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Timestamp: 2019-07-19 08:43:36+00:00
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Julian Assange arrêté par la police britannique - Ekilafrica
Le président de l'Équateur, Lenin Moreno, a déclaré que son gouvernement avait pris une « décision souveraine » de révoquer l'asile politique de Julian Assange en raison de « violations répétées des conventions internationales et de la vie quotidienne ».
« Aujourd'hui, j'annonce que le comportement discourtois et agressif de M. Julian Assange, les déclarations hostiles et menaçantes de son organisation alliée, contre l'Équateur, et en particulier la violation de traités internationaux, ont fait en sorte que l'asile de M. Assange est insoutenable et n'est plus viable », a déclaré M. Moreno dans une vidéo publiée sur Twitter.
Son avocate, Jennifer Robinson, a indiqué sur Twitter qu'il avait été arrêté pour violation des conditions de sa mise en liberté sous caution et en lien avec une demande d'extradition américaine.
« De puissants acteurs, dont la CIA, sont engagés dans un effort sophistiqué pour le déshumaniser, lui retirer sa légitimité et l'emprisonner », peut-on lire dans un message sur Twitter, accompagné d'une photo du visage souriant de M. Assange.
Le service de police métropolitain de Londres a indiqué que M. Assange était détenu « dans un commissariat du centre de Londres où il restera, avant d'être mené au tribunal de Westminster Magistrates'Court dès que possible ».
Son arrestation intervient un jour après que WikiLeaks eut accusé le gouvernement de l'Équateur d'une « vaste opération d'espionnage » contre Julian Assange.
WikiLeaks a aussi déclaré dans un communiqué publié sur Twitter que l'Équateur avait illégalement mis fin à l'asile politique de Julian Assange, « en violation du droit international ».
Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a remercié M. Moreno pour avoir mis fin à l'impasse, affirmant sur Twitter que M. Assange « n'est pas un héros et que personne n'est au-dessus de la loi ».
Chronique d'un long séjour équatorien à Londres
Le fondateur de WikiLeaks, l'Australien Julian Assange, aura séjourné pendant près de sept ans dans l'ambassade d'Équateur à Londres, avant d'y être arrêté jeudi par la police britannique.
Voici les grandes étapes de l'affaire :
Révélations et mandat d'arrêt
Fin juillet 2010, la presse mondiale publie 70 000 documents confidentiels sur les opérations de la coalition internationale en Afghanistan diffusés par le site internet WikiLeaks. 400 000 rapports concernant l'invasion américaine en Irak sont publiés en octobre et un mois plus tard, le contenu de quelque 250 000 câbles diplomatiques américains.
Le 18 novembre, la Suède lance un mandat d'arrêt européen contre Julian Assange dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle présumés de deux Suédoises en août 2010. Assange assure que les jeunes femmes étaient consentantes.
Réfugié à l'ambassade d'Équateur
Le 19 juin 2012, après avoir épuisé ses recours, Assange se réfugie à l'ambassade d'Équateur à Londres et demande l'asile politique. L'Équateur, présidé alors par la grande figure de la gauche sud-américaine Rafael Correa, lui accorde l'asile en août.
Un groupe de travail de l'ONU estime en février qu'Assange est victime d'une « détention illégale et arbitraire » et appelle la Suède et le Royaume-Uni à l'indemniser. Les deux pays rejettent l'avis, non contraignant.
En janvier 2018, le gouvernement équatorien dit être à la recherche d'une « médiation » pour trouver un accord avec Londres sur la situation « insoutenable » de M. Assange.
En février, la justice britannique maintient le mandat d'arrêt émis contre lui, pour avoir violé en 2012 les conditions de sa liberté conditionnelle en se réfugiant à l'ambassade équatorienne.
Fin mars, agacé par ses prises de position sur Twitter, le gouvernement équatorien coupe l'internet et les systèmes de communication de l'Australien (qui seront partiellement rétablis).
En octobre, Quito lui impose un protocole régissant ses visites, ses communications et même son hygiène dans l'ambassade, dont le non respect pourrait entraîner la « fin de l'asile ».
Des procureurs américains révèlent en novembre, par inadvertance, une inculpation à l'encontre de l'Australien, censée rester secrète.
Arrestation dans l'ambassade
Le 2 avril 2019, le chef de l'État équatorien affirme qu'Assange a « réitéré ses violations » de l'accord sur ses conditions d'asile.
Le 11, Assange est arrêté dans l'ambassade par la police britannique.
WikiLeaks accuse l'Équateur d'avoir « mis fin illégalement » à l'asile et d'avoir « invité » la police britannique dans l'enceinte diplomatique. Le président équatorien affirme avoir agi « de manière souveraine ».
En Suède, l'avocate de l'accusatrice d'Assange annonce qu'elle va demander la réouverture de l'enquête pour viol. - Agence France-Presse
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, arrêté jeudi par la police britannique à l'ambassade d'Équateur à Londres, est passé en quelques années du statut de héraut de l'information libre à celui d'hôte indésirable.
La justice suédoise a fini par classer l'affaire, mais Julian Assange, 47 ans, refusait de sortir, craignant d'être arrêté par les autorités britanniques puis extradé et jugé aux États-Unis pour la diffusion en 2010 de plus de 700 000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines.
