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Timestamp: 2016-10-26 15:29:47+00:00
Document Index: 288953650

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 172', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 229', 'art. 272', 'art. 229', 'art. 232', 'art. 229', 'ATF ', 'art. 317', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 150', 'art. 106', 'art. 97', 'art. 150', 'art. 125', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 163', 'art. 125', 'in fine', 'art. 106', 'art. 163', 'art. 29', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66']

5A_445/2014 (28.08.2014)
5A_445/2014 � � Arr�t du 28 ao�t 2014
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 1er avril 2014.
A.X.________, n� en 1956, et B.X.________ n�e en 1961, se sont mari�s le 30 mars 1990. Deux enfants, actuellement majeurs, sont issus de leur union: C.________, n�e en 1990, et D.________, n�e en 1992.
Le 29 ao�t 2013, l'�pouse a requis des mesures protectrices de l'union conjugale. A l'issue de l'audience du 15 novembre 2013, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a fix� aux parties un d�lai au 16 d�cembre suivant pour d�poser des d�terminations valant plaidoiries.
Par prononc� du 13 janvier 2014, ce magistrat a astreint le mari � verser � l'�pouse, d�s le 1er septembre 2013, une contribution d'entretien d'un montant de 3'800 fr. par mois, et dit que celui-ci continuerait � prendre � sa charge la moiti� des frais extraordinaires de la villa conjugale copropri�t� des conjoints. Pour fixer la pension, cette magistrate a appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Constatant que le mari n'avait pas rendu vraisemblable qu'une partie de son solde disponible, qui s'�levait � 6'878 fr. 10, faisait l'objet d'une �pargne, elle a consid�r� qu'il se justifiait qu'il couvre le d�ficit de l'�pouse et que l'exc�dent soit r�parti par moiti� entre les parties.
Par arr�t du 1er avril 2014, notifi� le 23 avril suivant, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejet� l'appel form� par le mari et confirm� le prononc� du 13 janvier 2014.
Par acte du 26 mai 2014, le mari exerce un recours en mati�re civile contre l'arr�t pr�cit�. Il conclut, principalement, � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de continuer � payer les charges hypoth�caires de l'ancien domicile conjugal, � ce qu'il y soit condamn� en tant que de besoin, � ce que le canton de Vaud soit condamn� en tous les frais de l'instance f�d�rale, lesquels comprendront une �quitable indemnit� � titre de participation aux honoraires de son avocat, et � ce que tout opposant soit d�bout� de toute autre ou contraire conclusion. Subsidiairement, il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu�, au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants, � ce que le canton de Vaud soit condamn� en tous les frais de l'instance f�d�rale, lesquels comprendront une �quitable indemnit� � titre de participation aux honoraires de son avocat, et � ce que tout opposant soit d�bout� de toute autre ou contraire conclusion.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4) prise en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par l'autorit� sup�rieure du canton statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 et 4, 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
1.2.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur le prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 � 179 CC), soit de mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 134 III 667 consid. 1.1; 133 III 393 consid. 5), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e. Il n'examine en outre les griefs de violation de tels droits que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2; 134 I 83 consid. 3.2). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 139 II 404 consid. 10.1).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t d�f�r� que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 393 consid. 7.1, 585 consid. 4.1).
1.4.�Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort du litige. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme en l'esp�ce, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3; 127 III 474 consid. 2b/bb).
1.5.�D'apr�s la jurisprudence, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 140 III 16 consid. 2).
Le recourant reproche au juge cantonal d'avoir refus�, sans justification, de prendre en consid�ration les pi�ces produites � l'appui de son appel. Il se plaint sur ce point d'une violation de son droit � la preuve (art. 29 al. 2 Cst.), d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits ainsi que d'application arbitraire de l'art. 317 al. 1 CPC.
