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Timestamp: 2016-10-27 16:41:41+00:00
Document Index: 39307240

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'art. 86', 'art. 82', 'art. 82', 'art. 83', 'art. 89', 'art. 105', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 97', 'art. 97', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 106', 'art. 95', 'art. 95', 'art. 9', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 79', 'art. 5', 'ATF ', 'art. 9', 'in fine', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 79', 'art. 79', 'art. 75', 'art. 75', 'art. 89', 'ATF ', 'art. 89', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 65', 'art. 68', 'art. 68']

1C_198/2015 � � Arr�t du 1er f�vrier 2016
�A.________, repr�sent� par Me Alexandre Reil, avocat,
agissant par C.________, lui-m�me repr�sent� par
Municipalit� de Montreux, Grand'Rue 73, 1820 Montreux, repr�sent�e par Me Alain Th�venaz, avocat,
de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 27 f�vrier 2015.
Par d�cision du 12 octobre 2007, la Municipalit� de Montreux a d�livr� � A.________ le permis de construire quatre maisons familiales (d�sign�es ci-apr�s: les maisons A, B, C et D) ainsi que des garages semi-enterr�s sur la parcelle n� 5426 du registre foncier de la commune, dont il est propri�taire.
2, devenue le bien-fonds n� 12'593, comprenant le projet de maison familiale D. Le solde de la parcelle, englobant les projets des villas A, B et C, a �t� vendu � C.________. La nouvelle parcelle n� 12'593 a �t� fractionn�e de mani�re � conserver un acc�s sur l'avenue de Naye pour la r�alisation d'un garage r�serv� � la villa D, garage situ� en contigu�t� des garages pr�vus pour les immeubles A, B et C, mais s�par� par l'acc�s (ascenseur en pente) pr�vu pour desservir les maisons implant�es en amont.
La maison B compte 4 �tages habitables, comprenant deux appartements en duplex. Elle dispose par ailleurs d'un �tage au sous-sol, comprenant les caves des maisons B, C et D, ainsi que les locaux techniques et de chauffage.
Par d�cision du 8 f�vrier 2010, la Municipalit� a autoris� la r�alisation de locaux techniques d'une surface de 62 m
2�� l'arri�re (est) des deuxi�me et troisi�me �tages habitables de la maison B, au terme d'une enqu�te compl�mentaire qui s'est d�roul�e du 1
er�d�cembre 2009 au 4 janvier 2010 (premi�re enqu�te compl�mentaire), portant sur des "Transformations int�rieures et construction de locaux souterrains". Les plans d'enqu�te d�pos�s mentionnaient �galement la volont� du constructeur de r�aliser une piscine � la place des caves du sous-sol de la maison B et d'augmenter, sur une largeur d'environ 2,5 m, la surface du sous-sol. Afin d'agrandir la surface plane attenante � l'appartement occupant les 1
�me��tages habitables, le constructeur a �galement pr�vu la r�alisation d'un mur, d'une hauteur de 4,5 m (dont 4 sont visibles en raison de la pente du terrain). La partie visible de cet ouvrage en fa�ade sud est de 3,8 m. Les plans de la fa�ade nord ne repr�sentent en revanche pas l'impact de cet am�nagement.
Les travaux de construction des villas A, B et C et des garages attenants ont d�but� et une propri�t� par �tage (B.________) a �t� constitu�e sur la nouvelle parcelle n� 5426, le 8 avril 2010.
A la suite d'une demande de A.________ du 20 janvier 2011, tendant � la suspension des travaux de construction sur la parcelle n� 5426, la Commission communale de salubrit� s'est rendue sur place le 8 f�vrier 2011 et a rendu un rapport, selon lequel rien ne permettait, � ce stade, de justifier une interruption des travaux. Le 1
er�mars 2011, la Municipalit�, se fondant sur le rapport de la Commission de salubrit�, a d�cid� de ne pas ordonner l'arr�t des travaux, consid�rant qu'� ce stade, rien ne permettait de justifier une mesure d'interruption des travaux.
Par d�cision du 9 mai 2011, la Municipalit� a autoris� le constructeur � r�aliser deux portes-fen�tres au niveau du premier �tage habitable de la maison B en fa�ade sud, au terme d'une enqu�te compl�mentaire qui s'est d�roul�e du 15 f�vrier 2011 au 17 mars 2011 (deuxi�me enqu�te compl�mentaire). Il �tait �galement pr�vu de cr�er une porte au niveau du sous-sol, desservant l'espace de circulation situ� entre les locaux du sous-sol et l'ascenseur.
�A.________ s'est adress�, par courriel du 23 juillet 2012, puis par courrier recommand� du 31 juillet 2012, au Service d'urbanisme de la Ville de Montreux pour signaler de nombreux �l�ments de construction lors de la r�alisation du projet des villas A � C qu'il estimait non conformes aux diff�rents permis de construire d�livr�s. La Municipalit� y a r�pondu par courrier du 30 ao�t 2012, en prenant position sur la plupart des points soulev�s.
Le 3 d�cembre 2012, la Municipalit� a d�livr� le permis d'habiter pour les b�timents A, B et C, avec la pr�cision que le permis ne concerne pas la piscine du b�timent B.
Le 23 novembre 2012, le constructeur a demand� une autorisation de construire, portant sur la mise en conformit� des locaux techniques de la piscine dans le b�timent B. L'enqu�te compl�mentaire, qui s'est d�roul�e du 12 d�cembre 2012 au 10 janvier 2013 (troisi�me enqu�te compl�mentaire), a donn� lieu � une opposition de A.________. Selon les plans mis � l'enqu�te, les travaux portent sur la r�alisation d'un local technique pour la piscine, situ� en-dessous de l'�tage du sous-sol o� se trouve la piscine du b�timent B: ce local enti�rement enterr�, d'une hauteur de 2,42 m, se prolonge � l'ouest par un espace d�sign� comme "podium", dont la hauteur sous plafond est de 1,59 m; au-dessus de l'espace d�sign� comme "podium", il est pr�vu de prolonger � l'ouest les dalles du sous-sol comprenant la piscine et la dalle de la terrasse attenante au premier �tage habitable, jusqu'au mur autoris� lors du permis d�livr� le 8 f�vrier 2010; le volume suppl�mentaire cr�� au-dessus du "podium" doit �tre rendu inutilisable par murage de l'espace.
Par d�cision du 26 mars 2013, la Municipalit� a lev� l'opposition de A.________ et a d�livr� le permis de construire sollicit�.
A.________ a recouru contre la d�cision du 26 mars 2013 aupr�s de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal). Apr�s avoir tenu une audience avec inspection locale le 22 janvier 2014, le Tribunal cantonal a d�clar� le recours irrecevable par arr�t du 27 f�vrier 2015, notamment faute de qualit� pour recourir.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ demande principalement au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t du 27 f�vrier 2015 en ce sens que la d�cision du 26 mars 2013 est annul�e et que la Municipalit� est requise d'ordonner la mise en conformit� des b�timents A, B et C et autres constructions sises sur la parcelle n� 5426, respectivement la d�molition de toutes les constructions qui ne sont pas r�glementaires - dont il �tablit une liste comprenant dix points -. Il conclut subsidiairement au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Le Tribunal cantonal et la Municipalit� de Montreux concluent au rejet du recours, alors que la B.________ conclut principalement � son irrecevabilit�. Un deuxi�me �change d'�critures a eu lieu, au terme duquel les parties ont maintenu leurs conclusions.
Form� contre un arr�t final (art. 90 LTF) pris en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) sur la base du droit public cantonal (art. 82 let. a LTF), le pr�sent recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public au sens des art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e.
L'intim�e conteste en vain la qualit� pour recourir du recourant devant le Tribunal f�d�ral; le recourant est directement touch� par le prononc� d'irrecevabilit� de l'arr�t attaqu� et a un int�r�t digne de protection � en obtenir l'annulation afin d'obtenir qu'il soit statu� sur le fond de la cause; il a d�s lors qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF.
Les juges cantonaux ayant refus� d'entrer en mati�re sur le recours, seule la question de la recevabilit� du recours cantonal peut donc �tre port�e devant le Tribunal f�d�ral qui n'a, � ce stade, pas � examiner le fond de la contestation. Les conclusions du recourant tendant � ordonner la mise en conformit� ou la d�molition des b�timents A, B et C et autres constructions sis sur la parcelle n� 5426 sont donc irrecevables.
Pour le reste, les autres conditions de recevabilit� sont r�unies de sorte qu'il y a lieu d'entrer en mati�re sur la question de la recevabilit� du recours au Tribunal cantonal.
Dans la premi�re partie de son �criture, le recourant pr�sente son propre "rappel des faits". Dans la suite de son m�moire, il all�gue aussi des faits que le Tribunal cantonal n'a pas retenus. Or, le Tribunal f�d�ral statue en principe sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sous r�serve des cas pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. Le recourant ne peut critiquer la constatation de faits qui importent pour le jugement de la cause que si ceux-ci ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), en particulier en violation de l'interdiction constitutionnelle de l'arbitraire (art. 97 al. 1 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; Message concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale du 28 f�vrier 2001, FF 2001 p. 4135), ce qu'il lui appartient de d�montrer par une argumentation r�pondant aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF, respectivement de l'art. 106 al. 2 LTF. En l'esp�ce, le recours ne comporte aucune d�monstration du caract�re arbitraire de l'�tat de fait de la d�cision attaqu�e, de sorte qu'il n'y a pas lieu de prendre en consid�ration d'autres faits que ceux retenus dans ladite d�cision.
Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir d�clar� son recours irrecevable s'agissant des irr�gularit�s ne portant pas sur les locaux techniques de la piscine du b�timent B. Il pr�tend qu'il �tait l�gitim� � soulever ces griefs et se plaint implicitement d'une application arbitraire du droit de proc�dure cantonal et explicitement d'une violation du principe de la bonne foi.
3.1.�Le prononc� d'irrecevabilit� est fond� sur le droit cantonal de proc�dure. Or, sous r�serve des cas vis�s � l'art. 95 let. c � e LTF, la violation du droit cantonal ne constitue pas un motif de recours. Il est n�anmoins possible de faire valoir que l'application des dispositions cantonales consacre une violation du droit f�d�ral au sens de l'art. 95 let. a LTF, telle que l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Le Tribunal f�d�ral n'examine cependant un tel moyen que s'il est formul� conform�ment aux exigences de motivation qualifi�es pr�vues � l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 133 III 639 consid. 2 p. 639 s.; 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254).
A teneur de l'art. 79 al. 2 de la loi sur la proc�dure administrative du 28 octobre 2008 (LPA/VD; RSV 173.36), le recourant ne peut pas prendre des conclusions qui sortent du cadre fix� par la d�cision attaqu�e: il peut en revanche pr�senter des all�gu�s et moyens de preuve qui n'ont pas �t� invoqu�s jusque-l�.
3.2.�Aux termes de l'art. 5 al. 3 Cst., les organes de l'�tat et les particuliers doivent agir de mani�re conforme aux r�gles de la bonne foi. Cela implique notamment qu'ils s'abstiennent d'adopter un comportement contradictoire ou abusif (ATF 134 V 306 consid. 4.2 p. 312). De ce principe g�n�ral d�coule notamment le droit fondamental du particulier � la protection de sa bonne foi dans ses relations avec l'�tat, consacr� � l'art. 9 in fine Cst. (ATF 138 I 49 consid. 8.3.1 p. 53 et les arr�ts cit�s).
Selon la jurisprudence, un renseignement ou une d�cision erron�s de l'administration peuvent obliger celle-ci � consentir � un administr� un avantage contraire � la r�glementation en vigueur, � condition que (1) l'autorit� soit intervenue dans une situation concr�te � l'�gard de personnes d�termin�es, (2) qu'elle ait agi ou soit cens�e avoir agi dans les limites de ses comp�tences et (3) que l'administr� n'ait pas pu se rendre compte imm�diatement de l'inexactitude du renseignement obtenu. Il faut encore (4) qu'il se soit fond� sur les assurances ou le comportement dont il se pr�vaut pour prendre des dispositions auxquelles il ne saurait renoncer sans subir de pr�judice et (5) que la r�glementation n'ait pas chang� depuis le moment o� l'assurance a �t� donn�e (ATF 137 I 69 consid. 2.5.1 p. 72; 131 II 627 consid. 6.1 p. 637).
3.3.�En l'occurrence, le Tribunal cantonal a consid�r� que l'objet du litige �tait la demande compl�mentaire d'autorisation de construire, soit la mise en conformit� des locaux techniques de la piscine du b�timent B. Il en a d�duit que le recourant ne saurait, dans le cadre de son opposition, remettre en question la conformit� des travaux r�alis�s par rapport aux pr�c�dents permis de construire d�livr�s; les probl�matiques que le recourant soulevait dans son recours concernant les diff�rents �l�ments de construction qu'il estimait non conformes �taient �trang�res � l'objet de l'enqu�te publique, qui avait trait � la construction des locaux techniques de la piscine et au volume construit dans le prolongement de la piscine; ainsi, les conclusions du recours visant la mise en conformit� des b�timents A, B et C et la d�molition des �l�ments non conformes �taient irrecevables.
La cour cantonale a de surcro�t pr�cis� que les griefs litigieux avaient fait l'objet des d�cisions de la Municipalit� des 1
er�mars 2012 et 30 ao�t 2012, contre lesquelles le recourant n'avait pas recouru.
Le Tribunal cantonal a enfin ajout� que le recourant n'avait pas recouru contre le permis d'habiter d�livr� le 3 d�cembre 2012.
3.4.�Le recourant ne conteste pas que les griefs d�clar�s irrecevables par le Tribunal cantonal sont �trangers au permis de construire octroy� le 26 mars 2013. Il ne discute pas r�ellement les motifs qui ont conduit le Tribunal cantonal � consid�rer que le "cadre fix� par la d�cision attaqu�e" au sens de l'art. 79 al. 2 LPA/VD est le rejet de l'opposition portant sur la demande de permis de construire du 26 mars 2013.
Il fait uniquement valoir que la Municipalit�, dans sa lettre du 30 ao�t 2012 ne comportant aucune indication de voie ou de d�lai de recours, a mentionn� que "il s'agira, une fois toutes les solutions esquiss�es re�ues, de d�finir si une enqu�te publique compl�mentaire doit se d�rouler et les points sur lesquels elle devra porter". Il soutient que c'est en se fondant sur les assurances donn�es par la commune qu'il est intervenu dans le cadre de l'enqu�te publique de mise en conformit� de la construction, pour rappeler � la commune toutes les divergences existant entre la construction projet�e et les plans mis � l'enqu�te publique.
Le grief de violation du droit � la protection de la bonne foi peut �tre d'embl�e rejet�, dans la mesure o� la Municipalit� n'a pas donn� de renseignement erron� au recourant. Le recourant passe en effet sous silence le fait que la Municipalit� a r�pondu au courrier du recourant du 20 janvier 2011 - lequel d�non�ait des travaux qualifi�s de non r�glementaires -, en organisant une visite de la Commission communale de salubrit� en pr�sence de toutes les parties le 8 f�vrier 2011. Apr�s que le conseil du recourant a pris position le 22 f�vrier 2011 sur la r�ponse du constructeur, la Municipalit� a d�cid� de ne pas ordonner l'arr�t des travaux par d�cision du 1
er�mars 2011, en se fondant sur le rapport de la Commission de salubrit� du 17 f�vrier 2011. M�me si cette d�cision n'indiquait pas les voie et d�lai de recours, le recourant, assist� d'un mandataire professionnel, devait la contester s'il estimait que les travaux en cause n'�taient pas conformes � la r�glementation communale.
De plus, la Municipalit� a r�pondu par courrier du 30 ao�t 2012 aux critiques �mises par le recourant les 23 et 31 juillet 2012. Elle a pris position sur la plupart des points soulev�s, tout en laissant en suspens les points concernant l'�l�ment du socle du b�timent B et la piscine int�rieure de ce b�timent: ces �l�ments ont fait l'objet de l'enqu�te publique ayant donn� lieu au permis de construire contest�, comme l'avait annonc� la Municipalit� dans son courrier. A nouveau, le recourant, assist� d'un avocat, n'a pas recouru contre cette d�cision.
Par ailleurs, la cour cantonale n'a pas appliqu� de mani�re arbitraire l'art. 79 al. 2 LPA/VD, en consid�rant que les griefs ne se rapportant pas au permis de construire d�livr� le 26 mars 2013 sortaient du "cadre fix� par la d�cision attaqu�e". Mal fond�, le grief doit �tre �cart�.
Le recourant fait aussi grief � la cour cantonale d'avoir ni� sa qualit� pour agir, s'agissant des locaux techniques de la piscine du b�timent B. Il se plaint implicitement d'une application arbitraire de l'art. 75 al. 1 LPA/VD.
4.1.�Selon l'art. 75 al. 1 LPA/VD, a qualit� pour former recours toute personne physique ou morale ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente ou ayant �t� priv�e de la possibilit� de le faire, qui est atteinte par la d�cision attaqu�e et dispose d'un int�r�t digne de protection � ce qu'elle soit annul�e ou modifi�e (let. a) ainsi que toute autre personne ou autorit� qu'une loi autorise � recourir (let. b).
Cette disposition, qui correspond � l'art. 89 al. 1 LTF, doit �tre interpr�t�e de la m�me mani�re (cf. ATF 139 III 504 consid. 3.3 p. 508; 139 II 328 consid. 3.2 p. 332 s. et les arr�ts cit�s; 139 II 279 consid. 2.2 p. 282). Selon la jurisprudence rendue � propos de l'art. 89 al. 1 LTF, l'int�r�t digne de protection consiste dans l'utilit� pratique que l'admission du recours apporterait � la partie recourante en lui �vitant de subir un pr�judice de nature �conomique, id�ale, mat�rielle ou autre que la d�cision attaqu�e lui occasionnerait. Il implique que le recourant soit touch� de mani�re directe, concr�te et dans une mesure et avec une intensit� plus grandes que la g�n�ralit� des administr�s, de mani�re � exclure l'action populaire (cf. ATF 139 II 499 consid. 2.2 p. 504; 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33 s.). L'int�r�t invoqu�, qui peut �tre un int�r�t de fait, doit se trouver dans un rapport �troit, sp�cial et digne d'�tre pris en consid�ration avec l'objet de la contestation (ATF 137 II 40 consid. 2.3 p. 43 et les arr�ts cit�s).
Le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualit� pour recourir. La distance entre b�timents constitue ainsi un crit�re essentiel, la jurisprudence reconnaissant g�n�ralement la qualit� pour agir lorsque l'opposant est situ� � quelques dizaines de m�tres du projet litigieux (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33; arr�t 1C_346/2011 du 1
er�f�vrier 2012 publi� in DEP 2012 p. 692, consid. 2.3 p. 285). La proximit� avec l'objet du litige ne suffit toutefois pas � elle seule � conf�rer la qualit� pour recourir contre l'octroi d'une autorisation de construire. Les voisins doivent en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de la d�cision contest�e qui permette d'admettre qu'ils sont touch�s dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la collectivit� concern�e (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 et 2.3 p. 33 s.; 133 II 249 consid. 1.3.1 p. 252). Une atteinte particuli�re est reconnue lorsqu'il faut notamment s'attendre avec certitude ou avec une grande vraisemblance � des immissions sur le fonds voisin en provenance de l'installation (ATF 140 II 214 consid. 2.3 p. 219; 136 II 281 consid. 2.3.1 p. 285; 121 II 171 consid. 2b p. 174).
4.2.�En l'occurrence, le Tribunal cantonal a consid�r� que tant les am�nagements r�alis�s que ceux autoris�s par le permis de construire contest� n'aggravaient pas la situation du recourant par rapport � celle qui r�sultait des travaux autoris�s � l'issue de l'enqu�te publique compl�mentaire qui avait eu lieu du 1
er�d�cembre 2009 au 4 janvier 2010. S'agissant des am�nagements autoris�s par le permis de construire, les plans des fa�ades sud et nord montraient d�j� l'existence d'un volume ext�rieur comparable � celui qui fait l'objet de l'autorisation de construire litigieuse; par ailleurs, l'ascenseur en pente constituait un obstacle visuel qui masquait cette construction depuis la parcelle du recourant; ce dernier �tant l'auteur des plans d'enqu�te, il �tait parfaitement conscient de l'impact qu'auraient les am�nagements projet�s, depuis sa parcelle. De plus, l'instance pr�c�dente a relev� que l'inspection locale avait permis de confirmer que la parcelle du recourant n'�tait pas visible depuis le bas du socle du b�timent B (volume r�alis� dans le prolongement du niveau de la piscine et locaux techniques, situ�s sous la piscine); ces am�nagements �taient totalement masqu�s par l'ascenseur inclin� et les escaliers desservant les diff�rents niveaux du b�timent B et le b�timent C; la cr�ation des locaux techniques sous la piscine ne limitait en rien l'usage du bien-fonds du recourant et n'entra�nait aucun inconv�nient de quelque nature que ce soit; il en allait de m�me pour le volume situ� dans le prolongement du niveau de la piscine, totalement inutilisable, et pr�vu d'�tre combl� ou rendu inaccessible.
S'agissant des travaux r�alis�s de mani�re non conforme aux plans mis � l'enqu�te, l'instance pr�c�dente a relev� que l'inspection locale avait permis de constater que le volume situ� dans le prolongement de la piscine n'�tait effectivement pas rempli de terre et qu'il �tait s�par� de l'espace de la piscine par une paroi lumineuse comportant deux ouvertures compl�tement mur�es, c'est-�-dire donnant sur un espace ferm� de tous c�t�s par des murs en plots de ciment; par ailleurs, le niveau du terrain am�nag� au pied du socle du b�timent B se trouvait environ deux m�tres plus bas que celui indiqu� dans les plans de l'enqu�te compl�mentaire de 2012-2013. Le Tribunal cantonal a relev� � cet �gard que le volume situ� dans le prolongement de la piscine �tait inaccessible et totalement inutilisable. Il a estim� que d'importants travaux seraient n�cessaires pour rendre ce volume habitable, comme la destruction de la paroi lumineuse, la d�molition des murs, et la cr�ation d'am�nagements int�rieurs, travaux qui n�cessiteraient de toute mani�re une demande de permis de construire pr�alable: que ce volume soit rempli ou non de terre ne changeait d'ailleurs rien � la situation du recourant puisque dans un cas comme dans l'autre, il demeurait inaccessible et inutilisable. La cour cantonale a ajout� que la diff�rence de niveau du terrain am�nag� entre les plans de l'enqu�te compl�mentaire 2012-2013 et la situation effective ne touchait pas non plus le recourant dans sa situation de fait, car cette partie du terrain n'�tait de toute mani�re pas visible depuis son bien-fonds et n'affectait en rien l'usage de son terrain.
4.3.�Face � ce raisonnement, le recourant fait d'abord valoir que la demande de permis de construire a pour cons�quence d'augmenter la surface et les volumes du b�timent et donc les surfaces habitables: il affirme que comme il a c�d� une partie de ses droits � b�tir � la parcelle n� 12593 et qu'� la suite de l'entr�e en vigueur du plan g�n�ral d'affectation 2007 - actuellement en r�vision - les indices constructibles de la zone en question seront augment�s, il pourra r�cup�rer une partie de ses droits � b�tir. Il semble d�duire sa qualit� pour recourir de l'int�r�t dont il dispose � ce que la commune ne lui oppose pas des surfaces b�ties suppl�mentaires non autoris�es pour lui refuser le d�gr�vement partiel de la mention.
