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Timestamp: 2018-02-25 10:00:45+00:00
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Salah Abdeslam est arrivé à la prison de Bruges - Le Point
C'est également dans cette prison qu'est incarcéré Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles.
Modifié le 20/03/2016 à 09:42 - Publié le 19/03/2016 à 09:48 | Le Point.fr
Police belge à Molenbeek le 18 mars 2016. © Anadolu Agency/ Dursun Aydemir
Samedi soir, Salah Abdeslam a été incarcéré à la prison de Bruges, qui abrite un quartier de haute sécurité et où est actuellement incarcéré Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles. À son arrivée, il devait être placé dans l'aile réservée aux détenus les plus dangereux, a indiqué Kathleen Van de Vijver, porte-parole des prisons belges. Cette partie de la prison, au niveau de sécurité maximum, a été construite en 2008 pour héberger "des personnes qui présentent un risque d'évasion et ceux qui ont des problèmes de comportement dans une prison normale". Cette unité est strictement surveillée, et les cellules ont des portes doubles. Le mobilier est fixé au sol et les télévisions sont placées derrière des plaques de Plexiglas. Les cellules sont contrôlées quotidiennement afin de vérifier que des objets étrangers ne mettent pas en danger les prisonniers. Les gardiens qui opèrent à Bruges sont spécialement formés.
La prison de Bruges, située en périphérie de la ville, à Sint-Andries, est l'une des plus grandes prisons de Belgique. Les premiers détenus y sont entrés en 1991. Construite en forme de croix, la prison peut héberger 504 hommes et 94 femmes, les mères peuvent garder leur enfant avec elles jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de trois ans. Elle accueille à la fois des prévenus et des condamnés. Elle dispose en particulier d'un centre médical.
"Un nouveau mandat d'arrêt européen"
La décision de remettre à la France Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de novembre à Paris interpellé vendredi à Bruxelles, interviendra "dans un délai de 60 jours à compter de son arrestation", ou de 90 jours en cas de recours, a affirmé samedi le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas. Le mandat d'arrêt européen qui le vise est une procédure "plus simple et plus efficace que l'extradition, puisqu'elle impose des délais brefs de traitement. (...) C'est une procédure exclusivement judiciaire, dans laquelle le pouvoir exécutif n'intervient pas", souligne-t-il, rappelant que "le refus par la personne concernée d'être remise aux autorités étrangères ne fait pas obstacle à l'exécution de la remise." Par la voix de son avocat, Salah Abdeslam, qui a été inculpé samedi en Belgique, a indiqué qu'il refusera d'être remis aux autorités françaises, "dans la mesure où il y a encore une enquête belge qui doit être faite".
La garde à vue de Salah Abdeslam a été prolongée de cinq jours, a annoncé Sven Mary, son avocat. "Ce que je peux vous dire, c'est qu'il collabore avec la justice belge. Dans une heure, nous serons de retour (devant le juge), dans le cadre du mandat d'arrêt européen, où la France demande son extradition, et d'ores et déjà je peux vous annoncer qu'on refusera son extradition vers la France", avait indiqué l'avocat aux journalistes à l'issue d'une audition au siège de la police judiciaire fédérale à Bruxelles. "On va d'abord voir si le mandat d'arrêt européen est légal et puis on verra", a expliqué Me Mary. "Ce n'est pas parce qu'il refuse qu'il ne sera pas remis", avait expliqué samedi l'avocate française Florence Rouas-Elbazis, "mais cela peut entraîner un délai supplémentaire."
Pour reprendre les termes de Pierre Chomé, avocat pénaliste et professeur de droit à l'université libre de Bruxelles, "c'est une arme redoutable, qui permet un transfert presque automatique, alors qu'on avait auparavant l'extradition, qui est une procédure politique". Avec ce que cela implique de lourdeur, de risque de contentieux et de délais à rallonge. L'avocate parisienne Florence Rouas-Elbazis estime ainsi que ce mandat d'arrêt européen est devenu une "routine" judiciaire pour les États membres. Dans le cas de Salah Abdeslam, il faut lui notifier qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen, ce qui peut être fait par un huissier, en prison. Là, s'il accepte son transfèrement, "cela devient une question de logistique" pour le remettre à la France. Mais il a une possibilité de recours "essentiellement technique", selon l'avocat belge. "Ce n'est pas parce qu'il refuse qu'il ne sera pas remis", précise Me Florence Rouas-Elbazis, "mais cela peut entraîner un délai supplémentaire. Pour Pierre Chomé, le plus probable est que la justice belge "dénonce" Salah Abdeslam à la France pour les faits commis sur le territoire belge, par exemple s'il est soupçonné d'avoir tiré sur les forces de l'ordre à Bruxelles. Et qu'elle charge la France d'instruire ce "volet belge", pour aller plus vite. Il souligne que dans le cas de Mehdi Nemmouche, accusé d'être l'auteur de l'attentat du musée juif à Bruxelles en mai 2014, la France avait "eu la sympathie" de le livrer à la Belgique sans s'appesantir sur les délits commis sur le territoire français, par exemple la détention illégale d'armes au moment de son arrestation à Marseille (sud de la France).
Le parquet belge a annoncé que Salah Abdeslam est inculpé pour "meurtres terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste". Un complice, "le soi-disant Monir Ahmed Alaaj alias Amine Choukri", arrêté en même temps que lui vendredi à Bruxelles, a été inculpé des mêmes chefs et a également été placé en détention, a précisé le parquet dans un communiqué. Le logeur Amid Aberkan, chez qui les deux fugitifs ont été interpellés dans la commune bruxelloise Molenbeek, a lui été inculpé de "participation aux activités d'un groupe terroriste et recel de criminels" et placé en détention. Une autre membre de la famille Aberkan, Djemila M., a été inculpée de "participation aux activités d'un groupe terroriste et recel de criminels" mais n'a "pas été privée de sa liberté", détaille le parquet. Enfin, une autre femme, Sihane A., "a été remise en liberté sans inculpation".
Il était à Paris le 13 novembre
Pour décider d'autoriser sa remise à la justice française, les magistrats belges ne devront pas examiner le fond du dossier, mais uniquement statuer sur le respect de la procédure en vigueur. Salah Abdeslam, arrêté vendredi dans la commune bruxelloise de Molenbeek après quatre mois de cavale, est "alité", car il a été "blessé par balle à la jambe", a précisé Me Mary, l'un des ténors du barreau de Bruxelles, choisi vendredi par la famille de Salah Abdeslam pour le défendre, et qui l'a rencontré "10 minutes" samedi. Interrogé par la foule de journalistes pour savoir si son client confirmait avoir été présent à Paris le 13 novembre, jour des attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés, Me Mary a répondu : "Il y était."
Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris, et un de ses complices ont été emmenés samedi matin hors de l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, où ils étaient soignés, avait annoncé plus tôt dans la matinée, le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur sur son compte Twitter, sans préciser leur destination : "Les 2 présumés terroristes ont quitté le CHU StPierre @VilleBruxelles Bravo et merci à tout le personnel de l'hôpital et aux forces de police." Les deux hommes avaient été légèrement blessés lors de leur arrestation vendredi.
Bientôt remis à la France ?
Capturé vendredi à Bruxelles après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam pourrait être remis à la France aux termes du mandat d'arrêt européen plutôt qu'extradé, une procédure plus longue, pour son rôle dans les attentats de Paris, estiment les experts. Le président français François Hollande a dit s'attendre à ce que la Belgique extrade "le plus rapidement possible" Salah Abdeslam vers la France. Et le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, a estimé normal (...) que Salah soit extradé et que la justice française traite le cas". Le Premier ministre belge Charles Michel a indiqué samedi que la procédure d'extradition pourrait prendre "quelques semaines" en vertu du droit belge.
Salah Abdeslam est soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien dans ces attaques, revendiquées par le groupe État islamique (EI). Mais son rôle a peut être été plus important, ainsi BFMTV croit savoir qu'il aurait dû se faire exploser au stade de France, sans apporter plus de précision. Ce que l'on sait certainement,; c'est que, quelques jours avant les attentats, il a loué des voitures et plusieurs logements en région parisienne pour le commando. Après avoir sans doute convoyé le soir des tueries les kamikazes du Stade de France, il a abandonné une ceinture explosive dans le sud de la capitale française, appelé à la rescousse deux amis bruxellois et échappé à trois barrages policiers sur la route du retour vers Bruxelles.
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Le complice arrêté en même temps que lui est connu sous les identités de Amine Choukri et Monir Ahmed Alaaj. Il avait été contrôlé en compagnie de Salah Abdeslam à Ulm en Allemagne le 3 octobre 2015. Ses empreintes, relevées lors de ce contrôle, ont ensuite été retrouvées dans une maison utilisée par le groupe terroriste à Auvelais, dans la région de Namur (sud), qui a servi pour préparer les attentats de Paris.
La famille de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris arrêté ce vendredi dans la capitale belge, est "soulagée", a annoncé samedi l'avocate de son frère Mohamed, Me Nathalie Gallant. "Mohamed Abdeslam, avec qui je me suis encore entretenue il y a quelques minutes, m'a chargée de véhiculer ceci (...) : ce qu'il souhaite dire, au nom de sa famille, c'est qu'il y a un sentiment de soulagement", a indiqué l'avocate interrogée par la télévision belge RTBF. "D'abord parce que Salah a été arrêté vivant. C'était une des espérances de la famille. Soulagement également parce que la chasse à l'homme a pris fin, et qu'il faut se rendre compte que cette famille est sous pression non-stop depuis quatre mois", a ajouté Me Gallant.
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