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Timestamp: 2016-10-28 06:20:56+00:00
Document Index: 6073257

Matched Legal Cases: ['art. 308', 'art. 310', 'art. 310', 'art. 310', 'art. 100', 'art. 46', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 314', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 446', 'art. 314', 'art. 446', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 310', 'art. 8', 'art. 13', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 310', 'art. 8', 'ATF ', 'CourEDH ', 'art. 310', 'art. 307', 'art. 310', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 307', 'art. 313', 'ATF ', 'art. 66']

5A_378/2014 (30.06.2014)
5A_378/2014 � � Arr�t du 30 juin 2014
Greffi�re : Mme Achtari
C�tes-de-Montbenon 8, 1014 Lausanne,
du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 17 d�cembre 2013.
A.a.�B.________ et C.________, n�s respectivement les 4 f�vrier 2006 et 15 juillet 2007, sont issus de l'union de D.X.________ et de A.X.________.
A.b.�Par ordonnance de mesures provisionnelles du 3 novembre 2011, la Juge de paix du district de Lausanne (ci-apr�s: la Juge de paix) a notamment valid� une ordonnance pr�provisionnelle du 24 octobre 2011 retirant provisoirement � D.X.________ et A.X.________ le droit de garde sur leurs enfants B.________ et C.________, ouvert une enqu�te en limitation, voire en retrait, de l'autorit� parentale de D.X.________ et A.X.________ sur leurs enfants et confi� un mandat d'enqu�te au Service de protection de la jeunesse (ci-apr�s: SPJ), lequel avait d�j� �t� nomm� curateur (art. 308 al. 1 CC) des deux enfants pr�cit�s par d�cision du 10 juin 2010.
�Par ordonnance de mesures provisionnelles du 19 avril 2012, la Juge de paix a notamment retir� provisoirement � D.X.________ et A.X.________ leur droit de garde sur leurs enfants, ce droit �tant attribu� au SPJ, et ordonn� une expertise p�dopsychiatrique, confi�e au Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA).
A.c.�Faisant suite � un premier rapport d�pos� le 18 avril 2012, le SPJ a produit, le 30 novembre 2012, un nouveau rapport d'�valuation concernant B.________ et C.________, qui �taient tous deux plac�s au Foyer F.________. Il a notamment indiqu� qu'� son arriv�e en foyer en octobre 2011, les �ducateurs avaient not� chez B.________ d'importantes carences �ducatives et relationnelles. Celui-ci �voluait dor�navant mieux scolairement, son comportement avec les adultes et ses pairs s'�tait am�lior� et sa violence diminuait. S'agissant de C.________, sa psychologue, qui effectuait �galement un travail m�re-fille, avait signal� des troubles de l'attachement significatifs, l'enfant n'arrivant que peu � g�rer la distance relationnelle avec l'autre lors d'une s�paration, et la relation m�re-fille devait encore �tre travaill�e � long terme pour esp�rer un retour de C.________ � domicile. Une lente �volution positive des relations entre A.X.________ et ses enfants avait �t� observ�e et la m�re �tait preneuse des conseils des professionnels. Le SPJ a estim� qu'� long terme, A.X.________ pourrait, avec de l'aide, mettre en place un syst�me �ducatif plus coh�rent et " s�cure " pour ses enfants, afin de peut-�tre pouvoir les reprendre � son domicile. Au vu de la lente �volution de la situation, de l'accompagnement soutenu des grands-m�res dans le droit de visite et du temps n�cessaire pour r�habiliter les comp�tences parentales, le SPJ a conclu au maintien de son mandat de gardien au sens de l'art. 310 CC sur les enfants B.________ et C.________. Le placement �tait b�n�fique � ceux-ci, les visites montraient encore la fragilit� de la situation et, m�me si la m�re avait plus de comp�tences que le p�re pour l'accueil de ses enfants, il faudrait encore du temps et du travail avant que celle-ci puisse reprendre ses deux enfants � son domicile.
