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Timestamp: 2016-10-25 13:53:18+00:00
Document Index: 44667942

Matched Legal Cases: ['art. 82', 'art. 83', 'art. 12', 'art. 1', 'art. 12', 'art. 78', 'art. 3', 'art. 2', 'art. 2', 'art. 78', 'ATF ', 'in fine', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 15', 'art. 2', 'art. 74', 'art. 50', 'art. 2', 'art. 7', 'art. 2', 'art. 89', 'art. 12', 'art. 89', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 7', 'art. 29', 'art. 2', 'art. 7', 'ATF ', 'art. 17', 'art. 25', 'art. 17', 'art. 5', 'art. 17', 'art. 120', 'art. 110', 'art. 17', 'art. 6', 'art. 29', 'art. 75', 'art. 75', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 77', 'art. 90', 'art. 7', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 7', 'art. 7', 'art. 65', 'art. 68', 'art. 68']

repr�sent�es par Me Beno�t Bovay, avocat,
Edipresse Publications SA, repr�sent�e par Me Raymond Didisheim, avocat,
Commune de Lausanne, H�tel de Ville,
1002 Lausanne, repr�sent�e par
autorisation de d�molir et de construire en zone � b�tir,
recours contre l'arr�t de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 26 f�vrier 2010.
Le plan partiel d'affectation n� 667 concernant les terrains compris entre les avenues d'Ouchy, de la Gare, de Rosemont et de la Rasude a �t� approuv� avec son r�glement par le Conseil communal de Lausanne le 5 octobre 1993 et par le Conseil d'Etat du canton de Vaud le 12 janvier 1994. Cet �lot comprenait alors plusieurs b�timents sis le long de l'avenue de la Gare soit, depuis l'amont et en direction de l'avenue d'Ouchy, un h�tel �difi� en 1910 (H�tel Mirabeau), une tour construite en 1964 reposant sur un socle occupant le centre de l'�lot (Tour Edipresse) et un b�timent r�alis� entre 1895 et 1896 par l'architecte Francis Isoz pour le docteur Oscar Rapin (Immeuble Rapin) dans l'angle form� par l'avenue de la Gare et l'avenue d'Ouchy, en contrebas par rapport aux autres immeubles. Ce b�timent de sept niveaux comprenait � l'origine le cabinet et le logement du m�decin au premier �tage et des appartements aux �tages sup�rieurs. Il abrite aujourd'hui notamment les bureaux de la r�daction de deux des journaux �dit�s par la soci�t� Edipresse Publications SA, propri�taire actuelle des lieux. Au nord, le long de l'avenue de la Gare, se trouve un espace utilis� comme parking, pr�c�demment occup� par l'H�tel Jura-Simplon jusqu'� sa d�molition en 1970. L'immeuble Rapin a obtenu la note 4 lors du recensement architectural de la partie urbaine du territoire de la Commune de Lausanne en 1975, puis la note 3 lors de la r�vision du recensement en 1994; cela signifie qu'il pr�sente un int�r�t local et m�rite d'�tre conserv�, sans toutefois pouvoir �tre class� comme monument historique; il peut �tre modifi� � condition de ne pas alt�rer les qualit�s qui ont justifi� sa note.
Le plan partiel d'affectation vise � red�finir les possibilit�s de b�tir dans le p�rim�tre en tenant compte des volumes existants de l'H�tel Mirabeau ainsi que de la Tour Edipresse et de son socle, en inscrivant les constructions nouvelles dans la perspective de l'avenue de la Gare et en valorisant l'angle form� par les avenues de la Gare et d'Ouchy. Il pr�voit ainsi, � l'emplacement actuel de l'Immeuble Rapin et de l'espace utilis� comme parking, l'�dification d'un nouveau b�timent de plusieurs �tages destin� � des activit�s administratives, commerciales ou li�es au domaine de l'imprimerie et de l'�dition, figur� � titre indicatif de forme cylindrique dans le plan.
