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Timestamp: 2016-10-26 21:30:57+00:00
Document Index: 277978160

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 28', 'art. 1', 'art. 16', 'art. 28', 'art. 16', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 28', 'art. 28']

I 42/05 (27.04.2006)
V.________, recourant, repr�sent� par Me Christophe Schaffter, avocat, rue de Fer 11, 2800 Del�mont,
(Jugement du 13 d�cembre 2004)
A.a V.________, n� le 2 mai 1955, a travaill� en qualit� de manoeuvre du 1er janvier 1990 au 31 ao�t 1994 au service de l'entreprise R.________ SA. D�s le 8 septembre 1994, il a oeuvr� comme manoeuvre dans le b�timent pour le compte de la soci�t� de travail temporaire E.________. A partir du 4 novembre 1994, il a �t� en arr�t de maladie. Son employeur a r�sili� les rapports de travail pour le 31 janvier 1995.
Le 18 janvier 1995, V.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�. Dans un rapport m�dical du 13 f�vrier 1995, le docteur B.________, sp�cialiste FMH en m�decine g�n�rale � Del�mont et m�decin traitant de l'assur�, a diagnostiqu� une hernie discale L5/S1. Il indiquait qu'un syndrome radiculaire avait fait l'objet d'un traitement conservateur en 1988, qu'une r�cidive �tait survenue depuis novembre 1994 et qu'une op�ration �tait pr�vue prochainement. Dans un rapport du 30 mai 1995, le docteur D.________, m�decin de la Clinique de neurochirurgie de l'H�pital X.________, a pos� le diagnostic de status apr�s op�ration d'une hernie discale L5/S1 � gauche, intervenue le 14 f�vrier 1995. Il recommandait une reconversion professionnelle dans une activit� l�g�re.
Du 15 f�vrier 1995 au 27 novembre 1997, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura a octroy� � V.________ des mesures de r�adaptation professionnelle. Ainsi, entre le 21 ao�t 1995 et le 2 juin 1996, celui-ci a effectu� un stage d'observation professionnelle aupr�s de l'entreprise de m�canique W.________ SA. Le 16 juillet 1996, l'assur� a subi une nouvelle op�ration pour une r�cidive de la hernie discale L5/S1 gauche. D�s le 24 janvier 1997, il a commenc� un nouveau stage d'observation professionnelle aupr�s de S.________, avec un taux d'activit� de 50 %. Ce stage a �t� poursuivi jusqu'au 28 septembre 1997, en augmentant progressivement le temps de travail jusqu'� 100 %. Jusqu'au 27 novembre 1997, V.________ a b�n�fici� d'indemnit�s journali�res vers�es par l'assurance-invalidit� durant la recherche d'un emploi.
A.b Le 28 novembre 1997, V.________ s'est inscrit � l'assurance-ch�mage. Il a b�n�fici� d'indemnit�s de ch�mage.
Le 10 mai 1999, V.________ a pr�sent� une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'octroi de mesures m�dicales de r�adaptation.
L'office AI a demand� des renseignements au docteur B.________. Dans un rapport m�dical du 14 juin 1999, ce praticien a indiqu� que le patient l'avait consult� � nouveau en janvier 1999 pour une r�cidive de douleurs lombaires, qui s'�taient am�lior�es sous traitement anti-inflammatoire et avec du repos. Actuellement, celui-ci �tait apte � travailler dans une profession adapt�e � son probl�me de dos.
Dans un projet de d�cision du 3 ao�t 1999, l'office AI a avis� l'assur� qu'il n'avait pas droit � des mesures m�dicales de l'assurance-invalidit�, au motif que l'affection dont il �tait atteint ne l'emp�chait pas de travailler normalement et qu'elle ne n�cessitait aucun traitement m�dical. Par d�cision du 26 ao�t 1999, il a rejet� la demande du 10 mai 1999.
V.________ a contest� cette d�cision, en informant l'office AI que sa demande du 10 mai 1999 tendait en r�alit� au versement d'une rente.
Dans un nouveau projet de d�cision du 11 janvier 2000, l'office AI a constat� que l'�tat de sant� de l'assur� ne l'emp�chait pas d'exercer normalement l'activit� lucrative dans laquelle il avait �t� r�adapt� en 1997, de sorte que V.________ ne subissait aucune perte de gain et que sa demande devait ainsi �tre rejet�e.