En accordant sa protection au fondateur de WikiLeaks, l'Équateur, alors présidé par Rafael Correa, une figure de la gauche sud-américaine, avait trouvé une occasion en or de narguer Washington. Mais tout a changé en 2017, avec l'arrivée au pouvoir de Lenin Moreno, pour qui la présence de Julian Assange constitue un « problème ».
Le chef de l'État équatorien a accusé l'Australien de « violations répétées » des règles régissant son hébergement. Depuis octobre, Quito appliquait un protocole régissant notamment ses visites et ses communications dans l'ambassade, en réaction à ce qu'il consiodérait comme de constantes ingérences d'Assange dans les affaires intérieures de l'Équateur et d'autres pays.
Le changement de ligne de Quito coïncide aussi avec le déclin de la popularité du « cyber-warrior ». Son image s'est particulièrement brouillée avec la diffusion par sa plateforme, en 2016, à un moment-clé de la campagne présidentielle américaine, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l'équipe d'Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate.
Ces révélations suscitent alors des éloges appuyés du candidat Donald Trump. « J'adore WikiLeaks », affirme-t-il au cours d'un meeting. D'après la CIA, ces documents ont été obtenus par WikiLeaks auprès d'agents russes, ce que nie la plateforme.
C'est à cette époque qu'il a un fils, Daniel, dont il se disputera la garde avec la mère. Lorsqu'il lance WikiLeaks dans le but de « libérer la presse » et de « démasquer les secrets et abus d'État », il devient, selon un de ses biographes, « l'homme le plus dangereux du monde ».
En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d'État américain non expurgés. Ils estiment que les documents sont susceptibles de « mettre certaines sources en danger ». La critique sera également formulée par le lanceur d'alertes Edward Snowden.
Chargé de rédiger l'autobiographie de Julian Assange, Andrew O'Hagan finit par jeter l'éponge avec ce verdict définitif : « L'homme qui se targue de dévoiler les secrets de ce monde ne supporte pas les siens ».
Depuis, seul un noyau dur-et quelques célébrités comme l'acteur américain Martin Sheen et l'actrice Pamela Anderson-lui est resté fidèle. - Agence France-Presse
A ses débuts, WikiLeaks, fruit d'une collaboration entre mathématiciens, notamment des dissidents chinois, visait les régimes répressifs en Asie, dans l'ex-bloc soviétique, en Afrique sub-saharienne et au Proche-Orient. Mais la plupart des révélations ont été faites au détriment des États-Unis et souvent au bénéfice de la Russie.
Celle-ci est notamment soupçonnée d'être à l'origine de la fuite d'courriels internes au parti démocrate aux États-Unis, publiés par WikiLeaks à l'été 2016. Le site a également révélé des affaires d'espionnage d'alliés par les États-Unis (présidents français, chancelière allemande...).
Sous le coup depuis 2010 d'un mandat d'arrêt émis par la Suède dans le cadre d'une enquête pour viol, Assange se réfugie en 2012 dans l'ambassade d'Équateur à Londres.
La plainte pour viol est classée sans suite en 2017, mais Assange, naturalisé équatorien la même année, y reste reclus, craignant d'être extradé in fine vers les États-Unis pour la publication de milliers de documents confidentiels.
Hollywood s'est emparé du phénomène WikiLeaks avec le film de Bill Condon « Le cinquième pouvoir » (2013). Un documentaire présenté à Cannes en 2016, « Risk » de Laura Poitras revient aussi sur l'histoire du site.
Julian Assange a par ailleurs joué son propre rôle dans un épisode des Simpsons et inspiré un personnage du 36e album d'Astérix, « Le Papyrus de César », Doublepolemix. - Agence France-Presse
Les grandes dates de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, arrêté jeudi par la police britannique dans l'ambassade d'Équateur.
2006 : crée WikiLeaks, site spécialisé dans la révélation de documents secrets, avec, dit-il, « une dizaine de personnes venant du milieu des droits de l'Homme, des médias et de la haute technologie ».
2010 : A partir de juillet, WikiLeaks publie des secrets militaires et des documents diplomatiques américains. Assange devient un paria aux États-Unis. En novembre, la Suède lance un mandat d'arrêt européen à son encontre dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle présumés de deux Suédoises. Il nie les faits.
2012 : pour échapper à une extradition de Grande-Bretagne, il trouve refuge dans l'ambassade d'Équateur à Londres.
2016 : WikiLeaks publie 20 000 courriels piratés du parti démocrate, dont certains très préjudiciables à la campagne d'Hillary Clinton.
19 mai 2017 : la justice suédoise classe l'affaire de viol présumé.
Octobre 2018 : Quito, avec qui les relations se sont tendues, lui impose des règles concernant notamment ses visites et ses communications, leur non-respect impliquant un retrait de l'asile. Le 2 avril 2019, le chef de l'État équatorien affirme qu'Assange a « réitéré ses violations » de l'accord.
11 avril 2019 : Assange est arrêté dans l'ambassade par la police britannique, après que l'Équateur lui a retiré l'asile diplomatique. - Agence France-Presse