Source: https://issuu.com/lepetitjuriste/docs/lpj18
Timestamp: 2017-12-11 15:26:50+00:00
Document Index: 135111620

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', '§ 52', "l'article 222", 'arrêt ', 'in fine', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 18", 'arrêt ']

Le Petit Juriste n°18 by Le Petitjuriste - issuu
o N 18 Octobre 2012
L E P ETIT J U R I S T E FAIT PAR LES ETUDIANTS POUR LES ETUDIANTS
Fiscalité : Un été brûlant
droit administratif P.8
L’administration a fait une erreur en votre défaveur
droit des sociétés P.13
propriété intellectuelle P.12
Apple Vs. Samsung : Le procès aux Etats-Unis
Le droit de vote dans les sociétés cotées
English law P.22
Doctrine Castle
Droit Pénal P.14
ACTUALITE DU LPJ P.4
Retour sur l'affaire des Pussy Riot, chanteuses punk russes condamnées à 2 ans de camp pénitentiaire.
Toutes les infos sur votre association préférée ! Droit de l'union européenne
Le transfert des sociétés au sein de l’Union Européenne
DOSSIER DU MOIS P.16
english law droit de l'ENVIRONNEMENT P.23
Interview TVDMA TVDMA vous propose une interview de qualité. Nicole Fontaine, ancienne présidente du parlement européen, s'exprime sur l'avenir de l'Europe.
Conseils des professionnels P.24
Quel statut juridique pour la communauté des gens du voyage ?
Y a-t-il trop d'avocats en France ? Le débat lancé par le bâtonnier de Paris Christiane Féral-Schuhl a propos du surplus d'avocats en France décrypté par un professionnel.
Le statut des gens du voyage en France
Conférence Environnementale : Vers un "Cap Vert" ? La conférence environnementale du 14 et 15 septembre dernier : quels enjeux et quel bilan ?
Libertés fondamentales P.9
Fiscalité : Un été brûlant Après les grandes réformes fiscales mises en place cet été par le nouveau gouvernement, un point complet et précis sur le nouveau régime fiscal.
La problématique des transferts de société au sein de l'Union européenne, au croisement entre la liberté d'établissement et les différentes législations nationales.
Pussy Riot : Un procès test pour la "démocratie russe"
DROIT CIVIL P.27
Le droit de l’homoparentalité Très prochainement, le Parlement sera amené à voter la légalisation de l’adoption par les couples homosexuels. Une réforme qui laisse présager un bouleversement du droit de la filiation.
Quelles sont les dernières évolutions juridique en matière de harcèlement sexuel ?
BREVES P.28
L'actualité juridique en petit format mais efficace !
L’actualité internationale est également mise en avant Pour cette rentrée, il nous a fallu être à la hauteur de dans ce premier numéro de l’année universitaire. Nous vous proposons de (re)découvrir l’affaire des Pussy Riot l’actualité. ou encore le choc judiciaire des titans Apple et Samsung. Le renouvellement des institutions nous a poussé à consacrer le dossier du mois aux réformes fiscales en Bonne lecture et très bonne rentrée à tous. cours et à venir. Outil indispensable d’une politique publique, nous verrons que les décisions prises par la Geoffrey Gury nouvelle majorité impactent tant la vie des entreprises que Rédacteur en chef le quotidien des particuliers. Octobre 2012 - Page
ACTUALITéS LPJ
UNE RENTREE PLEINE DE PROJETS
hères lectrices, chers lecteurs,
Cette année, LPJ fête sa cinquième année d’existence ; cinq années passées à vos côtés à commenter l’actualité juridique. Publiée dans plus de 50 universités et grandes écoles en France, la version papier du journal est aujourd’hui tirée à 30 000 exemplaires pour chaque numéro. Cette activité serait impossible sans votre soutien et sans la détermination de ceux qui travaillent chaque jour pour vous offrir des articles de qualité. C’est pourquoi l’ensemble des membres de l’association tenait à souligner le départ de deux de ses plus anciens membres : Alexis Vaudoyer, co-fondateur, rédacteur en chef et trésorier ainsi qu’Antoine Faye, responsable internet de l’association. Chacun d’eux a consacré énormément de temps au développement de notre projet. Sans leur travail respectif, vous ne seriez pas aussi nombreux à nous lire. Ils auront su marquer l’histoire de l’association par leur dynamisme, leur sympathie et leur enthousiasme. Bien qu’ils puissent aujourd’hui revendiquer la fonction de juriste, ils resteront à nos yeux, pour tout ce qu’ils ont pu apporter à cette aventure humaine, des petits juristes… Nous leur souhaitons le meilleur pour la suite de leur vie professionnelle. Merci à eux. Si ce début d’année universitaire est marqué par des départs, il est aussi l’occasion pour nous d’accueillir de nouveaux membres et modérateurs. Renouvelant notre
souhait de nouer des liens durables avec les facultés de droit, nous avons le plaisir de vous annoncer que, dès cette année, quatre étudiants du MBA/M2 de Droit des affaires et de Management-Gestion de l’Université Paris II Panthéon-Assas participeront au travail de l’association dans le cadre de leur junior entreprise. Ils seront associés tant à la rédaction qu’à la recherche de partenariats ou encore à la distribution. La cinquième année du LPJ sera également l’occasion pour nous de moderniser notre site internet. Chaque jour, vous êtes plus de 1 500 à le consulter depuis sa création en avril 2009. Forts de ce succès, il est primordial pour nous d'assurer à ce site toutes les évolutions techniques qu'il mérite. C'est la raison pour laquelle nous sommes heureux de vous annoncer qu'une nouvelle version vous sera présentée dès le mois d’octobre afin de vous assurer une meilleure navigation à travers un design plus épuré. Dernier chantier de l’année, Le Petit Juriste s’associera à Carrières-juridiques.com pour promouvoir l’organisation d’un tour de France des conférences sur le thème des métiers du droit. Ce cycle sera l’occasion pour nous de vous rencontrer et d’échanger sur un sujet d’avenir pour les étudiants en droit. La rédaction vous souhaite une très bonne rentrée et une très belle année universitaire.
PARTICIPEZ AU CONCOURS LEXISNEXIS « DÉCROCHEZ LA UNE ! »
EN PARTENARIAT AVEC Le petit JURISTE Après le vif succès remporté par la première édition, LexisNexis lance la deuxième édition de son concours de rédaction d’articles sur un thème d’actualité juridique.
Les étudiants lauréats recevront également un abonnement à La Semaine Juridique de leur choix ainsi que des codes et ouvrages LexisNexis.
Le concours est ouvert à tous les étudiants inscrits en Master 2 de droit, en dernière année de filière droit d’une Grande École ou en DJCE.
Rendez-vous à partir du 15 octobre 2012 sur le site http://web.lexisnexis.fr/decrochez_la_une/.
Chacune des cinq études lauréates sera publiée dans l’une des cinq éditions de La Semaine Juridique et les meilleures études finalistes par Le Petit Juriste.
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Les études, rédigées seul ou en binôme, pourront y être déposées jusqu’au 11 mars 2013.
Le nouveau site internet du petit juriste
e LPJ se modernise ce mois-ci avec une nouvelle version de son site internet. Plus élaboré et plus intuitif, les membres du LPJ ont tous collaborés à ce projet durant l’année afin d’améliorer vos visites. Existant depuis maintenant 4 ans, vous êtes 40.000 à consulter notre site chaque mois, et vous êtes plus de 300 à nous envoyer vos mémoires ou vos articles. Le
site du LPJ représente donc désormais 1000 articles et mémoires portant sur tous les domaines du droit. Chaque étudiant peut, s’il le désire et quelle que soit son année d’étude, y participer en nous proposant un article sur le sujet qu’il souhaite.
Grâce à vos contributions, notre site contribue à ce que LPJ soit une association étudiante reconnue et appréciée des étudiants comme des enseignants. Il propose aujourd’hui une source de documentation à part entière pour les étudiants souhaitant découvrir ou approfondir des thèmes variés, du Droit des affaires au Droit administratif en passant par le Droit de l’environnement. Soucieux de rester à l’écoute de vos besoins et désirant perfectionner les outils qui nous permettent de vous faire partager l’ensemble de notre documentation, nous avons décidé de refondre intégralement l’interface de notre site internet. En espérant qu’il satisfasse à vos attentes et que nous vous y retrouverons toujours plus nombreux, nous vous souhaitons une très bonne navigation.
