Source: http://uneplacepourtous.midiblogs.com/tag/histoire+contemporaine
Timestamp: 2018-10-21 14:36:53+00:00
Document Index: 141867018

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arte 08', 'arte 77', 'art.\n18']

histoire contemporaine : Une place pour tous !
Le financement des partis politiques et des politiciens en France (4)
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/02/affaire-de-karachi-ou-en-est-l-enquete_1394957_823448.html
LEMONDE.FR | 02.08.10 | 17h36 • Mis à jour le 03.08.10 | 08h44
Pour certains observateurs de la vie politique, la séquence sécuritaire lancée par Nicolas Sarkzoy à Grenoble est avant tout destinée à détourner l'attention de l'opinion de l'affaire Woerth. Mais celle-ci avait déjà poussé quelque peu dans l'ombre une autre affaire, d'une ampleur aussi grande sinon plus encore : celle de Karachi. Début juin, Mediapart publiait un rapport de la police luxembourgeoise dans lequel était cité le nom de Nicolas Sarkozy.
Pour comprendre l'affaire de Karachi, il faut remonter à 1992. Edouard Balladur vient d'être nommé premier ministre de cohabitation, et la direction des constructions navales (DCN) cherche, via la Sofma, société chargée de l'export des produits militaires français, à vendre des sous-marins au Pakistan. La France est en concurrence avec l'Allemagne. Pour "motiver" la Sofma, qui doit bâtir un réseau d'intermédiaires au Pakistan, celle-ci doit percevoir, en cas de réussite, 6,25 % du montant de la commande. Une commission alors encore légale.
DES INTERMÉDIAIRES IMPOSÉS PAR MATIGNON
En 1994, alors que la vente est sur le point de se conclure, deux intermédiaires entrent en scène : Ziad Takieddine et Abdulrahman El-Assir, deux hommes d'affaires d'origine libanaise. Renaud Donnedieu de Vabres, membre du cabinet du ministre de la défense, François Léotard, les impose dans les négociations. Une consigne, selon des responsables de la DCN, venue directement de Matignon, et donc d'Edouard Balladur.
Le 21 septembre de la même année, un contrat est signé entre Paris et Karachi. Le Pakistan achète pour 5,41 milliards de francs de sous-marins. La Sofma va récupérer 6,25 % du total, soit 338 millions de francs. Quant à Ziad Takkedine et Abulrahman El-Assir, il doivent percevoir 4 % de commission, soit 216 millions de francs. Une partie de ces fonds doit rémunérer les intermédiaires pakistanais. Fait inhabituel, les deux hommes exigent la somme dès janvier 1995, contrairement aux habitudes du secteur, où l'on attend parfois plusieurs années avant versement des commissions.
Nous sommes en pleine campagne présidentielle en France. La droite est engagée dans une lutte fratricide entre Jacques Chirac et Edouard Balladur. Celui-ci s'appuie avant tout sur deux fidèles : son directeur de cabinet, Nicolas Bazire, et Nicolas Sarkozy, ministre du budget et de la communication, et directeur de la campagne d'Edouard Balladur à la présidence de la République.
DIX MILLIONS DE FRANCS POUR LA CAMPAGNE DE BALLADUR
Selon des révélations de Libération fin avril 2010, il existe une coïncidence troublante : Takkedine et El-Assir parviennent, le 2 juin 1995, à vendre à une banque espagnole leur contrat de rétro-commission. Ils empochent directement 54 millions de francs de l'établissement, qui doit se rembourser une fois la commission versée. Et quelques jours plus tôt, le 26 avril 1995, 10 millions de francs ont été versés sur le compte de campagne du RPR. Officiellement, il s'agit du produit de collectes organisées durant les meetings. Mais près de la moitié de ces 10 millions (un cinquième du total des recettes de toute la campagne) est constituée de billets de 500 francs. Les juges soupçonnent ces fonds de provenir des fameuses rétro-commissions.
Arrivé au pouvoir, Jacques Chirac décide en 1996 d'arrêter de verser les commissions dues aux Pakistanais qui ont aidé la France à obtenir le contrat. Selon Libération, un flux d'argent continue cependant de les alimenter officieusement jusqu'en 2001. L'année suivante, en 2002, un attentat frappe les chantiers de construction navals français de Karachi, tuant onze employés français. Paris accuse d'abord Al-Qaida d'être à l'origine de cet attentat. Mais un juge d'instruction, Marc Trévidic, privilégie une autre piste : l'attentat serait la conséquence de l'arrêt du versement des commissions.
SARKOZY CITÉ
Début juin, Mediapart révèle un nouvel élément troublant : selon la police luxembourgeoise, qui enquête elle aussi sur l'affaire, Nicolas Sarkozy serait soupçonné d'être impliqué dans l'affaire. En 1994, il aurait donné son accord à la création d'une société offshore, Heine, par lequel auraient transité des fonds provenant des commissions.
Le document des policiers luxembourgeois explique : "une partie des fonds qui sont passés par le Luxembourg reviennent en France pour le financement de campagnes politiques françaises" et "en 1995, des références font croire à une forme de rétrocommission [illégale] pour payer des campagnes politiques en France".
"Nous soulignons qu'Edouard Balladur était candidat à l'élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua", ajoutent les policiers du Grand-Duché. En France, la droite est unanime à se "scandaliser" de ces "amalgames". La gauche observe un silence prudent, mais réclame une commission d'enquête.
Le 18 juin, le juge Trévidic confirme l'existence de "rétro-commissions illicites" en marge des contrats de vente de sous-marins. Suffisamment pour que l'avocat des familles des victimes de l'attentat, Me Olivier Morice, accuse : "Au plus haut niveau de l'Etat français, on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions", estime-t-il. Il dénonce par ailleurs l'attitude du parquet qui, selon lui, refuse de donner au juge les moyens d'enquêter.
20:05 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, société, histoire contemporaine
USA: des documents secrets publiés sur la guerre d'Afghanistan
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/91-000-documents-secrets-publies-aux-etats-unis-sur-la-guerre-en-afghanistan-26-07-2010-1218664_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100726
Des documents secrets publiés sur la guerre d'Afghanistan
Publié le 26/07/2010 à 09:37 - Modifié le 27/07/2010 à 19:16 Le Point.fr
21:22 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine, société
Dépôt d'une plainte contre des dirigeants politiques et militaires israéliens
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/06/23/en-belgique-une-plainte-deposee-a-l-encontre-de-14-dirigeants-israeliens_1377246_3214.html
LE MONDE pour Le Monde.fr | 23.06.10 | 10h16 • Mis à jour le 23.06.10 | 10h43
eux avocats belges, Me Georges-Henri Beauthier et Alexis Deswaef, ont annoncé, mercredi 23 juin, à Bruxelles, le dépôt d'une plainte pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre à l'encontre de 14 dirigeants politiques et militaires israéliens. Elle vise des actes commis à la fin 2008 et au début 2009 à Gaza, lors de l'opération militaire "Plomb durci". La plainte cite, entre autres, Ehoud Olmert, Tzipi Livni et Ehoud Barak, respectivement premier ministre, ministre des affaires étrangères et ministre de la défense à l'époque des faits. Le vice-ministre de la défense et ancien général de Tsahal, Matan Vilnaï, est également cité, ainsi que divers hauts responsables de l'armée et des services de renseignement.
20:26 Publié dans Justice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droit de l'homme, histoire contemporaine
Espagne : pas d'enquête sur les victimes du franquisme (2)
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/06/24/espagne-baltasar-garzon-remplace-par-un-jeune-juge-peu-mediatique_1378276_3214.html
Espagne : Baltasar Garzon remplacé par un jeune juge peu médiatique
LEMONDE.FR avec AFP | 24.06.10 | 15h36 • Mis à jour le 24.06.10 | 15h42
e juge espagnol Baltasar Garzon, suspendu de ses fonctions pour avoir enquêté sur les crimes amnistiés du franquisme, a été remplacé, jeudi 24 juin, par un jeune magistrat réputé fuir les journalistes, à l'inverse de son médiatique prédécesseur.
Pablo Ruz Gutierrez, 34 ans, a été choisi à l'unanimité par le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), l'organe de tutelle de la magistrature espagnole, pour remplacer à l'Audience nationale, le juge Garzon dont il va hériter de nombreux dossiers sensibles, a-t-on appris de source judiciaire.
Il le remplacera le temps que soit résolus les trois dossiers judiciaires dans lesquels ce dernier est poursuivi pour "forfaiture" en Espagne, dont celui pour son enquête sur le franquisme.
Aucune date n'a encore été fixée pour le procès du juge Garzon, qui pourrait intervenir peu après la fin de l'été, selon des sources judiciaires. Il encourt une peine de vingt ans d'interdiction d'exercice de sa fonction de juge, Pablo Ruz Gutierrez, membre d'une organisation de magistrats de gauche, n'est pas étranger au tribunal de l'Audience nationale, qui centralise à Madrid les dossiers de terrorisme, de crimes contre l'humanité, de criminalité organisée, ainsi que les grandes affaires de délinquance en col blanc.
Il y a déjà remplacé temporairement deux juges d'instruction ces dernières années, notamment pendant l'enquête sur les attentats islamistes des trains de banlieue de Madrid (cent quatre-vingt-onze morts), le 11 mars 2004. Ce jeune magistrat a la réputation de fuir les journalistes, alors que Baltasar Garzon suscitait, par sa forte exposition médiatique, critiques et jalousie parmi ses confrères.
Depuis sa suspension le mois dernier, le juge Garzon a été embauché pour six mois comme consultant à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.
Baltasar Garzon a reçu le soutien de nombreux juristes de par le monde qui estiment que les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles et que la loi d'amnistie espagnole n'est pas conforme au droit international.
Sa mise en cause judiciaire a suscité l'indignation des familles de victimes du franquisme, d'artistes, d'intellectuels, et de la gauche espagnole.
20:18 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine, société, justice
L'ORÉAL et la politique en France
La part de brouillard de la famille Schueller-Bettencourt
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220610/la-part-de-brouillard-de-la-famille-schueller-bettencourt
Le grand déballage politico-familial en cours chez les Betten- court met fin à cent ans de dissimu- lation et d'asphyxie mortifères. De l'extrême droite cagoularde à Nicolas Sarkozy, récit d'itinéraires sinueux.
11:30 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine, société
Les comptes de campagne de la présidentielle de 2007
http://www.20minutes.fr/article/558441/Economie-Que-faisait-Eric-Woerth-en-Suisse.php
Que faisait Eric Woerth en Suisse?
Un article du journal suisse Le Matin, relayé par Le Monde.fr et Le Canard Enchaîné, lance un pavé dans la mare. Il assure que lors de la campagne présidentielle de 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy et aujourd'hui ardent combattant de la fraude fiscale à Bercy, aurait récolté sans ambages des dons des grandes fortunes suisses.
Le 23 mars 2007, dans un grand hôtel à Genève lors d'une soirée organisée par le comité de soutien UMP Suisse, Eric Woerth, aujourd'hui ministre du Budget, fait la collecte de fonds privés pour la campagne. Mais "Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français", explique dans l'article un banquier français résidant en Suisse .
"S’il (le banquier, ndlr) parle au Matin Dimanche aujourd’hui, c’est qu’il est dégoûté par "les techniques peu glorieuses" employées en ce moment par le même Woerth pour faire plier les évadés fiscaux", affirme le journaliste.
Les services du ministère du Budget n'étaient pas disponibles pour apporter un commentaire à ces informations.
Qui finance les campagnes?
Le financement des campagnes présidentielles est très réglementé. Aucune suspicion sur l'origine des fonds n'a d'ailleurs été rélevée en 2007 par la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP), chargée de contrôler le financement des campagnes des candidats.
Seul un point négatif est porté dans son rapport de 2007 sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. "Il est apparu lors de l’instruction du compte de campagne que trois dons de personnes physiques dépassaient le plafond légal. Dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, la commission a jugé que cette irrégularité n’était pas d’une gravité suffisante pour entraîner le rejet du compte mais a diminué le montant du remboursement forfaitaire de 13.800 euros correspondant à l’excédent global par rapport au plafond fixé par la loi", souligne le rapport.
La législation interdit les apports financiers des personnes morales (sociétés) depuis 1995. Les candidats se financent soit grâce à leur apport personnel, soit par des dons de personnes privées (avec un plafond de 4.574 euros ) soit grâce à la contribution de leurs partis (cotisations des adhérents). Les dons supérieurs à 152,5 euros sont établis sous forme de chèques. Les dons en espèces ne doivent pas dépasser 20 % des dépenses autorisées et chaque don donne lieu à un reçu.
Selon le rapport 2007 du CNCCFP, à la fin de la campagne, 21,251 millions d'euros de recettes ont été déclarées pour le compte de Nicolas Sarkozy. 52% des financements provenaient d'apport personnel, 33% émanaient de dons privés (taux le plus élevé parmi les candidats), 13% étaient fourni par l'UMP et 1% correspondent à de recettes en nature (produits dérivés de la campagne).
14:12 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine, société, justice
Le massacre du "dimanche sanglant" en Irlande
http://www.nytimes.com/2010/06/16/world/europe/16nireland.html?hp
Cameron Says 1972 N. Ireland Killings Were ‘Unjustified’
LONDON — Prime Minister David Cameron offered an extraordinary apology on Tuesday for the 1972 killings of 14 unarmed demonstrators by soldiers of Britain’s crack parachute regiment in the Northern Ireland city of Londonderry, saying that a long-awaited judicial inquiry had left no doubt that the “Bloody Sunday” shootings were “both unjustified and unjustifiable.”
“On behalf of our country, I am deeply sorry,” Prime Minister David Cameron of Britain said in a speech before Parliament on Tuesday of the 1972 “Bloody Sunday” shootings.
“What happened should never, ever have happened,” Mr. Cameron said before the House of Commons. “The families who died should not have had to live with the pain and hurt of that day, and a lifetime of loss. Some members of our armed forces reacted wrongly. The government is ultimately responsible for the conduct of the armed forces. And for that, on behalf of the government—and indeed our country — I am deeply sorry”.
Mr. Cameron has been in office barely a month, and the publication of the 5,000-page report after an investigation directed by one of Britain’s highest-ranking judges, plunged him into the heart of Northern Ireland’s still-volatile sectarian politics. Like his predecessors as prime minister going back decades, Mr. Cameron had to tread a wary path for fear of reigniting passions among Catholics and Protestants in Ulster, who suffered nearly 40 years of bitter dispute over what happened in Londonderry on Jan. 30, 1972.
So acute were the political sensitivities that the previous British government of Prime Minister Gordon Brown delayed publication of the report until after the May 6 general election, out of concern that the findings might disturb the fragile political truce that has found expression in the power-sharing government established in Belfast under the 1998 Good Friday agreement. One of the two leaders of that government, Martin McGuinness, was present at the site of the 1972 killings as an Irish Republican Army commander.
Mr. Cameron, facing a harsh test of his political skills, chose not to equivocate on the central issue of responsibility for the killings, and whether British troops had any justification for opening fire with high-powered combat rifles on the Catholic demonstrators who marched through Londonderry’s streets to protest the deployment of heavily armed troops in Catholic areas.
Quoting from sections of the report, which was published as he rose to speak, Mr. Cameron effectively endorsed almost every contention that the victims’ families have made over the decades against the British troops. He cited passages concluding that the British commander should not have ordered the troops to open fire, that the army fired the first shots, that no warning was given before the army fusillade began, and that “none of the casualties” was carrying a firearm.
In addition, Mr. Cameron quoted approvingly from sections in which the inquiry’s director, Lord Saville, 74, concluded that although there was “some firing” by republican paramilitaries mixed in with the protesters, “none of this firing provided any justification for the shooting of civilian casualties,” and that none of the soldiers fired “in response to attack or threatened attacks by nail or petrol bombers,” as the soldiers and their lawyers had maintained.
Rather, the soldiers reacted to perceived threats from the protesters by “losing their self-control,” “forgetting or ignoring their instructions and training,” and with a “serious and widespread loss of fire discipline,” he said. Perhaps most damagingly, the prime minister read from passages that described one of the victims having been shot while “crawling away” from the soldiers, and another “while he was lying mortally wounded on the ground.”
From these and other accounts, the report concluded that “none of the casualties was posing a threat of causing death or serious injury, or indeed was doing anything else that could on any view justify their shooting.”
Mr. Cameron, calling sections of the report “shocking,” said: . “You do not defend the British army by defending the indefensible. We do not honor all those who have served with distinction in keeping the peace and upholding the rule of law in Northern Ireland by hiding from the truth.”
On the role of Mr. McGuinness, a point of particular volatility in view of his central role in the power-sharing administration in Belfast, the judge concluded that although he was present and probably armed with a “submachine gun,” the inquiry was “sure” that “he did not engage in any activity that provided any of the soldiers with any justification for opening fire.”
Allegations to the contrary have fed years of vilification of Mr. McGuinness by Protestant politicians, especially those opposed to the peace process.
The events at the Londonderry barricades have been angrily contested ever since, and especially after a report completed within weeks of the shootings by a top British judge, Lord Widgery, effectively exonerated the troops.
The new inquiry was commissioned by Prime Minister Tony Blair as part of the negotiations that brought the Good Friday pact, and broke records for 12 years it took to complete, the 1,400 witnesses who gave evidence, and the report’s cost: $280 million. More than half of the money — government funds — went to the lawyers involved, two of whom earned nearly $6 million each.
Eamon Quinn contributed reporting from Londonderry, Northern Ireland, and Alan Cowell from Paris.
21:57 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine
08:37 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démocratie, société, justice, histoire contemporaine
Les retraites des soldats des anciennes colonies : fin d'une injustice
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/28/le-conseil-constitutionnel-censure-pour-la-premiere-fois-des-lois-en-vigueur_1364329_3224.html
Le Conseil constitutionnel censure pour la première fois des lois en vigueur
LE MONDE | 28.05.10 | 17h45
l s'agit de la première décision rendue par le Conseil constitutionnel saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) : dans un dossier hautement symbolique, il a décidé de censurer a posteriori des dispositions législatives. Instaurée lors de la révision constitutionnelle de juillet 2008, la QPC, entrée en vigueur depuis le 1er mars, permet à tout justiciable de soulever devant un juge la constitutionnalité de la loi applicable dans l'affaire où il est partie. Le Conseil constitutionnel avait été saisi, le 14 avril, des trois premiers dossiers transmis par le Conseil d'Etat.
Sa décision sur la question soulevée par Khedidja et Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil a censuré les dispositions inscrites dans la loi de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions des ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.
Cette décision met fin à une injustice manifeste qui perpétuait une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite et résidant dans le même pays.
Lors de l'audition publique qui s'est tenue mardi 25 mai devant les onze membres du Conseil constitutionnel réunis, Me Arnaud Lyon-Caen, avocat de Khedidja et Moktar Labanne, avait cité l'exemple d'un ancien sergent marocain touchant 612 euros de retraite annuelle alors que, pour un sergent français ayant servi dans les mêmes conditions et versé les mêmes cotisations, elle s'élève à 7 512 euros.
Le Conseil ne conteste pas que les pensions puissent être affectées de coefficients différents en fonction des disparités de pouvoir d'achat et de coût de la vie dans les pays concernés.
En revanche, il estime que, dans un même pays de résidence, il ne doit pas y avoir de différence de traitement entre un ressortissant français et un ressortissant étranger présentant les mêmes droits.
L'abrogation des trois articles visés par la censure prendra effet à compter du 1er janvier 2011. Il revient au législateur, d'ici là, de prendre de nouvelles dispositions, fixant le niveau des pensions par pays tout en respectant le principe d'égalité. Leur bénéfice sera étendu, outre les requérants, à tous ceux dont les affaires sont en instance. Les pensions "décristallisées" seront recalculées et un rattrapage sur les quatre dernières années - durée de la prescription administrative - sera effectué.
"PRESTATIONS DE SANG"
En 2006, sous la présidence de Jacques Chirac, après la sortie du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, les "prestations de sang", c'est-à-dire les retraites des combattants et les pensions d'invalidité, avaient déjà été partiellement décristallisées, pour environ 5 000 personnes. Le nombre de bénéficiaires de la remise à niveau que va entraîner la décision du Conseil constitutionnel est évalué à une dizaine de millier. Le coût annuel sera de plusieurs dizaines de millions d'euros, en fonction du niveau des pensions qui sera fixé par la loi.
Pour les "indigènes de la République", ces quatre ans de rattrapage ne solderont pas un demi-siècle d'arriérés. Ils n'en constituent pas moins une indéniable victoire, la réparation d'une injustice et l'aboutissement d'un long combat.
Depuis la loi du 26 décembre 1959, adoptée sous le gouvernement du général de Gaulle, leurs pensions et retraites ont été gelées, "cristallisées". L'écart entre les sommes versées aux anciens combattants français et les anciens combattants issus de l'empire colonial français, n'a cessé de se creuser.
Cette inégalité de traitement a été entérinée par la loi de finances rectificative du 3 août 1981. Selon son article 26, que le Conseil constitutionnel vient de censurer, "les pensions, rentes ou allocations viagères attribuées aux ressortissants de l'Algérie sur le budget de l'Etat (...) ne sont pas révisables à compter du 3 juillet 1962 et continuent à être payées sur la base des tarifs en vigueur à cette date." Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que l'Etat commence à se saisir de cette question.
Le gouvernement de Lionel Jospin avait envisagé une "décristallisation" mais il avait reculé devant le coût d'un alignement complet. En 2002, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin proposait une revalorisation, dans des conditions fixées par pays mais qui ne mettaient pas fin aux inégalités. Le réalignement décidé en 2006, après la sortie du film Indigènes, qui aura considérablement contribué à faire bouger les lignes, ne concernait que les "pensions du feu".
L'ancien premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, décédé le 7 janvier, avait eu à coeur de faire avancer le dossier. L'"égalité de traitement" et la "légitime reconnaissance" envers ces anciens combattants n'ont que "trop tardé", constatait-il dans le rapport 2010 de la Cour, réclamant "un alignement automatique et intégral du régime de tous les pensionnés, quelle que soit leur nationalité". Le Conseil constitutionnel vient d'en faire une obligation.
19:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, société, histoire contemporaine
Thaïlande : monarchie pour combien de temps ?
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/05/19/thailande-que-peut-faire-le-roi_1353255_3216.html#ens_id=1266306
Thaïlande : que peut faire le roi ?
LEMONDE.FR | 19.05.10 | 07h36 • Mis à jour le 19.05.10 | 08h39
on portrait est placardé partout. Il trône à chaque coin de rue, dans chaque foyer. Des autels ont même été élevés à sa gloire à l'entrée des centres commerciaux. Le long des avenues de Bangkok, les grandes heures de son règne se déclinent à l'infini sur d'immenses médaillons dorés. Hiératique et omniprésent, Bhumibol Adulyadej, 82 ans, est sans doute le monarque le plus respecté du monde. Adoré comme un demi-dieu par 64 millions de personnes, il est peut-être aujourd'hui l'un des seuls à pouvoir mettre un terme à la crise qui divise la Thaïlande.
Dimanche 16 mai, un cadre de l'opposition a lancé un appel solennel au palais, estimant qu'une intervention du souverain était le "seul espoir" pour apaiser la situation. Gage de stabilité dans un pays qui a connu dix-huit coups d'Etat depuis 1932, le roi a toujours joué un rôle-clé sur la scène politique, malgré les limites que lui impose la Constitution. En 1992, par exemple, alors que l'armée avait ouvert le feu sur des manifestants démocrates à Bangkok, il était parvenu à réunir le premier ministre et la figure de proue des protestataires. La télévision avait diffusé des images des deux hommes se prosternant devant le monarque. Peu de temps après, le premier ministre démissionnait.
Mais cette fois, rien n'y fait. Le roi garde le silence. Hospitalisé depuis septembre pour une infection pulmonaire, il ne s'est pas exprimé publiquement sur les tensions qui opposent depuis plus de deux mois partisans du gouvernement et "chemises rouges", ni sur l'assaut lancé mercredi par l'armée contre le camp retranché des "rouges". "L'âge et la maladie font qu'il est incapable de tenir le rôle de négociateur qu'il a pu jouer par le passé. Il sait, par ailleurs, que le pays traverse une crise très profonde et que la royauté risque d'être éclaboussée par le raz-de-marée. En restant discret, il protège la monarchie du chaos. Une monarchie qu'il a largement contribué à sacraliser", explique Sophie Boisseau du Rocher, spécialiste de la Thaïlande au Centre Asie de Sciences-Po.
UNE MONARCHIE DE RÉSEAU
Il a à peine 19 ans lorsqu'il hérite, après la seconde guerre mondiale, d'un trône sur le point de sombrer. Caché derrière de grosses lunettes, le jeune souverain succède à son frère, mort d'une balle dans la tête dans des circonstances obscures. Le pays est instable. Durant l'invasion japonaise en 1941, la monarchie thaïlandaise se montre incapable d'assumer ses fonctions. Le nouveau souverain a la réputation d'être un homme timide et réservé. Il est passionné de jazz ; on ne lui connaît qu'un seul passe-temps : le saxophone.
Pourtant, devenu Rama IX, le dernier descendant de la dynastie des Chakri (fondée en 1782) parvient à redonner sa grandeur à la monarchie. Pendant que les militaires se succèdent à la tête de l'Etat, le souverain sillonne le pays. Il durcit le protocole, entretient les rites célébrés en l'honneur de la famille royale et met en place un "réseau monarchique" – selon l'expression du chercheur britannique Duncan McCargo – qui permet à la Couronne de devenir le premier fonds caritatif du pays.
En soixante-quatre ans de règne, Bhumibol est devenu l'incarnation suprême de l'identité nationale. Un monarque qui exerce au fur et à mesure des années un rôle de plus en plus déterminant sur la scène politique. Mais cette influence a également ses travers. Dans le royaume thaïlandais, le crime de lèse-majesté est impitoyablement puni. Tandis que la plupart des monarchies ont aboli ou cessé d’appliquer ce genre de loi, la Thaïlande l’a durcie dans les années 1970 : toute critique, même modérée, est passible de trois à quinze ans d'emprisonnement. En 2007, un Suisse avait écopé de dix ans de prison pour avoir abîmé des portraits du roi un jour d'ivresse.
Résultat : même chez les universitaires, rares sont ceux qui osent critiquer le souverain. Dans une biographie qui a fait polémique lors de sa parution en 2006, intitulée The King Never Smiles ("Le roi ne sourit jamais"), Paul Handley fait partie de ceux qui battent en brèche l'image de démocrate dont jouit le monarque. Le journaliste américain affirme qu'en 1976, le roi a fermé les yeux sur la constitution de milices de droite qui, aux côtés de l'armée, ont par la suite réprimé dans un bain de sang des manifestations étudiantes pacifiques. Inutile de préciser que l'ouvrage est interdit de publication en Thaïlande.
Plus récemment, après le coup d'Etat militaire qui a renversé en 2006 l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, le monarque et son entourage ont pris parti pour les putschistes. "Aujourd'hui, le président du conseil privé de Bhumibol, le général Prem, est censé se tenir à l'écart des affaires politiques. Mais ce n'est qu'un mythe de plus. Il est en effet largement considéré comme l'instigateur du coup d'Etat de 2006. Rappelons que, peu de temps auparavant, il avait expliqué à l'armée qu'elle appartenait au roi et que M. Thaksin n'était qu'un simple pion, un 'cavalier' interchangeable", note The Economist dans un article qui a ulcéré les médias thaïlandais.
UN PRINCE HÉRITIER TRÈS IMPOPULAIRE
Autre sujet de polémique : selon le magazine Forbes, le plus ancien monarque en exercice de la planète serait également le plus riche. "Il a multiplié les actifs de la Couronne dans les grandes entreprises thaïlandaises. Cela a créé une classe d'affairistes et de bureaucrates qui n'ont aucun intérêt à voir les cartes rebattues, analyse Sophie Boisseau du Rocher. Cette élite n'a aucun intérêt à partager l'accès privilégié dont elle dispose aux ressources économiques et aux circuits d'influence." Pour protéger la monarchie, il faudra pourtant bien qu'elle réagisse.
Si le roi reste immensément aimé par ses sujets, il n'en va pas de même du prince héritier. Son seul fils, Wajiralongkorn, né en 1952, est loin de faire l'unanimité. Réputé incapable et très fragile psychologiquement, il est très impopulaire. Une vieille croyance thaïlandaise affirme que le neuvième monarque de la dynastie Chakri n'aura pas de successeur. Que la prophétie se réalise ou non, la disparition du roi risquerait de plonger le pays dans une crise encore plus profonde que celle qu'il traverse actuellement.
10:33 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/17/ils-ont-repris-le-maquis_1352759_823448.html
LE MONDE | 17.05.10 | 18h03 • Mis à jour le 17.05.10 | 18h56
e temps en temps, il neigeote. Pour un 16 mai, il fait un drôle de froid, ce dimanche matin, sur le plateau des Glières. Pourtant, 3000 personnes, venues surtout de Haute-Savoie, mais aussi de Dunkerque, d'Angers, de Montpellier ou d'ailleurs, sont là, immobiles. Comme sorties de nulle part, sans banderoles ni tracts, elles écoutent, debout, des résistants d'hier et d'aujourd'hui.
Parmi ceux d'hier, Walter Bassan. Walter a 83 ans et il "ne pensait pas que [sa vie] finirait comme ça". Il préfère aller ramasser des champignons "plutôt que pavaner sur une estrade". Mais pour la quatrième année consécutive, le voilà à la tribune, répétant son message et celui de ses amis : la Résistance avait certes pour objet la libération de la France, mais elle avait aussi un projet de société, et il serait bon de s'en inspirer à nouveau.
C'est par lui que tout a commencé, le 4 mai 2007. Ce matin-là, en écoutant France Inter, Walter Bassan, qui a passé onze mois au camp de Dachau quand il avait 17 ans, apprend la venue de Nicolas Sarkozy, le jour même, sur le plateau des Glières. Ce haut lieu de la Résistance a été le théâtre, en mars 1944, du premier grand combat entre nazis et maquisards ; 129 d'entre eux ont été tués.
Un cadre idéal pour le candidat Sarkozy, à deux jours du deuxième tour de l'élection présidentielle et à quelques heures du dernier "20 heures" de la campagne. Les résistants n'ont pas été invités. Seuls des élus UMP et, surtout, des dizaines de journalistes, assistent à cette visite improvisée. A l'issue de la mise en scène, le candidat promet qu'il reviendra chaque année s'il est élu. Le plateau des Glières sera à Nicolas Sarkozy ce que la roche de Solutré fut à François Mitterrand.
Ulcéré, Walter Bassan appelle ses amis ; eux aussi sont en colère contre cette "instrumentalisation de l'histoire". Puis il passe un coup de fil à Gilles Perret, un réalisateur qui habite dans son village et qui, justement, a entrepris, quelques mois plus tôt, le tournage d'un documentaire sur le programme du Conseil national de la Résistance. Le soir même, ce petit groupe envoie un communiqué à la presse –"M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance, M. Sarkozy se sert des Glières"– et annonce l'organisation d'un pique-nique "citoyen" sur le plateau, le dimanche suivant l'élection.
Surprise ! Malgré le silence des médias, grâce à Internet, près de 1 500 personnes sont là. Walter Bassan leur lit un texte qui a été diffusé trois ans plus tôt, le 8 mars 2004, par treize grands noms de la Résistance – dont certains aujourd'hui disparus –, Daniel Cordier, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Germaine Tillion, Lucie et Raymond Aubrac, etc.
Selon eux, "le socle des conquêtes sociales de la Libération"est"remis en cause". La"menace du fascisme n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte" écrivent-ils, en appelant les jeunes générations à "trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme" : la célébration de l'anniversaire du programme du Conseil national de Résistance (CNR) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 ; la définition d'un nouveau programme de résistance pour le XXIe siècle; une "véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse, qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous".
Stéphane Hessel et Raymond Aubrac deviendront les parrains de ce "contre-pèlerinage" du plateau des Glières qui, chaque année, prend un peu plus d'importance. Le collectif informel des débuts est devenu une association, Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (www.citoyens-resistants.fr). Instituteurs, ingénieurs, ouvriers, retraités… Ses membres sont presque tous d'anciens militants de gauche, des déçus du Parti communiste (Walter Bassan y est toujours), d'Attac, mais pas seulement. Parmi les dizaines de bénévoles qui contribuent ce dimanche à l'organisation du rassemblement, il y a même un électeur de Nicolas Sarkozy. "Ça me parle, ces valeurs, dit-il, le programme du CNR n'est pas de gauche. Il y a énormément de gens de droite scandalisés par la démolition des services publics." "On est des petits militants de province, explique Didier Magnin, moi je suis kiné dans un centre d'handicapés mentaux profonds et je me suis retrouvé président de cette association. C'est une aventure magnifique." De locale, la participation est devenue nationale.
En novembre 2009 est sorti le documentaire que Gilles Perret entreprenait avant la première visite de Nicolas Sarkozy, et qui est devenu Walter, retour en résistance (www.walterretourenresistance.com); 30 000 personnes ont vu le film dans des salles d'art et essai. Et notamment cette scène où le président de la République se rend, le 18 mars 2008, au cimetière de Morette, où sont enterrés 105 combattants, et blague, hilare, en ne parlant que de lui et de sa femme (voir la bande-annonce ci-dessous).
Fidèle à sa promesse, Nicolas Sarkozy est revenu cette année, le 8 avril. Les invitations, pour le public, étaient à retirer à la permanence départementale de l'UMP, à Annecy. Dans Le Dauphiné libéré, le 13 mai, trois jours avant la contre-manifestation, le général Jean-René Bachelet, président de l'association des Glières, s'insurgeait: "On peut être contre un gouvernement, mais pas là-haut, c'est indécent." Réponse du réalisateur Gilles Perret, deux jours plus tard, dans le quotidien régional: "Il n'y a pas d'attaques contre les personnes, mais contre une politique qui attaque de façon vive le programme du CNR. On a fait des résistants des icônes, mais on a oublié leur projet !"
Les organisateurs l'admettent: ils ont, entre eux, "des débats très âpres". Qui fallait-il inviter? Cette année, ce fut le magistrat Serge Portelli, un représentant des Robin des bois – ces agents EDF qui rebranchent l'électricité aux démunis –, Odette Nilès, qui fut l'amie de Guy Môquet en prison – avant que celui-ci soit fusillé, en 1941 –, le docteur Didier Poupardin, poursuivi pour ne pas respecter les consignes de la Sécurité sociale.
Autre sujet de débat: faut-il élargir le cercle? "On a des demandes de partout", raconte le président de l'association, Didier Magnin, pour qui l'objectif est clair: il s'agit de mobiliser les syndicats, les partis, les associations, autour d'une adaptation du programme du CNR aux problématiques du XXIe siècle
"Sur l'idée qu'il ne faut pas politiser l'association, on est tous d'accord, assure l'un des fondateurs, Rémi Pergoux, qui se présente toujours comme instituteur alors qu'il est à la retraite. Sur l'antisarkozysme, nous freinons. Et je vous fiche mon billet qu'après 2012 nous continuerons."
En 1944, le programme des "jours heureux"
L'ex-vice-président du Medef, Denis Kessler, évoquait dans le magazine Challenges du 4 octobre 2007 la liste des réformes programmées par Nicolas Sarkozy : "C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance."
Mis en place par le général de Gaulle en 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR) rassemblait, outre la Résistance armée, les principaux partis politiques de droite et de gauche, et deux syndicats. Son programme, élaboré en neuf mois dans la clandestinité, portait non seulement sur la libération, mais aussi sur la société, plus juste, dont rêvaient les résistants. Il jetait les bases du modèle social à venir, avec la Sécurité sociale, les retraites, les services publics, la liberté de la presse, le droit du travail, etc.
Ce texte, très court, vient d'être publié aux éditions La Découverte, agrémenté de contributions d'historiens et de journalistes, qui racontent l'élaboration de chaque réforme au sortir de la guerre, et son évolution jusqu'à nos jours. Le livre, réalisé avec l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA), est intitulé Les Jours heureux (195 pages, 14 euros).
L'historien Olivier Vallade raconte que 200 000 brochures du programme avaient été tirées à Toulon en mai 1944 avec, en page de garde, Les Jours heureux par le CNR. Un titre inspiré d'un film éponyme, réalisé en 1941 par Jean de Marguenat, lui-même tiré d'un très grand succès théâtral datant de 1938.
Le monde a changé, admet l'association dans l'ouvrage, il n'est plus possible d'avoir une vision centrée sur la France. Mais, écrit-elle, "on ne peut pas, comme le pouvoir du jour, justifier tous les renoncements, tous les démantèlements, par la mondialisation et la nécessité qui ferait loi d'assurer la "compétitivité" de l'"entreprise France"."
Ce qui était possible il y a soixante-cinq ans, alors que la France était ruinée, l'est encore de nos jours. Tel est le credo de ces "résistants d'hier et d'aujourd'hui", qui notent que, "en 1944 aussi, nombre de choses paraissaient insurmontables."
13:31 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : démocratie, société, histoire contemporaine
Argentine: arrestation de l'idéologue de la dictature (1976-1983)
http://www.lemonde.fr/depeches/2010/05/04/argentine-arrestation-de-l-ideologue-de-la-dictature-jose-martinez-de-hoz_3210_60_42360491.html
Argentine: arrestation de l'idéologue de la dictature José Martinez de Hoz
AFP | 04.05.10 | 23h09
L'ex-ministre argentin de l'Economie José Martinez de Hoz, considéré comme l'idéologue de la dictature (1976-1983), a été arrêté mardi pour un enlèvement commis sous le régime militaire, une semaine après l'annulation de sa grâce présidentielle, a indiqué une source judiciaire.
L'ancien haut responsable de 84 ans a été appréhendé à son domicile de Buenos Aires sur ordre du juge fédéral Norberto Oyarbide puis transféré en ambulance dans un hôpital, après un examen médical, a-t-on précisé de même source.
Le magistrat a ordonné son placement en détention préventive et le gel de ses avoirs à hauteur de deux millions de pesos (390.000 euros) pour l'enlèvement pendant cinq mois en 1976-1977 de Federico Gutheim et de son fils Miguel, propriétaires d'une entreprise textile.
Le but était de les obliger à travailler avec une entreprise de Hong Kong, favorisée par Martinez de Hoz, quand il était ministre de l'Economie.
La semaine dernière, la Cour suprême a déclaré anticonstitutionnelle la grâce que lui avait accordée en 1990 l'ancien président Carlos Menem, ainsi que celle dont bénéficiait l'ancien dictateur Jorge Videla, reconnu coupable de violations des droits de l'Homme sous le régime militaire.
Le général Videla, 84 ans, avait instauré en 1976 un régime militaire en Argentine tenu pour responsable de la mort ou la disparition de 30.000 personnes par les organisations des droits de l'Homme.
A la différence de Jorge Videla, qui avait été condamné à la réclusion à perpétuité lors d'un procès historique de la junte militaire en 1985, avant d'être amnistié cinq ans plus tard par le président Menem, José Martinez de Hoz n'a jamais été jugé.
Comme ministre de l'économie de 1976 à 1981, il fut l'artisan d'une politique ultra-libérale, responsable de la faillite de nombreuses entreprises, d'une désindustrialisation accélérée du pays et d'une forte hausse du chômage.
à lire, sur la politique ultra-libérale :
Condamnations à mort pour délit d'opinion
Iran : le déclin du régime ?
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/03/03/la-peine-de-mort-d-un-etudiant-iranien-confirmee-en-appel_1313641_3218.html#ens_id=1190750
La peine de mort d'un étudiant iranien confirmée en appel
LEMONDE.FR avec Reuters | 03.03.10 | 09h53 • Mis à jour le 03.03.10 | 15h47
a condamnation à mort de Mohammad-Amin Valian, un étudiant iranien de 20 ans arrêté lors des manifestations antigouvernementales de décembre 2009, a été confirmée en appel, rapportent mercredi des sites Internet d'opposition. Le jeune homme a été reconnu coupable de "moharebeh" ("guerre contre Dieu" ou "ennemi de Dieu"), d'atteintes à la sécurité de l'Etat et d'injures aux autorités, pour avoir jeté des pierres contre les forces de sécurité lors de ces manifestations ont précisé les sites kaleme.com et rahesabz.net, le site de Mirhossein Moussavi. Les deux sites n'étaient plus accessibles mercredi midi.
Mohammad-Amin Valian étudie à l'université de Damghan, à l'est de Téhéran, et est membre de l'équipe de campagne de Mirhossein Moussavi, candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin 2009. Il a été arrêté lors des manifestations qui ont marqué la fête chiite de l'Achoura le 27 décembre, au cours desquelles huit personnes ont été tuées.
Neuf autres manifestants antigouvernementaux, dont cinq arrêtés lors de ces troubles survenus pendant l'Achoura, ont été condamnés à mort pour le même chef d'accusation et attendent une décision de la cour d'appel, selon les indications fournies fin janvier par le procureur de Téhéran. Tous les opposants condamnés à mort ont également été accusés d'avoir chercher à renverser le régime de Mahmoud Ahmadinejad, et d'appartenir à divers groupes clandestins dont celui des Moudjahidine du peuple.
Deux militants accusés d'appartenir à un groupe monarchiste clandestin ont par ailleurs été pendus le 28 janvier, marquant les premières exécutions d'opposants depuis le début de la crise politique provoquée par la réélection de M. Ahmadinejad.
19:58 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/02783eda-218d-11df-8af3-a3fe80c8b4df/Pie_XII_trop_timor%C3%A9_face_%C3%A0_Hitler_pour_%C3%AAtre_b%C3%A9atifi%C3%A9
vatican Jeudi25 février 2010
Pie XII, trop timoré face à Hitler pour être béatifié
Durant le pontificat du pape Pie XI, le Saint-Office avait préparé une condamnation très dure du nazisme. Un historien explique pourquoi elle n’a jamais vu le jour. La hiérarchie vaticane privilégiait déjà le silence.
En donnant un coup d’accélérateur le 19 décembre dernier au processus de béatification du très controversé Pie XII (1939-1958), Benoît XVI a ravivé la polémique concernant ce pape auquel on reproche d’être resté silencieux face à la Shoah. Des Juifs, ainsi que des historiens et des théologiens catholiques, ont manifesté leur incompréhension devant la hâte de Josef Ratzinger, soulignant la nécessité d’ouvrir et d’étudier les archives relatives au pontificat d’Eugenio Pacelli avant de le béatifier.
Cependant, les archives concernant le pontificat de Pie XI (1922-1939) sont ouvertes depuis 2003. Et elles révèlent des éléments intéressants concernant l’attitude du futur Pie XII pendant les années 1930, notamment lorsqu’il était secrétaire d’Etat du Vatican. Le livre d’un historien ayant eu accès à ces archives vient d’être traduit en français. Il offre un éclairage puissant sur la politique hésitante et pusillanime de Pie XI et de son secrétaire d’Etat Pacelli avant la Seconde Guerre mondiale. A l’aide de nouveaux documents, l’historien Peter Godman démontre comment la diplomatie vaticane a pris le pas sur la morale et la défense des valeurs chrétiennes.
Godman, qui est membre du Comité des archives du Saint-Siège et enseigne à Rome, n’entre pas dans les polémiques qu’a alimentées le journaliste John Cornwell avec son livre Le pape et Hitler. L’histoire secrète de Pie XII et l’historien Daniel Jonah Goldhagen, auteur de Le devoir de morale. Le rôle de l’Eglise catholique dans l’Holocauste et son devoir non rempli de repentance, deux ouvrages présentant Pie XII comme antisémite et complice des crimes nazis. Sa thèse ne progresse pas à coups de spéculations infondées, mais se base sur l’analyse rigoureuse de nombreux documents.
Cependant, son verdict est sans appel: Pie XI et son secrétaire d’Etat ont mené une politique de l’autruche. L’attitude de Pacelli était celle d’un bon serviteur du pape et de l’Eglise, mais il n’avait pas l’étoffe d’un héros. «Jamais les archives qui subsistent ne nous montrent ce loyal serviteur à l’origine d’une initiative. Appliqué, habile et scrupuleux, le cardinal secrétaire d’Etat de Pie XI se contentait d’exécuter les ordres du pape.»
Devenu Pie XII, il ne sut pas prendre ses distances avec la politique prudente menée par son prédécesseur. «La réticence caractérisait la politique vaticane bien avant que Pie XII ne devienne pape le 2 mars 1939. Cela nous aide à comprendre ses fameux silences, attestés dès le début de son règne», écrit Godman. Qui constate aussi que «Pie XII avait appris de Pie XI l’opportunisme et la modération».
Pourtant, la volonté de condamner le racisme et l’antisémitisme de Hitler n’a pas manqué au sein du Vatican. Mais elle a toujours fléchi devant les considérations diplomatiques, comme le montrent les sources auxquelles Peter Godman a eu accès. Il a notamment exploré les archives de l’Inquisition ou Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office, connue aujourd’hui sous le nom de Congrégation pour la doctrine de la foi. Or les idées exprimées dans certains documents condamnaient le nazisme avec tant de force que ces archives furent transférées aux Etats-Unis en 1940 de crainte qu’elles ne fussent saisies par les Allemands s’ils venaient à occuper Rome.
Pourquoi cette condamnation claire du nazisme n’a-t-elle jamais vu le jour? Les réponses que Godman donne à cette question constituent le fil rouge et l’intérêt de son livre. D’après lui, l’Eglise a sacrifié la morale sur l’autel du concordat conclu entre le Vatican et l’Allemagne en 1933, qui devait être préservé coûte que coûte, et ce malgré les fréquentes violations de cet accord par les nazis. Le Saint-Siège s’accrochait à ce concordat comme à une bouée de sauvetage. Il représentait pour lui le seul socle juridique sur lequel il pouvait s’appuyer et revendiquer le respect des droits des catholiques. Pie XI et Pacelli craignaient que si l’Eglise haussait le ton, le concordat serait rompu et que les nazis laisseraient dès lors libre cours à leur haine du catholicisme. Les deux hommes étaient obsédés par la quête d’une «paix véritable» avec l’Allemagne.
En 1936, le Saint-Office avait mis au point un document qui condamnait en même temps le national-socialisme, le communisme et le totalitarisme fasciste. La question de l’antisémitisme y était mentionnée explicitement pour la première fois. Ce texte se basait sur un rapport remis par deux jésuites une année auparavant. A la demande de Pie XI, ceux-ci avaient été chargés d’analyser les théories nazies sur le racisme, le nationalisme et le totalitarisme en vue d’une condamnation. Les deux jésuites présentèrent 47 idées hérétiques et appelèrent à une réprobation publique du nazisme par le pape. Le Saint-Office retravailla le document et remit à Pie XI un texte qui condamnait sans ambiguïté les idées de Hitler et de Mussolini. Il ne fut jamais publié.
L’encyclique de Pie XI «Mit brennender Sorge» s’en inspirait, mais atténuait considérablement les condamnations du Saint-Office. «Le détail, le contenu et plus encore le ton critique des travaux du Saint-Office sur le nazisme furent abandonnés dans «Mit brennender Sorge». Cette encyclique, encore aujourd’hui saluée comme l’offensive la plus courageuse de la papauté contre Hitler et ses partisans, marquait en réalité un recul», affirme Peter Godman.
«Qu’une si grande partie du projet de condamnation ait été retranchée de l’encyclique place sous un jour nouveau le vieux problème du silence pontifical. Inutile désormais de spéculer sur ce que le chef de l’Eglise catholique «aurait pu dire». C’est un fait que le pape renonça à s’exprimer sur le racisme, les droits de l’homme et autres questions liées sous la forme du texte franc et détaillé préparé par le tribunal suprême.»
La hiérarchie vaticane manqua là une précieuse occasion d’agir. Elle choisit la voie du moindre risque et se mura dans un silence diplomatique.
Les révélations de ce livre ne grandissent pas la figure de Pacelli.
Difficile de comprendre pourquoi Benoît XVI veut à tout prix béatifier ce diplomate opportuniste et sans imagination, prudent jusqu’à la pusillanimité.
Peter Godman, Hitler et le Vatican, Perrin.
19:02 Publié dans Histoire contemporaine | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : histoire contemporaine
22, rue Henri René
06 61 76 33 12
09:41 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/12/11/pekin-arrete-des-dissidents-et-enferme-les-contestataires-dans-les-hopitaux-psychiatriques-de-province_1129760_0.html
Pékin arrête des dissidents et enferme les contestataires dans les hôpitaux psychiatriques de province
LE MONDE | 11.12.08 | 15h12 • Mis à jour le 11.12.08 | 15h12
La République populaire de Chine a célébré, mercredi 10 décembre, le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme en emprisonnant l'un de ses plus célèbres dissidents. Liu Xiaobo a été arrêté, lundi 8 décembre, dans la nuit, à son domicile et n'avait toujours pas été libéré jeudi. Son épouse Liu Xia a raconté qu'une dizaine de policiers ont emmené son mari après avoir montré un mandat d'arrêt indiquant qu'il était accusé de "subversion d'Etat".
Une telle accusation est particulièrement grave en Chine et a valu, cette année, à un autre célèbre activiste des droits civiques, Hu Jia, d'être condamné à trois ans et demi de prison. M. Liu, 53 ans, avait déjà fait 20 mois de prison pour sa participation au mouvement de Tiananmen, en 1989. Un autre dissident et ami de Liu Xiaobao, Zhang Zuhua, a également été interrogé, lundi, pendant une douzaine d'heures sur ses activités avant d'être relâché.
Le régime a dirigé ses foudres contre ces deux hommes, instigateurs de la "Charte 08", signée par 300 intellectuels, dans laquelle ils dénoncent le manque de liberté en Chine. Ecrit en référence à la célèbre "Charte 77" des dissidents tchécoslovaques durant le régime prosoviétique au pouvoir à Prague, son équivalent chinois se demande, dans un long texte en trois parties, "où va la Chine au XXIe siècle : va-t-elle continuer à se moderniser sous un régime autoritaire ou va-t-elle embrasser les valeurs humaines universelles, se joindre au concert des nations civilisées et édifier un système démocratique ?"
En préambule à une liste de préconisations en 19 points, le texte indique : "La réalité politique est que la Chine possède beaucoup de lois mais ne vit pas sous le règne de la loi : elle a signé en 1998 deux conventions importantes à propos des droits de l'homme, elle a amendé sa Constitution en 2004 pour y inclure la phrase "plan d'action national sur les droits de l'homme" : malheureusement, la plupart de ces avancées politiques n'ont pas dépassé le format du papier sur lequel elles ont été mentionnées."
Par ailleurs, au Guizhou, dans le sud, deux autres activistes signataires de la "Charte", Chen Xi et Shen Youlian, ont été appréhendés, mardi, pour avoir organisé une conférence sur les droits de l'homme à Guiyang, chef-lieu de la province.
Enfin, le quotidien Les Nouvelles de Pékin a révélé que 18 personnes de la province du Shangong ont été détenues par les autorités dans des hôpitaux psychiatriques de la ville de Xintai pour les empêcher de venir à Pékin déposer leurs plaintes au bureau des réclamations.
Sun Fawu, 57 ans, a ainsi raconté qu'il avait eu l'intention de se rendre dans la capitale pour protester contre l'hyper-exploitation minière dans son village. Mais, en octobre, il s'est retrouvé à l'hôpital où, abruti par des calmants, enfermé dans une chambre munie de barreaux, on l'a soigné pendant trois semaines pour maladie mentale.
Pour leur part, les autorités se sont félicitées, en ce 60e anniversaire de la Déclaration universelle, "des développements historiques de la Chine en matière de droits de l'homme". Selon Wang Cheng, directeur de l'information au Conseil d'Etat, "le statut des droits de l'homme en Chine est à son plus haut niveau dans l'histoire", parce que "le peuple jouit de garanties sans précédent quant à son droit à la survie et au développement".
10:29 Publié dans droit du citoyen | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droits de l'homme, histoire contemporaine
BIG BROTHER vous observe MAINTENANT ...
LEMONDE.FR avec AFP | 16.05.08 | 17h37 • Mis à jour le 07.01.09 | 19h56
À l'occasion de la présentation du 28e rapport annuel (*) de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), vendredi 16 mai, son président Alex Türk a milité pour que le préambule de la Constitution, qui rappelle les droits fondamentaux, garantisse la protection des données personnelles."Du lever au coucher, nous sommes tous plus ou moins soumis" à "un double traçage", a-t-il résumé lors d'une conférence de presse : "un traçage dans l'espace", à travers le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géolocalisation, qui "met en cause la liberté d'aller et venir" ; et "un traçage dans le temps", permis par les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux sur Internet, qui "met en cause la liberté de pensée et d'expression". Alex Türk a cité l'exemple de déclarations anciennes exhumées sur la Toile qui "vous obligent de justifier à 50 ans ce que vous avez dit à 20 ans".
(*: le rapport peut-être téléchargé en format pdf sur l'article ; voir le lien ci-dessus du monde.fr)
19:45 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire contemporaine, démocratie
Le CAPITALISME : histoire contemporaine résumée
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/17/crise-le-proces-d-une-perversion-du-capitalisme_1108292_1101386.html
Hantés par la crise de 1929, Les états ont finalement tendu la main à une planète financière déboussolée. Pour l'économiste Daniel Cohen, la crise sanctionne les errements d'un système ultralibéral né dans les années 1980 avec Thatcher et Reagan. " Beaucoup de dogmes vont tomber ", prévient-il.
LE MONDE 2 | 17.10.08 | 17h17 • Mis à jour le 17.10.08 | 17h17
Personne n'imaginait que la situation était grave au point que le paralytique doive racheter l'aveugle", déclarait au Monde l'économiste Daniel Cohen, commentant le rachat le 16 mars quasiment "pour un franc symbolique" de la banque d'affaires en pleine débâcle Bear Stearns par la banque JP Morgan. Cette nouvelle inouïe faisait tomber le dollar à son niveau le plus bas face à l'euro, déclenchant un vent de panique chez les investisseurs qui se précipitaient sur l'or et les emprunts d'Etat. Daniel Cohen, professeur d'économie à l'Ecole normale supérieure, auteur notamment de Trois Leçons sur la société post-industrielle (Seuil, 2006) – et éditorialiste associé au Monde –, annonçait alors une accélération du processus : "Le château de cartes s'effondre. Une aversion au risque s'installe. Les banques ne se font plus confiance entre elles. Le coût du financement se durcit (…). La défiance engendre la défiance et le système financier s'installe dans un cercle vicieux." Il appelait à "faire sauter les barrières intellectuelles" et à l'intervention de l'Etat.
Aujourd'hui, Etats-Unis et Grande-Bretagne en tête, les Etats nationalisent les banques et garantissent l'épargne populaire pour éviter la répétition d'un scénario à la 1929. La barrière intellectuelle – le dogme de la main invisible et de l'autorégulation du capitalisme, la liquidation de l'Etat, le "laisser-faire" dans les marchés financiers – a volé en éclats. La période du libéralisme sans entraves ouverte par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, du capitalisme financier dérégulé et des golden boys jouant avec des titres douteux et l'argent des autres semble révolue. Comment en sommes-nous arrivés à une telle défaite des grands principes du capitalisme réglementé et moralisé apparus après la grande crise de 1929, ses millions de chômeurs et ses conséquences politiques désastreuses – la montée de l'extrême gauche et du fascisme ? Comment avons-nous oublié les leçons de John Maynard Keynes, Hyman Minsky ou James K. Galbraith sur l'instabilité financière, le rôle décisif du politique et d'un Etat-providence dans les périodes difficiles ? Faut-il parler de "révisionnisme", comme le suggère Daniel Cohen ? Entretien.
Dans les années 1980, déjà, on voyait les golden boys et les yuppies, les premiers héros de Wall Street, lessivés par le krach de 1987. Cette dérive du capitalisme financier ne date pas d'aujourd'hui ?
Daniel Cohen : Les années 1980 ont vu la fin de ce qu'on peut appeler le capitalisme "managérial", le capitalisme industriel issu de la grande tradition "fordiste". C'était un âge où les employés passaient parfois leur vie dans la même entreprise, profitant d'avantages sociaux conséquents. Ce capitalisme s'est déployé après guerre, dans les années 1950-1960. Il prolongeait la révolution industrielle des années 1920, une époque où les grands capitaines d'industrie remplacent les patrons issus du capitalisme familial du xixe siècle. A la suite de la grande crise de 1929 qui a ruiné des milliers d'entreprises, fabriqué des millions de chômeurs, la Bourse a été disqualifiée. Durant les années d'après guerre, elle ne donnait quasiment plus son avis sur la gestion des firmes, laissant le champ libre aux "managers". La spéculation, les coups de Bourse étaient déconsidérés.
En 1924, Erich von Stroheim tourne Les Rapaces, son chef-d'œuvre sur les conséquences sociales de la cupidité. En 1987, les traders Michael Milken et Ivan Boesky inspirent Wall Street d'Oliver Stone, en déclarant "Greed is good", la rapacité est bonne. Juste avant d'être emprisonnés pour délit d'initié. Nous n'apprenons jamais ?
Beaucoup aujourd'hui instruisent le procès du capitalisme financier contemporain au regard de ce qu'avait été le capitalisme industriel, souvent interprété comme un capitalisme social. Essayons de démêler tout cela… Le point de départ de ce bouleversement sont les années 1980 avec la dérégulation du marché financier. Cette révolution financière, développée par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, ouvre à Wall Street un nouveau champ d'action : le démantèlement des vieux conglomérats, la mise en coupe des entreprises les moins rentables. C'est la fin du capitalisme managérial. En même temps, avec l'effondrement du bloc soviétique en 1989, la mondialisation commence… C'est la toile de fond de la crise actuelle.
Comment en est-on arrivé à rejeter l'Etat-providence, à décrédibiliser John M. Keynes, tout ce système inventé pour empêcher une nouvelle crise de 1929, et qui a fait les beaux jours des années 1950-1960 ?
Avec Reagan et Thatcher, on passe d'une "ambiance intellectuelle" à une autre, on change de paradigme. Après guerre, les pays industrialisés sont profondément marqués par un mode de fonctionnement qu'on peut résumer par une trilogie : le keynésianisme, le fordisme, l'Etat-providence. Pour Keynes, qui a beaucoup influencé les gouvernements anglo-saxons avant et après la guerre de 1939-1945, la politique économique, la politique monétaire, la politique budgétaire peuvent réguler les cycles économiques, soutenir la consommation et la demande donc la production, tendre à l'équilibre du plein-emploi. Cet équilibre, explique-t-il dans la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), n'est jamais atteint mécaniquement par le jeu des marchés. Cela ne l'empêche pas de défendre l'esprit d'entreprise, le marché, mais il faut à ses yeux les réguler par des politiques macroéconomiques appropriées. Le fordisme, la grande entreprise capitaliste, lie de son côté le destin des ouvriers à celui de la firme. On y fait carrière, on trouve sa place à l'intérieur de l'appareil de production, on profite d'avantages sociaux. L'Etat-providence enfin complète et corrige ces deux processus. Il lance des grands travaux, intervient dans la production via les grandes entreprises nationales, etc. En même temps, il généralise l'aide sociale. Dans les années 1950-1960, la Sécurité sociale protège tous ceux qui ne sont pas dans le processus de production, les personnes âgées, les femmes en maternité, les chômeurs, considérés comme peu nombreux. Tout ce qui se passe au niveau de la vie professionnelle est censé être pris en charge par l'entreprise. C'est ce système qu'on quitte dans les années 1980.
Une réelle nostalgie de l'Etat-providence se développe aujourd'hui que la crise est là. Pourtant nous ne sommes plus dans la situation de plein-emploi, de consommation et de productivité florissantes des "trente glorieuses".
Nous avions certainement pas mal vécu dans les années 1950-1960, même si le système ne fonctionnait pas si bien. Derrière la politique économique keynésienne, il y a l'entreprise très organisée, qui structure toute la société, de l'ouvrier spécialisé à l'ingénieur. Tout n'est pas rose : le travail à la chaîne met le "travail en miettes", pour reprendre l'expression du sociologue Georges Friedmann. Néanmoins, l'usine donnait alors une force et une dignité à la classe ouvrière, fière de sa place à l'intérieur de la société. En même temps l'Etat- providence est très différent en Allemagne, en France ou en Suède, épousant à chaque fois les conditions singulières de sa mise en œuvre. Ce système va rencontrer ses limites dans les années 1970 avec ce qu'on a appelé la "stagflation", c'est-à-dire la hausse simultanée du chômage et de l'inflation, après le premier choc pétrolier. Dans le schéma de Keynes, soit on a du chômage, mais alors des prix faibles et supportables, soit on a du plein-emploi, et un risque inflationniste – c'est ce qu'on appelle la courbe de Phillips. Ce système connaît un dysfonctionnement dans les années 1970. Nous n'assistons pas à un déficit de la consommation, mais à un choc négatif de la productivité des entreprises, de leur solvabilité. Tout à coup le système keynésien se trouve décrédibilisé parce qu'il ne produit pas les bonnes recettes à ce moment-là – et seulement à ce moment-là.
C'est l'époque des politiques de relance qui ne marchent pas. Mais comment expliquer la prise de pouvoir du capitalisme financier ?
Tous les gouvernements, celui de Mitterrand parmi d'autres, essaient de faire de la relance de la consommation comme le voulaient les préceptes keynésiens. Ces politiques échouent, toutes. En même temps, les charges de l'Etat-providence augmentent avec le chômage, il part bientôt à la dérive, fait l'objet de plans de rigueur draconiens. Quant au type d'organisation du travail du fordisme, avec ses plans de carrière ouvrière, sa politique sociale, ses syndicats, il n'apporte plus de gains de productivité. Cette remise en question des gains de productivité des entreprises mène directement à Reagan et Thatcher, c'est-à-dire au démantèlement de l'organisation du travail et des syndicats, à l'éclatement des organisations managériales, et à la prise de contrôle par la Bourse du fonctionnement des entreprises. C'est une rupture essentielle. En quelques années, les managers, qui étaient des salariés comme les autres, sont sortis de la condition salariale, voient leurs destins indexés sur la Bourse. La révolution financière commence là. Elle donne le pouvoir aux actionnaires, indexe la rémunération des patrons sur la Bourse, ce qui explique l'explosion de leurs salaires. Ils vont désormais se soumettre aux impératifs de la Bourse, puisqu'ils en sont dorénavant partie prenante…
C'est aussi l'époque où des économistes comme Friedrich Hayek, Milton Friedman, l'école de Chicago imposent leurs vues aux politiques. Ils refont l'éloge de "la main invisible", tant décriée en 1929.
En effet, politiques et économistes substituent dans les années 1980 un contre-paradigme à Keynes, s'appuyant sur Milton Friedman et ceux qu'on a appelés les "néomonétaristes". Ils prônent l'inactivité de l'Etat comme principe de régulation. Ils dénoncent l'Etat-providence comme coupable de toutes les erreurs et de la perte de compétitivité des entreprises. Le marché dérégulé est posé comme infaillible, le chômage comme naturel, l'inflation un phénomène purement monétaire. Il est sûr que la vogue pour ces théories, ce " fondamentalisme du marché " très critiqué par la suite par le prix Nobel d'économie (2001) Joseph Stiglitz par exemple, a beaucoup joué dans le développement d'un capitalisme financier laissé à lui-même. Une question demeure cependant : pourquoi, en dépit de crises récurrentes, cette époque a-t-elle duré si longtemps ?
Depuis le premier krach de 1987, nous avons vu les crises et les bulles se multiplier. Elles semblent être chroniques, pour ne pas dire systémiques.
On constate une grande crise par décennie. A la fin des années 1980, après le krach de 1987, les savings and loan, les caisses d'épargne américaines, font faillite. Elles sont sauvées par le président Bush père, avec un plan qui paraissait très important à l'époque, 125 milliards de dollars – aujourd'hui, nous en sommes déjà à 1 000 milliards. Ensuite, à la fin des années 1990, la bulle Internet éclate. Et maintenant, la crise immobilière est en train de dégénérer en une crise financière et économique générale. Des études comparatives sur les crises financières ont montré qu'elles s'accéléraient bel et bien depuis le choc pétrolier de 1973, même en comparaison de ce qu'elles étaient au xixe siècle. Pourquoi ? Ici encore, il faut bien démêler l'écheveau. Le coup d'envoi de la révolution financière est donné par les changements de gouvernance des entreprises, désormais soumises aux sollicitations de la Bourse. Sommées de produire des rendements rapides et concurrentiels, les entreprises vont se lancer dans une rationalisation effrénée de leurs coûts de fonctionnement et réduire leur champ d'activité au segment pour lequel elles développent véritablement un avantage comparatif. La norme, dans ce nouveau capitalisme financier, consiste à produire juste la tranche de la chaîne de valeur qui correspond à votre savoir-faire – ce qui constitue votre avantage comparatif. Tout le reste va être externalisé, mis en concurrence, laissé au marché. Par exemple, dans une entreprise des années 1950-1960, la cantine, le gardiennage, le nettoyage, la comptabilité étaient assurés par des salariés de l'entreprise. Cela faisait comme une grande famille, tout était produit sur place. Avec l'externalisation, plus aucun de ces services n'est produit par la firme, eux-mêmes sont mis en concurrence.
Cette maximisation touche aussi l'intérieur de l'entreprise, c'est l'époque du grand dégraissement…
A l'intérieur même de l'entreprise, toute l'activité tend à être segmentée, rendue plus efficace, jusqu'à ne conserver que le mince segment de la chaîne de valeur capable de faire la différence avec les concurrents. On tend ainsi vers des "entreprises sans employés", un processus qui a été accéléré par la révolution technologique et les nouvelles industries de la communication. Ces entreprises nouvelles ne sont plus de vastes groupements de travailleurs comme autrefois, effectuant tous les services, défendant leur emploi, elles deviennent des unités produisant l'avantage comparatif mis en concurrence par le marché. La mondialisation arrivant, élargissant la concurrence, offrant des mains-d'œuvre moins chères, va parachever ce processus. On ne voit pas comment cet aspect du capitalisme pourrait changer. Il est certain que les critiques qui commencent à être menées, au vu de la crise écologique grandissante et des problèmes sociaux, contre son "court-termisme" chronique auront plus de poids. Mais la dynamique du "capitalisme monde", éclatant la chaîne de valeurs aux quatre coins de la planète, ne devrait guère être modifiée. Ce serait naïf de le penser.
Cependant, le "capitalisme monde" d'aujourd'hui, en Asie notamment, subit les contrecoups des déréglementations actuelles. Comment cette crise est-elle devenue mondiale ?
La crise actuelle constitue une forme de perversion du système financier, une excroissance dangereuse et inutile jusqu'ici contenue. Dès 1987, juste après le premier krach boursier, nous aurions dû réfléchir. Mais c'est l'inverse qui s'est produit, avec l'arrivée d'Alan Greenspan à la direction de la Réserve fédérale américaine. Sous sa houlette, le meilleur et le pire vont alterner. Il va autoriser l'argent facile, libérer des liquidités considérables qui vont favoriser les opérations à haut risque financées à crédit. La finance du marché va fabriquer une nouvelle intermédiation financière totalement affranchie des règles qui pesaient sur le système financier classique. A la faveur de l'ambiance intellectuelle de la déréglementation voulue par Reagan, entérinée par Alan Greenspan, une deuxième couche d'intermédiation financière va apparaître, qui va doubler le circuit bancaire traditionnel. Ce qu'on appelle le shadow banking system. Il pèse 10 000 milliards de dollars, autant que le système bancaire classique, sauf que lui est affranchi des réglementations et des règles prudentielles qui s'appliquent aux banques de dépôts, n'étant pas pris dans le compas des régulateurs. Il s'agit de banques d'investissement qui se financent sur le marché, font des opérations de marché. Ce sont les hedge funds, les fonds de private equity, les compagnies d'assurances.
Prenez AIG, American International Group : en tant que compagnie d'assurances, elle n'était pas soumise à la même vigilance que les banques de dépôts. Elle a pu créer un département AIG Finances, qui s'est retrouvé le premier opérateur de ce qu'on appelle les credit default swaps, qui garantissent un créancier contre les risques de faillite du débiteur. Les banques commerciales jouent également à ce jeu, en développant des services financiers logés en dehors de leurs bilans, dans des structures ad hoc qui achètent allègrement les crédits risqués des subprimes. Cela le plus légalement possible, en profitant des trous dans le système de régulation, mais aussi d'un certain laxisme des autorités, qui auraient très bien pu s'apercevoir de la combine si elles avaient été plus vigilantes. Mais elles ne l'ont pas fait. Pourquoi ? Sans doute parce qu'elles étaient convaincues par le bain d'idées ambiant, ce nouveau paradigme du marché entièrement laissé à lui-même, selon lequel toutes ces opérations financières pouvaient s'autoréguler. Sans cela, elles auraient commencé à demander à ouvrir les livres de comptes.
Pour sa défense Alan Greenspan explique que l'Amérique voulait vivre à crédit, que c'était un "choix de vie", une "liberté fondamentale" – pris en partie sur le dos du reste du monde…
Alan Greenspan faisait un plaidoyer pro domo – d'autojustification. L'acte fondateur responsable de la séquence qui conduit à la crise, c'est la politique extrêmement libérale des taux d'intérêt du crédit menée par la Réserve fédérale. Les macroéconomistes, quel que soit leur horizon, s'accordent tous sur ce point. Après la crise du 11-Septembre, qui venait juste après l'éclatement de la bulle Internet, Greenspan a craint que la conjonction des deux événements ne provoque une récession. Il a donc mené une politique totalement laxiste de taux d'intérêt très bas par rapport aux normes nécessaires. Ce faisant, il a accéléré un processus explosif. D'une part, une énorme baisse de l'épargne des ménages américains et ensuite la formidable détérioration de la balance des paiements des Etats-Unis. Les Américains ont continué de dépenser et consommer comme s'ils étaient aussi riches qu'avant, ou que leurs voisins. Ils ont résisté à l'explosion des inégalités de revenu grâce au crédit. Ils se disaient : "Je ne gagne pas autant qu'un gars de Wall Street, mais je vais m'acheter la même voiture, le grand écran HD, etc.". A crédit. Le problème s'est redoublé du fait que Greenspan autorisait cette politique d'argent facile, qui a entretenu le boom immobilier – partout, y compris en France où les prix ont été multipliés par 2,5 entre 1997 et aujourd'hui. Le résultat a été de créer une accélération des crédits, puis la bulle immobilière que nous connaissons actuellement. On peut parler d'une grave erreur de politique économique.
Depuis vingt ans, Greenspan et tous ces financiers et traders de Wall Street étaient présentés comme les nouveaux héros du capitalisme, des sortes de génies incontournables. C'est la fin de cette époque ?
C'étaient un peu les nouveaux aventuriers de l'Arche perdue. Et ils le revendiquaient. Ils défendaient leurs primes colossales, ils disaient participer à l'expansion et à la croissance, ils se comportaient avec l'arrogance de nouveaux riches, se croyaient des révolutionnaires. C'était le genre "Oui, j'ai gagné 100 millions de dollars, et je vous emmerde. Il faudrait que tout le monde puisse le faire". L'ambiance intellectuelle et médiatique faisait qu'ils n'avaient même pas l'impression de fauter, ni économiquement ni moralement. Ils étaient l'avant-garde !
C'est cette avidité, cette inconscience qui vont être sanctionnées. Surtout si Barack Obama est élu, parce qu'il est démocrate, mais surtout parce qu'il va se trouver dans une situation de croissance très limitée, avec une énorme demande de redistribution. Aux Etats-Unis, les inégalités sont devenues tout à fait extravagantes. Les données collectées par mes collègues Thomas Piketty et Emmanuel Saez montrent que le 1 % le plus riche de la population a retrouvé le poids qui était le sien au début du XXe siècle, à l'âge d'or des rentiers : ils gagnent plus de 16 % du revenu national, contre 7 % après guerre. C'est une véritable perversion du capitalisme traditionnel. Dans son ouvrage classique L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme (1904), Max Weber explique que si le capitalisme ne se caractérisait que par l'avarice, l'envie d'argent, les inégalités, alors il se serait développé au Moyen-Orient chez les marchands phéniciens, ou dans la riche Venise du commerce des épices. Or il est apparu en Angleterre, puis s'est développé aux Etats-Unis et en Europe du Nord. S'il reconnaît que la cupidité, le greed, constitue un des ressorts fondamentaux de l'activité humaine, il montre comment le capitalisme des origines rationalise cet appétit, construit des rapports de confiance et de contrat, rééquilibre l'ensemble avec la libre concurrence, des règles, des lois, etc.
Dans une interview donnée au Journal du dimanche, Dominique Strauss-Kahn explique que les rémunérations colossales consenties aux traders comme aux dirigeants alimentaient le système. Qu'en dites-vous ?
C'est le cœur du système. Le Financial Times cite une étude calculant les rémunérations des grands dirigeants d'établissements financiers internationaux sur les trois dernières années. Ils ont trouvé 95 milliards, presque 100 milliards de revenus. Pour 1 000 milliards de pertes. C'est un mécanisme qui a bien été décrit par Paul Krugman, professeur à Princeton et chroniqueur du New York Times, à propos d'autres phénomènes de spirale, qu'il appelle "mécanisme panglossien" – de Pangloss, le héros de Voltaire qui croit vivre dans le "meilleur des mondes possibles". A partir du moment où des traders et financiers s'enrichissent sur l'argent des autres, qu'ils ne mettent pas sur la table leur propre capital, se financent à crédit pour monter des opérations, un mécanisme pervers se met en œuvre. Si ce crédit génère des gains, vous les partagez avec l'investisseur qui vous a financé – et vous remboursez votre dette. Si vous jouez sur 100, qu'il y a un gain de 10 %, vous l'empochez. Si vous jouez sur 1 000, vous gagnez 100. C'est là que la spirale s'installe. Vous êtes poussé à jouer sur la plus grande échelle possible, et à minimiser le capital investi pour avoir l'effet de levier maximum. Le problème c'est que si l'investissement est un "crédit pourri", insolvable, les pertes sont forcément pour celui qui vous a prêté : c'est-à-dire la société, les déposants ou ceux qui vont se protéger en mutualisant les pertes. Lorsqu'un investisseur n'est pas soumis à une réglementation qui l'oblige à apporter son propre capital, il ne voit que le meilleur des mondes possibles : c'est le mécanisme panglossien. Il ignore rationnellement le risque, parce que le principe de rémunération est asymétrique.
C'est vraiment " Pile je gagne, face tu perds "…
C'est cela. Le spéculateur ignore la perte, parce que s'il gagne, il gagne tout, et s'il perd, il perd éventuellement sa carrière, mais ce ne sera jamais proportionné au volume des pertes qu'il a fait subir aux autres. On ne peut pas "réinternaliser" sur un individu les risques qu'il a fait courir aux autres. Et pour tous ces financiers qui ont gagné 100 milliards pour 1 000 milliards de pertes, eh bien, ils ont toujours gagné leurs 100 milliards. Quant aux pertes, elles doivent être épongées par l'Etat et les contribuables. On pourra faire tout ce qu'on veut, on ne pourra jamais réinternaliser les 1 000 milliards que ces Pangloss ont fait perdre à la société. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, sachant qu'on ne peut pas corriger le mal ex post, après coup, il faut instituer des réglementations ex ante, avant d'en arriver là.
Comment les régulateurs, les agences de notation ont-ils pu laisser faire ?
Nous sommes là à l'intersection du dysfonctionnement du système et de l'idéologie régnante du "laisser-faire", de la "rapacité est bonne". Les agences de notation ont joué un rôle essentiel dans la propagation de cette crise, en rendant possible la circulation d'actifs financiers réputés excellents mais qui se sont révélés des foyers de perte. Des agences de notation crédibles sont la condition nécessaire de la nouvelle finance de marché, et du processus appelé " titrisation " qui permet de revendre immédiatement une créance, hypothécaire par exemple, au lieu de la garder jusqu'à son terme. Or les agences de notation ont failli. Pourquoi ? Elles étaient des deux côtés de la barrière : payées pour labelliser des produits qu'elles avaient elles-mêmes aidé à fabriquer.
Quand on réfléchit avec le recul, c'est assez extraordinaire ! Tout l'équilibre financier international reposait sur le jugement d'agences qui, lorsqu'elles ont été attaquées, ont simplement répondu : "Mais nous donnions juste une opinion. C'est notre liberté d'expression. Vous n'étiez pas obligés de nous suivre…" Dans les faits, on était bien obligé de les suivre, leurs notations étaient exigées par un certain nombre d'investisseurs qui ne pouvaient agir que s'ils détenaient ces papiers. Nous sommes là encore face à une sorte de naufrage intellectuel où tout le monde se défend et se berce d'illusions en croyant que l'autorégulation se fera de par la grâce d'un marché omniscient.
Des dirigeants des pays du Sud comme Lula da Silva ont durement critiqué le laxisme du gouvernement américain, ils appellent à une régulation mondiale du capitalisme financier. Allons-nous vers la régulation ?
Tout le monde se met à parler "régulation", soit. La première erreur à éviter serait de croire qu'après cette crise le capitalisme va se moraliser tout seul. Que les comportements opportunistes d'hier, piqués au vif, partout critiqués, vont s'effacer. Mais les hommes persévèrent dans leur être. Comme dirait Spinoza, mieux vaut compter sur les lois que sur une improbable évolution de la nature humaine pour régler le destin des nations. Il faut donc impérativement de nouvelles lois financières. Or nous rencontrons deux attitudes naïves aujourd'hui. Une de droite, qui refuse de balayer devant sa porte, dit : "On a compris, on va se moraliser tout seul." Une de gauche, qui déjà claironne : "C'est le coup fatal porté au capitalisme." Mais le capitalisme, la mondialisation du marché vont continuer. Personne ne va mettre les Indiens et les Chinois à la porte, en leur demandant de ne plus vendre leurs produits sur le marché international. Et les nouvelles technologies permettront à qui le voudra d'externaliser les services en Inde et en Chine. Cette course du capitalisme contemporain ne sera pas changée par la crise financière.
En revanche, l'euphorie idéologique du "laisser-faire" et du mépris des pauvres va certainement prendre du plomb dans l'aile. Quant à la question de la réglementation, elle arrive. Alors, qui va devenir le producteur des lois de demain ? Les Etats-Unis sont décidés, je pense, à mettre de l'ordre dans les marchés financiers, y compris dans les excès en matière d'inégalités. En Europe, aussi, où on a nationalisé d'un coup les banques en difficulté, sans que la Commission européenne ne s'écrie, comme elle aurait dû : "Attendez ! Vous n'avez pas le droit de nationaliser." Beaucoup de dogmes vont tomber. Aucun fondamentaliste du marché ne va s'amuser à critiquer les gouvernements belge et néerlandais d'avoir nationalisé Fortis. C'est le contraire. Tout le monde est vraiment soulagé qu'ils l'aient fait.
Ce retournement si rapide du dogme a quelque chose de fascinant. Nous savions donc ?
Au moment du krach de 1929, les gouvernements ont laissé l'économie mondiale basculer dans la crise parce qu'ils étaient prisonniers des dogmes libéraux qui laissaient croire que la faillite d'une banque était bonne, et que cela faisait partie des mécanismes du marché roi. Des recherches récentes ont montré qu'ils étaient également les otages d'un étalon or qui rendait très périlleux l'usage de la politique monétaire. Et puis, ce furent les faillites bancaires en cascade, les entreprises fermées, les millions de chômeurs, etc. Une longue période de régulation financière a suivi, laquelle n'a pas si mal fonctionné : on n'observe aucune crise majeure du système bancaire durant les "trente glorieuses". Puis vinrent les années 1980. Beaucoup ont voulu effacer le souvenir de 1929, un véritable travail révisionniste s'engageait. Mais l'ombre portée de la période 1929-1933 est restée en réalité très vive, surtout aux Etats-Unis. La réaction presque immédiate du gouvernement Bush, de Ben Bernanke à la Réserve fédérale, en témoigne. Ils n'ont pas hésité un instant à nationaliser.
L'économie réelle maintenant va subir le contrecoup de cette crise financière. Quel scénario envisagez-vous ?
Nous allons assister à un rétrécissement général du crédit, un credit crunch. Les banques, prisonnières de leurs pertes, ou par peur tout simplement, vont réduire la voilure du crédit. Le ralentissement économique va suivre, il est déjà évident en France. L'Insee prévoit une croissance négative, en glissement, du 1er janvier au 31 décembre de cette année. Cela risque de s'aggraver, car la récession actuelle n'est en fait pas (encore) liée à la crise financière, mais à la hausse du prix des matières premières et à la poussée d'inflation qui a suivi. Ce n'est véritablement qu'à partir de l'été que la crise financière a commencé à mordre. Deux acteurs vont être victimes de la réduction du crédit, les ménages et les entreprises. Les ménages, surtout du côté du crédit immobilier. Si l'effet de vases communicants se fait rapidement, cela peut être sain, parce que les prix vont baisser, alors qu'ils devenaient extravagants. Mais cela restera ambigu pour les ménages. Du côté des entreprises, c'est ennuyeux, parce que les fondamentaux étaient bons. Il va falloir suivre avec beaucoup d'attention leurs difficultés de financement, qui vont vite devenir palpables. Elles risquent de casser durablement leur dynamisme. Le credit crunch va frapper un corps sain, et toute la question devient : combien de temps cela va-t-il durer ? Est-ce que ce sera long et durable, comme au Japon, c'est-à-dire plus de dix ans ? Ou est-ce qu'avec les 1 000 milliards de dollars américains et les nationalisations européennes, cela va passer sans trop de casse ? Cette hésitation se traduit dans la valse actuelle des Bourses. Ce qui me semble certain, c'est que nous sommes partis pour un 2009, sans doute un 2010, en berne, deux années noires qui s'accompagneront de beaucoup de remises en question sur le terrain politique, en France et ailleurs.
Les Américains indignés des revenus des banquiers
Fin septembre, le sénateur indépendant du Vermont, Bernard Sanders, a rendu publics les rétributions extravagantes des banques d'affaires de Wall Street et institutions de crédit. Elles ont, constate-t-il, "dépassé le PIB du Sri Lanka, de la Bulgarie ou du Liban". Quant à Henry Paulson, secrétaire au Trésor américain, ancien directeur général de la banque Goldman Sachs – pertes : 22 milliards de dollars –, il percevait en 2005 un bonus de 38 millions de dollars (MD).
Compagnie d'assurances AIG. Une semaine après avoir été sauvée de la faillite par la Fed, ses dirigeants s'offraient un séminaire dans un hôtel de luxe californien pour 440 000 dollars. L'ancien patron Martin Sullivan, évincé mi-juin, avait reçu 14 MD d'indemnités de départ.
Fannie Mae et Freddie Mac. Les PDG des poids lourds américains du refinancement hypothécaire Daniel Mudd et Richard Syron ont certes été privés de leurs parachutes dorés de 12,59 MD quand ils ont été débarqués. Mais ils ont tout de même touché 9,43 MD de primes de départ.
Banque Bear Stearns. En faillite, elle est rachetée en mars 2008 par la banque JP Morgan, à 7 % de sa dernière valeur boursière. Débarqué deux mois avant, le PDG James Cayne touche 61 MD de prime de départ.
18 juillet Début de la crise financière avec l'effondrement de deux fonds d'investissement de la banque d'affaires américaine Bear Stearns, victimes de la crise immobilière.
9 août BNP Paribas annonce le gel de trois de ses fonds exposés au marché des subprimes.
1er octobre La banque américaine Citigroup se dit touchée par la crise.
17 janvier Merrill Lynch annonce 9,8 milliards de pertes au 4e trimestre.
18 janvier Plan de relance de George Bush de 150 milliards de dollars.
17 février La banque britannique Northern Rock est nationalisée.
16 mars La banque Bear Stearns, au bord du dépôt de bilan, est rachetée par son homologue JP Morgan.
8 avril Le FMI chiffre le coût de la crise financière à quelque 1 000 milliards de dollars.
30 juillet George Bush annonce un plan de sauvegarde de l'immobilier de 300 milliards de dollars.
7 septembre La crise s'accélère après l'annonce du Trésor américain de la mise sous tutelle des organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, détenteurs ou garants de 5 400 milliards de crédit hypothécaire.
15 septembre La planète financière est sous le choc après l'annonce de la faillite de la banque d'affaires américaine, Lehman Brothers. La banque Merrill Lynch est contrainte de se vendre à Bank of America.
16 septembre Le Trésor intervient pour sauver le géant de l'assurance AIG et éviter une débâcle.
18 septembre Le Trésor et la Réserve fédérale américaine (Fed) annoncent un plan de sauvetage massif du système financier.
25 septembre Nicolas Sarkozy s'engage sur la garantie des dépôts français.
26 septembre Faillite de la banque de détail américaine Washington Mutual.
29 septembre Le Congrès américain rejette le plan Paulson de sauvetage du système financier, malgré le soutien des deux candidats à la Maison Blanche. Les Etats du Benelux injectent 11,2 milliards d'euros dans la banque Fortis.
30 septembre Dexia est sauvée par l'intervention des Etats français et belge. Un soutien qu'ils doivent renouveler le 9 octobre.
3 octobre Le plan Paulson amendé est adopté au Congrès américain.
6 octobre Chute historique du CAC 40 de 9,04 %. BNP Paribas achète des activités de Fortis et devient la première banque de dépôts de la zone euro.
8 octobre La baisse concertée des taux directeurs des banques centrales américaine, britannique, canadienne, européenne, suédoise et suisse n'a pas l'effet escompté sur les marchés.
12 octobre Les Quinze adoptent un plan de sauvetage massif de leur système financier.
13 octobre Les marchés repartent à la hausse.
17:29 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : économie, capitalisme, histoire contemporaine