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Timestamp: 2017-01-21 19:53:04+00:00
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⭐Après la fabrication d une prothèse
Après la fabrication d une prothèse
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1 Novembre N 23 Une facture envoyée deux fois Après la fabrication d une prothèse dentaire, Monsieur X. règle la facture de 85 euros envoyée par le centre hospitalier. Il reçoit quelque temps plus tard une facture identique. Il contacte aussitôt l hôpital qui lui confirme que les soins sont effectivement payés. La relance n est qu un doublon : le service facturation affirme annuler immédiatement la deuxième demande de paiement. Mais plusieurs mois après, il reçoit une injonction de payer du Trésor Public. Inquiet, il se rapproche à nouveau de l hôpital. Sur les conseils du centre hospitalier, il n y donne toutefois pas suite. Monsieur X. reçoit alors un avis de passage de l huissier : il vérifie ses comptes bancaires et s aperçoit que ses comptes professionnels et personnels ont été bloqués, soit plus de 5000 euros saisis, pour une facture de 85 euros! Désemparé, il saisit le Médiateur de la République. Constatant le dysfonctionnement évident des services de l hôpital, la cellule d urgence, créée par le Médiateur au sein de ses services centraux, est intervenue auprès de l hôpital et a obtenu l annulation de la saisie et le remboursement des frais bancaires. Sommaire DOSSIER 2/3 Vers une nécessaire réforme de l indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles SYNERGIES 3 Jean-Pierre Brard, secrétaire de la Commission des finances à l Assemblée nationale SUR LE TERRAIN 4 Régions Bretagne et Corse L ACTUALITÉ 5/6 Lutter contre le malendettement Le mois prochain DOSSIER Le Médiateur et le milieu carcéral Accidents du travail et maladies professionnelles : l indispensable réforme Le système français d indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles, instauré il y a un siècle, a longtemps fait figure d avancée sociale significative. Ce n est plus la réalité aujourd hui : alors que la législation repose sur une indemnisation forfaitaire, les victimes parviennent désormais à obtenir une réparation intégrale des préjudices subis. Il est donc urgent de réformer et d unifier le système, ainsi que le propose le Médiateur de la République. ÉDITORIAL Prendre en compte les accidents de la vie Il n est sans doute pas inutile de rappeler,à une époque où l on parle tant de risque zéro et de principe de précaution,que la notion même de risque est inséparable de la condition humaine. Vivre,c est se mettre en danger ;aimer, c est risquer d être repoussé ; travailler, produire, créer, décider, c est prendre constamment le risque d échouer. Bien sûr, on comprend que nos sociétés cherchent à mettre en place différents systèmes de protection assurant, de la naissance à la mort,une sécurité maximale face aux aléas de l existence.mais il nous faut bien avoir conscience qu elle ne pourra jamais être absolue et qu aucun dispositif,aussi complet soit-il,ne peut exonérer les individus de leur propre responsabilité. Il y a donc en permanence un point d équilibre à trouver entre la protection due à tous,et en particulier aux plus faibles,et l exercice par chacun de sa propre liberté. On doit avoir ce «compromis social» à l esprit quand sont évoquées des questions telles que les accidents du travail ou les maladies professionnelles.le système français actuel,mis en place il y a plus d un siècle, était fondé sur les principes de la présomption d imputabilité à l employeur et de l indemnisation quasi-automatique,mais limitée et forfaitaire,du préjudice subi.ces principes,qui étaient avantageux à l origine pour les victimes,le sont moins en raison de l évolution du droit Suite du dossier pages 2 et 3 commun de la responsabilité. En outre, les conséquences de certaines maladies professionnelles,je pense par exemple à celles liées à l exposition à l amiante,sont sans commune mesure avec les situations antérieures. C est pourquoi je souhaite que notre système soit réformé, afin d éviter les inégalités flagrantes auxquelles on assiste en matière de réparation due aux victimes.la responsabilité à prendre en compte en ce domaine est bien celle de l employeur qui est,plus que le salarié,en mesure de déterminer le cadre du travail,ses conditions et la dangerosité de ce travail. C est dans le même esprit que l on doit aborder le problème du surendettement, phénomène social massif puisqu il touche plus d un million de foyers dans notre pays.la question est suffisamment complexe pour que j aie souhaité qu elle fasse l objet d une présentation dans ce numéro.évitons la position facile qui consisterait à dire qu il n y a que des victimes les endettés et des «prédateurs»,les organismes de crédit.le surendettement est souvent un «malendettement»,favorisé certes par la facilité avec laquelle sont accordés certains crédits à la consommation, mais causé aussi par la fragilité personnelle.il n en reste pas moins qu il est dans la majorité des cas provoqué par l un de ces accidents de la vie chômage,divorce,décès d un conjoint auxquels chacun de nous peut être confronté et qu il est un accélérateur d exclusion. C est un chantier qu il va nous falloir très vite, pour cette raison, prendre à bras-le-corps. Jean-Paul Delevoye Médiateur de la République Franz Pfluegl 12 DOSSIER Vers une nécessaire réforme de l indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles Le régime français repose sur une indemnisation forfaitaire, avec un système de preuve très favorable au salarié, puisque la maladie ou l accident est automatiquement présumé «imputable» à l activité. À l origine, ce principe était avantageux pour les victimes. Mais aujourd hui, avec le développement de la jurisprudence en faveur de l indemnisation des victimes et des fonds d indemnisation, le régime de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles est devenu moins avantageux par rapport au droit commun de la responsabilité. Il convient donc de reconsidérer le système, afin d éviter des inégalités de réparation entre les victimes. Quelle protection pour le collaborateur occasionnel du service public? L arrêt Cames du Conseil d État du 21 juin 1895 a garanti la réparation des accidents du travail ou de service aux agents publics, collaborateurs permanents des services publics, précédant et ouvrant la voie à la loi du 9 avril 1898 sur la réparation des accidents du travail. Les collaborateurs permanents des services publics ont ainsi obtenu, jusqu à une date récente, réparation des dommages qu ils subissaient sur la base d un forfait de pension. Mais ce système initialement favorable aux agents publics devenant injuste, un arrêt d assemblée du Conseil d État du 4 juillet 2003 a admis, tout en maintenant la règle du forfait réparant l atteinte à l intégrité physique, la réparation des préjudices non couverts par le forfait (souffrances physiques et morales, troubles dans les conditions d existence et perte de chance) et ouvert la possibilité d une action fondée sur le droit commun de la responsabilité. Le régime de la responsabilité résultant de l arrêt Cames du 21 juin 1895 continue toutefois de bénéficier aux collaborateurs permanents de l administration dans des cas, certes exceptionnels, où le préjudice anormal et spécial rompt le principe d égalité devant les charges publiques. Ce régime a trouvé une extension aux cas des collaborateurs occasionnels ou bénévoles du service public, par un arrêt Commune de Saint-Priest-la-Plaine du 22 novembre Il s applique aux personnes qui interviennent directement et «en tant que particulier» dans l exécution d un service public, par exemple le sauvetage, à l exclusion de tout autre lien. Les services du Médiateur de la République ont eu à connaître d un cas touchant à la protection d un collaborateur occasionnel du service public. La question était de savoir si un collaborateur occasionnel même rémunéré du service public ou, le cas échéant, ses ayants droit, peut, du fait de sa participation à ce service, bénéficier d une protection au moins équivalente à celle désormais accordée au collaborateur permanent rémunéré et au collaborateur bénévole. Cette position a été défendue par les services du Médiateur, mais n a pas prévalu devant l administration. Elle semble pourtant devoir trouver elle aussi une solution conforme au principe d équité qui avait prévalu dans la mise en place de ce régime. Le régime actuel d indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP), mis en place par la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail et complété par la loi du 25 octobre 1919 sur les maladies professionnelles, repose sur un «compromis social» entre les intérêts des salariés et ceux des employeurs. Le système de couverture des risques professionnels prévoit, en effet, que les salariés bénéficient d une «présomption d imputabilité» du préjudice au travail et d une indemnisation automatique par les organismes de sécurité sociale. En contrepartie, le montant de l indemnisation est limité de manière forfaitaire. Ils ne peuvent intenter d action en justice à l encontre de leur employeur pour obtenir une indemnisation complémentaire, que dans les cas de faute inexcusable ou intentionnelle (article L du Code de la Sécurité sociale). Dans le secteur public, le Conseil d État a également posé la règle du forfait de pension, par un avis datant de 1905 : en cas d accident du travail, l agent public titulaire perçoit une indemnisation forfaitaire sans avoir à prouver une faute de l employeur ; en contrepartie, il ne peut prétendre à aucune autre réparation. Un avantage remis en cause Initialement, ce régime particulier d indemnisation constituait une avancée sociale, en permettant à la victime d obtenir une réparation dans des conditions plus avantageuses que celles permises par le droit commun de la responsabilité civile. Mais cet avantage est actuellement remis en cause par les évolutions du droit commun de la responsabilité et l instauration, par le législateur, de modalités d accès simples et rapides à l indemnisation, à travers la création de fonds. Marcin Balcerzak En effet, face à l émergence de risques sociaux, des politiques actives de prévention et d indemnisation ont été mises en place dans des domaines très divers : les accidents de circulation, de chasse, les infractions, les actes de terrorisme, les contaminations liées à la transfusion sanguine, les dommages dus à l amiante et les accidents médicaux ont ainsi suscité la création de régimes d indemnisation ad hoc, garantissant aux victimes une réparation intégrale de leurs préjudices et évitant la multiplication des contentieux. Autre évolution : la jurisprudence. En consacrant au cours du XX e siècle des régimes de responsabilité basés sur une présomption de faute ou non liés à la démonstration d un comportement fautif, elle a considérablement assoupli les conditions de mise en œuvre de la responsabilité civile ou administrative. De ce fait, le recours au droit commun de la responsabilité, qui permet d obtenir une réparation intégrale des préjudices, est devenu plus avantageux que le système d indemnisation prévu par la législation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Par ailleurs, le législateur a créé des voies spécifiques d indemnisation pour certaines victimes d accidents du travail et maladies professionnelles et provoqué l apparition d inégalités entre celles-ci. Ainsi, l article L du Code de la Sécurité sociale énonce que la victime d un accident de la circulation, intervenu sur une voie publique ouverte à la circulation et constituant également un accident du travail, peut se prévaloir des dispositions de la loi du 5 juillet 1985, relative à l indemnisation des victimes d accidents de la circulation. Autre exemple : les victimes de maladies professionnelles liées à l amiante disposent, depuis la création fin 2000 d un fonds d indemnisation spécifique FIVA, de la possibilité d obtenir la réparation intégrale de leurs préjudices. Unifier les différentes modalités de réparation En conséquence, les victimes d accidents du travail et de maladies professionnelles relevant du secteur privé peuvent désormais, en fonction des circonstances du dommage, obtenir réparation : Gabriel Ciscardi 23 SYNERGIES Questions à Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis, secrétaire de la Commission des finances à l Assemblée nationale, rapporteur spécial des crédits de la direction de l action du gouvernement, coordination du travail gouvernemental, journaux officiels, maire de Montreuil. soit par les caisses primaires d assurance maladie dans le cadre de la législation AT-MP (réparation forfaitaire et automatique) ; soit par les caisses primaires d assurance maladie et les tribunaux des affaires de Sécurité sociale (pour obtenir une réparation complémentaire, en cas de faute inexcusable ou intentionnelle) ; soit par le fonds de garantie automobile, en cas d accident de la circulation (il s agit alors d une réparation intégrale des préjudices) ; soit par le fonds d indemnisation des victimes de l amiante (réparation intégrale des préjudices). Face à ces différences de situation, la jurisprudence a évolué ces dernières années, afin de permettre à l ensemble des victimes de bénéficier d une réparation intégrale. En ce qui concerne les agents titulaires de la fonction publique, le Conseil d État a d abord assouplit la règle du forfait de pension (CE, 15 décembre 2000, Bernard, Castanet), avant d aller plus loin, par une décision d assemblée en date du 4 juillet 2003 («Mme Moya-Caville»): il a admis à la fois la possibilité de réparation des préjudices non strictement pécuniaires (pretium doloris, troubles dans les conditions d existence) sur la base d une responsabilité sans faute et une voie de réparation intégrale en cas de faute de l administration. De son côté, la Cour de cassation a redéfini, en les assouplissant, les critères de qualification de la «faute inexcusable» (28 février 2002, société Eternit). Désormais, tout manquement de la part de l employeur à son obligation de sécurité de résultat est constitutive d une faute inexcusable lorsque celui-ci «avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu il n a pas pris les mesures nécessaires pour l en préserver.» Il convient donc de mettre fin à la disparité des régimes d indemnisation selon les causes du dommage, en alignant le régime d indemnisation des réparations des accidents du travail et des maladies professionnelles sur le droit commun de la responsabilité. Vous êtes rapporteur spécial de la Commission des finances, pouvez-vous nous expliquer les spécificités de cette mission au sein de l'assemblée nationale? La Commission des finances de l'assemblée nationale a désigné,parmi ses membres,quarante-deux rapporteurs spéciaux qui, toute l année, sont chargés de suivre l'exécution budgétaire des crédits correspondant à leurs secteurs de compétence respectifs.au-delà de leur rôle au cours de la discussion budgétaire au Parlement à l'automne, où ils présentent et analysent les crédits devant la Commission et en séance publique, ils disposent de prérogatives de contrôle, sur pièces et sur place. Ils sont les interlocuteurs naturels, pour le Parlement, des secteurs qui relèvent de leur compétence. C est dans ce contexte que j ai été nommé rapporteur spécial,au nom de la Commission des finances,des crédits de la «direction de l'action du gouvernement;coordination du travail gouvernemental, journaux officiels». Dans le cadre des prérogatives des parlementaires en matière de contrôle budgétaire, les documents et les renseignements destinés à permettre l'exercice de ce contrôle sont communiqués par les autorités compétentes au rapporteur spécial de la Commission des finances chargé du budget du département ministériel dont il s'agit, ou auquel se rattachent les entreprises nationales et les sociétés d'économie mixte intéressées. Enfin, les travaux des rapporteurs peuvent être utilisés pour les rapports faits par les commissions sur la loi de finances et la loi de règlement.ils peuvent, en outre, faire l'objet de rapports d'information établis par les rapporteurs spéciaux de la Commission des finances. Dans le cadre de cette mission, vous vous êtes rendu au siège du Médiateur de la République le 19 septembre dernier. Quel jugement portez-vous sur le fonctionnement de cette institution? J'ai effectivement eu l'occasion d'aller effectuer un contrôle sur place à la Médiature de la République, car ses crédits dépendent de ce programme budgétaire.j'ai pu constater que l'institution s'était remarquablement bien adaptée à la mise en oeuvre de la Lolf, en s efforçant, sous l'impulsion de M. Jean-Paul Delevoye, d améliorer l efficacité que les citoyens sont en droit d attendre de la Médiature. J'estime que les crédits affectés à l'institution (près de 11 millions d'euros en 2007) sont bien utilisés et qu'ils permettent au Médiateur, à ses services et à ses délégués départementaux de mener à bien leur mission de médiation entre les citoyens et l'administration,tout en proposant des pistes de réforme pertinentes,telles que le rapprochement des services du Médiateur de nos concitoyens et le soutien au développement de médiations locales. J'estime que les crédits affectés à l'institution (près de 11 millions d'euros en 2007) sont bien utilisés et qu'ils permettent au Médiateur, à ses services et à ses délégués départementaux de mener à bien leur mission de médiation entre les citoyens et l'administration, tout en proposant des pistes de réforme pertinentes. Quel regard portez-vous sur la médiation en tant que parlementaire et élu local? La médiation est un outil essentiel de prévention et de régulation de conflits ou de dysfonctionnements institutionnels et sociaux, découlant de la vie en collectivité. Dans ce contexte, tout élu, et en particulier le maire, est confronté, dans l exercice de ses fonctions, à une série de problèmes tels que le règlement des litiges entre les citoyens et les administrations, mais également les conflits de voisinage (parfois liés aux incivilités), etc. Au niveau des grandes villes,ces difficultés ont tendance à s amplifier et à se complexifier alors que,dans le même temps, les citoyens attendent de leur maire qu il remplisse de plus en plus le rôle de médiateur dans sa collectivité. Dans ce contexte, je ne peux que partager l analyse de Jean-François Six (Le temps des médiateurs, Ed.Le Seuil) pour lequel la médiation devrait se décliner sous quatre formes : créatrice, qui a pour but de susciter, entre des personnes ou des groupes, des liens nouveaux ; rénovatrice, qui réactive des liens distendus ; préventive, pour éviter l éclatement d un conflit ; curative, pour aider les parties en conflit à trouver une solution. Grâce à l entremise d un tiers, la collectivité se dote d un interlocuteur en capacité d arbitrer et de participer à une structuration de l espace public et à un renforcement des liens sociaux. Dans ma ville, à Montreuil, ce sont sept bénévoles qui traitent des conflits de voisinage et des litiges avec les administrations.les médiateurs essaient d apaiser les conflits ou d y trouver des issues. Les interventions de conciliation et les solutions à l amiable entre les personnes,que trouvent les médiateurs de la ville de Montreuil,avec les sociétés commerciales ou les administrations,peuvent parfois éviter des procédures lourdes et coûteuses. Enfin, la médiation m apparaît également comme un instrument de pédagogie et de transmission, permettant de faire entendre raison, expliquer,traduire,éclairer le sens de l action,les intentions et conséquences, sensibiliser à l action publique. Elle est aussi un instrument de démocratie locale,de partage de la responsabilité, une manière d associer les habitants à la décision politique, aux difficultés qu elle soulève, aux compromis ou aux concessions qu elle nécessite. Je tiens d ailleurs à saluer le travail mené en ce sens par les services et personnels du Médiateur de la République.La médiation est un instrument de résolution amiable des conflits et des petits litiges,de justice de proximité,par où la réparation du lien social est possible. La médiation est enfin un instrument de dialogue et j ai pu apprécier le sens du dialogue de M. Delevoye et son enthousiasme pour renouveler la vision et la pratique de la médiation. 34 SUR LE TERRAIN Régions Bretagne et Corse BRETAGNE CORSE Une présence adaptée aux spécificités des territoires Bretagne : avec onze délégations et treize points d accueil du public sur quatre départements, la représentation de l Institution en Bretagne exprime bien la démarche d adaptation aux spécificités des territoires, que le Médiateur de la République a souhaité adopter pour organiser ses réseaux locaux. La diversification progressive des sites de permanence tient compte, naturellement, de la démographie mais aussi de l organisation administrative des départements, ainsi que des besoins propres aux grandes agglomérations. C est ainsi qu ont été successivement créées, en plus des implantations traditionnelles dans les préfectures, les délégations de Lorient, Saint-Malo et Brest, mais aussi les quatre points d accueil qui permettent de desservir les quartiers périphériques de l agglomération de Rennes. Les onze délégués bretons traitent un peu plus de 2000 affaires par an, dont 55 % d informations/orientations et 45 % de réclamations. Corse : les deux délégués tiennent leurs permanences dans les deux préfectures d Ajaccio et de Bastia et traitent environ 250 affaires par an (53% de réclamations et 47% d informations/ orientations). Côtes-d Armor 1 Denise Perennes CHEF DE BUREAU - RETRAITÉE Préfecture des Côtes-d Armor Place du Général-de-Gaulle Saint-Brieuc Tél. : Fax : Permanences : mardi et jeudi matin Finistère 2 Jean Appéré CONSERVATEUR DES HYPOTHÈQUES RETRAITÉ Point d information médiation multiservices 6 rue Sisley Brest Tél. : Fax : Permanence : jeudi matin 3 Sous-préfecture de Brest 3 rue Parmentier Brest Tél. : Fax : Permanence : mercredi matin 2 3 Brest Quimper 4 Finistère 4 Jean-Yves Jumel RECEVEUR DES FINANCES - RETRAITÉ Préfecture du Finistère 4 rue Sainte-Thérèse Quimper Tél. : Fax : Permanences : mardi et jeudi matin Saint-Brieuc Côtes-d Armor BRETAGNE Morbihan Lorient 11 1 Vannes 12 Saint-Malo 6 10 Ille-et-Vilaine Rennes Ajaccio 2b Haute-Corse CORSE Bastia 14 2a Corse du Sud Ille-et-Vilaine 5 Anthony Bertrand CLERC D HUISSIER DE JUSTICE L Espace social commun 7 boulevard de Yougoslavie Rennes Tél. : Fax : Permanences : mardi et jeudi après-midi 6 Joseph Hobl SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SOUS-PRÉFECTURE Sous-préfecture de Saint-Malo 2 rue Toullier Saint-Malo Tél. : Permanences : lundi et mercredi de 17h à 19h Jeudi et samedi matin 7 François-Pierre Lotoux VICE-PRÉSIDENT DE TRIBUNAL ADMINISTRATIF - RETRAITÉ Pôle municipal sud-ouest 81 boulevard Albert 1 er Rennes Tél. : Permanence : mardi après-midi 8 CAF d Ille-et-Vilaine Cours des Alliés Rennes Cedex 9 Tél. : Permanence : mercredi après-midi 9 Antoine Marino CADRE SNCF - RETRAITÉ Direction des quartiers Nord-Est Centre commercial Europe 32 rue de Trégain Rennes Tél. : Fax : Permanences : mercredi et vendredi matin 10 Noël Renard COMMANDANT DE POLICE - RETRAITÉ Espace Bougainville Rue du Grand Passage Saint-Malo Tél. : Fax : Permanences : jeudi après-midi et mardi matin Morbihan 11 Corse Henri Barbu OFFICIER GÉNÉRAL (MARINE NATIONALE) - RETRAITÉ Sous-préfecture de Lorient Quai de Rohan Lorient Tél. : Fax : Permanence : mercredi 12 Georges Camps DIRECTEUR RÉGIONAL DES SERVICES PÉNITENTIAIRES - RETRAITÉ Préfecture du Morbihan Place du Général-de-Gaulle Vannes Tél. : Fax : Permanence : mardi 13 Catherine Bucchini CHEF DE BUREAU (PRÉFECTURE) Préfecture de la Corse-du-Sud Palais Lantivy Ajaccio Tél. : Fax : Permanences : du lundi au vendredi sur RDV 14 Georges Bonifaci CHEF DE BUREAU (PRÉFECTURE) Préfecture de la Haute-Corse Rond Point du Maréchal-Leclerc-de- Hautecloque Bastia Tél. : Permanence : mardi et jeudi après-midi Contact : Médiateur de la République - 7, rue Saint-Florentin, Paris - Tél. : Fax : Médiateur Actualités, le journal du Médiateur de la République paraît 10 fois par an Éditeur : le Médiateur de la République Directeur de la publication : Bernard Dreyfus Rédacteur en chef : Christian Le Roux Rédactrice en chef adjointe : Christine Tendel, assistée de Claire Lancry Secrétariat de rédaction : Marie-Jeanne Jacquet Comité de rédaction : Michel Sironneau, Nathalie Fichet, Martine Timsit, Jean-François Gratieux, Éliane Strub, Serge Petit, Jean-Michel Rougié, Marie-Catherine Haon, Francine Delval, Fabien Métayer, Marine Calazel, Gilbert Cervoni Réalisation : Sphère Publique - 34, avenue de Messine Paris Dépôt légal : 4 e trimestre M ÉDIATEUR 4 A CTUALITÉS5 L ACTUALITÉ Poursuivie en vertu de la responsabilité solidaire de paiement entre époux euros : c est le montant de la dette fiscale réclamée à Mme P. en raison d omissions dans les déclarations de revenus liés à l activité professionnelle de son ex-mari, entre 1992 et Cette dette lui incombe en vertu de la responsabilité solidaire de paiement, à laquelle elle est tenue par l article du Code général des Impôts. En situation de précarité depuis son divorce, Mme P. décide d exercer tous les recours à sa disposition. Elle saisit d abord le trésorier-payeur général du lieu de son domicile. Mais ses motivations ne sont que très partiellement admises. Elle reste redevable de euros, somme qui excède encore ses facultés de paiement. Mme P. demande alors au tribunal administratif d annuler la décision du trésorier-payeur général. Mais le tribunal ne retient pas ses arguments et confirme le bien-fondé de la décision. Madame P. saisit finalement la cour administrative d appel, qui lui donne cette fois raison : le jugement de première instance et la décision du trésorier-payeur général sont annulés. Une réforme trop inégalitaire Les nouveaux textes sur la carrière des fonctionnaires territoriaux de catégorie C se sont efforcés d adapter les possibilités de reclassement des agents venant d être titularisés, en fonction de leur corps d origine : fonctionnaires, agents non-titulaires de droit privé ou salariés du privé. L objectif était d encourager l embauche de salariés du privé dont l ancienneté n était auparavant pas prise en compte. Il existe désormais trois possibilités de reclassement : pour les anciens fonctionnaires, reprise des services effectifs ; pour les personnes non titulaires de la fonction publique, reprise des 3/4 des services ; pour les agents venus du privé, reprise de la moitié des services. Parallèlement, les échelles indiciaires ont été remodelées, entraînant le reclassement des intéressés dans une Compte tenu de cet arrêt, Madame P. sollicite immédiatement un réexamen de sa demande de décharge de responsabilité auprès du trésorier-payeur général. Ce dernier transmet sa requête au directeur des services fiscaux, qui l analyse comme un recours gracieux. Il instruit donc cette réclamation en exerçant son pouvoir d appréciation, selon les dispositions de l article L. 247 du livre des procédures fiscales, ce qui le conduit à prononcer une décision de rejet non motivée. Surprise par la démarche du trésorier-payeur général visant à transformer sa demande en remise gracieuse, Mme P. a saisi le Médiateur de la République. Celui-ci est intervenu auprès du directeur général de la comptabilité publique pour demander que la situation de la requérante soit examinée, conformément à la décision rendue par la cour administrative d appel, d annuler la mesure prise par le trésorier-payeur général, au motif qu il avait commis une erreur manifeste d appréciation, étant précisé que le décès de l ex-mari restait sans incidence sur les procédures. Le directeur général de la comptabilité publique a accordé à Mme P. la décharge totale des impositions restant dues. position qui, à première vue, peut paraître défavorable, même si l absence de perte financière a été garantie. Ainsi, un fonctionnaire territorial de catégorie C au 3 e échelon de son grade a été reclassé au 1 er échelon, avec la moitié de son ancienneté acquise, alors qu un salarié venant du privé a été reclassé au 5 e échelon, parce qu il avait effectué vingtdeux années de service dans le privé. Certes, le reclassement de l ancien fonctionnaire s est accompagné, en contrepartie, d un gain indiciaire non négligeable et l ancienneté retenue lui permettra un avancement rapide au 2 e échelon, mais ces mesures ont été perçues comme injustes. Les nouveaux textes ont également eu un effet pervers : ils ont en réalité provoqué un ralentissement des embauches des agents issus du privé, compte tenu du coût, surtout pour les petites communes. Le Médiateur propose donc une modification des textes, en limitant à cinq années la reprise de l ancienneté des services effectués dans le privé, comme pour les militaires. Le but étant bien de créer des passerelles intéressantes entre le privé et le public, mais sans dévaloriser les anciens fonctionnaires. La France condamnée par la Cour européenne des Droits de l Homme pour «grave négligence administrative» En 1970, un propriétaire est mis en demeure par sa commune de réaliser des travaux de consolidation sur des remparts qui entourent sa maison, située sur le terrain d un ancien château féodal. Saisie par le propriétaire, la justice administrative annule les arrêtés municipaux. À la suite de ces décisions, la Ville assigne l État en intervention forcée, afin de déterminer à qui appartiennent les remparts. En 1985, la procédure court toujours. La Ville, qui a finalement entrepris les travaux de restauration, décide d en garantir le montant en prenant une hypothèque sur la maison. Privé de la jouissance de son bien, le propriétaire est contraint de souscrire un emprunt et se retrouve surendetté, au point que l une de ses banques fait saisir et vendre aux enchères la maison. Ce n est qu en mai 2000, soit 30 ans plus tard, que la justice conclut enfin que les remparts appartiennent à l État. En effet, ils sont rattachés par accessoire au château féodal, luimême inscrit sur le tableau des propriétés de l État établi en 1926 comme étant affecté au ministère de l Instruction publique et des beaux-arts depuis 1856 Council of Europe Saisie par le propriétaire sur le fondement de l article 1 du Protocole 1 qui dispose que «toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens», la CEDH a estimé, dans un arrêt du 27 juin 2006, que les autorités nationales avaient effectivement violé ce Protocole. Elle a considéré que l État français avait tenté de nier l évidence juridique de son statut de propriétaire des remparts pendant 30 ans et que cette «grave négligence administrative» constituait «une erreur de droit» qui lui est «entièrement imputable». La France a été condamnée à verser au requérant euros pour dommage moral, frais et dépens. Affaire Mazelié c. France, requête n 5356/04. Les inconvénients de l insuffisante harmonisation des régimes de retraite Mme C. a élevé seule ses deux enfants, son mari ayant quitté le foyer conjugal en Après son décès en 2003, elle sollicite le bénéfice d une pension de réversion auprès de la Caisse de prévoyance et de retraite de la SNCF, à laquelle il était affilié. Cette pension lui est refusée, au motif qu elle vivait en concubinage notoire à l époque du décès de son époux et que l article 17 du règlement des retraites de la SNCF exclut du bénéfice de la pension de réversion les épouses séparées vivant en concubinage au moment du décès de l ancien agent. Le délégué du Médiateur de la République, saisi par l intéressée, sollicite la caisse de retraite pour obtenir une clarification des éléments retenus et l informe de la situation précaire de la requérante, vivant seule depuis 2004 et au chômage. Un nouvel examen du dossier débouche sur l attribution d une pension de réversion calculée selon les bases du régime général. En effet, dans ce régime, la condition d absence de remariage en cas de séparation, divorce, PACS ou concubinage n existe plus. Selon les règles de coordination existant en matière d assurance vieillesse, il est effectivement prévu de garantir aux ayants droit des régimes spéciaux de retraite, des avantages au moins équivalents à ceux qu ils auraient recueillis du régime général. La Caisse précise également à Mme C. qu elle pourra demander le réexamen de sa situation au regard du régime spécial de la SNCF, lorsqu elle atteindra 60 ans. Si les conditions requises sont remplies à cette date pour rétablir ses droits, la pension de réversion SNCF pourra lui être versée dans son intégralité et se substituera au paiement de la pension moindre du régime général! Privé d inscription en Master avec 15,91 de moyenne! Au cours de l été dernier, l attention du délégué du Gard est appelée sur la situation d un étudiant qui s est vu refuser son inscription en Master 2 professionnel «communication et média» à l université Paris II. En cause, deux attestations erronées de l université Paul Valéry de Montpellier III, dont il dépendait jusque-là. Le premier document indique, en effet, qu il a été ajourné à la première session pour deux épreuves et absent pour motif injustifié à une autre, alors qu il était présent à l ensemble des épreuves. L étudiant demande alors une attestation rectificative. Mais celle-ci comporte à nouveau des erreurs, stipulant notamment qu il aurait participé à la deuxième session au lieu de la première. Ces deux attestations erronées conduisent donc au refus de son inscription en Master alors qu il a obtenu, dès la première session, une moyenne de 15,91! Face à cette situation, le délégué du Médiateur a demandé le concours d une chargée de mission du siège et, après intervention rapide auprès des services concernés, l étudiant malchanceux a été rétabli dans ses droits et a pu s inscrire à la formation à laquelle il postulait. Ce cas est emblématique du partenariat entre un délégué et le siège, qui concourt à une meilleure efficacité de l action de médiation. 56 L ACTUALITÉ Lutter contre le malendettement Le surendettement des particuliers concerne plus d 1 million de foyers. Pour mieux saisir ce phénomène et évaluer les solutions, le Médiateur de la République a multiplié les rencontres avec les acteurs institutionnels et de terrain qui se préoccupent de ce problème complexe*. Si des sujets restent encore en débat, telle l opportunité ou non de mettre en place un «fichier positif» (voir encadré), ces échanges ont fait ressortir des constats communs et des réformes souhaitables. Un accompagnement social nécessaire Ainsi, beaucoup reste à faire pour améliorer l accompagnement social du surendetté : cet aspect est déterminant, tant pour prévenir le surendettement que pour favoriser la réinsertion des personnes ayant basculé dans cette réalité. La typologie des surendettés, qui s est fortement modifiée au fil du temps, montre que les difficultés sociales entraînées par des «accidents de la vie», perte d un emploi, maladie, séparation affective, sont à l origine de l écrasante majorité des situations de surendettement : 73 % (en progression de 9 points depuis 2001). La part du surendettement «actif», lié à un abus de crédits, est passée quant à elle de 19 % à 14 % dans ce même intervalle. Mais peut-on réellement opérer une telle distinction aussi simplement? Comment, en effet, classer les personnes qui, victimes d un accident de la vie, s endettent via des crédits revolving pour faire reculer l échéance? Autre évolution notable : la proportion grandissante de personnes âgées parfois devenues surendettées pour avoir soutenu un proche ou de parents isolés, témoignant de la précarisation des familles monoparentales. Bien que prévu par la loi, le suivi social du débiteur est encore très lacunaire et se trouve essentiellement assumé par des associations qui ont su mettre en œuvre des actions innovantes et performantes (voir encadré). Le rôle des commissions de surendettement n est théoriquement pas de procéder à cet accompagnement social mais de traiter la situation financière. Elles s y emploient cependant par le soutien qu elles apportent aux personnes surendettées et les contacts qu elles établissent avec les travailleurs sociaux. En outre, la loi du 1 er août 2003, qui a instauré la procédure de rétablissement personnel, a pertinemment intégré un professionnel du secteur social dans chacune de ces commissions. Les initiatives des pouvoirs publics dans ce domaine doivent s intensifier. Les orientations du comité interministériel de lutte contre l exclusion du 12 mai dernier, visant à renforcer l accompagnement social des ménages surendettés, méritent d avoir une traduction rapide et concrète. Les départements ont aussi leur rôle à jouer. Il apparaît qu une attention particulière devrait être accordée aux moyens de favoriser le maintien du débiteur dans son domicile, la perte du logement (sous l effet d une mesure de vente ou d expulsion) constituant un pas supplémentaire vers une exclusion durable. Accélérer le traitement des dossiers Plusieurs aménagements pourraient être apportés aux procédures de traitement du surendettement pour faciliter la tâche des commissions et des juges et réduire les délais de traitement des dossiers. Le juge de l exécution devrait être autorisé à procéder, dans un même jugement, à l ouverture et la clôture de la procédure de rétablissement personnel, si la situation de l intéressé montre, de façon évidente, qu il n y a aucune capacité de remboursement des dettes par insuffisance d actifs. Il devrait lui être également permis de soulever d office les moyens tirés du défaut de respect des dispositions protectrices du consommateur. Il conviendrait encore de renforcer l information du débiteur sur les conséquences de la procédure de rétablissement personnel, notamment quant aux biens soumis à liquidation. Le moment de la suspension des poursuites à l égard du débiteur gagnerait aussi à être éclairci ; il semblerait logique que cette suspension intervienne dès la déclaration de recevabilité du dossier de surendettement. Le travail en réseau, qui tend à se développer, est un facteur essentiel pour harmoniser la doctrine et les pratiques des commissions de surendettement, faciliter les convergences d approches entre celles-ci et les magistrats, ainsi que pour créer des liens avec les travailleurs sociaux et le milieu associatif. Prévenir la rechute Éviter l aggravation du surendettement et la rechute du débiteur constitue enfin un enjeu majeur, qui suppose de donner un contenu effectif au suivi social, notamment en offrant un accès maîtrisé au micro crédit social pour le financement d un projet professionnel ou familial. Cet objectif doit également conduire à rectifier les effets contre-productifs du fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), dans lequel figurent pendant de longues années les personnes surendettées. darek2u Quel fichier pour répondre au surendettement? Il existe deux sortes de fichiers pour lutter contre le malendettement. Le premier dit «négatif» qui concerne les incidents de paiement, est le seul à s appliquer en France ; quant au second dit «positif», présent dans neuf pays européens, la question de sa création fait actuellement débat. Fichier négatif, outil qu il convient d améliorer Géré par la Banque de France, le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) intervient en aval des procédures de surendettement. Il recense en effet les incidents de paiement caractérisés ainsi que les mesures prises, par voie conventionnelle ou judiciaire, dans le cadre des procédures de règlement du surendettement. L harmonisation des durées d inscription (qui varient de 5 à 10 ans), l assouplissement des modalités de radiation ainsi que la lutte contre les usages abusifs du FICP par les banques ou les créanciers, sont autant de pistes de réforme proposées par le Médiateur au gouverneur de la Banque de France et aux pouvoirs publics. Faut-il créer un fichier positif en France? Ce fichier a pour objectif de recenser les encours de crédits utilisés par les particuliers. Aujourd hui, la question de sa création divise. Les défenseurs du fichier positif le perçoivent comme un outil pour prévenir, en amont, le surendettement en responsabilisant plus efficacement les organismes de prêt, tout en assainissant leurs relations au client. Ses détracteurs font valoir les risques de détournement à des fins commerciales, la lourdeur du dispositif et craignent aussi les atteintes aux libertés individuelles. Pour l ensemble de ces raisons, le Médiateur de la République se rendra en Belgique en novembre pour juger de la pertinence d un tel outil. Le modèle belge, géré par la Banque nationale, semble en effet être exemplaire tant au niveau de la prévention que du respect des libertés. À l issue de cette visite, au cours de laquelle Jean-Paul Delevoye souhaite rencontrer également les représentants du gouvernement et les associations de consommateurs, il réunira les défenseurs et les opposants d un fichier positif à la française. * Banque de France, commissions de surendettement, Comité d évaluation de la procédure de rétablissement personnel présidé par Guy Canivet, Association nationale des juges d instance, Conseil économique et social, Fédération bancaire française, associations de consommateurs ou spécialisées dans la prévention et l accompagnement du surendettement. Le «terrain» au service du bon sens Deux exemples d associations qui proposent des solutions concrètes. Jean-Paul Delevoye s est rendu à Laon (Aisne) le 3 octobre pour rencontrer les animateurs de Passerelle. Ce dispositif solidaire vise à «remettre en selle» des personnes fragilisées par un accident de la vie à travers un dispositif d accueil, de conseil, de médiation et d accompagnement. Créé en 1997 par le Crédit Agricole du Nord-Est, il s est développé dans toute la France et compte aujourd hui 35 points. L association joue, dans 90 % des cas, un rôle de médiation face aux créanciers pour bâtir un plan de redressement financier et peut se prévaloir d un taux de réussite de 80 %. Seulement 10 % des personnes s adressant à Passerelle nécessitent de souscrire un nouveau crédit. Souvent harcelés par les organismes de «crédit revolving», ces personnes en difficulté trouvent, chez les animateurs, des soutiens psychologiques et financiers. C est le cas d Anne-Marie, qui s est endettée de euros pour payer les frais médicaux nécessaire à la prise en charge de sa fille de 18 ans, devenue handicapée à la suite d un accident cérébral. Son témoignage bouleversant et digne a permis au Médiateur de la République de mieux appréhender la situation de ces victimes. CRESUS est une association participative, née en 1992 du constat des lacunes dans l'application du système actuel de traitement du surendettement. Permanents et bénévoles accueillent chaque année près de 1500 nouveaux membres et 9500 ménages bénéficient de son aide dans neuf départements. Outre une activité juridique et financière, l association met aussi l accent sur l accompagnement social et psychologique, notamment à travers des groupes de parole mensuels. En compagnie de son délégué, Jean-Louis Kiehl, vice-président de CRESUS, le Médiateur de la République s est rendu à Strasbourg le 20 septembre pour une réunion de travail avec ces acteurs de terrain. Il a pu dialoguer avec celles et ceux qui accueillent, informent et conseillent les personnes en situation de surendettement. L association s est engagée récemment dans deux nouvelles actions. Elle propose la mise en place de micro crédits sociaux pour les personnes en situation d exclusion : un jeune homme, SDF pendant 5 ans, a ainsi pu retrouver un emploi et un logement. L association réalise aussi, à titre expérimental, des journées «d éducation à l argent» auprès des salariés d un grand groupe français. Selon Jean-Paul Delevoye, ces mesures «de bon sens», d initiative privée, doivent inspirer les pouvoirs publics pour enfin éradiquer la spirale du surendettement. 6 Montrer encore
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