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Timestamp: 2019-01-19 11:25:59+00:00
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MEMENTO DE L ACTE TRANSFUSIONNEL - PDF
MEMENTO DE L ACTE TRANSFUSIONNEL
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1 REPUBLIQUE DU BENIN ******** MINISTERE DE LA SANTE ******** DIRECTION DES EXPLORATIONS DIAGNOSTIQUES ET DE LA TRANSFUSION SANGUINE ******** SERVICE NATIONAL DE TRANSFUSION SANGUINE MEMENTO DE L ACTE TRANSFUSIONNEL Edition
2 SOMMAIRE INTRODUCTION 1. Dimension éthique page 1 2. Acte thérapeutique à risque page 1 3. Multiplicité des intervenants et dispersion des activités page 1 I. Indications thérapeutiques de la transfusion sanguine 1. Indications générales page 2 2. Indications particulières page 2 Indications en hématologie page 2 Indications en néonatologie et en pédiatrie page 3 Indications en néphrologie page 3 Indications en réanimation page 3 3. Autres indications/contre-indications page 4 Cas du donneur Universel Dangereux page 4 Transfusion entre mère et enfant page 4 Transfusion entre mai et femme page 4 Transfusion de sang Rh positif à un individu Rh négatif page 4 Transfusion massive ou abondante page 4 Anémies Hémolytiques Auto-Immunes (AHAI) page 4 II. Administration des produits sanguins 1. Commande de produits page 5 2. Examens avant attribution du produit page 6 3. Posologie des produits sanguins labiles page 7 Transfusion de concentré de Globule Rouge (CGR) chez l adulte et l enfant page 7 Plasma Frais Congelés (PFC) page 7 Concentré de Plaquettes Standard (CPS) page 8 4. Administration des produits sanguins labiles page 8 Réception et contrôle des produits page 8 Conservation des Produits Sanguins Labiles page 8 Contrôle Ultime au lit du malade page 9 Pose de la transfusion page 9 Débit de la transfusion page 10 Pendant la transfusion page 10 Traçabilité page 10 2
3 5. Non utilisation des produits sanguins labiles page Complications page Evaluation des effets thérapeutiques page 12 Sang Total et Concentré de Globules Rouges page 12 Plasma Frais Congelé (PFC) page 12 Concentré de Plaquettes Standard (CPS) page 12 Annexe 1 : Fiche de Distribution Nominative page 13 Annexe2 : Technique pour la réalisation du Contrôle Ultime au lit du malade page 14 III. Accidents de la transfusion 1. Chocs transfusionnels page 15 Choc d incompatibilité immunologique page 15 Choc endotoxinique page 15 Choc anaphylactique page Réactions allergiques page Hémolyse intratissulaire page Accidents liés à l alloimmunisation aux antigènes leucoplaquettaires page Surcharge circulatoire page Embolies page Thrombophlébite page Hémosidérose et l hémochromatose page Réaction «Greffon contre Hôte» posttransfusionnelle page Accidents infectieux page 20 IV. Hémovigilance 1. Définition page Outils page 21 Traçabilité page 21 3
4 Le système de veille et d alerte sanitaire page 22 La surveillance épidémiologique page Acteurs page 22 Le Comité Hospitalier de Transfusion (Comité d Hémovigilance) page 22 Le Correspondant d hémovigilance du SDTS ou PTS et le Correspondant ---- page 23 d hémovigilance de la structure utilisatrice des PSL Annexe 1 : Fiche d Incident Transfusionnel (FIT) page 24 V. Autotransfusions 1. Transfusion autologue programmée page Définition page Indications page Contre-indications page Organisation page Hémodilution normovolémique pré-opératoire page Récupération sanguine peropératoire page 28 Annexe 1 : Transfusion Autologue Différée : Fiche de demande Annexe 2 : Fiche de Transfusion Autologue Programmée page page PREFACE 4
5 La Transfusion Sanguine est un acte médical qui consiste à donner du sang ou ses dérivés prélevés chez un sujet sain appelé donneur, à un sujet malade appelé receveur : elle vise à obtenir un effet thérapeutique à partir d un ou de plusieurs composants. Cependant, la Transfusion Sanguine comporte des risques nombreux et variés : l existence de ces risques doit être la préoccupation permanente de tous les acteurs de la Transfusion Sanguine car ils entraînent parfois des complications susceptibles de mettre en danger la vie du patient : la sécurité transfusionnelle doit être garantie à tout malade. Une prise de conscience est donc nécessaire pour réduire les risques liés à tout acte transfusionnel. Le personnel médical et para-médical, affecté dans les établissements de santé et qui est appelé à utiliser les produits sanguins, n a souvent pas de formation en Transfusion Sanguine, cette discipline faisant défaut dans les programmes de cours des établissements de formation médicale au Bénin. C est pour pallier cette insuffisance que ce mémento de l acte transfusionnel a été élaboré. Son intérêt est de mettre à la disposition des utilisateurs de produits sanguins au Bénin un outil pratique capable de les amener à prescrire, à utiliser rationnellement et à administrer avec sécurité ces divers produits sanguins. L objectif global du présent document est d atteindre une sécurité transfusionnelle optimale. Il a pour objectif spécifique de permettre aux professionnels de la santé au Bénin d améliorer la qualité de leurs prestations dans les services utilisateurs de produits sanguins. Trois objectifs intermédiaires sont ciblés : - 1. prescrire et administrer le sang et ses dérivés correctement et de manière rationnelle ; - 2. connaître les risques liés à la transfusion sanguine et les conduites à tenir ; - 3. connaître le fonctionnement de l Hémovigilance. Mon souhait est que ce Guide puisse servir de référentiel pour les prescripteurs de produits sanguins labiles au Bénin. Dr.Ludovic Y. ANANI Directeur Des Explorations Diagnostiques et de la Transfusion Sanguine 5
6 INTRODUCTION Le présent mémento de l acte transfusionnel décrit toutes les mesures à mettre en œuvre pour pratiquer l acte transfusionnel dans les meilleures règles de l art. Il s adresse à tous les membres d une structure sanitaire qui interviennent d une façon ou d une autre dans le processus transfusionnel. Cela explique l approche rédactionnelle qui est utilisée. 1. Dimension éthique La transfusion n est pas un acte banal. Par l intermédiaire d un produit biologique vivant, le sang, elle met en relation un patient qui a besoin d aide et un donneur. Celui-ci a posé un acte volontaire et bénévole pour concourir au traitement du malade. Cette démarche ne peut être méprisée. Elle justifie le respect particulier que l on accorde à une poche de sang. C est également l origine humaine du produit qui explique que les possibilités d approvisionnement sont toujours limitées. Malgré les efforts des structures de transfusion sanguine et les campagnes de promotion du don, les collectes correspondent difficilement aux besoins. La prescription d un produit sanguin tiendra compte des limites des ressources. Les différents acteurs du processus transfusionnel dans les structures sanitaires, médecins, infirmiers, sages-femmes, technologues de laboratoire, comprennent l importance du don de sang. Ils auront à cœur de promouvoir dans leur environnement professionnel et social, non seulement l intérêt médical, mais aussi les valeurs d altruisme et de générosité qui sous-tendent le don de sang. 2. Acte thérapeutique à risque La transfusion est un acte invasif qui n est pas dénué de risques. Lors de chaque étape du processus transfusionnel : prescription, prélèvement, choix des poches, administration,, l opérateur aura conscience du risque inhérent à son acte et sera capable de l intégrer dans l ensemble des risques encourus par le patient en fonction de sa situation clinique. En particulier la notion d urgence clinique sera correctement balancée par rapport au délai requis par l application stricte des procédures. 3. Multiplicité des intervenants et dispersion des activités La transfusion fait intervenir de nombreux acteurs, médecins, personnel soignant, personnel soutien, laboratoire,, qui doivent avoir une parfaite compréhension de leur rôle, du contexte global dans lequel il s inscrit, et de leurs limites. Une bonne coordination entre les intervenants est indispensable et nécessite de constants efforts de communication et de compréhension mutuelle. 6
7 Chapitre I INDICATIONS THERAPEUTIQUES DE LA TRANSFUSION SANGUINE 1. Indications générales * Lors d une hémorragie aigüe avec hypovolémie, il faut transfuser : - du sang total ou - du culot globulaire avec plasma frais congelé. Ce sont des cas d hémorragie de la délivrance, d accidents de la voie publique ou à l arme blanche,. * Lors d une anémie normovolémique décompensée, le patient doit idéalement recevoir un concentré érythrocytaire ou culot globulaire pour éviter une surcharge volémique. La décompensation d une anémie est caractérisée par une tachycardie, une dyspnée, une soif, une asthénie, des vertiges et des céphalées. La quantité à transfuser dépend de l importance de l anémie et se calcule par la formule suivante : V.C.G = Hte x P VCG : volume du culot globulaire (ml) Hte = Hématocrite normal Hématocrite du malade P = Poids du patient en kg Exemple : Ht du malade = 25% Ht normal= 40% P= 20kg V.C.G= (40 25) x 20 ml = 300 ml Le volume moyen d un concentré de globules rouges (appelé une unité) étant de 200 ml, il faudra dans cet exemple transfuser 2 unités de CGR. Une poche de sang transfusée chez un adulte de poids supérieur ou égal à 50kg, augmente son taux d Hémoglobine d environ 1g. 2. Indications particulières 2.1. Indications en Hématologie Le malade souffrant d une affection hématologique est un polytransfusé potentiel. Il est donc nécessaire d utiliser du sang phénotypé, des globules rouges lavés, déleucocytés ou pauvres en leucocytes afin d éviter les immunisations. Ici, c est souvent une anémie chronique qui nécessite la transfusion si elle est décompensée. Ce sont souvent : - la Drépanocytose ; - les Thalassémies (B Thalassémie ou maladie de Cooley) ; - les Hémophiles (Hémophiles A et B) ; Ici, du concentré de Facteur VIII (Factane) pour l Hémophilie A et un concentré de Facteur IX (Bétafact) pour l Hémophilie B ; à défaut, du plasma frais congelé, 1 unité/8 heures devant l hématome sévère, l hémarthrose ou autre hémorragie sévère. 7
8 - les Thrombopénies : toute thrombopénie inférieure à /ul avec syndrome hémorragique nécessite la transfusion de plaquettes (Concentrés de plaquettes standards ou Concentrés Unitaires de Plaquettes) Indications en Néonatologie et en Pédiatrie L Hémothérapie du nouveau-né tient compte à la fois des groupes sanguins de l enfant et des anticorps de sa mère. Ainsi, en dehors des groupes sanguins ABO Rh du nouveau-né, il faut faire le groupage ABO Rh et la recherche d anticorps irréguliers (RAI) chez la mère ainsi que le Coombs direct chez le nouveau-né. Il s agit de : - Maladie Hémolytique du Nouveau-Né (M.H.N.N) d origine ABO ou Rh : c est un nouveauné présentant un syndrome anémique avec ictère et des signes biologiques en faveur. La plupart des auteurs proposent l exsanguinotransfusion devant le taux de bilirubine supérieur à 200 mg/litre chez le nouveau-né à terme et supérieur à 180 mg/litre s il s agit d un prématuré. On transfusera : - du «sang frais» (concentré de globules rouges O avec du plasma AB) ou - du sang total O frais Rh négatif sans hémolysines pour la MHNN à l antigène D ou - du sang total O frais Rh négatif ou positif sans hémolysines A ou B (MHNN à l antigène A ou B) - du sang déleucocyté si possible. Groupe nouveau-né du Groupe de la mère Groupe du sang à transfuser O O, A, B O A O, B, A AB O ou A B O, A, B ou AB O ou B AB A, B, AB O O, A, B, AB Inconnu O 2.3. Indications en Néphrologie Lorsque le malade insuffisant rénal ne doit pas être greffé, il est un polytransfusé potentiel. L Erythropoïétine (EPO) est un facteur de croissance pour les érythrocytes, fabriquée et synthétisée par la zone tubulo interstitielle rénale. L utilisation de l EPO est désormais une alternative à la transfusion en Néphrologie, qui est faite de culot globulaire compatible déleucocyté et phénotypé afin d éviter l allo-immunisation Indications en Réanimation Au cours du choc hypovolémique non hémorragique, il faut apporter du plasma frais congelé ou de l albumine à 5%. Les brûlures avec ses pertes quotidiennes qui peuvent être compensées par la transfusion de plasma frais congelé. 8
9 3. Autres indications/contre-indications 3.1. Cas du donneur Universel Dangereux Le sang O ne peut être donné à tous les malades. Il y a des exceptions car certains donneurs O ont des anticorps anti A ou anti B immuns (ou acquis) en plus de leurs anticorps anti A et anti B naturels. Ces anticorps immuns appelés hémolysines sont des IgG capables d hémolyser des globules rouges A ou B à 37 C. Ainsi, ils sont dangereux. Le sang des donneurs O avec hémolysines est réservé aux malades de groupe O (la présence des hémolysines est signalée sur les poches de sang) Transfusion entre mère et enfant Tenant compte de l existence fréquente chez les nouveau-nés et les nourrissons d anticorps maternels dirigés contre les globules rouges des nouveau-nés (cas des anti D par exemple, s attaquant aux antigènes D des globules rouges du nouveau-né), il faut éviter d aggraver la situation en transfusant le bébé avec le sang maternel Transfusion entre mari et femme Il est dangereux qu un mari donne du sang à sa femme, surtout s ils ont déjà des enfants. En effet une femme est généralement immunisée contre les antigènes de son mari (allo-immunisation). L explication est que pendant la grossesse et l accouchement, une petite quantité de sang du nouveau-né passe dans la circulation maternelle. Les GR de cette micro transfusion portent des antigènes dont la moitié provient du père (l autre moitié provient de la mère) Transfusion de sang Rh positif à un individu Rh négatif En cas de pénurie de sang Rh négatif, si la vie de la personne est réellement en danger il est permis de passer du sang Rh positif à une personne Rh négatif non immunisée. Cette première transfusion est bien supportée plus qu il n y a pas d anticorps naturel anti D. Mais il est probable que le malade s immunise et fabrique des anti-d dans les semaines qui suivent la transfusion sanguine. Une deuxième transfusion de cette même personne avec du Rh+ va entraîner cette fois-ci une réaction. Une carte de groupe doit lui être remise qui précise que la personne ne doit plus jamais recevoir du sang Rh positif. De plus, chez une femme, cette immunisation anti-d peut compromettre une future grossesse Transfusion massive ou abondante Abusivement, nous appelons ainsi toute transfusion nécessitant plus de trois (3) unités. Elle apporte une quantité importante d anticorps naturel, pouvant dépasser les possibilités d absorption ou de dilution de l organisme si on utilise du sang compatible O pour un malade A, B ou AB. Elle doit donc être iso groupe. Mais si l on est obligé, en urgence, de commencer avec du sang O alors que le malade est A ou B, il faut poursuivre avec du sang O même quand le sang A ou B sera disponible Anémies Hémolytiques Autoimmunes (AHAI) - L indication de la Transfusion Sanguine dans ce cas est rare et souvent difficile - Il faut d abord déterminer la nature de l auto-ac - En cas de nécessité de Transfusion faire du sang phénotypé en respectant l auto-ac. 9
10 Chapitre II ADMINISTRATION DES PRODUITS SANGUINS LABILES Dès l arrivée du patient dans la structure sanitaire, il est recommandé de prélever sur une voie veineuse, aussitôt deux tubes sans anticoagulant : - un prélèvement sera envoyé à la banque de sang pour les examens pré-transfusionnels ; - un prélèvement restera au chevet du lit du malade pour la réalisation du contrôle ultime au lit du malade ; Chaque tube de prélèvement doit comporter au moins les indications suivantes : - Nom, prénom et date de naissance du malade. 1. Commande de produit La prescription doit comporter : - le nom du service demandeur ; - le nom du médecin prescripteur et sa signature ; - le nom, prénom, sexe et date de naissance du receveur ; - la date de la prescription ; - la date prévue pour la transfusion ; - le nombre de chaque type de PSL demandé ; - la pathologie/indication de la transfusion sanguine. Il y a lieu de préciser : * pour la demande de sang total et de CGR : - le taux d hémoglobine ; - les antécédents transfusionnels et obstétricaux * pour la demande en PFC : - les facteurs de coagulation (TP, TCK) * pour la demande en CPS : - la numération plaquettaire; - le poids du patient. Idéalement, la prescription doit faire partie d une fiche de distribution nominative «FDN» éditée en trois exemplaires avec feuilles carbonées pour permettre un seul écrit. Un exemplaire figure en annexe 1. Cette fiche est émise par l unité de soins et comprend trois parties : une partie à remplir par le service prescripteur une partie à remplir par la banque de sang au moment de l attribution nominative du produit : une partie à remplir par l unité de soin au moment de la transfusion du malade. Une fois la partie prescription complétée, la FDN est envoyée à la banque de sang. Elle doit être accompagnée : - des résultats du groupage sanguin du malade ABO-Rh ou - d un bon de demande de groupage sanguin accompagné du prélèvement permettant de le faire. Ce bon doit être signé par la personne ayant réalisé le prélèvement. La FDN sera complétée par la banque de sang qui conservera un premier volet. 10
11 Les deux autres volets accompagneront le produit sanguin dans l unité de soins. Un des volets sera retournée dûment complété à la banque de sang, après la transfusion. Le dernier volet, dûment complété également après transfusion, sera conservé dans le dossier du malade. 2. Examens avant attribution du produit a) La banque de sang vérifie que la prescription est correctement complétée. Elle vérifie également la concordance entre l identité du receveur figurant sur la prescription, sur le tube de prélèvement et sur le bon de demande de groupage sanguin ou sur le bon de résultat de groupage sanguin : toute discordance bloque l attribution nominative du produit. b) Double détermination du Groupe sanguin standard ABO, Rh (D) réalisée par la banque de sang ou le PTS et qui peuvent être réalisées sur le même prélèvement. Dans un contexte d urgence vitale, une seule détermination est nécessaire pour définir le groupage ABO-Rh. * Les règles de compatibilité pour le choix du groupe sanguin de la poche figurent ci-après SANG TOTAL, CONCENTRES DE GLOBULES ROUGES ET CONCENTRES DE PLAQUETTES STANDARDS A O sans hémolysines AB B - Il convient de servir du sang total ou des CGR compatible avec le groupe sanguin ABO Rh (D) du receveur - Les plaquettes expriment les antigènes du système ABO. Il est donc recommandé de transfuser des plaquettes ABO isogroupe. Les plaquettes n expriment pas le Rh mais il faut en tenir compte du fait de la présence de globules rouges résiduels. PLASMA FRAIS CONGELE A O AB B 11
12 - Il convient de servir du plasma compatible avec le groupe sanguin ABO du receveur et éventuellement Rh (D) pour la présence éventuelle de globules rouges résiduels - Pour le nouveau-né, on prend du plasma de groupe AB + c est à dire qui ne contient pas d anticorps anti-a ni d anticorps anti-b, ni d anticorps AB. C) Pour le sang total et les concentrés de globules : test de compatibilité au laboratoire Un test de compatibilité au laboratoire entre le sérum du receveur et les globules rouges de la poche à transfuser pour le sang total et les concentrés de globules rouges uniquement. Ce test permet d une part d éviter les erreurs de type ABO mais également de détecter la présence éventuelle d alloanticorps chez le receveur qui rendraient la transfusion inefficace. Dès la conformité de tous les examens, le fichier d attribution nominative est complété et les produits sont emballés. 3. Posologie des produits sanguins labiles 3.1.Transfusion de concentré de globules rouges (CGR) chez l adulte et l enfant L indication de la transfusion doit reposer sur les signes cliniques d anémie décompensée : * syndrome hémorragique * signes d ischémie * insuffisance cardiaque * insuffisance respiratoire Si l étiologie de l anémie permet d envisager un autre traitement (fer, vitamine B12, traitement anti-paludéen), il ne faut pas transfuser. Le volume de CGR à transfuser est indiqué à la page Plasma frais congelé (PFC) 1 PFC apporte en moyenne : 140 U de F VIII 8g d albumine 0,8g de fibrinogène - Dans les déficits globaux : * Chez l adulte : 1 à 4 unités par 24 heures * Chez l enfant : 10 à 20 ml par kg de poids corporel et par 24 heures Il est conseillé d administrer 10 ml de chlorure de calcium à 10% pour toutes les 2 unités de PFC afin de prévenir l hypocalcémie éventuelle. 12
13 - Dans les déficits isolés : La posologie doit tenir compte de la durée de vie du facteurs de coagulation concerné : elle est en moyenne de 10 à 20 ml/kg par perfusion à répéter en fonction de la demi-vie du facteur : Fibrinogè ne F I Prothromb ine FII Proaccéléri ne F V Proconvert ine F VII Antihémophilique A F VIII Antihémophilique B F IX Facteur Stuart F X 3-5 jours 3-5 jours H 4-6 H H H 2-3 jours 3.3. Concentré de Plaquettes Standard (CPS) * Chez l adulte : - 1 unité de CPS (soit 0,5 x /l) par 7 kg de poids corporel pour augmenter le taux de plaquettes de 0,2 x 1011/l, soit 10 CPS pour un adulte de 70 kg * Chez le nouveau-né, le nourrisson et l enfant : - 1 unité de CPS (soit 0,5 x /l) par 5 kg de poids corporel avec au minimum une unité Le rythme des transfusions dépend de l évolution de la maladie causale et de nombreux facteurs associés. On augmente les doses devant une fièvre, infection, splénomégalie, Une transfusion unique chez un patient non réfractaire permet de maintenir le taux de plaquettes au-dessus du seuil critique pendant 3 à 4 jours. Chez un patient réfractaire, la dose quotidienne peut être fractionnée en 2 à 4 transfusions. 4. Administration des produits sanguins labiles 4.1.Réception et contrôle des produits A la réception du produit dans l unité de soins, plusieurs vérifications s imposent : * la concordance entre les produits sanguins demandés et reçus pour le patient ; * la concordance des produits sanguins reçus et ceux figurant sur la fiche de distribution nominative (la prescription) * l identité du patient et celle figurant sur la fiche de distribution nominative ; * les résultats du groupe sanguin ABO-Rhésus du receveur et des poches. * l aspect, l intégrité et la date de péremption des produits 4.2.Conservation des produits sanguins labiles 42.1.Sang total (ST) et concentrés de globules rouges (CGR) Les CGR doivent être utilisés dans les 6 heures de sa réception et conservés en attendant entre +2 et +8 C. Il ne faut jamais réchauffer le sang total ou les CGR avant de les transfuser à cause du risque bactérien. 13
14 Une attention toute particulière doit cependant être portée pour les transfusions massives supérieures à ml ou chez le prématuré (1 heure d exposition à la température ambiante avant la transfusion) Plasma Frais Congelé (PFC) Le PFC doit dégeler au bain-marie à 37 C en moins de 30 minutes (contrôler l intégrité des tubulures pour exclure toute fuite et prévoir un sur-emballage pour la décongélation). La décongélation se réalise au sein de la banque de sang. Le PFC doit être utilisé immédiatement après décongélation. Il ne faut pas le recongeler Concentré de Plaquettes Standard (CPS) Les plaquettes doivent être transfusées dans l heure qui suit leur arrivée dans l unité de soins après avoir été remises en suspension (mouvement de chaloupe à défaut d agitateur automatique) et à température ambiante. 43. Contrôle ultime au lit du malade Ce contrôle est obligatoire avant toute transfusion de CGR homologues ou autologues. Il consiste à vérifier une dernière fois la compatibilité ABO entre le sang du receveur et celui de la poche à transfuser afin de prévenir les accidents hémolytiques majeurs d incompatibilité ABO liés à la transfusion de globules rouges homologues ou autologues. Il faut impérativement utiliser le sérum du receveur et le sang à transfuser mais ne jamais mélanger le sang total du receveur avec celui du donneur. La technique figure en annexe 2. Ce contrôle se fait au lit du malade et jamais dans la salle de soins et est réalisé obligatoirement par la personne qui assure la pose de la transfusion. Le papier Bristol est ensuite classé dans le dossier transfusionnel du receveur en le scotchant à l aide de papier adhésif transparent. 44. Pose de la transfusion 44.1.Principe du dispositif Le dispositif pour la transfusion du sang ou de ses dérivés comporte : - un perforateur du bouchon de la poche ; - un filtre ; - une chambre compte-goutte - un tube de caoutchouc muni d un régulateur de débit le tout relié au dispositif d administration par un embout conique mâle - un fragment de tube plus court portant l aiguille intraveineuse - Le filtre qui précède la chambre compte-goutte est constitué d une maille dont les pores sont voisins de 40um. Il retient les micro-caillots et surtout les microagrégats générés après 5 à 7 jours de conservation du sang à +4 C. - L aiguille intraveineuse doit avoir 35 à 40 mm de long et un diamètre externe de 1,5 mm et son canal ne doit pas être inférieur à 70% du diamètre externe (gauge 18-19). - La longueur «hors tout» de l appareil ne doit pas être inférieure à 170 cm. 14
15 44.2.Pose du transfuseur - Avant de transfuser : * le pouls, la tension artérielle, la fréquence respiratoire et la température du patient sont relevés ; * la conformité des inscriptions de l étiquette de la poche par rapport aux données du malade est vérifiée ; * La voie veineuse est vérifiée et est posée au niveau d une grosse veine de l avant bras et fixée. Le calibre du cathéter (18 ou 16G) doit être suffisant et doit tenir compte de la viscosité du produit à transfuser et du débit que l on veut obtenir. - Désinfecter le point d injection avant l usage ; - Clamper la tubulure et enlever le bouchon de protection du perforateur ; - Renverser la poche et enfoncer le perforateur dans le bouchon puis retourner rapidement la poche ; - Enlever le protecteur du terminal et introduire l aiguille ; - Ouvrir le régulateur jusqu à ce que la solute remplisse la tubulure et l aiguille et qu il n y ait plus de bulles d air ; - Fermer le régulateur, introduire l aiguille dans la veine et régler le débit de la transfusion (dater et noter l heure du début de la transfusion sur la FDN). 45. Débit de la transfusion : * les premiers millilitres doivent être transfusés très lentement (30 gouttes par minute) afin de pouvoir détecter d éventuelles manifestations indésirables. Puis la durée de la transfusion sera fixée par le médecin. * Le débit se fera en fonction de l équivalence de 1 ml = 18 gouttes..il est fonction du degré d urgence, des caractéristiques du patient (nouveau-né, vieillard,..) et de sa pathologie. Classiquement : -3 à 5ml/min pour la transfusion de un CGR (durée totale environ 1 heure 30 minutes) ; Le débit chez le nouveau-né et le nourrisson est de 4 à 8 ml/kg/heure - 20 ml/min (durée totale environ 10 minutes) pour le PFC - 10 ml/min (durée totale environ 30 minutes) pour le CPS. 46. Pendant la transfusion : * Il faut rester impérativement auprès du malade les 5 à 10 premières minutes puis surveiller toutes les demi-heures les paramètres cliniques : pouls, tension artérielle et fréquence respiratoire. Il faut prendre la température si une réaction de frissons se manifeste. * Il faut contrôler le point de ponction pour guetter l apparition de rougeur et/ou douleur ; * Il faut rechercher l apparition de signes cutanés anormaux (érythème, urticaire, pétéchies) ou de sensations anormales (chaleur, malaise, angoisse). 47. Traçabilité : Elle se fait grâce aux outils suivants : * la fiche de distribution nominative : la personne qui a posé la transfusion doit remplir la case destiné au service transfuseur. Ce document permet de confirmer par écrit la réalisation de l acte transfusionnel Un volet sera conservé au niveau du dossier transfusionnel du patient. Le dernier volet sera expédié à la banque de sang qui a délivré le produit. 15
16 * le dossier transfusionnel (ou fiche transfusionnelle) Il est à compléter au chevet du malade, au moment de l acte transfusionnel, par le personnel qui effectue la transfusion et qui y classe un exemplaire de la FDN. Il doit comporter : - les renseignements administratifs, cliniques, biologiques (taux d Hb, de plaquettes, etc), immuno-hématologiques (groupe sanguin ABO-Rh), sérologiques (antigène HBs, anticorps anti-vih et anti-vhc) nécessaires à la thérapeutique transfusionnelle ainsi que les données de l étiquette du produit sanguin (identification du produit, etc ) ; - un rappel chronologique de l ensemble des transfusions effectivement réalisées. - un rappel des incidents transfusionnels (s il y en a eu). Le dossier transfusionnel est archivé dans le dossier médical. 5. Conduite à tenir en cas de non-utilisation éventuelle des produits sanguins labiles En cas de non transfusion immédiate, le produit sanguin doit être conservé selon les règles reprises au chapitre II paragraphe 4. Les produits sanguins non utilisés ne peuvent en aucun cas être transfusés à un autre malade sans repasser par la banque de sang, pour des raisons de sécurité transfusionnelle (test de compatibilité au laboratoire, non respect des règes de conservation, présence d hémolysines, etc ). 6. Complications Le Chapitre VI est consacré tout spécialement aux accidents de la transfusion sanguine. Quelque soit la complication, le premier geste est d arrêter la transfusion, de rapporter la poche et un prélèvement de sang du patient à la banque de sang. Sang total et CGR PFC CPS Hémolyse Hémolyse Réactions de type frissonshyperthermie Réactions de type frissonshyperthermie Choc endotoxinique Choc endotoxinique Choc endotoxinique Accidents allergiques (érythème, Accidents allergiques (érythème, urticaire, choc anaphylactique) urticaire, choc anaphylactique) Accidents allergiques (érythème, Accidents de surcharge Purpura thrombopénique urticaire, choc anaphylactique) Transmission d agents infectieux viraux Risque d intoxication par le citrate en cas de transfusion rapide de volume important Le risque d allo-immunisation contre les antigènes leucoplaquettaires peut mener à un état réfractaire aux transfusions ultérieures de plaquettes. Transmission de parasitose Les concentrés de plaquettes contiennent de petites quantités de globules rouges et peuvent être à la source d immunisation antiérythrocytaire. Hémochromatose Réactions de type frissonshyperthermie 16
