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Timestamp: 2016-10-22 09:03:26+00:00
Document Index: 79274573

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 159', 'art. 135', 'art. 152', 'art. 135', 'ATF ', 'art. 152']

recourante, repr�sent�e par Me Gilbert Bratschi, avocat, rue d'Aoste 4, 1204 Gen�ve,
1203 Gen�ve 13,
recours de droit administratif contre le jugement du Tribunal cantonal des assurances sociales de la R�publique et canton de Gen�ve du 9 janvier 2006.
P.________, n�e le 24 d�cembre 1961, est au b�n�fice d'une formation de coiffeuse acquise au Maroc, o� elle a exerc� cette profession. Elle est arriv�e en Suisse en 1991. Ne trouvant pas d'emploi fixe, elle a travaill� comme coiffeuse � domicile et fait des remplacements dans des salons de coiffure. Entre le 2 avril 2001 et le 22 juin 2001, elle a effectu� un stage de r�insertion socio-professionnelle chez X.________
Le 29 novembre 2001, P.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'allocation d'une rente. Le docteur S.________, m�decin traitant de l'assur�e � Gen�ve, a produit un rapport d'imagerie m�dicale du 24 novembre 1995 du docteur B.________, sp�cialiste FMH en radiologie � Gen�ve. Dans un rapport m�dical du 12 mars 2002, il a pos� les diagnostics ayant des r�percussions sur la capacit� de travail de dorso-lombalgies chroniques communes sur discopathies �tag�es et de maladie de Scheuermann. Il mentionnait �galement un �tat d�pressif mod�r� et �voquait une fibromyalgie. Il indiquait que la patiente pr�sentait une incapacit� de travail de 100 % depuis le 1er janvier 1999, dans la profession d�j� exerc�e aussi bien que dans une autre profession (annexe au rapport m�dical).
Dans une communication du 8 octobre 2002, l'Office cantonal genevois de l'emploi a avis� l'Office cantonal de l'assurance-invalidit� de Gen�ve que la derni�re inscription de P.________ � l'assurance-ch�mage remontait au 16 f�vrier 2001. Il produisait des certificats m�dicaux du docteur S.________, dont il ressortait que la capacit� de travail de la patiente �tait de 50 % depuis le 25 janvier 2001. Dans un avis m�dical du 31 janvier 2003, la doctoresse M.________, m�decin de l'office AI, a propos� qu'une expertise psychiatrique soit confi�e au docteur B.________ (Clinique Z.________).
Les docteurs B.________, premier chef de clinique, et E.________, m�decin-interne, ont vu l'assur�e lors de consultations des 21 et 28 ao�t 2003. Dans un rapport du 6 avril 2004, ils ont retenu le diagnostic de trouble d�pressif r�current, actuellement en r�mission (F33.4 [ICD-10]), en pr�cisant que ce diagnostic devait �tre consid�r� comme seulement probable, car les donn�es anamnestiques concernant les deux �pisodes d�pressifs pass�s �taient incertaines. Ils indiquaient que P.________ souffrait d'un syndrome douloureux pr�sent depuis 1993 sans r�mission, trait� actuellement par antalgiques, et que les crit�res d'un syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4 [ICD-10]) pourraient �tre pr�sents, le trouble �tant survenu dans un contexte de conflits �motionnels suffisamment importants pour l'expliquer. Toutefois, ce diagnostic ne pourrait �tre formellement pos� qu'apr�s exclusion d'une �tiologie organique. R�pondant aux questions pos�es, ces m�decins �taient de l'avis que la capacit� r�siduelle de travail devrait �tre �valu�e par une expertise rhumatologique et/ou orthop�dique. Selon eux, on pouvait estimer qu'il existait une diminution du rendement de 20 %, due � la fatigabilit� diurne, ainsi qu'aux sentiments de d�couragement et de d�valorisation de l'assur�e.
