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Timestamp: 2018-03-25 04:54:29+00:00
Document Index: 282593399

Matched Legal Cases: ['arte 92', 'arte 91', 'arte 5', 'arte 5', 'arte 60', 'arte 34', 'arte 3']

Cartulaire du Temple de Vaux
Pour les notes : Je vous renvoie au site d'Archives.org pour lire les textes en latin des notes qui sont â consulter. C'est indispensable pour comprendre le travail de recherches de M. Delachenal et surtout les noms des lieux qui formaient l'ensemble des biens de l'Ordre du Temple en Isère : Cartulaire du Temple de Vaulx
Cartulaire du Temple de Vaulx (38)
Le cartulaire du Temple de Vaulx (1), conservé â la bibliothèque de la ville de Lyon sous le n° 3496 du fonds Coste (2), est demeuré jusqu'ici inédit et n'a été utilisé qu'â une date récente. Il n'est cité par aucun des historiens dauphinois du XVIIe et du XVIIIe siècle, qui, selon toute probabilité, en ont ignoré l'existence.
Le premier qui ait appelé l'attention sur ce manuscrit, aujourd'hui encore incomplètement étudié et décrit, est un avocat lyonnais, Cl. Brouchoud, mort il y a peu d'années. Il l'avait copié en entier, se proposant de le publier (3). Il aurait eu également l'intention d'écrire, sans doute sous forme d'introduction, l'histoire de la commanderie de Vaulx (4), mais on ne sait si ce projet avait reçu un commencement d'exécution. Brouchoud avait communiqué â M. L. Charvet les chartes extraites du cartulaire, qui ont été insérées dans la monographie de la maison-forte de Montbaly (5). C'est â la même source que M. Niepce avait puisé les renseignements relatifs au cartulaire lui-même, que renferme son étude sur le Grand-Prieuré d'Auvergne (6). On trouve dans cet ouvrage une description sommaire du manuscrit original et une courte citation qui reproduit, avec peu d'exactitude, quelques mots de la première charte (7). Les recherches entreprises par M. l'abbe Devaux, pour réunir les matériaux de son savant Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au moyen-âge, devaient l'amener â étudier un recueil d'actes écrits dans un latin très incorrect, où les mots et les formes empruntés â l'idiome populaire se rencontrent en assez grand nombre. L'examen qu'il a fait de ce document lui a permis de relever quelques particularités intéressantes pour l'histoire de l'ancien dialecte dauphinois. Je lui dois d'utiles indications qui, sur plus d'un point, m'ont facilité l'établissement du texte.
Chapitre — I
Dans son état actuel, le cartulaire de Vaulx est un rouleau de parchemin de 5m28 â 5m29 de long sur une largeur moyenne de 0m15. Il est formé de onze peaux, rattachées les unes aux autres par de minces bandes de parchemin, qui passent dans des fentes pratiquées aux deux extrémités de chacune de ces peaux (8). Bien qu'il ne porte la trace d'aucune mutilation violente, il est certain que le cartulaire n'est plus complet. A la partie supérieure de la première peau se lisent trois lettres (eno ou evo), qui appartenaient évidemment â une charte aujourd'hui perdue. Enfin, on distingue encore aisément la plupart des incisions faites pour relier le fragment disparu au corps du cartulaire.
Soixante-quatorze chartes sont transcrites, ou plutôt analysées, — on trouvera plus loin la raison de cette distinction — au recto du parchemin, qui est entièrement rempli. Dix-huit figurent au verso des peaux 7, 8 et 9 ; les unes (Membr. 7) se lisent dans le même sens qu'au recto, les autres (Membr. 8 et 9) en sens contraire, c'est-â-dire en commençant par le bas du rouleau. Il semble tout d'abord que les chartes du verso, peu nombreuses, séparées quelquefois les unes des autres par de larges intervalles, aient été distribuées d'une façon arbitraire. En les examinant de plus près, on reconnaît que, dans certains cas au moins, elles sont bien â leur place, qu'elles ont dû être rapprochées â dessein des chartes correspondantes du recto. Mais c'est un point que l'on ne saurait aborder utilement avant d'avoir quelques notions sur la composition du cartulaire.
Au revers de la première peau on lit cette cote : Bonum (9) des dernières années du XVIe siècle ou du commencement du XVIIe, et les lignes suivantes, d'une écriture beaucoup plus moderne :
« N° 1 — Chapitre Ier du temple de Vaux, membre de St George, sans date ni seignature.
Contient plusieurs donnations au proffit du temple de Vaux par divers particuliers (10). »
Le document ainsi annoté est le même que celui dont on trouve une description sommaire dans le tome 6 de l'inventaire manuscrit des titres du Grand-Prieuré d'Auvergne, fait au XVIIIe siècle (1779-1780) par Batteney de Bonvouloir, archiviste de l'Ordre de Malte :
« Temple de Vaux. — Membre de St George. — Chapitre 1er. Biens propres et dixmes.
« N° 1. Roulleau de parchemin contenant plusieurs donnations et ventes faites par divers particuliers y dénommés â la maison du Temple, de plusieurs fonds et rentes y énoncés, tant dans la paroisse de Saint Alban qu'autres lieux circonvoisins, non datté, ni signé, mais suivant l'écriture, de 1180 environ (11). »
La provenance de ce manuscrit est donc certaine. Conservé â la fin du XVIIIe siècle dans les archives du Grand-Prieuré d'Auvergne, dont le siège était â Lyon, il en a été distrait â une date et dans des circonstances inconnues. Devenu la propriété de M. Coste, il est, â la mort de ce dernier, entré â la bibliothèque municipale de Lyon, avec la précieuse collection où il avait pris place.
Si l'on excepte la disparition, qu'il y a tout lieu de croire ancienne, de la partie supérieure du rouleau, le cartulaire s'est conservé â peu près intact. Seule, la première des peaux dont il se compose actuellement, a subi quelques dommages ; le bord droit en a été entamé sur plusieurs points. Les chartes 4, 2, 3, 6, présentent quelques lacunes de peu d'importance. En général, on rétablit sans difficulté et d'une façon certaine le petit nombre de mots qui manquent par suite de l'usure ou de la déchirure du parchemin. Une ou deux restitutions seulement sont conjecturales.
