Source: http://docplayer.fr/2499711-N-1-bulletin-des-arrets-chambre-criminelle-publication-mensuelle-janvier-2009-les-editions-des-journaux-officiels.html
Timestamp: 2017-08-17 00:00:43+00:00
Document Index: 55826043

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

n 1 Bulletin des Arrêts Chambre criminelle Publication mensuelle Janvier 2009 Les éditions des JOURNAUX OFFICIELS - PDF
Download "n 1 Bulletin des Arrêts Chambre criminelle Publication mensuelle Janvier 2009 Les éditions des JOURNAUX OFFICIELS"
1 Bulletin des Arrêts Chambre criminelle n 1 Publication mensuelle Janvier 2009 Les éditions des JOURNAUX OFFICIELS
2 COUR DE CASSATION BULLETIN DES ARRÊTS CHAMBRE CRIMINELLE N O 1 JANVIER 2009
6 INDEX ALPHABÉTIQUE
7 Les titres de référence sont indiqués par un astérisque ACTION CIVILE : A Fondement... Infraction... ACTION PUBLIQUE : Extinction... Prescription... Mise en mouvement... Crime ou délit commis à l occasion d une poursuite judiciaire... II
8 . Jour mois Décision Numéros Pages Préjudice résultant directement des infractions retenues Exclusion Cas... Crim. 20 janv. R Délai : Contravention Contravention connexe à un délit Prescription annale... * Crim. 20 janv. C 21 (1) 58 Point de départ Presse Diffusion sur le réseau Internet Date du premier acte de publication... * Crim. 6 janv. C 4 9 Interruption Acte d instruction ou de poursuite Acte du procureur de la République tendant à la recherche et à la poursuite des infractions à la loi pénale Définition Cas... * Crim. 13 janv. R Violation d une disposition de procédure pénale Exclusion Cas... Crim. 6 janv. C 1 1 III
9 APPEL CORRECTIONNEL OU DE POLICE : Appel incident... Délai... ATTEINTE A L ACTION DE JUSTICE : Atteinte à l autorité de la justice... Dénonciation mensongère... ATTEINTE A LA DIGNITE DE LA PERSONNE : Conditions de travail et d hébergement contraires à la dignité de la personne... Conditions de travail incompatibles avec la dignité humaine... Hébergement incompatible avec la dignité humaine... C CHAMBRE DE L INSTRUCTION : Arrêts... Arrêt de refus d informer... IV
10 . Jour mois Décision Numéros Pages Appel principal interjeté dans le délai légal Délai global de quinze jours... Crim. 6 janv. R 2 6 Action civile Fondement Infraction Préjudice résultant directement des infractions retenues Exclusion Cas... * Crim. 20 janv. R Travail forcé Eléments constitutifs... Crim. 13 janv. C 9 23 Personne détenue Exclusion Cas... Crim. 20 janv. R Travail forcé Eléments constitutifs... * Crim. 13 janv. C 9 23 Conditions Faits ne pouvant comporter une poursuite ou ne pouvant admettre aucune qualification pénale... * Crim. 20 janv. R V
11 CHAMBRE DE L INSTRUCTION (suite) : Pouvoirs... Saisie... CIRCULATION ROUTIERE : Locataire du véhicule redevable pécuniairement... Domaine d application... Titulaire du certificat d immatriculation redevable pécuniairement... Titulaire personne morale... Vitesse... Excès... COMPETENCE : Compétence territoriale... Crime commis par un étranger hors du territoire de la République... CONTRAVENTION : Action publique... Prescription... VI
12 . Jour mois Décision Numéros Pages Restitution Limites... * Crim. 6 janv. C * Crim. 13 janv. C Représentant légal Exonération Conditions Détermination... Crim. 13 janv. C Contravention Imputabilité Détermination Portée... Crim. 13 janv. C Victime directe Nationalité Compétence des lois et juridictions françaises... * Crim. 21 janv. C 22 (1) 61 Délai Contravention connexe à un délit Prescription annale... * Crim. 20 janv. C 21 (1) 58 VII
13 CONTREFAÇON : Propriété littéraire et artistique... Œuvres de l esprit... CONVENTIONS INTERNATIONALES : Convention de New York du 10 décembre 1984 contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants... Crimes ou délits commis à l étranger... CRIMES ET DELITS COMMIS A L ETRANGER : Crime... Crime commis par un étranger hors du territoire de la République... Poursuite en France... E ETRANGER : Entrée et séjour... Aide directe ou indirecte à l entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d étrangers en France... VIII
