Source: http://ethictransplantation.blogspot.fr/2007/11/
Timestamp: 2017-10-22 13:29:50+00:00
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Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

En ce qui concerne la définition de la mort, la médecine n'est pas une science exacte. Quelles sont les conséquences de ce constat pour la pratique des transplantations d'organes ?
Un article scientifique explique les problèmes éthiques que pose, aujourd'hui encore, le constat de décès sur le plan de l'éthique dans le cas des prélèvements d'organes sur donneurs "décédés". Face à l'incapacité de la médecine à déterminer le moment précis de la mort, l'auteur de l'article appelle la société tout entière à débattre sur la pratique des prélèvements d'organes sur donneurs "décédés", c'est-à-dire : dont on prévoit le décès car ils sont engagés dans un processus de mort irréversible, que ces donneurs d'organes dits "décédés" soient en état de mort encéphalique ou en arrêt cardio-respiratoire persistant. Il est urgent que ce débat ait lieu : a-t-on le droit de prélever les organes de ces patients qui ne sont pas morts, mais dont la médecine peut prévoir le décès ? Confondre à dessein pronostic de mort et décès ne constitue pas une simple faute de méthodologie. Et s'il y avait violation du respect de la personne ? Un donneur "décédé" dont on prélève les organes est devenu un simple réservoir d'organes, ce n'est plus une personne. Le constat de décès (fiction juridique ?) effectué au préalable permet ce traitement. A la lumière de ces faits, la faute de méthodologie n'est ni innocente, ni anodine : elle permet d'obtenir des organes en instrumentalisant des personnes mourantes. La société ne doit pas ignorer cette pratique. Elle doit exprimer son consentement. Ou son refus. Faute de quoi le consentement éclairé inscrit dans la loi restera lettre morte, et le mariage voulu par la loi entre consentement éclairé et consentement présumé un infernal mariage entre Kant et Sade.
The ethics of donation and transplantation: are definitions of death being distorted for organ transplantation? Article by Ari R. Joffe, in: "Philosophy, Ethics, and Humanities in Medicine" 2007, 11/25/2007
"A recent commentary defends
1) the concept of 'brain arrest' to explain what brain death is, and
2) the concept that death occurs at 2-5 minutes after absent circulation. I suggest that both these claims are flawed. Brain arrest is said to threaten life, and lead to death by causing a secondary respiratory then cardiac arrest. It is further claimed that ventilation only interrupts this way that brain arrest leads to death. These statements imply that brain arrest is not death itself. Brain death is a devastating state that leads to death when intensive care, which replaces some of the brain's vital functions such as breathing, is withdrawn and circulation stops resulting in irreversible loss of integration of the organism. Circulatory death is said to occur at 2-5 minutes after absent circulation because, in the context of DCD*, the intent is to not attempt reversal of the absent circulation. No defense of this weak construal of irreversible loss of circulation is given. This means that patients in identical physiologic states are dead (in the DCD context) or alive (in the resuscitation context); the current state of death (at 2-5 minutes) is contingent on a future event (whether there will be resuscitation) suggesting backward causation; and the commonly used meaning of irreversible as 'not capable of being reversed' is abandoned. The literature supporting the claim that autoresuscitation does not occur in the context of no cardiopulmonary resuscitation is shown to be very limited. Several cases of autoresuscitation are summarized, suggesting that the claim that these cases are not applicable to the current debate may be premature. I suggest that brain dead and DCD donors are not dead; whether organs can be harvested before death from these patients whose prognosis is death should be debated urgently."
* Donation after Cardiac Death (en français : les prélèvements "à coeur arrêté", sur un patient "décédé en arrêt cardio-respiratoire persistant"). Aux USA, les prélèvements d'organes sur ces patients "à coeur arrêté" sont effectués suite à une décision d'arrêt des soins. En France, les prélèvements "à coeur arrêté" ne peuvent pas être effectués sur un patient pour lequel il y a eu d'abord une démarche d'arrêt des soins. De tels prélèvements ne peuvent avoir lieu que suite à un échec de la réanimation du patient. Dans ce cas, le constat de décès est prononcé au bout de 30 mn d'une tentative de réanimation qui a échouée. Le patient dont le décès a été constaté subit ensuite une réanimation qui vise à la conservation de ses organes, et non plus à le sauver.
