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Timestamp: 2016-10-22 05:18:04+00:00
Document Index: 50632031

Matched Legal Cases: ['art. 676', 'art. 676', 'art. 77', 'art. 115', 'art. 78', 'art. 78', 'art. 97', 'art. 108', 'ATF ', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 679', 'ATF ', 'art. 16', 'art. 19', 'art. 19', 'ATF ', 'art. 22', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 22', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 5', 'ATF ', 'art. 19', 'art. 684', 'ATF ', 'art. 35', 'art. 7', 'art. 684', 'art. 684', 'art. 22', 'art. 22', 'ATF ', 'art. 684', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 1', 'art. 7', 'art. 1', 'art. 13', 'art. 14', 'art. 13', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 684', 'art. 684', 'art. 684', 'art. 7', 'art. 11', 'art. 11', 'art. 14', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 2', 'ATF ', 'art. 13', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 72', 'art. 22', 'art. 19', 'art. 104', 'art. 114', 'art. 116', 'art. 153']

1E.17/2002 (22.07.2003)
1E.17/2002 /col
X.________, Y.________, les �poux Z.________,
expropri�s et recourants � titre principal,
expropriante, repr�sent�e par Me Chantal Ducrot, avocate, rue de la Moya 1, 1920 Martigny,
Commission f�d�rale d'estimation du 3e arrondissement, c/o Me Alphonse-Marie Veuthey, avocat, secr�taire, case postale 1036, 1870 Monthey.
expropriation, lignes �lectriques
recours de droit administratif des expropri�s contre la d�cision de la Commission f�d�rale d'estimation du
3e arrondissement du 27 f�vrier 2002;
recours joint de l'expropriante.
Une proc�dure d'expropriation (proc�dure sommaire) a �t� ouverte en 1997 � la requ�te de la soci�t� anonyme L'Energie de l'Ouest-Suisse (ci-apr�s: la soci�t� EOS, ou l'expropriante), afin de permettre � cette soci�t� d'acqu�rir certains droits n�cessaires au passage des conducteurs d'une nouvelle ligne �lectrique a�rienne (ligne 380/132 kV EOS-CFF Saint-Triphon - Chamoson), en particulier sur la parcelle n� 2515 du registre foncier de la commune de Saint-Maurice. Cette parcelle de 950 m2 class�e dans la zone � b�tir appartient en copropri�t� � X.________ et Y.________; les �poux Z.________, qui ont l'usufruit de l'immeuble, habitent la villa qui s'y trouve.
D'apr�s l'avis personnel envoy� le 20 mai 1997 aux consorts X.________ (les expropri�s), la proc�dure a pour objet la constitution, sous forme de servitude apparente (art. 676 al. 2 CC) limit�e � 50 ans, d'un droit de passage pour les conducteurs sur une longueur de 12 m. L'avis indique que sur ce tron�on (entre les pyl�nes 13 et 31), la nouvelle ligne reprend le trac� initial de la ligne EOS 220 kV Chamoson-Romanel et qu'il s'agirait donc d'une transformation.
Les consorts X.________ se sont oppos�s � l'expropriation. Le 22 juin 1998, le D�partement f�d�ral de l'environnement, des transports, de l'�nergie et de la communication (DETEC) a �cart� l'opposition et accord� le droit d'expropriation � la soci�t� EOS. Les expropri�s ont form� un recours de droit administratif contre cette d�cision, que le Tribunal f�d�ral a pour l'essentiel rejet� par un arr�t rendu le 9 novembre 1999 (cause 1E.13/1998).
Auparavant, l'Inspection f�d�rale des installations � courant fort (IFICF) avait approuv�, le 18 octobre 1993, les plans de la nouvelle ligne 380 kV. Les consorts X.________ n'avaient pas contest�, � ce stade, le choix du trac�. D'autres int�ress�s avaient recouru, en vain, contre cette d�cision aupr�s du D�partement f�d�ral des transports, des communications et de l'�nergie puis du Conseil f�d�ral.
Dans l'arr�t 1E.13/1998, le Tribunal f�d�ral a retenu que le conducteur externe de la nouvelle ligne le plus proche de la maison d'habitation survolait la propri�t� des expropri�s sur une distance de 23 m�tres; l'expropriante l'a admis (consid. 3). Aussi la d�cision du DETEC a-t-elle �t� r�form�e "en ce sens que le droit d'expropriation est accord� � la soci�t� EOS pour la constitution d'une servitude de passage des conducteurs pour la nouvelle ligne a�rienne 380/132 kV EOS/CFF [...], sur la parcelle n� 2515 du cadastre de Saint-Maurice [...], sur une longueur de 23 m�tres" (ch. 1 du dispositif de l'arr�t du Tribunal f�d�ral du 9 novembre 1999).
Dans cet arr�t 1E.13/1998, le Tribunal f�d�ral s'est prononc� sur la requ�te des consorts X.________ tendant au d�placement de la ligne �lectrique parce qu'ils craignaient les cons�quences d'une exposition aux champs �lectromagn�tiques. Le Tribunal f�d�ral a examin� ces questions sous l'angle du droit f�d�ral de la protection de l'environnement et il a jug� que les moyens des consorts X.________ �taient mal fond�s. Ce dossier contient les indications suivantes (sur lesquelles les parties ont pu se d�terminer au cours de la proc�dure du recours de droit administratif 1E.13/1998):
La d�cision du DETEC du 22 juin 1998 mentionne des calculs effectu�s par l'Inspection f�d�rale des installations � courant fort (IFICF) dont il r�sulte que, dans les locaux habitables de la maison des expropri�s, l'intensit� du champ �lectrique de la nouvelle ligne serait de l'ordre de 135 V/m, tandis que l'induction du champ magn�tique serait de 0.870 .
Un rapport de l'IFICF du 16 avril 1999, intitul� "Mesures in situ des champs �lectromagn�tiques produits par la ligne 380/132 kV St-Triphon - Chamoson dans la propri�t� X.________ parcelle n� 2515, commune de St-Maurice", donne les r�sultats de mesures effectu�es sur place le 17 f�vrier 1999, � trois endroits au niveau du sol (� l'ext�rieur devant l'entr�e, dans la cuisine, dans le salon - la ligne �lectrique �tait alors d�j� construite et en exploitation, apr�s une d�cision d'envoi en possession anticip� - cf. arr�t 1E.17/1998 du 22 octobre 1998). Les valeurs mesur�es sont comprises entre 0.19 et 0.31  (dans ce dernier cas, la mesure a �t� effectu�e alors qu'une machine � caf� �tait enclench�e dans la m�me pi�ce). La charge de la ligne 380/132 kV �tait au moment des mesures de 471 A. La pr�sence � proximit� directe d'une autre ligne �lectrique est mentionn�e (ligne 200 kV Riddes-Morgins, dont le trac� est parall�le, quelques m�tres � l'ouest); le jour des mesures, la charge de cette derni�re ligne �tait de 284 A. Le degr� de pr�cision des mesures est de +/- 10 %.
