Source: http://site.christophore.com/dossiers/vincent-lambert?start=150
Timestamp: 2020-02-28 11:09:54+00:00
Document Index: 116738630

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

par Michel Janva, 27/11/2018
par Le Comité de Soutien à Vincent Lambert, 22/11/2018
Affaire Vincent Lambert. La justice repousse encore la décision sur sa fin de vie
par Ouest France, 03/07/2018 , extrait
Un nouveau collège d’experts doit être nommé sur le cas de Vincent Lambert, en état végétatif depuis une dizaine d’années. C’est ce qu’a décidé le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne mardi, sans fixer de délai pour la réalisation de l’expertise.
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) a décidé lundi de nommer un nouveau collège d’experts chargés d’évaluer les perspectives d’évolution de Vincent Lambert, un patient en état végétatif depuis dix ans, après le désistement de ceux dont il avait ordonné la nomination le 20 avril dernier.
Une décision aux contours flous
Ils devront « dire si l’état de santé de M.… est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; dans l’affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution et sur son degré de probabilité », indique l’ordonnance transmise mardi à la presse dans une version anonymisée.
Aucun délai n’est mentionné à ce stade pour la réalisation de l’expertise. ...
par Genéthique, 20/06/2018
par Jeanne Smits, 15/06/2018
par Genéthique, 15/06/2018
par Cécile , 29/05/2018, extrait
Source : choisirlavie.fr
par Ouest-France, 05/06/2018
Le rapporteur public a rejeté mardi 5 juin devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) la demande de récusation des experts, censés dresser « le tableau clinique » de Vincent Lambert, déposée par les parents du patient qui dénoncent une expertise « partiale » aux allures de « mascarade ».
Le rapporteur public a rejeté mardi 5 juin la demande de récusation des experts, censés dresser « le tableau clinique » de Vincent Lambert. « Les arguments invoqués ne me paraissent pas fondés » car « il n'y a pas de raison sérieuse de douter de l'impartialité » des experts, a déclaré le rapporteur public, qui a estimé que les arguments des requérants n'étaient pas « sérieux ».
Dans son ordonnance du 20 avril, le tribunal avait exigé qu'un « tableau clinique » du patient soit réalisé avant de se prononcer sur la validité de l'arrêt des traitements, et avait pour cela nommé trois médecins. Leur légitimité et leur manière de procéder sont contestées par cette partie de la famille.
Cette demande de récusation avait conduit à l'annulation de l'expertise prévue le 26 mai, une preuve de « l'intention dilatoire » et de la volonté « d'entraver la justice » par « des arguments procéduriers non recevables », a estimé Me Pierre Desmarais, l'avocat du CHU de Reims.
« Il s'agit là de jouer la montre et de discréditer les experts », a appuyé Me Steven Calot, conseil de François Lambert, neveu de Vincent, favorable à l'arrêt des traitements, à l'instar d'autres proches du patient dont son épouse et tutrice légale, Rachel Lambert. Mais aux yeux des parents de Vincent Lambert, l'expertise prévue ne permettrait pas de prendre en compte la situation de leurs fils, qu'ils jugent « handicapé » et dont ils réclament depuis cinq ans la rééducation dans une unité spécialisée.
En l'état, cette expertise serait « une mascarade » car « il faut regarder l'évolution réelle de Vincent et pas son état à un instant T en deux heures », a déclaré Me Jérôme Triomphe, leur avocat. « Ces types de patients sont très particuliers car leur état est fluctuant » donc « il faut les observer pendant trois semaines au minimum, trois semaines avec des stimulations tous azimuts », a avancé le Dr Catherine Kiefer, l'une des médecins conseils des parents Lambert, chef de service d'une unité dédiée aux patients en état de conscience minimale à l'hôpital de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Le tribunal administratif rendra son ordonnance mercredi.
