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Timestamp: 2016-10-22 17:55:55+00:00
Document Index: 34122324

Matched Legal Cases: ['art. 18', 'art. 9', 'art. 8', 'art. 100', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 105', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 404', 'art. 374', 'art. 373', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 374', 'art. 1', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 87', 'art. 374', 'art. 31', 'art. 66']

4A_106/2015 (27.07.2015)
4A_106/2015 � � Arr�t du 27 juillet 2015
tous les deux repr�sent�s par Me Marc-Etienne Favre,
B.________, repr�sent� par Me Nathalie Fluri,
contrat d'entreprise, int�gration de la norme SIA 118, interpr�tation de la volont� des parties;
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 20 ao�t 2014.
A.a.�B.________, qui exploite en raison individuelle une entreprise de ma�onnerie, a soumis � B.A.________, architecte, et � son �pouse A.A.________, laquelle est propri�taire du terrain sur lequel sont construits une villa et un garage � X.________ (ci-apr�s: les ma�tres de l'ouvrage), deux soumissions dat�es du 5 juillet 2005 pour la transformation de dite villa (pour les travaux de d�molition: 35'787 fr. 40 et pour les travaux de ma�onnerie: 55'820 fr. 70), les rabais et escomptes restant � discuter.
Les " conditions sp�ciales et remarques " de ces soumissions pr�voient notamment que les " rabais et escomptes consentis seront applicables � tous les travaux impr�vus, suppl�mentaires ou en r�gie � l'exception des hausses ". En outre, l'ex�cution des travaux sera conforme aux normes SIA, en particulier � la norme SIA 118.
A.b.�Se r�f�rant � l'offre du 6 (recte: 5) juillet 2005, les ma�tres de l'ouvrage ont adjug�, apr�s discussion, ces travaux � B.________ le 13 juillet 2005, en tenant compte d'un rabais de 21% et d'un escompte de 3% (d'un prorata de 1%, d'assurance TC de 0,3%, la TVA � 7,6 % �tant en sus), soit pour le montant forfaitaire arrondi de 70'200 fr.
Il a �t� pr�cis� que les prix, conditions ou rabais consentis pour l'adjudication des travaux sont applicables sur l'ensemble de tous les travaux, plus-values y compris, ainsi que sur les factures compl�mentaires. En outre, l'ex�cution des travaux devait �tre conforme � toutes les prescriptions et normes relatives aux travaux ex�cut�s, en particulier � la norme SIA 118.
A.c.�En 2006, les ma�tres de l'ouvrage ont command� d'autres travaux qui ont fait l'objet de trois devis des 3 mars (5'397 fr. 20 pour doublage et isolation des murs de fa�ades ext�rieurs), 14 juin (3'215 fr. 10 pour construction d'un radier, d'un mur pour douche ext�rieure et vestiaire) et 26 juillet 2006 (9'931 fr. 50 pour r�alisation de murs et d'un socle de portail d'entr�e).
A.d.�D'autres travaux ont encore �t� ex�cut�s sans avoir fait l'objet de devis. L'entrepreneur a envoy� r�guli�rement ses rapports de chantier - indiquant les unit�s et quantit�s (sans prix) - pour information aux ma�tres de l'ouvrage. Le prix de ces travaux suppl�mentaires est litigieux entre parties.
A.e.�Le 21 novembre 2007, l'entrepreneur a adress� aux ma�tres de l'ouvrage une facture pour tous les travaux d'un montant de 251'894 fr. 20 brut. Le prix brut s'entend hors rabais et escomptes et sans TVA.
Les ma�tres de l'ouvrage l'ont contest�e, estimant qu'elle n'�tait ni d�taill�e ni conforme aux conditions du contrat et que l'entrepreneur n'avait pas fourni de d�compte d�taill�, poste par poste, de tous les travaux suppl�mentaires effectu�s.
