Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19951106-157105
Timestamp: 2017-02-21 18:45:08+00:00
Document Index: 29232315

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1600", "l'article 1600", 'arrêt ', "l'article 11", 'arrêt ', 'art. 11']

France, Conseil d'État, 9 / 8 ssr, 06 novembre 1995, 157105
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 157105Numéro NOR : CETATEXT000007858884 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1995-11-06;157105 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - PARAFISCALITE - REDEVANCES ET TAXES DIVERSES.Texte : Vu la requête enregistrée le 11 juillet 1995 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR (ESCOTA), dont le siège est ..., représentée par ses dirigeants en exercice ; la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR demande au Conseil d'Etat d'annuler l'arrêt du 19 janvier 1994 par lequel la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation des jugements du 18 mars 1993 du tribunal administratif de Nice rejetant ses demandes en décharge de la taxe pour frais de chambres de commerce et d'industrie à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 1987, dans les rôles des communes de La Turbie et Mougins (Alpes-Maritimes) et de Saint-Cyr et Le Castelet (Var), et, au titre des années 1987 et 1988, dans les rôles des communes de Mandelieu, Le Cannet et Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et de Six-Fours (Var) ; Vu les autres pièces du dossier ;
- les observations de la SCP Célice, Blancpain, avocat de la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR,
Considérant qu'une société concessionnaire de la construction et de l'exploitation d'une autoroute a pour activité l'exécution d'une mission de service public ; que cette activité s'exerce selon les règles de droit public ; que la profession de la société n'est, dès lors, pas au nombre de celles, mentionnées au code de commerce, dont la nature est commerciale ; qu'ainsi et dans la mesure où elle exerce exclusivement cette profession, l'exonération de la taxe pur frais de chambre de commerce et d'industrie prévue par les dispositions précitées de l'article 1600 du code général des impôts lui est applicable ; que le fait que les aires de dégagement des autoroutes comportent des installations telles que : hôtels, restaurants, bars et commerces divers, autorisés pour les besoins de leur exploitation, à occuper le domaine public selon des modalités et en contrepartie du paiement de redevances définies par des conventions de sous-location conclues avec la société concessionnaire de l'autoroute, ne retire pas à la "profession" exercée par cette dernière son caractère exclusivement non commercial, dès lors que ces installations annexes, dont les exploitants sont d'ailleurs soumis à un régime fiscal propre, sont nécessaires à l'exécution de la mission confiée à la société et ne sont pas dissociables de l'ouvrage autoroutier proprement dit ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'en jugeant que, eu égard à la nature de son activité et aux conditions de son exploitation, la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR ne peut être regardée comme exerçant une profession exclusivement non commerciale, la cour administrative d'appel de Lyon a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article 1600 du code général des impôts ; que la société est, en conséquence, fondée à demander l'annulation de l'arrêt attaqué ;
Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application de l'article 11 de la loi du 31 décembre 1987 de régler l'affaire au fond ;Considérant qu'il découle de ce qui a été dit ci-dessus que la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR est fondée à soutenir que c'est à tort que, par jugements du 18 mars 1993, le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes en décharge de la taxe pour frais de chambre et d'industrie à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 1987, dans les rôles des communes de La Turbie et Mougins (Alpes-Maritimes) et de Saint-Cyr et Le Castelet (Var), et, au titre des années 1987 et 1988, dans les rôles des communes de Mandelieu, Le Cannet et Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et de Six-Fours (Var), dont le territoire est traversé par l'autoroute dont elle est concessionnaire ;
Article 1er : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 19 janvier 1994 et les 8 jugements du tribunal administratif de Nice du 18 mars 1993 sont annulés.
Article 2 : La SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR est déchargée de la taxe pour frais de chambre de commerce et d'industrie à laquelle elle a été assujettie, au titre des années 1987 et 1988, dans les rôles des communes mentionnées dans les motifs de la présente décision.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la SOCIETE DE L'AUTOROUTE ESTEREL-COTE D'AZUR et au ministre de l'économie, des finances et du plan.Références : CGI 1600Code de commerce 632Loi 87-1127 1987-12-31 art. 11Publications :Proposition de citation: CE, 06 novembre 1995, n° 157105Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. BardouRapporteur public : M. Ph. MartinOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 9 / 8 ssrDate de la décision : 06/11/1995Fonds documentaire : Legifrance Haut de page