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Timestamp: 2016-10-28 06:25:24+00:00
Document Index: 330256961

Matched Legal Cases: ['art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 274', 'art. 15', 'art. 248', 'art. 125', 'art. 243', 'art. 312', 'art. 74', 'art. 271', 'ATF ', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 257', 'in casu', 'art. 221', 'art. 257', 'art. 198', 'art. 248', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 56', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 248', 'art. 220', 'art. 257', 'art. 132', 'art. 257', 'art. 56', 'in fine', 'art. 220', 'art. 243', 'art. 243', 'art. 219', 'art. 243', 'art. 243', 'art. 243', 'art. 247', 'art. 55', 'art. 243', 'art. 271', 'ATF ', 'art. 243', 'art. 224', 'art. 243', 'art. 257', 'art. 243', 'art. 257', 'art. 266', 'art. 247', 'art. 243', 'art. 273', 'art. 209', 'art. 243', 'art. 221', 'art. 59', 'art. 68', 'art. 243', 'art. 221', 'art. 56', 'art. 221', 'in fine', 'art. 68', 'art. 59', 'art. 59', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 271', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 271', 'art. 257', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 105', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 257', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 64']

Y.________ SA, repr�sent�e par Me Jean-David Pelot,
contrat de bail � loyer; �gards du locataire envers les voisins,
13 d�cembre 2011 par la Cour d'appel civile du
A.a Par contrat du 4 septembre 2009, Y.________ SA, repr�sent�e par la r�gie V.________ SA, a remis � bail � X.________ un appartement de trois pi�ces et demie sis au quatri�me �tage d'un immeuble dont elle est propri�taire � Lausanne. Sauf avis donn� quatre mois � l'avance pour la prochaine �ch�ance, le bail se renouvelait tacitement de six mois en six mois apr�s l'expiration de sa dur�e initiale, fix�e au 1er octobre 2010. Le loyer mensuel se montait � 1'520 fr.; s'y ajoutait un acompte de 200 fr. par mois � valoir sur les charges.
A.b Au mois de f�vrier 2010, V.________ SA a re�u plusieurs plaintes de voisins de X.________, lesquels disaient ne plus supporter le bruit consid�rable qui leur parvenait de l'appartement en question bien apr�s 22 h. Le 15 f�vrier 2010, F.A.________ et H.A.________, le couple B.________, C.________, D.________ et E.________ l'ont inform�e par �crit que la locataire et l'un de ses amis, T.________, jouaient de divers instruments de musique, dansaient et se lan�aient des insultes jusque tr�s tard dans la nuit, ces manifestations sonores �tant d'autant plus perceptibles que la locataire, lors de son entr�e dans les lieux, avait install� un double plancher qui �tait tr�s mal isol�.
A plusieurs reprises, V.________ SA a avis� t�l�phoniquement la locataire des plaintes dont elle �tait l'objet. Elle l'a rencontr�e sur place, le 31 mars 2010, et l'a somm�e de cesser les nuisances rapport�es.
Par lettre du 19 avril 2010, cinq voisins de la locataire ont inform� derechef la r�gie qu'en d�pit de ses interventions, X.________ et T.________ continuaient � faire du bruit.
Le 27 avril 2010, par plis simples et recommand�s, V.________ SA a adress� un dernier avertissement � la locataire, l'enjoignant de se conformer aux r�gles et usages locatifs du canton de Vaud, en particulier de respecter le repos des voisins de 22 h � 7 h. Elle ajoutait que cette communication valait mise en demeure au sens de l'art. 257f al. 3 CO et que, si les agissements fustig�s ne cessaient pas, le bail serait r�sili� moyennant un d�lai de trente jours pour la fin d'un mois.
En date du 10 mai 2010, les voisins ont � nouveau �crit � V.________ SA pour lui relater les nuisances sonores que causaient toujours la locataire et T.________ et pour se plaindre des menaces que celui-ci prof�rait � leur encontre lorsqu'ils tentaient de le raisonner.
Par lettre du 13 d�cembre 2010, le couple A.________ a inform� la r�gie que, depuis une semaine, X.________ et T.________ jouaient de la musique (en battant la mesure avec le pied), aussi bien la journ�e qu'apr�s 22 h et le dimanche, le second nomm� se montrant rapidement agressif lorsqu'on l'interpellait. Suivis m�dicalement pour cause de d�pression, les �poux A.________ esp�raient qu'une solution pourrait �tre rapidement trouv�e.
Sur quoi, V.________ SA, utilisant la formule officielle ad hoc, a notifi� � X.________, le 5 janvier 2011, la r�siliation de son bail pour le 28 f�vrier 2011 en application de l'art. 257f al. 3 CO.
A.c A la m�me �poque, plus pr�cis�ment le 3 janvier 2011, V.________ SA, constatant que la locataire n'avait r�gl� son loyer que jusqu'au mois de novembre 2010, a indiqu� � l'int�ress�e qu'elle se voyait contrainte d'exiger le r�glement des loyers et charges par trimestre d'avance et l'a mise en demeure de verser � ce titre la somme de 6'900 fr., sous peine de voir son bail r�sili�.
Le 9 f�vrier 2011, la r�gie a notifi� � X.________, sur formule officielle, la r�siliation du bail pour le 31 mars 2011, conform�ment � l'art. 257d CO, sans pr�judice de la r�siliation intervenue le 5 janvier 2011. Elle renoncera, toutefois, � ce second cong� ult�rieurement.
B.a Le 26 janvier 2011, X.________ a saisi la Commission de conciliation en mati�re de baux et loyers du district de Lausanne (ci-apr�s: la Commission de conciliation) d'une requ�te tendant � l'annulation de la r�siliation du 5 janvier 2011, "selon les articles 271 et 271a CO" et, subsidiairement, � la prolongation du bail.
Cit�e � compara�tre devant la Commission de conciliation par lettre du 3 f�vrier 2011, la bailleresse, repr�sent�e par un agent d'affaires brevet�, a adress� � cette autorit�, le 16 f�vrier 2011, une �criture, intitul�e "REQUETE (conciliation pr�alable)". Se r�f�rant � l'art. 274a let. a CO, elle y a pris des conclusions visant, principalement, au rejet de celles de son adverse partie et, reconventionnellement, � l'expulsion de la locataire, apr�s constatation de la validit� de la r�siliation litigieuse, ainsi qu'au paiement par cette derni�re du montant de 3'340 fr., int�r�ts en sus. Dans sa lettre d'accompagnement, la bailleresse, invoquant l'art. 15 al. 2 CPC, a requis la jonction des deux causes.
Le 28 f�vrier 2011, la Commission de conciliation a tent� en vain de concilier les parties. En date du 3 mars 2011, elle a d�livr� � chacune de celles-ci une autorisation de proc�der devant le Tribunal des baux dans un d�lai de trente jours.
B.b Le 7 mars 2011, la bailleresse a adress� au Tribunal des baux du canton de Vaud un m�moire, d�nomm� "REQUETE (proc�dure sommaire, art. 248 ss CPC)", dans lequel elle a repris les conclusions formul�es � titre reconventionnel devant la Commission de conciliation.
Par "demande" du 1er avril 2011, X.________ a requis le Tribunal des baux de constater l'inefficacit� de la r�siliation du 5 janvier 2011, subsidiairement d'annuler cette r�siliation et, plus subsidiairement, de prolonger le bail pour une dur�e de quatre ans, en lui accordant la possibilit�, durant la p�riode de prolongation, de se d�partir du contrat moyennant un pr�avis d'un mois pour la fin d'un mois.
Dans un courrier du 6 avril 2011, la bailleresse a requis la jonction des deux requ�tes en application de l'art. 125 CPC.
