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Georges Laperrière
1 La restauration rapide2 L Institut national de recherche et de sécurité (INRS) Dans le domaine de la prévention des risques professionnels, l INRS est un organisme scientifique et technique qui travaille, au plan institutionnel, avec la CNAMTS, les CRAM-CGSS et plus ponctuellement pour les services de l État ainsi que pour tout autre organisme s occupant de prévention des risques professionnels. Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires qu il met à la disposition de tous ceux qui, en entreprise, sont chargés de la prévention : chef d entreprise, médecin du travail, CHSCT, salariés. Face à la complexité des problèmes, l Institut dispose de compétences scientifiques, techniques et médicales couvrant une très grande variété de disciplines, toutes au service de la maîtrise des risques professionnels. Ainsi, l INRS élabore et diffuse des documents intéressant l hygiène et la sécurité du travail : publications (périodiques ou non), affiches, audiovisuels, site Internet Les publications de l INRS sont distribuées par les CRAM. Pour les obtenir, adressez-vous au service prévention de la Caisse régionale ou de la Caisse générale de votre circonscription, dont l adresse est mentionnée en fin de brochure. L INRS est une association sans but lucratif (loi 1901) constituée sous l égide de la CNAMTS et soumise au contrôle financier de l État. Géré par un conseil d administration constitué à parité d un collège représentant les employeurs et d un collège représentant les salariés, il est présidé alternativement par un représentant de chacun des deux collèges. Son financement est assuré en quasi-totalité par le Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les Caisses régionales d assurance maladie (CRAM) et Caisses générales de sécurité sociale (CGSS) Les Caisses régionales d assurance maladie et les Caisses générales de sécurité sociale disposent, pour participer à la diminution des risques professionnels dans leur région, d un service prévention composé d ingénieursconseils et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement formés aux disciplines de la prévention des risques professionnels et s appuyant sur l expérience quotidienne de l entreprise, ils sont en mesure de conseiller et, sous certaines conditions, de soutenir les acteurs de l entreprise (direction, médecin du travail, CHSCT, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation. Ils assurent la mise à disposition de tous les documents édités par l INRS. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l INRS, de l auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l adaptation ou la transformation, l arrangement ou la reproduction, par un art ou un procédé quelconque (article L du code de la propriété intellectuelle). La violation des droits d auteur constitue une contrefaçon punie d un emprisonnement de deux ans et d une amende de euros (article L et suivants du code de la propriété intellectuelle). INRS, Illustrations Jean-Claude Bauer. Maquette Ici Design3 La restauration rapide Prévention des risques professionnels ED 933 janvier 20054 Cette brochure a été réalisée par un groupe de travail composé : SNARR 9, rue de la Trémoille Paris Tél. : Fax : Site Internet : Courriel : de représentants de l'institution prévention : CRAM Île-de-France (MM. C. Ballue et G. Lavergne), INRS (M. G. Vernois), et de représentants du SNARR. 2 La restauration rapide5 Sommaire Introduction 5 1 Les obligations et responsabilités des chefs d établissement Leurs obligations Leurs responsabilités 7 2 Les atteintes à la santé Les accidents du travail avec arrêt Les causes d'accidents en quelques chiffres Le siège des lésions Les conséquences des accidents Les maladies professionnelles 10 3 Le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles Le coût direct Le calcul des taux de cotisation Les modes de tarification Les minorations et les majorations Le coût indirect 13 4 La mise en place d une démarche de prévention 14 5 Les acteurs de la prévention Les acteurs internes Les acteurs externes 17 6 Les facteurs de risques Les chutes de plain-pied Les manutentions manuelles Les sources de chaleur Les chutes de hauteur Le risque routier Les effondrements et les