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Timestamp: 2016-10-25 22:41:03+00:00
Document Index: 325736361

Matched Legal Cases: ['art. 24', 'art. 71', 'ATF ', 'art. 172', 'art. 75', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 176', 'art. 176', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 176', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 9', 'in fine', 'art. 9', 'art. 98', 'art. 106']

5A_951/2013 (27.03.2014)
5A_951/2013; 5A_953/2013 � � Arr�t du 27 mars 2014
5A_951/2013
repr�sent�e par Me Nicholas Antenen, avocat,
5A_953/2013
Mme B.X.________, n�e en 1971, et M. A.X.________, n� en 1946, se sont mari�s le 30 juillet 2008. De leur union est issu D.________, n� en 2002. L'�pouse est �galement la m�re d'un fils, C.________, n� en 1995 d'une pr�c�dente union, dor�navant majeur et qui r�side avec les �poux X.________. Le mari est aussi le p�re de deux enfants majeurs n�s en 1977 et 1984 d'une relation pr�c�dente.
Par requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale du 23 janvier 2012, l'�poux a notamment conclu � ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal sis ... � E.________ et des meubles le garnissant lui soit attribu�e, � ce que la jouissance exclusive de son appartement sis ... � E.________ soit attribu�e � son �pouse, � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de verser � son �pouse la somme forfaitaire de 30'000 fr. pour l'ameublement de l'appartement, et � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de verser � son �pouse, par mois et d'avance, pour la dur�e de la s�paration, le montant de 2'000 fr. pour l'entretien de l'enfant commun.
�L'�pouse a principalement conclu au rejet de la requ�te, souhaitant poursuivre la vie commune; subsidiairement, elle a notamment conclu � ce que la jouissance du domicile conjugal lui soit attribu�e, � ce que son �poux soit astreint � s'acquitter des charges et frais d'entretien de ce domicile et � ce que celui-ci soit condamn� � lui verser une contribution d'entretien globale de 7'000 fr. par mois pour la dur�e de la s�paration.
B.a.�Lors de l'audience du 19 f�vrier 2013, l'�poux a indiqu� qu'il consentait � verser des contributions mensuelles de 2'000 fr. pour l'entretien de l'enfant commun et 7'000 fr. pour l'entretien de son �pouse, ce dernier montant correspondant au salaire que l'une de ses soci�t�s versait � celle-ci, m�me si elle ne travaillait pas dans cette entreprise. Le mari a expos� qu'il refusait de contribuer � l'entretien du fils de l'�pouse.
�Lors de l'audience du 23 avril 2013, l'�poux a modifi� ses conclusions. Il a ainsi expos� mettre � disposition de son �pouse son appartement sis ... - ce qui n'impliquait pas de changement d'�cole pour l'enfant commun -, accepter de s'acquitter des frais d'une nouvelle chambre pour son fils, autoriser son �pouse � prendre les meubles n�cessaires dans le salon, la chambre � coucher et la chambre du fils de l'�pouse, consentir � verser un montant de 9'000 fr. par mois � son �pouse � titre de contribution d'entretien pour elle-m�me et l'enfant commun, �tant pr�cis� que les charges relatives � l'entretien du fils n� de la pr�c�dente union de l'�pouse ne devaient pas �tre prises en consid�ration, et requis qu'un revenu hypoth�tique de 4'500 fr. par mois soit imput� � son �pouse.
�L'�pouse a r�it�r� ses pr�c�dentes conclusions, sous r�serve de la contribution d'entretien due par son mari, qui devait �tre fix�e � 30'000 fr. par mois, d�s lors qu'elle n'a ni formation, ni capacit� contributive.
B.b.�Par jugement du 16 mai 2013, le Tribunal de premi�re instance a notamment attribu� la jouissance exclusive du domicile conjugal � l'�pouse (ch. 2), imparti un d�lai au 15 juin 2013 au mari pour quitter ledit domicile conjugal (ch. 3), attribu� � l'�pouse la garde de l'enfant commun (ch. 4), et condamn� le mari � verser, allocations familiales non comprises, le montant de 20'000 fr. par mois � titre de contribution � l'entretien de la famille, � charge pour l'�pouse de s'acquitter des charges et des frais d'entretien du domicile conjugal (ch. 6).
�Le mari a form� appel contre ce jugement le 27 mai 2013, sollicitant l'annulation des ch. 2, 3 et 6 du dispositif et reprenant en substance ses conclusions de premi�re instance. Il a au surplus conclu � ce qu'un nouveau d�lai au 31 juillet 2013 soit imparti � son �pouse pour quitter le domicile conjugal et � ce qu'il lui soit donn� acte qu'il s'engageait � couvrir les frais de d�m�nagement de son �pouse. L'�poux a au pr�alable sollicit� que l'effet suspensif soit accord� � son appel.
�Par arr�t du 27 juin 2013, la Chambre civile de la Cour de justice a suspendu l'effet ex�cutoire attach� aux ch. 2, 3 du jugement attaqu�, ainsi qu'� celui du ch. 6 pour les contributions d'entretien d�passant le montant de 15'366 fr. par mois.
�Dans sa r�ponse, l'�pouse a conclu au rejet de l'appel et � la confirmation du jugement querell�, �tant pr�cis� qu'un nouveau d�lai devait �tre imparti � son mari pour quitter le domicile conjugal.
B.c.�Statuant par arr�t du 8 novembre 2013, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� l'attribution � l'�pouse de la jouissance exclusive du domicile conjugal, annul� les ch. 3 et 6 du jugement attaqu�, imparti au mari un d�lai d'un mois pour quitter le domicile conjugal et condamn� celui-ci � contribuer � l'entretien de sa famille par le versement d'un montant de 15'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, � charge pour l'�pouse de s'acquitter des charges et frais d'entretien li�s � la villa conjugale.
Par acte du 16 d�cembre 2013, M. A.X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � l'annulation de l'arr�t entrepris, � l'attribution de la jouissance exclusive du domicile conjugal, � l'octroi d'un d�lai � son �pouse pour quitter ce logement, � ce que son �pouse soit autoris�e � emporter les meubles n�cessaires du salon, de la chambre � coucher et de la chambre de son fils n� d'une pr�c�dente union, � ce que la jouissance exclusive de son appartement sis ... � E.________ soit attribu�e � son �pouse, �tant pr�cis� qu'elle en acquittera les charges d'eau, �lectricit� et chauffage, � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de couvrir les frais de d�m�nagement de son �pouse, ainsi que les frais de mobilier pour la nouvelle chambre de l'enfant commun, et � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de verser � son �pouse, allocations familiales non comprises, pour la dur�e de la s�paration, une contribution d'entretien d'un montant de 10'400 fr. par mois. A titre subsidiaire, le recourant conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale. Il sollicite au pr�alable que l'effet suspensif soit accord� � son recours.
��galement par acte du 16 d�cembre 2013, Mme B.X.________ interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut principalement � ce que son mari soit astreint � contribuer � l'entretien de sa famille par le versement mensuel de la somme de 20'000 fr., allocations familiales non comprises, � charge pour elle de s'acquitter des charges d'entretien de la villa conjugale, subsidiairement, � l'annulation de l'arr�t entrepris en ce qui concerne la contribution d'entretien pour la famille et au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour qu'elle statue � nouveau sur ce point.
�Invit�e � se d�terminer sur la requ�te d'effet suspensif, l'�pouse, par m�moire du 27 d�cembre 2013, s'en est rapport�e � justice en tant que la requ�te d'effet suspensif portait sur l'attribution du logement conjugal et conclu, alternativement, en cas d'admission de l'effet suspensif quant � l'attribution du domicile conjugal, � l'admission de l'effet suspensif sur le paiement de la contribution d'entretien � hauteur de 4'633 fr. et au rejet de la requ�te pour le surplus, ou, en cas de refus de l'effet suspensif s'agissant du logement conjugal, au rejet de la requ�te pour le surplus. L'autorit� pr�c�dente s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Par ordonnance du 16 janvier 2014, le Pr�sident de la IIe Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral a admis la requ�te d'effet suspensif d�pos�e par l'�poux quant � l'attribution du domicile conjugal et quant � la contribution d'entretien pour le montant mensuel de 4'633 fr., le recourant �tant contraint de s'acquitter des frais du logement conjugal.
�Dans ses observations du 27 f�vrier 2014 sur le recours de son �pouse, le mari a conclu � ce que celle-ci soit d�bout�e de toutes ses conclusions. La cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Les deux recours sont dirig�s contre la m�me d�cision, reposent sur les m�mes faits et opposent les m�mes parties dont les droits d�rivent de la m�me cause juridique; dans ces conditions, il y a lieu, par �conomie de proc�dure, de les joindre et de statuer � leur sujet par un seul arr�t (art. 24 PCF, applicable par analogie en raison du renvoi de l'art. 71 LTF; ATF 131 V 59 consid. 1 p. 61; 124 III 382 consid. 1a p. 385; 123 II 16 consid. 1 p. 20).
2.1.�La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC), qui statue sur l'attribution du logement conjugal et la contribution d'entretien pour la famille, rendue sur recours en derni�re instance cantonale par un tribunal cantonal sup�rieur (art. 75 al. 1 et 2 LTF), est une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s. et les r�f�rences cit�es) de nature civile (art. 72 al. 1 LTF) p�cuniaire (arr�ts 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 2.1; 5A_132 et 133/2013 du 24 mai 2013 consid. 2.1), dont la valeur litigieuse atteint manifestement 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Les deux recours ont par ailleurs �t� d�pos�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme pr�vue par la loi (art. 42 LTF), par des parties qui ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t � l'annulation ou la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 LTF). Les recours en mati�re civile sont donc en principe recevables.
2.2.�D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), � savoir s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400; arr�t 5A_99/2011 du 22 septembre 2011 consid. 2.1).
2.3.�De jurisprudence constante, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il ne suffit pas qu'une autre d�cision paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que la d�cision soit censur�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5).
Comme les griefs des recourants se recoupent en partie, il s'impose d'examiner successivement le recours de l'�poux, lequel s'en prend � l'attribution du domicile conjugal (�
cf. infra�consid. 4), puis les griefs des deux �poux concernant le montant de la contribution due par le mari pour l'entretien de sa famille (�
3.1.�S'agissant de la situation personnelle et financi�re des parties, la Chambre civile de la Cour de justice a retenu ceci :
�L'�poux est administrateur et actionnaire de cinq soci�t�s. Il est propri�taire de plusieurs biens immobiliers, � savoir de la villa conjugale, dans laquelle les �poux ont emm�nag� en juin 2010, d'un immeuble � Y.________, dans lequel se trouvent les locaux de deux de ses soci�t�s, d'un appartement en France, dans lequel r�side la premi�re �pouse du recourant, d'un autre appartement � E.________ et d'une r�sidence secondaire � F.________. Le recourant a atteint l'�ge de la retraite en avril 2011, mais continue toutefois de travailler jusqu'� l'�ge de 70 ans. Il per�oit toujours un salaire de l'une de ses soci�t�s. Les revenus du mari sont compos�s de son salaire, du revenu locatif et des dividendes de ses soci�t�s, lesquels �taient estim�s � 300'000 fr. nets pour 2012, alors qu'ils �taient de 635'700 en 2011. En 2012, l'�poux a re�u 160'943 fr. de salaire net, soit 13'411 fr. 90 par mois. Le Tribunal de premi�re instance, faute de document produit, a estim� le montant vers� par l'AVS � 38'976 fr. par an et le revenu immobilier annuel � 407'480 fr. Les revenus nets globaux du recourant, avant d�duction des charges immobili�res ont �t� estim�s � 907'399 fr. en 2012, y compris les dividendes pr�visibles, � savoir 75'616 fr. 60 par mois. La fortune brute de l'�poux a �t� estim�e � 13'617'172 fr. en 2011. Le mari habite toujours avec son �pouse au domicile conjugal, dont les frais ont �t� fix�s � 4'633 fr. 60 par mois. Les charges mensuelles fixes de l'�poux se montent � 11'270 fr. 30. Le recourant s'acquitte en outre mensuellement d'une contribution de 11'000 fr. en faveur de son ex-�pouse et met � la disposition de celle-ci son appartement en France dont le loyer de 5'000 fr., vient en d�duction de la contribution d'entretien � laquelle il a �t� astreint de 16'000 fr.
�L'�pouse a cess� de travailler lorsqu'elle a connu son mari, en 1997, et n'a plus exerc� d'activit� lucrative depuis lors. Elle ne dispose d'aucune formation professionnelle. De 1999 jusqu'� fin 2006, l'�pouse a per�u 5'500 fr. par mois en moyenne de l'une des soci�t�s de son �poux. Depuis le 1
er�janvier 2007, elle est "employ�e" d'une autre de ces entreprises, bien qu'elle n'ait jamais exerc� d'activit� professionnelle au sein de cette entreprise et a per�u des revenus mensuels nets allant de 6'889 fr. 30 � 7'120 fr. 75 entre janvier 2010 et f�vrier 2013. Le "contrat de travail" de l'�pouse a �t� r�sili� pour le 31 juillet 2013. En 2011, l'�pouse a entrepris une formation d'auxiliaire de sant�, mais a �chou� � l'examen et les perspectives professionnelles avec ce dipl�me sont, selon elle, au demeurant faibles. La recourante est propri�taire d'un appartement en Italie, achet� en ao�t 2008 par son mari, lequel est estim� � 1'300'000 fr. L'�pouse dispose �galement d'une somme de 490'000 fr., solde du produit de la vente d'un autre appartement que lui avait offert son mari. Les charges mensuelles fixes de l'�pouse se montent � 2'647 fr. 75. L'�poux a contest� la prise en consid�ration � titre de charges de l'�pouse des postes de "vacances" (1'667 fr.), ainsi que "personnel de maison" (1'000 fr.), consid�rant que ces co�ts sont compris dans l'entretien de base ou qu'ils doivent aussi figurer dans ses charges par �galit� de traitement.
�Les charges mensuelles des enfants comprennent l'entretien de base du fils commun (600 fr.) et celui du fils a�n� de l'�pouse (600 fr.), ainsi que les frais de l'enfant commun (751 fr. 15). L'�poux a contest� le montant retenu pour les frais du fils de l'�pouse (2'262 fr. 70), dans la mesure o� la contribution de 888 fr. par mois re�ue par celle-ci du p�re de son fils a�n� n'a pas �t� prise en compte et que les frais comprennent un montant trop �lev� � titre d'argent de poche (500 fr.); enfin, le recourant a relev� que le montant des allocations familiales (300 fr. pour l'enfant commun et 400 fr. pour le fils de l'�pouse) devait �tre d�duit de leur charges respectives.
3.2.�Statuant sur l'appel, en particulier sur l'attribution du logement conjugal, la cour cantonale a relev� que, s'agissant du crit�re de l'utilit�, les �poux y avait emm�nag� en juin 2010 seulement, en sorte qu'ils n'y ont pas encore leur centre de vie et leur r�seau social. L'autorit� pr�c�dente a toutefois estim� que les enfants, singuli�rement le fils des parties, avaient un int�r�t certain � demeurer dans le logement familial, � savoir dans un environnement familier leur procurant une certaine stabilit�. La Chambre civile a cependant �galement retenu l'int�r�t du mari � conserver la jouissance du domicile conjugal, d�s lors que celui-ci a atteint la retraite, entend prochainement arr�ter toute activit� professionnelle pour s'occuper de la villa conjugale et qu'il est vraisemblable que la maison r�cemment acquise ait �t� am�nag�e pour ses vieux jours. L'autorit� pr�c�dente a relev� que l'�pouse n'avait pas fait valoir de besoins concrets personnels en plus de ceux des enfants dont elle a la garde. La cour cantonale a jug� les besoins concrets des enfants et du mari �quivalents, partant, elle a consid�r� que le crit�re de l'utilit� ne permettait pas de d�terminer � quel �poux le logement conjugal devait �tre attribu� et a cherch� � d�terminer quel �poux pourrait tirer le plus grand b�n�fice de cette attribution. Admettant qu'un d�m�nagement pourrait s'av�rer plus difficile pour l'�poux, qui est plus �g� que son �pouse, la cour cantonale a cependant reconnu que les difficult�s engendr�es par le changement de domicile des enfants, en sus de l'�pouse, seraient plus lourdes, d'autant que le fils commun a besoin de stabilit�, m�me si le d�m�nagement n'engendrerait pas de changement d'�cole. La cour cantonale a encore estim� que le lien affectif des parties pour le domicile �tait �quivalent, que les ressources financi�res et les facilit�s � se reloger n'�taient pas pertinentes en l'esp�ce. En d�finitive, l'autorit� pr�c�dente a jug� plus raisonnable d'imposer � l'�poux de d�m�nager et a rejet� l'appel sur ce point.
3.3.�S'agissant de la contribution d'entretien, la cour cantonale a refus� de r��valuer le montant des revenus du mari, quand bien m�me aucun dividende n'aurait �t� vers� en 2012 conform�ment aux pr�visions, et a �galement refus� d'imputer un revenu hypoth�tique � l'�pouse. L'autorit� pr�c�dente a toutefois tenu compte dans les charges du mari de la contribution d'entretien de 16'000 fr. � laquelle il est astreint en faveur de son ex-�pouse et dont le loyer de 5'000 fr. constitue une part en nature, a proc�d� � une moyenne des derni�res ann�es pour les imp�ts et ainsi retenu la somme de 11'250 fr. par mois et y a ajout� les frais de l'appartement de E.________ (2'984 fr.), dans lequel elle lui a impos� de d�m�nager. L'autorit� pr�c�dente a ainsi retenu que les charges mensuelles du mari se montaient � 41'504 fr. 30 (11'270 fr. 30 + 11'000 fr. + 5'000 fr. + 11'250 fr. + 2'984 fr.). La cour cantonale a encore ajout� un poste "vacances avec l'enfant commun" de 1'667 fr. dans le budget de chacun des �poux, vu leur train de vie, et non seulement dans celui de l'�pouse. En revanche, la Chambre civile a refus� de tenir compte d'un poste de 1'000 fr. pour le personnel de maison dans le budget du mari, estimant que ce poste se rapportait uniquement � la villa conjugale, dont la jouissance a �t� attribu�e � l'�pouse, et que le co�t d'entretien de l'appartement avait �t� pris en consid�ration dans les charges de celui-ci.
�L'autorit� pr�c�dente a r��valu� � la baisse la charge d'imp�ts de l'�pouse et a ainsi fix� la charge fiscale � 3'607 fr. 45 par mois. La Chambre civile a enfin ajout� 4'633 fr. 60 de frais pour le domicile conjugal aux autres charges de l'�pouse, estim�es � 2'647 fr. 75.
�Quant aux charges des enfants, la cour cantonale a consid�r� qu'il fallait d�duire, d'une part, le montant de 717 fr. 50 per�u par le Service cantonal d'avance et de recouvrement des pensions alimentaires, du co�t d'entretien mensuel de l'enfant de l'�pouse et, d'autre part, les allocations familiales de 300 fr. pour l'enfant commun et de 400 fr. pour le fils de l'�pouse, du co�t d'entretien de chacun des enfants. Les charges de ceux-ci ont donc �t� fix�es � 451 fr. 15 pour le fils des parties et � 1'145 fr. 20 pour le fils de l'�pouse.
�En conclusion, l'autorit� pr�c�dente a constat� que le mari disposait d'un solde mensuel de 32'328 fr. 70 (75'500 fr. - 41'504 fr. 30 - 1667 fr.). L'�pouse ayant des charges de 13'555 fr. 80 (2'647 fr. 75 + 1'667 fr. + 1'000 fr. + 3'607 fr. 45 + 4'633 fr. 60) pour ses propres besoins et de 1'596 fr. 35 (451 fr. 15 + 1'145 fr. 20) pour les enfants, la cour cantonale a arrondi � 15'000 fr. le montant de la contribution d'entretien due par l'�poux, allocations familiales non comprises. Elle a fix� le�
dies a quo�du versement de cette contribution � compter du prononc� de son arr�t, les �poux continuant jusque-l� de faire m�nage commun.
L'�poux conclut � l'attribution du logement conjugal, soulevant le grief d'application arbitraire (art. 9 Cst.) de l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC. Il soutient que la cour cantonale s'est arbitrairement arr�t� au fait que les deux enfants logeaient au domicile conjugal pour attribuer ce logement � la m�re gardienne, alors que l'int�r�t du fils de l'�pouse, devenu majeur ainsi que l'a retenu l'autorit� pr�c�dente, n'est pas pertinent. Il conteste ainsi que la pes�e des int�r�ts de la Chambre civile ait oppos� les deux enfants face � lui-m�me, �g� de 67 ans et planifiant de passer sa retraite dans la villa. Selon lui, le crit�re de l'utilit� devait d�j� conduire � lui attribuer la jouissance du domicile conjugal. Le recourant consid�re ensuite que le raisonnement de la cour cantonale sur la question du crit�re du d�m�nagement le plus facile est incompr�hensible et conteste que le d�m�nagement d'un seul enfant soit plus compliqu� que le sien, d�s lors que celui-ci n'a pas � changer d'�cole. Il soutient que les difficult�s et le besoin de stabilit� de l'enfant commun, auxquels l'autorit� pr�c�dente fait r�f�rence sont incompr�hensibles et choquant. Si le deuxi�me crit�re ne devait pas �tre d�cisif, le recourant rappelle que le statut juridique du bien immobilier a �t� �tabli et qu'il est le seul propri�taire du domicile conjugal.
4.1.�Selon l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC, � la requ�te de l'un des conjoints et si la suspension de la vie commune est fond�e, le juge prend les mesures en ce qui concerne le logement et le mobilier de m�nage. Le juge des mesures protectrices de l'union conjugale attribue provisoirement le logement conjugal � l'une des parties en faisant usage de son pouvoir d'appr�ciation. Il doit proc�der � une pes�e des int�r�ts en pr�sence, de fa�on � prononcer la mesure la plus ad�quate au vu des circonstances concr�tes.
4.1.1.�En premier lieu, le juge doit examiner � quel �poux le domicile conjugal est le plus utile ("gr�sserer Nutzen"). Ce crit�re conduit � attribuer le logement � celui des �poux qui en tirera objectivement le plus grand b�n�fice, au vu de ses besoins concrets. A cet �gard, entrent notamment en consid�ration l'int�r�t de l'enfant, confi� au parent qui r�clame l'attribution du logement, � pouvoir demeurer dans l'environnement qui lui est familier.
4.1.2.�Si ce premier crit�re de l'utilit� ne donne pas de r�sultat clair, le juge doit, en second lieu, examiner � quel �poux on peut le plus raisonnablement imposer de d�m�nager, compte tenu de toutes les circonstances. A cet �gard, entrent notamment en consid�ration l'�ge avanc� de l'un des �poux qui, bien que l'immeuble n'ait pas �t� am�nag� en fonction de ses besoins, supportera plus difficilement un changement de domicile, ou encore le lien �troit qu'entretient l'un d'eux avec le domicile conjugal, par exemple un lien de nature affective.
4.1.3.�Si ce second crit�re ne donne pas non plus de r�sultat clair, le juge doit alors tenir compte du statut juridique de l'immeuble et l'attribuer � celui des �poux qui en est le propri�taire ou qui b�n�ficie d'autres droits d'usage sur celui-ci (ATF 120 II 1 consid. 2c p. 3; arr�ts 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 3.1, non publi� aux ATF 136 III 257).
4.2.�En l'occurrence, la cour cantonale a constat�, sous l'angle du crit�re de la plus grande utilit� pour l'un des �poux, d�duit de la jurisprudence susmentionn�e (�
cf. supra�consid. 3.2), que l'int�r�t du mari, plus �g�, par rapport � l'�pouse, qui a la garde des enfants, notamment du fils des parties, �tait �gal. Il ne s'av�re pas que le fait que l'�pouse ait �galement la garde de son fils majeur n� d'une pr�c�dente union, ait eu quelque influence dans cette pes�e des int�r�ts, � tout le moins le recourant ne le d�montre pas, conform�ment � l'exigence l�gale, en se limitant � affirmer qu'il faut exclure du raisonnement l'existence du fils de l'�pouse (�
cf. supra�consid. 2.2). La cour cantonale, qui, faute de r�sultat clair, s'est alors r�f�r�e au deuxi�me crit�re (�
cf. supra�consid. 3.2 et 4.1.2), a examin� � quel �poux elle pouvait le plus raisonnablement envisager de d�m�nager. Vu le besoin de stabilit� de l'enfant commun - et non des deux enfants -, l'autorit� pr�c�dente en a d�duit que l'int�r�t de celui-ci primait sur l'int�r�t du mari - m�me �g� -, partant que l'�pouse pouvait plus difficilement se voir contrainte de d�m�nager avec ses deux fils. Cette appr�ciation, qui r�sulte de la pes�e des int�r�ts de chacun des �poux � ne pas �tre astreint � d�m�nager, n'est pas arbitraire (art. 9 Cst.;�
cf. supra�consid. 2.3), vu l'�tat de fait et les crit�res d'attribution retenus par la jurisprudence. Il appara�t manifestement plus complexe de demander � plusieurs personnes de quitter un logement qu'� une seule et le besoin de stabilit� de l'enfant commun ne se limite pas � un changement d'�cole, mais comprend �galement le maintien de son environnement habituel, � savoir de son domicile. Le crit�re du statut juridique de l'immeuble (�
cf. supra�consid. 4.1.3) �tant subsidiaire par rapport au crit�re de la personne la plus apte � changer de domicile, sur lequel s'est fond�e � juste titre l'autorit� cantonale, il n' y a pas lieu de s'y r�f�rer. Le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 176 al. 1 ch. 2 CC doit donc �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable, la d�cision cantonale �tant bien fond�e sur ce point.
Tant l'�poux que l'�pouse font grief � l'autorit� pr�c�dente avoir arbitrairement (art. 9 Cst.) fix� � 15'000 fr. la contribution d'entretien.
5.1.�L'�poux critique le montant de la contribution d'entretien, "en corollaire de la nouvelle attribution du domicile conjugal ". Dans la mesure o� il consid�re qu'il doit se voir attribuer la jouissance du logement conjugal, il expose que les frais d'entretien de la villa, d'un montant de 4'633 fr. 60, doivent �tre d�duits des charges de son �pouse, partant, que la contribution d'entretien de la famille doit �tre fix�e � la somme arrondie de 10'000 fr. En tant que cette critique suppose le bien-fond� de son premier grief, ce qui n'est pas le cas (�
cf. consid. 4 ci-dessus, singuli�rement consid. 4.2), celle-ci devient d'embl�e sans objet.
5.2.�Pour sa part, l'�pouse s'en prend au montant de la contribution d'entretien � deux �gards : elle critique la m�thode de calcul et les �l�ments pris en consid�ration dans la d�termination de ses charges.
5.2.1.�Reprochant � l'autorit� pr�c�dente d'avoir vers� dans l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 163 CC, l'�pouse s'en prend � la m�thode utilis�e par la cour cantonale pour d�terminer la contribution d'entretien, en l'occurrence proche de celle du minimum vital mais avec une prise en compte plus large des besoins. La recourante n'a cependant jusqu'ici jamais �mis de critique quant � la m�thode de calcul de la contribution d'entretien, singuli�rement dans son m�moire de r�ponse � l'appel dans lequel elle a uniquement requis que son train de vie soit pr�serv�. Le recours au Tribunal f�d�ral n'�tant ouvert qu'� l'encontre des d�cisions rendues par une autorit� cantonale de derni�re instance, ce qui suppose que la partie qui recourt ait �puis� toutes les voies de droit quant aux griefs qu'elle entend soumettre au Tribunal f�d�ral (ATF 135 III 1 consid. 1.2 p. 3 s. et 424 consid. 3.2 p. 429; 134 III 524 consid. 1.3 p. 527), le grief - nouveau - de l'application arbitraire de l'art. 163 CC, en raison la m�thode de calcul de la contribution d'entretien choisie, est d'embl�e irrecevable, faute d'�puisement des instances cantonales.
5.2.2.�Toujours sous le grief de l'arbitraire (art. 9 Cst.), la recourante s'en prend au montant allou� � titre de contribution d'entretien, qui ne correspond pas � l'addition des diff�rents montants admis dans l'arr�t querell� � titre de charges. Elle rel�ve que la somme de 15'152 fr., arrondie � 15'000 fr., ne comprend pas le minimum de base d'entretien de 600 fr. de chacun des enfants, qui a pourtant �t� retenu dans l'�tat de fait admis par la cour cantonale. L'�pouse expose que cette erreur de calcul a une influence manifeste sur le sort de la cause, d�s lors que la prise en compte de ces montants modifie le total de ses charges, partant la contribution d'entretien due pour la famille. Elle indique que la non-prise en compte de ces sommes est choquante, car elle reviendrait � ne pas couvrir ses besoins de base et ceux des enfants, dans un contexte de situation �conomique tr�s favorable.
�En l'occurrence, il ressort effectivement des faits de l'arr�t querell� que l'entretien de base des deux enfants (600 fr. chacun) a �t� calcul� s�par�ment de leurs autres besoins (451 fr. 15 pour le fils des parties et � 1'145 fr. 20 pour le fils de l'�pouse), puis que l'autorit� cantonale a omis, sans motivation, manifestement de mani�re involontaire, de reprendre ces sommes dans son addition finale (�
cf. supra�consid. 3.1�
in fineet 3.3). Cette erreur manifeste doit �tre corrig�e, puisqu'elle influence de mani�re sensible le r�sultat final. La solution de la Chambre civile est arbitraire (art. 9 Cst.) dans son r�sultat; le grief est par cons�quent fond� (�
cf. supra�consid. 2.3). Le co�t d'entretien des enfants doit �tre augment� de 1'200 fr. (2x 600 fr.).
5.3.�Au vu des �l�ments du dossier, la cour de c�ans dispose de tous les �l�ments n�cessaires pour recalculer la contribution d'entretien due � l'�pouse et aux enfants, partant pour statuer, de sorte que l'arr�t attaqu� sera r�form�. S'agissant d'un recours contre une d�cision de mesures provisionnelles (art. 98 LTF;�
cf. supra�consid. 2.2), il n'y a pas lieu de trancher en l'esp�ce la question de la possibilit� d'octroyer une contribution d'entretien globale pour l'�pouse et les enfants - dont l'un est au demeurant le fils de l'�pouse seulement et est majeur -, en l'absence de grief invoqu� et motiv� sur ce point (art. 106 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid. 2.2 et 2.3).
�D�s lors que la contribution d'entretien doit couvrir le co�t de l'entretien des enfants, la recourante a droit � ce que son d�ficit mensuel soit couvert. En l'esp�ce, la recourante supporte des charges de 13'555 fr. 80 (2'647 fr. 75 + 1'667 fr. + 1'000 fr. + 3'607 fr. 45 + 4'633 fr. 60) pour ses propres besoins et de 2'796 fr. 35 (451 fr. 15 + 1'145 fr. 20 + 1'200 fr.) une fois le montant des besoins des enfants corrig�, � savoir la somme totale de 16'352 fr. 15. Vu le solde mensuel disponible du mari de 32'328 fr. 70, il convient de fixer la contribution d'entretien due par l'�poux pour l'entretien de sa famille � la somme arrondie de 16'350 fr. par mois, allocations familiales non comprises.
En d�finitive, le recours de M. A.X.________ est rejet�. Le recours de Mme B.X.________ est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� en ce qui concerne le montant de la contribution � l'entretien de la famille et r�form� en ce sens que M. A.X.________ est condamn� � verser en mains de Mme B.X.________, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 16'350 fr., d�s le 1
er�mai 2014, � titre de contribution d'entretien de la famille.
�L'effet suspensif ayant �t� attribu� au recours de l'�poux concernant notamment l'attribution de la jouissance du domicile conjugal, il y a lieu de fixer � celui-ci un nouveau d�lai pour quitter la villa conjugale et emm�nager dans l'appartement dont il est propri�taire.
�Le recourant a succomb� dans ses griefs. Le recours de l'�pouse s'est au contraire r�v�l� bien-fond�. S'agissant de l'octroi de l'effet suspensif au recours interjet� par le mari, chacun des �poux a partiellement succomb�. Il s'ensuit que les frais de la proc�dure, qui s'�l�vent � 7'000 fr., doivent �tre mis � la charge de l'�poux. Celui-ci versera en outre une indemnit� de d�pens de 8'000 fr. � son �pouse.
Les causes 5A_951/2013 et 5A_953/2013 sont jointes.
Le recours de M. A.X.________ (5A_951/2013) est rejet�.
Le recours de Mme B.X.________ (5A_953/2013) est admis, l'arr�t attaqu� est annul� en ce qui concerne le montant de la contribution � l'entretien de la famille et r�form� en ce sens que M. A.X.________ est condamn� � verser en mains de Mme B.X.________, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 16'350 fr., d�s le 1
Ordre est donn� � M. A.X.________ de quitter la villa familiale d'ici au 30 avril 2014.
Les frais de la proc�dure, arr�t�s � 7'000 fr., sont mis � la charge de M. A.X.________.
M. A.X.________ versera � Mme B.X.________ une indemnit� de d�pens de 8'000 fr.