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APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE - PDF
APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE
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1 3 FÉVRIER 2015 ARRÊT APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE (CROATIE c. SERBIE) APPLICATION OF THE CONVENTION ON THE PREVENTION AND PUNISHMENT OF THE CRIME OF GENOCIDE (CROATIA v. SERBIA) 3 FEBRUARY 2015 JUDGMENT2 TABLE DES MATIÈRES Paragraphes QUALITÉS 1-51 Introduction de l instance, notifications, exceptions préliminaires et dépôt des écritures sur le fond 1-16 Organisation de la procédure orale et mise à la disposition du public des pièces de procédure ainsi que des comptes rendus d audience Demandes formulées dans la requête et conclusions présentées par les Parties I. CONTEXTE A. La dissolution de la République fédérative socialiste de Yougoslavie et l émergence de nouveaux Etats B. La situation en Croatie II. COMPÉTENCE ET RECEVABILITÉ A. La demande de la Croatie ) Les questions de compétence et de recevabilité restant à trancher après l arrêt de ) Les positions des Parties en ce qui concerne la compétence et la recevabilité ) L étendue de la compétence découlant de l article IX de la convention sur le génocide ) L exception d incompétence soulevée par la Serbie i) La question de savoir si les dispositions de la Convention sont rétroactives ii) Le paragraphe 2 de l article 10 des Articles de la CDI sur la responsabilité de l Etat iii) La succession à la responsabilité ) Recevabilité B. La demande reconventionnelle de la Serbie III. LE DROIT APPLICABLE : LA CONVENTION SUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE A. La mens rea du génocide Le sens et la portée de la notion de «destruction» d un groupe a) La destruction physique ou biologique du groupe b) L ampleur de la destruction du groupe3 - ii - 2. Le sens de la notion de destruction «en partie» du groupe La manifestation du dolus specialis B. L élément matériel du génocide Les relations entre la Convention et le droit international humanitaire Le sens et la portée des éléments matériels en cause a) Le meurtre de membres du groupe b) L atteinte grave à l intégrité physique ou mentale de membres du groupe c) La soumission intentionnelle du groupe à des conditions d existence devant entraîner sa destruction physique d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe IV. L ADMINISTRATION DE LA PREUVE A. La charge de la preuve B. Le critère d établissement de la preuve C. Les modes de preuve V. EXAMEN AU FOND DE LA DEMANDE PRINCIPALE A. L élément matériel du génocide (actus reus) Introduction Litt. a) de l article II : meurtre de membres du groupe protégé Région de Slavonie orientale a) Vukovar et ses environs b) Bogdanovci c) Lovas d) Dalj Région de Slavonie occidentale Voćin Région de Banovina/Banija a) Joševica b) Hrvatska Dubica et ses environs4 - iii - Région de Kordun Lipovača Région de Lika a) Saborsko b) Poljanak Région de Dalmatie a) Škabrnja et ses environs b) Bruška c) Dubrovnik Conclusion Litt. b) de l article II : atteinte grave à l intégrité physique ou mentale de membres du groupe Région de Slavonie orientale a) Vukovar i) Le pilonnage de Vukovar ii) La prise de Vukovar et de ses environs iii) L invasion de l hôpital de Vukovar et le transfert vers les camps d Ovčara et de Velepromet b) Bapska c) Tovarnik d) Berak e) Lovas f) Dalj Région de Slavonie occidentale a) Kusonje b) Voćin c) Đulovac Région de Dalmatie Knin Personnes disparues Conclusion 3605 - iv - 4. Litt. c) de l article II : soumission intentionnelle du groupe à des conditions d existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle Viols Privations alimentaires Privation de soins médicaux Expulsion systématique des logements et déplacement forcé Restriction des déplacements Port forcé de signes d appartenance ethnique Pillages de biens appartenant aux Croates Destruction et pillage du patrimoine culturel Travail forcé Conclusion Litt. d) de l article II : mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe Conclusion sur l élément matériel (actus reus) du génocide 401 B. L élément intentionnel du génocide (dolus specialis) Les Croates habitant en Slavonie orientale, Slavonie occidentale, Banovina/Banija, Kordun, Lika et Dalmatie constituaient-ils une partie substantielle du groupe protégé? Existe-t-il une ligne de conduite qui ne peut raisonnablement être comprise que comme traduisant l intention, de la part des autorités serbes, de détruire en partie le groupe protégé? a) Contexte b) Opportunité Conclusion sur le dolus specialis 440 C. Conclusion générale sur la demande de la Croatie VI. EXAMEN AU FOND DE LA DEMANDE RECONVENTIONNELLE A. Examen des conclusions principales de la demande reconventionnelle : question de savoir si des actes de génocide attribuables à la Croatie ont été commis à l encontre du groupe national et ethnique des Serbes vivant en Croatie pendant et après l opération «Tempête» L élément matériel du génocide (actus reus)6 - v - a) Les éléments