14 . Jour mois Décision Numéros Pages Internet Logiciel de pair à pair («peer to peer») Constatation des infractions Modalités Portée... * Crim. 13 janv. C Crime Poursuite en France Compétence des juridictions françaises Conditions... * Crim. 21 janv. C 22 (2) 61 Compétence des lois et juridictions françaises Victime directe Nationalité... Crim. 21 janv. C 22 (1) 61 Convention de New York du 10 décembre 1984 contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants Compétence des juridictions françaises Conditions... Crim. 21 janv. C 22 (2) 61 Aide directe Reconnaissance de paternité de complaisance au profit de mineurs étrangers... Crim. 7 janv. C 6 16 IX
15 F FRAUDES ET FALSIFICATIONS : Tromperies... Tromperie sur la nature, l origine, les qualités substantielles ou la composition... I IMPOTS ET TAXES : Impôts indirects et droits d enregistrement... Procédure... INFORMATIQUE : Données... Traitement de données à caractère personnel concernant des infractions... INSTRUCTION : Saisie... Restitution... X
16 . Jour mois Décision Numéros Pages Domaine d application Location d un immeuble (non)... Crim. 13 janv. C Prescription Interruption Acte d instruction ou de poursuite... Crim. 14 janv. C Définition Exclusion Cas... Crim. 13 janv. C Pouvoirs des juridictions d instruction Sauvegarde des droits des parties Portée... Crim. 6 janv. C 3 8 XI
17 J JUGEMENTS ET ARRETS : Motifs... Motivation spéciale... JURIDICTION DE PROXIMITE : Circulation routière... Locataire du véhicule redevable pécuniairement... JURIDICTIONS CORRECTIONNELLES : Disqualification... Refus d embauche ou licenciement fondé sur une discrimination... JURIDICTIONS DE L APPLICATION DES PEINES : Mesure de sûreté... Surveillance judiciaire de personnes dangereuses... XII
18 . Jour mois Décision Numéros Pages Peine prononcée par la juridiction correctionnelle Etat de récidive Récidive aggravée Seuil légal de la peine d emprisonnement Dérogations Condition... * Crim. 20 janv. C Domaine d application... * Crim. 13 janv. C Offre d emploi subordonnée à une condition fondée sur une discrimination... Crim. 20 janv. I Placement Conditions Crime ou délit pour lequel le suivi socio-judiciaire est encouru Domaine d application... Crim. 21 janv. C XIII
19 L LOIS ET REGLEMENTS : Applications dans le temps... Loi pénale de fond... P PEINES : Peines complémentaires... Peine privative de liberté... Peines correctionnelles... Peine d emprisonnement prononcée pour un délit... Prononcé... Emprisonnement... Sursis... Sursis avec mise à l épreuve... XIV
20 . Jour mois Décision Numéros Pages Loi plus sévère Non-rétroactivité Mesures de sûreté pouvant être ordonnées en cas de déclaration d irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental... Crim. 21 janv. R Peine d interdiction définitive du territoire français Prescription de la peine (non)... Crim. 7 janv. R 7 18 Etat de récidive Récidive aggravée Seuil légal de la peine d emprisonnement Dérogations Condition... * Crim. 20 janv. C Délits commis en état de récidive légale Récidive aggravée Seuil légal de la peine d emprisonnement Dérogations Condition... Crim. 20 janv. C Révocation Nouvelle condamnation Sursis partiel Effet... Crim. 7 janv. R 8 21 XV
21 PRESCRIPTION : Action publique... Délai... Interruption... Exception... Caractère d ordre public... PRESSE : Procédure... Action publique... Citation... XVI
22 . Jour mois Décision Numéros Pages Contravention Contravention connexe à un délit Prescription annale... Crim. 20 janv. C 21 (1) 58 Point de départ Presse Diffusion sur le réseau Internet Date du premier acte de publication... * Crim. 6 janv. C 4 9 Acte d instruction ou de poursuite Acte du procureur de la République tendant à la recherche et à la poursuite des infractions à la loi pénale Définition Cas... Crim. 13 janv. R Forclusion de l article 175 du code de procédure pénale Portée... Crim. 20 janv. C 21 (2) 58 Extinction Prescription Délai Point de départ Diffusion sur le réseau Internet Date du premier acte de publication... Crim. 6 janv. C 4 9 Nullité : Contrôle de la Cour de cassation Portée... * Crim. 6 janv. C 5 13 Exception : Pouvoirs des juges Pouvoir de la relever d office (non)... * Crim. 6 janv. C 5 13 XVII