A.d.�Consid�rant que le rapport susmentionn� �tait suffisamment circonstanci�, la Juge de paix a r�voqu�, le 10 d�cembre 2012, sa d�cision provisionnelle du 19 avril 2012 en tant qu'elle ordonnait une expertise p�dopsychiatrique.
A.e.�Le 16 mai 2013, la Justice de paix a proc�d� � l'audition de D.X.________ et de A.X.________, ainsi que de E.________, assistant social aupr�s du SPJ en charge du dossier des enfants B.________ et C.________, et d'un t�moin. E.________ a confirm� ses conclusions tendant au retrait du droit de garde et d�clar� que l' "enclassement " de B.________ �tait pr�vu pour l'ann�e 2013 au Centre psychoth�rapeutique de l'H�pital de l'enfance (ci-apr�s: CPT), en internat. Concernant C.________, les �ducateurs du Foyer F.________ �taient tr�s inquiets et avaient d� mobiliser un �ducateur uniquement pour elle, afin d'�viter les d�bordements, en particulier dans la violence.
A.f.�Dans son rapport du 2 d�cembre 2013, le SPJ a notamment indiqu� que les �ducateurs avaient observ� une �volution positive de la situation de C.________, malgr� les difficult�s qui demeuraient notamment quant aux transitions et � l'acceptation du cadre donn�, et que, depuis la rentr�e scolaire d'ao�t, A.X.________ avait pu prendre sa fille en visite les samedis et dimanches de 10 heures � 18 heures. La psychologue de l'enfant avait organis� des rencontres m�re-fille pour aider celles-ci dans leur relation. Depuis l'�largissement des visites de la m�re, le d�but du travail th�rapeutique et le d�part du foyer de B.________, le comportement de C.________ �tait devenu � nouveau tr�s difficile � cadrer. La m�re ne percevait que partiellement en quoi sa fille pouvait poser des difficult�s comportementales et,�
de facto, comment se situer avec celle-ci en termes �ducatifs. C.________ demandait une forte mobilisation institutionnelle et une pr�sence importante pour pouvoir l'aider � g�rer ses angoisses. Ensuite d'un stage au CPT en juin 2013 o� il avait pu montrer le meilleur de lui-m�me, B.________ vivait dans ce centre durant la semaine et certains week-ends chez Madame G.________, sa " grand-maman de coeur ". Le CPT consid�rait �galement inopportun, en l'�tat, que B.________ retourne chez sa m�re pour le week-end et pr�f�rait mieux �valuer les capacit�s �ducatives de A.X.________ avant d'organiser des nuits et des week-ends entiers chez celle-ci. A.X.________ peinait � voir les difficult�s de sa fille, arguant que celle-ci avait toujours �t� comme cela. Elle avait de la peine � percevoir quand et comment intervenir aupr�s de C.________ pour la calmer et la s�curiser. La relation m�re-fille devait probablement �tre beaucoup plus travaill�e pour que l'enfant se sente bien. A.X.________ avait �galement des difficult�s � mettre un cadre � son fils. Ensuite de la d�cision de retrait de droit de garde, en col�re, elle n'avait pas rendu visite � ses enfants pendant trois semaines, montrant ses propres difficult�s � comprendre leurs besoins et � les faire passer avant les siens. Le SPJ a en cons�quence estim� qu'un retour des enfants aupr�s de leur m�re �tait pr�matur� et que ceux-ci avaient encore besoin d'un encadrement sp�cialis�. Malgr� les questions pos�es par la m�re aux �ducateurs par rapport aux enfants, ces professionnels observaient le peu d'anticipation de A.X.________ et ses difficult�s d'apprentissage. Elle peinait � entrer dans des aspects plus psychologiques pour anticiper les r�ponses � donner � certains comportements de ses enfants et il �tait difficile d'estimer si elle n'en voyait pas la pertinence ni l'utilit� pour l'instant, ou si elle ne comprenait tout simplement pas de quoi il s'agissait. Un travail devait encore �tre effectu� par la m�re avec son fils et le CPT pour pouvoir, � terme, �ventuellement prendre son enfant en week-end chez elle; l'attachement de B.________ n'�tait pas encore tr�s " s�cure " � l'�gard de sa m�re et le risque de d�rapage restait encore trop pr�sent.
