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Timestamp: 2016-09-26 00:14:11+00:00
Document Index: 37977335

Matched Legal Cases: ['art. 78', 'art. 90', 'art. 80', 'art. 100', 'art. 81', 'art. 41', 'art. 158', 'ATF ', 'art. 251', 'art. 252', 'ATF ', 'art. 251', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 158', 'art. 319', 'art. 319', 'in dubio', 'art. 5', 'art. 319', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 158', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 66', 'art. 68']

6B_1315/2015 (09.08.2016)
6B_1315/2015 � � Arr�t du 9 ao�t 2016
MM. et Mme les Juges f�d�raux Denys, Pr�sident
tous les trois repr�sent�s par Me Bastien Geiger, avocat,
2. C.________, repr�sent� par Me Christophe Piguet, avocat,
Ordonnance de classement (gestion d�loyale et faux dans les titres, etc.),
recours contre l'arr�t de la Chambre des recours p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 21 octobre 2015.
Le 10 f�vrier 2012, D.________ SA - soci�t� exer�ant dans le domaine d'op�rations immobili�res - et X.________ SA - active dans le domaine des technologies de l'information et de la communication - ont, par l'interm�diaire de leur administrateur unique B.Y.________, d�pos� plainte p�nale contre C.________, pr�c�dent administrateur de X.________ SA, pour gestion d�loyale. Par courrier du 2 avril 2012, B.Y.________ a pr�cis� que seule X.________ SA devait �tre consid�r�e comme partie plaignante � l'exclusion de D.________ SA; bien que la seconde ait d�tenu la majorit� du capital-action de la premi�re, elle n'�tait pas directement l�s�e par les actes reproch�s � C.________.
A.a.�Il ressort de la plainte p�nale les �l�ments suivants.
Les recherches d�ploy�es par B.Y.________ dans le cadre d'un concept de construction d'un r�seau de fibres optiques � travers la Suisse auraient conduit E.________ � cr�er, en 1998, la soci�t� F.________ SA. A la suite de difficult�s dans le d�veloppement commercial du r�seau et par l'entremise de B.Y.________, C.________ - alors son ami - avait rachet�, le 2 mai 2005, pour lui-m�me ou pour le compte de tiers � titre fiduciaire 87.65 % de F.________ SA (6'500'000 fr.), le solde restant en mains de E.________. C.________ entendait cependant revendre ces parts � br�ve �ch�ance et aurait sollicit� B.Y.________, respectivement X.________ SA, pour trouver un acqu�reur. Dans ce cadre, un contrat de vente de l'ensemble des actions de F.________ SA aurait �t� conclu le 19 juin 2006 avec G.________, ayant droit �conomique de H.________ SA, pour 30 millions de francs. Cette vente ne s'�tait toutefois pas concr�tis�e et un litige civil s'en �tait suivi.
Le 18 septembre 2006, F.________ SA et X.________ SA - cette derni�re alors repr�sent�e par I.________ - auraient sign� un contrat pr�voyant la mise � disposition par la premi�re � la seconde de l'usage de dix paires de fibres optiques entre Gen�ve et Zurich pour vingt-cinq ans; en contre-partie, F.________ SA acc�derait � l'actionnariat de X.________ SA (10 %) et obtiendrait la d�signation de l'un de ses repr�sentants au conseil d'administration.
A partir de d�cembre 2006, C.________ serait devenu l'administrateur unique de X.________ SA avec un pouvoir de signature individuelle. Celui-ci, au nom de la soci�t� et par l'interm�diaire de B.Y.________, aurait oeuvr� � la valorisation des fibres optiques, celles-ci constituant la valeur essentielle du capital de la soci�t�.
D�s janvier 2007, les relations entre B.Y.________ et C.________ se seraient d�t�rior�es, notamment en raison du litige avec G.________. Le 8 janvier 2008, C.________, en tant qu'administrateur unique de F.________ SA, ainsi que de X.________ SA, aurait annul� le contrat de mise � disposition du 18 septembre 2006, d�cision � laquelle se seraient oppos�es B.Y.________, ainsi que son �pouse A.Y.________, actionnaire de D.________ SA; la convention aurait �t� remise en vigueur et B.Y.________ aurait continu� les d�marches de valorisation, notamment en obtenant un cr�dit de 500'000 fr. aupr�s de la banque J.________ SA, ainsi qu'en concluant un contrat avec K.________ SA.
En octobre 2009, une transaction ent�rinant l'annulation de la vente des actions de F.________ SA � G.________ avait mis fin � ce litige. Le 14 d�cembre 2009, C.________, agissant � nouveau en qualit� d'administrateur de F.________ SA et de X.________ SA, aurait annul� une seconde fois le contrat du 18 septembre 2006, ce qui aurait �t� fait � l'insu des �poux Y.________. C.________ aurait ensuite d�missionn� de sa position d'administrateur de X.________ SA le 18 janvier 2010, fonction reprise d�s le 1er f�vrier suivant par B.Y.________. Ce dernier aurait alors constat� que la soci�t� ne disposait plus de liquidit�, �tant ainsi forc� de mettre un terme � la collaboration avec K.________ SA. D�but 2011, l'examen de la comptabilit� aurait mis en �vidence des d�tournements de fonds pratiqu�s par C.________ depuis 2008, le pr�judice atteignant les 500'000 francs.
A.b.�Dans le cadre de l'instruction, B.Y.________ a �t� amen� � pr�ciser les malversations reproch�es � C.________ (cf. ses courriers des 2 avril, 7 ao�t 2012, 20 mars 2013 et son audition du 5 octobre 2012); les versements litigieux (en raison notamment de "factures bidons", de diff�rentes "notes d'honoraires", de la "favorisation indue de L.________, � ma�tresse � de C.________" et de "salaire[s]") s'�l�veraient � 323'000 fr. et auraient �t� pr�lev�s du compte bancaire de X.________ SA par C.________ en tant qu'administrateur ou peu apr�s sa d�mission.
Les 24 juin et 17 septembre 2013, A.Y.________ et B.Y.________ ont d�pos� plainte p�nale contre C.________ pour faux dans les titres, voire faux dans les certificats, appropriation ill�gitime - chef de pr�vention ensuite abandonn� - et escroquerie au proc�s, voire tentative d'escroquerie au proc�s; ils se sont constitu�s parties plaignantes le 18 juillet 2013.
En substance, ils reprochaient � C.________ d'avoir acquis, entre 2002 et 2005, plusieurs tableaux provenant de la collection personnelle des �poux Y.________, dont "M.________" de N.________. C.________ aurait pris possession des tableaux, mais ne les aurait acquitt�s que partiellement, le solde du prix devant �tre pay� lorsque les affaires en cours aboutiraient. Dans les ann�es 2005 � 2008, C.________ aurait r�dig� cons�cutivement plusieurs attestations d'achat de ces oeuvres � l'attention des �poux Y.________, pi�ces ensuite transmises par ceux-ci aux autorit�s fiscales fribourgeoises. Les �poux Y.________ ont produit quatre de ces documents, �tablis entre le 26 juin 2006 et le 21 novembre 2009; il en ressort en substance que C.________ aurait acquis 9 tableaux pour un montant total de 360'000 francs.
Selon les �poux Y.________, durant cette p�riode, C.________ aurait d�bit� quasi mensuellement 16'670 fr. du compte de F.________ SA en faveur de A.Y.________, celle-ci consid�rant ces versements comme des acomptes sur les toiles vendues. Or, � la lecture de proc�s-verbal d'audition de C.________ du 18 d�cembre 2012, celui-ci aurait affirm� que ces montants correspondaient � des "honoraires de consulting" effectu�s par D.________ SA en faveur de F.________ SA. Cette soci�t� avait ouvert action en mars 2012 contre les �poux Y.________ pour r�clamer le remboursement de pr�ts � hauteur de 231'285 fr. 35, int�r�ts 5% en sus d�s le 8 septembre 2011, produisant en particulier les avis de d�bit de son compte de versements r�guliers de 16'670 fr. - comportant la mention "pr�t" - en faveur de A.Y.________.
En r�sum�, les �poux Y.________ ont all�gu� que C.________ aurait pris les tableaux sans avoir l'intention de les payer, aurait �tabli des attestations d'achat mensong�res, aurait mis en place un stratag�me laissant � penser que les montants pay�s �taient des acomptes sur le prix de vente des tableaux alors qu'il s'agissait d'honoraires et aurait tent� de tromper la justice civile en all�guant que les montants en cause seraient des pr�ts.
Par ordonnance du 20 avril 2015, le minist�re public a confirm� le rejet des r�quisitions de preuves formul�es par les parties, consid�rant que les �l�ments r�unis � ce stade de l'instruction �taient suffisants pour appr�cier les faits de la cause.
Le procureur a class� la proc�dure � l'encontre de C.________, lui allouant une indemnit� de 16'607 fr. 40. En substance, il a estim� que les faits d�nonc�s le 10 f�vrier 2012 ne constituaient pas une infraction p�nale, rien ne permettant d'�tablir que le pr�venu aurait op�r� des pr�l�vements indus au d�triment de X.________ SA ou qu'il aurait voulu lui nuire. Quant � la d�nonciation de faux dans les titres, voire faux dans les certificats, et escroquerie, le minist�re public a retenu que C.________ n'avait achet� qu'un tableau ("M.________") et d�s lors l'affirmation des �poux Y.________ selon laquelle il aurait emport� les autres tableaux sans avoir l'intention de les payer �tait fausse; les attestations dont se pr�valaient les �poux Y.________ �taient des documents de complaisance et les manoeuvres douteuses � cet �gard de C.________ - qui s'expliquaient par la forte influence des �poux Y.________ - avaient fait l'objet d'une d�nonciation aux autorit�s fiscales. Le procureur a enfin estim� que les contrats de pr�t �taient r�els; il n'�tait notamment pas possible de reprocher au pr�venu d'avoir mont� un stratag�me visant � faire croire aux �poux Y.________ qu'il s'agissait d'acomptes pour la vente de tableaux, puisque C.________ croyait qu'il s'agissait d'honoraires de consulting.
Consid�rant que X.________ SA et les �poux Y.________ avaient agi avec t�m�rit�, le procureur a mis � leur charge, � raison d'un tiers chacun, l'int�gralit� des frais de proc�dure, ainsi que, dans la m�me proportion, l'indemnit� allou�e au pr�venu.
Le 21 octobre 2015, la Chambre des recours p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours intent� par X.________ SA, B.Y.________ et A.Y.________ dans la mesure de sa recevabilit�. Elle a admis partiellement celui d�pos� par C.________, lui allouant une indemnit� de 24'914 fr., montant que devaient rembourser � l'Etat les trois pr�cit�s � raison d'un tiers chacun (8'304 fr. 65).
En substance, la cour cantonale a consid�r� que la convention du 18 septembre 2006 n'avait pas �t� ex�cut�e, que le dommage y relatif n'�tait pas d�montr� et que les versements reproch�s � C.________ �taient justifi�s au regard des activit�s d�ploy�es par B.Y.________, O.________ et P.________. Elle a �galement retenu que les attestations de vente de tableaux �taient des actes de complaisance �mis par C.________ en faveur des �poux Y.________ et que, vu notamment le libell� des pi�ces bancaires, le premier n'avait pas cherch� � tromper la justice civile en all�guant devant elle que les montants vers�s par F.________ SA � A.Y.________ seraient des pr�ts.
Par acte du 18 d�cembre 2015, X.________ SA, A.Y.________ et B.Y.________ (ci-apr�s : les recourants) forment un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant � son annulation et en substance au renvoi de la cause au minist�re public pour qu'il proc�de aux actes d'instruction suivants : (1) confrontation entre C.________ (ci-apr�s : l'intim�) et B.Y.________; (2) audition en qualit� de personnes appel�es � donner des renseignements de P.________, O.________ et E.________, respectivement en tant que t�moins, de G.________, I.________, Q.________, R.________, L.________ et S.________; et (3) �dition par le Tribunal civil de la Gruy�re du dossier de la cause xxx, par F.________ SA des rapports d'activit�s hebdomadaires entre juin 2005 et octobre 2010, ainsi que de sa comptabilit� pour les ann�es 2005 � 2010 et par l'administration fiscale vaudoise du dossier de C.________ pour les ann�es 2002 � 2010. A titre subsidiaire, les recourants demandent le renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente.
1.1.�La d�cision attaqu�e a �t� rendue en mati�re p�nale au sens de l'art. 78 LTF. Elle a un caract�re final puisqu'elle confirme l'ordonnance de classement rendue par le minist�re public (art. 90 LTF). Elle �mane en outre de l'autorit� cantonale de derni�re instance (art. 80 LTF) et les recourants ont agi en temps utile (art. 100 al. 1 LTF).
1.2.�Selon l'art. 81 al. 1 let. a et b ch. 5 LTF, la partie plaignante qui a particip� � la proc�dure de derni�re instance cantonale est habilit�e � recourir au Tribunal f�d�ral, si la d�cision attaqu�e peut avoir des effets sur le jugement de ses pr�tentions civiles. Constituent des pr�tentions civiles celles qui sont fond�es sur le droit civil et doivent en cons�quence �tre d�duites ordinairement devant les tribunaux civils. Il s'agit principalement des pr�tentions en r�paration du dommage et du tort moral au sens des art. 41 ss CO.
Si la partie plaignante invoque des infractions distinctes, elle doit mentionner par rapport � chacune d'elles en quoi consiste son dommage. Si celui-ci n'est motiv� qu'en ce qui concerne l'une des infractions, le recours est irrecevable pour les autres infractions (cf. arr�t 6B_914/2013 du 27 f�vrier 2014 consid. 1.2). Il convient en l'esp�ce de distinguer les infractions, ainsi d'ailleurs que les recourants.
1.2.1.�S'agissant tout d'abord de l'infraction de gestion d�loyale (art. 158 CP), il ressort du m�moire de recours que les faits reproch�s � l'intim� � cet �gard auraient �t� commis � l'encontre de la recourante X.________ SA. Celle-ci soutient que, dans le cadre de la proc�dure p�nale, elle pourrait faire valoir contre l'intim� les dommages et int�r�ts r�sultant de l'annulation de la convention de mise � disposition des fibres ou obtenir le remboursement des pr�l�vements all�gu�s op�r�s sans droit par l'intim� alors qu'il �tait administrateur, voire peu apr�s sa d�mission. Au stade de la recevabilit�, on peut se demander si ces �l�ments non chiffr�s suffisent. Cette question peut cependant rester ouverte vu le sort du recours.
Lorsqu'une infraction est perp�tr�e au d�triment du patrimoine d'une personne morale, seule celle-ci subit un dommage et peut donc pr�tendre � la qualit� de l�s�, � l'exclusion des actionnaires d'une soci�t� anonyme, des associ�s d'une soci�t� � responsabilit� limit�e, des ayants droit �conomiques et des cr�anciers desdites soci�t�s (ATF 140 IV 155 consid. 3.3.1 p. 158; arr�ts 6B_116/2015 du 8 octobre 2015 consid. 2.1; 1B_9/2015 du 23 juin 2015 consid. 2.3.1 et 2.3.2; 6B_1207/2013 du 14 mai 2014 consid. 3.3). Il en r�sulte que si des liens existent entre X.________ SA et les recourants B.Y.________ - administrateur - et A.Y.________ - actionnaire de D.________ SA -, ceux-ci ne sont pas touch�s directement par les actes all�gu�s commis par l'intim� � l'encontre de la soci�t� recourante. Il leur appartenait d�s lors de d�montrer quel serait le pr�judice propre subi. Faute de toute explication, la qualit� pour recourir leur est d�ni�e s'agissant de cette infraction.
1.2.2.�Quant aux infractions de faux dans les titres (art. 251 CP) ou de faux dans les certificats (art. 252 CP), elles prot�gent, en tant que bien juridique, d'une part la confiance particuli�re plac�e dans un titre ayant valeur probante dans les rapports juridiques et, d'autre part, la loyaut� dans les relations commerciales (ATF 142 IV 119 consid. 2.2 p. 121 s.; 138 IV 130 consid. 2.1 p. 134; 132 IV 12 consid. 8.1 p. 14). Ces dispositions visent d'abord un bien juridique collectif (DUPUIS ET AL., Petit commentaire, Code p�nal, 2012, n� 2 ad rem. pr�l. aux art. 251 � 257 CP). Toutefois, le faux dans les titres, respectivement dans les certificats, peut �galement porter atteinte � des int�r�ts individuels. En particulier, une personne peut �tre consid�r�e comme l�s�e par un faux dans les titres lorsque le faux vise pr�cis�ment � lui nuire (ATF 140 IV 155 consid. 3.3.3 p. 159; 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s. et les r�f�rences cit�es). Tel est le cas lorsque le faux est l'un des �l�ments d'une infraction contre le patrimoine; la personne dont le patrimoine est menac� ou atteint a alors la qualit� de l�s� (ATF 119 Ia 342 consid. 2b p. 346 s.; arr�ts 6B_1151/2014 du 16 d�cembre 2015 consid. 1.1; 6B_549/2013 du 24 f�vrier 2014 consid. 2.2.2).
Dans leur m�moire de recours, les recourants ne font � nouveau aucune distinction entre eux. Or, au vu des arguments invoqu�s - dont la vente all�gu�e de tableaux � l'intim� par les �poux Y.________ et la proc�dure civile les opposant � F.________ SA, � l'exclusion de la recourante X.________ SA -, cette derni�re n'est manifestement pas concern�e par l'�ventuelle infraction de faux dans les titres ou dans les certificats. Sans autre explication, on ne voit pas quelles conclusions civiles elle pourrait faire valoir dans le cadre de la proc�dure p�nale. Partant, la recourante X.________ SA n'a pas la qualit� pour recourir sur cette question.
S'agissant ensuite des recourants Y.________, il semble en substance ressortir de leur �criture que le pr�judice qu'ils subiraient � la suite du classement de la proc�dure p�nale serait la perte d'un moyen de preuve - les attestations de vente de tableaux - dans le cadre de la proc�dure civile ouverte � leur encontre en remboursement du pr�t - contest� - que F.________ SA leur aurait accord�. D�s lors que le caract�re de faux de ces documents ne semble plus remis en cause (cf. la plainte p�nale du 24 juin 2013 ad 1 p. 4, l'ordonnance de classement p. 22 ss et l'arr�t entrepris p. 21 s.), on peine � comprendre quel serait l'int�r�t pratique et actuel des recourants � obtenir la condamnation p�nale de l'intim� pour ce chef d'infraction. De plus, la preuve de la possession - respectivement de la propri�t� - ant�rieure des tableaux all�gu�s vendus � l'intim� repose uniquement sur lesdits - faux - documents (cf. p. 18 du recours). L'atteinte au patrimoine (escroquerie ou vol) dont paraissent - tr�s bri�vement (cf. p. 19 de l'�criture susmentionn�e) - se pr�valoir les recourants n'est ainsi pas manifeste. Cette constatation vaut d'autant plus que les recourants ne pr�tendent pas obtenir, par le biais de la proc�dure p�nale, le paiement des tableaux pr�tendument vendus, leur restitution ou le remboursement du montant qui pourrait �tre d� au civil � F.________ SA. Partant, faute de pr�tentions civiles suffisamment expliqu�es, la qualit� pour recourir doit �tre d�ni�e aux recourants Y.________.
Invoquant une violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.), la recourante soutient encore qu'elle n'aurait jamais eu l'occasion de d�montrer sa propre version des faits, ce qu'auraient notamment permis l'audition des personnes et la production des pi�ces requises. Quant aux recourants Y.________, faute de qualit� pour recourir sur le fond, ils ne sauraient faire valoir par le biais d'une pr�tendue violation de leurs droit de partie leurs griefs sur le fond (ATF 141 IV 1 consid. 1.1 p. 5).
La recourante ne conteste cependant pas que son repr�sentant, B.Y.________, a �t� entendu au cours de la proc�dure et reconna�t avoir pu d�poser des d�terminations �crites par l'interm�diaire de son conseil, ainsi que des documents (cf. p. 22 de son m�moire). Elle ne pr�tend pas non plus n'avoir pas eu l'occasion de se prononcer sur les positions �mises et les annexes produites par l'intim�.
Ses r�quisitions de preuve n'ont pas non plus �t� ignor�es par la cour cantonale, qui les a certes rejet�es. En effet, celle-ci, respectivement le minist�re public, peut proc�der � une appr�ciation anticip�e des preuves � disposition lorsqu'elle a la certitude qu'elles ne pourraient pas l'amener � modifier son opinion (ATF 141 I 60 consid. 3.3 p. 64; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.). Vu les r�f�rences indiqu�es dans l'arr�t cantonal aux pi�ces figurant au dossier - produites de part et d'autre -, il appara�t que la juridiction pr�c�dente disposait de nombreux �l�ments lui permettant d'examiner les circonstances d'esp�ce; elle pouvait d�s lors estimer, sans proc�der de mani�re arbitraire, que les faits avaient �t� suffisamment instruits. Si l'appr�ciation qu'elle effectue ensuite de ces documents ne correspond pas � celle � laquelle aspire la recourante, il n'en r�sulte pas pour autant que ses r�quisitions de preuve seraient pertinentes et/ou que la cour cantonale aurait viol� son droit d'�tre entendue, notamment sous l'angle de son droit � la preuve (ATF 135 I 187 consid. 2.2 p. 190).
Ce grief peut par cons�quent �tre rejet�.
La recourante X.________ SA reproche � la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et lors de l'appr�ciation des preuves (art. 9 Cst.). Elle n'aurait ainsi pas fait r�f�rence aux �changes de correspondances intervenus entre l'intim� et J.________ SA afin d'obtenir - certes en sa faveur - un cr�dit. Elle aurait �galement omis de tenir compte du formulaire A du 20 juillet 2009 de cette m�me banque, qui mentionne F.________ SA comme ayant droit �conomique. Selon la recourante, ces deux �l�ments d�montreraient en substance la valeur de la convention sign�e le 18 septembre 2006, ainsi que son ex�cution.
Le raisonnement de la juridiction pr�c�dente ne se fonde cependant pas sur l'�ventuelle valeur de la convention, mais sur l'absence d'ex�cution de celle-ci, faute de transfert de 10 % du capital-action de la recourante � F.________ SA, tel que requis dans ce contrat. Il en r�sulte que les �changes de correspondance invoqu�s - n'�tant au demeurant pas indiqu� � quelles pi�ces pr�cises se r�f�re la recourante - sont d�nu�s de pertinence.
Quant au formulaire A susmentionn�, il n'a pas �t� ignor� par la cour cantonale (cf. consid. 2.4.1 p. 17 de l'arr�t attaqu�). Elle a toutefois consid�r� qu'il ne permettait pas de retenir que la transmission des actions aurait �t� effectu�e vu le conseil d'administration tenu le 24 juin 2009, en pr�sence de B.Y.________; lors de cette s�ance, il avait �t� constat� que ce transfert interviendrait ult�rieurement � l'augmentation du capital-action de la recourante. Au regard de la chronologie des �v�nements, ce raisonnement n'est manifestement pas arbitraire. Cela vaut d'autant plus que la recourante ne pr�tend pas que cette augmentation ou le transfert aurait �t� r�alis�.
Partant, le grief d'arbitraire peut �tre �cart�.
La recourante X.________ SA reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir consid�r� que les conditions de l'infraction de gestion d�loyale (art. 158 CP) ne seraient pas r�alis�s. Elle soutient que l'intim� aurait port� atteinte � ses int�r�ts p�cuniaires en annulant le 14 septembre 2009 la convention de mise � disposition de fibres par F.________ SA - dont il �tait �galement l'administrateur -, ainsi qu'en autorisant des pr�l�vements ou le paiement de factures indues au profit de F.________ SA.
4.1.�Selon l'art. 319 al. 1 CPP, le minist�re public ordonne le classement de tout ou partie de la proc�dure lorsqu'aucun soup�on justifiant une mise en accusation n'est �tabli (let. a), lorsque les �l�ments constitutifs d'une infraction ne sont pas r�unis (let. b), lorsque des faits justificatifs emp�chent de retenir une infraction contre le pr�venu (let. c), lorsqu'il est �tabli que certaines conditions � l'ouverture de l'action p�nale ne peuvent pas �tre remplies ou que des emp�chements de proc�der sont apparus (let. d) ou lorsqu'on peut renoncer � toute poursuite ou � toute sanction en vertu de dispositions l�gales (let. e). L'art. 319 al. 2 CPP pr�voit encore deux autres motifs de classement exceptionnels (int�r�t de la victime ou consentement de celle-ci).
Le principe "in dubio pro duriore" d�coule du principe de la l�galit� (art. 5 al. 1 Cst. et 2 al. 2 CPP en relation avec les art. 319 al. 1 et 324 CPP; ATF 138 IV 86 consid. 4.2 p. 91). Il signifie qu'en principe, un classement ou une non-entr�e en mati�re ne peut �tre prononc� par le minist�re public que lorsqu'il appara�t clairement que les faits ne sont pas punissables ou que les conditions � la poursuite p�nale ne sont pas remplies. Le minist�re public et l'autorit� de recours disposent, dans ce cadre, d'un pouvoir d'appr�ciation que le Tribunal f�d�ral revoit avec retenue. La proc�dure doit se poursuivre lorsqu'une condamnation appara�t plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilit�s d'acquittement et de condamnation apparaissent �quivalentes, en particulier en pr�sence d'une infraction grave (ATF 138 IV 186 consid. 4.1 p. 190).
4.2.�L'art. 158 CP punit celui qui, en vertu de la loi, d'un mandat officiel ou d'un acte juridique, est tenu de g�rer les int�r�ts p�cuniaires d'autrui ou de veiller sur leur gestion et qui, en violation de ses devoirs, aura port� atteinte � ces int�r�ts ou aura permis qu'ils soient l�s�s (ch. 1 al. 1). Le cas de la gestion d�loyale aggrav�e est r�alis� lorsque l'auteur a agi dans le dessein de se procurer ou de procurer � un tiers un enrichissement ill�gitime (ch. 1 al. 3).
Sur le plan objectif, il faut que (1) l'auteur ait un devoir de gestion ou de sauvegarde, (2) qu'il ait viol� une obligation inh�rente � cette qualit� et (3) qu'il en soit r�sult� un dommage. Sur le plan subjectif, il faut qu'il ait agit intentionnellement (sur ces conditions, cf. arr�t 6B_494/2015 du 25 mai 2016 consid. 2 et les arr�ts cit�s).
4.3.�En l'occurrence, la recourante reprend quasiment mot pour mot les arguments d�velopp�s devant l'autorit� cantonale; il est d�s lors douteux que son m�moire de recours soit recevable eu �gard aux exigences de motivation d�coulant de l'art. 42 al. 2 LTF (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 88 ss).
En tout �tat de cause, la recourante ne d�montre pas quel comportement contraire � ses int�r�ts pourrait �tre reproch� � l'intim�, respectivement que celui-ci aurait eu la volont� de lui nuire. En particulier, la recourante n'explique toujours pas quelles seraient les cons�quences pr�judiciables subies � la suite de l' "annulation" de la convention du 18 septembre 2006, op�ration dont son repr�sentant actuel avait au demeurant connaissance.
Quant aux versements all�gu�s litigieux, la cour cantonale a retenu que B.Y.________ avait particip� au projet secur-easy de la recourante, ce que celle-ci ne conteste pas; il en r�sulte que les honoraires vers�s � D.________ - certes par l'interm�diaire de F.________ SA - paraissent justifi�s. C'est dans le cadre de ce m�me projet que sont �galement intervenus O.________ et P.________. La cour cantonale a relev� que la r�alit� des activit�s des deux susmentionn�s �tait attest�e par pi�ces (cf. pi�ces 62/0.11 � 62/0.29), documents que ne discute pas la recourante. A suivre son argumentation, on comprend d'ailleurs que son nouvel administrateur entend surtout contester les montants factur�s pour ces prestations, respectivement a sa propre interpr�tation du contrat de courtage la liant � P.________, probl�matiques ne relevant a priori pas de la juridiction p�nale. Une divergence quant � la strat�gie envisag�e ou suivie, ainsi qu'un acte de gestion qui s'av�re ensuite peut-�tre discutable ne constituent pas de facto une infraction p�nale, notamment sous l'angle de l'intention de nuire. Cela vaut d'autant plus lorsque, comme en l'esp�ce, l'�ventuel conflit d'int�r�ts pouvant r�sulter de l'administration par une m�me et unique personne de deux entit�s en relation d'affaires ne pouvait �tre ignor� des parties. La soci�t�, respectivement ses actionnaires, ne sont au demeurant pas d�nu�s de tout moyen par rapport � un administrateur dont ils contestent les d�cisions.
Les conditions de l'infraction de gestion d�loyale, notamment celle de l'intention de nuire, n'�tant pas r�alis�es, la Chambre des recours p�nale pouvait, sans violer le droit f�d�ral, confirmer l'ordonnance de classement sur ce point.
Les recourants, qui succombent, supportent solidairement les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). L'intim� n'ayant pas �t� invit� � se d�terminer, il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).
������������������������������������� Par ces motifs, le Tribunal f�d�ral prononce :