Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19970730-185389
Timestamp: 2016-10-27 16:57:54+00:00
Document Index: 291471078

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 8", "l'article 22", "l'article 6", 'art. 6', 'art. 8', 'art. 22']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 30 juillet 1997, 185389
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 185389Numéro NOR : CETATEXT000007950724 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1997-07-30;185389 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 5 février 1997 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au président de la section du contentieux Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 25 juillet 1996 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 19 juillet 1996 par lequel il a décidé la reconduite à la frontière de Mlle Aïda X... ;
- les conclusions de Mme Bergeal, Commissaire du gouvernement ;Considérant que si Mlle Aïda X..., de nationalité tunisienne, fait valoir qu'elle est revenue en octobre 1995 en France, où elle est née en 1977 et a vécu jusqu'à l'âge de 6 ans, pour retrouver son père qui dispose d'une carte de résident et afin de suivre des études de coiffure, il résulte des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mlle X... en France, qui est elle-même célibataire et sans enfant, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police en date du 19 juillet 1996 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que par suite, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur une telle atteinte pour annuler ledit arrêté ;
Considérant qu'il appartient au juge d'appel, saisi par l'effet dévolutif, d'examiner les autres moyens soulevés par Mlle X... ;
Considérant qu'il résulte des pièces du dossier que Mlle X... s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 21 février 1996, de la décision du préfet du même jour, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que l'arrêté attaqué ne préjudicie pas au droit de Mlle X... de se défendre dans un litige pendant devant le tribunal administratif de Paris ; que par suite, et en tout état de cause, il ne méconnaît pas l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que si Mlle X... fait valoir qu'elle a entrepris des études de coiffure en France, cette circonstance n'établit pas que le PREFET DE POLICE aurait commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de la mesure attaquée sur sa situation personnelle ;
Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Parisdu 25 juillet 1996 est annulé.
Article 2 : La demande présentée par Mlle Aïda X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mlle Aïda X... et au ministre de l'intérieur.Références : Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 6, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 30 juillet 1997, n° 185389Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M STIRNRapporteur public : Mme BergealOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 30/07/1997Fonds documentaire : Legifrance Haut de page