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Timestamp: 2016-10-23 01:20:15+00:00
Document Index: 173476031

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'ATF ', 'art. 350', 'art. 344', 'art. 29', 'art. 32', 'art. 6', 'art. 324', 'art. 325', 'art. 11', 'ATF ', 'art. 329', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 325', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 11', 'art. 11', 'art. 11', 'ATF ', 'art. 11', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 66']

6B_877/2015 � � Arr�t du 20 juin 2016
L�sions corporelles graves par n�gligence, arbitraire,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice de la R�publique et canton de Gen�ve, Chambre p�nale d'appel et de r�vision, du 25 juin 2015.
Le 21 novembre 2007, dans le cadre de son activit� de m�decin-radiologue aupr�s de l'institut B.________, X.________ a proc�d� � une biopsie mammaire dans deux l�sions sur une patiente, Mme Z, et effectu� cinq pr�l�vements tissulaires, dont trois ont �t� plac�s dans un premier flacon et deux dans un autre. Elle a omis de prendre soin de faire acheminer correctement ces deux flacons au laboratoire d'analyses m�dicales C.________; le flacon contenant trois cylindres a �t� transmis aux fins d'analyses au laboratoire C.________ ce jour-l�, le second flacon, contenant les deux cylindres, �tant rest� dans la salle d'examen.
Le 22 novembre 2007, � savoir le lendemain, la Dresse D.________ a effectu� une biopsie dans le sein gauche de la patiente A.________ et a, � cette occasion, pr�lev� trois cylindres tissulaires qu'elle a plac�s dans un flacon qui se trouvait parmi ceux qui avaient �t� pr�par�s � cet effet et qui contenait d�j� les deux pr�l�vements tissulaires de Mme Z, ce dont la Dresse D.________ ne pouvait se rendre compte; ce flacon a �t� envoy� au laboratoire C.________ apr�s avoir �t� �tiquet� au nom de A.________.
L'analyse des cinq fragments tissulaires se trouvant dans le flacon �tiquet� au nom de A.________ effectu�e par le laboratoire C.________ a r�v�l� que le tissu mammaire analys� �tait infiltr� par un carcinome canalaire invasif, de grade historique 3, avec un indice de prolif�ration tumorale �lev�, autrement dit un cancer tr�s agressif n�cessitant un traitement imm�diat, alors que l'�chantillon tumoral ne provenait pas de cette derni�re, mais de Mme Z. Le Dr E.________ a ainsi inform� sa patiente A.________ qu'elle �tait gravement atteinte et qu'il fallait intervenir sans d�lai. Il a pratiqu� une intervention chirurgicale le 5 d�cembre 2007, � savoir l'ex�r�se d'un fragment de tissu mammaire; il a �galement proc�d� au pr�l�vement d'un ganglion sentinelle, dont l'examen ult�rieur a permis de r�v�ler qu'il �tait exempt de m�tastase et qu'aucun carcinome canalaire invasif n'�tait pr�sent.
Deux jours apr�s l'intervention, le Dr E.________ a indiqu� � sa patiente qu'il n'avait pas trouv� trace de la tumeur mais qu'elle avait pu partir lors de la biopsie. Le Dr E.________ l'a dirig�e vers le Dr F.________, oncologue-h�matologue, en vue d'une chimioth�rapie, apr�s lui avoir expliqu� qu'une telle d�marche �tait n�cessaire pour "enlever ce qui �tait parti dans le sang"; le Dr F.________ lui a confirm� que la tumeur avait pu partir lors de la biopsie et qu'il �tait indispensable de suivre un tel traitement, sans pour autant proc�der � d'autres investigations m�dicales. De janvier � mai 2008, A.________ a subi plusieurs s�ances de chimioth�rapie � l'h�pital G.________; des effets secondaires tels que "perte de cheveux, douleurs g�n�ralis�es importantes, vomissements, diarrh�es, angoisses, hypoglyc�mie, r�tention d'eau, etc." ont perdur� apr�s la fin du traitement. Au terme de la chimioth�rapie, le Dr F.________ lui a prescrit une radioth�rapie, apr�s lui avoir expliqu� que celle-ci �tait n�cessaire compte tenu de la nature agressive de la tumeur.
