Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEDOUAI-20020425-00DA01235
Timestamp: 2016-10-21 13:02:47+00:00
Document Index: 137518836

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 12", "l'article 12", "l'article 12", "l'article 3", "l'article 3", "l'article 8", "l'article 8", 'art. 12', 'art. 8']

France, Cour administrative d'appel de Douai, 1e chambre, 25 avril 2002, 00DA01235
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 00DA01235Numéro NOR : CETATEXT000007599646 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.douai;arret;2002-04-25;00da01235 Analyses : ETRANGERS - SEJOUR DES ETRANGERS - REFUS DE SEJOUR.Texte : Vu la requête, enregistrée le 31 octobre 2000 au greffe de la cour administrative d'appel de Douai, présentée par M. Z... Y... X... ; M. Y... X... demande à la Cour :
1 ) d'annuler le jugement n 99-2257 en date du 27 juin 2000 du tribunal administratif d'Amiens qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à sa demande de délivrance du titre de séjour par le préfet de l'Oise en date du 14 mai 1999 ;
2 ) d'annuler ladite décision implicite de rejet ;
3 ) de lui attribuer un titre de séjour sur le fondement de l'article 12 bis 7 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ;
Vu le décret n 90-917 du 8 octobre 1990 portant publication de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
et les conclusions de M. Yeznikian, commissaire du gouvernement ;Sur l'intervention du comité local du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de Creil :
Considérant que le comité local du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de Creil justifie d'un intérêt à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requête de M. Z... Y... X... ; que, dès lors, son intervention est recevable ;
Sur la légalité de la décision implicite de rejet du préfet de l'Oise sur sa demande en date du 14 mai 1999 :
Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée susvisée : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : ( ...) 7 ) à l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de refus" ;
Considérant que M. Y... X..., entré en France le 8 mars 1995 démuni de document de voyage, fait valoir qu'il vit maritalement depuis juillet 1996 avec Melle A... X... dont il a eu un enfant le 23 avril 1999, qu'il craint pour sa vie et sa sécurité, ainsi que celle de sa concubine et de son enfant en cas de retour dans son pays d'origine du fait de son engagement politique personnel et de la situation générale de guerre civile qui règne en ce pays ; que, toutefois, il ressort des pièces du dossier que les allégations relatives aux dangers encourus en cas de retour en République Démocratique du Congo ne sont pas assorties de justifications de nature à en établir la réalité ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment de la brièveté du concubinage, de la durée et des conditions du séjour en France de M. Y... X... et du fait qu'il n'établit pas être dépourvu de famille dans son pays d'origine, la décision implicite de rejet du préfet de l'Oise résultant du silence gardé pendant plus de quatre mois sur sa demande en date du 14 mai 1999 n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ; que, par suite, et contrairement à ce qu'il soutient, M. Y... X... n'est pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application du 7 de l'article 12 bis précité de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ;Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 3 alinéa 2 de la convention internationale sur les droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : "Les Etats parties s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées." ;Considérant que M. Y... X... ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 alinéa 2 de la convention précitée qui crée seulement des obligations entre Etats, sans ouvrir de droits aux intéressés ;
Considérant, en dernier lieu, qu'aux termes de l'article 8 : " 1Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;
Considérant qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision contestée, aurait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ; que ladite décision n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. Y... X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande dirigée contre la décision implicite de rejet du préfet de l'Oise sur sa demande en date du 14 mai 1999 ;
Considérant que le rejet, par le présent arrêt, des conclusions de M. Y... X... tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du préfet de l'Oise entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour ;
Article 1er : L'intervention du comité local du mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de Creil est admise.
Article 2 : La requête présentée par M. Z... Y... X... est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Z... Y... X..., au comité local du mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de Creil ainsi qu'au ministre de l'intérieur. Copie sera transmise au préfet de l'Oise.Références : Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 12 bis, art. 8Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme SichlerRapporteur public : M. YeznikianOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de DouaiFormation : 1e chambreDate de la décision : 25/04/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page