Source: http://www.cosepac.gc.ca/fra/sct3/index_f.cfm
Timestamp: 2013-06-19 10:24:07+00:00
Document Index: 4103846

Matched Legal Cases: ['art, 2003', 'art, 2010', 'art, 2003', 'art, 2003', 'art, 2010', 'art, 2010', 'art. 2010', 'art. 1987', 'art. 2006', 'art 3', 'art, 1977', 'art. 1977', 'art 2']

Notez que les espèces sauvages marquées par un astérisque (*) ont été incluses dans l'appel d’offres de l'automne 2012, alors que celles marquées par deux astérisques (**) seront incluses dans l'appel d'offres de l'automne 2013. Partie 2 : Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)
Salamandre de Jefferson (Populations unisexuées du complexe de la salamandre de Jefferson)
ON, QC, NB, NS Bufo hemiophrys Crapaud du Canada
NT, AB, SK, MB Necturus maculosus Necture tacheté
MB, ON, QC Notophthalmus viridescens viridescens Triton vert
ON, QC, NB, NS, PE, NL Rana palustris Grenouille des marais
ON, QC, NB, NS, PE Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
ON, QC, NB, NS, PE Plethodon cinereus Salamandre cendrée
YT, BC, AB Spea bombifrons Crapaud des plaines
Aflexia rubranura MB, ON Bembidion lachnophoroides AB Campsomeris pilipes BC Ceropales bipunctata ON Coccinella novemnotata **
BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE Coccinella transversoguttata richardsoni Coccinelle à bandes transverses
BC Haploa reversa ON Hemileuca nuttalli **
BC Hexura picea * BC Hydroporus carri Hydropore de Carr
AB Ips woodi BC, AB Megathymus streckeri AB Melanoplus madeleineae QC Metrius contractus contractus BC Octogomphus specularis BC Pyrrhia aurantiago ON Sphodros niger ON Trimerotropis huroniana **
Agabus margaretae AB, SK Anisota manitobensis MB Argyresthia flexilis BC, AB Bombus fervidus ON Coleotechnites lewisi AB Dicromantispa sayi ON Ephemera guttulata ON, QC, NB, NS, NL Erythrodiplax berenice NS Euphydryas anicia bernadetta Damier anicia
AB, SK Gomphus abbreviatus NB, NS Hemileuca nevadensis SK, MB, AB Lasiopogon pacificus BC Lycaena editha BC, AB Microhexura idahoana BC Nicocles rufus BC Pollicipes polymerus Pouce-pied
BC Polystoechotes punctata ON, QC Rhionaeschna mutata Aeschne des nénuphars
BC Stichopogon fragilis BC Stygobromus canadensis AB Tropocyclops prasinus ON Tubaphe levii BC Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure
Agabus immaturus NB Anacampsis lupinella ON Antrodiaetus cerberus BC Arctia brachyptera YT Areniscythris saskatchewan SK Callophrys johnsoni Porte-queue de Johnson
BC Carabus vinctus Celithemis martha NB, NS Chlosyne hoffmanni Damier de Hoffmann
AB, SK, MB Coleophora manitoba MB Coleophora ramitella ON Cupido comyntas Bleu porte-queue de l'Est (Population de la Colombie-Britannique)
BC Dicaelus purpuratus ON Erora laeta Lutin mystérieux
AB, SK Geolycosa spp. AB, SK, MB, ON, QC Heterosternuta alleghenianus QC, NB Heterosternuta cocheconis QC, NB Hydrocollus filiolus QC, NB Lycaena dione Cuivré gris
BC Neoporus blanchardi NS Neoporus dilatatus ON, QC, NB, NS Neoporus tennetum ON Neurocordulia michaeli ON, NB Oeneis bore gaspeensis QC Okanagana synodica AB Papilio machaon pikei Machaon
BC Schizocosa cespitum SK Siphlonica aerodromia QC, NB, NS, NL Speyeria egleis AB Speyeria zerene bremnerii BC Strictotarsus minipi NL Stylurus plagiatus ON Tachysphex pechumani ON Usofila pacifica BC Lichens (7)
BC Anaptychia elbursiana BC, AB Circinaria hispida BC, AB, SK Glypholecia scabra NT, NU, BC, SK Pannaria lurida **
NB, NS, NL Ramalina sinensis BC, MB Sticta limbata BC, NB, NS Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
Mammifères (marins) (9)
Berardius bairdii Océan pacifique Cystophora cristata Phoque à capuchon
Océan arctique, Océan atlantique Erignathus barbatus Phoque barbu
NT, NU, MB, ON, NL, Océan arctique, Océan atlantique Phoca groenlandica Phoque du Groenland
Océan arctique, Océan atlantique Ziphius cavirostris Baleine à bec de Cuvier
Lagenorhynchus obliquidens Dauphin à flancs blancs du Pacifique
Océan pacifique Mirounga angustirostris Éléphant de mer
BC, Océan pacifique Physeter macrocephalus Cachalot macrocéphale
Océan pacifique, Océan atlantique Mammifères (terrestres)
Mollusques (43)
Anguispira kochi kochi ON Anguispira kochi occidentalis BC Fisherola nuttalli * BC Mesodon clausus ON Mesodon zaletus ON Neohelix dentifera ON, QC, NB Webbhelix multilineata ON Zacoleus idahoensis **
Birgella subglobosa MB, ON, QC Fluminicola fuscus BC Inflectarius inflectus ON Micromenetus dilatatus NS Oreohelix strigosa stantoni AB, SK Oreohelix subrudis limitaris AB Philomycus carolinianus ON Physella gyrina athearni Physelle émoussée albinos
NT, NU Valvata lewisi ontariensis Valvée scalariforme
ON Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure
Gastrocopta corticaria ON, QC, NB Glyphyalinia luticola ON Helisoma anceps royalense MB, ON Lasmigona costata Lasmigone cannelée
QC, NB, NS, PE, NL Megapallifera mutabilis ON Physella columbiana BC Physella concolor Physelle de Haldeman
BC Physella latchfordi ON, QC Physella lordi BC, AB Physella nuttalli Physelle de Nuttall
ON Mousses (6)
Buxbaumia minakatae ON, NS, NL Gollania turgens YT, BC Seligeria acutifolia BC Seligeria careyana BC Tortula porteri **
ON, QC Tortula scotterii NT, BC Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
Calamospiza melanocorys Bruant noir et blanc
YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL Zonotrichia querula Bruant à face noire
Alchemilla alpina NL Boechera quebecensis **
QC Claytonia ogilviensis YT Erigeron leibergii **
BC Fraxinus latifolia BC Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
Poissons (d'eau douce) (41)
Coregonus nigripinnis * Cisco à nageoires noires
Épinoche à trois épines benthique du petit lac Quarry
Épinoche à trois épines limnétique du petit lac Quarry
BC Lepomis megalotis * Crapet à longues oreilles
ON†, QC† Percina shumardi **
YT†, NT, BC, AB†, ON† Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL Coregonus nasus Corégone tschir
YT, NT, NU, BC† Coregonus pidschian corégone bossu
YT† Coregonus sardinella Cisco sardinelle
YT, NT†, NU†, BC† Cottus cognatus chabot visqueux
Couesius plumbeus Méné de lac (Populations des sources chaudes du nord de la Colombie-Britannique)
BC Esox niger brochet maillé
QC† Etheostoma caeruleum Dard arc-en-ciel
ON, QC† Hybognathus hankinsoni Méné laiton
BC†, AB, SK†, MB, ON, QC† Hybognathus regius méné d'argent
ON†, QC Moxostoma anisurum chevalier blanc
ON†, QC† Notropis blennius Méné de rivière
AB†, SK†, MB† Notropis buchanani méné fantôme
ON† Notropis heterodon menton noir
MB†, ON, QC Notropis rubellus tête rose
ON, QC† Noturus miurus chat-fou tacheté
YT, NT†, BC† Thymallus arcticus Ombre arctique
YT†, NT†, NU†, BC†, AB†, SK, MB Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure
Esox masquinongy Maskinongé
MB, ON, QC Ichthyomyzon castaneus Lamproie brune (Populations des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent)
ON, QC Ichthyomyzon castaneus Lamproie brune (Populations des rivières Saskatchewan et Nelson)
SK, MB, ON Margariscus margarita Mulet perlé
NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL Percina maculata SK, MB, ON Prosopium cylindraceum Ménomini rond
YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NL Rhinichthys obtusus SK, MB, ON Salvelinus alpinus Omble chevalier
YT, NT, NU, MB, QC, NB, NL Salvelinus namaycush Touladi
YT†, NT, NU, AB†, SK, MB, ON, QC†, NB†, NS†, NL Poissons (marins) (14)
Cyclopterus lumpus Lompe
Océan atlantique, Océan arctique Oncorhynchus gorbuscha Saumon rose
BC, Océan pacifique Oncorhynchus mykiss BC Sebastes alutus Océan pacifique Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire
BC, QC, NB, NS, NL, Océan pacifique, Océan atlantique Bathyraja spinicauda NU, NS, NL, Océan atlantique Gadus macrocephalus Océan pacifique Pollachius virens Goberge
NB, NS, NL, Océan atlantique Sebastes entomelas Veuve
BC, Océan pacifique Somniosus microcephalus Laimargue
Chrysemys picta marginata Tortue peinte du centre
ON, QC Chrysemys picta picta Tortue peinte de l'est
NB, NS Crotalus viridis * AB, SK Diadophis punctatus Couleuvre à collier
MB, ON, QC, NB, NS Heterodon nasicus Couleuvre à nez retroussé
AB, SK, MB Pituophis catenifer sayi Couleuvre à nez mince des Prairies
Nerodia sipedon sipedon Couleuvre d'eau
ON, QC Opheodrys vernalis Couleuvre verte
SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE Storeria dekayi Couleuvre brune
** Salamandre de Jefferson
Les populations de salamandres Ambystoma unisexuées femelles du complexe de la salamandre de Jefferson ont un système génétique unique et représentent une lignée monophylétique distincte qui est apparue il y a environ 5 millions d’années, ce qui en fait la plus ancienne lignée connue de vertébrés unisexués (Bogart, 2003; Bi et Bogart, 2010). Ces salamandres unisexuées sont des parasites sexuels qui ont besoin du sperme de mâles diploïdes d’espèces d’Ambystoma bisexuées sympatriques étroitement apparentées pour se reproduire (Bogart et al., 2009). Cette dépendance les expose à une menace unique parce que plusieurs de leurs populations hôtes bisexuées sont considérées comme en voie de disparition ou en déclin. Les salamandres Ambystoma unisexuées sont habituellement plus abondantes que les espèces qui leur servent d’hôtes sexuels (Uzzell, 1964; Nyman et al., 1988; Bogart et Klemens, 1997). Du fait de leur incapacité de se reproduire en l’absence de mâles diploïdes, ces populations unisexuées sont vouées à disparaître si les mâles diploïdes qui leur servent d’hôtes sexuels disparaissent.
Les salamandres unisexuées femelles du complexe de la salamandre de Jefferson portent les génomes de plus d’une espèce d’Ambystoma bisexuée, mais elles ne sont pas des hybrides. Leur constitution génomique nucléaire inclut au moins un génome comme celui de l’Ambystoma laterale (L) et jusqu’à quatre autres génomes provenant de l’A. laterale et d’une ou de plusieurs espèces parmi quatre autres espèces d’Ambystoma, plus fréquemment l’A. jeffersonianum (J) mais également l’A. texanum (T), l’A. tigrinum (Ti) et/ou l’A. barbouri (B) (Bogart, 2003; Bogart et Klemens, 1997; 2008; Bogart et al., 2009). Ces salamandres peuvent être diploïdes, triploïdes, tétraploïdes et même pentaploïdes (Bogart, 2003), mais parmi les quelque 20 combinaisons génomiques possibles ou plus, ce sont les individus triploïdes LJJ et LLJ qui sont les plus fréquents. Si leur constitution génomique nucléaire est variable, tous les individus possèdent un génome mitochondrial semblable à celui de l’A. barbouri (Robertson et al., 2006; Bi et Bogart, 2010). Les populations de salamandres Ambystoma unisexuées ne sont donc pas le résultat d’une hybridation continue (Bogart et al., 2009) et représentent plutôt une lignée monophylétique qui est apparue au début du Pliocène (Bi et Bogart, 2010).
Tout comme leur constitution génomique nucléaire, la morphologie de ces salamandres unisexuées est également extrêmement variable. De façon générale, ce sont des salamandres robustes grises à noir-bleu mesurant entre 10 et 20 cm (longueur totale); leurs caractéristiques morphologiques précises sont intermédiaires à celles des espèces dont elles portent les génomes. Comme presque toutes portent le génome de l’A. laterale (salamandre à points bleus), leurs flancs montrent presque toujours des mouchetures bleues plus ou moins distinctes.
Les populations unisexuées viables du complexe de la salamandre de Jefferson sont réparties de façon irrégulière dans la région du bassin inférieur des Grands Lacs et la vallée du Saint-Laurent, et des populations isolées sont également présentes au Wisconsin et dans le Maine, le nord du Nouveau-Brunswick et le centre de la Nouvelle-Écosse. Au Canada, ces salamandres se rencontrent invariablement en association avec l’A. jeffersonianum, l’A. laterale ou l’A. texanum. Tous les individus de ces populations sont des femelles, sauf un très petit pourcentage (~ 1 %) qui semble constitué de mâles stériles. Les femelles sont normalement plus abondantes que les donneurs de sperme provenant de populations diploïdes bisexuées. Comme les autres salamandres du genre Ambystoma, elles présentent un cycle vital complexe et ont besoin de plans d’eau permanents ou semi-permanents pour se reproduire et de forêts humides adjacentes pour se nourrir et hiberner. La disparition ou la dégradation des étangs de reproduction et la fragmentation des habitats terrestres constituent des menaces pour les populations d’Ambystoma unisexuées à l’échelle de leur aire de répartition canadienne. L’extraction des ressources, y compris l’exploitation forestière et l’exploitation minière, compromet la qualité des habitats aquatiques et terrestres. Ces menaces sont identiques à celles qui pèsent sur les espèces hôtes, dont une (A. tigrinum) est considérée par le COSEPAC comme disparue du pays et deux autres (A. jeffersonianum et A. texanum), comme en voie de disparition. Une quatrième espèce hôte (A. barbouri) n’est pas présente au Canada. La disparition de ces espèces consacre inévitablement celle des populations unisexuées qui en dépendent.
i. Niveau taxinomique : Depuis leur découverte, le statut taxinomique de ces salamandres soulève la controverse car il ne correspond pas aux définitions usuelles d’une espèce, si ce n’est que ces salamandres représentent une lignée mitochondriale monophylétique. Premier chercheur à reconnaître le caractère particulier de ces salamandres, Clanton (1934) a discerné chez des populations d’A. jeffersonianum du sud du Michigan des individus sombres des deux sexes (rapport des sexes de 1 :1) et des individus pâles unisexués (exclusivement des femelles). Ces observations et les variations morphologiques tenues pour présentes à l’époque chez l’A. laterale et l’A. jeffersonianum ont incité Bishop (1947) à considérer toutes ces salamandres comme appartenant à une seule espèce morphologiquement variable, l’A. jeffersonianum. Logier et Toner (1961) ont par conséquent combiné toutes les occurrences connues de l’A. jeffersonianum et de l’A. laterale au Canada. Quelques années plus tôt, Minton (1954) avait postulé que les formes intermédiaires étaient des hybrides entre ces deux espèces, mais Uzzell (1964) a par la suite proposé pour ces formes intermédiaires deux noms d’espèces, toutes deux triploïdes, l’une (A. platineum) possédant deux séries de chromosomes de l’A. jeffersonianum et une série de chromosomes de l’A. laterale (LJJ), et l’autre (A. tremblayi), une série de chromosomes de l’A. jeffersonianum et deux séries de chromosomes de l’A. laterale (LLJ). Subséquemment, Lowcock et al., (1987) ont toutefois démontré que ni l’A. platineum ni l’A. tremblayi ne peuvent être considérées comme des espèces valides puisque de nombreux autres variants chromosomiques existent en plus de ces deux triploïdes réciproques. Les individus unisexués appartiennent donc à une espèce distincte des autres espèces d’Ambystoma, mais cette espèce demeure à nommer.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 40 %. L’aire de répartition canadienne de l’espèce inclut le sud de l’Ontario et du Québec et certaines régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.
iii. Statut de conservation mondial existant : GU (rang révisé pour la dernière fois le 21 septembre 2001; NatureServe, 2010). Même si leur statut taxinomique n’est pas encore officiellement reconnu, ces salamandres sont considérées comme une espèce préoccupante (Special Concern) au Connecticut et comme une espèce en voie de disparition (Endangered) en Illinois et au New Jersey.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Les tendances des populations canadiennes sont inconnues, mais la perte ou la dégradation de milieux humides utilisés comme sites de reproduction et la fragmentation des habitats terrestres ont entraîné la disparition de certaines populations. Des populations sont peut-être encore présentes mais incapables de se reproduire dans les régions où les populations diploïdes d’A. jeffersonianum (désigné espèce préoccupante par le COSEPAC en 2010), d’A. texanum (désigné espèce en voie de disparition par le COSEPAC en 2004) ou d’A. laterale qui leur servaient d’hôtes sexuels ont disparu.
v. Menaces : Les principales menaces anthropiques et écologiques qui pèsent sur ces salamandres sont les mêmes que celles qui touchent l’A. texanum et l’A. jeffersonianum : destruction de l’habitat, utilisation des terres et acidification des étangs de reproduction (Brodman, 2005a,b; deMaynadier et Hunter, 1998; Petranka, 1998).
La perte d’habitats terrestres et d’étangs de reproduction de qualité est la principale menace qui pèse sur les salamandres du complexe A. jeffersonianum et les espèces associées au Canada. Une bonne partie des forêts indigènes du sud de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et du centre de la Nouvelle-Écosse ont été défrichées à des fins agricoles et pour le développement urbain, l’extraction d’agrégats et l’exploitation des ressources.
L’altération de l’habitat peut avoir des impacts directs et indirects sur les populations de salamandres. L’ensemencement de poissons ou les changements hydrologiques ou autres résultant de projets de développement avoisinants peuvent rendre les étangs de reproduction inutilisables pour les salamandres. Les voies migratoires reliant les étangs de reproduction à l’habitat estival peuvent être bloquées par des constructions, des clôtures anti-érosion, des fossés de drainage, des plantations ou d’autres barrières. Des modifications hydrologiques peuvent réduire l’hydropériode des étangs de reproduction, provoquant ainsi leur assèchement avant la métamorphose des larves. L’enlèvement des arbres morts ou d’autres débris dans l’habitat estival et en bordure des étangs réduit les quantités de nourriture et d’abris disponibles pour les salamandres et restreint leur dispersion. L’enlèvement des branches et des autres substrats auxquels les femelles fixent leurs masses d’œufs dans les étangs nuit également à l’espèce. Comme les salamandres utilisent les terriers de petits rongeurs pour se cacher, s’alimenter et hiberner, la réduction des populations de ces rongeurs pourrait également nuire à l’espèce.
