Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F15-02-2006-6P-152-2005
Timestamp: 2016-10-23 20:23:12+00:00
Document Index: 301669075

Matched Legal Cases: ['art. 6', 'in dubio', 'art. 9', 'art. 6', 'art. 32', 'art. 2', 'art. 84', 'art. 269', 'art. 84', 'art. 269', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 90', 'art. 32', 'ATF ', 'art. 152', 'art. 156', 'art. 269', 'art. 273', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 112', 'ATF ', 'art. 112', 'art. 112', 'ATF ', 'art. 112', 'art. 111', 'art. 112', 'art. 111', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 112', 'art. 63', 'art. 152', 'art. 278']

6P.152/2005 (15.02.2006)
6P.152/2005
6S.491/2005 /viz
recourant, repr�sent� par Me Robert Fox, avocat,
Cour de cassation p�nale, route du Signal 8,
Art. 9, 32 al. 1 Cst., art. 6 � 2 CEDH (proc�dure p�nale; arbitraire, principe in dubio pro reo);
6S.491/2005
recours de droit public (6P.152/2005) et pourvoi en nullit� (6S.491/2005) contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation p�nale, du 19 octobre 2005.
Par jugement du 8 juillet 2005, le Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne a condamn� A.________, pour assassinat, � quatorze ans de r�clusion, sous d�duction de la d�tention pr�ventive.
Cette condamnation repose, en substance, sur les faits suivants.
A.a A.________, n� en 1940, est de nationalit� fran�aise. Arriv� en Suisse en 1956, il a exerc� plusieurs emplois, notamment de moniteur d'auto-�cole, puis de concierge dans un �tablissement scolaire. Il vit seul depuis plusieurs ann�es, tr�s renferm� et retir� de toute vie sociale.
A.b En automne 1977, B.________, qui se prostituait � Lausanne, a rencontr� A.________. Ils ont v�cu ensemble, chacun g�rant ses affaires. Elle a abandonn� un temps la prostitution, avant de reprendre cette activit� pour des raisons financi�res. A ce moment, elle a rencontr� des probl�mes avec d'autres prostitu�es jalouses de son succ�s. L'une d'elles, C.________, l'a notamment poursuivie une fois jusqu'� son studio, lui arrachant sa perruque et lui d�clarant qu'elle ferait tout pour qu'elle ne travaille plus � cet endroit. C'est dans ces circonstances qu'en f�vrier 1979, B.________ est une fois rentr�e � la maison et, sous l'emprise passag�re d'une violente col�re, a dit � son ami, en parlant de C.________ qu'il connaissait �galement, qu'elle lui tordrait bien le cou.
Ayant l'intention de tuer la jeune femme, A.________ a alors accost� C.________ et lui a propos� un peu plus d'argent pour venir sur son bateau. Il a arr�t� l'embarcation loin du rivage et s'en est pris � sa passag�re. Il l'a agress�e physiquement, vraisemblablement en la prenant � la gorge et en essayant de l'�trangler. La victime s'est d�battue, ce qui a occasionn� de multiples griffures au visage de l'agresseur. Dans la lutte, ce dernier s'est empar� soit de l'ancre du bateau, soit de la cha�ne m�tallique, et a frapp� � plusieurs reprises sa victime en lui disant: " tu sauras que c'est de la part de...". C.________ s'est d�fendue et a implor� A.________ � cause de ses enfants, mais il a r�ussi � la faire basculer par-dessus bord. Il l'a entendue hurler dans l'eau avant qu'elle ne disparaisse. Il a ensuite mis le sac � main de la victime dans une pochette et l'a jet� � l'eau, apr�s l'avoir lest� d'un objet lourd.
A.c Apr�s lui avoir r�v�l� les circonstances de l'homicide, A.________ a constat� que B.________ �tait effondr�e. Il l'a alors menac�e de dire que c'�tait elle qui l'avait incit� � agir ainsi si elle le d�non�ait, ajoutant que s'il devait aller en prison pour cela, il la "foutrait" � son tour dans le lac � sa lib�ration. B.________ s'est donc tue et a aid� A.________ � dissimuler les preuves de ses actes en le cachant plusieurs jours en attendant que ses blessures cicatrisent, en nettoyant le bateau, en particulier les traces de sang et une touffe de cheveux, ainsi que le manteau de A.________.
B.________ a d�nonc� l'homicide le 4 juin 2003.
Par arr�t du 19 octobre 2005, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours de A.________.
Ce dernier d�pose un recours de droit public, pour arbitraire (art. 9 Cst) et violation de la pr�somption d'innocence (art. 6 � 2 CEDH, 14 al. 2 Pacte II, art. 32 al. 1 Cst.), ainsi qu'un pourvoi en nullit� pour violation des art. 2 al. 2, 112 et 63 CP. Il conclut, chaque fois, � l'annulation de l'arr�t cantonal, sollicite l'effet suspensif ainsi que l'assistance judiciaire.
1.1 Le recours de droit public au Tribunal f�d�ral est ouvert contre une d�cision cantonale pour violation des droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ). Il n'est en revanche pas ouvert pour se plaindre d'une violation du droit f�d�ral, qui peut donner lieu � un pourvoi en nullit� (art. 269 al. 1 PPF). Un tel grief ne peut donc �tre invoqu� dans le cadre d'un recours de droit public, qui est subsidiaire (art. 84 al. 2 OJ; art. 269 al. 2 PPF).
1.2 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit contenir, sous peine d'irrecevabilit� (cf. ATF 123 II 552 consid. 4d p. 558), un expos� succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques viol�s, pr�cisant en quoi consiste la violation. Dans le cadre d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs express�ment soulev�s, et expos�s de fa�on claire et d�taill�e, le principe jura novit curia �tant inapplicable (ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31). Le justiciable qui exerce un recours de droit public pour arbitraire ne peut d�s lors se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120; 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et les arr�ts cit�s).
1.3 Lorsque, comme en l'esp�ce, l'autorit� cantonale de recours avait, sur les questions pos�es dans le recours de droit public, une cognition semblable � celle du Tribunal f�d�ral, celui-ci porte concr�tement son examen sur l'arbitraire du jugement de l'autorit� inf�rieure, � la lumi�re des griefs soulev�s dans l'acte de recours. Cependant, pour se conformer aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recourant ne peut pas simplement reprendre les critiques qu'il a formul�es en instance cantonale devant l'autorit� de cassation, mais il doit exposer pourquoi cette derni�re aurait refus� � tort de qualifier d'arbitraire l'appr�ciation des preuves par l'autorit� de premi�re instance. Le Tribunal f�d�ral se prononce librement sur cette question (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495 et les arr�ts cit�s).
Cette notion a �t� rappel�e dans divers arr�ts r�cents, auxquels on peut donc se r�f�rer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la d�cision attaqu�e apparaisse discutable ou m�me critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais dans son r�sultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178; 128 I 177 consid. 2.1 p. 182, 273 consid. 2.1 p. 275 et les arr�ts cit�s). En mati�re d'appr�ciation des preuves et d'�tablissement des faits, la d�cision ne sera qualifi�e d'arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a proc�d� � des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275 et les arr�ts cit�s).
2.1 Le recourant soutient que la Cour de cassation devait soit ne donner aucun cr�dit � ses d�clarations, soit admettre l'entier de ses all�gu�s et qu'elle ne pouvait �carter purement et simplement sa version des faits, � l'exception des d�clarations qui lui convenaient.
Les autorit�s cantonales ont �t� confront�es � deux versions contradictoires, celle du recourant et celle de B.________. Elles ont sans h�siter retenue la seconde, relevant notamment que le r�cit de l'ex-amie �tait pr�cis, n'avait jamais vari�, sous r�serve �ventuelle de d�tails plus ou moins insignifiants, qu'elle avait toujours donn� l'impression d'une grande cr�dibilit�, que ses d�positions �taient r�fl�chies, mod�r�es et coh�rentes, que les �v�nements, dramatiques et exceptionnels, �taient rest�s pr�cis�ment inscrits dans sa m�moire, qu'elle n'avait aucun motif s�rieux, ni int�r�t � mentir et � charger le recourant, puisqu'elle avait attendu que les faits soient, � son avis, prescrits, et enfin que le recourant lui-m�me n'avait jamais soutenu que son ex-amie mentait. Elles ont en revanche �cart� la version du recourant, relevant que les d�clarations de ce dernier n'avaient cess� de varier, qu'il avait fourni au moins trois versions diff�rentes des �v�nements et que sa th�se de l'accident sans pr�m�ditation �tait �maill�e d'incoh�rences.
Le recourant ne d�montre pas, conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, en quoi les autorit�s cantonales auraient forg� leur conviction au travers d'une appr�ciation arbitraire des preuves. Il ne critique aucunement les divers motifs donn�s ci-dessus par les juges pour retenir la version du t�moin plut�t que la sienne et ne d�montre pas en quoi le fait que les autorit�s se soient appuy�es sur certaines de ses d�clarations, qui venaient corroborer la version donn�e par le t�moin, rendrait l'appr�ciation retenue insoutenable. Sa critique est d�s lors irrecevable (cf. supra consid. 1.2).
2.2 Se r�f�rant � une constatation des experts psychiatres, le recourant reproche � la Cour de cassation de ne pas avoir examin� � quel point le travail de reconstruction avait eu d'effet sur la m�moire de B.________ et d'avoir retenu que les �ventuelles variations contenues dans le r�cit de ce t�moin concernaient des d�tails plus ou moins insignifiants.
La premi�re partie de cette critique tombe � faux. En effet, les autorit�s cantonales ont d�ment tenu compte de l'influence du temps sur le t�moignage de B.________, constatant, � plusieurs d�tails, que les �v�nements de l'�poque �taient rest�s pr�cis�ment inscrits dans sa m�moire, notamment parce qu'ils �taient particuli�rement dramatiques et exceptionnels, donc marquants. Cette appr�ciation n'est pas arbitraire et le recourant ne d�montre d'ailleurs pas le contraire conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Pour le reste, il ne saurait �tendre les constatations faites par les experts sur ses propres facult�s et troubles mn�siques � B.________, celle-ci n'ayant �t� soumise � aucune expertise.
La seconde partie du grief soulev� est purement appellatoire et donc irrecevable (cf. supra consid. 1.2), les incertitudes relev�es par le recourant dans le t�moignage retenu �tant tout � fait insignifiantes et insuffisantes � mettre en doute la cr�dibilit� du r�cit de B.________.
Invoquant la violation de la pr�somption d'innocence, le recourant reproche � la Cour de cassation d'avoir retenu la pr�m�ditation et l'assassinat en se basant sur le t�moignage de B.________, alors que celui-ci contient des incertitudes.
3.1 Consacr�e par les art. 32 al. 1 Cst. et 6 � 2 CEDH, la pr�somption d'innocence interdit au juge de prononcer une condamnation alors qu'il �prouve des doutes sur la culpabilit� de l'accus�. Des doutes abstraits ou th�oriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent cependant pas � exclure une condamnation. Pour invoquer utilement la pr�somption d'innocence, le condamn� doit donc d�montrer que le juge de la cause p�nale, � l'issue d'une appr�ciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves � sa disposition, aurait d� �prouver des doutes s�rieux et irr�ductibles au sujet de la culpabilit� (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40; 124 IV 86 consid. 2a p. 87/88; 120 Ia 31 consid. 2e p. 38, consid. 4b p. 40).
3.2 Le recourant ne d�montre pas que l'appr�ciation des preuves serait arbitraire. Il se contente de relever certaines incertitudes sans pertinence contenues dans le t�moignage pris en consid�ration, alors que les autorit�s ont relev� sa pr�cision, sa constance et sa coh�rence. Purement appellatoire, son argumentation � ce propos est irrecevable (cf. supra consid. 1.2).
Les autorit�s cantonales ont pr�cis� les �l�ments sur lesquels elles ont fond� leur conviction (cf. supra consid. 2.1). Ceux-ci sont probants et ne laissent subsister aucun doute s�rieux et insurmontable quant au verdict de culpabilit�. Il n'y a donc pas de violation de la pr�somption d'innocence.
En conclusion, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Comme il �tait d'embl�e d�nu� de chances de succ�s, l'assistance judiciaire ne peut �tre accord�e (art. 152 al. 1 OJ) et le recourant, qui succombe, supportera les frais (art. 156 al. 1 OJ), dont le montant sera fix� en tenant compte de sa situation financi�re.
Saisi d'un pourvoi en nullit�, le Tribunal f�d�ral contr�le l'application du droit f�d�ral (art. 269 PPF) sur la base d'un �tat de fait d�finitivement arr�t� par l'autorit� cantonale (cf. art. 273 al. 1 let. b et 277bis al. 1 PPF). Il ne peut donc pas revoir les faits retenus dans la d�cision attaqu�e ni la mani�re dont ils ont �t� �tablis, de sorte que ces points, sous peine d'irrecevabilit�, ne peuvent pas �tre remis en cause dans le pourvoi (ATF 126 IV 65 consid. 1 p. 66 s.).