2.1.�Selon l'art. 317 al. 1 CPC, un moyen de preuve nouveau n'est pris en compte au stade de l'appel que s'il est produit sans retard (let. a) et ne pouvait l'�tre devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Pour les pseudo�
nova, il appartient au plaideur qui entend les invoquer devant l'instance d'appel de d�montrer qu'il a fait preuve de la diligence requise, ce qui implique notamment d'exposer pr�cis�ment les raisons pour lesquelles le moyen de preuve n'a pas pu �tre produit en premi�re instance. Dans le syst�me du CPC, tous les faits et moyens de preuve doivent en principe �tre apport�s dans la proc�dure de premi�re instance; la diligence requise suppose donc qu'� ce stade, chaque partie expose l'�tat de fait de mani�re soigneuse et compl�te et qu'elle am�ne tous les �l�ments propres � �tablir les faits jug�s importants (arr�ts 5A_739/2012 du 17 mai 2013 consid. 9.2.2; 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 consid. 3.1). S'agissant d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, soumise � la maxime inquisitoire, le tribunal de premi�re instance admet les faits et moyens de preuve nouveaux jusqu'aux d�lib�rations (art. 229 al. 3 CPC en lien avec l'art. 272 CPC; Naegeli/Mayhall, in Oberhammer/Domej/Haas [Hrsg.], Kurzkommentar zur ZPO, 2e �d. 2014, n. 19 ad art. 229 CPC). Ni le texte l�gal ni les travaux pr�paratoires ne pr�cisent ce qu'il faut entendre par �jusqu'aux d�lib�rations�. Pour les juridictions fonctionnant avec un juge unique, la d�lib�ration correspond en r�alit� au moment de la prise de d�cision, activit� purement intellectuelle et qui ne s'ext�riorise d'aucune mani�re. Dans ce cas, la phase de prise de d�cision commence d�s la cl�ture des d�bats principaux, soit la fin des plaidoiries orales, lorsqu'il y en a, ou l'�ch�ance du d�lai, le cas �ch�ant prolong�, pour d�poser des plaidoiries �crites selon l'art. 232 al. 2 CPC (Denis Tappy, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n. 27 ad art. 229 CPC; Fran�ois Chaix, L'apport des faits au proc�s, in Proc�dure civile suisse, Fran�ois Bohnet [�d.], 2010, n. 46 p. 132; cf. ATF 138 III 788 consid. 4.2; arr�t 5A_22/2014 du 13 mai 2014).
2.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a notamment consid�r� que, parmi les �l�ments nouveaux invoqu�s par le mari, les mouvements de compte mentionn�s dans le d�compte d'int�r�ts au 31 d�cembre 2013 relatif � la maison familiale (pi�ce 103) ainsi que les int�r�ts hypoth�caires dus pour le chalet des �poux (pi�ce 107) auraient pu �tre all�gu�s en premi�re instance. En outre, le contrat de pr�t hypoth�caire du 15 d�cembre 2013 relatif au chalet (pi�ce 106) aurait pu �tre produit ant�rieurement au prononc� du 13 janvier 2014. Ces pi�ces ne pouvaient d�s lors �tre prises en consid�ration.
Les d�bits indiqu�s dans la pi�ce 103 sont dat�s des 29 mars 2013 (2'170 fr.), 28 juin 2013 (2'058 fr.), 30 septembre 2013 (2'016 fr.) et 31 d�cembre 2013 (1'960 fr.). Le recourant soutient que seul ce dernier montant ne figurait pas dans le d�compte produit le 13 novembre 2013, cette �ch�ance hypoth�caire �tant post�rieure � la cl�ture des d�bats de premi�re instance. Il n'expose cependant pas pour quelle raison il aurait �t� emp�ch� d'all�guer, � tout le moins dans son proc�d� �crit du 16 d�cembre 2013- soit dans le d�lai fix� aux parties par le juge de premi�re instance pour d�poser des d�terminations valant plaidoiries -, qu'il y avait lieu de tenir compte d'une baisse des int�r�ts hypoth�caires en question pour les mois d'octobre, novembre et d�cembre 2013, ni pourquoi il n'a pas demand� un d�lai pour produire des pi�ces � ce sujet. Le Juge d�l�gu� ne peut d�s lors se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire sur ce point. Au demeurant, le montant des int�r�ts litigieux variant de trimestre en trimestre, comme l'indique le recourant, il n'�tait de toute fa�on pas insoutenable de consid�rer, � l'instar de l'autorit� cantonale, qu'il n'y avait pas lieu de revenir, au stade des mesures protectrices, sur le montant calcul� de mani�re fid�le aux pi�ces dont disposait le premier juge, montant qui �tait au demeurant tr�s proche de celui invoqu� par le mari.
