Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20011221-233018
Timestamp: 2017-01-20 12:21:33+00:00
Document Index: 42727896

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 22", "l'article 8", 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, 5 ss, 21 décembre 2001, 233018
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 233018Numéro NOR : CETATEXT000008117800 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-12-21;233018 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE - LEGALITE INTERNE - DROIT AU RESPECT DE LA VIE FAMILIALE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 26 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 22 février 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 30 mai 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
- les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ... 3°) Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité tunisienne, entrée régulièrement en France le 20 mars 1999, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 7 janvier 2000, de l'arrêté du même jour par lequel le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le PREFET DE POLICE peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, d'une part, que Mme X..., divorcée et mère de deux enfants, a toujours vécu en Algérie, avant de rejoindre la France, à la suite des persécutions non contestées dont elle-même et sa famille ont été victimes, d'autre part, qu'elle n'a plus d'attaches familiales, ni en Tunisie, pays dont elle a la nationalité mais où elle n'a pas vécu, ni en Algérie, enfin que sa mère est en situation régulière en France, que ses frères et soeurs, de nationalité française, vivent en France et que le père de ses enfants vit en France en situation régulière ; qu'eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, la mesure de reconduite prise à l'encontre de Mme X... a porté au droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels a été décidée cette mesure et, par suite, a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté en date du 30 mai 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Nachida X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-05-30Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 21 décembre 2001, n° 233018Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. SansonRapporteur public : M. OlsonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 5 ssDate de la décision : 21/12/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page