Durant l'�t� 2006, Edipresse Publications SA a soumis � l'enqu�te publique la d�molition de l'immeuble Rapin. Le projet a suscit� une opposition de la Soci�t� d'Art Public, section vaudoise de Patrimoine Suisse. Au mois de novembre 2006, la Municipalit� de Lausanne a inform� l'opposante qu'elle suspendait la proc�dure d'octroi du permis de d�molir afin d'examiner s'il y avait lieu, sur la base d'une nouvelle pes�e des int�r�ts, de modifier le plan partiel d'affectation n� 667. Dans ce cadre, elle a demand� au propri�taire de faire proc�der � une analyse technique et � une �tude historique du b�timent. Le Bureau de recherche en histoire de l'architecture Luthi et Corth�sy, � Lausanne, charg� de cette �tude, a rendu son rapport en f�vrier 2007.
Selon ce rapport, l'immeuble Rapin est avant tout remarquable par la personnalit� de son concepteur, Francis Isoz, architecte le plus important � Lausanne durant la p�riode 1890-1910 en raison du nombre consid�rable de ses productions et de la r�alisation des �difices parmi les plus marquants de son temps. Du point de vue du style, cet immeuble est la seule occurrence connue en Suisse romande de l'application historiciste de l'architecture de Fran�ois Ier et constitue � ce titre un objet exceptionnel. En outre il pr�sente sur ses quatre fa�ades principales une grande richesse ornementale, demeur�e en bon �tat de conservation. Du point de vue typologique, la r�alisation d'un appartement m�lant le cabinet d'un m�decin et un logement de grand standing constitue un ph�nom�ne nouveau, dont la valeur a �t� amoindrie par l'�limination d'une s�rie de cloisons. Du point de vue enfin de son implantation, l'immeuble Rapin participe � la mutation du secteur de la Rasude au tout d�but du XX�me si�cle, caract�ris�e par la r�alisation de b�timents aux gabarits �lev�s, lui conf�rant un aspect urbain � forte densit�. En raison de la d�molition des b�timents qui l'entouraient et de la construction de la Tour Edipresse en 1964, il se pr�sente aujourd'hui, vu de l'avenue de la Gare, dans une implantation isol�e non conforme aux intentions urbaines de son concepteur. Seul le voisinage d'immeubles poss�dant la m�me volum�trie permettrait de rendre compte de cette destination. De fa�on g�n�rale, les constructions r�alis�es dans les ann�es 1900 constituent le patrimoine architectural le plus important � Lausanne et en d�termine l'aspect global de la mani�re la plus d�terminante. Prise individuellement, la disparition de l'un des repr�sentants de cette p�riode ne signifie pas forc�ment la perte d'un objet patrimonial incomparable, mais elle contribue � l'�rosion d'un ensemble constitutif de l'image de la ville.
Le 18 mars 2008, Edipresse Publications SA a requis l'autorisation de d�molir l'immeuble Rapin et de construire � sa place un b�timent de trois �tages sur rez en forme de U avec une surface au sol de 976,6 m�tres carr�s et une surface brute utile de plancher de 4'381,2 m�tres carr�s. Le b�timent projet� �pouse la forme du terrain � l'angle de l'avenue de la Gare et de l'avenue d'Ouchy en venant terminer l'�lot constitu� des constructions de la soci�t� sises � l'est. Il correspond au projet prim� � l'issue d'un concours d'architecture organis� sur invitation par la soci�t� propri�taire.
Le projet, soumis � l'enqu�te publique du 29 avril au 29 mai 2008, a notamment suscit� l'opposition de la Soci�t� d'Art Public, motiv�e par la d�molition jug�e injustifi�e de l'immeuble Rapin.
Le 3 septembre 2008, le D�l�gu� � la protection du patrimoine b�ti de la Ville de Lausanne a �mis un pr�avis d�favorable concernant la d�molition de cet immeuble en se r�f�rant principalement � l'�tude historique r�alis�e � la demande de la Municipalit�. Le 25 septembre 2008, la Centrale des autorisations de construire du D�partement des infrastructures du canton de Vaud a transmis � la Municipalit� de Lausanne une synth�se des pr�avis et autres autorisations sp�ciales des Services de l'Etat. Cette synth�se comprend notamment une observation, trait�e comme une opposition, de la Section Monuments et Sites du Service Immeubles, Patrimoine et Logistique, qui d�clare soutenir le pr�avis n�gatif �mis par le D�l�gu� communal � la protection du patrimoine b�ti. Elle contient �galement une prise de position du Service de la mobilit� demandant que le nombre de places de parc soit fix� � 94, conform�ment au plan des mesures OPAir de l'agglom�ration Lausanne-Morges.
