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Timestamp: 2016-10-25 03:17:22+00:00
Document Index: 301478346

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⭐COUR DE CASSATION R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E. Audience publique du 10 avril 2013 Rejet M. TERRIER, président. Arrêt n o 406 FS-P+B
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Eloi Beaudoin
1 CIV.3 LG COUR DE CASSATION Audience publique du 10 avril 2013 Rejet M. TERRIER, président Pourvoi n o G Arrêt n o FS-P+B R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS LA COUR DE CASSATION, TROISIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par l'association cultuelle orthodoxe russe de Nice, représentée par son vice-président en exercice, M. Obolensky, domicilié en cette qualité audit siège, Eglise orthodoxe russe, 6 rue Longchamp, Nice, contre l'arrêt rendu le 19 mai 2011 par la cour d'appel d'aix-en-provence (1re chambre B), dans le litige l'opposant à l Etat de la Fédération de Russie, représentée par M. Alexandre Orlov, ambassadeur en exercice en France, domicilié en cette qualité 79 rue de Grenelle, Paris, défenderesse à la cassation ; La demanderesse invoque, à l'appui de son pourvoi, les six moyens de cassation annexés au présent arrêt ; Vu la communication faite au procureur général ;2 2 A l audience publique du 6 novembre 2012, ont été entendus la SCP Fabiani et Luc-Thaler, avocat de l Association cultuelle orthodoxe russe de Nice, la SCP Lesourd, avocat de l Etat de la Fédération de Russie, en leur plaidoirie, et M. Charpenel, premier avocat général, l affaire étant renvoyée à l audience publique du 15 janvier 2013 puis du 26 février 2013 ; LA COUR, composée conformément à l'article R du code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 26 février 2013, où étaient présents : M. Terrier, président et rapporteur, Mmes Fossaert, Feydeau, Masson-Daum, MM. Echappé, Parneix, Mmes Andrich, Salvat, M. Roche, conseillers, Mmes Proust, Pic, Meano, Collomp, conseillers référendaires, M. Charpenel, premier avocat général, M. Dupont, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. Terrier, président, les observations de la SCP Fabiani et Luc-Thaler, avocat de l'association cultuelle orthodoxe russe de Nice, de la SCP Lesourd et la SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocats de l Etat de la Fédération de Russie, l'avis de M. Charpenel, premier avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Attendu, selon l arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 19 mai 2011), que le tsar Alexandre II a acquis, le 9 novembre 1865, un terrain sis à Nice ; qu un immeuble, devenu la cathédrale Saint-Nicolas, a été édifié sur ce terrain de 1903 à 1912 ; qu aux termes d un oukase du 20 décembre 1908, le tsar Nicolas II a ordonné qu à l avenir, (son) cabinet soit considéré comme le véritable propriétaire (de cet) immeuble et figure seul à ce titre dans tous les actes publics ou privés ; que suivant acte authentique du 9 janvier 1909, le consul de Russie en France, agissant au nom et comme mandataire du ministre de la Cour impériale de Russie, a donné ce terrain avec toutes ses constructions à bail emphytéotique à l association diocésaine de Saint-Petersbourg ; que la Fédération de Russie (la Fédération) a agi contre l Association cultuelle orthodoxe russe de Nice (l association), occupante des lieux depuis 1925, pour que soit constatée sa qualité de propriétaire du terrain, de la cathédrale et de son contenu ; Sur le premier moyen, après avis donné aux parties conformément à l article 1015 du code de procédure civile : Attendu que l association fait grief à l arrêt de rejeter la fin de non recevoir opposée à l action de la Fédération, alors, selon le moyen : 1 o / que l accord franco-russe du 27 mai 1997 prévoit que la Partie russe ne peut entreprendre à l encontre de la Partie française "d actions sur la base de créances financières et réelles de quelque nature que ce soit apparues antérieurement au 9 mai 1945" ; qu en énonçant, pour rejeter la fin de non-recevoir soulevée par l association à l encontre de3 3 l action en restitution des biens immobiliers litigieux engagée par la Fédération à son encontre, que cette action, qui «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», «ne peut être concernée par cet accord du 27 mai 1997 qui ne vise que les actions relatives aux créances financières et réelles apparues avant le 9 mai 1945», la cour d appel, qui, pour apprécier l application de l accord franco-russe du 27 mai 1997 relatif au "règlement définitif des créances réciproques entre la France et la Russie antérieures au 9 mai 1945", s est placée à la date d exercice de l action en restitution et non à la date d apparition et donc de naissance de la créance de restitution justifiant cette action, a violé ledit accord ; 2 o / que les obligations contractuelles, fussent-elles de restitution, prennent naissance au jour de la conclusion du contrat et non au jour de leur exécution ; qu en énonçant, pour exclure l application de l accord franco-russe du 27 mai 1997 à la créance de restitution de la Fédération, que cette créance «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors que la créance de restitution était nécessairement née à la date du contrat de bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, soit antérieurement au 9 mai 1945, la cour d appel a violé l article 1101 du code civil ; 3 o / que les obligations contractuelles, fussent-elles de restitution, prennent naissance au jour de la conclusion du contrat et non au jour de leur exécution ; qu à tout le moins, en se bornant à tenir compte de la date d exercice ou d exigibilité de la créance de restitution de la Fédération pour apprécier l application de l accord franco-russe du 27 mai 1997 à cette créance, sans rechercher à quelle date cette créance de restitution était née, donnée qui seule permettait de déterminer si ledit Accord était applicable à cette dernière, la cour d appel a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 1101 du ode civil ; 4 o / que l accord franco-russe du 27 mai 1997 prévoit que la partie russe ne peut entreprendre à l encontre de la partie française "d actions sur la base de créances financières et réelles de quelque nature que ce soit apparues antérieurement au 9 mai 1945", y compris "les revendications relatives à tous les actifs situés en France qui appartenaient au gouvernement de l Empire de Russie puis à l ensemble des gouvernements qui lui ont succédé" ; que l association soulignait dans ses écritures que, au regard des termes de l accord du 27 mai 1997, l Etat russe avait renoncé à toutes revendications portant sur des droits de créance ou de propriété immobilière nés avant le 9 mai 1945, et que son action en revendication était engagée sur le fondement d un droit de propriété dont il4 4 prétendait être titulaire dès avant 1945, à la suite de l achat du terrain d emprise de la Cathédrale Saint-Nicolas à M. Bermond par le tsar Alexandre II ; qu en excluant l application de l accord de 1997 à l action de la Fédération au motif que cette action «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors qu elle reconnaissait par ailleurs expressément à la Fédération la qualité de propriétaire des immeubles litigieux au moins dès 1909, date de conclusion du bail emphytéotique, donc bien avant la date du 9 mai 1945, la cour d appel n a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations en violation de l accord franco-russe du 27 mai 1997 ; 5 o / qu est irrecevable toute prétention émise par une personne dépourvue du droit d agir ; que, en vertu de l accord franco-russe du 27 mai 1997, la Fédération a expressément et définitivement renoncé à son droit d agir au titre de toute créance financière ou réelle antérieure au 9 mai 1945, de quelque nature qu elle soit, justifiant le cas échéant l exercice d une revendication sur des actifs situés en France ; qu en déclarant recevable l action en restitution des biens immobiliers litigieux formée par la Fédération en raison de l inapplicabilité de l accord bilatéral du 27 mai 1997 à cette action, au motif que cette action «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors que le droit justifiant l action de la Fédération, qu il s agisse d un droit de créance contractuel de restitution qui était nécessairement né à la date de conclusion du contrat de bail de 1909 ou d un titre de propriété immobilière dont l arrêt constate qu il est au moins aussi ancien que ledit bail, était fatalement lui-même né antérieurement au 9 mai 1945, la cour d appel, qui a reconnu à la Fédération un droit d agir dont elle ne disposait assurément plus, a violé les articles 32 et 122 du code de procédure civile ; 6 o / que les juges doivent motiver leur décision sans procéder par voie de simple affirmation générale ; qu à supposer qu en énonçant que l action de la Fédération «ne peut en tout état de cause être concernée par cet accord du 27 mai 1997 qui ne vise que les actions relatives aux créances financières et réelles apparues avant le 9 mai 1945», la cour d appel ait rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l association pour d autres motifs que la considération selon laquelle cette action, qui selon l arrêt ne pouvait être exercée qu à l issue du bail emphytéotique, à savoir après le 31 décembre 2007, était postérieure au 9 mai 1945, par exemple en raison de l absence d effet direct de l accord à l égard des justiciables ou en raison du fait que l action engagée par la Fédération ne serait pas une créance financière ou réelle au sens du texte, la cour d appel, qui aurait ainsi statué par voie de simple affirmation générale et non circonstanciée, aurait en tout état de cause violé l article 455 du code de procédure civile ;5 5 Mais attendu qu il résulte tant de son objet que des termes de ses stipulations que l accord du 27 mai 1997 conclu entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la Fédération de Russie sur le règlement définitif des créances réciproques financières et réelles apparues antérieurement au 9 mai 1945, a entendu apurer un contentieux financier entre ces deux Etats, le règlement des litiges liés aux créances entre les particuliers et chacun de ces Etats demeurant exclusivement de la compétence nationale ; qu il s ensuit que l association ne peut utilement invoquer, au soutien de sa fin de non-recevoir, un moyen tiré des dispositions de l article V dudit accord ; Que par ce motif de pur droit substitué à ceux critiqués, l arrêt se trouve légalement justifié ; annexés : Sur les deuxième et troisième moyens, réunis, ci-après Attendu qu ayant relevé que par oukase du 20 décembre 1908, le tsar Nicolas II avait ordonné de considérer le terrain litigieux comme étant la propriété de son cabinet, que le bail emphytéotique du 9 janvier 1909, signé au nom du bailleur par le consul de Russie à Nice agissant comme mandataire d un ministre de la Cour impériale de Russie, mentionnait qu il portait sur un terrain appartenant à la Cour impériale de Russie, que l Etat de la Fédération de Russie a finalement succédé à l Empire russe, la continuité juridique étant admise par l Etat de la Fédération de Russie et par la République française, la cour d appel, qui en a déduit, par une interprétation souveraine, exclusive de dénaturation, que l ambiguïté de ces deux actes rendait nécessaire, que le bien litigieux était devenu la propriété de la Cour impériale de Russie à la date du bail puis celle de la Fédération, a pu, par ces seuls motifs et sans être tenue de répondre à des moyens que ses constatations rendaient inopérants, rejeter la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité de la Fédération et déclarer celle-ci propriétaire et bailleur emphytéotique du bien ; D où il suit que le moyen n est pas fondé ; Sur le quatrième moyen, ci-après annexé : Attendu qu ayant relevé, d une part, qu aux termes de l acte d attribution du 12 avril 1927, l association était venue aux droits de l emphytéote et, d autre part, qu il existait une continuité juridique entre l Empire de Russie et la Fédération, la cour d appel, qui n était pas tenue de répondre à des moyens ou d effectuer des recherches que ses constatations6 6 rendaient inopérants, a pu en déduire que la Fédération était fondée, en sa qualité de bailleresse, à reprendre les biens à l expiration du bail ; D où il suit que le moyen n est pas fondé ; Sur le cinquième moyen, ci-après annexé : Attendu qu ayant relevé qu au cours de la procédure devant le président du tribunal civil de la Seine en 1925, l association n avait pas prétendu que le bail emphytéotique n existait plus, qu elle avait affirmé alternativement avoir la détention, la possession ou la jouissance de la cathédrale, et retenu souverainement que la position exprimée par l association devant cette juridiction n était pas révélatrice d une intention claire et non équivoque de se comporter en propriétaire de la cathédrale et que l acte du 12 avril 1927 entre l administration religieuse des églises orthodoxes d Europe occidentale et l association n avait pu avoir pour effet de transférer à celle-ci la propriété des biens litigieux, la cour, qui en a déduit que la possession de ces biens par l association était entachée d