Quant aux int�r�ts hypoth�caires dus pour le chalet, le recourant affirme que leur montant ne lui �tait pas connu avant le dernier �change d'�critures des parties, fix� au 16 d�cembre 2013, le contrat de pr�t relatif � cet immeuble (pi�ce 106) ayant �t� conclu la veille et le �cr�dit-facture� attestant dudit montant (pi�ce 107) datant du 31 d�cembre 2013. A supposer qu'il n'ait pas encore eu connaissance de la somme exacte qui devrait �tre pay�e � ce titre, il ne pouvait cependant ignorer, au plus tard le 16 d�cembre 2013 - le contrat y relatif �tant dat� du 15 d�cembre pr�c�dent - l'existence m�me de cette charge. Or, quand bien m�me il ne disposait pas encore de toutes les pi�ces n�cessaires pour �tayer son all�gation, la diligence commandait d'invoquer ladite charge devant la Pr�sidente du Tribunal d'arrondissement, ce que le recourant ne pr�tend pas avoir fait. Il ne ressort d'ailleurs ni de l'arr�t d�f�r�, ni du prononc� de premi�re instance qu'une telle all�gation ait �t� formul�e.
On ne saurait ainsi reprocher au Juge d�l�gu� d'avoir appliqu� l'art. 317 al. 1 CPC de mani�re insoutenable en estimant qu'il n'y avait pas lieu de prendre les pi�ces litigieuses en consid�ration. Le sort de ce grief scelle �galement, et dans le m�me sens, celui de la violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), qui se r�v�le mal fond�. Le magistrat pr�c�dent n'avait donc pas � appr�cier le contenu de ces pi�ces et, contrairement � ce que soutient le recourant, il ne pouvait � cet �gard faire preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.).
3.1.�L'autorit� cantonale aurait de surcro�t arbitrairement appr�ci� les preuves et �tabli les faits en retenant, d'une part, que l'intim�e n'�tait pas en mesure de travailler � un taux sup�rieur � 60% pour des raisons de sant� et, d'autre part, que les conjoints ne r�alisaient pas d'�conomies durant la vie commune, alors qu'ils sont copropri�taires d'une villa et d'un chalet. Le recourant invoque aussi sur ce point la violation des art. 150 al. 1 et 151 CPC.
3.2.�Selon l'arr�t attaqu�, l'�pouse, qui est hygi�niste dentaire, travaille � un taux de 60%, soit deux jours par semaine en qualit� d'ind�pendante et un jour par semaine en tant que salari�e. Il ressort en outre de la d�cision querell�e que l'intim�e a d�clar� qu'elle n'�tait pas en mesure d'augmenter son temps de travail en raison de probl�mes de sant�, qui l'auraient �galement oblig�e � recourir aux services d'un jardinier pour l'entretien du jardin de la maison familiale. La cour cantonale a consid�r� que cet �l�ment de fait avait �t� rendu vraisemblable et qu'on ne pouvait exiger d'elle, au stade des mesures protectrices de l'union conjugale, qu'elle augmente son taux d'activit�. Le recourant le conteste. Il soutient que l'intim�e n'a jamais all�gu�, ni�
a fortiori�rendu vraisemblable, que des probl�mes de sant� l'emp�chaient de travailler davantage. Ce faisant, il ne d�montre pas, conform�ment aux exigences de motivation d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra, consid. 1.2), qu'il serait insoutenable, en l'�tat, de ne pas obliger l'�pouse � augmenter son temps de travail, compte tenu de la dur�e de la vie commune et de l'�ge de l'intim�e au moment de la s�paration. Quant � la constatation relative � l'absence d'�pargne des parties, son incidence n'est pas celle que le recourant lui conf�re (cf. infra, consid. 5.2), en sorte que la critique est irrecevable (art. 97 al. 1 LTF). Les art. 150 al. 1 et 151 CPC n'apparaissent donc pas non plus viol�s.