Par lettre du 20 janvier 2000, l'assur� a contest� ce nouveau projet de d�cision. Produisant une attestation m�dicale du docteur B.________ du 11 janvier 2000, il informait l'office AI qu'il pr�sentait une incapacit� totale de travail depuis le 20 octobre 1999.
Dans un rapport interm�diaire, le docteur B.________ a fait �tat d'une aggravation des douleurs lombaires et de l'apparition de cervicalgies cons�cutives � une arthrose cervicale. Il �tait de l'avis qu'une expertise m�dicale �tait indispensable.
Sur requ�te du docteur M.________, m�decin de l'office AI du canton du Jura, le docteur U.________, sp�cialiste FMH en m�decine interne et rhumatologie, a effectu� une expertise rhumatologique. Dans un rapport du 10 avril 2000, ce praticien a pos� les diagnostics de lombosciatalgie S1 gauche persistante apr�s deux cures de hernie discale en 1995 et 1996 et de � comportement-maladie � pathologique chez un assur� �tranger pr�sentant des signes de maladaptation psycho-sociale. A la question de savoir si l'on pouvait raisonnablement attendre de l'assur� qu'il reprenne une activit� lucrative adapt�e, l'expert a r�pondu par l'affirmative, dans une profession l�g�re et non qualifi�e, ne requ�rant pas le port de charges sup�rieures � 15 kilos. Ainsi, dans tout type de travail identique � celui accompli aupr�s de S.________ en tant que manoeuvre non qualifi�.
Dans un nouveau projet de d�cision du 4 septembre 2000, l'office AI a avis� V.________ que sur la base des renseignements en sa possession, son �tat de sant� ne l'emp�chait pas d'exercer normalement l'activit� lucrative dans laquelle il avait �t� r�adapt� en 1997 et qu'il n'y avait donc aucune perte de gain � retenir. Par d�cision du 25 septembre 2000, il a rejet� la demande du 10 mai 1999, au motif que l'assur� n'avait aucun droit � une rente d'invalidit�.
A.c Le 30 mai 2001, V.________ a pr�sent� une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'allocation d'une rente.
Par lettre du 6 juin 2001, l'office AI a invit� l'assur� � fournir des faits nouveaux qui pourraient motiver une r�instruction de son droit � une rente.
V.________ a produit un certificat m�dical du docteur B.________, du 20 juin 2001. Dans un avis du 2 juillet 2001, le docteur M.________, constatant que les diagnostics �taient toujours identiques, en a conclu qu'il n'y avait pas d'�l�ment m�dical objectif nouveau.
Par d�cision du 3 septembre 2001, confirmant un projet de d�cision du 10 ao�t 2001, l'office AI a inform� V.________ qu'aucun fait nouveau n'�tait intervenu depuis la d�cision de refus de rente du 25 septembre 2000 et que la nouvelle demande du 30 mai 2001 devait d�s lors �tre rejet�e.
Par jugement du 8 avril 2002, la Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura a admis le recours form� par V.________ contre cette d�cision, annul� celle-ci et renvoy� le dossier � l'office AI pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision au sens des consid�rants. Elle a consid�r� que l'assur�, en produisant le certificat m�dical du docteur B.________ du 20 juin 2001, avait d�montr� de mani�re plausible au moins une modification des faits d�terminants pour le droit � la rente et qu'il �tait contradictoire que l'office AI soit entr� en mati�re sur la nouvelle demande du 30 mai 2001 mais qu'il n'ait proc�d� � aucune mesure d'instruction, alors qu'il avait l'obligation d'examiner la nouvelle demande sur le plan mat�riel sous tous les aspects. Ainsi, il appartenait � l'office AI de d�terminer par une expertise compl�mentaire si, m�dicalement, le taux de capacit� de travail de V.________ dans une activit� adapt�e s'�tait modifi� et, partant, de recalculer le taux d'invalidit�. Cas �ch�ant, il y aurait lieu d'ordonner une expertise psychiatrique, attendu que l'assur� renouvelait ses demandes de prestations depuis plus de 6 ans et que la question de l'existence d'une sinistrose pouvait se poser, ainsi que cela ressortait de l'expertise du docteur U.________ du 10 avril 2000.
