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Timestamp: 2016-10-23 08:03:48+00:00
Document Index: 304948520

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 100', 'art. 46', 'art. 76', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 108', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 9', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 129', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 129', 'art. 129', 'ATF ', 'art. 129', 'art. 129', 'ATF ', 'art. 129', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66']

5A_93/2011 (13.09.2011)
5A_93/2011
A.________, repr�sent� par Me Nathalie Th�rler, avocate,
A.________, n� en 1962, et dame A.________, n�e en 1960, tous deux ressortissants britanniques, au b�n�fice d'un permis d'�tablissement � C �, se sont mari�s le 7 septembre 1991. Ils ont eu deux enfants, B.________ et C.________, n�s respectivement le 2 ao�t 1992 et le 14 janvier 1994.
Les conjoints se sont s�par�s en juillet 2004. Dame A.________ est demeur�e dans la villa familiale sise � D.________, tandis que A.________ a pris � bail un appartement de six pi�ces � E.________.
Par jugement du 9 janvier 2007, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a prononc� le divorce des �poux. Il a notamment astreint A.________ � payer � son ex-femme une contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois jusqu'� ce qu'il atteigne l'�ge l�gal de la retraite ou r�alise un autre cas de pr�voyance (ch. 8). Il a encore ordonn� le partage par moiti� des avoirs LPP et transmis la cause au Tribunal cantonal des assurances sociales pour le partage effectif (ch. 10). Il a enfin relev� que, moyennant partage par moiti� entre eux du produit net de la vente de la villa conjugale, soit apr�s d�duction du remboursement de la dette hypoth�caire, des honoraires du courtier, des taxes et de tous autres droits �ventuels, les parties avaient liquid� � l'amiable leur r�gime matrimonial et n'avaient plus aucune pr�tention r�ciproque de ce chef (ch. 11).
Le 1er d�cembre 2009, A.________ a demand� la modification de ce jugement, concluant � la suppression des aliments dus � son ex-femme, avec effet d�s le 1er septembre 2008, et au remboursement des contributions vers�es jusqu'� cette date. La demande �tait assortie d'une requ�te de mesures provisoires.
Le 12 mai 2010, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a rejet� les mesures provisoires. Sur le fond, il a modifi� le chiffre 8 du dispositif du jugement de divorce du 9 janvier 2007; il a suspendu la contribution d'entretien mensuelle de 3'000 fr. due � l'ex-�pouse, d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que la cr�direnti�re � ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale et d�finitive de travailler (ch. 1) �, confirm� pour le surplus en tant que de besoin le chiffre 8 (ch. 2), compens� les d�pens (ch. 3) et d�bout� les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
Le 17 d�cembre 2010, sur appel de dame A.________, la Chambre civile de la Cour de justice a annul� le chiffre 1 du dispositif de ce jugement; elle a notamment condamn� A.________ � verser � son ex-femme 2'000 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2009 et pr�vu l'indexation de ce montant.
A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � la r�forme de l'arr�t cantonal en ce sens que la contribution de 2'000 fr. en faveur de son ex-�pouse est suspendue d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que la cr�direnti�re ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale ou d�finitive de travailler. Il demande en outre que les d�pens, y compris ceux de la proc�dure cantonale, soient mis � la charge de l'intim�e.
Dame A.________ propose le rejet du recours. L'autorit� cantonale se r�f�re � ses consid�rants.
Le recours, qui est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), par l'autorit� de derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 LTF), dans une cause de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF), est recevable au regard de ces dispositions. Il a de plus �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), compte tenu des f�ries de No�l (art. 46 al. 1 let. c LTF), par la partie qui a succomb� dans ses conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente et qui a par cons�quent la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 aLTF; ATF 133 III 421 consid. 1.1).
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de la juridiction pr�c�dente, ni par les moyens des parties (ATF 133 III 545 consid. 2.2 p. 550). Cependant, compte tenu des exigences de motivation pos�es, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), � l'art. 42 al. 2 LTF, il n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui peuvent se poser lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 151). Le Tribunal f�d�ral n'examine la violation de droits constitutionnels que si ce grief a �t� d�ment invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� d'une mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 et les arr�ts cit�s), les critiques de nature appellatoire �tant irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arr�ts cit�s).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - soit de mani�re arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Le recourant qui entend s'�carter des constatations de la juridiction cantonale doit exposer de mani�re circonstanci�e en quoi les exceptions pr�vues par l'art. 97 al. 1 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi le Tribunal f�d�ral ne saurait tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui figurant dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 2 LTF; ATF 133 III 462 consid. 2.4 p. 466; 133 IV 150 consid. 1.3 p. 152).