Dans un avis m�dical du 3 mai 2004, la doctoresse M.________ a propos� de confier une expertise rhumatologique au docteur V.________, m�decin-chef du Service de rhumatologie, m�decine physique et r�habilitation de l'H�pital Y.________. Ce sp�cialiste a vu l'assur�e en consultation le 29 juillet 2004. Il a demand� une �valuation isocin�tique du rachis ainsi qu'une radiographie du rachis lombaire, qui ont �t� r�alis�es ce jour-l�. Dans un rapport du 12 ao�t 2004, l'expert a pos� le diagnostic de lombosciatalgies gauches chroniques, de troubles de la statique du rachis et de discopathie mod�r�e du dernier disque lombaire fonctionnel, de tendance � l'hyperlaxit� ligamentaire, de syndrome somatoforme douloureux chronique et de probable surcharge psychologique. A son avis, il n'y avait pas de limitation de la capacit� de travail en tant que coiffeuse, du point de vue locomoteur, pour autant que P.________ s'astreigne � effectuer r�guli�rement ses exercices de renforcement musculaire et respecte les r�gles d'hygi�ne vert�brale qui lui avaient �t� enseign�es. L'incapacit� de travail de 20 % reconnue par le docteur B.________ comprenait largement les inconv�nients des efforts de gymnastique � r�aliser quotidiennement.
Dans un rapport d'examen SMR du 8 novembre 2004, la doctoresse M.________ a retenu des lombosciatalgies gauches chroniques dans le cadre de troubles de la statique du rachis et d'une discopathie mod�r�e du dernier disque lombaire associ�es � un syndrome douloureux et un trouble d�pressif en r�mission (F33.4 [CIM-10]). Elle a fix� � 80 % la capacit� de travail exigible dans l'activit� habituelle et dans une activit� adapt�e.
Par d�cision du 29 novembre 2004, l'office AI a avis� P.________ qu'au vu des renseignements m�dicaux en sa possession, son �tat de sant� �tait compatible avec l'exercice de son activit� habituelle de coiffeuse et que seule une incapacit� de travail de 20 % avait �t� retenue. Etant donn� qu'elle ne pr�sentait pas une invalidit� de 40 % au moins, sa demande �tait rejet�e.
Le 13 janvier 2005, P.________ a form� opposition contre cette d�cision, en sollicitant une expertise pluridisciplinaire aupr�s d'un COMAI.
Par d�cision du 22 mars 2005, l'office AI a rejet� l'opposition.
P.________ a form� recours contre cette d�cision devant le Tribunal cantonal des assurances sociales de la R�publique et canton de Gen�ve, en concluant � l'annulation de celle-ci et � l'allocation d'une rente enti�re d'invalidit�. A titre subsidiaire, elle requ�rait un compl�ment d'instruction sous la forme d'une expertise pluridisciplinaire � confier � un COMAI et invitait la juridiction cantonale � constater qu'elle pr�sentait une invalidit� de 100 % et qu'elle avait droit � une rente enti�re. Elle produisait un rapport m�dical du 19 avril 2005 du docteur U.________, sp�cialiste FMH en rhumatologie, un certificat m�dical du 27 avril 2005 du docteur R.________, sp�cialiste FMH en psychiatrie-psychoth�rapie � Gen�ve, et une lettre du docteur S.________ du 29 avril 2005.
Lors d'une audience de comparution personnelle du 3 octobre 2005, P.________ a d�clar� notamment qu'elle �tait toujours en traitement aupr�s des docteurs S.________ et R.________.
Par lettre du 11 octobre 2005, la juridiction cantonale a invit� le docteur R.________ � r�pondre � un questionnaire concernant la patiente. Dans un courrier du 26 octobre 2005, ce m�decin a produit sa r�ponse, dat�e du 25 octobre 2005.
Par jugement du 9 janvier 2006, la Chambre 6 du Tribunal cantonal des assurances sociales a rejet� le recours.
Dans un m�moire du 6 mars 2006, P.________ a interjet� un recours de droit administratif contre ce jugement, en concluant, sous suite de frais et d�pens, � l'annulation de celui-ci et � l'octroi par l'office AI d'une rente enti�re d'invalidit�. A titre subsidiaire, elle demandait que soit ordonn�e une nouvelle expertise m�dicale pluridisciplinaire. Elle produisait deux certificats m�dicaux, l'un du docteur R.________ du 28 f�vrier 2006 et l'autre du docteur S.________ du 1er mars 2006. Elle sollicitait l'assistance judiciaire gratuite.
