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Timestamp: 2016-10-21 13:13:42+00:00
Document Index: 142852098

Matched Legal Cases: ['art. 64', 'art. 64', 'art. 64', 'art. 152', 'ATF ', 'art. 343', 'art. 63', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 3', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 128', 'art. 5', 'art. 343', 'art. 12', 'ATF ', 'art. 6', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 12', 'art. 343', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 6', 'art. 64', 'art. 6', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 49', 'art. 33', 'art. 342', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 5', 'in fine', 'art. 328', 'in fine', 'art. 5', 'art. 4', 'art. 4', 'art. 41', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 33', 'art. 63', 'art. 5', 'art. 328', 'art. 26', 'ATF ', 'art. 337', 'art. 10', 'art.\n336', 'art. 10', 'art. 49', 'art. 336', 'ATF ', 'art. 49', 'art. 49', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 4', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 337', 'ATF ', 'art. 337', 'ATF ', 'in fine', 'art. 10', 'ATF ', 'art. 10', 'art. 49', 'art. 330', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 12', 'art. 343', 'art. 152', 'art. 152']

Dame A.________, demanderesse et recourante, repr�sent�e par Me Joanna B�rgisser, avocate � Gen�ve,
X.________ S.A., d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Yves Pirenne, avocat � Gen�ve;
(contrat de travail; r�siliation imm�diate; �galit� entre
A.- a) X.________S.A. (ci-apr�s: X.________), soci�t� sp�cialis�e dans le courtage en assurance et r�assurance, a engag� dame A.________, n�e en 1950, d�s le 1er juillet 1992 en qualit� de secr�taire-gestionnaire, charg�e en outre d'assister le pr�sident du conseil d'administration de X.________. Le salaire mensuel de dame A.________ s'�levait � 5700 fr., plus 300 fr. de participation aux frais. Elle travaillait depuis 1975 dans le domaine des assurances et avait d�j� �t� engag�e par X.________ une premi�re fois en 1987 et 1988. A la fin de l'ann�e 1994, dame A.________ a �t� promue au poste de conseill�re en entreprise, avec, d�s le 1er janvier 1995, un salaire mensuel de 6200 fr., plus 500 fr. de frais forfaitaires et une gratification de 2000 fr. Un an plus tard, la r�mun�ration mensuelle et la gratification ont �t� port�es � 6330 fr. Dans le m�me temps, dame A.________ a �t� dispens�e de la recherche de client�le. Au mois de juillet 1996, X.________ a confi� � dame A.________ le soin de s'occuper des clients priv�s poss�dant de petits portefeuilles d'assurances. Invoquant la loi f�d�rale sur l'�galit� entre femmes et hommes (LEg; RS 151.1), dame A.________ a sollicit�, le 21 ao�t 1996, l'adaptation de son salaire. X.________ a refus� cette requ�te, notamment pour le motif qu'une dispense lui avait �t� accord�e quant � la recherche de client�le. Malgr� les protestations de dame A.________, X.________ a persist� dans sa d�cision. Par lettre du 18 octobre 1996, celle-l� a fait savoir qu'elle renon�ait � sa revendication, par crainte des cons�quences d'un licenciement sur sa situation personnelle (art. 64 al. 2 OJ).
b) Le 5 septembre 1997, X.________ a reproch� � dame A.________ son attitude et des r�flexions n�gatives � l'encontre de la direction ainsi qu'un manque de collabora-
tion pour suppl�er � la r�ceptionniste durant ses vacances. Le lendemain, dame A.________ s'est plainte aupr�s du pr�sident du conseil d'administration d'�tre la victime de mobbing et de harc�lement sexuel, notamment de la part du directeur. Le 9 septembre 1997, le pr�sident du conseil d'administration lui a annonc� qu'il chargera la direction de l'ouverture d'une enqu�te � ce sujet (art. 64 al. 2 OJ). Dame A.________ a protest� contre cette r�action qu'elle tenait pour maladroite. Le 16 septembre 1997, elle s'est adress�e � l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (ciapr�s: OCIRT) pour d�noncer le mobbing dont elle pr�tendait faire l'objet. Le 18 septembre 1997, dame A.________ a �chang�, sur le syst�me informatique de l'employeur, avec deux coll�gues de travail, divers messages personnels contenant des r�flexions vulgaires. Inform� de ce fait, l'employeur a, par courrier du 19 septembre 1997, licenci� dame A.________ avec effet imm�diat. X.________ lui reprochait, en substance, d'avoir diffam� par �crit des membres de la direction et d'autres coll�gues de travail, d'avoir incit� de jeunes collaboratrices � se comporter n�gativement envers la direction et de les avoir associ�es � la cr�ation de propos honteux sur le r�seau informatique, d'�mettre r�guli�rement des remarques et allusions sexuelles lors de dialogues avec les collaborateurs, d'exercer une influence n�gative dans la soci�t�, de diffuser des supports pornographiques, d'utiliser Internet dans ce but et, enfin, de se servir de ce syst�me � titre priv�. A la demande de X.________, un huissier judiciaire a assist� au licenciement et a pris possession d'une copie de sauvegarde du disque dur de l'ordinateur utilis� par dame A.________. Les deux coll�gues de travail de celle-ci, dont celle qui avait pris l'initiative de l'�change des messages incrimin�s, n'ont pas �t� licenci�es. Souffrant d'un �tat d�pressif, dame A.________ s'est retrouv�e en incapacit� totale de travailler d�s le 23 septembre 1997 (art. 64 al. 2 OJ). Elle a d�pos� une demande de rente AI, qui a �t� admise le 19 novembre 1999, � raison de 100%.
B.- Le 7 novembre 1997, dame A.________ a ouvert action contre X.________ aupr�s du Tribunal des prud'hommes du canton de Gen�ve. Ses derni�res conclusions tendaient au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire du 19 septembre au 30 novembre 1997; de 30 280 fr. (recte: 38 280 fr.), � titre d'indemnit� pour cong� imm�diat injustifi�; de 10 000 fr., � titre d'indemnit� pour tort moral et de 109 476 fr., � titre de diff�rence de salaire en vertu du principe de l'�galit� des salaires entre femmes et hommes, le tout plus int�r�ts. Par jugement du 17 novembre 1998, le Tribunal des prud'hommes a condamn� X.________ au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire, et de 6000 fr., � titre d'indemnit� pour r�siliation imm�diate injustifi�e. Le Tribunal a, en revanche, d�bout� dame A.________ de ses pr�tentions relatives � l'indemnit� pour tort moral et � la disparit� salariale. S'agissant de celles-ci, il a consid�r� que dame A.________, tout en ayant le m�me titre (de conseill�re en entreprise) que ses coll�gues masculins, n'effectuait pas le m�me travail qu'eux, car elle ne faisait pas partie de la direction et n'avait aucun employ� sous ses ordres. Statuant sur appel de dame A.________, la Chambre d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a, par arr�t du 8 novembre 1999, confirm� la condamnation au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire, mais lui a allou� 12 000 fr., � titre d'indemnit� pour r�siliation imm�diate injustifi�e. La Chambre d'appel a refus� � dame A.________ une indemnit� pour tort moral et a rejet� ses pr�tentions fond�es sur la LEg. C.- Dame A.________ interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t cantonal et maintient, � titre principal, ses derni�res conclusions formul�es pr�c�demment. Elle conclut, � titre subsidiaire, au renvoi de la cause � la juridiction cantonale
pour statuer sur la quotit� du salaire d� en vertu de la LEg. La demanderesse requiert l'assistance judiciaire, selon l'art. 152 OJ. La d�fenderesse propose le rejet du recours.
1.- Vu l'importance des pr�tentions fond�es sur la LEg, elles seront examin�es en premier lieu. a) En mati�re d'�galit� des salaires entre femmes et hommes, le Tribunal f�d�ral a pos� des exigences particuli�rement �lev�es quant � la constatation des faits, � la proc�dure probatoire, au devoir d'examen du juge et � la compl�tude du dossier (cf. ATF 118 Ia 35 consid. 2; 117 Ia 262 consid. 4 p. 276). En instance de r�forme, le Tribunal f�d�ral examine librement si les crit�res, en vertu desquels l'employeur appr�cie les prestations de travail et d�termine les salaires, constituent une discrimination directe ou indirecte fond�e sur le sexe. Rentre �galement dans son pouvoir d'examen la question de savoir si l'autorit� cantonale a respect� les exigences sp�cifiques de droit f�d�ral quant � la constatation des faits ainsi que les dispositions f�d�rales en mati�re de preuve, singuli�rement celles pr�vues aux articles 6 et 12 LEg (en rapport avec l'art. 343 CO). En revanche, les constatations de faits qui r�sultent de l'appr�ciation des preuves par la derni�re autorit� cantonale ne sauraient �tre remises en cause dans le cadre du recours en r�forme, sous r�serve de la rectification d'office de celles reposant manifestement sur une inadvertance (art. 63 al. 2 OJ; ATF 125 III 368 consid. 3 p. 372).
b) Dans la mesure o� la demanderesse rel�ve la violation par la cour cantonale des exigences sp�cifiques de droit f�d�ral quant � la constatation des faits, voire l'existence de constatations reposant sur une inadvertance manifeste, ses griefs seront examin�s ci-apr�s, en rapport avec les discriminations all�gu�es.
2.- La demanderesse invoque la violation par la cour cantonale de l'art. 6 LEg, qui concerne l'all�gement du fardeau de la preuve. Elle soutient que les faits qu'elle all�gue suffiraient � pr�sumer une discrimination dans la r�tribution, une discrimination dans l'attribution des t�ches et une discrimination dans les conditions de travail, alors que l'employeur aurait �chou� � apporter la preuve de la justification objective des discriminations, dont le fardeau lui incombe.
L'art. 6 LEg s'applique notamment � l'attribution des t�ches, � l'am�nagement des conditions de travail et � la r�mun�ration, qui sont inclus dans l'interdiction de discrimination, pr�vue � l'art. 3 al. 2 LEg.
a) Aux termes de l'art. 6 LEg, l'existence d'une discrimination est pr�sum�e pour autant que la personne qui s'en pr�vaut la rende vraisemblable. Pour qu'il y ait vraisemblance, le juge n'a pas � �tre enti�rement convaincu; il suffit qu'il lui apparaisse une certaine probabilit� de discrimination salariale, m�me s'il envisage que cette discrimination pourrait finalement ne pas exister (ATF 125 III 368 consid. 4 p. 372 et l'arr�t cit�). L'application de l'art. 6 LEg implique que le juge se d�termine d'abord sur la vraisemblance all�gu�e, ce qui doit figurer dans sa d�cision. Dans la mesure o� le juge consid�re que la discrimination est prouv�e, ou qu'elle est plus vraisemblable que la non-discrimination ou qu'elle est plut�t invraisemblable mais pas exclue, il doit examiner si la partie adverse a rapport� la
preuve de l'inexistence d'une discrimination ou la preuve de la justification objective de celle-ci; si en revanche le juge consid�re que la discrimination est enti�rement douteuse ou qu'elle a simplement �t� all�gu�e, il doit d�bouter la travailleuse des conclusions y relatives (Sabine SteigerSackmann, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 57, 58 et 64 ad art. 6 LEg). b) La Chambre d'appel ne se d�termine pas clairement sur la question de la vraisemblance, au sens de l'art. 6 LEg, qu'elle ne semble pas exclure d'embl�e. Elle d�clare d'abord laisser ouverte la question de savoir si cette disposition doit �tre interpr�t�e en ce sens qu'elle contraindrait invariablement l'employeur � d�montrer une absence de discrimination entre les salaires les plus �lev�s, accord�s aux hommes, et ceux des employ�s de sexe f�minin. Puis elle traite de la discrimination, relevant que les coll�gues masculins de la demanderesse g�raient des portefeuilles plus importants et avaient l'obligation de rechercher de nouveaux clients. La cour cantonale reproche ensuite � la travailleuse de ne pas avoir satisfait � certaines de ses obligations proc�durales. La Chambre d'appel conclut encore � la justification admissible d'une diff�rence de salaire par rapport � un coll�gue masculin, dont le portefeuille g�r� serait plus petit que celui de la demanderesse. Enfin, la cour cantonale revient � la question de la vraisemblance de la discrimination salariale, consid�rant que "le dossier ne fournit de surcro�t aucun indice s�rieux donnant � croire que l'appelante aurait souffert d'une discrimination salariale � raison de son sexe". 3.- a) En r�gle g�n�rale, une discrimination salariale est consid�r�e comme vraisemblable, lorsque le salaire des repr�sentants d'un sexe est, pour un travail identique ou de valeur �gale, nettement inf�rieur � celui des repr�sentants de l'autre sexe. Le Tribunal f�d�ral a ainsi consid�r� une discrimination salariale comme vraisemblable dans le cas
d'une travailleuse dont le salaire �tait d'environ 15% � 25% plus bas que celui du travailleur qui accomplissait le m�me travail (ATF 125 III 368 consid. 4 p. 373).
b) aa) La demanderesse fait valoir une disparit� salariale, par rapport � ses coll�gues masculins, pour les ann�es 1995, 1996 et 1997, soit d�s sa promotion au poste de conseill�re d'entreprise. Selon l'art. 5 al. 1 let. d LEg, elle peut pr�tendre au paiement des salaires dus, lesquels, en tant que redevances ou prestations "p�riodiques" au sens des art. 128 ch. 1 et 131 CO, ne se prescrivent que par cinq ans d�s la mise en demeure ou d�s l'ouverture de l'action en justice (Margrith Bigler-Eggenberger, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 19-20 ad art. 5 LEg), laquelle a eu lieu, en l'esp�ce, le 7 novembre 1997.
