Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20030226-248874
Timestamp: 2017-04-28 20:27:02+00:00
Document Index: 314169956

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 3", "l'article 27", 'art. 3', 'art. 8', 'art. 22', 'art. 27']

France, Conseil d'État, 26 février 2003, 248874
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 248874Numéro NOR : CETATEXT000008126208 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2003-02-26;248874 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 22 juillet 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Zahia X... épouse Y..., ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 17 juin 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mai 2002 par lequel le préfet des Yvelines a décidé sa reconduite à la frontière et fixé le pays de destination de la reconduite ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de statuer à nouveau sur sa situation dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 21 février 2001, de la décision du préfet des Yvelines du 20 février 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant que l'arrêté du 24 mai 2002, par lequel le préfet des Yvelines a décidé la reconduite à la frontière de Mme X..., comporte l'indication des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement ; qu'il est ainsi suffisamment motivé ;
Considérant que si Mme X..., entrée en France le 6 octobre 1999, fait valoir que sa mère vit en France, qu'elle n'a plus aucun contact avec son père qui vit en Algérie et qu'elle est mariée depuis le 20 mai 2000 avec un ressortissant algérien ; que si le couple a donné naissance à un enfant le 23 novembre 2000 sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mme X... en France, dont l'époux fait également l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, le préfet des Yvelines, en décidant sa reconduite à la frontière, ait porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite :Considérant que si Mme X..., à laquelle le bénéfice de l'asile territorial a d'ailleurs été refusé par une décision du ministre de l'intérieur en date du 18 octobre 2000, soutient qu'en raison de son statut de femme exerçant la profession de journaliste, de son engagement politique, de l'activité militante de son époux au sein de l'association rassemblement pour la culture et la démocratie, du climat d'insécurité qui règne en Kabylie et des menaces qu'elle a reçues, elle encourt des risques sérieux pour sa liberté et sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine, ses allégations ne sont pas assorties de justifications suffisantes propres à établir la réalité des risques auxquels elle serait personnellement exposée en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée doit être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ;
Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à Mme X... la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de Mme X..., n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ; que dès lors les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme X... ne peuvent qu'être rejetées ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Zahia X... épouse Y..., au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2002-05-24Code de justice administrative L761-1, L911-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 27 bisPublications :Proposition de citation: CE, 26 février 2003, n° 248874Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. LamyOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 26/02/2003Fonds documentaire : Legifrance Haut de page