Compte tenu des acomptes vers�s, l'entrepreneur r�clame encore 98'699 fr. 40, alors que les ma�tres de l'ouvrage ne reconnaissent qu'un montant de 2'134 fr. 10.
L'entrepreneur a fait notifier deux commandements de payer aux ma�tres de l'ouvrage pour le montant r�clam� (poursuite n� xxx et n� yyy de l'Office des poursuites de Nyon-Rolle), qui y ont fait opposition. Les ma�tres de l'ouvrage se sont acquitt�s du montant de 2'134 fr. 10.
Par demande (rectifi�e) du 19 avril 2010, l'entrepreneur a ouvert action en paiement contre les ma�tres de l'ouvrage devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve. Il a conclu � ce que ceux-ci soient condamn�s solidairement � lui payer le montant de 128'699 fr. 40 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 21 d�cembre 2007, sous d�duction des acomptes de 30'000 fr. et 2'134 fr. 10, et � ce que la mainlev�e d�finitive des oppositions aux commandements de payer lui soit accord�e � concurrence de ces montants.
Un expert a �t� nomm� par le tribunal le 6 octobre 2010.
Il a d�pos� son rapport principal le 11 mai 2011. Partant du montant de 251'894 fr. 20 r�clam� par le demandeur, il en a d�duit les travaux adjug�s et devis�s, puis ajustant certains prix unitaires, il a d�termin� que le co�t total des travaux �tait de 221'123 fr. 75 brut, comprenant des travaux suppl�mentaires se montant � 133'872 fr. 15 brut calcul�s sur la base du mode du prix en r�gie et des rapports de travail de l'entrepreneur, faute d'�tablissement d'offre au pr�alable. Il n'a pas pu dire si le temps de travail indiqu� dans les rapports de travail �tait correct, mais a relev� que la direction des travaux, en l'occurrence le d�fendeur, n'en a jamais contest� le contenu.
Pour r�pondre aux questions pos�es par les d�fendeurs, l'expert a �tabli un rapport compl�mentaire le 28 f�vrier 2012. Adoptant la m�thode de calcul de la norme SIA 118, pr�conis�e par ceux-ci, l'expert a abandonn� le principe de l'adjudication � prix forfaitaire et, pour l'ensemble des travaux, a utilis� de mani�re �tendue les prix unitaires et les m�tr�s, obtenant un co�t total de l'ensemble des travaux de 175'722 fr. 50 brut.
Par jugement du 11 octobre 2012, le Tribunal d'arrondissement de La C�te a condamn� solidairement les d�fendeurs � payer au demandeur la somme de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008 et prononc� la mainlev�e d�finitive des oppositions aux commandements de payer notifi�s aux deux d�biteurs � concurrence du montant pr�cit�. En bref, il a consid�r� que les travaux selon les trois devis compl�mentaires et les autres travaux suppl�mentaires ont �t� sans commune mesure avec le projet d'origine, de sorte que le demandeur pouvait pr�tendre au paiement de ces travaux en sus; il s'est ralli� � l'expertise compl�mentaire et a admis que le montant total de l'ensemble des travaux est de 175'722 fr. 50 brut; d�duction faites des rabais et escomptes, TVA en sus, et d�duction des acomptes, le solde � payer est de 37'237 fr. 05.
La Cour d'appel civile a, par arr�t du 20 ao�t 2012, partiellement admis l'appel du demandeur et a r�form� le jugement attaqu�. Elle a augment� la somme que les d�fendeurs doivent payer solidairement au demandeur � 73'386 fr. 40 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008, pronon�ant la mainlev�e d�finitive des oppositions � concurrence de ce nouveau montant. Elle s'est ralli�e � l'expertise principale et a admis que le montant total de l'ensemble des travaux est de 221'123 fr. 75 brut; le solde d� est de 73'386 fr. 40.