23 PRESSE (suite) : Procédure (suite)... Citation (suite)... R RESTITUTION : Juridictions d instruction... Pouvoirs... U URBANISME : Permis de construire... Construction non conforme... XVIII
24 . Jour mois Décision Numéros Pages Nullité (suite) : Exception (suite) : Présentation Moment... Crim. 6 janv. C 5 13 Détermination... * Crim. 6 janv. C 3 8 Bénéficiaire des travaux Conjoint du propriétaire... Crim. 13 janv. R Prescription Interruption Acte interruptif Soittransmis du procureur de la République invitant à remettre en état la construction dans un délai déterminé... * Crim. 13 janv. R XIX
26 ARRÊTS DE LA CHAMBRE CRIMINELLE N o 1 ACTION PUBLIQUE Mise en mouvement Crime ou délit commis à l occasion d une poursuite judiciaire Violation d une disposition de procédure pénale Exclusion Cas Selon l article 6-1 du code de procédure pénale, lorsqu un crime ou un délit est dénoncé comme ayant été commis à l occasion d une poursuite judiciaire, l absence de décision définitive de la juridiction répressive constatant le caractère illégal de la poursuite ou de l acte accompli ne met obstacle à l exercice de l action publique, pour la répression dudit crime ou délit, que lorsque les infractions dénoncées impliqueraient la violation d une disposition de procédure pénale. Ne justifie pas sa décision, au regard de ce texte, l arrêt qui déclare qu il n y a pas lieu d informer des chefs de faux en écriture publique, destruction ou soustraction de preuve alors que les faits dénoncés, consistant en la substitution et la destruction d objets qui avaient été régulièrement saisis et placés sous scellés, n impliquent pas la violation d une règle de procédure pénale. CASSATION et désignation de juridiction sur les pourvois formés par X... Henry, Y... Marie-Christine, épouse X..., parties civiles contre l arrêt de la chambre d instruction de la cour d appel de Bourges, en date du 15 janvier 2008, qui a refusé d informer sur leur plainte contre personne non dénommée des chefs de faux et usage de faux en écriture publique, destruction ou soustraction de preuves, et qui a déclaré leur plainte irrecevable du chef de subornation de témoins. 6 janvier 2009 N o
27 LA COUR, Joignant les pourvois en raison de la connexité ; Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles 6 de la Convention européenne des droits de l homme, du code pénal et 6-1, 97, 99-2, 591 et 593 du code de procédure pénale : «en ce que l arrêt attaqué a confirmé l ordonnance entreprise en ce qu elle avait refusé d informer des chefs de faux et usage de faux en écriture et destruction ou soustraction de preuves conformément à l article 6-1 du code de procédure pénale ; «aux motifs que, dans sa plainte avec constitution de partie civile, le conseil des époux X... prétend qu il y a eu substitution des détonateurs pyrotechniques saisis par des détonateurs électriques ; qu il relate que le 30 mars ont été placés sous scellés quatorze détonateurs pyrotechniques alors que le rapport d expertise balistique décrit l ouverture de quatorze détonateurs électriques ; qu il expose à l appui de cette affirmation la relation faite par Henry X... de la saisie des détonateurs, faisant valoir que le procès-verbal de saisie n avait pas vocation à procéder à cette description ; qu il situe la substitution dont il fait état entre la saisie du 30 mars 2004 et l ouverture des scellés le 16 avril 2004 ; qu il ne vise aucun autre document que le procès-verbal de saisie sur lequel il émet pour seule critique d avoir procédé à la description du déroulement de la perquisition sans pour autant remettre en cause