de preuve présentés par la Serbie en vue d établir les faits allégués b) Examen de la question de savoir si les actes allégués par la Serbie sont matériellement établis i) Meurtres de civils résultant de bombardements prétendument indiscriminés sur les villes de la Krajina ii) Déplacement forcé de la population serbe de la Krajina iii) Meurtre de Serbes fuyant en colonnes les villes attaquées iv) Meurtre des Serbes restés dans les zones de la Krajina protégées par les Nations Unies v) Mauvais traitements infligés aux Serbes pendant et après l opération «Tempête» vi) Destruction et pillage à grande échelle de biens appartenant aux Serbes pendant et après l opération «Tempête» Conclusion concernant l existence de l élément matériel du génocide L élément intentionnel du génocide (dolus specialis) a) Le procès-verbal de la réunion de Brioni b) L existence d une ligne de conduite qui dénote l intention génocidaire Conclusion concernant l existence du dolus specialis, et conclusion générale sur la commission d un génocide 515 B. Examen des autres conclusions de la demande reconventionnelle Conclusions subsidiaires Conclusions complémentaires Conclusions tendant à la cessation des faits internationalement illicites imputables à la Croatie et à la réparation de leurs conséquences dommageables Conclusion générale sur la demande reconventionnelle VII. DISPOSITIF 5247 ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES BiH CDI CHC FORPRONU HV JNA MUP RFSY RFY RSK SAO SAO SBSO SDG SDS SNB SRS TO TPIR TPIY VJ VP ZPNU Bosna i Hercegovina (Bosnie-Herzégovine) Commission du droit international Comité Helsinki des droits de l homme pour la Croatie Force de protection des Nations Unies Hrvatska vojska (armée croate) Jugoslovenska narodna armija (armée populaire yougoslave) Ministarstvo unutrašnjih poslova (ministère de l intérieur) République fédérative socialiste de Yougoslavie République fédérale de Yougoslavie Republika Srpska Krajina (République serbe de Krajina) Srpska autonomna oblast (région autonome serbe) Région autonome serbe de Slavonie, Baranja et Srem occidental Srpska dobrovoljačka garda (garde volontaire serbe) Srpska demokratska stranka (parti démocratique serbe) Služba nacionalne bezbednosti (service de sécurité nationale) Srpska radikalna stranka (parti radical serbe) Teritorijalna odbrana (défense territoriale) Tribunal pénal international pour le Rwanda Tribunal pénal international pour l ex-yougoslavie Vojska Jugoslavije (armée yougoslave) Vojna policija (police militaire) Zone protégée par les Nations Unies8 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE février Rôle général n o 118 ANNÉE février 2015 AFFAIRE RELATIVE À L APPLICATION DE LA CONVENTION POUR LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME DE GÉNOCIDE (CROATIE c. SERBIE) Contexte historique et factuel. Dissolution de la RFSY et émergence de nouveaux Etats Situation en Croatie Etablissement de régions autonomes serbes Conflit armé à partir de l été 1991 Plan Vance et déploiement de la force de protection des Nations Unies Opérations «Eclair» et «Tempête» en * Compétence et recevabilité. Demande de la Croatie Compétence ratione temporis à l égard de faits antérieurs au 27 avril 1992 (date à laquelle la RFY est devenue partie à la convention sur le génocide) Article IX de la Convention Différends «relatifs à l interprétation, l application ou l exécution» de la Convention Convention n étant pas rétroactive Question de l applicabilité du paragraphe 2 de l article 10 des Articles de la CDI sur la responsabilité de l Etat Question de la succession à la responsabilité Existence d un différend sur le point de savoir si des actes antérieurs pouvaient engager la responsabilité de la Serbie Cour ayant compétence sur l ensemble de la demande de la Croatie.9 - 2 - Recevabilité de la demande Recevabilité de la demande, en ce qu elle concerne des actes antérieurs au 27 avril 1992, soulevant des questions d attribution Actes antérieurs au 8 octobre 1991 (date à laquelle la Croatie est devenue partie à la Convention) pertinents pour l examen d allégations de violations postérieures à cette date Cour n estimant pas nécessaire de statuer sur ces deux questions de recevabilité avant d avoir examiné la demande au fond. Demande reconventionnelle de la Serbie Paragraphe 1 de l article 80 du Règlement de la Cour dans sa version adoptée le 14 avril 1978 Demande reconventionnelle relevant de la compétence de la Cour Demande reconventionnelle étant en connexité directe avec la demande en fait comme en droit Demande reconventionnelle étant recevable. * Convention sur le génocide en tant que droit applicable Définition du génocide à l article II de la Convention. Dolus specialis Sens et portée de la notion de «destruction» du groupe Convention visant exclusivement la destruction physique ou biologique Nécessité de prouver l intention de détruire le groupe en tout ou en partie Sens de la notion de destruction «en partie» du groupe Déduction du dolus specialis à partir d une ligne de conduite. Elément matériel