Source: http://site.christophore.com/actualites/1171-medecins-en-proces
Timestamp: 2020-04-03 03:33:12+00:00
Document Index: 184518004

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Euthanasie - Médecins en procès
par Dr Eric Du Perret, 19/01/2018
Savoir si une équipe médicale n’a pas fait part d’une « obstination déraisonnable » pour garder en vie un nouveau-né, est à comparer avec le combat de cette famille de Nancy contre la décision du Conseil d’État de valider la décision d’arrêt des soins d’une adolescente de 14 ans, dans un coma végétatif depuis juin 2017, mais que les parents refusent de laisser mourir. Un dilemme pour le corps médical
les faits remontent à 17 ans ! Dans une clinique, une femme accouche, par césarienne, d’un enfant né le cordon ombilical enroulé autour du cou et en état de mort apparente. L’équipe médicale, qui comportait deux médecins et du personnel infirmier, avait alors appliqué le protocole devant un arrêt cardiaque : une quinzaine de minutes de manœuvres de réanimation, qui avaient ressuscité l’enfant. Malheureusement au prix de séquelles importantes. L’enfant se déplace aujourd’hui en fauteuil électrique et sa situation nécessite une assistance permanente.
« Était-il légitime de vouloir faire vivre cet enfant ? » demande l’avocat. Certains parleront d’acharnement thérapeutique, d’autres d’application stricte des possibilités devant un arrêt cardiaque.
l’affaire est plus récente : une adolescente souffre d’une maladie auto-immune neuromusculaire. Elle est hospitalisée depuis juin dans les suites d’une crise cardiaque grave qui a provoqué un coma dépassé ou « coma végétatif ». En dépit de soins intensifs, et en l’absence d’amélioration de son état, les médecins ont jugé son cas sans espoir. Conformément à la loi de 2016 sur la fin de vie, ils ont lancé une procédure visant à l’arrêt des traitements.
Le père et la mère de l’adolescente avaient saisi en urgence (« en référé ») la plus haute juridiction administrative pour s’opposer à la décision du tribunal administratif de Nancy, qui avait validé la proposition d'arrêt des soins des médecins. Pour les parents, la décision du tribunal revient à demander à ces médecins « de la faire mourir »... Une interprétation compréhensible, mais un peu abrupte.
Selon le Conseil d'Etat, « il appartient donc désormais aux médecins en charge de l'enfant d'apprécier si, et dans quel délai, la décision d'arrêt de traitement doit être exécutée ».
Le rôle du médecin face à la maladie
Doit-il décider de baisser les bras face à un combat perdu ou doit-il mettre en œuvre tous les moyens de la médecine moderne ?
Certains pays par exemple ont légiféré et n’ouvrent plus par exemple les services de réanimation au-dessus d’un certain âge – 70 ans par exemple aux Pays-Bas – à moins d’une demande formulée explicitement en amont. En France, la réflexion sur la réanimation des très grands prématurés est en cours depuis longtemps et les limites ne sont plus franchies. Même si le record est très bas : 226 grammes après une grossesse de 26 semaines et une naissance par césarienne, parce que le placenta de la maman ne lui permettait plus de vivre. Précisons que l’enfant est toujours en vie et était considéré comme « normal » à 6 mois.