Source: http://www.senat.fr/cra/s20110210/s20110210_0.html
Timestamp: 2016-12-03 07:01:46+00:00
Document Index: 114719403

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 311", "l'article 322", "l'article 311", "l'article 322", "l'article 10", "l'article 3", "l'article 53", "l'article 17", "l'article 56", "l'article 40", 'arrêt ', "l'article 59", "l'article 60", "l'article 61", "l'article 62", "l'article 37", "l'article 68", "l'article 33", "l'article 15", "l'article 15", "l'article 75", "l'article 16", "l'article 75", "l'article 33", "l'article 33", "l'article 75", "l'article 75", 'arrêt ', "l'article 75", "l'article 75", "l'article 13", "l'article 75", "l'article 75", "l'article 76", "l'article 81", "l'article 82", "l'article 84", "l'article 3"]

du jeudi 10 février 2011
72e séance de la session ordinaire 2010-2011
Mme la présidente. - L'ordre du jour appelle la suite de l'examen du projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale, relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité.
Mme la présidente. - Amendement n°74 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Cet article pose un problème de procédure : il s'agit de faire la chasse non pas aux immigrés mais aux nullités, ce qui revient au même. Les parties doivent rester libres d'invoquer en appel de nouveaux moyens en fait ou en droit. Le code de procédure civile le prévoit. Cet article se situe dans le cadre de l'urgence : en quoi sécuriserait-il le régime juridique de l'appel ? Il y a là un recul manifeste des droits de la défense.
Mme la présidente. - Amendement identique n°197, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Nous nous opposons au système de purge des nullités proposé qui instaure une discrimination au détriment des étrangers par rapport au justiciable commun.
De plus, cela réduit les droits de la défense et permet de maintenir les étrangers en rétention. Leurs droits fondamentaux sont niés.
Mme la présidente. - Amendement identique n°415, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Le juge des libertés et de la détention (JLD) reste le garant des libertés individuelles reconnues par la Constitution. Or cet article démontre une grande méfiance à l'égard des juges, dont la moitié sont en arrêt de travail aujourd'hui. On est en train d'écrire un nouveau droit, marqué par la limitation de leur liberté d'appréciation. Constatant une irrégularité manifeste, ils devraient feindre de ne pas la voir au prétexte qu'elle n'aurait pas été évoquée à la première audience.
M. François-Noël Buffet, rapporteur de la commission des lois. - Avis défavorable. L'article 42 précise que les irrégularités ne peuvent être soulevées lors de l'audience qui doit statuer sur le seul deuxième maintien en rétention.
M. Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration. - Même avis.
Les amendements nos74 rectifié, 197 et 415 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°75 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, M. Baylet, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Cet article est pour la rétention l'équivalent de ce que nous avons vu pour les zones d'attente, en allongeant de quatre à six heures le délai d'appel au parquet. Je n'ai pas été convaincu par les explications données hier et l'escorte devra rester deux heures de plus, d'où des frais supplémentaires.
Mme la présidente. - Amendement identique n°198, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - Cet amendement allonge de quatre à six heures le délai d'appel suspensif par le parquet d'une décision de remise en liberté. Il donne davantage de latitude au parquet pour contester des décisions de remise en liberté ou d'assignation prononcées par le juge de la liberté ayant statué sur la prolongation du maintien en rétention. Il ne faut pas faire des droits humains des étrangers la variable d'ajustement.
Mme la présidente. - Amendement identique n°416, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Cet article précarise la situation des étrangers en rétention et rend plus difficile le travail des avocats.
Les amendements identiques nos75 rectifié, 198 et 416, repoussés par la commission et le Gouvernement,ne sont pas adoptés.
Les articles 46 et 47 sont adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°417, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - Cette mesure est un retour en arrière par rapport aux dispositions instituées par la loi du 26 novembre 2003, qui protège en particulier les parents d'enfants mineurs et les conjoints étrangers. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article, qui transpose la directive Libre circulation, est favorable aux ressortissants communautaires. Avis défavorable.
L'amendement n°417, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°501, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
L'amendement rédactionnel n°501, accepté par le Gouvernement, est adopté.
L'article 47 bis est adopté.
Les articles 47 ter et 48 sont adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°199, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Cet article permet l'expulsion des étrangers sans réels motifs et ne répond à aucune exigence de transposition de directive. Nous nous opposons à cette extension à trois ans de la durée au cours de laquelle l'accès au territoire pourra être refusé à un étranger reconduit pour trouble à l'ordre public ou travail clandestin au cours d'un séjour légal.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article est nécessaire. Notre droit positif contient des dispositions de même nature. Avis défavorable.
L'amendement n°199, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°76 rectifié, présenté par MM. Mézard, Collin et Detcheverry, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
soit d'un arrêté de reconduite à la frontière pris moins de trois ans auparavant en application de l'article L. 533-1,
M. Jacques Mézard. - On voit là le but suivi par cet article. La notion de menace de trouble à l'ordre public ne saurait être invoquée à tout moment pour justifier des mesures d'éloignement des ressortissants communautaires. L'existence de condamnations pénales ne peut, à elle seule, justifier une telle mesure. Les garanties prévues par le droit communautaire ne sont pas rappelées dans cet article. D'ailleurs, le rapporteur lui-même s'interroge sur ces points.
Une fois de plus, on assiste à un glissement qui n'est conforme ni à nos principes ni à la jurisprudence. Mme la présidente. - Amendement identique n°200, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Nous nous opposons à la possibilité de reconduire à la frontière une personne vivant régulièrement sur le territoire et exerçant un emploi sans autorisation.
Cette mesure disproportionnée vise à la fois les ressortissants communautaires et extracommunautaires.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article ne vise pas les ressortissants communautaires. Retrait.
Les amendements identiques nos76 rectifié et 200, repoussé par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°77 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, M. Baylet, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
Alinéas 3 à 11
M. Jacques Mézard. - Ces alinéas prévoient des reconduites à la frontière qui ne peuvent être acceptées. Les termes employés sont trop imprécis, sans doute volontairement. Un étranger qui n'aurait fait l'objet d'aucune condamnation pénale pourrait, sur simple soupçon de la police, être placé en garde à vue -on sait ce qu'il faut penser de cette procédure !- et se voir notifier un arrêté de reconduite à la frontière, sans intervention d'un juge. Mme la présidente. - Amendement identique n°201, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Cet article laisse planer de très nombreuses zones d'ombre propices à des interprétations arbitraires. Il apparaît disproportionné qu'un étranger soit reconduit à la frontière pour des faits passibles de poursuites pénales sans même que ces faits aient fait l'objet d'une condamnation. La notion de trouble à l'ordre public est particulièrement floue. Le principe de proportionnalité doit être respecté. La procédure de reconduite à la frontière doit être examinée au cas par cas, ce qui n'est pas prévu ici.
Mme la présidente. - Amendement n°419, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Gisèle Printz. - Il est inconcevable qu'un étranger soit reconduit à la frontière pour des délits pour lesquels il n'a pas été condamné mais uniquement pour des faits passibles de poursuites pénales. Les ressortissants étrangers doivent bénéficier de la présomption d'innocence.
La mention de l'occupation illégale et de la mendicité comme motif de trouble à l'ordre public vise clairement les Roms.
Mme la présidente. - Amendement n°502, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Amendement rédactionnel.
Mme la présidente. - Amendement n°99, présenté par Mme Garriaud-Maylam.
ainsi que des 1°, 4° à 6° et 8° de l'article 311-4 et de l'article 322-4-1 du code pénal
ainsi que des 1°, 4° à 6° et 8° de l'article 311-4, de l'article 322-4-1 et des articles 222-14, 224-1, 227-4-2, 227-4-3, 227-5, 227-6, 227-7 du code pénal
Mme Joëlle Garriaud-Maylam. - Cet amendement vise à permettre l'éloignement du territoire d'étrangers qui ont commis des faits passibles de condamnation pour violences conjugales, déplacements illicites d'enfants ou violation des ordonnances prises par le juge aux affaires familiales en cas de violences.
A l'heure où près d'un mariage sur trois se fait avec un étranger, il faut protéger les victimes potentielles.
La présente disposition ne s'appliquera pas à l'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de trois mois. Dans ce dernier cas, des dispositions sont déjà prévues par le Ceseda.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable aux amendements identiques nos77 rectifié et 201 car il est normal d'expulser qui trouble l'ordre public. On connaît les risques que présente toute énumération : sagesse sur l'amendement n°419.
Enfin, l'amendement n°99 est dans la lignée de ce que je viens de dire : les faits sont couverts par la notion d'atteinte à l'ordre public. Défavorable.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Monsieur Mézard, la mesure ne s'applique pas aux ressortissants communautaires. Vous regrettez l'absence de mesures pénales mais cela veut-il dire que vous voulez rétablir la double peine ? Soyez cohérent. Quoi qu'on fasse, on ne fera pas votre bonheur !
Avis défavorable aux amendements identiques nos77 rectifié et 201 et à l'amendement n°419. Sagesse sur l'amendement n°502. Enfin, le Gouvernement est favorable à l'amendement n°99. (On s'en félicite à droite)
Les amendements identiques nos77 rectifié et 201 ne sont pas adoptés.
L'amendement n°419 n'est pas adopté.
L'amendement n°502 est adopté ainsi que l'amendement n°99.
Mme la présidente. - Amendement n°204, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - A l'article 10, notre amendement visant à interdire la présence de mineurs en centre de rétention n'a pas été voté, en contravention avec l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Nous persistons.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article garantit les droits des mineurs. Avis défavorable.
Mme la présidente. - Amendement n°418, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Cette mention sera effacée du registre à sa sortie du centre.
M. Richard Yung. - Dans certains cas, les enfants suivent les parents dans les centres de rétention. Peut-être cela vaut-il mieux que de les séparer. Le Commissaire européen aux droits de l'homme, dans son récent rapport, évoque certaines solutions, comme celle d'établissements spécifiques en vigueur au Royaume-Uni.
Certes, il faut savoir qui entre et qui sort des centres de rétention mais ces mentions ne doivent pas s'attacher aux mineurs qui ont été retenus dans de tels centres tout au long de leur vie.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis du Gouvernement ?
M. Brice Hortefeux, ministre. - Vous craignez le fichage. Vos inquiétudes ne sont pas fondées, d'autant que les mineurs ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement. De plus, il s'agit de fichiers papier, juste pour savoir qui entre et qui sort, comme celui que tient la Cimade. Je demande le retrait, sinon le rejet.
Mme la présidente. - Amendement n°206, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - M. Besson avait précisé le rôle des associations dans sa circulaire de novembre 2009. Cet article ne va pas vraiment dans ce sens... Heureusement qu'il existe des associations qui interviennent dans les centres de rétention pour apporter un soutien matériel et psychologique !
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article constitue une avancée. Avis défavorable.
L'amendement n°206, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°205, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°420, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - La référence aux seules associations humanitaires est une restriction portant préjudice aux étrangers en rétention. L'expertise juridique de certaines associations est indispensable.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article reprend les dispositions relatives aux zones d'attente. Défavorable.
Les amendements identiques nos205 et 420, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°421, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Nous avons déjà défendu cet amendement à d'autres occasions : le port d'armes doit être prohibé dans les centres de rétention.
La rétention administrative n'a pas pour fonction de sanctionner la commission d'une infraction pénale mais de faciliter le départ du territoire d'étrangers qui n'ont pas le droit d'y entrer ou d'y séjourner. Rien ne justifie le port d'armes par les fonctionnaires de police ou les gendarmes dans l'enceinte des locaux de rétention administrative. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté estimait, en 2008 dans son rapport, que ce port d'armes était malaisément justifiable, en raison en particulier de son caractère traumatisant pour les enfants, et que certains policiers et gendarmes en contestent la nécessité. Mme Alliot-Marie s'était d'ailleurs engagée à réfléchir à la question. Le 10 septembre dernier, vous nous avez annoncé que votre réflexion vous conduisait à maintenir le port d'armes. Je reviens donc à la charge.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - C'est du domaine réglementaire. Avis défavorable.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Je persiste à penser que dans des cas exceptionnels, le port d'armes doit être autorisé. Il peut y avoir des rebellions et des rixes. Avis défavorable.