chutes d objets Les outils à mains Les seringues usagées dans les déchets Les incendies et les explosions Les machines Les produits chimiques Les manutentions mécaniques L électricité Les agressions L éclairage Les ambiances thermiques Le bruit L hygiène 42 La restauration rapide 36 7 L intervention d une entreprise extérieure Le plan de prévention Le protocole de sécurité 44 8L organisation interne 45 9 La formation Les équipements de protection individuelle Les services de secours, les sauveteurs secouristes, la trousse de secours 48 Conclusion 49 Pour en savoir plus 50 Questionnaire 51 4 La restauration rapide7 Introduction CCe guide s'adresse aux chefs des établissements du secteur de la restauration de type rapide (dont le code risque de la Sécurité sociale est le 55.3 BA) qui est constitué de trois branches d activité : hamburgers, sandwichs, livraison à domicile. Il est destiné à les aider à évaluer les risques dans leurs établissements afin qu'ils puissent mettre en place les moyens de prévention. Ce guide réalisé avec les professionnels du Syndicat national de l alimentation et de la restauration rapide (SNARR) s appuie notamment sur ses travaux issus du groupe de travail paritaire «Santé au travail». Le SNARR, créé en 1984, regroupe aujourd hui plus d une centaine d enseignes, des plus petites aux plus grandes, représentant plus d un millier d adhérents et plus de établissements. Ses adhérents emploient des salariés du secteur (source INSEE). Pizzas livrées à domicile ou plateaux repas livrés en entreprise, hamburgers, sandwichs et paninis, brownies et muffins, cafés aromatisés ou thés, consommés sur place ou emportés, autant d offres alimentaires qui font partie du paysage de la restauration de type rapide, caractérisée par l absence de service à table et l utilisation de vaisselle et de conditionnements jetables. La restauration rapide 58 1. Les obligations et responsabilités des chefs d établissement 1.1 Leurs obligations C est sur le chef d établissement que repose l organisation de la sécurité dans l établissement. Il a une responsabilité pénale en matière d accident du travail et de maladie professionnelle. Il peut à ce titre être condamné à des amendes, voire à des peines d emprisonnement. Il doit diriger son établissement pour que les moyens mis en œuvre permettent, compte tenu des procédures de travail et de la formation des salariés, de travailler en sécurité. Il lui appartient notamment : d évaluer les risques que l on n a pas pu supprimer, de définir des priorités d actions de prévention, de mettre en œuvre des solutions permettant de prévenir les accidents, de fournir des équipements de travail et des équipements de protection conformes à la réglementation et maintenus en état, d informer et de former les salariés, etc. Le document unique Le décret n du 5 novembre 2001 relatif à l évaluation des risques prévoit que le chef d établissement doit transcrire les résultats de l évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs dans un document unique. Ce document, unique dans un souci de cohérence, de commodité et de traçabilité, doit être mis à jour annuellement ou actualisé lors d une modification des conditions de travail ou lorsqu une information supplémentaire est recueillie. Il est mis à la disposition des acteurs internes à l établissement (instances représentatives du personnel, personnes soumises à un risque) et externes (médecins du travail, agents de l inspection du travail et des services de prévention des organismes de Sécurité sociale ). 6 La restauration rapide9 1.2 Leurs responsabilités Outre les peines encourues en cas de non-respect du code du travail et du code de la Sécurité sociale, deux types d'infractions ont été introduits par le nouveau code pénal : le délit d'homicide involontaire ou de blessure involontaire avec la condition aggravante d'un manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, le délit de mise en danger d autrui, résultant du «fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements». La faute inexcusable Dans certains cas, le salarié accidenté peut engager une action en responsabilité civile à l encontre de son employeur, afin de rechercher la faute inexcusable de celui-ci dans la survenue de l'accident, et obtenir l'indemnisation