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Timestamp: 2016-10-25 15:34:56+00:00
Document Index: 288053651

Matched Legal Cases: ['art. 544', 'art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 63', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 32', 'in fine', 'ATF ', 'in fine', 'art. 8', 'art. 419', 'art. 422', 'art. 423', 'ATF ', 'art. 424', 'art. 2', 'art. 32', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 33', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 23', 'art. 24', 'art. 23', 'art. 68', 'art. 24', 'art. 156']

4C.389/2002 (21.03.2003)
4C.389/2002 /ech
Y.________ S�rl, d�fenderesse et recourante,
demanderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Laurent Schmidt, avocat, rue des Vergers 4, case postale 1296, 1951 Sion.
contrat de vente; repr�sentation, error in persona,
recours en r�forme contre le jugement de la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan du 22 octobre 2002.
A.a Y.________ S�rl (ci-apr�s: Y.________), dont le si�ge social est � E.________, est une soci�t�, fond�e en d�cembre 1993, qui a notamment pour but l'achat et la vente d'appareils �lectroniques et de "consommables" (toner) pour les syst�mes d'impression; elle est engag�e par la signature individuelle de l'associ�-g�rant A.________. A partir de juin 1995, Y.________ a exploit� � l'avenue T.________, en ville, de F.________, un magasin de produits informatiques dans le cadre d'un contrat de franchise avec la soci�t� Z.________. Y.________ se fournissait r�guli�rement en mat�riel aupr�s de la soci�t� X.________ SA (ci-apr�s: X.________). Les commandes de Y.________ aux fournisseurs �taient g�n�ralement pass�es par A.________, parfois par l'employ� d'alors de la soci�t�, B.________.
D�s le mois de d�cembre 1996, W.________ S�rl (ci-apr�s: W.________), qui �tait active dans l'achat et la vente de produits informatiques et avait pour associ�-g�rant avec signature individuelle C.________, a lou� des locaux sis � la m�me adresse, � c�t� du magasin Z.________, pour y exploiter, elle aussi, un magasin de mat�riel informatique, sous l'enseigne K.W.________ �tait �galement cliente de X.________, qui lui livrait de la marchandise � l'avenue T.________.
Si les deux commerces disposaient d'entr�es distinctes, �taient exploit�s s�par�ment et n'avaient pas les m�mes employ�s, ils �taient clients l'un de l'autre et utilisaient un local commun pour entreposer une partie de leur stock. Il a �t� constat� que la marchandise livr�e par les fournisseurs �tait prise en charge indiff�remment par les employ�s des deux magasins, ce qui a g�n�r� des confusions dans les commandes et les livraisons et fait na�tre des tensions entre A.________ et C.________.
A.b D�s la fin 1996, Y.________ a rencontr� des difficult�s avec le franchiseur Z.________, qui ne parvenait pas � lui livrer dans des d�lais satisfaisants les marchandises command�es.
Au d�but de l'ann�e 1998, Z.________ et Y.________ ont mis fin � leur collaboration. A.________ et C.________ sont alors convenus que les locaux lou�s par Y.________ seraient sous-lou�s � W.________ � partir du 27 f�vrier 1998. Les employ�s de Y.________ ont d'abord �t� mis � la disposition de W.________ du 27 f�vrier 1998 au 31 mars 1998, avant d'�tre engag�s par celle-ci d�s le 1er avril 1998.
La situation des deux commerces pendant la p�riode transitoire dont il vient d'�tre question a engendr� un certain flou pour leur personnel, auquel aucune directive n'avait �t� donn�e au sujet de la r�ception de la marchandise livr�e soit � Y.________, soit � W.________. Du reste, A.________ n'a pas quitt� les locaux de Y.________ � la fin f�vrier 1998; il a continu� d'occuper un bureau � l'arri�re du magasin o� il effectuait du travail administratif pour Y.________.
A.c.a Le 2 mars 1998, X.________, qui n'avait �t� inform�e ni de la cessation d'activit� de Y.________ dans les locaux de l'avenue T.________, ni de la "reprise" des employ�s de ladite soci�t� par W.________, a re�u par t�l�copie la commande de 40 imprimantes. Cette commande, qui indiquait comme adresse de livraison "Y.________ S�rl, av. T.________, � F.________", portait en regard de l'intitul� "commercial" le nom de A.________ et comportait une signature.
Les appareils command�s ont �t� livr�s le m�me jour. Le bulletin de livraison porte l'indication "commande du 2.3.98. A.________" et indique clairement que le destinataire de la marchandise est Y.________; ce document contient la mention manuscrite "visum Kunde" et une signature, dont leur auteur n'a pas �t� identifi�.
Le 5 mars 1998, X.________ a adress� � Y.________ la facture relative � cette livraison, dont le montant est de 14 158 fr.55.
A.c.b Le 3 avril 1998, B.________ a command� � X.________ trois "Matrox Rainbow" et 40 imprimantes. Le bulletin de livraison, dat� du m�me jour, porte la mention "commande du 03.04.98/ Monsieur B.________" et indique comme adresse de livraison le si�ge social de Y.________, soit E.________. Le bulletin de livraison en cause contenait, comme le pr�c�dent, l'indication manuscrite "visum Kunde" et une signature, dont leur auteur n'a pas �t� d�termin�.
Il a �t� retenu que la livraison a �t� op�r�e � l'avenue T.________, � F.________.
X.________ a envoy� le 8 avril 1998 � Y.________ la facture aff�rente � cette commande, qui se monte � 14 684 fr.45.
A.d D�s la mi-avril 1998, �poque de son retour de vacances, puis par lettre du 21 mai 1998, A.________ a fait savoir � X.________ que les factures des 5 mars et 8 avril 1998 ne concernaient pas Y.________, que le mat�riel avait �t� command� frauduleusement sous son nom et que la commande du 3 avril 1998 concernait W.________, puisque son auteur, B.________, travaillait pour cette soci�t� depuis le 1er avril 1998.
R�pondant � un pli recommand� de X.________.________ du 4 juin 1998, A.________ a maintenu sa position.
A.e Y.________ a repris possession des locaux sous-lou�s � W.________ le 5 juin 1998; elle y a exploit� un commerce � l'enseigne "M.________".
Le 5 novembre 1998, X.________ a ouvert action devant le Tribunal d'H�rens et Conthey contre Y.________ et W.________, concluant en capital au paiement de 14 158 fr.55 et de 14 684 fr.45. La demanderesse soutenait que Y.________ et W.________, constitu�es en soci�t� simple, �taient solidairement d�bitrices du mat�riel qu'elle avait livr� � l'avenue T.________ � F.________ les 2 mars et 3 avril 1998.
W.________ ayant contest� la comp�tence ratione loci du tribunal saisi, le juge instructeur, par d�cision du 29 mai 2000, a admis l'exception d'incomp�tence et d�clar� irrecevable l'action ouverte contre W.________.
La demanderesse a alors modifi� ses conclusions pour les diriger uniquement contre Y.________, qui a conclu � lib�ration.
W.________ a �t� mise en faillite le 28 juin 2000.
En cours d'instruction, A.________ a soutenu que la premi�re commande avait �t� faite sur un formulaire informatis� comportant automatiquement sa signature �lectronique, que n'importe quel collaborateur mal intentionn� aurait pu copier. En ce qui concerne la seconde commande, B.________ a d�clar� qu'il ne s'expliquait pas la raison pour laquelle le bulletin de livraison mentionnait Y.________, puisque le jour o� il l'a effectu�e, soit le 3 avril 1998, il travaillait pour W.________.
Par jugement du 22 octobre 2002, la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan a condamn� la d�fenderesse � payer � la demanderesse
14 158 fr.55 avec int�r�ts � 5% d�s le 6 avril 1998 et 14 684 fr.45 avec int�r�ts � 5% d�s le 9 mai 1998.
En substance, l'autorit� cantonale a tout d'abord ni� que W.________ et Y.________ ait constitu� une soci�t� simple, de sorte qu'aucune responsabilit� solidaire au sens de l'art. 544 al. 3 CO n'entrait en ligne de compte.