L'amendement n°421 n'est pas adopté.
L'article 52 est adopté, ainsi que l'article 53.
Mme la présidente. - Amendement n°503, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Coordination avec la Loppsi.
Mme la présidente. - Amendement n°504 rectifié, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
Mme la présidente. - Amendement n°505, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Coordination avec la suppression de l'article 17 ter relatif au droit de séjour des étrangers gravement malades.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Avis favorable aux amendements nos503 et 504 rectifié. Sagesse sur l'amendement n°505.
Les amendements nos503, 504 rectifié et 505 sont adoptés. L'article 54, modifié, est adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°207, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°422, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Les amendements identiques nos207 et 422, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°78 rectifié bis, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Nous supprimons la mention de l'interdiction de retour.
Non, monsieur le ministre, nous ne sommes pas dans une « opposition de principe » mais dans une logique de soutien à des principes. Un récent article du Monde évoque, à juste titre, la défense des principes par le Sénat qui, sous l'assaut répété des textes relatifs à la sécurité et à l'immigration, est contraint d'accepter des dispositions qu'il jugeait auparavant irrecevables... L'article se termine ainsi : « quand les vagues attaquent la falaise, on sait comment cela se termine, en éboulis ». (Applaudissements à gauche)
M. Roland Courteau. - C'est très bien vu !
Mme la présidente. - Amendement identique n°424, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Je me tais, après les propos éloquents de M. Mézard.
Les amendements nos78 rectifié et 424, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
L'article 55 est adopté, ainsi que l'article 56.
Mme la présidente. - Amendement n°101 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Entrée en vigueur en juillet 2003, la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille réaffirme les droits de l'homme déjà garantis par les autres instruments internationaux. A l'heure des dérives identitaires, la France doit enfin la ratifier. Ce n'est qu'une fois ces bases posées qu'une vraie réflexion sur l'immigration et l'intégration pourra être engagée.
Mme la présidente. - Amendement n°425, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - La Convention de l'ONU sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille a été adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990. Entrée en vigueur le 1er juillet 2003, elle a été ratifiée par 42 pays -la France n'est pas du nombre. Le 28 juillet 2005, le ministre des affaires étrangères a exprimé le souhait que de nouvelles consultations soient engagées sur ce texte et déclaré vouloir solliciter l'avis de nos partenaires de l'Union européenne. La CNCDH insiste beaucoup pour que la France donne le poids de sa signature à cette convention.
Il serait donc opportun que le Gouvernement présente au Parlement les fruits de ces diverses consultations. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable tant à une injonction au Gouvernement qu'à un nouveau rapport.
A la demande du groupe CRC-SPG, l'amendement n°101 rectifié est mis aux voix par scrutin public.
Mme la présidente. - Amendement n°506, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
I. - Avant l'alinéa 1 Insérer un paragraphe ainsi rédigé :
II. - Alinéa 1 Rédiger ainsi cet alinéa :
1° A la première phrase
2° A la seconde phrase
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Amendement de conséquence de l'article 40 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2011.
L'amendement n°506, accepté par le Gouvernement, est adopté.
L'article 57 A, modifié, est adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°210, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - Il faut affirmer dans la loi une interdiction claire. La démonstration que le recours aux services d'un étranger sans titre est fait « sciemment » sera impossible. Mme la présidente. - Amendement identique n°427, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Patricia Schillinger. - La loi doit en effet poser une interdiction claire. Démontrer que le recours aux services d'un employeur d'un étranger sans titre est fait en connaissance de cause sera dans la pratique impossible.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Le donneur d'ordre doit vérifier que l'employeur ne salarie pas des étrangers sans titre. Défavorable.
Les amendements identiques nos210 et 427 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°428, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
non muni d'un titre
par les mots : non muni d'une autorisation de travail
Mme Patricia Schillinger. - Nous refusons de faire apparaître dans les dispositions du code du travail relatives à la lutte contre le travail illégal la notion de défaut de titre de séjour au côté de celle de défaut d'autorisation de travail, existante, efficace et suffisante. La mise en oeuvre de cet article ôterait toute possibilité de sanctionner le recours à un étranger sans autorisation de travail. Un étranger qui travaille sans être muni d'un titre de séjour n'est pas forcément dans une situation d'emploi irrégulier.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - La commission des lois a déjà satisfait cet amendement. Retrait.
Mme la présidente. - Amendement n°209, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - L'employeur qui sous-traite doit être tenu à la même obligation de vérification des conditions de légalité des salariés embauchés que le sous-traitant lui même. S'il ne veut pas être tenu solidairement responsable, il devra apporter la preuve qu'il l'a remplie. Mme la présidente. - Amendement identique n°426, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Patricia Schillinger. - Nous voulons amener l'employeur qui sous-traite une prestation à vérifier les conditions d'engagement des travailleurs embauchés pour effectuer cette prestation. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Le droit positif vous satisfait. Retrait.
Les amendements identiques nos209 et 426 ne sont pas adoptés. L'article 57 est adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°211, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
1° A Au 1°, après le mot : « légales », il est inséré le mot : «, conventionnelles » ;
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Nous voulons rétablir une égalité de traitement entre les salariés. Ce propos vaut pour les quatre amendements que nous avons déposés sur cet article. Mme la présidente. - Amendement identique n°429, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
1° A Au 1°, après le mot : « légales », est inséré le mot : « , conventionnelles » ;
M. Roland Courteau. - La rédaction de la commission prive le salarié des avantages conventionnels applicables dans sa branche ou son entreprise. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Le droit positif vous donne satisfaction mais une clarification peut être utile. Favorable.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Je ne vois pas l'utilité de cet amendement mais j'entends le rapporteur et veux me montrer attentif aux propositions de l'opposition : sagesse. (On s'en félicite à gauche)
M. Roland Courteau. - Nous progressons !
Les amendements identiques nos211 et 429 sont adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°208, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°431, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Roland Courteau. - Le travailleur sans papiers subit un grave préjudice du fait de la précarité de sa situation. L'article L. 242-1-2 du code de la sécurité sociale pose une présomption d'antériorité d'emploi de six mois pour tout salarié employé illégalement, quelle que soit sa nationalité.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Le salarié étranger irrégulièrement employé percevra trois mois de salaire au titre de la présomption de la relation de travail, plus trois autres au titre de l'indemnité forfaitaire pour rupture de la relation de travail. Les salariés employés sans titre de travail bénéficient du même traitement que les travailleurs dissimulés. Défavorable. M. Brice Hortefeux, ministre. - Même avis.
Les amendements nos208 et 431 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°79 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, M. Baylet, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
sur la base d'un temps plein et des minima salariaux
M. Jacques Mézard. - Cet article et plus généralement le titre IV vont dans le bon sens, qui renforcent la lutte contre des pratiques détestables. Notre amendement est de précision.
Mme la présidente. - Amendement identique n°212, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°430, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Roland Courteau. - Cette précision apporte une garantie supplémentaire.
M. François-Noël Buffet. - Défavorable à ces amendements d'ores et déjà satisfaits.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Même avis. Je préfère quand M. Mézard se réfère à l'édition d'Aurillac de La Montagne plutôt qu'au Monde... (Sourires)
Les amendements identiques nos79 rectifié, 212 et 430 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°432, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Alinéa 4 Remplacer le mot : trois par le mot :
six M. Roland Courteau. - Actuellement, dès lors que le travailleur sans papiers est aussi un travailleur dissimulé, il bénéficie d'une indemnité de sept mois de salaire, soit le cumul de deux indemnités pour rupture de la relation de travail. Il faut rétablir cette possibilité de cumul. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Il y a bien égalité de traitement entre les travailleurs dissimulés et les étrangers sans titre de travail. L'amendement est satisfait. Défavorable.
Mme la présidente. - Amendement n°213, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
...° Le 2° est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le licenciement d'un travailleur étranger prononcé pour présentation de faux documents dissimulant une situation administrative irrégulière ne peut priver le salarié étranger de cette indemnité forfaitaire. » ;
L'amendement n°213, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°433, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Roland Courteau. - Je m'en suis déjà expliqué. La notion de défaut d'autorisation de travail est suffisante. Un étranger qui travaille sans être muni d'un titre de séjour n'est pas forcément dans une situation d'emploi irrégulier.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet amendement est aussi satisfait. Retrait.
L'amendement n°433 n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°434, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Roland Courteau. - Actuellement, l'indemnité de rupture de la relation de travail d'un travailleur sans papiers non déclaré se cumule avec l'indemnité de rupture d'un salarié dissimulé. Si le projet de loi propose d'augmenter l'indemnité forfaitaire de rupture, le salarié ne pourra pas cumuler les indemnités prévues par cette disposition et l'indemnisation minimale de six mois de salaire prévue en cas de travail dissimulé. Ces indemnités doivent pouvoir se cumuler dès lors que le travailleur sans papiers est aussi un travailleur dissimulé.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable. La Cour de cassation a précisé, le 15 octobre 2002, que l'indemnité forfaitaire pour travail dissimulé ne peut pas se cumuler avec celle pour travail sans papiers.
Mme la présidente. - Amendement n°436, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - L'étranger sans titre de travail est considéré comme un salarié. Il doit donc pouvoir bénéficier des avantages afférents, y compris la délivrance de bulletins de salaire et d'un certificat de travail. L'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 6 décembre 1990 est parfaitement clair.
Mme la présidente. - Amendement n°435, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - Il est défendu.
Mme la présidente. - Amendement n°214, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Alinéa 2 I. - Première phrase Après le mot :
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Le versement de la rémunération due à l'étranger employé sans titre de travail doit s'accompagner de la remise et de l'envoi des bulletins de paie et du certificat de travail. Mme la présidente. - Amendement n°507, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
M. François-Noël Buffet. - Ce décalage permettrait au salarié d'être indemnisé plus rapidement.
Mme la présidente. - Amendement n°437, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est le plus à même d'effectuer cette tâche.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Les amendements nos436 et 435 sont satisfaits par le code du travail, de même que l'amendement n°214. Retrait. Défavorable à l'amendement n°437, qui relève du Règlement.
Les amendements nos436, 435 et 214 ne sont pas adoptés.
L'amendement n°507 est adopté.
L'amendement n°437 n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°216, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - La rédaction proposée laisse la protection des droits sociaux de l'étranger à la bonne volonté de l'employeur ! Les étrangers reconduits ne perçoivent jamais salaires et indemnités, ce qui donne un avantage économique inacceptable aux entreprises qui les ont employés.
Mme la présidente. - Amendement n°438, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - L'alinéa n'est pas suffisamment précis. Ces dispositions doivent être de niveau législatif et pas seulement réglementaire.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable : le code du travail et le texte de la commission vous donnent satisfaction.
Les amendements nos216 et 438 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°217, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
« L'étranger employé sans titre de travail et les agents des services de contrôle compétents pour relever l'infraction à l'article L. 8251-1 sont habilités à communiquer à cet organisme toutes informations et tous documents lui permettant de mettre en oeuvre les dispositions des deux premiers alinéas du présent article.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Afin que les cotisations et contributions sociales soient effectivement versées, il faut que l'organisme informe les organismes de recouvrement compétents. Ce n'est pas l'employeur qui se manifestera alors qu'il ne paie pas spontanément à l'étranger ce qui lui est dû et qu'il encourt des sanctions pénales si l'emploi illégal est révélé. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. L'OFII est informé.
L'amendement n°217, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°80 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Nous sommes favorables au renforcement des droits des travailleurs sans titre, qui sont victimes d'employeurs peu scrupuleux. Il faut que l'étranger connaisse les droits qu'il pourra faire valoir, y compris depuis un pays étranger.
Mme la présidente. - Amendement identique n°440, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Par un curieux mimétisme, nous avons le même amendement... (Sourires) C'est sans doute une leçon de l'expérience. Lors des contrôles par l'inspection du travail, il arrive que les étrangers sans titre disparaissent sans laisser de trace...
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Ces amendements sont satisfaits par l'article 59. Retrait.
Les amendements identiques nos80 rectifié et 440 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°441, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
L'amendement n°441, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°442, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Après les mots : l'article L .8252-2
insérer les mots : ou de l'article L. 8223-1
M. Richard Yung. - Le donneur d'ordre doit être également tenu au paiement de l'indemnité due au titre de la législation sur le travail dissimulé, si celle-ci est plus favorable au salarié étranger employé sans titre de travail. Le code du travail doit s'appliquer à tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet amendement est satisfait par le code du travail. La responsabilité solidaire du donneur d'ordre est affirmée. Retrait.