Sens et portée des actes énumérés à l article II de la Convention Equivalence des termes «meurtre» et «killing» au litt. a) de l article II Litt. b) de l article II exigeant que l atteinte grave à l intégrité physique ou mentale soit telle qu elle contribue à la destruction physique ou biologique du groupe, en tout ou en partie Déplacement forcé en tant qu élément matériel du génocide au sens du litt. c) de l article II Viol et autres actes de violence sexuelle en tant qu élément matériel du génocide au sens du litt. d) de l article II. * Charge de la preuve Partie alléguant un fait devant en établir l existence Principe n ayant pas un caractère absolu Partie adverse devant coopérer en produisant les éléments de preuve en sa possession Renversement de la charge de la preuve n étant pas opportun en l espèce. Critère d établissement de la preuve Eléments de preuve devant avoir «pleine force probante» Cour devant être «pleinement convaincue» que des actes ont été commis. Modes de preuve Conclusions factuelles du TPIY étant admises comme «hautement convaincantes» Absence du chef de génocide dans les actes d accusation du TPIY Valeur probante de différents types de rapports présentés à titre d éléments de preuve Valeur probante des déclarations individuelles annexées aux pièces de procédure écrite. *10 - 3 - Demande principale. Elément matériel du génocide. Litt. a) de l article II de la Convention Preuve ayant été faite qu un grand nombre de meurtres ont été commis par la JNA et des forces serbes dans des localités de Slavonie orientale, de Banovina/Banija, de Kordun, de Lika et de Dalmatie Victimes appartenant très majoritairement au groupe protégé Elément matériel établi. Litt. b) de l article II Preuve ayant été faite que des actes de mauvais traitement, de torture, de violence sexuelle et de viol ont été perpétrés dans des localités de Slavonie orientale, de Slavonie occidentale et de Dalmatie Actes ayant causé à l intégrité physique ou mentale des atteintes telles qu elles ont pu contribuer à la destruction physique ou biologique du groupe protégé Elément matériel établi. Litt. c) de l article II Actes de viol n ayant pas été commis à une échelle telle qu ils aient eu pour effet de soumettre le groupe à des conditions d existence devant causer sa destruction physique totale ou partielle Privations alimentaires et de soins médicaux n ayant pas été pratiquées de manière systématique ou généralisée Expulsion, déplacement forcé et restriction des déplacements ne visant pas à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe Port forcé de signes d appartenance ethnique ne pouvant relever du litt. c) de l article II Pillages de biens appartenant aux Croates ne visant pas à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe Destruction et pillage du patrimoine culturel ne pouvant relever du litt. c) de l article II Travail forcé ne visant pas à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe Elément matériel non établi. Litt. d) de l article II Viols et actes de violence sexuelle ayant été commis Preuve n ayant pas été faite que ces actes aient été perpétrés pour entraver les naissances au sein du groupe Elément matériel non établi. Intention génocidaire (dolus specialis) Partie du groupe censée avoir été visée Croates vivant dans les régions visées formant une partie substantielle du groupe Existence d une ligne de conduite consistant à mener des attaques généralisées sur des localités comptant des populations croates à partir du mois d août 1991 Intention de détruire le groupe, en tout ou en partie, devant être la seule conclusion raisonnable susceptible d être déduite de la ligne de conduite Contexte dans lequel les actes ont été commis ne permettant pas une telle déduction Preuve n ayant pas été faite que les auteurs matériels aient saisi les opportunités qui se présentaient à eux de détruire une partie substantielle du groupe protégé Autres facteurs invoqués ne suffisant pas à démontrer l intention génocidaire Dolus specialis non établi. Aucune violation de la Convention n ayant été établie Demande principale ne pouvant être accueillie Nul besoin pour la Cour de se prononcer sur la recevabilité de la demande principale en ce qu elle concerne des actes antérieurs au 8 octobre 1991 Nul besoin pour la Cour de déterminer si les actes antérieurs au 27 avril 1992 sont attribuables à la RFSY Nul besoin pour la Cour d examiner la question de la succession à la responsabilité. *11 - 4 - Demande reconventionnelle. Elément matériel du génocide. Question de savoir s il y a eu meurtre de civils résultant de bombardements sur des villes de Krajina Analyse de l affaire Gotovina portée devant le TPIY Bombardements indiscriminés non établis Absence d éléments prouvant que les civils serbes ont été intentionnellement tués dans les pilonnages Elément matériel prévu au litt. a) de l article II de la Convention non établi. Déplacement de la population serbe de la Krajina Déplacement ne visant pas à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe visé Elément matériel