Le 5 mai 2008, A.________ a consult� le service de radio-oncologie de l'h�pital H.________, qui lui a propos� de proc�der � une nouvelle �chographie ainsi qu'� une ponction-biopsie du sein gauche afin de v�rifier l'absence de l�sion apr�s tumorectomie blanche. De nouvelles analyses du service de pathologies cliniques de l'h�pital H.________ ont r�v�l� l'absence de toute nouvelle prolif�ration tumorale et de toute l�sion tumorale. Le d�partement d'oncologie de l'h�pital H.________ a ensuite proc�d� � une comparaison du sang de A.________ avec celui de la biopsie effectu�e par C.________ en novembre 2007. Les r�sultats des tests ADN ont permis de montrer que le profil ADN �tabli � travers la biopsie �tait diff�rent de celui obtenu gr�ce � son sang.
Dans sa plainte p�nale du 7 ao�t 2008, A.________ a fait �tat des graves cons�quences que ces erreurs avaient eues sur son �tat de sant� physique. Outre l'intervention chirurgicale proprement dite, qui avait eu pour effet de transformer la forme de son sein gauche, avec en sus cinq grandes cicatrices et plusieurs petites, les atteintes s�quellaires du traitement de chimioth�rapie �taient multiples, � savoir notamment une destruction cellulaire des ovaires l'emp�chant selon toute vraisemblance d'avoir des enfants, un stress post-traumatique s�v�re, une pr�-m�nopause et des douleurs multiples.
Par jugement du 18 novembre 2014, le Tribunal de police du canton de Gen�ve a acquitt� X.________ du chef de l�sions corporelles graves par n�gligence.
Statuant le 25 juin 2015 sur appel de A.________, la Chambre p�nale d'appel et de r�vision de la Cour de justice du canton de Gen�ve a annul� le jugement pr�cit�; elle a reconnu X.________ coupable de l�sions corporelles simples par n�gligence et l'a condamn�e � une peine p�cuniaire de trente jours-amende, le montant du jour-amende �tant fix� � 615 fr., avec sursis pendant deux ans.
La cour cantonale a notamment qualifi� les l�sions subies par l'intim�e de simples. Elle a en effet consid�r� que le lien de causalit� entre le comportement de la recourante et lesdites l�sions avait �t� rompu au moment de la prise en charge de l'intim�e par le Dr F.________; seules les l�sions ant�rieures � l'intervention de ce dernier - c'est-�-dire l'op�ration et ses s�quelles - pouvaient d�s lors �tre imput�es � la recourante, et non pas les atteintes cons�cutives � la chimioth�rapie.
Agissant par la voie du recours en mati�re p�nale, X.________ demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t de la cour cantonale du 25 juin 2015 et de l'acquitter, voire de constater que l'action p�nale est prescrite et que la proc�dure doit �tre class�e. Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
1.1.�L'art. 9 CPP consacre la maxime d'accusation. Selon cette disposition, une infraction ne peut faire l'objet d'un jugement que si le minist�re public a d�pos� aupr�s du tribunal comp�tent un acte d'accusation dirig� contre une personne d�termin�e sur la base de faits pr�cis�ment d�crits. En effet, le pr�venu doit conna�tre exactement les faits qui lui sont imput�s et les peines et mesures auxquelles il est expos�, afin qu'il puisse s'expliquer et pr�parer efficacement sa d�fense (ATF 126 I 19 consid. 2a p. 21; 120 IV 348 consid. 2b p. 353). Le tribunal est li� par l'�tat de fait d�crit dans l'acte d'accusation (principe de l'immutabilit� de l'acte d'accusation), mais peut s'�carter de l'appr�ciation juridique qu'en fait le minist�re public (art. 350 al. 1 CPP), � condition d'en informer les parties pr�sentes et de les inviter � se prononcer (art. 344 CPP). Le principe de l'accusation d�coule �galement de l'art. 29 al. 2 Cst. (droit d'�tre entendu), de l'art. 32 al. 2 Cst. (droit d'�tre inform�, dans les plus brefs d�lais et de mani�re d�taill�e, des accusations port�es contre soi) et de l'art. 6 ch. 3 let. a CEDH (droit d'�tre inform� de la nature et de la cause de l'accusation).
Les art. 324 ss CPP r�glent la mise en accusation, en particulier le contenu strict de l'acte d'accusation. Selon l'art. 325 CPP, l'acte d'accusation d�signe notamment les actes reproch�s au pr�venu, le lieu, la date et l'heure de leur commission ainsi que leurs cons�quences et le mode de proc�der de l'auteur (let. f); les infractions r�alis�es et les dispositions l�gales applicables de l'avis du minist�re public (let. g). En d'autres termes, l'acte d'accusation doit contenir les faits qui, de l'avis du minist�re public, correspondent � tous les �l�ments constitutifs de l'infraction reproch�e au pr�venu (arr�t 6B_489/2013 du 9 juillet 2013 consid. 1.1). Des vices de moindre importance dans le cadre de ce principe peuvent �tre corrig�s par la juridiction de seconde instance (arr�t 6B_760/2013 du 13 novembre 2013 consid. 1.2 et la r�f�rence).
Lorsque l'infraction est commise par omission (d�lit d'omission improprement dit), l'acte d'accusation doit pr�ciser les circonstances de fait qui permettent de conclure � une obligation juridique d'agir de l'auteur (art. 11 al. 2 CP), ainsi que les actes que l'auteur aurait d� accomplir. En cas de d�lit d'omission commis par n�gligence, il doit, en outre, indiquer l'ensemble des circonstances faisant appara�tre en quoi l'auteur a manqu� de diligence dans son comportement, ainsi que le caract�re pr�visible et �vitable de l'acte (arr�t 6B_715/2011 du 12 juillet 2012 consid. 3.1.2 et les r�f�rences; ATF 120 IV 348 consid. 3c p. 356; 116 Ia 455).
A certaines conditions, les art. 329 et 333 CPP d�rogent � la maxime accusatoire en permettant au tribunal saisi de donner au minist�re public la possibilit� de modifier ou de compl�ter l'acte d'accusation. L'exemple souvent cit� par la doctrine est celui d'un pr�venu renvoy� pour abus de confiance. Le tribunal saisi songe � la commission d'une escroquerie; comme le minist�re public n'a pas inclus dans l'acte d'accusation les faits qui d�crivent le processus astucieux, l'art. 333 al. 1 CPP permet au tribunal d'inviter le minist�re public � modifier cet acte (arr�t 6B_690/2014 du 12 juin 2015 consid. 4.2). Le tribunal ne peut toutefois fonder son jugement sur une accusation modifi�e ou compl�t�e que si les droits de partie du pr�venu et de la partie plaignante ont �t� respect�s (art. 333 al. 4 CPP).
1.2.�En l'esp�ce, la recourante fait deux griefs � la cour cantonale: d'une part, d'avoir fabriqu� de toutes pi�ces l'hypoth�se selon laquelle un nettoyeur avait pu entreprendre de ranger le flacon non �tiquet� dans le tiroir du chariot, et d'autre part, d'avoir compl�t� ind�ment l'acte d'accusation en lui reprochant de ne pas s'�tre rendue compte qu'un m�lange d'�chantillons avait pu se produire. Ces constatations factuelles ne figuraient pas dans l'acte d'accusation. Pour la recourante, le seul reproche contenu dans l'acte d'accusation, � savoir une erreur dans l'�tiquetage des flacons, ne permettait pas d'aboutir � une condamnation pour l�sions corporelles. Sur la base de ce constat, les juges cantonaux auraient donc d� soit l'acquitter, soit renvoyer l'acte d'accusation au minist�re public pour qu'il le compl�te.