De jurisprudence constante, lorsque la constatation des faits et l'appr�ciation des preuves sont critiqu�es pour violation de l'art. 9 Cst., le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� avant d'annuler une d�cision, vu le large pouvoir qu'il reconna�t dans ce domaine aux autorit�s cantonales (cf. notamment: ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399). Il n'intervient que si l'autorit� cantonale n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62) et si la d�cision se r�v�le en plus arbitraire dans son r�sultat (art. 97 al. 1 in fine LTF; cf. ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153; 133 II 257 consid. 5.1 p. 261; 133 III 462 consid. 4.4.1 p. 470). Ainsi, celui qui se plaint d'arbitraire ne saurait d�s lors se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une constatation des faits et une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arr�ts cit�s).
La Cour de justice a d'abord expos� les principes applicables � la modification du jugement de divorce. Elle a ensuite examin� si, depuis celui-ci, la situation financi�re du d�birentier s'�tait d�t�rior�e en raison de la crise �conomique, de son remariage et du fait qu'il venait d'avoir un enfant avec sa nouvelle �pouse, qui allait au demeurant r�duire son taux d'activit�. A cet �gard, elle a jug� que tel n'�tait pas le cas au vu des revenus de l'int�ress� (46'523 fr., soit 42'003 fr. [compte tenu d'une activit� � 50% de la nouvelle femme] + 4'520 fr. [revenus de la fortune mobili�re]; respectivement 50'837 fr., soit 46'317 fr. [en retenant une activit� � 100 % ] + 4'520 fr.) et de ses charges (23'455 fr.), qui lui laissaient un solde disponible sup�rieur � celui existant au moment du divorce (46'523 fr. - 23'455 fr. = 23'068 fr. // 40'000 fr. - 26'910 fr. = 13'090 fr.). En ce qui concerne la cr�direnti�re, elle a rappel� que le juge du divorce avait �valu� les revenus de l'int�ress�e � 7'000 fr. (rente AI [679 fr.]+ fortune mobili�re [6'250 fr.] + allocations familiales). Elle a par ailleurs constat� que l'ex-�pouse r�alisait d�sormais une activit� lucrative (7'016 fr. 90), qui ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui procurait 10'544 fr., ce qui lui permettait de couvrir ses charges fix�es � 9'913 fr. Elle a toutefois consid�r� que le premier juge s'�tait fond� � tort sur cette seule circonstance pour suspendre la contribution d'entretien en faveur de l'ex-�pouse car, ce faisant, il avait omis de tenir compte du crit�re du maintien du train de vie des parties durant le mariage, �l�ment qui avait �galement �t� d�cisif. Elle a ainsi rappel� que le juge du divorce avait retenu qu'au regard des revenus du mari, le train de vie mensuel de l'�pouse pouvait �tre �valu� � 10'000 fr. au minimum, ce qui, rapport� � ses charges mensuelles incompressibles d'alors (7'500 fr.) et ses revenus mensuels (7'000 fr.), lui laissait un � disponible � de 2'500 fr. Elle en a d�duit qu'il avait ainsi estim� qu'au-del� de la couverture de ses besoins courants, la femme devait disposer de 2'500 fr. pour maintenir le train de vie qui avait �t� le sien pendant le mariage. Elle a d�s lors jug� que, compte tenu de la situation financi�re actuelle de la cr�direnti�re (revenus mensuels de 10'544 fr. pour des charges incompressibles de 9'913 fr. = 630 fr.), il manquait 1'870 fr. pour que le train de vie, tel que d�fini par le juge du divorce, soit maintenu. Partant, elle a r�duit la contribution d'entretien � 2'000 fr. par mois, pr�cisant que les parties seraient libres de demander une nouvelle modification de cette contribution si la sant� de l'ex-�pouse devait se p�jorer et influer sur sa situation financi�re.
Le recourant s'en prend � ces consid�rations en tant qu'elles portent sur le montant des charges de l'intim�e. Plus particuli�rement, invoquant une appr�ciation arbitraire des preuves, respectivement une violation de l'art. 8 CC, il conteste les postes relatifs aux revenus de la fortune mobili�re et aux int�r�ts d'une dette de 480'000 fr. Il se plaint en outre d'une violation des principes de l'art. 129 CC.
