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Timestamp: 2016-10-22 07:10:01+00:00
Document Index: 109020103

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 46', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 105', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 116', 'art. 97', 'art. 2', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 97', 'art. 2', 'art. 2', 'ATF ', 'art. 2', 'art. 97', 'art. 66', 'art. 68']

4A_450/2010 (21.12.2010)
Me Bruno M�gevand,
banque Z.________ SA, repr�sent�e par Me Guy Stanislas,
Le 24 avril 1998, X.________ a ouvert un compte aupr�s de la Banque Y.________ SA, qui deviendra par la suite la Banque Z.________ SA (ci-apr�s: Z.________). A cette occasion, il a sign�, entre autres documents, une convention de nantissement ainsi que les �conditions sp�ciales pour op�rations et contrats � terme, options et autres produits d�riv�s�, lesquelles comprenaient notamment les clauses suivantes:
�Le client a l'intention de traiter par l'entremise de la Banque Y.________ SA, ci-apr�s: "la Banque", mais pour son propre compte et � ses risques et p�rils, des options, op�rations et contrats � termes sur m�taux pr�cieux, devises, mati�res premi�res et sur indices, �tant pr�cis� que les transactions effectu�es aupr�s de la SOFFEX (Swiss Options and Financial Futures Exchange) ou aupr�s d'une autre bourse sont r�gies respectivement par les "rules and regulations" et autres directives de la SOFFEX, ou les r�glementations et proc�dures de la bourse concern�e.�
�Les marges de garantie relatives � ce genre d'op�rations et, de mani�re g�n�rale, aux nantissements seront d�termin�es par la banque de cas en cas. Le client s'engage � veiller au maintien et � la reconstitution desdites marges dont le montant doit correspondre en tout temps � la marge indiqu�e lors de la confirmation de la ligne, sans que la banque soit oblig�e de l'aviser, de mani�re formelle ou autre, en cas d'insuffisance de la marge. La banque se r�serve le droit de modifier les marges requises en tout temps et sans pr�avis. Les pertes, qu'elles soient r�alis�es ou non, doivent toujours �tre couvertes � 100%.�
�Si la marge (couverture) tombe en-dessous du montant fix�, soit parce que la valeur v�nale de ses options, contrats ou op�rations � terme s'est modifi�e au d�triment du client, soit parce que la valeur des s�ret�s a diminu�, le client est tenu de fournir imm�diatement des s�ret�s compl�mentaires.�
�Lorsque le client ne fournit pas de s�ret�s compl�mentaires, la banque a le droit, mais non l'obligation, de prendre imm�diatement, ou � tout autre moment qui lui conviendra ult�rieurement, les mesures n�cessaires pour reconstituer la couverture int�grale. La banque peut, � son choix, liquider en tout ou en partie les transactions ou contrats conclus ou r�aliser des s�ret�s fournies.�
Pour le surplus, X.________ n'a pas confi� de mandat de gestion � la banque. Ses principaux interlocuteurs au sein de la banque �taient A.________ et B.________.
X.________ avait cess� son activit� professionnelle dans l'import-export en 1990 et g�rait depuis lors son patrimoine et celui de sa famille. Il effectuait des op�rations boursi�res sur le march� fran�ais. Sp�culant sur l'indice CAC 40 anticip� � la hausse, il proc�dait � la vente � d�couvert d'options PUT sur cet indice boursier, avec des �ch�ances �chelonn�es, en prenant des positions � long terme. Il pratiquait cette strat�gie d'investissement depuis 1995. B.________ et A.________ ont eu l'occasion de constater que X.________ connaissait tr�s bien le march� du CAC 40. En cons�quence, la banque a accord� au client un acc�s direct � la table des march�s pour la transmission des ordres de bourse. Pr�sent� comme le gestionnaire du compte, B.________ n'est jamais intervenu dans la gestion des avoirs de X.________ et son r�le se bornait � �tre l'�homme de contact� du client au sein de la banque. X.________ suivait attentivement les op�rations qu'il ordonnait, disposait de ses propres sources d'information boursi�re et se tenait au courant de la valeur de ses options.
Pour les op�rations engag�es par le client, la banque a d�termin� une marge, correspondant � la proportion de la valeur totale d'exposition des options qui devait �tre garantie par les avoirs bancaires nantis. Selon le protocole de cr�dit du 17 juillet 1998, le comit� de cr�dit de la banque a fix� une marge de garantie de 35% des engagements li�s aux op�rations effectu�es par X.________. Par la suite, ce dernier a demand� une r�duction de la marge � 15%. Le 17 janvier 2000, le comit� de cr�dit a abaiss� la marge � 20% et fix� la limite de la valeur d'exposition des options � 22'050'000 fr. Le 30 mars 2001, la marge a �t� r�duite � 15% et la valeur d'exposition des options a �t� limit�e � 19'000'000 fr. Afin de d�terminer si la marge �tait couverte par le portefeuille de X.________, les comptes courants et le prix de rachat des options �taient retenus pour la totalit� de leur valeur, alors que les actions et les obligations l'�taient � raison de 50%, respectivement 80% de leur valeur.
En d�cembre 1999, X.________ a proc�d� � la vente � d�couvert de 2'850 options PUT sur l'indice CAC 40. En parall�le, il a boucl� une pr�c�dente op�ration de vente � d�couvert d'options en rachetant 750 options CALL sur cet indice. La valeur d'exposition des options vendues par X.________ et la marge requise de 35% s'�levaient � 13'714'164 euros, respectivement � 4'800'307 euros. Or, la valeur du portefeuille destin�e � calculer le besoin de couverture (valeur nette) n'�tait alors que de 1'398'029 euros, repr�sentant une marge effective de 10%. La banque a alors proc�d� � un appel de marge, auquel X.________ a donn� suite en transf�rant 15'000 actions Carrefour.
Entre janvier et d�cembre 2000, la marge effective, calcul�e sur la valeur nette du portefeuille, a oscill� entre 15,78% et 17,94%, alors que la marge requise �tait de 20%. De mars 2001 jusqu'au 10 septembre 2001, la marge effective - variant entre 8% et 10% - a �t� inf�rieure � la marge requise de 15%, sauf le 30 avril 2001 o� elle �tait de 16%. En raison de la situation favorable des march�s, la banque a renonc� durant ces p�riodes � exiger de X.________ qu'il reconstitue la marge.
Les �v�nements du 11 septembre 2001 ont entra�n� un bouleversement des march�s financiers. Au 12 septembre 2001, la valeur nette du portefeuille ne couvrait plus le prix de rachat des options; la marge effective se situait � -2%. Ce jour-l�, B.________ a inform� X.________ de l'insuffisance de marge. Le client a rachet� 100 options sur l'indice CAC 40 et vendu 3'000 actions Carrefour; le lendemain, il a encore vendu 3'000 actions Carrefour suppl�mentaires et 300 actions L'Or�al. Au 13 et au 14 septembre 2001, la marge effective �tait de -1%. Il manquait pr�s de 1'900'000 euros pour reconstituer la marge nette.
A sa demande, X.________ a �t� re�u le 17 septembre 2001 par A.________, C.________, charg� de surveiller la marge du client au sein du service des cr�dits, et un troisi�me collaborateur de la banque. X.________ anticipait une chute de 30% du march� � l'occasion de la r�ouverture de la bourse de New York. Les employ�s de la banque lui ont pr�sent� un document relatif � la position de son compte au 17 septembre 2001. Un apport de liquidit�s suppl�mentaires a �t� demand� au client, qui a r�pondu par la n�gative et devait en cons�quence racheter ses positions. A la suite de cette rencontre, X.________ a, le m�me jour, rachet� toutes ses positions ouvertes en options; le montant total d�bit� pour ces transactions s'est �lev� � 3'126'310 euros. Parall�lement, il a vendu 48'000 actions Carrefour pour un montant de 2'206'424 euros. Si X.________ n'avait pas donn� l'ordre de liquider ses positions, la banque y aurait proc�d� elle-m�me.
En date du 8 octobre 2001, X.________ a sign�, sous la mention �Statement of assets & liabilities approved�, le relev� estimatif �tabli � cette date selon lequel la valeur totale de ses avoirs s'�levait � 1'166'068 euros; le relev� indiquait notamment une position en actions de 1'185'243 euros et le poste des liquidit�s en d�bit, mais ne mentionnait plus de postes relatifs � des options.
Par courrier du 19 octobre 2001, X.________ a reproch� � la banque de lui avoir tendu un pi�ge le 17 septembre 2001; Z.________ aurait subitement, ce jour-l�, chang� le mode de calcul de la couverture de la marge, alors qu'il avait jusque-l� toujours respect� les accords de couverture; il n'entendait ainsi pas supporter les �normes pertes subies. La banque a contest� toute responsabilit� de sa part.
Le 17 d�cembre 2001, X.________ a retir� ses avoirs et cl�tur� son compte aupr�s de Z.________. Il a ensuite saisi l'Ombudsman des banques suisses, qui a indiqu� le 27 juin 2002 que le cas d�passait le cadre d'une m�diation. Le client a par ailleurs mandat� une fiduciaire afin d'examiner l'activit� de la banque, concernant en particulier le traitement des op�rations qu'il avait men�es sur les options sur le CAC 40. L'expert-comptable D.________ a �tabli un rapport principal en date du 14 avril 2003.
Par acte d�pos� le 3 f�vrier 2005, X.________ a assign� Z.________ en paiement de 2'467'567 euros � titre de dommages-int�r�ts, plus int�r�ts � 5% d�s le 20 septembre 2001. Il reprochait � la banque d'avoir viol� � la fois son obligation d'information sur la marge exig�e et son obligation de diligence, par une absence de suivi de la marge. En raison de ces manquements, la banque l'avait contraint, � la suite des attentats du 11 septembre 2001, � liquider ses positions en options, au motif que la couverture de marge n'�tait plus suffisante. Le dommage dont le demandeur r�clamait r�paration correspondait � la diff�rence de valeur de son portefeuille entre le 30 juin 2001 et le 8 octobre 2001, diminu�e de 27,5% pour tenir compte de la baisse globale des march�s induite par les �v�nements du 11 septembre.
Apr�s les enqu�tes, X.________ a r�duit ses conclusions � 2'435'965 euros, soit une perte directe de 1'688'190 euros pour la baisse de valeur de son portefeuille, un manque � gagner sur les options de 563'775 euros et un remboursement de 184'000 euros � titre de commissions per�ues ind�ment.
Par jugement du 14 mai 2009, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a d�bout� le demandeur de toutes ses conclusions.
Statuant le 18 juin 2010 sur appel de X.________, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� le jugement de premi�re instance. En substance, l'autorit� cantonale a jug� que la banque n'avait pas viol� ses obligations contractuelles en ne fournissant pas spontan�ment et syst�matiquement � son client des informations sur l'�tat de la marge et le besoin de couverture de celle-ci; Z.________ n'a pas non plus commis un abus de droit en n'exigeant pas de X.________ de compl�ter sa marge pendant une longue p�riode, avant de lui imposer une liquidation de ses positions au motif d'une insuffisance de couverture de la marge. Au surplus, la cour cantonale a examin� les autres conditions de la responsabilit� contractuelle pour aboutir � la conclusion que, de toute mani�re, il n'y avait pas de lien de causalit� ad�quate entre le d�faut de renseignement sur la marge et le dommage all�gu�, lequel n'�tant au demeurant pas �tabli.
X.________ interjette un recours en mati�re civile. Il demande au Tribunal f�d�ral, principalement, d'annuler l'arr�t cantonal, puis de condamner Z.________ � lui verser la somme de 2'252'965 euros, plus int�r�ts � 5% d�s le 18 septembre 2001. A titre subsidiaire, il conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
1.1 Dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours, d�pos� par une partie qui a pris part � l'instance pr�c�dente et a succomb� dans ses conclusions (art. 76 al. 1 LTF), est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. b et art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
Par ailleurs, le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations de ladite autorit� ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5 p. 401; 135 II 145 consid. 8.1 p. 153) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). S'il entend s'�carter des constatations de fait de l'autorit� pr�c�dente, le recourant doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF sont r�alis�es. A d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui qui est contenu dans l'acte attaqu�. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 104 s. et les arr�ts cit�s). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Selon la cour cantonale, l'intim�e n'a pas viol� ses obligations contractuelles envers le recourant. Par surabondance de droit, les juges genevois ont consid�r� que le demandeur n'avait pas non plus d�montr� la r�alisation de deux autres conditions n�cessaires � l'admission de la responsabilit� contractuelle de la banque.
Lorsque la d�cision attaqu�e se fonde, comme en l'esp�ce, sur plusieurs motivations, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes, l'auteur du recours doit d�montrer que chacune d'elles est contraire au droit, sous peine d'irrecevabilit� (ATF 133 III 555 consid. 3.2 p. 560 et les arr�ts cit�s).
Le recourant s'est conform� � cette exigence, d�s lors qu'il s'en prend non seulement � la motivation relative � l'�tendue des obligations contractuelles de l'intim�e, mais �galement aux consid�rants dans lesquels la cour cantonale nie un lien de causalit� ad�quate entre la violation contractuelle pr�tendue et le dommage invoqu�, ainsi que l'existence du dommage all�gu�.
Le recourant, qui a introduit une action en dommages-int�r�ts fond�e sur la responsabilit� contractuelle de l'intim�e, est domicili� en France. Comme la cause comporte un �l�ment d'extran�it�, le Tribunal f�d�ral, saisi d'un recours en mati�re civile, doit examiner d'office la question du droit applicable au litige, en fonction de la loi du for, singuli�rement de la LDIP (ATF 135 III 259 consid. 2.1 p. 261; 133 III 37 consid. 2 p. 39, 323 consid. 2.1 p. 327 s.).
En l'esp�ce, les parties au contrat ont convenu d'une �lection de droit en faveur du droit suisse, qui s'applique par cons�quent (art. 116 al. 1 LDIP).
Invoquant les art. 97 et 398 al. 2 CO, les r�gles sur l'interpr�tation des contrats, l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'abus de droit, le recourant soul�ve plusieurs griefs en rapport avec le refus de la cour cantonale de reconna�tre que l'intim�e a viol� ses obligations contractuelles. Ainsi, la banque aurait m�connu son devoir de diligence en n'informant pas le client sur la marge et sur le besoin de couverture de celle-ci, en ne suivant pas la position et en ne faisant pas r�guli�rement des appels de marge, ainsi qu'en ne disposant pas des comp�tences humaines et de l'infrastructure n�cessaires au suivi des op�rations. Elle aurait �galement manqu� � son obligation de fid�lit� en n'effectuant des appels de marge que dans des cas o� elle se trouvait en situation de perte potentielle pour elle-m�me; � cet �gard, la cour cantonale aurait ni�, de mani�re insoutenable, que la banque se trouvait dans une telle situation lors des appels de marge des 29 d�cembre 1999 et 12 septembre 2001. Par ailleurs, une juste application du principe de la confiance au texte des conditions sp�ciales aurait d� conduire la cour cantonale � admettre que la r�glementation du MONEP (March� des Options N�gociables de Paris), imposant une information pr�cise en mati�re de marge, s'appliquait aux relations contractuelles des parties. Enfin, la banque aurait commis un abus de droit (art. 2 al. 2 CC) en exigeant brusquement, le 17 septembre 2001, le respect de la marge, alors que la position avait d�j� �t� maintes fois en insuffisance de marge sans que le client ne soit avis� de ce fait ou soumis � un appel de marge.
Selon les constatations de la cour cantonale, l'intim�e n'a pas fourni spontan�ment au recourant des informations sur l'�tat de sa marge et sur le besoin de couverture de celle-ci. Les juges pr�c�dents ont relev� par ailleurs une absence de suivi permanent de la marge de la part de la banque. Il ressort enfin de l'�tat de fait cantonal que, sauf en d�cembre 1999 et en septembre 2001, l'intim�e n'a pas avis� le recourant lorsqu'il se trouvait en insuffisance de couverture de marge. La question se pose de savoir si, ce faisant, la banque a viol� ses obligations contractuelles envers le client.
5.1 Il convient d'examiner tout d'abord le contenu du rapport contractuel liant les parties, singuli�rement si celles-ci ont incorpor� la r�glementation du MONEP dans leur convention, comme le recourant le pr�tend.
5.1.1 Lorsque, comme en l'esp�ce, l'autorit� pr�c�dente n'a pas d�termin� la volont� r�elle et commune des parties, le contrat doit �tre interpr�t� selon le principe de la confiance. Il sied de rechercher comment les termes pr�cit�s pouvaient �tre compris de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances (ATF 136 III 186 consid. 3.2.1 p. 188; 135 III 295 consid. 5.2 p. 302, 410 consid. 3.2 p. 413). Le sens d'un texte, apparemment clair, n'est pas n�cessairement d�terminant, de sorte que l'interpr�tation purement litt�rale est prohib�e. M�me si la teneur d'une clause contractuelle para�t limpide � premi�re vue, il peut r�sulter d'autres conditions du contrat, du but poursuivi par les parties ou d'autres circonstances que le texte de ladite clause ne restitue pas exactement le sens de l'accord conclu. Il n'y a cependant pas lieu de s'�carter du sens litt�ral du texte adopt� par les int�ress�s lorsqu'il n'existe aucune raison s�rieuse de penser qu'il ne correspond pas � leur volont� (ATF 136 III 186 consid. 3.2.1 p. 188; 135 III 295 consid. 5.2 p. 302; 133 III 61 consid. 2.2.1 p. 67).
5.1.2 En l'esp�ce, la relation contractuelle entre les parties �tait r�gie notamment par les �conditions sp�ciales pour op�rations et contrats � terme, options et autres produits d�riv�s�, qui contiennent des clauses pr�cises � propos de la marge de garantie relative � ce genre d'op�rations. Les conditions sp�ciales pr�voient �galement que le client traitera ces op�rations par l'entremise de la banque, mais pour son propre compte, et que les transactions effectu�es aupr�s de la SOFFEX ou d'une autre bourse seront soumises aux r�glementations et proc�dures de la bourse concern�e. Invoquant cette r�serve, le recourant voudrait que la r�glementation du MONEP s'applique dans sa relation avec la banque. En effet, selon les constatations cantonales, la note sur les instruments financiers � terme du MONEP impose � l'interm�diaire de fournir p�riodiquement au donneur d'ordre des informations lui permettant de suivre l'�volution de sa position et les risques qu'elle comporte, notamment au moyen de relev�s indiquant la garantie requise et les garanties d�pos�es.
Selon les termes clairs des conditions sp�ciales, ce sont les transactions effectu�es par la banque, repr�sentante indirecte du client, sur le march� concern� qui sont r�gies par les r�glementations et proc�dures dudit march�. Ainsi, seules sont en cause les relations entre la banque et ses intervenants sur le march�. Le rapport interne entre la banque et son client n'est pas touch� par cette r�serve.
Aucun �l�ment de l'arr�t attaqu� ne permet de conclure que le recourant pouvait de bonne foi attribuer un autre sens � la clause des conditions sp�ciales r�servant les r�glementations des bourses concern�es. Au contraire, le fait que les conditions sp�ciales contiennent plusieurs clauses pr�cises sur la marge excluait que ce domaine soit soumis, en plus, � d'autres dispositions, qui n'�taient m�me pas cit�es express�ment dans la convention des parties.
Le moyen tir� d'une mauvaise application du principe de la confiance se r�v�le mal fond�.
5.2 Le recourant soutient que, de toute mani�re, les conditions sp�ciales imposaient � la banque des obligations en mati�re de suivi de la marge et d'information du client.
5.2.1 Selon la jurisprudence, la banque qui, sans �tre au b�n�fice d'un mandat de gestion, s'engage uniquement � ex�cuter des instructions de son mandant, n'est pas tenue, de mani�re g�n�rale, � une sauvegarde des int�r�ts du client. Un devoir g�n�ral d'information n'existe pas en pareille hypoth�se. En principe, la banque ne doit renseigner son mandant que s'il le demande; s'il appara�t toutefois que le client n'a aucune id�e des risques qu'il court, la banque doit l'y rendre attentif. Il n'y a de devoir d'information que dans des situations exceptionnelles, soit lorsque la banque, en faisant preuve de l'attention requise, a reconnu ou aurait d� reconna�tre que le client n'a pas identifi� un danger li� au placement, ou lorsqu'un rapport particulier de confiance s'est d�velopp� dans le cadre d'une relation d'affaires durable entre le client et la banque, en vertu duquel le premier peut, sur la base des r�gles de la bonne foi, attendre conseil et mise en garde m�me s'il ne formule pas de demande dans ce sens (ATF 133 III 97 consid. 7.1.2 p. 103; 131 III 377 consid. 4.1.1 p. 380 s; arr�t 4C.385/2006 du 2 avril 2007 consid. 2.1 et 2.2, in SJ 2007 I p. 499).
En l'esp�ce, les op�rations sur options engag�es par le recourant �taient des transactions avec effet de levier, supposant un cr�dit de la part de la banque. En effet, dans ce genre d'op�ration, le client peut prendre des positions pour des montants plus importants que les actifs dont il dispose; la diff�rence est financ�e par la banque qui exigera, d'une part, le nantissement de tous les actifs en compte et, d'autre part, une couverture appropri�e en mati�re de fonds propres (marge) (CARLO LOMBARDINI, Responsabilit� de la banque dans le domaine de la gestion de fortune: �tat de la jurisprudence et questions ouvertes, SJ 2008 II p. 421). Selon la jurisprudence, la marge exig�e pour certaines transactions tend � limiter les risques de la banque en cas d'insolvabilit� du client; a priori, ce dernier ne peut donc pas tenir la banque pour responsable si elle se contente d'une marge insuffisante. La banque d�pourvue de mandat de gestion n'a en principe pas � chercher activement � limiter les risques de perte du client (arr�t 4A_521/2008 du 26 f�vrier 2009 consid. 5.2; arr�t 4C.298/2004 du 26 janvier 2005 consid. 3.2; arr�t 4C.305/2003 du 3 mai 2004 consid. 3.2.1; arr�t 4C.152/2002 du 22 juillet 2002 consid. 2.2, in SJ 2003 I p. 359; arr�t 4C.166/2000 du 8 d�cembre 2000 consid. 3a/cc). Cependant, l'interpr�tation de la convention des parties conduira parfois � admettre un devoir de protection en faveur du client, lequel pourra alors se retourner contre la banque qui a tol�r� une couverture insuffisante. En outre, il peut y avoir entre la banque et le client un rapport de confiance particulier, sur la base duquel la banque est en mesure d'�valuer de mani�re s�re les relations patrimoniales du mandant; en pareil cas, un devoir d'information ou de mise en garde pourra se d�duire des r�gles de la bonne foi (arr�t 4A_521/2008 du 26 f�vrier 2009 consid. 5.2; arr�t 4C.305/2003 du 3 mai 2004 consid. 3.2.1).
5.2.2 Les clauses sur la marge contenues dans les conditions sp�ciales confirment qu'en l'esp�ce, cet instrument prot�ge exclusivement les int�r�ts de la banque, qui peut renoncer � son b�n�fice, et qu'il n'a pas d'effet protecteur envers le client. Ainsi, la marge requise est fix�e par la banque, qui peut la modifier en tout temps et sans pr�avis. Si la marge effective tombe en-dessous du montant fix� et que le client ne fournit pas de s�ret�s compl�mentaires, il est mentionn� express�ment que la banque a le droit, mais non l'obligation, de prendre les mesures n�cessaires pour reconstituer la couverture int�grale et qu'elle peut se d�cider imm�diatement ou plus tard, au moment qui lui convient. Pour sa part, le client n'a que des obligations: il s'engage � veiller au maintien et � la reconstitution de la marge, sans que la banque soit oblig�e de l'aviser de mani�re formelle ou autre, en cas d'insuffisance de la marge; si la marge n'est plus couverte, il doit fournir imm�diatement des s�ret�s compl�mentaires.
L'interpr�tation objective de la convention des parties am�ne d�s lors la cour de c�ans � admettre, � l'instar de l'autorit� cantonale, que la banque n'�tait pas tenue contractuellement de suivre l'�volution de la marge effective, ni d'informer r�guli�rement le recourant de l'�tat de sa marge, en particulier de l'aviser lorsque la marge effective �tait inf�rieure � la marge requise; dans cette derni�re hypoth�se, l'intim�e n'avait pas non plus � proc�der syst�matiquement � un appel de marge.
Il s'ensuit �galement que l'un des comportements incrimin�s de l'intim�e, consistant, selon le recourant, � n'avoir exig� un compl�ment de couverture qu'en cas de perte potentielle pour elle-m�me, n'est pas contraire aux obligations contractuelles de la banque, singuli�rement � son obligation de fid�lit�. A ce propos, il se r�v�le superflu d'examiner si la cour cantonale a proc�d� � une appr�ciation arbitraire des preuves en retenant que la banque n'a jamais �t� en situation de devoir couvrir des pertes �ventuelles du recourant. En effet, une appr�ciation diff�rente de ce point de fait n'est pas susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF), puisque la banque �tait de toute mani�re en droit de proc�der � des appels de marge quand bon lui semblait.
Au surplus, il ne ressort pas de l'�tat de fait cantonal qu'il existait entre les parties un rapport de confiance particulier qui aurait pu justifier un suivi de la marge et une information r�guli�re � ce sujet. Le recourant ne fait du reste rien valoir de tel.
Force est d�s lors de conclure que la cour cantonale a admis � bon droit que l'intim�e n'a pas viol� ses obligations contractuelles envers son mandant.
5.3 Le recourant reproche �galement � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 2 al. 2 CC en ne retenant pas un abus de droit de la part de l'intim�e. Il consid�re en effet que la banque a agi abusivement le 17 septembre 2001, en exigeant subitement le respect de la marge et en ne lui laissant d'autre choix que de liquider toutes ses positions; il s'agirait l� d'un comportement contradictoire, l'intim�e n'ayant jusqu'alors pas signal� au client de nombreuses insuffisances de marge, ni proc�d� � un appel de marge � ces occasions. A ce propos, le recourant se r�f�re en particulier � l'arr�t 4C.410/2004 du 16 mars 2005.
5.3.1 Aux termes de l'art. 2 al. 2 CC, l'abus manifeste d'un droit n'est pas prot�g� par la loi. La r�gle prohibant l'abus de droit permet au juge de corriger les effets de la loi dans certains cas o� l'exercice d'un droit all�gu� cr�erait une injustice manifeste. L'existence d'un abus de droit se d�termine selon les circonstances concr�tes du cas, en s'inspirant des diverses cat�gories mises en �vidence par la jurisprudence et la doctrine. Les cas typiques sont l'absence d'int�r�t � l'exercice d'un droit, l'utilisation d'une institution juridique contrairement � son but, la disproportion manifeste des int�r�ts en pr�sence, l'exercice d'un droit sans m�nagement et l'attitude contradictoire (ATF 135 III 162 consid. 3.3.1 p. 169; 134 III 52 consid. 2.1 p. 58; 129 III 493 consid. 5.1 et les arr�t cit�s). Ainsi, l'exercice d'un droit peut �tre abusif s'il contredit un comportement ant�rieur, qui avait suscit� des attentes l�gitimes chez l'autre partie (venire contra factum proprium). Dans l'arr�t du 16 mars 2005 invoqu� par le recourant, le Tribunal f�d�ral a admis une telle attitude contradictoire de la part d'une banque. Dans cette affaire, le client, appel� � compl�ter la marge � la suite des baisses de march� li�es aux �v�nements du 11 septembre 2001, avait propos�, lors d'un entretien le 18 septembre 2001, un gage immobilier � titre de garantie; la banque avait alors promis d'examiner cette possibilit� et de communiquer sa d�cision avant de proc�der � une �ventuelle liquidation des positions; or, le lendemain de l'entrevue, la banque avait ferm� les positions, sans avoir respect� sa promesse et donc en contradiction avec son attitude de la veille.
5.3.2 Le cas pr�sent est fort diff�rent de celui ayant donn� lieu � la jurisprudence invoqu�e par le recourant. Dans l'arr�t susmentionn�, le client pouvait s'attendre, selon le principe de la confiance, � une attitude d�termin�e de la part de la banque, qui s'�tait engag�e � examiner sa proposition avant de cl�turer, le cas �ch�ant, les positions. Il n'en va pas de m�me en l'esp�ce. Du comportement de l'intim�e avant le 17 septembre 2001, le recourant ne peut pas d�duire de bonne foi que la banque avait renonc�, en toutes circonstances, � disposer d'une couverture suffisante et � r�clamer un compl�ment de marge.
Avant septembre 2001, la banque a demand� une fois � l'intim� de compl�ter la marge, en d�cembre 1999, lorsque la marge effective est tomb�e � 10% pour une marge requise de 35%. Il est donc faux de pr�tendre, comme le recourant le fait, que la banque n'a jamais proc�d� � des appels de marge. Certes, en 2000, la marge effective, oscillant entre 15,78% et 17,94%, �tait inf�rieure � la marge requise de 20%. De m�me, apr�s l'abaissement de la marge requise � 15% en mars 2001, la marge effective a atteint � plusieurs reprises 8% ou 10%. Durant ces p�riodes, l'intim�e n'a pas demand� au client de reconstituer la marge. Cette tol�rance �tait li�e � la situation favorable du march�, que le recourant connaissait bien. Elle n'avait plus de sens en cas d'effondrement des march�s. Du reste, le lendemain des �v�nements du 11 septembre 2001, la marge effective se situait � -2% et le recourant, inform� par la banque de l'insuffisance de marge, a imm�diatement cherch� � la reconstituer; les ventes auxquelles il a proc�d� n'�taient toutefois pas suffisantes, puisque la marge effective �tait de -1% au 14 septembre 2001. A ce moment-l�, l'insuffisance de couverture �tait donc beaucoup plus importante que lors des mois pr�c�dents et la banque n'a pas manqu� de demander au recourant d'y rem�dier.
En r�sum�, le recourant ne pouvait conclure qu'en tol�rant, pendant une p�riode favorable aux march�s, des marges effectives un peu inf�rieures � la marge requise, la banque avait renonc� de mani�re d�finitive � ses droits contractuels en mati�re de marge et, en particulier, qu'elle n'effectuerait pas un appel de marge si, comme en septembre 2001, la marge effective atteignait des valeurs n�gatives.
En proc�dant � un appel de marge le 17 septembre 2001, qui a finalement conduit le recourant � liquider ses positions, la banque n'a pas commis un abus de droit. Le grief tir� d'une violation de l'art. 2 al. 2 CC ne peut �tre que rejet�.
Sur le vu de ce qui pr�c�de, l'intim�e n'a pas adopt� un comportement propre � engager sa responsabilit� sur la base de l'art. 97 CO, comme les juges pr�c�dents l'ont admis � juste titre. Cette conclusion suffit � rejeter le recours, sans qu'il soit n�cessaire d'examiner les autres conditions de la responsabilit� contractuelle dont la r�alisation a �t� ni�e par la cour cantonale, soit le lien de causalit� ad�quate et le dommage.
Le recourant, qui succombe, prendra � sa charge les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF) et versera des d�pens � l'intim�e (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Une indemnit� de 22'000 fr., � payer � titre de d�pens � l'intim�e, est mise � la charge du recourant.