A quelle époque le cartulaire a-t-il été composé ? Incontestablement, il n'est pas l'oeuvre d'un seul et même scribe, et on ne saurait lui assigner une date unique. Les changements d'écriture, trop fréquents pour qu'il soit possible de les relever ici, sembleraient indiquer que ce recueil d'actes, dont le caractère sera mieux défini un peu plus loin, a été formé par voie d'additions successives, et que ces additions se sont continuées, d'une façon plus ou moins régulière, pendant une période d'environ quarante ans, comprise entre 1170 ou 1180 et 1223. Si l'écriture n'est pas uniforme, elle ne se rapporte pas non plus â un type bien défini ; c'est une écriture de transition, tenant le milieu entre la minuscule romane ou Caroline et la minuscule gothique, caractérisée par la prédominance des formes anguleuses. Un petit nombre de chartes seulement sont écrites d'une plume nette et élégante (12). La majeure partie des actes trahit une main lourde, peu exercée. La ponctuation est rare ; elle est surtout utile pour la lecture correcte des noms propres (13). Des accents sont placés sur les "i" répétés, et aussi sur les "i" simples (14), toutes les fois que la clarté l'exige. Enfin, dans la première moitié environ du cartuiaire, les mots appartenant â la langue vulgaire portent en général l'accent tonique "iplatâ", "bés", "Solérs", "marésc", "musnâr" etc. Ceci me donne l'occasion de signaler sans y insister, les différences que le texte présente au point de vue de la langue. Si les formes que l'on relève dans une quarantaine de chartes, — les premières du cartuiaire, — peuvent être revendiquées par le dialecte dauphinois, dans les cinquante dernières, ce sont des formes empruntées au dialecte bourguignon que l'on rencontre assez ordinairement (15). Le fait n'a rien qui doive surprendre, car il est probable que le scribe genevois, nommé dans la charte 92 (16), n'a pas été appelé â rédiger ce seul acte (17).
Le cartuiaire de Vaulx ne renferme la transcription intégrale d'aucun acte; c'est un recueil de notices. Ces notices, tantôt réduites au strict nécessaire, tantôt assez développées, — autant du moins qu'on peut le conjecturer, en l'absence des originaux qui ont tous disparu, — font connaître l'objet du contrat, la situation et les confins des immeubles donnés, vendus ou échangés, la nature des droits acquis, les noms des parties et ceux des témoins (18). Elles n'indiquent pas â quelle époque les actes ont été passés. Il n'est pas nécessaire de faire remarquer â quel point cette omission est regrettable. Sur 92 chartes analysées d'une façon plus ou moins complète, deux en tout sont datées, la première de 1190 (19), la seconde de 1223 (20); l'une et l'autre figurent au verso du parchemin (21). Quatre-vingt-dix actes ne renferment qu'un seul élément chronologique, en soi d'une précision insuffisante et de nul secours aujourd'hui : le nom du commandeur sous l'administration duquel la charte originale a été dressée.
On peut, grâce â ces mentions, — et en supposant que dans la majeure partie du cartulaire, c'est-â-dire au recto du parchemin, les chartes se succèdent dans l'ordre même où il faudrait les disposer si leurs dates étaient connues, — établir, ainsi qu'il suit, la liste des premiers commandeurs de Vaulx : Frère Olivier (22).
Pierre de la Côte (23).
Anselme ou Antelme (24).
Michel (25).
Guillaume de Fai (26).
Richard de la Valloire (27).
Essayons, â l'aide de ces noms, d'expliquer la distribution, en apparence arbitraire, des chartes du verso. Si d'abord l'on compare celles qui occupent les deux faces de la peau 7 (44-53 et 75-85), on voit qu'elles se rapportent les unes et les autres â l'administration de frère Anselme, que souvent les mêmes parties contractantes ou les mêmes localités y sont nommées. Il y a donc lâ un rapprochement voulu.
Les actes qui figurent au dos des peaux 9 et 8, — on se rappelle qu'il faut renverser le parchemin pour lire les dernières chartes — semblent, au contraire, la continuation pure et simple du cartulaire. La charte unique, analysée au revers de la peau 9 (n° 86), a été passée « du temps de frère Michel, commandeur ». Or, c'est le même nom qu'on retrouve dans les actes les plus récents du recto. Guillaume de Fai et Richard de la Valloire (28), mentionnés seulement au verso de la peau 8 (ch. 87-90 et 92), seraient donc les successeurs de frère Michel, et rien ne contredirait cette hypothèse, si la charte 91, incontestablement de la même main que les quatre qui la précèdent, ne nous ramenait au temps où frère Anselme administrait la commanderie. Faut-il voir lâ une simple inadvertance, un nom mis pour un autre ?
Doit-on supposer, au contraire, qu'un acte, omis â la place qu'il devait occuper, a été ajouté après coup â ceux d'une autre série ?
Les deux explications sont plausibles, mais elles ne reposent l'une et l'autre que sur des conjectures.
Quoi qu'il en soit, pour prévenir toute chance d'erreur, les chartes seront publiées dans l'ordre même où elles se présentent sur le manuscrit original, sans intercalation d'aucune sorte. Voici pourtant, â titre d'indication, comment cet ordre devrait être modifié, si la succession des commandeurs, telle que j'ai essayé de l'établir, était absolument certaine :
Chartes 1 — 60
Chartes 75 — 85, 91 (?)
Chartes 61 — 74
Chartes 86 — 90, 91 (?)
Chartes 92
Chapitre — II
On sait déjâ que deux chartes en tout sont datées, l'une de 1190, l'autre de 1223. Cette dernière étant très vraisemblablement la plus récente de celles qui figurent au cartulaire, on connaît l'une des dates extrêmes entre lesquelles sont compris les actes qu'il renferme. Il reste â trouver une deuxième date, â fixer, si la chose est possible, la limite supérieure, au delâ de laquelle il ne soit plus possible de remonter. Mais on ne saurait se flatter d'aboutir â un résultat aussi précis, bien que l'examen du cartulaire permette de serrer la question d'assez près.
Il ressort de la lecture de quelques-unes des chartes les plus anciennes, que les Templiers de Vaulx ont une église â eux et un chapelain (capellanus Templi), pour la desservir (29). Cet état de choses eût-il été possible avant la promulgation de la célèbre bulle d'Alexandre III, « Omne datum optimum », qu'on a justement appelée la Grande-Charte de l'Ordre du Temple ? On a quelque peine â l'admettre, surtout quand il s'agit d'une commanderie assez peu importante, comme paraît l'avoir été celle de Vaulx. Or, la bulle en question a été donnée â Tours le 18 juin 1163; elle a été confirmée dans des termes presque identiques â Anagni, dix ans plus tard 26 octobre 1173 (30). Ce sont les privilèges concédés par Alexandre III, qui ont consacré l'indépendance spirituelle des Templiers, et les ont soustraits â la juridiction des évêques diocésains, pour les placer directement sous celle du pape. Autorisés déjâ â construire des chapelles ou oratoires dans toutes leurs maisons, ils ont, en outre, obtenu la faculté d'agréger â l'Ordre, des prêtres, qui sous le nom de chapelains, accompliraient toutes les fonctions du culte. Les plus anciennes chartes du cartulaire ne sauraient donc être antérieures â la période qui s'étend de 1163 â 1173. Je concède qu'il ne faut pas s'exagérer la portée de l'argument tiré des deux bulles d'Alexandre III, car, dans certains cas, elles ont pu régulariser une situation de fait, tolérée ou subie par l'autorité ecclésiastique (31).