Par d�cision du 7 avril 2011, X.________ a �t� mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire.
Le 8 avril 2011, la pr�sidente du Tribunal des baux a avis� les parties que les deux requ�tes seraient enregistr�es dans le m�me dossier et trait�es selon la proc�dure simplifi�e. Dans une lettre du 13 avril 2011, la locataire a d�clar� s'opposer � l'application de cette proc�dure pour ce qui concernait la demande pr�sent�e par la bailleresse, motif pris de ce que les pr�tentions �lev�es par cette partie d�passaient la valeur litigieuse de 30'000 fr. fix�e � l'art. 243 al. 1 CPC. Puis, dans un courrier du 20 mai 2011, elle a conclu � l'irrecevabilit� de la requ�te de la bailleresse pour d�faut de comp�tence � raison de la mati�re et non-respect du type de proc�dure applicable.
Dans ses d�terminations d�pos�es le 24 juin 2011, la bailleresse a confirm� sa requ�te du 7 mars 2011, en pr�cisant que cette requ�te ne concernait que la r�siliation donn�e le 5 janvier 2011 et qu'elle renon�ait au second cong�, signifi� le 9 f�vrier 2011.
Le 14 juillet 2011, la pr�sidente du Tribunal des baux a proc�d� � l'audition de six t�moins, entendu les plaidoiries des repr�sentants des parties et clos les d�bats. Le m�me jour, le Tribunal des baux a rendu son jugement. Il a, notamment, d�clar� valable la r�siliation contest�e, somm� la locataire de quitter et de lib�rer l'appartement litigieux dans un d�lai de cinq jours d�s jugement d�finitif, et ordonn� aux agents de la force publique de pr�ter leur concours pour l'ex�cution de la d�cision d'expulsion.
B.c Par arr�t du 13 d�cembre 2011, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud, statuant en application de l'art. 312 al. 1 CPC sans avoir invit� la bailleresse et intim�e � se d�terminer sur l'appel de la locataire, a rejet� cet appel et confirm� le jugement de premi�re instance. La locataire a �t� mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire pour la proc�dure d'appel �galement.
Le 10 f�vrier 2012, X.________ (ci-apr�s: la recourante) a interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � la constatation de l'inefficacit� de la r�siliation du 5 janvier 2011, subsidiairement � l'annulation de celle-ci, plus subsidiairement � ce que la requ�te de la bailleresse du 7 mars 2011 soit d�clar�e irrecevable et, plus subsidiairement encore, au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants de l'arr�t f�d�ral. La recourante requiert, en outre, l'octroi de l'effet suspensif et du b�n�fice de l'assistance judiciaire.
Invit�e � se d�terminer � ce sujet, Y.________ SA (ci-apr�s: l'intim�e) a conclu au rejet de la requ�te d'effet suspensif dans ses observations du 1er mars 2012. La Cour d'appel civile s'en est remise � justice sur ce point.
L'intim�e et l'autorit� pr�c�dente n'ont pas �t� invit�es � d�poser une r�ponse.
1.1 Dans les affaires p�cuniaires, le recours en mati�re civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'�l�ve au moins � 15'000 fr. en mati�re de droit du bail � loyer (art. 74 al. 1 let. a LTF).
Lorsque la contestation porte sur la validit� d'une r�siliation de bail, ou que le locataire requiert la constatation de la nullit� ou de l'inefficacit� du cong�, la valeur litigieuse est �gale au loyer, provisions pour frais accessoires incluses, d� pour la p�riode pendant laquelle le bail subsiste n�cessairement si la r�siliation n'est pas valable, c'est-�-dire jusqu'au jour o� un nouveau cong� pourra �tre donn�. En pratique, il convient de prendre en consid�ration le loyer et les frais accessoires pour la p�riode de trois ans de l'art. 271a al. 1 let. e CO (ATF 137 III 389 consid. 1.1 p. 390; 111 II 384 consid. 1 p. 386).
En l'esp�ce, compte tenu d'un loyer mensuel de 1'520 fr. et d'une provision de 200 fr. par mois pour les frais accessoires, la valeur litigieuse est de 61'920 fr. ([1'520 fr. + 200 fr.] x 12 x 3), si bien que le recours en mati�re civile est recevable ratione valoris.
1.2 Exerc� par la partie qui a contest� sans succ�s la validit� de la r�siliation de son bail devant l'instance pr�c�dente (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF), le recours est recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
2.1 Le recours est ouvert pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF). Le Tribunal f�d�ral applique ce droit d'office, hormis les droits fondamentaux (art. 106 LTF). Il n'est pas li� par l'argumentation des parties, appr�cie librement la port�e juridique des faits, mais s'en tient d'ordinaire aux questions juridiques que la partie recourante soul�ve dans la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 133 II 249 consid. 1.4.1 p. 254); au demeurant, il ne se prononce sur la violation de droits fondamentaux que s'il se trouve saisi d'un grief y relatif, soulev� et motiv� de fa�on d�taill�e (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88; 134 II 244 consid. 2.2 p. 246; 133 II 249 consid. 1.4.2).
Dans l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, l'autorit� s'expose au grief d'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en consid�ration, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, sur la base des �l�ments recueillis, elle parvient � des constatations insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 129 I 8 consid. 2.1).
2.2 C'est � l'aune de ces principes que seront examin�s, ci-apr�s, les moyens soulev�s par la recourante. Ceux-ci ont trait tant � la proc�dure suivie au niveau cantonal qu'� la validit� m�me du cong� litigieux. Sur le plan du droit, la Cour de c�ans jouit d'une cognition enti�re pour l'ensemble de ces moyens, le code de proc�dure civile et le code des obligations relevant tous deux du droit f�d�ral vis� par l'art. 95 let. a LTF. Elle commencera, toutefois, par examiner les questions d'ordre proc�dural, car, suivant la r�ponse qui leur sera apport�e, le sort du litige pourrait s'en trouver scell�, ce qui rendrait superflue l'analyse des griefs touchant le droit mat�riel.
Devant l'autorit� pr�c�dente, la recourante avait soutenu que le Tribunal des baux aurait d� d�clarer la requ�te de l'intim�e irrecevable pour deux motifs qu'elle reprend dans son recours en mati�re civile. Elle a fait valoir, d'abord, et maintient que la bailleresse avait d�pos� une requ�te en "cas clairs", au sens de l'art. 257 CPC, dont les conditions n'�taient pas remplies en l'esp�ce; elle a all�gu�, ensuite, que la requ�te du 7 mars 2011 ne satisfaisait pas aux exigences de forme de la proc�dure ordinaire, seule applicable in casu, en particulier aux r�quisits de l'art. 221 CPC, et que, de surcro�t, la bailleresse ne pouvait pas �tre valablement repr�sent�e dans une telle proc�dure pour un agent d'affaires brevet�. Il convient d'examiner successivement ces deux moyens.
