Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19961118-153887
Timestamp: 2017-07-26 23:00:41+00:00
Document Index: 77675489

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 8", "l'article 81", "l'article 81", 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 75", "l'article 75", 'art. 81', 'art. 190', 'art. 8', 'art. 75']

France, Conseil d'État, 8 ss, 18 novembre 1996, 153887
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 153887Numéro NOR : CETATEXT000007929987 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1996-11-18;153887 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - PARAFISCALITE - REDEVANCES ET TAXES DIVERSES - TAXES PARAFISCALES.Texte : Vu la requête enregistrée le 29 novembre 1993 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) dont le siège social est ..., représenté par son président en exercice, domicilié en cette qualité audit siège ; l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) demande au Conseil d'Etat d'annuler l'arrêt du 28 septembre 1993 par lequel la cour administrative d'appel de Paris a rejeté sa requête tendant à l'annulation du jugement du 4 juillet 1991 par lequel le tribunal administratif de Paris a accordé à la société "Etablissements Naouri Frères" la décharge des cotisations de taxes parafiscales auxquelles elle a été assujettie au profit de l'IFREMER au titre de la période du 9 juillet 1982 au 31 décembre 1984 et au titre des années 1985 et 1986, ensemble à ce que la société Armoric soit condamnée à verser au requérant une somme de 10 000 F au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
- les observations de la SCP de Chaisemartin, Courjon, avocat de l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) et de Me Delvolvé, avocat de la société Armoric, venant aux droits de la société Etablissements Naouri Frères, - les conclusions de M. Bachelier, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes de l'article 8 du décret n° 80-854 du 30 octobre 1980, relatif aux taxes parafiscales : "En cas de retard dans le paiement de la taxe et faute de règlement dans les quinze jours de la réception d'une mise en demeure par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, la taxe est majorée de 10 % au profit de l'organisme bénéficiaire, sans préjudice des indemnités de retard prévues par le décret institutif de la taxe. La taxe ainsi majorée est recouvrée par les comptables du Trésor en vertu d'un titre de perception qui est établi par le représentant qualifié de l'organisme bénéficiaire, visé par le contrôleur d'Etat et rendu exécutoire par le préfet du département où le débiteur est domicilié. Le titre de perception prend alors le nom "d'état exécutoire" ..." ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond, d'une part, que les états exécutoires émis, au titre de la période du 9 juillet 1982 au 31 décembre 1984 et au titre des années 1985 et 1986 à l'encontre de la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" après que celle-ci eut accusé réception des mises en demeure qui lui avait été adressées en application des dispositions précitées, pour le recouvrement de la taxe parafiscale instituée au profit de l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) par le décret n° 84-1296 du 31 décembre 1984,ne comportaient pas d'indication sur les bases de liquidation du principal des taxes réclamées, d'autre part, que ces bases n'avaient pas été antérieurement portées à la connaissance de la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" ;Considérant que le premier alinéa de l'article 81 du décret du 29 décembre 1962, portant règlement général sur la comptabilité publique, en vertu duquel tout ordre de recettes émis pour le recouvrement des créances de l'Etat "doit indiquer les bases de la liquidation" n'a été rendu applicable aux états exécutoires émis par les établissements publics à caractère industriel et commercial dotés d'un agent comptable, tels que l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER), ni par les dispositions propres à ces établissements, des articles 190 et suivants du même décret, ni par aucun autre texte : que la cour administrative d'appel de Paris s'est donc à tort fondée sur ce que les prescriptions de l'article 81, premier alinéa, précité, auraient été méconnues en l'espèce pour confirmer la décharge, prononcée en première instance, des taxes parafiscales réclamées à la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" au titre de la période du 9 juillet 1982 au 31 décembre 1984 et au titre des années 1985 et 1986, ainsi que des majorations de 10 % y appliquées ;
Mais considérant que tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis, à moins que ces bases n'aient été préalablement portées à la connaissance du débiteur ; que ce motif, qui avait été invoqué devant les juges du fond par la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères", et n'implique l'appréciation d'aucune circonstance de fait, doit être substitué au motif, erroné en droit, retenu dans l'arrêt de la cour administrative d'appel, dont il justifie le dispositif ; que l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) n'est donc pas fondé à demander l'annulation de cet arrêt ;
Considérant que les dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères", qui n'est pas, en la présente instance, la partie perdante, soit condamnée à payer à l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER) à payer à la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" la somme qu'elle réclame au titre de ses propres frais, non compris dans les dépens ;
Article 2 : Les conclusions présentées par la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à l'INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHES POUR L'EXPLOITATION DE LA MER (IFREMER), à la Société Armoric venant aux droits de la société "Etablissements Naouri frères" et au ministre de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation.Références : Décret 62-1587 1962-12-29 art. 81, art. 190Décret 80-854 1980-10-30 art. 8Décret 84-1296 1984-12-31Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 18 novembre 1996, n° 153887Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mlle MignonRapporteur public : M. BachelierOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 8 ssDate de la décision : 18/11/1996Fonds documentaire : Legifrance Haut de page