de préjudices extrapatrimoniaux (souffrances physiques et morales, perte d'une chance de promotion professionnelle, préjudice d'esthétique et d'agrément). La restauration rapide 710 2. Les atteintes à la santé 2.1 Les accidents du travail avec arrêt Les accidents peuvent engendrer des incapacités temporaires, voire permanentes (qui handicapent la victime à vie) ou conduire au décès du salarié. a) Parmi les indicateurs fréquemment utilisés pour caractériser les accidents du travail avec arrêt, on trouve : L indice de fréquence (IF) L indice de fréquence des accidents avec arrêt représente le nombre d accidents du travail avec arrêt pour 1000 salariés. Nombre d accidents avec arrêt x 1000 IF = Nombre de salariés Le taux de fréquence (TF) Le taux de fréquence des accidents avec arrêt indique le nombre d accidents du travail avec arrêt par million d heures travaillées. Nombre d accidents avec arrêt x TF = Nombre d heures travaillées L incapacité temporaire de travail (ITT) C est une incapacité consécutive à un accident du travail, de trajet ou à une maladie professionnelle occasionnant un arrêt de travail d au moins 24 heures. L incapacité permanente partielle (IPP) C est une incapacité permanente consécutive à un accident du travail, de trajet, ou à une maladie professionnelle. Elle est évaluée avec un taux d incapacité permanente qui entraîne l attribution d une indemnité en capital s il est inférieur à 10 % ou d une rente s il est égal ou supérieur à 10 %. b) Les indicateurs les plus couramment employés pour caractériser la gravité des accidents avec arrêt sont : Le taux de gravité (TG) Le taux de gravité des accidents du travail avec arrêt exprime le nombre de journées de travail perdues pour 1000 heures travaillées. Nombre de journées de travail perdues x TG = Nombre d heures travaillées L indice de gravité (IG) L indice de gravité des incapacités permanentes est la somme de ces taux d incapacité, attribués au titre des séquelles résiduelles, par million d heures travaillées. Somme des taux d incapacité permanente x IG = Nombre d heures travaillées 8 La restauration rapide11 2.2 Les causes d'accidents en quelques chiffres Les chutes de plain-pied totalisent à elles seules 42 % des accidents dans la profession. Les manutentions manuelles sont à l origine de 22 % des accidents. Les sources de chaleur (fours, plaques de cuisson, friteuses ) contribuent à plus de 6 % des accidents. Les chutes de hauteur représentent 6 % des accidents. Les véhicules (hors moyens de manutention et hors accidents de trajet) interviennent dans 6 % des accidents. 18 % des accidents surviennent pour d autres causes (objets en mouvement accidentel, outils à main ). Outils individuels à main 5 % Objets en mouvement accidentel 5 % Véhicules (sauf chariots de manutention) 6 % Chutes de hauteur 6 % Appareils avec produits chauds 6 % Autres 8 % Manutentions manuelles 22 % Chutes de plain-pied 42 % Causes des accidents Répartition en pourcentage Chutes de plain-pied 42 % Manutentions manuelles 22 % Appareils avec produits chauds 6 % Chutes de hauteur 6 % Véhicules (sauf chariots de manutention) 6 % Objets en mouvement accidentel 5 % Source CNAMTS, année 2002 Outils individuels à main 5 % Autres 8 % Total 100 % 2.3 Le siège des lésions En 2002, le siège des lésions se répartit de la façon suivante : Localisations multiples 12 % Tronc 15 % Tête (yeux exceptés) 4 % Source CNAMTS, année 2002 Pieds 4 % Non précisé 2 % Membres supérieurs (mains exceptées) 16 % Sièges internes 1 % Yeux 1 % Mains 26 % Membres inférieurs (pieds exceptés) 19 % Siège des lésions Répartition en pourcentage Mains 26 % Membres inférieurs (pieds exceptés) 19 % Membres supérieurs (mains exceptées) 16 % Tronc 15 % Localisations multiples 12 % Tête (yeux exceptés) 4 % Pieds 4 % Non précisé 2 % Sièges internes 1 % Yeux 1 % Total 100 % La restauration rapide 912 2.4 Les conséquences des accidents En plus des conséquences physiques, les accidents du travail induisent très souvent pour les accidentés des répercussions psychologiques et sociales qui se ressentent dans leur vie professionnelle ainsi que dans leur vie privée. Après un accident, le climat de travail est perturbé et le chef d entreprise en porte toujours la responsabilité morale. 