Etienne FICHAUX
webmaster@lepetitjuriste.fr Responsable Informatique du LPJ
Le Petit Juriste vous présente son réseau de distribution
L’UNEDESEP, la fédération des associations étudiantes en sciences sociales Créée en 1961 sous l’impulsion d’associations étudiantes corporatives apolitiques, asyndicales et aconfesssionnelles, l’UNEDESEP - Union Nationale des Etudiants en Droit, Gestion, AES, Sciences Economiques, Politiques et Sociales -, a pour but d’aider et de représenter les étudiants de ces filières devant les institutions (ministère de la justice, ministère de l’enseignement supérieur, Conseil National des Oeuvres Universitaires et Scolaires (CNOUS), Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) …).
en attestent nos travaux récents sur le nouvel arrêté Licence et sur les Ecoles Professionnelles de Droit.
Fédérant une quarantaine d’associations étudiantes locales, l’UNEDESEP est l’unique association étudiante nationale qui représente les quelques 360 000 étudiants en sciences sociales. Grâce à une centaine d’élus étudiants locaux implantés dans une trentaine d’universités – parmi lesquelles Paris II, Bordeaux IV, Lyon 3, Dijon, Lille 2, Lyon 2, Montpellier I –, et d’élus nationaux au CNESER et au CNOUS, l’UNEDESEP a toujours su être une force de proposition reconnue et entendue par les instances décisionnelles, comme
Le Petit Juriste, créé par des étudiants de Paris II et distribué à l’échelle nationale depuis peu via le réseau d’associations de l’UNEDESEP, est l’exemple parfait des échanges qui peuvent exister entre nos associations, qui s’entraident pour améliorer chaque jour un peu plus le quotidien des étudiants en droit !
Outre le volet représentation, l’UNEDESEP œuvre au quotidien pour aider les associations étudiantes à se développer dans les meilleures conditions. A ce titre, plusieurs fois par an, l’UNEDESEP organise des weekend de formation et de débats pour les responsables associatifs et les élus étudiants, qui sont l’occasion d’échanges et de mutualisation des moyens nécessaires au développement d’une association étudiante. Tous les ans, l’UNEDESEP édite des guides des métiers du droit, distribués à 70 000 exemplaires aux étudiants via son réseau d’associations et accrédité depuis cette année par le Ministère de la Justice.
Joris RIVIERE Président de l'UNEDESEP Octobre 2012 -
Le rôle du Parlement Européen dans la vie économique
Après avoir siégé au Parlement Européen en tant que député pendant vingt ans, puis évolué à la Vice-présidence et à la Présidence, voici le point de vue offert par Nicole Fontaine sur le rôle majeur du Parlement dans la vie économique des Etats membres. Nicole Fontaine Commandeur dans l’Ordre National du Mérite Doctorat d’Etat en droit public Diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris Ancienne présidente du Parlement européen Ancien ministre déléguée à l’Industrie Avocate (Barreau des Hauts-de-Seine)
Pourquoi doit-on qualifier le rôle du Parlement de majeur ? L’adoption du Traité de Maastricht en 1992 a permis au Parlement Européen de conquérir un pouvoir de codécision avec le Conseil. Cette conquête du pouvoir démocratique est une véritable révolution pour un organe élu au suffrage universel. Aujourd’hui, le Parlement Européen exerce son pouvoir formel de décision sur l’ensemble des textes législatifs ayant un impact important sur la vie économique. Cette conquête se doit néanmoins d’être nuancée. En effet, l’Union Européenne reste démunie de pouvoir dans des domaines tels que les politiques sociales et l’emploi. En réalité, cette lacune n’est que l’expression du principe de subsidiarité.
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En l’absence de pouvoir formel, le Parlement Européen peut travailler en coopération avec la Commission qui propose des recommandations aux Etats. Il n’y a toutefois aucune possibilité d’harmoniser ou de contraindre les acteurs. Les citoyens regrettent cette implication limitée, l’Europe restant ainsi trop loin des préoccupations économiques et sociales quotidiennes. Le niveau d’intégration européen reste ainsi le débat essentiel dans notre période de crise. Le Parlement Européen ne reste toutefois pas éloigné des situations problématiques actuelles. En effet, le Parlement Européen se penche actuellement sur l’ensemble des directives et projets de règlements qui tendront à introduire un mécanisme de régulation, de surveillance dans le secteur bancaire, les agences de notation et les hedge fund. Tous ces sujets sont aujourd’hui pris à bras le corps par la Commission économique et monétaire du Parlement Européen, puis dans l’adoption des textes au niveau de la Chambre plénière.
Retranscription par www.tvdma.org
L’absence de consensus européen sur le transfert des sociétés au sein de l’Union
En l’absence de mesures d’unification ou d’harmonisation adoptées par le législateur européen, la jurisprudence de la CJUE a défini le régime du transfert des sociétés. Les tensions entre le principe de la liberté d’établissement et les législations nationales sont toujours vives et l’arrêt ci-dessous rapporté en est une illustration supplémentaire.
a Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) est venue rappeler dans l’arrêt VALE Epitesi Kft rendu le 12 juillet 20121 la primauté du principe de liberté d’établissement sur les règles nationales en matière de transformation de sociétés.
En l’espèce, une société italienne avait décidé de transférer son siège social et son activité en Hongrie. Elle souhaitait qu’il soit fait mention sur le registre des sociétés hongrois qu’elle venait en continuation de la société italienne précédemment dissoute. Or, le droit hongrois ne permet pas la transformation d’une société relevant de la législation d’un autre Etat membre en société hongroise. La CJUE a, dans la lignée de la jurisprudence Centros2 et Cartesio3, rappelé la primauté du principe de la liberté d’établissement4 sur le droit national. Cependant, ce qui est reproché au juge hongrois est avant tout la différence de traitement entre les sociétés selon la nature de la transformation. Cette différence de traitement entre transformation interne et transformation transfrontalière, selon la Cour, constitue une restriction non justifiée à l’exercice de la liberté d’établissement. Il est donc permis de penser que si le droit hongrois interdisait la transformation des sociétés internes, cette interdiction pourrait être étendue à la société originaire d’un autre Etat membre. Bien sûr, un tel raisonnement n’est pas tenable et il témoigne de la difficulté qu’a la CJUE à concilier liberté d’établissement et transfert de société en l’absence de texte du droit de l'UE. CJUE, 12 juil. 2012 ; Aff. C-378/10 CJCE, 9 mars 1999, Aff. C-212/97 3 CJCE, 16 dec. 2008, Aff. C-210/06 4 Article 48 du TFUE
Il est dommage que, 4 ans après l’arrêt Cartesio, il n’y ait toujours pas de régime clair pour le transfert des sociétés à l’intérieur de l’espace européen. En l’état actuel du droit positif, l’Etat d’origine peut s’opposer au changement du siège de la société lorsque celuici n’a pas pour effet de modifier la loi applicable à la société. En revanche, lorsque le changement du siège a pour conséquence d’entrainer le changement de la loi applicable à la société, l’Etat d’origine ne peut s’opposer à son transfert. Cette solution binaire s’explique en partie par l’utilisation de différents critères de rattachement par les pays de l’UE, certains Etats comme la France et l’Allemagne utilisant le critère du siège réel (lieu de l’administration effective de la société) et d’autres comme le Royaume Unie ou l’Irlande utilisant le critère du siège statutaire (siège tel qu’il est indiqué dans les statuts). A ces limites propres au droit des sociétés s’ajoute une limite fiscale appelée « exit tax ». Lorsque la société est transférée, la cessation de ses activités dans l’Etat d’origine entraîne d’importantes conséquences fiscales avec notamment l’imposition immédiate des plusvalues latentes. La CJUE est venue adoucir cette « taxe de sortie » dans l’arrêt National Grid Indus BV rendu le 29 novembre 20115. Elle a en effet considéré qu’une telle pratique constituait une entrave à la liberté d’établissement. La Cour suggère aux Etats de procéder à un recouvrement différé. Dans l’attente d’une hypothétique 14ème directive unifiant le droit des sociétés, il existe un moyen efficace de transférer une société auquel l’on ne pense pas toujours. Un des importants apports de la Société Européenne6 (SE) est de permettre le libre transfert du siège social dans l’espace européen sans affecter la continuité de la personnalité morale. C’est un outil qui fonctionne et sur les 1370 SE enregistrées à ce jour, une soixantaine a déjà réalisé un transfert de siège7. Faute de mieux, la transformation d’une société de droit national en SE en vue de son transfert constitue un palliatif envisageable à l’absence d’unité du droit des sociétés entre les pays membres de l’UE.