L'Office cantonal de l'assurance-invalidit� de Gen�ve a conclu au rejet du recours. L'Office f�d�ral des assurances sociales a renonc� � se d�terminer.
Le litige concerne le droit �ventuel de la recourante � une rente d'invalidit� et porte sur le caract�re invalidant des troubles de sant� dont elle est atteinte. Le litige a trait � l'�valuation de sa capacit� de travail et porte sur le point de savoir si les �l�ments rapport�s par les m�decins traitants l'emportent sur les conclusions des docteurs B.________ et E.________ dans leur expertise du 6 avril 2004 et du docteur V.________ dans son expertise du 12 ao�t 2004, � titre subsidiaire si les divergences de diagnostics n�cessitent une instruction compl�mentaire comportant une nouvelle expertise m�dicale.
2.1 La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003, entra�nant la modification de nombreuses dispositions l�gales dans le domaine de l'assurance-invalidit�. La d�cision sur opposition litigieuse, du 22 mars 2005, est post�rieure � l'entr�e en vigueur de la LPGA. Conform�ment au principe g�n�ral de droit transitoire, selon lequel - m�me en cas de changement des bases l�gales - les r�gles applicables sont celles en vigueur au moment o� les faits juridiquement d�terminants se sont produits, il y a lieu d'examiner le droit � une rente au regard de l'ancien droit pour la p�riode jusqu'au 31 d�cembre 2002 et en fonction de la nouvelle r�glementation l�gale apr�s cette date (ATF 130 V 445 et les r�f�rences; cf. aussi ATF 130 V 329).
2.2 En vertu de l'art. 4 al. 1 LAI (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002), l'invalidit� est la diminution de la capacit� de gain, pr�sum�e permanente ou de longue dur�e, qui r�sulte d'une atteinte � la sant� physique, ou mentale provenant d'une infirmit� cong�nitale, d'une maladie ou d'un accident.
3.2 Dans un arr�t du 8 f�vrier 2006 (I 336/04), paru aux ATF 132 V 65, le Tribunal f�d�ral a consid�r� que la fibromyalgie pr�sente de nombreux points communs avec les troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'il se justifie, sous l'angle juridique, et en l'�tat actuel des connaissances, d'appliquer par analogie les principes d�velopp�s par la jurisprudence en mati�re de troubles somatoformes douloureux, lorsqu'il s'agit d'appr�cier le caract�re invalidant d'une fibromyalgie.
4.1 Les premiers juges ont admis que les expertises m�dicales des 6 avril et 12 ao�t 2004 avaient pleine valeur probante, ce que conteste la recourante. Selon elle, ces rapports, en particulier celui des docteurs B.________ et E.________, fourmillent de contradictions et d'impr�cisions rendant totalement incompr�hensibles leurs conclu-sions.
4.2 En ce qui concerne la valeur probante d'un rapport m�dical, ce qui est d�terminant c'est que les points litigieux aient fait l'objet d'une �tude circonstanci�e, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne �galement en consid�ration les plaintes exprim�es par la personne examin�e, qu'il ait �t� �tabli en pleine connaissance de l'anamn�se, que la description du contexte m�dical et l'appr�ciation de la situation m�dicale soient claires et enfin que les conclusions de l'expert soient d�ment motiv�es. Au demeurant, l'�l�ment d�terminant pour la valeur probante n'est ni l'origine du moyen de preuve ni sa d�signation comme rapport ou comme expertise, mais bel et bien son contenu (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les r�f�rences).
4.3 Dans l'expertise psychiatrique du 6 avril 2004, les docteurs B.________ et E.________ ont retenu que sur les plans psychique, mental et social, il existait des limitations. L'assur�e �tait psychiquement �puis�e par la chronicit� du syndrome douloureux, elle �tait socialement isol�e et se sentait tr�s d�valoris�e. Sous la rubrique relative � l'appr�ciation du cas et au pronostic, ces m�decins ont indiqu� que la chronicit� et l'intensit� des troubles ainsi que leur caract�re invalidant - pour autant que l'anamn�se soit � cet �gard tout � fait fiable - �taient de mauvais pronostic et qu'il semblait illusoire d'esp�rer une �volution favorable qui permettrait une reprise de l'activit� lucrative.
