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Timestamp: 2016-10-25 03:20:34+00:00
Document Index: 135120873

Matched Legal Cases: ['art. 48', 'art. 46', 'art. 34', 'art. 55', 'art. 59', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 336', 'art. 335', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 336', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 321', 'ATF ', 'art. 321', 'art. 321', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 321', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 337', 'art. 335', 'art. 336', 'art. 322', 'art. 322', 'ATF ', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 322', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 343', 'ATF ', 'art. 159']

4C.277/2000 (19.12.2000)
M.________, d�fenderesse et recourante, repr�sent�e par Me Cornelia Seeger Tappy et par Me Guillaume Perrot, avocats � Lausanne,
R.________, demanderesse et intim�e;
A.- L'association M.________ exploite un �tablissement m�dico-social pour personnes �g�es.
De graves tensions sont survenues entre le comit� de direction et le service infirmier de M.________. Selon un audit du 13 f�vrier 1998, l'ambiance de travail a �t� qualifi�e de tr�s mauvaise.
Le 6 mai 1998, M.________ a engag� R.________ en qualit� d'infirmi�re-chef, � partir du 1er ao�t 1998, pour un salaire de 7'500 fr. par mois. Il a notamment �t� convenu le paiement, � bien plaire, d'une gratification en fin d'ann�e, ce que pr�voyait �galement le statut du personnel de juin 1991 annex� � la lettre d'engagement.
Au d�but du mois d'ao�t 1998, le directeur de M.________ a �t� contraint de d�missionner avec effet imm�diat.
Apr�s avoir engag� Monsieur A.________ � titre temporaire, le comit� de direction a nomm�, en octobre 1998, Madame L.________ dont l'entr�e en fonction a �t� fix�e au 1er novembre 1998.
Le 28 octobre 1998, la nouvelle directrice a pr�sid� une s�ance � laquelle ont particip� cinq cadres de la r�sidence, dont R.________.
A la suite de cette r�union et de divers autres incidents, ces cinq personnes ont sign� un "rapport" adress� au comit� dans lequel elles contestaient le style de direction adopt� par Madame L.________ et proposaient que Monsieur A.________ soit nomm� d�finitivement � la place de celle-ci.
Le 1er novembre 1998, R.________, porte-parole des chefs de service, a remis cette p�tition � une d�l�gation du comit� en d�clarant que, s'il n'�tait pas acc�d� au souhait exprim� par les signataires, il fallait s'attendre � une d�mission collective.
Le 2 novembre 1998, une nouvelle s�ance a r�uni les cadres, la directrice et une partie du comit� de M.________.
D'embl�e, R.________ a pr�cis� qu'elle pensait ne pas pouvoir travailler avec Madame L.________. Elle s'est aussit�t retir�e et n'est r�apparue qu'au moment de quitter la r�sidence pour ajouter bri�vement qu'il serait triste que le comit� ne revienne pas sur la nomination de la nouvelle directrice.
A l'issue de cette s�ance, Madame L.________, confirm�e dans ses fonctions, a �t� charg�e de renouer le dialogue avec l'infirmi�re-chef. Deux semaines plus tard, elle a inform� le comit� qu'elle avait revu R.________ le 13 novembre 1998 et que celle-ci, restant sur ses positions, lui avait d�clar� vouloir quitter son emploi.
Le 16 novembre 1998, l'�quipe soignante du deuxi�me �tage de M.________ a �crit une lettre � R.________ pour lui t�moigner sa reconnaissance.
Par t�l�fax du 20 novembre 1998, R.________ a r�pondu aux auteurs de cette lettre qu'elle ne pouvait pas encore faire confiance au comit� et � la nouvelle directrice.
Elle pr�cisait qu'elle reprendrait le travail le 30 novembre, mais qu'elle quitterait l'�tablissement une fois qu'elle aurait trouv� un poste int�ressant ailleurs, � moins que, dans l'intervalle, elle puisse reprendre confiance. Jusque-l�, elle continuerait � s'investir pleinement dans son travail.
Le 27 novembre 1998, lors de la soir�e de fin d'ann�e du personnel � laquelle il a �t� retenu que R.________ assistait, Madame L.________ a annonc� qu'une gratification �gale � un salaire mensuel complet allait �tre vers�e � l'ensemble des salari�s.
Le 30 novembre 1998, R.________ a �t� convoqu�e, d�s son arriv�e, au bureau de la direction o� Madame L.________ et un membre du comit� lui ont signifi� son licenciement pour le 31 d�cembre suivant. Elle a �t� imm�diatement dispens�e de travailler.
Le 1er d�cembre 1998, R.________ a pri� son employeur de lui indiquer par �crit les motifs de son licenciement, ceux qui lui avaient �t� donn�s par oral le 30 novembre 1998 n'�tant � ses yeux ni clairs ni pr�cis.
Incapable de travailler du 1er au 6 d�cembre 1998 pour raison m�dicale, R.________ a, par courrier du 7 d�cembre 1998, offert ses services d�s le 1er janvier 1999. Le m�me jour, elle a adress� une lettre de remerciement au personnel soignant, expliquant le d�roulement de son licenciement et indiquant qu'elle faisait parvenir ce message d'adieu � domicile, car on lui avait demand� de ne plus avoir de contact avec M.________.
Le 11 d�cembre 1998, elle a r�clam� le versement de la gratification accord�e au personnel pour l'ann�e 1998 et a r�it�r� sa demande de motivation du cong�.
Le 17 d�cembre 1998, M.________ a admis la prolongation du d�lai de cong� de R.________ au 31 janvier 1999 et confirm� que celle-ci �tait lib�r�e de son obligation de travailler.
Par courrier du 8 janvier 1999, R.________ a imparti un d�lai au 15 janvier � son employeur pour motiver par �crit le licenciement dont elle contestait d'ores et d�j� le bien-fond�.
Le 18 janvier 1999, M.________ a entre autres indiqu� que la direction de l'�tablissement devait pouvoir compter sur la confiance et la loyaut� de ses employ�s; par son attitude m�fiante, voire hostile vis-�-vis du comit� et de la nouvelle directrice, l'infirmi�re-chef ne pouvait que mettre en p�ril l'ambiance de travail de toute la maison et pousser l'�quipe soignante dans un conflit de loyaut�. La lettre adress�e par celle-ci au personnel soignant le 7 d�cembre 1998 �tait du reste r�v�latrice de cette attitude.
B.- Le 2 mars 1999, R.________ a d�pos� une demande en justice, r�clamant � M.________ le versement d'une gratification pour l'ann�e 1998 et d'une indemnit� pour licenciement abusif. Elle a finalement arr�t� le total de ses pr�tentions � 20'000 fr.
Par jugement du 26 octobre 1999, le Tribunal de prud'hommes de Lausanne a condamn� M.________ � verser � R.________ la somme totale de 10'625 fr. avec int�r�t � 5 % d�s le 2 mars 1999. Consid�rant que l'infirmi�re-chef avait �t� licenci�e de fa�on abusive pour une raison inh�rente � sa personnalit�, une indemnit� de 7'500 fr. lui a �t� allou�e � ce titre. Les juges ont �galement condamn� l'employeur � verser � l'infirmi�re-chef 3'125 fr. repr�sentant la gratification lui revenant pour 1998.
Le 1er mars 2000, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours form� par M.________ et confirm� le jugement du 26 octobre 1999.
C.- Contre cet arr�t, M.________ (la d�fenderesse) interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'admission du recours et � ce qu'il soit dit qu'elle n'est pas d�bitrice de R.________ de la somme de 10'625 fr., avec suite de d�pens sur le plan cantonal.
Dans ses observations, R.________, qui compara�t sans avocat, maintient avoir �t� licenci�e de mani�re abusive.