3.1.1 En vertu de l'art. 257 al. 1 CPC, le tribunal admet l'application de la proc�dure sommaire lorsque l'�tat de fait n'est pas litigieux ou est susceptible d'�tre imm�diatement prouv� (let. a) et que la situation juridique est claire (let. b). En pareille hypoth�se, la proc�dure de conciliation n'a pas lieu (art. 198 let. a CPC; arr�t 4A_585/201 du 7 novembre 2011 consid. 3.1). La susdite proc�dure, intitul�e "Cas clairs", constitue l'une des cinq hypoth�ses, vis�es par l'art. 248 CPC, dans lesquelles la proc�dure sommaire s'applique (cf. let. b de la disposition cit�e). Le tribunal n'entre pas en mati�re sur la requ�te lorsque la proc�dure des cas clairs ne peut pas �tre appliqu�e (art. 257 al. 3 CPC). Jurisprudence et doctrine admettent que l'expulsion du locataire puisse �tre requise et prononc�e par voie de proc�dure sommaire lorsque les deux conditions cumulatives pos�es � l'art. 257 al. 1 CPC son r�alis�es (arr�t cit�, consid. 3; FABIENNE HOHL, Proc�dure civile, tome II, 2e �d. 2010, nos 1429 et 1444 ss; sur ces conditions, cf. l'arr�t 4A_601/2011 du 21 d�cembre 2011 consid. 2.1, destin� � la publication). L'expulsion serait m�me l'un des exemples d'application de la proc�dure du cas clair les plus fr�quemment cit�s par la doctrine (FRAN�OIS BOHNET, in Newsletter bail.ch, f�vrier 2012, � propos de l'arr�t 5A_645/2011 du 17 novembre 2011). Pour que la proc�dure de l'art. 257 CPC soit applicable, il doit ressortir de la requ�te que son auteur demande l'application de la proc�dure des cas clairs, ce qui n'implique pas n�cessairement l'utilisation de ces deux mots. En cas de doute, le juge fera usage de son devoir d'interpellation selon l'art. 56 CPC (FRAN�OIS BOHNET, in Code de proc�dure civile comment� [ci-apr�s: CPC comment�], 2011, n� 19 ad art. 257 CPC).
Pour les juges cantonaux, la requ�te de la bailleresse du 7 mars 2011, en d�pit de son en-t�te �quivoque, ne constitue pas une requ�te au sens de l'art. 257 CPC si on la replace dans son contexte. En effet, elle se r�f�re express�ment � l'autorisation de plaider d�livr�e par la Commission de conciliation et indique avoir �t� d�pos�e en temps utile. Or, si la bailleresse avait entendu se pr�valoir de la proc�dure des cas clairs, pour laquelle la conciliation est exclue, cette �criture n'aurait pas contenu de telles mentions. Du reste, l'intim�e n'a nullement cherch� � y d�montrer que les conditions d'application de l'art. 257 CPC, disposition non cit�e dans la requ�te, �taient r�alis�es, de m�me qu'elle n'a pas non plus contest� l'avis de la pr�sidente du Tribunal des baux du 8 avril 2011 l'informant que sa requ�te serait trait�e selon la proc�dure simplifi�e. Aussi faut-il admettre que, si besoin �tait, la bailleresse a clarifi� sa position dans le sens o� elle ne demandait pas l'application de la protection des cas clairs.
3.1.2 Dans son recours en mati�re civile, la locataire s'inscrit en faux contre l'interpr�tation qui a �t� faite par les deux instances cantonales de l'�criture d�pos�e le 7 mars 2011 par la bailleresse. Elle insiste, en premier lieu, sur l'intitul� de cette �criture, o� il est question d'une "requ�te", et non pas d'une demande, d'une "proc�dure sommaire", et non pas d'une proc�dure ordinaire ou simplifi�e, ainsi que des "art. 248 ss CPC", et non pas des art. 220 ss CPC (proc�dure ordinaire) ou 243 ss CPC (proc�dure simplifi�e). La recourante souligne, ensuite, que la doctrine ne voit pas d'autre alternative, pour un bailleur cherchant � faire expulser rapidement son locataire, que d'introduire une proc�dure de cas clair; elle en d�duit qu'il ne fait aucun doute que telle �tait la volont� de l'intim�e. Insistant, par ailleurs, sur le fait que la proc�dure de conciliation a �t� engag�e par elle, et non par l'intim�e, qui s'est content�e de prendre des conclusions reconventionnelles, la recourante exprime l'avis que, dans l'hypoth�se inverse, rien ne permet d'affirmer que l'intim�e aurait mis en oeuvre la Commission de conciliation avant de saisir le Tribunal des baux. Enfin, � l'en croire, le fait que l'intim�e n'a pas contest� l'application de la proc�dure simplifi�e � l'�gard de ses propres pr�tentions se comprend ais�ment, car il �tait pr�f�rable pour elle de consentir � l'application de ce type de proc�dure plut�t que de voir sa requ�te d�clar�e irrecevable, faute de constituer un cas clair.
Aussi, pour la recourante, l'autorit� pr�c�dente aurait-elle d� admettre que l'intim�e avait d�pos� une requ�te, au sens de l'art. 257 CPC, puis d�clarer cette requ�te irrecevable du moment que les conditions d'application de la proc�dure des cas clairs n'�taient de toute �vidence pas remplies en l'esp�ce et qu'une telle requ�te ne peut pas �tre convertie en un autre type d'acte (BOHNET, CPC comment�, n� 11 ad art. 132 CPC).
3.1.3 L'argumentation ainsi d�velopp�e par la recourante n'est pas propre � d�montrer la violation du droit f�d�ral imput�e � la cour cantonale.
Il sied d'observer, � titre liminaire, d'une part, que le CPC, entr� en vigueur il y a un peu plus d'une ann�e seulement, n�cessite encore de nombreux �claircissements de la part de la jurisprudence et de la doctrine et, d'autre part, que la requ�te du 7 mars 2011 n'a pas �t� r�dig�e par un avocat, sp�cialiste du droit du bail, mais par un agent d'affaires brevet�. Ces deux observations commandent de relativiser sensiblement les arguments que la recourante entend tirer de l'intitul� d'un m�moire qui n'a �t� d�pos� que deux mois apr�s l'entr�e en vigueur de la proc�dure civile unifi�e.
La recourante n'a du reste pas r�fut� l'argument de l'autorit� pr�c�dente, selon lequel il est �tonnant que l'intim�e ne se soit pas employ�e � d�montrer que les conditions d'application de l'art. 257 CPC �taient r�alis�es en l'esp�ce, et qu'elle n'ait m�me pas cit� cette disposition dans sa requ�te du 7 mars 2011. De plus, il serait hasardeux de vouloir pr�ter une volont� bien arr�t�e � l'intim�e � partir d'une opinion doctrinale touchant la fr�quence du recours � la proc�dure du cas clair en mati�re d'expulsion ou sur la base de conjectures relatives � la conduite qu'aurait adopt�e la bailleresse si la locataire ne s'�tait pas adress�e la premi�re � la Commission de conciliation, voire encore sur le motif pr�sum� pour lequel l'intim�e n'a pas contest� l'application de la proc�dure simplifi�e, pr�conis�e le 8 avril 2011 par la pr�sidente du Tribunal des baux.
Au demeurant, comme on l'a relev� plus haut, le juge, s'il a des doutes sur la voie proc�durale qu'une partie veut emprunter, doit faire usage de son devoir d'interpellation selon l'art. 56 CPC (consid. 3.1.1, 1er par. in fine). C'est ainsi que l'on peut comprendre la d�marche effectu�e par la magistrate vaudoise dans sa lettre du 8 avril 2011. Or, la recourante n'expose pas en quoi il serait contraire au droit f�d�ral de permettre � une partie de clarifier sa position � cet �gard, ce que l'intim�e a fait, � tout le moins tacitement, en ne s'opposant pas � la proposition, faite in limine litis par la pr�sidente du Tribunal des baux, en conformit� avec la disposition pr�cit�e, d'appliquer la proc�dure simplifi�e. Elle ne soutient pas non plus que l'acceptation de cette proposition aurait eu pour effet de restreindre ses propres droits proc�duraux d'une quelconque mani�re.
3.2 L'hypoth�se du d�p�t d'une requ�te selon la proc�dure des cas clairs ayant �t� �cart�e � bon droit par la Cour d'appel civile, il faut encore se demander si la requ�te d�pos�e le 7 mars 2011 par la bailleresse �tait soumise � la proc�dure ordinaire (art. 220 ss CPC) ou � la proc�dure simplifi�e (art. 243 ss CPC).
3.2.1 La cour cantonale constate, pour commencer, que le champ d'application de la proc�dure ordinaire se d�duit n�gativement d'autres r�gles, tel l'art. 243 CPC (DENIS TAPPY, in Code de proc�dure civile comment�, n� 4 ad art. 219 CPC). Ainsi, la proc�dure ordinaire s'applique aux affaires patrimoniales dont la valeur litigieuse d�passe 30'000 fr. (art. 243 al. 1 CPC a contrario). Cependant, m�me dans cette hypoth�se, elle ne s'applique pas � un certain nombre de litiges que l'art. 243 al. 2 CPC soumet � la proc�dure simplifi�e. Au nombre de ceux-ci figurent les "litiges portant sur des baux � loyer ou � ferme d'habitations et de locaux commerciaux et sur des baux � ferme agricole en ce qui concerne la consignation du loyer ou du fermage, la protection contre les loyers ou les fermages abusifs, la protection contre les cong�s ou la prolongation du bail � loyer ou � ferme" (art. 243 al. 2 let. c CPC). En vertu de l'art. 247 al. 2 let. a CPC, ces litiges sont soumis � la maxime inquisitoire, r�serv�e par l'art. 55 al. 2 CPC.
Selon les juges d'appel, la port�e de l'art. 243 al. 2 let. c CPC est controvers�e en doctrine, du moins chez les auteurs de langue fran�aise, la doctrine al�manique ne semblant pas s'�tre d�j� prononc�e sur cette probl�matique. S'en tenant � la lettre du texte de cette disposition, une partie de la doctrine consid�re que l'expression "protection contre les cong�s", qui correspond � l'intitul� du chapitre III du Titre huiti�me du Code des obligations, ne vise que l'annulation du cong� (art. 271 et 271a CO), ce qui exclut la constatation de la nullit� du cong� ordinaire ou de l'inefficacit� du cong� anticip� (sur la distinction � faire entre le cong� nul, le cong� inefficace et le cong� annulable, cf. ATF 121 III 156 consid. 1c/aa), � moins que pareille constatation n'intervienne � titre pr�judiciel dans le cadre de la proc�dure de contestation du cong�. D�s lors, pour ce courant doctrinal, si une telle constatation forme l'unique objet de la contestation, la proc�dure ordinaire s'appliquera, conform�ment � l'art. 243 al. 1 CPC, pour autant que la valeur litigieuse soit sup�rieure � 30'000 fr., ce qui sera souvent le cas (DAVID LACHAT, Proc�dure civile en mati�re de baux et loyers, 2011, p. 133, n� 2.2.3 et note de pied 37; FRAN�OIS BOHNET, Le droit du bail en proc�dure civile suisse [ci-apr�s: Le droit du bail], in 16e S�minaire sur le droit du bail, 2010, nos 112, 141 et 143). Il en ira de m�me, s'agissant d'une demande d'expulsion; comme l'expulsion ne rel�ve pas en soi de la protection contre les cong�s, le bailleur devra agir par la voie de la proc�dure simplifi�e ou de la proc�dure ordinaire, selon que la valeur litigieuse d�passera ou non le plafond de 30'000 fr. Cependant, BOHNET, auquel LACHAT semble vouloir embo�ter le pas, est d'avis qu'il serait particuli�rement contre-productif de soumettre l'expulsion � la proc�dure ordinaire, alors que la contestation du cong� est soumise � la proc�dure simplifi�e. Aussi pr�conise-t-il, lorsque le locataire requiert l'annulation du cong�, d'autoriser le bailleur � requ�rir l'expulsion � titre reconventionnel, quelle que soit la valeur litigieuse de la demande reconventionnelle et d'admettre, au regard de l'art. 224 al. 1 CPC, que cette demande est soumise � la m�me proc�dure que la demande principale, i.e. � la proc�dure simplifi�e (BOHNET, Le droit du bail, n� 143; LACHAT, op. cit., p. 133, note de pied 38, et p. 158, note infrapaginale 138). Une autre partie de la doctrine interpr�te plus largement la notion de protection contre les cong�s, utilis�e � l'art. 243 al. 2 let. c CPC, en y incluant toute contestation de la r�siliation du bail, que le cong� soit annulable, inefficace ou nul; pour elle, l'expulsion du locataire, qu'il s'agisse d'une �vacuation apr�s un cong� ordinaire ou un cong� extraordinaire, est soumise � la proc�dure simplifi�e lorsque la proc�dure de l'art. 257 CPC n'entre pas en ligne de compte (HOHL, op. cit., n�s 1329 et 1429; JEAN-LUC COLOMBINI, Note sur quelques questions li�es � la proc�dure d'expulsion, in JdT 2011 III 85).
La Cour d'appel civile juge convaincant l'avis exprim� par le dernier auteur cit� (COLOMBINI), qui se trouve �tre son pr�sident en l'occurrence. Elle s'en explique comme il suit. Premi�rement, restreindre le champ d'application de l'art. 243 al. 2 let. c CPC � la protection contre les cong�s stricto sensu ne prend pas en compte le fait que de nombreuses dispositions protectrices en mati�re de bail ne figurent pas dans le chapitre III du titre huiti�me du Code des obligations, tels les d�lais sp�cifiques pr�vus aux art. 257d al. 1 et 2 , 257f al. 3, 266c et 266d CO ou les r�gles de forme des art. 266l � 266o CO. Ensuite, il serait difficilement justifiable de soumettre les cong�s extraordinaires, qui sont susceptibles de porter une atteinte plus grave aux int�r�ts de leurs destinataires que les cong�s normaux, � la proc�dure ordinaire, marqu�e par un certain formalisme, et d'exclure ainsi la possibilit� pour le tribunal d'�tablir les faits d'office, comme l'art. 247 al. 2 CPC le pr�voit pour la proc�dure simplifi�e. La volont� de privil�gier ce dernier type de proc�dure dans un domaine aussi sensible que celui de la protection des locataires ressortirait, en outre, de l'expos� des motifs (Message du 28 juin 2006 relatif au code de proc�dure civile suisse, FF 2006 6954 ch. 5.16). Enfin, il ne serait pas d�fendable de traiter diff�remment le cas o� le locataire conteste la validit� du cong� ou agit en constatation de l'inefficacit� ou de la nullit� du cong�, d'une part, et celui o� le bailleur prend l'initiative d'introduire une proc�dure d'�vacuation, puisqu'aussi bien l'examen de la validit� du cong� devra intervenir dans tous les cas. En cons�quence, il sied d'admettre, selon les juges vaudois, que l'art. 243 al. 2 let. c CPC vise non seulement les proc�dures en annulation du cong�, mais �galement les proc�dures en constatation de la nullit� ou de l'inefficacit� du cong�, respectivement les proc�dures en constatation de la validit� du cong� et en expulsion du locataire, quelle que soit la partie ayant entam� la proc�dure. C'est, d�s lors, � juste titre, de l'avis des magistrats cantonaux, que le Tribunal des baux a soumis � la proc�dure simplifi�e la requ�te de la bailleresse tendant � faire constater la validit� du cong� et � obtenir l'expulsion de la locataire.
Par surabondance, la Cour d'appel civile explique, pour terminer, que la solution ne serait pas diff�rente, s'il fallait suivre les avis de LACHAT et BOHNET. En effet, le cong� a �t� contest� dans le d�lai de trente jours de l'art. 273 al. 1 CO par la locataire, laquelle a conclu, devant la Commission de conciliation, � son annulation ou, � ce d�faut, � la prolongation du bail. Quant � la bailleresse, elle a conclu, reconventionnellement, devant la m�me autorit�, � la constatation de la validit� de la r�siliation litigieuse et � l'expulsion de la locataire. La situation, telle qu'elle se pr�sente en l'esp�ce, est ainsi celle dans laquelle les deux auteurs pr�cit�s admettent l'application de la proc�dure simplifi�e aussi bien � la demande reconventionnelle qu'� la demande principale. Rien ne justifierait de faire d�pendre le choix du type de proc�dure - ordinaire ou simplifi�e - de la c�l�rit� du plaideur agissant dans le d�lai de validit� de l'autorisation de plaider de l'art. 209 al. 4 CPC. Aussi la bailleresse ne saurait-elle p�tir du fait qu'elle a d�pos� sa requ�te devant le Tribunal des baux avant que la locataire en fasse de m�me. L'autorit� de premi�re instance a donc eu raison d'enregistrer les deux requ�tes dans le m�me dossier et de leur appliquer la proc�dure simplifi�e.
Cela �tant, la Cour d'appel civile a estim� qu'elle pouvait se dispenser d'examiner les moyens invoqu�s par l'appelante, en tant qu'ils se fondaient sur la pr�misse selon laquelle la proc�dure ordinaire �tait applicable en l'esp�ce.
3.2.2 A l'encontre de cette argumentation, la recourante soutient que la situation vis�e par l'art. 243 al. 2 let. c CPC est celle d'une contestation - et non pas de la constatation - de la validit� du cong�. Cette distinction se justifierait, selon elle, par le souci d'assurer au locataire, partie faible au contrat, une protection accrue. Aussi, une application large de la notion de "protection contre les cong�s", qui engloberait la proc�dure d'expulsion, n'aurait-elle aucun sens, car elle favoriserait uniquement le bailleur.
La recourante conteste, en outre, que l'intim�e ait agi comme demanderesse reconventionnelle dans la proc�dure au fond, contrairement � ce que pr�tend la cour cantonale. A l'en croire, la bailleresse �tait une demanderesse principale, de sorte que sa demande devait imp�rativement respecter les formes de la proc�dure ordinaire. Or, tel n'�tait pas le cas, puisque la requ�te du 7 mars 2011 ne pr�sentait pas syst�matiquement une offre de preuve au pied de chaque all�gu�, comme l'exige pourtant l'art. 221 al. 1 let. e CPC. All�guant que la recevabilit� formelle de la demande constitue une condition de recevabilit� au sens de l'art. 59 al. 1 CPC, la recourante en conclut que la requ�te de l'intim�e aurait d� �tre d�clar�e irrecevable.
Enfin, la recourante voit encore un autre motif d'irrecevabilit� dans le fait que ladite requ�te a �t� sign�e par un agent d'affaires brevet� alors que, en vertu de l'art. 68 al. 2 let. b CPC a contrario, un tel mandataire ne peut pas repr�senter une partie dans une proc�dure soumise � la proc�dure ordinaire.
3.2.3 Le Tribunal f�d�ral n'examine que les questions juridiques dont d�pend le sort du recours qui lui est soumis. En l'esp�ce, il peut se dispenser de rechercher quelle est l'interpr�tation correcte de l'art. 243 al. 2 let. c CPC. En effet, m�me s'il devait admettre, avec la recourante, que la proc�dure d'expulsion �tait soumise � la proc�dure ordinaire et que l'intim�e y rev�tait la qualit� de partie principale, il ne saurait en d�duire que les vices formels d�nonc�s dans le recours auraient d� entra�ner l'irrecevabilit� de la requ�te du 7 mars 2011.
Ainsi en va-t-il du premier vice dont se plaint la recourante, � savoir le non-respect des modalit�s fix�es � l'art. 221 al. 1 let. e CPC pour l'indication des moyens de preuve. Semblable vice ne pouvait �tre sanctionn� sans autre forme de proc�s. En effet, de l'avis m�me des auteurs cit�s par l'int�ress�e, s'il faut certes que le demandeur proc�de selon les r�gles du type de proc�dure applicable au litige (ordinaire, simplifi�e ou sommaire), sous peine d'irrecevabilit� de la demande, le tribunal devrait n�anmoins pr�alablement attirer l'attention de la partie sur ce point et lui fixer un d�lai pour proc�der conform�ment aux r�gles de la proc�dure applicable � la cause (art. 56 et 132 al. 1 CPC) lorsque l'acte n'est que partiellement vici�, par exemple parce que la demande soumise � la proc�dure ordinaire est structur�e en all�gu�s distincts sans que figurent pour chacun d'eux les offres de preuve (PATRICIA DIETSCHY, Les conflits de travail en proc�dure civile suisse, 2011, n� 233; FRAN�OIS BOHNET, Les d�fenses en proc�dure civile suisse, in RDS 2009 II, 185 ss, 272). Or, c'est pr�cis�ment dans ce cas de figure que l'on se trouve en l'esp�ce, sauf � dire que la pr�sidente du Tribunal des baux n'a pas jug� n�cessaire d'inviter l'intim�e � compl�ter sa requ�te afin de la rendre conforme � l'art. 221 al. 1 let. e CPC, puisqu'elle estimait, � tort ou � raison, que les deux demandes qui lui �taient soumises devaient �tre trait�es selon la proc�dure simplifi�e. L'intim�e, qui n'avait pas opt� pour cette proc�dure-ci plut�t que pour la proc�dure ordinaire, ne peut pas se voir reprocher de s'�tre rang�e � l'avis officiel exprim� par la magistrate vaudoise. Au demeurant, la recourante ne pr�tend pas que l'absence de rectification du vice de forme qu'elle d�nonce aujourd'hui l'aurait emp�ch�e, alors, d'exercer correctement son droit � la preuve ou � la contre-preuve dans la proc�dure de premi�re instance (cf. ci-dessus consid. 3.1.3. in fine).
Quant au second vice invoqu� par la recourante, il n'�tait pas non plus r�dhibitoire. Sans doute est-il vrai qu'un agent d'affaires brevet� ne peut repr�senter les parties � titre professionnel que devant l'autorit� de conciliation, dans les affaires patrimoniales soumises � la proc�dure simplifi�e et dans les affaires soumises � la proc�dure sommaire, si le droit cantonal le pr�voit (art. 68 al. 2 let. b CPC). Vrai est-il aussi que la capacit� de revendiquer constitue une condition de recevabilit� de la demande, bien qu'elle ne soit pas mentionn�e � l'art. 59 CPC (BOHNET, CPC comment�, n� 82 ad art. 59 CPC). Toutefois, comme cet auteur le souligne au m�me endroit, faute de capacit� de revendiquer du repr�sentant, le tribunal ou le juge d�l�gu� � l'instruction doit fixer un d�lai � la partie pour qu'elle d�signe un repr�sentant satisfaisant aux conditions l�gales. Or, la recourante ne d�montre pas, ni m�me ne soutient, que la pr�sidente du Tribunal des baux aurait imparti un tel d�lai � l'intim�e, ce qui s'explique ais�ment du reste puisque cette magistrate a trait� les requ�tes des deux parties selon la proc�dure simplifi�e.
3.3 Il appara�t, au terme de cet examen, que la Cour d'appel civile n'a pas viol� le droit f�d�ral en refusant de d�clarer irrecevable la requ�te d�pos�e le 7 mars 2011 par l'intim�e.
Dans un second groupe de moyens, la recourante s'en prend � la solution retenue sur le fond par les deux juridictions cantonales. Avant d'examiner les m�rites des critiques formul�es par elle dans ce cadre-l�, il convient de rappeler les principes juridiques applicables en la mati�re.
