Source: http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=144769&pageIndex=0&doclang=FR&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=6374211
Timestamp: 2020-01-24 18:16:57+00:00
Document Index: 41435384

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

Language of document : French Italian ECLI:EU:F:2013:178
Dans l’affaire F‑94/12,
1 Par requête parvenue au greffe du Tribunal par courrier le 19 septembre 2012, M. Marcuccio a introduit le présent recours tendant, notamment, à l’annulation de la décision de la Commission européenne du 23 avril 2012 rejetant sa réclamation du 2 décembre 2011 et de la décision de rejet du 9 septembre 2011 de sa demande introduite le 30 mai 2011 ainsi qu’au paiement d’une indemnité de 20 000 euros à titre de réparation du préjudice suite à la violation du secret médical dans le cadre des travaux de la commission d’invalidité qui s’est prononcée le 27 mai 2005 dans la procédure de mise en invalidité le concernant. Le dépôt par courrier de l’original de la requête a été précédé de l’envoi par télécopie, le 10 septembre 2012, au greffe du Tribunal d’un document présenté comme étant la copie de l’original de la requête déposé par courrier.
6. [L]a date à laquelle une copie de l’original signé d’un acte de procédure […] parvient au greffe par tout moyen technique de communication dont dispose le Tribunal est prise en considération aux fins du respect des délais de procédure, à condition que l’original signé de l’acte […] soit déposé au greffe au plus tard dix jours après la réception de la copie de l’original. […] »
6 Par décision du 30 mai 2005, l’autorité investie du pouvoir de nomination a mis le requérant à la retraite à compter du 31 mai 2005 en application de l’article 53 du statut et lui a accordé le bénéfice d’une allocation d’invalidité fixée conformément à l’article 78, troisième alinéa, du statut (ci-après la « décision du 30 mai 2005 »).
7 Par arrêt du 4 novembre 2008 (Marcuccio/Commission, F‑41/06, ci-après l’« arrêt initial »), le Tribunal a annulé la décision du 30 mai 2005 et a condamné la Commission à verser au requérant une somme de 3 000 euros à titre de dédommagement pour le préjudice subi.
8 Suite à l’arrêt initial et en réponse à de nombreux courriers envoyés par le requérant sollicitant d’éventuels droits liés à sa réintégration au sein de la Commission, celle-ci a adressé au requérant en date du 28 février 2011 une lettre détaillant les motifs pour lesquels ses demandes présupposant son état de fonctionnaire en activité ne pouvaient pas être accueillies.
9 Suite à cette lettre, le requérant a introduit, par une note du 30 mai 2011, reçue par la Commission le 9 juin 2011, une demande afin de se voir accorder une indemnité de 20 000 euros en réparation du préjudice qu’il aurait subi du fait de la violation du secret médical dans le cadre des travaux de la commission d’invalidité qui s’est prononcée le 27 mai 2005 dans la procédure de mise en invalidité le concernant (ci-après la « demande du 30 mai 2011 »).
10 Par arrêt du 8 juin 2011 (Commission/Marcuccio, T‑20/09 P), le Tribunal de l’Union européenne, saisi sur pourvoi de la Commission, a annulé l’arrêt initial et renvoyé l’affaire devant le Tribunal, où elle a été enregistrée sous la référence F‑41/06 RENV.
11 Le 9 septembre 2011, le chef de l’unité « Recours et suivi des cas » de la Commission a rejeté la demande du 30 mai 2011 au motif que la lettre du 28 février 2011 ne contenait aucune violation de son droit à la confidentialité et à la protection de ses données personnelles.
12 Par lettre du 2 décembre 2011, parvenue à la Commission le 21 décembre 2011, le requérant a introduit une réclamation contre le rejet de sa demande du 30 mai 2011.
13 Par décision du 23 avril 2012, l’autorité investie du pouvoir de nomination a rejeté la réclamation du requérant. Le requérant affirme avoir reçu cette décision « à une date non antérieure au 31 mai 2012 ».
14 Par arrêt du 6 novembre 2012, Marcuccio/Commission (F‑41/06 RENV, faisant l’objet d’un pourvoi pendant devant le Tribunal de l’Union européenne, affaire T‑20/13 P), le Tribunal a rejeté le recours du requérant dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt initial.
15 Le requérant conclut, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :
– annuler la décision de rejet de sa demande du 30 mai 2011 ;
– annuler la décision du 9 septembre 2011 ;
– annuler, pour autant que de besoin, la décision de rejet de sa réclamation du 2 décembre 2011 ;
– annuler, pour autant que de besoin, la décision du 23 avril 2012 ;
– condamner la Commission à lui verser une indemnité de 20 000 euros ;
16 En vertu de l’article 76 du règlement de procédure, lorsqu’un recours est, en tout ou en partie, manifestement irrecevable ou manifestement non fondé, le Tribunal peut, sans poursuivre la procédure, statuer par voie d’ordonnance motivée.
17 En l’espèce, le Tribunal s’estime suffisamment éclairé par les pièces produites par le requérant et décide, en application de la disposition susmentionnée et avant même que le recours ne soit signifié à la partie défenderesse, de statuer par voie d’ordonnance motivée sans poursuivre la procédure (ordonnance du Tribunal du 29 juin 2010, Palou Martínez/Commission, F‑11/10, points 26 et 27).
18 À titre liminaire, il convient de rappeler que les délais de recours sont d’ordre public, ayant été institués en vue d’assurer la clarté et la sécurité des situations juridiques et d’éviter toute discrimination ou traitement arbitraire dans l’administration de la justice. Il appartient au juge de l’Union de vérifier, d’office, si ces délais ont été dûment respectés (arrêt de la Cour du 8 mai 1973, Gunnella/Commission, 33/72, point 4 ; ordonnance du Tribunal de l’Union européenne du 29 novembre 2011, ENISA/CEPD, T‑345/11, point 11, et la jurisprudence citée).
19 Dès lors, il échet d’examiner si le présent recours a été introduit dans le respect des règles fixant impérativement les modalités de présentation des actes de procédure ainsi que dans le respect du délai de recours correspondant.
20 À cet égard, il convient en premier lieu de rappeler qu’il ressort de l’article 19, troisième alinéa, et de l’article 21, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne que tout requérant doit se faire représenter par une personne habilitée à cet effet et que, par conséquent, les juridictions de l’Union ne peuvent être valablement saisies que par une requête signée par cette dernière. En vertu de l’article 7, paragraphe 1, de l’annexe I de ce même statut de la Cour de justice, ces dispositions sont aussi applicables à la procédure devant le Tribunal. Or, aucune dérogation ou exception à cette obligation n’est prévue par le statut de la Cour de justice ni par le règlement de procédure du Tribunal (voir, en ce sens, ordonnance de la Cour du 5 décembre 1996, Lopes/Cour de justice, C‑174/96 P, point 8, et la jurisprudence citée).
21 En effet, l’exigence de la signature manuscrite du représentant de la partie requérante garantit, dans un but de sécurité juridique, l’authenticité de la requête et exclut le risque que celle-ci ne soit pas l’œuvre de l’avocat ou du conseil habilité à cet effet. Ainsi, ce dernier, en tant qu’auxiliaire de la justice remplit le rôle essentiel, que lui confèrent le statut de la Cour de justice et le règlement de procédure, en permettant, par l’exercice de son ministère, l’accès du requérant au Tribunal (voir, en ce sens, arrêt du Tribunal de première instance du 23 mai 2007, Parlement/Eistrup, T‑223/06 P, point 50). Cette exigence doit, dès lors, être considérée comme une règle substantielle de forme et faire l’objet d’une application stricte, dont le non-respect entraîne l’irrecevabilité du recours (voir, en ce sens, arrêt Parlement/Eistrup, précité, points 51 et 52).
22 C’est d’ailleurs précisément en raison de l’importance fondamentale du rôle de l’avocat en tant qu’auxiliaire de la justice dans les procédures juridictionnelles que l’article 34, paragraphe 1, du règlement de procédure prescrit que l’original de tout acte de procédure doit être signé par le représentant de la partie.
23 Il s’ensuit que, aux fins du dépôt de l’original de tout acte de procédure dans les délais qui s’imposent, l’article 34 du règlement de procédure ne permet pas au représentant de la partie concernée d’apposer deux signatures manuscrites distinctes, même si authentiques, l’une sur le document transmis par télécopie au greffe du Tribunal et l’autre sur l’original qui sera adressé par courrier ou remis en main propre au greffe du Tribunal (ordonnance du Tribunal du 21 février 2013, Marcuccio/Commission, F‑113/11, point 22). En effet, lorsque le représentant d’une partie se prévaut de la facilité qui lui est reconnue par l’article 34, paragraphe 6, du règlement de procédure d’envoyer dans les délais applicables « une copie de l’original signé d’un acte de procédure […] par tout moyen technique de communication dont dispose le Tribunal », cette possibilité est soumise à la condition, sine qua non, que ce même « original signé de l’acte […] soit déposé au greffe au plus tard dix jours après la réception de la copie de l’original », l’adjectif « signé » au masculin ne pouvant se référer qu’à l’original de la requête et non à la copie de l’original de la requête.
24 Dans ces conditions, s’il apparaît que l’original de l’acte qui est matériellement déposé au greffe dans les dix jours suivant sa transmission en copie par le moyen d’un télécopieur auprès du Tribunal ne porte pas la même signature que celle figurant sur le document télécopié, il y a lieu de constater qu’au greffe du Tribunal sont parvenus deux actes de procédure distincts, revêtus chacun d’une signature propre, même si chacune a été apposée par la même personne. Dès lors que la transmission du texte envoyé par télécopie ne satisfait pas aux conditions de sécurité juridique imposées par l’article 34 du règlement de procédure, la date de transmission du document envoyé par télécopie ne saurait pas être prise en compte aux fins du respect du délai de recours (voir, en ce sens, arrêt de la Cour du 22 septembre 2011, Bell & Ross BV/OHMI, C‑426/10 P, points 37 à 43).
25 Il convient aussi d’ajouter que le délai de recours est fixé par l’article 91, paragraphe 3, du statut, auquel le règlement de procédure du Tribunal ne saurait déroger. Par conséquent, il importe que l’original du recours soit établi au plus tard au terme de ce délai. De ce point de vue, l’envoi par télécopie est non seulement un mode de transmission, mais permet aussi de prouver que l’original du recours parvenu au greffe du Tribunal hors délai avait déjà été établi dans le délai de recours.
26 En l’espèce, il y a lieu d’observer que le document présenté comme étant la copie de l’original de la requête adressé par courrier a été transmis au greffe du Tribunal par télécopie le 10 septembre 2012. Le 19 septembre 2012, le greffe du Tribunal a reçu par courrier l’original de la requête, dont, cependant, le texte se différencie du document reçu par télécopie le 10 septembre 2012, tout au moins, en ce qui concerne la signature de l’avocat. Il ressort, en effet, de l’examen du document transmis par télécopie le 10 septembre 2012 que la signature de l’avocat du requérant, à supposer qu’elle soit manuscrite, n’est manifestement pas celle figurant sur l’original de la requête parvenu par courrier au greffe du Tribunal le 19 septembre 2012. Dans ces conditions, il y a lieu de constater que le document parvenu au greffe du Tribunal par télécopie le 10 septembre 2012 et présenté par le requérant comme étant la copie de l’original de la requête adressé par courrier le 19 septembre suivant n’est pas une reproduction de l’original de la requête. Il s’ensuit que la date de réception par le greffe du Tribunal du document transmis par télécopie ne peut pas être retenue afin d’apprécier si le délai de recours, prévu à l’article 91, paragraphe 3, du statut, a été respecté.
27 Il convient enfin de noter que les conditions indiquées aux points 23 et 24 de la présente ordonnance sont également reprises dans les instructions pratiques aux parties sur la procédure juridictionnelle devant le Tribunal du 11 juillet 2012, publiées au Journal officiel de l’Union européenne (JO L 260, p. 6), applicables au moment de l’introduction du recours. En particulier, le point 39 de ces instructions précise :
« L’original signé de tout acte de procédure est expédié sans retard, immédiatement après l’envoi par télécopieur, sans y apporter de corrections ou modifications. En cas de divergence entre l’original signé et la copie précédemment déposée, seule la date du dépôt de l’original signé est prise en considération aux fins du respect des délais de procédure. »
28 Par conséquent, aux fins de décider de la recevabilité du présent recours, il y a lieu de vérifier si l’original signé de la requête a été déposé au greffe du Tribunal dans le délai de recours, qui, conformément à l’article 91 du statut, doit être calculé, dans le cas d’espèce, à partir du jour de la notification de la décision de rejet de la réclamation.
29 Or, la réclamation introduite par le requérant a été rejetée par la Commission le 23 avril 2012. Le requérant affirme avoir reçu cette décision « à une date non antérieure au 31 mai 2012 ».
30 Le délai pour introduire un recours, qui est de trois mois, augmenté du délai forfaitaire de distance de dix jours, à compter du 31 mai 2012, a donc expiré le lundi 10 septembre 2012.
31 L’original de la requête ayant été déposé au greffe du Tribunal le 19 septembre 2012, soit après l’expiration du délai de recours, il s’ensuit que le présent recours doit être considéré comme tardif.
32 Par conséquent, il y a lieu de déclarer le recours manifestement irrecevable.
33 Aux termes de l’article 87, paragraphe 1, du règlement de procédure, sous réserve des autres dispositions du chapitre huitième du titre deuxième dudit règlement, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. En vertu du paragraphe 2 du même article, le Tribunal peut décider, lorsque l’équité l’exige, qu’une partie qui succombe n’est condamnée que partiellement aux dépens, voire qu’elle ne doit pas être condamnée à ce titre.
34 La présente ordonnance étant adoptée avant la signification de la requête à la partie défenderesse et avant que celle-ci ait pu exposer des dépens, il convient de décider que le requérant supportera ses propres dépens, conformément à l’article 89, paragraphe 3, du règlement de procédure.
2) M. Marcuccio supporte ses propres dépens.
Fait à Luxembourg, le 7 novembre 2013.