La mortalité routière est une menace persistante. De nombreuses salamandres périssent sur les routes alors qu’elles se dirigent vers les étangs de reproduction ou en reviennent. Les bordures de chaussée et les bouches d’égout peuvent agir comme des barrières ou des pièges, respectivement, et les routes constituent souvent une source de pollution chimique qui contribue à la dégradation des habitats aquatiques et terrestres adjacents. Les routes accroissent également la vulnérabilité des adultes en migration aux prédateurs.
La perte de populations hôtes sexuées est une menace unique aux populations de salamandres unisexuées du genre Ambystoma parce que ces dernières ont besoin des mâles diploïdes sexués pour se reproduire.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : L’aire de répartition des populations de salamandres unisexuées est fragmentée en trois zones restreintes entièrement isolées les unes des autres : 1) le sud de l’Ontario et du Québec; 2) le nord du Nouveau-Brunswick; 3) le centre de la Nouvelle-Écosse.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Dépendance de l’espèce à l’égard des milieux humides semi-permanents exempts de poissons pour la reproduction; fluctuations du nombre d’adultes d’une année à l’autre; besoin d’une configuration propice d’habitat forestier terrestre et de sites de reproduction aquatiques; dépendance à l’égard d’un tapis forestier présentant une structure tridimensionnelle complexe, de débris ligneux grossiers et d’un microclimat humide; comportement migratoire entre les étangs de reproduction et les aires d’alimentation terrestres, qui accroît les risques de mortalité routière et de prédation et les autres facteurs de mortalité, en particulier dans les paysages fragmentés; dépendance totale à l’égard des mâles d’espèces diploïdes apparentées en péril pour la reproduction.
Bi, K., et J.P. Bogart. 2010. Time and time again: unisexual salamanders (genus Ambystoma) are the oldest unisexual vertebrates, BMC Evolutionary Biology 10: 238doi:10.1186/1471-2148-10-238.
Bishop, S.C. 1947. Handbook of Salamanders: the salamanders of the United States, of Canada, and of Lower California, Ithaca (New York), Comstock.
Bogart, J.P. 2010. Update COSEWIC Status Report on Jefferson Salamander, Ambystoma jeffersonianum, (ébauche), Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
Bogart, J.P., et M.W. Klemens. 1997. Hybrids and genetic interactions of mole salamanders (Ambystoma jeffersonianum and A. laterale) (Amphibia: Caudata) in New York and New England, American Museum Novitates 3218:1-78.
Bogart J.P., et M.W. Klemens. 2008. Additional distributional records of Ambystoma laterale, A. jeffersonianum (Amphibia: Caudata) and their unisexual kleptogens in northeastern North America, American Museum Novitates 3627: 1-58.
Bogart, J.P., K. Bi, J. Fu, D.W.A. Noble et J. Niedzwieki. 2007. Unisexual salamanders (genus Ambystoma) present a new reproductive mode for eukaryotes, Genome 50: 119-136.
Bogart, J.P., J. Bartoszek, D.W.A. Noble et K. Bi. 2009. Sex in unisexual salamanders: discovery of a new sperm donor with ancient affinities, Heredity 103: 483-493.
Brodman, R. 2005a. Ambystoma jeffersonianum, Jefferson Salamander, in Lannoo, M.J. (éd.), Amphibian Declines: The Conservation Status of United States Species, 611–613, Berkeley (Californie), ÉTATS-UNIS, University of California Press.
Brodman, R. 2005b. Ambystoma laterale, Blue-spotted Salamander, in Lannoo, M.J. (éd.), Amphibian Declines: The Conservation Status of United States Species, 614–616,Berkeley (Californie), ÉTATS-UNIS, University of California Press.
Clanton, W. 1934. An unusual situation in the salamander Ambystoma jeffersonianum (Green), Museum of Zoology, University of Michigan, Occasional Papers No. 290: 1-14.
Demaynadier, P.G., et M.L. Hunter. 1998. Effects of silvicultural edges on the distribution and abundance of amphibians in Maine, Conservation Biology 12: 340-352.
Logier, E.B.S., et G.C. Toner. 1961. Check List of the Amphibians and Reptiles of Canada and Alaska, Life Science Division, Musée royal de l’Ontario, Toronto, Contribution No. 53: 92 p.
Lowcock, L.A., L.E. Licht et J.P. Bogart. 1987. Nomenclature in hybrid complexes of Ambystoma (Urodela: Ambystomatidae): no case for the erection of hybrid “species”, Systematic Zoology: 36:328-336.
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Uzzell, T.M. 1964. Relations of the diploid and triploid species of the Ambystoma jeffersonianum complex (Amphibia, Caudata), Copeia 1964: 257-300.
RÉDIGÉ PAR : Sous-comité des spécialistes des amphibiens et des reptiles, janvier 2012
** Coccinelle à neuf points
Anciennement, le Coccinella novemnotata se rencontrait dans la majorité des régions du sud de l’Ontario et du Québec, de même que dans le sud des Prairies, de Brandon aux Rocheuses, et dans le sud de la Colombie-Britannique. Dans l’est du Canada, l’examen des collections d’insectes a permis de documenter le rétrécissement de son aire de répartition. La mention la plus récente en Ontario date du début des années 1980. Dans le sud du Québec, une petite population a été découverte au mont Saint-Hilaire en 2006; il s’agit de la seule mention de l’espèce depuis les années 1980 (McCorquodale et al., 2011). Dans le sud de la Colombie-Britannique, l’espèce n’a pas été décelée depuis 2000. En Alberta, des populations persistent, mais leur densité est plus faible qu’au cours des années 1980 (Acorn, 2007). L’espèce a disparu de nombreuses régions de l’est des États-Unis (Wheeler et Hoebeke, 1995; Harmon et al., 2007). La compétition exercée par les espèces de coccinelles non indigènes récemment introduites est souvent tenue pour la principale cause des déclins, mais cette hypothèse est étayée par peu de données. Les changements d’utilisation des terres, en particulier des bandes de végétation situées de part et d’autre des clôtures, ainsi que l’utilisation de pesticides et les maladies pourraient également avoir contribué au déclin généralisé de l’espèce.
i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale située au Canada: priorité modérée - élevée – environ 20 % de l’aire de répartition mondiale se trouve au Canada (ce pourcentage pourrait être beaucoup plus élevé, compte tenu des déclins récents enregistrés aux États-Unis).
iii. Statut de conservation mondial existant : priorité élevée – NatureServe a attribué à l’espèce le rang S2 à l’échelle des provinces de l’Est, et S3 à l’échelle des provinces de l’Ouest.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : priorité élevée – Un examen des collections a révélé que l’espèce a subi un important déclin (> 90 %) au cours des trois dernières décennies dans l’est du pays et en Colombie-Britannique.
v. Menaces : priorité élevée – Compétition avec les espèces de coccinelles non indigènes, maladies transmises par les coccinelles non indigènes, changements d’utilisation des terres, pesticides.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : priorité élevée – La zone d’occupation couvre une superficie d’environ 4 km2 dans l’est du Canada et une superficie indéterminée en Alberta et dans les Prairies; l’espèce a peut-être disparu de la Colombie-Britannique.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : priorité modérée – les facteurs à l’origine du déclin à la fois important et généralisé de l’espèce sont inconnus.
Acorn, J. 2007. Ladybugs of Alberta: finding and connecting the dots, 1ère éd., The University of Alberta Press, Edmonton (Alberta), 169 pp.
Harmon, J.P., E. Stephens et J. Losey. 2007. The decline of native coccinellids (Coleoptera: Coccinellidae) in the United States and Canada, Journal of Insect Conservation 11: 85-94.
Losey, J.E., J.E. Perlman et E.R. Hoebeke. 2007. Citizen scientist rediscovers rare nine-spotted lady beetle, Coccinella novemnotata, in eastern North America, Journal of Insect Conservation 11: 415-417.
McCorquodale, D.B., D.J. Giberson et S.M. Marriott. 2011. Changes in the status and geographic ranges of Canadian lady beetles (Coleoptera: Coccinellidae: Coccinellinae) and the selection of candidate species for risk assessment by the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada – Part III.  Final Report, Refereed report to COSEWIC [Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada] Arthropods Species Specialist Committee, 51 p.
RÉDIGÉ PAR : David McCorquodale
Règne : Animalia –Animal
Sous-embranchement : Hexapoda - Hexapodes
Sous-classe : Pterygota – Ptérygotes, insectes ailés
Ordre : Lepidoptera – Papillons
Sous-famille : Hemileucinae
Genre : Hemileuca Walker
Espèce : nuttalli (Strecker)
L’Hemileuca nuttalli est un grand Saturniidé diurne coloré qui se rencontre uniquement à faible altitude dans des écosystèmes prairiaux à purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. À l’échelle mondiale, l’espèce est présente dans la région intérieure sèche du Grand Bassin et le bassin intérieur du Columbia dans l’ouest de l’Amérique du Nord.
La présence de l’espèce a été mentionnée à seulement quelques reprises à Osoyoos, au lac Vaseux (3 mentions : deux de ces mentions se rapportent à des chenilles qui ont été élevées jusqu’au stade adulte; ces deux mentions sont les deux seules au RBCM), au lac White (Dennis St. John, obs. pers.) et à Oliver (1 mention).
Les principaux hôtes larvaires de l’espèce sont la purshie (Purshia) et la symphorine (Symphoricarpos), mais d’autres plantes sont également utilisées comme hôtes larvaires dans le sud de l’aire de répartition de l’espèce. Le sud de la vallée de l’Okanagan et en particulier la purshie, plante hôte indigène de l’espèce, subissent des pressions intenses, car les terres y sont prisées pour leur potentiel viticole et de développement résidentiel.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Moins de 5 % de l’aire mondiale de l’espèce se trouve au Canada – priorité faible.
iii. Statut de conservation mondial existant : priorité faible – UICN : Espèce non cotée. NatureServe : échelle mondiale : G5; échelle nationale : États-Unis (N5), Canada (NNR); État/province : Colorado (S4), Wyoming (SNR), Colombie-Britannique (SNR).
iv. Taille et tendances des populations au Canada : priorité élevée – seulement quelques mentions (6 ou moins) proviennent de musées provinciaux ou de collections. Des individus ont été récoltés à Osoyoos, à Oliver et aux lacs White et Vaseux. À long terme, une perte d’habitat soutenue et à long terme résultant de la disparition de l’habitat à purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan est inférée au Canada. Selon Mike Sarrell et Dennis St. John, deux biologistes de terrain qui travaillent dans la vallée de l’Okanagan depuis de nombreuses années, l’espèce y semble beaucoup moins commune que le porte-queue de Behr.
v. Menaces : – priorité élevée – perte soutenue d’habitat causée par le développement.
UICN – Menace no 1 : Développement résidentiel et commercial – La principale menace qui pèse sur l’espèce est la perte cumulée d’habitat et la dégradation et la fragmentation de la communauté végétale à purshie tridentée. L’agriculture et le développement urbain ont entraîné la destruction d’environ 67 % des communautés à purshie tridentée / stipe comateuse depuis 1800 (Lea, 2008; B. White, comm. pers., 2010).
UICN – Menace no 2 : Agriculture et aquaculture – La dérive de pesticides en provenance de terres agricoles ou d’exploitations viticoles adjacentes pourrait avoir des effets néfastes pour les populations de l’espèce et leur habitat en provoquant une mortalité directe localisée. Les effets pourraient différer selon la nature de la culture adjacente, le moment des applications, la quantité de pesticide appliquée et les composantes chimiques du pesticide utilisé, mais ces renseignements ne sont pas disponibles pour chacun des sites. Les traitements herbicides contre les plantes envahissantes peuvent avoir des effets nocifs pour les plantes non ciblées, dont la purshie tridentée et les plantes nectarifères.
IUCN – Menace no 6 : Empiètement et perturbation par les humains – Certaines activités récréatives, notamment l’utilisation de véhicules tout-terrain, peuvent avoir des effets sur l’habitat à certains sites se trouvant sur des propriétés privées ou des terres de la Couronne.
IUCN – Menace no 7 : Modifications des systèmes naturels – L’altération du régime des feux naturels occasionnée par les programmes de protection contre les feux de friche et de suppression des incendies semble avoir entraîné une augmentation de l’intensité et de la gravité des incendies dans la vallée de l’Okanagan. Anciennement, les feux de friche étaient vraisemblablement plus fréquents dans les habitats à purshie tridentée (Young et Clements, 2002). La suppression des incendies favorise ultimement le déclenchement d’incendies de grande intensité entraînant le remplacement des peuplements au lieu de petits feux de surface moins intenses et localisés ne menaçant pas l’intégrité des communautés végétales à purshie tridentée. En 2005, la vallée de l’Okanagan a été touchée par d’importants incendies qui ont eu des impacts importants sur les habitats à purshie tridentée (O. Dyer, comm. pers., 2009). Par contre, le feu peut favoriser la germination des graines de purshie tridentée entreposées dans les caches de rongeurs et, dans certains secteurs, stimuler la régénération (Blaisdell et Mueggler, 1956; Driver et al., 1980; Young et Clements, 2002). On ignore si le feu induit la repousse chez la purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan. L’altération du régime des feux et l’introduction d’espèces de plantes envahissantes pourraient également avoir modifié la structure et la composition des communautés végétales à purshie tridentée. En l’absence de feux, l’empiétement de l’habitat par les arbres et l’augmentation de l’ombre et de la compétition qui s’est ensuivie a vraisemblablement entraîné une réduction de la taille des purshies tridentées et l’étendue des colonies à certains sites (S. Desjardins, comm. pers., 2009; D. St. John, comm. pers., 2009; O. Dyer, comm. pers., 2009). Le pâturage a probablement des impacts sur la purshie tridentée à certains sites, soit directement, soit indirectement, en entraînant la compaction du sol et en empêchant ainsi l’établissant de nouvelles plantes hôtes.
UICN – Menace no 8 : Espèces envahissantes et autres espèces et gènes problématiques – De nombreuses plantes introduites sont présentes dans les écosystèmes à purshie tridentée. Certaines espèces semblent avoir peu d’effets sur ces écosystèmes, mais d’autres, notamment le brome des toits (Bromus tectorum), la potentille dressée (Potentilla recta), la centaurée diffuse (Centaurea diffusa) et la linaire à feuilles larges (Linaria genistifolia ssp. dalmatica), peuvent avoir des effets négatifs importants (South Okanagan Similkameen Conservation Program, 2009). Par exemple, la potentille dressée peut former des colonies monospécifiques et finir par éliminer par compétition les plantes hôtes nectarifères du porte-queue de Behr et empêcher le rétablissement de la purshie tridentée après les feux de friche. De nombreux prédateurs invertébrés ont été introduits en Colombie-Britannique à titre d’agents de lutte biologique contre des plantes envahissantes, mais leurs effets sur les populations de papillons indigènes sont inconnus. Par exemple, des mouches tachinaires parasitoïdes (Tachinidés) ont été introduites comme agents de lutte biologique contre la spongieuse. Il a été établi que ces mouches ont un effet négatif sur les populations de tous les lépidoptères. Elles n’ont été introduites à ce jour que dans l’est des États-Unis et du Canada, mais il est possible qu’elles atteignent l’ouest de l’Amérique du Nord par leurs propres moyens ou en y étant introduites à des fins de lutte biologique contre certains insectes ravageurs.
IUCN – Menace no 11 : Changement climatique et phénomènes météorologiques violents – Le changement climatique constitue une menace potentielle pour le porte-queue de Behr dans le sud de la vallée de l’Okanagan en raison de ses impacts éventuels sur les écosystèmes, mais ces impacts demeurent mal compris. Le changement climatique pourrait provoquer une aggravation des sécheresses dans le sud de la Colombie-Britannique et causer une sénescence prématurée des plantes hôtes larvaires et des plantes nectarifères, ou encore modifier le régime des pluies durant la période de développement larvaire et ainsi réduire le taux de survie juvénile. Des recherches additionnelles s’imposent pour préciser ces effets. En revanche, le changement climatique pourrait accroître l’enveloppe climatique propice à la croissance de la purshie tridentée. Une modélisation des impacts du changement climatique sur le porte-queue de Behr a révélé que dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, les conditions climatiques propices à la prairie pourraient s’étendre vers le nord jusqu’aux régions situées tout juste au sud de la frontière du Yukon d’ici 2080 (Wilson et Hebda, 2008). Toutefois, au rythme où elles se produisent à l’échelle de l’aire de répartition connue de l’espèce, la disparition et la fragmentation des habitats, combinées à la capacité de dispersion naturelle des graines de la purshie tridentée (R. Hebda, comm. pers., 2008 à O. Dyer, comm. pers., 2008) et des porte-queue de Behr adultes, risquent d’empêcher l’expansion naturelle de ces deux espèces.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : – priorité élevée (la superficie de ces zones peut être déterminée d’après les données se rapportant à d’autres espèces en péril partageant le même habitat comme le porte-queue de Behr – la superficie approximative de l’aire de répartition canadienne, incluant les sites d’Osoyoos, des lacs White et Vaseux et d’Oliver, est inférieure à 250 km2).
vii. Facteurs limitatifs biologiques : – priorité modérée à élevée – l’espèce dépend de la purshie tridentée (Purshia tridentata) dans la vallée de l’Okanagan. Aux États-Unis, elle utilise également la symphorine (Symphoricarpos) comme plante hôte (Tuskes, 1984).
St. John, D. 2010. An inventory strategy for Nuttall’s Buckmoth (Hemileuca nuttalli nuttalli (Strecker, 1875)) with commentary on Common Sheep Moth (Hemileuca eglanterina (Boisduval, 1852)) and Sagebrush Sheep Moth (Hemileuca hera hera (Harris, 1841)), rapport inédit, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, bureau de Penticton (Colombie-Britannique).
Tuskes, P.M. 1984. The biology and distribution of California Hemileucinae (Saturniidae), J. Lepid. Soc. 38: 281-309.
Tuskes, P.M., J.P. Tuttle et M.M. Collins. 1996. The Wild Silk Moths of North America: A Natural History of the Saturniidae of the United States and Canada, Cornell University Press, 250 p.
Sarrell, Mike, entomologiste, Osoyoos (Colombie-Britannique).
St. John, Dennis, entomologiste, Okanagan Falls (Colombie-Britannique).
RÉDIGÉ PAR : Gary Anweiler, juin 2010; mis à jour par Jenny Heron, juillet 2011.