Le 12 f�vrier 2015, les d�fendeurs ont interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant � ce qu'ils ne soient condamn�s � payer que le montant de 35'295 fr. 30 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008, la mainlev�e d�finitive n'�tant accord�e que pour ce montant. Ils invoquent la violation des art. 18 et 374 CO, l'arbitraire dans l'�tablissement et l'appr�ciation des faits (art. 9 Cst.) et la violation des r�gles relatives au fardeau de la preuve (art. 8 CC).
L'intim� a conclu au rejet du recours.
Les recourants ont encore d�pos� de br�ves observations.
L'effet suspensif a �t� attribu� au recours par ordonnance pr�sidentielle du 27 avril 2015.
Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par les d�fendeurs qui ont succomb� dans leurs conclusions lib�ratoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise sur recours par le tribunal sup�rieur du canton (art. 75 LTF) dans une contestation relevant du contrat d'entreprise, dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 72 al. 1 et 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
D�s lors que les d�fendeurs n'ont pas interjet� appel contre le jugement de premi�re instance qui les a condamn�s � payer le montant de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008, il leur est interdit de le remettre en question et de prendre des conclusions qui vont en-de��, au d�triment du demandeur, � l'occasion d'un recours en mati�re civile contre l'arr�t rendu sur appel de celui-ci (interdiction de la reformatio in pejus; ATF 129 III 417 consid. 2.1.1; arr�t 5A_613/2008 du 15 juillet 2009 consid. 3.2). Leurs conclusions sont donc irrecevables en tant qu'elles visent � payer le montant inf�rieur de 35'295 fr. 30 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008. En outre, leur argumentation subsidiaire, selon laquelle il n'y aurait pas eu de modification de commande, en d'autres termes que tous les travaux sont compris dans l'adjudication et les devis compl�mentaires, de sorte qu'ils se seraient d�j� enti�rement acquitt�s du prix forfaitaire, est irrecevable.
Saisi d'un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit (art. 106 al. 1 LTF) � l'�tat de fait constat� dans l'arr�t cantonal (ou � l'�tat de fait qu'il aura rectifi� apr�s examen des griefs du recours; art. 105 al. 1-2 et 97 al. 1 LTF). Cela ne signifie pas que le Tribunal f�d�ral examine, comme le ferait un juge de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser. Compte tenu de l'obligation de motiver impos�e par l'art. 42 al. 2 LTF, il ne traite que les questions qui sont soulev�es devant lui par les parties, � moins que la violation du droit ne soit manifeste (arr�ts 4A_73/2015 du 26 juin 2015 consid. 2; 5A_621/2013 du 20 novembre 2014 consid. 2, non publi� in ATF 141 III 53; 4A_399/2008 du 12 novembre 2011 consid. 2.1, non publi� in ATF 135 III 112). Le Tribunal f�d�ral n'est toutefois pas li� par l'argumentation juridique d�velopp�e par les parties ou par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre le recours, comme il peut le rejeter en proc�dant � une substitution de motifs (ATF 133 III 545 consid. 2.2).
Sous r�serve des hypoth�ses vis�es � l'art. 95 let. c et d LTF, la violation du droit cantonal n'est pas un motif de recours. Toutefois, le recourant peut faire valoir que la mauvaise application du droit cantonal constitue une violation du droit f�d�ral, parce qu'elle est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. ou contraire � d'autres droits constitutionnels (ATF 133 III 462 consid. 2.3). Il lui incombe de d�montrer, par une argumentation pr�cise r�pondant aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (principe d'all�gation), en quoi la fa�on dont le droit cantonal a �t� appliqu� est manifestement insoutenable. Le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (cf. ATF 130 I 258 consid. 1.3; 125 I 492 consid. 1b).
3.1.�Pour pouvoir comparer les diff�rentes m�thodes de calcul du prix, sur lesquelles les parties divergent, on est oblig� de se baser sur le co�t de l'ensemble des travaux brut (montant total des travaux brut, c'est-�-dire sans rabais ni escompte, et avant addition de la TVA) d�s lors que la cour cantonale n'a pas d�termin� quels sont les montants bruts des travaux suppl�mentaires selon les deux m�thodes.
Dans sa demande, sur la base de prix en r�gie pour les travaux suppl�mentaires, le demandeur pr�tendait � un montant total de 251'894 fr. 20 brut.
Dans son expertise principale, l'expert a pris en compte les montants forfaitaires adjug�s et r�alis�s, d�duit les postes non r�alis�s et ajout�, sur la base des rapports de travail et des tarifs en r�gie, les travaux suppl�mentaires, y compris les postes de fouilles et canalisations pour retenir en d�finitive un montant total de 221'123 fr. 75 brut.
Dans son rapport compl�mentaire, l'expert a abandonn� le principe de l'adjudication � prix forfaitaire et, pour l'ensemble des travaux, a utilis� de mani�re �tendue la m�thode de calcul selon les prix unitaires et les m�tr�s, obtenant un co�t total de l'ensemble des travaux de 175'722 fr. 50 brut. Appliquant la norme SIA 118, il a consid�r� que la m�thode des m�tr�s permet d'appliquer les prix unitaires figurant dans les soumissions aux travaux suppl�mentaires (modifications de commande), ce qui garantit un co�t final plus ajust� aux conditions du contrat d'adjudication.
Se basant sur le rapport d'expertise compl�mentaire, � savoir sur la m�thode de calcul selon les prix unitaires et les m�tr�s, le tribunal a retenu un montant des travaux de 175'722 fr. 50 brut, alors que, se basant sur l'expertise principale, � savoir sur la m�thode de calcul des prix en r�gie, la cour cantonale a retenu un montant de 221'123 fr. 75 brut.
3.2.�Principalement, les ma�tres de l'ouvrage recourants veulent en revenir au montant retenu par l'expert dans son expertise compl�mentaire, soit � ce � quoi ils avaient �t� condamn�s par le tribunal de premi�re instance.
L'entrepreneur intim� soutient principalement qu'il y a eu modification de commande et qu'il a droit, selon la m�thode de calcul du prix en r�gie, au montant retenu dans l'expertise principale. Il fait valoir que les ma�tres de l'ouvrage invoqueraient tardivement l'application de la norme SIA 118. Subsidiairement, il invoque qu'il �tait dans l'erreur et, plus subsidiairement encore, que les ma�tres de l'ouvrage n'auraient de toute fa�on pas droit au rabais de 21% pour les travaux suppl�mentaires.
Il s'impose d'examiner tout d'abord l'argument de l'entrepreneur intim� selon lequel les ma�tres de l'ouvrage auraient tard� � invoquer que seule la m�thode des prix unitaires et des m�tr�s en application de la norme SIA 118 �tait applicable. Selon lui, les ma�tres de l'ouvrage n'ont propos� cette m�thode que bien apr�s la fin des travaux, soit au moment de solliciter un compl�ment d'expertise en premi�re instance et c'est donc � raison que la cour se serait fi�e � l'expertise principale.
L'intim� n'indique pas quelle disposition du Code de proc�dure civile vaudois aurait �t� viol�e (art. 404 al. 1 CPC), de sorte que son grief est irrecevable.
Il faut examiner ensuite quelle m�thode de calcul est applicable pour les travaux suppl�mentaires litigieux, celle de l'expertise principale qui applique la m�thode de calcul du prix en r�gie, conform�ment � l'art. 374 CO, ou celle de l'expertise compl�mentaire qui applique la m�thode selon les prix unitaires et les m�tr�s, conform�ment � la norme SIA 118, les parties s'opposant sur cette question.
