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Timestamp: 2016-09-30 04:55:26+00:00
Document Index: 160216492

Matched Legal Cases: ['art. 19', 'art. 87', 'art. 83', 'art. 50', 'art. 83', 'ATF ', 'art. 113', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 89', 'art. 106', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 50', 'ATF ', 'art. 50', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 50', 'art. 50', 'art. 50', 'art. 42', 'art. 50', 'ATF ', 'art. 50', 'art. 50', 'art. 4', 'art. 77', 'art. 50', 'art. 4', 'art. 77', 'art. 4', 'art. 54', 'art. 3', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 50', 'art. 50', 'art. 4', 'art. 50', 'art. 65', 'art. 68']

2C_838/2015 (03.03.2016)
2C_838/2015 {T�0/2} � � Arr�t du 3 mars 2016
repr�sent�e par Me Timoth�e Bauer, avocat,
Office cantonal de la population et des migrations de la R�publique et canton de Gen�ve,
A.a.�Ressortissante camerounaise n�e en 1973, A.________, m�re de deux enfants au Cameroun n�s en 1993 et 2000, a sollicit� une autorisation de s�jour � l'Office cantonal de la population et des migrations de la R�publique et canton de Gen�ve (ci-apr�s: l'Office cantonal) le 12 octobre 2004 en vue de pouvoir vivre aupr�s du ressortissant suisse B.X.________. A la suite du divorce de celui-ci d'avec sa premi�re �pouse, il a �pous� A.________ le 11 janvier 2008, qui a de ce fait obtenu une autorisation de s�jour le 15 f�vrier 2008. Le 30 ao�t 2009, le couple a demand� l'autorisation de faire venir en Suisse les deux enfants de l'int�ress�e dans le cadre d'un regroupement familial. Cette proc�dure a �t� suspendue.
Le 3 mai 2010, B.X.________ a �t� condamn� par le Minist�re public genevois � une peine p�cuniaire de 20 jours-amende � 100 fr. avec d�lai d'�preuve de trois ans pour l�sions corporelles simples sur son �pouse.
A.b.�Le 24 f�vrier 2011, B.X.________ a inform� l'Office cantonal de la cessation de la vie commune en f�vrier 2011. Le 18 ao�t 2011, il a sign� une procuration en faveur de son �pouse pour "tout papier en mon absence". Interrog� par l'Office cantonal le 31 ao�t 2011, B.X.________ a ni� s'�tre s�par� de son �pouse; il sous-louait d�sormais un appartement en sa compagnie et partait en vacances en Bolivie pour un mois. En septembre 2011, il a demand� la prolongation de son visa de six mois pour rester en Bolivie aupr�s de sa nouvelle compagne et a communiqu� son intention de divorcer d'avec son �pouse, pr�cisant que son courrier de f�vrier 2011 gardait toute son importance. B.X.________ a par la suite indiqu� � l'Office cantonal qu'il avait v�cu sept ans avec son �pouse et qu'il convenait d'accorder � celle-ci une autorisation de s�jour. En octobre 2011, il a inform� l'Office cantonal qu'il avait demand� � prolonger d'une ann�e son s�jour en Bolivie et, le 9 novembre 2011, que son �pouse avait entam� une proc�dure de divorce. Entendu le 17 f�vrier 2012 par l'Office cantonal, B.X.________ a notamment expos� qu'il allait formaliser sa s�paration d'avec son �pouse et s'�tablir en Bolivie avec sa nouvelle compagne, rencontr�e le 13 janvier 2009, avec laquelle il avait habit� depuis le 1er septembre 2009, en maintenant avec son �pouse l'apparence d'une vie de couple pour qu'elle puisse conserver son titre de s�jour. Le 28 f�vrier 2012, A.X.________ a indiqu� � l'Office cantonal que son �poux avait d� d�missionner avec effet imm�diat de ses fonctions aupr�s d'une �cole communale genevoise � la suite d'une affaire de viol sur mineure; d�prim�, il �tait parti se ressourcer hors de Suisse. Le 29 f�vrier 2012, B.X.________ a ni� les propos faits au d�triment de son �pouse. Le 5 mars 2012, A.X.________ est revenue sur son courrier du 28 f�vrier 2012 et a contest� la s�paration d'avec son �poux depuis septembre 2009. A la suite de divers autres �changes entre l'Office cantonal et les �poux, B.X.________ a, le 26 mars 2012, annonc� son d�part d�finitif de Suisse pour la Bolivie.
A.c.�Il ressort d'un extrait de poursuites du 22 ao�t 2012 que A.X.________ faisait l'objet de huit poursuites, dont la plus importante, de 10'705 fr. 35, concernait les H�pitaux universitaires. Le 24 janvier 2013, l'Office cantonal a d�livr� � l'int�ress�e une autorisation de travail provisoire en qualit� d'ind�pendante dans le domaine de la vente de cosm�tiques.
Le 15 avril 2013, le Minist�re public genevois a condamn� A.X.________ pour infraction � l'art. 19 al. 1 de la loi f�d�rale sur les stup�fiants et pour infraction � l'art. 87 al. 1 let. f de la loi f�d�rale sur les produits th�rapeutiques � une peine p�cuniaire de 60 jours-amende � 80 fr. et � une amende de 300 fr. Il lui �tait en particulier reproch� d'avoir commercialis� sans droit des g�lules amaigrissantes, en d�pit d'une pr�c�dente condamnation en France � une peine de dix mois d'emprisonnement avec sursis, � une amende douani�re de EUR 748.- pour importation non d�clar�e de marchandise dangereuse pour la sant� et pour prise du nom d'un tiers pouvant d�terminer des poursuites p�nales contre lui.
Par ordonnance p�nale du 3 d�cembre 2013, A.X.________ a �t� reconnue coupable de diffamation et d'injure � l'encontre d'un tiers et condamn�e � une peine p�cuniaire de 40 jours-amende � 80 fr. avec sursis et d�lai d'�preuve de trois ans, et � une amende de 300 fr.
Le 22 janvier 2014, l'int�ress�e a fait l'objet d'un rapport de gendarmerie et a reconnu avoir circul� avec un v�hicule � plaques temporaires �chues et avec un pare-brise fendu sans visibilit� suffisante.
Par d�cision du 26 juillet 2013, l'Office cantonal a refus� de renouveler l'autorisation de s�jour de A.X.________ et prononc� son renvoi de Suisse, au motif que l'union conjugale avec B.X.________ avait dur� moins de trois ans et que l'int�ress�e ne pouvait se pr�valoir ni d'attaches �troites ni de raisons personnelles majeures justifiant la poursuite de son s�jour en Suisse.
A.X.________ a recouru contre la d�cision du 26 juillet 2013 aupr�s du Tribunal administratif de premi�re instance de la R�publique et canton de Gen�ve (ci-apr�s: le TAPI), auquel elle a notamment, lors d'une audience, d�clar� s'�tre s�par�e de son �poux au mois d'avril 2011 et obtenir un revenu de 4'000 fr. par mois au titre de la vente de v�tements en ligne pour un loyer mensuel de 2'300 fr.
Par courrier du 24 janvier 2013, elle a indiqu� au TAPI que son entreprise �tait en faillite et qu'elle n'atteignait pas le chiffre �voqu� en audience et qu'elle avait d� utiliser les "rentr�es" de son activit� pour vivre, au pr�judice de ses fournisseurs et des charges. Par jugement du 11 f�vrier 2014, le TAPI a rejet� le recours de l'int�ress�e contre la d�cision du 26 juillet 2013.
A.X.________ a recouru contre ce jugement le 17 mars 2014 aupr�s de la Chambre administrative de la Cour de Justice de la R�publique et canton de Gen�ve (ci-apr�s: la Cour de Justice). B.X.________ est d�c�d� en Bolivie le 24 f�vrier 2015. Lors d'une audience � la Cour de Justice le 7 mai 2015, A.X.________ a notamment indiqu� qu'elle avait maintenu des contacts quasi quotidiens avec son �poux jusqu'� son d�c�s, qu'elle percevait une rente de pr�voyance professionnelle mensuelle de 717 fr. 45 et �tait dans l'attente d'une rente de vieillesse et survivants, qu'elle vivait chez sa soeur depuis la fin 2014, qu'elle n'avait pas retrouv� de travail depuis sa faillite individuelle et ne parvenait plus � payer sa prime d'assurance-maladie, qu'elle �tait all�e voir ses enfants au Cameroun de d�cembre 2014 � janvier 2015, se rendant dans ce pays au moins trois fois par ann�e, notamment pour donner du sang � son fils mineur malade. Par arr�t du 11 ao�t 2015, la Cour de Justice a rejet� le recours form� par A.X.________ contre le jugement du TAPI du 11 f�vrier 2014.
A l'encontre de l'arr�t du 11 ao�t 2015, A.X.________ d�pose � la fois un recours en mati�re de droit public et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal f�d�ral. Elle conclut, sous suite de frais et d�pens, principalement, � l'annulation dudit arr�t et au renvoi de la cause � l'instance pr�c�dente pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants, subsidiairement, � l'annulation de l'arr�t et � l'octroi d'un permis B de longue dur�e en sa faveur.
L'Office cantonal a renonc� � se d�terminer. La Cour de Justice s'en rapporte � justice quant � la recevabilit� du recours et persiste dans les consid�rants et le dispositif de son arr�t. Le Secr�tariat d'Etat aux migrations propose le rejet du recours. Dans sa d�termination du 13 novembre 2015, la recourante a en substance persist� dans son recours.
Par ordonnance pr�sidentielle du 24 septembre 2015, le Tribunal f�d�ral a accord� l'effet suspensif au recours.
En vertu de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF (RS 173.110), le recours est irrecevable contre les d�cisions en mati�re de droit des �trangers qui concernent une autorisation � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. La recourante invoque l'art. 50 al. 1 LEtr (RS 142.20) selon lequel, apr�s dissolution de la famille, le droit du conjoint � l'octroi d'une autorisation de s�jour et � la prolongation de sa dur�e de validit� subsiste dans certains cas. D�s lors qu'il n'est pas d'embl�e exclu que les conditions de cette disposition soient remplies, il convient d'admettre le droit de recourir sous l'angle de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, �tant pr�cis� que le point de savoir si la recourante peut effectivement se pr�valoir d'un droit � s�journer en Suisse rel�ve du fond et non de la recevabilit� (cf. ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179). Cela entra�ne l'irrecevabilit� du recours constitutionnel subsidiaire form� en parall�le (art. 113 LTF a contrario).
Le recours est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF), qui confirme le refus de renouveler l'autorisation de s�jour ainsi que le renvoi de la recourante de Suisse. Pour le surplus, le recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites (art. 42 LTF) par la destinataire de l'arr�t entrepris qui a un int�r�t digne de protection � son annulation ou � sa modification (art. 89 al. 1 LTF). Par cons�quent, il y a lieu d'entrer en mati�re sur le recours en mati�re de droit public.
Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit f�d�ral (art. 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. A moins que la d�cision attaqu�e ne contienne des vices juridiques manifestes, il s'en tient aux arguments juridiques soulev�s dans le recours (cf. art. 42 al. 1 et 2 LTF; ATF 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389).
A ce titre, la Cour de c�ans ne reviendra notamment pas sur la continuation du s�jour de la recourante en Suisse pour des raisons personnelles majeures, au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. La Cour de Justice a en effet ni� cette condition au terme d'une argumentation circonstanci�e, que la recourante ne conteste pas dans le pr�sent recours.
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu (ATF 139 I 189 consid. 3 p. 191; arr�t 2C_782/2015 du 19 janvier 2016 consid. 3), la recourante reproche � la Cour de Justice d'avoir viol� son droit d'�tre entendue en refusant l'audition de t�moins qu'elle avait sollicit�e pour �tablir que l'union conjugale avec son �poux d�funt avait dur� plus de trois ans, au sens de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr. A tort, la Cour de Justice aurait consid�r� cette offre de preuve comme non pertinente. Ce grief doit �tre mis en relation avec celui tir� de la constatation manifestement inexacte des faits dont la recourante se pr�vaut �galement. Selon celle-ci, la Cour de Justice aurait, de fa�on arbitraire et contradictoire, refus� de prendre en compte ses offres de preuve relatives � la dur�e du mariage, tout en relevant que le dossier ne permettait pas d'�tablir � satisfaction de droit si cette condition �tait remplie.
3.1.�Le droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'int�ress� de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 135 II 286 consid. 5.1 p. 293). L'autorit� peut cependant renoncer � proc�der � des mesures d'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude que ces derni�res ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299). Il n'y a arbitraire dans l'�tablissement des faits ou l'appr�ciation des preuves que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 137 III 226 consid. 4.2 p. 234).
3.2.�Constatant que les d�clarations de la recourante et de son �poux quant � la dur�e effective de leur vie commune n'avaient cess� de varier et de se contredire et que l'audition conjointe de ceux-ci par l'Office cantonal n'avait pu avoir lieu en raison du d�part pour la Bolivie, suivi du d�c�s du mari, la Cour de Justice a retenu qu'il �tait impossible d'�tablir si l'union conjugale, au sens de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, avait dur� au moins trois ans, �tant pr�cis� que la dur�e formelle du mariage de plus de sept ans, soit du 11 janvier 2008 au 24 f�vrier 2015, n'�tait pas pertinente. La question de la dur�e de l'union pouvait toutefois rester ouverte, d�s lors que la recourante ne remplissait pas non plus la seconde condition cumulative de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr concernant l'int�gration r�ussie en Suisse. Contrairement � la lecture par la recourante de l'arr�t attaqu�, les juges cantonaux n'ont donc pas constat� que la dur�e de l'union conjugale aurait �t� inf�rieure � trois ans. Les pr�c�dents juges ont d�duit de ce raisonnement que les offres de preuve de la recourante qui tendaient � �tablir la r�alit� du mariage ou la dur�e de l'union conjugale n'�taient pas pertinentes; en tant qu'elles portaient sur l'int�gration en Suisse, elles n'�taient en outre pas d�terminantes au vu du dossier complet dont disposait d�j� la Cour de Justice pour statuer sur ce point.
3.3.�L'argumentation de la Cour de Justice � l'origine du rejet des offres de preuve de la recourante cens�es prouver la dur�e de l'union conjugale ne pr�te pas le flanc � la critique.
Selon l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, apr�s dissolution de la famille, le droit du conjoint � l'octroi d'une autorisation de s�jour et � la prolongation de sa dur�e de validit� en vertu de l'art. 42 LEtr subsiste, notamment, si l'union conjugale a dur� au moins trois ans et l'int�gration est r�ussie. Or, comme l'ont correctement expos� les pr�c�dents juges, les deux conditions qui, d'apr�s l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, fondent un droit du conjoint � l'octroi d'une autorisation de s�jour et � la prolongation de sa dur�e de validit�, doivent �tre remplies cumulativement (ATF 140 II 289 consid. 3.5.3 p. 295 et consid. 3.8 p. 298; 136 II 113 consid. 3.3.3 p. 119). Il s'ensuit que si, comme l'a admis en l'esp�ce la cour cantonale, la condition de l'int�gration r�ussie faisait d�faut, il n'�tait pas pertinent ni n�cessaire pour pouvoir nier le droit de la recourante � obtenir une autorisation de s�jour selon l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, d'instruire davantage ou de trancher en sus la condition de la dur�e de l'union conjugale.
Par cons�quent, les griefs que la recourante tire de la violation de son droit d'�tre entendue et de l'interdiction de l'arbitraire dans l'�tablissement des faits ou l'appr�ciation des preuves doivent �tre �cart�s. Le point de savoir si la pr�c�dente instance a ni� � tort l'int�gration r�ussie de la recourante sur la base du dossier en sa possession rel�ve du fond et sera examin� ci-apr�s (consid. 4).
Se plaignant d'une application arbitraire de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, la recourante reproche � la Cour de Justice d'avoir ni� � tort son int�gration r�ussie en Suisse. L'arr�t attaqu� ne tiendrait, d'apr�s elle, pas compte de ses capacit�s d'int�gration socio-�conomique et culturelle, en particulier du fait que, parlant parfaitement le fran�ais et ayant tiss� des liens �troits avec la Suisse, elle avait �t� � m�me de cr�er seule une entreprise, avait effectu� des d�marches pour trouver un emploi stable ensuite de l'�chec de son projet, et percevait une rente de veuve.
4.1.�Le principe de l'int�gration doit permettre aux �trangers dont le s�jour est l�gal et durable de participer � la vie �conomique, sociale et culturelle de la Suisse (art. 4 al. 2 LEtr). D'apr�s l'art. 77 al. 4 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative � l'admission, au s�jour et � l'exercice d'une activit� lucrative (OASA; RS 142.201), un �tranger s'est bien int�gr�, au sens de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, notamment lorsqu'il respecte l'ordre juridique suisse et les valeurs de la Constitution f�d�rale (let. a) et qu'il manifeste sa volont� de participer � la vie �conomique et d'apprendre la langue nationale parl�e au lieu de domicile (let. b). Selon l'art. 4 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 sur l'int�gration des �trangers (OIE; RS 142.205), la contribution des �trangers � l'int�gration se manifeste notamment par le respect de l'ordre juridique et des valeurs de la Constitution f�d�rale (let. a), par l'apprentissage de la langue nationale parl�e sur le lieu de domicile (let. b), par la connaissance du mode de vie suisse (let. c) et par la volont� de participer � la vie �conomique et d'acqu�rir une formation (let. d). L'adverbe "notamment", qui est employ� tant � l'art. 77 al. 4 OASA qu'� l'art. 4 OIE, illustre le caract�re non exhaustif des crit�res d'int�gration qui sont �num�r�s par ces dispositions et met aussi en exergue le fait que la notion "d'int�gration r�ussie" doit s'examiner � l'aune d'une appr�ciation globale des circonstances. Dans l'examen de ces crit�res d'int�gration, les autorit�s comp�tentes disposent d'un large pouvoir d'appr�ciation que le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue (cf. art. 54 al. 2 et 96 al. 1 LEtr et art. 3 OIE; arr�ts 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.2 et les r�f�rences cit�es; 2C_14/2014 du 27 ao�t 2014 consid. 4.6.1, non publi� in ATF 140 II 345).
Selon la jurisprudence, il n'y a pas d'int�gration r�ussie lorsque l'�tranger n'exerce pas d'activit� lucrative qui lui permette de couvrir ses besoins et qu'il d�pend des prestations sociales pendant une p�riode relativement longue (arr�ts 2C_748/2014 du 12 janvier 2015 consid. 3.2; 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.3; 2C_385/2014 du 19 janvier 2015 consid. 4.1). A l'inverse, le fait pour une personne de ne pas avoir commis d'infractions p�nales et de pourvoir � son revenu sans recourir � l'aide sociale ne permet pas � lui seul de retenir une int�gration r�ussie (arr�ts 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.3; 2C_14/2014 du 27 ao�t 2014 consid. 4.6.1, non publi� in ATF 140 II 345). Des p�riodes d'inactivit� de dur�e raisonnable n'impliquent pas forc�ment une absence d'int�gration professionnelle. Il n'est pas indispensable que l'�tranger fasse montre d'une carri�re professionnelle requ�rant des qualifications sp�cifiques; l'int�gration r�ussie au sens de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr n'implique en effet pas n�cessairement la r�alisation d'une trajectoire professionnelle particuli�rement brillante au travers d'une activit� exerc�e sans discontinuit�. L'essentiel en la mati�re est que l'�tranger subvienne � ses besoins, n'�marge pas � l'aide sociale et ne s'endette pas (arr�ts 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.3; 2C_385/2014 du 19 janvier 2015 consid. 4.1). L'int�gration r�ussie d'un �tranger qui est actif professionnellement en Suisse, dispose d'un emploi fixe, a toujours �t� financi�rement ind�pendant, se comporte correctement et ma�trise la langue locale ne peut �tre ni�e qu'en la pr�sence de circonstances particuli�rement s�rieuses (arr�ts 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.3; 2C_930/2012 du 10 janvier 2013 consid. 3.1). L'absence de liens sociaux tr�s �troits en Suisse n'exclut pas non plus d'embl�e l'existence d'une int�gration r�ussie, de m�me que l'absence de vie associative (arr�ts 2C_352/2014 du 18 mars 2015 consid. 4.3; 2C_930/2012 du 10 janvier 2013 consid. 3.1).
4.2.�Contrairement � ce que lui reproche la recourante, la Cour de Justice a d�ment tenu compte des diff�rents crit�res pertinents pour �valuer son degr� d'int�gration en Suisse, avant de parvenir � la conclusion que l'int�gration de l'int�ress�e �tait insuffisante pour lui permettre de demeurer en Suisse au b�n�fice de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr.
Sous l'angle de l'int�gration socio-�conomique, d'abord, les pr�c�dents juges ont en particulier relev� qu'apr�s avoir assur� son entretien gr�ce aux revenus, puis gr�ce � une pension mensuelle de son mari, la recourante avait tent� de participer � la vie �conomique � partir de janvier 2013, lorsqu'elle avait obtenu une autorisation de travail provisoire pour commercialiser des cosm�tiques. Si elle ne pouvait �tre critiqu�e pour la faillite subs�quente de son entreprise, la recourante devait n�anmoins se voir reprocher d'avoir commis une infraction p�nale dans le cadre de son activit� professionnelle, en important sans autorisation des m�dicaments et en remettant des produits th�rapeutiques tombant sous le coup de la loi sur les stup�fiants sans y �tre habilit�e et alors qu'elle avait d�j� fait l'objet d'une condamnation en France pour des faits similaires. De plus, il n'apparaissait pas que la recourante e�t, depuis sa faillite personnelle, entrepris activement des d�marches pour trouver un emploi. Ne percevant aucune prestation de l'aide sociale et n'ayant pas droit � des indemnit�s de ch�mage, la recourante ne s'�tait pas acquitt�e de sa prime d'assurance-maladie et avait b�n�fici� de l'assistance juridique, tout en parvenant, de mani�re peu claire, � financer plusieurs voyages annuels en Afrique pour y rendre visite � ses enfants. La rente de veuve qu'elle percevait depuis le d�c�s de son mari ne modifiait pas de fa�on d�terminante l'appr�ciation de sa situation socio-�conomique.
D'un point de vue socio-culturel, les juges cantonaux n'ont pas ni� les bons contacts ou liens d'amiti� que la recourante disait avoir tiss�s durant son s�jour d'environ dix ans en Suisse; m�me � retenir que lesdits liens avec la Suisse, que la Cour de Justice a qualifi�s de "normaux", fussent tr�s �troits, ceux-ci ne modifiaient toutefois pas l'appr�ciation globale de la situation de la recourante. La recourante devait en effet se voir reprocher le fait d'avoir �t� condamn�e p�nalement par deux fois sur le territoire suisse et une fois sur le territoire fran�ais, d'avoir menti en audience devant le TAPI au sujet de ses revenus et dans un premier temps tu sa faillite personnelle � cette juridiction cantonale.
4.3.�Sur la base de tous ces �l�ments - en particulier des infractions p�nales que la recourante a perp�tr�es au cours de son s�jour en Suisse et qui, loin d'�tre anodines, ne respectent pas l'ordre juridique helv�tique (cf. art. 4 let. a OIE), ainsi que sur la base de sa situation �conomique pr�caire ou � tout le moins floue sur une longue p�riode de temps - l'appr�ciation globale de la Cour de Justice niant l'int�gration r�ussie de l'int�ress�e en d�pit de certains �l�ments plus favorables (notamment, la ma�trise d'une langue nationale, la perception r�cente d'une rente, ses amiti�s en Suisse) ne proc�de pas d'une appr�ciation arbitraire des faits ni ne viole le droit f�d�ral des �trangers.
4.4.�L'une des conditions cumulatives de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr faisant d�faut, on ne peut reprocher � la Cour de Justice d'avoir refus� de prolonger l'autorisation de s�jour de la recourante sur cette base. Cela conduit au rejet de son recours devant le Tribunal f�d�ral.
Succombant, la recourante doit supporter les frais judiciaires (art. 65 et 66 al. 1 LTF). Il ne sera pas allou� de d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire de la recourante, � l'Office cantonal de la population et des migrations et � la Cour de Justice de la R�publique et canton de Gen�ve, Chambre administrative, 1�re section, ainsi qu'au Secr�tariat d'Etat aux migrations.