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Timestamp: 2018-07-17 06:16:33+00:00
Document Index: 241835684

Matched Legal Cases: ["l'article 65", "l'article 96", "l'article 96", "l'article 76", "l'article 65", "l'article 65", "l'article 66", "l'article 66", "l'article 66", "l'article 66", "l'article 106", "l'article 65", "l'article 96", "l'article 76", "l'article 96", "l'article 65", "l'article 96", "l'article 76"]

LICÉITÉ DE L'UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES PAR UN ÉTAT DANS UN CONFLIT ARMÉ - PDF
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2 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE RECUEIL DES ARRETS, AVIS CONSULTATIFS ET ORDONNANCES LICÉITÉ DE L'UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES PAR UN ÉTAT DANS UN CONFLIT ARMÉ AVIS CONSULTATIF DU 8 JUILLET 1996 INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE REPORTS OF JUDGMENTS, ADVISORY OPINIONS AND ORDERS LEGALITY OF THE USE BY A STATE OF NUCLEAR WEAPONS IN ARMED CONFLICT ADVISORY OPINION OF 8 JULY 1996
3 Mode officiel de citation: Licéité de l'utilisation des armes nucléaires par un Etat dans un conflit armé, avis consultut$ C.I. J. Recueil 1996, p. 66 Officia1 citation : Legality of the Use by a State of Nuclear Weapons in Armed ConJEict, Advisory Opinion, I. C. J. Reports 1996, p. 66 ISSN ISBN No de vente: Sales number 678
4 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE ~ô1& général no 93 8 juillet 1996 LICÉITÉ DE L'UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES PAR UN ÉTAT DANS UN CONFLIT ARMÉ Compétence de la Cour pour donner lavis consultatif demandé - Paragraphe 1 de l'article 65 du Statut et paragraphe 2 de l'article 96 de la Charte - Institution spécialisée autorisée à solliciter des avis conformément à la Charte - ((Question juridique)) - Aspects politiques de la question posée - Mobiles qui auraient inspiré la requête et implications politiques que pourrait avoir l'avis - Question se posant ((dans le cadre de [l'/activité» de l'organisation requérante - Interprétation de l'acte constitutif de l'organisation - Article 2 de la Constitution de l'organisation mondiale de la Santé - Absence de lien de connexité sufjsant entre lesj'onctions dévolues à I'Oïganisation et la question posée -((Principe de spécialité»- Relations entre l'organisation des Nations Unies et les institutions spécialisées - Problème de la pratique de l'organisation mondiale de la Santé dans le domaine des armes nucléaires - Résolution régulièrement adoptée d'un point de vue procédural et question de savoir si cette résolution a été adoptée intra vires - Résolution de l'assemblée générale des Nations Unies ((se félicit[ant/» de la demande d'avis présentée par l'organisation mondiale de la Santé - Conclusion. AVIS CONSULTATIF Présents: M. BEDJAOUI, Président; M. SCHWEBEL, Vice-Président; MM. ODA, GUILLAUME, SHAHABUDDEEN, WEERAMANTRY, RANJEVA, HERCZEGH, SHI, FLEISCHHAUER, KOROMA, VERESHCHETIN, FERRARI BRAVO, Mme HIGGINS, juges; M. VALENCIA-OSPINA, Grefjer. 1. Par une lettre en date du 27 août 1993, enregistrée au Greffe le 3 septembre 1993, le Directeur général de l'organisation mondiale de la Santé (ciaprès dénommée l'«oms») a officiellement communiqué au Greffier une décision de l'assemblée mondiale de la Santé tendant à soumettre une question à la Cour
5 INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE YEAR July July General List No. 93 LEGALITY OF THE USE BY A STASE OF NUCLEAR WEAPONS IN ARMED CONFLICT Jurisdiction of the Court to give the advisory opinion requested - Article 65, paragraplz 1, of the Statute and Article 96, paragraph 2, oj the Charter - Specialized agency authorized to request opinions under the Charter - "Legal question" - Political aspects oj the question posed - Motives said to have inspired the request and political implications that the opinion might have - Question arising "ivithin the scope of [the] activities" of the requesting Organization - Inteïpretation of the constitution of the Organization - Article 2 of the World Health 01,ganization Corzstitution - Absence of sufficient connection between the functions vested in the Organization and the question posed - "Principle of speciality" - Relationship between the United Nations and the specialized agencies - Issue of World Health Organization practice in the jeld of nuclear weapons - Resolution duly adopted from a procedural point of vieiv and question ivhether that resolution has been adopted intra vires - Resolution of the United Nations General Assembly "welcoming" tlze request for an opinion submitted by the World Healtlz Organization - Conclusion. ADVISORY OPINION Present : President BEDJAOUI ; Vice-President SCHWEBEL ; Judges ODA, GUILLAUME, SHAHABUDDEEN, WEERAMANTRY, RANJEVA, HERCZEGH, SHI, FLEISCHHAUER, KOROMA, VERESHCHETIN, FERRARI BRAVO, HIGGINS; Registrar VALENCIA-OSPINA. 1. By a letter dated 27 August 1993, filed in the Registry on 3 September 1993, the Director-General of the World Health Organization (hereinafter called "the WHO") officially communicated to the Registrar a decision taken by the World Health Assembly to submit a question to the Court for an advi-
6 67 UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES (AVIS CONSULTATIF) pour avis consultatif. La question est énoncée dans la résolution WHA46.40, adoptée par l'assemblée le 14 mai Cette résolution, dont le texte français et anglais certifié conforme était joint à ladite lettre, se lit comme suit: «La quarante-sixième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant présents à l'esprit les principes énoncés dans la Constitution de l'oms; Prenant note du rapport du Directeur général sur les effets des armes nucléaires sur la santé et l'environnement '; Rappelant les résolutions WHA34.38, WHA36.28 et WHA40.24 sur les effets de la guerre nucléaire sur la santé et les services de santé; Reconnaissant qu'il a été établi qu'aucun service de santé au monde n'était capable d'améliorer de manière significative une situation résultant de l'utilisation ne serait-ce que d'une seule arme nucléaire2; Rappelant la résolution WHA42.26 sur la contribution de l'oms aux efforts internationaux en faveur d'un développement durable et la résolution WHA45.31 qui appelle l'attention sur les effets de la dégradation de l'environnement sur la santé, et reconnaissant les conséquences à court et à long terme sur I'environnement de l'utilisation d'armes nucléaires, qui se feront sentir sur la santé de l'homme pendant des générations; Rappelant que la prévention primaire est le seul moyen approprié de maîtriser les effets sur la santé et l'environnement de l'utilisation d'armes nucléaires 2; Notant la préoccupation des milieux de la santé partout dans le monde devant la menace permanente que constituent les armes nucléaires pour la santé et l'environnement; Considérant que le rôle de l'oms tel qu'il est défini dans sa Constitution est d'agir en tant qu'autorité directrice et coordonnatrice, dans le domaine de la santé, des travaux ayant un caractère international (article 2 a)); de proposer des conventions, accords et règlements (article 2 k)); de faire connaître les techniques administratives et sociales concernant l'hygiène publique et les soins médicaux préventifs et curatifs (article 2 p)); et, d'une manière générale, de prendre toute mesure nécessaire pour atteindre le but assigné à l'organisation (article 2 v)); Consciente du fait que la prévention primaire des risques pour la santé constitués par les armes nucléaires suppose de préciser comment la question de leur utilisation est envisagée au regard du droit international et qu'au cours des quarante-huit dernières années les Etats Membres ont exprimé des vues très divergentes quant à la licéité de l'utilisation des armes nucléaires ; 1. Décide, conformément à l'article 96.2 de la Charte des Nations Unies, à l'article 76 de la Constitution de l'organisation mondiale de la Santé et à l'article X de l'accord entre l'organisation des Nations Unies et l'organisation mondiale de la Santé approuvé par l'assemblée générale des Nations Unies le 15 novembre 1947 dans sa résolution 124 (II), de Document A ' Voir Effets de la guerre nucléaire sur la santé et les services de santi (2' éd.), Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1987.
7 sory opinion. The question is set forth in resolution WHA46.40 adopted by the Assembly on 14 May That resolution, certified copies of the English and French texts of which were enclosed with the said letter, reads as follows: "The Forty-sixth World Health Assembly, Bearing in mind the principles laid down in the WHO Constitution; Noting the report of the Director-General on health and environmental effects of nuclear weapons '; Recalling resolutions WHA34.38, WHA36.28 and WHA40.24 on the effects of nuclear war on health and health services; Recognizing that it has been established that no health service in the world can alleviate in any significant way a situation resulting from the use of even one single nuclear weapon'; Recalling resolutions WHA42.26 on WHO'S contribution to the international efforts towards sustainable development and WHA45.31 which draws attention to the effects on health of environmental degradation and recognizing the short- and long-term environmental consequences of the use of nuclear weapons that would affect human health for generations; Recalling that primary prevention is the only appropriate means to deal with the health and environmental effects of the use of nuclear weapons2; Noting the concern of the world health community about the continued threat to health and the environment from nuclear weapons; Mindful of the role of WHO as defined in its Constitution to act as the directing and coordinating authority on international health work (Article 2 (a)); to propose conventions, agreements and regulations (Article 2 (k)) ; to report on administrative and social techniques affecting public health from preventive and curative points of view (Article 2 (p)); and to take al1 necessary action to attain the objectives of the Organization (Article 2 (v)); Realizing that primary prevention of the health hazards of nuclear weapons requires clarity about the status in international law of their use, and that over the last 48 years marked differences of opinion have been expressed by Member States about the lawfulness of the use of nuclear weapons ; 1. Decides, in accordance with Article 96 (2) of the Charter of the United Nations, Article 76 of the Constitution of the World Health Organization and Article X of the Agreement between the United Nations and the World Health Organization approved by the General Assembly of the United Nations on 15 November 1947 in its resolution 124 (II), to ' Document A * See Effects of Nuclear War on Health and Health Services (2nd ed.), Geneva, WHO, 1987.
8 demander à la Cour internationale de Justice de donner un avis consultatif sur la question suivante : «Compte tenu des effets des armes nucléaires sur la santé et l'environnement, leur utilisation par un Etat au cours d'une guerre ou d'un autre conflit armé constituerait-elle une violation de ses obligations au regard du droit international, y compris la Constitution de l'oms?» 2. Prie le Directeur général de transmettre la présente résolution à la Cour internationale de Justice, en y joignant tous les documents pouvant élucider la question, conformément à l'article 65 du Statut de la Cour.» 2. Conformément au paragraphe 2 de l'article 65 du Statut, le Directeur général de l'oms a communiqué à la Cour un dossier contenant des documents pouvant servir à élucider la question; ce dossier est parvenu au Greffe en plusieurs envois. 3. Par des lettres en date du 14 et du 20 septembre 1993, le Greffier adjoint a notifié la requête pour avis consultatif à tous les Etats admis à ester devant la Cour, conformément au paragraphe 1 de l'article 66 du Statut. 4. Par une ordonnance en date du 13 septembre 1993, la Cour a décidé que l'oms et les Etats membres de cette organisation admis à ester devant la Cour étaient susceptibles de fournir des renseignements sur la question, conformément au paragraphe 2 de l'article 66 du Statut; et, par la même ordonnance, la Cour a fixé au 10 juin 1994 la date d'expiration du délai dans lequel des exposés écrits pourraient lui être présentés sur cette question. La communication spéciale et directe prévue au paragraphe 2 de l'article 66 du Statut a été incorporée aux lettres sus-indiquées adressées aux Etats concernés le 14 et le 20 septembre Une communication analogue a été faite à l'oms par le Greffier adjoint le 14 septembre Par une ordonnance en date du 20 juin 1994, le Président de la Cour, faisant suite aux demandes de plusieurs Etats, a reporté au 20 septembre 1994 la date d'expiration du délai pour la présentation d'exposés écrits. Par la même ordonnance, le Président a fixé au 20 juin 1995 la date d'expiration du délai dans lequel les Etats ou organisations ayant présenté un exposé écrit pourraient présenter des observations écrites sur les autres exposés écrits conformément au paragraphe 4 de l'article 66 du Statut. 6. Des exposés écrits ont été déposés par les Etats suivants: Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Azerbaïdjan, Colombie, Costa Rica, Etats-Unis d'amérique, Fédération de Russie, Finlande, France, Iles Salomon, Inde, République islamique d'iran, Irlande, Italie, Japon, Kazakhstan, Lituanie, Malaisie, Mexique, Nauru, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouganda, Papouasie- Nouvelle-Guinée, Pays-Bas, Philippines, République de Moldova, République populaire démocratique de Corée, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'irlande du Nord, Rwanda, Samoa, Sri Lanka, Suède et Ukraine. Par ailleurs, des observations écrites sur ces exposés écrits ont été présentées par les Etats suivants: Costa Rica, Etats-Unis d'amérique, Fédération de Russie, France, Iles Salomon, Inde, Malaisie, Nauru et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'irlande du Nord. Dès réception de ces exposés et de ces observations, le Greffier en a transmis le texte à tous les Etats ayant pris part à la procédure écrite. 7. La Cour a décidé de tenir, à compter du 30 octobre 1995, des audiences publiques au cours desquelles des exposés oraux pourraient être faits devant elle par tout Etat et toute organisation ayant été jugés susceptibles de fournir des renseignements sur la question à elle soumise. Par des lettres en date du
9 request the International Court of Justice to give an advisory opinion on the following question : 'In view of the health and environmental effects, would the use of nuclear weapons by a State in war or other armed conflict be a breach of its obligations under international law including the WHO Constitution?' 2. Requests the Director-General to transmit this resolution to the International Court of Justice, accompanied by al1 documents likely to throw light upon the question, in accordance with Article 65 of the Statute of the Court." 2. Pursuant to Article 65, paragraph 2, of the Statute, the Director-General of the WHO communicated to the Court a dossier of documents likely to throw light upon the question; the dossier reached the Registry in several instalments. 3. By letters dated 14 and 20 September 1993, the Deputy-Registrar, pursuant to Article 66, paragraph 1, of the Statute of the Court, gave notice of the request for an advisory opinion to al1 States entitled to appear before the Court. 4. By an Order dated 13 September 1993 the Court decided that the WHO and the member States of that Organization entitled to appear before the Court were likely to be able to furnish information on the question, in accordance with Article 66, paragraph 2, of the Statute; and, by the same Order, the Court fixed 10 June 1994 as the time-limit for the submission to it of written statements on the question. The special and direct communication provided for in Article 66, paragraph 2. of the Statute was included in the aforementioned letters of 14 and 20 September 1993 addressed to the States concerned. A similar communication was transmitted to the WHO by the Deputy-Registrar on 14 September By an Order dated 20 June 1994, the President of the Court, upon the request of several States, extended to 20 September 1994 the time-limit for the submission of written statements. By the same Order, the President fixed 20 June 1995 as the time-limit within which States and organizations having presented written statements might submit written comments on the other writteil statements, in accordance with Article 66, paragraph 4, of the Statute. 6. Written statements were filed by the following States: Australia, Azerbaijan, Colombia, Costa Rica, Democratic People's Republic of Korea, Finland, France, Germany, India, Ireland, Islamic Republic of Iran, Italy, Japan, Kazakhstan, Lithuania, Malaysia, Mexico, Nauru, Netherlands, New Zealand, Norway, Papua New Guinea, Philippines, Republic of Moldova, Russian Federation, Rwanda, Samoa, Saudi Arabia, Solomon Islands, Sri Lanka, Sweden, Uganda, Ukraine, United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, and United States of America. In addition, written comments on those written statements were submitted by the following States: Costa Rica, France, India, Malaysia, Nauru, Russian Federation, Solomon Islands, United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, and United States of America. Upon receipt of those statements and comments, the Registrar communicated the text to al1 States having taken part in the written proceedings. 7. The Court decided to hold public sittings, opening on 30 October 1995, at which oral statements might be submitted to the Court by any State or organization which had been considered likely to be able to furnish information on the question before the Court. By letters dated 23 June 1995, the Registrar
10 23 juin 1995, le Greffier a prié l'oms et ses Etats membres admis à ester devant la Cour de lui faire savoir s'ils avaient l'intention de participer à la procédure orale; il était indique, dans ces lettres, que la Cour avait décidé d'entendre au cours d'une seule série d'audiences publiques les exposés oraux relatifs à la demande d'avis consultatif de l'oms et ceux concernant la demande d'avis consultatif dont la Cour avait entre-temps été saisie par l'assemblée générale des Nations Unies sur la question de la Licéité de la menace ou de lémploi d'armes nucléaires, étant entendu que l'oms ne serait habilitée à prendre la parole qu'à propos de la demande soumise par elle-même; et il y était par ailleurs précisé que les participants à la procédure orale n'ayant pas pris part à la procédure écrite se verraient communiquer le texte des exposés et observations produits dans le cadre de cette dernière procédure. 8. Conformément à l'article 106 du Règlement, la Cour a décidé de rendre accessible au public le texte des exposés écrits et des observations écrites à la date d'ouverture de la procédure orale. 9. Au cours d'audiences publiques tenues du 30 octobre 1995 au 15 novembre 1995, la Cour a entendu en leurs exposés oraux et dans l'ordre suivant: pour l'oms: M. Claude-Henri Vignes, conseiller juridique ; pour le Commonwealth d'australie : pour la République arabe d'egypte : pour la République française: pour la République fédérale d'allemagne: pour l'indonésie: pour le Mexique: pour la République islamique d'iran : pour l'italie : M. Gavan Griffith, Q.C., Solicitor-General d'australie, conseil, l'honorable Gareth Evans, Q.C., sénateur, ministre des affaires étrangères, conseil; M. Georges Abi-Saab, professeur de droit international à l'institut universitaire de hautes études internationales de Genève, membre de l'institut de droit international; M. Marc Perrin de Brichambaut, directeur des affaires juridiques au ministère des affaires étrangères, M. Alain Pellet, professeur de droit international à l'université de Paris X et à l'institut d'études politiques de Paris; M. Hartmut Hillgenberg, directeur général des affaires juridiques du ministère des affaires étrangères ; S. Exc. M. Johannes Berchmans Soedarmanto Kadarisman, ambassadeur d'indonésie aux Pays-Bas; S. Exc. M. Sergio Gonzalez Galvez, ambassadeur, ministre adjoint des affaires étrangères; S. Exc. M. Mohammad J. Zarif, ministre adjoint aux affaires juridiques et internationales, ministère des affaires étrangères; M. Umberto Leanza, professeur de droit international à la faculté de droit de l'université de Rome «Tor Vergata)), chef du service du contentieux diplomatique du ministère des affaires étrangères ;
11 requested the WHO and its member States entitled to appear before the Court to inform him whether they intended to take part in the oral proceedings; it was indicated, in those letters, that the Court had decided to hear, during the same public sittings, oral statements relating to the request for an advisory opinion from the WHO as well as oral statements concerning the request for an advisory opinion meanwhile laid before the Court by the General Assembly of the United Nations on the question of the Legality of the Threat or Use of Nuclear Weapons, on the understanding that the WHO would be entitled to speak only in regard to the request it had itself submitted; and it was further specified therein that the participants in the oral proceedings which had not taken part in the written proceedings would receive the text of the statements and comments produced in the course of the latter. 8. Pursuant to Article 106 of the Rules of Court, the Court decided to make the written statements and comments submitted to the Court accessible to the public, with effect from the opening of the oral proceedings. 9. In the course of public sittings held from 30 October 1995 to 15 November 1995, the Court heard oral statements in the following order by: for the WHO: Mr. Claude-Henri Vignes, Legal Counsel; for the Commoni.vealth Mr. Gavan Griffith, Q.C., Solicitor-General of Ausof Australia : tralia, Counsel, The Honourable Gareth Evans, Q.C., Senator, Minister for Foreign Affairs, Counsel; jor the Arnb Republic Mr. Georges Abi-Saab, Professor of International of E~YP f : Law, Graduate Institute of International Studies, Geneva, Member of the Institute of International Law; for the French Republic: Mr. Marc Perrin de Brichambaut, Director of Legal Affairs, Ministry of Foreign Affairs, for the Federal Republic of Gevmany : for Indonesia : for Mexico: for the Islarnic Republic of Ivan : for Italy : Mr. Alain Pellet, Professor of International Law, University of Paris X and Institute of Political Studies, Paris; Mr. Hartmut Hillgenberg, Director-General of Legal Affairs, Ministry of Foreign Affairs; H.E. Mr. Johannes Berchmans Soedarmanto Kadarisman, Ambassador of Indonesia to the Netherlands ; H.E. Mr. Sergio Gonzalez Galvez, Ambassador, Under-Secretary of Foreign Relations; H.E. Mr. Mohammad J. Zarif, Deputy Minister, Legai and International Affairs, Ministry of Foreign Affairs ; Mr. Umberto Leanza, Professor of International Law at the Faculty of Law at the University of Rome "Tor Vergata", Head of the Diplomatic Legal Service at the Ministry of Foreign Affairs ;
12 pour le Japon: pour la Malaisie: pour la Nouijelle-Zélande: pour les Plzilippines: pour la Fédération de Russie: pour le Samoa: pour les Iles Marshall: pour les Zles Salomon: S. Exc. M. Takekazu Kawamura, ambassadeur, directeur général au contrôle des armements et aux affaires scientifiques, ministère des affaires étrangères, M. Takashi Hiraoka, maire d'hiroshima, M. Iccho Itoh, maire de Nagasaki; S. Exc. M. Tan Sri Razali Ismail, ambassadeur, représentant permanent de la Malaisie auprès de l'organisation des Nations Unies, Dato' Mohtar Abdullah, Attorney-Generul; l'honorable Paul East, Q.C., Attorney-General de Nouvelle-Zélande, M. Allan Bracegirdle, directeur adjoint de la division juridique du ministère des affaires étrangères et du commerce extérieur de Nouvelle-Zélande ; S. Exc. M. Rodolfo S. Sanchez, ambassadeur des Philippines aux Pays-Bas, M. Merlin M. Magallona, professeur, doyen de la faculté de droit de l'université des Philippines ; M. A. G. Khodakov, directeur du service juridique du ministère des affaires étrangères; S. Exc. M. Neroni Slade, ambassadeur, représentant permanent du Samoa auprès de l'organisation des Nations Unies, M'le Laurence Boisson de Chazournes, chargée d'enseignement à l'institut universitaire de hautes études internationales de Genève, M. Roger S. Clark, professeur à la faculté de droit de l'université Rutgers, Camden, New Jersey; l'honorable Theodore G. Kronmiller, conseiller juridique de l'ambassade des Iles Marshall aux Etats-Unis d'amérique, Mme Lijon Eknilang, membre du conseil, gouvernement local de l'atoll de Rongelap; S. Exc. l'honorable Victor Ngele, ministre de la police et de la sécurité nationale, M. Jean Salmon, professeur de droit à l'université libre de Bruxelles, M. Eric David, professeur de droit à l'université libre de Bruxelles, M. Philippe Sands, chargé de cours à la School of Oriental and African Studies de l'université de Londres et directeur juridique de la Foundation for International Environmental Law and Development,
13 for Japan jov Malaysia for New Zealand: fol- the Philippines: fol- the Russian Fedel-ation: for Samoa: for the Marshall Islands: for Solomon Islands: H.E. Mr. Takekazu Kawamura, Ambassador, Director General for Arms Control and Scientific Affairs, Ministry of Foreign Affairs, Mr. Takashi Hiraoka, Mayor of Hiroshima, Mr. Iccho Itoh, Mayor of Nagasaki; H.E. Mr. Tan Sri Razali Ismail, Ambassador, Permanent Representative of Malaysia to the United Nations, Dato' Mohtar Abdullah, Attorney-General; The Honourable Paul East, Q.C., Attorney- General of New Zealand, Mr. Allan Bracegirdle, Deputy Director of Legal Division of the New Zealand Ministry of Foreign Affairs and Trade; H.E. Mr. Rodolfo S. Sanchez, Ambassador of the Philippines to the Netherlands, Professor Merlin M. Magallona, Dean, College of Law, University of the Philippines; Mr. A. G. Khodakov, Director, Legal Department, Ministry of Foreign Affairs; H.E. Mr. Neroni Slade, Ambassador and Permanent Representative of Samoa to the United Nations, Miss Laurence Boisson de Chazournes, Assistant Professor, Graduate Institute of International Studies, Geneva, Mr. Roger S. Clark, Distinguished Professor of Law, Rutgers University School of Law, Camden, New Jersey; The Honourable Theodore G. Kronmiller, Legal Counsel, Embassy of the Marshall Islands to the United States of America, Mrs. Lijon Eknilang, Council Member, Rongelap Atoll Local Government; The Honourable Victor Ngele, Minister of Police and National Security, Mr. Jean Salmon, Professor of Law, Université libre de Bruxelles, Mr. Eric David, Professor of Law, Université libre de Bruxelles, Mr. Philippe Sands, Lecturer in Law, School of Oriental and African Studies, London University, and Legal Director, Foundation for International Environmental Law and Development,
14 71 UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES (AVIS CONSULTATIF) pour le Costa Rica: pour le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'irlande du Nord: pour les Etats-Unis d'amérique: pour le Zimbabwe; M. James Crawford, professeur de droit international, titulaire de la chaire Whewell à l'université de Cambridge; M. Carlos Vargas-Pizarro, conseiller juridique et envoyé spécial du Gouvernement du Costa Rica; le très honorable sir Nicholas Lyell, Q.C., M.P., Attorney-General; M. Conrad K. Harper, conseiller juridique du département d'etat, M. Michael J. Matheson, conseiller juridique adjoint principal du département d'etat, M. John H. McNeill, conseiller juridique adjoint principal du département de la défense; M. Jonathan Wutawunashe, chargé d'affaires a.i. de l'ambassade du Zimbabwe aux Pays- Bas. Des membres de la Cour ont posé des questions à certains participants à la procédure orale et ceux-ci y ont répondu par écrit, ainsi qu'ils en avaient été priés, dans les délais prévus à cet effet; la Cour ayant décidé que les autres participants pourraient également répondre à ces questions dans les mêmes conditions, plusieurs d'entre eux l'ont fait. D'autres questions posées par des membres de la Cour ont été adressées, plus généralement, à tout participant a la procédure orale; plusieurs d'entre eux y ont répondu par écrit, ainsi qu'ils en avaient été priés, dans les délais prévus à cet effet. 10. La Cour tient le pouvoir de donner des avis consultatifs de l'article 65 de son Statut, dont le paragraphe 1 est ainsi libellé: «La Cour peut donner un avis consultatif sur toute question juridique, à la demande de tout organe ou institution qui aura été autorisé par la Charte des Nations Unies ou conformément à ses dispositions à demander cet avis. )) Il est par ailleurs précisé au paragraphe 2 de l'article 96 de la Charte que les ((institutions spécialisées qui peuvent, à un moment quelconque, recevoir de l'assemblée générale une autorisation à cet effet ont également le droit de demander à la Cour des avis consultatifs sur des questions juridiques qui se poseraient dans le cadre de leur activité)). En conséquence, trois conditions sont requises pour fonder la compétence de la Cour lorsqu'une requête pour avis consultatif lui est soumise par une institution spécialisée: l'institution dont émane la requête doit être dûment autorisée, conformément à la Charte, à demander des avis à
15 Mr. James Crawford, Whewell Professor of International Law, University of Cambridge; for Costa Rica: Mr. Carlos Vargas-Pizarro, Legal Counsel and Special Envoy of the Government of Costa Rica; for the United Kingdorn of Great Britain and Northern Irelarzd: for the United States of America: for Zimbabwe: The Rt. Honourable Sir Nicholas Lyell, Q.C., M.P., Her Majesty's Attorney-General; Mr. Conrad K. Harper, Legal Adviser, United States Department of State, Mr. Michael J. Matheson, Principal Deputy Legal Adviser, United States Department of State, Mr. John H. McNeill, Senior Deputy General Counsel, United States Department of Defense; Mr. Jonathan Wutawunashe, Chargé d'affaires ai., Embassy of the Republic of Zimbabwe in the Netherlands. Questions were put by Members of the Court to particular participants in the oral proceedings, which replied in writing, as requested, within the prescribed time-limits; the Court having decided that the other participants could also reply to those questions on the same terms, several of them did so. Other questions put by Members of the Court were addressed, more generally, to any participant in the oral proceedings; several of them replied in writing, as requested, within the prescribed time-limits. 10. The Court has the authority to give advisory opinions by virtue of Article 65 of its Statute, paragraph 1 of which reads as follows: "The Court may give an advisory opinion on any legal question at the request of whatever body may be authorized by or in accordance with the Charter of the United Nations to make such a request." It is also stated, in Article 96, paragraph 2, of the Charter that the "specialized agencies, which may at any time be so authorized by the General Assembly, may also request advisory opinions of the Court on legal questions arising within the scope of their activities". Consequently, three conditions must be satisfied in order to found the jurisdiction of the Court when a request for an advisory opinion is submitted to it by a specialized agency: the agency requesting the opinion must be duly authorized, under the Charter, to request opinions from the
16 72 UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES (AVIS CONSULTATIF) la Cour; l'avis sollicité doit porter sur une question juridique; et cette question doit se poser dans le cadre de l'activité de l'institution requérante (cf. Demande de réformation du jugement no 273 du Tribunal administratif des Nations Unies, avis consultatg C.I. J. Recueil 1982, p ). 11. En ce qui concerne l'oms, les textes précités trouvent leur prolongement dans deux autres dispositions, auxquelles la résolution WHA46.40 de l'assemblée mondiale de la Santé fait expressément référence au paragraphe 1 de son dispositif. Il s'agit d'une part de l'article 76 de la Constitution de cette organisation, aux termes duquel: «Sous le couvert de l'autorisation de l'assemblée générale des Nations Unies ou sous le couvert de l'autorisation résultant de tout accord entre l'organisation et les Nations Unies, l'organisation pourra demander a la Cour internationale de Justice un avis consultatif sur toute question juridique éventuelle du ressort de lyorganisation.» Et il s'agit d'autre part du paragraphe 2 de l'article X de l'accord du 10 juillet 1948 entre l'organisation des Nations Unies et l'oms, selon lequel : ((L'Assemblée générale autorise l'organisation mondiale de la Santé à demander des avis consultatifs a la Cour internationale de Justice sur des questions juridiques qui se poseraient dans le cadre de sa compétence, a l'exception de celles concernant les relations réciproques entre l'organisation et l'organisation des Nations Unies ou d'autres institutions spécialisées.» Ledit accord a été approuvé par l'assemblée générale des Nations Unies le 15 novembre 1947 (résolution 124 (II)) et par l'assemblée mondiale de la Santé le IO juillet 1948 (résolution [WHAI. 1023). 12. Il ne fait ainsi aucun doute que l'oms a été dûment autorisée, conformément au paragraphe 2 de l'article 96 de la Charte, à demander des avis consultatifs a la Cour. La première condition requise pour fonder la compétence de la Cour en l'espèce est par suite remplie. Ce point n'a d'ailleurs fait l'objet d'aucune contestation; au demeurant, la Cour a déjà, par le passé, accepté de donner suite à une demande d'avis consultatif présentée par l'oms (voir Interprétation de l'accord du 25 mars 1951 entre l'oms et I'Egypte, avis consultatg C.I.J. Recueil 1980, p. 73 et suiv.). 13. Plusieurs Etats ont en revanche contesté, au cours de la procédure tant écrite qu'orale, que les autres conditions posées à la compétence de la Cour soient en l'espèce réunies. Il a été soutenu, d'une part, que la question soumise à la Cour serait de nature essentiellement politique et,
17 Court; the opinion requested must be on a legal question; and this question must be one arising within the scope of the activities of the requesting agency (cf. Application for Review of Judgement No. 273 of the United Nations Administrative Tribunal, Advisovy Opinion, I. C. J. Reports 1982, pp ). 11. Where the WHO is concerned, the above-mentioned texts are reflected in two other provisions, to which World Health Assembly resolution WHA46.40 expressly refers in paragraph 1 of its operative part. These are, on the one hand, Article 76 of that Organization's Constitution, under which: "Upon authorization by the General Assembly of the United Nations or upon authorization in accordance with any agreement between the Organization and the United Nations, the Organization may request the International Court of Justice for an advisory opinion on any legal question arising within the competence of the Organization." And on the other hand, paragraph 2 of Article X of the Agreement of 10 July 1948 between the United Nations and the WHO, under which: "The General Assembly authorizes the World Health Organization to request advisory opinions of the International Court of Justice on legal questions arising within the scope of its competence other than questions concerning the mutual relationships of the Organization and the United Nations or other specialized agencies." This agreement was approved by the United Nations General Assembly on 15 November 1947 (resolution 124 (II)) and by the World Health Assembly on 10 July 1948 (resolution [WHAl. 1021). 12. There is thus no doubt that the WHO has been duly authorized, in accordance with Article 96, paragraph 2, of the Charter, to request advisory opinions of the Court. The first condition which must be met in order to found the competence of the Court in this case is thus fulfilled. Moreover, this point has not been disputed; and the Court has in the past agreed to deal with a request for an advisory opinion submitted by the WHO (see Zntevpretation of tlze Agreement of 25 Mavch 1951 between the WHO and Egypt, Advisovy Opinion, I. C. J. Repovts 1980, pp. 73 et seq.). 13. However, during both the written and oral proceedings, some States have disputed whether the other conditions necessary for the jurisdiction of the Court have been met in the present case. It has been contended that the question before the Court is an essentially political one,
18 73 UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES (AVIS CONSULTATIF) d'autre part, qu'elle sortirait du cadre des activités propres de l'oms, ce qui aurait d'emblée privé l'organisation elle-même de toute compétence pour en saisir la Cour. 14. Divers arguments ont en outre été avancés à l'effet de convaincre la Cour d'user du pouvoir discrétionnaire qui est le sien, aux termes du paragraphe 1 de l'article 65 du Statut, de décliner de donner l'avis sollicité. La Cour ne saurait toutefois exercer ce pouvoir discrétionnaire que si elle a établi au préalable qu'elle a compétence dans l'espèce considérée; si la Cour n'est pas compétente, la question de l'exercice de son pouvoir discrétionnaire ne se pose pas. 15. La Cour doit donc d'abord s'assurer que l'avis consultatif demandé porte bien sur une ((question juridique)) au sens de son Statut et de la Charte des Nations Unies. La Cour a déjà eu l'occasion d'indiquer que les questions ((libellées en termes juridiques et soul[evant] des problèmes de droit international... sont, par leur nature même, susceptibles de recevoir une réponse fondée en droit... [et] ont en principe un caractère juridique)) (Sahara occidental, avis consultut$ C.I.J. Recueil 1975, p. 18, par. 15). 16. La question que l'assemblée mondiale de la Santé a posée à la Cour constitue effectivement une question juridique, car la Cour est priée de se prononcer sur le point de savoir si, ((compte tenu des effets des armes nucléaires sur la santé et l'environnement, leur utilisation par un Etat au cours d'une guerre ou d'un autre conflit armé constituerait... une violation de ses obligations au regard du droit international, y compris la Constitution de l'oms». Pour ce faire, la Cour doit déterminer les obligations des Etats au regard des règles de droit invoquées et apprécier la conformité auxdites obligations du comportement envisagé, apportant ainsi à la question posée une réponse fondée en droit. Que cette question revête par ailleurs des aspects politiques, comme c'est, par la nature des choses, le cas de bon nombre de questions qui viennent à se poser dans la vie internationale, ne suffit pas à la priver de son caractère de ((question juridique)) et à ((enlever à la Cour une compétence qui lui est expressément conférée par son Statut)) (Demande de réformation du jugement no 158 du Tribunal administratif des Nations Unies, avis consultut$ C.I.J. Recueil 1973, p. 172, par. 14). Quels que soient les aspects politiques de la question posée, la Cour ne saurait refuser un caractère juridique à une question qui l'invite à s'acquitter d'une tâche essentiellement judiciaire, à savoir l'appréciation de la licéité de la
19 and also that it goes beyond the scope of the WHO'S proper activities, which would in limine have deprived the Organization itself of any comet en ce to seise the Court of it. 14. Further, various arguments have been put forward for the purpose of persuading the Court to use the discretionary power it possesses under Article 65, paragraph 1, of the Statute, to decline to give the opinion sought. The Court can however only exercise this discretionary power if it has first established that it has jurisdiction in the case in question; if the Court lacks jurisdiction, the question of exercising its discretionary power does not arise. 15. The Court must therefore first satisfy itself that the advisory opinion requested does indeed relate to a "legal question" within the meaning of its Statute and the United Nations Charter. The Court has already had occasion to indicate that questions "framed in terms of law and rais[ing] problems of international law... are by their very nature susceptible of a reply based on law... [and] appear... to be questions of a legal character" (Western Sahara, Advisory Opinion, I. C. J. Reports 1975, p. 18, para. 15). 16. The question put to the Court by the World Health Assembly does in fact constitute a legal question, as the Court is requested to rule on whether, "in view of the health and environmental effects,... the use of nuclear weapons by a State in war or other armed conflict [would] be a breach of its obligations under international law including the WHO Constitution". To do this, the Court must identify the obligations of States under the rules of law invoked, and assess whether the behaviour in question conforms to those obligations, thus giving an answer to the question posed based on law. The fact that this question also has political aspects, as, in the nature of things, is the case with so many questions which arise in international life, does not suffice to deprive it of its character as a "legal question" and to "deprive the Court of a competence expressly conferred on it by its Statute" (Application for Review of Judgement No. 158 of the United Nations Administrative Tribunal, Advisory Opinion, I. C. J. Reports 1973, p. 172, para. 14). Whatever its political aspects, the Court cannot refuse to admit the legal character of a question which invites it to discharge an essentially judicial task, namely, an assessment of the legality of the possible conduct of States with regard to the obligations imposed upon them
20 74 UTILISATION DES ARMES NUCLÉAIRES (AVIS CONSULTATIF) conduite éventuelle d'etats au regard des obligations que le droit international leur impose (cf. Conditions de l'admission d'un Etat comme Membre des Nations Unies (article 4 de la Charte), avis consultut$ C.I.J. Recueil 1948, p ; Compétence de l'assemblée générale pour l'udmission d'un Etat aux Nations Unies, avis consultut$ C.I.J. Recueil 1950, p. 6-7; Certaines dépenses des Nations Unies (article 17, paragraphe 2, de la Charte), avis consultut$ C.I.J. Recueil 1962, p. 155). Au demeurant, comme la Cour l'a dit dans l'avis qu'elle a donné en 1980 au sujet de 17Znterprétation de l'uccord du 25 mars 1951 entre l'oms et I'Egypte: «En fait, lorsque des considérations politiques jouent un rôle marquant il peut être particulièrement nécessaire à une organisation internationale d'obtenir un avis consultatif de la Cour sur les principes juridiques applicables à la matière en discussion, surtout quand ces principes peuvent mettre en jeu l'interprétation de sa constitution.» (C. I. J. Recueil 1980, p. 87, par. 33.) 17. La Cour considère en outre que la nature politique des mobiles qui auraient inspiré la requête et les implications politiques que pourrait avoir l'avis donné sont sans pertinence au regard de l'établissement de sa compétence pour donner un tel avis. 18. La Cour recherchera maintenant si l'avis consultatif demandé par l'oms porte sur une question qui se pose «dans le cadre de [l']activité» de cette organisation, conformément au paragraphe 2 de l'article 96 de la Charte. La Cour note que cette troisième condition à laquelle est subordonnée sa compétence consultative fait l'objet de formulations quelque peu différentes au paragraphe 2 de l'article X de l'accord du 10 juillet qui vise les questions se posant dans le cadre de la «compétence» de l'oms - et à l'article 76 de la Constitution de l'oms - qui se réfère aux questions «du ressort» de l'organisation. Elle considère cependant qu'aux fins de la présente espèce ces différences de formulation sont sans importance. 19. A l'effet de circonscrire le domaine d'activité ou le champ de compétence d'une organisation internationale, il convient de se reporter aux règles pertinentes de l'organisation et, en premier lieu, à son acte constitutif. D'un point de vue formel, les actes constitutifs d'organisations internationales sont des traités multilatéraux, auxquels s'appliquent les règles bien établies d'interprétation des traités. Comme la Cour l'a dit à propos de la Charte: «Dans les affaires précédentes où la Cour a dû interpréter la Charte des Nations Unies, elle a suivi les principes et les règles applicables en général à l'interprétation des traités, étant donné qu'elle a