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Timestamp: 2020-04-08 07:30:28+00:00
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Les changements du référentiel SST 2017 : le saignement abondant (part 2) – Sesat Formations
Voici la suite de l’article concernant les modifications apportées au saignement abondant dans le référentiel SST 2017. Pour ceux qui ont raté la première partie, ça se passe ici.
Le garrot tourniquet improvisé
Que faire alors lorsque la compression directe est inefficace (le saignement persiste) ou est impossible (nombreuses victimes, catastrophes, nombreuses lésions, plaie inaccessible, corps étranger) ?
Avant les changements de 2017, le secouriste du travail n’avait pas les « outils » pour ce genre de situation, il appelait donc les secours professionnels et suivait leurs instructions. Depuis 2017, ces situations correspondant pour beaucoup aux conséquences d’un attentat, un geste de secours est venu -revenu diront certains- pour y faire face : le garrot.
Enseigné sous une autre forme dans les premières années du SST, le garrot avait disparu des gestes du référentiel SST. Les inconvénients de celui-ci était alors mis en avant pour justifier cette disparition, nous y reviendrons. J’insiste sur le caractère exceptionnel de ce geste qui ne doit en aucun cas être LE geste prioritaire pour gérer un saignement abondant.
Le garrot n’est pas un geste anodin, il présente des risques qui ont été à une époque la justification de son non-enseignement, comme on le disait plus haut :
Un risque d’amputation : le garrot ayant pour effet d’arrêter la circulation sanguine, cela signifie que tous les organes situés dessous ne reçoivent plus leur dose d’oxygène et de nutriments, ce qui peut conduire à une perte de ces organes entraînant une amputation. Pour relativiser, ces conséquences peuvent apparaître seulement après plusieurs heures après la pose du garrot.
Un risque d’arrêt cardiaque : l’absence de circulation sanguine entraîne une accumulation de toxines. Lors du relâchement du garrot (lorsque la plaie est soignée par exemple), ces toxines en dose importante dans le sang peuvent alors provoquer un arrêt cardiaque. Cette fois les temps sont plus courts, et c’est pour cette raison que l’on recommande de noter l’heure de pose du garrot.
Ces 2 risques sont certes encore présents avec le garrot tourniquet improvisé, mais en présence d’un saignement abondant qui a de forte chance d’entraîner la mort de la victime sans arrêt du saignement rapide, le calcul est vite fait.
Parmi les modifications de 2017, on notera la précision qui invite à réchauffer la victime, notée de la manière suivante : Protéger la victime du froid et/ou des intempéries, la réchauffer.
La coagulation et les fonctions d’arrêt du saignement sont moins efficaces à chaque degré perdu de la température corporelle de la victime. Donc on couvre la victime, lors d’un saignement mais aussi à peu près toutes les autres situations où une victime est une victime !
Un jour promis je ferai un article détaillé et complet sur la couverture de survie et tout le bien que je pense d’elle lorsqu’elle est correctement utilisée.
Dans le référentiel SST de 2017, il est précisé que : « En cas d’aggravation (sueurs abondantes, sensation de froid, pâleur intense, ou si la victime ne répond plus), pratiquer les gestes qui s’imposent et rappeler les secours ».
Faisant figure de nouveautés, les signes de l’aggravation ; d’une manière générale, dès que l’état de la victime évolue il est nécessaire de rappeler les secours, car même si ils arrivent, les informations données peuvent modifier le caractère d’urgence, le matériel ou les équipes à mettre à disposition, donc on rappelle les secours !
Avant 2017, on demandait au secouriste qui faisait face à une victime qui crachait ou vomissait du sang de conserver ces crachats et vomissements, si possible dans un récipient, pour qu’un médecin puisse les voir. La bonne nouvelle, cela a été supprimé car jamais réalisé dans la pratique ni par le SST ni par le médecin.
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2 thoughts on “Les changements du référentiel SST 2017 : le saignement abondant (part 2)”
VANDERESSE Michel dit :
7 mars 2018 à 7 h 33 min
Je vous félicite pour votre remarquable travail de vulgarisation, cependant j’aimerais avoir une justification sur la pose d’un garrot ( dans les différentes situations que vous n’avez pas manqué de souligner) au plus près du saignement abondant non jugulé : en effet depuis de longues années on justifiait la pose du garrot sur la cuisse ou le bras par le fait que les artères fémorale et humérale passaient ensuite entre le tibia et le péroné pour la première et entre le radius et le cubitus pour la seconde. A moins que le trajet de ces vaisseaux ait changé dans les nouvelles générations ; je ne m’explique pas comment un garrot peut arrêter un saignement quand il est placé sur l’avant-bras ou la jambe.
Je vous serais très obligé de me fournir une justification cohérente. Avec mes remerciements anticipés, recevez Madame Monsieur l’assurance de ma considération.
Merci Michel pour votre commentaire et vos remarques. Voici la réponse exacte de l’INRS qui répondra je pense à votre interrogation :
La recommandation issue du consensus de la science de 2015 (ILCOR), concernant l’utilisation du
garrot précise :
« Devant une victime qui présente une hémorragie externe de membre pour laquelle la
compression manuelle avec ou sans pansement compressif est impossible (1) ou inefficace
(saignement abondant persistant), le secouriste doit réaliser un garrot tourniquet ».
Aucune étude comparative n’existe ou ne mentionne le fait qu’un garrot réalisé à la racine du
membre soit plus efficace qu’un garrot réalisé au dessus de la plaie même si celui-ci est placé
sur un segment de membre à deux os.
En effet, le mécanisme de l’efficacité d’un garrot n’est pas d’écraser une artère sur un os
mais bien d’élever la pression sous le garrot pour entraîner une contrepression qui arrête
l’écoulement du sang dans l’ensemble des vaisseaux du membre.
En d’autres termes, le garrot agit en créant une contrepression systolique supérieure à celle qui
règne dans les vaisseaux qui cheminent perpendiculairement au garrot.
C’est pourquoi, le guide des données techniques 2017 précise que la pose du garrot doit être
situé à quelques centimètres de la plaie, même si celle-ci est localisée sur l’avant bras ou la
jambe de la victime.
Comparativement au précédent garrot enseigné (une boucle en partie supérieure du membre, un brin dans la boucle et on serre) le garrot tourniquet permet aussi de serrer plus fort et peut alors présenter une certaine efficacité là où l’ancienne technique ne le permettait pas.
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