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Timestamp: 2016-10-28 00:41:18+00:00
Document Index: 309054642

Matched Legal Cases: ['art. 837', 'art. 48', 'in casu', 'ATF ', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 63', 'ATF ', 'in fine', 'ATF ', 'art. 32', 'art. 375', 'art. 374', 'art. 377', 'art. 837', 'art. 113', 'art. 5', 'art. 5', 'art. 113', "l'article 5", 'art. 30', 'art. 46', 'art. 19', 'art. 363', 'art. 113', 'ATF ', 'in fine', 'art. 113', 'art. 113', 'art. 74', 'art. 117', 'art. 117', 'art. 117', 'art. 20', 'art. 113', 'art. 74', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 363', 'ATF ', 'ATF ', 'in fine', 'art. 363', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 363', 'art. 363', 'art. 363', 'art. 396', 'art. 11', 'ATF ', 'art. 396', 'ATF ', 'art. 33', 'art. 33', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 3', 'art. 363', 'art. 374', 'art. 672', 'art. 374', 'art. 8', 'art. 672', 'art. 727', 'ATF ', 'art. 374', 'art. 374', 'art. 373', 'art. 374', 'art. 375', 'art. 372', 'ATF ', 'art. 372', 'ATF ', 'art. 377', 'art. 377', 'ATF ', 'art. 377', 'in fine', 'ATF ', 'art. 377', 'art. 377', 'art. 372', 'art. 377', 'art. 377', 'art. 377', 'art. 50', 'art. 51', 'art. 120', 'art. 120', 'art. 120', 'art. 120', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 50', 'art. 50', 'art. 51', 'ATF ', 'art. 837', 'art. 837', 'art. 839', 'art. 839', 'art. 156']

demandeur et intim�, repr�sent� par Me Nicolas Fardel, avocat, avenue de la Gare 32, case postale, 1951 Sion.
A.a P.________, ressortissant britannique domicili� � Key West (Floride, Etats-Unis d'Am�rique), a fait construire en 1975-1976 � L.________ (Valais) un chalet dit Y.________. Dans les ann�es 1990, P.________ a d�cid� de se faire construire un nouveau chalet en Valais, � O.________. Il a confi� cette t�che � E.________, constructeur de chalets dans ce village, avec lequel il �tait alors tr�s li�. A cette fin, P.________ a r�dig� une convention dont la teneur est la suivante:
Entre les soussign�s: d'une part: P.________, domicili�s (sic) � Key West et d'autre part: E.________ constructeur de chalets, O.________.
P.________ confient (sic) � E.________ la surveillance du chantier pour la construction de son chalet sur la parcelle W.________, selon les plans, pour les fa�ades ext�rieures. Pour l'int�rieur aussi sauf modification du propri�taire qui voudrait apporter.
P.________ s'engage � payer toutes les factures concernant son chalet selon les devis approuv�s par lui et la surveillance de E.________ lequel signe les acomptes et la facture d�finitive pour chaque corps de m�tiers.
P.________ apportera entre le 22.12.1995 et le 30.01.1996 le solde n�cessaire pour terminer les paiements de la construction. En cas de travaux suppl�mentaires ou impr�vus dans le terrassement ou autre, E.________ avisera par fax � P.________ lesquels (sic) approuvera les travaux suppl�mentaires ou les refusera et renverrat (sic) le fax afin qu'il n'y aie (sic) aucune divergence.
Les honoraires de E.________ seront de 13.8 % des factures et des travaux fait (sic) par lui; ne sont pas compt�s les honoraires d'ing�nieur pour calcul de r�sistance du b�ton arm� et de la dalle lesquels seront pay�s en plus.
Ainsi fait � O.________ le 22 octobre 1994
P.________ et E.________ ont sign� l'accord susmentionn� en regard des termes "Les ma�tres d'oeuvre".
A.b En septembre 1995, P.________ a achet� � E.________ la parcelle W.________, sise sur la commune de O.________ pour le prix de 160'000 fr.
C'est E.________ qui a �tabli les plans et entrepris les d�marches pour obtenir l'autorisation d'acquisition d'immeuble par un �tranger ainsi que le permis de construire. Il a �t� retenu que la Commission des constructions a statu� sur deux projets successifs, car les plans avaient �t� modifi�s pour int�grer un demi sous-sol suppl�mentaire et pour agrandir le rez-de-chauss�e, de sorte que le cubage, qui �tait de 645,3 m3 dans le projet � la base de la convention du 22 octobre 1994, est pass� � 705,4 m3 dans le projet autoris� le 21 juin 1996. Apr�s avoir requis l'�tablissement de devis, E.________ a adjug� les travaux � des entreprises de la r�gion auxquelles il avait auparavant fait appel dans le cadre d'autres chantiers.
Les travaux ont d�but� en novembre 1995, E.________ en assumant la direction. Le pr�nomm� a supervis� les factures et pay� les entrepreneurs, essentiellement au moyen d'acomptes totalisant 359'646 fr. 80 vers�s par P.________ sur un compte ouvert au nom de E.________.
P.________, qui se rendait chaque �t� � O.________, a suivi de pr�s toutes les �tapes de la r�alisation de son chalet, qu'il avait baptis� Z.________ Il s'est enquis r�guli�rement par fax de l'avancement des travaux aupr�s de E.________ et est intervenu dans le choix des mat�riaux et des �quipements pour proc�der � des modifications ou passer de nouvelles commandes destin�es � rendre le chalet plus grand et plus luxueux. Il est arriv� que P.________ communique des instructions aux entrepreneurs, certaines fois directement, d'autres fois par l'entremise de E.________.
Le co�t final de la construction, y compris l'achat du terrain, s'est �lev� � 894'703 fr., auquel s'ajoutait un montant de 26'719 fr. 85 pour le mobilier et la lustrerie. En �t� 1997, P.________, apr�s avoir reproch� � E.________ de ne pas l'avoir pr�venu de l'augmentation importante du co�t du chalet, a d�clar� qu'il ne paierait pas le solde des travaux. Avant m�me l'ach�vement de ceux-ci, il a exig� de E.________ la restitution des cl�s. Par courrier du 16 janvier 1998, P.________ a refus� la livraison de l'ouvrage, puis, le 29 janvier 1998, il a ouvert action contre E.________ en paiement de 307'013 fr., correspondant � la diff�rence entre le co�t du chalet et les montants d�j� vers�s.
A.c.a Le 15 janvier 1995, E.________, agissant au nom de P.________, et C.________, qui exploite en raison individuelle une entreprise d'�lectricit�, ont conclu un contrat d'entreprise pro forma dans le cadre de la proc�dure d'autorisation d'acquisition d'un immeuble par un �tranger. Les travaux, qui avaient trait � l'installation du courant fort, du courant faible et du t�l�phone dans le chalet Z.________, devaient �tre r�alis�s entre le 1er avril et le 1er novembre 1995.