Par d�cisions du 5 d�cembre 2008, la Municipalit� de Lausanne a lev� les oppositions et d�livr� le permis de construire sollicit�, qui emporte la d�molition de l'immeuble Rapin et la construction du b�timent mis � l'enqu�te publique avec un parking souterrain de 83 places.
Patrimoine Suisse et sa section cantonale ont recouru contre ces d�cisions aupr�s de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal ou la cour cantonale). Invit�e � se d�terminer, la Commission cantonale consultative d'urbanisme et d'architecture a rendu son pr�avis le 18 novembre 2009. Elle consid�re en substance que l'architecture de l'immeuble Rapin n'est pas exceptionnelle au point de justifier une protection absolue et de faire obstacle � sa d�molition, compte tenu de la qualit� du nouveau b�timent pr�vu en lieu et place. Les parties ont pu se d�terminer sur cette prise de position.
Statuant par arr�t du 26 f�vrier 2010, le Tribunal cantonal a rejet� le recours dans la mesure o� il �tait recevable. Il a jug� en substance que l'inscription de la Ville de Lausanne � l'inventaire f�d�ral des sites construits � prot�ger en Suisse comme ville d'importance nationale n'imposait pas une modification du plan partiel d'affectation n� 667 qui pr�voit la d�molition de l'immeuble Rapin et ne justifiait pas davantage la consultation de la Commission f�d�rale en mati�re de protection du patrimoine b�ti. Il a confirm� la d�cision municipale.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, Patrimoine Suisse et sa section vaudoise demandent au Tribunal f�d�ral de r�former cet arr�t en ce sens que le recours est admis et la d�cision de la Municipalit� de Lausanne du 5 d�cembre 2008 autorisant la d�molition de l'immeuble Rapin et la construction d'un nouveau b�timent � cet endroit est annul�e, avec suite de frais et d�pens de premi�re instance. A titre subsidiaire, elles requi�rent l'annulation de l'arr�t attaqu� et le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouveau jugement.
Le Tribunal cantonal et la Commune de Lausanne concluent au rejet du recours. L'intim�e propose �galement de le rejeter dans la mesure o� il est recevable. Le Service Immeubles, Patrimoine et Logistique du canton de Vaud a renonc� � d�poser des observations.
Par ordonnance pr�sidentielle du 6 mai 2010, l'effet suspensif a �t� accord� au recours.
1.1 Le recours est dirig� contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale dans le domaine du droit public de l'am�nagement du territoire et des constructions. Il est d�s lors recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF et 34 al. 1 LAT. Aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'est r�alis�e.
1.2 Patrimoine Suisse fait partie des organisations de protection de la nature, du paysage ou du patrimoine ayant qualit� pour d�poser un recours en mati�re de droit public en vertu de l'art. 12 al. 1 et 2 de la loi f�d�rale sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451) en relation avec l'art. 1er de l'ordonnance du 27 juin 1990 relative � la d�signation des organisations habilit�es � recourir (ODO; RS 814.076) et le ch. 5 de l'annexe � cette ordonnance. L'habilitation pr�vue par l'art. 12 al. 1 LPN concerne toutefois exclusivement le recours contre des d�cisions prises dans l'accomplissement de t�ches de la Conf�d�ration selon les art. 78 al. 2 Cst. et 2 LPN (arr�t 1C_426/2009 du 17 mars 2010 consid. 1 et les arr�ts cit�s). D'une mani�re g�n�rale, cette notion ne couvre pas toute application du droit f�d�ral susceptible de pr�judicier la protection de la nature et du paysage. Au contraire, une t�che concr�te de la Conf�d�ration doit �tre en jeu dans l'ex�cution de laquelle il y a lieu de m�nager l'aspect caract�ristique des paysages, des localit�s et des sites �vocateurs du pass� ou, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit� (cf. art. 3 al. 1 LPN; arr�t 1A.185/2006 du 5 mars 2007 consid. 5.1 in ZBl 109/2008 p. 327; arr�t 1A.71/1993 du 12 avril 1994 consid. 2a in ZBl 96/1995 p. 144).
