Source: http://docplayer.fr/18261082-Citation-commission-de-l-assurance-emploi-du-canada-c-m-d-2015-tssda-892-commission-de-l-assurance-emploi-du-canada-m-d.html
Timestamp: 2018-11-15 18:12:37+00:00
Document Index: 138190375

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Citation : Commission de l assurance-emploi du Canada c. M. D., 2015 TSSDA 892. Commission de l assurance-emploi du Canada M. D. - PDF
Download "Citation : Commission de l assurance-emploi du Canada c. M. D., 2015 TSSDA 892. Commission de l assurance-emploi du Canada M. D."
1 Citation : Commission de l assurance-emploi du Canada c. M. D., 2015 TSSDA 892 Date : 20 juillet 2015 Dossier : AD DIVISION D APPEL Entre: Commission de l assurance-emploi du Canada et Appelante M. D. Intimée Décision rendue par : Pierre Lafontaine, Membre, Division d appel Audience tenue par Téléconférence le 16 juillet 2015
2 MOTIFS ET DÉCISION DÉCISION [1] L appel est accueilli, la décision du conseil arbitral en date du 23 mai 2013 est annulée et l appel de l Intimée devant le conseil arbitral est rejeté. INTRODUCTION [2] En date du 23 mai 2013, un conseil arbitral a conclu que : - L Intimée a subi un arrêt de rémunération selon les termes de l article 7 de la Loi sur l assurance-emploi (la «Loi») et 14 (1) du Règlement sur l assurance-emploi (le «Règlement»). [3] L Appelante a déposé une demande de permission d en appeler devant la division d appel en date du 6 juin La demande pour permission d en appeler a été accordée le 3 février MODE D AUDIENCE [4] Le Tribunal a déterminé que cet appel procéderait par téléconférence, pour les raisons suivantes : - la complexité de la ou des questions en litige; - du fait que la crédibilité des parties ne figurait pas au nombre des questions principales; - du caractère économique et opportun du choix de l audience; - de la nécessité de procéder de la façon la plus informelle et rapide possible tout en respectant les règles de justice naturelle. [5] L Appelante, représentée par Rachel Paquette, était présente à l audience alors que l Intimée était absente.
3 LA LOI [6] Conformément au paragraphe 58(1) de la Loi sur le ministère de l Emploi et du Développement social, les seuls moyens d appel sont les suivants : a) la division générale n a pas observé un principe de justice naturelle ou a autrement excédé ou refusé d exercer sa compétence; b) la division générale a rendu une décision ou une ordonnance entachée d une erreur de droit, que l erreur ressorte ou non à la lecture du dossier; c) la division générale a fondé sa décision ou son ordonnance sur une conclusion de fait erronée, tirée de façon abusive ou arbitraire ou sans tenir compte des éléments portés à sa connaissance. QUESTION EN LITIGE [7] La question en litige est la suivante: - La division générale a-t-elle erré en fait et en droit en concluant que l Intimée avait subi un arrêt de rémunération selon les termes de l article 7 de la Loi et 14 (1) du Règlement? ARGUMENTS [8] L Appelante soumet les motifs suivants au soutien de son appel: - Selon l article 14(1) du Règlement, il y a arrêt de rémunération lorsque la prestataire n'accomplit aucun travail pour son employeur et que cet emploi ne donne pas lieu à une rémunération pour au moins 7 jours consécutifs; - Le conseil arbitral a conclu que le relevé d emploi émis par l employeur indique qu il y a cessation d emploi en raison d un manque de travail et que l Intimée n a pas conservé un lien d emploi avec son employeur;
