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Timestamp: 2018-10-17 11:41:14+00:00
Document Index: 246948328

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 1315", "l'article 33", "l'article 33", 'arrêt ', 'arrêt ']

Cour de Cassation, Chambre sociale, du 15 octobre 1987, 85-40.555, Publié au bulletin
N° de pourvoi 85-40555
Rapporteur :M. Vigroux
Attendu, selon le jugement attaqué, (conseil de prud'hommes de Saint-Etienne, 16 novembre 1984), que Mme X..., employée par les Etablissements Erba, s'étant trouvée en arrêt de travail pour maladie, son employeur fit procéder par un médecin à la contre-visite de la salariée prévue par la convention collective applicable en l'espèce ; que le praticien désigné se présenta au domicile de Mme X... le 14 juin 1983 et sonna à sa porte sans obtenir de réponse ; qu'à la suite du rapport de carence établi par le médecin, la société Erba refusa de procéder au règlement du complément de salaire au profit de cette employée ;
Attendu que Mme X... fait grief au jugement d'avoir dit que l'employeur était fondé à refuser de verser à un salarié malade le complément de salaire prévu par la convention collective nationale des employés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment du 29 mai 1958, alors que, selon le moyen, d'une part, il appartient à l'employeur, qui entend échapper à ses obligations conventionnelles, de démontrer que le salarié s'est soustrait au contrôle, qu'en mettant à la charge du salarié la preuve de sa présence lors de la visite du médecin, le conseil de prud'hommes a violé l'article 1315 du Code civil, alors, d'autre part, qu'en déduisant l'absence ou le refus du salarié du seul coup de sonnette du médecin sans rechercher comme l'y invitait Mme X... dans ses conclusions si la présence du médecin avait été normalement et utilement connue d'une personne malade se trouvant au domicile, le conseil de prud'hommes n'a pas légalement justifié sa décision au regard de l'article 33 de la convention collective nationale des employés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment du 29 mai 1958, applicable, alors, de surcroît, que le conseil de prud'hommes, qui a seulement constaté que le médecin contrôleur s'était présenté une fois chez la salariée et y avait sonné sans obtenir de réponse, sans rechercher si cette visite avait eu lieu à une heure où la salariée était tenue de demeurer à son domicile, a de plus fort privé sa décision de base légale au regard dudit article de la convention collective ;
Mais attendu que l'obligation mise à la charge du salarié de se soumettre à la contre-visite médicale organisée par l'employeur, constitue la condition de l'engagement pris par celui-ci de verser des indemnités compensatrices de salaire ;
Et attendu que par une appréciation souveraine des éléments de fait et sans renverser la charge de la preuve, les juges du fond, qui n'avaient pas à répondre aux conclusions invoquées, ont estimé que si le contrôle de la réalité de l'inaptitude au travail de cette salariée n'avait pu être réalisé, c'était du seul fait de celle-ci ; qu'ils ont ainsi légalement justifié leur décision ;
Vu l'article 33 de la convention collective des employés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment du 29 mai 1958 ;
Attendu que pour refuser à la salariée la totalité de sa demande en paiement d'un complément de salaire pendant toute la durée de son arrêt de maladie, le jugement relève que l'employeur, dont l'obligation était liée à la possibilité de faire effectuer une contre-visite, était fondé à refuser de verser le complément de salaire prévu par la convention collective ETAM pour toute la durée de l'arrêt de travail en cause ;
Qu'en statuant ainsi, alors que l'impossibilité de faire procéder à une contre-visite ne pouvait priver la salariée du complément de salaire pour la période antérieure à la date de la visite, le conseil de prud'hommes a violé le texte susvisé ;
CASSE ET ANNULE, mais seulement dans la limite du deuxième moyen concernant l'évaluation du complément de salaire, le jugement rendu le 16 novembre 1984, entre les parties, par le conseil de prud'hommes de Saint Etienne ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le conseil de prud'hommes de Montbrison