Le genre Coreorgonal Bishop et Crosby, de la famille des Linyphiidés et de la sous-famille des Érigoninés, est endémique de la côte du Nord-ouest Pacifique. Deux des trois espèces décrites sont très rares et présentent une aire de répartition mondiale très restreinte. L’une d’entre elles, le C. petulcus (Millidge), est endémique d’une petite région du bassin de Géorgie en Colombie-Britannique et dans l’État de Washington et ne compte qu’une population au Canada, établie dans la portion extrême-sud de l’île de Vancouver. Les résultats d’une campagne intensive de collecte à la main et de plus de 50 000 jours de piégeage à l’aide de pièges-fosses dans toute la portion sud de l’île de Vancouver et la zone continentale adjacente de la Colombie-Britannique indiquent que le C. monoceros (Keyserling), espèce assez largement répartie, est commun dans la région du bassin de Géorgie mais que le C. petulcus est confiné à une vieille forêt côtière de douglas située sur des terres du ministère de la Défense nationale à Rocky Point (Metchosin) et est peut-être présent dans un habitat similaire sur la propriété adjacente du Pearson College. Ces forêts sont menacées par le feu – l’habitat y est très sec et comporte une charge importante et diversifiée de combustible ligneux. Les habitats subissent des changements importants sous l’effet de la colonisation du parterre forestier par des espèces indigènes et d’importantes populations en expansion de plantes envahissantes comme l’ajonc d’Europe, le lierre commun et le genêt à balais. La propriété de Rocky Point présente une grande valeur et n’est pas à vendre actuellement, mais le gouvernement fédéral a envisagé au cours des dernières années de la céder à des promoteurs résidentiels et commerciaux. Le Coreorgonal petulcus est coté N1N2 à l’échelle nationale dans une ébauche de document de NatureServe Canada (2010) précisant les rangs de conservation provinciaux/nationaux attribués à toutes les espèces d’araignées présentes au Canada. Le fait que cette espèce ne comporte qu’une seule population au Canada et que celle-ci soit confinée à une seule localité vulnérable en fait une excellente candidate à une évaluation détaillée par le COSEPAC.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Priorité élevée – ~ l’aire de répartition canadienne ne représente qu’environ 10 % de l’aire de répartition mondiale, elle-même extrêmement réduite (l’espèce est endémique de la région du bassin de Géorgie).
iii. Statut de conservation mondial existant : Priorité élevée – L’espèce n’est pas cotée à l’échelle mondiale; dans son ébauche de document, NatureServe Canada lui a attribuée le rang N1N2 (catégorie comprise entre gravement en péril et en péril) à l’échelle du Canada.
iv. Taille et tendance des populations canadiennes : Priorité élevée – une seule population, tendances inconnues.
v. Menaces : Priorité élevée – L’espèce est confinée à un seul site qui pourrait être entièrement détruit par un seul événement catastrophique (p. ex. feu de forêt). L’habitat de l’espèce continue de se dégrader sous l’effet de la colonisation du parterre forestier par des espèces indigènes et l’invasion par des espèces envahissantes. Les propriétés du ministère de la Défense nationale pourraient être cédées à des promoteurs résidentiels ou commerciaux.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Priorité élevée – l’espèce ne compte qu’une population au Canada – La zone d’occurrence et la zone d’occupation couvrent moins de 2 km2.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Priorité modérée – l’espèce vit peut-être uniquement dans les vieilles forêts non perturbées.
Bennett, R.G., D. Blades, C.D. Dondale, D.J. Buckle et R.C. West. 2010. The spiders of British Columbia [base de données en ligne], in Klinkenberg, B. (éd.), E-Fauna BC: electronic atlas of the fauna of British Columbia, disponible à l’adresse : http://www.geog.ubc.ca/biodiversity/efauna/spiders.html Lab for Advanced Spatial Analysis, Department of Geography, University of British Columbia, Vancouver.
Crawford, R.L. 1988. An annotated checklist of the spiders of Washington, Burke Museum Contributions, 5: 1-48.
Metchosin Biodiversity Project. 2011. Résultats du Bioblitz 2011 de Metchosin, disponibles à l’adresse : http://metchosinbiodiversity.com.
Millidge, A.F. 1981. The erigonine spiders of North America. Part 3. The genus Scotinotylus Simon (Araneae: Linyphiidae), Journal of Arachnology 9: 167-213.
RÉDIGÉ PAR : Robb Bennett, 8/7/2011 (révisé le 24 février 2012)
* BC, AB
NOTA : L’Argia vivida a été présentée comme espèce candidate pour la première fois en 2009 par l’entremise d’un rapport détaillé de Dwayne Lepitzki (sous-comité sur les mollusques). Ce rapport décrivait les caractéristiques de la population de Banff, en Alberta. En 2009, lors de la réunion du sous-comité sur les arthropodes, Rob Cannings a souligné que d’importantes données récentes relatives à la répartition de l’espèce en Colombie-Britannique n’avaient pas été prises en compte dans le rapport. On lui a alors demandé d’apporter les mises à jour nécessaires au rapport présenté par Lepitzki et d’en rendre compte à la réunion de 2010 du sous-comité. Le présent document vient compléter la demande de Lepitzki en y apportant des données et des analyses additionnelles relatives à la situation de l’espèce en Colombie-Britannique.
L’Argia vivida Hagen (danseuse éclatante) est une demoiselle de la famille des Cœnagrionidés associée aux sources fraîches, tièdes et chaudes. On la retrouve dans le sud de la Colombie-Britannique et dans la partie adjacente de l’Alberta, depuis Meager Creek, dans la chaîne Côtière, jusqu’à Banff, vers l’est, dans les Rocheuses (Cannings et al., 2000; Cannings, 2002; Acorn, 2004). La haute spécificité de l’espèce à l’égard des petites sources fit affirmer à Williamson (1932, in Walker, 1953) que « l’insecte dépend des sources à un point tel que sa présence en un quelconque lieu garantit qu’on peut trouver de l’eau à proximité » [traduction]. Donc, même si d’autres populations d’Argia vivida étaient découvertes, l’espèce demeurerait plus susceptible de se trouver en péril que les autres odonates de Colombie-Britannique et de l’Alberta, puisque son habitat est restreint et menacé par les aménagements d’origine anthropique (Cannings et al., 2000). On croit que l’espèce était plus répandue au cours de la période hypsithermale, mais qu’elle aurait par la suite été limitée aux milieux relativement chauds (Pritchard, 1989, in Cannings et al., 2000).
L’Argia vivida se rencontre dans l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud de la Colombie-Britannique et de la portion des Rocheuses située en Alberta jusqu’à la Basse Californie. L’espèce a également été signalée au Dakota du Sud et en Iowa (Westfall et May, 1996).
Avant les années 1970, l’A. vivida avait uniquement été signalé près des sources du lieu historique national Cave and Basin (LHNCB), situé dans le parc national Banff (PNB), en Alberta (population la plus nordique), et dans trois localités de la région de Kootenay, en Colombie-Britannique (Cannings et Stuart, 1977). De plus amples relevés (Cannings et al., 2000; Cannings et al., 1998; Salter, 2003) ont permis de découvrir l’espèce dans d’autres parties du sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique ainsi que dans d’autres localités de la région de Kootenay. Toutefois, il faut noter que cette région héberge peut-être la plus grande partie de la population de Colombie-Britannique, puisqu’elle renferme un grand nombre de sources chaudes. En 2010, l’espèce avait jusqu’alors été observée dans 15 localités de la région de Kootenay, 8 localités du sud de l’Okanagan, 4 localités du canyon du Fraser (D. Knopp, 2007, comm. pers., observations et photographies) et 2 localités de l’est de la chaîne Côtière, près de Pemberton.
Selon Acorn (2004), en Alberta, l’A. vivida a été observé uniquement dans les sources Cave and Basin, situées à Banff. Toutefois, les sources tièdes et fraîches du corridor faunique Middle Springs et de la tourbière de Middle Springs, dans le PNB, constituent aussi une aire de reproduction pour l’espèce (Rice, 2002; Hornung et Pacas, 2006). De plus, en septembre 2002, on a découvert une source fraîche située à environ 6 km au nord-nord-ouest (azimut 342o) du LHNCB semblant héberger une population distincte de reproducteurs (Lepitzki et al., données inédites, in Rice, 2002).
Chacune des populations de la Colombie-Britannique et de l’Alberta constitue probablement une localité distincte. De plus, étant donné qu’il y a peu de possibilités d’échange génétique entre les populations, il pourrait y avoir des unités désignables distinctes. L’ensemble des populations canadiennes se situent dans une seule des aires écologiques nationales du COSEPAC, celle des Montagnes du Sud, mais occupent deux des zones biogéographiques nationales d’eau douce du COSEPAC, soit la zone du Pacifique et la zone de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson. De la même façon, l’espèce est présente dans deux des provinces fauniques définies par le COSEPAC pour les amphibiens, reptiles et mollusques terrestres du Canada, celle de la Région intermontagnarde et celle des Rocheuses. Enfin, selon le Cadre écologique national pour le Canada (Marshall et Schut, 1999), toutes les populations signalées se situent dans l’écozone de la Cordillère montagnarde (voir aussi Cannings et Cannings, 1998).
Les larves d’A. vivida se développent dans de petits cours d’eau et bassins alimentés par des sources, et les adultes ne s’éloignent apparemment jamais beaucoup de l’eau, volent bas et se posent fréquemment sur le sol. Conrad et Pritchard (1990), Pritchard (1982, 1989, 1991) ainsi que Pritchard et Pelchat (1977) décrivent le développement et le comportement de l’A. vivida dans les sources chaudes de Banff, en Alberta, ainsi que d’Albert Canyon et de Halcyon, en Colombie-Britannique.
En 2003, l’effectif des populations des sources Middle et du LHNCB, situées dans le PNB, a été estimé par capture-marquage-recapture et s’établissait en moyenne à 1 204 et à 511 individus, respectivement. De plus, on s’est aperçu que deux individus s’étaient déplacés d’une population à l’autre, ce qui représente une distance d’environ 1 km (Hornung et Pacas, 2006). Hornung et Pacas (2006) ont relevé un nombre significativement plus élevé de larves d’A. vivida dans les sources Middle, où il n’y a pas de poissons exotiques, que dans le LHNCB, où il y en a. Ils ont également avancé que, pour conserver l’espèce, il faut non seulement maintenir les variations hydrologiques des sources thermales et permettre à l’eau de s’écouler et de former des bassins en aval, mais aussi préserver l’état des milieux situés entre les sources (Hornung et Pacas, 2006). En 2004, Ham et Kortello (2005) ont eux aussi utilisé la méthode de capture-marquage-recapture afin d’étudier les populations d’A. vivida des sources Middle et des sources du LHNCB. Plus précisément, ils ont évalué les effets sur l’espèce des éclaircies pratiquées dans les forêts situées tout juste en bordure de la ville de Banff, entre les deux populations. Ils ont relevé un effectif estimatif de 1 936 à 18 780 individus et ont également observé que deux demoiselles s’étaient déplacées entre les deux localités. Ham et Kortello (2005) ont donc conclu que l’éclaircie ne semblait pas nuire aux déplacements de l’A. vivida, mais qu’une planification judicieuse s’imposait pour les travaux d’éclaircie et d’élimination des débris ligneux qu’on réalisera à Banff en vue de préserver la qualité de l’habitat de l’A. vivida. En 2008, Kortello et Ham (travaux en cours de révision) ont également effectué une étude de suivi dans des milieux forestiers déboisés, éclaircis et intacts situés entre les sources Middle et celles du LHNCB, au moyen de techniques de dénombrement ponctuel. Ils en sont venus à la conclusion que, dans le secteur de l’aire de reproduction de l’A. vivida, l’aménagement de petites aires dégagées en alternance avec des parcelles de forêt intactes constituerait la meilleure méthode de réduction du combustible forestier.
L’Argia vivida est classé S2 en Colombie-Britannique et figure sur la liste rouge de la province (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique). En Alberta, l’Alberta Natural History Information Centre lui a attribué la cote S1, non en péril (Rice, 2000). À l’échelle mondiale, l’espèce est classée G5.
Selon Rice (2001), l’A. vivida n’est abondant qu’en Alberta, et ce serait dans cette province que survit la majorité de la population canadienne. Compte tenu du fait que l’on connaît dix fois plus de localités où vit l’espèce en Colombie-Britannique (30:3) et que celles-ci sont dispersées sur des milliers de kilomètres carrés, cette affirmation peut sembler exagérée. Toutefois, en Alberta, les localités sont toutes situées sur les terres protégées d’un parc national, et l’effectif estimatif des populations est beaucoup plus élevé que celui des populations de Colombie-Britannique. Rice (2001) souligne également qu’en Alberta, les menaces immédiates qui pèsent sur les populations d’A. vivida semblent minimes, puisque les aires de reproduction sont entièrement situées dans le PNB. Plus tard, Rice et le spécialiste des écosystèmes aquatiques du PNB en sont venus à la conclusion que les populations d’A. vivida de l’Alberta, bien qu’entièrement situées dans les limites du PNB, demeurent menacées par la destruction de l’habitat liée au détournement des cours d’eau et à l’expansion urbaine (Hornung et Pacas, 2006). Bien des populations de Colombie-Britannique sont sûrement ainsi menacées.
Selon Cannings (2002), les petites populations d’A. vivida pourraient être sensibles aux perturbations survenant dans leur petit habitat morcelé, puisque les larves vivent dans les bassins et les exutoires des sources thermales. En effet, dans la vallée de l’Okanagan, les petits ruisseaux alimentés par des sources sont souvent pollués et piétinés par le bétail. Les sources chaudes, où vivent la plupart des populations, sont presque toujours exploitées (Cannings, 2002). L’exploitation directe et indirecte (détournement des exutoires) des sources chaudes rend les populations vulnérables, mais il semble qu’une certaine exploitation soit acceptable, pour autant que les sources elles-mêmes et des sections d’exutoire s’écoulant librement sont préservées (Cannings et al., 2000). Citons l’exemple des sources chaudes Fairmont, où l’exploitation à des fins récréatives n’empêche pas les A. vivida de se retrouver en grand nombre pour la reproduction, puisque les bassins peuplés de mousses et les exutoires s’écoulant librement ont été conservés à proximité des sources elles-mêmes. On peut aussi observer l’espèce à Albert Canyon, où l’eau des sources est également détournée, mais s’écoule toujours dans un secteur où il y a abondance de mousses.
Selon Cannings et al. (2000), il est important d’éviter toute perturbation importante de la végétation et surtout de l’écoulement de l’eau dans les sources où vit l’A. vivida. L’espèce était probablement présente aux sources chaudes Radium avant que ces grandes sources ne soient exploitées, mais aucun exutoire naturel et aucun A. vivida n’ont été observés au cours d’un examen rapide du site (R. Cannings, obs. pers.). Sue Salter (2003) a découvert que l’eau d’un des deux sites occupés par l’A. vivida aux sources chaudes Pebble Creek, près de Pemberton, avait été détournée par des baigneurs, ce qui a entraîné un important changement de sa température. D’ailleurs, les larves d’A. vivida sont disparues du site : 15 à 20 individus y avaient été recensés en 2000 et 2001, alors qu’aucun n’a été trouvé en 2002. Dans toutes les localités, l’habitat de l’A. vivida est très limité et généralement non protégé. Les activités telles que la coupe forestière, le déversement de déchets, l’expansion routière et l’agrandissement des stationnements ont peu à peu réduit les milieux dont disposaient les demoiselles, puisqu’il n’existe actuellement aucun plan de protection pour l’espèce (P. Catling, obs. pers.).
Les baigneurs endommagent l’habitat même dans les aires protégées provinciales, parce que BC Parks ne dispose pas de fonds suffisants pour limiter l’accès aux sources ou les aménager en fonction de leurs valeurs de conservation. Les gestionnaires des ressources ont donc été confrontés à un choix difficile : laisser aller la dégradation des sources par les baigneurs ou alors modifier les sources au point où le milieu naturel ne convient plus aux invertébrés. Dans la réserve écologique de Ram Creek Hot Springs, située dans l’est de la région de Kootenay, la première option a été retenue. À l’opposé, on a opté pour le deuxième choix à Lussier Hot Springs, dans le parc provincial du lac Whiteswan (Salter, 2003); l’A. vivida n’a jamais été signalé dans cette source.
Acorn (2004) nous expose le point de vue intéressant de Gordon Pritchard, qui étudiait la population du LHNCB avant et pendant les travaux de construction d’une promenade de bois qui ont gravement ravagé les sources. Or, le plan de gestion récemment approuvé pour le LHNCB recommande à Parcs Canada un réaménagement substantiel du LHNCB, qui accueille déjà plus de 100 000 visiteurs par année (Parcs Canada, 2007), en vue d’y accroitre l’affluence de 5 % au cours des trois prochaines années. Toutefois, l’une des mesures proposées vise à protéger d’autres espèces rares et les organismes peuplant le LHNCB, y compris les demoiselles. Parmi les autres espèces ayant fait l’objet d’une évaluation par le COSEPAC (2008), on compte le naseux des rapides de Banff (Rhinichthys cataractae smithi), poisson disparu, et la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni), gastropode en voie de disparition.
i.  Niveau taxinomique : Espèce. – Priorité élevée.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Moins de 10 %. Toutefois, l’aire de répartition est fragmentée; il est donc naturel que la plupart des populations soient petites et isolées les unes des autres. – Priorité faible?
iii. Statut de conservation mondiale existant : La cote mondiale de NatureServe est G5. – Priorité faible.
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Cote S2 en Colombie-Britannique et cote S1 en Alberta. Bien que l’effectif soit inconnu, on sait qu’il est relativement peu élevé pour une espèce d’odonate vivant au Canada. L’effectif des populations de l’Alberta, qui occupent plusieurs sites distincts dans le LHNCB et les sources Middle, se situe entre 231 et 2 408 individus adultes selon l’évaluation faite par Hornung et Rice (2006) ou entre 1 936 et 18 780 selon celle de Ham et Kortello (2005). Les trente populations connues en Colombie-Britannique sont probablement beaucoup plus petites. En effet, lors d’un relevé effectué en 1997 dans le sud de l’Okanagan, Cannings et al. (1998) ont observé moins de 10 adultes dans chacune des localités. Salter (2003) a répertorié des larves de l’espèce dans plusieurs sources, notamment dans les sources chaudes Ram Creek, où elle a dénombré 15 à 26 individus en novembre 2000 (moyenne de 3 répétitions dans chacun des trois sites).
