Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-19900305-1463189
Timestamp: 2016-12-03 00:44:01+00:00
Document Index: 287558914

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 10", "l'article 10", "l'article 10", "l'article 10", "l'article 25", "l'article 10", "l'article 25", "l'article 10", "l'article 27"]

TIMES NEWSPAPERS LTD c. ROYAUME-UNI
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Type d'affaire : DécisionType de recours : recevable (partiellement) ; ajournée (partiellement)Numérotation : Numéro d'arrêt : 14631/89Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1990-03-05;14631.89 Analyses : (Art. 5-3) DUREE DE LA DETENTION PROVISOIREParties : Demandeurs : TIMES NEWSPAPERS LTDDéfendeurs : ROYAUME-UNITexte : APPLlCAT[ON/REQUÃTE N' 14631/89 TIMES NEWSPAPERS LTD v/the UNITED KINGDOM TIMES NEWSPAPERS LTD c/ROYAUME-UNI DECISION of 5 March 1990 on the admissibihty of the apphcation DÃCISION du 5 mars 1990 sur la recevabilitÃ© de la requÃªte
Articles 10 and 25 of the Convention A newspaper publisher may claim to be a victim of a violation ofArtide 10, even though no defamation proceedings have been brought against any of its newspapers, when the law is too vague to allow the risk of prosecution to be predicted Article 25 of the Convention a) The Conxention does not provide for an "actio popularis" b) The Commission cannot examine in abstracto the compatibility of a national law with the Convention A person who shows that he is personally affected by the application of the law he criticises may claim to be a victim of a violation of the Convention Articles 10 et 25 de la Convention Un Ã©diteur de presse peut se prÃ©tendre victime d'une violation de l'article 10. mÃªme en l'absence de toute action en diffamation engagÃ©e contre l'un de ses journaux, lorsque la legislation est trop vague pour prÃ©voir te risque d'une poursuite Article 25 de la Convention a) La Convention ne prÃ©voit pas d'actio popularis 307
b) La Commission ne saurait examiner m abstraira la compaiibihte dune loi nationale avec la Convention Peut se prÃ©tendre victime dune \iolation de la Convention celui qui montre qu il est personnellemeni affecte par I application de la loi qu il iritique
voirp31S)
The applicant is a newspaper publisher ha\ing its principal office in London Its newspapers include the dail The Times and the weekly The Sunday Times It IS represented in the proceeding:, before the Commission by ns companv solicitor, Mr A J Rrett
Thp facts of the present case, as submitted by the applicant, may be summarised as follows The application irises out of the fact ihai libel actions are heard by juries who have unrestricted powers to award damages if the libel ii proved Section 69 (I) of the Supreme Court A n 1981 (which re enacted similar provisions in earlier legislation) provides that Where, on the application of any p a n \ to an action to be tried in the Queen s Bench Division, the court is satisfied that there is m issue a claim in respect of libel, slander, malicious prosecution or false imprisonment, the action shall be tried with a jury, unless the court is ot the opinion that the trial requires any prolonged examination of documents or accounts or any Scientific or local mvestigation which cannot convemeniK be made with a jur\
