Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19910227-91905
Timestamp: 2017-04-28 06:41:16+00:00
Document Index: 122142788

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 6", "l'article 7", "l'article 7", 'art. 6', 'art. 7']

France, Conseil d'État, 27 février 1991, 91905
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 91905Numéro NOR : CETATEXT000007745844 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1991-02-27;91905 Analyses : FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - REMUNERATION - INDEMNITES ET AVANTAGES DIVERS - INDEMNITES ALLOUEES AUX FONCTIONNAIRES SERVANT OUTRE-MER.OUTRE-MER - DROIT APPLICABLE DANS LES DEPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - DROIT APPLICABLE AUX FONCTIONNAIRES SERVANT DANS LES DEPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - REMUNERATION - INDEMNITE D'ELOIGNEMENT DES FONCTIONNAIRES SERVANT OUTRE-MER.Texte : Vu le recours du MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE L'EMPLOI enregistré le 9 octobre 1987 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat ; MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE L'EMPLOI demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement du 23 juin 1987 par lequel le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé, à la demande de Mme Lisette X..., la décision ministérielle lui refusant le bénéfice de l'indemnité d'éloignement ;
- les conclusions de M. de Montgolfier, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article 6 du décret du 22 décembre 1953 portant aménagement du régime de rémunération des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements d'outre-mer : "Les fonctionnaires de l'Etat domiciliés dans un département d'outre-mer, qui recevront une affectation en France métropolitaine à la suite de leur entrée dans l'administration, d'une promotion ou d'une mutation, percevront, s'ils accomplissent une durée minimum de services de quatre années consécutives en métropole, une indemnité d'éloignement non renouvelable" ; qu'aux termes de l'article 7 du même décret du 22 décembre 1953 : "Dans le cas où un même fonctionnaire de l'Etat serait amené à bénéficier de l'indemnité d'éloignement successivement dans les conditions fixées par les articles 2, 3 ou 6 ci-dessus, il ne pourra, en toute hypothèse, percevoir plus de trois des versements fractionnés prévus pour le paiement de ladite indemnité" ;
Considérant qu'il résulte de la combinaison des dispositions précitées que si un fonctionnaire peut, au cours de sa carrière, être appelé à percevoir plusieurs fois l'indemnité d'éloignement, c'est à la condition que les séjours administratifs qui y donnent droit n'aient pas un caractère successif, c'est-à-dire qu'ils soient séparés par une période durant laquelle ledit fonctionnaire a été affecté en un lieu qui, compte tenu de son domicile, n'était pas de nature à lui ouvrir droit à ladite indemnité ; Considérant, toutefois, que, lorsqu'un fonctionnaire a effectué deux ou plusieurs séjours successifs dans un lieu de nature à lui ouvrir droit à indemnité, les dispositions de l'article 7 du décret du 22 décembre 1953, qui n'ont pu légalement être modifiées sur ce point par la circulaire du ministre délégué chargé du budget n° 8/28/60 du 13 mai 1986, se bornent à exclure qu'il puisse au total percevoir plus de trois fractions de ladite indemnité ; qu'elles ne s'opposent as à ce qu'un fonctionnaire qui n'aurait pas perçu d'indemnité d'éloignement au titre d'un premier séjour alors qu'il aurait pu y prétendre en bénéficie au titre d'un second séjour s'il remplit à nouveau les conditions requises à cet effet ;Considérant qu'il n'est pas contesté que Mme X... possède à La Réunion le centre de ses intérêts matériels et moraux ; que, de ce fait, elle aurait pu prétendre au bénéfice de l'indemnité d'éloignement quand, venant de La Réunion, elle a été affectée en métropole de 1977 à 1981 ; qu'elle n'a pas alors sollicité le bénéfice de ladite indemnité ; que, par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le point de savoir si ces deux séjours en métropole ont eu ou non un caractère successif, elle était en tout état de cause en droit de bénéficier de l'indemnité d'éloignement quand, après un nouveau séjour à La Réunion, elle a, à nouveau, été affectée en métropole à compter du 16 août 1985 ; que, dès lors, le MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE L'EMPLOI n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par son jugement en date du 23 juin 1987, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé pour excès de pouvoir sa décision en date du 15 juillet 1986 refusant à Mme X... le bénéfice de l'indemnité d'éloignement ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Lisette X... et au ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle.Références : Circulaire 8 1986-05-13Décret 53-1266 1953-12-22 art. 6, art. 7Publications :Proposition de citation: CE, 27 février 1991, n° 91905Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : TouvetRapporteur public : de MontgolfierOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 27/02/1991Fonds documentaire : Legifrance Haut de page