Se r�f�rant au rapport d'imagerie m�dicale du docteur B.________ du 24 novembre 1995, la recourante fait valoir que rien ne permet de mettre en doute s�rieusement la fiabilit� de l'anamn�se. Etant donn� que les troubles dont elle est atteinte sont de mauvais pronostic, elle voit une contradiction dans le fait que les docteurs B.________ et E.________ ont admis que, d'un point de vue psychiatrique, l'activit� exerc�e jusqu'ici �tait encore exigible. Selon elle, ils ont ainsi op�r� un virage � 180� de mani�re incompr�hensible.
Cela est inexact. Dans leur rapport du 6 avril 2004, les docteurs B.________ et E.________ ont expliqu� pourquoi le diagnostic de trouble d�pressif r�current, actuellement en r�mission, devait �tre consid�r� comme seulement probable, �tant donn� que les donn�es anamnestiques concernant les deux �pisodes d�pressifs pass�s �taient incertaines. Quant au syndrome douloureux, ils ont indiqu� que, dans la mesure o� des l�sions radiologiques avaient �t� d�crites et une intervention chirurgicale propos�e, une �valuation rhumatologique (et/ou orthop�dique) �tait n�cessaire pour se prononcer clairement sur leurs r�percussions fonctionnelles. Le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4) ne pourrait �tre formellement pos� qu'apr�s exclusion d'une �tiologie organique. Ainsi, la conclusion de ces m�decins, selon laquelle il n'existait pas actuellement de pathologie psychiatrique � proprement parler, qui serait la cause premi�re de l'incapacit�, est d�ment motiv�e. On ne voit donc pas en quoi il y aurait une contradiction avec leur r�ponse d'apr�s laquelle, d'un point de vue psychiatrique, l'activit� exerc�e jusqu'alors �tait encore exigible.
4.4 Dans l'expertise rhumatologique du 12 ao�t 2004, le docteur a not�, sous la rubrique relative � "l'affection actuelle", que la recourante ressentait des douleurs lombaires basses, continues, diurnes et nocturnes, qu'elles remontaient vers la colonne cervicale et les membres sup�rieurs, plus � droite qu'� gauche mais sans territoire radiculaire particulier, et qu'elles irradiaient �galement � la face post�rieure et lat�rale de la cuisse et du mollet � gauche.
Il s'agit l�, toutefois, des plaintes de l'assur�e. Sous la rubrique relative � la discussion du cas, le docteur V.________ a indiqu� que l'examen clinique avait r�v�l� une patiente en bon �tat g�n�ral avec une bonne mobilit� des diff�rents segments rachidiens ainsi que des articulations p�riph�riques. Le status neurologique �tait normal. L'expert a constat� des douleurs � la palpation des points de Smythe mais �galement des points de contr�le, et une tendance � une hyperlaxit� ligamentaire. Les examens compl�mentaires avaient objectiv� une petite discopathie de la charni�re lombo-sacr�e d�j� pr�sente � l'imagerie de 1995. L'�valuation isocin�tique du rachis avait mis en �vidence un manque de collaboration et sur le Beck Depression Inventory (BDI) une surcharge psychologique mod�r�e, sans qu'une affection psychiatrique soit objectiv�e (expertise du docteur B.________). La recourante r�pondait aux crit�res d'un syndrome douloureux somatoforme chronique (apparent� � la fibromyalgie) pour lequel une diminution de rendement de 20 % �tait reconnue par le docteur B.________. Elle avait suivi une formation de coiffeuse. Dans cette activit� ne n�cessitant pas le port quotidien de charges sup�rieures � 15 kg � plusieurs reprises, la capacit� de travail pouvait �tre consid�r�e comme compl�te du point de vue musculo-squelettique.
Il appara�t que les conclusions du docteur V.________ sont d�ment motiv�es. On ne voit pas en quoi il y aurait une contradiction dans la discussion ci-dessus men�e par cet expert.