In such actions the jury is responsible for determining the amount ot damages to be awarded to a successful plaintiff without any judicial guidance or official terms of reference Consequently, the applicant alleges that the level of damages is unprincipled, arbitrary and unpredictable, and may often be considered excessive Recent large awards include Â£450,000 in the (.ase of Packard V EIeftherol\pia (3 June 1987), Â£500.000 in the i,ase of Archer v The Star (26 July 1987) Â£260.000 in the case of Sethia v Mail on Sunday (4 November 1987) Â£300,000 in the case of Freeman v Stationery Trade News (17 March 1988), Â£310,000 in the case ot Fox & Gibbons v Sourakia ( Ð July 1988) Â£150,000 m the case of Maddocks v Anglers Mail (April 1989) Â£600,000 in the lase of Sutcliffe V Private Eve (May 1989, subsequently reduced on appeal by agreement between the parties) and Â£1,500,000 in ihe case of Lord Aldington v Nikolai Tolstoy and Nigel Watts (30 November 1989) There is a right of appeal, but the Court of
Furthermore, the Commission notes that, in contrast to the situation in the Dudgeon and Norris cases referred to above, in which the acts concerned were themselves protected under the Convention, the publication of defamatory material is not as such protected under the Convention, Article 10 para 2 of which permits restrictions on the exercise of freedom of expression inter alia "for the protection of the reputation or rights of others" The Commission cannot, therefore, accept that the Convention could be relied upon to assert a right to publish articles or statements of a defamatory nature This part of the application must, therefore, be rejected as being manifestly ill-founded within the meaning of Article 27 para 2 of the Convention
(TRADUCTION) EN FAIT La sociÃ©tÃ© requÃ©rante est un Ã©diteur de journaux dont le siÃ¨ge est a Londres Parmi ses publications figurent le quotidien The Times et l'hebdomadaire The Sunday Times La sociÃ©tÃ© est representee dans la procedure devant la Commission par son conseil juridique, M AJ Brett Les faits de la cause, tels que la sociÃ©tÃ© requÃ©rante les a exposes, peuvent se rÃ©sumer comme suit La requÃªte est nÃ©e du fait que les actions en diffamation sont jugÃ©es par des jurys qui ont des pouvoirs illimitÃ©s pour accorder des dommages-intÃ©rÃªts si la diffamation est prouvÃ©e L'article 69 (I) de la loi de 1981 sur la Cour supreme (loi de refonte de disposition antÃ©rieure analogue) se ht ainsi Â«Lorsque, sur demande d'une partie a une action qui doit passer devant la Queen's Bench Division, le tribunal est convaincu que se trouvent en jeu des pretentions pour cause de diffamation, atteinte a l'honneur, poursuites abusives ou sequestration arbitraire, l'affaire sera jugÃ©e par un jury a moins que le tribunal ne soit d'avis que le procÃ¨s exige un examen appro313
fondi de documents, de comptes rendus ou une expertise scientifique ou une enquÃªte sur les lieux qui ne sauraient commodÃ©ment Ãªtre pratiques par un jury Â»
Dans ce tvpe d affaires, le jury est charge de fixer le chiffre des dommages intÃ©rÃªts a accorder au plaignant qui a eu gain de cause, et ceci sans pouvoir s'appuyer sur aucune directive judiciaire ou cadre de reference officiel La sociÃ©tÃ© requÃ©rante allÃ¨gue en consequence que le montant des dommages intÃ©rÃªts Ã©chappe a toute rÃ¨gle, qu'il est arbitraire et imprÃ©visible et peut souvent passer pour excessif RÃ©cemment, parmi les grosses sommes octroyÃ©es figurent 450 000 Â£ dans I affaire Packard v Eleftherotypia (3 juin 1987). 500 000 Â£ dans l'affaire Archer v The Star (26 juillet 1987), 260 U O Â£ dans Ã l'affaire Sethia v Mail on Sunday (4 novembre 1987), 300 000 Â£ dans l'affaire Freeman v Stationery Trade News (17 mars 1988), 310000 Â£ dans l'affaire Fox & Gibbons V Sourakia (13 juillet 1988), 150 000 Â£ dans l'affaire Maddocks V Anglers Mail (Avril 1989) 600 000 Â£ dans l'aftaire Sutchffe v Private Eye (mai 1989, chiffre rÃ©duit en appel par entente entre les parties) et 1 500 000 Â£ dans l'affaire Lord Aldington v Nikolai Tolstoy et Nigel Watts (30 novembre 1989) La decision est certes susceptible d'appel, mais en general la Court of Appeal ne substitue pas son propre chiffre a celui du jury et ne peut habituellement