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Timestamp: 2016-10-27 01:24:45+00:00
Document Index: 270655782

Matched Legal Cases: ['art. 5', 'art. 42', 'art. 6', 'art. 8', 'art. 248', 'art. 42', 'art. 88', 'art. 4', 'art. 48', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 43', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 42', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 42']

demandeur et recourant, repr�sent� par Me Urs Andenmatten, avocat, Kreuzgasse 2, Case postale 31, 3953 Leuk Stadt,
d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me J�rn-Albert Bostelmann, avocat, avenue Ritz 31, case postale 2040, 1950 Sion 2.
responsabilit� du propri�taire d'ouvrage; fixation du dommage,
(recours en r�forme contre le jugement de la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais du 8 f�vrier 2002).
M.________ est propri�taire d'un centre de tennis, �difi� sur la parcelle n� 380 plan n� 8 de la commune de Y.________, qu'il exploite depuis le 12 d�cembre 1984. A l'ouest de son bien-fonds se trouve la parcelle n� 798, sur laquelle ont �t� construits deux b�timents en propri�t� par �tages (V.________ et W.________), dont X.________S.A. est propri�taire de toutes les unit�s d'�tages. Sur la limite de propri�t�, commune entre les deux parcelles, une route d'acc�s au terrain n� 798, large d'environ 5 � 6 m., a �t� trac�e, suivant la pente descendante du nord au sud; elle est constitu�e de terre battue, couverte de granul�s.
A l'extr�mit� est de la parcelle n� 798, un bisse court le long de la route d'acc�s en direction du sud. En ao�t/septembre 1994, il a �t� plac� dans une conduite dont l'ouverture sup�rieure se situe � l'angle nord-est du bien-fonds, l�g�rement au-dessus du b�timent W.________. Son entr�e est munie de deux barres de m�tal verticales. A la suite d'un d�bordement survenu le 20 novembre 1994, il a �t� d�cid� de construire sur la parcelle n� 798, le long d'un mur de pierres et parall�lement au bisse plac� sous conduite, un petit canal de 25 cm. de diam�tre ("cunette") se trouvant � l'extr�mit� ouest de la route d'acc�s. Cette derni�re est travers�e, en diagonale, par deux caniveaux avec grille carrossable, le premier se d�versant dans la "cunette" et le second directement dans le puits de dessablement (regard avec grille) o� aboutit �galement la "cunette". Ce puits, ne disposant � tort d'aucun sac de boue est raccord� en aval au bisse par un tuyau de mati�re plastique de plusieurs m�tres de long. En dessous du regard avec grille, dans la fa�ade sud-ouest de la halle de tennis, se trouve la porte du garage de ce centre qui offre un acc�s direct aux places de jeux couvertes. Le seuil ext�rieur de cette porte est �quip� d'un dispositif d'�coulement des eaux de surface, la halle de tennis disposant en plus d'une ceinture de drainage, d'un diam�tre de 20 � 25 cm.
Selon une "convention et constitution de servitudes" relative au bisse, pass�e entre la municipalit� de Y.________ et X.________S.A. le 31 mai 1994, cette derni�re "assume l'enti�re responsabilit� � tous �gards et tous risques dommages, indemnit�s (...) qui pourraient r�sulter de" la modification de l'�tat des lieux concernant le lit du bisse.
C.a Le 20 novembre 1994, le bisse a d�bord�, l'eau n'arrivant plus � s'engouffrer dans l'orifice de la canalisation, � l'extr�mit� nord-est de la parcelle n� 798. Elle s'est alors d�vers�e sur la route d'acc�s avant de p�n�trer dans la halle de tennis de M.________. Celui-ci a estim� � 16 431 fr. le dommage provenant de ces d�g�ts d'eau.