1.2.1.�Pour la recourante, la cour cantonale aurait invent� une hypoth�se pour expliquer le passage du flacon non �tiquet� dans le tiroir du chariot. L'acte d'accusation retient que ce flacon, contenant deux cylindres pr�lev�s par la recourante, �tait rest� dans la salle d'examen et que le lendemain, la Dresse D.________ y avait plac� des pr�l�vements effectu�s chez l'intim�e; ce flacon se trouvait parmi les autres flacons destin�s � recevoir des pr�l�vements. Les juges cantonaux ont ainsi suppos� que quelqu'un avait d� le retrouver et, le pensant vide, l'avait remis dans le tiroir du chariot. M�me si cette hypoth�se ne ressort pas textuellement de l'acte d'accusation, elle y est contenue implicitement: le minist�re public ne reproche en effet pas � la recourante d'avoir rang� le tube utilis� dans le tiroir, mais constate qu'il s'y trouvait le lendemain lorsque la Dresse D.________ a pratiqu� les pr�l�vements litigieux, ce qui sous-entend ainsi l'intervention d'un tiers. L'on ne saurait d�s lors voir une lacune de l'acte d'accusation � ce propos. A cela s'ajoute que l'hypoth�se retenue par la cour cantonale ne concerne pas un "acte reproch� au pr�venu" au sens de l'art. 325 al. 1 let. f CPP d'une part, et, d'autre part, que le suppos� vice n'a pas emp�ch� la recourante de comprendre les faits qui lui �taient imput�s ni de pr�parer efficacement sa d�fense. Le grief doit �tre rejet� sur ce point.
1.2.2.�La cour cantonale a par ailleurs relev� que les premiers juges avaient reproch� � la recourante de ne pas s'�tre rendue compte, sur la base des diff�rents rapports en sa possession, qu'un m�lange des �chantillons avait pu se produire. Or, � teneur de l'acte d'accusation, c'�tait pour avoir omis d'�tiqueter le flacon contenant deux des cinq pr�l�vements qu'elle avait effectu�s sur Mme Z que la recourante avait �t� renvoy�e devant le tribunal de police, et non pour ne s'�tre pas rendue compte des divergences entre le nombre de cylindres pr�lev�s et ceux finalement analys�s par le laboratoire. La cour cantonale a toutefois estim� que le principe d'accusation n'avait pas �t� viol�, dans la mesure o� la recourante avait eu l'occasion de se d�terminer sur cette question et que la violation all�gu�e pouvait �tre r�par�e par l'occasion de s'exprimer devant la juridiction d'appel, qui disposait d'un plein pouvoir de cognition.
La recourante ne fait pas valoir que le compl�ment de l'acte d'accusation, effectu� selon elle en violation du droit, �tait indispensable dans la cha�ne de causalit� naturelle et ad�quate. Il sied d�s lors d'examiner si le comportement qui lui est reproch� dans l'acte d'accusation, � savoir l'omission d'�tiqueter les flacons de sa patiente et de veiller � leur acheminement au laboratoire d'analyses m�dicales, suffit � fonder sa culpabilit� (consid. 3 ss ci-apr�s). En cas de r�ponse positive, le grief de violation de la maxime d'accusation sur ce point devient sans objet.
2.1.�Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), sous les r�serves d�coulant des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, � savoir pour l'essentiel de l'arbitraire (art. 9 Cst.; voir sur cette notion : ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s. et 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.). La recevabilit� d'un tel grief, ainsi que de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel, suppose l'articulation de critiques circonstanci�es (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105), claires et pr�cises, r�pondant aux exigences de motivation accrues d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Les critiques appellatoires sont, en particulier, irrecevables (cf. ATF 141 IV 249 consid. 1.3.1 p. 253; 140 III 264 consid. 2.3 p. 266).
2.2.�En l'esp�ce, la recourante soutient que l'instruction n'a pas permis d'�tablir qu'un nettoyeur avait remis le flacon dans le tiroir du chariot et que c'est de mani�re arbitraire que la cour cantonale a retenu ce fait. Pour les juges cantonaux, selon une vraisemblance qui confine � la certitude, le flacon qui n'avait pas �t� �tiquet� �tait rest� sur le chariot et avait par la suite �t� r�utilis� par la Dresse D.________; s'agissant de savoir comment le flacon abandonn� sur le chariot avait pu �tre r�utilis�, force �tait de constater que le tube avait d� �tre retrouv� sur celui-ci par une personne qui, le pensant vide, l'avait alors remis dans le tiroir, sc�nario d'autant plus probable que les chariots n'�taient pas ferm�s � cl�, les nettoyeurs y ayant donc �galement acc�s, outre les m�decins et les techniciennes. Il apparaissait certes contre-nature pour des m�decins et des techniciennes de remettre dans le tiroir un flacon ayant �t� d�laiss� sur le plateau. Il semblait en revanche peu probable qu'un tel comportement puisse �tre qualifi� de contre-nature par un nettoyeur qui n'avait pas forc�ment conscience du danger d'un tel acte et pourrait tr�s bien, par souci de bien faire, d�cider de ranger un flacon qu'il verrait tra�ner. Dans un tel contexte, il apparaissait d�s lors tout � fait envisageable qu'un nettoyeur ait entrepris de ranger ledit flacon dans le tiroir, ou m�me une technicienne. En tout �tat, la cour cantonale consid�re que l'hypoth�se d'un retour malencontreux du flacon utilis� dans le chariot est la seule et qu'elle est tr�s hautement plausible.
La recourante all�gue que les divers m�decins interrog�s avaient pr�cis� que les nettoyeurs n'avaient pas la mission de s'occuper des chariots, voire qu'ils ne devaient pas les toucher; ces t�moignages d�montreraient que l'hypoth�se avanc�e par la cour cantonale �tait hautement improbable et en contradiction avec les faits �tablis. Les arguments d�velopp�s par la recourante ne parviennent pas � tenir pour insoutenable la th�se de la cour cantonale. La recourante ne conteste en effet pas que le retour malencontreux du flacon dans le chariot est tr�s hautement plausible; or, il appara�t qu'un nettoyeur est la personne la plus susceptible d'avoir fait ce geste, m�me s'il �tait cens� ne pas toucher ce qui relevait du domaine m�dical. La cour cantonale n'exclut d'ailleurs pas qu'il puisse s'�tre agi d'une technicienne, la question de l'identit� de la personne qui a remis le flacon dans le tiroir n'�tant au final pas d�terminante pour l'issue du litige. Il ne saurait d�s lors y avoir de constatation arbitraire des faits sur ce point.
Au fond, la recourante se plaint d'une violation de l'art. 125 CP, contestant qu'une quelconque n�gligence coupable de sa part soit la cause des l�sions corporelles subies par l'intim�e.
Il n'est pas contest� que l'intim�e a subi des l�sions corporelles et que, en ce qui concerne le r�le de la recourante, elles doivent �tre qualifi�es de simples. La cour cantonale a en effet consid�r� que les l�sions subies apr�s la prise en charge du Dr F.________ ne sont pas imputables � la recourante; ce point n'est plus l'objet du litige.
Tout d'abord, la recourante nie avoir assum� une position de garant vis-�-vis de l'intim�e.
4.1.�Une infraction de r�sultat, qui suppose en g�n�ral une action, peut aussi �tre commise par omission si l'auteur est rest� passif au m�pris d'une obligation d'agir (cf. art. 11 CP). Reste passif en violation d'une obligation d'agir celui qui n'emp�che pas la mise en danger ou la l�sion d'un bien juridique prot�g� par la loi p�nale bien qu'il y soit tenu � raison de sa situation juridique. La loi �num�re plusieurs sources pouvant fonder une position de garant, � savoir la loi, un contrat, une communaut� de risques librement consentie ou la cr�ation d'un risque (art. 11 al. 2 CP). N'importe quelle obligation juridique ne suffit pas. Il faut qu'elle ait d�coul� d'une position de garant, c'est-�-dire que l'auteur se soit trouv� dans une situation qui l'obligeait � ce point � prot�ger un bien d�termin� contre des dangers ind�termin�s (devoir de protection), ou � emp�cher la r�alisation de risques connus auxquels des biens ind�termin�s �taient expos�s (devoir de surveillance), que son omission peut �tre assimil�e au fait de provoquer le r�sultat par un comportement actif (cf. art. 11 al. 2 et 3 CP; ATF 141 IV 249 consid. 1.1 p. 251 s.; 134 IV 255 consid. 4.2.1 p. 259 s. et les r�f�rences).
4.2.�En l'esp�ce, la cour cantonale a consid�r� que la position de garant de la recourante reposait sur la cr�ation d'un risque: la pr�sence d'un flacon non �tiquet� contenant des pr�l�vements invisibles est en effet, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, de nature � conduire � une r�utilisation dudit flacon et, partant, � toutes sortes de cons�quences, toutes graves. Ainsi, la r�utilisation par un m�decin d'un flacon contenant d�j� des pr�l�vements canc�reux, mais qu'il pensait vide, pourrait conduire � diagnostiquer � tort le cancer chez une patiente pourtant saine, dont des pr�l�vements sains auraient �t� rajout�s ult�rieurement dans ledit flacon. Dans le cas particulier, ce risque �tait d'autant plus �lev� que, comme l'ont relev� les m�decins et techniciennes interrog�s, il n'�tait pas ais� pour un m�decin d'apercevoir dans la p�nombre de la salle d'examen si un flacon avait d�j� �t� utilis� ou non, ce d'autant plus en pr�sence de l�sions non h�morragiques et donc incolores. Par ailleurs, les m�decins ne v�rifiaient pas forc�ment ce qu'il y avait dans les tubes au moment de les sortir du tiroir puisque tous les tubes s'y trouvant �taient cens�s �tre vierges. Partant, en omettant d'�tiqueter un des deux flacons qu'elle avait utilis�s pour placer les pr�l�vements de Mme Z et en l'abandonnant dans la salle d'examen, la recourante a cr�� un risque, non seulement pour sa propre patiente, mais �galement pour ceux de tout autre m�decin de l'institut; n'importe quel m�decin, au moment de proc�der � une biopsie, aurait en effet pu r�utiliser ledit flacon, peu importe en d�finitive comment il se serait � nouveau retrouv� dans un tiroir du chariot. La recourante aurait d� prendre des mesures pour �viter qu'un tel risque ne se mat�rialise. Au vu de ce qui pr�c�de, c'est � juste titre que la cour cantonale a consid�r� qu'elle se trouvait donc bien dans une position de garant au sens de l'art. 11 al. 2 CP.
La recourante ne peut �tre suivie lorsqu'elle all�gue que son omission d'�tiqueter le flacon avait cr�� un risque uniquement pour sa patiente, risque qu'elle avait au demeurant �cart� en proc�dant � une nouvelle biopsie. Elle tente de se lib�rer en affirmant que le flacon, rest� sur le plateau, ne pr�sentait aucun danger pour des tiers et que seule sa remise dans le tiroir avait cr�� un risque. Elle semble oublier que, si le flacon avait �t� correctement �tiquet�, personne ne l'aurait rang� dans le tiroir, ou, � tout le moins, aucun m�decin ne l'aurait r�utilis�. L'oubli de la recourante �tait ainsi susceptible de provoquer un m�lange d'�chantillons et, partant, de cr�er une situation dangereuse pour tous les patients de l'institut; cela la pla�ait d�s lors dans une position de garant vis-�-vis de l'intim�e, quand bien m�me cette derni�re n'�tait pas sa patiente.
4.3.�Au surplus, la recourante ne discute pas l'arr�t attaqu� en tant qu'il retient qu'elle a viol� de mani�re fautive les r�gles de la prudence. Il ne reste d�s lors plus qu'� examiner si la n�gligence qui lui est reproch�e �tait propre � entra�ner les l�sions subies par l'intim�e.
Il faut qu'il existe un rapport de causalit� entre la violation fautive du devoir de prudence et les l�sions de la victime. En cas de violation du devoir de prudence par omission, il faut proc�der par hypoth�se et se demander si l'accomplissement de l'acte omis aurait, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie, �vit� la survenance du r�sultat qui s'est produit, pour des raisons en rapport avec le but protecteur de la r�gle de prudence viol�e. Pour l'analyse des cons�quences de l'acte suppos�, il faut appliquer les concepts g�n�raux de la causalit� naturelle et de la causalit� ad�quate (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.1 p. 265 et les arr�ts cit�s). L'existence de cette causalit� dite hypoth�tique suppose une tr�s grande vraisemblance; autrement dit, elle n'est r�alis�e que lorsque l'acte attendu ne peut pas �tre ins�r� intellectuellement dans le raisonnement sans en exclure, tr�s vraisemblablement, le r�sultat (ATF 116 IV 182 consid. 4a p. 185). La causalit� ad�quate est ainsi exclue lorsque l'acte attendu n'aurait vraisemblablement pas emp�ch� la survenance du r�sultat ou lorsqu'il serait simplement possible qu'il l'e�t emp�ch� (arr�t 6B_1165/2015 du 20 avril 2016 consid. 2.2.1 et les r�f�rences).
Il y a rupture de ce lien de causalit� ad�quate, l'encha�nement des faits perdant sa port�e juridique, si une autre cause concomitante - par exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou celui d'un tiers - propre au cas d'esp�ce constitue une circonstance tout � fait exceptionnelle ou appara�t si extraordinaire que l'on ne pouvait pas s'y attendre. Cependant, cette impr�visibilit� de l'acte concurrent ne suffit pas en soi � interrompre le lien de causalit� ad�quate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus imm�diate de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan tous les autres facteurs qui ont contribu� � amener celui-ci, notamment le comportement de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s.; 133 IV 158 consid. 6.1 p. 168 et les r�f�rences).
5.1.�En l'esp�ce, la causalit� naturelle est �tablie: si la recourante n'avait pas oubli� d'�tiqueter et de faire acheminer au laboratoire le flacon contenant les pr�l�vements effectu�s le 21 novembre 2007 sur Mme Z, un cancer canalaire invasif n'aurait alors pas �t� diagnostiqu� � tort chez l'intim�e, entra�nant son lot de cons�quences malheureuses.
De plus, avec la cour cantonale, il y a lieu de retenir l'existence d'un lien de causalit� ad�quate entre les l�sions subies par l'intim�e - jusqu'� sa prise en charge par le Dr F.________ - et l'omission initiale reproch�e � la recourante. En effet, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, le fait d'�tiqueter correctement le flacon contenant les pr�l�vements effectu�s sur Mme Z aurait permis, avec un haut degr� de probabilit�, d'�viter qu'il ne f�t r�utilis�, et ce, m�me dans l'hypoth�se o� il aurait �t� laiss� abandonn� sur le chariot; dans un tel cas de figure, il n'aurait tr�s vraisemblablement pas �t� rang� dans le tiroir parmi les autres tubes non encore utilis�s. M�me � supposer que tel e�t �t� le cas, il ne faisait nul doute qu'au moment o� la Dresse D.________ aurait eu � prendre un tube vierge dans le tiroir pour y placer les ponctions de sa propre patiente, elle aurait alors remarqu� que celui-ci avait d�j� �t� utilis� et ne s'en serait pas servie pour y placer les pr�l�vements de l'intim�e, �vitant ainsi tout m�lange des ponctions, et par l� m�me tout diagnostic erron� chez sa patiente ainsi que toutes les interventions m�dicales ult�rieures et les cons�quences qui leur furent associ�es.
La recourante ne peut rien tirer du fait que l'erreur initiale, � savoir un d�faut d'�tiquetage, serait une erreur relativement commune et fr�quente dans ce type de processus et qu'elle ne pouvait en aucun cas anticiper les cons�quences auxquelles cette inadvertance allait aboutir. En tant que m�decin, compte tenu de ses connaissances sp�cifiques et de ses capacit�s, elle devait se rendre compte du danger qu'elle cr�ait en oubliant d'�tiqueter un flacon, peu importe que cette omission ne rel�ve pas, en tant que telle, de l'exceptionnel ou de l'extraordinaire; cela ne saurait en effet exclure la causalit� ad�quate. En outre, m�me si la probabilit� que l'oubli d'�tiqueter un tube aboutisse � des cons�quences aussi dramatiques �tait relativement t�nue, cette n�gligence �tait n�anmoins propre � entra�ner, ou � tout le moins � favoriser, le r�sultat du genre de celui qui s'est produit. Cela est de nature � fonder la causalit� ad�quate.
En tant que l'omission initiale reproch�e � la recourante et figurant dans l'acte d'accusation est la causalit� naturelle et ad�quate des l�sions de l'intim�e, toute discussion sur le compl�ment de l'acte d'accusation en lien avec une lecture inattentive du rapport du laboratoire � r�ception des �chantillons devient vaine (cf. consid. 1.2.2 ci-dessus).
5.2.�La recourante soutient qu'elle ne pouvait pas pr�voir qu'une tierce personne rangerait le flacon abandonn� dans le tiroir; or le danger que repr�sente un tel flacon n'est pas le m�me lorsqu'il se trouve sur un chariot ou lorsqu'il est rang� dans un tiroir du chariot avec les flacons non utilis�s. Certes, l'intervention du tiers qui a remis le tube utilis� parmi les tubes vierges a sensiblement augment� la situation de danger initialement cr��e par la recourante. Toutefois, pour peu pr�visible qu'il soit, cet acte n'appara�t pas si exceptionnel qu'il rel�guerait � l'arri�re-plan le comportement de la recourante. En tout �tat, il importe peu que cette derni�re ait pu pr�voir ou pas que les choses se passeraient comme elles ont eu lieu (cf. arr�t 6B_126/2014 du 13 mai 2014 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s). Cette cause concomitante n'interrompt d�s lors pas le lien de causalit� ad�quate.
5.3.�Pour la recourante, le lien de causalit� ad�quate serait �galement rompu en raison du r�le jou� par les interventions - ou l'absence d'intervention - des autres m�decins qui traitaient le cas de l'intim�e. Elle fait ainsi grief � la cour cantonale de lui opposer le fait de n'avoir pas tenu compte de la divergence entre les �chantillons qu'elle avait pr�lev�s sur Mme Z et le nombre d'�chantillons analys�s en laboratoire et, en m�me temps, de ne pas tenir pour d�terminante la m�me divergence chez les m�decins en charge de l'intim�e. La cour cantonale a effectivement consid�r� que l'absence de perspicacit� des autres intervenants � ce sujet n'apparaissait en tout �tat de cause pas si exceptionnelle au point d'entra�ner une rupture du lien de causalit� ad�quate. Il est vrai que la critique faite � la recourante de n'avoir pas remarqu� la diff�rence entre le nombre de cylindres relev�s sur sa patiente et le nombre de cylindres analys�s peut �tre retourn�e contre les diff�rents m�decins vis-�-vis des pr�l�vements effectu�s sur l'intim�e. Il ne s'agit toutefois pas ici de comparer les comportements des diff�rents acteurs et de r�partir la faute en fonction, mais de d�terminer si le r�le des autres m�decins s'impose comme la cause la plus probable de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan le r�le de la recourante. Or, dans la mesure o� une divergence dans le nombre de pr�l�vements est, comme l'a relev� l'expert, un d�tail sur lequel les m�decins ne s'attardent gu�re et qui aurait pu �chapper � beaucoup d'entre eux, il ne s'agit pas d'une circonstance si extraordinaire � laquelle on ne pouvait s'attendre. Cela ne constitue donc pas un �l�ment interruptif de causalit�.
Par ailleurs, comme l'a relev� la cour cantonale, m�me si certains choix des m�decins pouvaient pr�ter � la critique, ils avaient tous de bonnes raisons d'agir comme ils l'avaient fait, ce que la recourante ne conteste pas. C'est d�s lors sans violer le droit f�d�ral que l'arr�t attaqu� a retenu que la d�cision d'op�rer, nonobstant les divergences entre les r�sultats des examens radiologiques et de laboratoires, et les s�quelles qui en ont r�sult�, sont en lien de causalit� ad�quate avec l'omission initiale reproch�e � la recourante. En revanche, le lien de causalit� entre le comportement de la recourante et les l�sions subies par l'intim�e ayant �t� rompu au moment de sa prise en charge par le Dr F.________ - lequel avait ordonn� une chimioth�rapie apr�s la tumorectomie blanche -, seules les l�sions ant�rieures � l'intervention de ce dernier sont en rapport de causalit� avec les omissions de la recourante.
Partant, la cour cantonale n'a pas viol� l'art. 125 CP en reconnaissant la recourante coupable de l�sions corporelles par n�gligence.
Le recours doit �tre rejet�. La recourante, qui succombe, devra supporter les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF).
L'issue du litige rend sans objet la requ�te d'effet suspensif de la recourante.