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Timestamp: 2016-10-21 14:54:48+00:00
Document Index: 18617754

Matched Legal Cases: ['art. 137', 'art. 72', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 75', 'art. 86', 'ATF ', 'art. 444', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 98', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 125', 'art. 176', 'art. 137', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 176', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 66']

repr�sent� par Me Bertrand Gygax, avocat,
repr�sent�e par Me Eric Hess, avocat,
recours contre le jugement du Tribunal d'arrondissement de La C�te du 11 octobre 2010.
A.a A.________, n� en 1953, et dame A.________, n�e en 1956, se sont mari�s le 24 mars 1984. Trois enfants sont issus de leur union, dont un seul est encore mineur, B.________, n� en 1994.
Les �poux se sont s�par�s en 2008. L'�pouse est rest�e au domicile conjugal, avec son fils mineur et sa fille, tandis que l'�poux vit avec une nouvelle compagne.
A.b A.________ est m�decin, sp�cialiste en allergologie et immunologie clinique. Jusqu'en �t� 2009, il exer�ait comme m�decin ind�pendant, r�alisant un revenu mensuel d'environ 18'000 fr.; depuis le 1er juillet 2009, il occupe la m�me activit�, aupr�s de la m�me client�le, dans les m�mes locaux, mais en tant qu'employ� de la soci�t� qu'il a cr��e, "X.________ SA". Il soutient percevoir un revenu mensuel net de 4'412 fr. 08 et affirme faire l'objet d'une saisie de salaire de 500 fr.
L'�pouse a travaill� comme assistante m�dicale � mi-temps dans le cabinet de son mari jusqu'au 31 janvier 2008; elle exerce d�sormais la m�me activit� � plein temps aupr�s d'un tiers et r�alise un salaire mensuel net de 4'700 fr. par mois, 13e salaire compris.
A.c Par arr�t du 16 octobre 2009, rendu sur recours en mati�re de mesures protectrices de l'union conjugale, la Cour de justice du canton de Gen�ve a condamn� l'�poux � verser � son �pouse et � leur fils mineur une contribution d'entretien mensuelle d'un montant de 6'000 fr. d�s le 10 janvier 2008 et de 5'250 fr. d�s le 1er juillet 2009. L'autorit� cantonale s'est bas�e sur un revenu tir� de l'exploitation du cabinet m�dical de l'�poux de 17'850 fr. par mois. Elle a consid�r� que la contribution d'entretien mise � sa charge ne l'emp�cherait pas de contribuer, � tout le moins en partie, � l'entretien de ses deux enfants majeurs.
A.d Le 16 d�cembre 2009, statuant sur une demande en paiement d'aliments des enfants majeurs, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a donn� acte au p�re de son engagement de verser 500 fr. par mois et par enfant.
De nombreuses poursuites ont �t� requises contre A.________ pour les contributions impay�es tant � l'�gard de son �pouse et de son fils mineur qu'� celui de ses enfants majeurs. La saisie pr�cit�e de 500 fr. a �t� prononc�e contre lui par d�cision du 19 janvier 2010.
A.e Le 16 mars 2010, A.________ a ouvert action en divorce par requ�te de conciliation devant le juge de paix du district de Morges.
Par requ�te de mesures provisionnelles du 10 mai 2010, A.________ a conclu � la suppression de la contribution d'entretien en faveur de son �pouse � dater du 1er mai 2009.
A l'audience du 15 juin 2010, les parties ont sign� une convention partielle, ratifi�e par le juge, en ce qui concerne la garde de l'enfant, le droit de visite du p�re et la jouissance du domicile conjugal.
Statuant le 1er juillet 2010 par ordonnance de mesures provisionnelles, le Pr�sident du tribunal a condamn� le mari � payer une contribution � l'entretien de l'�pouse et de l'enfant de 3'800 fr. par mois d�s le 1er avril 2010, allocations familiales en sus, et mis � sa charge les frais relatifs au domicile conjugal, y compris le service de la dette hypoth�caire de 1'300 fr. Il s'est fond� sur un revenu du mari de 14'000 fr.
Le Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a rejet� le 11 octobre 2010 l'appel interjet� par le mari.
Le 11 novembre 2010, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant principalement � sa r�forme en ce sens que la contribution � l'entretien de l'�pouse est supprim�e d�s le 1er mai 2009 et que les frais du domicile conjugal, y compris le service de la dette hypoth�caire sont mis � la charge de l'�pouse; subsidiairement il conclut � l'annulation de cet arr�t et au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouveau jugement dans le sens des consid�rants.
Par ordonnance pr�sidentielle du 30 novembre 2010, la requ�te d'effet suspensif d�pos�e par le recourant a �t� admise en ce qui concerne les contributions d'entretien dues en vertu du jugement attaqu� jusqu'au 31 octobre 2010.
1.1 La d�cision de mesures provisoires selon l'art. 137 al. 2 CC est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Bien qu'elle soit prise alors qu'une proc�dure (principale) de divorce est pendante, elle est finale au sens de l'art. 90 LTF, car son objet est diff�rent de celui de la proc�dure au fond et elle met fin � l'instance sous l'angle proc�dural (ATF 134 III 426 consid. 2.2 p. 431 et les arr�ts cit�s). Comme le litige porte uniquement sur la contribution d'entretien, le recours a pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2 p. 395), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), car il a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t juridique � la modification de la d�cision attaqu�e. Enfin, le recours a �t� interjet� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) pr�vu par la loi. Le recours en mati�re civile est par cons�quent ouvert.
1.2 Selon l'art. 75 al. 1 LTF, le recours n'est recevable qu'� l'encontre des d�cisions prises en derni�re instance cantonale, ce qui signifie que le recourant doit avoir �puis� toutes les voies de droit cantonales, ordinaires ou extraordinaires, pour les griefs qu'il entend soulever devant le Tribunal f�d�ral (Message du 28 f�vrier 2001 concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale, in FF 2001 p. 4000 ss, p. 4115 ch. 4.1.3.2; cf. pour l'ancien art. 86 al. 1 OJ: ATF 126 I 257 consid. 1a p. 258; 119 Ia 421 consid. 2b p. 422; 110 Ia 71 consid. 2 et les arr�ts cit�s). Dans le canton de Vaud, l'arr�t sur appel en mati�re de mesures provisionnelles pouvait faire l'objet d'un recours en nullit� pour tous les motifs pr�vus par l'art. 444 al. 1 ch. 3 CPC/VD, � savoir pour d�ni de justice formel, ainsi que pour arbitraire dans l'appr�ciation des preuves (ATF 126 I 257).
Le pr�sent recours n'est donc recevable qu'en tant qu'il est interjet� pour arbitraire dans l'application du droit civil f�d�ral.
D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles (ATF 133 III 393 consid. 5.1 in fine p. 397), seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels (art. 98 LTF). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation de ces droits que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s). Il ne traite donc pas les questions que le recourant ne remet pas express�ment en cause, conform�ment au principe d'all�gation.
Si le recourant se plaint d'arbitraire, il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application de la loi insoutenable (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400).
3.1 Le recourant soutient qu'il est arbitraire de lui imputer un revenu hypoth�tique d'un montant de 14'000 fr. alors qu'il ne touche que 3'900 fr. net (salaire net moins la saisie sur salaire). Il conteste d'abord que les conditions permettant de lui imputer un tel revenu soient remplies. A cet �gard, le Tribunal d'arrondissement a purement et simplement �cart� les r�els motifs l'ayant forc� � opter pour la cr�ation d'une soci�t� anonyme, � savoir la situation financi�re catastrophique dans laquelle se trouvait son cabinet m�dical. L'autorit� pr�c�dente n'a pas non plus tenu compte de la difficult� qu'il a de retrouver un emploi � son �ge, les h�pitaux privil�giant les jeunes m�decins, ni du fait qu'il n'a plus pratiqu� en h�pital depuis de nombreuses ann�es, ni encore de sa sp�cialisation, qui ne lui permet pas d'exercer la m�decine g�n�rale. Le recourant s'en prend ensuite au montant du revenu hypoth�tique fix� par les juges pr�c�dents. Il fait valoir que la soci�t� a �t� cr��e en juillet 2009, de sorte que sa fiduciaire estime d�raisonnable d'augmenter son salaire. Il reproche aux juges d'appel de s'�tre par ailleurs born�s � comparer sa situation avec celle qui �tait la sienne au cours de la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, sans tenir compte de sa situation r�elle, mais ne conteste toutefois pas que l'activit�, les locaux et la client�le de son cabinet m�dical demeurent inchang�s. Il affirme ensuite que, si deux de ses employ�s ont certes �t� licenci�s, cela est li� � la situation financi�re de sa soci�t�, si bien qu'une augmentation parall�le de son salaire et de celui de sa compagne et associ�e est inenvisageable. Celle-ci touche un salaire de 3'200 fr. net par mois, revenu qui n'est pas exag�r� et r�tribue le travail qu'elle accomplit (plus de 40 heures par semaine). Le recourant se plaint enfin de ce que les juges pr�c�dents ont mentionn� ses dettes, � savoir deux montants de 11'855 fr. 30 et de 45'697 fr. 95 qu'il doit � la caisse des m�decins, sans cependant en tenir compte dans leur d�cision.
3.2 Lorsque le juge proc�de � la d�termination du revenu d'une personne en appr�ciant les indices concrets � sa disposition, il d�termine son revenu effectif ou r�el; il s'agit d'une question de fait. En revanche, lorsque le juge examine quelle activit� ou quelle augmentation de son activit� on pourrait raisonnablement exiger d'une personne et quel revenu il lui serait possible de r�aliser, le juge fixe son revenu hypoth�tique: savoir si l'on peut raisonnablement exiger du d�biteur l'exercice d'une activit� ou une augmentation de celle-ci, eu �gard notamment � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�, est une question de droit; savoir quel revenu cette personne a la possibilit� effective de r�aliser, compte tenu du march� du travail, est cependant une question de fait (ATF 128 III 4 consid. 4).
3.3 Il ressort des constatations de l'arr�t attaqu� que le recourant a une formation m�dicale compl�te et qu'il est sp�cialis� en allergologie et immunologie clinique, b�n�ficiant de plusieurs ann�es d'exp�rience. Ne souhaitant pas ou ne pouvant plus exercer son activit� en exploitant son cabinet en raison individuelle, comme il l'avait fait jusqu'en �t� 2009, il a cr�� la soci�t� "X.________ SA", dont il est d�sormais l'employ�. Selon ses d�clarations, il a toutefois conserv� la m�me client�le que lorsqu'il exer�ait comme ind�pendant; s'il a peut-�tre un peu moins de clients, cette l�g�re diminution est compens�e par le fait que les consultations durent plus longtemps. Il soutient que son salaire brut est de 5'695 fr. 40 par mois, salaire relativement bas car sa soci�t� a �t� cr��e il y a moins d'un an et qu'elle est en phase de d�collage. Selon le Tribunal d'arrondissement, il ressort toutefois que, pour les six derniers mois de 2009, le chiffre d'affaires s'est �lev� � 221'408 fr. 40, que la soci�t� n'a que deux employ�s, lui-m�me et son amie - qui s'occupe de la gestion -, alors qu'il y en avait quatre auparavant. Le recourant a �t� incapable d'expliquer de nombreux postes des comptes de sa soci�t�. Il a d�clar� en audience qu'il devrait �tre capable de percevoir un revenu de l'ordre de 11'000 fr., mais non dans l'imm�diat en raison de ses dettes. Il n'a toutefois pas �t� en mesure de fournir la moindre preuve de mesures prises en vue de l'assainissement de sa soci�t�, ni de citer une dette qu'il serait en train de rembourser effectivement. L'activit� du cabinet n'a pas chang�, pas plus que les locaux et que la client�le. Les frais de mise en place de la soci�t� ne sont pas non plus expliqu�s. Le recourant est incapable de r�pondre de mani�re claire et pr�cise � la moindre question concernant la gestion financi�re de sa soci�t�. Il n'a fourni que des explications pour le moins confuses, n'apportant rien de tangible �tayant sa version des faits. Les juges cantonaux en concluent qu'il est inconcevable qu'un m�decin dans sa situation, avec son exp�rience, ayant conserv� la m�me client�le, voie son salaire diminuer dans une telle mesure. Ils lui ont donc imput� un revenu "hypoth�tique" et, puisqu'il n'a pas d�montr� en quoi le salaire de 14'000 fr. retenu par le premier juge serait disproportionn�, ont confirm� ce montant.
3.4 En proc�dant ainsi, l'autorit� cantonale n'a en r�alit� pas fix� un revenu hypoth�tique, comme pourrait le faire croire la conclusion qu'elle en a tir�e et r�dig�e en ces termes: "on ne peut que consid�rer que l'on pourrait exiger de l'appelant qu'il augmente ses revenus " et il "convient donc de lui imputer un revenu hypoth�tique". Ce faisant, elle a en r�alit� proc�d� � une appr�ciation du revenu effectif du recourant, constatant qu'il avait conserv� la m�me client�le, dans les m�mes locaux, que son chiffre d'affaires annualis� �tait de 442'000 fr. pour lui-m�me et son amie et qu'il n'avait pas fourni la moindre explication pr�cise concernant ses comptes et ses dettes.
D�s lors que cette appr�ciation du revenu effectif rel�ve de l'appr�ciation des preuves, le recourant devait la remettre en cause devant la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois. Son grief sur ce point est donc irrecevable, faute d'�puisement des instances cantonales (art. 75 al. 1 LTF; cf. consid. 1.2 ci-dessus).
Le recourant soutient ensuite que le Tribunal d'arrondissement n'a arbitrairement pas tenu compte du principe de l'ind�pendance �conomique des parties, applicable en vertu de l'art. 125 CC lorsque l'on ne peut plus compter sur une reprise de la vie commune.
4.1.1 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisoires (art. 137 al. 2 CC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100; 118 II 376 consid. 20b p. 378 et les arr�ts cit�s). Toutefois, quand on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce de l'art. 125 CC gagnent en importance et doivent �tre pris en consid�ration pour �valuer l'entretien. Cela signifie que le droit � l'entretien doit �tre appr�ci� au regard des crit�res de l'art. 125 al. 1 CC, qu'il y a lieu d'appr�cier la prise ou l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux � la lumi�re du principe de l'ind�pendance �conomique des �poux et que le montant de la contribution doit �tre fix� en tenant compte des �l�ments indiqu�s de fa�on non exhaustive par l'art. 125 al. 2 CC (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Il n'en demeure pas moins que, tant que dure le mariage, l'art. 163 al. 1 CC constitue la cause de l'obligation d'entretien.
4.1.2 L'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien. L'art. 125 al. 1 CC concr�tise en effet deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien (ATF 132 III 598 consid. 9.1 p. 600 et les arr�ts cit�s). Selon la jurisprudence, une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�direntier ("lebenspr�gend"). En particulier, si le mariage a dur� au moins dix ans - p�riode � calculer jusqu'� la date de la s�paration des parties (ATF 132 III 598 consid. 9.2 p. 600) - il a eu, en r�gle g�n�rale, une influence concr�te. De m�me, ind�pendamment de sa dur�e, un mariage influence concr�tement la situation des conjoints lorsque ceux-ci ont des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1 p. 61). Dans de tels cas, le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2 p. 594). Il s'agit alors de la limite sup�rieure de l'entretien convenable auquel l'�poux cr�ancier a droit. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier d'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur d'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1 p. 8).
4.1.3 Conform�ment au principe de l'ind�pendance �conomique des �poux, qui se d�duit �galement de l'art. 125 CC, l'�poux demandeur ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable tel qu'�tabli conform�ment aux principes sus-expos�s (ATF 134 III 145 consid. 4 p. 146). Selon les circonstances, il pourra �tre ainsi contraint d'exercer une activit� lucrative ou d'augmenter son taux de travail (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Le juge doit donc examiner dans quelle mesure l'�poux concern� peut exercer une activit� lucrative, compte tenu de son �ge, de son �tat de sant� et de sa formation. S'il entend exiger de lui qu'il reprenne une activit� lucrative, il doit lui accorder un d�lai d'adaptation appropri�: l'�poux doit en effet avoir suffisamment de temps pour s'adapter � sa nouvelle situation, notamment lorsqu'il doit trouver un emploi. Ce d�lai doit par ailleurs �tre fix� en fonction des circonstances concr�tes du cas particulier (cf. ATF 129 III 417 consid. 2.2; 114 II 12 consid. 5).
4.2 En l'esp�ce, le tribunal d'appel a �tabli les revenus et les charges respectifs des conjoints (int�grant dans les charges du mari les frais du logement de l'�pouse), puis, appliquant la m�thode du minimum vital, il a consid�r� que le disponible total de 10'547 fr. (disponible de l'�poux de 8'387 fr. + celui de l'�pouse de 2'160 fr.) devrait �tre r�parti � raison de 1/3 pour l'�poux et de 2/3 pour l'�pouse et l'enfant mineur. Il en a conclu que la contribution d'entretien fix�e par le premier juge, d'un montant de 3'800 fr. allocations familiales en sus, pouvait �tre confirm�e (le montant de 3'800 fr. n'exc�dant pas les 2/3 du disponible total, soit 7'031 fr., moins le disponible de l'�pouse de 2'160 fr., � savoir 4'871 fr.).
4.3 Conform�ment au principe d'all�gation (cf. consid. 2 ci-dessus), le Tribunal f�d�ral n'examine que les critiques express�ment formul�es et motiv�es dans le recours.
4.3.1 Le recourant soutient que le salaire de l'�pouse est actuellement plus �lev� que celui qu'elle percevait au moment o� la contribution a �t� fix�e, le 16 octobre 2009, par le juge des mesures protectrices. Alors qu'� cette �poque, l'intim�e recevait 2'700 fr. par mois, montant correspondant � des indemnit�s de ch�mage, son revenu actuel s'�l�ve � 4'700 fr. Elle a donc acquis son ind�pendance �conomique et doit subvenir seule � ses propres besoins. Elle doit aussi assumer seule les charges de son logement de 1'300 fr.
Ce grief est infond�. Le recourant m�conna�t les principes d�duits de l'art. 125 al. 1 CC, lesquels assurent au conjoint, dont la situation financi�re a �t� concr�tement influenc�e par le mariage (mariage de plus de 10 ans au moment de la s�paration et trois enfants communs), le maintien de son niveau de vie ant�rieur. Le recourant ne pr�tend pas, ni ne d�montre (5A_478/2010 consid. 4.2.1.1 destin� � la publication), que le salaire de l'�pouse de 4'700 fr. et la contribution de 3'800 fr. fix�e pour elle et l'enfant mineur, sans charge de loyer, permettraient � celle-ci de mener un train de vie sup�rieur � celui qu'elle avait durant la vie commune.
4.3.2 "Par surabondance", le recourant reproche � l'autorit� cantonale de ne pas avoir indiqu� les motifs pour lesquels elle a appliqu� la m�thode du minimum vital, en se r�f�rant � l'arr�t 5P.352/2003, alors que, dans une jurisprudence plus r�cente, 5A_2/2008, le Tribunal f�d�ral a estim� que cette m�thode ne peut pas s'appliquer comme telle. Selon lui, la loi ne prescrit pas de m�thode de calcul particuli�re. Il semble toutefois soutenir que la m�thode du minimum vital ne serait pas applicable car "elle aurait pour effet de maintenir d�finitivement les �poux dans la m�me situation financi�re sans tenir compte de leur divorce". Il en d�duit que l'�poux b�n�ficiaire ne peut pas pr�tendre au partage automatique des ressources encore disponibles apr�s la satisfaction des besoins �largis des deux conjoints. L'autorit� pr�c�dente aurait donc appliqu� de fa�on arbitraire le droit f�d�ral et le r�sultat serait choquant dans la mesure o� l'�pouse aurait acquis son ind�pendance �conomique.
Selon la jurisprudence rendue en application de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, comme d'ailleurs d'apr�s celle relative � l'art. 125 al. 1 CC, le maintien du niveau de vie ant�rieur constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien de l'�poux cr�ancier. La fixation de la contribution d'entretien ne doit pas anticiper sur la liquidation du r�gime matrimonial. En cas de situation financi�re particuli�rement favorable, il convient donc de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien des conditions de vie ant�rieures (ATF 121 I 97 consid. 3b et les arr�ts cit�s). En revanche, s'il est �tabli que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies durant le mariage, que l'�poux d�biteur ne d�montre pas qu'ils ont r�ellement fait des �conomies, ou encore qu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et des nouvelles charges, les revenus sont enti�rement absorb�s par l'entretien courant, il est admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses effectives des �poux durant le mariage (ATF 134 III 145 consid. 4 p. 146). En effet, dans de tels cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci, qui peuvent �tre impos�es au conjoint cr�ancier et aux enfants (5A_478/2010 consid. 4.2.1.1 du 20 d�cembre 2010, destin� � la publication).
Le recourant ne pr�tend pas, ni ne d�montre que les �poux r�alisaient des �conomies durant la vie commune, ni, comme on l'a vu ci-dessus, que la contribution fix�e pour l'�pouse et l'enfant, logement en sus, permettraient � celle-ci de mener un train de vie sup�rieur � celui que les �poux avaient durant le mariage. La critique toute g�n�rale du recourant est donc irrecevable.
Enfin, le recourant soutient que la contribution d'entretien fix�e porte atteinte � son minimum vital puisque son salaire net est de 3'900 fr. et que son minimum vital est de 4'813 fr.
D�s lors que le recourant se base sur un revenu diff�rent de celui qui a �t� retenu, � savoir 14'000 fr., son grief est infond�.
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable, aux frais de son auteur (art. 66 al. 1 LTF). Aucune indemnit� de d�pens n'est accord�e � l'intim�e, celle-ci n'ayant pas �t� invit�e � pr�senter d'observations.