CJUE, 29 nov. 2011, Aff. C-371/10 Societas Europaea Règlement CE n°2157/2001 7 http://ecdb.worker-participation.eu/#
L’administration a fait une erreur… en votre (dé)faveur
Par un arrêt du 25 juin 2012, Office national de la chasse et de la faune sauvage1, le Conseil d’Etat finit de bâtir un édifice jurisprudentiel stable concernant le régime des trop-perçus des agents de l’administration. Pourtant, ce que le juge avait mis plus de 10 ans à stabiliser, le parlement l’a défait en un amendement, ouvrant, par ailleurs, une brèche dans la notion fondamentale de l’acte administratif unilatéral.
La règle acquise des droits acquis
L’administration ne peut, selon la règle du service fait, verser des sommes qu’elle ne doit pas à ses agents. Mais, comme nul n’est parfait, il arrive que des erreurs soient commises. Or, l’accumulation de petits paiements indus pendant plusieurs années représente au final des sommes importantes que les agents n’ont pas toujours la possibilité de rembourser. Il était alors impératif de concilier la sécurité juridique des agents et l’objectif de bonne gestion des deniers publics. L’arrêt Soulier2 fut la solution trouvée par le Conseil d’Etat. Il s’agit d’une application à ces cas particuliers de la jurisprudence Ternon3, qui limite à 4 mois la possibilité offerte à l’administration de retirer un acte illégal. Précisons toutefois que cette règle ne concerne que le retrait et non l’abrogation qui consiste à supprimer l’acte pour l’avenir seulement, solution plus douce. Au delà de quatre mois, les effets passés de l’acte sont « cristallisés » et l’administration ne peut plus les annuler rétroactivement, sécurité juridique oblige. La solution de l’arrêt Soulier distingue cependant entre les « simples erreurs » de liquidation et les véritables décisions créatrices de droit, seules régies par l’arrêt Ternon. La subtilité de cette distinction a conduit à une imprécision préjudiciable tant à l’administration qu’aux agents4. Après des arrêts de dit et de dédit, la jurisprudence semble avoir acquis une certaine stabilité ainsi que le prouve l’arrêt ONCFS commenté. Pourtant, tout porte à croire qu’il est le dernier représentant d’une lignée encore bien fragile.
Le parlement au secours de l’administration
Tout cet édifice tombe avec l’article 94 de la loi de finances rectificative pour 20115 qui crée l’article 37-1 de la loi DCRA6. Précisons d’emblée que l’arrêt ONCFS se base sur le régime antérieur d’une disposition qui rend inapplicable la nouvelle règle aux instances en cours.
L’exception de la jurisprudence Soulier, d’une loi contraire s’est faite jour. Cette nouvelle disposition législative prévoit que, y compris dans le cas de décisions créatrices de droits illégales devenues définitives (ndla : cas prévu par Ternon – Soulier), l’administration dispose d’un délai de 2 ans pour opérer la répétition des sommes indument versées. Par ailleurs, pour les actes obtenus par fraude ou omission de l’agent, le délai est de 5 ans. La loi délie désormais la cristallisation de la décision administrative pour le passé et l’action en répétition de l’indu. Concrètement elle prive d’effets l’édifice TernonSoulier. Elle interroge aussi la nature même des actes administratifs. Ces actes là, qui sont considérés comme existants, exécutés et définitifs, se verront pourtant rétroactivement privés de leurs effets passés. Exécutés et définitifs mais privés d’effets. « La règle fondamentale du droit public »7, s’il en est, que représente le caractère exécutoire des décisions administratives se trouve alors battue en brèche. Ce qui signifie incide,mment que la catégorie des actes administratifs devra désormais comporter une nouvelle sous-section d’actes exécutoires, exécutés, puis détricotés, et pourtant, toujours existants. Ces dispositions ont, certes, le mérite de clarifier une jurisprudence pour le moins byzantine, aux applications délicates. Mais elle n’en ouvre pas moins une brèche, infime mais décelable, dans l’édifice que représente l’acte administratif unilatéral.
Mohamed Errache Req. n°334544 CE, Sect., 6 novembre 2002, req. n°223041 3 CE, Ass. 26 octobre 2001, req. n°197018 4 Cf DIDIER (J.-P.), Rémunération des fonctionnaires territoriaux, JCl Fonctions publiques, Fasc. 390, , mai 2010, § 52 et s. 1 2
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5 Loi n°2011-1978 du 28 décembre 2011 de finance rectificative 6 Loi n°2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations. 7 CE, Ass., 2 juillet 1982, Huglo, req. n°25288
Les gens du voyage1 (de 400 000 à 600 000 personnes) présents sur le territoire français peuvent être juridiquement assimilés aux étrangers : leur statut est un statut dérogatoire au droit commun et leur citoyenneté est limitée.
epuis la loi du 16 juillet 1912 encadrant l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades, créée à l’origine pour "recenser l’ensemble des personnes avec un mode de vie itinérant en France",2 tous les textes s’appliquant aux personnes qualifiées de "gens du voyage" ont prévu l’obligation pour elles de détenir un titre de circulation. Ce document est à la fois un justificatif d’identité, l’attestation de l’exercice d’une activité professionnelle ambulante et la preuve d’un mode de vie itinérant. Ce document ne remplace pas la carte nationale d’identité (CNI), cependant, par manque d’informations, " la majorité des gens du voyage ne possèdent aujourd’hui qu’un titre de circulation pour justifier de leur identité "3. Ayant permis un contrôle important des populations nomades en France lors de la Seconde Guerre Mondiale,
de rattachement, et pour le titre le plus contraignant - " carnet de circulation " -, à se signaler tous les trois mois au commissariat sous peine d’une amende de 1 500 euros, voire d’une peine d’emprisonnement de 1 an. Dans les faits, la majorité des gens du voyage dépendent du " carnet de circulation ", qui est obligatoire pour les personnes n’ayant pas de revenus fixes (travaillant sur les marchés ou faisant du porte-à-porte par exemple) : lorsqu’ils présentent ce carnet, beaucoup se voient refuser l’accès au crédit ou à la location de logements. Les gens du voyage peuvent bien sûr bénéficier d’une carte d’identité. Mais beaucoup n’en possèdent pas. Certains n’en font pas la demande, en partie par manque d’information : ils ont toujours considéré leur titre de circulation comme une pièce d’identité. Pour le moment, deux Questions Prioritaires de Constitutionalité (QPC) ont été posées (9 juillet 2010 17 juillet 2012) quand au statut des gens du voyage. La première n’a pas abouti au niveau du Conseil constitutionnel : celui-ci considère "que les dispositions contestées ne sont contraires à aucun autre droit ou liberté que la Constitution garantit".5 La seconde n’a pas encore été étudiée.
le carnet anthropométrique institué en 1912 est remplacé en 1969 (voir loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe) par quatre différents titres de circulation. On compte alors le " livret de circulation " (vert), le " livret spécial de circulation - type A " (beige), le " livret spécial de circulation - type B " (orange) et le " carnet de circulation " (marron) 4. Dès l’âge de 16 ans, les personnes faisant partie de la population dite des " gens du voyage " doivent posséder un des quatre titres de circulation délivrés en fonction de leurs revenus, ce qui les astreint à choisir une commune 1 L’expression " gens du voyage " apparaît en 1972 dans deux décrets relatifs à la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 sur " l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ". 2 Citation de Louis de Gouyon Matignon, président de l’association Défense de la Culture Tsigane, dans Le Monde, mercredi 18 juillet 2012. 3 Citation du Sénateur Pierre HÉRISSON, président de la Commission
Pierre Hérisson, sénateur UMP et Président de la Commission Nationale Consultative des Gens Du Voyage (CNCGDV), a déposé une proposition de loi visant à reconnaître la caravane en tant que logement, rétablir un régime commun pour le droit de vote et supprimer les différents titres de circulation. Cette proposition de loi devrait être étudiée à l’automne.
Louis DE GOUYON MATIGNON Addendum : Le 5 octobre 2012, le Conseil constitutionnel, saisi d’une QPC portant sur la loi 3 janvier 1969, a censuré l’obligation faite au gens de voyages du voyage ne disposant pas de ressources régulières de détenir un carnet de circulation. Les sages ont également censuré la disposition interdisant aux gens du voyage de s’inscrire sur les listes électorales de leur commune de rattachement avant un délai de 3 ans (Décision n° 2012-279 QPC du 05 octobre 2012 ). Nationale Consultative des Gens Du Voyage (CNCGDV), France Inter, journal de 9h, vendredi 27 juillet 2012. 4 Voir les articles 1 à 9 de la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 relative à " l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ". 5 Décision n° 2010-13 QPC du 09 juillet 2010 Octobre 2012 -
Harcèlement moral et sexuel : la possibilité d’une unification ? Alors que le Conseil constitutionnel a invalidé l’article 222-33 du code pénal, la Chambre criminelle de la Cour de cassation n’a pas renvoyé la QPC soulevée contre la définition du harcèlement moral (Crim. 11 juill. 2012). S’ils présentent des sanctions comparables, harcèlement sexuel et harcèlement moral ont fait l’objet d’évolutions différentes et sont à distinguer. Le harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel, est aujourd’hui une réalité sociologique préoccupante. Avec une estimation de mille plaintes par an, le harcèlement sexuel est une infraction fréquemment rencontrée en France. En 2003, entre 30 et 40 infractions par an donnaient lieu à condamnation contre 85 infractions par an en 2010. Dans l’Union Européenne, de 40 à 50% des femmes ont signalé une forme de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Le harcèlement sexuel n’a donc rien d’un phénomène marginal. En effet, dès 2000, selon l'institut de sondage Ipsos 30% des salariés français déclaraient avoir subi un harcèlement moral. Selon le rapport du Parlement européen du 16 juillet 2001 relatif au harcèlement moral, 8 % des travailleurs de l'Union Européenne (12 millions de personnes) déclaraient avoir été victimes de harcèlement moral au travail au cours des 12 mois précédents.
La diversité des textes applicables L’augmentation du harcèlement moral et du harcèlement sexuel a nécessité le déploiement d’un large arsenal législatif. Le législateur a donc inclus à la fois dans le code pénal et dans le code du travail des dispositions pour contrer ce phénomène. L’infraction de harcèlement sexuel a d’abord été introduite par une loi du 22 juillet 1992 (loi n°92684). Dix ans plus tard, la loi du 17 janvier 2002 vint consacrer l’existence juridique du harcèlement moral. L’article 79 de cette même loi a par ailleurs sensiblement modifié l’article 222-33 du code pénal portant sur le harcèlement sexuel. Le nouvel article ainsi dépouillé prévoyait alors que « le fait de harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende. » En la matière, l’ancien article L 11531 du code du travail disposait également que « les agissements de harcèlement de toute personne dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers sont interdits. » C’est aujourd’hui à l’article L 1152-1 du Code du travail que le harcèlement moral est prévu : « aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa 1
dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. » L’article 222-33-2 du code pénal disposant par ailleurs que « le fait de harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. » Ayant initialement reçu un traitement distinct, les branches de ce texte devaient donner des fruits différents, notamment au regard du principe de légalité des délits et des peines propre à la matière pénale1.
Les dissemblances de fond En effet, la définition du harcèlement moral fut initialement soumise à un contrôle de constitutionnalité a priori par des parlementaires. Le 12 janvier 2002 le Conseil constitutionnel valida le texte considérant ainsi le texte conforme au principe de légalité. Ainsi par deux arrêts du 11 juillet 2012, la chambre criminelle de la Cour de cassation a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel deux QPC portant sur les définitions du harcèlement moral contenues dans les deux codes. Les dispositions ayant déjà été déclarées conformes à la Constitution et la récente décision du Conseil constitutionnel déclarant contraire à la Constitution l'article 222-33 du code pénal relatif au harcèlement sexuel ne constituant pas
Revue de science criminelle 2012 p. 371, Le délit de harcèlement sexuel : histoire d'une abrogation fatale !, Yves Mayaud
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un changement de circonstances en justifiant un nouvel examen. Or si la définition du harcèlement moral reste inchangée, le contrôle de constitutionnalité a posteriori ayant mené à l’abrogation de l’incrimination du harcèlement sexuel a mené à une refonte législative complète du harcèlement sexuel dont la définition était trop imprécise et par là même contraire au principe de légalité (décision QPC du 4 mai 2012).
Concernant les sanctions, elles peuvent être d’une triple nature pour les deux infractions. Quant aux sanctions civiles, l’auteur du harcèlement peut être condamné à verser à sa victime des dommages-intérêts. Concernant les sanctions disciplinaires, tout salarié du secteur privé commettant des agissements de harcèlement moral ou sexuel est passible de sanctions disciplinaires (le harcèlement moral constituant notamment une faute grave de nature à justifier un licenciement : Soc. 5 mars 2002).
Dans sa nouvelle version résultant de la loi du 6 août, l’article 222-33 du code pénal dispose que « le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. » Cette nouvelle définition a été reprise par les articles 7 et 8 de la loi à la fois dans le code du travail et dans l’article 6 ter de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Le législateur a donc procédé à une unification de la matière. Si les deux infractions sont des infractions formelles dites également de comportement, la lecture du droit positif et la comparaison des deux définitions conduit à établir que seuls des agissements « répétés » sont exigés pour le harcèlement moral là où « toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle » est requis pour le harcèlement sexuel. La répétition apparaît donc comme un critère de distinction remarquable entre les deux infractions. Si la définition du harcèlement moral est plutôt souple, le champ d’application du harcèlement sexuel le semble encore plus comme le précise la circulaire accompagnant la loi, le législateur a entendu conférer « un large champ d’application » à la nouvelle définition de harcèlement sexuel. Harcèlement sexuel et harcèlement moral sont donc bien à distinguer, le traitement à apporter en pratique au harcèlement moral à connotation sexuelle pourrait néanmoins concentrer de vifs débats sur le terrain des concours d’infraction. Le harcèlement sexuel faisant l’objet d’une définition renouvelée, la jurisprudence à bâtir reposera sur l’appréciation souveraine des juges du fond
Les ressemblances procédurales Sur le plan procédural, une particularité commune est à rappeler. Il ressort de l’article 1154-1 du code du travail que la personne se prétendant victime doit établir les faits qui permettent de faire présumer l’existence d’un harcèlement et il incombe alors à la partie défenderesse de prouver que ses agissements ne sont pas constitutifs d’un harcèlement. Ce renversement de la charge de la preuve ne s’applique qu’aux « litiges » .Cette règle n’est donc pas applicable en matière pénale dominée par le principe de présomption d’innocence (Cons. constit. n°2001-455 DC, 12 janv. 2002).
Enfin la sanction pénale ; le harcèlement moral est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Une sanction identique a été prévue par la loi du 6 août 2012 en matière de harcèlement sexuel et peut aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende en présence de circonstances aggravantes (faits commis sur un mineur de quinze ans ou moins, par plusieurs personnes, par abus d’autorité).
Pierre-Alain Marquet Manel Chibane
POUR EN SAVOIR PLUS : • Revue de science criminelle 2003 p. 277, Le concept de harcèlement moral dans le code pénal et le code du travail(1), Evelyne Monteiro, Maître de conférences à l'Université du Littoral-Côte d'Opale • Enquête IPSOS pour le magazine Rebondir (http://www. ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualites/trois-salaries-surdix-sont-victimes-harcelement-moral-au-travail) • Rapport du Parlement européen du 16 juillet 2001 relatif au harcèlement moral • Revue de science criminelle 2002 p. 673, Le principe de légalité pénale, Valentine Bück, Docteur en droit • Dalloz actualité 31 juillet 2012 : Pas de contrôle de constitutionnalité pour le harcèlement moral au travail, Caroline Fleuriot
Apple vs. Samsung : le procès aux Etats-Unis Une ‘guerre des brevets’ sans précédent a débuté en 2010 entre les deux géants de l’industrie du smartphone. Aux Etats-Unis, le procès s’est déroulé durant l’été 2012 devant un Tribunal californien. Apple, à l’initiative de la procédure, reprochait à Samsung d’avoir copié des brevets développés par lui et utilisés dans l’iPhone et l’iPad, pour les insérer dans ses téléphones et tablettes Galaxy. Le jury populaire américain devait déterminer si, au regard des critères de protection et de contrefaçon des brevets américains, Apple était en effet victime de violation de ses droits de propriété industrielle par son concurrent.
Le droit américain des brevets Le droit américain des brevets protège non seulement le brevet d’invention (‘utility patent’) mais également le modèle (‘design patent’), alors que le droit français protège ce dernier via le droit des dessins et modèles, différent du droit des brevets. Les règles relatives au brevet d’invention visent à protéger les fonctionnalités techniques d’une invention. A noter que cette invention peut prendre la forme d’un logiciel, alors que le droit français ne protège le logiciel que par le droit d’auteur. Pour que l’invention soit protégée, elle doit être nouvelle, utile et non évidente. La contrefaçon du brevet d’invention est établie dès lors que les revendications du brevet prétendument contrefacteur sont similaires ou identiques à celles du brevet prétendument contrefait. Quant au brevet de modèle (‘design patent’), il protège tout modèle nouveau, non-évident et non-fonctionnel. La contrefaçon d’un tel brevet est établie dès lors qu’un observateur ordinaire confond le produit prétendument contrefacteur avec celui prétendument contrefait.
Les brevets dont Apple est titulaire Apple est titulaire de brevets d’invention constitués par des logiciels portant notamment sur les fonctionnalités de détection d’un numéro de téléphone, de défilement des pages et de zoom avec les doigts. Par ailleurs, Apple est propriétaire de brevets de modèle sur l’apparence esthétique des iPhone et iPad : la forme rectangulaire à bouts arrondis et l’interface utilisateur du système d’exploitation. La société demanderesse faisait valoir que plusieurs téléphones et tablettes de la gamme ‘Galaxy’ commercialisée par Samsung contrefaisaient ces brevets.
Les brevets du géant américain ontils été contrefaits par Samsung ? S’agissant des brevets de modèle d’Apple, son concurrent se défendait en soutenant qu’Apple s’est inspiré de produits Sony pour les modèles de ses smartphones et tablettes. Cette attaque mettait donc en cause le caractère nouveau des designs du californien. De même, le défendeur énonçait que les modèles de son contradicteur étaient fonctionnels, car étroitement corrélés aux seuls besoins fonctionnels du téléphone. Il s’agissait
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donc de déterminer si d’autres formes auraient pu répondre aux fonctionnalités des produits concernés. Quant aux brevets d’invention d’Apple, le coréen faisait valoir, entre autre, que ce dernier a méconnu la théorie ‘Fair, Reasonnable and Non Discriminatory’ du droit de la concurrence. Selon cette théorie, une entreprise qui développe des technologies standards -c’est à dire s’imposant en pratique au consommateur final- doit obligatoirement proposer une licence à prix raisonnable à ses concurrents sur ces technologies, afin que tout consommateur puisse y avoir accès. Il s’agissait donc ici de déterminer si la technologie protégée par les brevets d’invention d’Apple devait être concédée en licence sur le fondement de la théorie ‘FRAND’, et le cas échéant si Apple s’est effectivement abstenu de proposer de telles licences, faisant ainsi preuve d’une attitude anti-concurrentielle.
Verdict… Le 24 août 2012, le jury populaire a jugé les brevets d’Apple valides et contrefaits par le coréen, à l’exception d’un seul. Samsung a donc été condamné à payer à Apple la somme d’un milliard de dollars, à titre de dommages et intérêts. Toutefois, il semble que ni Apple, ni Samsung ne soient satisfaits de cette décision. Il s’agit donc de rester attentif à la suite de cette affaire, qui fera sans doute l’objet d’un appel ou amendement.
Marguerite Gaeremynck
EN SAVOIR PLUS : PLUS : POUR EN SAVOIR • La carte de la guerre des brevets entre Apple et Samsung h t t p : / / w w w. l e m o n d e . f r / t e c h n o l o g i e s / article/2012/07/14/la-carte-de-la-guerre-des-brevetsentre-apple-et-samsung_1733712_651865.html
Privation du droit de vote dans les sociétés cotées : Le dénouement de l'affaire Sacyr-Eiffage
La Cour de cassation, par un arrêt du 15 mai 2012 rendu dans le cadre de l’affaire Sacyr-Eiffage, a apporté des précisions quant à la mise en œuvre de la sanction de privation du droit de vote des actionnaires en l’absence de notification par ceux-ci d’un franchissement de seuil dans le capital d’une société cotée.
e droit boursier fait peser sur les actionnaires des sociétés cotées diverses obligations de transparence. Ils doivent notamment notifier à la société et à l’Autorité des Marchés Financiers le nombre total d’actions et de droits de vote qu’ils possèdent en cas de franchissement de différents seuils de participation à la hausse et à la baisse. La sanction, en principe automatique, est la suspension des droits de vote attachés aux actions excédant la fraction non régulièrement déclarée1. Dans cette optique de transparence, la loi dispose que sont tenues solidairement aux obligations qui leur sont faites les personnes agissant de concert. Il s’agit des personnes qui ont conclu un accord en vue d’acquérir, de céder ou d’exercer des droits de vote pour mettre en œuvre une politique commune vis-à-vis de la société ou pour obtenir le contrôle de celle-ci2. Cet accord peut être écrit ou non. Il pourra alors être déduit des circonstances et d’une pluralité d’indices, mais ne pourra s’inférer d’un simple parallélisme de comportements. L’affaire Sacyr-Eiffage a notamment illustré cette problématique. La société espagnole Sacyr était montée dans le capital de la française Eiffage en déclarant régulièrement les seuils franchis, et avait stabilisé sa participation à 33,32% du capital. Le prochain seuil du tiers du capital était d’autant plus important que sous la législation antérieure, il impliquait le lancement d’une offre publique d’achat obligatoire sur l’ensemble du capital de la société cible. Parallèlement, des investisseurs espagnols se sont intéressés à Eiffage et ont acquis des titres de celle-ci. L’enjeu était de savoir s’il n’y avait qu’un simple comportement moutonnier, ou une véritable entente entre Sacyr et les investisseurs espagnols pour la prise de contrôle d’Eiffage, révélatrice d’un concert. Lors de l’AG annuelle d’Eiffage, le président a constitué un bureau, simple organe de supervision de la réunion. Ce bureau a estimé que les actionnaires espagnols agissaient de concert, ce qui signifie qu’ils auraient duûdéclarer les franchissements de seuils ensemble. Cela n’ayant pas été le cas, le bureau a privé de leur droit de vote tous les actionnaires espagnols qui n’ont pas effectué les notifications nécessaires. Cette affaire a donné lieu à une succession d’arrêts, et à une intervention de la Cour de cassation le 15 mai 20123. L’enjeu était de savoir si un organe tel
que le bureau pouvait faire lui-même application de la suspension des droits de vote. Le principe de réalité voudrait que l’on reconnaisse que le recours à la justice est incompatible avec les exigences du marché et donc qu’une décision du bureau est efficace. Cependant, la Haute juridiction en a décidé autrement en estimant que lorsque l’existence de l’action de concert d’où résulterait une obligation de notification de franchissement de seuil est contestée, le bureau n’a pas le pouvoir de priver des actionnaires de leurs droits de vote. Par conséquent, il convient de conclure qu’il ne peut y avoir automaticité de la sanction que lorsque l’on est en présence d’une situation où l’obligation de déclaration de franchissement de seuil est évidente. Si cette dernière dépend d’une appréciation de l’existence d’un concert, cela va empêcher qu’un organe non juridictionnel comme l’est le bureau puisse lui-même priver du droit de vote les actionnaires concernés. Ces difficultés d’application de la sanction ont conduit des auteurs à contester ce mécanisme. Le législateur a cependant préféré étendre un tel dispositif et créer de nouveaux cas de suspension4. La privation du droit de vote des actionnaires comme sanction en droit boursier semble donc avoir de beaux jours devant elle, malgré les obstacles pratiques à sa mise en œuvre.
POUR EN SAVOIR PLUS : Art. L.233-7 C. com Art. L.233-10 C. com 3 Cass. com., 15 mai 2012, n°10-23.389 4 V. loi Warsmann II, n°2012-387 du 22 mars 2012 1 2
• Pour en savoir plus : Alain Couret et Bruno Dondero, Les pouvoirs limités du bureau de l’assemblée générale d’une SA, JCP E n°28, 12 juillet 2012, 1453. Octobre 2012 -
Pussy Riot : Un procès test pour la démocratie russe
Le 17 août dernier, trois jeunes femmes du groupe punk russe des Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de camp pénitentiaire chacune. Leur crime : avoir chanté une "prière" anti-Poutine dans une cathédrale de Moscou. Il est cependant difficile de savoir si la condamnation des chanteuses repose réellement sur le sacrilège contre l'Eglise... et pas plutôt sur leur contestation du pouvoir exercé par Vladimir Poutine. Dans les deux cas, l'enfermement a été le prix de leur audace.
e 21 février, 5 jeunes femmes encagoulées ont improvisé une prière punk dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Dans cette prière, les chanteuses demandaient à Sainte-Marie de chasser Poutine et de devenir féministe. Tandis que deux de ces femmes ont fui à l'étranger, les trois autres ont été arrêtées.
politique visant à museler toute forme de contestation, maquillé en décision de justice faussement motivée par un sacrilège religieux. Le doute est permis, car en effet, le procès a pris une tournure largement politique et la police russe a profité de la mobilisation populaire de soutien aux chanteuses pour interpeller entre autre Garry Kasparov, champion d'échec et opposant politique de Vladimir Poutine, venu les soutenir.
A l'issu de leur procès, le tribunal de Moscou a reconnu les trois chanteuses âgées de 22, 24 et 30 ans, « coupables de hooliganisme » et de « vandalisme motivé par la haine religieuse » et les a condamné à deux ans de camp. La juge a par ailleurs souligné le caractère "sacrilège" de leur action.
Sacrilège religieux ou politique ? Les chanteuses auraient donc été condamnées pour un sacrilège religieux. Or, à y regarder de plus près, on peut se demander si à travers cette condamnation, ce n'est pas davantage un « sacrilège politique » contre le président Poutine qui a été sanctionné, ce qui serait un très mauvais signal pour les droits de l'homme, à quasiment cent jours du retour contesté de Vladimir Poutine à la tête de l'Etat russe. Ainsi, le trouble à l'ordre religieux ne serait qu'un prétexte pour les condamner. En effet, lorsqu'on analyse les paroles de la prière punk entonnée dans la cathédrale, il apparaît que le président Poutine était la première cible du groupe. L'Eglise ne semble en fait, n'être qu'une victime collatérale. Ainsi, dans leur chanson, les jeunes femmes faisaient de Sainte-Marie leur improbable alliée en l'invoquant vivement pour que celle-ci « chasse Poutine ». Le premier objectif de cette action était de dénoncer la manière autoritaire dont le président exerce le pouvoir, non de s'attaquer à la religion. La condamnation des Pussy Riot ne serait alors qu'un acte de répression
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Que le sacrilège soit politique ou religieux, c'est pour leur insolence que les jeunes femmes ont été enfermées. Il n'y a bien entendu rien de surprenant à ce que le Droit pénal réprime les actes blessants, les troubles à l'ordre public ou plus généralement, les outrages contre l'Etat, mais la justice pénale russe s'illustre par son extrême sévérité sur ces questions puisque les Pussy Riot encouraient pas moins de sept ans de détention ! A titre de comparaison, en France, l'offense au chef de l'Etat est punie d'une amende. L'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 lui, réprime les chants séditieux dans des lieux ou au cours de réunions publiques d'une simple peine d'amende et l'incitation à la haine religieuse d'un an d'emprisonnement ; de surcroît, la jurisprudence interprète ce délit de façon très restrictive1. Le Droit pénal russe semble donc être dur contre ceux dont la fougue les emporte un peu au-delà de ce qui est convenable sans être de véritables délinquants. Précisément, à Paris, la ministre de la Culture, a souligné le caractère « manifestement démesuré » de la peine prononcée « à l'encontre de trois jeunes femmes qui ont l'insolence de leurs 20 ans et le goût de la provocation qui caractérise la musique punk ». Néanmoins, les chanteuses n'ont pas épuisé les voies de recours internes et peuvent aussi saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Précisément, l'Etat russe est-il réellement une démocratie et un Etat de droit respectueux des droits de l'homme ? La condamnation des Pussy Riot permet au moins d'en douter.
EN SAVOIR PLUS : PLUS : POUR EN SAVOIR Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 7 décembre 1993 (deux arrêts). (Bulletin criminel 1993 N° 374 p. 935)
Le Petit Juriste vous présente le dossier du mois en collaboration avec la rédaction et la direction scientifique de La Semaine Juridique (Édition générale). Edité par LexisNexis (Jurisclasseur et Litec), ce magazine scientifique est la référence des professionnels de l’actualité juridique depuis 1927.
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L’élection d’un nouveau Président de la République est toujours l’occasion d’une réforme fiscale d’envergure. La promesse de 2007 d’un « choc fiscal » porteur de croissance a laissé place au « redressement dans la justice ». Le Petit Juriste vous propose un tour d’horizon des réformes fiscales déjà mises en œuvre par le nouveau gouvernement et de ce qu’il y a à attendre pour la suite. L'éminent spécialiste de la discipline, le Professeur Daniel Gutmann, donnera leur analyse. Alors entre volontarisme politique, rupture idéologique et impératif de réduction des déficits, les derniers soubresauts de la fiscalité française n’auront plus de secret pour vous. A peine entré en fonction, le gouvernement s’est attelé à concocter une réforme fiscale et à faire plancher les parlementaires sur le sujet. Ayant pour but de mettre en œuvre une partie du programme développé pendant la campagne, la deuxième loi de finances rectificative (LFR) pour 2012 fut votée le 16 août 2012. Entreprise comme particulier, personne n’échappe au « changement ».
La réforme, quant à ses aspects relatifs aux particuliers, s’est voulue teintée de « justice sociale », thème si souvent revendiqué par François Hollande durant la campagne présidentielle. A ce titre, plusieurs dispositions caractéristiques sont à aborder afin que vous puissiez juger par vous-même du résultat. • La retouche de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune L’une des mesures phares annoncée durant la campagne était le retour au barème de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) de 2011. Le seuil déclencheur de l’ISF avait précédemment été ramené de 800 000 à 1,3 millions d’euros pour éviter que les classes moyennes ayant bénéficié de la forte inflation de l’immobilier de la précédente décennie ne se voient taxées de manière disproportionnée. Décision du Conseil Constitutionnel n°2012-654 du 9 août 2012
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Un barème d’imposition à deux tranches avait été également institué, et était dans la ligne de mire du candidat socialiste. Ce retour promis à l’ancien barème n’était pourtant pas chose si aisée. Pour les contribuables s’étant déjà acquittés de leur ISF le 15 juin, un simple relèvement du barème ne pouvait pas être envisagé. C’est pourquoi une contribution exceptionnelle sur la fortune, qui n’a vocation à être appliquée que pour l’ISF 2012, a été instaurée. Elle vient compenser la différence existante entre le barème pour 2011 et celui pour 2012, abaissé par la précédente majorité. Le champ d’application ainsi que l’assiette de la contribution sont identiques à ceux de l’ISF 2012. Ainsi, les personnes dont le patrimoine net taxable au 1er janvier 2012 est supérieur à 1,3 millions d’euros sont assujettis à la contribution, sur la valeur net du patrimoine pris en compte pour l’ISF 2012. Le barème d’imposition appliqué pour la contribution est identique au barème applicable pour 2011 et s’étale donc de 0,55% à 1,8%. L’ISF dû au titre de 2012 est imputable sur la contribution. Le paiement de la contribution devra être acquitté au plus tard le 15 novembre prochain. Le Conseil Constitutionnel1, saisi d’une demande d’examen de constitutionnalité de la loi, a validé cette contribution malgré l’absence de dispositif de plafonnement2. Toutefois, si le Gouvernement entend Le plafonnement « Rocard » qui limitait le total formé par l’IR et l’ISF à 85% des revenus du contribuable a été supprimé l’an dernier.
revenir au barème de l’ISF à 6 tranches, la mise en place d’un tel dispositif sera exigée. En effet, c’est uniquement parce que la contribution est « exceptionnelle », donc par définition temporaire, que les Sages ont pu tolérer une telle disposition. • L’alourdissement de la fiscalité sur les successions et les donations Une autre mesure marquante de cette loi de finances rectificative a beaucoup divisé quant à la conception de justice sociale du Gouvernement actuel. En effet, «le durcissement des droits de mutations à titre gratuit»3 applicable aux donations et successions est bien loin de faire consensus. Cet alourdissement de la fiscalité réside dans plusieurs dispositions. Tout d’abord, l’abattement applicable sur la part de chacun des enfants dans le cadre de donations ou successions entre parents et enfants est abaissé de 159 325 à 100 000 euros par la réforme. En outre, la loi dispose que le délai de rappel fiscal est porté de 10 à 15 ans. Ainsi, pour le calcul des droits de mutation applicables, la valeur des biens faisant l’objet de donations ou déclarations de succession ouverte ou consentie à compter de la publication de la loi, sont augmentées de la valeur des biens compris dans les donations déjà consenties par le donateur ou le défunt au même bénéficiaire dans les 15 années précédentes. Enfin, les montants des abattements, tarifs et seuils ne seront désormais plus actualisés annuellement. En effet, ces montants étaient depuis 2007 actualisés chaque année parallèlement à la première tranche de l’IR. • La suppression de la « TVA sociale » Considérée comme injuste par l’équipe de campagne socialiste, la TVA « sociale » ou « anti-délocalisation » a concentré de nombreuses critiques. Le relèvement du taux normal de la TVA devait entrer en vigueur le 1er octobre prochain pour permettre la réduction de certaines charges, mais c’était sans compter le basculement de majorité. En effet, le taux normal de la TVA restera fixé à 19,6% au lieu de passer à 21,2% en octobre prochain, et ce alors même que des appels à renforcer la compétitivité française se font de plus en plus entendre des deux côtés de l’échiquier politique. Cette abrogation rétroagit au 1er janvier 2012. • L’assujettissement des revenus immobiliers des non-résidents aux prélèvements sociaux Autre mesure notable de cette loi de finances ayant fait l’objet de nombreux commentaires : l’assujettissement des revenus immobiliers des non-résidents aux prélèvements sociaux. Concrètement, cette mesure alourdit le poids de la fiscalité pour les non résidents 3
fiscaux (français ou étrangers non domiciliés fiscalement en France) s’agissant des revenus tirés de leurs biens immobiliers situés en France. Les revenus concernés sont les loyers, et revenus accessoires ainsi que les plus-values de cessions. Ces revenus étaient déjà soumis à l’impôt sur le revenu français avant la réforme, impôt sur le revenu auquel doivent donc dorénavant être ajoutés 15,5% de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement social et contribution additionnelle à ce prélèvement). Nombreux sont ceux qui craignent une fiscalité dissuasive pour les nonrésidents. Voir sur ce point l’article de Said Bakir : « Revenus immobiliers des non résidents : aucune bourse n’échappe à l’effort contributif » publié sur notre site internet. Pour terminer, l’objectif clairement annoncé de démanteler les mesures adoptées lors de la précédente législature s’est également matérialisé par le biais de retours en arrières passés davantage inaperçus. A titre d’exemple, nous pouvons citer le rétablissement du taux réduit de TVA de 5,5% concernant les opérations portant sur les livres, contre 7% en début d’année. Nous pouvons également évoquer la suppression du droit de timbre annuel de 30 euros exigé des bénéficiaires de l’aide médicale d’État. L’aide médicale d’État permet aux étrangers en situation irrégulière, résidant en France depuis plus de 3 mois et disposant de ressources n’excédant pas un certain plafond, de bénéficier de la prise en charge de leurs soins médicaux et d’hospitalisation par l’État. Par ailleurs, d’autres dispositions ont été adoptées pour faciliter l’accès à cette aide médicale d’État. LPJ : Quels sont pour vous les principaux apports de cette loi de finances ? Sont-ils opportuns et pertinents ? Les mesures vous semblent-elles abouties ? Professeur Gutmann : La contribution exceptionnelle sur la fortune est une réforme sans lendemain car il résulte de la décision du Conseil constitutionnel que l’absence de plafonnement n’est acceptable qu’en raison du caractère exceptionnel de la mesure.
Feuillets Rapides Francis Lefebvre 35/12 n°1 p 6 Octobre 2012 - Page
D’autres mesures pérennes sont plus intéressantes, Moscovici au cours des débats parlementaires4. Cette notamment celles qui limitent l’utilisation par les loi symbolique de la présidence Sarkozy accordait sociétés de leurs déficits reportables ainsi que les aux salariés une réduction des cotisations salariales règles anti-abus destinées à lutter contre l’utilisation applicables aux heures supplémentaires ainsi qu’une de certaines failles du système fiscal. Ne pas oublier exonération sur ces heures d’impôt sur le revenu. Elle toutefois que dans le cas des déficits, il s’agit le plus permettait également à l’employeur de déduire un souvent d’une codification de la jurisprudence et de la enmontant forfaitaire sur les Le Petit Juriste vous présente le dossier du mois collaboration avecdelacotisations rédaction patronales et la direction pratique du Bureau des agréments. heures supplémentaires réalisées par les salariés. scientifique de La Semaine Juridique (Édition générale). Edité par LexisNexis (Jurisclasseur et
Litec), celamagazine scientifique est laêtre référence des professionnels l’actualité 1927. La réforme plus intéressante me paraît la taxe de L’idée était à de l’origine, parjuridique le biais depuis d’une incitation 3% sur les distributions de dividendes opérées par les fiscale, de favoriser le recours aux heures Pour découvrir La Semaine Juridique, (-70% etudiants) : www.etudiant.lexisnexis.fr sociétés de capitaux à leurs actionnaires. Il s’agit d’une supplémentaires comme moyen d’adaptation de mesure très innovante dans la mesure où elle impose l’entreprise à ses besoins, tout en permettant par les distributions, non entre les mains de ceux qui en la même occasion une augmentation du pouvoir profitent (les actionnaires), mais entre les mains des d’achat des salariés. L’approche du sujet par le sociétés distributrices. C’est une façon politiquement gouvernement actuel est toute autre. Ce dernier habile et économiquement subtile d’imposer en France perçoit l’exonération des heures supplémentaires les profits des sociétés qui réalisent l’essentiel de leurs comme un obstacle à l’embauche. La suppression de activités à l’étranger et sont exonérées d’IS en raison leur fiscalité avantageuse inciterait l’employeur, en du principe de territorialité. cas de besoin, à recourir à l’embauche plutôt qu’aux heures supplémentaires. L’imposition est en quelque sorte décalée dans le temps. D’un point de vue budgétaire, le rendement Le législateur est donc revenu sur cette exonération. de cette taxe est potentiellement très élevé, surtout si Désormais, la déduction des cotisations patronales le taux augmente au fil des années. Evidemment, les est supprimée pour toutes les entreprises d’au moins entreprises ont de sérieuses raisons de redouter que vingt salariés. En outre, la réduction des cotisations cette taxe ne les pénalise. salariales applicables aux heures supplémentaires est également supprimée dans toutes les entreprises, quelque soit leur effectif. Il en est de même pour La fiscalité des entreprises l’exonération de l’impôt sur le revenu. La logique qui s’est imposée en matière de fiscalité des particuliers peut se décliner en ce qui concerne les sociétés. Le gouvernement a clairement annoncé la volonté de faire contribuer plus largement les grandes entreprises, dans une optique de répartition des efforts, quitte à risquer de décourager l’entreprenariat et faire fuir les créateurs d’emplois. Le Petit Juriste décrypte les principales réformes et vous donne les clés pour vous faire votre propre opinion sur celles-ci.