==> The complete article is available as a provisional PDF(read).
http://www.peh-med.com/content/2/1/28
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 26.11.07 Aucun commentaire:
Le 20/11/2007 a été un grand jour pour les espoirs que représentent les cellules souches (pouvoir un jour réparer les organes sans avoir recours aux transplantations d’organes, en tout cas pour les petits organes): on peut désormais créer des cellules souches humaines pluripotentes (qui peuvent se transformer en différents organes, à condition d’être éduquées) à partir de cellules adultes, et non de cellules embryonnaires (ce qui posait des problèmes d’éthique). Quant au clonage (dit "transfert nucléaire" en terme savant, pour ménager l’opinion publique): cette piste est abandonnée: le père de Dolly, la brebis clonée, s’intéresse désormais aux cellules souches et non plus au clonage.
A l'avenir, on peut imaginer que le sang de cordon puisse être amené à prendre le relais des greffes de moelle. En tout cas, voilà qui va permettre d'augmenter les chances des patients en attente de greffe de moelle, puisque le don de sang de cordon peut désormais remplacer le don de greffe de moelle, avec les mêmes résultats pour le patient greffé. Une alternative de plus qui sera donc la bienvenue, pour les patients en attente de greffe de moelle et ne trouvant pas de donneur compatible. Précisons que plus de 20 tissus peuvent être recomposés à partir du sang de cordon. Quant à régénérer le cerveau, la route est encore longue... Les cellules souches de l’épiderme sont aussi très prometteuses : une cellule souche de l’épiderme est capable de refaire l’épiderme entier à elle seule ! Des chercheurs japonais et américains sont donc parvenus à créer des lignées de cellules souches proches des lignées de cellules souches embryonnaires à partir de cellules de peau humaine reprogrammées. "Ces cellules ressemblent beaucoup à des cellules souches embryonnaires. Elles ont pratiquement les mêmes propriétés", explique Axel Kahn, directeur de l’Institut Cochin. Ces cellules obtenues l’ont été en partie grâce à des rétrovirus, et sont cancérigènes. Mais il est possible de pouvoir se passer de la substance cancérigène et des rétrovirus, même si cela devra prendre encore un peu de temps. Dans la perspective de la médecine régénératrice, c’est une avancée importante. Le Professeur Axel Kahn estime néanmoins qu’il faut continuer la recherche sur les cellules souches embryonnaires et celle sur les cellules souches adultes "ne serait ce que parce qu’elles ne sont pas cancérigènes", explique-t-il. Les cellules souches de sang de cordon, de peau et du liquide amniotique contiennent un grand potentiel thérapeutique, sans poser de problèmes d’éthique, du moins pour le moment. Il va falloir développer les banques de sang de cordon (privées ? publiques ? mariage entre les deux ?) J’étais hier à un colloque au Sénat, sur le sujet des cellules souches, et posterai prochainement un compte-rendu de cette journée passionnante, où les dernières avancées ont été expliquées, dans le but de préparer la révision de la loi de bioéthique de 2004, prévue pour 2009. Le Sénat est déjà au travail, afin de bien cerner tous les aspects de la question : points de vue scientifique, légal, éthique, et, last but not least, financier: les différentes équipes de recherche sont en concurrence intellectuelle et financière.
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 23.11.07 Aucun commentaire:
Arrêt des soins, prélèvements d'organes et "technicisation de l'agonie" (Dr. Marc Andronikof) :
"La nouvelle définition de la mort cérébrale est née en 1968 à la suite du progrès des techniques de réanimation (ventilation artificielle et réanimation cardio-pulmonaire) et du développement des pratiques de transplantation. 'Ce changement de législation a permis de résoudre le double problème que posait, d'une part la surcharge des lits occupés par des patients qui ne retrouveraient plus la conscience et, d'autre part, la demande croissante d'organes pour la transplantation. La définition de mort cérébrale permet d'annuler les obstacles auparavant légaux de deux pratiques désormais très courantes en fin de vie : les prélèvements d'organes et l'arrêt des soins', écrit David Rodriguez-Arias."
Emmanuelle Grand, Christian Hervé, Grégoire Moutel: "Les éléments du corps humain, la personne et la médecine", Editions de l'Harmattan, 2005.
Le clonage thérapeutique pour régler la question des greffes :
"(...) personne ne prend vraiment la peine d'expliquer au grand public que bien des cas aujourd'hui désespérés pourraient ne plus l'être si l'on autorisait les recherches sur le clonage humain ! Que cet enfant, ce parent, cet ami, que nous voyons s'éteindre, nous pourrions aussi bien le voir reprendre vie, pour peu que quelques vérités élémentaires s'imposent enfin...
La première de toutes est que le clonage reproductif, dont on ne discerne ni l'avenir ni l'utilité s'agissant de l'Homme - les dictatures et les fanatismes religieux ont-ils jamais eu besoin de cela pour créer, à leur convenance, des hordes fanatisées partant au supplice dans l'espoir d'un paradis ? - n'est pas le clonage thérapeutique. La seconde, c'est que ce dernier, et lui seul, peut un jour parvenir à régler totalement la question des greffes d'organes, matière à la fois compliquée, à cause des rejets, et douloureuse, en raison du manque chronique... d'organes à greffer ! (...) Tel est l'aspect fondamental de la recherche sur le clonage thérapeutique : achever de percer le mystère de la spécialisation cellulaire en apprenant à repérer, à identifier, à sérier, ces véritables 'anges gardiens', pour mieux les inciter, le cas échéant, à 'redémarrer' vers la construction d'un organe complet. Un organe parfaitement sain qui deviendrait le nôtre, et serait ainsi greffable sans danger ! De nombreuses personnalités scientifiques, dont quatre prix Nobel, réclament l'ouverture de ce champ de recherche inespéré. Pour l'instant sans succès. Alors que, dans le même temps, on réfléchit à autoriser l'euthanasie sur des personnes en fin de vie, malades certes, mais cependant bien vivantes! N'est ce pas ce qui s'appelle marcher sur la tête ?"
Professeur Bernard Debré : "Nous t'avons tant aimé. L'euthanasie, l'impossible loi". Editions du Cherche-Midi (Documents), 2004.
"Le décret d'application relatif à la recherche sur l'embryon et sur les cellules embryonnaires a été publiée le 6 février 2006. En juin 2006, six équipes de biologistes travaillant dans des structures publiques ont obtenu de l'Agence de la biomédecine l'autorisation de mener des recherches sur les cellules souches d'embryons humains. Sur ces six équipes, cinq sont de l'Inserm et de l'Institut Pasteur et travailleront sur des lignées de cellules souches embryonnaires importées. Pour la première fois, une équipe (codirigée par Marc Peschanski et Stéphane Viville) tentera sur le territoire national de créer à partir d'embryons humains des lignées de cellules souches."
http://www.admi.net/jo/20060207/SANP0524383D.html
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 14.11.07 3 commentaires:
Résultats préliminaires de l’activité de prélèvement et de greffe d’organes pour 2007 (chiffres au 20/02/2008) : lire
Explosion du nombre de patients en attente de greffe entre 2005 et 2006
En France, il y a entre 30 000 à 50 000 greffés en vie (chiffres de 1997)
En 2006, 12.411 patients attendaient une greffe. 229 patients seraient morts faute de greffon. 4.426 greffes ont été réalisées. 1.441 donneurs ont été prélevés. Toujours en 2006, 3.055 donneurs potentiels en état de mort encéphalique ont été recensés. 12 697 patients en attente de greffe au 31/12/2006.
(Source : Agence de la biomédecine / France ADOT)
Coeur : 358
Poumons : 182
Bloc Coeur-poumons : 22
Foie : 1.037
Reins : 2.731 (y compris donneurs vivants).
(Source : Agence de la biomédecine).
Le site internet de France Adot communique les données suivantes :
"Les résultats préliminaires de l’activité de prélèvement et de greffe en France en 2006 s’inscrivent dans le prolongement des années précédentes : le taux de prélèvement n’a jamais été aussi élevé et il s’établit pour la première fois à environ 23 prélèvements par million d’habitants. 4.426 greffes ont été réalisées, et l’activité de greffe a augmenté de 38 pour cent depuis l’année 2000.
Malgré cette progression, la situation de pénurie persiste: en 2006, en France, 12.411 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes et 229 patients sont décédés faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d’attente est plus élevé (+ 4 pour cent en 2006) et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (5 433 en 2006) et le nombre de greffes réalisées reste important."
Un taux de prélèvement de 23 par million d’habitants en 2006 :
"Le taux de prélèvement par million d’habitants (pmh) est de 23 pmh en 2006. 1.441 donneurs ont été prélevés contre 1.371 en 2005, soit une augmentation de 5,1 pour cent. Les accidents de la circulation diminuent de façon constante depuis cinq ans mais le nombre de prélèvements a pu progresser grâce à une amélioration et une augmentation du recensement des donneurs potentiels décédés d’un accident vasculaire cérébral. En 2006, 3.055 donneurs potentiels en état de mort encéphalique ont été recensés (contre 2.803 en 2005). Depuis quelques années, la moyenne d’âge des donneurs prélevés ne cesse de croître avec l’augmentation de la part du prélèvement des donneurs de plus de 50 ans, voire de plus de 65 ans (en 2006, les plus de 60 ans représente 28 pour cent des donneurs prélevés). Cette tendance s’observe particulièrement pour le rein et le foie."
L’activité de greffe d’organes continue sa progression avec 4.426 greffes en 2006 :
"L’activité de greffe a augmenté de 4 pour cent en 2006 avec 188 greffes supplémentaires réalisées par rapport à l’année passée. 4.426 greffes ont été réalisées en 2006 (contre 4.238 en 2005). La greffe rénale, qui représente 62 pour cent de la totalité des greffes, a enregistré une augmentation de 42 pour cent depuis 2000."
"En 2006, 12.411 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organe. En effet, le nombre de patients restant inscrits en liste d’attente au 31 décembre 2005 était de 6.978, auxquels se sont ajoutés 5.433 patients nouvellement inscrits sur la liste nationale d’attente au cours de l’année."
Source: Agence de la biomédecine ; site internet de France Adot:
==> http://www.france-adot.org/A149-hausse-de-l-activite-de-prelevement-et-de-greffe-en-2006.html
Le site de l'INSERM communique les chiffres suivants :
"95 pour cent de survie à un an ; 55 à 60 pour cent de survie à 5 ans.
Coût : un insuffisant rénal = 100.000 Euros par an ; un greffé = 20.000 Euros par an.
Or, un rejet peut apparaître au bout de 5, 10, 15 ans, et le patient ne pas sortir de la liste des patients en attente de greffe ..."
"Les limites de la pratique des prélèvements sur les personnes décédées" (2004). Auteur : Docteur Marie-Dominique Besse (lire).
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 6.11.07 4 commentaires:
Libellés : DON D'ORGANES ET MEDIAS, MEMOIRE UNIVERSITAIRE TRANSPLANTATIONS
L'acharnement thérapeutique existe-t-il ou n'existe-t-il pas sur les personnes qui font don de leurs organes à leur mort ? Petit résumé des cas de figure qui se présentent :
Le patient dont on va prélever les organes est :
1.-) soit maintenu en vie artificielle (l’agonie est donc prolongée, dans le "seul" but de récupérer les organes)
2.-) soit réanimé, également dans le "seul" but de récupérer les organes.
Deux états bien distincts permettent le prélèvement d'organes sur patients "décédés" : l'état de mort encéphalique, et celui d'un arrêt cardio-respiratoire persistant. Dans le cas de l'état de "mort encéphalique", le cerveau est détruit, mais le coeur continue à battre pour quelques heures ; dans le cas de patients "décédés en état d'arrêt cardio-respiratoire persistant", le coeur ne fonctionne plus, mais on ne sait pas avec certitude si le cerveau est détruit ou non.
A-) Voir la réflexion du Dr. Martin Winckler, dans son article intitulé : "Le paternalisme médical français interdit tout débat sur l’euthanasie" (13/03/2007) : "Prélèvement d’organes et maintien médical légal d’un corps en vie artificielle" :
"Le prélèvement d’organes pose lui aussi une question éthique rarement
abordée avec la famille. La législation actuelle permet à toute personne qui le
désire d’autoriser le prélèvement de ses organes en cas de coma dépassé à
'électroencéphalogramme plat' (en état de mort cérébrale) fût-ce contre l’avis
de la famille. Il est donc possible, de son vivant, de donner par écrit aux
médecins l’autorisation de disposer de son corps à un moment où l’on ne sera
plus en mesure de prendre cette décision en toute lucidité.
Don et prélèvements d’organes sont présentés par les services de transplantation comme étant louables et susceptibles de sauver des vies, mais ils taisent (ou feignent d’ignorer) que le médecin va choisir de maintenir en vie un patient 'en état de mort cérébrale' afin de prélever ses organes. Maintenir un patient en vie
artificielle pour lui retirer le coeur, les poumons, le foie ou les deux reins
est une procédure qui n’est pas dénuée de sens symbolique, même si c’est pour
tenter de prolonger la vie d’un autre patient.
Certes, la 'mort cérébrale' est la condition légale préalable à tout prélèvement, mais elle ne donne pas pour autant, à elle seule, toute liberté au médecin de cesser ou de prolonger la réanimation de tous les patients sous machine... C’est la
volonté clairement exprimée du patient qui détermine ces gestes.
On ne comprend pas bien pourquoi le maintien artificiel d’une vie pour les
prélèvements d’organe serait justifié parce que le patient l’a autorisée,
tandis que la mort accompagnée d’un patient lucidement fatigué de vivre et
qui en émet le désir serait, en revanche, inacceptable.
La volonté de mourir à une heure choisie par le médecin (en fonction des nécessités du prélèvement) ne serait-elle recevable que pour les donneurs d’organes en
mort cérébrale ? La mise à disposition du corps ne serait-elle justifiable
que par l’existence d’un 'bien supérieur' ? On retrouve ici l’aversion
séculaire des pays catholiques (même lorsqu’ils se déclarent laïcs) envers
toute forme de mort volontaire.
Aux yeux du corps médical, la décision d’un patient sain qui choisit de
faire un don d’organes a beaucoup plus de valeur que celle d’un patient
gravement atteint qui désire ne pas continuer à vivre.
Aux yeux de l’Eglise catholique, les greffes d’organes sont
acceptables ; la mort volontaire ne l’est pas. Coïncidence ?"
(source : http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=875)
B.-) Le premier cas de figure ne se présente pas dans le cas des prélèvements "à coeur arrêté", où il s'agit d'une personne en situation d'arrêt cardio-respiratoire persistant, et dont le décès a été prononcé, suite à l'échec des tentatives de réanimation visant à sauver cette personne.
2.-) Au sujet du deuxième cas de figure (patient réanimé dans le "seul" but de prélever des organes ou greffons viables):
A-) Le Professeur Louis Puybasset, Unité de NeuroAnesthésie-Réanimation, Département d’Anesthésie-Réanimation, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, au sujet du problème de la réanimation des patients en état de mort encéphalique en vue du prélèvement de leurs organes (propos recueillis en septembre 2005):
B-) Dans le cas des prélèvements "à coeur arrêté", qui ont repris en France depuis 2006, il s’agit de personnes ayant fait un arrêt cardiaque, et qui vont être réanimées dans le but de récupérer les organes.
Rappelons les trois étapes qui mènent au prélèvement "à coeur arrêté", suite à une situation d’arrêt cardiaque :
c) Suite au constat de décès, une autre réanimation va être entreprise, cette fois-ci dans le but d’assurer la conservation des organes du patient "candidat" au prélèvement d’organes. Cette seconde réanimation est invasive. Le décret du 2 août 2005 autorise d’ailleurs les équipes médicales à mettre en place des moyens de préservation des organes en attendant l’entretien avec les proches. En d’autres termes : le corps médical a le droit de pratiquer ces mesures invasives qui ne sont plus dans l’intérêt du patient - et ce, avant l’entretien avec la famille afin de savoir si ce patient s’est positionné pour ou contre le don de ses organes à sa mort. On peut donc se poser la question:
"Quelles sont les conditions de respect du corps de la personne juste après
son décès lorsque l’on pratique sur lui des gestes techniques de nature invasive ? Comment les réanimateurs vivent-ils la dualité de leur mission lorsqu’ils
assurent par tous les moyens une circulation sanguine d’abord sur une personne à qui ils espèrent redonner vie, puis sur le corps de la même personne au moment même où ils renoncent à cet espoir ? Doit-on craindre la survenue de conflit d’intérêt à cet égard ?"
C’est ce qu’a fait le Dr. Marc Guerrier, Adjoint au directeur de l’Espace éthique / AP-HP, Département de recherche en éthique Paris-Sud 11, dans son article: "Les Prélèvements ’à coeur arrêté’: enjeux éthiques", 15 novembre 2006.
Rappelons que la loi Léonetti d'avril 2005, dite loi sur "la fin de vie", ne concerne pas la prise en charge des patients "candidats" au don d'organes à leur mort. Ces patients donneurs d'organes étant "soignés" pour leurs organes et non plus pour eux-mêmes ne sont plus considérés comme des personnes, alors que la loi Léonetti vise à défendre les intérêts des patients en fin de vie, afin qu'ils reçoivent les meilleurs soins possibles (pas d'acharnement thérapeutique). Prolonger un patient en vie artificielle et le faire mourir à une heure déterminée par l'équipe chirurgicale qui procédera au prélèvement des organes, ou encore réanimer un mort dans le but de récupérer ses organes ne peut pas être considéré comme relevant de la loi Léonetti. De telles pratiques se situent d'ailleurs à l'opposé de cette loi, mais poursuivent un bien dit "supérieur" : le recyclage d'un individu à l'autre afin de mettre des greffons à la disposition des patients en attente de greffe.
Publié par Ethics, Health and Death 2.0 le 6.11.07 Aucun commentaire:
Libellés : ETHIQUE ET LOI, MORT ENCEPHALIQUE, PRELEVEMENTS A COEUR ARRETE
Quelques précisions sur la distinction entre donneur mort et donneur vivant
1) Donneur "décédé":
Les donneurs morts sont des patients en état de mort encéphalique, le plus souvent suite à un AVC (accident vasculaire cérébral), moins souvent suite à un accident de la route. L’âge moyen des donneurs "décédés" ne cesse d’augmenter. La combinaison de la baisse des accidents de la route et des progrès des recherches scientifiques sur le cerveau risque de rendre la mort encéphalique de plus en plus rare, voire caduque. Il est évident que dès que les progrès de la médecine permettront de suppléer à l’incompétence du cerveau sur laquelle se fonde la définition de la mort encéphalique, il faudra revoir cette définition de la mort, qui depuis 1996 (loi de bioéthique de 1996, révisée en 2004) fait équivaloir la mort avec une incompétence du cerveau. Or on est déjà sur la voie de ces progrès scientifiques, et la loi de bioéthique doit être révisée en 2009 (le Sénat est déjà au travail).