1.- a) Interjet� par la d�fenderesse qui a �t� condamn�e � payer une somme d'argent � la demanderesse et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile compte tenu des f�ries (art. 34 al. 1 let. b et 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ).
b) Dans sa r�ponse, la demanderesse ne prend pas de conclusion formelle, mais elle se prononce au sujet du recours, ce qui est suffisant au regard de l'art. 59 OJ (Jean-Fran�ois Poudret, COJ II, Berne 1990, Art. 59 et 61 OJ no 3.3 p. 491).
c) Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu � rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a; 119 II 353 consid. 5c/aa; 117 II 256 consid. 2a). Celui qui s'en prend � une constatation de fait, dans le cadre d'un recours en r�forme, doit �tablir les conditions de l'une de ces exceptions (ATF 115 II 399 consid. 2a p. 400). Sous r�serve de ces cas, il ne peut pas �tre pr�sent� de faits ou moyens de preuve nouveaux ni de griefs contre les constatations de fait (art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a; 120 II 280 consid. 6c) ou contre l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale (ATF 126 III 189 consid. 2a; 125 III 368 consid. 3 in fine; 122 III 26 consid. 4a/aa).
Dans la mesure o� les parties s'�cartent des constatations de fait retenues par la cour cantonale, leurs �critures ne sont donc pas recevables. Dans la suite de son raisonnement, la Cour de c�ans se fondera exclusivement sur les faits tels qu'ils ressortent de l'arr�t attaqu�.
2.- La d�fenderesse se pr�vaut d'une violation de l'art. 336 al. 1 let. a CO, reprochant � la cour cantonale d'avoir reconnu l'existence d'une r�siliation abusive au sens de cette disposition.
a) Selon le principe pos� � l'art. 335 al. 1 CO, le contrat de travail conclu pour une dur�e ind�termin�e peut �tre r�sili� par chacune des parties. Ce droit fondamental de chaque cocontractant de mettre unilat�ralement fin au contrat est cependant limit� par les dispositions sur le cong� abusif (art. 336 ss CO). En particulier, l'art. 336 al. 1 let. a CO qualifie d'abusif le cong� donn� par une partie pour une raison inh�rente � la personnalit� de l'autre partie, � moins que cette raison n'ait un lien avec le rapport de travail ou ne porte sur un point essentiel un pr�judice grave au travail dans l'entreprise. Cette disposition vise le cong� discriminatoire, fond� par exemple sur la race, la nationalit�, l'�ge, l'homosexualit�, les ant�c�dents judiciaires ou encore la maladie, la s�ropositivit� (arr�t du Tribunal f�d�ral du 11 novembre 1993, publi� partiellement in: SJ 1995 p. 798, consid. 2a et les r�f�rences cit�es; Adrian Staehelin, Commentaire zurichois, art. 336 CO no 9). L'application de l'art. 336 al. 1 let. a CO suppose premi�rement que le cong� ait �t� donn� pour un motif inh�rent � la personnalit� de la personne cong�di�e et, deuxi�mement, que ce motif n'ait pas de lien avec le rapport de travail ou ne porte pas sur un point essentiel un pr�judice grave au travail dans l'entreprise (cf. Marie-Gis�le Zoss, La r�siliation abusive du contrat de travail, th�se Lausanne 1996, p. 173). Les motifs de la r�siliation rel�vent du fait et, partant, lient le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en r�forme (art. 63 al. 2 OJ; ATF 115 II 484 consid. 2b).
b) Il ressort de l'arr�t attaqu� que la demanderesse a �t� licenci�e en raison du manque de confiance qu'elle a exprim� envers la nouvelle direction mise en place par le comit� directeur et �galement parce que l'�tablissement m�dical craignait qu'en raison de son ascendant naturel sur ses subordonn�s et sur les autres cadres, l'infirmi�re-chef ne dresse une partie importante du personnel contre la nouvelle directrice. Le Tribunal f�d�ral s'est r�cemment demand� si les traits de caract�re et les types de comportements individuels pouvaient constituer des raisons inh�rentes � la personnalit� au sens de l'art. 336 al. 1 let. a CO, laissant toutefois la question ouverte (ATF 125 III 70 consid. 2c p. 74 et les r�f�rences cit�es). Ce probl�me se pose �galement dans le cas d'esp�ce compte tenu des motifs de licenciement constat�s, mais, comme dans l'arr�t pr�cit�, il n'a pas � �tre r�solu, puisque la seconde condition d'application de l'art. 336 al. 1 let. a CO fait d�faut.
c) Il ne saurait en effet y avoir d'abus selon cette disposition lorsque la raison justifiant le cong� pr�sente un lien avec le rapport de travail, en particulier avec l'obligation de travailler et le devoir de fid�lit� du travailleur (Message du Conseil f�d�ral du 9 mai 1984 in: FF 1984 II 623; arr�t du Tribunal f�d�ral du 13 janvier 1992, publi� in: SJ 1993 p. 357, consid. 1; Staehelin, op. cit. , art. 336 CO no 10). En raison de son obligation de fid�lit�, le travailleur est tenu de sauvegarder les int�r�ts l�gitimes de son employeur (art. 321a al. 1 CO). A cet �gard, le comportement des cadres doit �tre appr�ci� avec une rigueur accrue, compte tenu du cr�dit particulier et de la responsabilit� que leur conf�re leur fonction dans l'entreprise (arr�t du Tribunal f�d�ral du 11 octobre 1994, publi� in: SJ 1995 p.
809, consid. 3; ATF 104 II 28 consid. 1; Staehelin, op. cit. , art. 321a CO no 8; Ullin Streiff/Adrian von Kaenel, Leitfaden zum Arbeitsvertragsrecht, 5e �d., Zurich 1992, art. 321a CO no 4). Il a ainsi �t� jug� qu'un cadre qui manifestait clairement son intention de changer d'emploi aussi vite que possible peu apr�s le d�but de son contrat de travail conclu pour une dur�e de deux ans violait son devoir de fid�lit� (ATF 117 II 560 consid. 3a). Il ne faut pas non plus perdre de vue que les rapports de confiance sont � la base du contrat de travail (ATF 124 III 25 consid. 3a in fine) et que, si ceux-ci sont �branl�s ou d�truits, notamment en raison de la violation du devoir de fid�lit� du travailleur (cf.
Streiff/von Kaenel, op. cit. , art. 321a CO no 8), ils peuvent m�me aller jusqu'� l�gitimer la cessation imm�diate des rapports de travail (cf. ATF 116 II 145 consid. 6a p. 150).
En l'esp�ce, la demanderesse occupait le poste d'infirmi�re-chef aupr�s de la d�fenderesse. Alors qu'elle n'�tait en fonction que depuis quelques mois, elle s'est d'embl�e oppos�e � la nomination de la nouvelle directrice par le comit� directeur. Lors d'une s�ance du 2 novembre 1998, elle a annonc� qu'elle ne pensait pas pouvoir travailler avec cette personne et elle a cherch� � faire en sorte que le comit� revienne sur sa d�cision de nomination. A l'occasion d'une entrevue avec la directrice, charg�e de renouer le dialogue, elle est rest�e sur ses positions et lui a d�clar� vouloir quitter son emploi. Elle a ensuite r�p�t� � l'�quipe soignante qui lui avait adress� une lettre de soutien qu'elle ne faisait toujours pas confiance au comit� et � la nouvelle directrice et qu'elle quitterait l'�tablissement une fois qu'elle aurait trouv� un poste int�ressant ailleurs.
On peut consid�rer qu'un cadre qui fait �tat de ses dissensions avec la direction aupr�s de ses subordonn�s, alors que, par sa fonction, il est charg� de repr�senter son employeur vis-�-vis de ceux-ci, viole son devoir de fid�lit�.
Ce cadre rompt �galement le lien de confiance indispensable � toute relation de travail lorsqu'il annonce � son employeur, apr�s quelques mois d'activit�, qu'il s'oppose � travailler avec la directrice fra�chement nomm�e et qu'il ne modifie pas sa position bien que celle-ci tente de renouer le dialogue, annon�ant au surplus qu'il a l'intention de quitter son emploi.
La justification du cong� ressortant de l'arr�t attaqu� est donc en relation directe avec les rapports de travail, de sorte que le licenciement prononc� ne saurait �tre consid�r� comme abusif au sens de l'art. 336 al. 1 let. a CO, contrairement � ce qu'a retenu la cour cantonale. Il convient de pr�ciser qu'il ne s'agit pas ici de se demander si l'attitude de la demanderesse aurait justifi� une r�siliation imm�diate au sens de l'art. 337 CO, mais seulement d'examiner si l'employeur pouvait librement faire usage de son droit de mettre fin au contrat tel que garanti par l'art. 335 al. 1 CO.
Comme les faits retenus par la cour cantonale ne laissent pas appara�tre l'existence d'un autre motif de cong� abusif, la demanderesse ne peut pr�tendre � une indemnit� sur la base des art. 336 ss CO. L'arr�t attaqu� doit donc �tre annul� dans la mesure o� il condamne la d�fenderesse � verser � la demanderesse un montant de 7'500 fr. pour licenciement abusif.
3.- Invoquant une violation de l'art. 322d CO, la d�fenderesse s'en prend �galement � la gratification 1998 allou�e � la demanderesse par les juges cantonaux.
a) La cour cantonale a consid�r� que, le contrat de travail pr�voyant le versement � bien plaire d'une gratification de fin d'ann�e, la demanderesse n'avait en principe pas un droit contractuel au paiement de cette prestation. Toutefois, comme une gratification avait �t� accord�e � tous les travailleurs, le principe de l'�galit� de traitement emp�chait la d�fenderesse de discriminer l'infirmi�re-chef en se pr�valant de motifs ayant justifi� un licenciement qualifi� d'abusif par les juges cantonaux. Au demeurant, comme la d�fenderesse avait annonc� � tout le personnel r�uni lors de la s�ance de fin d'ann�e qu'une gratification �quivalant � un salaire mensuel allait �tre vers�e, sans informer la demanderesse qui �tait pr�sente qu'elle ne b�n�ficierait pas de cette prestation, celle-ci avait �t� objectivement convenue et, partant, �tait due.
b) La gratification, au sens de l'art. 322d CO, est une r�tribution sp�ciale accord�e � des occasions particuli�res et d�pendant, dans une certaine mesure en tout cas, de l'employeur, si ce n'est dans son principe, � tout le moins dans son montant. N'est d�s lors plus une gratification la r�tribution dont le montant et l'�ch�ance inconditionnelle sont fix�s d'avance par le contrat de travail, telle que le treizi�me mois de salaire ou une autre r�tribution semblable enti�rement d�termin�e par le contrat (ATF 109 II 447 consid. 5c). La gratification vers�e r�guli�rement et dont le travailleur peut pr�tendre, de bonne foi, qu'elle lui est due, peut �galement devenir obligatoire (Brunner/B�hler/Waeber, Commentaire du contrat de travail, 2e �d., Lausanne 1996, art. 322d CO no 5; Manfred Rehbinder, Commentaire bernois, art. 322d CO no 6; Streiff/von Kaenel, op. cit. , art. 322d CO no 4). En l'esp�ce, tant la lettre d'engagement de la demanderesse que le r�glement d'entreprise annex� pr�voyaient que les gratifications de fin d'ann�e �taient vers�es "� bien plaire" et rien n'indique qu'elles aient eu un caract�re r�gulier.
La cour cantonale a ainsi consid�r� avec raison qu'il s'agissait non pas d'une partie int�grante du salaire, mais d'une gratification au sens de l'art. 322d CO.
c) Bien que l'employeur soit en principe libre d'octroyer une gratification pr�vue "� bien plaire" (Rehbinder, op. cit. , art. 322d CO no 4), il n'en demeure pas moins tenu de respecter les engagements suppl�mentaires qu'il a pris � ce sujet. Ainsi, lorsqu'il promet � son personnel que, pour une ann�e d�termin�e, une gratification d'un certain montant lui sera vers�e, il se trouve li� et ne peut revenir en arri�re (Streiff/von Kaenel, op. cit. , art. 322d no 14), sous r�serve du cas o� un travailleur aurait viol� fautivement et d'une mani�re grave son devoir de diligence ou de fid�lit� (Staehelin, op. cit. , art. 322d CO no 23). Si un travailleur qui peut pr�tendre � une gratification est entr� au service de l'employeur dans le courant de l'ann�e, l'indemnit� qui lui est due � ce titre sera calcul�e pro rata temporis (Manfred Rehbinder, Commentaire b�lois, art. 322d CO no 2; Brunner/B�hler/Waeber, op. cit. , art. 322d CO no 7).
En l'occurrence, la d�fenderesse a fait une promesse particuli�re lors de la soir�e de personnel du 27 novembre 1998, puisqu'elle a annonc� qu'une gratification �gale � un salaire mensuel complet allait �tre vers�e � l'ensemble des salari�s. Il ne ressort pas de l'arr�t entrepris qu'elle aurait �mis des r�serves pour certains travailleurs ou qu'elle aurait limit� cette prestation aux seules personnes pr�sentes.
Dans ces circonstances, on peut admettre que cette d�claration, d'une port�e g�n�rale, faite en public � l'occasion de la soir�e du personnel, liait l'�tablissement d�s son prononc� � l'�gard de tous les employ�s, m�me de ceux qui �taient absents ce soir-l�. Peu importe donc que la demanderesse ait particip� � cette soir�e, de sorte qu'il n'y a pas lieu de se prononcer sur l'�ventuelle inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) qu'aurait commise, selon la d�fenderesse, la cour cantonale, en retenant que l'infirmi�re-chef assistait � cette r�union. Par ailleurs, si l'on peut reprocher � la demanderesse d'avoir adopt� un comportement violant son devoir de fid�lit�, de nature � rompre le lien de confiance qui la liait � son employeur (cf. supra consid. 2c), ces manquements ne sauraient �tre qualifi�s de gravement fautifs.
Ils n'ont par cons�quent pas l'intensit� suffisante pour permettre � l'employeur de d�roger, au d�triment de cette employ�e, � sa promesse g�n�rale de verser une gratification � tout le personnel. C'est donc � juste titre que la cour cantonale a consid�r� que la demanderesse avait droit � une telle contribution pour 1998, calcul�e pro rata temporis � partir de son entr�e en service. Celle-ci �quivaut � 3'125 fr., montant qui correspond � 5/12 du salaire mensuel brut de la demanderesse.
d) A cette somme s'ajoutent les int�r�ts moratoires retenus par la juridiction cantonale, dont les parties ne critiquent ni le principe ni les modalit�s.
e) Le versement de la gratification apparaissant comme fond� eu �gard � la d�claration faite par l'employeur lors de la soir�e du personnel, il n'y a pas lieu de se demander si le principe d'�galit� de traitement aurait �galement permis de justifier cette prestation.
Le recours doit ainsi �tre partiellement admis et l'arr�t attaqu� annul�. La d�fenderesse sera condamn�e � verser � la demanderesse le montant de 3'125 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 2 mars 1999, la demande �tant rejet�e pour le surplus.
4.- La proc�dure est gratuite, puisque la valeur litigieuse, selon la pr�tention de la demanderesse � l'ouverture de l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41; 100 II 358 consid. a), ne d�passe pas 20'000 fr. (art. 343 al. 2 et 3 CO).
Des d�pens sont en revanche dus par la partie qui succombe (ATF 124 II 409 consid. 12 p. 436; 115 II 30 consid. 5c p. 42). Compte tenu de l'issue du litige, il y a lieu de mettre des d�pens r�duits � la charge de la demanderesse (art. 159 al. 3 OJ).
Il appartiendra � la cour cantonale de statuer � nouveau sur les d�pens de la proc�dure cantonale.
1. Admet partiellement le recours et annule l'arr�t attaqu�;
2. Condamne la d�fenderesse � verser � la demanderesse le montant de 3'125 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 2 mars 1999. Rejette la demande pour le surplus;
4. Dit que la demanderesse versera � la d�fenderesse une indemnit� de 800 fr. � titre de d�pens r�duits;
5. Renvoie la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision sur les d�pens de la proc�dure cantonale;
6. Communique le pr�sent arr�t en copie aux parties et � la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois.
Lausanne, le 19 d�cembre 2000 ECH