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Timestamp: 2016-10-22 16:25:44+00:00
Document Index: 223951296

Matched Legal Cases: ['art. 110', 'art. 147', 'art. 110', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 110', 'art. 133', 'ATF ', 'art. 134', 'art. 140', 'art. 140', 'art. 140', 'art. 32', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 47', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 65', 'art. 68']

6B_637/2012 (21.01.2013)
Viol; utilisation frauduleuse d'un ordinateur, etc.; pr�somption d'innocence,
recours contre le jugement de la Cour supr�me du canton de Berne, Section p�nale, 2�me Chambre p�nale, du 20 juin 2012.
Par jugement du 17 d�cembre 2010, le Tribunal d'arrondissement II Bienne-Nidau a reconnu X.________, � c�t� d'autres accus�s, coupable de vol, vol en bande, vol par m�tier, et vol en bande et par m�tier, utilisation frauduleuse d'un ordinateur, voies de fait, agression, violation de domicile, dommages � la propri�t�, brigandage en bande, obtention frauduleuse d'une prestation et viol. Il l'a condamn� � 36 mois de privation de libert�, sous d�duction de la d�tention d�j� subie, dont 27 mois avec sursis pendant 4 ans, conditionn� au suivi d'une assistance de probation, ainsi que 500 francs d'amende, avec peine de substitution de 5 jours de privation de libert�. Le tribunal a, en outre, prolong� d'un an le d�lai d'�preuve assortissant une condamnation � 3 mois de privation de libert� prononc�e le 27 juillet 2007 par le Tribunal des mineurs du Jura bernois, un avertissement formel �tant adress� � l'int�ress�.
Saisie d'un appel du condamn�, la 2e Chambre p�nale de la Cour supr�me du canton de Berne, par jugement du 20 juin 2012, l'a reconnu coupable de voies de fait, agression, vol, vol par m�tier et vol en bande et par m�tier, brigandage en bande, dommages � la propri�t�, utilisation frauduleuse d'un ordinateur et viol. Elle l'a condamn� � 36 mois de privation de libert�, sous d�duction de la d�tention avant jugement, dont 27 mois avec sursis pendant 4 ans assorti d'une assistance de probation, ainsi qu'� 500 francs d'amende (peine de substitution de 5 jours de privation de libert�). Cette d�cision, en se r�f�rant aux consid�rants du jugement du 17 d�cembre 2010 (�labor�s le 20 juin 2011), retient notamment les faits suivants, pertinents pour l'examen du recours.
B.a Le 23 f�vrier 2009, X.________, qui avait besoin d'argent pour payer ses factures, s'est empar� de la carte bancaire de son amie intime, A.________, � l'insu de celle-ci et sans son autorisation. Deux jours plus tard, il a effectu� un retrait de 2000 francs � un bancomat, � Bienne, au moyen de cette carte, dont il connaissait le code. A.________ a retir�, le 19 mars 2009, la plainte qu'elle avait d�pos�e.
B.b En gare de Lausanne, dans le passage sous voie, le 22 mars 2009 vers 5h30, X.________ a donn� des coups � B.________. Voyant que C.________ (jug� s�par�ment) et D.________ se bagarraient avec � 3 blancs �, il a aussi distribu� des claques. La cour cantonale a retenu que ces faits s'�taient d�roul�s en deux phases. Au cours de la premi�re, n'�taient pr�sents du c�t� des victimes que E.________, B.________, F.________ et G.________ (non impliqu�e). Lors de cette phase, des coups ont �t� �chang�s, mais personne n'avait �t� bless�. La seconde phase co�ncidait avec l'arriv�e, dans un premier temps de H.________ et, juste apr�s, de I.________ et J.________. Au moment de l'arriv�e de ces trois personnes, aucune blessure n'avait encore �t� inflig�e. Dans la suite, D.________ avait frapp� H.________ avec une bouteille. X.________ �tait impliqu� dans l'altercation avec ce dernier, m�me si ce n'est pas lui qui l'avait frapp�. H.________, qui avait �t� frapp� derri�re la t�te, n'avait aucune intention hostile en s'approchant de C.________, D.________ et X.________.
B.c Le 26 septembre 2009, entre 22h15 et 22h28, quittant le train en gare de Sonceboz, X.________ s'est approch� de K.________. Il a attendu que D.________ s'empare de l'Ipod de ce dernier et lui ass�ne trois coups de poing � la t�te pour lui arracher la sacoche qu'il portait en bandouli�re (montant soustrait: 1448 francs). La cour cantonale a retenu qu'en prenant la sacoche de K.________ alors que D.________ avait d�j� donn� ou �tait en train de lui donner des coups, X.________ avait fait sienne l'intention de son comparse de parvenir � ses fins au besoin en utilisant la force. Il ne pouvait, par ailleurs, lui �chapper que si D.________ lui avait demand� de l'accompagner pour la commission de l'infraction, c'�tait pour avoir l'avantage du nombre et de la force. Il s'agissait de la troisi�me infraction grave commise en groupe par les deux int�ress�s en l'espace de 15 jours. Elle avait �t� planifi�e (reconnaissance par D.________) et discut�e, l'ex�cution avait �t� r�alis�e avec m�thode. X.________ n'avait soulev� aucune objection lorsque D.________ lui avait parl� de l'affaire, ce qui indiquait clairement qu'il y avait un accord au moins concluant sur la volont� de commettre des infractions en commun lorsque l'occasion se pr�sentait. La violence avait �t� utilis�e juste apr�s l'acte de soustraction, dans le but de garder l'Ipod d�rob�. K.________ avait cherch� � s'opposer � son d�troussement d�j� au moment o� D.________ avait saisi l'Ipod. La violence, soit trois coups de poing, avait �t� dirig�e contre la t�te de la victime, qui avait �t� l�g�rement bless�e au-dessus de l'oreille gauche. Lors de l'arriv�e de la police, elle se trouvait en �tat de choc. La violence utilis�e avait ainsi rev�tu l'intensit� n�cessaire � faire c�der K.________ et � permettre � X.________ et D.________ de conserver les objets d�rob�s.
B.d Le 25 octobre 2009, entre 3h00 et 4h30, rue Alfred-Aebi 53/55, X.________ a contraint L.________ � subir l'acte sexuel contre son gr�.
En r�sum�, cette derni�re et son amie M.________ ont rencontr� X.________ et D.________ en ville de Bienne. D�sirant se rendre dans un bar, elles leur ont demand� leur chemin et les quatre jeunes gens ont finalement pass� la soir�e ensemble dans un �tablissement public. L.________, qui est mari�e, commen�ant � s'ennuyer et les tentatives d'approche de X.________ la mettant mal � l'aise, elle a demand� � son amie de partir pour retourner � la gare. Les deux jeunes hommes les ont accompagn�es. Sur le chemin du retour, apr�s avoir saisi L.________ par le bras alors que cette derni�re voulait attendre son amie qui marchait � plus de 10 m�tres derri�re elle, X.________ l'a emmen�e dans une ruelle mal �clair�e en pr�textant que c'�tait un raccourci pour se rendre � la gare. Apr�s avoir parcouru quelques dizaines de m�tres dans un terrain engazonn� et franchi un mur de pierre d�limitant un terrain vague � un niveau sup�rieur, il a tent� de d�shabiller la jeune fille. Comme elle avait tr�buch� en tentant de prendre la fuite et qu'elle criait � l'aide, il s'est agenouill� sur elle, lui a mis la main sur la bouche pour qu'elle arr�te de crier. Il l'a plaqu�e violemment au sol apr�s qu'elle a essay� de se relever. Il l'a tenue d'une main pendant qu'il se d�faisait de son pantalon de l'autre et qu'il essayait d'ouvrir celui de la victime. Il lui a de nouveau mis la main sur la bouche lorsqu'elle s'est remise � crier puis a introduit son sexe dans le vagin de la jeune femme, sans pr�servatif, et l'a encore une fois emp�ch�e de crier. Il s'est ensuite excus� (jugement de premi�re instance, consid. 5.1.1 p. 16, auquel renvoie l'arr�t entrepris, consid. II.1 p. 21).
X.________ recourt en mati�re p�nale contre cet arr�t. Il conclut avec suite de frais et d�pens, principalement, � sa r�forme en ce sens qu'il ne soit pas donn� suite � la proc�dure p�nale ouverte contre lui pour utilisation frauduleuse d'un ordinateur, qu'il soit lib�r� des fins de la pr�vention de viol, reconnu coupable de rixe, vol en bande et par m�tier, et condamn� � une peine n'exc�dant pas 12 mois, avec sursis pendant 3 ans, sous d�duction de la d�tention avant jugement. A titre subsidiaire, il conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris en relation avec ces m�mes infractions et au renvoi de la cause � la cour cantonale afin qu'elle statue � nouveau.
Le recourant ne conteste pas que les faits d�crits au consid. B.a ci-dessus r�alisent, en eux-m�mes, l'infraction d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur. Selon lui, en revanche, A.________ �tant son amie intime, elle devrait �tre consid�r�e comme un familier au sens de l'art. 110 ch. 2 CP. L'infraction r�prim�e par l'art. 147 CP ne se poursuivant, dans cette hypoth�se (al. 3), que sur plainte, le retrait de celle-ci s'opposerait � sa condamnation. Le recourant all�gue, dans ce contexte, en r�sum�, que A.________ �tait son amie intime depuis 2005 et que sans faire r�ellement m�nage commun avec lui, elle dormait cependant souvent dans son studio de Courtelary. Ils auraient v�cu r�guli�rement ensemble, notamment durant les week-ends et il y aurait ainsi eu communaut� de toit.
2.1 Les familiers d'une personne sont ceux qui font m�nage commun avec elle (art. 110 ch. 2 CP). La notion de membres de la communaut� domestique, comme celle de � proches �, doit �tre interpr�t�e restrictivement (ATF 74 IV 88 consid. 2 p. 90 ss; 72 IV 4 consid. 1 p. 5 ss). Forment une communaut� domestique deux ou plusieurs personnes qui mangent, vivent et dorment sous le m�me toit (ATF 102 IV 162 consid. 2a p. 163). La cohabitation doit s'inscrire dans la dur�e et s'entend a priori comme le d�sir de vivre ensemble de mani�re stable pour une dur�e ind�termin�e. La nature quasi familiale de la communaut� domestique pr�suppose, en outre, que ses membres soient unis par une relation personnelle d'une certaine proximit�, analogue � celle unissant un couple et/ou ses enfants. L'aspect psychologique ou �motionnel n'est cependant pas d�terminant, faute pour les sentiments de pouvoir �tre appr�ci�s avec la pr�cision n�cessaire � la s�curit� du droit. Pour d�terminer si l'auteur et le l�s� forment une communaut� domestique, seuls les crit�res objectifs sont d�terminants. Enfin, le m�nage commun doit exister au moment de la commission de l'infraction (arr�t 6B_263/2011 du 26 juillet 2012 consid. 5.2 et 5.3).
2.2 En l'esp�ce, le recourant ne soutient pas avoir fait m�nage commun avec A.________ au moment d�terminant. Cela suffit d'embl�e � exclure l'existence d'une communaut� domestique au sens de l'art. 110 ch. 2 CP et de la jurisprudence pr�cit�e. De surcro�t, en tant qu'il all�gue que son amie dormait � souvent � avec lui, respectivement qu'ils auraient v�cu r�guli�rement ensemble, notamment durant les week-ends, il s'�carte des constatations de fait de l'arr�t entrepris, qui ne retient rien de tel. Le recourant se r�f�re, du reste, sur ce point � ses propres d�clarations, selon lesquelles � parfois elle venait dormir chez [lui] � Courtelary �, qui ne plaident pas en faveur de sa th�se. Pour le surplus, en soulignant principalement le caract�re intime de sa liaison avec A.________, le recourant m�conna�t que cet aspect de la relation ne r�alise pas, � lui seul, les �l�ments objectifs de la cohabitation constituant la communaut� domestique soit, en particulier, le caract�re quasi familial de cette notion jurisprudentielle et la stabilit� qu'elle implique. Le grief est infond� dans la mesure o� il est recevable.
En ce qui concerne les faits expos�s au consid. B.b, le recourant soutient que, F.________ ayant frapp� D.________ � l'aide d'un shaker, elle aurait pris une part active � la bagarre qui devrait, d�s lors, �tre qualifi�e de rixe et non plus d'agression.
3.1 A la diff�rence de la rixe (art. 133 CP), qui suppose un assaut r�ciproque ou une bagarre plus ou moins confuse � laquelle plusieurs personnes prennent part activement (ATF 131 IV 150 consid. 2 p. 151 ss), l'agression se caract�rise comme une attaque unilat�rale de deux personnes au moins, dirig�e contre une ou plusieurs victimes, qui restent passives ou se contentent de se d�fendre. Pour que l'on puisse parler d'une attaque unilat�rale, il faut que la ou les personnes agress�es n'aient pas eu elles-m�mes, au moment de l'attaque, une attitude agressive, impliquant que le d�clenchement de la bagarre, en d�finitive, d�pendait surtout du hasard (arr�t 6B_410/2012 du 7 janvier 2013), et qu'elles aient par la suite conserv� une attitude passive ou alors uniquement cherch� � se d�fendre (arr�t 6B_989/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1.1).
3.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a jug� que l'on pouvait bien individualiser une attaque violente unilat�rale, des intentions hostiles, un groupe d'assaillants et un lien de causalit� entre l'agression et la l�sion corporelle subie par H.________ (arr�t entrepris, consid. B.4 p. 30). Il ressort aussi de la discussion des d�clarations des diff�rentes personnes impliqu�es qu'� son arriv�e (d�but de la phase 2), H.________ avait vu que le recourant et ses deux comparses �taient en train de s'�loigner et qu'il avait cherch� � les interpeller. Ces derniers s'en �taient alors pris � lui, alors qu'il n'avait aucune intention hostile (consid. II.c p. 15 ss). Enfin, F.________ avait cherch� � d�fendre J.________ (arr�t entrepris, consid. B.4 p. 30).
Le recourant ne tente pas de d�montrer que l'intervention de F.________ aurait, d'une mani�re ou d'une autre, constitu� l'�l�ment d�clencheur de la deuxi�me phase des �v�nements, des coups port�s � H.________, en particulier, ou m�me qu'il faudrait retenir qu'ensuite de cette intervention, seul le hasard aurait pr�sid� au d�clenchement, par l'un ou l'autre groupe de l'�chauffour�e. Dans ces conditions, et apr�s que H.________ a �t� bless� � la t�te, le fait que F.________ a cherch�, en frappant un assaillant avec un shaker, � d�fendre J.________, pourrait, tout au plus, conduire � se demander si son acte exc�dait ce que sa d�fense exigeait. Or, un coup de bouteille en verre avait d�j� �t� ass�n� par D.________ sur le cr�ne de H.________, par derri�re, de sorte que les assaillis �taient l�gitim�s � faire usage d'une certaine force pour se d�fendre. Du reste, l'agression de H.________ �tant r�alis�e et le recourant impliqu� dans cette altercation, le seul fait qu'une autre personne pr�sente ait ripost�, f�t-ce avec une certaine intensit�, ne justifie pas de qualifier le comportement de l'ensemble des personnes concern�es, y compris les agresseurs, comme simple participation � une rixe. Dans un tel cas, il faut, en effet, qualifier pour lui-m�me le comportement de chacun des int�ress�s, de sorte que celui qui exc�de les limites d'une d�fense l�gitime ou de l'�tat de n�cessit� peut �tre condamn� pour rixe, sans que cela remette en cause la qualification de l'agression retenue contre l'assaillant (cf. BERNARD CORBOZ, Les principales infractions, 3e �d., 2011, art. 134 CP n. 6). Le grief est infond�.
En ce qui concerne les faits d�crits au consid. B.c ci-dessus, le recourant conteste sa condamnation comme coauteur d'un brigandage en bande. En bref, sans remettre en cause la soustraction de la sacoche de K.________ et sa volont� de se l'approprier, le recourant conteste avoir fait sienne l'intention de D.________ de soustraire l'Ipod et de faire usage de la violence. L'infraction n'aurait �t� ni pr�m�dit�e ni planifi�e. Il n'y aurait eu que deux vols simultan�s r�alis�s sans contrainte, les coups n'ayant �t� port�s que lorsque la victime avait voulu r�cup�rer ses affaires.
Fond�e sur l'interpr�tation du recourant des d�clarations des protagonistes, cette argumentation s'�puise en une discussion appellatoire, partant irrecevable, de l'�tat de fait �tabli souverainement par la cour cantonale. Elle m�conna�t, de surcro�t, en droit, que l'art. 140 ch. 1 al. 2 CP permet �galement de qualifier le vol comme brigandage lorsque les actes de contrainte sont commis dans le but de garder la chose vol�e, soit post�rieurement � la soustraction (BERNARD CORBOZ, op. cit., art. 140 CP, n� 8; NIGGLI/RIEDO, in BSK Strafrecht II, 2e �d. 2007, art. 140 CP, n� 40).
Quant au viol, le recourant ne conteste que le caract�re non consenti de l'acte. Il invoque, en particulier, la pr�somption d'innocence (art. 32 Cst., 6 CEDH et 14 al. 2 Pacte ONU II).
5.1 En r�sum�, la cour cantonale a expos� n'avoir aucun doute par rapport � la version des faits donn�e par L.________, qui devait emporter la conviction sur celle du recourant. Ce dernier ne tente pas de d�montrer qu'un doute aurait subsist� dans l'esprit de la cour. Ses d�veloppements tendent uniquement � d�montrer que l'autorit� cantonale aurait d� en �prouver un, de sorte que la cour de c�ans peut se limiter � examiner ces griefs sous l'angle de l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 120 Ia 31 consid. 2c p. 37).
5.2 R�pondant aux griefs soulev�s devant elle, la cour cantonale a jug�, en r�sum�, qu'aucun reproche ne pouvait �tre formul� quant au comportement de la victime. Le fait qu'elle sorte avec une amie et qu'elle passe la soir�e avec elle et des inconnus n'�tait pas de nature � �veiller un doute concernant l'acte du recourant. Elle lui avait clairement indiqu� qu'elle n'�tait pas int�ress�e par lui et qu'elle voulait retourner � la gare pr�cis�ment parce qu'elle s'ennuyait et qu'il devenait � collant �. Elle lui avait aussi dit qu'elle �tait mari�e et il l'avait probablement compris. L'absence de plainte de la victime s'expliquait parce qu'elle avait tout fait pour cacher cet �v�nement traumatisant � sa famille et � son mari. Quant � la chronologie des faits, il ne pouvait �chapper au recourant que, sur le chemin du retour � la gare, la victime avait pr�f�r� ne pas rester seule avec lui �tant donn� qu'elle avait, � plusieurs reprises, pri� son amie de ne pas la quitter et de la rejoindre. Mais cette derni�re ne l'avait pas suivie et s'�tait arr�t�e pour embrasser D.________, la laissant seule avancer avec le recourant. Il n'y avait donc pas deux couples mais un seul. Il �tait d�s lors l�gitime que la victime n'ait pas d�sesp�r�ment cherch� � rejoindre son amie car elle la savait � occup�e �. Visiblement, elle se m�fiait du recourant et ce n'est qu'� contre-coeur qu'elle �tait rest�e seule avec lui. La question de savoir si les quatre jeunes gens s'�taient arr�t�s dans une cour d'�cole pour y fumer un joint ne concernait pas le noyau de l'affaire et n'�tait pas d�terminante dans le d�roulement de la suite des �v�nements. La cour cantonale a encore indiqu� que le recourant insistait vainement sur l'attitude plus logique qu'aurait d� adopter la victime. Un tel comportement n'�tait gu�re appropri� pour ce genre d'infraction. En effet, guid�e par la peur et sous l'effet de la contrainte, une victime peut facilement prendre de mauvaises d�cisions ou faire des choix discutables, tel celui de suivre un homme qu'elle vient de rencontrer dans un chemin sombre et herbeux. La cour cantonale a, par ailleurs, relev� que les d�clarations de la victime ne pr�sentaient aucun �l�ment qui permettait de les mettre en doute tant en ce qui concernait leur gen�se (d�voilement) que leur contenu. Elles �taient compl�tes, chronologiquement correctes, exemptes de signes de fantaisie ou de mensonge, riches en d�tails et individualis�es, homog�nes et constantes. La mise en relation des d�clarations avec les autres �l�ments de fait (autres d�clarations, lieu de l'acte, conditions m�t�orologiques, etc.) montrait qu'il n'y avait aucune contradiction digne d'�tre mentionn�e et qui pourrait susciter un quelconque doute. A l'inverse, les d�clarations du recourant pr�taient le flanc � la critique � bien des �gards. D.________ avait bien exprim� la g�ne avec laquelle le recourant lui avait relat� les faits et que ce dernier voulait manifestement faire savoir que l'acte avait �t� consenti. Les d�clarations du recourant �taient, par ailleurs, peu compl�tes. Elles contenaient des explications prolixes et �vasives ainsi que des contradictions majeures, notamment sur la question du pr�servatif, de la langue parl�e avec la victime, de l'ordre d'arriv�e du recourant et de la victime � la gare ou du d�saccord de la victime avec le fait qu'il lui baisse son pantalon. Enfin, la mani�re dont l'information �tait parvenue en possession de l'autorit�, par le biais de D.________, puis C.________, �tait primordiale. Les deux int�ress�s, qui n'avaient aucun int�r�t � charger le recourant avec lequel ils entretenaient des liens d'amiti�, ayant fait seuls le lien entre sa d�tention et le viol (arr�t entrepris, consid. II.I, p. 23 ss).
5.3 Le recourant objecte que la victime n'a pas fait �tat devant la police d'un arr�t � l'�cole des Platanes pour fumer un joint sur le chemin du retour � la gare et qu'elle aurait menti en niant y avoir particip� alors que D.________ avait affirm� le contraire. Il ressortirait des auditions des protagonistes que deux couples s'�taient form�s sur le chemin entre l'�cole des Platanes et la gare de Bienne. La cour cantonale aurait interpr�t� de mani�re arbitraire les faits en retenant qu'elle l'avait suivi dans un chemin herbeux � guid�e par la peur et sous l'effet de la contrainte �. Les d�clarations de la victime ne seraient, par ailleurs, ni compl�tes ni chronologiquement correctes, d�s lors qu'elle n'avait fait �tat que devant le juge d'instruction que le recourant avait essay� de l'embrasser dans la cour du Coll�ge EduParc, qu'il avait soulev� son T-shirt et touch� sa poitrine � m�me la peau mais qu'il s'�tait arr�t� d�s qu'elle avait cri�. Cela d�montrerait aussi qu'elle n'avait pas peur de lui, qu'elle n'�tait pas contrainte de le suivre et que le recourant �tait capable de respecter sa volont�, ce qui ne corroborerait pas les accusations de viol. Il serait, par ailleurs, totalement inexplicable que la victime, si elle avait peur, ait accept�, apr�s ce premier �pisode, de le suivre dans un passage herbeux, barr� par une cha�ne et non �clair� puis, arriv�e dans le jardin et sachant, selon ses d�clarations, que le recourant voulait la violer, qu'elle ait accept� d'aller dans cet endroit. Le recourant objecte encore que la victime ne serait pas cr�dible lorsqu'elle aurait d�clar� devant le juge d'instruction �tre tomb�e d'un mur qu'elle n'avait pas remarqu�, cependant qu'elle avait d� l'escalader. Il serait, de m�me, peu probable que personne n'ait entendu la victime crier et appeler � l'aide, comme elle l'avait d�clar�, alors que le rapport sexuel avait eu lieu dans un jardin devant un immeuble locatif. Il serait, de m�me, hautement improbable que le recourant ait pu immobiliser la victime avec son genou et sa main, fermer sa bouche avec l'autre main, d�boutonner son pantalon puis le sien, baisser les deux pantalons puis avoir un rapport sexuel complet tout en continuant d'immobiliser sa victime et de l'emp�cher de crier, de sorte que la version de l'int�ress�e ne serait pas cr�dible.
5.4 Cette argumentation, qui consiste, principalement, � opposer aux motifs de la d�cision querell�e l'appr�ciation du recourant sur divers �l�ments de preuve est, par nature, appellatoire et, partant, irrecevable (supra consid. 1).
Au demeurant, dans le cadre du principe de libre appr�ciation des preuves, qui gouverne notamment l'appr�ciation des d�clarations de la victime (arr�ts 6B_716/2010 du 15 novembre 2010 consid. 1.3 et 6B_360/2008 du 12 novembre 2008 consid. 4.3), rien ne s'oppose � ne retenir qu'une partie des d�clarations d'un t�moin globalement cr�dible (ATF 120 Ia 31 consid. 3, sp�c. p. 39). Sur ce dernier point, l'appr�ciation de la cour cantonale relative au d�voilement soit, notamment, � la circonstance que les faits ont �t� r�v�l�s � l'autorit� par D.________, la victime ne d�sirant pas porter plainte en raison de sa situation familiale, �chappent � toute critique d'arbitraire. Il en va de m�me de son appr�ciation de la consistance, de la coh�rence et de la sinc�rit� du r�cit de la victime dans ses �l�ments principaux. Dans ces conditions, la discussion propos�e par le recourant sur des �l�ments p�riph�riques, tels qu'une �ventuelle consommation de stup�fiants sur le chemin du retour et l'arr�t dans la cour du Coll�ge EduParc, ne suffit pas � remettre en cause la cr�dibilit� de l'int�ress�e, respectivement � d�montrer que les faits auraient �t� �tablis de mani�re arbitraire. Quant aux autres �l�ments de discussion, ils reposent sur les d�clarations du recourant, qui n'a pas �t� jug� cr�dible pour des motifs qu'il ne discute pas, et sur une retranscription inexacte des d�clarations de la victime (chute du mur; �l�ments relatifs � la mise en oeuvre de la contrainte physique au moment du viol). Ils m�connaissent aussi que, selon l'exp�rience g�n�rale, il n'est pas rare que dans une ville, au petit matin, des cris de d�tresse ou des appels � l'aide, m�me per�us, demeurent sans r�ponse. Cette argumentation n'est, partant, pas susceptible non plus de d�montrer que les faits auraient �t� constat�s de mani�re insoutenable.
Le recourant conclut � la fixation d'une peine de 12 mois de privation de libert� avec sursis, sous d�duction de 178 jours de d�tention avant jugement. En tant que cette conclusion repose sur les griefs pr�c�demment examin�s, il suffit de renvoyer � ce qui vient d'�tre expos�. Pour le surplus, le recourant souligne avoir indemnis� diverses victimes. La cour cantonale a cependant relev� les regrets exprim�s, les excuses pr�sent�es et le remboursement des l�s�s (arr�t entrepris, consid. V.3 p. 42), de sorte que le recourant ne cite aucun �l�ment pertinent qui aurait �t� ignor� par l'autorit� pr�c�dente. Il ne d�montre d�s lors pas en quoi la cour cantonale aurait fait un usage critiquable du large pouvoir d'appr�ciation que l'art. 47 CP lui conf�re au stade de la fixation de la peine (ATF 136 IV 55 et 134 IV 17 consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es).
Les conclusions du recourant �taient d'embl�e d�nu�es de chances de succ�s. L'assistance judiciaire doit �tre refus�e (art. 64 al. 1 LTF). Succombant, il supporte les frais de la proc�dure, qui seront fix�s en tenant compte de sa situation �conomique qui n'appara�t pas favorable (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).