Source: https://issuu.com/cha5665/docs/ergonomie_cm
Timestamp: 2017-12-17 14:04:11+00:00
Document Index: 249877872

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

gffgf by Charlotte Thirion - issuu
ERGONOMIE : repères sur le travail Travail et santé Cette question a été mise un peu de côté dans les débats sociaux car c'est plus l'emploi aujourd'hui qui préoccupe les directions d'entreprises, les syndicats etc. que les conditions de travail. Mais depuis une dizaine d'année le santé au travail revient progressivement « sur le devant de la scène ». Les conditions de travail Comment peuvent-elles avoir des effets notamment sur la santé et un coût, un coût humain pour les individus et un coût économique pour les entreprises. CM 1
Travail et Santé: des liens à reconsidérer La santé au travail C'est le mérite de G. Larcher avec le 1er Plan de santé au travail pour 2005-2009, d'avoir remis, au cœur des politiques publiques, le travail et son lien avec la santé des salariés. Poursuite et approfondissement avec le 2ème Plan de santé au travail pour 2010-2014 Plan de santé au travail 2 : le snouveaux enjeux de la prévention, Travail et Changement, n°330, mars-avril 2010.
En 2005, il y a eu un premier plan santé-travail: engager le gouvernement à mener une nouvelle dynamique pour améliorer la prévention des risques professionnels. Ce premier plan mis en place entre 2005 et 2009 par G. Larcher (aujourd'hui sénateur – à l'époque ministre délégué aux relations du travail) relance la problématique de la santé au travail. Depuis, le débat santé-travail est ainsi remis au cœur des politiques publiques. Le but de ce plan santé-travail est de faire reculer les risques professionnels et d'encourager au niveau local, au niveau des entreprises mais aussi au niveau nationale une culture de prévention des risques professionnels. On œuvre ainsi pour la santé des salariés au travail. Ce premier plan santé-travail a mis l'accent sur trois axes principaux, son objectif premier étant de diminuer les expositions aux risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles. – Développer une politique de prévention des risques professionnels notamment les troubles musculo-squelettiques (= affections péri-articulaires au niveau des tendons et des muscles, surtout au niveau des membres supérieurs). – Diminuer les risques toxiques, chimiques et en particulier les risques cancérigènes car aujourd'hui sont mis sur le marché des produits cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (des produits « CMR »). – Diminuer les risques psycho-sociaux (stress, violences externes et internes, le burn-out) Donc préoccupation grandissante du gouvernement entre autres depuis les vagues de suicide qui existent depuis une dizaine d'années et l'augmentation importante de l'exposition des salariés aux produits toxiques. Puis il apparaît un deuxième plan santé travail en 2010 qui poursuit les grands axes du premier plan avec Xavier Darcos, qui était à l'époque ministre du travail. Ce qu'il introduit en plus à cette politique santé-travail c'est un accès prioritaire dans les TPE (Très Petites Entreprises) et les PME (Petites Moyennes Entreprises) à la prévention professionnelle, qu'elle n'« atteigne » pas seulement
les grandes entreprises mais également les plus petites. Suite à ce deuxième plan de santé au travail, aujourd'hui, l'employeur doit veiller à la santé physique et mentale de ses salariés, y compris de ses travailleurs temporaires et mettre tout en œuvre pour qu'il n'y ait ni maladie professionnelle ni accident du travail, et ce par divers moyens comme changer les processus de travail, mettre en place des équipements individuels etc. Depuis le décret de 5 Novembre 2001 (qui oblige l'employeur à respecter la santé de ses travailleurs, sous peine de sanctions pénales) on s'aperçoit que, 10 ans après, ce qui est mis en place n'est pas suffisant puisque ces règles restent au niveau administratif c'est-à-dire qu'on fait un document unique, on recense tous les risques qu'il y a dans l'entreprise, on met des actions de prévention en route et « ça reste dans le tiroir », le tout pour ne pas avoir d'ennui, donc on obéit à la loi, point. Darcos veut donc aller plus loin. Il faut mettre en pratique ces mesures et dépasser le seul cadre législatif, afin de développer une démarche pérenne de prévention.
Accident du travail L'AT a une définition légale que l'on retrouve dans le code du travail. C'est un point important car les maladies professionnelles et les risques psycho-sociaux, eux, n'y sont pas, ils ne sont pas définis d'un point de vue légal. Accident du travail = Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou non, travaillant à quelque titre que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise. Pour qu'il y ait accident, il doit être soudain, contrairement à une maladie professionnelle qui elle va se déclarer au fil du temps. L'accident doit également être imputable au travail. « Pendant ou à l'occasion du travail » : l'accident doit simplement avoir un lien avec l'emploi. Un accident du trajet par exemple peut être considéré comme un accident du travail. Le travailleur doit avoir subi une lésion corporelle, quelle que soit son importance. On observe une baisse significative des accidents du travail au cours des dernières décennies. En 1950, on comptait environ 118 accidents du travail pour 1000 salariés. Aujourd'hui, en 2010, 36 accidents du travail pour 1000 salariés. Le nombre d'AT avec arrêt (accident du travail avec arrêt maladie d'une journée au moins dès le jour suivant l'accident) a été diminué par 1,5 sur les trente dernières années. Le nombre d'AT graves (dès lors qu'il y a séquelles à vie) ont été divisés par 2,3 et les accidents mortels ont été divisés par trois. En 2010, on était à 529 décès dus aux accidents du travail, beaucoup des chutes de hauteur. Statistiques de la CNAMTS (Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés) mais ces statistiques ne concernent que les entreprises privées, c'est-à-dire à peu près 80% des salariés actifs. Les statistiques des entreprises publiques (collectivités territoriales, universités, hôpitaux etc.) ne sont pas connues. On a en contre-partie une montée en flèche des maladies professionnelles. Il existe en effet des pathologies du travail, c'est-à-dire qui sont en lien avec le travail effectué. La salarié doit déclarer sa maladie auprès de la caisse d'assurance. Aujourd'hui, toutes les maladies professionnelles qui existent sont consignés dans des tableaux, il y en a aujourd'hui à peu près 105. En 2010, on a dépassé les 50000 maladies professionnelles. Ces maladies professionnelles sont dues pour 80% d'entre-elles aux affections péri-articulaires (tableau 57 des maladies professionnelles), aux troubles musculo-squelettiques (TMS), dus pour l'essentiel à des gestes répétitifs – 80% portent sur les membres supérieurs. Ces pathologies sont très invalidantes et peuvent conduire au licenciement pour inaptitude.
On observe aussi aujourd'hui une augmentation des maladies professionnelles liées à l'inhalation de poussières d'amiante. Là ce sont même des cancers professionnels. Un cancer professionnel se déclare environ 30 à 40 ans après l'exposition au risque. En France, on a tendance à sous-estimer les cancers professionnels. En France, on estime qu'environ 7000 à 20000 cancers professionnels surviennent chaque année et moins de 1500 cas sont reconnus en tant que maladie professionnelle. Par an, on compte plus de 500 décès dus aux maladies professionnelles. Attention à la sous-déclaration des AT bénins. On estime que tous les AT ne sont pas déclarés. C'est l'employeur qui déclare les AT mais plus on a d'AT plus on paye de cotisations AT/MP. Selon les statistiques, 95000 AT échappent chaque année à la déclaration. Quant aux maladies professionnelles, 1/3 sont reconnus/déclarés. La santé au travail semble donc sous-estimer.
Les obligés du publics sont les gens qui travaillent dans les services, auprès des clients. Le problème ici c'est aussi que les salariés qui cumulent le plus de risques sont les moins bien payés. Depuis la fin du XIXème siècle, la santé au travail est une question d'ordre public. Apparition notamment des lois Villermé depuis 1841. C'était un médecin du travail qui s'intéressait notamment au travail des enfants. Cette loi limite le temps de travail journalier des enfants à 8h pour les enfants entre 8 et 12 ans et à 12h pour les enfants de 12-16 ans. La création de l'inspection du travail date de 1892. Puis apparaît au début du XXème siècle d'une responsabilités des employeurs par rapport aux accidents du travail : on les fait payer pour chaque AT supplémentaire. Et ce, afin de les inciter à mettre en place des mesures de prévention. + Montée grandissante du rôle des représentants du personnel. La médecine du travail a été créée en 1946. Les premiers ergonomes, le premier laboratoire de recherche en ergonomie, date de 1960. L'ergonomie
en France est surtout menée au départ par les médecins du travail. Mais la question, légitime, de l'emploi a souvent fait écran à la question du travail depuis les années 80, pour l’État comme pour les syndicats. On reparle de la santé au travail dans les débats publics depuis une dizaine d'années parce que les dernière décennie 2000-2010 est marqué par un important arsenal législatif. On observe une lente mise en œuvre de la directive-cadre européenne de 1989, loi de 1991, décrit de Novembre 2001 sur le document unique et l'évaluation a priori des risques professionnels. Avant ce décret, on évaluait plutôt les risque à posteriori. Globalement, c'est la loi de 1989, la directive cadre européenne qui va initier la prise en compte de la santé-sécurité dans les entreprises. L'employeur est tenu d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés. Et c'est avec la loi de modernisation sociale de 2002 que là, l'employeur est tenu de veiller à la santé physique et mentale. ARTT (Aménagement et Réduction du Temps de Travail) 1995-2002 : les salariés travaillent moins au niveau de la durée de travail mais ils travaillent alors « avec la montre » = intensification du travail, étant la cause principale sans doute des TMS. Quand la finalité est de nouveaux emplois normalement, pour palier les quelques heures que le salarié « habituel » ne fait plus. Catastrophe sanitaire de l'amiante jusqu'au milieu des années 90. L’État a alors été accusé et le conseil d’État reconnaît la responsabilité de l’État dans la carence des mesures de prévention. Le cancer du mésothéliome tue beaucoup de les salariés qui ont travaillé avec de l'amiante. D'autres catastrophes possibles dans les années futures ? Notamment avec les produits toxiques et cancérigènes comme les éther de glycol qui sont des solvants utilisés dans les peinture, le nettoyage etc. Il y a une sous-estimation des salariés exposés aux produits toxiques et cancérigènes. L'enjeu industriel qui est derrière tout ça fait que c'est très difficile à supprimer. Au point de vue du travail et des entreprises, on observe que le travail s'accélère dans les entreprises, qu'elles soient privées ou publiques. Montée des nouvelles technologies et une flexibilité grandissante du travail. Intensification du travail = temps de plus en plus court pour exécuter les tâches demandées. Pour les salariés, on leur demande plus d'autonomie, plus d'informations à gérer, plus de contraintes pour les opérateurs liées notamment à l'organisation, aux collègues et aux clients. Avant les contraintes étaient plus relatives aux machines, aux produits. Aujourd'hui, même le simple salarié est maintenant en contact direct avec le client. Le taylorisme apparaît lors de la révolution industrielle : un ingénieur, Frederick Winslow Taylor, dit qu'il faut parcelliser le travail. On ne demande pas aux ouvriers de penser mais d'exécuter les modes opératoires que les ingénieurs ont conçu. Le tout sur des temps courts et de manière répétitif. 100 ans plus tard, on fonctionne toujours ainsi. Et, alors qu'avant le taylorisme était plutôt présent dans le milieu industriel, aujourd'hui le taylorisme apparaît même dans les services. Par exemple, le travail des jeunes femmes téléopératrices ou opératrices des centres d'appel fonctionne sur la base du taylorisme : les opératrices ont un temps précis pour répondre au téléphone, pour répondre à la demande. Elles doivent répondre au client selon une procédure de communication extrêmement précise. Contrôle via l'outil informatique mais également par la hiérarchie de proximité. On assiste également à plus de précarité et de risque de chômage pour les salariés. Globalement, tous ces changements se manifestent par la montée des risques multifactoriels et à effets différés tels que les TMS et les RPS (risques psychosociaux). Les Troubles Musculo-squelettiques affectent les tendons, les muscles, les ligaments, au niveau des articulations. Globalement, tous les secteurs sont touchés : l'agroalimentaire, le secteur agricole, le secteur artisanal, métallurgie, automobile. La Bretagne est la région qui a le plus fort taux de licenciements pour inaptitude.
Les TMS concernent un travailleur sur 5.Les affections péri-articulaires sont donc concentrés dans un tableau de maladies professionnelles. Le poignet et la main sont les parties du membre supérieure les plus touchées par les TMS. 47% des cas de TMS, c'est ce que l'on appelle le syndrome du canal carpien. C'est une compression du nerf médian. La meilleure solution pour guérir est de laisser les membres au repos => arrêt de travail d'un an, un an et demi d'arrêt maladie. A la reprise du poste, l'employeur a quinze jour pour trouver un autre travail dans l'entreprise à l'opérateur. En agroalimentaire, il est difficile de lui trouver un autre travail car tout est sous forme de temps. La personne est alors licenciée pour « impossibilité de remplacement », licenciement pour inaptitude à tout poste. + Epichondylite (coude) / Tendinopathie de la coiffe des rotateurs (épaule) Il est très important pour un travailleur de déclarer sa maladie professionnelle. Les risques psychosociaux : qui ont trait à l'individu et à sa situation de travail. Ils englobent le stress, les violences internes (le harcèlement moral, le harcèlement sexuel), les violences externes (tout ce qui est de l'ordre de l'incivilité, des violences verbales voire les agressions physiques notamment effectuées par des personnes externes à l'entreprise) et le burn-out. Bien souvent, certains conflits évoluent et s'aggravent à cause des changements organisationnels. Les conflits s’exacerbent car, à moment donné, il y a eu des éléments et des questions relatifs au travail qui n'ont pas été résolus. Aujourd'hui, les collectifs sont détruits, on est seul devant son travail. Un grand nombre de salariés se plaignent de tensions au travail. Il n'y a pas aujourd'hui de statistiques nationales officielles sur le nombre de suicides en lien avec le travail. On estime aujourd'hui à 500 suicides en lien avec le travail en France mais c'est uniquement une extrapolation d'une étude qui a été menée en BasseNormandie il y a une dizaine d'années. Pour tous ces risques psychosociaux, les ergonomes accusent l'organisation du travail. Aujourd'hui, on s'inquiète de l'arrivée de nouveaux produits, de nouvelles technologies notamment des nanomatériaux où les chercheurs travaillent à l'échelle de la molécule ou de l'atome. On ne connaît pas vraiment les effets que ça peut avoir. Il semble que les conditions impératives de réussite de l'action sur la santé et la sécurité au travail sont une implication accrue des directions (les employeurs doivent s'intéresser d'avantage à la santé des salariés et plus rapidement) et un renforcement du dialogue social. Le CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail) est une IRP (Instance Représentative du Personnel). Ce comité a beaucoup de mal à œuvrer dans le cadre de la santé au travail. On s'aperçoit également que les débats autour de la santé sont moins instruit dans les services que dans l'industrie. De plus, les CHSCT n'existent qu'au-delà de 50 salariés. En conclusion : – baisse des taux de fréquence des AT // progression des MP – de l'arbre des cause a posteriori à l'évaluation a priori des risques professionnels pour les différentes unités de travail et exposition aux risques, puis à la définition et la mise en œuvre de plans d'action – surexposition de certaines catégories de personnels (notamment les jeunes et intérimaires) – développement de « systèmes de management de la sécurité », mais limites de la certification de type ISO – lier prévention des risques professionnels et des risques environnement et sanitaire – promotion de la santé au travail
– malgré les efforts de prévention, résistance des TMS – prévention du stress lié au travail On s'inquiète des conditions de travail. Vieillissement de la population active : comment va-t-on faire pour réduire la pénibilité de certains travaux de telle façon que les opérateurs puissent aller à la retraite sans trop de problèmes ? Comment allons-nous favoriser le transfert des compétences d'une génération à l'autre ? Comment aménager les fins de carrière, notamment à travers le plan senior ? Aujourd'hui, pour certains travaux, malgré le chômage, il y a des difficultés pour recruter, et ce, du aux mauvaises conditions de travail. Liens croissants entre les questions de santé, de compétences, d'emploi et d'organisation. On doit faire de la prévention primaire et agir à la source, au niveau organisationnel. CM 2 Deux revues : Santé et Travail - Travail et Changement + Livre : Les conditions de travail
Les conditions de travail Qu'est-ce que sont les conditions de travail ? Peut-on dire qu'aujourd'hui qu'elles s'améliorent, stagnent ou se détériorent ? L'âge d'or des conditions de travail se trouve dans les années 70-75 avec des grèves très fortes (notamment les infirmiers dans les années 80) : on revendiquait alors d'avoir de bonnes conditions de travail. Les conditions de travail sont un terme assez général utilisé lorsqu'il faut émettre un jugement sur les caractéristiques du travail et ses conditions d'exercice. Aujourd'hui ce thème revient à l'ordre du jour puisque lorsqu'on interroge un panel de salariés, le terme de CT arrive en deuxième dans l'échelle d'appréciation de leur vie de travail. C'est un thème général et multifactoriel. Les conditions de travail dépendent, pour chaque individu : – de ses caractéristiques personnelles (sexe, âge, état de santé, formation...) – d'éléments en relation avec l'entreprise (éléments matériels, ambiances physiques, organisation du travail...)
Ce schéma est fondamental puisque les conditions de travail vont jouer su l'activité de travail qui elle-même aura des conséquences sur la santé de l'opérateur ou sur la production de l'entreprise (coût humain ou coût économique). On apprécie toujours les conditions de travail en fonction des conséquences qu'elles auront, en particulier sur la santé.
Ces conditions recouvrent tout ce qui a trait à l'organisation du travail, les modes opératoires, la répartition des tâches, la formation reçue, l'environnement dans lequel on évolue (cercle social mais aussi les ambiance physiques – bruit, chaleur, vibration etc.) « Un opérateur tient dans son travail » : oui mais à quel coût ? Les conditions de travail intéressent dès lors qu'elles ont des conséquences négatives sur la santé. Les conditions de travail se manifestent à travers leurs conséquences (santé), appréciées en terme de coût et de contraintes. Lorsqu'on veut apprécier ces conditions de travail, on cherche à savoir si, globalement, elles se sont améliorées dans l'entreprise, (les gens sont plus heureux dans leur travail), ont-elles stagné ou se sont-elles dégradées ? Depuis les années 70, le gouvernement veut des indicateurs, des éléments pour apprécier globalement les conditions de travail et, en fonction, mettre en place des actions pour qu'elles s'améliorent, pour prendre des décisions sur l'aménagement de ces conditions de travail. Comment peut-on apprécier les conditions de travail en entreprise en France ? Appréciation des conditions de travail à travers : - des données quantitatives (AT, MP) - des données qualitatives (interrogations des salariés sur leur perception des conditions de travail) Ces deux types d'appréciation du travail peuvent se faire au niveau national voire européen mais aussi au niveau local, au niveau de l'entreprise elle-même. Au niveau local, les données quantitatives sont comptabilisées mais depuis les années 80-90 (depuis que l'emploi a pris les pas sur les conditions de travail), on n'interroge plus ou peu les salariés sur leur perception de leurs conditions de travail (considéré comme trop subjectif). L'appréciation des conditions de travail en France → À travers des indicateur démographiques : les AT et les MP Accident du travail = « est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou non, travaillant à quelque titre que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise » (art. L.411-1 du Code de la Sécurité Sociale – contrairement à la maladie professionnel) Pour qu'un accident soit considéré comme accident du travail, il doit remplir plusieurs conditions : – l'accident doit être soudain (le suicide peut être reconnu comme accident du travail) – le travailleur doit avoir subi une lésion corporelle (quelque soit son importance) – l'accident doit avoir un lien avec l'emploi (accidents de trajet aussi). Maladie professionnelle = conséquence de l'exposition plus ou moins prolongée à un risque qui existe lors de l'exercice habituel de la profession. (la MP n'est pas définie légalement) (il existe environ 105 tableaux de maladies professionnelles) ● Statistiques INED et INSEE (indice de mortalité – différences selon les catégories socio-professionnelle) – Indice de mortalité > 1 = surmortalité dans une CSP ? – Espérance de vie à 35 ans : pour un ouvrier = 40,9 ans pour un cadre sup. = 46,6 ans
– Probabilité de décès entre 35 et 65 ans : pour un ouvrier = 26% pour un cadre sup. = 13% 1) A travers les AT ● Statistiques CNAM-TS (Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) sur les accidents du travail – AT avec arrêt = dès lors que l'AT ne provoque pas de séquelles chez la victime, même si hospitalisation et rééducation longues – AT avec IP (incapacité permanente) = AT graves = séquelle à vie (doigt en moins, dos pas entièrement rétabli etc.) = ne peut plus travailler Quels sont les secteurs d'activité les plus accidentogènes ? C'est dans le BTP qu'on constate le plus d'AT graves (avec séquelles à vie ou décès) + Taux de Fréquence (nombre d'accidents) et Taux de Gravité (appréciation du degré de gravité de l'accident) les plus élevés. 2) A travers les MP ● Statistiques CNAM-TS sur les maladies professionnelles (en 2010 on a dépassé les 50 000 maladies professionnelles = augmentation) – MP réglées – MP avec IP = MP avec Incapacité Permanente (éventuellement avec attribution d'une rente) – Décès (cancers notamment) Bilan contrasté ● Depuis 30 ans, on observe globalement une nette diminution des AT, en particulier des AT mortels, mais une augmentation de leur gravité. – nombre d'AT avec arrêt a été diminué par 1,5 – nombre d'AT graves a été diminué par 2,3 – nombre d'AT mortels a été diminué par 3 En 2010, augmentation inquiétante des accidents de trajet (dans certaines entreprises c'est devenu le principal risque). ● Une augmentation des MP déclarées, dues pour l’essentiel aux affections péri-articulaires (env. 79% des MP / tableau n°57 / ça vient beaucoup de la métallurgie et de l'alimentation – on peut s'interroger sur les conditions de travail dans ces entreprises) → nombre toujours en progression avec un facteur principal : l'intensification du travail. (A noter qu'il n'existe aucun tableau lié à la souffrance psychique – seul le suicide peut être reconnu en maladie professionnelle. - discussions sur la dépression mais cela risque de prendre du temps car le tableau prouve qu'il y a un lien entre la pathologie et le travail de la personne – débat syndicat / patronat – la même chose s'est produite avec le tableau 97 et 98 : affections du rachis lombaire / lombalgie – port de charges, vibrations de basse fréquence) ● Une très nette augmentation des déclarations de salariés éprouvant du stress professionnel (fait partie des RPS).
→ À travers les enquêtes sur le vécu du travail (on questionne les salariés qui vivent ces conditions de travail) •
Enquêtes européennes sur les « Conditions de travail » : tous les 5ans (Fondation de Dublin, 1990, 1995, 2000, 2005, 2010) ((Ministère du travail / DARES et INSEE))
Les conditions de travail en Europe sont très variables d'un pays à l'autre. Les pays nordiques sont en avance par rapport aux autres pays. Globalement, stabilité entre 1990 et 2000 puis petite amélioration depuis 2000. Dégradation des conditions de travail en France (graphiques / La pénibilité, p.63-64) (extraction des données France dans ces enquêtes européennes) •
Enquêtes françaises « Conditions de travail » : tous les 7ans (Ministère du Travail / DARES – Direction de l'Animation et de la Recherche des Études Statistiques – dépend du ministère du travail, 1978, 1984, 1991, 1998, 2005) (Résultats issus de la dernière enquête 2005 de la DARES) (envoi de questionnaire auprès de 22000 actifs en France)
Les conditions de travail ont globalement cessé de se dégrader entre 1998 et 2005 MAIS • augmentation des horaires atypiques (graphique/La pénibilité p.62) – A noter que 25% des salariés ne connaissent pas leur emploi du temps un mois à l'avance. Plus de 10% ne le connaissent pas une semaine à l'avance et 8% environ ne connaissent leurs horaires que la veille pour le lendemain. – Les travailleurs de nuit sont souvent des personnes peu ou pas qualifiées et ce sont de plus en plus des femmes. – Un travailleur ayant travaillé plusieurs années de nuit ne retrouvera jamais une qualité et une quantité de sommeil comme s'il n'avait pas travaillé la nuit. Le travail de nuit est négatif pour la santé. (travailleur posté – on tourne de poste, matin, midi, soir, nuit etc.) •
aggravation du sort des ouvriers français (graphiques/La pénibilité p. 63-64) - augmentation des contraintes de rythme, - augmentation du nombre de pénibilités physiques, (à combien de pénibilités physiques sont exposés les ouvriers ?) - développement du port de charges lourdes, - augmentation de l'effectuation des mouvements douloureux ou fatigants, - augmentation de l'exposition aux vibrations et nuisances sonores.
Enquêtes davantage axées « Santé » - SUMER : Enquêtes sur la « Surveillance Médicale des Risques professionnels » (INSEE et DGT (Direction Général du Travail), 1994, 2003, 2009) / Autoquestionnaire sur le vécu + appréciation des conditions de travail à travers ce que peut déclarer un expert (= médecin inspecteur du travail) – une visite médicale obligatoire tous les deux ans – tous les 6 mois : surveillance médicale renforcée (ceux qui sont exposés au bruit, qui travaillent avec des produits chimiques, qui sont en travail posté etc.) - ESTEV (1990, 1995) : Enquêtes « Santé, Travail et vieillissement » (INSERM) – ici on suit un groupe de salariés sur plusieurs années.
Bilan inquiétant Une pénibilité physique globalement en recul MAIS • la pénibilité physique baisse peu pour les catégories les plus exposées (port de charges lourdes ; contraintes posturales et articulaire etc.) - augmentation du nombre de salariés travaillant dans des positions douloureuses ou fatigantes. • les (poly)expositions aux produits chimiques augmentent fortement pour les catégories les plus exposées • le renforcement des contraintes de rythme reflète une intensification du travail : aujourd'hui les principales plaintes des opérateurs est de ne pas être en mesure de faire un travail de qualité et de ne pas être reconnus pour le travail qu'ils effectuent. • le recours aux horaires atypiques se développe. L'augmentation des TMS n'est pas anodin et met en évidence certaines durées de cycle trop courtes, parfois inférieures à la minute + méconnaissance parfois du processus du travail qu'ils effectuent. Des ouvriers français de plus en plus malmenés 2012 : Amélioration en vue ? - 6ème enquête Conditions de travail de la DARES – Cependant, les hypothèses émises tendent vers une non-amélioration de la situation. A moins que les effets des 3 priorités gouvernementales posées dans le 1er et le 2ème Plans de Santé au Travail se fassent ressentir : ● Troubles musculo-squelettiques ● Risques psycho-sociaux ● Risques toxiques CM 3
Le travail humain Il y a deux ergonomies dans le monde : – Les Human Factors (USA) : Majoritaire, très vivace, de tradition « Ingéniérie » = ingénieur, très technique. Elle remonte à la seconde guerre mondiale (crash de bombardiers). Étude du travail en laboratoire. – L’ergonomie de Langue française (France, Belgique, Suisse…) : De tradition « santé au travail ». 1955 : l’analyse du travail (J-M Faverge et A. Ombredane). Étude du travail sur le terrain, en réponse à une demande sociale. * Médecins du travail : A.Wisner, A. Laville ... * Psychologues du travail : M. de Montmollin, J. Leplat… * Physiologistes du travail : B.Mertz… * Ingénieur : J.Theureau, F.Daniellou… * Syndicalistes : R.Villatte, J.Duraffourg… L'ergonomie apparaît en 1962. On estime alors important d’aller sur le terrain pour comprendre les enjeux du travail. Organisations développées par A. Wisner Les recherches sont initiées à partir de demandes sociales. Elles sont réalisées sur le terrain et privilégient l’analyse du travail et l’évaluation de la charge de travail. Elles développent la
participation des opérateurs et montrent la variabilité de la population au travail. Il faut adapter le travail à l'homme et non pas l'inverse. L’ergonomie de la Langue Française Elle étudie l’activité de travail afin de contribuer à la conception et à la transformation des situations de travail, en agissant de façon positive : - Sur les dispositifs techniques et les moyens de travail - Sur les environnements de travail - Sur l’organisation - Sur les hommes. Les critères de l’action ergonomique concernent : – La santé, la sécurité, le confort et les compétences des personnes – La quantité et la qualité du travail L’ergonomie : connaissance du travail humain Connaissance du fonctionnement de l’homme L’ergonomie sollicite les apports des sciences humaines (psychologie cognitive, linguistique, physiologie du travail…) et produit des connaissances spécifiques. Connaissance de l’activité de travail L’opérateur gère des contraintes, adapte son comportements aux variations (internes et externes), décide, apprend etc. La compréhension de l’activité réelle de travail est nécessaire pour concevoir des situations. Action pour transformer le travail Des domaines d’intervention variés Environnement de travail Dispositifs techniques de travail Produit fabriqué Organisation du travail Formation etc. Une démarche participative Groupe(s) de travail Groupe de pilotage Une construction collective du changement L’homme au travail : de quel homme s’agit-il ? L’Homme est un être humain en activité dans des situations professionnelles ou dans des situations de la vie quotidienne, de formation, d’activités sportives etc. L’Homme au travail n’est pas un « Homme moyen », mais un être singulier, que l’ergonomie cherche à saisir à travers : - Sa diversité - Sa variabilité - Son évolution à moyen et long terme.
L’Homme au travail est un acteur intentionnel dont les actions sont finalisées en situation de travail. L’ergonomie se préoccupe des effets du travail sur l’Homme. Le travail humain C'est l'activité finalisée d’un homme concret et socialement situé. Le travail peut être caractérisé par : – Ses effets – Sur l’entreprise/sur les hommes – Négatifs/positifs – Ses déterminations – Du côté de l’homme – Du côté de l’entreprise – En termes d’activité humaine
CM 4 Le travail: de quel travail parle t-on?
Le travail prescrit est la procédure, le mode d'emploi, comme une recette de cuisine à suivre. C'est définit par l'employeur ou le concepteur de façon théorique (fiche de poste, instructions, consignes). Le travail réel ou l’activité (principal concept introduit par l'ergonomie) c’est le travail tel qu’il se réalise concrètement pour réaliser la tâche qui est confiée à l'opérateur. Ce sont les conditions réelles. Très souvent, il y a un écart entre travail réel et travail prescrit. Cet écart peut être minime ou relativement important. Il peut aussi être nié, sous-estimé ou méconnu par l'entreprise. Il est à noter que plus le mode opératoire est court, plus le mode opératoire réel se rapproche du mode opératoire prescrit. Les ergonomes ont donc besoin d'aller sur le terrain, car, à défaut, on nous parle surtout du travail prescrit (de ce que l'opérateur doit faire). Il ne faut pas être pollué par la connaissance préalable de la tâche.
Tout travail est à la fois physique (cela se voit) et mental (cela ne se voit pas) Les composantes de l'activité :
– Composante physique - ACTION – Composante mentale - COGNITION – Composante psychique - EMOTION
Toutes les actions d'un opérateur sont déterminées par son système nerveux central. Et ce, même dans les travaux les plus répétitifs, les plus « simples », même dans le travail à la chaîne, ce ne sont pas que des actions, que du physique. L'opérateur prend des décisions, fait des raisonnements, s'adapte. Dans chaque action, il y a de la cognition, ce n'est pas de la simple répétition. Contrairement à ce que pensait Taylor, où l'opérateur ne serait qu'un exécutant (n'est qu'une activité physique, que geste et mouvement). Tout le travail d'un ergonome est de partir de ce qu'il voit pour tenter d'en inférer les connaissances, le savoir que met en œuvre l'opérateur pour réaliser son travail. Les méthodes d'analyse du travail Observations en continu du comportement gestuel et verbal de l'opérateur : – actions matérielles – postures 5 observables comportementaux – directions des regards – déplacements – communications verbales
Verbalisations provoquées par l'ergonome (ce ne sont pas des entretiens), sur la base du comportement observé, pour saisir les raisons des actions (justifications) : – verbalisations à « voix haute » : notamment pour les tâches symboliques – cartes etc. – verbalisations interruptives : quand on a un moment creux, on questionne l'opérateur sur ce qu'il a fait à tel moment. – verbalisations en situation d'auto-confrontation : pour des situations où il est impossible d'interrompre l'opérateur => enregistrement au caméscope de l'activité puis projection et arrêts sur images plus tard, mais pas trop tard pour favoriser les rappels en mémoire. Illustrations 1) Le travail prescrit et le travail réel – Le travail d'OS en électronique : le travail sur chaine. Ici, chaine de montage de téléviseurs. Défile de droite à gauche. En face d'elles se trouvent des petits casiers dans lesquels se trouvent des composants électroniques. L'opératrice doit prendre les composants dans un ordre précis et les implanter au bon endroit. Le bureau des méthodes a donc défini un ordre que doit respecter l'opératrice. Spatio-temporel : endroit où la platine arrive, les composants électroniques sont pris l'un après l'autre, parallélisme etc. Conception précise pour favoriser la mémorisation. (A noter que l'angle pris pour la photo ou le film de l'activité est déterminé par un ergonome pour bien voir la position des mains, les yeux, l'instrument de travail etc.) Ce que l'opératrice fait réellement, son activité : même dans ces travaux extrêmement répétitifs et déterminés, 1/3 des modes opératoires sont autres que les modes opératoires prescrits. Ici, l'opératrice prend par exemple des grappes de composants. Elle fait autre chose que ce qui est demandé. Globalement, dans tous les travaux répétitifs sur fortes contraintes de temps, 1/3 des modes opératoires sont autres que les modes opératoires prescrits. – La toilette des pensionnaires dans une maison de retraite : un déroulement théorique est enseigné dans les écoles aux aides soignantes pour faire la toilette à un patient. C'est très procédurale et une durée de 30min est normalement nécessaire. Réellement, ce n'est pas une aide soignante mais une ASH (agent de service hospitalier) qui fait la toilette. On s'aperçoit de plus que l'opératrice n'a fait aucune toilette complète en 50min. Pour chacun, elle fait seulement une partie des activités prescrites. Le problème est le suivi : les projets d'établissement des maisons de retraite est qu'on doit garder le plus longtemps les personnes en autonomie. Donc, par exemple, si la personne peut encore se laver, on lui prépare ce qu'il lui faut mais on la laisse faire seule sa toilette. Maintenir en autonomie les personnes âgées prend du temps. C'est d'ailleurs une déception chez les aides soignantes : elles ne peuvent pas garder longtemps en autonomie les personnes âgées, compte tenu de leur charge de travail. Le savoir théorique n'est pas le savoir pratique car on a pas les mêmes contraintes. La théorie doit être adapté à la situation / au patient. – La saisie informatique de dossiers-étudiants dans une université : globalement les opératrices disent faire plus que de la saisie de dossier. Elle doivent taper ce qu'elles voient sur le dossier rempli par l'étudiant. Mais le travail réel est beaucoup plus compliqué. Certaines erreurs peuvent apparaître => recherche de solution. Les opératrices doivent faire leur travail du jour et assurer les corrections.
2) Des recueils de données (observation et verbalisations provoquées) – Le travail d'une guichetière à l'hôpital : problème de qualité de services rendues aux patients + la médecine du travail porte plaintes pour épuisement, troubles du sommeil et difficultés d'apprentissage. A l'entrée, une caissière doit servir les patients, faire sa caisse, remplir des dossiers, répondre au téléphone (car souvent l'aide soignante n'est pas là) etc. Comme le travail est très interactif, il fallait enregistrer les communications verbales mais pas d'autorisation du personnel soignant dans le bâtiment duquel travaillait l'opératrice. Il faut donc un moyen malgré tout de rendre compte des échanges = mise en place d'un code écrit, abréviations etc. pour tout noter. Choix d'un jour chargé et peu chargé pour analyser la situation. On a ainsi pu montrer que sur 50 patients, seuls 5 ont pu être servis du début à la fin sans interruption de l'opératrice soit par le téléphone, soit par le personnel soignant. On a pu montrer également que l'opératrice pouvait avoir en même temps plusieurs préoccupations concomitantes (jusqu'à 4) = conflits de priorité, comment hiérarchiser ? + logique programmation machine VS logique humaine/savoir scolaire. On adapte la machine ou on forme l'opératrice ? – Le travail des brancardiers (en relation avec celui des personnels soignant et des personnels médico-techniques du bloc opératoire) : trois caméra ont été installées pour filmer la journée de travail. On suit les brancardiers dans tous leurs déplacements. On montre par exemple que le brancardier s'implique émotionnellement avec les patients. + Problèmes de communication.
Je décris gdftgdt
cha5665