Le rapport de l'IFICF indique encore le r�sultat de calculs du champ magn�tique de la nouvelle ligne 380/132 kV dans le b�timent des expropri�s. En prenant en consid�ration la charge au moment des mesures, la densit� de flux magn�tique est de 0.23 ; avec une charge maximale de 2000 A, cette densit� serait de 0.78 . Une note �tablie par l'expropriante le 11 juin 1999, intitul�e "Enregistrement des valeurs �lectriques - P�riode du 9 d�cembre 1998 au 30 mai 1999", indique qu'en pratique on ne devrait pas d�passer sur de longues p�riodes la moiti� de la puissance ou charge thermique de la ligne, soit en l'occurrence 1120 A (ou 785 MW). Le rapport de l'IFICF du 16 avril 1999 en d�duit que la valeur r�elle des immissions dans cette zone d'habitation devrait la plupart du temps �tre inf�rieure � 0.5 .
Dans leur recours de droit administratif contre la d�cision du DETEC, les consorts X.________ pr�tendaient en outre que le bruit de la ligne �lectrique serait excessif. Ce grief a �t� rejet� par le Tribunal f�d�ral, qui a appliqu� sur ce point la l�gislation f�d�rale sur la protection de l'environnement. L'arr�t 1E.13/1998 mentionne des calculs effectu�s par l'IFICF pour d�terminer le niveau de bruit dans la villa (niveau Lr, calcul� selon l'annexe 6 de l'ordonnance sur la protection contre le bruit [OPB; RS 814.41], � la fen�tre du premier �tage sur la fa�ade ouest); il en est r�sult� un d�passement de 3.36 dB(A) de la valeur de planification pour la nuit (consid. 6 de l'arr�t 1E.13/1998). En d'autres termes, le niveau Lr est d'apr�s ces calculs d'environ 48 dB(A) la nuit. L'arr�t ajoute que les valeurs limites d'immissions (60 dB le jour et 50 dB la nuit) sont respect�es.
Le Tribunal f�d�ral s'est encore r�f�r� � un rapport d'expertise acoustique �tabli le 21 juin 1999 par le bureau d'ing�nieur Gilbert Monay, � Lausanne, dans une proc�dure de recours de droit administratif instruite parall�lement concernant la m�me ligne �lectrique (affaire 1E.14/1998, consorts A.________ et B.________ c. EOS). Ces donn�es avaient �t� port�es � la connaissance des consorts X.________. La d�termination du niveau Lr par le bureau Monay a abouti, dans cette affaire, � des r�sultats inf�rieurs � ceux des calculs pr�c�dents de l'IFICF; aussi le Tribunal f�d�ral a-t-il admis la repr�sentativit� de cette derni�re �valuation du niveau de bruit.
Dans leur opposition, les expropri�s demandaient encore une indemnit� pour la constitution de la servitude, en se r�f�rant essentiellement aux champs �lectromagn�tiques engendr�s par la nouvelle ligne, d'apr�s eux nuisibles pour leur sant�. La conciliation a �t� tent�e en vain le 1er octobre 1997 par le Pr�sident de la Commission f�d�rale d'estimation du 3e arrondissement (ci-apr�s: la Commission f�d�rale).
Apr�s le traitement des oppositions, la proc�dure d'estimation a �t� ouverte. Le 7 d�cembre 2000, les expropri�s ont communiqu� leurs pr�tentions � la Commission f�d�rale: ils ont demand� l'expropriation totale de leur immeuble et � titre subsidiaire le versement d'une indemnit� compensant la moins-value caus�e par les champs �lectromagn�tiques, le bruit et l'atteinte au site.
La Commission f�d�rale a entendu les parties le 13 d�cembre 2000. Les expropri�s ont alors requis une nouvelle expertise des nuisances de la ligne �lectrique, en contestant le "caract�re neutre" de l'Inspection f�d�rale (IFICF). Cette requ�te a �t� rejet�e le jour m�me. Les expropri�s ont form� contre cette d�cision incidente un recours de droit administratif. Le Tribunal f�d�ral l'a partiellement admis, en annulant la condamnation des expropri�s aux frais de la d�cision incidente, mais en consid�rant en revanche que le refus d'ordonner une nouvelle expertise �tait fond� (arr�t 1E.18/2001 du 10 d�cembre 2001).
La Commission f�d�rale a statu� le 27 f�vrier 2002, apr�s avoir entendu une nouvelle fois les parties. Elle a prononc� la constitution "par voie d'expropriation, sur la parcelle n� 2515 de la Commune de Saint-Maurice, propri�t� de X.________ et Y.________, et en faveur de l'Energie Ouest-Suisse, ou de ses ayants droit, en plus des droits d�j� existants, [d']une servitude personnelle et cessible apparente (art. 676 al. 3 CC) de passage de ligne � haute tension (sur une distance de 12 m�tres lin�aires) pour la dur�e de 50 ans, avec droit d'acc�s pour la construction, l'entretien, la surveillance, le renforcement et la transformation des installations". Elle a rejet� la demande d'expropriation totale de la parcelle et condamn� l'expropriante � verser aux expropri�s une indemnit� de 14'750 fr., avec int�r�ts au taux usuel, "pour l'indemnisation de la moins-value au b�timent et � la parcelle". Les frais de la proc�dure ont �t� mis � la charge de l'expropriante, y compris les d�pens dus aux expropri�s, par 2'000 fr. Dans les motifs de son prononc�, la Commission f�d�rale a expos� que l'indemnit� �tait form�e d'un montant de 4'750 fr. pour la moins-value subie par le terrain, soit 5 fr./m2, et de 10'000 fr. pour celle affectant le b�timent, ce dernier montant �tant fix� ex aequo et bono.
Agissant par la voie du recours de droit administratif, les expropri�s requi�rent le Tribunal f�d�ral de prononcer l'expropriation totale de leur immeuble et de charger un expert judiciaire de fixer l'indemnit�. A titre subsidiaire, ils demandent que la moins-value pour "changement d'affectation du b�timent" et "d�valuation de la parcelle" soit compens�e par une indemnit� fix�e par expertise judiciaire.
L'expropriante conclut au rejet du recours des expropri�s.
Par un recours de droit administratif joint, l'expropriante demande l'annulation de la d�cision attaqu�e dans la mesure o� elle la condamne au versement d'une indemnit� de 10'000 fr., cens�e compenser la d�pr�ciation du b�timent des expropri�s.
Les expropri�s concluent au rejet du recours joint tout en confirmant les conclusions de leur recours principal.
La Commission f�d�rale a renonc� � se d�terminer sur les recours.
Le recours de droit administratif est recevable contre une d�cision prise par une commission f�d�rale d'estimation (art. 77 al. 1 LEx, art. 115 al. 1 OJ). Les expropri�s ont qualit� pour recourir, conform�ment � l'art. 78 al. 1 LEx. En vertu de cette disposition, l'expropriante a �galement qualit� pour recourir et le droit f�d�ral lui permet, dans le d�lai de dix jours d�s la r�ception du recours principal, de se joindre � celui-ci et de prendre des conclusions comme si elle avait form� un recours ind�pendant (recours joint - art. 78 al. 2 LEx). Les autres conditions de recevabilit� �tant remplies (art. 97 ss OJ), il y a lieu d'entrer en mati�re.
Dans leur conclusion principale, les expropri�s demandent l'expropriation totale de leur bien-fonds. Leur acte de recours est d�pourvu de toute motivation � ce sujet: ils n'exposent pas en quoi l'argumentation de la Commission f�d�rale sur le refus de l'expropriation totale - elle serait disproportionn�e compte tenu des nuisances constat�es sur place et de l'absence de lien de causalit� prouv� entre la pr�sence d'une ligne � haute tension et les probl�mes de sant� des personnes r�sidant � proximit� - serait contraire au droit f�d�ral; ils se bornent en effet � critiquer le montant de l'indemnit� allou�e pour l'expropriation partielle de leur bien-fonds (cf. infra, consid. 3).
Comme la proc�dure a �t� ouverte en vue de la constitution d'une servitude grevant l'immeuble litigieux, il ne s'agissait pas de conf�rer � l'expropriante le droit d'obtenir le transfert de la propri�t� de ce bien-fonds. Si les expropri�s voulaient se plaindre du refus de la Commission f�d�rale d'�tendre l'expropriation - et de modifier ainsi l'objet de la contestation -, il leur appartenait de pr�senter sur ce point une argumentation topique, conform�ment aux exigences de motivation du recours de droit administratif �nonc�es � l'art. 108 al. 2 OJ (cf. ATF 123 V 335 consid. 1b p. 337; 118 Ib 134 consid. 2 p. 135). Telle qu'elle est pr�sent�e, cette conclusion principale du recours principal est donc irrecevable.
Par cons�quent, seules doivent �tre examin�es leurs conclusions subsidiaires, tendant au paiement d'une indemnit� pour la constitution d'une servitude par voie d'expropriation. Contrairement � ce qui figure dans le dispositif de la d�cision attaqu�e, la longueur de la limite de l'assiette de cette servitude, sur la parcelle des expropri�s, n'est pas de 12 m, mais bien de 23 m, comme cela a �t� pr�cis� dans l'arr�t 1E.13/1998 du 9 novembre 1999 (consid. 3 de cet arr�t).
Les expropri�s demandent une indemnit� compensant la perte de valeur de leur immeuble, � cause de la nouvelle ligne �lectrique et des nuisances qu'elle provoque. Ils se pr�valent de l'art. 5 al. 1 LEx qui permet l'expropriation des droits r�sultant des dispositions sur la propri�t� fonci�re en mati�re de rapports de voisinage ("expropriation de droits de voisinage", selon une formule utilis�e dans la jurisprudence). Ils critiquent le montant allou� par la Commission f�d�rale, implicitement qualifi� d'insuffisant.
3.1 Les questions � r�soudre, pour statuer sur le pr�sent recours, sont identiques � celles qui se posaient dans la cause connexe 1E.14/2002, A.________ et B.________ c. EOS. Le Tribunal f�d�ral a rendu ce jour un arr�t dans cette cause (arr�t destin� � la publication). Les m�mes solutions doivent �tre adopt�es dans la pr�sente affaire.
3.2 En l'esp�ce, l'expropriation n'a pas pour objet des droits r�sultant des dispositions sur la propri�t� fonci�re en mati�re de rapports de voisinage (cf. art. 5 al. 1 LEx, en relation avec les art. 679 ss CC), soit les droits des propri�taires fonciers voisins des biens-fonds o� passe la ligne �lectrique litigieuse de se d�fendre contre les immissions, cons�quences indirectes que l'exercice de la propri�t� sur un fonds peut avoir sur les fonds voisins (cf. ATF 129 II 72 consid. 2.3 p. 75; 124 II 543 consid. 3a p. 548). La pr�sente proc�dure a �t� ouverte en vue de la constitution, par voie d'expropriation, d'une servitude grevant le bien-fonds des expropri�s, lesquels sont d�s lors directement touch�s dans l'exercice de leurs droits sur cet immeuble.
Selon la jurisprudence, l'imposition forc�e d'une servitude sur un fonds constitue juridiquement une expropriation partielle. Comme les droits r�els restreints ne sont pas des objets de commerce, l'indemnit� pleine et enti�re � verser au propri�taire du fonds grev� (art. 16 LEx) correspond � la d�pr�ciation de la parcelle. Il s'agit donc d'appliquer non pas l'art. 19 let. a LEx, en vertu duquel l'indemnit� comprend "la pleine valeur v�nale du droit expropri�", mais l'art. 19 let. b LEx, qui pr�voit que l'indemnit� comprend "le montant dont est r�duite la valeur v�nale de la partie restante". Cette indemnit� se calcule donc selon la m�thode dite de la diff�rence, laquelle consiste � d�duire de la valeur v�nale du fonds libre de servitude celle du fonds grev� de la servitude (cf. ATF 122 II 337 consid. 4c p. 343; 114 Ib 321 consid. 3 p. 324; 111 Ib 287 consid. 1 p. 289 et les arr�ts cit�s).
Conform�ment � l'art. 22 al. 2 LEx, il faut tenir compte du dommage r�sultant de la perte ou de la diminution d'avantages influant sur la valeur v�nale et que la partie restante aurait, selon toute vraisemblance, conserv�s s'il n'y avait pas eu d'expropriation. D'apr�s la jurisprudence, il peut s'agir d'avantages de fait, ou d'�l�ments concrets ayant une influence sur la valeur v�nale. Un lien de causalit� ad�quate doit pourtant exister entre l'expropriation elle-m�me - � distinguer des effets de l'ouvrage de l'expropriant sur les biens-fonds voisins - et une telle perte (ATF 114 Ib 321 consid. 3 p. 324/325; 106 Ib 381 consid. 2b et 3a p. 385 s., et les arr�ts cit�s; Heinz Hess/Heinrich Weibel, Das Enteignungsrecht des Bundes, vol. I, Berne 1986, n. 20 ad art. 19 LEx p. 241 et n. 8-9 ad art. 22 LEx p. 339). En cas d'expropriation partielle, la jurisprudence prend notamment en consid�ration la perte d'avantages valorisant ou prot�geant l'immeuble touch�: protection contre les nuisances provenant du voisinage, garantie d'une vue d�gag�e sur le paysage, interdiction de construire grevant le fonds voisin en vertu d'une servitude, etc. (perte d'un "�cran protecteur"); cette d�pr�ciation doit �tre indemnis�e (cf. ATF 106 Ib 381 consid. 4b p. 389; 104 Ib 79 consid. 1b p. 81; 100 Ib 190 consid. 8 p. 197; 94 I 286 consid. 2-4 p. 292 ss; cf. aussi ATF 110 Ib 43 consid. 2 p. 46; 102 Ib 348 consid. 3b p. 352; 98 Ib 329 consid. 1 p. 331; Hess/Weibel, op. cit., n. 23 ad art. 19 LEx, p. 242). En revanche, si le compartiment de terrain expropri� est modeste et qu'il ne remplit aucune fonction particuli�rement valorisante ou protectrice pour le reste du bien-fonds, les principes sur l'expropriation des droits de voisinage s'appliquent conform�ment � l'art. 5 LEx (cf. ATF 110 Ib 43 consid. 2 p. 47; 106 Ib 381 consid. 2a p. 383/384; Hess/Weibel, op. cit., n. 23 ad art. 19 LEx, p. 242). Ces droits sont en principe �num�r�s aux art. 684 ss CC (ATF 128 II 368 consid. 2.1 p. 372).
Les expropri�s affirment que la d�valuation de leur immeuble est due au bruit provoqu� par la nouvelle ligne �lectrique ainsi qu'aux champs �lectromagn�tiques, lesquels mettraient en danger la sant� des habitants de la maison. Dans les deux cas, ils pr�tendent que les valeurs limites pr�vues par le droit f�d�ral de la protection de l'environnement - dans l'ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) ou dans l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI; RS 814.710) - seraient d�pass�es, et ils critiquent les rapports, figurant au dossier de la proc�dure d'opposition, relatifs � l'�valuation de ces nuisances.
4.1 La Commission f�d�rale, sans proc�der au calcul d�taill� de la diff�rence entre la valeur v�nale de l'immeuble avant et apr�s la constitution de la servitude de passage, a consid�r� qu'une indemnit� de 10'000 fr. �tait de nature, ex aequo et bono, � compenser la pr�sence de la ligne �lectrique � proximit� du b�timent des expropri�s, tandis qu'un montant de 5 fr./m2 correspondait � la diminution de la valeur du terrain, ce qui repr�sente, pour une parcelle de 950 m2, une indemnit� de 4'750 fr. (�quivalant � 5 % de la valeur du terrain, celle-ci �tant d'apr�s la Commission f�d�rale de 100 fr./m2 en zone r�sidentielle � Saint-Maurice). Selon la d�cision entreprise, cette ligne entra�ne des bourdonnements, des sifflements ainsi que d'autres inconv�nients et, m�me si aucune immission importante n'est � craindre, la valeur de l'immeuble est diminu�e; l'existence d'autres nuisances incommodantes, sonores ou �lectromagn�tiques, n'ayant pas �t� prouv�e, il n'y avait pas lieu d'allouer une indemnit� � ce titre. Cette argumentation est pr�sent�e de mani�re sommaire.
4.2 La conformit� de la nouvelle ligne �lectrique aux prescriptions de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement a �t� examin�e dans le cadre de la proc�dure d'opposition, � savoir dans la d�cision du DETEC du 22 juin 1998 et dans l'arr�t du Tribunal f�d�ral du 9 novembre 1999 (1E.13/1998). En outre, elle avait d�j� �t� l'objet de la proc�dure pr�alable d'approbation des plans, au cours de laquelle une �tude de l'impact sur l'environnement avait �t� effectu�e (cf. arr�t 1E.13/1998 consid. 4c). Du reste, dans le syst�me de la loi f�d�rale sur l'expropriation, c'est au stade de l'opposition et de la production des pr�tentions (cf. art. 35 LEx) qu'un expropri� peut pr�senter des demandes fond�es sur l'art. 7 al. 3 LEx. Cette disposition astreint l'expropriant � ex�cuter les ouvrages propres � mettre le public et les fonds voisins � l'abri des dangers et des inconv�nients qu'impliquent n�cessairement l'ex�cution et l'exploitation de son entreprise et qui ne doivent pas �tre tol�r�s d'apr�s les r�gles du droit de voisinage (cf. art. 684 ss CC). De ce point de vue, l'appr�ciation du caract�re excessif ou non des immissions de la nouvelle installation (cf. art. 684 al. 2 CC) s'effectue donc d�j� dans la proc�dure d'opposition.
En l'esp�ce, il n'est pas n�cessaire de se prononcer � nouveau sur ces questions. Les donn�es de fait sur les nuisances de la ligne �lectrique, telles qu'elles ressortent du dossier de la proc�dure d'opposition - les indications sur les niveaux des immissions de bruit et des champs �lectromagn�tiques -, ne sont pas s�rieusement contest�es par les expropri�s (qui critiquent de mani�re manifestement non concluante certaines m�thodes de mesure ou de calcul). Quant aux griefs, d'ordre formel, tir�s d'un pr�tendu manque d'ind�pendance ou d'impartialit� des auteurs des rapports relatifs aux nuisances, c'est dans la proc�dure d'opposition qu'ils devaient �tre soulev�s et trait�s. Le Tribunal f�d�ral s'est du reste prononc� � ce sujet dans son arr�t 1E.13/1998 du 9 novembre 1999, en �cartant les critiques des recourants (consid. 5c et 6b de cet arr�t; cf. aussi arr�t 1E.18/2001 du 10 d�cembre 2001, consid. 3; arr�t 1E.14/1998 du 9 novembre 1999 dans la cause connexe A.________ et B.________ c. EOS, consid. 3c et 4b).
4.3 Dans la proc�dure tendant � la fixation de l'indemnit� d'expropriation, les effets ou immissions de la ligne �lectrique seront pris en consid�ration de mani�re diff�renci�e, selon qu'il faut indemniser ou non la d�pr�ciation de la partie restante, en l'occurrence de la maison d'habitation (cf. supra, consid. 3.2).
4.3.1 Dans l'hypoth�se o� la d�pr�ciation est caus�e par la perte ou la diminution d'avantages (art. 22 al. 2 LEx), tous les �l�ments ayant une influence sur la valeur v�nale doivent �tre pris en consid�ration (cf. supra, consid. 3.2), y compris les immissions qui sont suffisamment sensibles, sans toutefois �tre excessives au sens du droit civil ou du droit public (cf. Hess/Weibel, op. cit., n. 9 ad art. 22 LEx, p. 340). L'exp�rience montre que la proximit� d'une ligne � haute tension entra�ne une baisse des prix du march� foncier, m�me sans diminution des possibilit�s de construire pr�vues par la r�glementation d'am�nagement du territoire; cela peut d�pendre de l'atteinte au paysage, ou encore, selon la jurisprudence, de motifs purement psychologiques, qui sont alors des inconv�nients de fait (ATF 102 Ib 348 consid. 3 p. 350). Le survol d'un jardin par des lignes est incontestablement un d�savantage, car on peut toujours craindre l'effondrement d'un pyl�ne et la chute d'un conducteur. Le bruit provoqu� par la ligne, m�me s'il n'est pas excessif au sens des normes du droit priv� sur les rapports de voisinage (ou de celles du droit public de la protection de l'environnement - cf. infra, consid. 4.3.2), est lui aussi un inconv�nient; le propri�taire qui le subit perd un avantage de fait pour sa maison d'habitation. Pour les champs �lectromagn�tiques, la question est plus d�licate car il ne s'agit pas d'immissions perceptibles pour les sens. Les expropri�s font du reste valoir que ces champs repr�sentent un inconv�nient essentiellement parce que, d'apr�s eux, le fait de r�sider � proximit� d'une ligne � haute tension aurait des effets � long terme sur la sant�. Il faut donc d�terminer, dans la situation concr�te, si ces champs ont des effets physiques (ou biologiques voire sanitaires) suffisamment �vidents pour constituer en eux-m�mes un d�savantage, ou si au contraire la crainte de tels effets, non av�r�s, est simplement une des composantes des inconv�nients d'ordre psychologique d�j� �voqu�s.
4.3.2 Si l'expropriation partielle n'a pas pour cons�quence de priver l'immeuble d'avantages protecteurs, la d�pr�ciation de la partie restante n'est indemnis�e que si les conditions pr�vues pour l'expropriation de droits de voisinage sont satisfaites (cf. supra, consid. 3.2). Il peut en aller ainsi lorsque, du fait de l'ouvrage de l'expropriant, l'immeuble est expos� � des immissions excessives au sens de l'art. 684 al. 2 CC.
D'apr�s la jurisprudence � ce sujet, l'expropriant peut �tre tenu d'indemniser le propri�taire foncier voisin d'une route nationale, d'une voie de chemin de fer ou d'un a�roport s'il subit, � cause des immissions de bruit de ces installations, un dommage sp�cial, impr�visible et grave (cf. ATF 129 II 72 consid. 2.1 p. 74 les arr�ts cit�s). La premi�re de ces conditions cumulatives, celle de la sp�cialit�, est r�alis�e d�s lors que les nuisances sonores ont atteint une intensit� exc�dant le seuil de ce qui est usuel et tol�rable; ce seuil correspond aux valeurs limites d'immissions pr�vues par la l�gislation f�d�rale sur la protection de l'environnement (ATF 124 II 543 consid. 5a p. 552; 123 II 481 consid. 7c p. 492, 560 consid. 3d/bb p. 568 et les arr�ts cit�s). Cette loi f�d�rale a pour but, conform�ment � son art. 1 al. 1, de prot�ger les hommes (notamment) des atteintes nuisibles et incommodantes. Le bruit est une atteinte vis�e par la loi (art. 7 al. 1 LPE). Emp�cher les atteintes nuisibles vise � prot�ger la sant� des �tres humains; quant � la lutte contre les atteintes incommodantes, elle tend � pr�server le bien-�tre de la population, qui ne doit pas �tre g�n� de mani�re sensible (cf. Pierre Tschannen, Kommentar zum Umweltschutzgesetz [Kommentar USG], art. 1, Zurich 2003, n. 18-19). D'apr�s la loi, les valeurs limites d'immissions sont "applicables � l'�valuation des atteintes nuisibles ou incommodantes" (art. 13 al. 1 LPE); en d'autres termes, un d�passement de ces valeurs signifie, selon l'�tat de la science et l'exp�rience, que l'atteinte est nuisible ou incommodante (cf. art. 14 let. b et 15 LPE; Andr� Schrade/Theo Loretan, Kommentar USG, art. 13, Zurich 1998, n. 13; ATF 119 Ib 348 consid. 5b/dd p. 360; cf. �galement ATF 126 II 399 consid. 4b p. 405). Ces crit�res du droit de l'environnement servent donc, dans ce domaine, � d�finir la port�e des droits des propri�taires fonciers voisins; c'est l� un des points de convergence des r�glementations de droit public et de droit priv� sur la protection contre les immissions excessives (cf. notamment ATF 129 III 161 consid. 2.6 p. 165; 126 III 223 consid. 3c p. 226).
Les rayonnements ou champs �lectromagn�tiques peuvent, � l'instar du bruit, �tre consid�r�s comme des immissions "mat�rielles" au sens de l'art. 684 CC (cf. notamment Heinz Rey, Kommentar zum Schweizerischen Privatrecht [Commentaire b�lois], 1998, n. 26 ad art. 684 CC; Arthur Meier-Hayoz, Commentaire bernois, 1975, n. 178 ad art. 684 CC). Ils tombent �galement sous le coup de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement, la d�finition des atteintes englobant les rayons (art. 7 al. 1 LPE). Les r�gles des art. 11 ss LPE sur la limitation des nuisances y sont applicables, notamment celles sur les valeurs limites d'immissions (cf. art. 11 al. 1 LPE et art. 14 LPE, cette derni�re disposition exprimant selon la jurisprudence des principes g�n�raux s'appliquant �galement aux rayonnements - ATF 124 II 219 consid. 7a p. 230). Depuis le 1er f�vrier 2000, l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) contient des r�gles pr�cises � ce propos, qui s'appliquent en particulier aux lignes a�riennes de courant alternatif. A priori, en mati�re d'expropriation de droits de voisinage, il n'y a aucun motif de ne pas appliquer � ces immissions, mutatis mutandis, les r�gles pr�vues pour les immissions de bruit.
Les expropri�s se plaignent d'une violation de l'art. 8 CEDH. Ils en d�duisent une obligation, pour les autorit�s �tatiques, de prendre les mesures n�cessaires � la protection effective du droit au respect de la vie priv�e et familiale, droit dont l'exercice serait menac� par les nuisances provenant de la ligne �lectrique.
L'art. 8 par. 1 CEDH garantit le droit de toute personne au respect de sa vie priv�e et familiale. Il impose � l'Etat d'adopter des mesures raisonnables et ad�quates pour prot�ger ce droit, notamment quand les nuisances d'une installation polluante ou bruyante diminuent aux alentours la qualit� de la vie priv�e (cf. arr�ts de la Cour europ�enne des droits de l'homme du 21 f�vrier 1990 dans l'affaire Powell et Rayner [� 41], du 9 d�cembre 1994 dans l'affaire Lopez Ostra c. Espagne [� 51], et du 19 f�vrier 1998 dans l'affaire Guerra et autres c. Italie [� 58]). Cela �tant, l'art. 8 par. 2 CEDH permet une "ing�rence d'une autorit� publique dans l'exercice" du droit garanti � l'art. 8 par. 1 CEDH si cette ing�rence "constitue une mesure qui, dans une soci�t� d�mocratique, est n�cessaire � la s�curit� nationale, � la s�ret� publique, au bien-�tre �conomique du pays", notamment. Les mesures prises pour l'approvisionnement du pays en �lectricit� entrent manifestement dans ce cadre. Il faut d�s lors, selon la jurisprudence de la Cour europ�enne des droits de l'homme, "avoir �gard au juste �quilibre � m�nager entre les int�r�ts concurrents de l'individu et de la soci�t� dans son ensemble" (cf. arr�ts Powell et Rayner, Lopez Ostra pr�cit�s, ibid.). Cette appr�ciation ou cette pes�e des int�r�ts est intervenue, pour la construction de la ligne �lectrique litigieuse, � l'occasion de l'approbation des plans et de l'examen des oppositions. Si les droits des propri�taires voisins de l'installation sont compromis, ils peuvent pr�tendre � une indemnit� d'expropriation (pour l'expropriation partielle de leur immeuble ou l'expropriation de droits de voisinage). Le droit f�d�ral permet ainsi, dans un cas tel que celui des recourants, de tenir compte des exigences de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 121 II 317 consid. 5c p. 333; cf. �galement ATF 126 II 300 consid. 5c p. 315).
Les expropri�s soutiennent que l'exploitation de la ligne �lectrique provoquerait un d�passement des valeurs limites d'exposition de l'ordonnance sur la protection contre le bruit.
Les valeurs limites d'exposition au bruit de l'industrie et des arts et m�tiers, selon l'annexe 6 de l'OPB, s'appliquent au bruit produit par les installations de production d'�nergie (en allemand: "Energieanlagen") exploit�es r�guli�rement durant une p�riode prolong�e (annexe 6, ch. 1 al. 2), donc au bruit provoqu� par la ligne � haute tension litigieuse (cf. arr�t 1E.13/1998 du 9 novembre 1999, consid. 6a). En admettant que le bien-fonds en cause se trouve dans une zone � laquelle le degr� de sensibilit� au bruit II a �t� attribu� (cf. arr�t 1E.13/1998 du 9 novembre 1999, consid. 6a), les valeurs limites d'immissions d�terminantes (niveau Lr) sont de 60 dB(A) le jour et de 50 dB(A) la nuit. Il r�sulte du dossier de la proc�dure d'opposition que le bruit provoqu� par la ligne � haute tension ne d�passe pas ces valeurs sur la parcelle des expropri�s.
Dans l'hypoth�se d'une perte d'"�cran protecteur" entra�nant la d�pr�ciation de la partie restante de l'immeuble, les bourdonnements et sifflements qu'�voque la d�cision attaqu�e peuvent �tre consid�r�s comme un inconv�nient de fait ou une g�ne, peu sensible, que l'immeuble n'aurait pas subi, ou pas de mani�re aussi perceptible, sans l'expropriation (cf. ATF 109 Ib 298 consid 4a p. 301, o� il est aussi question, � propos d'une installation analogue, de nuisances sonores sous forme de cr�pitements).
Les expropri�s se plaignent par ailleurs de nuisances qui seraient dues aux champs �lectromagn�tiques. Selon eux, la nouvelle ligne �lectrique aurait des effets nocifs sur leur sant�.
Les champs magn�tiques sont provoqu�s par le d�placement de charges �lectriques. Contrairement au champ �lectrique, le champ magn�tique n'appara�t que lorsqu'un appareil �lectrique est allum� et que le courant passe. Son intensit� se mesure en amp�res par m�tre (A/m); toutefois, dans la recherche et les applications techniques, on utilise g�n�ralement une autre grandeur, li�e � l'intensit�: la densit� de flux magn�tique (appel�e aussi induction magn�tique), qui s'exprime en teslas ou plus commun�ment en microteslas (). Plus l'intensit� du courant est forte, plus le champ magn�tique est �lev�. Comme dans le cas du champ �lectrique, le champ magn�tique est d'autant plus intense qu'on est proche de la source et il diminue rapidement lorsque la distance augmente. Les mat�riaux usuels tels que les mat�riaux de construction ne constituent pas un blindage efficace contre les champs magn�tiques.
Une onde �lectromagn�tique est l'association d'un champ �lectrique et d'un champ magn�tique qui varient dans le temps et se propagent dans l'espace. Un courant alternatif cr�e un champ variable dans le temps; il change de sens � intervalles r�guliers. Dans la plupart des pays europ�ens, pour l'�lectricit� du r�seau, ce changement de sens s'op�re avec une fr�quence de 50 Hertz (Hz), soit 50 cycles par seconde; de m�me, le champ magn�tique engendr� par ce courant oscille � raison de 50 cycles par seconde. Les champs �lectromagn�tiques variables dans le temps produits par les appareils �lectriques et les conduites qui les alimentent sont un exemple de champs de fr�quence extr�mement basse (champs FEB, ou en anglais: ELF, Extremely Low Frequency - on entend par l� les fr�quences inf�rieures � 300 Hz).
M�me en l'absence de tout champ �lectrique ext�rieur, le corps humain est le si�ge de micro-courants dus aux r�actions chimiques qui correspondent aux fonctions normales de l'organisme. Les champs �lectriques de basse fr�quence agissent sur l'organisme humain comme sur tout autre mat�riau constitu� de particules charg�es. En pr�sence de mat�riaux conducteurs, les champs �lectriques agissent sur la distribution des charges �lectriques pr�sentes � leur surface; ils provoquent la circulation des courants du corps jusqu'� la terre. Les champs magn�tiques de basse fr�quence font �galement appara�tre � l'int�rieur du corps des courants �lectriques induits dont l'intensit� d�pend de l'intensit� du champ magn�tique ext�rieur. S'ils atteignent une intensit� suffisante, ces courants peuvent stimuler les nerfs et les muscles ou affecter divers processus biologiques (les informations ci-dessus sont tir�es d'un document publi� par l'Organisation mondiale de la sant� [OMS/WHO], intitul� "A propos des champs �lectromagn�tiques", document �labor� dans le cadre de son Projet international pour l'�tude des champs �lectromagn�tiques [projet international CEM, International EMF Project] - cf. page internet http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index.html).
7.2 Au-del� d'une certaine intensit�, les champs �lectromagn�tiques sont susceptibles de d�clencher certains effets biologiques. Un effet biologique peut �tre, ou ne pas �tre, nocif; en d'autres termes, il peut ou non causer une alt�ration d�celable de la sant� des personnes expos�es et de leur descendance. Un organisme scientifique ind�pendant, l'ICNIRP (Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants), a �t� charg� d�s 1992 d'�tudier les risques potentiels li�s aux diff�rents types de rayonnements non ionisants (on entend par l� tous les rayonnements et champs du spectre �lectromagn�tique qui n'ont normalement pas assez d'�nergie pour provoquer l'ionisation de la mati�re). Cette Commission a succ�d� � un groupe �manant d'associations internationales, l'IRPA/INIRC, qui avait entrepris � partir de 1974 d'�laborer des documents sur les crit�res d'hygi�ne relatifs � ces rayonnements, en collaboration avec la Division d'hygi�ne de l'environnement de l'OMS. L'IRPA/INIRC avait publi�, en 1988 et 1990, des guides sur l'exposition aux champs �lectromagn�tiques hautes fr�quences et de fr�quence 50/60 Hz. Ces guides ont �t� remplac�s par la publication de l'ICNIRP intitul�e "Guide pour l'�tablissement de limites d'exposition aux champs �lectriques, magn�tiques et �lectromagn�tiques - Champs alternatifs (de fr�quence variable dans le temps, jusqu'� 300 GHz)", �labor�e en 1998 (pour �tre diffus�e d'abord en anglais) et depuis peu disponible en traduction fran�aise (in: Cahier de notes documentaires - Hygi�ne et s�curit� du travail, Institut National de Recherche et de S�curit�, Paris 2001; ci-apr�s: le Guide [cf. aussi page internet http:// www.icnirp.org/downloads.htm]). Ce Guide a �t� r�dig� � la suite d'une revue qualifi�e d'exhaustive de la litt�rature scientifique publi�e; seuls les effets av�r�s ont �t� retenus comme fondements pour les valeurs limites d'exposition propos�es. Les effets canc�rog�nes � long terme n'ont pas �t� consid�r�s comme av�r�s. Le Guide n'est fond� que sur des effets imm�diats sur la sant�, tels que la stimulation des muscles ou des nerfs p�riph�riques, les chocs et br�lures provoqu�s par le contact avec des objets conducteurs, ou encore l'�l�vation de temp�rature des tissus sous l'effet de l'absorption d'�nergie li�e � l'exposition aux champs �lectromagn�tiques (Guide, p. 21/22). Il pr�cise que l'exposition du corps humain aux champs �lectriques ou magn�tiques basses fr�quences n'entra�ne g�n�ralement qu'une absorption d'�nergie n�gligeable et aucune �l�vation de temp�rature mesurable (ibid., p. 22); l'induction de courants dans les tissus constitue le principal m�canisme d'interaction (ibid. p. 23). Le Guide indique qu'il existe de nombreuses revues bibliographiques des �tudes �pid�miologiques portant sur les risques de cancer li�s � l'exposition � des champs � la fr�quence du r�seau (champ ELF), notamment dans les zones d'habitation; l'ICNIRP estime que les r�sultats de la recherche �pid�miologique sur l'exposition aux champs �lectromagn�tiques et le cancer, et en particulier la leuc�mie de l'enfant, ne sont pas assez assur�s, en l'absence du soutien de la recherche exp�rimentale, pour servir de base scientifique � l'�tablissement de guides pour la limitation de l'exposition (ibid., p. 23, 25).
Le Guide de l'ICNIRP fait la distinction entre la limitation de l'exposition professionnelle et la limitation (plus s�v�re) de l'exposition de la population g�n�rale. Il pr�voit des restrictions de base et des niveaux de r�f�rence. Les restrictions d'exposition de base sont fond�es sur les effets av�r�s sur la sant�. Quant aux niveaux d'exposition de r�f�rence, ils sont fournis � des fins de comparaison avec les valeurs mesur�es des grandeurs physiques; le respect de tous les niveaux de r�f�rence assure normalement la conformit� aux restrictions de base. Toutefois, si les valeurs mesur�es sont sup�rieures aux niveaux de r�f�rence, il ne s'ensuit pas n�cessairement qu'il y ait d�passement des restrictions de base; une analyse d�taill�e serait alors n�cessaire (Guide, p. 34-35). Le Guide comporte donc un tableau des niveaux de r�f�rence pour l'exposition de la population g�n�rale � des champs �lectriques et magn�tiques alternatifs (p. 37).
7.3 Le Conseil f�d�ral a adopt� le 23 d�cembre 1999 l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI; RS 814.710), laquelle est entr�e en vigueur le 1er f�vrier 2000. Cette ordonnance contient une annexe 2, fixant des "Valeurs limites d'immissions pour la valeur efficace de grandeurs de champs" (ch. 1.1 de l'annexe 2; en allemand: "Immissionsgrenzwerte f�r Feldgr�ssen"). Cette liste de valeurs limites d'immissions, en fonction de la fr�quence, correspond � celle du Guide pr�cit� (niveaux de r�f�rence pour l'exposition de la population g�n�rale). Ces valeurs - � distinguer des valeurs limites de l'installation, qui ont une autre signification (art. 2 al. 6 ORNI; cf. notamment ATF 126 II 399 consid. 3b p. 403) - doivent �tre respect�es partout o� des gens peuvent s�journer (art. 13 al. 1 ORNI). Le rapport explicatif sur l'ORNI, publi� en 1999 par l'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage, indique du reste que le droit f�d�ral reprend les valeurs pr�conis�es par l'ICNIRP, le Conseil f�d�ral ayant d�cid� de ne pas �laborer des normes nationales propres dans ce domaine (p. 5-6 du rapport explicatif).
La l�galit� des valeurs limites d'immissions fix�es par cette ordonnance a d�j� �t� admise par le Tribunal f�d�ral (ATF 126 II 399 consid. 4b p. 405; cf. �galement arr�t 1A.62/2001 du 24 octobre 2001, consid. 3a non publi� aux ATF 128 I 59). Cela signifie que, selon l'�tat de la science et l'exp�rience, ces valeurs repr�sentent le seuil en-de�� duquel le rayonnement ne peut pas �tre qualifi� de nuisible ou incommodant (cf. supra, consid. 4.3.2). Il n'y a aucun motif de r�examiner cette question dans le pr�sent arr�t, les recourants n'invoquant du reste pas de nouveaux �l�ments � ce sujet. Avant l'adoption de l'ORNI, la jurisprudence se r�f�rait d�j� aux travaux des organisations internationales, reconnues par la communaut� scientifique et l'Organisation Mondiale de la Sant�, qui ont �labor� les crit�res retenus pour la fixation des valeurs limites d'immissions (IRPA/INIRC, puis ICNIRP; cf. ATF 124 II 219 consid. 7b p. 230; 117 Ib 28 consid. 4b p. 32; arr�t 1E.14/1998 du 9 novembre 1999, consid. 5b, et les r�f�rences).
- densit� du flux magn�tique: 100 
Il ressort du dossier que ces valeurs sont largement respect�es dans le b�timent des expropri�s et � proximit� directe de celui-ci: moins de 150 V/m pour l'intensit� du champ �lectrique, et moins de 1  pour la densit� du flux magn�tique (comme cela a d�j� �t� expos� [supra, consid. 7.1], il est inutile de d�terminer au surplus l'intensit� du champ magn�tique en A/m).
La Commission f�d�rale n'a pas, dans le cas particulier, appliqu� la m�thode de la diff�rence, qui s'impose quelle que soit l'hypoth�se retenue pour l'indemnisation (cf. supra, consid. 3.2). Elle n'a pas d�termin� la valeur v�nale de l'immeuble avant la constitution de la servitude; la d�cision entreprise mentionne un prix de 100 fr./m2 pour le terrain mais le dossier ne fait pas �tat d'investigations � ce sujet (notamment quant aux prix pay�s dans la r�gion pour des terrains analogues - cf. art. 72 LEx et 48 de l'ordonnance concernant les commissions f�d�rales d'estimation [RS 711.1]). Elle n'a pas examin� si l'expropriation entra�nait une d�valuation de la partie restante de l'immeuble au sens de l'art. 22 al. 2 LEx, ou si au contraire on ne se trouvait pas dans cette hypoth�se, ce qu'il faut d�terminer en fonction des circonstances concr�tes, notamment de la distance verticale entre les conducteurs et la maison ainsi que des restrictions d'utilisation du sol � l'int�rieur de l'assiette de la servitude de passage. En arr�tant le montant de l'indemnit� en grande partie ex aequo et bono, la Commission f�d�rale a renonc� � appliquer les normes du droit f�d�ral r�gissant l'estimation et la fixation de l'indemnit� d'expropriation, soit principalement l'art. 19 let. b LEx. Elle a ainsi viol� le droit f�d�ral, tout en constatant de mani�re incompl�te les faits pertinents. Cela justifie l'admission du recours de droit administratif des expropri�s et l'annulation de la d�cision attaqu�e (cf. art. 104 let. a et b OJ). Il convient donc de renvoyer l'affaire � la Commission f�d�rale pour instruction compl�mentaire et nouvelle d�cision (art. 114 al. 2 OJ).
L'admission du recours principal rend sans objet le recours joint de l'expropriante.
Conform�ment � l'art. 116 al. 1 LEx, les frais caus�s par la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral, y compris les d�pens allou�s � l'expropri�, sont support�s par l'expropriant. La soci�t� expropriante devra donc payer l'�molument judiciaire et elle versera une indemnit� aux expropri�s, assist�s par un avocat (cf. art. 153, 153a et 159 OJ).
Le recours de droit administratif des expropri�s est admis dans la mesure o� il est recevable, la d�cision prise le 27 f�vrier 2002 par la Commission f�d�rale d'estimation du 3e arrondissement est annul�e et l'affaire est renvoy�e � cette autorit� pour nouvelle d�cision.
Le recours de droit administratif joint form� par l'expropriante est sans objet.
Un �molument judiciaire de 1'500 fr. est mis � la charge de la soci�t� anonyme L'Energie de l'Ouest-Suisse.
Une indemnit� de 1'500 fr., � payer � titre de d�pens � X.________, Y.________ et aux �poux Z.________, pris solidairement, est mise � la charge de la soci�t� anonyme L'Energie de l'Ouest-Suisse.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties et � la Commission f�d�rale d'estimation du 3e arrondissement.