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Timestamp: 2018-01-19 02:21:09+00:00
Document Index: 126391615

Matched Legal Cases: ["l'article 53", "l'article 1", "l'article 3", "l'article 5", "l'article 3", "l'article 5", "l'article 8"]

23 avril 1997 : Mines ( texte déposé au sénat - première lecture )
Enregistré a la Présidence du Sénat le 23 avril 1997.
autorisant la ratification du protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996 (protocole II, tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996), annexé à la convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination,
Traités et conventions. - Armes. - Mines.
Le protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs, ci-dessous appelé protocole II modifié, annexé à la convention de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, a été adopté le 3 mai 1996 à Genève.
I. - Le contexte de la négociation
La première conférence d'examen de la convention de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination a été convoquée, le 9 février 1993, par la France. Après dix ans d'application, la France a estimé que le protocole II relatif aux mines, pièges et autres dispositifs de cette convention devait être substantiellement renforcé et complété par un mécanisme de vérification.
En décembre 1993, la France a obtenu que des travaux préparatoires à une conférence d'examen s'engagent dans le cadre des Nations unies.
Après quatre sessions du groupe d'experts chargé de préparer la conférence, celle-ci s'est réunie à trois reprises et est parvenue à l'adoption, le 3 mai 1996, par consensus entre 51 États parties présents, d'un protocole II modifié.
II. - Les principales dispositions du protocole II modifié
Le champ d'application du protocole a été étendu aux conflits armés non internationaux.
Les restrictions générales à l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs ont été renforcées. Les précautions qui doivent être prises pour protéger les civils des effets de ces armes ont été définies de manière précise.
De nouvelles interdictions ont été introduites dans le protocole :
- l'interdiction d'emploi des mines, des pièges et d'autres dispositifs équipés d'un mécanisme spécifiquement conçu pour déclencher leur explosion sous l'effet du champ magnétique ou sous une autre influence générée par la présence d'un détecteur de mines ;
- l'interdiction d'emploi des mines se désactivant d'elles-mêmes et équipées d'un dispositif antimanipulation conçu pour demeurer apte à fonctionner après que les mines ont cessé de l'être ;
- l'interdiction d'emploi des mines antipersonnel non détectables. Ces armes, fabriquées après le 1er janvier 1997, devront être détectables, et celles fabriquées avant cette date devront être adaptées à cette fin. Dans le cas où un État juge qu'il ne peut pas immédiatement respecter cette dernière disposition, il peut déclarer, au moment où il notifie son consentement à être lié par le protocole II modifié, qu'il en différera le respect pendant une période qui ne dépassera pas neuf ans à partir de l'entrée en vigueur dudit protocole. Dans l'intervalle, il doit militer, autant que possible, l'emploi des mines antipersonnel non détectables ;
- l'interdiction d'emploi des mines antipersonnel mises en place à distance non dotées d'un mécanisme d'autodestruction et d'autodésactivation. Ces mines devront s'autodétruire ou s'autodésactiver dans un délai maximal de 120 jours après avoir été posées. Les mines antipersonnel autres que les mines mises en place à distance qui ne sont pas dotées desdits mécanismes ne pourront être utilisées que dans des périmètres marqués et surveillés. Un délai de grâce qui ne dépassera pas neuf ans est accordé aux États qui jugent ne pas être en mesure de remplir ces obligations au moment de l'entrée en vigueur du protocole II modifié ;
- l'interdiction générale du transfert de mines à un destinataire autre qu'un État ; l'interdiction du transfert de mines dont l'emploi est interdit ; un principe de retenue pour les transferts de mines dont l'emploi est limité par le protocole.
Les règles d'enregistrement et d'utilisation des renseignements concernant les champs de mines, les zones minées, les mines, les pièges et autres dispositifs ont été renforcées. Le principe de l'enlèvement des mines par les parties à un conflit qui les ont posées est clairement affirmé.