Il ressort de l'arr�t attaqu�, que la demanderesse a expos� qu'� l'exception du salaire annuel de G.________, comparable au sien malgr� le fait que ce coll�gue est de 17 ans son cadet, sa r�tribution serait inf�rieure � celle de ses autres coll�gues masculins, qui auraient �t� r�mun�r�s comme suit:
bb) D'embl�e, il convient de relever que les constatations de fait de la cour cantonale ne portent que sur les salaires vers�s par la d�fenderesse en 1996, � l'exclusion de ceux vers�s en 1995 ou 1997. Il d�coule de l'art. 343 al. 4 CO, auquel renvoie l'art. 12 al. 2 LEg, que le juge peut et doit fonder son prononc� sur tous les faits pertinents r�sultant des d�bats, m�me si les parties ne les ont pas invoqu�s
� l'appui de leurs conclusions (ATF 107 II consid. 2b p. 236). En l'esp�ce, la production des attestations de salaire pour les ann�es 1995, 1996 et 1997 a constamment �t� requise pendant la proc�dure cantonale par la demanderesse, dont les pr�tentions portaient sur les salaires vers�s pendant ces trois ann�es. L'employeur ayant produit l'attestation AVS pour l'ann�e 1996, rien ne l'emp�chait d'en faire autant pour les deux autres ann�es, cela d'autant plus que des changements dans les conditions de travail de la demanderesse �taient intervenus � deux reprises en 1996 (cf. consid. 4a et 4d), ce qui rendait imp�rative la comparaison des salaires vers�s en 1995, soit avant lesdits changements.
cc) Selon l'attestation AVS pour l'ann�e 1996, sur laquelle s'est bas�e la cour cantonale, le montant des salaires mensuels �taient les suivants:
B.________ (calcul� sur 6,5 mois) fr. 12 098.40
C.________ (calcul� sur 9 mois) fr. 9 446.35
� l'exception du salaire de G.________ et de celui du directeur F.________ (cf. consid. 4g), ces montants font appara�tre pour l'ann�e 1996 des diff�rences entre les salaires des conseillers masculins et celui de la demanderesse de l'ordre de 17% � 42% environ, qui permettraient de conclure � la vraisemblance, au sens de l'art. 6 LEg, d'une discrimination dans la r�tribution. Toutefois, la cour cantonale a constat� que le volume des portefeuilles g�r�s par les personnes susmentionn�es n'�tait pas identique et qu'il �tait r�parti, � la fin de l'ann�e 1996, voire au 30 septembre 1997, de la fa�on suivante:
Dame A.________ fr. 2 488 619 fr. 2 202 000 dd) La cour cantonale a d�duit de ces montants ainsi que du fait que la demanderesse �tait, depuis le 1er janvier 1996, dispens�e de la recherche de nouveaux clients, une absence de discrimination salariale fond�e sur le sexe. Elle a �galement relev� que le salaire de la demanderesse ne saurait �tre compar� � celui du directeur, ni � celui d'un autre collaborateur qui assumait la responsabilit� de conseiller les membres de la soci�t�. Or, ce faisant, la cour cantonale a omis de tenir compte de plusieurs �l�ments d�terminants qui seront examin�s dans les consid�rants suivants. ee) Pour d�cider si un salaire d�termin� ou si la diff�rence entre les salaires est discriminatoire, il faut, d'une part, tenir compte de questions relevant du fait, tels le montant du salaire ou le montant de la diff�rence entre les salaires ainsi que de l'existence de circonstances all�gu�es, tels la formation professionnelle, l'�ge, etc.; il faut d�terminer, d'autre part, si les crit�res d'appr�ciation ou de diff�renciation sont admissibles, ce qui est une question de droit (cf. ATF 124 II 436 respectivement consid. 9 p. 446 et consid. 8 p. 442). Pour qu'une diff�rence de traitement soit justifi�e objectivement, il ne suffit pas que l'employeur invoque n'importe quel motif, il doit d�montrer qu'il poursuit un but objectif. Peu importe qu'il d�montre avoir agi sans aucune intention discriminatoire (ATF 113 Ia 107 consid. 4a p. 116). Il incombe au juge d'appr�cier les faits, afin de d�terminer la port�e exacte du crit�re avanc� par l'employeur pour justifier une diff�rence de traitement (cf.
Monique Cossali Sauvain, La loi f�d�rale sur l'�galit� entre femmes et hommes, in: Journ�e 1995 de droit du travail et de la s�curit� sociale, Zurich 1999, p. 57 ss/64).
4.- a) Tout d'abord, la cour cantonale a constat� qu'une r�organisation du travail a eu lieu le 1er juillet 1996, qui a abouti � une nouvelle r�partition des portefeuilles g�r�s par les conseillers de l'entreprise, plus pr�cis�ment au regroupement des portefeuilles des clients priv�s en mains de la demanderesse. L'incidence de cette r�organisation ne ressort pas de l'arr�t attaqu�, qui ne distingue pas entre le volume des portefeuilles avant le 1er juillet 1996 et apr�s cette date, de sorte que les chiffres pr�cit�s ne peuvent constituer, tels quels, une base valable pour la comparaison du travail effectu� par les conseillers de la soci�t� pendant les deux semestres de 1996. Au sujet de ladite r�organisation, la cour cantonale se borne � reprocher � la demanderesse de ne s'�tre plainte d'avoir perdu la responsabilit� de plusieurs polices que dans sa derni�re �criture du 2 juillet 1999, au stade ultime des d�bats, alors que l'instruction avait d�j� enti�rement eu lieu. La demanderesse tient cette affirmation pour une inadvertance manifeste. b) Il y a inadvertance manifeste, au sens de l'art. 63 al. 2 OJ, lorsque l'autorit�, par inattention, n'a pas lu ou a omis de prendre en consid�ration tout ou partie d'une pi�ce d�termin�e, vers�e au dossier, l'a mal lue ou mal comprise. Il ne suffit pas qu'elle ait mal appr�ci� les preuves r�unies (ATF 109 II 159 consid. 2b). Il faut qu'une constatation soit manifestement contraire aux pi�ces du dossier et que cela ne puisse s'expliquer que par l'inadvertance (cf. ATF 108 II 216 consid. 1a). La rectification, qu'elle intervienne d'office ou sur requ�te, doit non seulement �tre de nature � influencer la d�cision, mais aussi �tre possible sur la base des seules pi�ces du dossier (Poudret, COJ II, n. 5.1 et 5.5 ad art. 63 OJ).
c) A la page 2 et 3, respectivement chiffres 12. et 14. de son m�moire d'appel du 8 f�vrier 1999, la d�fenderesse a �crit ce qui suit: " (...) le portefeuille de clients entreprises ainsi que le portefeuille que Mme A.________ g�rait � la place de H.________ lui ont �t� enlev�s" et "Il convient de pr�ciser � ce sujet que la gestion des portefeuilles des priv�s est p�nible et on�reuse pour l'entreprise, raison pour laquelle ces dossiers avaient �t� auparavant r�partis entre plusieurs employ�s (...)". L'affirmation de la cour cantonale r�sulte donc bien d'une inadvertance manifeste, en raison de laquelle, elle ne s'est pas prononc�e sur les circonstances de cette r�organisation et sur ses cons�quences, en particulier sur le plan salarial. L'arr�t attaqu� sera donc annul� sur ce point, et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale, afin qu'elle proc�de aux constatations n�cessaires et tranche cette question (art. 64 al. 1 OJ). d) S'agissant de l'argument, avanc� par l'employeur et retenu par la cour cantonale, selon lequel la demanderesse a �t� dispens�e, d�s le 1er janvier 1996, de la recherche de client�le, il est vrai que ce crit�re pourrait constituer une justification objective de la diff�rence entre les salaires, s'il se r�v�lait d�terminant pour la prestation de travail et, par l�-m�me, pour une attribution diff�renci�e des salaires (ATF 125 III 368 consid. 5 p. 374). En l'esp�ce, il ressort toutefois des constatations de fait de la cour cantonale, qui lient le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme, que ladite dispense est intervenue parall�lement � la promotion de la demanderesse, qui s'est traduite par une augmentation de son salaire et de sa gratification, ce qui permet de douter de l'importance de la recherche de client�le dans le cahier des charges de la demanderesse, dont on ignore du reste la teneur.
Au vu de ce qui pr�c�de, la cour cantonale ne pouvait consid�rer sans autre le crit�re de la recherche de client�le, inad�quat en l'esp�ce, comme justifiant objectivement une diff�rence entre les salaires, du moins pas sans avoir proc�d� � l'�claircissement des circonstances de la dispense, intervenue seulement en 1996 et apparemment en faveur de la demanderesse. Par ailleurs, la Chambre d'appel aurait d� d�terminer pr�alablement en quels termes et dans quelle mesure la recherche de client�le faisait partie du cahier des charges des diff�rents conseillers en entreprise et, le cas �ch�ant, le taux de cette activit� par rapport � l'ensemble des t�ches effectu�es. Cette derni�re remarque vaut �galement pour toute autre activit� extraordinaire, exerc�e par les coll�gues de la demanderesse, pour autant qu'elle soit d�ment �tablie et donc susceptible de justifier une diff�rence de salaire. e) La demanderesse reproche � la cour cantonale de ne s'�tre fond�e, pour admettre la justification de l'�cart entre les salaires vers�s, que sur le crit�re du volume des portefeuilles, sans tenir compte du nombre de polices � g�rer. S'agissant pr�cis�ment du volume g�r� par la demanderesse, la cour cantonale rel�ve seulement que celle-ci s'occupait des dossiers d'assurance en collaboration avec le pr�sident du conseil d'administration de la soci�t� et que l'on ne sait, sur les volumes qu'elle a articul�s en dernier lieu, ce qui doit lui �tre attribu� en propre et ce qui relevait de la comp�tence du pr�sident du conseil d'administration. Pour la demanderesse, il s'agit l� d'une inadvertance manifeste, puisqu'elle indique avoir produit deux pi�ces, n�s 57 et 58, en annexe � son m�moire compl�mentaire du 2 juillet 1999, dont il ressort qu'en 1995 elle g�rait 1148 polices "priv�s" et "entreprises", totalisant un chiffre d'affaires de 6 473 470 fr., et qu'elle s'occupait de surcro�t du portefeuille du pr�sident du conseil d'administration, soit de 413 polices, totalisant un chiffre d'affaires de 3 654 823 fr.
Mis � part le fait que les deux pi�ces contenant ces donn�es ont �t� effectivement produites, ce qui signifie que la cour cantonale a bien commis une inadvertance manifeste � cet �gard, � laquelle elle devra rem�dier (art. 64 al. 1 OJ), il lui appartenait, en vertu de l'art. 12 al. 2 LEg (en rapport avec l'art. 343 al. 4 CO), de tenir compte des faits juridiquement pertinents (cf. ATF 107 II 233 consid. 2b p. 236), la demanderesse lui ayant soumis les pi�ces n�cessaires conform�ment � son devoir de collaboration � la proc�dure (principe de la maxime inquisitoriale sociale). Or, la distinction entre les portefeuilles g�r�s par la demanderesse en son propre nom et pour le compte d'autrui, depuis 1995 et jusqu'� son licenciement, est sans aucun doute un �l�ment pertinent en l'esp�ce. f) aa) Lorsque le cahier des charges est le m�me ou qu'il est identique pour les travailleurs d'une soci�t�, ind�pendamment de leur sexe, de meilleures prestations de travail, quantitatives ou qualitatives, peuvent justifier une diff�rence de salaire, � condition qu'elles soient �tablies (ATF 125 III 368 consid. 5b p. 375). � supposer que de 1995 jusqu'au licenciement en 1997 le cahier des charges des diff�rents conseillers en entreprise ait �t� le m�me ou identique, ce qui ne ressort pas de l'arr�t attaqu�, l'on ne peut d'embl�e consid�rer, en l'esp�ce, que les prestations de la demanderesse justifiaient une diff�rence de salaire par rapport � ses coll�gues masculins. En effet, d'apr�s les constatations de fait de la cour cantonale, la demanderesse b�n�ficiait d'une exp�rience de plus de vingt ans en mati�re d'assurance, elle avait �t� r�engag�e par son employeur et elle avait �t� promue � deux reprises en 1995 et en 1996, soit en l'espace de deux ans. bb) Les circonstances particuli�res intervenues par la suite, � savoir la dispense de la recherche de nouveaux clients et la redistribution des portefeuilles, n'ont pas �t�
examin�es par les juges pr�c�dents, si bien que l'on ne sait, en l'�tat, si les prestations de la demanderesse avaient, par rapport � celles de ses coll�gues masculins, diminu� quantitativement ou qualitativement, justifiant ainsi �ventuellement une diff�rence de salaire. cc) Quand bien-m�me le crit�re du chiffre d'affaires r�alis� rev�t g�n�ralement une importance primordiale - encore faudrait-il examiner les conditions contractuelles � ce propos -, l'on ne saurait, en l'esp�ce et compte tenu des circonstances pr�cit�es, d'embl�e exclure d'autres crit�res pour comparer les salaires vers�s aux conseillers entre 1995 et 1997, tels le nombre et le genre des portefeuilles g�r�s, l'�ge et la formation des conseillers, leur exp�rience professionnelle ou leurs ann�es de service, all�gu�s par la demanderesse et dont on ne trouve aucune trace dans l'arr�t attaqu�.
g) Enfin, s'il est juste de ne pas comparer le salaire d'une travailleuse avec celui du directeur de la soci�t� qui l'emploie, il est en revanche parfaitement admissible de tenir compte, � titre de comparaison, du salaire per�u par les collaborateurs de la d�fenderesse alors qu'ils ne faisaient pas encore partie de la direction ou qu'ils n'exer�aient pas encore d'activit� extraordinaire, mais qu'ils accomplissaient les m�mes t�ches que la demanderesse. Or, les constatations de fait de la cour cantonale ne portent pas sur ce point.
5.- a) La demanderesse voit dans la redistribution des portefeuilles, intervenue le 1er juillet 1996, pr�tendument � son insu, une discrimination dans l'attribution des t�ches, au sens de l'art. 3 al. 2 LEg. Elle all�gue avoir rendu vraisemblable, voire avoir prouv�, que cette nouvelle attribution des t�ches avait pour cons�quence le regroupement des activit�s les moins int�ressantes et les plus p�nibles en
ses mains. L'employeur n'aurait, quant � lui, pas cherch� � prouver le contraire. La demanderesse rel�ve encore qu'en tant que conseill�re en entreprise, engag� par un contrat de travail identique � celui de ses coll�gues masculins, elle ne b�n�ficiait pas de l'aide, ne serait-ce qu'� temps partiel, d'une secr�taire pour l'assister dans son travail. La demanderesse se plaint �galement du fait qu'elle �tait la seule parmi les conseillers � ne pas disposer d'un bureau individuel, partageant le m�me espace que les secr�taires de la soci�t�. Elle dit avoir d�montr� qu'elle �tait la seule parmi les conseillers � �tre appel�e � r�pondre au t�l�phone, en l'absence de la r�ceptionniste, l'employeur n'ayant pas fourni de motif objectif pour justifier cette diff�rence de traitement. b) La cour cantonale n'a pas statu� sur ces aspects, all�gu�s par la demanderesse dans son m�moire d'appel (chiffre 87) ou ressortant partiellement de l'arr�t attaqu� (suppl�ance de la r�ceptionniste, cf. arr�t attaqu� p. 4/d.), qui pourraient relever respectivement de la discrimination dans l'attribution des t�ches et dans l'am�nagement des conditions de travail, au sens de l'art. 3 al. 2 LEg. Si elles sont av�r�es, ces discriminations peuvent �galement fonder un droit � des indemnit�s (cf. Elisabeth Freivogel, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 58 et 60 ad art. 3 LEg). c) L'all�gement du fardeau de la preuve, au sens de l'art. 6 LEg, ne signifie pas qu'une discrimination rendue vraisemblable est d'embl�e d�j� �tablie, lorsque la preuve du contraire n'a pas �t� rapport�e; bien plus, les r�gles relatives au fardeau de la preuve n'interviennent que lorsqu'une preuve ne peut �tre rapport�e par les moyens probatoires � disposition dans la proc�dure en cours. Si un �tat de faits est incomplet, il doit d'abord �tre compl�t�, dans la mesure
ou la proc�dure le permet et dans la mesure o� c'est possible. La pr�somption l�gale n'intervient que si au terme de la proc�dure probatoire il n'y a toujours pas de r�sultat. d) Dans la mesure o�, en l'esp�ce, certaines constatations de fait font d�faut, il convient de renvoyer la cause � la cour cantonale en application de l'art. 64 al. 1 OJ, afin qu'elle les compl�te et qu'elle tranche. En revanche, l� o� l'�tat de fait est complet, la Chambre d'appel doit se d�terminer sur la vraisemblance des pr�tendues discriminations et, le cas �ch�ant, sur les cons�quences quant au fardeau de la preuve, conform�ment � l'art. 6 LEg. 6.- En r�sum�, l'on ne saurait exclure, contrairement � l'avis de la cour cantonale, une vraisemblance, voire la constatation de discriminations fond�es sur le sexe � l'encontre de dame A.________. L'arr�t doit par cons�quent �tre annul� sur ces points et la cause renvoy�e � la cour cantonale pour une nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants (cf. ATF 125 III 368 p. 370). Si elle conclut � l'existence de discriminations, la Chambre d'appel statuera �galement sur les indemnit�s dues � ce titre. 7.- a) Invoquant la violation par la cour cantonale des art. 5 al. 3 LEg et 33 de la loi f�d�rale sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce (ci-apr�s: LTr; RS 822.11) ainsi que de l'art. 49 CO (cf. consid. 9h), la demanderesse reproche, en substance, � la cour cantonale d'avoir ni� l'existence de harc�lement sexuel et de lui avoir refus� une indemnit� de 10 000 fr., qu'elle qualifie de mani�re impr�cise d'indemnit� pour tort moral, laquelle engloberait la r�paration de plusieurs atteintes � sa personnalit� (cf. consid. 9b). b) aa) Aux termes de l'art. 33 al. 1 LTr, invoqu� par la demanderesse conform�ment � l'art. 342 al. 2 CO, l'em-
ployeur doit avoir les �gards voulus pour la sant� des femmes et veiller � la sauvegarde de la moralit�. Selon l'art. 5 al. 3 LEg, lorsque la discrimination porte sur un cas de harc�lement sexuel, le tribunal peut condamner l'employeur � verser au travailleur une indemnit�, � moins que l'employeur ne prouve qu'il a pris les mesures que l'exp�rience commande, qui sont appropri�es aux circonstances et que l'on peut �quitablement exiger de lui pour pr�venir ces actes ou y mettre fin. L'indemnit� due sera fix�e compte tenu de toutes les circonstances et sera calcul�e sur la base du salaire moyen suisse (cf. Margrith Bigler-Eggenberger, op. cit., n. 40 ad art. 5 LEg). Aux termes de l'art. 5 al. 4 in fine LEg, ladite indemnit� n'exc�dera pas le montant correspondant � six mois de salaire.
De mani�re g�n�rale, le devoir de protection de la personnalit� du travailleur par l'employeur est pr�vu � l'art. 328 CO, qui a �t� compl�t� lors de l'introduction de la LEg par la mention expresse de la protection contre le harc�lement sexuel. Dans la mesure o� la LEg constitue une loi sp�ciale par rapport aux dispositions du Code des obligations et o� la r�paration du m�me pr�judice est pr�vue dans les deux lois, le travailleur n'aura droit qu'� une seule indemnit� pour la m�me atteinte (Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 75 in fine; cf. �galement Margrith BiglerEggenberger, op. cit., n. 42 ad art. 5 LEg). bb) Les remarques sexistes et les commentaires grossiers ou embarrassants rentrent dans la d�finition de l'harc�lement sexuel (FF 1993 I p. 1219), pr�vu � l'art. 4 LEg, dont l'�num�ration n'est pas exhaustive. Bien que les exemples cit�s dans cette disposition ne se r�f�rent qu'� des cas d'abus d'autorit�, la d�finition n'exclut pas d'autres actes portant atteinte � la dignit� du travailleur et ne relevant pas d'un abus d'autorit�, mais contribuant � rendre
le climat de travail hostile, par exemple des plaisanteries d�plac�es (Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 68; Claudia Kaufmann, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 17 ss ad art. 4 LEg).
cc) Il sied de relever que la LEg ne traite que de la responsabilit� de l'employeur et non de celle de l'auteur du harc�lement sexuel, qui peut �tre tenu notamment de r�parer le tort moral de la victime en vertu des art. 41 ss CO. La LEg a introduit � l'art. 5 al. 3 un droit suppl�mentaire, lequel permet au juge de condamner l'employeur � verser au travailleur une indemnit�, ind�pendamment du pr�judice subi. L'employeur peut se lib�rer en d�montrant qu'il a pris les mesures que l'exp�rience commande, qui sont appropri�es aux circonstances et que l'on peut �quitablement exiger de lui pour pr�venir le harc�lement sexuel ou y mettre fin. Si l'employeur prouve qu'il a rempli son devoir de diligence, il ne peut �tre condamn� au versement de ladite indemnit� (Margrith Bigler-Eggenberger, op. cit., n. 37 ad art. 5 LEg; Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 69; Claudia Kaufmann, op. cit., n. 44 ss ad art. 4 LEg; Sabine Steiger-Sackmann, Der Beweis in Gleichstellungsprozessen, in: Das Bundesgesetz �ber die Gleichstellung von Frau und Mann, St. Gall 1996, p. 117-118). c) En l'esp�ce, la cour cantonale a constat� que des histoires os�es circulaient parmi le personnel de la soci�t�, que le directeur s'est une fois exclam� "toutes des salopes" en entrant au secr�tariat, qu'il a demand� � la demanderesse, en pr�sence d'une nouvelle employ�e, si elle �tait "lesbienne" et qu'un autre collaborateur s'est �galement adress� � la demanderesse de mani�re grivoise. Tout en admettant que les remarques du directeur �taient d�plac�es, la cour cantonale reproche � la demanderesse d'avoir eu recours au m�me vocabulaire, de s'�tre abstenue de d�noncer les faits aux administrateurs de la soci�t� pour obtenir que le
directeur cesse son comportement et de ne pas avoir ouvert action en r�paration contre le directeur personnellement. Elle consid�re en outre que la d�nonciation de la demanderesse � l'OCIRT s'est r�v�l�e en d�finitive infond�e au regard de l'ensemble des circonstances. d) Au vu des principes �nonc�s, la demanderesse n'�tait pas tenue d'actionner le directeur personnellement, comme le sugg�re la cour cantonale, mais pouvait s'en prendre � l'employeur en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg. Par ailleurs, aucun �l�ment de l'arr�t attaqu� ne permet de consid�rer la d�nonciation � l'OCIRT comme infond�e, ce point n'�tant du reste pas d�cisif dans l'examen de l'application des art. 33 LTr et 5 al. 3 LEg. En outre, la cour cantonale se contredit, puisqu'elle a elle-m�me constat� que la demanderesse a avis� le pr�sident du conseil d'administration du harc�lement et du mobbing subis. L'employeur alert� se devait d'intervenir et de prendre des mesures pour mettre fin aux comportements incrimin�s ou pour pr�venir d'autres comportements inad�quats. Or, il s'est born� � annoncer qu'il confierait l'ouverture d'une enqu�te � la direction, laquelle faisait �galement l'objet d'accusations de la part de la demanderesse. Cette mesure ne peut en aucun cas �tre qualifi�e d'appropri�e. Quant au fait que la demanderesse avait recours au m�me vocabulaire - encore faut-il que l'utilisation d'un tel langage n'ait pas eu lieu dans un contexte a priori personnel, tel les messages �chang�s entre les coll�gues de travail -, il ne saurait justifier l'admission par l'employeur de remarques sexistes, grossi�res ou embarrassantes, en particulier de la part d'un sup�rieur hi�rarchique, dont le comportement peut d�teindre sur celui de ses subordonn�s. e) En l'esp�ce, l'employeur n'a pas r�ussi � d�montrer qu'il a rempli le devoir de diligence, qui lui incombe. La demanderesse r�clame la somme de 10 000 fr., � titre de diverses atteintes � sa personnalit�, examin�es s�par�ment
(cf. consid. 5, 8 et 9h ). Selon l'art. 63 al. 1 OJ, le Tribunal f�d�ral est li� par les conclusions des parties, mais non par les motifs qu'elles invoquent. Il convient par cons�quent de lui allouer, en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg, un montant de 4'988 fr., correspondant au salaire mensuel brut suisse (valeur centrale) en 1996; (Office f�d�rale de la statistique, L'enqu�te suisse sur la structure des salaires 1996, Domaine 3 Emploi et vie active, Neuch�tel 1999, p. 19).
8.- La demanderesse fait valoir la violation par la cour cantonale de l'art. 328 CO et de l'art. 26 de l'Ordonnance 3 relative � la loi sur le travail (OLT 3; RS 822.113), qui prohibe l'utilisation de syst�mes de surveillance ou de contr�le destin�s � surveiller le comportement des travailleurs � leur poste de travail. La surveillance illicite de son poste de travail aurait permis � l'employeur de prendre connaissance du texte r�dig� sur son traitement de texte et adress�, le 16 septembre 1997, par fax � l'OCIRT. Pour la demanderesse, c'est la connaissance de ce texte par l'employeur qui aurait d�clench� sa d�cision de la licencier.
La cour cantonale a consid�r� que la surveillance illicite du poste de travail informatique n'�tait pas �tablie. Il s'agit l� d'une appr�ciation des preuves que la demanderesse ne peut remettre en cause dans le cadre du recours en r�forme (ATF 122 III 219 consid. 3c).
9.- a) La demanderesse critique le montant de l'indemnit�, allou� en application de l'art. 337c al. 3 CO et correspondant � moins de deux mois de salaire. Pour elle, la Chambre d'appel n'aurait pas pris en consid�ration la disparit� de la situation sociale et �conomique des deux parties, la gravit� de l'atteinte � sa personnalit�, la mani�re de licencier ainsi que le caract�re abusif et discriminatoire du licenciement injustifi� (art. 10 LEg qui renvoie � l'art.
336a CO; cf. � ce sujet Anne-Marie Barone, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 44 ad art. 10 LEg). b) De plus, la demanderesse voit dans le refus de l'octroi d'une indemnit� pour tort moral, la violation par la cour cantonale de l'art. 49 CO. Elle estime que les atteintes � sa personnalit�, soit le harc�lement sexuel, la surveillance illicite de son outil de travail et les discriminations fond�es sur le sexe, exerc�es principalement par le directeur de la soci�t�, sont d'autant plus graves qu'elles interviennent apr�s sa requ�te aupr�s de l'employeur, relative au respect de l'�galit� entre femmes et hommes. Ces aspects ont d�j� �t� trait�s ci-dessus, � l'exception de l'atteinte r�sultant de l'attitude de l'auteur du harc�lement sexuel, seule � �tre encore prise en consid�ration ci-apr�s. c) Selon la jurisprudence, les indemnit�s pr�vues aux art. 336a et 337c al. 3 CO sont de m�me nature et visent les m�mes buts (ATF 123 III 391 consid. 3). Elles ont une double finalit�, punitive et r�paratrice. Du fait de leur finalit� r�paratrice, lesdites indemnit�s ne laissent gu�re de place � l'application cumulative de l'art. 49 CO, car elles embrassent toutes les atteintes � la personnalit� du travailleur qui d�coulent de la r�siliation abusive ou injustifi�e du contrat. Demeure r�serv�e l'hypoth�se dans laquelle une telle atteinte serait � ce point grave qu'un montant correspondant � six mois de salaire du travailleur ne suffirait pas � la r�parer. Sous cette r�serve, l'application de l'art. 49 CO, parall�lement aux art. 336a et 337c al. 3 CO, ne saurait entrer en ligne de compte que dans des circonstances exceptionnelles. d) Le montant des indemnit�s pr�vues aux art. 336a et 337c al. 3 CO est fix� librement par le juge en fonction de toutes les circonstances (art. 4 CC); le pouvoir d'appr�ciation qui est reconnu de la sorte � l'autorit� cantonale
conduit le Tribunal f�d�ral � ne substituer sa propre appr�ciation � celle de l'instance inf�rieure qu'avec une certaine retenue. Il n'interviendra que si la d�cision s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation ou s'appuie sur des faits qui, en l'occurrence, ne devaient jouer aucun r�le ou encore ne tient, au contraire, pas compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; le Tribunal f�d�ral sanctionnera, en outre, les d�cisions rendues en vertu d'un tel pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 121 III 64 consid. 3c et les r�f�rences).
e) D�s lors que la loi impose au juge de tenir compte de toutes les circonstances, il ne saurait faire abstraction, entre autres �l�ments, de la dur�e des rapports de travail et des effets �conomiques du licenciement. Peuvent �galement �tre d�terminants la gravit� de l'atteinte � la personnalit� de la personne cong�di�e et le comportement des deux parties lors de la r�siliation du rapport contractuel, notamment une faute concomitante de la personne cong�di�e (arr�t non publi� du 8 janvier 1999, dans la cause 4C.310/1998, reproduit in: SJ 1999 I 277, consid. 3c). La jurisprudence a pos� qu'une r�siliation imm�diate injustifi�e, intervenue dans des conditions qui correspondent � une r�siliation abusive, ne peut donner droit aux deux indemnit�s pr�vues par les art. 336a et 337c al. 3 CO. Dans un tel cas, le juge n'allouera qu'une indemnit� fond�e sur l'art. 337c al. 3 CO (ATF 121 III 64 consid. 2a p. 66 et les r�f�rences). Dans la d�termination du montant de l'indemnit� de l'art. 337c al. 3 CO, la r�siliation abusive peut �tre prise en consid�ration au nombre de "toutes les circonstances" dont le juge doit tenir compte (ATF 121 III 64 consid. 2b p. 67 in fine et 68); il en est de m�me lorsqu'on est en pr�sence d'un cong� de r�torsion au sens de l'art. 10 LEg
(cf. � ce sujet Kathrin Klett, Schutz vor Rachek�ndigungen, in: Das Bundesgesetz �ber die Gleichstellung von Frau und Mann, p. 161 ss/177 et 178; Thomas Geiser, AJP 1995 p. 941 s., qui d�sapprouve l'interdiction du cumul).
f) En l'esp�ce, la cour cantonale a tenu compte, � juste titre, de la dur�e de l'engagement de la demanderesse, soit cinq ans. Les juges pr�c�dents ont �galement estim� avec raison que nonobstant l'avertissement qui lui avait �t� adress� - lequel, il convient de le pr�ciser, ne sanctionnait pas express�ment une attitude vulgaire, mais n�gative -, la conduite de la demanderesse le 18 septembre ne justifiait pas un licenciement imm�diat, puisqu'il a �t� �tabli que bon nombre de collaborateurs et m�me des membres de la direction de la soci�t� avaient coutume de formuler, en s'adressant � des coll�gues ou � des subordonn�s, des r�flexions � connotation sexuelle, parfaitement d�plac�es. Toutefois, la cour cantonale estime que la demanderesse devait �tre consciente, � l'�poque, que sa place de travail se trouvait s�rieusement remise en question. La cour cantonale ne voit pas dans le recours � un huissier judiciaire un manque d'�gard particulier de la part de l'employeur, mais uniquement une mesure �tant essentiellement destin�e � sauvegarder des preuves. Elle rel�ve encore que la demanderesse, n�e en 1950, n'a pas retrouv� de travail, et consid�re que celle-ci ne saurait imputer � l'employeur les probl�mes psychiques qu'elle a ensuite rencontr�s. g) Si l'�ge du travailleur au moment du licenciement est un �l�ment pouvant �tre pris en compte par le juge, c'est � bon droit que la demanderesse critique cette derni�re appr�ciation de la cour cantonale. En effet, celle-ci a omis de tenir compte de l'incapacit� totale de la demanderesse de travailler d�s le 23 septembre 1997, soit quatre jours apr�s son licenciement. Du reste, il ne ressort pas de l'arr�t at-
taqu� que la demanderesse aurait souffert de troubles similaires d�j� avant son licenciement et ind�pendamment de celui-ci. Par ailleurs, l'�tat de sant� de la demanderesse, qui a donn� lieu � l'octroi d'une rente AI � 100%, t�moigne de la gravit� de l'atteinte � sa personnalit�. La cour cantonale n'a pas non plus tenu compte des r�percussions du licenciement sur l'avenir professionnel de la demanderesse, ni de la capacit� financi�re du d�biteur. M�me si la demanderesse aurait pu, au vu des difficult�s sur son lieu de travail, faire preuve de plus de retenue, le texte de la lettre de licenciement, dont le contenu est en contradiction �vidente avec les faits constat�s par la cour cantonale, contrevient manifestement au principe de la bonne foi et conf�re au licenciement un caract�re abusif (ATF 125 III 70 consid. 2b p. 73) devant �tre pris en consid�ration lors de la fixation de l'indemnit�. Il en est de m�me du fait que l'employeur n'a pas �tabli que la r�clamation adress�e au pr�sident du conseil d'administration le 6 septembre 1997 ne constituait pas la cause du licenciement intervenu le 19 septembre 1997. En effet, d�s qu'il y a r�clamation, au sens de l'art. 10 LEg, un tel rapport de causalit� est pr�sum� (cf. Kathrin Klett, op. cit. p. 173; Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 84). Enfin, la pr�sence de l'huissier judiciaire peut �tre consid�r�e comme disproportionn�e, d�s lors qu'elle n'�tait pas indispensable pour effectuer une copie de sauvegarde du contenu de l'ordinateur de la demanderesse, et qu'il ne ressort pas des faits constat�s que l'attitude de celle-ci par le pass� aurait n�cessit� une telle pr�sence. La d�cision cantonale a fait abstraction d'�l�ments pertinents, qui justifient l'octroi � la demanderesse d'une indemnit� de 31 900 fr. au total, �quivalant � cinq mois de son salaire mensuel en 1997, dont le montant est demeur� incontest� par l'employeur.
h) S'agissant en revanche de l'attitude du directeur, m�me si elle doit �tre qualifi�e de critiquable, il n'est pas �tabli qu'elle ait entra�n�, avant le licenciement et ind�pendamment de celui-ci, une atteinte � la sant� de la demanderesse, qui fonderait l'octroi de l'indemnit� exceptionnelle pr�vue � l'art. 49 CO (cf. arr�t non publi� du 8 janvier 1999, dans la cause 4C.310/1998, reproduit in: SJ 1999 I 277, consid. 4b). 10.- a) La demanderesse conteste que le certificat de travail, dat� du 7 janvier 1999, refl�te le travail qu'elle a accompli chez la d�fenderesse. Elle invoque une violation de l'art. 330a CO, selon lequel le travailleur peut demander en tout temps � l'employeur un certificat portant notamment sur la nature des rapports de travail. L'entreprise ayant fait savoir � l'ensemble de sa client�le que la demanderesse assurait d�s le 1er juillet 1996 la direction du service des clients priv�s, celle-ci est d'avis que cette mention devrait figurer sur son certificat de travail, lequel devrait �galement tenir compte de son activit� ant�rieure au 1er juillet 1996. La cour cantonale consid�re que ledit certificat est suffisant et qu'il n'y a pas lieu de le compl�ter par une mention sur "la direction du d�partement client priv�", la demanderesse n'ayant eu aucun employ� sous ses ordres. b) Le certificat de travail doit �tre v�ridique (consid. 4c/aa non publi� de l'arr�t paru aux ATF 123 III 391). En l'esp�ce, le fait pour la demanderesse de ne pas avoir un employ� sous ses ordres n'emp�chait pas de la consid�rer comme l'unique responsable dudit service. Cet aspect ne ressort toutefois pas de mani�re pr�cise du certificat incrimin�. De m�me, le texte donne l'impression que, depuis sa promotion au poste de conseill�re d'entreprise, la demanderesse s'est exclusivement occup�e des porte-
feuilles d'assurances des clients priv�s, � l'exclusion de ceux des entreprises. Le certificat devra donc �tre compl�t� sur ces deux points. 11.- La demanderesse ne remet pas en cause l'allocation par la cour cantonale du montant de 14 886 fr., � titre de salaire durant le pr�avis de cong�. L'arr�t attaqu� sera donc confirm� sur ce point. Il sera en revanche r�form�, en tant qu'il porte sur les indemnit�s dues en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg et en raison du licenciement imm�diat injustifi�. Pour le surplus, la cause sera renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Selon l'art. 12 al. 2 LEg, qui renvoie � l'art. 343 CO, la proc�dure est gratuite, ind�pendamment de la valeur litigieuse. Cela vaut �galement lorsque des pr�tentions, d�coulant du contrat de travail mais sup�rieures � 20 000 fr., sont, comme en l'esp�ce, indissociables de la question de l'�galit� entre femmes et hommes.
La demanderesse, qui est dans le besoin, est mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire (art. 152 OJ). Son recours est admis dans une large mesure. Toutefois, elle obtient moins d'un tiers des pr�tentions qu'elle fait valoir; pour le reste l'issue de la cause est incertaine. Dans une telle situation, il se justifie de compenser les d�pens.
1. Admet partiellement le recours et r�forme l'arr�t attaqu� en ce sens que la d�fenderesse versera � dame A.________ les sommes de 4'988 fr. et de 31 900 fr., avec int�r�ts � 5% d�s le 19 septembre 1997; confirme cet arr�t en tant qu'il condamne la d�fenderesse � verser � dame A.________ la somme de 14 886 fr. brut (sous d�duction des charges sociales), plus int�r�ts � 5% d�s le 19 septembre 1997; 2. Renvoie pour le surplus la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants;
3. Dit qu'il n'est pas per�u de frais judiciaires;
5. Dit que la Caisse du Tribunal f�d�ral versera � Me Joanna B�rgisser la somme de 7000 fr. � titre d'honoraires, sous r�serve de l'application de l'art. 152 al. 3 OJ;
6. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties et � la Chambre d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve (Cause n� C/32585/97-9).