Source: https://www.brc-rea.be/fr/directives-2/formations/
Timestamp: 2019-11-18 10:04:28+00:00
Document Index: 317360323

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Principes de la formation à la réanimation
Les nouvelles opinions et modifications apportées aux recommandations concernant la formation à la réanimation depuis les dernières directives ERC de 2010 sont résumées ci-dessous.
Dans les centres disposant des ressources nécessaires pour acquérir et entretenir des mannequins haute fidélité, leur utilisation est recommandée. Néanmoins, l’usage de mannequins de fidélité plus basse est approprié pour tous les niveaux de formation de l’ERC.
Les dispositifs de feedback pour la RCP permettent d’améliorer la fréquence des compressions, leur profondeur, le relâchement et la position des mains. Les dispositifs sonores améliorent uniquement la fréquence des compressions. Ils peuvent avoir un effet néfaste sur la profondeur des compressions, en incitant les secouristes à se focaliser sur la fréquence.
La périodicité de remise à niveau diffère selon les caractéristiques des participants (ex. grand public ou professionnels de la santé, …). Il est établi que les compétences en matière de RCP se détériorent au bout de quelques mois. C’est pourquoi des plans annuels de remise à niveau risquent d’être insuffisants. Bien que l’on ne connaisse pas la périodicité optimale, une remise à niveau régulière « à faible dose » pourrait s’avérer utile.
La formation aux compétences non techniques (ex. communication, rôle des membres et du chef d’équipe), en complément de la formation aux compétences techniques, est essentielle. Ce type de formation devrait être intégré aux formations à la réanimation.
Les opérateurs du centre de secours 112 jouent un rôle déterminant en guidant les sauveteurs grand public sur la manière de procéder à une RCP. Pour ce faire, les opérateurs 112 doivent suivre une formation spécifique, de manière à délivrer des instructions claires et efficaces en situation de stress.
Il a été démontré que la réalisation de débriefings axés sur les performances et sur les faits contribue à améliorer les résultats des équipes de réanimation. Nous recommandons fortement aux équipes assurant la prise en charge de patients en arrêt cardiaque d’y recourir.
Les systèmes de soins régionaux intégrant des centres de réanimation spécifiques sont à privilégier, car ils sont associés à une meilleure survie et à une meilleure issue neurologique chez les victimes d’arrêt circulatoire cardiaque extra-hospitalier.
De nouveaux systèmes seront mis au point afin d’informer les témoins sur l’emplacement des DEA les plus proches. Il convient de promouvoir toute technologie améliorant l’exécution d’une RCP par des témoins grâce à un accès rapide à un DEA.
« It takes a system to save a life » (Il faut tout un système pour sauver une vie) [http://www.resuscitationacademy.com/]. Les systèmes de santé prenant en charge des patients en arrêt cardiaque (ex. Aide Médicale Urgente, centres de réanimation spécifiques) devraient évaluer leurs processus pour s’assurer qu’ils sont capables de prodiguer les soins garantissant les meilleurs taux de survie.
La chaîne de survie a été étendue à la formule de survie car il a été constaté que l’objectif de sauver plus de vies ne repose pas uniquement sur une science solide et de grande qualité mais aussi sur une formation efficace du grand public et des professionnels de la santé. In fine, les personnes impliquées dans le soin des victimes d’un arrêt cardiaque doivent être capables d’activer des systèmes ressources efficaces qui permettent d’améliorer la survie après un arrêt cardiaque.
La réanimation cardio-pulmonaire de base (BLS) est la pierre angulaire de la réanimation. Or, il est clairement établi qu’en cas d’arrêt cardiaque extra-hospitalier, une RCP pratiquée par un témoin de l’événement est cruciale en termes de survie. Des compressions thoraciques et une défibrillation rapide sont les principaux déterminants de la survie après un arrêt cardiaque extra-hospitalier, et plusieurs données montrent que la formation du grand public permet d’améliorer la survie à 30 jours et à 1 an.
Des données prouvent que la formation du grand public à la réanimation de base est efficace pour améliorer le nombre de personnes volontaires pour pratiquer une réanimation de base en situation réelle908-910. Dans les populations à haut risque (par exemple, dans les zones où il existe un risque élevé d’arrêt cardiaque mais un faible taux d’intervention par des témoins), des données récentes montrent que des facteurs spécifiques peuvent être identifiés afin de cibler la formation en fonction des caractéristiques propres à chaque collectivité. Des données montrent que, dans ces populations, il est peu probable que les secouristes potentiels réalisent d’eux-mêmes la démarche de se former mais qu’après une formation, ils acquièrent des compétences et/ou des connaissances relatives à la réanimation de base. Ils sont volontaires pour être formés et sensibiliseront vraisemblablement d’autres personnes.
