Source: http://lessor42.fr/le-ras-le-bol-des-agents-p-nitentiaires-de-la-talaudi-re-4064.html
Timestamp: 2018-02-21 08:55:33+00:00
Document Index: 28386122

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Le « ras-le-bol » des agents pénitentiaires de la Talaudière
La visite de l'ancien Garde de sceaux Michel Mercier en juillet 2011 a donné lieu à une rénovation de l'établissement. Ici un couloir photographiée avant ces travaux (© Xavier Alix)
La rénovation de la maison d’arrêt de la Talaudière a été entreprise à l’automne 2011, un programme accéléré par la visite du ministre Michel Mercier en juillet 2011.
Il s’est traduit par une mise aux normes de l’électricité, la mise en place de l’interphonie et un rafraichissement des locaux. Réalisée progressivement étage par étage, le programme devrait s’achever ce mois de février par l’ouverture du dernier étage rénové, le B1, de 28 places, théoriquement rouvert le 9 février.
Cette réouverture programmée se heurte à l’hostilité des syndicats d’agents pénitentiaires, considérant que les conditions ne sont pas réunies d’un effectif suffisant pour l’assumer. Cette ouverture aggraverait encore davantage, selon les syndicats, les conditions de travail des agents soumis déjà à une surcharge horaire.
Les syndicats Ufap-Unsa, CGT et FO, demandent dans un mouvement unitaire, le report de cette ouverture et une réévaluation des effectifs de l’établissement de La Talaudière. Ils devaient bloquer la maison d’arrêt ce dernier jeudi 7 février dès le matin : blocage des entrées de visiteurs, hors familles maintenues dans leurs accès aux parloirs, blocage les extractions, des consultations à l’hôpital qui ne soient pas d’urgence.
La surpopulation des établissements pénitentiaires, à laquelle n’échappe pas la maison d’arrêt de la Talaudière, n’est pas pour l’heure la préoccupation première des syndicats, mais le sous-effectif, que, soulignent les syndicat, rendra encore plus criant l’ouverture du dernier étage B1 dont ils demandent le report après que ne soient régularisés les ajustements d’effectifs.
Il manque 9 agents
Les agents pénitentiaires de la maison d’arrêt de la Talaudière, à l’effectif complet théorique de 106, manquent aujourd’hui de 9 agents, explique le représentant de la CGT Yvan Brun. « Ces 9 collègues sont partis pour des raisons diverses de mutation ou promotion et n’ont pas été remplacés, explique-t-il, faute de candidats sur ces postes ouverts à la dernière commission administrative paritaire. »
C’est l’un des aspects de la question, l’autre étant le transfert d’agents de détention, en postes sur les étages, pour pourvoir des postes créés au sein de services périphériques, mais non pris en compte dans l’organigramme, c’est-à-dire non reconnus comme des créations nouvelles. « Ces nouveaux postes sont nécessaires au fonctionnement de l’établissement, admet la CGT tout comme l’Ufap-Unsa, mais ils doivent être pris en compte dans une réévaluation de nos besoins par l’administrations pénitentiaire ».
Le sous-effectif des agents de détention ainsi engendré provoque selon les syndicat une surcharge horaire : 1 500 h supplémentaires effectués sur le seul mois de janvier à la maison d’arrêt, par quelque 50 personnels, indique Yvan Brun.
Ouvrir dans ces conditions un nouvel étage à gérer avec des moyens identiques est pour les syndicats l’erreur qui radicalise le rejet des personnels de s’exposer à une nouvelle « dégradation des conditions de travail, voire des conditions de détention, avec des agents qui pourront effectuer 12 h d’affilée sur un même poste, »
Remplie à 125 %...
La maison d'arrêt de Saint-Étienne, sur la commune de La Talaudière, a été mise en service le 11 octobre 1968. Elle reçoit les prévenus (détenus en attente de jugement) ainsi que les condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas, en principe, un an lors de leur condamnation définitive. D’une capacité de 285 places, la maison d’arrêt est actuellement occupée selon une source syndicale par 358 détenus, un taux de remplissage de 125 %... Répartis un quartier hommes majeurs de 250 places, un quartier femmes de 17 places, un quartier destiné aux mineurs et aux jeunes adultes de 7 places, un quartier de semi-liberté d'une capacité d'accueil de 8 places.