équivoque et que celle-ci ne pouvait se prévaloir d une interversion de son titre, a, par ces seuls motifs, légalement justifié sa décision de ce chef ; Sur le sixième moyen, ci-après annexé : Attendu, d une part, qu ayant retenu souverainement que l association n avait pas accompli sur la partie du terrain non désignée dans le bail emphytéotique d actes de possession autres que ceux, entachés d équivoque, accomplis sur l autre partie et que ces deux parties du terrain avaient été acquises par l empereur de Russie en 1865, la cour d appel a pu en déduire que l association n était pas fondée à prétendre avoir acquis la propriété de cette partie du terrain ; Et attendu, d autre part, que l association n ayant pas soutenu devant la cour d appel qu elle avait acquis la propriété de la partie du terrain non désignée dans l acte emphytéotique à la suite d un échange, le moyen, pris en sa troisième branche, est nouveau, mélangé de fait et de droit ; D où il suit que le moyen, pour partie irrecevable, n est pas fondé pour le surplus ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; dépens ; Condamne l Association cultuelle orthodoxe russe de Nice aux7 7 Vu l article 700 du code de procédure civile, condamne l Association cultuelle orthodoxe russe de Nice à payer à la Fédération de Russie la somme de euros ; rejette la demande de l Association cultuelle orthodoxe russe de Nice ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du dix avril deux mille treize.8 8 MOYENS ANNEXES au présent arrêt Moyens produits par la SCP Fabiani et Luc-Thaler, avocat aux Conseils, pour l'association cultuelle orthodoxe russe de Nice PREMIER MOYEN DE CASSATION Le moyen fait grief à l arrêt attaqué d avoir rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE à l encontre de l action en restitution de la Cathédrale orthodoxe russe de Nice, des terrains alentours et des meubles qui contenus dans cette dernière formée par l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE, et d avoir en conséquence déclaré l action de l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE recevable ; Aux motifs que «cet accord (du 27 mai 1997) entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Fédération de Russie fait suite à un mémorandum signé à Paris le 26 novembre 1996, qu il a été signé à Paris le 27 mai 1997 ; qu il a été approuvé par la loi française n o du 19 décembre 1997 et a été publié en France par décret n o du 6 mai 1998 ; que cet accord a trait au règlement définitif des créances réciproques financières et réelles apparues antérieurement au 9 mai 1945 ; que cet accord dispose en son article II : "la Partie russe, en son nom ou au nom de personnes physiques ou morales russes, ne présente pas à la Partie française ni ne soutient en aucune manière les créances financières et réelles, quelles qu elles soient, apparues antérieurement au 9 mai 1945, notamment : A- les revendications liées à l intervention de B- les revendications relatives à tous les actifs situés en France qui appartenaient : au Gouvernement de l Empire de Russie, aux Gouvernements qui lui ont succédé, aux Gouvernement de la République socialiste fédérative de Russie, au Gouvernement de l Union des Républiques socialistes soviétiques, à toute institution établie conformément à la législation desdits Etats " ; qu il précise également en son article V : "à compter de l entrée en vigueur du présent accord, aucune des parties n entreprend à l encontre de l autre partie ou de personnes physiques et morales de l Etat de l autre partie (ou du prédécesseur de l autre partie) d actions sur la base de créances financières et réelles de quelque nature que ce soit apparues antérieurement au 9 mai 1945" ; que l Association cultuelle considère que l action initiée contre elle le 3 novembre 2006 par l Etat de la Fédération de Russie entre dans le cadre des actions visées par cet accord et, s agissant d un contentieux apparu selon elle avant le 9 mai 1945, lors de la saisine du Président du Tribunal civil de la Seine par la commission JAUDON en 1925, avec désintérêt de l Union des Républiques Socialistes Soviétiques pour le bien litigieux depuis cette date9 9 au moins ; que l action exercée par l Etat de Fédération de Russie, par son assignation introductive d instance du 13 novembre 2006 et poursuivie par la suite sur le même fondement vise à obtenir la restitution en tant que bailleur emphytéotique d un bien immobilier, convenu le 9 janvier 1909, pour une durée de 99 ans à compter du 1 er janvier 1909, à la survenance du terme du bail au 31 décembre 2007 ; que cette action vise à la reprise de la possession du bien des mains de l emphytéote ; qu une telle action ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007 ; qu elle ne peut en tout état de cause être concernée par cet accord du 27 mai 1997 qui ne vise que les actions relatives aux créances financières et réelles apparues avant le 9 mai 1945» ; Alors que, de première part, l Accord franco-russe du 27 mai 1997 prévoit que la Partie russe ne peut entreprendre à l encontre de la Partie française "d actions sur la base de créances financières et réelles de quelque nature que ce soit apparues antérieurement au 9 mai 1945" ; qu en énonçant, pour rejeter la fin de non-recevoir soulevée par l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE à l encontre de l action en restitution des biens immobiliers litigieux engagée par l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE à son encontre, que cette action, qui «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», «ne peut être concernée par cet Accord du 27 mai 1997 qui ne vise que les actions relatives aux créances financières et réelles apparues avant le 9 mai 1945», la Cour d appel qui, pour apprécier l application de l Accord franco-russe du 27 mai 1997 relatif au "règlement définitif des créances réciproques entre la France et la Russie antérieures au 9 mai 1945", s est placée à la date d exercice de l action en restitution et non à la date d apparition et donc de naissance de la créance de restitution justifiant cette action, a violé ledit Accord ; Alors que, de deuxième part, les obligations contractuelles, fussent-elles de restitution, prennent naissance au jour de la conclusion du contrat et non au jour de leur exécution ; qu en énonçant, pour exclure l application de l Accord franco-russe du 27 mai 1997 à la créance de restitution de l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE, que cette créance «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors que la créance de restitution était nécessairement née à la date du contrat de bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, soit antérieurement au 9 mai 1945, la Cour d appel a violé l article 1101 du Code civil ;10 10 Alors que, de troisième part, les obligations contractuelles, fussent-elles de restitution, prennent naissance au jour de la conclusion du contrat et non au jour de leur exécution ; qu à tout le moins, en se bornant à tenir compte de la date d exercice ou d exigibilité de la créance de restitution de l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE pour apprécier l application de l Accord franco-russe du 27 mai 1997 à cette créance, sans rechercher à quelle date cette créance de restitution était née, donnée qui seule permettait de déterminer si ledit Accord était applicable à cette dernière, la Cour d appel a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 1101 du Code civil ; Alors que, de quatrième part, l Accord franco-russe du 27 mai 1997 prévoit que la Partie russe ne peut entreprendre à l encontre de la Partie française "d actions sur la base de créances financières et réelles de quelque nature que ce soit apparues antérieurement au 9 mai 1945", y compris "les revendications relatives à tous les actifs situés en France qui appartenaient au Gouvernement de l Empire de Russie puis à l ensemble des gouvernements qui lui ont succédé" ; que l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE soulignait dans ses écritures que, au regard des termes de l Accord du 27 mai 1997, l Etat russe avait renoncé à toutes revendications portant sur des droits de créance ou de propriété immobilière nés avant le 9 mai 1945, et que son action en revendication était engagée sur le fondement d un droit de propriété dont il prétendait être titulaire dès avant 1945, à la suite de l achat du terrain d emprise de la Cathédrale Saint-Nicolas à Monsieur BERMOND par le Tsar ALEXANDRE II ; qu en excluant l application de l Accord de 1997 à l action de l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE au motif que cette action «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors qu elle reconnaissait par ailleurs expressément à l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE la qualité de propriétaire des immeubles litigieux au moins dès 1909, date de conclusion du bail emphytéotique, donc bien avant la date du 9 mai 1945, la Cour d appel n a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations en violation de l Accord franco-russe du 27 mai 1997 ; Alors que, de cinquième part, est irrecevable toute prétention émise par une personne dépourvue du droit d agir ; que, en vertu de l Accord franco-russe du 27 mai 1997, la FEDERATION DE RUSSIE a expressément et définitivement renoncé à son droit d agir au titre de toute créance financière ou réelle antérieure au 9 mai 1945, de quelque nature qu elle soit, justifiant le cas échéant l exercice d une revendication sur des actifs situés en France ; qu en déclarant recevable l action en restitution des biens immobiliers litigieux formée par la FEDERATION DE RUSSIE en raison de l inapplicabilité de l Accord bilatéral du 27 mai 1997 à cette action, au motif que cette action «ne pouvait être exercée qu à l issue du bail, ou à l approche de son terme, en tout cas pas avant le 9 mai 1945, s agissant d un11 11 bail emphytéotique expirant le 31 décembre 2007», alors que le droit justifiant l action de la FEDERATION DE RUSSIE, qu il s agisse d un droit de créance contractuel de restitution qui était nécessairement né à la date de conclusion du contrat de bail de 1909 ou d un titre de propriété immobilière dont l arrêt constate qu il est au moins aussi ancien que ledit bail, était fatalement lui-même né antérieurement au 9 mai 1945, la Cour d appel, qui a reconnu à la FEDERATION DE RUSSIE un droit d agir dont elle ne disposait assurément plus, a violé les articles 32 et 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de sixième part, les juges doivent motiver leur décision sans procéder par voie de simple affirmation générale ; qu à supposer qu en énonçant que l action de la FEDERATION DE RUSSIE «ne peut en tout état de cause être concernée par cet accord du 27 mai 1997 qui ne vise que les actions relatives aux créances financières et réelles apparues avant le 9 mai 1945», la Cour ait rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE pour d autres motifs que la considération selon laquelle cette action, qui selon l arrêt ne pouvait être exercée qu à l issue du bail emphytéotique, à savoir après le 31 décembre 2007, était postérieure au 9 mai 1945, par exemple en raison de l absence d effet direct de l Accord à l égard des justiciables ou en raison du fait que l action engagée par la FEDERATION DE RUSSIE ne serait pas une créance financière ou réelle au sens du texte, la Cour d appel, qui aurait ainsi statué par voie de simple affirmation générale et non circonstanciée, aurait en tout état de cause violé l article 455 du Code de procédure civile. DEUXIÈME MOYEN DE CASSATION Le moyen fait grief à l arrêt infirmatif attaqué d avoir déclaré l action de l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE recevable ; Aux motifs que «l Etat de Fédération de Russie exerce cette action en tant que bailleur emphytéotique ; que l Association cultuelle estime que l Etat de Fédération de Russie ne peut se prévaloir de cette qualité, alors le bail n était pas emphytéotique, que le bailleur était l Empereur de Russie à titre personnel et que s il s était agi de l Empire de Russie, l Etat de Fédération de Russie ne peut venir aux droits de l Empire de Russie ; que ce bail a été dressé par acte authentique reçu le 9 janvier 1909 par Me Théodore MORIEZ, notaire à Nice ; que l acte précise qu il a pour objet de donner à bail emphytéotique un terrain pour une durée de 99 années qui ont commencé à courir le 1er janvier 1909 ; qu il est précisé que le preneur ne paiera aucune redevance annuelle mais prend à sa charge l entretien dès son achèvement, du bâtiment de l Eglise, et menues réparations de toute nature, entretenir en bon ordre et propreté le terrain, acquittera les contributions foncières ; que l acte comporte une clause selon laquelle le preneur ne pourra céder son droit ou sous louer, comme aussi transformer12 12 la nature de l édifice qui doit demeurer Eglise Orthodoxe Russe livrée au culte, ne pourra ériger aucune autre construction ; que ce contrat a été clairement qualifié par les parties, dans l acte, de bail emphytéotique ; qu il confère un droit réel sur le bien pour une durée de 99 ans, limité par les droits du propriétaire ; qu il prévoit que la taxe foncière est payée par le preneur ; que les parties ont convenu qu il ne pourrait être cédé