Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010309-219925
Timestamp: 2017-07-21 21:01:31+00:00
Document Index: 103385721

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 12", "l'article 12", 'art. 8', 'art. 22', 'art. 12']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 09 mars 2001, 219925
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 219925Numéro NOR : CETATEXT000008043270 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-03-09;219925 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu, la requête enregistrée le 10 avril 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d' Etat, présentée par Mme Nabia X..., demeurant 46, Allée du Bois de la Taillette à Menucourt (95180) ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat :
1°) d'annuler le jugement du 2 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2000 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 20 novembre 1997, de la décision du préfet du Val-d'Oise du 17 novembre 1997, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
Considérant que si Mme X..., âgée de 41 ans, célibataire et sans charge de famille, fait valoir que des membres de sa famille ont la nationalité française et que sa vie sociale et familiale est en France, il ressort des pièces du dossier, qui n'établissent pas la réalité de la nature des liens familiaux allégués, que compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment du fait que Mme X... n'est pas dépourvue d'attaches au Maroc, et des conditions de son séjour en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 28 janvier 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris; qu'il n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ne peut qu'être écarté ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit: "( ...) 3° à l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant; ( ...)" ;
Considérant que si Mme X... fait valoir qu'elle réside depuis le 2 août 1991 en France, elle ne pouvait, en tout état de cause, se prévaloir au 28 janvier 2000, date de l'arrêté de reconduite à la frontière , d'un séjour habituel de plus de dix ans en France ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions précitées ne peut qu'être écarté ;Considérant que si Mme X... fait valoir qu'elle réside en France sans interruption depuis août 1991, qu'elle bénéficie d'une promesse de contrat à durée indéterminée et d'une attestation d'hébergement et que sa vie sociale est en France, ces circonstances ne suffisent pas à établir que le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure de reconduite sur la situation personnelle de la requérante ;
Considérant que la circonstance que Mme X... ne trouble pas l'ordre public est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué ;
Considérant qu'en dehors du cas prévu par l'article L. 911-1 du code de justice administrative dont les conditions d'application ne sont pas remplies en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration; qu'ainsi les conclusions de Mme X... tendant à la régularisation de sa situation administrative sont irrecevables ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Nabia X..., au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-01-28Code de justice administrative L911-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 09 mars 2001, n° 219925Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FanachiRapporteur public : Mme de SilvaOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 09/03/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page