Source: https://solar-club.web.cern.ch/gazette/2002/201_202_27.html
Timestamp: 2020-08-03 12:48:00+00:00
Document Index: 61207093

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GOLFECH, 10 ANS APRÈS
Infos CLI. septembre 2002 – N°13
Dix ans après sa mise en service industrielle, la tranche 1 de Golfech a connu sa première visite décennale complète en 2001. A cette occasion, la commission technique “ Suivi du fonctionnement et de l’impact de la centrale nucléaire ” de la CLI, présidée par Madame Suzanne Gazal, Universitaire, a entendu EDF et la DRIRE Aquitaine, représentant régional de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Elle vous présente le bilan de cet arrêt décennal.
L’ARRÊT DÉCENNAL
La production de la tranche 1 a été arrêtée à Golfech le 24 mars et reprise le 6 juillet 2001. Cet arrêt a comptabilisé 350 000 heures de prestations et 1 100 prestataires dont 25% d’entreprises locales en Midi-Pyrénées et Aquitaine ; le contrôle et la maintenance ont coûté 19,8 millions d’euros (30 millions de francs).
Principaux travaux et contrôles effectués
- Épreuve hydraulique du circuit primaire à 207 bars (unité de mesure utilisée pour mesurer la pression des fluides) et épreuve de mise en pression de l’enceinte de confinement (barrières de sécurité) à 4,2 bars. Le taux de fuite s’est amélioré (de 0,93% de la masse d’air en 1992, il est passé à 0,79% en 2001) (la limite réglementaire 1%, après application d’un enduit à base de résine).
- Contrôle des soudures et structure de la cuve du réacteur, des tubes des générateurs de vapeur, de l’alternateur et de la turbine.
- Remplacement de 50% du packing de l’aéroréfrigérant pour améliorer son fonctionnement (ensemble en plastique permettant de refroidir l’eau qui sort du condenseur).
La DRIRE Aquitaine (Division Nucléaire), représentant local de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, contrôle trois centrales électronucléaires : le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne.
La DRIRE a attribué des moyens notablement importants à la visite décennale de Golfech : elle a été présente 1 jour sur 3 sur le site et 1 jour sur 2 pendant les activités sensibles qui représentent environ la moitié de la durée de l’arrêt de tranche.
- La DRIRE a validé l’épreuve hydraulique du circuit primaire principal et l’épreuve de l’enceinte de confinement. Elle a analysé les événements significatifs intervenus pendant l’arrêt dont le classement sur l’échelle INES* proposé par EDF n’a appelé de sa part aucun commentaire particulier. Elle a noté avec satisfaction qu’aucun tube des générateurs de vapeur n’a dû être bouché.
- La DRIRE a toutefois appelé l’attention de la CLI sur deux aspects considérés comme significatifs : l’apparition de défauts de fissuration sur un générateur de vapeur et la nécessaire amélioration de la gestion des déchets radioactifs sur le site.
sur la visite décennale
Depuis la mise en service de la centrale de Golfech la commission “Suivi du fonctionnement et de l’impact de la centrale nucléaire”, présidée par Madame Suzanne Gazal, Universitaire, a abordé de nombreux dossiers liés à la sûreté nucléaire et à la radioprotection. Elle présente ici ses observations les plus importantes.
- Cuve du réacteur
La CLI s’est intéressée à la résistance technique de la cuve du réacteur et aux contrôles réalisés sous la surveillance de la DRIRE par la société Intercontrôle, filiale de Framatome. Les procédures et la qualité des contrôles effectués ont été jugées satisfaisantes par la DRIRE.
- Circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA)
Suite à l’incident significatif constaté en 1998 à Civaux, la CLI s’est intéressé à d’éventuelles fissurations sur ces mêmes circuits à Golfech provoquées par le choc thermique eau chaude/eau froide. Dans l’attente d’une solution technique plus satisfaisante au niveau national, EDF procède, à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, au remplacement systématique de tronçons des circuits RRA sur tous les sites, ce qui a été fait sur les réacteurs 1 et 2 à Golfech.