4 - L Appelante soutient que le conseil arbitral a fondé sa décision sur une conclusion de fait erronée, tirée de façon abusive ou arbitraire ou sans tenir compte des éléments portés à sa connaissance, ce qui constitue une erreur de droit au sens du paragraphe 114(3) de la Loi; - La preuve au dossier ne supporte pas la conclusion du conseil. Nonobstant le fait que l employeur a émis un relevé d emploi, l Intimée a toujours maintenu qu elle travaillait en fonction de la demande, soit en raison d une à deux journées à chaque semaine, et que c est suite à sa requête que l employeur lui a émis un relevé d emploi; - L Intimée ne s est pas acquittée de son fardeau de la preuve et n a pas établi qu'elle a subi un arrêt de rémunération. [9] L Intimée ne soumet aucun motif à l encontre de l appel de l Appelante. NORMES DE CONTRÔLE [10] L Appelante soumet que l interprétation des dispositions législatives quant à l arrêt de rémunération est une question de droit et la norme de contrôle applicable est celle de la décision correcte - Chaulk c. Canada (PG), 2012 CAF 190 et que l application de ces dispositions aux faits en l espèce est une question mixte de fait et de droit et la norme de contrôle applicable est celle de la décision raisonnable - Martens c. Canada (PG), 2008 CAF 240. [11] L Intimée n a fait aucune représentation au Tribunal en ce qui concerne la norme de contrôle judiciaire applicable. [12] Le Tribunal retient que la Cour d appel fédérale a statué que la norme de contrôle judiciaire applicable à la décision d un conseil arbitral et d un juge-arbitre relativement à des questions de droit est la norme de la décision correcte - Martens c. Canada (PG), 2008 CAF 240 et que la norme de contrôle applicable aux questions mixte de fait et de droit est celle du caractère raisonnable - Canada (PG) c. Hallée, 2008 CAF 159.
5 ANALYSE [13] Lorsqu il a accueilli l appel de l Intimée, le conseil arbitral en est venu à la conclusion suivante : «Le conseil arbitral constate que l'appelante a subi un arrêt de rémunération pour un période de plus de 7 jours consécutifs. La preuve est prépondérante à l'effet que l'appelante a cessé de travailler pour son employeur. La relève d'emploi produit au dossier sous la pièce 3 indique que l'appelante n'a pas conservé un lien d'emploi avec son employeur. II y a une contradiction entre les motifs indiqués par l'employeur aux pièces 3 et 7 produites au dossier. Le conseil arbitral n'accorde aucune crédibilité cette déclaration de l'employeur. Le contrat de travail n'est plus en vigueur. II n'y a aucun indice pouvant laisser croire que le contrat de l'appelante n'était pas terminé. II est démontré que la cessation d'emploi est en raison d'un manque de travail». [14] Avec égards, la décision du conseil arbitral ne peut être maintenue et le Tribunal est justifié d intervenir. En effet, le conseil arbitral a rendu une décision sans tenir compte des éléments de preuve portés à sa connaissance. [15] La preuve a révélé qu'en dépit du relevé d emploi émis par l employeur, celle-ci ne remplissait pas deux des conditions que le paragraphe 14(1) du Règlement impose pour qu'il y ait arrêt de rémunération: que l'assurée cesse d'être au service de son employeur et qu'elle ne travaille pas pour son employeur pendant une période d'au moins sept jours consécutifs suivant la cessation d'emploi. [16] En l'espèce, l Intimée, de sa propre admission, a continué de rendre des services à son employeur une (1) à deux (2) journées par semaine (Pièces AD2-21 et AD2-31). L Employeur a même corroboré la version de l Intimée en confirmant qu il n'y avait pas eu d'arrêt consécutif de 7 jours (Pièce AD2-17). [17] Pour ces motifs, l appel est accueilli, la décision du conseil arbitral en date du 23 mai 2013 est annulée et l appel de l Intimée devant le conseil arbitral est rejeté.
6 CONCLUSION [18] L appel est accueilli, la décision du conseil arbitral en date du 23 mai 2013 est annulée et l appel de l Intimée devant le conseil arbitral est rejeté. Pierre Lafontaine Membre de la division d appel