A.g.�Par d�cision du 16 mai 2013, la Justice de paix du district de Lausanne a notamment mis fin � l'enqu�te en limitation, voire en retrait, de l'autorit� parentale instruite � l'�gard de D.X.________ et A.X.________ sur les enfants B.________ et C.________, retir� � D.X.________, en application de l'art. 310 CC et dans l'hypoth�se o� la mesure de curatelle de port�e g�n�rale provisoire prononc�e en sa faveur ne serait pas confirm�e, son droit de garde sur B.________ et C.________, retir� �galement � A.X.________, en application de l'art. 310 CC, son droit de garde sur B.________ et C.________, confi� un mandat de garde au SPJ s'agissant des deux enfants susnomm�s, dit que le SPJ aurait pour t�ches de placer les mineurs dans des lieux propices � leurs int�r�ts et de veiller au r�tablissement de liens progressifs et durables avec leur m�re et leur p�re, et invit� le SPJ � remettre annuellement � la Justice de paix un rapport sur son activit� et sur l'�volution de la situation de B.________ et C.________.
A.h.�A.X.________ a recouru contre cette d�cision devant la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal vaudois en concluant � son annulation et � la restitution de son droit de garde sur B.________ et C.________. Elle a demand� la tenue de d�bats, ainsi que l'audition de trois t�moins, et a produit des pi�ces. Post�rieurement au d�p�t de son recours, elle a encore requis la mise en oeuvre d'une expertise par le SUPEA.
�Le SPJ a conclu au rejet du recours, produisant le rapport actualis� qu'il avait �tabli le 2 d�cembre 2013.
�Par arr�t du 17 d�cembre 2013, envoy� pour notification le 19 mars 2014, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours et confirm� la d�cision entreprise.
Par acte du 5 mai 2014, A.X.________ exerce un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Elle sollicite son annulation et demande au Tribunal f�d�ral de dire que la garde de ses enfants B.________ et C.________ ne lui est pas retir�e.
Le recours a �t� d�pos� en temps utile - compte tenu des f�ries de P�ques (art. 100 al. 1
cum�art. 46 al. 1 let. a LTF) - contre une d�cision rendue en mati�re de protection de l'enfant (art. 72 al. 2 let. b ch. 7 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Comme la question soumise au Tribunal f�d�ral est de nature non p�cuniaire, le recours est ouvert ind�pendamment de la valeur litigieuse (arr�t 5A_763/2011 du 7 mars 2012 consid. 1). La recourante, qui a succomb� devant l'autorit� cantonale, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF, y compris les droits constitutionnels (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 88 s.; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400 s.). Le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� constat�s de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 III 268 consid. 1.2 p. 278), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.2 p. 246).
�De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 III 226 consid. 4.2 p. 234; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.); encore faut-il que la d�cision en soit vici�e dans son r�sultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
La recourante fait valoir que la cour cantonale a viol� les art. 29 al. 2 Cst., 6 et 8 CEDH, ainsi que les art. 314 al. 1 et 446 al. 1 CC, en lien avec l'application des maximes inquisitoire et d'office. A l'appui de son grief, la recourante reproche � la cour cantonale de ne s'�tre fond�e que sur les " �l�ments de conviction " fournis par le SPJ et d'avoir rejet� ses requ�tes tendant � la mise en oeuvre d'une expertise p�dopsychiatrique, � l'audition de t�moins et � la tenue de d�bats. Selon la recourante, compte tenu de la gravit� de la mesure litigieuse, les juges cantonaux ne pouvaient, sans violer les maximes inquisitoire et d'office, " s'en remettre purement et simplement, sans v�rifier par elle-m�me jusqu'� la certitude, les �l�ments de conviction pertinents ". En refusant notamment d'ordonner une expertise, les juges cantonaux auraient ainsi manqu� " � l'obligation de s'assurer de l'existence, de la nature et de la gravit� d'un pr�judice pour la sant� et le d�veloppement des enfants (...) par la vie commune avec leur m�re seule (...) ".