Le projet litigieux �mane d'un propri�taire priv� et ne concerne pas un ouvrage ou une installation du ressort de la Conf�d�ration au sens de l'art. 2 al. 1 let. a LPN (cf. arr�t 1A.191/1998 du 11 octobre 1999 consid. 2 in SJ 2000 I p. 129). Par ailleurs, il s'implante en zone � b�tir et ne requiert aucune autorisation relevant du droit f�d�ral selon l'art. 2 al. 1 let. b LPN (cf. arr�t 1A.115/2001 du 8 octobre 2001 consid. 1e). Le fait qu'il prenne place dans une localit� inscrite � l'inventaire f�d�ral des sites construits � prot�ger d'importance nationale ne suffit pas en soi pour admettre que l'octroi de l'autorisation de d�molir et de construire litigieuse rel�ve de l'accomplissement d'une t�che de la Conf�d�ration. La loi f�d�rale sur la protection de la nature et du paysage n'impose en effet pas directement aux cantons de prot�ger les sites naturels ou les monuments historiques, m�me s'ils sont reconnus d'importance nationale; les r�gles pertinentes rel�vent du droit cantonal selon l'art. 78 al. 2 Cst. et les cantons ne re�oivent du l�gislateur f�d�ral aucun mandat � cet �gard (ATF 121 II 190 consid. 3c/bb p. 197; 120 Ib 27 consid. 2c/cc p. 32). La protection des monuments historiques n'est ainsi une t�che f�d�rale que lorsqu'elle concerne des objets d'importance nationale (cf. arr�t 1A.278/2000 du 26 avril 2001 consid. 1b/aa in fine). En l'occurrence, Lausanne est certes mentionn�e depuis le 2 novembre 2005 en tant que ville dans l'annexe � l'ordonnance concernant l'inventaire f�d�ral des sites construits d'importance nationale � prot�ger en Suisse (OISOS; RS 451.12). Cela ne signifie pas encore que tous les immeubles de la ville pr�sentant un int�r�t architectural ou historique seraient prot�g�s et que toute intervention sur ceux-ci rel�verait de l'accomplissement d'une t�che f�d�rale. En vertu de l'art. 6 al. 1 LPN, l'inscription d'un objet d'importance nationale dans un inventaire f�d�ral indique que l'objet m�rite sp�cialement d'�tre conserv� intact ou en tout cas d'�tre m�nag� le plus possible, y compris au moyen de mesures de reconstitution ou de remplacement ad�quates; cette protection renforc�e n'emporte pas une interdiction absolue de toute d�molition et nouvelle construction, ce qui serait inconcevable dans un p�rim�tre aussi �tendu que celui de la Ville de Lausanne (ATF 127 II 273 consid. 4c p. 281; cf. J�RG LEIMBACHER, Commentaire LPN, 1997, n. 5ss ad art. 6 LPN). Pour d�terminer ce que signifie, dans un cas d'esp�ce, l'obligation de conserver intact un site prot�g�, il faut se r�f�rer � la description du contenu de la protection dans l'inventaire (ATF 123 II 256 consid. 6a p. 263). Or, selon les faits non contest�s retenus dans l'arr�t attaqu�, la ville de Lausanne n'a fait � ce jour l'objet d'aucune description des objets � prot�ger, des dangers qui pourraient les menacer et des buts de protection. De m�me, l'immeuble Rapin ne b�n�ficie d'aucune mesure de classement sur le plan cantonal ou communal ni d'aucune mesure fond�e sur les art. 15 et 16 LPN de la part de la Conf�d�ration. Il s'agit ainsi tout au plus d'un objet d'int�r�t local ou r�gional, comme cela r�sulte de la note re�ue lors du recensement architectural, dont la protection incombe aux cantons. Sa d�molition et la reconstruction en lieu et place d'un nouveau b�timent ne rel�ve d�s lors pas de l'accomplissement d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN (arr�t 1A.6/2007 du 6 septembre 2007 consid. 3.2, qui concernait la ville de B�le).
Patrimoine Suisse soutient que l'autorisation municipale de d�molir l'immeuble Rapin et de construire en lieu et place un b�timent administratif, confirm�e en derni�re instance par le Tribunal cantonal, mettrait en jeu une t�che f�d�rale en tant qu'elle postule la r�duction du nombre de places de parc li�es au projet en application du plan des mesures OPair, �tant donn� que la protection de l'environnement incombe � la Conf�d�ration en vertu de l'art. 74 Cst. Il ne suffit toutefois pas que des dispositions du droit f�d�ral de la protection de l'environnement doivent �tre appliqu�es ou prises en compte dans le cadre de l'examen d'un permis de construire pour que la proc�dure soit consid�r�e comme �tant une t�che f�d�rale. Le projet litigieux ne n�cessite aucune autorisation sp�cifique relevant du droit f�d�ral. Il ne saurait �tre consid�r� comme relevant de l'accomplissement d'une t�che de la Conf�d�ration pour cette seule raison qu'il devait aussi �tre examin� au regard du plan des mesures OPair de l'agglom�ration lausannoise (cf. arr�t 1A.270/1996 du 25 juin 1997 consid. 2b/bb in RDAF 1998 I p. 98).
Les recourantes se pr�valent �galement en vain du subventionnement des transports publics accord� � l'agglom�ration Lausanne-Morges par la Conf�d�ration en application de l'art. 50 Cst. et de la l�gislation qui en d�coule et, en particulier, de la loi f�d�rale sur le fonds d'infrastructure (LFInfr; RS 725.13) pour conclure � l'existence d'une t�che f�d�rale. L'art. 2 al. 1 let. c LPN consid�re effectivement comme telle l'allocation de subventions pour des mesures de planification, pour des installations et des ouvrages, tels que les am�liorations fonci�res, l'assainissement des b�timents agricoles, les corrections de cours d'eau, les installations de protection des eaux et les installations de communications. Pour que cette disposition puisse s'appliquer, il ne suffit cependant pas que la Commune de Lausanne se soit vue promettre ou accorder des contributions par la Conf�d�ration dans le cadre du projet d'agglom�ration Lausanne-Morges en vertu de l'art. 7 LFInfr. Il faut que le b�timent litigieux ait b�n�fici� de subventions, respectivement que le projet lui-m�me ait donn� lieu � une subvention ou qu'il soit susceptible d'en b�n�ficier (cf. arr�ts 1C_423/2008 du 12 f�vrier 2009 consid. 3.2, 1A.11/2007 du 16 mai 2007 consid. 2.5 et 1A.278/2000 du 26 avril 2001 consid. 1b/cc). Rien de tel n'est all�gu� ni ne ressort du dossier de sorte que les hypoth�ses vis�es � l'art. 2 al. 1 let. c et al. 2 LPN n'entrent pas en consid�ration.
Dans la mesure o� l'octroi de l'autorisation de d�molir et de construire litigieuse ne met pas en jeu l'accomplissement d'une t�che de la Conf�d�ration, Patrimoine Suisse ne saurait fonder sa qualit� pour recourir sur l'art. 89 al. 2 let. d LTF en relation avec l'art. 12 al. 1 LPN. Il en va de m�me de sa section cantonale.
1.3 La l�gitimation pour recourir des associations qui ne peuvent se pr�valoir d'un droit de recours fond� sur une disposition sp�cifique du droit f�d�ral doit �tre analys�e sur la base de l'art. 89 al. 1 LTF (arr�t 1C_367/2009 du 27 octobre 2009 consid. 3). Patrimoine Suisse ne d�montre pas, comme il lui appartenait de le faire, que la qualit� pour agir devrait lui �tre reconnue parce qu'elle serait directement touch�e dans ses int�r�ts propres et dignes de protection. Rien n'indique que l'arr�t attaqu� la toucherait plus que la g�n�ralit� des administr�s. On ne voit pas quelle utilit� pratique lui procurerait son annulation, �tant pr�cis� que l'int�r�t � une application correcte du droit est insuffisant en soi � lui reconna�tre la qualit� pour agir (ATF 135 II 12 consid. 1.2.1 p. 15; 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253). Patrimoine Suisse n'�tablit pas davantage qu'elle remplirait les conditions du recours corporatif. Elle n'a donn� aucune indication sur le nombre de ses membres et sur leur situation par rapport au projet litigieux, de sorte qu'il n'est pas possible d'admettre que la majorit� ou � tout le moins un grand nombre d'entre eux sont personnellement touch�s, en tant que voisins, par l'arr�t attaqu� et auraient qualit� pour recourir � titre individuel comme l'exige la jurisprudence pr�cit�e. Elle n'a donc pas la qualit� pour attaquer la d�cision sur le fond; en revanche, elle peut se plaindre d'une violation de ses droits de partie � la proc�dure �quivalant � un d�ni de justice (cf. arr�t 1C_426/2009 du 17 mars 2010 consid. 1 et les arr�ts cit�s). Il en va de m�me et pour les m�mes raisons de sa section cantonale. Il importe peu � cet �gard que la l�gitimation active lui ait �t� reconnue devant l'autorit� pr�c�dente car les cantons sont libres de concevoir la qualit� pour recourir de mani�re plus �tendue (ATF 134 II 120 consid. 2.1 p. 122).