5.1.�Les art. 373-374 CO relatifs � la fixation du prix sont de droit dispositif et de nature suppl�tive. Les dispositions de la norme SIA 118 (" Conditions g�n�rales pour l'ex�cution des travaux de constructions ") ne sont applicables que si les parties ont convenu de les reprendre, en les int�grant � leur contrat (ATF 118 II 295 consid. 2b). Cette int�gration peut r�sulter soit d'un accord expr�s, soit d'un accord tacite (arr�t 4C.261/2005 du 9 d�cembre 2005 consid. 2.3). Elle d�coule souvent d'un simple renvoi aux dispositions de cette norme ( PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 5e �d. 2011, n. 284 et 194). N�anmoins, m�me si la norme SIA 118 a �t� int�gr�e au contrat, les accords individuels des parties priment (ATF 135 III 225 consid. 1.4 p. 228 et les arr�ts cit�s).
Lorsque toutes les parties � la conclusion du contrat disposaient d'une exp�rience dans le domaine en leur qualit� de professionnels de la construction, la r�gle de la clause insolite ne peut faire obstacle � la validit� de celle-ci (ATF 109 II 452 consid. 5; GAUCH, op. cit., n. 286).
5.2.�Savoir si le prix des travaux suppl�mentaires (modifications de commande) doit �tre calcul� selon la m�thode des prix en r�gie en application de l'art. 374 CO ou selon celle des prix unitaires et des m�tr�s en application de la norme SIA 118 d�pend de la question de savoir si les parties ont int�gr� ou non la norme SIA 118 � leur contrat, laquelle d�pend de l'interpr�tation de leurs volont�s (art. 1 et 18 CO).
Si le juge ne parvient pas � d�terminer la volont� r�elle des parties - parce que les preuves font d�faut ou ne sont pas concluantes - ou s'il constate qu'une partie n'a pas compris la volont� exprim�e par l'autre � l'�poque de la conclusion du contrat (ATF 131 III 280 consid. 3.1 p. 286) - ce qui ne ressort pas d�j� du simple fait qu'elle l'affirme en proc�dure, mais doit r�sulter de l'administration des preuves (arr�t 5C.252/2004 du 30 mai 2005, consid. 4.3) -, il doit recourir � l'interpr�tation objective, � savoir rechercher leur volont� objective, en d�terminant le sens que, d'apr�s les r�gles de la bonne foi, chacune d'elles pouvait et devait raisonnablement pr�ter aux d�clarations de volont� de l'autre (application du principe de la confiance; ATF 132 III 268 consid. 2.3.2 p. 274/275, 626 consid. 3.1 p. 632). Ce principe permet d'imputer � une partie le sens objectif de sa d�claration ou de son comportement, m�me si celui-ci ne correspond pas � sa volont� intime (ATF 130 III 417 consid. 3.2 p. 424; 129 III 118 consid. 2.5 p. 122; 128 III 419 consid. 2.2 p. 422).
5.3.1.�Le tribunal s'est ralli� � l'expertise compl�mentaire, soit � la m�thode des prix unitaires et des m�tr�s: il a consid�r� que l'expert a v�rifi�, poste par poste, les prix des travaux suppl�mentaires ex�cut�s et qu'il les a calcul�s selon les prix unitaires propos�s dans l'offre de l'entrepreneur et en fonction des m�tr�s (art. 87 al. 2 norme SIA 118 fixant le prix de la prestation nouvelle par rapport au prix convenu pour la prestation contractuelle qui s'en rapproche le plus). Il a donc admis pour l'ensemble des travaux le montant de 175'722 fr. 50 brut (p. 16 et 18).
Interpr�tant le contrat, la cour cantonale a consid�r� que si, dans les deux soumissions et dans l'adjudication, les parties ont convenu de soumettre leur contrat � la norme SIA 118, elles ne l'ont pas repris dans leurs devis compl�mentaires et que le renvoi figurant dans l'adjudication ne fait aucune r�f�rence � des travaux suppl�mentaires. Elle en a d�duit que rien ne permet de dire que les parties seraient convenues, m�me tacitement, de soumettre la r�mun�ration des travaux suppl�mentaires aux dispositions de la norme SIA 118. La direction des travaux n'a m�me jamais proc�d� aux m�tr�s contradictoires. La cour cantonale en a conclu que la norme SIA 118 ne s'applique pas � la r�mun�ration des travaux suppl�mentaires et qu'il y a lieu de les calculer en r�gie conform�ment � l'art. 374 CO. Elle a donc arr�t� le prix de l'ensemble des travaux au montant de 221'123 fr. 75 brut.
