Source: http://scorebet360.com/internet-en-danger-avec-l-article-13.html
Timestamp: 2019-01-17 01:11:22+00:00
Document Index: 80079817

Matched Legal Cases: ["l'article 13", "l'article 11", "l'article 13", "l'article 13", "l'article 13", "l'article 13"]

﻿ L'article 13, la fin d'Internet tel que nous le connaissons ?
Depuis plusieurs mois, YouTube semble avoir sorti le grand jeu : le réseau assène l'ensemble de ses utilisateurs d'annonces choc sur un certain « article 13 », au moyen de publicités intrigantes et de publications coup de poing. Un cri d'autant plus inquiétant que les prises de position n'ont jamais été l'apanage du plus grand média social d'hébergement vidéo. C'est donc légitimement qu'on peut se poser cette question : qu'est-ce que l'article 13, au juste ? Et pourquoi celui-ci semble-t-il tant alarmer la communauté du web ? Que contient-t-il donc de si terrible pour faire trembler jusqu'au tout-puissant Google ?
Tout est parti d'une réforme des droits d'auteur, en débat au Parlement Européen depuis quelques mois déjà. À l'origine, le texte est présenté par Bruxelles comme résultant d'une volonté d'améliorer la protection des droits d'auteur, d'adapter cette dernière au nouveau monde, très mouvant, du numérique, véritable porte ouverte à toutes les possibilités, mais aussi à toutes les déviances en matière de création. Une intention louable, à première vue. Mais il n'a pas fallu attendre longtemps pour que la nouvelle se répande, et qu'on pointe du doigt les nombreux points noirs de la proposition européenne.
Car celle-ci contient en effet deux dispositions particulièrement inquiétantes : l'article 11, d'une part, qui prévoit que les éditeurs de presse puissent être rémunérés à chaque fois que l'un de leurs articles serait partagé, copié ou repris par un organisme tiers. Cet article porterait un coup très dur à des sites tels que Wikipédia, notamment, car il serait dorénavant impossible de citer un article de presse sans devoir demander systématiquement la permission à ses ayants-droits, ces derniers étant en droit de réclamer une compensation financière en échange de toute citation.
Vient ensuite l'article 13, et c'est sans doute lui qui terrorise le plus les internautes. Car celui-ci forcerait les plateformes d'hébergement, telles que YouTube ou Dailymotion, à filtrer systématiquement l'ensemble de leurs contenus afin de bloquer, de manière préventive, toute vidéo qui reprendrait tout ou partie d'une œuvre protégée. Jusque-là, on le sait, YouTube se contentait simplement de démonétiser les vidéos violant les droits d'auteur des Majors du disque ou du cinéma, et ceci au moyen d'un robot déjà maintes fois décrié, dénommé Content ID.
Ainsi, l'emploi d'une bande sonore mondialement connue en guise de fond sonore par votre YouTubeur préféré condamnerait la vidéo à être enterrée avant même toute publication. Une véritable censure, qui mettrait un frein à tout élan de créativité de la part des auteurs, et empêcherait désormais toute possibilité de reprise, même humoristique – en d'autres termes, ce serait, entre autres, la fin des parodies telles que nous les connaissons.
Face à ce que beaucoup considèrent comme la fin de l'internet tel que nous le connaissons, et, plus particulièrement, de la créativité qui s'exprimait jusqu'alors sur les hébergeurs (avec une forte communauté de créateurs tels que Cyprien, Norman, Joueur du Grenier, Squeezie...), de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les dérives de l'article 13.
En chef de file, YouTube, qui a mené une campagne publicitaire savamment orchestrée, appelant les internautes à se mobiliser contre l'article 13, avant que le Parlement ne finalise le projet. De nombreux YouTubeurs célèbres ont également posté des vidéos, dans lesquelles ils expliquaient à leurs abonnés pourquoi l'article 13 leur paraissait dangereux, et comment il achèverait l'ensemble de leur travail. La campagne #saveyourinternet, lancée par Google, a fini par lever une certaine indignation parmi les internautes, qui ne cessent, depuis plusieurs mois, de raviver la polémique.
Une polémique d'autant plus complexe que YouTube est d'ores et déjà accusée d'agir dans son propre intérêt, dans une obscure guerre de lobbys où s'opposent géants du numérique et colosses du cinéma et de la musique. YouTube serait en effet le grand perdant de l'affaire, car il serait forcé de mettre en œuvre des moyens gigantesques pour analyser en temps réel l'ensemble du contenu publié sur sa plateforme.
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Et cette fin, c'est pour bientôt ?
Toujours est-il que le texte en toujours en cours de discussion au Parlement Européen. Difficile de dire quelle tournure prendront les choses, car beaucoup de zones d'ombres restent encore à éclaircir, notamment la façon dont les prérogatives du texte seraient mises en application. Rendez-vous est donné dans quelques mois. En attendant, difficile de ne pas encourager à la mobilisation face à une disposition européenne prise par des élus complètement déconnectés, comme trop souvent, de la réalité d'internet ; une disposition prise à l'encontre de l'ensemble de ses utilisateurs, et teintée d'une injustice qui passe difficilement en ces temps de censure.