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Timestamp: 2016-10-26 07:45:23+00:00
Document Index: 121338834

Matched Legal Cases: ['art. 106', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 89', 'art. 93', 'art. 102', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 7', 'art. 18', 'art. 32', 'art. 42', 'art. 76', 'art. 42', 'art. 106', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 5', 'art. 6', 'art. 3', 'art. 3', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 26', 'art. 28', 'art. 28', 'art. 65', 'art. 68']

1C_491/2012 (26.03.2013)
1C_491/2012
tous repr�sent�s par Me Rapha�l Dall�ves, avocat,
B.________, repr�sent� par Ma�tres Damien Bender et Laurent Nicod, avocats,
agissant par la Ville de Monthey, Urbanisme, B�timents & Constructions, H�tel-de-Ville 2, case postale 512, 1870 Monthey 1,
D�molition et autorisation de construire; d�cision compl�mentaire d'autorisation de construire; mesures anti-feu,
recours contre les arr�ts du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, des 17 mars 2011 et 23 ao�t 2012.
Au nord du ch�teau de Monthey, dans le quartier du Ch�telet, entre la rue du Ch�teau et la ruelle du Ch�telet, la commune de Monthey poss�de une surface de terrain d'un peu plus de 700 m2 comprenant les parcelles 58, 59, 62 et 63. Celles-ci sont toutes rang�es en zone de centre - CA, r�gie par l'art. 106 du r�glement communal des constructions et des zones, approuv� par le Conseil d'Etat valaisan le 6 f�vrier 2002 (ci-apr�s: le RCCZ). Une promesse de vente de ces bien-fonds a �t� conclue entre la commune et B.________.
En octobre 2003, B.________ a pr�sent�, avec l'accord de la commune, une demande d'autorisation pour la d�molition des deux b�timents existants (immeubles "Piotta" et "La Colonie", sur les parcelles 58 et 59) et pour la construction de deux nouveaux immeubles. Les autorisations d�livr�es pour ce projet par la Commission cantonale des constructions (ci-apr�s: la commission cantonale) et confirm�es par le Conseil d'Etat, ont �t� annul�es par la Cour de droit public du Tribunal cantonal valaisan (ci-apr�s: le Tribunal cantonal), sur recours de A.________ et consorts ainsi que Patrimoine suisse (arr�t du 24 octobre 2008), en raison de distances insuffisantes � la voie publique et de l'absence d'un examen du projet sous l'angle de la protection de l'environnement. Le Tribunal f�d�ral a d�clar� irrecevable le recours des opposants contre cette derni�re d�cision (arr�t 1C_543/2008 du 8 d�cembre 2008).
Un plan d'alignement urbain comprenant les parcelles 58, 59, 62, 63, 64 et 65 - que A.________ et consorts ont contest� en vain devant le Tribunal cantonal, puis le Tribunal f�d�ral (arr�t 1C_441/2010 du 8 f�vrier 2011) - a �t� adopt� le 2 d�cembre 2009. En parall�le, le 1er mai 2009, la commune de Monthey a mis � l'enqu�te publique une nouvelle demande d'autorisation de construire (et de d�molir) de B.________. Les plans de ce projet, intitul� "R�sidence du Ch�teau", �taient les m�mes que ceux d�j� d�pos�s en 2003. Une fois le dossier compl�t� en mati�re de protection de l'environnement, la commission cantonale a d�livr� l'autorisation requise, assortie de r�serves et conditions, le 14 d�cembre 2009. A.________ et consorts ont port� en vain leur cause devant le Conseil d'Etat, le Tribunal cantonal, puis le Tribunal f�d�ral (arr�t 1C_201/2011 du 16 juin 2011). Le Tribunal cantonal a toutefois renvoy� le dossier � la commission cantonale pour compl�ments d'instruction et d�cision compl�mentaire �ventuelle en mati�re de protection incendie.
Le 5 juin 2011, A.________ et consorts ont signal� � la commission cantonale que le dossier devait aussi �tre examin� � la lumi�re de la nouvelle ordonnance cantonale du 9 f�vrier 2011 sur l'utilisation rationnelle d'�nergie dans les constructions et les installations (ci-apr�s: OURE; RS/VS 730.100). Appel� � se d�terminer, l'office cantonal du feu a pr�avis� favorablement le projet, le 21 juillet 2011, aux m�mes conditions que celles �mises en 2009. Il a propos� au surplus, en guise de mesures compensatoires de protection incendie, la cr�ation en fa�ade ouest d'un mur coupe-feu et la r�alisation des deux ouvertures dans les combles de cette fa�ade de mani�re fixe avec des verres r�sistant au feu.
Le 15 septembre 2011, la commission cantonale a approuv� les plans du projet et octroy� � B.________ une autorisation de construire compl�mentaire, d�cision confirm�e sur recours par le Conseil d'Etat le 18 avril 2012.
Par arr�t du 23 ao�t 2012, le Tribunal cantonal a rejet� le recours dirig� par A.________ et consorts contre la d�cision du Conseil d'Etat du 18 avril 2012. Il a consid�r� en substance que le projet �tait conforme aux prescriptions applicables en mati�re de protection contre les incendies.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ et consorts demandent au Tribunal f�d�ral de r�former les arr�ts du Tribunal cantonal des 17 mars 2011 et 23 ao�t 2012, en ce sens que la d�cision du Conseil d'Etat du 6 octobre 2010, compl�t�e le 20 octobre 2010, autorisant la d�molition des b�timents existants et la construction d'un immeuble sur les parcelles 58, 59, 62 et 63 est annul�e; la d�cision compl�mentaire du 18 avril 2012 en mati�re de police du feu doit �galement �tre annul�e. Subsidiairement, les recourants concluent � l'annulation des arr�ts attaqu�s et au renvoi du dossier au Tribunal cantonal pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision. Ils se plaignent pour l'essentiel d'une violation de leur droit d'�tre entendus, d'une application arbitraire du droit cantonal ainsi que d'une mauvaise application du droit f�d�ral et intercantonal.
Le Tribunal cantonal renonce � se d�terminer. Le Conseil d'Etat et l'intim� concluent au rejet du recours. La commune de Monthey conclut �galement au rejet du recours, ainsi qu'� la confirmation des d�cisions attaqu�es.
Par ordonnance du 23 octobre 2012, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif des recourants.
1.1 Dirig� contre des d�cisions rendues dans le domaine du droit public de l'am�nagement du territoire et des constructions, le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public conform�ment aux art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e. Les recourants ont pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal. Ils sont particuli�rement touch�s par les arr�ts attaqu�s qui confirment l'autorisation accord�e � leur voisin de construire deux immeubles d'habitation apr�s d�molition de deux b�timents existants qu'ils estiment devoir �tre conserv�s. Ils peuvent ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � leur annulation ou � leur modification. Ils ont d�s lors qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF.
1.2 Interjet� dans les d�lais et dans les formes, le recours dirig� contre l'arr�t du 23 ao�t 2012 est recevable. Est �galement ouverte la voie du recours en mati�re de droit public contre l'arr�t du Tribunal cantonal du 17 mars 2011, en vertu de l'art. 93 al. 3 LTF (cf. arr�t 1C_201/2011 du 16 juin 2011 consid. 2.6).
1.3 La requ�te des recourants tendant � l'�dition du dossier cantonal complet est satisfaite, le Tribunal cantonal et le Conseil d'Etat ayant d�pos� leur dossier dans le d�lai que le Tribunal f�d�ral leur avait imparti � cette fin (cf. art. 102 al. 2 LTF).
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus. Ils reprochent au Tribunal cantonal de n'avoir pas donn� suite � leur demande d'inspection locale.
2.1 Le droit d'�tre entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment pour le justiciable le droit d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer � l'administration des preuves essentielles et de se d�terminer sur son r�sultat lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 133 I 270 consid. 3.1 p. 277; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51). Le juge peut cependant renoncer � l'administration de certaines preuves, notamment lorsque les faits dont les parties veulent rapporter l'authenticit� ne sont pas importants pour la solution du litige. Ce refus d'instruire ne viole leur droit d'�tre entendues que si l'appr�ciation anticip�e de la pertinence du moyen de preuve offert, � laquelle le juge a ainsi proc�d�, est entach�e d'arbitraire (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arr�ts cit�s; sur la notion d'arbitraire, voir ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
2.2 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a relev� qu'il avait d�j� �tudi� ce dossier de construction � deux reprises. Il s'�tait alors estim� suffisamment renseign� sur le projet litigieux - qui n'avait depuis lors pas �t� modifi�, hormis c�t� ouest sur deux points relatifs � la protection incendie - compte tenu notamment de la production des rapports techniques illustr�s de reproductions et des plans d�taill�s. Pas plus qu'� l'�poque il n'�tait d�s lors n�cessaire de donner suite � la requ�te d'inspection des lieux sollicit�e par les recourants.
Les recourants font valoir que les rapports et plans figurant au dossier ne sont pas suffisants dans le cas particulier, qui serait exceptionnel. Une inspection locale serait indispensable pour estimer la valeur des b�timents historiques, avec leurs caract�ristiques uniques et dans leur contexte, et pour appr�cier concr�tement les enjeux en mati�re de lutte contre le feu. Il �tait anormal que le Tribunal cantonal, qui avait �t� appel� trois fois � statuer dans cette affaire, n'ait jamais daign� se d�placer. Ce faisant, les recourants n'expliquent toutefois pas en quoi le refus de la cour cantonale serait constitutif d'arbitraire. En tout �tat de cause, le raisonnement pr�cit� des juges cantonaux �chappe � la critique. Il appara�t en particulier que le dossier contient des plans et photographies en suffisance et que le Conseil d'Etat avait organis� un transport sur place en pr�sence des parties, le 13 f�vrier 2007. Le Tribunal cantonal pouvait donc, sans violer le droit d'�tre entendu des int�ress�s, renoncer � proc�der � une inspection locale.
Pour la m�me raison, la demande d'inspection locale formul�e devant le Tribunal f�d�ral doit �tre �cart�e, les recourants ne soulevant aucun grief de fond qui n�cessiterait une connaissance des lieux plus pr�cise que celle qui r�sulte du dossier.
Au fond, les recourants d�noncent une application arbitraire des normes de droit cantonal et communal relatives aux inventaires des sites et objets dignes de protection.
3.1 Le Tribunal f�d�ral ne revoit l'interpr�tation et l'application du droit cantonal que sous l'angle de l'arbitraire. Il ne s'�carte de la solution retenue que si celle-ci se r�v�le insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, ou si elle a �t� adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain, ce qu'il appartient au recourant de d�montrer par une argumentation qui r�ponde aux exigences des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254 et les r�f�rences). Le recourant doit ainsi indiquer pr�cis�ment quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e et d�montrer par une argumentation pr�cise en quoi consiste la violation. En outre, si l'interpr�tation d�fendue par la cour cantonale ne s'av�re pas d�raisonnable ou manifestement contraire au sens et au but de la disposition ou de la l�gislation en cause, elle sera confirm�e, m�me si une autre solution para�t �galement concevable, voire pr�f�rable (ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
3.2 L'art. 7 al. 3 de la loi cantonale du 13 novembre 1998 sur la protection de la nature, du paysage et des sites (ci-apr�s: LcPN) �num�re les objets de protection des sites � consid�rer principalement; en font notamment partie les ensembles b�tis et constructions qui doivent �tre pr�serv�s en raison de leur situation ou de leurs qualit�s spatiales, historiques, architecturales ou socioculturelles (let. a). En vertu de l'art. 18 al. 3 de la loi cantonale du 8 f�vrier 1996 sur les constructions (ci-apr�s: LC; RS/VS 705.1), les communes peuvent indiquer les objets particuli�rement dignes de protection dans leurs plans d'affectation des zones ou dans des inventaires. A d�faut, elles d�cident de cas en cas � l'int�rieur de la zone � b�tir.
L'art. 32 al. 1 RCCZ dispose que le conseil communal �labore les inventaires des sites et des objets dignes de protection. L'art. 42 RCCZ pr�cise que les inventaires d�signent les �l�ments caract�ristiques du paysage et des localit�s qui b�n�ficient d'une protection particuli�re, qu'ils sont �tablis par la commune en collaboration avec les services cantonaux sp�cialis�s, puis qu'ils sont mis � l'enqu�te publique et ensuite approuv�s par le Conseil d'Etat, et qu'ils lient les autorit�s et les particuliers. Enfin, selon l'art. 76 al. 1 RCCZ, la commune �tablit un inventaire des b�timents et ensembles caract�ristiques, au sens de l'art. 42; lors des demandes d'autorisation de transformer, de changer d'affectation ou de d�molir, le conseil municipal veillera � la sauvegarde et � la mise en valeur des �l�ments caract�ristiques par des directives, des d�rogations, des mesures d'encouragement et, au besoin, d'expropriation des b�timents.
3.3 Les recourants soutiennent que les dispositions pr�cit�es du RCCZ contraignent la commune de Monthey � �tablir un inventaire des sites dignes de protection. En adoptant ces dispositions, la commune de Monthey aurait en effet exclu de trancher "au cas par cas", contrairement aux consid�rations des juges cantonaux. Seul un inventaire permettrait une application correcte de l'art. 106 al. 2 RCCZ, selon lequel la zone de centre est destin�e � maintenir le caract�re existant de la veille ville, la protection, l'entretien et la r�novation des constructions existantes �tant encourag�s. De l'avis des recourants, une pes�e des int�r�ts entre ces deux objectifs exigerait en effet une appr�ciation de l'ensemble de la vieille ville et de sa valeur globale ainsi que de la valeur relative de chacun de ses �l�ments.
Les juges cantonaux ont relev� que la commune de Monthey n'avait toujours pas �labor� d'inventaire, mais que les autorit�s ne pouvaient pour autant se soustraire aux objectifs poursuivis par cet instrument; la r�alisation de ces objectifs pouvait, le cas �ch�ant, se faire dans des d�cisions au cas par cas, moyennant r�union des bases d'appr�ciation usuelles et consultation des services sp�cialis�s. Contrairement aux craintes des recourants, l'absence d'inventaire n'a pas emp�ch� les autorit�s de proc�der � une pes�e des int�r�ts. Mal fond�, le grief tir� d'une violation arbitraire du droit cantonal et communal doit �tre rejet�.
Les recourants all�guent que la d�molition des b�timents "Piotta" et "La Colonie" contreviendrait � l'art. 3 al. 1 et 3 de la loi f�d�rale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451). Ils font valoir que le Tribunal cantonal a fait une mauvaise interpr�tation du dossier en g�n�ral et de l'ISOS en particulier, en voulant � tout prix opposer la conservation du b�ti existant � la revitalisation du tissu urbain. Ils soulignent que les immeubles pr�cit�s forment un ensemble avec le ch�teau et sont un �l�ment important de l'aspect caract�ristique de la vieille ville de Monthey, comme l'ont relev� les experts mandat�s. Une �tude de d�tail aurait d� �tre initi�e pour examiner les possibilit�s de revitalisation du tissu en conservant les b�timents existants.
4.1 En vertu de l'art. 3 LPN, les autorit�s, services, instituts et �tablissements f�d�raux ainsi que les cantons doivent, dans l'accomplissement des t�ches de la Conf�d�ration, prendre soin de m�nager l'aspect caract�ristique du paysage et des localit�s, les sites �vocateurs du pass�, les curiosit�s naturelles et les monuments historiques et, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit� (al. 1). Ce devoir existe quelle que soit l'importance de l'objet (objet d'importance nationale ou d'importance r�gionale et locale); une mesure ne doit cependant pas aller au-del� de ce qu'exige la protection de l'objet et de ses environs (al. 3).
En l'occurrence, les b�timents "Piotta" et "La Colonie" ne figurent pas dans un inventaire f�d�ral d'objets d'importance nationale au sens de l'art. 5 LPN, pas plus que le ch�teau ou la vieille ville de Monthey. Une autorit� accomplissant une t�che de la Conf�d�ration n'aurait donc pas, a priori, � m�nager ou � conserver ces ouvrages conform�ment aux prescriptions de l'art. 6 LPN. Les autorit�s comp�tentes ne sont pas dispens�es pour autant de m�nager l'aspect caract�ristique du paysage et des localit�s et, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit�, conform�ment � l'art. 3 al. 1 LPN. Cette obligation existe ind�pendamment de l'importance de l'objet � prot�ger et de son inscription dans un inventaire. Elle n'est cependant pas absolue, mais doit s'exercer dans le respect du principe de la proportionnalit� (art. 3 al. 3 LPN). Elle implique en outre une pes�e des int�r�ts en pr�sence, qui tienne compte du but assign� � la mesure de protection et de l'atteinte qui lui est port�e (ATF 124 II 146 consid. 5a p. 157 et les r�f�rences cit�es).
4.2 Il ressort de l'arr�t attaqu� que la proposition contenue dans la fiche ISOS de 1979, visant la sauvegarde et la conservation int�grale du tissu existant dans le p�rim�tre du centre ville de Monthey, n'a pas �t� retenue par les autorit�s communales, que ce soit au stade de la planification (adoption du RCCZ) ou de l'analyse concr�te des projets de construction. Le Tribunal cantonal rel�ve par ailleurs que, selon cette fiche, le p�rim�tre d'ensemble du ch�teau souffrait d'une d�saffectation de sa substance, qu'une revitalisation du tissu, objectif primant m�me sur celui de sa sauvegarde, �tait n�cessaire au m�me titre qu'une �tude de d�tail sur l'utilisation du vide servant de parking (parcelles 62 et 63). Aucune caract�ristique particuli�re n'avait au demeurant �t� recens�e pour les immeubles "Piotta" et "La Colonie", si ce n'est leur participation au groupement li� au d�veloppement de l'habitat autour du ch�teau. L'expertise des architectes Dayer et Venetz, en 2003, indiquait que le maintien des b�timents d�montrerait la volont� politique de sauvegarder l'ensemble du patrimoine construit, alors qu'une d�molition, si elle entra�nait la perte d'un t�moin historique d'ores et d�j� perdu au milieu d'espaces libres, permettrait une am�lioration sensible de la qualit� du quartier dans le respect et le souvenir d'un d�veloppement plusieurs fois centenaire, en offrant l'occasion d'�tudier les vestiges �ventuels et de documenter les �tapes de construction. Le rapport d'expertise historique Bezat, joint � cette expertise, n'apportait aucun �l�ment d�cisif sur la valeur de ces deux b�timents. L'Office f�d�ral de la culture avait certes pr�avis� n�gativement la d�molition des b�timents, en 2004, relevant que le projet portait un pr�judice important au ch�teau, sans toutefois indiquer qu'il s'agissait d'immeubles ayant une valeur propre particuli�re. D'un autre c�t�, la municipalit� de Monthey indique que le projet ne portera pas pr�judice au ch�teau, mais qu'il le remettra en valeur en lui redonnant toute sa place et son espace dans ce quartier, aujourd'hui �triqu� et d�labr�; le projet avait pour but de privil�gier un habitat de meilleure qualit� � cet endroit et de recr�er un alignement qui avait disparu apr�s la disparition d'autres immeubles. Enfin, le service cantonal des b�timents, monuments et arch�ologie, ainsi que la commission cantonale, organes compos�s de sp�cialistes des questions li�es � l'appr�ciation des sites et � l'int�gration des projets de construction, ont estim� que la d�molition des immeubles "Piotta" et "La Colonie" �tait admissible, la valeur d'ensemble du quartier n'�tant plus homog�ne depuis la disparition des b�timents voisins.
4.3 Au vu de ce qui pr�c�de, et compte tenu de la retenue dont le Tribunal f�d�ral doit faire preuve dans les questions mettant en cause l'appr�ciation de circonstances locales (cf. ATF 129 I 337 consid. 4.1 p. 344 et les arr�ts cit�s), les juges cantonaux n'ont pas viol� le droit f�d�ral en consid�rant que les immeubles en cause ne pr�sentaient pas de valeur devant conduire � leur maintien et que leur d�molition pouvait d�s lors �tre autoris�e. Le grief appara�t par cons�quent mal fond� et doit �tre �cart�.
Les recourants d�noncent enfin une violation de la norme et de la directive de protection incendie de l'Association des �tablissements cantonaux d'assurance incendie (AEAI). Ils estiment que les distances de s�curit� devraient �tre augment�es, dans la mesure o� la dimension et la forme des parcelles permettent parfaitement l'implantation d'un immeuble d'habitation respectant les distances prescrites.
5.1 Selon l'art. 26 de la norme AEAI, sont consid�r�es comme distances de s�curit� entre les b�timents la distance prescrite par le droit de la construction ainsi que, chaque fois que cela est n�cessaire, la distance minimale pour garantir une protection incendie suffisante. La distance de s�curit� doit �tre fix�e de mani�re � �viter la mise en danger r�ciproque des b�timents, ouvrages et installation par propagation d'un incendie. Lorsque les distances exig�es par le droit de la construction sont insuffisantes mais ne peuvent pas �tre augment�es, il faut prendre des mesures qui emp�chent la propagation d'un incendie (art. 28). Ces r�gles g�n�rales sont pr�cis�es dans la directive au ch. 2. Le ch. 2.3 al. 2 et 4 a la teneur suivante:
2 Pour autant que la l�gislation en mati�re de construction n'en exige pas d'autres plus grandes, les distances de s�curit� suivantes doivent �tre respect�es pour la protection incendie:
a 10 m lorsque les deux parois ext�rieures qui se font face pr�sentent une surface combustible;
b 7,5 m lorsque l'une des parois ext�rieures pr�sente une surface combustible et l'autre une surface incombustible;
c 5 m lorsque les deux parois ext�rieures pr�sentent une surface incombustible.
4 Lorsque les distances exig�es par le droit de la construction sont insuffisantes mais qu'elles ne peuvent pas �tre augment�es, il faut prendre des mesures qui emp�chent la propagation d'un incendie.
A cet �gard, le ch. 2.5 pr�cise que si les distances de s�curit� requises ne sont pas atteintes, les exigences en mati�re de combustibilit� et de r�sistance au feu seront accrues pour les parois ext�rieures se faisant face.
Selon la jurisprudence, la norme AEAI est directement applicable � titre de droit intercantonal et l'emporte sur le droit cantonal qui lui serait contraire (arr�t 1C_303/2010 du 28 septembre 2010). Elle doit toutefois �tre appliqu�e dans le respect des droits constitutionnels, notamment du principe d'�galit� de traitement. La jurisprudence consid�re que les distances de s�curit� entre b�timents doivent en principe aussi �tre observ�es pour des b�timents situ�s de part et d'autre d'une route. Toutefois, le fait que ces distances ne peuvent �tre respect�es dans un cas particulier, ne signifie pas qu'il est impossible de b�tir. La directive de protection incendie relative aux distances de s�curit� pr�voit, conform�ment � l'art. 28 de la norme, des mesures compensatoires telles que des exigences accrues en mati�re de combustibilit� et de r�sistance au feu (arr�t 1C_441/2010 du 8 f�vrier 2011 consid. 4.1).
5.2 En l'esp�ce, il n'est pas contest� que les nouveaux b�timents projet�s, dont l'implantation est pr�vue sur l'alignement et en contigu�t�, ne respectent pas les distances de s�curit� de la norme et de la directive AEIE. Il sied de rappeler � cet �gard que les distances insuffisantes, d�j� invoqu�es � l'�poque par les recourants, n'ont pas fait obstacle au plan d'alignement de l'�lot du Ch�telet, qui a �t� confirm� par le Tribunal f�d�ral dans l'arr�t 1C_441/2010; des mesures compensatoires permettent en effet dans ces cas de b�tir avec des exigences accrues en mati�re de combustibilit� et de r�sistance au feu. Avec le Tribunal cantonal, on doit convenir que le respect absolu des distances pr�vues par la directive AEIE est impraticable dans presque tous les quartiers des centres urbains ou villageois d'�poque, caract�ris�s par une certaine densit� des b�timents, car cela reviendrait � condamner de facto tout nouveau projet de construction dans ces p�rim�tres. En l'occurrence, au vu de la configuration particuli�re des lieux, les distances exig�es par le droit de la construction ne sauraient raisonnablement �tre augment�es; cela vaut d'autant plus que l'on ne peut exiger des constructeurs qu'ils r�duisent la surface de leur projet ou reculent leur propre fa�ade pour combler le d�ficit de la distance de s�curit� (cf. arr�t 1C_303/2010 consid. 2.4 et 2.7) surtout lorsque, comme en l'esp�ce, le projet est conforme au plan d'alignement urbain. Une d�rogation est d�s lors possible, � condition que des mesures compensatoires soient impos�es, conform�ment au ch. 2.5 de la directive AEAI.
Sur la base du pr�avis de l'office cantonal du feu, la commission cantonale a ainsi assorti l'autorisation de construire de mesures compensatoires de protection incendie. Celles-ci ne sont pas critiqu�es par les recourants et semblent adapt�es � la configuration des lieux, telle qu'elle ressort des plans figurant au dossier. Dans ces conditions, il appara�t que le projet litigieux, qui, d�rogeant aux distances de s�curit�, pr�voit des mesures compensatoires, ne contrevient pas aux prescriptions de l'AEIE en mati�re de protection incendie.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours, aux frais des recourants qui succombent (art. 65 et 66 al. 1 et 5 LTF). Ceux-ci verseront en outre une indemnit� de d�pens � l'intim� qui obtient gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 al. 2 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties, � la Commune de Monthey, au Conseil d'Etat et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public.