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Timestamp: 2017-01-18 14:23:06+00:00
Document Index: 121356777

Matched Legal Cases: ['art. 2', 'art. 3', "l'article 2", 'art. 379', 'art. 1', 'art. 63', 'art. 62', 'art. 62', 'art. 378', 'art. 378', 'art. 62', 'art. 62', 'art. 312', 'art, 312']

⭐MARCELLE BONGRAIN GASTON FEDOU. préface ae. conserller honora~re. à la Cour de Cassa!ton
MARCELLE BONGRAIN GASTON FEDOU. préface ae. conserller honora~re. à la Cour de Cassa!ton
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1 CENTRE TECHNIQUE NATIONAL D'ETUDES ET DE RECHERCHES SUR LEÇ HANDICAPS ET LES INADAPTATIONS 2, nie Auguste Comte - BP Vanves Cedex MARCELLE BONGRAIN préface ae GASTON FEDOU conserller honora~re à la Cour de Cassa!ton2 EXTRAIT DU CATALOGUE - INTEGRATION DU JEUNE ENFANT HANDICAPE EN CRECHE Eï EN MATERNELLE Assistance Mucative et Recherche (A.E.R.) - L'AIDE SOCIALE A L'ENFANCE Stntitgies et redéploiement Francine FENET - L'EWANT PLACE, ACT UALlTE DE LA RECHERCHE FRANCAISE ET INTERNATIONALE Actes du Colloque international 3 1/5/89 Coordination : Michel CORBILLON Co-édition CTNERHJ/Mf WGERIS - LA DEFENSE DE L'ENFANT EN JUSTICE BONGRAIN (M.), et coll. Co-édition Fondation pour 1'Enfance/CTNERHI - LES ABUS SEXUELS A L'EGARD DES ENFANTS MONTES de OCA (M.), YDRAUT (C.), MARKOWlTZ (A.) Co-édition Fondation pour I'EnfanceICïNERHI - LE PLACEMENT DES ENFANTS : la répétition intergcn6rationnelle au sein de l'aide sociale ANAUT (M.) Toute reproduction doit être soumise à l'autorisation du Directeur du C.T.N.3 TABLE DES MAT- Pages. Introduction Premikre partie : La d6tection de l'enfant maltraité Chapitre 1. La notion de mauvais traitements Section 1. Les violences Section II. Attentats aux moeurs Section Il1. Les privations de soins ou d'aliments Chapitre II. Le sipaiement de l'enfant maltraité Section 1. L'obligation de dénoncer les mauvais traitements à enfants Section 11. Le cas particulier des assistants de service social et des méùecins Les assistants de service social II. Les medecins A. Un medecin appelé soigner un enfant qu'il soupçonne d'être victime de mauvais traitements est-il lié par le secret professionnel? Il ne faut pourtant pas accorder trop d'importance au r61e d'indicateur des m&ecins Section III - Apprkiations et suggestions... 484 5 II. La circonstance légale aggravante tenant au caractixe Ihabiaei des violences ou privations Section III. Mise en oeuvre des poursuites Chapitre II. Agressions sexuelles La qualitt! d'ascendant II. Circonsmce Iégale aggravante d'autorité 130 Chapitre III. Abandon moral de I'enfmt Les B4ments constitutifs du déiit 132 A. Exigence d'un lien de filiation {également établi entre l'auteur du délit et ia victime A. Les peines B. Les poursuites B. EIément matériel de l'infraction 133 C. Elciment intentiomel La repression. 134 Chapitre IV. Opportunit6 de la rtspression et necessité d'une prévention Section X. Opportunit6 des sanctions pendes Section JI. La nécessité d'une prbntion des mauvais traitemen& Section 111. Approche criminologique des parents maltraitmts. 143 I. Les facteurs de risque... "143 XI. Utilisation de ces donnks Conclusion Annexa Bibliographie6 7 Nous voudrions adresser bute notre gratitude Monsieur le profsseur Vidal qui a bien voia%u diriger naos recherches et notre stsflexion juridique. Qu'il veuille bien trouver Ici %'assurance de notre sinch reconnaissance.8 9 S'ils ne meurempas, «les enfants mdheureux "deviennent" souvent, par dtsgit et ressentiment, des enfants terribles N. (Maurois, Lélia 1, IVp, 43) Le Jlcge des enfants a &té instit& en Frmce en 1945 pour s'occuper de llebfant dtlliqua~t ; mais, en même temps, du mineur vagabond et de celui qbki faisait l'objet de la part de ses parents d'um demande de «caneetion pateraeik»; dés 1946, il recm~it compétence p w organiser dans les fmilles, en tant que de besoin, une tutelle am allocations fmiliales. Il fallut, en un premier temps, mettre en place l'institution. Puis, dès 2950, la deeuxième génkration des juges des enfants prit peu d peu consciefice des lacunees de wtre lkghlation protectrice de l'enfance et des inconvénients r&sultant de certains artifices a~uels ils étaient contmints de recourir pour assurer cette proteaion. Ils les dénoncèrent avec vigueur. Et c'est sous leur ittlpulsion qu'intemint l'ordonnance no 58,1301 du 23 décembre 1953 sur l'assistance éducatzve. Préparé dans les coulisses de la aancellerbe, c'était ld un texte d'avant-garde, étonnant par sa brièveté et sa lucidité. Il a inspirk rapidement nos amis belges, puis guidé progressivement toutes les lkgislations du monde. 1A7rsqueil s'est agi, dix ans plus tard, de modper les textes usés du code civil sur la puissance paternelle, le tkgisiateur du 4 juin f 970 n'a pu, suas une f um d peine gu 'entkriner une institution dgd en peacemctionnant - sauf quelques dktracteurs - d la satisfaction géné-10 rde. On peut se demnder ce qu'il era serait aujourdiiaui si ce texte n'avait pas tjté voté. Parall2lement à la protection jdiciaire, sous I*in$~ence diune sensüjilis&ionplus grade de I'opinfon au drame de I'enfince mdkureuse et des prugrss des sciences de I'hom, s'organisait une protecn'on dite dminis~arive ou sociale de l'enfance, le directeur des afaires sanitaires et sociales efaa chrgk, am rems du déeret du 7janvier 1959, di«mercer une action préventive auprès des familles dont les conditions d'aistence risquent de metsre ert danger la santé, la skcurité, la moralàtk ou IVducation de leurs egfants S. C'est ainsi que l'enfaw mltrait&, victime d'atteintes graves mordes ou physiques sur sa personne, mineur en danger par acellence, fait en Rance l'objet d'une dollble protection : administrative et jdiciaire, Mais pour que J'u~e de ces autorités ou les deux puissent agir, encore faufiil d'abord que k cas leur soit sigmld. nt d&eaer les enfarws maltraités si l'on artend qulils se manvestent au grand jour? teur deteaion est-elle possible si les travailleurs sociaux anedertt les clie~ts» dans leurs bureaw au lieu de se rendre d temps dans les fmizles d risques, qui sont presqge toqours connws? Leurs visites sont idispensa&les car, en la matière, le problh de la détection, puis du signalemem est primrdial. Par igmrance ou par kdcheté, par crainte de repr&saiiles, la plupm du temps imgimires, trop soupe& le cas n'est pus signalé ou il est signalé trop tard. C'est pourtant une obligagon morde, voire ltlgale de le faire, aile-ci résulte de l%&cle 62 du code pknal et mêw les professionnels (mddeciw, ~ssisfantesocides] sont aflanchis h cet kgara du secret profissionnel. Et Marcelle Bongrain regrerte la non-applicaion, en fait, de l'anicle 62, alintla 2 du code pénd qui puait la non-dénoznciath des sévices ou privations de soins sur un mineur de 1.5 ans. Elle souligne, d juste titre, cene s m de conspiration du silence autour de victime, alors que Za le#re et l'esprit de notre l~isl~tion pemaent de dire que le signalement des mauvais traitements?r?guivagt, non h une accusation des parents, mis à une prorection de t énfant ; et celui-ci est sans dkfense,11 L'auteur s'emploie ensuite 'e expliquer en quoi consiste cette protection : il dtllimite les domines respectifs de la comptltence dministrative et de la compétence judiciaire, L'action sociale est préventive, l'action du juge curative. Mais ceki-ci peut agir plus vite, voire sur-lechawlp en cas d'urgence. Et il faut le savoir, l'am'on jtrdiciaire n'est pas nécessairement prtlckdke d'une action dminisaative ; lu dkcision du juge des enfants est la sauvegarde siqrême. La pmsation d'un cm saivi longteqs par la prhntion d l'autorittl jdiciaire n'est pas la signature d'un kchec, mais le signe de diflculttls particdi2res ; le juge est là pour les apprtscier et les résoudre ; de même la transmission du dossier au juge des- enfants ne correspond nullemnt pour les travailleurs sociaklx à une failbe personnelle. La proteclion de! l'enfant maltrait4 repose sur une kamnie d rechercher et chque jour dans chaque ressoa entre E'autonté administraive et E'aMorité judic ciaire, et ce jusqu 'au plus humble des edcutants. Les dernieres circulaires ministérielles et inteministtlrielles sont, sur ce point, par-rfaitement &clairuntes et bienvenues ; et M&me Bongrain eexharte h juste titre les deux autorités à une concet.bation et à me collaboraion tltroite. Elle olisente enfin avec lucidité qu'au prétexte que des mesures de sauvegarde ont éttl prises pour d'enfant, les parquets et les juridictiom n'usent pas assez souvent de la déchéance de l'autoritts parentde, porte de E'doption. Dans le m&e esprit de sauvegarde, il existe un arsend pknal, à savoir les vioknces et mauvai~ traitements vdorataires, les agressions sauelles, t'eba&on moral de l'enfant. Tous ces d6lits ou crimes selon les circomtances ont éttl prkvus, et pour punir les coqables, et pour protéger l'enfant, Certes, l'arme de la régression maraiée avec circonspeaio~ ; elle peut se rtlvtller in0ppor~~ si l'on en vient, t&t su tard, d maintenir de lien entre les parents et ltenfaptt ; mais l'on aurait tort d1mg&rer syst&maiquement ce risque. Le rdk du parquet est, B cet égard, capital; corne est de la plus grade importance une liaison tltroite entre le juge d'instruction saisi d l'encontre des adultes et le juge des enfants saisi de la procédure d'assistance &ducative. De toute façon, si la rbpression est nécessaire, elle n'est pas une solution au probl* de l'enfant &traité ; c'esf la prkvention gai est primordiale ; et 1 'on ne peut que louer la très bonne12 approche criminologique des parents maltraitants à laquelle se livre l'auteur. Aprt?s la recherche sur les enfants maltraitks conduite pendant plus de deux ans par la Fondation pour l'enfance, l 'ouvrage de Marcelle Bongrain s'inscrit dans le droits des meilleurs travaux en la mtit?re, notamment N La protection judiciaire de l'enfance en danger» Fibrairies Techniques, 1970, par Anne-Marie Fourni&), «L.es jeunes en danger» ftraucresson, 1972, par Michel Henry) ; et ce sans ometne les nombreuses ktudes mkdicales, juridiques, ddico-sociologiques et médico-judiciaires publikes sur la question dont une partie importante trouve place dans la bibliographie du prksent livre, Actuel, et se plaçant essentiellement sous 1 'angle du fonctionnement institutionnel, rkaliste et sans complaisance, le travail de Marcelle Bongrain constitue une pierre de référence sur b c hin qui conduit d pas trup lents h du moment de ckok qui a pour base la survie de l'etre sans dkfense. L'enfant esr une personne. Lursqu 'on a reconnu... Que c'est la seule joie ici-bas qui persiste De tout ce qu'on rêva, Considkrez que c'est une chose bien triste De le voir qui s'en va!» (VEctor Hugo, Contemplations, A. Villequier) Il faut la lucidité et le courage de tous.13 Un enfant peut 8tre md&ait$ par 1w membres de sa fmifle, les membres du corps enseignantp Be personnel d'institutions, un emplogretr... nous avons volontairement limité notre reflexion 1 8'4îude de 1'edmt md&aitd au sein de sa faille. 3 noas appinrast en effet que cette situation pose des pp~oblema spécifiques. Ew orne, iorsqu'un enfat ae miaftraitg par des tiers, ses gausenbs, qui ont ~ dit6 et devoir de le psotdger, peuvent to-jours agir dans Be cadre du droit comun des mineurs. Au sein de Ba fmille, qu'eliie soit légitime, ou adoptive, 1'enfmt pi:%$ 8tre matrait4 pw!es 64tenteu~s de Ifautorit$ prasentde : p&reg cna&ise aru E'OD di'cax 9 mais aussi par leurs substi~ts qui peuvtdalt titre gardiens de droit, c'se-$dire tuteur, ou parents noanrsiciers La qui on a confi$ Pi& garde de H'enfmt, OU bien gardiem de fait, pa exemple concubin oa second co&:jobhnal. Pa enfat, nous entendons 18 notilcin juridique de mineur, ma 4mmrig6, eg~ notmt que 4a p1apm des autearc.; souligsaent la fsciquence des mauvais traitements chex les HBOU~~ÈSSO~S et 1s enfants de moins de 3 &as. C'est donc plus prpfaicu99breme11iit Ba sihation da enfmts en bas- Cage que xiolas eavisziiero~ns. 14 n'est pas dans notre propos d'anljlyser tes attimda qui peuvent précéder Ia naissance, tel B'avortement, celles-ci relèvent de mesures &$gala et de prises de position diffdrentes. Nous aie voulons pas non plus 6tudier la situation du mineur 6rnâncipé wi celle du majeur de 18 ans, legdement Hibéres de!'autorit6 parentaie. Hs peuvent en effet $chapper au milieu farasilid et aux mauvais traitements qui leur sont infiigh.14 Notre étude s'articule autour de trois parties. Nous consacrerons une premibre partie aux problbmes que pose la détection de l'enfant maltraite. Nous aborderons ensuite la protection de l'enfant, victime de mauvais traitements. Enfin nous envisagerons la repression des mauvais traitements.15 Les mures prises d a le cadre de la décentrdisation nous ont mene et modifier cemim pssage de cet ouvrage. A l'heure amdle, Eles services décentralisés du Qgepmement sont regrough SOUS des appellations qui varient d'un d6partement 2k l'autre. Nous avons choisi d'utiliser le terme générique de DDSAS (Direction d6pmtementde de %a solidarit6 et de l'action sociale) en vigueur dans certains departements. Cependant, nous avons laisser!pa d6nomination DDASS (Direction demementde des affaires srnitaires et socides) toutes les fois <ph le texte fait r6f6rence 2 une situation suiaerieure au taie' janvier 1984.16 17 18 19 II sufit de pxarcomir les journaux, d'écouter 118 radio et la t414visio~, pour se rendre compte de ~'imp~pti~lllce 688 problhme da l'enfant mal- &ai$$. A E'ocwion d'arestatiom ou de condmtbbiorrs de «bourraux B, oube la rdaaion des procbs, des enquêtes sont publitst- (O), des $missions spsfcidiset- sont diffus& (2). Poramt, 81 ne s'agit pas que de faits divers exploit& par les mss media, c'est une triste réalit$ d&onc& oplus rigoureusement par des Stadsti~es htaa par des rappom mmicaux : plusieurs dhaines de nourrissons et de jeunes enfants meurent chaque année de suites de sevices, un enfant sur 200 est hospitalise B Ia suite de mauvais Les dernibes statistiques judiciaires fond 4tat pour I'année 1981 de % 708 infractions pour mauvais % enfmts La cnxaut6 envers les enfm&, certes, n'est pas un ph6namkne moderne ; elle s'est manifestée B tous les &es de la civilisation, d m tous les pays. L'infanticide que le Concile de Constantinople avait pourtant condm6 en 588 aprés 1,-C., a et6 tol6r6 jusqu'8 la fin du xvrf sikarfe. Etaient kt5quentes les mutilations infligees aux enfanb par principe rdigieux, par souci dtestrt5tique ou gour attirer l'attention et susciter Ia chaiaite. Leur pratique demeure d'ailleurs encore dans certaines populations t5). Ce n'est qa'b partir de Ia fia du xlxe sibcle, sous l'influence de plusieurs facteurs, wtment H'6voIuti10n des moeurs et les progrès de Iz maecine, que la notian de psot~tion de I'enfmce est n6e liee 2a la s~omaissance des droits de l'enfant. A partir de ce moment le concept de mauvais traitemem infligh i des enfants a pris forme et des reactions sont apparues. La premikre association en faveur des enfats maltraites a 6té cr66e en 1844 aux Eta&-Unis, la suitte dhne histoire peu banaie et drmatipe ; une fiilette battue par ses n'avait pu leur etre retirée que 1. Lo Point, no 793, 30 novembre 1987, &'&pms, janvier 1988, de IVoisvel obsemategr, mars Mddiations, TRI, 27 mars 1989, La Merche du siéele, EW,7 novembre Docteur Straus, professeur Manciaux, docteur a)eschs-pê, das Jeunes &fm& vicn'mes de ntauva2i baitementr; Fublication du GkNERHI, 1972, p muain: statistique de la justice 1981, Bt a'sgit d'infractions conshi4es sur I'ensmbie du territoire par la gendannene ou la police. 5. La cire de lajoie, D. Lspietre, p. 48, R. Laffant.20 grilce à l'intervention de la u SociBté pour la protection envers les Animaux * qui l'assimila 2 un animal. Des médecins r6v6lèrent la répercussion des mauvais traitements sur le devenir psychologique des enfants, ainsi en 1860 un médecin légiste français Ambroise Tardieu dans u Etude medico-fëgde sur Ies sevices et mauvais traitements exercés sur des enfants B, ainsi en 1929 les docteurs P. Parisot et L. Caussade auteurs d'un rapport intitulé u Les sévices envers les enfants». On peut retenir egdement les travaux des médecins Mricains Caffey et Silvermann. Cependant ce n'est qu'à partir de 1961 que Ies études médicales d'abord, sociales ensuite se sont multipliées. En 1961 l'académie amtsricaine de pmiatrie entreprend une enquête nationde sur les enfants battus, en 1962 Silvermann et Kempe définissent le u syndrome de L'enfant battu». En France c'est Zi. partir de 1965 que les medecins se penchent sur ce problhme avec le Professeur Neimann et 1'Ecole de pédiatrie de Nancy. Dans les années suivantes c'est l'aspect psychologique des mauvais traitements 2 enfant qui est étudit! avec Steele et Pollock qui analysent la psychologie des parents mdtraitants dans u me batcered child~ (1968) et C. Kreisler et P. Straus qui publient Les auteurs de s&vices sur les jeunes enfants, contribution à un abord psychologique» (Arch. françaises de pédiatrie, 1971). Sur le plan juridique, les législations occidentales se sont efforcises de se mettre en accord avec La Déclâration des Droits de l'enfant, que les Nations Unies proclamèrent en 1959, en modifiant leur droit de la famille (6). En France, la protection judiciaire des enfants a pour point de depart la loi du 24 juillet 1889 m. A partir de 1% deux courants se sont dcveloppt5s : t'un tendant 2 accentuer la répression des auteurs de , la Société des Nations Unies avait proclamé une Déclaration des Droits de I'Enfant qui fut appmuvee par piusieurs payg. Ce texte, modifié en 1948, servit de base FI I'élaboration de la DécIaration des Droits de l'enfant appmuvée par I'Assemblée Généraie des Nations Unies Ie 20 novembre Le 9ç principe affxrme a l'enfant doit être protég6 contre toute forme de néglipnce, de cruauté et d'eqfoiuition B. 7, toi des juillet 1889 sur la pmtection des enfants mshraités ou moralement ).21 mauvais traitements ; l'autre favorable a l'id& que la sanction, aussi s6vkce soit-elle, est insuffisante pour enrayer les mauvais traitements et qu'il est préférable, dans l'iintéret de l'enfant, d'aider les parents deficients plutôt que de les sanctiomer. Le Iegisfatew de 1889, dam certaim cas linraitathement énuméreej, smctionnait les parents par la déch&ce de tous leurs droits de puissance paternelle sur tous lieurs enfants. La d&rhce &tait de droit et accompagnait certaines condmations pénds des parents, ou bien facu1%ative, en dehors de toute condmation et visait mtment les pmère et mmère qui, u par de mauvais traitements compromettent soit la sant6, soit la s6curit6, soit la moralité de leurs enfants ~b (art. 2 6"). L'action en ddcchéance pouvait être intentée u par un ou plusieurs parents du mineur au degr& de cousin germain ou un degré plus rapproche ou par le ministmère public B (art. 3). En cas de déchéance, l'exercice de la puissmce paternelle pouvait être confi6 % Ia mmère ou bien le tribunal d&ignait un tuteur, ou confiait l'enfant i3 ilassistance pub1 ique. Cependant, Ia protection de l'enfant victime de mauvais traitements n'&tait envisagde que corne la cslls6quence d'une faute comise par les parents ou gardiens de I'enfant contre cet enfant et elle était mise en place par les juridictions pénales. Ce fut le décret-loi du 30 octobre 1935 qui, ajoutant l'article 2-7" A la loi de 1889, permit de dégager la protection de l'enfant de la notion de faute. Lorsque la santé, la sécurit4, la mordit6 ou l'éducation de l'enfant étaient 4 compromises ou insuffisment sauvegardk par le fait des pmère et mkre P, une mesure de «surveillance ou d'assistance éducative P pouvait etre prise par Le président du tribunal, sur requête du ministkre public. Les mesures de surveillance et dd'assistance éducative ne visaient dors que les pkre et mkre et elles s'apparentaient 2 une procédure de rtsferé. Broctldant de l'idée qu'il ne suffit pas de sanctionner les parents pour lutter contre les mauvais traitements, l'assistance éducative, cr&e par le decret-loi de 1935, prit de l'extension avec l'ordonnance du Décret-loi du 30 octobre 1935 portant modiftcation de l'ait. 2 de la loi du 24 juiflet ).22 décembre 1958 (9) (abrogeant le décret-loi de 1935 et certaines dispositions de la loi de 1889). u L'assistance éducative s'est degagée de l'idée de sanction l'egard des parents. Elle a remplace la notion de surveillance par celle d'assistance à la famille» (Io). Aussi, à partir de 1958, l'assistance éducative est-elle confiee à un juge spécialis6, le juge des enfants. L'enfant maltraite n'est pas expressement vise par les textes ; mais, des lors que «la sant6, la skcurite, la moralite ou l'éducation d'un mineur sont compromises», le juge peut décider, soit de maintenir l'enfant dans sa famille en chargeant un service d'observation, d'éducation ou de reéducation en milieu ouvert de suivre le mineur et sa famille», soit de retirer l'enfant de sa famille pour le confier «à ses pkre, mkre ou gardien, à un autre parent ou à une personne digne de confiance, à un etablissement d'enseignement, d'éducation specialisee ou de rééducation, à un etablissement sanitaire de prevention, de soins ou de cure, au service de I'aide sociale à l'enfance» (art. 379 C. civ., ordonnance de 1958). Parallelement, le decret du 7 janvier 1959(ll) completait les mesures de protection en faveur des enfants en danger en instituant dans chaque departement un service de prevention auprès de la direction départementale de la population et de l'aide sociale ('2). La loi du 4 juin 1970 (13) sur I'autorite parentale, en reprenant les dispositions de l'ordonnance de 1958, precisa l'assistance éducative, allegea les regles de procédure cl4) et definit plus exactement le r81e du juge des enfants. Desormais l'assistance éducative fait l'objet d'un titre particulier dans le Code civil. 9. Ordonnance no du 23 décembre 1958 relative h la protection de l'enfance et de l'adolescence en ). 10. M. Brazier, L'autorité parentale, J.C.P. 1970, 1, Décret no du 7 janvier 1959 relatif h la protection sociale de l'enfant en ). 12. Le décret no du 2 décembre 1975 modifiant et complétant le décret no du 7 janvier ) remplace le tenne - direction dépattementale de la population et de l'aide sociale par* direction départementale de l'action sanitaire et sociale m. 13. Loi no du 4 juin 1970 relative h l'autorité ). 14. Le décret no du 23 décembre 1970 précise les règles de ).23 En ce qui concerne la répression des mauvais traitements, en dehors du droit commun des coups et blessures, le Code phal de 1810 ne prevoyait aucune disposition particulière. La loi du 19 avril 1898 (15) est venue combler cette lacune en drigeant en ddit le fait d'avoir volontairement blesse un enfant de moins de 15 ans, de lui avoir porté des coups, de l'avoir volontairement privé des aliments et des soins nécessaires. La loi etablissait une aggravation de la peine dans le cas oii le délit avait été commis par un ascendant iegitime, naturel ou adoptif ou par toute personne ayant autorité sur l'enfant ou ayant sa garde (art. 1 al 3). A partir de ce moment 1'6volution s'est faite dans le sens d'un accroissement de la répression. La loi du 13 avril 1954 sanctionnait plus sévèrement les auteurs de mauvais traitements (16). La peine capitale etait encourue dés lors que les mauvais traitemen& avaient été pratiqua avec l'intention de provoquer la mort, ou bien d&s lors que pratiques habitudlement ils avaient entraînt! la mort. Le Iégislateur de 1954 entendait ainsi lutter contre le silence des témoins. En cas de non assistance B personne en danger (art. 63 C. pen.) la loi aggravait la peine d'emprisonnement en portant son minimum de 1 B 3 mois et son maximum de 3 B 5 ans. Les parents ou alliés, jusqu'au quatrième degré inclus, des auteurs ou complices de crimes commis sur un mineur de 15 ans étaient désormais concernés par l'obligation de rt5veier ceux-ci (13 (art. 62 al. 2 C, pen.). Dans le même courant repressif, la loi du 15 juin 1971 dt'liait du secret professionnel les médecins, chirurgiens ainsi que toutes personnes dgpositaires par état ou profession des secrets qu'on leur confie 9, lor~qu'ils ont connaissance, h l'occasion de l'exercice de leur 15. Loi des avril 1898 sur la répression des violences, voies de fait, actes de cruauté et attentats c oda envers les ). 16. Loi no du 13 avril 1954 relative B la répression des crimes et délits c ods contre les ). 17. l'ordonnance no du 25 juin 1945, concernant le concouni des citoyens B la justice et B la Jcurité publique, rendait obligatoire la d&nonciation de crime mais eile exceptait des dispositions légales tes parents ou alfiks jusqu'au 4' degré des auteurs w complices du crime B ). 18. Loi no du 15 juin 1971 compltstant l'art. 62 du Code pénal punissant la non dénonciation de crime et l'art. 378 du même code &primant la violation du secret ).24 profession, de sevices ou privations sur la personne de mineurs de 15 ans (art. 378 C. pen.). La loi de 1971 devait egalement completer l'art. 62 C. Pen. par un nouvel alinea qui erigeait en delit la non denonciation de sevices ou privations infligés des mineurs de 15 ans. Desormais ce n'&ait donc plus seulement les crimes qui devaient être dénonc6s mais Cgalement les delits, lorsque la victime etait un mineur de 15 ans. La loi du 2 fevrier 1981 (19) a paracheve ce mouvement repressif en aggravant les peines encourues par les père et mère ou gardien, auteurs de coups volontaires ou de privations de soins ou d'aliments sur un enfant de moins de 15 ans (art C. pen.), ainsi que celles applicables en cas de non denonciation aux autorités administratives ou judiciaires des sevices et privations (art. 62 C. pen.). 19. Loi no du 2 fdvner 1981 renfotçant la sécurité et protégeant la liberté des ).25 Première partie LA DETECTION DE L'ENFANT MALTRAITE26 27 L'enfant maltraite est celui qui subit des mauvais traitements. La notion de mauvais traitements varie, non seulement, dans le temps, mais aussi en fonction des milieux sociaux, culturels et religieux. Ainsi, h Babylone ou dans la Rome Antique un p b pouvait-ü vendre ses enfmts comme esclaves par mesure punitive, A l'inverse en SuMe une loi dia le= juillet 1979 interdit «tout châtiment puvant entrafner une souemce morale ou physique même Idgare ou passaggre B l'enfant». Par exemple : le fait d'enfemer un enfant dans un daarcas, de Ie menacer, de lui faire peur, de le traiter par X'indifference ou de le ridiculiser ouvertement (Q. s Nous nous bornerons h andyser la notion de mauvais traitements sdon le droit positif frimçais (Chapiee X). Savoir quel moment un enfmt est maltrait6 est le premier pas dm Sa dtstection de celui-ci. Mais il ne suffit pas de ddterdner si un enfmt est maftraitd ; encore faut-ii que les soient porta la connaissance des autorités cornpetentes pour que fa protection de I'enfmt puisse être assurée (Chapitre Il). 1. Ac~aiirés %&&tes, publiti par itmtut Suédois. no 247, avril 1980.28 29 Il est dimeile de donner une définition précise des mauvais S'il est incontestâble qukn enfant victime de sévices graves est maltrait, il existe des situations moins caract4risees. Ctonner un sens trop étroit au terne mènerait à ignorer des enfml qui pourtant sont livrés à la Au contraire un sens trop large serait & l'origine d'une mise hors nomes d'un trop grand nombre de conduites, ce qui entraînerait un coattrdle trqp rigoureux et inemcace, Dans la langue française a: mauvais traitements» est synonyme de sevices et éymologiquement st?vices vient de saews : cruel. Les sévices sont les mauvais traitements exercés à I'enw~tre d'une persome sur laquelle on a autorite. 11 nkxiste pas de concept juridique de mauvais traitementi>. t e terme est utilise par la Ioi p5nale dans IWarticle C, pen, qui sanctionne les père et mère qui u comprome#ent gravement par de mauvais traitemenl.., soit la sant6, soit la sécurit4 de leurs enfants P. L'expression est également utiiisde dans Ie Code civil a B%rticfe qui prevoit ta dechdance de l'autorittl pafentale des a père et mère qui, pâr de mauvais traitements... mettent manifestement en danger ia seeurite, la santé... de l'enfant B. Mais pour autant quy1 l'utilise, le l6gislateuï ne d6fmit pas la notion de mauvais tr~tements.30 La loi prend en compte les mauvais traitements parce qu'ils portent atteinte la santé de I'enfant victime. Si l'on se réfère aux dispositio~ du Code ptsnal qui smctionnent CRS atteintes, nous pouvons essayer de dégager la notion de mauvais traitements t2). Il s'agit de violences physiques ou mordes (art. 312 C. pen.), des atteintes sexuelles (art C. pen.), des privations de soins (art, 312 C. pen.)(3). La jurisprudence fournit suffisamment d'exemples pour nous permettre d'iliustrer les diffërents aspects que revêtent les mauvais traitements. Cependant, au regard du droit pénal, il n'y aura in&action que s'il y a intention. Ainsi la mère démente qui soumet son enfant de i( mauvais traitements P n'est pas punissable pénalement. De meme, la mère qui ne réagit pas lorsque sa fille de 4 ans se briife avec une bouteille d'acide et attend le retour du pkre 3 ou 4 heures plus tard pour que celui-ci conduise l'enfant l'hdpital (4). De même encore une mère qui passe ses journees A lire des illustrés, sans que son mari puisse avoir la -moindre influence sur elle ; leur habitation étant d'une saleté repoussante et d'un désordre indescriptible, y manquant l'indispensable au point de vue propreté, hygiène, habitabilité et confort (5). Nous suivrons les cadres de Ia loi ptlnale pour analyser les mauvais traitements, car celle-ci permet de recenser tous les cas. Etant précisé que ce qui nous intéresse ici c'est le rtlsultat de l'acte, indkpendment de l'intention de son auteur. Que les patents aient voulu infliger des s&vsvices leur enfant ou que cdui-ci les subisse par le fait de parents dtlments ou ntlgligents, la cons6quence est la même. D m les deux hypothhes I'enfant est victime de mauvais traitements. 2. b s art = C. Pen. et C. civ. doment $ Ia notion de mauvais traitements une autre dimension que ne le fait le Code pénal, puisque dans ces hypothéses il s'agit de controler les obligations de l'autorité parentale. Or si les mauvais trai&ments codaient un manquement aux obiigations de l'autorité parentale on ne peut pas dire que tout maquement aux obligations parentales est un mauvais traitement. Tel enfant auquel ses parents delinpuants apprennent 2t voler, tel enfant vivant auprès de paiena alcooliques qui ne s'entendent pas, ne sont pas pour autant des enfants maltmités au sens où nous l'entendons. 3. Nous ne voulons pas considérer l'abandon pur et simple de I'enfant. il s'agit en effet d'une atteinte B la garde de I'enfant et non d'une atteinte $ l'intégrité comme l'est un x mauvais traitement * (cf. R. Merle et A. Vitu, Droitpénal spkcial, éd. Cujas, t. 2. nq 2134 et s.). 4. P. Straus, Les Jeunes enfants victimes dc mauvais traitements, op. cit., p Civ. 29 juin 1964, Bull. 1, no 351, p. 272. Montrer encore
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