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Timestamp: 2016-10-27 03:22:44+00:00
Document Index: 112480909

Matched Legal Cases: ['art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'in dubio', 'art. 32', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 47', 'art. 50', 'ATF ', 'art. 40', 'art. 112', 'ATF ', 'art. 49', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 179', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 47', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 65', 'art. 64', 'art. 66', 'art. 66', 'art. 68', 'art. 68']

X.________, repr�sent� par Me Jacques Barillon, avocat,
1. Procureur g�n�ral du canton du Jura, Le Ch�teau, 2900 Porrentruy,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton du Jura, Cour criminelle, du 21 octobre 2010.
Par arr�t du 21 octobre 2010, la Cour criminelle du Tribunal cantonal jurassien a condamn� X.________, pour assassinat, viol, l�sions corporelles simples et injures ainsi que menaces, injures et utilisation abusive d'une installation de t�l�communication, � la privation de libert� � vie sous d�duction de 238 jours de d�tention avant jugement, et � 200 fr. d'amende (substituables par deux jours de privation de libert�). Cet arr�t statue, en outre, sur les pr�tentions civiles de Y.________, la confiscation d'un cutter et les frais de la proc�dure. Il repose, en r�sum�, sur les faits pertinents suivants.
X.________ et Y.________ se sont rencontr�s au cours de l'ann�e 2000. Leur fils A.________ est n� le 27 ao�t 2002. Les relations du couple se sont rapidement d�grad�es. En 2007, X.________ a fait l'objet d'une mesure d'�loignement. Le couple s'est d�finitivement s�par� � fin octobre 2007. X.________ supportait mal l'id�e d'une s�paration et que son ex-compagne b�n�ficie de la garde de l'enfant. L'organisation du droit de visite a pos� d'importants probl�mes et n�cessit� l'intervention � plusieurs reprises de la police ainsi que la mise en place d'une curatelle �ducative. Dans ce contexte, X.________ a menac� Y.________ notamment en lui disant qu'il allait lui faire pire que la mort et qu'ils allaient faire le dernier voyage les trois ensemble. Il la suivait, lui t�l�phonait sans cesse. Il lui a �galement d�clar� qu'il allait entrer chez elle, qu'elle allait �tre tr�s surprise et qu'elle allait trembler. Y.________ vivait dans la peur qu'il mette ses menaces � ex�cution.
Le 20 juin 2008, vers 0h26, Y.________ et X.________ ont eu des contacts tout d'abord t�l�phoniques, puis X.________ s'est rendu devant le domicile de la premi�re, laquelle lui a parl� depuis sa terrasse. Cette discussion a dur� 5 � 10 minutes environ, apr�s quoi X.________ est reparti avec son v�hicule. Y.________ s'est couch�e vers 2h30 du matin. X.________ est ensuite revenu avec son automobile. Il s'est muni d'un cutter, d'un pied-de-biche et d'une petite lampe frontale. Apr�s s'�tre introduit par effraction dans la maison, il a d�viss� certains fusibles de l'appartement de Y.________. Une fois dans celui-ci, il s'est rendu dans la cuisine o� il s'est empar� de plusieurs couteaux qu'il a cach�s dans la poubelle. Il est entr� dans la chambre � coucher o� dormaient Y.________ et son fils. Il a port� ce dernier dans sa chambre avant de revenir aupr�s de son ex-compagne. Cette derni�re s'est r�veill�e alors qu'il �tait sur elle et qu'il �tait d�j� en train de la p�n�trer. Il portait une lampe au poignet. Y.________ a constat� que son fils ne se trouvait plus dans le lit et qu'il n'y avait plus de lumi�re. Elle s'est inqui�t�e de l'absence de l'enfant et X.________ l'a rassur�e en lui disant qu'il dormait dans sa chambre. Y.________ n'a pas cherch� � lui r�sister car elle pensait qu'elle ne pourrait de toute fa�on rien faire. Les faits n'ont dur� que quelques secondes. X.________ lui a ensuite demand� si elle avait fum� et il lui a dit qu'elle avait fum� sa derni�re cigarette. Il lui a fait sentir qu'il voulait � nouveau avoir une relation sexuelle avec elle. Elle lui a dit qu'elle allait mettre une belle chemise de nuit pour lui. Il l'a embrass�e sur la bouche et elle est all�e chercher une chemise grise. Elle lui a dit qu'elle voulait boire quelque chose et lui a demand� comment allait le petit. Il lui a r�pondu que l'enfant dormait. Elle a fait semblant d'aller dans la cuisine et s'est enfuie, en sautant d'une fen�tre situ�e � 2 m 40 de hauteur. La Cour cantonale a pr�cis�, sur ce point, que les d�clarations du pr�venu, selon lesquelles la relation sexuelle �tait pleinement consentie, n'emportaient pas la conviction.
Apr�s la fuite de Y.________, A.________ s'est r�veill� et s'est dirig� vers X.________. Ce dernier a pris le cutter qui se trouvait dans la poche de son pantalon, d�pos� dans la chambre � coucher, et a �gorg� l'enfant au moyen de cette lame, avec laquelle il s'est lui-m�me port� un coup � la gorge, puis il s'est pr�sent� � la fen�tre. Il est ensuite retourn� dans la chambre � coucher, a appel� sa fille par t�l�phone et s'est couch� � c�t� de son fils, la t�te de l'enfant reposant sur son bras droit, sa main gauche reposant sur le cou de l'enfant, le cutter pos� au bout de la main droite sur l'oreiller et un natel pos� sur son oreille gauche. A l'arriv�e de la police, l'enfant ne pr�sentait plus aucun signe de vie.
X.________ forme un recours en mati�re p�nale contre cet arr�t. Il conclut principalement � sa r�forme en ce sens qu'il soit acquitt� de la pr�vention de viol et que la cause soit renvoy�e � l'autorit� cantonale afin qu'elle fixe � nouveau la peine. A titre subsidiaire, il demande l'annulation de l'arr�t attaqu�, le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants sur la pr�vention de viol et sur la fixation de la peine. Plus subsidiairement, il conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle fixation de la peine au sens des consid�rants.
Invit�s � se d�terminer sur le recours, plus particuli�rement sur la question de la peine, le Minist�re public jurassien et le Tribunal cantonal ont conclu � son rejet en soulignant l'un et l'autre l'existence d'un risque de r�cidive, soit la dangerosit� du recourant. Ce dernier n'a pas fait usage de la possibilit� de d�poser des observations.
Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF). Il n'en va diff�remment que si le fait a �t� �tabli en violation du droit ou de mani�re manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, soit pour l'essentiel de fa�on arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 136 II 304 consid. 2.4, p. 313; sur la notion d'arbitraire, v. : ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). Ce dernier reproche se confond avec celui d�duit de la violation du principe in dubio pro reo (art. 32 Cst.; art. 6 par. 2 CEDH) au stade de l'appr�ciation des preuves (ATF 124 IV 86 consid. 2a p. 88). L'invocation de ces moyens ainsi que, de mani�re g�n�rale, de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel (art. 106 al. 2 LTF), suppose une argumentation claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287; 133 III 393 consid. 6 p. 397; 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254), circonstanci�e (ATF 136 II 101 consid. 3, p. 105). Aussi le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait-il se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition. Il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une constatation des faits ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400).
1.1 Le recourant conteste tout d'abord l'�l�ment subjectif du viol. Il soutient, en bref, que la cour cantonale aurait ignor� des �l�ments de fait pertinents, soit en particulier le comportement ambigu de la victime � son �gard tout au long de leur relation et apr�s leur rupture, jusqu'au soir m�me des faits. L'int�ress�e avait ainsi accept� � plusieurs reprises de reprendre la vie commune, lui laissant entendre que leur relation n'�tait pas termin�e et qu'elle avait encore des sentiments pour lui. Un t�moin en avait confirm� la persistance. La Cour criminelle n'avait pas relev� que le couple avait repris la vie commune apr�s une intervention de la police en 2004. Le recourant avait lui-m�me toujours soutenu avoir entretenu une relation sexuelle avec la plaignante dans le courant du mois de novembre 2007, alors qu'il �tait revenu passer quelques jours chez elle. Il rel�ve encore que l'arr�t entrepris retient, � l'appui de la version des faits de la plaignante, qu'elle avait d'embl�e fait part du fait qu'elle avait �t� viol�e et qu'elle en avait parl� au t�moin B.________, alors que ce dernier avait d�clar�: � Elle m'a dit qu'il avait essay� de la violer [...] �. Dans un deuxi�me moyen, fond� sur l'interdiction de l'arbitraire et la violation de la pr�somption d'innocence, le recourant rel�ve l'absence d'une opposition clairement exprim�e par la victime, qui f�t reconnaissable par lui-m�me. Il souligne que la victime a d�clar� n'avoir pas r�sist� � son r�veil. Il rel�ve aussi, en se r�f�rant aux �changes t�l�phoniques et � la discussion intervenus durant la soir�e, qu'une accalmie �tait intervenue.
1.2 Que la rupture du recourant avec son ex-compagne se soit prolong�e dans le temps, que cette relation ait pu conna�tre des sursauts et que le recourant ait pu nourrir l'espoir d'une reprise de la vie commune ne remet pas en question la constatation de la cour cantonale selon laquelle il souhaitait faire subir � la plaignante une relation sexuelle non consentie. La cour cantonale a, en effet, fond� son appr�ciation sur les circonstances concr�tes dans lesquelles le recourant avait agi le 20 juin 2008. Elle a ainsi, d'une part, �cart� sa version d'une relation sexuelle pleinement consentie en relevant qu'il n'avait pu expliquer pourquoi le slip de la plaignante avait �t� d�couvert dans la chambre � coucher sectionn� au niveau de l'entrejambe. Elle a aussi relev� qu'aucun autre v�tement que la chemisette et le slip de la plaignante n'avaient �t� retrouv�s au m�me endroit, ce qui ne confirmait pas les all�gations du recourant selon lesquelles la victime lui aurait demand� de choisir entre plusieurs pi�ces de lingerie (arr�t entrepris, consid. 3.8, p. 75). La cour cantonale a, d'autre part, expos� que le recourant avait profit� d'un v�ritable climat de terreur qu'il avait cr�� et de la situation de frayeur et de surprise dans laquelle il avait mis la plaignante cette nuit-l� pour lui faire subir l'acte sexuel contre sa volont�. Il avait intentionnellement instaur� cette situation en s'introduisant par effraction et en enlevant les fusibles. Il �tait conscient que, dans ces circonstances, la plaignante allait se soumettre. Cette derni�re s'�tait r�veill�e alors que le pr�venu �tait d�j� en train de la p�n�trer, ce qui d�montrait � l'�vidence qu'il souhaitait lui faire subir l'acte sexuel contre sa volont� (arr�t entrepris, consid. 6.2, p. 87). Dans ce contexte, on ne saurait reprocher � la cour cantonale de n'avoir pas relat� par le menu toutes les circonstances de la relation du recourant avec sa compagne, moins encore de ne pas avoir imput� � cette derni�re son attitude qui ne saurait, en tous les cas, �tre qualifi�e d'ambigu� ou d'ambivalente la nuit du drame. Le fait que la jeune femme a men� la conversation qui a pr�c�d� les faits depuis son balcon, laissant le recourant dans la rue, suffit � exclure toute ambivalence quant � son refus d'un rapprochement ce soir-l�, m�me si la discussion avait �t� calme. Le fait que le recourant a, dans un premier temps, quitt� les lieux � l'issue de cet entretien d�montre qu'il l'avait compris. On ne saurait, non plus, reprocher � la cour cantonale d'avoir d�duit du modus operandi du recourant (introduction par effraction; coupure de l'�lectricit�; d�coupe des sous-v�tements de la victime et p�n�tration de cette derni�re dans son sommeil; etc.) qu'il savait sa victime non consentante. Pour le surplus, le recourant n'a jamais contest� le rapport sexuel en tant que tel (arr�t entrepris, consid. 3.8 p. 75), de sorte que l'on per�oit mal ce qu'il entend d�duire en sa faveur du t�moignage du d�nomm� B.________. Ces griefs sont infond�s.
Le recourant conteste ensuite la peine qui lui a �t� inflig�e.
2.1 Les r�gles g�n�rales r�gissant la fixation de la peine ont �t� rappel�es dans l'arr�t publi� aux ATF 134 IV 17 (consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es). Il suffit d'y renvoyer en soulignant que le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation et que le Tribunal f�d�ral, qui examine l'ensemble de la question d'office (art. 106 al. 1 LTF), n'intervient que lorsque l'autorit� cantonale a fait un usage vraiment insoutenable de la marge de manoeuvre que lui accorde le droit f�d�ral, s'il a fix� une peine en-dehors du cadre l�gal, s'il s'est fond� sur des crit�res �trangers � l'art. 47 CP ou si des �l�ments d'appr�ciation importants n'ont pas �t� pris en compte. L'exercice de ce contr�le suppose que le juge expose, dans sa d�cision, les �l�ments essentiels relatifs � l'acte ou � l'auteur qu'il prend en compte, de mani�re � ce que l'on puisse constater que tous les aspects pertinents ont �t� pris en consid�ration et comment ils ont �t� appr�ci�s, que ce soit dans un sens aggravant ou att�nuant (art. 50 CP). Il peut passer sous silence les �l�ments qui, sans abus du pouvoir d'appr�ciation, lui apparaissent non pertinents ou d'une importance mineure. La motivation doit cependant justifier la peine prononc�e, en permettant de suivre le raisonnement adopt� m�me si le juge n'est pas tenu d'exprimer en chiffres ou en pourcentages l'importance qu'il accorde � chacun des �l�ments qu'il cite (ATF 127 IV 101 consid. 2c p. 104 s.).
La peine privative de libert� � vie est la sanction la plus lourde du code p�nal (art. 40 CP). Elle constitue le plafond du cadre l�gal des infractions qui la pr�voient, l'assassinat notamment (art. 112 CP). Pour cette raison d�j� une motivation particuli�rement compl�te et pr�cise doit �tre exig�e (cf. ATF 127 IV 101 consid. 2c p. 104 s., pr�cit�). Lorsque l'assassinat est en concours ordinaire ou r�troactif avec d'autres infractions (art. 49 al. 1 et 2 CP), les motifs doivent aussi expliciter comment a �t� form�e la peine d'ensemble. Ils doivent donc permettre d'identifier la peine de base et la peine compl�mentaire soit, en particulier, quelle infraction justifie, par elle-m�me, le prononc� de la peine privative de libert� � vie et pourquoi. La jurisprudence exclut, en effet, que le prononc� de cette peine r�sulte du seul effet d'aggravation du concours lorsqu'aucune des infractions en cause ne justifie � elle seule le prononc� de cette sanction (ATF 132 IV 102 consid. 9.1 p. 105 s.). Il convient, par ailleurs, de rappeler, � ce propos, que les circonstances aggravantes ou att�nuantes justifiant l'extension du cadre l�gal vers le haut ou vers le bas (�tat de fait qualifi� ou privil�gi�) ne peuvent justifier de nouveau, dans le cadre l�gal �tendu, l'aggravation ou l'all�gement de la sanction. La motivation doit ainsi mettre en �vidence la mesure particuli�re dans laquelle ces circonstances sont r�alis�es dans le cas concret et en quoi elles influencent la quotit� de la sanction (ATF 120 IV 67 consid. 2b p. 71 s.; 118 IV 342 consid. 2b p. 347 s.; en mati�re d'assassinat v. aussi arr�t 6P.47/2007 du 29 juin 2007 consid. 10).
2.2 En r�sum�, la cour cantonale a justifi� la peine privative de libert� � vie en qualifiant la culpabilit� du recourant d'extr�mement grave (arr�t entrepris, consid. 9.2). Elle a soulign� le caract�re barbare de l'�gorgement du fils du recourant au moyen d'un cutter ainsi que le sang-froid et la d�termination criminelle d�not�s par la fa�on de s'introduire dans le domicile de son ex-compagne qu'il avait �galement viol�e. Il avait agi sans scrupule et tent� de faire porter � cette derni�re la responsabilit� de la survenance des faits. Auparavant, il avait, par ses menaces et son harc�lement, instaur� durablement un climat de peur et de terreur et avait �t� reconnu coupable de menaces et d'utilisation abusive d'une installation de t�l�communication (consid. 9.2.1). Ses mobiles apparaissaient purement �go�stes puisqu'il n'avait pas h�sit� � s'en prendre � son propre enfant pour en priver son ex-compagne qui venait de lui �chapper. Au moment o� il s'�tait rendu compte qu'il ne ma�trisait plus la situation, il avait froidement �gorg� son fils pour punir la plaignante en faisant preuve d'un �go�sme primaire (consid. 9.2.2). Outre la mort de l'enfant, le comportement du recourant avait d�truit la plaignante irr�m�diablement sur le plan psychique (consid. 9.2.3). La cour cantonale a, dans ce contexte, relev� le concours d'infractions entre l'assassinat, le viol, les l�sions corporelles simples, les menaces, les injures et l'utilisation abusive d'une installation de t�l�communication (consid. 9.2.4). Elle a fait �tat des conclusions de l'expertise psychiatrique attestant d'une responsabilit� p�nale pleine et enti�re (consid. 9.2.5), du bon comportement du recourant depuis son incarc�ration, de sa collaboration avec la police et les autorit�s judiciaires ainsi qu'en d�tention et de l'absence de toute autre circonstance att�nuante (consid. 9.2.6) en excluant en particulier le repentir sinc�re (consid. 9.2.7). La cour cantonale a aussi mentionn� les bons ant�c�dents et le casier judiciaire vierge (consid. 9.2.8). Elle a, enfin, rappel�, dans les grandes lignes le parcours personnel du recourant (consid. 9.2.8). La cour cantonale a conclu que compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, seule une peine privative de libert� � vie �tait de nature � sanctionner la culpabilit� du recourant conform�ment aux exigences l�gales, une amende de 200 fr. devant en outre sanctionner �quitablement l'infraction � l'art. 179septi�s CP (consid. 9.2.9).
2.3 Le recourant reproche � la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte, dans l'examen de la peine, du risque de r�cidive tr�s peu �lev� qu'il pr�sente, soit de son absence de dangerosit�. Il rel�ve aussi sa situation familiale (trois enfants �g�s de 21, 25 et 27 ans), son absence d'ant�c�dents, sa bonne collaboration � l'enqu�te et son bon comportement durant son incarc�ration. Le recourant cite �galement deux cas d'assassinat dans lesquels des peines de 20 et 15 ans de r�clusion et de privation de libert� ont �t� prononc�es (arr�ts 6S.81/2006, 6B_1092/2009 et 6B_67/2010). La cour cantonale aurait �galement tenu compte deux fois du mode op�ratoire et de l'absence de scrupule. La motivation de l'arr�t entrepris serait, enfin, insuffisante pour justifier une peine privative de libert� � vie.
2.3.1 La cour cantonale n'a pas justifi� la quotit� de la sanction inflig�e au recourant par sa dangerosit� et l'on ne voit pas que son absence, qui est la norme, puisse, en elle-m�me, constituer un facteur att�nuant. Le recourant ne peut, partant, rien d�duire en sa faveur de ce qu'il invoque sur ce point.
En tant que, dans leurs observations, la cour cantonale et le Minist�re public insistent, � l'inverse, sur la dangerosit� du recourant � l'�gard de son ex-compagne mise en �vidence par l'expertise psychiatrique (arr�t entrepris, consid. D.1 et D.2 p. 56 s.), il convient de rappeler qu'un tel motif d�duit des imp�ratifs de pr�vention sp�ciale n'est susceptible de jouer qu'un r�le secondaire dans le syst�me de la peine fond�e sur la culpabilit� et ne peut, en particulier, conduire � prononcer une peine exc�dant celle qui est justifi�e par la faute du condamn� (ATF 118 IV 21 consid. 2b p. 25; G�NTER STRATENWERTH, Schweizerisches Strafrecht, AT II, 2e �d. 2006, � 6 n. 69 p. 203 s.). Ces consid�rations valent, � plus forte raison, lorsque le juge est confront� � l'alternative d'une peine privative de libert� limit�e ou non dans le temps en raison, d'une part, du seuil important que repr�sente la transition entre les peines de 20 ann�es de privation de libert� et la privation de libert� � vie (cf. en relation avec d'autres seuils l�gaux: ATF 134 IV 17 consid. 3.5 p. 24 s.) et, d'autre part, parce que cette derni�re sanction n'a pas vocation � se substituer � l'internement ou � l'internement � vie (art. 64 CP). L'existence d'un risque de r�cidive, respectivement la dangerosit� du condamn�, ne sauraient ainsi justifier � elles seules le prononc� d'une peine privative de libert� � vie.
2.3.2 On ne voit pas non plus en quoi la paternit� de trois enfants majeurs, avanc�e par le recourant, justifierait une plus grande cl�mence (cf. HANS WIPR�CHTIGER, BSK, Strafgesetzbuch I, 2e �d. 2007, art. 47 CP, n. 118; arr�t 6B_751/2009 consid. 3, du 4 d�cembre 2009), cependant que l'absence d'ant�c�dents ne constitue pas un facteur att�nuant (ATF 136 IV 1 consid. 2.6 p. 2 ss). La cour cantonale a, par ailleurs, relev� le bon comportement du recourant depuis son incarc�ration, respectivement en d�tention ainsi que sa collaboration relativement bonne avec la police et les autorit�s judiciaires (arr�t entrepris, consid. 9.2.5 p. 95) et n'a donc pas ignor� ces facteurs. Ces griefs sont infond�s.
2.3.3 Les consid�rants de la cour cantonale, qui m�lent l'appr�ciation des circonstances du viol avec celles de l'assassinat (arr�t entrepris consid. 9.2.1), mentionnent express�ment le concours d'infraction dans le cadre de la fixation de la quotit� de la sanction (consid. 9.2.4) et justifient la peine privative de libert� � vie par l' � ensemble des circonstances pr�cit�es � (consid. 9.2.9). Cet expos� ne permet pas de comprendre comment a �t� form�e la peine d'ensemble, soit en particulier si l'assassinat seul justifie la privation de libert� � vie. De surcro�t, les motifs ainsi adopt�s, ne mettent pas clairement en �vidence ce qui, en l'esp�ce, justifie de mentionner sp�cifiquement les circonstances fondant la qualification de l'assassinat dans le cadre de la fixation de la peine. Il s'ensuit que la motivation de la d�cision querell�e ne r�pond pas aux exigences rappel�es ci-dessus. (v. supra consid. 2.1 et la r�f. aux ATF 120 IV 67 consid. 2b p. 71 s. et 132 IV 102 consid. 9.1 p. 105 s.). Il convient, pour ce motif, d'annuler l'arr�t entrepris sur ce point et de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale afin qu'elle se prononce � nouveau sur cette question en tenant compte des consid�rants qui pr�c�dent. Il est, en cons�quence, pr�matur� d'examiner le grief du recourant fond� sur la comparaison de sa peine avec d'autres sanctions prononc�es dans des cas d'assassinat.
Le recourant n'obtient que partiellement gain de cause. Il supporte une part des frais de la cause qui seront, en outre, fix�s en tenant compte de sa situation �conomique (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF), qui n'appara�t pas favorable en raison de sa d�tention notamment. Il peut pr�tendre des d�pens r�duits (art. 64 al. 2 et 68 al. 1 LTF). Le point sur lequel il obtient gain de cause �tant, par ailleurs, sans incidence sur les droits de la partie civile intim�e, il n'y a pas lieu de mettre des frais � la charge de cette derni�re (art. 66 al. 1 LTF). Le Minist�re public ne supporte pas de frais non plus (art. 66 al. 4 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens au Minist�re public (art. 68 al. 3 LTF) ni � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre au recours (art. 68 al. 1 LTF).
Le recours est admis partiellement, l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il prononce une peine privative de libert� � vie et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour qu'elle statue � nouveau sur ce point. Pour le surplus, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
La part des frais judiciaires mise � la charge du recourant est arr�t�e � 800 fr., le solde demeurant � charge de l'Etat.
Le canton du Jura versera en main du conseil du recourant la somme de 1500 fr. � titre de d�pens.