Des dispositions relatives à la coopération et à l'assistance technique, à la protection des forces des Nations unies, des missions du Comité international de la Croix-Rouge et d'autres missions à caractère humanitaire ont été introduites.
Un mécanisme de consultations régulières des États parties au protocole est établi sous la forme de réunions annuelles et de mesures de transparence par le biais d'un échange obligatoire de rapports annuels sur la mise en oeuvre du protocole.
Le principe de mesures nationales, notamment pénales, en cas de violation des dispositions du protocole, a également été retenu.
III. - l'intérêt du protocole II modifié pour la France
L'adoption par consensus du protocole II modifié constitue pour la France un résultat positif. Plusieurs dispositions en matière d'interdiction et de suivi de l'application du protocole répondent à notre objectif de disposer d'un outil permettant de mieux lutter contre l'usage indiscriminé des mines et leur dissémination. Compte tenu des normes techniques imposées, le nouveau protocole devrait limiter le recours à ces armes.
La France poursuivra ses efforts pour inciter les États qui ne l'ont pas encore fait à adhérer à ce protocole II modifié.
Au plan national, les dispositions du code pénal et du code de justice militaire permettront de sanctionner les éventuelles violations des stipulations du protocole II modifié.
Malgré les imperfections que comporte ce protocole, il représente une avancée importante dans la voie de l'interdiction totale des mines antipersonnel.
Telles sont les principales observations qu'appelle le protocole modifié sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs, qui est soumis au Parlement en vertu de l'article 53 de la Constitution.
Le présent projet de loi autorisant la ratification du protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996 (protocole II, tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996), annexé à la convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, délibéré en conseil des ministres après avis du Conseil d'État, sera présenté au Sénat par le ministre des affaires étrangères, qui sera chargé d'en exposer les motifs et d'en soutenir la discussion.
Est autorisée la ratification du protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996 (protocole II tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996) annexé à la convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, fait à Genève, le 3 mai 1996, et dont le texte est annexé à la présente loi.
Fait à Paris, le 23 avril 1997.
sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges
et autres dispositifs, tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996
(Protocole II, tel qu'il a été modifié le 3 mai 1996),
annexé à la convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi
de certaines armes classiques qui peuvent être considérées
comme produisant des effets traumatiques excessifs
ou comme frappant sans discrimination
Le Protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs (Protocole II), annexé à la Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination (« la Convention ») est modifié comme indiqué ci-après. Le texte du Protocole tel qu'il a été modifié est le suivant:
« PROTOCOLE SUR l'INTERDICTION OU LA LIMITATION DE l'EMPLOI DES MINES, PIÈGES ET AUTRES DISPOSITIFS, TEL QU'IL A ÉTÉ MODIFIÉ LE 3 MAI 1996 (PROTOCOLE II, TEL QU'IL A ÉTÉ MODIFIÉ LE 3 MAI 1996)
2. Le présent Protocole s'applique, en plus des situations visées à l'article 1er de la présente Convention, aux situations visées à l'article 3 commun aux Conventions de Genève du 12 août 1949. Le présent Protocole ne s'applique pas aux situations de tensions et de troubles intérieurs, telles que émeutes, actes de violence isolés et sporadiques et autres actes de caractère similaire, qui ne sont pas des conflits armés.
5. Aucune disposition du présent Protocole n'est invoquée pour justifier une intervention, directe ou indirecte, pour quel- que raison que ce soit, dans le conflit armé ou dans les affaires intérieures ou extérieures de la Haute Partie contractante sur le territoire de laquelle ce conflit se produit.
Définitions Aux fins du présent Protocole, on entend :
1. Par « mine », un engin placé sous ou sur le sol ou une autre surface, ou à proximité, et conçu pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne ou d'un véhicule.
2. Par « mine mise en place à distance », une mine qui n'est pas directement mise en place, mais qui est lancée par une pièce d'artillerie, un missile, un lance-roquettes, un mortier ou un engin similaire, ou larguée d'un aéronef. Les mines lancées à moins de 500 mètres par un système basé à terre ne sont pas considérées comme étant « mises en place à distance », à condition qu'elles soient utilisées conformément à l'article 5 et aux autres articles pertinents du présent Protocole.
3. Par « mine antipersonnel », une mine principalement conçue pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne et destinée à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes.
4. Par « piège », tout dispositif ou matériel qui est conçu, construit ou adapté pour tuer ou blesser et qui fonctionne à l'improviste quand on déplace un objet en apparence inoffensif ou qu'on s'en approche, ou qu'on se livre à un acte apparemment sans danger.
5. Par « autres dispositifs », des engins et dispositifs mis en place à la main, y compris des dispositifs explosifs improvisés, conçus pour tuer, blesser ou endommager et qui sont déclenchés à la main, par commande à distance ou automatiquement après un certain temps.
6. Par « objectif militaire », dans la mesure où des biens sont visés, tout bien qui par sa nature, son emplacement, sa destination ou son utilisation apporte une contribution effective à l'action militaire et dont la destruction totale ou partielle, la capture ou la neutralisation offre en l'occurrence un avantage militaire précis.
7. Par « biens de caractère civil », tous les biens qui ne sont pas des objectifs militaires au sens du paragraphe 6 du présent article.
8. Par « champ de mines », une zone définie dans laquelle des mines ont été mises en place, et par « zone minée », une zone dangereuse du fait de la présence de mines. Par « champ de mines factice », une zone non minée simulant un champ de mines. l'expression « champs de mines » couvre aussi les champs de mines factices.
9. Par « enregistrement », une opération d'ordre matériel, administratif et technique visant à recueillir, pour les consigner dans des documents officiels, tous les renseignements disponibles qui aident à localiser les champs de mines, les zones minées, les mines, les pièges et d'autres dispositifs.
10. Par « mécanisme d'autodestruction », un mécanisme à fonctionnement automatique incorporé ou attaché à l'engin et qui en assure la destruction.
11. Par « mécanisme d'autoneutralisation », un mécanisme à fonctionnement automatique incorporé à l'engin et qui le rend inopérant.
12. Par « autodésactivation », le processus automatique qui rend l'engin inopérant par l'épuisement irréversible d'un élément, par exemple une batterie, essentiel à son fonctionnement.
13. Par « télécommande », la commande à distance.
14. Par « dispositif antimanipulation », un dispositif destiné à protéger une mine et qui fait partie de celle-ci, est relié à celle-ci, attaché à celle-ci ou placé sous celle-ci, et qui se déclenche en cas de tentative de manipulation de la mine.
15. Par « transfert », outre le retrait matériel des mines du territoire d'un État ou leur introduction matérielle dans celui d'un autre État, le transfert du droit de propriété et du contrôle sur ces mines, mais non la cession d'un territoire sur lequel des mines ont été mises en place.
3. II est interdit en toutes circonstances d'employer des mines, des pièges ou d'autres dispositifs qui sont conçus pour causer des maux superflus ou des souffrances inutiles, ou sont de nature à causer de tels maux ou de telles souffrances.
4. Les armes auxquelles s'applique le présent article doivent être strictement conformes aux normes et limitation énoncées dans l'Annexe technique en ce qui concerne chaque catégorie particulière.
5. Il est interdit d'employer des mines, des pièges ou d'autres dispositifs équipés d'un mécanisme ou d'un dispositif spécifiquement conçus pour déclencher leur explosion sans qu'il y ait contact sous l'effet du champ magnétique ou sous une autre influence générés par la présence d'un détecteur de mines courant utilisé normalement pour des opérations de détection.
6. Il est interdit d'employer des mines se désactivant d'elles- mêmes qui sont équipées d'un dispositif antimanipulation conçu pour demeurer apte à fonctionner après que les mines ont cessé de l'être.
8. l'emploi sans discrimination des armes auxquelles s'applique le présent article est interdit. Par emploi sans discrimination, on entend toute mise en place de ces armes :
a) Ailleurs que sur un objectif militaire, ou telle que ces armes ne sont pas dirigées contre un tel objectif. En cas de doute sur le point de savoir si un bien qui est normalement consacré à des usages civils, par exemple un lieu de culte, une maison ou un autre logement ou une école, est utilisé pour apporter une contribution effective à une action militaire, ce bien est présumé ne pas être utilisé à cette fin ;
b) Qui implique une méthode ou un moyen de transport sur l'objectif tel que ces armes ne peuvent pas être dirigées contre un objectif militaire spécifique ; ou
10. Toutes les précautions possibles sont prises pour protéger les civils des effets des armes auxquelles s'applique le présent article. Par précautions possibles, on entend les précautions qui sont praticables ou qu'il est pratiquement possible de prendre eu égard à toutes les conditions du moment notamment aux considérations d'ordre humanitaire et d'ordre militaire. Ces conditions sont notamment, mais non pas exclusivement les sui- vantes :
a) l'effet à court et à long terme des mines sur la population civile locale tant que le champ de mines reste en place ;
b) Les mesures qu'il est possible de prendre pour protéger les civils (par exemple, installation de clôtures, signalisation avertissement et surveillance) ;
c) l'existence d'autres systèmes et la possibilité effective de les employer ;
d) Les exigences militaires auxquelles doit satisfaire un champ de mines à court et à long terme.
Restrictions à l'emploi des mines antipersonnel autres que
les mines mises en place à distance
2. Il est interdit d'utiliser des armes auxquelles s'applique le présent article et qui ne sont pas conformes aux dispositions de l'Annexe technique concernant l'autodestruction ou l'autodésactivation, à moins :
a) Que ces armes ne soient placées dans une zone dont le périmètre est marqué, qui est surveillée par un personnel militaire et protégée par une clôture ou d'autres moyens afin d'empêcher effectivement les civils d'y pénétrer. Le marquage doit être reconnaissable et durable et doit au moins pouvoir être vu de quiconque se trouve aux abords immédiats de cette zone ; et
b) Que ces armes ne soient enlevées avant l'évacuation de la zone, sauf si celle-ci est livrée aux forces d'un autre État qui acceptent la responsabilité de l'entretien des moyens de protection requis par le présent article et, ultérieurement de l'enlève- ment de ces armes.
4. Si les forces d'une partie à un conflit acquièrent le contrôle d'une zone dans laquelle des armes auxquelles s'applique le présent article ont été placées, elles doivent, dans toute la mesure possible, entretenir et, au besoin, établir les moyens de protection requis par le présent article jusqu à ce que ces armes aient été enlevées.
6. Les armes auxquelles s'applique le présent article et qui projettent des éclats selon un arc horizontal inférieur à 90° et sont placées sur le sol ou au-dessus du sol peuvent être employées sans que soient prises les mesures prévues au paragraphe 2, alinéa a), du présent article pendant soixante-douze heures au plus, si :
a) Elles se trouvent à proximité immédiate de l'unité militaire qui les a mises en place ; et si
3. Il est interdit d'employer des mines mises en place à dis- tance autres que les mines antipersonnel à moins que, dans la mesure du possible, elles soient équipées d'un mécanisme efficace d'autodestruction ou d'autoneutralisation et comprennent un dispositif complémentaire d'autodésactivation conçu de telle sorte que ces mines ne fonctionnent plus en tant que telles lors- qu'elles ne servent plus aux fins militaires pour lesquelles elles ont été mises en place.
1. Sans préjudice des règles du droit international applicables aux conflits armés relatives à la traîtrise et à la perfidie, il est interdit en toutes circonstances d'employer des pièges et d'autres dispositifs qui sont attachés ou associés d'une façon quelconque :
a) À des emblèmes, signes ou signaux protecteurs inter- nationalement reconnus ;
b) À des malades, des blessés ou des morts ;
c) À des lieux d'inhumation ou d'incinération, ou à des tombes ;
d) À des installations, du matériel, des fournitures ou des transports sanitaires ;
e) À des jouets d'enfant ou à d'autres objets portatifs ou à des produits spécialement destinés à l'alimentation, à la santé, à l'hygiène, à l'habillement ou à l'éducation des enfants ;
f) À des aliments ou à des boissons ;
g) À des ustensiles de cuisine ou à des appareils ménagers, sauf dans des établissements militaires, des sites militaires et des dépôts d'approvisionnement militaires ;
h) À des objets de caractère indiscutablement religieux ;
i) À des monuments historiques, des oeuvres d'art ou des lieux de culte qui constituent le patrimoine culturel ou spirituel des peuples ; ou
2. I1 est interdit d'employer des pièges ou d'autres dispositifs qui ont l'apparence d'objets portatifs inoffensifs, mais qui sont en fait spécialement conçus et fabriqués pour contenir des matières explosives.
3. Sans préjudice des dispositions de l'article 3, il est interdit d'employer des armes auxquelles s'applique le présent article dans toute ville, toute localité, tout village ou toute autre zone où se trouve une concentration analogue de populations civiles, où aucun combat ne se déroule entre des forces terrestres ni semble imminent, à moins :
a) Que ces armes ne soient placées sur un objectif militaire ou à proximité immédiate d'un tel objectif ; ou
1. Afin d'oeuvrer à la réalisation des objectifs du présent Protocole, chaque Haute Partie contractante :
a) S'engage à ne pas transférer de mines dont l'emploi est interdit par le présent Protocole ;
b) S'engage à ne pas transférer de mines à un destinataire autre qu'un État ou un organisme d'État qui soit habilité à en recevoir ;
c) S'engage à faire preuve de retenue en matière de transfert de mines dont l'emploi est restreint par le présent Protocole. En particulier, chaque Haute Partie contractante s'engage à ne pas transférer de mines antipersonnel à des États qui ne sont pas liés par le Protocole, sauf si l'État qui les reçoit accepte d'appliquer le présent Protocole ;
d) S'engage à assurer que tout transfert effectué conformé- ment au présent article se fait dans le respect entier, à la fois par l'État qui transfère les mines et par celui qui les reçoit, des dispositions pertinentes du présent Protocole et des normes du droit international humanitaire applicables.
Enregistrement et emploi des renseignements concernant
En même temps, elles fournissent, chacune à l'autre ou aux autres parties au conflit ainsi qu'au Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, tous les renseignements en leur possession concernant les champs de mines, zones minées, mines, pièges et autres dispositifs qu'elles ont mis en place dans des zones qui ne sont plus sous leur contrôle ; il est entendu toutefois, sous réserve de réciprocité, au cas où les forces d'une partie au conflit se trouvent dans un territoire d'une partie adverse, que l'une ou l'autre partie peut ne pas fournir ces renseignements au Secrétaire général et à l'autre partie, dans la mesure où des intérêts de sécurité l'exigent, jusqu'à ce qu'aucune d'entre elles ne se trouve plus dans le territoire de l'autre. Dans ce dernier cas, les renseignements gardés secrets doivent être communiqués dès que ces intérêts de sécurité le permettent. Dans la mesure du possible, les parties au conflit s'efforcent, par accord mutuel, de communiquer ces renseignements dans les meilleurs délais, d'une manière compatible avec les intérêts de sécurité de chacune d'elles.
Enlèvement des champs de mines, zones minées, mines, pièges
et autres dispositifs et coopération internationale à cette fin
1. Chaque Haute Partie contractante s'engage à faciliter un échange aussi large que possible d'équipements, de matières et de renseignements scientifiques et techniques concernant l'appli- cation du présent Protocole et les moyens de déminage et a le droit de participer à un tel échange. En particulier, les Hautes Parties contractantes n'imposent pas de restrictions indues à la fourniture, à des fins humanitaires, d'équipements de déminage et des renseignements techniques correspondants.
5. Dans le cas des demandes qui sont adressées à l'Organisation des Nations unies, le Secrétaire général de l'Organisation peut, dans les limites des ressources dont il dispose, faire le nécessaire pour évaluer la situation et, en coopération avec la Haute Partie contractante requérante, déterminer quelle assis- tance au déminage ou à l'application du Protocole il convient d'apporter à cette partie. Le Secrétaire général peut aussi faire rapport aux Hautes Parties contractantes sur toute évaluation ainsi effectuée de même que sur le type et l'ampleur de l'assis- tance requise.
Protection contre les effets des champs de mines, zones minées,
mines, pièges et autres dispositifs
a) À l'exception des forces et missions visées au paragraphe 2, alinéa a), i), ci-après, le présent article s'applique uniquement aux missions s'acquittant de tâches dans une zone située sur le territoire d'une Haute Partie contractante avec le consentement de celle-ci.
b) l'application des dispositions du présent article à des parties à un conflit qui ne sont pas de Hautes Parties contractantes, ne modifie ni explicitement ni implicitement leur statut juridique ni celui d'un territoire contesté.
c) Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice de celles du droit international humanitaire en vigueur ou à d'autres instruments internationaux applicables ou de décisions du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies, qui visent à assurer une plus haute protection au personnel s'acquit- tant de ses tâches conformément au présent article.
2. Forces et missions de maintien de la paix
et certaines autres forces et missions
a) Le présent paragraphe s'applique à :
i) Toute force ou mission des Nations unies qui s'acquitte dans une zone quelconque de tâches de maintien de la paix ou d'observation ou de tâches analogues, conformément à la Charte des Nations unies ;
ii) Toute mission établie conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies et s'acquittant de tâche dans une zone de conflit.
b) Chaque Haute Partie contractante ou chaque partie à un conflit, si elle en est priée par le chef d'une force ou d'une mission à laquelle s'applique le présent paragraphe :
i) Prend, dans la mesure où elle le peut, les mesures requises pour protéger, dans toute zone placée sous son contrôle, la force ou la mission contre les effets des mines pièges et autres dispositifs ;
ii) Si cela est nécessaire pour protéger efficacement ce personnel, enlève ou rend inoffensifs, dans la mesure où elle le peut, toutes les mines et tous les pièces ou autres dispositifs dans la zone en question ;
3. Missions d'établissement des faits ou à caractère humanitaire
d'organismes des Nations unies
i) Assure au personnel de la mission la protection décrite au paragraphe 2, alinéa b), i), du présent article.
ii) Dès lors que la mission a besoin, pour s'acquitter de ses tâches, d'avoir accès à un lieu quelconque placé sous contrôle de la partie ou de passer par un tel lieu, et afin d'assurer au personnel de la mission un accès sûr à ce lieu ou un passage sûr par ce lieu :
aa) À moins que les hostilités en cours l'empêchent, il signale au chef de la mission une voie sûre vers ce lieu pour autant que la partie dispose des renseignements requis ; ou
bb) Si les renseignements permettant de déterminer une voie sûre ne sont pas fournis conformément à l'alinéa aa), dégage une voie à travers les champs de mine pour autant que cela soit nécessaire et qu'il soit possible de le faire.
4. Missions du Comité international de la Croix-Rouge :
a) Le présent paragraphe s'applique à toute mission du Comité international de la Croix-Rouge qui s'acquitte de tâche avec le consentement de l'État ou des États hôtes, tel que les prévoient les Conventions de Genève du 12 août 1949 et, le cas échéant les Protocoles additionnels à ces Conventions.
i) Assure au personnel de la mission la protection décrite au paragraphe 2, alinéa b), i), du présent article ;
ii) Prend les mesures énoncées au paragraphe 3, alinéa b), ii), du présent article,
a) Le présent paragraphe s'applique aux missions suivantes, dans la mesure où elles ne sont pas visées par les paragraphes 2, 3 et 4 du présent article, lorsqu'elles s'acquittent de tâches dans une zone de conflit ou qu'il s'agit de porter assistance aux victimes d'un conflit :
i) Toute mission à caractère humanitaire d'une société nationale de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge ou de la Fédération internationale de ces sociétés ;
ii) Toute mission d'une organisation impartiale à caractère humanitaire, y compris toute mission de déminage impartiale à caractère humanitaire ;
iii) Toute mission d'enquête, constituée en application des dispositions des conventions de Genève du 12 août 1949 ou, le cas échéant, en application des Protocoles additionnels à ces Conventions.
b) Chaque Haute Partie contractante ou chaque partie à un conflit, si elle en est priée par le chef d'une mission à laquelle s'applique le présent paragraphe et autant que faire se peut : i) Assure au personnel de la mission la protection décrite au paragraphe 2, alinéa b), i), du présent article ; ii) Prend les mesures énoncées au paragraphe 3, alinéa b), ii), du présent article.
Pour tous les renseignements fournis à titre confidentiel en application des dispositions du présent article doivent être traités d'une manière strictement confidentielle par celui qui les reçoit et ne doivent pas être divulgués à quiconque ne participe pas ou n'est pas associé à la force ou la mission considérée sans l'autorisation expresse de celui qui les a fournis.
a) Respectent les lois et règlements de l'État hôte ;
3. Entre autres, la conférence :
a) Examine le fonctionnement et l'état du présent Protocole ;
b) Examine les questions que soulèvent les rapports présentés par les Hautes Parties contractantes conformément au para- graphe 4 du présent article ;
c) Prépare les conférences d'examen ;
4. Les Hautes Parties contractantes présentent au Dépositaire, qui en assure la distribution à toutes les Parties avant la conférence, des rapports annuels sur l'une quelconque des questions suivantes :
a) La diffusion d'informations sur le présent Protocole à leurs forces armées et à la population civile ;
b) Le déminage et les programmes de réadaptation ;
c) Les mesures prises pour satisfaire aux exigences techniques du Protocole et toutes autres informations utiles y relatives ;
d) Les textes législatifs ayant un rapport avec le Protocole ;
e) Les mesures prises concernant l'échange international d'informations techniques, la coopération internationale au déminage ainsi que la coopération et l'assistance technique ;
5. Les coûts de la conférence sont couverts par. les Hautes parties contractantes et les États qui participent aux travaux de la conférence sans être parties, selon le barème des quotes-parts de l'Organisation des Nations unies, dûment ajusté.
I. Chaque Haute Partie contractante prend toutes les mesures appropriées, législatives et autres, pour prévenir et réprimer les violations des dispositions du présent Protocole qui seraient commises par des personnes ou en des lieux placés sous sa juridiction ou son contrôle.
Comprennent les mesures requises pour faire en sorte que quiconque, intentionnellement, tue ou blesse gravement des civils dans le cadre d'un conflit armé et, contrairement aux dispositions du présent Protocole, soit passible de sanctions pénales et soit traduit en justice..
a) l'enregistrement de l'emplacement des mines autres que celles qui sont mises en place à distance, des champs de mines, des zone minées, des pièges et d'autres dispositifs doit être effectué conformément aux dispositions suivantes :
i) l'emplacement des champs de mines, des zones minées et des zones où ont été mis en place des pièges et d'autres dispositifs est indiqué précisément par rapport aux coordonnées d'au moins deux points de référence, avec les dimensions estimées de la zone contenant ces armes par rapport à ces points de référence ;
ii) Des cartes, croquis et autres documents sont établis de façon à indiquer l'emplacement des champs de mines, zones minées, pièges et autres dispositifs par rapport aux points de référence ; leur périmètre et leur étendue y sont également indiqués ;
iii) Aux fins de la détection et de l'enlèvement des mines, pièges et autres dispositifs, les cartes, croquis ou autres documents contiennent des renseignements complets sur le type, le nombre, la méthode de mise en place, le type d'allumeur et la durée de vie, la date et l'heure de la pose, les dispositifs antimanipulation (le cas échéant) et les autres informations pertinentes, relativement à toutes les armes ainsi posées ; chaque fois que possible, le document relatif à un champ de mines doit indiquer l'emplacement exact de chaque mine, sauf pour les champs où les mines sont disposées en rangées, auquel cas l'emplacement des rangées suffit ; l'emplacement exact et le mécanisme de fonctionnement de chaque piège sont enregistrés séparément.
c) Des exemplaires des documents doivent être conservés à un niveau de commandement élevé pour garantir autant que possible leur sécurité.
d) l'emploi de mines fabriquées après l'entrée en vigueur du présent Protocole est interdit à moins qu'elles ne portent les indications suivantes, en anglais ou dans la ou les langues nationales :
i) Nom du pays d'origine ;
ii) Mois et année de fabrication ;
iii) Numéro de série ou numéro du lot. Ces indications devraient être visibles, lisibles, durables et résistantes aux effets de l'environnement, autant que faire se peut.
a) Il doit être incorporé dans la structure des mines anti- personnel fabriquées après le 1er janvier 1997 un matériau ou un dispositif qui rend la mine détectable à l'aide d'un matériel courant de détection des mines et qui émet un signal en retour équivalent à celui de 8 grammes de fer ou plus formant une masse unique cohérente.
b) Il doit être incorporé dans la structure des mines anti-personnel fabriquées avant le 1er janvier 1997 ou il doit être attaché à ces mines avant leur mise en place, d'une manière qui en rende le retrait difficile, un matériau ou un dispositif qui rend la mine détectable à l'aide d'un matériel courant de détection des mines et qui émet un signal en retour équivalent à celui de 8 grammes de fer ou plus formant une masse unique cohérente.
a) Toutes les mines antipersonnel mises en place à distance doivent être conçues et fabriquées de manière à ce qu'il n'y ait pas plus de 10 p. 100 des mines activées qui ne se détruisent pas d'elles-mêmes dans les 30 jours suivant la mise en place. Chaque mine doit également être dotée d'un dispositif complémentaire d'autodésactivation conçu et fabriqué de manière à ce que, du fait de son fonctionnement combiné avec celui du mécanisme d'autodestruction, il n'y ait pas plus d'une mine activée sur 1 000 qui fonctionne encore en tant que mine, 120 jours après la mise en place.
b) Toutes les mines antipersonnel qui ne sont pas mises en place à distance et sont utilisées en dehors de zones marquées, telles qu'elles sont définies à l'article 5 du présent Protocole, doivent satisfaire aux exigences concernant l'autodestruction et l'autodésactivation énoncées à l'alinéa a).
Pendant cette période, la Haute Partie contractante :
i) S'engage à limiter, autant que possible, l'emploi des mines antipersonnel non conformes à ces dispositions ;
Des signaux similaires à celui de l'exemple figurant à l' appendice et comme décrits ci-après doivent être utilisés pour marquer les champs de mines et les zones minées afin que ces champs et zones puissent être vus et reconnus par la population civile.
a) Dimensions et forme : triangle ayant un côté d'au moins 28 centimètres (11 pouces) et les deux autres d'au moins 20 centimètres (7,9 pouces), ou carré d'au moins 15 centimètre (6 pouces) de côté ;
b) Couleur : rouge ou orange avec un bord réfléchissant jaune ;
c) Symbole : symbole représenté dans l'appendice ou un autre symbole qui, dans la zone où le signal doit être installé, soit aisément reconnaissable comme indiquant une zone dangereuse ;
d) Langue : le signal devrait comporter la mention « mines » dans l'une des six langues officielles de la Convention (anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe) et dans la ou les langue(s) dominante(s) de la région ;
e) Espacement : les signaux devraient être placés autour du champ de mines ou d'une zone minée à une distance suffisante pour pouvoir être vus en tout point par un civil qui approche la zone.
SIGNAL DE DANGER POUR LES ZONES OÙ DES
MINES ONT ETE PLACÉES
Le Protocole modifié entre en vigueur ainsi qu'il est prévu au paragraphe 1, alinéa b). de l'article 8 de la Convention.