Plusieurs sources chaudes fortement aménagées (Radium, Lussier, etc.) ne comptent actuellement aucune population d’A. vivida, mais en ont presque certainement hébergé une dans le passé, ce qui constitue un déclin probable. Bien que certaines de ces sources se trouvent dans des aires protégées, elles subissent encore des perturbations humaines. Un déclin direct a été observé aux sources chaudes Pebble Creek, en Colombie-Britannique, puisqu’un site entier a été détruit (Salter, 2003). Pendant plus d’un siècle, la destruction de l’habitat a entraîné un déclin de l’effectif. Toutefois, globalement, le déclin se chiffre probablement à moins de 50 %. – Priorité élevée.
v. Menaces : Les menaces sont attestées et réelles, et leurs effets négatifs ont été observés. L’habitat de l’espèce est restreint et fragile et est sans cesse perturbé et détruit par les activités humaines. Les sources chaudes sont endommagées, détournées ou encore altérées de façon permanente par les baigneurs. Les sources et ruisseaux d’eau fraîche (Kearns Creek, Okanagan Falls, etc.) sont piétinés et pollués par le bétail. De plus, ces deux milieux sont menacés par la coupe forestière, l’éclaircie forestière, la construction routière et l’introduction d’espèces exotiques. – Priorité élevée.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation : La zone d’occurrence est vaste (environ 127 000 km2) mais très fragmentée en populations souvent très petites. La zone d’occupation est petite (environ 33 km2 ou, selon une grille de 2 x 2 km, 132 km2). –Priorité élevée.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Habitat naturellement fragmenté et spécificité absolue pour les petites sources thermales isolées; l’espèce comporte un stade de vie aquatique et un stade de vie aérien. – Priorité élevée.
ANALYSE DE LEPITZKI (2009)
i. Niveau taxinomique : Espèce; il pourrait exister au moins deux UD distinctes. – Priorité élevée.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 10 % de l’aire de répartition mondiale se trouve au Canada (estimation réalisée à partir de la carte d’Acorn (2004), à confirmer). – Priorité faible
iii. Statut de conservation mondiale existant : (à confirmer / mise à jour requise). –
Priorité élevée.
CDC de la Colombie-Britannique – S2, liste rouge (Cannings et al., 2000).
Alberta Natural History Information Centre – S1, non en péril (Rice, 2001).
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Les tendances sont inconnues, mais on suppose que l’effectif fluctue, comme dans le cas de la plupart des insectes. Selon les estimations, l’effectif des populations de l’Alberta, qui vivent dans le LHNCB et les sources Middle, varierait entre 231 et 2 408 (Hornung et Rice, 2006) ou entre 1 936 et 18 780 (Ham et Kortello, 2005) individus adultes. Les populations de Colombie-Britannique sont probablement beaucoup plus petites, et on peut supposer qu’elles sont en déclin, puisque leur habitat rapetisse, certaines sources ne comptant aujourd’hui aucune population – Priorité élevée.
v. Menaces : Utilisation et aménagement des sources thermales par les humains; même les portions de l’habitat situées dans le PNB pourraient être touchées par des perturbations humaines comme l’éclaircie forestière, le détournement de cours d’eau et l’introduction d’espèces exotiques. – Priorité élevée.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation : On s’attend à ce que la zone d’occupation soit petite. – Priorité élevée.
Acorn, J. 2004. Damselflies of Alberta: flying neon toothpicks in the grass, University of Alberta Press, Edmonton, xi + 156 p.
Cannings, R.A. 2002. Introducing the dragonflies of British Columbia and the Yukon, Royal British Columbia Museum, Victoria, 96 p.
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Hornung, C.L.R., et C. Pacas. 2006. Investigating damselfly populations at springs in Banff National Park, Canada with special focus on Argia vivida, Amphiagrion abbreviatum, and Ischnura cervula (Odonata: Coenagrionidae), Aquatic Ecology 40(1): 49-58.
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Le Hexura picea Simon (Araneae : Mecicobothriidae) est une petite araignée liticole « tarentuloïde » (mygalomorphe) dont l’habitat se limite aux forêts anciennes qui se trouvent sur la côte nord-ouest du Pacifique ou à proximité de cette zone (sud-ouest de la Colombie-Britannique, et ouest de l’État de Washington et de l’Oregon). Cette araignée utilise ses très longues filières pour tisser une toile en forme de tube dans la litière et la mousse, à la base des vieux conifères — en particulier des épinettes de Sitka — ou dans les débris aux alentours. L’espèce a été découverte il y a moins de 30 ans au Canada; elle forme une population isolée qui ne se trouve que dans les vestiges des anciennes forêts pluviales du centre de la côte ouest de l’île de Vancouver (Colombie-Britannique), dans une petite zone située entre Bamfield et Port Renfrew. On ne la trouve qu’en nombres relativement limités aux cinq sites connus de capture, et il n’existe par ailleurs que quelques douzaines de spécimens de musées. L’espèce n’a pas fait l’objet jusqu’à maintenant d’un recensement précis à cause, en partie, de la relative inaccessibilité d’une bonne part de son aire de répartition. La moitié environ de l’aire de répartition canadienne est protégée. L’exploitation des vestiges de la forêt ancienne se poursuit dans le reste de l’aire de répartition de l’espèce.
i. Niveau taxinomique – Espèce – priorité élevée
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada – 100 % (la population de l’île de Vancouver est très isolée des autres populations de la côte nord-ouest du Pacifique) – priorité élevée
iii. Statut de conservation mondiale existant – Espèce classée « 3 » (« sensible ») à l’échelon national par NatureServe. Actuellement classée espèce de « priorité 2 » par NatureServe dans une première tentative de classement des espèces canadiennes d’araignées selon le système de classement mondial (G rank) de NatureServe – priorité intermédiaire
iv. Taille et tendances de la population canadienne – Il n’existe pas d’estimation fiable, mais la population est probablement très petite et limitée à une petite zone du centre de la côte ouest de l’île de Vancouver (< 1 000 km²), et les individus ne sont jamais nombreux à aucun des sites connus. Il n’existe pas d’informations sur les tendances de la population, mais on suppose qu’elle diminue à un rythme d’environ 50 à 70 % à cause des pressions intenses exercées par l’exploitation forestière sur la moitié environ de l’aire de répartition connue – priorité intermédiaire
v. Menaces – L’espèce ne s’observe que dans des sites épars de la forêt pluviale ancienne de la côte — en particulier dans les peuplements d’épinettes de Sitka. La moitié environ de l’aire de répartition est protégée, mais une exploitation forestière intense menace la population dans la moitié non protégée de l’aire de répartition – priorité élevée
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation – Cette espèce n’a pas fait l’objet d’un inventaire ciblé. La population est probablement fragmentée. Cinq sites de capture sont connus : Bamfield, Cheewat Beach, Carmanah Valley, Walbran Valley et Harris Creek. Les quatre premiers sites sont reliés par une étroite bande côtière d’habitat propice en grande partie contiguë; le site de Harris Creek est probablement isolé des autres. La zone d’occurrence est inférieure à 1 000 km²; la zone d’occupation actuellement connue est probablement inférieure à 150 km². La population de l’île de Vancouver est isolée des populations des États-Unis et il n’existe par conséquent aucune possibilité d’immigration de source externe – priorité élevée (?)
vii. Facteurs limitatifs biologiques – On ne croit pas que cette espèce ait recours à l’aéronautisme pour se disperser, et elle est probablement peu habile à coloniser des habitats propices et inoccupés (aucun spécimen n’a encore été repéré dans les zones d’habitat propice situées immédiatement au nord-ouest et au sud-est de l’aire de répartition connue). Cette espèce s’observe exclusivement sur le sol de l’ancienne forêt pluviale côtière – priorité élevée
Coyle, F.A. 2005. Mecicobothriidae. Pages 50-51 in D. Ubick, P. Paquin, P.E. Cushing, et V. Roth (dir.) Spiders of North America: an identification manual, American Arachnological Society.
Gertsch, W.J. et Platnick, N.I. 1979. A revision of the spider family Mecicobothriidae (Araneae: Mygalomorphae), American Museum Novitates, No 2704: 1-39.
Localité type : île de Sable N43.9319 O059.9985
Cette espèce est l’une des quatre seules espèces d’abeilles connues de l’île de Sable, et la seule qui soit endémique. Elle n’a été décrite que récemment dans le cadre d’une révision taxinomique à grande échelle des Lasioglossum (Dialictus) au Canada (Gibbs, 2010). Les deux sexes se distinguent clairement des congénères. Les codes à barres ADN ont permis de déterminer que les spécimens capturés en 2008 étaient génétiquement différents des Lasioglossum apparentés (J. Gibbs, données inédites).
L’examen de milliers de spécimens de Dialictus provenant de la zone continentale de la Nouvelle-Écosse et d’autres zones côtières de l’est de l’Amérique du Nord n’a permis de détecter aucun spécimen du L. sablense. Seulement 12 spécimens ont été capturés dans l’île de Sable et font désormais partie de la Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes ou de la Collection Packer de l’Université York.
Étant endémique à l’île de Sable, cette espèce possède l’une des aires de répartition les plus petites de toutes les abeilles d’Amérique du Nord. Elle est par ailleurs l’une des seules, sinon la seule abeille authentiquement endémique au Canada.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada – 100 % (endémique à l’île de Sable) – priorité élevée
iii. Statut de conservation mondiale existant – Aucun (mais endémique à une zone protégée) – priorité élevée
iv. Taille et tendances de la population canadienne – Inconnues. La population est probablement petite compte tenu des limites de l’aire de répartition – priorité intermédiaire
v. Menaces – Érosion et perte d’habitat dues aux changements climatiques, à l’aggravation des dommages dus aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer. Concurrence possible pour la nourriture exercée par les mégachiles introduites – priorité élevée
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation – Île de Sable (ZO = 90 km2; IZO = 80 km2; superficie de l’habitat couvert de végétation = ~10 km 2 – priorité élevée
vii. Facteurs limitatifs biologiques – Les abeilles sont haplodiploïdes et se caractérisent par un mécanisme de détermination du sexe qui entraîne une production accrue de mâles stériles dans les petites populations. La plupart des espèces du genre Lasioglossum (Dialictus) forment des colonies eusociales primitives renfermant une proportion d’ouvrières non reproductives plus petite que ce que les simples relevés des adultes peuvent laisser croire. Cette espèce dépend des ressources florales (pollen et nectar) pour son alimentation et construit probablement ses nids dans le sol sableux. Elle pourrait être menacée par les espèces introduites – priorité élevée
Gibbs, J. 2010. Revision of the metallic Lasioglossum (Dialictus) of Canada (Hymenoptera, Halictidae, Halictini), Zootaxa, 578 p.
Règne : Animalia -- Animal
Embranchement : Arthropoda -- Arthropodes
Sous-embranchement : Hexapoda  -- Hexapodes
Classe : Insecta  -- Insectes
Sous-classe : Pterygota  -- Ptérygotes (insectes ailés)
Infraclasse : Neoptera  -- Néoptères (insectes modernes repliant leurs ailes)
Ordre : Orthoptera  -- Orthoptères (criquets-locustes, sauterelles, etc.)
Sous-ordre : Caelifera -- Caelifères
Infraordre : Acrididea
Superfamille : Acridoidea MacLeay, 1819
Famille : Acrididae MacLeay, 1819 -- Criquets
Genre : Trimerotropis Stål, 1873
Espèce : Trimerotropis huroniana E.M. Walker, 1902
Le Trimerotropis huroniana est une espèce de criquet endémique des Grands Lacs confinée au Wisconsin, au Michigan et en Ontario. L’espèce présente également des limites de tolérance écologique étroites et se rencontre exclusivement dans des dunes non perturbées à végétation clairsemée en bordure des Grands Lacs. Les principales menaces qui pèsent sur l’habitat, et par conséquent sur le criquet lui-même, sont le développement domiciliaire (résidentiel et de villégiature), les activités récréatives, l’intensification de l’érosion des rives sableuses et la conversion des zones sableuses dénudées par le roseau commun, une espèce envahissante. La tolérance apparemment limitée de l’espèce à la modification de son habitat résulte en la disparition des populations locales (par opposition à une simple réduction des effectifs) dans les secteurs où l’habitat est dégradé,
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : priorité modérée ~ entre 10 et 25 % de l’aire de répartition mondiale est située au Canada.
Le Trimerotropis huroniana est une espèce endémique régionale qui se rencontre uniquement dans les dunes du littoral des Grands Lacs dans le nord-est du Wisconsin, l’est de la haute péninsule et le nord de la basse péninsule du Michigan et la portion centrale du littoral du lac Huron, en Ontario. En Ontario, l’espèce n’a à ce jour été trouvée qu’à un seul site (baie Carter, île Manitoulin). Trois autres sites historiques (île Giant’s Tomb et plage Wasaga, baie Georgienne et Southampton, lac Huron) sont connus, mais l’espèce n’y a pas été observée récemment en dépit des recherches qui y ont été effectuées.
iii. Statut de conservation mondial existant : priorité élevée – G2G3. À l’échelle nationale, l’espèce est cotée N2N3 aux États-Unis et NH (devrait être S1) au Canada. Le rang S1 lui a été attribué en Ontario.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : priorité élevée – Aucune donnée sur la taille de la population n’est disponible. À long terme, la population est jugée en déclin, car elle semble avoir disparu à trois des sites anciennement occupés.
v. Menaces : priorité élevée - Les principales menaces qui pèsent sur l’habitat, et par conséquent sur le criquet lui-même, sont le développement domiciliaire (résidentiel et de villégiature), les activités récréatives, l’intensification de l’érosion des rives sableuses et la conversion des zones sableuses dénudées par le roseau commun, une espèce envahissante.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : priorité élevée - En Ontario, l’espèce est actuellement reconnue comme présente à seulement un site sur l’île Manitoulin.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : priorité modérée – L’espèce présente également des limites de tolérance écologique étroites et se rencontre exclusivement dans des dunes littorales non perturbées à végétation clairsemée où l’augmentation d’autres populations d’espèces indigènes pourrait entraîner son déplacement.
NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 7.1, NatureServe, Arlington (Virginie), disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 25 juillet 2011, en anglais seulement).
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RÉDIGÉ PAR : Colin Jones
* BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL
Cette espèce est étroitement apparentée au B. affinis, espèce en voie de disparition (COSEPAC, 2010), au B. franklini (Kevan, 2008), espèce en danger critique d’extinction, et au B. occidentalis (Colla et Ratti, 2010), espèce en déclin. La question de savoir si le B. terricola et le B. occidentalis constituent une seule et même espèce a fait l’objet d’une certaine controverse, mais des études morphologiques et moléculaires récentes ont permis de à conclure qu’il s’agissait de deux espèces distinctes (Dramova, O., thèse (avec mention), Université York).
Jusqu’à récemment, le B. terricola était commun sur l’ensemble de sa vaste aire de répartition (Evans et al., 2008). Toutefois, au cours de la dernière décennie, il semble qu’il soit disparu d’une bonne partie de l’aire de répartition des États-Unis malgré les recherches intenses dont il a fait l’objet dans plusieurs États (NY, VT, IL, WI, ME) (Evans et al., 2008). Une étude récente portant sur la portion orientale de l’aire de répartition des États-Unis a donné à conclure à une réduction sensible de l’abondance relative et de la superficie de l’aire de répartition de cette espèce (Cameron et al., 2011). Dans la portion la plus méridionale de son aire de répartition (Parc national Smoky mountains), sa présence n’a plus été signalée depuis 1989. Des populations isolées ont récemment été trouvées dans la portion nord-est de son aire de répartition. Au Canada, le B. terricola est devenu une espèce peu nombreuse dans le sud de l’Ontario, alors qu’il comptait autrefois parmi les espèces les plus communes (Colla et Dumesh, 2010; P. Williams, comm. pers.). À Guelph et à Belwood (Ontario), son abondance relative est passée de 3 à 0,008 % de tous les bourdons capturés depuis les années 1970 (Colla et Packer, 2008). Des populations isolées ont récemment été découvertes en Nouvelle Écosse, à Terre-Neuve et dans certaines régions de l’Ontario (S. Colla, en prép.; C. Sheffield, comm. pers.; S. Marshall, comm. pers.).
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada – Environ 70 %. Se rencontre des Maritimes à la Colombie-Britannique, et vers le sud jusqu’aux États-Unis, le long des chaînes de montagnes – priorité élevée
iii. Statut de conservation mondiale existant – Figure sur la liste rouge des espèces en péril de la société Xerces – priorité élevée
iv. Taille et tendances de la population canadienne – Déclin au niveau régional – priorité intermédiaire
v. Menaces – Perte d’habitat, pesticides, changements climatiques, maladies introduites par l’intermédiaire des bourdons d’élevage – priorité élevée
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation – Grande aire de répartition – priorité faible
vii. Facteurs limitatifs biologiques – Les membres de ce sous-genre paraissent particulièrement vulnérables aux menaces pour des raisons qui restent inconnues à ce jour. Il est possible que cette espèce ait besoin d’un habitat boisé de bonne qualité près de ses sites d’alimentation et qu’elle soit par ailleurs limitée par son seuil de tolérance aux conditions climatiques – priorité intermédiaire à élevée
Cameron, S., J.D. Lozier, J.P. Strange, J.B. Koch, N. Cordes, L.F. Solter et T.L. Griswold. 2011. Patterns of widespread decline in North American bumble bees, Proceedings of the National Academy of Sciences 108: 662-667.
Colla, S.R., et L. Packer. 2008. Evidence for the decline of eastern North American bumble bees, with special focus on Bombus affinis Cresson, Biodiversity and Conservation 17: 1379-1391.
Colla, S.R. et C.M. Ratti. 2010. Evidence for the decline of the Western Bumble bee (Bombus occidentalis Greene) in British Columbia, Pan-Pacific Entomologist 86: 32-34.
Colla, S.R., et S. Dumesh. 2010. Natural history notes for the bumble bees of southern Ontario, JESO 141: 38-67.
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Site Web : http://www.xerces.org/wp-content/uploads/2009/03/xerces_2008_bombus_status_review.pdf
Kevan, P.G. 2008. Bombus franklini. In: IUCN. 2009. IUCN Red List of Threatened Species. Version 2009.2. Site Web : www.iucnredlist.org [consulté le 10 juin 2010].
