Source: https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/arrets_publies_2986/troisieme_chambre_civile_3171/2014_5876/juillet_6715/921_9_29928.html
Timestamp: 2020-08-04 14:35:26+00:00
Document Index: 58209471

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Arrêt n° 921 du 9 juillet 2014 (13-13.931) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C300921 | Cour de cassation
>Arrêt n° 921 du 9 juillet 2014 (13-13.931) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C300921
Arrêt n° 921 du 9 juillet 2014 (13-13.931) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C300921
Demandeur(s) : la société Deal, société par actions simplifiée
Donne acte à la société Deal du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre la société QBE insurance Europe limited et la société QBE insurance international limited (société QBE) ;
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 9 janvier 2013), que les époux X… ont signé avec la société Deal un contrat de construction de maison individuelle avec fourniture de plan pour le prix de 176 249 euros, en se réservant des travaux chiffrés à 5 000 euros, avec la garantie de livraison de la société QBE ; qu’après réception des travaux, les époux X… ont assigné le 24 avril 2009 les sociétés Deal et QBE en paiement de la somme de 77 006,69 euros au titre de travaux mis à leur charge et de diverses sommes à titre de dommages-intérêts ;
Attendu que la société Deal fait grief à l’arrêt de dire la notice descriptive annexée au contrat non conforme aux dispositions des articles L. 231-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation et de la condamner à verser diverses sommes aux époux X…, alors, selon le moyen :
1°/ que les défauts de conformité contractuels apparents sont, comme les vices de construction apparents, couverts par la réception sans réserve ; que pour s’opposer aux demandes des époux X…, la société Deal faisait valoir que la réception des travaux avait eu lieu sans réserve en ce qui concerne l’exécution des branchements, de la rampe d’accès au garage ou bien encore des finitions intérieures ; qu’en affirmant que la réception sans réserve n’interdisait pas aux époux X… de demander réparation au titre de ces travaux, la cour d’appel a violé les articles 1147 et 1792-6 du code civil ;
2°/ que la violation d’une obligation d’information ne peut être sanctionnée qu’au titre de la perte de chance subie par le cocontractant d’échapper, par une décision plus judicieuse, au risque qui s’est finalement réalisé ; que devant la cour d’appel, la société Deal faisait valoir que le manquement du constructeur d’une maison individuelle à son obligation de décrire et de chiffrer le coût des travaux dont le maître de l’ouvrage se réserve l’exécution s’analyse comme la perte d’une chance de ne pas contracter ou de contracter à des conclusions plus avantageuses et doit être indemnisée sur cette base ; qu’en retenant que le préjudice subi par les époux X… correspond à l’intégralité des travaux non chiffrés ou mal chiffrés, la cour d’appel a violé les articles L. 231-2 du code de la construction et de l’habitation et 1147 du code civil ;
3°/ que le contrat de construction d’une maison individuelle visé par l’article L. 231-1 du code de la construction et de l’habitation et la notice descriptive prévue par l’article R. 231-4 du code de la construction et de l’habitation doivent mentionner la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment à construire comportant tous les travaux d’adaptation au sol, les raccordements aux réseaux divers et tous les travaux d’équipement intérieur ou extérieur indispensables à l’implantation et à l’utilisation de l’immeuble ; qu’il en résulte qu’en cas d’omission de certains travaux, seuls les travaux d’équipement indispensables à l’implantation et à l’utilisation de l’immeuble peuvent être mis à la charge du constructeur ; qu’en l’espèce, la société Deal faisait valoir que les époux X… produisaient un devis relatif au terrassement de la rampe d’accès au sous-sol, à la réalisation d’un mur de soutènement et à la mise en place de béton balayé sur descente de garage pour un montant de 21 300 euros, ainsi qu’un devis de 3 193 euros pour l’évacuation des terres consécutif à ces travaux qui n’étaient pas prévus par le contrat et la notice type ; qu’en condamnant la société Deal à payer aux époux X… une somme de 77 006,69 euros incluant le montant de ces devis, sans rechercher, comme il était soutenu, si ces travaux n’excédaient pas ceux qui avaient été prévus par le contrat, ni s’ils étaient indispensables à l’implantation et à l’utilisation de l’immeuble, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 231-1, L. 231-2 et R. 231-4 du code de la construction et de l’habitation ;