4.5 Ainsi que l'ont constat� les premiers juges, l'expertise des docteurs B.________ et E.________ du 6 avril 2004 et l'expertise du docteur V.________ du 12 ao�t 2004 se fondent sur des examens complets et prennent en consid�ration les plaintes exprim�es par la patiente. Elles ont �t� �tablies en pleine connaissance de l'anamn�se et du dossier m�dical. Les points litigieux ont fait l'objet d'une �tude circonstanci�e. La description du contexte m�dical et l'appr�ciation de la situation m�dicale sont claires et les conclusions des experts sont d�ment motiv�es. Avec la juridiction cantonale, il y a donc lieu d'admettre que les deux expertises ci-dessus remplissent toutes les conditions auxquelles la jurisprudence soumet la valeur probante de tels documents (ATF 125 V 352 consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les r�f�rences).
5.1 Sur le plan rhumatologique, les premiers juges, se fondant sur le rapport du docteur V.________ du 12 ao�t 2004, ont retenu que la recourante ne subissait pas de diminution de sa capacit� de travail en raison des atteintes � la sant� physique dont elle souffrait. Certes, l'expert avait diagnostiqu� un certain nombre d'atteintes (notamment des lombosciatalgies gauches, des troubles de la statique du rachis et une discopathie mod�r�e du dernier disque lombaire), mais il avait expliqu� de mani�re convaincante qu'elles n'avaient pas comme cons�quence une diminution de la capacit� de travail.
Cela est contest� par la recourante, au motif que ses m�decins traitants ont confirm� qu'elle n'�tait en aucune mani�re capable de reprendre l'activit� de coiffeuse, ni aucune autre activit� semblable n�cessitant de longues stations debout et des mouvements r�p�titifs des membres sup�rieurs. Selon elle, tout cela est tellement �vident en l'esp�ce qu'il faut consid�rer leurs opinions comme �tant seules fiables.
5.1.1 Dans son certificat m�dical du 1er mars 2006, le docteur S.________ atteste que la patiente souffre de lombalgies et de cervico-dorsalgies chroniques m�caniques depuis plusieurs ann�es. Il note une p�joration de son �tat algique depuis environ 9 mois, l'int�ress�e ayant en effet beaucoup de peine � rester en station debout plus de 20 minutes et ne pouvant plus effectuer une marche de plus de 400‑500 m�tres. Il indique que son �tat algique cause �galement une insomnie importante, accompagn�e d'anxi�t�, d'irritabilit� et d'une fatigue intense. Le docteur S.________ est de l'avis que la patiente est inapte � effectuer sa profession de coiffeuse.
Le juge des assurances sociales appr�cie la l�galit� des d�cisions attaqu�es, en r�gle g�n�rale, d'apr�s l'�tat de fait existant au moment o� la d�cision litigieuse a �t� rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arr�ts cit�s). Les faits survenus post�rieurement, et qui ont modifi� cette situation, doivent normalement faire l'objet d'une nouvelle d�cision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et la r�f�rence). L'avis du docteur S.________ exprim� dans son certificat m�dical du 1er mars 2006 n'est pas d�terminant pour �valuer la situation de la recourante au moment de la d�cision sur opposition du 22 mars 2005. L'aggravation de l'�tat algique signal�e par ce m�decin est un fait survenu post�rieurement � cette d�cision et qui doit normalement faire l'objet d'une nouvelle d�cision.
5.1.2 Devant la juridiction cantonale, la recourante avait produit un rapport m�dical du docteur U.________ du 19 avril 2005 et un autre certificat m�dical du docteur S.________ du 29 avril 2005. Il ressort du rapport du 19 avril 2005 qu'elle pr�sentait des rachialgies chroniques et diffuses avec probablement une fibromyalgie. Il y avait des douleurs plus intenses en regard de l'insertion de l'angulaire de l'omoplate gauche et des muscles de la p�ri-hanche gauche. Au vu de l'anamn�se de rachialgies plus intenses durant la nuit et le matin au lever, le docteur U.________ �tait de l'avis que l'on pouvait se poser la question d'une spondarthrite s�ron�gative, tout en relevant que celle-ci lui paraissait tr�s peu probable. Dans le document du 29 avril 2005, le docteur S.________ a indiqu� que l'�tat de la patiente s'�tait p�jor� depuis environ cinq mois et que les douleurs ne r�pondaient plus au traitement minutieusement appliqu�. Il pensait qu'� ce moment-l�, celle-ci �tait inapte � effectuer n'importe quel travail.
