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Timestamp: 2016-10-26 21:06:32+00:00
Document Index: 13276602

Matched Legal Cases: ['art. 55', 'art. 55', 'art. 63', 'art. 55', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 398', 'art. 41', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 398', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 55', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 41', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 63', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 41', 'art. 44', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 156']

4C.166/2000 (08.12.2000)
juge, et M. Pagan, juge suppl�ant.
A.________, demandeur et recourant, repr�sent� par Me Jos� Coret, avocat � Lausanne,
C.________, d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Henri Baudraz, avocat � Lausanne;
A.- a) A.________ a entretenu des relations bancaires r�guli�res avec C.________ (ci-apr�s: la banque) depuis 1981. Ancien entra�neur de hockey sur glace, il est au b�n�fice de connaissances g�n�rales en mati�re commercialeou bancaire; il a acquis une exp�rience dans le domaine de la finance et du placement en faisant des op�rations suroptions. Des rapports de confiance particuliers le liaient avec l'ancien directeur de l'agence de la banque de D.________, E.________, promu � la fin de l'ann�e 1991 directeur de la succursale de F.________, dont d�pend l'agence de D.________. A la banque, A.________ a �galement eu affaire avec G.________. Ce dernier avait la r�putation d'�tre comp�tent et secondait H.________ en mati�re de gestion de fortune dans le domaine sp�cialis� des devises et des options.
Depuis le 7 mai 1981, A.________ dispose d'un compte � son nom (n� xxx) ainsi que d'un dossier de titres aupr�s de l'agence de D.________. Par la suite, d'autres comptes en diverses monnaies ont �t� ouverts sous ce num�ro.
Le 18 mars 1987, A.________ a sign� un acte de nantissement g�n�ral conf�rant � la banque le droit de r�aliser ses avoirs de gr� � gr� sans observer les formalit�s pr�vues par la loi f�d�rale sur la poursuite pour dettes et la faillite.
b) A partir de 1987, A.________ a effectu� des op�rations sur devises. Entre le 25 f�vrier et le 15 juin 1987, il a r�alis� 16 transactions pour des sommes oscillant entre 175 000 fr. et 314 000 fr. Jusqu'en 1992, ces op�rations sur devises sont devenues de plus en plus nombreuses et importantes.
c) Le 4 novembre 1988, A.________ et son �pouse ont ouvert, sous n� yyy, un compte joint solidaire comportant un compte en dollars am�ricains. Ils ont simultan�ment sign� un acte de nantissement g�n�ral en faveur de la banque, comme c'est la r�gle en mati�re d'op�rations sur devises � terme.
Lors de l'ouverture de ce compte, les clients ont sign� un "ordre pour placements fiduciaires" et un formulaire relatif aux op�rations � terme. Celui-ci r�servait notamment� la banque le droit d'exiger le d�p�t d'une marge de garantie destin�e � pr�server ses pr�tentions �ventuelles. Le 30 novembre 1988, A.________ a encore paraph� un document concernant les op�rations r�alis�es � la I.________, qui mettait en garde contre les risques li�s � la n�gociation des options.
La relation bancaire yyy a enregistr� d�s son ouverture de nombreuses op�rations sur devises qui portaient en particulier sur du dollar contre du mark allemand. Les montants en jeu �taient souvent importants: ainsi, entre le 15 octobre et le 23 d�cembre 1991, il y a eu sur ce compte au moins 21 op�rations sur devises portant sur un montant de plus de 4 millions de dollars. Trois d'entre elles concernaient des montants s'�levant respectivement � 200 000 US$, 626 769 DM et 848 150 DM.
d) A.________ a aussi achet� en d�cembre 1988 et avril 1989 deux warrants japonais. Etant donn� le degr� de volatilit� des actions japonaises, l'investissement repr�sentait un risque relativement �lev�.
e) Le 21 d�cembre 1989, A.________ a emprunt� � la banque un montant de 200 000 fr., dans le but de participer � une op�ration immobili�re avec la soci�t� J.________ S.A.
B.- a) Apr�s avoir obtenu des renseignements techniques de la part de G.________, A.________ adressait lui-m�me � la banque ses ordres et contrordres, g�n�ralement confirm�s par sa signature, pour de nombreuses op�rations sur devises, y compris des achats et des ventes d'options. Les instructions ainsi donn�es �taient pr�cises; il n'y avait pas place pour d'�ventuelles initiatives des employ�s de la banque.
b) Avant mars 1992, A.________ a r�alis� des gains sp�culatifs. Sur les transactions op�r�es � partir du 17 juin 1992, il a en revanche subi une perte de l'ordre de110 000 fr., soit environ 1/6 de sa fortune.
c) Le 15 juin 1992, A.________ a obtenu un cr�dit de 2 440 000 DM avec int�r�ts � 10,25 % et �ch�ance au 16 septembre 1992. Ce montant avait �t� d�termin�, apr�s discussion avec G.________, de mani�re � couvrir le solde d�biteur du compte courant en mark allemand au nom de A.________, qui s'�levait au 17 juin 1992 � 2 438 458 DM; il d�passait les comp�tences de l'agence de D.________.
Le pr�t �tait garanti � hauteur de 2 121 000 DM, le solde du cr�dit �tant accord� sous r�serve de la valeur de la cr�ance r�sultant du pr�t partiaire conc�d� le 29 d�cembre 1989 par le client � la soci�t� J.________ S.A. Le but de l'emprunt �tait l'acquisition de 269 parts "K.________" pour 1 848 398 US$ 74, transaction qui �tait intervenuesur la base d'un ordre t�l�phonique donn� la veille par le client qui, en 1991 et 1992, avait d�j� achet� de tels titres.
Ce placement, � dire d'expert, satisfaisait aux exigences de la s�curit� et prenait en consid�ration les int�r�ts de la banque et de son client, sous r�serve d'une �volution favorable du cours du dollar, conviction qui semblait �tre celle de G.________ selon une note manuscrite de sa main comportant la mention "reste � la hausse � terme". En fait, le cours du dollar avait chut� durant la premi�re partie du second semestre 1992. En avril, il �tait de 1.5158, en juillet de 1.3314, en octobre de 1.3150; il devait remonter � un taux de 1.4294 en novembre 1992. Cette baisse du dollar par rapport au franc suisse et sa remont�e sensible au cours du mois de novembre 1992 n'�taient pas pr�visibles de la part de personnes m�me bien inform�es des affaires internationales et du cours du dollar.
d) Du 6 juillet au 24 ao�t 1992, il a �t� proc�d� � 23 transactions portant chacune sur 1 800 000 US$; trois d'entre elles consistaient en des achats et des ventes � terme, 20 en des achats et des ventes d'options put et call; pour 16 d'entre elles, la banque ne dispose ni de confirmation ni d'ordre de son client. Ces op�rations ont donn� lieu � une perte globale de 1980 DM.
e) Le 13 ao�t 1992, apr�s vaine sollicitation par la banque d'une garantie compl�mentaire, l'agence de D.________ a fait savoir � A.________ qu'il ne restait aucune disponibilit� sur le compte yyy pour qu'il soit proc�d� � des op�rations � terme ou � des transactions d'options sur devises.
Ainsi, toutes nouvelles transactions autres qu'un "rachatde call pour en revendre un autre" ne pouvaient intervenir avant le 16 septembre 1992, "date de r�gularisation du cr�dit en DM". Pour les op�rations dont l'ex�cution serait demand�e par le client, un ordre sign� serait requis ainsi qu'une "couverture suppl�mentaire" sur son compte.
Le 24 ao�t 1992, A.________ a donn� l'ordre �crit"stop loss" de vendre � terme - au 16 septembre 1992 -1 860 000 US$ contre 2 662 786 DM au cours de 1.4101.
Le 11 septembre 1992, la banque a vendu les 269 parts K.________ pour 1 859 895 US$ 59. Le b�n�fice d�gag� par cette op�ration, 14 615 US$, a permis le remboursement complet de l'emprunt en DM. Toutefois, le taux de change d�favorable de la vente ordonn�e le 24 ao�t 1992 a occasionn� une perte de change de 287 665 DM.
C.- Au cours de la p�riode allant du 24 avril au 13ao�t 1992, la banque a renonc� � demander une garantie � A.________, bien que la marge minimum de 10 % pr�vue selon ses directives internes ne soit plus assur�e.
D.- Le 3 octobre 1994, A.________ a assign� la banqueen paiement de 500 000 fr. avec int�r�ts � 5 % � titre de dommages-int�r�ts. Ses conclusions tendaient �galement �la condamnation de la banque � lui remettre la totalit� des biens et valeurs qu'elle d�tenait pour son compte, interdiction �tant faite � celle-ci de les r�aliser � son profit.
Le demandeur reprochait � la banque de l'avoir entra�n� en 1992 dans des op�rations sp�culatives sans qu'il soit averti des risques de celles-ci et il lui imputait la responsabilit� de la perte de sa fortune. Il se pr�valait en particulier de la conclusion d'un mandat de gestion de fortune dont les obligations de diligence et d'information n'auraient pas �t� respect�es par la banque.
La banque a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au paiement par A.________ de la somme de116 583 fr. 65 repr�sentant le solde d�biteur du compte xxx au 31 d�cembre 1994, avec int�r�ts � 6,75 % d�s cette date.
Deux expertises ont �t� ordonn�es en cours d'instance.
Par jugement du 18 juin 1999, la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a condamn� A.________ � payer � C.________ 116 583 fr. 65 avec int�r�ts � 5 % d�s le 1er janvier 1995.
E.- A.________ recourt en r�forme au Tribunal f�d�ral.
Ses conclusions tendent � la condamnation de la d�fenderesse au paiement de 500 000 fr. avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 3 octobre 1994, dont � d�duire 116 583 fr. 65 avec int�r�ts � 5 % d�s le 1er janvier 1995.
C.________ invite le Tribunal f�d�ral � rejeter le recours.
Parall�lement � son recours en r�forme, le demandeur avait interjet� un recours en nullit� de droit cantonal qu'il a ensuite retir�.
1.- Il ne peut �tre pr�sent� de nouvelles conclusions devant le Tribunal f�d�ral statuant en instance de r�forme (art. 55 al. 1 let. b OJ). Mais il est possible de diminuer ses pr�tentions (Poudret, COJ II, n. 1.4.3 ad art. 55 OJ).
La r�duction des conclusions au fond du demandeur � ce stade de la proc�dure est donc admissible.
2.- Lorsqu'il statue sur un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral fonde son arr�t sur les faits tels qu'ils ont �t� constat�s par la derni�re autorit� cantonale, sauf violation de dispositions f�d�rales en mati�re de preuve ou inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait (art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a), ni contre l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e la cour cantonale (ATF 126 III 189 consid. 2a). Les faits nouveaux sont irrecevables (ATF 121 III 436 consid. 5b p. 440).
3.- a) aa) Apr�s avoir relev� qu'il n'existe pas, en droit suisse, de contrat cadre r�gissant les relations entre les banques et leurs clients, la cour cantonale a consid�r� qu'en l'esp�ce le demandeur n'avait pas pass� avec la d�fenderesse de mandat de gestion ou de g�rance de fortune. Le comportement du client d�montrait sans ambigu�t� sa volont� d'assurer personnellement la gestion de ses biens, m�me s'il sollicitait des renseignements techniques de la part de collaborateurs de la banque. Les 16 op�rations effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 par la d�fenderesse pour le compte du demandeur sans ordre ni confirmation ne repr�sentaient que des exceptions limit�es dans le temps et en quantit�, au regard des tr�s nombreuses instructions donn�es par le demandeur durant plusieurs ann�es; elles ne suffisaient pas � �tablir l'existence d'une g�rance de fortune globale.
Manquait en particulier l'indice de l'existence d'une obligation de g�rance, caract�ristique essentielle du contratde gestion de fortune.
En d�finitive donc, pour la cour cantonale, les nombreuses op�rations effectu�es par la d�fenderesse pour le compte du demandeur constituaient autant de conventions entre les parties. Dans un tel contexte, la banque n'avait en principe pas de devoir g�n�ral d'information. Le rapport de confiance r�sultant des relations d'affaires suivies entretenues par les parties durant une dizaine d'ann�es, ainsi que le fait que l'acquisition des parts K.________ avait �t� rendue possible gr�ce � un cr�dit de la banque ne fondaient pas de devoir sp�cial de renseignement en l'esp�ce, vu la connaissance qu'avait le demandeur des risques li�s � la sp�culation et sa capacit� � les appr�cier.
En agissant sur instructions pr�cises de son client, la banque n'assumait pas une obligation g�n�rale de veiller aux int�r�ts de celui-ci. Elle devait par contre ex�cuter avec diligence les instructions re�ues; dans ce cadre limit�, les r�gles du contrat de mandat s'appliquaient, singuli�rement l'art. 398 CO.
bb) A cet �gard, la cour cantonale a distingu� deux types d'op�rations.
S'agissant de l'achat des 269 parts K.________, elle a retenu que la d�fenderesse avait agi sur ordre du demandeur, qui n'acqu�rait pas ce produit pour la premi�re fois; en outre, ce placement satisfaisait aux exigences de la s�curit� et prenait en compte les int�r�ts des deux parties, sous r�serve d'une �volution favorable du cours du dollar. La banque n'avait donc pas viol� ses obligations contractuelles.
Au surplus, les pertes importantes subies par le demandeur ne provenaient pas de l'achat et de la vente des parts K.________, qui s'�taient sold�s finalement par un b�n�fice, mais de la perte de change r�sultant de la vente � terme de 1 860 000 US$ sur ordre �crit du demandeur et pour laquelle il n'�tait ni all�gu� ni �tabli que ce dernier aurait demand� conseil. Quant � l'�volution du cours du dollar, elle �tait impr�visible pour tout le monde � l'�poque.
Pour les 16 op�rations effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 sans ordre ni confirmation de la part du demandeur, la cour cantonale a retenu que la d�fenderesse aurait d�, conform�ment aux clauses contractuelles, proc�der� un appel de marge avant de liquider les contrats en cours, et qu'elle n'�tait pas autoris�e � effectuer les transactions litigieuses en l'absence d'instructions du demandeur.
Elle a qualifi� cette immixtion sans mandat de la d�fenderesse de gestion d'affaires imparfaite, permettant au ma�tre d'exiger r�paration de son dommage aux conditions de l'art. 41 CO. La cour cantonale a cependant retenu que si 3 op�rations sur les 16 auraient pu �tre �vit�es - ce qui aurait repr�sent� pour le demandeur l'�conomie du paiement de46 800 DM de primes -, l'�tat de fait ne permettait pas de d�terminer si, globalement, les initiatives de la banque avaient occasionn� un r�el pr�judice � son client.
cc) En instance cantonale, le demandeur invoquait encore une violation du devoir de diligence de la d�fenderesse. Il lui reprochait de n'avoir pas accept�, contrairement aux int�r�ts de son client, de reporter le remboursement du pr�t des 2 millions et demi de DM. La cour a consid�r� que l'existence d'une requ�te en ce sens et d'un refus n'�taient pas �tablis. � supposer d'ailleurs qu'ils le fussent, la responsabilit� de la banque n'en aurait pas pour autant �t� engag�e: le dommage invoqu� n'�tait en effet pas en relation de causalit� avec le remboursement de l'emprunt, puisqu'il r�sultait des pertes de change d�coulant de la vente � terme conclue le 24 ao�t 1992.
Le demandeur faisait par ailleurs grief � la d�fenderesse de ne pas avoir r�clam� des garanties suppl�mentaires alors que la marge fix�e n'�tait plus couverte, etde n'avoir pas respect� les diff�rentes prescriptions internes de l'�tablissement bancaire, ce qui avait provoqu�ou augment� son dommage. La cour cantonale a �cart� ces arguments, retenant que les conventions pass�es entre les parties ne mentionnaient que la facult�, mais non l'obligation, pour la d�fenderesse de demander des garanties suppl�mentaires; pour le reste, les directives internes de la d�fenderesse n'avaient pas �t� int�gr�es aux contrats pass�s entre la banque et son client, et n'�taient pas destin�es � prot�ger les int�r�ts de celui-ci; ce dernier ne pouvait donc s'en pr�valoir.
b) Enfin, la cour cantonale a jug� que la d�fenderesse n'avait pas non plus engag� sa responsabilit� d�lictuelle, faute de violation d'une norme protectrice ad hoc, les prescriptions relatives aux appels de marge et aux limites de cr�dit �dict�es par la d�fenderesse ne constituant pas des prescriptions g�n�rales de la loi et n'�tant pas destin�es� prot�ger les clients, mais la banque.
4.- a) Le demandeur conteste tout d'abord l'analyse faite par la cour cantonale des liens contractuels nou�s par les parties. Il soutient que lui et la d�fenderesse �taient dans un rapport contractuel sp�cial, � savoir un mandat oral de gestion conf�r� � la banque, n'excluant pas que le client donne cas �ch�ant des instructions pr�cises. Les 16 op�rations effectu�es de sa propre initiative par la d�fenderesse constitueraient la preuve de ce mandat.
b) Cette argumentation se heurte aux constatations souveraines des juges cantonaux (art. 63 al. 2 OJ). Ceux-ci ont retenu que le comportement du demandeur, par ses nombreux ordres concernant des op�rations sur devises, d�montrait sans ambigu�t� sa volont� d'assurer lui-m�me la gestion de ses biens, aucun indice de l'existence d'une obligation de g�rance n'�tant �tabli. Or l'intention, la connaissance ou l'ignorance et l'erreur, soit ce qu'une partie savait ou voulait dans le cadre de relations contractuelles, rel�vent des faits (ATF 113 II 25 consid. 1a; cf. �galement ATF 125 III 305 consid. 2b; 123 III 165 consid. 3a). Les juges cantonaux n'ont donc pas proc�d�, sur la base des faits qu'ils ont retenus, � une appr�ciation juridique erron�e des circonstances de la cause lorsqu'ils ont consid�r� qu'il n'y avait pas eu de mandat g�n�ral de gestion conf�r� � la banque.
On observera que la cour cantonale n'a pas non plus viol� le droit f�d�ral en estimant que la banque avait le devoir d'ex�cuter avec diligence les instructions re�ues et que dans ce cadre, il fallait mesurer sa responsabilit� selon les r�gles r�gissant le contrat de mandat, soit l'art. 398 CO (ATF reproduit in SJ 2000 I 421 consid. 2d; ATF 126 III 20 consid. 3a/aa; 110 II 283 consid. 1). La banque devait donc agir au mieux en vue de sauvegarder les int�r�ts de son client; en pr�sence d'instructions inopportunes ou irr�alisables, il lui appartenait de prendre certaines dispositions pour ne pas manquer � son devoir de diligence (ATF reproduit in SJ 1994 p. 729 consid. 2d/aa; ATF 108 II 197 consid. 2a). Comme on le verra ci-apr�s, l'int�ress�e n'a toutefois pas failli � ses obligations en l'esp�ce.
5.- a) Insistant sur les rapports de confiance privil�gi�s et durables qui le liaient � la d�fenderesse, le demandeur accuse la cour cantonale d'avoir raisonn� de mani�re rigide sans comprendre l'encha�nement "inexorable" des op�rations de change dont il s'est en d�finitive trouv� victime.
Il impute plusieurs fautes � la banque.
Le demandeur reproche � la d�fenderesse de s'�tre plac�e en position de force vis-�-vis de lui, de l'avoir pouss� � sp�culer au-del� de ses possibilit�s; s'il admet devoir supporter la perte de 110 000 fr. d�coulant des transactions �chues le 17 juin 1992, il conteste devoir prendre � sa charge les cons�quences de l'emprunt des 2,5 millions de DM; cet emprunt, d�passant tr�s largement ses possibilit�s et accord� � un taux usuraire, lui aurait �t� impos� par la banque; sa brusque r�siliation sans appel, l'exigence soudaine de garanties qui auraient pu et d� �tre r�clam�es plus t�t, auraient �t� la cause de la perte d�finitive de sa fortune.
La d�fenderesse devrait r�pondre de la faute ainsi commise dans le cadre des rapports contractuels accessoires liant les parties. De mani�re g�n�rale, il y aurait l� atteinte aux bonnes moeurs commise intentionnellement dans l'id�e de sauvegarder les int�r�ts de la banque, ce qui obligerait � r�paration sur une autre base juridique, l'art. 41 al. 2 CO.
Le demandeur fait de surcro�t grief � la banque d'avoir achet� et vendu diff�rentes options call et put sans ordre ni confirmation; de m�me, l'acquisition des 269 parts K.________ ne reposerait sur aucun ordre �crit de sa part.
Le demandeur invoque enfin une violation du devoir d'information de la d�fenderesse, en se pr�valant de l'expertise judiciaire qui a montr� des lacunes dans les renseignements fournis par l'�tablissement bancaire. Le rapport de confiance liant les parties, ainsi que le fait que le client sp�culait avec des cr�dits fournis par la banque sont autant d'�l�ments qui auraient d� amener celle-ci � tirer la sonnette d'alarme. La banque aurait paniqu� en d�couvrant que son client s'�tait aventur� trop loin, cherchant alors essentiellement � sauvegarder ses propres int�r�ts.
b) aa) Selon l'art. 55 al. 1 let. c OJ, le recourant doit indiquer succinctement quelles sont les r�gles de droit f�d�ral viol�es, et en quoi consiste cette violation, ce � peine d'irrecevabilit� (ATF 106 II 175, confirm� in ATF 116 II 745 consid. 3). En l'occurrence, la critique du demandeur consiste en une s�rie d'affirmations ou de p�titions de principe d�pourvues de v�ritable argumentation, ou alors simplement contraires aux constatations de fait souveraines des premiers juges, et � ce titre irrecevables (cf. consid. 2 ci-dessus).
bb) Il en va ainsi s'agissant du grief principal formul� par le demandeur, � savoir le pr�t qui lui aurait �t� impos�:
la cour cantonale a retenu que l'emprunt incrimin� �tait intervenu � la demande du client, et que celui-ci s'�taitvu contraint de r�aliser ses parts K.________ en raison de l'�ch�ance de celui-ci. Les all�gu�s du demandeur quant �la d�cision des organes de la banque de faire marche arri�re et de bloquer la gestion de ses biens ne r�sultent pas du jugement d�f�r� et constituent par cons�quent des faits nouveaux irrecevables. Dans ces circonstances, rien ne permet de retenir que la d�fenderesse aurait intentionnellement adopt� un comportement contraire aux moeurs. On n'admet ce chef de responsabilit� qu'� titre exceptionnel, dans la mesure o� la contrari�t� aux moeurs ne doit pas �tre utilis�e pour vider de sa substance l'exigence de l'illic�it�. L'art. 41 al. 2 CO vise en premier lieu � pr�venir les comportements purement chicaniers, qui tendent exclusivement ou essentiellement � porter atteinte aux int�r�ts d'autrui (ATF 124 III 297 consid. 5e p. 302 et 303). D�s lors, m�me si l'on suivait le demandeur dans son approche des faits, la responsabilit� de la d�fenderesse ne pourrait �tre engag�e selon l'art. 41 al. 2 CO: la banque n'a cherch� qu'� sauvegarder ses int�r�ts en �vitant des pertes d�passant la valeur des avoirs de son client; il ne s'agit nullement de pure chicane.
cc) Le demandeur se heurte �galement aux circonstances de fait constat�es souverainement par la cour cantonale (art. 63 al. 2 OJ) lorsqu'il soutient, en se r�f�rant au devoir d'information des banques, que la d�fenderesse avait l'obligation de r�clamer � son client des garanties suppl�mentaires et que si elle avait tir� la sonnette d'alarme, celui-ci aurait �t� stopp� d�s le 17 juin 1992 dans ses op�rations sp�culatives.
On rel�vera d'abord le caract�re confus de l'argumentation du demandeur, qui semble confondre la n�cessit� pour une banque de r�clamer une garantie et celle d'informer son client des dangers d'une situation.
En ce qui concerne les garanties, la cour cantonale a retenu que la d�fenderesse n'avait que la facult�, mais non l'obligation, d'en demander selon les conventions liant les parties; les directives viol�es ne pouvaient par cons�quent constituer un fondement contractuel de responsabilit�, ni m�me un fondement extracontractuel, n'ayant pas pour but la protection du client. Le demandeur ne cherche pas � d�montrer en quoi ce raisonnement, dont il conteste la conclusion, violerait un principe de droit f�d�ral. L'opinion de la cour cantonale para�t au contraire bien fond�e (ATF reproduit in SJ 1999 I 205; Lombardini, Droit et pratique de la gestion de fortune, n. 255 p. 94).
Cela �tant, les premiers juges ont retenu que les op�rations effectu�es n'�taient pas en elles-m�mes d�raisonnables, malgr� les risques �lev�s qu'elles pr�sentaient, et que le demandeur �tait capable d'appr�cier ceux-ci. En outre, le dommage litigieux avait pour origine la perte de change r�sultant de la vente � terme des 1 860 000 US$ intervenue sur ordre �crit du client - transaction pour laquelle il n'�tait ni pr�tendu ni �tabli que ce dernier aurait demand� conseil. Tous les arguments reposant sur des �l�ments non conformes � ces constatations sont irrecevables.
dd) Pour le surplus, il n'existe fondamentalement aucun devoir d'information � charge de la banque lorsque son client lui donne de mani�re inconditionnelle des instructions cibl�es pour la gestion de son compte; dans un tel cas, en effet, le client montre qu'il n'a pas besoin de l'information et des conseils de la banque ni ne les souhaite. Il n'y a de devoir d'information que dans des situations exceptionnelles, soit lorsque la banque, en faisant preuve de l'attention requise, a reconnu ou aurait d� reconna�tre que le client n'a pas identifi� un danger d�termin� li� au placement, ou lorsqu'un rapport particulier de confiance s'est d�velopp� dans le cadre d'une relation d'affaires durable entre le client et la banque en vertu duquel le premier peut, sur la base des r�gles de la bonne foi, attendre conseil et mise en garde m�me s'il n'a rien demand� (ATF reproduit in SJ 1999 I 205 consid. 3b).
Dans les circonstances d'esp�ce, rien ne permet de retenir que la banque aurait manqu� � son devoir d'information:
la cour cantonale a constat� (art. 63 al. 2 OJ) quele client disposait des connaissances et de l'exp�rience n�cessaires, qu'il donnait des instructions pr�cises, que les op�rations sp�culatives ordonn�es, bien que risqu�es, n'�taient pas en soi d�raisonnables et qu'elles satisfaisaient aux exigences de la s�curit�. La baisse du dollar intervenue au cours du second semestre de l'ann�e 1992 n'�tait pas pr�visible de la part des sp�cialistes. Selon l'�tat de fait de la d�cision attaqu�e, m�me des personnes bien inform�es des affaires internationales et de l'�volution du cours du dollar ne pouvaient pr�voir ni la faiblesse de cette monnaie par rapport au franc suisse de juillet � octobre 1992, ni sa remont�e sensible en novembre 1992.
C'est d�s lors en vain que le demandeur invoque en sa faveur la note manuscrite de G.________ "reste � la hausse � terme" figurant sur les feuillets de calcul �tablis le 16 juin 1992, �tant observ� de surcro�t que, selon les constatations souveraines des premiers juges, on ignore si ces pr�visions �manaient du demandeur ou du collaborateur de la d�fenderesse.
D�s lors, m�me en admettant l'existence d'un rapport de confiance particulier entre la banque et son client, on ne voit pas que celle-ci ait failli � son devoir d'information.
ee) Enfin, le grief selon lequel la banque aurait d� veiller aux int�r�ts de son client en reportant l'�ch�ance du pr�t en DM tombe �galement � faux, puisque les juges cantonaux ont constat� qu'il n'avait pas �t� all�gu� que le demandeur aurait sollicit� en vain le report de l'�ch�ance convenue.
Pour le reste, on a d�j� expos� que l'art. 41 al. 2 CO ne peut trouver application (consid. 5b/bb).
6.- a) Dans un dernier moyen intitul� "Dommages et rapport de causalit�", le demandeur reproche � la cour cantonale d'avoir mal compris de quel dommage il r�clame r�paration.
Il s'agirait de la disparition de sa fortune ensuite des engagements qu'il a pris sous la pression de la banque, et non de ses pertes de change. A le suivre, son dommage correspondrait au montant de sa fortune le 13 mars 1992, � savoir 599 788 fr., dont � d�duire 110 000 fr. repr�sentant sa premi�re perte sur sp�culation, soit 489 788 fr. arrondis � 500 000 fr. En effet, si la banque avait refus� d'accorder le pr�t de 2,5 millions de DM et tenu le demandeur inform� de sa r�elle situation, ce dernier aurait mis fin � ses sp�culations, de sorte que sa perte se serait limit�e �110 000 fr. La banque l'aurait au contraire "pouss� � faire de l'acrobatie". Reconnaissant qu'il a sign� toutes les pi�ces que la d�fenderesse lui a soumis, le demandeur admet toutefois qu'une application des art. 44 et 99 al. 2 CO pourrait se concevoir.
Le demandeur renouvelle, notamment, le grief adress� � sa banque d'avoir maintenu de mani�re rigide la date de remboursement du pr�t de 2,5 millions de DM en citant l'avis de l'expert judiciaire selon lequel si l'�ch�ance du pr�t et la vente des parts avaient �t� diff�r�es, le dommage aurait �t� r�duit de 88 %.
S'agissant enfin des 16 op�rations effectu�es sans pouvoir par la d�fenderesse, le demandeur conteste l'avis de la cour cantonale selon lequel les primes qu'il a pay�es ind�ment ne devraient pas lui �tre rembours�es au motif que, globalement, on ne pourrait d�terminer si les initiativesde la banque ont fait subir un r�el pr�judice � son client.
Or, pour le demandeur, les circonstances relat�es dans le jugement attaqu� �tabliraient le rapport de causalit� naturelle et ad�quate entre les manquements de la d�fenderesse et la perte ou la diminution de sa fortune.
b) Le dommage r�side dans la diminution involontairede la fortune nette. Il peut consister dans une r�ductionde l'actif, dans une augmentation du passif ou dans un gain manqu�; il correspond � la diff�rence entre le montant actuel du patrimoine et le montant que celui-ci aurait atteint si l'�v�nement dommageable ne s'�tait pas produit (ATF 120 II 296 consid. 3b).
La fixation du dommage est une question de fait qui rel�ve exclusivement de la comp�tence du juge cantonal. En instance de recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si l'autorit� cantonale a m�connu la notion juridique du pr�judice ou si elle s'est laiss� guider par des crit�res juridiques erron�s (ATF 126 III 388 consid. 8a; 123 III 241 consid. 3a; 120 II 296 consid. 3b p. 298).
Il incombe au l�s� d'�tablir concr�tement le montant de son dommage, conform�ment � l'art. 42 al. 1 CO (ATF 123 III 241 consid. 3a; 120 II 296 consid. 3b).
Lorsque le montant du dommage ne peut �tre �tabli, l'art. 42 al. 2 CO ne dispense pas le l�s� d'all�guer et d'�tablir, autant que cela est possible, toutes les circonstances qui font appara�tre la survenance du dommage comme une quasi certitude et permettent d'�valuer son importance (ATF 122 III 219 consid. 3a et les r�f�rences).
c) L� encore, le demandeur se heurte aux constatations souveraines des premiers juges. De plus, son argumentationse r�duit � une s�rie de p�titions de principe contraires aux consid�rants des premiers juges, sans tentative de d�monstration r�elle d'une violation du droit f�d�ral. Le demandeur n'expose pas en quoi l'opinion de la cour cantonale de consid�rer comme un tout les transactions effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 contreviendrait � une r�gle de droit f�d�ral. Dans ces conditions, il est inutile de rectifier l'�tat de fait pour convertir en francs suisses le montant des pertes de change arr�t� par la cour cantonale en DM.
7.- Le recours doit �tre rejet� dans la faible mesureo� il est recevable. Le recourant supportera les frais de justice et versera une indemnit� de d�pens � l'intim�e (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
2. Met un �molument judiciaire de 8000 fr. � la charge du recourant.
3. Dit que le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 8000 fr. � titre de d�pens.
Lausanne, le 8 d�cembre 2000 MMH/mnv