Le recourant se plaint encore d'arbitraire dans l'application des art. 125 et 163 CC. Il soutient que, selon la jurisprudence, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce doivent �tre pris en consid�ration lorsque, comme dans le cas particulier, le lien conjugal est irr�m�diablement rompu. Par cons�quent, la situation aurait d� �tre examin�e � la lumi�re du principe du�
clean break.�Il estime que le juge pr�c�dent a consid�r� � tort qu'on ne pouvait exiger de l'intim�e qu'elle augmente son temps de travail au motif qu'elle aurait des probl�mes de sant� et compte tenu du stade de la proc�dure.
4.1.�M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). Tant que dure le mariage, les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facult�s (art. 163 al. 2 CC), aux frais suppl�mentaires engendr�s par l'existence parall�le de deux m�nages. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties, le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constituant la limite sup�rieure du droit � l'entretien. Il s'agit d'un principe g�n�ral qui s'applique ind�pendamment de la m�thode de fixation de la pension (m�thode fond�e sur les d�penses effectives; m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent [sur la distinction entre ces deux m�thodes: cf. infra, consid. 5.1]). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1; 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b et les r�f�rences; arr�ts 5A_15/2014 du 28 juillet 2014; 5A_36/2014 du 9 juillet 2014 consid. 4.1 et les r�f�rences).
Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune, afin de l'adapter � ces faits nouveaux. C'est dans ce sens qu'il y a lieu de comprendre la jurisprudence consacr�e dans l'arr�t paru aux ATF 128 III 65, qui admet que le juge doit prendre en consid�ration, dans le cadre de l'art. 163 CC, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce (art. 125 CC) pour statuer sur la contribution d'entretien et, en particulier, sur la question de la reprise ou de l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; arr�ts 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.2; 5A_807/2011 du 16 avril 2012 consid. 6.3.1; cf. aussi: arr�ts 5A_304/2013 du 1er novembre 2013 consid. 4.1, publi� in SJ 2014 I 245; 5A_122/2011 du 9 juin 2011 consid. 4). Ainsi, l'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'arr�t paru aux ATF 128 III 65).
4.2.�Compte tenu de ces principes, l'argumentation du recourant est infond�e s'agissant, en l'esp�ce, d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale et non de divorce (arr�ts 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 5; 5A_304/2013 du 1er novembre 2013 consid. 4.2; 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.3). Lorsque la jurisprudence susmentionn�e pr�cise qu'il faut tenir compte, dans le cadre de l'art. 163 CC, des crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce pour statuer sur la contribution d'entretien, il ne s'agit pas d'appliquer en tant que tels les crit�res de l'art. 125 CC dans la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, mais bien d'examiner, lorsque la reprise de la vie commune n'est plus envisageable, dans quelle mesure on peut exiger du conjoint d�sormais d�charg� de la tenue du m�nage qu'il mette � profit son temps disponible pour prendre une activit� lucrative ou augmenter son temps de travail de la m�me mani�re qu'on aurait pu l'exiger de lui dans la proc�dure au fond. En l'occurrence, l'autorit� cantonale a proc�d� � cet examen, consid�rant toutefois, sans que le recourant n'ait d�montr� d'arbitraire � ce sujet (cf. supra, consid. 3), qu'on ne pouvait, en l'�tat, imputer � l'�pouse un revenu sup�rieur � celui qu'elle r�alisait. Cette opinion repose sur l'art. 163 al. 1 CC et non sur l'art. 125 CC, d�s lors qu'il s'agissait de d�finir la participation de l'�pouse, selon ses facult�s, � l'augmentation des charges inh�rentes � la tenue de deux m�nages distincts et, par cons�quent, sa contribution � l'entretien convenable de la famille. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, le principe du�
clean break�ne joue, en tant que tel, pas de r�le dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale (cf. pour les mesures provisionnelles de divorce: arr�ts 5A_15/2014 du 28 juillet 2014 consid. 5.3; 5A_860/2013 du 29 janvier 2014 consid. 6 in fine; 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.3). Au demeurant, le recourant ne pr�tend pas que le train de vie du couple ne pourrait �tre maintenu ensuite de la s�paration des parties; il ne soutient pas non plus que la contribution d'entretien de 3'800 fr. due � l'�pouse, ajout�e au revenu de 4'665 fr. 40 retenu pour cette derni�re, lui offrirait un train de vie sup�rieur � celui que les conjoints menaient durant la vie commune, lequel ne r�sulte de surcro�t pas des constatations de fait de l'arr�t attaqu�. Il n'y a donc pas lieu d'examiner ces questions (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra, consid. 1.2).
Le recourant reproche aussi au Juge d�l�gu� d'avoir arbitrairement appliqu� les art. 163 et 125 CC en utilisant la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent, consid�rant � tort que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies. Le raisonnement de l'autorit� cantonale reposerait au surplus sur une motivation insuffisante, ce qui violerait son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.).
5.1.�En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il convient plut�t de se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (arr�ts 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Le principe de l'�galit� de traitement des �poux en cas de vie s�par�e ne doit en effet pas conduire � ce que, par le biais d'un partage du revenu global, se produise un d�placement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 121 I 97 consid. 3b; 114 II 26 consid. 8). Il est toutefois admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses concr�tes lorsque les �poux d�pensaient l'entier de leurs revenus, ce qui est le cas lorsqu'il est �tabli qu'ils ne r�alisaient pas d'�conomies, lorsque le d�birentier ne d�montre pas que les conjoints ont r�ellement fait des �conomies ou encore lorsqu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant (ATF 134 III 145 consid. 4; 119 II 314 consid. 4b). En effet, dans ce cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es � chacune des parties (arr�ts 5A_323/2012 du 8 ao�t 2012 consid. 5.1, non publi� aux ATF 138 III 672; 5A_63/2012 du 20 juin 2012 consid. 6.1; 5A_860/2011 du 11 juin 2012 consid. 5.1; cf. pour une contribution apr�s divorce: ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
5.2.�Dans une argumentation essentiellement appellatoire, le recourant se borne � affirmer qu'il est exclu de consid�rer qu'aucune �conomie n'a �t� rendue vraisemblable, d�s lors que les parties sont copropri�taires d'une villa et d'un chalet. Il ne pr�cise toutefois pas le montant des fonds, provenant de l'�pargne des �poux, qui auraient �t� investis dans ces immeubles. En admettant que tel ait �t� le cas avant, il ne pr�tend pas non plus que les parties continueraient d'�pargner depuis la s�paration, nonobstant l'augmentation des frais li�s � l'existence de deux m�nages distincts. Dans ces conditions, il ne d�montre pas que l'application de la m�thode du minimum vital permettrait � l'�pouse de b�n�ficier d'un niveau de vie sup�rieur � celui men� par le couple durant la vie commune ni, partant, qu'elle anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (cf. arr�ts 5A_323/2012 du 8 ao�t 2012 consid. 5.3, non publi� in ATF 138 III 672; 5A_63/2012 du 20 juin 2012 consid. 6.3). On ne discerne pas non plus en quoi le droit � une d�cision motiv�e aurait �t� viol�. Autant qu'il est recevable, le grief est par cons�quent infond�.
En conclusion, le recours appara�t mal fond� et doit par cons�quent �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Le recourant, qui succombe, supportera d�s lors les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre.
Lausanne, le 28 ao�t 2014
von Werdt�������Mairot