La sensibilisation des enfants à l’école constitue l’une des étapes les plus importantes pour améliorer le taux de réanimation par des témoins et améliorer la survie dans le monde entier. Cela peut être aisément accompli en dispensant aux enfants seulement deux heures d’enseignement par an, dès l’âge de 12 ans. À cet âge, les enfants scolarisés perçoivent positivement cet apprentissage de la réanimation mais les professionnels médicaux et les enseignants ont besoin d’une formation spécifique pour atteindre ces bons résultats auprès des enfants.
Il a été démontré que lorsque les opérateurs du centre de secours 112 sont bien formés, ils sont capables d’améliorer la RCP pratiquée par les témoins et l’évolution des patients. Néanmoins, leur capacité à reconnaître un arrêt cardiaque reste problématique, notamment lorsqu’il est associé à une respiration agonique. Par conséquent, la formation des opérateurs 112 doit insister sur l’identification et la signification d’une respiration agonique et sur l’importance des convulsions en tant que manifestations d’un arrêt cardiaque. De plus, des scripts simplifiés doivent être enseignés aux opérateurs 112 pour la communication de leurs instructions aux témoins pratiquant une RCP.
Les formations relatives à la RCP/DEA doivent être adaptées au public ciblé et rester aussi simples que possible. L’accès facilité à différentes modalités d’apprentissage (par exemple l’utilisation de dispositifs numériques, cours en ligne, cours dirigés par un instructeur), ainsi que les cours autodirigés offrent toute une gamme d’outils pour former le grand public et les professionnels. Les programmes d’auto-apprentissage, directement ou ultérieurement associés à des exercices pratiques (par exemple, vidéo, DVD, formation en ligne, ordinateur proposant une rétroaction pendant la formation) semblent constituer une alternative efficace aux cours dirigés par un instructeur, pour enseigner les compétences du BLS au grand public et aux professionnels de santé.
Au minimum, il faudrait apprendre à tous les citoyens comment réaliser des compressions thoraciques. L’idéal serait d’apprendre à tous les citoyens l’intégralité des compétences en RCP (compressions et ventilations avec un rapport de 30 pour 2). Lorsque la formation est limitée dans le temps ou ponctuelle (par exemple, instructions communiquées par téléphone par le centre de secours 112, grands événements, campagnes publiques, vidéos virales sur Internet), elle devrait prioritairement cibler la RCP par compressions thoraciques seules. Il se peut que les collectivités locales souhaitent penser leur approche en fonction de l’épidémiologie spécifique de la population locale, de ses normes culturelles et du taux d’intervention par des témoins. Pour les personnes initialement formées à la RCP avec compressions thoraciques seules, la ventilation pourrait être enseignée dans le cadre d’une formation ultérieure. Idéalement, ces personnes devraient bénéficier d’une formation à la RCP par compressions thoraciques seules puis d’une formation aux compressions thoraciques et à la ventilation dans le cadre d’une seule et même session de formation. Les personnes qui font partie du grand public mais qui ont un devoir de soins (comme les secouristes, les maîtres-nageurs ou les auxiliaires de vie) devraient être formées à la RCP standard, c’est-à-dire à la réalisation des compressions thoraciques et de la ventilation.
La plupart des études montrent que les compétences en RCP déclinent dans les trois à six mois suivant la formation initiale. Les compétences liées aux DEAs ont une meilleure rémanence que les compétences en BLS uniquement. Plusieurs données suggèrent que des formations plus brèves mais plus fréquentes, pourraient éventuellement améliorer la formation en BLS et atténuer le déclin des compétences. Selon une évaluation systématique de la littérature, l’utilisation de dispositifs audiovisuels de rétroaction pendant la réanimation permet aux secouristes de pratiquer des compressions thoraciques plus conformes aux recommandations. Mais il n’a pas été établi si ce phénomène s’est traduit ou non par une amélioration de l’évolution des patients.
Les cours de formation avancée abordent les connaissances, les compétences et les attitudes qu’il est nécessaire d’appliquer au sein d’une équipe de réanimation et, en dernier lieu, pour encadrer une équipe de réanimation. Plusieurs données suggèrent de recommander des modèles d’apprentissage diversifiés (apprentissage électronique indépendant associé à un module de courte durée dirigé par un instructeur). Les exercices de simulation font partie intégrante de la formation à la réanimation et permettent d’améliorer les connaissances et l’application des compétences comparativement à une formation sans aucun exercice de simulation. Les données actuellement disponibles ne permettent pas de dire si les participants à des formations ALS apprennent plus ou mieux la RCP en utilisant des mannequins haute fidélité. Les mannequins haute fidélité peuvent donc être utilisés mais, en leur absence, l’utilisation de mannequins basse fidélité est acceptable pour les formations standard à la réanimation cardio-pulmonaire avancée.