Dans un premier grief, le recourant se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves en ce qui concerne les revenus de la fortune mobili�re de l'intim�e. Il soutient en bref que la Cour de justice aurait d� retenir � ce titre, non 2'500 fr. 50, mais 6'250 fr. � l'instar du juge du divorce ou, du moins, 5'029 fr. conform�ment � la d�claration d'imp�ts 2008 produite en proc�dure.
4.1 La Chambre civile a constat� que l'ex-�pouse exerce d�sormais une activit� lucrative � temps complet qui lui rapporte 7'016 fr. 90 net par mois et qui, ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui permet de r�aliser mensuellement 10'544 fr.
4.2 Il r�sulte de ces consid�rations que le montant retenu par l'autorit� cantonale � titre de revenus de la fortune mobili�re de l'intim�e s'�l�ve � 3'527 fr. 10 (10'544 fr. - 7'016 fr. 90), et non � 2'500 fr. 50 comme le soutient le recourant. Certes, dans la partie fait de son arr�t, appr�ciant le relev� bancaire du 10 juin 2010 produit par l'intim�e, la Cour de justice a constat� que la fortune mobili�re procurait � cette derni�re 2'500 fr. 50 par mois. Le raisonnement susmentionn� montre qu'elle n'a toutefois pas repris ce montant au moment d'op�rer la subsomption, pour se fonder sur la seule all�gation de l'intim�e. Faute de grief sur une telle contradiction - qui n'est au demeurant pas d�favorable au recourant -, la cour de c�ans est li�e par le chiffre de 3'527 fr. 10.
Pour justifier la prise en consid�ration d'un montant sup�rieur (6'250 fr., voire 5'029 fr.), le recourant pr�tend que son ex-femme n'a fourni aucune explication sur les raisons de la fluctuation du rendement de sa fortune mobili�re entre 2008 et 2010. Il semble toutefois oublier qu'il est notoire que, durant ces ann�es, le march� a �t� secou� par une crise boursi�re et financi�re dont il s'est lui-m�me pr�valu pour justifier la diminution de ses propres revenus. Pour le surplus, le montant retenu par le juge du divorce r�sultait d'une projection (placement conservateur � 5% de la fortune de 1'500'000 fr.) dont l'intim�e a d�montr� - pi�ce � l'appui - qu'elle ne s'est pas r�alis�e. Quant au chiffre r�sultant de la d�claration d'imp�ts pour l'ann�e 2008, le recourant ne d�montre pas en quoi il �tait insoutenable de s'en �carter en faveur de celui r�sultant de l'interpr�tation - au demeurant non critiqu�e - d'un document plus r�cent, � savoir le relev� bancaire du 10 juin 2010.
Se pr�valant d'une violation de l'art. 8 CC, le recourant reproche ensuite � la Cour de justice d'avoir compt� dans les charges de l'intim�e 1'881 fr. 40, correspondant aux int�r�ts mensuels d'une dette de 480'000 fr., alors m�me qu'aucune preuve n'a �t� fournie � ce sujet. Il soutient en bref que la d�claration d'imp�ts ne suffit pas � en d�montrer l'existence, car ce document ne permet pas de dire que l'administration fiscale aurait admis la dette. L'intim�e n'aurait apport� aucune explication ni preuve sur la nature et l'objet de cette dette - qui n'existait pas au moment du divorce - ainsi que sur les circonstances dans lesquelles elle aurait �t� contract�e. Le recourant rel�ve aussi l'absence d'all�gu� � ce sujet devant le tribunal de premi�re instance.
5.1 Aux termes de l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle all�gue pour en d�duire son droit. Pour tout le domaine du droit civil f�d�ral, la loi r�glemente non seulement la r�partition du fardeau de la preuve mais aussi les cons�quences de l'absence de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290). Un droit � la preuve et � la contre-preuve est �galement d�duit de l'art. 8 CC (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). Le juge enfreint en particulier l'art. 8 CC s'il tient pour exactes les all�gations non prouv�es d'une partie, nonobstant leur contestation par l'autre, ou s'il refuse toute administration de preuve sur des faits pertinents en droit (ATF 130 III 591 consid. 5.4 p. 601; 114 II 289 consid. 2a p. 290; ATF 105 II 143 consid. 6a/aa p. 144). En pr�sence de deux affirmations oppos�es des parties, les juridictions cantonales ne sauraient d�s lors admettre celle qui leur para�t la plus plausible, sans avoir fait administrer des preuves, ne f�t-ce que par des indices ou par l'interrogatoire des parties (ATF 71 II 127). En revanche, l'art. 8 CC ne r�git pas l'appr�ciation des preuves, de sorte qu'il ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522), ni ne dicte au juge comment forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a p. 253, 519 consid. 2a p. 521); il n'exclut pas non plus que le juge puisse, sur la base d'une appr�ciation anticip�e des preuves d�j� disponibles, refuser l'administration d'une preuve suppl�mentaire au motif qu'il la tient pour impropre � modifier sa conviction (ATF 131 III 222 consid. 4.3 p. 226; 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). Si le juge a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, celle-ci ne peut �tre contest�e qu'en invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.).
