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Timestamp: 2016-10-24 07:10:57+00:00
Document Index: 284069938

Matched Legal Cases: ['art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 51', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 75', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 317', 'art. 317', 'art. 179', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 9', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 276', 'art. 9', 'art. 29', 'ATF ', 'art. 179', 'art. 9', 'art. 179', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 9', 'art. 29', 'art. 9', 'art. 163', 'art. 66', 'art. 64']

5A_958/2014 (12.05.2015)
5A_958/2014, 5A_962/2014 � � Arr�t du 12 mai 2015
5A_958/2014
repr�sent�e par Me Delphine Rochat, avocate,
5A_962/2014
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 21 octobre 2014.
A.A.________ (1965) et B.A.________ (1969) se sont mari�s le 22 septembre 1990. Ils ont eu quatre enfants: C.________ (1991), D.________ (1992), E.________ (1994, d�c�d� la m�me ann�e) et F.________ (1996). Les parties vivent s�par�es depuis le 4 f�vrier 2011. Plusieurs ordonnances de mesures protectrices de l'union conjugale ont r�gl� leur s�paration. L'�poux a ouvert action en divorce par demande unilat�rale du 18 f�vrier 2013.
B.a.�Par ordonnance de mesures provisionnelles (modification des mesures protectrices) du 14 ao�t 2014, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a condamn� le mari � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement d'une pension mensuelle de 4'525 fr. du 1er f�vrier au 31 juillet 2014, puis de 4'600 fr. � compter du 1er ao�t 2014.
B.b.�Statuant le 21 octobre 2014 sur appel des deux parties, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois (ci-apr�s: le Juge d�l�gu�) a r�form� ce jugement, en ce sens que la pension est fix�e � 5'450 fr. par mois du 1er f�vrier 2014 au 31 d�cembre 2014, puis � 2'100 fr. par mois d�s le 1er janvier 2015.
Par acte du 2 d�cembre 2014, A.A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et � sa r�forme, en ce sens qu'il doit verser une contribution d'entretien de 3'900 fr. par mois � son �pouse jusqu'au 31 juillet 2014, aucune pension n'�tant due apr�s cette date. Subsidiairement, il requiert le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour instruction et nouvelle d�cision.
Par m�moire du 3 d�cembre 2014, B.A.________ interjette aussi un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, sollicitant la fixation d'une pension de 5'450 fr. d�s le 1er f�vrier 2014 et, subsidiairement, le renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle d�cision. Elle requiert l'assistance judiciaire pour la proc�dure f�d�rale.
Le 4 d�cembre 2014, la requ�te d'effet suspensif de l'�pouse a �t� rejet�e. Il n'a pas �t� requis de d�termination sur le fond des recours.
1.2.�L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). Les recourants, qui ont qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), ont agi dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) pr�vu par la loi, de sorte que leurs recours en mati�re civile respectifs sont en principe tous deux recevables.
2.3.�En vertu des principes de la bonne foi et de l'�puisement des griefs (art. 75 LTF), l'invocation de nouveaux moyens de droit est irrecevable � l'appui d'un recours fond� sur l'art. 98 LTF, sauf dans les cas o� seule la motivation de la d�cision attaqu�e donne l'occasion de les soulever (arr�ts 5A_261/2009 du 1er septembre 2009 consid. 1.3, non publi� in ATF 135 III 608; 5A_720/2011 du 8 mars 2012 consid. 2.3 et les r�f�rences).
Les parties s'en prennent au revenu hypoth�tique imput� � l'�pouse, tant dans sa quotit� que s'agissant du�
dies a quo�de l'imputation.
3.1.�Un conjoint - y compris le cr�ancier de l'entretien (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 p. 108 et la r�f�rence) - peut se voir imputer un revenu hypoth�tique, pour autant qu'il puisse gagner plus que son revenu effectif en faisant preuve de bonne volont� et en accomplissant l'effort que l'on peut raisonnablement exiger de lui. Lorsque le juge entend tenir compte d'un revenu hypoth�tique, il doit examiner successivement deux conditions. Tout d'abord, il doit juger si l'on peut raisonnablement exiger de cette personne qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit (arr�ts 5A_891/2013 du 12 mars 2014 consid. 4.1.1; 5A_243/2013 du 24 juillet 2013 consid. 2.1 et les r�f�rences). Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se contenter de dire, de mani�re toute g�n�rale, que la personne en cause pourrait obtenir un revenu sup�rieur en travaillant; il doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si la personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit-l� d'une question de fait (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 p. 108; 128 III 4 consid. 4c/bb p. 7 s.). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut �ventuellement se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources (ATF 137 III 118 consid. 3.2 p. 122).
3.2.�Il ressort de l'arr�t entrepris que l'�pouse, qui a une formation d'employ�e de commerce, se trouve actuellement sans emploi. Se basant sur les d�cisions de taxation des parties, le Juge d�l�gu� a retenu qu'elle a travaill� pendant le mariage, r�alisant � tout le moins un revenu de 29'739 fr. en 2006, 18'027 fr. en 2007 et 25'339 fr. en 2010. Elle a per�u des indemnit�s de ch�mage du 1er janvier 2013 au 15 janvier 2014, date � laquelle elle a �puis� son droit aux indemnit�s. Vu son exp�rience professionnelle, son �ge, la situation du march� du travail et le fait qu'elle n'a aucun enfant � charge, elle devrait �tre en mesure de retrouver un emploi comme employ�e de commerce � 100%, lui permettant de r�aliser un revenu mensuel net de quelque 5'000 fr., puisqu'elle a per�u des indemnit�s de ch�mage de plus de 4'500 fr. net par mois et que dans son dernier emploi � plein temps en 2012, soit il y a seulement deux ans, elle gagnait 5'466 fr. net par mois, vers�s treize fois l'an. Le Juge d�l�gu� a en outre consid�r� que le certificat m�dical �tabli le 24 f�vrier 2014 par le Dr H.________ n'avait gu�re de valeur probante et n'attestait en tout cas pas de raisons m�dicales s�rieuses qui l'emp�cheraient de retrouver un travail � terme. Le m�decin attestait uniquement d'une " incapacit� � effectuer des recherches d'emploi ", ce qui n'�tait pas une constatation m�dicale. Certes, il indiquait que la situation de l'�pouse s'�tait p�jor�e. Celle-ci n'avait n�anmoins pas contest� que le m�decin se r�f�rait � une audition de l'�poux par le procureur, lors de laquelle elle n'�tait pas intervenue. En outre, ce certificat m�dical avait �t� �tabli � quelques jours seulement de l'audience de mesures provisionnelles, par un m�decin que l'�pouse consultait depuis seulement trois mois, sans que le document n'indique � quelle fr�quence. Aucune pr�cision n'�tait apport�e sur le diagnostic ou sur la dur�e de l'incapacit� d'effectuer des recherches d'emploi. L'autorit� cantonale a soulign� qu'au demeurant, l'�pouse avait �t� en mesure de r�diger une plainte p�nale et une d�nonciation au B�tonnier particuli�rement fournies et document�es. On comprenait donc mal pour quelle raison elle se trouverait dans l'incapacit� compl�te d'effectuer des recherches d'emploi. Le certificat m�dical non motiv� du 19 ao�t 2014 produit par l'�pouse en appel - attestant qu'elle �tait en incapacit� de travail � 100% du 1er au 30 septembre 2014 - ne permettait pas non plus de retenir qu'elle serait durablement emp�ch�e de trouver un travail en faisant l'effort que l'on pouvait raisonnablement exiger d'elle, d'autant plus que son mari subvenait d�j� seul � l'entretien des enfants du couple. Consid�rant qu'il ne serait pas �quitable d'imputer � l'�pouse un revenu hypoth�tique � titre r�troactif d�s le 1er ao�t 2014 comme le sollicitait l'�poux, l'autorit� cantonale a admis qu'en revanche, elle serait en mesure de retrouver d'ici la fin de l'ann�e 2014 un emploi lui permettant de gagner 5'000 fr. par mois. Un tel revenu hypoth�tique lui a ainsi �t� imput� d�s le 1er janvier 2015.
3.3.�L'�pouse fait d'abord grief au Juge d�l�gu� d'avoir viol� son droit � une motivation d�coulant de la garantie constitutionnelle du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Elle soutient que l'autorit� pr�c�dente a omis de motiver sa d�cision, en retenant que le certificat m�dical du 19 ao�t 2014 ne d�montre pas qu'elle est durablement emp�ch�e de trouver un travail. Pour r�pondre aux exigences de motivation, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision, de mani�re � ce que l'int�ress� puisse se rendre compte de la port�e de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88). Or, en l'occurrence, le Juge d�l�gu� a expliqu� que le certificat m�dical du 19 ao�t 2014 ne contenait pas de motifs, et qu'il en ressortait que l'�pouse pr�sentait une incapacit� de travail � 100% du 1er au 30 septembre 2014 (p. 6 de l'arr�t entrepris), ce qui ne permettait pas de retenir une incapacit� de travail durable. Cette motivation, bien que succincte, permet de comprendre le raisonnement suivi par la cour cantonale, que l'�pouse �tait en mesure de critiquer. Le grief doit ainsi �tre rejet�.
3.4.�L'�pouse soutient qu'il est arbitraire de consid�rer qu'elle est capable de travailler.
3.4.1.�Elle reproche tout d'abord � l'autorit� cantonale d'avoir �cart� quatre des cinq certificats m�dicaux produits � l'appui de sa r�ponse sur appel, pour le motif qu'ils �taient ant�rieurs � la d�cision du premier juge. Reconnaissant que l'application stricte de l'art. 317 CPC par le Juge d�l�gu� n'est en soi pas arbitraire, elle estime toutefois qu'en l'esp�ce, une telle application viole le sentiment de justice et d'�quit� de mani�re " insupportable ". En effet, au moment d'analyser les certificats m�dicaux recevables, le Juge d�l�gu� a consid�r� qu'ils ne permettaient pas de retenir qu'elle �tait durablement en incapacit� de travail. Selon elle, s'il avait tenu compte de tous les certificats m�dicaux, il aurait abouti � une solution diff�rente, qui aurait conduit � ne pas lui imputer de revenu hypoth�tique.
Il ressort effectivement de l'arr�t attaqu� que l'�pouse a produit cinq pi�ces � l'appui de sa r�ponse � l'appel de son mari. Parmi celles-ci, seul le certificat m�dical du 19 ao�t 2014 a �t� consid�r� comme recevable, les certificats m�dicaux des 29 avril, 27 mai, 1eret 28 juillet 2014 �tant ant�rieurs � l'ordonnance du premier juge et ne constituant donc pas des pi�ces nouvelles. Comme le reconna�t elle-m�me l'�pouse, l'application stricte de l'art. 317 CPC dans le cadre d'une proc�dure � laquelle la maxime inquisitoire s'applique ne saurait en soi �tre qualifi� de manifestement insoutenable, l'arbitraire ne r�sultant pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable (cf. supra consid. 2.1; parmi plusieurs, arr�t 5A_342/2013 du 27 septembre 2013 consid. 4.1.2 et les r�f�rences). Peu importe � cet �gard quelle influence auraient eu les documents litigieux, si le Juge d�l�gu� les avait consid�r�s comme recevables; le contenu desdites pi�ces ne saurait exercer une influence sur leur recevabilit�.
3.4.2.�L'�pouse affirme ensuite que, m�me � supposer que seuls deux des six certificats m�dicaux produits fussent recevables, ils auraient d� conduire � constater qu'elle se trouvait en incapacit� de travail, compte tenu de son �tat de sant�. Le juge de premi�re instance avait d'ailleurs, � juste titre, renonc� � lui imputer un revenu hypoth�tique. L'�pouse rappelle que selon les faits de l'arr�t attaqu�, sa capacit� de travail s'est trouv�e r�duite � plusieurs reprises ces derni�res ann�es. Elle critique la constatation selon laquelle elle a quitt� son emploi en �t� 2011, exposant que par ces mots, le Juge d�l�gu� sous-entendrait que cela correspondait � un souhait de sa part; selon elle, en r�alit�, elle a d� quitter cet emploi � cause de son �tat de sant�, ce que son mari aurait d'ailleurs admis (cf. par exemple l'all�gu� n� 36 de ses d�terminations du 3 mars 2014). Elle explique avoir voulu augmenter son taux d'activit�, ce qui n'a pu se concr�tiser en raison de son �tat de sant� qui s'est p�jor� � cause de la proc�dure de s�paration, tr�s conflictuelle. S'agissant des deux certificats m�dicaux pris en consid�ration, elle estime qu'ils �tablissent clairement son incapacit� de travail. Le certificat du 24 f�vrier 2014 pr�cise qu'elle fait face � des " difficult�s psychologiques li�es � la proc�dure de divorce " et que son �tat psychique " s'est p�jor�, avec une nette fragilisation ". De plus amples explications n'auraient pas � figurer sur un certificat d'incapacit� de travail. Elle ajoute que le certificat du 19 ao�t 2014 a �t� �tabli plusieurs mois apr�s l'audience de mesures provisionnelles, par un m�decin qu'elle consultait depuis pr�s d'une ann�e, et qu'il contenait des pr�cisions sur la dur�e de l'incapacit�, fix�e du 1er au 30 septembre 2014. En outre, cette incapacit� se prolongerait encore au jour du d�p�t du recours. Le fait qu'elle ait r�dig� une plainte p�nale et une d�nonciation au B�tonnier serait sans pertinence, puisque ces �crits ont �t� r�alis�s alors qu'elle n'�tait pas encore en incapacit� de travail et que, par ailleurs, on ne saurait comparer la r�daction de tels documents avec l'exercice d'une activit� professionnelle r�guli�re. Vu ce qui pr�c�de, les certificats m�dicaux des 24 f�vrier et 19 ao�t 2014 suffiraient � �tablir son incapacit� de travail.
En tant qu'elle pr�tend que son incapacit� de travail se prolongerait encore au jour du d�p�t du recours, la recourante invoque des faits nouveaux irrecevables (cf. supra consid. 2.2), qui ne peuvent donc �tre pris en consid�ration. Pour le surplus, la constatation selon laquelle les �l�ments du dossier ne permettent pas de retenir une incapacit� de travail durable ne proc�de pas d'une appr�ciation arbitraire des preuves, d�s lors que le certificat du 24 f�vrier 2014 atteste seulement d'une incapacit� d'effectuer des recherches d'emploi, sans aucune pr�cision quant � la dur�e, et o� le certificat du 19 ao�t 2014 ne permet d'�tablir qu'une incapacit� de travail d'une dur�e d'un mois. Le fait qu'elle aurait d� quitter son travail en 2011 pour des raisons de sant� n'y change rien. Elle a ensuite exerc� un emploi � 100% durant une partie de l'ann�e 2012, et n'a pas d�montr� l'existence d'une incapacit� de travail durable par la suite. En cas de changement de circonstances, elle pourra toujours agir en modification des mesures provisionnelles (art. 179 CC).
3.5.1.�L'�pouse invoque l'arbitraire (art. 9 Cst. ) dans la d�termination du�
montant�du revenu hypoth�tique, consid�rant celui-ci comme " totalement d�raisonnable, difficilement r�alisable ". Elle invoque � cet �gard n'avoir r�alis� un revenu " digne de ce nom " qu'en 2012, et pour une dur�e limit�e (du 1er juin au 31 d�cembre), ce qui, sur la dur�e totale du mariage (24 ans) ne repr�sente qu'une tr�s courte p�riode. Elle n'aurait travaill� que de mani�re partielle et tr�s irr�guli�re durant les derni�res ann�es. Elle ne disposerait pas d'une formation professionnelle utile � sa r�insertion, et son �tat de sant� pr�caire ne lui laisserait que peu de chances de retrouver un emploi.
3.5.2.�L'�pouse perd ici de vue qu'au moment de d�terminer le montant du revenu hypoth�tique, il est sans importance de savoir si elle a r�guli�rement travaill� durant le mariage. Il faut au contraire examiner si elle a la possibilit� effective d'exercer une activit� d�termin�e, et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances (cf. supra consid. 3.1). En l'esp�ce, en consid�rant qu'elle �tait en mesure de travailler en qualit� d'employ�e de commerce - � savoir dans le domaine o� elle a effectu� sa formation -, de percevoir ainsi le salaire qu'elle a obtenu dans cette profession en 2012, et en se fondant aussi sur le montant des indemnit�s de ch�mage dont elle a b�n�fici�, l'autorit� cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire.
3.6.�Les deux parties soul�vent le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) s'agissant du d�lai imparti � l'�pouse pour retrouver un emploi.
3.6.1.�L'�pouse explique n'avoir re�u l'arr�t entrepris que le 3 novembre 2014, de sorte que le d�lai fix� au 1er janvier 2015 pour retrouver un travail serait pr�matur�. Elle affirme qu'elle ne dispose d'aucune formation professionnelle utile � sa r�insertion, ne ma�trise aucune autre langue que le fran�ais, et que son �tat de sant� pr�caire ne garantit aucune stabilit� pour un potentiel employeur. Ses chances de retrouver un emploi seraient tr�s faibles, � tout le moins � si br�ve �ch�ance. D'ailleurs, durant toute sa p�riode de ch�mage (plus d'un an), elle n'est pas parvenue � en trouver. Or, il serait notoire que le processus d'embauche pour un poste � 100% dure � tout le moins entre quatre et six mois. En outre, dans le cadre des proc�dures de mesures protectrices de l'union conjugale, la question du revenu hypoth�tique n'avait jamais �t� soulev�e, et elle n'aurait jamais �t� exhort�e � retrouver un emploi.
Pour sa part, l'�poux soutient qu'il �tait arbitraire de n'imputer un revenu hypoth�tique � son �pouse qu'� partir du 1er janvier 2015, affirmant qu'il fallait fixer cette date au 1er ao�t 2014. En substance, il explique que le certificat m�dical du 24 f�vrier 2014 �tait " sans valeur ", de sorte qu'il serait arbitraire de laisser � son �pouse pr�s d'un an � partir du moment o� il a �t� r�dig� avant d'exiger d'elle qu'elle travaille. Sur la base de ce document, il faudrait consid�rer qu'elle a volontairement renonc� � exercer une activit� lucrative; un d�lai de cinq mois � partir du 24 f�vrier 2014 aurait �t� tout � fait ad�quat, l'�pouse ayant r�guli�rement travaill� durant les derni�res ann�es, le march� de l'emploi concernant les employ�s de commerce �tant par ailleurs excellent. L'�poux rappelle avoir contest� la valeur probante dudit certificat d�s l'audience du 7 mars 2014, de sorte que son �pouse ne pouvait ignorer le risque qu'il ne soit pas pris en compte, partant, devait d�buter ses recherches d'emploi. La d�cision attaqu�e serait aussi arbitraire dans son r�sultat, puisque pour sa part, il assume seul l'entretien de tous les enfants d�s le 1er f�vrier 2014, et qu'il n'a pas les moyens d'assumer r�troactivement une pension de 5'450 fr. en faveur de sa femme, plus les besoins des enfants. C'est ainsi en faisant preuve d'arbitraire que la Cour cantonale n'a pas tenu compte de sa propre situation lors de la d�termination du�
dies a quo�du revenu hypoth�tique de l'�pouse, seul l'int�r�t de celle-ci ayant �t� pris en consid�ration.
3.6.2.�A l'inverse de ce qu'affirme l'�pouse, il n'est pas notoire qu'un d�lai de quatre � six mois soit n�cessaire pour trouver un emploi � plein temps (sur la notion de fait notoire, cf. ATF 135 III 88 consid. 4.1 p. 89). Pour le surplus, son argumentation de nature appellatoire ne d�montre pas que la cour cantonale aurait manifestement outrepass� son pouvoir d'appr�ciation en fixant un d�lai au 1er janvier 2015, vu les circonstances de l'esp�ce, en particulier l'absence de certificat m�dical probant, �tant rappel� que le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue l'exercice du pouvoir d'appr�ciation dont dispose l'autorit� pr�c�dente (ATF 138 III 252 consid. 2.1 p. 254; 136 III 278 consid. 2.2.1 p. 279 et les arr�ts cit�s). Par ailleurs, contrairement � ce que soutient le mari, l'on ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire en refusant d'imputer un revenu hypoth�tique r�troactif � son �pouse. D�s lors que le premier juge, dans son ordonnance du 14 ao�t 2014, avait renonc� � lui imputer un revenu hypoth�tique, il est pour le moins soutenable de lui accorder, dans le cadre de la d�cision sur appel, un d�lai pour trouver un emploi. Il n'appara�t en outre pas qu'au cours de la proc�dure l'�pouse se serait engag�e � reprendre une activit�.
Chacune des parties s'en prend � l'�tablissement des charges de l'�poux.
4.1.�Soulevant les griefs de violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) et d'arbitraire (art. 9 Cst.), l'�pouse conteste le montant de 240 fr. par mois retenu au titre de " frais de logement " de son mari, en particulier les 150 fr. par mois de frais de chauffage. Affirmant que la villa dans laquelle il r�side n'est pas chauff�e � l'�lectricit�, elle estime que la d�cision entreprise est arbitraire.
Le grief de violation du droit d'�tre entendu, qui n'est mentionn� que dans le titre principal de la critique, est d'embl�e irrecevable faute de motivation (cf. supra consid. 2.1); en effet, l'�pouse n'explique nullement en quoi consisterait la violation. Pour le surplus, elle fonde sa critique d'arbitraire sur un fait qui ne ressort pas de l'arr�t entrepris (i.e. le fait que la maison ne serait pas chauff�e � l'�lectricit�), sans toutefois se plaindre du caract�re arbitraire de son omission ni m�me �tayer son all�gation. L'argumentation est ainsi irrecevable (cf. supra consid. 2.2).
4.2.�L'�poux affirme que l'absence de prise en compte de l'amortissement indirect de la villa dans son minimum vital �largi rel�ve d'une appr�ciation arbitraire des faits et des preuves (art. 9 Cst.). Citant l'arr�t 5A_547/2012 du 14 mars 2013, il pr�tend que l'amortissement indirect devait �tre inclus dans ses charges; qu'il serait insoutenable de s'�carter de cette jurisprudence, puisque la charge en question existait d�j� durant la vie commune; que cette charge serait obligatoire, de sorte qu'en cas de non-paiement, le cr�ancier hypoth�caire r�alisera l'immeuble; que dans cette hypoth�se, il devrait louer un logement dont le loyer serait bien plus �lev�; qu'enfin, ne pas tenir compte de l'amortissement indirect reviendrait � proc�der � une liquidation anticip�e du r�gime matrimonial, ce qui est prohib�. Le r�sultat serait arbitraire, d�s lors que m�me en tenant compte de cette charge suppl�mentaire, le co�t de son logement resterait inf�rieur de moiti� � celui de son �pouse, qui r�side pourtant seule, contrairement � lui. Enfin, dans le cadre des pr�c�dentes ordonnances rendues durant la " proc�dure de divorce ", les juges avaient toujours tenu compte de cette charge. Selon lui, il faudrait donc ajouter 390 fr. par mois � ses charges, comme l'avait fait le premier juge.
Examinant la question de l'amortissement indirect de la villa de l'�poux, le Juge d�l�gu� a relev� que cette charge sert � la constitution du patrimoine, non pas � l'entretien direct du logement, de sorte qu'elle ne fait pas partie des charges incompressibles. La critique de l'�poux n'est pas de nature � d�montrer le caract�re insoutenable de ces consid�rations. Tout d'abord, l'arr�t qu'il cite pour �tayer son argumentation n'est pas pertinent, puisqu'il ne concerne pas la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent - dont l'application � la pr�sente cause n'a pas �t� contest�e - , mais la m�thode dite du train de vie, qui n'ob�it pas aux m�mes principes. Par ailleurs, en tant qu'il fait valoir le risque que sa villa soit vendue, faute de paiement de l'amortissement, il invoque un fait non constat� par l'autorit� pr�c�dente, partant, irrecevable (cf. supra consid. 2.2). On ne discerne pas en quoi l'exclusion des frais d'amortissement constituerait une liquidation anticip�e du r�gime matrimonial, et l'�poux ne l'explique d'ailleurs pas. Le fait - m�me s'il �tait av�r� - que dans le cadre de pr�c�dentes ordonnances, l'amortissement ait toujours �t� ajout� � ses charges, n'y change rien, pas plus que la comparaison avec le montant du loyer de son �pouse. Enfin, on rel�vera que l'�poux ne conteste pas v�ritablement le raisonnement de la juridiction pr�c�dente, en tant qu'elle a consid�r� que l'amortissement indirect servait � la constitution du patrimoine, ce qui, au demeurant, n'est pas arbitraire.
4.3.�Selon l'�poux, c'est de mani�re arbitraire que la cour cantonale n'aurait pas tenu compte, dans ses charges, des frais de repr�sentation auxquels il doit faire face vu sa fonction dirigeante au sein de la soci�t� dont il est actionnaire et administrateur. Il demande la prise en compte de 600 fr. par mois � ce titre, � savoir le montant forfaitaire admis par l'autorit� fiscale. Il affirme ne pas avoir � conserver les quittances de frais, qui ne sont pas exig�es par le fisc, ajoutant que si le montant de 600 fr. ne correspondait pas � ses frais effectifs, l'autorit� fiscale n'admettrait pas un tel montant. Il consid�re comme choquant de retenir qu'il n'a aucun frais de repr�sentation. Les frais all�gu�s repr�senteraient 27 fr. 60 par jour de travail (600 fr. / 21,7 jour par mois), ce qui serait particuli�rement faible.
Selon les consid�rations du Juge d�l�gu�, il n'est pas �tabli que les frais de repr�sentation professionnelle, qui s'ajoutent au salaire, constituent des frais effectifs. A cet �gard, le premier juge avait ajout� au salaire net de l'�poux l'indemnit� pour frais pour repr�sentation, ce qui d�montrait qu'il ne les avait pas consid�r�s comme des frais effectifs. Il ne fallait donc pas prendre en compte le montant de 600 fr. dans ses charges. Par son argumentation, l'�poux ne pr�tend pas avoir d�montr� que le montant de 600 fr. correspondrait � des frais effectifs. Au contraire, il admet ne pas avoir conserv� les justificatifs y relatifs. En indiquant par ailleurs que l'autorit� fiscale n'accepterait pas un tel forfait, s'il ne correspondait pas � ses frais effectifs, l'�poux pr�sente une critique de nature purement appellatoire, partant, irrecevable (cf. supra consid. 2.1). Il n'est au demeurant pas insoutenable d'exiger de lui la preuve des paiements effectifs des frais qu'il all�gue.
4.4.�Invoquant toujours une appr�ciation arbitraire des faits et des preuves (art. 9 Cst.), l'�poux conteste le montant de 1'722 fr. par mois retenu au titre de sa charge fiscale.
A ce sujet, le Juge d�l�gu� a consid�r� que l'on ne pouvait se baser sur la d�termination des acomptes 2014 (dat�e du 15 novembre 2013), puisque celle-ci se fondait sur la d�cision de taxation 2011. La d�cision de taxation 2012, dat�e du 27 mars 2014 et donc plus r�cente, faisait �tat d'un montant de 20'663 fr. 50 par an (ICC + IFD), ou 1'722 fr. par mois. C'est ce chiffre, plus r�cent, qui devait �tre pris en compte.
L'�poux affirme qu'au lieu de se fonder sur un d�compte d'imp�ts bas� sur l'ann�e fiscale 2012, le Juge d�l�gu� aurait d� tenir compte du calcul des acomptes de l'ann�e fiscale 2014. En effet, sa situation aurait bien chang� depuis 2012: la valeur des actions dont il est propri�taire aurait vari�, de m�me que les contributions d'entretien dont il est d�biteur. Par ailleurs, d�s lors que F.________ est devenu majeur en 2014, il ne pourrait plus d�duire les frais relatifs � cet enfant. En d�finitive, il ne fait qu'opposer sa propre appr�ciation de la cause � celle de l'autorit� pr�c�dente, se fondant par ailleurs sur des faits que celle-ci n'a pas constat�s, notamment le fait que la valeur de ses actions aurait vari�. Il ne conteste pas que la d�termination des acomptes 2014 se fondait en l'occurrence sur la d�cision de taxation 2011. Le raisonnement de l'autorit� cantonale, qui a tenu compte d'une d�cision de taxation plus r�cente, n'est, en soi, pas insoutenable. On rappellera par ailleurs qu'il ne suffit pas qu'une autre solution soit concevable, voire pr�f�rable, pour �tre tax�e d'arbitraire (cf. supra consid. 2.1).
4.5.�Le mari affirme que de mani�re arbitraire, la cour cantonale n'a pas inclus dans ses charges les pensions qu'il verse aux filles majeures du couple. A cet �gard, la juridiction d'appel a consid�r� qu'il n'�tait pas possible d'inclure dans le minimum vital �largi de l'�poux " cr�ancier " d'entretien la participation de celui-ci � l'entretien d'enfants d�j� majeurs au moment de l'ouverture de la proc�dure. Elle en a tenu compte, en revanche, dans la r�partition du disponible. Se r�f�rant � l'ATF 98 III 34, le mari soutient que tous les crit�res sont r�unis en l'esp�ce pour que les pensions qu'il verse � ses filles soient prises en compte dans le calcul de son minimum vital, � savoir qu'il resterait en mesure d'assurer l'entretien de l'�pouse et des trois enfants; que sa femme ne participe pas � l'entretien des enfants; que les pensions des filles ont �t� fix�es judiciairement et sont effectivement pay�es; que les filles majeures n'ont aucun autre revenu que ces pensions; qu'il serait disproportionn� d'exiger des enfants majeurs qu'ils ouvrent action contre leur m�re pour r�cup�rer le solde de pension qu'il ne pourrait pas verser. A cela s'ajoute que depuis le 1er f�vrier 2014, l'�pouse aurait renonc� � exploiter sa capacit� de travail.
L'�poux ne peut �tre suivi: selon la jurisprudence, il n'est pas arbitraire de refuser d'inclure dans le minimum vital �largi du mari les sommes qu'il verse � ses enfants majeurs, l'obligation d'entretien du conjoint l'emportant sur celle de ceux-ci (ATF 132 III 209 consid. 2.3 p. 211 s. et les r�f�rences; arr�ts 5A_823/2014 du 3 f�vrier 2015, consid. 5.4; 5A_400/2012 du 25 f�vrier 2013 consid. 4.3.2 in fine; 5A_528/2007 du 20 d�cembre 2007 consid. 3).
4.6.�L'�poux s'en prend � l'absence de prise en compte des charges de F.________ dans son propre minimum vital, pour la p�riode o� l'enfant �tait encore mineur, � savoir du 1er f�vrier au 31 juillet 2014, exposant qu'elle est arbitraire; son �pouse aurait d'ailleurs admis une telle prise en consid�ration dans sa r�ponse du 25 ao�t 2014. Les besoins de F.________ s'�l�veraient � 1'022 fr. selon l'ordonnance de mesures provisionnelles (p. 50). Son salaire per�u durant son apprentissage jusqu'au 31 juillet 2014 (590 fr.) ne suffirait donc pas. En outre, on ne pourrait tenir compte que, tout au plus, de la moiti� de son gain d'apprenti. Le mari estime que par cons�quent, il faudrait ajouter 727 fr. dans ses propres charges au titre des frais de F.________ pour la p�riode susmentionn�e.
A cet �gard, la cour cantonale a relev� que les revenus de F.________ devaient �tre pris en consid�ration, conform�ment � l'art. 276 al. 3 CC. Or, il avait per�u un salaire mensuel net de 590 fr. jusqu'en ao�t 2014, puis de 820 fr. ensuite, auxquels il fallait ajouter les revenus que lui a vers�s G.________ SA, o� il travaille r�guli�rement durant le week-end. Compte tenu �galement des allocations familiales, il a �t� retenu qu'il �tait en mesure de pourvoir � son propre entretien. Le mari ne conteste pas que F.________ a per�u des revenus provenant de son activit� aupr�s de G.________ SA, pas plus qu'il ne s'en prend aux consid�rations relatives aux allocations familiales. Ses critiques ne sont donc pas de nature � d�montrer que la d�cision entreprise serait insoutenable, en tant qu'elle retient que F.________ �tait en mesures de subvenir seul � son entretien, partant, qu'il n'y avait pas lieu d'ajouter un montant � ce titre dans son propre minimum vital.
Les parties critiquent l'�tablissement de plusieurs postes de charge de l'�pouse.
5.1.�L'�pouse expose que sa charge fiscale a �t� fix�e de mani�re arbitraire (art. 9 Cst.) et en violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.).
5.1.1.�S'agissant des imp�ts de l'�pouse, la cour cantonale a rappel� le raisonnement du premier juge, selon lequel les d�terminations du 15 novembre 2013 et du 26 mars 2014 n'�taient pas utilisables, la premi�re tenant compte d'un quotient familial de 2.50 au lieu de 1.00, et la seconde �tant fond�e sur des revenus surestim�s. Il avait d�s lors retenu une charge fiscale de 730 fr., sur la base d'une simulation effectu�e sur le site internet de l'Administration cantonale des imp�ts, en tenant compte d'un revenu imposable de 55'700 fr. et d'un coefficient familial de 1.00. La juridiction cantonale a consid�r� que cette appr�ciation ne pouvait �tre suivie, d�s lors que l'�pouse avait �puis� son droit aux indemnit�s de ch�mage, et n'avait pas d'autre revenu que la pension vers�e par son �poux, de sorte que sa charge fiscale devait �tre prise en compte � raison de 540 fr. par mois tant qu'elle n'a pas de revenu effectif, �tant pr�cis� que le revenu hypoth�tique n'�tait pas imposable. Dans l'hypoth�se o� elle trouverait un emploi comme on pouvait raisonnablement l'exiger d'elle, elle serait impos�e sur ce revenu effectif et il y aurait alors lieu de tenir compte de cette modification de sa situation financi�re dans le cadre d'une nouvelle fixation de la pension.
5.1.2.�L'�pouse se plaint de ce que le Juge d�l�gu� se serait �cart� de l'appr�ciation du premier juge sans expliciter sa d�cision. Elle consid�re en outre l'appr�ciation de l'autorit� cantonale comme totalement arbitraire, dans la mesure o� elle s'�carterait de mani�re choquante de l'�tat de fait. Le Juge d�l�gu� ayant fix� la pension � 5'450 fr. par mois du 1er f�vrier au 31 d�cembre 2014, son revenu imposable serait de 59'950 fr. par an au minimum (5'450 x 11 mois), � savoir davantage que le revenu imposable pris en consid�ration par le premier juge (55'700 fr.), de sorte que le montant des imp�ts retenu par celui-ci (730 fr. par mois) ne pouvait �tre r�duit.
5.1.3.�En l'occurrence, l'�pouse se m�prend lorsqu'elle affirme que l'autorit� cantonale a omis d'expliquer pourquoi elle s'est �cart�e de la d�cision du premier juge. En effet, la lecture de l'arr�t entrepris permet de comprendre le raisonnement du Juge d�l�gu�, que l'�pouse a pr�cis�ment �t� en mesure de critiquer en soulevant le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits. Dans ces circonstances, il ne saurait �tre question de violation du droit d'�tre entendu (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88). Sur le fond, si l'argumentation du Juge d�l�gu� est pour le moins douteuse s'agissant de l'absence de prise en compte de toute charge fiscale en relation avec le revenu hypoth�tique (voir notamment arr�t 5A_679/2011 du 10 avril 2012 consid. 10), on rel�vera que l'�pouse n'a pas formul� de critique sur ce point pr�cis, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en pr�occuper (cf. supra consid. 2.1). Quoi qu'il en soit son argumentation, dont la motivation est pour le moins succincte, ne permet pas de d�montrer qu'il serait insoutenable, en l'esp�ce, de retenir une charge fiscale de 540 fr. par mois, � tout le moins quant au r�sultat. En affirmant que ses revenus annuels s'�l�veraient � 59'950 fr., la recourante ne d�montre pas pour autant quel serait le montant de son revenu�
imposable. On rappellera encore que le juge des mesures provisionnelles �tablit les faits sous l'angle de la vraisemblance (arr�ts 5A_31/2014 du 11 juillet 2014 consid. 2.1; 4A_823/2013 du 8 mai 2013 consid. 1.3). Enfin et quoi qu'il en soit, s'agissant de la d�termination d'une charge qui d�pend de plusieurs param�tres difficilement pr�visibles, il n'est pas insoutenable en l'esp�ce de renvoyer les parties, le cas �ch�ant, � agir en modification des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 179 CC).
5.2.�L'�pouse conteste l'absence de prise en compte de frais de v�hicule dans le calcul de ses charges, invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.). Elle rappelle que le premier juge n'avait pas tenu compte de tels frais, pour le motif qu'elle ne travaillait pas et qu'un revenu hypoth�tique ne pouvait lui �tre imput�. D�s lors que le Juge d�l�gu� lui a imput� un revenu hypoth�tique, il aurait d� ajouter � ses charges des frais de v�hicule, � raison de 332 fr. 60 par mois. Toutefois, dans la mesure o� elle n'explique pas sur quelle base elle a calcul� le montant de 332 fr. 60 par mois qu'elle souhaite voir pris en compte, son argumentation est insuffisamment motiv�e, partant, irrecevable (cf. supra consid. 2.1). Au demeurant, rien n'indique que si elle trouvait un travail, elle aurait la n�cessit� de s'y rendre en voiture. Il n'est par cons�quent, quoi qu'il en soit, pas insoutenable de ne pas tenir compte de tels frais � ce stade, nonobstant l'imputation d'un revenu hypoth�tique, et de renvoyer l'�pouse � agir en modification des mesures provisionnelles (art. 179 CC) dans l'hypoth�se o� elle devait finalement avoir la n�cessit� de se d�placer en voiture.
5.3.�Le mari fait grief au Juge d�l�gu� d'avoir, de mani�re arbitraire, pris en consid�ration 1'761 fr. au titre des frais de logement de son �pouse, au lieu des 1'613 fr. qu'il estime acceptables.
5.3.1.�Il ressort de l'arr�t entrepris que depuis qu'elle a quitt� le logement conjugal en 2013, l'�pouse est domicili�e dans un appartement � U.________, pour lequel elle doit s'acquitter d'un loyer de 1'334 fr. par mois, plus 90 fr. d'acompte de chauffage et eau chaude, et 189 fr. d'acompte de frais accessoires. Prenant en compte un d�compte des frais de chauffage et frais accessoires du 1er d�cembre 2013 pour la p�riode du 1er avril 2012 au 31 mars 2013, le premier juge a consid�r� qu'elle a d� payer un montant suppl�mentaire de 1'779 fr. 30 pour cette p�riode. Le Juge d�l�gu� s'est ralli� � cette appr�ciation, retenant que ces frais suppl�mentaires seront r�currents. En d�finitive, il a tenu compte de frais de logement � hauteur de 1'761 fr. par mois.
5.3.2.�L'�poux expose qu'il fallait ajouter aux 1'334 fr. de loyer uniquement 90 fr. par mois d'acompte de chauffage et eau chaude et de 189 fr. de charges accessoires. Le d�compte de frais accessoires pour la p�riode du 1er avril 2012 au 31 mars 2013 n'aurait pas d� entrer en ligne de compte, puisque l'�pouse ne louerait l'appartement que depuis le 1er d�cembre 2012. Celle-ci n'aurait pas non plus �tabli que ces frais se renouvelleraient dans le futur, ce qu'elle aurait pu faire en produisant des pi�ces; partant, elle devrait supporter l'�chec de la preuve (art. 8 CC). Le r�sultat serait par ailleurs arbitraire, en comparaison avec ses propres frais de logement, qui ont �t� pris en compte � hauteur de 633 fr. seulement, alors qu'il loge leur fils et assume seul l'entretien des trois enfants.
5.3.3.�Sous couvert d'une violation de l'art. 8 CC, le mari se plaint en r�alit� exclusivement d'une appr�ciation arbitraire des preuves au sens de l'art. 9 Cst. Or, il n'est pas arbitraire en l'esp�ce d'avoir �tabli les frais accessoires en se fondant sur un d�compte de charges relatif, pour partie, � une p�riode ant�rieure � celle lors de laquelle l'�pouse a commenc� � louer l'appartement. Le Juge d�l�gu� pouvait consid�rer comme vraisemblable que les acomptes destin�s � la couverture des frais accessoires �taient trop faibles par rapport aux frais accessoires effectifs que n�cessite cet appartement, �tant rappel� que la cognition du juge des mesures protectrices est limit�e � la simple vraisemblance des faits (arr�ts 5A_31/2014 du 11 juillet 2014 consid. 2.1; 4A_823/2013 du 8 mai 2013 consid. 1.3). Enfin, l'argument tir� de la comparaison entre les frais de logement de l'�pouse et ceux du mari est d�nu� de pertinence.
5.4.�S'agissant toujours des charges, l'�poux critique sous l'angle de l'arbitraire l'�tablissement des frais de sant� de sa femme. Selon lui, il aurait seulement fallu prendre en consid�ration 300 fr. de franchise plus 700 fr. de quote-part par ann�e, soit 83 fr. par mois (et non 208 fr.), sans tenir compte des frais que l'�pouse affirme d�penser pour son assurance-maladie compl�mentaire, ceux-ci ne faisant pas partie du minimum vital, m�me �largi. Cela �tant, il ne ressort pas des consid�rations de l'autorit� cantonale que des frais de sant� en relation avec l'assurance-maladie compl�mentaire de l'�pouse auraient �t� pris en compte. Au contraire, le Juge d�l�gu� a expliqu� qu'il fallait uniquement tenir compte des frais m�dicaux effectifs non couverts par l'assurance de base, soit en l'esp�ce une participation de 899 fr. 45 (franchise) et de 1'596 fr. 10 (quote-part) selon un extrait des frais de sant� 2013, ce qui correspond � 208 fr. par mois. A l'inverse, les frais li�s � l'assurance compl�mentaire ne devaient pas �tre pris en compte (arr�t entrepris, p. 7 � 3 et p. 22 consid. 4j). En exposant que les frais li�s � l'assurance-maladie de base de son �pouse s'�l�veraient � 300 fr. pour la franchise et � 700 fr. pour la quote-part, le recourant propose sa propre appr�ciation de la cause, sans expliquer en quoi les montants retenus � ce titre par la juridiction pr�c�dente seraient arbitraires. De nature appellatoire, la critique est irrecevable (cf. supra consid. 2.2).
Les deux parties s'en prennent � la mani�re dont la cour cantonale a r�parti le disponible du couple.
6.1.�Le premier juge avait r�parti ce disponible � raison d'un tiers pour l'�pouse et des deux tiers pour l'�poux, qui assumait l'entretien des trois enfants. L'autorit� cantonale a appliqu� la m�me clef de r�partition, expliquant que le juge peut et doit tenir compte des contributions d'entretien vers�es aux enfants majeurs dans la r�partition du disponible.
6.2.�L'�pouse invoque la violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), en tant que le Juge d�l�gu� n'aurait pas expliqu� en quoi le paiement par l'�poux d'une contribution d'entretien en faveur des enfants majeurs du couple justifierait de s'�carter du principe d'une r�partition par moiti�. Ce grief est infond�. Il appara�t que l'autorit� cantonale a clairement motiv� sa d�cision d'allouer deux tiers du disponible � l'�poux par le fait que celui-ci subvient seul aux besoins des enfants majeurs du couple. Cette explication �tait suffisante. L'�pouse a d'ailleurs manifestement �t� en mesure de la comprendre et de l'attaquer, puisqu'elle soutient en substance qu'il est arbitraire de proc�der ainsi s'agissant d'enfants majeurs (cf. infra consid. 6.3).
6.3.�En substance, sur le fond, l'�pouse se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application des art. 163 et 176 CC, affirmant que, selon la jurisprudence, il faut en principe r�partir l'exc�dent par moiti� entre les �poux, � moins que l'un d'entre eux ne doive subvenir aux besoins d'enfants mineurs communs ou que des circonstances importantes ne justifient de s'�carter de cette clef de r�partition. Or, en l'esp�ce, les enfants sont tous majeurs. L'�poux soutient en revanche que le disponible aurait d� lui �tre enti�rement attribu�, puisqu'il assume seul l'entretien des trois enfants majeurs. L'�pouse serait ind�ment favoris�e, puisqu'elle disposerait d'un disponible apr�s le paiement de ses charges, alors qu'il assume pour sa part seul l'entretien des enfants, ce qui entame son minimum vital, si la pension pour l'�pouse est fix�e � 5'450 fr.
Il ne ressort pas de l'arr�t entrepris que l'un ou l'autre des recourants auraient pr�sent� de telles critiques en appel, et ceux-ci ne le pr�tendent d'ailleurs pas. Leurs griefs sont ainsi d'embl�e irrecevables (cf. supra consid. 2.3).
Le mari affirme encore qu'en allouant une pension de 5'450 fr. � l'�pouse d�s le 1er f�vrier 2014, le Juge d�l�gu� n'a pas tenu compte de la limite du train de vie des �poux, ce qui serait insoutenable. Il explique qu'une telle contribution d'entretien permet � sa femme d'am�liorer son train de vie par rapport � celui qui �tait le sien avant la s�paration, �tant rappel� que " le couple a trois enfants et que la grande majorit� des deniers leur �taient consacr�s durant la vie commune ". Son �pouse n'aurait ni all�gu�, ni prouv� le train de vie men� durant le mariage. D�s lors qu'il ne ressort pas de l'arr�t attaqu� que l'�poux aurait d�j� pr�sent� cette critique - au demeurant insuffisamment motiv�e - en instance cantonale, elle est d'embl�e irrecevable (cf. supra consid. 2.3).
En d�finitive, les deux recours sont rejet�s, dans la mesure o� ils sont recevables, chacun aux frais de leur auteur (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens. La requ�te d'assistance judiciaire de B.A._______ est rejet�e, ses conclusions �tant d'embl�e d�pourvues de chances de succ�s (art. 64 al. 1 LTF).
Les causes 5A_958/2014 et 5A_962/2014 sont jointes.
Le recours de A.A.________ (5A_958/2014) est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le recours de B.A.________ (5A_962/2014) est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
La requ�te d'assistance judiciaire de B.A.________ est rejet�e.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'000 fr., sont mis pour 3'000 fr. � la charge de A.A.________ et pour 3'000 fr. � la charge de B.A.________.