Vincent Lambert : demande de récusation des experts
par le Comité de Soutien, 24/05/2018
par Professeur Henri Joyeux, 20/04/2018, extrait
...L’exemple le plus actuel est celui de Vincent Lambert, connu de tous. Il est aujourd’hui en danger, plus du fait de la médecine (certains médecins refuseraient de le nourrir pour le laisser mourir) que de son propre état de santé. Il n’est même pas sûr qu’il soit dans le coma, d’autant qu’il n’a pas besoin d’assistance respiratoire, rénale ou cardiaque. Il est plus que probable que son cerveau fabrique, jour après jour, des neurones nouveaux jusqu’à ce qu’ils atteignent un certain seuil, permettant d’accroître ses réactions. Dans cet état, nul doute que la régénération neuronale est à l’œuvre. Il est pourtant enfermé depuis 4 ans dans des conditions indignes de la médecine et du serment d’Hippocrate. Un certain nombre de médecins en recherche médiatique, qui ne connaissent rien de son état, veulent le faire mourir, manipulant une partie de sa famille.
Durant l’été 2015, les évêques de notre province attiraient l’attention sur la situation de Vincent Lambert.
Cardinal Barbarin‏ @CardBarbarin
7:58 - 16 avr. 2018.
Lors de la prière du Regina Caeli, place Saint Pierre, ce dimanche matin 15 avril 2018, le Pape François demande le respect de la vie de Vincent Lambert :
"Je confie à vos prières les personnes, comme Vincent Lambert, en France (...) et d'autres dans différents pays, qui vivent, parfois longtemps, dans un état de grave infirmité assistés médicalement pour les besoins primaires. Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes.
Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et soigné de manière adaptée à son état, avec l'apport unanime des membres de la famille, des médecins et des autres agents de santé, avec un grand respect pour la VIE."
Monseigneur Bernard Ginoux sur twitter au sujet de Vincent Lambert :
Bernard Ginoux‏@mgrginoux 11 avr.2018
#VincentLambert. Il y a de l'acharnement à vouloir le tuer, lui et ceux qui sont dans cette situation. Mon soutien en prière et pensée.
Fondation LejeuneCompte certifié@FondLejeune
« #VincentLambert est vivant et il ne veut pas mourir » Xavier Ducrocq, professeur de neurologie. RT cette vidéo pour rétablir la vérité ! https://www.youtube.com/watch?v=EdJikiLgG6I…
Bernard Ginoux‏@mgrginoux 9 avr.2018
Donc cet homme vit. Il suffit de le nourrir. Arrêter le processus de nourriture signifie le tuer.
- COMMUNIQUÉ - Les amis de Vincent Lambert, réunis dans son comité de soutien, dénoncent une décision scandaleuse d’euthanasie prise par le docteur Sanchez du CHU de Reims consistant à suspendre son alimentation et son hydratation.…
par le Comité de soutien à Vincent Lambert, 12/03/2018
par Xavier Sartre, Vatican News, 12/04/2018
par Le Salon Beige, 10/04/2018
par France Info, 09/04/2018
Le combat de Vincent
Autres articles figurant ailleurs dans ce site et pouvant se rapporter au dossier concernant Vincent Lambert (son dossier se continue ensuite ci-dessous pages 1 et 2) :
Dossier Leonetti
Pape François : La chair du Christ
Pape François : Soins aux plus faibles
Les Evêques de Rhône-Alpes se prononcent contre l'arrêt des soins
Mgr Aupetit : communiqué
Mgr Scherrer : tuer par omission
Vincent Lambert : le Conseil d'Etat renvoie la décision
Benoît XVI a parlé pour la vie de Vincent Lambert
Terri Schiavo morte par soif
Dr Jeanblanc : La "prise en charge s'inscrit toujours dans un projet de vie"
par Gènéthique, 19/07/2017
Le Conseil d’Etat a rendu son jugement concernant la poursuite de la décision d’interrompre la nutrition et l’alimentation de Vincent Lambert, et la suspension de la deuxième procédure collégiale. La décision suit les conclusions du rapporteur public.
La Cour a d’abord jugé que « la décision prise le 11 janvier 2014 par le médecin en charge de M. Vincent Lambert ne peut plus recevoir application ». Cette décision, qui devait supprimer l’hydratation et l’alimentation de Vincent Lambert, avait été validée par le Conseil d’Etat, et jugée conforme par la Cour Européenne des droits de l’homme. Cependant, le médecin ayant pris la décision n’étant plus « en charge patient à la date où cette décision peut commencer à être mise en œuvre, la décision en cause cesse de produire effet et ne peut plus légalement recevoir application. Le nouveau médecin en charge doit alors prendre lui-même une décision ».
La deuxième procédure collégiale engagée par le docteur Simon avait pour but d’examiner l’arrêt des traitements, à savoir l’alimentation et l’hydratation. Elle a été suspendue le 23 juillet 2015, le CHU estimant que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaire à sa poursuite, tant pour le patient que pour l’équipe soignante, n’étaient pas réunies ». Mais le docteur Simon n’a pas donné de terme à cette suspension. La Cour annule donc cette décision, estimant que « la recherche d’un climat apaisé, telles qu’elles ont été exprimées de façon très générale, ne permettaient pas de suspendre, sans fixer de terme à cette suspension, le cours de la procédure collégiale ». Ce jugement n’aura pas d’incidence sur la vie de Vincent Lambert, le docteur Simon n’étant plus en charge du malade.
La situation de Vincent Lambert de nouveau examinée par le Conseil d'Etat
par Genéthique, 11/07/2017
Le Conseil d’Etat a examiné un recours « portant sur une décision liée à la reprise d’une procédure de consultation d’experts sur un éventuel arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert ». Il était saisi de deux demandes, l’une provenant du neveu de Vincent Lambert qui demandait la reprise de la procédure de consultation et une autre provenant des parents de Vincent Lambert contestant la décision des juges de Nancy.
Le rapporteur public a recommandé le rejet des deux pourvois. Tout en précisant que les arguments invoqués pour suspendre la procédure collégiale pouvant mener à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation ne pouvait conduire « à différer indéfiniment une décision », il a estimé que, le médecin responsable de Vincent Lambert ayant changé, celle-ci devait être reprise « depuis le début » et qu’il était « ‘impossible’ qu’une décision prise par un médecin puisse être ‘imposée’ à son successeur ».
La décision définitive du Conseil d’Etat devrait intervenir « d’ici la fin du mois de juillet ».
Sources : afp, genethique.org
Le point sur la situation de Vincent Lambert avec les avocats
par Le Comité de soutien à Vincent Lamber, 28/02/2017
Mardi 28 février 2017 – Déjà plusieurs mois sans nouvelles… Mais l’actualité n’en est pas moins chargée pour Vincent, sa famille et ses amis. Pour faire un point sur ce qui s’est passé et sur l’avenir de Vincent, Maître Jérôme Triomphe et Maître Jean Paillot répondent aux questions du Comité de soutien.
Dr Philippe Petit : La terreur des décisions imposées aux familles
par Philippe Petit, Médecin et père d’un jeune homme de 28 ans en état pauci-relationnel depuis 14 ans, 10/07/2016
De nombreuses familles se sont retrouvées terrifiées à l'idée de se voir un jour imposer une telle décision. La saisine du Conseil d'Etat, début 2014, nous a poussés à réagir et nous sommes intervenus volontairement devant le Conseil d'Etat pour faire part des craintes des familles de personnes en situation comparable à celle de Vincent Lambert, de se voir imposer des décisions médicales d'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles de leur proche, sans qu'il soit en fin de vie. Notre intervention ayant été reconnue légitime par le Conseil d'Etat, nous avons été présents à toutes les audiences et entendus par la mission d'experts. Le Conseil d'Etat, puis la Cour Européenne des droits de l'Homme, ont confirmé la légalité de la décision du médecin.
Pourtant cette décision, qui repose sur une initiative médicale et des interprétations d'un désir de mourir de M. Lambert, dont les experts ont établi le caractère erroné, n'a pu à ce jour être mise en œuvre, en raison du conflit familial qui trouve sa source dans l'échec de la procédure collégiale initiale. Il y a donc une faille que ni la loi, ni la justice n'ont permis de combler.
Nous sommes porteurs de toutes les sensibilités et de toutes les souffrances des blessés et de leurs proches confrontés à ces situations, et nous considérons que toutes les décisions individuelles doivent pouvoir se prendre, au cas par cas, sous réserve que le processus de décision soit respectueux et associe tous les proches souhaitant y participer. Nous sommes convaincus que la véritable collégialité décisionnelle est le meilleur rempart contre les abus et les dérives, et la seule façon pour les proches de pouvoir accepter la décision et de lui survivre. Peu importe que l'alimentation et l'hydratation soient considérées, ou non, comme des traitements, ce qui compte c'est la façon de prendre la décision quand on se demande s'il ne faudrait pas les arrêter.
Nous avons porté cette revendication à tous les stades du processus législatif, d'abord en demandant vainement d'être auditionnés par la mission parlementaire, puis par les commissions chargées d'étudier le projet à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Faute d'être entendus, nous avons publié plusieurs communiqués, adressé une lettre ouverte au président de la République, au député Leonetti, et lancé une pétition qui a recueilli près de 2000 signatures en quelques jours.
Au final, la loi promulguée début 2016 semble avoir tenu compte de notre revendication puisqu'elle renvoie désormais à une procédure collégiale définie par voie réglementaire, et non plus par le seul code de déontologie médicale.
Pire, nous avons appris récemment, par un de ses membres, que le CCNE a cessé de se réunir sine die, plusieurs de ses membres devant être renouvelés, le gouvernement ayant actuellement d'autres priorités.
A un moment où notre société est secouée par des questions éthiques majeures, où les amalgames et les idées reçues font florès, et alors que l'affaire Lambert connait de nouveaux développements judiciaires, il est troublant, pour ne pas dire plus, de constater la vacance de l'instance qui devrait donner du sens et élever la réflexion.
Vincent Lambert : Tutelle confirmée pour sa femme absente depuis trois ans
par Delphine de Mallevoüe, 08/07/2016
Le tuteur de Vincent Lambert, un handicapé en état de conscience minimale depuis 2008, sera bien son épouse, Rachel Lambert, favorable à l'arrêt de son alimentation. L'arrêt de la cour d'appel de Reims a confirmé, vendredi, la décision du juge des tutelles qui, le 10 mars dernier, avait décidé de confier à Rachel Lambert la tutelle de son mari pour les dix prochaines années. Décision que les parents du jeune homme, qui se battent en justice depuis trois ans pour son maintien en vie, avaient contesté en appel. Le juge avait également désigné l'Union départementale des associations familiales de la Marne (UNAF) comme «subrogé tuteur», une sorte de suppléant.
Vendredi, dans son arrêt, la Cour a confirmé «en toutes ses dispositions la décision contestée». Une nouvelle «délirante» pour les parents de Vincent Lambert, se scandalisent leurs avocats. «On a donné les clés de la protection de la personne de Vincent à celle qui se bat depuis trois ans pour qu'il meurt et qui a quitté son chevet depuis lors pour la Belgique», disent Me Jean Paillot et Me Jérôme Triomphe. «On marche sur la tête!», s'étranglent-ils en confiant avoir décidé de «partir en cassation».
«Bienveillance vérifiée et acquise»
Lors de l'audience pourtant, la procureure générale avait fait valoir que, certes «la situation physique et mentale de Vincent Lambert commandait d'ordonner une mesure de protection sous forme de tutelle», mais qu'il n'était «pas opportun de désigner Rachel Lambert tutrice de son époux», que «la désignation d'un tuteur et d'un subrogé tuteur dans le cercle familial reviendrait à contrecarrer la neutralité recherchée» et qu'il conviendrait de «désigner deux tuteurs extérieurs à la famille, d'une part une personne morale et d'autre part une personne physique». Le parquet général de Reims avait alors soutenu les positions des parents Lambert dans 15 pages de conclusions très motivées et très sévères pour le CHU et pour Rachel Lambert.
La désignation d'un représentant légal avait été demandée le 23 juillet 2015 par le Dr Daniela Simon, médecin de Vincent Lambert à l'hôpital de Reims, en même temps qu'elle avait décidé de suspendre la procédure de consultation «collégiale» pouvant mener à un arrêt des soins.
A l'audience du 10 mars, pour fonder sa décision de confier à Rachel Lambert la tutelle de son mari, le juge avait estimé que «sa bienveillance depuis l'accident de son conjoint» était «vérifiée et acquise», qu'elle n'avait «pas failli dans ses missions de représentation». «Les huit années passées sans remise en cause de son habilitation générale en sont la démonstration», avait dit le juge des tutelles.
Les parents de Vincent Lambert demandent depuis trois ans le transfert de leur fils dans un autre hôpital que celui de Reims où il demeure depuis des années. C'était pour eux l'enjeu de la tutelle, avant que ne soit désignée son épouse qui, elle, «ne demandera jamais le transfert de Vincent».
Cette nouvelle décision de justice intervient après que la cour administrative d'appel de Nancy a ordonné au CHU de Reims, le 16 juin, dans une autre procédure à l'initiative de François Lambert, le demi-neveu de Vincent Lambert, opposé à son maintien en vie, de reprendre la «procédure collégiale» pouvant mener à un arrêt des soins. Il s'agira de la troisième fois. L'hôpital de Reims, qui a déjà lancé par deux fois ces procédures, d'abord sous l'autorité du Dr Eric Kariger puis du Dr Daniéla Simon, avait sitôt indiqué qu'il prenait «acte de la décision de la cour» et qu'il se conformerait «à l'injonction qui lui a été faite». Mais de nouveau, Pierre et Viviane Lambert, les parents, ont décidé de se pourvoir devant le Conseil d'État contre cette décision.
Emmanuel Hirsch : Respecter vraiment Vincent Lambert
Vincent Lambert : le respecter, ce n'est pas s'en remettre à des procédures médico-légales
par Emmanuel Hirsch, Prof. d'éthique médicale, 21/06/2016
LE PLUS. Le 16 juin, la Cour d'appel administrative de Nancy a ordonné la reprise de la procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert. Professeur d’éthique médicale, auteur de "Le Soin, une valeur de la République" (Éd. Les Belles lettres), Emmanuel Hirsch répond à une tribune de Daniel Carré, publiée récemment sur Le Plus de L'Obs à ce sujet.
Le 18 juin dernier, sur Le Plus, Daniel Carré a commenté l’arrêt rendu par la Cour d'appel administrative de Nancy le 16 juin, à propos de M. Vincent Lambert :
"Le processus demandé par la justice doit l’être dans le total respect de la volonté de Vincent qui a trop longtemps été bafouée pour des motifs qui lui sont totalement étrangers", écrit-il notamment.
Au nom d’une légitimité et d’une compétence peu discutables dans un domaine qui concerne toutefois un processus décisionnel médical complexe, ce membre de la Commission nationale des droits de l'homme (CNCDH) développe un argument d’autorité :
"La mère de Vincent s’acharne depuis trois ans pour bloquer toute décision de justice, au nom de ses valeurs religieuses. Les méthodes employées par son entourage sont odieuses, injurieuses et parfois diffamatoires. L’objectif de la manœuvre est d’obtenir le transfert dans un établissement qui écarterait a priori tout arrêt de traitement. Espérons que les pouvoirs publics ne cèdent pas par lassitude à cette pression, car cette décision transformerait une personne vulnérable en une chose."
Sans commenter cette position d’évidence à la fois substantielle et mesurée, il ne me semble pas sans intérêt de rappeler quelques points qui permettent de comprendre que "le total respect de la volonté de Vincent" devrait désormais nous éviter les incantations ou les jugements sommaires.
La circulaire du 3 mai 2002 relative à la création d’unités de soins dédiées aux personnes dites en "état d’éveil sans conscience" leur reconnaît le bénéfice d’un projet de soins spécifiques, prodigués dans un contexte mobilisant des compétences avérées. Cette démarche soignante, en vigueur notamment dans les services de médecine physique et de réadaptation, était assurée, jusqu’à ce que, sur l’interprétation de signes d’apparent refus, l’équipe médicale soit amenée à conclure que M. Vincent Lambert exprimait la volonté ne pas survivre ainsi [1].
Les péripéties et les rebondissements consécutifs à des circonstances familiales et à des logiques décisionnelles contradictoires ont fait apparaître la vulnérabilité extrême des personnes éprouvées par un handicap qui altère de manière irrévocable leurs facultés cognitives. Il me paraît justifié de ne pas limiter les réflexions portant sur leurs droits aux seules conditions de mise en œuvre d’un protocole de fin de vie, alors que c’est tout d’abord l’évaluation de leur projet de vie qui détermine le choix de les réanimer.
Selon quels critères incontestables peut-on affirmer que ce qu’elles vivent est incompatible avec la dignité de leur existence, pour autant qu’elles n’aient pas anticipé rationnellement des circonstances dont on comprend la difficulté de se les représenter ? Conviendrait-il de mobiliser des compétences dont la légitimité et l’expertise s’avéreraient à ce point probantes, pour fonder une décision qui tiendrait compte, de manière rétrospective, des valeurs, des préférences et des attachements antérieurs de la personne ?
Les données tirées de l’expertise biomédicale dont on évoque néanmoins les approximations s’agissant de personnes en "état d’éveil sans conscience" sont-elles de nature à instruire, voire à déterminer, à elles seules, un processus décisionnel à ce point complexe que la tentation serait de s’en remettre par défaut à des procédures normées et systématiques pourtant incompatibles avec les fondements de l’éthique médicale ?
Rétablir un rapport de pleine confiance
L'accueil de M. Vincent Lambert dans un autre établissement qui permette à l'ensemble des membres de la famille d'avoir la conviction que l'arbitrage de la décision collégiale se ferait sans le moindre soupçon semblait une option sage, voire évidente. Rien à voir, comme l’estime Daniel Carré, avec une stratégie des parents de M. Vincent Lambert qu’il estime à ce point obstinés dans l’acharnement au maintien de son existence, que leur affection même en deviendrait idéologiquement suspecte.
Il convenait de rétablir un rapport de pleine confiance, susceptible, peut-être, d'atténuer les clivages et les obstinations. Il s'avérait indispensable que ce temps du dénouement, à la suite des arrêts du Conseil d'État et de la Cour européenne des droits de l’homme, puisse relever des conditions de dignité et de sérénité si souvent invoquées pour accompagner au mieux des circonstances humaines de haute vulnérabilité.
Il s'agissait, selon moi, d'un droit que l'on devait reconnaître à M. Vincent Lambert, à ses proches et ceux qui à ses côtés expriment au nom de la société la sollicitude d'un soin et d'une indéfectible solidarité. À cet égard, je tiens à exprimer toute ma considération à son équipe de soignants dont les compétences et le dévouement sont reconnus.
S'est-on préoccupé de ce qu'éprouvaient, à titre personnel, ces professionnels confrontés aux soubresauts de décisions contradictoires, d'interprétations et de commentaires inconciliables avec les valeurs du soin ; eux qui auront, demain peut-être, à intervenir dans la procédure de fin de fin de M. Vincent Lambert qu'elles accompagnent dans sa vie depuis des années ?
Respecter Vincent Lambert
Je tiens également à rendre hommage à ceux qui, confrontés au handicap, à la maladie, aux détresses humaines et sociales consécutives aux situations de vulnérabilité et de dépendance, demeurent attachés aux valeurs de notre démocratie, y compris lorsqu'elles peuvent leur apparaître défaillantes au regard de leurs véritables urgences.
J'estime que nos obligations de démocrates justifient que notre société se mobilise à leurs côtés, les soutiennent dans la dignité de leur existence. S'en remettre strictement à des procédures médico-légales, voire administratives pour déterminer et légitimer une décision de mort, ce n’est pas respecter le droit d’une personne. Du moins telle n’est pas ma conception des droits de l’homme. Lorsque la gravité et l’inéluctabilité d’une circonstance imposent au médecin, en ultime recours, un acte d’euthanasie, pour être éthiquement recevable le processus d’arbitrage doit être d’une rigueur absolue dès lors qu’il concerne nos valeurs d’humanité.
Daniel Carré craint de la part des instances publiques "(une) décision (qui) transformerait une personne vulnérable en une chose". J’estime que l’attention que l’on doit aux personnes vulnérables comme l’est M. Vincent Lambert – confiné, pour ce qui le concerne, depuis des années dans la chambre d’un hôpital – mérite mieux que cette seule mise en garde.
Respecter M. Vincent Lambert, c’est certainement ne pas prononcer aujourd’hui des paroles définitives et rajouter des invectives aux controverses qui depuis mai 2013 le desservent dans ses droits fondamentaux, comme celui de bénéficier de l’accompagnement prescrit aux personnes en état d’éveil sans conscience dans la circulaire du 3 mai 2002.
Agir avec justesse et discrétion
Il est évident que cette vulnérabilité invoquée pour qu’une décision intervienne enfin, devrait plutôt nous inciter à comprendre ce que signifie exercer une responsabilité politique prudente, digne et circonstanciée, respectueuse d’une démarche médicale qui se doit d’être elle-même respectable.
Rien ne permet d’affirmer alors, d’une part, que la procédure collégiale relancée avec l’arrêt du 16 juin aboutisse à une conclusion qui serait considérée incontestable dans le cadre du CHU de Reims. Certaines positions publiques au sein de l’équipe médicale semblent en effet entacher de suspicion l’exigence de neutralité indispensable à un tel arbitrage.
D’autre part, au-delà de circonstances spécifiques, il est évident que cette décision médicale déterminera d’autres arbitrages pour des personnes handicapées comme il l’est, voire en réanimation pour des personnes qui le seraient. Ces observations justifieraient la mise en œuvre d’une procédure collégiale, associant les compétences incontestables qui s’avèrent indispensables à un arbitrage dont on a compris la signification et la portée.
Il serait donc sage de créer, sans nouvelle précipitation, les conditions d’un processus décisionnel instruit avec justesse et discrétion, ayant pour seul souci l’intérêt supérieur de M. Vincent Lambert.
[1] Il conviendrait de demander aux experts médicaux sollicités pour évaluer les capacités cérébrales et donc relationnelles de M. Vincent Lambert, si son handicap lui permettait de manifester une volonté.
Vincent Lambert : La Cour d'Appel de Nancy commande aux médecins
par Delphine de Mallevoüe , 16/06/2016
Le Figaro - La cour administrative d'appel de Nancy ordonne aux médecins de reprendre la procédure pouvant conduire à l'arrêt des soins du tétraplégique. Ses parents ont annoncé au Figaro leur décision de se pourvoir devant le Conseil d'État.
Vincent Lambert : Le 26 mai, décision de la Cour d'Appel de Nancy
par Gènéthique, 24/05/2016
Source : genethique.org, AFP (Camille BOUISSOU) 24/05/2016