5.3.2.�C'est � raison que les recourants reprochent � la cour cantonale d'avoir mal interpr�t� la volont� des parties.
Il y a lieu tout d'abord de relever que la cour cantonale n'a pas d�termin� la volont� r�elle des parties. Bien qu'elle se r�f�re � l'absence de m�tr�s contradictoires apr�s la fin des travaux, cet �l�ment ne pouvait jouer aucun r�le pour d�terminer la volont� des parties, d'une part, parce que les ma�tres de l'ouvrage consid�raient que tous les travaux suppl�mentaires �taient compris dans le prix forfaitaire convenu, ce qui rendait superflus tous m�tr�s contradictoires, et, d'autre part, parce que, selon la norme SIA 118, les m�tr�s peuvent aussi �tre �tablis sur la base des plans.
Faute d'autre �l�ment de fait propre � �tablir la volont� r�elle des parties, il y a lieu d'admettre que la cour cantonale s'est bas�e uniquement sur le texte des soumissions et de l'adjudication pour d�terminer la volont� objective des parties.
Il ressort clairement des deux soumissions qu'apr�s avoir fix� le prix total (les rabais et escomptes demeurant � discuter), les parties voulaient en premier lieu int�grer la norme SIA 118 (sous n. 001.01), puis pr�voir que les rabais et escomptes s'appliqueraient � tous travaux suppl�mentaires (sous n. 006.01), intentions que reprend l'adjudication. Il y a donc lieu d'admettre que les parties ont entendu int�grer la norme SIA 118 � leur contrat. C'est � tort que la cour cantonale a d�duit de la lettre d'adjudication que les travaux suppl�mentaires ne seraient pas soumis � cette norme: en effet, d'une part, cette lettre pr�cise express�ment que l'adjudication est confirm�e selon l'offre du 6 juillet 2005; d'autre part, elle pr�cise que les factures compl�mentaires se feront aux m�mes prix, conditions et rabais que ceux consentis pour l'adjudication. D'ailleurs, les travaux suppl�mentaires - qui sont certes importants, mais qui ont �t� command�s au fur et � mesure en cours de chantier - concernent la transformation de la m�me villa, de sorte qu'il y a lieu d'admettre, selon la bonne foi, qu'ils sont soumis aux m�mes r�gles que les travaux qu'ils compl�tent.
5.3.3.�Les objections de l'intim� n'infirment pas cette interpr�tation. Le fait que les travaux suppl�mentaires ont �t� command�s en s�ance de chantier, ce qui ne lui a pas permis de faire des offres, n'impose pas une autre interpr�tation de la volont� des parties au moment de la conclusion du contrat. Il en va de m�me du fait que le d�fendeur n'aurait pas r�agi � r�ception de ses rapports de travail: en effet, une modification des conditions du contrat ne peut se d�duire du silence du d�fendeur � cet �gard. Le fait que la m�thode de prix en r�gie serait la mani�re la plus fiable pour �valuer la valeur r�elle des travaux, ce d'autant que le rabais de 21% est important, et que le montant factur� demeure concurrentiel, est �galement sans pertinence s'agissant de prix fermes convenus entre parties. Comme on l'a vu, l'absence de m�tr�s contradictoires n'est pas d�terminante non plus.
Lorsque l'intim� soutient que l'ouvrage finalement r�alis� n'a plus rien � voir avec celui qui a fait l'objet des soumissions et que, en se r�f�rant � Tercier/Favre (Les contrats sp�ciaux, 2009, n. 4662), il fait valoir que " la pr�somption selon laquelle les prix effectifs en r�gie sont dus, s'applique ", il m�conna�t que cette pr�somption ne s'applique que s'il n'est pas prouv� que les parties sont convenues d'un prix ferme, ce qui est au contraire le cas en l'esp�ce.
Enfin, �tant un homme du m�tier, habitu� � fixer des prix, le demandeur ne saurait �tre suivi lorsqu'il soutient que la clause concernant le prix des travaux suppl�mentaires figurant dans l'adjudication est insolite et peu claire, et qu'elle ne s'appliquerait donc pas.
5.3.4.�En conclusion, c'est bien la m�thode des prix unitaires et des m�tr�s, conform�ment � l'expertise compl�mentaire, qui est applicable.
6.1.�Subsidiairement, pour le cas o� la m�thode des prix unitaires et des m�tr�s serait retenue, l'intim� fait valoir que les ma�tres de l'ouvrage n'auraient pas droit au rabais de 21% et aux escomptes et donc qu'ils lui devraient le montant de 175'722 fr. 50 brut, soit 189'077 fr. 41 avec TVA, sous d�duction de leurs acomptes de 112'134 fr. 10, soit un solde de 76'943 fr. 30.
Ce grief est mal fond�. Il r�sulte du contrat conclu que les parties sont convenues d'appliquer les m�mes prix, rabais et escomptes � tous les travaux impr�vus, suppl�mentaires, compl�mentaires ou en r�gie � l'exception des hausses.
6.2.�Lorsque l'intim� soutient qu'au vu de la disproportion des travaux, il �tait dans l'erreur et, partant, que les ma�tres n'auraient pas droit au rabais de 21% consenti dans l'adjudication, il ne d�montre pas avoir all�gu� et prouv� les faits n�cessaires � cet �gard, en particulier les conditions de l'art. 31 CO, de sorte que son grief est d'embl�e irrecevable.
En conclusion, le recours doit donc �tre admis et l'arr�t attaqu� r�form� en ce sens que les d�fendeurs sont condamn�s solidairement � payer au demandeur le montant de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008 et que la mainlev�e d�finitive des oppositions aux commandements de payer est accord�e � concurrence de ce montant.
S'agissant des frais et d�pens, on observe certes que les ma�tres de l'ouvrage entendaient payer seulement le montant de 35'295 fr.30 (sur l'irrecevabilit� des conclusions des d�fendeurs portant sur un montant allant en-de�� de 37'237 fr.05, cf. supra consid. 1) et qu'ils ont �t� condamn�s � payer le montant de 37'237 fr.05. Cette diff�rence �tant n�gligeable, il n'y a toutefois pas lieu de la prendre en consid�ration pour la fixation des frais et d�pens de la proc�dure f�d�rale (arr�t 4A_370/2009 du 5 juillet 2010 consid. 8), qui seront mis int�gralement � la charge de l'intim� (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours est admis et l'arr�t attaqu� est r�form� en ce sens que B.A.________ et A.A.________ sont condamn�s solidairement � payer � B.________ le montant de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008.
Le chef de conclusions tendant � la mainlev�e d�finitive de l'opposition au commandement de payer dans la poursuite n� xxx de l'Office des poursuites et faillites de Nyon-Rolle notifi� � B.A.________ le 1er juillet 2008 sur r�quisition de B.________ est admis et l'opposition est d�finitivement lev�e � concurrence du montant de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008.
Le chef de conclusions tendant � la mainlev�e d�finitive de l'opposition au commandement de payer dans la poursuite n� yyy de l'Office des poursuites et faillites de Nyon-Rolle notifi� � A.A.________ le 1er juillet 2008 sur r�quisition de B.________ est admis et l'opposition est d�finitivement lev�e � concurrence du montant de 37'237 fr. 05 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 2 juillet 2008.
Les frais judiciaires de la proc�dure f�d�rale, arr�t�s � 2'000 fr., sont mis � la charge de B.________.
B.________ versera � B.A.________ et A.A.________, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 2'500 fr. � titre de d�pens.
La cause est renvoy�e � la cour d'appel cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.