Source: http://arbitri.lombardiascacchi.com/Escafre_Stephane/escafre05.htm
Timestamp: 2019-02-22 18:49:28+00:00
Document Index: 305570800

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'art. 6', 'art. 6', 'art. 10', 'art.12', 'arrêt ', 'art. 12', 'art. 8', 'art. 8']

Question de Frédéric Buono : Il y a quelques années, j'ai pu assister à quelque chose d'assez surréaliste. Deux forts joueurs se disputant la première place d'un tournoi semi-rapide s'affronte. L'un d'eux (X) croit mater l'autre et arrête la pendule. En réalité, il reste une interposition qui retarde l'échéance d'un coup. Et là, le "futur maté" (Y) dit à son adversaire:
"Tu as arrêté la pendule alors que la partie n'était pas terminée. Donc tu as perdu!". (X) obtempère et "admet" sa "défaite".
- Si (X) avait appelé l'arbitre, qu'aurait du faire ce dernier ?
- Si l'arbitre s'était trouvé devant l'échiquier, qu'aurait-il eu droit de faire sans être sollicité par les deux joueurs ?
Une vielle habitude était de considérer que l'arrêt de la pendule signifiait l'abandon. Ceci n'est pas vrai aujourd'hui, quelle que soit la cadence. (au fait on ne dit plus " semi-rapide " mais " rapide ").
Un joueur peut arrêter la pendule sans risquer de déclencher la colère de Zeus : En fait l'art. 6.12 est assez clair. a) S'il est nécessaire d'interrompre la partie, l'arbitre arrêtera les pendules. b) Un joueur peut arrêter les pendules pour chercher l'assistance de l'arbitre. c) L'arbitre décidera de la reprise de la partie. Si un joueur arrête la pendule pour de " mauvaises raisons ", c'est l'arbitre qui décidera de la sanction (ajouter du temps, avertissement oral, etc.)
- Si le joueur (X) n'est pas d'accord et n'admet pas sa défaite : l'arbitre relancera la pendule. Il peut rajouter du temps à l'adversaire, mais ici (à un coup du mat) ce n'est pas très important.
- Si l'arbitre est présent : si le joueur " admet sa défaite ", c'est l'équivalent d'un abandon, donc la partie est perdue. L'arbitre n'intervient pas. L'arbitre interviendra si les deux joueurs ne sont pas d'accord.
En partie rapide l'arbitre peut intervenir, même s'il n'est pas sollicité par les joueurs. Les restrictions portent sur le déplacement des pièces (coups illégaux) et la chute du drapeau (cf. Appendice B des règles du jeu).
Mat au temps
Parties rapides : peut-on gagner au temps alors que l'adversaire va vous mater au coup suivant ? Nous demande Sylvain Renard (AF3)
Par exemple : Blancs : Rf7 , Df5, Fh1; Noirs : Rh7, pions g3 et h2. Les noirs sont en échec, se font mater au coup suivant, mais réclament le gain car leur malheureux adversaire vient juste de tomber après avoir joué son dernier coup (l'histoire est authentique). L'article 6.9 des règles du jeu précise que "... la partie est nulle, si la position est telle que l'adversaire ne peut mater par aucune suite de coups légaux..." Si on applique le texte à la lettre, il me semble que les noirs peuvent effectivement prétendre avoir gagné au temps, ce qui ne me paraît pas très moral. Pour compliquer encore les choses, je tiens à signaler que dans cette partie, quelques coups auparavant, le conducteur des noirs a perfidement proposé nulle à son adversaire, alors que sa position était désespérée. Cette proposition malhonnête a peut-être suffi à perturber son adversaire et lui faire perdre une ou deux secondes, celles qui lui ont manqué pour gagner. Qu'en pensez vous ?
J'ai sélectionné cette question car elle m'a été posée plusieurs fois sous différentes formes. En préambule à ma réponse, je rappellerai ce qu'on enseigne dans les bonnes facultés de Droit : il existe une différence entre la justice et la morale.
Un joueur perd au temps à un coup du mat. Son adversaire n'a que deux pions face à une Dame et un Fou. En citant l'art. 6.9, vous omettez un passage important : "...c'est à dire même contre un jeu des plus médiocres." La situation est très claire : l'un des pions peut faire une promotion en Dame et ensuite mater l'adversaire. Donc les noirs gagnent contre un jeu des plus médiocres. Ceci peut sembler "immoral" si l'on regarde la position, mais à l'inverse c'est très "juste" si l'on regarde la pendule. Le temps fait partie du jeu : ici pour obtenir une bonne position les blancs ont dépensé tout leur temps. ("Perdre du temps de réflexion, c'est aussi grave que de perdre du matériel", disait Alékhine.)
