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Timestamp: 2016-10-26 00:42:05+00:00
Document Index: 51981159

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 105', 'art. 98', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 66', 'art. 68']

5A_908/2014 (05.03.2015)
5A_908/2014 � � Arr�t du 5 mars 2015
MM. les Juges f�d�raux von Werdt, Pr�sident, Herrmann et Bovey.
repr�sent� par Me Karin Grobet Thorens, avocate,
A.A.________ (1973) et B.A.________ (1965) se sont mari�s le 2 septembre 2005 � Gen�ve. Deux enfants sont issus de leur union: C.________, n� en 2006, et D.________, n� en 2009. Les parties vivent s�par�es depuis le 1er juin 2012. L'�poux est demeur� au domicile conjugal, dont il est propri�taire. L'�pouse s'est install�e avec les enfants dans un appartement dont elle est locataire.
Par jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 11 mars 2014, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a notamment attribu� la garde des enfants � la m�re (2), fix� le droit de visite du p�re (3) et condamn� celui-ci � verser en mains de la m�re 12'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, d�s le 1er avril 2013, au titre de contribution � l'entretien de sa famille, sous d�duction des montants d�j� vers�s � ce titre (4).
Statuant le 10 octobre 2014 sur appel du p�re, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a r�form� le chiffre 4 du dispositif de jugement, en ce sens que le p�re versera 5'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, � titre de contribution � l'entretien de la famille d�s le 1er avril 2013. D�s le 1er f�vrier 2015, elle a fix� des pensions de 2'250 fr. en faveur de chaque enfant, allocations familiales non comprises, et de 3'600 fr. en faveur de l'�pouse.
Par m�moire du 17 novembre 2014, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, sollicitant en substance l'annulation de l'arr�t entrepris et sa r�forme, en ce sens qu'une pension en faveur de la famille est fix�e � 12'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, d�s le 1er avril 2013; subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision.
L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur les contributions d'entretien en faveur des enfants et de l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante, qui a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), a agi dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) pr�vu par la loi, de sorte que le recours est en principe recevable.
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans le cadre d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1). Le recourant ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.). Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 p. 325).
La recourante affirme que les revenus de son �poux et le montant de ses propres charges ont �t� �tablis de mani�re arbitraire (art. 97 al. 1 LTF; art. 9 Cst.). Sur la base de ces faits, l'autorit� cantonale aurait fix� les contributions d'entretien de mani�re insoutenable.
3.1.�Dans une premi�re critique, la recourante pr�tend que l'intim� tirerait des revenus de promotions immobili�res, dont il faudrait tenir compte dans le calcul de sa capacit� contributive.
3.1.1.�Il ressort de l'arr�t attaqu� que l'�poux a entrepris plusieurs projets de promotions immobili�res. Cependant, selon la cour cantonale, il est vraisemblable qu'il ne retire � ce jour, de m�me que dans un proche avenir, aucun b�n�fice de ces promotions, dans lesquelles il a d�j� investi des sommes importantes provenant de sa fortune priv�e. En effet, soit il n'a pas pu obtenir les autorisations de construire requises, soit les lots propos�s � la vente n'ont pas trouv� d'acqu�reur. En particulier, la promotion E.________ � U.________ n'avait enregistr�, � la fin octobre 2013, qu'une seule r�servation sur les quatre lots pr�vus. Le 4 f�vrier 2013, le maire de V.________ a refus� de d�livrer � la SCCV F.________, repr�sent�e par B.A.________, un permis de construire 221 logements et 2 locaux commerciaux. La SCI G.________ a obtenu le permis de construire 9 logements, mais le chantier n'a pas pu d�marrer en raison du nombre insuffisant de r�servations et le permis de construire est devenu caduc le 20 juillet 2013. Enfin, la demande de permis de construire relatif au projet de SC H.________, d�pos�e au mois de d�cembre 2013, a �t� refus�e par le maire du village par d�cision du 5 mai 2014.