Les derniers mots de la charte 5 permettent de lui assigner une date comprise entre 1163 et 1170, peut-être très voisine de 1170. Il est question dans cet acte d'une donation reçue par Geoffroy Foucher, commandeur du Temple (in manum Gaufridi Fulcherii, precepiorem (sic) Templi). Or, G. Foucher, qu'il faut se garder de prendre pour un commandeur de Vaulx, n'est pas un inconnu (32). Il est mentionné dans plusieurs documents, qui presque tous, il est vrai, ne sont datés que d'une façon approximative. Simple frère du Temple versll53 (33), il fut chargé quelques années plus tard (1162-1163), parle Grand-Maître Bertrand de Blanchefort, d'une mission auprès du roi de France Louis VII (34). Peu de temps après son retour en Terre-Sainte, il fut nommé commandeur de la maison du Temple de Jérusalem (35). En 1170 et 1171, on le retrouve en France, mais investi de fonctions nouvelles et très importantes. Le titre qui lui est donné et qu'il prend encore en 1179, dans une lettre écrite au pape Alexandre III en faveur du chapitre de Noyon (36), est celui de « Maître du Temple en Occident » (cis mare Templi magister) (37). Geoffroy Foucher étant qualifié dans la charte 5, commandeur du Temple, et non point maître ou commandeur d'Occident, il semble tout d'abord que l'acte ait dû nécessairement être passé après 1163 et avant 1170. Cette conclusion s'imposerait absolument, si les appellations usitées pour désigner les grands dignitaires de l'Ordre n'étaient souvent très vagues (38). Il se peut que les mots preceptor Templi n'aient pas ici un sens précis, et que G. Foucher fût déjâ commandeur d'Occident ou d'outremer. Dans ce cas, c'est â l'une des deux années 1170 ou 1171 que je rapporterais la charte où il est nommé, parce que, â cette époque, sa présence en France est attestée d'une façon positive par divers actes, dont un au moins a une date certaine.
Malgré l'insuffisance et le manque de précision des quelques données chronologiques qu'il est possible de réunir, une double conclusion paraît s'imposer : c'est que la rédaction des plus anciennes chartes actuellement conservées se place entre 1170 et 1180, et que — ceci ressort de l'écriture — leur transcription abrégée dans le cartulaire a dû suivre d'assez près cette rédaction. Il en résulte que l'hypothèse déjâ émise, et qui consiste â voir dans le cartulaire l'oeuvre successive de plusieurs scribes, devient très vraisemblable. De fréquents changements d'écriture s'expliquent très aisément, si l'on se trouve en présence non point d'un recueil composé d'une façon méthodique, â une date déterminée, mais d'une sorte de mémorial, destiné â relater brièvement les acquisitions faites par le Temple, presque au fur et â mesure qu'elles étaient réalisées.
Chapitre — III
L'histoire des établissements formés par les Templiers dans le Dauphiné n'a pas encore été écrite (39) et il est douteux que les recherches, même les plus persévérantes, permettent jamais de combler cette regrettable lacune. Les maisons du Temple étaient en Dauphiné, comme partout ailleurs, assez nombreuses ; il est légitime de supposer que la fondation des plus anciennes d'entre elles remontait au moins au milieu du XIIe siècle (40) ; mais on ne sait rien de leurs origines (41), rien non plus de leurs destinées, au moins jusqu'â une époque où depuis longtemps elles avaient passé en d'autres mains. Tout au plus est-il possible de dresser la liste de ces établissements. Travail de pure statistique, utile pourtant et non sans difficulté, car les moyens d'information directe faisant défaut, force est d'y suppléer â l'aide des seules indications que les documents du XIIe et du XIIIe siècle fournissent trop rarement et d'une façon incidente.
Les archives du Grand-Prieuré d'Auvergne, conservées aujourd'hui au dépôt départemental du Rhône, sont bien loin de fournir la somme de renseignements qu'on s'attendrait â y trouver. En effet, ce sont les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, appelés plus tard chevaliers de Malte, qui, â des conditions fort onéreuses, ont recueilli la plus grande partie des biens des Templiers; c'est â eux qu'a été faite la remise des titres qui constataient les droits du Temple (42). Mais le fonds du Grand-Prieuré d'Auvergne ne renferme plus, depuis longtemps, qu'un très petit nombre de documents antérieurs au XIVe siècle. Le cartulaire de Vaulx est une de ces épaves, sauvée on ne sait par quel hasard, et si, â divers égards, il présente un réel intérêt, il ne jette aucun jour sur l'histoire si obscure des Templiers du Dauphiné.
La seule commanderie mentionnée d'une façon expresse dans le cartulaire, — en dehors de celle de Vaulx, — est la commanderie de la Valloire (43). Cette appellation est par elle-même peu précise, le mot Valloire désignant une région naturelle (44) et non point une localité déterminée (45).
Mais il s'agit évidemment ici de l'établissement fondé par les Templiers â Beaurepaire, et que les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem durent céder, en 1317, au dauphin Jean II (46).
Une charte, conservée aux archives du Rhône dans le fonds de Vaulx, dont la date ne peut être restituée que d'une façon approximative, mais qui a été rédigée entre 1250 et 1260, contient plusieurs indications intéressantes (47). Elle fait connaître, outre cette même commanderie de la Valloire (48), celle de Bressieux (49). Au nombre des témoins de l'acte figure le commandeur du Viennois (50), dignitaire qu'un document de l'année 1275 appelle en termes plus explicites : preceptor in Viennesio milicie Templi (51). On sait que les maisons de l'Ordre étaient réparties en provinces, régies par des commandeurs, d'un rang supérieur â celui des frères préposés â l'administration d'une simple commanderie (52). Quelquefois, notamment en Provence, ils étaient qualifiés maîtres (53).
Quelles limites doit-on assigner au Viennois, en tant qu'il constitue une des provinces de l'Ordre du Temple (54) ? Faute d'un texte précis, la question ne saurait être résolue d'une façon certaine. Il est possible que le Viennois, ainsi entendu, comprît non seulement le diocèse de Vienne, mais encore tous les domaines des dauphins situés dans le diocèse de Grenoble. Quoi qu'il en soit, si, au XIIIe siècle, les maisons du Temple sont groupées par provinces, elles sont indépendantes les unes des autres. Rien n'indique qu'il existât entre elles une hiérarchie analogue â celle qui, â une époque relativement récente, fut introduite dans les possessions de Malte, pour en faciliter la bonne administration.
Voici la liste â peu près complète des commanderies fondées par les Templiers dans les limites du département actuel de l'Isère. J'y ai fait figurer les simples « temples », maisons ou domaines, qui n'ont jamais été qualifiés commanderies, ou du moins auxquels ce nom n'est donné dans aucun document connu (55).
Abrets (Les), (56) Maison du Temple ou Commanderie.
Allevard, (Temple d') (57).
Avallon, Maison du Temple ou commanderie (58).
Beaurepaire ou La Valloire, Maison du Temple ou commanderie (59).
Bennet (Temple de), commune de Merlas (60).
Bessay (Temple de) (61).
Bressieux, Maison du Temple ou commanderie (62).
Cluze-et-Paquier (Temple de) (63).
Echirolles, Maison du Temple ou commanderie (64).
Jons ou Pommier, (Temple de) (65).
Mens, (Temple de) (66).
Montiracle, Maison du Temple ou commanderie (67).
Ornacieux, Maison du Temple ou commanderie (68).
Perier (le) (Temple) (69).
Planaise ou Réaumont, Maison du Temple ou commanderie (70).
Pommier. Voyez Jons.
Recoin ou Recoing. Voyez Bessay.
Saint-Blaise-de-Buis (71).
Saint-étienne-de-Grossey (72).
Tirieu (73).
La Valloire, voyez Beaurepaire.
Vaulx, Maison du Temple ou commanderie.
Vienne (74).
Villard-Benoît (75).
Vourey (76).
L'histoire des Templiers du Dauphiné demeure enveloppée d'un tel mystère, qu'il ne paraîtra pas étonnant qu'on ignore â quelle époque et par qui a été fondée la commanderie de Vaulx. Toutefois, il n'est pas impossible d'entrevoir une partie de la vérité. Plusieurs donations sont faites aux Templiers par Garin de Vaulx et ses deux fils Olivier et Aimar (77). On sait aussi que leurs ancêtres avaient déjâ été les bienfaiteurs du Temple (78). évidemment, la famille â laquelle appartenait Garin était celle des seigneurs de Vaulx (49). Il n'est pas téméraire de supposer qu'un membre de cette famille, — peut-être le père de Garin, — a donné le terrain sur lequel se sont élevés les bâtiments de la commanderie, ou contribué de toute autre façon â sa création. Si ce n'était trop entrer dans la voie des conjectures, je ferais remarquer que le premier commandeur de Vaulx dont nous connaissions l'existence s'appelle Olivier. Ce nom, que porte aussi l'un des fils de Garin, n'autorise-t-il pas â penser qu'il y avait entre eux un lien de parenté (80) ?
Olivier ne serait-il pas un frère de Garin ?
Sans doute une pareille supposition n'a qu'un fondement bien fragile, mais elle n'est pas invraisemblable, et, si elle était justifiée, il faudrait sans doute rattacher l'origine de la commanderie â l'entrée d'Olivier dans la milice du Temple (81).
Suite cartulaire
Sources : Roland Delachenal — Cartulaire du Temple de Vaulx, Paris Picard — 1897
Je vous renvoie au site d'Archives.org pour lire les textes en latin des notes qui sont â consulter. C'est indispensable pour comprendre le travail de recherches de M. Delachenal et surtout les noms des lieux qui formaient l'ensemble des biens de l'Ordre du Temple en Isère : Cartulaire du Temple de Vaulx
1. — Le Temple de Vaulx est situé sur le territoire de la commune de Saint-Alban-de-Roche (Isère, arrondissement de la Tour-du-Pin, canton de la Verpillière), appelée, au XVIIe siècle encore, Yaulx-Saint-Alban ou Saint-Alban-de-Ka«/a\ Le nom de Vaulx n'est plus donné aujourd'hui qu'â un hameau de la commune de Vaulx-Milieu, délimité d'une façon arbitraire; mais il était certainement pris â l'origine dans une acception moins restreinte. Il devait s'appliquer â tout le plat pays compris entre les marais au Nord-Est et la chaîne de collines qui court au Sud-Oouest. Le hameau de Belmont (commune de Vaulx-Milieu) est appelé Vaulx-Belmont sur la carte de Cassini.
2. — Le Catalogue de la bibliothèque lyonnaise de M. Coste, par Aimé Vingttrinier, Lyon, Perrin, 1853, in-8°, p. 139, contient une courte et insuffisante description du cartulaire.
3. « Depuis que j'ai songé moi-même, écrivait-il en 1877, â publier le cartulaire du Temple de Vaulx-Milieu, etc. » (Revue du Dauphiné et du Vivarais, Vienne, Savigné, t. I, p. 231). Cf. A. Devaux, Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au moyen âge, Lyon et Paris, 1892, in-8°, p. 21, note 1.
4. Léopold Niepce, Le Grand-Prieuré d'Auvergne, Lyon, Georg, 1883, in-8°, p. 46.
5. La maison forte de Montbaly, etc. (Revue du Dauphiné et du Vivarais, t. II [1878], pp. 144-145). — Montbaly ou Montbailly, commune de Vaulx-Milieu.
6. Op. cit., pp. 45-46.
7. « La première charte est un acte par lequel Ademarus Sentoretus dedit Deo et dominis (lis. : domui) Templi pratum quod fuit (il manque quatre mots après pratum) Petri Rovone (lis.: Rovorie)... »
8. La longueur des peaux est loin d'être uniforme : elle varie de 0 m. 275 (Membrana 9) â 0 m. 650 (Membrana 7).
9. Ce mot est-il tiré du Psaume 132, v. 1 ( « Ecce quam bonum et quam jucundum fratres habitare in unum » ), qu'on chantait â la réception des frères, au moment où ils revêtaient le manteau de l'Ordre ? (Michelet, Procès des Templiers, II, 36).
10. Cette note est de l'écriture de Batteney de Bonvouloir (voyez ci-après), â l'exception toutefois des mots : plusieurs donnations au proffit du temple de Vaux, où il semble qu'il faille reconnaître la main de l'un des prédécesseurs de Batteney, l'archiviste Néron, auquel on doit un inventaire beaucoup moins complet des titres du Grand-Prieuré d'Auvergne, rédigé dans la première moitié du XVIIe siècle.
11. Archives du Rhône, H. 6, fol. 183.
12. Voyez ch. 22-24 et 54-60.
13. Encore convient-il d'interpréter exactement les indications fournies par la ponctuation. Dans la liste des témoins de la charte 60, on trouve écrit Jofredus Boviers, le nom d'un frère qui est appelé ailleurs Gaufridns Boverius. Il ne me parait pas douteux que boviers ou boverius désigne simplement les occupations habituelles de ce frère (Cf. ch. 92). Il faut se garder de voir dans Jofredus Boviers deux personnages distincts.
14. A titre d'exemples, je citerai Duiemu (Diémoz), finivit et tous les mots qui ont pour finale mi ou ni.
15. A. Devaux, Essai, etc., pp. 128, 133, note 6, et 174.
16. In fine : "Cartam istam Petrinus Gebennensis composuit. »
17. C'est le même personnage qui est dénommé Petrus Gebennensis et Peronis de Geneveis dans les chartes 62 et 70.
18. Les chartes 39 et 45 sont, la première surtout, de véritables censiers, incorporés au cartuiaire.
19. Ch. 76.
20. Ch. 92. La date exacte serait plutôt 1224. Voyez une note du texte au sujet de la date de cette charte.
21. On peut signaler, â titre de comparaison, plusieurs recueils d'actes qui, par leur composition, présentent de l'analogie avec le cartulaire de Vaulx. En première ligne, je citerai le cartulaire des hospitaliers de Saint-Paul-de-Romans, publié par M. Cl. Chevalier (Collection de carlulaire dauphinois, t. III, 1er livraison, Vienne, imprimerie Savigné, 1875), où le quart seulement des chartes est daté et où ces chartes elles-mêmes sont le plus souvent très abrégées et ramenées du style direct au style indirect. Les "rôles des donations" faites â diverses commanderies de l'Hôpital et dont quelques-uns ont été imprimés, sont des documents de même nature, quoique plus courts (J. Delaville Le Roulx, Cartulaire général de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, t. I, Paris, Leroux, 1894, in-f°, pièces 4, 53, 156). Manifestement, ni le cartulaire de Vaulx, ni les recueils similaires ne pouvaient remplacer les actes eux-mêmes ; peut-être n'étaient-ils pas destinés â être produits en justice. Mais, grâce â ces résumés, â ces mémoriaux (Brève recordationis en latin, Breu en provençal), qui rappelaient par certaines mentions essentielles l'ordre de classement adopté, il était toujours facile de se référer aux originaux conservés dans les chartriers. — Enfin, on ne saurait omettre un cartulaire, dont la publication est due également â M. Chevalier et qui a tant de points communs avec celui de Vaulx ; je veux parler du cartulaire de l'abbaye de Bonnevaux (Bulletin de l'Académie delphinale, 1887-1888, pp. 17-214). Sans doule il a été composé d'une façon plus régulière, plus méthodique; les dates y sont beaucoup moins rares, mais elles manquent souvent aussi, et la brièveté avec laquelle bon nombre d'actes ont été résumés n'est pas imputable au copiste inconnu du XVIIIe siècle, qui a transcrit ce document aujourd'hui perdu.
22. Ch. 3, 6, 7, 8, 12, 13, 24.
23. Ch. 9 : « Hoc factum est in manum Petri Coste, preceptoris domus Templi de Valt. » C'est le seul cas où il soit qualifié commandeur ; son nom revient pourtant très souvent dans les actes, mais il est toujours appelé frater Templi. Peut-être avait-il eu â remplir momentanément les fonctions de commandeur.
24. Ch. 38-60, 91.
25. Ch. 61-86. Il était commandeur en 1190 (ch. 76).
26. Ch. 87-90.
27. Ch. 92 : « ... et hoc factum fuit tenpore de fratre Rigardo Valorie, qui illo tenpore precetor Tenpli erat. » Comme ce Richard n'est nommé que dans cette unique charte et que la mention dont il est l'objet n'est pas des plus claires, on peut se demander s'il n'était pas plutôt commandeur du Temple de la Valloire.
28. Voyez la réserve faite â son sujet, note 6.
29. Ch. 25 : « Villelraus, capellanus Templi... » — ch. 28 : « Guilelmus, sacerdos ecclesie Templi... » — Ch. 38 : « Aymo, capellanus Templi... »
30. On conserve aux Archives nationales (L. 230, n° 13) une expédition originale de la bulle de 1163. Elle est adressée « dilectis filiis, Bertranno (Bertrand de Blanchefort) magistro religiose militie Templi quod Jerosolimis situm est, etc. »
Elle est ainsi datée : « Datum Turonibus per manum Hermanni sancte Romane ecclesie suddiaconi et notarii XIIII Kal. julii indict. X, incamationis dominice anno M. C. LXIII., pontificatus vero domini Alexandri pape III anno quarto. »
Cette bulle n'a jamais été imprimée, mais on peut â peine dire qu'elle soit inédite. Celle de 1173, publiée par Rymer (édit. de 1816, t. I, pp. 27-28), en reproduit fidèlement le texte, â quelques différences près. Il est â remarquer d'ailleurs que le second de ces deux actes n'est point donné comme une confirmation du premier, auquel il ne se réfère pas. Le paragraphe : « Coeterum décimas..... vobis auctoritate apostolica confirmamus », qui est dans Rymer, manque dans L. 230-13. En revanche, le passage suivant ne se trouve que dans la bulle de 1163 : « Quicumque autem de facultatibus sibi a Deo collatis vobis subvenerit et in vestra sancta fraternitate se collegam statuerit, vobisque beneficia persolverit annuatim, septimam ei injuncte pe[nitenti]e, confisi de beatorum apostolorum Petri et Pauli meritis, indulgemus. Si vero excommunicatus fuerit et eum mori contigerit, ei cum aliix Christianis sepultura ecclesiastica non negetur. » — La bulle de 1173 est adressée : « dilectis filiis, Oddoni (Eudes de Saint-Amand), magistro religiosae militiae, etc. », et ainsi datée : « Datum Anagniae per manum Gratiani sancta Romanae ecclesiae subdiaconi et notarii, VII kal. novembris, indictione VI, incamationis dominicae anno MCLXXIII, pontificatus vero domini Alexandri Papae III anno quinto decimo. »
On retrouve encore le même texte, avec des modifications qu'il est sans intérêt de signaler ici, dans une bulle de Lucius III, du 4 mai 1183 (Rymer, édit. de 1816, I, 37-38).
31. La commanderie du Temple de Richerenche (Vaucluse, arrondissement d'Orange, canton de Valréas), fondée, semble-t-il, vers 1135 ou 1136, paraît avoir eu, dès l'origine, des frères chapelains (Bibl. Calvet, â Avignon, man. 2488, ch. 11, 17, 28, 30, 37, etc.).
32. Les familles d'outre-mer de Du Cange, publiées par E.-G. Rey, Paris, 1869, in-4°, pp. 874-875 (Collection des Documents inédits). — Hist. Lité, de France, t. XIV, pp. 30-33. — Nouvelles biographies générales, XX, 27.
33. Recueil des historiens de France, t. XIV, p 622. Lettre de Saint-Bernard â Hugues, évêque d'Ostie.
34. HF., XVI, 38 E, 60 c, 62 D. Lettres de G. Foucher â Louis VII.
35. HF., XVI, 62 D. « ... frater Gaufredus Fulcherii, Hierosolymitanae domus Templi praeceptor... » Dans une lettre précédente (ibid., p. 60 c), il se dit simplement « domorum pauperis militiae Templi procurator indignus. » Comme je le répéterai plus loin, rien n'est moins précis que les appellations par lesquelles on désigne les grands dignitaires du Temple.
36. HF., XV, 967. Gaufridi Fulcherii, domorum Templi citra mare praeceptoris, ad Alexandrum. Circa anno 1179. — Abel Lefranc, Histoire de la ville de Noyon et de ses institutions jusqu'â la fin du XIIIe siècle, Paris, F. Viewey, 1887, in-8°, pp. 129 et 192.
37. HF., XVI, 608 B. Lettre de Jean de Salisbury, de 1170 : « ... et fratrem G. Fulcherii, magistrum Templi. » — Archives nationales, K. 23, pièce 154 (1170 environ) : « Hoc vero fratris Gaufridi Fulcherii factum est Consilio, qui cis mare Templi magister erat ». Publié par R. de Mas Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, I, 1887, pp. 408-409. Cf. H. de Curzon, La maison du Temple de Paris, Paris, Hachette, 1888, in-8°, pp. 26-28. — Archives nationales K. 25, 45. Confirmation par G. Foucher d'une donation faite â Saint-Victor. Paris, 1171 (date certaine) : « Notum sit tam futuris quam presentibus quod ego Gaufridus Fulcherii, pauperum Templi cis mare existens procurator humilis, etc. ».
38. Hugues de Péraut ou de Peyraud (H. de Peraldo), qui, en 1292, remplissait des fonctions analogues â celles dont était investi G. Foucher, est appelé preceptor militie Templi (Olim, II, 337. — H. de Curzon, op. cit., p. 28, note 1). Visitator generalis, procurator generalis, et probablement aussi preceptor passagii ultramarini, doivent avoir été synonymes de magister cis ou extra mare. — Au demeurant, on ne peut être surpris qu'un des personnages les plus considérables de l'Ordre soit désigné dans un acte d'une façon très sommaire. L'un des témoins d'une charte de 1250-1260, conservée aux archives du Rhône, dans le fonds de Vaulx, est (rater Henricus, passagii. Or, il s'agit d'Henri de Dôle, qui n'était autre que le commandeur du passage d'outre-mer.
39. L'article que Guy Allard a consacré aux Templiers (Dictionnaire historique du Dauphiné, publié par Gariel, Grenoble, 1864, 2 vol. in-8°) est d'une rare insignifiance : « Les Templiers furent condamnés au concile de Vienne en l'an 1311... Les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem leur ont succédé en leurs biens dans cette province, où ils en avaient de considérables, plusieurs desquels sont encore appelés Temples. » — Valbonnais parle incidemment des possessions de l'ordre de Malte en Dauphiné, ce qu'il en dit est fort incomplet et n'est vrai que pour le XVIIIe siècle (t. II, pp. 160-162). — La Statistique générale du département de l'Isère ne mentionne, sous la rubrique : Commanderies de Malte (t. III, p. 431), que quatre commanderies, dont deux seulement (échirolles et Vaulx) fondées par les Templiers.
40. La charte de Moirans, concédée en 1164, contient une disposition, fréquemment reproduite dans les documents de même nature, mais d'où l'on peut inférer qu'â cette date les Templiers avaient déjâ acquis des biens dans la province : « Liberum erit omnibus [et] cuilibet sine licentia Domini vendere, oppignorare sive donare, exceptis Hospitalariis, Templariis, Ecclesiis, militibus et filiis eorum. » (Valbonnais, I, 16).
41. Il en est ainsi pour la plupart, sinon pour toutes les régions de la France. Voyez J. Roman, L'Ordre de Saint Jean de Jérusalem dans Les Hautes-Alpes (Bulletin de l'Académie delphinale, 1883, pp. 170-205), pp. 184-185 : «... nous connaissons mal les possessions des Templiers dans les Alpes. Voici cependant quelques terres qui leur avaient appartenu certainement avant d'être données â l'ordre de Saint Jean, etc. » — Cl. Guigue, qui énumère douze maisons du Temple situées dans les limites du département de l'Ain, n'a pu retrouver les dates de fondation que de trois d'entre elles (Les établissements des Templiers et des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem ou de Malte dans le département de l'Ain. — Revue de la Société littéraire, historique et archéologique du département de l'Ain, I [1872], pp. 24-29, 69-72, 136-139). — Le P. Bullioud, après avoir déterminé dans son Lugdunum sacroprophanum, Index, XII, p. 89 (Man. de la Bibl. de la ville de Lyon), remplacement occupé par l'ancien Temple de Lyon, ajoute qu'il lui a été impossible de découvrir â quelle époque les Templiers sont venus s'établir dans cette ville (« ... mihi omnino incompertum est. » ). — M. A. Perrin aboutit au même résultat négatif quant â l'origine des commanderies du Temple et de l'Hôpital en Savoie : « L'époque de leur création est peu connue (?), les titres de donation n'ayant pas été conservés. » (Congrès des Soc. savantes savoisiennes tenu â Montmélian le 10 et le 11 août 1885. Compte rendu de la 7e session, Chambéry, 1885, in-8°, pp. 143-147. Les Templiers et les Hospitaliers en Savoie). — Enfin, pour terminer par un exemple emprunté aux annales d'une province du nord de la France, je citerai l'historien du Valois, Carlier, qui s'exprime ainsi : « Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que de toutes les maisons de cet ordre qui ont été fondées dans ce pays, il n'en est pas une seule dont on connaisse l'origine par les titres. » (Hist. du duché de Valois, II, 112).
42. On trouve aux archives du Rhône (H. 25) la plupart des documents ayant trait â cette transmission. Mais ce sont des lettres patentes ou des mandements conçus en termes généraux et dont il n'y a aucun parti â tirer pour l'histoire du Temple dans une province déterminée.
43. Domus Vallis Auree (ch. 6); — de Valloria (ch. 43). — Preceptor de Valloiri (ch. 52); — de Vallori (ch. 43, 80); — Templi Valorie (ch. 92). — Frater E. de Vallore (ch. 89).
Indirectement, le cartulaire nous fait connaître quatre autres maisons du Temple : les commanderies des Abrets, de Bressieux, de Maurienne et de Tirieu (ch. 91, 36, 79).
44. La Valloire, qui comprend une partie des cantons de Beaurepaire (Isère) et du Grand-Serre (Drôme), s'étend de la Bièvre jusqu'au Rhône.
45. Il y a bien un village ou hameau de la Valloire sur la commune d'Anneyron (Drôme), mais il n'a jamais été le siège d'une commanderie.
46. Archives de l'Isère, B. 2978, fol. 197 (19 avril 1317) : « ... permulaverunt (les procureurs généraux de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem) et ex causa permutacionis tradiderunt et quasi prefato domino dalphino... quicquid dictum hospitale habebat et habere poterat et debebat in Valle aurea, videlicet in castro Belli Repayre et ejus mandamento, et in castro Regalis Montis et mandamento ejusdem... » Valbonnais a publié (t. II, pp. 160-161) le texte des conventions passées entre le dauphin et l'Ordre de Saint Jean, pour régler toutes les questions relatives â la dévolution des biens du Temple; mais il a pratiqué de nombreuses coupures dans ce texte, d'ailleurs fort long, et il s'est glissé dans les quelques lignes que j'ai reproduites une erreur de transcription, qui n'est point sans gravité : "... quicquid dictum hospitale habebat et habere poterat et debebat in Valle aurea, et (au lieu de videlicet) in castro Belli Repayre, etc. ».
47. Archives du Rhône, fonds de Vaulx, carton 1. Une déchirure du parchemin ne permet plus de lire complètement la date de cette charte, qui a été passée le lundi après l'octave de la Purification de la Vierge, l'an MCC... On peut cependant reconnaître â certains indices que la dernière partie de la date était un nombre compris entre L et LX.
48. « Inter Aymonem, preceptorem milicie Templi de Valloria, etc. »
49. « Frater Michael, preceptor de Bresiaco... »
50. « Frater Juvenis, preceptor Vienn. » L'abréviation doit être plus logiquement résolue : Vienn(esii) que Vienn(e).
51. Ul. Chevalier, Inventaire des archives des Dauphins de Viennois â Saint-André de Grenoble, en 1346, Lyon, 1871, in-89, n° 409.
52. C'est ainsi que l'on trouve au XIIIe siècle un preceptor domorum Templi (ou milicie Templi) in Burgundia, un preceptor domorum Templi in Aquitania, in Normannia, etc.
53. Archives nationales, J. 732, n° 78 : « ... fratre Roncelino de Fos, magistro domorum milicie Templi in Provincia... » (13 octobre 1269). Il est â remarquer que le sceau appendu â l'acte porte comme légende : S. PRECEPTOR1S PROVINCIE. — Cf. Ul. Chevalier, Inventaire des archives des Dauphins, etc., n° 1305 (29 mai 1274). — Dom Vaissele, Histoire de Languedoc, VIII, 650-651 (25 avril 1214) : « ... majoribus magistris militie Templi in Aragonia et Provincia... »
54. Rechercher comment ces provinces étaient délimitées, particulièrement â l'origine, est chose fort délicate. M. Luchaire écrit « qu'il y eut d'abord un précepteur (commandeur) par diocèse (XIIe siècle) et plus tard un précepteur par bailliage (XIIIe siècle). » Manuel des instituions françaises Période des Capétiens directs, Paris, Hachette, 1892, in-8°, p. 112). Mais on ne trouve nulle part la preuve que les choses se soient passées avec une pareille régularité.
55. M. Emmanuel Pilot de Thorey, auteur du Dictionnaire topographique du département de l'Isère, encore inédit, a bien voulu me donner des renseignements, qui m'ont permis d'ajouter plusieurs noms â cette liste et de rectifier quelques identifications inexactes.
56. Cartulaire de Vaulx, ch. 91. — Pouillé de Vienne (XIV siècle), « Preceptor templi de Arbretis ». Dépendait, au XVIIe siècle, de la commanderie des échelles (Archives du Rhône, H. 1). — Les Abrets, canton du Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de la Tour-du-Pin.
57. Archives des Bouches-du-Rhône, H. 1117 (Fonds du Grand-Prieuré de Saint Gilles. Titres de la commanderie d'échirolles). Lettres de l'official de la cour épiscopale de Grenoble pour la remise â l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem des biens du Temple (1er mai 1314). — Allevard, arrondissement de Grenoble, chef-lieu de canton.
58. Eugène Burnier, Cartulaire de la Chartreuse de Saint Eugon en Savoie, p. 292, ch. 101 (1218) : « ... Villelmus magister Templi Avalonis... ». — Avallon, commune de Saint-Maximin, canton de Goncelin, arrondissement de Grenoble.
59. Un quartier de Beaurepaire est encore dit : le Temple.
60. « ... de feudo templi de Beneto... » (10 juin 1450), cité par A. Chapelle, dans Petite Revue dauphinoise, 2e année, [1887], p. 139, note 7. — Bennet, commune de Merlas, canton de Saint-Geoire, arrondissement de la Tour-du-Pin.
61. Archives du Rhône. Titres communs de Saint-Georges. Liasse 1, n° 2 (1704) «... Temple de Bessay, paroisse de Recoin, mandement de Clermont-Tonnerre, diocèse de Vienne ». Recoin ou Recoing, commune de la Bâtie-Divisin.
62. Cartulaire de Vaulx, ch. 35 et 36. — Archives du Rhône, fonds de Vaulx, carton 1 : « ... frater Michael, preceptor de Bresiaco... » (1250-1260). — Pouillé de Vienne (XIVe siècle) : « Preceptor templi Breyssiaci ». Au XVIIe siècle, le temple de Bressieux était une dépendance de la commanderie de Bellecombe (Archives du Rhône, H. 137, fol. 87 [1615]. Visites de Malle). Le Temple, hameau de la commune de Saint-Siméon-de-Bressieux, canton de Saint-étienne-de-Saint-Geoirs, arrondissement de Saint-Marcellin.
63. Pilot de Thorey. — Cluze-et-Paquier, arrondissement de Grenoble, canton de Vif.
64. Valbonnais, I, 22. « Libertates concesse civibus Gratianopolis... a domo Templi de Exchiroliis... » (1244). — Pouillé de Grenoble (fin du XIVe siècle), publié par M. Marion (Cartulaire de Saint Hugues, p. 340) : « Preceptoria Eschirolarum ». — Archives des Bouches-du-Rhône, titres d'échirolles. La commanderie d'échirolles, qui était une dépendance du Grand-Prieuré de Saint Gilles, de l'ordre de Malte, fut unie â la commanderie de Valence le 21 mai 1654, par délibération de la « vénérable langue de Provence. »
65. Jons, canton de Meyzieu, arrondissement de Vienne.
66. Archives des Bouches-du-Rhône, H. 1143 (Fonds du Grand-Prieuré de Saint Gilles, commanderie de Valence) : «... et pro sex denariis censualibus domui Templi de Mencio moris antique faciendis, de cujus dominio consislit... » (13 décembre 1310). Mens, arrondissement de Grenoble, chef-lieu de canton.
67. Archives de l'Isère, B. 2978, fol. 212 (19 avril 1317) : «... in baronia de Turre, super rebus et juribus domus de Montelliaco... »
— Pouillé de Vienne (XIV siècle) : « Preceptor de Montilliaco »
— Archives du Rhône, H. 1312, fol. 14 v, 1er février 1338 (Terrier de Montiracle) : « ... preceptoris... domus Templi de Montylliaclo... »
Une erreur de lecture ou de transcription a rendu Montiracle méconnaissable sous la forme Monthiach (Valbonnais, II, 162. — Mansuet, Histoire des Templiers, Paris, 1789, 2 vol. in-8°, t. II, p. 334).
— Au XVIIe siècle, cetle maison n'était plus qu'un « membre » de la commanderie de Saint Georges de Lyon.
Montiracle, commune de Villemoirieu, canton de Crémieu, arrondissement de la Tour-du-Pin, fait partie du village ou hameau de Béthenou, englobé dans Villemoirieu. La « Praeceptoria S. Joannis de Bethenos » du pouillé de Vienne, de 1523 (publié par M. Ul. Chevalier dans le Bulletin de la Soc. dép. d'archéol. et de statist. de la Drôme, 2e année [1867], tirage â part, p. 47), est la commanderie de Montiracle.
68. Pouillé de Vienne (XIVe siècle). « Preceptor templi (de) Ornaceo. »
— Archives du Rhône, H. 137, fol. 84. Visite de 1615.
— Ornacieux n'était plus, au XVIIe siècle, qu'une dépendance de Bellecombe.
Ornacieux, canton de la Côte-Saint-André, arrondissement de la Tour-du-Pin.
69. Le temple du Périer passa â l'ordre de Saint Jean de Jérusalem.
— Archives de l'Isère, B. 3120, fol. 149 (Designatio castrorum delphinalium et Graisivaudani, etc. 1339) : « Item domus templi et hospitalis St Johannis Jherosolimitani. »
Le Périer, canton de Valbonnais, arrondissement de Grenoble. Lieu dit la Temple.
70. Pouillé de Vienne (XIVe siècle) : « Preceptor de Palaveysi (lisez : Palaneysi). — Ul. Chevalier, Inventaire des archives des Dauphins, etc., n° 409 : « Item quodam instrumentum factum manu Guarini notarii publici sub anno Incarnationis Dominice M. CC. LXXV., VII kalandes aprilis, continens quod preceptor in Viennesio militie Templi recognovit se tenere a domino dalphino caslrum de Planeysia cum suo mandamento et locum de Vourey. »
— Le temple de Planaise ou de Réaumont (canton de Rives, arrondissement de Grenoble), avec tout ce que les Templiers avaient possédé dans ledit mandement, fut cédé par les Hospitaliers â Jean II, en 1317.
71. Pilot de Thorey. — Saint-Blaise-de-Buis, canton de Rives, arrondissement de Saint-Marcellin.
72. Pilot de Thorey. — Saint-Etienne-de-Crossey, canton de Voiron, arrondissement de Grenoble.
73. Cartulaire de Vaulx, ch. 77, 79.
— C. Guigue, Cartulaire lyonnais, t. II, p. 293 [octobre 1270] : « ... et terram templi de Creeuz (lisez : Tireuz)... »
— « Templum de Treuz », « Domus templi de Trevoz (sic) », dans deux pouillés du diocèse de Lyon, l'un de la fin du XIIIe siècle l'autre du commencement du XIVe siècle, publié par Auguste Bernard â la suite des cartulaires de Savigny et d'Ainay. — Tirieu (commune de Courtenay, canton de Morestel, arrondissement de la Tour-du-Pin) fut plus tard une dépendance de la commanderie de Saint Georges de Lyon. Il y a encore dans cette localité un lieu dit le Temple.
74. Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne... par Nicolas Chorier. Nouvelle édition (donnée par Cochard), Lyon, Millon, 1828, in-8°, p. 220. Il y avait â Vienne, au XIIIe siècle, une maison du Temple, qui servait peut-être de résidence au commandeur du Viennois. Evidemment elle n'avait pas passé â l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Chorier déclare ne pas savoir où elle était située.
75. Archives du Rhône, Terrier d'Allevard et d'Avallon, n° 4 (1728), fol. 7 v°, 10. — Villard-Benoît, commune de Pontcharra. Lieu dit les Templiers.
76. Archives des Bouches-du-Rhône, H. 1117. — Vourey, canton de Rives, arrondissement de Grenoble.
77. Chartes 24, 36, 55, 82.
78. Chartes 36 : « ... ipsi laudaverunt domui Templi de Valt omnia illa que ipsi et antecessores eorum dederunt domui Templi de Vait... »
Charte 34 « ...Fratres Templi de Valt habebant terras a Charentunai (Charantonnay, canton d'Heyrieu) de Qubus Wilelmus d'Artas (canton de Saint-Jean-de-Bournay) fecit querimoniam [...] Frater Ervis, et Aemarus de Dentaiseu, milites Templi, et Petrus de Costa, et Petrus de Bressieu (Bressieux, canton de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs), et Guigo Jordani, et Frater Martinus, et Johannes Albus, et Frater Ado ... »
79. Chartes 55 : « ... dominus Oliverius de Vaus... »
80. Il n'y a pus d'argument â tirer de ce fait que dans la charte 3 il est appelé simplement Olirier de Vaulx, et non, comme d'ordinaire, Olivier commandeur de Vaulx. Le scribe a pu omettre les mots preceptoris de Valt, ou qui tunc erat preceptoris Templi. Ervis, commandeur de Valloire, est, d'ailleurs, appelé simplement Ervisius de Valloiri (Chartes 36).
81. Cf. H. de Curzon, La règle du Temple, édition de la Société de l'histoire de France, p. 13, n* 3, note 1 : « On pense, et cela est probable, malgré l'absence de preuves, que Hugues [de Payns] lui-même donna sa terre de Payns â l'Ordre et l'érigea en chef-lieu de commanderie, ainsi que firent plusieurs de ses compagnons, »
Suite du cartulaire du Temple de Vaux
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