Examinant ensuite le litige sous l'angle des r�gles de la repr�sentation et de la protection du tiers de bonne foi, la Cour civile a admis, s'agissant de la vente du 2 mars 1998, que la demanderesse �tait fond�e � croire, sur la base du contenu du fax re�u, que la commande �manait de la d�fenderesse. L'employ�, qui a r�ceptionn� le mat�riel express�ment destin� � la d�fenderesse et ainsi ratifi� la commande, est apparu comme le repr�sentant de Y.________, car celle-ci avait conf�r� � toutes les personnes qui travaillaient � l'avenue T.________ le pouvoir de recevoir en son nom la marchandise livr�e par ses fournisseurs. L'apparence de pouvoirs de repr�sentation, ont poursuivi les magistrats valaisans, est imputable � Y.________.
Pour ce qui concerne la commande du 3 avril 1998, elle �manait d'un ex-employ� de la d�fenderesse, dont la demanderesse pouvait de bonne foi admettre qu'il pouvait repr�senter Y.________. En outre, la marchandise a �t� accept�e sans commentaire par un employ� qui apparaissait comme le repr�sentant de la d�fenderesse. Enfin, l'absence de r�action de A.________ entre la premi�re et la seconde livraison a confort� la demanderesse dans l'id�e que Y.________ poursuivait son activit� � l'avenue T.________.
L'autorit� cantonale en a d�duit que la d�fenderesse �tait engag�e par les deux ventes litigieuses et devait payer les factures qui s'y rapportaient, la qualit� du mat�riel livr� n'ayant pas �t� contest�e.
Y.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle requiert que la demanderesse soit enti�rement d�bout�e de ses pr�tentions.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (qui ne peuvent en prendre de nouvelles: art. 55 al. 1 let. b OJ), mais il n'est pas li� par les motifs qu'elles invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par l'argumentation juridique retenue par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 128 III 22 consid. 2e/cc in fine; 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a). Le Tribunal f�d�ral peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux invoqu�s par le recourant; il peut aussi rejeter un recours en op�rant une substitution de motifs, c'est-�-dire en adoptant une autre argumentation juridique que celle retenue par la cour cantonale (ATF 127 III 248 consid. 2c).
La recourante pr�tend que les juges cantonaux ont viol� le droit f�d�ral, et singuli�rement les art. 32 et 38 CO, en retenant, eu �gard aux circonstances de l'esp�ce et aux usages commerciaux, qu'elle avait la volont� de donner procuration. Elle all�gue en vrac qu'aucun pouvoir de la repr�senter ne pouvait exister, du moment que la demanderesse savait que deux soci�t�s distinctes exploitaient un commerce � la m�me adresse � F.________, que les bulletins de livraison ont �t� sign�s par un employ� de W.________, que le stock de Y.________ �tait distinct de celui de W.________, que B.________ a reconnu n'avoir pas agi pour Y.________ lors de la seconde commande et que, pendant deux ans, aucune erreur de livraison et de facturation n'est intervenue entre la d�fenderesse et W.________. En outre, aucun des crit�res qui permettrait d'opposer � Y.________, en vertu du principe de la bonne foi, l'existence d'une procuration apparente ne serait r�alis�. Enfin, la recourante soutient qu'elle a imm�diatement relev� les erreurs de livraison, apr�s avoir contr�l� que les imprimantes ne lui �taient pas destin�es.
Il convient tout d'abord de faire porter l'analyse sur la commande du 2 mars 1998, non sans pr�ciser � la recourante qu'elle ne saurait compl�ter � loisir l'�tat de fait retenu souverainement par l'autorit� cantonale, en se pr�valant de circonstances qui n'ont pas �t� �tablies.