2.5 Les maladies professionnelles Une maladie est dite «professionnelle» si elle est la conséquence directe de l exposition d un travailleur à un risque physique, chimique, biologique, ou si elle résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. Tout employeur qui utilise des procédés de travail susceptibles de provoquer des maladies professionnelles inscrites dans les tableaux du régime général de la Sécurité sociale est tenu d en faire la déclaration à la Caisse primaire d assurance maladie et à l inspection du travail (art. L du code de la Sécurité sociale). Les maladies professionnelles déclarées en 2002 chez les salariés de la restauration rapide sont principalement les troubles musculosquelettiques (tableau 57) suivi par les lésions eczématiformes de mécanisme allergique (tableau 65) et les affections respiratoires de mécanisme allergique (tableau 66). 10 La restauration rapide13 3. Le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles 3.1 Le coût direct Le coût direct représente le coût lié aux prestations qui se rapportent à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle : frais d'hospitalisation, indemnités journalières, rentes Pour l année , il est en moyenne de : b par accident avec arrêt (hors accidents de trajet), b pour un accident grave avec incapacité permanente 10 % (hors accidents de trajet), b pour un décès. Ce coût des accidents du travail et des maladies professionnelles (ATMP) est entièrement à la charge des entreprises. Il est matérialisé par une cotisation annuelle versée à la branche ATMP de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés. Cette cotisation est égale au produit de la masse salariale par le taux notifié (défini au chapitre 3.2) Le calcul des taux de cotisation Le taux brut se calcule à partir du montant total des prestations versées en réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, rapporté à la masse salariale des trois dernières années connues. Montant des prestations des 3 dernières années connues Taux brut = x 100 Masse salariale des 3 dernières années connues Les différents éléments pris en compte pour le calcul de ce taux brut sont indiqués dans le compte employeur qui est envoyé annuellement à chaque établissement soumis à la tarification mixte ou individuelle (voir chapitre 3.3). Le taux net est constitué par le taux brut affecté des trois majorations suivantes : la majoration forfaitaire M1 correspondant à la couverture des accidents du trajet, la majoration M2 couvrant les frais de rééducation professionnelle, les frais de gestion et l alimentation de fonds spécifiques, la majoration M3 couvrant les dépenses correspondant aux compensations interrégimes (SNCF, mines ). Le taux net s obtient selon la formule suivante : Taux net = taux brut + M1 + [ (taux brut + M1) x M2 ] + M3 Exemple : en 2004, M1 = 0,33 %, M2 = 0,44, M3 = 0,44 % Pour un taux brut de 4 %, le taux net correspondant est : Taux net = 4 + 0,33 + [ (4 + 0,33) x 0,44 ] + 0,44 = 6,6752 % soit un taux net notifié de 6,68 %. 1 Chiffres basés sur l analyse des statistiques de la Caisse nationale d assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). La restauration rapide 1114 Le taux net est notifié en début d année à chaque établissement par les CRAM. Lorsque le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles conduit à une importante augmentation ou diminution du taux net, alors le taux net notifié est soumis à un «écrêtage» tenant compte du taux de l année précédente. 3.3 Les modes de tarification Trois modes de tarification sont applicables en fonction de l effectif moyen de l entreprise. La tarification individuelle Sont soumis à cette tarification : les établissements dont l'effectif habituel de salariés est au moins égal à 200 lorsque ces établissements constituent par eux-mêmes une entreprise, les établissements relevant d'une même entreprise lorsque l'effectif global habituel de salariés de ladite entreprise est au moins égal à 200. Le taux appliqué est le taux net déterminé à partir des éléments propres à chaque établissement. La tarification collective Cette tarification est celle qui s applique sur le plan national à une activité professionnelle ou à un groupe d'activités professionnelles. Sont soumis à cette tarification : tous les établissements occupant