** NB, NS, NL
La pannaire jaune pâle est un cyanolichen foliacé dont l’aire de répartition mondiale est fragmentée et s’étend depuis la zone subtropicale jusqu’à la zone hémiboréale. En Amérique du Nord, on trouve l’espèce dans les États du golfe du Mexique (Arkansas, Floride, Géorgie, Louisiane, Mississippi) ainsi que le long du littoral est. Au Canada, elle est présente dans le sud de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ainsi que dans une seule localité isolée du sud-ouest de Terre-Neuve. L’espèce pousse dans les forêts mixtes humides, plus particulièrement sur le tronc d’érables rouges et de frênes, généralement à trois mètres ou moins du sol.
i. Niveau taxinomique : L’espèce se divise en plusieurs sous-espèces; les populations du Canada, des Appalaches et du nord-est de l’Amérique du Nord appartiennent au P. lurida ssp. russellii (Tuck.) P. M. Jørg.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : La pannaire jaune pâle a subi un déclin et a disparu de son ancienne aire de répartition en Nouvelle-Angleterre, de sorte que plus de 50 % de la partie restante de la population mondiale de la sous-espèce russellii se trouve aujourd’hui au Canada.
iii. Statut de conservation mondial existant : NatureServe a attribué à l’espèce une cote provisoire de G3G5.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce a été signalée dans 21 sites au Canada : 17 localités en Nouvelle-Écosse, dont certaines sont en étroite proximité, 3 localités au Nouveau-Brunswick et une seule localité à Terre-Neuve. Au moins une des populations du Nouveau-Brunswick est disparue. On ne connaît pas les tendances des populations de Nouvelle-Écosse.
v. Menaces : La pannaire jaune pâle est un cyanolichen très sensible à la pollution atmosphérique, ce qui pourrait expliquer qu’aucune mention récente de l’espèce n’a été faite aux États-Unis (Hinds et Hinds, 2007) ainsi que son déclin en Nouvelle-Angleterre. L’espèce a besoin de milieux très humides; elle est donc vulnérable aux modifications de la nappe phréatique et à la destruction de ces milieux, notamment causées par l’aménagement de chemins forestiers et diverses autres formes de développement. L’exploitation des feuillus pour la production de biomasse énergétique constitue une menace récente.
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : Indice de la zone d’occupation inférieur à 68 km2.
vii. Facteurs biologiques limitatifs : La pannaire jaune pâle ne produit pas de propagules végétatives; donc, pour chaque nouvelle génération, une ascospore du lichen et une souche compatible de cyanobactérie, dispersées séparément, doivent se rencontrer et se réassocier sur le tronc d’un feuillu, dans un milieu très humide, ce qui se produit manifestement plutôt rarement.
Ekman, S., et Jørgensen, P. M. 2002. Towards a molecular phylogeny for the lichen family Pannariaceae (Lecanorales, Ascomycota), Revue canadienne de botanique 80 : (6) 625-634.
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Hinds, J.W., et Hinds, P.L. 2007. Macrolichens of New England, New York Botanical Garden Press.
Maass, W.S.G., Hoisington, B.L. et Harries, H. 1986. Pannaria lurida in Atlantic Canada, Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science 36 : 131-135.
Swinscow, T.D.V., et Krog, H. 1986. Some observations on the thallus in Pannaria, with description of a new species, Lichenologist 18 : 309-315.
RÉDIGÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, août 2011
* MB, ON
Le Teloschistes chrysophthalmus est un lichen fruticuleux ayant une aire de répartition très morcelée en Amérique du Nord. Il se rencontre habituellement sur des troncs et des rameaux abrités, riches en nutriments et bien exposés à la lumière. Le T. chrysophthalmus a été le plus souvent signalé dans les zones tropicales et subtropicales des deux hémisphères, en Europe, en Australie et en Amérique du Nord. Il est aujourd’hui rare en Angleterre, mais il était autrefois répandu dans le sud de ce pays. Depuis 1968, l’espèce a été signalée dans trois sites d’Europe puis est disparue de ces sites. Dans l’ensemble de l’Europe, il n’existe plus qu’un petit nombre d’occurrences connues, dans le sud de l’Irlande (Fletcher et Purvis, 2009), dans le sud de l’Angleterre (découverte en 2009) et dans une île au large de la France (découverte en 2008). Le T. chrysophthalmus était autrefois répandu dans le nord-est des États-Unis, ayant été signalé au Maine, au New Hampshire, au Massachusetts, au Rhode Island et au Connecticut (Hinds et Hinds, 2007), dans l’État de New York (Fink) – plus particulièrement à Long Island (Brodo, 1966) et à l’île Goat, à Niagara Falls (Harris, 1990) – ainsi qu’au New Jersey (Fink, 1867). On présume actuellement que l’espèce est disparue de tous ces États, la dernière découverte ayant été faite en 1938 à l’île Nantucket, au Massachusetts (Hinds et Hinds, 2007). Il existe de nombreuses mentions pour le Midwest et le sud des États-Unis : l’espèce est rare en Californie (mais un peu plus commune dans les îles Channel), et elle a été signalée au Texas, au Nebraska, au Mississippi, en Louisiane, en Iowa, en Caroline du Nord ainsi qu’au Mexique, mais elle est en déclin ou jugée disparue dans toutes ces régions.
Au Canada, l’espèce a été signalée dans l’extrême-sud de l’Ontario, le long des rives des lacs Ontario et Érié, et dans le sud du Manitoba (Brodo et al., 2001), où elle se rencontre sur des arbres des genres Populus et Quercus. L’espèce n’a jamais été signalée près des côtes est et ouest du pays.
i. Niveau taxinomique : espèce.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : estimée à moins de 1 %.
iii. Statut de conservation mondiale existant : G4G5
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Au Canada, l’espèce a été observée dans 4 sites seulement, dont 3 au Manitoba et 1 en Ontario. Tous les sites se trouvent à moins de 100 km de la frontière des États-Unis. On ne sait pas si le site se trouvant près du lac Érié existe encore. Trois des quatre sites se trouvent actuellement à l’intérieur de parcs provinciaux ou de forêts où ils sont exposés à l’exploitation forestière et aux activités récréatives.
v. Menaces : Destruction de l’habitat due à une dégradation de la qualité de l’air et au développement urbain ayant pour effet de réduire l’humidité. L’espèce semble privilégier les sites abrités à humidité élevée. Le dépôt de polluants acides apportés par l’atmosphère en provenance des grandes zones industrialisées pourrait constituer une menace. Les activités récréatives et l’exploitation forestière se déroulant dans les zones désignées par le gouvernement provincial pourraient aussi constituer des menaces.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation : Zone d’occupation petite, sans doute inférieure à 5 km2.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Ce lichen se reproduit au moyen d’ascospores et peut-être par fragmentation; l’espèce devrait donc être plus répandue. Il se peut que sa propagation et sa survie soient limitées par le climat, par la sensibilité du lichen à la pollution et/ou par ses exigences en matière d’habitat. Les populations sont fragmentées, séparées par de grandes distances.
* ON, QC, NB, NS, PE
Espèce endémique à la zone tempérée de l’est de l’Amérique du Nord, atteignant vers le sud le Texas et la Georgie et vers le nord la région des Grands Lacs et les provinces Maritimes. Ce lichen foliacé pousse sur le tronc et les grosses branches de feuillus tolérants, dans des forêts matures de feuillus caducifoliés.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : moins de 50 % de l’aire de répartition mondiale actuelle se trouve au Canada.
iii. Statut de conservation mondiale existant : G3G5 (cote établie par NatureServe, mais à partir de données limitées plutôt anciennes). Des déclins généralisés ont été signalés dans le secteur du nord de l’aire de répartition ainsi que dans les monts Ozark. L’espèce est disparue de plusieurs États (New Hampshire, Vermont, Massachusetts, Connecticut, Rhode Island, Ohio et Wisconsin), en voie de disparition dans deux États (Virginie-Occidentale et Michigan) et rare dans l’État de New York. L’espèce est également présente dans plusieurs États voisins du golfe du Mexique (Arkansas, Floride, Georgie, Louisiane et Mississippi) et dans des régions voisines.
iv. Taille et tendances de la population canadienne : La population est petite. On connaît environ 12 sites au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, mais la plupart n’ont pas été réexaminés depuis 20 ans ou davantage. Il existe quelques mentions éparses pour le sud de l’Ontario et du Québec, mais toutes remontent à plusieurs décennies. On soupçonne que la population est en déclin, étant donné les déclins constatés dans de nombreux États des États-Unis.
v. Menaces : Les menaces sont incertaines, mais l’espèce est sûrement menacée par l’exploitation des forêts anciennes de feuillus.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation : IZO < 48 km2
vii Facteurs limitatifs biologiques : Ce lichen se reproduit au moyen d’ascospores éjectées par les apothécies. Le thalle porte parfois de petits lobules ronds qui pourraient constituer des propagules végétatives, mais cela n’est pas très probable. La méthode habituelle de reproduction exige une nouvelle synthèse du lichen à chaque génération. Il faut donc qu’une ascospore du lichen atterrisse par hasard à proximité d’une souche compatible d’algue verte présente à la surface du tronc, ce qui est plutôt rare. L’identité du partenaire algal est incertaine; sa faible fréquence à l’état libre (à l’extérieur de tout thalle de lichen) constitue peut-être également un facteur limitant le taux de succès du rétablissement d’un thalle et contribuant à la rareté du lichen.
sphaerophoides
L’acroscyphe des montagnes, seule espèce du genre Acroscyphus, est un lichen fruticuleux à ramifications dressées. Les apothécies sont enchâssées à l’extrémité de ramifications, ce qui les fait ressembler aux yeux d’un crabe. Les spores sont libérées à la surface de l’hyménium, puis dispersées par le vent. Au Canada, l’espèce pousse sur des substrats rocheux ou le bois de conifères recevant un apport en substances alcalines, dans des localités dégagées situées en zone côtière hyper-maritime ou en zone subalpine (Goward, 1999). L’espèce est répandue, mais il existe seulement une douzaine de localités connues dans le monde. L’espèce possède une aire de répartition pan-pacifique et est présente en Chine, au Népal, en Russie, au Japon, en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington, au Mexique et au Pérou (Joneson, 2003; Niu et al., 2008, GBIF, 2011).
i. Niveau taxinomique : L’espèce fait partie de l’ordre des Caliciales. Tibell (2003) a montré les relations évolutives de l’espèce. Selon certaines indications, il existe des races chimiques distinctes parmi les diverses populations d’Acroscyphus sphaerophoroides du monde (Niu et al., 2008).
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : 15 à 20 %.
iii. Statut de conservation mondiale existant : L’espèce n’a pas encore été évaluée à l’échelle mondiale (cote GNR) et est cotée S1 en Colombie-Britannique.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Au Canada, trois spécimens ont été récoltés respectivement en 1989, 1992 et 1996, dans les trois sites connus. Il existe une localité connue dans l’État de Washington et une au Mexique, mais celles-ci n’ont pas été confirmées.
v. Menaces : L’exploitation forestière constitue une menace pour les individus de l’espèce qui poussent sur le bois mort, car ce bois est parfois éliminé ou endommagé au cours des activités d’exploitation. L’espèce pousse aussi sur des parois rocheuses recevant l’humidité de ruisseaux côtiers en pente escarpée et de chutes; ce type de milieux pourrait être menacé par l’exploitation hydroélectrique. La pollution atmosphérique associée au développement industriel constitue une autre menace potentielle, notamment dans deux des sites connus, situés près de Kitimat.
vi. Caractère restreint de la zone d'occurrence ou de la zone d'occupation : Indice de la zone d’occupation < 12 km².
vii. Facteurs biologiques limitatifs : Les apothécies sont rares mais l’espèce ne possède aucun moyen de multiplication végétative. L’espèce semble avoir des besoins très précis en matière d’habitat. Les localités connues de Colombie-Britannique se caractérisent par une quantité considérable de précipitations (2 500 mm ou plus) et un taux d’humidité élevé durant toute l’année. L’apport d’éléments nutritifs par les déjections d’oiseau pourrait aussi constituer un attribut important de l’habitat et expliquer la répartition de l’espèce sur différents types de substrats.
GBIF. 2011. Global Biodiversity Information Facility, disponible à l’adresse : http://data.gbif.org (consulté le 28 septembre 2011, mentions fondées sur les spécimens du Museum of Evolution d’Uppsala, UPS; en anglais seulement).
Goward, T. 1999. The Lichens of British Columbia, part 2 – Fruticose Species, Crown Publications, Victoria (Colombie-Britannique).
Joneson, S., et Glew, K. A. 2003. Acroscyphus (Caliciaceae) in North America, The Bryologist 106(3) : 443-446.
Niu, D.L, Wang, L.S., Zhang, Y.J. et Yang, C.R. 2008. Acroscyphus sphaerophoroides (lichenized Ascomycota, Caliciaceae) in Hengduanshan Mountains, Biochemical Systematics and Ecology 36(5 6) : 423-429.
Tibell, L. 2003. Tholurna dissimilis and generic delimitations in Caliciaceae inferred from nuclear ITS and LSU rDNA phylogenies (Lecanorales, lichenized ascomycetes), Mycological Research 107(12) : 1403-1418.
RÉDIGÉ PAR : Sous-comité des spécialistes des mousses et lichens, août 2011
** Phoque annelé
YT, NT, NU, MB, ON, QC, NL, Océan arctique
Le phoque annelé est omniprésent dans les eaux marines couvertes de glace des régions arctique et subarctique. L’espèce est au cœur de l’économie mixte (subsistance et revenus) de bon nombre de collectivités inuites; elle est aussi la principale proie de l’ours blanc.
Le phoque annelé a besoin de glaces de mer stables comme habitat essentiel, en particulier durant la mise bas et pour se protéger des prédateurs. Les bébés nés à l’extérieur des tanières de glace sont tellement petits que même les gros goélands peuvent en être les prédateurs (Lyderson et Smith, 1989). Depuis avril 1989, c’est–à dire lorsque l’espèce a été évaluée comme étant non en péril, les signes de changements climatiques se sont multipliés. Il est de nos jours généralement accepté que les changements climatiques constituent une grave menace pour le phoque annelé, étant donné la disparition prévue (d’une grande partie) des glaces de mer (Learmonth et al., 2006; Kovacs et Lyderson, 2008). Une fonte hâtive des glaces de mer et les changements qui y sont associés dans l’écosystème marin ont déjà entraîné une baisse de la reproduction, une détérioration de l’état des bébés et une augmentation de la mortalité des petits chez le phoque annelé dans certaines parties de l’Arctique canadien (Smith et Harwood, 2001; Ferguson et al., 2005; Stirling, 2005).
i. Niveau taxinomique – Espèce à part entière.
ii. Proportion de l'aire de répartition mondiale au Canada – ~ 50 %
iii. Liste rouge de l'UICN ou classement à l’échelle mondiale (G rank) de NatureServe – NatureServe : G5 (cote mondiale [global], 1996); UICN : préoccupation mineure (least concern), 2008. COSEPAC : non en péril (1989). Les États Unis prévoient inscrire le phoque annelé sur la liste en vertu de la Endangered Species Act (ESA), en se fondant sur de nouvelles informations selon lesquelles les changements climatiques rapides menacent la productivité et la survie de l’espèce.
iv. Taille et tendances de la population canadienne – > 100 000 individus, peut être des millions et déclin soupçonné.
v. Menaces – Les changements climatiques et la disparition des glaces de mer qui y est associée et en cours actuellement affecteront probablement une grande partie de la population.
vi. Petite zone d'occurrence ou d'occupation – Ne s’applique pas.
vii. Facteurs limitatifs biologiques – Du point de vue de son comportement, le phoque annelé n’est pas adapté aux échoueries ou à la mise bas sur terre; l’espèce dépend énormément des glaces de mer pour la mise bas, l’élevage des petits, la protection contre les prédateurs et le repos.
Ferguson, S.H., I. Stirling et P.M. Mcloughlin. 2005. Climate change and ringed seal (Phoca hispida) recruitment in western Hudson Bay, Marine Mammal Science 21(1):21 135.
Kovacs, K.M., et C. Lydersen. 2008. Climate change impacts on seals and whales in the North Atlantic Arctic and adjacent shelf seas, Science Progress 91(2):117 150.
Learmonth, J.A., C.D. Macleod, M.B. Santos, G.J. Pierce, H.Q.P. Crick et R.A. Robinson. 2006. Potential effects of climate change on marine mammals, Oceanography and Marine Biology: An Annual Review 44:431-464.
Smith, T.G., et L.A. Harwood. 2001. Observations of neonate ringed seals, Phoca hispida, after early break-up of the sea ice in Prince Albert Sound, Northwest Territories, Canada, spring 1998, Polar Biology 24:215 219.
Stirling, I. 2005. Reproductive rates of ringed seals and survival of pups in Northwestern Hudson Bay, Canada, 1991-2000, Polar Biology 28:381 387.
Cette patelle d’eau douce, endémique à l’échelle régionale et en péril à l’échelle mondiale, a été présente, dans le passé, presque partout dans le bassin du fleuve Columbia dans l’État de Washington, au Montana, en Oregon, dans l’Idaho et dans le sud de la Colombie-Britannique. C’est la seule espèce de Fisherola et, à l’échelle mondiale, le spécimen représentatif de son clade le plus au nord. Au Canada, l’espèce a été observée pour la première fois dans la rivière Wigwam, en 1863, par la British North American Boundary Commission (commission des frontières de l’Amérique du Nord). La population de la rivière Kootenay, en C.-B., est présumée disparue. Près de quatre décennies plus tard, une population a été redécouverte dans le fleuve Columbia (2009), non loin en aval de la fonderie de plomb-zinc à Trail (Duncan, comm. pers., 2009). La tolérance du Fisherola nuttalli en matière d’habitat n’est pas très grande. Il vit dans les rivières moyennes à grandes (de 30 à 100 m de largeur) et a besoin de cours d’eau froids, non pollués, à courant rapide et bien oxygénés et de substratums formés de blocs rocheux et de cailloux. On retrouve souvent l’espèce sur les bords des rapides. Le F. nuttalli est disparu de certains endroits et continue d’être menacé par la perte d’habitat et la dégradation de l’habitat causées par les barrages et les bassins de retenue qui réduisent le débit et le niveau de l’eau et intensifient la sédimentation et l’envasement; les prélèvements d’eau; et l’enrichissement en nutriments; les effluents chimiques et d’autres sortes de pollution causées par l’agriculture et l’industrie. Aux É.-U, la situation du F. nuttalli laisse à désirer (Xerces Society, 2009), et les grandes populations ne s’observent plus que dans quatre rivières : la partie inférieure de la rivière Deschutes (Oregon); la rivière Okanogan et le tronçon Hanford du fleuve Columbia (Washington); et la rivière Snake (Oregon et Idaho). Des petites populations se trouvent dans les rivières John Day et Imnaha, et près du barrage Bonneville, dans la partie inférieure du fleuve Columbia (Oregon); dans la rivière Methow (État de Washington); et dans la rivière Grande Ronde (Washington et Oregon). L’espèce est disparue du Montana.
i. Niveau taxinomique : Espèce
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Peut-être 10 % (dans le passé)? Peut-être maintenant plus importante, à l’échelle mondiale, à cause de la perte des populations des États-Unis.
iii. Classement sur la liste rouge de l’UICN ou par NatureServe : classement mondial : G2; classements nationaux : N1 (Canada), N2 (É.-U.); classements subnationaux : C. B. (SH), Idaho (S1), Montana (SXT), Oregon (S1S2), Washington (S2).