L'article 60 bis demeure supprimé, de même que l'article 60 ter.
Mme la présidente. - Amendement n°218, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
« Art. L. 8254-2-1. - Toute personne mentionnée à l'article L. 8254-1, constatant auprès des services de l'administration, que son cocontractant ou un sous-traitant direct ou indirect de ce dernier emploie un étranger sans titre, enjoint son cocontractant, par lettre avec accusé réception, de faire cesser cette situation dans un délai de 24 heures suivant la réponse de l'administration.
Mme Éliane Assassi. - Le projet de loi ouvre une porte de sortie pour échapper à la condamnation in solidum : il suffit de suivre la procédure prévue et d'en garder trace. L'employeur qui sous-traite doit être tenu aux mêmes exigences de contrôle des conditions d'embauche des salariés que ses sous-traitants.
Nous voulons que le simple fait de ne pas avoir été informé ne suffise pas à le couvrir.
Mme la présidente. - Amendement identique n°443, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Une société peut s'exonérer de toute responsabilité en adressant une simple lettre à son sous-traitant. Le donneur d'ordre doit jouer un rôle actif.
Mme la présidente. - Amendement n°445, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Remplacer les mots : non muni d'un titre de séjour
Remplacer les mots : sans titre de séjour
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Il convient de remplacer le titre de séjour par l'autorisation de travail.
Mme la présidente. - Amendement n°508, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
Alinéas 2, 4 et 5
Avis défavorable sur les amendements identiques nos218 et 443. L'amendement n°445 est satisfait : retrait.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Même avis que la commission. L'article 61 est très important puisqu'il renforce la responsabilité de tous les intervenants dans les contrats. Tout employeur qui intervient dans la chaîne de sous-traitance doit vérifier la validité des papiers des salariés. Nous insistons beaucoup sur cet article qui concourt aux objectifs de justice et d'efficacité du projet de loi.
Les amendements identiques nos218 et 443 ne sont pas adoptés, non plus que l'amendement no445. L'amendement n°508 est adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°219, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°444, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Les différents employeurs contractuellement liés doivent vérifier la situation administrative de leurs salariés mais le mot « sciemment » permet d'échapper à toute responsabilité : une simple lettre suffirait pour se mettre à l'abri des poursuites.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable : l'article 61 prévoit une obligation solidaire du contractant.
Les amendements identiques nos219 et 444 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°220, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 8255-1 du même code est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, après le mot : « représentatives », sont insérés les mots : « et toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits et dont l'objet statutaire comporte la défense des droits ».
2° Le second alinéa est complété par les mots : « ou l'association ».
Mme Marie-Agnès Labarre. - Les associations doivent pouvoir ester en justice au profit des salariés afin de lutter contre le travail illégal.
Mme la présidente. - Amendement n°446, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
1° Au premier alinéa, après le mot : « représentatives », sont insérés les mots : « et toute association déclarée d'utilité publique depuis au moins cinq ans à la date des faits et dont l'objet statutaire comporte la défense des droits » ;
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Cet amendement vise à ouvrir aux associations régulièrement déclarées depuis au moins cinq ans le droit d'exercer en justice les actions menées en faveur des salariés étrangers en vertu des dispositions des articles L. 8252-1 et L. 8252-2 sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé.
En étendant à ces associations ce droit d'ester en justice, nous renforcerions les possibilités de défense des salariés et de lutte contre le travail illégal.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Les syndicats sont déjà autorisés à saisir les prud'hommes sans avoir à justifier d'un mandat du salarié. La seule condition est que celui-ci ne s'y oppose pas. Il n'est pas opportun d'ouvrir ce droit à d'autres associations. Qu'en pense le Gouvernement ?
M. Brice Hortefeux, ministre. - Vous donneriez le droit aux associations de défense des étrangers d'intervenir dans les relations du travail. Mais ces associations ne peuvent être assimilées à des syndicats ! Ce sont ces derniers qui sont les plus à même de défendre les droits des salariés, y compris des étrangers sans papiers. (On le confirme à droite)
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Les associations demandent l'autorisation d'ester en justice. De nombreux syndicats ne connaissent pas les conditions précises des travailleurs sans papiers.
M. Brice Hortefeux, ministre. - La CGT suit de très près ces questions. Je vous mets au défi de prouver le contraire ! Interrogez Mme Blanche.
Les amendements nos220 et 446 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°221, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - Amendement de coordination.
Mme la présidente. - Amendement identique n°448, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Bariza Khiari. - Amendement de cohérence.
Les amendements identiques nos221 et 448, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°447, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Remplacer les mots : non muni d'un titre
Mme Bariza Khiari. - Il faut s'en tenir à l'infraction d'emploi d'étrangers sans autorisation de travail, qui est juridiquement et opérationnellement satisfaisante, et sortir de la loi la notion d'emploi d'étrangers sans titre de séjour, qui n'apporte rien et crée de la confusion.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Satisfait : retrait.
L'article 62 est adopté ainsi que l'article 62 bis.
Mme la présidente. - Amendement n°223, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'obligation de vérification de l'embauche de salarié étranger prévue à l'article L. 8251-2 ainsi que
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Satisfait.
Mme la présidente. - Amendement n°450, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Alinéa 2, première phrase Après le mot :
ainsi qu'à l'obligation de vérification de l'embauche de salarié étranger prévue à l'article L. 8251-2,
M. Richard Yung. - Cet amendement impose au maître d'ouvrage et à l'entrepreneur principal de s'assurer personnellement de la situation des sous-traitants de leur cocontractant sous peine de sanctions pénales.
Nous nous inscrivons dans la logique du texte. L'avis ne peut être que favorable.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet amendement est satisfait. Retrait.
L'amendement n°450 n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°222, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
par travailleur illégal et par mois travaillé
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Avec la Loppsi 2, la vente à la sauvette est punie par la loi. Il en va de même pour les mariages « gris ». Seuls les employeurs échappent aux sanctions. Ce n'est pas juste. Il convient d'aggraver la sanction pénale dont le montant est peu dissuasif pour les entreprises ayant massivement recours à des salariés étrangers sans autorisation de travail. Mme la présidente. - Amendement identique n°449, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Vous transcrivez la directive, ce qui est normal, mais vous bronchez sur l'obstacle ! Vous êtes très généreux à l'égard des employeurs.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. L'article 63 punit pénalement l'employeur qui ne respecterait pas la loi. L'amende pénale est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés.
M. Jacques Mézard. - Je n'aime pas l'aggravation des sanctions pénales ; je souhaite que celles-ci soient appliquées. Certes, 7 500 euros, ce n'est pas beaucoup mais si l'amende s'applique à chaque salarié, c'est quand même dissuasif. En revanche, c'est bien peu au regard des sept ans de prison prévus pour les mariages « gris ».
Les amendements identiques nos222 et 449 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°509, présenté par M. Buffet au nom de la commission.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Coordination avec la fusion des services d'inspection du travail, opérée par un décret du 30 décembre 2008.
Mme la présidente. - Amendement n°510, présenté par M. Buffet au nom de la commission.
« 9° Les agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1, chargés de la prévention des fraudes, agréés et assermentés à cet effet. » ;
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Coordination avec l'article 37 bis C du projet de loi Loppsi 2.
Mme la présidente. - Amendement n°511, présenté par M. Buffet au nom de la commission.
« Art. L. 8271-7. - Les infractions aux interdictions du travail dissimulé prévues à l'article L. 8221-1 sont recherchées par les agents mentionnés à l'article L. 8271-1-2. »
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Clarification rédactionnelle.
Les amendements nos509, 510 et 511 sont adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°224, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
certaines des aides publiques en matière d'emploi, de formation professionnelle et de culture
toutes les aides publiques
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Exiger le reversement des aides perçues au cours des douze derniers mois serait un moyen efficace de lutter contre le travail illégal.
Mme la présidente. - Amendement identique n°451, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
toute aide publique Mme Patricia Schillinger. - Les modifications de l'article L. 8272-1 du code du travail restreignent le périmètre des aides pouvant être refusées aux entreprises qui auront fait l'objet d'un procès-verbal pour travail illégal. Demander le reversement des aides perçues au cours des douze derniers mois serait dissuasif.
Arrêtez d'agiter le drapeau de l'insécurité pour expulser les étrangers et préoccupez-vous de dissuader les employeurs d'employer des travailleurs sans papiers.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - L'article 65 autorise la modulation de refus d'accorder les aides publiques : il faut conserver cette souplesse pour adapter la sanction aux fautes commises. Les amendements identiques nos224 et 451, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°225, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Le Gouvernement remet chaque année au Parlement, avant le 1er juillet, un rapport sur le bilan de l'application de l'article L. 8272-1 du code du travail et des sanctions prononcées en vertu de celui-ci. Mme Josiane Mathon-Poinat. - Cet amendement va faire grincer les dents du ministre puisqu'il s'agit d'un rapport. L'impact de ces sanctions n'est pas mesuré pour l'instant. Les parlementaires doivent disposer d'une évaluation régulière.
Mme la présidente. - Amendement n°452, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Le Gouvernement remet chaque année au Parlement un rapport sur le bilan de l'application de l'article L. 8272-1 du code du travail et des sanctions prononcées en vertu de celui-ci.
M. Ronan Kerdraon. - Sur l'emploi des sans-papiers, il règne dans ce pays le plus grand silence et la plus grande hypocrisie.
Les dispositions de l'article L. 8271-1 du code du travail sont un moyen important de lutte contre le travail illégal. Néanmoins, les effets des sanctions prononcées en vertu de cet article sont méconnus.
Cet amendement permet un suivi fin de ce dispositif dans le but de rendre plus efficients les outils juridiques de lutte contre le travail illégal.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Nous en sommes au douzième amendement qui demande un rapport. M. Robert del Picchia. - Ils veulent une bibliothèque !
M. Brice Hortefeux, ministre. - Rapporter, c'est bien ; agir, c'est mieux. Avis défavorable. (« Très bien ! » à droite, exclamations à gauche)
L'amendement n°225 n'est pas adopté, non plus que l'amendement n°452.
Mme la présidente. - Amendement n°453, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Après la référence : L. 8211-1,
« elle peut solliciter auprès du tribunal de grande instance la nomination d'un administrateur provisoire afin de mettre fin aux recours au travail illégal et d'assurer le respect des droits des travailleurs illégaux. Le tribunal détermine la nature et la durée des missions de cet administrateur. À titre subsidiaire et uniquement en cas de récidive,
Mme Gisèle Printz. - La fermeture pendant trois mois ne permettrait pas à l'entreprise de se relever. L'administration doit pouvoir prendre une sanction intermédiaire par la nomination d'un administrateur provisoire dont la mission principale serait de s'assurer que la société n'ait plus recours aux embauches illégales et que les travailleurs étrangers soient dirigés vers les organismes adéquats afin de faire respecter leurs droits.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. Les droits des salariés sont préservés, et le recours au tribunal d'instance prendrait trop de temps.
L'amendement n°453, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°226, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Sont identifiés régulièrement, sur la base d'une analyse des risques, les secteurs d'activité dans lesquels se concentre l'emploi irrégulier de ressortissants étrangers.
Le Gouvernement remet, chaque année, avant le 1er juillet, un rapport au Parlement sur le nombre d'inspections, tant en chiffres absolus qu'en pourcentage des employeurs pour chaque secteur, réalisées au cours de l'année précédente ainsi que leurs résultats.
Mme la présidente. - Amendement identique n°454, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Défendu.
Les amendements identiques nos226 et 454, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°227, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Dans le cadre de la recherche et de la constatation des infractions constitutives de travail illégal, les agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-7 du code du travail, constatant la présence de travailleurs étrangers sans autorisation de travail ayant le statut d'auto-entrepreneur et travaillant dans l'entreprise ou sur le lieu de travail de leur ancien employeur, sont habilités à dresser un constat de procès-verbal pour travail illégal. Ces travailleurs sont assimilés, dans le cadre de la procédure ouverte pour travail illégal à l'encontre de l'employeur, à des salariés ayant travaillé pour le compte de ce dernier.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Afin de pouvoir échapper à des sanctions, de nombreux employeurs demandent à leurs salariés étrangers munis de faux papiers de démissionner et de prendre le statut d'auto-entrepreneur. L'ancien employeur fait ensuite appel à eux. Le chantier de rénovation du pavillon de La Lanterne, résidence du président de la République, a été effectué par de tels travailleurs. Il en a été de même dans de grands restaurants, ce qui a donné lieu à des manifestations pacifiques.
