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Timestamp: 2016-10-28 21:57:16+00:00
Document Index: 185800823

Matched Legal Cases: ['art. 292', 'art. 292', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 76', 'art. 172', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 272', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 176', 'ATF ', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 176', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 64', 'art. 66', 'art. 68']

5A_154/2016 (19.05.2016)
5A_154/2016 � � Arr�t du 19 mai 2016
A.a.�B.________, n�e en 1982, de nationalit� fran�aise, et A.________, n� en 1975, ressortissant canadien, se sont mari�s le 20 septembre 2008 � Paris (France). Un enfant est issu de cette union: C.________, n� en 2013. Les �poux se sont install�s en Suisse en 2011.
Par avis d'expulsion du 7 mars 2015, le mari a �t� astreint par les agents de la force publique � quitter le domicile commun avec effet imm�diat, interdiction lui �tant faite d'y retourner pour une dur�e de quatorze jours au minimum. Le rapport d'intervention de la police indiquait que ce m�me jour, ses services avaient �t� sollicit�s par l'�pouse, qui avait �t� retrouv�e au bord d'une route: les conjoints s'�tant disput�s alors qu'ils roulaient sur l'autoroute, le mari avait fait descendre l'�pouse de voiture � la sortie de celle-ci et avait poursuivi sa route avec l'enfant. L'�pouse a d�clar� avoir �t� frapp�e par son mari, subissant par ailleurs des violences depuis plusieurs ann�es. Celui-ci a contest� avoir violent� son �pouse, l'avoir menac�e de mort ainsi que de prendre l'enfant � l'�tranger sans son consentement.
Par ordonnance d'expulsion du 17 mars 2015, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-apr�s: Pr�sidente du Tribunal) a confirm� l'expulsion imm�diate du mari du logement commun jusqu'� l'audience de validation, fait interdiction � celui-ci de p�n�trer dans ledit logement sous la menace de la peine d'amende pr�vue � l'art. 292 CP, dit que cette mesure d'expulsion resterait valable jusqu'� l'audience de validation du 1er avril 2015, inform� l'�pouse que la mesure d'expulsion prendrait fin � la date de l'audience de validation si elle n'en requ�rait pas la prolongation d'ici l�, enfin, d�clar� la d�cision imm�diatement ex�cutoire, celle-ci restant en vigueur jusqu'� l'audience de validation.
A.b.�L'�pouse a d�pos� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale et de prolongation de la mesure d'expulsion pr�cit�e.
A l'audience du 1er avril 2015, les parties ont conclu une convention, ratifi�e s�ance tenante par la Pr�sidente du Tribunal pour valoir prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale. Cet accord pr�voyait notamment l'attribution provisoire de la garde de l'enfant � la m�re, le p�re �tant cependant charg� de garder l'enfant au domicile conjugal du lundi au vendredi de 08h00 � 14h00 ainsi qu'un week-end sur deux le dimanche de 14h00 � 18h00, � charge pour lui de venir chercher l'enfant l� o� il se trouverait et de l'y ramener. Les conjoints �taient en outre convenus que l'�pouse contribuerait provisoirement � l'entretien du mari par le versement, pour avril et mai 2015, d'une somme de 2'500 fr. vers�e selon certaines modalit�s, les allocations familiales �tant par ailleurs conserv�es par la m�re.
A.c.�Le 27 avril 2015, la police est intervenue au domicile conjugal � la suite d'une altercation survenue entre le mari, alors qu'il gardait l'enfant, et sa belle-m�re.
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles rendue le m�me jour, la Pr�sidente du Tribunal a suspendu avec effet imm�diat le droit de visite du p�re, interdit � celui-ci de s'approcher � moins de 200m�tres du domicile conjugal ou de tout autre lieu de r�sidence de l'�pouse ainsi que de prendre contact avec elle de quelque mani�re que ce soit, notamment par t�l�phone, par �crit et par voie �lectronique, et de lui causer tout autre d�rangement, sous la menace de l'art. 292 CP, d�clar� l'ordonnance imm�diatement ex�cutoire et dit qu'elle resterait en vigueur jusqu'� d�cision sur la requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale.
Le 27 avril 2015 �galement, le mari a demand� que cette ordonnance soit rapport�e et qu'il soit interdit � sa belle-m�re d'�tre pr�sente lors de l'exercice de son droit de visite. Le m�me jour, la Pr�sidente du Tribunal a rejet� cette requ�te d'extr�me urgence.
A.d.�Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 30 avril 2015, la Pr�sidente du Tribunal a r�voqu� les mesures superprovisionnelles du 27 avril 2015, r�tabli le droit de visite du p�re tel qu'il avait �t� convenu entre les parties le 1er avril 2015, ordonn� � celui-ci de tenir l'enfant � l'�cart de tout conflit qu'il pourrait avoir son �pouse ou avec sa belle-m�re, celle-ci �tant autoris�e � rester au domicile conjugal pendant l'exercice du droit de visite � condition d'�viter tout heurt avec lui, d�clar� l'ordonnance imm�diatement ex�cutoire et dit qu'elle resterait en vigueur jusqu'� d�cision sur la requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale.
A.e.�Le 10 juin 2015, le mari a d�pos� une requ�te de mesures d'extr�me urgence tendant � ce que l'�pouse soit condamn�e � contribuer � son entretien par le versement unique d'une somme de 1'770 fr. en compl�ment de la pension de 2'500 fr. due par celle-ci pour le mois de juin, dans un d�lai de trois jours d�s la d�cision superprovisionnelle � intervenir, puis de 4'370 fr., allocations familiales non comprises, la premi�re fois le 1er juillet 2015 au plus tard, puis le premier jour de chaque mois jusqu'� ce qu'une d�cision d�finitive et ex�cutoire soit rendue dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale.
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du m�me jour, la Pr�sidente du Tribunal a fait droit � cette requ�te, cette d�cision devant rester en vigueur jusqu'� d�cision sur la requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale � intervenir.
B.a.�Par prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale du 29 juin 2015, la Pr�sidente du Tribunal a, notamment, prononc� la caducit� de l'ordonnance de mesures superprovisionnelles rendue le 10 juin 2015, autoris� les �poux � vivre s�par�s pour une dur�e ind�termin�e, �tant pr�cis� que la s�paration effective �tait intervenue le 1er avril 2015, instaur� une garde altern�e de l'enfant et fix� les modalit�s de celle-ci. Chacun des parents a �t� condamn� � prendre en charge les frais courants de l'enfant, y compris les frais de garde, lorsque celui-ci serait aupr�s de lui, les autres frais �tant support�s par la m�re. La Pr�sidente du Tribunal a en outre attribu� les allocations familiales � celle-ci et fix� le domicile de l'enfant chez elle. L'�pouse a par ailleurs �t� condamn�e � payer pour l'entretien du mari, d�s le 1er juin 2015, une contribution d'un montant de 900 fr. par mois aussi longtemps qu'elle aurait la charge de l'ancien domicile conjugal, puis de 3'400 fr. par mois d�s que ledit logement aurait trouv� preneur, sous d�duction des montants d�j� vers�s pour le mois de juin 2015.
B.b.�Par arr�t du 30 novembre 2015, notifi� en exp�dition compl�te le 21 janvier 2016, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal (ci-apr�s: Juge d�l�gu�), statuant sur l'appel de chacune des parties, a confi� la garde exclusive de l'enfant � la m�re, celle-ci �tant condamn�e � verser au mari une contribution d'entretien d'un montant de 1'000 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2015.