Le 23 novembre 1994, les propri�taires voisins ont d�cid�, en pr�sence d'un responsable du service technique de la commune de Y.________, d'envisager la constitution d'une servitude de distance et divers travaux de r�am�nagement du bisse et de la voie d'acc�s ("cunette", caniveaux et regard avec grille compl�te). Les architectes, constructeurs du b�timent W.________, se sont engag�s � d�noncer le sinistre � leur assureur pour la prise en charge des frais de remise en �tat des d�g�ts occasionn�s par le d�bordement. Le 27 mars 1995, M.________ et X.________S.A. ont pass� devant notaire la convention de constitution de servitude de distance. Sous "IV. Besondere Vereinbarungen", les mesures d'am�lioration de la canalisation, sp�cialement de son entr�e et de la route, ont �t� confirm�es, ainsi que l'engagement du ma�tre de l'ouvrage des travaux r�alis�s sur la parcelle n� 798 (Die Bauherrschaft) de soumettre le sinistre � sa compagnie d'assurances.
C.b Le 22 avril 1995, le bisse a d�bord� � nouveau, au m�me endroit, l'eau s'introduisant dans la halle de tennis par la porte du garage. Son propri�taire a estim� les d�g�ts � 12 896 fr.50.
Selon un rapport du service technique de la commune, le d�bordement aurait pu �tre �vit� si les travaux exig�s ant�rieurement avaient �t� accomplis, en particulier la construction de l'entr�e de l'aqueduc avec une grille avanc�e. Les architectes du ma�tre de l'ouvrage, un repr�sentant de leur assurance RC, un entrepreneur en ma�onnerie et le responsable du service technique de la commune ont d�cid�, le 23 juin 1995, de mandater l'architecte B.________ "pour d�terminer les responsabilit�s et v�rifier la valeur des dommages". Ce dernier a rendu son rapport le 28 ao�t 1995. Entre-temps, les travaux de modification de la pente de la voie d'acc�s �taient ex�cut�s et les caniveaux en travers pos�s, mais non raccord�s � la "cunette".
C.c Les 13 et 14 juillet 1995, � la suite d'importants orages, en raison de l'insuffisance du syst�me de canalisations et de l'am�nagement du terrain, l'eau s'est �coul�e en direction de la parcelle n� 380, p�n�trant jusqu'au fond du premier court de tennis � l'ouest de la halle sur une largeur de 2 � 3 m., ainsi qu'� l'entr�e sur une profondeur de 4 � 5 cm. L'exploitant a estim� les dommages � 11 424 fr.90.
Le 20 f�vrier 1996, C.________, �poux de la concierge des immeubles V.________ et W.________, a aid� cette derni�re � d�blayer la neige de la route d'acc�s. A cette occasion, de petites pierres ont �t� projet�es contre la paroi translucide ouest de la halle de tennis, causant un dommage que son propri�taire �value � 15 000 fr. au minimum.
Par demande du 5 f�vrier 1997, M.________ a agi devant le Tribunal cantonal valaisan si�geant comme premi�re et unique instance aux termes de l'art. 5 aCPC/VS en concluant au paiement des montants susmentionn�s, soit au total 55 751 fr., par X.________S.A.; apr�s diverses audiences d'instruction tenues devant le Tribunal de district et l'ex�cution d'autres mesures probatoires, en particulier le d�p�t d'un rapport du 15 octobre 1998 et d'un rapport compl�mentaire du 19 ao�t 1999 de l'ing�nieur A.________, expert judiciaire, le dossier a �t� transmis au Tribunal cantonal pour jugement. Dans ses derni�res conclusions du 31 janvier 2002, le demandeur a conclu au paiement des sommes cit�es plus haut, en y ajoutant le montant de 15 500 fr. en raison du d�faut d'am�nagement de la route d'acc�s et de 15 240 fr. pour le nettoyage accru du syst�me de drainage situ� devant l'entr�e sud-ouest de la halle, pendant une p�riode de six ans. Subsidiairement le demandeur sollicitait l'am�nagement de la route d'acc�s dans les termes pr�conis�s par l'expert judiciaire.
Statuant le jour m�me, la II�me Cour civile du Tribunal cantonal a condamn� la d�fenderesse � payer au demandeur 12 900 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 26 avril 1996 et lui a ordonn� d'am�nager la route situ�e entre les deux parcelles n�s 380 et 798 selon les modalit�s arr�t�es par l'expert judiciaire dans son rapport du 15 octobre 1998. Elle a rejet� les autres conclusions de la demande et mis les frais � la charge des parties par moiti�, chacune d'elles supportant ses propres frais d'intervention. La cour cantonale a retenu, en substance, que la responsabilit� de propri�taire d'ouvrage de la d�fenderesse �tait engag�e pour les trois d�bordements du bisse. Elle a estim� que le demandeur avait prouv� son dommage � concurrence de 7200 fr. pour le premier sinistre et de 5700 fr. pour le deuxi�me. Pour le troisi�me, il s'�tait born� � d�poser un d�compte sans autre pi�ce justificative ni moyen de preuve, de sorte qu'il ne pouvait �tre mis au b�n�fice de l'art. 42 al. 2 CO, ce qui entra�nait le rejet de ses pr�tentions. Le dommage subi le 20 f�vrier 1996, lors de travaux de d�neigement, n'�tait pas imputable � la d�fenderesse. La conclusion en paiement de 15 500 fr. pour le d�faut d'am�nagement de la route d'acc�s �tait irrecevable, de m�me que celle en paiement de 15 240 fr. pour les frais d'entretien du syst�me de drainage. Par contre, le demandeur �tait fond� � exiger l'ex�cution de l'art. 6 du contrat constitutif de servitude de distance, pr�voyant l'am�nagement de la route d'acc�s, qui devait �tre accomplie selon les directives incontest�es de l'expert judiciaire. En d�finitive, la d�fenderesse devait payer au demandeur 12 900 fr. et am�nager la route d'acc�s.
Le demandeur interjette au Tribunal f�d�ral, parall�lement, un recours de droit public et un recours en r�forme. Dans chacun d'eux, il pr�cise que le jugement cantonal n'est pas attaqu� quant au ch. 2 du dispositif ordonnant � X.________S.A. d'am�nager la route situ�e � la limite des parcelles n�s 380 et 798, selon les modalit�s arr�t�es par l'expert judiciaire. Dans le recours de droit public, le demandeur conclut � l'annulation du jugement de la II�me Cour civile cantonale et au renvoi de la cause � cette autorit� pour nouvelle d�cision. Dans le recours en r�forme, il requiert la condamnation de la d�fenderesse au paiement de respectivement 16 430 fr., 12 896 fr.50, 11 424 fr.90, 15 000 fr. et 15 240 fr., avec int�r�ts � 5% d�s la survenance des diff�rents sinistres, sous d�duction du montant de 12 700 fr. (recte: 12 900 fr.), avec int�r�ts � 5% d�s le 26 avril 1996, allou� par le Tribunal f�d�ral. La motivation des deux recours (III. Beschwerdebegr�ndung et III. Berufungsbegr�ndung) est mot pour mot identique. La seule diff�rence r�side dans une partie de la remarque finale exprim�e en page 21 du recours de droit public: "Die Beschwerde ist aus diesen Gr�nden gutzuheissen und der Entscheid des Kantonsgerichtes vom 31.1/8.2.2002 aufzuheben", et en page 18 du recours en r�forme: "Die Berufung ist aus diesen Gr�nden gutzuheissen und der Entscheid des Kantonsgerichtes vom 31.1/8.2.2002 zu reformieren."
En substance, le recourant expose, pour le premier d�g�t d'eau, de novembre 1994, que le Tribunal cantonal a arbitrairement appr�ci� les preuves en m�connaissant le rapport de l'expert judiciaire, non contest�, au profit des conclusions de l'expert priv� B.________. Or, ce dernier n'avait pas eu connaissance de tous les �l�ments du dommage, concernant certaines interventions et le nombre d'heures de travail, alors qu'il aurait pu �tre �tabli � partir de la liste des travailleurs employ�s que contient l'annexe 12 de son rapport. Appr�ciant ainsi les preuves contrairement � l'art. 8 CC, et ne proc�dant pas � l'audition compl�mentaire de l'expert judiciaire selon l'art. 248 aCPC/VS, le Tribunal cantonal avait finalement viol� l'art. 42 CO.
Pour le deuxi�me d�g�t d'eau, du 22 avril 1995, les m�mes griefs sont adress�s � la cour cantonale. Cette derni�re s'est fond�e sur l'opinion de l'expert priv�, qui a supprim� sans explication plusieurs jours entiers de travail; de son c�t� l'expert judiciaire a reconnu enti�rement le dommage, sous r�serve des heures de travail qui n'�taient, pour lui, pas objectivement contr�lables.
Quant au troisi�me d�g�t d'eau, de juillet 1995, le recourant rel�ve que l'expert judiciaire a reconnu tous les postes du dommage, sous r�serve des heures de travail qui ne pouvaient �tre �valu�es. L'expert priv� ne s'est pas exprim� sur ce sinistre.
Le Tribunal cantonal a encore arbitrairement conclu � l'irrecevabilit� de la demande de paiement de 15 240 fr. pour les frais d'entretien plus intensifs du syst�me de drainage, en consid�rant qu'elle avait �t� formul�e pour la premi�re fois lors du d�bat final. En r�alit�, le recourant avait invoqu� l'obligation pour l'intim�e d'entretenir le syst�me d'�coulement de l'eau et de goudronner la route d'acc�s dans sa r�plique du 2 septembre 1997, et dans la remise d'un dossier photographique des 16/18 f�vrier 2000 � l'occasion de la proc�dure probatoire. Toutefois, ces documents sont parvenus au Tribunal cantonal dans un dossier partiel s�par�. Le montant de 15 240 fr. a �t� articul� � l'occasion des d�bats finaux. Ainsi, la juridiction cantonale n'avait pas pris connaissance de l'�tat de fait et n'avait pas port� son attention sur les preuves, qu'elle avait appr�ci�es arbitrairement en s'appuyant sur l'art. 88 aCPC/VS, inapplicable en l'esp�ce.
Concernant enfin le dommage subi en raison de trous constat�s dans la paroi translucide de la fa�ade ouest de la halle, le recourant souligne qu'il d�coule d'un rapport de la police cantonale que le mari de la concierge des copropri�t�s V.________ et W.________ avait reconnu que des pierres pouvaient �tre projet�es par la fraiseuse qu'il utilisait, ce qui ressortait �galement de l'�tat du rev�tement de la route d'acc�s, non goudronn�e. L'expert judiciaire avait consid�r� le montant du dommage, � concurrence de 15 000 fr., comme raisonnable et le Tribunal cantonal n'avait tenu aucun compte de ces �l�ments, en violation des art. 4 aCst. et 42 CO.
L'intim�e conclut au rejet des recours avec suite de frais et d�pens.
Le Tribunal cantonal se r�f�re � son jugement.
Interjet� par la partie demanderesse qui a succomb� dans ses conclusions condamnatoires et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� form� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
Le recours en r�forme est ouvert pour violation du droit f�d�ral, mais non pour violation directe d'un droit de rang constitutionnel (art. 43 al. 1 OJ) ou pour violation du droit cantonal (ATF 127 III 248 consid. 2a; 126 III 189 consid. 2a, 370 consid. 5).
Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu � rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ; ATF 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a). Dans la mesure o� une partie demanderesse pr�sente un �tat de fait qui s'�carte de celui contenu dans la d�cision attaqu�e sans se pr�valoir avec pr�cision de l'une des exceptions qui viennent d'�tre rappel�es, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 127 III 248 consid. 2c). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appr�ciation des preuves et des constatations de fait qui en d�coulent (ATF 126 III 189 consid. 2a; 125 III 78 consid. 3a; 122 III 26 consid. 4a/aa, 61 consid. 2c/bb, 73 consid. 6b/bb p. 80).
Le demandeur fait tout d'abord valoir une violation de l'art. 8 CC au sujet de la preuve des faits se rapportant au premier et au deuxi�me d�g�ts d'eau.
2.1 Selon cette disposition, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle all�gue pour en d�duire son droit. Sous r�serve d'une r�gle sp�ciale (instituant par exemple une pr�somption l�gale), l'art. 8 CC r�partit le fardeau de la preuve (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223) pour toutes les pr�tentions fond�es sur le droit priv� f�d�ral (ATF 124 III 134 consid. 2b/bb p. 143) et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences d'un �chec de la preuve (ATF 125 III 78 consid. 3b p. 79).
Il ne prescrit cependant pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es; il ne d�termine pas non plus sur quelles bases le juge peut forger sa conviction (ATF 122 III 219 consid. 3c; 118 II 142 consid. 3a, 365 consid. 1 p. 366). L'art. 8 CC est �lud� (et en cons�quence viol�) si le juge admet ou �carte un fait pertinent et contest� sans aucun raisonnement ni aucun commencement de preuve (Bernard Corboz, Le recours en r�forme au Tribunal f�d�ral, SJ 2000 II p. 1 ss, 41). En revanche, d�s le moment o� le juge tire des d�ductions en examinant les �l�ments r�unis, il proc�de � une appr�ciation des preuves; or l'appr�ciation des preuves et les constatations de fait qui en d�coulent ne sont pas r�gies par le droit f�d�ral et ne peuvent donner lieu � un recours en r�forme, mais seulement � un recours de droit public pour arbitraire (ATF 126 III 10 consid. 2b p. 13; 125 III 78 consid. 3a; 122 III 61 consid. 2c/cc p. 66).
2.2 Lorsqu'il reproche au Tribunal cantonal de s'�tre fond� principalement sur l'expertise B.________, sans l'avoir confront�e aux d�clarations des parties et des t�moins et � certaines pi�ces du dossier, notamment sans �gard aux conclusions de l'expert judiciaire, le demandeur reproche � la juridiction cantonale d'avoir pr�f�r� un moyen de preuve � d'autres pour asseoir son opinion. Une telle critique rel�ve de l'appr�ciation des preuves et s'av�re par cons�quent irrecevable dans le cadre du pr�sent recours en r�forme, d�s lors que, lorsque le juge a proc�d� � une telle appr�ciation, la question de la r�partition du fardeau de la preuve ne se pose plus, ce qui vide de son objet le grief de violation de l'art. 8 CC. En l'occurrence, le demandeur a invoqu� le moyen pris de l'appr�ciation arbitraire des preuves dans le recours de droit public d�pos� parall�lement au recours en r�forme, et sur lequel le Tribunal de c�ans s'est prononc� en le rejetant.
De m�me, lorsque le demandeur fait grief au Tribunal cantonal de ne pas avoir appr�ci� les pi�ces et les preuves selon l'art. 8 CC et de n'avoir tenu aucun compte de l'exp�rience de la vie, alors que la cour cantonale expose tr�s succinctement pourquoi elle a suivi l'expertise B.________, en raison de la grande difficult� de l'expert judiciaire de contr�ler dans le d�tail les factures pr�sent�es, notamment en ce qui concerne les heures de travail, il s'en prend aux bases sur lesquelles le juge a �tabli son raisonnement, et non pas au droit � la preuve, et � la r�partition du fardeau de celle-ci. Ce moyen, irrecevable dans la pr�sente proc�dure, a �t� d�velopp� par le demandeur dans le recours de droit public connexe, sur lequel le Tribunal de c�ans a statu�.
3.1 Le demandeur se plaint d'une mauvaise application de l'art. 42 CO de la part du Tribunal cantonal, en ce que ce dernier n'a pas retenu le montant r�clam� pour le premier sinistre, de novembre 1994, en ignorant certains postes du dommage, notamment les frais de granul�s et les d�penses relatives aux heures de travail. Le m�me grief �tait adress� � la juridiction cantonale pour les d�g�ts d'eau du 22 avril 1995.
Pour le troisi�me dommage, soit l'inondation des 13 et 14 juillet 1995, le demandeur estime que le Tribunal cantonal aurait d� consid�rer le pr�judice all�gu� comme fond�, notamment par r�f�rence � l'expertise judiciaire.
Sous let. E, le demandeur critique enfin la d�cision du Tribunal cantonal de n'avoir pas fix� � 15 000 fr., en application de l'art. 42 CO, le montant du pr�judice, qualifi� de "raisonnable" par l'expert judiciaire, pour ce qui est du jet de pierres contre la paroi translucide du centre de tennis.
3.2 La fixation du dommage ressortit en principe au juge du fait. Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si l'autorit� cantonale a m�connu la notion juridique du dommage ou si elle a viol� des principes juridiques relatifs au calcul du pr�judice. L'estimation du dommage d'apr�s l'art. 42 al. 2 CO repose sur le pouvoir d'appr�cier les faits; elle rel�ve donc de la constatation des faits, laquelle ne peut �tre revue en instance de r�forme. Certes, ressortit au droit le point de savoir quel degr� de vraisemblance la survenance du dommage doit atteindre pour justifier l'application de l'art. 42 al. 2 CO et si les faits all�gu�s, en la forme prescrite et en temps utile, permettent de statuer sur la pr�tention en dommages-int�r�ts litigieuse. Il n'en demeure pas moins que, dans la mesure o� l'autorit� cantonale, sur la base d'une appr�ciation des preuves et des circonstances concr�tes, a admis ou ni� que la vraisemblance de la survenance du pr�judice confinait � la certitude, elle a pos� une constatation de fait qui est, sous r�serve d'exceptions non r�alis�es en l'esp�ce, soustraite au contr�le de la juridiction f�d�rale de r�forme (ATF 126 III 388 consid. 8a et les r�f�rences).
3.3 Le demandeur invoque l'art. 42 CO, sans pr�ciser qu'il fonde en r�alit� son argumentation sur une violation �ventuelle de l'art. 42 al. 2 CO, concernant la fixation du montant du dommage par le Tribunal cantonal.
Dans les deux premiers cas (A et B), la cour cantonale a fix� le montant du pr�judice � des valeurs diff�rentes de celles propos�es par le demandeur, proc�dant � une appr�ciation des faits qui n'est pas susceptible d'�tre corrig�e en instance de r�forme. Sur ce point, le recours est irrecevable.
Concernant le troisi�me d�g�t d'eau, le Tribunal cantonal a express�ment admis que le demandeur l'avait subi, mais il a reproch� � ce dernier de s'�tre content� de d�poser un d�compte, sans aucune pi�ce justificative attestant de la commande de mat�riaux ou le paiement de factures en rapport avec la remise en �tat des lieux. De m�me, le Tribunal cantonal rel�ve que le demandeur n'avait pas prouv� le nombre d'heures pass�es � ces travaux par l'audition des personnes employ�es � leur r�alisation, ce pourquoi les pr�tentions devaient �tre rejet�es, faute de preuves suffisantes.
D'apr�s la jurisprudence, pour que l'art. 42 al. 2 CO soit applicable, il faut que les preuves du dommage fassent d�faut ou que leur administration ne puisse �tre raisonnablement exig�e du l�s� (ATF 105 II 87 consid. 3 p. 89 et les arr�ts cit�s). L'art. 42 al. 2 CO ne constitue en effet pas une solution de facilit� pour le plaideur qui omet d'apporter des preuves ou qui ferait obstacle � leur administration. L'application de cette disposition suppose en outre que la partie � laquelle le fardeau de la preuve incombe fournisse au juge, dans la mesure du possible, tous les �l�ments permettant l'�valuation ex aequo et bono du montant du dommage (ATF 113 II 323 consid. 9c p. 343; 98 II 34 consid. 2; 97 II 216 consid. 1).
En l'esp�ce, malgr� une certaine difficult� quant � l'estimation du nombre d'heures de travail n�cessaires � la restitution des lieux dans leur �tat d'usage, le demandeur aurait pu fournir les preuves et les t�moignages n�cessaires � fixer directement le dommage, ou, � tout le moins, � permettre au juge de l'�valuer en fonction de ces donn�es partielles, en application de l'art. 42 al. 2 CO. En l'absence de tels �l�ments, le Tribunal cantonal pouvait retenir qu'il n'�tait pas tenu d'appliquer l'art. 42 al. 2 CO, sans violer cette disposition. Le recours doit �tre rejet� sur ce point.
3.4 Enfin, concernant les atteintes caus�es � la paroi ouest du centre de tennis par C.________, le dommage et le montant du pr�judice ressortent du dossier, notamment des d�clarations de l'expert judiciaire. Toutefois, l'auteur de ce dommage n'est pas la soci�t� intim�e, mais l'auxiliaire d'une employ�e de deux communaut�s de copropri�taires, de sorte que, faute de l�gitimation passive de l'intim�e, la juridiction cantonale a eu raison de rejeter les pr�tentions du demandeur � son �gard.
Le recours en r�forme doit donc �tre int�gralement rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Vu l'issue du recours, les frais seront mis � la charge du demandeur qui succombe, soit un �molument de 3000 fr. Celui-ci devra aussi s'acquitter d'une indemnit� de 3000 fr. � titre de d�pens en faveur de l'intim�e.
Le recours est rejet�, dans la mesure o� il est recevable, et le jugement attaqu� est confirm�.
Le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 3000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties et � la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais.