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Timestamp: 2019-03-20 20:15:22+00:00
Document Index: 197916299

Matched Legal Cases: ['art 316', 'art 15', 'art 16', 'art 16', 'art 17', 'art 20', 'art 20', 'art 20', 'art 27']

Le Sablier remercie Bénédicte Fillion-Braguet pour son étude sur le bâtiment de la Fauconnerie et pour son autorisation pour la mettre à notre disposition.
1.PELLOQUET, Thierry (dir.), Entre ville et campagne, demeures du roi René en Anjou. Inventaire général du Patrimoine culturel, Imagines du patrimoine, n° 254. 2009.
2.Angers, AD 49, 5 E 92 art 316.
3. AD49, E 3477. Nos remerciements vont à Dominique Ozange, président du Sablier, pour avoir enrichi nos recherches de ses notes de travail.
4. BMS de Blaison, le 7 décembre 1725 « sépulture de Jacques Desgranges Négrier, procureur fiscal de cette cour, décédé d’hier à l’âge de 63 ans ».
5. AD49 5E 87, art 15, le 23 janvier 1758
6. AD 49 5E 87, art 16, le 20 septembre 1760.
7. AD 49 5E 87, art 16, le 24 septembre 1760.
8. AD 49 5E 87, art 17, le 9 janvier 1764 : partage des biens immeubles de la succession de Jacques Vallée en 4 lots : « d’un bout le jardin de la maison de la Fauconnerie, appartenant audit Priou ».
9. Renée Vallée, fille de Joseph Vallée, marchand et de Michèle Chouanière, était la sœur de Jacques (° le 9 février 1696), Marie-Angélique (° 9 août 1697) François (+ le 2 mars 1701), Joseph (° 24 février 1701) Marie (° 30 avril 1702), Jacques (° 3 octobre 1703).
10.Blaison, registre de BMS, le 3 juillet 1736, mariage d’Etienne Priou, veuf de Jeanne Viau de la paroisse de Saint-Sulpice avec Renée Vallée, fille de défunt Joseph Vallée et de défunte Michèle Chouinière de Blaison en présence de Joseph Vallée, frère de l’épouse.
11. AD 49, 5 E 87, art 20, bail à ferme et à moitié pour 5 ans de la veuve Etienne Priou à Jean Belliard : « une chambre haute, deux cabinets et un greniers à côté,d’icelle, un autre grenier au-dessus d’une grande chambre, une portion de grange, jusqu’à cinq pieds du pressoir, qui est en icelle, une cave voûtée, usage au four, une écurie à cheminée, grenier au-dessus, une autre écuire, une cour, sauf la partie qui prend depuis la boutique à aller rendre à la dernière écurie ».
12. les BMS signalent Marie (+ le 11 septembre 1743), Etienne (° le 8 novembre 1742 + le 15 septembre 1743)
13. Blaison, Registre de BMS, le 2 juillet 1765, mariage de symphorien Thomas camus, fils de défunt Camus François et de Marie Aubeux, avec Perrine Rozalie Priou, fille mineure de Etienne Priou, marchand boucher et de Renée Vallée.
14. AD 49 5E 87, art 20, le 5 juillet 1775, testament de Demoiselle Perrine-Rosalie Priou, femme du sieur Symphorien Camus.
15. C’est ce qui apparaît d’après l’inventaire chez le sieur Symphorien Camus, veuf de Demoiselle Perinne-Rosalie Priou : AD 49 5E 87, art 20, le 8 novembre 1775.
16. AD, 49 5E 87, art 27, bail pour 7 ans entre les sieur Camus et filles aux sieur Pilhoué et femme, le 18 pluviose de l’an III.
17. Blaison, registre de BMS, le 2 frimaire, an V, mairage du citoyen Joseph Tesnier, meunier, agé de 28 ans, docimilié en cette commune, fils de défunt Mathurin Tesnier et de Michel Nicou, demeurant avec sa mère au moulin de Coquereau, d’autre part, la citoyenne Rosalie Camus, âgée de 28 ans, demeurant avec son père, fille de Symphorien Thomas Camus, serrurier, âgé de 60 ans, domicilié en cette commune et de feu Rosalie Priou, ses père et mère.
18. Elles seront réunies le 1er mars 1974.
19. AD 49, 2 O 214.
20. Lecoy est connu pour avoir construit l’hôtel Tessié de la Motte à Angers. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages et traités d’architecture.
21. Ernest-jean-François Dainville (1824-1917) est l’auteur de nombreux édifices à Angers et en Anjou : pour ne citer que les principaux, l’église Saint-Laud à Angers, l’hôtel Laigre, la chapelle du cimetière de l’est, l’immeuble Lebouvier, le couvent des Servantes des Pauvres, les presbytères de la paroisse Saint-Joseph et de la paroisse Sainte-Thérèse– proches de la fauconnerie, l’Hôtel de Cacqueray.
22. AD 49 33 J108.
23. AD 49 O 214, deuxième dossier, 1903.
"Construit autour de 1500, le logis de la Fauconnerie est une demeure de plaisance caractéristique de la période de paix retrouvée qui suivit la guerre de Cent ans. La bâtisse a servi de logement principal, ou secondaire, pour plusieurs grandes familles de la région : on citera principalement du XVIe au XIXe siècle, les Négrier, de Saint-Offange, Priou, Camus, Tesnier. Elle est achetée en 1823 par la Mairie de Blaison pour accueillir le logement du prêtre des paroisses de Blaison et de Gohier. Par deux fois au XIXe siècle, le logis a fait l’objet de travaux d’envergure : une première fois, en 1825, après la vente de 1823, sous la direction de M François Lecoy, architecte à Angers et une seconde fois en 1874-1875 sous la direction de l’architecte angevin Ernest-Jean-François Dainville. Le presbytère abrite le logement du desservant de la paroisse jusqu’en 1993, date du décès du père Alain Coetmen. Depuis 2003, le bâtiment est loué par la Commune à des familles.
Le nom du premier propriétaire de la Fauconnerie n’est à ce jour pas connu. Les textes n’ont pas encore parlé. Cependant, le style du bâtiment permet de dire qu’il s’agit d’une bâtisse construite vers la fin du XVe siècle, dans la mouvance des résidences de campagne qu’affectionnaient le roi René (1409-1480) : Belligan, La Ménitré, la Haute-Folie(1) ... Des comparaisons très ténues peuvent être faites avec le logis de la Gachetière à Saint-Jean-des-Mauvrets, habituellement daté de 1480. Le profil des moulures des baies les plus anciennes, la charpente à chevrons formant ferme, le plan et l’élévation à deux niveaux habitables et un niveau de combles avec deux pièces par niveaux distribués par un escalier à vis placé dans une tour hexagonale en façade confirment une construction entre 1460 et 1520. En revanche, la vis de l’escalier, de circonférence imposante et sans aucune mouluration, oblige à en placer la mise en œuvre après 1490. Ce pour quoi, nous nous arrêterons sur une datation entre 1490 et 1520.
À la fin du XVIIe siècle, la propriétaire de La Fauconnerie est Catherine Négrier(2) (+ à Blaison le 19 décembre 1697), fille d’André Négrier, sieur de La Grandmaison et de Jaquine Depene. Elle est l’épouse de Jacques Depenne, bourgeois de la ville d’Angers, demeurant paroisse de la Trinité. Le 28 janvier 1698, jour de l’inventaire des meubles et des effets de la défunte Catherine Négrier , le logis de la Fauconnerie est décrit comme constitué d’une grande chambre basse, d’une boulangerie à côté et de deux chambres à l’étage.
Catherine Négrier et Jacques Depenne n’ayant pas eu d’enfant, La Fauconnerie revient à l’un des frères de Catherine, Jacques Négrier, sieur des Granges, marchand demeurant à Angers, paroisse de la Trinité. Le sieur Jacques Négrier était procureur de la Baronnie de Blaison et avait épousé Renée Bié le 17 novembre 1692 à l’église de la Trinité d’Angers. Le couple eut cinq enfants dont Renée (° 21 août 1693), Catherine (° 24 août 1694), Jacquine (° 23 septembre 1698), Jacques (° 22 avril 1700) et Marie (° 8 juillet 1704).
En 1712, Jacques détenait toujours La Fauconnerie ainsi que l’indique une déclaration en jugement d’audience ordinaire de la Juridiction de la Baronnie de Blaison, en date du 30 août 1712 (3) . Dans cette déclaration, La Fauconnerie est décrite comme possédant : « une salle basse, cuisine à costé four y estant, chambres hautes, toutes à cheminée, étude ou cabinets et cour du costé du midy, estant close dans laquelle il y a une grange où est un pressoir, celier, cave voutée, escuyrie, greniers superficie le tout couvert d’ardoises, puit estant dans ladite cour, plus le jardin et le verger ».
Au moment du partage des biens de Jacques Négrier (après sa mort survenue le 6 décembre 1725) (4) , La Fauconnerie revient à son unique fils Jacques, lequel comme son père, était seigneur des Granges. Jusqu’à sa mort le 23 novembre 1754, Jacques Négrier (deuxième du nom) était fermier du Bois-Brinçon où il vivait avec Marie Brault (fille de Jacques Brault, marchand et de Catherine Vallée) qu’il avait épousé à Saint-Ellier le 16 septembre 1726. Jacques Négrier et Marie Brault ont un fils baptisé le 25 février 1730 sous le nom de Jacques et un petit Pierre qui ne vivra qu’une année (° le 6 mai 1733 + le 21 mars 1734). Jacques, troisième du nom, quant à lui, décède le 18 Pluviose de l’An V à Gohier à l’âge de 65 ans. Il était commissaire municipal de Blaison.
On ne sait lequel des Jacques vendit la Fauconnerie, mais ce qui est sûr c’est que le 21 mai 1760, mourait Charlotte de Saint-Offange en sa maison de sa Fauconnerie, à l’âge de 97 ans. Née vers 1663 de Arthur-Charles de Saint-Offange et de Charlotte Pichon, elle était la seconde femme de Joseph Coutard (ou Coustard) du Brossay, sieur de la Bouhière (+ ca 1744). Elle avait testé le 23 janvier 1758 à Blaison, devant maître Jean-Baptiste Malécot, notaire à Saumur, résidant à Blaison (5).
Le 20 septembre 1760 avait lieu l’inventaire des meubles et biens de la défunte en la maison de La Fauconnerie (6). Les meubles étaient vendus quelques jours plus tard, le 24 septembre (7).
Peu après le bâtiment est acheté par Etienne Priou, puisque ce dernier est dit propriétaire de La Fauconnerie en janvier 1764 (8).
En avril 1772, la Fauconnerie appartenait à Renée Vallée (9), veuve d’Étienne Priou (+ le 12 mai 1768), boucher qu’elle avait épousé le 3 juillet 1736 à Blaison (10). Résidant à Gohier, elle louait une partie de La Fauconnerie à Jean Béliard, jardinier.
Le couple eut plusieurs enfants (12) dont Perrine-Rosalie Priou (° le 8 juin 1744 + le 2 septembre 1775) qui épouse, le 2 juillet 1765 à Blaison, Symphorien Camus (fils de François Camus et de Marie Aubeux), serrurier de son état (13). Au moment de faire son testament (14), le 5 juillet 1775, Perrine-Rosalie Priou habitait avec son mari à La Fauconnerie, dont ils n’occupaient que la principale pièce à cheminée du rez-de-chaussée et la boulangerie à côté (15), le reste étant loué par Renée Vallée, l’aïeule. Le couple eut trois filles, Rosalie (° le 20 février 1768), Félicité (° le 3 mai 1773 + le 31 mai 1787), Monique et deux fils, Louis (° le 3 août 1766 + le 21 juin 1772) et Joseph (° le + le 23 janvier 1772). Le 18 pluviose de l’an III, Symphorien Camus et ses filles Monique et Félicité louaient une partie de la Fauconnerie à François Pilhoué et à sa femme Marie Malécot(16).
Unique héritière vivante, Rosalie Camus apporte la Fauconnerie dans la corbeille de son mariage le 2 frimaire de l’an V avec Joseph Tesnier, meunier demeurant avec sa mère au moulin du Coquereau (° le 27 juin 1768 de Mathurin Tesnier et de Michèle Nicou) (17). Le 28 septembre 1813, le couple Tesnier-Camus louait une partie de la Fauconnerie à Urbain Guinebault, cultivateur.
En 1816, si les communes de Blaison et de Blaison étaient encore distinctes (18), les paroisses avaient été réunies et la municipalité cherchait un bâtiment à usage de presbytère ou un terrain pour en construire un, afin de loger le desservant. En effet, en 1791, lors de la vente des biens nationaux, l’ancien presbytère avait été vendu à Louis Lejau lequel, quelques années plus tard, ne souhaitait pas s’en défaire (19).
Pour répondre à la requête de la Commune, Joseph Tesnier, meunier et conseiller municipal, et sa femme Rosalie Camus proposèrent de vendre en 1823 le logis de La Fauconnerie, dont ils étaient propriétaires, à la mairie de Blaison.
La promesse de vente fut rédigée le 7 juillet 1823 et le logis fut expertisé par Dolbois, expert arpenteur le 5 août 1823. La vente effective fut conclue chez maître Piet, notaire à Blaison, le 23 mars 1824, en présence de Rosalie Camus, veuve depuis 15 jours, et de M Petit de Chemellier, maire de Blaison pour la somme de 6300 francs.
Au moment de l’expertise, le logis est décrit de la façon suivante : « un principal bâtiment composé en fondation d’une cave voûtée, au rez-de-chaussée d’un passage où se trouve l’escalier pour descendre dans la dite cave et un autre escalier en pierre d’ardoises renfermé dans une tourette exploitant les étages supérieures et grenier ; une salle avec cheminée, et placard à gauche de ce passage ; une chambre avec deux cheminées et un four servant de boulangerie au levant de la salle au proche en suite, à côté de la masse dudit four. Le premier étage est distribué d’une chambre à feu régnant sur la salle, d’une autre chambre à feu sur la boulangerie, d’une chambre froide sur la cave et de deux cabinets à côté.
Au second étage sont une chambre à feu aplomb de la boulangerie, surmontée d’un grenier, autre grenier et autres pièces.
Vu un autre bâtiment en retour vers midi, composé d’un cellier et d’un cabinet au-dessus surmonté d’un galetas, un toit à porcs, à côté du cellier, un autre bâtiment en suit composé d’une grange divisée en deux, dont une partie sert d’écurie, sous l’autre partie et un pressoir, ne faisant pas partie de cette maison.
Un autre bâtiment détaché composé de deux chambres basses dont une avec cheminée, un grenier sur le tout, un toit à porc, dans l’angle sud-ouest et lieu d’aisance, au derrière vers le nord ; un autre bâtiment détaché composé d’une chambre à fau sans plancher.
Les différents bâtiments ont différentes formes de toits de combles, et tour ronde sont couverts en ardoises. Une cour close, de murs et des dits bâtiments entre et au midi d’iceux dans laquelle cour sont un puits, et une loge sur piliers en parpaings couverte à bourre, la dite cour ayant son portail d’entrée sur le chemin vers le midi, une autre loge couverte à bourre adossée au derrière de la grange, un jardin et un labourable tant au nord qu’au levant des bâtiments le tout tenant formant une figure irrégulière… ».
Cette description est confirmée par un plan daté du 26 juillet 1823 légendé « plan par terre de la maison de la Fauconnerie située au bourg de Blaison que la commune se propose d’acheter pour en faire un presbytère ». La description et le plan permettent de restituer l’état de la propriété au sortir de l’Ancien Régime. La propriété est close de murs délimitant un trapèze ouvrant au nord sur le jardin par un portail, à l’est sur un verger et au sud, sur la rue par une porte cochère doublée d’une porte piétonnière. Dans l’angle sud-ouest de la cour (à main gauche en entrant par le portail principal depuis le sud), se trouve une boutique composé de deux pièces. L’angle nord-ouest est occupé un bâtiment secondaire composé de deux chambres basses dont une à cheminée, couvertes d’un simple grenier ardoisé.
Le logis ou corps de bâtiment principal occupe tout l’angle nord-est. Il possède un rez-de-chaussée, un premier étage et un niveau de combles desservis par un escalier à vis situé dans une tour polygonale placée en façade sud. Il est complété par un bâtiment en retour d’équerre vers le sud, composé d’une cave voûtée en sous-sol, accessible par la tour d’escalier du logis, surmonté d’une salle basse sans cheminée et de deux cabinets à côté, le tout couverte de greniers.
Contre le pignon est du logis, se trouve un cellier avec un cabinet à l’étage, surmonté d’un galetas et un toit à porc.
Le côté oriental de la cour était occupé par une grange divisée en deux ; une partie servant d’écuries et l’autre abritant un pressoir qui abritait également des écuries et un pressoir. En bâtiments annexes, sont mentionnés un autre toit à porc, des lieux d’aisances et deux loges couvertes de bourre vers le nord.
Les travaux de 1825 (par François Lecoy)
Suite à la cession du logis à la commune, le bâtiment est remis en état suivant un devis dressé par François Lecoy (20)(1774-1859), architecte à Angers, approuvé le 30 mars 1825 par le conseil municipal et le 6 avril de la même année par le Préfet. Les travaux estimés à 3336 francs furent adjugés à Christophe Loriaux, maçon à Saint-Remy-la-Varenne.
Grâce au devis et à la confrontation du plan de 1823 et du plan de l’état en 1873, il est possible de mesurer l’étendue des travaux. Le bâtiment secondaire bas composé de deux chambres fut allongé vers l’est de manière à venir s’appuyer contre le pignon ouest du logis. Le bâtiment secondaire comportait donc désormais trois pièces (une buanderie, une cuisine et un vestibule) éclairées et desservies par de nouvelles baies ouvrant aussi bien sur la cour que sur le jardin. Ces baies furent dotées de pièces d’appui en remploi, provenant de baies remaniées du logis. La pièce la plus vers l’ouest – buanderie - était complétée d’un four et de latrines en saillie.
Dans le logis, au rez-de-chaussée, le pignon ouest fut percé pour communiquer avec le vestibule du nouveau volume, ce qui entraîna la destruction de l’ancienne cheminée de la salle à manger et la mise en œuvre d’une cheminée plus modeste. La grande fenêtre sur la cour qui avait été murée, fut rouverte et des placards furent créés de part et d’autre de la cheminée.
Dans la salle adjacente, le plafond fut refait afin d’être mis de niveau avec le plafond de la grande salle. L’ancienne cheminée fut détruite et son conduit fut percé pour permettre la mise en œuvre d’une travée, tandis que l’ancienne ouverture désaxée vers le jardin était murée. Dans le mur en face, (côté ouest), une nouvelle cheminée fut mise en place et agrémentée de placards, côté cour.
Les sols en terre cuite furent refaits et les plafonds à poutres et solives ont été blanchis. Dans les fenêtres, furent installés des ouvrants à petits-bois fermant à espagnolette et des contrevents extérieurs.
Dans l’escalier, les enduits furent refaits. À l’étage, la grande chambre fut divisée par des cloisons de briques enduites de façon à créer une chambre, un cabinet et une antichambre. Cette dernière fut dotée d’une cheminée. La lucarne « sur la porte d’entrée, côté cour » fut déposée. Dans la chambre vers l’est, la cheminée fut refaite, la fenêtre fut agrandie et l’ancienne lucarne qui surmontait la travée fut détruite. Dans le mur sud, une porte fut percée pour que la chambre puisse communiquer avec l’étage de l’aile est. L’ensemble des sols en carreaux de terre cuite furent refaits et les plafonds à poutre et solives furent chaulés.
Ces travaux furent complétés par la réfection du portail d’entrée depuis la rue. Les murs de clôture du jardin furent restaurés à la demande et enduits. Plusieurs petits bâtiments annexes furent détruits ou remaniés et les matériaux servirent à la construction des nouveaux volumes.
Les travaux de 1874 (Par Dainville)
Les travaux conduits par Lecoy avaient beau avoir été conséquents, ils n’avaient pas été suffisants et cinquante ans plus tard, le presbytère était en « assez mauvais état », selon les dires d’Ernest Jean-François Dainville architecte de la ville d’Angers (21). Dans son devis 23 août et du 9 septembre 1873, l’architecte expliquait que dans le logis, qui comprenait une « ancienne cuisine, salon, escalier vestibule, chambre de M le curé, chambre de la bonne, cabinet de la bibliothèque, chambre du fond», les sols en carreaux de terre cuite du logis souffraient d’humidité et qu’il fallait les déposer et les reposer sur une couche de sable. Les intérieurs avaient besoin d’être rafraîchis (peinture, enduits). L’escalier était plus que vétuste et il devenait dangereux de l’emprunter. Ce pour quoi, Dainville préconisait de recouvrir les vielles marches usées par des marches en bois. La couverture était vétuste et avait besoin d’être refaite. L’annexe basse qui abritait la cuisine et la chambre du domestique était enterrée par rapport au niveau de sol extérieur et souffrait d’infiltrations. Il était nécessaire de reconstruire cette partie où il se proposait de placer une salle à manger une cuisine et une chambre de domestique. L’aile en retour d’équerre vers le sud du logis était en ruine.
La nouvelle campagne débuta après l’adjudication du 2 août 1874 et était achevée le 31 décembre 1876, comme le constate le procès verbal (22). Dirigés par Théophile Legros entrepreneur, ils firent appel à huit corps de métiers :
-Maçonnerie Théophile Legros
-Charpente :
-Couverture : Noël Legagneux
-Menuiserie : Pinguet aux Justices
-Serrurerie Giraudeau à Blaison
-ferblanterie Martin Boutier des Ponts-de-Cé
-Plâtrerie Richomme aux Ponts de Cé
-Peinture : Moreau
Les travaux portèrent sur la reconstruction de l’annexe basse, mais à un niveau de sol surélevé. Plus large, le nouveau bâtiment se composait d’une salle à manger, d’un corridor et d’une cuisine. Pour certaines de ces baies, on remploya les vieux appuis moulurés mis en place lors de la campagne de travaux précédents et provenant du logis. L’extrémité de l’ancien bâtiment fut conservée et abritait une boulangerie avec un four à l’arrière.
Dans le logis, les sols du rez-de-chaussée furent assainis par la mise en œuvre d’une couche de sable isolante. Les deux pièces du rez-de-chaussée reçurent des faux-plafond en plâtre avec rosace et corniche moulurée. Dans l’escalier, les marches en pierre furent habillées de marches et contremarche en bois. L’ensemble des menuiseries et de leur serrurerie fut révisé. Les enduits intérieurs furent refaits au lait de chaux et les menuiseries extérieures et huisseries intérieures furent repeintes. Le plafond en mansarde dans le niveau des combles fut refait. Les couvertures furent remaniées après la restauration de la charpente dont les assemblages furent vérifiés. Ces travaux furent complétés par la mise en œuvre de nouvelles gouttières d’évacuation d’eau de pluie.
Le bâtiment en retour d’équerre fut restauré sommairement par la reprise de sa charpente et de sa couverture. Les lieux d’aisances et le hangar furent restaurés.
Les travaux de 1903 (par Lusseau)
Moins importants, ces travaux estimés à 1570 francs de l’époque, suivant un devis d’Auguste Lusseau daté du 10 novembre 1903, portèrent sur la restauration des enduits de la tour d’escalier, et la mise en œuvre d’une pompe neuve au puits ainsi qu’à la restauration de ce dernier (23).
Régulièrement entretenu, le presbytère est habité jusqu’en 1993, année du décès du curé Alain Coetmen, desservant de la paroisse de 1960 à 1989. Après avoir été inhabité pendant quelques années, il est loué par la commune à deux familles à partir de 2003. De fait, les portes de communication entre les deux volumes sont murées et le plancher du volume est remplacé par une dalle béton dans laquelle une trémie est ménagée pour permettre la mise en œuvre d’un escalier en bois. Pour le confort des locataires, des aménagements sont réalisés afin d’installer des sanitaires et pièces d’eau."
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