cette description ; qu il fait valoir que le rapport d expertise balistique décrit l ouverture de scellés contenant quatorze détonateurs électriques et qu il en déduit qu une opération qualifiée de substitution s est déroulée dans l intervalle ; qu il y a lieu de constater que la partie civile ni dans sa plainte avec constitution de partie civile, ni dans son mémoire, ne vise un support écrit qui aurait matérialisé la substitution dont elle fait état et qui pourrait dès lors être qualifié de faux en écriture publique et d usage ; que les faits exposés par les parties civiles relatent en fait une succession d opérations matérielles qui auraient abouti à la substitution des scellés objets du procès-verbal de saisie du 30 mars 2004 ; que ces faits remettent en cause les conditions de constitution et de conservation des scellés et qu il y a lieu de leur donner leur exacte qualification ; que ces faits visés impliqueraient nécessairement la violation des règles de l article 97 du code de procédure pénale concernant l inventaire et le placement sous scellés à l occasion d une perquisition ordonnée par le juge d instruction ; que c est donc à juste titre que le juge d instruction a relevé l exception préjudicielle prévue par l article 6-1 du code de procédure pénale et rendu une ordonnance de refus d informer ; «1 o alors que l exception préjudicielle à la mise en mouvement de l action publique, prévue par l article 6-1 du code de procédure pénale, ne peut être invoquée que lorsque les faits dénoncés impliquent la violation d une disposition de procédure pénale ; que la succession d opérations matérielles qui auraient abouti à la substitution des scellés objets 2
28 du procès-verbal de saisie du 30 mars 2004 ne saurait impliquer une violation des dispositions de l article 97 du code de procédure pénale, qui n impose que la présence de la personne mise en examen assistée de son avocat et du tiers chez lequel la saisie a été faite lors de l ouverture des scellés, en l absence d acte de procédure prescrivant ou constatant de tels faits et dès lors que la possibilité de procéder à la substitution du contenu des scellés n est ni réglementée ni même envisagée par le code de procédure pénale ; qu en jugeant le contraire, la chambre de l instruction a violé les textes susvisés et porté atteinte au droit des parties civiles à un tribunal ; «et aux motifs que la partie civile fait valoir que les détonateurs, immédiatement après avoir été expertisés, ont été détruits sans que cette destruction ait fait l objet d une ordonnance motivée du juge d instruction et notifiée aux parties ; que ce grief concerne le non-respect des dispositions de l article 99-2 du code de procédure pénale sur la destruction des scellés qui imposent au juge d instruction de statuer par ordonnance motivée ; que c est donc à juste titre que le juge d instruction a retenu, conformément à l article 6-1 du code de procédure pénale, l exception préjudicielle et a rendu une ordonnance de refus d informer ; «2 o alors que l exception préjudicielle à la mise en mouvement de l action publique, prévue par l article 6-1 du code de procédure pénale, ne peut être invoquée que lorsque les faits dénoncés impliquent la violation d une disposition de procédure pénale ; que la destruction des scellés ne saurait impliquer une violation de l article 99-2 du code de procédure pénale, qui impose au juge d instruction de statuer par ordonnance motivée, en l absence de toute ordonnance du magistrat instructeur en ce sens ; qu en jugeant le contraire, la chambre de l instruction a violé les textes susvisés et porté atteinte au droit des parties civiles à un tribunal» ; Vu l article 6-1 du code de procédure pénale ; Attendu que, selon ce texte, lorsqu un crime ou un délit est dénoncé comme ayant été commis à l occasion d une poursuite judiciaire, l absence de décision définitive de la juridiction répressive constatant le caractère illégal de la poursuite ou