5.2 Il ressort de l'arr�t cantonal que la Cour de justice a inclus dans les charges de l'intim�e le montant de 1'881 fr. 40, correspondant au service des int�r�ts d'une dette chirographaire de 480'000 fr. L'autorit� cantonale a relev� � cet �gard que l'appelante avait fait grief au premier juge de ne pas avoir pris en consid�ration cette dette, dont les int�r�ts annuels s'�levaient � 22'577 fr., soit 1'881 fr. 40 par mois, ce qui ressortait de sa d�claration d'imp�ts 2008 et n'�tait pas contest� par son ex-mari.
5.3 Selon le recourant, contrairement � cette derni�re consid�ration, il aurait contest� l'existence de la dette et les int�r�ts y relatifs. On ne saurait le suivre sur ce point. Dans sa r�ponse � l'appel, il a critiqu� dans leur ensemble les charges all�gu�es par l'intim�e, se contentant de renvoyer la Chambre civile � celles arr�t�es par le Tribunal de premi�re instance et de d�clarer tout ignorer de la dette invoqu�e. Au fond, il s'est limit� � marquer son �tonnement face � l'augmentation des charges pr�sent�es en appel alors m�me qu'en premi�re instance son ex-�pouse s'�tait born�e � renvoyer au jugement de divorce. La cour cantonale pouvait admettre - en tout cas le recourant ne d�montre pas que le droit cantonal s'y opposait (art. 106 al. 2 LTF) - que, ce faisant, il n'avait pas contest� l'existence de la dette et des int�r�ts litigieux. Une prise de position aussi indigente pouvait �tre consid�r�e comme une contestation insuffisante pour infirmer l'all�gation de l'intim�e �tay�e par la pi�ce d�pos�e. Le droit cantonal de proc�dure peut en effet exiger d'une partie - sans que le droit f�d�ral, et en particulier l'art. 8 CC, ne soit viol� - qu'elle expose au moins succinctement les raisons pour lesquelles elle critique la d�pense qui est all�gu�e et ne se contente pas d'une affirmation visant globalement toutes les charges (cf. ATF 117 II 113 consid. 2; 113 Ia 433). Pour le reste, d�s lors que l'autorit� cantonale s'est fond�e sur une preuve pour motiver sa constatation sur l'existence de la dette et des int�r�ts y relatifs, on ne saurait lui reprocher d'avoir tenu pour exactes des all�gations non prouv�es, nonobstant leur contestation, en violation de l'art. 8 CC. En soutenant que la Cour de justice ne pouvait retenir le montant litigieux, pour le motif qu'il ressort uniquement de la d�claration d'imp�ts 2008, � l'exclusion du bordereau, le recourant s'en prend par ailleurs � l'appr�ciation des preuves dont il lui appartenait de d�montrer l'arbitraire (cf. supra, consid. 2). Quoi qu'il en soit, il suffit de relever qu'au terme de la d�claration d'imp�ts 2008, qui fait �tat de la dette contest�e et des int�r�ts y relatifs, l'intim�e a d�clar� un revenu imposable ICC de 137'721 fr. et une fortune imposable ICC de 1'052'016 fr., montants que l'administration fiscale a retenus pour le calcul de l'imp�t. Enfin, quand le recourant invoque le fait que la charge litigieuse n'avait pas �t� all�gu�e en premi�re instance, sa critique - nonobstant qu'elle n'a pas �t� soulev�e devant la Cour de justice - n'a rien � voir avec l'art. 8 CC.
Selon le recourant, alors qu'au moment du divorce, l'intim�e, d�j� �g�e de 46 ans, invalide, gravement et durablement atteinte dans sa sant� et n'ayant plus exerc� d'activit� lucrative depuis plus de quinze ans, n'avait aucune perspective de r�insertion professionnelle et de gain, sa situation financi�re a d�sormais notablement chang�, d�s lors qu'elle a repris une activit� � plein temps qui lui rapporte 7'016 fr. 90 par mois. Il soutient que ce changement notable �tait impr�visible et est durable, le risque de r�cidive du cancer �tant d�sormais caract�ris� de faible et l'intim�e ayant recouvr� une capacit� de gain pleine et enti�re contrairement au pronostic pos� par le juge du divorce. Le recourant soutient qu'en niant ces principes, l'autorit� cantonale a viol� l'art. 129 CC.
6.1 Selon l'art. 129 al. 1 CC, si la situation du d�biteur ou du cr�ancier change notablement et durablement, la rente peut �tre diminu�e, supprim�e ou suspendue pour une dur�e d�termin�e; une am�lioration de la situation du cr�ancier n'est prise en compte que si une rente permettant d'assurer son entretien convenable a pu �tre fix�e dans le jugement de divorce.
L'application de cette disposition suppose un changement notable durable et � impr�visible � de la situation financi�re - globale - de l'une des parties au moins (arr�t 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 3.2 publi� � la FamPra.ch 2011 p. 193).
Le caract�re notable de la modification se d�termine in concreto, en fonction de chaque cas particulier, en comparant les situations avant et apr�s le changement de circonstances (cf. sous l'ancien droit: ATF 118 II 229 consid. 3a p. 232). Des comparaisons en pourcentages des revenus peuvent repr�senter un indice utile, mais ne dispensent pas le juge d'une analyse concr�te du cas d'esp�ce (cf. arr�t 5C.197/2003 du 30 avril 2004 consid. 3, sp�c. 3.3).
Le changement doit par ailleurs �tre durable, soit probablement de dur�e illimit�e (PICHONNAZ, op. cit., no 34 ad art. 129 et l'auteur cit� en note 55). S'il est d'une dur�e limit�e ou incertaine, il peut aboutir � une suspension partielle de la rente, voire � une r�duction de celle-ci pour un laps de temps d�termin�. On peut aussi pr�voir une suspension de la rente avec une r�serve de r�augmentation (PICHONNAZ, op. cit., no 35 ad art. 129 et les auteurs cit�s).
S'agissant du caract�re � impr�visible � est d�terminant le fait que, au moment de la fixation de la rente, le juge du divorce ou les parties ne pouvaient prendre en consid�ration les cons�quences concr�tes de la modification des circonstances dans le calcul de la rente (ATF 131 III 189 consid. 2.7.4 p. 199).
6.2.1 La Chambre civile a retenu que la situation financi�re de l'ex-mari ne s'est pas d�t�rior�e depuis le prononc� du divorce. Celui-l� disposait d�sormais de 46'523 fr. (42'003 fr. en retenant une activit� � 50 % pour sa nouvelle �pouse + 4'520 fr.), respectivement de 50'837 fr. (46'317 fr. pour une activit� � 100 % + 4'520 fr.). Ses charges, fix�es � 23'455 fr., �taient inf�rieures � celles qu'il supportait au moment du divorce (23'910 fr. + 3'000 fr. de contribution en faveur des enfants = 26'910 fr.). Il b�n�ficiait ainsi d'un solde disponible sup�rieur � celui constat� lors de la dissolution du mariage (46'523 fr. - 23'455 fr. = 23'068 fr. // 40'000 fr. - 26'910 fr. = 13'090 fr.). Sur ce point, le recourant ne critique l'arr�t cantonal ni quant aux faits constat�s ni quant � l'application du droit (cf. supra, consid. 2).
En ce qui concerne l'ex-�pouse, l'autorit� cantonale a relev� qu'au moment du divorce, ses revenus mensuels s'�levaient � 7'000 fr. (rente AI + revenus de la fortune mobili�re + allocations familiales) et ses charges � 7'500 fr. Elle exer�ait d�sormais une activit� lucrative (7'016 fr. 90) qui, ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui permettait de r�aliser 10'544 fr. Elle parvenait ainsi � couvrir ses charges, fix�es � 9'913 fr. Le recourant a �chou� � d�montrer l'arbitraire de ces montants (supra, consid. 4 et 5). Il ne soutient en outre pas - dans un grief motiv� (cf. supra, consid. 2) - que la cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral en tenant compte de la nouvelle charge d�coulant du service des int�r�ts de la dette chirographaire de 480'000 fr.
6.2.2 En droit, la Cour de justice a estim� que la seule constatation que l'intim�e puisse d�sormais faire face � ses d�penses par ses revenus ne suffisait pas � justifier la suspension de la rente. Elle a consid�r� que le premier juge avait omis de tenir compte du crit�re du maintien du train de vie des parties durant le mariage, qui avait �t� �galement d�cisif au moment du divorce. Le juge du divorce avait en effet retenu qu'au regard des revenus du mari, le train de vie mensuel de l'�pouse pouvait �tre �valu� � 10'000 fr. au minimum, ce qui rapport� � ses charges mensuelles incompressibles d'alors (7'500 fr.) et ses revenus mensuels (7'000 fr.), lui laissait un � solde disponible de 2'500 fr. �, [compte tenu d'une rente de 3'000 fr.]. Il fallait donc admettre qu'il avait jug� qu'au-del� de la couverture de ses besoins courants, la femme devait disposer de 2'500 fr. pour maintenir le train de vie qui avait �t� le sien durant le mariage. En cons�quence, eu �gard � la situation financi�re actuelle (revenus de 10'544 fr. pour des charges incompressibles de 9'913 fr. = 630 fr.), il manquait 1'870 fr. pour que le train de vie de la cr�direnti�re, tel que d�fini par le juge du divorce, soit maintenu. La contribution devait ainsi �tre r�duite � 2'000 fr., les parties �tant libres de demander une nouvelle modification si la sant� de l'appelante devait se p�jorer et influer sur sa situation financi�re.
6.2.3 Le recourant pr�tend que l'intim�e a vu sa sant� s'am�liorer sensiblement, que le risque de r�cidive de son cancer est faible et qu'elle a recouvr� - contre toute attente - une capacit� de gain pleine et enti�re, que ces �l�ments fondent l'existence d'une modification notable, durable et impr�visible des circonstances et que, d�s lors, la cour cantonale a ni� les principes de l'art. 129 CC. Dans ses conclusions formelles, reprenant les termes du dispositif du jugement de premi�re instance, il demande toutefois � la cour de c�ans de � suspendre la contribution [...] de 2'000 fr. due [...] d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que [l'intim�e] ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale ou d�finitive de travailler �. Il faut d�s lors convenir qu'il ne s'en prend � l'arr�t cantonal que dans la mesure o� celui-ci se borne � r�duire la rente de 3'000 fr. � 2'000 fr. au lieu de la suspendre totalement.
Or, on cherche en vain dans l'acte de recours une quelconque motivation qui s'en prendrait aux consid�rations fondant la r�duction sur le crit�re du maintien du train de vie. Le recourant se contente d'opposer que, depuis le divorce, la situation financi�re de l'intim�e a notablement chang�, que celle-ci a en effet recouvr� une capacit� de gain pleine et enti�re d�s lors qu'elle a repris une activit� lucrative � temps complet pour un revenu mensuel net de 7'016 fr. 90 qui lui a permis d'augmenter ses revenus dans la m�me proportion, circonstance que la Cour de justice a pr�cis�ment jug�e insuffisante � elle seule. Une critique aussi g�n�rale ne suffit pas (cf. ATF 135 III 145 consid. 6 p. 153).
Pour satisfaire � l'obligation de motiver les conclusions et les moyens � l'appui de celles-ci (art. 42 al. 2 LTF), le recourant doit discuter � au moins de mani�re succincte les consid�rants de la d�cision attaqu�e � (ATF 134 II 244 consid. 2.1 p. 245/246; arr�t 8C_650/2009 du 21 janvier 2010 consid. 2.2). A cet �gard, le Message du Conseil f�d�ral indique que la nouvelle loi � pose des exigences assez �lev�es dans la motivation des m�moires de recours � (Message, FF 2001 p. 4031, ch. 2.2.4). En particulier, il ne suffit pas que le recourant �mette des r�criminations ou des critiques g�n�rales sans rapport avec un consid�rant d�ment cit� (arr�t 5A_49/2011 du 12 juillet 2011 consid. 3.1 non publi� aux ATF 137 X xxx; ATF 127 III 529 consid. 3b p. 531; 116 II 745 consid. 3 p. 748 s.; arr�t 4A_72/2007 du 22 ao�t 2007 consid. 4.1.1).
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Le recourant, qui succombe, supportera les frais de la proc�dure et versera des d�pens � l'intim�e, laquelle, invit�e � r�pondre, a propos� le rejet du recours (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).