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Existence de la population du fleuve Columbia confirmée (2009), mais population probablement petite. Rivière Kootenay : population disparue.
v. Menaces : Les bassins de retenue, le réchauffement, l’enrichissement en nutriments et la pollution; la perte du substratum rocheux (envasement et sédimentation, et perte du substratum rocheux); les prélèvements d’eau.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation de petite superficie : La zone d’occupation, l’IZO et la zone d’occurrence sont probablement petits.
vii. Facteurs biologiques limitatifs : Faible tolérance en matière d’habitat. L’espèce vit dans les rivières moyennes à grandes (de 30 à 100 m de largeur), a besoin de cours d’eau froids, non pollués, à courant rapide et bien oxygénés et de substratums formés de blocs rocheux et de cailloux.
Bill Duncan. 2009. Correspondance par courriel adressée à R. Forsyth, novembre 2009, Bill.Duncan@teck.com.
NatureServe. 2009. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia, disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 12 janvier 2010, en anglais seulement).
Xerxes Society. 2009. Disponible à l’adresse : http://www.xerces.org/giant-columbia-river-limpet/ (consulté en novembre 2009, en anglais seulement).
Les deux seules mentions de l’espèce au Canada proviennent des environs du lac Moyie, dans le sud est de la Colombie-Britannique (Ovaska et Sopuck, 2009, 2010). Jusqu’à sa découverte récente (en 2009) dans cette province, l’on croyait que l’espèce était localement endémique dans le Montana, en Idaho et dans l’État de Washington (NatureServe, 2011). Les mentions en Colombie-Britannique de 2009 à 2010 ont élargi l’aire de répartition de l’espèce, jusqu’à environ 35 km au sud-ouest de Cranbrook, sur le territoire traditionnel des Ktunaxa (Ovaska et Sopuck, 2009, 2010; NatureServe, 2011). Aux États-Unis, la limace était autrefois très courante et répandue, et ce, même si elle se limitait à des sites plutôt humides, notamment des zones présentant une diversité botanique exceptionnelle et des forêts intactes (NatureServe, 2011). La plus grande partie de son habitat et la plupart des sites où elle a été observée dans le passé aux États-Unis ont disparu à cause de l’impact des activités forestières, du broutage dans les zones ayant fait l’objet de coupes, de l’aménagement de routes, du droit de passage riverain et des importants incendies de forêt (NatureServe, 2011). Bien que l’espèce ait été découverte en Colombie-Britannique seulement en 2009, une centaine de sites dans la région de Kootenay (sud-est de la province) ont été fouillés en vue d’y trouver des gastéropodes terrestres. Par exemple, 78 sites d’une cinquantaine de régions (= 86 heures-personnes) ont fait l’objet de recherches en 2010 (Ovaska et Sopuck, 2010), mais seulement une limace de l’espèce Zacoleus idahoensis a été trouvée, et ce, à 0,75 km du site de 2009. Des coupes forestières sont pratiquées à côté des sites connus de la province. L’espèce est rare et en péril à cause des menaces qui pèsent sur elle et de sa répartition restreinte. En se fondant sur cette justification, cinq membres du SCS des mollusques ont évalué l’espèce avec le calculateur des menaces de l’UICN et ont tous évalué l’impact global des menaces à « très élevé ».
i.Niveau taxinomique : Espèce
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 5 %
iii. Liste rouge de l’UICN ou rang de NatureServe : Cote mondiale : G3/G4, arrondie à G3 (dernière évaluation le 3 février 2006). Cotes nationales : N3N4 (États-Unis), N1 (Canada) (23 février 2010). Cotes subnationales : S1S3 (Colombie-Britannique) et inscrite sur la liste rouge en 2010 par le CDC de la Colombie-Britannique (2011); S2 (Idaho), S2S3 (Montana), SNR (Washington)
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Inconnues
v. Menaces : Sensible à l’exploitation forestière, à l’aménagement de routes et aux activités connexes qui altèrent les caractéristiques hydrologiques ou les microclimats du parterre forestier, de même qu’aux changements climatiques.
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : L’espèce ne fait l’objet que de 2 mentions (les 2 sites se trouvent à 0,75 km l’un de l’autre) dans le sud-est de la Colombie-Britannique.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Faible capacité de dispersion, répartition extrêmement restreinte, restriction aux sites humides.
BC Conservation Data Centre (CDC). 2011. Species and ecosystems explorer, disponible à l’adresse : http://www.env.gov.bc.ca/atrisk/toolintro.html (consulté le 14 janvier 2011; en anglais seulement).
NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life, version 7.1, disponible à l’adresse http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 13 janvier 2011 et le 13 décembre 2011; en anglais seulement).
Ovaska, K., et L. Sopuck. 2009. Surveys for terrestrial gastropods at risk within Ktunaxa Traditional Territory, rapport préparé pour le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 27 p.
Ovaska, K., et L. Sopuck. 2010. Summary of fieldwork for COSEWIC status report on the Magnum Mantleslug Magnipelta mycophaga, 14 octobre, feuille de calcul de données brutes de Kootenay de 2010.
Le Patera pennsylvanica est une des rares espèces d’escargots terrestres du genre Patera à être présentes au Canada, et c’est la seule appartenant au sous-genre Ragsdaleorbis (Emberton, 1991). Cette espèce rare atteint la limite nord de son aire de répartition dans le sud de l’Ontario (dans l’écozone des Plaines à forêts mixtes), et les populations les plus proches se trouvent à l’ouest, dans le sud-est du Michigan. L’espèce a été trouvée deux fois en Ontario, en 1992 et 1996, en terrain sec et sableux, dans des forêts claires de chêne des teinturiers (Quercus velutina) de la prairie Ojibway, près de Windsor, dans le comté d’Essex (M. Oldham, comm. pers., 2011), mais ces mentions sont fondées seulement sur l’observation de quelques coquilles vides. Les recherches menées 10 ans plus tard (en 2006) n’ont même pas permis de trouver des coquilles. L’espèce n’avait pas été observée par Oughton durant les années 1940, dans le cadre de ses relevés sur les escargots terrestres d’Ontario (Oughton, 1948). Des brûlages dirigés visant à détruire les plantes envahissantes et la végétation de succession et à maintenir l’état dégagé de la prairie sont prévus pour certains secteurs de la prairie Ojibway; certains secteurs de cette prairie font déjà l’objet de brûlages périodiques depuis au moins une dizaine d’années, mais les forêts de chêne des teinturiers ont jusqu’ici été épargnées (M. Oldham, comm. pers., 2011). De tels brûlages provoqueraient probablement une mortalité importante (Nekola, 2002). De plus, les organismes envahissants qui concurrencent ou consomment le P. pennsylvanica constituent une menace. Il en est de même pour les vers de terre exotiques, qui dégradent rapidement et profondément les microhabitats de la litière, altèrent les communautés végétales et nuisent à la faune (Addison, 2009). Aux États-Unis, le P. pennsylvanica est présent depuis l’Illinois et le sud-est du Michigan, s’étend au sud jusqu’au centre du Kentucky et à l’est du Missouri et atteint vers l’est la Pennsylvanie (Hubricht, 1985).
i. Niveau taxinomique : 	Espèce
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada :	 < 5 %
iii. Liste rouge de l’UICN ou cote de NatureServe :	Cote mondiale : G5. Cotes nationales : N1 (Canada); N4 (États-Unis).
Cotes subnationales : Ontario (S1); Illinois (SNR), Indiana (SNR), Kentucky (S3S4), Michigan (SNR), Missouri (SNR), Ohio (SNR), Pennsylvanie (SNR), Virginie-Occidentale (S1).
iv. Taille et tendances de la population canadienne :	Il n’existe aucune donnée sur la taille et les tendances de la population. On ne connaît qu’une population canadienne, celle de la prairie Ojibway. Dans le comté d’Essex, le territoire est en grande partie aménagé pour l’agriculture, et les milieux naturels sont fragmentés et relativement peu étendus. La perte d’habitat historique (depuis la colonisation européenne jusqu’à aujourd’hui) a dû être importante et a dû entraîner une diminution de la zone d’occupation.
v. Menaces :	Dégradation et destruction de l’habitat; menaces liées aux brûlages, au piétinement, aux organismes envahissants, au développement routier et urbain et aux phénomènes de nature stochastique. Il se peut que l’ensemble des escargots terrestres à grosse coquille soient en déclin dans une bonne partie de leur aire de répartition aux États-Unis, mais on ne connaît pas les causes exactes de ce déclin. Dans le cas où les changements climatiques permettraient une expansion vers le nord de l’aire de répartition de l’espèce, cette expansion serait en grande partie freinée par les pressions anthropiques (Gibson et al., 2009) telles que la destruction historique de l’habitat ainsi que la dégradation passée et présente de l’habitat.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation :	La zone d’occurrence et la zone d’occupation sont minuscules, puisque l’espèce a été signalée au Canada dans un seul site.
vii. Facteurs limitatifs biologiques :	La population canadienne se trouve à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. Il y a peu de possibilités de dispersion, puisqu’il existe peut-être une seule population. Une immigration de source externe à partir des populations les plus proches, situées dans le sud-est du Michigan, aux États-Unis, est improbable, étant donné les obstacles naturels et d’origine anthropique les séparant de la population canadienne et la capacité limitée des escargots terrestres de se disperser rapidement sur de grandes distances.
Addison, J.E. 2009. Distribution and impacts of invasive earthworms in Canadian forest ecosystems, Biological Invasions 11: 59–79.
Emberton, K.C. 1991. The genitalic, allozymic and conchological evolution of the tribe Mesodontini (Pulmonata: Stylommatophora: Polygyridae), Malacologia 33: 71-178.
Gibson, S.Y., R.C. Van der Marel et B.M. Starzomski. 2009. Climate change and conservation of leading-edge peripheral populations, Conservation Biology 23(6): 1369-1373.
Hubricht, L. 1985. The distributions of the native land mollusks of the eastern United States, Fieldiana, Zoology (new series) 24: 191 p.
Nekola, J.C. 2002. Effects of fire management on the richness and abundance of central North American grassland land snail faunas, Animal Biodiversity and Conservation 25.2: 53-66.
Oldham, M., Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Ressources naturelles de l’Ontario, communication personnelle. Correspondance par courriel avec R. Forsyth, janvier 2011.
Oughton, J. 1948. A zoogeographical study of the land snails of Ontario, University of Toronto Studies, Biological Series 57: 126 p.
Cette limace est une espèce sylvicole endémique du sud-est de la Colombie-Britannique. Le genre est monotypique. Le genre et l’espèce ont été décrits en 2003. Sa présence a d’abord été signalée dans six sites des bassins versants des lacs Pend Oreille et Cœur d’Alene, dans le nord de l’Idaho. Depuis, l’espèce a été observée dans l’ouest du Montana et de la Colombie-Britannique. Les sept sites de cette province sont tous situés à l’ouest du sillon des Rocheuses et sont réparties dans une zone qui s’étend de Trail jusqu’au lac Moyie, à l’est, et jusqu’aux baies Nakusp et Galena au nord. Tous les sites se trouvent dans la zone biogéoclimatique intérieure du thuya et de la pruche, principalement dans des forêts riveraines de conifères. Cette espèce s’observe souvent près des plans d’eau, ce qui donne à penser qu’elle a besoin d’un habitat à sol très humide et à températures ambiantes modérées. La limace pygmée présente un intérêt particulier sur le plan de la conservation puisque son aire de répartition mondiale semble être très limitée et parcellaire. (Classée G2, gravement en péril à l’échelle mondiale (« critically imperiled ») par NatureServe, 2011).
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada:	 ≥ 50 %
iii. Liste rouge de l’UICN ou cote de NatureServe :	Cote mondiale : G2. Cotes nationales : N2 (Canada); N2 (États-Unis).
Cote subnationale : C.-B. (S1?), Idaho (S1S2), Montana (S1S2).
iv. Taille et tendances de la population canadienne :	Le nombre de limaces trouvées dans chaque localité est faible.
v. Menaces :	Exploitation forestière, feux de forêt, défrichement aux fins de la mise en valeur, changements climatiques
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation :	Zone d’occurrence : ~ 10 900 km². La zone d’occupation est beaucoup plus petite puisque les habitats de la zone d’occurrence ne sont pas tous propices à cette espèce.
vii. Facteurs limitatifs biologiques :	Faible dispersion, faibles densités, répartition éparse, se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition dans le sud-est de la Colombie-Britannique.
NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life. Version 7.1. Site Web : http://www.natureserve.org/explorer [consulté le 2 février 2011].
** ON, QC
Le Tortula (Desmatodon) porteri est une mousse acrocarpe de petite taille (2-3 mm) associée aux roches calcaires. L’espèce semble endémique à l’Amérique du Nord et plus précisément à l’est du continent. Au Canada, elle est essentiellement confinée à l’extrême-sud de l’Ontario, mais elle compte une population isolée en Gaspésie, au Québec. Aucun rang de conservation ne lui a été attribué à l’échelle des États-Unis, mais NatureServe lui a attribué le rang SH dans le cas de deux États (NY et VT). Belland (1998) lui a attribué les rangs N2 à l’échelle du Canada, S1 à l’échelle de l’Ontario et S1 à l’échelle du Québec.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : moins de 10 %
iii. Statut de conservation mondial existant : G3? (NatureServe, 1999)
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Au Canada, l’espèce compte 4 localités dans l’extrême-sud de l’Ontario ainsi qu’un site isolé sur la côte gaspésienne, au Québec. On ne dispose d’aucune information sur les tendances des populations.
v. Menaces : La plus grande partie de l’aire de répartition canadienne de l’espèce se trouve dans la région carolinienne de l’Ontario, qui est densément peuplée et dont la plus grande partie du territoire a été aménagé. Étant donné sa prédilection pour les substrats rocheux calcaires, le T. porteri pourrait se révéler particulièrement sensible à l’impact de l’exploitation de carrières, des activités récréatives et de la pollution atmosphérique. L’impact global des menaces, selon le calculateur de menaces de l’UICN, est « élevé ».
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : L’espèce compte 5 sites connus au Canada, ce qui donne un indice de la zone d’occupation de 20 km2 si on utilise une grille à carrés de 2 km. La zone d’occurrence est d’environ 85 000 km2 si on tient compte de toute la superficie se trouvant entre les populations du sud de l’Ontario et la population isolée du Québec. La zone d’occurrence réelle pourrait être beaucoup plus petite.
vii. Facteurs biologiques limitatifs : Le T. porteri est confiné aux substrats rocheux calcaires. Comme la plante est dioïque (organes mâles et femelles portés par des individus différents), la reproduction exige la présence d’individus des deux sexes en un même lieu.
RÉDIGÉ PAR : Jennifer Doubt et Linda Ley, janvier 2012
* Martinet sombre
i. Niveau taxinomique : Espèce / sous espèce – une seule unité désignable (UD) au Canada
ii. Proportion de l'aire de répartition mondiale au Canada : Environ 21 % de l’aire de reproduction mondiale de l’espèce dans son ensemble se trouve au Canada, ainsi qu’environ 29 % de la population nicheuse mondiale. Le reste des individus sont dispersés dans l’ouest des États Unis et, vers le sud, du Mexique au Costa Rica.
iii. Statut de conservation mondiale existant : La cote de NatureServe à l’échelle mondiale est G4 (apparemment non en péril) (Apparently Secure); la cote de l’UICN est préoccupation mineure (Least Concern). Le classement national de la situation générale de l’espèce est de 4 (non en péril) (Secure) pour le Canada, 4 pour la Colombie Britannique et 5 (non déterminé) (undetermined) pour l’Alberta. Les cotes établies par les provinces sont S4 (apparemment non en péril) (Apparently Secure) en Colombie Britannique, et S1 (gravement en péril) (Critically Imperilled) en Alberta. L’espèce est classée comme gravement en péril à vulnérable (Critically Imperilled to Vulnerable) (S1 à S3) dans les États adjacents.
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Selon une estimation grossière de la population, 70 000 martinets sombres nichent au Canada. La majeure partie de ces oiseaux se trouvent en Colombie Britannique, et on en trouve un moins grand nombre dans l’ouest de l’Alberta. L’espèce est difficile à surveiller en raison de l’éloignement de son habitat de nidification. Elle a connu des déclins au Canada depuis au moins le milieu des années 1970. Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, pour Breeding Bird Survey) indiquent un déclin statistiquement significatif de 88 % pour cette espèce entre 1973 et 2009 (en moyenne, de -5,5 % par année). Au cours des dix dernières années, le déclin a été estimé à 81 % (-15,5 % par année), mais il n’est pas statistiquement significatif. Les déclins semblent plus marqués au Canada qu’aux États-Unis, mais l’espèce est très peu surveillée par le BBS aux États-Unis.
v. Menaces : Les causes du déclin sont peu connues, mais on sait que l’espèce connaît un déclin, comme bon nombre d’insectivores aériens. La guilde entière pourrait être menacée par les changements dans l’abondance ou la disponibilité saisonnière des insectes volants. Il a été proposé que les changements climatiques (assèchement des chutes saisonnières) constituent une menace supplémentaire pour cette espèce.
vi. Petite zone d'occurrence ou d'occupation : La superficie de la zone d’occurrence dépasse probablement les seuils fixés pour ce critère par le COSEPAC. La zone d’occupation au Canada n’est pas connue actuellement, mais elle devrait être petite, compte tenu des exigences hautement spécialisées de l’espèce en matière d’habitat local. On connaît fort peu l’aire d’hivernage de l’espèce.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : L’espèce a un régime alimentaire spécialisé; se nourrissant exclusivement d’insectes volants, en particulier de fourmis. Son habitat de reproduction est aussi très spécialisé; elle niche dans des falaises abruptes où on trouve des chutes. La femelle ne pond qu’un œuf par année, et la période d’envol est longue (> 45 jours). Le martinet sombre est probablement une espèce longévive.
