Source: http://histoiresdunord2.blogspot.com/2011/07/
Timestamp: 2018-06-23 19:32:19+00:00
Document Index: 144780174

Matched Legal Cases: ['§ 56', '§ 55', '§ 56', '§ 57', '§ 58', '§ 55', '§ 56', '§ 57', '§ 58']

Histoires du Nord 2: juillet 2011
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L’AN mil sept cent quatrevingt-neuf, & le dix-huit septembre huit heures du matin, les BOURGMAITRE ET ECHEVINS de la Ville et Territoire de Dunkerque, assemblés à l’Hôtel de Ville avec les Repésentans de la Commune, nommés & convoqués en la manière accoûtumée, pour délibérer sur un Projet de formation d’une nouvelle Garde-Bourgeoise qui commenceroit à être en activité au premier Octobre prochain, époque à laquelle la Garde-Bourgeoise actuellement établie doit cesser le Service ; lequel Projet a été formé par ladite Garde-Bourgeoise, communiqué au Magistrat & par lui adressé aux différens Ordres & Corporations de la Commune & aux Citoyens qui ne sont d’aucune Corporation qui ont été à cet effet assemblés ; après que lesdits Représentans de la Commune ont eu librement ouvert leurs avis ; les voix recueillies sur chaque objet qui a été mis en délibération, il a été résolu & arrêté que le nombre des Garde-Nuit sera augmenté jusqu’à soixante ; que la Garde-Bourgeoise actuellement établie sera priée de continuer son Service jusqu’au premier Octobre prochain suivant les offres : qu’il sera formé actuellement un choix par Scrutin, d’un Comité de douze Personnes, qui agira de concert avec les Officiers Municipaux pour la formation d’une nouvelle Garde-Bourgeoise : auquel effet dénombrement sera fait des Habitans par les Officiers municipaux, conjointement avec les Membres du Comité, laquelle Garde-Bourgeoise ne fera cependant le Service qu’en cas de nécessité absolue, connue & jugée telle par ledit Comité & les Officiers Municipaux : qu’il sera libre aux Confreries de former elles-mêmes leurs Compagnies particulières & seront exempts ceux desdites Compagnies de tout Service dans d’autres Compagnies : que toutes les Compagnies formées se choisiront leurs Chefs, qu’il sera également libre aux Capitaines de navire de former leurs Compagnies, qui, comme celles des Confreries, seront néanmoins subordonnées au Chef-Général de la Garde-Bourgeoise & au Comité.
Ainsi fait les jour, mois & an que dessus, signé, Jacques Pilliet, premier Vicaire, J.P. Renier, Vicaire, Coppens, B. Coppens, le chevalier de Saint-Trey, F. Lorenzo, Grégoire Lorenzo, Coppens d’Hondschoote, Leys, Labenne, Blaisiel, Montgey, Olivier, Masuel, Woestyn l’aîné, Sancey de Blaigny, Sta, Delfaux, Mayens, Cloquette, Cailliez, Masselin, P.F. Chamonin, A.J. Figoly, H. Coppin, H.J. Edouart, Colin, De Berckem, Lefebvre, Meynne, Caffiery, Lemaire, J.B. Vandewalle, J.N. Dechofal, Ns Gaspard, Coupé, Pierre Bonvarlet, J. Busterel, Pierre Cousin, J.B. Leroy, A. Ducrocq, Louis Lantein, Weins l’Aîné, Math. Pol. Delafontaine, Delongue, Teste Desvignes, J. Gourain, Verbulst Medecin Docteur, A.G. Langlois, Ducatez, P. Catty, Ph. Ducamp, Piessen l’Aîné, César Buytens, Houwens, Fils aîné, Charles Versmée, W. Christiaens, J. Carlier, P. Duhaudt, J. Butté, J. Lt Drieux, Godefroy, Moran, Caron, Jh Baillet cadet, P. L’hermite, marchand, P. Prouvoost, J.B. Cousin, Antoine Seraes. P. Brax, J. Bailleul, M. Capendu, d’Hondt, Costenobel, Pieters, P. Everaerd, N. Boudin, Charles Quieux, G.F. Dart, J.F. Buquet, Ph, Duhamez, H. Tureille, Ch. Febvrier, Everaerd, Gamblin, Dodanthun, Thiery Bourgmaître, De Meulebecque, Looten de l’Enclos, Pol. Lointhier, Macnamara Casey, Chevalier de Dreuille, Vanwormhoudt, de Man, Taverne de Coudecasteele, Hovelt & Merlan, Commis-Greffier-Juré.
Et sur le champ il a été procédé à l’élection, par la voie du Scrutin, de douze Personnes pour former le Comité dont il est question au Procès-verbal qui précéde, & le choix est tombé par le premier Scrutin sur Monsieur Emmery Colonel de la Garde-Bourgeoise actuelle, par le second Scrutin sur Monsieur Coppens, Procureur du Roi au Siège de l’Amirauté ?
Et attendu qu’il est une heure sonnée, la continuation de l’élection a été remise à ce jour trois heures de relevée. Signé, Jacques Pilliet, premier Vicaire, J.P. Renier, Vicaire, Coppens, B. Coppens, le chevalier de St-Trey, F. Lorenzo, Grégoire Lorenzo, Coppens d’Hondschoote, Leys, Labenne, Blaisiel, Montgey, Masuel, Olivier, Montgey, Sancey de Blaigny Médecin, Delfaux, Sta, Cloquette, Maeyens, Lefebvre, H. Coppin, H.J. Edouart, P.F. Chamonin, Caillez, Masselin, P. L’Hermite, Godeffroy, Verbulst Medecin Docteur, J. Bustereel, J.B. Vandewae Père, J.B. Leroy, C. Macrez, J.N. Deschosal, Caffieri, Colin, Ns Gaspard, Couppé, Moran, Caron, Math. Pol, Weins l’Aîné, Ls Lantein, Lemaire, A. Ducrocq, Delafontaine, Meynne, Delongue, F. Gourdin, H. Houwens Fils Aîné, P. Catty, Ph. Ducamp, P. Brax, A.G. Langlois, J.B. Cousin, J. Butté, A.J. Figoly, J. La. Drieux, P. Provoost, Teste Desvignes, J. Bailleul, Cesar Buyssen, Piessen l’Aîné, Pierre Bonvarlet, P. Everaerd, Ch. Febvrier, H. Toreille, M. Capendu, G.F. Dart, d’Hondt, W. Christiaens, Pieters, J.B. Baillet cadet, De Berckem, Lefebvre, Ch. Queux, Dodanthun, J.B. Buquet, Antoine Seras, Ph. Duhamez, N. Boudin, Martin Costenoble, Thiery Bourgmaître, De Meulebecque, Looten de l’Enclos, Pol. Lointhier, Macnamara Casey, Chev. de Dreuille, Vanwormhoudt, de Man, Taverne de Coudecasteele, Hovelt & Merlan, Commis-Greffier-Juré.
Et le dit jour dix-huit Septembre mil sept cent quatrevingt-neuf, trois heures de relevée, le Magistrat assemblé de nouveau en l’Hôtel de Ville avec les Représentans de la Commune, il a été procédé à la continuation de l’Election par la voie du Scrutin, des membres du Comité dont il est question au Procès-verbal de ce jour au matin, & le choix est tombé par le premier Scrutin sur M. Coppens d’Hondschoote, par le deuxième sur M. Masselin, par le troisième sur M. Desvignes, par le quatrième sur M. Woestyn l’Aîné, par le cinquième sur M. Colin, par le sixième sur M. Edouart l’Aîné, par le septième sur M. Boubert, par le huitième sur M. Chomonin, par le neuvième sur M. Delille Père, & par le dixième sur M. Power.
Et à l’instant a été fait lecture d’une Lettre écrite à l’assemblée par M. Emmery, Colonel de la Garde-Bourgeoise par laquelle il déclare ne pouvoir accepter la nomination faite de sa personne de membre du dudit Comité dont il étoit informé, & sur cela , la matière mise en délibération, il a été arrpeté qu’il seroit procédé à un nouveau scrutin pour nommer un suppléant au cas que M. Emmery persiste dans la démission par lui donnée, & que ledit Sieur Emmery, seroit prié de retiré sa démission, & a aussi arrêté qu’il feroit des remerciemens à M. Emmery, pour les services signalés qu’il a rendu à la Commune & qui ont contribué au maintien de la tranquillité publique : & l’assemblée désirant témoigner sa reconnoissance à tous les autres Citoyens qui ont partagé le Service de la Garde-Bourgeoise & maintenu par leur zéle la tranquillité & le bon ordre, leur vote de remerciemens pour leur Service passé & pour celui qu’ils voudront bien continuer jusqu’à la fin de ce mois & charge le Comité de leur transmettre ensuite ayant été procédé au nouveau Scrutin pour le choix du suppléan, M. Mazuel, a réuni la pluralité des voix.
Ainsi fait et délibéré les jour, mois & ans que dessus. Signé Jacques Pilliet, premier Vicaire, J.P. Renier, Vicaire, Coppens, B. Coppens, le Chevalier De St-Trey, F. Lorenzo, Gre. Lorenzo, Coppens d’Hondschoote, Leys, Labenne, Blaisel, Mazuel, Woestyn l’Aîné, Olivier, Sancey de Blaigny, delfaux, Sta, Mongey, Maeyens, Cloquette, cailliez, Hy. Edouart, Masselin, P.F. Chamonin, lefebvre, Goddefroy, P. L’hermitte, J.N. Dechosal, J.B. Vandewalle père, Verhulst Med. Doct., Nas Gaspard, Couppé, Caffieri, J Bte. Leroy, J. Bustereel, Lemaire, C. Macrez, Louis Lantein, Caron, Moran, Math. Pol, Weins l’Aîné, Marchand, F. Gourdin, A. Ducrocq, H. Houwens Fils Aîné, Meynne, Delongue, De la Fontaine, A.G. Langlois, J-Lt Drieux, P. Bracx, Piessen l’Aîné, JB Cousin, P. Cady, Ducatez, P. Provoost, J. Bailleul, A.J. Figoly, Ph. Ducamp, Charles Versmée, J. Butté, M. Capendu, Pierre Bonvarlet, Teste Desvignes, César Buyssens, De Berkem, Lefebvre, d’Hondt, H. Toreille, P. Everaerd, Charles Febvrier, Joseph Baillet cadet, Antoine Serras, Martin Costenobel, N. Boudin, Dodanthun, G.F. Dart, W. Christiaens, J.F. Buquet, Pieters, Charles Queux, Gamblin, Ph. Duhamez, Thiery Bourgmaître, De Meulenbecque, Looten de l’Enclos, Pol. Lointhier, Macnamara Casey, Chevalier De Dreuille, Vanwormhoudt, De Man, Taverne de Coudecasteele, Hovelt & Merlan Commis-Greffier juré.
De l’imprimerie de B. Weins, Imprimeur ordinaire de la Ville, 1789
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Avant que la légende de Saint-Roch ne vienne actualiser la protection recherchée auprès des saints et de leurs reliques, la dévotion à Saint-Sébastien, populaire dès le début de la Peste Noire, en fait un intercesseur privilégié contre cette épidémie. Exécuté par les archers de Dioclétien en 288, ayant survécu malgré tout, son corps est démembré et jeté dans l'égoût de Rome. Des reliques de ce martyr invoqué à Rome contre la peste en 654, sont recueillies en 826 par le monastère de Saint-Médard de Soissons. Gilles le Muisit, abbé de Saint-Martin de Tournai rapporte des événements jusqu'en 1352.
source : Gilles le Muisit, Annales, ed. Lemaître, Paris, 1966 trad. du latin
" On divulgua que se trouvaient au monastère de Saint-Pierre d'Hasnon, dans un tombeau, les reliques de Saint-Sébastien : à l'époque où sévissaient la mortalité, une telle multitude de gens s'y rassemblaient et y confluaient, nobles, chevaliers, matrones, membres du clergé, chanoines, religieux de tout ordre et personnes des deux sexes, que le spectacle était d'une très grande et admirable piété. Mais avec la fin de la mortalité, après la Toussaint, le pélerinage et la dévotion cessèrent. De même, à Sain-Médard de Soissons, où l'on disait reposer le corps du martyr Saint-Sébastien, pendant tout le temps que sévit la pestilence de mortalité partout en Francen des gens de toute provenance, de tout sexe et de statut affluèrent. La tourmente passée, le pélerinage et la dévotion s'arrèterent aussi."
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Le cartulaire de Saint-Bertin dresse les biens de l'abbaye (aujourd'hui en ruines, au coeur de saint-Omer) et fait état autant de ses possessions que des taxes et recdevances à percevoir. La comptabilité en terres et en hommes étant le gage d'une gestion permettant aux moines de se consacrer à l'idéal monastique.
in B. GUERARD - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin, 1841, pp 106-107, traduit
1. - A Tubersent on a une église avec 8 bonniers et 1 journal, 1 mancipium.
2. - manse dominical : 15 bonniers de pré, 147 bonniers de terre arable, 9 bonniers de petite forêt, assez de pâture commune.
3. - 18 manses dont 1 à 12 bonniers, 10 à 10 bonniers, 7 à 9 bonniers. Y sont 12 servi qui font trois jours par semaine et 9 ancillae qui font 9 ladmones; les autres sont libres et font 2 jours par semaine et les 7 femmes libres font (chacune) 1/2 ladmo. Pour l'ost 4 sous, 3 chars aux vignes, ils font (chacun) 10 muids de brai et autant de farine (et donnent chacun) 2 poulets et 10 oeufs.
4. - 6 lunarii, et 15 luminarii qui paient à eux tous 2 sous 8 deniers.
5. - 1 moulin dont viennent en cens 12 muids.
a. - Terre à cens 9 bonniers, il cultive 4 bonniers et donne un mouton.
b. - Regenger a 1 bonnier et 1 journal, il cultive 1 bonnier
c. - Alave a 2 bonniers et cultive 1 bonnier;
d. - Le maire Hisegeger a 18 bonniers et 8 mancipia, 1 moulin, il paie 11 muids.
e. - les hommes qui font deux jours par an sont 29
f. - Saxger a 20 bonniers et 3 mancipia, il paie 3 sous
g. - Answald a 6 bonniers et 3 mancipia, il chevauche
h. - Alfunard le saxon a 9 bonniers
1. Tubersant: Pas-de-Calaius arrondissement de Montreuil, canton d'Etaples
2. bonnier : 1,4246 hectare, journal : 1/4 de bonnier, muid : 0,53 hectolitre
3. mancipium, pluriel mancipia : esclave; servi : serfs, ancillae : serves; lunarii : gens qui travaillent le lundi, luminarii: gens qui doivent une redevance en luminaire, en cire; ladmo; mot inconnu, sans doute un textile, brai: orge préparé pour la brasserie.
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la jeunesse d'un chevalier de Flandre : l'exemple d'arnoul d'Ardres (1181)
in Lambert d'Ardres, Histoire des comtes de Guines, MGH, Scriptores, XXIV, Hanovre 1879
"Arnoul passa son enfance près de son père. Lorsqu'il eut acquis la mâle vigueur de l'adolescence et fréquenté de ci delà bordes et tournois, il fut confié au vénéré et mémorable prince de Flandres le comte Philippe pour s'instuire diligemment et s'imprégner des coûtumes et des devoirs chevaleresques. A cela, il fut considéré pour son mérite comme le premier parmi les premiers des jeunes gens de la noblesse flamande. En effet, bien qu'il n'eut pas encore reçu la colée de la chevalerie, il était cependant actif aux armes, enclin à la vertu et à la probité, célèbre par son engouement à la cour, prompt à rendre service, large presque jusqu'à la prodigalité. Il avait le visage gai et d'une beauté telle qu'il surpassait tous ceux de son âge à la cour ; avec cela douc envers tous, affable, gracieux en toutes choses et pour tous, et tous en convenaient. Après quelques années, son âge et l'excellence de sa loyauté future, déjà évidente exigèrent qu'il soit adoubé et fait chevalier. Il voulut avant toute chose plaire à son père et lui réserver la gloire première de sa chevalerie : bien que le très révérend Prince Philippe, gloire de la Flandre ait désiré le faire chevalier et pourvoir aux dépenses et aux armes nécessaires à cet état, Arnoul prit congé de lui sagement, usant de toutes ses qualités nécessaires natives et retourna près de son père à Guines avec son ami Eustache de Salperwick.
Le comte sin père montra par des signes très manifestes combien l'arrivée de son fils le remplissait de joie Il convoqua ses fils, ses connaissances et ses amis à la cour de Guines, le jour de la Pentecôte. Il donna à son fils qui ne répliqua point, la colée chevaleresque et le consacra homme accompli par le serment de chevalier l'an de l'Incarnation de Notre seigneur 1181. Avec Arnoul, il gratifia Eustache de Salperwikck, Simon de Nielles, Eustache d'esque et Wallon de Prove des attributs des voeux de la chevalerie dont il prit pour lui les dépenses. Tous ensemble, éclatant de joie, ils passèrent ce jour solennel en un festin de très riches et très délicates nourritures et boissons. Arnoul, à peine revêtu des vêtements du chevalier, prit la chose à coeur et contenta les ménestrels, les mimes, les gens d'aventure, les conteurs, les bouffons, les jongleurs et tous ceux qui invoquaient son nom de telle sorte qu'il obtint en retour leur louange et leur reconnaissance. Alors que tout ce qu'il pouvait avoir et de demander il l'accordait d'une main libérale pour ne pas dire prodigue (...) donnant tout par petis morceaux; de son bien, de celui accordé par les siens, et échangé par les autres, à peine lui resta-t-il que lui même. Le jour suivant, il fut reçou dans l'église de sa ville d'Ardres, toutes cloches sonnantes, en grande procession, par les moines et clercs chantant à Dieu pour sa gloire "honneur et vertu de la Trinité" et par le peuple clamant et exultant de joie. A partir de ce jour, le comte fréquenta les tournois et parcourut de nombreuses provinces et de nombreux pays pendant presque deux ans, sans aucune aide ni protection de son père. Il eut pour compagnon inséaprable Eustache de Salperwick.
Après qu'Arnoul de Guines eut été confié par son père à la garde et au soin d'Arnoul de Cayeux, qu'il se fut attaché à la compagnie d'Eustache Barbier, d'Eustache de Salperwick, Hugues de Malny, ses domestiques et familiers, et qu'Henry de Campagne avec de nombreux autres nobles et illustres chevaliers se furent joints à lui, il préféra s'exiler dans d'autres pays y rechercher la gloire dans les tournois que s'appliquer dans sa patrie à des loisirs sans délires guerriers, afin de vivre glorieusement et de parvenir aux plus hauts honneurs du siècle. Arnoul devint le héros et la gloire de Guines; son nom acquit une telle renommée de loyauté dans de nombreuses régions qu'il parvint, non sans raison, à la connaissance de la comtesse Ida de Boulogne et toucha son coeur. Elle était la fille de Mathieu, comte de Boulogne, qui était déjà mort, et elle avait pris le nom et la dignité de comtesse. Elle avait d'abord été mariée à Gérard, comte de Gueldre, puis à Bertold, duc de Zeringhem sur le conseil du vénéré comte de Flandres Philippe, son oncle ; tous les deux l'abandonnèrent pour des raisons sous entendues se rapportant à l'article d'un caractère tempêtueux et quasiment comme une veuve sans mari, elle s'abandonna aux voluptés charnelles et aux délices du siècle On comprend qu'elle se prit d'un ardent amour pour Arnoul de Guines et autant qu'elle le put, elle l'attira à elle ou feignit de le séduire avec l'inconstance et la tromperie des femmes. Des lettres et des messages réciproques et secrets portèrent l'un à l'autre la révélation d'un amour réel et Arnoul, à son tour, tomba semblablement amoureux d'elle, ou, par prudence et précaution masculines, fit semblant de l'aimer. Toutefois, soit qu'il l'aimât véritablement, soit qu'il le simulât, il aspira à posséder la terre de Boulogne et la dignité comtale, en obtenant la grâce de la comtesse."
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des conflits seigneuriaux à Bourbourg, Audruicq, Ardres et Guines vers 1140, d'après Lambert d'Ardres
Bourbourg était le siège d'une châtellenie du comté de Flandre: ses origines remonteraient à un château constrit contre les Normands à la fin du XIe siècle. Depuis les environs de 1115, le châtelain était Henri, qui avait épousé en premières noces Sibille, fille de Manassès, comte de Guines: en 1128, il participa aux luttes qui opposèrent les prétendants au comté de Flandre et il se rallia finalement à Thierry d'Alsace, dont il fut connétable de 1151 à 1155. Bourbourg était également le siège d'une importante abbaye qui, dans la première moitié du XIIe siècle, participa, avec les comtes de Flandre, à la reconquête des territoires qui avaient été envahis par la transgression marine des environs de l'an 1000. Or, dans cette frange occidentale du comté de Flandre, une crise, vers la fin du Xe siècle, avait favorisé la formation de comté vassaux, à peu près indépendants: l'un de ceux-ci fut le comté de Guines, qui fut démembré du comté de Boulogne et dont les comtes durent faire face aux-mêmes aux intrigues de certains seigneurs tel Almarus, qui tenta de construire un château pour son propre usage (§ 56). A la mort de Manassès, en 1137, le comté de Guines échut à un des neveux du défunt, Arnoul de Gand, qui dut s'imposer par les armes: vers 1139, Arnoul de Gand, en conflit avec Henri de Bourbourg, attaqua Audruicq, dont il fortifia l'église et dont son adversaire dut évacuer le château; Arnoul occupa tous les château de la terre de Guines (§ 55). Au nord de Guines se trouvaient les terrassements d'un ancien château détruit (§ 56) : Henri de Bourbourg, désireux de reprendre l'offensive, fit construire des superstructures en bois et il les fit transporter de nuit sur l'ancien site, où il construisit un nouveau château appelé "la Fleur" (§ 57); Arnoul s'en empara et le rasa (§ 58).
" § 55 - Henri, châtelain de Bourbourg (...) accourt rapidement vers Audruicq avec ses chevaliers et une foule armée d'hommes du peuple (...). Ayant réuni aveclui autant de chevaliers et de fantassins qu'il le pouvait, Arnoul de Gand (Comte de Guines) se hâte vers Audruicq et il assiège le château (...) Donc arnoul fortifie la tour de l'église en y plaçant des chevaliers et, avec eux, il s'enferme dans cette tour comme dans un bâtiment militaire. Alors, comme, par des opérations militaires, il avait presque contraint à se rendre ceux qui étaient à l'intérieur de l'enceinte de la forteresse (d'Audruicq) (...), Henri, pris de crainte au cours de la nuit, se retire à Bourbourg et laisse le rempart de la forteresse vide sans hommes, ni troupes. Arnoul s'empare de l'enceinte de la forteresse et franchit avec promptitude le rempart. Il se rend maître, région par région, de toute la terre de Guines et il place dans toutes les fortifications de cette terre autant de chevaliers et de soldats qu'il parut nécessaire (...). Lorsqu'Arnoul eut complétement soumis et occupé toutes les forteresses de cette terre de Guines, Henri, comme il n'y avait plus d'endroit où il puisse mettre les pieds en sécurité, réfléchit à la manière dont il pourrait et fortifier et renforcer, à l'aide de quelque équipement militaire, le rempart ou enceinte d'Aumerval: par la mise en état de défense de cette forteresse, il ne doutait pas de pouvoir soumettre à son autorité toute la Brendenarde et toutes les parties de la terre de Guines.
§ 56- Dans la Brenarde, jadis un homme très riche, appelé Almarus, avait tellement confiance dans ses forces et dans ses alliés qu'il eut l'audace de faire construire, dans la partie septentrionale du village d'Audruicq, une motte (agger) et de fortifier un donjon contre le comte de Guines. Mais comme Almarus, à cause de sa témérité et de l'audace de sa révolte, avait été chassé de sa terre d'une façon méritée par le le comte de Guines, la construction militaire et les aménagements installés auparavant par Almarus sur la motte furent ensuite détruits par le comte et renversés à terre; mais la motte dépouillée de sa construction et de sa palissade subsista. C'est pourquoi beaucoup de temps après ce lieu fut appelé le rempart ou la motte d'Almarus (Aumerval).
§ 57 - Henri, châtelain de Bourbourg, envoya secrètement des arpenteurs et des charpentiers au rempart et à la motte d'Almarus, avec mission de parcourir le site avec leurs règles de géomètres et d'estimer les proportions de la motte: conformément à ces données, ils devaient construire secrétement (...) près de Bourbourg un donjon, des défenses extérieures et d'autres organes de défense, puis dans le silence de la nuit profonde, avec l'aide de chevaliers, d'hommes et de soldats, les installer à Aumerval. Tout fut ainsi préparé, fabriqué, élevé et mis en place. Il nomma le château La Fleur, non parce qu'une lance dressée était plantée au sommet du donjon et que des fleurs des champs avaient été liées au sommet de la lance, ainsi que certains le racontent, mais parce que, dans la fortification de ce château, il installa la fleur et l'élite des chevaliers, des archers et des autres guerriers pour combattre les hommes de Guines. Arnoul, en se levant le matin et en voyant le donjon et les dispositifs de tir avec les autres organes de défense construits et élevés subitement et de manière inopinée à Aumerval, appela aux armes toute sa terre. Les barons de toute la terre de Guines qu'il avait appelé et beaucoup d'autres convoqués en grand nombre de plusieurs lieux vinrent [auprès du comte]. Après s'être regroupés en une troupe unique à Audruicq, ils assiègèrent le château appelé La Fleur ...
§ 58 - Le châtelain de Bourbourg, apprenant que Baudoin, seigneur du château d'Ardres, avait été mortellement blessé, n'osant demeurer plus longtemps à La Fleur, se retira de nouveau honteusement à Bourbourg avec les siens. Arnoul le poursuivit vivement avec les siens. Lorsqu'il arriva à La Fleur et qu'il apprit que le châtelain et les siens s'en étaient retirés, il détruisit complétement le donjon, les constructions de bois, les dispositifs de tir ainsi que le tempart et les renversa à terre: il les dispersa çà et là et il en fit transporter la plus grande partie à Audruicq. Ainsi, le rempart et la motte d'Almarus, comme jadis, restèrent jusqu'à aujourd'hui privés et dépouillés de leurs tours et de leurs organes respectifs. "
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Qui confirment les Privilèges ci-devant accordés tant à la Ville, au port, au Havre & aux Habitans de Dunkerque, qu’aux Négocians étrangers qui viennent s’y établir
Du mois de février 1784
Registrées en la Cour des Aides, le 19 mars 1784
LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE, A tous présentes & à venir, SALUT , Lorsque Louis XIV eut acquis l’importante Ville de Dunkerque, il crut ne pouvoir mieux faire, pour y appeler & y fixer le commerce, que d’accorder à son port & à ses habitans les privilèges les plus étendus. Tel fut l’objet de Lettres-Patentes qu’il fit expédier, les unes au mois de Novembre 1662, les autres le 16 février 1700. Fidèle au plan & aux vues élevées de ce Prince, sur les traces duquel Nous faisons gloire de marcher, Nous balançons d’autant moins à confirmer ces Privilèges, que les avantages inestimables qui en ont été la suite, Nous apprennent quels heureux effets Nous devons en attendre dans les circonstances présentes. A CES CAUSES, & autres à ce que Nous mouvant, de l’avis de notre Conseil & de notre certaine science, pleine puissance et autorité Royale, Nous avons maintenu & confirmé, & par ces Présentes, signées de notre main, Nous maintenons et confirmons la Ville, le Port, le havre et les habitans de Dunkerque dans leurs Loix, Coutumes & Usages, ainsi que dans les Droits, Privilèges, Franchises & Exemptions dont ils ont joui avant & depuis les Lettres-Patentes des mois de Novembre mil six cent soixante-deux, & seize Février mil sept cent. Voulons que, conformément à ce qui est porté par lesdites Lettres, tous Marchands, Négocians & Trafiquans, de quelque Nation qu’ils soient, puissent aborder au Port de ladite Ville, & y débarquer en toute sûreté, y décharger, vendre et débiter leurs marchandises, acheter dans ladite Ville, & en tirer toutes celles que bon leur semblera, enfin les charger & transporter sur leurs vaisseaux, sans que lesdites marchandises, soit qu’ils les importent par mer dans lesdits Port, Havre & Ville, soit qu’ils les en exportent de la même manière, puissent être assujetties à des droits d’entrée ou de sortie, ni à aucuns autres droits, de quelque nature qu’ils soient, & sous quelque dénomination qu’ils soient connus, sans aucune exception ni réserve. Ordonnons toutefois que les marchandises dont l’entrée & la consommation sont généralement prohibées dans notre Royaume, & celles qu’il n’est permis d’y introduire que par certains Ports, ne pourront entrer dans la Flandre ou dans les autres Pays, Terres & Seigneuries de notre obéissance, par les Bureaux qui sont établis aux portes de notre Ville de Dunkerque, du côté de la terre. Naturalisons tous Marchands, Fabriquans et Négocians étrangers qui viendront s’établir & habiter dans ladite Ville. Voulons en conséquence qu’ils jouissent des mêmes privilèges, prérogatives, exemptions & avantages que nos naturels Sujets, sans que, pour ce, ils soient tenus ni d’obtenir aucunes Lettres de Nous, ni de Nous payer aucune finance, de quoi Nous les dispensons & déchargeons par ces Présentes, soit qu’ils fixent pour toujours leur domicile en ladite Ville, soit qu’ils s’y établissent seulement pour leur trafic ou négoce, à condition toutefois qu’ils se conformeront exactement à nos Ordonnances sur le fait de la Mer, & aux Statuts et Réglemens qui sont ou seront faits touchant leur trafic ou négoce. Entendons que, dans le cas où ils y contreviendroient, ils demeurent déchus desdits Privilèges. Dérogeons, à l’effet de tout ce que dessus, mais pour ce regard seulement, & sans que cela puisse tirer à conséquence, à tous les Edits, Ordonnances, Réglemens & autres choses à ce contraires. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos amés et féaux les gens tenant notre Cour des Aides de Paris, & tous autres nos Officiers & Justiciers, qu’il appartiendra, que ces Présentes ils aient à faire lire, publier et registrer, & le contenu en icelles faire garder, observer & exécuter ponctuellement. Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme & stable à toujours, Nous avons fait mettre notre scel à cesdites Présentes. DONNE à Versailles, au mois de Février, l’an de grace mil sept cens quatre-vingt-quatre, & de notre règne le dixième. Signé LOUIS, & plus bas, par le Roi, signé le maréchal de ségur, Visa HUE DE MIROMESNIL.
Registrées, ouï & ce requérant le Procureur Général du Roi, pour être exécutées selon leur forme & teneur, imprimées, & copie collationnée d’icelles envoyée au Siège des Traites de Dunkerque, pour y être lues, publiées & registrées l’Audience tenant, enjoint au Substitut du Procureur Général du Roi audit Siège s’y tenir la main, & de certifier la Cour de ses diligences au mois. Fait à Paris, en la première Chambre de la Cour des Aides, le dix-neuf Mars mil sept cent quatre-vingt-quatre. Collationné. Signé, LE PRINCE
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La construction du donjon de bois du château d'Ardres vers 1200
Bien que ce donjon ait été construit à Ardres en Boulonnais, c'est une des rares traces écrites de la construction et de l'agencement d'un donjon à motte qui recouvrirent rapidement le royaume pour donner, plus tard, naissance à nombre de châteaux et autres forteresses. Ce qui prévaut aussi pour histoires du Nord 2, que l'artisan qui en mena la construction pour Arnould d'Ardres était de Bourgbourg, ville on ne peut plus flamande.
in Lamberti Ardensis historia Comitul Ghisnensium, éd. J. Heller, dans MGH scriptores t XXIV, 1879, chap. 127, traductions prédéntes J. Quicherat, V. Mortier, P. Deschamps
"Comment Arnould fit une grande et belle maison dans le castrum d'Ardres : en voici la description.
Ensuite, la paix étant faite et ratifiée entre Manassès, Comte de Guines, et Arnoul, seigneur d'Ardres, celui-ci fit faire sur la motte d'Ardres, grâce à l'admirable travail des charpentiers, une maison de bois qui surpassait toutes celles construites en ce même matériau dans la Flandre d'alors.
Ce fut un artisan de Bourbourg, un charpentier du nom de Lodewic, presque l'égal de Dédale par son habileté professionnelle, qui la fabriqua et la charpenta.
Il la dessina et la fit presque comme l'inextricable labyrinthe, resserre après resserre, chambre après chambre, logis après logis, continuant par les celliers puis par les magasins à provisions ou greniers, édifiant la chapelle à l'endroit le plus approprié, en haut dans la partie orientale de la maison.
Il y aménagea trois niveaux, superposant chaque placher à bonne distance l'un de l'autre, comme s'il les suspendait en l'air. le premier niveau était à la surface du sol, là se trouvaient les celliers et les magasins à grains ainsi que de grands coffres, des jarres, des tonneaux et d'autres ustensiles domestiques.
Au second niveau, il y avait l'habitation et la pièce à vivre de la maisonnée. s'y trouvaient les offices, celui des panetiers et celui des échansons, ainsi que la grande chambre où dormait le seigneur et sa femme, et attenant à celle-ci, un cabinet, chambre ou dortoir des servantes et des enfants. Dans la partie la plus reculée de la grande chambre, il y avait une sorte de réduit où, au point du jour, le soir, en cas de maladie, pour faire des aignées ou encore réchauffer les servantes et les enfants sevrés, on avait l'habitude d'allumer le feu.
A ce même étage, la cuisine faisait suite à la maison : elle avait deux niveaux. En bas étaient mis les porcs à l'engraissement, les oies destinées à la table, les chapons et autres volailles tout prêts à être tués et mangés. En haut vivaient les cuisiners et les autres préposés à la cuisine; ils y préparaient les plats les plus délicats destinés aux seigneurs, ainsi que la nourriture quotidienne des familiers et des domestiques.
Au niveau supérieur de la maison, il y avait des chambres ahutes. Dans l'une dormaient les fils du seigneur, quand ils le voulaient, dans une autre ses filles, parce qu'il le fallait ainsi; ailleurs les veilleurs, les serviteurs chargés de la garde de la maison et les gardes prêts à intervenir, toutes les fois qu'ils prenaient leur repos.
Des escaliers et des couloirs menaient d'étage en étage, de la maison à la cuisine, de chambre en chambre et aussi de la maison à la loge, dont le nom venait de logos qui veut dire discours - et c'est à juste titre car les seigneurs avaient coutume de s'y assoir pour d'agréables entretiens - comme de la logeà l'oratoire ou chapelle, comparable par ses sculptures et ses peintures au tabernacle de Salomon."
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