3.1.1.�Tel qu'il est garanti par les art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH - lequel n'offre pas de protection plus �tendue que les garanties constitutionnelles nationales (ATF 130 I 312 consid. 5.1 p. 332 et les arr�ts cit�s; arr�t 5D_61/2008 du 20 ao�t 2008 consid. 4.2) -, le droit d'�tre entendu comprend notamment le droit pour l'int�ress� de prendre connaissance du dossier, de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision touchant sa situation juridique ne soit prise, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 III 576 consid. 2c p. 578). Lorsqu'il contr�le l'application du droit d'�tre entendu sous l'angle de l'art. 29 al. 2 Cst., le Tribunal f�d�ral en d�termine le contenu et la port�e en fonction de la situation concr�te et des int�r�ts en pr�sence (ATF 123 I 63 consid. 2d p. 68; 111 Ia 273 consid. 2b p. 274). Selon la nature de l'affaire, le contenu et l'�tendue du droit d'�tre entendu peuvent varier. Il n'implique en g�n�ral pas le droit de s'exprimer oralement (ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219 et l'arr�t cit�), ni celui d'obtenir l'audition de t�moins (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428 s.). Quant au droit � la preuve, il ne s'oppose pas � ce que l'autorit� mette un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude que ces derni�res ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.; 134 I 140 consid. 5.3 p. 148; 115 Ia 97 consid. 5b p. 101). Ce principe vaut m�me lorsque la maxime inquisitoire s'applique (ATF 130 III 734 consid. 2.2.3 p. 735 et les arr�ts cit�s). Celle-ci ne dispense par ailleurs pas les parties de collaborer � la proc�dure et d'indiquer leurs moyens de preuve en temps utile (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 413; arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1�
in fineet les arr�ts cit�s).
3.1.2.�Dans les affaires relatives � la protection de l'enfant, le juge est li� � la maxime inquisitoire en ce qui concerne l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves (art. 446 CC applicable par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). Le tribunal, qui a le devoir d'administrer les preuves, n'est cependant pas li� par les offres de preuves des parties, il d�cide au contraire selon sa conviction, quels faits doivent encore �tre �tablis et quels sont les moyens de preuves pertinents pour d�montrer ces faits (arr�t 5A_877/2013 du 10 f�vrier 2014 consid. 4.1.1; AUER/MARTI, Basler Kommentar, Erwachsenenschutz, 2011, n� 8 ad art. 446 CC).
�Abstraction faite d'exceptions qui ne sont pas r�alis�es dans le cas pr�sent (cf. � ce sujet: Hohl, Proc�dure civile, t. I, 2001, n� 1045 p. 197), l'expertise n'est ainsi qu'une mesure probatoire parmi d'autres. Le juge doit l'ordonner lorsqu'elle appara�t comme le seul moyen de preuve idoine, en particulier lorsqu'il ne b�n�ficie pas de connaissances personnelles suffisantes pour se prononcer sur le bien de l'enfant, par exemple lorsque celui-ci souffre d'une maladie ou pr�sente un comportement pathologique, ou encore lorsque le juge ne dispose d'aucun �l�ment de preuve sur des faits pertinents pour la d�cision; il jouit � cet �gard d'un large pouvoir d'appr�ciation (arr�t 5A_798/2009 du 4 mars 2010 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s, non publi� aux ATF 136 I 178), qui trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88).