de l acte accompli ne met obstacle à l exercice de l action publique pour la répression dudit crime ou délit que lorsque les infractions dénoncées impliqueraient la violation d une disposition de procédure pénale ; Attendu qu il résulte de l arrêt attaqué et des pièces de la procédure qu Henry X... et Marie-Christine X... ont porté plainte et se sont constitués parties civiles pour faux, usage de faux en écriture publique par personnes dépositaires de l autorité publique, destruction et soustraction de preuves, en dénonçant le remplacement, dans une procédure en cours, de détonateurs pyrotechniques saisis à leur 3
29 domicile par des détonateurs électriques ainsi que la destruction ultérieure de ces scellés en l absence de toute décision du magistrat instructeur ; Attendu que, pour confirmer l ordonnance de refus d informer rendue par le juge d instruction, sur le fondement de l article 6-1 du code de procédure pénale, l arrêt énonce que les faits dénoncés par les parties civiles relatent une succession d opérations matérielles qui auraient abouti à la substitution des scellés objets du procèsverbal de saisie et remettent en cause les conditions de constitution et de conservation de ces scellés ; que les juges en concluent que ces faits impliqueraient nécessairement la violation des articles 97 et 99-2 du code de procédure pénale, concernant l inventaire, le placement sous scellé des objets saisis à l occasion d une perquisition ordonnée par le juge d instruction, ainsi que leur destruction ; Mais, attendu qu en prononçant ainsi, alors que la régularité en la forme du procès-verbal de saisie et de placement sous scellé, signé par Henry X..., n ayant pas été contestée par celui-ci et la destruction des scellés ayant été réalisée sans que le juge d instruction l ait autorisée, les faits dénoncés, à les supposer établis, n impliquaient pas la violation d une règle de procédure pénale, la chambre de l instruction a méconnu les dispositions de l article 6-1 du code de procédure pénale ; Sur le second moyen de cassation, pris de la violation des articles 6 de la Convention européenne des droits de l homme, 121-6, du code pénal, 2, 3, 85, 86, 201, 207, 591 et 593 du code de procédure pénale : «en ce que l arrêt attaqué, réformant l ordonnance entreprise en ce qu elle avait fait application de l article 6-1 du code de procédure pénale au délit de subornation de témoin, a évoqué les faits dénoncés comme susceptibles de constituer ce délit et a déclaré irrecevable la constitution de partie civile des époux X... de ce chef ; «aux motifs que les parties civiles ont fait valoir que le 19 mai 2004 un témoin avait été entendu sous le statut de l anonymat ; qu elles exposent que ses déclarations sont irréelles, qu elles n ont pas donné lieu à vérification et qu elles démontrent par leur outrance leur fausseté ; que les déclarations visées mettent en cause le mis en examen Xavier Z... et relatent des faits anciens remontant à cinq et sept ans et évoquent l hypothèse selon laquelle Paul-Emmanuel X..., le fils des deux parties civiles, serait derrière le groupe AZF ; (...) ; que le juge d instruction a entendu le 20 juin 2007 les époux X... ; que ceux-ci indiquaient que leur plainte visait toute subornation de témoin qui aurait pu avoir lieu dans le cours de l information et citaient à la fois le témoin anonyme qui les avait mis en cause pour avoir mis à la disposition des coprévenus leur propriété et M. A... lequel venait d être entendu par le juge d instruction et indiquait avoir fait des déclarations par crainte de voir ses enfants placés à la DDASS ; (...) ; qu il convient d évoquer les 4
30 faits de l espèce et de constater que leur relation ainsi que les déclarations des parties civiles devant le juge d instruction mettent en évidence l expression d une appréciation subjective fondée sur des impressions de caractère général et non sur la relation de faits précis susceptibles de caractériser le délit de subornation de témoin ; que, de plus, les parties civiles ne font état d aucun préjudice personnel direct résultant des faits dénoncés ; qu il y a lieu de réformer l ordonnance entreprise concernant le délit de subornation de témoin, d évoquer les faits et de déclarer irrecevable la plainte avec constitution des parties civiles de ce chef ; «alors que la juridiction d instruction régulièrement saisie d une plainte avec constitution de partie civile a le devoir d instruire ; que le seul examen abstrait d une plainte ne peut justifier une décision de refus d informer ; qu en se bornant, en l espèce, à constater l imprécision des déclarations des parties civiles, dans le cadre de son pouvoir d évocation et en l absence de tout acte d information, la chambre de l instruction a violé les textes susvisés ; «alors qu en déclarant irrecevables les parties civiles faute pour elles d établir l existence d un préjudice personnel et direct, alors qu elles étaient poursuivies comme complices dans le cadre de la procédure au cours de laquelle étaient intervenus les faits de subornation, la chambre de l instruction a violé les textes susvisés» ; Vu les articles 2, 3, 85 et 87 du code de procédure pénale ; Attendu que, pour qu une constitution de partie civile soit recevable devant la juridiction d instruction, il suffit que les circonstances sur lesquelles elle s appuie permettent au juge d admettre comme possibles l existence du préjudice allégué et la relation directe de celui-ci avec une infraction à la loi pénale ; Attendu qu il résulte de l arrêt attaqué et des pièces de la procédure que les époux X... ont porté plainte et se sont constitués parties civiles du chef de subornation de témoin en dénonçant les conditions dans lesquelles un témoin anonyme a porté des accusations à leur encontre, dans la procédure dans laquelle ils sont mis en examen ; Attendu qu après avoir relevé, à juste titre, que le délit de subornation de témoin ne relevait pas des dispositions de l article 6-1 du code de procédure pénale, l arrêt déclare, néanmoins, les plaintes irrecevables en énonçant que les parties civiles ne font état d aucun préjudice personnel direct résultant des faits dénoncés ; Mais attendu qu en prononçant ainsi, alors qu à le supposer établi le délit de subornation de témoin dénoncé était de nature à causer aux parties civiles un préjudice pouvant être direct et personnel, la chambre de l instruction a méconnu le sens et la portée des textes susvisés et le principe ci-dessus rappelé ; 5
31 D où il suit que la cassation est encore encourue ; Par ces motifs : CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l arrêt susvisé de la chambre de l instruction de la cour d appel de Bourges en date du 15 janvier 2008, et pour qu il soit jugé à nouveau conformément à la loi ; RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l instruction de la cour d appel de Lyon, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil. Président : M. Pelletier Rapporteur : Mme Anzani Avocat général : M. Davenas Avocat : SCP Boré et Salve de Bruneton. N o 2 APPEL CORRECTIONNEL OU DE POLICE Appel incident Délai Appel principal interjeté dans le délai légal Délai global de quinze jours Dans le cas visé à l article 500 du code de procédure pénale, où l une des parties a interjeté appel pendant le délai de dix jours prévu par l article 498 du même code, il est imparti, pour faire appel incident, à toutes les parties qui auraient été admises à former un appel principal, un délai global de quinze jours après le prononcé du jugement rendu contradictoirement, ce délai pouvant être prorogé dans les conditions prévues par l article 801 du code de procédure pénale s il expire un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé. REJET du pourvoi formé par X... Philippe, partie civile, contre l arrêt de la cour d appel de Paris, 11 e chambre, en date du 23 mai 2008, qui, dans la procédure suivie notamment contre Guy Y... pour atteinte à la sincérité d un vote par manœuvres frauduleuses, a déclaré irrecevable son appel incident du jugement correctionnel en date du 20 décembre janvier 2009 N o
32 LA COUR, Vu les mémoires personnels produits ; Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l article 6 1 de la Convention européenne des droits de l homme, de l article préliminaire et des articles 500, 591, 593 et 801 du code de procédure pénale : Attendu qu il résulte de l arrêt attaqué et des pièces de procédure que, le mardi 2 janvier 2007, Guy Y..., prévenu, a interjeté appel du jugement en date du 20 décembre 2006, qui, pour atteinte à la sincérité d un vote par manœuvres frauduleuses, l a condamné à douze mois d emprisonnement avec sursis et euros d amende, et a prononcé sur les intérêts civils ; que Philippe X..., partie civile, a, le 8 janvier 2007, interjeté appel incident de cette même décision, contradictoire à son égard ; Attendu que, pour déclarer irrecevable comme tardif l appel incident de Philippe X..., l arrêt énonce que ce recours a été formé après l expiration du délai de quinze jours à compter de la date du jugement contradictoire ; Attendu qu en statuant ainsi, la cour d appel a fait l exacte application de l article 500 du code de procédure pénale, sans méconnaître les dispositions conventionnelles invoquées ; Qu en effet, dans le cas où l une des parties a interjeté appel pendant le délai de dix jours prévu par l article 498, alinéa 1 er, du code de procédure pénale, il est imparti, pour faire appel incident, à toutes les parties qui auraient été admises à former un appel principal un délai global de quinze jours après celui où le jugement entrepris a été rendu contradictoirement ; D où il suit que le moyen ne saurait être admis ; Et attendu que l arrêt est régulier en la forme ; REJETTE le pourvoi. Président : M. Pelletier Rapporteur : M. Beauvais Avocat général : M. Finielz. Sur le délai pour interjeter un appel incident en matière correctionnelle, dans le même sens que : Crim., 7 juin 1990, pourvoi n o , Bull. crim. 1990, n o 231 (1) (rejet et cassation partielle par voie de retranchement sans renvoi), et les arrêts cités. Sur une application du même principe en matière criminelle, à rapprocher : Crim., 18 juin 2008, pourvoi n o , Bull. crim. 2008, n o 156 (1) (désignation de juridiction). 7
33 N o 3 INSTRUCTION Saisie Restitution Pouvoirs des juridictions d instruction Sauvegarde des droits des parties Portée Doit être cassé l arrêt de la chambre de l instruction ordonnant la restitution au propriétaire de l appartement donné en location au mis en examen provisoirement détenu des clés de ce logement, une telle restitution étant de nature à préjudicier au droit du locataire, légitime détenteur des clés. CASSATION sans renvoi sur le pourvoi formé par X... Dave, contre l arrêt de la chambre de l instruction de la cour d appel de Montpellier, en date du 29 juillet 2008, qui, dans l information suivie contre lui du chef de complicité de vol qualifié, a prononcé sur une demande de restitution. 6 janvier 2009 N o LA COUR, Vu le mémoire personnel produit ; Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l article 99 du code de procédure pénale : Vu ledit article ; Attendu qu en application du texte précité, il n y a pas lieu à restitution lorsque celle-ci est de nature à faire obstacle à la sauvegarde des droits des parties ; Attendu qu il résulte de l arrêt attaqué et des pièces de la procédure que les clés de la maison d habitation dont le mis en examen était locataire ont été saisies ; que la personne propriétaire de ce logement a sollicité du juge d instruction la restitution de ces clés ; qu il a été fait droit à cette demande ; que le mis en examen a interjeté appel ; Attendu que, pour confirmer cette décision, l arrêt retient que ces clés appartiennent bien à la propriétaire de la maison et que leur restitution n affecte pas les droits de la défense du mis en examen ; 8