qu'ordonner un nouveau jugement devant un auire jury avec ce que cela comporte de frais supplÃ©mentaires et d incertitude En Ecosse, ou les procÃ¨s en diffamation devant un jury sont extrÃªmement rares, les dommages intÃ©rÃªts accordes sont trÃ¨s modestes compares aux chiffres i.ourants en Angleterre et au Pays de Galles La sociÃ©tÃ© requÃ©rante renvoie notamment a la junsprudence interne qui, d'aprÃ¨s elle, reconnaÃ®t le caractÃ¨re arbitraire imprÃ©visible et excessif des dommages intÃ©rÃªts accordes par des jurys C'est ainsi que, dans l'affaire Knuppfer v London Express Newspapers Limited ([1943] Ð Ð 80, 85), le juge Mackinnon faisait devant la Court of Appeal les observations suivantes Â«Il est exact que les dommages accordes pour diffamation peuvent avoir un caractÃ¨re punitif et ne pas se limiter a la perte financiÃ¨re rÃ©elle que la victime prouve avoir subie II est notoire cependant que les jurys ont souvent accorde en pareils cas des sommes vÃ©ritablement extravagantes Â» Dans l'aiiaire McCarey v Associated Newspapers Ltd ([I96S| 1 QQ 86. 99B-C et I02A), le juge Pearson Ã©voqua devant la Court of Appeal Â«la tendance bien connue des jurys a accorder des sommes considerables dans les actions en diffamationÂ» et Â«le fait qu'il n'est pas rare que des jurys accordent des sommes extravagantes au titre de dommages-intÃ©rÃªts pour diffamationÂ» Dans l'affaire Ward V Jones ([1966] 1 QB 273, 299G 300C) Lord Denning Ã©voqua devant la Court of Appeal la nÃ©cessite pour les decisions fixant des dommages-intÃ©rÃªts en 314
matiÃ¨re civile d'avoir un caractÃ¨re accessible, uniforme et prÃ©visible et releva que Â«aucune de ces trois caractÃ©ristiques ne se retrouve lorsque la dÃ©termination de la somme est largement laissÃ©e au juryÂ». En 1975, la commission Faulks sur la diffamation (Cmnd. 5909) recommanda d'apporter Ã la lÃ©gislation sur la diffamation un certain nombre de modifications importantes. Elle recommanda notamment : Â«Le tribunal, comme dans d'autres actions en responsabilitÃ© civile, doit disposer d'un pouvoir discrÃ©tionnaire gÃ©nÃ©ral en fonction des circonstances de la cause pour dÃ©cider si l'intÃ©rÃªt de la justice commande ou non de faire trancher l'affaire par un juge, avec ou sans jury, Ã dÃ©faut d'accord entre les parties sur le mode de jugement. .. s'agissant des dommages-intÃ©rÃªts, le rÃ´le du jury doit se borner Ã indiquer si le montant doit en Ãªtre substantieI/modÃ©rÃ©-/symbolique/ou nÃ©gligeable et le montant effectif dans la catÃ©gorie ainsi prÃ©cisÃ©e doit en Ãªtre fixÃ© par le juge ... Au demeurant, la recommandation figurant dans le rapport de la commission Porter doit Ãªtre mise en oeuvre, autreinent dit la Court of Appeal doit Ãªtre habilitÃ©e, dans les actions en diffamation, a revoir le montant des dommages-intÃ©rÃªts accordÃ©s et, si elle l'estime insuffisant ou excessif, elle doit pouvoir lui substituer la somme qui, Ã son avis, devrait Ãªtre accordÃ©e dans les circonstances de l'espÃ¨ce Cette rÃ©forme permettrait bien souvent d'obvier Ã la nÃ©cessitÃ© d'un nouveau procÃ¨s entraÃ®nant des frais supplÃ©mentaires considÃ©rables et une inquiÃ©tude pour toutes les parties en cause Â» Ces recommandations n'ont pas Ã©tÃ© mises en oeuvre. La sociÃ©tÃ© requÃ©rante Ã©crivit au ministre de la Justice pour lui demander d'envisager, au nom du Gouvernement, de modifier la loi en adoptant les recommandation Ã©laborÃ©es par la commission Faulks et en alignant la lÃ©gislation sur la diffamation en vigueur en Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord sur celle de l'Ecosse, oÃ¹ les jugements par jury sont l'exception. Le ministre rÃ©pondit le 4 octobre 1988 que le Gouvernement n'envisageait pas de modifier la lÃ©gislation, mÃªme si l'amendement est a prÃ©sent Ã l'Ã©tude, semble-t-il.