moins de 10 salariés si ces établissements constituent par eux-mêmes une entreprise, tous les établissements relevant d'une même entreprise lorsque l'effectif global habituel de salariés de ladite entreprise est inférieur à 10 salariés. Les taux collectifs sont déterminés suivant les mêmes règles que les taux individuels mais les références, au lieu d'être individuelles, sont collectives. La tarification mixte Sont soumis à cette tarification les établissements relevant d'entreprises occupant habituellement de 10 à 199 salariés. Le taux mixte est la somme de deux éléments : une fraction du taux propre à l'établissement, calculé comme si la tarification individuelle lui était applicable, une fraction du taux collectif fixé pour l'activité dont relève l'établissement. Si E est l'effectif global de l'entreprise, la fraction du taux propre à l établissement est égale à (E 9) / 191 et la fraction du taux collectif est 1 [ (E 9) / 191 ]. Taux applicables selon l effectif moyen de l entreprise N.B. : Des règles particulières de tarification existent pour l Alsace et la Moselle. 12 La restauration rapide15 3.4 Les minorations et les majorations Les cotisations peuvent être affectées de majorations (cotisations supplémentaires) ou de minorations (ristournes) selon que les établissements présentent des risques exceptionnels ou ont pris des mesures susceptibles de diminuer la gravité et la fréquence des accidents. 3.5 Le coût indirect Il ne faut pas oublier de prendre en compte le coût indirect de l accident. Bien que difficile à évaluer, il augmente très notablement le coût réel avec : Le coût de productivité : arrêt de travail de la victime et diminution de son rendement après la reprise du travail. Le coût salarial : salaires des autres salariés perturbés par l accident (secours à la victime, heures supplémentaires pour pallier l absence de la victime). Le coût matériel : produits endommagés. Le coût administratif : frais de dossier, d enquête, embauche et formation de remplaçant. Le coût dû à la détérioration de l image de marque de l entreprise. À CONSULTER Publications INRS Les cotisations d'accidents du travail et de maladies professionnelles, TJ 9. La restauration rapide 1316 4. La mise en place d une démarche de prévention Le chef d'établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Il met en œuvre ces mesures sur la base des neuf principes généraux de prévention énumérés par la loi du 31/12/1991 : éviter les risques, évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités, combattre les risques à la source, adapter le travail à l homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, tenir compte de l état d évolution de la technique, remplacer ce qui est dangereux par ce qui n est pas dangereux ou par ce qui l est moins, planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l organisation du travail, les relations sociales et l influence des facteurs ambiants, prendre les mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle, donner les instructions appropriées aux salariés. Sur la base de ces principes, en fonction de la réalité de chaque entreprise, il convient de déterminer la mise en place d'une démarche globale de prévention afin d'analyser les situations de travail, puis définir et mettre en œuvre les actions visant à améliorer la sécurité et les conditions de travail. L'amélioration de la sécurité et des conditions de travail doit être intégrée à toutes les fonctions de l'entreprise. Cette démarche ne peut se faire qu'avec la participation de tous les acteurs de l'entreprise qui, en fonction de leur formation et de leurs possibilités, doivent prendre soin de leur sécurité ainsi que de celle de leurs collègues. 