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Timestamp: 2016-10-21 20:07:47+00:00
Document Index: 49020060

Matched Legal Cases: ['art. 97', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ']

8C_720/2012 (15.10.2013)
8C_720/2012 � � Arr�t du 15 octobre 2013
Assurance-accidents (traumatisme cervical; causalit�),
A.a.�N.________, n� en 1968, a travaill� d�s 1998 en qualit� de responsable des achats dans la branche horlog�re, en dernier lieu au service de l'entreprise X.________ SA (� partir de 2001). En cours d'emploi, il a d�but� une formation continue � l'Universit� Y.________. Le 22 mars 2004, son employeur lui a annonc� une suppression de son poste pour la fin du mois de juin de la m�me ann�e.
Le 27 mars 2004, N.________ a �t� victime d'un accident de la circulation sur l'autoroute alors qu'il roulait en file dans un trafic dense. A la suite d'un ralentissement, la voiture qui le suivait n'a pas r�ussi � s'arr�ter � temps malgr� un freinage d'urgence et l'a percut� � l'arri�re. Sa voiture a ensuite heurt� l'arri�re gauche du v�hicule qui le pr�c�dait. Il a �t� transport� � l'h�pital Z.________ o� l'on a pos� le diagnostic de cervicalgies post-traumatiques sans fracture ou tassement de vert�bres. La Caisse nationale suisse en cas d'accidents (CNA), aupr�s de laquelle il �tait assur� contre le risque d'accidents, a pris en charge le cas.
Dans les suites de l'accident, l'assur� s'est plaint de maux de nuque et de t�te, de l'apparition d'acouph�nes, de difficult�s de m�moire et concentration, d'une grande fatigabilit� et irritabilit�. Il a �t� suivi par le docteur CC.________, qui a fait �tat d'une distorsion cervicale par m�canisme de whiplash (rapport du 26 avril 2004) et l'a adress� � d'autres confr�res (notamment les docteurs M.________ et L.________, neurologues, S.________ et K.________, oto-rhino-laryngologues, et V.________, psychiatre). Le neurologue M.________ a retenu en sus un traumatisme cranio-c�r�bral l�ger (MTBI; Mild Traumatic Brain Injury). Quant au docteur K.________, il a fait �tat d'un tinnitus s�v�re. Une IRM c�r�brale r�alis�e le 8 septembre 2004 n'a mis en �vidence aucune particularit�.
En incapacit� de travail totale depuis l'accident, puis � 75% d�s le 10 mai 2004, N.________ a refus� deux propositions d'emploi par son employeur en remplacement de son ancien poste, en raison de son �tat de sant�. Il a en revanche poursuivi ses �tudes avec succ�s (d�but 2006, il a obtenu un certificat de formation continue en gestion d'entreprise de l'Universit� Y.________ et une licence en sciences �conomiques et en gestion de l'Universit� A.________). A partir du 1er mai 2006, le docteur M.________ a diminu� le taux d'incapacit� de travail de l'assur� � 50%. Depuis 2007, ce dernier s'occupe de quelques cas de curatelle.
Du 5 avril au 3 mai 2005, l'assur� a s�journ� � la Clinique DD.________, o� l'on a pos� les diagnostics de traumatisme d'acc�l�ration cranio-cervical, de syndrome post-commotionnel et de c�phal�es de tension, sans am�lioration sensible de son �tat (rapport du 25 mai 2005). En d�cembre 2005, les docteurs AA.________ et BB.________, m�decins-conseils de la CNA, ont proc�d� � un examen final de l'assur�. Dans leur rapport du 12 janvier 2006, ils ont relev� que celui-ci pr�sentait encore certaines plaintes du tableau clinique typique d'un traumatisme de whiplash; qu'il n'y avait pas de s�quelles physiques mais un syndrome douloureux de l'appareil locomoteur ainsi que des douleurs �trang�res � l'accident (migraines); qu'un MTBI ne pouvait pas �tre retenu; qu'il n'y avait pas d'incapacit� de travail (physique) sur les plans orthop�dique et neurologique; enfin, qu'il n'y avait plus lieu de prendre en charge la poursuite du traitement m�dical. Une nouvelle IRM c�r�brale r�alis�e le 13 f�vrier 2006 a montr� un status normal (rapport du docteur EE.________, de la Clinique FF.________).
Par d�cision du 19 octobre 2006, la CNA a mis un terme � ses prestations au 31 octobre suivant. Elle a consid�r� que les troubles n'�taient pas suffisamment d�montrables d'un point de vue organique, et ni� l'existence d'un rapport de causalit� ad�quate entre lesdits troubles (sans d�ficit organique) et l'accident. Dans le cadre de l'opposition qu'il a form�e contre cette d�cision, N.________ a produit un rapport (du 25 juin 2007) du professeur F.________, neurologue au Centre hospitalier I.________, selon lequel des examens IRM montraient des l�sions c�r�brales post-traumatiques au cerveau. L'assur� a transmis �galement un compte-rendu d'examen neuropsychologique effectu� par W.________ mettant en exergue une importante diminution de diverses fonctions cognitives, ainsi qu'un rapport d'une IRM fonctionnelle cervicale d'apr�s laquelle il pr�sente des troubles d�g�n�ratifs en C3/4 avec �ventuellement une petite hernie.
Le 28 janvier 2010, la CNA a rendu une nouvelle d�cision par laquelle elle a �cart� l'opposition de l'assur� et confirm� les termes de sa d�cision initiale.
A.b.�Dans l'intervalle, le 4 mars 2005, N.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit� (AI). Apr�s avoir sollicit� une copie du dossier de la CNA et requis l'appr�ciation de son Service m�dical r�gional AI (SMR), l'Office AI du canton de Berne (office AI) a rejet� la demande par d�cision du 30 octobre 2008. Saisi d'un recours de l'assur�, le Tribunal administratif du canton de Berne l'a admis, a annul� la d�cision litigieuse et renvoy� la cause � l'office AI pour qu'il proc�de � une instruction compl�mentaire au sens des consid�rants (jugement du 15 septembre 2009). En bref, le tribunal cantonal a consid�r� qu'une expertise pluridisciplinaire �tait n�cessaire. A la suite de ce jugement, l'office AI a charg� le Centre d'observation m�dicale de l'AI (COMAI) de l'H�pital D.________ d'effectuer une telle expertise.
B.a.�Par acte du 2 mars 2010, l'assur� a recouru contre la d�cision de la CNA (du 28 janvier 2010) devant le Tribunal administratif du canton de Berne.
La proc�dure a �t� suspendue dans l'attente de l'expertise du COMAI, qui a comport� un examen orthop�dique (du docteur C.________), neurologique (du docteur T.________), psychiatrique (du docteur E.________), neuropsychologique (de P.________), ORL (de la doctoresse B.________), ainsi qu'un consilium en radioneurologie (des docteurs H.________ et R.________). Dans le rapport de synth�se du COMAI, rendu le 1er juin 2010, les diagnostics suivants ont �t� retenus: tinnitus gauche, �tat apr�s contusion labyrinthique, traumatisme d'acc�l�ration cranio-cervical sans s�quelle, c�phal�es combin�es (migraines; c�phal�es tensionnelles), neurasth�nie et dysphorie sur irritation permanente [F.48.0] et ob�sit� [BMI 32]. La capacit� de travail de N.________ a �t� �valu�e � 100% avec une diminution de rendement de 20% en raison du tinnitus.
Apr�s s'�tre d�termin� sur ce rapport d'expertise, l'assur� a produit d'autres documents (notamment un nouveau rapport du professeur F.________). La CNA a fait de m�me (cf. les avis des docteurs GG.________ et HH.________, de sa division de m�decine des assurances). Par jugement du 3 ao�t 2012, le Tribunal administratif a rejet� le recours.
B.b.�Dans la proc�dure concernant l'assurance-invalidit�, l'office a prononc� le 21 septembre 2011 une nouvelle d�cision confirmant le rejet pr�c�dent de la demande de prestations. Saisi d'un recours contre cette d�cision, le Tribunal administratif a d�bout� l'assur� par jugement rendu �galement le 3 ao�t 2012.
N.________ interjette un recours en mati�re de droit public contre le jugement cantonal rendu en mati�re d'assurance-accidents, dont il requiert l'annulation. Sous suite de frais et d�pens, il conclut � ce que la CNA soit condamn�e � lui allouer les prestations l�gales pour les suites de son accident; subsidiairement, � ce que la cause soit renvoy�e � l'assureur-accidents pour un compl�ment d'instruction sous la forme d'une expertise ad hoc.
Par arr�t de ce jour, le Tribunal f�d�ral a rejet� le recours en mati�re de droit public interjet� par l'assur� contre le jugement du 3 ao�t 2012 en mati�re d'assurance-invalidit� (8C_714/2012).
Est litigieux le point de savoir si le recourant a droit aux prestations de l'assurance-accidents au-del� du 31 octobre 2006. Compte tenu de l'objet du litige, le Tribunal f�d�ral n'est pas li� par les faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 97 al. 2 LTF).
Le jugement entrepris expose de mani�re exacte les dispositions l�gales, ainsi que les principes jurisprudentiels applicables au pr�sent cas, de sorte qu'il suffit d'y renvoyer.
Le recourant fait valoir en premier lieu que les troubles dont il est encore affect� reposent sur un substrat organique et que c'est � tort que la juridiction cantonale a tranch� la question de la causalit� ad�quate entre ces troubles et l'accident du 27 mars 2004 � l'aune de la jurisprudence en cas de traumatisme du type "coup du lapin", de traumatisme analogue � la colonne cervicale ou de traumatisme cranio-c�r�bral sans preuve d'un d�ficit organique objectivable (soit l'ATF 134 V 109). Il rappelle qu'il a subi un double choc : un impact par l'arri�re puis de front, ce qui avait eu pour effet d'entra�ner non seulement un m�canisme d'acc�l�ration-d�c�l�ration mais �galement un MTBI - sa t�te ayant violemment heurt� l'appui-t�te. Les investigations m�dicales auxquelles il s'�tait soumis, en particulier aupr�s du professeur F.________, apportaient la preuve qu'il avait bel et bien subi un MTBI et que ce traumatisme lui avait occasionn� des l�sions organiques au cerveau entra�nant des d�ficits cognitifs importants (voir �galement le rapport du 6 ao�t 2009 du docteur G.________, du d�partement des neurosciences cliniques de l'H�pital O.________). En outre, le professeur parisien �tait parvenu � cette conclusion en proc�dant � une analyse de l'imagerie conventionnelle et non conventionnelle. C'�tait donc de mani�re totalement injustifi�e que la juridiction cantonale avait �cart� l'ensemble des preuves qu'il avait rapport�es sur la seule base de l'opinion contraire du m�decin-conseil de la CNA (le docteur GG.________). A cela s'ajoutaient encore les acouph�nes dont il souffrait constamment et dont l'origine se trouvait dans une cause organique et non psychique. Preuve en �tait le rapport de la doctoresse B.________ du COMAI qui avait diagnostiqu� une contusion labyrinthique et dont l'avis avait �galement �t� �cart� sans motif s�rieux par les premiers juges. Or, en pr�sence de l�sions organiques attest�es m�dicalement, la causalit� naturelle se confondait avec la causalit� ad�quate.
On ne peut parler de l�sions traumatiques objectivables d'un point de vue organique que lorsque les r�sultats obtenus sont confirm�s par des investigations r�alis�es au moyen d'appareils diagnostic ou d'imagerie et que les m�thodes utilis�es sont reconnues scientifiquement (SVR 2012 UV n� 5 p. 17). Par ailleurs, la question de savoir si une atteinte � la sant� se trouve en lien de causalit� naturelle avec un �v�nement accidentel doit �tre r�solue au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante et s'appr�cie avant tout sur la base d'�valuations m�dicales auxquelles on peut attribuer un caract�re probant suffisant selon la jurisprudence (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a).
En l'occurrence, la preuve de l'existence de l�sions c�r�brales post-traumatiques n'est pas rapport�e.
5.1.�Tout d'abord, les rapports du professeur F.________ (du 25 juin 2007 et du 16 septembre 2010) se pr�sentent sous une forme qui n'est pas conforme aux exigences jurisprudentielles pos�es en mati�re de valeur probante des documents m�dicaux (ATF 125 V 351 consid. 3a p. 352), et manquent singuli�rement de clart�. La partie consacr�e � l'interpr�tation des clich�s IRM n'est pas r�dig�e en des termes intelligibles pour un non sp�cialiste (par exemple, page 10 du rapport du 25 juin 2007: "La s�quence FIESTA d�tecte une atteinte en hypo-hyperflash irr�gulier de la partie ant�rieure du Corps du Trigone sur toute sa largeur+++ [...]"). Les r�sultats obtenus sont rapport�s de mani�re brute, sans synth�se ni explication en quoi ceux-ci constituent une indication caract�ristique d'une atteinte traumatique. Tout au plus peut-on en d�duire que le professeur F.________ a identifi� un certain nombre de particularit�s morphologiques dans le cerveau du recourant. Quant aux consid�rations �mises dans les conclusions, notamment celles aff�rentes au "trajet de l'Onde de choc" dans le rapport du 16 septembre 2010, elles ne sont gu�re plus compr�hensibles. Elles ne comportent en tout �tat de cause aucune discussion motiv�e et accessible au juge, propre � d�montrer, au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante, que l'assur� pr�sente des l�sions c�r�brales caus�es par l'accident assur� (� l'exclusion d'autres facteurs) et que de surcro�t, ces l�sions sont responsables des troubles neuropsychologiques dont il se plaint.
5.2.�Ensuite, il est difficile de distinguer quelles constatations ont �t� d�cel�es au moyen de l'imagerie conventionnelle et quelles autres ont �t� interpr�t�es par le biais de l'imagerie non conventionnelle. On peut cependant remarquer qu'une grande partie d'entre elles se fondent sur des examens de la deuxi�me cat�gorie (� savoir l'imagerie associant la technique dite de tenseur de diffusion ou les s�quences SWI [pour Susceptibility Weighted Imaging] utilis�es dans l'IRM fonctionnelle), dont le Tribunal f�d�ral a d�j� maintes fois rappel� qu'ils ne constituent pas une m�thode diagnostique �prouv�e par la science m�dicale pour �tablir un rapport de causalit� entre des sympt�mes pr�sent�s par un assur� et un traumatisme par acc�l�ration cervicale ou un traumatisme �quivalent (ATF 134 V 231 consid. 5.3 p. 234).
5.3.�Enfin et surtout, l'hypoth�se de l�sions c�r�brales post-traumatiques est infirm�e de mani�re claire, pr�cise et convaincante par le consilium sp�cialis� des docteurs H.________ et R.________, du d�partement de neuroradiologie de l'H�pital D.________, auxquels ont �t� soumis les clich�s IRM conventionnels, ainsi que le premier dossier d'imagerie du professeur F.________ (du mois de juin 2007).
5.3.1.�Ces neuroradiologues ont mis en exergue les caract�ristiques morphologiques suivantes chez l'assur�: trois l�sions subcorticales ("Zwei subkortikale L�sionen parietal/okzipital rechts sowie eine subkortikale L�sion frontal rechts"); une r�duction du volume du corps calleux au niveau du spl�nium ("Reduktion des Durchmessers des Balkens im hinteren Corpus besonders Splenium"); une rar�faction de fibres et des contours irr�guliers dans la partie ant�rieure du corps calleux ainsi qu'un volume r�duit du corps mamillaire � gauche ("Befunde im vorderen Balken: Faserverarmung, Konturunregelm�ssigkeit, fleckf�rmige Ver�nderung am Balkenknie und am linken Corpus mamillare (Atrophie) "). Les premi�res ont �t� qualifi�es de non sp�cifiques. La seconde comme une variante anatomique. Quant aux particularit�s observ�es dans la partie ant�rieure du corps calleux, les docteurs H.________ et R.________ ont certes d�clar� qu'elles �taient compatibles ("vereinbar") avec les suites d'une atteinte d'origine traumatique des fibres de la substance blanche dans le cadre d'un whiplash avec pour corollaire possible des perturbations de la fonction de la m�moire (circuit de Papez). Ils ont toutefois pr�cis� que l'atrophie du corps mamillaire � gauche �tait uniquement d�celable dans les clich�s o� la zone examin�e avait �t� agrandie mais non pas dans les clich�s standard ni dans l'IRM c�r�brale r�alis�e six mois apr�s l'accident (le 8 septembre 2004), et qu'� supposer un contexte traumatique, il fallait s'attendre � observer �galement une r�duction du volume du corps du fornix, ce qui n'�tait pas le cas chez l'assur�. De plus, une cause h�r�ditaire ("anlagebedingte St�rung") entrait �galement en ligne de compte comme diagnostic diff�rentiel pour expliquer l'aspect r�duit des fibres commissurales dans le corps calleux.
5.3.2.�De mani�re plus g�n�rale, les docteurs H.________ et R.________ ont expliqu� que le m�canisme whiplash affectait particuli�rement la r�gion du corps calleux post�rieur ("hintere Balken"). Or, des signes traumatiques dans cette r�gion n'�taient pas observables � l'imagerie. Il n'y avait pas non plus de s�quelles �voquant un traumatisme cranio-c�r�bral d'une certaine importance. Les experts ont encore ajout� qu'en l'�tat des connaissances actuelles en neuroradiologie, on ne savait toujours pas quelle valeur clinique accorder � certaines modifications structurelles de la substance blanche (et aussi du corps calleux) trouv�es au moyen d'un examen IRM par tenseur de diffusion chez des patients ayant subi un MTBI � un stade subaigu ou chronique avec un choc direct � la t�te; quant aux patients ayant �t� victime d'un m�canisme de whiplash sans choc direct � la t�te, aucun indice de modifications c�r�brales post-traumatiques n'avait pu �tre mis en �vidence.
5.3.3.�Dans leurs conclusions, les experts ont d�clar� que sur la base de l'imagerie mise � leur disposition, il n'�tait pas possible de d�duire un rapport de causalit� entre les constatations observ�es et l'�v�nement accidentel du 27 mars 2004. Le seul fait qu'ils ont encore sugg�r� dans leurs remarques finales un compl�ment d'instruction sous la forme d'une IRM c�r�brale 3 Tesla associant les s�quences SWI et la technique par tenseur de diffusion pour mettre en �vidence d'�ventuels r�sidus h�morragiques d'un MTBI - examen effectu� par le professeur F.________ en ao�t 2010 - ne saurait r�duire la port�e de leurs conclusions fond�es sur les r�sultats obtenus jusque-l�. Non seulement leurs consid�rations suffisent � exclure la probabilit� de l�sions c�r�brales significatives d'origine traumatique qui expliqueraient les troubles neuropsychologiques pr�sent�s par l'assur�, mais encore l'existence d'un MTBI peut �tre �cart�e au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante. D'une part, les premi�res constatations m�dicales faites � l'h�pital Z.________ n'en font nullement mention. D'autre part, ce diagnostic - que le docteur M.________ a mentionn� pour la premi�re fois six mois apr�s l'accident et qui a �t� repris ensuite par les autres m�decins - a �t� r�fut� de mani�re convaincante par les docteurs Q.________ et U.________ du Groupe de travail sur la m�canique des accidents (cf. rapport du 22 novembre 2004) au vu du d�roulement de l'accident, ainsi que par les docteurs AA.________ et BB.________ de la CNA et n'a pas non plus �t� retenu dans le rapport de synth�se du COMAI.
Il reste � examiner si les acouph�nes chroniques dont se plaint �galement le recourant d�coulent d'une l�sion organique ou structurelle de l'oreille r�sultant de l'accident assur�.
6.1.�La juridiction cantonale a r�pondu n�gativement � cette question en se fondant principalement sur les conclusions du docteur HH.________ de la CNA dont l'avis �tait corrobor� par le docteur S.________. Ce dernier avait proc�d� � plusieurs examens audiom�triques et n'avait constat� aucune l�sion auditive chez l'int�ress� qui pr�sentait une ou�e en parfaite conformit� avec son �ge.
6.2.�Ce point de vue peut �tre confirm�. Dans un arr�t r�cent publi� aux ATF 138 V 248, le Tribunal f�d�ral a clarifi� sa jurisprudence en mati�re de tinnitus. En r�sum�, il a jug� qu'en l'absence de l�sion organique sp�cifique attest�e par des investigations r�alis�es au moyen d'appareils diagnostiques ou d'imagerie � laquelle associer les acouph�nes, il y a lieu de qualifier ceux-ci comme �tant des sympt�mes cliniques sans substrat organique. Dans ce cas, l'existence d'un rapport de causalit� ad�quate entre ces sympt�mes et l'accident ne peut �tre admis sans faire l'objet d'un examen particulier comme pour les autres tableaux cliniques sans preuve d'un d�ficit organique.
En l'esp�ce, plusieurs m�decins sp�cialistes (les docteurs S.________, K.________, II.________ et B.________) ont examin� le status ORL du recourant. Le premier nomm� a fait �tat d'un tympanogramme normal sur toutes les fr�quences � trois reprises, dont il a d�duit qu'il n'y avait pas d'�l�ment pathologique au niveau cochl�aire de nature � expliquer les intol�rances au bruit d�crites par l'assur�, ni de probl�me organique v�ritable (rapport du 1
er�d�cembre 2004). Le second m�decin a attribu� le tinnitus d�velopp� par l'assur� � l'accident du 27 mars 2004; sa motivation se fonde toutefois uniquement sur un d�ficit des sons � haute fr�quence observ� au moyen d'un audiogramme (rapport du 20 janvier 2005; voir �galement celui du 11 d�cembre 2007 du docteur II.________). Quant � la doctoresse B.________, du COMAI, c'est avant tout en consid�ration de l'anamn�se qu'elle a rattach� les acouph�nes de l'assur� � une contusion labyrinthique cochl�aire dans le contexte de l'accident du 27 mars 2004 ["En effet, les organes otolithiques, en temps qu'acc�lom�tres lin�aires de la t�te, peuvent �tre l�s�s lors de d�c�l�rations brusques."] (rapport du 19 avril 2010). Ces consid�rations permettent d'aboutir � la conclusion qu'on se trouve en pr�sence de sympt�mes cliniques sans substrat organique.
Au vu de tout ce qui pr�c�de, c'est � juste titre que les juges cantonaux ont fait application de la jurisprudence consacr�e � l'ATF 134 V 109 pour examiner le caract�re ad�quat des troubles persistant apr�s le 31 octobre 2006.
7.1.�Le tribunal administratif a retenu que l'accident de circulation du 27 mars 2004 devait �tre class� parmi les accidents de gravit� moyenne, voire m�me parmi ceux � la limite inf�rieure de cette cat�gorie. A cet �gard, les critiques du recourant, qui s'estime victime d'un accident de gravit� moyenne � la limite des accidents graves, ne sont pas fond�es. En effet, les �l�ments pertinents pris en compte dans le jugement attaqu� - d�g�ts mat�riels du v�hicule de l'assur� somme toute limit�s au vu des photographies vers�es au dossier; modification de la vitesse subie (delta-v) situ�e entre 9,2 et 13,8 km/h selon le rapport biom�canique du 22 novembre 2004; pas de circonstance particuli�re � relever dans le contexte de l'accident �tant donn� que l'assur� n'a pas perdu connaissance, s'est extrait seul de la voiture pour s'entretenir avec les autres personnes impliqu�es dans l'accident, puis avec la police (voir le rapport de police du 10 mai 2004), et a quitt� l'h�pital le jour m�me de l'�v�nement � l'issue des examens de contr�le (certificat m�dical de l'h�pital Z.________) - ne justifient pas une autre solution.
7.2.�Les premiers juges ont ensuite ni� tous les crit�res jurisprudentiels d�terminants, sauf celui touchant � l'intensit� des douleurs, tout en laissant finalement la question ouverte (car l'assur� all�guait des souffrances tr�s importantes et constantes, tandis que les rapports m�dicaux relataient des douleurs ayant tout de m�me vari� en importance au fil du temps). De son c�t�, le recourant soutient qu'il remplit un nombre suffisant de crit�res pour que le caract�re ad�quat de ses troubles soit reconnu.
7.2.1.�Celui de la gravit� ou la nature particuli�re des l�sions ne saurait �tre retenu. C'est en vain que le recourant attribue un caract�re grave � ses troubles en raison de leur origine organique. Comme on l'a vu, cette hypoth�se n'est pas d�montr�e en l'esp�ce.
7.2.2.�En ce qui concerne le crit�re relatif � l'administration prolong�e d'un traitement m�dical sp�cifique et p�nible, la situation du recourant se distingue des autres cas auxquels il se r�f�re. En effet, les nombreuses investigations m�dicales pouss�es auxquelles l'assur� s'est soumis n'avaient pas de but th�rapeutique mais �taient destin�es � servir de preuve de l'existence d'une atteinte organique li�e � l'accident, nonobstant le caract�re rassurant des examens conventionnels effectu�s. Les mesures th�rapeutiques proprement dites ont consist� en un traitement m�dicamenteux (notamment antalgique et anti-d�presseur), en des s�ances de physioth�rapie, acupuncture et chiropratique, ainsi qu'en des infiltrations � la nuque. Ces derni�res se poursuivaient encore lors de l'�laboration de l'expertise du COMAI � un rythme d'une fois par mois. Dans ces conditions, le caract�re p�nible du traitement n'est pas donn�.
7.2.3.�Enfin, on doit �galement nier le crit�re de l'importance de l'incapacit� de travail en d�pit des efforts reconnaissables de l'assur�. L'intensit� des efforts exigibles doit �tre mesur�e � la volont� reconnaissable de l'int�ress� de faire tout ce qui est possible pour r�int�grer rapidement le monde du travail, au besoin en exer�ant une autre activit� compatible avec son �tat de sant� (ATF 134 V 109 consid. 10.2.7 p. 129 s.). A cet �gard, on doit constater que le recourant n'a pas du tout tent� de reprendre le travail aupr�s son ancien employeur malgr� les propositions que celui-ci lui a faites quelques mois apr�s la suppression de son poste, et qu'il a d�cid� de consacrer ses efforts plut�t � poursuivre sa formation continue, qu'il a d'ailleurs termin�e avec de bons r�sultats en 2006. Or, l'absence de toute tentative de reprise d'une activit� lucrative sur trois ans se laisse difficilement justifier avec le fait qu'il a pu dans le m�me temps mener � son terme une formation continue de niveau universitaire, quand bien m�me le recourant all�gue avoir b�n�fici� d'une aide importante de la part de ses coll�gues �tudiants. Cela permet, comme l'ont dit � juste titre les premiers juges, de relativiser l'importance et le caract�re insurmontable de son incapacit� de travail.
7.2.4.�Il s'ensuit que la juridiction cantonale �tait fond�e � confirmer la d�cision de suppression des prestations de la CNA faute de relation de causalit� ad�quate entre les troubles persistant � cette date au-del� du 31 octobre 2006 et l'accident assur�.