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Timestamp: 2019-10-17 03:43:24+00:00
Document Index: 231500060

Matched Legal Cases: ['art 27', 'art 40', 'art 27', 'art 27', 'art 65', 'art 26', 'art 38', 'art 72', 'art 72', 'art 72', 'art 6', 'in fine']

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LES INDICES DE COLLUSION EN MATIÈRE
DE MARCHÉS PUBLICS EN DÉBAT
organisée par le Conseil de la Concurrence
du 16 décembre 2015 à la Résidence El Mithak
LE BULLETIN OFFICIEL DE LA CONCURRENCE N°09
LES INDICES DE COLLUSION EN MATIÈRE DE MARCHÉS PUBLICS
Le Conseil de la concurrence plaide pour une
RÉGULATION EFFICIENTE DU MARCHÉ PUBLIC
M.Amara Zitouni
Le Conseil de la concurrence a décidé de consacrer un numéro spécial du Bulletin Officiel de la Concurrence aux actes
de la journée d’étude qu’il avait organisée le 16 Décembre
2015 à la résidence Djenane El Mithak – Alger sur le thème
« Les indices de collusion en matière de marchés publics ».
Il est utile de rappeler que cette publication intervient après celle
réservée aux actes de la journée d’études qui s’était déroulée
dans les mêmes lieux, le 20 Mai 2015 sur la régulation du marché, son impact positif sur la protection du consommateur et l’efficience économique de l’entreprise.
La publication des actes des conférences et journées d’études
organisées par le Conseil de la concurrence sur des thèmes relevant de ses compétences vise un double objectif.
D’une part, rendre compte de ses activités à l’opinion publique et à toutes les parties s’intéressant à la concurrence
étude a mis en
Cette journée d’
et ce, conformément aux dispositions de l’article 27 de l’ordes lacunes
ce, par ailleurs,
donnance N°03-03 du 19/07/2003 modifiée et complétée,
ve à la
législation relati
relative à la concurrence.D’autre part, contribuer à la diffuréglement
rence et dans la
sion de la culture de la concurrence.
ics qui n’ont
s marchés Publ
Concernant le choix du thème de cette journée, il a été dicté
pas prévu des sa
par les conséquences préjudiciables causées au Trésor Pusives à l’égard
émentaires dissua
blic du fait des pratiques collusoires ou ententes entre enrcidivistes en la
treprises concurrentes visant à la répartition des marchés.
re (relèvement du
Les communications présentées par des cadres des admion de soumission
des et interdicti
nistrations centrales, des professeurs d’université et des
blics pendant
aux marchés pu
experts nationaux et étranges ont permis de débattre de
une certaine péri
cette problématique, mettre en relief son impact négatif sur
l’économie du pays et proposer les mesures visant à contrecarrer ce phénomène qui, faut-il le rappeler, n’est pas spécifique à l’Algérie.
Le Conseil de la concurrence a proposé la prise en charge de ces lacunes dans le cadre de la modification de l’ordonnance 03-03 du 19/07/2003 modifiée et complétée, relative à la concurrence.
Ces modifications sont rendues nécessaires en vue de la mise en œuvre de l’article 43 de la constitution
amendée en 2016 qui a consacré des principes de la régulation du marché par l’Etat, la non-discrimination entre entreprises en matière d’aide de l’Etat, la protection du consommateur et l’interdiction du
monopole et de la concurrence déloyale.
A signaler que le Conseil de la concurrence a transmis les propositions de modifications de l’ordonnance
précitée au Ministre chargé du commerce conformément aux dispositions de l’article 34 de la même ordonnance qui lui donne une compétence de proposition et d’avis pour favoriser une régulation efficiente
1- M.Slimani Djilali « Approche économique de la relation
entre les marchés publics et le droit de la concurrence »
2- M. Ladjel Omar « La règlementation en matière de
collusion dans les marchés publiques »
3- M. Jacques Tallineau « La preuve de la collusion dans
les marchés public au sein de l’union européenne ».
4- M.Wassim Benhassine « Les facteurs de risque
favorisant la collusion dans les marchés publics »
5- Mme Akrour Myriam « L’obligation du service
contractant d’appliquer les règles de la concurrence en
matière de marchés publics »
LE CONSEIL DE LA CONCURENCE ORGANISE UNE JOURNEE D’ETUDES
a organisé le 16 décembre
dernier à la Résidence
El Mithak un séminaire
international portant sur «Les
indices de collusion en matière de marchés publics» à
l’intention d’un public averti
de fonctionnaires et d’opérateurs publics, de nature à les
aiguillonner sur les pratiques
anticoncurrentielles et les «actions concertées, conventions
et ententes expresses ou tacites» donnant lieu à «l’octroi
d’un marché public au profit
des auteurs de ces pratiques
restrictives».
Le séminaire fort intéressant, s’est
voulu très didactique, permettant à
un public averti mais peu ou prou
sensibilisé, de se frotter aux outils
et instruments référentiels de
nature à prévenir les collusions
éventuelles, et de stopper toute
velléité de prédation, à l’occasion
A cet effet, l’assistance a eu droit à
des conférences très pointues.
L’Approche économique de la
relation entre les marchés publics
et le droit de la concurrence; la
règlementation en matière de
collusion dans les marchés
publiques; la preuve de la collusion
dans les marchés publics au sein
de l’Union Européenne; les
facteurs de risque favorisant la
collusion dans les marchés publics;
et l’obligation du cocontractant de
concurrence en matière de
marchés publics, ont constitué
abordées (ci-après l’intégralité des
conférences).
Mesurant la complexité de la tâche,
concurrence, M. Amara Zitouni, a
insisté sur la nécessité de renforcer
la législation actuelle dans le sens
de sa coercition, et de renforcer
notamment le Conseil par des
compétences juridiques expertes.
Les séminaristes, après avoir
passé au crible les textes de loi,
ont souligné le caractère urgent de
la formation des «agents et autres
soumissionnaires», étant donné la
nature secrète des ententes qui ne
constituent pas des preuves
irréfragables,
difficilement détectables.
APPROCHE ÉCONOMIQUE DE LA RELATION ENTRE LES
MARCHÉS PUBLICS ET LE DROIT DE LA CONCURRENCE
M.Slimani Djilali
Quatre conclusions ont été
tirées de cet échantillon
Nous aborderons la problématique de la
relation entre les marchés publics et le
droit de la concurrence à
travers les trois axes fondamentaux
• Un état des lieux .
• Les éléments de droit de la concurrence et d’économie dans le code des
marchés publics sur la base du dernier
décret présidentiel N°15-247 du 16-092005.
• Les recommandations.
Nous ferons en sorte que «les indices de
collusion en matière de marchés publics»
restent la préoccupation essentielle dans
les développements de notre présentation.
Nous nous sommes livrés à une première
analyse empirique portant sur l’examen
des annonces parues sur le BOMOP durant la semaine du 24 au 30 aout 2014
(marchés octroyés) :
Nous avons recensé, dans ce cadre, 369
appels d’offre national et international pour
une commande publique de 73 Milliards
DA répartis entre 70 Milliards DA pour les
opérateurs nationaux et 3 Milliards DA
pour les opérateurs internationaux.
96% des marchés sont attribués
aux opérateurs nationaux et 4%
aux opérateurs internationaux.
le secteur du BTPH accapare
70% des marchés octroyés.
Sur les 369 avis d’appel d’offre
national et international, 310 sont
effectués sur la base de la formule « restreints » contre 46 appels d’offre ouverts.
le taux d’infructuosité est de 22%
soit 81 cas.
Nous nous sommes livrés à une
seconde analyse empirique portant sur l’examen des annonces
parues sur le BAOSEM durant les
deux mois (Août et Sept 2014)
concernant le secteur de l’Energie : Nous avons recensé, dans
cet échantillon, 46 appels d’offre
national et international pour une
commande publique de 59 Milliards DA répartis entre 01 Milliard
DA pour les opérateurs nationaux
et 58 Milliards DA pour les opérateurs internationaux
Trois conclusions ont été tirées de cette deuxième
99,5% des marchés sont attribués
aux opérateurs internationaux et
0,5% aux Nationaux.
l’intégralité des appels d’offres se
fait sur la base de la formule
« appel d’offre restreint»
le taux d’infructuosite est plus
faible dans le secteur de l’énergie
(17%) soit 08 cas.
Par extrapolation sur une année
des commandes publiques (BOMOP et BAOSEM) nous aboutissons à :
w Un Montant de la commande
publique (2014) estimée à 3994
Milliards DA
w Sachant que Le PIB 2014 a été
de 17 731 Milliards DA (221 Milliards de dollars)
w La commande publique représente donc 22,52% du PIB.
Sur un autre plan nous nous
sommes intéressés à la part des
dépenses d’équipement dans la
dépense publique totale :
Pour la période 2001 / 2004: 34%
Pour la période 2005/2015: ›50%
En ce qui concerne 2016
(projet loi de finances) : 39,7%
Et ce, sur la base d’un montant
de dépenses de fonctionnement
de 4807 Milliards DA et un montant de dépenses d’équipement
de 3176 Milliards DA .
II- Eléments de droit de la
d’économie dans le code
Il faut rappeler que le Conseil de
la concurrence s’intéresse aux
marchés publics en vertu de l’article 2 de l’ord 03-03 du 19 juillet
2003 modifiée et complétée qui
dispose que: «Les dispositions
de la présente ordonnance s’appliquent nonobstant toutes autres
dispositions contraires:
v Aux activités de production
Bulletin de LA CONCURRENCE N°09
y compris agricoles et d’élevage, aux
activités de distribution…
v Aux marchés publics à partir de la
publication de l’avis d’appel d’offres
jusqu’à l’attribution définitive du marché»fin de citation.
De même que L’article 6 de l’ord
03-03 du 19 juillet 2003 modifiée et
complétée stipule :
«Sont prohibées… les pratiques et
actions concertées, conventions et
ententes expresses ou tacites et notamment lorsqu’elles tendent à permettre l’octroi d’un marché public au
profit des auteurs de ces pratiques
restrictives», fin de citation.
II-1: analyses du code des
marchés publics décret
présidentiel 15-247 du
Le législateur a tracé un périmètre de
compétence précis qui consiste en :
v dépenses publiques de l’ETAT,
v Les dépenses des EPIC lorsque
ceux-ci sont chargées de la réalisation d’une opération financée totalement ou partiellement sur concours
définitif de l’Etat ou des collectivités
territoriales (Art 6)
v Art 9 : les EPE ne sont pas soumises au dispositif de passation des
marchés publics - élaborent leurs
propres procédures de passation de
Trois principes constituent le
fondement des procédures
v Liberté d’accès à la commande
vEgalité de traitement des candidats
vTransparence des procédures.
és puLe nouveau code des march
blics a actual
élig
de marchés publics (12 MD
les travaux et fou
MDA pour les
ces montants sont périodiqu
actualisés par arrêté
chargé des finance
du taux d’inflation officie
Les articles suivants présentent un intérêt particulier
lié à notre sujet
v Détermination des besoins (renvoie
au budget-art 27)
v Publicité adéquate (renvoie à la
préoccupation de la mise en concurrence)
v Consultation par écrit d’opérateurs
économiques qualifiés renvoie à l’efficacité de la commande publique,
voir décret exécutif N°14-139 du 20
avril 2014 portant obligation d’être titulaire du certificat de classification et
de qualification)
v choix de l’offre économiquement
la plus avantageuse (pondération de
plusieurs critères) voir art 40
v Le montant des besoins est arrêté
sur la base d’une estimation administrative sincère et raisonnable, dans
les conditions fixées dans le présent
article (art 27)
v Le fractionnement des besoins,
dans le but d’échapper aux procédures à appliquer et aux seuils de
compétence des commissions des
marchés prévus au présent titre, est
Interdit (art 27)
vArt. 31: La satisfaction des besoins
visés à l’article 27 ci-dessus, peut s’effectuer sous forme de lot unique ou de
vl’allotissement est autorisé cependant le service contractant doit motiver son choix)
Art 61 : Le recours à la publicité par
voie de presse est obligatoire dans les
v appel d’offres ouvert .
v appel d’offres ouvert avec exigence
de capacités minimales .
v appel d’offres restreint .
v concours.
v gré à gré après consultation, le cas
u L’avis d’attribution provisoire du
marché est inséré dans les organes
de presse qui ont assuré la publication de l’avis d’appel d’offres, lorsque
cela est possible,(art 65).
u En précisant le prix, les délais de
réalisation et tous les éléments qui
ont permis le choix de l’attributaire du
Art 72 : La commission d’ouverture
des plis et d’évaluation des offres effectue les missions suivantes :
v proposer au service contractant, le
rejet de l’offre retenue, s’il est établi
que certaines pratiques du soumissionnaire concerné sont constitutives d’abus de position dominante
du marché ou si elle fausserait, de
toute autre manière, la concurrence
dans le secteur concerné. Cette disposition doit être dûment indiquée
v Demander, par écrit, par le biais
du service contractant, à l’opérateur
économique retenu provisoirement
dont l’offre financière globale ou dont
un ou plusieurs prix de son offre financière paraissent anormalement
bas, par rapport à un référentiel des
prix, les justificatifs et les précisions
jugées utiles.
v Après avoir vérifié les justifications
fournies, elle propose au service
contractant de rejeter cette offre si
elle juge que la réponse du soumissionnaire n’est pas justifiée au plan
économique. Le service contractant
rejette cette offre par décision motivée.
v Proposer au service contractant
de rejeter l’offre financière de l’opérateur économique retenu provisoirement, jugée excessive par rapport
à un référentiel des prix. Le service
contractant rejette cette offre, par décision motivée
Art. 75 : Sont exclus, temporairement
ou définitivement, de la participation
aux marchés publics, les opérateurs
économiques qui ont refusé de compléter leurs offres ou se sont désistés de l’exécution d’un marché public
avant expiration du délai de validité
des offres, dans les conditions prévues aux articles 71 et 74 ci- dessus
Art. 81 : Les candidats et les soumissionnaires peuvent présenter
leurs candidatures et offres dans le
cadre d’un groupement momentané
d’entreprises, sous réserve du respect des règles relatives à la concurrence. Les candidats et les soumissionnaires, dans le cadre d’un
groupement momentané d’entreprises, peuvent se présenter sous la
forme d’un groupement momentané
d’entreprises solidaires ou d’un groupement momentané d’entreprises
II-2 : De la promotion de la
production nationale et de l’outil national de production
u Art. 83 : Une marge de préférence,
d’un taux de vingt-cinq pour cent
(25 %), est accordée aux produits
d’origine algérienne et/ou aux entreprises de droit algérien,
u Art. 84 : Dans le cadre des politiques publiques de développement,
les cahiers des charges des appels
à la concurrence internationaux
doivent prévoir, pour les soumissionnaires étrangers, l’engagement d’investir en partenariat.
u Art. 85 : Lorsque la production
nationale ou l’outil de production national sont en mesure de répondre
aux besoins à satisfaire du service
contractant, ce dernier doit lancer
un appel à la concurrence national,
sous réserve des exceptions prévues par les dispositions du présent
décret.( tenir compte des PME/PMI).
g Prévoir dans le cahier des charges,
dans le cas des entreprises étrangères qui soumissionnent seules,,
l’obligation de sous-traiter au minimum trente pour cent (30 %) du
montant initial du marché à des entreprises de droit algérien.
u Art. 87 : Lorsque certains besoins
des services contractants peuvent
être satisfaits par des micro-entreprises, telles que définies par la
législation et la réglementation en
vigueur, les services contractants
doivent, sauf exception dûment justifiée, leur réserver exclusivement
ces prestations, dans le respect des
dispositions du présent décret (20%
de la commande publique au MAX et
de montants de marchés par nature).
u Art. 94 : Le titulaire d’un marché
public, ayant pris connaissance de
certaines informations qui pourraient
l’avantager lors de la soumission à
un autre marché public, ne peut y
participer, sauf s.il prouve que ces
informations ne faussent pas le libre
jeu de la concurrence. Le service
contractant est tenu, dans ce cas,
de prouver que les informations
communiquées dans le cahier des
charges ont rétabli l’égalité de traitement des candidats
vue d’une amélioration constante de
leurs qualifications et compétences.
II-3 : De la sous-traitance
uArt. 213 : Il est institué auprès du
ministre chargé des finances, une
publics et des délégations de service public dotée de l’autonomie de
gestion. Elle comprend en son sein
un observatoire de la commande publique et un organe national de règlement des litiges.
u Art. 140 : Le partenaire cocontractant du service contractant peut
confier à un sous-traitant l’exécution d’une partie du marché, par un
contrat de sous-traitance, dans les
conditions prévues dans le présent
u En tout état de cause, la sous-traitance ne peut dépasser quarante
pour cent (40 %) du montant total du
II-4 : De l’autorité de régulation
des marchés publics et des
Les fonctionnaires et agents publics chargés de la préparation, la
passation, l’exécution et le contrôle des marchés publics et des délégations de service public bénéficient de cycles de formation, de perfectionnement et de recyclage, assurés par leur organisme employeur,
en relation avec l’Autorité de régulation des marchés publics et des
délégations de services publics, en vue d’une amélioration constante
de leurs qualifications et compétences.
u Art. 158 : Le service contractant
doit établir, au début de chaque exercice budgétaire :
g La liste de tous les marchés publics conclus l’exercice précédent
ainsi que les noms des entreprises
ou groupements d’entreprises attributaires ;le programme prévisionnel
des projets à lancer durant l’exercice
considéré, qui pourrait être modifié,
le cas échéant, au cours du même
g Les informations précitées doivent
être publiées obligatoirement dans le
bulletin officiel des marchés de l’opérateur public (BOMOP)
u Art. 212 : Les fonctionnaires et
agents publics chargés de la préparation, la passation, l’exécution et le
contrôle des marchés publics et des
délégations de service public bénéficient de cycles de formation, de perfectionnement et de recyclage, assurés par leur organisme employeur,
délégations de services publics, en
III-Principales remarques et
v Ainsi, outre les règles spécifiques
du Code des marchés publics, l’acheteur public est également chargé de
respecter et, dans une certaine mesure, de faire respecter le droit de la
concurrence (voir article 72 les trois
alinéas).
v En premier lieu le droit de la
concurrence sanctionne les pratiques d’entente en matière de marchés publics : il peut jouer un rôle à
la fois dissuasif et répressif
v Car Il résulte de ces ententes
concertées un surcoût de la commande publique qui se répercute finalement sur les contribuables
v Dans le domaine de la commande
publique, le conseil de la concurrence s’intéresse exclusivement aux
pratiques des offreurs et laisse aux
juridictions administratives, financières ou pénales le soin d’examiner
les comportements des demandeurs
v En deuxième lieu, si le conseil de
la concurrence est compétent pour
apprécier, au regard des règles du
droit de la concurrence, les pratiques
mises en œuvre par des entreprises
visant à fausser des consultations, il
ne l’est pas pour apprécier la légalité
d’un appel d’offres ou d’une délégation de service public,
v seul le juge administratif compétent peut être saisi en la matière
v En troisième et dernier lieu, ce
type de comportements est aussi
visé par des dispositions du code
u le délit« d’octroi d’avantage injustifié», plus connu sous le nom de«
favoritisme », et réprimé par l’article
128 bis du code pénal, forme aujourd’hui l’essentiel du contentieux
pénal des marchés publics.
Il s’agit d’une infraction spécifique au
droit de la commande publique, susceptible de sanctionner des atteintes
au droit de la concurrence, en particulier par les acheteurs publics
u Il en va ainsi par exemple, de l’octroi d’informations privilégiées à un
candidat au marché ou de l’insertion dans un cahier des charges de
clauses techniques qui ne peuvent
être satisfaites que par une seule entreprise
u Des avantages injustifiés dans les
marchés publics (art 26).
Article 128 bis code pénal**
Année :2010 : 73 CAS
Année 2011 : 81 CAS
1er semestre 2012 : 39 CAS
III-1: Les pratiques sanctionnées
par l’Autorité peuvent prendre
u les échanges d’information
u les pratiques d’offres de couverture
u les accords de répartition des marchés
u les échanges d’information visant
alors à s’abstenir de soumissionner
Il est admis que la preuve soit rapportée par un faisceau d’indices, éléments non susceptibles de constituer
une preuve à eux seuls, mais dont la
gravité, la précision, l’accumulation
et la concordance permettent de
considérer la pratique comme établie.
L’interaction entre la procédure pénale et la procédure administrative (voir art 38 de l’ord 03-03 du
19/07/2003) «les juridictions communiquent au conseil de la concurrence
sur sa demande les PV et rapports
d’enquête ayant un lien avec les faits
dont le Conseil est saisi »
Trois points de convergence entre
le décret présidentiel 15-247 et
l’ord 03-03 du 19/07/2003
1 - l’abus de position dominante :art
7 de l’ord 03-03 et art 72 alinéa 1 du
DP 15-247 (cependant l’entente injustifiée n’est pas prévue alors qu’il
s’agit du grief principal dans les marchés publics )
2 - l’offre financière globale ou dont
un ou plusieurs prix de l’offre financière paraissent anormalement bas,
par rapport à un référentiel des prix
(art 72 alinéa 2 du DP 15-247 et art
12 de l’ord 03-03 « sont prohibés les
offres de prix ou prix de vente aux
consommateurs abusivement bas
par rapport aux couts de production,
de transformation et de commercialisation » (Prix prédateurs).
Cependant La prohibition des prix
prédateurs impose que soit disponible une comptabilité analytique
permettant de déterminer, pour les
activités concurrentielles, le coût
des produits ou prestations fournies.
(Lorsque le prix proposé est inférieur
au coût variable).
3 - rejeter l’offre financière de l’opérateur économique retenu provisoirement, jugée excessive par rapport à
un référentiel des prix.(art 72 alinéa
3 du DP 15-247 et art 6 et 7 de l’ord
« faire obstacle à la fixation des prix
par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou
leur baisse »
Les acheteurs publics sont les mieux
placés pour saisir le Conseil de la
concurrence à chaque cas sus visé.
Or, y compris sur le plan international il est constaté que les saisines
s’effectuent essentiellement par les
concurrents mécontents.
Il appartient à la personne publique
responsable du marché de s’assurer,
lorsqu’elle engage une procédure de
passation d’un marché public, que
les règles de libre concurrence sont
effectivement respectées.
On peut parler d’une véritable émergence d’un devoir de ne pas générer
de pratiques anticoncurrentielles.
En ce qui nous concerne (Algérie)
depuis la réactivation du Conseil de
la concurrence (janvier 2013), seules
deux (02) saisines sont parvenues
au Conseil .
v Affaire 40/2006 du 24/06/2006
la Société MED SANTE contre EHS,
invoquant le grief de volonté d’éviction d’un appel à la concurrence
à travers la non remise du cahier
des charges (rejet pour absence de
pièces probantes justifiant l’éviction)
v Affaire 26/2003 du 03/06/2003 la
Société Sarl MID contre l’institut INSID, invoquant la violation des règles
de marchés publics à travers son
éviction de la première place (rejet
pour incompétence du conseil en référence à l’article 02 de l’ordonnance
95-06 du 25 janvier 1995 qui ne prévoyait pas le contrôle des marchés
publics par le Conseil de la concurrence.
Citation « le droit de la commande publique n’est pas encore
ce vêtement ample et souple permettant aux décideurs publics de se
mouvoir utilement et dans la sécurité
pour obtenir la meilleure efficacité
économique de l’achat public, mais
demeure pour partie une armature
passablement lourde et parfois paralysante», rapport public du conseil
d’Etat français 2002.
Car les Services contractants publics
sont soumis en permanence à des
«injonctions paradoxales» telles que
u Aller le plus vite possible pour ne
pas retarder les projets
u Respecter les délais prévus par
u Gérer efficacement les deniers publics.
« LA RÈGLEMENTATION EN MATIÈRE DE COLLUSION
DANS LES MARCHÉS PUBLIQUES»
M. Ladjel Omar
Sous-directeur de la réglementation
(Division des Marchés Publics Ministère des Finances)
• Définition des marchés publics
II. Principes regissant les marches
• Libre accès à la commande publique
• Egale traitement des candidats
III. Phenomene de la collusion et ses
•C’est quoi la collusion?C’est quoi la
collusion dans les marchés publics ?
•Quels sont les effets de la collusion?
IV. Moyens de detection et de
• Quels sont les indices permettant de
détecter la collusion?
• Qu’est ce qui favorise la collusion
dans les marchéspublics?
• Comment prévenir la collusion?
V. Lutte contre le phénomène de la
• Coopération entre les administrations
• La formation des agents publics
•Le code d’éthique et de déontologie
•L’autorité de régulation des marchés
publics • le black listing
la commande publique, d’égalité
de traitement des candidats, et
v La liberté d’accès à la commande publique garantit la
concurrence, qui est essentielle
pour l’acheteur public. Elle se traduit par une diversité d’offres qui
doit engendrer qualité, maîtrise
des coûts et bonne utilisation des
deniers public (liberté d’accès à
l’information, liberté d’accès à la
procédure) ;
v L’égalité de traitement des candidats se traduit par le traitement
pour tous les candidats placés
dans la même situation, la diffusion des mêmes informations au
même moment à l’ensemble des
candidats, et l’évaluation objective
des soumissionnaires conformément au dossier de l’appel d’offres.
v La transparence des procédures principe de clarté (règle
de jeu connue par tous, informations obligatoires des candidats et
traçabilité de la procédure : avis
d’attribution de marché, recours,
infructuosité, annulation de la procédure ou de l’attribution).
II. Principes régissant les
Le respect de ces principes est
consacré par l’article 05 du décret
présidentiel n° 15-247 du 16 Septembre 2015 portant règlementation des marchés publics et des
délégations de service public et
par l’article 26 alinéa 01 de la loi
n°06-01 du 20 février 2006, modifiée et complétée relative à la
prévention et à la lutte contre la
De par son poids dans l’économie
publique représente des enjeux
stratégiques et un défi majeur dans
la mesure où la bonne gestion
des deniers publics et l’efficacité
des procédures de passation des
marchés publics sont le fondement
Face à ces enjeux, et pour
assurer une gestion optimale et
rationnelle des deniers publics, les
pouvoirs publics ont été amenés
à réformer à plusieurs reprises
la règlementation des marchés
La règlementation régissant les
marchés publics, est édictée
par la nécessité d’encadrer le
comportement des intervenants
dans la passation des marchés
publics qui peut conduire à la
transgression de la législation et
de la règlementation des marchés
(favoritisme,
d’intérêt, collusion, corruption,
trafic d’influence, prise illégale
d’intérêt, etc…).
Le marché public est défini comme
étant un contrat bâti sur une base
relationnelle entre un acheteur public et un opérateur économique.
En vue d’assurer l’efficacité de la
commande publique et la bonne
utilisation des fonds publics, les
marchés publics doivent respecter
les principes de liberté d’accès à
La nature secrète de
lics, est diffidans les marchés pub
cilement détectable.
certées
cadre des sou
ces que seul
peuvent laisser des tra
rchés puma
un professionnel des
blics pourra détect
III. Phénomène de la
collusion et ses aspects
C’est quoi une collusion ? Comme
le suggère la citation d’Adam Smith
« les gens d’une même profession
se réunissent rarement, même pour
s’amuser et se distraire, sans que
la conversation n’aboutisse à une
conspiration dont le public fait les
frais ou à une machination pour accroître les prix ».
La collusion est définit comme étant
le fait de comportement d’entreprises
qui s’entendent ou se concertent
pour influencer la prise de décision lors de l’attribution du marché,
concernant leur prix, et de limiter,
d’entraver ou de fausser le libre jeu
de la concurrence sur ces marchés.
C’est quoi une collusion dans les
La collusion dans les marchés publics est le fait de plusieurs entreprises pour orienter la décision de
l’acheteur public en gardant l’apparence d’un marché concurrentiel.
Les marchés publics sont particulièrement ciblés du fait que les informations issues de la procédure de passation des marchés publics (identité
et montant des soumissions rendus
publics), qui obéit à des principes les
rendant vulnérable à la collusion.
Quels sont les effets de la
L’impact principal de la collusion sur
les marchés publics est l’augmentation des prix payés par les acheteurs.
Le phénomène de la collusion dans
les marchés publics prive l’Etat de
ressource permettant un développement plus important pour la prise en
charge des besoins de population.
IV. Moyens de détection et Le bouleversement de la commande
publique ou la récession : augmenter
Quels sont les indices permettant
de détecter la collusion ?
La principale difficulté dans la détection de la collusion réside dans le secret des ententes.
La nature secrète de la collusion
dans les marchés publics, est difficilement détectable.
Les stratégies utilisées dans le cadre
des soumissions concertées peuvent
laisser des traces que seul un professionnel des marchés publics
pourra détecter. Elles ne constituent
pas une preuve irréfutable, mais plutôt des indices devant attirer l’attention des responsables des marchés
Parmi les indices permettant la détection de la collusion :
g Fixation des prix proposés (élevés
par rapport à un référenciel des prix
ou des prix anormalement bas)
g Faible participation des entreprises aux appels d’offres .
g Des candidats qui soumissionnent
tout le temps, mais ils ne sont jamais
g Le soumissionnaire retenu soustraite fréquemment.
g Le même candidat qui soumissionne avec une offre, toujours, la
g Des signaux dans les documents
g Des signaux d’alarmes peuvent
apparaître lors du dépôt des soumissions. lorsque les candidats
présentent leurs soumissions ensemble, les soumissions comportent
les mêmes irrégularités, le même
candidat qui est retenu, retraits de
soumissions ou désistements …
Qu’est ce qui favorise la collusion
dans les marchés publics ?
v Le petit nombre d’entreprises permet plus facilement de se concerter
v Peu ou pas de changement technologique permet à la collusion de
v Offres répétitives dont la commande et le montant sont connus
d’avance et qui permettent d’anticiper la répartition
les offres dans le but de faire face à
v La faiblesse dans la détection de
la collusion permet d’accroitre son
Comment prévenir la collusion?
Prévenir la collusion demande de
comprendre comment fonctionnent
les ententes collusoires.
Cette prévention peut être concrétisée par :
u L’intervention des agents publics
en charge de la préparation, la passation, l’exécution et le contrôle des
v La détermination des besoins est
une étape cruciale, dans la mesure
où ils sont définis par rapport à des
spécifications techniques précises
nécessitant un travail intensif (estimation administrative, élaboration du
cahier des charges qui détermine la
qualité du produit).
La variable du prix est laissée aux
aléas du processus d’appel d’offres
(article 27 du DP) ;
v Les services contractant peuvent
coordonner la passation de leurs
marchés par la constitution de groupements de commandes, dans le
but de réaliser des économies et de
mettre en commun le savoir faire de
leurs fonctionnaires afin d’obtenir les
meilleurs résultats (article 36 du DP)
v Arrêter d’une manière rigoureuse
et objective les critères d’évaluation
et de vérifier lors de l’évaluation que
les prix proposés ne sont pas surestimes ou sous estimés (article 78 du
v La commission d’évaluation des
offres composée de membres qualifiés qui analyse les offres et qui propose de retenir ou de rejeter une
offre, par rapport à un référentiel de
prix, de spécifications techniques
(article 72 du DP) ;
v Par l’examen rigoureux des recours permettant d’instaurer un
mécanisme de plainte pour les soumissionnaires qui se sentent, injustement lésés, dans l’évaluation et par
l’attribution du marché.
u Le versement des institutions publiques et des entreprises dans
un esprit de bonne gouvernance
en combattant la fraude fiscale, la
fraude comptable et les corrupteurs.
u La mise en place d’un système
d’information et l’échange des informations par voie électronique :
l’institution d’un portail électronique
permet de réduire la communication entre les candidats et d’éviter
la pré-qualification des soumissionnaires afin cations techniques (article 72 du DP).
V. Lutte contre le
Phénomène de la Collusion
La lutte contre la collusion n’est possible que par la sensibilisation et par
l’appui par la formation du personnel
en charge des marchés publics.
La lutte contre les atteintes aux
règles de probité et de concurrence
doit s’inscrire dans le cadre des principes régissant les marchés publics.
Les administrations sont tenues par les
devoir de vigilance pour lequel des outils existent tels : le regroupement des
achats, communication des informations
des procédures antérieures.
marchés publics afin de recevoir une
formation qualifiante en la matière
(article 72 du DP).
Instaurer un programme de formation pour les professionnels des marchés publics en concertation avec le
conseil de la concurrence et doit être
sensibilisé au risque des soumissions concertées.
pour les agents publics intervenant
dans le contrôle, la passation et
l’exécution des marchés publics est
à élaborer pour encadrer leur comportement. Ces agent s’engagent à
la respecter (article 88 du DP).
Les partenaires cocontractants
sont tenus de souscrire une déclaration de probité (article 89 du DP).
qui comprend en son sein l’observatoire de la commande publique et
l’organe national du règlement des litiges, constitue entre autres, un lieur
de concertation et d’analyse
des données relatives aux aspects
économiques et techniques de la
commande publique pour lutte contre
la collusion (article 213 du DP).
Conserver les informations des procédures antérieures, interdire les
entreprises mises en cause de participer aux marchés publics, mettre en
place des procédures internes afin
de signaler les signaux suspects au
conseil de la concurrence et instaurer une coopération.
Le black listing
les mis en cause sont exclus de la
(article 75 du DP).
des marchés publics consiste en le
remplacement des documents prévus par la règlementation des marchés publics par leur communication
par voie électronique, ainsi que les
opérations de traitement, d’échange
et de stockage d’informations sans
support papier. La dématérialisation servira, entre autres, de module
d’auto-formation et un archivage pérenne des procédures antérieures.
«LA PREUVE DE LA COLLUSION DANS LES
MARCHÉS PUBLICS AU SEIN DE L’UNION EUROPÉENNE»
M. Jacques Tallineau
Expert-UGP du P3A
Détection de la collusion
dans les ententes secrètes
Les ententes secrètes de répartition des marchés publics sont des
pratiques entre entreprises qui permettent de désigner le futur attributaire du marché à travers les mécanismes suivants :
*Offres de couverture
*Soumission non conforme ou comportant des conditions inacceptables
pour l’acheteur public.
*Suppression d’offres ou abstention
*Rotation de soumissions
• Exemple des collusions poursuivies par l’autorité de la concurrence en France
De 1991 à 2010, sanctions de
221 ententes dans les marchés
publics impliquant plus de 750
Entre 2004 et 2008, moyenne de
13 affaires par an représentant
16 et 28 % des sanctions prononcées
• Un risque qui se retrouve dans
toute l’Union européenne
Etude 2012/2013 demandée
par l’Office Anti-Fraude de l’UE
« Public Procurement: costs we
pay for corruption »
Sur 8 pays et 5 secteurs : 57 cas
de « bid rigging » Dont:
Italie (12),
Pologne (10) France (6),
Espagne (5),
Le parcours de l’enquêteur
en France pour rechercher
En général le point de départ est celui d’une plainte ou d’une dénonciation.
Etape 1 : Analyse des facteurs de
Analyse de l’environnement concurrentiel pour le marché considéré
appuyé par la revue historique des
marchés similaires (en France sous
la responsabilité de la DGCCRF)
Les anomalies constatées à ce stade
de l’enquête ne constituent pas en
soi des preuves irréfutables, mais
plutôt des signaux d’alerte (repris
dans une note d’indices des agents
régionaux de la DGCCRF).
Etape 2 : Autorité de la Concurrence
décide ou non de mesures d’investigation avec l’appui du juge judiciaire
si besoin est (auditions, perquisitions,
saisie de documents) pour accumuler d’autres indices qu’il y a eu une
pratique concertée. Les enquêtes
sont conduites par la DGCCRF
La valeur des indices de
Les indices ne sont pas des preuves
« irréfragables » car les entreprises
peuvent expliquer l’existence de
ces indices par autre chose qu’une
pratique anti-concurrentielle (c’est
toutefois une forme de renversement
de la charge de la preuve)
Par exemple le parallélisme des
offres entre plusieurs soumissionnaires ou l’attribution d’un marché répétitif au même opérateur leader sur
ce marché ne sont pas des éléments
suffisants à eux seuls pour démontrer la collusion entre les soumissionnaires car ces situations peuvent
être dues à la nature du marché.
La preuve suffisante pour
établir la collusion devant
«il est établi que des entreprises
ont conclu une entente anti-concurrentielle dès lors que la preuve est
rapportée, soit qu’elles sont convenues de coordonner leurs offres, soit
qu’elles ont échangé des informations antérieurement à la date où le
résultat de l’appel d’offres est connu
ou peut l’être ». Décision N°01-D-13
du 19 avril 2001
Echange d’information entre
les soumissionnaires potentiels qui diminue l’incertitude
« Tout échange d’information préalablement au dépôt des offres est
anticoncurrentiel s’il est de nature à
diminuer l’incertitude où toutes les
entreprises doivent se trouver pla-
cées, relativement au comportement
de leurs concurrentes. Cette incertitude est en effet la seule contrainte
de nature à pousser des opérateurs
concurrents à faire le maximum d’efforts en terme de qualité et de prix
pour obtenir le marché. A l’inverse,
toute limitation de cette incertitude
affaiblit la concurrence entre les offreurs et pénalise l’acheteur public,
obligé à payer un prix plus élevé que
celui qui aurait résulté d’une concurrence non faussée »
Décision N° 08-D-33 du16 décembre
Même un Echange d’information apparemment anodin entre les soumissionnaires potentiels
« De simples échanges d’informations portant sur l’existence de compétiteurs, leur nom, leur importance,
leur disponibilité en personnel ou en
matériel, leur intérêt ou leur absence
d’intérêt pour le marché considéré,
ou les prix qu’ils envisagent de proposer, altèrent également le libre jeu
de la concurrence en limitant l’indépendance des offres »
Décision N° 09-D-25 du 29 juillet
Exemples : notes manuscrites sur les
conditions des entreprises concurrentes, rendez-vous sur un agenda
Un faisceau d’indices est
« A défaut de preuves directes d’une
pratique anti-concurrentielle, la valeur probante d’un faisceau d’indices
n’est pas exclue si, après recoupement, ils constituent un ensemble
de présomptions graves, précises
et concordantes même si, pris isolément, ils n’auraient pas un caractère suffisamment probant» Décision
N°07-D-36 du 7 novembre 2007.
Même approche de la
preuve des pratiques anticoncurrentielles secrètes
La Cour de Justice de l’Union européenne a compétence pour les marchés publics régis par le droit européen (ceux qui dépassent un certain
seuil et qui doivent donc être ouverts
au marché intérieur de l’Union). La
jurisprudence de la Cour est similaire
à celle des Etats membre sur les indices de collusion dans les marchés
«ces indices doivent être graves,
précis et concordants » (CJCE, 28
mars 1984,aff. 29/83 et 30/83)
« preuves qui fondent la ferme
conviction » (TPI, 21 janvier 1999,
aff. T-185/96, T-189/96 et T-190/90)
« ces indices seront considérés
comme satisfaisants dès lors que la
concertation constitue la seule explication plausible du comportement
(CJCE, 7 janvier 2004, aff. C-204/00)
Faciliter en amont la
détection et la prevention
des risques de collusion
v Mécanismes de coordination des
autorités de la concurrence avec les
autorités en charge de lutte contre la
v Appui des autorités de la concurrence (ou des services d’enquête)
pour la conception de certains types
v Etudes préalables de l’environnement concurrentiel avant la passation des marchés (en France, veille
concurrentielle dans la commande
publique en positionnant aux côtés
des acheteurs publics des agents de
la concurrence de la consommation
et de la répression des fraudes au
nombre de 150 sur tout le territoire
v Formation spécifique à la détection des risques de collusion pour les
agents publics en charge des marchés et publication de guides
v Encouragement à la mise en place
par les entreprises de programmes
de conformité (en lien avec les dispositifs de clémence).
Indices de collusion dans
les marchés publics selon
l’expérience de l’OCDE
est l’un des domaines d’excellence
de l’OCDE (Organisation pour la
Economique), prestigieuse institution internationale spécialisée dans
la bonne gouvernance économique.
En 2012, le Conseil de l’OCDE a présenté une Recommandations sur la
lutte contre les soumissions concertées dans les marchés publics. L’article qui suit reproduit les extraits
pertinents de l’Annexe à cette Recommandation où sont exposés les
indices de soumissions concertées
(source OCDE/DAF/COMP(2009)1/
www.oecd.org/daf/competition
Ces indices devraient être systématiquement recherchés par les
pouvoirs adjudicateurs tout en sachant qu’il ne faut pas les interpréter
comme une preuve systématique de
fraude. Par exemple, l’absence de
participation d’un soumissionnaire
habituel peut s’expliquer par un carnet de commande déjà rempli ou des
offres élevées peuvent simplement
signifier une appréciation différente
Caractéristiques du secteur,
du produit ou du servicecontribuant à la collusion
Pour que les entreprises puissent
mettre en œuvre avec succès un
accord collusoire, elles doivent
s’entendre sur des mesures communes en vue d’appliquer l’accord,
de contrôler son respect par les
autres entreprises et de sanctionner
d’une manière ou d’une autre les
entreprises qui ne s’y conforment
pas. Les soumissions concertées
peuvent être présentes dans toute
activité économique, mais elles se
produiront plus probablement dans
certains secteurs en raison des caractéristiques particulières de l’activité ou du produit en cause. Ces
caractéristiques ont tendance à faBulletin de LA CONCURRENCE N°09
voriser les pratiques de soumissions
concertées. Les indicateurs de soumissions concertées qu’on examinera ci-après peuvent être encore
plus significatifs lorsque certains
facteurs contributifs sont également
à l’œuvre. Dans ce cas, les responsables des marchés publics doivent
se montrer extrêmement vigilants.
S’il est vrai que diverses caractéristiques propres à certains secteurs
ou à certains produits se révèlent
propices à une collusion, elles ne
doivent pas nécessairement être
toutes réunies pour que les soumissions concertées soient couronnées
Petit nombre d’entreprises
La probabilité de soumissions
concertées est plus forte lorsqu’un
petit nombre d’entreprises fournissent le bien ou le service. Moins
les vendeurs sont nombreux, plus il
leur est facile de se concerter pour
leurs soumissions.
Entrée sur le marché faible ou
Lorsque peu d’entreprises sont récemment entrées sur le marché ou
sont susceptibles d’y entrer parce
que cette entrée est coûteuse, difficile ou lente, les entreprises opérant sur ce marché sont protégées
des pressions concurrentielles que
peuvent exercer de nouveaux entrants. Cette protection les aide pour
d’éventuelles opérations de soumissions concertées.
Les fortes variations de l’offre ou de
la demande ont tendance à déstabiliser les accords conclus par les entreprises en vue de soumissions concertées. Si la demande du secteur public
est constante et prévisible, le risque
de collusion a tendance à s’amplifier.
Mais en période de bouleversement
ou d’incertitude économiques, l’incitation aux soumissions concertées
s’accentue également, les entreprises
s’efforçant de compenser un moindre
volume d’affaires par des gains collusoires.
peuvent constituer pour les membres
d’un secteur industriel ou commercial ou d’un secteur des services un
mécanisme proconcurrentiel légitime
lorsqu’il s’agit de promouvoir des
normes, l’innovation et la concurrence. En revanche, lorsque leur
objet est subverti au profit d’activités
illicites et anticoncurrentielles, ces
associations peuvent être utilisées
par les dirigeants d’entreprises pour
tenir des réunions et dissimuler leurs
discussions en vue de la conclusion
et de la mise en œuvre de soumissions concertées.
Les marchés répétitifs augmentent
la probabilité de collusion. La fréquence des appels à la concurrence
aide les parties à un accord de soumissions concertées à se répartir
les marchés. De plus, les parties
à la collusion peuvent sanctionner
une entreprise qui ne se conforme
à l’accord en soumissionnant spécifiquement contre cette entreprise
pour les marchés qu’elle devait initialement obtenir. Par conséquent,
les marchés de biens ou services à
caractère périodique peuvent nécessiter une action et une vigilance particulières pour empêcher les offres
collusoires.
identiques ou simples
Lorsque les produits ou services
vendus sont identiques ou très similaires, les entreprises peuvent plus
facilement s’entendre sur une structure commune de prix.
Peu de substituts, voire
Lorsqu’il n’y a que peu de produits de
bonne qualité (voire aucun) pouvant
se substituer aux produits ou services faisant l’objet du marché, les
entreprises souhaitant soumissionner de façon concertée peuvent se
livrer plus sûrement à cette pratique
en sachant que l’acheteur n’a que
peu de solutions de remplacement
(voire aucune) et que, par conséquent, elles auront plus de chances
d’obtenir des prix plus élevés.
Peu ou pas d’innovation pour le produit ou service aide les entreprises
à s’entendre et à préserver leurs accords dans la durée.
Schémas révélateurs
lorsque les entreprises soumissionnent
Lors des soumissions à des marchés
publics, certains schémas et certaines pratiques semblent en contradiction avec un marché concurrentiel
et révèlent la possibilité de pratiques
collusoires. Rechercher les schémas
aberrants dans la façon dont les entreprises soumissionnent et examiner la fréquence à laquelle elles se
voient attribuer ou non un marché.
Les pratiques de sous-traitance et de
coentreprise non divulguées doivent
également éveiller la suspicion.
• Le même fournisseur est souvent
celui dont l’offre est la plus basse.
• Il y a répartition géographique des
attributaires des marchés. Certaines
entreprises soumettent des offres
qui ne sont gagnantes que dans certaines zones géographiques.
• Une entreprise soumissionnant régulièrement ne soumet pas d’offre
pour un marché alors qu’on s’attendrait à ce qu’elle le fasse, mais elle
continue de soumissionner pour
• Certains fournisseurs retirent leur
offre contre toute attente.
• Les entreprises semblent remporter
le marché chacune à leur tour.
• Deux entreprises ou plus soumissionnent conjointement alors qu’au
moins l’une d’elles pourrait soumissionner en propre.
• L’attributaire du marché sous-traite
de façon récurrente aux entreprises
dont l’offre n’a pas été retenue.
• L’entreprise dont l’offre a été retenue n’accepte pas le marché et se retrouve ultérieurement en position de
• Des responsables d’entreprises
concurrentes se fréquentent régulièrement ou se réunissent peu avant la
clôture de la procédure d’appel à la
Signaux d’alerte dans tous
On peut trouver des indices révélateurs de soumissions concertées
dans les divers documents soumis
par les entreprises. Bien que les
parties à un accord de soumissions
concertées fassent tout leur possible
pour que cet accord reste secret, la
négligence, la vanité ou la culpabilité
de certains des auteurs de ces soumissions concertées peuvent laisser
des indices qui mettront à jour en
définitive ces pratiques. Comparer
minutieusement tous les documents
afin de détecter ce qui pourrait démontrer que les offres ont été établies par la même personne ou l’ont
été conjointement.
• Les documents ou lettres transmis par différentes entreprises dans
leurs offres contiennent des erreurs
identiques, notamment les mêmes
• Les offres de différentes entreprises
comportent des mentions manuscrites ou une typographie similaires
ou utilisent des formulaires ou un papier identiques.
• Les documents d’une entreprise
font expressément référence aux
offres de concurrents ou utilisent l’en
tête ou le numéro de télécopie d’un
autre soumissionnaire.
• Les offres de différentes entreprises présentent les mêmes erreurs
contiennent un grand nombre de devis identiques pour certains articles.
• Les enveloppes de différentes entreprises présentent des cachets postaux ou des empreintes de machine à
affranchir qui sont analogues.
• Les documents de différentes entreprises ont subi de nombreuses
modifications de dernière minute,
notamment par effacement ou autre
altération matérielle.
• Les documents de différentes entreprises sont moins détaillés qu’il
serait nécessaire ou qu’on pourrait
s’y attendre, ou laissent autrement
penser qu’ils ne sont pas authentiques.
• Des entreprises concurrentes soumettent des offres identiques, ou
bien les offres de prix des soumissionnaires augmentent par paliers
Signaux d’alerte concernant
• Une hausse subite et identique des
prix ou de l’éventail des prix pratiquée par les soumissionnaires ne
peut être expliquée par une hausse
• Des remises ou rabais prévisibles
sont supprimées inopinément.
• Des prix identiques peuvent avoir
un caractère problématique, surtout
- les prix des fournisseurs ont été les
mêmes pendant une longue période;
- il existait précédemment des différences de prix entre les fournisseurs;
- des fournisseurs ont augmenté
leurs prix sans qu’il y ait eu hausse
des coûts ;
- les fournisseurs ont mis fin aux
rabais, surtout lorsque cette pratique
est ancienne sur un marché.
• Le prix de l’offre gagnante et celui
des autres offres sont très différents.
• L’offre d’un certain fournisseur est
plus élevée pour un marché donné
que son offre pour un autre marché
• On peut observer une nette baisse
du prix par rapport au niveau précédent des prix après soumission d’un
fournisseur nouveau ou très occasionnel ; par exemple, le nouveau
fournisseur peut avoir renié un accord de soumissions concertées.
• Les fournisseurs locaux soumissionnent en cas de livraison sur
place à des prix supérieurs à ceux
qu’ils pratiquent en cas de livraison
• Un seul soumissionnaire contacte
les grossistes pour obtenir des renseignements de prix avant de soumissionner.
• Certaines caractéristiques inattendues des soumissions à un appel à
la concurrence, électronique ou non
– notamment la présence d’offres de
prix comportant des unités ou des décimales alors qu’on s’attendrait à des
chiffres arrondis à la centaine ou au
millier près – peuvent révéler que les
soumissionnaires utilisent les offres
elles-mêmes pour se concerter en
se communiquant des informations
ou en signalant leurs préférences.
• Références verbales ou écrites à
un accord entre soumissionnaires.
• Déclarations selon lesquelles les
soumissionnaires justifient leurs prix
en prenant en compte les « prix recommandés par la profession », les
« prix courants du marché » ou les «
barèmes de prix du secteur ».
• Déclarations indiquant que cer-
taines entreprises ne vendent pas
dans une certaine zone géographique ou à certains clients.
• Déclarations selon lesquelles une
zone ou un client “relève” d’un autre
• Déclarations montrant que le
soumissionnaire a connaissance
à l’avance, par des voies non publiques, de certains détails concernant les prix ou les offres de concurrents, ou sait si une entreprise
remportera ou ne remportera pas un
marché dont les résultats n’ont pas
encore été rendus publics.
• Utilisation des mêmes termes par
plusieurs soumissionnaires pour expliquer des majorations de prix.
• Questions ou problèmes suscités
par les certificats de détermination
indépendante des offres ou tout
élément indiquant que le certificat,
même s’il a été signé (voire, a été
remis sans signature) n’est pas pris
• Lettres de couverture de soumissionnaires refusant d’observer certaines
conditions de l’appel à la concurrence
ou se référant à des discussions, le
cas échéant dans le cadre d’une association professionnelle.
• Les fournisseurs se réunissent en
toute discrétion avant de soumissionner, parfois à proximité du lieu
où les offres doivent être déposées.
• Les fournisseurs se fréquentent régulièrement ou paraissent tenir des
réunions régulières. Une entreprise
demande un dossier de soumission
pour elle-même et pour un concurrent. Une entreprise transmet à la
fois son offre et son dossier et ceux
d’un concurrent.Une entreprise soumissionne alors qu’elle est incapable
d’exécuter correctement le contrat.
• Une entreprise soumet plusieurs
offres à l’ouverture de l’appel à la
concurrence et choisit celle qu’elle
soumet après avoir déterminé (ou
essayé de déterminer) quels sont les
autres soumissionnaires.
• Plusieurs soumissionnaires demandent les mêmes renseignements
à l’organisme qui passe le marché
ou présentent des demandes ou des
LES FACTEURS DE RISQUE FAVORISANT
LA COLLUSION DANS LES MARCHÉS PUBLICS
M.Wassim Benhassine
Maîitre de Conférences Ecole Nationale Polytechnique
I. La Nature du phéno- Quelques cas de sanction de
mène des collusions (défi- la commission européenne en
nition, objectifs, quelques 2014, 2015 (communiqués de
presse sur son site) :
la collusion dans les marchés publics1:
I. La Nature du phénomène des
collusions (définition, objectifs,
quelques chiffres)
II. La spécificité des marchés publics
III. Les facteurs de risque
IV. Les pratiques favorisant les
«Les gens d’une même profession
s’amuser et se distraire, sans que la
conversation ne vienne à une conspiration dont le public fait les frais ou à
une machination pour accroître les prix
», dans Recherches sur la nature et
les causes de la richesse des nations,
La collusion consiste en une entente secrète et anticoncurrentiel
entre entreprises pour le partage
d’un marché afin d’augmenter leur
gains respectifs au détriment des
clients, et dans le cas d’un marché
public au détriment de l’organisme
publique et donc des contribuables.
Il existe deux types de collusions :
v Les collusions explicites nécessitant que les différentes parties
se rencontrent pour négocier les
termes de leur accord et les modalités de sa mise en œuvre.
v Et les collusions tacites qui découlent de l’interaction stratégique
des firmes : sans même se rencontrer les firmes ont intérêt à converger vers des prix élevés. Ces prix
sont d’autant plus soutenables que
le risque de représailles est important. Ce type de collusion est particulièrement difficile à prouver du
fait de l’inexistence de preuves matérielles.
Le préjudice causé par les collusions peuvent atteindre plusieurs
milliards de dollars chaque dans les
pays de l’OCDE. Par ailleurs, elles
faussent le libre jeu de la concurrence sur le marché. Ce phénomène touche tout autant les pays
développés que les pays en développement. On constate dans la
plupart des pays un renforcement
des sanctions contre ce genre de
v Ententes (2015) : la Commission inflige des amendes de 116
millions € à des fournisseurs de
lecteurs de disques optiques ayant
participé à une entente
v Ententes (2015) : la Commission inflige des amendes de 49 millions d’euros à des opérateurs de
fret ferroviaire pour mise en œuvre
d’une entente
v Ententes (2015) : la Commission inflige à des producteurs et à
des distributeurs des amendes d’un
montant de € 115 865 000 pour
avoir mis en œuvre des ententes
dans le domaine du conditionnement alimentaire destiné à la vente
v Ententes (2015) : la Commission
inflige une amende de 68 millions
€ à un fabricant de systèmes de
chauffage de stationnement dans
le cadre d’une procédure de transaction
v Ententes (2014) : la Commission
règle, par une procédure de transaction, l’entente relative aux écarts
de cotation sur les produits dérivés
de taux d’intérêt libellés en francs
suisses et inflige à quatre grandes
banques 32,3 millions d’euros
v Ententes (2014) : la Commission règle par transaction l’entente
entre RBS et JP Morgan sur les
produits dérivés basés sur le Libor libellés en francs suisses et inflige une amende de 61.6 millions
d’euros à JP Morgan
inflige une amende de 138 millions
d’euros à des producteurs de puces
pour cartes pour leur participation à
inflige une amende de 32 millions
d’euros à des producteurs de champignons en conserve dans le cadre
d’une procédure de transaction
inflige à des producteurs de câbles
électriques à haute tension des
amendes d’un montant de 302 millions d’euros pour leur participation
à un cartel
v Ententes (2013) : la Commission
inflige des amendes d’un montant
de 1,71 milliard € à des banques
ayant participé à des cartels dans le
secteur des produits dérivés de taux
Les pays également ont eu à infliger
d’importantes amendes au début
des années 2000 :
v En Allemagne, en 2002, l’Office
des cartels a infligé des amendes
s’élevant à plus de 700 millions
d’euros à une entente dans l’industrie du ciment .
v En 2002, la Commission européenne a imposé une amende de
249.6 millions d’euros à Lafarge
pour participation à l’entente concernant les plaques de plâtre, soit la
plus forte amende jamais infligée à
une société dans une seule affaire
v Aux États-Unis, le total des
amendes pour l’exercice 2004 a été
de 359.8 millions de dollars
v En France, l’Autorité française
de la concurrence a prononcé, jeudi
18 décembre 2014, deux sanctions
qui figurent parmi les plus importantes prononcées à ce jour pour
des montants de 345,2 millions
d’euros (Colgate-Palmolive, Henkel, Unilever, Procter &amp; Gamble pour
les produits d’entretien) et 605,9
millions d’euros (Colgate-Palmolive, Henkel, Unilever, Procter &amp;
Gamble, Gillette et L’Oréal pour les
produits d’hygiène et de beauté)
On peut conclure de toutes ces affaires, que les collusions sont un
phénomène qui peut toucher tous
les secteurs d’activité, pour des niveaux de préjudice également très
variables, mais qui peuvent atteindre
des niveaux très importants.
La mise en œuvre d’une collusion
fait face à un certain nombre de difficultés qu’il convient d’analyser pour
phénomène et permettre ainsi de lutter contre avec plus d’efficacité :
v La communication entre les
membres participants à la collusion
en vue d’un accord
v Le partage des gains de la collusion mettant éventuellement en
œuvre un mécanisme de compensation entre les participants.
v La détection de toute déviation
stratégique des termes de l’accord
v La possibilité de représailles en
cas de déviation d’un participant à la
Chaque participant ayant généralement intérêt à adhérer dans un premier temps puis à dévier, la soutenabilité de la collusion est également un
élément important de l’analyse des
collusions. Il existe donc des conditions et des stratégies qui visent à
maintenir la stabilité du cartel.
Il est essentiel de comprendre comment les membres d’une entente
peuvent communiquer discrètement
sur le partage des gains d’une pratique anticoncurrentiel tout en s’as-
surant que personne ne dévie de
l’accord conclut sous peine de « représailles de marché ».
La mise en place et le fonctionnement d’entente n’est donc généralement pas une chose aisée.
II. La spécificité des marchés
Les marchés publics concernent
tous les contrats accordés par les
administrations publiques à des entreprises pour se procurer des biens
ou des services. Du fait leurs spécificités, les marchés publics sont
particulièrement vulnérables aux
pratiques de collusion :
L’information sur le processus d’attribution est généralement publique
Si le processus d’attribution de ces
marchés est généralement explicité
de manière assez détaillée et transparente, comme l’exige généralement la règlementation afin d’éviter
tout favoritisme ou corruption, Il facilite également l’organisation de
la collusion en renseignant chacun
des partenaires sur le respect de
l’entente ouvrant ainsi la voie à des
représailles. Exemple : la révélation
des offres des soumissionnaires
après le résultat de l’appel d’offre.
L’arrivée de nouvelles opportunités
de contrats de marché public est généralement prévisible
En effet, ces contrats sont généralement inscrits dans des budgets de
Ces budgets sont généralement
connus et font souvent l’objet de
reconductions d’une année sur
l’autre. Cette prévisibilité permet aux
membres de l’entente de mieux se
partager les gains résultant de l’entente et d’assurer une meilleure discipline en facilitant les mesures de
Et enfin, les marchés publics impliquent généralement des montants
d’argent important :
Selon l’OCDE (2010), le montant total des marchés publics représenterait environ 16% du PIB des pays de
Les collusions sur les marchés publics peuvent avoir un impact important en termes d’augmentations des
prix qui représenterait jusqu’à 20%
à 30% selon une étude de 20072 se
basant sur 500 cas de collusion.
Cas des bandes du spectre hertzien aux USA
Concentration du secteur facilite
la collusion.
L’appel d’offre lui-même peut isoler un sous-ensemble concentré
Marché dominé par un leader
Local (Pacific Telephone)
Ces ententes ont pour conséquences
de réduire la quantité et/ou la qualité du service public offert. Ce qui est
gagné par les membres de l’entente
est perdu par l’acheteur public et
in fine par le contribuable. Au-delà du simple transfert de valeur des
consommateurs vers les entreprises,
les collusions induisent un coût social dû à une mauvaise allocation
des ressources. La lutte contre les
collusions est donc un impératif qui
permet préserver les deniers publics
et d’assurer généralement un meilleur service public aux citoyens.
(illustrés par des cas pratiques)
Il existe un certain nombre de facteurs de risque connus pour favoriser
la collusion à travers une facilitation
de la communication et de la concertation, de l’exercice du pouvoir de
marché et du partage des gains, ou
encore de la détection et de la possibilité de sanctionner toute trahison
au sein de la collusion.
Le faible nombre d’entreprises sur le
Lorsque le nombre d’entreprise sur
le marché est faible, la communication entre les différents participants à
la collusion est d’autant plus facile.
Par ailleurs, très peu d’entreprises
sont capables de cartelliser une part
de marché importante et enfin la détection des stratégies de déviation
est également plus aisée.
L’existence d’une firme dominante
L’existence d’une firme dominante, en
plus de renforcer la concentration du
marché, est de nature à faciliter les
ententes tacites sur un partage des
marchés : les firmes abandonnant au
leader les marchés pour lesquels il a
un fort intérêt.
Ce dernier s’abstenant de participer
aux autres marchés qu’il laisserait aux
entreprises de la frange concurrentielle.
De juillet 1994 à juillet 1998, la Federal Communications Commission a attribué au Etats-Unis a attribué 5893 licences d’accès à des bandes du spectre
hertzien pour un montant total de 22,9 milliards de dollars. Ces enchères
ont été étudiées par Cramton – Schwartz (2000a &amp; b) dont nous présentons
quelques résultats ci-dessous.
Des procédures différentes ont été appliquée sur les blocs D et E où des comportements collusifs ont été détectés et le bloc F où aucun comportement
collusif n’a été mis en évidence. La principale différence résidait dans le fait
que le bloc F était réservé aux entreprises de petites tailles qui bénéficiaient
d’une aide financière publique, alors que les blocs D et E étaient ouverts à
toutes les entreprises. Sur ces deux blocs, les grandes entreprises ont constituées de fait un sous-ensemble concentré au sein duquel l’entente était plus
Il a été montré que la concurrence sur les licences qui intéressaient clairement AT&amp;T, perçue au niveau national comme étant l’entreprise dominante, a
été moins vive que sur d’autres licences.
Cependant, une entreprise peut profiter de sa position dominante sur un marché local pour influencer ou menacer ses concurrents lors d’appels d’offre.
Cela a été le cas de la Pacific Telephone lors des enchères sur le spectre
hertzien concernant la ville de Los Angeles. Possédant différents moyens
de communication sur la région, la compagnie a pu par voie de presse (Wall
Street Journal, 31 octobre 1994) menacer des concurrents importants comme
GTE, Bell Atlantic ou MCI de manière à ce qu’ils se retirent de la course. Le
prix de la licence sur Los Angeles à de ce fait été très raisonnable. (Klemperer, 2000)
De fortes barrières à l’entrée limitant
le nombre de nouveaux entrants
Ne connaissant généralement pas
suffisamment leurs concurrents, les
nouveaux entrants participent rarement à des collusions. Ils ne sont en
tout cas pas au même niveau d’information que les firmes en place.
Elles seront donc plus réticentes
à participer à une collusion. Il sera
également plus risqué pour les entreprises participant à la collusion de
les impliquer dans cette pratique illégale sans avoir noué une relation de
Faible changement technologique
La soutenabilité de la collusion dépend également de la répartition
des gains de la collusion. Le changement technologique modifie par
nature l’équilibre des forces concurrentielles sur le marché et donc l’intérêt de participer à la collusion. Plus
la technologie est stable et moins il
existe de pression sur la stabilité de
La prévisibilité de la demande :
De la même manière, la stabilité de
la demande donne une prévisibilité
à la répartition des gains de la collusion entre les participants. Lorsque
la demande est instable et imprévi-
sible, il est plus compliqué de s’entendre sur la répartition des gains et
de s’assurer de la discipline des participants à la collusion. Sur ce point,
les marchés publics sont plutôt vulnérables à la collusion, la demande
étant assez prévisible.
L’homogénéité du produit
L’accord sur une structure de prix
commune est d’autant plus facile
que le bien est homogène. Il est par
ailleurs beaucoup plus facile de vérifier que les participants respectent
les termes de l’accord lorsque le bien
est homogène que lorsqu’il est fortement différencié.
Enchères de spectre hertzien aux États-Unis
Homogénéité des contrats de
marché public facilite la collusion
La plupart des cas de collusions mis en évidence dans l’attribution des 1479
licences d’exploitation, principalement dans les blocs D et E, ont porté sur
des lots dont les seuls éléments de différenciation portait sur la zone géographique d’exploitation et sur la largeur de la bande hertzienne.
L’existence de produits de substitution
Moins il existera de produits de substitution vers lesquels le client pourra se reporter et plus le pouvoir de
marché collectif des entreprises sera
important. Les gains que les entreprises retireraient d’une entente seront d’autant plus importants et l’incitation à la collusion sera d’autant
Faibles pénalités en cas de détection
Les pénalités légales en cas de détection sont intégrées implicitement
dans le calcul du gain collectif qui
pourrait être retiré d’une collusion.
Ainsi, si les profits sont nettement
supérieurs aux pénalités encours (ou
à leur espérance en intégrant la probabilité de détection), les entreprises
seront fortement incités à s’engager
dans une entente. La tendance actuelle dans la plupart des pays est de
renforcer les pénalités qui peuvent
aller jusqu’à plusieurs centaines de
Faible risques de détection de la collusion
Plus le risque de détection est faible
et moins les entreprises se sentiront
menacées par la justice en cas de
collusion. Les gains escomptés de
la collusion n’intégreront donc que
faiblement la possibilité de pénalités.
Une forte asymétrie d’information
entre les membres du cartel
L’asymétrie de l’information joue un
rôle important dans la constitution de
collusion. Elle est en effet source de
coûts de transaction dans la constitution de l’entente. Cette asymétrie
d’information peut être réduite par la
création d’associations professionnelles.
L’existence d’associations professionnelles
offrent un cadre d’échange et de
concertation entre les membres
d’une même corporation permettant de faciliter les ententes à travers l’échange d’informations et le
renforcement des possibilités de
représailles. Par ailleurs, elle favorise l’émergence de traditions
professionnelles et de cultures tarifaires communes pouvant biaiser la
concurrence lors de la soumission à
des contrats publics :
CAS de la tétracycline aux USA
Sherer (1981) rapporte le cas du marché public pour la tétracycline
(antibiotique destiné à l’armée américaine) dans les années 1954-55 aux
Culture tarifaire diffusée au sein
d’associations professionnelles
facilite la collusion tacite
Les cinq entreprises qui ont répondu à l’appel d’offre (enchères sous plis
scellé) ont proposé le même prix à l’unité, soit 19,1884 $ / le flacon. Elles
avaient en fait appliqué les mêmes pratiques de remise et de rabais en
vigueur dans l’industrie pharmaceutique sur un prix public établi.
L’existence de relations de marchés
multiples entre les entreprises
Le fait que les entreprises se retrouvent en concurrence sur plusieurs marchés facilite la discipline
au sein de la collusion en crédibilisant la menace de représailles en
cas de déviation
L’apparition de ces facteurs de
risques ne suffisent pas à prouver
une collusion mais sont des indicateurs qui doivent éveiller la vigilance
des autorités de la concurrence.
Stratégie d’entente par la
Participations financières croisées et
Afin de ne pas prendre le risque
d’être détectée lors du transfert
des gains, les entreprises peuvent
avoir recours à certaines stratégies
comme l’échange de participations
financières croisées ou des accords
de sous-traitance permettant des
transferts de gains discrets aux entreprises perdantes au sein de la
collusion. Ainsi, dans l’attribution de
marchés publics, les organismes
publics devrait accorder une attention particulière aux contrats de
sous-traitance et à la soumission
d’entreprises liées financièrement.
La sous-traitance à des entreprises
ayant participées à l’appel d’offre
pourrait être interdites et la participation d’entreprises financièrement
liées ou de filiales d’un même groupe
devrait être limitée.
CAS de la rénovation du port du Havre
Dans le cas de la passation de marché portant sur la rénovation du port autonome du Havre entre 1991 et 1993, il a été mis en évidence une entente
entre les firmes soumissionnaires dont les gains étaient partagés à travers
la mise en place de contrats de sous-traitance.
IV. Les pratiques favorisant ner la recevabilité de l’offre. L’offre offres rend plus complexe la collula moins couteuse est retenue. Ce sion entre les entreprises en impoles collusions
Certaines pratiques dans l’attribution
des marchés publics portent ellesmêmes des éléments favorisant la
collusion entre entreprises. La révélation de l’information lors de ces
procédures d’attribution de marchés
publics est l’élément le plus déterminant dans la formation d’entente et
de pratiques collusoire.
La procédure d’appel d’offre :
La procédure d’appel d’offre est une
étape particulièrement délicate dans
l’attribution de certains marchés publics. En effet, l’organisme public
n’est souvent pas seulement intéressé par le prix proposé, mais également par d’autres considérations
relatives à la qualité du service, à la
sécurité des installations, leur durabilité, l’impact sur l’environnement,…
la prise en compte de tous ces éléments rend les procédures d’appel
d’offre complexes
L’appel d’offre peut avoir recours à
trois types de règles :
v La règle « du moins disant » : Il
s’agit d’une concurrence sur les prix.
Les critères qualitatifs sont définis à
priori dans l’offre de soumission et
servent essentiellement à détermi-
qui n’incite pas les entreprises à faire
des offres innovantes, originales ou
v La règle « du mieux disant à postériori » : la concurrence ne se fait
pas uniquement sur le critère de prix
mais également sur d’autres critères
dont la pondération dans l’évaluation
de l’offre globale est fixée à postériori par l’organisme public. En intégrant d’autres dimensions, la pression concurrentielle se relâche sur
les coûts et sur les prix
v La règle « du mieux disant explicite » : il s’agit d’une règle « du mieux
disant » où les différents critères et
leurs pondérations sont fixés à priori
permettant la formulation d’offres innovantes et qualitatives.
En fixant la plupart des caractéristiques techniques de l’appel d’offre
et en réduisant la concurrence entre
les entreprises au seul critère du
prix, la procédure d’appel d’offre
« au moins disant » favorise l’émergence collusion en simplifiant les
termes de l’accord et en facilitant
le contrôle entre les entreprises. A
contrario, dans le cas des procédures « au mieux disant », la multiplicité des critères d’évaluation des
sant autant d’accord que de critères
d’évaluation. Ce type de procédure,
contrairement aux procédures « au
moins disant», permet une hétérogénéité des offres qui a le mérite
d’ouvrir la concurrence sur plusieurs
fronts et de faciliter les stratégies de
Cependant la règle « du mieux
disant » étant plus subjective que
celle « du moins disant », elle est
plus exposée au risque de capture
de l’organisme public qui pourrait
ajuster (à priori ou à postériori) les
pondérations des différents critères
de manière à favoriser certains soumissionnaires, en écarter d’autres ou
bien même se transformer en véritable chef d’orchestre de l’entente en
pénalisant fortement les déviations
On peut trouver de nombreux cas de
capture dans la littérature. Il y a donc
un arbitrage dans le choix de la procédure entre le risque de collusion
et le risque de capture qui peut en
partie se résoudre en sous évaluant
les critères subjectifs dans une procédure au « mieux disant » explicite.
Les pondérations définies peuvent
révélés aux candidats potentiels
afin de réduire le risque de capture,
mais cette divulgation d’information
relèverait le risque de collusion en
facilitant la coordination entre les
soumissionnaires. Une solution à ce
dilemme consisterait à mettre sous
scellé ces informations de manière à
limiter le risque de manipulation par
un agent public capturé tout réduisant le risque de collusion.
Procédures répétées ou similaire
La Répétitions fréquentes d’appels
d’offre pour des prestations homogènes pour le renouvellement des
marchés de concessions favorise
les ententes en favorisant la détection des éventuelles déviations et en
rendant crédible la menace de représailles.
Pesendorfer (2000) rapporte le cas
d’ententes entre des entreprises laitières au Texas et en Floride sur des
marchés publics portant sur l’approvisionnement en lait des écoles entre
1980 et 1991.
Durant cette période, il y a eu 239
contrats d’approvisionnement en lait
chaque année en Floride et 136 au
Texas. La répétition de ces contrats
a permis de faciliter l’entente sur un
marché par ailleurs très concentré.
Cela a en effet permis de faciliter la
punition en cas de déviation.
De plus, les termes de ces contrats
étaient très similaires et les prestations requises très homogènes. Cela
a permis de faciliter la mise en place
d’un accord sur les mêmes critères,
de faciliter la détection de déviations
et de rendre plus crédible la possibilité de punitions. La détection a été
rendu d’autant plus facile que les résultats des enchères (identités des
gagnants et offres faites) étaient rendus publics.
Et enfin, il n’existait aucune coordination entre les différents organismes
publics lançant les appels d’offre, les
« Board of Education ».
Lots multiples ou indépendants
Lots multiples attribués dans des
procédures distinctes ou répétées
fréquemment facilite également la
collusion. En effet, la répétition fa-
cilite le partage des gains et rend la
menace de punition crédible. Pesendorfer (2000) montre que lorsque le
nombre de marchés ou de lots est
grand, des mécanismes d’entente
très simples permettent d’atteindre
le même accord qu’un cartel fort. On
peut citer comme exemple3 le cas,
développé par Newbery (2000), Wolfram (1998), Joskow-Tirole (2000),
de la fourniture d’électricité sur des
marchés verticalement intégrés
où comme en Angleterre les procédures se renouvellent toutes les
30 minutes, le cas des procédures
d’attribution de site de forage pétrolier off-shore (voir Hendricks-Porter
(1988) &amp; (1989)), ou encore celui
des créneaux publicitaires (CINEP)
Après avoir passé en revue les principaux déterminants favorisant les
collusions, nous pouvons mieux
comprendre la vulnérabilité des marchés publics face à ce type de pratiques illégales. Si la présence d’un
ou plusieurs de ces déterminants ne
constitue pas une preuve d’entente
en soi, elle devrait néanmoins attirer
l’attention des autorités de la concurrence sur un risque de collusion et
susciter leur vigilance.
Des mesures de précaution (exante) peuvent être prises pour améliorer les procédures d’appel d’offre
et ainsi réduire les incitations à la
collusion. Il s’agit essentiellement de
jouer sur l’information de manière à
rendre difficile la concertation entre
les entreprises, à compliquer le partage des gains et à faciliter la déviation des participants en minimisant
le risque de représailles. Parallèlement, des actions (ex-post) peuvent
se focaliser sur les cas à fort risque
de collusion afin de rendre plus efficace la détection et la sanction de
ces pratiques. En effet, le risque
d’être découvert et fortement sanctionné pèse significativement dans
les gains espérés de la collusion et
donc sur l’incitation à y participer.
VI. Référence
v Caillaud, B. (2001) «Ententes
et captures dans l’attibution de
marches publics” CERAS-ENPS
v Chassin, Y. et M. Joanis (2010)
“Détecter et prévenir la collusion
dans les marches publics en
construction”, Rapport de projet,
v Cramton, P., et J.Schwartz,
(2000a) «Collusive Bidding : Lessons from the FCC Spectrum
Auctions”, Journal of Regulatory
Economics, Vol. 17, 229-252.
(2000b) «Collusive Bidding in the
FCC Spectrum Auctions”, mimeo
Universityof Mariland.
v OCDE (2010), “Lignes directrices pour la lutte contre les soumissions concertées dans les
marchés publics”.
v Pesendorfer, M, (2000) : «A
study of Collusion in First-Price
Auctions”, Reveiw of Economic
Studies, Vol.67, n°3, 381-411.
v Scherer, F, (1980), «Industrial
Market Structure and Economic
Performance», Houghton Mifflin
Company, Boston, USA.
(1) Les idées et les exemples développés dans cette intervention sont
principalement inspirés de deux références traitant du même sujet :
Caillaud, B. (2001) «Ententes et captures dans l’attribution de marches
publics” CERAS-ENPS
Chassin, Y. et M. Joanis (2010) “Détecter et prévenir la collusion dans
les marches publics en construction”,
Rapport de projet, CIRANO
(2) John M. Connor (2007), « Pricefixing Overcharges: Legal and Economic Evidence », in Richard Zerbe,
John Kirkwood (ed.) Research in Law
and Economics, Vol 22, pp.59-153
(3) Exemples cités par Caillaud, B.
(2001) «Ententes et captures dans
l’attribution de marches publics” CERAS-ENPS
«La concurrence protège les
intérêts financiers de l’État»
«L’art de lever des lièvres…»
«Un phénomène grandissant
mais difficile à détecter»
«Elle pâtit d’insuffisances
et d’incohérences»
Loi sur la concurrence «Bientôt
une révision»
‫رغم تراجع الحاالت التالعب في‬
‫الصفقات العمومية محل اتفاقات غير قانونية ظاهرة‬
‫الصفقات العمومية لم يتوقف‬
BULLETIN OFFICIEL TRIMESTRIEL N°09
EDITÉ PAR LE CONSEIL
‫على المستوى الوطني والدولي‬
- Amara Zitouni
-Slimani Djillali
- Ladjel Omar
- Jaques Tallineau
- Wassim Benhassine
-Akrour Myriam
Secrétairat de Rédaction
&amp; Conception
M. Amara ZITOUNI
APEC comunication
Cité des Annassers II,
Bt. B 25, N°02, Kouba, Alger.
Tél. / Fax : (213) 23 70 40 63
Mobile : (05) 55 03 92 23
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E-mail : info@apec-dz.com
- Jeudi 17/12/2015
Loi sur la concurrence : Bientôt une révision
Placé sous l’autorité du ministre du Commerce, le Conseil de la concurrence, dont l’organisation
et le fonctionnement ont été fixés par décret exécutif en juillet 2011, devrait connaître, courant
2016, une nouvelle loi plus adaptée à la réalité du marché algérien et à la nécessité de lui donner
plus d’efficacité dans sa mission de régulateur de la concurrence, mais aussi dans sa fonction
’est ce qu’a indiqué le président du
Conseil de la concurrence, Amara
Zitouni, hier à Alger, en marge d’une
journée d’étude sur le thème des «Indices
de collusion en matière de marchés publics».
Selon lui, l’institution va proposer au gouvernement la révision de cette loi mais devra, avant cela, consulter les experts en la
matière, nationaux et étrangers.
Une première évaluation du travail accompli par le Conseil a déjà été effectuée, il y a
quelque temps, auprès des services de la
Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) sous
forme d’un audit qui n’a toutefois pas été
«Nous comptons prochainement relancer
cet audit pour relever les lacunes contenues dans la loi et, partant, proposer sa
révision», a encore expliqué le président du Conseil.
Il fera savoir qu’à travers tous les pays du monde,
«un conseil de la concurrence est essentiellement
composé de magistrats et d’avocats», alors que le
Conseil algérien «manque de compétences juridiques qui pourraient jouer un rôle important dans la
consultation des dossiers».
Notons, par ailleurs, que le Conseil de la concurrence a eu à traiter, durant l’année écoulée, pas
moins de 20 affaires ayant trait à l’entente, l’abus
de position dominante, l’exclusivité dans l’exercice
de l’activité, l’exploitation d’une entreprise, de l’état
de dépendance par rapport à un fournisseur, aux
pratiques de prix de vente abusivement bas et à la
non-notification des concentrations économiques.
S’agissant de la collusion, M. Zitouni a indiqué que
ce phénomène, très répandu dans le monde, «n’est
pas bien cerné par la législation algérienne, bien
que les secteurs où l’on retrouve le plus d’offres collusoires sont connus», à savoir le BTPH, le pharmaceutique, l’électroménager et l’électronique.
Selon des experts, «il est très difficile de détecter les
collusions, les ententes ou les soumissions concertées entre entreprises concurrentes dans leurs soumissions aux appels d’offres», d’où la nécessité de
«former les agents et autres administrateurs chargés du traitement des offres des soumissionnaires».
Lyès M.
La concurrence protège les intérêts financiers de l’État
Le président du Conseil de la concurrence, Amara Zitouni, a affirmé qu’il «est difficile d’évaluer»
le bilan de pertes subies par le Trésor public. Des pertes dues à la nocivité des soumissions concertées
sur les prix de la qualité des produits et service aussi bien pour les administrations clientes que pour le
consommateur,et notamment pour l’économie.
ertes, les pertes du Trésor public sont considérables, mais, pour le moment, et depuis la réhabilitation du Conseil de la concurrence en2013,
on n’a pas de bilan pour connaître le taux de pertes»,
a précisé, hier, M. Zitouni, en marge de la tenue de la
journée d’étude sur «Les indices de collusion en matière de marchés publics», ajoutant :«Bien qu’on fasse
la chasse au phénomène de la soumission concertée
pour optimiser les dépenses publiques, il faut aussi que
ces dépenses se concentrent uniquement dans les cas
utiles.»Dans ce contexte, le responsable explique que
l’importante influence des marchés publics sur l’offre et,
à travers celle-ci, sur tout un ensemble de facteurs économiques, apparaît de plus en plus manifestement.
Mais, en même temps, «la concurrence est primordiale»
pour permettre à l’État de dépenser les deniers publics
de façon judicieuse et de faire donc un bon usage des
ressources publiques limitées.
Partant de là, les participants à cette journée ont exposé
le rôle de la concurrence dans les marchés publics.
Les éléments fondamentaux et les aspects institutionnels
des systèmes de passation des marchés publics y sont
examinés, y compris les stratégies permettant d’élargir le
cercle des soumissionnaires potentiels, de favoriser les
pratiques concurrentielles et de lutter contre le trucage
Dans ce sillage, M. Zitouni a fait savoir que le recours
à l’appel d’offres vise, en effet, à obtenir «des prix favorables» pour des produits et services de meilleure qualité, et ce pour «optimiser les dépense des fonds publics».
Cette règle, dit-il, peut cependant être «déviée» par le
biais des offres collusoires ou ententes entre entreprises
concurrentes dans le but de la répartition des marchés.
«Ces pratiques ont des conséquences préjudiciables
pour le Trésor public, pour le secteur concerné et pour
l’ensemble de l’économie nationale», relève le président
du Conseil de la concurrence.
Il a expliqué que le Trésor public n’est pas la seule victime de ces actes venant des entreprises nationales,
mais c’est surtout l’Algérie, en raison de sa dépendance
à l’importation.
«Pour atteindre le marché algérien, des entreprises
étrangères se concertent pour avoir un partage des bénéfices avec un montant de marché bas», rétorque-t-il,
en notant que la loi 03-03 du 19 juin 2003, relative à la
concurrence, permet au Conseil de passer des conventions de coopération et d’assistance juridique et judiciaire
avec les homologues étrangers.
Sauf que son application, regrette-t-il, se voit confrontée «à des réticences » de ces pays. «Nous ne sommes
pas sûrs d’avoir l’aide possible de ces pays pour faire
face aux collusions et ententes transfrontières.» Compte
tenu de l’importance économique des marchés publics,
le principe de la concurrence dans ces marchés, non
seulement protège les intérêts financiers de l’État adjudicateur, mais aussi ouvre des opportunités économiques
aux soumissionnaires.
De ce fait, et pour remédier à cette situation, il préconise
aux administrations des entreprises de prendre des mesures pour combattre ce phénomène.
«Nous essayons de nous mettre au diapason de ce qui
se fait dans le monde, mais aussi de nous intégrer dans
toutes les organisations mondiales de la concurrences
pour faire face à ce phénomène de collusion», indiquet-il, en évoquant, au passage, les secteurs les plus touchés par ce phénomène dans le monde, notamment en
Algérie, en l’occurrence le bâtiment et les travaux publics (BTP), à travers le marché des ciments, les produits chimiques (médicaments), le secteur agricole (les
engrais, viande blanche), etc.
L’intervenant conclut sa déclaration par la précision:
«Les entreprises impliquées dans ce phénomène de
collusion subissent des sanctions strictes de la part des
pouvoirs publics».
Un phénomène grandissant mais difficile à détecter
La collusion dans la passation des marchés publics s’étend de plus en plus et coûte donc énormément à
la trésorerie nationale
’est pour tenter d’endiguer sa généralisation que
le Conseil de la concurrence s’est penché, hier,
dans un séminaire à Alger, sur ce phénomène.
«Il s’agit de prendre des mesures spécifiques pour lutter
contre cette pratique. C’est le but de ce séminaire. Car
cette question ne concerne pas uniquement le conseil de
Ce dernier n’est qu’un maillon de la chaîne devant intervenir pour lutter contre ce phénomène», souligne le
président du Conseil de la concurrence, Amara Zitouni.
Mais d’abord un rappel sur la signification de collusion.
Selon le sous-directeur de la réglementation division
marchés publics au ministère des Finances, Omar
Laâdjel, ce terme renferme toute entente «secrète» entre
un groupe d’entreprises, lors d’un appel d’offres, pour
faire augmenter les prix des services ou produits sollicités, notamment, tout en conservant l’apparence concurrentielle du marché. En clair, «il y a un appel d’offres,
et puis, des entreprises s’entendent entre elles, dans le
plus grand secret, pour qu’un produit de dix dinars par
exemple augmente à 20 DA.
Les dix dinars majorés iront dans leur poches et ça sera
une perte pour le trésor public», explique-t-il, précisant
que les offres collusoires ciblent particulièrement les
marchés publics. Le caractère secret de la collusion la
rend difficile à détecter et, surtout, à prouver.
Toutefois, le représentant du ministère des Finances assure que des indices peuvent amener les responsables
des marchés publics à ouvrir une enquête.
«A condition toutefois que les personnes chargées de
récolter les indices soient hautement qualifiées. Détecter
une collusion dépend essentiellement de l’intelligence et
du savoir-faire de l’enquêteur ou du personnel des marchés publics.C’est pour cette raison que la formation a
été exigée dans la réglementation relative aux marchés
publics», fait-il savoir, signalant, par ailleurs, que les indices ne sont pas des preuves irréfutables.
Il indique que quand des prix d’un produit ou d’un service, lors d’une commande publique, sont plus élevés
que le prix de référence ou au contraire,
très bas, c’est un indice de collusion.
Autre signe : la présence d’un nombre restreint de soumissionnaires pour un appel d’offres. C’est un indice
aussi quand des soumissionnaires qui participent à
chaque fois aux appels d’offres mais sans jamais obtenir le marché. Le doute est également permis quand un
soumissionnaire devient un sous-traitant. «J’insiste sur
la formation et la qualification. Sans cela, on ne pourra
pas relever les indices qui attireront l’attention des responsables des marchés publics», soutient Omar Laâdjel,
notant que moins il y a d’entreprises qui participent aux
appels d’offres, plus il y a risque de collusion.
Les commandes répétitives favorisent aussi cette pratique.
Pour la prévenir, le sous-directeur de la réglementation
division marchés publics au ministère des Finances recommande aux offreurs de procéder à des achats groupés. Plus la commande groupée est importante, plus les
prix tendent vers la baisse.
En outre, pour lutter contre ce phénomène, la mise en
place d’un système d’information est nécessaire pour la
circulation des données ainsi qu’une coopération entre
Laâdjel a estimé également que la création de l’autorité
de régulation des marchés publics et d’un observatoire
de la commande publique sous la direction de cette dernière contribuera à lutter efficacement contre la collusion.
«La réglementation condamne l’abus de position dominante mais elle ne fait pas référence à la collusion»,
relève Laâdjel. De ce fait, ce dernier propose que les
émetteurs d’appels d’offres s’engagent à s’abstenir à
s’entendre avec une entreprise donnée.
Pour ce qui est des cas de collusion enregistrés en Algérie ces derniers temps, les intervenants n’ont pas pu se
prononcer. «Nous n’avons pas pu avoir des statistiques
relatives aux infractions dans les marchés publics de ces
5 dernières années», confie Slimani Djilali, membre permanent au Conseil de la concurrence.
Collusions en matière de marchés publics
L’art de lever des lièvres…
Le Conseil de la concurrence, nouvellement réactivé après des années de lé- thargie, a organisé, hier, à la résidence
d’État Djenane El-Mithak, une journée d’étude sur les “collusions en matière de marchés publics”.
es cadres supérieurs et des universitaires ont inculqué à des fonctionnaires de services contractant des marchés publics l’art de “lever des lièvres”.
En tout cas, quelques-uns de ces indices leur permettant
de détecter d’éventuelles ententes secrètes entre fournisseurs se partageant un marché donné.
Le but étant d’optimiser l’utilisation des deniers publics,
le Conseil de la concurrence voulait sensibiliser les fonctionnaires et l’opinion publique en général, selon son président Amara Zitouni, un magistrat retraité de la Cour
des comptes, contre des pratiques anticoncurrentielles
de nature à générer des coûts supplémentaires au profit
des fournisseurs et au détriment des contribuables. Dans
son intervention intitulée “Approche économique de la
relation entre les marchés publics et droit de la concurrence”, Djilali Slimani, membre permanent du Conseil de
la concurrence, a parcouru la réglementation des marchés publics en Algérie, insistant sur la nécessité de doter l’opérateur public d’outils référentiels qui facilitent la
comparaison des prix pratiqués par les soumissionnaires
par rapport à ceux pratiqués sur le marché afin de lutter
contre la prédation.
Omar Laadjel, sous-directeur de la réglementation de la
division des marchés publics au ministère des Finances,
lui, s’est félicité de l’évolution des lois relatives aux marchés publics condamnant, désormais, ces pratiques
Quant à Jacques Tallineau, spécialiste en commerce et
intégration économique du Programme d’appui à la mise
en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne (P3A), il a indiqué que même si les indices de
collision entre fournisseurs sont difficilement détectables
à cause de la nature secrète des ententes et ne constituent pas des preuves irréfragables, cela aiderait au
moins les contractants à prévenir contre les abus.
Et d’énumérer quelques indices récurrents : “Soumissions non conformes ou comportant des conditions
inacceptables pour l’acheteur public, l’abstention de soumission de la part d’opérateurs ayant les capacités et
l’habitude de fournir des services au service contractant,
ainsi que les rotations de soumission entre opérateurs du
même secteur.”
Elle pâtit d’insuffisances et d’incohérences
L’actuelle loi sur la concurrence
mériterait d’être révisée
La loi relative à la concurrence mériterait d’être revue. C’est ce que considérait hier le président du Conseil
de la concurrence, au regard des insuffisances et des incohérences qui la marquent.
’Algérie peine à contrer le phénomène des
tentes transfrontières. «Nous nous sommes ren-
du compte que l’actuelle loi relative à la concurrence (l’ordonnance 03-03 du 19 juillet 2013, modifiée
et complétée) est pleine de lacunes, d’incohérences, de
contradictions», considérait hier à la Résidence El Mithak à Alger le président du Conseil de la concurrence,
Amara Zitouni. S’exprimant en marge d’une journée
d’étude sur «Les indices de collusion en matière de
marchés publics».
le président du Conseil relèvera ainsi que son instance
qui a été réactivée depuis le début 2013 et active déjà, ne
dispose pourtant pas d’un siège effectivement adéquat
et compte un effectif insuffisant, en deçà des normes internationales. Certes, la législation en vigueur
«a élargi les compétences et attributions du Conseil sans
toutefois lui donner les moyens idoines», dira-t-il.
Voire, le Collège du conseil qui assume une certaine
vocation quasi juridictionnelle ne compte pas parmi ses
membres des magistrats, dans la mesure où la loi ne le
permet pas et même si «le Conseil a besoin d’avoir des
magistrats, des avocats agréés» et que les normes et
pratiques internationales le recommandent.
Autre anomalie, laissera-t-on entendre, le risque latent
de conflits d’intérêts au sein de la composante actuelle
du Collège (une douzaine de membres dont 6 représentants du secteur économique et des associations patronales).
Autre insuffisance, le fait que l’actuelle loi permet, certes,
au Conseil de signer des conventions de coopération et
d’assistance judiciaire avec les autorités d’autres pays,
en cas de pratiques indues dont les collusions transfrontières (ententes entre fournisseurs) et lui permettant
d’enclencher des «enquêtes»,sans toutefois «être très
claire à ce sujet»,observera Amara Zitouni.
Ainsi, la loi actuelle n’a pas prévu par exemple le mécanisme de «la clémence» qui permet ailleurs à toute
entreprise même impliquée dans une affaire d’entente
concertée et qui «se sent flouée» de saisir l’autorité de
régulation commerciale avec «des preuves palpables,
quantifiées et vérifiables» et de bénéficier de la possibilité d’atténuer le préjudice qu’elle cause.
Or, l’Algérie peine à contrer le phénomène des ententes
transfrontières, dans la mesure où notamment l’accord
d’assistance signé en 2014 avec un pays européen n’a
pas été concrétisé sur le terrain, laisse-t-on entendre.
En effet, le signataire étranger a été assez réticent, en
arguant justement de l’insuffisance des moyens dont le
Conseil dispose actuellement, la non-homogénéité des
procédures algériennes et internationales et le principe
du respect du secret des affaires.
Des insuffisances et autres lacunes que le Conseil de la
concurrence a «soulevées dans ses différents rapports
annuels», indique M. Zitouni. «Nous sommes préparés
à présenter éventuellement dans les mois qui viennent la
modification de l’actuel texte, ou bien son abrogation et
son remplacement par une autre loi», indiquera le président du Conseil, tout en présidant que son instance
«n’a pas le droit d’intervenir mais devra passer obligatoirement par le ministère du Commerce».
A charge, ce faisant, d’«arriver à convaincre le gouvernement», précise M. Zitouni qui considère néanmoins que
le Conseil dispose «assez d’arguments pour revoir de
fond en comble cette loi».
Ainsi, la loi actuelle relative à la concurrence mériterait
d’être révisée.
‫مؤشرات التواطؤ في ميدان الصفقات العمومية‬
‫‪2015/12/16‬‬
‫الصفقات العمومية محل اتفاقات غري قانونية ظاهرة‬
‫عىل املستوى الوطني والدويل‬
‫أكد رئيس مجلس املنافسة السيد عامرة زيتوين اليوم األربعاء بالجزائر‬
‫العاصمة ان االتفاقات غري القانونية للحصول عىل الصفقات العمومية‬
‫تعد ظاهرة تخص املؤسسات الجزائرية و كذلك الرشكات األجنبية و‬
‫بعض الدول‪.‬و أدىل هذا املسؤول بهذه الترصيحات خالل يوم درايس‬
‫خصص ملؤرشات التواطؤ يف الصفقات العمومية‪.‬كام أشار إىل ان التواطؤ‬
‫يف املجال االقتصادي يعد اتفاقا بني رجال أعامل من اجل تقاسم صفقة‬
‫أو السامح ملتعامل اقتصادي باالستفادة من صفقة عمومية مقابل‬
‫أموال متفق عليها لفائدة الرشكات التي تتنازل لها‪.‬‬
‫وأضاف السيد زيتوين ان «ظاهرة التواطؤ يف الجزائر سيام يف مجال‬
‫الصفقات العمومية موجودة منذ وقت طويل و ان املؤسسات الجزائرية‬
‫ليست وحدها التي تقوم بهذا النوع من األعامل غري القانونية بل‬
‫ان رشكات أجنبية التي تصدر بضائعها نحو الجزائر تلجا إىل التواطؤ‬
‫العابر للحدود الذي يخص كذلك بعض البلدان التي ترغب يف تقاسم‬
‫السوق الجزائرية»‪.‬كام أشار إىل ان القطاعات املعنية بهذه الظاهرة‬
‫هي تلك املتعلقة باألشغال العمومية و األدوية واقل حدة الكيمياء و‬
‫اإللكرتونيك‪.‬‬
‫وأكد رئيس مجلس املنافسة عىل الصعوبات يف مواجهة هذه الظاهرة‬
‫«املوجودة منذ زمن طويل يف الجزائر إال أننا مل‬
‫نكتشفها يف الواقع إال مؤخرا ألنه ال احد كان يريد‬
‫الحديث عنها»‪.‬وتابع قوله ان مجلس املنافسة‬
‫يعمل من اجل تعديل القانون الساري من اجل‬
‫مكافحة فعالة لهذه الجنحة االقتصادية‪.‬‬
‫ويرى ذات املسؤول برضورة إدراج عدد معني‬
‫من األدوات القانونية ضمن قانون املنافسة سيام‬
‫«بند العفو» املطبق بشكل واسع يف الخارج لكنه‬
‫غري موجود يف الجزائر‪ .‬ومينح هذا البند اإلمكانية‬
‫لرشكة قامت بتواطؤ بالتبليغ عن رشكائها من اجل االستفادة من العفو‪.‬‬
‫أما بخصوص أعامل التواطؤ التي يقوم بها بعض املمونني األجانب أشار‬
‫السيد زيتوين إىل عجز هيئته أمام هذه االتفاقاتت التي تجري خارج‬
‫من جانبه أشار نائب مدير ضبط الصفقات العمومية بوزارة املالية‬
‫السيد عامر لعجال الذي حرض اللقاء إىل أهم املؤرشات التي يتم أخذها‬
‫بالحسبان لكشف أعامل التواطؤ بني املؤسسات يف إطار الصفقات‬
‫أما األستاذ املحارض باملدرسة الوطنية متعددة التخصصات السيد وسيم‬
‫بن حاسني فقد أكد عىل العوامل التي تشجع عىل التواطؤ يف الصفقات‬
‫ومن اجل مكافحة هذه الظاهرة أو عىل األقل التقليص من حدتها‬
‫أكد املشاركون عىل رضورة تكوين املستخدمني املكلفني بالصفقات‬
‫العمومية من اجل السامح لهم بالكشف عن مؤرشات التواطؤ و تحسني‬
‫تبادل املعلومات بني مختلف اإلدارات و املراهنة عىل التكنولوجيات‬
‫الجديدة من اجل تحكم أفضل يف املعطيات املتعلقة باملؤسسات و‬
‫الصفقات العمومية‪.‬‬
‫النشرية الرسمية للمنافسة رقم ‪09‬‬
‫والتي أبانت بأنه من أصل ‪ 369‬طلبا عموميا (مناقصة دولية) تصل‬
‫قيمتها إىل ‪ 73‬مليار دينار‪ ،‬تحصلت املؤسسات الوطنية عىل ‪ 93‬باملائة‬
‫من الصفقات العمومية بقيمة ‪ 70‬مليار دينار‪ ،‬فيام نالت املؤسسات‬
‫األجنبية ‪ 4‬باملائة من الصفقات العمومية املطروحة بقيمة ‪ 3‬مليار‬
‫دينار‪ .‬مع تسجيل عدم الجدوى بالنسبة لـ‪ 22‬باملائة من املناقصات‬
‫املعلنة‪ ،‬وهو رقم مرتفع حسبه‪ ،‬مقارنة باملعدل العاملي الذي يرتاوح‬
‫بني ‪ 8‬و‪ 10‬باملائة‪.‬‬
‫أما يف مجال املحروقات‪ ،‬فقد تم تسجيل ‪ 46‬مناقصة دولية بقيمة‬
‫‪ 59‬مليار دينار‪ ،‬نالت منها املؤسسات االجنبية ‪ 99‬باملائة‪ ،‬حسب‬
‫املحارض الذي أبرز أهمية تعميق الدراسات التي تخص مثل هذه‬
‫الحاالت من قبل مرصد الطلب العمومي املقرر إنشاؤه قريبا مع‬
‫استحداث سلطة ضبط الصفقات العمومية‪.‬‬
‫واقرتح سليامين توحيد اللجنة املكلفة مبتابعة سري املناقصات‪ ،‬حيث‬
‫ترشف نفس اللجنة عىل فتح األظرفة وعىل التقييم التقني للعروض‪،‬‬
‫فضال عن إدراج شهادة إلزام املتعاملني املكتتبني يف املناقصة باالمتناع‬
‫عن التواصل مع املكتتبني املنافسني بداية من سحب دفرت الرشوط‬
‫إىل يوم إيداع العرض‪ ،‬مشريا إىل أن مجلس املنافسة مل يعالج منذ‬
‫تأسيسه سوى حالتني تم إخطاره بهام قبل ‪ 2003‬تتعلقان بخرق‬
‫قانون الصفقات العمومية‪« ،‬ولكنه مل يتمكن من الفصل فيهام مبربر‬
‫عدم االختصاص»‪.‬‬
‫من جانبه‪ ،‬ركز نائب مدير التنظيم والصفقات العمومية بوزارة‬
‫املالية‪ ،‬عمر لعجال‪ ،‬عىل رضورة تكوين أعوان اإلدارة يف مجال تسيري‬
‫الصفقات العمومية وإعادة ضبط عنارص دفاتر الرشوط وتحديد‬
‫االحتياجات العمومية بطريقة مدروسة‪ ،‬مربزا أهمية اعتامد‬
‫نظام إعالمي وتقني متطور يف تبادل املعلومات وتسيري الصفقات‬
‫العمومية‪ ،‬وذلك لتفادي حصول التواصل بني املكتتبني‪ ،‬فيام أثار‬
‫جاك تالينو‪ ،‬الخبري يف التجارة واالندماج االقتصادي وممثل برنامج‬
‫دعم اتفاق الرشاكة بني الجزائر واالتحاد األورويب‪ ،‬العالقة الكامنة بني‬
‫التواطؤ يف الصفقات العمومية وقضايا الفساد والرشوة‪ ،‬معتربا بأنه‬
‫عادة ما تكون حاالت التواطؤ مرتبطة بجرائم الفساد‪ ،‬ما يستدعي‬
‫حسبه بذل جهود كبرية ال جراء التحقيقات حول حاالت اإلكتاب‬
‫املشبوهة‪.‬‬
‫وإذ لفت إىل أن القانون ال مينع اشرتاك املؤسسات وإنشائها ملجمع‬
‫من أجل االكتتاب يف صفقة معينة‪ ،‬اقرتح تشكيل أعوان مكلفني‬
‫مبعاينة وتسيري الصفقات العمومية عىل مستوى الجامعات املحلية‪،‬‬
‫وذلك بغرض رصد العمليات املشبوهة والتدقيق فيها قبل إخطار‬
‫الهيئات املختصة يف مكافحتها‪.‬‬
‫رغم تراجع حاالت‬
‫التالعب يف الصفقات العمومية مل يتوقف‬
‫أطلق مجلس املنافسة أمس صافرة إنذار لكافة الهيئات اإلدارية‬
‫واملؤسسات العمومية املكلفة بتسيري الصفقات العمومية‪ ،‬يحذرهم‬
‫من ظاهرة التواطؤ يف الصفقات العمومية التي تشمل اتفاقات‬
‫بني مجمعات اقتصادية تتفاهم فيام بينها بطريقة رسية من أجل‬
‫االستحواذ عىل الصفقات العمومية يف الجزائر‪ ،‬وتكبد بذلك الخزينة‬
‫العمومية خسائر رهيبة‪.‬‬
‫فقد سعى املجلس من خالل اليوم الدرايس الذي نظمه أمس بإقامة‬
‫امليثاق بالعاصمة حول «مؤرشات التواطؤ يف الصفقات العمومية»‬
‫إىل تحسيس مختلف املتدخلني يف مسار إنجاز الصفقات العمومية‪،‬‬
‫فضال عن الهيئات القضائية ومصالح الرقابة والضبط اإلقتصادي‪،‬‬
‫بخطورة هذه الظاهرة التي متس مختلف دول العامل‪ ،‬وتستدعي‬
‫حسب رئيس مجلس املنافسة عامرة زيتوين‪ ،‬التنسيق بني مختلف‬
‫املصالح الوطنية وكذا مع الرشكاء األجانب‪ ،‬ملكافحتها والوقاية منه‪.‬‬
‫غري أن املتحدث مل ينف يف سياق متصل وجود صعوبات يف العمل‬
‫مع الرشكاء األجانب للحد من ظاهرة التواطؤ يف الصفقات العمومية‪،‬‬
‫حيث ذكر بتجربة خاضها املجلس العام املايض (‪ )2014‬مع دولة‬
‫أجنبية‪ ،‬حيث طلب منها التعاون للكشف عن تواطؤ مؤسسات‬
‫تابعة لها يف صفقات عمومية بالجزائر‪« ،‬غري أن التعاون مل يستمر‬
‫طويال لثالثة أسباب تتعلق بالحاجة إىل متويل التحريات خارج‬
‫الوطن وعدم تجانس االجراءات القانونية‪ ،‬فضال عن تحجج الرشيك‬
‫بعدم القدرة عىل إفشاء الرس االقتصادي‪».‬‬
‫ويف حني تعذر عىل كافة املحارضين خالل اللقاء تقديم إحصائيات‬
‫حول تفيش الظاهرة يف الجزائر عىل اعتبار أن الكشف عنها يتطلب‬
‫قيام املتعاملني من أصحاب الطلب العمومي أواملكتتبني املتنافسني‬
‫يف املناقصات الدولية بإخطار مجلس املنافسة أوالهيئات القضائية‬
‫املختصة‪ ،‬إال أن الجميع أجمع عىل وجود هذه الظاهرة‪ ،‬وعىل عجز‬
‫اإلجراءات القانونية وحدها وبالرغم من نجاعتها من القضاء عىل‬
‫هذه اآلفة‪ ،‬التي شبهها السيد زيتوين بـ‪« :‬الداء الخبيث الذي ينخر‬
‫الجسد يف صمت»‪.‬‬
‫ولفت نفس املسؤول إىل أن هيئته شاركت يف األشهر األخرية يف‬
‫اجتامع دول منظمة التعاون األورويب‪ ،‬الذي كشف عن أرقام مخيفة‬
‫حول تفيش «هذا الداء» الذي يتسبب يف نهب نحو ‪ 6‬باملائة من‬
‫الدخل الخام للدول االوروبية‪.‬‬
‫وبحسب عضو مجلس املنافسة‪ ،‬جياليل سليامين‪ ،‬فإن التدابري‬
‫الترشيعية التي تضمن الوقاية من التواطؤ يف الصفقات العمومية‪،‬‬
‫تم التنصيص عليها يف القانون ‪ 03/03‬الذي ينظم عمل مجلس‬
‫املنافسة وكذا يف القانون ‪ 15/247‬املعدل لقانون الصفقات‬
‫العمومية‪ ،‬حيث تعاقب أحكام النصني املامرسات املشبوهة التي‬
‫متس بقواعد املنافسة‪ ،‬موضحا بأن القضاء هو الجهة املخولة بإقرار‬
‫األحكام الردعية ضد هذه املامرسات‪ .‬وأشار يف نفس السياق إىل أنه‬
‫من بني األعامل التي تثري الشبهة يف الصفقات العمومية إعداد دفاتر‬
‫رشوط تخدم مصالح مؤسسات بعينها عىل حساب مؤسسات أخرى‪،‬‬
‫وفيام أوضح بان املجلس ال يتوفر عىل األرقام التي تخص املخالفات‬
‫املسجلة يف السنوات األخرية‪ ،‬كشف عن تسجيل ‪ 73‬حالة استفادة‬
‫مؤسسات من امتيازات غري مربرة يف ‪ ،2010‬بينام تراجع عدد هذه‬
‫الحاالت إىل ‪ 39‬حالة يف ‪. 2012‬‬
‫وأشار عضو مجلس املنافسة إىل أن أهمية وضخامة االستثامرات‬
‫الصفقات العمومية يف الجزائر‪ ،‬تعد عامال مثريا للمامرسات املشبوهة‬
‫والتحايل عىل قواعد املنافسة‪ ،‬وإلبراز أهمية الصفقات العمومية‬
‫بالجزائر‪ ،‬ذكر بنتائج الدراسة التي أجراها املجلس يف أوت ‪،2014‬‬
‫رأي خبري‬
‫تعيد النظر يف رشوط املنافسة»‬
‫ب‪ -‬معايري تقييم العروض‬
‫تنص املادة ‪ 78‬من املرسوم الرئايس‪15-247‬‬
‫املتضمن قانون الصفقات العمومية‪« :‬يجب‬
‫أن تكون معايري اختيار املتعامل املتعاقد‬
‫ووزن كل منها مرتبطة مبوضوع الصفقة وغري‬
‫متيزية ‪ ،»...‬و هذا يتضمن‪:‬‬
‫‪ -1‬تالئم نظام التقييم مع أهمية العنارص‪:‬‬
‫وهذا ما نصت عليه املادة ‪ 79‬من املرسوم‬
‫الرئايس ‪ 247-15‬املتضمن قانون الصفقات‬
‫العمومية‪:‬‬
‫«يجب أن يكون نظام تقييم العروض‬
‫التقنية‪ ،‬مهام يكن اجراء االبرام املختار متالمئا‬
‫مع طبيعة كل مرشوع وتعقيده وأهميته»‬
‫‪ -2‬مراعاة املنافسة عند تقييم العروض كاأليت‪:‬‬
‫‪ u‬إمكانية رفض لجنة‬
‫تقييم العروض العرض املقبول إذا ثبت‬
‫أنه منخفض بشكل غري عادي‬
‫يعرتف قانون الصفقات العمومية بإمكانية‬
‫أن ترفض لجنة تقييم العروض العرض‬
‫املقبول إذا ثبت إن العرض منخفض بشكل‬
‫غري عادي وهذا ما نصت عليه املادة ‪72‬‬
‫من املرسوم الرئايس‪ 247-15‬املتضمن قانون‬
‫الصفقات العمومية ‪« :‬وإذا كان العرض‬
‫املايل للمتعامل االقتصادي املختار مؤقتا‪،‬‬
‫يبدو منخفضا بشكل غري عادي‪ ،‬فإنه ميكن‬
‫املصلحة املتعاقدة أن ترفضه بقرار معلل‪،‬‬
‫بعد أن تطلب كتابيا‪ ،‬التوضيحات التي تراها‬
‫مالمئة‪ ،‬والتحقق من التربيرات املقدمة»‬
‫‪ u‬رفض العرض الذي يرتتب‬
‫عنه هيمنة املتعامل املتعاقد‬
‫عىل السوق‬
‫كام ميكن للجنة تقييم العروض أن ترفض‬
‫العرض الذي يرتتب عنه هيمنة املتعامل‬
‫املتعاقد عىل السوق وهو ما نصت عليه‬
‫املادة ‪ 72‬من املرسوم الرئايس‪247/15‬‬
‫املتضمن قانون الصفقات العمومية‪:‬‬
‫«ميكن للجنة تقييم العروض أن تقرتح عىل‬
‫املصلحة املتعاقدة رفض العرض املقبول‪ ،‬إذا‬
‫ثبت أن مامرسات املتعهد املعني تشكل تعسفا‬
‫يف وضعية هيمنة عىل السوق أو يتسبب يف‬
‫اختالل املنافسة يف القطاع املعني بأي طريقة‬
‫ويجب أن يبني يف هذه الحالة حق رفض‬
‫عرض من هذا النوع كام ينبغي يف دفرت‬
‫رشوط املناقصة»‪.‬‬
‫‪ u‬حالة تنازل املتعامل‬
‫املتعاقد عن الصفقةكعقوبة للشخص‬
‫املتنازل‬
‫الذي يعترب كمعرقل للسري الحسن للصفقة‬
‫وسبب يف تأجيلها وتأخريها‪ ،‬أقر املرشع‬
‫للمصلحة املتعاقدة الحق من منع هذا‬
‫املتعامل االقتصادي من املشاركة يف صفقاتها‬
‫ملدة ال تتجاوز سنة واحدة‪ ،‬كام ميكنها حجز‬
‫كفالة التعهد كتعويض مايل‪ ،‬وذلك طبعا إذا‬
‫اقتىض األمر ذلك‪.‬‬
‫املادة ‪ 125‬مكرر من املرسوم الرئايس ‪136/10‬‬
‫املتضمن قانون الصفقات العمومية املعدل‬
‫واملتمم ‪« :‬إذا تنازل املتعامل االقتصادي عن‬
‫صفقة منحت له بدون عذر مقبول قبل‬
‫تبليغه الصفقة أو رفض اإلشعار باستالم تبليغ‬
‫الصفقة يف اآلجال املحددة لذلك‪ ،‬فانه ميكن‬
‫للمصلحة املتعاقدة مواصلة تقييم العروض‬
‫الباقية مع مراعاة مبدأ حرية املنافسة‬
‫ومتطلبات السعر والجودة واآلجال»‪.‬‬
‫‪ u‬إرساء الصفقة‬
‫تبلغ نتائج تقييم العروض املالية و التقنية يف‬
‫إعالن املنح املؤقت للصفقة‪.‬‬
‫ال تبلغ يف إعالن املنح املؤقت للصفقة إال‬
‫نتائج تقييم العروض التقنية و املالية ملن‬
‫منح الصفقة مؤقتا‪ ،‬أما فيام يخص املتعهدين‬
‫األخريني فانه يتعني عىل املصلحة املتعاقدة‬
‫أن تدعو يف نفس اإلعالن أولئك الراغبني‬
‫منهم يف االطالع عىل النتائج املفصلة لتقييم‬
‫عروضهم التقنية و املالية باالتصال مبصالحها‪.‬‬
‫تسمح اإلدارة باإلعالن عن املنح املؤقت‬
‫للصفقة للمشاركني اآلخرين من االطالع‬
‫عىل النتيجة مع حقهم يف الطعن تكريسا‬
‫ملبدأ الشفافية يف تطبيق اإلجراءات املتعلقة‬
‫بالطعن‪.‬‬
‫تلتزم املصلحة املتعاقدة بتطبيق‬
‫املبادئ العامة التي نص عليها قانون‬
‫الصفقات العمومية وخاصة املتعلقة‬
‫منها بتكريس منافسة فعالة بني‬
‫املرتشحني للطلبات العمومية‪ ،‬ولكن‬
‫رغم ذلك يوجد بعض الفراغ الترشيعي‬
‫الذي قد يؤدي باإلدارة اىل التعسف يف‬
‫استعامل حقها عند تحديد الحاجات‬
‫و اختيار الكيفية املناسبة إلبرام‬
‫الصفقة و كيفية اإلعالن عنها‪.‬‬
‫يوجد بعض الفراغ‬
‫التشريعي الذي‬
‫قد يؤدي باإلدارة‬
‫الى التعسف في‬
‫استعمال حقها‬
‫عند حتديد احلاجات‬
‫واختيار الكيفية‬
‫املناسبة إلبرام‬
‫الصفقة وكيفية‬
‫اإلعالن عنها‪.‬‬
‫فتح االظرفة‪ ،‬املنصوص عليها يف املادة‬
‫‪ 66‬من هذا املرسوم‪ .‬وتدعو املصلحة‬
‫املتعاقدة كل املرشخني أو املتعهدين‬
‫لحضور جلسة فتح األظرفة‪ ،‬حسب‬
‫الحالة‪ ،‬يف اعالن املنافسة أو عن طريق‬
‫رسالة موجهة للمرشحني أو املتعهدين‬
‫املعنيني»‬
‫كام نصت املادة ‪ 8/71‬من املرسوم الرئايس‬
‫‪ :247-15‬تقوم اللجنة بدعوة املرشحني أو‬
‫املتعهدين عند االقتضاء كتابيا عن طريق‬
‫املصلحة املتعاقدة إىل استكامل عروضهم‬
‫التقنية تحت طائلة رفض عروضهم بالوثائق‬
‫الناقصة أو غري الكاملة املطلوبة‪ ،‬باستثناء‬
‫املذكرة التقنية التربيرية‪ ،‬يف أجل أقصاه ‪10‬‬
‫أيام ابتداء من تاريخ فتح األظرفة‪ .‬ومهام‬
‫يكن من أمر تستثنى من طلب االستكامل‬
‫كل الوثائق الصادرة من املتعهد واملتعلقة‬
‫بتقييم العروض‪.‬‬
‫يعترب هذا اإلجراء مبثابة تفعيل أكرث ملبدأ‬
‫املساواة بني املرتشحني متنح من خاللها اإلدارة‬
‫فرص متكافئة لهؤالء تضمن لهم منحهم‬
‫وقت إضايف الستكامل عروضهم بالوثائق‬
‫الالزمة عوض رفضها بصفة نهائية تحرمهم‬
‫من فرصة أكيدة لنيل الصفقة خاصة إذا كان‬
‫العرض املايل ألحد هؤالء هو األفضل‪.‬‬
‫‪ u‬إعالم املرتشحني مسبقا وإعالمهم عند متديد‬
‫أجل العروض‬
‫‪ u‬عدم التفاوض مع املتعهدين‪ :‬تنص املادة‬
‫‪ 80‬من املرسوم الرئايس ‪ 247-15‬املتضمن‬
‫قانون الصفقات العمومية‪:‬‬
‫« ال يسمح بأي تفاوض مع املتعهدين يف‬
‫اجراء طلب العروض‪.‬‬
‫غري أنه ميكن للمصلحة املتعاقدة للسامح‬
‫مبقارنة العروض أن تطلب من املتعهدين‬
‫كتابيا توضيح وتفصيل فحوى عروضهم‪.‬‬
‫ولكن ال ميكن‪ ،‬بأي حال من األحوال أن‬
‫يسمح جواب املتعهد بتعديل عرضه أو التأثري‬
‫يف املنافسة‪.‬‬
‫كام ميكن املصلحة املتعاقدة‪ ،‬بعد منح‬
‫الصفقة وبعد موافقة حائز الصفقة العمومية‪،‬‬
‫أن تضبط الصفقة و تحسن عرضه‪ ،‬غري أنه ال‬
‫ميكن بأي حال من االحوال هذه العملية أن‬
‫‪ u‬تكريس منافسة حقيقية و رشيفة‬
‫‪ u‬الحصول عىل عروض كثرية و متنوعة‬
‫‪ u‬تأمني نجاعة الطلبات العمومية‬
‫‪ u‬ضامن حسن استعامل األموال العمومية‬
‫‪ - 3‬متديد آجال تحضري العروض‬
‫يف حالة ما إذا رأت املصلحة املتعاقدة أن‬
‫األجل شارف عىل االنتهاء ومل تستقبل أي‬
‫عرض أو استقبلت عروض ضئيلة‪ ،‬لها أن تقوم‬
‫بتمديد آجال تحضري العروض إذا اقتضت‬
‫الظروف ذلك ويف هذه الحالة تخرب املصلحة‬
‫املتعاقدة املرتشحني بكل الوسائل‪ ،‬وهذا‬
‫لتفادي اإلعالن عن عدم جدوى الصفقة‪.‬‬
‫ثانيا‪ :‬التزام اإلدارة بإعامل‬
‫املنافسة عند إبرام و إرساء‬
‫الصفقة‬
‫تلتزم اإلدارة عند إبرامها للصفقات باعتامدها‬
‫مبدأ املنافسة و ذلك باللجوء إىل كيفية طلب‬
‫العروض التي تعترب كمبدأ عام يف اإلبرام مع‬
‫منحها و بصفة استثنائية الحق يف اللجوء إىل‬
‫كيفية الرتايض يف حاالت محددة قانونا‪.‬‬
‫‪ - 1‬جعل طلب العروض كقاعدة عامة لإلبرام‬
‫تنص املادة ‪ 39‬من املرسوم الرئايس ‪247/15‬‬
‫عىل أن‪« :‬تربم الصفقات العمومية وفقا‬
‫إلجراء طلب العروض الذي يشكل القاعدة‬
‫العامة أو وفقا إلجراء الرتايض»‬
‫عرف طلب العروض يف املادة ‪ 40‬من املرسوم‬
‫الرئايس‪ 247-15‬املتضمن قانون الصفقات‬
‫العمومية املعدل واملتمم ‪:‬‬
‫«طلب العروض هي إجراء يستهدف‬
‫الحصول عىل عروض من عدة متعهدين‬
‫متنافسني مع تخصيص الصفقة للعارض الذي‬
‫يقدم أفضل عرض»‬
‫يف تعريف طلب العروض نجد عنارص‬
‫املنافسة‪:‬‬
‫‪ u‬الدعوة إىل تقديم عروض‪،‬‬
‫‪ u‬وجود عدة متعهدين متنافسني‪،‬‬
‫‪ u‬اعتامد معيار أفضل عرض إلرساء الصفقة‪.‬‬
‫أما أشكال املناقصة فقد نصت عليها املادة‬
‫‪ 42‬من املرسوم الرئايس ‪ 247-15‬املتضمن‬
‫قانون الصفقات العمومية املعدل واملتمم‪:‬‬
‫«ميكن أن يكون طلب العروض وطنيا أو‬
‫دوليا‪ ،‬و ميكن أن يتم حسب أحد األشكال‬
‫االتية‪:‬‬
‫‪ u‬طلب العروض املفتوح‬
‫‪ u‬طلب العروض املفتوح مع اشرتاط‬
‫قدرات دنيا‬
‫‪ u‬طلب العروض املحدود‬
‫‪ u‬املسابقة»‬
‫يف طلب العروض املفتوح تطبق املنافسة‬
‫يف صورة كاملة بحيث يفتح املجال لجميع‬
‫املرتشحني املستوفني ألبسط الرشوط‪ ،‬بينام‬
‫يف طلب العروض املحدود ال يسمح بتقديم‬
‫تعهد إال للمرشحني الذين تتوفر فيهم بعض‬
‫الرشوط الدنيا املؤهلة التي تحددها املصالح‬
‫املتعاقدة مسبقا‪ ،‬لكن تبقى اإلدارة ملزمة‬
‫بجعل هذه الرشوط دنيا ومتناسبة مع‬
‫طبيعة وتعقيد وأهمية املرشوع‪.‬‬
‫واملسابقة أيضا تحمل املنافسة‪ ،‬فهي إجراء‬
‫يضع رجال الفن يف منافسة قصد إنجاز عملية‬
‫تشتمل عىل جوانب تقنية أو اقتصادية أو‬
‫جاملية أو فنية خاصة‪.‬‬
‫‪ - 2‬تأطري وتحديد اللجوء إىل الرتايض‬
‫يعترب الرتايض طريقة ثانية إلبرام الصفقات‬
‫ويتميز الرتايض بكونه األقرب إىل التعاقد يف‬
‫القانون املدين‪ ،‬ولطاملا يعاب عىل الرتايض‬
‫كونه يصبح منفذا للمحاباة ومن أجل هذا‬
‫يسعى املرشع إىل تقييده و تأطريه‪ ،‬ف ُذكِر‬
‫الرتايض عىل أنه طريقة ثانية لإلبرام حسب‬
‫ما نصت عليه املادة ‪ 25‬من املرسوم الرئايس‬
‫‪ 10/236‬املتضمن قانون الصفقات العمومية‬
‫املعدل واملتمم«تربم الصفقات العمومية‪ ...‬أو‬
‫وفق إجراء الرتايض»‬
‫تحديد حاالت اإلبرام‬
‫الرتايض البسيط‪ :‬نصت عليها املادة ‪ 49‬من‬
‫املرسوم الرئايس ‪ 15-247‬املتضمن قانون‬
‫الصفقات العمومية املعدل واملتمم‪.‬‬
‫الرتايض بعد االستشارةنصت عليها املادة ‪50‬‬
‫من املرسوم الرئايس ‪ 247-15‬املتضمن قانون‬
‫‪ u‬الحفاظ عىل املنافسة يف حالة الرتايض بعد‬
‫االستشارة‪ :‬إن كون اإلدارة تلجأ إىل استشارة‬
‫أولية قبل إبرام الصفقة يعني وجود حد أدىن‬
‫من املنافسة يف هذه الطريقة‪.‬‬
‫‪ - 3‬التزام لجان الصفقات بإعامل املنافسة‬
‫نتوقف عند دور لجنة تقييم العروض وفتح‬
‫العروض وهذا من خالل معايري عمل اللجنة‬
‫املتمثلة يف‪:‬‬
‫أ ‪ -‬مبدأ العلنية‬
‫نصت املادة ‪ 70‬من املرسوم الرئايس‬
‫‪« :247-15‬يتم فتح االظرفة املتعلقة مبلف‬
‫الرتشح و العروض التقنية واملالية يف جلسة‬
‫علنية‪ ،‬خالل نفس الجلسة يف تاريخ وساعة‬
‫ لغرف التجارة والصناعة والحرف‬‫والفالحة ‪،‬‬
‫‪ -‬للمديرية التقنية املعنية يف الوالية‬
‫ب‪-‬متكني املرتشحني من الوثائق‬
‫تلتزم اإلدارة بتمكني جميع املرتشحني‬
‫من الحصول عىل الوثائق واملعلومات‬
‫املتعلقة بالصفقة وهذا ما نصت عليه املادة‬
‫‪ 63‬من املرسوم الرئايس ‪ 15-247‬املتضمن‬
‫قانون الصفقات العمومية‪ « .‬تضع املصلحة‬
‫املتعاقدة تحت ترصف املؤسسات دفرت‬
‫الرشوط والوثائق املنصوص عليها يف املادة‬
‫‪ 64‬أدناه‪،‬‬
‫و ميكن أن ترسل هذه الوثائق إىل املرشح‬
‫الذي يطلبها »‪.‬‬
‫يجب أن تتضمن هذه الوثائق كل املعلومات‬
‫املتعلقة بالصفقة وهذا حسب نص املادة‬
‫‪ 64‬من املرسوم الرئايس ‪ 15-247‬املتضمن‬
‫قانون الصفقات العمومية «يحتوي ملف‬
‫استشارة املؤسسات الذي يوضع تحت ترصف‬
‫املتعهدين عىل جميع املعلومات الرضورية‬
‫التي متكنهم من تقديم عروض مقبولة‪ ،‬ال‬
‫سيام ما يأيت‪:‬‬
‫ الوصف الدقيق ملوضوع الخدمات‬‫املطلوبة أو كل املتطلبات مبا يف ذلك‬
‫املواصفات التقنية وإثبات املطابقة ‪،‬‬
‫واملقاييس التي يجب أن تتوفر يف‬
‫املنتوجات أو الخدمات‪ ،‬وكذلك التصاميم‬
‫والرسوم والتعليامت الرضورية إن اقتىض‬
‫األمر ذلك‪،‬‬
‫ الرشوط ذات الطابع االقتصادي والتقني‬‫والضامنات املالية‪ ،‬حسب الحالة ‪،‬‬
‫ املعلومات أو الوثائق التكميلية املطلوبة‬‫من املتعهدين ‪،‬‬
‫ اللغة أو اللغات الواجب استعاملها يف‬‫تقديم التعهدات والوثائق التي تصحبها ‪،‬‬
‫ كيفيات التسديد ‪،‬‬‫ كل الكيفيات األخرى والرشوط التي‬‫تحددها املصلحة املتعاقدة والتي يجب أن‬
‫تخضع لها الصفقة ‪،‬‬
‫ األجل املمنوح لتحضري العروض‪،‬‬‫ أجل صالحية العروض‪،‬‬‫ آخر ساعة إليداع العروض والشكلية‬‫الحجية املعتمدة فيه ‪،‬‬
‫ ساعة فتح األظرفة ‪،‬‬‫ العنوان الدقيق حيث يجب أن تودع‬‫التعهدات» ‪.‬‬
‫ج‪-‬أجل تحضري العروض‪:‬‬
‫يعترب أجل تحضري العروض من بني النقاط‬
‫املؤثرة عىل املنافسة‪ ،‬والذي نصت عليه‬
‫املادة ‪ 66‬الفقرة ‪ 04‬منها من املرسوم الرئايس‬
‫‪ 247-15‬املتضمن قانون الصفقات العمومية‬
‫املعدل واملتمم بنصها عىل انه « ومهام يكن‬
‫من أمر فانه يجب أن يفسح األجل املحدد‬
‫لتحضري العروض املجال واسعا ألكرب عدد‬
‫ممكن من املتنافسني»‪.‬‬
‫يتضح من نص املادة أن املرشع الجزائري‬
‫استعمل اآلجال املحددة لتحضري العروض‬
‫كمعيار لتفعيل املنافسة واستقطاب اكرب عدد‬
‫من املشاركني للرتشح للصفقة املعلن عنها من‬
‫املصلحة املتعاقدة‪.‬‬
‫*يف هذا الصدد سنتطرق إىل كيفية اإلعالن‬
‫عن اآلجال املمنوحة لتحضري العروض و‬
‫بعدها نقوم بالتطرق إىل طبيعة اآلجال‬
‫املمنوحة لتحضري العروض ودورها يف تكريس‬
‫مبدأ املنافسة ومنح فرص اكرب للمرتشحني‬
‫للمشاركة يف الصفقات العمومية ‪.‬‬
‫الجدير بالذكر هنا هو أن القانون ترك تحديد‬
‫هذه اآلجال للمصلحة املتعاقدة و مل يحددها‬
‫بنص قانوين‪ ،‬و اقر فقط انه يجب أن تفتح‬
‫املجال واسعا للمنافسة‪.‬‬
‫مل يتضمن هذا املرسوم كسابقه آجاال محددة‬
‫لتحضري العروض باالستناد إىل اإلجراء املختار‬
‫إلبرام الصفقة‪ ،‬و لقد جاء بصفة عامة مؤكدا‬
‫عىل أن تسمح‪ ،‬كام سبق ذكره ‪ ،‬هذه اآلجال‬
‫بفتح باب املنافسة بني املرتشحني‪ ،‬إال انه تم‬
‫إدراج بعض العنارص التي ميكن عىل أساسها‬
‫تحديد هذه اآلجال و نقطة انطالقها باإلضافة‬
‫إىل متديدها يف حالة الرضورة‪.‬‬
‫‪ 1‬تحديد أجل تحضري العروض‪:‬‬‫تحدد املصلحة املتعاقدة اجل تحضري العروض‬
‫باالستناد إىل تاريخ نرشها األول إما يف النرشة‬
‫الرسمية لصفقات املتعامل العمومي‬
‫(‪ )BOMOP‬أو يف الصحافة‪.‬‬
‫يجب اإلشارة إىل أن مدة تحضري العروض التي‬
‫تكون قصرية جدا‪ ،‬ميكن اعتبارها كاخرتاق‬
‫ملبدأ املساواة بني املرتشحني‪.‬‬
‫‪ 2‬العنارص التي يحدد عىل أساسها اجل‬‫تحضري العروض‪:‬‬
‫تكون إما عىل أساس طبيعة موضوع الصفقة‬
‫يف حد ذاته و مدى تعقيده و إما عىل أساس‬
‫املدة التقديرية الالزمة لتحضري العروض و‬
‫إيصال التعهدات‪.‬‬
‫كام أن هذه اآلجال يجب أن تسمح مبا ييل‪:‬‬
‫الوصول للطلبات العمومية واملساواة يف‬
‫معاملة املرشحني وشفافية اإلجراءات‪ ،‬ضمن‬
‫احرتام أحكام هذا املرسوم»‪.‬‬
‫ومن أجل ذلك يجب عىل اإلدارة إىل متكني‬
‫جميع املؤسسات من املعلومات املتعلقة‬
‫بالصفقات وذلك من خالل اإلشهار ومتكني‬
‫املرتشحني من الوصول إىل جميع الوثائق‬
‫املتعلقة بالصفقة‪.‬‬
‫أ‪-‬اإلشهار‬
‫يكتيس اإلشهار الصحفي طابعا إلزاميا يف‬
‫الحاالت التي نصت عليها املادة ‪ 61‬من‬
‫املرسوم الرئايس ‪ 247-15‬املتضمن قانون‬
‫الصفقات العمومية « يكون اللجوء إىل‬
‫اإلشهار الصحفي إلزاميا يف الحاالت اآلتية‪:‬‬
‫ طلب العروض املفتوح‪،‬‬‫ طلب العروض املفتوح مع اشرتاط قدرات‬‫دنيا‪،‬‬
‫الرتايض بعد االستشارة عند االقتضاء‬‫ طلب العروض املحدود‪،‬‬‫‪ -‬املسابقة‪،‬‬
‫كام يحرر اإلعالن عن املناقصة بلغتني عىل‬
‫األقل‪ ،‬ضمنها اللغة العربية‪،‬‬
‫أما النرش فيجب أن يتم يف النرشة الرسمية‬
‫لصفقات املتعامل العمومي‪ ،‬ويف جريدتني‬
‫وطنيتني موزعتني عىل املستوى الوطني‪.‬‬
‫وهو ما نصت عليه املا ّدة ‪ 65‬من املرسوم‬
‫العمومي «يح ّرر إعالن طلب العروض باللغة‬
‫العربية وبلغة أجنبية واحدة عىل األقل‪ .‬كام‬
‫ينرش‪ ،‬إجباريا‪ ،‬يف النرشة الرسمية لصفقات‬
‫املتعامل العمومي )ن‪.‬ر ‪.‬ص‪.‬م ‪.‬ع ( وعىل‬
‫األقل يف جريدتني يوميتني وطنيتني موزعتني‬
‫عىل املستوى الوطني» ‪.‬‬
‫يدرج إعالن املنح املؤقت للصفقة يف الجرائد‬
‫التي نرش فيها إعالن املناقصة‪ ،‬عندما يكون‬
‫ذلك ممكنا‪ ،‬مع تحديد السعر‪ ،‬وآجال اإلنجاز‬
‫وكل العنارص التي سمحت باختيار صاحب‬
‫ويكون اإلشهار أيضا إلزاميا يف حالة طلبات‬
‫العروض املحلية التي ال تصل عتبة معينة‬
‫بحيث يستلزم نرشها يف جرائد محلية أو‬
‫جهوية ويف مقر الهيئات املحلية وغرف‬
‫التجارة والصناعة واملديرية التقنية املعنية‬
‫وهذا ما ذهبت إليه املادة ‪ 65/3‬من املرسوم‬
‫الرئايس ‪247-15‬املتضمن قانون الصفقات‬
‫«ميكن إعالن مناقصات الواليات والبلديات‬
‫واملؤسسات العمومية ذات الطابع اإلداري‬
‫املوضوعة تحت وصايتها والتي تتضمن‬
‫صفقات أشغال أو لوازم ودراسات أو خدمات‬
‫يساوي مبلغها تبعا لتقدير إداري‪ ،‬عىل التوايل‪،‬‬
‫مائة مليون دينار ) ‪100000000‬دج ( أو يقل‬
‫عنها وخمسني مليون دينار ) ‪ 50000000‬دج‬
‫( أو يقل عنها ‪ ،‬أن تكون محل إشهار‬
‫محيل ‪ ،‬حسب الكيفيات اآلتية ‪:‬‬
‫‪ u‬نرش إعالن املناقصة يف يوميتني محليتني‬
‫أو جهويتني‬
‫‪ u‬إلصاق إعالن املناقصة باملقرات املعنية ‪:‬‬
‫ للوالية ‪،‬‬‫‪ -‬لكافة بلديات الوالية ‪،‬‬
‫ناحية توفري فرص متكافئة للمرتشحني للظفر‬
‫بالصفقة‪.‬‬
‫‪ - 1‬احرتام املنافسة عند تحديد الحاجات‬
‫إن اختيار طريقة اإلبرام يتحدد طبقا للمبلغ‬
‫وخصائص الخدمات التي ستنفذ‪ ،‬وهذا ما‬
‫يتطلب تحديدا دقيقا وواضحا للحاجات قبل‬
‫إعالن عن الصفقة‪.‬‬
‫يجب عىل أعوان اإلدارة أن يبذلوا عناية‬
‫عند إعداد الحاجات‪ ،‬ليك يتم إبرام صفقات‬
‫تستجيب للتطلعات املرجوة منها يف ظل‬
‫إحرتام تعدد العروض‪.‬‬
‫ولقد نصت املادة ‪ 27‬من املرسوم الرئايس‬
‫‪ 247/15‬املتضمن قانون الصفقات العمومية‬
‫«تحدد حاجات املصالح املتعاقدة الواجب‬
‫تلبيتها‪ ،‬املعرب عنها بحصة وحيدة أو بحصص‬
‫منفصلة‪ ،‬مسبقا قبل الرشوع يف أي إجراء‬
‫إلبرام صفقة‪.‬‬
‫ويجب إعداد الحاجات من حيث طبيعتها‬
‫وكميتها بدقة‪ ،‬استنادا إىل مواصفات تقنية»‬
‫يجب أن يكون تحديد الحاجات مفصال‬
‫بشكل واضح‪ ،‬وفيام يتعلق باملنتوج يجب أن‬
‫توضح كل املقاييس واملعايري املرتبطة به دون‬
‫توجبه للحاجات نحو منتوج معني‪.‬‬
‫كام يجب أن تراعي اإلدارة عند اللجوء إىل‬
‫تحصيص الصفقات وجود املنافسة بني‬
‫مختلف املتعاملني وذلك من خالل تبسيط‬
‫الصفقات وهو ما يسمح ألكرب عدد من‬
‫املؤسسات بتقديم عروضها‪ ،‬خاصة ترقية‬
‫دخول املؤسسات الصغرية واملتوسطة‬
‫للصفقات العمومية‪.‬‬
‫وهذا ما ذهبت اليه املادة ‪ 31‬من املرسوم‬
‫الرئايس ‪ 247/15‬املتضمن قانون الصفقات‬
‫العمومية«ميكن تلبية الحاجات املذكورة يف‬
‫املادة ‪ 27‬أعاله‪ ،‬يف شكل حصة وحيدة أو‬
‫يف شكل حصص منفصلة‪ .‬وتخصص الحصة‬
‫الوحيدة لرشيك متعاقد واحد‪ ،‬كام هو‬
‫محدد يف املادة‪ 37‬من هذا املرسوم‪ .‬وتخصص‬
‫الحصص املنفصلة إىل متعامل متعاقد أو‬
‫أكرث‪ .‬ويف هذه الحالة‪ ،‬يجب تقييم العروض‬
‫حسب كل حصة‪.‬‬
‫اللجوء للتحصيص الواجب القيام به كلام‬
‫أمكن ذلك‪ ،‬حسب طبيعة وأهمية العملية‪،‬‬
‫ومراعاة للمزايا االقتصادية واملالية و ‪/‬‬
‫أو التقنية التي توفرها هذه العملية‪ ،‬من‬
‫اختصاص املصلحة املتعاقدة التي يجب عليها‬
‫تعليل اختيارها عند كل رقابة متارسها أي‬
‫سلطة مختصة‪ ،‬يف ظل احرتام أحكام املادة‬
‫‪ 27‬أعاله» ‪.‬‬
‫‪ - 2‬احرتام املنافسة عند إعداد دفاتر الرشوط‬
‫متثل دفاتر الرشوط الجانب الشكيل املهم‬
‫يف الصفقات العمومية ومتثل واحدة من‬
‫النقائص التي متيز قانون الصفقات العمومية‬
‫الجزائري ويعتربها األستاذ رشيف بن ناجي‬
‫«نقطة ضعف قانون الصفقات العمومية يف‬
‫الجزائر» (‪.)5‬‬
‫ودفاتر الرشوط ثالثة أنواع حسب ما نصت‬
‫عليه املادة ‪ 26‬من املرسوم الرئايس ‪247/15‬‬
‫‪1 .1‬دفاتر البنود اإلدارية العامة املطبقة عىل‬
‫صفقات األشغال واللوازم والدراسات‬
‫والخدمات املوافق عليها مبوجب مرسوم‬
‫تنفيذي‪،‬‬
‫‪2 .2‬دفاتر التعليامت املشرتكة‪ ،‬التي‬
‫تحدد الرتتيبات التقنية املطبقة عىل‬
‫كل الصفقات املتعلقة بنوع واحد‬
‫من األشغال واللوازم والدراسات أو‬
‫الخدمات‪ ،‬املوافق عليها بقرار من‬
‫الوزير املعني‪،‬‬
‫‪3 .3‬دفاتر التعليامت الخاصة التي تحدد‬
‫الرشوط الخاصة بكل صفقة‪.‬‬
‫تحرص اإلدارة إعداد دفرت التعليامت الخاص‬
‫بالصفقة‪ ،‬عىل تضمينها مجموعة من األحكام‬
‫التي تكرس املنافسة‪ ،‬ومن خالل إخضاع‬
‫دفاتر الرشوط لدراسة لجان الصفقات‬
‫وتقدميها تأشرية باملوافقة‪ ،‬ومن بني األحكام‬
‫اإللزامية التي نص قانون الصفقات العمومية‬
‫عىل تضمينها يف دفاتر الرشوط نجد‪:‬‬
‫‪ u‬تحديد الحاجات‪.‬‬
‫‪ u‬إمكانية اللجوء إىل التحصيص من عدمه‪،‬‬
‫‪ u‬أجل تحضري العروض‪،‬‬
‫‪ u‬معايري اختيار املتعاقد ووزنها‪ ،‬املادة ‪.78‬‬
‫‪ u‬اللجوء إىل التعامل الثانوي‪.‬‬
‫‪ - 3‬التزام اإلدارة مبعاملة متساوية للمرتشحني‬
‫إن مبدأ املساواة هو من أهم املبادئ‬
‫الدستورية التي وجدت تطبيقا لها يف‬
‫القانون االقتصادي منذ فرتة طويلة‪ ،‬وأدمج‬
‫يف ‪ 2008‬كام أرشنا سابقا يف قانون الصفقات‬
‫العمومية «لضامن نجاعة الطلبات العمومية‬
‫واالستعامل الحسن للامل العام‪ ،‬يجب أن‬
‫تراعى يف الصفقات العمومية مبادئ حرية‬
‫(‪ .)5‬األستاذ رشيف بن ناجي‪ ،‬محارضات يف الصفقات العموميّة ألقيت عىل طلبة املاجستري كليّة الحقوق‪ ،‬جامعة الجزائر ‪.2005 ,01‬‬
‫إلتزام املصلحة املتعاقدة بإعامل املنافسة‬
‫يف الصفقات العمومية‬
‫أكرور مرييام‬
‫أستاذة محارضة كلية الحقوق‪ /‬جامعة الجزائر ‪01 -‬‬
‫متثل سنة ‪ 2008‬سنة مهمة يف عالقة قانون‬
‫الصفقات العمومية باملنافسة و هذا راجع‬
‫إىل صدور نصني قانونني متعلقني باملنافسة و‬
‫الصفقات العمومية‪:‬‬
‫أوال‪ :‬القانون ‪ 12-08‬املؤرخ يف ‪ 25‬يونيو‬
‫‪ 2008‬املعدل واملتمم لألمر ‪ 03-03‬املؤرخ يف‬
‫‪ 19‬يوليو ‪ 2003‬واملتعلق باملنافسة(‪)1‬‬
‫ثانيا‪ :‬املرسوم الرئايس ‪ 338/08‬املؤرخ‬
‫يف ‪ 26‬أكتوبر ‪ )2(2008‬املتضمن تعديل‬
‫املرسوم الرئايس ‪ 250/02‬املؤرخ يف ‪ 28‬يوليو‬
‫‪.)3(2002‬‬
‫وهــو مــا أفــى إىل قبــول رقابــة‬
‫مجلــس املنافســة عــى الصفقــات‬
‫العموميــة وإىل تقويــة وتكريــس‬
‫مبــادئ الطلــب العمومــي يف الصفقــات‬
‫العموميــةإذ نصــت املــادة الخامســة‬
‫مــن املرســوم الرئــايس ‪ 247-15‬املــؤرخ‬
‫يف ‪ 16‬ديســمرب ‪ 2015‬املتضمــن تنظيــم‬
‫الصفقــات العموميــة و تفويضــات‬
‫املرفــق العــام (‪ « : )4‬لضــان نجاعــة‬
‫الطلبــات العموميــة واالســتعامل‬
‫الحســن للــال العــام‪ ،‬يجــب أن‬
‫تراعــى يف الصفقــات العموميــة مبــادئ‬
‫حريــة الوصــول للطلبــات العموميــة‬
‫واملســاواة يف معاملــة املرشــحني‬
‫وشــفافية اإلجــراءات‪ ،‬ضمــن احــرام‬
‫أحــكام هــذا املرســوم»‪.‬‬
‫لقــد أصبحــت مبــادئ حريــة الوصــول‬
‫للطلبــات العموميــة واملســاواة يف‬
‫معاملة املرشــحني وشــفافية اإلجراءات‬
‫اآلن مبــادئ أساســية للطلــب العمومــي‬
‫بــل أصبحــت خاصيــة للصفقــات‬
‫العموميــة‪ ،‬وهــذه املبــادئ تطبــق عــى‬
‫كل الصفقــات العموميــة مهــا كان‬
‫(‪ .)1‬الجريدة الرسمية للجمهورية الجزائرية العدد ‪ 36‬املؤرخة يف ‪ 2‬يوليو ‪.2008‬‬
‫(‪ .)2‬الجريدة الرسمية العدد ‪ 62‬املؤرخة يف ‪ 09‬نوفمرب ‪.2008‬‬
‫(‪ .)3‬الجريدة الرسمية العدد ‪ 52‬املؤرخة يف ‪ 28‬يوليو ‪.2002‬‬
‫(‪.)4‬الجريدة الرسمية العدد ‪ 50‬املؤرخة يف ‪ 20‬سبتمرب ‪.2015‬‬
‫محلهــا‪ ،‬ومبلغهــا‪.‬‬
‫وهكــذا فقــد أصبــح لزامــا عــى‬
‫املصلحــة املتعاقــدة أن تضمن املنافســة‬
‫يف الصفقــة‪ ،‬مهــا كانــت إجــراءات‬
‫اإلبــرام ويف كل مراحــل الصفقــة بــن‬
‫كل املتعهديــن املتقدمــن بعــروض‪،‬‬
‫بــدون أي متييــز بينهــم‪.‬‬
‫فــا مــدى التـزام اإلدارة باعتبارها طرفا‬
‫يف الصفقــة بتطبيــق و تكريــس مبــدأ‬
‫املنافســة عنــد كل إجــراء تقــوم بــه‬
‫يف إطــار إعدادهــا للصفقــة ومــا هــي‬
‫املعايــر املتبعــة مــن طرفهــا يف ذلــك؟‬
‫وهــو مــا ســنحاول إب ـرازه مــن خــال‬
‫العنــارص اآلتيــة‪:‬‬
‫أوال‪ :‬التزام اإلدارة بإعامل‬
‫املنافسة يف مرحلة تحضري‬
‫تلتزم اإلدارة طبقا للسلطات املخولة لها‬
‫قانونا ويف إطار املحافظة عىل الطابع‬
‫الحيادي لها يف إعداد ملف الصفقة‪،‬‬
‫بتكريس مبدأ املنافسة سواء من ناحية‬
‫موضوع الصفقة يف حد ذاته أو من‬
‫‪ - 1‬مداخلة السيد سليامين جياليل ‪ -‬املقاربة االقتصادية للعالقة بني الصفقات العمومية‬
‫وقانون املنافسة‬
‫‪ - 2‬مداخلة السيد لعجال عمر ‪ -‬التنظيم يف مجال التواطؤ يف الصفقات العمومية‬
‫نسخة بالفرنسيّة‬
‫نسخة بالفرنس ّية‬
‫‪ - 3‬مداخلة السيد جاك تالينو ‪ -‬اثبات التواطؤ يف ابرام الصفقات العمومية حسب‬
‫تطبيقات االتحاد االورويب‬
‫‪ - 4‬مداخلة السيد وسيم بن حسني ‪ -‬العوامل التي تسهل تواطؤ املؤسسات يف ميدان‬
‫الصفقات العمومية‬
‫‪ - 5‬مداخلة االستاذة أكرور مرييام ‪ -‬التزام املصلحة املتعاقدة بإعامل املنافسة يف‬
‫نسخة بالعربيّة‬
‫‪ - 6‬مقاالت صحف ّية‬
‫نسخة بالعرب ّية و بالفرنس ّية‬
‫رسالة الرئيس‬
‫مجلس املنافسة يطالب بالضبط الف ّعال‬
‫لسوق الصفقات العمومية‬
‫عامرة زيتوين‬
‫رئيس مجلس املنافسة‬
‫لقــد قــرر مجلــس املنافســة تخصيــص عــدد خــاص مــن الجريــدة الرســمية‬
‫للمنافســة مــن أجــل تغطيــة أشــغال اليــوم الــدرايس الــذي نظمــه يــوم ‪16‬‬
‫ديســمرب ‪ 2015‬بإقامــة «جنــان امليثــاق» الجزائــر بعنــوان « مــؤرشات التواطــؤ‬
‫يف مجــال الصفقــات العموميــة »‪.‬‬
‫والجديــر بالذكــر أن هــذه العمليــة تــأيت بعــد تلــك التــي خصصــت لنــر أشــغال‬
‫اليــوم الــدرايس الــذي تــم تنظيمــه بنفــس املــكان يــوم ‪ 20‬مــاي ‪ 2015‬حــول‬
‫موضــوع ضبــط الســوق‪ ،‬وأثــره االيجــايب عــى حاميــة املســتهلك والكفــاءة‬
‫اإلقتصاديــة للمؤسســة‪.‬‬
‫إن القصــد مــن نــر أشــغال وفعاليــات األيــام الدراســية والنــدوات املنظمــة مــن‬
‫طــرف مجلــس املنافســة حــول املواضيــع التــي تدخــل ضمــن إختصاصاتــه هــو‬
‫إعــام الــرأي العــام وكل الجهــات املهتمــة باملنافســة عــن نشــاطات هــذه الهيئــة‪،‬‬
‫طبقــا ألحــكام املــادة «‪ »27‬مــن األمــر ‪ 03-03‬املــؤرخ يف ‪ 2003/07/19‬املعــدل واملتمــم املتعلــق باملنافســة‪ ،‬هــذا مــن جهــة‪،‬‬
‫واملســاهمة يف نــر ثقافــة املنافســة‪ ،‬مــن جهــة أخــرى‪.‬‬
‫وبالرجــوع إىل املوضــوع الــذي تــم اختيــاره لهــذا اليــوم الــدرايس فقــد فرضتــه الظــروف بالنظــر إىل الــرر الــذي لحــق بالخزينــة‬
‫العموميــة بســبب الســلوكيات واألفعــال غــر الرشعيــة املامرســة مــن طــرف املؤسســات املتنافســة كالتواطــؤ عنــد‬
‫تقديــم العــروض بهــدف توزيــع األســواق فيــا بينهــم‪.‬‬
‫لقد مت خالل هذا ا‬
‫إن مداخــات إطــارات اإلدارة املركزيــة وأســاتذة الجامعــات وكــذا الخـراء‬
‫ليوم الدراسي الكشف‬
‫الوطنيــون واألجانــب ســمحت بفتــح نقــاش واســع حــول املوضــوع‪ ،‬إبـراز‬
‫الفجوات في النصوص‬
‫اآلثــار الســلبية لهــذه الظاهــرة عــى إقتصــاد البلــد وأخـرا اقـراح بعــض‬
‫صة باملنافسة وكذا في‬
‫اإلجـراءات مــن أجــل محاربتهــا والحــد منهــا‪ ،‬وللتذكــر فان هــذه الظاهرة‬
‫صفقات العمومية‬
‫ت تكميلية‬
‫ليســت خاصــة بالجزائــر وإمنــا هــي منتــرة عــى مســتوى العــامل‪.‬‬
‫ؤس‬
‫وقــد إقــرح مجلــس املنافســة التكفــل بهــذه النقائــص وتصحيــح الوضــع‬
‫ت التي أعادة ارتكاب‬
‫املخال‬
‫ملج‬
‫(رفع مبلغ‬
‫يف إطــار مــروع تعديــل األمــر ‪ 03-03‬املــؤرخ يف ‪ ،2003/07/19‬املعــدل‬
‫الغرامة وم‬
‫ملش‬
‫صفقات‬
‫واملتمــم‪ ،‬املتعلــق باملنافســة الــذي بــات رضوريــا عمــا بنــص املــادة «‪»43‬‬
‫مومية ملدة معينة)‪.‬‬
‫مــن الدســتور املعــدل ســنة ‪ 2016‬التــي كرســت مبــادئ ضبــط الســوق‬
‫مــن طــرف الدولــة‪ ،‬عــدم التمييــز بــن املؤسســات يف إطــار منــح إعانــات‬
‫الدولــة‪ ،‬حاميــة املســتهلك ومنــع اإلحتــكار واملنافســة غــر الرشعيــة‪.‬‬
‫لإلشــارة‪ ،‬فــان مجلــس املنافســة ســبق وأن أرســل باقرتاحاتــه لــوزارة‬
‫التجارة من أجل تعديل األمر السالف الذكر طبقا ألحكام املادة «‪»34‬‬
‫من نفس األمر التي متنحه األهلية من أجل اقرتاح وإبداء الرأي بقصد تشجيع وضامن الضبط الفعال للسوق‪.‬‬
‫مؤشرات التواطؤ في ميدان‬
‫أعمال اليوم الدراسي‬
‫المنظم من طرف مجلس المنافسة‬
‫‪ 16‬ديسمبر ‪ - 2015‬إقامة الميثاق‬
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