Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19980904-190360
Timestamp: 2017-07-24 23:19:53+00:00
Document Index: 320600630

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 04 septembre 1998, 190360
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 04 septembre 1998, 190360
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 190360Numéro NOR : CETATEXT000008008360 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1998-09-04;190360 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 24 septembre 1997, présentée par M. Kwabena Y... demeurant chez M. X..., ... ; M. Y... demande au président de la section du Contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 1er juillet 1997 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 24 juin 1997 par lequel le préfet de police a décidé la reconduite à la frontière deM. Y... ; 2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ... 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ...";
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y... s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 9 mai 1997, de la décision du préfet de police du 5 mai 1997, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si M. Y..., de nationalité ghanéenne, né en 1973 et entré en France en 1992 fait valoir qu'il n'a plus de nouvelles de sa femme et de son enfant restés au Ghana et que sa mère vit en France avec son mari qui est de nationalité française ainsi que ses demi-frères et soeurs, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. Y... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police en date du 24 juin 1997 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que si M. Y... soutient être bien intégré en France, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'arrêté attaqué aurait porté atteinte à sa situation personnelle ; que la circonstance que M. Y... aurait sollicité le bénéfice de la circulaire du 24 juin 1997 est sans influence sur la légalité de la décision attaquée ;
Considérant qu'à l'appui des conclusions dirigées contre la décision prescrivant qu'il serait reconduit au Ghana, M. Y... fait valoir qu'il risque d'être persécuté si il y retournait ;Considérant que l'intéressé, dont la demande tendant à ce que lui soit reconnue la qualité de réfugié politique a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 28 septembre 1995, confirmée par une décision de la commission des recours des réfugiés du 19 décembre 1996, n'assortit pas ses allégation relatives aux risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine de précisions ou justifications probantes ; que nonobstant la circonstance que M. Y... aurait saisi l'office français de protection des réfugiés et apatrides d'une demande de réexamen de sa situation, le moyen susanalysé ne peut donc être accueilli ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Kwabena Y..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur.Références : Circulaire 1997-06-24Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 04 septembre 1998, n° 190360Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : MME BECHTELRapporteur public : M. SchwartzOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 04/09/1998Fonds documentaire : Legifrance Haut de page