Avec les premiers juges, il convient de relever que le docteur U.________ ne s'est pas prononc� sur la capacit� de travail de la recourante et que ses constatations m�dicales co�ncident avec celles du docteur V.________. En effet, dans son expertise du 12 ao�t 2004, ce m�decin indique qu'elle pr�sente des rachialgies chroniques, avec mise en �vidence � l'examen clinique de petits troubles de la statique vert�brale et d'une tendance � l'hyperlaxit� ligamentaire ainsi qu'aux examens compl�mentaires d'anomalies discales de la charni�re dorso-lombaire (sur dystrophie de croissance-herniation intra-spongieuse ayant fait �voquer le diagnostic de s�quelles de maladie de Scheuermann par le m�decin traitant) et de la charni�re lombo-sacr�e.
Selon le docteur V.________, ces modifications ne justifient pas une incapacit� de travail en tant que coiffeuse. Il y a lieu de s'en tenir � l'avis de ce m�decin dans son rapport 12 ao�t 2004, dont la pertinence des conclusions n'est pas remise en cause par le rapport m�dical du docteur U.________ du 19 avril 2005. Quant au document du docteur S.________ du 29 avril 2005, il a moindre valeur probante que celui du docteur V.________ du 12 ao�t 2004 en raison du rapport de confiance qui lie le m�decin traitant � son patient (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc; comp. ATF 124 I 175 consid. 4).
5.2 Sur le plan psychiatrique, les premiers juges, se fondant sur les conclusions des docteurs B.________ et E.________ dans leur rapport du 6 avril 2004, consid�rent que les troubles psychiques pr�sent�s par la recourante ne se manifestent pas avec une s�v�rit� telle que, d'un point de vue objectif, ils excluent toute mise en valeur de la capacit� de travail de la recourante. Attendu que l'on peut raisonnablement exiger de sa part un effort de volont� en vue de surmonter la douleur et de se r�ins�rer dans un processus de travail, le trouble somatoforme douloureux n'entra�ne pas de limitation de longue dur�e de sa capacit� de travail susceptible de conduire � une invalidit�. En revanche, conform�ment aux conclusions de l'expertise psychiatrique, il y a lieu de reconna�tre � l'assur�e une diminution de rendement de 20 % due � la fatigabilit� diurne, ainsi qu'aux sentiments de d�couragement et de d�valorisation.
Pour sa part, la recourante, qui se r�f�re � l'avis du docteur R.________ dans son certificat m�dical du 28 f�vrier 2006, fait valoir qu'elle pr�sente un trouble de l'humeur caract�ris� par un �tat d�pressif persistant et des troubles somatoformes persistants et que cette pathologie est � l'origine d'une incapacit� de travail de 75 %.
5.2.1 Dans l'expertise psychiatrique du 6 avril 2004, les docteurs B.________ et E.________ ont retenu un trouble d�pressif r�current, actuellement en r�mission. Ce diagnostic devait �tre consid�r� comme seulement probable, car les donn�es anamnestiques concernant les deux �pisodes d�pressifs �taient incertaines. Ils indiquaient que les crit�res d'un syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4) pourraient �tre pr�sents, le trouble �tant survenu dans un contexte de conflits �motionnels suffisamment importants pour l'expliquer. Toutefois, ce diagnostic ne pourrait �tre formellement pos� qu'apr�s exclusion d'une �tiologie organique.
Le docteur V.________ a proc�d� � des examens compl�mentaires, qui ont objectiv� une petite discopathie de la charni�re lombo-sacr�e d�j� pr�sente � l'imagerie m�dicale de 1995. Il ressort du rapport d'expertise du 12 ao�t 2004 que l'�valuation isocin�tique du rachis a mis en �vidence un manque de collaboration et que le r�sultat sur le BDI correspondait � une surcharge psychologique mod�r�e. De l'avis du docteur V.________, la recourante r�pond aux crit�res d'un syndrome douloureux somatoforme chronique.