3.1 Il a �t� constat� d�finitivement que, le jour susrappel�, un t�l�fax a �t� adress� � la demanderesse, par lequel celle-ci �tait invit�e � livrer � la d�fenderesse, dans le magasin qu'elle exploitait � l'avenue T.________, � F.________, un lot de 40 imprimantes. La commande t�l�copi�e �tait faite au nom de l'associ�-g�rant de la recourante A.________, dont elle comportait une reproduction de la signature. L'int�ress� a toujours ni� avoir pass� commande du mat�riel en question et a soutenu qu'un collaborateur mal intentionn� a pu entrer en contact avec l'intim�e le 2 mars 1998 en se servant d'un formulaire informatis� qui contenait automatiquement sa signature.
Les 40 imprimantes ont �t� livr�es le m�me jour � la recourante. On ignore qui a sign� le bulletin de livraison.
Il appara�t donc qu'on ne saurait exclure que la commande du 2 mars 1998 a �t� op�r�e par un tiers, demeur� inconnu, qui s'est immisc� dans la sph�re juridique de la d�fenderesse. La cour cantonale a fait �tat de cette hypoth�se au consid�rant 3e in fine du jugement attaqu�, o� elle a retenu, en se r�f�rant toutefois aux deux commandes litigieuses, qu'il �tait "vraisemblable que la marchandise n'(avait) �t� ni command�e ni vendue par Y.________".
La Cour civile a n�anmoins fait application des r�gles de la repr�sentation fond�es sur la protection du tiers de bonne foi pour admettre qu'un contrat de vente avait �t� conclu entre les parties le 2 mars 1998. On ne saurait la suivre dans cette voie. En effet, il n'y a pas d'effet de repr�sentation si quelqu'un n'agit pas au nom d'une autre personne, mais sous un faux nom, par exemple lorsqu'un employ� se fait passer pour le chef d'entreprise. A d�faut de toute volont� de repr�sentation de l'usurpateur, l'application des r�gles sur la repr�sentation tir�es du principe de la confiance est d'embl�e exclue (cf. ATF 120 II 197 consid. 2b/aa in fine et les r�f�rences doctrinales).
Or, il convient d'admettre que la demanderesse n'a pas apport� la preuve, comme l'exige l'art. 8 CC, du fait g�n�rateur qui fonde sa cr�ance, � savoir que A.________ est bien l'auteur de la t�l�copie qu'elle a re�ue le 2 mars 1998. Dans ces conditions, les relations entre les parties en cette occurrence, qui reposent sur l'envoi � l'intim�e dudit fax par un inconnu ayant usurp� l'identit� de A.________, ne peuvent relever que de la gestion d'affaires (art. 419 ss CO).
3.2 La loi distingue la gestion d'affaires parfaite (ou altruiste), effectu�e dans l'int�r�t du ma�tre (art. 422 CO), de la gestion d'affaires imparfaite (ou int�ress�e), entreprise dans l'int�r�t du g�rant (art. 423 CO; cf., � ce propos, notamment Schmid, Commentaire zurichois n. 14 et 15 ad Vorbemerkungen zu Art. 419-424 CO; Hofstetter, Le mandat et la gestion d'affaires, in Trait� de droit priv� suisse, VII/2, 1, p. 229). La gestion parfaite est r�guli�re lorsqu'elle est command�e par les int�r�ts du ma�tre, qu'elle est justifi�e et que le ma�tre ne s'y est pas oppos� de mani�re reconnaissable (arr�t 4C. 234/1999 du 12 janvier 2000, consid. 6/aa, publi� in SJ 2000 I p. 421;Tercier, Les contrats sp�ciaux, 3e �d., n. 5312 et 5326/5327; Engel, Contrats de droit suisse, 2e �d., p. 570); elle est parfaite et irr�guli�re lorsque le g�rant avait bien l'intention d'agir dans l'int�r�t du ma�tre mais qu'il l'a fait sans que cela soit justifi� par cet int�r�t, voire contrairement � la volont� du ma�tre (arr�t 4C. 234/1999 pr�cit�, ibidem; Tercier, op. cit., n. 5356; Engel, op. cit., p. 573).
Dans la gestion imparfaite, le g�rant s'immisce dolosivement dans la sph�re d'autrui comme s'il s'agissait de ses propres affaires (Tercier, op. cit., n. 5367 et 5368; Engel, op. cit., p. 574). L'�l�ment qui caract�rise la gestion imparfaite est la volont� du g�rant de traiter l'affaire d'autrui comme la sienne propre et de s'en approprier les profits (ATF 126 III 69 consid. 2a). Autrement dit, il faut que le g�rant retire de son intervention illicite, directement ou indirectement, un avantage patrimonial (Tercier, op. cit., n. 5385 � 5387).
3.3 Dans le cas pr�sent, la gestion d'affaires parfaite et r�guli�re n'entre pas en ligne de compte, car on ne voit pas qu'une intervention de la nature envisag�e ait pu �tre justifi�e par l'int�r�t du ma�tre, soit de la d�fenderesse. De fait, celle-ci aurait �t� tout � fait en mesure d'agir elle-m�me en requ�rant de l'intim�e la livraison des imprimantes. Aucune situation d'urgence n'a du reste �t� retenue qui aurait l�gitim� la passation d'une commande sans que l'accord de la recourante soit au pr�alable sollicit�.
De m�me, la gestion d'affaires imparfaite est exclue, car le g�rant (l'auteur inconnu du fax) n'a manifestement cherch�, en effectuant cette commande, ni son propre int�r�t, ni celui d'une autre personne. Il ne s'est en particulier pas appropri� les 40 imprimantes, lesquelles, apr�s leur livraison, sont rest�es en possession de la d�fenderesse.
On se trouve donc en pr�sence d'une gestion d'affaires parfaite et irr�guli�re. Le g�rant a certes agi dans l'int�r�t de la recourante, mais il ne peut invoquer aucun motif valable pour justifier son immixtion. D'une part, il n'y avait aucune urgence � passer une commande d'imprimantes en faveur de la d�fenderesse le 2 mars 1998. D'autre part, il n'appara�t pas que cet acte ait �t� n�cessaire; ainsi, il n'a pas �t� retenu que la recourante se f�t engag�e � livrer du mat�riel de ce type � des clients le mois en question.
3.4 Pour que la recourante soit li�e par l'acte d'intervention dont il vient d'�tre question, il faut donc qu'elle l'ait approuv� r�troactivement (art. 424 CO). La ratification des actes de gestion au sens de cette norme peut �tre expresse ou r�sulter d'actes concluants (arr�ts 4C. 52/1995 du 17 octobre 1995 consid. 3, et 4C. 61/1992 du 3 f�vrier 1993, consid. 5b; Engel, op. cit., p. 571). Le silence vaut ratification de l'acte accompli, si, par application du principe de la bonne foi objective (art. 2 CC), les circonstances exigent que le cocontractant manifeste son refus.
In casu, la demanderesse a adress� � la d�fenderesse le 5 mars 1998 la facture relative � la livraison des 40 imprimantes, qui se montait � 14 158 fr.55. Pourtant, ce n'est qu'� la mi-avril 1998, donc pr�s d'un mois et demi plus tard, que A.________ a fait savoir � l'intim�e que la facture en question ne concernait pas la recourante. On ne saurait raisonnablement admettre que A.________ ait pu ignorer la livraison de la marchandise en cause. Bien que la d�fenderesse ait sous-lou� ses locaux � W.________ � compter du 27 f�vrier 1998, le pr�nomm� n'a pas quitt� les lieux, mais a continu� d'occuper un bureau � l'arri�re du magasin. On ne voit donc pas comment l'entreposage d'un lot de 40 imprimantes, dans les anciens locaux de la recourante, a pu passer inaper�u. Le silence observ� par A.________ plusieurs semaines apr�s avoir re�u la facture de la demanderesse est donc concluant en vertu du principe de la confiance et vaut ratification de l'acte accompli par le g�rant (la personne inconnue qui a �mis le fax du 2 mars 1998).
Comme l'a retenu la cour cantonale, mais par substitution de motifs, il y a lieu de consid�rer que la d�fenderesse �tait bien li�e par la commande en question.
Il convient maintenant de faire porter le raisonnement sur la seconde commande de p�riph�riques d'ordinateurs.