M. Darcos avait annoncé un plan de lutte contre le travail illégal, qui est resté lettre morte.
Afin d'éviter de telles dérives, ces auto-entrepreneurs doivent être assimilés à des salariés de l'entreprise en cas de procédures à l'encontre d'un employeur d'étrangers sans titre. Mme la présidente. - Amendement identique n°455, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Cet amendement revient sur le débat relatif au statut des auto-entrepreneurs.
Des employeurs indélicats, afin d'échapper à des sanctions, demandent à leurs salariés étrangers munis de faux papiers de démissionner et de prendre le statut d'auto-entrepreneur. L'ancien employeur a alors recours au travail de ces personnes.
Afin d'éviter ce type de comportements, en cas de procédures à l'encontre d'un employeur d'étrangers sans titre, ces auto-entrepreneurs doivent être assimilés à des salariés de l'entreprise.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Les prud'hommes peuvent requalifier le statut de ces travailleurs. Défavorable.
Les amendements identiques nos227 et 455, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
L'article 67 bis est adopté, ainsi que l'article 68.
Mme la présidente. - Amendement n°81 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Cet article sibyllin permet au préfet de retenir le passeport des étrangers en situation irrégulière. Pourquoi ? M. le rapporteur imagine les motifs du Gouvernement : il s'agirait de mieux organiser le départ des étrangers assignés à résidence. Qu'en termes pudiques ces choses là sont dites ! Il faut supprimer cet article. Je ne manquerai pas de répercuter la réponse du ministre dans La Montagne. (Sourires)
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. Il faut que le préfet comme les services de police et de gendarmerie puissent retenir le passeport de ces personnes, notamment dans le cadre de la nouvelle assignation à résidence prévue par l'article 33.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Cet article simplifie les choses : le préfet pourra agir comme les gendarmes ou les policiers.
Moi aussi, je répercuterai ce débat localement. (Nouveaux sourires)
M. Jacques Mézard. - Compte tenu des explications pertinentes de M. le ministre, l'excellent jacobin que je suis retire son amendement.
L'amendement n°81rectifié est retiré.
Les articles 69, 70 et 71 sont adoptés. Article 72
Mme la présidente. - Amendement n°228 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Le président de la République avait adressé en 2009 à M. Besson une lettre pour fixer les objectifs du ministère de l'immigration. Le délit de solidarité a été instauré de facto, ce que M. Besson avait nié.
L'infraction reste le principe. Le nombre d'interpellations pratiquées dans les associations ne cesse de s'accroître. Pourtant, les personnes qui aident des personnes en situation irrégulière ne peuvent être assimilées à des passeurs.
Mme la présidente. - Amendement n°456, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Nous voulons récrire cet article qui traite d'un sujet extrêmement sensible.
L'article 72 instaure une immunité pour ceux qui agissent pour des motifs humanitaires. Il faut élargir la portée de cette mesure. En outre, le champ de l'incrimination n'est pas défini.
Notre amendement règle la question du délit de solidarité, conformément à nos engagements internationaux. La notion d'incrimination doit, enfin, être clarifiée.
Mme la présidente. - Amendement n°82 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
I. - Le 3° de l'article L. 622-4 du même code est ainsi rédigé :
« 3° De toute personne physique ou morale qui est intervenue pour préserver la dignité, l'intégrité physique ou les droits de l'étranger, sauf si cette aide a été réalisée à titre onéreux ; » ;
M. Jacques Mézard. - Le Gouvernement reconnait enfin l'existence d'un délit de solidarité qu'il a nié pendant longtemps. Aujourd'hui, le Ceseda définit le délit d'aide en permettant d'incriminer les personnes ou les associations qui prennent en charge les personnes en situation irrégulière, ce qui est incohérent puisque l'assistance à personne en danger est légalement reconnue.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - L'amendement n°228 rectifié rendrait la caractérisation de l'infraction difficile à établir, ce qui profiterait aux réseaux de passeurs. Une présomption de bonne foi serait en outre instaurée en faveur de toutes les associations. Avis défavorable.
L'amendement n°456 est similaire à l'amendement n°228 rectifié : défavorable. Même avis défavorable sur l'amendement n°82 rectifié.
M. Brice Hortefeux, ministre. - Même avis. Le droit tant national que communautaire des étrangers contient un délit d'aide à l'entrée et au séjour des étrangers en situation irrégulière.
Je précise qu'il n'y a eu, à ce jour, aucune condamnation pour aide humanitaire. Défavorable à ces amendements.
M. Richard Yung. - Cette déclaration me laisse pantois. Le ministre nous dit qu'il n'y a pas de condamnation. Pourquoi, alors, conserver cette incrimination qui n'a fait qu'obscurcir les choses ?
M. Brice Hortefeux, ministre. - Je ne parle que de l'aide humanitaire.
Les amendements nos228 rectifié, 456 et 82 rectifié ne sont pas adoptés.
La séance reprend à 14 heures 40.
Mme la présidente. - Amendement n°457, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Pour avoir plus de chances de succès, nous demandons deux rapports (sourires), le premier concernant la police aux frontières -notamment sa formation- et le second, la coopération européenne pour combattre la traite humaine.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre auprès du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, chargée de l'outre-mer. - Le Ceseda prévoit un rapport global annuel.
Mme la présidente. - Amendement n°83 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
, d'une interdiction de retour sur le territoire français
M. François Fortassin. - Amendement de coordination.
Mme la présidente. - Qui est pour ?... Nous allons reprendre le vote.
M. Jean-Pierre Sueur. - Madame la présidente, veillez à l'impartialité de la présidence.
Mme la présidente. - Amendement n°84 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. François Fortassin. - Cette restriction du droit au recours est d'autant plus inacceptable que la directive vise non les réexamens mais les recours devant d'autres juridictions.
Mme la présidente. - Amendement identique n°229, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - La restriction apportée à l'aide juridictionnelle n'est justifiée que par le prétexte d'un nombre élevé de renvois prétendument imputables à cette procédure, alors que la mauvaise organisation des instances est seule en cause.
Cette disposition n'est pas conforme à notre droit ni à la directive. La procédure engagée par le demandeur doit se poursuivre.
Mme la présidente. - Amendement identique n°458, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - La dernière loi sur l'immigration a supprimé, en 2006, la condition d'entrée régulière sur le territoire pour bénéficier de l'aide juridictionnelle. Et voilà que vous légiférez déjà en sens inverse !
La rédaction de la commission ne garantit pas l'effectivité d'un recours devant la CNDA lorsque l'intéressé a déjà bénéficié de cette aide.
Ne voulant pas entrer dans la querelle interprétative de l'article 15 de la directive, je m'en remets à la CNDH, dont la jurisprudence assure une protection croissante aux intéressés.
La directive ne fixe que des normes minimales et permet aux États d'être plus protecteurs.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - La commission est défavorable aux amendements de suppression car l'article qui assure l'équilibre entre les garanties apportées aux demandeurs d'asile et le bon fonctionnement des procédures est conforme à l'article 15 de la directive.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - La restriction porte exclusivement sur les recours dirigés contre une décision de rejet.
Cette réforme améliore le fonctionnement des procédures ; elle raccourcira les délais de traitement, qui atteignent en moyenne dix-huit mois aujourd'hui.
Les amendements identiques nos84 rectifié, 229 et 458 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°230, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Je l'ai déjà défendu.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable : l'Ofpra n'est pas une juridiction. Il n'y a donc pas d'aide juridictionnelle.
L'amendement n°230, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
L'article 74 bis est adopté.
Mme la présidente. - Amendement n°243 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme la présidente. - Amendement identique n°472 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Bariza Khiari. - Cet amendement tend à supprimer la procédure accélérée, dite « prioritaire », d'examen des demandes d'asile qui s'applique notamment aux demandeurs issus de « pays d'origine sûrs » et aux étrangers dont la demande d'asile est jugée abusive ou frauduleuse. Elle s'applique aussi aux demandes de réexamen.
En 2009, cette procédure a servi dans 22 % des cas. L'ancien commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe a constaté que cette procédure ne laissait « qu'une chance infime aux demandeurs ». La France n'est donc pas le pays généreux qu'elle prétend être.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. Il est nécessaire de conserver cette procédure validée par le Conseil constitutionnel et conforme à nos engagements européens afin de raccourcir les délais.
Les amendements identiques nos243 rectifié et 472 rectifié, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°85 rectifié, présenté par MM. Mézard, Collin et Detcheverry, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. François Fortassin. - Cet article restreint dangereusement les conditions d'accès au droit d'asile.
La dissimulation doit aujourd'hui être démontrée ; il y aura un renversement de la charge de la preuve, sauf pour l'intéressé à démontrer l'existence d'un motif légitime.
Mme la présidente. - Amendement identique n°233, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Mireille Schurch. - La procédure prioritaire de plus en plus utilisée présente un intérêt budgétaire pour le Gouvernement, d'où le risque de dérive.
Ce dispositif exposera le demandeur à un contrôle, après avoir subi des mauvais traitements dans son pays d'origine. La crainte compréhensible inspirée par toute forme d'autorité peut expliquer la dissimulation, par exemple, de la nationalité, voire de son identité.
A l'amendement n°236, nous demandons la suppression de la suspicion de recours abusif.
Mme la présidente. - Amendement identique n°461, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Jean-Pierre Sueur. - Le respect du droit d'asile fait partie de l'identité française. Or, l'article 75 favorise le recours à la procédure prioritaire. Que cette procédure ait été acceptée par le Conseil constitutionnel ne l'empêche pas d'être expéditive.
Au demeurant, le Conseil ne s'est pas prononcé sur la conformité de la procédure à l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme. La Cour de cassation vient de lui transmettre une question prioritaire de constitutionnalité...
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - Pas sur ce sujet !
M. Jean-Pierre Sueur. - Certains demandeurs, par peur des représailles des passeurs, refusent de révéler leur identité. Il faut leur laisser la possibilité d'introduire un recours suspensif, conformément à la règle générale du droit.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable : la notion de « fraude délibérée » existe déjà dans le code. L'article tend à réprimer des pratiques déjà sanctionnées par le juge administratif. L'article 75 unifiera ainsi la pratique des préfectures.
Enfin, les motifs légitimes de dissimulation sont pris en compte dans la rédaction de la commission.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - L'application de l'article 75 est encadrée. Une procédure expéditive ? Non : il s'agit seulement de laisser plus de temps pour examiner les demandes qui ne sont pas abusives.
M. Jean-Pierre Sueur. - En ce jour où de nombreux magistrats sont inquiets...
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - Ça y est !
M. Jean-Pierre Sueur. - ...la réponse de Mme la ministre revient à dire que l'on peut savoir a priori qu'une demande est abusive.
Mme Catherine Procaccia. - Tout le monde le sait !
M. Jean-Pierre Sueur. - Cela revient à juger avant d'avoir examiné l'affaire. Or, l'objet de la procédure est précisément de savoir si la demande est abusive ou pas ! (Applaudissements sur les bancs socialistes)
Les amendements nos85 rectifié, 233 et 461 ne sont pas adoptés.
Mme la présidente. - Amendement n°482 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Les articles L. 741-4, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-5, L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont abrogés.
M. Jean-Pierre Sueur. - Le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État ont consacré le principe de l'admission au séjour des demandeurs d'asile jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
Depuis 1993, quatre exceptions à ce principe figurent à l'article L. 714-4 du Ceseda, exposant les personnes concernées à la procédure dite « prioritaire », sans effet suspensif au recours devant la CNDA. En 2010, un quart des demandes ont été traitées selon cette procédure. C'est pourquoi nous voulons supprimer les quatre exceptions.
Mme la présidente. - Amendement n°234, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 741-4 du même code est abrogé.
Mme Mireille Schurch. - La procédure prioritaire ne garantit pas suffisamment les droits des demandeurs d'asile.
La Cour européenne des droits de l'homme est actuellement saisie de sept recours.
Le Comité des droits de l'homme a estimé, en 2008, que l'éventuel renvoi d'un demandeur d'asile soit décidé à la suite d'une procédure équitable, comportant une possibilité de recours suspensif.
Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a estimé, en 2006, que la procédure prioritaire ne laissait au demandeur qu'une « chance infime » de gagner. L'Agence pour les réfugiés, de l'ONU, a formulé aussi des critiques. Enfin, la Cour de cassation vient de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité sur ce sujet.
Mme la présidente. - Amendement n°459 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
I. - L'article L. 741-4 du même code est ainsi rédigé :
« Art. L. 741-4. - Sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, l'admission au séjour en France d'un étranger qui demande à bénéficier de l'asile ne peut être refusée que si l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre État en application des dispositions du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, ou d'engagements identiques à ceux prévus par ledit règlement avec d'autres États.
« Les dispositions du présent article ne font pas obstacles au droit souverain de l'État d'accorder l'asile à toute personne qui se trouverait dans ce cas. »
II. - L'article L. 742-2 du même code est ainsi rédigé :
« Art. L. 742-2. - Lorsqu'il apparaît, postérieurement à son admission au titre de l'asile, que l'étranger se trouve dans le cas prévu à l'article L. 741-4, le document provisoire de séjour peut être retiré ou son renouvellement refusé. »
III. - L'article L. 742-4 du même code est ainsi rédigé :
« Art. L. 742-4. - Dans le cas où l'admission au séjour a été refusée pour le motif mentionné à l'article L. 741-1, l'intéressé n'est pas recevable à saisir la Cour nationale du droit d'asile. »
IV. - Au second alinéa de l'article L. 723-1 du même code, après les mots : « a été refusé ou retiré pour », la fin de cet alinéa est ainsi rédigée : « le motif mentionné à l'article L. 741-4, ou qui se sont vu refuser pour ce motif le renouvellement de ce document. »
M. Ronan Kerdraon. - Les quatre exceptions n'ont cessé de prendre de l'ampleur, au point de s'appliquer à un quart des demandes d'asile en 2010.
Dans ce cadre, le demandeur ne bénéficie pas de réels droits ; il peut être expulsé, faute de recours suspensif. Nous demandons qu'on ne traite ainsi que les personnes relevant du règlement Dublin 2.
Mme la présidente. - Amendement n°235 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 741-4 du même code est ainsi rédigé :
« Art. L. 741-4. - Sous réserve du respect les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, l'admission au séjour en France d'un étranger qui demande à bénéficier de l'asile ne peut être refusée que si l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre État. »
Mme Mireille Schurch. - Cet amendement reprend le règlement de 2003 établissant les critères et les mécanismes de détermination de l'État membre responsable d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers. Mme la présidente. - Amendement n°86 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
Le 4° de l'article L. 741--4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est abrogé.
M. Jacques Mézard. - Les quatre exceptions introduites en 1993 sont incompatibles avec le droit à un recours effectif. De surcroît, leur application est hétérogène sur le territoire.
Mme la présidente. - Amendement identique n°236 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Déjà défendu.
M. le président. - Amendement identique n°460, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - Avec cet amendement, les motifs de « fraude délibérée » ou de « recours abusif » ou de « demande d'asile présentée en vue de faire échec à une mesure d'éloignement » ne seraient plus invocables pour refuser l'admission en France d'un étranger au titre de l'asile.
Dans une situation d'extrême vulnérabilité et de fragilité psychologique, le demandeur qui a subi des traitements inhumains peut ne pas vouloir révéler certains éléments, son identité par exemple.
L'article L. 741-4 du même code est ainsi modifié :
1° La deuxième phrase du 2° est ainsi rédigée :
« Un pays est considéré comme tel lorsque, sur la base de la situation légale, de l'application du droit dans le cadre d'un régime démocratique et des circonstances politiques générales, il peut être démontré que, d'une manière générale et uniformément, il n'y est jamais recouru à la persécution, ni à la torture ni à des peines ou à des traitements inhumains ou dégradants et qu'il n'y a pas de menace en raison de violences dans des situations de conflit armé international ou interne. »
« Toutefois, ne peut être considérée comme un recours abusif ou frauduleux, la demande d'asile présentée par un étranger qui invoque des circonstances susceptibles de lui permettre de se voir reconnaître, le cas échéant, la qualité de réfugié ou la protection subsidiaire. »
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Amendement de repli : à défaut de supprimer l'article 75, nous proposons d'en modifier la rédaction.
Il s'agit ici d'introduire dans la loi les critères de l'annexe II de la directive de 2005 pour fixer la liste des pays d'origine sûrs qui devait être transposée avant le 1er décembre 2007. La définition donnée par la loi ne prend pas en compte certains éléments, comme l'existence d'un conflit armé ou d'une guerre civile. Conformément à la jurisprudence du Conseil d'État, il s'agit de circonscrire l'application de la notion de recours frauduleux ou abusif aux seules demandes manifestement dilatoires. Si l'intéressé invoque les éléments permettant de le rattacher à une demande d'asile, il doit être admis au séjour.
M. le président. - Amendement identique n°238 rectifié bis, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Même objet.
M. le président. - Amendement n°237 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
1° Après le mot : « office », la fin de la première phrase du deuxième alinéa de l'article L. 722-1 est supprimée ;
2° A la première phrase du 2° de l'article L. 741-4, après le mot : « susmentionnée », la fin de la phrase est supprimée.
Mme Éliane Assassi. - Autre proposition : supprimer la liste des pays d'origine sûrs car la présence d'un État sur cette liste exclut ses ressortissants d'un certain nombre de droits et, surtout, elle autorise leur renvoi dans leur pays avant même que la CNDA ait statué sur leur requête. La décision du Conseil d'État du 23 juillet 2010 -qui a conduit au retrait de cette liste de l'Arménie, de Madagascar, de la Turquie et, pour les ressortissants de sexe féminin, du Mali- montre toute la difficulté d'établir la liste. Aucun accord communautaire n'a été possible.
La liste est contraire au principe de non-discrimination en raison du pays d'origine qui permet de tirer d'une situation générale prévalant dans un État des conséquences qui s'imposent pour des situations éminemment individuelles.
M. le président. - Amendement identique n°477 rectifié bis, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Ronan Kerdraon. - Depuis 2003, le préfet peut refuser l'entrée de personnes provenant de pays dits « sûrs ».
Au sens du 2° de l'article L. 741-4 du Ceseda, un pays est considéré comme sûr « s'il veille au respect des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales ».
La décision du Conseil d'État du 23 juillet 2010 a conduit au retrait de cette liste de l'Arménie, de Madagascar, de la Turquie et des ressortissantes du Mali, en raison de l'excision.
Comment considérer comme « sûrs » des pays appliquant la peine de mort ?
Les demandeurs concernés ne peuvent présenter de recours suspensif contre un refus de l'Ofpra.
On comprend l'intérêt pour le Gouvernement de recourir à la procédure prioritaire pour accélérer les reconduites à la frontière. Nous condamnons ce zèle et cette hypocrisie honteuse qui prive les étrangers de leurs droits.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable à l'amendement n°482 rectifié, ainsi qu'aux amendements nos234, 459 rectifié, 235 rectifié. Il en va de même pour les amendements identiques nos86 rectifié, 236 rectifié et 460, afin d'éviter l'usage de procédures dilatoires.
La commission accepte le premier alinéa des amendements nos238 rectifié bis et 16, qui introduit dans notre droit la définition de « pays sûrs » d'une manière qui permet de prendre en compte l'excision et les mariages forcés. La suite de ces amendements pourrait favoriser des procédures dilatoires. La procédure prioritaire n'empêche pas que l'Ofpra entende le demandeur, qui ne pourrait être expulsé avant la décision de l'Ofpra.
Si l'on adoptait le premier alinéa de ces amendements, il viendrait compléter l'article 75, sans s'y substituer.
La commission est défavorable aux amendements identiques nos237 rectifié et 477 rectifié bis. La notion de « pays d'origine sûrs » est communautaire, depuis le traité d'Amsterdam. L'article 23 de la directive de décembre 2005 permet l'examen des demandeurs venant de ces pays. En tout état de cause, l'Ofpra doit se prononcer. La liste des pays sûrs est établie sous le contrôle du juge administratif. Toutes les garanties sont apportées.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Le Gouvernement est défavorable aux amendements nos482 rectifié, 234, 459 rectifié et 235 rectifié, qui suppriment la procédure prioritaire.
Il n'y a pas lieu de modifier la notion de pays d'origine sûrs : défavorable aux amendements identiques nos86 rectifié, 236 rectifié et 460 ainsi qu'aux amendements nos238 rectifié bis, 16 et aux amendements identiques nos237 rectifié et 477 rectifié bis. Les dispositions en cause sont conformes à la jurisprudence du Conseil constitutionnel comme au droit communautaire.
Les amendements nos482 rectifié, 234, 459 rectifié et 235 rectifié bis ne sont pas adoptés. Les amendements identiques nos86 rectifié, 236 rectifié et 460 ne sont pas adoptés.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Le deuxième paragraphe de l'amendement n°238 rectifié bis, qui concerne le quatrième alinéa de l'article, nous paraît important. Je regrette que notre beau pays de France apporte pareille restriction à l'accueil d'étrangers. Nous avons accueilli nombre d'artistes américains au temps du maccarthysme. Quand Victor Hugo s'est exilé à Jersey, la Grande-Bretagne ne tenait-elle la France de Napoléon III pour un pays « sûr » ? Pensez aussi aux avocats tunisiens qui ne pouvaient exercer leur profession en un temps où la France tenait la Tunisie pour un pays « sûr ». Tous ceux qui, dans leur pays, sont empêchés d'exercer leur métier doivent voir leur cas examiné.
Les Européens, d'ailleurs, ne parviennent pas à s'accorder sur une liste de pays « sûrs ».
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - les amendements du groupe CRC-SPG conduisent en réalité à détruire la procédure prioritaire... C'est bien pour cela que nous demandons un vote par division.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Il est déjà intéressant que la commission accepte le premier alinéa de notre amendement... Mme Catherine Procaccia. - Voilà une femme pratique !
La première partie des amendements identiques nos238 rectifié bis et 16 est adoptée.
La deuxième partie de ces amendements n'est pas adoptée.
Les amendements identiques nos237 rectifié et 447 rectifié bis tombent.
L'article n°75, modifié, est adopté.
M. le président. - Amendement n°5, présenté par MM. Kergueris et Duvernois.
M. Louis Duvernois. - Alors que la loi relative à l'action extérieure de l'État, adoptée en juillet 2010 dans un climat consensuel, a prévu une double tutelle du ministre des affaires étrangères et du ministre chargé de l'enseignement supérieur sur le nouvel établissement public CampusFrance, cet article, issu d'un amendement adopté par l'Assemblée nationale, ajoute la tutelle du ministre chargé de l'immigration.
Or, la multiplicité des tutelles est à proscrire pour simplifier les relations de l'établissement public avec l'État et renforcer son pilotage stratégique. Si le ministère de l'intérieur est compétent en matière de visa et de séjour, une proportion importante des étudiants étrangers en France, notamment ceux originaires de l'espace Schengen, échappent à la procédure des visas.
M. le président. - Amendement identique n°92, présenté par MM. Arthuis et Gouteyron.
M. Jean Arthuis. - M. Gouteyron et moi-même nous sommes interrogés : cet article, à la limite du cavalier, est-il bien opportun ?
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - C'est à coup sûr un cavalier !
M. Jean Arthuis. - Notre amendement tire les conséquences de l'enquête que la commission des finances avait sollicitée de la Cour des comptes en octobre dernier sur l'association Égide, une des structures dont est issu CampusFrance ; les conclusions en étaient claires : il faut en rester à la double tutelle.
M. le président. - Amendement identique n°464, présenté par Mme Cerisier-ben Guiga et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
M. Richard Yung. - Cet article contredit une disposition adoptée le 27 juillet 2010. C'est dire la mauvaise organisation du travail gouvernemental...
M. Jean Arthuis. - Et l'instabilité législative...
M. Richard Yung. - Une tutelle, ça va. Deux, c'est difficile. Alors trois...
M. Christian Cointat. - Bonjour les dégâts !
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Favorable. (On s'en félicite sur divers bancs)
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Cet article est issu d'un amendement défendu par M. Warsmann, qui a considéré que la politique d'entrée et de séjour des étudiants étrangers relevait du ministère de l'immigration... Sagesse, cependant. (Marques de satisfaction à droite)
M. Christian Cointat. - Évitons de multiplier les tutelles ! A diluer ainsi les responsabilités, on accroit les blocages.
Les amendements identiques nos5, 92 et 464 sont adoptés.
L'article 75 bis A est supprimé.
M. Richard Yung. - Je déplore une nouvelle fois la remise en cause de l'AME. La création d'un droit d'entrée annuel est injuste, dangereuse et contreproductive, tant en termes médicaux que financiers. Censée rapporter six millions par an, cette restriction dans l'accès aux soins risque d'avoir des effets pervers, sur lesquels l'IGF et l'Igas ont attiré l'attention ; selon elles, si 10 % des étrangers concernés retardent leur prise en charge, le recours plus tardif aux soins risque d'entraîner des dépenses supplémentaires de 20 millions.
Je regrette que la commission des finances ait déclaré irrecevable notre amendement n°465.
M. le président. - Amendement n°240, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - Cet article inutile est fondé sur un soupçon envers les étrangers. Le système de guichet unique pour le dépôt des demandes d'AME va restreindre l'accès à celle-ci. L'Igas ayant relevé une forte augmentation de l'AME en 2009, le Gouvernement entend faire des économies. C'est aussi le sens du droit d'entrée créé par la loi de finances pour 2011.
L'amendement n°240, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°87 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Cet amendement de suppression est aussi un moyen de dénoncer l'usage massif de la vidéoconférence en matière judiciaire et, plus généralement, le recours aux moyens de communication audiovisuelle, qui semblent la panacée pour « moderniser » le procès. Le principe même du procès équitable est compromis. Je vous renvoie à la proposition de loi Escoffier-Détraigne.
Avec cet article est posée la question de l'équilibre de la procédure et des garanties des droits de la défense. Initialement réservé à l'outremer, le dispositif a été étendu sur proposition du Gouvernement à l'ensemble du territoire. Il est vrai que la commission des lois a apporté des garanties importantes mais on ne sait pas les conséquences qu'elles auront en pratique. L'arrêt de la CEDH du 5 octobre 2006 relève que si la participation d'un accusé au débat par visioconférence n'est pas contraire à la Convention, il appartient à la Cour de s'assurer que son application dans chaque cas poursuit un but légitime. Le contact physique entre le juge et les parties est un élément essentiel du procès équitable et de la plénitude des droits de la défense. Le recours à la visioconférence doit être exceptionnel et motivé.
M. le président. - Amendement identique n°241, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Marie-Agnès Labarre. - Le recours à la vidéoconférence, initialement prévu pour l'outre-mer, est étendu à tout le territoire. Ce procédé ne donne pas tous moyens à la défense. Il est très regrettable que les missions foraines de la CNDA soient appelées à disparaître. Une véritable audience, un véritable dialogue sont des garanties essentielles. J'ajoute que le Conseil constitutionnel a jugé, en novembre 2003, que le recours à la vidéoconférence devait être subordonné au consentement de l'étranger ; ce ne sera plus le cas outre-mer.
M. le président. - Amendement identique n°466, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Bariza Khiari. - Je n'ai rien à ajouter.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - La commission accepte le large recours à la vidéoconférence, qui rendra la CNDA accessible à ceux qui ne résident pas en région parisienne. Nous avons ajouté un certain nombre de garanties, comme la convocation de droit si l'intéressé refuse la vidéoconférence. Avis défavorable donc.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Même analyse et même avis. Les amendements identiques nos87 rectifié, 241 et 466 ne sont pas adoptés. M. le président. - Amendement n°467, présenté par M. Antoinette et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Si l'intéressé est assisté d'un conseil et, le cas échéant, d'un interprète, ces derniers sont physiquement présents auprès de lui ou bien dans les locaux de la Cour nationale du droit d'asile selon le choix de l'intéressé.
Remplacer les mots : d'audience ou
Mme Bariza Khiari. - Vous considérez que la qualité de la justice passe davantage par sa rapidité que par l'écoute des demandeurs. Tel n'est pas notre avis. Nous souhaitons donc renforcer les garanties accordées aux demandeurs d'asile devant la CNDA, s'agissant de la place des auxiliaires de justice, avocats et interprètes et du compte rendu des audiences. M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable. La présence d'un interprète auprès de l'étranger est déjà prévue en cas de vidéoconférence. Il n'est pas utile en outre d'établir à la fois un procès-verbal et un enregistrement sonore ou audiovisuel -en matière pénale, il n'y a pas les deux !
L'amendement n°467 n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°244, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-CRC.
Après l'article 75 ter, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
À la dernière phrase de l'article L. 551-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le mot : « cinq » est remplacé par le mot : « dix ».
Mme Josiane Mathon-Poinat. - A son arrivée en centre de rétention, l'étranger est informé des droits qu'il peut exercer. Une fois cette notification faite, il dispose de cinq jours pour demander l'asile. Formulée plus tard, la demande n'est plus recevable. Au regard du trop faible nombre d'agents et d'interprètes dans les centres de rétention et de la situation de détresse des intéressés, ce délai est trop court.
M. le président. - Amendement identique n°469, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Il convient d'allonger à dix jours la période durant laquelle une demande d'asile peut être formulée par un étranger placé en centre de rétention. La Cimade considère le droit d'asile comme quasiment virtuel aujourd'hui. Comment rédiger une demande de 16 pages en français, sans interprète ? Dans certains centres, la possession d'un stylo est même interdite... Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe s'est ému d'une procédure en centre de rétention qu'il juge « expéditive » et présumant que toute demande d'asile est abusive.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Défavorable : le délai actuel suffit, notamment pour que l'étranger rencontre une association.
Les amendements identiques nos244 et 469 ne sont pas adoptés.
M. le président. - Amendement n°247, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Après l'article L. 553-6 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, il est inséré un article L. 553-7 ainsi rédigé :
« Art. L. 553-7. - L'administration tient à jour et publie l'inventaire des locaux de rétention administrative prévus à l'article R. 551-3. »
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Il n'existe pas, à ce jour, de liste exhaustive des locaux de rétention administrative (LRA) sur le territoire français. L'actuelle absence de transparence rend impossible l'intervention des associations et empêche tout contrôle. M. le président. - Amendement identique n°474, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Dans ses recommandations du 17 novembre 2008 relatives au LRA de Choisy-le-Roi, le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait dénoncé « des conditions attentatoires à la dignité humaine qu'aucune condition de sécurité ne saurait justifier ». Loin d'être un feu de paille, cette problématique ne cesse de résonner. L'opacité est le fait de ceux qui ont quelque chose à cacher.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis du Gouvernement.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Les locaux de rétention sont crées soit à titre permanent soit pour une durée définie par arrêté préfectoral. Une copie de l'arrêté est transmise sans délai aux autorités compétentes ; ces lieux sont accessibles, comme les centres de rétention permanents, à l'autorité judiciaire, au contrôleur général, aux parlementaires et à des associations humanitaires. Le contrôle des conditions de vie y est exercé de façon satisfaisante. Avis défavorable.
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - Ces amendements contiennent une bizarrerie rédhibitoire : un article de loi ne peut porter sur un article réglementaire.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - C'est un prétexte ! Répondez sur le fond. Nous sommes rarement appelés à visiter des locaux de rétention, dont nous ignorions parfois jusqu'à l'existence. Pourquoi craindre la transparence ? (« Très bien ! » à gauche)
Les amendements identiques nos247 et 474 ne sont pas adoptés.
M. le président. - Amendement n°242, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 723-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Toutefois, l'office peut, au vu des éléments présentés à l'appui de la demande d'asile, décider que l'instruction de la demande se fera selon la procédure normale. Dans ce cas, l'office informe l'étranger et l'autorité administrative compétente qui lui délivre le titre provisoire de séjour prévu à l'article L. 742-1. »
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Quand le préfet refuse le séjour à un demandeur d'asile, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides est tenu d'examiner sa demande en procédure prioritaire, ce qui ne lui laisse pas un temps suffisant pour statuer sur une demande d'asile présentant une situation complexe qui nécessite une instruction particulière. C'est notamment le cas pour les demandes d'asile originaires des pays considérés comme sûrs ou pour ceux qui sont placés en rétention. Notre amendement crée la possibilité pour l'Ofpra de décider de remettre en procédure normale une demande d'asile afin de disposer du temps utile à l'instruction.
M. le président. - Amendement identique n°471, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Patricia Schillinger. - Les demandeurs d'asile sont en principe admis au séjour jusqu'à la prise d'une décision mais trois exceptions permettent au préfet de refuser ce séjour. En pareil cas, la procédure dite « prioritaire » s'appliquera, pendant laquelle tous les droits économiques et sociaux seront refusés aux demandeurs.
Nous proposons que l'Ofpra puisse décider d'instruire la demande selon la procédure normale.
L'admission au séjour relève non de l'Ofpra mais du préfet, dont la décision est prise sous le contrôle du juge administratif.
Les amendements identiques nos242 et 471, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
M. le président. - Amendement n°470, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Le quatrième alinéa (c) de l'article L. 723-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est supprimé.
Mme Patricia Schillinger. - Les demandeurs d'asile sont auditionnés par l'Ofpra sauf les quatre exceptions inscrites à l'article L. 723-3 du Ceséda. S'il parait justifié que l'étranger ne soit pas convoqué à une audition du fait de son état de santé ou si l'office « s'apprête à prendre une décision positive à partir des éléments en sa possession », l'étranger devrait pouvoir bénéficier d'un entretien dans les autres cas. En effet, les éléments écrits transmis à l'Ofpra, souvent dans des conditions difficiles notamment pour leur rédaction, ne peuvent remplacer un entretien individuel. Par conséquent, il convient de supprimer la disposition qui exclut de l'entretien individuel les étrangers qui déposent une demande écrite apparaissant non fondée à ce stade de la procédure.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable. Le taux de convocation atteint 97 % en première demande. L'amendement n°470, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°250, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le titre provisoire de séjour autorise à travailler selon les conditions fixées par décret en Conseil d'État. »
Mme Josiane Mathon-Poinat. - Nous voulons ouvrir le droit au travail aux demandeurs d'asile pour favoriser leur intégration et leur suivi.
M. le président. - Amendement identique n°476, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Patricia Schillinger. - La rédaction actuelle de l'article L. 742-1 n'autorise que l'attribution éventuelle d'une autorisation de travail.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Le Gouvernement n'y est pas favorable : le demandeur peut solliciter une autorisation provisoire lorsque l'Ofpra n'a pas statué après un an d'instruction ou en cas de recours contre un refus.
L'attribution systématique de l'autorisation créerait une déception en cas de refus ; elle favoriserait les demandes fondées sur l'existence d'un emploi.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - Les demandeurs ont besoin de travailler pour vivre ! Vous encouragez le travail au noir !
Les amendements identiques nos250 et 476 ne sont pas adoptés.
L'article 75 quater A est adopté.
M. le président. - Amendement n°232 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Après l'article 75 quater A, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
1° Aux premier et septième alinéas, les mots : « quarante-huit heures » sont remplacés par les mots : « deux jours ouvrés ».
3° Les deuxième et troisième phrases du sixième alinéa sont supprimées.
4° À la première phrase du neuvième alinéa, les mots : « de quinze jours » sont remplacés par les mots : « d'un mois ».
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - La France a été condamnée en raison de l'absence de recours suspensif contre le refus d'admission. D'où une modification a minima introduite par la loi de 2007, qui reste éloignée de la Convention européenne des droits de l'homme. Le droit au recours doit être effectif !
Nous demandons que le délai de recours soit porté à deux jours ouvrables, contre 48 heures aujourd'hui. En outre, l'appel suspensif doit pouvoir être présenté après un mois, au lieu de quinze jours aujourd'hui.
L'amendement n°232 rectifié, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°462 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
1° L'article L. 742-3 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« En conséquence, aucune mesure d'éloignement mentionnée au livre V du présent code ne peut être mise à exécution avant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. » ;
2° Les articles L. 742-5 et L. 742-6 sont abrogés ;
3° Le second alinéa de l'article L. 731-2 est complété par les mots : « ou, si le requérant est maintenu en rétention, au plus tard le dix-huitième jour qui suit cette notification » ;
4° Après l'article L. 733-2, il est inséré un article L. 733-3 ainsi rédigé :
« Art. L. 733-3. - Le président et les présidents de section examinent par priorité, sans respecter l'ordre chronologique d'enregistrement des recours, les requêtes déposées par les requérants dans le cadre de la procédure décrite à l'article L. 731-2. » ;
5° Après l'article L. 554-3, il est inséré un article L. 554-4 ainsi rédigé :
« Art. L. 554-4. - Il est mis fin au maintien de l'étranger en rétention lorsque la demande d'asile présentée par celui-ci a été rejetée et qu'il a exercé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile dans les conditions prévues à l'article L. 731-2.
« Dans ce cas, l'autorité administrative peut décider de l'assigner à résidence dans les conditions prévues à l'article L. 552-5. »
Mme Raymonde Le Texier. - La procédure accélérée méprise le droit à un recours suspensif.
M. le président. - Amendement n°249 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est ainsi rédigé :
« L. 742-3. - L'étranger admis à séjourner en France bénéficie du droit de s'y maintenir et ne peut faire l'objet d'aucune mesure d'éloignement jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection de réfugiés et des apatrides ou, si un recours a été formé, jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. »
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Nous abordons les mesures d'éloignement à l'encontre des demandeurs d'asile déboutés. Plusieurs conventions, notamment celle de 1951 relative au statut des réfugiés ainsi que la Convention européenne des droits de l'homme, justifient cet amendement.
M. le président. - Amendement n°245 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« En conséquence, aucune mesure d'éloignement mentionnée au livre V du présent code ne peut être mise à exécution avant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile si un recours a été formé auprès de celle-ci. »
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - L'article 13 de la Convention européenne des droits de l'homme impose un recours suspensif, comme la CEDH l'a rappelé à la France en 2007 dans l'affaire Gebremedhin.
M. le président. - Amendement identique n°473 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Mme Raymonde Le Texier. - Le droit à un recours effectif ne garantit pas l'article 13 de la Convention européenne des droits de l'homme est dénié aux demandeurs d'asile placés en procédure prioritaire.
Il est donc essentiel que tous les demandeurs d'asile puissent interjeter un recours suspensif devant la CNDA car celle-ci, contrairement au juge administratif, est spécialisée pour traiter des questions d'asile.
La CNDA annule un très grand nombre de décisions de l'Ofpra, ce qui signifie qu'en l'absence de ce recours, des personnes déboutées par l'Ofpra auraient donc pu être renvoyées dans leur pays d'origine alors qu'il a ensuite été reconnu par la CNDA qu'elles y étaient en danger. Ne renvoyons pas pour des raisons d'économie des personnes qui risquent la torture ou la mort ! Nous vous demandons de consacrer le caractère suspensif de toute mesure d'éloignement du recours formé devant la CNDA.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Depuis la loi de 2008, un demandeur ne peut être refoulé sans que le juge administratif se soit prononcé sur le caractère manifestement infondé de la demande d'asile. Malgré la validation du Conseil constitutionnel, les préfectures s'abstiennent en général de reconduire à la frontière les personnes ayant introduit un recours devant la CNDA contre un refus de l'Ofpra. Nous demandons donc l'avis du Gouvernement sur l'amendement n°462 rectifié.
La commission est défavorable aux amendements nos249 rectifié, 245 rectifié et 473 rectifié.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - La procédure prioritaire n'est pas arbitraire. Son dispositif a été validé par le Conseil constitutionnel ; de surcroît, l'étranger dispose d'un recours suspensif contre la décision d'éloignement. Avis défavorable à tous les amendements.
Mme Alima Boumediene-Thiery. - La reconduite à la frontière présente un caractère irréparable. Toutes les procédures engagées doivent donc être menées jusqu'à leur terme pour préserver les droits de la défense.
La procédure « prioritaire » est arbitraire puisqu'elle est engagée avant toute instruction ! Enfin, le dispositif a motivé la condamnation de la France.
L'amendement no462 rectifié n'est pas adopté.
L'amendement no249 rectifié n'est pas adopté, non plus que les amendements identiques nos245 rectifié et 473 rectifié.
M. le président. - Amendement n°251, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Éliane Assassi. - Il s'agit d'un cavalier législatif dû à des amalgames incessants et fantasmatiques sur l'immigration.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Cet article a été introduit par amendement de l'Assemblée nationale. Le Gouvernement est favorable à son intention mais les pouvoirs actuels du maire suffisent à faire respecter les symboles républicains. Sagesse.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis favorable à l'amendement.
M. Richard Yung. - L'article me laisse rêveur : le maire dispose déjà de tous les pouvoirs de police utiles, surtout à l'intérieur de la mairie. C'est de la stigmatisation pure et simple, une mesure d'affichage ! Nous voterons la suppression de cet article ridicule et inutile.
L'amendement n°251 est adopté et l'article 75 quater est supprimé.
M. le président. - Amendement n°483, présenté par M. Antoinette et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Après l'article 75 quater, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Après le deuxième alinéa de l'article L. 2334-2 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Cette population est également la population totale majorée de la population estimée selon les indicateurs prévus au treizième de l'article L. 111-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. »
Mme Bariza Khiari. - Cet amendement, présenté par nos collègues de l'outre-mer, propose de revoir la population prise en compte pour la dotation globale de fonctionnement attribuée aux communes.
Par nature, l'immigration irrégulière échappe au recensement, alors que la présence massive d'immigrés induit des charges considérables pour les communes, qu'il s'agisse de la sécurité ou de l'enseignement : 75 % des élèves scolarisés dans les communes guyanaises frontalières du Surinam sont issus de l'immigration clandestine ! L'Insee peut procéder à un recensement complémentaire.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Bien qu'il soit défavorable à l'amendement, le Gouvernement prend en compte les spécificités guyanaises, notamment via l'attribution de cinq millions, s'ajoutant à l'aide exceptionnelle d'investissement.
M. Alain Gournac. - Le Gouvernement a du coeur !
M. Jean-Pierre Sueur. - Selon les études les plus sérieuses, près de 300 000 personnes séjournent de façon irrégulière en France. Mais cette population n'est pas répartie de façon homogène. Le cas de la Guyane est exemplaire : certaines communes sont en très grande difficulté financière.
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - Pas seulement à cause des étrangers.
M. Jean-Pierre Sueur. - Leur situation n'est pas sans analogie avec ce qui se passe en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, dans le Pas-de-Calais ou dans le sud du pays. M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - ça n'a rien à voir !
M. Jean-Pierre Sueur. - Ces données ne sont pas prises en compte dans le calcul de la DGF, laquelle n'est guère péréquatrice.
M. Jean-Pierre Sueur. - Certes, mais la DGF est très inégalitaire.
M. Jean-Pierre Sueur. - Ne pas prendre en compte la population étrangère renforce le caractère injuste de la DGF : nous voterons donc l'amendement.
L'amendement n°483 n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°246 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Un rapport est remis annuellement au Parlement par le Gouvernement sur les locaux de rétention administrative et notamment le nombre de personnes retenues et leur durée de rétention ainsi que les conditions de rétention.
Mme Éliane Assassi. - Remettre au Parlement un rapport annuel sur l'état des locaux de rétention et les conditions de séjour est un minimum.
Après avoir visité les locaux de rétention de Choisy-le-Roi, le contrôleur général des lieux de privation de liberté a constaté que les droits élémentaires n'y étaient pas respectés.
M. le président. - Amendement n°248 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Un rapport est remis annuellement au Parlement par le Gouvernement sur les conditions de privation de liberté en centre de rétention administrative et en zones d'attente, et, plus spécifiquement, sur la santé des retenus.
Mme Éliane Assassi. - Il s'agit cette fois des centres de rétention administrative et des zones d'attente.
En janvier 2009, le contrôleur général des lieux de privation de liberté a visité le centre de rétention de Bordeaux, dont il a dénoncé l'installation en sous-sol, dans des conditions peu respectueuses de la dignité humaine.
M. le président. - Amendement n°468 rectifié, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Un rapport est remis annuellement au Parlement par le Gouvernement sur les conditions de privation de liberté en centre de rétention administrative et en zone d'attente. Ce rapport mentionnera la liste des locaux de rétention administrative et fera état des conditions de rétention. Par ailleurs, une partie du rapport devra porter sur la santé des retenus. Mme Bariza Khiari. - Il a déjà été défendu.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Avis défavorable à ces rapports.
Les amendements nos246 rectifié, 248 rectifié et 468 rectifié, repoussés par le Gouvernement, ne sont pas adoptés.
Les amendements nos478 rectifié et 479 rectifié sont retirés.
M. le président. - Amendement n°252, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Mireille Schurch. - Amendement de coordination avec le refus du projet de loi en métropole.
Un droit dérogatoire s'applique déjà aux étrangers à Mayotte, en Guyane, Saint-Martin. Ce projet de loi pérennise ces régimes d'exception et préconise encore la demande d'asile outre-mer. Nous souhaitons donc supprimer tous les articles relatifs à l'outre-mer dans ce texte.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - La coordination opérée par l'article 76 A est indispensable.
L'amendement n°252, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
L'article 76 A est adopté.
M. le président. - Amendement n°254, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°254, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°255, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°255, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
L'article 76 bis est adopté.
M. le président. - Amendement n°256, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°256, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°257 rectifié, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Les articles L. 514-1, L. 514-2 et L. 532-1 du même code sont abrogés.
L'amendement de coordination n°257 rectifié, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°259, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°259, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°260, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°260, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
L'article 80 est adopté, ainsi que l'article 81.
M. le président. - Amendement n°262, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Cet article a été ajouté à l'Assemblée nationale à l'initiative du ministre de l'immigration de l'époque : il voulait éviter qu'un étranger demandant l'asile à Saint-Martin ou à Saint-Barthélemy puisse quitter ces territoires pour passer en Guadeloupe. L'autorisation de séjour devient ainsi une sorte d'assignation à résidence.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Cet article est indispensable, vu le statut particulier de ces deux collectivités.
L'amendement n°262, repoussé par le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°512, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
L'amendement rédactionnel n°512, accepté par le Gouvernement, est adopté, ainsi que l'article 82, modifié.
M. le président. - Amendement n°263, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
L'amendement de coordination n°263, repoussé par la commission et le Gouvernement, n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°513, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
les I et II de l'article L. 511-1
l'article L. 511-1 à l'exception du deuxième alinéa du III
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Correction d'une erreur.
L'amendement n°513, accepté par le Gouvernement, est adopté.
L'article 83, modifié, est adopté.
M. le président. - Amendement n°485 rectifié, présenté par M. Antoinette et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Au titre III du livre Ier du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est inséré un article L. 131-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 131-1. - Sauf si sa présence constitue une menace à l'ordre publique :
« 1° un résident de la ville d'Albina au Surinam n'est pas soumis aux obligations de l'article L. 211-1 pour entrer sur le territoire de la commune de Saint-Laurent ;
« 2° un résident de la ville d'Oiapoque de l'État de l'Amapa au Brésil n'est pas soumis aux obligations de l'article L. 211-1 pour entrer sur le territoire de la commune de Saint-Georges. »
M. Richard Yung. - Cet amendement intéressant aborde un véritable problème. Il vise à déroger à l'obligation d'obtenir un visa pour entrer sur le territoire français aux résidents d'une commune frontalière avec le territoire de Guyane.
Les résidents d'Albina, au Surinam, et d'Oiapoque, au Brésil, traversent régulièrement la frontière pour se rendre en Guyane. Leur situation irrégulière n'a pas d'effet pratique. Les habitants de ces villes frontalières devaient parcourir des centaines de kilomètres pour obtenir un visa. Mieux vaut mettre le droit en accord avec les faits.
La Commission européenne a dressé une liste des États dont les ressortissants ont besoin de visa, tout en autorisant les États membres à dispenser de cette procédure les personnes relevant d'une situation particulière.
J'observe que les Français n'ont pas besoin de visa pour se rendre au Brésil, dont le Gouvernement demande sans cesse la suppression des visas pour ses ressortissants allant en France.
Notre gouvernement conduit une politique active en direction du Brésil. (On évoque le Rafale à droite) Je vous invite à aller voir le Maroni.
Mme Catherine Procaccia. - Attention aux voyages à l'étranger !
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - A vos frais ! M. Richard Yung. - Alors que le pont franchissant le fleuve va bientôt être achevé, il est grand temps de régler ce problème.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre. - Le conseil interministériel pour l'outre-mer a déjà adopté 150 mesures dérogatoires favorisant l'intégration des DOM dans leur environnement. Dans les cas mentionnés, des négociations sont en cours. Avis défavorable.
M. le président. - Amendement n°484, présenté par M. Yung et les membres du groupe socialiste, apparentés et rattachés.
Les articles L. 514-1, L. 514-2 et L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont abrogés.
M. Richard Yung. - C'est notre dernier amendement ; nous avons un pincement au coeur !... (Sourires)
Il convient de rétablir le caractère suspensif des recours contre les arrêtés de reconduite à la frontière et les obligations de quitter le territoire en Guyane et à Saint-Martin, en Guadeloupe et à Saint-Barthélemy. L'existence d'un régime dérogatoire sur ces territoires est anormale. Aucune des procédures ordinaires de recours suspensif ne s'y applique.
Mme Lucienne Malovry. - Ces amendements sont peu cohérents avec le récent rapport de M. Antoinette sur l'immigration massive en Guyane.
M. le président. - Amendement n°88 rectifié, présenté par MM. Mézard et Collin, Mme Escoffier, MM. Baylet et Fortassin, Mme Laborde et MM. Milhau, Plancade, Tropeano, Vall et Vendasi.
M. Jacques Mézard. - Cet article, ajouté par le Gouvernement à l'Assemblée nationale, présente un inconvénient majeur, s'agissant des procédures attentatoires à la liberté. Le droit pénal est pourtant d'application stricte.
M. Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. - Il ne s'agit pas ici de droit pénal !
M. Jacques Mézard. - Les justiciables, quand une législation nouvelle est adoptée, doivent bénéficier des procédures les plus favorables.
M. le président. - Amendement identique n°264, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
Les amendements identiques nos88 rectifié et 264 sont adoptés.
L'article 84 a est adopté.
M. le président. - Amendement n°265, présenté par Mme Assassi et les membres du groupe CRC-SPG.
M. François-Noël Buffet, rapporteur. - Le délai de trois mois est raisonnable.
L'amendement n°265 n'est pas adopté.
M. le président. - Amendement n°514, présenté par M. Buffet, au nom de la commission.
L'amendement de coordination n°514, accepté par le Gouvernement, est adopté, ainsi que l'article 84, modifié.
M. Yves Détraigne. - Les députés ont adopté un texte excessif ; trois fois, notre groupe a dit unanimement son attachement à l'humanisme et aux libertés individuelles.
Quand on est Français, on l'est pleinement : la déchéance était inadmissible.
Sur les étrangers malades, nous approuvons que la commission ait refusé la rédaction de l'Assemblée nationale. L'article 37 était inacceptable, malgré l'éclatante éloquence de M. Longuet. La Constitution confie les libertés individuelles à la garde du juge judiciaire.
Le travail considérable de la commission a permis d'élaborer un texte nettement amélioré qui facilitera l'intégration et renforcera la lutte contre l'immigration illégale. L'Union centriste le votera. (Applaudissements sur les bancs de l'Union centriste et sur certains bancs UMP)
M. Richard Yung. - Le Sénat a travaillé, bien travaillé. A mon tour, je rends hommage au rapporteur pour son attitude ouverte.
Ce projet de loi va beaucoup plus loin que la simple transposition des trois directives. Il est assez logique dans le cadre de la politique que vous menez actuellement, malgré son échec puisque le nombre d'étrangers irréguliers reste stable. Votre seul souci, c'est qu'on parle, et reparle, au journal télévisé du discours de Grenoble.
Il y a eu des avancées sur trois dispositions centrales, qui ont changé la nature du texte. Puisse l'Assemblée nationale ne pas tout annuler !
Sur d'autres points, le projet de loi reste très négatif : il accumule les obstacles à l'obtention de la nationalité ; il donne une interprétation abusive de la notion communautaire de « risque de fuite » ; il rend possible ce que nous continuons à appeler une forme de bannissement ; il restreint les droits des ressortissants communautaires ; il allonge à 45 jours la durée de la rétention ; il entrave le travail du juge judiciaire avec la purge des nullités ; il organise une procédure « prioritaire » pour l'obtention du droit d'asile.
Tout cela fait un texte dangereux. Nous serons très attentifs à l'attitude de l'Assemblée nationale. Une demi-douzaine d'articles au moins sont susceptibles d'inconstitutionnalité. Nous ne voterons pas le texte. (Applaudissements à gauche)
M. Jacques Mézard. - Très majoritairement, le RDSE ne votera pas ce projet de loi, bien que le Sénat ait rejeté ses dispositions les plus choquantes. Notre rapporteur a formulé des observations objectives et j'ai relevé quelques avancées à propos de l'emploi des travailleurs sans papiers.
Ce texte prolonge le catastrophique débat sur l'identité nationale. C'est le cinquième après 2002, preuve que les précédents sont mauvais ou inappliqués -à moins que votre intention ne se réduise à des discours de rupture plutôt que de rassemblement et de confiance. Nous ne voterons pas. (Applaudissements à gauche)
Mme Éliane Assassi. - J'approuve les propos de M. Yung : nous avons effectivement bien travaillé.
Bien que certains articles particulièrement excessifs aient été rejetés, le projet de loi porte atteinte à la liberté et à la dignité d'êtres humains.
M. Mariani a osé dire que la culture de la xénophobie serait une pièce maîtresse de la prochaine campagne électorale... On fait des amalgames douteux entre intégration et assimilation, infraction et délinquance, on joue sur les mots, tout cela au nom de la transposition des directives : l'Europe a bon dos.
Cessez de brader ainsi l'identité de la France sous prétexte de la définir, en prenant l'Europe pour alibi.
Chaque fois que le Gouvernement se sent fragilisé, il tente de dévier la trajectoire de colère en jetant certaines catégories de personnes en pâture à l'opinion. Méfiez-vous ! Les juges préfèrent l'original à la copie !
Aimé Césaire disait que le raciste est quelqu'un qui se trompe de colère -je saisis l'occasion pour rendre hommage à Édouard Glissant- et vous détournez la colère contre les étrangers.
Nous sommes avant tout pour le respect de la dignité humaine. (Mme Bernadette Dupont et M. Alain Gournac s'exclament) Si vous avez quelque chose à dire, exprimez-vous, cela changera !
Mme Alima Boumediene-Thiery. - J'apporte tout mon soutien aux magistrats et aux forces de l'ordre, sur qui le président de la République tente de dévier la colère populaire. Les juges administratifs sont les premiers à dire que le recours au juge unique est une atteinte aux droits fondamentaux.
Comment pourrait-on accepter ce concept nauséabond de mariage « gris », qui fait porter une suspicion sur le conjoint étranger quand le Français est présumé de bonne foi ?
Enfermer pendant dix-huit mois des étrangers condamnés pour terrorisme, c'est le Guantanamo à la française, une double peine.
Le Cour européenne des droits de l'homme exige que les recours soient suspensifs ; vous le refusez.
Les Verts s'opposent fermement à ce projet de loi liberticide et discriminatoire. S'il devait être adopté, je compte sur le Conseil constitutionnel et la Cour des droits de l'homme. (Applaudissements à gauche)
M. Jacques Gautier. - Ce texte a simplement pour but de lutter contre les filières d'immigration, en constante évolution. La France a une longue tradition d'hospitalité, qui nous oblige à rester une terre d'intégration. Tout laxisme ne peut qu'engendrer le racisme. La France a le droit de choisir qui elle accepte sur son territoire.
Avec cette transposition de directives, nous participons à l'élaboration d'une politique européenne de l'immigration, grâce au travail minutieux de notre rapporteur, sous le regard attentif du président de la commission.
L'UMP votera ce texte en espérant que la navette le perfectionnera encore. (Applaudissements sur les bancs de l'UMP)
Mme Bariza Khiari. - Je remercie la commission des lois pour son travail et son attitude sur certains points particulièrement sensibles. Le juge de la liberté doit intervenir dans les plus brefs délais, même si la rétention n'est pas une disposition pénale. Nous souhaitons qu'il ne se trouvât pas ici de parlementaires pour voter l'article 3 bis ; il ne l'a pas été.
Ce mauvais texte a donc été amélioré, il n'en reste pas moins mauvais. Vous considérez que l'étranger est a priori un profiteur ; vous voulez restreindre l'aide à son seul aspect humanitaire, mais toute aide est humanitaire. Et que dire du mariage « gris » ? Comment un juge pourra-t-il entrer dans le tréfonds des coeurs ?
On se trompe parfois, a contrario, on change d'avis. Ce n'est pas pour autant que le mariage aurait justifié la suspicion et sept ans de prison. Quel pouvoir vous mettez ainsi dans les mains du conjoint français !
Je m'étonne qu'un grand nombre de textes importants passent en urgence, tandis que ceux sur l'immigration ou l'insécurité traînent en longueur. Veut-on vraiment distiller sans fin la peur de l'autre et de l'étranger ? Mieux vaudrait aborder vraiment les problèmes de fond, comme le chômage.
« L'immigré est le grand souffrant de notre siècle » disait Milan Kundera. (Applaudissements à gauche)
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. - Le Gouvernement aurait mieux fait de retirer ce projet, au lieu d'entretenir son discours sur les étrangers. Le président de la République a dû s'apercevoir que ce n'était pas tellement payant puisqu'il a supprimé le ministère de l'identité nationale. Mais non. Il a prononcé le discours de Grenoble, il s'en est pris comme on a vu aux Roms. Les paroles se lâchent. Un hebdomadaire a réveillé le « péril jaune » en titrant « La France envahie par les Chinois ». D'autres passent à l'acte : un camp de Roms a été attaqué à Marseille.
La peur, que vous attisez, est mauvaise conseillère, y compris en politique. Il serait plus raisonnable de tenter de rétablir la confiance. Vous auriez pu donner l'exemple en ratifiant la Convention internationale sur les migrants. Dans un monde ouvert, les migrations sont inévitables, tout comme les mouvements de capitaux. Mais vous voulez attiser les peurs.
La commission des lois a joué un rôle remarquable et la majorité des sénateurs ont refusé les plus excessifs des abus que contenait ce texte.
Ce projet n'en reste pas moins désastreux pour la vie réelle des migrants et pour leur situation en France. Espérons qu'au moins la majorité sénatoriale remportera l'adhésion de tout le Parlement.
M. Alain Gournac. - Aidez-nous !
M. Brice Hortefeux, ministre. - Le groupe CRC fait preuve de constance. Mme Khiari a tenu un discours caricatural. M. Yung n'a pas été très honnête en laissant entendre qu'il aurait peut-être voté ce projet de loi s'il s'était contenté de transposer des directives.
Mme Boumediene-Thiery au moins est totalement cohérente : elle veut que tout le monde puisse entrer chez nous comme bon lui semble. C'est moins hypocrite que le groupe socialiste dont le discours approuve la lutte contre l'immigration irrégulière alors qu'il vote contre tous les moyens de la combattre. (Protestations à gauche, applaudissements à droite)
Je remercie le groupe UMP de son soutien, ainsi que l'accord final de l'Union centriste.
Les électeurs doivent savoir que certains ici ne veulent pas que les terroristes soient mis en rétention. Des nuances se sont exprimées, je pense à la réforme du contentieux ou à la possibilité de retirer la nationalité aux assassins de policiers ou de gendarmes, dispositions voulues par le Gouvernement, l'Assemblée nationale et, ici, la majorité de la majorité.
M. Jean-Pierre Sueur. - C'est-à-dire la minorité !
M. Brice Hortefeux, ministre. - Le Gouvernement veillera à ce que la suite du débat parlementaire permette de mener à bien ces réformes nécessaires. (Applaudissements sur les bancs UMP)