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Timestamp: 2016-10-21 11:27:35+00:00
Document Index: 307823242

Matched Legal Cases: ['art. 24', 'art. 1', 'art. 22', 'art. 9', 'art. 26', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 104', 'ATF ', 'art. 104', 'art. 103', 'ATF ', 'art. 1', 'art. 22', 'art. 22', 'art. 5', 'art. 4', 'ATF ', 'art. 14', 'ATF ', 'art. 22', 'art. 5', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'in fine', 'art. 5', 'art. 24', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 41', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 24', 'art. 24', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 3', 'art. 8', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'art. 153', 'art. 159']

1A.78/2005 (19.01.2006)
1A.78/2005/col
tous deux repr�sent�s par Me Pierre-Xavier Luciani, avocat,
Municipalit� de Ch�teau-d'Oex, 1660 Ch�teau-d'Oex,
D�partement des institutions et des relations ext�rieures du canton de Vaud,
Ch�teau, 1014 Lausanne,
Refus d'autoriser la construction d'un hangar en for�t; ordre de d�molition et de remise en �tat des lieux,
recours de droit administratif contre l'arr�t du Tribunal administratif du canton de Vaud du 18 f�vrier 2005.
A.________ est propri�taire de la parcelle n� 1296 de la commune de Ch�teau-d'Oex, en amont du hameau de Flendruz. Cette parcelle de 43'868 m�tres carr�s, sise hors des zones � b�tir l�galis�es, est constitu�e en majeure partie de for�ts, � l'exception d'une surface de 9'448 m�tres carr�s en nature de pr�-champ dans sa partie inf�rieure. Elle comporte un ancien fenil, transform� en chalet de vacances, auquel on acc�de depuis la route communale menant aux Ciernes Picat par un chemin priv� non asphalt� qui dessert �galement le chalet situ� sur la parcelle voisine n� 1298, propri�t� du fr�re de A.________, B.________.
En 1976, leur p�re a �rig� sans autorisation un hangar sur la parcelle n� 1296, � l'int�rieur de la for�t, dans une petite clairi�re bordant le chemin pr�cit�. Cette construction sommaire, constitu�e de blocs de pierres ciment�s � sa base, de parois en bois et d'un toit en t�le, �tait destin�e � abriter les v�hicules et machines utilis�es pour la construction du chemin conduisant au chalet. La partie nord du hangar ayant �t� endommag�e � la suite de chutes de pierres, B.________ a reconstruit celui-ci sans enqu�te publique, entre juillet et octobre 1996. Ces travaux ont n�cessit� l'abattage de deux petits sapins et un l�ger agrandissement de l'excavation dans la roche. De forme rectangulaire, le hangar actuel repose sur des murs en b�ton dans sa partie inf�rieure, alors que sa partie sup�rieure et la charpente sont en bois. Il est surmont� d'un toit � un pan en t�le. Deux portes coulissantes en bois ont �t� am�nag�es sur la fa�ade ant�rieure. L'int�rieur est divis� en deux parties in�gales, dont la plus grande est surmont�e d'une galerie sur laquelle sont entrepos�s divers mat�riaux, pi�ces m�caniques et outillages. La partie ouest, o� se trouve un �tabli, sert d'atelier. Un char, un tracteur appartenant � un tiers, un treuil forestier, une jeep, deux pelles m�caniques, un "H�fliger", un rouleau compresseur et une lame � neige sont entrepos�s sur une dalle en b�ton. La ma�onnerie, r�alis�e par une entreprise priv�e, a co�t� environ 30'000 fr. B.________ a refait toute la charpente avec l'aide d'un menuisier qui est �galement propri�taire de for�ts dans le voisinage. La surface au sol a �t� agrandie d'environ 18 m�tres carr�s pour atteindre une surface de 104,15 m�tres carr�s.
Au printemps 1998, l'Inspecteur des for�ts du IVe arrondissement a constat� l'existence du hangar. Ayant appris qu'aucune autorisation n'avait �t� requise et d�livr�e, il a d�nonc� le cas au Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois, qui a condamn� B.________ � une amende de 500 fr. pour infraction � la loi f�d�rale sur les for�ts (LFo; RS 921.0).
Par d�cision du 23 d�cembre 1999, le Service des for�ts, de la faune et de la nature du canton de Vaud a ordonn� la d�molition du hangar ainsi que l'�vacuation des mat�riaux, la mise en place d'un terrain apte � accueillir une v�g�tation foresti�re et le reboisement de la surface correspondante, dans un d�lai �ch�ant au 31 mai 2000.
A.________ et B.________ ont recouru contre cette d�cision aupr�s du Tribunal administratif du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal administratif ou la cour cantonale) en concluant � son annulation. Ils soutenaient que la construction litigieuse �tait conforme � la nature foresti�re des lieux. Cela �tant, l'instruction du recours a �t� suspendue de mani�re � leur permettre de d�poser une demande de permis de construire visant � r�gulariser les travaux. A.________ a d�pos� un dossier en ce sens en date du 15 mai 2000. Les pr�avis et autres d�cisions des services cantonaux concern�s par le projet ont �t� communiqu�s le 6 avril 2001 � la Municipalit� de Ch�teau-d'Oex par la Centrale des autorisations du D�partement des infrastructures du canton de Vaud. Le Service des for�ts, de la faune et de la nature a donn� un pr�avis d�favorable � la l�galisation du hangar. Le Service de l'am�nagement du territoire a refus� de d�livrer l'autorisation sp�ciale requise � teneur de l'art. 24 de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire (LAT; RS 700) et ordonn� la d�molition de l'ouvrage �rig� sans droit dans un d�lai �ch�ant au 30 septembre 2001. Par d�cision du 17 avril 2001, la Municipalit� de Ch�teau-d'Oex a refus� de d�livrer le permis de construire sollicit�.
A.________ et B.________ ont d�pos� le 26 avril 2001 un recours contre ces d�cisions aupr�s du Tribunal administratif que ce dernier a joint � celui pendant devant lui. Par arr�t du 18 f�vrier 2005, il a rejet� les recours (chiffre I du dispositif) et confirm� la d�cision du Service des for�ts, de la faune et de la nature du 23 d�cembre 1999, un nouveau d�lai au 30 juin 2005 �tant imparti aux recourants pour s'y conformer (chiffre II du dispositif).
Agissant par la voie du recours de droit administratif, A.________ et B.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler la d�cision du Service des for�ts, de la faune et de la nature du 23 d�cembre 1999, celle du Service de l'am�nagement du territoire du 6 avril 2001 ainsi que celle de la Municipalit� de Ch�teau-d'Oex du 17 avril 2001, et de leur octroyer le permis de construire. Ils invoquent une constatation inexacte et arbitraire des faits pertinents et d�noncent une violation des art. 1 et 20 LFo, des art. 22 et 24 LAT, du principe de la bonne foi ancr� � l'art. 9 Cst., de la garantie des droits acquis et de la propri�t� consacr�e � l'art. 26 Cst. ainsi que des principes de la proportionnalit� et de l'�galit� de traitement.
Le D�partement cantonal des institutions et des relations ext�rieures, l'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage ainsi que l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial concluent au rejet du recours. Le Tribunal administratif et la Municipalit� de Ch�teau-d'Oex ont renonc� � pr�senter des observations.
Invit�s � se d�terminer sur les r�ponses au recours, A.________ et B.________ ont maintenu leurs conclusions.
Par ordonnance pr�sidentielle du 10 mai 2005, l'effet suspensif a �t� accord� au recours.
L'objet du litige porte, d'une part, sur le refus d'autoriser un hangar en for�t et, d'autre part, sur la d�molition de cette construction et la remise en �tat des lieux. Selon la jurisprudence, c'est par la voie du recours de droit administratif qu'il convient d'attaquer l'une et l'autre d�cision (cf. ATF 123 II 499 consid. 1a p. 501, en ce qui concerne le refus du permis de construire; ATF 105 Ib 272 consid. 1c p. 276/277, s'agissant de l'ordre de remise en �tat). Cette voie de droit est �galement ouverte pour faire valoir une violation des droits constitutionnels des citoyens (art. 104 let. a OJ; ATF 130 I 312 consid. 1.2 p. 318) et une constatation inexacte et incompl�te des faits pertinents (art. 104 let. b OJ). En tant que requ�rants d�bout�s du permis de construire et destinataires de l'ordre de remise en �tat, A.________ et B.________ ont qualit� pour agir selon l'art. 103 let. a OJ. Les autres conditions de recevabilit� du recours sont par ailleurs r�unies, de sorte qu'il convient d'entrer en mati�re sur le fond.
Les recourants sollicitent la mise en oeuvre d'une inspection locale et l'audition sur place de l'ancien municipal des travaux de la Commune de Ch�teau-d'Oex, C.________. La situation de la construction litigieuse ressort des plans et croquis figurant au dossier de mani�re suffisamment claire et pr�cise pour que le Tribunal f�d�ral puisse statuer en connaissance de cause, de sorte qu'une visite des lieux ne s'impose pas. Par ailleurs, les recourants ont vers� en annexe � leur recours une lettre de C.________, dat�e du 25 mars 2005, dans laquelle celui-ci atteste avoir �t� consult� en 1996 par B.________ pour la r�fection du hangar et l'avoir inform� que "si la construction restait dans les m�mes proportions, il n'y avait pas lieu de faire une demande aupr�s des autorit�s". On ne voit d�s lors pas ce qu'une audition compl�mentaire de ce t�moin apporterait de plus, si bien que cette mesure d'instruction n'appara�t pas n�cessaire.
Les recourants d�noncent une constatation inexacte et arbitraire des faits pertinents en relation avec la bonne foi et la violation du principe de la proportionnalit�. Le Tribunal administratif aurait retenu � tort que l'inspecteur forestier n'avait d�couvert le hangar qu'en 1998, alors que les autorit�s connaissaient son existence depuis sa construction. Ils se r�f�rent � cet �gard aux d�clarations du garde-forestier D.________ faites � l'audience p�nale selon lesquelles il existait � l'origine une b�tisse, compos�e d'un amas de planches et de t�les, qui �tait connue de l'Etat.
Le fait que le garde-forestier connaissait l'existence de la construction bien avant le printemps 1998 ne signifie pas encore que l'inspecteur forestier en avait lui-m�me connaissance. Aucun �l�ment au dossier ne permet de tenir ce fait pour �tabli. Peu importe en d�finitive car m�me si l'on prenait comme date de r�f�rence celle de la r�alisation du hangar primitif, le d�lai de trente ans fix� par la jurisprudence pour exiger le reboisement et la remise en �tat des lieux n'�tait de toute fa�on pas �chu lorsque le Service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature a statu� (cf. ATF 107 Ia 121 consid. 1a p. 123; 105 Ib 265 consid. 6b p. 271). En outre, � supposer qu'elles lient l'autorit�, les d�clarations de D.________ sont sans incidence sur la bonne foi des recourants. Une �ventuelle tol�rance de l'Etat s'�tendait tout au plus au hangar r�alis� par leur p�re; elle ne leur permettait en revanche pas de proc�der sans autorisation � des travaux assimilables � une reconstruction et comportant un agrandissement de la construction existante. Dans ces conditions, les faits dont la cour cantonale aurait omis de tenir compte ne portent pas sur des �l�ments pertinents pour l'issue du litige.
Les recourants estiment que la construction litigieuse est conforme � l'affectation de la zone foresti�re, en tant qu'elle sert � entreposer les machines, les v�hicules et les outils n�cessaires � l'entretien de leur for�t et du chemin d'acc�s � leur propri�t�. Le refus de leur d�livrer l'autorisation de construire sollicit�e consacrerait une violation des art. 1 et 20 LFo et de l'art. 22 LAT.
4.1 Selon la jurisprudence, l'autorit� cantonale peut d�livrer une autorisation ordinaire au sens de l'art. 22 LAT pour une construction ou une installation � �difier dans l'aire foresti�re, lorsqu'elles sont conformes � l'affectation de la for�t et ne n�cessitent pas une d�rogation � l'interdiction de d�fricher selon l'art. 5 LFo (cf. art. 4 let. a de l'ordonnance d'ex�cution de la loi sur les for�ts [OFo; RS 921.01]; ATF 123 II 499 consid. 2 p. 502/503; 118 Ib 335 consid. 2b p. 340; arr�t 1A.259/1994 du 27 octobre 1995 consid. 2b publi� in ZBl 98/1997 p. 34). Les constructions et installations foresti�res - au sens de l'art. 14 al. 1 OFo - ne peuvent toutefois �tre autoris�es que pour autant qu'elles soient n�cessaires � une exploitation de la for�t conforme aux principes de la l�gislation foresti�re et au but poursuivi, que leur emplacement soit impos� par leur destination, qu'elles ne soient pas surdimensionn�es et qu'aucun int�r�t pr�pond�rant ne s'oppose � leur r�alisation (ATF 123 II 499 consid. 2 p. 502/503; 118 Ib 335 consid. 2b p. 340). Si ces conditions ne sont pas r�alis�es, l'autorisation ne peut pas �tre d�livr�e sur la base de l'art. 22 LAT; seule une d�rogation au sens des art. 5 LFo et 24 LAT est alors susceptible d'entrer en consid�ration, laquelle implique une pes�e de tous les int�r�ts en pr�sence (ATF 123 II 499 consid. 3b/bb p. 507; arr�t 1A.173/2001 du 26 avril 2002 consid. 3.2 paru � la ZBl 104/2003 p. 166).
La n�cessit� de r�aliser un projet en for�t ainsi que la d�termination de son emplacement et de ses dimensions s'appr�cie en fonction du type d'exploitation foresti�re planifi� et pratiqu� jusqu'ici, comme de l'importance et du rendement de la for�t concern�e (ATF 123 II 499 consid. 3 p. 502 et les r�f�rences cit�es). La quantit� de bois � abattre constitue � cet �gard un �l�ment-cl�. Selon la pratique des autorit�s f�d�rales, un ouvrage forestier ne peut �tre rentable que si l'exploitation concerne une surface de for�t d'au moins 600 � 700 hectares, respectivement une production annuelle de bois d'au moins 4'800 � 5'000 m�tres cubes (ATF 123 II 499 consid. 3a/dd p. 504/505). En outre, � supposer que le crit�re �conomique soit rempli, l'autorit� cantonale doit encore examiner si la construction ou l'installation ne pourrait pas aussi �tre r�alis�e dans la zone � b�tir, respectivement si la construction en for�t pr�sente nettement plus d'avantages que son implantation en zone � b�tir. Les raisons qui peuvent conduire � un tel r�sultat pourront �tre soit li�es � l'exploitation soit de nature financi�re. Dans la derni�re hypoth�se, il importe � tout le moins de prouver qu'aucun emplacement, en soi envisageable, en zone � b�tir n'entre en consid�ration pour des motifs imp�ratifs d'exploitation, tandis qu'un emplacement en for�t rendrait possible la r�alisation du projet concern� (ATF 123 II 499 consid. 3b/dd p. 509).
4.2 En l'esp�ce, le volume de bois coup� dans les for�ts exploit�es par les recourants s'�l�ve � 40 m�tres cubes. Il a exceptionnellement atteint les 120 m�tres cubes � la suite de l'ouragan Lothar qui s'est abattu sur la r�gion le 26 d�cembre 1999. Ces quantit�s sont tr�s nettement inf�rieures au volume d�terminant selon la jurisprudence pr�cit�e pour admettre la conformit� d'une construction � la zone foresti�re d'un point de vue �conomique. L'entretien et le d�neigement du chemin qui traverse sur plusieurs centaines de m�tres les parcelles des recourants ne suffisent pas � compenser un tel d�ficit. Aucun �l�ment au dossier ne permet par ailleurs de retenir qu'un abri pour les quelques machines n�cessaires � l'exploitation et � l'entretien des for�ts des recourants ne pourrait pas �tre �rig� ailleurs qu'en zone foresti�re. A.________ et B.________ ne font valoir � cet �gard aucune n�cessit� financi�re ou li�e � l'exploitation de la for�t pour maintenir ce hangar � l'endroit litigieux. En outre, cette construction est nettement surdimensionn�e par rapport au volume de bois trait� annuellement. Elle ne saurait non plus �tre assimil�e � une petite construction non foresti�re qui ne n�cessite pas d'autorisation de d�fricher au sens de l'art. 4 let. a in fine OFo. Enfin, les arguments d�velopp�s par les recourants ne permettent pas d'admettre que le hangar litigieux serait impos� par sa destination � l'emplacement pr�vu, de sorte qu'il ne saurait �tre autoris� moyennant l'octroi d'une autorisation de d�frichement au sens de l'art. 5 LFo. La situation n'est pas diff�rente si on l'examine au regard des art. 24 et suivants LAT.
Les recourants invoquent la garantie de la situation acquise pour s'opposer � la remise en �tat des lieux. Ils pr�tendent en outre que le droit des autorit�s d'ordonner la d�molition du hangar �tait prescrit lorsque le Tribunal administratif a statu�.
5.1 Selon la jurisprudence, la comp�tence d'exiger la d�molition d'une installation pour r�tablir une situation conforme au droit est soumise en principe � un d�lai de p�remption de trente ans, sauf si des motifs de police stricto sensu imposent une telle mesure; il en va de m�me du droit d'ordonner le reboisement d'un bien-fonds d�frich� ill�galement, � moins que le peuplement ait une fonction sp�cifique de protection contre les avalanches, les glissements de terrain, les inondations, etc. (ATF 107 Ia 121 consid. 1a p. 123; 105 Ib 265 consid. 3b p. 268 et consid. 6b p. 271). N�anmoins, en vertu du principe de la bonne foi, les autorit�s qui auraient tol�r� pendant de nombreuses ann�es une construction illicite pourraient, suivant les circonstances, �tre d�chues du droit d'en exiger la d�molition avant m�me l'expiration du d�lai de trente ans (cf. ATF 107 Ia 121 consid. 1c p. 124; 105 Ib 265 consid. 6c p. 271).
5.2 En l'esp�ce, le hangar litigieux a �t� �rig� en 1976 par le p�re des recourants. B.________ l'a reconstruit en 1996 � la suite de chutes de pierre qui l'ont partiellement d�moli. Que l'on prenne l'une ou l'autre date comme r�f�rence, le droit de l'autorit� d'en exiger la d�molition n'�tait pas prescrit ou p�rim� lorsque le Service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature a statu�. La r�f�rence faite � la date � laquelle le Tribunal administratif a rendu sa d�cision n'est pas d�terminante. Les recourants pr�tendent certes que les autorit�s cantonales connaissaient la construction litigieuse et qu'elles l'auraient tol�r�e. Ils se r�f�rent � cet �gard aux d�clarations faites par le garde-forestier devant le juge p�nal selon lesquelles la construction �tait connue de l'Etat. Ce faisant, ils perdent de vue que le hangar a �t� reconstruit � la suite de chutes de pierres, de sorte que la question d'une �ventuelle tol�rance des autorit�s doit �tre examin�e non pas en fonction de la construction primitive, mais de la nouvelle construction r�alis�e en 1996 (cf. arr�t 1A.22/1991 du 18 ao�t 1992 consid. 4 paru � la ZBl 94/1993 p. 79). Or, l'inspecteur forestier d�clare avoir constat� la pr�sence de celle-ci au printemps 1998, soit un peu moins de deux ans apr�s l'ach�vement des travaux de reconstruction, et rien n'indique qu'il en aurait eu connaissance auparavant. Un tel d�lai ne saurait �tre critiqu�, compte tenu de la situation du b�timent et de l'�tendue de l'arrondissement forestier. Les recourants invoquent ainsi en vain une quelconque n�gligence de l'inspecteur forestier dans sa t�che de surveillance pour s'opposer � la remise en �tat des lieux.
