Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20000524-189080
Timestamp: 2016-10-23 09:54:51+00:00
Document Index: 77325114

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 38", "l'article 38", "l'article 38", 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1"]

France, Conseil d'État, 24 mai 2000, 189080
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 189080Numéro NOR : CETATEXT000008080072 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-05-24;189080 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LES BENEFICES DES SOCIETES ET AUTRES PERSONNES MORALES.Texte : Vu la requête sommaire et les mémoires complémentaires, enregistrés les 18 juillet et 7 novembre 1997 et le 17 mars 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST, dont le siège social est à Aire-sur-l'Adour, route de Pau, B.P. 169 (40805), représentée par son président en exercice ; la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'arrêt en date du 20 mai 1997 de la cour administrative d'appel de Bordeaux, en tant que cet arrêt a rejeté sa requête dirigée contre le jugement du 15 décembre 1994 du tribunal administratif de Pau rejetant sa demande tendant à être déchargée de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre des années 1984, 1985 et 1986 à raison des commissions perçues de la Caisse nationale de crédit agricole ;
- les observations de Me Odent, avocat de la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST,
Considérant qu'en vertu des articles 38 et 209 du code général des impôts, la créance acquise sur un tiers par une personne morale passible de l'impôt sur les sociétés doit être rattachée à l'exercice au cours duquel cette créance est devenue certaine dans son principe et son montant ; que, dans le cas où la créance se rapporte à la fourniture de services, le 2 bis de l'article 38 précise qu'elle doit être rattachée à l'exercice au cours duquel intervient l'achèvement de la prestation ; que le même texte énonce, toutefois, que les produits correspondant, notamment, à des prestations continues doivent être pris en compte au fur et à mesure de leur exécution ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond qu'au cours des années 1984, 1985 et 1986 la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST a placé auprès de sa clientèle divers produits d'épargne pour le compte de la Caisse nationale de crédit agricole qui lui versait, dès la date de souscription de ces produits, une commission de placement dont le taux unique était égal à 0,6% de la valeur nominale des souscriptions, d'autre part, à la date de remboursement des titres, une commission variable, dont le taux trimestriel, calculé selon un barème fixé par accord entre la caisse nationale et la caisse régionale, variait, suivant la durée de conservation du titre par le client, entre 0,020% et 0,30% du montant des souscriptions ; que, par cette rémunération variable, la caisse régionale était incitée à convaincre ses clients de garder leurs titres jusqu'à une date aussi proche que possible de l'échéance ; que la commission correspondante rémunérait ainsi la prestation continue de suivi du placement fournie par la caisse régionale à la caisse nationale pendant la période comprise entre la souscription du titre et son remboursement ; que, par application des dispositions ci-dessus rappelées du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, et alors même que la caisse nationale les comptabilisait en charges à payer dès l'année de souscription et pour les montants correspondant à leur taux maximal, qu'elles n'étaient versées à la caisse régionale qu'à la date de remboursement des titres et qu'elles étaient dues à la caisse régionale ayant reçu la souscription, ycompris dans le cas où le remboursement était effectué par une autre caisse régionale, les commissions variables devaient être prises en compte au fur et à mesure de l'exécution des prestations correspondantes ; qu'ainsi, en jugeant que les commissions perçues par la caisse régionale de crédit agricole mutuel de l'Aude en contrepartie du placement de produits d'épargne effectué pour le compte de la Caisse nationale de crédit agricole au cours des années 1984, 1985 et 1986 ne rémunéraient que ce placement et devaient être regardées comme acquises, dans leur totalité, dès la conclusion des contrats de souscription et, par suite, rattachées, pour ce montant total, aux résultats imposables des exercices correspondants, la cour administrative d'appel de Bordeaux a inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis et appliqué de manière erronée les dispositions du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts, relatives aux produits correspondant à des prestations de services continues ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de sa requête, la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST est fondée à demander l'annulation de l'arrêt attaqué, en tant qu'il rejette ses conclusions ayant trait à la détermination de l'exercice de rattachement des commissions variables qui lui ont été versées par la Caisse nationale de crédit agricole, en 1984, 1985 et 1986 ; Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer le jugement de ces conclusions à la cour administrative d'appel de Marseille ;
Article 1er : L'arrêt en date du 20 mai 1997 de la cour administrative d'appel de Bordeaux est annulé en tant qu'il rejette les conclusions de la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST relatives à la détermination de l'exercice de rattachement des commissions variables reçues par elle en contrepartie du placement de produits d'épargne effectué pour le compte de la Caisse nationale de crédit agricole, au cours des années 1984, 1985 et 1986.
Article 2 : Le jugement des conclusions mentionnées à l'article 1er ci-dessus est renvoyé à la cour administrative d'appel de Marseille.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DU SUD-OUEST, au président de la cour administrative d'appel de Marseille et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.Références : CGI 38, 209Publications :Proposition de citation: CE, 24 mai 2000, n° 189080Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. SénersRapporteur public : M. TouvetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 24/05/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page