** Gros-bec errant
i. Niveau taxinomique : espèce – une seule unité désignable
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 57 % de la population mondiale de nicheurs et 54 % de l’aire de nidification de l’espèce se trouvent au Canada.
iii. Statut de conservation mondial existant : Le rang mondial de l’espèce établi par NatureServe est G5 (non en péril; dernière évaluation effectuée en 1996), et le dernier classement établi par l’UICN est « préoccupation mineure ». Dans le cadre du programme Situation générale des espèces au Canada, en date de 2010, la cote de l’espèce était de 4 (non en péril) pour une grande partie de son aire de répartition canadienne, et de 3 (sensible) au Yukon, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : D’après une extrapolation des estimations de densité réalisées dans le cadre du Projet de modélisation de l’avifaune boréale, l’effectif canadien de l’espèce est estimé à environ 14,6 millions d’oiseaux. Les données de tendances à long terme du Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS) montrent une baisse significative de 3,4 % par année entre 1970 et 2009 (intervalles de confiance à 95 % :  5,3 % à  1,4 %). Cela représente une perte de 74 % de l’effectif sur ces 39 années. Les données de tendances à court terme montrent une baisse significative de 8,4 % par année entre 1999 et 2009 (intervalles de confiance à 95 % :  14,7 % à  1,6 %), ce qui représente une perte de 58 % de l’effectif sur ces dix années. L’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario indique une réduction de 30 % de la zone d’occupation au cours des 20 dernières années dans cette province, et selon les données préliminaires de l’Atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes, la réduction de la zone d’occupation dans cette région serait de 59 %. Le Recensement des oiseaux de Noël rapporte une baisse de 74 % sur 40 ans (1966-2006), et le Projet Tournesol (FeederWatch Project) (1988-2006) indique une baisse de 50 % de la fréquence des observations de l’espèce aux mangeoires, et une baisse de 27 % de la taille des bandes là où l’espèce continue d’être observée (Bonter et Harvey, 2008).
v. Menaces : Les menaces sont mal connues, mais elles pourraient comprendre la perte et la dégradation d’habitats de reproduction ou d’hivernage, et la réduction de sources primaires de nourriture, particulièrement de la disponibilité de tordeuses des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) et de tordeuses occidentales de l’épinette (Choristoneura occidentalis). Cependant, les résultats des études de corrélation concernant la relation entre les effectifs de tordeuses et les effectifs de Gros-becs errants ne sont pas concluants (Gillihan et Byers, 2001). On a rapporté que l’espèce est plus nombreuse dans les peuplements dont l’âge est supérieur à l’âge d’exploitabilité en Saskatchewan (Cumming et Diamond, 2002), mais on a aussi rapporté qu’elle tolère, voire même préfère, les forêts faisant l’objet d’un aménagement d’intensité modérée (p. ex. coupes d’éclaircie; Hagar et al., 1996; Hayes et al., 2003). L’espèce peut être victime de la salmonellose (Daoust et al., 2000).
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Non.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Il ne semble pas y avoir de limitation en rapport avec le microhabitat de nidification; la reproduction est principalement tributaire de la présence de sources abondantes de nourriture dans les environs (Gillihan et Byers, 2001).
Bonter, D.N., et M.G. Harvey. 2008. Winter Survey Data Reveal Range-wide Decline in Evening Grosbeak Populations, Condor 110:376-381.
Cumming, E.E., et A.W. Diamond. 2002. Songbird community composition versus forest rotation age in Saskatchewan boreal mixedwood forest, Can. Field-Nat. 116:69-75.
Daoust, P.-Y., et al. 2000. Salmonellosis in songbirds in the Canadian Atlantic provinces during winter-summer 1997-98, Can. Vet. J. 41:54-59.
Gillihan, S.W., et B. Byers. 2001. Evening Grosbeak, Coccothraustes vespertinus, dans The Birds of North America No. 599.
RÉDIGÉ PAR : Marc-André Villard, février 2011
* Rhynchospore à gros épillets
Le Rhynchospora macrostachya est une grande cypéracée de la plaine côtière atlantique de l’Amérique du Nord qui compte deux populations récemment découvertes dans le sud de la Nouvelle-Écosse, où elle sont séparées de la population connue la plus proche, située dans le sud du Maine, par une distance de 470 km traversant le golfe du Maine. La population a un effectif connu d’environ 300 individus, répartis sur plus de 1,5 km du rivage tourbeux d’un lac, entièrement en terrain privé. Actuellement, le rivage n’est pas aménagé, mais le lac se trouve dans une région où la construction de chalets se poursuit intensivement, il est accessible par un chemin, et il se trouve à moins de 10 km d’une route régionale importante, ce qui rend un aménagement futur très probable. De nombreux lacs voisins, qui pourraient avoir soutenu les populations de cypéracées, ont été inondés par la création du réservoir du lac Rossignol, il y a environ 75 ans. la plupart des autres lacs très propices se trouvant à moins de 25 km du site connu ont déjà fait l’objet de relevés botaniques; il se peut que d’autres petites populations n’aient pas été découvertes. Ces espèces constituent un cortège de plantes rares à répartition disjointe de la flore de la plaine côtière atlantique.
Iv. Taille et tendances de la population canadienne : environ 300 individus et 12 individus dans deux populations; populations probablement stables mais peuvent-être menacées par le développement foncier futur.
V. Menaces : Construction de chalets riverains, provoquant la destruction directe d’individus ou une altération de l’habitat.
Vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation : Zone d’occurrence et zone d’occupation très petites, tous les individus se trouvant à l’intérieur deux carrés de 2 x 2 km.
Vii. Facteurs limitatifs biologiques : Le sud de la Nouvelle-Écosse renferme de grandes superficies de milieux propices non occupés par l’espèce. Le caractère limité de l’aire de répartition canadienne résulte probablement de la très faible fréquence des événements de colonisation, peut-être combinée à la destruction de populations voisines par la modification historique du niveau des lacs associée au développement hydroélectrique.
** Vergerette de Leiberg
La vergerette de Leiberg est une petite plante à fleurs herbacée de la famille des Composées (Astéracées). Elle est endémique à une petite région qui longe la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington (comtés de Chelan, Kittitas et Okanagan). Il s’agit d’une espèce bien reconnue, puisqu’elle a été décrite pour la première fois en 1901, par Piper. Elle est de toute évidence étroitement apparentée à l’Erigeron cascadensis, bien que leurs aires de répartition respectives soient considérablement éloignées l’une de l’autre (l’Erigeron cascadensis est endémique aux monts Cascades et Calapooya, dans le centre de l’Oregon).
La plupart des spécimens de vergerette de Leiberg ont été récoltés sur des pentes rocheuses, sèches, dégagées à ombragées, à des altitudes de 900 à 2 500 m (Nesom, 2006). NatureServe (2011) a attribué à l’espèce la cote G3?. Il existe environ 40 populations connues, pour la plupart petites et isolées, ce qui peut laisser croire que l’espèce devrait être cotée G3. Toutefois, les menaces qui pèsent sur les populations de l’État de Washington n’ont pas été bien étudiées; la cote G3G4 pourrait donc être appropriée (Arnett, comm. pers., 2012).
i. Niveau taxinomique : Il s’agit d’une espèce valide, récemment reconnue, indigène du Canada (Nesom, 2006; ITIS, 2012).
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Moins de 5 %.
iii. Statut de conservation mondial existant : G3? à l’échelle mondiale (dernier examen le 26 juillet 2000); N1 à l’échelle du Canada (2011); S1 à l’échelle de la Colombie-Britannique; non encore évaluée par le COSEPAC; cote 2 aux fins de la Situation générale des espèces au Canada (2010).
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Il existe une mention valide de l’espèce au Canada, fondée sur un spécimen récolté en 1980, qui est accompagné de renseignements sur l’habitat et le lieu de récolte apparemment assez précis pour définir une zone de recherche de 3 km. La population n’a pas été retrouvée lors des recherches sommaires réalisées en 2005 (Fairbarns, obs. pers.), mais uniquement une petite partie de la zone de recherche a fait l’objet de relevés. Il semble que la population canadienne totale compte probablement beaucoup moins que 250 individus.
v. Menaces : Au Canada, la région où la vergerette de Leiberg a été récoltée est exposée à l’exploitation forestière, au pâturage et à l’envahissement par des plantes exotiques. Environ 75 % des milieux situés dans un rayon de 5 km du lieu où l’espèce a été signalée a récemment subi une coupe à blanc, et les parcelles de coupe comprennent de nombreux milieux rocheux où la vergerette de Leiberg pourrait pousser. On retrouve communément un assemblage de diverses graminées et herbacées non graminoïdes envahissantes dans les milieux dégagés les plus susceptibles de convenir à la vergerette de Leiberg. Il est peu probable que les terrains rocheux que privilégie la vergerette de Leiberg subissent une forte pression de pâturage, mais du bétail pâture à proximité et risque d’endommager les individus de vergerette de Leiberg lorsqu’il se déplace entre des parcelles de bonne qualité fourragère.
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : La zone d’occurrence et l’indice de la zone d’occupation sont très limités dans le cas de cette espèce. Il y a une seule occurrence connue au Canada.
vii. Facteurs biologiques limitatifs : Au Canada, où se trouve la limite nord de l’aire de répartition, la vergerette de Leiberg est probablement limitée à des pentes rocheuses orientées vers le sud et exceptionnellement chaudes.
Arnett, J. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à Matt Fairbarns, 6 février 2012, Rare Plant Botanist, Washington Natural Heritage Program.
Consortium of Pacific Northwest Herbaria. 2012. Disponible à l’adresse : http://www.pnwherbaria.org/index.php [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].
ITIS. 2012.  Integrated Taxonomic Information System, disponible à l’adresse : http://www.itis.gov/ [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].
NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 7.1., NatureServe, Arlington (Virginie), disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer  [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].
Nesom, G.L. 2006. Erigeron, in Flora of North America Editorial Committee (dir. de publ.), Flora of North America North of Mexico, 20 : 256–348.
Piper, C.V. 1901. New and noteworthy Northwestern plants – V, Bulletin of the Torrey Botanical Club, 28(1) : 39-45.
RÉDIGÉ PAR : Matt Fairbarns, 6 février 2012
** Arabette du Québec
Le Boechera quebecensis est une plante herbacée de la famille des Crucifères. L’espèce a été découverte en 1907, près de Rimouski, au Québec. Par la suite, elle a été trouvée dans quelques autres localités de la péninsule Gaspésienne et de l’estuaire du Saint-Laurent. Son aire de répartition mondiale se limite au Québec, où elle pousse sur des talus d’éboulis et des affleurements calcaires. Le taxon a d’abord été réuni à l’Arabis holboellii var. holboellii (Fernald, 1914), puis à l’A. divaricata var. dechamplainii (Boivin, 1967), puis enfin à l’A. boivinii (Mulligan, 1995), avant d’être finalement reconnu comme espèce distincte (Windham et Al Shehbaz, 2007). L’espèce a été désignée « menacée » au Québec en décembre 2011, aux termes de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables de cette province (L.R.Q., chapitre E 12.01). L’aire de répartition du Boechera quebecensis se limite essentiellement aux littoraux maritimes calcaires. L’espèce ne pousse que dans un nombre très limité de sites, dans un type de milieu qui semble pourtant commun. Les populations sont généralement peu denses. L’effectif total de l’espèce est petit, se limitant probablement à quelque 400 individus. Les occurrences sont sensibles aux perturbations anthropiques ainsi qu’aux phénomènes de nature catastrophique, notamment les chutes de pierres.
i. Niveau taxinomique : Le Boechera quebecensis est une espèce valide, récemment reconnue, endémique au Canada. Certaines observations morphologiques semblent indiquer que l’espèce est apomictique et serait issue d’une hybridation entre le B. holboellii et le B. stricta (Windham et Al-Shehbaz, 2007; Al-Shehbaz et Windham, 2010).
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : 100 %
iii. Statut de conservation mondial existant : G1. Le rang N1 a été attribué à l’échelle du Canada, et le rang S1 a été attribué à l’échelle du Québec.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce compte 5 populations existantes connues. L’effectif total est d’environ 400 individus. Les populations sont très petites et comptent chacune entre 25 et 300 individus. On ne sait rien de leurs tendances récentes, mais un déclin historique a été signalé dans un des sites (population du Bic).
v. Menaces : Les chutes de pierres, la cueillette et le piétinement ont été relevés comme menaces. Le développement résidentiel est considéré comme une menace potentielle, mais non imminente.
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : La zone d’occurrence est d’environ 250 km2, mais l’habitat de l’espèce y est discontinu. L’indice de la zone d’occupation est de 20 km2 (5 carrés de 2 × 2 km).
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les milieux propices non occupés sont répandus. Cependant, pour une raison inconnue, l’espèce semble incapable de les coloniser. La compétition des arbustes pourrait constituer un facteur limitatif dans certains secteurs.
Al-Shehbaz, I.A., et M.D. Windham. 2010. Boechera, page 401 in Flora of North America Editorial Committee (dir. de publ.), 1993+, Flora of North America North of Mexico, 16+ vol., New York et Oxford, vol. 3.
Boivin, B. 1967. Énumération des plantes du Canada. VII – Résumé statistique et régions adjacentes, Naturaliste canadien 94 : 625-655.
Dignard, N. 2008. La situation de l’arabette du Québec (Boechera quebecensis) au Québec, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, rapport inédit préparé pour le CDPNQ, 17 p.
Fernald, M.L. 1914. Some Antennarias of Northeastern America, Rhodora 16 : 129-134.
Mulligan, G.A. 1995. Synopsis of the genus Arabis (Brassicaceae) in Canada, Alaska, and Greenland, Rhodora 97 : 109-163.
Windham, M.D., et I.A. Al-Shehbaz. 2007. New and noteworthy species of Boechera (Brassicaceae) II. Apomictic hybrids, Harvard Papers in Botany 11 : 257-274.
RÉDIGÉ PAR : Stéphanie Pellerin, Jardin botanique de Montréal, février 2012.
** Ménomini pygmée
i. Niveau taxinomique – espèce : Le ménomini pygmée (Prosopium coulterii), qui a une aire de répartition discontinue au Canada, compte des populations dans cinq des zones biogéographiques nationales d’eau douce (ZBNED; Yukon, Pacifique, Arctique de l’Ouest, rivière Saskatchewan et fleuve Nelson, et Grands Lacs et haut Saint-Laurent). Des populations fragmentées sont dispersées sur l’ensemble du territoire de la Colombie-Britannique dans les fleuves Columbia et Fraser et la rivière Skeena ainsi que dans les systèmes de la rivière de la Paix et de la Liard, de même que dans les systèmes du haut Yukon et de la rivière Alsek dans le nord de la Colombie-Britannique et au Yukon. À l’est de la ligne continentale de partage des eaux, l’espèce a été observée dans le Grand lac de l’Ours (Territoires du Nord Ouest), et, en faibles nombres, dans le bassin versant des lacs Waterton (Alberta), le bassin de la haute Athabasca (Alberta), et dans le lac Athabasca (Saskatchewan). Une population isolée est présente dans l’ouest du lac Supérieur, et l’espèce a été récemment détectée dans le lac Winnange (49,77850° N   93,69328° W), dans le nord ouest de l’Ontario. Les populations de l’ouest du Yukon appartiennent à une lignée évolutionnaire qui est fortement distincte de celles des populations du reste de l’aire de répartition de l’espèce (divergence de ~3 % chez des séquences d’ADN mitochondrial et chez des séquences d’ADN nucléaire – Witt et al., 2011). La répartition du ménomini pygmée très fragmentée et en occurrences isolées dans de multiples ZBNED ainsi que la présence d’au moins deux grandes lignées évolutionnaires donnent à penser que l’espèce compte de multiples unités désignables, certaines ayant une aire de répartition très restreinte.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Plus de 90 % de l’aire de répartition mondiale du ménomini pygmée se trouve au Canada. La répartition de l’espèce aux États-Unis est limitée : elle est présente dans les eaux du système du Columbia dans l’État de Washington, en Idaho et au Montana, ainsi que dans les eaux du lac Supérieur au Michigan, au Minnesota et au Wisconsin.
iii. Statut de conservation mondial existant : L’espèce est considérée comme en péril dans la portion américaine du bassin du Columbia (État de Washington), vulnérable au Wisconsin, et apparemment non en péril en Alaska et au Michigan. Dans l’est du Canada, où elle n’a été trouvée que dans le lac Supérieur et dans un seul petit lac de l’intérieur au nord du lac Supérieur, son statut est indéterminé. Les populations de Colombie-Britannique et du Yukon sont considérées comme apparemment non en péril (S4). L’Endangered Species Conservation Committee (comité de conservation des espèces en péril) de l’Alberta a récemment attribué au ménomini pygmée le statut d’espèce menacée (Threatened). En Ontario, le statut de l’espèce demeure indéterminé (SU [unrankable] : non classable).
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Sauf peut être dans les cas de la population du lac Supérieur et de certaines populations de Colombie-Britannique (McPhail et McPhail, 2007), le ménomini pygmée n’est nulle part commun. On le trouve généralement dans des zones et des habitats peu altérés par l’activité humaine, et les populations de ces endroits sont probablement stables. Il ne semble pas prospérer dans les zones où il se trouve proche d’une présence humaine ou en compétition avec d’autres corégonidés, et il peut être sensible à des stress environnementaux, comme la dégradation de l’habitat et l’accroissement de la température de l’eau dû au réchauffement climatique ou à l’altération des régimes d’écoulement. On pense que des dommages causés à des habitats d’alevinage par diverses activités industrielles ont entraîné des baisses marquées des effectifs de l’espèce dans certaines régions de l’Alberta et, peut-être, de la Colombie-Britannique.
v. Menaces : Les populations de l’ouest du pays (particulièrement celles de l’Alberta) sont actuellement menacées par la dégradation de l’habitat causée par l’exploitation forestière, l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière, le développement urbain et l’exploitation minière, ainsi que par les déversements accidentels de substances nocives associés à ces activités (Sullivan, 2011). Les menaces potentielles comprennent aussi le réchauffement climatique et l’ensemencement de plans d’eau avec des espèces exotiques.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Oui dans le cas d’unités désignables de l’ouest du pays situées dans les ZBNED du Yukon, du Pacifique, de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson, et de l’Arctique de l’Ouest, ainsi que dans le cas d’unités désignables du nord ouest de l’Ontario qui n’occuperaient qu’un seul lac ou un petit nombre (< 5) de lacs.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Le ménomini pygmée peut cohabiter avec d’autres corégonidés, il s’agit d’une espèce relique glaciaire, et sa répartition, bien que vaste, est en bonne partie discontinue et souvent restreinte à l’échelle locale. L’espèce présente une croissance lente, une faible fécondité et un cycle vital court, et peut être sensible aux perturbations de l’habitat.
viii. Sources d’information : Les résultats des relevés par échantillonnage effectués par le MPO dans le nord ouest de l’Ontario et des relevés du gouvernement de l’Alberta effectués dans la province de même que beaucoup d’information issue du Peace/Williston Fish and Wildlife Compensation Program (programme de compensation pour le poisson et la faune du bassin du réservoir Williston [rivière de la Paix]), mené en Colombie-Britannique, seront évalués.
McPhail, J.D., et D.L. McPhail. 2007. The Freshwater Fishes of British Columbia, University of Alberta Press, Edmonton.
Sullivan, M. 2011. Status of the pygmy whitefish (Prosopium coulterii) in Alberta: Update 2011, Alberta Wildlife Status Report No. 27.
Witt, J.D.S., R.J. Zemlak et E.B. Taylor. 2011. Phylogeography and the origins of range disjunctions in a north temperate fish, the pygmy whitefish (Prosopium coulterii), inferred from mitochondrial and nuclear DNA sequence analysis, J. Biogeography 38:1557-1569.