Début 2001, une anomalie de conception a été détectée par EDF sur plusieurs centrales, en particulier à Golfech, sur deux vannes de circuits de refroidissement de secours qui contribueraient au refroidissement du cœur du réacteur dans certaines situations accidentelles. Les mesures correctives mises en place à Golfech ont été présentées à la CLI qui a toutefois regretté l’information tardive de l’ Autorité de Sûreté Nucléaire. Cet événement a été classé au niveau 2 de l’échelle INES*
- Générateurs de vapeur
La CLI s’est intéressé au bouchage de tubes des générateurs de vapeur : 8 sur 22 000 à Golfech dont la plupart depuis l’origine, ce qui est extrêmement faible au regard des critères de remplacement des générateurs de vapeur (12% de tubes bouchés). Bien que le circuit secondaire soit considéré par EDF comme propre, l’obstruction des tubes par des boues est un point à surveiller, notamment par des opérations de nettoyage complet à chaque arrêt de tranche.
Pour la première fois en France sur ce type de matériau, quelques fissurations de faible importance ont été constatées sur un générateur de vapeur de la tranche 1 de Golfech (nouveau type de matériau alliage Inconel 60), dans une zone de transition située entre les circuits primaire et secondaire. Ces défauts, bien que limités, sont considérés comme significatifs par la DRIRE et EDF. Dossier à suivre.
Enfin, une anomalie a été détectée sur des générateurs de vapeur de 8 centrales nucléaires de 1300 MWe dont Golfech (système de régulation du niveau d’eau participant à la protection du cœur du réacteur contre les effets d’un refroidissement excessif). Ce défaut d’organisation identifié au niveau national en 1998 vient d’être classé au niveau 1 de l’échelle INES*.
Plusieurs programmes de recherche sur cette question ont en effet été menés, notamment le programme européen ‘Sûreté de la fission nucléaire ” de 1995 à 1998.
La CLI estime que le recombineur d’hydrogène disponible au niveau national ne pourrait pas être acheminé dans les délais sur un site en situation accidentelle, contrairement à ce que prétend EDF.
Elle se félicite que cette hypothèse accidentelle soit aujourd’hui prise en compte par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et que l’Autorité de Sûreté Nucléaire ait demandé à EDF d’implanter des recombineurs d’hydrogène sur tous les réacteurs d’ici fin 2007. Elle restera vigilante sur leur mise en place à Golfech .
La CLI déplore cependant qu’un système de brassage, ainsi qu’un système de détection précoce et en continu du rapport entre les différents gaz présents à l’intérieur de l’enceinte de confinement, ne soient pas préconisés.
- Résistance aux séismes
La CLI s’est préoccupée des contrôles réguliers permettant de s’assurer que tous les organes du circuit primaire répondent aux exigences de résistance à d’éventuels séismes.
Les tirants des couvercles des cuves des deux réacteurs de Golfech ont été remis en conformité à l’issue de la visite décennale de la tranche 1 et de la visite partielle de la tranche 2. La fixation au sol des armoires électriques a également été abordée : les contrôles suivis par la DRIRE se sont étalés sur deux ans à Golfech. Les écarts constatés ont donné lieu à la mise en place d’un plan d’actions pour s’assurer de la bonne fixation des armoires électriques.
Toutefois, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a porté à la connaissance de la CLI, en juillet 2002, deux anomalies génériques concernant la tenue aux séismes des assemblages combustibles irradiés et du pont mobile de levage et de maintenance dans les bâtiments des réacteurs de plusieurs centrales nucléaires dont Golfech (classement au niveau 1 de l’échelle INES*).
En 2001, un problème de stockage de fûts de déchets radioactifs sur le site a entraîné un débit de dose supérieur à la normale. Cet événement, qui a donné lieu à une inspection immédiate de la DRIRE en présence du Président de la CLI, a été classé au niveau 1 de l’échelle INES* par l’Autorité de Sûreté Nucléaire. La CLI veillera au respect du plan d’actions mis en place à Golfech à la demande de la DRIRE pour améliorer la gestion des déchets.
- Propreté radioactive du site
En 1998, l’attention de la CLI a été appelée sur des problèmes de propreté radiologique survenus à Golfech : tenues vestimentaires des intervenants en zone contrôlée, voirie, transport du combustible usé vers La Hague. La CLI a entendu EDF, la COGEMA et la DRIRE. Des mesures correctives ont aussitôt été mises en place et aucune nouvelle contamination n’a été constatée sur le site de Golfech.
* INES : échelle internationale des événements nucléaires qui compte 7 niveaux de gravité.
REJETS ET SURVEILLANCE DE L’ENVIRONNEMENT,
La Commission “ Suivi du fonctionnement et de l’impact de la centrale nucléaire ” a analysé le bilan décennal des rejets d’effluents de la centrale de Golfech et de leur impact éventuel sur l’environnement. Ses observations essentielles apparaissent ci-dessous.
La CLI a de nouveau posé la question – déjà soulevé à l’ouverture de l’enquête publique en 1990 – des données et des modèles de calculs qui ont servi de base à l’établissement des normes de rejets des centrales nucléaires. Elle n’a pas obtenu satisfaction sur ce point.
La CLI a observé depuis début 1997, une augmentation de certain rejets radioactifs dans l’environnement, parallèlement à un accroissement de la radioactivité du circuit de refroidissement primaire (de l’ordre de grandeur de la contamination considérée par EDF comme “représentative d’une dégradation significative de la première barrière”).
Ces phénomènes sont concomitants avec l’apparition de fuites sur des éléments combustibles de la tranche 1. Les réponses d’EDF et de la DRIRE ne lui ayant pas donné entière satisfaction, la CLI a demandé que lui soit communiqué un état récapitulatif des problèmes rencontrés sur les gaines de combustible depuis 1997 pour chaque tranche et chaque cycle de fonctionnement.
- Le cobalt et l’argent
La CLI a constaté une nette décroissance des rejets en cobalt et en argent depuis 1998. Cette diminution est directement liée à l’amélioration par EDF des méthodes de traitement des effluents visant à récupérer le maximum de radioéléments sur des résines et des filtres afin de minimiser les rejets dans l’environnement.
La CLI s’est interrogée sur l’augmentation constante des rejets de tritium dans la Garonne depuis 1997. Le tritium résulte notamment d’une réaction sur l’acide borique présent dans l’eau du circuit primaire qui permet de maîtriser le réacteur nucléaire. La politique suivie jusqu’ici par EDF consistait en une gestion pluriannuelle du tritium, en le conservant dans les réacteurs et en rejetant le minimum.
Or, depuis 1997, EDF a rejeté des quantités plus importantes de tritium pour respecter les critères de radioprotection ainsi que les seuils restrictifs qui figureront dans le prochain arrêté d’autorisation en 2005. Les rejets de tritium ont atteint 61% de l’autorisation annuelle en 2001.
La CLI a également souhaité que soient dorénavant nuancés les propos habituellement tenus quant à la faible toxicité du tritium et souligné la nécessité de moduler les conclusions dans ce domaine.
La CLI s’est préoccupée du carbone 14 radioactif dont le suivi n’est pas aujourd’hui réglementé pour la centrale de Golfech ? Depuis 1995, l’État a défini une nouvelle réglementation en fixant des valeurs limites de rejets du carbone 14 qui sont intégrées au fur et à mesure dans les nouveaux arrêtés d’autorisation. Actuellement, le carbone 14 est notamment mesuré à La Hague, Flamanville et Saint-Laurent-des-Eaux. Il s’avère qu’il sera intégré dans le futur arrêté d’autorisation de la centrale de Golfech.
Toutefois, la CLI regrette le manque de retour d’expérience en ce qui concerne son impact sur l’environnement.
La CLI a remarqué de fortes variations des quantités d’acide borique rejetées dans la Garonne. Ce phénomène est lié à la concentration en bore du circuit primaire et au nombre d’arrêts de tranche. En outre, la CLI a de nouveau attiré l’attention d’EDF sur les six substances chimiques contenues dans les rejets radioactifs liquides. Malgré ses multiples demandes, elle n’a jamais eu communication des résultats de mesures même si EDF confirme respecter l’arrêté d’autorisation.
La CLI a noté que dans son rapport décennal, l’IRSN (ex IPSN) a conclu à l’absence d’impact significatif de la centrale dans le domaine terrestre et à un marquage des plantes aquatiques par quelques radioéléments comme le cobalt, même si ces valeurs sont extrêmement faibles.
En ce qui concerne l’impact sur la faune aquatique, la CLI fait observer que la surveillance d’EDF s’est limitée au comportement des différentes espèces de poissons sur la frayère de La Magistère mais n’a, en aucune façon, porté sur l’étude d’éventuels effets toxicologiques sur la faune et la flore.
- La surveillance de l’IRSN (ex OPRI)
La CLI réitère sa demande de mise à disposition rapide du public et des membres de la Commission des résultats des mesures de l’État dans l’environnement autour de Golfech, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
A diverse reprises, elle a interrogé l’IRSN sur l’état d’avancement de l’installation de la nouvelle balise de contrôle en continu de la radioactivité de l’eau de la Garonne en amont d’Agen. Les travaux d’installation de cette station de mesure sous le pont de Layrac ont été engagés au début de l’été. Une fois les autorisations administratives obtenues, la station sera opérationnelle d’ici fin 2002.
Communiqué du 27 août 2002
Retraitement: selon EDF l'arrêt va de soi.
Depuis que le mouvement antinucléaire existe, il s'oppose à l'extraction de plutonium délicatement nommé "retraitement".
Jusqu'ici l'industrie nucléaire française avait su cacher ses divergences sur le sujet, EDF acceptant bon gré mal gré de remplir le carnet de commande de Cogema-Areva à La Hague à raison de 800 t livrées, soit la capacité de l'usine de la Hague faite pour EDF sur plus de 1200 tonnes produites.
Le dogme était que la solution au problème des déchets était ce qu'ils appelaient "recyclage" qui consistait à produire du plutonium pour les bombes ou pour le combustible MOX ou plus souvent pour le mettre sur l'étagère.
Le combustible MOX coûtant plus cher et étant encore plus dangereux que le combustible UOX, EDF n'en était preneur que faute de savoir que faire du stock de plutonium.
Voici que Mr Stoffaës, directeur de la prospective et des relations internationales d'EDF le dit, enfin, tout haut (et pour la première fois dans un texte à usage externe) : le retraitement n'a pas de sens pour l'électricien. Oui Monsieur Stoffaës, l'arrêt va de soi.
Non Monsieur Stoffaës, il n'est plus temps de chercher des solutions pour le combustible irradié : quand la baignoire déborde on ferme d'abord le robinet (arrêt de la production de déchets nucléaires), on ne passe la serpillière qu'après !
"Il faut couper définitivement et de manière convaincante le lien originel entre la production d'électricité d'origine nucléaire et les matières nucléaires susceptibles d'utilisation militaire, en interrompant la production de plutonium à partir des déchets nucléaires et en recherchant des solutions acceptées pour le devenir des combustibles irradiés", Mr STOFFAËS (Directeur de la prospective et des relations internationales, EDF) - Revue de l'Association d’Économie Financière N°66 "Johannesburg 2002 : Écologie et Finance". -
LE DÉPART des REBUTS DE MOX D'ALLEMAGNE vers LA HAGUE est REPORTÉ.
( Association loi 1901, agréée au titre de l'environnement)
COMMUNIQUÉ : (21 août 2002)
Un nouveau convoi de rebuts de MOX (mélange d'oxyde de plutonium et d'oxyde d'uranium) devait arriver d'HANAU vers la HAGUE.
Il a été annulé momentanément. Par contre, un autre convoi de combustibles irradiés plus classiques est prévu.
-Les alarmes auraient fonctionné sur le conteneur
-la police allemande, avec les inondations a d'autres priorités actuellement .
-Une manifestation de GREENPEACE devant HANAU a attiré l'attention sur ce transport banalisé peu banal.
-Le Gouvernement allemand ne cherche sans doute pas le contact avec les écologistes à un mois des élections législatives.
HANAU était une usine de l'entreprise allemande SIEMENS de fabrication de MOX : elle est arrêtée depuis 1994. Elle ne sait que faire de ces rebuts, déchets maintenant trop chargés en américium, issus de cette fabrication : elle les envoie à ...La HAGUE.
Ce stockage de déchets qui n'ont jamais été des combustibles, tombe sous le coup de l'article 3 de la loi BATAILLE : celle-ci interdit le stockage de déchets nucléaires étrangers sur le sol français, sauf pour retraitement.
C'est pourquoi, le CRILAN avait déposé plainte en février 2001, alors que 9 convois étaient déjà arrivés à la Hague. Le CRILAN, débouté en mars 2001, car alors non agréé, c'est Manche Nature qui avait pris le relais. Fin juillet 2001, le Tribunal de Cherbourg, malgré la demande de la COGEMA et de la Préfecture de la Manche, se jugeait compétent. Ces dernières voulaient retarder les décisions pour se donner le temps d'emmagasiner ces rebuts à La Hague. Le Préfet de la Manche (l'État) et la COGEMA faisaient appel et c'est le Tribunal des conflits qui devait déterminer de la compétence du Tribunal de Grande Instance ou de celle du Tribunal administratif. L'appel vient d'être jugé : l'affaire devra revenir devant le TGI de Cherbourg qui aura à trancher de l'illégalité de l'apport de ces déchets étrangers sur le site de la HAGUE.