Formation aux compétences non techniques -notamment à l’encadrement et au travail en équipe- pour améliorer l’issue de la RCP
Une amélioration de la survie hospitalière après arrêt cardiaque a été constatée chez l’enfant et chez les patients chirurgicaux après la réalisation de programmes de formation au travail en équipe. Lorsqu’une formation spécifique au travail en équipe ou à l’encadrement d’une équipe est ajoutée aux programmes de formation avancée, il a été démontré que les performances de l’équipe de réanimation sont améliorées en situation réelle d’arrêt cardiaque ou lors de la simulation de scénarios de réanimation avancée intra-hospitalière. Si la formation par simulation de scénarios est suivie par un débriefing, alors les notions sont réellement acquises, par opposition à une formation par simulation de scénarios sans débriefing. Les études ne permettent pas de dire s’il existe une différence entre un débriefing réalisé avec ou sans support vidéo. De nouvelles données montrent que des formations régulières de remise à niveau réalisées sur des mannequins dans le cadre de brèves sessions organisées in situ permettent potentiellement de faire des économies, de réduire le temps total de remise à niveau. Cette formule semble être celle que les apprenants préfèrent. Une formation de remise à niveau est invariablement nécessaire pour maintenir les connaissances et les compétences. Cependant, la périodicité optimale de ces remises à niveau n’est pas clairement établie.
Implémentation et gestion des changements
La formule de survie se termine par la « mise en œuvre locale ». En effet, l’association entre science médicale et efficacité pédagogique est insuffisante pour améliorer la survie s’il n’y a pas de mise en œuvre locale ou qu’elle est déficiente.
Impact des directives
Dans chaque pays, les pratiques de réanimation se fondent largement sur l’application des directives de réanimation internationalement validées. Les études sur l’impact des directives internationales de réanimation reflètent un effet positif sur les performances de la RCP, sur le retour à une circulation spontanée et sur la survie à la sortie de l’hôpital.
Utilisation de la technologie et des médias sociaux
La popularisation des smartphones et des tablettes permet aujourd’hui de nouvelles approches d’implémentation grâce à l’utilisation d’applications mais aussi des médias sociaux.
Évaluation des performances des systèmes de réanimation
À mesure que les systèmes évoluent vers une meilleure survie après un arrêt cardiaque, il est nécessaire de mesurer précisément leur impact. En effet, l’évaluation des performances et l’application d’initiatives d’amélioration de la qualité permettront de perfectionner davantage les systèmes afin d’obtenir des résultats optimaux.
Débriefing après une réanimation dans un contexte clinique
Le fait de rendre un feed back sur leurs performances en situation réelle (par opposition à une situation de formation) aux membres d’une équipe intra-hospitalière mobilisée en cas d’arrêt cardiaque peut améliorer les résultats obtenus. Les commentaires peuvent être faits en temps réel et axés sur des données factuelles (par exemple l’utilisation de dispositifs de feed back évaluant les paramètres des compressions cardiaques). Ils peuvent se faire aussi dans le cadre d’un débriefing structuré, axé sur les performances et organisé après l’événement.
Équipes d’urgence médicale pour les adultes
Dans la chaîne de survie pour les arrêts cardiaques, le premier maillon correspond à l’identification rapide des patients dont l’état se dégrade et à la prévention de l’arrêt cardiaque. Nous recommandons le recours à une équipe d’urgence médicale car cette solution est associée à une réduction de l’incidence des arrêts respiratoires/cardiaques et à une amélioration des taux de survie. L’équipe d’urgence médicale fait partie des composantes d’un système d’intervention rapide qui englobe également la formation du personnel à l’identification des signes de détérioration de l’état des patients, le monitorage approprié et régulier des signes vitaux des patients, des directives claires (par exemple les critères d’appel ou scores d’alerte précoce) pour aider le personnel à reconnaître précocement la détérioration de l’état des patients, un système clair et cohérent pour appeler de l’aide et une réponse clinique aux appels.
Formation en cas de ressources limitées
Il existe de nombreuses techniques pour enseigner les procédures ALS et BLS dans des contextes où les ressources sont limitées. Ces solutions comprennent notamment les exercices de simulation, l’apprentissage multimédia, l’apprentissage autodirigé, l’organisation de formations courtes ou l’apprentissage autodirigé assisté par ordinateur. Certaines de ces techniques sont moins chères que d’autres et nécessitent moins de formateurs, ce qui permet une dissémination plus large des formations aux procédures ALS et BLS.