4.1 Il r�sulte des faits constat�s en instance cantonale que B.________ a command� � la demanderesse le 3 avril 1998 trois "Matrox Rainbow" ainsi que 40 imprimantes, pour le prix total de 14 684 fr.45. L'adresse qui figure sur le bulletin de livraison, dat� du m�me jour, est celle du si�ge social de la d�fenderesse, � E.________; la livraison a cependant �t� effectu�e � l'avenue T.________, � F.________. On ignore qui a sign� le bulletin de livraison.
Il s'agit donc de savoir si l'intim�e peut l�gitimement pr�tendre que le contrat de vente portant sur ce mat�riel a �t� pass� le 3 avril 1998 avec la recourante repr�sent�e par son ancien employ� B.________, alors qu'il est �tabli que ce dernier, � cette date, ne travaillait plus pour la d�fenderesse, mais pour W.________.
4.2 L'art. 32 al. 1 CO dispose que les droits et les obligations d�rivant d'un contrat fait au nom d'une autre personne par un repr�sentant autoris� passent au repr�sent�. Pour que les effets de repr�sentation prennent naissance, il faut que le repr�sentant dispose du pouvoir de repr�sentation, c'est-�-dire qu'il soit habilit� � faire na�tre des droits et des obligations directement en faveur et � la charge du repr�sent�, et que le repr�sentant ait la volont� d'agir en cette qualit� (ATF 126 III 59 consid. 1b).
4.2.1 S'agissant pr�cis�ment de la volont� de repr�sentation, elle peut �tre soit expresse, soit objectivement exprim�e, en ce sens que le tiers puisse inf�rer du comportement du repr�sentant interpr�t� selon le principe de la confiance qu'il existe un rapport de repr�sentation (ATF 120 II 197 consid. 2b/aa). A cet �gard, les relations d'affaires dans lesquelles s'inscrit le rapport de droit litigieux doivent �tre prises en compte (ATF 4C.296/1995 du 26 mars 1996, consid. 5b, in SJ 1996 p. 554 ss).
Le bulletin de livraison dress� par l'intim�e � la suite de la commande de B.________ indique explicitement, comme adresse de livraison, le si�ge social de la d�fenderesse. Il est donc �vident que la demanderesse s'est rendu compte que l'int�ress� n'agissait pas pour lui-m�me, mais comme repr�sentant d'une soci�t� tierce. Ce point n'est d'ailleurs pas contest�.
4.2.2 La facture aff�rente � la seconde commande de mat�riel a �t� envoy�e par l'intim�e � la recourante le 8 avril 1998. D�s son retour de vacances, soit environ une semaine plus tard, A.________ a inform� la demanderesse notamment que cette note ne concernait pas la soci�t� dont il �tait associ�-g�rant. Il s'ensuit que la d�fenderesse a manifest� sans retard qu'elle n'avait pas la volont� d'�tre repr�sent�e par B.________.
Mais la question se pose de savoir si la recourante, bien qu'elle n'ait pas souhait� �tre repr�sent�e par B.________, se trouve n�anmoins li�e par l'acte de ce dernier pour le motif qu'elle aurait adopt� � l'�gard de l'intim�e une attitude permettant � celle-ci, en vertu du principe de la confiance, de conclure � l'existence d'un pouvoir de repr�sentation, par le biais d'une procuration externe apparente (externe Anscheinsvollmacht) (art. 33 al. 3 CO; ATF 124 III 418 consid. 1c; 120 II 197 consid. 2a; arr�t 4C.276/1999 du 21 octobre 1999, consid. 3c).
Il a �t� retenu en fait que B.________ a �t� employ� par la d�fenderesse jusqu'au 27 f�vrier 1998 et qu'il lui arrivait de passer des commandes � des fournisseurs de cette soci�t�, au nombre desquels figurait la demanderesse. Comme la recourante et W.________ exploitaient chacune un magasin vendant les m�mes produits � une adresse commune, des confusions entre les commandes des deux soci�t�s �taient d�j� survenues.