3.2.�En l'occurrence, il appara�t que l'autorit� pr�c�dente a proc�d� � une appr�ciation des preuves disponibles et a jug� celles requises par la recourante comme n'�tant pas pertinentes pour l'issue du litige compte tenu des rapports du SPJ et des autres preuves d�j� administr�es. De nature essentiellement appellatoire, les critiques que la recourante forme � cet �gard ne permettent pas de retenir que la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en consid�rant qu'elle �tait suffisamment renseign�e et que le dossier �tait en �tat d'�tre jug�. Elle se borne en effet � exposer son point de vue selon lequel les mesures probatoires qu'elle sollicite sont n�cessaires au jugement de la cause, sans d�montrer, ni m�me all�guer, que l'appr�ciation anticip�e des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale serait arbitraire, c'est-�-dire manifestement insoutenable. Insuffisamment motiv� (cf.�
supra�consid. 2.2; art. 106 al. 2 LTF), le grief appara�t ainsi irrecevable.
Invoquant une violation des art. 310 al. 1 CC et 8 CEDH, la recourante reproche en outre � l'autorit� cantonale de lui avoir retir� le droit de garde sur ses enfants sans que l'existence d'un pr�judice ou d'un danger pour la sant� et/ou le d�veloppement de ceux-ci n'ait �t� prouv�. Elle soutient que le fait qu'un enfant puisse �tre accueilli dans un cadre plus propice � son �ducation n'est pas suffisant pour justifier une ing�rence aussi grave dans le droit au respect de la vie familiale; il faudrait, selon elle, qu'il existe en sus: " violences ou maltraitance, abus sexuels, d�ficit affectif-incapacit� affective, �tat de sant� inqui�tant, d�s�quilibre psychique ".
4.1.�L'art. 8 par. 1 CEDH - de m�me que l'art. 13 al. 1 Cst. (ATF 129 II 215 consid. 4.2 p. 218 s.; 126 II 377 consid. 7 p. 394) - garantit notamment le droit � la vie priv�e et familiale. La suppression du droit de garde des p�re et m�re constitue une atteinte grave au droit au respect de la vie priv�e et familiale au sens de l'art. 8 par. 2 CEDH (arr�t 5P.8/2007 du 6 juin 2008 consid. 5.1; Marie-Laure Papaux Van Delden, Le placement de l'enfant: analyse de la jurisprudence de Strasbourg � l'attention du praticien et du l�gislateur,�
in�M�langes P.-H. Steinauer, 2013, p. 227 ss [229, 231]). En droit suisse, cette ing�rence des autorit�s publiques dans l'exercice des droits parentaux est pr�vue par l'art. 310 CC. Dans ce domaine, la r�glementation du Code civil suisse est conforme � l'art. 8 CEDH (arr�t 5P.257/2003 du 18 septembre 2003 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s; Papaux Van Delden, op. cit., p. 231). Pour qu'une telle ing�rence soit licite, encore faut-il que cette r�glementation ait �t� correctement appliqu�e; le crit�re essentiel qui doit guider les autorit�s est le bien, autant physique que psychique, de l'enfant (ATF 136 I 178 consid. 5.2 p.180; 120 Ia 369 consid. 4b p. 375; 107 II 301 consid. 6 p. 304 et les arr�ts cit�s). Le principe de proportionnalit� doit en outre �tre respect�: le retrait de l'enfant de son milieu familial doit �tre le seul moyen de garantir ses droits. C'est � la lumi�re de l'ensemble des circonstances que la pertinence et la suffisance des motifs invoqu�s pour justifier la restriction aux droits parentaux doit �tre analys�e (Papaux Van Delden, op. cit., p. 230, 233 et les arr�ts de la CourEDH cit�s).
4.2.�Selon l'art. 310 al. 1 CC, lorsqu'elle ne peut �viter autrement que le d�veloppement de l'enfant ne soit compromis, l'autorit� de protection de l'enfant retire l'enfant aux p�re et m�re ou aux tiers chez qui il se trouve et le place de fa�on appropri�e. Cette mesure de protection a pour effet que le droit de garde passe des p�re et m�re � l'autorit�, qui d�termine d�s lors le lieu de r�sidence de l'enfant et, partant, choisit son encadrement (arr�ts 5A_335/2012 du 21 juin 2012 consid. 3.1; 5A_238/2010 du 11 juin 2010 consid. 4, publi�
in�FamPra.ch 2010 p. 713). Le danger doit �tre tel qu'il soit impossible de le pr�venir par les mesures moins �nergiques pr�vues aux art. 307 et 308 CC; la cause de la mesure doit r�sider dans le fait que le d�veloppement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez prot�g� ou encourag� dans le milieu de ses p�re et m�re ou dans le milieu o� ceux-ci l'ont plac� (arr�ts 5A_729/2013 du 11 d�cembre 2013 consid. 4.1; 5A_835/2008 du 12 f�vrier 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences; Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5�me �d., 2014, n� 1296 p. 850 et les r�f�rences).
�Comme l'application des art. 310 ss CC suppose une pes�e d'int�r�ts de la part des autorit�s cantonales, le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue en revoyant leurs d�cisions (ATF 120 II 384 consid. 5b p. 387), ce qui �quivaut pratiquement � se cantonner sur le terrain de l'arbitraire (ATF 136 I 178 consid. 5.2 p. 180). Il n'intervient ainsi que si la d�cision attaqu�e s'�carte des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, si elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le ou, � l'inverse, si elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration. Il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2 p. 123 s.; 133 III 201 consid. 5.4 p. 211). Il incombe d�s lors au recourant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi la d�cision attaqu�e repose sur une appr�ciation du bien de l'enfant manifestement insoutenable; il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� jouit d'un libre pouvoir d'examen (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.; 117 Ia 10 consid. 4b p. 11 s. et les arr�ts cit�s).
4.3.�Au vu des faits retenus, � propos desquels la recourante n'�tablit aucun arbitraire (art. 9 Cst.), la Chambre des curatelles ne saurait se voir reprocher d'avoir viol� le droit f�d�ral et conventionnel et, en particulier le principe de proportionnalit�, en consid�rant, sur la base des rapports et d�terminations du SPJ, que le retrait du droit de garde de la recourante est encore actuellement la seule mesure susceptible de r�pondre � l'int�r�t sup�rieur des enfants en leur offrant un cadre �ducatif structurant et stable. Proc�dant � une pes�e des int�r�ts en pr�sence - soit une question d'appr�ciation que le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue -, les juges cantonaux ont tenu compte de mani�re ad�quate des �l�ments susceptibles d'entrer en consid�ration pour appr�cier l'int�r�t des enfants. Ils ont en particulier pris en compte l'inaptitude - actuelle - de la recourante dans l'�ducation de ses enfants ainsi que son incapacit� � donner des r�ponses � certains de leurs comportements, dont notamment celui de C.________ qui demande une forte mobilisation institutionnelle et une pr�sence importante pour l'aider � g�rer ses angoisses. De tels motifs apparaissent, en l'�tat, propres � justifier la mesure querell�e et la recourante ne parvient pas � d�montrer en quoi la cour cantonale aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation en leur attribuant un poids pr�pond�rant. Contrairement � ce que semble soutenir la recourante, la mise en danger de l'enfant ne se mat�rialise pas seulement dans les violences ou la maltraitance du ou des parent (s) concern� (s), mais peut, comme en l'esp�ce, r�sulter de l'inaptitude ou de la n�gligence grave dans l'�ducation ou la prise en charge des enfants, quelles qu'en soient les causes (Meier/Stettler, op. cit., n� 1297 p. 851). Dans cette mesure, la pes�e des int�r�ts effectu�e par la cour cantonale ne pr�te pas le flanc � la critique. Pour autant que recevable, le grief appara�t d�s lors infond�.
�Il convient encore de pr�ciser que les mesures de protection de l'enfant (art. 307 ss CC) peuvent �tre modifi�es en tout temps en cas de changement des circonstances (art. 313 al. 1 CC; ATF 120 II 384 consid. 4d p. 386). L'�volution de la situation pourra d�s lors, au besoin, conduire � une adaptation des mesures qui ont �t� prises, ce que les juges pr�c�dents ont au demeurant clairement r�serv�.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� � la recourante, � la Justice de paix du district de Lausanne, au Service de protection de la jeunesse et � la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud.