Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-19831013-987082
Timestamp: 2017-07-22 03:25:41+00:00
Document Index: 4314425

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 145", "l'article 7", "l'article 145", "l'article 27", "l'article 10", "l'article 10"]

Page d'accueil > Résultats de la recherche N. c. SUISSE
Type d'affaire : DecisionType de recours : Violation de l'Art. 6-1 ; Préjudice moral - constat de violation suffisant ; Remboursement frais et dépens - procédure nationale ; Remboursement frais et dépens - procédure de la ConventionNumérotation : Numéro d'arrêt : 9870/82Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1983-10-13;9870.82 Parties : Demandeurs : N.Défendeurs : SUISSETexte : APPLICATION/REQUETE NÂ° 9870/8 2 N . v/SWITZERLAN D N . c/SUISS E DECISION of 13 October 1983 on the admissibility of the ipplication DECISION du 13 octobre 1983 sur la recevabilitÃ© de la requÃªt e
Article 7, paragraph I of the Convention : There is no breach of this Article if the acts, of which the applicant is accused, objectively correspond to the definition of an offence under current domestic law, and the cou rts have not exceeded the limits of the reasonable interpretation of the relevant legal provisions . A rticle 10 of the Convention : Does artistic expression enjoy greater protection under this provision than other forms of expression ? (Question not pursued).
Article 7, paragraphe 1, de la Convention ; /l n Ã¿ a pas violation de cette disposition lorsque les actes reprochÃ©s au requÃ©rant correspondent objectivement Ã la dÃ©finition d'une infraction par le droit national en vigueur et que les tribunaux n'ont pas dÃ©passÃ© les limites d'une interprÃ©tation raisonnable de celui-ci. Article 10 de la Convention : L'expression artistique bÃ©nÃ©ficie-t-elle d'une protection plus Ã©tendue que d'autres formes d'ezpression ? (Question non rÃ©solue) .
(English : see p. 2/1 )
Le requÃ©rant * a Ã©tÃ© condamnÃ© par dÃ©faut par les tribunaux zurichois Ã neuf mois de prison ferme pour avoir peint en noir Ã la bombe aÃ©rosol des figures diverses sur un grand nombre d'immeubles de la ville de Zurich . La disposition appliquÃ©e fut l'article 145 du code pÃ©nal suisse ( dommages Ã /a propriÃ©tÃ©) .
â¢ Le requÃ©rant Ã©tait reprÃ©sentÃ© devant la Commission par Mâ¢ Peters, avocat Ã Cologne .
Devant la Commission, le requÃ©rant allÃ¨gue n'avoir pas commis d'acte dÃ©lictueux, les intmeubles en question n'ayant pas subi de dommage . !l fait valoir que des spÃ©cialistes ont reconnu une valeur artistique Ã ses dessins .
EN DROIT (Extrait )I . Le requÃ©rant se plaint qu'il a Ã©tÃ© condamnÃ© pour des actes qui n e constituent pas une infraction d'aprÃ¨s le droit suisse . Il invoque l'article 7, paragraphe 1, de la Convention qui dispose : - Nul ne peui Ã©tre condaninÃ© pour une action ou une omission qui, au montent oÃ¹ elle a Ã©tÃ© contmise, ne constituait pas une infraction d'aprÃ¨s le droit national ou international . De mÃ¨me il n'est infligÃ© aucune peine plus forie que celle qui Ã©tait applicable au ntoment oÃ¹ l'infraction a Ã©tÃ© commise .La Commission rappelle que le requÃ©rant a Ã©tÃ© condamnÃ© par la cour d'appel du canton de ZÃ¼rich en vertu de l'article 145, paragraphe 1, du Code pÃ©nal suisse, aux termes duquel .Celui qui aura endommagÃ©, dÃ©truit ou mis hors d'usage une chose appartenant Ã autrui sera, sur plainte, puni de l'emprisonnement ou de l'amende . . La cour a estimÃ© que les figures peintes par le requÃ©rant, contre le grÃ© des propriÃ©taires et Ã l'aide de bombes aÃ©rosol, sur des murs appartenant Ã autrui, constituaient des dommages Ã la propriÃ©tÃ© au sens de la disposition susmentionnÃ©e du Code pÃ©nal suisse . La cour a rejetÃ© l'argument du requÃ©rant selon lequel les figures auraient, en raison de leur valeur artistique, enrichi la propriÃ©tÃ© d'autrui . II n'appartient pas Ã la Commission de se prononcer sur la valeur artistique des figures litigieuses . Il suffit de constater que le requÃ©rant a Ã©tÃ© condamnÃ© pour une action qui, au moment oÃ¹ elle a Ã©tÃ© commise, constituait une infraction d'aprÃ¨s le droit national . La Commission considÃ¨re, en outre, que le requÃ©rant n'a pas montrÃ© que les tribunaux zurichois auraient dÃ©passÃ© les limites d'une interprÃ©tation raisonnable de la disposition pertinente du Code pÃ©nal suisse (cf . RequÃªte NÂ° 1852/63, Ann . 8, pp . 191, 201, et NÂ° 8866/80, non publiÃ©e) . L'examen de ce grief ne permet donc de dÃ©celer aucune apparence de violation des droits et libertÃ©s garantis par la Convention et notamment par la disposition prÃ©citÃ©e . Il s'ensuit que cette part ie de la requÃªte est manifestement mal fondÃ©e, au sens de l'article 27, paragraphe 2, de la Convention . 2 . La Commission a jugÃ© utile d'examiner le grief du requÃ©rant sous l'angle de l'a rt icle 10 de la Convention . L'article dispose : 1 . Â«Toute personne a droit Ã la libertÃ© d'expression . Ce droit comprend la libenÃ© d'opinion et la libertÃ© de recevoir ou de communiquer des informations ou des idÃ©es sans qu'il puisse y avoir ingÃ©rence d'autoritÃ©s publiques et san s
considÃ©ration de frontiÃ¨re . Le prÃ©sent article n'empÃªche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinÃ©ma et de tÃ©lÃ©vision Ã un rÃ©gime d'autorisations . 5 2 . L'exercice de ces libenÃ©s comportant des devoirs et des responsabilitÃ©s peut Ã¨tre soumis Ã certaines formalitÃ©s, conditions, restrictions ou sanetions, prÃ©vues par la loi qui constituent des mesures nÃ©cessaires, dans une sociÃ©tÃ© dÃ©mocratique, Ã la sÃ©curitÃ© nationale, Ã l'intÃ©gritÃ© territoriale ou Ã la sÃ¹retÃ© publique, Ã la dÃ©fense de l'ordre et Ã la prÃ©vention du crime, Ã la protection de la santÃ© ou de la morale, Ã la protection de la rÃ©putation ou des droits d'autrui, pour empÃ¨cher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autoritÃ© et l'impartialitÃ© du pouvoir judiciaire . La Commission considÃ¨re qu'en l'espÃ¨ce la question de savoir si l'expression artistique bÃ©nÃ©ficie, aux termes de l'article 10, d'une protection plus Ã©tendue que toute autre forme d'expression peut demeurer ouverte . En effet, l'exercice de cette libertÃ© se trouverait, en l'espÃ¨ce, restreint par le second paragraphe de l'article 10, en ce que la condamnation dont se plaint le requÃ©rant, prÃ©vue par la loi, constituerait une mesure nÃ©cessaire, dans une sociÃ©tÃ© dÃ©mocratique, Ã la protection des droits et libertÃ©s d'autrui, ainsi qu'Ã la dÃ©fense de l'ordre . En effet, face Ã un conflit entre la libertÃ© d'expression du requÃ©rant et le respect de la propriÃ©tÃ© d'autrui, les tribunaux zurichois n'ont pas pris, en l'espÃ¨ce, une mesure disproportionnÃ©e aux objectifs cidessus . Partant, le grief serait, sous cet angle, Ã©galement manifestement mal fondÃ© .
Summary of the relevent fact s The app(icmut was sentenced in absentia by the Ziirich courts to nine months' imprisonment for paintiug . with black aerosol sprav . various Jigures ou a large number of buildings in the City of ZGrich : sentence was passed iu accordance with Article 145 of the Swiss Crinriual Code (darnage to property) . The applicant alleges before the Conrmission that he did uot commit any ojJÃ¨nce . as the buildings in question sustaiued no danrage. He points out that specialists have maLrtained thal his work was of artistic value.
â¢ The applicant was represented be(ore the Commission by Mr Peters, a lawyer praclising in Cologne .
THE LAW (Extract ) I . The applicant complains that he was convicted of acts which do not constitute an offence under Swiss law . He invokes Article 7, paragraph I of the Convention, which reads as follows : "No one shall be held guilty of any criminal offence on account of any act or omission which did not constitute a criminal offence under national or internationat law at the time when it was committed . Nor shall a heavier penalty be imposed than the one that was applicable at the time the criminal offence was committed . " The Commission recalls that the applicant was sentenced by the Appeal Court of the Canton of ZÃ¼rich under Article 145, paragraph 1, of the Swiss Criminat Code, reading "A person damaging, destroying or rendering unfit for use the property oP another person shall be imprisoned or fined, in the event of a complaint being lodged ." The Court took the view that the figures painted, by means of an aerosol spray, by the applicant on walls belonging to auother person, against the wishes of the owners, constituted damage to property within the nteaning of the above-mentioned provision of the Swiss Criminal Code . The Court disntissed the applicant's argument that the figures enhanced the other person's property by virtue of their artistic value . It is not the Commission's task to rule on the artistic value of the figures in question . It suttices to note that the applicant was convicted and sentenced for an act which was an offence under municipal law at the time it was committed . The Commissiou also considers that the applicant has not demonstrated that the ZÃ¼rich courts exceeded the limits of a reasonable interpretation of the relevant provision of the Swiss Criminal Code (see Application No . 1852/63, Yearbook 8, pp . 190, 200 and No . 8866/80, not published) . An examination ot' this complaint does not, therefore disclose any appearauce ot a violation of the rights and freedoms guaranteed by the Convention and in particular by the above-mentioned provision . It follows that this part of the application is manifestly ill-founded within the meauing of Article 27, paragraph 2 of the Convention . 2 . The Commission decided to examine the applicant's complaint in conuection with Article 10 ot the Convention which provides as follows : "I . Everyone has the right to freedont of expression . This right shall include freedom to hold opinions and to receive and impart information and ideas without intertÃ¨rence by public authority and regardless of frontiers . This article shall not prevent States from requiring the licensing of broadcasting, television or cinema enterprises . .
2 . The exercise of these freedoms, since it carries with it duties and responsibilities, may be subject to such formalities, conditions, restrictions or penalties as are prescribed by law and are necessary in a democratic society, in the interests of national security, territorial integrity or public safety, for the prevention of disorder or crime, for the protection of health or morals, for the protection of the reputation or rights of others, for preventing the disclosure of information received in conOdence, or for maintaining the authority and impartiality of the judiciary . "
The Commission considers that in the present case the question as to whether artistic expression enjoys more extensive protection, under Article 10, than any other form of expression can remain open . The exercise of this freedom in the case in point `was restricted by the second paragraph of Article 10, because the conviction and sentence about which the applicant complains, and which is prescribed by law, was a measure necessary in a domestic society for the protection of the rights and freedoms of others and for the prevention of disorder . In dealing with a conflict between the applicant's treedom of expression and respect for the property of others, the ZÃ¼rich courts did not take a measure that was disproportionate to the above objectives in the present case . Accordingly, the complaint is manifestly ill-founded from this viewpoint as well .
- 212 -Origine de la décision Pays : Conseil de l'EuropeJuridiction : Cour européenne des droits de l'hommeFormation : Cour (chambre)Date de la décision : 13/10/1983Fonds documentaire : HUDOC Haut de page