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Timestamp: 2017-04-27 11:53:27+00:00
Document Index: 29898862

Matched Legal Cases: ["l'article 19", "l'article 19", "l'article 21", "l'article 23", "l'article 19", "l'article 19", "l'article 19", "l'article 19", "l'article 19", "l'article 19", "l'article 11"]

SÉNAT JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE SESSION ORDINAIRE DE - PDF
1 Année N o 78 S. (C.R.) ISSN X Vendredi 26 juin 2015 SÉNAT JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE SESSION ORDINAIRE DE COMPTE RENDU INTÉGRAL Séance du jeudi 25 juin 2015 (123 e jour de séance de la session)2 6824 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 SOMMAIRE PRÉSIDENCE DE MME JACQUELINE GOURAULT Secrétaires : M. Serge Larcher, Mme Colette Mélot. 1. Procès-verbal (p. 6827) 2. Prise d effet de nominations à une commission mixte paritaire (p. 6827) 3. Candidatures à deux éventuelles commissions mixtes paritaires (p. 6827) 4. Renvoi pour avis unique (p. 6827) 5. Conventions internationales. Adoption en procédure d examen simplifié de deux conventions internationales dans les textes de la commission (p. 6827) Accord France-Géorgie relatif au séjour et à la migration circulaire de professionnels (p. 6827) M. Alain Gournac Adoption de l article unique du projet de loi dans le texte de la commission. (p. 6828) Convention internationale de Nairobi sur l enlèvement des épaves. Adoption définitive de l article unique du projet de loi dans le texte de la commission. (p. 6828) 6. Dialogue social et emploi Suite de la discussion en procédure accélérée d un projet de loi dans le texte de la commission (p. 6828) Article additionnel après l article 19 quater (p. 6828) Amendement n o 28 rectifié de M. Olivier Cadic. Non soutenu. Article 19 quinquies Adoption. (p. 6828) Article 19 sexies (p. 6828) Amendement n o 260 de M. Dominique Watrin. Rejet. Amendement n o 29 rectifié de M. Olivier Cadic. Rejet. Adoption de l article. Articles additionnels après l'article 19 sexies (p. 6829) Amendement n o 30 rectifié de M. Olivier Cadic. Retrait. Amendement n o 31 rectifié de M. Olivier Cadic. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Article 19 septies Adoption. (p. 6830) Articles additionnels après l'article 19 septies (p. 6830) Amendement n o 32 rectifié de M. Olivier Cadic. Retrait. Amendement n o 34 rectifié de M. Olivier Cadic. Retrait. Amendement n o 35 rectifié de M. Olivier Cadic. Retrait. Amendement n o 36 rectifié de M. Olivier Cadic. Retrait. Article 19 octies (supprimé) (p. 6831) Amendement n o 50 rectifié de Mme Marie-Noëlle Lienemann. Non soutenu. L article demeure supprimé. Article 20 (p. 6831) Mme Catherine Morin-Desailly Mme Brigitte Gonthier-Maurin Amendement n o 173 rectifié de M. Gérard Bailly. Retrait. Amendement n o 276 du Gouvernement. Rejet. Amendement n o 261 de M. Pierre Laurent. Rejet. Amendements identiques n os 53 de Mme Marie-Christine Blandin et 263 de M. Pierre Laurent. Rejet des deux amendements. Amendements identiques n os 54 rectifié de Mme Marie- Christine Blandin et 264 rectifié de M. Pierre Laurent. Adoption des deux amendements. Amendement n o 111 rectifié de Mme Maryvonne Blondin. Devenu sans objet. Amendement n o 55 de Mme Marie-Christine Blandin. Retrait. Amendement n o 262 de M. Pierre Laurent. Rejet. Amendement n o 265 de M. Pierre Laurent. Retrait. Amendement n o 266 de M. Pierre Laurent. Rejet. Amendement n o 56 de Mme Marie-Christine Blandin. Adoption. Amendements identiques n os 112 rectifié de Mme Maryvonne Blondin et 267 de M. Pierre Laurent. Devenus sans objet. Amendement n o 113 rectifié de Mme Maryvonne Blondin. Rejet. Adoption de l article modifié.3 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN Articles additionnels après l article 20 (p. 6845) Amendement n o 114 rectifié de Mme Maryvonne Blondin. Rejet. Amendement n o 174 rectifié de M. Gérard Bailly. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Article 20 bis (p. 6846) Amendement n o 324 de la commission. Adoption. Adoption de l article modifié. Article 20 ter Adoption. (p. 6847) Article 20 quater (p. 6847) Amendement n o 325 de la commission. Adoption. Adoption de l article modifié. Article 21 (p. 6848) Amendements identiques n os 46 rectifié de M. Claude Kern et 287 rectifié ter de M. Jean-Baptiste Lemoyne. Adoption, par scrutin public, des deux amendements supprimant l article. Amendement n o 37 rectifié de M. Olivier Cadic. Devenu sans objet. Amendement n o 268 de M. Dominique Watrin. Devenu sans objet. Article additionnel après l'article 21 (p. 6850) Amendement n o 175 rectifié bis de Mme Pascale Gruny. Rejet. Mme Annie David Article 22 (p. 6851) Amendement n o 115 rectifié de Mme Patricia Schillinger. Adoption. Amendement n o 116 de Mme Patricia Schillinger. Adoption. Adoption de l article modifié. Article additionnel après l article 22 (p. 6854) Amendement n o 335 rectifié du Gouvernement. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Articles 22 bis et 23 Adoption. (p. 6856) Articles additionnels après l article 23 (p. 6856) Amendement n o 38 rectifié de M. Olivier Cadic. Non soutenu. Amendement n o 39 rectifié de M. Olivier Cadic. Non soutenu. Article 23 bis (p. 6856) Amendement n o 61 de M. Jean Desessard. Adoption. Adoption de l article modifié. Article 23 ter (p. 6857) Amendement n o 62 de M. Jean Desessard. Adoption. Adoption de l article modifié. Article 23 quater (p. 6858) Amendement n o 178 rectifié de M. Jean-Marc Gabouty. Non soutenu. Mme Marie-Noëlle Lienemann M. Dominique Watrin Adoption de l article. Articles additionnels après l article 23 quater (p. 6860) Amendement n o 2 rectifié de M. André Reichardt. Retrait. Amendement n o 64 de M. Jean Desessard. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Amendement n o 63 de M. Jean Desessard. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Mme Bariza Khiari Article 23 quinquies (p. 6863) Amendement n o 51 rectifié de Mme Marie-Noëlle Lienemann. Rejet. Amendement n o 179 de Mme Aline Archimbaud. Non soutenu. Amendement n o 269 de M. Dominique Watrin. Rejet. Amendement n o 180 de Mme Aline Archimbaud. Non soutenu. Adoption de l article. Article 23 sexies Adoption. (p. 6866) Article additionnel après l'article 23 sexies (p. 6866) Amendement n o 3 rectifié bis de Mme Sophie Primas. Retrait. Article 23 septies (p. 6867) Mme Brigitte Gonthier-Maurin Adoption de l article. Articles additionnels après l article 23 septies (p. 6867) Amendements identiques n os 47 rectifié bis de M. Olivier Cadic et 176 rectifié de M. Philippe Mouiller. Adoption de l article n o 176 rectifié insérant un article additionnel, l amendement n o 47 rectifié bis n étant pas soutenu.4 6826 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 Article 23 octies (p. 6869) Amendement n o 48 rectifié de M. André Reichardt. Retrait. Adoption de l article. Article additionnel après l article 23 octies (p. 6869) Amendement n o 304 du Gouvernement. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Article 23 nonies (p. 6870) Amendement n o 117 de Mme Patricia Schillinger. Retrait. Adoption de l article. Articles additionnels après l article 23 nonies (p. 6870) Amendement n o 139 rectifié quater de Mme Élisabeth Doineau. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Amendement n o 140 rectifié quater de Mme Élisabeth Doineau. Retrait. Amendement n o 326 de la commission. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Article 23 decies (supprimé) (p. 6874) Amendements identiques n os 60 de M. Jean Desessard et 118 de Mme Patricia Schillinger. Rejet des deux amendements. L article demeure supprimé. Article 23 undecies (supprimé) (p. 6875) Articles additionnels après l article 23 undecies (p. 6875) Amendement n o 305 du Gouvernement et sous-amendement n o 327 de la commission. Adoption, par scrutin public du sous-amendement ; adoption de l amendement modifié insérant un article additionnel. Amendement n o 333 de la commission. Adoption de l amendement insérant un article additionnel. Article 24 (p. 6877) M. Albéric de Montgolfier, rapporteur pour avis de la commission des finances Mme Laurence Cohen Mme Nicole Bricq Amendement n o 328 de la commission. Adoption. Amendement n o 4 de M. Albéric de Montgolfier, rapporteur pour avis. Devenu sans objet. Amendement n o 65 de M. Jean Desessard. Rejet. Amendement n o 270 de M. Dominique Watrin. Rejet. Amendement n o 119 rectifié de Mme Patricia Schillinger. Rejet. Adoption de l article modifié. Article additionnel après l article 24 (p. 6886) Amendement n o 80 de M. Alain Joyandet. Non soutenu. Article 25 (p. 6886) Amendement n o 329 de la commission. Adoption. Adoption de l article modifié. Article 26 (p. 6887) Amendement n o 330 de la commission. Adoption. Adoption de l article modifié. Articles 27 et 28 Adoption. (p. 6889) Article 29 (supprimé) (p. 6890) Amendement n o 120 rectifié de Mme Patricia Schillinger. Adoption de l amendement rétablissant l article. Mme Catherine Procaccia, rapporteur de la commission des affaires socialesm. François Rebsamen, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social Renvoi de la suite de l examen du texte 7. Saisine du Conseil constitutionnel (p. 6891) 8. Communication du Conseil constitutionnel (p. 6891) 9. Nomination de membres de deux éventuelles commissions mixtes paritaires (p. 6891) 10. Organismes extraparlementaires (p. 6892) 11. Ordre du jour (p. 6892)5 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN COMPTE RENDU INTÉGRAL PRÉSIDENCE DE MME JACQUELINE GOURAULT vice-présidente Secrétaires : M. Serge Larcher, Mme Colette Mélot. Mme la présidente. La séance est ouverte. (La séance est ouverte à quatorze heures cinq.) En outre, la commission des affaires sociales a procédé à la désignation des candidats à une éventuelle commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi relatif au dialogue social et à l emploi, actuellement en cours d examen. Ces deux listes ont été publiées conformément à l article 12, alinéa 4, du règlement et seront ratifiées si aucune opposition n est faite dans le délai d une heure. 4 1 PROCÈS-VERBAL Mme la présidente. Le compte rendu analytique de la précédente séance a été distribué. Il n y a pas d observation? Le procès-verbal est adopté sous les réserves d usage. 2 PRISE D EFFET DE NOMINATIONS À UNE COMMISSION MIXTE PARITAIRE Mme la présidente. M. le président du Sénat a reçu de M. le Premier ministre la demande de constitution d une commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi portant adaptation de la procédure pénale au droit de l Union européenne. En conséquence, les nominations intervenues lors de notre séance du 17 juin prennent effet. 3 CANDIDATURES À DEUX ÉVENTUELLES COMMISSIONS MIXTES PARITAIRES Mme la présidente. J informe le Sénat que la commission des affaires sociales a procédé à la désignation des candidats à une éventuelle commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi ratifiant l ordonnance n o du 26 septembre 2014 relative à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d habitation et de la voirie pour les personnes handicapées et visant à favoriser l accès au service civique pour les jeunes en situation de handicap, actuellement en cours d examen. RENVOI POUR AVIS UNIQUE Mme la présidente. J informe le Sénat que la proposition de loi, adoptée par l Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, relative au deuxième dividende numérique et à la poursuite de la modernisation de la télévision numérique terrestre (n o 544, ), dont la commission de la culture, de l éducation et de la communication est saisie au fond, est envoyée pour avis, à sa demande, à la commission de l aménagement du territoire et du développement durable. 5 CONVENTIONS INTERNATIONALES Adoption en procédure d examen simplifié de deux conventions internationales dans les textes de la commission Mme la présidente. L ordre du jour appelle l examen de deux projets de loi tendant à autoriser la ratification ou l approbation de conventions internationales. Pour ces deux projets de loi, la conférence des présidents a retenu la procédure d examen simplifié. Je vais donc les mettre successivement aux voix. ACCORD FRANCE-GÉORGIE RELATIF AU SÉJOUR ET À LA MIGRATION CIRCULAIRE DE PROFESSIONNELS Article unique Est autorisée l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Géorgie relatif au séjour et à la migration circulaire de professionnels (ensemble deux annexes), signé à Paris le 12 novembre 2013, et dont le texte est annexé à la présente loi. Mme la présidente. La parole est à M. Alain Gournac, pour explication de vote.6 6828 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 M. Alain Gournac. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, en tant que président délégué du groupe interparlementaire d amitié France- Caucase pour la Géorgie, je suis particulièrement heureux de voir avancer ce pays qui a soif de l Europe et de la France. Des progrès sont encore nécessaires, car la Géorgie part de loin et son évolution ne peut être que progressive ; le pas en avant que représente l accord relatif au séjour et à la migration circulaire de professionnels donnera confiance à ce pays et lui témoignera l attention que nous prêtons à son évolution. Vous n ignorez pas que Tbilissi, ville dont nous sommes plusieurs ici à être amoureux, vient d être touchée par des inondations catastrophiques qui ont causé de graves dommages. Heureusement, les perspectives sont plutôt encourageantes, comme me l a indiqué le maire de cette ville, avec lequel je me suis entretenu par téléphone hier. Vous avez devant vous, madame la présidente, un homme heureux! (Sourires.) Mme la présidente. Je mets aux voix l article unique constituant l ensemble du projet de loi autorisant l approbation de l accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Géorgie relatif au séjour et à la migration circulaire de professionnels (projet n o 792 [ ], texte de la commission n o 526, rapport n o 525). (Le projet de loi est adopté.) CONVENTION INTERNATIONALE DE NAIROBI SUR L'ENLÈVEMENT DES ÉPAVES Article unique Est autorisée la ratification de la convention internationale de Nairobi sur l'enlèvement des épaves, adoptée le 18 mai 2007, et dont le texte est annexé à la présente loi. Mme la présidente. Je mets aux voix l article unique constituant l ensemble du projet de loi, adopté par l Assemblée nationale, autorisant la ratification de la convention internationale de Nairobi sur l enlèvement des épaves (projet n o 356, texte de la commission n o 528, rapport n o 527). (Le projet de loi est adopté définitivement.) 6 DIALOGUE SOCIAL ET EMPLOI Suite de la discussion en procédure accélérée d un projet de loi dans le texte de la commission Mme la présidente. L ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi, adopté par l Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, relatif au dialogue social et à l emploi (projet n o 476, texte de la commission n o 502, rapport n o 501, avis n os 490 et 493). Nous poursuivons la discussion du texte de la commission. TITRE I ER (SUITE) AMÉLIORER L EFFICACITÉ ET LA QUALITÉ DU DIALOGUE SOCIAL AU SEIN DE L ENTREPRISE Chapitre V (suite) ADAPTATION DES RÈGLES DU DIALOGUE SOCIAL INTERPROFESSIONNEL Mme la présidente. Dans la discussion des articles, nous en sommes parvenus, au sein du chapitre V du titre I er, à un amendement portant article additionnel après l article 19 quater. Article additionnel après l article 19 quater Mme la présidente. L amendement n o 28 rectifié, déposé par MM. Cadic, Canevet, Gabouty et Guerriau ainsi que Mme Jouanno, n est pas soutenu. Article 19 quinquies (Non modifié) 1 Le chapitre I er du titre VI du livre I er de la quatrième partie du code du travail est complété par un article L ainsi rédigé : 2 «Art. L Le seul fait pour l employeur d avoir déclaré l exposition d un travailleur aux facteurs de pénibilité dans les conditions et formes prévues à l article L ne saurait constituer une présomption de manquement à son obligation résultant du titre II du présent livre d assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs résultant du titre II du présent livre.» Mme la présidente. Je mets aux voix l'article 19 quinquies. (L'article 19 quinquies est adopté.) Article 19 sexies (Non modifié) 1 I. Le chapitre II du titre VI du livre I er de la quatrième partie du code du travail est ainsi modifié : 2 1 À la dernière phrase du premier alinéa de l article L , le mot : «cinq» est remplacé par le mot : «trois» ; 3 2 À la première phrase de l article L , le mot : «trois» est remplacé par le mot : «deux» ; 4 3 Le II de l article L est ainsi modifié : 5 a) À la première phrase, le taux : «0,3 %» est remplacé par le taux : «0,1 %» ; 6 b) À la seconde phrase, le taux : «0,6 %» est remplacé par le taux : «0,2 %». 7 II. Aucune cotisation mentionnée au I de l article L du code du travail n est due en 2015 et Mme la présidente. L amendement n o 260, présenté par M. Watrin, Mmes Cohen, David et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, est ainsi libellé : Supprimer cet article. La parole est à Mme Annie David.7 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN Mme Annie David. Fidèles aux positions que nous avons défendues hier soir, notamment par la voix de Dominique Watrin, au sujet de la santé au travail, nous invitons le Sénat à supprimer le présent article. En octobre 2013, le groupe CRC s était abstenu sur l article du projet de loi garantissant l avenir et la justice du système de retraites instaurant le compte personnel de prévention de la pénibilité, parce que les contours et les contenus en étaient trop vagues, et le recours aux décrets y était systématique. Cette abstention, que nous voulions constructive, ne signifiait pas un rejet du compte personnel de prévention de la pénibilité, mais une volonté d aller plus loin et d associer davantage les entreprises au financement de la protection sociale. Selon nous, ce compte devait avoir également pour objectif de favoriser la prévention des maladies et des accidents professionnels par leur identification. Aujourd hui, nous considérons que ce dispositif, bien qu imparfait, peut contribuer à la prévention et, par là, à la protection sociale au travail, à condition qu il soit utilisé avec ambition et accompagné de moyens suffisants. Hélas! l article 19 sexies du projet de loi baisse de 0,2 %, et de 0,4 % dans les cas de multiexposition à la pénibilité, les cotisations patronales pour le financement du compte personnel de prévention de la pénibilité. En outre, il raccourcit les délais de recours pour faire valoir ou corriger le nombre de points inscrits sur le compte personnalisé du salarié. Ces mesures sont un nouveau cadeau fait aux employeurs et risquent d introduire un nouveau déséquilibre dans le financement de ce dispositif. À l heure où les comptes publics sont exsangues, qui supportera le coût de cette générosité? Il est à craindre, si l État ne le fait pas, qu on ne préfère finalement se contenter d une coquille vide, sans avancée sociale! Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur de la commission des affaires sociales. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, l article 19 sexies du projet de loi ramène de cinq à trois ans la période au cours de laquelle les organismes gestionnaires du compte personnel de prévention de la pénibilité peuvent procéder à un redressement, abaisse le taux plancher de la cotisation additionnelle versée par les employeurs et réduit de trois ans à deux ans le délai de prescription de l action individuelle. Ces trois mesures me paraissent de nature à dissiper une partie des inquiétudes suscitées par le compte personnel de prévention de la pénibilité. Je suis donc défavorable à l amendement n o 260, madame David. Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Madame la présidente, mesdames, messieurs les sénateurs, l avis du Gouvernement est également défavorable. La montée en charge du dispositif sera progressive et son coût évoluera de manière graduelle. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 260. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. L'amendement n o 29 rectifié, présenté par MM. Cadic et Canevet, Mme Doineau, MM. Gabouty et Guerriau et Mme Jouanno, est ainsi libellé : Alinéa 3 Remplacer les mots : le mot : «trois» est remplacé par le mot : «deux» par les mots : les mots : «des trois années civiles» sont remplacés par les mots : «de l année civile» La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, cet amendement vise à ramener le délai laissé au salarié pour engager un contentieux de trois ans à un an, dans un souci de sécurisation juridique du dispositif, notamment pour l ensemble des employeurs. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Le projet de loi prévoit déjà de réduire de trois à deux ans le délai de prescription. Un effort a donc été fait. Attendons un peu M. Michel Canevet. Il faut le faire immédiatement! Mme Catherine Procaccia, rapporteur. que le dispositif se mette en place avant d aller chercher à réduire une nouvelle fois ce délai, en l occurrence pour le porter à un an, comme vous le souhaitez avec M. Cadic. La commission émet donc un avis défavorable sur cet amendement. Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. L avis du Gouvernement est le même, pour les mêmes raisons. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 29 rectifié. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. Je mets aux voix l'article 19 sexies. (L'article 19 sexies est adopté.) Articles additionnels après l'article 19 sexies Mme la présidente. L'amendement n o 30 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet, Gabouty et Guerriau et Mme Jouanno, est ainsi libellé : Après l article 19 sexies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : Un décret fixe les modalités de mise en œuvre et d entrée en vigueur dérogatoires pour certains facteurs de risques professionnels afin de permettre l élaboration de référentiels de branches ou d entreprise mentionnés aux articles L et L du code du travail. La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Pour répondre aux inquiétudes exprimées par les entreprises sur la complexité du dispositif relatif à la pénibilité, le Gouvernement a confié une mission à MM. Sirugue et Huot afin qu ils suggèrent des mesures de simplification. Il s agit en particulier de permettre aux organisations professionnelles de branche, dans des conditions sécurisées juridiquement, de définir des situations types d exposition, à8 6830 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 partir de référentiels homologués, pour les risques professionnels dont le suivi individuel est impossible, notamment dans la plupart des PME. Ces référentiels nécessiteront du temps, et pour leur élaboration et pour leur homologation. Il est donc indispensable d adapter le dispositif afin qu il prévoie une entrée en vigueur différée pour les facteurs de risques professionnels les plus complexes. Cette date pourrait être fixée par décret au 1 er janvier Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia,rapporteur. Cet amendement ne prévoit pas de date butoir, et le Gouvernement peut donc refuser de prendre le décret. Il me semble plus judicieux de privilégier l amendement suivant, qui porte sur le même sujet. La commission émet par conséquent un avis défavorable sur cet amendement, mais j annonce d emblée qu elle émettra un avis favorable sur l amendement n o 31 rectifié. M. Michel Canevet. Je retire l'amendement n o 30 rectifié, madame la présidente! Mme la présidente. L'amendement n o 30 rectifié est retiré. L'amendement n o 31 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet, Gabouty et Guerriau, est ainsi libellé : Après l article 19 sexies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : Les accords d entreprise ou de groupe, les plans d action et les accords de branche étendus conclus en application des articles L et suivants du code de la sécurité sociale, dans leur version antérieure à la loi n o du 20 janvier 2014 garantissant l avenir et la justice du système de retraite et en vigueur au 1 er janvier 2015, continuent à produire leurs effets jusqu au 1 er janvier La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. L entrée en vigueur échelonnée de diverses dispositions relatives à la mise en œuvre du compte pénibilité, notamment les seuils, a une incidence sur le contenu des accords de prévention qui sont à négocier ou à renégocier à compter du 1 er janvier 2015 et qui, de fait, seraient à renégocier chaque année jusqu à l entrée en vigueur complète du dispositif. Cet amendement permettrait une entrée en vigueur des nouvelles obligations en matière de négociation des accords de prévention de la pénibilité concomitamment à la mise en place définitive et totale des dispositions relatives au compte de prévention de la pénibilité, soit au 1 er janvier Mme la présidente. La commission s étant déjà prononcée, quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. Le Gouvernement émet, lui, un avis défavorable sur cet amendement. En effet, nous avons déjà prévu un échelonnement de 2014 à 2015 pour les quatre premiers facteurs et un autre de 2015 à 2016 pour les six autres facteurs. Dorénavant, le dispositif est stabilisé avec les partenaires sociaux. De ce fait, il me semble que tout report serait interprété comme une remise en question du compte personnel de prévention de la pénibilité lui-même. Mme la présidente. La parole est à Mme Nicole Bricq, pour explication de vote. Mme Nicole Bricq. Mon cher collègue, vous aurez décidément tout tenté pour mettre fin au compte de pénibilité, que vous avez pourtant créé il y a douze ans déjà... À travers cet amendement, vous vous livrez à des manœuvres dilatoires, puisque vous souhaitez reporter l entrée en vigueur des nouvelles obligations au 1 er janvier Le Gouvernement a avancé dans ses réflexions, s inspirant d un rapport parlementaire, et tout le monde s est satisfait du dispositif. Mais je ne doute pas que vous ferez une autre tentative la semaine prochaine, à l occasion de la nouvelle lecture du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques M. Michel Canevet. Oui, nous le ferons, c est nécessaire pour la France! Mme Nicole Bricq. Merci de me le confirmer par anticipation! Le groupe socialiste ne votera donc pas cet amendement. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 31 rectifié. (L'amendement est adopté.) Mme la présidente. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, après l'article 19 sexies. Article 19 septies (Non modifié) 1 Le second alinéa de l article L du code du travail est complété par une phrase ainsi rédigée : 2 «Ils peuvent donner délégation à un membre de l équipe pluridisciplinaire du service de santé au travail ayant compétence en matière de santé au travail ou de conditions de travail.» (Adopté.) Articles additionnels après l'article 19 septies Mme la présidente. L'amendement n o 32 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet et Guerriau, est ainsi libellé : Après l article 19 septies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : Au plus tard le 1 er octobre 2016, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les différents dispositifs se traduisant, principalement pour raisons de santé, par un retrait anticipé de l emploi dans les secteurs public et privé (carrières longues, dispositif pénibilité 2014, dispositif pénibilité 2010, inaptitude, invalidité, régimes spéciaux). Le rapport dresse un bilan de ces différents dispositifs au regard des objectifs poursuivis lors de leur mise en place (objectifs, bénéficiaires, financement, etc.) et étudie l'opportunité et la faisabilité d'une harmonisation dans le cadre d'une refonte globale. La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Je retire cet amendement, madame la présidente. Mme la présidente. L'amendement n o 32 rectifié est retiré.9 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN L'amendement n o 34 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet et Guerriau, est ainsi libellé : Après l article 19 septies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : L article L du code de la sécurité sociale est ainsi modifié : 1 Après le huitième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : «L Agence centrale des organismes de sécurité sociale peut également se prononcer sur toute demande d une organisation professionnelle de branche ayant pour objet de connaître l application à son accord de branche avant sa mise en place ou son évolution à la législation visée au 4.» ; 2 À la première phrase du onzième alinéa, après les mots : «au seul demandeur», sont insérés les mots : «et aux organisations professionnelles de branche en matière de prévoyance complémentaire et de retraite supplémentaire» ; 3 La première phrase de l avant-dernier alinéa est complétée par les mots : «ou l organisation professionnelle de branche». La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Le présent amendement s inspire du rapport parlementaire de MM. Bernard Gérard et Marc Goua. Afin de répondre à certaines attentes en matière de sécurisation des accords de branche, cet amendement vise à ouvrir la procédure de rescrit social aux organisations professionnelles de branche qui souhaiteraient bénéficier du diagnostic de la branche recouvrement, préalablement à la conclusion d un accord de branche prévoyant la mise en place d un dispositif de protection sociale complémentaire ou l évolution d un dispositif existant. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. La commission émet un avis défavorable sur cet amendement. En effet, cet amendement, ainsi que les amendements suivants n os 35 rectifié et 36 rectifié, ressortit au projet de loi de financement de la sécurité sociale, et non à ce projet de loi, puisque la disposition concerne les relations avec l URSSAF. Mme la présidente. Monsieur Canevet, l'amendement n o 34 rectifié est-il maintenu? M. Michel Canevet. Non, je le retire, madame la présidente. Mme la présidente. L'amendement n o 34 rectifié est retiré. L'amendement n o 35 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet et Guerriau, est ainsi libellé : Après l'article 19 septies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : Après l article L du code de la sécurité sociale, il est inséré un article L ainsi rédigé : «Art. L Lorsque les prestations complémentaires de retraite et/ou prévoyance mises en place dans une entreprise ne répondent pas à une ou plusieurs des exigences posées par les sixième à neuvième alinéas de l article L et par les articles D , R à R , et lorsque la mauvaise foi de l entreprise n est pas caractérisée, la réintégration dans l assiette des cotisations mentionnées au premier alinéa de l article L ne pourra porter, au maximum, que sur 50 % des contributions patronales versées au cours de la période contrôlée et au maximum, que sur l année civile précédant l envoi de la mise en demeure ainsi que celles exigibles au cours de l année de son envoi. «Cette assiette restreinte s applique également lorsque ces prestations mises en place dans une entreprise résultent de l application stricte d un accord de branche et ne sont pas conformes à une ou plusieurs des exigences posées par les articles mentionnés au premier alinéa.» La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Je retire également cet amendement, madame la présidente. Mme la présidente. L'amendement n o 35 rectifié est retiré. L'amendement n o 36 rectifié, présenté par MM. Cadic, Canevet et Guerriau, est ainsi libellé : Après l article 19 septies Insérer un article additionnel ainsi rédigé : L article L du code du travail est complété par les mots : «, sauf si ce retard relatif au dépôt n excède pas un mois». La parole est à M. Michel Canevet. M. Michel Canevet. Madame la présidente, je retire cet amendement. Mme la présidente. L'amendement n o 36 rectifié est retiré. Article 19 octies (Supprimé) Mme la présidente. L'amendement n o 50 rectifié, présenté par Mme Lienemann, n est pas soutenu. L article 19 octies demeure supprimé. TITRE II CONFORTER LE RÉGIME D ASSURANCE CHÔMAGE DE L INTERMITTENCE Article 20 1 I. La section 3 du chapitre IV du titre II du livre IV de la cinquième partie du code du travail est ainsi modifiée : 2 1 Au début, est insérée une sous-section 1 intitulée : «Contributions et allocations» et comprenant les articles L et L ; 3 2 Est ajoutée une sous-section 2 ainsi rédigée : 4 «Sous-section 2 5 «Règles spécifiques en matière de négociation des accords relatifs à l assurance chômage 6 «Art. L I. Pour tenir compte des modalités particulières d exercice des professions de la production cinématographique, de l audiovisuel ou du spectacle, les accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L comportent10 6832 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 des règles spécifiques d indemnisation des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, annexées au règlement général annexé à la convention relative à l indemnisation du chômage. 7 «II. Préalablement à l ouverture de la négociation nationale et interprofessionnelle mentionnée à l article L , puis préalablement à sa conclusion, les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d employeurs représentatives à ce niveau informent les organisations représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L , dont la liste est définie par voie réglementaire, des objectifs poursuivis par cette négociation et recueillent leurs propositions. À cette fin, après l ouverture de la négociation des accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L , les organisations professionnelles d employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel leur transmettent en temps utile un document de cadrage. 8 «Ce document précise les objectifs de la concertation en ce qui concerne la trajectoire financière et le respect de principes généraux applicables à l ensemble du régime d assurance chômage. Il fixe un délai dans lequel cette concertation doit aboutir. 9 «Le cas échéant, les propositions formulées à l issue de la concertation préalable sont recueillies par les organisations représentatives au niveau national et interprofessionnel habilitées à négocier les accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L «Les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel fixent les règles d indemnisation du chômage applicables aux artistes et techniciens intermittents du spectacle. 11 «Art. L I. Il est créé un comité d expertise sur les règles spécifiques applicables en matière d indemnisation des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, composé de représentants de services statistiques de l État, de l institution mentionnée à l article L et de l organisme chargé de la gestion du régime d assurance chômage mentionné à l article L , ainsi que de personnalités qualifiées, désignés par l État. Un décret précise les modalités de désignation des membres du comité ainsi que ses règles de fonctionnement. 12 «II. Le comité évalue toutes les propositions qui lui sont transmises au cours de la concertation mentionnée au II de l article L par une organisation d employeurs ou de salariés représentative de l ensemble des professions mentionnées à l article L Il peut également être saisi d une telle demande d évaluation par une organisation professionnelle d employeurs ou par une organisation syndicale de salariés représentative au niveau national et interprofessionnel. Le décret mentionné au I du présent article détermine les modalités de communication de cette évaluation. 13 «III. (Supprimé) 14 «III bis (nouveau). Le comité peut être saisi par les organisations mentionnées au II sur la mise en œuvre des règles spécifiques des annexes mentionnées au I de l article L «IV. L institution mentionnée à l article L et l organisme chargé de la gestion de l assurance chômage mentionné à l article L fournissent au comité d expertise les informations nécessaires à l exercice de ses missions.» 16 II. Avant le 31 janvier 2016, les organisations représentatives d employeurs et de salariés des professions mentionnées à l article L du code du travail réexaminent les listes des emplois de ces professions pouvant être pourvus par la conclusion de contrats à durée déterminée d usage, afin de vérifier que les emplois qui y figurent répondent aux critères du recours au contrat à durée déterminée d usage prévus au 3 de l article L du même code. 17 En l absence d établissement de nouvelles listes à cette date, celles-ci peuvent être fixées par arrêté conjoint des ministres chargés du travail et de la culture. 18 Ces organisations négocient, avant le 30 juin 2016, les conditions de recours au contrat à durée déterminée d usage. 19 III. (Non modifié) Avant le 31 janvier 2016, les organisations représentatives d employeurs et de salariés des professions mentionnées à l article L du code du travail examinent l évolution de la prise en compte des périodes de maladie et de maternité des salariés de ces professions. 20 IV. (Supprimé) Mme la présidente. La parole est à Mme Catherine Morin- Desailly, sur l'article. Mme Catherine Morin-Desailly. Les règles d assurance chômage spécifiques aux intermittents du spectacle - les fameuses annexes VIII et X de la convention d assurance chômage - constituent un dossier complexe techniquement et, on le sait, particulièrement sensible socialement. C est devenu d ailleurs un sujet récurrent... Chacun sait ici, pour avoir, sur son territoire, à gérer des établissements culturels ou à participer à la naissance et à l épanouissement d un festival, d un centre de danse ou encore d un théâtre, combien la situation des intermittents est loin de la caricature que l on en fait ici ou là. Chacun sait aussi la responsabilité collective que nous avons concernant le statut de ces intermittents, ou du moins ce qu il est devenu. Disons-le tout net, la réforme est nécessaire, car le déséquilibre comptable des annexes VIII et X est exorbitant : 1,2 milliard d euros pour 200 millions d euros de recettes. Ce n est pas tenable longtemps! Que se passe-t-il, en réalité? Comme Alain Dufaut l a souligné au nom de la commission de la culture, de l éducation et de la communication lors de la discussion générale, depuis les nombreuses années que nous travaillons sur ce sujet, nous avons pu observer que les règles légitimes, c està-dire adaptées à l emploi discontinu dans le milieu du spectacle, sont devenues un régime, puis un statut, tout à fait contestable, puisqu il est surtout financé par la solidarité interprofessionnelle au seul titre de l assurance chômage. En d autres termes, on en fait trop porter par l assurance chômage et la solidarité interprofessionnelle. Il faut donc rétablir une certaine proportion et, surtout, mener une11 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN réflexion pour une réforme plus large, qui traite de l emploi dans le monde du spectacle, de l activité culturelle, plutôt que du seul paramétrage des annexes VIII et X. C est précisément le travail qu a conduit notre commission avec Maryvonne Blondin, rapporteur d un groupe de travail sur le sujet. C est aussi le travail de la mission lancée il y a un an avec Jean-Patrick Gille, Hortense Archambault et Jean- Denis Combrexelle. Ces missions ont bien identifié les pistes de réforme, audelà de la seule assurance chômage. Elles ont été d ailleurs pour partie évaluées par un groupe d experts reconnus. C était une première et cela a été bénéfique à l ensemble des partenaires sociaux, qui sont en conflit depuis des années sur ces sujets. Cette mission de concertation propose une réforme plus vaste et une partie décisive de ses préconisations est traduite dans cet article 20. C est pourquoi notre commission de la culture a adopté une position constructive, en concertation étroite avec la commission des affaires sociales. Cet article est utile à la réforme, il en est même un gage : la reconnaissance de règles spécifiques ne fige pas la situation actuelle ; au contraire, elle sécurise la prise en compte des conditions particulières d exercice des professions du spectacle, dans le droit fil de ce que nous faisons depuis près de cinquante ans. Le mécanisme de consultation, plus solide que la négociation déléguée, tout en répondant à la demande des professionnels, et le réexamen des contrats à durée déterminée d usage, les CDDU, font espérer une nécessaire remise en ordre. Enfin, la meilleure prise en compte des «matermittentes» est tout simplement une mesure de justice sociale. Mes chers collègues, l heure est donc à l évaluation des pistes de réforme et à la recherche concertée des meilleures solutions, et non à la caricature. Pour toutes ces raisons, je voterai cet article 20 tel qu il est issu des travaux de nos deux commissions. S il importe d organiser dans le cadre interprofessionnel des mécanismes d assurance chômage mieux régulés, il faut aussi mettre en place des mécanismes de financement de la création du spectacle qui ne pèsent plus de manière aussi lourde sur la solidarité interprofessionnelle. En d autres termes, il faut être conscient que les pistes évoquées sont essentielles, mais qu elles n apporteront que des solutions partielles au problème du financement du spectacle. En effet, celui-ci nécessite une intervention publique de l État et des collectivités, on le sait, dans un contexte de rigueur budgétaire qui s impose à tous. Pour l instant, je ne vois pas de perspectives sur ce sujet plus vaste ; il faudra donc travailler à nouveau la question, peut-être dans le cadre de l examen du projet de loi relatif à la création. Mme la présidente. La parole est à Mme Brigitte Gonthier- Maurin, sur l'article. Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Nous abordons, avec cet article 20, un sujet très important. L insertion de cet article dans le projet de loi fait d ailleurs suite au conflit né de la renégociation des règles de la nouvelle convention sur l assurance chômage, en mars 2014, plus particulièrement des annexes VIII et X relatives au régime des intermittents du spectacle. Alors que ce régime n est, rappelons-le, que la juste contrepartie d une activité professionnelle caractérisée par une précarité liée au caractère par définition temporaire des événements culturels et qu il permet de maintenir la vitalité culturelle en France, le MEDEF est allé jusqu à prôner sa disparition. Les dispositions prévues n ont heureusement pas été jusque-là, mais elles ne se sont pas révélées satisfaisantes pour autant. Non seulement cet accord a été conclu entre des syndicats faiblement représentatifs du secteur culturel et de manière assez antidémocratique, mais il entérinait et aggravait aussi les accords de 2003, auxquels toute la gauche s était alors opposée à raison, puisqu ils conduisaient à précariser davantage les intermittents du spectacle. Il a donc été fortement contesté par les organisations professionnelles représentatives du monde du spectacle, et les grèves et manifestations de juin 2014 ont finalement débouché sur la création d une mission d expertise menée par le député Jean-Patrick Gille. Reprenant une partie des conclusions de la mission, le Premier ministre a annoncé le 11 janvier 2015 l inscription dans la loi de l existence de règles spécifiques d indemnisation chômage des intermittents du spectacle, qui ne relèvent aujourd hui que d un accord interprofessionnel. L article 20 est la concrétisation de cette annonce. La version adoptée par l Assemblée nationale prévoit des règles spécifiques qui seront négociées entre les partenaires sociaux représentatifs de l ensemble des professions du spectacle, jusqu alors exclues des négociations. Ces règles devront néanmoins respecter le document de cadrage adressé par les partenaires sociaux au niveau interprofessionnel, précisant les objectifs de la négociation en termes de trajectoire financière et de respect des principes applicables à l ensemble des bénéficiaires du régime d assurance chômage. Si l inscription dans la loi de la participation des organisations professionnelles représentatives du monde du spectacle aux négociations et la pérennisation du principe d un régime d assurance chômage tenant compte des spécificités de l activité des intermittents du spectacle constituent une avancée, que nous réclamions depuis 2003 nous avions d ailleurs déposé une proposition de loi en ce sens, la portée de cet article reste trop limitée, puisqu elle demeure subordonnée à la fixation d un cadre de négociation, notamment financier, par les organisations interprofessionnelles au niveau national. Certes, l article 20 sécurise ce régime en empêchant sa disparition pure et simple à chaque renégociation de la convention UNEDIC. Cependant, nous regrettons que les représentants du secteur du spectacle vivant ne soient associés qu une fois le cadre des négociations déterminé par les représentants des partenaires sociaux interprofessionnels, concernant notamment la trajectoire financière, ce qui réduit d autant leur pouvoir de négociation. Ces conditions de négociation permettront-elles enfin l émergence des propositions de réformes alternatives formulées depuis plusieurs années, que nous réclamons également au travers de notre proposition de loi? Permettront-elles d envisager un retour sur la réforme de 2003, qui a aggravé la précarité des intermittents sans déboucher pour autant sur des économies? Permettront-elles le retour au calcul des12 6834 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN heures à date anniversaire et sur douze mois, comme cela est préconisé dans le rapport rendu par la mission, ou encore la suppression de l augmentation du différé d indemnisation? À ces questions, les amendements de Mme la rapporteur adoptés en commission ont au moins le mérite de répondre clairement en vidant l article 20 de sa substance. Ils privent tout simplement les organisations professionnelles représentatives du spectacle vivant et de l audiovisuel du petit pouvoir de négociation qui leur était accordé, et prévoient simplement que leurs propositions seront recueillies et transmises aux organisations représentatives au niveau national, qui sont, elles, chargées d adopter les dispositions concernant les intermittents. Nous avons donc déposé un certain nombre d amendements visant à renforcer les droits des intermittents, tout en rapprochant le texte de la version de l Assemblée nationale, qui, malgré ses défauts, reste plus protectrice que les propositions de la droite. Mme la présidente. Je suis saisie de huit amendements faisant l'objet d'une discussion commune. L'amendement n o 173 rectifié, présenté par MM. G. Bailly, Bas, Bignon et Bizet, Mme Bouchart, MM. Calvet et Cambon, Mme Canayer, MM. César, Chaize, Charon, Chasseing, Chatillon, Cornu, Darnaud, Dassault et Delattre, Mmes Deromedi, Des Esgaulx, Deseyne et di Folco, MM. P. Dominati et Emorine, Mme Estrosi Sassone, MM. Fontaine, Forissier, Frassa, J. Gautier, Genest, Grand, Gremillet, Grosdidier, Guené, Houel, Houpert, Huré, Husson et Hyest, Mme Imbert, MM. Laménie, Laufoaulu, D. Laurent, Lefèvre, Legendre, de Legge, Lemoyne, Lenoir, P. Leroy, Longuet, Magras, Malhuret, Mandelli, A. Marc, Mayet, Morisset, Mouiller, de Nicolaÿ, Paul, Pellevat, Pierre et Portelli, Mme Primas, MM. Reichardt, Revet, Savary, Sido et Trillard, Mme Troendlé et MM. Vaspart, Vasselle et Vogel, est ainsi libellé : I. Alinéas 6 à 9 Remplacer ces alinéas par un alinéa ainsi rédigé : «Art. L Préalablement à l ouverture de la négociation des accords mentionnés à l article L , les organisations professionnelles d employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel informent les organisations d'employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L des objectifs poursuivis par cette négociation et recueillent leurs observations et leurs propositions sur les règles spécifiques d indemnisation des artistes et techniciens intermittents du spectacle. Elles font l objet, préalablement à la conclusion d un accord, d une réunion de concertation entre les organisations professionnelles d employeurs, les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel et les organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L II. Alinéa 12 Supprimer cet alinéa. La parole est à M. René-Paul Savary. M. René-Paul Savary. L inscription dans la loi du principe d une négociation à double niveau pose plusieurs problèmes au regard du respect de la solidarité interprofessionnelle qui caractérise le régime d assurance chômage. Il s agit selon nous d une source de complexité et de lenteur dans le processus de négociation, d une brèche dans l application du principe de solidarité interprofessionnelle. C est pourquoi nous avons déposé cet amendement. Mme la présidente. L'amendement n o 276, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé : I. Alinéas 7 à 10 Remplacer ces alinéas par trois alinéas ainsi rédigés : «II. Les organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L négocient entre elles les règles spécifiques définies au I du présent article. À cette fin, dans le cadre de la négociation des accords mentionnés à l article L , les organisations professionnelles d employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel leur transmettent en temps utile un document de cadrage. «Ce document précise les objectifs de la négociation en ce qui concerne notamment la trajectoire financière et le respect de principes généraux applicables à l ensemble du régime d assurance chômage. Il fixe un délai dans lequel cette négociation doit aboutir. «Les règles spécifiques prévues par un accord respectant les objectifs définis par le document de cadrage et conclu dans le délai fixé par le même document sont reprises dans les accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L À défaut de conclusion d un tel accord, les organisations professionnelles d employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel fixent les règles d indemnisation du chômage applicables aux artistes et techniciens intermittents du spectacle. II. Alinéa 12 Rédiger ainsi cet alinéa : «II. Le comité évalue toutes les propositions qui lui sont transmises en cours de négociation par une organisation d employeurs ou de salariés représentative de l ensemble des professions mentionnées à l article L Il peut également être saisi d une telle demande d évaluation par une organisation professionnelle d employeurs ou par une organisation syndicale de salariés représentative au niveau national et interprofessionnel. Le décret mentionné au I détermine les modalités de communication de cette évaluation. III. Alinéa 13 Rétablir cet alinéa dans la rédaction suivante : «III. Lorsque les organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L ont conclu un accord, le comité évalue le respect par celui-ci de la trajectoire financière figurant dans le document de cadrage mentionné au deuxième alinéa du II de l article L , dans un délai fixé par le décret mentionné au dernier alinéa du I du présent article.13 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN IV. Alinéa 14 Supprimer cet alinéa. La parole est à M. le ministre. M. François Rebsamen, ministre. Cet amendement tend simplement à revenir au texte issu des travaux de l Assemblée nationale, afin de rétablir le système de la négociation «enchâssée» entre les niveaux interprofessionnel et professionnel. Il sanctuarise en outre les annexes VIII et X en les inscrivant dans la loi. Il est dans l intérêt de tous, notamment des acteurs du monde de la culture et du spectacle vivant, y compris les collectivités, que cette affaire puisse être réglée. Le Gouvernement s opposera à toutes les propositions tendant soit à faire de la surenchère, soit à revenir à un dispositif dont l expérience a malheureusement montré qu il n était absolument pas compris des professionnels. Mme la présidente. L'amendement n o 261, présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, est ainsi libellé : Alinéas 7 à 10 Remplacer ces alinéas par deux alinéas ainsi rédigés : «II. Les organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L négocient entre elles les règles spécifiques définies au I du présent article. À cette fin, dans le cadre de la négociation des accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L , les organisations professionnelles d employeurs et les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel leur transmettent en temps utile un document qui les informe sur les principes généraux applicables à l ensemble du régime d assurance chômage. Il fixe un délai dans lequel cette négociation doit aboutir. «Les règles spécifiques prévues par l accord sont reprises dans les accords relatifs au régime d assurance chômage mentionnés à l article L La parole est à Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Cet amendement a un double objet : rétablir la rédaction de l article 20 issue des travaux de l Assemblée nationale en revenant sur les modifications apportées par la commission des affaires sociales du Sénat, qui a complètement vidé les alinéas 7 à 10 de leur substance, et renforcer le pouvoir de négociation accordé aux partenaires sociaux représentatifs de l ensemble de la production cinématographique, de l audiovisuel et du spectacle concernant les annexes VIII et X. Cet article constitue une avancée en ce qu il inscrit l existence d un système d indemnisation chômage spécifique aux intermittents du spectacle dans la loi tout en le maintenant au cœur du régime de solidarité interprofessionnelle. Bien qu elle soit insuffisante, nous nous félicitons de cette avancée. Toutefois, pour être complète, elle devrait s accompagner de conditions susceptibles de garantir une participation réelle des organisations représentatives des intermittents aux négociations sur l assurance chômage. La version de l Assemblée nationale prévoit en effet l association des organisations professionnelles d employeurs et des organisations syndicales de salariés représentatives des intermittents du spectacle aux négociations sur l assurance chômage et les annexes qui les concernent. Néanmoins, le Gouvernement limite leur rôle, précisant qu il revient aux organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions aux niveaux national et interprofessionnel de fixer un cadre financier et une trajectoire globale qui s impose aux représentants des professionnels relevant du régime de l intermittence du spectacle. Quant à la commission des affaires sociales du Sénat, elle est complètement revenue sur ce progrès, puisqu elle prévoit une simple transmission des propositions de ces organisations aux organisations représentatives aux niveaux national et interprofessionnel. Nous proposons donc, au travers de notre amendement, de garder le principe, validé par l Assemblée nationale, de la participation de ces interlocuteurs, qui, pour être directement concernés, sont les mieux informés et les plus pertinents. Mme la présidente. Les deux amendements suivants sont identiques. L'amendement n o 53 est présenté par Mmes Blandin et Bouchoux, M. Desessard, Mme Archimbaud et les membres du groupe écologiste. L'amendement n o 263 est présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen. Ces deux amendements sont ainsi libellés : I. - Alinéa 7, première phrase Remplacer les mots : représentatives de l ensemble par les mots : d employeurs et de salariés représentatives sur chacune des branches II. - Alinéa 12, première phrase Remplacer les mots : de l ensemble par les mots : d'une branche III. - Alinéa 16 Remplacer les mots : représentatives d employeurs et de salariés par les mots : d employeurs et de salariés représentatives sur chacune des branches IV. - Alinéa 19 Remplacer les mots : représentatives d employeurs et de salariés par les mots : d employeurs et de salariés représentatives sur chacune des branches14 6836 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 La parole est à Mme Corinne Bouchoux, pour présenter l amendement n o 53. Mme Corinne Bouchoux. L article 20 du projet de loi relatif au dialogue social et à l emploi cite à plusieurs reprises «les organisations d employeurs et de salariés représentatives de l ensemble des professions mentionnées à l article L » du code du travail. Si la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l emploi et à la démocratie sociale a bien précisé les modalités de représentativité patronale au niveau professionnel, il n existe malheureusement pas de dispositif législatif ou réglementaire permettant de définir précisément la représentativité d organisations patronales pour plusieurs branches. Cette absence de dispositions peut poser de véritables problèmes, notamment pour les organisations d employeurs du spectacle représentatives des structures indépendantes. Ainsi, en l état actuel du texte, une structure comme la Fédération des syndicats patronaux des entreprises du spectacle vivant, de l audiovisuel et du cinéma, la FESAC, qui regroupe plusieurs branches en son sein cinéma, audiovisuel, spectacle vivant et musique, pourra participer aux négociations à venir. En revanche, des structures non moins importantes comme le syndicat des musiques actuelles, le SMA, ou le syndicat national des arts vivants, le SYNAVI, qui ne représentent qu une des nombreuses branches de ces professions, risqueraient d être exclues de la possibilité de participer aux négociations, ce qui est paradoxal eu égard à leur très forte représentativité. Il est selon nous crucial pour la diversité de la démocratie sociale de garantir un réel pluralisme de toutes les organisations du paritarisme. Tel est le sens de cet amendement, qu aurait souhaité vous présenter Marie-Christine Blandin si elle ne siégeait pas assidûment au Conseil supérieur des programmes en ce moment. Mme la présidente. La parole est à M. Éric Bocquet, pour présenter l amendement n o 263. M. Éric Bocquet. Comme l a indiqué Mme Bouchoux, il n existe effectivement pas de dispositif législatif ou réglementaire qui permette de définir la représentativité d organisations patronales pour plusieurs branches. La rédaction actuelle de l article 20 risque donc de provoquer des conflits d interprétation, les professions mentionnées à l article L du code du travail dépendant de neuf champs conventionnels différents. Aussi proposons-nous d en rectifier la rédaction en prévoyant la représentation sur l ensemble des branches, afin de ne pas exclure de nombreuses organisations d employeurs du spectacle représentatives de structures indépendantes, au bénéfice d une seule grande fédération représentant plusieurs branches professionnelles. Mme la présidente. Les deux amendements suivants sont également identiques. L'amendement n o 54 est présenté par Mmes Blandin et Bouchoux, M. Desessard, Mme Archimbaud et les membres du groupe écologiste. L'amendement n o 264 est présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen. Ces deux amendements sont ainsi libellés : Alinéa 8 Rédiger ainsi cet alinéa : «Ce document mentionne les objectifs concernant la trajectoire des dépenses de l ensemble du régime d assurance chômage et précise les objectifs de la concertation afin que celle-ci se conforme à cette trajectoire. Il fixe un délai dans lequel cette négociation doit aboutir. La parole est à Mme Corinne Bouchoux, pour présenter l'amendement n o 54. Mme Corinne Bouchoux. Nous proposons, par cet amendement, une nouvelle rédaction de l alinéa 8, afin de sanctuariser les règles spécifiques d indemnisation des artistes et techniciens intermittents du spectacle et de maintenir les mécanismes de solidarité interprofessionnelle pour les bénéficiaires du régime général et les salariés intermittents. La rédaction actuelle de l alinéa 8 prévoit de garantir le régime, mais laisse la porte ouverte à sa possible suppression ; c est du moins ce que nous comprenons. En effet, la trajectoire budgétaire imposée n empêchera en rien de contraindre à un fonctionnement de type «caisse professionnelle», en précisant par exemple dans ce cadrage financier que les allocations doivent être du même niveau que les contributions. Par ailleurs, la mention du «respect de principes généraux applicables à l ensemble du régime d assurance chômage» est susceptible d empêcher les discussions sur plusieurs dispositifs, notamment sur le principe si important de date anniversaire. La rédaction de cet alinéa ayant été validée par le comité de suivi sur l assurance chômage des intermittents du spectacle, il respecte le principe de négociation préalable, si cher au Gouvernement. Mme la présidente. La parole est à Mme Annie David, pour présenter l'amendement n o 264. Mme Annie David. Nous entendons nous assurer du maintien de mécanismes de solidarité interprofessionnelle entre les ressortissants du régime général et les salariés intermittents du spectacle. L ambition de ce texte est de pérenniser les annexes VIII et X, autrement dit d empêcher la suppression des règles spécifiques d indemnisation des intermittents du spectacle. Pourtant, le cadrage budgétaire imposé par l échelon interprofessionnel n empêche nullement que soit imposé un fonctionnement de type «caisse professionnelle» : il suffirait pour cela qu il soit précisé, dans le cadrage financier, que les allocations sont du même niveau que les contributions. Cette menace de l institution d une caisse autonome, synonyme d exclusion du régime d assurance chômage et de sa logique de solidarité interprofessionnelle, doit être écartée. Nous proposons ainsi, au travers de notre amendement, de «sanctuariser» réellement les droits actuels et d éviter que les annexes VIII et X puissent être vidées de leur contenu. Il s agit d empêcher par là même un fonctionnement de type «caisse autonome» concernant les seuls intermittents et, enfin, de rappeler le principe de solidarité interprofessionnelle entre les intermittents et les autres salariés. Si un effort est demandé à tous, les intermittents du spectacle doivent contribuer à la même hauteur que les autres salariés, et inversement.15 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN Toutefois, il est exclu que le maintien ou l amélioration des droits des uns soit financé par le recul des droits des autres, au nom du principe de solidarité interprofessionnelle. Mme la présidente. L'amendement n o 111 rectifié, présenté par Mmes Blondin, S. Robert et Monier, M. Frécon, Mmes Schillinger et Emery-Dumas, MM. Bérit-Débat et Caffet, Mmes Campion, Claireaux et Génisson, MM. Daudigny, Durain, Godefroy, Jeansannetas et Labazée, Mmes Meunier, Riocreux et Yonnet, MM. Tourenne et Vergoz, Mme Lepage et les membres du groupe socialiste et républicain, est ainsi libellé : Alinéa 8, première phrase Remplacer le mot : concertation par le mot : négociation La parole est à Mme Maryvonne Blondin. Mme Maryvonne Blondin. Cet amendement a pour objet la nature des informations appelées à figurer dans le document qui sera transmis par les organisations représentatives des niveaux national et interprofessionnel aux organisations représentatives des neuf branches du secteur du spectacle vivant. Le projet de loi initial ne fixait pas de phase de concertation et d information du secteur du spectacle vivant, préalablement aux négociations interprofessionnelles. Néanmoins, il prévoyait l envoi aux organisations représentatives de ce secteur d un document de cadrage de ces négociations. Le fait d établir, en vertu du texte proposé par Mme la rapporteur et adopté par la commission des affaires sociales, une phase d information préalable ne devrait pas avoir d incidence sur la nature des données contenues dans le rapport de cadrage adressé aux organisations représentatives du spectacle vivant. Ce document doit préciser, conformément à ce qui était prévu dans le projet de loi initial, les objectifs de la négociation interprofessionnelle. Il ne s agit donc en aucun cas d une concertation, mais bien d une négociation. Si, dans l esprit de la commission des affaires sociales, l objet du document de cadrage devrait être modifié pour refléter les échanges entre organismes du secteur du spectacle vivant et organismes représentatifs aux niveaux national et interprofessionnel, il s agit là d une phase d information, et non de concertation. C est pourquoi nous avons déposé cet amendement rédactionnel. En effet, l état de la négociation constituera le sujet rapporté dans le document de cadrage aux organisations représentatives des branches du secteur du spectacle vivant. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Je voudrais, en préambule, rappeler brièvement à quelles conclusions Alain Dufaut, rapporteur pour avis de la commission de la culture, et moi-même avons abouti. Certains amendements tendant à rétablir la rédaction adoptée par l Assemblée nationale nous inspirent des craintes. Tout d abord, nous avons maintenu les annexes VIII et X dans le projet de loi, mais les autres professionnels relevant de l une des onze annexes du régime général d indemnisation du chômage, tels les VRP, les journalistes, les personnels navigants de l aviation civile, les bûcherons-tâcherons, ne risquent-ils pas de formuler la même revendication que les intermittents du spectacle? Je ne vois pas sur quels motifs on pourrait leur refuser d inscrire les annexes les concernant dans la loi. Ensuite, une incertitude juridique tient au fait que le présent texte ne définit pas clairement l identité des partenaires sociaux représentatifs dans l ensemble des professions de la production cinématographique, de l audiovisuel et du spectacle qui seront chargés de négocier l accord subsidiaire. Lors de son audition, M. le ministre a indiqué que les mesures de représentativité étaient en cours de finalisation, et que la négociation reposerait sur le principe d une reconnaissance réciproque des organisations, notamment patronales. J ai tendance à considérer que les critères de représentativité doivent être impérativement définis avant le lancement de la négociation, faute de quoi celle-ci risque d être vouée à un échec que, me semble-t-il, nous voulons tous éviter. Par ailleurs, le présent texte ne précise pas le régime juridique de l accord subsidiaire et ne dit rien de l autorité qui sera chargée de vérifier le respect, par l accord, du document de cadrage. Nombre des personnes que nous avons auditionnées ont estimé que la probabilité d aboutir à un accord subsidiaire était faible, mais que, du fait des incertitudes juridiques entourant la négociation subsidiaire, la réglementation de l assurance chômage était exposée à des risques élevés. C est pourquoi les commissions des affaires sociales et de la culture ont suggéré de recueillir, en amont de l ouverture de la négociation et avant sa conclusion, les propositions des organisations patronales et salariales représentatives de l ensemble des professions concernées recourant aux intermittents du spectacle. Mme Maryvonne Blondin. C est une bonne démarche! Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Nous avons conservé le comité d expertise dans les termes issus des travaux de l Assemblée nationale : cette structure est de nature à améliorer la transparence et la sincérité du débat. En outre, je suis favorable à l obligation faite aux partenaires sociaux représentatifs dans l ensemble des professions de la production cinématographique, de l audiovisuel et du spectacle de négocier pour mettre à jour les listes d emplois relevant de leurs secteurs qui peuvent bénéficier des contrats à durée déterminée d usage, les CDDU. Tel est, rapidement résumé, le contenu de l article 20, dans la rédaction adoptée par la commission, dont je vais maintenant exposer l avis sur les amendements faisant l objet de la discussion commune. L amendement n o 173 rectifié est très largement satisfait par le texte de la commission. Peut-être ses auteurs l ont-ils déposé avant de prendre connaissance du rapport. Quoi qu il en soit, je suggère son retrait. M. René-Paul Savary. Soit! Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Les amendements n os 276 et 261 tendent à rétablir, sur deux points distincts, le texte de l Assemblée nationale, que la commission a entendu améliorer, et non pas détricoter. Aussi l avis est-il défavorable. Les amendements n os 53 et 263 reçoivent également un avis défavorable, pour les mêmes raisons.16 6838 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 En commission, nous avions émis un avis favorable sur les amendements n os 54 et 264, sous réserve d une modification rédactionnelle qui ne me semble pas avoir été apportée : il s agit de remplacer le mot «négociation» par le mot «concertation». Si leurs auteurs ne souhaitent pas procéder à cette rectification, l avis sera défavorable. Enfin, la commission émet un avis défavorable sur l amendement n o 111 rectifié. Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. En défendant l amendement n o 276, j ai déjà présenté la démarche du Gouvernement, qui s appuie sur un rapport établi par une personnalité du spectacle, Mme Archambault, un spécialiste reconnu du droit du travail, M. Combrexelle, et un député qui, depuis fort longtemps, suit le dossier des intermittents, M. Gille. Au reste, c est sous l impulsion de ce dernier qu une vaste concertation a été menée, avec les organisations interprofessionnelles et l ensemble des représentants de la profession, qu ils appartiennent aux syndicats de salariés ou aux organisations patronales. En outre, Mme Pellerin et moi-même avons réuni, par deux fois, l ensemble des partenaires sociaux de la profession et les représentants de l interprofession. Je puis vous assurer que chaque ligne du rapport cosigné par Jean-Patrick Gille a été débattue pendant des heures! Chaque mot a été pesé et a une signification profonde. C est pourquoi, malgré tout le respect que j ai pour le travail accompli par la commission, j estime préférable de ne pas porter atteinte à l équilibre qui a été difficilement trouvé. En particulier, exclure de la loi les annexes VIII et X remettrait immédiatement le feu aux poudres alors même que le monde du spectacle commence tout juste à s apaiser. Cela étant, pourquoi inscrire dans la loi les annexes VIII et X, et non les autres? Tout simplement au nom de la spécificité culturelle de notre pays : la France peut s enorgueillir de défendre l exception culturelle, tant sur le plan national qu à l échelon européen. Le Gouvernement émettra un avis très défavorable sur l amendement n o 173 rectifié s il n est pas retiré. Je le répète, si l on retire les annexes VIII et X de la loi, le monde du spectacle reprendra feu aussitôt. Certes, il y a des abus en matière de CDDU et il faut repréciser le dispositif, s agissant notamment de la liste des métiers pouvant en relever la profession en est consciente et y travaille en ce moment même avec les auteurs du rapport que je viens de citer, mais le présent texte résulte d un travail très fin et donne de l espoir aux acteurs du monde du spectacle. A contrario, je le dis aux sénateurs du groupe CRC, tout ce qui renforce le pouvoir des partenaires sociaux à l échelon de la profession rompra l équilibre trouvé. Leur pouvoir de négociation doit s inscrire dans le cadre fixé par les partenaires sociaux de l interprofession, qui gèrent l assurance chômage : c est là ce que l on appelle la négociation enchâssée. Le Gouvernement est donc défavorable à l amendement n o 261, ainsi qu aux amendements identiques n os 53 et 263, car il souhaite la réunion autour de la table de négociation des organisations représentatives de l ensemble des professions, et non des organisations représentatives de chacune des branches. Les amendements n os 54 et 264 visent à assurer le respect du principe de solidarité interprofessionnelle. Dans la mesure où ils me semblent satisfaits par le texte de l Assemblée nationale, je sollicite leur retrait. Enfin, concernant l amendement n o 111 rectifié, qui tend à remplacer le mot «concertation» par le mot «négociation», je suggère également à ses auteurs de le retirer. La différence de sens entre ces deux termes est légère. Je préfère que l on s en tienne à la rédaction issue des travaux de l Assemblée nationale, qui représente un point d équilibre, essentiel pour tous les acteurs du monde du spectacle, dont nous souhaitons l apaisement. Mme la présidente. Madame Bouchoux, acceptez-vous de rectifier l amendement n o 54 dans le sens suggéré par Mme le rapporteur? Mme Corinne Bouchoux. Si c est le prix à payer pour qu il soit adopté, je l accepte, mais nous ne sommes pas des perdreaux de l année : négociation et concertation sont deux choses différentes. Nos collègues du groupe CRC pourraient peut-être maintenir la rédaction de leur amendement, afin que le vote départage les deux versions. Mme la présidente. Madame David, acceptez-vous de rectifier l amendement n o 264 dans le sens suggéré par Mme le rapporteur? Mme Annie David. Si nous refusons, notre amendement ne sera pas adopté. Par conséquent, nous le rectifions. Mme la présidente. Je suis donc saisie de deux amendements identiques n os 54 rectifié et 264 rectifié. L amendement n o 54 rectifié est présenté par Mmes Blandin et Bouchoux, M. Desessard, Mme Archimbaud et les membres du groupe écologiste. L amendement n o 264 rectifié est présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen. Ces deux amendements sont ainsi libellés : Alinéa 8 Rédiger ainsi cet alinéa : «Ce document mentionne les objectifs concernant la trajectoire des dépenses de l ensemble du régime d assurance chômage et précise les objectifs de la concertation afin que celle-ci se conforme à cette trajectoire. Il fixe un délai dans lequel cette concertation doit aboutir. La parole est à M. Alain Dufaut, rapporteur pour avis. M. Alain Dufaut, rapporteur pour avis de la commission de la culture, de l éducation et de la communication. S il est maintenu, je voterai contre l amendement n o 173 rectifié, qui vise à supprimer toutes règles spécifiques d indemnisation des intermittents du spectacle. Il tend également à remplacer le dispositif de concertation approfondie, sur lequel nous avons travaillé avec Mme Procaccia, par une consultation simple à l échelon professionnel. Enfin, il a pour objet de supprimer la possibilité, pour les négociateurs, de faire évaluer leurs propositions par le comité d expertise. Si l on voulait tailler en pièces le processus de concertation engagé il y a un an sous l égide de Jean-Patrick Gille, d Hortense Archambault et de Jean-Denis Combrexelle, on ne s y prendrait pas autrement.17 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN Mardi 9 juin dernier, la commission de la culture a accepté le principe même de l article 20, sous la seule réserve, rappelée à l instant par Mme la rapporteur de la commission des affaires sociales, qu il n y ait pas de délégation dans le mécanisme de l accord, mais une concertation approfondie. Une fois encore, la réforme est nécessaire. Elle ne se fera pas sans que les intermittents y soient associés, ni sans que chacun prenne ses responsabilités. Contrairement à ce qui a pu être dit par certains, la reconnaissance de règles spécifiques pour l indemnisation des intermittents du spectacle ne «sanctuarise» pas les règles actuelles il me semble très important de le dire, mais valide le fait que les conditions d exercice des professions du spectacle sont particulières et que, en conséquence, l existence de règles spécifiques est légitime, dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle, comme c est le cas pour l emploi intérimaire. Cette reconnaissance ne conduit pas à dessaisir les partenaires interprofessionnels ; elle vient confirmer un principe appliqué depuis cinquante ans, depuis le Front populaire, afin de consolider la négociation et de garantir qu elle se tiendra dans les meilleures conditions, plutôt qu entre deux portes ou à la fin de la nuit, comme cela a souvent été le cas Si l on revenait sur ce principe, l équilibre de l ensemble du dispositif de l article 20 serait rompu ; autant alors proposer de le supprimer entièrement. Pourquoi préférer une simple consultation à une concertation approfondie? Le rapporteur l a expliqué : les questions liées à l intermittence sont complexes, le sujet dépasse celui de l assurance chômage, et toutes les positions doivent être prises en compte. Enfin, pourquoi priver ceux qui se concertent de la possibilité de faire expertiser leurs propositions? La question des chiffres, des différents paramétrages de l assurance chômage empoisonne les relations depuis des décennies. À chaque crise, chacun campe sur ses positions, en jetant à la figure de l autre des chiffres parfois fantaisistes, mais qui, ne faisant jamais l objet d une évaluation, produisent des effets. Mes chers collègues, nous sommes tous convaincus qu un déséquilibre de 1 milliard d euros, c est bien trop. La réforme est donc nécessaire, mais ce n est pas en coupant les voies de la négociation qu on la fera avancer, surtout sur un sujet aussi sensible, sur lequel les responsabilités sont tellement partagées. La concertation engagée l an passé a conduit à des progrès, tout le monde en convient. Il faut aujourd hui aller plus loin. La position à laquelle nous sommes parvenus, avec la commission des affaires sociales, est équilibrée : nous nous engageons enfin dans la voie d une vraie réforme. Je voterai donc contre cet amendement, et j espère que mes collègues de la commission de la culture, de l éducation et de la communication feront de même. (Mmes Catherine Morin- Desailly, Corinne Bouchoux et Maryvonne Blondin et M. Jean Desessard applaudissent.) Mme la présidente. La parole est à M. Jean- Baptiste Lemoyne, pour explication de vote sur l amendement n o 173 rectifié. M. Jean-Baptiste Lemoyne. Le principe de subsidiarité joue ici dans un cadre très particulier. Lors de la discussion générale, j avais plaidé pour une application générale de ce principe. Le fédéralisme peut avoir des vertus dans une démocratie sociale comme il en a dans une démocratie politique. L idée est de partir du terrain, afin que l échelon supérieur ne traite que de ce qui lui revient. Personnellement, le recours au principe de subsidiarité ne me choque donc pas, au contraire. Ce qui me gêne, c est qu on l applique en l occurrence à une catégorie bien précise et à elle seule. M. le ministre dit vouloir tout le rapport Gille, rien que le rapport Gille, chacun des mots ayant été pesé au trébuchet. À mon sens, pourtant, dans sa version originale, le texte du Gouvernement va plus loin que ce rapport. Aux termes de celui-ci, en effet, «si les secteurs professionnels ne parviennent pas à dégager de solutions, le niveau interprofessionnel reprendra la main. Si des solutions sont dégagées, elles ne s imposeront pas en droit au niveau interprofessionnel, mais constitueront un élément substantiel d appréciation sur la convention d assurance chômage.» On voit donc bien que, dans ce schéma, le niveau interprofessionnel n est pas lié par les décisions qui auraient été prises à l échelon des professions concernées. En ce sens, le texte du Gouvernement va plus loin, de même d ailleurs que, en matière de prise en compte de la pénibilité, il va plus loin que le rapport Sirugue-Huot- Virville, en faisant référence à la notion de métier. Il nous semble que la philosophie de l amendement n o 173 rectifié correspond finalement assez bien aux préconisations du rapport Gille. Cela étant, les commissions des affaires sociales et de la culture ont accompli un travail de fond dont nous ne pouvons pas ne pas tenir compte. Mme la présidente. La parole est à Mme Maryvonne Blondin, pour explication de vote. Mme Maryvonne Blondin. Je salue les propos de M. Dufaut, qui traduisent fidèlement la position de la commission de la culture. L amendement n o 111 rectifié vise en fait à revenir à la rédaction de l Assemblée nationale, étant donné qu il s agit bien d un premier niveau de négociation entre les salariés et les employeurs du secteur du spectacle vivant, le niveau interprofessionnel intervenant ensuite s ils ne parviennent pas à se mettre d accord. La concertation a duré de très longs mois ; nous sommes maintenant dans la phase de négociation. Cela ne s était jamais fait. Mme la présidente. La parole est à M. René-Paul Savary, pour explication de vote. M. René-Paul Savary. Monsieur le ministre, que les choses soient claires : je suis de ceux qui considèrent que la culture crée du lien social. Dans la période difficile que nous traversons, alors qu un sentiment d abandon se répand dans les territoires ruraux et les quartiers sensibles des villes, la culture joue un rôle essentiel pour le «vivre ensemble». Loin de moi l idée de renoncer à consolider les liens de concertation existants. Je souhaite, moi aussi, que les festivals, dont la saison a d ores et déjà commencé, se déroulent dans les meilleures conditions. Néanmoins, le présent texte ne me paraît pas permettre de tout régler. Monsieur le ministre, puisque vous vous appuyez sur les conclusions du rapport Archambault-Combrexelle- Gille, vous ne manquerez pas d émettre un avis favorable sur l amendement n o 174 rectifié. En effet, il vise à prendre18 6840 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 en compte une préconisation de ce rapport, à savoir la création d une conférence des métiers du spectacle. Il me semble important de bien clarifier les choses. Cela étant dit, je retire l amendement n o 173 rectifié, madame la présidente. M. Jean-Baptiste Lemoyne. Belle ouverture! Mme Christiane Kammermann. Très bien! Mme la présidente. L'amendement n o 173 rectifié est retiré. La parole est à Mme la présidente de la commission de la culture. Mme Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission de la culture, de l éducation et de la communication. Il est fort heureux que cet amendement ait été retiré. Comme je l ai dit tout à l heure en intervenant sur l article, nous sommes coresponsables du système de l intermittence. En effet, en tant qu élus locaux, nous gérons des établissements culturels, des festivals ; nous avons donc très largement recours aux intermittents. Cela signifie que, au-delà de la solidarité interprofessionnelle, qu il convient de réaffirmer, nous devons travailler ensemble au financement du spectacle vivant. L État aussi doit prendre ses responsabilités : régler la question de l intermittence ne suffira pas. Il faudra se pencher, dans les mois à venir, sur le problème du financement public du spectacle vivant. Que l on songe aux baisses drastiques qu a connues, ces deux ou trois dernières années, le budget de la culture, en particulier les crédits affectés au spectacle vivant, et à la réduction des dotations aux collectivités territoriales, qui menace plus encore l emploi artistique! Il faut se poser les bonnes questions et trouver de nouveaux mécanismes de financement du spectacle vivant, tout en réformant le système de l intermittence, afin d assurer sa viabilité et sa pérennité. Quoi qu il en soit, je voulais renvoyer le Gouvernement à ses responsabilités sur ce sujet du financement du spectacle vivant. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 276. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 261. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. Je mets aux voix les amendements identiques n os 53 et 263. (Les amendements ne sont pas adoptés.) Mme la présidente. Je mets aux voix les amendements identiques n os 54 rectifié et 264 rectifié. (Les amendements sont adoptés.) Mme la présidente. En conséquence, l'amendement n o 111 rectifié n'a plus d'objet. Je suis saisie de deux amendements faisant l'objet d'une discussion commune. L'amendement n o 55, présenté par Mmes Blandin et Bouchoux, M. Desessard, Mme Archimbaud et les membres du groupe écologiste, est ainsi libellé : Alinéa 16 1 Remplacer les mots : les listes des emplois de ces professions pouvant être pourvus par les mots : la nature des activités de ces professions pouvant être exercées 2 Remplacer les mots : les emplois par les mots : les activités La parole est à Mme Corinne Bouchoux. Mme Corinne Bouchoux. Le diable se niche parfois dans les détails Cet amendement vise à substituer aux termes «liste des emplois» les mots «nature des activités». Le réexamen des listes définissant les professions concernées par le dispositif des contrats à durée déterminée d usage ne peut s effectuer sous le seul angle des emplois. En effet, cette formulation risquerait d exclure du champ des professions éligibles aux CDDU certains métiers artistiques ou indispensables aux artistes. Ainsi, que se passerait-il si, demain, la profession de coiffeur ou celle de menuisier était retirée de cette liste? Les acteurs devraient-ils se rendre dans un salon de coiffure en ville avant de tourner une scène? Importerait-on les décors au lieu de les bâtir? Ce sont là deux exemples d emplois non délocalisables, présents sur nos territoires, qui sont à nos yeux menacés par l ambiguïté de la formulation retenue dans le texte. La notion de «nature des activités» nous paraît plus pertinente. De fait, sa plus grande précision permet de prendre en compte les spécificités de certains métiers dans le secteur des arts vivants, de l audiovisuel ou du cinéma. Mme la présidente. L'amendement n o 262, présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, est ainsi libellé : Alinéa 16 Remplacer les mots : les listes des emplois par les mots : la nature des activités La parole est à M. Dominique Watrin. M. Dominique Watrin. La définition du contrat à durée déterminée d usage figurant au 3 de l article L du code du travail indique que les emplois concernés sont ceux «à caractère saisonnier ou pour lesquels, dans certains secteurs d activité définis par décret ou par convention ou accord collectif de travail étendu, il est d usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature de l activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois». Par ailleurs, la Cour de cassation, conformément à la directive européenne 1999/70/CE, a remis en cause le recours aux CDDU quand il n est justifié que par l appartenance de l emploi concerné à une liste de métiers ou à un secteur dans lequel il est d usage de ne pas recourir au CDI.19 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN Ainsi, deux critères cumulatifs déterminent actuellement la possibilité de recours aux CDDU : la nature de l activité exercée et le fait de relever d une activité par nature temporaire. Pour ces raisons, les auteurs de cet amendement proposent de supprimer la notion de «liste des emplois» reprise dans cet article. Trop limitative, elle pourrait conduire à l exclusion de certaines activités relevant de la création artistique mais ne figurant pas a priori sur cette liste, en dépit de leur nature temporaire, faute d être définies par un type d emploi prédéterminé. Nous proposons de substituer à cette notion celle de «nature de l activité», conformément à la loi en vigueur et à la jurisprudence de la Cour de cassation. Plus adaptée, cette notion permet de couvrir un champ plus large, sachant que le contrôle du caractère obligatoirement temporaire de cette activité apportera en pratique les limites nécessaires. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. L article L du code du travail dispose que les emplois concernés par les CDDU sont ceux pour lesquels il est «d usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature de l activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois». Un décret, une convention ou un accord collectif du travail étendu définissent les secteurs d activité éligibles aux CDDU. C est pourquoi la formulation retenue dans le projet de loi me semble conforme aux dispositions du code du travail ; néanmoins, comme deux groupes soulèvent cette question, j aimerais entendre l avis du Gouvernement : confirme-t-il cette analyse? Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. Je demanderai à Mme Bouchoux et à M. Watrin de bien vouloir retirer ces amendements ; à défaut, j émettrai un avis défavorable. En effet, les partenaires sociaux de la profession réexaminent actuellement au plus près les listes d emplois, qui sont aujourd hui définies par convention ou accord collectif. La loi dispose que seuls les emplois par nature temporaires peuvent donner lieu à la conclusion d un CDDU. Cependant, en ce qui concerne les secteurs d activité éligibles, le code du travail mentionne bien, d ores et déjà, les spectacles, l action culturelle, l audiovisuel, la production cinématographique et l édition phonographique. Par ailleurs, aux termes d un amendement qui a été adopté, les partenaires sociaux du secteur du spectacle devront négocier d ici au 30 juin 2016 les conditions de recours aux CDDU. Deux négociations auront lieu portant l une sur la liste des métiers, l autre sur les conditions de recours aux CDDU, y compris s agissant de la nature des activités. Les partenaires sociaux accomplissent à l heure actuelle un travail de révision très fin, que j ai lancé il y a une quinzaine de jours. Mme la présidente. Madame Bouchoux, l'amendement n o 55 est-il maintenu? Mme Corinne Bouchoux. Dans le dialogue social, sujet de notre débat, il faut de la confiance. Je suis pour ma part très tentée de faire confiance à M. le ministre. De toute façon, le compte rendu de nos travaux témoignera des engagements pris. Je voudrais en tout cas insister sur la nécessité de préserver des emplois qui, par définition, ne sont pas délocalisables. Je retire l amendement, mais nous resterons extrêmement vigilants. Mme la présidente. L'amendement n o 55 est retiré. Monsieur Watrin, l'amendement n o 262 est-il maintenu? M. Dominique Watrin. Certes, nous prenons acte de ce que des négociations entre les partenaires sociaux sont en cours. Cela étant, le problème juridique soulevé par notre amendement n a pas trouvé réponse. En conséquence, nous maintenons l amendement. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 262. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. L'amendement n o 265, présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, est ainsi libellé : Après l alinéa 17 Insérer un alinéa ainsi rédigé : Les organisations représentatives au niveau professionnel de salariés et d employeurs négocient avant le 30 juin 2016 la politique contractuelle et notamment les conditions de recours au contrat à durée déterminée d usage. La parole est à Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Cet amendement s inscrit dans la continuité du précédent ; j ai donc peur qu il ne connaisse le même sort Nous voulons dénoncer le recours abusif aux CDDU par des entreprises du monde du spectacle et appeler à la requalification des contrats de ceux qu il est aujourd hui convenu d appeler les «permittents». Ce terme désigne des intermittents du spectacle, notamment dans le secteur audiovisuel, dont les contrats à durée déterminée d usage sont constamment renouvelés : ils assument en réalité des missions pérennes relevant de l emploi en CDI. Ces «permittents» se retrouvent donc dans une situation précaire et inconfortable. En effet, outre que le CDI assure une certaine visibilité, il constitue aujourd hui une condition pour l accès à d autres éléments fondamentaux de l existence, tels que le logement. Nous proposons donc, par cet amendement, d ouvrir une négociation sur les conditions de recours aux CDDU avant le réexamen des listes d emplois pouvant être pourvus par le biais de ce type de contrats mentionnées aux alinéas précédents. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Cet amendement est satisfait par l alinéa 18, que nous avons récrit et simplifié en commission. Je vous demanderai donc, ma chère collègue, de bien vouloir le retirer ; à défaut, l avis de la commission sera défavorable. Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. Même avis. Mme la présidente. Madame Gonthier-Maurin, l'amendement n o 265 est-il maintenu? Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Non, je le retire, madame la présidente. Mme la présidente. L'amendement n o 265 est retiré.20 6842 SÉNAT SÉANCE DU 25 JUIN 2015 L'amendement n o 266, présenté par M. P. Laurent et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, est ainsi libellé : Après l alinéa 17 Insérer un alinéa ainsi rédigé : Dans les professions visées à l article L du code du travail, les emplois pour lesquels il est d usage constant de recourir au contrat à durée déterminée d usage en application du 3 de l article L du même code ne peuvent faire l objet d un contrat de travail en portage salarial dans les conditions prévues aux articles L et suivants dudit code. La parole est à M. Éric Bocquet. M. Éric Bocquet. Cet amendement a trait au portage salarial, forme de relation de travail triangulaire qui fait intervenir une entreprise de portage, un salarié «porté» et une entreprise cliente. Le contrat de travail est signé entre l entreprise de portage et le salarié concerné, qui exécute une mission pour le compte de la société cliente, laquelle a signé un contrat de prestation avec l entreprise de portage. Ce type de contrats porte sur des missions de court et moyen terme. La pratique du portage s est développée dans le monde du spectacle vivant depuis quelques années. Cela a amené la précédente ministre de la culture, Mme Aurélie Filippetti, à demander aux préfets de région, par un courrier d août 2012, de «faire connaître aux élus et aux fonctionnaires des collectivités territoriales les risques pour le secteur du recours massif au portage», car «le producteur demeure l employeur sans possibilité d interposition d une tierce personne. Le fait pour l artiste de conclure un contrat avec l entreprise de portage salarial ne suffit pas à renverser la présomption de salariat qui le lie à l entreprise de spectacles», ce qui devrait donc exclure le recours au portage. Enfin, elle affirme encore que ni l artiste employé en portage ni les techniciens du spectacle et intermittents ne peuvent, dans ce cas, prétendre à percevoir leurs droits à chômage, car l employeur ne relève pas du monde du spectacle. Afin d éviter le recours au portage dans le monde du spectacle et de lever le flou qui entoure cette situation, nous entendons inscrire dans la loi qu une même entreprise ne peut cumuler l activité de portage avec celle d entrepreneur de spectacles. L activité de spectacle est exclusive de celle de portage, et inversement. L adoption de l amendement n o 266, qui interdit le recours au portage pour les artistes et les techniciens du spectacle vivant et enregistré, permettra ainsi de contrecarrer les pratiques de contournement des règles constatées aujourd hui. Mme la présidente. Quel est l avis de la commission? Mme Catherine Procaccia, rapporteur. Monsieur Bocquet, vous voulez interdire le portage salarial pour les emplois éligibles aux CDDU dans le secteur du spectacle. Je connais les positions du groupe CRC en la matière. Pour autant, les arguments que vous avancez pour interdire le portage salarial de manière absolue dans le secteur du spectacle n ont pas convaincu la commission des affaires sociales, qui a émis un avis défavorable sur l amendement n o 266. Mme la présidente. Quel est l avis du Gouvernement? M. François Rebsamen, ministre. L interdiction du portage salarial dans le secteur du spectacle constitue, je le sais, un vrai sujet. Une mission d évaluation sera très prochainement lancée en coordination avec ma collègue Mme Pellerin. Elle portera notamment sur la licence d entrepreneur de spectacles. Ce n est qu à la lumière des conclusions de cette mission d évaluation que nous pourrons réellement traiter dans sa globalité la question du recours au portage salarial dans les professions du spectacle. C est pourquoi je vous demande, monsieur le sénateur, de bien vouloir retirer votre amendement ; à défaut, le Gouvernement émettra un avis défavorable. Mme la présidente. Monsieur Bocquet, l'amendement n o 266 est-il maintenu? M. Éric Bocquet. Oui, madame la présidente. Mme la présidente. Je mets aux voix l'amendement n o 266. (L'amendement n'est pas adopté.) Mme la présidente. Je suis saisie de trois amendements faisant l'objet d'une discussion commune. L'amendement n o 56, présenté par Mmes Blandin et Bouchoux, M. Desessard, Mme Archimbaud et les membres du groupe écologiste, est ainsi libellé : Alinéa 20 Rétablir le IV dans la rédaction suivante : IV. - Dans un délai d un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement transmet au Parlement un rapport sur la situation des artistes et techniciennes intermittentes du spectacle, s appuyant sur des données chiffrées et une enquête qualitative, concernant en particulier la proportion de femmes parmi les intermittents et son évolution, le nombre de femmes enceintes, leurs conditions d accès aux prestations maladie, maternité et à l assurance chômage, la complémentarité entre les prestations fournies, la concordance des droits et les cas de non recours aux droits ainsi que les répercussions des grossesses et des congés de maternité sur les carrières professionnelles des intermittentes. La parole est à Mme Corinne Bouchoux. Mme Corinne Bouchoux. L Assemblée nationale avait pris l excellente initiative de demander un rapport sur la situation des artistes et techniciennes intermittentes du spectacle. Nous sommes en principe contre les rapports, sauf quand ils permettent de faire avancer les choses. C est pourquoi nous proposons de rétablir l alinéa 20, tant il nous semble important de pouvoir disposer de chiffres précis, que de nombreux collectifs peinent d ailleurs à obtenir auprès de la direction de la sécurité sociale. Il s agit là d un sujet très important. Les intermittentes devant s arrêter de travailler avant et après la naissance de leur enfant ne bénéficient d aucun droit, puisque la durée du congé de maternité n est pas prise en compte pour l ouverture des droits à l assurance chômage. C est, de fait, une discrimination que nous ne pouvons tolérer. À cet égard, je tiens à saluer le travail accompli sur ce sujet par nos collègues Maryvonne Blondin et Brigitte Gonthier-Maurin, ainsi que Montrer encore
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