Invoquant une violation de l'art. 2 al. 2 CP, le recourant soutient que les autorit�s auraient d� lui appliquer l'ancien art. 112 CP, plus favorable, les �l�ments constitutifs de cette disposition n'�tant pas r�alis�s.
Cette critique est vaine. Le Tribunal f�d�ral a d�j� admis, dans un arr�t publi� (ATF 118 IV 122 consid. 2a p. 124) et d'ailleurs cit� par la Cour cantonale, que le nouvel art. 112 CP �tait plus favorable aux d�linquants, les circonstances conduisant � la qualification d'assassinat y �tant d�finies de mani�re plus restrictive et le cadre l�gal de la peine y �tant moins s�v�re. Il n'y a pas lieu de s'�carter de cette jurisprudence.
Le recourant se plaint d'une violation de l'art. 112 CP, la condition de l'absence particuli�re de scrupules n'�tant pas r�alis�e. Il rel�ve qu'il existe un �v�nement � l'origine de son acte, � savoir les brimades r�p�t�es subies par son ex-amie et compare son cas avec l'ATF 103 IV 65.
7.1 L'assassinat (art. 112 CP) est une forme qualifi�e d'homicide intentionnel, qui se distingue du meurtre ordinaire (art. 111 CP) par le fait que l'auteur a tu� avec une absence particuli�re de scrupules. Cette derni�re suppose une faute sp�cialement lourde et d�duite exclusivement de la commission de l'acte; pour la caract�riser l'art. 112 CP �voque le cas o� les mobiles, le but ou la fa�on d'agir de l'auteur sont particuli�rement odieux, mais cet �nonc� n'est pas exhaustif.
Pour d�terminer si l'on se trouve en pr�sence d'un assassinat, il faut proc�der � une appr�ciation d'ensemble des circonstances externes et internes de l'acte (mode d'ex�cution, mobile, but, etc.); les ant�c�dents et le comportement de l'auteur apr�s l'acte sont �galement � prendre en consid�ration, s'ils ont une relation directe avec cet acte et sont r�v�lateurs de la personnalit� de l'auteur. Il y a assassinat lorsqu'il r�sulte de l'ensemble de ces circonstances que l'auteur a fait preuve du m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compr�hensibles, g�n�ralement dans une grave situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang froid, sans scrupules, qui d�montre un �go�sme primaire et odieux et qui, dans le but de poursuivre ses propres int�r�ts, ne tient aucun compte de la vie d'autrui. Chez l'assassin, l'�go�sme l'emporte en g�n�ral sur toute autre consid�ration; il est souvent pr�t, pour satisfaire des besoins �go�stes, � sacrifier un �tre humain dont il n'a pas eu � souffrir. La destruction de la vie d'autrui est toujours d'une gravit� extr�me; pour retenir la qualification d'assassinat, il faut cependant que la faute de l'auteur, par son caract�re odieux, se distingue nettement de celle d'un meurtrier au sens de l'art. 111 CP (ATF 127 IV 10 consid. 1a p. 13 s. et les arr�ts cit�s).
7.2 Selon les constatations cantonales qui lient l'autorit� de c�ans, le recourant a tu� pour d�fendre le droit � un bout de trottoir pour son amie prostitu�e, pour �liminer une personne encombrante et g�nante, � savoir une concurrente de sa compagne. Ce mobile est parfaitement odieux, puisque compl�tement futile au regard du bien juridique sacrifi�. Le recourant a donc agi �go�stement et ne saurait d'aucune fa�on se pr�valoir des brimades subies par son ex-amie, ni de la mani�re dont celle-ci lui a rapport� les �v�nements, cette querelle entre prostitu�es n'�quivalant aucunement � une grave situation conflictuelle ou � une r�action de souffrance fond�e sur des motifs objectifs imputables � la victime. Le recourant s'en est pris � une personne dont il n'avait pas eu � souffrir lui-m�me et les difficult�s rencontr�es par son ex-compagne avec la victime ne rendent pas son mobile plus compr�hensible.
De plus, sa fa�on d'agir doit �galement �tre qualifi�e de particuli�rement odieuse. En effet, selon les faits retenus, il a profit� du fait qu'il connaissait sa victime pour la convaincre de le suivre � bord de son bateau; il l'a emmen�e de nuit et en plein hiver loin du rivage; il l'a agress�e et l'a faite tomber dans l'eau apr�s l'avoir frapp�e avec un objet lourd, soit l'ancre ou la cha�ne du bateau; il n'a pas abandonn� ses projets alors que sa victime le suppliait invoquant ses enfants; il l'a ensuite abandonn�e vivante au milieu des eaux. L'homicide a ainsi �t� perp�tr� avec sang froid et avec le m�pris le plus complet pour la vie d'autrui. Le comportement du recourant apr�s l'acte, lequel est en relation directe avec ce dernier, ne fait que le confirmer. Ainsi, apr�s avoir abandonn� sa victime � son sort, il a menac� son ex-amie de dire que c'�tait elle qui l'avait incit� � agir ainsi si elle le d�non�ait, ajoutant que s'il devait aller en prison pour cela, il la "foutrait" �galement dans le lac � sa lib�ration.
Enfin, le recourant ne saurait se pr�valoir de l'ATF 103 IV 65. En effet, dans ce cas, l'autorit� cantonale avait condamn� deux auteurs pour mise en danger de la vie d'autrui et brigandage. Sur pourvoi du Minist�re public, le Tribunal f�d�ral a cass� cette d�cision, jugeant qu'il s'agissait, conform�ment aux r�quisits du Parquet, d'une tentative de meurtre et non pas d'une mise en danger de la vie d'autrui; il n'a en revanche jamais examin� la question de l'assassinat de sorte que le recourant ne saurait en tirer quelques conclusions en sa faveur.
Au regard de ces �l�ments, c'est sans violation du droit f�d�ral que l'arr�t attaqu� retient l'assassinat.
8.1 Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Un pourvoi en nullit� portant sur la quotit� de la peine ne peut donc �tre admis que si la sanction a �t� fix�e en dehors du cadre l�gal, si elle est fond�e sur des crit�res �trangers � l'art. 63 CP, si les �l�ments d'appr�ciation pr�vus par cette disposition n'ont pas �t� pris en compte ou enfin si la peine appara�t exag�r�ment s�v�re ou cl�mente au point que l'on doive parler d'un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s. et les arr�ts cit�s).
La gravit� de la faute est le crit�re essentiel � prendre en consid�ration dans la fixation de la peine et le juge doit l'�valuer en fonction de tous les �l�ments pertinents, notamment ceux qui ont trait � l'acte lui-m�me, � savoir le r�sultat de l'activit� illicite, le mode d'ex�cution, l'intensit� de la volont� d�lictuelle et les mobiles, et ceux qui concernent l'auteur, soit les ant�c�dents, la situation personnelle et le comportement apr�s l'acte et au cours de la proc�dure p�nale (ATF 127 IV 101 consid. 2a p. 103; 122 IV 241 consid. 1a p. 243; 118 IV 21 consid. 2b p. 24 s.; 117 IV 112 consid. 1; 116 IV 288 consid. 2a). Concernant la situation personnelle de l'auteur, le juge doit prendre en compte sa vuln�rabilit� face � la peine, soit son �tat de sant� et son �ge, ses obligations familiales, sa situation professionnelle, les risques de r�cidive etc. (ATF 102 IV 231 consid. 3 p. 233; 96 IV 155 consid. 3 p. 179; 92 IV 201 consid. 1; arr�t non publi� du Tribunal f�d�ral du 26 octobre 2005 consid. 2.1, 6S.163/2005, et les r�f�rences cit�es).
8.2 Le recourant reproche � la Cour de cassation de ne pas avoir tenu compte de son �ge avanc�, ni de sa situation personnelle de mani�re g�n�rale, ni des cons�quences d'une si longue d�tention, puisqu'il ne sera lib�r� qu'� 79 ans, ni de son mobile, qui n'a pas �t� purement gratuit et �go�ste. Ces �l�ments justifieraient une r�duction de la peine sup�rieure � la diminution de 30 % admise par les juges cantonaux.
Les autorit�s cantonales ont clairement expos� la situation personnelle du recourant et mentionn� son �ge (cf. jugement du 8 juillet 2005 p. 8 et 9 et arr�t du 19 octobre 2005 p. 2). Elles n'ont donc pas omis ces aspects, les juges n'�tant d'ailleurs pas tenus de r�p�ter, au moment de fixer la peine, tous les �l�ments expos�s dans le jugement (B. Corboz, La motivation de la peine, RJB 1995 p. 24), ni d'exprimer en pourcentage l'importance qu'ils accordent aux diff�rentes circonstances att�nuantes et aggravantes (ATF 127 IV 101 consid. 2c p. 104 s.). Elles ont toutefois consid�r� que ces �l�ments ne justifiaient pas une att�nuation particuli�re de la peine, celle-ci �tant r�duite de 30 % en raison de l'absence d'ant�c�dents judiciaires et, surtout, de l'�coulement du temps depuis la commission de l'infraction. Cette appr�ciation ne viole pas le droit f�d�ral. En effet, la situation personnelle du recourant et, en particulier son �ge, ne sont pas de nature � accro�tre sa sensibilit� � la peine de mani�re telle qu'ils justifieraient une att�nuation de celle-ci. Au contraire, le recourant vit d�j� tr�s retir� et renferm� et il ne ressort pas des constatations cantonales qu'il souffrirait de certains maux li�s � son �ge. Or, la vuln�rabilit� face � la peine n'entre en consid�ration, comme circonstance att�nuante, que lorsqu'elle s'�carte du principe de la sensibilit� commune � la douleur, comme par exemple en pr�sence de lourdes maladies, de psychoses claustrophobiques ou de surdi-mutit� (cf. arr�t non publi� du Tribunal f�d�ral du 26 octobre 2005 consid. 2.1, 6S.163/2005; arr�t non publi� du Tribunal f�d�ral du 26 mars 1996, 6S.703/1995; cf. H.-J. Bruns, Das Recht der Strafzumessung, 2. Auflage, K�ln etc., 1985, p. 197 s.; G. Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Allgemeiner Teil II, Berne 1989, � 7 n. 53 ss; H. Wipr�chtiger, Basler Kommentar, Strafgesetzbuch I, ad art. 63, n� 95).
Enfin, en pr�tendant que son mobile n'�tait pas purement �go�ste, le recourant s'�carte des constatations cantonales, ce qu'il n'est pas habilit� � faire dans un pourvoi (cf. supra consid. 5).
8.3 Selon le recourant, la Cour de cassation a retenu certains �l�ments qui avaient d�j� �t� �valu�s dans le cadre de l'analyse de l'absence particuli�re de scrupules.
Selon la jurisprudence, les circonstances qui conduisent � �lever ou � diminuer le cadre de la peine ne doivent pas �tre prises en consid�ration une seconde fois comme �l�ments aggravants ou att�nuants dans le cadre modifi� de la peine, sans quoi l'auteur p�tirait ou b�n�ficierait deux fois de la m�me circonstance. En revanche, le juge peut tenir compte dans la fixation de la peine de l'intensit� de cette circonstance (ATF 118 IV 342 consid. 2b/c p. 347 s.). En effet, le juge fixe la peine en fonction de la gravit� de la faute qui doit �tre �valu�e au regard des circonstances de l'infraction et de la personne de l'auteur.
L'absence particuli�re de scrupules, en tant qu'�l�ment objectif constitutif de l'art. 112 CP, suppose une faute particuli�rement lourde caract�ris�e notamment par les mobiles, le but ou la fa�on d'agir hautement r�pr�hensible de l'auteur. Or, selon la loi, le mode d'ex�cution et les mobiles de l'auteur importent �galement, avec les autres crit�res de l'art. 63 CP, pour �valuer la gravit� de la faute et fixer la peine. Par cons�quent, en retenant ces �l�ments � la charge du recourant, les juges n'ont fait que de mesurer la peine d'apr�s sa culpabilit� et n'ont pas viol� le droit f�d�ral.
8.4 Le recourant n'invoque aucun autre grief en relation avec la peine. Il ne cite ainsi aucun �l�ment important, propre � modifier la peine, qui aurait �t� omis ou pris en consid�ration � tort. Quant aux �l�ments retenus (cf. arr�t du 19 octobre 2005 p. 2, 5, 6, 19 et 20), ils attestent d'une lourde culpabilit� et la peine inflig�e de 14 ans de r�clusion n'appara�t pas s�v�re au point de constituer un abus du pourvoi d'appr�ciation.
En conclusion, le pourvoi est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Comme il �tait d'embl�e d�pourvu de chances de succ�s, l'assistance judiciaire ne peut �tre accord�e (art. 152 al. 1 OJ) et le recourant, qui succombe, supportera les frais (art. 278 al. 1 PPF), dont le montant sera arr�t� en tenant compte de sa situation financi�re.