Source: http://site.christophore.com/debat/citoyen?start=100
Timestamp: 2019-01-21 03:15:50+00:00
Document Index: 190472120

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1111", 'in fine']

Euthanasie - citoyen
Une mort bio est-elle encore possible ?
Un mort "BIO" ?
par Marie-Elizabeth van Rijckevorsel
Un jour peut-être serai-je grabataire, mourant 'dignement' mais à mon rythme et celui de la nature, donnant le temps à la vie de s'écouler (une mort BIO quoi!).
Peut-être aussi que de lourds regards de reproche, des petites phrase glissées du genre "C'est lourd de courir à l'hôpital pour te voir avec les enfants à la maison et le boulot!" ou "Pfff! Les factures médicales s'accumulent!" m'inciteront à demander au médecin une mort qu'en rien je ne souhaite véritablement.
Avons-nous assez évoqué la pression familiale dans les débats sur l'euthanasie? Les euthanasies dictées par le sentiment de culpabilité sont certainement bien plus nombreuses que nous ne l'imaginons! Nombre de malades se retrouvent "coincés" par la légalisation de cet acte: on me fait sentir que je dérange et la loi me propose une autoroute pour m'en aller alors je me sens obligé d'y recourir. Dans le cas contraire, me voilà "coupable de vivre".
Source :www.euthanasiestop.be
Choisir pour l'autre ?
"La fureur de vivre vieux
Comme certains de nos voisins européens, le gouvernement français s'apprête à légiférer sur l'euthanasie.
D'un point de vue politique, cette mesure semble cohérente avec les mutations, depuis quelques décennies, des rapports de l'Etat à la mort.
Jadis, c'est lui qui tuait en envoyant les populations à la guerre, ou en en faisant des gibiers de potence de la justice.
Désormais, il délègue aux particuliers la décision de tuer et de mourir.
L'avortement et l'euthanasie sont les deux exemples..."
Source : Libération, 7 juin 2013
Euthanasie lente et droit de veto
Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon-Fréjus, vient de publier une analyse approfondie et passionnante de l'ordonnance de référé du tribunal de Châlons-en-Champagne qui a fait rétablir la nourriture et l'hydratation – les soins ordinaires et normaux – de Vincent Lambert, condamné à mort par une « décision collégiale » pilotée par le chef de service des soins palliatifs du CHU Sébastopol de Reims.
Il y rejoint notre analyse publiée dans les heures qui avaient suivi cette décision, mais surtout il y soulève un élément de la plus haute importance non seulement pour Vincent, mais pour tous ceux qui un jour risquent de se trouver dans une situation semblable à la sienne, c'est-à-dire n'importe qui en France.
S'appuyant sur le rapport de la deuxième mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie, publiée sous la signature de Jean Leonetti, Pierre-Olivier Arduin constate que, dans le cadre de la procédure collégiale qui doit obligatoirement précéder l'arrêt des traitements (auxquels la loi assimile à tort l'alimentation artificielle, ndlr) en cas d'« obstination déraisonnable» ou d'« acharnement thérapeutique », le constat d'un désaccord parmi les membres de la famille et proches du défunt doit stopper la procédure.
Autrement dit : l'avis de la famille est un droit de veto, l'équipe médicale doit en tenir compte, c'est-à-dire le respecter. Et une seule opposition suffit.
Voici ce que note Pierre-Olivier Arduin :
La seconde mission parlementaire sur la fin de vie qui a réexaminé ce dispositif de la loi a été très claire sur ce point dans son rapport final : « Un constat de désaccord doit conduire à poursuivre les orientations thérapeutiques suivies antérieurement. »
Ce point de la loi étant ainsi clairement établi, on peut dire que Vincent Lambert est maintenant hors de danger.
Et ce malgré les fulminations du médecin responsable qui en rétablissant de mauvaise grâce l'alimentation du jeune homme clamait qu'il allait refaire la procédure collégiale, dans les formes cette fois, pour lui couper de nouveau les vivres.
Il y a donc des remparts contre la loi Leonetti dont il faut connaître l'existence et se servir : pour soi, faire des directives anticipées qui lient les équipes médicales, et pour un parent ou un proche, connaître cet aspect de la loi qui donne le dernier mot à ceux qui sont pour le maintien de la vie.
A contrario, il ne faut pas oublier que la loi Leonetti permet l'euthanasie lente par inanition, même quand le patient n'est pas en fin de vie, même si la demande initiale émane des proches, dès lors que la décision collégiale se prend dans les formes et que toutes les personnes consultées sont d'accord.
STOP au massacre des innocents
Pour les plus petits, en priorité
Jésus a enseigné à ses disciples l'amour des plus petits, la préférence pour ceux qui sont les plus faibles. Et c'est ce que les chrétiens, et l'Eglise tout entière, essaient de vivre. (...)
L'euthanasie ? On en parle à propos des personnes qui sont tellement diminuées qu'on a l'impression qu'elles ne sont plus qu'un poids pour leur entourage et même la société. Ces personnes sont justement celles que Jésus nous invite à entourer de la plus grande affection, même sans retour (l'amour le plus gratuit est celui qui donne, alors même que la personne qui en bénéficie ne pourra rien répondre en retour). (...)
Les personnes en fin de vie, pourquoi ne pas leur donner toute l'affection qu'il est possible (même par des moyens médicalisés), en se souvenant qu'ils en ont sans doute beaucoup donné eux aussi quand ils en étaient capables ? (...)
On peut en faire le pari : en aimant les plus petits (tous, sans trier), comme le Seigneur nous a appris à le faire, nous aiderons le monde à aller mieux !
Père Matthieu THOUVENOT, Curé de Gerland, Lyon
Source : L'Ange de Gerland
Euthanasie : la dégringolade...
Considérant l'évolution dans l'application de la loi depuis 2001 aux Pays-Bas et depuis 2002 en Belgique, un auteur anglo-saxon (2) n'hésite pas à parler de "slippery slope", de pente glissante; l'euthanasie qui au départ devait être considérée comme une option ultime dans des situations spécifiques a vu avec le temps ses indications s'élargir, tout en restant dans les critères de la loi, et son application apparaître dans des situations non imaginées au moment du vote il y a douze ans.
La proposition d'extension de la loi aux mineurs recouvre deux volets différents : d'une part, l'extension de la loi aux enfants mineurs ayant "une capacité de discernement"; d'autre part, l'extension aux enfants prématurés de 24 à 26 semaines et aux bébés "n'ayant aucune chance de survie" à la naissance.
Le texte introductif à cette proposition de loi argue du fait "qu'en l'an 2000, sur 253 enfants morts juste après la naissance, les médecins ont décidé de recourir à l'euthanasie dans 63 % des cas. Dans la plupart des cas, il s'agissait d'interrompre un traitement ou de ne pas commencer de traitement, et dans 7 % des cas les médecins ont administré une substance active".
Aux yeux de certaines personnes (3), l'actuelle possibilité d'interrompre la grossesse jusqu'au terme en cas de diagnostic de trisomie 21 chez un fœtus devrait pouvoir logiquement conduire à une possible euthanasie après la naissance si les parents le demandent. Cette situation n'est pas évoquée explicitement dans la proposition de loi mais on est en droit de se poser des questions à la lecture du Bulletin de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité de septembre 2012 qui propose d'élargir la loi aux personnes "présentant un handicap mental profond".
Source : Une opinion de Dr Guy Dembour, Pr Christiane Vermylen, Pr Stéphan Clément de Cléty, Pr Ch. Debauche
Euthanasie : une pente glissante et des dérives inévitables
Voici quelques lignes pour illustrer à quel point demander à des médecins, ou à des institutions comportant des médecins, de tuer est une situation intenable.
Intenable pour le médecin qui fait profession de servir la vie, de sauver des vies, et à qui on demande d'interrompre la vie de manière définitive par un acte, par des prescriptions devenues ambivalentes. C'est une situation malsaine et, à terme, intenable. C'est ce que les psychiatres appellent une situation de double contrainte (ou double lien) qui conduit à un déséquilibre grave celui qui y est exposé : en l'occurrence le médecin. La double contrainte se résume en le fait de demander une chose et son contraire à une même personne, qui sera donc gravement culpabilisée quoi qu'elle fasse. Il s'agit d'une culpabilité psychologique (et non morale) qui ne peut pas être levée par un aveu ou par une absolution puisqu'elle est inhérente à l'inexistence du bon acte à choisir et donc à l'impossibilité de poser un choix bon.
Et c'est cela que vous voudriez imposer à vos médecins ?
Situation tout autant intenable à terme pour les patients potentiels ou réels : ils ne pourront plus faire confiance à leurs médecins ni à leurs infirmières. Ils ne pourront plus compter sur les soignants pour "être raisonnables" quand eux-mêmes craquent, pour espérer à leur place, pour les soutenir quand eux voudraient en finir sans vraiment le vouloir. Ils peuvent légitimement craindre d'être pris au mot, d'être "endormis" pour toujours. Je me souviens de ce dialogue maintes fois rapporté :
- vous allez dormir maintenant, monsieur, avec ce que je vous donne - dit la gentille infirmière au malade.
- oui mais... est-ce que je vais me réveiller ?
Déjà la peur s'installe : déjà commence et se poursuit l'exode des pays concernés par l'euthanasie. Déjà nos aînés préfèrent dépenser leur retraite ailleurs. Déjà ils quittent la Belgique et les Pays Bas pour s'installer en Allemagne où l'euthanasie n'est pas légale.
genethique.org, 24/04/2013
Au vu de l'application de la loi de 2001 aux Pays-Bas et celle de 2002 en Belgique, un auteur anglo-saxon considère que l'on est sur une pente glissante. En effet, considérée comme une "option ultime dans des situations spécifiques", l'euthanasie "a vu avec le temps ses indications s'élargir [...] et son application apparaître dans des situations non imaginées au moment du vote il y a douze ans". Alors qu'une accélération des débats sur l'extension de l'euthanasie aux mineurs est demandée par certains sénateurs, d'autres estiment que cela empêcherait toutes les opinions de s'exprimer et le risque serait alors d'obtenir un "texte imprécis et ne posant pas les balises claires".(...)
(...) Dans le même temps, le Sénat débat d'une proposition de loi visant notamment à préciser le cadre de la clause de conscience. Actuellement, les médecins peuvent faire valoir une clause de conscience et de nombreux observateurs affirment que des institutions tels que les hôpitaux et les maisons de repos, "ont pour politique de l'intégrer dans leurs relations de travail avec le corps médical". (...)
"Les mineurs, juridiquement capables... seulement pour l'euthanasie ?"
par Quentin DEPRETER, Etudiant, 12/04/2013
Depuis 2009, la vente de tabac est interdite aux mineurs. Pourquoi ? La réponse est écrite sur chaque paquet de cigarettes : « Fumer tue ». Et l'euthanasie, elle, ne tue pas ?
Ah oui, c'est vrai, c'est différent : en pratiquant l'euthanasie, le médecin ne tue pas mais « donne la mort ». Des mineurs auxquels la loi ne reconnait pas la capacité de discernement pour acheter des cigarettes seront-ils considérés capables d'effectuer le choix bien plus radical de s'ôter la vie ? L'adolescent commence souvent à fumer sous influence (en général non consciente) de quelques amis. C'est bien connu, de l'enfance à la fin de l'adolescence, le jeune est assez influençable. Vous croyez qu'à l'heure de demander l'euthanasie, il sera libre de toute pression ? On rencontrera certainement quelques cas où les parents eux-mêmes vont poser ce choix pour leur enfant... Rien que pour ces cas-là, je suis fermement opposé à toute extension de la loi sur l'euthanasie. Une fois que le jeune commence à fumer, il peut toujours arrêter (même si c'est parfois dur). Au bout de quelques années, il peut regretter d'avoir commencé et ne plus continuer à fumer. Le jeune à qui on propose l'euthanasie et qui, peut-être par obéissance envers ses parents, l'accepte : pourra-t-il regretter son acte une fois mort ? Non. L'euthanasie, c'est « pour toujours ». On ne lui laisse pas la chance d'évoluer, de changer d'avis. Alors même qu'un mineur ne peut pas acheter un billet de la loterie nationale, il serait autorisé à jouer avec sa propre vie ? Sous prétexte que la fumée dérange, on met les fumeurs dehors. Sous prétexte que la souffrance dérange, on met la souffrance dehors... et le souffrant à la morgue. Jusqu'où nous mènera cette quête absolue du confort à tout prix ? Quand comprendrons-nous que la souffrance fait partie de la vie ? Qu'elle n'est pas le prélude à la mort mais l'occasion de mieux vivre : de vivre pour les autres ?
Source : chemindevie.be
Ce que dit la FEAMC sur l'euthanasie au Conseil de l'Europe
Un communiqué toujours d'actualité :
Source : FEAMC
Kevin Mc Namara : « libéraliser l’euthanasie, c’est reconnaître le droit de tuer »
Interview avec Kevin Mc Namara (Royaume-Uni, SOC), Rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l´homme, Accompagnement des malades en fin de vie
Le Parlementaire britannique Kevin Mc Namara exprime, dans une interview effectuée à la veille du débat sur l'accompagnement des malades en fin des vie, ses craintes face aux « dérives » qu'entraînerait une libéralisation de l'euthanasie en Europe, et rappelle que celle-ci est contraire aux principes garantis par la Convention européenne des droits de l'homme.
COE, Strasbourg, 26/04/2005
Question : Les Pays-Bas et la Belgique autorisent l'euthanasie, le Danemark reconnaît l'euthanasie passive, la Suisse tolère le suicide assisté et la France, sans aller jusque là, admet désormais qu'un traitement inutile soit interrompu lorsque le patient souffre sans aucun espoir de guérison. Décelez-vous, dans ces exemples, une évolution des mentalités en Europe en faveur de l'euthanasie, un peu à l'image du rapport sur la fin de vie qui sera discuté par l'Assemblée mercredi ?
Kevin Mc Namara : On ne peut pas comparer la situation française, qui reconnaît l'arrêt des traitements inutiles, avec le fait de tuer délibérément une personne, comme en Belgique ou aux Pays-Bas. Pour moi, la loi doit être claire partout : aucun médecin ne doit avoir le droit de tuer un patient, ni même de prendre des mesures pour accélérer sa mort, par exemple en le privant de nourriture. Je ne sais pas s'il y a une vague en faveur de l'euthanasie en Europe, mais je sais qu'il faut absolument la contenir et l'endiguer, car elle ouvrira sans cela la porte à tous les abus. Si on libéralise l'euthanasie, ce sera un premier vers le « droit de tuer », et je ne sais pas où nous entraînera cette glissade.
Question : Mais, au-delà de votre vote sur la résolution de mercredi, de quels moyens disposez-vous pour vous opposer à l'euthanasie ?
Kevin Mc Namara : Le droit européen est parfaitement clair à ce sujet ! L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme garantit le droit à la vie, le Protocole 6 interdit la peine de mort, et le protocole 13 précise que cette interdiction s'applique en toute circonstances. Ce sont d'ailleurs ces articles qui ont été invoqués devant la Cour pour donner raison au Royaume-Uni, lors de l'affaire Diane Pretty : celle-ci, très malade, avait demandé que son mari puisse mettre fin à ses jours sans être poursuivi, mais la justice britannique s'y était opposée. J'espère qu'un jour, les pays qui autorisent l'euthanasie seront condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme en fonction de ces articles.
Question : Le refus d'arrêter un traitement ou d'abréger des douleurs peut entraîner des situations intolérables, lorsque les soins palliatifs sont insuffisants ou inexistants. Que répondez-vous aux familles ou aux malades qui réclament parfois désespérément l'arrêt de ces souffrances ?
Kevin Mc Namara : Si les soins palliatifs ne suffisent plus à garantir la dignité du malade et a supprimer sa douleur, il existe certains traitements plus puissants qui peuvent y parvenir, quitte à raccourcir la vie du patient. Dans ce cas, et même si le patient doit mourir plus tôt, ces traitements sont acceptables, dès lors que l'issue fatale est une conséquence du traitement, et non un objectif en soi.
Source : Conseil de l'Europe (COE)
Des hommes "tuables"...
Une loi autorisant l'euthanasie est-elle souhaitable ?
par Blandine Proffit, L'est-éclair, 05/04/2013
D'ici à la fin du mois de mai, la ministre de la Santé proposera des mesures relatives à la prise en charge de la fin de vie. En attendant, nous avons ouvert le débat...
La loi Leonetti, relative aux droits des malades, est-elle de nature à répondre à toutes les problématiques relatives à la fin de vie ? Ou faut-il aller plus loin, et légaliser l'euthanasie ?
Dans les semaines qui viennent, lorsque le Comité consultatif national d'éthique aura rendu son avis, le Parlement aura à se prononcer sur une question que le candidat Hollande avait placée dans son programme. Dans sa proposition 21, celui-ci laissait entrevoir une ouverture en ce sens. Une position que le Président avait réitérée en décembre, après la remise du rapport de la commission de réflexion sur la fin de vie dirigée par le professeur Sicard.
En attendant que le sujet n'arrive sur les bancs de l'Assemblée, nous avons demandé l'avis des professionnels de santé et des représentants d'associations. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sur cette question complexe, les avis sont partagés.
Des hommes « tuables »...
Il y a quelques années, le service des soins palliatifs du Comte-Henri s'est livré à une étude. Sur les 1 500 malades reçus par le service durant trois ans, trois seraient partis de manière « sereine », et trois auraient réclamé l'euthanasie. Or, pour Christian Gallopin, qui dirige ce service, la loi n'a pas vocation à régler les cas exceptionnels. « Il y a la jurisprudence, estime-t-il. Si on met en perspective l'ensemble des cas depuis la Seconde Guerre mondiale, aucune des personnes ayant pratiqué l'euthanasie dans des conditions exceptionnelles n'a été condamnée. »
Pour ce médecin, qui est également philosophe, la question est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Car derrière ce débat simpliste entre partisans et opposants se cachent des changements profonds dans l'organisation de notre société. Changements sur lesquels nous devrions plutôt nous interroger. « Légaliser l'euthanasie, c'est considérer qu'un certain nombre d'hommes sont ''tuables'' », observe Christian Gallopin.
Pour le philosophe, derrière cette conception binaire de l'homme tuable, par opposition à l'homme digne d'intérêt, il y a, sous-jacente, la question de la rentabilité, devenue la première - et peut-être la seule - « valeur » de notre société. « Dans cette nouvelle organisation, que faisons-nous des hommes non rentables ? Des malades ? des personnes âgées ? », s'interroge le médecin philosophe, lequel, dans une nouvelle*, entrevoyait un monde où des personnes, devenues trop âgées pour travailler, iraient se faire euthanasier de leur propre chef, à l'hôpital...
* Manifeste pour l'âge et la vie - Réenchanter la vieillesse. Michel Billé, Christian Gallopin, José Polard.
Euthanasie, suicide assisté ? Un débat
par Catherine Lemesle, Ouest-France, 29/03/2013
Jacques Ricot, philosophe, auteur de « Éthique du soin ultime ».
La Loi Léonetti, qui interdit l'acharnement thérapeutique et encadre les soins palliatifs, a été corrigée. Pourquoi la remettre encore en question alors que se profile un débat national sur le suicide assisté ?
Médecins et grand public ne connaissent pas ou mal la loi Leonetti. Elle n'est donc pas appliquée correctement. C'est ridicule de la remettre en question alors que nos pays voisins la prennent comme modèle. Les biens portants ont la hantise de mal mourir et ils pensent parfois qu'en légalisant le suicide assisté ou l'euthanasie, ils contrôleront leur angoisse de mourir, mais c'est une illusion.
Quand on souffre terriblement, qu'on veut en finir, réclamer une aide active à mourir est tentant. Pourquoi êtes-vous contre ?
Aujourd'hui toutes les souffrances peuvent être apaisées. On peut même recourir à l'endormissement le plus souvent réversible. Mais jusqu'au dernier souffle, le patient doit être accompagné.
Au nom d'une compassion mal éclairée, on propose l'euthanasie.
L'euthanasie est une violence.
Le médecin qui fait mourir son patient rompt la relation de soin au lieu de la continuer. Cela dit, le respect de la parole du malade et de sa liberté est un impératif : nul ne peut recevoir des traitements sans y consentir. [ndlr : donc pas d'acharnement thérapeutique]
On en arrive à la question de la dignité et de mourir dans la dignité. Que dit le philosophe à ce sujet ?
L'être humain, dès lors qu'il est humain, est un être digne, quelle que soit l'idée qu'il peut se faire de lui-même.
Un patient malade qui dit que sa vie est inutile doit d'abord être entendu et non jugé.
Mais une société ne peut prendre la lourde responsabilité de le conforter dans son autodépréciation.
Consentir à la mort qui vient, sans obstination déraisonnable, ne pas abandonner celui qui s'en va, c'est cela permettre de mourir dans la dignité.
Euthanasie : cas de conscience
Le 3 janvier dernier, TenOfiv a publié un post au titre provocateur' 'Euthanasie et chocolat chaud" pour illustrer ce qui pourrait découler concrètement, au niveau hospitalier, d'une loi sur la 'mort choisie' en France :
"Dans ce débat qui anime notre société aujourd'hui, un élément n'est que peu évoqué et pourtant me semble essentiel à prendre en compte. Cet élément, c'est notre capacité d'adaptation. Notre capacité d'adaptation fait de nous de la pâte à modeler lorsqu'un traumatisme arrive. A la question posée à brûle pourpoint « que feriez vous si vous étiez atteint d'une maladie grave, incurable, génératrice de grosses souffrances? » et qu'une seule seconde est laissée pour répondre, tout le monde se projette en état de choc. Mourir paraît plus acceptable qu'imaginer tous les efforts à accomplir. Mais le temps est occulté de cette question, alors qu'il en est un élément fondamental".
"Que fait-on lorsque le chocolat que l'on boit est trop chaud et qu'on s'y est brûlé la langue? On s'y fait et on attend que le chocolat refroidisse. L'annonce d'une maladie grave relève du même mécanisme, toutes proportions gardées. Les hommes font le deuil d'une certaine vision d'eux-mêmes, et s'ajustent en fonction. Les capacités d'adaptation de l'être humain sont extraordinaires, tant qu'il lui est laissé le temps de les mobiliser, nous disposons de ressources insoupçonnées, alors faisons-nous confiance! Et elles ne concernent pas que les patients atteints, elles concernent aussi leur entourage".
"Alors évidemment, la pathologie grave fait peur. Évidemment, la perspective de perdre sa raison ou son autonomie dans les gestes de la vie quotidienne est une idée effroyable. Et la société a répondu à cette peur en laissant une illusion de choix, en laissant les gens penser qu'ils ont le contrôle de leur vie. Ce que je veux dire, c'est que personne ne décidera en état de choc."
"Allez projetons nous dans l'avenir, la loi pour l'exception d'euthanasie va être votée. Elle va susciter des débats, certes, mais devant l'écrasante majorité de l'opinion en sa faveur, les parlementaires vont pencher pour le oui. (...) Voilà, la majeure partie de la société est tranquillisée, et pense reprendre le contrôle de sa vie et de sa liberté, qu'elle imagine confisquées par le corps médical. Il a bon dos le corps médical, à la fois faiseur de miracles – on attend tout de lui dans toutes les sphères, pour toutes les expertises – et institution aveugle dont il faut se méfier comme si nous passions notre temps à comploter contre le commun des mortels.
"Ce qui est sûr c'est que le débat ne va pas s'arrêter, loin de là. De national, il va directement passer au niveau local et pratique. Parce que l'interdiction de l'euthanasie « protégeait » les structures de soins palliatifs, dans le sens où elle leur donnait du temps pour « prouver » aux patients le bénéfice des soins proposés (la majorité des gens imaginent toujours les unités de soins palliatifs comme des mouroirs déshumanisés). Mais, les choses vont changer, le débat va exploser et gagner toutes les structures en charge de patients, avec en première ligne les services de soins de suite pour pathologies invalidantes lourdes, et les unités de médecine palliative".
"Cette loi comporte une clause de conscience, personne n'est tenu de donner la mort, même dans le but de soulager une souffrance, alors elle oblige tous les services à se repositionner, à se réinterroger. (...) Je me souviens du témoignage de cette médecin belge, qui a procédé au transfert d'un patient de son unité qui ne pratiquait pas, à une autre qui la proposait. (...) Mais voilà, gros coup au moral, parce qu'elle était convaincue qu'elle pouvait encore donner à ce patient un temps de vie non négligeable. "
"Un même service peut-il proposer à la fois médecine palliative et euthanasie? Non. Ma réponse est lapidaire. Imaginez le tableau, deux patients atteints de la même pathologie, en chambres voisines, avec les mêmes symptômes, l'un des deux veut être euthanasié, l'autre non. Le grand écart est trop grand, la gymnastique à accomplir trop complexe. L'équipe ne pourra que bafouiller dans les deux prises en charge. Et mettons nous à la place du patient: intégrer une unité qui pratique l'euthanasie lorsqu'on ne la désire pas? La confiance, si difficile à gagner au début d'une prise en charge palliative terminale tant l'histoire est lourde, sera encore plus inatteignable. La tranquillisation des bien portants, car ce sont surtout eux qui demandent à disposer de ce choix en fin de vie, peut avoir comme conséquence de fragiliser ceux qui se trouvent en situation de se poser la question. La seule solution sera l'émergence de structures ou d'unités qui ne feront que ça (...). Et probablement que les structures de suicide assisté émergeront également, comme en Suisse. A moins que nous ne suivions l'exemple de l'Oregon, où tout se passe à domicile" [ndr, via la mise à disposition d'un cachet].
Euthanasie : un choix impossible
par France, blog Sainte Famille, extraits
Les balises, c'est très important. C'est vrai.
D'ailleurs, c'est ce que de nombreuses personnes, depuis près de quarante ans, continuent à dire, à écrire, à crier, à pétitionner, à démontrer depuis la "décriminalisation" de l'avortement. Elles voudraient des "balises" sur l'avortement... Elles voudraient qu'il y ait une limite.
Mais il n'y en a toujours pas.
Près de quarante ans plus tard, on réfute la dérive concernant l'avortement. Au nom du droit des femmes. Au détriment du droit des enfants à naître.
À quel droit nous heurterons-nous, dans l'avenir, pour tous les euthanasiés qui n'auront pas eu la force et le soutien pour vivre jusqu'au bout.
Qu'est-ce qui nous fait croire que ce serait différent pour les vieilles personnes malades que ce ne l'est présentement pour les enfants conçus sans amour ?
Le manque d'amour entraîne toujours la mort.
Le (faux) débat sur l'euthanasie est "inévitable" pour une seule et bonne raison : Dieu n'est plus la référence dans notre vie. (...)
Je ne blâme pas ceux qui ne consultent plus Dieu. Je ne les juge pas non plus. Pourquoi ? Simplement par ce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils ont perdu tous leurs repères. Ils sont conduits par des aveugles. Pour cette raison, on ne peut pas parler de choix.
On ne peut que les exhorter. Exhorter le peuple québécois à reconsidérer Dieu et à le mettre au centre de nos vies. Lui. Pas moi. Lui.
Si non... Si non... il y a les dérives...
Et pour les humains très imparfaits que nous sommes... les dérives sont "inévitables".
Source : Sainte Famille
Stop à l'euthanasie : paroles infirmières
par M. Eric VERMEER, éthicien et infirmier, 18/03/2013
Je suis d'autant plus consterné aujourd'hui devant les propositions d'extension de dépénalisation de l'euthanasie, concernant les patients « déments » dans le cadre de la déclaration anticipée et les enfants souffrant d'une maladie incurable, étant dans une situation de souffrance inapaisable.
Quelle catégorie de personnes mettons-nous derrière le terme « démence » ?
Certaines littératures scientifiques évoquent trois types de démences : les démences acquises (accidents vasculaires cérébraux, complications de l'alcoolisme, certains cas d'épilepsie, de cancers et de maladies infectieuses, etc.), les démences à caractère génétique (maladies monogéniques telle la chorée de Huntington, etc.) et les démences multifactorielles (maladie d'Alzheimer, etc.).
D'autres distinguent les démences vasculaires, les démences dégénératives et les démences mixtes.
En fait, ce terme de « démence » recouvre tellement de réalités différentes qu'il risque d'être perçu, de manière très subjective, selon chacun, entraînant confusion et amalgame.
Je supervise, depuis 5 ans, des services de psychiatrie et j'y rencontre souvent des personnes démentes qui vivent dans « une autre réalité » que nous mais qui ne sont pas dans un état de souffrance intolérable ou d'angoisse face à la mort. Ces personnes, pour la grande majorité, sont en « demande de vie » et ont vraiment besoin qu'on leur montre, par un langage verbal et non-verbal, qu'elles restent des personnes dignes et respectables ; et même si nous ne sommes pas au même niveau rationnel, le message d'attention que nous leur apportons est bien compris et entendu au niveau émotionnel.
Finalement, quel regard la société porte-t-elle sur ces personnes dites démentes ?
A partir de quand estime-t-on qu'un patient atteint de démence pourra avoir recours à l'euthanasie ?
Comment estimer, de manière objective, l'évolutivité de la maladie ? En est-on au début, à la moitié ou à la fin ? Qui va l'évaluer et en fonction de quels critères ?
Ce projet d'extension ne risque-t-il pas d'ouvrir la porte à d'autres cas d'incapacité, proche de la démence, comme nous en connaissons en psychiatrie ?
Sachant que plus de la moitié des patients arrivent en unité psychiatrique, avec une perte d'élan vital, des idées suicidaires et de gros troubles de l'estime de soi, les risques de dérapages paraissent évidents, avec ou sans déclaration anticipée.
Est-on réellement convaincu que des pressions extérieures n'auront pas lieu ?
Même si nous savons que la définition légale, telle qu'elle est libellée, a permis, une fois pour toutes, d'éliminer de notre vocabulaire les expressions euthanasie « passive et active », ainsi que « volontaire et involontaire », le danger de pressions extérieures existe et je l'ai déjà rencontré. J'ai entendu des médecins, au cours de formations, affirmer qu'ils avaient augmenté les doses de morphine, dans l'intention de pratiquer une « euthanasie dite passive et involontaire », à la demande de la famille parce que celle-ci estimait que l'état cognitif du patient était trop altéré. Ce genre d'euthanasie n'est pas déclarée comme telle, bien sûr.
Une déclaration anticipée, sans limite dans le temps, n'est-elle pas inadéquate, empêchant une personne d'évoluer dans ses désirs profonds ?
Ce qu'une personne pense à 50 ans, n'est pas forcément ce qu'elle pensera à 70.
Mon questionnement est encore plus fondamental : comment permettre à une « personne qui n'a plus conscience de sa propre personne » de prendre une décision de mort programmée, même si, dix ans plus tôt, elle a rédigé une déclaration anticipée ? Cette déclaration est-elle toujours fiable ? La personne ne peut-elle pas avoir acquis, avec l'âge, une autre vision du monde, de la fragilité et de la maladie ? Peut-être n'est-elle pas aussi malheureuse qu'elle ne le craignait ?
Dès lors, est-ce une autre personne qui va valider cette déclaration anticipée ? Allons-nous donc réhabiliter cette expression très malsaine d' « euthanasie dite involontaire », qui n'est ressemblerait à s'y méprendre à un homicide volontaire ?
Quant aux enfants gravement malades et vivant de grandes détresses, la proposition est encore plus préoccupante. Nous n'avons plus à prouver que plus de 90% de toutes les douleurs peuvent être soulagées et que pour les 10% restants, nous pouvons induire une sédation ponctuelle ou intermittente pour soulager les patients, surtout les plus jeunes. Nous savons aussi combien l'entourage familial est nécessaire et indispensable à leur qualité de vie. Allons-nous demander aux parents l'autorisation de « tuer » leur enfant ou allons-nous le « tuer » indépendamment de leur volonté ?
Qu'entend-on par « enfant capable de discernement » ?
Cette expression, éminemment subjective, peut ouvrir la porte à toute demande, quel que soit l'âge. Il y a des enfants capables de discernement à 12 ans et d'autres qui en ont 50 et sont toujours dans une incapacité de discernement. Comment évaluer cette capacité de discernement, de manière rationnelle et objective ?
Doit-on informer l'enfant de la possibilité de se faire euthanasier ?
Comment l'enfant, du haut de ses 12 ou 15 ans, sait-il que l'euthanasie existe et qu'elle est dépénalisée sous certaines conditions ? Qui va lui en parler ? Les parents ? Les médecins ? Et comment ?
Serait-ce de cette manière : « Tu sais, mon garçon, si tu le désires, tu peux demander l'euthanasie... » ? Comment le dire autrement d'ailleurs ? Mais, outre le fait qu'une telle proposition est d'une grande violence, ne risque-t-on pas de cette façon d'induire une telle demande ?
Durant mes dix années d'onco-hématologie, nous recevions en consultation, une fois par semaine, des enfants de tous âges, souffrant de maladies plus ou moins graves. Jamais je n'ai lu, sur un seul de leurs visages, de la résignation et du fatalisme. Au contraire, j'ai toujours été très édifié par leur courage et leur joie de vivre...
Comment imaginer d'introduire le concept de l'euthanasie dans ce domaine où la vie est en bourgeon, même si elle est souffrante ?
Que fait-on des proches qui se sentent parfois complices de cette euthanasie ?
Je crois vraiment que nous parlerons bientôt du « syndrome du survivant » qui est déjà présent chez bon nombre d'adultes assumant très mal le décès d'un être cher par euthanasie.
Permettre à un enfant de demander l'euthanasie, tout en sachant que les parents auront à continuer à vivre avec ce constat de mort programmée, risque d'avoir de lourdes conséquences en termes de culpabilité et de responsabilité.
Enfin, j'entends très régulièrement, de la bouche de nos hommes politiques, que la santé coûte cher et je m'interroge... Qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce que ce refrain si régulièrement entendu aurait une influence sur la manière de prendre en charge les patients les plus souffrants de notre société ?
Le Sénat qui représente normalement « la sagesse » du pays aura-t-il suffisamment de discernement éthique et citoyen pour prévenir les dérives et éviter l'irréversible ?
Interview : Le Dr Philippe Juvin, député européen, s'oppose à l'euthanasie
Euthanasie...Attention aux dérives.
par Veronique Auger, France 3, 17/03/2013
L'eurodéputé Philippe Juvin s'oppose à l'euthanasie sur le blog d'Avenue de l'Europe l'émission de France3 tous les samedi à 18h35.
C'est une longue interview que Philippe Juvin nous a accordé. Dans des conditions difficiles au moment où il assistait l'un de ses collègues député européen qui luttait contre la mort dans un hôpital strasbourgeois. Lui-même, député européen et médecin réanimateur, s'oppose à l'euthanasie, mais il sait les difficultés que rencontrent sur le terrain malades, parents et équipes médicales. La fin de vie n'est pas encore correctement assumée et gérée dans nos sociétés européennes et en France malgré la loi Léonetti.
par P-O Arduin, 25/09/2009 (extrait)
Il existe enfin un dernier point extrêmement inquiétant qui était jusqu'ici parfaitement méconnu. On l'a dit, la loi semble être l'aboutissement d'une réflexion consensuelle de la société hollandaise dans son ensemble. Pourtant, ce consensus paraît s'effriter plus qu'on ne le pense. L'Ordre des médecins allemands fait état de l'installation croissante de personnes âgées néerlandaises en Allemagne, notamment dans le Land frontalier de Rhénanie du Nord-Westphalie. D'après la mission parlementaire française qui rapporte cette information de taille, s'y sont ouverts des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais. C'est le cas notamment à Bocholt. Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. N'ayant plus totalement confiance dans les praticiens hollandais, soit elles s'adressent à des médecins allemands, soit elles s'installent en Allemagne. De telles réactions dont la presse allemande s'est fait l'écho démontrent que les pratiques médicales hollandaises sont mal vécues par une partie de la population.
Dernière leçon à tirer de tout cela. Des parlementaires français, tous partis confondus, n'ont de cesse depuis plusieurs mois de vouloir enfoncer un coin dans la loi Leonetti. Dès qu'une niche législative le leur permet, ils ont la fâcheuse habitude de mordre en déposant des projets de loi qui ne sont souvent que de vulgaires copier-coller de la loi néerlandaise. La réalité que nous venons de décrire, qui vaut aux Pays-Bas d'être rappelés à l'ordre par le Comité des droits de l'homme des Nations-unies, suffit à discréditer sévèrement la démarche idéologique de ces députés.
Fin de vie : deux enquêtes
genethique.org, 12/10/2011 (extrait)
(...) L'étude a été menée entre novembre 2010 et février 2011 et coordonnée par Edouard Ferrand, de l'unité mobile de soins palliatifs de l'hôpital Foch de Suresnes. Ce dernier souligne que l'on ne dispose aujourd'hui que de résultats partiels. Si ceux-ci semblent montrer que "les souhaits explicites de ne plus vivre" persistent, toutefois les patients ne réclament pas la légalisation de l'euthanasie, observent les auteurs de l'enquête.
En outre, ils notent un déficit quant à la prise en charge en amont des patients par les soins palliatifs. Edouard Ferrand estime que les demandes de mort diminueraient si la prise en charge palliative des patients, pourtant très malades, n'était pas si tardive : "S'ils avaient bénéficié de soins palliatifs plus tôt, il y aurait sans doute eu beaucoup moins de demandes de mort anticipée".
Parallèlement, le centre éthique de l'hôpital Cochin présente aussi les résultats de son enquête réalisée auprès de 186 personnes âgées au sujet des directives anticipées. Il en ressort que 83% des personnes interrogées affirment ne pas connaître la possibilité de rédiger des "directives anticipées", permise par la loi Leonetti sur la fin de vie. La majorité des personnes interrogées disent vouloir "vivre le mieux et le plus longtemps possible" et "ne veulent pas que les médecins baissent les bras trop tôt", rapporte Véronique Fournier, directrice du centre éthique clinique. Enfin, quant à la légalisation de l'euthanasie, 40% ne se sont pas prononcées et 40% disent être contre.
Contrairement aux sondages qui soutiennent que l'opinion publique serait favorable à 70% à l'euthanasie, du côté des premiers intéressés, les personnes âgées et/ou en soins palliatifs, les choses semblent être bien moins évidentes.
France : bientôt la légalisation de l’euthanasie ?
Une analyse de Correspondance européenne du 19 février 2013 :
Le Conseil National de l'Ordre des Médecins de France s'est réuni de façon formelle afin de promouvoir et demander la complète légalisation de l'euthanasie en France. Bien évidemment, l'organisme des médecins invoque cette mesure seulement dans des « cas exceptionnels ». Mais des expériences récentes, faites aussi dans d'autres pays, montrent avec quelle rapidité les maillons se desserrent une fois que la licéité du principe est introduite...
Si bien que le gouvernement Hollande a pris la balle au bond pour commencer à « étudier » un possible projet de loi. Entre autre, avec la prise de position du Conseil National des Médecins, est apparu en concomitance une lettre ouverte adressée au Président Hollande dans laquelle près de 250 médecins réclament la clémence du Chef d'Etat pour un de leurs collègues, le Docteur Nicolas Bonnemaison, récemment condamné pour avoir pratiqué au moins sept fois l'euthanasie dans un hôpital de Bordeaux, ce qui risquerait de le faire expulser de l'Ordre et de lui faire perdre son travail. D'où cet appel en sa faveur avant que la sentence définitive soit prononcée.
C'est le quotidien espagnol en ligne "Abc" dans sa publication du 14 février qui a le premier fait retentir l'alarme en précisant comment l'euthanasie active était actuellement considérée en France : homicide prémédité, passible de réclusion à perpétuité ; l'euthanasie passive, en revanche, est considérée comme un crime de « non assistance à personne en péril ». Entre 1998 et 2005 cependant, le climat culturel a changé et on a commencé à parler de « fin digne » pour les patients « victimes d'acharnement thérapeutique » et les peines infligées ont été plus que jamais symboliques et légères.
La Loi Leonetti de 2005, qui est toujours en vigueur, a autorisé dans certains cas des traitements pouvant soulager la douleur et "abréger" la vie du patient, avec l'accord préalable de l'intéressé. Il y eut un moment de stagnation le 24 novembre 2009 lorsque l'Assemblée Nationale a rejeté, avec 326 votes contre et 202 votes pour, le projet de loi présenté par Manuel Valls qui proposait de « légaliser dans certains cas exceptionnels l'euthanasie active ». Mais aujourd'hui, Manuel Valls est Ministre de l'Intérieur. Et en juillet 2012 c'était le même Président Hollande qui demandait au Comité National de l'Ethique d'évaluer une « possible évolution » de la législation. Un "saut qualitatif" agressif au sein du débat politique, à ne pas sous-estimer. (M. F.)
Vatican : L'euthanasie n'est pas un geste d'humanité
2013-02-19 L'Osservatore Romano
« En disant non à l'euthanasie, l'Eglise n'ignore pas les difficultés de conscience du corps médical – qui sont parfois une croix –, mais elle affirme ainsi sa capacité d'humanité. Celle-ci est plus grande que ce que le corps médical imagine. Ce 'non' manifeste la ligne en-dessous de laquelle nous n'agissons pas conformément à notre dignité. Il est donc une aide bienveillante pour les médecins. Il exprime un grand respect de leur dignité et de celle de la personne en fin de vie. Il est un grand 'oui' à la vie ». (Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, responsable des questions de bioéthique au sein de la Conférence épiscopale française)
Gilles Bernheim, grand rabbin de France, s'est également exprimé sur cette affaire, et a publié sur son site une réflexion sur la relation avec la mort et avec les personnes mourantes. « De tout temps – écrit le grand rabbin – l'homme a été confronté au mystère de la mort. Jamais peut-être n'a-t-il été autant qu'aujourd'hui désorienté par cette donnée pourtant fondamentale de sa condition. De multiples progrès ont permis de prévenir ou de guérir des maladies autrefois fatales. Simultanément des changements socio-culturels et les impératifs d'une médecine technicisée ont fait que la mort a généralement cessé d'être un événement social, ritualisé, intégré dans la vie des familles et des communautés humaines. Cette perte de l'expérience de proximité, de familiarité même avec la mort est une des causes d'une banalisation de la vie qui perd en sérieux et en profondeur, et elle contribue à renforcer pour chacun l'angoisse de sa propre fin ».
Vieillir c’est participer à l'écologie sociale…
Chronique de Serge Guérin (extraits)
Taro Aso, le Vice-premier ministre du nouveau gouvernement japonais a proposé le 4 février dernier à ses concitoyens en fin de vie de ne pas « encombrer » les services de gériatrie... Ce ne sont que des « personnes avec des tubes » a-t-il ajouté. Celui qui est aussi ministre des Finances, a affirmé qu'il était impossible de « dormir tranquillement quand vous pensez que le maintien en vie de ces personnes est payé par l'État.». Pour lui la seule solution est de « laisser ces patients se dépêcher de mourir »...
Dans un pays qui a vu passer la proportion de plus de 65 ans de moins de 5% à plus de 25% en seulement un demi-siècle, l'appel à un hara-kiri générationnel de Taro Aso ne serait-il pas une manière de préparer les esprits à une sorte d'euthanasie d'État ?
Rappelons aussi que ce pays se distingue par la faiblesse record de son taux de fécondité par femme (à Tokyo il est même de 0,95...). D'un côté il faudrait donc supprimer les vieux ; de l'autre, il n'y a plus assez d'enfants pour assurer le renouvellement des générations. A ce rythme, et comme le rapport à l'immigration est assez tendue, le japon finira par être une ile déserte... Taro Aso ayant déjà 72 ans, il ne verra pas cette issue fatale.
Il y a toujours eu cette idée selon laquelle le faible coûte de l'argent. Ces idées simplistes qui banalisent le mal en expliquant par exemple, que ce sont les dernières années de vie qui coûtent le plus cher. Sous-entendu : si on supprimait les une ou deux dernières années de vie, le déficit de la Sécu ne serait pas aussi important... Poussons plus loin encore ce raisonnement grotesque : il faudrait aussi enlever la première année de vie car c'est celle qui coûte le plus cher. Donc si on supprime la première année de vie et les deux dernières, on atteint l'équilibre de la sécu. Par contre, il n'y aura plus personne pour profiter d'une sécurité sociale bénéficiaire !
Les vieux font du développement durable ! Le vieillissement des personnes exprime bien la réalité d'une société durable, car justement, ils vivent longtemps ! Mais notre société de consommation prise le renouvellement, le jetable et le court-terme... Bref, de ce point de vue, l'allongement de la vie est l'inverse de l'idéologie de la société d'obsolescence et de gâchis d'aujourd'hui. (...)
Il existe donc une contradiction frappante entre la valorisation du développement durable symbolisé par l'allongement de la vie humaine et le discours consumériste et jeuniste qui reste l'alpha et omega de ceux qui ne peuvent penser autrement que par le biais du mot croissance.
Ce ne sont d'ailleurs pas tant les jeunes qui sont aimés que la jeunesse... Nuance. La jeunesse est synonyme de modernité, et modernité veut dire acheter des nouveaux produits. Ce sont les produits qui durent qui sont mal vus sous le règne de l'obsolescence programmée. L'être humain, en se mettant à vivre de plus en plus longtemps, s'est en quelque sorte élevé contre l'obsolescence programmée.
Le vieillissement est un processus assez complexe. Vieillir, cela ne veut pas dire être vieux, et les personnes âgées ne sont pas des personnes malades. Ce sont des êtres humains qui continuent à avoir de multiples activités, qu'elles soient formelles ou informelles, qui produisent de l'utilité sociale. On parle toujours des retraités et des inactifs, mais il y a beaucoup d'inactifs qui sont bien plus actifs que certains actifs !
Il y a tous ceux qui travaillent dans les associations, et sans les retraités, le secteur associatif serait en mauvaise posture. Il y a les maires de nos communes -en particulier les petites communes- qui pour la plupart sont des retraités. Il y a aussi quatre millions d'aidants, dont l'âge moyen est de 64 ans, qui accompagnent au quotidien d'autres personnes, soit fragilisées par l'âge, soit qui souffrent de maladies chroniques. Ces personnes, s'il fallait les rétribuer –et si on comptait suffisamment d'aidants qualifiés- représenteraient un engagement annuel de plus de 80 milliards d'euros (à comparer avec les dépenses de santé totales qui sont de l'ordre de 240 milliards d'euros).
S'il fallait prendre en compte l'investissement de l'ensemble de 9-10 millions d'aidants informels, c'est même 164 milliards d'euros qu'il faudrait évoquer... (...)
Et c'est sans compter l'aide informelle, le vieux monsieur du troisième qui donne un coup de main en maths au gamin du 5ème, la vieille voisine qui n'a pas son pareil pour rédiger les lettres administratives pour tout le quartier... Tout cela n'apparaît dans aucune statistique, mais cela compte en termes de vivre ensemble, d'amélioration du quotidien et de liens sociaux bienveillants.
Il y a une réalité sociale nouvelle qui fait qu'aujourd'hui, une grande part de l'activité, quelle soit de production de biens ou de service, ne passe pas par le travail au sens traditionnel, mais se traduit sous d'autres formes : auto-fabrication, bricolage, troc, prêts, recyclage, co-utilisation de biens ou services...
Cette nouvelle économie de l'échange et de la non croissance, ce sont souvent les seniors et les retraités qui en sont les premiers vecteurs. Ils y contribuent largement parce qu'ils ont du temps libéré, de l'expérience et un pouvoir d'achat souvent de plus en plus restreint. Ils utilisent ce temps pour faire eux-mêmes, pour chiner, pour aller vers les autres. Ces vieux inventent une société durable plus fondée sur la coopération, le don et l'échange que sur la compétition, l'enrichissement et la consommation effrénée. Vieillir c'est bien aujourd'hui participer à l'écologie sociale !
Serge Guérin, professeur à l'ESG-Management School
Du réseau canadien Vivre dans la Dignité :
Réponse : Non. Les questions sur l'euthanasie et le suicide assisté présentées sous la nouvelle appellation "d'aide médicale à mourir" sèment la confusion tant chez les soignants que dans la population québécoise. Il n'y a pas une compréhension homogène de la problématique donc pas de consensus.
Réponse : « Notre expérience de 10 ans d'euthanasie en Belgique montre que les "balises" sont impossibles à contrôler et qu'elles tombent les unes après les autres, » affirme le professeur Etienne Montero, Doyen de la faculté de droit de l'Université de Namur. Le respect de ces conditions est impossible à contrôler.
Qui aura la responsabilité et le fardeau de démontrer que provoquer intentionnellement la mort d'un patient n'est pas un homicide ?
L'euthanasie dans l'Etat nazi
Il est frappant de constater comment la culture de mort, et en particulier cette revendication manipulée et donc croissante de l'euthanasie (annoncée avec des larmes de crocodile devant des souffrances soi-disant intraitables - faux argument depuis la loi Léonetti - mais en réalité motivé par des arguments qui se dévoilent de plus en plus "économiques") va de paire avec l'antisémitisme (re)montant qui, hélas, n'est plus à prouver.
Durant les heures les plus sombres de notre histoire voici des affiches qui
circulaient... et vous voulez y retourner ?
« 60 000 Reichsmarks : C'est ce que cette personne atteinte de défauts héréditaires coûte au Peuple durant sa vie. Camarade, c'est aussi ton argent ». Propagande parue dans Le Nouveau Peuple, mensuel du Bureau de la politique raciale du NSDAP vers 1938.
Emmanuel Hirsch : Le Conseil national de l’ordre des médecins se convertit à la pratique de l’euthanasie
Dans un texte du 8 février 2013 qu'il rend public aujourd'hui, le Conseil national de l'ordre des médecins exprime une position favorable à l'euthanasie par « devoir d'humanité ».
Ne voulant pas se marginaliser et intervenir dans le débat lancé par François Hollande le 17 juillet 2012, le CNOM a souhaité prendre de cours le Comité consultatif national d'éthique qui doit se prononcer à se sujet dans les prochaines semaines, saisi par le chef de l'État le 18 décembre dernier. L'échéance est le projet de loi annoncé pour juin prochain.
La rupture profonde ainsi décidée constitue un élément qui s'avèrera déterminant. Depuis des années l'instance ordinale maintenait en effet une position identique à celle promue par l'Association médicale mondiale. Une opposition absolue à l'euthanasie assortie d'un refus de tout acharnement thérapeutique et d'un soutien inconditionnel à la démarche des soins palliatifs. Il s'agit de l'esprit même de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie désormais contestée de plein fouet par l'instance qui l'avait transposée dans son code de déontologie.
Le CNOM ne prend pas pour autant une position très originale puisqu'il s'inspire, 13 ans plus tard, de l'avis n° 63 du Comité consultatif national d'éthique « Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie » du 27 janvier 2000 : « Face à certaines détresses, lorsque tout espoir thérapeutique est vain et que la souffrance se révèle insupportable, on peut se trouver conduit à prendre en considération le fait que l'être humain surpasse la règle et que la simple sollicitude se révèle parfois comme le dernier moyen de faire face ensemble à l'inéluctable. Cette position peut-être alors qualifiée d'engagement solidaire. [...] Une sorte d'exception d'euthanasie, qui pourrait être prévue par la loi, permettrait d'apprécier tant les circonstances exceptionnelles pouvant conduire à des arrêts de vie que les conditions de leur réalisation. »
Renforcé dans sa position par une enquête IPSOS réalisée en janvier 2013 qui fait apparaître que 60 % des 605 médecins interrogés s'affirment favorables à une euthanasie dite « active », tout en précisant que seuls 37 % d'entre eux souhaitent participer à la phase d'administration des produits, le CNOM s'attache à relier la sédation « terminale » à une forme d'euthanasie « légitime ».
La question de la sédation (injection de médicaments ayant pour visée d'atténuer les souffrances, de contrer les douleurs réfractaires et de privilégier ainsi une qualité d'existence jusqu'à son terme) avait fait l'objet d'une approche assez similaire dans le rapport « Penser solidairement la fin de vie, remis par Didier Sicard à François Hollande le 18 décembre 2012. À n'en pas douter elle va constituer un des aspects centraux de l'approche du législateur dans les moins qui viennent. À titre « exceptionnel » la sédation pourrait avoir une autre finalité que celle qui l'encadrait initialement. L'enjeu sera certainement de définir et de circonscrire le concept d'exception, cela d'autant plus que chaque fin de vie est en soi individuelle et donc exceptionnelle.
Dans sa position « Fin de vie « assistance pour mourir », le Conseil national de l'ordre des médecins affirme : « Sur des requêtes persistantes, lucides et réitérées de la personne, atteinte d'une affection pour laquelle les soins curatifs sont devenus inopérants et les soins palliatifs instaurés, une décision médicale légitime doit être prise devant des situations cliniques exceptionnelles, sous réserve qu'elles soient identifiées comme telles, non pas par un seul praticien mais par une formation collégiale.
Une sédation, adaptée, profonde et terminale délivrée dans le respect de la dignité pourrait être envisagée, par devoir d'humanité, par un collège dont il conviendrait de fixer la composition et les modalités de saisine. Ce collège fonderait son avis sur l'évaluation de la situation médicale du patient, sur le caractère réitéré et autonome de sa demande, sur l'absence de toute entrave à sa liberté dans l'expression de cette demande. »
Le 20 juillet 2012, dans une proposition de loi visant à mieux prendre en compte les demandes des malades en fin de vie exprimant une volonté de mourir, le sénateur Gaëtan Gorce, évoque lui aussi cette prise de décision « collégiale » qui n'est pas sans interroger. Qu'en serait-il en fait de l'autorité d'une instance ainsi destinée à autoriser ou non l'euthanasie d'une personne ?
Lorsque le Président de la République a initié le 17 juillet 2012 cette concertation nationale portant sur « l'assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » (en référence à la mesure n° 21 de sa campagne électorale), je ne suis pas certain qu'il espérait le soutien si rapide et si entier d'une instance plus réputée pour son conservatisme que pour son audace. Il y trouvera certainement une reconnaissance de son implication personnelle dans un domaine à ce point sensible qu'il aurait pu solliciter de la part de l'ONM une position plus substantielle et constructive qu'un assentiment opportuniste.
Source : emmanuelhirsch.fr plusdignelavie.com
L'intégral du Communiqué du Conseil National de l'Ordre des Médecins
La position de l'Association Médicale Mondiale
14 bonnes raisons de dire non à l’euthanasie
Publié le 2 novembre 2010 par Koz
Et voici notre bonne Toussaint, désormais flanquée d'Halloween et de la prétendue "journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité". Et voilà le marronnier, particulièrement de saison : l'euthanasie, et son sondage mortifère. Oublions la belle promesse de la Toussaint, nous ne débattrons plus désormais ces jours-ci que du nouvel élargissement de l'euthanasie. En ce 2 novembre, jour des morts, on peut désormais se souvenir qu'ils auraient tout de même pu partir plus tôt. Avec une petite aide de notre part...
Cette année, l'information se répand : 94% des Français sont favorables à l'euthanasie et l'ADMD - c'est un autre marronnier - "réclame un débat ». Nous ne serions donc que 6% à refuser que l'Homme puisse donner la mort légalement, techniquement, médicalement. L'adhésion serait "massive », les opposants presqu'inexistants, quasi insignifiants. C'est triste mais c'est évidemment insuffisant pour changer de convictions.
Je ne reprendrai pas ici mes positions, amplement développées dans mes précédents billets, mais il faut redire simplement qu'on ne doit pas se résigner à sanctionner l'indignité prétendue d'un Homme par la mort, que la France est parvenue à un compromis législatif (cf. point 12) largement ignoré des Français, y compris des soignants et qu'il n'y a pas lieu d'ouvrir ce nouveau débat, réclamé par les ultras de l'euthanasie.
Voilà mes quatorze bonnes raisons de m'opposer à l'euthanasie.
1. Une société ne rompt pas avec l'interdit de donner la mort sans conséquences. Cet interdit fondamental, commun à toutes les civilisations, à toutes les cultures, ne peut faire l'objet d'aménagements sans repousser, mécaniquement, plus loin les limites de la transgression.
2. Aucun Homme n'est jamais indigne. Face à certaines fins de vie, il faut peut-être parfois s'en convaincre mais un principe n'est jamais facile à tenir. Toute action sur la fin de vie devrait être fondée sur ce principe et non sur cette concession scandaleuse et littéralement délétère que ferait la société en admettant que certaines vies seraient indignes au point que seule la mort viendrait les rétablir dans la dignité. On admire Mère Teresa : elle soignait les lépreux, elle ne les achevait pas.
3. On n'assure pas la dignité d'un Homme en lui donnant la mort. On doit garantir la dignité dans la vie et non par la mort. Au prétendu droit de mourir dans la dignité1, il faut opposer le droit de vivre dans la dignité. Il n'y a pas d'autre choix concevable que d'être aux côtés de ceux qui se battent chaque jour pour assurer la dignité d'une personne mourante, plutôt que de ceux qui, de loin, préconisent l'injection.
4. L'euthanasie est une démission collective. Elle est l'ultime option d'une société qui a abandonné l'ambition d'être une société, une communauté qui prend soin des siens, une société qui a abandonné l'ambition d'assurer la dignité de ses mourants. Par l'euthanasie, elle tend à effacer, à supprimer, le problème, elle ne le traite pas.
5. L'euthanasie est le choix d'une société matérialiste, égoïste et individualiste, qui n'accepte pas la faiblesse, la fragilité. Elle cultive la jeunesse, la beauté, la fête, le corps. Le handicap lui fait horreur : il est éliminé ou éloigné. La mort terrifie ? Elle est cachée, elle est hâtée.
6. On prend un risque à accepter une demande de mort : celui qu'elle signifie autre chose. Nous frémissons tous à l'idée que l'on puisse exécuter un innocent et l'on se mobilise régulièrement contre cela. Nous devrions frémir aussi à cette idée : euthanasier quelqu'un qui ne le souhaitait pas véritablement. Souffrir et voir son corps ou son esprit se déliter : comment ne pas souhaiter que cela cesse ? Mais que souhaite-t-on voir cesser : la souffrance et le sentiment d'indignité ou la vie ?2 Tous nos efforts et toute notre ambition collective devraient porter à l'annihilation de la souffrance et à l'assurance de la dignité. On se fixe des objectifs ambitieux en bien des domaines, et on en atteint qui paraissent irréalistes, pourquoi baisserait-on les bras ici ?
7. Le choix est illusoire. Poser un vrai choix suppose qu'il existe une alternative, qu'on en connaisse l'existence et que cette alternative soit effective. Comme l'écrit Axel Kahn, ancien président du CCNE3, "réintroduire la dimension du libre arbitre exige de rétablir les paramètres d'une vie non seulement supportable, mais aussi désirable". Qui connait véritablement les soins palliatifs ? Qui s'est mobilisé pour que les soins palliatifs deviennent une réalité ? Il est en outre abusif de faire croire que l'on peut préjuger aujourd'hui de notre volonté en ce moment si spécifique et imprévisible que sera notre mort : ce que l'on pense aujourd'hui ne prendra vraiment sens que ce jour-là. Faut-il risquer de vivre alors que l'on aurait voulu mourir, ou de mourir alors que l'on voulait vivre ?
8. La mort est un moment à vivre. Marie de Hennezel, pionnière des soins palliatifs en France l'illustre pleinement dans La mort intime, par la mort de Jean, la mort de Marcelle, celle de Marie-France, et ce "ciao », d'une main. Si la mort pue peut-être encore davantage que celle qu'elle raconte, si elle peut-être parfois un cri de souffrance et de solitude, elle est aussi pour certains ce passage invraisemblable durant lequel le mourant se met en paix. Aussi insensé que cela puisse paraître, il faut ménager le temps de mourir. La mort ne doit pas être hâtée.
9. L'euthanasie est un choix de bien-portants pour des mourants. Trivialement : les décideurs ne sont pas les payeurs. Emmanuel Hirsch, président de l'Espace Ethique de l'AP-HP, et de l'ARSla, rappelait un soir que les personnes atteintes d'une SLA ne demandent pas la mort, mais des synthétiseurs vocaux. Or, qui se prononce dans ces sondages sinon des bien-portants, angoissés par la mort, terrifiés par la déchéance et intimement persuadés de l'indignité des hommes en fin de vie ? "Life may be worth living in a locked-in syndrom » : c'est le titre d'une étude européenne qui souligne que, même dans cette situation extrême, les malades évoquent encore une "qualité de vie ». Vraiment, pouvons-nous juger, dans l'absolu ou face à une situation concrète, de la dignité d'un état de vie ?
10. La demande de mort est extrêmement minoritaire. Avec Emmanuel Hirsch, Catherine Kiefer rappelait qu'en 10 ans d'exercice, elle n'avait connu qu'une demande d'euthanasie. Il y a aussi cette oncologue (spécialiste en cancérologie) qui rapporte à Rue89 qu'en 25 ans d'exercice, elle n'a pas connu de demande d'euthanasie qui dure. Les débats artificiellement entretenus et renouvelés par certains parasitent la réflexion. Faut-il bouleverser un fondement de notre vie sociale pour des cas peu fréquents, et que l'on peut grandement gérer ?
11. Autoriser l'euthanasie active portera un coup fatal au développement des soins palliatifs. C'est pourtant la seule solution d'une dignité véritable, et l'honneur d'une société. Ce développement est réclamé avec insistance par les praticiens (parmi lesquels Didier Sicard, ancien président du CCNE), mais il faut une volonté politique et sociale forte pour développer la démarche des soins palliatifs. Les soins palliatifs en hôpitaux demandent du temps, du personnel, de l'argent. Face à l'assurance d'une fin plus rapide, soulageant aussi ceux qui restent et les finances publiques, le recours à l'euthanasie sera-t-il vraiment sourcilleux ?
12. Nous avons dégagé une "voie française », largement ignorée des Français, qui continuent d'appeler de leurs vœux l'instauration d'une situation qui existe déjà. Depuis la récente loi Leonnetti, du 22 avril 2005, l'un des tous premiers articles du du Code de la Santé Publique, l'article L.1110-5, prévoit que les actes médicaux "ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable » et que "lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris ». Ce même article prévoit que "dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins visés à l'article L. 1110-10 » - c'est-à-dire les soins palliatifs - ou encore que "les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort ». Plus explicitement encore, l'article L. 1111-10 du Code de la Santé Publique dispose que "lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, décide de limiter ou d'arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l'avoir informée des conséquences de son choix ». Dans ce cas, l'article 1111-10 prévoit que "le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l'article L.1110-10 », lesquels "visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage ». Au titre de ces soins, comme le décrit le guide "droit des malades et fin de vie »4, le médecin peut administrer une sédation, faisant perdre conscience au malade. Les Français ignorent la loi, en partie par manque de volonté politique. Les Français s'affirment favorables à une loi sur l'euthanasie, mais elle existe ! Connaissent-ils seulement ces dispositions ? 56% des sondés affirment que l'euthanasie ne devrait être possible que "dans certains cas ». Lorsqu'ils affirment ingénument qu'elle devrait être réservée aux "maladies insupportables [par opposition aux maladies cools ?] et incurables », connaissent-ils l'article L.111-10, applicable aux affections graves et incurable ? Sur les divers sites, les commentateurs fustigent l'acharnement thérapeutique. Savent-ils que cet acharnement est unanimement condamné, et clairement exclu par l'article L.1110-5 du Code de la Santé Publique ?Ainsi, les Français, non informés voire désinformés, ignorent ce qui figure dans la loi et appellent de leurs vœux ce qui existe déjà.
13. Nous n'échapperons pas, en France, aux dérives de l'euthanasie. Nous n'échapperons pas à cette prétendue compassion, un peu trop empressée. Nous n'échapperons pas non plus aux déviances de ces pays que l'on nous dit "en avance » : Pays-Bas, Belgique, mais également Suisse. Aux Pays-Bas et en Belgique, on en est venus à l'euthanasie des déments, des enfants, des dépressifs. En France, la dérive de l'ADMD est là, sous nos yeux, et sa finalité se cache sous des périphrases iréniques. Le droit de mourir dans la dignité était il y a vingt ans une demande de soins palliatifs. Il est devenu une demande de mort. Et l'ADMD milite aujourd'hui pour le suicide assisté. Aujourd'hui, la loi permet au malade qui souhaite mourir de faire interrompre son traitement et de se voir administrer une sédation. N'a-t-on pas atteint un point d'équilibre, voire de rupture ?
14. La fin de vie est instrumentalisée par une association manipulatrice et extrémiste. La fin de vie est simplifiée à outrance, réduite pour le grand public à une question d'injection, négligeant le mystère et l'inconnu. Les cas emblématiques (les affaires Humbert et surtout Tranois, Sébire ou encore Salvat) sont dramatiquement tronqués parce qu'ils sont, in fine, contre-démonstratifs (cf. notamment l'analyse d'Axel Kahn). Bien analysés, ils illustrent cruellement les dérives et déviances de l'euthanasie. Le fait d'en être réduit à utiliser des procédés malhonnêtes - malgré des sondages si favorables - devrait aiguiser l'esprit critique de l'opinion publique. En outre, alors que la loi consacre déjà le droit de faire interrompre un traitement et de se faire administrer une sédation, l'ADMD ne s'arrêtera que lorsque l'euthanasie active et le suicide assisté (hors de toute affection) seront légalisés. C'est le sens de la proposition de loi rédigée par ses soins, qui sera examinée le 16 novembre 2010 en faveur de l'"aide active à mourir". L'euthanasie passive existe déjà, mais l'ADMD tient à ce que le médecin administre directement la mort. Pour parvenir à ses fins, l'ADMD ment aux Français, en prétendant sans relâche - comme le fait encore Jean-Luc Romero ces jours-ci - qu'il faudrait aujourd'hui encore adopter une loi sur l'euthanasie et ouvrir un débat parlementaire, qui s'est tenu à de multiples reprises et a donné lieu à une loi dont l'évaluation en 2008 a conduit à l'établissement d'un rapport parlementaire.
On ne doit pas se résoudre à l'impuissance. On ne doit pas se résoudre à la trompeuse simplicité d'une injection létale. Pour être digne d'être appelée ainsi, notre société ne doit avoir d'autre objectif que de convaincre un Homme qui souffre, un Homme diminué, que sa vie a toujours un prix, que, quel que soit le regard qu'il porte sur lui-même, il est digne.
La ministre Véronique Hivon (...) déposera un projet sur « l'aide » à mourir d'ici le mois de juin. Elle a mentionné qu'elle avait l'intention d'appliquer le rapport bidon de la commission « Mourir dans la dignité » où elle a siégé, rapport qui n'a pas tenu compte de l'avis de la majorité des experts et organismes qui se sont prononcés contre toute forme d'euthanasie. Mais le but de cette commission n'était pas d'obtenir leur avis... mais plutôt de laisser croire qu'on allait les écouter...
Dans cette démarche frauduleuse, les décisions étaient certainement connues à l'avance. Encouragement symbolique des soins palliatifs pour faire croire que le bien des patients en fin de vie est une priorité et ouverture à l'euthanasie(...).
Mais nous aurons la confirmation de cette analyse avec le projet de la ministre Hivon. Si la ministre présente un programme qui établira un service de soins palliatifs pour tous les Québécois et pour toutes les régions devant être mis en place avant toute forme d'euthanasie, nous pourrons alors croire à la cohérence de la ministre. Selon cette option, nous n'entendrons plus parler d'euthanasie et de suicide assisté avant une décennie, le temps de mettre en place un réseau de soins palliatifs répondant à la demande grandissante causée par le vieillissement de la population. Il faudra former des médecins et infirmières, entre autres à la patience et à l'empathie nécessaires pour prendre le temps d'accompagner le patient dans ce passage vers la suite de la vie humaine.
Mais si, comme nous le croyons, nous avons affaire à l'un des grands coups montés de notre histoire, alors l'euthanasie sera permise simultanément avec l'encouragement aux soins palliatifs. Nombre de patients qui ne pourront demander des soins de qualité demanderont l'euthanasie par peur ou par de réels problèmes de maltraitance, entendons par là, l'absence de formation adéquate et de personnel pour répondre aux besoins d'une personne en fin de vie, comme c'est le cas trop souvent actuellement. Et alors, pourquoi se presser de donner un service universel de soins palliatifs quand les patients « réclament » l'euthanasie?
L'ouverture à l'euthanasie permettra l'illusion d'une économie sur les patients qui demanderont à être tués... où le seront sans leur consentement comme c'est le cas actuellement en Belgique et en Hollande, où l'on parle maintenant d'euthanasier les enfants...
Il nous faut dénoncer cette grande manipulation, nous opposer à ce permis de tuer médical, et faire pression pour que les lois canadiennes refusant le meurtre des patients en fin de vie, s'appliquent.
Et bien y réfléchir avant de réélire des députés sans conscience autre que celle de « l'économie. »
Réflexion au Canada
"Les riches, les biens portants, c.-à-d. les personnes à part entière pourront juger de l'euthanasie des autres, des handicapés, des trisomiques qui n'auraient pas dû naître, des enfants de moins de 2 ans, des comateux, des malades mentaux, des personnes souffrant d'Alzheimer, de parkinson, etc., et tout cela pour le plus grand bien des êtres humains dépossédés de leur titre de personne, comme c'est le cas actuellement des enfants à naître que l'on juge en danger de souffrir après leur naissance : il vaut mieux les tuer...
Comment faire pour combattre ces politiques inhumaines. Bien sûr par la prise de parole « à temps et à contretemps », partout. Et aussi par une implication politique qui ne permettra pas de prendre le pouvoir, mais sera une autre opportunité de parler et de faire avancer la construction d'un état respectant la dignité humaine, quel que soit le handicap de la personne en question."
Vidéo : mourir dignement
Rencontre avec la spécialiste belge des soins palliatifs, le Docteur Catherine Dopchie.
Vidéo : pour ou contre l'euthanasie ?
Entretien avec Emmanuelle Bernheim, auteur du livre "Tout s'est bien passé", et le Docteur Michel Hasselmann, du Service de Réanimation Médicale du CHU de Strasbourg.
Qu'avait donc dit l'Ordre de Médecins ?
Analyse de Pierre-Olivier Arduin (extrait) :
« Rompant avec ses prises de positions antérieures, l'ordre des médecins a adopté à l'unanimité moins une voix un avis dans lequel il recommande d'accéder aux « requêtes persistantes, lucides et réitérées d'une personne atteinte d'une affection pour laquelle les soins curatifs sont devenus inopérants et les soins palliatifs instaurés » sous la forme de l'administration d' « une sédation adaptée, profonde et terminale». Sont visées « des situations cliniques exceptionnelles » comme « certaines agonies prolongées » ou des « douleurs psychologiques » qui « restent incontrôlables ».
Le propos du conseil de l'Ordre ne se laisse pas facilement analyser tant le raisonnement est par endroits confus, ce que n'ont pas manqué d'observer plusieurs commentateurs. Pour Mgr Pierre d'Ornellas, chargé des questions de bioéthique au sein de la Conférence des évêques de France, la position de l'Ordre ouvre toutefois « à une dérive d'euthanasie».
Conscient d'ailleurs d'ouvrir une brèche dans le dispositif juridique actuel encadrant l'accompagnement de la fin de vie en France, l'ordre des médecins propose qu'en matière de sédation terminale accélérant la mort, tout médecin puisse « se récuser en excipant la clause de conscience ». Avouant enfin que « l'interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui ne saurait être transgressé par un médecin agissant seul », l'Ordre conseille que la décision soit prise par un « collège de médecins ».
Un Canadien révolté contre "l'aide médicale à tuer"
Le suicide d'un peuple
par Sylvain Lamontagne, 14/10/2016
(Sherbrooke) Maintenant que l'euthanasie est rendue légale au Québec ainsi qu'au Canada, j'ai décidé de sortir du système public de la santé et leurs établissements où ils offrent et donnent l'euthanasie qu'on appelle : « Aide médicale à mourir » ou plutôt « à tuer ». Pour moi, ce n'est rien de moins qu'un meurtre devenu légal. À cause de cela, je vais jeter à la poubelle ma carte d'assurance maladie puis trouver d'autres solutions de remplacement. J'ai perdu toute confiance en ce système immoral que je ne veux plus encourager pour ne plus être complice de cela. Je veux être conséquent de mes valeurs comme chrétien où il est interdit de tuer son semblable et ce en tout temps. La vraie réponse à la souffrance est d'aimer, de supporter et d'encourager jusqu'au bout les personnes malades, seules et vulnérables avec toute notre compassion.
Déjà on essaie de combattre avec grande difficulté le fléau du suicide, on détient au Québec le triste record mondial de la 3e place à ce sujet et de l'autre côté, le gouvernement fait la promotion de l'euthanasie dans ses établissements publics.
Il faut savoir qu'il y a aussi un lobby et des partisans de la mort qui poussent très fort sur cette nouvelle idéologie de la mort à la carte. Nous sommes une société riche, mais devenue pauvre moralement. Au Québec, on est les premiers au monde à tuer par milliers des enfants à naître par avortement. En plus, s'ajoute l'euthanasie. Est-ce cela que nos politiciens appellent nos valeurs québécoises?
Tout le monde va faire face, durant sa vie, à des moments de douleur et de souffrance, tant physique que psychologique et personne n'y échappe. Cela a toujours été et le sera toujours. Pourquoi notre société d'aujourd'hui n'a plus la capacité de faire face à ses épreuves? À cause de cela, le gouvernement offre l'euthanasie entre autres pour sauver de l'argent. (...)
Heureusement, il y a encore dans le système de santé, des personnes et des groupes qui résistent autant qu'ils le peuvent à cette folie meurtrière. Il faut encourager ces gens à continuer à rester debout pour la vie. Merci de ne pas avoir vendu votre âme et être resté intègre dans vos convictions, en continuant de soigner les gens jusqu'au bout et de ne pas les tuer. L'euthanasie comme l'avortement équivaut à un suicide collectif pour notre société. Il faut retourner à nos vraies valeurs pour retrouver l'amour de la vie.
Sylvain Lamontagne, Valcourt