3.1.2.�Selon la recourante, la Cour de justice se serait tromp�e en retenant que le permis de construire a �t� refus� pour la promotion de la SCCV I.________ � W.________ le 5 mai 2014. Elle aurait proc�d� � une mauvaise lecture de la pi�ce n� 18 produite en appel, puisque celle-ci ne concerne pas le projet susmentionn�, mais le projet SC J.________, � savoir un nouveau projet de l'�poux sur un nouveau terrain. Elle en veut pour preuve que les noms des deux soci�t�s sont diff�rents; en outre, alors que le premier projet concerne une construction de 131 logements (pi�ce n� 41), le second porte sur la r�alisation d'un immeuble de 6 logements et de 18 maisons individuelles group�es. L'�pouse ajoute que le premier projet aurait abouti et rapporterait actuellement d'importants revenus � son mari. En effet, dans la pi�ce n� 41, il serait indiqu� ce qui suit: " Soci�t� de construction vente. Co-promotion avec la soci�t� K.________ pour la r�alisation de 131 logements � W.________. Permis en force. Achat de terrain en juin 2013. Projet en cours de r�alisation. Remboursement des fonds propres pr�vu en juillet/ao�t 2014. B�n�fice avant imp�ts attendu de EUR 350'000.- pr�vu pour hiver 2014/2015 ". Dans sa plaidoirie, l'avocate de l'intim� aurait expliqu� que " concernant les diverses promotions, celle de W.________ est la seule qui semble d�marrer, mais encore aucun fond n'est rentr� ". La Cour de justice aurait ainsi proc�d� � une constatation manifestement inexacte des faits, confondant deux projets, et omettant de constater que la promotion SCCV L.________ allait rapporter la somme de 350'000 euros durant l'hiver 2014/2015, soit 420'000 fr., ce qui repr�senterait sur une ann�e un revenu de 35'000 fr. par mois (au taux de 1,2), qu'il faudrait ajouter aux revenus de l'�poux r�alis�s entre septembre 2014 et septembre 2015.
3.1.3.�Quand bien m�me l'autorit� cantonale aurait confondu les deux projets mentionn�s par la recourante, force est de relever que sa critique n'est pas de nature � d�montrer le caract�re arbitraire - � tout le moins dans son r�sultat - de la d�cision entreprise. D'une part, l'�pouse se garde bien de pr�ciser que si l'on se fie � la pi�ce n� 41 � laquelle elle renvoie, son �poux ne d�tient qu'une participation de 15% dans la SCCV L.________. Elle perd aussi de vue que le b�n�fice " attendu " de cette promotion serait d'environ 350'000 euros " avant imp�ts ". Pour ces deux motifs d�j�, elle ne saurait pr�tendre que son �poux en tire des revenus de 35'000 fr. par mois, durant une ann�e. L'extrait de la plaidoirie invoqu� par la recourante n'y change rien, puisqu'il en ressort qu' "aucun fond n'est encore rentr� ". A cela s'ajoute que le montant des �ventuels b�n�fices d�coulant de cette promotion immobili�re constitue un fait futur difficilement pr�visible, qui d�pend de nombreux param�tres. Il n'est par cons�quent, quoi qu'il en soit, pas insoutenable de ne pas en tenir compte � ce stade et de renvoyer les parties � agir en modification des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 179 CC) dans l'hypoth�se o� l'�poux devait finalement en tirer des revenus.
3.2.�Invoquant toujours le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits, la recourante soutient que contrairement � ce qui a �t� retenu, l'�poux tire des revenus de l'exploitation, par sa soci�t� M.________ SA, d'une bo�te de nuit.
3.2.1.�La cour cantonale a relev� que l'�poux est administrateur avec signature individuelle de M.________ SA, anciennement N.________ SA, inscrite au registre du commerce depuis le 27 avril 2004, dont le but est la gestion de fonds de commerce et de biens immobiliers. M.________ SA et B.A.________ sont locataires de locaux commerciaux, dont le loyer s'�l�ve � 17'485 fr. par mois. Le contrat de bail, qui devait initialement arriver � �ch�ance le 30 septembre 2014, a �t� renouvel� le 30 septembre 2012 pour une nouvelle �ch�ance au 30 septembre 2024. M.________ SA est propri�taire des fonds de commerce li�s aux locaux susmentionn�s.
Le 22 juin 2005, B.A.________ et N.________ SA ont conclu avec O.________ et P.________ S�rl un contrat de g�rance libre sur ces fonds de commerce pour un loyer de 35'000 fr. par mois, qui procurait � B.A.________, selon ses dires, un revenu de 15'000 fr. par mois. Ce contrat a �t� r�sili� pour d�faut de paiement le 30 novembre 2011 et les locaux ont �t� lib�r�s fin mai 2012. Par convention du 17 septembre 2012, le montant de la dette de O.________ a �t� ramen� � 250'000 fr. pour solde de tout compte; son exigibilit� a �t� fix�e au 30 avril 2014. Il ressort des extraits des comptes de M.________ SA aupr�s de Q.________ que O.________ s'acquitte de sa dette soit directement, soit par l'interm�diaire de R.________ SA dont il est l'administrateur. Entre le 1er octobre 2012 et le 2 ao�t 2013, il s'est acquitt� d'une somme totale de 120'000 fr. Entre septembre 2012 et mars 2013, les locaux ont �t� lou�s occasionnellement par des entreprises pour des soir�es. Par la suite, une convention de g�rance-vente des locaux a �t� conclue avec S.________, T.________ et X.________ SA. A la suite du non-paiement des deux premiers acomptes de garantie du loyer et de la g�rance, le bail a �t� r�sili� pour le 31 octobre 2013. Le 7 octobre 2013, un contrat de sous-location de fermage et de vente � terme des fonds de commerce a �t� conclu avec Y.________ et Z.________ S�rl. Faute de paiement de certains loyers, B.A.________ a mis en demeure Z.________ S�rl avec menace de r�siliation du contrat le 20 d�cembre 2013. Le contrat a finalement �t� r�sili� pour le 30 juin 2014. Les comptes bancaires de M.________ SA aupr�s de Q.________ ont �t� r�guli�rement approvisionn�s par les loyers et fermages vers�s par les cocontractants de M.________ SA ainsi que par des fonds vers�s par B.A.________ afin que les comptes ne soient pas � d�couvert, dont plus de 250'000 fr. provenant de son compte aupr�s de A1.________.
Sur la base de ces �l�ments, la cour cantonale a retenu que les locaux commerciaux ne sont actuellement plus exploit�s, et que le mari a puis� dans sa fortune personnelle � plusieurs reprises afin de pouvoir verser le loyer au bailleur principal pour �viter une r�siliation du bail, alors que ses sous-locataires ne s'�taient pas acquitt�s des loyers. Certes, il a finalement r�ussi � percevoir certains arri�r�s de loyer ainsi qu'une somme de 96'000 fr. au titre de cession de la g�rance. Toutefois, ces sommes ne suffisent pas � couvrir le loyer (17'500 fr. par mois) d� par l'�poux qui n'a pas pu trouver de locataire durant plusieurs mois. Il a cr�� les soci�t�s ayant sign� les contrats de bail et de g�rance, toutefois celles-ci ont �t� c�d�es aux autres cocontractants, de sorte que l'on ne pouvait pas lui imputer le non-paiement des loyers. La juridiction pr�c�dente a relev� qu'elle comprenait mal l'acharnement du mari � vouloir poursuivre l'exploitation de ces arcades, au point de renouveler le bail par anticipation pour une nouvelle dur�e de 10 ans, alors qu'il �tait �tabli que cette activit� �tait largement d�ficitaire depuis plusieurs mois. A cela s'ajoutait que les locaux ont �t� vandalis�s au d�but de l'ann�e 2014 et que de nombreux investissements seraient n�cessaires afin de les remettre en �tat pour esp�rer une nouvelle exploitation des lieux. Elle a ainsi retenu, sous l'angle de la vraisemblance, que le mari ne retire aucun b�n�fice de cette activit� et qu'il ne pourra pas le faire dans un proche avenir.
3.2.2.�Premi�rement, la recourante conteste que la dette de O.________ envers B.A.________ ait �t� ramen�e � 250'000 fr. pour solde de tout compte. Elle invoque � cet �gard la convention qu'ils ont sign�e, qui pr�voirait un montant de 328'000 fr.; elle affirme que ce montant a effectivement �t� encaiss� par son �poux entre le 1er octobre 2012 et le 30 avril 2014, ce qui serait d�montr� par les pi�ces produites; en outre, le mari n'aurait jamais all�gu� le contraire.
D'embl�e, il faut relever que la recourante affirme que ces rentr�es d'argent seraient d�montr�es par les pi�ces produites, sans pr�ciser � quels documents elle se r�f�re, de sorte que la recevabilit� de sa critique est pour le moins douteuse (cf. supra consid. 2.2). Quoi qu'il en soit, ses all�gations, fussent-elles av�r�es, sont sans influence sur l'issue du litige. En effet, les locaux litigieux ont �t� lou�s � O.________ d�s juin 2005; il les a lib�r�s fin mai 2012. La s�paration est intervenue en juin 2012. Or, quand bien m�me les arri�r�s de loyers dont O.________ �tait d�biteur envers B.A.________ auraient �t� finalement encaiss�s par celui-ci, il n'est en soi pas insoutenable de consid�rer qu'ils n'engendrent d'�ventuels b�n�fices que pour la p�riode � laquelle ils �taient dus, � savoir une p�riode ant�rieure � la s�paration des parties. Ainsi, que la dette ait �t� ramen�e � 250'000 fr. ou � 328'000 fr. ne change rien � la d�termination des revenus effectivement r�alis�s par l'�poux d�s la s�paration. Pour le surplus, on ignore les p�riodes exactes pour lesquelles O.________, locataire de 2005 � 2012, �tait d�biteur d'arri�r�s de loyer, sans que la recourante se plaigne d'un �tablissement lacunaire des faits � ce sujet (cf. supra consid. 2.2). Il n'est donc pas m�me possible de calculer les �ventuels b�n�fices du mari pour les deux ou trois ans ant�rieurs � la s�paration, partant, d'en tenir compte dans le cadre de l'�tablissement des revenus moyens tir�s de l'exploitation de la bo�te de nuit durant les derni�res ann�es.
3.2.3.�La recourante affirme ensuite, de mani�re circonstanci�e et en se r�f�rant � des pi�ces du dossier, que son mari a per�u non seulement 328'000 fr. de O.________, mais aussi 40'500 fr. de soir�es priv�es, 75'000 fr. de S.________ au titre de garantie, 6'000 fr. de S.________ au titre de vente de la soci�t�, 96'000 fr. de Z.________ S�rl au titre d'acompte, 100'000 fr. de Z.________ S�rl au titre de garantie des loyers, 23'500 fr. au titre de loyers pay�s par Z.________ S�rl, soit au total 669'000 fr. Si l'on d�duit de ces montants les loyers dus par l'�poux durant cette p�riode, � savoir 17'900 fr. par mois durant 19 mois, il subsisterait selon elle un revenu de 336'500 fr., ou 17'710 fr. par mois
Il ne sera pas tenu compte des �ventuels montants vers�s par O.________, pour les motifs d�j� expos�s (cf. supra consid. 3.2.2). Pour le surplus, la critique ne permet pas de d�montrer qu'il est arbitraire de retenir que l'activit� de l'�poux est d�ficitaire. En effet, entre le 1er juin 2012, date de la s�paration, et le 30 juin 2014, date de la fin du contrat entre l'�poux et Z.________ S�rl, les loyers dus par l'�poux � son bailleur s'�l�vent � un total de 437'125 fr. (25 mois x 17'485 fr.). L'�pouse pr�tend qu'il aurait per�u 341'000 fr. (40'500 fr. + 75'000 fr. + 6'000 fr. + 96'000 fr. + 100'000 fr. + 23'500 fr.). Ainsi, quand bien m�me il se justifierait de donner raison � la recourante s'agissant de la perception des montants pr�cit�s - question qui peut rester ouverte en l'esp�ce - il n'est pas insoutenable de retenir, comme l'a fait la cour cantonale, que l'activit� d�ploy�e par l'intim� ne lui procure aucun revenu. Au surplus, la recourante ne conteste ni que les locaux ont �t� vandalis�s, ni que leur remise en �tat n�cessite des investissements cons�quents, ni qu'ils ne sont actuellement plus exploit�s, l'intim� n'ayant pas trouv� de locataire depuis plusieurs mois, ni m�me que l'�poux a d� puiser dans sa fortune, notamment 250'000 fr., pour s'acquitter des loyers. En d�finitive, le grief, autant que recevable, doit �tre rejet�.
3.3.�La recourante conteste le montant des revenus de la fortune mobili�re de son �poux.
3.3.1.�En particulier, elle fait grief � la juridiction pr�c�dente d'avoir appr�ci� arbitrairement (art. 9 Cst.) les preuves, en se basant uniquement sur certains relev�s bancaires, omettant de tenir compte de la d�claration fiscale 2012 de son �poux, ainsi que sur une attestation de sa fiduciaire (pi�ce 57 de l'�poux). En prenant ces pi�ces en consid�ration, elle aurait d� retenir une fortune mobili�re de 2'494'462 fr. et non de 500'000 fr., qui plac�e � 3% lui procurerait des revenus de 6'236 fr. par mois. L'attestation de la fiduciaire mentionnerait que la " fortune brute mobili�re " de 2'498'730 fr. est constitu�e de divers comptes bancaires pour 109'278 fr., de comptes bancaires de placement pour 554'443 fr., d'un compte courant dans la SCI F1.________ pour 467'649 fr., d'un compte courant " divers soci�t�s " pour 1'338'271 fr., et de la valeur imposable des soci�t�s pour 29'089 fr.
3.3.2.�Il ressort de l'arr�t entrepris que la fortune mobili�re de l'intim� se compose de divers comptes bancaires, notamment aupr�s de B1.________, A1.________, C1.________ et D1.________, de comptes bancaires de placement aupr�s de E1.________ SA, de comptes courants dans diverses soci�t�s, et de la valeur imposable des soci�t�s. En 2012, il a d�clar� une fortune mobili�re nette de 2'494'462 fr. (2'498'730 fr. - 4'268 fr de dettes chirographaires) et des revenus mobiliers nets de 670 fr. (4'276 fr. - 3'606 fr.). L'autorit� cantonale a retenu qu'il pouvait �tre exig� de l'�poux qu'il tire des revenus de sa fortune mobili�re. A ce sujet, elle a constat� que le compte A1.________ avait �t� clos en 2013. Le compte B1.________ pr�sentait un solde de 70'000 fr. en 2012, et il n'avait pas �t� prouv� qu'il ait �t� �puis�. Ses avoirs aupr�s de E1.________ SA �taient de 398'513 fr. � la m�me p�riode, soit une fortune d'environ 500'000 fr., constitu�e principalement de titres, laquelle plac�e � 3% l'an pouvait g�n�rer des revenus mobiliers de 15'000 fr. par an, ou environ 1'250 fr. par mois.
3.3.3.�En l'esp�ce, la cour cantonale a elle-m�me relev� que dans sa d�claration d'imp�ts 2012, l'intim� avait d�clar� une fortune mobili�re de pr�s de deux millions et demi de francs. Elle a toutefois consid�r� que seuls les titres - � l'exclusion des comptes courants et de la valeur imposable des soci�t�s - permettaient de rapporter des revenus de l'ordre de 3%, ce qui ne saurait �tre qualifi� d'arbitraire. Or, la pi�ce dont la recourante expose qu'elle aurait �t� arbitrairement omise mentionnerait selon elle un montant de l'ordre de 550'000 fr. sous la rubrique " comptes bancaires de placement ", � savoir un montant sensiblement comparable � celui qui a �t� retenu par la cour cantonale. La critique de la recourante n'est donc pas de nature � d�montrer le caract�re insoutenable de la d�cision entreprise s'agissant des revenus de la fortune mobili�re.
3.4.�La recourante s'en prend au refus de la cour cantonale de tenir compte de frais de nounou dans les charges des enfants, ce qui r�sulterait d'une appr�ciation arbitraire des preuves. Elle rappelle qu'elle exerce une activit� lucrative � 100% depuis la s�paration et travaille donc chaque jour de 8h00 � 18h00. Or, il serait notoire que les enfants terminent l'�cole au plus tard � 16h00, et qu'ils ne sont pas scolaris�s le mercredi. Elle ne pourrait donc pas se passer de l'aide d'une nounou qui puisse aller chercher ses enfants � l'�cole et s'en occuper lorsqu'elle travaille. Le raisonnement, qui ne reposerait sur " aucune id�e pratique ", serait aussi arbitraire dans son r�sultat, puisqu'il en r�sulte une r�duction de la contribution d'entretien.
3.4.1.�Dans la partie " en fait " de son arr�t, r�sumant les consid�rations du premier juge, la cour cantonale a relev� que l'�pouse exerce une activit� � plein temps depuis le d�but de l'ann�e 2012 et qu'elle doit faire face � 800 fr. par mois de frais de nounou. Cependant, elle a consid�r� qu'� compter de la rentr�e scolaire 2014, les frais de nounou ne se justifiaient plus, puisque l'enfant cadet, �g� de 4 ans r�volus, est enti�rement scolaris�.
3.4.2.�Il n'est pas contest� que D.________ est scolaris� depuis la rentr�e 2014. Pour le surplus, la critique se fonde sur des faits nouveaux irrecevables (cf. supra consid. 2.2), � savoir les horaires de travail de l'�pouse et les horaires scolaires des enfants. La recourante ne pr�tend pas les avoir all�gu�s en temps utile ni rendus vraisemblables, �tant pr�cis� que de tels faits ne sauraient �tre qualifi�s de notoires (sur la notion de fait notoire: cf. ATF 135 III 88 consid. 4.1 p. 89).
Dans sa critique intitul�e "arbitraire dans l'application du droit ", la recourante propose son propre calcul de la contribution d'entretien sur la base des faits tels qu'elle entendait les faire corriger. Concernant les revenus de son �poux, elle pr�cise en outre qu'il serait arbitraire de lui avoir laiss� un d�lai de 4 mois pour louer ses biens immobiliers, alors m�me qu'il r�aliserait, d�s le 1er septembre 2014, un salaire de plus de 61'836 fr., voire 81'000 fr. La d�cision serait donc arbitraire, en tant qu'elle fixe le montant de la contribution � 5'000 fr., d�s lors que le solde disponible de l'intim� serait de 14'518 fr., qu'elle travaille pour sa part � plein temps pour des revenus de 5'583 fr. et des charges de 13'134, plus 800 fr. de frais indispensables de nounou.
Fond�e sur des faits qui ne ressortent pas de l'arr�t attaqu�, alors que la recourante n'est pas parvenue � d�montrer le caract�re arbitraire de ceux qui ont �t� retenus par la Cour de justice (cf. supra consid. 3), la critique est irrecevable. Pour le surplus, la m�thode de calcul � laquelle a recouru l'autorit� cantonale n'est pas critiqu�e en tant que telle, de sorte qu'il n'y a pas lieu de l'examiner (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 2.1).
La Cour de justice a fix� une contribution d'entretien en faveur de la m�re et des enfants � compter du 1er avril 2013. D�s lors qu'aucun grief n'est formul� � l'encontre du principe de la fixation d'une contribution globale pour la famille, il n'y a pas lieu de se pencher sur cette question (cf. supra consid. 2.1). En tant que l'autorit� cantonale a pr�vu, d�s le 1er f�vrier 2015, des contributions d'entretien d�sormais distinctes pour le conjoint, d'une part, et pour chaque enfant, d'autre part, la d�cision attaqu�e est parfaitement conforme au droit f�d�ral (parmi plusieurs, cf. arr�t 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 2.1).
En conclusion, le recours est rejet� dans la mesure de sa recevabilit�, aux frais de son auteure (art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas allou� de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer (art. 68 al. 1 et 2 LTF).