Il existe depuis 2006 une autre situation qui permet le prélèvement d’organes : celle d’un patient "en arrêt cardio-respiratoire persistant". Le diagnostic de mort est établi sur le seul fait de l’arrêt cardiaque irréversible. Une telle situation permet les prélèvements "à coeur arrêté".
2) Donneur vivant :
Un donneur vivant est un parent ou proche d’un patient en attente de greffe, qui, lorsqu’il est compatible, peut donner un lobe de foie ou un rein afin d’aider son proche ou parent à guérir. Malgré la fait que la qualité des greffons provenant de donneurs vivants est souvent supérieure à celle des greffons provenant de donneurs "décédés", et donc permet, du moins statistiquement parlant, une plus grande durée de vie pour le patient greffé, le don d’organes à partir de donneurs vivants est encore très peu développé en France. Il arrive que des chirurgiens ne souhaitent pas opérer des donneurs vivants, car c’est une très lourde responsabilité (le patient est opéré alors qu’il n’a aucun problème de santé): certes le risque de complications graves pour le donneur est minime, mais il existe, et lorsqu’il survient, l’impact est immense. Ces mêmes chirurgiens préfèrent opérer un donneur "décédé". En Espagne, comme en France, le don d’organe à partir de donneur vivant est très peu développé. Certains pensent que l’augmentation de la population de donneurs vivants pourrait ouvrir la porte au trafic d’organes, et que de ce fait il vaut mieux favoriser le don d’organes à partir de donneurs décédés. La position au niveau de l’Europe est clairement de favoriser le don d’organes à partir de donneurs "décédés". Mais certains médecins pensent que la forme de don la plus viable, éthiquement parlant, est celle du don à partir de donneurs vivants. On a donc affaire à un "conflit des valeurs" (Max Weber): qui a raison, qui a tort, difficile de trancher dans l’absolu ... Néanmoins, la pénurie d’organes ne sera pas résolue par les seuls prélèvements à partir de donneurs "décédés" : d’après les chiffres indiqués sur le site de France ADOT, 6.978 patients étaient en attente de greffe en 2005 et 5.433 patients ont été nouvellement inscrits après le 31/12/2005. Il y aurait donc une augmentation de 77% du nombre de patients en attente de greffe, entre 2005 et 2006 !! Dans le même temps, "l’activité des greffes a augmenté de 4% en 2006" (toujours d’après les chiffres de France ADOT). Il y a donc eu une explosion du nombre de patients en attente de greffe. On voit bien que pour résoudre la question des greffes (la pénurie étant au centre de cette question), il y aura besoin de développer le don d’organes à partir de donneurs vivants, ainsi que les recherches sur les cellules souches. Ces recherches ont déjà permis de régénérer le foie de certains patients.
Quelques chiffres sur le don d’organes à partir de donneurs vivants en France: "Depuis 2005, l’Agence de la biomédecine a mis en place les comités d’experts 'donneurs vivants' prévus par la loi de bioéthique d’août 2004 chargés d’autoriser ces greffes lorsque les donneurs ne sont pas le père ou la mère du receveur. Le nombre de greffes de rein (donneur vivant) en 2006 s’élève à 246, soit 9 pour cent de la totalité des greffes rénales et 87 pour cent des greffes à partir de donneur vivant." (Source : Agence de la biomédecine, Conférence de Presse, 1er février 2006)
Dans les pays Nordiques, la greffe à partir de donneur vivant est beaucoup plus développée qu’en France, tandis que le nombre de greffes réalisées à partir de donneurs "décédés" est moins important, en comparaison de celles réalisées à partir de donneurs vivants dans ces pays. Les Etats-Unis pratiquent autant les greffes à partir de donneurs vivants que celles à partir de donneurs "décédés". L’Espagne est le pays d’Europe où il y a le plus grand nombre de donneurs "décédés", tandis que sont réalisées très peu de greffes à partir de donneurs vivants.
Libellés : DON D'ORGANES ET MEDIAS, DONNEURS VIVANTS, MORT ENCEPHALIQUE