. Dans sa r�ponse au recours, le d�partement cantonal expose que "l'�tude multicrit�re compl�mentaire du 4 avril 2001 relative au giratoire de Crebelley" est un document qui ne figurait pas au dossier du projet mis � l'enqu�te publique; toutefois, son contenu �tait r�sum� dans deux pi�ces dudit dossier, l'annexe III au rapport d'impact sur l'environnement (p. 49 de cette annexe) et le rapport intitul� "examen du projet sous l'angle du d�veloppement durable" (p. 12 de ce rapport). Il en ressort que cette "�tude multicrit�re compl�mentaire" comparait quatre variantes pour la r�alisation de l'ouvrage concern�, en privil�giant celle d'un giratoire � trafic s�par� avec galerie couverte. En critiquant l'absence de ce document dans le dossier, les recourants ne pr�tendent pas que le rapport d'impact (cf. art. 10b de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement [LPE; RS 814.01]) �tait incomplet, ni que les dispositions du droit cantonal relatives � l'�tablissement des projets routiers (cf. art. 11 � 13 LRou) n'auraient pas �t� observ�es. En outre, il n'est pas contest� que le dossier d�pos� devant le Tribunal administratif est celui qui a �t� mis � l'enqu�te publique puis pris en consid�ration par la juridiction cantonale. On ne voit pas, sur la base de l'argumentation pr�sent�e par les recourants au Tribunal f�d�ral, en quoi les garanties du droit constitutionnel (art. 9 et 29 Cst.) auraient �t� viol�es � ce propos.
Quant � l'argument selon lequel le plan directeur cantonal - mentionn� dans l'arr�t attaqu� (notamment consid. 3b dudit arr�t) - n'aurait pas �t� vers� au dossier, il est manifestement d�pourvu de pertinence. Le plan directeur cantonal est un document officiel impos� par le droit f�d�ral (art. 6 ss de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire [LAT; RS 700]) ayant force obligatoire pour les autorit�s (art. 9 al. 1 LAT). Le droit cantonal pr�voit que le plan directeur cantonal est adopt� par le Grand Conseil, avant d'�tre soumis au Conseil f�d�ral pour approbation conform�ment � l'art. 11 LAT (art. 29 de la loi cantonale vaudoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions [LATC]), et qu'il doit �tre accessible au public en tout temps (art. 32 LATC). Il ne s'agit � l'�vidence pas d'une pi�ce ou d'une preuve qu'il incomberait � l'autorit� de produire dans chaque dossier concernant l'am�nagement du territoire, afin que les parties puissent en prendre connaissance et se d�terminer. Il importe donc peu qu'un exemplaire de ce document figure ou non au dossier d'une cause trait�e par la juridiction administrative. De ce point de vue, le grief de violation des art. 9 et 29 Cst. est mal fond�.
Les recourants se plaignent de ne pas avoir �t� entendus personnellement par le Tribunal administratif sur leur situation d'exploitants de domaines agricoles. Ce grief est manifestement mal fond�. En effet, les recourants ont pu s'exprimer � la fois dans leurs �critures (par l'interm�diaire de leur mandataire) et lors de l'audience du 26 mars 2007. Les exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. n'ont � l'�vidence pas �t� viol�es.
Invoquant encore l'art. 29 al. 2 Cst., les recourants font valoir que l'instruction aurait d� �tre compl�t�e sur divers points. Le Tribunal administratif n'aurait pas d� rejeter leur requ�te tendant � ce que le d�partement cantonal r�actualise le co�t de l'ouvrage car "ne pas l'actualiser apr�s plusieurs d�cennies de proc�dure, c'est laisser croire que le projet peut �tre ex�cut� � un co�t largement inf�rieur � ce qu'il va co�ter en r�alit�". D'autres variantes auraient d� �tre �tudi�es avec la grille d'analyse de l'"�tude multicrit�re" de 1999. Enfin, l'expert du Tribunal administratif aurait d� v�rifier et expliciter les diff�rents crit�res ayant donn� lieu au choix de la variante retenue en d�finitive. Les recourants affirment avoir pr�sent� des requ�tes tendant � la mise en oeuvre d'�tudes sur ces divers points. En d�finitive, les recourants critiquent � ce propos l'appr�ciation anticip�e des preuves (cf. supra, consid. 4.4). Savoir si cette appr�ciation est ou non arbitraire est une question � examiner en relation avec le grief de violation de la garantie de la propri�t� (consid. 9 infra). Comme on le verra, les recourants ne parviennent pas � mettre en doute l'int�r�t public du projet, �tabli sur la base de nombreux �l�ments du dossier (cf. �galement consid. 8 infra). Dans ces conditions, on ne voit pas en quoi le Tribunal administratif aurait viol� leur droit d'�tre entendus en refusant d'exiger des �tudes ou rapports compl�mentaires.
Les recourants se plaignent, sur plusieurs points, de violations du droit f�d�ral de l'am�nagement du territoire, � savoir de certaines normes de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire (OAT [RS 700.1]).
8.1 Les recourants d�noncent une violation de l'art. 6 OAT parce que la route litigieuse ne figure sur aucun plan (sous forme de repr�sentation graphique) du plan directeur cantonal. Ils ne contestent cependant pas que cet instrument fait tout de m�me r�f�rence � cette route (la "transchablaisienne"), mais seulement dans des textes (soit, d'apr�s l'arr�t attaqu�, dans la fiche P 4.3.15 du programme de coordination du plan directeur cantonal).
L'art. 6 OAT d�finit la forme du plan directeur cantonal ("une carte et un texte li�s par un syst�me de renvois r�ciproques"). L'autorit� qui se prononce sur un projet de plan routier selon les art. 11 ss LRou n'a, � l'�vidence, pas � appliquer cette norme du droit f�d�ral. Le grief est donc manifestement mal fond�. Cela �tant, l'arr�t attaqu� retient que la route principale H144 est pr�vue et planifi�e par le plan directeur cantonal en vigueur (plan adopt� le 20 mai 1987); cette affirmation demeure exacte quand bien m�me seul le texte, et non la carte (ou les cartes) du plan directeur cantonal mentionne le projet routier.
8.2 Les recourants se plaignent �galement d'une violation de l'art. 3 OAT. Aux termes de l'al. 1 de cette disposition, "lorsque, dans l'accomplissement et la coordination de t�ches ayant des effets sur l'organisation du territoire, les autorit�s disposent d'un pouvoir d'appr�ciation, elles sont tenues de peser les int�r�ts en pr�sence. Ce faisant, elles d�terminent les int�r�ts concern�s; appr�cient ces int�r�ts notamment en fonction du d�veloppement spatial souhait� et des implications qui en r�sultent; fondent leur d�cision sur cette appr�ciation, en veillant � prendre en consid�ration, dans la mesure du possible, l'ensemble des int�r�ts concern�s". L'art. 3 al. 2 OAT impose � ces autorit�s d'exposer "leur pond�ration dans la motivation de leur d�cision". Cet article r�sume ainsi le sens de la pes�e des int�r�ts que requiert l'application de nombreuses normes du droit f�d�ral et du droit cantonal en mati�re d'am�nagement du territoire, de protection de l'environnement ou encore de protection de la nature. L'adoption d'un plan routier selon les art. 11 ss LRou est une mesure d'am�nagement du territoire (cf. ATF 112 Ib 164 consid. 4b p. 168) que l'autorit� comp�tente ne peut adopter qu'apr�s une pes�e des int�r�ts.
La premi�re critique des recourants, sous l'angle de l'art. 3 OAT, est dirig�e non pas contre l'arr�t du Tribunal administratif mais contre la d�cision du d�partement cantonal du 26 mai 2005 (d�cision finale relative � l'�tude d'impact). Selon les recourants, le d�partement n'aurait pas lui-m�me proc�d� � une pes�e des int�r�ts; il ne leur aurait donc pas �t� possible de contester cette pes�e des int�r�ts devant le Tribunal administratif - lequel aurait "ent�rin� l'impossibilit� de quereller la pond�ration des int�r�ts impos�e par l'art. 3 OAT en premi�re instance d�j�" - et ils auraient donc perdu un "�tage de discussion" ou une instance, ce qui serait en outre contraire aux art. 29 Cst. et 110 LTF. Ce grief ne r�siste pas � l'examen. Il est manifeste que l'adoption du projet routier r�sulte d'une pes�e des int�r�ts et que la possibilit� �tait donn�e aux opposants d�bout�s de contester devant le Tribunal administratif la d�cision finale du d�partement cantonal, qui contenait une motivation sp�cifique sur chaque aspect trait� dans le cadre de l'�tude d'impact.
Les recourants soutiennent que dans la proc�dure d'adoption du projet routier, les "int�r�ts concern�s" n'auraient pas �t� d�termin�s (cf. art. 3 al. 1 let. a OAT). Selon eux, il n'y aurait pas dans le dossier de document permettant d'examiner ces int�r�ts. Cette critique elle aussi manque de s�rieux, tant il est manifeste qu'avec le rapport d'impact, les diff�rentes annexes � ce rapport et au dossier de plans, les oppositions, les consid�rations du d�partement cantonal dans la d�cision finale et, enfin, le rapport de l'expert du Tribunal administratif, la juridiction cantonale disposait de nombreux �l�ments lui permettant de se prononcer au sujet de la pes�e des int�r�ts.
8.3 Les recourants mettent ensuite en doute l'int�r�t pr�pond�rant � la r�alisation du projet litigieux. Ils pr�sentent les arguments suivants: il n'y aurait aucune justification � la cr�ation d'une autoroute du type de la route H144; depuis plus de dix ans, on n'a pas constat� d'accroissement du trafic r�el dans cette r�gion; la diminution des nuisances dans les villages de Vionnaz et Vouvry serait report�e en augmentation sur le hameau de Crebelley; le plus simple aurait �t� d'�tudier une variante de contournement des villages de Noville et de Rennaz en mettant en oeuvre un trafic bidirectionnel � la Porte-du-Scex; en emp�chant les v�hicules agricoles d'utiliser la nouvelle route, on s�parerait la plaine en deux, avec une suppression du trafic transversal qui se concentrerait alors uniquement sur le giratoire de Crebelley; en France, les autorit�s auraient renonc� � am�liorer la route sur le trajet Gen�ve/Saint-Gingolph (au sud du lac L�man), ce qui enl�verait une justification � une nouvelle route transchablaisienne en Suisse; la route H144 n'am�liorerait pas l'acc�s au secteur du Bouveret depuis le reste du canton du Valais; les n�cessit�s de desserte de sites industriels (Le Bouveret, futur h�pital de Rennaz, zone industrielle de Roche) ne seraient pas �tablies. Il manquerait en outre dans le dossier des indications sur les co�ts r�els et actualis�s du projet. Enfin, il n'aurait pas �t� tenu compte de l'int�r�t de nombreux recourants � maintenir notamment leurs exploitations agricoles. En pr�sentant ces arguments, les recourants abordent des questions de fond ou d'appr�ciation; cela ne concerne en effet pas les modalit�s formelles de la pes�e des int�r�ts, telles qu'elles sont �nonc�es � l'art. 3 OAT. En d�finitive, les griefs de violation des dispositions de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire sont mal fond�s.
Les recourants invoquent la garantie de la propri�t� selon l'art. 26 Cst., en relation avec l'art. 36 Cst., en faisant valoir que le Tribunal administratif n'a pas �tabli l'existence d'un int�r�t public justifiant une restriction de leur droit de propri�t�.
9.1 Ce grief est recevable uniquement dans la mesure o� il est pr�sent� par C.________, propri�taire de la parcelle n� 411 � Roche. Les deux autres recourants n'ont en effet pas d�crit, dans le m�moire de recours, les restrictions qu'ils subiraient le cas �ch�ant dans l'exploitation de leur propre parcelle en cas de construction de la route; en d'autres termes, n'ayant pas all�gu� clairement une atteinte � leur droit de propri�t�, leur grief de violation de la garantie de la propri�t� est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
9.2 En vertu de l'art. 36 al. 2 Cst., toute restriction d'un droit fondamental - en particulier de la garantie de la propri�t�, selon l'art. 26 al. 1 Cst. - doit �tre justifi�e par un int�r�t public ou par la protection d'un droit fondamental d'autrui. Selon la jurisprudence, le Tribunal f�d�ral examine en principe librement si les mesures d'am�nagement du territoire r�pondent � un int�r�t public et respectent le principe de la proportionnalit�; il s'impose toutefois une certaine retenue lorsqu'il s'agit de tenir compte de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation (ATF 132 II 408 consid. 4.3 p. 416; 129 I 337 consid. 4.1 p. 344; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arr�ts cit�s). La jurisprudence reconna�t du reste une importante marge d'appr�ciation aux autorit�s cantonales, s'agissant de la planification de nouvelles routes cantonales (cf. notamment ATF 106 Ib 41 consid. 2 p. 44).
9.3 Le Tribunal administratif a consid�r�, apr�s avoir �voqu� l'analyse des variantes effectu�e par le d�partement cantonal puis par son expert, que le choix du type de route paraissait appropri� aux diff�rents buts assign�s � la H144, soit l'am�lioration de la liaison entre les p�les �conomiques du Chablais valaisan et vaudois, ou plus g�n�ralement entre la fronti�re fran�aise et le raccordement � l'autoroute N9, l'am�lioration des trajets de poids lourds par une diminution de quelques centaines de v�hicules par jour de 40 tonnes traversant les localit�s valaisannes de Vouvry et de Vionnaz, la suppression du trafic de transit dans les villages de Noville et de Rennaz, et l'augmentation de la s�curit� de tous les usagers, notamment � cause de la s�paration du trafic ordinaire et des v�hicules lents (consid. 4c et 7a/bb de l'arr�t attaqu�). Le Tribunal administratif s'est �galement prononc� au sujet du giratoire de Crebelley, en particulier sous l'angle du droit de la protection de l'environnement (consid. 5 de l'arr�t attaqu�), et il a abord� diverses autres questions, en concluant � l'existence d'un "int�r�t public important" � la r�alisation de la route, l'emportant sur l'int�r�t priv� des recourants (consid. 7a/bb de l'arr�t attaqu�). Il a consid�r� que les compl�ments d'instruction requis par les recourants ne permettraient pas de modifier les �l�ments d�terminants (consid. 11c de l'arr�t attaqu�).
9.4 Les recourants se bornent, dans leur contestation de l'int�r�t public du projet, � pr�senter des critiques d'ordre g�n�ral (voir le r�sum� de leurs arguments supra, consid. 8.3). Or, m�me sans augmentation significative du trafic dans cette r�gion - en particulier, dans l'hypoth�se o� du c�t� fran�ais du lac L�man, une nouvelle route Gen�ve/ Saint-Gingolph n'est pas cr��e � court ou moyen terme -, et m�me sans d�veloppement notable des activit�s industrielles dans les localit�s desservies, les objectifs retenus dans l'arr�t restent actuels. Le choix de ne pas ouvrir la nouvelle route au trafic agricole para�t �galement fond� et on ne voit pas, sur la base des arguments des recourants, quels inconv�nients sensibles les exploitants des domaines de la plaine du Rh�ne subiraient car d'autres routes resteront ouvertes � ce trafic. Par ailleurs, au cas o� le co�t de l'ouvrage aurait augment� � cause de l'�coulement du temps, on ne discerne pas en quoi cela en aurait diminu� l'int�r�t public; il n'�tait donc pas arbitraire de ne pas instruire plus avant sur cette question. Les d�cisions en mati�re de financement, qui rel�vent d'autres autorit�s (parlement cantonal comp�tent pour voter une d�pense, autorit� f�d�rale comp�tente pour accorder une subvention), n'ont pas � �tre r�examin�es dans le cadre de la proc�dure d'am�nagement du territoire (cf. ATF 117 Ib 35 consid. 3e p. 39).
Les recourants se plaignent encore d'une �tude insuffisante d'autres variantes. Aux termes de l'art. 2 al. 1 let. b OAT, "lors de la planification d'activit�s ayant des effets sur l'organisation du territoire, les autorit�s examinent en particulier, compte tenu du d�veloppement spatial souhait�, quelles possibilit�s et variantes de solution entrent en ligne de compte". Dans la pr�sente affaire, certaines variantes ayant effectivement �t� analys�es, la r�gle pr�cit�e n'a donc pas �t� ignor�e lors de l'adoption du plan. Il y a lieu de rappeler que le droit f�d�ral n'oblige pas, de fa�on g�n�rale, l'auteur du projet � �laborer des projets alternatifs et il n'exige de toute mani�re pas une analyse des variantes aussi d�taill�e que celle qui est faite pour le projet lui-m�me; en particulier, il n'impose pas une �tude de l'impact sur l'environnement pour chaque variante (cf. arr�t 1A.1/1998 du 22 d�cembre 1998 publi� in RDAF 1999 I 371 consid. 4c). En l'esp�ce, l'appr�ciation par les autorit�s cantonales du trac� litigieux n'est pas critiquable sous l'angle de l'int�r�t public, quand bien m�me d'autres variantes auraient �ventuellement pu entrer en consid�ration. Partant, il n'�tait pas arbitraire de renoncer, au stade du recours au Tribunal administratif, � une analyse plus d�taill�e ou � un r�examen de diff�rentes variantes.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la restriction de la propri�t� d�coulant de l'adoption du plan routier litigieux est justifi�e par un int�r�t public suffisant. En cons�quence, le grief de violation de l'art. 26 al. 1 Cst. est mal fond�.
Il s'ensuit que le recours en mati�re de droit public doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais judiciaires (art. 65 al. 1 et 66 al. 1 LTF). L'Etat de Vaud n'a pas droit � des d�pens (art. 68 al. 3 LTF). Il en va de m�me de la Commune de Roche, qui n'a au demeurant pas consult� un avocat.
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire des recourants, au D�partement des infrastructures et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, ainsi qu'� la Commune de Roche.