Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-20120417-4711209
Timestamp: 2016-10-27 21:06:04+00:00
Document Index: 259114041

Matched Legal Cases: ["l'article 6", "l'article 13", 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 3', '§ 67', '§ 1', '§ 3', '§ 1', '§ 156', '§ 29', '§ 37', '§ 1', '§ 54']

AFFAIRE LAMBADARIS c. GRÈCE
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Type d'affaire : Arrêt (au principal et satisfaction équitable)Type de recours : Violation de l'article 6 - Droit à un procès équitable (Article 6 - Procédure pénale ; Article 6-1 - Délai raisonnable) ; Violation de l'article 13 - Droit à un recours effectif (Article 13 - Recours effectif)Numérotation : Numéro d'arrêt : 47112/09Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;2012-04-17;47112.09 Analyses : (Art. 13) DROIT A UN RECOURS EFFECTIF, (Art. 13) RECOURS EFFECTIF, (Art. 6) DROIT A UN PROCES EQUITABLE, (Art. 6) PROCEDURE PENALEParties : Demandeurs : LAMBADARISDéfendeurs : GRÈCETexte : PREMIÈRE SECTION
(Requête no 47112/09)
En l’affaire Lambadaris c. Grèce,
1. A l’origine de l’affaire se trouve une requête (no 47112/09) dirigée contre la République hellénique et dont un ressortissant de cet Etat, M. Petros Lambadaris (« le requérant »), a saisi la Cour le 7 août 2009 en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention »).
2. Le requérant est représenté par Me V. Chirdaris, avocat au barreau d’Athènes. Le gouvernement grec (« le Gouvernement ») est représenté par la déléguée de son agent, Mme F. Dedousi, assesseure auprès du Conseil juridique de l’Etat.
4. Le requérant est né en 1960 et réside à Athènes.
5. Le 26 mai 2003, des poursuites pénales furent engagées à son encontre pour blessures corporelles par négligence. L’audience en première instance, fixée initialement au 1er mars 2006, fut ajournée à quatre reprises, dont une à la demande du requérant.
6. Le 9 juin 2008, le tribunal correctionnel d’Athènes déclara le requérant coupable et le condamna à une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis (jugement no 41691/2008).
7. Le 18 juin 2008, le requérant interjeta appel.
8. Le 6 mars 2009, la cour d’appel d’Athènes réduisit la peine infligée au requérant à quarante jours d’emprisonnement avec sursis (arrêt no 1906/2009). Cet arrêt est devenu irrévocable.
10. Le Gouvernement n’a pas soumis d’observations.
11. La période à considérer a débuté le 26 mai 2003 avec les poursuites pénales engagées contre le requérant et s’est terminée le 6 mars 2009 avec l’arrêt no 1906/2009 de la cour d’appel d’Athènes. Elle a donc duré cinq ans et neuf mois environ pour deux degrés de juridiction.
12. La Cour constate que ce grief n’est pas manifestement mal fondé au sens de l’article 35 § 3 (a) de la Convention. Elle relève en outre qu’il ne se heurte à aucun autre motif d’irrecevabilité. Il convient donc de le déclarer recevable.
13. La Cour rappelle que le caractère raisonnable de la durée d’une procédure s’apprécie suivant les circonstances de la cause et eu égard aux critères consacrés par la jurisprudence de la Cour, en particulier la complexité de l’affaire, le comportement du requérant et celui des autorités compétentes (voir, parmi beaucoup d’autres, Pélissier et Sassi c. France [GC], no 25444/94, § 67, CEDH 1999-II)
14. La Cour a traité à maintes reprises d’affaires soulevant des questions semblables à celle du cas d’espèce et a constaté la violation de l’article 6 § 1 de la Convention (voir Pélissier et Sassi précité).
15. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, la Cour estime qu’en l’espèce la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du « délai raisonnable ».
16. Le requérant se plaint également du fait qu’en Grèce il n’existe aucun recours effectif pour se plaindre de la durée excessive de la procédure. Il invoque l’article 13 de la Convention, ainsi libellé :
17. La Cour constate que ce grief n’est pas manifestement mal fondé au sens de l’article 35 § 3 de la Convention. La Cour relève par ailleurs que celui-ci ne se heurte à aucun autre motif d’irrecevabilité. Il convient donc de le déclarer recevable.
18. La Cour rappelle que l’article 13 garantit un recours effectif devant une instance nationale permettant de se plaindre d’une méconnaissance de l’obligation, imposée par l’article 6 § 1, d’entendre les causes dans un délai raisonnable (voir Kudła c. Pologne [GC], no 30210/96, § 156, CEDH 2000-XI).
19. Par ailleurs, la Cour a déjà eu l’occasion de constater que l’ordre juridique hellénique n’offre pas aux intéressés un recours effectif au sens de l’article 13 de la Convention leur permettant de se plaindre de la durée d’une procédure pénale (voir mutatis mutandis Konti-Arvaniti c. Grèce, no 53401/99, §§ 29-30, 10 avril 2003 et Tsoukalas c. Grèce, no 12286/08, §§ 37-43, 22 juillet 2010). La Cour ne distingue en l’espèce aucune raison de s’écarter de cette jurisprudence, d’autant plus que le Gouvernement n’affirme pas que l’ordre juridique hellénique fût entre-temps doté d’une telle voie de recours.
20. Dès lors, la Cour estime qu’en l’espèce il y a eu violation de l’article 13 de la Convention en raison de l’absence en droit interne d’un recours qui aurait permis au requérant d’obtenir la sanction de son droit à voir sa cause entendue dans un délai raisonnable, au sens de l’article 6 § 1 de la Convention.
22. Le requérant réclame 15 000 euros (EUR) au titre du préjudice moral qu’il aurait subi.
23. Le Gouvernement estime que la somme réclamée est excessive.
24. La Cour estime qu’il y a lieu d’octroyer au requérant 3 000 EUR au titre du préjudice moral, plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt.
25. Le requérant demande également 500 EUR, facture à l’appui, pour les frais et dépens engagés devant la Cour.
26. Le Gouvernement n’a pas pris position à cet égard.
27. La Cour rappelle que l’allocation de frais et dépens au titre de l’article 41 présuppose que se trouvent établis leur réalité, leur nécessité et, de plus, le caractère raisonnable de leur taux (Iatridis c. Grèce [GC], no 31107/96, § 54, CEDH 2000-XI). Dès lors, en l’espèce, compte tenu des éléments en sa possession et des critères susmentionnés, la Cour estime raisonnable d’accorder au requérant le montant réclamé en entier, à savoir 500 EUR, plus tout montant pouvant être dû par lui à titre d’impôt sur cette somme.
ii) 500 EUR (cinq cents euros), plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt par le requérant, pour frais et dépens ;
ARRÊT LAMBADARIS c. GRÈCE
ARRÊT LAMBADARIS c. GRÈCE Origine de la décision Pays : Conseil de l'EuropeJuridiction : Cour européenne des droits de l'hommeFormation : Cour (première section comité)Date de la décision : 17/04/2012Fonds documentaire : HUDOC Haut de page