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Timestamp: 2016-10-26 00:26:19+00:00
Document Index: 303056193

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 9', 'art. 146', 'art. 86', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 196', 'art 228', 'art. 228', 'art. 196', 'art 186', 'art. 186', 'art. 146', 'art. 84', 'art. 156', 'art. 159']

4P.137/2000 (05.01.2001)
4P.137/2000
Zappelli, juge suppl�ant. Greffier: M. Carruzzo.
Ali Ipar, � Istanbul (Turquie), repr�sent� par Mes Jean-Flavien Lalive et Patrice Le Houelleur, avocats � Gen�ve,
l'arr�t rendu le 19 mai 2000 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve dans la cause qui oppose le recourant � Merrill Lynch International Incorporated, Wilmington/Delaware, succursale de Gen�ve, repr�sent�e par Me Mich�le Wassmer-Berthaudin, avocate � Gen�ve;
(art. 9 Cst. ; mandat; appr�ciation des preuves; proc�dure civile genevoise)
A.- Merrill Lynch est une soci�t� anonyme de l'Etat du Delaware (USA), o� elle a son si�ge principal. Elle dispose � Gen�ve d'une succursale sous la d�nomination Merrill Lynch "Geneva Branch", qui a pour but statutaire: "les op�rations de transfert d'ordres en mati�re d'investissements et conseils se rapportant au commerce de titres, de marchandises, de monnaies, de tous biens et de tous instruments financiers".
Le 21 ao�t 1991, Ali Ipar a ouvert, par l'entremise de cette derni�re soci�t�, un compte aupr�s de Merrill Lynch Pierce Fenner et Smith Inc. Il a �galement obtenu de Merrill Lynch International Bank Ltd, � Londres, une ligne de cr�dit de 1 200 000 US$, laquelle a �t� port�e � 1 500 000 US$, puis � 3 500 000 US$ d�s le 17 f�vrier 1994. Ce cr�dit, garanti par les avoirs en portefeuille, �tait destin� � permettre � Ali Ipar d'acqu�rir des titres.
Le 16 mars 1994, Ali Ipar a charg� la succursale de Gen�ve de Merrill Lynch d'acqu�rir 89 565 titres du fonds SOVAX, � 22,19 US$ chacun, pour un montant total de 1 987 447 US$. En ao�t de la m�me ann�e, il a encore acquis 10 350 titres de SOVAX, au prix unitaire de 19,58 US$, pour un montant de 202 653 US$. C'est Ayseg�l Bulgur, employ�e de cette succursale, qui s'est occup�e des relations avec Ali Ipar.
Le fonds SOVAX est un fonds de placement domicili� aux Antilles n�erlandaises et dont Merrill Lynch International & Co est la distributrice. Les dividendes sont vers�s chaque trimestre. Les ordres d'achat et de vente des parts n'avaient lieu qu'une fois par semaine, le mercredi. La cotation des parts avait �galement lieu le mercredi, apr�s que les ordres d'achat et de vente avaient �t� ex�cut�s.
Le mercredi 11 janvier 1995, agissant pour Ali Ipar, Ayseg�l Bulgur a donn� l'ordre de vendre 59 915 actions du fonds SOVAX. La valeur des parts vendues s'est �lev�e � 14,73 US$ l'unit�.
B.- Le 21 juillet 1997, Ali Ipar a saisi le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve d'une action tendant au paiement par Merrill Lynch International Incorporated Wilmington/Delaware (ci-apr�s: Merrill Lynch) de 1 321 243 fr. Il a reproch� � la d�fenderesse d'avoir viol� ses obligations de mandataire en vendant des actions � perte sans instructions de sa part, lui occasionnant de la sorte le dommage dont il se plaint. La d�fenderesse a conclu � lib�ration.
Par jugement du 24 juin 1999, le Tribunal de premi�re instance a rejet� l'action.
Par arr�t du 19 mai 2000, la Cour de justice du canton de Gen�ve a rejet� l'appel interjet� par Ali Ipar contre ce jugement qu'elle a confirm�.
C.- Parall�lement � un recours en r�forme, Ali Ipar a d�pos� un recours de droit public, concluant � l'annulation de l'arr�t cantonal. Le recourant soul�ve le grief de violation des art. 9 et 29 Cst. Il se plaint en outre de l'application arbitraire des art. 146 al. 1, 186, 196 et 228 de la loi de proc�dure civile genevoise ainsi que du droit f�d�ral relatif aux fonds de placement.
L'intim�e conclut au rejet du recours. Quant � la cour cantonale, elle se r�f�re aux motifs �nonc�s dans son arr�t.
1.- Interjet� en temps utile contre une d�cision finale prononc�e en derni�re instance cantonale qui donne tort au recourant, le recours est recevable eu �gard aux art. 86, 88 et 89 OJ.
2.- a) Le recourant se plaint de l'appr�ciation arbitraire des preuves.
aa) Devant les instances cantonales, Ali Ipar a soutenu en bref que Merrill Lynch avait viol� ses obligations contractuelles de mandataire en vendant en janvier 1995 la plus grande partie des titres SOVAX appartenant au mandant, cela sans instructions expresses ou tacites de sa part, causant ainsi � ce dernier un dommage �gal � la diff�rence entre le cours des titres au moment de la demande en justice et celui du jour de la vente, montant auquel s'ajoutaient les dividendes perdus pour les ann�es 1995, 1996 et 1997.
La cour cantonale, � la suite du premier juge, a admis, en se fondant sur la proc�dure probatoire, qu'Ali Ipar s'�tait, en octobre 1994 d�j�, inqui�t� de la baisse de valeur des titres SOVAX et qu'il avait, lors d'un entretien dans les locaux de Merrill Lynch en novembre 1994, d�cid� de vendre sur-le-champ diverses positions de son compte � effet de levier, lesquelles risquaient d'entra�ner des pertes, mais pas avant le d�but de l'ann�e 1995 en ce qui concerne les titres SOVAX, cela afin de percevoir les dividendes � la fin 1994, enfin qu'il avait donn� l'ordre par t�l�phone le 11 janvier 1995 � Ayseg�l Bulgur de liquider au moins la moiti� des positions SOVAX.
La cour cantonale a d�s lors retenu que Merrill Lynch avait agi conform�ment aux ordres d'Ali Ipar et n'avait pas enfreint ses devoirs de mandataire.
bb) Le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir proc�d� � une appr�ciation arbitraire, d'une part des d�positions de Kathleen Wiltshire, alors directrice de la succursale genevoise de Merrill Lynch, d'Ayseg�l Bulgur et de G�rard Dolan, employ�s de l'intim�e, d'autre part de certains documents produits en proc�dure.
b) Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst. , ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution que celle retenue par l'autorit� cantonale pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut� ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 125 I 166 consid. 2a, II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b p. 134; 124 I 247 consid. 5 p. 250).
c) aa) Ce sont avant tout des griefs relevant d'un recours en appel que formule le recourant, dans un tr�s long m�moire o� les m�mes arguments sont pr�sent�s plusieurs fois et sous une forme diff�rente dans les chapitres intitul�s "les faits", "l'appr�ciation arbitraire des preuves" et "la violation arbitraire des articles 146 al. 1, 186, 196, 228 de la loi de proc�dure civile genevoise". Le recourant expose pour l'essentiel sa version des faits, telle qu'il l'avait d�j� soumise aux juridictions cantonales, sans d�montrer par une argumentation pr�cise en quoi l'�tat de fait retenu par l'autorit� intim�e serait insoutenable. La recevabilit� de l'ensemble de ses critiques est donc tr�s douteuse. Dans la mesure o� elles sont recevables, elles devront �tre rejet�es.
bb) Selon le recourant, la cour cantonale aurait admis, sur la base d'une appr�ciation arbitraire des t�moignages et de l'�volution de son portefeuille d�tenu par l'intim�e, que lui-m�me avait donn� l'ordre de vendre ses titres SOVAX en novembre 1994 d�j�. Cet ordre de vente ne serait pas d�montr�. Il n'aurait pas �t� justifi�, car il n'y aurait pas eu de crise au Mexique comme le retiendrait � tort la cour cantonale. S'il avait exist�, cet ordre aurait d� faire l'objet d'une confirmation �crite vu son importance.
L'analyse du compte du recourant serait fantaisiste. Enfin, ces constatations de fait seraient en contradiction avec l'admission par ailleurs d'un pr�tendu ordre de vente des m�mes titres donn� le 11 janvier 1995, car ce dernier n'aurait eu aucun sens si l'ordre avait �t� donn� en novembre 1994 d�j�.
Or, la critique tombe dans le vide d�j� au motif, d'une part, que la cour cantonale n'a pas retenu exactement ce que souligne le recourant, d'autre part, que c'est essentiellement parce qu'elles admettaient qu'Ali Ipar avait donn� un ordre de vente le 11 janvier 1995 que les instances cantonales lui ont donn� tort. La cour cantonale a en effet admis que "l'appelant avait d�cid� de liquider des positions compte tenu de la crise au Mexique, mais pas avant le d�but de l'ann�e 1995 afin de percevoir les dividendes de fin 1994". Cette constatation n'est pas incompatible avec un ordre de vente plus pr�cis donn� le 11 janvier 1995, lequel tenait compte en outre de l'�volution � la baisse qui se poursuivait. Il n'�tait en tout cas pas arbitraire ni illogique d'admettre l'existence � la fois des instructions donn�es en novembre 1994 et de celles de janvier 1995.
Pour le reste, le recourant se contente d'affirmations qu'il n'�taie nullement: il ne d�montre d'aucune fa�on, notamment, qu'il n'y aurait pas eu de crise au Mexique justifiant la vente de certains titres. La question de savoir s'il y avait d�j� une crise ou seulement un d�but de crise en automne 1994 n'est du reste pas pertinente. Il n'�tablit pas pourquoi l'intim�e aurait d� confirmer l'entretien de novembre 1994, alors qu'il a �t� constat� par ailleurs que certains de ses ordres de vente avaient �t� donn�s verbalement, sans confirmation �crite autre que le bordereau de l'op�ration; il ne motive en rien la pr�tendue fausset� de l'analyse financi�re de ses comptes effectu�e par la cour cantonale. En cela, le recours est irrecevable, car ne r�pondant pas aux exigences de l'art. 90 al. 1 OJ.
Il s'ensuit le rejet de cette branche du recours dans la mesure o� elle est recevable.
cc) Le recourant soutient que la cour cantonale a proc�d� � une appr�ciation arbitraire des preuves en retenant qu'il avait donn� l'ordre par t�l�phone, le 11 janvier 1995, de vendre une partie des titres du fonds SOVAX, et qu'il n'avait pas r�agi aux messages subs�quents de Merrill Lynch qui se r�f�raient � l'ordre donn�.
Or, comme cela a �t� relev� de fa�on g�n�rale cidessus (let. aa), le recourant se contente pour l'essentiel d'opposer sa version des faits � celle des juges cantonaux sans d�montrer en quoi cette derni�re serait arbitraire.
En pr�sence de deux versions des faits enti�rement divergentes concernant cet entretien t�l�phonique du 11 janvier 1995, la cour cantonale a choisi celle de l'intim�e et elle a expos� les motifs de son choix: Ali Ipar, inquiet de l'�volution des titres SOVAX en novembre 1994 d�j�, avait d�cid� de r�duire les positions � risque de son compte. Les instructions donn�es par t�l�phone le 11 janvier 1995 sont �tablies sur la base du t�moignage d'Ayseg�l Bulgur et elles �taient logiques compte tenu de la menace de baisse persistante des titres SOVAX. La vente de ces titres �tait un moyen efficace de redresser le compte du recourant. Enfin, la cour cantonale a relev� que s'il n'avait, comme il le pr�tend, pas donn� d'ordre de vente, Ali Ipar aurait r�agi rapidement et notamment par �crit � la r�ception des avis donn�s d�s le 12 janvier 1995 par Merrill Lynch. Or, il a attendu plus d'une ann�e avant de s'en plaindre. Et la cour cantonale d'admettre, sur la base des d�positions en justice et de ces indices, que l'intim�e a rapport� la preuve que l'ordre de vente du 11 janvier 1995 avait bel et bien �t� donn�.
Le recourant voit un indice contraire d'abord dans le fait qu'Ayseg�l Bulgur, entendue comme t�moin, qui aurait affirm� avoir confectionn� une note interne au sujet de l'entretien du 11 janvier 1995, n'a pas produit cette note. On devrait d�duire de cette circonstance que ledit entretien n'a jamais eu lieu. Or, le recourant d�forme les propos dudit t�moin en vue de servir sa th�se. Ayseg�l Bulgur a d�clar�: "Au sujet de cet entretien, il devrait y avoir une note interne".
Elle n'avait pas de souvenirs pr�cis � cet �gard, contrairement � ce que laisse entendre le recourant.
Au demeurant, ainsi que l'a relev� Kathleen Wiltshire, directrice de l'intim�e, c'est le bordereau de l'op�ration qui fait foi, l'ordre lui-m�me n'�tant en g�n�ral pas confirm� par �crit ou par fax. L'op�ration litigieuse a fait l'objet d'une inscription sur une pi�ce interne, laquelle mentionne: "as per phone" (selon entretien t�l�phonique) et qui para�t donc se r�f�rer � un entretien t�l�phonique. Cette pi�ce est un autre indice, non relev� par la cour cantonale, de l'existence des instructions t�l�phoniques du recourant.
En tout �tat de cause, les d�clarations relev�es de fa�on imparfaite par le recourant n'�tablissent en rien l'arbitraire de l'arr�t attaqu�.
Le recourant all�gue ensuite que les d�marches t�l�phoniques que le t�moin Bulgur dit avoir faites avant de donner l'ordre de vente ne seraient pas prouv�es. Or, ce point n'est pas pertinent. La cour cantonale a fond� sa conviction quant � la r�alit� de l'ordre t�l�phonique du 11 janvier 1995 sur d'autres �l�ments qui corroboraient les d�clarations des t�moins. L'existence et le nombre d'appels t�l�phoniques donn�s par le t�moin Bulgur, notamment au gestionnaire du fonds SOVAX � New York en vue de v�rifier l'opportunit� de vendre les titres, ne sont pas d�terminants. Le recourant s'attarde ensuite sur le contenu du message qu'Ayseg�l Bulgur lui a adress� le 12 janvier 1995, le lendemain de l'ordre de vente des 59 915 titres SOVAX. Selon lui, la cour cantonale aurait d� relever que ce message ne se r�f�rait pas � un pr�tendu ordre de vente donn� la veille, mais au risque d'un appel de marge, c'est-�-dire � l'�ventualit� que Merrill Lynch exige de son client qu'il renfloue son compte si celuici n'�tait plus couvert. Or, ce risque, selon le recourant, aurait en r�alit� �t� inexistant.
A nouveau, ces faits ne sont pas d�terminants. La cour cantonale n'a pas analys� sp�cialement le message du 12 janvier 1995 et la question de l'appel de marge qui y est �voqu�e. Elle rel�ve qu'Ali Ipar n'a pas r�agi aux messages envoy�s d�s le 12 janvier 1995 pour contester la vente intervenue, qu'il pr�tend aujourd'hui n'avoir pas ordonn�e.
Or, cet �l�ment, c'est-�-dire l'attitude d'Ali Ipar lui-m�me dans cette affaire, que la cour cantonale retient � juste titre comme indice pertinent, n'est pas discut� par le recourant dans la pr�sente branche du recours. Le fait que le message du 12 janvier 1995 ne se r�f�re pas � un entretien de la veille ne signifie nullement en soi que cet entretien n'ait pas eu lieu. Le recourant n'explique d'ailleurs pas pourquoi l'employ�e de Merrill Lynch aurait soudain et sans ordre d�cid� de vendre ce paquet d'actions. Quant aux motifs donn�s par Ayseg�l Bulgur - "Je dis que s'il n'y a aucune r�f�rence � un entretien pr�alable dans le message du 12 janvier 1995. .. c'est parce que je ne savais pas le prix des actions" -, ils ne sont, il est vrai, pas clairs et le t�moin n'a pas �t� invit� � les pr�ciser; ils ne d�montrent cependant nullement que les r�ponses de ce t�moin seraient, comme souhaite le voir admettre le recourant, "absurdes et empreintes d'une mauvaise foi caract�ris�e".
En ce qui concerne la menace d'appel de marge, elle �tait r�elle, m�me si elle n'�tait pas encore r�alis�e, puisque, selon le dernier cours connu des titres SOVAX au tout d�but 1995, soit 16.70 US$, l'appel de marge aurait pu �tre d�clench�.
Il appara�t donc que l'intim�e a non seulement agi sur l'ordre expr�s de son client, qui avait d'ailleurs une certaine exp�rience en la mati�re, mais aussi dans son int�r�t, le cours du titre SOVAX, selon le t�moin Bulgur, ayant continu� � baisser apr�s la vente litigieuse.
Pour le reste, le recourant, dans la partie "faits" de son recours, met en relief ce qu'il estime �tre en contradiction avec les faits admis par la cour cantonale, soit que le message suivant de Merrill Lynch, le 13 janvier 1995, se r�f�re � un entretien t�l�phonique, au contraire de celui du 12 janvier, et que les 16 et 19 janvier 1995, l'intim�e demande une confirmation �crite de l'ordre de vente. Or, ces faits ne d�montrent rien, et en tout cas pas l'arbitraire de l'arr�t attaqu�.
L'allusion � un entretien t�l�phonique pr�c�dant le message du 13 janvier 1995 a �t� expliqu�e de fa�on plausible par le fait qu'il s'agissait alors de rectifier une information qui venait d'�tre donn�e par t�l�phone le jour m�me.
Il n'a pas �t� �tabli que l'ordre de vente des titres devait obligatoirement �tre confirm� par �crit. D�s lors, peu importe qu'une confirmation ait �t� requise les 16 et 19 janvier et non le 11 janvier. Au demeurant, Ayseg�l Bulgur a expliqu� cette diff�rence de traitement de fa�on plausible par l'absence d'urgence, le 16 janvier 1995. Elle a aussi relev� que la situation s'�tait d�grad�e entre la banque et le client. Cela peut facilement expliquer la prudence accrue de la banque. Aucun de ces faits ne d�montre en tout cas que la cour cantonale aurait retenu de fa�on arbitraire, qu'il y avait eu un ordre de vente le 11 janvier 1995.
Le recourant soutient ensuite qu'il est arbitraire de retenir qu'il n'a pas r�agi aux messages annon�ant (ou confirmant) la vente des titres SOVAX. Le t�moignage de G�rard Dolan �tablirait au contraire qu'Ali Ipar a d�ment protest� contre cette vente.
Or, le t�moin Dolan, qui a succ�d� � Ayseg�l Bulgur dans les relations de Merrill Lynch avec Ali Ipar, a d�clar� le 11 novembre 1998: "... Le recourant �tait contrari� parce que c'est le fonds SOVAX qui avait �t� en partie r�alis�. ..
pour lui, la part qui avait �t� r�alis�e �tait trop importante.
Il m'a dit qu'il avait contest� avoir donn� un ordre de vente et ne comprenait pas pourquoi on avait vendu. Ce m�contentement avait d�j� �t� exprim� � notre directrice avant que je parte � Nice. Le recourant m'a confirm� qu'il avait pris contact par t�l�phone avec Madame Wiltshire. Lors de l'entretien de Nice, je ne savais pas si r�ellement le client avait ou n'avait pas donn� des instructions. C'est lui qui m'a dit n'en avoir pas donn�. ..". Ce t�moignage est indirect. Le t�moin ne fait que rapporter des d�clarations d'Ali Ipar post�rieures au 11 janvier 1995. Il n'�tablit rien de probant en ce qui concerne l'existence et le contenu de l'entretien du 11 janvier 1995. Ali Ipar aurait certes, comme il le fait aujourd'hui, pr�tendu en s'adressant � G�rard Dolan, n'avoir pas donn� d'ordre de vente des titres SOVAX ou d'une pareille quantit� de ceux-ci, ces deux d�clarations n'�tant au demeurant pas compatibles l'une avec l'autre, et s'en �tre plaint aussit�t aupr�s de Merrill Lynch. Il n'�tablit en rien ce fait et il demeure, comme l'a constat� la cour cantonale, qu'Ali Ipar n'a fait parvenir aucune protestation � la banque et qu'il a continu� d'entretenir des relations avec celle-ci durant plus d'une ann�e avant de se d�cider � faire valoir un pr�judice.
Il n'�tait donc pas arbitraire de ne pas retenir que le t�moignage de G�rard Dolan infirmait la th�se de l'intim�e.
Enfin, le recourant veut voir un indice d'appr�ciation arbitraire des preuves dans le fait que la cour cantonale n'a pas pris en consid�ration le message de Merrill Lynch du 6 f�vrier 1998, produit en proc�dure par Ali Ipar, qui d�montrerait que l'intim�e ne se satisfaisait pas des instructions orales de ses clients et qu'elle exigeait une confirmation des demandes de transferts de fonds. Ce fait n'est pas pertinent. Non seulement ledit message est post�rieur de 3 ans � l'op�ration de janvier 1995 et intervient � un moment o� le litige a d�j� �clat�, justifiant la prudence de l'intim�e, mais encore la requ�te d'instructions �crites concerne-t-elle une op�ration de transfert de fonds pour laquelle, selon Kathleen Wiltshire, la banque exigeait pr�cis�ment des instructions �crites. La lettre de Merrill Lynch de f�vrier 1998 est donc sans int�r�t pour trancher la question de l'existence de l'ordre verbal de vente donn� le 11 janvier 1995, qui a par cons�quent �t� retenue sans arbitraire par la cour cantonale.
3.- a) Le recourant rappelle qu'Ayseg�l Bulgur, entendue en qualit� de t�moin, est l'employ�e de l'intim�e. Ce t�moin aurait d�s lors selon lui �t� "juge et partie". Il aurait en outre fait une d�position suspecte et critiquable. En retenant int�gralement ce t�moignage, la cour cantonale aurait fait un usage arbitraire de son pouvoir d'appr�ciation pr�vu par les articles 196 et 228 de la Loi de proc�dure civile genevoise (LPC).
Ce moyen de recours peut �tre rejet� d�j� dans la mesure o� le recourant part du postulat, non d�montr� on l'a vu ci-dessus (consid. 2c/cc) que le t�moignage d'Ayseg�l Bulgur ne serait pas cr�dible.
En outre, l'art. 196 LPC se borne � rappeler, comme le font la plupart des codes de proc�dure civile cantonaux, que le juge appr�cie librement les r�sultats de la proc�dure probatoire. Il n'est limit� que par l'interdiction de l'arbitraire.
Quant � l'art 228 LPC, il pr�voit ceci: "les parties sont admises � articuler, soit � l'audience d'enqu�te, soit dans leurs �critures ou plaidoiries, les diverses circonstances corroboratives ou infirmatives des t�moignages qui ont �t� recueillis et le juge doit les appr�cier". Il ne s'agit l� que d'un rappel du libre pouvoir d'appr�ciation par le juge du poids et de la port�e d'un t�moignage, le juge pouvant notamment prendre en consid�ration les relations personnelles entre le t�moin et les parties (Bertossa/Gaillard/ Guyet, Commentaire de la LPC, vol. II n. 5 ad art. 228).
En l'esp�ce, la cour cantonale n'a pas ignor� le fait que le t�moin Bulgur �tait l'employ�e de l'intim�e. Ce fait ne l'emp�chait pas en soi de retenir son t�moignage dont la fausset� n'a pas �t� d�montr�e et qui �tait confirm� par divers indices. L'application arbitraire des art. 196 et 228 LPC n'est � tout le moins pas d�montr�e.
b) Dans une deuxi�me branche de ce moyen, Ali Ipar reproche � la cour cantonale d'avoir, de mani�re arbitraire, admis que le message qui lui a �t� envoy� le 12 janvier 1995 �tait conforme � la v�rit�. Elle l'aurait fait en violation de l'art 186 LPC. Sur ce point, le recourant, qui cite un passage du commentaire susmentionn� de l'art. 186 LPC, se borne � all�guer l'arbitraire sans en apporter ne serait-ce qu'un d�but de d�monstration, ce qui rend cette partie du recours irrecevable.
c) Enfin, selon le recourant, la cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire en �cartant, sans motivation, le t�moignage de G�rard Dolan qui lui �tait favorable, violant ainsi grossi�rement l'art. 146 LPC, lequel oblige le juge � motiver ses jugements. A nouveau, le recourant se contente d'ass�ner des critiques d�pourvues de toute motivation, ce qui rend son recours irrecevable � cet �gard.
Au demeurant, on a vu ci-dessus (consid. 2c/cc) que le t�moignage de G�rard Dolan n'avait pas la port�e que lui attribue le recourant.
Il s'ensuit le rejet dans la mesure o� il est recevable du moyen de recours fond� sur la violation de la LPC.
4.- Le recourant reproche � la d�cision attaqu�e d'avoir appliqu� de fa�on arbitraire certaines dispositions du droit f�d�ral relatif aux fonds de placement �trangers.
Par l�, il soul�ve un moyen tir� de la violation du droit f�d�ral.
D�s lors qu'est ouverte en l'esp�ce la voie du recours en r�forme, voie que le recourant a d'ailleurs utilis�e et o� il pr�sente les m�mes arguments, le recours de droit public sur le m�me th�me pour appr�ciation arbitraire de la loi est irrecevable (art. 84 al. 2 OJ).
5.- Il s'ensuit le rejet, autant qu'il est recevable, de cette branche du recours et, avec elle, le rejet, dans la mesure o� il est recevable, du recours tout entier.
Les frais doivent �tre mis � la charge du recourant qui succombe (art. 156 al. 1 OJ). Ce dernier devra en outre verser une indemnit� pour les d�pens de l'intim�e (art. 159 al. 1 OJ).
2. Met un �molument judiciaire de 15 000 fr. � la charge du recourant;
3. Dit que le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 18 000 fr. � titre de d�pens;
Lausanne, le 5 janvier 2001 ECH