Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19990517-199859
Timestamp: 2017-07-21 19:19:55+00:00
Document Index: 261397741

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", "l'article 25", "l'article 22", 'art. 22', 'art. 25']

France, Conseil d'État, 5 / 3 ssr, 17 mai 1999, 199859
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 199859Numéro NOR : CETATEXT000007990872 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1999-05-17;199859 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 23 septembre 1998 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 10 août 1998 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 9 juillet 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
- les conclusions de M. Chauvaux, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'il n'est pas contesté que Mme X... qui s'est maintenue en France plus d'un mois après qu'un titre de séjour lui ait été refusé se trouvait dans le cas prévu au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée où un étranger peut faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;
Considérant que si Mme X..., de nationalité malienne, célibataire, entrée en France en 1990 à l'âge de 41 ans, fait état de ses liens familiaux avec une fille et trois petits enfants vivant en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle est dépourvue de toutes attaches familiales avec son pays d'origine ; qu'eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DE POLICE en date du 9 juillet 1998 n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, porté aux droits de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour annuler ledit arrêté ;
Considérant toutefois qu'il y a lieu pour le Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme X... devant le Conseil d'Etat et le tribunal administratif de Paris ;
Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance modifiée du 2 novembre 1945 : "Ne peut faire l'objet d'un arrêté d'expulsion ( ...) 8° l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi ( ...)/ Les étrangers mentionnés aux 1° à 6° et 8° ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application de l'article 22 de la présente ordonnance" ;
Considérant qu'il est constant que Mme X... souffre d'une affection diabétique grave et d'un handicap physique pour lesquels elle est suivie médicalement en France ; qu'elle ne pourrait bénéficier dans son pays d'origine de traitements appropriés à son état de santé ; que sa reconduite à la frontière comporte ainsi des risques sérieux ; que, par suite, en ordonnant la mesure attaquée, le PREFET DE POLICE a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à se plaindre que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 9 juillet 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Hawa X... et au ministre de l'intérieur.Références : Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25Publications :Proposition de citation: CE, 17 mai 1999, n° 199859Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme Falque-PierrotinRapporteur public : M. ChauvauxOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 5 / 3 ssrDate de la décision : 17/05/1999Fonds documentaire : Legifrance Haut de page