Ce grief est irrecevable puisqu'il ne ressort pas des faits retenus par l'arr�t attaqu� - auxquels le Tribunal f�d�ral est li� (supra consid. 2) - qu'une restriction des droits � b�tir gr�ve la parcelle n� 12'593. F�t-il recevable, ce grief devrait de toute fa�on �tre rejet�. En effet, la potentielle perte ult�rieure des droits � b�tir r�sultant d'une �ventuelle entr�e en vigueur prochaine du r�glement du plan g�n�ral d'affectation de 2007, pure supposition, ne repr�sente pas une atteinte � un int�r�t digne de protection actuel.
Le recourant reproche ensuite � la cour cantonale de s'�tre fond�e sur les plans soumis � enqu�te et non sur les travaux effectivement r�alis�s. La situation est particuli�re dans la mesure o� la demande de permis de construire a �t� d�pos�e alors que la construction a d�j� �t� r�alis�e de fa�on non conforme aux plans mis � l'enqu�te. C'est pourquoi le Tribunal cantonal a men� une inspection locale et s'est fond� sur les constatations de fait op�r�es sur place. Quoi qu'en dise le recourant, il a tenu compte des travaux effectivement r�alis�s pour examiner la qualit� pour recourir de l'int�ress� (cf. supra consid. 4.2). Pour le reste, la cour cantonale a express�ment mis en �vidence que les plans mis � l'enqu�te publique ne correspondaient pas � la situation existante et a pr�cis� qu'il appartenait � la Municipalit� de se prononcer sur les �ventuelles mesures � prendre en vue de s'assurer que les travaux r�alis�s demeurent conformes au permis de construire d�livr� (cf. arr�t attaqu� consid. 3h).
Le recourant fait encore valoir que les travaux r�alis�s sont contraires au r�glement communal. Contrairement � la cour cantonale, il qualifie d'habitables les volumes compl�mentaires r�alis�s devant les locaux techniques - le mur de fa�ade ouest ayant environ 2 m de plus que sur les plans -. Il en d�duit que, compte tenu de leur caract�re habitable et non enterr�, ces volumes compl�mentaires devraient �tre pris en consid�ration dans les calculs de la distance entre les b�timents, du nombre d'�tages, de la surface b�tie et de la hauteur � la corniche: les dispositions du r�glement communal y relatives ne seraient alors plus respect�es. Le recourant affirme ainsi �tre touch� par la d�cision du 26 mars 2013.
Cette argumentation ne suffit cependant pas � d�montrer le caract�re manifestement insoutenable de celle du Tribunal cantonal. En effet, le recourant se borne � substituer sa propre appr�ciation des faits � celle du Tribunal cantonal, qui s'est rendu sur place et a retenu que ces volumes compl�mentaires n'�taient pas habitables car ils �taient inaccessibles et inutilisables (cf. supra consid. 4.2). De plus, le recourant se fonde sur des �l�ments de fait non retenus par l'arr�t attaqu� (cf. supra consid. 2). Enfin, l'int�ress� ne conteste pas que les locaux techniques litigieux sont invisibles depuis sa parcelle et n'affectent en rien l'usage de son terrain.
Dans sa r�plique, le recourant soutient, sans le d�montrer, que la construction litigieuse conduit � une moins-value des terrains voisins. F�t-il recevable, ce grief n'est toutefois pas de nature � remettre en cause le raisonnement de l'instance pr�c�dente.
Dans ces circonstances, le Tribunal cantonal n'a pas appliqu� arbitrairement l'art. 75 al. 1 LPA/VD en d�niant la qualit� pour recourir au recourant.
Le recourant, qui succombe, doit supporter les frais judiciaires (art. 65 et 66 LTF). Il versera en outre une indemnit� de d�pens � l'intim�e qui obtient gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 LTF). La Municipalit� n'a en revanche pas droit � des d�pens (art. 68 al. 3 LTF).
Une indemnit� de 3'500 francs est allou�e � la B.________ � titre de d�pens, � la charge du recourant.