4.1 L'art. 257f al. 3 CO permet au bailleur de r�silier les baux d'habitations, moyennant un d�lai de cong� de trente jours pour la fin d'un mois, lorsque le maintien du bail est devenu insupportable pour le bailleur ou les personnes habitant la maison parce que le locataire, nonobstant une protestation �crite du bailleur, a persist� � enfreindre son devoir de diligence ou � manquer d'�gards envers les voisins.
La r�siliation pr�vue � l'art. 257f al. 3 CO suppose ainsi la r�alisation des conditions cumulatives suivantes: une violation du devoir de diligence incombant au locataire, un avertissement �crit pr�alable du bailleur, la persistance du locataire � ne pas respecter son devoir en relation avec le manquement �voqu� par le bailleur dans sa protestation, le caract�re insupportable du maintien du contrat pour le bailleur et, enfin, le respect d'un pr�avis de trente jours pour la fin d'un mois (arr�t 4C.306/2003 du 20 f�vrier 2004, reproduit in SJ 2004 I p. 439, consid. 2.1).
La violation du devoir de diligence prescrit par l'art. 257f al. 2 CO peut consister, notamment, dans le non-respect du repos nocturne, qui porte atteinte � la tranquillit� des autres locataires; les exc�s de bruit constituent d'ailleurs des motifs typiques du cong� extraordinaire pr�vu par l'art. 257f al. 3 CO (ATF 136 III 65 consid. 2.5 p. 72 et l'arr�t cit�). Cette violation n'est pas n�cessairement le fait du locataire, lequel r�pond des actes de ses auxiliaires, soit notamment des personnes avec qui il vit, des visites, des employ�s ou des sous-locataires (arr�t 4A_296/2007 du 31 octobre 2007 consid. 2.2). Les manques d'�gards envers les voisins doivent rev�tir un certain degr� de gravit�. Comme la r�siliation doit respecter les principes de proportionnalit� et de subsidiarit�, il faut, en outre, que le maintien du bail soit insupportable pour le bailleur ou pour les personnes habitant la maison. Cette question doit �tre r�solue � la lumi�re de toutes les circonstances de l'esp�ce, ant�rieures � la r�siliation du bail. Elle rel�ve du pouvoir d'appr�ciation du juge, raison pour laquelle le Tribunal f�d�ral n'intervient que si l'autorit� cantonale a abus� de ce pouvoir (ATF 136 III 65 consid. 2.5 p. 72 et les r�f�rences).
Le cong� donn� pour une violation du devoir de diligence qui ne rend pas la poursuite du bail intol�rable est un cong� inefficace (arr�t 4C.273/2005 du 22 novembre 2005 consid. 2.1).
4.2 C'est � la lumi�re de ces principes jurisprudentiels qu'il convient d'examiner les griefs articul�s par la recourante � l'appui de sa th�se du cong� inefficace.
4.2.1 S'agissant des faits pertinents pour la question de la violation du devoir de diligence, la Cour d'appel civile a, tout d'abord, r�fut� l'argument de la recourante d'apr�s lequel les premiers juges avaient appr�ci� les preuves de mani�re erron�e en �cartant le t�moignage de T.________, tout en retenant les dires des t�moins A.________, B.________ et F.________. A cet �gard, elle a consid�r� que le fait d'�carter le t�moignage de T.________, ami de la locataire directement vis� par les plaintes des voisins, ne pr�tait pas le flanc � la critique, non plus que la prise en compte des t�moignages des personnes pr�cit�es, d�s lors qu'ils �taient concordants, que rien n'indiquait que les plaintes auraient �t� dict�es par un sentiment d'animosit� envers la personne m�me de la recourante, et qu'en particulier les dires de E.________ �taient d'autant plus cr�dibles que le t�moin n'est plus locataire d'un appartement dans l'immeuble en cause. Par ailleurs, la cour cantonale n'a pas jug� d�cisif que les t�moins G.________ et H.________ n'aient pas fait �tat de nuisances sonores excessives, leurs appartements �tant trop �loign�s de l'appartement litigieux.
Il est certes vrai, selon l'autorit� pr�c�dente, que l'immeuble en question est mal insonoris�, ce qui implique un niveau de tol�rance plus �lev� de la part des voisins. Pour elle, toutefois, ceux-ci ont clairement fait la diff�rence entre les bruits qui restaient normaux, venant des autres appartements, par rapport � ceux provenant de l'appartement de la recourante.
En d�finitive, les juges cantonaux, � l'instar du Tribunal des baux, tiennent pour �tabli que la locataire incrimin�e, a, directement ou par l'entremise de ses invit�s, manqu� gravement, de mani�re r�p�titive et en d�pit d'avertissements clairs et cibl�s, aux �gards dus � ses voisins par des nuisances sonores d�passant largement le seuil usuel m�me avant 22 h, que ce soit par l'utilisation du mat�riel n�cessaire � la composition musicale, par de la musique au niveau sonore clairement excessif ou par des �changes d'insultes, voire par des cris.
4.2.2 Les griefs formul�s dans le recours ne font nullement appara�tre comme insoutenables les constatations de la Cour d'appel civile.
Contrairement � l'objection soulev�e par la recourante, il n'y avait rien d'arbitraire, en l'esp�ce, � accorder davantage de cr�dit aux t�moignages concordants des personnes qui s'�taient plaintes des bruits excessifs provenant de l'appartement litigieux qu'aux dires de la personne principalement vis�e par les dol�ances des voisins.
La recourante tente certes de mettre en doute la cr�dibilit� de ceux-ci, mais sans y parvenir. Ainsi, selon elle, le t�moignage de H.B.________ serait en contradiction avec les pi�ces du dossier dans la mesure o�, contrairement aux dires du t�moin, la police n'aurait pas d� se d�placer pour faire cesser le bruit provenant de l'appartement incrimin�. Cependant, il ne s'agit l� que d'une phrase extraite de son contexte et dont l'int�ress�e fait une interpr�tation extensive. Aussi bien, le t�moin s'est content� de dire: "La police a m�me d� venir une fois". Or, l'intervention de la police est confirm�e par le rapport cit� dans le m�moire de recours. Sans doute y est-il indiqu� qu'aucun bruit n'a �t� constat� lors de cette intervention. Cependant, le t�moin ne s'est pas exprim� sur le r�sultat de celle-ci. Pour le surplus, ses dires ne sont pas contest�s par la recourante en tant qu'ils ont trait aux bruits excessifs constat�s par ce locataire. Leur caract�re probant est, en outre, renforc� par le fait que le t�moin habite depuis quarante ans dans l'immeuble en cause et affirme que c'est la premi�re fois que sa femme et lui ont des difficult�s avec leurs voisins. S'agissant du t�moignage de H.A.________, habitant de longue date de l'immeuble, la recourante cherche en vain � le discr�diter aux motifs que son auteur n'entendrait pas, � l'inverse de ses voisins, les bruits provenant des autres appartements de l'immeuble et qu'il aurait admis, apr�s l'avoir ni�, avoir d�j� eu des probl�mes, quinze ans plus t�t, avec un locataire occupant l'appartement litigieux. Que le t�moin se soit focalis� sur cet appartement est compr�hensible, puisqu'il se situe juste au-dessus du sien. On peut ainsi comprendre qu'il ait pu �tre moins sensible au bruit provenant d'autres appartements, qu'il pouvait juger normal, dans un immeuble mal insonoris�, en comparaison avec celui fait par la locataire et ses invit�s. Quant aux probl�mes que le t�moin avait eus avec un pr�c�dent locataire de l'appartement incrimin�, le fait, pour le t�moin, de les reconna�tre n'est pas incompatible avec sa pr�c�dente all�gation voulant qu'il n'ait jamais �crit � la g�rance pour se plaindre de ses voisins. Au demeurant, H.A.________ relate lui aussi, sans �tre contredit par la recourante, en quoi consistent les bruits dont il se plaint et qui l'obligent � prendre des m�dicaments.
La recourante ne s'arr�te pas sur le t�moignage de E.________ et ne dit pas non plus en quoi le t�moignage de T.________ infirmerait les t�moignages concordants des autres voisins.
La cour cantonale se voit, enfin, reprocher de ne pas avoir tenu compte, sans raison s�rieuse, du rapport de police dat� du 27 juin 2011 et produit le 14 juillet 2011 devant le Tribunal des baux. A l'en croire, ce rapport d�montrerait qu'aucun bruit particulier ne provenait de l'appartement occup� par elle. Il appert, toutefois, dudit rapport que les interventions qui y sont relat�es se sont d�roul�es le 17 mars 2011 et le 15 mai 2011, alors que le bail a �t� r�sili� le 5 janvier 2011 pour le 28 f�vrier 2011. Aussi est-ce sans arbitraire que la cour cantonale a fait abstraction d'un �l�ment de preuve relatif � une circonstance - les deux interventions de la police - post�rieure � l'entr�e en vigueur du cong�.
Il suit de l� que le grief d'arbitraire tombe � faux.
La recourante reproche, ensuite, � la Cour d'appel civile d'avoir viol� l'art. 257f al. 3 CO pour trois raisons, examin�es ci-apr�s.
5.1 A la suivre, les juges d'appel lui auraient imput� � tort une violation suffisamment grave de son devoir de diligence pour justifier un cong� extraordinaire.
Ce premier moyen se confond avec le grief d'arbitraire dans la constatation des faits pertinents, puisqu'il repose uniquement sur l'affirmation selon laquelle l'autorit� pr�c�dente aurait admis, contre toute �vidence, que des nuisances sonores excessives provenaient de l'appartement de la recourante. Le m�me sort doit lui �tre r�serv� (cf. consid. 4.2.2 ci-dessus).
5.2 L'application de l'art. 257f al. 3 CO suppose, on l'a vu, que le locataire persiste � ne pas respecter son devoir en relation avec le manquement �voqu� par le bailleur dans sa protestation.
En ce qui concerne cette condition, la recourante reproche � la cour cantonale d'en avoir admis la r�alisation sur la base des lettres que les voisins avaient adress�es les 10 mai et 13 d�cembre 2010 � la r�gie, alors qu'elle-m�me n'en aurait pas eu connaissance. Ce reproche n'est pas fond�.
Il n'est pas contest� que la protestation �crite de la bailleresse a �t� adress�e � la locataire le 27 avril 2010. Par ailleurs, les juges d'appel constatent qu'entre les deux dates pr�cit�es, les nuisances n'ont jamais cess� et qu'elles ont, au contraire, persist� r�guli�rement apr�s l'avertissement. Aussi la recourante ne saurait-elle �tre suivie lorsqu'elle soutient qu'elle pouvait admettre de bonne foi que la situation �tait r�tablie et que la mise en demeure du 27 avril 2010 �tait devenue caduque, au motif qu'elle n'aurait pas re�u les deux lettres subs�quentes adress�es par les voisins � la r�gie. Pour l'application de la susdite condition, la constatation selon laquelle la locataire a persist� � enfreindre son devoir de diligence � l'�gard des voisins est suffisante. Il n'�tait pas n�cessaire qu'un nouvel avertissement f�t adress� � la locataire de ce chef.
5.3 La recourante juge, enfin, manifestement excessif le d�lai d'un peu plus de huit mois qui s'est �coul� entre la protestation �crite de la bailleresse (27 avril 2010) et la r�siliation du bail (5 janvier 2011). Elle y voit la preuve que le maintien du contrat n'�tait pas insupportable pour la bailleresse au point de devoir proc�der � une r�siliation extraordinaire, sans adresser au pr�alable une nouvelle protestation �crite � la locataire ou sans attendre l'�ch�ance ordinaire du bail. Ce serait d'autant plus vrai que la bailleresse n'avait pas estim� devoir r�silier celui-ci � r�ception du courrier des voisins dat� du 10 mai 2010, qui �tait intervenu quelque dix jours seulement apr�s l'envoi de la protestation �crite, et qu'elle n'avait pas non plus jug� utile de transmettre � la locataire cette nouvelle plainte, de m�me que celle du 13 d�cembre 2010, avant de r�silier le bail au d�but de l'ann�e 2011 sans �tre all�e elle-m�me constater la situation sur place.
La Cour d'appel civile rappelle, dans son arr�t, que le caract�re insupportable de la poursuite des relations contractuelles se d�termine en �quit�, en fonction des circonstances concr�tes du cas. Elle rel�ve, � ce propos, qu'une p�riode de dix-huit mois entre l'ultime protestation et le cong� a �t� consid�r�e comme un indice que le bail n'�tait pas insupportable (arr�t 4C.118/2001 du 8 ao�t 2001 consid. 1b), tandis qu'un d�lai de cinq mois a �t� jug� admissible (arr�t 4C.264/2002 du 25 ao�t 2003 consid. 4.3). Pour elle, les juges de premi�re instance n'ont pas abus� de leur pouvoir d'appr�ciation en consid�rant que le d�lai de huit mois �tait, en l'esp�ce, admissible. Elle en est d'autant plus convaincue que la persistance des nuisances sonores en cause, particuli�rement pr�judiciables aux autres locataires, ne saurait �tre impos�e � la bailleresse.
Le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec r�serve la d�cision d'�quit� prise par l'autorit� cantonale (cf. consid. 4.1, 3e par., ci-dessus). La d�cision attaqu�e n'aboutit pas � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante. La p�riode d'un peu plus de huit mois qui s'est �coul�e, en l'occurrence, entre la protestation �crite de la bailleresse et la r�siliation du bail se situe bien plus pr�s de celle qui a �t� jug�e admissible dans l'un des deux pr�c�dents cit�s que de l'autre. On peut encore noter que, dans un autre arr�t, le Tribunal f�d�ral a qualifi� de "court" un laps de temps de quatre mois et six jours (arr�t 4C.270/2001 du 26 novembre 2001 consid. 3b/dd). Quoi qu'il en soit, tout est affaire de circonstances. En l'esp�ce, on est loin de la situation ainsi �voqu�e par DAVID LACHAT (Le bail � loyer, 2008, p. 678 n� 3.1.8): "si, par exemple, il �tait reproch� au locataire de faire du bruit et que dans l'intervalle �le calme est revenu�, le bailleur ne peut pas, plusieurs ann�es plus tard, donner le cong� suite � de nouvelles manifestations bruyantes". Aucun �l�ment ressortant de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� ne permet, en effet, de conclure qu'en attendant un peu plus de huit mois, la bailleresse aurait manifest� que le maintien du bail ne lui �tait pas insupportable. Tout au plus a-t-elle fait montre de patience, sinon de mansu�tude, � l'�gard d'une locataire qui persistait � ne pas respecter ses devoirs envers les autres personnes habitant l'immeuble en d�pit de l'avertissement formel qu'elle avait re�u. En agissant de la sorte, elle a pris le risque de m�contenter ces personnes-l� et d'engager sa responsabilit� envers elles en raison du d�faut de la chose lou�e que constituaient pour ces autres locataires les bruits excessifs provenant de l'appartement lou� par la recourante. Cette derni�re est, d�s lors, malvenue � maintenir que la bailleresse, par sa passivit�, lui ait donn� � penser que l'affaire �tait close.
Par cons�quent, les violations de l'art. 257f al. 3 CO dont se plaint la recourante n'existent pas.