en considération du caractère cultuel et religieux de son usage ; que l Association cultuelle estime que le bien immobilier avait été acquis à titre personnel le 10 novembre 1865 par le tsar Alexandre II et qu il est reste propriété personnelle du tsar de sorte que c est son héritier, Nicolas II, qui à titre personnel, était le bailleur en 1909 ; que par "oukase" c est à dire, acte de gouvernement, l Empereur Nicolas II, le 20 décembre 1908, ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa Bermond à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par Bermond conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois " ; que le bailleur, propriétaire du bien immobilier, est, selon les termes de cet acte, "la Cour Impériale de Russie" ; que la personne physique présente à l acte au nom du bailleur emphytéotique, propriétaire, est M. Serge HANSCHINE, consul de Russie à Nice, agissant au nom et comme mandataire du Baron FREDERICKZ, ministre de la Cour impériale de Russie, aide de camp de l Empereur, administrant les biens de "Sa Majesté Impériale de Russie" ; que l acte précise que ce bail porte sur un terrain qui "appartient à la Cour Impériale de Russie, au moyen de l acquisition qu en a faite sa Majesté Impériale Alexandre II, Empereur de toutes les Russies, suivant acte de Me ARNULF, notaire à Nice le dix novembre mil huit cent soixante cinq" ; qu il rappelle que le terrain "reste la propriété de la Cour Impériale" ; qu en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par Alexandre II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour Impériale de Russie, c est à dire de l Empire de Russie ; que l Association cultuelle estime que l actuel Etat de Fédération de Russie ne peut venir aux droits de l Empire de Russie, alors qu il y a eu une rupture juridique entre l Empire de Russie et l Union des Républiques socialistes soviétiques ; qu à l Empire de Russie a fait suite la République socialiste fédérative de Russie en 1918, puis l Union des Républiques socialistes soviétiques en 1922, et enfin l Etat de Fédération de Russie en 1991 ; qu il résulte notamment de l accord du 27 mai 1997 cité plus haut et du mémorandum d accord du 26 novembre 1996, signés à Paris entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Fédération de Russie que les deux Etats se sont entendus pour régler leurs créances réciproques financières et réelles relatives pour "la Partie russe" à des points qui concernaient le Gouvernement de l Empire de Russie, les Gouvernements qui lui ont succédé, le Gouvernement de la République socialiste fédérative de Russie, le Gouvernement de l Union des Républiques socialistes soviétiques, toute institution établie conformément à la législation desdits Etats ; que l Etat de Fédération de Russie a ainsi convenu d un accord sur les revendications de l Empire de Russie ; que la continuité13 13 juridique entre l Empire de Russie et l Etat de Fédération de Russie est admise par la Fédération de Russie et par la République française» ; Alors que, de première part, les juges doivent motiver leur décision sans procéder par voie de simple affirmation générale ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que la FEDEARATION DE RUSSIE justifiait être propriétaire des biens litigieux et disposait donc de la qualité à agir à l encontre de l ASSOCIATION CULTUELLE, qu «en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour impériale de Russie, c est-à-dire de l Empire de Russie», ce sans autrement s expliquer sur les motifs qui l ont conduite à retenir qu à la date du 9 janvier 1909, le terrain litigieux était non un bien personnel de la famille impériale mais un bien de l Empire russe, donc un bien étatique, la Cour d appel, qui a statué par voie de simple affirmation générale et non circonstanciée, a violé l article 455 du Code de procédure civile, ensemble l article 6 1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l homme et des libertés fondamentales ; Alors que, de deuxième part, les juges doivent mettre la Cour de cassation en mesure d exercer son contrôle sur les éléments de fait justifiant l application de la règle de droit qu ils retiennent ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que la FEDEARATION DE RUSSIE justifiait être propriétaire des biens litigieux et disposait donc de la qualité à agir à l encontre de l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE, qu «en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour impériale de Russie, c est-à-dire de l Empire de Russie», la Cour d appel, qui n a pas mis la Cour de cassation en mesure d exercer le moindre contrôle sur la nature du terrain litigieux à la date du bail emphytéotique conclu le 9 janvier 1909, et donc de déterminer si c est à bon droit que l arrêt a retenu que l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE justifiait d un droit de propriété sur ce terrain et de la qualité à agir à l encontre de l ASSOCIATION CULTUELLE, a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de troisième part, pour justifier que le terrain acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II était, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de l Empire de Russie, l arrêt se contente d indiquer que, «par "oukase" c est-à-dire, acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, (a) ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois» ; qu en statuant ainsi, par un motif abstrait impropre à établir la raison pour laquelle il s inférait du14 14 l oukase du 20 décembre 1908 que ledit terrain n était plus un bien personnel de la famille impériale, la Cour d appel a privé sa décision au regard de l article 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de quatrième part, les juges ne peuvent dénaturer les termes clairs et précis des documents qui leur sont soumis ; que l oukase pris par le Tsar NICOLAS II le 20 décembre 1908 mentionne : "Ayant reconnu la nécessité de remettre à Notre Cabinet le terrain à Nice connu sous l appellation de «Mausolée Impérial», Ordonnons : considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois Ernest Pinaut et inscrit au registre de la ville de Nice le 9 novembre 1865, page 33 ; tous les actes relatifs à ce terrain, seront désormais accomplis directement par le Chef de Notre Cabinet ou sur sa commission, du fait que désormais Notre Cabinet doit être considéré comme le propriétaire effectif dudit domaine et il ne sera considéré que comme tel dans tous les actes publics ou privés" ; qu en estimant, le cas échéant, qu il s évinçait de cet oukase que le Tsar avait transféré la propriété du terrain litigieux au Cabinet Impérial, alors que l acte fait état d une simple "remise" du bien au Cabinet Impérial et non d un transfert irrévocable, d une part, qu il indique ce terrain doit "être considéré comme" la propriété du Cabinet et non "est" la propriété du Cabinet, d autre part, et qu il attribuait au seul Chef du Cabinet Impérial, et non au Cabinet lui-même, le pouvoir d accomplir les actes concernant le terrain, enfin, la Cour d appel a dénaturé les termes clairs et précis dudit document en violation de l article 1134 du Code civil ; Alors que, de cinquième part, les juges doivent répondre aux moyens opérants contenus dans les écritures des parties ; que dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE démontrait que, dès lors qu il était établi que les règles du droit russe ne permettaient pas de considérer que l oukase puisse s analyser comme réalisant une vente, un échange ou une donation, ce dernier n avait pu transférer qu une propriété «de type fiduciaire», investissant le Cabinet Impérial d un simple pouvoir d administration et de gestion du terrain litigieux en vertu d une «fiducie gestion», ce qui était notamment corroboré par les termes de la procuration donnée par l Empereur au Baron FREDERICKZ, Chef du Cabinet Impérial, le 18 juin 1908, qui mentionnait que "le Cabinet Impérial est Administrateur des biens de sa Majesté Impériale" ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que le terrain litigieux était un bien étatique, que «par "oukase", c est-à-dire acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, (a) ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois», ce sans répondre au moyen susvisé des écritures délaissées de l ASSOCIATION CULTUELLE15 15 ORTHODOXE RUSSE DE NICE, la Cour d appel a violé l article 455 du Code civil ; Alors que, de sixième part, que dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE démontrait que, dès lors qu il était établi que les règles du droit russe ne permettaient pas de considérer que l oukase puisse s analyser comme réalisant une vente, un échange ou une donation, ce dernier n avait pu transférer qu une propriété «de type fiduciaire», investissant le Cabinet Impérial d un simple pouvoir d administration et de gestion du terrain litigieux en vertu d une «fiducie gestion», ce qui était notamment corroboré par les termes de la procuration donnée par l Empereur au Baron FREDERICKZ, Chef du Cabinet Impérial, le 18 juin 1908, qui mentionnait que "le Cabinet Impérial est Administrateur des biens de sa Majesté Impériale" ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que le terrain litigieux était un bien étatique, que «par "oukase", c est-à-dire acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, (a) ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois», sans rechercher, ainsi qu il lui était expressément demandé, si l oukase du 20 décembre 1908 ne réalisait pas une simple opération de fiducie gestion non translative d une propriété pleine, entière et irrévocable au profit du Cabinet Impérial, et alors même qu elle relevait dans les motifs de son arrêt que le bail emphytéotique du 9 juin 1909 avait été signé au nom du Baron FREDERICKZ, chef du Cabinet Impérial «administrant les biens» de l Empereur, la Cour d appel a privé sa décision de base légale au regard de l article 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de septième part, il appartient aux juges préciser les dispositions de la loi applicable sur lesquelles ils fondent leur décision ; que tant l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE que l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE tenaient pour acquis que la portée de l oukase devait être appréciée au regard du droit russe applicable au jour de cet acte ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que le terrain litigieux était un bien étatique, que «par "oukase", c est-à-dire acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, (a) ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois», ce sans rechercher et ni indiquer, ainsi qu il lui était demandé, sur quelles dispositions du droit russe elle se fondait et en quoi ces dernières excluaient la possibilité d un transfert de propriété de type fiduciaire ou d organisation d une fiducie gestion de type trust, la Cour d appel a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 3 du Code civil ; Alors que, de huitième part, en se bornant à énoncer, pour justifier sa décision, que le bailleur, propriétaire du bien litigieux, est, selon les termes16 16 du contrat de bail emphytéotique, "la Cour Impériale de Russie", et que le contrat précise que ce bail porte sur un terrain qui "appartient à la Cour Impériale de Russie, au moyen de l acquisition qu en a faite sa Majesté Impériale Alexandre II, Empereur de toutes les Russies le 10 novembre 1865 et rappelle que le terrain "reste la propriété de la Cour Impériale", ce sans préciser la raison pour laquelle elle infère de la formule "Cour Impériale de Russie" que le bail était conclu au nom de l Empire de Russie et sans rechercher, ainsi qu il lui était demandé, si cette formule n englobait pas aussi l hypothèse dans laquelle l Empereur s engageait à titre personnel, et non comme représentant de l Empire russe, la Cour d appel a privé sa décision de base légale au regard de l article 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de neuvième part, dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE faisait valoir que si le terrain de la villa BERMOND avait été dès l origine un bien ecclésiastique, propriété de l Etat, sa gestion aurait pu être confiée à l Eglise Orthodoxe Russe par simple oukase, afin qu elle procède à l édification de la cathédrale Saint-Nicolas, ce qui aurait rendu parfaitement inutile la conclusion du bail emphytéotique du 9 janvier 1909 pour confier à l Administration Ecclésiastique Diocésaine de Saint-Pétersbourg la charge de la construction et de la gestion de la Cathédrale de Nice, d une part, et que ce n était que dans l hypothèse inverse où le bien en question était demeuré un bien privé du Tsar qu il devenait nécessaire de conclure un bail de longue durée avec l Administration Ecclésiastique Diocésaine de Saint-Pétersbourg afin de lui en confier l administration, d autre part ; qu en se bornant à énoncer, pour justifier sa décision, que le bailleur, propriétaire du bien immobilier, est, selon les termes du contrat de bail emphytéotique, "la Cour Impériale de Russie", et que le contrat précise que ce bail porte sur un terrain qui "appartient à la Cour Impériale de Russie et rappelle que le terrain "reste la propriété de la Cour Impériale", ce sans se prononcer, ainsi qu il lui était demandé, sur l utilité dudit bail emphytéotique et les raison qui ont conduit la Cour Impériale de Russie à conclure un tel acte, la Cour d appel a privé sa décision de base légale au regard de l article 122 du Code de procédure civile ; Alors que, de dixième part, dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE faisait valoir qu il ne pouvait être inféré des seuls termes du contrat bail emphytéotique que le bail avait été conclu au nom de l Etat russe dès lors que le contrat avait été signé par Monsieur le Consul Impérial de Russie à Nice, Serge KANSHINE, qui avait agi au nom et comme mandataire de son Excellence Monsieur le Baron FREDERICKZ, Chef du Cabinet Impérial, lequel avait été mandaté par le Tsar, en vertu d une procuration du 18 juin 1908, aux fins d administrer ses biens ; que l ASSOCIATION CULTUELLE ajoutait que le bail lui-même précisait que le Baron FREDERICKZ avait agi comme administrateur des biens de Sa Majesté Impériale de Russie, ce que la Cour d appel constate du reste dans les motifs de son arrêt ; qu en se bornant à énoncer, pour justifier sa décision, que le bailleur, propriétaire du terrain litigieux, est, selon17 17 les termes du contrat de bail emphytéotique, "la Cour Impériale de Russie", et que le contrat précise que ce bail porte sur un terrain qui "appartient à la Cour Impériale de Russie" et rappelle que le terrain "reste la propriété de la Cour Impériale", ce sans vérifier, ainsi qu il lui était demandé, si, compte tenu des mandats confiés au Baron FREDERICKZ et à Monsieur KANSHINE, le bail n avait pas été conclu au nom et pour le compte personnel de l Empereur, la Cour d appel a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 122 du Code de procédure civile. TROISIÈME MOYEN DE CASSATION (subsidiaire) Le moyen fait grief à l arrêt infirmatif attaqué d avoir dit que l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE est fondé à reprendre possession, à la suite de l arrivée du terme du bail emphytéotique du 9 janvier 1909, survenue le 31 décembre 2007, du bien immobilier objet de ce bail, comprenant l édifice dit "Cathédrale russe orthodoxe de Nice" boulevard Tzarévitch à Nice et le terrain alentour, tel que décrit dans le bail emphytéotique, ainsi que tous objets incorporés à celle-ci, et notamment l iconostase, dont il est propriétaire ; Aux motifs que «l Etat de Fédération de Russie exerce cette action en tant que bailleur emphytéotique ; que l Association cultuelle estime que l Etat de Fédération de Russie ne peut se prévaloir de cette qualité, alors le bail n était pas emphytéotique, que le bailleur était l Empereur de Russie à titre personnel et que s il s était agi de l Empire de Russie, l Etat de Fédération de Russie ne peut venir aux droits de l Empire de Russie ; que ce bail a été dressé par acte authentique reçu le 9 janvier 1909 par Me Théodore MORIEZ, notaire à Nice ; que l acte précise qu il a pour objet de donner à bail emphytéotique un terrain pour une durée de 99 années qui ont commencé à courir le 1er janvier 1909 ; qu il est précisé que le preneur ne paiera aucune redevance annuelle mais prend à sa charge l entretien dès son achèvement, du bâtiment de l Eglise, et menues réparations de toute nature, entretenir en bon ordre et propreté le terrain, acquittera les contributions foncières ; que l acte comporte une clause selon laquelle le preneur ne pourra céder son droit ou sous louer, comme aussi transformer la nature de l édifice qui doit demeurer Eglise Orthodoxe Russe livrée au culte, ne pourra ériger aucune autre construction ; que ce contrat a été clairement qualifié par les parties, dans l acte, de bail emphytéotique ; qu il confère un droit réel sur le bien pour une durée de 99 ans, limité par les droits du propriétaire ; qu il prévoit que la taxe foncière est payée par le preneur ; que les parties ont convenu qu il ne pourrait être cédé en considération du caractère cultuel et religieux de son usage ; que l Association cultuelle estime que le bien immobilier avait été acquis à titre personnel le 10 novembre 1865 par le tsar Alexandre II et qu il est reste propriété personnelle du tsar de sorte que c est son héritier, Nicolas II, qui à titre personnel, était le bailleur en 1909 ; que par "oukase" c est à dire, acte18 18 de gouvernement, l Empereur Nicolas II, le 20 décembre 1908, ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa Bermond à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par Bermond conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois " ; que le bailleur, propriétaire du bien immobilier, est, selon les termes de cet acte, "la Cour Impériale de Russie" ; que la personne physique présente à l acte au nom du bailleur emphytéotique, propriétaire, est M. Serge HANSCHINE, consul de Russie à Nice, agissant au nom et comme mandataire du Baron FREDERICKZ, ministre de la Cour impériale de Russie, aide de camp de l Empereur, administrant les biens de "Sa Majesté Impériale de Russie" ; que l acte précise que ce bail porte sur un terrain qui "appartient à la Cour Impériale de Russie, au moyen de l acquisition qu en a faite sa Majesté Impériale Alexandre II, Empereur de toutes les Russies, suivant acte de Me ARNULF, notaire à Nice le dix novembre mil huit cent soixante cinq" ; qu il rappelle que le terrain "reste la propriété de la Cour Impériale" ; qu en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par Alexandre II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour Impériale de Russie, c est à dire de l Empire de Russie ; que l Association cultuelle estime que l actuel Etat de Fédération de Russie ne peut venir aux droits de l Empire de Russie, alors qu il y a eu une rupture juridique entre l Empire de Russie et l Union des Républiques socialistes soviétiques ; qu à l Empire de Russie a fait suite la République socialiste fédérative de Russie en 1918, puis l Union des Républiques socialistes soviétiques en 1922, et enfin l Etat de Fédération de Russie en 1991 ; qu il résulte notamment de l accord du 27 mai 1997 cité plus haut et du mémorandum d accord du 26 novembre 1996, signés à Paris entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Fédération de Russie que les deux Etats se sont entendus pour régler leurs créances réciproques financières et réelles relatives pour "la Partie russe" à des points qui concernaient le Gouvernement de l Empire de Russie, les Gouvernements qui lui ont succédé, le Gouvernement de la République socialiste fédérative de Russie, le Gouvernement de l Union des Républiques socialistes soviétiques, toute institution établie conformément à la législation desdits Etats ; que l Etat de Fédération de Russie a ainsi convenu d un accord sur les revendications de l Empire de Russie ; que la continuité juridique entre l Empire de Russie et l Etat de Fédération de Russie est admise par la Fédération de Russie et par la République française» ; Alors que, de première part, les juges doivent motiver leur décision sans procéder par voie de simple affirmation générale ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que la FEDEARATION DE RUSSIE justifiait être propriétaire des biens litigieux, qu «en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour impériale de Russie, c est-à-dire de l Empire de Russie», ce sans autrement s expliquer sur les19 19 motifs qui l ont conduite à retenir qu à la date du 9 janvier 1909, le terrain litigieux était non un bien personnel de la famille impériale mais un bien de l Empire russe, donc un bien étatique, la Cour d appel, qui a statué par voie de simple affirmation générale et non circonstanciée, a violé l article 455 du Code de procédure civile, ensemble l article 6 1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l homme et des libertés fondamentales ; Alors que, de deuxième part, les juges doivent mettre la Cour de cassation en mesure d exercer son contrôle sur les éléments de fait justifiant l application de la règle de droit qu ils retiennent ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que la FEDEARATION DE RUSSIE justifiait être propriétaire des biens litigieux et disposait donc de la qualité à agir à l encontre de l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE, qu «en tout état de cause, que le terrain ait été acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II à titre personnel ou au nom de l Empire russe, il était dans tous les cas, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de la Cour impériale de Russie, c est-à-dire de l Empire de Russie», la Cour d appel, qui n a pas mis la Cour de cassation en mesure d exercer le moindre contrôle sur la nature du terrain litigieux à la date du bail emphytéotique conclu le 9 janvier 1909, et donc de déterminer si c est à bon droit que l arrêt a retenu que l ETAT DE LA FEDERATION DE RUSSIE justifiait d un droit de propriété sur ce terrain, a privé sa décision de toute base légale au regard de l article 1134 du Code civil ; Alors que, de troisième part, pour justifier que le terrain acquis à l origine en 1865 par ALEXANDRE II était, à la date du bail emphytéotique, le 9 janvier 1909, propriété de l Empire de Russie, l arrêt se contente d indiquer que, «par "oukase" c est-à-dire, acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois» ; qu en statuant ainsi, par un motif abstrait impropre à établir la raison pour laquelle il s inférait du l oukase du 20 décembre 1908 que ledit terrain n était plus un bien personnel de la famille impériale, la Cour d appel a privé sa décision au regard de l article 1134 du Code civil ; Alors que, de quatrième part, les juges ne peuvent dénaturer les termes clairs et précis des documents qui leur sont soumis ; que l oukase pris par le Tsar NICOLAS II le 20 décembre 1908 mentionne : "Ayant reconnu la nécessité de remettre à Notre Cabinet le terrain à Nice connu sous l appellation de «Mausolée Impérial», Ordonnons : considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois Ernest Pinaut et inscrit au registre de la ville de Nice le 9 novembre 1865, page 33 ; tous les actes20 20 relatifs à ce terrain, seront désormais accomplis directement par le Chef de Notre Cabinet ou sur sa commission, du fait que désormais Notre Cabinet doit être considéré comme le propriétaire effectif dudit domaine et il ne sera considéré que comme tel dans tous les actes publics ou privés" ; qu en estimant, le cas échéant, qu il s évinçait de cet oukase que le Tsar avait transféré la propriété du terrain litigieux au Cabinet Impérial, alors que l acte fait état d une simple "remise" du bien au Cabinet Impérial et non d un transfert irrévocable, d une part, qu il indique ce terrain doit "être considéré comme" la propriété du Cabinet et non "est" la propriété du Cabinet, d autre part, et qu il attribuait au seul Chef du Cabinet Impérial, et non au Cabinet lui-même, le pouvoir d accomplir les actes concernant le terrain, enfin, la Cour d appel a dénaturé les termes clairs et précis dudit document en violation de l article 1134 du Code civil ; Alors que, de cinquième part, les juges doivent répondre aux moyens opérants contenus dans les écritures des parties ; que dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE démontrait que, dès lors qu il était établi que les règles du droit russe ne permettaient pas de considérer que l oukase puisse s analyser comme réalisant une vente, un échange ou une donation, ce dernier n avait pu transférer qu une propriété «de type fiduciaire», investissant le Cabinet Impérial d un simple pouvoir d administration et de gestion du terrain litigieux en vertu d une «fiducie gestion», ce qui était notamment corroboré par les termes de la procuration donnée par l Empereur au Baron FREDERICKZ, Chef du Cabinet Impérial, le 18 juin 1908, qui mentionnait que "le Cabinet Impérial est Administrateur des biens de sa Majesté Impériale" ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir que le terrain litigieux était un bien étatique, que «par "oukase", c est-à-dire acte de gouvernement, l Empereur NICOLAS II, le 20 décembre 1908, (a) ordonné "considérer désormais comme étant la propriété de Notre Cabinet le terrain de la Villa BERMOND à Nice vendu à l Empereur Alexandre II par BERMOND conformément à l acte notarié établi au bureau du notaire niçois», ce sans répondre au moyen susvisé des écritures délaissées de l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE, la Cour d appel a violé l article 455 du Code civil ; Alors que, de sixième part, que dans ses écritures d appel, l ASSOCIATION CULTUELLE ORTHODOXE RUSSE DE NICE démontrait que, dès lors qu il était établi que les règles du droit russe ne permettaient pas de considérer que l oukase puisse s analyser comme réalisant une vente, un échange ou une donation, ce dernier n avait pu transférer qu une propriété «de type fiduciaire», investissant le Cabinet Impérial d un simple pouvoir d administration et de gestion du terrain litigieux en vertu d une «fiducie gestion», ce qui était notamment corroboré par les termes de la procuration donnée par l Empereur au Baron FREDERICKZ, Chef du Cabinet Impérial, le 18 juin 1908, qui mentionnait que "le Cabinet Impérial est Administrateur des biens de sa Majesté Impériale" ; qu en se bornant à énoncer, pour retenir Montrer encore
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