17 7. Evaluation des effets thérapeutiques 7.1. Sang total et Concentré de Globules Rouges (CGR) * Après la transfusion, il faut contrôler les paramètres cliniques : pouls, tension artérielle, température et fréquence respiratoire ; * Il faut vérifier les urines en ce qui concerne la quantité et la coloration ; * A 24 heures, il faut vérifier le bénéfice transfusionnel par la réalisation d un bilan biologique : Numération globulaire Dosage de l hémoglobine 7.2. Plasma Frais Congelé (PFC) * Bilan d hémostase 1 à 2 heures après transfusion 7.3. Concentré de Plaquettes Standard (CPS) * L effet thérapeutique n est atteint que deux heures après la transfusion : il peut être évalué par des numérations plaquettaires avant et deux heures après la transfusion. * Seuls 50-60% des plaquettes transfusées sont retrouvées dans la circulation en raison principalement de la séquestration splénique. * L efficacité transfusionnelle plaquettaire également appréciée par - l arrêt de l hémorragie - la numération plaquettaire 1 heure après la transfusion 17
18 Annexe 1 Fiche de Distribution Nominative A REMPLIR PAR LE SERVICE DEMANDEUR Date de la demande : Formation sanitaire : Service Demandeur : Nom et prénom du receveur :.. GS ABO/RH :.. Sexe :.. Date de naissance :. Age :. N de lit : N de chambre : N de dossier :.. SANG TOTAL: Nb d unités.. Exsanguinotrans.. O Hémorragies :.. O CULOT:.. Nb d unités.. Anémies.... O Hémorragies :.. O PFC:.. Nb d unités.. Hémorragies.. O Coagulopathies :..O Heures:... Brûlés :.O Identité du prescripteur : Signature du prescripteur A REMPLIR PAR LA BDS/BS/PTS de.. GS Receveur N Poche GS Poche Date de péremption Conditions de transport Date :. Heures :.. Identité du technicien :. Signature du technicien A REMPLIR PAR LE SERVICE TRANSFUSEUR Nom-Prénom du receveur (demande verbale) :.. Date Heure N Poche GS Poche Résultat du Contrôle ultime Réactions transfusionnelles* N de Poche retournée Motif du retour * si oui, préciser: Heures :.. Identité du transfuseur : Signature du transfuseur 13
19 Annexe 2 Technique pour la réalisation du Contrôle Ultime au lit du malade Etape 1 : Echantillon de sang du malade + papier bristol Etape 2 : Déposer : Deux (2) grosses gouttes de sérum du malade au milieu du papier bristol avec soit : o Le capuchon d une aiguille (2a) o Une seringue (2b) o Une pipette Pasteur (2c) Une (1) petite goutte du sang à transfuser en haut et à droite du papier (tubulure poche de sang). Etape3 : A l aide du capuchon de l aiguille, prélever un peu de sang de la goutte provenant de la poche située en haut et à droite sur le papier et la mélanger dans les 2 gouttes de sérum déposées au centre du papier. Etape 4 : Mélanger et observer l étalement pendant trois (3) minutes avant que la tache ne sèche. Etape 5 : Lire le résultat 1. L absence d agglutination (5a) TEST NEGATIF : signifie que les deux sangs sont compatibles. On peut transfuser cette unité de sang au malade. 2. La présence d agglutination (5b) TEST POSITIF : signifie que les deux sangs sont incompatibles. On ne peut pas transfuser cette unité de sang au malade : Retourner immédiatement la poche à la Banque de Sang.
20 Chapitre III ACCIDENTS LIES A LA TRANSFUSION 1. Chocs transfusionnels Les trois principaux chocs transfusionnels de haute gravité se manifestent par un collapsus dans les minutes ou heures qui suivent la transfusion, lequel peut être suivi de deux complications redoutables : - une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ; - une insuffisance rénale aiguë (IRA) Choc d incompatibilité immunologique C est le plus fréquent : c est l accident hémolytique. C est l accident d incompatibilité ABO ou l accident lié à une alloimmunisation méconnue (anti-d, anti-e, anti-kell, anti-jka, etc ) : - erreur ABO ; - donneur universel dangereux (présence d hémolysines) ; - allo-anticorps immuns ; * Signes d alarmes dès les 20 à 50 premières gouttes sont : - le malade se plaint de brûlure sur le trajet de la veine ponctionnée ; - céphalées ; - rougeur de la face ; - sensation d oppression et de constriction rénale ; - hémoglobinurie, anurie ; - douleur lombaire. Ces signes vont faire défaut chez un malade sous anesthésie en cours d intervention chirurgicale, ce qui est redoutable. * Conduite à tenir : - arrêt de la transfusion sanguine ; - garder l abord veineux ; - prévenir le médecin du service ; - réaliser le traitement du choc ; - prévoir de quoi faire face à une insuffisance rénale ; - prévenir le médecin du SDTS ou PTS ; - vérifier l interprétation du contrôle ultime au lit du malade ; - prélever le malade sur tube sec ; - renvoyer la poche et la tube à la banque de sang 1.2. Choc endotoxinique Il est lié à l infection de l unité de sang transfusée : en effet, si une unité de sang est souillée par des bactéries (lors du prélèvement ou de la préparation des PSL) et si elle n est pas conservée selon les règles, une pullulation microbienne extrêmement rapide peut survenir car le sang est un excellent milieu de culture pour de nombreux germes. Par ailleurs, du fait du pouvoir bactériostatique du sang, beaucoup de germes sont détruits et libèrent leurs endotoxines dans le plasma. Transfuser une telle unité à un malade équivaut à une perfusion d une solution d endotoxine et provoquera un choc de très haute gravité. L évolution est souvent fatale. 15
21 Le choc ne s accompagne pas de signes d hémolyse. L accident commence généralement par : - frisson violent ; - élévation thermique importante (40 c) ; - douleur abdominale avec émission impérieuses et répétées de selles liquides ; - nausées et vomissements Parfois, après un répit de quelques heures, la tension artérielle s effondre et un collapsus redoutable s installe. * Conduite à tenir : - arrêt de la transfusion sanguine ; - garder l abord veineux ; - prévenir le médecin du service ; - prélever des hémocultures à une heure d intervalles ; - réaliser le traitement prescrit contre le choc septique et diriger le malade vers un service adapté (réanimation) ; - prévenir le médecin du SDTS ou PTS afin de bloquer les PSL issus du même don; - vérifier l interprétation du contrôle ultime au lit du malade ; - prélever le malade sur tube sec ; - renvoyer la poche et la tube au laboratoire de bactériologie pour contrôle et recherche de l étiologie Choc anaphylactique Il est plus rare et est lié à la présence d anti IgA chez le receveur atteint de déficit immunitaire profond contre l IgA normale du donneur. Ce choc ne s accompagne pas non plus de signe d hémolyse. On observe : - un malaise intense et une transpiration abondante du receveur ; - un collapsus transfusionnel. 2. Réactions allergiques Le PSL transfusé peut contenir des molécules auxquelles le receveur est allergique (protéine plasmatique, substance médicamenteuse, pollen ou autres), ce qui va déclencher une réaction d hypersensibilité de type immédiat avec libération d histamine. C est pourquoi les donneurs atteints d asthme, de rhume des foins, d urticaire, d eczéma, doivent être exclus temporairement du don de sang. Un exemple d accident est celui du receveur sous traitement par la pénicilline, recevant du plasma d un donneur sensibilisé à la pénicilline. La solution est de laver les globules rouges (globules rouges déplasmatisés). * Les réactions sont généralement bénignes : - rougeur de la peau ; - prurit, urticaire; - vasodilatation, hypotension ; - frissons et élévation thermique ; - crises asthmatiformes. Les symptômes disparaissent avec l utilisation d anti-histaminiques. Une forme très grave est l œdème de Quincke pouvant aller jusqu au choc anaphylactique. 16
22 * Conduite à tenir : - arrêt de la transfusion sanguine ; - garder l abord veineux ; - prévenir le médecin du service ; - réaliser le traitement spécifique selon le tableau clinique; - prélever le malade sur tube sec pour recherche d anticorps de type anti-iga ; 3. Hémolyse intra-tissulaire par incompatibilité érythrocytaire (hémolyse retardée) La présence de certains alloanticorps chez le receveur va provoquer une hémolyse intra-tissulaire des globules rouges transfusés. On observe alors un ictère post-transfusionnel : le malade a cliniquement bien toléré sa transfusion mais dès le lendemain, apparaît un ictère avec parfois un certain retentissement rénal. L ictère peut être retardé et n apparaître que vers le cinquième jour. Parfois c est le seul fait que les transfusions soient sans bénéfice pour le malade qui attire l attention et conduit à demander les examens immunologiques. * Conduite à tenir : - prévenir le médecin du service ; - prélever le malade sur tubes secs ; - renvoyer le tube à la banque de sang pour recherche d étiologie (bilan hémolyse, recherche d anticorps irréguliers) ; - renseigner le dossier transfusionnel du patient pour les transfusions à venir. 4. Accidents liés à l allo-immunisation aux antigènes leuco-plaquettaires Ces accidents sont liés à la présence d allo-anticorps présents chez le receveur et dirigés contre les antigènes leuco-plaquettaires de concentrés de globules rouges ou de sang total non déleucocytés. Quatre situations cliniques peuvent être décrites : une forme latente : la transfusion inefficace Après des transfusions de sang ou de CGR contenant des plaquettes et/ des granulocytes, le conflit antigène-anticorps chez le sujets immunisés peut se traduire par l inefficacité de la transfusion. une forme bénigne : la réaction «frissons-hyperthermie» Au cours de la transfusion ou dans l heure qui suit, la malade ressent : - une vive sensation de froid avec des frissons intenses ; - pâleur ; - tachycardie ; - hypotension modérée ; - brusque montée thermique à c qui va disparaître progressivement en 2-3 heures Mais il n y a pas baisse de la tension artérielle comme dans l accident hémolytique ou dans la toxi-infection. L évolution est souvent favorable : il faut éviter de s affoler. une forme grave : le choc pyrogénique avec œdème pulmonaire et insuffisance respiratoire - la réaction frissons-hyperthermie est alors très intense et des phénomènes de choc avec collapsus cardiovasculaire apparaissent ; - polypnée avec cyanose et toux sèche, prélude à un e insuffisance respiratoire. 17
23 * Conduite à tenir : - arrêt de la transfusion sanguine ; - garder l abord veineux ; - prévenir le médecin du service ; - réaliser le traitement spécifique ; - surveiller attentivement l évolution : l apparition d autres symptômes inhabituels doit faire évoquer la possibilité d un incident d origine bactérienne ; - prélever le malade sur tube sec ; - renvoyer la poche et la tube à la banque de sang 5. Surcharge circulatoire la surcharge citratée La transfusion de deux unités de sang peut entraîner un excès de citrate apporté par l anticoagulant, ce qui chélate le calcium plasmatique du malade, provoquant une tendance à l hypocalcémie (paresthésies, tétanie, convulsions, ) d où prévention par 10 ml de chlorure de calcium à 10%. la surcharge potassique Chez les insuffisants rénaux, où il existe déjà une tendance à l hyperkaliémie, l excès de potassium plasmatique apporté par du sang conservé peut entraîner des manifestations neurologiques et cardiaques généralement bien supportées, mais parfois sérieuses. surcharge volémique Cet accident survient chez des sujets âgés, prématurés/nouveaux-nés, hypertendus, asystoliques, anémiés chroniques) dont le débit cardiaque est déjà augmenté ou qui ont, au départ, une augmentation de la pression pulmonaire et qui reçoivent une transfusion importante : les changements de masse sanguine vont élever la pression veineuse et seront mal tolérés. Des accidents de défaillance cardiaque peuvent alors se produire. Chez ces types de patients, il importe de prendre des précautions particulières dans la lenteur et le volume de la transfusion (de tels accidents sont souvent dus à une surestimation des pertes sanguines au cours d interventions chirurgicales) et d exercer une surveillance attentive des réactions du malade.. Les signes d alarmes sont : - dyspnée ; - difficulté respiratoire ; - quintes de toux ; - cyanose ; - turgescence des veines jugulaires. Il faut interrompre immédiatement la transfusion pour éviter de déclencher la crise d œdème du poumon qui est mortelle. * Conduite à tenir : - arrêt de la transfusion sanguine ou ralentir le débit; - mettre le malade en position assise ; - garder l abord veineux ; - prévenir le médecin du service ; - surveiller attentivement le malade ; - réaliser le traitement spécifique prescrit : (digitalodiurétiques) 18
24 En prévention : les insuffisants rénaux, les insuffisants pulmonaires, les anémiés chroniques seront transfusés en position demi-assise avec exclusivement des culots globulaires, lentement.. 6. Embolies La migration d un caillot de fibrine doit être redoutée, qu il s agisse de sang ou même de plasma, et l utilisation d un filtre est toujours indispensable. L accident par embolie gazeuse Accident exceptionnel, lié à une hyperpression en rapport avec un circuit non hermétique ou une mauvaise purge de la tubulure. Il suffit en moyenne 50 ml d air pour entraîner : - angoisse ; - douleur thoracique, turgescence des jugulaires ; - cyanose, dyspnée ; - collapsus, syncope, hémiplégie. * traitement 7. Thrombophlébite - arrêt de la transfusion ; - tourner le malade sur le côté gauche ; - oxygène et morphine contre la douleur (1 cg en sous-cutané) ; Il s agit d une inflammation d une veine superficielle d où anti-inflammatoire, anticoagulant si extension menaçante. 8. Hémosidérose et l hémochromatose Ces accidents sont observés dans les cas d insuffisances médullaires sévères (les thalassémies) ou dans les cas d anémie hémolytique. Le fer apporté par le sang transfusé (chaque unité de sang transfusé apporte environ 200 mg de fer), s ajoute au dépôt de fer déjà constitué : on voit apparaître une hémosidérose c est à dire une surcharge en fer qui s accumulent dans la rate, le foie et le coeur. A la longue, tout le système réticulaire est surchargé, des dépôts peuvent se constituer dans les cellules épithéliales et une sclérose hépatique peut avoir lieu (hémochromatose) qui constitue une cause fréquente de décès (quand l accumulation atteint 40 g de fer, ce qui équivaut à 200 unités de sang!!!!!!) Un traitement chélateur en fer est indispensable chez ce type de patient.. 9. Réaction «Greffon contre Hôte» post-transfusionnelle (GVH= Graft-Versus-Host ) Elle est exceptionnellement observée et est liée à la greffe de cellules immunologiquement compétentes, apportées par le sang du donneur ((lymphocytes contenus dans le sang total ou les CGR transfusés) dans l organisme du receveur : cette complication survient chez : - des receveurs incompétent immunologiquement (déficit immunitaire primitif) ; - des sujets transfusés avec du sang de sujets apparentés On observe alors une destruction des cellules hématopoïétique du receveur. 19
25 Les troubles débutent 5 à 8 jours après la transfusion : - diarrhée ; - hépatite ; Aplasie médullaire - rash cutané L évolution est très fréquemment mortelle en quelques semaines.. Les possibilités thérapeutiques devant une GVH déclarée étant restreintes, il importe de la prévenir en évitant l apport de cellules immunocompétentes viables du donneur : l irradiation préalable des lymphocytes du donneur constitue la seule possibilité actuelle de prévention. Elle se fait juste avant la délivrance des produits. Cependant, elle est onéreuse. 10. Accident infectieux Il y a toujours la possibilité de transmission de maladies infectieuses, en particulier d origine virale (les virus des hépatites et les rétrovirus). Il faut considérer que toute transfusion comporte un risque résiduel, si minime soit-il, qui doit toujours être à l esprit du médecin prescripteur qui devra évaluer le rapport risque/bénéfice de la transfusion. 20
26 Chapitre IV 1. Définition HEMOVIGILANCE C est l ensemble des procédures de surveillance organisées : - depuis la collecte de sang et de ses composants - jusqu au suivi des receveurs, en vue de recueillir et d évaluer les informations sur les effets inattendus ou indésirables qui résultent de l utilisation thérapeutique des produits sanguins labiles et d en prévenir l apparition. 2. Outils 2.1. La traçabilité La traçabilité permet de retrouver à partir d un numéro de produit sanguin : - soit le donneur - soit le (les) receveur(s). Il faut mettre en place d un recueil systématique d informations sur les différentes étapes qui vont : - du donneur vers le produit distribué ; - du produit distribué au receveur transfusé Au niveau du SDTS ou du PTS - il faut le recueil et de la conservation des informations concernant chaque produit sanguin labile (PSL) à savoir : * identification du don ; * identification du donneur (données administratives et résultat de l entretien médical) ; * résultats des examens biologiques ; * identification de la structure sanitaire destinataire ; * identification du prescripteur ; * identification du receveur effectif ; * restitution éventuelle ou destruction du PSL Au niveau de la structure destinataire du PSL : - il faut le recueil et de la conservation des informations concernant chaque PSL distribué, à savoir : * identification du PSL reçu : * identification de l établissement préparateur ; * identification du prescripteur ; * identification du receveur effectif ; * toute réaction transfusionnelle éventuelle ; * éventuel retour du PSL Documents - La fiche de distribution nominative «FDN» (cf. annexe page 29) qui comporte trois parties : * la prescription à remplir par le service demandeur * la cession des produits à remplir par la banque de sang * la fiche transfusionnelle à remplir par le service transfuseur au moment de la transfusion 21
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53 e congrès national d anesthésie et de réanimation. Infirmiers. Infirmier(e)s d urgence 2011 Sfar. Tous droits réservés. La transfusion en urgence B. Hauton 1 M. Thicoïpé 2 T. Martinez 3 I. Roger 4 1
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2.2. La transfusion sanguine et le test au lit du bénéficiaire de soins 2.2.1. Les systèmes de groupe sanguin (Répétition) Voir Biologie, Anatomie, Physiologie für Pflegeberufe Voir devoirs Annexes 1-4