Source: http://sacer-infos.com/rdc-ce-qui-surpend-dans-le-mandat-darret-international-contre-le-fugitif-katumbi/
Timestamp: 2019-02-16 03:43:46+00:00
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RDC : ce qui surpend dans le mandat d’arrêt international contre le « fugitif Katumbi » | SACER
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Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, a révélé lors d’un point presse de la coalition du pouvoir Front commun du Congo qu’un mandat d’arrêt international avait été émis contre Moïse Katumbi. Et d’ajouter que ce mandat d’arrêt avait été envoyé à certains pays africains et européens, avant de poursuivre : « Pour nous, on ne l’a pas empêché d’entrer. Pour la justice congolaise, M. Katumbi est un fugitif et il doit être arrêté dès qu’il sera sur le territoire national. Cette position-là n’a pas changé. Le déploiement de la police à la frontière de Kasumbalesa avait été fait pour l’arrêter. M. Katumbi savait très bien qu’en arrivant sur le territoire congolais, il serait immédiatement arrêté« .
Cette déclaration du ministre Thambwe a de quoi surpendre.
1. Pour les événements à Kasumbalesa, en contradiction avec les propos du ministre Thambwe, les autorités zambiennes ont expliqué que leurs homologues congolaises leur avaient demandé de ne pas autoriser le passage de Moïse Katumbi. Si on en croit le ministre congolais, les autorités zambiennes mentent. Pourquoi auraient-elles pris fait et cause pour Moïse Katumbi ? Les autorités zambiennes, bien au contraire, ont été très diplomates dans ce dossier. Pas un mot ainsi sur certaines arrestations de Congolais, armés et en civil sur la frontière, côté zambien, le vendredi 3 août.
2. Comment expliquer encore la note de la DGM, le 4 août, envoyée à toutes les compagnies aériennes qui opèrent en RDC. Une note dans laquelle on peut lire : « il est strictement interdit d’embarquer à bord de vos aéronefs, jusqu’à nouvel ordre, tout détenteur d’ancien passeport congolais semi-biométrique ». Kinshasa sait pertinemment que Moïse Katumbi dispose d’un de ces passeports semi-biométriques. L’ancien gouverneur s’était présenté, l’hiver dernier, à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour introduire une demande de passeport biométrique. La demande n’a jamais reçu de réponse. Encore une occasion ratée de laisser rentrer le fugitif au pays. Une disposition qui cible un homme et qui embarrasse pas mal de Congolais rentrés au pays avec un passeport semi-biométrique et qui ont été priés de changer rapidement de passeport et donc de débourser près de 300 dollars pour pouvoir prendre le vol du retour.
Nier l’Accord de la Saint-Sylvestre
Le mandat d’arrêt porte évidemment atteinte à l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui prévoyait de laisser rentrer Moïse Katumbi au pays et de lui permettre de mener campagne en toute sécurité.
On se souviendra que les évêques de la Cenco qui ont mené ces négociations entre majorité et opposition avaient été chargés d’une mission d’enquête sur les deux dossiers qui avaient valu l’ouverture de poursuites contre Moïse Katumbi. Une délégation a rencontré tous les acteurs de ces dossiers (spoliation d’un immeuble et recrutement de mercenaires). Les conclusions des hommes d’Eglise étaient sans appel : « une mascarade » .
On se souviendra que le ministre Thambwe a participé à cette négociation de l’Accord de la Saint-Sylvestre.
On se souviendra encore que le même ministre, au début de ce dossier des mercenaires, avait évoqué 600 recrues lors d’une interview à Kinshasa. Arrivé à Bruxelles, devant les caméras de la télévision publique belge, il parlait alors de 12 mercenaires. Au final; un seul ressortissant américain a été présenté à la justice congolaise.
On se souviendra que M. Thambwe a déjà déclaré en substance que cet accord de la Saint-Sylvestre ne concernait que les délits politiques et pas ceux de droit commun. La protection accordée à Moïse Katumbi n’avait donc plus de raison d’être, selon lui. Les autorités congolaises s’assoient donc ici aussi sur les conclusions de l’enquête des évêques qui ne parlaient ni de délit politique, ni de droit commun mais juste de « mascarade ».
Faut-il voir dans ce mandat d’arrêt une tentaive d’ébranler les fondements de l’Accord de la Saint-Sylvestre, pièce centrale de tout le processus électoral enclenché en RDC ?
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