Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021023-231711
Timestamp: 2016-10-25 16:09:44+00:00
Document Index: 131751876

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 68", "l'article 1", "l'article 3", 'art. 3', 'art. 68', 'art. 1', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 23 octobre 2002, 231711
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 231711Numéro NOR : CETATEXT000008125436 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-23;231711 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 23 mars 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 20 mars 2001 par lequel le tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 8 mars 2001 décidant la reconduite à la frontière de M. Azzedine X... ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des étrangers et de leurs familles ; Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ; Vu la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée ; Vu la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 modifiée ; Vu le décret n° 72-374 du 5 mai 1972, modifié par le décret n° 2001-194 du 28 février 2001 ; Vu le code de justice administrative ;
- les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement ;Considérant que l'arrêté attaqué du PREFET DE POLICE en date du 8 mars 2001 décidant la reconduite à la frontière de M. Azzedine X..., ressortissant algérien, a été signé par M. Jean-François Y..., directeur de la police générale à la préfecture de police de Paris ;
Considérant que, par décret du Président de la République en date du 11 janvier 2001, M. Philippe Z..., préfet, qui exerçait alors les fonctions de PREFET DE POLICE, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 14 janvier 2001, date à laquelle il a atteint la limite d'âge applicable aux fonctionnaires titulaires du grade de préfet ; que, par deux décisions du ministre de l'intérieur en date du 12 janvier et du 1er mars 2001, il a été chargé, "dans l'intérêt du service ( ...), d'assurer l'intérim des fonctions de PREFET DE POLICE jusqu'à la nomination du titulaire de ce poste" ; que, par un arrêté du 1er mars 2001, M. Z... a donné délégation à M. Y... pour signer les arrêtés de reconduite à la frontière pris en application des dispositions de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ; Considérant qu'aux termes de l'article 68 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : "Les fonctionnaires ne peuvent être maintenus en fonction au-delà de la limite d'âge de leur emploi sous réserve des exceptions prévues par les textes en vigueur" ;
Considérant que, sauf dans le cas prévu à l'article 1er de la loi du 31 décembre 1987 pour la période précédant la date d'achèvement du mandat du Président de la République, aucune disposition législative ne permet de déroger à la limite d'âge applicable aux fonctionnaires occupant un emploi de préfet ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances particulières au premier trimestre 2001 aient pu justifier légalement que M. Z... fût maintenu dans ces fonctions de PREFET DE POLICE jusqu'à la nomination de son successeur ;Considérant cependant qu'un fonctionnaire irrégulièrement nommé aux fonctions qu'il occupe doit être regardé comme légalement investi de ces fonctions tant que sa nomination n'a pas été annulée ; que c'est, dès lors, à tort que le tribunal administratif s'est fondé sur ce que l'arrêté du 1er mars 2001, par lequel M. Z... a délégué sa signature à M. Y..., aurait été entaché d'incompétence pour annuler l'arrêté attaqué, signé sur le fondement de cette délégation ;
Considérant que l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé ;
Considérant que si M. X... soutient que son retour en Algérie l'exposerait à des risques de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la part des services de sécurité algériens et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa reconduite sur sa situation personnelle, il n'apporte au soutien de ces allégations aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2001 ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Azzedine X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-03-08Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3Décret 2001-01-11Loi 84-16 1984-01-11 art. 68Loi 87-1060 1987-12-31 art. 1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 23 octobre 2002, n° 231711Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : Mme de SilvaOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 23/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page