L'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura a confi� une expertise pluridisciplinaire au Centre d'observation m�dical de l'assurance-invalidit� (COMAI) de Lausanne. Dans un rapport du 1er mai 2003, les docteurs P.________, m�decin-chef adjoint, et C.________, chef de clinique adjoint, ont d�pos� leurs conclusions. Ils indiquaient que m�me dans une activit� adapt�e - �vitant des travaux lourds tels que le port de charges de plus de 15 kg, ainsi que des travaux qui n�cessitaient le maintien de positions statiques prolong�es, des mouvements de flexion-extension et rotation r�p�titive du rachis cervical et lombaire -, la capacit� de travail ne d�passait vraisemblablement pas un taux de l'ordre de 40 %.
Le docteur M.________ a donn� au docteur U.________ la possibilit� de s'exprimer sur les conclusions des m�decins du COMAI, ce que ce praticien a fait dans une prise de position du 13 mai 2003.
Le 11 ao�t 2003, l'office AI a avis� V.________ qu'il avait donn� mandat au Centre d'observation professionnelle de l'assurance-invalidit� (COPAI) d'Yverdon-les-Bains d'organiser un stage d'observation professionnelle, afin d'examiner ses capacit�s de travail et les possibilit�s qui �taient les siennes de reclassement professionnel. Un pr�-examen a eu lieu le 1er septembre 2003. Le stage a �t� effectu� par l'assur� du 15 septembre au 10 octobre 2003. Dans un rapport du 20 octobre 2003, la doctoresse O.________, en sa qualit� de m�decin-consultant, a d�pos� ses constatations et ses conclusions. Le COPAI a produit un rapport du 6 novembre 2003, en indiquant que dans une activit� adapt�e, telle qu'op�rateur sur des machines pr�-r�gl�es et des travaux simples et r�p�titifs, la capacit� actuelle de travail de V.________ devrait atteindre, apr�s une p�riode de remise en condition (compte tenu du fait qu'il n'avait pas retravaill� depuis 10 ans) des rendements de 70 % sur la journ�e enti�re.
Contestant les conclusions du COPAI, V.________ a invit� l'office AI � examiner son droit � une rente d'invalidit�, en s'en tenant aux conclusions des m�decins du COMAI en ce qui concerne le taux de sa capacit� r�siduelle de travail.
Par d�cision du 25 f�vrier 2004, l'office AI a constat� que les troubles somatoformes douloureux dont �tait atteint l'assur� n'�taient pas invalidants, faute de comorbidit� psychiatrique, et que selon les conclusions du COPAI, V.________ �tait � m�me de travailler � plein temps avec un rendement de 70 %. Etant donn� que l'assur�, sans ses probl�mes de sant�, pourrait r�aliser un revenu sans invalidit� de 51'675 fr. et que le revenu d'invalide devait �tre fix� � 33'046 fr. par ann�e, celui-ci pr�sentait une invalidit� de 36 %, taux qui ne donnait pas droit � une rente.
Produisant copie d'une prise de position du docteur B.________ du 23 f�vrier 2004, V.________ a form� opposition contre cette d�cision.
Par d�cision du 30 avril 2004, l'office AI a rejet� l'opposition.
Par jugement du 13 d�cembre 2004, la Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura a admis le recours form� par V.________ contre cette d�cision, allou� � celui-ci un quart de rente d'invalidit� d�s le 1er mai 2001 et renvoy� le dossier � l'office AI pour calcul de la rente au sens des consid�rants.
V.________ interjette un recours de droit administratif contre ce jugement, en concluant, sous suite de frais et d�pens, � l'annulation de celui-ci et � l'octroi d'une rente enti�re d'invalidit� sur la base de l'expertise du COMAI du 1er mai 2003.
La Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura conclut au rejet du recours dans la mesure o� il est recevable. De son c�t�, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura demande que le recours soit rejet� et que le jugement attaqu� du 13 d�cembre 2004 soit confirm�. L'Office f�d�ral des assurances sociales n'a pas d�pos� d'observations.
Selon le dispositif du jugement attaqu�, qui constitue l'objet du recours de droit administratif, le recourant a droit � un quart de rente d'invalidit� d�s le 1er mai 2001. Le litige porte sur le point de savoir si celui-ci pr�sente des troubles limitant sa capacit� de travail et de gain dans une mesure suffisante pour fonder un droit � une rente enti�re d'invalidit�.
