Source: https://csem.morbihan.fr/dossiers/atlas_env/pressions/risques_naturels.php
Timestamp: 2019-01-20 21:35:58+00:00
Document Index: 121134349

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Conseil départemental du Morbihan - Environnement - Atlas de l'environnement du Morbihan - Activités humaines et pressions sur l'environnement - Les risques naturels et technologiques
- Le risque de tempête
- Le risque d'évolution du trait de côte
- Le risque des feux de forêts
- Le risque de séisme
Synthèse et enjeux
Les risques sont le résultat de l'aléa (occurrence, intensité et durée d’un événement) et de la vulnérabilité (niveau de conséquences prévisibles d’un phénomène). La vulnérabilité peut concerner les humains, les biens ou l’environnement. Les risques que l’on dit majeurs ont une faible fréquence mais une gravité importante. Ces risques peuvent être :
naturels : mouvements de terrain, inondations, séismes, feu de forêts, tempêtes ...
technologiques : industriel, rupture de barrage, transports de matières dangereuses …
Depuis 1983, 1 038 arrêtés de catastrophes naturelles ont été publiés au journal officiel pour le Morbihan, dont environ 80% sont le résultat de seulement 4 événements majeurs (Cf. Figure 1).
La majorité de ces arrêtés concernent des tempêtes et des inondations.
Figure 1 : Evolution du nombre d’arrêtés de catastrophes naturelles publiées
au journal officiel par an dans le Morbihan
Source : BD Gaspar
Depuis 1983, le nombre d’arrêtés de catastrophes naturelles varie de 1 à 12 selon les communes (Cf. Carte 1).
Pourtant, ce ne sont pas toujours les communes exposées au plus grand nombre de risques qui enregistrent le plus grand nombre de catastrophes naturelles.
Carte 1 : Risques naturels par commune dans le Morbihan
La perception sociale des risques naturels est influencée par la connaissance qu’ont les habitants des menaces auxquelles ils sont exposés et de leur lieu de résidence. Une enquête CREDOC & IFEN (2004) a permis d’obtenir les résultats suivants pour l’ensemble de la France et pour un territoire “ouest” regroupant, la Bretagne, les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes (Cf. Tableau 1).
Tableau 1 : Risques naturels auxquels la population se sent le plus exposé
Aucun risque Tempêtes Inondations Sécheresse Tremblements
de terre Feux de
Ouest 13% 44% 13% 17% 6% -
France 23% 27% 17% 13% 8% 5%
Source : CREDOC & IFEN, 2004
Parmi les risques climatiques, on recense la canicule, la neige et la tempête. C’est aux tempêtes que le Morbihan est le plus exposé. Le terme de “tempête” est utilisé lorsque les vents moyens dépassent 89 km/h pendant 10 minutes (soit le degré 10 de l’échelle de Beaufort).
Les tempêtes sont dues à d’importants contrastes de température et de pression de différentes masses d’air. Bien que ce risque concerne l’ensemble des communes du département, ce sont les secteurs les plus proches du littoral qui sont les plus vulnérables, d’autant plus que la force des vents y est généralement plus importante.
Les tempêtes de 1987, 1995, 1999 et 2008 en sont l’illustration, avec des vents de sud ouest qui ont atteints jusqu’à 180 km/h dans les îles, 166 km/h à Lorient et 144 km/h à Ploërmel en 1987. L’essentiel des tempêtes se produit pendant la saison froide, entre les mois d’octobre et de mars. Quelques orages d’été sont également accompagnés de vents forts.
Les tempêtes proviennent de manière préférentielle de secteurs compris entre le 220 et 320° (sud-ouest à nord-ouest) (Lemasson, 1999).
Ecluse à St Gobrien lors d’un épisode de crue
Les inondations sont le résultat de crues (augmentation, généralement rapide, du débit des rivières). Les inondations se produisent le plus souvent par débordement fluvial dans le département, mais il existe différents types d’inondations :
les inondations de plaine : la rivière sort de son lit mineur,
les inondations par remontée de nappe : une nappe phréatique affleure lorsque le sol est saturé en eau,
les crues des rivières torrentielles : dans le cas de précipitations intenses sur un bassin versant,
les crues rapides des bassins périurbains : dans le cas de précipitations intenses et d’un sol imperméabilisé.
Les derniers épisodes de crues mémorables sont ceux de janvier-février 1995 sur l’Oust et le Blavet (167 arrêtés de catastrophes naturelles), ceux de 1999, et ceux de l’hiver 2000-2001 (120 arrêtés de catastrophes naturelles et 21 millions d’euros de dommages). Les inondations sont souvent le résultat d’épisodes de précipitations de forte intensité et de longue durée.
Le risque d’inondation dans le Morbihan, comme en France, est le risque le plus important, avec un aléa et une vulnérabilité assez forts.
Ceci s’explique en partie par les caractéristiques du réseau hydrographique morbihannais : de grands bassins versants, un réseau hydrographique (notamment secondaire) dense qui compte un linéaire total de 6 871 km (source : BD Carthage), une configuration géomorphologique particulière (pentes, incisions des vallées), un niveau d’infiltration faible entraînant un ruissellement fort et peu d’obstacles comme les bocages par exemple.
127 communes sont exposées à l’aléa inondations. Mais, les communes sont plus ou moins vulnérables au risque d’inondation (Cf. Carte 2).
Ainsi seulement 82 communes du département présentent une vulnérabilité, dont 47 ont une vulnérabilité faible, 18 ont une vulnérabilité moyenne et 17 ont une vulnérabilité forte. Les autres communes sont considérées comme sans enjeu (Conseil général du Morbihan, 2006).
La vulnérabilité prend en compte les habitations, les commerces, les routes et les activités humaines. Sur les 82 communes vulnérables, 530 habitations sont considérées comme exposées, dont 220 dans le bassin versant de l’Oust et 170 dans le bassin versant du Blavet.
Carte 2 : Diagnostic de vulnérabilité aux inondations par commune
Les submersions marines sont des inondations épisodiques des terres basses situées en dessous du niveau des plus hautes eaux. La frange côtière continentale est alors envahie par les eaux marines.
Depuis 1983, 32 arrêtés de catastrophes naturelles ont été inscrits au journal officiel pour submersion marine. 30 d’entres eux, sont le résultat de la tempête d’équinoxe du 9 mars 2008.
En effet, la submersion marine est souvent le résultat de la conjonction d’une marée d’équinoxe et d’effets météorologiques. Les tempêtes provoquent alors une surcote de l’amplitude de marée.
En 2008, de forts coefficients de marées et des vents mesurés à 137 km/h à Vannes ont entraîné des submersionsmarines jusqu’à Auray.
Les phénomènes de submersion ont plusieurs causes possibles :
des vagues de forte amplitude,
le débordement ou la rupture des digues,
la rupture ou la destruction des cordons dunaires.
Les ouvrages de défenses ont été recensés et 26 sites sensibles au risque de submersion marine ont été définis (Cf. Carte 3). Mais 5 sites semblent prioritaires : l’anse du Stole à Ploemeur, la grande plage de Gâvres, Suscinio à Sarzeau, la Grée Penvins à Sarzeau et Banaster (Tourolle, 2003).
Ouvrage de défense contre la mer
Carte 3 : Sites sensibles à la submersion marine dans le Morbihan
Le risque d'évolution du trait de côte
L’érosion côtière est classée au sein des risques de mouvements de terrain. Les mouvements de terrain correspondent à des déplacements du sol ou du sous-sol qui peuvent être plus ou moins brutaux. Ils peuvent avoir une origine naturelle ou anthropique. On ne différencie pas moins de 7 types de mouvements de terrain qui peuvent intervenir dans différents milieux et être plus ou moins rapides :
les tassements et les affaissements,
le retrait-gonflement des argiles,
le glissement de terrain,
les effondrements des cavités souterraines,
les écroulements et les chutes de blocs,
les coulées boueuses et torrentielles,
l’érosion littorale.
Le Morbihan n’est pas sujet à des mouvements de terrain de grande ampleur, il est plutôt exposé à des mouvements de terrain lents, telle que l’érosion littorale. Il s’agit d’un phénomène discontinu qui dépend essentiellement de trois types de facteurs :
météorologiques (précipitations, vents),
hydrodynamiques (vents, niveau de la mer, courants, houle),
les mouvements sédimentaires.
L’évolution du trait de côte peut être influencée par toute perturbation anthropique de ces deux paramètres, notamment (Yoni & al., 2001) :
l’extraction de sédiments,
la construction/déconstruction d’ou- vrages tels que les digues, les murs, les barrages ou les jetées,
les rejets de matériaux de carrière,
les installations conchylicoles,
En outre, les risques d’érosion côtière et de submersion marine sont affectés par l’élévation du niveau marin résultant du changement climatique (Cf. ci-après “Les effets du changement climatique”).
La Cf. Carte 4 recense les sites pour lesquels des évolutions significatives du trait de côte ont été mesurées ou constatées. La plupart des secteurs à surveiller concernent des zones d’érosion.
Sur 28 sites, 22 reculent et 6 s’engraissent.
Carte 4 : Zones vulnérables à l’évolution du trait de côte dans le Morbihan
Le risque de feux de foréts
Ce qui est appelé “feu de forêt” est en fait tout incendie qui se déclare et se propage dans toutes les zones boisées (forêts, landes, broussailles, friches…).
Les bois et forêts couvrent plus de 19% du territoire morbihannais, les landes environ 2,4% (Cf. chapitre : “Les milieux naturels”), ce qui constitue autant de zones vulnérables au risque de feu de forêt. L’importance et la nature de la végétation (comme par exemple les pins maritimes qui couvrent environ 32 000 ha dans le département) ainsi qu’un climat ensoleillé relativement sec en été, sont autant de paramètres quiaugmentent la rapidité de propagation du feu. Ceci pourrait expliquer que le Morbihan fait partie des départements où l’on recense le plus de départs de feux (en moyenne 120 départs de feu par an depuis 1976). Il est placé avec un risque de niveau 4 sur une échelle de 1 à 5 au niveau national (Préfecture du Morbihan, 2009), le niveau 5 étant le plus élevé. Le Morbihan est le 9ème département français en terme de nombre de départs de feux et le 21ème en terme de surface parcourue par le feu (avec environ 30 fois moins de surface parcourue par le feu que le premier, suivant les moyennes annuelles 1992-2005). Mais pour ces deux paramètres il est le premier département de la moitié nord de la France. L’abandon des usages agricoles des landes et les plantations de conifères (espèces très pyrophiles) ont entraîné une augmentation progressive du risque de feu de forêts à partir de 1950 (Morvan, 1991). En 1976, la surface incendiée dans le Morbihan dépassait celle de la Provence (262 départs de feu pour 3771 ha parcourus par le feu dont environ 2 000 hectares dans la forêt de Molac).
En 1984, c’est le massif forestier de Pinieux à Sérent qui a subi des dommages importants avec environ 450 hectares parcourus par le feu. Des incendies importants ont également eu lieu lors de périodes propices (Cf. Figure 2) : sécheresse et grands vents en 1989, 1990, 1996 et 2003.
Le risque de départ de feu est plus important sur la période de mars à octobre avec des pics en avril (période des brûlages) et en juillet/août/septembre (doux et secs).
Il existe trois formes de feu en fonction de la végétation : des feux de sol, des feux de surface et des feux de cimes. La structure du groupement végétal joue un rôle important dans le risque de départ de feu et dans la propagation de l’incendie (Forgeard, 1986). La grande majorité des feux est due à des actes de malveillance.
Dans le département, 86 communes ont un risque de feu de forêt connu dont 18 sont comprises dans des zones particulièrement sensibles (selon arrêté préfectoral du 21 février 2008) (Cf. Carte 5).
Après un feu d’espace naturel, les paysages sont souvent transformés et la faune et la flore subissent des dommages importants. Le tapis végétal peut être atteint à divers degrés. Le type (rejets et germination) et la vitesse de recolonisation dépendent essentiellement de l’intensité de l’érosion des sols induite par le feu.
La végétation n’est pas la seule à subir les conséquences des feux de forêts. Les organismes du sol, les reptiles, les batraciens, les oiseaux et les mammifères sont également atteints, soit directement par le feu, soit par les impacts sur le milieu. Enfin, le microclimat forestier et les paramètres physico-chimiques du sol sont modifiés plus ou moins durablement (Morvan, 1991). Les hommes sont très rarement touchés contrairement aux feux issus des risques domestiques.
Figure 2 : Evolution des surfaces parcourues annuellement
par le feu dans le Morbihan
Carte 5 : Risque de feu d’espaces naturels dans le Morbihan
Les landes sont des milieux sensibles aux incendies
Les séismes sont l’une des manifestations de la tectonique des plaques. L’activité sismique est concentrée le long de failles, là où s’exercent des frottements.
D’un point de vue historique, les séismes dont l’épicentre était situé dans le Morbihan, n’ont jamais dépassé une intensité épicentrale de 7 (le 9 janvier 1930 à Meucon) sur une échelle de 1 à 12. L’intensité mesure les dommages à la différence de la magnitude qui mesure l’énergie libérée. La plupart du temps, l’épicentre se situe le long du Cisaillement Sud-Armoricain (Cf. chapitre : “La géologie”).
C’est le long de ce cisaillement que les secousses sont le plus ressenties du fait de la direction des ondes sismiques. Par exemple, le séisme du 30 septembre 2002 dont l’épicentre était situé dans les environs d’Hennebont a été ressenti jusqu’à Poitiers.
Pourtant, les dégâts ont été mineurs, seulement deux communes ont fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle. Plus rarement, des séismes ont lieu sur des petites failles, mais sont d’intensité moins importante.
Selon le bureau central sismologique français, le socle granitique serait peu favorable aux amplifications locales des secousses ce qui expliquerait que les intensités enregistrées soient faibles en regard de la magnitude des séismes. Le “plan séisme”, programme national de prévention du risque sismique, a débuté le 21 novembre 2005. La première étape a permis d’établir une carte des aléas sismiques à l’échelle communale. Cette carte probabiliste a été construite en tenant compte des périodes de retour. Le Morbihan se situe dans une zone d’aléa faible comme l’ensemble de la Bretagne. Ce projet de futur zonage est réalisé par la France en vue de l’application des nouvelles normes de construction européennes Eurocode 8.
La base Analyse, Recherche et Information sur les Accidents (ARIA), du Bureau d’Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles (BARPI) recense sur la période 1998-2008 un total de 143 accidents mineurs de différentes typologies dont plus des 2/3 sont des incendies technologiques dans le Morbihan (Cf. Figure 3).
La base ARIA n’enregistre pas d’accidents technologiques majeurs pour le Morbihan. Elle ne prend notamment pas en compte les marées noires, alors que par exemple, le naufrage de l’Erika a fait de nombreux dégâts, au niveau des écosystèmes côtiers notamment.
Figure 3 : Répartition du type d’accidents technologiques 1998-2008
Source : Base ARIA
Le Morbihan fait partie des départements où l’on dénombre le moins d’établissements à risques avec seulement 6 installations Seveso (4 à haut risque que l’on appelle “Seuil Haut” et 2 à risque que l’on appelle “Seuil Bas”) sur les 1 171 installations Seveso que comptait la France en 2006.
Les établissements sont considérés comme dangereux lorsque la zone de danger dépasse le site industriel ou qu’il existe un risque de propagation toxique.
Ainsi, 3 silos de grande taille, 6 installations de réfrigération à l’ammoniac, un site de stockage de chlore et un dépôt d’hydrocarbures présentent également un risque industriel, bien que leuractivité ne soit pas prise en compte par la procédure Seveso.
Ceci porte à 19, le nombre d’établissements à risques dont 5 des plus dangereux (Seveso) sont situés dans le secteur de Lorient (Cf. Carte 6).
Carte 6 : Etablissements présentant un risque industriel dans le Morbihan en 2008
Les types de risques varient en fonction des produits mis en oeuvre. Le risque industriel correspond aux événements accidentels qui peuvent se produire sur un site industriel et ayant des conséquences de 3 types :
risque toxique : propagation dans l’air, l’eau ou le sol de produits dangereux,
risque d’explosion : qui peuvent entraîner des traumatismes directs ou par onde de chocs,
risque d’incendie : qui peuvent entraîner des brûlures et asphyxies.
En 2007, on dénombrait également 6 721 Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) dans le Morbihan, dont 2 198 soumises à autorisation (Cf. chapitre : “L’industrie”).
Le phénomène de rupture de barrage ou digue correspond à une destruction partielle ou totale d’un ouvrage artificiel ou naturel établi au travers du lit d’un cours d’eau. Toute rupture entraîne l’inondation des secteurs situés en aval.
Dans le Morbihan, l’ouvrage de Guerlédan qui se situe sur le Blavet sur les communes de Saint-Aignan (56) et de Mur-de-Bretagne (22) est le plus important des barrages. Il retient plus de15 millions de mètres cubes d’eau. En cas de rupture, l’onde de submersion pourrait atteindre 24 communes. Depuis le décret n°2007-1735, du 11 décembre 2007, les barrages “intéressants à la sécurité publique” doivent être recensés et classés dans 4 catégories (Cf. Carte 7).
Ainsi le barrage de Guerlédan fait partie de la catégorie A, c’est-à-dire que la population exposée est supérieure à 50 000 personnes. Deux ouvrages sont classés en catégorie B, 6 en catégorie C et 1 en catégorie D. Les autres restent à déterminer.
Les barrages de catégories A et B et les digues de catégories A, B et C doivent faire l’objet d’une étude de dangers par l’exploitant ou le propriétaire de l’ouvrage.
Par ailleurs, parmi les 15 barrages recensés, tous ne sont pas intéressants à la sécurité publique, c’est-à-dire que leur rupture éventuelle n’aurait pas de répercussion grave sur les personnes (circulaire n° 70-15 du 14 août 1970).
Carte 7 : Risque de rupture de barrage dans le Morbihan
C’est un risque présent théoriquement partout sur le département (Cf. Carte 8) puisqu’il concerne souvent le transport de produits dont nous nous servons quotidiennement tels que les carburants, les gaz, les engrais… Tout accident a les mêmes effets que le risque industriel : explosions, incendies, déga- gements toxiques.
On ne dénombre à ce jour aucun accident majeur de ce type dans le Morbihan.
Il existe plusieurs types de transports de matières dangereuses :
Le transport routier : le risque est difficile à localiser, en effet une grande majorité des infrastructures routières est empruntée par le transport de produits très variés. Le risque d’accident est plus important sur les routes où le trafic est dense. C’est le type de transport le plus concerné par le risque. Il représente 2/3 des transports de marchandises en général.
Le transport ferroviaire : le risque est présent lors du fret de marchandises dangereuses. C’est l’axe Vannes- Lorient qui est le plus exposé au risque car une importante quantité de marchandises y transite et que les chargements et déchargements sont nombreux.
Le transport par canalisation : il concerne tout le réseau de transport de gaz, ainsi que le pipe dans la zone portuaire de Lorient.
Carte 8 : Principaux axes présentant des risques de transport des matières
dangereuses dans le Morbihan en 2008
Le transport maritime : il est rarement pris en compte lorsque l’on parle de risque industriel. Pourtant, il peut être à l’origine de grandes catastrophes. Ce risque concerne l’ensemble du transport de marchandises qui transite en grande partie par le port de Lorient. Cependant le risque peut provenir de l’ensemble du domaine maritime. C’est le cas de naufrages comme celui de l’Erika qui a libéré 37 000 t de fioul dans l’océan Atlantique à environ une centaine de kilomètres des côtes morbihannaises.
153 plages ont été touchées et 350 chantiers de dépollution ont été nécessaires sur 49 des 55 communes du littoral (CETMEF). En 2007, 56 cas de pollutions par hydrocarbures ont été recensés par le CROSSA d’Etel qui surveille les pollutions marines dans une zone qui concerne la plus grande partie du golfe de Gascogne. Elle s’étend du parallèle de la Pointe de Penmarc’h au nord à la frontière espagnole au sud, jusqu’au méridien 008° ouest. Les marées noires peuvent également toucher les eaux douces intérieures. L’atlas 2004-2007 des marées noires dans les eaux intérieures de l’AELB recense 8 épisodes de présence d’hydrocarbures dans le Morbihan.
Comme tout territoire, le Morbihan est exposé à des risques variés. Les plus importants concernent les risques naturels : les inondations, les feux de forêt, les tempêtes, l’érosion côtière et les submersions marines.
Les enjeux sont nombreux, ils concernent aussi bien les hommes, les activités, les biens et l’environnement (modifications du paysage, destruction des milieux naturels ou pollutions…).
Pour exemple, les crues de l’hiver 2000-2001 ont sinistré 149 communes, ont entraîné l’évacuation de 216 personnes et 72 axes routiers ont été coupés. Les dommages ont été de l’ordre de 25 millions d’euros. Par ailleurs, le Morbihan a été le premier département français à bénéficier d’une réparation pour atteinte portée à l’environnement avec le naufrage de l’Erika. Le patrimoine naturel a été atteint avec 662 hectares souillés dans le Morbihan et environ 70 000 oiseaux se sont échoués sur les côtes françaises. Les dommages économiques sont difficiles à quantifier car ils incluent le nettoyage mais aussi les impacts sur de nombreuses activités humaines (tourisme, pêche).
De façon générale, certains facteurs, sans être considérés directement comme des risques majeurs, vont faire varier l’aléa et/ou la vulnérabilité :
Des incertitudes concernant les impacts sur les phénomènes météorologiques
Si la réalité du changement climatique global est aujourd’hui bien établie, il persiste de grandes incertitudes quant à ses effets probables sur l’intensité et la fréquence de certains phénomènes météorologiques, et notamment sur des conditions météo- rologiques locales particulières susceptibles de modifier certains aléas (par exemple les épisodes de sécheresse qui influent sur le risque de feu, ou des fortesprécipitations qui augmentent le risque d’inondation).
Les observations faites au marégraphe du port de Brest ont montré une tendance à l’élévation du niveau de la mer au cours du XXème siècle de l’ordre de 1,2 mm/an en moyenne (Tréguer & al., 2009), et même comprise entre 2,6 et 3 mm/ an depuis 30 ans (Régnauld & al., 2006). Cette élévation est due à différents processus (dilatation de l’eau de mer, fonte des calottes glaciaires et des glaciers terrestres…) résultant du réchauffement climatique global (Cf. chapitre : “La qualité de l’air et le changement climatique”) et pourrait augmenter les aléas de submersion marine et d’érosion côtière. Même si son ampleur probable au cours du XXIème siècle reste délicate à prévoir (quelques centimètres à quelques dizaines de centimètres à la fin de ce siècle), ce phénomène doit être pris en compte, dès àprésent, par les aménageurs (Tréguer & al., 2009).
Les facteurs anthropiques
La diminution des prairies au profit des grandes cultures, le drainage des terres agricoles, l’arrachage des haies et l’arasement des talus sont des pratiques qui augmentent l’aléa d’inondation. Les bocages peuvent quant à eux contribuer à réduire la vulnérabilité aux inondations. Une étude comparant deux bassins versants similaires a montré que le cœfficient de ruissellement et le pic de crue étaient 1,5 à 2 fois plus forts sur un bassin sans bocage que sur un bassin avec bocage (Mérot, 1978). Un bocage structuré apparaît comme une barrière efficace contre le ruissellement de surface et agit comme une structure tampon vis-à-vis d’événements hydrologiques (Mérot & al., 1999). Par ailleurs, le débroussaillement ou l’enfrichement vont faire varier le risque d’incendie.
L’urbanisation a sensiblement augmenté depuis plusieurs décennies (Cf. chapitre : “L’urbanisation”). Ce phénomène peut d’une part, aggraver la vulnérabilité aux inondations dans le cas de constructions en zone inondable (dans le lit majeur des rivières), et d’autre part, accroître l’aléa du fait de l’augmentation des surfaces imperméabilisées. L’imperméabilisation du sol par les aménagements (bâtiments, voiries, parkings) limite l’infiltration des précipitations et accentue le ruissellement. D’autre part, certains aménagements peuvent également augmenter l’aléa. Par exemple, lors des crues de 2000/2001 en Bretagne, certains aménagements de bassins urbains et de lits de rivières en zone urbanisée ont pu être responsables de relèvements de ligne d’eau ou de détournement des écoulements. C’est le cas de la ville de Vannes où les rivières canalisées et/ou l’assainissement pluvial n’ont pas pu répondre aux débits qui transitaient.
Les choix qui sont faits en termes d’aménagements du territoire sont donc susceptibles de faire varier le risque d’inondations.
Sur le littoral, l’urbanisation peut en outre augmenter les risques de submersion marine et d’érosion côtière.
Sur un territoire donné, la vulnérabilité peut être augmentée si deux risques sont associés. C’est par exemple le cas d’un site industriel dangereux qui serait construit sur un secteur en zone inondable.
Même si le département est relativement peu exposé par rapport à d’autres régions, de nombreuses communes sont concernées par des risques potentiels (Cf. Tableau 2).
L’enjeu actuel est de diminuer les risques auxquels est exposé le territoire. Pour cela, différentes solutions sont à envisager (Cf. chapitre : “La prévention et la gestion des risques) :
Prévoir l’aléa en améliorant la connaissance (zonage, intensité, durée de retour…) ;
Diminuer l’aléa avec la maîtrise de l’aménagement du territoire, notamment grâce aux Plans de Prévention des Risques (PPR) et l’entretien des ouvrages de protection ;
Diminuer la vulnérabilité à chacune des étapes de la gestion du risque.
Tableau 2 : Synthèse des risques encourus
par les communes morbihannaises
Nature du risque Nombre de communes
exposées à l’aléa Pourcentage
exposées à l’aléa
de barrage (Guerlédan) 24 9,2%
(érosion littorale) 23 8,8%
risque industriel 31 11,9%
risque de transport de
matières dangereuses 73 28%
risque de feu de forêt 86 33%
risque d’inondations 127 48,7%
risque de séisme 261 100%
risque de tempête 261 100%
Source : BD Gaspar 2008
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draf.bretagne.agriculture.gouv.fr