Source: http://hyperspinoza.caute.lautre.net/Traite-politique-VII-p08
Timestamp: 2017-10-19 09:11:08+00:00
Document Index: 140835121

Matched Legal Cases: ['§08', '§08', '§ 12', '§ 4', 'art. 12', 'art. 4']

Hyper-Spinoza - Traité politique, VII, §08
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Une autre disposition de grande importance contribue à la paix et à la concorde, c’est que nul citoyen ne possède de biens fixes (voir le § 12 du chapitre précédent). De là suit qu’à la guerre le péril est à peu près le même pour tous : tous en effet s’adonneront au commerce, l’espérant lucratif, ou se prêteront de l’argent les uns aux autres, surtout si, comme jadis chez les Athéniens, il y a une loi qui interdise de prêter de l’argent à intérêt à d’autres qu’à des habitants de la Cité. De la sorte les affaires traitées seront toutes liées les unes aux autres, et les mêmes mesures seront requises pour qu’elles puissent prospérer, les membres du conseil auront en majorité des intérêts concordants et, se rapportant aux arts de la paix, une même pensée, car, nous l’avons dit au § 4 de ce chapitre, chacun défend la cause d’autrui dans la mesure où il croit par là consolider sa propre situation.
Une autre condition de grande importance pour le maintien de la paix et de la concorde, c’est qu’aucun citoyen n’ait de biens fixes (voyez l’article 12 du chapitre précédent). Par ce moyen, tous auront à peu près le même péril à craindre de la guerre. Tous en effet se livreront au commerce en vue du gain et se prêteront mutuellement leur argent, pourvu toutefois qu’à l’exemple des anciens Athéniens on ait interdit à tout citoyen par une loi de prêter à intérêt à quiconque ne fait pas partie de l’État. Tous les citoyens auront donc à s’occuper d’affaires qui seront impliquées les unes dans les autres ou qui ne pourront réussir que par la confiance réciproque et par le crédit ; d’où il résulte que la plus grande partie du Conseil sera presque toujours animée d’un seul et même esprit touchant les affaires communes et les arts de la paix. Car, comme nous l’avons dit à l’article 4 du présent chapitre], chacun ne défend l’intérêt d’autrui qu’autant qu’il croit par là même assurer son propre intérêt.
Ad pacem et concordiam aliud praeterea, quod etiam magni est momenti, accedit ; nempe quod nullus civis bona fixa habeat. Vid. art. 12. praeced. cap. Unde omnibus ex bello par propemodum periculum est. Nam omnes lucri causa mercaturam exercere, vel argentum suum invicem credere, si, ut olim ab Atheniensibus, lex lata sit, qua prohibeatur unicuique argentum suum foenere aliis, quam incolis dare ; atque adeo negotia tractare debebunt, quae vel invicem intricata sunt, vel quae eadem media, ut promoveantur, requirunt. Atque adeo huius concilii maximae parti circa res communes et pacis artes una plerumque eademque erit mens ; nam, ut art. 4. huius cap. diximus, unusquisque alterius causam eatenus defendit, quatenus eo ipso rem suam stabilire credit.