Apr�s cette date, B.________ a �t� mis � disposition de W.________ avant d'�tre engag� par celle-ci d�s le 1er avril 1998. La p�riode qui s'est �coul�e entre le 27 f�vrier et le 31 mars 1998 a engendr� pour le personnel et de la recourante et de W.________ un certain flou, car aucune directive pr�cise n'avait �t� donn�e notamment en ce qui concernait la r�ception des marchandises livr�es � l'avenue T.________.
Il appert donc que la d�fenderesse, en n'informant pas la demanderesse qu'elle cessait ses activit�s � l'avenue T.________ � compter du 27 f�vrier 1998 et qu'elle n'avait d�sormais plus de personnel, a cr�� l'apparence que ses anciens employ�s, � l'exemple de B.________, continuaient � �tre des repr�sentants autoris�s lorsqu'il s'agissait de passer des commandes � des fournisseurs r�guliers, comme l'�tait l'intim�e. La recourante se devait d'autant plus d'agir aupr�s de ses anciens fournisseurs qu'elle savait d'exp�rience que des confusions de commandes pouvaient survenir. Sa passivit� en cette occurrence est la source d'une apparence de repr�sentation, qui lui est objectivement imputable au vu des circonstances qu'elle connaissait. D�s l'instant o� la bonne foi de l'intim�e, du reste pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC), ne fait aucun doute, la demanderesse est engag�e vis-�-vis de la d�fenderesse par la commande op�r�e par son repr�sentant apparent.
Le premier moyen de la recourante doit �tre rejet�.
Se pr�valant des art. 23 ss CO, la d�fenderesse pr�tend qu'elle a �t� victime d'une erreur quant � la personne de son cocontractant. Elle all�gue qu'� aucun moment, elle n'a voulu conclure un contrat avec la demanderesse. L'erreur aurait �t� invoqu�e de mani�re claire, dans le d�lai l�gal et conform�ment au principe de la bonne foi.
5.1 Selon l'art. 24 al. 1 ch. 2 CO, il y a erreur essentielle sur la personne (error in persona) lorsque celui qui se pr�vaut de son erreur avait en vue une autre personne et qu'il s'est engag� principalement en consid�ration de cette personne. En d'autres termes, pour qu'une telle erreur soit admise, il faut que l'erreur porte sur l'identit� du cocontractant, lequel a �t� confondu avec une autre personne (Schmidlin, Commentaire bernois, n. 410 ad art. 23/24 CO). Et, pour que cette erreur dans la d�claration soit consid�r�e comme essentielle, il convient que la personne du cocontractant soit importante pour le d�clarant, qui a conclu le contrat intuitu personae (Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d., p. 325). Ce sera en particulier le cas dans les contrats o� le d�biteur est en principe tenu d'ex�cuter personnellement son obligation (art. 68 CO) et o� les rapports de confiance jouent un r�le primordial - � l'instar du mandat - ainsi que dans les contrats de dur�e o� la personnalit� du partenaire contractuel joue un r�le de premier plan (contrat de soci�t�, bail � loyer, bail � ferme) (cf. Schwenzer, Commentaire b�lois, n. 14 ad art. 24 CO).
5.2 Aucune erreur sur la personne du cocontractant n'entre en l'esp�ce en consid�ration. D'une part, il est exclu d'admettre que la recourante ait confondu l'intim�e, qui constituait un de ses fournisseurs r�guliers, avec une autre soci�t�. La d�fenderesse n'a du reste jamais pr�tendu qu'il y aurait eu m�prise avec un tiers pr�cis�ment d�sign�. D'autre part, il n'appara�t pas que dans le cadre du contrat de vente, o� les prestations doivent en g�n�ral s'effectuer simultan�ment, la personne du vendeur rev�te par principe pour l'acheteur une grande importance. Le moyen est d�nu� de fondement.
Au vu de ce qui pr�c�de, du moment que la qualit� du mat�riel vendu n'a pas fait l'objet d'une quelconque contestation, l'arr�t cantonal, dans son r�sultat, ne viole pas le droit f�d�ral et le recours doit �tre rejet�.
Vu l'issue du litige, les frais et d�pens seront mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux parties et � la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan.