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Timestamp: 2020-07-16 17:06:29+00:00
Document Index: 160084258

Matched Legal Cases: ['§ 104', '§ 45', '§ 62', '§ 82', '§ 89', '§ 34', '§ 166', '§ 51', '§ 34', '§ 37', '§ 6', '§ 72', '§ 16']

Il est absolument impossible de bien comprendre la Rhétorique à Hérennius (1) ou les Ouvrages de rhétorique (2) de Cicéron, si l'on ne connaît pas, dans ses grandes lignes, le système de la rhétorique latine au Ier siècle avant J.-C. En effet, les différents ouvrages ne traitant pas de toutes les questions, ne les traitant qu'en partie, et, quelquefois, par allusion, on risquerait de mal interpréter le texte ou de se tromper sur sa portée exacte, si l'on ne pouvait replacer dans un cadre général les notions qu'on y trouve.
Nous nous bornerons à l'essentiel et nous contenterons d'étudier ici, dans leurs grandes lignes et avec d'inégaux développements, les points suivants :
I. Genres oratoires.
II. La nature de la cause et la position de la question.
III. Les différentes parties de l'art oratoire.
Genres oratoires
judiciaire (judiciale genus), où l'on cherche ce qui est juste
démonstratif (exornatio dans les Topiques ; ailleurs demonstrativum genus), où l'on cherche ce qui est bien ; il comprend deux parties : l'éloge et le blâme (laus et vituperatio)
délibératif (deliberativum genus), où l'on cherche ce qui est bien et utile ; les Partitiones y distinguent deux parties : conseiller et dissuader (suasio et dissuasio)
On peut la considérer au point de vue moral, et au point de vue technique.
noble (honesta, Rhétorique et de Inventione)
honteuse (turpis dans la Rhétorique, admirabilis dans le de Inventione) ; s'oppose à noble
douteuse (dubia dans la Rhétorique, anceps dans le de Inventione), lorsque la question à juger est douteuse ou que la cause est noble par quelque partie, honteuse par une autre
humble (humilis, dans la Rhétorique et le de Inventione), qui n'appelle pas l'attention de l'auditoire
obscure (obscura ; dans le de Inventione seul).
Au contraire de la Rhétorique à Hérennius, qui passe ce point sous silence, Cicéron distingue :
les questions générales (grec thesis) et les questions particulières (grec upothesis), ces dernières rentrant dans des questions générales
les questions de théorie (cognitio) et de pratique (actio).
Les trois ouvrages de Cicéron où il soit question avec quelque détail des questions de pratique y distinguent, sous des noms différents, les deux mêmes groupes :
discussion sur un devoir
faire naître, calmer, exciter les passions. A ce groupe le de Oratore subordonne l'exhortation (cohortationes), le blâme (objurgationes), la consolation (consolationes), la plainte pathétique (miserationes).
Au contraire, pour les questions de théorie, on rencontre de très grandes différences dans les ouvrages envisagés ici.
La Rhétorique à Hérennius (I, 18 et suiv.) distingue trois états de cause (constitutio ou status) :
conjectural (fondé sur une conjecture).
Dans ce premier groupe, aucune subdivision.
légal (légitimus, fondé sur une loi).
Ce second groupe se subdivise ainsi qu'il suit :
scriptum et sententia (opposition entre la lettre et l'esprit)
leges contrariae (lois contradictoires)
ambiguum (emploi d'un terme ayant deux sens)
definitio (le conflit repose sur un mot qu'il s'agit de définir)
ratiocinatio (par analogie, on applique une loi à un cas qu'elle n'a pas expressément prévu)
translatio (erreur dans la désignation du demandeur, du défendeur, de la loi invoquée, du tribunal, etc)
juridiciaire (juridicialis, où l'on est d'accord sur le fait, mais non sur le point de savoir si ce fait peut ou non se défendre).
Cette question juridiciaire se divise en absoluta et adsumptiva.
Elle est absoluta, complète, lorsque, pour se justifier, l'accusé n'a pas besoin de recourir à des circonstances étrangères au fait lui-même
adsumptiva, empruntée, lorsque, ne pouvant rien tirer du fait lui-même, l'accusé s'appuie sur des considérations extérieures au fait. Les différents aspects de la constitutio adsumptiva sont la concessio (implorer la clémence des juges), la remotio criminis (rejeter la faute sur une personne ou une circonstance), la relatio ou translatio criminis (prétendre que l'on a été contraint, par la faute d'autrui, de commettre l'acte incriminé), enfin la comparatio (entre deux partis à prendre, l'on a choisi le meilleur).
La concessio elle-même se divise en purgatio (nous n'avions pas l'intention de commettre la faute) et deprecatio (attitude de l'accusé qui, plaidant coupable, fait appel à la clémence des juges). La purgatio se subdivise en imprudentia (imprudence, dans le sens où nous disons homicide par imprudence), fortuna (hasard), necessitas (cas de force majeure).
Le de Inventione distingue deux catégories générales : questions fondées sur un raisonnement (in ratione) et questions fondées sur un texte (in scripto).
Les questions in ratione sont les suivantes, sans que Cicéron le dise expressément, mais comme le montre le contexte :
facti (cause portant sur un fait)
nominis (cause portant sur le nom à donner à un fait)
generis ou generalis (cause portant sur la qualification qu'il convient d'attribuer à une chose, cette qualification étant déterminée en étudiant le caractère propre - genus - de cette chose)
actionis (analogue à la relatio ou translatio criminis de la Rhétorique à Hérennius).
Les constitutiones generales se divisent en negotiales (qui offrent dans le fond même - negotium - un point de droit à discuter) et furidiciales, celles-ci présentant les mêmes subdivisions que dans la Rhétorique, et, en gros, avec le même sens.
Les questions in scripto, qui correspondent aux questions légales de la Rhétorique, se subdivisent en cinq groupes seulement, qui correspondent aux cinq premières catégories de la Rhétorique.
La division du de Oratore (III, 112 et suiv.) est assez différente. Trois catégories principales : La chose existe-t-elle (conjectura)? Ce qu'elle est (definitio)? Quelle est sa nature (consecutio) ?
A propos de la conjectura, on étudiera
sitne aliquid (existence)
unde ortum sit (origine)
quae id causa effecerit (cause)
immulatio (transformations possibles)
Pour la définition, on examinera :
notio (l'idée qu'on se fait généralement de la chose à définir)
proprietas (la qualité propre)
divisio (la division par énumération des parties)
partitio (la division logique)
descriptio (le type général)
Le troisième point (consecutio) peut être considéré en lui-même (simpliciter) ou par comparaison (comparate). Le considère-t-on en lui-même, on porte son attention sur les choses à rechercher ou à fuir, sur le juste ou l'injuste, sur l'honnête ou son contraire. Dans la comparaison, on distingue les rapports d'identité (de eodem et alio) ou d'inégalité (de majore et minore).
Au livre précédent (§ 104 et suiv.), il avait mis dans la bouche d'Antoine une division encore plus simple : «Il y a toujours lieu, disait-il, de rechercher ce qui a été fait ou se fera, quelle est la qualité de la chose débattue ou comment la dénommer». D'après lui, c'est dans le troisième groupe que rentrent les questions portant sur un texte : elles se ramènent toujours à un cas d'ambiguïté.
Cette division est reprise dans l'Orator (§ 45), où il est précisé que le premier groupe est traité par les indices (signa-conjectura), le deuxième par la définition, le troisième par des considérations d'équité.
Le plan adopté par les Partitiones (§ 62) combine ceux du de Oratore :
sit necne sit aut fuerit futurumne sit, avec, accessoirement, possitne aliquid effici
quid sit, subdivisé en aliud an idem sit et en descriptio generis alicujus
quale sit, subdivisé en honestas, utilitas, aequitas, chaque espèce pouvant être étudiée simpliciter ou comparate.
Enfin les Topiques (§ 82) coïncident avec le livre III du de Oratore, sauf que Cicéron distingue un quatrième groupe, les quaestiones legitimae, et, pour désigner les trois autres, n'emploie pas toujours exactement les mêmes termes que dans son grand ouvrage.
Subsidiairement toute cause peut être simplex ou juncta, suivant qu'il s'y pose une ou plusieurs questions (de Inventione, I, 17).
Lorsque l'on a reconnu la nature de la cause, on se préoccupe de chercher les éléments suivants : quaestio, ratio, firmamentum, judicatio.
La quaestio naît de l'opposition entre l'accusation (intentio) et la défense (depulsio sous-ent. accusationis).
On appelle ratio la thèse de la défense, firmamentum celle de l'accusation, d'où résulte judicatio, le point à juger.
Par exemple, dans la cause d'Oreste, accusé pour avoir tué sa mère,
intentio : non jure fecisti (tu n'avais pas le droit d'agir ainsi)
depulsio : jure feci (j'en avais le droit)
quaestio : jurene fecerit (en avait-il le droit) ?
ratio : illa enim patrem occiderat (c'est qu'elle avait tué mon père)
firmamentum : potuit sine tuo scelere illius factum puniri (son forfait aurait pu être puni sans que tu commettes un crime)
judicatio : rectumne fuerit ab Oreste matrem occidi, cum illa Orestis patrem occidisset (est-il admissible qu'Oreste ait tué sa mère, celle-ci ayant tué le père d'Oreste) ?
Les parties de l'art oratoire
Elles sont au nombre de cinq : invention, disposition, élocution, action, mémoire.
La Rhétorique distingue :
propositio, exposé du point à prouver
ratio, qui indique la vérité de notre thèse
rationis confirmatio, preuve de la ratio
exornatio, partie d'ornement
complexio, conclusion
Dans le de Inventione, entre la propositio et la complexio, nous trouvons la preuve de la proposition, puis l'assumptio, qui, de la proposition, tire ce que l'on doit démontrer, enfin la preuve de l'assumptio.
Genres de raisonnement
Dans le premier groupe rentrent le dilemme (complexio), le procédé qui consiste à éliminer tous les partis possibles, sauf un (enumeratio), enfin la conclusion qui s'impose (conclusio simplex).
Le second comprend les signes extérieurs (signum), ce qui est croyable (credibile), comparable (comparabile), ou prouvé par l'autorité ou le jugement d'une ou plusieurs personnes (judicatum).
Défauts des argumentations
Nous renvoyons au de Inventione, Livre I, § 89.
Façon de trouver des argumentations
Au moyen des lieux (loci). Ces lieux sont étudiés dans le de Inventione (I, § 34 et suiv.), le de Oratore (II, § 166 et suiv.), les Partitiones (§ 51 et suiv.), enfin dans les Topiques, entièrement consacrées à ce sujet ; la Rhétorique à Hérennius n'en parle pas, l'Orator non plus, sinon incidemment.
Le classement des lieux diffère dans le de Inventione et dans les autres ouvrages. Dans le de Inventione, ils sont divisés en attributs des choses et attributs des personnes, partout ailleurs en arguments inhérents à la chose ou extrinsèques.
Classement du de Inventione
Pour les attributs des personnes, voir Livre I, § 34 et suiv.
Dans les attributs des choses, on distingue trois grandes classes : ce qui a trait à la chose même et ne peut en être séparé (continentia cum ipso negotio) les circonstances ayant accompagné le fait (gestio negotii), ce qui a de l'affinité avec le fait (adjunctum negotio), tout ce qui se rattache au fait (consecutio). Pour les subdivisions, nous renvoyons au livre I, § 37 et suiv.
Classement des autres ouvrages
Alors que, dans les Partitiones, les lieux inhérents à la chose sont donnés sans ordre, le de Oratore et les Topiques y introduisent un classement, à peu près identique dans les deux ouvrages :
lieux qui se rapportent à l'ensemble (res quae sit iota quaeritur) ; ils se ramènent à la définition. La définition peut, d'après les Topiques, porter sur des choses qui existent réellement (quae sunt) ou qui n'existent que dans la pensée (quae intelleguntur) ; dans les deux cas, elle peut être soit une analyse (divisio), soit une énumération (partitio).
lieux qui se rapportent à une partie (rei pars quaeritur) ; leur recherche se fait par énumération des parties
lieux qui se rattachent à l'étymologie (notatio)
lieux qui se rapportent aux choses ayant quelque rapport à l'objet en question, ce que le de Oratore appelle id quod rem attingit et les Topiques, res quae quodammodo affectae sunt ad id de quo quaeritur. C'est dans ce groupe que rentrent les lieux suivants, que nous présentons dans l'ordre alphabétique :
adjuncta, choses analogues
antecedentia, ce qui précède, annonce un fait
causae, causes
comparatio ou rerum contentiones, comparaison
conjugata, conjuncta ou conjuncta inter se, rapports nécessaires
consentanea, choses compatibles
consequentia ou consecutio, conséquences nécessaires
contrarium, choses contraires
differentia ou dissimilitudo, choses différentes
distributiones, énumération des parties
effecta ou effectae res, effets
efficientes causae, causes efficientes
eventus causarum, comme eventa
forma generis, espèce d'un genre
genera, genera partium, genus universum, genre
orta ex causis (ea quae sunt), comme effecta
partes generibus subjectae ou partes generum, comme forma generis
praecurrentia ou primordia, comme antecedentia
pugnantia inter se ou repugnantia, choses contradictoires
species ou species certae, comme forma generis
similitudo, choses semblables.
Dans le de Oratore (II, 116), ils sont simplement énumérés : actes écrits, témoignages, contrats, conventions, aveux obtenus par la torture, lois, sénatus-consultes, jugements prononcés, décrets, décisions des jurisconsultes.
Dans les Partitiones (§ 6), apparaît un classement. Les lieux extrinsèques, dit Cicéron, sont constitués par les témoignages. Ils peuvent être divins ou humains. Les premiers sont les oracles, les auspices, les prédictions et les réponses des prêtres, des aruspices, des devins. Les témoignages humains se tirent d'une intervention extérieure, de la volonté des parties, de paroles obtenues de gré ou de force. C'est dans cette catégorie que rentrent les textes, les conventions, les promesses, les serments, les aveux obtenus par la torture.
Les Topiques (§ 72 sqq.), en un classement différent, présentent à peu près tous les lieux que nous avons trouvés dans les Partitiones, et, en outre, quelques autres.
La valeur du témoignage repose sur l'autorité de celui-ci, laquelle résulte de la nature ou des circonstances.
L'autorité venant de la nature réside surtout dans la vertu (virtus) : vertu des dieux, avec ses différentes manifestations (oracles, prodiges, songes, etc.), vertu des hommes, qui consiste en leurs qualités intellectuelles et morales.
Les circonstances sont le talent, l'âge, la richesse, la beauté, l'art, la force inéluctable (qui comprend la torture) et même quelquefois le concours d'événements fortuits, par exemple le bruit public.
Façon de trouver les arguments pour certaines causes
Cause délibérative
La fin est l'utilité, où l'on distingue la sécurité et l'honneur. Dans la sécurité, distinguer la force et la ruse ; pour l'honneur, ce qui est bien (envisager prudence, justice, courage, modération) et ce qui est louable.
Le classement du de Inventione (II, 157 et suiv.) est le même, mais en gros seulement. Trois parties principales : honestum, utile, junctum.
L'honestum comprend quatre parties : prudentia, justitia, fortitudo, temperantia.
L'utilité réside in corpore ou in extrariis rebus.
A l'honestum et à l'utile à la fois se rattachent ce que l'auteur appelle necessitudo et affectio (considérations qui font paraître l'acte sous un jour différent).
Cause démonstrative
Cause conjecturale
Le plan proposé dans la Rhétorique (II, 3 sqq.) est le suivant :
probabile, avec deux subdivisions : causa et vita
collatio (sorte de comparaison par laquelle l'accusateur montre, par l'examen des circonstances, qu'elles ne s'appliquent à personne aussi bien qu'à l'accusé)
signum (indices), avec six subdivisions : locus, tempus, spatium, occasio, spes per ficiendi, spes celandi
argumentum (emploi d'arguments), avec considération successive du passé, du présent et du futur
consecutio (recherche des signes ordinaires de la culpabilité et de l'innocence)
approbatio (preuve confirmative), avec des lieux propres à chaque cause, et des lieux communs, qui sont testes, quaestiones (les tortures), argumenta, rumores.
Le plan du de Inventione (II, 17 et suiv.) est plus simple. Trois parties :
ex causa, avec deux subdivisions : ratrocinatio (calcul, préméditation) et son contraire impulsio
ex persona (ici interviennent les attributs des personnes ; v. plus haut)
ex facto (attributs des choses)
Les parties d'un discours sont :
Exorde, qui, d'après la Rhétorique à Hérennius et le de Inventione, se subdivise en exorde direct (prohemium ou principium) et exorde par insinuation (insinuatio).
Narration, où les deux ouvrages sont d'accord pour distinguer trois genres :
récit pour donner confiance, pour accuser, pour grossir
récit pour plaire, ce dernier avec deux subdivisions : in personis et in negotiis, la deuxième catégorie comprenant la fable, l'histoire et l'argument (sujet inventé, mais vraisemblable).
Division (partitio). Elle comprend, sous des noms différents, deux parties : ce qui reste en discussion (quid in controversia relictum sit) et le plan proprement dit (distributio) ; celui-ci se divise à son tour en énumération des points à traiter (enumeratio) et en division (divisio). Il est à noter que les Partitiones ne disent rien de cette partie.
Digression (dans le de Inventione seulement). C'est là que se placeraient de préférence les facetiae, soit la raillerie (cavillatio), la verve mordante (dicacitas) et les facetiae proprement dites.
Péroraison, avec trois parties dans la Rhétorique et le de Inventione, à savoir
commiseratio (H) ou conquestio (Inv.), pathétique, avec deux parties dans les seules Partitiones : amplificatio et enumeratio.
A côté de cette division que l'auteur de la Rhétorique appelle classique (ad institutionem artis), il en distingue une autre, occasionnelle (ad casum temporis accommodata).
La Rhétorique et tous les autres ouvrages, sauf les Partitiones, en distinguent trois : gravis (sublime), mediocris (tempéré), attenuata ou tenuis (simple).
Dans les Partitiones on trouve la division suivante : genus eloquendi sua sponte fusum (naturel, c'est-à-dire simple), et genus eloquendi versum atque mutatum (travaillé).
Du de Oratore et de l'Orator résulte le plan suivant, qui, dans les grandes lignes, concorde avec celui de la Rhétorique : parler correctement et purement (latinitas de la Rhétorique), clairement (explanatio de la Rhétorique), avec élégance et convenance (compositio et dignitas de la Rhétorique).
L'élégance s'obtient par l'emploi, soit de mots isolés, qui peuvent être des mots pris dans leur sens propre, des mots pris métaphoriquement ou des mots créés, soit de mots joints dans la phrase. A ce deuxième point de vue, Cicéron distingue l'harmonie - la concinnitas (arrangement ingénieux des mots, en particulier arrangement agréable à l'oreille, disposition symétrique, balancement) -, le nombre - l'emploi des figures.
Le style le plus parfait est le style brillant (ornatus). «Ce terme, écrit M. Jules Martha, résume toutes les qualités du style oratoire ; c'est en particulier l'art de faire valoir les pensées et les mots par l'emploi des figures, ainsi que par l'ampleur, la cadence et le nombre de la phrase».
Dans les Partitiones (§ 16 et suiv.), le plan est un peu différent. Cicéron distingue les mots isolés ou groupés dans la phrase. Mais dans les mots isolés, il distingue, d'abord, ceux qui sont primitifs (nativa) et ceux qui sont créés artificiellement (reperta), puis il envisage leur nature et leur emploi (figures). Aux mots groupés, il demande le nombre et la correction (consecutio). Dans les deux cas, on doit rechercher les qualités suivantes, qui exigent l'emploi des figures : clarté, brièveté, convenance, éclat, agrément.
(1) Publiée avant 82.
(2) D'après leur date, ils peuvent se répartir en trois groupes : de Inventione (81 vraisemblablement) ; - de Oratore (55) ; - Brutus, Orator, de optimo genore oratorum, Partitiones oratoriae (Divisions de l'art oratoire) et Topiques (de 46 à 44).