14 La restauration rapide17 Au niveau le plus élevé, la direction doit considérer la promotion de la sécurité et l'amélioration des conditions de travail comme une partie essentielle de ses fonctions. Elle doit diffuser clairement son état d'esprit à l'ensemble du personnel, de préférence par écrit et par l'intermédiaire de tous les échelons hiérarchiques. Chaque représentant de la hiérarchie, quel que soit son rang, a la charge de la sécurité et des conditions de travail pour le secteur dont il a la responsabilité. Les travailleurs et leurs représentants qualifiés (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou délégués du personnel) doivent nécessairement être associés aux actions de prévention. Évaluation des risques : Pour évaluer les risques, le chef d'établissement peut utiliser la méthode ci-après qui se déroule en quatre étapes : identification des situations dangereuses, choix des risques à traiter en priorité (programme d action), mise en œuvre des mesures de prévention, effectuer une nouvelle évaluation suite aux actions réalisées. L'identification des situations dangereuses passe par l'observation des tâches réellement effectuées aux différents postes de travail et par un dialogue avec les personnes qui les occupent. Le choix des risques à traiter en priorité, selon la probabilité ou la gravité de leurs conséquences, doit tenir compte des informations déjà connues de l'entreprise (déclaration d'accident du travail ou de maladie professionnelle), des faits constatés par le médecin du travail, notamment lors du bilan annuel, des statistiques d'accidents du travail et de maladies professionnelles qui peuvent être fournies par les fédérations professionnelles D autre part, le relevé des accidents bénins et des incidents peut donner des informations supplémentaires. Pour chaque risque identifié, la mise en œuvre des solutions consiste à déterminer les mesures de prévention les plus adaptées et à établir un calendrier pour leur mise en place et leur suivi. Des tableaux peuvent être réalisés poste par poste ou lieu par lieu, afin de mettre en application cette méthode. Ils doivent être mis à jour annuellement ou actualisés lors d une modification des conditions de travail ou lorsqu une information supplémentaire est recueillie. À titre indicatif, un exemple de tableau est présenté ci-après. Vous pouvez le reproduire ou en établir un autre plus approprié à votre entreprise. À CONSULTER Publications INRS Évaluation des risques professionnels. Aide au repérage des risques dans les PME-PMI, ED 840. La restauration rapide 1518 Poste de travail/lieu Identification des risques Risque Mise en œuvre des solutions prioritaire Description Oui Non Mesures À réaliser de la situation de prévention le par Fait le... Le chef d entreprise : 16 La restauration rapide19 5. Les acteurs de la prévention 5.1 Les acteurs internes Le chef d établissement Il est responsable de la sécurité et de la santé de ses salariés. Il peut, sous certaines conditions, déléguer une partie de ses pouvoirs à un de ses salariés. Le responsable sécurité Il a pour rôle essentiel d assister et de conseiller le chef d établissement dans l élaboration et la mise en œuvre d une politique de prévention. Les délégués du personnel (dans le cas d un établissement de 10 à 50 salariés) ou le comité d hygiène, de sécurité et des conditions de travail (dans le cas d une entreprise de plus de 50 salariés) Ils ont pour mission, notamment, de contribuer à la protection de la santé et de la sécurité des salariés ainsi qu à l amélioration des conditions de travail. 5.2 Les acteurs externes Les services de santé au travail (médecine du travail) Ils exercent leur mission par une surveillance médicale des salariés et une action sur le milieu de travail. L inspection du travail Elle est chargée de veiller à l application des dispositions législatives et réglementaires. Les Caisses régionales d assurance maladie (CRAM) et les Caisses générales de Sécurité sociale (CGSS) Elles ont pour rôle, entre autres, de développer et de coordonner la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles par des actions de conseil, de formation et de contrôle. La restauration rapide 1720 6. Les facteurs de risques 6.1 Les chutes de plain-pied (42 % des accidents) À titre d exemples : Les chutes de plain-pied peuvent provoquer des blessures résultant de la chute de la personne elle-même ou du heurt d un objet, d une machine ou d un mobilier. Recherchez vos situations dangereuses Maîtrisez vos risques Sols glissants. En matière de protection collective, adoptez dès la conception ou lors de la remise en état un revêtement antidérapant 2 (coefficient de frottement 0,30 suivant la méthode INRS 3 ). - Quand un risque de glissade subsiste, faites porter au personnel des chaussures ou des surchaussures avec semelles antidérapantes (coefficient de frottement 4 0,15). - Posez des bandes antidérapantes sur les aires de circulation des zones de comptoirs et de fabrication. Sols souillés par des salissures : - projection d huile des postes à friture, - évacuation d eau des trop-pleins, - zone de plonge, - zones d égouttage et d assemblage en fabrication - Nettoyez immédiatement afin d éviter de rendre le sol glissant. - Veillez à l absence d eau stagnante au sol. Sols des chambres froides rendus glissants par le givre formé lors de l ouverture fréquente des portes. Sols extérieurs rendus glissants en raison des conditions climatiques. -Sols défectueux : revêtement dégradé, aspérité, trou, dalle descellée - Dénivellations dues à des regards, à des plaques d égout - Ouvrez les portes le moins longtemps et le moins souvent possible. - Prévoyez de doubler les portes par la mise en place d un rideau de lanières souples en plastique transparent. - Installez un assècheur d air pour votre chambre froide afin d éviter les condensations. -Dégivrez le sol dès que cela est nécessaire. Déneigez, salez ou sablez les accès extérieurs, les trottoirs, les terrasses et toutes autres zones de passage autour de l établissement. Gardez les sols à l intérieur et à l extérieur dans un parfait état pour la circulation et supprimez les inégalités. 2 Prenez connaissance de la liste des revêtements conseillés par la CNAMTS. Les revêtements qui y figurent ont été testés par l INRS pour l anti-glissance et par l Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) pour la nettoyabilité. Dans le cas du choix d une résine, faites très attention aux conditions de la pose car celles-ci sont déterminantes pour l obtention des propriétés antidérapantes. 3 Méthode d épreuve basée sur la mesure du coefficient de frottement dynamique. 4 Selon le projet de norme européenne pr EN La restauration rapide21 Recherchez vos situations dangereuses Maîtrisez vos risques Espaces mal éclairés. Prévoyez un éclairage suffisant des locaux, notamment des couloirs de circulation (voir chapitre 6.15). À CONSULTER Publications INRS Les articles chaussants de protection. Choix et utilisation, ED 811. Autre publication Guide des revêtements de sols, CNAMTS. Passages encombrés par l entreposage d objets divers, le passage de câbles électriques Encombrement des lieux de passage. - Maintenez les passages dégagés. - Mettez les prises électriques en bonne place. - Pour le passage des câbles électriques, prévoyez des goulottes, des chemins de câbles, des protège-câbles. Veillez de manière stricte au bon déroulement des opérations de réception, de déballage des cartons, de stockage intermédiaire, d évacuation des déchets. À titre d exemples : 6.2 Les manutentions manuelles (22 % des accidents) Elles induisent des risques de blessure et, dans certaines conditions, de maladies professionnelles, consécutives à des efforts physiques, des chocs, des gestes répétitifs, des mauvaises postures Recherchez vos situations dangereuses Manutention manuelle de charges notamment les charges lourdes (fûts, bonbonnes ). Gestes et postures contraignants par rapport au produit (volumineux, sans prise ) ou par rapport à l environnement (couloirs étroits, plafonds bas ). Maîtrisez vos risques - Utilisez des moyens de manutention mécanique : monte-charge, transpalette électrique ou manuel, table élévatrice, tapis roulant, diable (éventuellement motorisé), chariot à roulettes - Limitez les charges à : 10 kg pour les filles ou 20 kg pour les garçons, âgés de moins de 18 ans, 20 kg pour les femmes ou 25 kg pour les hommes. - Proscrivez le port de charges (cartons, caisses ) pour les femmes enceintes. - Dispensez une formation aux gestes et postures par un organisme extérieur ou par des formateurs en interne spécialement formés dans ce domaine. - Informez votre personnel par la mise en place d affiches 5 et changez-les régulièrement. - Utilisez des contenants appropriés : pas trop volumineux, munis de poignées adaptées - Formez le personnel à adopter des gestes et postures appropriés. - Faites porter des équipements de protection individuelle (gants, chaussures adaptées ). 5 Les affiches de l INRS peuvent participer à cette information. La restauration rapide 19 Montrer encore
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