Pour le surplus, la l�gislation foresti�re n'accorde aucun droit de reconstruire un b�timent non conforme � la zone lorsque celui-ci a �t� partiellement ou totalement d�truit par les �l�ments naturels et qu'il n'est plus utilisable sans d'importants travaux de r�novation (arr�t 1A.32/2004 du 30 septembre 2004 consid. 5.2; arr�t 1A.17/2004 du 19 mai 2004 consid. 2). La situation n'est pas plus favorable aux recourants si on l'examine au regard de la l�gislation f�d�rale sur l'am�nagement du territoire. La garantie de la situation acquise ne profite en effet qu'aux constructions �rig�es ou transform�es de mani�re conforme au droit mat�riel en vigueur � l'�poque (art. 41 OAT; ATF 127 II 209 consid. 2c p. 212). La date d�terminante est en principe celle du 1er juillet 1972, date de l'entr�e en vigueur de la loi f�d�rale du 8 octobre 1971 sur la protection des eaux contre la pollution qui a introduit express�ment le principe de la s�paration du territoire b�ti et non b�ti (ATF 129 II 396 consid. 4.2.1 p. 398). Tel n'est pas le cas de la construction �rig�e par le p�re des recourants. Par ailleurs, la protection de la situation acquise ne s'applique qu'aux constructions et installations existantes qui doivent �tre maintenues dans leur utilisation ou leurs structures actuelles; elle n'accorde pas un droit inconditionnel de maintenir une installation ou un ouvrage non conforme � la destination de la zone, dont l'emplacement et la surface pourraient varier au gr� des besoins de son propri�taire (ATF 127 II 209 consid. 3d p. 214). En l'occurrence, le hangar initial a �t� d�moli, puis remplac� par une nouvelle construction l�g�rement plus grande. Il s'agit d'un am�nagement nouveau qui n'est admissible ni sur la base de l'art. 24c LAT, ni sur la base de l'art. 24 LAT.
Les recourants pr�tendent que la d�cision de remise en �tat des lieux serait disproportionn�e.
6.1 Selon la jurisprudence, l'ordre de d�molir une construction ou un ouvrage �difi� sans permis et pour lequel une autorisation ne pouvait �tre accord�e n'est en principe pas contraire au principe de la proportionnalit�. Celui qui place l'autorit� devant un fait accompli doit s'attendre � ce que celle-ci se pr�occupe davantage de r�tablir une situation conforme au droit que des inconv�nients qui en d�coulent pour le constructeur (ATF 108 Ia 216 consid. 4b p. 218). L'autorit� doit renoncer � une telle mesure si les d�rogations � la r�gle sont mineures, si l'int�r�t public l�s� n'est pas de nature � justifier le dommage que la d�molition causerait au ma�tre de l'ouvrage, si celui-ci pouvait de bonne foi se croire autoris� � construire ou encore s'il y a des chances s�rieuses de faire reconna�tre la construction comme conforme au droit qui aurait chang� dans l'intervalle (ATF 123 II 248 consid. 4a p. 255).
6.2 Les recourants ne peuvent se pr�valoir de leur bonne foi. B.________ a entrepris sur le hangar des travaux assimilables � une reconstruction, sans avoir requis les autorisations n�cessaires. Il ne peut tirer aucun parti des assurances qu'il d�clare avoir re�ues du municipal des travaux de la Commune de Ch�teau-d'Oex. Ce dernier n'�tait pas comp�tent pour l'autoriser � proc�der � des travaux hors de la zone � b�tir, qui n�cessitaient l'octroi d'une autorisation sp�ciale de la part du Service de l'am�nagement du territoire. M�me si l'on voulait admettre que le recourant pouvait de bonne foi ignorer les r�gles de r�partition des comp�tences dans ce domaine (cf. ATF 111 Ib 213 consid. 6a p. 213), il ne saurait de toute mani�re se pr�valoir de ces d�clarations. Selon les constatations de fait, qui lient le Tribunal f�d�ral dans la mesure o� elles ne sont pas manifestement inexactes (art. 105 al. 2 OJ), le municipal en question s'est born� � lui indiquer que les travaux pouvaient �tre ex�cut�s sans autorisation s'ils s'inscrivaient dans le gabarit existant. Or, B.________ n'a pas respect� ces exigences en proc�dant � des travaux d'excavation de la roche, en rehaussant l'ancien couvert d'environ 17 centim�tres et en augmentant la surface au sol du hangar existant d'environ 18 m�tres carr�s. Les travaux exc�daient ainsi une simple s�curisation du hangar comme il l'a pr�tendu au municipal concern�. Les conditions pour que soit reconnu un droit de la protection de la bonne foi ne sont donc pas r�unies.
Pour le surplus, les recourants s'opposent en vain � l'ordre de remise en �tat des lieux. La construction litigieuse est implant�e dans l'aire foresti�re et, plus exactement, dans le vaste massif forestier des contreforts de la Laitemaire. Elle n'a aucune vocation foresti�re qui justifierait son implantation � cet endroit. Le maintien de l'aire foresti�re constitue un int�r�t public important express�ment relev� dans la loi (art. 3 LFo; arr�t 1A.22/1991 du 18 ao�t 1992 consid. 5b paru � la ZBl 94/1993 p. 76). Il existe au demeurant un int�r�t public � ne pas tol�rer des d�frichements de fait au regard du principe de l'�galit� de traitement entre propri�taires de for�ts priv�es. Par ailleurs, la r�alisation d'un hangar de plus de 100 m�tres carr�s dans une zone non constructible consacrerait une entorse importante au principe de la s�paration du territoire b�ti et non b�ti. L'int�r�t public � r�tablir une situation conforme au droit l'emporte ainsi manifestement sur l'int�r�t priv� purement �conomique ou pratique des recourants au maintien de cette construction. Ceux-ci n'ont pas avanc� d'�l�ments chiffr�s propres � faire appara�tre le co�t des travaux de remise en �tat comme disproportionn�. Enfin, aucune mesure moins grave que la d�molition du hangar et la remise en �tat des lieux ne permettrait de sauvegarder les int�r�ts publics mis en p�ril, de sorte que la mesure attaqu�e est conforme au principe de la proportionnalit�.
Les recourants voient enfin une violation inadmissible du principe de l'�galit� de traitement dans le fait qu'une autorisation de d�fricher a �t� d�livr�e � un agriculteur qui avait �difi� sans droit un couvert � bois dans l'aire foresti�re. Il n'est pas �tabli que le cas auquel ils se r�f�rent pr�senterait des similitudes suffisantes avec le leur, s'agissant des �l�ments de fait pertinents pour la d�cision � prendre, de mani�re � justifier un traitement analogue en application de l'art. 8 al. 1 Cst. (cf. ATF 130 I 65 consid. 3.6 p. 70 et les arr�ts cit�s). Les recourants ne d�montrent pas plus qu'il serait le reflet d'une pratique constante des autorit�s comp�tentes qui permettrait de faire exceptionnellement pr�valoir le principe de l'�galit� de traitement sur celui de la l�galit� ne sont pas r�unies (cf. ATF 127 I 1 consid. 3a p. 2; 123 II 248 consid. 3c p. 254; 122 II 446 consid. 4a p. 451). Ils ne sauraient d�s lors se pr�valoir avec succ�s de la violation de l'art. 8 al. 1 Cst.
Le recours doit par cons�quent �tre rejet�. Le d�lai d'ex�cution fix� au 30 juin 2005 par l'arr�t attaqu� �tant �chu, un nouveau d�lai au 30 juin 2006 doit �tre imparti aux recourants pour proc�der aux travaux de remise en �tat. Les frais de la pr�sente proc�dure seront mis � la charge des recourants, qui succombent (art. 153, 153a et 156 al. 1 OJ). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � la Commune de Ch�teau-d'Oex, qui n'a pas d�pos� d'observations, ni aux autres autorit�s concern�es (art. 159 al. 2 OJ).
Le d�lai imparti aux recourants pour ex�cuter les travaux de remise en �tat selon le chiffre II du dispositif de l'arr�t attaqu� est fix� au 30 juin 2006.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie au mandataire des recourants, � la Municipalit� de Ch�teau-d'Oex, au D�partement des institutions et des relations ext�rieures et au Tribunal administratif du canton de Vaud, ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage et � l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial.