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Timestamp: 2016-10-28 10:25:27+00:00
Document Index: 251362213

Matched Legal Cases: ['art. 305', 'art. 86', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 415', 'art. 411', 'art. 439', 'art. 411', 'art. 411', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 411', 'art. 90', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 275', 'art. 260', 'ATF ', 'in dubio', 'in dubio', 'art. 6', 'art. 32', 'ATF ', 'in dubio', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 411', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 90', 'art. 305', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'in fine', 'art. 90', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 6', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'CourEDH ', 'art. 6', 'art. 305', 'art. 305', 'art. 305', 'art. 90', 'art. 29', 'art. 90', 'art. 152', 'art. 156']

6P.14/2003 (05.05.2003)
recourant, repr�sent� par Me Nicolas Saviaux, avocat, case postale 155, 1000 Lausanne 13,
Pr�somption d'innocence, droit d'�tre entendu, arbitraire,
recours de droit public contre l'arr�t du Tribunal cantonal vaudois, Cour de cassation p�nale, du 20 juin 2002.
Par jugement du 1er novembre 2001, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La C�te a condamn� X.________, pour blanchiment d'argent par m�tier (art. 305bis ch. 2 let. c CP), � deux ans et demi d'emprisonnement, sous d�duction de cent quatre-vingt neuf jours de d�tention pr�ventive, et � cinq mille francs d'amende, l'a expuls� du territoire suisse pour dix ans avec sursis durant cinq ans, et a prononc� une cr�ance compensatrice de 18'500 francs en faveur de l'Etat de Vaud. En bref, il en ressort ce qui suit:
Ressortissant albanais n� en 1962, X.________ est arriv� en Suisse en 1991. Il est mari� et p�re de deux enfants. Au ch�mage au d�but 1998, il a retrouv� un emploi temporaire d�s avril 1998. Jusqu'au jour de sa mise en d�tention provisoire le 9 mars 1999, son emploi lui a procur� un salaire mensuel moyen compris entre 5'000 et 5'500 francs. Le salaire de son �pouse s'�levait en 1998 � 2'100 francs par mois. Le loyer mensuel de l'appartement familial �tait de 1'000 francs.
X.________ a �t� renvoy� en jugement par ordonnance du 19 janvier 2001 pour blanchiment d'argent par m�tier, subsidiairement pour blanchiment d'argent. Il a contest� toute activit� d�lictueuse. A l'issue de l'appr�ciation des preuves, le tribunal a consid�r� que la version des faits de X.________ n'�tait pas cr�dible, ses explications �tant confuses, contradictoires et invraisemblables. Il a retenu � sa charge les faits suivants: entre juillet 1998 et le 9 mars 1999, X.________ a contribu� � �couler le produit d'un trafic de stup�fiants pour un montant d'un ordre de grandeur de 185'000 � 200'000 francs; il ne pouvait ignorer l'origine criminelle de cet argent; son b�n�fice total, � raison de 10 %, s'est �lev� entre 18'500 et 20'000 francs, repr�sentant pour une p�riode de huit mois un b�n�fice mensuel moyen d'environ 2'250 francs.
Par arr�t du 20 juin 2002, dont les consid�rants �crits ont �t� envoy�s aux parties le 6 janvier 2003, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours de X.________ et confirm� le jugement de premi�re instance.
X.________ forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Il conclut � son annulation et sollicite par ailleurs l'assistance judiciaire et l'effet suspensif.
1.2 Le recours de droit public n'est, sous r�serve de certaines exceptions, recevable qu'� l'encontre des d�cisions prises en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 OJ). L'exigence de l'�puisement des instances cantonales signifie que le recourant doit faire valoir ses griefs devant la derni�re instance cantonale et ne peut pas en soulever de nouveaux dans le cadre du recours de droit public. Une exception est toutefois admise lorsque l'autorit� cantonale disposait d'un pouvoir d'examen libre et devait appliquer le droit d'office, sauf lorsque le nouveau grief se confond avec l'arbitraire ou lorsque le fait d'avoir attendu � pr�senter un grief li� � la conduite de la proc�dure est contraire � la bonne foi (ATF 119 Ia 88 consid. 1a p. 90/91).
1.3 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, � peine d'irrecevabilit�, contenir un expos� succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques viol�s et pr�ciser en quoi consiste la violation. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'a donc pas � v�rifier de lui-m�me si la d�cision attaqu�e est en tous points conforme au droit ou � l'�quit�; il est li� par les moyens invoqu�s dans le recours et peut se prononcer uniquement sur les griefs de nature constitutionnelle que le recourant a non seulement invoqu�s, mais suffisamment motiv�s (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76). Le Tribunal f�d�ral n'entre pas non plus en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).
Le recourant invoque une violation des art. 6 par. 2 CEDH et 32 al. 1 Cst. Il se plaint de la formulation de l'ordonnance de renvoi �tablie par le juge d'instruction le 19 janvier 2001, principalement du passage selon lequel, en substance, "il ne fait aucun doute" qu'il a fait transiter par ses comptes bancaires de l'argent provenant du trafic de stup�fiants, ce qu'il savait. Le recourant affirme que cette formulation, qui viole la pr�somption d'innocence, a fauss� le d�roulement subs�quent de la proc�dure, au point qu'il n'a pas eu droit � un proc�s �quitable.
2.1 Au plan cantonal, le recourant a d�pos� un recours en nullit� et un recours en r�forme devant la Cour de cassation vaudoise. Selon l'art. 415 du Code de proc�dure p�nal vaudois (CPP/VD), le recours en r�forme est recevable pour fausse application des r�gles de fond, et pour violation des r�gles de proc�dure concernant les frais et d�pens ainsi que le sort des objets s�questr�s. Il appara�t donc que le grief ici formul� ne relevait pas du recours en r�forme mais du recours en nullit� consacr� par l'art. 411 CPP/VD, qui a pour objet une irr�gularit� de proc�dure ou une contestation relative � l'�tablissement des faits (cf. Roland Bersier, Le recours � la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal en proc�dure vaudoise, in JdT 1996 III 65 ss, sp�c. 75 et 77/78). Saisie d'un recours en nullit�, la Cour de cassation vaudoise n'examine que les moyens soulev�s (art. 439 al. 1 CPP/VD). Dans ce cadre, elle ne disposait donc pas d'un libre pouvoir d'examen ni ne devait appliquer le droit d'office. Cela implique que pour �tre recevable, la violation conventionnelle et constitutionnelle invoqu�e par le recourant � l'appui de son recours de droit public doit pr�alablement avoir �t� valablement soulev�e dans le recours en nullit� cantonal. En effet, compte tenu du pouvoir d'examen de la Cour de cassation vaudoise, la r�gle de l'�puisement des instances (cf. supra, consid. 1.2) ne permet pas au recourant de pr�senter au Tribunal f�d�ral des critiques qu'il n'aurait pas soulev�es devant l'autorit� de cassation dont il conclut � l'annulation de l'arr�t, ou des critiques qu'il a pr�sent�es contrairement aux exigences formelles du droit de proc�dure cantonal, de telle sorte que l'autorit� de cassation, en principe comp�tente pour en conna�tre, n'est pas entr�e en mati�re.
Dans son examen des moyens de nullit� pr�sent�s par le recourant, la Cour de cassation vaudoise a en particulier relev� � propos de l'ordonnance de renvoi du 19 janvier 2001 que le recourant la consid�rait comme truff�e d'appr�ciations personnelles d�montrant le parti pris du juge d'instruction. Elle a jug� que l'argumentation ainsi fournie en termes g�n�raux ne pouvait constituer un moyen de nullit� au sens de l'art. 411 CPP/VD. Elle n'est pas entr�e en mati�re (cf. arr�t attaqu�, p. 7).
Selon le recourant, il a soulev� en instance cantonale un grief du m�me ordre que celui pr�sent� ici, que la Cour de cassation vaudoise aurait refus� de traiter en appliquant arbitrairement l'art. 411 CPP/VD. Il affirme avoir articul� un grief compr�hensible, mais se limite pour l'essentiel � renvoyer � son m�moire cantonal, ce qui n'est pas admissible dans un recours de droit public, l'argumentation devant au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ �tre contenue dans l'acte de recours lui-m�me (ATF 115 Ia 27 consid. 4a p. 30; 114 Ia 317 consid. 2a p. 318). Il ne reprend pas pr�cis�ment les arguments qu'il aurait soumis � la Cour de cassation vaudoise et se contente de deux br�ves citations (cf. m�moire de recours, ch. 18 p. 17). Il ne s'emploie pas non plus � d�montrer que son argumentation �tait suffisante pour constituer un grief recevable selon l'art. 411 CPP/VD. Il n'expose d'ailleurs m�me pas le contenu de cette norme cantonale, ni n'indique en quoi elle aurait �t� arbitrairement appliqu�e. Le recourant n'�tablit donc pas, de mani�re conforme aux exigences minimales de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, que le refus d'enter en mati�re de la Cour de cassation vaudoise �tait arbitraire.
Il s'ensuit qu'il n'y a pas eu d'�puisement des instances cantonales sur la violation des art. 6 par. 2 CEDH et 32 al. 1 Cst. invoqu�e dans le recours de droit public. Le grief est irrecevable.
2.2 Au demeurant, suppos� recevable, le grief aurait d� �tre rejet�.
Selon la jurisprudence, la pr�somption d'innocence est viol�e lorsque l'autorit� de jugement, ou toute autre autorit� ayant � conna�tre de l'affaire � un titre quelconque, d�signe une personne comme coupable d'un d�lit, sans r�serve et sans nuance, incitant ainsi l'opinion publique � tenir la culpabilit� pour acquise et pr�jugeant de l'appr�ciation des faits par l'autorit� appel�e � statuer au fond. La question doit �tre tranch�e dans le contexte des circonstances particuli�res dans lesquelles la d�claration litigieuse a �t� formul�e (ATF 124 I 327 consid. 3b p. 331; arr�t de la Cour europ�enne des droits de l'homme en la cause Daktaras c. Lituanie du 10 octobre 2000, � 41 ss).
En l'esp�ce, le juge d'instruction n'a pas articul� les propos incrimin�s dans un contexte ind�pendant de la proc�dure p�nale, mais dans le cadre d'une ordonnance de renvoi. En proc�dure p�nale vaudoise, le juge d'instruction est comp�tent pour rendre une ordonnance de renvoi (cf. art. 275 CPP/VD), qui constitue l'acte d'accusation. Le cas �ch�ant, il peut rendre une ordonnance de non-lieu s'il estime qu'il n'y pas lieu � condamnation ou � renvoi (cf. art. 260 CPP/VD). En l'esp�ce, le juge d'instruction s'est certes servi d'une formulation maladroite. N�anmoins, on peut admettre que dans le contexte de la proc�dure p�nale en cours, il a souhait� exprimer l'avis, au terme de son enqu�te et alors que le recourant contestait toute activit� d�lictueuse, que l'accusation reposait sur des faits suffisamment solides pour justifier un renvoi en jugement. Car sans cette conviction, il aurait rendu une ordonnance de non-lieu. D�s lors que la d�marche du juge d'instruction tendait au premier chef � r�soudre la question de savoir si le dossier renfermait suffisamment d'�l�ments � charge pour justifier un renvoi en jugement, on ne saurait y voir une atteinte � la pr�somption d'innocence (cf. arr�t Daktaras c. Lituanie pr�cit�, � 44 et 45).
Cela �tant, malgr� sa formulation d�plac�e, l'ordonnance de renvoi a rempli sa double fonction proc�durale, soit d'une part de d�limiter l'objet du proc�s et du jugement au fond et, d'autre part, de sauvegarder les droits de la d�fense (ATF 120 IV 348 consid. 2 p. 353/354). En outre, le Tribunal correctionnel, autorit� de jugement qui disposait d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit, a express�ment indiqu� �tre en mesure de faire la part des choses et de ne pas se laisser influencer par la formulation de l'ordonnance de renvoi (cf. jugement de premi�re instance, p. 19). Dans ces conditions, rien ne permet de supposer que le recourant n'aurait pas b�n�fici� d'un proc�s �quitable.
Dans l'essentiel de son m�moire, le recourant se plaint d'arbitraire, respectivement de violation de la pr�somption d'innocence et du principe "in dubio pro reo", dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits.
3.1 La pr�somption d'innocence, dont le principe "in dubio pro reo" est le corollaire, est garantie express�ment par les art. 6 par. 2 CEDH et art. 32 al. 1 Cst. Elle concerne tant le fardeau de la preuve que l'appr�ciation des preuves. En tant que r�gle sur le fardeau de la preuve, la pr�somption d'innocence signifie, au stade du jugement, que le fardeau de la preuve incombe � l'accusation et que le doute doit profiter � l'accus�; comme r�gle sur l'appr�ciation des preuves, elle est viol�e lorsque le juge, qui s'est d�clar� convaincu, aurait d� �prouver des doutes quant � la culpabilit� de l'accus� au vu des �l�ments de preuve qui lui �taient soumis. Le Tribunal f�d�ral examine librement si elle a �t� viol�e en tant que r�gle sur le fardeau de la preuve, mais il n'examine que sous l'angle de l'arbitraire la question de savoir si le juge aurait d� �prouver un doute, c'est-�-dire celle de l'appr�ciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40/41).
3.2 Dans son argumentation, le recourant parle de renversement du fardeau de la preuve. Il n'appara�t toutefois nullement que le Tribunal correctionnel aurait renvers� le fardeau de la preuve ou qu'il aurait condamn� le recourant pour n'avoir pas apport� la preuve de son innocence. Au contraire, le tribunal est clairement parvenu � une conviction sur la base des moyens de preuve apport�s (cf. jugement de premi�re instance, ch. 5 p. 28 ss). La pr�somption d'innocence n'a donc pas �t� viol�e en tant que r�gle sur le fardeau de la preuve. Le tribunal n'a pas non plus �prouv� un doute qu'il aurait interpr�t� en d�faveur du recourant. Savoir s'il aurait d� en �prouver un rel�ve de l'appr�ciation des preuves, qui ne peut �tre examin�e que sous l'angle de l'arbitraire.
C'est ainsi sous l'angle de l'appr�ciation des preuves que le recourant se place lorsqu'il invoque la pr�somption d'innocence et le principe "in dubio pro reo". A cet �gard, ses critiques se confondent avec celles d'arbitraire dans la constatation des faits et l'appr�ciation des preuves qu'il formule �galement. En plusieurs passages de son m�moire, le recourant se r�f�re aussi � son droit d'�tre entendu et invoque une motivation insuffisante. Par ce biais, il se plaint plut�t de la mani�re dont les circonstances du cas ont �t� appr�ci�es, parfois en donnant insuffisamment de poids � certains �l�ments. Il s'agit donc bien plus de critiques mat�rielles, qui rejoignent celles d'arbitraire.
4.1 Selon la jurisprudence, est arbitraire une d�cision qui m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut� ou qui heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. En d'autres termes, il ne se justifie de l'annuler que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a �t� adopt�e sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275; 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 I 168 consid. 3 p. 170).
Saisi d'un recours de droit public mettant en cause l'appr�ciation des preuves, le Tribunal f�d�ral examine uniquement si le juge cantonal a outrepass� son pouvoir d'appr�ciation et �tabli les faits de mani�re arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4 p. 211; 120 Ia 31 consid. 2d p. 37/38). Le justiciable que se plaint d'arbitraire ne peut critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition (ATF 117 Ia 10 consid. 4b p. 11/12), mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une appr�ciation des preuves manifestement insoutenable (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).
4.2 La Cour de cassation vaudoise avait sur les questions qui sont pos�es dans le recours de droit public � propos de l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves une cognition semblable � celle du Tribunal f�d�ral qui est appel� � les r�soudre sous l'angle de l'art. 9 Cst. (cf. art. 411 let. h et i CPP/VD; Roland Bersier, op. cit., p. 79-84). Il ne s'ensuit pourtant pas pour le Tribunal f�d�ral l'obligation de se limiter � examiner sous l'angle de l'arbitraire si l'autorit� cantonale de recours est elle-m�me tomb�e dans l'arbitraire. Ce mode de faire r�duirait pratiquement � n�ant le r�le assign� dans ce domaine au juge constitutionnel de la Conf�d�ration. Il appartient bien plut�t � celui-ci d'examiner sans r�serve l'usage que l'autorit� cantonale de cassation a fait de sa cognition limit�e (ATF 125 I 492 consid. 11a/cc p. 494; 111 Ia 353 consid. 1b p. 355). L'examen du Tribunal f�d�ral saisi d'un recours de droit public ayant pour objet la constatation des faits et l'appr�ciation des preuves, dirig� contre l'arr�t d'une autorit� de cassation qui n'a pas une cognition inf�rieure � la sienne, portera concr�tement sur l'arbitraire du jugement de l'autorit� inf�rieure, question qu'il lui appartient d'�lucider � la seule lumi�re des griefs soulev�s dans l'acte de recours. Cependant, pour se conformer aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, le recourant ne peut pas simplement reprendre les critiques qu'il a formul�es en instance cantonale devant l'autorit� de cassation, mais doit exposer pourquoi cette autorit� a refus� � tort de qualifier d'arbitraire l'appr�ciation des preuves par l'autorit� de premi�re instance (ATF 125 I 492 consid. 1a/cc et 1b p. 495).
Sur plusieurs pages de son m�moire, le recourant cite des extraits de l'arr�t attaqu� les uns � la suite des autres pour conclure que la Cour de cassation vaudoise s'est ralli�e � l'avis du minist�re public ainsi qu'� celui du Tribunal correctionnel. A supposer qu'il ait entendu par l� s'en prendre � l'arr�t attaqu�, il n'a formul� aucune critique qui serait recevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
Le Tribunal correctionnel a condamn� le recourant sur la base d'un faisceau d'indices (ampleurs des mouvements bancaires, interpellation du 24 f�vrier 1999, surveillances et listing t�l�phoniques, existence d'aveux, d�clarations de A.________) qu'il a jug� suffisants. Pr�alablement � l'examen des critiques du recourant, chacun des indices tax� d'arbitraire par celui-ci sera r�sum�.
Le Tribunal correctionnel a retenu que le recourant �tait titulaire de plusieurs comptes bancaires et qu'il g�rait �galement un compte au nom de son fr�re. Ces comptes ont fait l'objet de nombreux mouvements de grande ampleur (cf. jugement de premi�re instance, p. 20/21). Les montants en jeu ne peuvent pas s'expliquer par les revenus du recourant provenant de l'exercice de sa profession. Celui-ci n'a donn� aucune explication plausible � leur propos. En relation avec l'importance des mouvements bancaires, le tribunal a consid�r� que le recourant avait contribu� � �couler le produit d'un trafic de stup�fiants d'un ordre de grandeur de 185'000 � 200'000 francs et qu'il �tait vain de tenter de d�gager un montant pr�cis (cf. jugement de premi�re instance, p. 32/33).
7.1 Devant la Cour de cassation vaudoise, le recourant a fait valoir que selon son calcul, les diff�rents versements sur les comptes ouverts � son nom s'�levaient � 129'900 francs et les pr�l�vements � 144'760 francs, contre respectivement 129'200 et 121'960 francs retenus par le Tribunal correctionnel, ce qui repr�sentait un d�ficit de 14'860 francs � son pr�judice; selon le recourant, cela contredisait le b�n�fice de 20'000 francs; quant au compte ouvert au nom de son fr�re, le recourant obtenait le m�me montant que le tribunal pour les versements (66'800 francs) mais 68'000 au lieu de 65'000 francs pour les retraits (cf. arr�t attaqu�, p.11).
En plusieurs passages de son m�moire, le recourant revient sur ces erreurs de calcul. De mani�re confuse, il se plaint de renversement du fardeau de la preuve, d'appr�ciation arbitraire des preuves, d'atteinte au sentiment de justice et de contradiction interne. Il ne d�veloppe cependant aucun argument, alors que seul ceci aurait �t� pertinent, qui dirait pr�cis�ment en quoi l'erreur de calcul a eu une incidence d�cisive sur l'appr�ciation du Tribunal correctionnel. L'ensemble de la motivation sur cette question, qui tient de la plaidoirie, ne respecte pas les exigences minimales de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Elle est irrecevable.
Au demeurant, il appara�t que les diff�rents mouvements bancaires, par leur fr�quence et l'importance des montants en jeu, appelaient une explication de la part du recourant, simple ouvrier. Les justifications qu'il a donn�es ont �t� jug�es invraisemblables. A partir de l�, il n'y avait aucun arbitraire � consid�rer les mouvements bancaires comme suspects et � les appr�cier comme indice � charge. Le recourant ne remet d'ailleurs pas en cause ce raisonnement en tant que tel, mais conteste la non prise en compte de ses explications quant aux transactions bancaires, ce qu'on examinera ci-dessous (consid. 7.2). En outre, si le Tribunal correctionnel est parti des op�rations bancaires pour d�gager un chiffre d'affaires, il a clairement sp�cifi� que la fourchette retenue de 185'000 � 200'000 francs �tait un ordre de grandeur. S'agissant d'une approximation, les erreurs de calcul invoqu�es par le recourant ne saurait l'influencer. Cela importe d'autant moins en l'esp�ce que, dans tous les cas de figure, le chiffre d'affaires appara�t sensiblement sup�rieur � la limite de 100'000 francs fix�e pour admettre un chiffre d'affaires important selon l'art. 305bis ch. 2 let. c CP (ATF 6S.320/2002 consid. 3.1.3 destin� � la publication). Encore faut-il relever que le b�n�fice du recourant a �t� calcul� sur la base d'un pourcentage du chiffre d'affaires (cf. jugement de premi�re instance, p. 33). L'erreur de calcul sur les retraits ne para�t donc pas susceptible de rendre arbitraire le b�n�fice retenu. Le recourant ne le d�montre nullement.
7.2 Le recourant reproche au Tribunal correctionnel de n'avoir pas pris en compte la pi�ce 70 en tant que justificatif des mouvements bancaires. Cette pi�ce attesterait de la v�racit� de ses explications, selon lesquelles il attribue les diff�rents mouvements bancaires � une somme de 50'000 francs qu'il aurait re�ue d'Albanie pour garantir le s�jour en Suisse de trois �tudiants souhaitant s'inscrire � l'Universit� de Gen�ve.
Le Tribunal correctionnel a soigneusement indiqu� pourquoi il �tait convaincu que l'explication du recourant sur les mouvements bancaires et l'origine des 50'000 francs n'�tait pas cr�dible (cf. jugement de premi�re instance, p. 29 ss). La Cour de cassation vaudoise a repris les motifs donn�s (cf. arr�t attaqu�, p. 31). Pris s�par�ment, chacun de ces motifs - comme celui selon lequel les attestations d'�tablissements bancaires albanais au dossier �tablissent que les �tudiants ont pris leurs propres dispositions sans passer par le recourant - appara�t comme suffisant pour �carter sans arbitraire la version du recourant. Pour d�montrer que la conviction du Tribunal correctionnel �tait insoutenable, le recourant aurait d� d�montrer que chacun des motifs avaient arbitrairement �t� retenus ou qu'il �tait arbitraire de les interpr�ter en sa d�faveur. Le recourant n'en fait rien. Son argumentation relative � la pi�ce 70 n'est donc pas susceptible de faire appara�tre la solution retenue comme arbitraire dans son r�sultat.
En raison des diff�rents motifs donn�s pour �carter les explications du recourant, le Tribunal correctionnel pouvait s'abstenir de discuter express�ment de la port�e � accorder � la pi�ce 70. Comme le reconna�t en effet la jurisprudence, �voqu�e par la Cour de cassation vaudoise, le juge n'a pas l'obligation de se prononcer sur tous les moyens des parties mais peut se limiter � ceux d�cisifs (ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102/103; 125 II 369 consid. 2c p. 372; 122 IV 8 consid. 2c p. 14/15; 121 I 54 consid. 2c p. 57). La Cour de cassation vaudoise a ajout� que la pi�ce 70 n'avait aucune valeur probante car elle avait manifestement �t� constitu�e pour les besoins de la cause (cf. arr�t attaqu�, p. 32). Le recourant ne cherche pas � �tablir que cette appr�ciation serait arbitraire. Il se contente de parler, sans d�veloppement pr�cis, de renversement du fardeau de la preuve. Aussi inconsistante, sa motivation ne respecte pas l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
Le recourant se plaint aussi de ce que le Tribunal correctionnel ait qualifi� ses explications de "tissu de mensonges". Le tribunal a employ� ces termes � l'issue de son appr�ciation des preuves, apr�s avoir clairement indiqu� pourquoi il ne pr�tait aucune foi aux explications du recourant (cf. jugement de premi�re instance, p. 30). Contrairement � ce que laisse entendre celui-ci, il n'y a de toute �vidence pas de renversement du fardeau de la preuve. L� encore, le recourant ne d�veloppe aucune argumentation pr�cise qui serait recevable.
Le recourant pr�tend encore que la Cour de cassation vaudoise serait tomb�e dans l'arbitraire en refusant d'entrer en mati�re pour une raison de proc�dure sur sa remarque selon laquelle il n'est pas r�pr�hensible d'�tre titulaire de plusieurs comptes bancaires et d'y verser ou d'en retirer de l'argent. Il n'indique pas quelle norme de proc�dure cantonale aurait �t� arbitrairement appliqu�e, de sorte que sa motivation est manifestement insuffisante, partant irrecevable. Cela �tant, la remarque d'ordre g�n�ral �mise par le recourant est sans port�e; elle ne saurait en particulier donner une quelconque cr�dibilit� � ses explications sur les mouvements bancaires, laquelle a �t� ni�e pour des motifs pr�cis.
Interpellation du 24 f�vrier 1999
Le Tribunal correctionnel a expos� que le 24 f�vrier 1999, la police genevoise a interpell� le recourant, qui �tait porteur de 6'600 francs. Selon le rapport de la police, celle-ci effectuait une surveillance le jour en question et a observ� un �change entre un inconnu albanais et le recourant. L'analyse des billets, des petites coupures sauf un billet de 1'000 francs, a r�v�l� que soixante-trois d'entre eux sur soixante-huit pr�sentaient des traces de drogue. Entendu par les enqu�teurs genevois, le recourant a dit qu'il ne se rappelait pas ce qu'il avait fait l'heure pr�c�dent son interpellation (cf. jugement de premi�re instance, p. 23).
8.1 Le recourant conteste que son interpellation du 24 f�vrier 1999 et les billets saisis repr�sentent un indice. Il juge contradictoire, en cons�quence arbitraire, le fait que le rapport de police emploie les termes "inconnu albanais". La Cour de cassation vaudoise a consid�r� que la contradiction signal�e n'�tait aucune port�e � l'indice. En r�f�rence � la d�termination du minist�re public, elle a par ailleurs mentionn� que le terme "albanais" s'expliquait par le fait que l'interpellation du 24 f�vrier 1999 s'inscrivait dans le cadre d'une op�ration plus vaste � propos de trafiquants albanais (cf. arr�t attaqu�, p. 14/15). Cette motivation ne pr�te pas le flanc � la critique. L'indice � charge retenu contre le recourant r�side dans les billets saisis, marqu�s de drogue. La contradiction qu'il invoque n'�branle en rien cet indice. Il n'y a aucun arbitraire.
8.2 Selon le recourant, en raison de vices de proc�dure, il ne pouvait �tre retenu que les billets portaient des traces de drogue. En particulier, l'absence de proc�s-verbal de s�questre ne permettrait pas de savoir ce qui a �t� saisi sur lui et rendrait tout lien impossible avec les billets analys�s. Il rel�ve �galement que le rapport de l'Institut de police scientifique et de criminologie (IPSC) qui a proc�d� � l'analyse ne mentionne pas de qui proviennent les billets et ne comporte pas le m�me num�ro d'affaire que les autres documents du dossier genevois. Il en conclut que le rapport scientifique ne le concerne pas.
La Cour de cassation vaudoise a r�pondu de mani�re d�taill�e aux m�mes critiques soulev�es devant elle (cf. arr�t attaqu�, p. 15/16). Le recourant ne s'en prend que tr�s partiellement � la motivation de cette derni�re. Sous cet angle d�j�, son argumentation n'est pas recevable (cf. supra, consid. 4.2 in fine). En particulier, la Cour de cassation vaudoise s'est r�f�r�e au-proc�s verbal d'audition du recourant par la police le 24 f�vrier 1999, sign� par celui-ci, dont il ressort qu'il a �t� interpell� en possession d'une enveloppe contenant 6'600 francs r�partis en plusieurs coupures, soit un billet de 1'000 francs, et des coupures de 200, 100, 50, 20 et 10 francs. Elle a consid�r� comme d�terminante la concordance entre les coupures ainsi d�crites et celles �num�r�es dans le rapport scientifique de l'IPSC. Le recourant ne remet pas en cause cette appr�ciation. On n'y per�oit aucun arbitraire.
Surveillances et listing t�l�phoniques
Le Tribunal correctionnel a indiqu� que le recourant �tait apparu dans le cadre des surveillances t�l�phoniques concernant les enqu�tes p�nales dirig�es contre les fr�res B. C.________ et D. C.________ et contre E.________, qui tous trois depuis lors avaient �t� jug�s et condamn�s pour trafic de stup�fiants, � sept de r�clusion pour les deux premiers et � dix ans pour le dernier. Par ailleurs, il existait aussi des contacts t�l�phoniques entre le recourant et F.________, condamn� dans une autre proc�dure p�nale pour trafic de stup�fiants � dix ans de r�clusion. Vingt-cinq contacts t�l�phoniques ont �t� �tablis entre le portable du recourant et celui des fr�res C.________, quatre entre le t�l�phone fixe du recourant et F.________ et vingt-deux entre leur portable, �tant pr�cis� que le num�ro de F.________ �tait m�moris� dans le portable du recourant (cf. jugement de premi�re instance, p. 23-25).
9.1 Le recourant se r�f�re � une conversation t�l�phonique entre B. C.________ et E.________, lesquels parlent du "type de Tirana", qui envoie de l'argent moyennant une commission de 10 % et avec qui il est question d'un rendez-vous � Morges (cf. jugement de premi�re instance, p. 24). Le recourant a contest� dans son recours cantonal qu'on puisse d�duire de son origine de Tirana ou du fait qu'il s'�tait rendu une ou deux fois � Morges qu'il �tait la personne dont parlaient les deux autres. La Cour de cassation vaudoise a relev� que la mention du "type de Tirana" ou le rendez-vous � Morges "ne constituent en fin de compte que des indices, qui n'�tablissent pas de mani�re certaine que [le recourant] �tait l'interlocuteur en personne de ces conversations" (arr�t attaqu�, p. 19). Le recourant en conclut qu'il est contradictoire d'avoir malgr� cela retenu qu'il avait eu de nombreuses conversations t�l�phoniques avec des trafiquants de stup�fiants.
La Cour de cassation vaudoise, quelque discutable que soit la tournure employ�e, n'a rien dit d'autre que la conversation t�l�phonique entre B. C.________ et E.________ repr�sentait un indice et non une preuve stricte. On ne peut voir, bien au contraire, dans l'�vocation d'un indice � charge un doute sur la culpabilit� du recourant. L'interpr�tation du recourant quant � la phrase pr�cit�e contenue dans l'arr�t attaqu� n'est pas fond�e. Il ne suffirait d'ailleurs pas que le recourant puisse se pr�valoir d'une tournure inad�quate de l'autorit� de cassation cantonale pour rendre arbitraire l'appr�ciation des preuves de l'autorit� de premi�re instance.
La Cour de cassation vaudoise a ni� tout arbitraire de la part du Tribunal correctionnel quant � l'existence de nombreuses conversations entre le recourant et des trafiquants de drogue. Le tribunal s'est fond� sur le listing d'appels t�l�phoniques qui fait �tat de vingt-cinq contacts entre le raccordement du recourant et les fr�res C.________ et de vingt-six (dont quatre concernent le t�l�phone fixe du recourant � son domicile) avec F.________. Il a jug� invraisemblable l'explication du recourant, qui imputait la responsabilit� des appels � un inconnu � qui il avait pr�t� son t�l�phone portable; cette version �tait notamment d�mentie par le nombre �lev� des contacts t�l�phoniques (cf. jugement de premi�re instance, p. 31).
Compte tenu des nombreux contacts t�l�phoniques r�pertori�s par le listing, on peut effectivement en d�duire sans arbitraire l'existence de fr�quentes conversations t�l�phoniques entre le recourant et des trafiquants. De m�me, le nombre des contacts permet sans arbitraire d'�carter les explications du recourant relatives au pr�t de son portable � un inconnu. Il reste � examiner si le tribunal pouvait valablement s'appuyer sur le listing d'appels t�l�phonique, ce que conteste le recourant (infra, 9.2 et 9.3).
9.2 Le recourant soutient qu'il �tait arbitraire de prendre en compte le listing d'appels t�l�phoniques, lequel se trouvait uniquement sur une disquette informatique et non sur du papier officiel � l'ent�te du D�partement f�d�ral de l'environnement, des transports, de l'�nergie et de la communication (DETEC). Il consid�re aussi que la prise en compte du listing renverse le fardeau de la preuve.
Le Tribunal correctionnel a pr�cis� ce qui suit: il n'�tait pas possible d'obtenir un relev� sur papier � ent�te, car les op�rateurs ne sont tenus de conserver les donn�es que six mois; si la lisibilit� d'un document papier pouvait �tre meilleure, il n'y avait aucune raison de mettre en doute l'authenticit� ou la provenance du fichier informatique; il r�sultait d'ailleurs de la pi�ce 129 - extraite du dossier d'archives C.________ et faisant �tat d'un num�ro de fichier qui se retrouve sur la disquette - que la proc�dure normale avait �t� suivie, soit une demande du juge d'instruction au DETEC, qui avait fait suivre � l'op�rateur; il n'�tait pas concevable que la disquette provienne d'une autre source que celle officielle et encore moins que les enqu�teurs aient pu se livrer � des malversations sous forme de "maquillages" (cf. jugement de premi�re instance, p. 7, 11-13, 25 et 27).
Le recourant ne critique gu�re les motifs expos�s par le Tribunal correctionnel et avalis�s par la Cour de cassation vaudoise, mais se borne � regretter l'absence d'un document sur papier � ent�te. Une telle motivation est insuffisante sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ; elle est inapte � �tablir un quelconque arbitraire. Cela dit, les explications du Tribunal correctionnel sont convaincantes et �chappent � la critique. Elles ne peuvent �tre interpr�t�es dans le sens d'un renversement du fardeau de la preuve.
9.3 Selon le recourant, la pi�ce 129 contredirait le rapport de synth�se de la police cantonale vaudoise (pi�ce 63) et mettrait ainsi en cause la r�alit� du contenu du listing des appels t�l�phoniques. Outre le motif de proc�dure retenu par la Cour de cassation vaudoise pour �carter son grief, il conteste �galement l'argumentation qu'elle a donn�e quant au fond (cf. arr�t attaqu�, p. 20/21). S'agissant sp�cifiquement du fond, le recourant ne d�veloppe aucun grief pr�cis, mais renvoie � la motivation de son m�moire cantonal, ce qui n'est pas admissible sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 115 Ia 27 consid. 4a p. 30; 114 Ia 317 consid. 2a p. 318). Son grief sur le fond � l'appui du recours de droit public est ainsi irrecevable. Dans ces conditions, le recourant n'�tablit pas que la solution retenue serait arbitraire dans son r�sultat.
Suppos� recevable, le grief ne serait pas fond�. Selon le rapport de synth�se de la police (pi�ce 63, ch. 5.3), les informations du DETEC �tablissent les contacts t�l�phoniques suivants: du 13 octobre 1998 au 20 f�vrier 1999, vingt-deux contacts entre le portable du recourant et F.________, et quatre contacts concernant le t�l�phone fixe du recourant � son domicile; d�s le 7 novembre 1998, vingt-cinq contacts entre le portable du recourant et celui des fr�res C.________. Il ressort en outre du rapport ainsi que de la pi�ce 92 (le jugement p�nal du 19 octobre 2000 contre les fr�res C.________) que ces derniers ont �t� interpell�s et plac�s en d�tention pr�ventive le 8 f�vrier 1999. Le Tribunal correctionnel s'est r�f�r� au rapport de synth�se et s'est ralli� � son contenu. Aux d�bats, il a vers� au dossier la pi�ce 129, dat�e du 22 mars 1999, extraite des archives de la proc�dure p�nale concernant les fr�res C.________ et a pr�cis� quel �tait le num�ro de fichier (444b_99_b_.xls) qui �tait concern� par la disquette visionn�e (cf. jugement de premi�re instance, p. 25). La pi�ce 129 mentionne, sous la rubrique correspondant au num�ro de fichier pr�cit�, qu'aucun appel n'a �t� enregistr� du 18 septembre au 6 novembre 1998 et du 9 f�vrier 17 mars 1999. Contrairement � ce que semble penser le recourant, cette rubrique de la pi�ce 129 n'est pas incompatible avec le rapport de synth�se. En effet, la pi�ce 129 concerne la proc�dure p�nale dirig�e contre les fr�res C.________ et non celle, distincte, contre F.________. A propos des fr�res C.________, le rapport de synth�se parle de contacts t�l�phoniques d�s le 7 novembre 1998. De cette date jusqu'au jour o� les fr�res C.________ ont �t� plac�s en d�tention pr�ventive (le 8 f�vrier 1999), les vingt-cinq contacts t�l�phoniques retenus se concilient avec les p�riodes pr�cit�es de la pi�ce 129 o� il n'y en a pas eu. En revanche, que les p�riodes de la pi�ce 129 ne s'accordent pas avec les contacts t�l�phoniques concernant F.________ ne saurait avoir une quelconque incidence: la pi�ce 129 n'a en effet aucun rapport avec la proc�dure p�nale contre ce dernier. L'absence de lien entre la pi�ce 129 et F.________ ressort clairement de la page 12 du jugement de premi�re instance. Le Tribunal correctionnel y sp�cifie que la pi�ce 129, issue du dossier C.________, permet de conclure que les relev�s t�l�phoniques entre le recourant et les fr�res C.________ ont �t� obtenus de mani�re conforme (demande du juge d'instruction au DETEC, qui a fait suivre � l'op�rateur); il ajoute qu'il n'y a aucune raison de penser qu'il en irait diff�remment pour les relev�s t�l�phoniques concernant F.________.
9.4 Selon le recourant, la Cour de cassation vaudoise n'a pas trait� son argument selon lequel il n'a pas reconnu sa voix lors de l'audition des enregistrements aux d�bats. Que la technique ne permette pas d'�tablir de mani�re s�re que la voix entendue �tait la sienne constituerait un �chec de l'accusation, � qui incombe le fardeau de la preuve.
La Cour de cassation vaudoise n'a pas omis la critique du recourant (cf. arr�t attaqu�, p. 17/18 et 39/40). On d�duit de sa motivation qu'elle a jug� tout autant d�pourvue de port�e l'argument du recourant selon lequel il ne reconnaissait pas sa voix que celui par lequel il disait avoir pr�t� son portable � un inconnu. Le Tribunal correctionnel a d'ailleurs suivi un raisonnement identique (cf. jugement de premi�re instance, p. 28). On comprend ce qui a guid� le choix des juges cantonaux. La motivation est suffisante.
Les enregistrements � propos desquels le recourant pr�tend ne pas reconna�tre sa voix concernent trois conversations t�l�phoniques (celles retranscrites � la pi�ce 96, cf. jugement de premi�re instance, p. 3/4). Hormis ces enregistrements, un listing des appels t�l�phoniques r�pertorie, comme on l'a d�j� vu, vingt-cinq contacts entre le portable du recourant et celui des fr�res C.________, vingt-deux avec celui de F.________ et quatre entre ce dernier et le t�l�phone fixe du recourant � son domicile; en outre, le num�ro de F.________ �tait m�moris� dans le portable du recourant. Les �l�ments pr�cit�s sont probants et suffisent � eux seuls � admettre sans arbitraire que le recourant �tait en rapport avec des trafiquants de stup�fiants; ils rendent sans port�e la contestation du recourant � propos de quelques enregistrements.
Le Tribunal correctionnel a encore mentionn� qu'il n'existait � sa connaissance pas de moyens scientifiquement reconnus pour identifier une voix, recueillie de surcro�t sur un enregistrement de qualit� moyenne; qu'il s'�tait procur� un avis de l'Institut de police scientifique et de criminologie (IPSC) sur cette question, vers� au dossier sous pi�ce 130; et que le recourant n'avait d'ailleurs pas indiqu� quel moyen scientifique pouvait �tre mis en oeuvre (cf. jugement de premi�re instance, p. 10/11 et 28). La derni�re remarque concernant l'absence d'indication du recourant ne saurait s'interpr�ter comme un renversement du fardeau de la preuve; en relation avec les autres �l�ments mentionn�s par le tribunal, elle atteste de la compl�te administration des preuves men�e avant que le tribunal ne conclue � l'impossibilit� d'authentifier de mani�re certaine la voix enregistr�e. Le recourant cite un extrait du rapport de l'ISPC, dont il d�duit qu'il �tait arbitraire de ne pas admettre l'existence de moyens techniques suffisants pour identifier une voix. La citation du recourant est sans int�r�t d�s lors qu'il l'a tronqu�e. Il tait que le rapport mentionne aussi ce qui suit en page 13: "Par contre, les syst�mes utilis�s actuellement pour l'enregistrement des �coutes t�l�phoniques n'ont pas �t� pr�vus pour garantir une qualit� suffisante permettant d'envisager une proc�dure de reconnaissance de locuteurs".
Outre qu'une expertise scientifique �tait inapte � fournir une certitude quant � la voix du locuteur, elle �tait superflue compte tenu des autres preuves disponibles, soit les nombreux contacts t�l�phoniques r�pertori�s. Le tribunal pouvait donc refuser de l'ordonner par anticipation anticip�e des preuves (ATF 124 I 208 consid. 4a p. 211), sans tomber dans l'arbitraire ni violer le droit d'�tre entendu du recourant.
Le Tribunal correctionnel a relev� qu'� l'enqu�te, le recourant avait fait quelques aveux, sur lesquels il �tait ensuite revenu. Le recourant a ainsi admis avoir obtenu de l'argent dans une enveloppe et avoir remis le tout � un �tudiant qui devait rentrer en Albanie; il a reconnu D. C.________ sur une photo et a admis avoir transmis de l'argent en Albanie pour le prix de 700 francs, en �voquant un taux de 10 % par transaction; il a confirm� avoir re�u 700 francs � envoyer en Albanie, en faisant descendre son gain � 70 francs (cf. jugement de premi�re instance, p. 25/26).
Le tribunal a aussi indiqu� que, lors de l'enqu�te, D. C.________ avait admis avoir eu un contact avec "un pr�nomm� X.________", et que B. C.________ avait sur photo reconnu le recourant comme le "pr�nomm� X.________", domicili� � Gen�ve; les fr�res C.________ sont revenus sur leurs d�clarations aux d�bats et ont dit ne pas conna�tre le recourant.
10.1 Selon le recourant, ses aveux lui auraient �t� arrach�s par des pressions polici�res. Il rel�ve avoir signal� ces pressions � son avocat par courrier du 25 juillet 1999. Il d�nonce aussi le comportement de la police en r�f�rence d'une part � ce qu'a d�clar� avoir subi son �pouse et, d'autre part, aux propos de D. C.________ lors des d�bats.
Les aveux, tr�s partiels, du recourant remontent � ses auditions des 26 mars et 20 mai 1999. Le Tribunal correctionnel a indiqu� que les revirements en fin d'enqu�te �taient fr�quents et non d�cisifs; l'argument de pressions polici�res �tait facile � brandir de fa�on syst�matique lorsque les op�rations de l'enqu�te ne prenaient pas le tour souhait�; il n'existait aucun indice � l'appui de la th�se du recourant, insultante pour les policiers.
Le recourant ne dit pas en quoi l'appr�ciation du tribunal serait insoutenable, mais se contente d'avancer dans une argumentation appellatoire sa propre version. Les motifs donn�s par le tribunal sont probants et d�nu�s d'arbitraire.
10.2 Le Tribunal correctionnel a not� que le revirement des fr�res C.________ aux d�bats n'avait rien de significatif, ceux-ci ayant d'ailleurs �t� condamn�s entre le moment de leur audition � l'enqu�te et leur comparution aux d�bats (cf. jugement de premi�re instance, p. 32). Selon le recourant, il �tait arbitraire de ne pas tenir compte du revirement et d'�carter ainsi des d�clarations qui l'innocentaient. Une telle argumentation est insuffisante (art. 90 al. 1 let. b OJ). Quoi qu'il en soit, il n'est pas arbitraire de consid�rer comme plus dignes de foi les d�clarations �mises d'embl�e lors de l'enqu�te.
D�clarations de A.________
Le Tribunal correctionnel a indiqu� que A.________, entendu par la police genevoise, avait cit� le recourant en disant que le nom de celui-ci ne lui �tait pas inconnu, que c'�tait un albanais de Tirana, dont diverses �quipes de trafiquants utilisaient les services pour transf�rer de l'argent en Albanie (cf. jugement de premi�re instance, p. 26).
11.1 Le recourant se plaint de n'avoir pas �t� confront� � A.________.
L'art. 6 � 3 let. d CEDH reconna�t � tout accus� le droit d'interroger ou de faire interroger les t�moins � charge et d'obtenir la convocation et l'interrogatoire des t�moins � d�charge dans les m�mes conditions que les t�moins � charge (ATF 125 I 127 consid. 6b p. 133; 124 I 274 consid. 5b p. 284; 121 I 306 consid. 1b p. 308). Les �l�ments de preuve doivent en principe �tre produits en pr�sence de l'accus� lors d'une audience publique, en vue d'un d�bat contradictoire (ATF 125 I 127 consid. 6b p. 132). Cette r�gle tend � assurer l'�galit� des armes entre l'accusateur public et la d�fense (ATF 121 I 306 consid. 1b p. 308; 104 Ia 314 consid. 4b p. 316). Il n'est toutefois pas exclu de tenir compte des d�positions recueillies durant la phase de l'enqu�te, pour autant que l'accus� ait dispos� d'une occasion ad�quate et suffisante de contester ces t�moignages � charge et d'en interroger ou d'en faire interroger les auteurs (ATF 125 I 127 consid. 6b p. 132/133). Exceptionnellement, le juge peut prendre en consid�ration une d�position faite au cours de l'enqu�te alors que l'accus� n'a pas eu l'occasion d'en faire interroger l'auteur. Il en est ainsi lorsqu'il n'est plus possible de proc�der � une audition contradictoire en raison du d�c�s ou d'un emp�chement durable du t�moin, ou parce qu'il est introuvable ou refuse de t�moigner; dans ces cas toutefois, il faut que l'accus� puisse se d�terminer sur la d�position, qu'elle soit examin�e avec soin et, enfin, qu'elle soit corrobor�e par d'autres �l�ments de preuve, de sorte que la condamnation ne soit pas fond�e exclusivement ou de mani�re d�terminante sur cette seule d�position (ATF 125 I 127 consid. 6c/dd p. 136; 124 I 274 consid. 5b p. 284/285). Dans sa jurisprudence, la Cour europ�enne des droits de l'homme s'emploie � rechercher si la proc�dure, examin�e dans son ensemble, rev�t un caract�re �quitable (arr�t de la CourEDH Van Mechelen c. Pays-Bas, du 23 avril 1997, Recueil 1997-III, � 50, p. 711). La question de savoir si le droit d'interroger ou de faire interroger les t�moins � charge garanti � l'art. 6 � 3 let. d CEDH est respect� doit en cons�quence �tre examin�e dans chaque cas en fonction de l'ensemble de la proc�dure et des circonstances concr�tes de l'esp�ce.
11.2 Le recourant se pr�vaut en particulier d'un arr�t non publi� du 3 avril 2002 (1P.32/2002 consid. 2.1), dont il ressort que l'exception selon laquelle une d�claration peut �tre prise en compte malgr� l'absence de confrontation ne vaut pas lorsqu'une confrontation �tait possible durant l'enqu�te et apparaissait indiqu�e parce que le t�moin pourrait ne plus �tre disponible par la suite et lorsque, pour des motifs qui ne sont pas imputables � l'accus�, cette confrontation n'a pas eu lieu et qu'il s'av�re ensuite impossible d'y proc�der.
L'audition de A.________ s'est d�roul�e le 27 avril 1999 et a �t� men�e par la police genevoise. Les autorit�s vaudoises en charge du dossier du recourant ont re�u le proc�s-verbal d'audition le 26 octobre 1999 (cf. proc�s-verbal des op�rations, p. 11 [pi�ce 61] et 14). Il en ressort que A.________, requ�rant d'asile albanais d�tenu � la prison de Champ-Dollon, est impliqu� dans un trafic de stup�fiants; � propos du recourant, A.________ indique que son nom ne lui est pas inconnu, qu'il sait que des �quipes de trafiquants utilisent ses services pour transf�rer de l'argent en Albanie, qu'il ne sait rien de plus et qu'il ne l'a jamais rencontr�.
En vertu de ce qui pr�c�de, une confrontation entre le recourant et A.________ n'apparaissait pas d'embl�e indiqu�e. En effet, outre qu'un risque d'indisponibilit� de ce t�moin n'�tait pas manifeste, une confrontation s'imposait d'autant moins dans l'imm�diat qu'il ne mettait en cause le recourant que de mani�re indirecte, ne l'ayant jamais rencontr� ni n'ayant trait� avec lui. Le recourant ne saurait donc tirer argument de l'arr�t 1P.32/2002 qu'il invoque.
Cela �tant, le Tribunal correctionnel n'a pas refus� d'entendre A.________ � l'audience de jugement. Il n'a pu le faire, faute d'avoir pu �tablir le lieu de s�jour de ce t�moin (cf. jugement de premi�re instance, p. 26). Quoiqu'en dise le recourant, d'ailleurs sans autre d�veloppement, les d�clarations de A.________, t�moin indirect, n'ont jou� qu'un r�le limit� dans sa condamnation. De l'ensemble de la motivation du Tribunal correctionnel, il ressort que d'autres indices, principalement l'ampleur des mouvements bancaires inexpliqu�s ainsi que les nombreux contacts t�l�phoniques entre le recourant et des trafiquants de drogue, ont eu une influence d�terminante. Le recourant a en outre eu l'occasion de prendre position sur la d�position de A.________. Dans ces conditions, le Tribunal correctionnel n'�tait pas tenu d'�carter les d�clarations de A.________, nonobstant le fait que le recourant n'ait pas pu lui poser de questions. Appr�ci�e globalement, la proc�dure ne viole pas les droits de la d�fense du recourant. Le grief est infond�.
Le recourant affirme qu'aucun transfert d'argent en Albanie n'a �t� prouv�.
Le Tribunal correctionnel a certes mentionn� que le r�le du recourant �tait de transf�rer l'argent en Albanie. Dans sa motivation subs�quente, pour conclure � un acte d'entrave au sens de l'art. 305bis CP, il a uniquement retenu que le recourant avait recueilli l'argent sur ses comptes avant de le "faire dispara�tre" (cf. jugement de premi�re instance, p. 34). Le tribunal a par ailleurs express�ment indiqu� que la destination des montants pr�lev�s sur les comptes du recourant n'avait pas pu �tre �tablie (cf. arr�t attaqu�, p. 25; jugement de premi�re, p. 27). L'application de l'art. 305bis CP au recourant ne repose donc pas sur la stricte d�monstration d'un transfert d'argent en Albanie. Sous cet angle, le grief soulev� est d�pourvu de port�e. Au surplus, savoir quel importance peut avoir l'existence ou non d'un transfert d'argent en Albanie pour l'infraction retenue est une question qui rel�ve de l'application de l'art. 305bis CP, donc du droit p�nal f�d�ral, et qui n'est pas recevable dans un recours de droit public (cf. supra, consid. 1.1).
Le recourant reproche au Tribunal correctionnel puis � la Cour de cassation vaudoise de n'avoir pas �voqu� le proc�s-verbal d'audition du d�nomm� H.________, lequel a d�clar� ne pas conna�tre le recourant.
Qu'une personne suspect�e de trafic de stup�fiants ait signal� ne pas conna�tre le recourant n'est pas susceptible de faire appara�tre le r�sultat de l'appr�ciation des preuves comme insoutenable. Cet �l�ment pouvait �tre tu sans arbitraire.
Dans diverses remarques, le recourant se plaint d'arbitraire � diff�rents propos (mouvements bancaires, contradictions en rapport avec la pi�ce 129, 50'000 francs devant servir de garantie � des �tudiants albanais, dur�e de son activit� d�lictuelle). Aucune de ces remarques, de caract�re g�n�ral, ne respecte l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Toutes sont irrecevables.
Invoquant l'art. 29 al. 2 Cst., le recourant se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu. Sur plusieurs pages, il fait valoir une motivation insuffisante et le rejet injustifi� de conclusions incidentes. Pour l'essentiel, son argumentation se recoupe avec les griefs d'arbitraire qu'il a soulev�s. Il est donc renvoy� aux consid�rants qui pr�c�dent. Sinon, il �met des remarques g�n�rales ou �num�re quelques passages de l'arr�t attaqu�, agr�ment�s d'affirmations de type appellatoire. De la sorte, il n'articule aucun grief respectueux des exigences minimales de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il qualifie enfin d'arbitraire la remarque de la Cour de cassation vaudoise selon laquelle "c'est avec raison que [le recourant] ne conteste pas la provenance criminelle de l'argent" (arr�t attaqu�, p. 43). Le recourant perd de vue que cette phrase est contenue dans la partie de l'arr�t attaqu� consacr�e � l'analyse de son recours en r�forme cantonal, c'est-�-dire apr�s que la Cour de cassation vaudoise eut rejet� son recours en nullit� qui portait sur l'�tablissement des faits. En raison du rejet du recours en nullit�, la Cour de cassation vaudoise �tait li�e par les faits constat�s par le Tribunal correctionnel (cf. arr�t attaqu�, p. 40), en particulier la provenance illicite de l'argent. Le recourant n'�tait donc pas susceptible de mettre en cause cet �l�ment dans son recours en r�forme et la Cour de cassation cantonale, dans ce cadre, pouvait le tenir pour non contest�.
Eu �gard � l'ensemble des critiques formul�es, le recourant confond manifestement le Tribunal f�d�ral, juridiction constitutionnelle, avec une autorit� d'appel jouissant d'une pleine cognition en fait et en droit. Le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Il n'y a pas lieu d'accorder l'assistance judiciaire au recourant car le recours apparaissait d'embl�e vou� � l'�chec (art. 152 al. 1 OJ). On ne saurait admettre que le recours offrait des chances de succ�s du seul fait que le recourant a soulev� de nombreux griefs qui exigent un arr�t relativement long pour y r�pondre.
Le recourant supporte les frais de la proc�dure (art. 156 al. 1 OJ), lesquels sont fix�s de mani�re r�duite pour tenir compte de sa mauvaise situation financi�re.