Les recourantes sollicitent la mise en oeuvre d'une inspection locale. Une telle mesure n'est toutefois pas n�cessaire pour trancher les seuls griefs recevables dans le cas pr�sent, tir�s de la violation de leur droit d'�tre entendues et du d�ni de justice formel. Leur requ�te doit donc �tre �cart�e. Il en va de m�me et pour les m�mes raisons de leur demande tendant � ce que le dossier de la cause soit soumis pour d�termination � la Commission f�d�rale des monuments historiques.
Les recourantes reprochent � la cour cantonale de ne pas avoir pris l'avis de la Commission f�d�rale des monuments historiques malgr� leur demande en ce sens. Un tel avis �tait, selon elles, obligatoire en vertu des art. 6 et 7 al. 2 LPN, dont elles font valoir la violation en lien avec celle de leur droit de faire administrer des preuves d�coulant de leur droit d'�tre entendues garanti � l'art. 29 al. 2 Cst.
Le droit d'invoquer des garanties proc�durales ne permet pas aux recourantes de mettre en cause, m�me de fa�on indirecte, le jugement au fond. Leur recours ne peut donc pas porter sur des points indissociables de ce jugement tels que le refus d'administrer une preuve sur la base d'une appr�ciation anticip�e de celle-ci ou le devoir de l'autorit� de motiver sa d�cision de fa�on suffisamment d�taill�e (ATF 136 I 323 consid. 1.2 p. 326; 136 IV 41 consid. 1.4 p. 44 et les arr�ts cit�s). En l'occurrence, la cour cantonale a justifi� le refus de consulter la Commission f�d�rale des monuments historiques par le fait que les conditions pos�es � l'art. 7 LPN pour la mise en oeuvre d'une telle mesure n'�taient pas r�unies. La question de savoir si ce refus repose ou non sur une appr�ciation anticip�e de la preuve requise et si le grief �voqu� � ce propos d'une violation de l'art. 29 al. 2 Cst. est recevable peut demeurer ind�cise.
L'octroi de l'autorisation de d�molir l'immeuble Rapin et de construire en lieu et place un b�timent administratif ne met en effet pas en jeu une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN de sorte qu'il n'est pas n�cessaire de recueillir l'avis obligatoire ou facultatif de la Commission f�d�rale des monuments historiques en vertu des art. 7 et 8 LPN (cf. ATF 135 II 209 consid. 3 p. 217; arr�t 1A.11/2007 du 16 mai 2007 consid. 2.6). Pareille obligation ne r�sulte pas plus de l'inscription de la ville de Lausanne � l'inventaire f�d�ral des sites construits d'importance nationale � prot�ger en Suisse en l'absence d'une description pr�cise de l'objet prot�g�, des dangers qui pourraient le menacer et des buts de protection (cf. arr�t 1A.6/2007 du 6 septembre 2007 consid. 3.2 qui concernait la ville de B�le).
Les recourantes sont d'avis qu'une expertise facultative aurait � tout le moins d� �tre ordonn�e en application de l'art. 17a LPN d�s lors que le canton a souscrit � cette requ�te et que le projet litigieux ne relevait pas exclusivement de la comp�tence communale, compte tenu de la protection g�n�rale du b�timent et de ses abords en vertu de la loi cantonale sur la protection de la nature et des sites et de son r�glement d'application ainsi que des autorisations sp�ciales requises des services de l'Etat.
Selon l'art. 25 al. 1 let. e de l'ordonnance sur la protection de la nature et du paysage (OPN; RS 451.1), la Commission �tablit des expertises sp�ciales au sens de l'art. 17a LPN lorsqu'un projet qui ne constitue pas une t�che f�d�rale pourrait porter pr�judice � un objet figurant dans un inventaire de la Conf�d�ration au sens de l'art. 5 LPN. Tel n'est pas le cas de l'immeuble Rapin. Au demeurant, une telle expertise n�cessite l'accord du canton, respectivement de la commune lorsqu'il s'agit d'une question relevant de la comp�tence exclusive de celle-ci, et ne saurait �tre ordonn�e d'office (cf. art. 17a LPN; arr�t 1C_426/2009 du 17 mars 2010 consid. 2). L'immeuble Rapin ne fait l'objet d'aucune protection ou de classement d�coulant du droit f�d�ral ou du droit cantonal. Le D�partement des infrastructures du canton de Vaud n'a pris aucune mesure conservatoire en vue de sauvegarder ce b�timent comme le lui permet la loi cantonale sur la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS). Ainsi que le rel�ve pertinemment l'intim�e, les demandes de permis de construire concernant les ouvrages qui, � l'instar de l'immeuble Rapin, se sont vus attribuer la note 3 lors du recensement architectural rel�vent exclusivement de la comp�tence des communes. Elles ne requi�rent aucune autorisation sp�ciale du D�partement cantonal comp�tent (cf. art. 120 de la loi cantonale sur l'am�nagement du territoire et les constructions [LATC] et l'annexe II au r�glement d'application de cette loi) et les recourantes ne pr�tendent pas que l'observation formul�e par le Service Immeubles, Patrimoine et Logistique du canton de Vaud aurait �t� trait�e � tort comme une opposition (cf. art. 110 LATC). Il importe enfin peu que le projet litigieux requ�rait les autorisations sp�ciales d'autres services de l'Etat. Dans ces conditions, seule la commune de Lausanne devait donner son accord, ce qu'elle n'a pas fait. Cela �tant, une expertise facultative au sens de l'art. 17a LPN n'entrait pas en consid�ration.
Les recourantes ne sont pas habilit�es � critiquer l'appr�ciation qui a amen� la cour cantonale � consid�rer que l'inscription de la ville de Lausanne � l'inventaire f�d�ral des sites construits d'importance nationale � prot�ger en Suisse n'imposait pas une modification du plan partiel d'affectation n� 667 qui pr�voit la d�molition de l'immeuble Rapin, s'agissant d'une question indissociable du fond du litige. En tant qu'elles d�noncent une violation des art. 6, 17 et 21 al. 2 LAT, leur recours est irrecevable.
Les recourantes reprochent � la cour cantonale d'avoir commis un d�ni de justice prohib� par l'art. 29 al. 1 Cst. en n'examinant pas si une r�vision pr�alable du plan partiel d'affectation s'imposait au regard des art. 75 et 77 LATC en raison de l'inscription subs�quente de la ville de Lausanne � l'inventaire f�d�ral des sites construits d'importance nationale � prot�ger en Suisse.
La cour cantonale a r�pondu par la n�gative � la question de savoir si cette inscription constituait une circonstance nouvelle suffisamment importante pour s'�carter du principe jurisprudentiel suivant lequel il n'est plus possible de remettre en cause le contenu d'un plan d'affectation en force et partiellement concr�tis� ni d'en contr�ler, � titre incident, ou pr�judiciel, la validit� dans le cadre d'une contestation relative � une autorisation de construire. Elle n'a certes pas examin� si les art. 75 al. 2 et 77 LATC �taient de nature � entra�ner la r�vision du plan partiel d'affectation et � faire obstacle � la d�molition de l'immeuble Rapin comme le soutenaient les recourantes. Cela ne signifie pas qu'elle aurait ce faisant commis un d�ni de justice formel qui devrait �tre sanctionn� prohib� par l'art. 29 al. 1 Cst. (cf. ATF 135 I 6 consid. 2.1 p. 9).
L'art. 75 al. 2 LATC se limite � accorder � toute personne int�ress�e le droit de demander la r�vision d'un plan d'affectation en vigueur depuis quinze ans et d'obtenir une r�ponse de la Municipalit� dans un certain d�lai. Il n'emporte en revanche aucune obligation pour celle-ci de donner une suite favorable � cette requ�te. Il ne pr�cise pas davantage les conditions mat�rielles auxquelles la r�vision d'un plan d'affectation est subordonn�e et les recourantes ne d�montrent pas que ces conditions seraient diff�rentes de celles li�es au contr�le pr�judiciel d'un plan � l'occasion d'une proc�dure d'autorisation de construire. La m�me constatation peut �tre faite s'agissant de l'art. 77 LATC. Cela �tant, la cour cantonale n'a pas commis de d�ni de justice formel en examinant cette question � l'aune exclusive des principes usuels en mati�re de stabilit� des plans et d'examen pr�judiciel au stade du permis de construire.
