Source: http://doczz.fr/doc/387413/bilanzierungskonzept-2000-watt
Timestamp: 2020-02-23 19:03:58+00:00
Document Index: 231863836

Matched Legal Cases: ['§ 10', '§ 10', '§10', '§ 10', '§ 10', '§ 2', '§ 3']

Bilanzierungskonzept 2000-Watt - Énergie Renouvelable
Bilanzierungskonzept 2000-Watt
Concept pour l’établissement
du bilan de la société à 2000 watts
SuisseEnergie pour les communes I Ville de Zurich I Société suisse des ingénieurs et des architectes SIA
Ce concept montre ce que le principe de la « société à 2000 watts » signifie pour les organisations
impliquées dans son élaboration. Il décrit les bases méthodologiques de la société à 2000 watts et sert
d’aide pour faciliter son utilisation homogène dans la pratique.
Le document méthodologique original, intitulé « Grundlagen für eine Umsetzungskonzept der 2000-WattGesellschaft am Beispiel der Stadt Zürich » (Bébié et al. 2009) (Bases d’un concept de mise en oeuvre de
la société à 2000 watts: étude de cas de la ville de Zurich, appelé « Papier Méthodologique ») a été remanié
une première fois en mars 2012 (Lenzlinger et al. 2012). Le présent Concept pour l'établissement du bilan
représente donc le deuxième remaniement du Papier Méthodologique; il remplace toutes les versions
Le présent document s'adresse aux spécialistes. Une version vulgarisée plus succincte est disponible
auprès du Secrétariat central Société à 2000 watts .
L'élaboration du document a été suivie par un groupe d'experts composé des personnes suivantes:
Secrétariat central Société à 2000 watts
Ville de Zurich, Office des immeubles
Kriesi Energie GmbH, représentant de Minergie
Lemon Consult GmbH, représentant de la SIA
Preisig Pfäffli Architekten, représentante de la SIA
Ville de Zurich, Service de protection de l'environnement et de la santé
novatlantis, Institut Paul Scherrer
Bureau d'aménagement Jud AG
co-fondateur du Secrétariat central Société à 2000 watts
Rédaction allemande: Rolf Frischknecht, Franziska Wyss
Traduction française: ACTA Conseils Sàrl, Yverdon-les-Bains
Secrétariat central Société à 2000 watts, 044 305 93 60
www.2000watt.ch/fr/secretariats-regionaux, [email protected]
www.2000watt.ch/fr
Notion «compatible 2000 watts»
Unités de saisie et évaluation des agents énergétiques
Facteurs d'énergie primaire
Coefficients d'émission de gaz à effet de serre (GES)
Démarche pour l'établissement du bilan
Valeurs effectives et valeurs cibles pour la Suisse
Cantons, régions, communes et villes
Valeurs effectives et valeurs cibles pour les cantons, régions, communes ou villes
Valeurs indicatives et valeurs cibles
Contribution des standards MINERGIE à la réalisation de la société à 2000 watts
Thèmes à étudier plus en détail
Besoins en énergie primaire et émissions de GES dues à la consommation des particuliers
Typologie de communes
Facteurs d'influence à caractère sociologique
Disponibilité en énergie et en matériaux de construction à l'avenir
Mix électrique de la Suisse de demain
Délimitation du système permettant d'établir le bilan de la fourniture d'énergie
Bases de calcul possibles pour les consommateurs mobiles (transports) afin d'établir
le bilan de cantons, régions, communes ou villes (à titre d'information)
Valeur spécifique des ressources en énergie primaire (valeurs indiscutables)
Facteurs d'énergie primaire et coefficients d'émission de GES (valeurs indiscutables)
Le concept de société à 2000 watts vise à réduire en Suisse, d'ici l'an 2100, la consommation d'énergie
primaire – générée par les dépenses d'énergie finale de la population – à 2000 watts par personne, et les
émissions de gaz à effet de serre (GES) à 1 tonne par personne et par an (cf. Tableau Z-1). A l'horizon
2050, des objectifs intermédiaires ont été fixés à 3500 watts par personne pour les besoins en énergie
primaire, et à 2 tonnes par personne et par an pour les émissions de GES. De ces objectifs, on peut déduire
des facteurs de réduction, à concrétiser sous forme de buts à atteindre pour les cantons, les régions, les
communes et les villes.
Tableau Z-1: Valeurs 2005 et valeurs cibles à atteindre pour la réalisation de la société à 2000 watts en Suisse, selon Bébié et al. (2009).
Facteurs de réduction à appliquer par les cantons, les régions, les communes et les villes
Puissance moyenne de l'énergie primaire globale
consommée [watts/pers.]
A titre d'information: 1)
Puissance moyenne de l'énergie primaire non
renouvelable consommée [watts/pers.]
Emissions de GES [t/pers*an]
Pour les bâtiments, la notion déterminante est l'énergie primaire non renouvelable (cahier technique SIA 2040: "La voie SIA
vers l'efficacité énergétique", CT SIA 2032: "Energie grise des bâtiments")
Le Concept pour l'établissement du bilan distingue les différents objets suivants (cf. aussi Figure Z-1):
Pour les unités territoriales (Suisse, cantons, régions, communes ou villes), la consommation d'énergie
finale est mesurée (ou estimée) à l'intérieur des limites géographiques. Sur cette base, on calcule la
consommation d'énergie primaire globale ainsi que les émissions de GES (sans compter la consommation
de biens ou de services effectuée hors de ce périmètre).
Pour les individus et les ménages, on tient compte de l'ensemble de la consommation, ce qui permet de
déduire les besoins globaux en énergie primaire et les émissions de GES.
Pour les bâtiments, on calcule la consommation d'énergie primaire (non renouvelable) et les émissions de
GES en tenant compte des éléments suivants: fabrication des matériaux de construction (qui proviennent
pour une part de l'étranger), construction, exploitation et déconstruction du bâtiment, ainsi que trafic généré
par les occupants du bâtiment.
Pour les sites, on procède de la même manière que pour les bâtiments, sauf que l'on prend en compte la
consommation globale d'énergie primaire (renouvelable et non renouvelable).
Les entreprises et exploitations agricoles, quant à elles, ne sont pas adaptées pour établir un tel bilan.
Figure Z-1: Représentation schématique des objets soumis au bilan et de la délimitation du système, utilisée dans le Concept pour
l'établissement du bilan de la société à 2000 watts
Mettre en oeuvre la société à 2000 watts sous-entend d'utiliser les ressources et les agents énergétiques
d'une manière durable, et de répartir équitablement ces ressources et ces énergies entre tous les habitants
de la planète. Il s'agit également de réduire le niveau des émissions de GES par rapport au niveau actuel,
de manière à stabiliser le climat. Pour atteindre un tel résultat, la Suisse – ainsi que les cantons, régions,
communes et villes qui la constituent – devront réduire la consommation globale d'énergie primaire à 2000
watts par personne (Spreng et al. 2002). Par ailleurs, les émissions de GES devront être réduites à 1 tonne
d'équivalent-CO2 par personne et par an (Schweizerischer Bundesrat 2002).
Le présent concept distingue les domaines d'application (objets soumis au bilan) suivants:
Les règles pour l'établissement du bilan varient d'un domaine à l'autre. On constate également que le
domaine concernant les entreprises et les exploitations agricoles ne convient pas pour faire une évaluation
dans la perspective de la société à 2000 watts. Pour ces raisons, les règles présidant à l'établissement du
bilan seront décrites dans des chapitres distincts, par domaine d'application.
Le qualificatif «compatible 2000 watts» doit être utilisé en se référant, d'une part, à la méthodologie de calcul du bilan, d'autre part, à la relation entre les valeurs effectives et les valeurs cibles.
Un bilan est considéré comme «compatible 2000 watts» s'il correspond aux déterminations du présent
Les valeurs effectives et les valeurs cibles sont «compatibles 2000 watts» si elles correspondent aux
valeurs moyennes fixées dans le présent document ou aux facteurs de réduction correspondants.
Le chapitre 2 décrit les unités de saisie et la manière d'évaluer les agents énergétiques. Les chapitres 3 à 9
présentent les règles pour établir un bilan selon le modèle de la société à 2000 watts.
Le présent concept s'applique à la Suisse entière (cf. chap. 3), mais il est fréquent de le voir utilisé sur des
territoires plus restreints (cantons, régions, communes ou villes) (cf. chap. 4). Le concept peut aussi s'appliquer, sous une forme élargie, aux individus et aux ménages (cf. chap. 5).
A l'échelle des bâtiments et des sites, le concept devient plus spécifique. Il permet alors de déterminer des
valeurs cibles, notamment pour la consommation d'énergie des bâtiments (cf. chap. 7 et 8).
Par contre, le présent concept ne peut pas s'appliquer aux entreprises, ni aux exploitations agricoles. Le
chapitre 9 décrit des méthodes alternatives permettant aux entreprises d'évaluer tout de même leur bilan
environnemental et leurs émissions de GES, et donc d'obtenir des données quantitatives à ce propos.
Le chapitre 10, quant à lui, aborde les thèmes à approfondir suivants:
− consommation d'énergie primaire et émissions de GES dues à la consommation des privés
(aussi appelées « bilan occulte », cf. § 10.1),
− typologie des communes (cf. § 10.2),
− facteurs socio-politiques, notion de sobriété du mode de vie (cf. §10.3),
− représentation de la situation future en matière de disponibilité des matériaux de construction et
des énergies (cf. § 10.4),
− représentation du futur mix d'électricité en Suisse (cf. § 10.5).
L'annexe (chap. 11) décrit, d'une part, la délimitation du système qui permet d'établir le bilan de la fourniture
d'énergie, et d'autre part, fournit de la documentation sur les valeurs spécifiques des différentes ressources
énergétiques. Ces données sont utilisées pour procéder à l'agrégation des énergies renouvelables et non
renouvelables, pour obtenir la consommation d'énergie primaire.
La consommation d'énergie finale est un des paramètres les plus importants pour déterminer les besoins
en énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre (GES). La consommation d'énergie primaire et
les émissions de GES dues à des processus énergétiques sont calculées à partir de la consommation
d'énergie finale, en appliquant des facteurs d'énergie primaire ou des coefficients d'émission de GES.
Les concepts d'établissement du bilan pour des unités géographiques déterminées, ainsi que pour des
bâtiments ou des sites, se distinguent des concepts pour des sujets économiques par leur définition
différente du périmètre du système et par d'autres unités de saisie des données. Alors que, pour les unités
géographiques, la seule donnée nécessaire est la consommation d'énergie finale, pour les bâtiments ou
sites, ainsi que pour les sujets économiques (individus ou ménages), on utilise en plus des informations
relatives aux comportements d'achat.
Dans les sous-chapitres suivants, des précisions seront apportées par rapport aux règles concernant la
saisie des données et l'établissement du bilan, en vue de quantifier l'énergie primaire nécessaire pour
fournir l'énergie finale, ainsi que de déterminer les émissions de GES correspondantes.
L'énergie finale déterminante est celle fournie au travers du périmètre du bilan au dernier consommateur de
la chaîne de commercialisation, sous la forme d'un agent énergétique.
Elle comprend également l'énergie produite sur place à partir de sources renouvelables. Sont considérées
comme énergies finales produites:
électricité solaire:
chaleur à la sortie d'un accumulateur d'eau chauffée par le soleil,
courant alternatif à la sortie de l'onduleur,
courant alternatif à la sortie du générateur,
chaleur disponible à la sortie de la pompe à chaleur, à laquelle il faut
soustraire l'électricité permettant de faire fonctionner la pompe
L'énergie contenue dans les déchets et les rejets de chaleur, qui servent à la production d'électricité ou à la
distribution de chaleur à distance, ne fait pas partie du bilan d'énergie primaire (cf. § 2.3.3).
Le contenu énergétique d'un agent énergétique final (combustible ou carburant) est indiqué par son pouvoir
calorifique supérieur (PCS). Par conséquent, la consommation d'énergie finale est mesurée sur la base du
PCS. L'utilisation de cette unité de mesure correspond au standard international, sur lequel s'appuient à leur
tour les organisations ISO, CEN, SNV et SIA.
Energie à disposition du consommateur pour une application. Elle comprend l'énergie fournie de l'extérieur ainsi que l'énergie produite
et consommée sur place (SIA 2009).
Cela ne concerne pas l'établissement du bilan pour des bâtiments (cf. chap. 7).
Cette chaleur peut être extraite de l'air, des eaux de surface, des eaux souterraines, des eaux usées ou du sous-sol (géothermie peu
La quantité totale d'énergie finale consommée comprend celle utilisée par les consommateurs stationnaires
et celle utilisée par les consommateurs mobiles.
Consommateurs stationnaires
Pour les consommateurs stationnaires, le périmètre de référence pour l'établissement du bilan, concernant
l'énergie fournie depuis l'extérieur et l'énergie produite et distribuée sur la parcelle, est constitué par le
bâtiment ou le groupe de bâtiments, y compris leurs installations extérieures, le cas échéant.
Consommateurs mobiles (moyens de transport et machines de chantier)
L'énergie finale utilisée par les consommateurs mobiles est mesurée au moment de son transfert d'une
installation fixe (p.ex. fil caténaire, prise électrique, distributeur d'essence) à un véhicule (moyen de transport ou machine de chantier).
Principe des facteurs d'énergie primaire
L'action de fournir de l'énergie finale consomme elle-même de l'énergie. Pour amener de l'énergie jusqu'au
périmètre du bilan, il est nécessaire de franchir des étapes qui, elles-mêmes, consomment de l'énergie:
extraction, transformation, raffinage, transport, distribution. A cela s'ajoutent tous les processus nécessaires
pour transporter l'énergie jusqu'à la frontière du système et la mettre à disposition d'un bâtiment ou d'un
Pour chaque agent énergétique, on mesure la quantité cumulée d'énergie primaire nécessaire pour fournir
une unité d'énergie finale. Cette unité peut être soit le kilo (pour le pétrole, la houille, la lignite, l'uranium, la
biomasse), soit le mètre cube standard (gaz naturel), soit une unité énergétique (énergies renouvelables).
Pour pouvoir additionner et évaluer ces ressources, on les pondère par leur valeur spécifique .
Cette opération permet de cumuler les dépenses énergétiques ou les besoins en énergie primaire par unité
d'énergie finale fournie; cette somme est désignée par le terme de «facteur d'énergie primaire».
Le facteur d’énergie primaire est donc le rapport entre la quantité d’énergie primaire nécessaire pour
délivrer à un bâtiment ou à un véhicule une certaine quantité d’énergie finale, et cette même quantité
Les valeurs spécifiques des ressources d’énergie primaire sont indiquées aux annexes 11.3 et 11.4.
Distinction entre énergie primaire renouvelable et non renouvelable
On classe les différents agents énergétiques primaires de la manière suivante:
Energie solaire (photovoltaïque, thermique)
Chaleur de l'environnement (air extérieur, eaux
de surface, eaux souterraines, géothermie peu
Rejets de chaleur /
Hors périmètre du
Valorisation des déchets (en UVTD)
Déchets verts (fermentés dans une usine de
Purins (fermentés dans une usine de
Boues d'épuration (fermentées dans une usine
de méthanisation)
Tableau 2-1: Agents énergétiques primaires différenciés entre non renouvelables et renouvelables, ainsi que rejets de chaleur et déchets
(hors périmètre de bilan, pour mémoire)
Les énergies primaires fossiles et nucléaires sont additionnées sous la rubrique «non renouvelables». De
manière analogue, on cumule sous la rubrique «renouvelables» les énergies primaires suivantes: force
hydraulique, biomasse, énergie solaire, énergie éolienne, chaleur de l'environnement et géothermie peu
profonde. Ensemble, les énergies non renouvelables et renouvelables constituent la totalité des énergies
primaires consommées.
Déchets et rejets de chaleur
L'énergie contenue dans les déchets et les rejets thermiques ayant déjà été affectée au consommateur final
au moment de la livraison de la marchandise (devenue déchet) ou de la fourniture de l'agent énergétique
(transformé en rejet thermique), elle n'est pas comprise dans le calcul des besoins globaux en énergie
primaire, et ce, afin d'éviter une comptabilité à double. Toutefois, la consommation d'énergie primaire
concernant la chaleur à distance fournie par les usines d'incinération des ordures ménagères n'est pas
nulle. En effet, pour construire le réseau de distribution de chaleur et pour faire fonctionner les pompes de
circulation, il est nécessaire de dépenser de l'énergie primaire (non renouvelable et renouvelable), même en
relativement petites quantités.
Ainsi, le contenu énergétique des rejets de chaleur et des déchets peut être rappelé pour mémoire, et
classé dans la catégorie «énergie primaire, rejets de chaleur / déchets». En additionnant l'énergie primaire
totale et l'énergie primaire «rejets de chaleur / déchets», on obtient le bilan énergétique complet des
systèmes énergétiques. 6
Principe des coefficients d’émission de GES
Le coefficient d’émission de GES est obtenu en divisant la quantité de GES émise suite à la consommation
d’une certaine quantité d’énergie finale, par cette quantité d’énergie. Les autres GES (notamment le
méthane, le protoxyde d’azote, divers fluorocarbones, les perfluorocarbones, l'hexafluorure de soufre, ainsi
que les substances contenant des fluorochlorohydrocarbures partiellement ou complètement halogénés,
mais non régulées dans le Protocole de Kyoto, comme les chlorofluorocarbones [CFC] ou les
hydrochlorofluorocarbures [HCFC]), qui produisent le même effet que les gaz à effet de serre, sont indiqués
comme quantité de CO2 (« équivalents CO2 »). Pour ce faire, on utilise les valeurs les plus récentes des
potentiels de réchauffement global des GES (PRG-GWP), tels que présentés par le Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). On obtient donc les émissions cumulées de GES
générées par les processus d'approvisionnement en agents énergétiques. Elles sont exprimées en « kg
d'équivalent-CO2 par unité d'énergie fournie ». Par simplification, on utilisera par la suite la désignation « kg
par unité énergétique » ou « kg/UE ».
Les émissions de GES générées par l'incinération ou la combustion sont comprises dans les coefficients
d'émission de GES. On estime donc que les émissions de GES liées à la combustion des agents
énergétiques fournis se produisent à l'intérieur du périmètre du bilan. Les coefficients d'émission de GES
sont déterminés selon les mêmes principes que pour le calcul des facteurs d'énergie primaire.
Certificats de réduction d'émissions
Pour l'établissement du bilan des émissions de GES concernant les cantons, les régions, les communes ou
les villes, il n'est pas admis de comptabiliser des achats ou des ventes de de certificats de réduction des
émissions de CO2. Pour des raisons de transparence, il est recommandé à ces unités géographiques de
publier les transactions portant sur l'achat ou la vente de tels certificats.
Dans les systèmes énergétiques dont les apports en énergie sont principalement basés sur les déchets ou la récupération des rejets
de chaleur (électricité et chaleur fournies par une UIOM ou par une installation de production de biogaz), il peut arriver que les apports
(en tant que somme des énergies primaires non renouvelables et renouvelables) soient inférieurs à l'énergie produite. Il faut
additionner les postes «énergie primaire totale» et «énergie primaire, rejets de chaleur / déchets» pour que les apports en énergie
soient plus élevés que l'énergie produite.
Les valeurs indiquées ici pour les facteurs d'énergie primaire et les coefficients d'émission de GES – que ce
soit pour les agents énergétiques, les matériaux de construction ou les prestations de transport – sont tirées
de la version la plus récente (2009/1) des recommandations de la KBOB « Données des écobilans dans la
construction » (KBOB et al. 2014a) (cf. aussi annexe 11.4). Elles sont régulièrement actualisées et
Les facteurs d’énergie primaire et les coefficients d’émission de GES peuvent varier considérablement,
entre autre à cause des développements futurs suivants:
modification du mix d'électricité produit et distribué en Suisse et dans les pays d’où l’électricité
est importée
modification dans les modalités de fourniture des agents énergétiques (notamment en rapport
avec l'approvisionnement en pétrole ou en gaz naturel, ou avec la production de biogaz) ou
changements dans la construction des installations de production d'énergie (p.ex. modules
évolution de l’efficacité énergétique des processus de transport et des processus de fabrication
modification de l’infrastructure du réseau et des capacités de stockage en raison de
l’augmentation de la production d’électricité par le solaire et l’éolien
amélioration du rendement des convertisseurs d’énergie solaire et des pompes à chaleur,
commercialisation de technologies de séquestration du CO2
Pour évaluer si les objectifs sont atteints, il s’agit en principe de toujours utiliser les facteurs d’énergie
primaire et les coefficients d’émission de GES correspondant à la date de l'établissement du bilan.
L’évolution future des facteurs d’énergie primaire et des coefficients d’émission de GES ne peut cependant
être estimée qu’avec de nombreuses incertitudes. Par conséquent, les valeurs effectives sont généralement
utilisées pour calculer la consommation future d’énergie primaire et les futures émissions de GES (cf. aussi
sous-chap. 10.4). Une exception a toutefois été introduite pour estimer les effets des occupants de
bâtiments sur la circulation automobile: on a tenu compte de moteurs ne consommant que 3 litres / 100 km.
www.kbob.ch et www.ecobau.ch
Pour estimer la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES de la Suisse selon les principes
de la société à 2000 watts, on tient compte de la quantité d'énergie finale distribuée à l'échelle du pays
(énergie consommée par les entreprises, les pouvoirs publics, les ménages et les transports (cf. Figure
Pour calculer les consommations effectives d'énergie primaire (totales et leurs parts non renouvelables) en
Suisse mais aussi à l'étranger, le long de la chaîne d'opérations permettant de produire et de distribuer
l'énergie consommée, on applique les facteurs d'énergie primaire aux quantités d'énergie finale
consommées. De manière analogue, on calcule les émissions de GES générées en Suisse et à l'étranger
en appliquant les coefficients d'émission de GES aux quantités d'énergie finale consommées.
Cette manière de procéder entraîne les conséquences suivantes (cf aussi § 3.1.3):
Ne sont pas comptabilisées en Suisse la consommation d'énergie primaire ni les émissions de
GES liées à l'importation de biens ou de services ou dues à des déplacements à l'étranger effectués par des personnes domiciliées en Suisse (p.ex. un vol entre Francfort et New-York).
En revanche, sont comptabilisées en Suisse la consommation d'énergie primaire et les
émissions de GES provoquées par les entreprises ou les systèmes de production et de distribution d'énergie contribuant à la fabrication de biens ou à la fourniture de services exportés à
Figure 3-1: Flux d'énergie finale servant de base pour le calcul de la consommation d'énergie primaire et des émissions de GES de la
Suisse (explications dans le texte ci-dessus)
Electricité et mix électrique
On pondère l'électricité fournie en fonction du mix électrique suisse, conformément aux données les plus
récentes de l'OFEN sur le marquage de l'électricité (OFEN 2012). Ne font pas partie du mix de
consommation suisse les produits électriques certifiés vendus sur un marché distinct. On tient compte des
quantités de courant fournies mais non vérifiables, qui sont modélisées sur la base du mix électrique
européen (Recomnmandation KBOB, version de juillet 2012: mix de l'Union pour la coordination du
transport de l'électricité [UCTE]; Version 2014: mix de l'European Network of Transmission System
Operators for Electricity [ENTSO-E], KBOB et al. 2014b).
Consommation d'énergie finale selon le principe du marché intérieur
La quantité d'énergie finale vendue en Suisse, telle que répertoriée par les statistiques énergétiques, ne
correspond pas exactement à l'énergie finale effectivement consommée par les Suisses, sur leur territoire
ou à l'étranger. Les raisons énumérées ci-dessous sont la cause des différences constatées :
Pour les consommateurs stationnaires:
+ consommation des habitants permanents de la Suisse lorsqu'ils sont touristes ou en
- consommation des touristes ou professionnels étrangers lorsqu'ils séjournent en Suisse
- consommation des frontaliers travaillant sur territoire suisse
Pour les transports (sans les transports aériens):
+ consommation des personnes résidant en Suisse, lorsqu'elles voyagent à l'étranger
- consommation des personnes résidant à l'étranger, lorsqu'elles séjournent en Suisse
- tourisme de l'essence (y c. les frontaliers et les chauffeurs de cars et de poids lourds en
transit à travers la Suisse)
Pour les transports aériens:
+ vols à partir d'aéroports étrangers, effectués par des personnes résidant en Suisse
- vols à partir d'aéroports suisses, effectués par des personnes résidant à l'étranger
Comme il est quasiment impossible d'obtenir des données qui permettraient de quantifier ces différences, et
que le résultat final – en totalisant des effets qui se compensent entre eux – est relativement modeste, on
établit le bilan sur la seule base du marché intérieur. En d'autres termes, la quantité d'énergie finale consommée peut être tirée des statistiques énergétiques basées sur les données du marché intérieur.
La consommation effective d'énergie correspond à la quantité d'énergie finale, à laquelle il faut additionner (+) ou soustraire (-)
les postes énumérés.
En 2005, les besoins en énergie primaire liés à la consommation d'énergie finale s'élevaient en moyenne
à 6300 watts par personne, tirés pour 90 % de sources d'énergie primaire non renouvelables (soit
5800 watts/pers.). La même année, les émissions de GES dues à des processus énergétiques se montaient
à 8,6 tonnes par personne et par an.
Pour l'année 2012 , ces valeurs ont été recalculées en se basant sur la Statistique globale suisse de
l'énergie effectuée par l'OFEN (2013), sur la statistique de la population de l'OFS , ainsi que sur les
facteurs d'énergie primaire et les coefficients d'émission de GES tirés des recommandations KBOB 2009/1
(KBOB et al. 2012). Entre 2005 et 2012, les puissances consommées par personne ont diminué de 6 %,
tandis que les émissions de GES par personne ont été réduites de 10 % (cf. aussi Tableau 3-1).
Il est prévu d'atteindre, d'ici à 2100, les objectifs énoncés au sous-chapitre 1.1 concernant la réduction de la
consommation globale d'énergie primaire au niveau de 2000 watts/personne, ainsi que la réduction des
émissions de GES à 1 tonne d'équivalent-CO2 par personne et par an. Des objectifs intermédiaires pour
l'année 2050 ont également été fixés. Pour déterminer d'autres objectifs intermédiaires, il faut interpoler
linéairement entre ces valeurs.
L'année 2012 a été caractérisée par des conditions climatiques moyennes. Cette année-là, le nombre de degrés-jour de chauffage
(DJC) correspondait assez précisément à la moyenne des DJC sur la période de 1993 à 2012.
10) www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/02/blank/key/bevoelkerungsstand/02.html, lecture effectuée le 10 février 2014.
Les valeurs effectives et les valeurs cibles présentées dans le Tableau 3-1 ci-dessous concernent la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES induites par les agents énergétiques consommés
sur territoire suisse.
Tableau 3-1: Valeurs effectives 2005 et 2012 et valeurs cibles de la société à 2000 watts pour la Suisse. Données basées sur Bébié et al.
(2009); valeurs 2012: OFEN 2013; KBOB et al. 2012
Puissance moyenne de l'énergie
primaire globale consommée
[watts/pers.]
primaire non renouvelable consommée par personne [watts/pers.]
1) Pour les bâtiments, la notion déterminante est l'énergie primaire non renouvelable (cahier technique SIA 2040: «La voie SIA vers
l'efficacité énergétique», CT SIA 2032: «Energie grise des bâtiments»)
Le niveau de 2000 watts d'énergie primaire par personne correspond à la moyenne mondiale de consommation d'énergie en 2005 (puissance moyenne continue, exprimée en termes d'énergie primaire). L'intention de réaliser une société à 2000 watts ne vise donc pas prioritairement une réduction de la consommation globale, mais plutôt une répartition plus équitable entre les habitants au niveau mondial. A contrario,
l'objectif de réduire à 1 tonne par personne et par an les émissions de GES au niveau mondial (selon le
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat [GIEC]) vise à limiter à 2°C le réchauffement
climatique global dû aux activités humaines . Dans ce cas également, la limite d'une tonne par personne et
par an s'applique à tous les êtres humains de la planète.
Les objectifs de la société à 2000 watts définis ici devront être vérifiés et corrigés si nécessaire, après
l'entrée en force de la Stratégie énergétique 2050 mise en consultation actuellement par le Conseil fédéral
et soumise pour délibération au Parlement.
11) Dans le cas présent, nous ne considérons que les émissions de GES générées par des processus énergétiques, alors que le GIEC
fixe cette limite pour toutes les activités humaines qui produisent des émissions de GES, notamment celles de l'agriculture (cf. aussi
En principe, pour établir le bilan des cantons, régions, communes et villes, on procède de la même manière
que pour la Suisse entière. (cf. Figure 4-1 et sous-chap. 3.1).
Figure 4-1: Flux d'énergie finale servant de base pour le calcul de la consommation d'énergie primaire et des émissions de GES pour les
cantons, les régions, les communes et les villes (explications dans le texte)
La détermination de la consommation d'énergie primaire et des émissions de GES se fonde sur les volumes
moyens d'électricité livrés, pondérés en fonction du mix électrique, sur la base des données fournies par les
entreprises d'approvisionnement en énergie dans le cadre du marquage de l'électricité.
Détermination de la consommation d'énergie finale induite par les transports
Dans des unités géographiques telles que des cantons, des régions, des communes ou des villes, il est
nécessaire de passer par des modèles mathématiques et de formuler des hypothèses pour quantifier la
consommation d'énergie primaire et les émissions de GES liées aux différents moyens de transports. Pour
évaluer les besoins en énergie, on s'appuie sur deux principes de base, caractérisés chacun par deux
Principe de territorialité:
Quantités de carburant vendues par an au sein du périmètre de bilan
Evaluation des flux de trafic sur la base de modèles au sein du périmètre de bilan
Principe du pollueur-payeur:
Mobilité moyenne par personne
Nombre de véhicules immatriculés au sein du périmètre de bilan
Pour les sources de données T2 et V2, il est nécessaire de formuler des hypothèses sur les trajets
effectivement parcourus ou sur le nombre de kilomètres effectués par an, ainsi que sur la flotte moyenne de
véhicules effectivement utilisés (par rapport à l'ensemble du parc de véhicules immatriculés). D'autres
précisions à ce sujet sont données à l'annexe 11.2.
La méthode pour établir le bilan de la mobilité n'est pas la même pour les unités géographiques (cantons,
régions, communes, villes) que pour les bâtiments ou les sites (SIA 2011a; Kellenberger et al. 2012b).
Il est possible que les valeurs effectives pour des cantons, des communes ou des villes soient assez
différentes des moyennes nationales. En effet, ces données varient en fonction de la structure de ces
entités. Les objectifs visant à la réalisation de la société à 2000 watts doivent donc tenir compte de cette
On se basera néanmoins, à titre d'orientation, sur les valeurs cibles de la Suisse, en appliquant pour les
différentes unités géographiques (cantons, régions, communes ou villes) des facteurs de réduction
spécifiques (cf. Tableau 4-1). Pour les valeurs cibles, on identifie des facteurs de réduction qui peuvent être
utilisés indépendamment des valeurs effectives. Les facteurs de réduction sont déterminés en divisant la
valeur effective nationale par la valeur cible nationale correspondante (pour un horizon plus ou moins
lointain). Pour des communes dont les valeurs effectives sont inférieures aux valeurs nationales, on fixe des
valeurs cibles plus basses que les valeurs cibles nationales, considérant que ces communes atteindront
plus rapidement les objectifs fixés au niveau du pays tout entier. Le même raisonnement s'applique par
analogie aux communes dont les valeurs effectives sont plus élevées que la moyenne nationale. En
d'autres termes, ces cantons, régions, communes ou villes mettront plus de temps à atteindre les valeurs
cibles nationales.
Tableau 4-1: Facteurs de réduction 2050 et 2100 (basés sur les valeurs effectives 2005 ou 2012). Ces valeurs sont à considérer comme
indicatives pour les cantons, les régions, les communes ou les villes. Elles ont été calculées sur la base des valeurs cibles pour la société
à 2000 watts à l'échelle suisse (cf. Tableau 3-1).
Puissance annuelle moyenne de l'énergie primaire non
Emissions de GES par an
Les figures ci-après expliquent comment ont été déterminés, par application de facteurs de réduction
nationaux, les objectifs de la société à 2000 watts pour trois communes fictives, dont la consommation
d'énergie primaire et les émissions de GES sont supérieures à la moyenne suisse (commune A), égales à
la moyenne (commune B) et inférieures à la moyenne (commune C). (cf. Figure 4-2 et Figure 4-3). Les
cantons, régions, communes ou villes réduisent leur consommation d'énergie primaire par personne, ainsi
que leurs émissions de GES par personne dans une proportion qui tient compte de leur contexte initial.
Figure 4-2: Evolution de la consommation globale d'énergie primaire par personne dans trois communes, par application de facteurs de
réduction nationaux, dans trois situations initiales différentes (valeurs effectives) selon Tableau 4-1
Figure 4-2: Evolution des émissions de GES par personne et par an dans trois communes, par application de facteurs de réduction
nationaux, dans trois situations initiales différentes (valeurs effectives) selon Tableau 4-1
Pour déterminer les objectifs de réduction, on se base sur les valeurs cibles suivantes: 2000 watts d'énergie
primaire par personne et 1 tonne d'émissions de GES par personne et par an. Pour déterminer les objectifs
de réduction au niveau des cantons, des régions, des communes ou des villes, il est possible d'utiliser soit
les valeurs cibles nationales (cf. sous-chap.: 3.2), soit des facteurs de réduction.
Les cantons, régions, communes ou villes se différencient entre elles et par rapport à la moyenne suisse,
d'une part, par leurs caractéristiques propres – prestations centrales (hôpitaux, centres culturels,
établissements de formation), structure économique (population active par rapport au nombre d'habitants,
structure par branches, débouchés des entreprises) et nature des transports suprarégionaux – d'autre part,
en fonction des prestations déjà fournies. Il n'est pas encore possible aujourd'hui de quantifier de manière
fiable les adaptations à apporter aux valeurs effectives et aux valeurs cibles. Pour ce faire, il sera
nécessaire de procéder à des études méthodologiques approfondies (cf. aussi sous-chap. 10.2).
Néanmoins, il faudrait pouvoir tenir compte déjà maintenant, lors de la détermination des valeurs cibles pour
une commune donnée, de sa situation particulière. Il est donc possible de se distancer ponctuellement des
valeurs cibles et des facteurs de réduction fournis dans le présent concept pour l'établissement du bilan, à
condition de justifier ces exceptions.
Précisément en raison de ces différences structurelles et de la grande variété des prestations déjà fournies,
il n'est ni intéressant ni utile de comparer entre elles les différentes unités géographiques que sont les
cantons, régions, communes ou villes. Les valeurs effectives et les valeurs cibles déterminées ici sont plutôt
destinées à illustrer les potentiels de réduction et à esquisser les développements à venir. Dans la pratique,
plutôt que de suivre à la lettre les présentes recommandations théoriques relatives à la courbe de
décroissance, les cantons, les régions, les communes et les villes doivent en priorité identifier les potentiels
de réduction à leur portée et réaliser les mesures qui s'imposent.
Pour établir un bilan à propos d'unités géographiques telles que la Suisse, des cantons, des régions, des
communes ou des villes, on procède par une approche descendante (dite top-down), puis on convertit les
valeurs obtenues en valeurs par personne en tenant compte du nombre d'habitants. Dans le cas des individus et des ménages, on procède de manière inverse (approche ascendante, dite bottom-up), en partant
des valeurs effectives privées concernant les consommations d'énergie primaire et les émissions de GES.
Pour obtenir les données privées relatives à la consommation des individus et des ménages, on procède
par enquête sur des thèmes tels que l'alimentation, l'habitat, la mobilité, les infrastructures et les comportements d'achat. Ces données servent ensuite à l'établissement du bilan en matière d'énergie primaire
consommée et de GES émis. Ces questions sont implémentées dans des calculateurs en ligne, tels que
celui du WWF pour calculer l'empreinte écologique ou celui d'ECOSPEED Private (cf. également §
L'établissement du bilan pour les individus suit une méthodologie compatible avec celle de la société à
2000 watts, et intègre les données de consommation (directe ou indirecte) d'énergie finale concernant les
ménages (combustibles, carburants, électricité). Ces données sont ensuite multipliées par les facteurs
d'énergie primaire ou les coefficients d'émission de GES correspondants. Pour quantifier la consommation
d'énergie primaire et les émissions de GES dans les autres secteurs de consommation, on procède par des
enquêtes appropriées ou l'on se base sur des données tirées d'écobilans (p.ex. concernant certains
Les différentes possibilités de réponse dans les questionnaires permettent de distinguer la consommation
d'énergie primaire et les émissions de GES dans le bilan des individus. Dans les domaines de l'habitat et de
la mobilité, les questions posées dans les enquêtes sont suffisamment précises pour que les réponses
permettent de modéliser la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES d'une manière
spécifique aux technologies concernées. A titre d'exemple, on peut citer les questions relatives à l'agent
énergétique utilisé pour fournir la chaleur, ou celles relatives au genre de véhicule(s) utilisé(s) et à sa(leur)
La plupart des questions s'adressent à une personne en particulier (notamment celles concernant les
habitudes alimentaires). Certaines autres questions ont trait au ménage (notamment celles relatives à la
taille du logement, aux besoins de chaleur pour le chauffage ou à la consommation d'électricité). Les
réponses concernant les ménages sont converties en valeurs par personne.
Il est plus facile de comparer les résultats des enquêtes avec les données disponibles à l'échelle suisse si la
méthodologie est compatible avec les recensements nationaux (p.ex.: microrecensement Mobilité et
transports MRMT, sondages auprès des ménages EBM).
12) www.wwf.ch/fr/agir/vivre_mieux/calculateur_d_empreinte
13) www.ecospeed.ch/welcome/fr
Le mix électrique, établi sur la base du marquage de l'électricité, est déterminant pour calculer la
consommation d'énergie primaire et les émissions de GES générées par l'achat et la consommation
d'électricité au niveau des individus et des ménages. L'achat de certificats de courant vert (à plus-value
écologique) permet de corriger le mix électrique en augmentant la part de courant produit notamment par
des usines hydroélectriques, des installations photovoltaïques ou des éoliennes.
Grâce à une étude pilote (Jungbluth et al. 2011), il a été possible de quantifier les impacts sur l'environnement générés en Suisse par les comportements de consommation (cf. aussi sous-chap. 10.1). Cette
étude a combiné des données sur la structure économique des entreprises en Suisse et à l'étranger
(marché d'exportation) avec des données relatives aux écobilans de biens et de services (cf. aussi Figure
5-1). En ce sens, la méthodologie appliquée pour la modélisation des individus et des ménages est fort
différente de celle utilisée pour la modélisation dans le cadre du concept de bilan de la société à 2000 watts,
pour la Suisse et ses sous-ensembles (cf. aussi chap. 3 et Figure 3-1).
Figure 5-1: Flux d'énergie finale et d'énergie primaire générés par la consommation de biens et de services (y c. les déplacements privés
des ménages), selon l'étude pilote (Jungbluth et al. 2011). La méthodologie de modélisation pour les individus et les ménages est différente de celle utilisée pour des unités géographiques telles que la Suisse, les cantons, les régions, les communes ou les villes.
Actuellement, on est en train d'analyser les impacts globaux de la production et de la consommation en
Suisse sur la période de 1996 à 2011. Pour ce faire, une méthodologie simplifiée a été utilisée: Les impacts
sur le territoire suisse ont été complétés par ceux générés par les relations commerciales (en additionnant
les impacts dus à l'importation de biens ou de services et en soustrayant ceux provoqués par les
exportations). Les résultats peuvent être mis en rapport avec le nombre de personnes habitant sur territoire
suisse. Les valeurs obtenues en moyenne par personne (consommation d'énergie primaire et émissions de
GES) peuvent être utilisées comme référence pour calibrer les résultats des enquêtes par questionnaire sur
La méthodologie utilisée pour établir le bilan n'est pas la même pour les ménages et les individus que pour
les unités géographiques (Suisse, cantons, régions, communes ou villes). Le Tableau 6-1 montre les différences entre ces deux méthodologies sur la base d'exemples concernant la consommation d'énergie.
Tableau 6-1: Distribution d'agents énergétiques en Suisse et à l'étranger, et modalités d'intégration de ces données dans l'établissement
du bilan pour la société à 2000 watts à l'échelle de la Suisse ou à celle des ménages. La liste n'est pas exhaustive. Les valeurs (+)
indiquent que les données sont prises en compte; les valeurs (-), qu'elles ne sont pas prises en compte. La colonne «Suisse» est aussi
valable, par analogie, pour les cantons, régions, communes ou villes.
Consommation d'énergie des bâtiments d'habitation, des écoles et des
bâtiments administratifs en Suisse
Energie de production vendue pour l'agriculture, l'artisanat et l'industrie
(marché d'exportation)
Carburant vendu à des consommateurs résidant en Suisse
Carburant vendu à l'étranger à des consommateurs résidant en Suisse
Energie de production pour fabriquer des produits semi-finis importés qui
serviront à l'industrie d'exportation
Energie de production pour fabriquer des produits de consommation
Carburant vendu à des étrangers
ou à des entreprises de transport
A l'échelle d'une région, il n'est pas possible de tenir compte des impacts générés par des produits de
consommation au-delà du périmètre de ladite région. Pour avoir une idée des ordres de grandeurs, on peut
se référer aux valeurs déterminées et publiées par l'OFEV à l'échelle suisse (cf. aussi sous-chap. 10.1).
14) Sous le terme «étrangers», on entend des personnes qui ne résident pas sur territoire suisse.
La cahier technique SIA 2040 «La voie SIA vers l'efficacité énergétique» (SIA 2011a) et la documentation
correspondante SIA 0236 (SIA 2011b) décrivent comment définir le périmètre de bilan, saisir les données
de consommation d'énergie et appliquer les valeurs cibles dans le secteur du bâtiment. Le document intitulé
«La voie SIA vers l'efficacité énergétique» tient compte de l'énergie primaire non renouvelable et des
émissions de GES. Il englobe la dépense d'énergie pour la construction (et la démolition) des bâtiments,
l'exploitation de ces bâtiments, ainsi que la mobilité induite par les habitants ou les employés (y c. les
élèves des écoles). Les catégories de bâtiments suivantes sont prises en considération: habitations,
bâtiments de bureaux, écoles.
Pour établir le bilan à l'échelle des bâtiments, on procède comme le préconise la SIA («La voie SIA vers
l'efficacité énergétique» ). On se base sur des paramètres compatibles avec la démarche de la société à
2000 watts: consommation d'énergie primaire non renouvelable et émissions de GES, rapportées à la surface de référence énergétique (SRE).
Il est aussi possible de calculer, à titre d'information, la quantité globale d'énergie primaire consommée, y
compris pour la production propre d'énergie à partir de sources renouvelables, à l'intérieur du périmètre de
bilan (cf. aussi SIA 2011a, note de pied de page 4).
Dans les domaines de la construction des bâtiments, de leur exploitation et de la mobilité induite par les
utilisateurs, on peut s'appuyer sur des méthodes de saisie des données et des méthodes de calcul
existantes. Elles sont décrites dans les documents suivants: cahiers techniques SIA 2032 (2010), SIA 2031
(2009), SIA 2039 (2011c) et SIA 2040 (SIA 2011a).
Sur les questions de mobilité, les deux méthodologies – celle pour les bâtiments selon «La voie SIA vers
l'efficacité énergétique» et celle pour les unités géographiques (cantons, régions, communes ou villes) –
poursuivent des objectifs différents. Par conséquent, on peut mettre en évidence trois façons différentes de
considérer ces questions de mobilité.
Premièrement, pour les bâtiments, la SIA ne tient compte que de la mobilité quotidienne générée par les
déplacements des utilisateurs du site, alors que, pour les cantons, régions, communes ou villes, on évalue
la mobilité globale induite, en tenant compte du principe de territorialité ou du principe du «pollueur-payeur»
(cf. aussi annexe 11.2).
Deuxièmement, le bilan énergétique des bâtiments selon la SIA s'oriente sur des valeurs cibles à l'horizon
2050, en anticipant des véhicules qui, à cette époque, ne consommeront plus que 3 litres de carburant aux
100 km ou utiliseront une technologie de propulsion équivalente, alors que, pour établir le bilan de la
consommation des unités géographiques, on se base sur le parc automobile réel d'aujourd'hui.
Troisièmement, la SIA tient aussi compte, dans l'évaluation de la mobilité, de l'énergie nécessaire à la
construction des infrastructures et à la fabrication des véhicules, alors que, pour les unités géographiques,
on ne prend en considération que l'énergie consommée pour l'exploitation. Par conséquent, la somme de
l'énergie consommée pour la mobilité induite par les utilisateurs de tous les bâtiments d'une commune ne
se recoupe pas avec celle calculée à partir des flux de trafic observés dans les limites de cette même
15) Pour atteindre les valeurs cibles diminuées relatives à l'énergie primaire et aux GES concernant le parc automobile 2050, il est aussi
possible d'anticiper une réduction du volume de trafic, couplée à une réduction de la part de voitures de tourisme dans la répartition
modale et à une composition différente du parc automobile (SIA 2011c).
Pour calculer les valeurs cibles au sens de «La voie SIA vers l'efficacité énergétique», on se base sur les
valeurs effectives de l'année de référence (2005). Ces dernières sont tirées des statistiques énergétiques et
caractérisent l'énergie d'exploitation et l'énergie nécessaire pour la mobilité induite. Cette démarche est
décrite dans l'ouvrage suivant: «SIA Effizienzpfad: Bestimmung der Ziel- und Richtwerte mit dem Top-Down
Approach» (SIA 2012) (voie SIA vers l'efficacité énergétique: détermination des valeurs cibles et des
valeurs indicatives par une approche descendante). Au chapitre de la mobilité, on soustrait un certain
volume de trafic, qui représente les déplacements non quotidiens (déplacements d'un ou plusieurs jours
hors de la région de domicile, avec nuitées passées à l'extérieur). En revanche, il n'est pas possible de se
baser sur les statistiques énergétiques pour déterminer les valeurs effectives de consommation d'énergie
pour construire un bâtiment. En effet, d'une part, la proportion de matériaux de construction ou de matières
premières importés n'est pas connue. D'autre part, les statistiques énergétiques ne saisissent pas séparément les données relatives à l'industrie du bâtiment. Pour quantifier les critères relatifs à la construction
des bâtiments, on procède par une estimation de la consommation d'énergie qui a été nécessaire pour
construire le parc immobilier actuel, ainsi que des émissions de GES générées par ces processus.