Le 23 mai 1996, C.________ a adress� � E.________ un devis estimatif pour l'ensemble des installations �lectriques, � l'exception de la lustrerie, qui se montait, TVA non incluse, � 16'010 fr. 95 plus 6 % de frais d'�tude technique, un rabais de 8 % �tant offert. Sur cette base, E.________ a adjug� � C.________ la totalit� de ces travaux. Par la suite, P.________ a modifi� les commandes et en a pass� de nouvelles; il a ainsi indiqu� lui-m�me o� les lumi�res devaient �tre plac�es et a exig� la pose de nombreuses prises �lectriques.
A.c.b Le 10 juin 1997, E.________ a vers� � C.________ un acompte de 10'000 fr.
L'ensemble des travaux effectu�s par C.________, lequel a travaill� sur le chantier du chalet Z.________ jusqu'au 21 octobre 1997, a donn� lieu � l'�tablissement d'une facture d'un montant total de 36'512 fr. 45.
P.________ a refus� de verser le solde restant d� de cette facture.
Le 17 d�cembre 1997, C.________ a d�pos� aupr�s du Tribunal des districts d'H�rens et Conthey une requ�te en inscription provisoire en sa faveur d'une hypoth�que l�gale des artisans et entrepreneurs de 26'512 fr. 45, sans int�r�t, sur la parcelle propri�t� de P.________. Le Juge de district comp�tent a ordonn� le 18 d�cembre 1997 l'inscription provisoire requise, qui a �t� op�r�e le lendemain au registre foncier; l'annotation �tait valable jusqu'� droit connu sur le fond, l'action devant �tre introduite dans les trois mois d�s l'inscription, sous peine de d�ch�ance.
Par m�moire-demande du 10 mars 1998, C.________ a ouvert action contre P.________. Le demandeur a conclu � ce que le d�fendeur soit condamn� � lui verser la somme de 26'512 fr. 45 plus int�r�ts � 5 % d�s le 1er d�cembre 1997, l'hypoth�que l�gale provisoire �tant inscrite � titre d�finitif � concurrence du montant susmentionn�.
Par exploit des 6/7 mai 1998, le d�fendeur a appel� E.________ en garantie, lequel a d�clar� refuser la garantie.
Contestant la comp�tence ratione loci des tribunaux suisses pour se saisir de l'affaire, P.________ a conclu au fond au rejet dans la mesure de leur recevabilit� et de la demande en paiement et de la demande en inscription d�finitive d'hypoth�que l�gale; le d�fendeur s'est encore pr�valu de la compensation entre sa dette et la cr�ance en dommages-int�r�ts pour inex�cution contractuelle qu'il pr�tend d�tenir contre le demandeur.
En cours d'instance, une expertise a �t� confi�e � M.________, architecte EPFZ. Selon ce dernier, le chalet est conforme aux souhaits du ma�tre de l'ouvrage et le co�t final correspond approximativement � la valeur des travaux, qu'il estime dans leur ensemble � 776 184 fr 75. L'expert a confirm� qu'en dehors de quelques d�fauts mineurs, le chalet - dont le degr� de confort d�passe le standard moyen - avait �t� r�alis� dans les r�gles de l'art avec des mat�riaux d'excellente qualit�. S'agissant des travaux ex�cut�s par le demandeur, il a relev� que les prix pratiqu�s l'avaient �t� � un tarif inf�rieur � celui qui aurait pu �tre utilis� et a confirm� les m�tr�s � la base de la facturation. L'expert a constat� que les travaux, r�alis�s conform�ment aux normes techniques usuelles, ne pr�sentaient aucun d�faut. Il a admis que les installations �lectriques �taient termin�es, sous r�serve de la pose d'une lumi�re dans le r�duit dont l'emplacement devait encore �tre d�termin� par le propri�taire. L'expert judiciaire a confirm� que la valeur des travaux ex�cut�s correspondait au montant factur� par le demandeur.
Par jugement du 18 f�vrier 2003, la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan a d�clar� le d�fendeur d�biteur du demandeur de 26'512 fr. 45 avec int�r�ts � 5 % d�s le 10 mars 1998. Elle a �galement ordonn� l'inscription d�finitive d'une hypoth�que l�gale au sens de l'art. 837 al. 1 ch. 3 CC de 26'512 fr. 45 devant grever en faveur du demandeur le bien-fonds dont le d�fendeur est propri�taire sur la commune de O.________, dite inscription confirmant celle op�r�e � titre provisoire le 19 d�cembre 1997.
P.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre le jugement pr�cit�. Invoquant la violation de toute une s�rie de dispositions de droit f�d�ral, il conclut � ce que tant la demande en paiement que la demande en inscription d�finitive d'hypoth�que l�gale soient rejet�es, la cause �tant renvoy�e � la Cour civile pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse - d�termin�e in casu par le montant de la cr�ance � garantir d�s l'instant o� celui-ci ne d�passe pas la valeur du gage (cf. ATF 106 II 22 consid. 1) - atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
1.2 Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu � rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ; ATF 127 III 248 ibidem). Dans la mesure o� une partie recourante pr�sente un �tat de fait qui s'�carte de celui contenu dans la d�cision attaqu�e, sans se pr�valoir avec pr�cision de l'une des exceptions qui viennent d'�tre rappel�es, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 127 III 248 consid. 2c). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours n'est pas ouvert pour se plaindre de l'appr�ciation des preuves et des constatations de fait qui en d�coulent (ATF 127 III 543 consid. 2c; 126 III 189 consid. 2a; 125 III 78 consid. 3a).
Le Tribunal f�d�ral ne saurait aller au-del� des conclusions des parties (qui ne peuvent en prendre de nouvelles: art. 55 al. 1 let. b OJ), mais il n'est pas li� par les motifs qu'elles invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par l'argumentation juridique retenue par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 128 III 22 consid. 2e/cc in fine; 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a). Le Tribunal f�d�ral peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux invoqu�s par le recourant; il peut aussi rejeter un recours en op�rant une substitution de motifs, c'est-�-dire en adoptant une autre argumentation juridique que celle retenue par la cour cantonale (ATF 127 III 248 consid. 2c).
Apr�s avoir admis sa comp�tence � raison du lieu tant en ce qui concerne la demande en paiement que pour la pr�tention en inscription d�finitive d'une hypoth�que l�gale, l'autorit� cantonale a retenu en substance que le d�fendeur et E.________ avaient conclu le 22 octobre 1994 un contrat d'architecte global. Ce dernier �tait ainsi investi du pouvoir de conclure les contrats d'entreprise au nom du ma�tre de l'ouvrage, de sorte que le d�fendeur est li� contractuellement au demandeur en vertu de l'art. 32 CO. La Cour civile a consid�r� que les travaux d'installation �lectrique avaient �t� adjug�s � l'intim� sur la base d'un devis fixant des prix unitaires, lesquels constituaient des indications de prix approximatifs au sens de l'art. 375 CO. Elle a jug� que si la facture finale s'�levait � pr�s du double du prix devis�, cela s'expliquait par les commandes suppl�mentaires et les modifications d�sir�es par le d�fendeur; quant aux prix des travaux en r�gie, ils �taient conformes � l'art. 374 CO. Les magistrats valaisans ont admis que le d�fendeur, qui avait emp�ch� le demandeur d'achever ses travaux, avait r�sili�, par actes concluants, le contrat d'entreprise; le demandeur �tait donc fond�, conform�ment � l'art. 377 CO, � r�clamer d�s la r�siliation la r�mun�ration du travail accompli, laquelle correspondait au montant factur�, soit 36'512 fr. 45, sous d�duction de l'acompte de 10'000 fr. d�j� vers�. La Cour civile a encore pos� que le demandeur, dont E.________ n'�tait pas l'auxiliaire, n'avait pas � r�pondre du dommage �ventuellement caus� au d�fendeur par le pr�nomm�. Enfin, l'autorit� cantonale a admis que les conditions prescrites par les art. 837 al. 1 ch. 3 et 839 CC pour l'inscription d�finitive d'une hypoth�que l�gale des artisans et entrepreneurs �taient r�alis�es.
3.1 Dans un premier moyen, le recourant fait valoir qu'en appliquant l'art. 113 LDIP en lieu et place de l'art. 5 ch. 1 de la Convention de Lugano (CL; RS 0.275.11), la cour cantonale a viol� le droit f�d�ral. Comme le d�fendeur conteste l'existence m�me d'un contrat d'entreprise nou� avec le demandeur, poursuit-il, "le for du lieu de l'ex�cution pr�vu � l'art. 5 ch. 1 CL est � disposition... (et) l'art. 113 LDIP s'efface devant l'article 5 ch. 1 (CL)". Mais, puisque le recourant n'est pas domicili� sur le territoire d'un Etat contractant, il conviendrait de rattacher le paiement de la dette du ma�tre � l'�gard de l'entrepreneur total avec le droit du pays o� se situent les avoirs bancaires du d�biteur, soit en l'occurrence le droit am�ricain. En tout �tat de cause, le d�fendeur pourrait exciper non moins que des fors du domicile de l'art. 30 al. 2 Cst., des fors de la LP (art. 46 et 50 LP) et de celui de l'art. 19 LFors (RS 272). Ce serait ainsi en violation du droit f�d�ral que le lieu d'ex�cution aurait �t� localis� en Suisse, au domicile du cr�ancier pr�tendu, si bien que la comp�tence locale et la comp�tence mat�rielle de la Cour civile n'existeraient pas au regard des r�gles du droit international priv�.
Quoi qu'en pense le recourant, il n'y a donc pas de r�gles de comp�tence � prendre en consid�ration sur la base de la Convention de Lugano.
Il ressort des constatations cantonales que le demandeur a ex�cut�, moyennant r�mun�ration, des travaux d'�lectricit� dans le cadre de la construction du chalet Z.________, propri�t� du d�fendeur. Selon la loi du for, le seul rapport de droit qui peut entrer en consid�ration est le contrat d'entreprise (cf. art. 363 ss CO).
Lorsque le d�fendeur, � l'exemple de P.________, n'a ni son domicile ni sa r�sidence habituelle en Suisse, le lieu d'ex�cution du contrat constitue, � teneur de l'art. 113 LDIP, le facteur de rattachement en cas de conflits de juridiction. Le for du lieu d'ex�cution instaur� par cette norme est � disposition m�me s'il y a litige sur la validit� du contrat en cause (ATF 126 III 334 consid. 3b in fine).
Dans le cas pr�sent, les parties ne sont pas convenues d'un lieu d'ex�cution d�termin� du contrat d'entreprise. Le recourant pr�tend qu'il se situe aux Etats-Unis, pays o� sont d�pos�s les avoirs qu'il pourrait �tre amen� � mettre � contribution, alors que l'intim� affirme qu'il se trouve � O.________, o� est sis le chalet Z.________. Lorsque la d�termination du lieu o� le contrat doit �tre ex�cut� est litigieuse, il y a une controverse doctrinale � propos du droit selon lequel ce lieu doit �tre d�termin�. Pour certains auteurs (cf. Marc Amstutz/Nedim Peter Vogt/Markus Wang, Commentaire b�lois, n. 13 ad art. 113 LDIP; Fran�ois Knoepfler/Philippe Schweizer, Droit international priv� suisse, 2e �d., ch. 604 p. 266), il convient de se fonder sur le droit rendu applicable au contrat par le droit international priv� suisse (lex causae). Pour d'autres auteurs (cf. Max Keller/Jolanta Kren Kostkiewicz, IPRG-Kommentar, n. 14 s. ad art. 113 LDIP; Paolo Michele Pattochi, I contratti internazionali, in Il nuovo diritto internazionale privato in Svizzera, Milan 1990, p. 200-202), la d�termination du lieu d'ex�cution doit se faire selon la loi du for (lex fori), par application de l'art. 74 CO.
3.4.1 Selon l'art. 117 al. 1 LDIP, le contrat est r�gi par le droit de l'Etat avec lequel il pr�sente les liens les plus �troits. Ces liens sont r�put�s exister avec l'Etat dans lequel la partie qui doit fournir la prestation caract�ristique a sa r�sidence habituelle ou, si le contrat est conclu dans l'exercice d'une activit� professionnelle ou commerciale, son �tablissement (art. 117 al. 2 LDIP). En mati�re de contrat d'entreprise, la prestation caract�ristique d�terminante est celle de l'entrepreneur qui ex�cute l'ouvrage (art. 117 al. 3 let. c LDIP; Gaudenz G. Zindel/Urs Pulver, Commentaire b�lois, 3e �d., n. 32 ad Vorbemerkungen zu Art. 363-379 CO). En cons�quence, le contrat d'entreprise, s'il n'y a pas d'�lection de droit, est r�gi en droit international priv� suisse - s'agissant de l'exercice d'une activit� professionnelle ou commerciale - par le droit de l'Etat dans lequel l'entrepreneur a son �tablissement, lequel se trouve dans l'Etat o� il a le centre de ses activit�s professionnelles ou commerciales (art. 20 al. 1 let. c LDIP). Le demandeur exploite sa raison individuelle � A.________, en Valais, si bien que l'existence et les effets du contrat d'entreprise rel�vent du droit suisse, qui est le droit applicable � la d�termination du lieu d'ex�cution. Or, ainsi qu'on le verra ci-dessous, l'ex�cution de l'obligation p�cuniaire litigieuse, en vertu du Code des obligations de la Suisse, est fix�e en Valais, de sorte que les tribunaux de ce canton sont comp�tents ratione loci pour conna�tre de l'action en paiement du demandeur (art. 113 LDIP).
3.4.2 D'apr�s l'art. 74 al. 2 ch. 1 CO - applicable en tant que lex fori -, si les parties n'ont pas pr�vu le lieu o� l'obligation doit �tre ex�cut�e, lorsqu'il s'agit d'une somme d'argent, le paiement s'op�re dans le lieu o� le cr�ancier est domicili� � l'�poque du paiement. Dans la pr�sente affaire, l'intim�, qui se pr�vaut d'une cr�ance en paiement contre le recourant, est domicili� � A.________ (Valais), qui est donc le lieu d'ex�cution de l'obligation. Ce facteur de rattachement donne comp�tence aux tribunaux valaisans pour juger de l'action en paiement de l'intim�.
Le chalet dit Z.________ sur lequel le demandeur a requis l'inscription provisoire d'une hypoth�que l�gale �tant sis � O.________, en Valais, les tribunaux valaisans sont bel et bien comp�tents pour conna�tre du droit � l'inscription d�finitive de ce droit de gage.
4.1 A l'appui de son deuxi�me moyen, le recourant pr�tend que la cour cantonale a err� en qualifiant de contrat d'architecte global la convention pass�e le 22 octobre 1994 entre E.________ et le d�fendeur. Ce dernier all�gue qu'il a charg� E.________ d'�tablir les projets et les plans du chalet, puis de r�aliser l'entier de l'ouvrage et de garantir le r�sultat promis. Le recourant fait valoir qu'�tant domicili� � l'�tranger, il n'entendait pas donner carte blanche � E.________ pour signer des contrats en son nom, mais qu'il souhaitait prendre possession d'un chalet livr� cl� en mains � la date et au prix convenus. Quant � la surveillance du chantier confi�e � l'int�ress�, les parties contractantes seraient convenues qu'elle devait porter exclusivement sur des ouvrages de construction pr�d�finis, en sorte que la mission en cause ferait ressortir une obligation de livrer un r�sultat. A suivre le d�fendeur, le contrat pr�cit� constituerait un contrat d'entreprise totale, si bien que seul E.________ serait d�biteur de l'intim� avec lequel il aurait conclu un contrat de sous-traitance.
4.2 Il n'est pas contest� que le demandeur n'est pas partie � la convention du 22 octobre 1994, laquelle a �t� conclue entre le d�fendeur et E.________. La qualification de cet accord est toutefois d�cisive pour juger de la pr�tention de l'intim� contre le d�fendeur.
En effet, si la th�se du recourant devait �tre suivie et que la convention pr�cit�e devait �tre reconnue comme un contrat d'entreprise totale, le demandeur, en tant que sous-traitant de l'entrepreneur total E.________, n'aurait aucune relation contractuelle avec le ma�tre de l'ouvrage, puisque, dans un tel cas de figure, celui-ci n'est li� qu'avec l'entrepreneur total par un contrat d'entreprise qui porte sur la r�alisation de toute la construction (cf. � ce propos Peter Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation fran�aise par Beno�t Carron, n. 223 p. 73 s. et les r�f�rences doctrinales). Autrement dit, la qualit� pour agir du demandeur devrait �tre ni�e et l'action qu'il a intent�e contre le d�fendeur devrait �tre rejet�e.
En revanche, si l'accord du 22 octobre 1994 constituait bien un contrat d'architecte global, ainsi que l'a retenu l'autorit� cantonale, l'architecte E.________ pourrait avoir engag� le recourant et ma�tre de l'ouvrage en adjugeant � l'intim�, au nom du ma�tre, des travaux d'installation �lectrique, � supposer �videmment que E.________ ait �t� habilit� � conclure des contrats d'entreprise pour le d�fendeur.
C'est pourquoi il convient pr�liminairement de bien d�limiter ces deux figures contractuelles en rappelant bri�vement leur nature et leurs sp�cificit�s propres.
4.3.1 Selon la jurisprudence, la notion juridique d'entrepreneur total a sa source dans celle d'entrepreneur g�n�ral. Ce dernier s'engage � l'�gard du ma�tre � r�aliser la totalit� d'un ouvrage ou d'une partie d'ouvrage en prenant la place des diff�rents entrepreneurs partiels qui sont charg�s de prestations sp�cifiques (ATF 114 II 53 consid. 2a et les r�f�rences; Pierre Tercier, les contrats sp�ciaux, 3e �d., n. 3901 p. 570; Gauch, op. cit., n. 223 p. 73).
Quant � l'entrepreneur total, il est charg�, en plus de t�ches de l'entrepreneur g�n�ral, de l'�tablissement des �tudes de projets et des plans (ATF 114 II 53 ibidem). On a d�j� vu que le contrat pass� entre l'entrepreneur total et le ma�tre de l'ouvrage se qualifie comme un contrat d'entreprise au sens de l'art. 363 CO (ATF 117 II 273 consid. 3a; 114 II 53 consid. 2b), et cela m�me si le premier d�l�gue l'ensemble des travaux � des entreprises sous-traitantes (ATF 97 II 66 consid. 1 in fine). Dans le contrat d'entreprise totale, les diff�rentes prestations de l'entrepreneur concourent en effet � la r�alisation d'une prestation unique, � savoir une construction rattach�e au sol (Bauwerk) (Alfred Koller, Commentaire bernois, n. 199 ad art. 363 CO).
4.3.2 Le contrat d'architecte global est celui par lequel un architecte se charge au moins de l'�tablissement des plans (esquisses et projets de construction, plans d'ex�cution et de d�tail) et de la direction des travaux, avec ou sans l'adjudication de travaux (ATF 127 III 543 consid. 2a; Gauch, op. cit., n. 57 p. 18). S'agissant des conditions personnelles du contrat, il sied de pr�ciser qu'il n'est nul besoin de disposer de qualifications particuli�res - et notamment d'un dipl�me - pour s'engager valablement � ex�cuter des prestations d'architecte (Pierre Tercier, La formation du contrat et les clauses d'architecte, in: Le droit de l'architecte, 3e �d., Fribourg 1995, n. 129 p. 46).
Il est de jurisprudence que le contrat d'architecte complet constitue un contrat mixte, qui rel�ve, suivant les prestations, du mandat ou du contrat d'entreprise (ATF 127 III 543 consid. 2a; 114 II 53 consid. 2b; 110 II 380 consid. 2).
4.4 Face � un litige sur l'interpr�tation de clauses contractuelles, le juge doit tout d'abord s'efforcer de d�terminer la commune et r�elle intention des parties, en proc�dant � l'interpr�tation dite subjective, dont le r�sultat rel�ve des constatations de fait qui lient le Tribunal f�d�ral.
Si la volont� r�elle des parties ne peut pas �tre �tablie ou si elle est divergente, le juge doit recourir � l'interpr�tation objective, fond�e sur la th�orie de la confiance. L'application du principe de la confiance est une question de droit que le Tribunal f�d�ral peut examiner librement dans le cadre du recours en r�forme. Toutefois, pour trancher cette question, il faut s'appuyer sur le contenu des manifestations de volont� et sur les circonstances, lesquelles rel�vent du fait (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 128 III 419 consid. 2.2; 127 III 444 consid. 1b). Il doit �tre rappel� que le principe de la confiance permet d'imputer � une partie le sens objectif de sa d�claration ou de son comportement, m�me si celui-ci ne correspond pas � sa volont� intime (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 128 III 419 consid. 2.2 et les r�f�rences doctrinales).
Le sens d'un texte, apparemment clair, n'est pas forc�ment d�terminant, de sorte que l'interpr�tation purement litt�rale est prohib�e. M�me si la teneur d'une clause contractuelle para�t limpide � premi�re vue, il peut r�sulter d'autres conditions du contrat, du but poursuivi par les parties ou d'autres circonstances que le texte de ladite clause ne restitue pas exactement le sens de l'accord conclu (ATF 129 III 118 consid. 2.5; 127 III 444 consid. 1b).
4.5 La cour cantonale n'ayant pas �tabli la volont� r�elle des cocontractants � la convention du 22 octobre 1994, l'interpr�tation qu'elle a donn�e de l'accord en vertu de la th�orie de la confiance peut �tre revue en instance de r�forme.
Il a �t� retenu que E.________ a dress� les plans du chalet. On ne peut rien tirer de cet �l�ment, d�s l'instant o� il entre tant dans les t�ches d�volues � l'entrepreneur global que dans celles de l'architecte global.
La cour cantonale a consid�r� que la r�mun�ration de E.________, arr�t�e au 13.8 % "des factures et des travaux fait (sic) par lui", �tait qualifi�e dans l'accord d'honoraires, terme qui s'utilise en g�n�ral dans un contrat d'architecte. On ne saurait la suivre dans cette voie. La notion d'honoraires donne en r�alit� � penser qu'il est question de la r�mun�ration d'une personne de condition lib�rale, peu importe le type de contrat en vertu duquel celle-ci a agi. Autrement dit, on parle �galement d'honoraires si les prestations de l'architecte ont �t� effectu�es dans le cadre d'un contrat d'entreprise (cf. Anton Egli, Das Architektenhonorar, in: Le droit de l'architecte, 3e �d., Fribourg 1995, n. 889 p. 297 et les notes 4 et 5).
En revanche, les indices suivants plaident nettement en faveur de la th�se de la conclusion d'un contrat d'architecte global. Il appert tout d'abord que le d�fendeur a confi� � E.________ la surveillance du chantier ouvert pour la construction du chalet Z.________. Cette activit� de direction des travaux repr�sente une des obligations caract�ristiques de l'architecte, qui est consid�r� de mani�re g�n�rale comme l'homme de confiance du ma�tre (Tercier, op. cit., n. 4858 p. 700; Gauch, op. cit., n. 55/56 p. 18; Alfred Koller, Commentaire bernois, n. 193 ad art. 363 CO). Le fait que le recourant s'est "(engag�) � payer toutes les factures concernant son chalet" d�montre clairement qu'il entendait s'acquitter directement de dettes qui lui �taient propres, issues des prestations fournies par les divers entrepreneurs et v�rifi�es par l'architecte, lequel devait "(signer) les acomptes et la facture d�finitive pour chaque corps de m�tier". Un tel syst�me ne se concevrait pas si un entrepreneur total avait �t� d�sign�. A cela s'ajoute qu'il incombait encore au d�fendeur d'approuver les devis des entrepreneurs, ce qui tend � �tablir que ces documents devaient servir de base � la volont� du ma�tre de conclure diff�rents contrats d'entreprise partiels � des conditions pr�d�termin�es. Enfin, il �tait pr�cis� dans la convention que E.________ avait droit � des "honoraires d'ing�nieur pour calcul de r�sistance du b�ton arm� et de la dalle", qui devaient �tre pay�s en plus des honoraires d'architecte calcul�s au pourcentage des travaux factur�s. Or, l'incorporation dans le m�me acte de ces deux formes de r�mun�ration ne se comprend raisonnablement que parce que les activit�s d'ing�nieur en mati�re immobili�re sont �troitement apparent�es aux prestations de l'architecte et soumises � la m�me r�glementation juridique (Koller, op. cit., n. 200 ad art. 363 CO; Gauch, op. cit., n. 48 p. 16).
La r�f�rence de l'accord � la norme SIA 118, qui traite des "Conditions g�n�rales pour l'ex�cution des travaux de construction", ne change rien � l'affaire. Il est fait allusion � cette norme SIA uniquement en regard de travaux de construction pr�cis�ment d�crits (pose de madriers en m�l�ze, couverture du toit, construction des fen�tres, travaux de menuiserie, installation �lectrique, installation sanitaire et ferblanterie), qui ne recoupent pas la r�alisation de la totalit� de l'ouvrage. Il appara�t ainsi que la norme SIA en question se rapporte aux contrats � passer avec les entrepreneurs individuels.
C'est donc � bon droit que la cour cantonale a qualifi� l'accord du 22 octobre 1994 de contrat d'architecte global.
5.1 Le recourant soutient qu'en retenant la validit� des contrats pro forma sign�s le 25 f�vrier 1995 dans le cadre de la demande d'autorisation de vente d'un immeuble au d�fendeur, la cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral, en particulier l'art. 363 CO.
En outre, E.________ n'aurait dispos� d'aucun pouvoir l'autorisant � conclure des contrats d'entreprise au nom du d�fendeur. Pour ne pas l'avoir reconnu, les juges valaisans auraient enfreint les art. 396 al. 2 et 32 CO.
5.2.1 La cour cantonale a constat� que le 15 janvier 1995 (et non le 25 f�vrier 1995) E.________, repr�sentant le recourant, et l'intim� ont sign� un contrat pro forma, qui avait �t� r�dig� sur la base d'un mod�le type pour les seuls besoins de la proc�dure d'autorisation de vente aux �trangers. Les juges cantonaux en ont d�duit que cet acte n'�tait pas repr�sentatif de leur volont� de se lier par un contrat bilat�ral.
Cette opinion est marqu�e au coin du bon sens. Ce n'est en effet que le 23 mai 1996, soit seize mois plus tard environ, que le demandeur a adress� � E.________ un devis estimatif concernant l'ensemble des installations �lectriques du chalet. Or un tel devis est par d�finition un document qui sert � orienter le ma�tre de l'ouvrage sur le montant pr�visible de la r�mun�ration de l'entrepreneur. En d'autres termes, �tant � la base du contrat d'entreprise, l'�tablissement du devis est donc forc�ment ant�rieur � sa conclusion (cf. Gauch, op. cit., n. 937/ 938 p. 276/277; Tercier, op. cit., n. 4339 p. 629).
5.2.2 D'apr�s l'�tat de fait d�finitif, le demandeur s'est vu confier � une date ind�termin�e par l'architecte E.________, selon le devis du 23 mai 1996, tous les travaux d'�lectricit� du chalet, cela sans qu'un contrat �crit ait �t� pass�. La conclusion du contrat d'entreprise n'est en effet soumise au respect d'aucune forme particuli�re (art. 11 CO; Tercier, op. cit., n. 3978 p. 582).
La critique porte donc sur les pouvoirs de l'architecte. Selon la jurisprudence, l'architecte qui est charg� de l'adjudication des travaux agit en qualit� de mandataire (ATF 127 III 543 consid. 2a). Le mandat comprend le pouvoir de faire les actes juridiques n�cessit�s par son ex�cution (art. 396 al. 2 CO). Toutefois, cette derni�re norme n'habilite pas l'architecte � adjuger au nom du ma�tre des travaux aux entrepreneurs. La jurisprudence a en effet pr�cis� qu'� d�faut de pouvoirs expr�s, l'architecte ne saurait effectuer pour le ma�tre de l'ouvrage des actes juridiques susceptibles d'engendrer pour ce dernier des engagements financiers importants (ATF 118 II 313 consid. 2a; 109 II 452 consid. 5c; Rudolf Schwager, Die Vollmacht des Architekten, in: Le droit de l'architecte, 3e �d., Fribourg 1995, n. 807 p. 261/262 et n. 841 p. 275; Roger Z�ch, Commentaire bernois, n. 94 ad art. 33 CO).
Dans le cas pr�sent, il n'a pas �t� retenu que le d�fendeur ait donn� � E.________ des pouvoirs pour adjuger en son nom des contrats aux entrepreneurs individuels. Rien de tel ne r�sulte de l'accord du 22 octobre 1994. Reste d�s lors � examiner si l'intim� ne peut pas se pr�valoir de l'art. 33 al. 3 CO. Le d�fendeur pourrait en effet �tre li� � son adverse partie pour le motif qu'il aurait adopt� � l'endroit du demandeur une attitude permettant � celui-ci, en vertu du principe de la confiance, de conclure � l'existence d'un pouvoir de repr�sentation de E.________ par le biais d'une procuration externe apparente (externe Anscheinsvollmacht) (ATF 124 III 418 consid. 1c; 120 II 197 consid. 2a).
Il a �t� constat� (art. 63 al. 2 CO) que E.________, en tout cas apr�s le 23 mai 1996, a adjug� au demandeur la totalit� de l'installation �lectrique du chalet Z.________. L'intim� a travaill� sur le chantier jusqu'au 21 octobre 1997. Le d�fendeur se rendait chaque �t� � O.________ pour suivre la r�alisation de son chalet; il se renseignait en outre r�guli�rement par fax aupr�s de E.________ � propos de l'avancement des travaux et intervenait m�me dans le choix des mat�riaux et �quipements. Le recourant a encore pass� de nouvelles commandes en relation avec l'�lectricit�, exigeant notamment la pose de nombreuses prises. De plus, c'est lui qui indiquait l'endroit o� les lumi�res devaient �tre pos�es.
Il est donc �vident que le recourant, qui a laiss� E.________ adjuger les travaux pr�cit�s � l'intim�, a cr�� l'apparence que l'architecte �tait son repr�sentant autoris�. Le d�fendeur, qui suivait de tr�s pr�s la construction de son chalet, ne s'est jamais �lev� contre l'attribution au demandeur desdits travaux. Au contraire, il a fait passer de nouvelles commandes � l'intim�, qui s'ajoutaient aux travaux devis�s. L'attitude du d�fendeur est la source d'une apparence de repr�sentation, qui lui est objectivement imputable au vu des circonstances qu'il connaissait. Du moment que la bonne foi du demandeur - du reste pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC) - ne fait pas l'ombre d'un doute, le d�fendeur est li� � celui-ci par le contrat d'entreprise au sens de l'art. 363 CO qu'a conclu au nom du ma�tre son repr�sentant apparent E.________.
6.1 Le recourant est d'avis que la cour cantonale a viol� le droit f�d�ral en fixant la r�mun�ration du demandeur sur la base de l'art. 374 CO, et non de l'art. 672 al. 1 CC. Il fait valoir qu'il ne serait pas enrichi de la contre-valeur des travaux, puisqu'il s'est acquitt� en mains de E.________ du montant de 350'000 fr. pr�vu par la convention du 22 octobre 1994.
Dans une seconde branche du grief, le recourant soutient que la cour cantonale a derechef enfreint l'art. 374 CO en se ralliant � l'expert judiciaire, qui a arr�t� le prix de l'ouvrage r�alis� par le demandeur en consid�ration de la facture qu'il a �tablie. La Cour civile n'aurait enfin pas relev� que l'intim� avait �chou� � d�montrer judiciairement le prix de l'ouvrage, ce qui constituerait une transgression de l'art. 8 CC.
6.2.1 L'art. 672 CC pr�voit dans quelle mesure le d�placement de patrimoine r�sultant de l'acquisition par le propri�taire du bien-fonds, selon le principe de l'accession (cf. art. 727 CC), de la propri�t� d'une construction b�tie avec les mat�riaux d'autrui, doit �tre compens� par une indemnit� octroy�e au propri�taire des mat�riaux lorsque lesdits mat�riaux ne sont pas s�par�s du fonds. Cette disposition ne s'applique toutefois pas si l'emploi des mat�riaux pour la construction est intervenu sur la base d'un contrat entre le propri�taire des mat�riaux et celui du bien-fonds (ATF 99 II 131 consid. 4a et les r�f�rences).
Dans la mesure o�, comme on vient de le voir, le demandeur, qui a affect� ses mat�riaux au chalet construit sur le fonds du d�fendeur, a agi en vertu du contrat d'entreprise qu'il avait conclu avec celui-ci, la disposition invoqu�e est manifestement inapplicable.
6.2.2 Si les parties contractantes n'ont pas fix� le prix de l'ouvrage � l'avance, l'art. 374 CO prescrit que le prix sera d�termin� d'apr�s la valeur du travail et les d�penses de l'entrepreneur. Il appartient � la partie qui pr�tend qu'un prix forfaitaire a �t� convenu de l'�tablir; si elle �choue, le juge devra appliquer la r�gle dispositive de l'art. 374 CO (cf. Tercier, op. cit., n. 4267, p. 620).
In casu, il n'a pas �t� retenu que les parties �taient convenues de fixer le prix de l'ouvrage ex�cut� par des prix fermes, tels que l'entend l'art. 373 CO. Le recourant ne pr�tend d'ailleurs pas que ce mode de r�mun�ration ait �t� adopt�. Dans ces conditions, on ne voit pas en quoi la cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral en ayant d�termin� le prix de l'ouvrage r�alis� par l'intim� en vertu de l'art. 374 CO - d�s l'instant o� le d�passement de devis �tait imputable au ma�tre (cf. art. 375 al. 1 CO) - et en l'ayant arr�t� � 36'512 fr. 45 en accord avec l'expert judiciaire.
Le moyen s'�puise pour le reste en de vaines critiques contre l'expertise, dont l'appr�ciation par la cour cantonale ne saurait �tre critiqu�e en instance de r�forme.
7.1 D'apr�s le recourant, en refusant l'exception de l'inex�cution qu'il a soulev�e et en fixant l'exigibilit� de la cr�ance en paiement de l'intim� � l'ach�vement des travaux, l'autorit� cantonale a transgress� les art. 372 al. 1 et 82 CO, d�s lors que, selon un pr�c�dent auquel il pouvait se fier de bonne foi (ATF 89 II 235), si l'ouvrage est d�fectueux, le ma�tre peut retenir le prix en invoquant l'exception susmentionn�e.
De toute mani�re, on ne saurait lui reprocher de n'avoir pas exerc� ses droits de garantie imm�diatement apr�s l'avis des d�fauts, puisqu'il aurait �t� en droit d'attendre pour ce faire, ce qui retardait d'autant l'exigibilit� de la cr�ance du demandeur. En outre, d�s que les d�fauts signal�s avaient �t� constat�s judiciairement, le recourant pouvait exciper de la compensation ou exercer son droit � la r�duction du prix. Enfin, comme le demandeur n'a pas rempli son obligation de livrer un ouvrage sans d�faut, sa cr�ance n'�tait pas exigible.
7.2 A teneur de l'art. 372 al. 1 CO, le prix de l'ouvrage est payable au moment de la livraison. La livraison au sens de cette norme consiste dans la remise par l'entrepreneur au ma�tre d'un ouvrage achev� et r�alis� conform�ment au contrat dans chacune de ses parties. Peu importe que l'ouvrage soit ou non entach� de d�fauts. Du point de vue de l'entrepreneur, la r�ception correspond � la livraison. Celle-ci se fait par tradition ou par un avis, expr�s ou tacite, de l'entrepreneur au ma�tre (ATF 115 II 456 consid. 4; 113 II 264 consid. 2b; arr�t 4C.132/1994 du 12 septembre 1994, consid. 4a).
En l'occurrence, il a �t� retenu que le demandeur n'a pas install� de lampe dans l'annexe et qu'il n'a ainsi pas achev� l'ouvrage. En �t� 1997, le d�fendeur, fort contrari� par l'augmentation importante du co�t du chalet, avait d�clar� qu'il ne paierait pas un montant sup�rieur � celui vers� sur le compte de E.________. Le recourant n'a jamais indiqu� � l'intim�, qui a travaill� encore le 21 octobre 1997 sur le chantier, o� la lampe manquante devait �tre plac�e. Au contraire, il a par la suite exig� que E.________ lui restitue les cl�s du chalet.
On doit d�duire de l'ensemble de ces circonstances que le d�fendeur a r�sili� de mani�re anticip�e selon l'art. 377 CO le contrat pass� avec le demandeur. Le droit du ma�tre de se d�partir du contrat n'est subordonn� au respect d'aucune condition sp�ciale, et en particulier d'aucune forme. La r�siliation peut donc parfaitement �tre manifest�e � l'entrepreneur par actes concluants (Zindel/Pulver, op. cit., n. 8 ad art. 377 CO; Gauch, op. cit., n. 526 p. 162). Or, en faisant savoir, alors que le demandeur travaillait sur le chantier, qu'il refermait d�sormais les cordons de sa bourse, en ne donnant pas � l'entrepreneur les instructions qu'il devait lui donner pour terminer son travail et en l'emp�chant finalement d'acc�der au chantier, le recourant a clairement manifest� sa volont� de se d�partir du contrat qui les liait.
7.3 D�s que le ma�tre a exprim� � l'entrepreneur sa d�cision de r�silier le contrat pr�matur�ment, celui-ci prend fin ex nunc (ATF 117 II 273 consid. 4a). Le ma�tre a toutefois l'obligation de payer le travail fait en indemnisant compl�tement l'entrepreneur (art. 377 in fine CO).
Selon l'ATF 117 II 273 consid. 4c, qui se r�f�re uniquement � von Tuhr/Escher (Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, vol. II, 3e �d., ch. III/1, p. 104), la pr�tention de l'entrepreneur � �tre indemnis� proc�de de l'action originaire en ex�cution du contrat et en constitue le prolongement, de sorte que l'indemnisation de l'entrepreneur ne devient exigible qu'au moment o� l'ex�cution aurait d� normalement s'op�rer. Ce pr�c�dent a fait l'objet d'une critique convaincante de Gauch, in: DC 1992 p. 98. Cet auteur a fait valoir en substance que le contrat d'entreprise �tant un contrat de dur�e soumis � des syst�mes de paiement tr�s diff�rents (acomptes pr�alablement d�termin�s, adaptations p�riodiques des prix au rench�rissement, etc.), il n'y a aucune raison de retarder la liquidation du contrat au-del� de sa fin anticip�e. En outre, le l�gislateur, en prescrivant � l'art. 377 CO d'indemniser "compl�tement" l'entrepreneur (volle Schadloshaltung des Unternehmers), donne un indice de sa volont� d'octroyer � ce dernier une pr�tention imm�diatement exigible. Enfin, la r�f�rence � von Tuhr/Escher du Tribunal f�d�ral va en r�alit� contre l'opinion qu'il pr�conise, d�s lors que ces auteurs ont �crit deux lignes plus loin que l'indemnit� peut �tre exig�e si le rapport de droit s'�teint. Or, la r�siliation de l'art. 377 CO entra�ne pr�cis�ment la rupture du contrat.
L'avis de Gauch, qu'il a repris dans "Le contrat d'entreprise", n. 1156, p. 332, est partag� par Zindel/Pulver, op. cit., n. 7 ad art. 372 CO et n. 15 ad art. 377 CO, par Tercier, op. cit., n. 4412 p. 639 et, tout derni�rement, par Fran�ois Chaix, Commentaire romand, n. 10 ad art. 377 CO. Dans ces conditions, il n'est plus possible de maintenir le pr�c�dent sus-rappel� et il doit �tre dit que le droit de l'entrepreneur au paiement du travail fait est exigible d�s la r�siliation du contrat en vertu de l'art. 377 CO.
8.1 Le d�fendeur soutient que la dette qu'il a contract�e � l'�gard notamment du demandeur doit �tre compens�e avec la dette dont r�pondrait E.________ � son endroit.
Invoquant la solidarit� parfaite (art. 50 CO), le recourant s'attache ensuite � d�montrer que l'intim�, sous-traitant de l'entrepreneur total E.________, agissait comme auxiliaire de ce dernier et que, dans la mesure o� il a particip� � l'augmentation excessive du prix forfaitaire de l'ouvrage convenu dans la convention du 22 octobre 1994, il serait tenu solidairement � r�paration � l'�gard du ma�tre avec E.________. Subsidiairement, le recourant pr�tend que le demandeur r�pondrait envers lui d'un dommage en vertu d'une solidarit� imparfaite (art. 51 CO) avec E.________. A en croire le d�fendeur, l'intim� aurait d� l'aviser de l'incurie de E.________ et refuser d'ex�cuter ses ordres lorsqu'ils entra�naient une augmentation exorbitante du prix.
8.2.1 Le m�canisme de la compensation instaur� par les art. 120 � 126 CO suppose qu'il y ait identit� et r�ciprocit� des sujets des obligations (art. 120 al. 1 CO). Autrement dit, le d�biteur de la cr�ance compensable doit �tre en m�me temps cr�ancier de celui qui est titulaire de ladite cr�ance (cf. Viktor Aepli, Commentaire zurichois, n. 21 ad art. 120 CO; Nicolas Jeandin, Commentaire romand, n. 6 ad art. 120 CO).
Il suit de l� que le recourant ne saurait compenser sa dette envers l'intim� avec la cr�ance qu'il d�tiendrait contre un tiers (prohibition de la compensation dite ex jure tertii).
8.2.2 Si deux ou plusieurs personnes sont tenues de r�parer le m�me dommage, il y a responsabilit� plurale. La th�orie g�n�rale de la pluralit� de responsables consacr�e par le Tribunal f�d�ral distingue entre solidarit� parfaite et solidarit� imparfaite (ATF 115 II 42 consid.1b; 104 II 225 consid. 4).
La solidarit� parfaite pr�suppose une faute d�lictuelle commune des coresponsables au sens des art. 41 ss CO (Anton K. Schnyder, Commentaire b�lois, 3e �d., n. 1 ad art. 50 CO), entre lesquels doit exister un lien communautaire suffisamment �troit (Bernard Corboz, La distinction entre solidarit� parfaite et solidarit� imparfaite, th�se Gen�ve 1974, p. 57).
Tous les cas de pluralit� de responsables d'un m�me pr�judice qui n'entrent pas dans les pr�visions de l'art. 50 CO ou d'une autre disposition instituant la solidarit� ressortissent � la solidarit� imparfaite (ou concours d'actions) institu�e par l'art. 51 CO (Pierre Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d., p. 565), qui entre en jeu en particulier lorsque les responsables r�pondent du m�me dommage en vertu de causes juridiques diff�rentes (ATF 115 II 42 consid. 1b; 112 II 138 consid. 4).
In casu, il a �t� d�montr� ci-dessus que le demandeur n'�tait pas le sous-traitant de E.________, mais qu'il avait nou� avec le d�fendeur, repr�sent� par le pr�nomm�, un contrat d'entreprise. L'ouvrage que l'intim� a r�alis� n'a �t� affect� d'aucun d�faut. Comme le demandeur n'a pas caus� de dommage au d�fendeur, il ne saurait r�pondre envers ce dernier d'un quelconque chef de responsabilit� et donc �tre tenu � r�paration en vertu d'une solidarit�, qu'elle soit parfaite ou imparfaite.
9.1 Dans un dernier moyen, le recourant expose que l'hypoth�que l�gale de l'art. 837 al. 1 ch. 3 CC devrait �tre r�serv�e aux cas o� l'inscription est requise avant l'ex�cution des prestations pr�vues contractuellement. Il poursuit en reprochant � la Cour civile d'avoir ordonn� l'inscription d'une hypoth�que sans cause juridique, c'est-�-dire sans que les parties aient �t� li�es par un contrat d'entreprise, � tout le moins sans qu'une r�mun�ration contractuelle ait �t� stipul�e. En retenant que la cr�ance � garantir �quivalait � la facture arr�t�e par l'expert, les magistrats valaisans auraient viol� le droit f�d�ral, puisque la valeur exacte des travaux effectu�s par l'intim� n'aurait pas �t� d�termin�e. A cela s'ajouterait que la cr�ance de l'intim� serait �teinte par compensation.
9.2 En l'esp�ce, il r�sulte des consid�rants qui pr�c�dent que le demandeur, sur la base d'un contrat d'entreprise conclu avec le d�fendeur, repr�sent� par l'architecte E.________, a fourni, sur le chalet Z.________ du recourant, du travail et des mat�riaux, pour lesquels il est titulaire d'une cr�ance de 36'512 fr. 45, dont il convient de d�duire un acompte de 10'000 fr., d'o� un reliquat encore d� de 26 512 fr 45. On a encore vu qu'aucune compensation n'entrait en ligne de compte. Les conditions du droit � l'inscription pos�es par les art. 837 al. 1 ch. 3 et 839 al. 3 CC sont donc remplies.
Si l'inscription peut �tre requise d�s le moment de la conclusion du contrat (art. 839 al. 1 CC), l'inscription du droit doit intervenir en tout cas dans les trois mois qui suivent l'ach�vement des travaux (art. 839 al. 2 CC; Paul-Henri Steinauer, op. cit., n. 2883 p. 220). Le recourant, � bon droit, ne conteste pas que ce d�lai de p�remption a �t� respect� par l'inscription provisoire du gage qui a �t� op�r�e le 19 d�cembre 1997. C'est donc en parfaite conformit� avec le droit f�d�ral que la cour cantonale a dit qu'il y avait lieu d'inscrire � titre d�finitif sur la parcelle du d�fendeur une hypoth�que l�gale pour le montant de 26'512 fr. 45.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Vu l'issue du litige, les frais et d�pens seront mis � la charge du recourant qui succombe (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).