S'il voulaient faire nulle, ils pouvaient accepter la proposition (malhonnête ?) des noirs, où même demander la nulle à l'arbitre en vertu de l'art. 10.2 "Si un joueur dispose de moins de deux minutes à sa pendule, il peut réclamer la nullité avant que son drapeau ne tombe." . Ici, l'arbitre aurait accordé la nulle sur le champs. Les Blancs ont pris le risque de continuer avec très peu de temps. Ils risquaient de gagner... mais aussi de perdre. Une autre façon de jouer aurait été de prendre les pions avant de tenter de mater pour s'assurer au moins la nulle. Mais tant qu'il reste un pion ...
Quand à la proposition de nulle "perfide" des noirs : Soit elle est faite pour gêner les blancs, on applique l'art.12.5 "Il est interdit de distraire ou de déranger l'adversaire de quelque manière que ce soit; ceci inclut les propositions de nullité répétées", soit elle est faite parce qu'ils pensent que les blancs n'ont pas le temps de mater. Ceci dit comme les blancs peuvent réclamer la nulle à tout moment, on peut considérer que la proposition n'était pas opportune. L'arbitre peut alors décider par exemple d'ajouter du temps de réflexion aux blancs. Cette sanction est trop sévère en général.
Personnellement, je ne sanctionnerai pas ce genre de comportement, à moins qu'il ne se répète.
La tentation de se mettre à la place du joueur est grande, mais ce n'est pas le rôle de l'arbitre qui doit rester impartial. Dans le cas que vous citez, la limite est très claire: il reste encore du matériel pour mater. Donc pas d'état d'âme: c'est perdu.
LA Question existentielle du Blitz...
En Blitz, peut-on prendre le Roi si l'adversaire le laisse en échec ?
Cette question fait référence à l'art. C 3 des Règles du jeu :
Un coup illégal est accompli lorsque la pendule de l'adversaire a été mise en marche. L'adversaire est alors autorisé à demander le gain, mais avant d'effectuer son propre coup.
Si celui-ci est exécuté, le coup illégal ne peut plus être corrigé. Ce sujet a été traité par Commission des Règles du Jeu de la Fide en 1998. La décision finale fût que le Roi ne peut pas être capturé. L'A.G. de la Fide accepta cette recommandation. Dans un soucis d'harmonisation, il est donc recommandé aux arbitres, au début du tournoi, de rappeler la marche à suivre : Si l'adversaire laisse son Roi en échec, le joueur arrête la pendule, il appelle l'arbitre qui détermine si la demande est valable. Si chaque arbitre rappelle que la prise du Roi n'est pas autorisée, cette règle entrera rapidement dans les moeurs.
Enfin, comment sanctionner un joueur qui prend le Roi de son adversaire ? Certains considèrent que la prise du Roi étant un coup illégal c'est le dernier joueur qui a perdu (la première réclamation n'est plus bonne puisque le joueur a effectué son propre coup). Certains acceptaient le gain, mais que ce passe-t-il si l'adversaire (dont on a pris le Roi) réclame à son tour le gain pour coup illégal. Le plus important est de bien signaler au début de la compétition la Règle que vous utilisez. Pour éviter qu'il y ait autant de décisions différentes que d'arbitres : La Commission des Règles du Jeu de la Fide propose (sans l'imposer) en cas de prise du Roi, de donner 0 pt au joueur qui a laissé son Roi en prise, et de donner 1/2 pt au joueur qui a pris le Roi (au lieu de réclamer le gain comme décrit plus haut). Ces sanctions ne sont que des propositions, elles ne sauraient remplacer la décision locale d'un arbitre ou d'une commission d'appel. Lors de compétitions avec des jeunes débutants, il faudra agir avec discernement et par exemple reprendre au dernier coup illégal (n'oublions pas le rôle didactique de l'arbitre). En conclusion : On ne prend pas le Roi. Les sanctions en cas de prise du Roi sont laissées à l'appréciation de l'arbitre. Note du webmestre qui n'engage que lui : Cette question (qui a le dont de m'exaspérer) met en évidence une des principales incohérences des règles du jeu.
La règle est aussi claire que stupide:
1) Le fait de prendre le roi n'est pas un coup illégal d'après le règlement (la phrase coutumière "aux échecs on ne prend pas le roi" ne fait référence à aucun article du règlement) - ce qui est illégal c'est de le laisser ou de le mettre en prise -
2) A la suite d'un coup illégal, pour réclamer le gain, il faut arrêter la pendule, le fait de prendre le roi n'est pas accepté comme preuve que l'adversaire a fait un coup illégal.
