Source: http://www.scribd.com/doc/50044869/L-arret-du-processus-electoral-de-1991-objectifs-et-consequences
Timestamp: 2013-12-06 21:22:00+00:00
Document Index: 193123132

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P. 1L'arrêt du processus électoral de 1991 - objectifs et conséquencesL'arrêt du processus électoral de 1991 - objectifs et conséquencesRatings: 0|Views: 901|Likes: 1Published by D.MessaoudiQuels sont les objectifs réels derrière l'arrêt du processus électoral de 1991, en Algérie, et quels en sont ses conséquences sur le peuple algérien et sur l'opposition ?Quels sont les objectifs réels derrière l'arrêt du processus électoral de 1991, en Algérie, et quels en sont ses conséquences sur le peuple algérien et sur l'opposition ?More info: categoriesMagazines/NewspapersPublished by: D.Messaoudi on Mar 04, 2011Copyright:Attribution Non-commercialAvailability:Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.Free download as PDF, DOC, TXT or read online for free from ScribdFlag for inappropriate content|Add to collectionSee MoreSee lesshttp://www.scribd.com/doc/50044869/L-arret-du-processus-electoral-de-1991-objectifs-et-consequences01/14/2013pdftextoriginal Algérie : L’arrêt du processus électoral de 1991
Ses objectifs et ses conséquences sur l’opposition
Par : D.Messaoudi
En décembre 1991 se sont tenues les premières vraies élections dans l’Algérie post-indépendante.Les résultats ont surpris le monde entier : le FIS, un parti politique né des événements d’octobre 88,donc un bébé
par rapport aux partis comme le FLN et le FFS, les a remportées avec une majoritéécrasante dès le premier tour déjà ! Le deuxième tour n’aura pas lieu ; une alliance issue du régimeet de certains partis d’opposition a arrêté le processus le 11 janvier 1992 sous prétexte de vouloir sauver la république. Cette suspension définitive est par contre considérée par le parti gagnant etcertains autres opposants comme un coup d’état. La suite est connue. Questions : quels sont lesobjectifs réels derrière l’interruption du processus électoral ? Qui a raison : les « Janvieristes »
quiont arrêté les élections, ou ceux qui ont appelé à aller au deuxième tour et à respecter coûte quecoûte les résultats finaux du scrutin ? Et enfin que doivent faire les Algériens pour se débarrasser dece système mafieux qui a érigé la terreur, la manipulation et la division en mode de gouvernance ?Avant de répondre à ces questions, commençons par une analyse des conditions qui ont aidé unparti islamiste, qui montrait déjà des signes d’intégrisme, à rafler les voix des Algériens. Il y acertainement plusieurs facteurs, en corrélation ou pas, qui ont permis au FIS de se lancer sur lascène politique algérienne, de s’accaparer en un temps record des espaces d’expression, et deséduire une frange assez large de la société algérienne
. Tout d’abord, il y a cette volonté-là durégime militaire algérien de faire des islamistes un barrage à l’avancée démocratique menée depuis1963 déjà par les berbéristes. L’activisme islamiste se limite à ses débuts aux universités et ce n’estpas un pur hasard ; c’est en fait de là que se ressourcent les mouvements berbéristes qui n’hésitentpas, par occasion, à sortir dans la rue. La SM
du régime a cultivé en les islamistes une telle haineenvers les berbéristes qu’une première victime, un Kabyle nommé Kamel Amzal
, est tombée àl’Université de Ben Aknoun. Depuis, le conflit entre les berbéristes, que la propagande du pouvoir décrit comme séparatistes et ennemis de l’islam et de l’arabe, et les islamistes qu’on a incités àdéfendre ces soi-disant constantes nationales, ne cesse de s’aggraver, parvenant même à affaiblir les berbéristes, qui doivent alors se battre sur deux fronts, ce qui a garanti au régime mafieux laprotection contre le changement jusqu’à octobre 88.À partir de cette date, un vent de changement a déjà commencé à souffler sur le bloc socialistemenaçant d’écroulement pas mal de systèmes totalitaires. Le régime algérien devrait alors trouver une issue pour sortir indemne. Fort de ses experts en matières de tromperie et de manipulation desmasses, il engage le pays dans des réformes dignes de celles-là qui ne s’observent que dans degrandes démocraties du monde. Ouverture de radios et de télévision publiques aux opposants ;création de journaux dits privés ; création de multiples associations à caractère politique ou social,etc. Mais dans tout cela, il y a un élément clé sur lequel le pouvoir mafieux compte pour assurer sasurvie, et c’est un élément qui n’a suscité aucun doute chez les Algériens, pas même au sein de nospoliticiens et intellectuels, malgré le fait que la constitution est claire à ce sujet : c’est la création d’unparti officiellement islamiste, le FIS, à côté d’un autre qui renvoie implicitement aux mouvementsberbéristes, le RCD. Une bombe à retardement, qui détruira ensuite le rêve d’une Algériedémocratique, est ainsi mise au point.En décembre 1991, on annonce enfin la tenue des élections. Pendant toute la durée de la campagneélectorale, l’ENTV, l’organe officiel du régime algérien, multiplie les confrontations entre les partisislamistes et les partis laïcs. Mais les débats qui suscitent plus d’intérêts et qui bénéficient de plus demédiatisation, et ce n’est pas pour rien, sont ceux-là qui opposent le leader du FIS, Abassi Madani,au leader du RCD, Said Sadi. Connaissant l’attachement aveugle des Algériens à l’islam, le régimemachiavélique tente de discréditer, à travers les réactions et les déclarations du RCD, tout le pôledémocratique
. Il a réussi à merveille, comme le montreront après les résultats du premier tour. Ainsidonc, le premier objectif préélectoral est atteint. Reste maintenant à affaiblir l’autre concurrent, leFIS, qui a jusque là bénéficié de la « négligence intentionnelle » du régime pour le besoin de noyer les démocrates. Pour atteindre ce deuxième objectif, le régime usera de toute sorte de propagandeet de manipulation. Ainsi, encouragés en plus par le cadeau qui leur a été fait aux élections
municipales de juin 1990
, les islamistes du FIS multiplient les déclarations publiques dans lesquellesils révèleront les changements radicaux, en quelque sorte les horreurs, qu’ils feraient subir à lasociété algérienne s’ils accédaient au pouvoir. Cette période a connu même des cas de violenceenvers les femmes non voilées, les fumeurs, etc. Les « moukhabarates » ont finalement rapporté àleurs maîtres l’heureuse et rassurante information selon laquelle le peuple algérien ne voteraJAMAIS pour de tels monstres, i.e. les islamistes.Ainsi donc, rassuré d’un côté par ses services secrets quant à l’incapacité des islamistes à peser lourd au scrutin, et réconforté d’un autre côté par sa large base constituée de ce qu’on appelle « lafamille révolutionnaire » et ses satellites
, le régime algérien organise les premières vraies électionsde l’histoire algérienne dans l’espoir non pas de provoquer un changement du système bien entendu,mais afin de pérenniser sa présence au sommet du pays en toute légalité. Les résultats officiels duscrutin ont été un grand choque aussi bien pour le régime que pour les démocrates. Les calcules sesont avérés faux. Il faut agir vite et surtout pas seul.La hiérarchie militaire, soutenue par des éléments de l’opposition « ultra-laïque », dont le RCD, seréunit d’urgence et décide d’arrêter le processus électoral. Cette décision a été justifiée par le soucides démocrates de préserver le caractère républicain de l’État algérien menacé par les islamistes.L’Occident, notamment les pays de la rive nord de la Méditerranée qui sont horrifiés par l’idée d’unétat théocratique à leurs portes, salue la décision « combien sage » des dirigeants algériens et deleurs alliés. Par contre, des voix parmi l’opposition laïque modérée, dont le FFS, se sont élevéescontre le non respect du choix du peuple. Pire encore, les militants du FIS, qui se sentent lésés,prennent les armes et, manipulation des services secrets du régime aidant, entraînent le pays entier dans des conflits armés interminables
; conflits dont se sert encore de nos jours le pouvoir pour empêcher d’aller à tout changement du système.Mais qui a enfin raison dans toute cette histoire ? Les initiateurs de la suspension des élections, oules partisans de l’achèvement du processus électoral ?Ce qui est indéniable est que si le FIS avait accédé au pouvoir, il aurait certainement nettoyé lascène politique algérienne de tout parti ou association qui ne soit d’obédience islamiste. Cesélections-là ne feraient en conséquence que remplacer une dictature par une autre. Ceux qui ontsuspendu les élections ont donc bien fait ! Non. Comme nous l’avons dit supra, le FIS est un partiissu de mouvements islamistes créés, entretenus et manipulés par les services secrets du régimepour servir, au début, de déviateur du combat démocratique des berbéristes, et ensuite d’alibi pour l’arrêt des élections qui sauveront le système. Ce sont alors ceux qui ont défendu l’achèvement duprocessus électoral qui ont raison ! Là encore, c’est non. En fait, en entraînant le FIS, déjà diabolisé,jusqu’à la victoire pour ensuite la lui confisquer, le pouvoir vise à créer une sorte de victime quiamènera la partie de l’opposition qui ne lui est pas acquise à se discréditer par elle-même. Cettecombine est si ingénieuse que même un vieux routier de la politique comme Aït Ahmed ne s’en estpas aperçu. En multipliant, sur les médias nationaux et étrangers, ses déclarations en faveur dudeuxième tour du vote, qui aurait porté les islamistes au pouvoir, le FFS n’a fait que détruire sonimage d’un parti démocratique. Et lorsqu’en 1995, soit aux débuts de la rébellion armée desislamistes, Aït Ahmed se réunit à Sant’Egidio
avec, entre autres, des leaders du FIS dissous enexile, une bonne partie de ce qui a resté de crédibilité du FFS est partie et l’on assiste depuis, augrand bonheur du régime mafieux, à des démissions en série de ses militants.À la lumière de ce qui a précédé, on peut dire que le régime militaire algérien a préparé son maintienau pouvoir depuis déjà la première révolte kabyle, celle du FFS en 1963. Le nationalisme arabe etensuite l’islamisme ont été deux cartes utilisées par la mafia au commande de l’Algérie pour semer en la société algérienne l’ignorance, le fatalisme, le doute, la défiance, la haine, le racisme, ladésolidarisation, la désunion et toute sorte de conflits qui fragilisent le peuple et favorisent sontassujettissement ou son impuissance. Ceci dit, ni le RCD ni le FFS, qui s’entredéchirentquotidiennement, n’ont honoré la Kabylie qui a été bien avant l’indépendance déjà à l’avant-garde detous les combats démocratiques et de toutes les révoltes libératrices. Quant aux partis qui seressourcent de l’arabo-islamisme, manipulés ou de leur propre chef, ils n’ont jamais cessé de vouloir s’imposer comme la seule alternative au régime mafieux actuel, et en agissant ainsi ils n’ont fait queprovoquer des craintes et même du rejet en l’autre partie de l’opposition, ce qui a bien arrangé lepouvoir en place. Et pour finir, s’il veut se débarrasser de cette dictature et ne pas devenir l’otaged’une autre peut-être bien pire, que le peuple algérien sache choisir désormais entre la bonne graineet l’ivraie et qu’il sache également que tout ce qui brille n’est pas or.
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