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Timestamp: 2018-03-18 21:03:56+00:00
Document Index: 105549573

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art. 93', 'art. 93', 'arrêt ', 'art. 93', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'arrêt ', 'art. 90', 'art. 42', 'art. 66', 'art. 64', 'art. 64']

9C_97/2015 01.07.2015
9C_97/2015
la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales, du 23 décembre 2014.
A.a. A.________, née en 1974, travaillait à temps partiel en qualité de secrétaire pour le compte de B.________. Souffrant de lombosciatalgies chroniques consécutives à un accident survenu le 7 janvier 2009 qui l'empêchaient de reprendre son activité professionnelle, elle a déposé le 14 octobre 2009 une demande de prestations de l'assurance-invalidité.
Dans le cadre de l'instruction de ce dossier, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après: l'office AI) a recueilli les renseignements médicaux usuels auprès des docteurs C.________ (rapport du 24 octobre 2009) et D.________, spécialiste en rhumatologie et en médecine interne générale (rapport du 4 novembre 2009), puis versé au dossier une expertise réalisée à la demande de E.________, assureur-accidents de l'assurée, par le docteur F.________, spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur, attestant du caractère actuellement justifié de l'arrêt de travail signifié à l'assurée (rapport du 19 janvier 2010).
Malgré plusieurs tentatives menées durant le courant de l'année 2010, l'assurée n'a pas été en mesure de reprendre l'exercice de son activité lucrative.
Au vu de la situation, l'office AI a confié la réalisation d'un examen clinique rhumatologique à son service médical régional (SMR). Dans un rapport du 7 février 2011, le docteur G.________ a retenu le diagnostic - avec répercussion sur la capacité de travail - de lombosciatalgies droites chroniques non déficitaires (dans un contexte de status post fracture longitudinale de l'aileron sacré droit traitée conservativement [avec dysfonction sacro-iliaque droite secondaire] et de protrusion discale médiane en L4-L5 [avec inflammation débutante des plateaux vertébraux]); l'assurée disposait à compter du 11 novembre 2009, jour où l'expertise du docteur F.________ a été réalisée, d'une capacité de travail complète dans son activité habituelle avec une diminution de rendement de 20 %.
Se fondant sur les conclusions du SMR, l'office AI a, par décision du 8 décembre 2011, rejeté la demande de prestations de l'assurée.
A.b. Par jugement du 29 avril 2013, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice de la République et canton de Genève a partiellement admis le recours formé par l'assurée, annulé la décision du 8 décembre 2001 et renvoyé la cause à l'office AI pour qu'il complète l'instruction de la cause au moyen d'une enquête économique sur le ménage.
A.c. En exécution du jugement cantonal, l'office AI a fait réaliser une enquête économique sur le ménage qui a mis en évidence une entrave dans l'accomplissement des travaux habituels de 54 % dans les deux années qui ont suivi l'accident et de 28 % ultérieurement (rapport du 27 août 2013).
Prenant compte des résultats de cette enquête, l'office AI a, par décision du 18 février 2014, dénié une nouvelle fois à l'assurée le droit à des prestations de l'assurance-invalidité, au motif que le degré global d'invalidité (38 %), calculé d'après la méthode mixte d'évaluation de l'invalidité, était insuffisant pour donner droit à une rente d'invalidité.
Par jugement du 23 décembre 2014, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice de la République et canton de Genève a partiellement admis le recours formé par l'assurée contre la décision du 18 février 2014 et alloué à celle-ci une demi-rente d'invalidité pour la période courant du 1er avril 2010 au 31 mars 2011.
A.________ interjette un recours en matière de droit public contre ce jugement dont elle demande l'annulation. Elle conclut principalement au renvoi de la cause à la juridiction cantonale pour instruction complémentaire et nouvelle décision et subsidiairement à l'octroi "d'une rente d'invalidité de 100 % dès le 22 janvier 2010 et à 50 % dès le 1 er janvier 2013". Elle assortit son recours d'une demande d'assistance judiciaire.
1.1. Dans le cadre de son recours en matière de droit public, la recourante conteste matériellement le précédent jugement rendu dans la même cause le 29 avril 2013 par la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice de la République et canton de Genève. Ce jugement, qui constituait une décision incidente au sens de l'art. 93 al. 1 LTF, n'a pas fait l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral de la part de la recourante. Conformément à l'art. 93 al. 3 LTF, il peut toutefois être attaqué par un recours contre la décision finale, à condition qu'il influe sur le contenu de celle-ci.
1.2. Dans la mesure où le jugement du 29 avril 2013 contenait des constatations de fait relatives à la capacité de travail de la recourante qui constituent également le fondement du jugement du 23 décembre 2014, il apparaît que le jugement incident a influé sur le contenu du jugement final du 23 décembre 2014 et que les moyens présentés à cet égard dans le cadre du recours contre ce dernier arrêt sont recevables en vertu de l'art. 93 al. 3 LTF (voir Message concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale du 28 février 2001, FF 2001 p. 4132).
1.3. Cela étant, la recourante ne prend pas de conclusions formelles contre le jugement incident et se borne à demander l'annulation du jugement final. La motivation du recours porte cependant exclusivement sur une question tranchée dans le jugement incident du 29 avril 2013. Au vu des motifs du recours, on peut dès lors considérer que la décision incidente est attaquée conformément aux exigences déduites de l'art. 42 al. 1 et 2 LTF (cf. ATF 118 Ib 134 consid. 2 p. 135; voir également LAURENT MERZ, in Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 2 e éd. 2011, n° 18 ad art. 42 LTF). Il ne pourrait en aller différemment que si les critiques visant la décision incidente - présentées dans le recours contre la décision finale - ne satisfaisaient pas à ces exigences de motivation (arrêt 2C_128/2007 du 17 octobre 2007 consid. 4).
1.4. Du point de vue des art. 90 et 93 LTF, en corrélation avec l'art. 42 LTF, le présent recours est recevable, en tant qu'il conteste une question qui a été tranchée dans le jugement incident du 29 avril 2013.
3.1. Dans le jugement qu'elle a rendu le 29 avril 2013, la juridiction cantonale a constaté en substance, sur la base de l'examen des différents rapports médicaux versés au dossier, que la capacité de travail de la recourante (dans son activité habituelle) avait évolué comme suit: 0 % du 22 janvier 2009 au 11 avril 2010; 50 % (dans le cadre d'une activité exercée à 75 %) du 12 avril 2010 au 9 décembre 2010; 80 % du 10 décembre 2010 au 8 décembre 2011.
3.2. La recourante reproche à la juridiction cantonale d'avoir procédé à une constatation manifestement inexacte des faits pertinents consécutive à une mauvaise appréciation des preuves et d'avoir violé le droit fédéral. En substance, elle lui fait grief de s'être essentiellement fondée sur les conclusions du rapport du docteur G.________, tout en reconnaissant que certains aspects de celui-ci étaient valablement contredits par l'expertise du docteur F.________. Compte tenu des contradictions entre, d'une part, l'expertise du docteur F.________ ainsi que les avis exprimés par les médecins traitants et, d'autre part, le rapport du docteur G.________, la recourante estime que la juridiction cantonale aurait dû ordonner une nouvelle expertise.
3.3. Compte tenu de son pouvoir d'examen restreint, il n'appartient pas au Tribunal fédéral de procéder une nouvelle fois à l'appréciation des preuves administrées, mais à la partie recourante d'établir en quoi celle opérée par l'autorité cantonale serait incomplète ou manifestement inexacte. Or, en l'occurrence, la juridiction cantonale a procédé à une appréciation détaillée des moyens de preuves à sa disposition et expliqué de façon circonstanciée les raisons qui l'ont conduite à retenir que l'état de santé de la recourante avait évolué favorablement, en ce sens qu'elle avait disposé d'une capacité de travail de 50 % à compter du 12 avril 2010 et de 80 % à compter du 10 décembre 2010. Si elle a admis que l'existence d'une capacité de travail ne pouvait être retenue au moment où le docteur F.________ avait réalisé son expertise, s'écartant ainsi de l'analyse du docteur G.________ sur ce point précis, elle a cependant relevé que le docteur H.________, spécialiste en rhumatologie et en médecine interne générale, avait attesté, dans un rapport qu'il avait rédigé le 6 avril 2010 à l'intention du docteur C.________, d'une régression de la symptomatologie et d'une évolution très nettement favorable de la situation; le rapport du docteur G.________ s'inscrivait dans la continuité de celui du docteur H.________. En cernant son argumentation sur la divergence d'opinion opposant les docteurs F.________ et G.________ quant à l'étendue de la capacité résiduelle de travail au mois de novembre 2009, la recourante ne démontre pas que le raisonnement de la juridiction cantonale résulterait d'une appréciation arbitraire des faits ou qu'il serait insoutenable dans son résultat. Elle ne discute nullement les motifs de la juridiction cantonale relatifs à l'évolution positive de la situation à compter du mois d'avril 2010. Elle ne prétend pas non plus que des éléments - cliniques ou diagnostiques - auraient été ignorés par le docteur G.________ et n'explique pas en quoi les constatations opérées par ce médecin seraient incompatibles avec d'autres éléments du dossier, ou justifieraient, à tout le moins, la mise en oeuvre d'une mesure d'instruction complémentaire. S'il est vrai que certains médecins traitants de la recourante continuent de reconnaître l'existence d'une incapacité de travail plus importante, la recourante n'explique toutefois pas pourquoi l'opinion défendue par ces médecins devraient prévaloir sur celle du docteur G.________. Eu égard aux griefs allégués, il n'y a pas lieu de s'écarter de l'appréciation retenue par la juridiction cantonale dans son jugement du 29 avril 2013.
Dans la mesure où, pour le surplus, la recourante ne conteste ni le choix de la méthode mixte d'évaluation de l'invalidité, ni la répartition des champs d'activité entre activité lucrative (75 %) et accomplissement des travaux habituels (25 %), et qu'elle ne remet pas en question l'évaluation des empêchements dans la part qu'elle consacre à ses travaux habituels, il n'y a au final pas lieu de s'écarter du jugement entrepris.
5.1. Mal fondé, le recours doit être rejeté.
5.2. Les frais afférents à la présente procédure seront supportés par la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Elle a cependant déposé une demande d'assistance judiciaire visant à la dispense des frais judiciaires et à la désignation d'un avocat d'office. Les conditions d'octroi étant réalisées (art. 64 al. 1 et 2 LTF), l'assistance judiciaire lui est accordée. Elle est toutefois rendue attentive au fait qu'elle devra rembourser la caisse du Tribunal, si elle retrouve ultérieurement une situation financière lui permettant de le faire (art. 64 al. 4 LTF).
La demande d'assistance judiciaire est admise. Maître Nils De Dardel est désigné comme avocat d'office de la recourante.
Les frais judiciaires, arrêtés à 800 fr., sont mis à la charge de la recourante. Ils sont toutefois supportés provisoirement par la caisse du Tribunal.
Une indemnité de 2'800 fr. est allouée à l'avocat de la recourante à titre d'honoraires à payer par la caisse du Tribunal.
Lucerne, le 1 er juillet 2015