Pour déterminer les valeurs cibles intermédiaires à l'horizon 2050, on part de l'idée que, dès aujourd'hui,
tous les bâtiments à construire respecteront les valeurs cibles correspondantes fixées par la SIA («La voie
SIA vers l'efficacité énergétique»), et que, d'ici là, tous les bâtiments existants auront été assainis sur le
plan énergétique en respectant les valeurs cibles fixées pour les rénovations.
Les valeurs cibles préconisées par la SIA s'obtiennent en appliquant le même facteur de réduction que pour
l'ensemble de la Suisse aux valeurs effectives totales cumulant les étapes de la construction et de
l'exploitation des bâtiments, ainsi que celles de la mobilité induite par les usagers (cf. Tableau 7 dans le CT
SIA 2040). Ce faisant, on part de l'hypothèse que, d'ici 2050, le même facteur de réduction s'appliquera aux
autres secteurs de consommation apparentés mais non saisis: autres bâtiments, industrie, transport de
marchandises, déplacements non quotidiens. Au final, les valeurs concernant les individus seront
transformées en surfaces standard par personne et converties en valeurs par surface de référence
Pour établir la répartition des valeurs cibles sur les valeurs indicatives concernant la construction et
l'exploitation des bâtiments, ainsi que la mobilité induite par les usagers, on se base sur des études de
faisabilité, elles-mêmes fondées sur des études de cas.
A l'avenir, la SIA a prévu d'étendre sa réflexion quant à l'efficacité énergétique à d'autres catégories de
Les standards MINERGIE fournissent une contribution essentielle à la mise en oeuvre concrète de la
société à 2000 watts dans le cadre de projets de construction. Il est possible d'illustrer cette affirmation en
se référant au Standard Bâtiment de l'association Cité de l'énergie (SuisseEnergie pour les communes &
délégués à l'énergie des grandes villes (ERFA) 2010). Les standards MINERGIE, MINERGIE-P et
MINERGIE-A permettent d'évaluer, au moyen de l'indice de dépense énergétique, les questions de
chauffage, d'eau chaude sanitaire, de ventilation et de production de froid. Pour ce faire, on applique les
facteurs de pondération nationaux en lieu et place des facteurs d'énergie primaire et des coefficients
d'émission de GES correspondant à «La voie SIA vers l'efficacité énergétique». Pour l'éclairage, il faut
respecter des exigences particulières. Parfois, cette règle s'applique aussi à des installations d'exploitation
et à d'autres applications, dont la saisie en cours de planification de la construction est liée à de nombreuses incertitudes. Pour évaluer la dépense d'énergie grise dans le cadre de la construction des
bâtiments selon les standards MINERGIE-ECO et MINERGIE-A, on se base sur le même bilan énergétique
des bâtiments que celui présenté dans les CT SIA 2032 et 2040 («La voie SIA vers l'efficacité énergétique»). Dans le cadre MINERGIE, il n'est pas possible, pour l'étape de la construction, de procéder à des
compensations entre énergie d'exploitation et énergie grise. S'agissant des questions de mobilité, le
standard MINERGIE ne pose pas d'exigences spécifiques jusqu'à présent.
La majeure partie des nouvelles constructions et des bâtiments transformés, s'ils respectent les valeurs
cibles préconisées par la SIA, remplissent en principe au moins les exigences du standard MINERGIE
(chauffage, eau chaude sanitaire et ventilation). Par contre, une évaluation supplémentaire selon le CT SIA
2040 est nécessaire pour s'assurer qu'un bâtiment certifié MINERGIE-ECO ou MINERGIE-A respecte
également les valeurs cibles préconisées par la SIA dans sa voie vers l'efficacité énergétique. Pour
effectuer ce contrôle, il est possible de récupérer directement une partie des données disponibles dans le
certificat MINERGIE (énergie primaire pour la construction du bâtiment, énergie finale pour le chauffage,
l'eau chaude sanitaire et la ventilation).
16) www.minergie.ch
La méthodologie utilisée pour réaliser le bilan d'un quartier est la même que celle préconisée pour la
réhabilitation des sites industriels (Kellenberger et al. 2012a, b), elle-même inspirée par la méthodologie
mise au point par la SIA dans le CT SIA 2040 («La voie SIA vers l'efficacité énergétique»). Le périmètre du
bilan englobe tout un quartier au lieu d'un seul bâtiment. Les valeurs de projet, ainsi que les valeurs
indicatives et les valeurs cibles sont l'addition des dites valeurs de tous les bâtiments présents sur le site.
On n'observe donc guère de différence avec la méthodologie SIA (CT 2040) – si ce n'est le volume de
données nécessaires. Cependant, la méthodologie applicable pour les sites présente les différences
suivantes, par rapport à celle pour les bâtiments:
En plus des catégories habituelles de bâtiments (habitations, bâtiments de bureaux, écoles), elle comprend
les autres affectations suivantes: hôtels, commerces (magasins d'alimentation, magasins spécialisés,
centres commerciaux), ainsi que parkings (garages souterrains, silos à voitures). Excepté pour l'étape de la
construction, qui se traite de manière identique, ces nouvelles affectations nécessitent des modalités
différentes pour la détermination des valeurs de projet et des valeurs indicatives. Il est également
nécessaire de faire de nombreuses nouvelles hypothèses quant aux affectations standard.
Comme pour les cantons, régions, communes ou villes, les critères pris en compte comprennent, d'une
part, la consommation d'énergie primaire non renouvelable et les émissions de GES, d'autre part, la consommation globale d'énergie primaire, y c. la production propre d'énergie au sein du périmètre de bilan, à
Les entreprises produisent des biens et des services. Il peut s'agir de produits de consommation ou de
prestations en amont de la chaîne de production. Les biens et services produits en Suisse sont destinés à
être vendus à des clients en Suisse ou à l'étranger. Le chiffre d'affaires d'une entreprise, de même que ses
champs d'activités peuvent augmenter, soit par croissance naturelle, soit par des acquisitions. Inversement,
une entreprise peut réduire son activité – parfois jusqu'à zéro – au sein d'un périmètre donné (pays ou
région) par des opérations de désinvestissement ou de délocalisation de production.
Toutes ces possibilités rendent très complexe la prise en compte des entreprises dans la méthodologie
d'établissement du bilan pour la société à 2000 watts. Ainsi, il n'est pas possible d'appliquer tels quels à une
entreprise individuelle les facteurs de réduction déterminés à l'échelle suisse.
Par ailleurs, les entreprises peuvent utiliser des instruments reconnus, tels que la Global Reporting Initiative
(GRI) ou le Carbon Disclosure Project (CDP) pour surveiller et améliorer en permanence leur propre
efficacité en termes de dépenses énergétiques et de protection de l'environnement.
Pour toutes les raisons énoncées ci-dessus, on renonce ici à fixer des règles spécifiques pour établir le
bilan des entreprises, et à déterminer des valeurs indicatives ou des valeurs cibles. Cependant, dans le
cadre de différentes initiatives cantonales ou communales visant à la réalisation de la société à 2000 watts,
les entreprises sont vivement encouragées à utiliser des instruments tels que la GRI ou le CDP. Une telle
démarche leur permet de disposer d'un outil pour contribuer activement et d'une manière mesurable à
réduire la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES.
17) www.globalreporting.org/Pages/default.aspx, consultation du 27 juin 2013
18) www.cdproject.net/en-US/Pages/HomePage.aspx, consultation du 27 juin 2013
L'énergie est nécessaire à la fabrication de marchandises et à la fourniture de services. On utilise le terme
«énergie grise» pour définir la quantité d'énergie primaire dépensée pour effectuer ces opérations; par
analogie, on appelle «émissions grises de GES» les émissions générées par ces mêmes opérations . Il
faut également ajouter d'autres sources dues à des processus de fabrication, notamment les émissions de
méthane produites par les ruminants au cours de leur digestion. De telles émissions doivent aussi être
prises en considération dans un bilan global.
Valeurs effectives dues à la consommation globale en Suisse
Pour se faire une idée complète des dépenses d'énergie primaire en Suisse, il faut additionner tous les
agents énergétiques consommés par les habitants du pays, aux quantités d'énergie primaire nécessaires à
la fabrication de toutes les marchandises et à la fourniture de tous les services consommés par ces mêmes
habitants. Quant aux émissions de GES correspondantes, elles comprennent également celles provoquées
par les êtres humains lors de processus non énergétiques. On entend par exemple ici les émissions
générées dans l'agriculture ou les émissions de certains processus industriels, tels que la fabrication de
D'après les indications fournies dans le rapport «Gesamt-Umweltbelastung durch Konsum und Produktion
der Schweiz» (Jungbluth et al. 2012), la consommation globale pondérée d'énergie primaire en Suisse, en
2005, était de 8300 watts/personneet de 7000 watts/personne pour l'énergie primaire non renouvelable.
Quant aux émissions de GES correspondantes, elles étaient de 12,8 tonnes par personne et par année.
Tableau 10-1: valeurs effectives 2005 concernant la demande d'énergie finale pondérée et la consommation globale pondérée
Puissance annuelle moyenne de l'énergie primaire
19) Pour plus de détails sur les matériaux de construction, les éléments de construction et les bâtiments, on se réfèrera au CT SIA 2032
Energie grise des bâtiments.
Valeurs cibles pour la consommation globale des personnes
Comme pour des collectivités telles que les cantons, les régions, les communes ou les villes, on a fixé à
2000 watts d'énergie primaire et à 1 tonne de GES par an les valeurs cibles pour les personnes.
Remarquons toutefois que ces valeurs cibles sont censées être atteintes à un horizon plus éloigné: 2150
(cf. Figure 10-1). Pour les collectivités, on additionne des «compléments de consommation», qui
interviennent à l'horizon intermédiaire 2050 et à l'horizon final 2100.
Figure 10-1: Objectifs de réduction au cours du temps de la consommation d'énergie primaire globale (à gauche) et des émissions de
GES (à droite). Ces valeurs ont été déterminées sur la base de la consommation moyenne pondérée d'une personne standard habitant sur
territoire suisse. Les valeurs moyennes pour la Suisse, indiquées à titre de repères, ont été déterminées sur la base de la consommation
d'énergie finale pondérée.
Comparaison des résultats entre les bilans pour la consommation globale et pour
la consommation d'énergie finale
On constate des différences entre le bilan d'énergie primaire pour la consommation globale en Suisse et le
même bilan d'énergie primaire calculé selon la méthodologie de la société à 2000 watts (cf. chap. 3). Ces
différences proviennent des trois éléments suivants:
En plus: dépenses d'énergie primaire pour des marchandises ou services importés et
consommés en Suisse.
En plus: dépenses d'énergie primaire pour des prestations fournies en amont de la fabrication
de marchandises importées et de la fourniture de services importés, destinés au marché
En moins: dépenses d'énergie primaire liées à la consommation d'énergie pour fabriquer des
marchandises ou fournir des services destinés à l'exportation.
Par analogie, le même raisonnement s'applique aux émissions de GES générées par la consommation
globale de la Suisse. Il faut aussi leur ajouter les émissions générées en Suisse par des processus non
énergétiques permettant de fabriquer des produits qui seront écoulés sur le marché intérieur suisse.
On constate donc une différence entre les valeurs calculées sur la base des comportements de
consommation et les valeurs calculées selon la démarche de la société à 2000 watts (cf. Tableau 10-1 et
Figure 10-2, colonne de gauche). Cette différence est aussi appelée «bilan occulte». Pour l'essentiel, elle
résulte de la prise en compte de l'énergie finale et des GES relatifs aux produits importés et consommés en
Suisse, valeurs auxquelles il faut soustraire celles concernant les produits fabriqués en Suisse et destinés à
Figure 10-2: Comparaison entre trois méthodes pour établir le bilan de la consommation moyenne d'énergie primaire (à gauche) et des
émissions de GES (à droite). La colonne de gauche présente le bilan pour un individu résidant en Suisse, en se basant sur la consommation d'énergie finale en Suisse. La colonne du milieu présente le bilan pour une personne moyenne vivant en Suisse, en se basant sur la
consommation globale mesurée à l'aide de questionnaires adressés à des personnes et à des ménages. La colonne de droite présente
le bilan pour une personne vivant en Suisse, dont la consommation est inférieure à la moyenne, en se basant sur la consommation globale
mesurée à l'aide de questionnaires adressés à des personnes et à des ménages.
La somme des quantités d'énergie primaire consommées par une personne moyenne, et quantifiées sur la
base de questionnaires (Figure 10-2, colonne médiane) est du même ordre de grandeur que les valeurs
moyennes obtenues au moyen d'une analyse de la consommation à l'échelle de la Suisse (Figure 10-2
colonne de gauche). On remarque toutefois que, dans le cadre des bilans portant sur des personnes, la part
d'énergie primaire liée à la consommation d'énergie finale est nettement moins élevée que dans le bilan à
l'échelle de la Suisse. En conséquence, la part d'énergie primaire liée à la consommation de biens est plus
élevée dans le bilan des personnes que dans celui de la Suisse.
Dans le bilan de la Suisse (et par analogie celui des cantons, régions, communes ou villes) établi selon la
méthodologie de la société à 2000 watts, les consommations d'énergie finale des entreprises sont saisies
directement; elles sont donc représentées en bleu clair dans la colonne de gauche. Mais les biens produits
par l'industrie seront finalement consommés en Suisse ou exportés à l'étranger. Dans la colonne du milieu
(analyse de la consommation des personnes), une partie des contributions de l'industrie suisse (une
certaine proportion de la surface bleu clair) deviendra une partie de la rubrique «autre consommation de
biens» des personnes vivant en Suisse (donc, une partie de la surface rouge).
La colonne de droite dans la Figure 10-2 est présentée à titre d'exemple. La personne concernée se caractérise par une consommation inférieure à la moyenne – tant pour l'énergie primaire liée à la consommation
d'énergie finale que pour celle liée à la consommation de biens.
Comparaison des résultats entre l'analyse de la consommation globale et le bilan des
bâtiments (selon la méthodologie de la SIA «La voie vers l'efficacité énergétique»)
La Figure 10-3 représente, à titre d'exemple, pour les émissions de GES, d'une part, les valeurs effectives
et les valeurs cibles 2050 pour des personnes, calculées selon le concept pour l'établissement du bilan de
la société à 2000 watts (cf. chap. 5), d'autre part, les valeurs effectives et les valeurs indicatives pour le
domaine «Habitations» selon «La voie SIA vers l'efficacité énergétique». Pour le domaine de l'habitat
(construction + exploitation), les valeurs effectives obtenues par les deux méthodes correspondent bien.
Dans le domaine de la mobilité, la méthode de la SIA tient compte des émissions de GES générées par les
déplacements quotidiens des utilisateurs de bâtiments. Ces déplacements quotidiens sont responsables de
40 % environ de la totalité des GES émis par les ménages ou les personnes lors de leurs déplacements
(comparaison des valeurs effectives).
Selon «La voie SIA vers l'efficacité énergétique», la valeur cible intermédiaire 2050 pour les émissions de
GES dues aux bâtiments d'habitation se situe à 960 kg/personne et par an, ce qui représente 48 % de la
totalité des GES émis par les personnes.
Figure 10-3: Valeurs effectives et valeurs cibles 2050 concernant les émissions de GES selon le concept pour l'établissement du bilan de
la société à 2000 watts (habitations, personnes); valeurs effectives et valeurs indicatives pour le domaine de l'habitation, converties en
quantités par personne, selon la méthodologie de la SIA (SIA 2011a).
Evaluation basée sur la consommation globale
Pour des unités géographiques bien délimitées, telles que des cantons, des régions, des communes ou des
villes, il est pratiquement impossible d'établir un bilan sur des données qui reflèteraient la consommation
globale – entendue comme consommation d'énergie finale + consommation de biens et services. En effet,
les données concernant les biens et services ne sont pas disponibles, et il serait beaucoup trop coûteux de
les collecter. Aucune statistique annuelle (controlling) n'est envisageable à l'échelle régionale ou
communale, et ce, pour les raisons suivantes: d'une part, il n'est pas réaliste de saisir les flux de biens et de
marchandises qui traversent dans les deux sens les limites d'une région ou d'une commune, tant ils sont
innombrables; d'autre part, il serait très hasardeux de formuler des hypothèses fiables sur les
comportements de consommation habituels des habitants d'une région, qui peuvent être très différents de
ceux d'un Suisse moyen. C'est la raison pour laquelle on se contente des données disponibles concernant
l'énergie finale pour évaluer le bilan de territoires bien délimités. C'est une méthode pragmatique et
Ainsi, pour les unités géographiques comme pour les bâtiments, on analyse la consommation d'énergie
finale, à laquelle on applique des facteurs d'énergie primaire et des coefficients d'émission de GES. A
l'échelle de la Suisse entière, il est possible d'établir un bilan de la dépense d'énergie primaire et des
émissions de GES résultant de la consommation globale. Ce calcul est appelé «bilan occulte». Il permet
d'identifier les causes des changements observés au niveau de la consommation d'énergie finale en Suisse
(consommation d'énergie primaire et émissions de GES). Ces causes peuvent être l'arrivée de nouvelles
entreprises ou la délocalisation d'entreprises, des changements de comportements de consommation de la
population résidant en Suisse ou des modifications de flux de biens et de services consommés.
En revanche, pour les individus et les ménages, il est possible d'établir le bilan effectif de la consommation
d'énergie primaire et des émissions de GES générés par les actes de consommation de biens. En effet, il
est possible de se faire une idée précise des modes de vie et des comportements de consommation des
individus, en collectant des informations par enquêtes et en utilisant des instruments d'analyse adéquats.
La structure économique varie beaucoup d'une région, commune ou ville à l'autre. Ainsi, dans des cantons
de montagne, pour des communes comme Davos, le tourisme est une composante importante de
l'économie locale. Par comparaison, dans des cantons de plaine, comme Bâle-Campagne, des communes
comme Ettingen ne présentent qu'un tissu économique rudimentaire. Dans d'autres communes, de grands
groupes se sont installés, dont une part importante de la production est destinée à l'exportation (comme
Maxon Motors à Sachseln ou Nespresso à Avenches). De grandes villes comme Zurich, Bâle ou Genève
offrent d'importantes prestations centrales au sein de leur région métropolitaine.
Comme indiqué au sous-chapitre 4.2, il est recommandé aux communes de fixer leurs objectifs à l'aide des
facteurs de réduction, sans tenir compte de leur structure économique actuelle. Mais il peut arriver qu'une
telle simplification dans le calcul des valeurs cibles soit tout à fait déplacée. Cela peut être, par exemple, le
cas d'une commune qui n'héberge aucune entreprise artisanale ou industrielle significative, ou celui d'une
commune qui a déjà pris, par le passé, des mesures importantes pour réduire ses dépenses d'énergie.
C'est la raison pour laquelle il serait nécessaire de classer les cantons, régions, communes ou villes dans
une grille typologique, qui permettrait de définir des valeurs cibles mieux adaptées à la structure
socioéconomique des collectivités concernées. Il reste encore à dresser une telle typologie et à définir les
valeurs cibles spécifiques. Peut-être sera-t-il indiqué de reprendre les typologies des communes établies
par l'Office fédéral de la statistique (OFS): régions de la politique régionale, régions d'analyse, typologies
territoriales). D'un autre côté, il s'agira de développer des méthodes capables d'illustrer les prestations
que les communes ont déjà fournies en amont dans le but de réduire leur consommation d'énergie primaire
20) www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/infothek/nomenklaturen/blank/blank/raum_glied/01.html, consultation le 14 novembre 2013.
Amélioration de l'efficacité et augmentation de la consommation
Il sera très difficile d'atteindre les objectifs de la société à 2000 watts en se fondant uniquement sur des
critères techniques: amélioration des performances énergétiques et substitution des énergies fossiles par
des énergies renouvelables. Il est vrai que les performances énergétiques des bâtiments, des véhicules et
des processus de fabrication s'améliorent constamment. Mais cette amélioration est presque réduite à
néant par l'augmentation de la consommation. Ainsi, dans le domaine du logement, si l'on en croit le
scénario «Poursuite de la politique énergétique actuelle» énoncé dans les Perspectives énergétiques 2050,
la surface de référence énergétique par personne passera de 60 m (actuellement) à 73 m (Prognos 2012,
Tableau 7-1). Des augmentations similaires sont attendues dans le domaine des prestations de transport et
dans celui de la consommation de biens et de services. Par conséquent, il sera nécessaire de faire baisser
la demande en produits consommant de l'énergie, et donc, de prendre des mesures incitatives dans ce but.
Ces questions sont regroupées sous le thème de la sobriété du mode de vie, c'est-à-dire de l'amélioration
de la qualité de vie par l'autolimitation volontaire, la baisse individuelle de consommation et
l'affranchissement du superflu (cf. aussi Pfäffli 2012).
Par exemple, la SIA a dû faire les hypothèses suivantes dans sa réflexion sur la voie vers l'amélioration
énergétique, réflexion basée sur les techniques disponibles aujourd'hui:
La demande de surface par personne pour le logement, les bureaux et les écoles reste
constante, ce qui nécessite une rupture par rapport à la tendance actuelle.
En 2050, les voitures consommeront en moyenne 3 litres de carburant par 100 km .
Les distances parcourues quotidiennement, notamment en voiture, cessent d'augmenter.
Tous les nouveaux bâtiments respectent les valeurs cibles établies dans le CT SIA 2040 «La
voie SIA vers l'efficacité énergétique», ce qui exige d'améliorer considérablement la pratique
actuelle en matière de performances énergétiques des bâtiments.
D'ici à 2050, tous les bâtiments existants auront été rénovés en respectant les valeurs cibles
établies pour les transformations de bâtiments. Cela exige de multiplier par 4 le taux de rénovation du parc immobilier ainsi que d'améliorer de manière significative la qualité énergétique des
Etant donné qu'il ne sera pas possible de respecter dans tous les cas les hypothèses ci-dessus
– notamment pour les bâtiments protégés à titre de conservation du patrimoine architectural –,
il faudra aussi réduire de manière significative les émissions de GES et la quantité d'énergie
primaire consommée pour produire le mix suisse d'électricité (cf. aussi sous-chap. 10.5).
A l'avenir, ces questions devront faire l'objet d'une réflexion approfondie et les hypothèses à leur propos
devront être vérifiées.
21) Pour atteindre les valeurs cibles diminuées relatives à l'énergie primaire et aux GES concernant le parc automobile 2050, il est aussi
Moyens de soutien aux ménages et aux individus
Les individus et les ménages désirant aménager leur vie de manière à tendre vers la société à 2000 watts
doivent répondre à diverses questions portant, d'une part, sur leur mode de vie, d'autre part, sur les limites
Voici une sélection de questions portant sur le mode de vie compatible avec la société à 2000 watts:
Quelle est la quantité de viande ou de produits laitiers qu'il est raisonnable de consommer?
Puis-je réduire cette quantité?
Quelle est la quantité d'énergie primaire contenue dans les produits de l'électronique de loisirs,
de fleurs coupées importées ou de vêtements fabriqués à l'étranger que je consomme, et
quelles sont les émissions de GES ainsi générées?
Quelle est la surface raisonnable de mon logement en m chauffés? Cette limite est-elle liée au
standard énergétique du bâtiment?
Combien de kilomètres puis-je me permettre de parcourir en avion chaque année?
Comment puis-je réduire au maximum mes dépenses d'énergie primaire et mes émissions de
GES tout en satisfaisant mes besoins de mobilité dans mes activités quotidiennes?
Au niveau technique, les questions suivantes doivent être posées quant à la délimitation du système:
Est-ce que la surface habitable des logements ou appartements de vacances doit être imputée
sur le compte de bilan des personnes? Faut-il faire une distinction entre locataires et propriétaires de logements de vacances?
Suis-je autorisé à diviser les quantités d'énergie consommées dans un appartement par le
nombre de personnes qui y vivent?
Si un ménage possède plusieurs voitures, comment faut-il répartir les kilomètres parcourus
entre les personnes qui le composent?
Est-ce que les déplacements professionnels effectués en voiture d'entreprise, en train ou en
avion doivent être portés au compte de bilan des individus?
Ce genre de questions relatives au bilan des individus en matière de consommation d'énergie et
d'émissions de GES sont traitées par différents instruments disponibles en ligne, notamment le calculateur
de l'empreinte écologique du WWF ou le calculateur ECOSPEED Private .
22) Ici, la réponse est claire: c'est non. En effet, les déplacements professionnels sont comptabilisés au bilan de l'entreprise concernée
23) www.wwf.ch/fr/agir/vivre_mieux/calculateur_d_empreinte
24) www.ecospeed.ch/welcome/fr
Le présent concept pour l'établissement du bilan en vue de réaliser la société à 2000 watts ainsi que les
cahiers techniques SIA 2032, 2039 et 2040 (SIA 2010, 2011a, c) sont fondés sur les données actuellement
disponibles dans le cadre des écobilans. Tant le concept «société à 2000 watts» que la SIA («La voie SIA
vers l'efficacité énergétique») anticipent l'avenir en présentant soit des valeurs probables, soit des valeurs
cibles de consommation d'énergie pour la construction et l'exploitation des bâtiments et pour la mobilité
induite par les utilisateurs de ces bâtiments. D'après la SIA, il s'agit de faire baisser significativement la
consommation d'énergie pour l'exploitation des bâtiments, ainsi que pour la mobilité induite.
Ce sont les données actuelles collectées dans le cadre des écobilans qui permettent aujourd'hui de décrire
la situation future en matière de fourniture d'agents énergétiques (combustibles, carburants, électricité), de
fabrication de matériaux ou de produits de construction, et de fourniture de prestations de transport. Ce
raisonnement donne une place bien plus importante à l'étape de construction d'un bâtiment au cours de son
cycle de vie. Bien entendu, il est probable que les processus de fabrication des matériaux de construction
subiront, à l'avenir, de profonds changements en matière d'efficacité énergétique et de performances
C'est la raison pour laquelle il faudra vérifier, à moyen terme, s'il ne serait pas plus opportun d'utiliser, pour
établir le bilan, des valeurs futures présumées, et ce, tant pour la fabrication de produits ou matériaux de
construction que pour les prestations de transport. A ce propos, il est possible de tenir compte des
incertitudes quant aux futurs développements en modélisant différents scénarios.
En 2011, la Suisse a décidé de sortir de la filière nucléaire. Il s'est donc avéré nécessaire de discuter de
différentes variantes d'approvisionnement en énergie et en électricité en se basant sur des stratégies de
développement «vertes» et durables. C'est dans un tel contexte que le Conseil fédéral a publié sa Stratégie
énergétique 2050, illustrant, par trois scénarios distincts, les situations prévisibles à l'avenir en matière
Ces trois scénarios s'intitulent «Poursuite de la politique énergétique actuelle» (PPA), «Nouvelle politique
énergétique» (NPE) et «Mesures politiques» (PCF). Ils se différencient les uns des autres par les conditions
générales d'ordre politique, par la modification de la demande d'électricité, par les différents volumes de
production et par l'évolution des technologies de production d'électricité.
Les auteurs Wyss & Frischknecht (2013) ont quantifié les impacts sur l'environnement, en 2050, de trois mix
suisses d'électricité correspondant à chacun des trois scénarios de la Stratégie énergétique 2050. L'unité de
référence qu'ils ont choisie est le mégajoule (MJ) d'électricité dans le réseau à basse tension fournissant
l'électricité aux consommateurs suisses.
Le Tableau 10-2 présente les facteurs d'énergie primaire et les coefficients d'émission de GES du mix
électrique suisse en 2050 en fonction des trois scénarios énoncés ci-dessus. La partie inférieure du Tableau
prend en compte également le marché européen de l'électricité basé sur un mix européen d'électricité,
tandis que la partie supérieure n'en tient pas compte. Lorsqu'ils déterminent leurs objectifs intermédiaires,
les cantons, régions, communes ou villes peuvent utiliser ces valeurs dans des analyses de sensitivité, ce
qui leur permet d'évaluer les prévisions de consommation d'électricité.
Tableau 10-2: Facteurs d'énergie primaire et coefficients d'émission de GES des mix électriques 2050 selon les scénarios de la Stratégie
énergétique 2050. Partie supérieure: sans marché de l'électricité; partie inférieure: avec marché européen de l'électricité. Unité de
référence: 1 MJ d'électricité en basse tension (Wyss & Frischknecht 2013)
PPA, variante C
NPE, variantes C+E
PCF, variante E
PPA, avec marché de l'électricité
NPE, avec marché de l'électricité
variantes C+E
PCF, avec marché de l'électricité
PCF: Mesures politiques
(fossile et nucléaire)
NPE: Nouvelle politique énergétique
PPA: Poursuite de la politique énergétique actuelle
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Délimitation du système permettant d'établir le bilan de la fourniture d'énergie (à titre d'information)
Valeur spécifique de l'énergie primaire
Unité de référence de
Processus pris en considération dans le facteur d'énergie primaire
Pouvoir calorifique sur les lieux de stockage
Pouvoir calorifique des matières
fournies (mazout, gaz naturel, etc.)
Pertes lors de l'extraction, du raffinage et du transport
Energie de l'uranium fissile pouvant être produite
dans des réacteurs à eau légère, diminuée des
parties non désintégrées dans l'uranium appauvri
et dans les assemblages combustibles brûlés
Pertes dans les turbines, le générateur et le réseau de distribution
Energie potentielle de l'eau accumulée: énergie
de rotation sur la turbine
Pouvoir calorifique sur le lieu de récolte
Construction des installations nécessaires
Energie consacrée à l'extraction, au raffinage et au transport
Construction des ouvrages souterrains, des usines d'enrichissement d'uranium, des centrales nucléaires
et du réseau de distribution d'électricité
Energie nécessaire pour l'extraction de l'uranium et son enrichissement, énergie pour la fabrication des
Pertes dans les conduites, les turbines et le générateur, ainsi que pertes dans le réseau de distribution
Construction des centrales hydroélectriques et du réseau de distribution
Pertes lors de la préparation de la biomasse
Fabrication des machines nécessaires pour cultiver, récolter, traiter et transporter la biomasse
Energie nécessaire pour cultiver, récolter, traiter et transporter la biomasse
Solaire (capteurs
Chaleur à la sortie des capteurs (rayonnement
solaire capté)
Chaleur à la sortie d'un accumulateur
d'eau chauffée par le soleil
Pertes dans le circuit solaire et dans l'accumulateur
Courant continu à la sortie des panneaux
photovoltaïques (rayonnement solaire capté)
Courant alternatif à la sortie de
l'onduleur 1)
Pertes dans le circuit à courant continu et dans l'onduleur
Energie mécanique sur le rotor de l'hélice
(énergie cinétique induite par le vent)
Courant alternatif à la sortie du
générateur1)
Pertes dans les engrenages et dans le générateur
Chaleur (contenue dans la saumure, l'eau
chaude, l'eau bouillante, la vapeur) à la sortie de
Chaleur à la sortie de la pompe à
Pertes sur la pompe à chaleur
Electricité à la sortie de la centrale
Pertes lors de la production et de la distribution d'électricité
Fabrication des capteurs, du circuit solaire et de l'accumulateur
Electricité nécessaire pour faire fonctionner la pompe du circuit solaire
Fabrication des panneaux, du circuit à courant continu et de l'onduleur
Fabrication de l'éolienne (structure, rotor, générateur)
Construction de l'installation et fabrication des sondes et de la pompe à chaleur
Electricité nécessaire pour faire fonctionner la pompe des sondes et la pompe à chaleur
Construction de l'installation et fabrication des sondes et de la centrale
l'environnement (PAC
air/eau)
Chaleur à la sortie de l'échangeur de chaleur à
air ou à eau
Pertes de la pompe à chaleur
chaleur ou électricité effectivement
En sus: pertes le long des conduites de transport
Chaleur à l'entrée de la pompe à chaleur
1) Au cas où le point de soutirage se situe à
l'extérieur du périmètre du bâtiment::
Fabrication de la pompe à chaleur
Electricité servant à faire fonctionner la pompe
Construction des conduites de transport
Pour la chaleur: électricité pour faire tourner les pompes de circulation
Bases de calcul possibles pour les consommateurs mobiles (transports) afin d'établir le
bilan de cantons, régions, communes ou villes (à titre d'information)
Saisie de la consommation d'énergie
La consommation d'énergie primaire et les émissions de GES générées par les transports résultent de
l'addition des quatre composantes suivantes:
Circulation automobile: privée et publique
(bus diesel) et transport de marchandises par la route, cf. Tableau 11-1 et Tableau 11-2
Transports publics par rail sur le réseau local (y c. les trolleybus)
Transport ferroviaire de marchandises et transport ferroviaire de personnes longue distance,
cf. Tableau 11-3
Transports aériens, cf. Tableau 11-3
Pour déterminer la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES des transports routiers, on
peut suivre deux principes, disposant chacun de deux variantes:
Quantités de carburant vendues par an au sein du périmètre choisi
Evaluation des flux de trafic sur la base de modèles au sein du
Principe de territorialité: on impute au territoire concerné toute l'énergie consommée par tous les véhicules
circulant sur ce territoire (y c. le trafic de transit). Le volume de trafic est estimé soit sur la base de la vente de
carburant (T1), soit avec l'aide de modèles de trafic (T2) à l'intérieur du périmètre choisi de bilan. Les
prestations de transport calculées (pour les personnes et les marchandises) sont converties en consommation
d'énergie primaire et en émissions de GES en appliquant respectivement les facteurs d'énergie primaire et les
coefficients d'émission de GES (KBOB et al. 2012; Frischknecht et al. 2011) Ce mode de calcul convient
pour les transports publics routiers, le trafic privé et les transports de marchandises.
Principe du pollueur-payeur: une des possibilités d'évaluer la consommation d'énergie primaire et les
émissions de GES est d'appliquer des indices à la mobilité moyenne des personnes (V1). La consommation
d'énergie primaire due au trafic routier correspond à 1220 watts (dont 1190 watts d'énergie non
renouvelable), tandis que les émissions de GES correspondantes s'élèvent à 2,64 tonnes par personne et
par an . La consommation d'énergie par personne varie selon le type de commune. On tient compte de ce
fait en corrigeant les valeurs moyennes suisses relatives à l'utilisation des véhicules privés sur la base des
données issues du microrecensement 2010 sur les transports (cf. Tableau 11-1)
25) mobitool, Mobilité durable pour les entreprises, SBB/swisscom/BKW/Öbu, soutenu par SuisseEnergie, www.mobitool.ch
26) Ces valeurs sont basées sur les statistiques énergétiques 2005 relatives à la consommation de carburant, c'est-à-dire: 152 790 PJ
d'essence et 73 270 PJ de diesel, ainsi que sur les recommandations 2009/1 de la KBOB concernant les facteurs d'énergie primaire
et les coefficients de GES de l'essence et du diesel; enfin sur une population suisse de 7'460’000 personnes et un parc automobile
de 3 860’000 véhicules. Ces déductions permettent d'obtenir une estimation grossière.
27) Stefan Schneider, Planungsbüro Jud, communication personnelle du 15 novembre 2013: Fichier de données de base «Distance
journalière par personne selon le moyen de transport et le but du déplacement (en km)» extrait de OFS/ARE (2012), (consultation le
15 novembre 2013)
28) Si l'on inclut tous les moyens de transport, il en résulte des facteurs correctifs très peu différents.
Tableau 11-1: Prise en compte des comportements de mobilité qui varient en fonction du type de commune, et qui influent sur la
consommation d'énergie primaire par personne et sur les émissions de GES par personne et par an .
correctif 1)
primaire non
t par an
Moyenne CH
Communes d'agglomération et villes
Autres communes d'agglomération
par rapport à la moyenne CH
L'autre possibilité d'estimer la consommation d'énergie primaire et les émissions de GES est de passer par
le nombre de véhicules immatriculés (V2). En moyenne, la consommation due au trafic routier en Suisse est
de 2350 watts (dont 2300 watts d'énergie non renouvelable), tandis que les émissions de GES avoisinent
5,1 tonnes par véhicule immatriculé et par an (en comptant presque 4 millions de véhicules) (cf. Tableau
Tableau 11-2: Consommation d'énergie primaire et émissions de GES du trafic routier, par véhicule immatriculé et par an (voitures de
tourisme) .
Par véhicule immatriculé (voitures de tourisme)
Dans les quatre cas ci-dessus, on évalue la dépense d'énergie des transports publics par rail sur le
réseau local (y c. les trolleybus) sur la base de la consommation effective d'électricité enregistrée par les
entreprises de transport à l'intérieur du périmètre de bilan.
Pour le transport ferroviaire de personnes longue distance et pour le transport ferroviaire de
marchandises, ainsi que pour les transports aériens, on applique des suppléments uniformes sur tout le
territoire suisse (cf. Tableau 11-3). Si nécessaire, il est possible d'actualiser de manière simple les valeurs
concernant les transports aériens, en se basant sur les données relatives à la vente de kérosène
(statistique globale de l'énergie de l'OFEN), sur le nombre d'habitants en Suisse (OFS) et sur les facteurs
d'énergie primaire et les coefficients d'émission de GES recommandés par la KBOB (2009/1).
29) Ces valeurs résultent de l'exploitation des données du microrecensement Transports 2005 concernant les déplacements de
personnes dans le trafic individuel motorisé
Tableau 11-3: Suppléments pour les transports aériens, ainsi que pour le transport ferroviaire de personnes longue distance et le transport
Watts par pers.
Tonnes par pers. et par an
longue distance et transport ferroviaire
Exemple de calcul selon le principe du pollueur-payeur
L'exemple ci-dessous permet de comprendre la manière dont on peut estimer la consommation d'énergie
primaire de la mobilité en suivant le principe du pollueur-payeur. Le raisonnement vaut également pour l'estimation des émissions de GES. Pour ce faire, le Tableau 11-4 présente les caractéristiques d'une
commune fictive du type «Communes d'agglomération et villes isolées».
Tableau 11-4: Caractéristiques de la commune fictive
Commune fictive
Commune d'agglomération et ville
Consommation d'électricité pour les transports ferroviaires et
les trolleybus dans le réseau local
On calcule la consommation d'énergie primaire des deux composants «trafic routier» et «transports
ferroviaires et trolleybus sur le réseau local» sur la base du type de commune (ici: Communes d'agglomération et villes isolées) ou sur la base de valeurs de consommation directement mesurables. Pour les
autres composants (transport ferroviaire longue distance et transport ferroviaire de marchandises, ainsi que
transports aériens), on fixe des valeurs forfaitaires.
Tableau 11-5: Consommation totale d'énergie primaire due à la mobilité dans la commune fictive
(véhicules immatriculés)
watts/personne
854 1)
1'293 2)
Transports ferroviaires (réseau local) et
Transport ferroviaire longue distance et
1) Selon Tableau 11-1
2) Nombre de véhicules immatriculés (55 000) multiplié par la consommation annuelle d'énergie primaire par véhicule (2350 watts), le tout
divisé par le nombre d'habitants (100 000)..
3) Consommation annuelle d'électricité (6000 MWh) multipliée par le facteur d'énergie primaire du mix d'électricité suisse (3.05 kWh/kWh),
le tout divisé par le nombre d'heures par an (8760 h), encore divisé par le nombre d'habitants (100 000), puis multiplié par 1 000 000.
Les quatre principes décrits ci-dessus sont basés sur des hypothèses simplifiées et représentent donc des
estimations grossières. Ils sont étayés par des données disparates. Par conséquent, dans un territoire
donné, on choisira de préférence le principe pour lequel on dispose des sources de données statistiques les
En Suisse, la mobilité est la source d'une part importante de la consommation d'énergie primaire et des
émissions de GES. C'est pourquoi il vaut la peine, dans les territoires d'une certaine taille, de procéder à
des analyses détaillées des comportements de mobilité, à condition toutefois de disposer de ressources
Les deux thèses ci-dessous forment la base de l'évaluation des ressources en énergie primaire:
Qu'elles soient renouvelables ou non, les ressources d'énergie primaire ont une
valeur spécifique.
Cette valeur est définie comme la quantité maximale d'énergie qu'il est possible de
tirer d'une ressource énergétique avec les technologies actuelles.
Ainsi, le Tableau ci-dessous présente les propriétés physiques définissant les valeurs spécifiques de
quelques ressources d'énergie primaire.
On renonce à fixer une valeur spécifique pour les déperditions de chaleur dans l'environnement (rejets de
chaleur des installations de production d'électricité, rejets de chaleur des installations de chauffage ou de
Tableau 11-6: Valeurs spécifiques des agents énergétiques primaires
Ressources d'énergie primaire
- Pétrole dans la géosphère
- Gaz naturel dans la géosphère
- Houille dans la géosphère
- Lignite dans la géosphère
- Uranium dans la géosphère
parties non désintégrées dans l'uranium appauvri et
dans les assemblages combustibles brûlés.
- Tourbe en place dans sa
- Bois provenant de coupes rases
dans les forêts primaires
Pouvoir calorifique sur le lieu d'abattage
Energie potentielle de l'eau accumulée: énergie de
rotation sur la turbine
- Bois/biomasse
(à l'exception des coupes rases
- Energie solaire (photovoltaïque)
Rayonnement solaire collecté: courant continu à la
sortie des panneaux photovoltaïques
- Energie solaire (thermique)
Rayonnement solaire collecté: chaleur à la sortie
Energie cinétique induite par le vent: énergie
mécanique sur le rotor de l'hélice
- Chaleur de l'environnement
(géothermie peu profonde)
Chaleur (contenue dans la saumure, l'eau chaude,
la vapeur) à la sortie de la sonde
- Chaleur de l'environnement (air)
Chaleur à la sortie de l'échangeur de chaleur
air-eau ou air-air
Sources de données déterminantes
La plateforme «Données des écobilans dans la construction» tient à jour une liste de facteurs d'énergie
primaire, de coefficients d'émission de GES et d'unités de charge écologique (UCE) de matériaux de
construction, de composants d'installations techniques, d'agents énergétiques et de prestations de
transport. La liste actuelle des facteurs d'énergie primaire et des coefficients d'émission de GES peut être
téléchargée au format pdf ou en tant que fichier Excel pour le calcul, aux adresses suivantes:
www.kbob.ch > Publications > Recommandation construction durable
www.eco-bau.ch > Données des écobilans > Informations pour les utilisateurs
> Principes des données
Exploiter les données tirées de la recommandation KBOB 2009/1
La recommandation KBOB 2009/1 «Données des écobilans dans la construction» contient des fichiers de
données relatives à la fourniture d'énergie finale, exprimée en MJ (catégories 41, 42, 45 et 46) ou à la
fourniture de chaleur utile (catégories 43 et 44) (disponible seulement en allemand).
Pour établir le bilan de la consommation d'énergie primaire et des émissions de GES des installations de
chauffage, il est possible de procéder de deux manières différentes, qui sont expliquées ci-après à
l'exemple d'une pompe à chaleur.
Bilan sur la base de l'énergie utile (bases de données 44.001 à 44.003): Le point de départ du calcul du
bilan est la consommation d'énergie utile à l'échelle d'un bien-fonds, ou de la somme des biens-fonds d'un
canton, d'une région, d'une commune ou d'une ville. Cette consommation d'énergie utile est mise en
corrélation avec les facteurs d'énergie finale ou les coefficients d'émission de GES tirés des bases de
données «Chaleur utile» citées plus haut. Ces données tiennent déjà compte de l'énergie qui a été
nécessaire pour construire la pompe à chaleur, y compris l'échangeur de chaleur (air-eau, eau-eau ou
sonde géothermique). Si le calcul est basé sur la consommation d'électricité, il s'agit de multiplier les
facteurs d'énergie primaire ou les coefficients d'émission de GES par le coefficient de performance (COP)
Bilan sur la base de l'énergie finale (base de données 45.020): Le point de départ du calcul du bilan est la
consommation d'électricité d'un immeuble chauffé au moyen d'une pompe à chaleur. Cette consommation
est mise en corrélation avec les facteurs d'énergie primaire et les coefficients d'émission de GES relatifs à
la production d'électricité. Grâce aux données de la catégorie 31 (installations de chauffage), il est possible
de modéliser, au moment de la construction du bâtiment, les processus de fabrication (et d'élimination) de
l'installation de pompe à chaleur. Cette méthodologie correspond à la démarche recommandée par la SIA
dans son cahier technique 2040.
Il faut cependant observer une différence par rapport à l'énergie primaire. En effet, lors du calcul du bilan
par le biais de l'énergie finale, on ne tient pas compte des énergies renouvelables produites sur place.
30) Est valable pour les combustibles, la chaleur à distance et l'électricité. Pour les combustibles, la quantité d'énergie fournie, indiquée en
MJ, se réfère au pouvoir calorifique supérieur (PCS).
S'agissant des énergies renouvelables produites sur place, on peut utiliser les formules ci-après :
− Pompes à chaleur: PEFrenouvelable, sur place = 1 – 1/AZ
− Electricité d'origine solaire: PEFrenouvelable, sur place = 1/0.935
− Capteurs plans, EFH, WW: PEFrenouvelable, sur place = 1/0.779
− Capteurs plans, EFH, RH & WW: PEFrenouvelable, sur place = 1/0.635
− Capteurs plans, MFH, WW: PEFrenouvelable, sur place = 1/0.883
− Capteurs à tubes sous vide, MFH, WW & RH: PEFrenouvelable, sur place = 1/0.662
31) EFH: villa individuelle; AZ: coefficient de performance (COP); MFH: immeuble collectif; RH: chauffage des locaux; WW: eau chaude
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