Les recourantes reprochent � la cour cantonale d'avoir laiss� � tort ind�cise la question de savoir si le projet de l'intim�e respectait les dispositions de la r�glementation communale relatives aux places de parc. Elles auraient invoqu� ce grief pour d�montrer que le projet litigieux relevait de l'accomplissement d'une t�che f�d�rale, question qui n'aurait pas �t� r�solue en l'occurrence.
La cour cantonale a certes estim� que les griefs relatifs au nombre de places de parc li� � la nouvelle construction �taient irrecevables parce que cette question, invoqu�e en relation avec le respect de la l�gislation sur la protection de l'environnement, n'avait pas de rapport suffisamment �troit avec la protection de la nature, des monuments et des sites qui fondait l'habilitation des associations de protection du patrimoine � recourir en vertu de l'art. 90 LPNMS. Elle a cependant �galement consid�r� que l'autorisation de d�molir l'immeuble Rapin ne constituait pas une t�che de la Conf�d�ration pour le motif que le nombre de places de parc li�es au nouveau b�timent devait �tre conforme � la l�gislation f�d�rale sur la protection de l'environnement. Elle s'est donc prononc�e sur le grief et ne l'a pas laiss� ind�cis.
Les recourantes estiment enfin que la cour cantonale aurait ind�ment restreint son pouvoir d'examen � l'arbitraire concernant le moyen qu'elles avaient invoqu� pris de la violation de l'art. 7 du r�glement du plan partiel d'affectation (RPPA). Ce grief est en principe recevable en tant qu'il revient � reprocher un d�ni de justice formel (ATF 131 II 271 consid. 11.7.1 p. 303/304 et les arr�ts cit�s).
La cour cantonale a consid�r� que ce moyen �tait irrecevable faute pour la recourante de d�montrer en quoi l'exigence pos�e par cette disposition de traiter le dernier niveau de l'immeuble en attique avait, dans le cas d'esp�ce, un lien avec les objectifs vis�s par la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites, qui fondaient l'habilitation � recourir de Patrimoine Suisse et de sa section cantonale en vertu de l'art. 90 LPNMS. Elle n'est entr�e en mati�re sur le fond que par surabondance pour le rejeter. L'arr�t attaqu� repose ainsi sur ce point sur une double motivation qu'il appartenait aux recourantes de contester dans les formes requises d�coulant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (ATF 133 IV 119 consid. 6.3 p. 120/121) si elles entendaient se plaindre d'un d�ni de justice formel. En effet, � supposer que ce grief soit fond�, le Tribunal f�d�ral ne pourrait pas annuler l'arr�t attaqu� si l'irrecevabilit� retenue comme motif principal pour �carter le moyen devait �chapper � toute critique. Or, on cherche en vain une argumentation visant � d�montrer en quoi la cour cantonale leur aurait d�ni� � tort la qualit� pour invoquer une violation de l'art. 7 RPPA. Le recours est donc irrecevable sur ce point. Au demeurant, on ne voit pas en quoi le Tribunal cantonal aurait ind�ment restreint son pouvoir d'examen en retenant que la commune disposait d'une autonomie dans l'interpr�tation de son r�glement qu'il lui appartenait de respecter et en s'imposant une certaine retenue dans le contr�le de l'application faite de l'art. 7 RPPA.
Le recours doit par cons�quent �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable, aux frais des recourantes qui succombent (art. 65 et 66 al. 1 LTF). Ces derni�res verseront une indemnit� de d�pens � l'intim�e qui obtient gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 al. 1 LTF). La Commune de Lausanne, bien qu'�galement assist�e d'un avocat, ne saurait en revanche pr�tendre � des d�pens (art. 68 al. 3 LTF).
Une indemnit� de 2'000 fr., � payer � l'intim�e � titre de d�pens, est mise � la charge des recourantes, solidairement entre elles.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Commune de Lausanne ainsi qu'au Service Immeubles, Patrimoine et Logistique et � la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud.