Source: https://issuu.com/lepetitjuriste/docs/lpj14
Timestamp: 2018-02-18 00:23:45+00:00
Document Index: 248651642

Matched Legal Cases: ["l'article 87", '§ 1', "l'article 6", '§ 1', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 6", '§ 1', 'art. 5', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 23", 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 34", "l'article 49"]

Le Petit Juriste n°14 by Le Petitjuriste - issuu
o N 14 Octobre 2011
INTERVIEW DU MOIS P.6
Création du code de gouvernance d’entreprise
ENGLISH LAW P.24
droit fondamentaux P.9
La nécessité de motiver les revirements de jurisprudence
Mickael Jackson’s physician’s trial
CONSEILS pratiques P.26
Les récents arrêts « Facebook » permettent de faire un état des lieux de la distinction entre vie privée et vie professionnelle des salariés et de l’impact des nouvelles technologies sur l’organisation du travail dans l’entreprise.
Toutes les infos sur votre association préférée !
La crise financière touche les Etats européens. Quelles sont les risques sur la capacité des Etats d'assurer leurs fonctions régaliennes lorsqu'ils sont menacés de faillite ?
droit fiscal P.20
Un nouveau PFLR à l'est
L’Alsace-Moselle est connue pour avoir un statut constitutionnel particulier, celui du droit local transitoire. Ce dernier a été élevé au rang de PFRLR récemment par le Conseil constitutionnel. Retour sur cette décision P.12
Procédure pénale L'accès au dossier durant la garde à vue
droit de la concurrence P.21
propriété intellectuelle P.14
La peine de mort aux USA P.23
L'exécution de Troy Davis, le 21 septembre dernier, dans l'Etat de Géorgie, a relancé le débat sur la peine de mort aux Etats-Unis
english law droit de l'ENVIRONNEMENT P.25
Les acteurs de télé-réalité : bientôt des acteurs-interprètes ?
AZF et le risque industriel L’ouverture du procès relatif à l’explosion de l’usine AZF permet de s’interroger sur la responsabilité environnemental et civile des entreprises du fait de leur activité.
Après les requalifications en contrat de travail des relations entre les participants et une société de production, il sera bientôt question du possible statut de ces participants
Droit pénal Les Three Strikes Laws Les Three Strikes Laws furent édictées par le Congrès américain en réponse à la vague de criminalité traversant le pays. Retour sur ces lois aujourd'hui critiquées
Le coup de la justice P.13
L'encadrement de la clémence L’encadrement du programme de clémence permettant l’immunité d’amendes a permi la sanction de la Société Deltafina à hauteur de 30 millions d’euros.
L'actualité juridique des derniers mois a beaucoup été marquée par la réforme de la garde à vue. Va t-elle se poursuivre en ce qui concerne l'accès au dossier par l'avocat ? Dès le 1er octobre 2011, toutes les victimes du travail, comme les particuliers qui veulent avoir recours aux tribunaux commerciaux, sociaux ou civils, devront s’acquitter d’une taxe de 35 euros en déposant plainte
La Prime aux dividendes La "prime de partage des profits" est désormais applicable à la suite de l’adoption de la loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2011 qui l'instaure.
droit constitutionnel P.10
Les réseaux sociaux et NTIC entre vie privée et vie professionnelle
De surcroît, la procédure pénale et le droit pénal qui se sont retrouvés au cœur de l’actualité avec la réforme de la Toute l’équipe du Petit Juriste tient à vous souhaiter tout Garde à vue, le cas de Troy Davis ou encore l’accès à la justice nous ont incité à construire une réelle étude autour d’abord une bonne rentrée ! de ces thèmes Alors que les employeurs se sont vus reconnaître le droit d’utiliser les posts « Facebook » des salariés pour légitimer Nous vous souhaitons une très bonne lecture et vous des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au remercion de votre soutien !! Alexis VAUDOYER licenciement, la problématique générale de la distinction Rédacteur en Chef vie privée / vie professionnelle avec l’évolution des NTIC nous a semblé particulièrement intéressante. Trésorier Octobre 2011 - Page
ACTUALITES LPJ
La grande rentrée de votre journal préféré : le petit juriste !
hers lectrices, chers lecteurs !
Pour la quatrième année, l’ensemble de l’équipe du Petit Juriste est fière de vous souhaiter une excellente année universitaire 2011-2012. Nous espérons qu’elle soit aussi intense et productive que la dernière année écoulée pour votre journal d’actualité juridique préféré ! Désormais tiré à 30 000 exemplaires, nous sommes présent dans une cinquantaine d'universités et écoles grâce au réseau de l'UNEDESEP qui nous permet de toucher le plus grand nombre d'étudiants à chaque numéro.
Le site internet a d’ailleurs été le point d’orgue de l’année écoulée, franchissant la barre symbolique des 20 000 visiteurs mensuels ! Sa nouvelle architecture a permis une très nette amélioration de l’ergonomie. Chaque rubrique est gérée par des modérateurs déterminés à vous offrir ce qui se fait de mieux avec des articles nombreux sur l’actualité juridique ou des questions de fond. Nous publierons également tout au long de l’année les mémoires de nos Masters 2 partenaires (n’hésitez pas à nous proposer le votre !). Enfin, l’application Iphone du Petit Juriste, qui en est à sa seconde version, dépasse les attentes de notre association : déjà 13 000 téléchargements ! Elle vous permet de lire à tout moment les articles du site internet et de feuilleter les journaux ! Avec cette application, vous ne pourrez pas ignorer un soupçon de l’actualité juridique ! Nous vous annonçons déjà l’organisation d’un grand concours en collaboration avec notre partenaire historique : LexisNexis (voir page ci-contre). Nous allons également maintenir le tirage des journaux à 30 000 exemplaires, et augmenter ainsi que perfectionner sa distribution.
Le journal n’est pas néanmoins la seule activité de l’association. Cette année est l’occasion de célébrer à nouveau le succès de nos conférences. La dernière, qui avait pour thème les « Révolutions dans le monde arabe : un nouvel Etat de droit ? » a été une franche réussite. Nous vous remercions tous pour votre participation active (le résumé est disponible sur le site). Nous organiserons comme toujours courant mai une nouvelle conférence que nous vous promettons exceptionnelle.
Nous vous souhaitons encore une fois une belle et heureuse année universitaire pleine de réussite et d'actualités juridiques, en compagnie du Petit Juriste, bien entendu ! !
Secrétaire général adjoint de l’association Responsable Internet
Désormais avec les meilleurs mémoires de Master 2 en ligne ! Page 4 - Octobre 2011
La gouvernance d'entreprise : de la régulation à l'autorégulation Joëlle Simon, directrice juridique du MEDEF et Daniel Lebègue, président de l’Institut Français des Administrateurs sont deux acteurs engagés dans l'établissement des règles et pratiques de gouvernance d'entreprise. Ceci est la retranscription de deux podcasts vidéos que vous pourrez visionner sur le site de notre partenaire www.tvdma.org.
Le Code du gouvernement d'entreprise de l'AFEP et du MEDEF Joëlle Simon, directrice juridique du Medef C’est en juillet 1995 que l’Afep a décidé de publier le premier code de gouvernance d’entreprise des sociétés cotées. Il s’agit d’une démarche volontaire et non pas d’une réaction à un quelconque scandale financier comme ça a été le cas au Royaume-Unis ou aux EtatsUnis. D’abord qu’est ce que la gouvernance d’entreprise ? Ce sont les règles qui déterminent la manière dont sont gérées et contrôlées les sociétés cotées. Ces règles sont à la fois d’origine légale et règlementaire mais ce qui fait l’originalité du gouvernement d’entreprise c’est que ces règles sont majoritairement des règles émises par les entreprises et par leurs organisations professionnelles. C’est ce qu’on appelle l’autorégulation. Cette dernière n’est pas en concurrence avec la loi, elle n’est pas non plus destinée à contourner la loi. Il s’agit d’une ambition qu’une entreprise s’impose à elle-même. Et cette ambition fait que maintenant le code Afep Medef est certainement l’un des plus exigeants avec le code britannique et tout cela a été réalisé en 15 ans. Ces nombreuses recommandations sont donc fondées sur l’autorégulation. Mais quel est l’avantage par rapport à la législation ? C’est tout d’abord la flexibilité et ensuite le fait que cette régulation est évolutive. Par exemple, une modification d’avril 2010 recommande qu’il y ait un certain pourcentage de femme dans les conseils d’administration (CA). Alors que cette recommandation est récente, le résultat est là puisque nous sommes passés de 10% à 15% de femmes dans les CA des sociétés cotées.
Ces 15 ans de réflexion nous ont permis de déterminer les piliers de la bonne gouvernance d’entreprise. Premièrement, la transparence. C’est un élément clé, car sans transparence, nous n’aurions pas ce débat que nous avons aujourd’hui sur la rémunération des dirigeants ; sans transparence, croyez vous que les dirigeants auraient abandonné leurs parachutes dorés en cas d’échec ? Deuxièmement, un exercice équilibré des pouvoirs, c’est à dire un conseil assisté de comités, des actionnaires actifs, un conseil responsable, une information financière et comptable fiable et contrôlée et un principe qui est le principe «appliquer ou s’expliquer» qui permet à des entreprises de ne pas appliquer certaines recommandations si elles ne sont pas adaptées à leur situation. Mais le problème à chaque fois qu’il y a une crise, c’est que l’on a tendance à remettre en cause l’autorégulation. Pourquoi ? Parce que l’on dit que l’autorégulation n’est pas sanctionnée et donc ne fonctionne pas. Or, ceci est inexact car si les sanctions en matière d’autorégulation sont de nature différentesdes sanctions que l’on connaît en matière législative, elles sont tout aussi efficaces. La première sanction est la transparence et j’ai déjà évoqué l’efficacité de la transparence. La deuxième sanction est la surveillance par les organisations professionnelles elles-mêmes et l’Afep publie tous les ans un rapport d’application de son code. Un rapport sur l’application des recommandations de l’Afep Medef est également publié par l’AMF. L’autorégulation fonctionne puisqu’il y a une progression constante du taux d’application des recommandations. On est à un taux de 100% pour beaucoup des recommandations pour les sociétés du CAC 40 et de plus de 90% pour les sociétés de l’USBF 120. Des progrès considérables ont été faits en 15 ans et nous pensons que l’autorégulation a beaucoup d’avenir devant elle à partir du moment où c’est quelque chose de très ambitieux que les entreprises se fixent par rapport à la règlementation existante.
Gouvernance d’entreprise : Hard Law et Soft Law Daniel Lebègue, président de l’Institut Français des Administrateurs Joëlle Simon, directrice juridique du Medef
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Les règles et les pratiques de gouvernance d’entreprise ont beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années en France, en Europe et dans le monde. Cette
Daniel Lebègue, président de l’IFA évolution s’est réalisée pour l’essentiel au travers de l’autorégulation, des codes et des règlementations professionnelles davantage que par l’adoption de dispositions législatives ou règlementaires. La Soft Law a joué un rôle plus important que le droit positif, que le droit dur. C’est le cas en France où il y a eu quelques dispositions issues de la loi ou de la règlementation de l’AMF (la loi sur les nouvelles régulations économiques, la loi de sécurité financière). Mais pour l’essentiel c’est dans le code de gouvernance français, dans les recommandations formulées par des associations professionnelles comme l’Institut Français des Administrateurs (IFA). C’est au travers de cette démarche que se sont effectués l’essentiel des avancées et des progrès de la gouvernance d’entreprise. Pourquoi ? Car la Soft Law à l’évidence est plus
souple, elle responsabilise davantage les acteurs professionnels. On peut aussi mieux adapter la règle à la taille des entreprises, à leur actionnariat, à leur structure juridique, donc la Soft Law présente de nombreux avantages, mais on ne peut pas tout faire par la Soft Law. Dès que l’on touche au droit de propriété, aux droits des actionnaires, à la protection de l’épargne publique, l’information financière, l’audit légale des comptes, dans ce cas on a besoin d’une intervention du législateur européen ou français ou de l’AMF. Mais il faut maintenir ce bon équilibre entre ce qu’apporte le droit positif et ce qu’apportent les recommandations professionnelles telles qu’elles sont proposées par le Medef et l’Afep, par les gestionnaires d’actif et leur association, l’Association Française de Gestion financière (AFG) et telles que l’IFA les produit. L’IFA a d’ailleurs pu, au cours des dernières années, éditer plus de 25 guides pratiques à l’attention des administrateurs pour les aider à mieux exercer leur métier.
Retranscription de TVDMA
POUR EN SAVOIR PLUS : • Sur le site de TVDMA
Les Masters 2 sur le nouveau site Internet du Petit Juriste
Le site Internet du Petit Juriste est en pleine refonte. Notre objectif est de vous offrir une navigation thématique, vous permettant de découvrir un contenu riche et varié dans chaque matière du droit. Afin de vous apporter toujours plus d’informations juridiques, nous réalisons des partenariats avec de nombreux Masters 2 de droit. Nous leur proposons de publier régulièrement des articles sur notre site internet, dans les rubriques correspondant à leurs matières de prédilection. Ces articles sont bien sûr signés et un lien vers le site internet ou la page Facebook du Master apparaîtra. C’est l’occasion pour tous les Masters 2 de droit de se faire connaître et de partager les travaux des étudiants. Beaucoup se sont déjà joints à nous. Si votre Master 2 souhaite aussi participer au projet, contactez le responsable de la rubrique concernée : Droit Civil droitcivil@lepetitjuriste.fr / Droit des Affaires : droitdesaffaires@lepetitjuriste.fr Droit Fiscal : droitfiscal@lepetitjuriste.fr / Droit Social : droitsocial@lepetitjuriste.fr / Droit Pénal : droitpenal@lepetitjuriste.fr / Droit Constitutionnel : droitconstitutionnel@lepetitjuriste.fr / Droit Administratif : droitadministratif@lepetitjuriste.fr / Droit Européen : droiteuropeen@lepetitjuriste.fr / Droit de la Concurrence : droitdelaconcurrence@lepetitjuriste.fr / Droit Comparé : droitcompare@lepetitjuriste.fr / Propriété Intellectuelle : proprieteintellectuelle@lepetitjuriste.fr / Droit International : droitinternational@lepetitjuriste.fr/ Droit de l’environnement : droitdelenvironnement@lepetitjuriste.fr
A très bientôt sur le nouveau site internet du Petit Juriste ! Octobre 2011 -
La gouvernance des entreprises publiques La crise financière touche aujourd’hui les Etats européens. Le risque de défaut de paiement des membres de la zone Euro suscite inquiétudes et angoisses et des questions se posent quant à la capacité des nations d’assurer leurs fonctions régaliennes et sociales, comme le démontre l’exemple de la Grèce. Mais les Etats agissent aussi comme des investisseurs privés sur les marchés concurrentiels par le biais des entreprises publiques et les stratégies de gouvernance qu’ils adoptent sont influencées par la situation de l’économie mondiale. Retour sur l’exemple français de la gouvernance des entreprises publiques.
’Agence des participations de l’Etat est un service à compétence nationale créé par le décret du 9 septembre 2004. « L'agence exerce, en veillant aux intérêts patrimoniaux de l'Etat, la mission de l'Etat actionnaire dans les entreprises et organismes contrôlés ou détenus, majoritairement ou non, directement ou indirectement, par l'Etat ». Sa compétence s’étend sur environ 70 entreprises du secteur public, dans tous les secteurs d’activités (par ex. dans les transports avec la SNCF et la RATP, l’énergie avec Areva, les médias avec France télévisions etc.).
L’idée de la création d’une agence dédiée, rattachée directement au Ministre de l’Economie vient du rapport Barbier de la Serre qui recommande de distinguer clairement le rôle de l’Etat puissance publique de celui de l’Etat actionnaire. Il est certain que l’interventionnisme économique de l’Etat n’est pas chose nouvelle. L’intérêt d’un contrôle de certaines entreprises dans les secteurs stratégiques pour les besoins et la sécurité de la nation est évident : en tant qu’actionnaire, l’Etat jouit d’une position lui permettant de disposer d’outils spécialisés (par ex. la DCNS pour la construction et l’armement naval) et efficaces. L’Etat à double visage préside donc aux destinés de ces entreprises, sans pour autant perdre de vue l’intérêt national. Or, il peut arriver qu’intérêt social de l’entreprise et intérêt national ne se recoupent pas. De plus, la poursuite d’objectifs de haute administration peut conduire à se passer du respect de certaines règles du marché. Néanmoins, les règles de concurrence et notamment celles régissant les aides d’Etat sont impératives et ne peuvent souffrir d’exceptions que dans un nombre très limité de cas. Enfin, la bonne gestion des deniers publics investis dans une entreprise agissant sur un marché concurrentiel implique effectivement que l’Etat se comporte comme un investisseur privé. C’est pour ces raisons, notamment, qu’est apparue nécessaire la création d’un service dédié et spécialisé, et ce d’autant plus que le droit de l'Union Européenne
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se fait de plus en plus pressant sur l’Etat français. La Commission, et à sa suite la CJUE, traquent consciencieusement les incartades des Etats membres. On remarque ainsi un lien de cause à effet plus qu’hasardeux entre la jurisprudence de la CJUE et la création de l’Agence des participations de l’Etat. En effet, échappe à la qualification d’aide d’Etat prohibée toute intervention de l’Etat dans l’économie qui s’identifie à celle d’investisseur privé. A l’inverse, est une aide d’Etat toute intervention publique menée en dehors des logiques de marché. L’agence des participations exerce sa mission par la coordination entre les différents services ministériels concernés. Elle met en place, après avis de ces services, les stratégies de l’Etat actionnaire. Outre le fait qu’elle peut être consultée sur la nomination par décret des administrateurs représentant l’Etat au sein des entreprises publiques, elle s’assure également de la cohérence des positions de ces représentants au sein des conseils d’administration. En ces temps d’instabilité sur les marchés financiers, l’action de l’agence et la ligne de conduite qu’elle adoptera dans la gouvernance des entreprises publiques devra être suivie avec attention. Plus particulièrement, l’évolution du contrôle qu’elle exerce sur l’établissement public de financement, le fonds stratégique d’investissement, et encore plus sur la société des prises de participations de l’Etat, outil créé en 2008 pour répondre au risque d’une faillite bancaire, fournira de très intéressantes informations sur la politique que l’Etat entend mettre effectivement en place.
POUR EN SAVOIR PLUS : 1 Rapport, L’Etat actionnaire et le gouvernement des entreprises publiques, 2003 2 Voir à ce propos G.KARYDIS, Le principe de l'« opérateur économique privé », critère de qualification des mesures étatiques, en tant qu'aides d'Etat, au sens de l'article 87 § 1 du Traité CE, RTD Eur. 2003.389
L’obligation de motivation des revirements de jurisprudence Par une décision du 30 août 2011 Boumaraf c. France (n° 32820/08), la CEDH a rappelé l’obligation de motiver les revirements de jurisprudence, et précisé les contours de la notion de jurisprudence « bien établie ».
e sentant personnellement touché par des propos diffamatoires visant les harkis, un individu intente une action en réparation du préjudice subi. Il invoque devant la CEDH l'article 6 § 1 de la ConventionEDH, que la Cour de cassation aurait méconnu en opérant un revirement de jurisprudence de manière « injustifiée et arbitraire ». En effet, contrairement à ce qu’elle avait considéré dans un arrêt antérieur, la Cour de cassation n’a pas qualifié les harkis de « groupe restreint » dans l’arrêt contesté par le requérant. Or, seuls les membres d’un groupe « suffisamment restreint » disposent d’un droit individuel à demander réparation du préjudice causé lorsque le groupe est visé par des propos injurieux. La CEDH affirme que les exigences de sécurité juridique et de protection de la confiance légitime des justiciables n’impliquent pas un droit acquis à une jurisprudence constante1. La Cour rappelle à cet égard qu'une évolution de la jurisprudence n'est pas en soi contraire à une bonne administration de la justice, dès lors que l'absence d'une approche dynamique et évolutive empêcherait tout changement ou amélioration2. De même, la Cour de cassation considère que « la sécurité juridique (...) ne saurait consacrer un droit acquis à une jurisprudence figée, l'évolution de la jurisprudence relevant de l'office du juge dans l'application du droit »3. Toutefois, la CEDH estime que lorsqu'existe une jurisprudence bien établie, la juridiction suprême a l'obligation de donner des raisons substantielles pour expliquer son revirement, sauf à violer les droits du justiciable d'obtenir une décision suffisamment motivée. Il n’y a revirement, et donc obligation de motivation, que lorsqu’il y a jurisprudence bien établie, qu’en l’espèce un arrêt antérieur isolé ne saurait à lui seul constituer. D’autant que les arrêts précédents concernant la notion de « groupe restreint » se caractérisaient par la diversité des solutions apportées faisant obstacle à l’existence d’une jurisprudence bien établie. Les exigences de l'article 6 § 1 sont satisfaites. Plus profondément, la méthodologie judiciaire et à travers elle les conceptions traditionnelles françaises sont en question. Conformément à la conception française de la séparation des pouvoirs imprégnée du légicentrisme hérité de la Unedic c. France, 18 décembre 2008, n° 20153/04 Atanasovski c. « l'ex-République yougoslave de Macédoine », 14 janvier 2010, n° 36815/03 3 Civ. 1ère, 21 mars 2000, n°98-11982 4 Rapport sur les revirements de jurisprudence présidé par N. Molfessis, 2004
Révolution française et de la méfiance à l’égard de l’arbitraire des juges, ceux-ci ne peuvent prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui leur sont soumises (art. 5 Code civ.). Il semble néanmoins qu’aient été prises la conscience et la mesure du rôle essentiel que les juges jouent dans la production des normes juridiques. Si les juges ont l’obligation de motiver leurs décisions, consacrer une obligation de motiver les revirements de jurisprudence signifie implicitement mais nécessairement que la jurisprudence bien établie d’une juridiction suprême fasse corps avec la disposition sur laquelle porte la jurisprudence. C’est surtout sur le caractère rétroactif des revirements de jurisprudence que s’est concentrée la doctrine4 ; il s’agit ici de leur motivation. Cette obligation de motivation est-elle une exigence purement formelle à des fins explicatives, ou bien est-ce la véritable exigence d’une justification qui doit présider à un revirement ? Remise en cause de la forme des décisions de la Cour de cassation dont la motivation est parfois lapidaire ou réel encadrement du pouvoir juridictionnel appelé à assurer plus de stabilité ? La CEDH dégage des règles générales gouvernant et harmonisant l’activité des juges, afin de protéger le droit à un procès équitable, dépassant les différentes conceptions nationales traditionnelles, produites par l’histoire.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Civ. 1ère, 21 mars 2000, RTD Civ. 2001.487 • Chron. J-F Flauss, AJDA 2009.872 Octobre 2011 -
Quand le Conseil constitutionnel dégage un nouveau PFRLR
L’année écoulée a permis au Conseil constitutionnel d’occuper une place de choix dans l’actualité, notamment grâce au mécanisme de la question prioritaire de constitutionnalité. C’est par cette procédure que le palais de Montpensier a dégagé un nouveau Principe Fondamental Reconnu par les Lois de la République (PFRLR) : celui du maintien en vigueur du droit local transitoire de l’Alsace-Moselle. Depuis qu’il a rendu sa décision Liberté d’association (71-44 DC), le Conseil constitutionnel a dégagé plusieurs types de normes, à la forme et au contenu hétéroclites. C’est en reconnaissant une valeur juridique au préambule de la Constitution, et incidemment aux textes cités par celui-ci, qu’il a pu découvrir un vaste ensemble de principes, dont les PFRLR. La décision Société SOMODIA1 est la première décision à dégager un tel principe depuis 2002 (où le Conseil avait consacré le statut pénal particulier des mineurs2). Or, ce nouveau principe appartient tout à fait à la catégorie classique de ces normes. Il possède toutes les caractéristiques d’un PFRLR, et en présente notamment les défauts structurels.
Un article de Jean Rivéro pose les bonnes questions dès l’année suivante : « quels principes, quelles lois, quelles républiques ? »3 cristallisant ainsi les critiques de la doctrine contre cette nouvelle norme peu précise. Les décisions suivantes du Conseil seront tout aussi peu détaillées (respect des droits de la défense, 76-70 DC, liberté individuelle, 76-75 DC, liberté de l’enseignement et liberté de conscience, 77-87 DC, indépendance des juridictions administratives, n° 80119 DC, indépendance des professeurs d’université, 83-165 DC, compétence des juridictions administratives, 86-224 DC). Il cite rarement un texte de référence, mais se contente souvent d’affirmer l’existence d’un principe. Répondant à ces critiques, il précise en 1988 (88244 DC) les critères de reconnaissance des principes fondamentaux reconnu par les lois de la République, au nombre de quatre : - L’exigence d’une référence textuelle (la simple « tradition républicaine » ne suffit pas) ; - L’appartenance à une législation républicaine, c’est-àdire à une ou plusieurs lois adoptées durant des régimes républicains ; - Une appartenance devant être antérieure à la Constitution de 1946 ;
Qu’est ce qu’un PFRLR ? La Constitution de 1946 débute par ces quelques mots: «[Le peuple français] réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». Cette formule provient d’un désaccord entre le MRP et le PC lors de la rédaction du projet de constitution, et a pour but d’évoquer sans l’inscrire la liberté d’enseignement dans la Constitution. La formule ne sera plus évoquée, si ce n’est pour son inutilité, jusqu’en 1971, où le Conseil dégage le PFRLR de la liberté d’association, sur une argumentation plus que lapidaire. Conseil constitutionnel, 5 août 2011, n°2011-157 QPC. Conseil constitutionnel, Loi d'orientation et de programmation pour la justice, 29 août 2002, n°2002-461 DC.
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- Le principe doit être suffisamment général et ne pas souffrir d’interruption (93-321 DC, 97-393 DC). Ces critères sont sujets à caution. Le Conseil exige-t-il une loi, formellement et matériellement ? Vraisemblablement, la condition matérielle suffit (la décision Société SOMODIA cite l’ordonnance du 15 septembre 1944, qui est seulement matériellement législative). Ou encore, qu’est ce qu’un régime républicain ? Commence-t-il par la date de proclamation de sa Constitution ou par son événement politique fondateur ? Enfin, nous ne nous attarderons pas sur la limite matérielle des PFRLR. Doivent-ils concerner uniquement des droits et libertés ? De toute manière, le Conseil n’appliquera pas immédiatement un raisonnement calqué sur ces critères Jean Rivéro, « Les principe fondamental reconnu par les lois de la République, une nouvelle catégorie constitutionnelle ? », Rec. Dalloz, Chr. 1972, p. 265)
(protection par l’autorité judiciaire de la propriété immobilière, 89-256 DC). Il produira un argumentaire plus complet et conforme à sa jurisprudence seulement vingt ans plus tard (statut pénal particulier des mineurs, 2002-461 DC).
La décision Société SOMODIA: une remise en question de l’opportunité du PFRLR La QPC posée par la Société SOMODIA concernait l’article L3134-11 du Code du travail instaurant une obligation de repos dominical pour les commerces possédant ou non des salariés dans les départements d’Alsace-Moselle. Le droit national est moins strict : le choix du jour de repos est laissé à l’appréciation des différents acteurs, ce qui constituerait pour la société une rupture de l'égalité des citoyens devant la loi, et une violation de la liberté d’entreprendre. Les deux griefs seront rejetés. Le droit local transitoire de l’Alsace-Moselle a une origine historique bien connue. Lors de leur annexion à la Prusse en 1871, ces départements ont été soumis au droit allemand, souvent plus moderne que le droit français de l’époque. A leur réintégration en 1919, le législateur a décidé de ne pas revenir sur les acquis allemands, en leur laissant des dispositions particulières. Conformément à sa jurisprudence de 1988, le Conseil constitutionnel cite les textes de référence du PFRLR : la loi du 17 octobre 1919, les lois du 1er juin 1924, et l’ordonnance du 15 septembre 1944. Tous ces textes maintiennent en vigueur le droit local transitoire alsacien tant que le législateur n’aura pas souhaité le mettre en conformité avec le droit national de manière expresse. Le Conseil élève ce principe au rang constitutionnel, via la création d’un PFRLR. Puis, il énonce ce dernier : « la législation républicaine antérieure à l'entrée en vigueur de la Constitution de 1946 a consacré le principe selon lequel, tant qu'elles n'ont pas été remplacées par les dispositions de droit commun ou harmonisées avec elles, des dispositions législatives et réglementaires particulières aux départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle peuvent demeurer en vigueur ». Si ce dernier se justifie juridiquement (c’était le moyen d’empêcher une censure du droit du travail sur le fondement du principe d’égalité), son opportunité politique pose deux questions. La question du communautarisme. Ne serait-ce pas une porte ouverte aux revendications d’autres territoires français ? Assurément non. Le Conseil constitutionnel ne crée pas ici une matrice à revendications. Le principe est bien encadré, résulte d’une situation tout à fait particulière et circonscrite aux départements de l’Alsace-Moselle. Le législateur est non seulement invité à ne pas accroitre les distorsions juridiques causées par le droit local transitoire, mais il est au surplus invité à respecter le substantif de «transitoire»,
en veillant à mettre en conformité ce régime local avec le droit commun (considérant 4). La question du régime concordataire. Si le Conseil créé un PFRLR, il ne protège pas le droit local de l’Alsace-Moselle. Il crée seulement un domaine réservé au législateur : seul ce dernier peut décider de conserver ou non ce régime. Le Conseil n’a pas à se prononcer sur ce droit local (n’a-t-il pas un pouvoir d’appréciation plus limité que celui du Parlement ?). Cette solution est pourtant bien commode, puisqu’elle évitera une éventuelle QPC sur la question religieuse en Alsace-Moselle, qui n’a jamais connue l’application de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les cultes reconnus par le régime concordataire sont donc toujours financés par l’Etat, le cathéchisme est toujours enseigné à l’école publique, et les autres cultes non reconnus doivent se constituer en association, et peuvent recevoir des financements publics. Il aurait été intéressant de connaître sur ce point l’opinion du Conseil constitutionnel, qui n’hésite pas à prendre de fortes positions politiques par ailleurs (voir les décisions sur la garde à vue, ou Hadopi). Enfin, la décision Société SOMODIA cristallise l’un des reproches majeurs que le Conseil devrait examiner : son argumentation. Une Cour constitutionnelle digne de ce nom doit pouvoir proposer des arrêts rédigés sur plus de quelques pages. Sans réclamer des opinions dissidentes, le Conseil doit produire des argumentaires plus poussés. Le cas des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République est symptomatique : en quelques lignes, le Conseil cite les textes de référence et dégage immédiatement un principe, là où la construction d’une nouvelle norme constitutionnelle devrait requérir un examen poussé et attentif des normes législatives de référence, de l’étendue du principe, de sa finalité, et de son incorporation dans le corpus des règles constitutionnelles. L’argumentation est l’un des chantiers sur lequel le Conseil constitutionnel doit se pencher avec acuité, de même que sa composition ou son règlement de procédure, notamment a priori.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Version (beaucoup plus) longue et sources de l’article sur www.lepetitjuriste.fr Octobre 2011 -
L'accès au dossier durant la garde à vue : une suite à la réforme? La question de la conformité des conditions de garde à vue a gagné de son importance depuis la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) du 30 juillet 2010. Le Conseil constitutionnel avait affirmé que les articles 63, 63-1, 63-4 et 77 du Code de procédure pénale étaient non conformes aux droits et libertés garantis par la Constitution. D'où une réforme législative avec la loi du 14 avril 2011 « relative à la garde à vue ». Cependant, la question de l'accès au dossier par l'avocat demeure problématique, question qui a fait l'objet de deux QPC du 23 aout 2011 sur saisine du Conseil d’Etat et du 6 septembre 2011 sur saisine de la Cour de cassation.
L'importance de l'accès au dossier reconnue par la CEDH
La double saisine du Conseil constitutionnel
L'avocat est depuis la loi du 14 avril 2011 autorisé à assister son client dès la première heure de la garde à vue. Cette réforme est en partie due à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) qui a affirmé l'importance du rôle de l'avocat durant la garde à vue (Dayanan c. Turquie,13 octobre 2009). Cependant, les avocats mécontents de la nouvelle réforme affirmaient que leur rôle ne se limitait que à celui de la représentation.
Le Conseil constitutionnel à ce titre avait été saisi le 23 août 2011 par une QPC par le Conseil d'Etat. En effet, la juridiction administrative a renvoyé devant le Conseil constitutionnel la question de savoir si les articles 62, 63-41 et 63-4-5 du Code de procédure pénale sont conformes aux droits et libertés garantis par la Constitution. Par trois arrêts du 6 septembre 2011, la Chambre criminelle de la Cour de cassation renvoie à son tour la question de l'accès au dossier devant le Conseil constitutionnel. Plus précisément sont visés les articles 62 alinéa 2, 63-3-1 alinéa 3, 63-4 alinéa 2, 63-4-1, 63-4-2, 63-4-3, 63-4-4 et 63-4-5 du Code de procédure pénale. Le Conseil constitutionnel est donc par une deuxième saisine amené à se prononcer sur la conformité de ces articles aux principes d'un procès juste et équitable.
La QPC indifférente de la séparation des autorités judiciaires et administratives L'article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme dispose en effet que toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial. Ainsi, tout accusé a droit notamment à "être informé, dans le plus court délai, dans une langue qu’il comprend et d’une manière détaillée, de la nature et de la cause de l’accusation portée contre lui", à "disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense"et à "se défendre lui-même ou avoir l’assistance d’un défenseur ". La jurisprudence de la CEDH affirme de même qu’en vertu de l'équité de la procédure, l'accusé doit être en mesure notamment de discuter de l'affaire, d'organiser sa défense et communiquer sur la recherche des preuves qui lui sont favorables. L'accès au dossier constitue en outre un aspect fondamental dans la préparation de la défense. Un arrêt Lamy c. Belgique du 30 mars 1989 affirme l'existence d'un droit à la communication des pièces qui relève d'une importance essentielle pour la contestation de détention. La Cour maintient sa position dans l'arrêt Svipta c. Lettonie du 9 mars 2006.
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Comment comprendre que la Cour de cassation ait saisi le Conseil constitutionnel sans attendre la réponse à la QPC du 23 août ? Les arrêts du 6 septembre posent la question du sort d'une QPC identique posée devant l'ordre administratif et l'ordre judiciaire. En effet, la Cour de cassation aurait pu surseoir à statuer, l'article 23-5 alinéa 4 de la loi organique n°2009-1523 du 10 décembre 2009 dispose que lorsque le Conseil constitutionnel a été saisi par une QPC, la juridiction sursoit à statuer jusqu'à ce que celui-ci se soit prononcé. Ainsi, à travers ces arrêts, nous pouvons constater que la QPC et la question des libertés fondamentales transcendent le principe de séparation des autorités judiciaires et administratives.
POUR EN SAVOIR PLUS : • "Accès au dossier pendant la GAV : la Cour de cassation renvoie des QPC au Conseil Constitutionnel", Anne Portmann, • "La guerre de l'accès à l'intégralité du dossier en garde à vue aura-t-elle lieu ?", Maître Eolas, journal d'un avocat
Le nouveau « coup » de la Justice La mise en conformité de la procédure de garde à vue a eu de nombreuses conséquences. Impact immédiat et incontournable, comme le prévoyait le ministre du budget, François Baroin, la réforme de la garde à vue "va entraîner une augmentation importante des rémunérations versées aux avocats au titre de l’aide juridique". Or, ces nouvelles dépenses s’inscrivent dans un contexte où les finances de l’Etat ne sont pas bonnes.
Création d’une contribution pour l’aide juridique François Baroin a présenté un projet de loi de finances rectificative le 11 mai 2011 en Conseil des ministres. Ce dernier1 crée en son article 54 une taxe de 35 euros due pour toute nouvelle instance judiciaire introduite à compter du 1er octobre 2011 en matière civile, commerciale, prudhommale, sociale, rurale ou administrative et ce à peine d’irrecevabilité de la requête. Cette taxe revêtant l’appellation de « contribution pour l’aide juridique » sera acquittée par le demandeur à l’action moyennant l’achat d’un timbre fiscal ou par voie électronique. Lorsque l'instance est introduite par un auxiliaire de justice, le texte prévoit que ce dernier acquitte la taxe pour le compte de son client par voie électronique. Dans les faits, il reviendra le plus souvent à l’avocat de payer par voie dématérialisée pour le compte de son client.
Les exclusions à cette nouvelle obligation Cette contribution devra être acquittée par tout justiciable introduisant une action en justice à l’exception de l’Etat ou des personnes bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Le temps que le bureau d’aide juridique décide d’accorder le bénéfice de l’aide juridique à un justiciable, celui-ci devra, à peine d’irrecevabilité de sa demande, s’acquitter de la contribution pour l’aide juridictionnelle, en avançant la somme requise. D’autre part, soulignons qu’il n’a pas été prévu, que les juges puissent mettre cette taxe à la charge de la partie perdante. Indépendamment du dispositif du jugement, elle restera à la charge du demandeur. Or, est-il juste que le salarié victime d’un licenciement abusif doive débourser 35 euros alors que son employeur bien que condamné en serait exempté ? Ces 35 euros se révèlent être le prix à payer afin de pouvoir défendre ses droits en saisissant les juridictions ! Aussi, par exception, un certain nombre de procédures ne nécessitent pas l’acquittement de cette taxe. En guise d’exemple, il s’agit des procédures ayant cours devant le juge aux affaires familiales en urgence pour délivrer une ordonnance de protection, pour les procédures de surendettement des particuliers, pour la commission d’indemnisation des victimes d’infractions, pour les référés en matière administrative… Loi de finance rectificative n° 2011-900, publiée au Journal Officiel le 30 juillet 2011.
Le prix de la Justice En 2007, le sénateur Roland du Luart proposait la mise en place d’un ticket modérateur de 40 euros qui serait acquitté par les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. En 2010, l’idée est reprise par le Gouvernement qui souhaite alors instituer un ticket modérateur de 10 euros. La remise en cause de la gratuité de la Justice se poursuit. Il apparaît que le principe de la gratuité de l’accès à la Justice est plus que jamais remis en cause. N’est-il plus qu’une exception puisque le paiement de la contribution pour l’aide juridique est présenté par les nouvelles dispositions comme une condition de recevabilité de la demande ?
Solidarité entre justiciables En instaurant ce prix d’accès au juge, François Baroin a souhaité « assurer une solidarité financière entre l’ensemble des justiciables ». Or ce fondement estil légitime ? Pourquoi les justiciables introduisant une instance devraient-ils être les seuls à financer la garde à vue réformée et plus généralement l’aide juridictionnelle? Il s’agit dès lors de se demander si l’esprit des dispositions nouvelles n’aurait pas commandé de préférer une solidarité nationale reposant sur toute personne susceptible d’agir en justice et non pas sur une solidarité entre justiciables se limitant, par définition, aux individus introduisant effectivement une action en justice.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Loi de finances rectificatives n° 2011-900 du 29 juillet 2011, JORF n°0175 du 30 juillet 2011, page 12969, texte n° 1 • Résumé des débats : http://www.senat.fr Octobre 2011 -
La participation à une émission de télé-réalité est un travail. Après avoir requalifié en contrat de travail la relation entre les participants et la production, l'arrêt de la cour d'appel de Versailles du 5 avril 2011 a dénié le statut d'artistesinterprètes aux protagonistes de l'émission de TF1 « l' Île de la tentation » , au motif que les participants n'avaient pas à interpréter une œuvre artistique, ni des personnages. Ce dernier point constituant l'enjeu pécuniaire majeur, nul doute que cette prétention sera de nouveau soumise, dans les semaines à venir, aux juges qui se pencheront sur les affaires Greg le millionnaire, Koh Lanta, Marjolaine et les millionnaires, Mister France... Au regard de l'article L.212-1 du Code de la propriété intellectuelle (CPI), l'artiste-interprète est la personne qui représente, chante, récite, déclame, joue ou exécute de toute autre manière une œuvre littéraire ou artistique.
L'émission de Télé-réalité est-elle une œuvre artistique ? Pour être protégé par le droit d'auteur, le programme audiovisuel doit être qualifié d’œuvre originale. L'article L.112-2 du CPI énumère un certain nombre de catégories, dont l’œuvre audiovisuelle, qui est définie très largement comme consistant dans des séquences animées d'images, sonorisées ou non. L'enjeu résidera donc dans l'originalité de l'émission, et celle-ci pourrait se manifester par l'existence d'un scénario, un enchaînement déterminé, une mise en scène, des choix esthétiques qui révèlent une personnalité, ces émissions sont souvent bâties sur un concept de « sitcoms ». L'idée n'est pas protégeable, c'est sa formalisation particulière qui l'est. Selon un spécialiste de la propriété intellectuelle les émissions dites de télé-réalité mettent en jeu des concepts qui sont absolument fondamentaux en matière de droit d'auteur1. La Cour de cassation dans son arrêt du 3 juin 2009 qualifiait de « série télévisée » L'île de la tentation. Le format du « jeu télévisé » est-il un obstacle à la reconnaissance de l’œuvre ? Non si l'on en croit la jurisprudence qui a estimé que le jeu télévisé peut être une œuvre audiovisuelle2. Popstars a été brièvement qualifiée ainsi par une décision du Conseil d’État du 30 juillet 2003.
Les participants ont-ils la qualité d'artiste-interprète ? La jurisprudence, se rapprochant du droit d'auteur, ajoute à la définition légale de l'artiste-interprète une exigence d'originalité et de personnalité, dominée par la casuistique, afin de le distinguer de l'artiste de complément3. Les juges Versaillais refusent d'accorder le statut d'interprète aux tentateurs car « ils n'avaient aucun rôle à jouer ni aucun texte à dire et il ne leur était demandé que d'être eux-mêmes ». Cette analyse est à rapprocher de l'affaire "Être et avoir" où, dans un format documentaire, les personnes étaient filmées dans leur vie quotidienne. La prestation des « acteurs » de la télé-réalité : ils se retrouvent dans un lieu , un mode de vie qui, a priori, ne ressemblent pas à leur existence « normale ». Le candidat est plongé au sein d'une réalisation audiovisuelle, dans laquelle il construit, de facto, un rôle en adaptant sa personnalité aux exigences de la production, improvise, répète certaines scènes qu'il exécute en plusieurs prises à la manière d'un acteur. A noter que celui-ci est couramment amené à changer de prénom pour les besoins de la production. Le débat doctrinal se penche sur l'esprit de compétition animant les protagonistes, à l'instar des sportifs, mais ce critère peut-il prévaloir sur l'exécution d'une œuvre de l'esprit4 ? Le compétiteur a t-il sa place dans un spectacle encadré, réglementé, où il a signé des contrats le soumettant aux exigences et aux directives de la société qui réalise l'émission5 ? Enjeu supplémentaire, la jurisprudence précise que l'artiste-interprète qui improvise est à la fois interprète et auteur de ses improvisations...
Vincent PAQUOT R. Pepin, «Téléréalité et droit d'auteur» , Cahiers de PI, mai 2004, p. 741 2 CA Paris, 27 mars 1998, D. 1999, p. 417, note B. Edelman 3 Cass. 1e civ. 6 juill. 1999, Bull. Civ. 1999, I, n°230 4 A. E. Kahn, J.-Cl. PLA, n° 1425, «Droits voisins du droit d'auteur» 5 D. Cohen et L. Gamet, Loft Story : le jeu-travail, Dr. soc. 2001, p. 791 1
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POUR EN SAVOIR PLUS : • Participants de « l'Île de la tentation » : ce ne sont pas des acteurs ! La Semaine Juridique Edition Générale n° 17, 25 Avril 2011, 495 • Droit des médias, Chronique sous la direction de Serge Regourd, La Semaine Juridique Edition Générale
« On ne peut avoir 500 millions d'amis sans se faire quelques ennemis » .
Telle pourrait être la phrase d’exergue d’une série de décisions rendues dans le cadre des contentieux Facebook. Ce début de XXIème siècle marque un tournant majeur dans l’approche que les juristes doivent se faire de la notion de vie privée. De plus en plus transparente, de plus en plus accessible, la vie privée des salariés se trouve désormais en proie à de multiples intrusions là où l’interpénétration des différentes sphères restait restreinte à des hypothèses rares. Symptôme d’un bouleversement dans la conception classique de la distinction vie privée/vie professionnelle, l’actualité jurisprudentielle utilise néanmoins un dispositif préexistant de règlement des contentieux nuançant la perméabilité des différentes sphères de vie du salarié.
• Principe Le dualisme traditionnel retenu juridiquement et opposant vie privée du salarié et vie professionnelle était parfaitement adapté à une conception productiviste du travail. Sorti de l’usine où il effectuait des tâches répétitives et journalières, le salarié pouvait s’adonner en dehors de son lieu de travail à des activités purement privées et dénuées de toute coloration professionnelle. Il était alors aisé d’identifier clairement le temps de travail effectif comme un temps où le salarié exécutait sa prestation de travail. La qualification juridique du temps de travail effectif s’opposait clairement au temps de repos propre à délimiter à son tour la sphère privée du salarié. Malgré l’évolution techniciste du travail, ce dualisme continue de prospérer comme en témoigne des décisions récentes interdisant à l’employeur d’imposer au salarié l’exécution de tâches professionnelles à son domicile1. En ce sens, le contrat de travail est protégé contre les modifications qui pourraient y être apportées 1
par l’employeur sans son accord, notamment au regard de la durée du travail. Inversement, le salarié n’est pas censé s’adonner à des activités personnelles durant son temps de travail. L’employeur serait en droit d’user de son pouvoir disciplinaire pour prendre les sanctions justifiées. Cette distinction classique reste dès lors protégée par des dispositions civilistes et travaillistes. • Frontière civiliste Avant même que le salarié soit qualifié comme tel par le droit du travail, il est un sujet de droit soumis au droit civil. A ce titre, il bénéficie de la protection des dispositions générales applicables à tous, telles que l’article 9 du Code civil, nonobstant les situations professionnelles dans lesquelles ce dernier trouverait à s’appliquer. Cet article a notamment servi de base légale à de nombreux arrêts de la chambre sociale. A pu ainsi être cassé au visa de ce dernier un arrêt de Cour d’appel ayant refusé la demande d’une salariée en paiement d'une journée de détente à laquelle elle a refusé de participer.
Cass. Soc., 2 oct. 2001, n° 99-42727M.Abram contre société Zurich assurance.
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Cette journée de détente était organisée par le comité d’entreprise mais considérée par l’employeur comme une journée de travail ouvrant droit à rémunération. La chambre sociale reconnaît implicitement à travers cet arrêt que le salarié bénéficie d’un droit à choisir ses activités personnelles et à ne pas se voir imposer des activités n’ayant aucun rapport avec sa prestation de travail2. • Frontière travailliste Le droit du travail ne fut pas en reste quant au traçage de la délimitation vie privée/vie professionnelle. La fameuse Loi Auroux du 4 août 1982 protège encore aujourd’hui les libertés individuelles du salarié quant au règlement intérieur de l’entreprise qui pourrait y porter atteinte (disposition aujourd’hui codifiée à l’article L.1321-3, 2° du Code du travail). Cette protection fut par la suite étendue à l’ensemble des décisions ou des sanctions de l’employeur (loi du 31 décembre 1992 codifié à l’article L1121-1 du Code du travail), puis étayée en jurisprudence par l’arrêt Nikon3 qui, au visa, de l’ancien article L120-2 du Code du travail (nouvel article L1121-21 du Code du travail), énonce que le salarié a droit, même durant son temps de travail et sur le lieu de travail, au respect de l'intimité de sa vie privée ; érigeant ce principe en liberté fondamentale pour le salarié. Nul doute que cette consécration résulte en grande partie du visa européen de cette décision, à savoir l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des liberté fondamentales qui s’impose au juge français en tant que norme internationale, au dessus des dispositions législatives. Toutes les décisions ou actions de l’employeur entrent dans le champ d’application de ce texte y compris les sanctions. Ainsi, en l’état actuel du droit, un fait relevant de la vie personnelle du salarié ne peut pas, en principe, caractériser une faute professionnelle4. Encore fallait-il que le juge assouplisse les grands principes pour les appliquer à des situations aussi diverses qu’imprévisibles. Furent ainsi protégées les correspondances privées des salariés sur le lieu de travail5, le terme « correspondances » bénéficiant d’une appréciation large par les juges et regroupant mails, SMS ou missives. Le domicile familial du salarié acquiert lui aussi cette protection, l’introduction des nouveaux textes entrainant l’annulation de certaines clauses de mobilité jugées attentatoires6. La liberté de se vêtir entre également dans le champ de cette protection. L’employeur ne peut apporter à cette dernière que des restrictions proportionnées au but recherché notamment en cas de port obligatoire de certaines tenues de sécurité. En revanche, de simples considérations esthétiques ne peuvent justifier une atteinte à cette liberté individuelle7. Au delà de cette effectivité jurisprudentielle, la protection de la vie privée des salariés bénéficie d’un contrôle Cass. Soc.,8 oct.1996, n° 93-44672. Cass. Soc., 2 oct. 2001, n° 99-42942. 4 Cass. Soc., 16 déc. 1997, n° 95-41.326. 2 3
administratif assuré par des autorités administratives indépendantes. A cet égard, la CNIL joue un rôle important puisqu’elle intervient dès qu’un employeur désire organiser une collecte de données informatiques contrôlant l’activité des salariés (vidéosurveillance, cybersurveillance, applications biométriques…). La loi informatique et liberté a chargé la CNIL de contrôler ces systèmes de collectes en veillant au principe de finalité, de proportionnalité et de pertinence des données, de sécurité et de confidentialité des données, du respect du droit des personnes et enfin du principe d’une durée de conservation limitée des données. Pour ce faire, elle dispose d’un pouvoir de conseil et d’information, de contrôle et de sanction. La sanction, de nature administrative peut atteindre 300 000 euros en cas de réitération et ne fait pas échec à des poursuites pénales distinctes. La frontière clairement tracée par les différentes sources n’en demeure pas moins en proie aux atteintes imposées par l’évolution du travail et par la nécessité d’assurer la protection des intérêts de l’entreprise.
Une atteinte à la vie privée par un état de « disposition » plus important à l'employeur : le développement des NTIC Le développement technique au cours du XXème siècle a considérablement bouleversé les rapports de travail. Le machinisme imposant une surveillance humaine, il s’est développé de nouvelles formes d’exécution de la prestation de travail, notamment les temps d’astreinte, au cours desquels le salarié s’adonne à une maintenance technique et non à une tâche manuelle ininterrompue. L’essor d’internet et de la société de l’information a ensuite pris le relai de cette modification progressive du travail imposant une nouvelle définition du temps de Cass. Soc., 2 oct. 2001,n° 99-42942. Cass. Soc., 23 mars 2011, n° 09-69127. 7 Cass. Soc., 19 mai 1998, n° 96-41123. 5
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travail effectif, selon laquelle le salarié travaille lorsqu’il Une atteinte issue de l'utilisation est à la disposition de son employeur et se conforme de faits tirés de la vie privée du à ses directives sans pouvoir vaquer librement à ses salarié au profit de sanctions occupations personnelles. Cette conception, parce qu’elle permet d’appréhender le temps de travail effectif où le disciplinaires salarié n’est pas productif mais simplement disponible, trouble davantage frontière établie entre vie d’uneavec distinction de principe entre vie Le Petit Juriste la vous présente le dossier duprivée mois enL’existence collaboration la rédaction et la direction et vie professionnelle. La définition du temps de travail générale). professionnelle vieLexisNexis personnelle du(Jurisclasseur salarié n’implique scientifique de La Semaine Juridique (Édition Editéetpar et effectif ne fait donc désormais plus échec à ce que le pas que l’employeur y soit tenu strictement sans qu’aucune Litec), magazineetscientifique la référence des professionnels de l’actualité juridique depuis 1927. salarié soitcedisponible se conformeest aux directives de souplesse ne permette de tenir compte de l’intérêt de l’employeur dans un autre lieu que son lieu de travail. l’entreprise. Cet intérêt nécessite dans certains cas une Pour découvrir La Semaine Juridique, (-70% etudiants) : www.etudiant.lexisnexis.fr intrusion de la vie professionnelle du salarié dans sa vie Il n’est donc pas impossible de voir fleurir prochainement personnelle. un contentieux relatif aux smartphones, téléphones portables qui permettent aux salariés d’être « télé- La jurisprudence a reconnu depuis longtemps à disponible »8 c’est à dire de travailler chez eux ou dans l’employeur le droit de sanctionner son salarié pour des tout autre lieu pourvu d’une accessibilité à internet. Si faits tirés de sa vie privée dans des cas très spécifiques des directives hiérarchiques peuvent parvenir jusqu’au et d’une gravité notable10, le principe restant la totale salarié en dehors de son lieu ou de son temps de liberté du salarié. travail, ce temps de disponibilité ne mériterait-il pas d’être requalifié en temps de travail effectif ? Tel n’est La possibilité de licencier le salarié pour des faits tirés pas l’avis de la Cour de Justice de l’Union européenne de sa vie personnelle, celle-ci contenant la vie privée et pour le moment comme en témoigne l’arrêt SIMAP9. la vie publique du salarié, n’est possible qu’en cas de La jurisprudence SIMAP a été rendue à l’occasion du rattachement de ces faits à la vie professionnelle. Ce cas particulier des temps de garde des médecins. La rattachement recouvre deux hypothèses distinctes. juridiction européenne a estimé que le temps de garde des médecins à leur domicile ne pouvait pas constituer Il s’agit d’une part des faits ayant causé un trouble du temps de travail effectif quand bien même, pouvant objectif et caractérisé au sein de l’entreprise11. La preuve être joint à n’importe quel moment, seraient-ils à la de ce trouble repose sur l’employeur12 qui devra le disposition de leur employeur. Les salariés disposent caractériser au regard de la fonction du salarié et de la d’une marge de manœuvre plus importante lors de ces finalité propre de l’entreprise. temps de garde qui ne permet pas de qualifier ces derniers de temps de travail effectif. D’autre part, le rattachement des faits tirés de la vie personnelle à la vie professionnelle peut découler de De la même façon, le développement du télétravail est l’obligation de loyauté du salarié envers son propre à brouiller la frontière classique. Que le salarié employeur à laquelle il est tenu même en dehors de se conforme à domicile aux directives de son employeur son temps et de son lieu de travail13. Il lui est totalement ou qu’il soit dans le cadre strict du télétravail, c’est à dire interdit de dénigrer son employeur en public ou de nuire dans la situation ou le salarié exécute sa prestation de à l’image de l’entreprise. Un tel comportement serait travail à domicile, sphère privée et sphère professionnelle constitutif d’une faute grave14 si tant est qu’il identifie peuvent entretenir des liens ténus. clairement la personne visée et qu’il s’inscrive dans un cadre public. Le dénigrement entrainant la dépréciation de l’image de l’employeur ou du supérieur aux yeux d’autrui, les faits caractérisant la faute grave et relevant de la vie personnelle du salarié doivent perdre leur caractère purement privatif. C’est dans ce cadre que les jugements rendus par le Conseil de Prud’hommes de Boulogne Billancourt en date du 19 novembre 2010 sont intervenus. Les faits sont relativement simples et courants ; trois salariés s’étaient amusés sur le site communautaire Facebook à critiquer leur hiérarchie et à former un « club fermé » nommé « club des néfastes » dont l’objet était de rendre à leur chef de service la « vie impossible pendant plusieurs mois ». La procédure de licenciement est née du fait que la discussion privée fut rapportée par un membre du réseau social à la direction de la société. Au delà de la problématique du licenciement pour ces 8 Ray (J.-E.), D’un droit des travailleurs aux droits de la personne au travail, Droit social, n°1 Janvier 2010, p. 3. 9 CJCE, 3 oct. 2000, SIMAP, aff. 303/ 98. 10 Cass. Soc., 17 avr. 1991, no 90-42.636.
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Cass. Soc., 14 sept. 2010, n° 09-65675. Cass. Soc., 28 avr. 2010, n° 09-67.037. 13 Art. 1135 du Code civil notamment. 14 Cass. Soc., 23 juin 2010, n°09-40.825. 11 12
Une deuxième intrusion de la vie privée dans le cadre professionnel existe par nature, du fait même des relations humaines. Les salariés ne franchissent pas les portes de l’entreprise libérés de tout bonheur ou problème personnels. Il est dès lors impératif de composer et de tenir compte des vies particulières des salariés dans la vie générale de l’entreprise. L’outil informatique a fait naître des contentieux majeurs sur le sujet. Quid des fichiers informatiques personnels que le salarié emporte sur son lieu de travail ? Pour les juges du Quai de l’horloge, l’employeur n’est pas en mesure, au regard de la protection de la vie privée du salarié, d’ouvrir les fichiers identifiés par le salarié comme personnels contenus sur le disque dur de l’ordinateur mis à sa disposition à moins que celui-ci soit présent ou en cas de risque ou d’événement particulier15. Si le salarié n’identifie pas ses dossiers contenus sur le disque dur de l’ordinateur mis à sa disposition comme « personnels », ces derniers sont présumés professionnels et l’employeur pourra y accéder dans tous les cas. Toutefois, la Chambre sociale a rappelé récemment que l’employeur ne peut pas utiliser ces dossiers non identifiés pour sanctionner le salarié s’ils s’avèrent relever de sa vie privée16. Il était question dans cette affaire du licenciement d’un salarié après la découverte par l’employeur de mails contenant des photos érotiques sur sa boîte de messagerie. faits, il était demandé aux conseillers de statuer sur la possibilité d’invoquer une discussion privée à l’appui d’une procédure de licenciement. La réponse fut positive au regard de la lisibilité des insultes par les « amis » des fautifs et surtout par les « amis » de leurs « amis » sur le site. C’est notamment cette publicité de la conversation sur le réseau social qui a permis à une personne d’en communiquer son contenu à la direction de l’entreprise. Cette visibilité, non désirée par les participants, donna à la conversation une publicité permettant de lui appliquer les dispositions relatives à l’obligation de loyauté et au dénigrement. La discussion privée n’étant plus totalement privée, entrant dans la sphère publique par défaut de maîtrise des paramètres de confidentialité, la liberté d’expression du salarié dans sa vie personnelle se trouvait limitée par l’abus, l’injure ou la diffamation si tant est que l’une de ces fautes soit caractérisée. Tel fut le cas en l’espèce dans la mesure où les « salariés du club » dénigraient leur chef de service et incitaient à la désinvolture voire même au harcèlement moral. Les salariés, en raison de leur utilisation abusive de leur liberté d’expression, ont été reconnus fautifs, l’humour du ton employé lors de la discussion ne permettant pas de les exonérer de leur responsabilité. La loyauté subsistant en dehors du temps de travail du salarié ainsi que durant les périodes de suspension du contrat de travail, il est impératif pour tout salarié de prendre en compte les nouvelles données du problème et de verrouiller la confidentialité des réseaux sociaux qu’il utilise s’il ne veut pas voir sa vie privée réduite à mesure que ses « amis » s’étendent. 15 16
Cass. Soc.,Cathnet, 17 mai 2005, n°03-40017. Cass. Soc., 5 juil. 2011, n° 10-17.284.
La vie privée du salarié ne s’arrête donc pas aux portes de l’entreprise. Elle coexiste avec la sphère professionnelle. L’employeur est tenu de respecter cette première intrusion. Il peut néanmoins la limiter dans le cadre d’un risque ou d’un événement particulier mais également dans le cadre de l’article L.1321-3,2° du Code du travail en ce qui concerne le règlement intérieur et de l’article L.1121-1 du Code du travail en général. Aux termes de ces articles, l’employeur peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir. Ces dispositions permettent notamment à l’employeur d’instaurer un dispositif de contrôle alcoolémique dans des cas très restrictifs. Eu égard à l’atteinte portée aux droits des personnes, leur mise en place doit être rendue nécessaire en raison des conditions particulières tenant à la sécurité des salariés. L’appréciation in concreto des différentes situations qui peuvent poser problème dans l’entreprise laisse une marge de manœuvre indispensable à l’employeur, conciliant vie privée du salarié, pouvoir de direction et obligation de sécurité de résultat de l’employeur
Geoffrey GURY & Alexis VAUDOYER
POUR EN SAVOIR PLUS : • « Les « amis » de « nos amis », Libres propos par Pierre-Yves Verkindt, La Semaine Juridique Social n°48, 30 novembre 2010, act. 559. • « La liberté de correspondance ou l’intrusion de la vie privée dans l’entreprise », Natacha Gavalda, La Semaine Juridique Social, n°21, 25 mai 2010, p. 1194. • « L’utilisation des réseaux sociaux par l’entreprise et ses collaborateurs », Caroline Fel et Emmanuel Sordet, La Semaine Juridique Social, n°29, 20 juillet 2010, p. 1307. Octobre 2011 - Page
La nouvelle prime devant conduire à une meilleure répartition de la valeur ajoutée, prévue par la loi de financement rectificative de la sécurité sociale 2011, est entrée en vigueur le 28 juillet 2011. «Prime de partage des profits», « prime dividende », « prime 1000 euros », « prime Sarkozy »… les termes qui la désignent sont aussi nombreux que les critiques dont elle fait l’objet.
Une mesure simple en apparence Toutes les sociétés commerciales (SARL, SA, SNC, etc.) doivent désormais verser une prime à leurs employés dès lors qu’elles emploient au moins 50 salariés et qu’elles versent, condition sine qua none, des dividendes dont le montant par part sociale ou par action est en hausse par rapport à la moyenne des dividendes versés les deux
d’une années sur l’autre et qui seront donc exonérées de l’obligation de verser cette prime. Enfin, le versement de la prime n’est plus une obligation dès lors que l’entreprise a attribué au titre de l’année en cours un avantage pécuniaire non obligatoire, négocié et collectif tel que de l’intéressement ou de la participation.
Peu de contraintes sur l’obligation de négocier Cette prime qui peut être fixée en euros ou résulter d’une formule de calcul doit faire, sous peine de sanctions prévues par le code du travail, l’objet de négociations d’entreprise conclues au plus tard dans un délai de trois mois suivant l’attribution de dividendes autorisée par l’assemblée générale.
années précédentes. Les sociétés commerciales de moins de 50 salariés ont, elles, la faculté de verser volontairement cette prime si la condition relative à la hausse des dividendes est remplie. Cette prime, exonérée de cotisation à l’exception de la CSG, de la CRDS et du forfait social, dans la limite de 1200 € par salarié et par an, reste néanmoins imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.
Le cas des groupes : une nouvelle « usine à gaz » Sans le cas fréquent d’appartenance à un groupe, le versement des dividendes ne s’apprécie pas au niveau de chacune des sociétés, mais de la tête de groupe. Ainsi, si l’entreprise dominante verse des dividendes à ses actionnaires ou à ses associés, toutes ses filiales ont l’obligation de verser cette prime dès lors qu’il s’agit de sociétés commerciales employant au moins 50 salariés ; et ceci alors même que ces dernières feraient face à des difficultés économiques et financières. Inversement si l’entreprise dominante n’a pas versé de dividende en augmentation par rapport à la moyenne des deux exercices précédents, aucune de ses filiales n’aura l’obligation de verser cette prime, quand bien même ces dernières distribueraient elles-mêmes des dividendes en augmentation par rapport à la moyenne des deux exercices précédents. C’est le cas de nombre d’entreprises du CAC 40 telles que Total qui réalisent des bénéfices mirobolants mais dont le montant des dividendes n’est pas en hausse
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Cependant, alors que le gouvernement table sur une prime moyenne de 700 euros par salarié (contre les 1000 euros initialement prévus) aucun montant minimum n’est fixé par la loi (une circulaire précise seulement qu’il ne doit pas être « symbolique »). Par ailleurs, l’échec des négociations implique uniquement un engagement unilatéral du chef d’entreprise dont pourront se prévaloir les salariés devant le juge prud’homal. De même, le législateur n’a fixé aucun délai impératif de versement de la prime.
A qui profite la prime ? A cet ensemble juridique complexe s’ajoute encore la possibilité de fixer une condition d’ancienneté (ne pouvant toutefois excéder trois mois). Au final, les juristes estiment donc que les trois quart des salariés du privé ne verront de cette prime que le nom. Ces prévisions seront toutefois vite vérifiées puisque la loi fixe exceptionnellement jusqu’au 31 octobre le délai pour conclure un accord pour les entreprises ayant déjà attribué un dividende en augmentation à la date de promulgation de la loi. Cette dernière prévoit en tout état de cause l’obligation pour le Gouvernement de présenter devant le Parlement un bilan des accords et des mesures intervenus ; ce rapport pouvant par ailleurs proposer des adaptations législatives.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Circulaire interministérielle du 29 juillet 2011 relative à la prime de partage des profits instituée par la loi n°2011-894 du 28 juillet 2011 de financement rectificative de la sécurité sociales pour 2011
roit de la concurrence
Le Tribunal de l'Union européenne a rendu, le 9 septembre 2011, deux arrêts dans l’affaire du tabac brut. Si dans l’arrêt Alliance One1, le Tribunal fait une application désormais classique de la jurisprudence Akzo2 en ce qui concerne l'imputabilité à la mère des comportements infractionnels de la filiale détenue à 100%, le deuxième arrêt, Deltafina SpA c/Commission3 retiendra notre attention, en ce qu’il rappelle aux entreprises qui dénoncent un cartel, l’importance de la coopération « totale, permanente et rapide » avec la Commission pour bénéficier de l'immunité totale d'amende.
eltafina est une société italienne active dans la transformation du tabac brut et dans la commercialisation du tabac transformé. Dans le cadre du programme de clémence prévu par la Communication de la Commission de 2002 permettant à la Commission européenne d'offrir une immunité totale ou une réduction des amendes à un participant à une entente en échange de la divulgation librement consentie d'informations concernant ladite entente et de sa coopération à l'enquête menée par les autorités, Deltafina avait été la première entreprise a révéler sa participation, entre 1995 et 2002, à une entente horizontale sur le marche italien du tabac brut. De ce fait, la Commission lui avait octroyé, au début de la procédure administrative, l’immunité conditionnelle. La Commission a réalisé par la suite que Deltafina avait violé l’obligation de coopération qui lui incombait dans la mesure où, lors d’une réunion, elle avait divulgué à ses concurrents, de sa propre initiative et sans en informer la Commission, qu’elle avait introduit une demande d’immunité auprès de ses services, avant que cette dernière n’ait eu l’occasion de procéder a des vérifications concernant l’entente en cause. Dans ces conditions, la Commission, à la fin de la procédure administrative, a conclu que l’immunité d’amendes ne pouvait être accordée à Deltafina, et lui infligea, solidairement avec sa société mère Universal Corp., une amende de 30 millions d’euros4. Dans son recours devant le Tribunal, Deltafina conteste en substance la légalité de la décision attaquée, en ce que la Commission ne lui a pas octroyée l'immunité d'amendes. Le Tribunal approuve en tous points la politique de la Commission. En effet, selon le celui-ci, l'octroi de l'immunité totale d'amendes constitue une exception au principe de la responsabilité personnelle de l'entreprise pour la violation des règles de concurrence qui se justifie par la finalité de favoriser la découverte, l'instruction et la répression ainsi que la dissuasion des pratiques qui font partie des plus graves restrictions de la concurrence. Ainsi, il est logique qu'il soit exigé de Tribunal de Première Instance, , Alliance One International, Inc.c/Commission(aff. T-25/06), 9 septembre 2011 2 CJCE Akzo Nobel NV c/ Commission (aff. C-97/08), 10 septembre 2009 3 Tribunal de Première Instance, Deltafina SpA c/ Commission, (aff. T-12/06), 9 septembre 2011 4 Commission européenne, Décision C (2005) 4012 du 20 octobre 2005 (JO L 353, p.45 du 13 décembre 2006).
l’entreprise sollicitant l’immunité totale d’amendes, qu’elle apporte à l'enquête de la Commission une coopération qui doit, selon les termes de la Communication de 2002, être « totale, permanente et rapide » (pt. 125), laquelle implique une collaboration véritable, complète et caractérisée par un réel esprit de coopération (pt. 130). En pratique, le Tribunal retient qu’une entreprise qui souhaite bénéficier de l’immunité totale des amendes sur la base de sa coopération à l’enquête ne peut omettre d’informer la Commission de faits pertinents dont elle a connaissance et qui sont capables d’affecter, fût-ce potentiellement, le déroulement de la procédure administrative et l’efficacité de l’instruction de la Commission. Cette obligation d'information est d'autant plus importante lorsqu'une telle circonstance concerne les relations entre cette entreprise et les autres membres de l'entente et, à plus forte raison, si l'éventuelle survenance de ladite circonstance a fait l'objet au préalable d'une discussion explicite entre la Commission et cette entreprise dans le cadre de la procédure administrative (pt. 132). En l’espèce, le Tribunal constate que le comportement de Deltafina ne témoignait pas d’un esprit de coopération véritable et dès lors, juge que la Commission n’a pas commis d’erreur de droit en n'octroyant pas à Deltafina l'immunité définitive. Le Tribunal a donc confirmé la décision de la Commission infligeant une amende de 30 millions d’euros à Deltafina qui, au départ, aurait pu bénéficier d’une immunité totale !
POUR EN SAVOIR PLUS : • http://eur-lex.europa.eu • http://curia.europa.eu Octobre 2011 -
Les “Three Strikes Law”, ou comment réconcilier lutte contre la récidive et individualisation des peines aux Etats-Unis
Arrivées aux Etats-Unis dans les années 1990, les Three Strikes Laws furent édictées par le Congrès américain en réponse à la vague de criminalité traversant le pays. Ces peines plancher, en vigueur dans 27 Etats, prévoient que toute personne étant condamnée à trois reprises pour des crimes ou délits se voit automatiquement condamnée à un minimum de vingt cinq ans d'emprisonnement. Si la Californie fait état d’une réduction de la criminalité depuis l’entrée en vigueur de cette loi dite de la “troisième faute”, nombreuses sont les critiques à l’égard de ce dispositif qui met à mal le principe de proportionnalité des peines.
Origines et résultats des Three Strikes Laws : un bilan mitigé La popularité qu’a connu cette loi tout au long des années 1990 provient d’une série de faits divers fortement médiatisés dans laquelle des victimes de meurtres furent attaquées par des récidivistes libérés avant l’heure pour bonne conduite. C’est ainsi que l’Etat de Washington fût le premier à réagir en votant cette loi en 1993, prévoyant la condamnation à perpétuité après inculpation pour des crimes commis trois fois sans possibilité de bénéficier de la libération anticipée pour bonne conduite, ou d’une interruption de peine. Malgré le fort engouement éprouvé envers ces lois au début des années 1990, les Three Strikes Laws ont fait l’objet de nombreuses critiques vers la fin de cette décennie. Des études ont également montré que la majorité des crimes de troisième faute ne concernaient que des “petits” crimes tels que des vols à l’étalage et des consommations d’alcool dans des supermarchés. En dépit de nombreuses protestations à l’encontre de ce système jugé trop sévère par beaucoup, les hautes juridictions américaines n’ont toujours pas invalidé les Three Strikes Law pour inconstitutionnalité.
Refus par les hautes juridictions américaines d’invalider les Three Strikes Law La Cour d’Appel des Etats-Unis pour le 9e Circuit (Cour d’appel fédérale devant laquelle sont interjetés les appels des 15 Cours de District des Etats de l’Ouest, dont la Californie) devint la première cour à invalider une Three Strikes Law dans l’affaire Leandro Andrade v Attorney General of State of California (2001). Dans cet arrêt, l’appelant Leandro Andrade avait été condamné à une peine de prison de 50 ans pour des
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infractions mineures de vol de cassettes d’une valeur de 154$ dans deux supermarchés. La Cour d’appel pour le 9e Circuit jugea que cette peine était inconstitutionnelle parce que disproportionnée et plus sévère que d’autres sentences prononcées pour les crimes les plus graves en Californie. La Cour Suprême des Etats-Unis a par la suite cassé cet arrêt en 2003 (Lockyer v Andrade) et a maintenu la constitutionnalité de la TSL telle qu’appliquée au cas de Leandro Andrade. Une mise en perspective avec les lois anti-récidives en France semble la bienvenue au vu des difficultés et polémiques qu’elles soulèvent.
Les peines plancher en France : la loi sur la récidive de 2007. En France, la loi “renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs” du 10 août 2007 prévoit l’application de peines plancher pour toutes les personnes répondant d’une infraction passible de trois ans ou plus d’emprisonnement, de réclusion ou de détention et ayant commis un acte de récidive. La proposition de loi avait été déférée au Conseil Constitutionnel au motif de la méconnaissance du principe constitutionnel d’individualisation des peines. En effet, certains craignaient - et craignent toujours - que les peines plancher ne limitent la marge d’appréciation du juge en le contraignant à décider de mesures privatives de liberté. Sans aller jusqu’à affirmer que la loi sur la récidive du 10 août 2007 est en passe de devenir la prochaine Three Strike Law, il n’en demeure pas moins nécessaire d’éviter le piège des lois trop statiques et rigides qui ne s’adaptent ni au situations particulières des récidivistes, ni aux réalités du monde carcéral.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Le projet de loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs : http://www.senat.fr/ • Pour une opinion plus favorable aux Three Strikes Law : http://www.threestrikes.org/
La peine de mort : une question actuelle
Le 9 octobre 1981, la France entre dans le cercle des grandes démocraties. La loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort est adoptée en première lecture par le Parlement, mettant fin au long combat mené par Robert Badinter. Depuis, l’article 66-1 de la Constitution inscrit dans le marbre l’interdiction de la peine capitale.
Le long combat contre la peine de mort en France
Un combat toujours actuel aux Etats-Unis
Troy Davis est exécuté par injection létale le 21 septembre 2011 à 22h53. Initialement prévue à 19h, le prévenu a été maintenu sur la table durant près de quatre heures. La faute à une suspension de l’exécution à la suite d'un recours infructueux devant la Cour Suprême. La question de la peine de mort aux Etats-Unis déchaîne les passions. C’est en effet une pratique dont les effets se répercutent au niveau politique, social, moral, économique et même religieux. Mais l’aspect le plus souvent évoqué est peut être la question des erreurs judiciaires. Troy Davis symbolise particulièrement cet aspect, tant son cas est symptomatique : condamné 20 ans après les faits, 7 des 9 témoins s’étant rétractés, et sans aucune preuve matérielle. 34 Etats pratiquent la peine de mort, totalisant 1270 exécutions depuis la reprise de 1977. La plupart du temps, ce sont les antécédents judiciaires du prévenu qui motivent la peine capitale. Une réforme du système paraît complexe : le législateur, comme les juges restent tributaires des opinions de leurs concitoyens (dans la plupart des Etats, les juges sont élus).
Robert Badinter, garde des Sceaux, présente à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981 un projet de loi portant sur l’abolition de la peine de mort. Le lendemain, une large majorité l’emporte. Deux jours plus tard, le Sénat entérine le projet. La France rejoint le 9 octobre la grande majorité des nations européennes. Cinq ans plus tard, Robert Badinter appose le grand Sceau de France sur le tiré à part du texte. Dans une décision 2005-524/525, le Conseil constitutionnel indique que la signature d’un protocole du PIDCP nécessite une modification de la Constitution dans le sens d’une interdiction de la peine de mort. La révision est actée le 30 janvier 2007 (n°2007-239). Le combat séculaire contre la peine de mort est définitivement clos.
Les associations militant contre la peine de mort développent plusieurs arguments, parfois saugrenus. La principale force de persuasion reste le taux d’erreurs judiciaires, et plus généralement la critique du mécanisme judiciaire américain, parfois très déséquilibré. Un argument réside également dans le coût économique élevé de la peine de mort par rapport à d’autres formes de peines comme la perpétuité. Les contre-arguments répondent point par point aux critiques, fustigeant la surpopulation pénitentiaire, le cynisme impliqué par une considération financière face à la paix sociale, ou la démonstration de la justesse du système judiciaire. L’affaire Davis cristallise bien les débats autour de la peine de mort aux Etats-Unis, mais aussi leur présente insolubilité.
POUR EN SAVOIR PLUS : • Dossier sur la peine de mort : site de l’Assemblée nationale • www.peinedemort.org Octobre 2011 -
Mickael Jackson’s personal physician’s trial Murder,manslaughter, medical malpractice? The trial of Dr. Conrad Murray, the former personal physician of pop star Michael Jackson finally got underway Tuesday, September 20th in the Los Angeles Superior Courthouse.
r. Murray is being charged with the crime of involuntary manslaughter in connection with the death of the King of Pop who died of an overdose of the surgical anesthetic propofol on June 25th, 2009. Dr.Murray has pleaded not guilty to the charge. The trial will produce a highly emotional and very dramatic atmosphere that has not been seen since the O.J. Simpson murder trial. Like the Simpson trial there are many confusing legal issues to be addressed. The first and foremost is why isn’t Dr. Murray being charged with murder? The L.A. district attorney was originally planning to charge Dr. Murray with second degree murder but changed the charge to involuntary manslaughter which they feel will be much easier to prove in court. According to the website www. dictionary. law.com, the charge of manslaughter is defined as follows: “the unlawful killing of another person without
premeditation or so called ”malice afterthought”(an evil intent prior to the killing). It is distinguished from murder (which brings greater penalties) by lack of any prior intention to kill anyone or create a deadly situation. There are two levels of manslaughter: voluntary and involuntary. Voluntary manslaughter includes killing in heat or passion or while committing a felony. Involuntary manslaughter occurs when a death is caused by a violation of a non-felony such as reckless driving (called vehicular manslaughter). The charge of 2nd degree murder is a non-premeditated killing resulting from an assault in which death of the victim was a distinct possibility 2nd degree murder is different from 1st degree murder which is a premeditated, intentional killing resulting from a vicious crime such as arson, rape, or armed robbery. The defense team of Dr. Murray feels the charge will be hard to prove if they can show that Michael Jackson was
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responsible for his own death. Dr. Murray has stated he was unaware of Jackson’s use of propofol before he accepted the $150,000 dollar per month job. He became worried Michael was addicted to his “milk” as Jackson called it. So why did Dr. Murray carry on giving Jackson propofol for two months leading up to the day Jackson died? He allegedly left Jackson all alone under the influence of propofol on that tragic morning and then failed to resuscitate him when he stopped breathing. Jackson had chronic insomnia and was being given the “milk” as a sleep aid. Propofol, however has never been established as a sleeping aid and by law is only to be administered in hospitals. Furthermore it took Dr. Murray 30 minutes to call 911 as he tried to cover up his errors and did not inform medics he had ever given Michael the anesthetic when they arrived. The main legal issue of this trial is : was Dr. Murray negligent in giving propofol to Jackson even if he asked for it ? Large quantities of sedatives and propofol were found in Jackson’s home after his death. Witnesses say Dr. Murray implemented ploys of blatant misrepresentation to obtain excessive amounts of the drugs. Is he fraudulent ? According to attorney and legal analyst Matt Semino, “Dr. Murray exploited loopholes in the system, turned a blind eye, became sloppy, tried to cover up his mistakes and then got caught. It certainly could have turned out differently”. Legal and medical establishments must now start to address issues of policy. What are the acceptable conditions of a private doctor patient relationship ? Who is responsible for the health of the patient ? How can illegal trafficking of potentially lethal pharmaceutical drugs be halted ? How can we enforce professional medical ethics and who will decide what they are ? These are questions and issues Dr.Murray may have a long time to think about because if convicted, Dr. Conrad Murray could not only lose his right to practice medicine, but he could also be incarcerated for up to four years. Michael Jackson on the other hand had been to court many times through his storied yet complicated life as the alleged culprit yet this time he is undoubtedly the tragic victim. To what degree of the law he is a victim remains to be seen in court.
Robert W. Curley, Jr (New York)
Communications Consultant for Business Law in English For coaching sessions, please contact : rwz.curley.jr@gmail.com
10 ans après la catastrophe AZF : quid du droit du risque industriel?
Un droit évolutif ayant facilité la mise en oeuvre de la responsabilité sociale vis-à-vis des victimes La victime d’un accident industriel doit prouver, conformément à l’article 2 du code de procédure pénale, qu’elle a “personnellement souffert du dommage directement causé par l’infraction”. Cependant, cette exigence relative au lien de causalité et au préjudice allégué a été appliquée avec rigueur par la jurisprudence qui considère que l’exercice de l’action civile devant les tribunaux répressifs doit demeurer exceptionnel. En effet, il appartient au ministère public de mettre en mouvement l’action publique. Malgré ces difficultés, la victime peut invoquer le préjudice résultant de l’accident environnemental dès qu’elle peut faire état d’un préjudice certain, direct et personnel. Reste cependant à déterminer qui, du dirigeant ou de l’entreprise, sera tenu pour responsable d’un tel accident industriel. Lorsque l’infraction est commise à l’occasion d’une activité collective, la jurisprudence retient généralement la responsabilité du dirigeant à qui il incombe de faire respecter la réglementation, même si les faits ont été commis par un préposé placé sous son autorité. Tel fut le cas pour le directeur d’une usine de construction automobile à l’origine d’une fuite d’hydrocarbures (Cass. crim. 19 octobre 2004), ou d’un maire à la suite du dysfonctionnement d’une station d’épuration (Cass.crim. 3 avril 1996)
sachant que le cumul de responsabilité avec les personnes physiques est autorisé. Tandis que la notion de préjudice économique ou moral subi par les victimes d’accidents industriels ouvre droit à la mise oeuvre de la responsabilité des entreprises, il n’en est pas de même pour le préjudice écologique “pur”, qui lui touche aux espèces et habitats naturels protégés, à l’eau et aux sols, et donc indépendamment de la lésion directe d’un intérêt humain.
L’affaire de l’Erika et la loi du 1er août 2008: vers une reconnaissance de la responsabilité sociale pour préjudice écologique En tant que préjudice autonome et distinct des préjudices matériel et moral infligés aux victimes, le préjudice écologique subi par les collectivités territoriales n’était pas à même d’ouvrir droit à réparation, et donc de mettre en oeuvre une action en responsabilité. Il fallu attendre le jugement de l’Erika rendu par le tribunal de grande instance de Paris le 16 janvier 2008 pour que soit reconnue l’existence d’un préjudice écologique en tant que tel ouvrant droit à réparation. Ce préjudice, cependant, ne peut être invoqué que par les collectivités territoriales auxquelles le législateur a confié une responsabilité spéciale pour la protection, la gestion et la conservation d’un territoire. A cette reconnaissance prétorienne du préjudice écologique des collectivités territoriales s’est ajoutée la loi du 1er août 2008, consacrant la possibilité pour les collectivités territoriales dont le territoire est affecté par un accident industriel de se constituer partie civile lorsqu’elles sont victimes d’un préjudice direct ou indirect. Seul bémol de taille: ni le législateur ni le juge n’ont consacré pleinement la notion de préjudice écologique, du fait d’une certaine réticence à ériger un dommage environnemental éloigné d’une logique matérielle et monétaire. Les problème de l’évaluation monétaire et de la définition exacte du préjudice écologique devront être réglés afin de mieux saisir les contours de la responsabilité sociale en matière d’accidents industriels.
Il est à noter que depuis l’entrée en vigueur du nouveau code pénal, les personnes morales, ainsi que les personnes publiques, à l’exception de l’Etat, sont pénalement responsables des infractions commises pour leur compte, par leurs organes ou leurs représentants (article 121-2),
Alexendra Chauvin
POUR EN SAVOIR PLUS : • http://chlorophylle-environnement.blogspot.com Octobre 2011
L’année 2011 est l’année de la relance pour le marché de l’emploi juridique et fiscal, le recrutement sur les fonctions juridiques s’étant avéré particulièrement dynamique. La période de crise rencontrée depuis 2008 a notamment eu pour effet de geler les recrutements dans les entreprises et cabinets d’avocats qui ont besoin désormais de reconstituer leurs équipes eu égard au retour à la croissance et à la rentabilité de leurs activités. Si le recrutement juridique connait depuis le début de l’année un dynamisme important, il convient de noter que les entreprises et cabinets d’avocats se montrent néanmoins très exigeants quant à la qualité des profils recherchés, comme le souligne une étude effectuée par l'équipe de « Robert Half Juridique & Fiscal », la division spécialisée dans le recrutement de professionnels Juristes et Fiscalistes du cabinet international Robert Half.
le recrutement de salariés ou collaborateurs, d’autres outils sont à leur disposition pour pourvoir les postes vacants dans leur entité.
Les outils au service des candidats et recruteurs dans le monde juridique
Les entreprises comme les cabinets d’avocats disposent de plusieurs outils afin de procéder au recrutement de salariés ou collaborateurs juniors, séniors ou encore d’associés. Agences de recrutement Les agences de recrutement telles que Micheal Page, Page Personnel ou encore TeamRH - pour ne citer qu’eux - sont des sociétés spécialisées dans le recrutement qui abordent notamment le recrutement des profils spécialisés dans le droit. Ces agences se voient confier, par les entreprises et cabinets d’avocats, la tâche d’identification des profils adaptées aux offres d’emploi ainsi que la présélection des candidats. Mandatés par les entreprises et cabinets d’avocats, ils reçoivent les candidats aux premiers entretiens afin de déterminer s’ils correspondent aux exigences du poste à pourvoir. De cette manière, les entreprises ou les cabinets d’avocats dans une démarche de recrutement n’auront à effectuer un choix que parmi quelques candidats dont ils sont assurés de la qualité et de la compatibilité avec l’offre d’emploi. Bien que très attrayant car permettant un gain de temps considérable pour les entités y ayant recours, cet outil représente un coût non négligeable. En effet, certaines entreprises peuvent aller jusqu’à payer 80.000 € et plus pour le recrutement d’un candidat qui dispose d’une grande expérience. De fait, les entreprises et cabinets d’avocats ne souhaitant pas dépenser ces sommes importantes pour
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Sites de recrutement Les sites de recrutement constituent également une ressources considérable de candidats pour les entreprises et cabinets d’avocats.
En faveur des recruteurs, ces sites permettent, soit de rechercher les candidats qui correspondraient à leurs postes vacants par le biais de Cvthèques répertoriant les inscrits qui souhaitent y figurer, soit de procéder à la publication d’offres d’emploi auxquelles l’ensemble des titulaires de profils peuvent postuler.
Ces sites spécialisés constituent un atout important pour les entreprises et cabinets d’avocats souhaitant pourvoir un poste sans que cela ne représente un coût important pour leur structure. Certains sites de recrutement bénéficient en effet de plus de 10.000 profils dont certains correspondront obligatoirement au poste à pourvoir. En faveur des candidats, ces sites spécialisés permettent de publier son profil, son Curriculum Vitae ou encore sa lettre de motivation. Pouvant ainsi se tenir au courant des offres d’emploi dans leur spécialité par des systèmes d’alertes mails, les candidats ou salariés et collaborateurs déjà en poste peuvent continuer d’être à l’affût des offres à pourvoir pouvant potentiellement représenter pour eux des opportunités intéressantes.
professionnelles et personnelles. Par une démarche active de recherche de candidats potentiels, les entreprises et cabinets d’avocats peuvent ainsi avoir accès à un grand nombre de profils dont ils auront à juger eux-mêmes de la qualité. Le temps important consacré à la recherche des candidats est néanmoins généralement compensé par une base de donnée considérable, les mentalités évoluant de plus en plus vers la constitution de profils dès la fin des études. L’ensemble des métiers est représenté dans ces réseaux professionnels et les métiers du droit ne font pas défaut à cette règle.
En effet, lors de la constitution de son profil, le candidat rempli une liste de critères dont certains sont obligatoires tels que le métier recherché, la spécialité, le lieu, le type de contrat, les langues parlées ou encore les années d’expériences, permettant aux employeurs d’effectuer des recherches par critères de pertinence. Ceci a pour avantage d’éviter notamment la réception d’offres d’emplois non adaptées aux critères du titulaire du profil. Ces mêmes critères sont utilisés pour l’envoi d’alertes mails, si le candidat le souhaite, qui cibleront les offres correspondant de façon importante aux exigences qui sont les siennes et qu’il a pris soin de détailler lors de la constitution de son profil. Enfin, pour pallier l’inquiétude qu’ont certains salariés ou collaborateur déjà en poste de voir leur profil publié sur la toile et être ainsi visible par leur employeur actuel, ces sites permettent, par un ajustement des critères de « visibilité » des profils, de bénéficier d’un profil « caché ». Les sites de recrutement spécialisés constituent une ressource très importante au bénéfice des recruteurs comme des candidats. Permettant aux premiers de faire des économies importantes en comparaison avec les agences de recrutement et aux seconds d’être au courant de l’évolution du marché de l’emploi dans leurs spécialités, ces sites sont de plus en plus utilisés et connaissent une croissance importante, notamment dans le milieu juridique. Réseaux professionnels Les réseaux professionnels tels que LinkedIn et Viadeo reçoivent également un accueil très favorable de la part des personnes chargées du recrutement dans les entreprises ou cabinets d’avocats. Ces réseaux, après paiement d’une somme hebdomadaire, mensuelle ou annuelle, permettent notamment de consulter les profils constitués par les candidats ou salariés et collaborateurs en poste. Ces profils font état notamment des expériences professionnelles, associatives, des compétences en langues et informatiques, donnent la possibilité de publier les Curriculum Vitae et de faire des observations personnelles sur sa personnalité ou ses ambitions
L’étude des rémunérations versées dans les métiers du droit L’étude effectuée par l'équipe de « Robert Half Juridique & Fiscal » précitée dresse également un état des lieux des rémunérations proposées pour les postes de juristes et fiscalistes. Dans cette étude, de grandes disparités existent entre les domaines de droit concernés. A titre d’exemple, les juristes généralistes, les juristes en droit des contrats, droit social, droit public et droit des assurances sont recrutés en moyenne à 35.000 € brut annuel (salaire fixe de 30.000 € par an). En revanche, les juristes en droit des sociétés, droit des marchés financiers ainsi que les fiscalistes sont rémunérés entre 42.000 € et 50.000 € bruts (salaire fixe compris entre 35.000 € et 40.000 € par an). Les cabinets d’avocats recrutent quant à eux leurs avocats en leur proposant des honoraires qui diffèrent grandement en fonction de la typologie du cabinet. Qu’il s’agisse de cabinets anglo-saxons, francofrançais, de petite, moyenne ou grande structure, les honoraires proposés aux avocats sont excessivement variés. Le recrutement dans les métiers du droit peut ainsi s’effectuer par l’intermédiaire d’un grand nombre d’outils qui ne cessent d’évoluer. Le Petit Juriste vous invite à consulter les sites Internet cités afin que vous preniez connaissance des différents acteurs pouvant vous aider à trouver votre futur stage, emploi ou collaboration !
L'équipe du Petit Juriste Octobre 2011 -
Retrouvez dans cette rubrique l’essentiel de l’actualité juridique pas toujours médiatisée, mais bien résumée ! Droit pénal
Nouvelle infraction renforçant la protection des consommateurs en matière de communication électronique
L’ordonnance n° 2011-1012 du 24 août 2011 relative aux communications électroniques contribue à renforcer la protection des consommateurs et des données personnelles. Elle créé notamment une nouvelle infraction en insérant dans le code pénal, un article 22617-1 qui dispose que « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel sans mettre en oeuvre les mesures prescrites à l'article 34 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978».
Dépaysement de l’enquête : une procédure conforme à la constitution La Cour de cassation a renvoyé au Conseil Constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité portant sur le 2ème alinéa de l’article 43 du code de procédure pénale qui prévoit le « dépaysement de l’enquête ». Par une décision du 22 juillet 2011, le Conseil constitutionnel déclare que cette procédure est conforme aux droits et libertés que la Constitution garantit.
Constitutionnalité de l’article 186 du code de procédure pénale Le 13 juillet 2011, le Conseil constitutionnel a déclaré l’article 186 de code de procédure pénale conforme à la Constitution. Il considère que si le mis en examen ne peut pas faire appel d’une décision du JLD prolongeant sa détention provisoire lorsque le magistrat a été saisi par le
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juge d’instruction dans le cadre de la correctionnalisation d’un dossier qui avait été ouvert avec une qualification criminelle, il peut cependant déposer une demande de mise en liberté sur le fondement de l’article 148 du code de procédure pénale.
Interdiction de conduire un véhicule sans dispositif d’antidémarrage par éthylotest électronique Le Décret n° 2011-1048 du 5 septembre 2011 relatif à la conduite sous l'influence de l'alcool précise les modalités de cette interdiction, créée par la loi du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Il s’agit d’une peine complémentaire (ou d’une mesure de composition pénale) contre les conducteurs coupables de conduite en état d’ivresse, de blessure involontaire ou d’homicide sous ivresse. droit européen
Rappel du champ d’application de l’immunité parlementaire des députés européens Dans une affaire Patriciello du 6 septembre 2011, rendue sur renvoi préjudiciel, la Cour de justice de l'Union européenne rappelle le champ d'application de l'immunité parlementaire des députés européens. Cette immunité couvre, selon la Cour, « une appréciation subjective qui présente un lien direct évident avec l'exercice de telles fonctions ». L'affaire concernait un député européen italien ayant été poursuivi pour dénonciation calomnieuse contre un agent public sur une question
de stationnement, il revendiquait alors avoir eu ces propos pour que les administrés aient un accès libre à ce parking situé près d'un institut de neurologie.
Ouverture de la profession de notaire à tous les ressortissants de l’UE La Cour de justice de l'Union européenne a condamné, sur recours de la Commission, la France pour sa législation conditionnant l'accès à la profession de notaire à la nationalité française sur le fondement de l'article 49 TFUE relatif à la liberté d'établissement. Dans une affaire 50/08 du 24 mai 2011, elle a jugé que la profession ne participe pas directement à l'exercice de la fonction publique. Ont également été sanctionnés le Luxembourg, la Grèce, le Portugal, l'Autriche et l'Allemagne pour des législations identiques. L'accès à la profession de notaire est ainsi ouverte à tous les ressortissants de l'Union européenne.
Précisions de la CJUE sur la « Directive retour » La Cour de justice de l'Union européenne, sur renvoi préjudiciel d'une Cour italienne, a considéré le 28 avril 2011 que la directive 2008/115/ CE dite « Directive retour » s'opposait à une réglementation qui prévoit l'application d'une peine d'emprisonnement à un ressortissant d'un pays tiers en séjour irrégulier pour le seul motif que celui-ci demeure, en violation d'un ordre de quitter le territoire de cet État dans un délai déterminé, sur ledit territoire sans motif justifié. En conséquent l'article L621-1 du CESEDA, prévoyant cette peine, a fait l'objet d'un renvoi préjudiciel par la CA de Paris le 29 juin 2011.
Transposition tardive de la directive des marchés publics de défense et de sécurité La directive 2009/81/CE relative à la coordination des procédures de passation de certains marchés de travaux, de fournitures et de services par des pouvoirs adjudicateurs ou entités adjudicatrices dans les domaines de la défense et de la sécurité devait être transposée dans les Etats membres au 20 août 2011, délai non respecté à ce jour par la France. Cette directive d'harmonisation vise les règles de passation des marchés publics pour rendre plus transparent le marché public européen de la défense et de la sécurité et permettre l'accès pour les entreprises aux marchés de la défense des autres Etats membres.
Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011 sous le signe des nouvelles technologies Le 25 septembre 2011 se sont tenues les élections sénatoriales. 170 sièges ont été renouvelés. Le nouvel article 24 al. 4 de la Constitution a été appliqué : le Sénat possède désormais cinq sénateurs de plus, élus ce 25 septembre (348 sénateurs au total). Par ailleurs, une loi organique n°2011-410 du 14 avril 2011 portait l'âge minimum des candidats de 30 ans à 24 ans. Le Sénat a fait une utilisation intensive des nouvelles technologies. La chaîne Public Sénat était consacrée au direct, les résultats ont été connus en temps réel, sur le Twitter de la Haute Chambre. Le Sénat mettait également à disposition sur son site une carte intéractive, un dossier
complet sur les élections, et bien sur, les résultats, le tout actualisé en direct.
Démission d’Alex Türk, Président de la CNIL Conformément à la loi du 29 mars 2011 sur le Défenseur des droits, Monsieur Türk, président de la CNIL depuis février 2004, a démissionné de son poste. En effet, l’article 4 de ladite loi interdit au président de la CNIL de détenir un mandat parlementaire. C’est ainsi que par un communiqué officiel, Monsieur Türck indique que « dans un souci de clarté vis-à-vis des grands électeurs sénatoriaux d’une part, et afin d’assurer la continuité de l’action menée par la CNIL d’autre part, j’ai décidé de démissionner avant les élections sénatoriales du 25 septembre ». En remplacement, a été élue Madame Falque-Pierrotin, vice-présidente de l’autorité administrative indépendante depuis février 2009.
L’UNEDESEP, la fédération des associations étudiantes en sciences sociales Créée en 1961 sous l’impulsion d’associations étudiantes corporatives apolitiques, asyndicales et aconfesssionnelles, l’UNEDESEP - Union Nationale des Etudiants en Droit, Gestion, AES, Sciences Economiques, Politiques et Sociales -, a pour but d’aider et de représenter les étudiants de ses filières devant les institutions (ministère de la justice, ministère de l’enseignement supérieur, Conseil National des Oeuvres Universitaires et Scolaires (CNOUS), Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) …).
attestent nos travaux récents sur le nouvel arrêté Licence et sur les Ecoles Professionnelles de Droit. Outre le volet représentation, l’UNEDESEP œuvre au quotidien pour aider les associations étudiantes à se développer dans les meilleures conditions. A ce titre, plusieurs fois part an, l’UNEDESEP organise des weekend de formation et de débats pour les responsables associatifs et les élus étudiants, qui sont l’occasion d’échanges et de mutualisation des moyens nécessaires au développement d’une association étudiante. Tous les ans, l’UNEDESEP édite des guides des métiers du droit, distribués à 70 000 exemplaires aux étudiants via son réseau d’associations et accrédité depuis cette année par le Ministère de la Justice.
Fédérant une quarantaine d’associations étudiantes locales, l’UNEDESEP est l’unique association étudiante nationale qui représente les quelque 360 000 étudiants en sciences sociales. Grâce à une centaine d’élus étudiants locaux implantés dans une trentaine d’universités – parmi lesquelles Paris II, Bordeaux IV, Lyon 3, Dijon, Lille 2, Lyon 2, Montpellier I –, et d’élus nationaux au CNESER et au CNOUS, l’UNEDESEP a toujours su être une force de proposition reconnue et entendue par les instances décisionnelles, comme en
Benoit RENOU Président de l'UNEDESEP Octobre 2011 -
Après le droit, un peu de travers ! Citation du mois « La justice est gratuite. Heureusement, elle n'est pas obligatoire ». Jules Renard, écrivain français, 1864-1910.
Le film juridique du mois : La firme
Acteurs : Tom Cruise, Jeanne Tripplehorn, Gene Hackman, Ed Harris. Réalisateur : Sydney Pollack Synopsis : Après de brillantes études de droit, Mitch Mc Deere reçoit des propositions de plusieurs grands cabinets d’avocats. Finalement, il choisit de se faire embaucher par Bendini, Lambert & Locke. Les conditions sont en effet exceptionnelles : la firme lui a trouvé une maison, lui fait bénéficier d’un prêt plus qu’avantageux pour l’acheter, lui fournit les meubles, et offre une voiture de sport pour sa jeune épouse. En contrepartie, Mitch devra leur consacrer 80 heures par semaine, le tout avant même d’avoir passé son barreau. Tout cela ne serait-il pas trop beau pour être vrai ?
Intérêt : Prendre un immense réalisateur (Sidney Pollack : Tootsie, Out of Africa, L’interprète), un jeune acteur particulièrement prometteur (le Tom Cruise de la grande époque : Top Gun, Jerry Mc Guire, Rain man) et des seconds rôles plus que confirmés comme Gene Hackman (French connection, Superman 1 et 2, Impitoyable) et Ed Harris (The truman show, The hours, A history of violence). Mélanger avec une musique superbe, une ambiance insoutenable et un suspens à couper au couteau. Saupoudrer de deux nominations aux Oscars. Et surtout, savourer.
Le bon plan du mois : La newsletter du Petit Juriste ! N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter du Petit Juriste ! Il vous suffit de vous rendre sur notre site, et vous trouverez la boîte d’inscription en bas de toute page. En renseignant seulement un nom et un mail, vous pourrez recevoir chaque mois les informations sur les évenements à venir, la parution des numéros, l'actualité de l’association... Tenez-vous au courant !
8 rue Rembrandt - 75008 Paris Directeur de la publication : Adrien CHALTIEL Rédacteur en chef : Alexis VAUDOYER Responsable Internet : Antoine FAYE Maquettiste - Communication : Paul MAILLARD Responsable partenariats : Antoine BOUZANQUET Dépôt légal : Novembre 2008 Le Petit Juriste - Association culturelle loi 1901
Page 30 - Octobre 2011
Avec la participation de tous les membres du Petit Juriste. Remerciements particuliers à L'université de Valenciennes, Alexandre Dahan, l'imprimerie Caractère, l'UNEDESEP et TVDMA.
UN STAGE ? UN EMPLOI ? UNE COLLABORATION ? Votre futur employeur vous attend sur Carrières-Juridiques.com le site spécialisé dans les métiers du droit.
Le Petit Juriste n°14
Le numéro 14 du Petit Juriste consacre son dossier du mois, rédigé en partenariat avec la Semaine Juridique LexisNexis, à la distinction ent...