GRIEFS (Extrait) La sociÃ©tÃ© requÃ©rante soutient que le caractÃ¨re imprÃ©visible et excessif des decisions prises par le jury quant aux dommages-intÃ©rÃªts a pour consequence que la presse en general, et notamment les journaux de la sociÃ©tÃ© requÃ©rante, ont tendance a Ãªtre excessivement prudents sur des questions d'intÃ©rÃªt public legitime afin d Ã©viter d'Ã©ventuelles actions en diffamation et sont obliges de rÃ©gler les actions en diffamation sur la base de chiffres totalement irrÃ©alistes pour atteinte allÃ©guÃ©e a la reputation du plaignant En outre, la perspective de dommages-intÃ©rÃªts importants a pour effet d'induire la presse a faire devant les tribunaux des declarations dÃ©pourvues de sincÃ©ritÃ© pour s'excuser de la diffamation allÃ©guÃ©e La sociÃ©tÃ© requÃ©rante se plaint d'une violation de l'article 10 de la Convention en ce que l'absence allÃ©guÃ©e de previsibilite et de certitude dans la fixation du montant des dommages-intÃ©rÃªts accordes par les jurys dans les actions en diffamation constitue une restriction injustifiable a la libertÃ© d expression des journaux, notamment ceux publies par elle La sociÃ©tÃ© requÃ©rante soutient notamment que le caractÃ¨re arbitraire imprÃ©visible et excessif des dommages-intÃ©rÃªts accordes par les jurys au Royaume-Uni impose un Â«voile de crainte et de timiditÃ© a ceux qui devraient prÃªter leur voix aux critiques du publicÂ» et crÃ©e une atmosphere dans laquelle ne peuvent pas effectivement survivre les libertÃ©s garanties par l'article 10 (New York Times Co v Sullivan (376 US 2'i4 [1964]) voir Ã©galement Cour eur D H , arrÃªt Handvside du 7 dÃ©cembre 1976, sÃ©rie \ n"^ 24, pp 22-24. par 4!^-50 . arrÃªt Sunday Times du 26 avril 1979, sÃ©rie A n" ^0, pp 31, 35-37, par 49, 59-60 et arret Lingens du 8 juillet 1986, sÃ©rie A n" 103, pp 25, 26 27. par 49 43-44)
EN DROIT (Extrait) I La sociÃ©tÃ© requÃ©rante se plaint de l'effet inhibiteur qu'aurait sur les Ã©diteurs de journaux le fait que ce sont les jurys qui dans les actions en diffamation, fixent le taux des dommages intÃ©rÃªts et dÃ©terminent les responsabilitÃ©s sans disposer d'instructions precises sur le montant qu'il convient de prÃ©voir Selon elle, cette procedure viole l'article 10 de la Convention, dont la partie pertinente est ainsi libellÃ©e Â«I Toute personne a droit a la libertÃ© d'expression Ce droit comprend la libertÃ© d'opinion et la libertÃ© de recevoir ou de communiquer des informations ou des idÃ©es sans qu'il puisse y avoir ingÃ©rence d'autoritÃ©s publiques et sans consideration de frontiÃ¨re 316
2 L'exercice de ces libertÃ©s comportant des devoirs et des responsabilitÃ©s peut Ãªtre soumis a certaines formalitÃ©s, conditions, restrictions ou sanctions prÃ©vues par la loi, qui constituent des mesures nÃ©cessaires, dans une sociÃ©tÃ© dÃ©mocratique a la protection de la reputation ou des droits d'autrui, Â» La Commission doit examiner en premier heu si la sociÃ©tÃ© requÃ©rante peut se prÃ©tendre Â«victimeÂ» d'une violation au sens de 1 article 25 de la Convention et renvoie a cet Ã©gard a la jurisprudence de la Cour europÃ©enne des Droits de l'Homme sur la notion de victime Â« L'article 25 n'institue pas au profit des particuliers une sorte d'actio popularis pour l'interprÃ©tation de la Convention il ne les autorise pas a se plaindre in abstracto d'une loi par cela seul qu'elle leur semble enfreindre la Convention En principe, il ne suffit pas a un individu requÃ©rant de soutenir qu'une loi viole par sa simple existence les droits dont il jouit aux termes de la Convention , elle doit avoir ete appliquÃ©e a son detriment NÃ©anmoins, ainsi que l'ont souligne Gouvernement et Commission, elle peut violer par elle-mÃªme les droits d'un individu s'il en subit directement les effets, en l'absence de mesure spÃ©cifique d execution La Convention et ses institutions ayant ele crÃ©Ã©es pour protÃ©ger l'individu, les clauses procÃ©durales de la Convention doivent Ãªtre appliquÃ©es d'une maniÃ¨re qui serve a rendre efficace le systÃ¨me des requÃªtes individuelles La Cour accepte donc qu'un individu puisse, sous certaines conditions , se prÃ©tendre victime d'une violation entraÃ®nÃ©e par la simple existence de mesures secretes ou d'une legislation les autorisant, sans avoir besoin d'avancer qu on les lui a rÃ©ellement appliquÃ©es Â» (Cour eur D H , arrÃªt Klass et autres du 6 septembre 1978, sÃ©rie A nÂ° 28, p 18, par 33 et 34) Â«L article 25 de la Convention habilite les particuliers a soutenir qu une loi viole leurs droits par elle-mÃªme, en l'absence d acte individuel d execution, s'ils risquent d'en subir directement les effets les requÃ©rantes n'invitent pas la Cour a exercer un contrÃ´le abstrait de normes, incompatible avec l'article 25 elles s attaquent a une situation legale qui les touche personnellement * (Cour eur D H . arrÃªt Marckx du 13 juin 1979, sÃ©rie A n" 31, p 13, par 27) Â« Par son maintien en vigueur, la legislation attaquÃ©e reprÃ©sente une ingÃ©rence permanente dans l'exercice du droil du requÃ©rant au respect de sa vie privÃ©e Dans la situation personnelle de l'intÃ©resse, elle se repercute de 317
maniÃ¨re constante directe, par sa seule existence, sur la vie privÃ©e de celui-ci ou il respecte [la loi] et s'abstient de se livrer - mÃªme en prive et avec des hommes consentants - a des actes sexuels prohibes auxquels l'inclinent ses tendances homosexuelles, ou il en accomplit et s'expose a des poursuites pÃ©nales Â» (Cour eur D H , arret Dudgeon du 22 octobre 1981, sÃ©rie A nÂ° 45, p 18, par 41 , Cour eur D H , arrÃªt Norris du 26 octobre 1988, sÃ©rie A nÂ° 142, pp lS-16, par 28-34) En l'espÃ¨ce, la Commission relevÃ© que la sociÃ©tÃ© requÃ©rante ne se plaint pas d'un quelconque montant excessif et arbitraire de dommages-intÃ©rÃªts accordes pour diffamation par un jury a rencontre de 1 un quelconque des journaux qu'elle Ã©dite , elle ne renvoie pas non plus a un article ou une declaration qui, selon elle, aurait dissuade ces journaux de publier par crainte d'importants dommages-intÃ©rÃªts a verser La sociÃ©tÃ© requÃ©rante se plaint des lors essentiellement de l'Ã©tat general de la legislation concernant le jugement par jury des actions en diffamation La Commission estime qu'un Ã©diteur de presse peut, dans certains cas, Ãªtre repute victime d'une violation de l'article 10 de la Convention, mÃªme si aucune action en diffamation n'a ete engagÃ©e contre l'un de ses journaux, par exemple lorsque la legislation sur la diffamation est trop vague pour permettre de prÃ©voir le risque d'une procedure En l'espÃ¨ce cependant, la Commission estime que tel n'est pas le cas La sociÃ©tÃ© requÃ©rante n a pas pu prouver, en se rÃ©fÃ©rant a une decision particuliÃ¨re d'un jury ou a un article ou une declaration precise, que ses journaux auraient ete empÃªches de communiquer des informations Dans ces conditions, la Commission estime que la sociÃ©tÃ© requÃ©rante ne saurait passer pour une Â«victimeÂ» au sens de l'article 25 de la Convention En outre, la Commission relevÃ© que, contrairement a la situation dans les affaires Dudgeon et Noms prÃ©citÃ©es, ou les actes concernes Ã©taient eux-mÃªmes proteges par la Convention, la publication d'un element diffamatoire n'est pas en soi protegee par la Convention, puisque l'article 10 par 2 permet de restreindre l'exercice de la libertÃ© d'expression notamment pour Â«la protection de la reputation ou des droits d'autruiÂ» La Commission ne saurait des lors admettre que la Convention puisse Ãªtre invoquÃ©e pour affirmer le droit de publier des articles ou des declarations a caractÃ¨re diffamatoire La requÃªte doit des lors, sur ce point, Ãªtre rejetee comme manifestement mal fondÃ©e au sens de l'article 27 par 2 de la Convention
318Origine de la décision Pays : Conseil de l'EuropeJuridiction : Cour européenne des droits de l'hommeFormation : CommissionDate de la décision : 05/03/1990Fonds documentaire : HUDOC Haut de page