RÉDIGÉ PAR : D. Watkinson, W. Tonn et E.B. Taylor, février 2012
** Épinoche à trois épines limnétique du petit lac Quarry
i. Niveau taxinomique  – UD du complexe d’espèces Gasterosteus aculeatus : L’épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) fait partie d’un complexe d’espèces (c’est-à-dire de formes au statut taxinomique incertain qui sont distinctes sur le plan morphologique, génétique et comportemental) qui comprend des espèces biologiques sympatriques couramment qualifiées distinctement de paires d’espèces « benthique » ou « limnétique » en raison de leur écologie de l’alimentation différente. Les paires sympatriques et les paires d’épinoches à trois épines benthique et limnétique désignées en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) coexistent dans trois réseaux lacustres du sud-ouest de la Colombie-Britannique (lac Enos, lac Paxton et ruisseau Vananda). La paire du lac Little Quarry, dans l’île Nelson, également en Colombie-Britannique, a récemment été découverte (Gow et al., 2008). Depuis leur découverte dans les années 1980 et 1990, la paire du lac Enos n’existe plus qu’à l’état de population hybride, tandis que la paire du lac Hadley est maintenant disparue.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale au Canada :Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry sont endémiques au Canada, 100 % de l’aire de répartition se trouvant dans un seul lac.
iii. Rang de conservation mondial existant : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry n’ont été découvertes que récemment et n’ont donc pas été cotées à l’échelle provinciale, nationale ou mondiale. Toutes les autres paires sont cotées SX (espèce disparue [paire du lac Hadley]), S1 en Colombie-Britannique, N1 au Canada et G1 à l’échelle mondiale.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Nous ne disposons d’aucune donnée sur la taille des populations d’épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ou sur les tendances de la taille des populations. D’après les études sur des paires d’autres lacs, la taille des populations de chaque paire est probablement de l’ordre de quelques dizaines de milliers (COSEPAC, 2010).
v. Menaces : La plus grande menace qui pèse sur les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry est l’introduction d’espèces exotiques. Deux des six paires connues ont disparu (lac Hadley) ou n’existent plus qu’à l’état de population hybride (lac Enos), probablement à cause de l’introduction de prédateurs exotiques (barbotte dans le lac Hadley et écrevisse de Californie dans le lac Enos).
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry se rencontrent dans un seul lac, dont la superficie est de 0,22 km2.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les facteurs limitatifs de l’abondance des épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ne sont pas bien compris, mais englobent probablement la production alimentaire, la présence d’abris, la prédation, l’habitat de fraye et autres. Il est probable que le principal facteur limitatif soit l’approvisionnement en nourriture, c’est-à-dire la capacité de chaque lac de produire du plancton et du benthos. Les principaux facteurs qui déterminent l’état de conservation sont l’endémisme extrême et la sensibilité aux déclins rapides causés par les interactions avec des espèces exotiques.
viii. Sources d’information :Nous consulterons l’information tirée de la littérature scientifique, des recherches en cours à l’Université de la Colombie-Britannique et des efforts de surveillance des groupes de gérance locaux.
COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paire d’espèces d’épinoches benthiques et limnétiques à trois épines du lac Paxton (Gasterosteus aculeatus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Environnement Canada, Ottawa.
Gow, J.L., S.M. Rogers, M. Jackson et D. Schluter. 2008. Ecological predictions lead to the discovery of a benthic–limnetic sympatric species pair of threespine stickleback in Little Quarry Lake, British Columbia, Can. J. Zool. 86: 564-571.
RÉDIGÉ PAR : E.B. Taylor, février 2012
** Épinoche à trois épines benthique du petit lac Quarry
shumardi
** Dard de rivière
i. Niveau taxinomique – espèce : Le dard de rivière (Percina shumardi) a une aire de répartition discontinue au Canada. Son aire principale au Canada se trouve dans le nord ouest de l’Ontario et au Manitoba. Les seules populations présentes dans le bassin des Grands Lacs ont été trouvées dans le bassin versant du lac St. Clair, et leurs effectifs sont faibles.
ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 30 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada. Le dard de rivière est largement réparti dans 20 États américains drainés par le Mississippi, depuis le golfe du Mexique jusqu’à la rivière Rouge du Nord et les Grands Lacs.
iii. Statut de conservation mondial existant : La cote mondiale du dard de rivière est G5 (non en péril). L’espèce est cotée N5 (non en péril) à l’échelle du Canada, S5 (non en péril) au Manitoba, et S3 (vulnérable) en Ontario. Son aire de répartition présente une importante discontinuité d’au moins 1000 km entre les deux occurrences les plus proches se trouvant l’une dans la zone biogéographique de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson et l’autre dans la zone biogéographique des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, ces deux zones correspondant à deux unités désignables. Des données récentes issues de relevés effectués par le MPO laissent fortement croire que les deux unités désignables se trouvent exposées à des niveaux de risque nettement différents. L’espèce est largement répartie aux États-Unis et bien qu’elle y soit considérée comme non en péril à l’échelle du pays, elle est gravement en péril dans cinq États – dont tous les États abritant des populations des Grands Lacs –, en péril dans deux États, et vulnérable dans quatre États.
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce est largement répartie mais pas abondante dans l’unité désignable de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson, et elle semble avoir connu des baisses d’effectifs importantes dans l’unité désignable des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, où elle n’a été observée que dans le bassin versant du lac St. Clair. À notre connaissance, aucune étude n’a spécifiquement examiné les tendances des effectifs du dard de rivière; cependant, lors des échantillonnages étendus réalisés de 2002 à aujourd’hui dans l’aire de répartition connue de l’espèce dans les Grands Lacs, on a trouvé qu’un seul spécimen, dans le lac St. Clair.
v. Menaces :De nombreuses espèces de dards ont connu des baisses d’effectifs très marquées dans les Grands Lacs en raison d’interactions négatives avec le gobie à taches noires et d’autres espèces envahissantes, et le dard de rivière ne fait probablement pas exception. Il y a probablement eu dégradation de l’habitat dans certaines parties de son aire de répartition, particulièrement dans la région des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent (plus spécifiquement dans le bassin versant du lac St. Clair), où son habitat de prédilection – grande rivière à substrat grossier et écoulement modéré – aurait été altéré. L’habitat du dard de rivière en Ontario se trouve dans une région où le développement agricole, industriel et urbain est le plus intense à l’échelle de la province, voire même du pays, d’où un accroissement de l’envasement, de la turbidité et des charges de nutriments dans les plans d’eau; plusieurs autres espèces d’eau douce en péril sont présentes dans cette région.
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Oui dans le cas de l’unité désignable des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent – l’aire de répartition connue y est limitée au bassin versant du lac St. Clair.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Inconnus.
viii. Sources d’information : Les résultats des relevés par échantillonnage effectués par le MPO dans le lac St. Clair seront évalués.
RÉDIGÉ PAR : Nick Mandrak, février 2012
* Cisco à nageoires noires
Koelz (1929) a reconnu à l’origine quatre sous-espèces de C. nigripinnis, chacune étant restreinte aux lacs indiqués ci après : C. n. nigripinnis (lacs Michigan et Huron), C. n. cyanopterus (lac Supérieur), C. n. prognathus (lac Ontario) et C. n. regalis (lac Nipigon). Par la suite, les formes des lacs Ontario et Supérieur ont été déclarées synonymes du cisco de lac (C. artedi); le C. nigripinnis est cependant reconnu comme un taxon valide dans les lacs Nipigon, Huron et Michigan.
ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada
Le cisco à nageoires noires a déjà été présent dans les lacs Huron, Michigan et Nipigon, mais il est aujourd’hui disparu des deux premiers lacs (Nelson et al., 2004). En conséquence, l’aire de répartition de la population restante se trouve entièrement au Canada.
iii. Statut de conservation mondiale existant
À l’échelle mondiale, le cisco à nageoires noires est coté G1 (gravement en péril). L’UICN a déterminé que l’espèce était éteinte, mais indique que son statut doit être mis à jour. Le cisco à nageoires noires est considéré comme éteint aux États Unis. Au Canada, l’espèce est cotée SU (non classable).
iv. Taille et tendances de la population canadienne
La dernière observation de cisco à nageoires noires dans les eaux canadiennes du lac Huron remonte à 1960. L’examen de 1 943 ciscos capturés dans des filets maillants de profondeur installés à 46 emplacements en 2002 et 2003 n’a pas permis d’identifier de ciscos à nageoires noires. Un programme annuel de pêche expérimentale au filet visant à échantillonner les communautés de poissons, mené par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario dans le lac Nipigon, a révélé un déclin de 50 % de l’abondance relative du cisco à nageoires noires entre les périodes 2000-2004 et 2010.
v. Menaces
Parmi les causes connues du déclin du cisco à nageoires noires dans les Grands Lacs, on compte la surexploitation par les pêches commerciales et la prédation par la grande lamproie marine. L’exploitation commerciale du grand corégone a débuté en 1917 au lac Nipigon, et la capture accidentelle de ciscos à nageoires noires peut avoir eu des effets néfastes sur la population. Des espèces introduites comme la gaspareau et l’éperlan arc en ciel sont probablement en compétition avec les populations de ciscos de profondeur pour la recherche de proies, et de larves dont ils se nourrissent. L’éperlan arc en ciel a fait l’objet d’une pêche commerciale au lac Nipigon, la récolte déclarée au cours de la période de 1991 à 1998 étant passée de moins de 4 500 kg à plus de 130 000 kg. Durant la même période, la prise accessoire de ciscos dans les pêches commerciales au grand corégone a diminué, passant de plus de 54 000 kg à moins de 4 500 kg.
vi. Petite zone d’occurrence ou d’occupation
La superficie du lac Nipigon, seul endroit connu où l’on retrouve le C. nigrippinis au Canada, est de 4 500 km2. En conséquence, le seuil de zone d’occurrence établi pour la catégorie « en voie de disparition » serait atteint pour l’espèce, conformément au critère quantitatif B du COSEPAC.
vii. Facteurs limitatifs biologiques
L’espèce est restreinte aux habitats d’eau froide, en profondeur, dans les grands lacs. Elle se nourrit essentiellement de mysis.
viii. Sources d’information
1. Rick Salmon, biologiste, Unité d’évaluation des pêches du lac Nipigon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Nipigon (Ontario).
2. NatureServe. 2010. Nature Serve Explorer: An online encyclopedia of life [application web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington (Virginie). Disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 2 février 2011).
3. Nelson, J.S., E.J. Crossman, H. Espinosa-Perez, L.T. Findley, C.R. Gilbert, R.N. Lea et J.D. Williams. 2004. Common and scientific names of fishes from the United States, Canada, and Mexico, American Fisheries Society, Special Publication 29, Bethesda (Maryland), 386 p.
4. Salmon, R., et A. van Ogtrop. 1996. Status of the Lake Whitefish Fishery in Lake Nipigon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Sciences et technologie du Nord-Ouest, Unité d’évaluation des pêches du lac Nipigon, Thunder Bay (Ontario), TR-102, 19 p.
* Crapet à longues oreilles
Au Canada, la répartition du crapet à longues oreilles, ou Lepomis megalotis, est discontinue. On trouve principalement l’espèce dans le nord-ouest et le sud ouest de l’Ontario ainsi que dans le sud ouest du Québec.
Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale du crapet à longues oreilles est au Canada. L’espèce est largement dispersée dans 25 États du bassin du Mississippi aux États-Unis, depuis le golfe du Mexique jusqu’à la rivière Winnipeg et aux bassins hydrographiques des Grands Lacs et du fleuve Saint Laurent vers le nord.
À l’échelle mondiale, le crapet à longues oreilles est coté G5 (non en péril); au Canada, l’espèce est cotée S3 (vulnérable) en Ontario et S2 (en péril) au Québec. Le crapet à longues oreilles a également été inscrit sur la liste d’espèces menacées ou vulnérables susceptibles d’être ainsi désignées en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. L’espèce comporte deux unités désignables fondées sur sa répartition discontinue et sa présence dans deux régions biogéographiques d’eau douce : Grands Lacs – Haut Saint Laurent et Saskatchewan – Nelson. La répartition du crapet à longues oreilles présente une importante disjonction d’au moins 1 000 km entre les occurrences les plus rapprochées des régions biogéographiques Saskatchewan – Nelson et Grands Lacs – Haut Saint Laurent. Dans la région biogéographique Grands Lacs – Haut Saint Laurent, la répartition de l’espèce présente également une importante disjonction d’environ 500 km entre le sud-ouest de l’Ontario et le sud-ouest du Québec, semblable à celle que présente la répartition du dard de sable (coté TH).
Bien que l’espèce soit répandue aux États Unis et qu’elle ne soit pas jugée en péril dans l’ensemble du pays, elle est considérée comme gravement en péril dans deux États des Grands Lacs, et en péril dans un État des Grands Lacs.
Aucune étude portant spécifiquement sur les tendances de l’abondance du crapet à longues oreilles au Canada n’a été réalisée jusqu’à présent. On possède peu d’information sur la situation des populations de la région biogéographique Saskatchewan – Nelson dans le nord-ouest de l’Ontario, principalement en raison de la répartition sporadique et assez éloignée de l’espèce ainsi que du caractère limité de l’échantillonnage récent. L’espèce semble avoir connu un déclin significatif dans la région biogéographique Grands Lacs – Haut Saint Laurent. Quelques individus ont pu être capturés lors d’un échantillonnage intensif réalisé récemment (2002 à aujourd’hui) à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce dans le sud-ouest de l’Ontario. Par ailleurs, aucun individu n’a pu être capturé depuis 1983 dans les 17 emplacements connus du Québec, malgré un échantillonnage intensif.
L’habitat s’est considérablement dégradé dans la région biogéographique Grands Lacs – Haut Saint Laurent, ce qui a eu des effets néfastes sur les milieux humides privilégiés par l’espèce. Cette région est l’une des plus exploitées au Canada en termes d’activités agricoles et industrielles et de développement urbain. Cette situation a favorisé l’envasement et l’augmentation de la turbidité et de la charge en nutriments. À moins qu’on ne prévienne ou qu’on n’atténue ces phénomènes, d’autres déclins sont inévitables.
Ce critère s’applique probablement, surtout si une troisième unité désignable est reconnue (par subdivision de l’unité désignable de la région biogéographique Grands Lacs – Haut Saint Laurent), compte tenu de la distance de 500 km qui sépare les populations de l’Ontario et du Québec.
Échantillonnage intensif réalisé par le MPO dans le sud-ouest de l’Ontario. Échantillonnage provincial intensif au Québec.
* AB, SK
Deux espèces de serpents à sonnette, appartenant au genre Crotalus, de la famille des Vipéridés, sont présentes dans l’Ouest Canadien. Il n’y a pas si longtemps, elles étaient encore considérées comme deux sous espèces d’une même espèce, le Crotalus viridis (Crother, 2008). À l’aide de différentes techniques moléculaires, Pook et al. (2000), Ashton et de Queiroz (2001) ainsi que Douglas et al. (2003) ont pu confirmer que le C. viridis se divise en deux clades, un à l’est des Rocheuses et l’autre à l’ouest. Ashton et de Queiroz (2001) ont même avancé que les différences entre les deux clades sont suffisantes pour donner à chacun le statut d’espèce. Douglas et al. (2003) ont pour leur part proposé des distinctions phylogénétiques plus fines qui appuient cette hypothèse : les deux sous espèces du clade de l’est forment une seule espèce, le crotale des prairies (Crotalus viridis), tandis que les six sous espèces du clade de l’ouest forment une seconde espèce, le crotale de l’Ouest (Crotalus oregonus). En 2004, cette dernière espèce a été classée comme menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).
Le crotale des prairies est le seul serpent venimeux des prairies canadiennes. Sa longueur totale peut atteindre 1,5 m. Le corps est robuste, la tête triangulaire, le cou bien distinct, et la queue se termine par une cascabelle, ou sonnette (Cook, 1984). Le dos porte une série de grosses taches brunes, verdâtres ou brun jaunâtre, qui prennent la forme de bandes sur la queue. La peau du corps et de la queue est brun pâle ou brun jaunâtre. Il existe trois grappes distinctes de l’espèce, l’une dans le sud est de l’Alberta, les deux autres dans le centre ouest de la Saskatchewan.
i. Niveau taxinomique : Il s’agit d’une espèce valide, récemment reconnue, indigène au Canada (Crother, 2008).
ii. Proportion de l'aire de répartition mondiale au Canada : < 5 %.
iii. Statut de conservation mondiale existant : Classement mondial (GRANK) : G5 (dernier examen le 11 janvier 2006); classement national (NRANK) : N3N4 (Canada, 2006); classement subnational (SRANK) : S3 (Alberta), S3 (Saskatchewan); COSEPAC : non évaluée. Situation générale de l’espèce : Alberta, susceptible d'être en péril (2); Saskatchewan, sensible (3). L’espèce figure sur la liste bleue de l’Alberta.
iv. Taille et tendances de la population canadienne : Inconnues. Il n’y a presque pas de données provenant de la Saskatchewan et, en Alberta, certains signes témoignent du déclin de l’espèce, mais on ne dispose d’aucune estimation de la population (Watson et Russell, 1997; Ernst et Quinlan, 2006). Dans la région de Lethbridge, les activités menées en vue de la conservation à long terme des crotales obtiennent un succès mitigé, ce qui donne à penser à un avenir précaire pour l’espèce (Ernst et Quinlan, 2006). De manière globale, l’espèce semble connaître un déclin dans le sud est de l’Alberta (Watson et Russell, 1997).
v. Menaces : Les crotales des prairies sont exposés à diverses menaces. Ils vivent en groupe dans des tanières, ce qui les rend vulnérables aux perturbations par les humains, en particulier la persécution délibérée. Des recherches récentes (Jorgenson, 2009) indiquent que la mise en culture constitue une importante cause de mortalité durant les périodes de recherche de nourriture. Étant donné que les crotales peuvent se déplacer sur une distance allant jusqu’à 30 km depuis leurs tanières durant la saison active, ils risquent d’être tués sur les routes ou par la machinerie utilisée en agriculture ainsi que pour l’extraction ou l’exploration pétrolière et gazière. La perte de l’habitat de prairie naturelle représente aussi une menace et cause la fragmentation de l’aire de répartition de l’espèce (Jorgenson, 2009). Même si l’espèce est protégée en vertu de lois provinciales, il est possible que des crotales soient tués lorsqu’ils sont perçus comme une menace pour la santé humaine.
vi. Petite zone d'occurrence ou d'occupation : L’aire de répartition de l’espèce est fragmentée et limitée à trois petites zones distinctes de l’Alberta et de la Saskatchewan.
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Le crotale des prairies atteint la maturité sexuelle à l’âge de trois à sept ans, et les femelles ne se reproduisent qu’une fois tous les deux ou trois ans (Watson et Russell, 1997). Par conséquent, l’espèce est affectée par un taux de remplacement faible et par le fait qu’elle parvient difficilement à reconstituer des populations après un déclin.
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