Depuis le dépôt de la première plainte en février 2001, d'autres convois sont arrivés :
- Deux au cours de cet été.
Nous affirmions hier le 20 août :
“La COGEMA, entreprise à 77 % sous le contrôle de l'État, profite des lenteurs de la Justice pour continuer à faire transporter et stocker, hors-la-loi, ses déchets nucléaires étrangers, non recyclables, non recyclés, sur le sol français avec la complicité du Pouvoir Exécutif.
Le Gouvernement, si soucieux de la tolérance-zéro pour les contrevenants à la loi, doit exiger le retour de ces déchets en Allemagne. Sinon, à quoi serviraient les lois et les Députés qui les votent quand le Pouvoir exécutif, lui-même favorise leur transgression.“
DOSSIER “l’insécurité nucléaire”
Sommes-nous prêts à affronter une catastrophe nucléaire?
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Si le sommet de Johannesburg a vu un retour en force des questions énergétiques dans le débat mondial sur l'avenir de la planète, c'est bien parce que les choix énergétiques sont au coeur de nos choix de développement. Mais il serait vain de croire qu'une fuite en avant productiviste, basée sur l'utilisation de ressources non renouvelables, principalement le gaz et le pétrole, permettrait l'accès à l'énergie de milliards d'êtres humains qui en sont aujourd'hui privés. Leur épuisement est désormais notre horizon historique et leur utilisation sans cesse croissante est la principale responsable de la crise climatique qui menace notre planète.
Le nucléaire (sûr ?, économe ?, éprouvé techniquement ?) est brandi par certains responsables politiques et économiques comme la seule alternative possible. Il ne nous resterait plus alors qu'à accepter l'accumulation de déchets ingérables, de prendre le risque d'une prolifération à l'échelle mondiale du nucléaire militaire. Ce serait également parier sur une technologie qui fait année après année la preuve de son inefficience économique (la faillite actuelle de l'opérateur privé British energy est là pour le rappeler), au mépris de son rejet par une majorité de personnes.
Ce qui fonde aussi et surtout notre rejet du nucléaire, c'est le risque d'accident : Three Mile Island aux USA en 1979, Tchernobyl en Ukraine en 1986, Tokai-Mura au Japon en 1999; Fessenheim, Nogent sur Seine demain ? Danger totalement incommensurable pour cet objectif finalement banal qu'est la production industrielle d'électricité.
La France, à l'égard du nucléaire, fait encore figure d'exception.
La construction de l’État sous la Ve République fut intimement liée au pouvoir nucléaire. Assise sur la toute puissance des nucléocrates, cette intrication entre un choix énergétique et un système politique a fait de notre pays celui qui dépend le plus du nucléaire pour son approvisionnement électrique, sans lui procurer aucune indépendance énergétique.
D'autres scénarios, esquissés dans le dossier, sont possibles. Ils
impliquent une forte diversification des sources d'énergie, une plus grande efficacité et maîtrise énergétiques, une mise en débat -du local au global- des choix énergétiques et de nos modes de vie, et une véritable réflexion sur ce que devrait être un service public planétaire de l'énergie soutenable.
Le nucléaire reste le symbole du développement insoutenable, irresponsabilité collective, menace permanente et non maîtrisable.
Également dans ce numéro, retour en forme de bilan de la mandature achevée sur les perspectives des résistances citoyennes au capitalisme BioTech, poursuite de la réflexion sur la nécessaire démocratisation de la science et de la technologie dans un contexte mondial où leur rôle apparaît de plus en plus central, ouverture d'un débat sur la place et la construction proprement 'idéologique' de la génétique comme paradigme de la biologie, et un plaidoyer pour une politique des conditions de travail. Illustrations multiples de la nécessité de changer nos 'outils' pour faire émerger une alternative sociétale.
18,5 € (standard) - 12,3 € (pour fauché-e-s : étudiants, chômeurs ...)
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