Source: https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/81/enjeux-recherche/8/c
Timestamp: 2020-02-26 16:41:14+00:00
Document Index: 44244351

Matched Legal Cases: ["l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21", "l'article 21"]

81e Congrès de l'ACFAS | Colloque 8 - L'article 21 du Code civil du Québec et la recherche : présent et futur
8 - L'article 21 du Code civil du Québec et la recherche : présent et futur
Différents types de recherche d’horizons différents font appel à des participants humains pour obtenir des données scientifiques. Ces données peuvent être d’ordre médical, économique, social, etc. Au Québec et au Canada, l’inclusion des êtres humains dans un projet de recherche obéit à des règles éthiques visant à assurer en premier lieu l’intégrité physique, psychique ainsi que la protection des informations personnelles recueillies à leur sujet. Ces règles éthiques reposent fondamentalement sur le respect de la dignité humaine qui implique le respect des personnes, la préoccupation pour leur bien-être et le souci de justice. La recherche avec des êtres humains est encadrée par différentes dispositions d’ordre normatif dont l’article 21 du Code civil du Québec. Cet article stipule que "un mineur ou un majeur inapte ne peut être soumis à une expérimentation qui comporte un risque sérieux pour sa santé, ou à laquelle il s'oppose alors qu'il en comprend la nature et les conséquences. Il ne peut, en outre, être soumis à une expérimentation qu'à la condition que celle- ci laisse espérer, si elle ne vise que lui, un bienfait pour sa santé ou, si elle vise un groupe, des résultats qui seraient bénéfiques aux personnes possédant les mêmes caractéristiques d'âge, de maladie ou de handicap que les membres du groupe. Le consentement à l'expérimentation est donné, pour le mineur, par le titulaire de l'autorité parentale ou le tuteur et, pour le majeur inapte, par le mandataire, le tuteur ou le curateur". Par cette disposition, le législateur a reconnu l’importance de protéger les personnes vulnérables, dont les mineurs et les majeurs inaptes, en tant que participants à la recherche. Mais, tout en reconnaissant l’importance de la protection qui doit être accordée à ces personnes vulnérables, la communauté scientifique émet plusieurs critiques concernant l’application de cette disposition à toutes les recherches faisant appel à ces participants. L’interprétation de cet article, en particulier la notion d’expérimentation, mène parfois à des contradictions et à des confusions, qui compliquent la tâche des chercheurs, des gestionnaires et des comités d’éthique de la recherche. ﻿
L'article 21 du Code civil du Québec et la recherche : présent et futur﻿
Présidence/Animation : Mahmoud Rouabhia (Université Laval)
Mahmoud Rouabhia (Université Laval)
Une recherche bien planifiée et bien menée est, le plus souvent, synonyme d'une innovation pouvant entre autre toucher positivement l'être humain. Pour s'assurer de son efficacité pour les êtres humains, une recherche a besoin le plus souvent de l'implication de participants. Ces participants peuvent êtres sains ou non. Ils peuvent aussi être majeurs, mineurs ou majeur-inaptes.
L'implication de participants obéit à des règles éthiques bien encadrées. En effet, l'implication de participants mineurs ou majeurs inaptes est régie par le code civil du Québec via l'article 21. Cette loi vise à encadrer l'implication de ces participants sans les exclure d'une recherche qui a pour but de soulager la souffrance humaine, valider des théories sociales ou scientifiques, comprendre le comportement humain, etc.
Lors de ce colloque, nous exposerons différentes situations, via plusieurs conférences, de l'application de l'article 21 dans le but de mener une excellente recherche qui nécessite l'implication de participants mineurs ou majeurs inaptes.﻿
Michel Bergeron (UdeM - Université de Montréal)
Dans l'attente de modifications législatives annoncées concernant l'article 21, le Comité universitaire d'éthique de la recherche de l'Université de Montréal a élaboré une position visant à pallier aux difficultés rencontrées en s'appuyant sur les débats, les discussions ayant eu cours mais aussi sur certaines positions, objet de consensus. Notre présentation abordera le contexte et l'articulation de cette position tout en examinant les orientations éventuelles qui peuvent en découler.﻿﻿
Depuis une quinzaine d'années, l'application de l'article 21 du Code civil du Québec sur la recherche impliquant la participation de mineurs ou des majeurs inaptes constitue un exemple frappant de la rencontre parfois difficile du droit et de l'éthique. Au cœur du débat se retrouvent le noble objectif de protection de populations dites vulnérables mais aussi un problème important de justice qui renvoie au devoir de traiter toute personne de manière juste et équitable c'est-à-dire sans créer ou exacerber des inégalités. Confrontés à cette question complexe, les comités d'éthique de la recherche québécois ont souvent tenu des positions différentes dont l'impact s'est fait ressentir tant chez les chercheurs que chez les participants à la recherche.
Claire Beaumont (Université Laval)
On sait que l'un des grands défis à relever en recherche est de s'assurer que les progrès scientifiques s'accomplissent en maximisant les bénéfices pour les participants tout leur offrant une protection particulière. Lorsqu'ils font de la recherche en éducation, et particulièrement auprès des mineurs qui fréquentent des établissements scolaires, les chercheurs doivent composer avec différents éléments du contexte rendant la recherche parfois très complexe. C'est le cas notamment lorsqu'on doit statuer sur les notions de risque minimal, de consentement parental et respecter en même temps l'autonomie grandissante des adolescents. L'un des enjeux de la recherche demeure ici de s'assurer que les règles éthiques actuelles n'empêchent pas indûment la réalisation de recherches pouvant faire avancer considérablement les connaissances dans le domaine de l'éducation.
Cette communication expose les difficultés que soulève l'application de l'article 21 C.c.Q pour les chercheurs en éducation et particulièrement pour ceux qui travaillent en collaboration avec les établissements d'enseignement. Il s'agira d'analyser les aménagements proposés dans le plan d'action ministériel en éthique et en intégrité scientifique et de voir en quoi les assouplissements suggérés sont susceptibles de faciliter la recherche avec des personnes mineures ou vulnérables ou au contraire, la complexifier.﻿
Edith Deleury(Université Laval)
Depuis son adoption, l'article 21 C.c.Q soulève bien des controverses, particulièrement dans le milieu de la recherche en sciences humaines et sociales. Selon certains, toute recherche impliquant « une interaction faisant directement intervenir le participant » serait couverte par l'article 21. Selon cette acception, il n'y aurait pas lieu de distinguer selon la nature de l'interaction ou de l'observation ni, par voie de conséquence, la méthode utilisée pour atteindre les objectifs poursuivis par la recherche. En d'autres termes, pour les fins de l'application de l'article 21 C.c.Q., recherche et expérimentation, seraient en quelque sorte deux expressions synonymes.
Pour d'autres, l'équation ainsi opérée entre recherche et expérimentation prête flanc la critique. Elle ne refléterait pas vraiment la volonté du législateur et obligerait à distinguer selon la nature de l'intervention ou de l'observation en cause.
Considérant la diversité des interprétations auxquelles se prête l'article 21 C.c.Q., le Comité universitaire d'éthique de la recherche de l'Université Laval (CÉRUL) a pris position et élaboré un outil pour faciliter l'étude des projets relevant de l'article 21. Dans le cadre de ce colloque, nous expliciterons les arguments sur lesquels repose notre position et les conséquences qui en découlent concernant les modalités éthiques qui, permettent d'assurer la protection des personnes mineures et des personnes inaptes dans le domaine de la recherche.﻿
Philippe Voyer(Université Laval)
Plusieurs chercheurs québécois vivent des difficultés dans la réalisation d'études auprès des aînés atteints de la maladie d'Alzheimer. Ils vivent des difficultés en raison des contraintes causées par l'Article 21 du Code civil qui encadre le recrutement des aînés atteints de troubles cognitifs dans les recherches. Des études de Bravo et collègues réalisées dans les années 2000 ont montré a) que l'application de l'Article 21 apporte des biais de sélection dans les recherches ce qui affecte la validité des études, b) qu'il prévaut des interprétations variables de l'Article 21 parmi plusieurs acteurs clés du domaine éthique, c) qu'il existe des différences interprovinciales et internationales concernant le consentement des aînés inaptes. Découlant de ces travaux, un colloque a d'ailleurs été organisé afin de sensibiliser plusieurs acteurs à l'enjeu de l'Article 21 sur la recherche au Québec; l'espoir étant toujours d'obtenir une modification de l'Article 21 afin de faciliter les études cliniques tout en garantissant le respect des droits des participants. Malgré ces efforts significatifs, aucun changement n'a été fait à l'Article 21. Face à ce constat, il fut décidé de rédiger un rapport sur la question de concert avec les chercheurs du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement et de différentes associations d'aînés. Lors de cette présentation, je vais vous raconter l'histoire de ce rapport. ﻿
Nathalie Desrosiers(MSSS - Ministère de la santé et des services sociaux du Québec), Claudine FECTEAU (MSSS - Ministère de la santé et des services sociaux du Québec)
L'adoption de l'article 21 du Code civil du Québec dans les années1990 apermis aux personnes mineures et majeures inaptes de prendre part à des expérimentations, avec le consentement de leurs représentants légaux. L'article21 a eu un impact positif tant pour le milieu de la recherche que pour l'avancement des connaissances, lesquelles bénéficient aux personnes mineures et majeures inaptes. Depuis, l'univers de la recherche a considérablement évolué et tant les milieux de la recherche que ceux de l'éthique de la recherche se sont structurés, assurant une meilleure protection des participants à la recherche. Force est de constater que l'exigence d'obtenir le consentement du représentant légal en toute circonstance a pour effet de compromettre la réalisation de certaines recherches. Plusieurs acteurs et groupes de travail se sont penchés sur les problématiques découlant de l'application de l'article 21 au cours des dernières années. Il est temps d'adapter certaines exigences énoncées à cet article aux réalités actuelles de la recherche en intégrant notamment la notion de proportionnalité dans l'évaluation des recherches. Cette présentation fera état des solutions envisagées par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Serait-il possible que des assouplissements aux modalités du consentement soient apportés dans certaines circonstances? Peut-on considérer la notion de risque minimal lorsque ces assouplissements sont évoqués?﻿﻿﻿