4°/ que le contrat de construction d’une maison individuelle visé par l’article L. 231-1 du code de la construction et de l’habitation et la notice descriptive prévue par l’article R. 231-4 du code de la construction et de l’habitation doivent mentionner la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment à construire comportant tous les travaux d’adaptation au sol, les raccordements aux réseaux divers et tous les travaux d’équipement intérieur ou extérieur indispensables à l’implantation et à l’utilisation de l’immeuble ; qu’il en résulte qu’en cas d’omission de certains travaux, seuls les travaux d’équipement indispensables à l’implantation et à l’utilisation de l’immeuble peuvent être mis à la charge du constructeur ; qu’en l’espèce, la société Deal faisait valoir que les époux X… produisaient des devis relatifs aux peintures intérieures des murs, plafonds et menuiserie intérieures pour un montant de plus de 18 000 euros, un devis pour la pose de faïence et de parquet pour près de 4 000 euros et une facture relative à des travaux de ragréage pour la pose de carrelage pour 1 435 euros ; qu’en retenant, pour condamner la société Deal à payer aux époux X… une somme de 77 006,69 euros incluant le montant de ces devis et facture, que les revêtements de sol et murs font partie des éléments indispensables à l’utilisation de l’immeuble, sans rechercher, comme il était soutenu, si ces travaux, non contractuellement prévus, ne comportaient pas des prestations excédant ce qui est indispensable à l’utilisation de l’immeuble, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 231-1, L. 231-2 et R. 231-4 du code de la construction et de l’habitation ;
Mais attendu qu’ayant, par motifs propres et adoptés, constaté que la notice descriptive mettait à la charge des maîtres de l’ouvrage le dallage du sous-sol non chiffré, les revêtements horizontaux et verticaux non chiffrés, les revêtements de sol chiffrés à 75 euros le m² et l’accès au sous-sol par rampe d’accès terrassée pour un montant forfaitaire de 250 euros, relevé que l’absence de chiffrage et le chiffrage non explicite et réaliste des travaux dont les époux X … se réservaient l’exécution ne permettaient pas de les informer du coût réel restant à leur charge, la cour d’appel a exactement retenu que les dispositions spéciales des articles L. 231-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation, qui s’appliquent aux conditions du contrat lui-même, dérogeaient aux dispositions générales relatives à la construction d’un immeuble et que les demandes des époux X… devaient être accueillies de ces chefs ;
Vu les articles L. 231-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation ;
Attendu que pour condamner la société Deal à verser aux époux X… la somme de 6 787,30 euros pour la confection d’un chemin d’accès carrossable, l’arrêt retient que le contrat prévoit le coût d’un chemin d’accès estimé provisoirement à 2 500 euros pour dix mètres linéaires et que cette disposition contractuelle imprécise viole les dispositions d’ordre public de l’article L. 231-2 du code précité ;
Qu’en statuant ainsi, sans rechercher, comme il lui était demandé, si cette prestation n’était pas étrangère au contrat, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision de ce chef ;
Attendu que pour condamner la société Deal à verser aux époux X… la somme de 4 300 euros pour les travaux de clôture, l’arrêt retient que la clôture, prévue sur les plans annexés, était indispensable pour respecter les règles d’urbanisme ;
Qu’en relevant d’office un moyen tiré de la conformité aux règles d’urbanisme sans inviter préalablement les parties à présenter leurs observations, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il condamne la société Deal à verser aux époux X… la somme de 6 787,30 euros au titre du chemin d’accès et la somme de 4 300 euros au titre de la clôture, l’arrêt rendu le 9 janvier 2013, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;
Avocat(s) : SC Rocheteau et Uzan-Sarano ; SCP Boré et Salve de Bruneton