2.1 La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003, entra�nant la modification de nombreuses dispositions l�gales dans le domaine de l'assurance-invalidit�. La d�cision sur opposition litigieuse, du 30 avril 2004, est post�rieure � l'entr�e en vigueur de la LPGA. Conform�ment au principe g�n�ral de droit transitoire, selon lequel - m�me en cas de changement des bases l�gales - les r�gles applicables sont celles en vigueur au moment o� les faits juridiquement d�terminants se sont produits, il y a lieu d'examiner le droit � une rente au regard de l'ancien droit pour la p�riode jusqu'au 31 d�cembre 2002 et en fonction de la nouvelle r�glementation l�gale apr�s cette date (ATF 130 V 445 et les r�f�rences; cf. aussi ATF 130 V 329).
Pour rendre leurs conclusions, les experts du COMAI ont proc�d� � un examen clinique le 4 d�cembre 2002. Le 18 d�cembre 2002, ont eu lieu un consilium de rhumatologie avec le docteur H.________ et un consilium de psychiatrie avec le docteur A.________, psychiatre, et Mme G.________, psychologue. Les conclusions du rapport d'expertise ont �t� discut�es dans le cadre d'un colloque de synth�se multidisciplinaire le 15 janvier 2003 en pr�sence du docteur P.________, interniste, du docteur C.________, neurologue, et de Mme G.________. Dans leur rapport du 1er mai 2003, les docteurs P.________ et C.________ ont pos� les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail de trouble d�pressif r�current, �pisode actuel moyen (F33.1), de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4), de probable �tat de stress post-traumatique (F43.1), de spondylarthrose cervicale et de spondylarthrose lombaire et status post cure de hernie discale L5-S1. Ils ont �galement retenu la pr�sence de sympt�mes correspondant au diagnostic de c�phal�es de tension, diagnostic qui selon eux est sans influence essentielle sur la capacit� de travail. Dans leur appr�ciation globale du cas, les experts du COMAI ont consid�r� que dans une activit� adapt�e, la capacit� de travail du recourant ne d�passait vraisemblablement pas un taux de l'ordre de 40 %. Cette appr�ciation s'�cartait de celle faite par les experts ayant pr�c�demment �valu� l'assur�, lesquels ne semblaient absolument pas avoir int�gr� la dimension psychiatrique dans leur �valuation, l'un - soit le docteur U.________ - n'ayant retenu aucun diagnostic dans ce domaine, les autres - � savoir les praticiens du service de rhumatologie de l'H�pital Y.________ - n'ayant reconnu qu'une d�pression et ne l'ayant par ailleurs �valu�e que de fa�on peu d�taill�e, soit par le biais d'un simple questionnaire standardis�. Cela permettait aux experts du COMAI d'avoir des doutes quant au fait que cette dimension importante de leur �valuation ait �t� r�ellement prise en compte.
4.1 Selon le recourant, les exigences de la jurisprudence la plus r�cente en mati�re de syndromes somatoformes douloureux persistants sont r�unies dans le cas particulier � la lecture des consid�rations objectives des sp�cialistes du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003.
4.2 Les atteintes � la sant� psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entra�ner une invalidit� au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne consid�re pas comme des cons�quences d'un �tat psychique maladif, donc pas comme des affections � prendre en charge par l'assurance-invalidit�, les diminutions de la capacit� de gain que l'assur� pourrait emp�cher en faisant preuve de bonne volont�; la mesure de ce qui est exigible doit �tre d�termin�e aussi objectivement que possible (ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les r�f�rences; cf. aussi ATF 127 V 298 consid. 4c in fine).
4.3 Les premiers juges ont ni� que les crit�res consacr�s par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail, soient r�alis�s dans le cas particulier. Aussi ont-ils consid�r� que le taux de capacit� de travail de 40 % retenu par les experts du COMAI n'�tait pas d�terminant en raison du caract�re non invalidant des troubles psychiques pr�sent�s par le recourant. En revanche, s'agissant de ses probl�mes somatiques, il y avait lieu d'admettre que dans un travail exigible tel que d�fini par les expertises du COMAI et du COPAI, celui-ci �tait apte � travailler avec un rendement de 60 %, taux retenu lors de la consultation de rhumatologie du 18 d�cembre 2002 en ce qui concerne sa capacit� de travail d'un point de vue rhumatologique. En effet, lors de son stage au COPAI, l'assur� avait obtenu des rendements de l'ordre de 55 %, ce qui infirmait les conclusions des experts du COMAI, lesquelles tenaient compte de ses probl�mes psychiques et somatiques.
Cela est contest� par le recourant, qui s'en tient � la discussion globale men�e par les experts du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003 et au taux de 40 % que ceux-ci ont retenu en ce qui concerne sa capacit� r�siduelle de travail.
4.4 Il y a lieu d'examiner le bien-fond� des conclusions des experts du COMAI � la lumi�re des crit�res consacr�s par la jurisprudence (supra, consid. 4.2), dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail.
4.4.1 D'un point de vue psychiatrique, le recourant pr�sente des troubles thymiques avec de nombreux sympt�mes de la lign�e d�pressive, sympt�mes qui sont corr�l�s avec l'appr�ciation psychiatrique clinique et permettent de retenir un diagnostic de trouble d�pressif r�current, l'�pisode actuel pouvant �tre consid�r� comme moyen (rapport d'expertise du 1er mai 2003).
Le diagnostic de trouble d�pressif r�current, �pisode actuel moyen (F33.1), ne suffit pas � �tablir l'existence d'une comorbidit� psychiatrique d'une acuit� et d'une dur�e importante au sens de la jurisprudence. En effet, selon la doctrine m�dicale (cf. notamment Dilling/ Mombour/Schmidt [�d.], Internationale Klassifikation psychischer St�rungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4�me �dition, p. 191), sur laquelle se fonde le Tribunal f�d�ral des assurances, les �tats d�pressifs constituent des manifestations (r�actives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'un tel diagnostic ne saurait �tre reconnu comme constitutif d'une comorbidit� psychiatrique autonome des troubles somatoformes douloureux (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 et la r�f�rence � Meyer-Blaser, op. cit., p. 81 et la note 135).
4.4.2 Les autres crit�res consacr�s par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail, ne sont pas non plus r�alis�s. En effet, on ne voit pas que le recourant r�unit en sa personne plusieurs de ces crit�res (ou du moins pas dans une mesure tr�s marqu�e) qui fondent un pronostic d�favorable en ce qui concerne l'exigibilit� d'une reprise d'activit� professionnelle.
Dans leur rapport du 1er mai 2003, les experts du COMAI ont constat� que les douleurs du recourant avaient d�but� � la fin des ann�es 1980 par des lombalgies en relation avec une hernie discale L5-S1 compliqu�e par une radiculopathie L5 gauche. Suite � plusieurs r�cidives dont l'une d'intensit� majeure � la fin de l'ann�e 1994, une cure de hernie L5-S1 avait eu lieu au d�but de l'ann�e 1995. Les douleurs et sciatalgies avaient persist� depuis lors, fluctuant, mais �voluant dans le sens d'une aggravation progressive, jusqu'� ce jour. Parmi les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail, les experts du COMAI ont retenu non seulement une spondylarthrose lombaire, mais �galement une spondylarthrose cervicale. D'un autre c�t�, ils ont constat� qu'ils n'avaient pas d'�l�ments objectifs qui leur permettent d'expliquer l'ensemble des plaintes douloureuses annonc�es, en particulier en ce qui concerne leur intensit� et l'ampleur de leur impact. Compte tenu de cette discordance, qui s'inscrit, toujours selon les experts, dans un contexte de d�sarroi avec sentiment de d�tresse, de difficult�s psychosociales et compte tenu du fait que les douleurs conf�raient � l'assur� une certaine sollicitude de la part de son entourage, il est douteux que le crit�re des affections corporelles chroniques soit r�alis�.
En ce qui concerne l'existence d'une perte d'int�gration sociale dans toutes les manifestations de la vie, les premiers juges ont ni� que cette condition soit remplie. Ils ont retenu que le recourant entretenait une bonne relation avec son �pouse et ses enfants, qu'il effectuait une promenade quotidiennement, qu'il regardait la t�l�vision, qu'il lisait le journal, qu'il �coutait de la musique et participait aux t�ches m�nag�res. La pertinence des constatations des premiers juges n'est pas remise en cause devant la Cour de c�ans.
Enfin, on ne voit pas au dossier que chez le recourant, l'apparition du trouble somatoforme douloureux r�sulterait d'une lib�ration du processus de r�solution du conflit psychique (profit primaire tir� de la maladie). Aucun des m�decins qui ont vu l'assur� n'�voque un �tat psychique cristallis�. D'autre part, les experts du COMAI ne font mention d'aucune source de conflit intra-psychique ni situation conflictuelle externe permettant d'expliquer le d�veloppement du syndrome douloureux et son aboutissement jusqu'� une interruption totale de toute activit� lucrative.
Il appara�t ainsi que le trouble somatoforme douloureux ne se manifeste pas avec une s�v�rit� telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limit�e de la capacit� de travail du recourant puisse �tre raisonnablement exig�e de lui.
4.5 Parmi les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail retenus par les experts du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003, le recourant pr�sente une spondylarthrose lombaire et status post cure de hernie discale L5-S1 et une spondylarthrose cervicale. Dans leur �valuation globale de sa capacit� de travail, ils ont tenu compte de l'aspect rhumatologique, ce dont on ne saurait non plus faire abstraction.
Etant donn� que le taux de capacit� de travail de 40 % retenu par les experts du COMAI n'est pas d�terminant en raison du caract�re non invalidant des troubles psychiques pr�sent�s par le recourant, il se justifie de se fonder sur un taux de capacit� de travail de 60 %. En effet, selon les conclusions du consilium de rhumatologie du 18 d�cembre 2002, la capacit� de travail en tant que manoeuvre est nulle pour tous les travaux lourds, les travaux n�cessitant des maintiens de positions statiques prolong�es sans possibilit� de varier la position, ainsi que des mouvements en porte-�-faux. Pour des travaux l�gers, respectant les conditions mentionn�es ci-dessus, la capacit� de travail d'un point de vue rhumatologique est de 60 %.
A ce propos, les premiers juges se sont r�f�r�s avec raison � l'expertise du COPAI. Ainsi que cela ressort du rapport de la doctoresse O.________ du 20 octobre 2003, dans les activit�s qui conviennent le mieux � l'assur�, � savoir des activit�s simples, r�p�titives et manuelles, des rendements de 55 % ont pu �tre observ�s, rendements susceptibles d'atteindre rapidement 70 %, moyennant une p�riode de reconditionnement progressif et d'encadrement.
Avec les premiers juges, il y a lieu d�s lors d'admettre que le recourant, dans une activit� adapt�e � son handicap, est apte � travailler avec un rendement de 60 %, en ce sens qu'il pr�sente une capacit� de travail de 60 % sur le plan somatique.
5.1 Pour �valuer le taux d'invalidit�, le revenu que l'assur� aurait pu obtenir s'il n'�tait pas invalide (revenu sans invalidit�) est compar� avec celui qu'il pourrait obtenir en exer�ant l'activit� qui peut raisonnablement �tre exig�e de lui apr�s les traitements et les mesures de r�adaptation, sur un march� du travail �quilibr� (revenu d'invalide). C'est la m�thode ordinaire de comparaison des revenus (jusqu'au 31 d�cembre 2002 : art. 28 al. 2 LAI; du 1er janvier au 31 d�cembre 2003 : art. 1 al. 1 LAI en corr�lation avec l'art. 16 LPGA; depuis le 1er janvier 2004 : art. 28 al. 2 LAI en corr�lation avec l'art. 16 LPGA).
La m�thode g�n�rale de comparaison des revenus est applicable dans le cas particulier. Pour proc�der � la comparaison des revenus, il convient de se placer au moment de la naissance du droit � la rente; les revenus avec et sans invalidit� doivent �tre d�termin�s par rapport � un m�me moment et les modifications de ces revenus susceptibles d'influencer le droit � la rente survenues jusqu'au moment o� la d�cision est rendue �tre prises en compte (ATF 129 V 222, 128 V 174). Dans le cas particulier, le moment de la naissance du droit � la rente est n�cessairement post�rieur � la d�cision de refus de rente du 25 septembre 2000, laquelle est entr�e en force.
5.2 Les premiers juges ont proc�d� � la comparaison des revenus en reprenant dans leur calcul les chiffres utilis�s par l'office intim�, lesquels tiennent compte de l'adaptation des revenus � l'�volution des salaires jusqu'en 2003 et se fondent sur les indications de l'ancien employeur du recourant en ce qui concerne le salaire hypoth�tique qui aurait �t� le sien en 2003.
Ainsi, ils ont pos� la pr�somption que le recourant aurait continu� l'activit� professionnelle qu'il exer�ait avant la survenance de son atteinte � la sant� aupr�s de la soci�t� de travail temporaire E.________. Avec l'intim�, ils ont retenu � ce titre un revenu annuel sans invalidit� de 51'675 fr. (valeur 2003). Ce montant, qui n'est pas contest�, a �t� fix� par l'office AI sur la base des renseignements que lui a communiqu�s l'ancien employeur de l'assur�, indiquant un salaire mensuel de 3'975 fr. (x 13).
En ce qui concerne le revenu d'invalide du recourant, il est possible, en l'absence d'un revenu effectivement r�alis�, d'�valuer le revenu d'invalide en se fondant sur les donn�es salariales r�sultant des enqu�tes sur la structure des salaires (ESS) de l'Office f�d�ral de la statistique (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb), comme l'ont fait l'intim� et les premiers juges. On se r�f�re alors � la statistique des salaires bruts standardis�s, en se fondant toujours sur la m�diane ou valeur centrale (ATF 124 V 323 consid. 3b/bb; VSI 1999 p. 182). Compte tenu de l'activit� de substitution dans un emploi adapt� - �vitant des travaux lourds tels que le port de charges de plus de 15 kg, ainsi que des travaux qui n�cessitent le maintien de positions statiques prolong�es, des mouvements de flexion-extension et rotation r�p�titive du rachis cervical et lombaire (rapport d'expertise du COMAI du 1er mai 2003, rapport m�dical de la doctoresse O.________ du 20 octobre 2003) -, le salaire de r�f�rence est celui auquel peuvent pr�tendre les hommes effectuant des activit�s simples et r�p�titives dans le secteur priv� (RAMA 2001 n� U 439 p. 347), � savoir 4'557 fr. par mois (tous secteurs confondus) - valeur en 2002 - part au 13�me salaire comprise (L'Enqu�te suisse sur la structure des salaires 2002, p. 43, Tableau TA1, niveau de qualification 4), soit 54'684 fr. par ann�e. Ce salaire hypoth�tique repr�sente, compte tenu du fait que les salaires bruts standardis�s se basent sur un horaire de travail de quarante heures, soit une dur�e hebdomadaire inf�rieure � la moyenne usuelle dans les entreprises en 2003 (41.7 heures, tous secteurs confondus; La Vie �conomique, 10-2005, p. 82, tabelle B9.2) un revenu annuel d'invalide de 57'0008 fr. (54'684 fr. x 41.7 : 40). Adapt� � l'�volution des salaires de l'ann�e 2003 (1.4 %; La Vie �conomique, 10-2005, p. 83, tabelle B10.2), il s'�l�ve � 57'806 fr. Le recourant ayant au moment d�terminant une capacit� de travail exigible de 60 % dans un emploi adapt� � son �tat de sant�, il y a lieu de retenir un salaire annuel hypoth�tique de 34'684 fr. Avec l'intim�, les premiers juges ont admis une r�duction de 20 %. Compte tenu d'un abattement de 20 %, le revenu annuel d'invalide �valu� sur la base des statistiques salariales est ainsi de 27'747 fr. (valeur 2003).
Sur cette base, la comparaison des revenus ([51'675 - 27'747] x 100 : 51'675) donne une invalidit� de 46 % (le taux de 46.30 % �tant arrondi au pour cent inf�rieur [ATF 130 V 122 s. consid. 3.2; SVR 2004 UV Nr. 12 p. 44).
Ce taux ouvre droit � un quart de rente d'invalidit� (art. 28 al. 1 LAI), sous r�serve du cas p�nible (art. 28 al. 1bis LAI dans sa version en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2003). Il incombera � l'intim�, auquel les premiers juges ont renvoy� le dossier pour calcul de la rente, d'examiner cette question.
5.3 La comparaison des revenus effectu�e par les premiers juges n'est pas critiquable, dans la mesure o� les revenus avec et sans invalidit� ont �t� d�termin�s par rapport � un m�me moment, � savoir l'ann�e 2003.