34 Mais attendu qu en prononçant ainsi alors que cette restitution était de nature à préjudicier au locataire qui était le détenteur légitime desdites clés, la chambre de l instruction a méconnu le texte susvisé et le principe ci-dessus énoncé ; D où il suit que la cassation est encourue ; qu elle aura lieu sans renvoi, la Cour de cassation étant en mesure d appliquer directement la règle de droit et de mettre fin au litige, ainsi que le permet l article L du code de l organisation judiciaire ; Par ces motifs : CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l arrêt susvisé de la chambre de l instruction de la cour d appel de Montpellier, en date du 29 juillet 2008 ; DIT n y avoir lieu à restitution ; DIT n y avoir lieu à renvoi. Président : M. Joly, conseiller doyen faisant fonction. Rapporteur : Mme Palisse Avocat général : M. Davenas. N o 4 PRESSE Procédure Action publique Extinction Prescription Délai Point de départ Diffusion sur le réseau Internet Date du premier acte de publication Lorsque des poursuites pour l une des infractions prévues par la loi du 29 juillet 1881 sont engagées en raison de la diffusion, sur le réseau Internet, d un message figurant sur un site, le point de départ du délai de prescription de l action publique prévu par l article 65 de la loi précitée doit être fixé à la date du premier acte de publication ; cette date est celle à laquelle le message a été mis pour la première fois à la disposition des utilisateurs. Méconnaît ce principe la cour d appel qui, pour retarder le point de départ de la prescription de l action publique, retient qu en créant un nouveau mode d accès au site existant, plus accessible par une adresse plus courte et plus simple que la dénomination initiale, l auteur a renouvelé la mise à disposition du message dans des conditions assimilables à une réédition, alors que la simple adjonction 9
35 d une seconde adresse pour accéder à un site existant ne saurait caractériser un nouvel acte de publication de textes figurant déjà à l identique sur ce site. CASSATION sans renvoi sur les pourvois formés par X... Jean- Louis, contre les arrêts de la cour d appel de Paris, 11 e chambre, qui, sur renvoi après cassation, dans la procédure suivie contre lui des chefs d injures et diffamation publiques raciales, provocation à la haine ou à la violence raciale, provocation non suivie d effet à des atteintes à la vie et à l intégrité de la personne, ont : le premier, en date du 29 janvier 2004, rejeté l exception de prescription de l action publique ; le second, en date du 26 mai 2005, prononcé sa condamnation à euros d amende avec sursis pour injures et diffamation publiques raciales et provocation à la haine ou à la violence raciale, et statué sur les intérêts civils. 6 janvier 2009 N o LA COUR, Joignant les pourvois en raison de la connexité ; Vu les mémoires produits en demande et en défense ; I. Sur le pourvoi contre l arrêt du 29 janvier 2004 : Sur le premier moyen de cassation du mémoire personnel, pris de la violation des articles 65 de la loi du 29 juillet 1881, et du code pénal, 593 du code de procédure pénale et 7 de la Convention européenne des droits de l homme : Sur le moyen unique de cassation du mémoire ampliatif, pris de la violation des articles 10 de la Convention européenne des droits de l homme, 23, 24, 32, 33 et 65 de la loi du 29 juillet 1881, 591 et 593 du code de procédure pénale : «en ce que l arrêt infirmatif en date du 24 janvier 2004 a rejeté l exception de prescription de l action publique ; «aux motifs qu il est établi par les documents versés à la procédure que les textes incriminés diffusés sur le site Internet pouvaient être consultés le 10 juillet 1997, soit à l adresse... soit à l adresse... ; qu avant le 10 juillet 1997 et au moins depuis le 8 avril 1997, ces mêmes textes ne pouvaient être consultés qu à l adresse... ; que Jean-Louis X... et son conseil ont certes démontré que l adjonction de la nouvelle 10