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Timestamp: 2016-10-27 19:15:53+00:00
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⭐GUIDE SOUTENIR LE RETOUR AU TRAVAIL ET FAVORISER LE MAINTIEN EN EMPLOI UNE DÉMARCHE FACILE À SUIVRE. DES CAPSULES ViDÉO INFORMATIVES
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Jean-Sébastien Nolet
1 LOUISE ST-ARNAUD et MARIÈVE PELLETIER Université Laval GUIDE SOUTENIR LE RETOUR AU TRAVAIL ET FAVORISER LE MAINTIEN EN EMPLOI Faciliter le retour au travail d un employé à la suite d une absence liée à un problème de santé psychologique RG-758 UNE DÉMARCHE FACILE À SUIVRE DES CAPSULES ViDÉO INFORMATIVES2 POUR EN SAVOIR PLUS Ce guide a été réalisé à la suite d une étude financée par l IRSST. Cette démarche peut s adapter à la structure et aux pratiques de chaque milieu de travail. Les organisations peuvent s inspirer des recommandations des auteures pour l implanter ou pour modifier leurs pratiques actuelles, en tout ou en partie. Avant de mettre en place une telle démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail, il est important que tous les acteurs impliqués aient une vision commune de la démarche et de ses objectifs. Le guide a été présenté aux membres d un comité formé de représentants de travailleurs et d employeurs. Leur contribution a notamment permis d en bonifier le contenu et de rendre la démarche plus conviviale. Le rapport complet de l étude est disponible sur le site Web de l IRSST. St-Arnaud, Louise ; Briand, Catherine ; Corbière, Marc ; Durand, Marie-José ; Bourbonnais, Renée ; Saint-Jean, Micheline ; Pelletier, Mariève ; Delisle, Stéphanie ; Kedl, Evelyn, Retour au travail après une absence pour un problème de santé mentale - Conception, implantation et évaluation d un programme intégré des pratiques de soutien, Études et recherches / Rapport R-706, Montréal, IRSST, 2011, 121 pages (téléchargement gratuit). Pour visionner les cinq capsules vidéo contenues dans le document, un accès internet est nécessaire. Pour les visionner directement dans le PDF, le logiciel Adobe Flash Player est requis. DÉPÔT LÉGAL Bibliothèque et Archives nationales 2013 ISBN : (PDF) ISSN : IRSST Direction des communications et de la valorisation de la recherche 505, boul. De Maisonneuve Ouest Montréal (Québec) H3A 3C2 Téléphone : Télécopieur : Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail3 À PROPOS DE L IRSST Solidement implanté au Québec depuis 1980, l Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) est un organisme de recherche scientifique reconnu pour l expertise de son personnel et la qualité de ses travaux. GUIDE SOUTENIR LE RETOUR AU TRAVAIL ET FAVORISER LE MAINTIEN EN EMPLOI MISSION Contribuer, par la recherche, à la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles ainsi qu à la réadaptation des travailleurs qui en sont victimes. Assurer la diffusion des connaissances et jouer un rôle de référence scientifique et d expert. Offrir les services de laboratoires et l expertise nécessaires à l action du réseau public de prévention en santé et en sécurité du travail. Doté d un conseil d administration paritaire où siègent en nombre égal des représentants des employeurs et des travailleurs, l IRSST est financé en majeure partie par la Commission de la santé et de la sécurité du travail. POUR EN SAVOIR PLUS Visitez notre site Web! Vous y trouverez de l information complète et à jour. AUTEURES Louise St-Arnaud et Mariève Pelletier, Chaire de recherche du Canada sur l intégration professionnelle et l environnement psychosocial du travail, Université Laval CONCEPT ET COORDINATION DU PROJET Charles Gagné et Linda Savoie, IRSST RÉVISION LINGUISTIQUE ET CONCEPTION GRAPHIQUE Samarkand RÉALISATION DES CAPSULES VIDÉO Philippe Lemay, IRSST collaboration Marjolaine Thibault, IRSST REMERCIEMENTS Les auteures tiennent à souligner la contribution de l Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur Affaires municipales (APSAM), de l Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur Administration provinciale (APSSAP), de l Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur Affaires sociales (ASSTSAS), du Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec (CPSSTQ), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).4 Table des matières Introduction... 5 Première partie L importance du soutien et de l accompagnement... 6 Le rôle du travail et le processus de retour... 7 Les principes de base de la démarche... 8 Les conditions préalables... 9 Deuxième partie L implantation de la démarche dans le milieu Créer un comité de mise en œuvre Élaborer un cadre de référence Définir les rôles et les responsabilités Élaborer et diffuser un plan de communication et de formation Troisième partie Les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence La démarche en un coup d œil Amorcer la démarche dès les premières procédures administratives Établir le premier contact avec le travailleur Accompagner le travailleur dans son rétablissement Préparer la rencontre avec le supérieur immédiat Planifier et élaborer un plan de retour au travail Faciliter le retour au travail et mettre en œuvre le plan de retour Assurer le suivi du retour et effectuer les ajustements nécessaires Quatrième partie Passer de la réadaptation à la prévention : un programme d aide à l organisation (PAO) Rôle du comité de mise en œuvre Déterminer les dimensions de l organisation du travail susceptibles de nuire ou d être favorables à la santé psychologique au travail Élaborer des pistes d action préventives en santé psychologique au travail Soutenir le développement d espaces de parole sur le travail au sein des équipes Conclusion bibliographie guide de retour au travail 45 introduction Ce guide a été conçu pour vous aider à élaborer une démarche d accompagnement et de soutien au retour au travail d un employé à la suite d une absence liée à un problème de santé psychologique, afin de faciliter son rétablissement et son retour au travail. Pour visionner la vidéo en ligne, cliquer ici Il s agit d un outil pratique, qui allie l accompagnement individuel et les changements organisationnels. Ce guide s adresse aux dirigeants d entreprises, aux services de ressources humaines et aux groupes syndicaux préoccupés par la santé des travailleurs et leur maintien en emploi, mais aussi aux praticiens en milieu de travail, notamment les médecins et les intervenants en santé au travail, les psychologues organisationnels et les conseillers en réadaptation. Avant d implanter cette démarche dans votre milieu de travail, nous vous conseillons de transmettre l information contenue dans ce guide à tous les acteurs qui pourraient être concernés afin qu ils comprennent les responsabilités et les limites liées à leur rôle. De plus, il est essentiel de rappeler que le respect de la confidentialité des informations qui seront échangées tout au long du processus de retour au travail est un élément central de cette démarche. Les 7 étapes de la démarche 1. Amorcer la démarche dès les premières procédures administratives 2. Établir le premier contact avec le travailleur 3. Accompagner le travailleur dans son rétablissement 4. Préparer la rencontre avec le supérieur immédiat 5. Planifier et élaborer un plan de retour au travail 6. Faciliter le retour au travail et mettre en œuvre le plan de retour 7. Assurer le suivi du retour et effectuer les ajustements nécessaires guide de retour au travail 56 L IMPORTANCE DU SOUTIEN ET DE L ACCOMPAGNEMENT PREMIÈRE PARTIE Cette première partie présente les différents éléments dont il faut tenir compte avant l implantation de la démarche. Pour visionner la vidéo en ligne, cliquer ici PAGE 7 Le rôle du travail et le processus de retour PAGE 8 Les principes de base de la démarche PAGE 9 Les conditions préalables guide de retour au travail 67 première partie l importance du soutien et de l accompagnement Le rôle du travail et le processus de retour Les problèmes de santé psychologique représentent actuellement l une des plus importantes causes d absence au travail. Ce phénomène connaît une croissance marquée depuis une vingtaine d années et constitue désormais une problématique majeure (9, 11, 14, 16, 17, 37, 38)*. Par ailleurs, ce type de problèmes peut entraîner de longues périodes d invalidité (21) en plus de présenter un risque élevé de rechutes (4, 12, 15, 21, 23). Plusieurs dirigeants d entreprises, groupes syndicaux et intervenants souhaitent agir afin de favoriser le retour et le maintien en emploi de travailleurs qui se sont absentés à la suite d un problème de santé psychologique. Il apparaît urgent de se doter d approches plus complètes et mieux intégrées, tant au chapitre de la réadaptation qu à celui de la prévention des problèmes de santé psychologique. L intérêt et l originalité de la démarche proposée ici résident dans la place accordée à l analyse du travail dans le processus de retour et de maintien en emploi, ainsi qu au passage d une approche de réadaptation à une approche de prévention en santé psychologique au travail. Le rôle central du travail sur la santé psychologique Les événements stressants de la vie personnelle le décès d un être cher, la prise en charge d un parent ou d un enfant malade, des difficultés conjugales ou financières, etc. peuvent contribuer à fragiliser l état de santé d un travailleur et mener à un trouble psychologique (30, 32). Toutefois, plusieurs études ont montré qu une proportion importante des salariés qui s absentent pour des problèmes de santé psychologique le font en raison de difficultés vécues dans le cadre de leur travail (10, 32, 38). * Les chiffres entre parenthèses renvoient à la numérotation des ouvrages de référence présentés dans la bibliographie en pages 37 et 38. Au cours des dernières années, les milieux de travail ont connu d importantes transformations qui ont des répercussions sur la santé psychologique des travailleurs et leur capacité à se maintenir en emploi (1, 2, 3, 5, 6, 19, 22, 24, 27, 29, 36). Des études ont démontré un lien direct entre certaines dimensions de l organisation du travail et la santé psychologique des personnes (20, 38). Ainsi, les contraintes mettant la santé psychologique le plus à risque seraient associées à un travail comportant une forte demande psychologique (contraintes de cadence, surcharge, etc.), une faible reconnaissance, un faible soutien de la part des supérieurs et des collègues ainsi que l absence de marges de manœuvre (13, 18, 26). À l inverse, se sentir soutenu dans les situations difficiles, avoir de l influence sur son travail, se savoir respecté et reconnu sont des facteurs qui agissent de manière préventive. Tenir compte des situations de travail En raison du rôle central du travail sur la santé psychologique, il est particulièrement important de se donner les moyens de tenir compte des situations de travail qui ont pu contribuer à la détérioration de l état de santé de la personne et à son arrêt de travail (25, 31, 33). Cette démarche propose de dépasser les interventions individuelles centrées sur la psychopathologie et le traitement médical pour ouvrir sur une démarche intégrée de santé au travail, qui tient compte de la complexité de l être humain au travail et de la nécessité d agir non seulement sur la personne, mais également sur le travail. Le principe premier de la démarche est d introduire dans le milieu des pratiques axées sur les grands facteurs de protection : se sentir soutenu dans les situations difficiles, avoir de l influence sur son travail et se savoir respecté et reconnu dans son travail. Cela implique de se mettre à l écoute des travailleurs éprouvant des problèmes de santé psychologique, notamment en leur ouvrant un espace où ils pourront véritablement parler de leur travail guide de retour au travail 78 première partie l importance du soutien et de l accompagnement et de leurs préoccupations et en les accompagnant dans la recherche de moyens pour agir sur leur situation de travail, cela afin de faciliter non seulement leur retour, mais aussi leur maintien en emploi. En prenant appui sur ces pratiques, la démarche opère un renversement des facteurs de risque en facteurs de protection et de prévention. Ces pratiques agissent comme un antidote qui fait sentir ses effets non seulement sur le processus de rétablissement et de retour, mais aussi dans le domaine de la prévention en santé psychologique au travail (25). Les points à retenir Les problèmes de santé psychologique sont une des principales causes d absence du travail. Il existe un lien direct entre certaines dimensions de l organisation du travail et la santé psychologique des personnes. En raison du rôle central du travail sur la santé psychologique, toute approche visant à favoriser le rétablissement d un travailleur et son retour doit tenir compte des situations de travail qui ont pu contribuer à la détérioration de son état de santé, menant ainsi à son arrêt de travail. Les principes de base de la démarche Deux grands principes viennent soutenir l élaboration de la démarche de soutien au rétablissement et au retour. Le premier principe porte sur la mobilisation du travailleur et la place accordée à une vision constructive de la personne au travail. Le deuxième porte sur la reconnaissance du rôle du travail sur la santé psychologique. Le travail a toujours un lien avec la santé psychologique. S il n agit pas en tant que facteur de risque à la santé, c est qu il joue son rôle structurant pour la santé psychologique en participant à son développement. Ce principe montre l importance d une «clinique» du travail qui permettra de tenir compte du travail et de son rôle central sur la santé psychologique. Le travailleur au cœur du processus La démarche proposée est basée sur la prémisse que le travail est une valeur importante dans notre société, que les travailleurs sont d emblée mobilisés par leur emploi et qu ils ne souhaitent pas s en absenter sans raison majeure. Des études ont démontré qu un arrêt de travail, particulièrement pour des raisons de santé psychologique, demeure une expérience difficile, où la confiance en soi, de même que la confiance en l employeur, sont souvent mises à rude épreuve (30, 33, 34). Ainsi, la démarche de soutien décrite ici prend appui sur une vision constructive de la personne au travail. Cette vision engage nécessairement la participation du travailleur à toutes les étapes. Soutenu par son milieu de travail, il prend en charge son rétablissement et son retour, à un rythme qui respecte ses capacités. Cette approche lui permet de renforcer son sentiment d efficacité personnelle et de maîtriser progressivement la situation. Une «clinique» du travail La démarche propose la mise en place d une «clinique» du travail, c est-à-dire d une façon de faire qui permet de tenir compte du travail, d y réfléchir et d entreprendre un processus de transformation de celui-ci. Cette «clinique» passe par un espace de parole où la personne en arrêt peut parler de son travail, de ce qu elle fait, des difficultés qu elle rencontre, de ce qui la préoccupe, mais aussi de ce qui compte pour elle et de ce qui donne un sens à son travail. Les problèmes de santé psychologique, lorsqu ils concernent le travail, renvoient toujours à une expérience personnelle que l on peut lier à des situations et à des guide de retour au travail 89 première partie l importance du soutien et de l accompagnement pratiques spécifiques (7). Cette «clinique» du travail est également très pertinente pour les personnes qui n ont pas vécu de contraintes particulières au travail, car le fait d engager une réflexion sur le travail permet de préciser les modalités de retour et de reconstruire sa capacité d agir au travail. La démarche est donc un processus par lequel le travailleur, accompagné d un intervenant responsable de la démarche, est invité à s exprimer librement sur son travail. C est là le défi de cette «clinique» du travail. La démarche offre aussi au supérieur immédiat un espace où entendre le travailleur s exprimer à l égard de son travail, et particulièrement de ses craintes associées au retour. Il doit alors faire preuve d une écoute attentive, caractérisée par son ouverture à la réalité de l autre et par l absence de préjugé. Au cours de cette «clinique», les aspects relatifs au travail sont abordés par le travailleur et par son supérieur. Il ne s agit plus d un mode de recherche de solutions, mais d un réel échange sur le travail et d une démarche de coopération afin qu ils trouvent ensemble les conditions les plus favorables au retour et au maintien en emploi. Ainsi, la démarche permet au travailleur non seulement de recouvrer ses capacités de travail et de reconstruire un lien positif avec son milieu, mais également d enclencher une véritable discussion sur le travail et son organisation. Ces échanges et ces discussions sur le travail constituent déjà une certaine reconnaissance au travail et, de ce fait, contribuent d emblée à créer un environnement de travail favorable à la santé psychologique. La reconnaissance au travail prend tout son sens lorsque le travailleur se sent appuyé dans ses façons de faire et surtout, dans son désir de bien s acquitter de ses tâches. Les points à retenir La participation active du travailleur à toutes les étapes de la démarche est essentielle pour développer sa maîtrise de la situation. La «clinique» du travail offre à l employé un espace pour parler de son travail et en analyser les aspects. L écoute du supérieur immédiat quand celuici est en mesure d entendre ce que le travailleur a à dire et d agir pour changer la situation déclenche le processus de reconnaissance. La démarche contribue à un retour au travail dans des conditions qui favorisent le maintien en emploi. Les conditions préalables De façon générale, les grands principes qui sous-tendent la démarche pourraient constituer un changement de perspective radical en ce qui concerne les pratiques d une organisation en matière de gestion des absences. C est pourquoi certaines conditions essentielles à la réussite de la démarche doivent être énoncées avant de s engager dans cette voie. Débattre des enjeux de la démarche La qualité et la pérennité de la démarche dépendent de l adhésion et de la participation des différents acteurs du milieu de travail, soit la haute direction, les syndicats et les supérieurs. La concertation entre eux, leur connaissance des objectifs et des rôles de chacun doivent être discutées. Il faut se rappeler que les structures organisationnelles constituent souvent un système complexe, composé de groupes aux pratiques et aux valeurs différentes. La présence d enjeux contradictoires entre les différents acteurs, voire au sein d un même groupe, doit donc être considérée avant l implantation de la démarche, par exemple, le fait de mettre en place une démarche de soutien tout en maintenant des pratiques coercitives de gestion de l absentéisme. Le risque ici consiste à vouloir trop rapidement mettre en place une telle démarche sans avoir guide de retour au travail 910 première partie l importance du soutien et de l accompagnement préalablement débattu de ses vrais enjeux et de ce qu elle sous-tend comme compréhension du travail et de son rôle sur la personne. Ne pas tenir compte de cette première condition peut conduire à des pratiques où les actions des uns entrent en contradiction avec celles des autres. Une prise de position de la haute direction La mise en place de la démarche nécessite une prise de position claire de la haute direction, qui porte tant sur ses valeurs et ses orientations en matière de soutien des personnes que sur les pratiques de gestion des absences et du retour au travail. La démarche ne peut réussir que si la haute direction s engage clairement à tenir compte du rôle du travail sur la santé psychologique. Cette perspective influera sur l orientation des pratiques de soutien au rétablissement et au retour au travail qui seront implantées, mais aussi sur la capacité d aller jusqu au bout de cette démarche, soit de passer d une approche de réadaptation à une approche de prévention. Cet engagement doit se traduire par des gestes tels que l adoption et la diffusion d un cadre de référence ; la formation des personnes qui interviennent dans le processus de retour au travail ; et l adoption de pratiques axées sur l analyse des situations de travail et l intervention sur le milieu. Une participation soutenue du syndicat La qualité des rapports entre la direction et le syndicat a des répercussions majeures sur un programme de retour au travail. Son implantation pourrait s avérer difficile si le syndicat n y est pas associé directement, s il est imposé par la direction ou encore, si des éléments essentiels des conventions collectives n y sont pas respectés. Le syndicat souscrira plus facilement aux mesures de retour au travail proposées s il y participe et si elles respectent les attentes des travailleurs et les ententes syndicales. La capacité d une entreprise à associer les acteurs syndicaux à l élaboration et au suivi de la démarche permettra d assurer le passage de la réadaptation à la prévention. Ceux-ci constituent aussi une aide précieuse pour favoriser le lien de confiance avec les travailleurs. Certains syndicats ont élaboré des programmes d entraide pour les travailleurs et, de ce fait, détiennent une expérience pertinente en matière d écoute et de soutien. La coordination des pratiques La quatrième condition essentielle à la réussite réside dans la coordination des pratiques des équipes intervenant dans le processus de rétablissement et de retour au travail. Cela permet de développer des pratiques cohérentes, qui respectent les grands principes de la démarche. Pour y parvenir, il faut établir une bonne collaboration entre les différents acteurs, de l interne et de l externe, et préciser le rôle de chacun d entre eux. Les conditions de réussite La haute direction doit s engager clairement dans une démarche qui tient compte du rôle du travail sur la santé psychologique et de la nécessité d ouvrir sur des pratiques de soutien. Cette vision doit être partagée par l ensemble du personnel et par le syndicat, une fois que les enjeux de la démarche auront été clairement cernés. Les pratiques des personnes intervenant dans la démarche doivent être coordonnées et le rôle de chaque personne, clairement exprimé afin de poursuivre efficacement l objectif commun de soutien. guide de retour au travail 1011 L IMPLANTATION DE LA DÉMARCHE DANS LE MILIEU deuxième PARTIE Cette deuxième partie présente les différentes mesures à prendre pour implanter la démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail. C est à cette étape que l on transforme les bonnes intentions en actions. Ces dispositions permettront d adapter la démarche à votre milieu et à ses particularités, ainsi qu à clarifier et à communiquer les attentes en matière de soutien au retour au travail. Pour visionner la vidéo en ligne, cliquer ici PAGE 12 PAGE 13 PAGE 13 PAGE 17 Créer un comité de mise en œuvre Élaborer un cadre de référence Définir les rôles et les responsabilités Élaborer et diffuser un plan de communication et de formation guide de retour au travail 1112 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu Créer un comité de mise en œuvre Le comité de mise en œuvre de la démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail a pour mission d assurer son implantation dans l entreprise. Il devra d abord arriver à une compréhension commune de ce qu il entend par une telle démarche et l expliciter dans un cadre de référence afin de définir la vision que le personnel de l entreprise doit s approprier et partager. Il doit également assurer la cohérence de la démarche en adaptant chaque étape du processus aux particularités de l entreprise et en précisant les rôles et les responsabilités des personnes appelées à intervenir. Ces rôles et ces responsabilités doivent être établis avec la collaboration de chaque équipe concernée par le retour au travail, puisqu elles connaissent mieux que quiconque les réalités de leur service. C est pourquoi il est important que le comité inclue des représentants de chaque équipe qui a un rôle à jouer dans la démarche. Enfin, le comité doit développer un plan de communication et de formation afin d assurer la compréhension et l appropriation du cadre de référence, des rôles et des responsabilités de chacun et des étapes de la démarche. Le travail des membres du comité de mise en œuvre en est un de délibération, ce qui demande du temps. L engagement des membres doit se faire dès le début pour assurer le bon fonctionnement du comité tout au long de la démarche. La composition et le mandat du comité Selon la taille et la structure de l entreprise, le comité de mise en œuvre peut compter un ou deux représentants : de la haute direction, du service des ressources humaines, du ou des syndicats, du service de santé au travail, du ou des supérieurs immédiats, des ressources d aide clinique, des intervenants responsables de la démarche. Le mandat du comité pourrait, par exemple, inclure de : se doter d une compréhension et d une vision partagée en matière de santé psychologique au travail et des moyens à mettre en œuvre pour soutenir le retour et le maintien en emploi des personnes s étant absentées en raison d un problème de ce type ; soutenir et assurer la cohérence entre les différentes actions en matière de présence au travail au sein de l établissement ; convenir de stratégies appropriées afin de favoriser la mobilisation de l ensemble du personnel autour de cette problématique. guide de retour au travail 1213 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu Élaborer un cadre de référence Les membres du comité de mise en œuvre devront peutêtre se réunir souvent afin de bien définir la vision qu ils entendent proposer et les valeurs qui la sous-tendent. C est dans son cadre de référence que le comité clarifie et définit ces valeurs et les orientations communes de la démarche. Il précise sa vision de ce qu il entend par «soutien» et ce que celle-ci implique comme pratiques dans le milieu de travail. Ce cadre de référence permet également d établir les rôles et les responsabilités de chaque personne appelée à intervenir dans la démarche. Tous les membres du comité de mise en œuvre doivent participer de concert à l élaboration du cadre de référence afin que les différents points de vue dans l entreprise puissent être considérés et que chacun se reconnaisse dans la vision retenue. Les sections qui suivent illustrent les différents éléments qui peuvent être développés dans le cadre de référence. L utilité du cadre de référence Il clarifie la vision et les orientations de l entreprise et démontre l appui solide de la haute direction à une approche de soutien au rétablissement et au retour au travail. Il assure une compréhension commune de cette vision. Il précise les rôles et les responsabilités de chaque personne appelée à intervenir dans la démarche de soutien (la section «Définir les rôles et les responsabilités» ci-dessous présente un exemple de ces différents rôles). Définir les rôles et les responsabilités L un des défis soulevés par l implantation d une démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail dans une entreprise est d assurer que tous les acteurs agissent de manière concertée dans la poursuite d un objectif commun. Chaque milieu de travail est composé de groupes ayant leurs propres enjeux et leurs pratiques particulières. Pour réussir l implantation de la démarche, il doit y avoir un certain degré de cohérence et de coordination entre les pratiques des différents groupes. Les supérieurs immédiats, les syndicats, la haute direction, le service des ressources humaines, les cliniciens et les assureurs doivent travailler ensemble et intervenir de manière cohérente à chaque étape. Pour y arriver, il est essentiel de bien définir les rôles et les responsabilités de chacun. Une avenue possible pour les membres du comité consisterait à consulter les personnes représentées sur leur vision et leurs attentes. Cette approche est exigeante, mais elle permet par le fait même d informer le personnel de l existence de la démarche entreprise. Ces différentes visions sont ensuite présentées à tour de rôle au comité, où elles sont discutées avec les autres membres. Ces échanges entre les divers représentants favorisent le développement de savoirs communs et l élaboration de pratiques cohérentes avec les valeurs qui sous-tendent la démarche. guide de retour au travail 1314 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu Mise en garde Afin d assurer la crédibilité de la démarche, il est impératif de définir les rôles et les responsabilités de concert avec chacun des groupes concernés. Le maintien de rôles contradictoires dans l entreprise sèmerait la confusion et minerait la confiance quant aux intentions de la haute direction. Par exemple, lorsqu un milieu met en place des pratiques de soutien tout en conservant des pratiques visant à sanctionner l absentéisme, cela met en jeu toute la crédibilité de la démarche. Il n existe pas de rôles types applicables à toute entreprise ou à tout organisme. Chaque milieu de travail doit définir des rôles et des responsabilités en fonction de la vision de soutien dont il s est doté et en tenant compte des pratiques et des mécanismes déjà en place. Le chapitre qui suit suggère certains rôles et responsabilités pouvant être attribués à des groupes en particulier. La haute direction Les principaux rôles joués par la haute direction concernent le maintien de la vision de soutien et des valeurs qui la sous-tendent, la promotion de la démarche et la cohérence entre les décisions et les actions. Ainsi, on pourrait s attendre à ce que les membres de la haute direction aient les rôles et les responsabilités suivants : Promouvoir le cadre de référence auprès de l ensemble du personnel et le mettre en application dans ses pratiques de gestion. S assurer que le service des ressources humaines est partie prenante de la démarche. Désigner une ressource pour assurer la coordination de la démarche et le suivi auprès des travailleurs. Maintenir une position claire quant aux valeurs et aux orientations de la direction en matière de santé psychologique au travail et de soutien au rétablissement et au retour au travail. Soutenir et promouvoir la mise en œuvre d un plan d action en prévention, spécifique à la santé psychologique au travail, en collaboration avec les personnes engagées dans le soutien aux travailleurs. Signifier ses attentes aux gestionnaires quant aux pratiques de soutien à adopter. Mettre en place des moyens de formation et de suivi afin d aider les gestionnaires lors de leurs interventions dans le milieu de travail. Déployer les ressources humaines et matérielles nécessaires pour soutenir les pratiques de prévention et de réadaptation en santé psychologique au travail, y compris pour la coordination de la démarche et le suivi auprès des travailleurs. L intervenant responsable de la démarche Le rôle d intervenant responsable de coordonner la démarche dans le milieu et d assurer le suivi auprès des personnes en arrêt de travail peut être joué par deux personnes différentes, ou être assuré par une seule. Dans tous les cas, cette personne doit avoir la confiance des travailleurs, ainsi que celle des gestionnaires et des autres intervenants. Elle doit également bien connaître les liens entre le travail et la santé psychologique. La neutralité et la confiance L un des défis majeurs que rencontre le responsable de la démarche est de gagner la confiance du travailleur et de la conserver, tout en établissant sa crédibilité auprès des gestionnaires et des autres intervenants. Pour qu une telle relation de confiance soit possible, le responsable de la démarche doit préserver sa position de neutralité et d indépendance. Cela implique qu il soit dégagé des enjeux médicolégaux et administratifs habituellement liés à la gestion des absences et que son indépendance soit reconnue officiellement par l attribution d une position hiérarchique neutre. Son statut doit lui conférer suffisamment de pouvoir pour assurer son autonomie au sein de l entreprise. On favorisera sa neutralité en ciblant les guide de retour au travail 1415 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu caractéristiques du profil du poste et en faisant la sélection des candidats en concertation avec le comité de mise en œuvre. Il est fortement recommandé de placer ce poste sous la direction du comité. Les avantages de la neutralité Le responsable de la démarche peut établir une relation de confiance avec le travailleur afin que celui-ci aborde librement et ouvertement ses préoccupations ayant trait au travail. Le travailleur peut s exprimer librement, tant sur le plan personnel qu organisationnel, tout au long du processus de rétablissement, car il est assuré de la confidentialité de ses communications. Le profil de l intervenant responsable de la démarche Certaines études se sont penchées sur le type de compétences associées au rôle de l intervenant responsable de la démarche. Elles ont montré que le succès des interventions dépendait davantage de compétences liées au travail, en communication, en médiation et en résolution de conflits, que de compétences liées à une formation en sciences de la santé (37, 39). En effet, l intervenant n a pas à évaluer l état de santé du travailleur ou à mener une psychothérapie. Le rôle de l intervenant Promouvoir le cadre de référence basé sur une approche de soutien et le mettre en application dans ses pratiques. Agir comme personne-ressource pour les travailleurs, les supérieurs immédiats et le syndicat en matière de soutien au rétablissement et au retour au travail. Assurer le maintien de pratiques cohérentes entre les différents acteurs (supérieurs, syndicat, médecin du travail et service de santé) en matière de soutien au rétablissement et au retour au travail. Coordonner les activités de communication et de formation liées à la démarche. Le suivi auprès des travailleurs Rencontrer l employé en arrêt de travail pour l aider à déterminer les obstacles et les leviers associés à son rétablissement et à son retour. Informer le travailleur sur les ressources d aide et de soutien clinique qui s offrent à lui, selon les besoins. Apporter son soutien à l employé pendant sa période de rétablissement en respectant les périodes d arrêt prescrites par son médecin traitant. Planifier des rencontres afin de préparer le plan de retour au travail au rythme du travailleur et en fonction de ses capacités. Établir le plan de retour au travail en concertation avec le travailleur et son supérieur immédiat. Faire le suivi du plan de retour au travail et des conditions de maintien en emploi auprès de l employé et de son supérieur immédiat. Collaborer avec les personnes appelées à intervenir afin de favoriser le rétablissement, le retour au travail et le maintien en emploi du travailleur. Faciliter la communication entre les différentes personnes ayant un rôle à jouer dans le retour ou le maintien en emploi du travailleur concerné. Le suivi du programme d aide à l organisation Colliger les informations sur les dimensions du travail susceptibles de nuire ou d être favorables à la santé psychologique d autres travailleurs, après discussion avec le travailleur et le supérieur, et en faire une synthèse en préservant l anonymat des personnes consultées. Collaborer au développement d un programme d aide à l organisation (PAO). guide de retour au travail 1516 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu Les supérieurs immédiats Les supérieurs immédiats sont appelés à jouer un rôle de premier plan dans la démarche. Ils auront besoin d appui et de formation pour mener à bien leur tâche. Au cours du processus, le supérieur immédiat de l employé en arrêt de travail devra le rencontrer et lui offrir la possibilité de parler de son travail et de ses préoccupations concernant son retour. L ouverture dont fait preuve le supérieur immédiat lors de cette rencontre, sa capacité d écoute sans jugement ou besoin de se justifier, ses efforts pour comprendre le travail de l autre peuvent faire toute la différence dans le succès de la démarche. Écouter est en soi un travail qui s apprend. Le supérieur immédiat a également pour tâche de chercher avec le travailleur des pistes d action qui favorisent son retour et son maintien en emploi et de prendre tous les moyens possibles pour mettre en œuvre les stratégies sur lesquelles ils se sont entendus. Les responsabilités du supérieur immédiat peuvent être décrites comme suit : Faire la promotion du cadre de référence auprès des travailleurs de son équipe et le mettre en œuvre dans ses pratiques de gestion. Collaborer avec l intervenant responsable de la démarche. Participer à la préparation d un plan de retour au travail de concert avec le travailleur, l intervenant responsable de la démarche et, au besoin, un représentant syndical. Mettre en place les conditions prévues dans le plan de retour au travail et en assurer le suivi. Préparer le personnel au retour de leur collègue et s assurer que celui-ci recevra un accueil favorable. Planifier des rencontres de suivi avec le travailleur et veiller à l ajustement des conditions nécessaires à son maintien en emploi. Participer à la prévention des problèmes de santé psychologique au travail en cernant les facteurs de risque dans le milieu et en instaurant des mesures préventives. Collaborer au développement d un programme d aide à l organisation (PAO). Les représentants syndicaux Ce groupe représente les différentes instances syndicales reconnues au sein de l entreprise ou des représentants des travailleurs si cette dernière n est pas syndiquée. On peut concevoir les rôles et les responsabilités de ces personnes ainsi : Promouvoir le cadre de référence auprès des travailleurs et le mettre en pratique. Collaborer avec l intervenant responsable de la démarche et promouvoir son rôle auprès des travailleurs. Contribuer à élaborer des mesures préventives en matière de santé psychologique au travail. Participer à l analyse des plans de retour au travail en vue de dégager des pratiques de prévention. Collaborer au développement d un programme d aide à l organisation (PAO). Les représentants syndicaux ont notamment la responsabilité de soutenir l employé durant son absence du travail et à son retour, tout en s assurant de protéger l ensemble des autres travailleurs. Leurs pratiques s étendent donc du soutien individuel à la représentation collective. Sur le plan individuel, ils sont amenés à soutenir l employé en arrêt de travail, à recevoir ses plaintes, à l accompagner dans ses démarches, à jouer un rôle d intermédiaire entre lui et le service de santé et à l informer de ses droits, responsabilités et obligations. Sur le plan collectif, ils peuvent avoir à négocier avec le service de santé et le service des ressources humaines au sujet des aménagements nécessaires pour le retour au travail de certains travailleurs, tout en s assurant du respect de la convention collective afin de protéger les intérêts de l ensemble. Le service de santé au travail En matière de soutien, les intervenants du service de santé au travail, selon le cas, constituent des personnesressources pour les supérieurs immédiats, les travailleurs et le syndicat. Ils doivent collaborer avec l intervenant responsable de la démarche et promouvoir le cadre de référence en santé psychologique au travail. guide de retour au travail 1617 deuxième partie l implantation de la démarche dans le milieu Plus spécifiquement, ils peuvent avoir comme responsabilités : De mettre au point des stratégies favorisant l intégration de pratiques de soutien dans la gestion médicoadministrative des absences. D offrir leur soutien à toutes les parties prenantes dans l entreprise en ce qui concerne la détermination des risques à la santé psychologique au travail et les mesures préventives à adopter. Les ressources d aide clinique Il est important d offrir aux travailleurs des services spécialisés qui répondent à leurs besoins d ordre clinique ou social. Les ressources du programme d aide aux employés de l entreprise et du réseau syndical par exemple les délégués sociaux, ainsi que des services en ergothérapie ou en ergonomie peuvent être offertes aux travailleurs en processus de rétablissement. La compagnie d assurance Certaines entreprises ont négocié des contrats d assurance pour les travailleurs qui s absentent en raison d un problème de santé. Dans ce cas, il faut mettre à jour les interventions prévues par la compagnie d assurance et veiller à ce qu elles n entrent pas en conflit avec la démarche. Le service des ressources humaines (rh) Le service des ressources humaines sera appelé à intervenir à différents niveaux tout au long de la démarche, notamment par la mise en place de mesures de soutien, d accommodation ou de prévention. Son rôle quant au retour et au maintien en emploi de travailleurs en absence est central. Il est donc important qu il soit partie prenante de la démarche, et ce, dès son implantation afin que l ensemble de l organisation demeure cohérente dans ses interventions. Élaborer et diffuser un plan de communication et de formation Concrètement, le plan de communication et de formation sert à informer l ensemble du personnel sur ce que signifie la vision de soutien et ce qu elle implique. Il ne suffit pas d avoir un engagement clair de la haute direction et d avoir défini collectivement une vision de soutien. Il faut la faire connaître à tous dans le milieu de travail pour assurer une vision commune qui favorise la santé psychologique au travail et le soutien des personnes. Cette quatrième mesure a pour but de faciliter la mobilisation du personnel et l adoption de la démarche dans toutes ses ramifications. Éléments possibles du plan de communication et de formation Un dépliant explicatif sur la démarche, à distribuer à l ensemble du personnel et plus spécifiquement aux personnes qui sont en arrêt de travail. Des séances d information sur la démarche, ses modalités et ses enjeux devraient être offertes à l ensemble du personnel. Des formations offertes aux supérieurs immédiats, aux représentants syndicaux et aux intervenants en santé au travail, en raison de leur rôle central dans la démarche, devraient porter sur le lien entre le travail et la santé psychologique ainsi que sur l écoute et ses enjeux. guide de retour au travail 1718 LES SEPT ÉTAPES DE LA DÉMARCHE AUPRÈS DES TRAVAILLEURS EN ABSENCE TROISIÈME PARTIE Cette troisième partie présente, pas à pas, les différentes étapes de la démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail. Basée sur une vision de soutien et un cadre de référence élaborés dans l entreprise, cette démarche peut s adapter à la structure et aux pratiques de chaque milieu de travail. L intervenant responsable de la démarche accompagnera les employés dès leur arrêt de travail et jusqu au suivi après leur retour. Pour visionner la vidéo en ligne, cliquer ici guide de retour au travail 1819 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence La démarche en un coup d œil 01 Amorcer la démarche dès les premières procédures administratives 02 Établir le premier contact avec l employé 03 Accompagner le travailleur dans son rétablissement 04 Préparer la rencontre avec le supérieur immédiat 05 Planifier et élaborer un plan de retour au travail 06 Faciliter le retour au travail et mettre en œuvre le plan de retour 07 Assurer le suivi du retour et apporter les ajustements nécessaires guide de retour au travail 1920 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence Amorcer la démarche dès les premières procédures administratives Cette étape permet d assurer le transfert du dossier administratif d absence à l intervenant responsable de la démarche de soutien au rétablissement et au retour au travail offerte dans l entreprise. Il incombe à celui-ci d inviter le travailleur à y participer Ouvrir un dossier d absence et le transmettre à l intervenant responsable de la démarche À partir du moment où une personne est en arrêt de travail, il est courant que les procédures administratives en vigueur dans une entreprise prévoient qu on lui remet des formulaires d invalidité. Il doit les faire remplir par son médecin puis les transmettre à l assureur. Un agent responsable du suivi administratif dans l entreprise ouvre alors un dossier d absence et y inscrit les renseignements pertinents : date du premier jour d absence, nom et coordonnées du supérieur immédiat et toute autre donnée objective recueillie selon les procédures administratives habituelles. Inviter le travailleur à participer à la démarche L intervenant responsable de la démarche prend les dispositions nécessaires pour entrer en contact avec le travailleur. Pour mieux respecter la période de rétablissement, l intervenant peut d abord lui faire parvenir une lettre précisant les objectifs de la démarche de soutien, accompagnée du dépliant qui décrit chacune des étapes. Par la même occasion, il sera avisé que l intervenant responsable de la démarche lui téléphonera, dans une dizaine de jours, pour l inviter à y participer. Ce dossier d absence est transmis au responsable de la démarche, qui prend le relais pour la communication, le suivi et l application de la démarche. Il doit disposer d un endroit protégé où ranger les dossiers sous clé afin d en assurer la confidentialité. À partir du moment où le dossier d absence est transmis au responsable de la démarche, personne ne doit intervenir auprès du travailleur sans que celui-ci en soit informé. En fait, il doit coordonner les différentes interventions. Par exemple, il doit veiller à ce que les modalités prévues au contrat d assurance salaire n entrent pas en conflit avec la démarche. guide de retour au travail 2021 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence Établir le premier contact avec le travailleur À ce stade, le travailleur sait que l intervenant responsable de la démarche communiquera avec lui. Il s agit maintenant de préciser la façon dont se fera ce premier contact et les éléments qui peuvent être abordés. Le supérieur immédiat sera également informé de la participation du travailleur à la démarche Le premier appel téléphonique au travailleur en arrêt de travail C est au responsable de la démarche d établir le premier contact téléphonique avec le travailleur absent. Il faut s assurer qu il n y a pas de confusion avec les services des ressources humaines et que tous les contacts avec le travailleur sont gérés dans le cadre de la démarche. Lors du premier appel, l intervenant prend le temps de présenter au travailleur les étapes de la démarche, de répondre à ses questions et de le rassurer sur la confidentialité du processus. Le travailleur qui souhaite participer est invité à déterminer le meilleur moment, pour lui, pour rencontrer l intervenant. La situation peut varier d un travailleur à l autre. Il est également informé que sa participation demeure volontaire et qu en tout temps, il peut se retirer sans aucune conséquence. Ce premier appel est particulièrement important pour établir un lien de confiance avec le travailleur. Dans certains cas, l état de santé du travailleur ne lui permet pas de prendre une telle décision, ni même de savoir s il veut participer à une telle démarche. Il faut respecter le processus de rétablissement du travailleur et s adapter à la situation particulière de chacun. Si le travailleur ne se sent pas prêt à proposer une date de rencontre, lui et l intervenant doivent s entendre sur le meilleur moment pour se reparler. L intervenant prendra des nouvelles du travailleur au moment convenu et l invitera à nouveau à participer à la démarche ou à fixer une date de rencontre. À la fin de l appel, lorsque le travailleur a exprimé le désir de participer à la démarche, l intervenant vérifie s il souhaite entrer en contact avec son supérieur immédiat. Si le travailleur accepte, l intervenant en informe le supérieur immédiat et l invite à communiquer directement avec le travailleur. Le supérieur immédiat doit-il appeler l employé en arrêt de travail? Il arrive fréquemment que les supérieurs immédiats ne sachent pas s ils doivent communiquer avec leur employé en arrêt de travail. Certains se sentent mal à l aise, se demandant si ce sera bien interprété de la part du travailleur. Parce que chaque arrêt de travail pour cause de maladie a son histoire et que la relation avec le supérieur immédiat est parfois tendue ou fragilisée au moment du départ, il est préférable de laisser la décision à la personne en arrêt de travail. Lors de son appel, l intervenant responsable peut vérifier l intérêt du travailleur à ce que son supérieur communique avec lui. S il accepte, ce sera au supérieur de prendre l initiative de communiquer avec le travailleur. guide de retour au travail 2122 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence La transmission de l information au supérieur immédiat À partir du moment où le travailleur consent à participer à la démarche, l intervenant communique avec le supérieur immédiat par téléphone pour l en informer. Il profite de ce premier contact avec le supérieur immédiat pour revenir avec lui sur les étapes de la démarche et sur le rôle qu il aura à jouer. S il y a lieu, il l informe aussi que le travailleur a accepté d être contacté par lui. Il est important de rappeler que l information recueillie lors de l entretien avec le travailleur n est pas discutée avec le supérieur immédiat. Ces renseignements demeurent confidentiels et l intervenant responsable de la démarche n a pas à discuter de la situation du travailleur avec le supérieur immédiat, même si ce dernier le souhaite. La formation offerte aux gestionnaires et aux cadres prend alors toute son importance pour assurer qu ils comprennent bien les objectifs de la démarche et les moyens mis en œuvre. guide de retour au travail 2223 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence Accompagner le travailleur dans son rétablissement Voici venue la période d échanges entre l intervenant responsable de la démarche et le travailleur, qui commence par une première rencontre et se poursuit avec un suivi régulier au téléphone ou en personne, afin d accompagner le travailleur dans son processus de rétablissement Un espace de parole sur le travail Idéalement, la rencontre entre l intervenant responsable de la démarche et le travailleur se déroule dans un espace relativement neutre, en dehors des lieux habituels de travail de l employé. Cette première rencontre vise à offrir au travailleur un espace pour qu il puisse s exprimer sur son travail, parler de son expérience et de ses préoccupations. Il ne s agit pas de distinguer le vrai du faux, mais bien de permettre une prise de parole sur ce qu il vit et ce qu il perçoit comme obstacles ou leviers en ce qui concerne son rétablissement et son retour au travail. L entretien débute par une brève revue du parcours professionnel allant jusqu à l emploi occupé au moment de l arrêt de travail. Le travailleur est invité à raconter son cheminement professionnel, à décrire le type d emplois qu il a occupés et comment il en est arrivé à occuper sa fonction actuelle. Il est ensuite amené à parler de son état de santé et de son arrêt de travail, puis à revenir sur les événements qui ont marqué la détérioration de son état de santé et son départ, la façon dont il a vécu cette expérience, ses préoccupations liées au travail, etc. Le fait de parler de son travail, de montrer ce que l on fait, expose toujours au risque de montrer ce que l on ne fait pas, de dévoiler ses échecs et de nommer ses impasses, ainsi que ceux de l employeur. Or, la confiance ne s installe que s il y a équité entre les interlocuteurs, soit quand le risque que prend le travailleur qui parle existe aussi pour celui qui écoute (7). Le risque pour cet auditeur consiste à entendre des propos déstabilisants ou menaçants pour luimême ou son propre travail, puis à devoir en tenir compte dans les actions qui suivront. Ce n est qu à cette condition que le travailleur s engagera dans cette démarche pour parler de ce qu il fait réellement, de ses échecs et de ses doutes. Peu à peu, le fait de parler permet de construire un objet de discussion autour de la question du travail, lequel pourra être abordé avec le supérieur immédiat afin de planifier des conditions de retour qui assureront du soutien au travailleur et favoriseront son maintien en emploi. Toutefois, lorsque cette rencontre révèle un conflit majeur entre le travailleur et son supérieur, d autres mesures devront être prises (voir section «Que faire lors d un conflit majeur entre le travailleur et le supérieur immédiat?» en page 24). Au cours de cet entretien, plusieurs thèmes peuvent être abordés par le travailleur. Les questions relatives à son éventuel retour peuvent être discutées ultérieurement si le travailleur ne semble pas en mesure d aborder ce thème au cours de la première rencontre. Pour certains, penser trop tôt au travail et aux événements ayant précédé l arrêt peut être éprouvant. Ce n est que lorsque le travailleur se sentira en mesure de parler de son travail qu il pourra être invité à revenir sur son expérience de travail, à parler de ses relations avec son supérieur et ses collègues et de ses préoccupations quant à son retour. Cette étape peut nécessiter plus d une rencontre afin de respecter le rythme et la situation particulière du travailleur. Selon le cas, l intervenant peut aussi revoir, avec le travailleur, les différentes ressources cliniques dont il dispose pendant son arrêt de travail et l inviter à utiliser les services d aide aux employés de l entreprise, le réseau d entraide du syndicat ou encore, d autres services cliniques plus guide de retour au travail 2324 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence spécialisés (psychologue, médecin, ergothérapeute, etc.). Le recours à une aide clinique spécialisée s inscrit en soutien au médecin traitant du travailleur. Il ne vise pas à réévaluer la validité du diagnostic, comme c est souvent le cas dans les expertises médicales demandées par certains employeurs. L objectif est plutôt d assurer un meilleur plan de traitement au travailleur et à son médecin grâce à l accès à des ressources spécialisées. Cette démarche doit se faire en accord avec le travailleur et son médecin, ou à la demande de ce dernier qui pourra être informé des ressources cliniques mises à la disposition du travailleur par l employeur. Assurer un suivi régulier durant l arrêt de travail Entre la première rencontre et le moment où la personne est prête à revenir au travail, l intervenant responsable de la démarche doit faire un suivi régulier, à un intervalle convenu avec le travailleur. Ce suivi peut se faire au téléphone ou lors de rencontres. Il est important de s assurer que le suivi est perçu, par le travailleur, comme un soutien et non comme une pression l incitant à retourner plus rapidement au travail. Ces échanges permettent d accompagner le travailleur dans son cheminement vers le rétablissement. L intervenant profite de ses contacts avec l employé pour ajuster le soutien en fonction des besoins. Les rencontres de suivi permettent également d être à l écoute des préoccupations du travailleur quant à son retour et de vérifier comment se passe la reprise des activités. Ce suivi permet d obtenir des indices quant au rétablissement du travailleur et de l informer des événements et des changements qui surviennent au travail lorsqu il est prêt à en entendre parler. Que faire lors d un conflit majeur entre le travailleur et le supérieur immédiat? Lorsqu il existe un conflit majeur entre le travailleur et le supérieur, il est recommandé de prévoir un processus de médiation afin de clarifier cette situation. La médiation est un mécanisme formel qui doit se faire en parallèle avec la démarche et doit être prévu au programme. Dans certains cas, ce service peut être offert par l entremise du programme d aide aux employés. Au cours de cette étape, le travailleur est invité à rester en lien avec l intervenant. À la fin, différentes avenues peuvent être prises, par exemple, une demande de réaffectation dans une autre équipe. Dans ce cas, la démarche de soutien au retour au travail se poursuivra et inclura une rencontre avec le nouveau supérieur immédiat au retour (voir section «Déterminer les sujets à aborder à la rencontre avec le supérieur immédiat», en page 25). guide de retour au travail 2425 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence Préparer la rencontre avec le supérieur immédiat Cette étape vise à aider le travailleur à préparer sa rencontre avec son supérieur immédiat. Cela permet de préciser les thèmes à aborder et les principales préoccupations du travailleur Déterminer les sujets à aborder à la rencontre avec le supérieur immédiat Lorsque le travailleur se sent prêt à retourner au travail et que son médecin traitant a fixé une date officielle de retour, l intervenant responsable de la démarche doit proposer une rencontre dont le but est d aider le travailleur à préciser les différents sujets qu il souhaite aborder avec son supérieur immédiat. Ensemble, ils feront un travail de réflexion et de synthèse sur les sujets à aborder et les préoccupations importantes du travailleur en ce qui concerne son travail et le déroulement de son retour. Les conditions dans lesquelles un employé quitte son travail ont des répercussions sur la façon dont il anticipe son retour. En effet, il lui sera difficile de se sentir prêt à revenir s il sait que les conditions de travail qui ont contribué à détériorer sa santé psychologique sont restées les mêmes. La façon dont il pense à son travail pendant l arrêt est un élément déterminant. La mise en lumière des difficultés vécues au travail et la possibilité d en discuter avec le supérieur immédiat constituent un des points majeurs de cette démarche. En ayant la possibilité de parler de son travail et de discuter de ce qui l inquiète dans son retour, le travailleur se positionne comme l acteur principal de son processus de rétablissement. Cet exercice lui permet de reprendre la main sur son travail et transforme sa capacité d agir sur son travail et sur ses conditions de retour. Au cours de cette rencontre, l intervenant aborde les préoccupations que le travailleur avait exprimées concernant son retour. Parfois, des préoccupations sont encore présentes, mais il est possible qu elles aient changé ou que certaines aient complètement disparu. Il faut alors aider le travailleur à cerner ce qui est important pour lui et à préciser les sujets qu il souhaite aborder avec son supérieur immédiat pour faciliter son retour. Il existe autant de préoccupations possibles qu il y a de situations. Certaines peuvent porter sur la nécessité de revenir sur une expérience précise ou de clarifier certains événements ; d autres peuvent viser des changements quant à la charge de travail, aux façons de travailler, au type de soutien offert par le supérieur immédiat. Certaines préoccupations concernent des conflits relationnels avec le supérieur immédiat ou des collègues ou encore le besoin de clarifier les rôles, etc. Cette étape exige un processus de réflexion de la part du travailleur afin, non seulement d exprimer ses appréhensions, mais aussi de formuler ses idées, de préciser ses besoins et d établir ses priorités. Toutes les préoccupations ne peuvent pas être abordées en même temps. Au cours de cette rencontre, le travailleur est également invité à réfléchir aux dimensions du travail qui sont susceptibles d avoir un impact sur la santé psychologique de son équipe de travail. Ces éléments seront colligés par l intervenant qui pourra, avec le consentement du travailleur, les proposer aux fins de discussion à l occasion d activités de prévention en santé psychologique. guide de retour au travail 2526 troisième partie les sept étapes de la démarche auprès des travailleurs en absence Cette étape peut exiger plus d une rencontre. À la fin du processus, l intervenant résume les préoccupations retenues, les valide avec l employé et s assure qu il est d accord pour les aborder avec son supérieur immédiat. Parfois, l intervenant doit rassurer le travailleur quant à son rôle de soutien et d accompagnement lors de la rencontre avec le supérieur immédiat. Une fois les préoccupations du travailleur bien établies, l intervenant prépare un plan de retour qui reprend succinctement les thèmes qui seront abordés à cette rencontre. À cette étape, aucune piste d action n est inscrite. L intervenant responsable de la démarche communique avec le supérieur immédiat pour fixer la rencontre de planification du retour au travail de l employé. À ce moment, il peut, au besoin, rassurer le supérieur immédiat sur son rôle et sur le déroulement de la rencontre. Toutefois, il ne discute pas avec lui à l avance des préoccupations du travailleur. Il est également important de rassurer le supérieur immédiat sur le fait qu à ce stade, seules les préoccupations du travailleur ont été établies et que la recherche de pistes d action pour favoriser le retour au travail se fera conjointement. Pourquoi ne pas discuter des préoccupations du travailleur avec le supérieur immédiat avant la rencontre? Plusieurs supérieurs immédiats aimeraient bien connaître les préoccupations du travailleur avant la rencontre de planification du retour afin de mieux s y préparer et de penser à des pistes d action. Cependant, ce n est pas le rôle de l intervenant responsable de la démarche d exprimer les préoccupations du travailleur à sa place. Il faut garder en tête que le travailleur demeure au cœur de la démarche et que c est lui qui doit prendre en charge son processus de retour. C est donc à lui d expliquer ses préoccupations à son supérieur immédiat dans ses propres mots. Il revient au travailleur de prendre la parole et ce n est qu à cette condition que la démarche fera son effet. guide de retour au travail 26 Montrer encore
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