6.1 Dans un dernier moyen, la recourante se plaint de la violation de l'art. 271 CO. A son avis, le cong� litigieux ne serait qu'un pr�texte, la r�siliation du bail �tant, en r�alit�, motiv�e par la demeure de la locataire dans le paiement de son loyer. Et la recourante d'expliquer que, le 15 d�cembre 2010, l'intim�e l'a mise en demeure de payer son loyer sans d�lai, injonction qu'elle n'a pas suivie. Cependant, comme la bailleresse ne pouvait pas se pr�valoir de l'art. 257d CO, dont les conditions n'�taient pas remplies, elle aurait alors trouv� le moyen, tir� de l'art. 257f al. 3 CO, de r�silier le bail. Aussi bien, la recourante se dit pr�te � parier que si elle n'avait pas �t� en retard pour s'acquitter de son loyer, l'intim�e ne lui aurait pas donn� le cong� litigieux.
6.2 Sans doute n'est-il pas exclu d'obtenir l'annulation d'un cong� anticip� qui appara�t contraire � la bonne foi (art. 271 al. 1 CO). Ainsi en va-t-il, notamment, en cas de r�siliation du bail pour cause de demeure du locataire. Il faut cependant des circonstances particuli�res pour que le cong� soit annul� (arr�t 4A_497/2011 du 22 d�cembre 2011 consid. 2.4 et les pr�c�dents cit�s). Pareille annulation ne sera que tr�s rarement admise si le cong� respecte les conditions de l'art. 257f CO (LACHAT, dernier op. cit., p. 683 n� 3.2.2 avec un exemple en note de pied 139).
En l'esp�ce, la cour cantonale a jug� clairement infond� le moyen similaire qui lui �tait soumis. Selon elle, rien n'indique que le cong� serait un pr�texte. La bailleresse, au contraire, a rapidement r�agi peu apr�s avoir re�u une nouvelle protestation �crite des locataires quant au comportement de la recourante.
D�terminer les motifs r�els d'une r�siliation est une question de fait (arr�t 4A_305/2011 du 7 novembre 2011 consid. 2.2, non publi� in ATF 137 III 547). Les juges pr�c�dents ont admis, implicitement et a contrario, que le motif avanc� par la bailleresse � l'appui du cong� incrimin� correspondait � la volont� de l'int�ress�e. Il y a l� une constatation de fait � l'�gard de laquelle la recourante ne se pr�vaut pas de l'un des moyens r�serv�s par l'art. 97 al. 1 LTF et qui lie, partant, la Cour de c�ans (art. 105 al. 1 LTF).
De toute fa�on, la recourante ne relate pas de mani�re exacte le d�roulement des faits pertinents. Par la lettre du 15 d�cembre 2010, � laquelle elle se r�f�re, la bailleresse l'a enjointe de lui verser sans d�lai le loyer et les charges aff�rents au mois de d�cembre 2010, qui �taient payables d'avance. La locataire n'ayant pas donn� suite � cette sommation, la bailleresse l'a mise formellement en demeure, par lettre recommand�e du 3 janvier 2011, en citant l'art. 257d CO, de payer la somme de 6'900 fr. (i.e. trois mois de loyer et d'acomptes de charges, ainsi que les frais de mise en demeure) dans les trente jours, faute de quoi le bail serait r�sili�. Puis elle a r�sili� le bail, le 5 janvier 2011, en application de l'art. 257f al. 3 CO. Elle a ensuite notifi� derechef un cong� � la locataire, le 9 f�vrier 2011, mais en se fondant, cette fois-ci sur l'art. 257d CO, tout en r�servant le cong� ant�rieur. Enfin, ce n'est que dans une lettre du 24 juin 2011 adress�e � la pr�sidente du Tribunal des baux, qu'elle a renonc� au second cong� en faisant valoir que les conditions pos�es par la jurisprudence cantonale pour que la locataire puisse �tre contrainte � payer d'avance les loyers d'un trimestre n'�taient pas r�unies en l'esp�ce.
Il ressort de cet expos� chronologique des faits que le cong� litigieux a �t� donn� � la locataire bien avant que le d�lai de trente jours de l'art. 257d al. 1 CO n'arriv�t � �ch�ance. Affirmer qu'il l'a �t� parce que la recourante n'avait pas vers� le loyer dans le d�lai imparti est, d�s lors, erron�. D'autre part, rien ne permet de dire que l'intim�e ait su d�j� � l'�poque qu'elle ne pouvait pas r�clamer � sa cocontractante le paiement d'avance des loyers d'un trimestre, ainsi qu'elle l'a expos� dans une lettre adress�e quelques mois plus tard � la pr�sidente du Tribunal des baux. Dans ces conditions, la th�se du cong�-pr�texte ne r�siste pas � l'examen.
Pour les motifs sus-indiqu�s, il y a lieu de rejeter le recours. La demande d'effet suspensif dont celui-ci �tait assorti devient, ainsi, sans objet.
La recourante a formul� une requ�te d'assistance judiciaire.
8.1 En vertu de l'art. 64 al. 1 LTF, l'assistance judiciaire n'est accord�e qu'� la double condition que la partie ne dispose pas de ressources suffisantes et que ses conclusions ne paraissent pas vou�es � l'�chec.
Selon la jurisprudence, des conclusions paraissent vou�es � l'�chec lorsque les perspectives de leur admission sont sensiblement inf�rieures aux risques de leur rejet et qu'elles ne peuvent donc gu�re �tre consid�r�es comme s�rieuses, de sorte qu'une partie raisonnable, qui disposerait des ressources financi�res n�cessaires, renoncerait � les soumettre au juge (ATF 128 I 225 consid. 2.5.3 p. 236 et l'arr�t cit�).
8.2 La recourante a b�n�fici� de l'assistance judiciaire devant les deux instances cantonales. Elle all�gue, de mani�re cr�dible, que sa situation ne s'est pas modifi�e depuis lors. Les pi�ces qui figurent au dossier cantonal permettent effectivement d'admettre que la condition d'indigence est remplie en ce qui concerne cette partie.
Par ailleurs, comme on peut le constater � la lecture du pr�sent arr�t, les probl�mes juridiques soulev�s par la recourante quant au type de proc�dure applicable �taient assez d�licats. Leur solution n'�tait donc pas d'embl�e �vidente. Aussi une partie disposant des ressources financi�res n�cessaires n'e�t-elle pas renonc� � les soumettre � l'examen de la juridiction supr�me du pays.
Les deux conditions cumulatives auxquelles la loi subordonne l'octroi de l'assistance judiciaire � une partie sont ainsi r�alis�es. Par cons�quent, la recourante sera dispens�e de payer les frais judiciaires relatifs � la proc�dure f�d�rale. Quant � son mandataire, il sera d�sign� comme avocat d'office et recevra une indemnit� appropri�e, conform�ment � l'art. 64 al. 2 LTF.
L'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � d�poser une r�ponse, n'a pas droit � des d�pens � ce titre. En revanche, elle sera indemnis�e par la recourante pour les observations qu'elle a produites sur la demande d'effet suspensif, � l'invitation du Tribunal f�d�ral (cf. art. 64 al. 1 LTF a contrario).
La requ�te d'assistance judiciaire est admise. En cons�quence, Me Guillaume Perrot, avocat � Lausanne, est d�sign� en qualit� d'avocat d'office de la recourante.
La recourante versera � l'intim�e une indemnit� de 500 fr. � titre de d�pens pour les observations sur la requ�te d'effet suspensif.
La Caisse du Tribunal f�d�ral versera � Me Guillaume Perrot une indemnit� de 3'000 fr. � titre d'honoraires d'avocat d'office.