prévu au litt. c) de l article II non établi. Meurtre de Serbes fuyant en colonnes Preuve ayant été faite que des meurtres ont été perpétrés Elément matériel prévu au litt. a) de l article II établi. Meurtre des Serbes restés dans les zones protégées par les Nations Unies Conclusions factuelles de la chambre de première instance du TPIY devant être admises comme «hautement convaincantes» Preuve ayant été faite que lesdits meurtres ont été commis Elément matériel prévu au litt. a) de l article II établi. Mauvais traitements infligés aux Serbes pendant et après l opération «Tempête» Analyse de l affaire Gotovina portée devant le TPIY Preuve ayant été faite que des actes causant une atteinte grave à l intégrité physique ou mentale ont été perpétrés Elément matériel prévu au litt. b) de l article II établi. Destruction et pillage à grande échelle après l opération «Tempête» Ne visant pas à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe visé Elément matériel prévu au litt. c) de l article II non établi. Intention génocidaire (dolus specialis) Procès-verbal de la réunion de Brioni n établissant pas l intention génocidaire Ligne de conduite Distinction entre nettoyage ethnique et génocide Actes n ayant pas été commis à une échelle telle qu ils ne puissent raisonnablement qu indiquer l existence d une intention génocidaire Dolus specialis non établi. Aucune violation de la Convention n ayant été établie Demande reconventionnelle ne pouvant être accueillie.12 - 5 - ARRÊT Présents : M. TOMKA, président ; M. SEPÚLVEDA-AMOR, vice-président ; MM. OWADA, ABRAHAM, KEITH, BENNOUNA, SKOTNIKOV, CANÇADO TRINDADE, YUSUF, GREENWOOD, MMES XUE, DONOGHUE, M. GAJA, MME SEBUTINDE, M. BHANDARI, juges ; MM. VUKAS, KREĆA, juges ad hoc ; M. COUVREUR, greffier. En l affaire relative à l application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, entre la République de Croatie, représentée par Mme Vesna Crnić-Grotić, professeur de droit international à l Université de Rijeka, comme agent ; S. Exc. Mme Andreja Metelko-Zgombić, ambassadeur, directeur général de la division de droit communautaire et international et des affaires consulaires du ministère des affaires étrangères et des affaires européennes, Mme Jana Špero, chef de secteur au ministère de la justice, M. Davorin Lapaš, professeur de droit international à l Université de Zagreb, comme coagents ; M. James Crawford, A.C., S.C., F.B.A., professeur de droit international à l Université de Cambridge, titulaire de la chaire Whewell, membre de l Institut de droit international, avocat, Matrix Chambers (Londres), M. Philippe Sands, Q.C., professeur de droit, University College de Londres, avocat, Matrix Chambers (Londres), M. Mirjan R. Damaška, professeur de droit émérite de l Université de Yale (chaire Sterling), chargé d enseignements à l Université de Yale, sir Keir Starmer, Q.C., avocat, Doughty Street Chambers (Londres), Mme Maja Seršić, professeur de droit international à l Université de Zagreb, Mme Kate Cook, avocat, Matrix Chambers (Londres), Mme Anjolie Singh, membre du barreau indien (Delhi),13 - 6 - Mme Blinne Ní Ghrálaigh, avocat, Matrix Chambers (Londres), comme conseils et avocats ; M. Luka Mišetić, avocat, Law Offices of Luka Misetic (Chicago), Mme Helen Law, avocat, Matrix Chambers (Londres), M. Edward Craven, avocat, Matrix Chambers (Londres), comme conseils ; S. Exc. M. Orsat Miljenić, ministre de la justice de la République de Croatie, S. Exc. Mme Vesela Mrđen Korać, ambassadeur de la République de Croatie auprès du Royaume des Pays-Bas, comme membres de la délégation ; M. Remi Reichhold, assistant administratif, Matrix Chambers (Londres), Mme Ruth Kennedy, LL.M. (University College de Londres), assistante administrative, University College de Londres, comme conseillers ; Mme Sanda Šimić Petrinjak, chef de département au ministère de la justice, Mme Sedina Dubravčić, chef de département au ministère de la justice, Mme Klaudia Sabljak, ministère de la justice, Mme Zrinka Salaj, ministère de la justice, M. Tomislav Boršić, ministère de la justice, M. Albert Graho, ministère de la justice, M. Nikica Barić, Institut croate d histoire (Zagreb), Mme Maja Kovač, chef de département au ministère de la justice, Mme Katherine O Byrne, Doughty Street Chambers (Londres), M. Rowan Nicholson, Associate au Lauterpacht Center for International Law de l Université de Cambridge, comme assistants ;14 - 7 - Mme Victoria Taylor, International Mapping (Maryland), comme assistante technique, et la République de Serbie, représentée par M. Saša Obradović, premier conseiller à l ambassade de la République de Serbie au Royaume des Pays-Bas, ancien conseiller juridique au ministère des affaires étrangères, comme agent ; M. William Schabas, O.C., membre de la Royal Irish Academy, professeur de droit international à l Université du Middlesex et professeur de droit pénal international et des droits de l homme à l Université de Leyde, M. Andreas Zimmermann, LL.M. (Université de Harvard), professeur de droit international à l Université de