3) La partie doit donc continuer sans roi, la personne qui s'est fait prendre le roi ne pouvant plus perdre, même au temps puisque l'adversaire n'a plus les moyens de faire mat.
Les recommandations de l'AG de la FIDE vont contre ses propres règlements et embrouillent beaucoup plus qu'elles ne clarifient.
Ne serait-il pas plus simple de déclarer qu'en partie rapide la prise du roi est tout comme l'arrêt de la pendule un moyen de prouver que l'adversaire a fait un coup illégal ?
Notations hors piste
Lors d'une partie, est-il possible de noter sur une feuille vierge et à la vue de l'adversaire, les variantes imaginées (ou calculées), et les consulter mentalement, sans échiquier bien sur. Si la réponse est positive, cela pourrait vouloir dire que l'on "efface" les trous de mémoire grâce à cette notation. Si la réponse est négative, il semble anormale de ne pouvoir noter des variantes non survenues sur l'échiquier mais susceptibles d'y parvenir.
Certains joueurs oublient le détail des variantes et souhaitent les retrouver, ça semble naturel.
Votre proposition part d'un bon sentiment, mais il faut imaginer les abus qui pourraient survenir avec des méchants joueurs.
Noter la variante est une aide énorme sur de longue suite de coups où l'on risque d'oublier ... si le pion est encore sur la case initiale au 8e coup, ... si le Roi ne passe pas par un échec en milieu de variante, ... si le Cavalier qu'on veut déplacer à la fin du calcul n'est pas cloué... etc.
Et puis imaginez le travail de l'arbitre qui devrait vérifier les notes de dizaine de joueurs ukrainiens, marocains ou laotiens ! La tentation de glisser quelques passages manuscrits de l'Encyclopédie ou de finales de bases serait grande.
Pour information consulter l'art. 12 sur le comportement des joueurs : 12.2 Pendant la partie, il est interdit aux joueurs de faire usage de notes, sources d'informations, conseils, (...) La feuille de partie sera utilisée uniquement pour la notation des coups, les temps indiqués par les pendules, l'offre de nullité, et les faits relatifs à une réclamation.
12.3 Quand une session de jeu est en cours, aucune analyse n'est autorisée dans la salle de jeu, ni par les joueurs, ni par les spectateurs. (...)
J'ai réalisé une tranche FIDE en février 1999 sur 6 parties, j'aimerais savoir jusqu'à quelle date je peux réaliser l'autre tranche me permettant d'obtenir un classement FIDE.
Réponse : Jusqu'au 30 novembre 2000.
Pour obtenir un classement fide, il faut jouer 9 parties, avec une perf. > 2000. On peut faire ces 9 parties en plusieurs fois, avec un minimum de 4 parties à chaque fois. Les "tranches" doivent avoir lieu dans un maximum de 4 "périodes fide" de six mois (Janvier-Juillet-Janvier-Juillet ou Juillet-Janvier-Juillet-Janvier). Donc pour vous en théorie c'est jusqu'en janvier 2000, mais, Art.9.1.3 "Les dates de clôture pour la réception des informations sont normalement le 30 Novembre et le 31 Mai".
Remarque : La 1ère tranche est obligatoirement > 2000. Les suivantes peuvent être < 2000. Mais attention, si le total est inférieur à 2000, on sort avant d'être rentré.
Pour information voici l'art. officiel Art. 9.1.4c "La condition sur les 9 parties n'est pas nécessairement remplie dans un seul tournoi : Les résultats d'autres épreuves, jouées dans la même période ou les 3 suivantes, peuvent être regroupés pour l'obtention du classement initial."
Dans le livre de l'arbitre, il est indiqué que l'arbitre d'un tournoi homologué FFE ou FIDE, ne peut pas (ne doit pas !) accepter de joueurs français sans licence. L'obligation d'avoir, lorsqu'on est étranger, une licence valable dans l'une des fédérations de la FIDE n'est pas mentionnée très clairement. Sauf lecture "incorrecte", le livre de l'arbitre dit que l'on peut adresser une information à la fédération dont dépend le joueur, si celui-ci fait l'objet de sanctions lors du tournoi.
La question est donc, quelle est la conduite à avoir, et la lecture à faire des textes du livre de l'arbitre dans le cas suivant.
Un joueur étranger, non FIDE, s'inscrit à un tournoi homologué FFE et/ou FIDE, sans licence FFE, en disant qu'il est licencié dans un autre pays et...?
a) Il est effectivement licencié dans son pays b) Il n'est licencié nulle part
Réponse : L'Art. 2.6 des Compétitions Homologuées interdit à l'arbitre d'accepter un joueur non licencié. Le joueur qui est licencié dans une fédération étrangère doit demander une attestation à sa fédération (ou à défaut à sa Ligue ou à son Club). L'Arbitre lui fournira une grille de résultats qui sera utilisée pour son classement national. Si le joueur n'est pas en mesure de prouver qu'il est licencié dans un autre pays, on applique la suite de l'art. "Les joueurs non licenciés en début de tournoi devront prendre une licence dans le club organisateur qui s'engage à fournir un reçu à ces joueurs et à envoyer le bordereau de demande de licence au Secrétariat fédéral au plus tard 3 jours après la fin du tournoi."
Question de Jean Galtier (AF3) : J'aimerais savoir combien puis-je prendre de stagiaires en même temps (un même tournoi) ?
D'autre part, est-il nécessaire qu'ils aient déjà leur UV3 ? Leurs U.V. 1 et U.V. 2 (s'ils ont passé l'examen, mais n'en ont pas encore les résultats ? ou bien s'ils ont suivi le stage, mais pas encore passé d'examen ?)
La D.N.A. fait une différence entre candidat-arbitre et stagiaire. Le candidat : il n'a pas encore toutes ses U.V.. Le stagiaire : il a réussi ses 3 U.V.. Vous pouvez prendre plusieurs "adjoints" (candidats ou stagiaires) sur un tournoi, mais seul un stagiaire pourra établir le rapport du tournoi. Les attestations d'arbitrage peuvent être établies pour plusieurs adjoints, ainsi que les certificats de zeitnot.
Rappelons que le "Quota minimal" est de un arbitre principal + un adjoint par tranche de 100 joueurs (ex. : pour 120 joueurs --> un arbitre principal + 1 arbitre secondant ou stagiaire).
Il est conseillé qu'un adjoint ait suivi un stage d'arbitrage. Il n'est pas nécessaire d'attendre les résultats des examens.
Impossible à reconstituer !
Lors d'un zeitnot mutuel les 2 joueurs ne notent plus depuis le 20e coup et l'arbitre, devant la rapidité des coups n'a pu que marquer des tirets mais est certain que le 40e coup n'a pas été joué. Suite au tombé d'un drapeau l'arbitre demande aux joueurs de reconstituer la partie. Ni les joueurs ni l'arbitre ne peuvent reconstituer la partie. Quelle est la décision de l'arbitre ?
Une question simple en apparence, le cas est fréquent chez les néophytes et chez les arbitres fatigués. Les réponses sont souvent variées à cause de l'art. 8.6. Si les feuilles de partie ne sont pas en état de montrer qu'un joueur a dépassé le temps imparti, le prochain coup sera considéré comme le premier de la période de temps suivante, sauf s'il est évident que davantage de coups ont été joués. Cet article est utile si l'arbitre est absent, mais s'il est sur place : il est très simple de compter les coups ce qui suffit à indiquer le nombre de coups joués.
Si l'arbitre n'a pas le temps d'écrire tous les coups : Le plus simple est de noter l'initiale de la pièce (RDCFT), c'est rapide et ça facilite la reconstitution (noter des tirets est un pis-aller. Pour les arbitres très fatigués, ils peuvent ne noter que les coups des Blancs par exemple). Une grosse faute serait de bien noter 35.Ce2xd4 et de sauter le 36e coup !
Dans le cas présent on applique les articles 6.8 On considère que le drapeau est tombé quand l'arbitre constate le fait ou que l'un ou l'autre des deux joueurs ait dûment demandé que ce fait soit constaté. et 6.9 (...) la partie est perdue par le joueur qui n'a pas achevé le nombre de coups prescrits dans le temps imparti (...).
L'arbitre sert de témoin objectif, s'il a compté 37 coups (par exemple) et qu'il est sûr de lui alors la partie est perdu. Si le joueur vous rétorque que vous n'avez aucunes preuves, vous pouvez montrer les tirets. Mais même si vous avez compté sur vos doigts c'est suffisant ! La parole de l'arbitre suffit dans de nombreux cas (chute du drapeau, pièce touché etc. ). En revanche si vous n'êtes pas sûr de vous, appliquez l'art. 8.6. sinon vous pourriez commettre une injustice.