Par acte post� le 24 f�vrier 2016, le mari exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t pr�cit�. Il conclut principalement � ce que la garde de l'enfant lui soit attribu�e, un droit de visite usuel �tant r�serv� � la m�re, et � ce que celle-ci soit astreinte � payer, pour l'entretien des siens, une somme mensuelle de 4'927 fr. 70 d�s le 1er juin 2015. Subsidiairement, il r�clame le versement d'une contribution d'entretien en sa faveur d'un montant de 3'232 fr. par mois � partir de cette m�me date.
Par ordonnance du 10 mars 2016, le Pr�sident de la cour de c�ans a rejet� la requ�te d'effet suspensif.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF; ATF 133 III 393 consid. 2) par une autorit� cantonale sup�rieure statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur le versement d'une contribution � l'entretien de la famille, respectivement de l'�poux, ainsi que sur la garde et les modalit�s d'exercice du droit de visite sur l'enfant, de sorte que la cause est de nature non p�cuniaire dans son ensemble (arr�t 5A_246/2015 du 28 ao�t 2015 consid. 1.1 et les arr�ts cit�s). Le recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est donc recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
1.2.�Comme la d�cision attaqu�e porte sur des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 � 179 CC), lesquelles sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3), seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 139 I 22 consid. 2.2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 III 232 consid. 1.2; 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 140 II 264 consid. 2.3; 139 II 404 consid. 10.1 et les arr�ts cit�s).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t attaqu� que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Il ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 133 II 249 consid. 1.2.2). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3).
En ce qui concerne l'attribution de la garde de l'enfant, le recourant se plaint d'abord d'arbitraire dans l'appr�ciation des faits. Il reproche � l'autorit� cantonale d'avoir retenu qu'il faisait preuve d'impulsivit� et d'instabilit� d'humeur pr�judiciables au bien de l'enfant, aucun �l�ment, autre que les affirmations infond�es de l'intim�e, n'accr�ditant les diverses accusations de celle-ci tendant � le faire passer pour un homme violent et un p�re indigne. De plus, le juge pr�c�dent aurait omis de tenir compte du fait que, depuis la naissance de l'enfant, il s'en est toujours occup� � plein temps, ce dont l'intim�e s'est accommod�e durant plusieurs ann�es. Il serait ainsi choquant de pr�tendre qu'il n'est pas � apte � prendre soin de son fils en raison de ses probl�mes de sant�; il serait au demeurant contradictoire d'estimer que ceux-ci l'emp�chent de s'occuper convenablement de l'enfant, mais pas d'exercer une activit� lucrative � 100%.
2.1.�En mati�re d'appr�ciation des preuves et de constatation des faits, le Tribunal f�d�ral n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge pr�c�dent n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 III 226 consid. 4.2); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Le recourant qui se plaint d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves doit motiver son grief d'une mani�re correspondant � l'exigence de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra consid. 1.2; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2).
2.2.�En l'esp�ce, force est de constater que la motivation pr�sent�e par le recourant ne respecte pas les exigences d�coulant du principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 1.2 et 1.3). Sa critique, essentiellement appellatoire, ne consiste en effet qu'� opposer sa propre appr�ciation de la cause - appr�ciation au demeurant en partie fond�e sur des faits ne ressortant pas de l'arr�t entrepris - � celle de l'autorit� cantonale, sans d�montrer en quoi la motivation du juge pr�c�dent consacrerait une violation de ses droits fondamentaux. En particulier, le recourant ne parvient pas � �tablir l'arbitraire de la d�duction op�r�e par ledit magistrat sur la base du rapport d'intervention de la police du 7 mars 2015 ayant conduit � son expulsion du domicile des �poux. A cet �gard, il ne suffit pas d'affirmer p�remptoirement que le d�roulement de la dispute qui y est relat�e est contest� et que celle-ci ne repr�sente qu'un "�v�nement relativement anodin dans une vie de couple". Il n'est quoi qu'il en soit pas insoutenable de consid�rer qu'un tel �pisode peut d�noter chez lui une tendance � l'impulsivit� et � une instabilit� d'humeur susceptible d'�tre pr�judiciable au d�veloppement harmonieux de l'enfant. Le recourant conteste en outre vainement les all�gations formul�es par l'�pouse dans ses �critures cantonales en lien, notamment, avec des violences qu'il lui aurait inflig�es ou avec le fait qu'il consommerait du cannabis, d�s lors qu'il ne r�sulte nullement de l'arr�t attaqu� que ces all�gations auraient �t� tenues pour exactes ou qu'elles auraient �t� prises en compte d'une quelconque mani�re dans l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� pr�c�dente. Enfin, s'agissant de ses probl�mes de sant�, le recourant ne conteste pas que, selon ses propres dires, le pied bot lat�ral dont il souffre engendre des douleurs chroniques s�v�res et des difficult�s de d�placement, qui rendent notamment la mise en route de la journ�e tr�s longue. Le constat du juge pr�c�dent selon lequel une telle affection ne s'av�re gu�re compatible avec la garde � plein temps d'un enfant en bas �ge ne saurait d�s lors �tre consid�r� comme insoutenable. On ne voit pas non plus en quoi il serait arbitraire de consid�rer qu'une personne souffrant d'une telle affection est capable de travailler en tant qu'informaticien mais non de s'occuper � temps complet d'un jeune enfant. Quoi qu'il en soit, le recourant ne motive pas plus avant sa critique sur ce point, se bornant � relever la pr�tendue contradiction d'un tel constat.
Il suit de l� que le moyen est irrecevable.
Dans le cadre de la motivation de son grief d'appr�ciation arbitraire des faits relatifs � l'attribution de la garde de l'enfant, le recourant se plaint en outre d'une violation des art. 8 CC ainsi que 272 et 296 CPC. De mani�re quelque peu confuse, il semble soutenir que l'autorit� cantonale aurait d�, en vertu des principes r�gissant le fardeau de la preuve (art. 8 CC) et en application de la maxime inquisitoire (art. 272 et 296 CPC), �tablir "de concert avec l'intim�e" sa pr�tendue absence de capacit�s parentales.
Une telle motivation ne respecte � l'�vidence pas non plus les exigences d�coulant du principe d'all�gation et n'est d�s lors pas de nature � d�montrer l'arbitraire dans l'application des dispositions pr�cit�es. En particulier, le recourant ne mentionne aucune mesure d'instruction que l'autorit� cantonale aurait d� ordonner d'office, telle que l'�tablissement d'un rapport d'�valuation sociale, pour �tablir ses capacit�s parentales. Il ne pr�tend pas non plus que le dossier comporterait un �l�ment exceptionnel justifiant d'administrer des preuves plus avant, au d�triment de la c�l�rit� caract�risant la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale. Il sera � cet �gard rappel�, d'une part, que les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (arr�ts 5A_883/2015 du 29 f�vrier 2016 consid. 2.2; 5A_1003/2014 du 26 mai 2015 consid. 3; 5A_863/2014 du 16 mars 2015 consid. 1.4; cf. aussi ATF 127 III 474 consid. 2b/bb, rendu avant l'entr�e en vigueur du CPC, mais qui demeure applicable) et que, d'autre part, il n'y a pas de violation du droit � la preuve lorsque, comme ici, le juge parvient � se forger une conviction de la vraisemblance des faits en se fondant sur les preuves administr�es (ATF 138 III 193 consid. 6.1; 137 III 226 consid. 4.3, 268 consid. 3; 130 III 591 consid. 5.4 et les r�f�rences; cf. aussi arr�ts 5A_883/2015 du 27 novembre 2015 consid. 6.1; 5A_265/2015 du 22 septembre 2015 consid. 2.2.2).
Par cons�quent, le moyen se r�v�le �galement irrecevable.
Toujours en ce qui concerne la garde de l'enfant, le recourant fait aussi grief � l'autorit� cantonale d'avoir arbitrairement viol� les art. 176 al. 3 et 273 ss CC. La d�cision querell�e aboutit selon lui � un r�sultat choquant et est contraire aux int�r�ts de l'enfant en ce sens que celui-ci se trouve priv� du lien privil�gi� qu'il entretenait avec le parent qui s'en est occup� de mani�re pr�pond�rante depuis sa naissance ainsi que, � l'avenir, de l'accompagnement du parent personnellement disponible pour s'en occuper. En outre, l'intim�e ne serait pas le conjoint le plus � m�me de favoriser les relations de l'enfant avec l'autre parent, puisqu'elle n'a cess� de critiquer ses capacit�s �ducatives durant la proc�dure.
4.1.�Si ce n'est la comp�tence de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant, les nouvelles dispositions du Code civil relatives � l'autorit� parentale du 21 juin 2013, entr�es en vigueur le 1er juillet 2014 (RO 2014 357), ne modifient ni le contenu, ni les r�gles d'attribution de la garde, de sorte que les crit�res d�gag�s par la jurisprudence restent applicables si les parents ne s'entendent pas sur ce point (arr�t 5A_714/2015 du 28 avril 2016 consid. 4.2.1.3 et les r�f�rences). En pr�sence d'un litige relatif � la garde, la r�gle fondamentale est l'int�r�t de l'enfant, les int�r�ts des parents devant �tre rel�gu�s au second plan. Au nombre des crit�res essentiels, outre l'int�r�t de l'enfant, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre parents et enfant, les capacit�s �ducatives respectives des parents, leur aptitude � prendre soin de l'enfant personnellement et � s'en occuper, ainsi qu'� favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution qui, au regard des donn�es de l'esp�ce, est la mieux � m�me d'assurer � l'enfant la stabilit� des relations n�cessaires � un d�veloppement harmonieux des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel. Si le juge ne peut se contenter d'attribuer l'enfant au parent qui en a eu la garde pendant la proc�dure, ce crit�re jouit d'un poids particulier, lorsque les capacit�s d'�ducation et de soin des parents sont pour le reste similaires (ATF 136 I 178 consid. 5.3; arr�ts 5A_714/2015 pr�cit� consid. 4.2.1.3; 5A_105/2014 du 6 juin 2014 consid. 4.2.1 et les r�f�rences). L'attribution de la garde doit uniquement viser � servir le bien de l'enfant, et non � sanctionner un des parents pour son attitude. Plus particuli�rement, en relation avec le crit�re de la stabilit�, il est important de pr�server le cadre de vie de l'enfant, peu importent les circonstances qui y ont conduit, tant que celles-ci ne r�v�lent pas une capacit� �ducative lacunaire du parent gardien et ne portent pas, par la suite, pr�judice aux int�r�ts de cet enfant (arr�t 5A_146/2011 du 7 juin 2011 consid. 4.3). Pour appr�cier ces crit�res, le juge du fait dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation (art. 4 CC; ATF 115 II 317; arr�ts 5A_714/2015 pr�cit� consid. 4.2.1.3; 5A_847/2015 pr�cit� consid. 5.2.3 et les r�f�rences; 5A_105/2014 pr�cit� consid. 4.2.1). Le Tribunal f�d�ral n'intervient que s'il s'est �cart� sans motif des principes �tablis par la doctrine et la jurisprudence, lorsqu'il s'est fond� sur des faits qui ne devaient jouer aucun r�le pour la solution du cas d'esp�ce, ou lorsque, au contraire, il n'a pas tenu compte de circonstances qui auraient imp�rativement d� �tre prises en consid�ration (ATF 132 III 97 consid.1 et les r�f�rences).
4.2.�L'arr�t querell� retient que les capacit�s �ducatives de la m�re ne sont pas contest�es. Celle-ci, qui travaille � plein temps, dispose depuis la s�paration du couple d'une organisation pour la prise en charge de l'enfant durant ses heures de travail, la proximit� de son lieu de travail avec son domicile lui permettant en outre de rentrer tous les midis. A ses dires, elle aurait par ailleurs la facult� de r�duire son temps de travail de 20%. En ce qui concerne le mari, l'autorit� cantonale a constat� que celui-ci souffrait d'un pied bot lat�ral. Cette affection cong�nitale engendrait selon lui des douleurs chroniques s�v�res et des difficult�s de d�placement qui rendaient notamment la mise en route de la journ�e tr�s longue. Dans tous les cas, elle ne se r�v�lait gu�re compatible avec la garde � plein temps d'un enfant en bas �ge. Le Juge d�l�gu� a encore retenu que le mari pouvait faire preuve d'une impulsivit� et d'une instabilit� d'humeur peu propice � assurer � l'enfant un cadre de vie serein et favorable � son d�veloppement harmonieux.
Vu ces constatations, dont le recourant n'a pas �tabli qu'elles seraient insoutenables (cf. supra consid. 2.2), l'autorit� cantonale ne saurait se voir reprocher d'avoir abus� de son pouvoir d'appr�ciation ni arbitrairement appliqu� le droit f�d�ral en attribuant la garde de l'enfant � la m�re (sur la notion d'arbitraire: ATF 140 III 16 consid. 2.1; 138 III 378 consid. 6.1). Ce d'autant plus que les all�gations du recourant selon lesquelles il aurait un lien privil�gi� avec son fils, puisqu'il s'en serait toujours occup� personnellement et convenablement, ne sont pas d�montr�es. Le recourant ne saurait en outre tirer argument du fait qu'il se trouve actuellement sans emploi et, partant, serait plus disponible que l'intim�e. Par ailleurs, m�me si celle-ci �tait moins apte � favoriser les contacts entre l'enfant et l'autre parent - ce qui ne r�sulte pas de l'arr�t attaqu� -, cette circonstance ne saurait en l'occurrence faire appara�tre � elle seule la d�cision d'attribuer la garde � la m�re comme arbitraire dans son r�sultat.
Se plaignant derechef d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'application du droit, le recourant reproche par ailleurs � l'autorit� pr�c�dente d'avoir retenu qu'il y avait lieu de lui imputer un revenu hypoth�tique.
5.1.�Lorsque le juge entend tenir compte d'un revenu hypoth�tique, il doit examiner successivement deux conditions. Tout d'abord, il doit examiner s'il peut �tre raisonnablement exig� de la personne concern�e qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit. Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se contenter de dire, de mani�re toute g�n�rale, que la personne en cause pourrait obtenir un revenu sup�rieur en travaillant; il doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si la personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit l� d'une question de fait (ATF 137 III 118 consid. 2.3, 102 consid. 4.2.2.2 et la jurisprudence mentionn�e; arr�ts 5A_836/2015 du 8 avril 2016 consid. 4.1; 5A_144/2015 du 13 ao�t 2015 consid. 3.3.3; 5A_939/2014 du 12 ao�t 2015 consid. 4.1). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut �ventuellement se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources, pour autant qu'elles soient pertinentes par rapport aux circonstances de l'esp�ce. Il peut certes aussi se fonder sur l'exp�rience g�n�rale de la vie; toutefois, m�me dans ce dernier cas, les faits qui permettent d'appliquer les r�gles d'exp�rience doivent �tre �tablis (ATF 137 III 118 consid. 3.2; arr�ts 5A_836/2015 pr�cit�; 5A_933/2015 du 23 f�vrier 2016 consid. 6.1; 5A_541/2015 du 14 janvier 2016 consid. 6.3 et la jurisprudence cit�e). Si le juge entend exiger d'un conjoint la prise ou la reprise d'une activit� lucrative, il doit g�n�ralement lui accorder un d�lai appropri� pour s'adapter � sa nouvelle situation (ATF 129 III 417 consid. 2.2).
5.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a retenu que le mari �tait au b�n�fice d'une formation d'informaticien sp�cialis� en architecture de r�seau. Il avait travaill� en cette qualit� lorsque les conjoints �taient �tablis � Londres, puis lorsqu'ils avaient d�m�nag� � Boston, r�alisant alors selon les dires non contest�s de l'�pouse un revenu annuel de l'ordre de 100'000 USD. Depuis l'arriv�e du couple en Suisse en 2011, le mari n'avait pas repris d'activit� professionnelle. Il ne travaillait pas � la naissance de son fils en janvier 2013 et avait assum� la garde de l'enfant lorsque l'�pouse avait repris son travail. Ces circonstances ne suffisaient toutefois pas � retenir que cette situation correspondait � la r�partition des t�ches convenue au sein du couple. Les parties avaient au contraire toujours exerc� une activit� professionnelle et on ne voyait pas pourquoi il en aurait �t� diff�remment apr�s leur installation en Suisse, le mari b�n�ficiant d'une formation accomplie susceptible - apr�s une p�riode d'adaptation - de lui procurer rapidement un emploi. Il s'�tait d'ailleurs inscrit � l'Office r�gional de placement de U.________ avant de solliciter, le 27 ao�t 2014, l'annulation de son inscription au motif qu'il renon�ait au placement. Ses all�gations selon lesquelles ses dipl�mes ne seraient pas reconnus en Suisse n'�taient pas convaincantes. Elles n'�taient en tout cas �tay�es par la production d'aucun moyen de preuve, l'int�ress� ne soutenant au demeurant pas avoir effectu� des recherches d'emploi qui se seraient heurt�es � la non-reconnaissance de ses dipl�mes, laquelle ne devrait au surplus pas constituer un obstacle irr�versible � l'exercice de la profession d'informaticien en Suisse. Enfin, l'affection cong�nitale dont le mari �tait atteint et qui, d'apr�s lui, le ferait particuli�rement souffrir depuis dix ans ne l'avait pas emp�ch� d'�tre professionnellement actif jusqu'� son arriv�e en Suisse. Le Juge d�l�gu� en a d�duit qu'en l'�tat, le mari �tait en mesure de travailler en qualit� d'informaticien et qu'il disposait d'une capacit� contributive correspondant, selon l'Enqu�te suisse sur la structure des salaires, � un revenu mensuel net de 6'200 fr. La reprise d'une activit� lucrative pouvait en outre �tre exig�e de lui avec effet imm�diat, car il avait dispos� de suffisamment de temps pour s'adapter � son nouvel environnement depuis son arriv�e en Suisse, en 2011.
5.3.�Le recourant soutient d'abord que l'autorit� cantonale a arbitrairement appr�ci� les preuves s'agissant de la r�partition des t�ches entre les conjoints. Il reproche au Juge d�l�gu� d'avoir refus� d'admettre que les parties �taient convenues qu'il resterait p�re au foyer. Il expose, en bref, que rien ne permettait de retenir que cette situation, "si elle n'�tait pas forc�ment voulue dans l'id�al", n'avait pas �t� "accept�e en tant qu'�ventualit�" entre les �poux. En effet, ceux-ci savaient qu'apr�s avoir toujours travaill� dans des pays anglo-saxons, les perspectives d'emploi du mari, ressortissant canadien anglophone ne parlant aucune autre langue �trang�re, seraient rendues plus compliqu�es par un d�m�nagement en Suisse. De plus, la naissance de leur fils avait immanquablement boulevers� leurs plans initiaux. Ces all�gations, de nature toute g�n�rale, sont essentiellement appellatoires, en sorte qu'elle ne peuvent �tre prises en consid�ration (art. 106 al. 2 LTF). De toute mani�re, lorsqu'il fixe le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge peut devoir modifier l'accord conclu par les conjoints pour l'adapter aux nouvelles circonstances de vie, la reprise de la vie commune, et donc le maintien de la r�partition ant�rieure des t�ches, n'�tant ni recherch�s, ni vraisemblables (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'arr�t paru aux ATF 128 III 65).
L'autorit� cantonale aurait en outre totalement ignor� que le recourant ne ma�trise ni l'allemand, ni le fran�ais, et qu'il n'a jamais travaill� dans un environnement francophone, ce qui repr�senterait un �norme handicap � son int�gration sur le march� du travail romand. Il n'aurait pas non plus �t� tenu compte du fait qu'il n'a exerc� aucune activit� dans son domaine depuis l'arriv�e des parties en Suisse en 2011; or dans le domaine de l'informatique, les innovations constantes et les nouvelles technologies requi�rent notoirement une activit� et une formation continues. Par ailleurs, on ne saurait lui reprocher de ne pas avoir cherch� du travail alors qu'il devait s'occuper de son enfant � plein temps, puis � raison de la moiti� de la semaine, d'autant que dans cette seconde p�riode, il devait �galement chercher un nouveau logement, tout en �tant astreint � de nombreux rendez-vous aupr�s des services sociaux puisque son minimum vital n'�tait pas couvert. Sans compter qu'il pouvait, de bonne foi, se fier au principe selon lequel il convient d'attribuer la garde de l'enfant au parent dont les capacit�s parentales ne sont pas remises en cause, qui s'en est toujours occup� et qui est le plus disponible pour le prendre en charge personnellement. En omettant de s'assurer pr�alablement qu'il �tait effectivement en mesure de r�aliser un revenu et en exigeant de lui la reprise imm�diate d'une activit� lucrative, sans m�me lui laisser un temps d'adaptation pour prendre des cours de fran�ais et remettre ses connaissances � niveau, l'autorit� cantonale l'aurait ainsi condamn� � la pr�carit� et � l'assistanat social. Ces critiques, en grande partie appellatoires �galement, ne permettent pas non plus de retenir que l'autorit� cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire en estimant que les conditions permettant d'imputer un revenu hypoth�tique au recourant �taient remplies. S'agissant en particulier du temps d'adaptation qui lui serait n�cessaire pour retrouver un emploi, le recourant se contente d'opposer sa propre appr�ciation de la situation, sans d�montrer qu'il �tait insoutenable de consid�rer qu'�tant arriv� en Suisse en 2011, il avait dispos� de suffisamment de temps pour s'adapter. Quant � l'all�gation selon laquelle il ne pouvait lui �tre reproch� d'avoir omis de chercher du travail d�s lors qu'en plus d'assurer la garde de son fils � mi-temps, il devait retrouver un appartement et effectuer des d�marches aupr�s des services sociaux, elle n'est pas d�cisive. Il r�sulte en effet de l'arr�t attaqu� qu'il occupe un nouveau logement depuis le 1er juin 2015 et qu'il a annul� son inscription � l'Office r�gional de placement le 27 ao�t 2014. Dans ces conditions, l'argument n'appara�t pas convaincant.
Autant qu'il est suffisamment motiv� (art. 106 al. 2 LTF), le moyen se r�v�le ainsi infond�.
En conclusion, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. La requ�te d'assistance judiciaire du recourant, dont les conclusions �taient d'embl�e d�nu�es de chances de succ�s, ne saurait �tre agr��e (art. 64 al. 1 LTF). Celui-ci supportera d�s lors les frais de la pr�sente proc�dure (art. 66 al. 1 LTF). L'intim�e, qui s'est prononc�e sur la requ�te d'effet suspensif, concluant � son rejet, a droit � d�pens pour cette �criture (art. 68 al. 1 et 2 LTF). Sa demande d'assistance judiciaire devient ainsi sans objet.