De son c�t�, le docteur R.________, dans sa r�ponse du 25 octobre 2005 � la juridiction cantonale, a indiqu� qu'outre la d�pression r�currente, la patiente pr�sentait un trouble somatoforme douloureux de type fibromyalgie. Selon lui, ce diagnostic �tait encore valable. A ce moment-l�, son incapacit� de travail �tait totale aussi bien dans la coiffure que dans n'importe quelle autre profession � cause des troubles graves de sa sant�.
5.2.2 Au sujet de la comorbidit� psychiatrique (supra, consid. 3.1), on rappellera que les �tats d�pressifs (pris en tant que comorbidit� psychiatrique) constituent g�n�ralement des manifestations (r�actives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'ils ne sauraient faire l'objet d'un diagnostic s�par� (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 in fine; Meyer-Blaser, op. cit., p. 81, note 135), sauf � pr�senter les caract�res de s�v�rit� susceptibles de les distinguer sans conteste d'un tel trouble (arr�t Y. du 5 octobre 2006 [I 582/05] et D. du 20 avril 2006 [I 805/04]; voir �galement Fauch�re, A propos de l'article de Jean Pirrotta �Les troubles somatoformes douloureux du point de vue de l'assurance-invalidit�, in SZS/RSAS 2006 p. 135). Dans sa r�ponse du 25 octobre 2005, le docteur R.________ parle de d�pression r�currente. Il n'�voque pas pour autant la pr�sence d'une comorbidit� importante par sa gravit�, son acuit� et sa dur�e.
5.2.3 Les autres crit�res consacr�s par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail, ne sont pas non plus r�alis�s. On ne voit pas que la recourante r�unit en sa personne plusieurs de ces crit�res (ou du moins pas dans une mesure tr�s marqu�e) qui fondent un pronostic d�favorable en ce qui concerne l'exigibilit� d'une reprise d'activit� professionnelle.
Les premiers juges ont admis que le crit�re des affections corporelles chroniques, d'un processus maladif s'�tendant sur plusieurs ann�es sans r�mission durable (symptomatologie inchang�e ou progressive) �tait r�alis� dans le cas particulier, �tant donn� que les douleurs �taient pr�sentes depuis environ dix ans. Toutefois, cela peut demeurer ind�cis. M�me si la recourante pr�sente des rachialgies chroniques avec mise en �vidence de petits troubles de la statique vert�brale et d'une tendance � l'hyperlaxit� ligamentaire ainsi que d'anomalies discales de la charni�re dorso-lombaire et de la charni�re lombo-sacr�e, il n'en demeure pas moins que c'est la situation psycho-sociale difficile dans laquelle elle se trouve qui est vraisemblablement responsable du syndrome douloureux somatoforme diffus dont elle est atteinte, comme l'indique le docteur V.________ dans son rapport d'expertise du 12 ao�t 2004.
Une perte d'int�gration sociale dans toutes les manifestations de la vie n'est pas �tablie, ainsi que l'ont consid�r� les premiers juges. Cela n'est pas contest� par la recourante.
Les premiers juges ont ni� l'existence d'un �tat psychique cristallis�, sans �volution possible au plan th�rapeutique, r�sultant de l'�chec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux r�gles de l'art. Cela n'est pas remis en cause devant la Cour de c�ans.
Selon les constatations des premiers juges, la recourante n'a pas �puis� ses ressources adaptatives, eu �gard � son �ge, sa capacit� d'assumer la responsabilit� de ses t�ches quotidiennes, en particulier la tenue de son m�nage ainsi que l'�ducation de son enfant. Celle-ci ne le conteste pas. Il convient d'ajouter que l'on ne voit pas au dossier que l'apparition du trouble somatoforme douloureux r�sulterait d'une lib�ration du processus de r�solution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique (profit primaire tir� de la maladie, fuite dans la maladie). Les m�decins ne font mention d'aucune source de conflit intrapsychique ni situation conflictuelle externe permettant d'expliquer le d�veloppement du trouble somatoforme douloureux et son aboutissement jusqu'� une interruption totale de toute activit� lucrative.
Il appara�t ainsi que le syndrome somatoforme douloureux chronique ne se manifeste pas avec une s�v�rit� telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limit�e de la capacit� de travail de la recourante puisse �tre raisonnablement exig�e d'elle.
5.2.4 La fibromyalgie, on l'a vu pr�sente de nombreux points communs avec les troubles somatoformes douloureux (ATF 132 V 70 consid. 4.1). Il existe une pr�somption que les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent �tre surmont�s par un effort de volont� raisonnablement exigible (ATF 131 V 50). Il y a lieu de poser la m�me pr�somption en pr�sence d'une fibromyalgie (ATF 132 V 71 consid. 4.2.1). Une expertise psychiatrique est, en principe, n�cessaire quand il s'agit de se prononcer sur l'incapacit� de travail que les troubles somatoformes douloureux sont susceptibles d'entra�ner (ATF 130 V 353 consid. 2.2.2 et 399 consid. 5.3.2). Quand bien m�me le diagnostic de fibromyalgie est d'abord le fait d'un m�decin rhumatologue, il convient ici aussi d'exiger le concours d'un m�decin sp�cialiste en psychiatrie, d'autant plus que les facteurs psychosomatiques ont, selon l'opinion dominante, une influence d�-cisive sur le d�veloppement de cette atteinte � la sant� (ATF 132 V 72 consid. 4.3).
M�me dans l'hypoth�se d'une fibromyalgie, il existe une pr�somption que celle-ci pourrait �tre surmont�e par un effort de volont� raisonnablement exigible (ATF 132 V 71 consid. 4.2.1 d�j� cit�). Etant donn� que les crit�res dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail ne sont pas r�alis�s en ce qui concerne le syndrome somatoforme douloureux chronique dont la recourante est atteinte, ils ne le sont pas non plus dans le cas d'une fibromyalgie (ATF 132 V 71 consid. 4.2.2).
5.3 La requ�te de la recourante tendant � la mise en oeuvre d'une nouvelle expertise m�dicale pluridisciplinaire doit ainsi �tre rejet�e.
Au moment d�terminant, soit lors de la d�cision sur opposition du 22 mars 2005, il n'y avait pas de limitation de la capacit� de travail de la recourante en tant que coiffeuse, du point de vue locomoteur (rapport du docteur V.________ du 12 ao�t 2004). D'un point de vue psychiatrique, l'activit� exerc�e jusqu'ici �tait encore exigible (expertise psychiatrique du 6 avril 2004).
Il convient d�s lors d'�valuer l'invalidit� de la recourante en pour-cent dans sa profession de coiffeuse. Celle-ci pr�sente une capacit� de travail compl�te du point de vue musculo-squelettique (expertise du 12 ao�t 2004). Sa capacit� � s'adapter � son environnement professionnel n'est pas r�duite par les troubles � sa sant� psychique (expertise des docteurs B.________ et E.________ du 6 avril 2004). Sur le plan psychiatrique, on peut raisonnablement exiger de sa part qu'elle mette pleinement en valeur sa capacit� de travail dans son m�tier de coiffeuse (supra, consid. 5.2.3 et 5.2.4). Au moment d�terminant, la recourante ne pr�sentait donc aucune invalidit� (ATF 114 V 313 consid. 3a, 104 V 136 s. consid. 2b).
La proc�dure est gratuite. La recourante, qui succombe, ne saurait pr�tendre une indemnit� de d�pens pour l'instance f�d�rale (art. 159 al. 1 en corr�lation avec l'art. 135 OJ). Repr�sent�e par un avocat, elle demande � �tre mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire gratuite. En l'�tat du dossier, on peut admettre qu'elle remplit les conditions de l'assistance judiciaire gratuite (art. 152 al. 1 et 2 en liaison avec l'art. 135 OJ; ATF 125 V 202 consid. 4a, 372 consid. 5b et les r�f�rences). L'attention de la recourante est cependant attir�e sur le fait qu'elle devra rembourser la caisse du Tribunal si elle devient ult�rieurement en mesure de le faire (art. 152 al. 3 OJ; SVR 1999 IV n� 6 p. 15).
L'assistance judiciaire est accord�e. Les honoraires de Me Gilbert Bratschi, avocat � Gen�ve, sont fix�s � 2'500 fr. (y compris la taxe sur la valeur ajout�e) pour la proc�dure f�d�rale et seront support�s par la caisse du Tribunal.
Lucerne, le 28 f�vrier 2007