Potsdam, directeur du centre des droits de l homme de l Université de Potsdam, membre de la Cour permanente d arbitrage, M. Christian J. Tams, LL.M., Ph.D. (Université de Cambridge), professeur de droit international à l Université de Glasgow, M. Wayne Jordash, Q.C., avocat, Doughty Street Chambers (Londres), associé du cabinet Global Rights Compliance, M. Novak Lukić, avocat, Belgrade, ancien président de l association des conseils de la défense exerçant devant le Tribunal pénal international pour l ex-yougoslavie, M. Dušan Ignjatović, LL.M. (Université Notre Dame), avocat, Belgrade, comme conseils et avocats ; S. Exc. M. Petar Vico, ambassadeur de la République de Serbie auprès du Royaume des Pays-Bas, M. Veljko Odalović, secrétaire général du Gouvernement de la République de Serbie, président de la commission pour les personnes disparues, comme membres de la délégation ; Mme Tatiana Bachvarova, LL.M. (London School of Economics and Political Science), LL.M. (Université St. Kliment Ohridski), doctorante (Middlesex University), juge au tribunal de district de Sofia (Bulgarie),15 - 8 - M. Svetislav Rabrenović, LL.M. (Université du Michigan), conseiller principal au bureau du procureur pour les crimes de guerre de la République de Serbie, M. Igor Olujić, avocat, Belgrade, M. Marko Brkić, premier secrétaire au ministère des affaires étrangères, M. Relja Radović, LL.M. (Université de Novi Sad), LL.M. (Université de Leyde (en cours)), M. Georgios Andriotis, LL.M. (Université de Leyde), comme conseillers, LA COUR, ainsi composée, après délibéré en chambre du conseil, rend l arrêt suivant : Introduction de l instance, notifications, exceptions préliminaires et dépôt des écritures sur le fond 1. La Cour rappellera que l historique de la procédure, de la date d introduction de l instance le 2 juillet 1999 jusqu au 30 mai 2008, a fait l objet d un exposé détaillé dans l arrêt qu elle a rendu le 18 novembre 2008 sur les exceptions préliminaires soulevées par le défendeur en l espèce (Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (Croatie c. Serbie), exceptions préliminaires, arrêt, C.I.J. Recueil 2008 (ci-après l «arrêt de 2008»), p , par. 1-19). Ledit exposé ne sera pas repris intégralement dans le présent arrêt, mais sera résumé dans les paragraphes qui suivent. 2. Le 2 juillet 1999, le Gouvernement de la République de Croatie (dénommée ci-après la «Croatie») a déposé une requête contre la République fédérale de Yougoslavie (dénommée ci-après la «RFY») au sujet d un différend concernant des violations alléguées de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (dénommée ci-après la «convention sur le génocide» ou la «Convention»). La Convention a été approuvée par l Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948 et est entrée en vigueur le 12 janvier La requête invoquait comme base de compétence de la Cour l article IX de la convention sur le génocide. 3. Conformément au paragraphe 2 de l article 40 du Statut de la Cour, le greffier a immédiatement communiqué une copie certifiée conforme de la requête au Gouvernement de la RFY ; et, conformément au paragraphe 3 de cet article, tous les autres Etats admis à ester devant la Cour ont été informés de la requête.16 Conformément aux instructions données par la Cour en vertu de l article 43 de son Règlement, le greffier a adressé aux Etats parties à la convention sur le génocide la notification prévue au paragraphe 1 de l article 63 du Statut. Le greffier a en outre adressé au Secrétaire général de l Organisation des Nations Unies la notification prévue au paragraphe 3 de l article 34 du Statut, et lui a par la suite transmis des exemplaires des pièces de procédure. 5. Par ordonnance en date du 14 septembre 1999, la Cour a fixé les dates d expiration des délais pour le dépôt d un mémoire de la Croatie et d un contre-mémoire de la RFY. Par ordonnances des 10 mars 2000 et 27 juin 2000, ces délais, à la demande de la Croatie, ont été successivement prorogés. Le mémoire de la Croatie a été déposé le 1 er mars 2001, dans le délai tel que finalement prescrit. 6. La Cour ne comptant sur le siège aucun juge de la nationalité des Parties, chacune d elles s est prévalue du droit que lui confère le paragraphe 3 de l article 31 du Statut de procéder à la désignation d un juge ad hoc pour siéger en l affaire : la Croatie a désigné M. Budislav Vukas et la RFY, M. Milenko Kreća. 7. Le 11 septembre 2002, dans le délai prescrit au paragraphe 1 de l article 79 du Règlement tel qu adopté le 14 avril 1978 et applicable en l espèce, la RFY a présenté des exceptions préliminaires portant sur la compétence de la Cour pour connaître de l affaire et sur la recevabilité de la requête. Le 25 avril 2003, dans le délai fixé par la Cour par ordonnance du 14 novembre 2002, la Croatie a déposé un exposé contenant ses observations et conclusions sur lesdites exceptions. 8. Par lettre datée du 5 février 2003, la RFY a informé la Cour que, à la suite de l adoption et de la promulgation par l Assemblée de la RFY, le 4 février 2003, de la charte constitutionnelle de la Serbie-et-Monténégro, le nom de l Etat de la «République fédérale de Yougoslavie» était désormais «Serbie-et-Monténégro». Après l annonce des résultats d un référendum tenu au Monténégro le 21 mai 2006 (conformément à la charte constitutionnelle de la Serbie-et-Monténégro), l Assemblée nationale de la République du Monténégro a adopté le 3 juin 2006 une déclaration d indépendance, à la suite de laquelle seule la «République de Serbie» (ci-après dénommée la «Serbie») est demeurée défenderesse en l affaire (arrêt de 2008, C.I.J. Recueil 2008, p , par ). 9. Des audiences publiques ont été tenues sur les exceptions préliminaires du 26 au 30 mai Par son arrêt de 2008, la Cour a rejeté les première et troisième exceptions préliminaires soulevées par la Serbie. Elle a considéré que la deuxième exception selon laquelle les demandes fondées sur les actes ou omissions antérieurs au 27 avril 1992, c est-à-dire la date à laquelle la RFY a commencé à exister en tant qu Etat distinct, ne relevaient pas de sa compétence et étaient irrecevables n avait pas, dans les circonstances de l espèce, un caractère exclusivement préliminaire et qu elle devait, dès lors, être examinée lors de la phase du fond. Sous réserve de cette conclusion, la Cour a jugé qu elle avait compétence pour connaître de la requête de la Croatie (C.I.J. Recueil 2008, p , par. 146).17 Par ordonnance en date du 20 janvier 2009, la Cour a fixé au 22 mars 2010 la date d expiration du délai pour le dépôt du contre-mémoire de la Serbie. Le contre-mémoire, déposé le 4 janvier 2010, contenait une demande reconventionnelle. 11. Au cours d une réunion que le président de la Cour a tenue avec les représentants des Parties le 3 février 2010, le coagent de la Croatie a indiqué que son gouvernement n entendait pas soulever d objections à la recevabilité de la demande reconventionnelle de la Serbie comme telle, mais désirait pouvoir y répondre au fond dans une réplique. Le coagent de la Serbie a exposé que, dans ce cas, son gouvernement souhaitait déposer une duplique. 12. Par ordonnance en date du 4 février 2010, la Cour a prescrit la présentation d une réplique de la Croatie et d une duplique de la Serbie, portant sur les demandes soumises par les deux Parties, et a fixé au 20 décembre 2010 et 4 novembre 2011, respectivement, les dates d expiration des délais pour le dépôt de ces pièces. La Cour a aussi donné instruction au greffier d informer les Etats tiers admis à ester devant la Cour de la demande reconventionnelle de la Serbie, ce qui a été fait par lettres en date du 23 février La réplique et la duplique ont été déposées dans les délais ainsi fixés. 13. Par lettre du 30 juillet 2010, la Croatie a prié la Cour de demander à la Serbie, en application de l article 49 du Statut et du paragraphe 1 de l article 62 du Règlement, de produire un certain nombre de documents. Entre septembre 2010 et mai 2011, la Serbie a fourni près de 200 des documents sollicités par la Croatie. Par lettre en date du 22 juin 2011, la Serbie a, à son tour, prié la Croatie de bien vouloir lui communiquer certains documents. Suite à de nouveaux échanges de correspondances entre les Parties, la Serbie, par lettre du 22 mai 2012, a fait tenir à la Cour la copie d un courrier adressé à la Croatie, dans lequel elle formulait diverses observations relativement à la demande de chaque Partie tendant à obtenir que l autre produise des documents. La Serbie se disait en particulier inquiète de ce qu elle n avait toujours pas reçu les documents demandés à la Croatie, alors qu elle-même avait communiqué à cette dernière, dès que possible et sans exiger de justification, tous les documents sollicités qu elle avait pu trouver dans ses archives nationales ; la Serbie priait en conséquence la Croatie, sur la base de la réciprocité, de lui fournir les documents réclamés. La Cour n a par la suite été destinataire d aucun autre courrier des Parties concernant les documents que chacune avait demandés à l autre. 14. Le 16 janvier 2012, lors d une réunion que le président de la Cour a tenue avec les agents des Parties, le coagent de la Croatie a fait savoir que son gouvernement souhaitait s exprimer une seconde fois par écrit, dans une pièce additionnelle, sur la demande reconventionnelle de la Serbie. 15. Par ordonnance en date du 23 janvier 2012, la Cour a autorisé la présentation par la Croatie d une telle pièce additionnelle et a fixé au 30 août 2012 la date d expiration du délai pour le dépôt de celle-ci. La Croatie a dûment déposé cette pièce dans le délai ainsi prescrit, et l affaire s est trouvée en état.18 Par lettre en date du 14 mars 2012, le greffier, conformément au paragraphe 3 de l article 69 du Règlement, a demandé au Secrétaire général de l Organisation des Nations Unies de lui indiquer si cette dernière entendait présenter des observations écrites au sens de ladite disposition. Par lettre en date du 4 avril 2012, le Secrétaire général a indiqué que l Organisation des Nations Unies n avait pas l intention de présenter de telles observations. Organisation de la procédure orale et mise à la disposition du public des pièces de procédure ainsi que des comptes rendus d audience 17. Par lettres en date du 30 août 2012, le greffier a demandé aux Parties de faire connaître leurs vues sur la durée des audiences et de faire savoir si elles entendaient présenter des témoins et/ou des experts. Par lettre en date du 19 septembre 2012, la Serbie a notamment fait connaître à la Cour qu elle envisageait de présenter huit témoins et témoins-experts à l audience ; pour sa part, la Croatie, par lettre en date du 31 octobre 2012, a notamment informé la Cour qu elle entendait faire comparaître douze témoins et témoins-experts. 18. Par lettre en date du 11 septembre 2012, la Serbie a informé la Cour que des autorités croates avaient contacté au moins deux des personnes dont la déposition avait été jointe en annexe à la duplique de la Serbie ; ces deux personnes étaient ensuite revenues sur leurs déclarations antérieures. Par lettre en date du 16 octobre 2012, le greffier a fait savoir aux Parties que la Cour leur enjoignait de s abstenir d entrer en contact avec les personnes dont la déposition était annexée aux pièces de l autre Partie. En outre, aux fins de permettre à la Cour d évaluer les conséquences qu elle pouvait avoir à tirer des contacts établis par les autorités croates, la Croatie était priée de bien vouloir lui fournir des renseignements sur le nombre total de personnes approchées et sur la manière dont la police croate était entrée en contact avec elles ; il était également demandé à la Croatie de communiquer à la Cour la liste complète de ces personnes, avec leurs noms et adresses. Par ailleurs, une demande similaire était faite à la Serbie, pour le cas où les autorités serbes se seraient mises en rapport avec des personnes dont la déposition avait été jointe en annexe à l une des pièces de la Croatie. Par lettre datée du 2 novembre 2012, la Croatie a précisé que la police croate était entrée en contact avec cinq des personnes dont la déposition avait été jointe en annexe à la duplique de la Serbie ; elle a fourni les noms et adresses des intéressés, ainsi qu une description concise de la manière dont ils avaient été interrogés. Par lettre du 26 novembre 2012, la Serbie a informé la Cour que les autorités serbes n étaient jamais entrées en contact avec des personnes dont la déposition avait été jointe en annexe aux écritures de la Croatie. 19. Le 23 novembre 2012, le président de la Cour a tenu une réunion avec les représentants des Parties pour discuter de l organisation de la procédure orale. Au cours de cette réunion, les Parties ont été encouragées à s entendre sur la procédure pour l audition des témoins et témoins-experts. 20. Par lettre en date du 16 avril 2013, la Croatie a informé la Cour que les Parties avaient conclu un accord sur les modalités d audition des témoins et témoins-experts, ce que la Serbie a confirmé par un courrier du 19 avril Aux termes de cet accord, il était notamment prévu que chaque Partie communiquerait à la Cour, le 15 juillet 2013 au plus tard, la liste des témoins et19 témoins-experts qu elle souhaitait faire entendre à l audience, ainsi que la déclaration écrite authentique de chacun d entre eux dans le cas où celle-ci n aurait pas été annexée à une pièce de procédure écrite. Chaque Partie communiquerait ensuite à la Cour, le 15 octobre 2013 au plus tard, le nom de tout témoin ou témoin-expert que l autre Partie désirait faire entendre mais qu elle-même ne souhaitait pas soumettre à un contre-interrogatoire. Il était aussi convenu dans ledit accord que la Partie désirant faire entendre un témoin ou un témoin-expert soumettrait un résumé de la déposition de ce témoin ou de l exposé de ce témoin-expert, et que ledit résumé tiendrait lieu d interrogatoire principal. 21. Par lettre en date du 10 juillet 2013, la Croatie a fait part à la Cour de son intention d apporter des modifications à l accord susmentionné. Elle suggérait en particulier de repousser du 15 juillet au 1 er octobre 2013 la date d expiration du délai pour la communication, au titre de l article 57 du Règlement, des renseignements relatifs aux témoins et témoins-experts. Par lettre en date du 16 juillet 2013, la Serbie a informé la Cour qu elle acceptait les propositions de la Croatie. Par lettres du 17 juillet 2013, le greffier a informé les Parties que la Cour avait décidé de reporter au 1 er octobre 2013 la date d expiration du délai pour la communication, au titre de l article 57 du Règlement, des renseignements relatifs aux témoins et témoins-experts, et au 15 novembre 2013 celle afférente à la communication par l une ou l autre des Parties des noms de tous les témoins ou témoins-experts qu elle n entendait pas soumettre à un contre-interrogatoire. 22. Par lettre en date du 8 août 2013, la Serbie a informé la Cour qu elle souhaitait produire, en vertu du paragraphe 1 de l article 56 du Règlement, un nouveau document. La Serbie a aussi communiqué à la Cour la traduction en anglais d extraits de deux documents qu elle a présentés comme facilement accessibles (paragraphe 4 de l article 56 du Règlement) dans leur version originale serbe. Par lettre en date du 10 septembre 2013, la Croatie a informé la Cour qu elle ne s opposait pas à la production de ces trois documents. Par des courriers en date du 20 septembre 2013, le greffier a informé les Parties que la Cour avait autorisé la production par la Serbie du document nouveau qu elle entendait produire en vertu du paragraphe 1 de l article 56 du Règlement et que celle-ci pourrait s y référer à l audience ; quant aux deux autres documents, ceux-ci étant «facilement accessibles», ils avaient été versés au dossier. 23. Le 1 er octobre 2013, les Parties ont transmis à la Cour les renseignements concernant les personnes qu elles comptaient faire entendre aux audiences, ainsi que les déclarations écrites et exposés écrits qui n avaient pas été annexés à leurs écritures. La Croatie a indiqué qu elle souhaitait présenter neuf témoins et trois témoins-experts à l appui de sa demande. La Serbie a annoncé pour sa part qu elle envisageait de faire comparaître sept témoins et un témoin-expert au soutien de sa demande reconventionnelle. 24. Par lettre datée du 14 novembre 2013, la Croatie a appelé l attention de la Cour sur le fait que, entre le 12 et le 14 novembre 2013, la presse serbe avait publié trois articles estimés susceptibles d avoir des conséquences pour les témoins et témoins-experts appelés à déposer dans la présente instance. Par des courriers du 21 novembre 2013, le greffier a fait part aux Parties des préoccupations de la Cour et leur a rappelé leur obligation de maintenir la confidentialité des informations contenues dans leurs échanges de correspondances avec la Cour, en particulier en ce qui concerne l identité de témoins et témoins-experts potentiels.20 Par lettre en date du 15 novembre 2013, la Croatie a fait savoir à la Cour qu elle ne désirait pas procéder au contre-interrogatoire des témoins et du témoin-expert présentés par la Serbie, étant entendu que ces derniers ne seraient pas appelés à la barre et que ce seraient leurs déclarations écrites ou exposés écrits qui serviraient d éléments de preuve devant la Cour. La Croatie a ajouté que, si tel ne devait pas être le cas, ou si la Cour elle-même entendait interroger ces personnes, elle se réservait le droit de les soumettre à un contre-interrogatoire. Par lettre en date du même jour, la Serbie a pour sa part communiqué à la Cour les noms de cinq témoins et d un témoin-expert présentés par la Croatie qu elle ne souhaitait pas soumettre à un contre-interrogatoire, la Serbie indiquant ainsi qu elle désirait soumettre à un contre-interrogatoire les quatre autres témoins et les deux autres témoins-experts annoncés par la Croatie le 1 er octobre Le 22 novembre 2013, le président de la Cour a tenu une nouvelle réunion avec les agents des Parties, aux fins de discuter plus avant de l organisation de la procédure orale. Au cours de cette réunion, les Parties sont convenues qu il était inutile de faire comparaître les témoins et témoins-experts qu elles n envisageaient pas de soumettre à un contre-interrogatoire à seule fin de confirmer leur déclaration écrite ou exposé écrit, à moins que la Cour elle-même décide de leur poser des questions. 27. Par lettre datée du 13 décembre 2013, la Serbie a communiqué à la Cour le temps approximatif dont elle estimait avoir besoin pour procéder au contre-interrogatoire des quatre témoins et deux témoins-experts présentés par la Croatie et appelés à comparaître devant la Cour. 28. Par lettre datée du même jour, la Croatie a informé la Cour que les témoins et témoins-experts qui comparaîtraient s exprimeraient tous en croate, à l exception de l un d eux qui s exprimerait en serbe. 29. Par lettres datées du 16 décembre 2013, le greffier a informé les Parties que, à ce stade de la procédure, la Cour ne souhaitait pas poser de questions aux témoins et témoins-experts que les Parties n avaient pas l intention de soumettre à un contre-interrogatoire. Il a en même temps porté à leur connaissance que la Cour entendait recevoir d elles, le 20 janvier 2014 au plus tard, certains documents additionnels concernant les témoins et témoins-experts, et que, s agissant d un document dont la production était sollicitée de la Croatie, la Serbie aurait jusqu au 14 février 2014 pour déposer toutes observations écrites qu elle voudrait formuler sur ce document. Par lettre datée du 14 janvier 2014, la Serbie a fait tenir à la Cour les documents demandés. Par lettre du 22 janvier 2014, la Croatie a informé la Cour qu elle transmettrait le document requis avec un peu de retard ; ce document est parvenu au Greffe le 31 janvier Le délai fixé initialement pour le dépôt d observations écrites éventuelles de la Serbie sur ledit document a été prorogé en conséquence. Par un courrier en date du 11 février 2014, la Serbie a indiqué qu elle n entendait pas présenter de telles observations. Montrer encore
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