Cependant, les heures supplémentaires, même dans les entreprises de plus de vingt salariés, conservent un avantage puisque la majoration de la rémunération de ces heures n’est pas remise en cause par la LFR. • La contribution additionnelle de 3% sur les dividendes distribués La LFR instaure une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés sur les revenus distribués. Concrètement, les dividendes distribués aux associés d’une société, autre qu’une PME, subiront une imposition supplémentaire, s’élevant à 3% du montant distribué. L’objectif de cette mesure est de favoriser le réinvestissement des bénéfices dégagés par la société au sein de cette dernière, en pénalisant la distribution de dividendes. Elle doit permettre également de renforcer les capitaux propres des sociétés concernées et partant, de limiter leur recours à l’emprunt considéré comme risqué lorsqu’il devient trop important. • L’augmentation de la transactions financières
• La fin d’un symbole : l’exonération des heures supplémentaires L’exonération des heures supplémentaires « ne s’est pas avérée être pertinente dans un contexte de ralentissement économique (…) », a déclaré Pierre 4
Le secteur financier doit également supporter le coût de la crise. C’est dans cette logique que la première taxe sur les transactions financières (TTF) fût adoptée. La loi de finances rectificative de l’été modifie le taux de cette taxe pour le porter à 0,2%, soit le double de
Assemblée nationale – XIVe législature, Session extraordinaire de 2011-2012, Première séance du lundi 16 juillet 2012
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ce qu’il était auparavant. La TTF, initialement instaurée par le gouvernement Fillon, sous l’impulsion de Bruxelles, avait pour but de stabiliser l’économie, en décourageant certaines pratiques à risques telles que le courtage à haute fréquence ou celles portant sur certains instruments financiers. La réforme d’été porte donc le taux de la taxe sur les transactions financières, qui est exclusivement due par l’acheteur, à 0,2% de la valeur d’acquisition des titres. Cette taxe s’applique à toutes les transactions à titre onéreux portant sur des titres de capital admis aux négociations sur un marché règlementé, français ou étranger, émis par une société, quel que soit le lieu d’établissement de son siège social.
La réforme estivale maintient ces conditions existantes et en ajoute une nouvelle : l’activité à l’origine des déficits ne devra pas avoir subi de changement pendant la période de constatation de ces derniers. Concrètement, au cours d’un exercice fiscal, l’activité de la société ne devra pas être modifiée pour que les déficits constatés à la fin de l’exercice puissent être transférés après l’opération de restructuration. L’objectif de cette réforme est clair : il consiste à éviter qu’une société ne soit transformée en « coquille vide », c'est-à-dire que tous ses actifs ne soient vendus de sorte qu’elle ne puisse plus exercer d’activité et devienne ainsi déficitaire, et qu’elle ne soit alors absorbée par une société bénéficiaire afin de récupérer les déficits non encore déduits. Sur ce point, voir l’article de Pierre Denizot : « Transfert du droit au report : la chasse au déficit continue sur notre site internet ». LPJ : La politique fiscale menée vous paraît-elle en adéquation avec les impératifs économiques actuels ? Professeur Gutmann : Je ne crois pas que la TTF affecte profondément l’attractivité de la France. Les règles sur le report des déficits sont plus rigoureuses mais il y a pire à l’étranger et je serais étonné qu’elles aient une incidence sur le choix de la France comme pays d’implantation de sociétés étrangères ayant une activité créatrice d’emplois sur notre territoire. La contribution à l’IS est davantage problématique.
Voir sur ce point l’article de Stéphane Raison : «Taxe sur les transactions financières : entre efficacité fiscale et volontarisme politique» publié sur notre site internet. • Le durcissement du transfert de déficits en cas de restructuration Le constat établi par le gouvernement est que les grands groupes subissent in fine une imposition moins importante que les PME. L’une des pratiques courantes de ces groupes est de compenser les bénéfices de certaines sociétés avec les déficits de certaines autres sociétés appartenant au groupe. Conscient de cela, le législateur est venu réduire les possibilités de transfert de déficits dans le cadre d’une restructuration. Auparavant, en cas de fusion ou d’opération assimilée, les déficits antérieurs subis par la société absorbée et non encore déduits pouvaient être reportés dans leur intégralité sur les bénéfices ultérieurs de la société absorbante lorsqu’un agrément était délivré. En vue de l’obtention dudit agrément, certaines conditions devaient être satisfaites. L’opération devait ainsi être placée sous un régime dit « de faveur », être justifiée d’un point de vue économique, avoir des motivations autres que fiscales et l’activité à l’origine des déficits devait être poursuivie pendant au moins trois ans par la société absorbante.
• L’alourdissement de la fiscalité rémunérations des dirigeants
La nouvelle loi de finances rectificative pour 2012 vient modifier la fiscalité établie sur les stock-options ainsi que sur les attributions gratuites d’actions. Ces derniers étaient auparavant soumis à des taux préférentiels de cotisations patronales et salariales, s’élevant respectivement à 14% et 8%. En outre, la loi prévoyait des taux d’avantage minimisés sous certaines conditions. La réforme vient rehausser le taux des cotisations patronales et salariales en la matière. Ces derniers s’élèvent à présent à 30% s’agissant des cotisations patronales et 10% s’agissant des cotisations salariales.
Les mesures repoussées Vous l’aurez compris, fiscalement, le «changement» n’est pas pour maintenant mais pour 2013. Les modifications actées cet été n’étaient, en définitive, qu’un prélude. Il convient de s’intéresser aux principales mesures à venir pour 2013. Nous avons demandé au Professeur Gutmann de nous confier ce qu’il faut attendre de cette réforme. L’avis du Professeur Gutmann : Une augmentation de la CSG et un élargissement de son champ constitueraient une réforme profonde de la fiscalité. On peut également supposer que d’autres mesures seront adoptées pour élargir l’assiette de l’IS. Octobre 2012 - Page
Les plus redoutées par les entreprises concernent les restrictions supplémentaires que pourraient apporter le législateur à la déduction des intérêts d’emprunt.
de 2012. Cette non-indexation équivaut à une hausse générale d’environ 2% de l’impôt, même si un système de décote est prévu pour les moins aisés.
Du côté de l’ISF, pas grand-chose de substantiel à attendre : la pérennisation d’un barème progressif au taux marginal de 1,8% paraît mise en péril par la décision du Conseil constitutionnel du mois d’août, à moins que ne soit rétabli un système de plafonnement, mais on peut douter que la majorité puisse se permettre politiquement le rétablissement d’une forme de bouclier fiscal. On pourrait donc voir le retour d’un système proche de celui antérieur à 2012, avec des taux proportionnels plus élevés que ceux existant en 2011. Des réformes plus ambitieuses (dont on peut douter de l’avènement) consisteraient à fusionner IR et CSG (sans que le nouvel impôt ne comporte toutes les niches de l’IR), l’abolition pure et simple d’un certain nombre de niches ou encore l’augmentation de la fiscalité énergétique.
Par ailleurs, les revenus du capital doivent être intégrés au barème de l’IR. Le Prélèvement forfaitaire libératoire sera supprimé. Plus-values mobilières, dividendes, intérêts, stock-options seront soumis à la progressivité de l’impôt.
Depuis que nous avons interrogé le Professeur Gutmann, le projet de loi de finances a été présenté par le gouvernement en conseil des ministres. Les priorités avancées lors de la campagne présidentielle sont connues de tous : « taxe à 75% », alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, alourdissement de l’ISF et des impôts des grandes entreprises. La révélation du projet n’aurait donc pas dû surprendre. Mais c’était sans compter sur des contraintes économiques et juridiques qui ont quelque forcé le gouvernement à revoir leur copie. • Classes moyennes et aisées mises au service du « redressement » Comme prévu, la « taxe à 75% » figure au projet du gouvernement. Sa présence est une question de crédibilité pour l’exécutif. Elle doit prendre la forme d’une surtaxe qui ne doit exister que deux ans. Cependant, celle-ci est assez largement vidée de sa substance. Seuls les revenus du travail, au-delà d’un million d’euros, seront concernés, contrairement aux revenus du capital qui seront exonérés. Une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu (IR) à 45% doit être créée pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part. Le barème de l’IR, quant à lui, ne sera plus indexé sur l’inflation pour les revenus
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La révolte des pigeons Le soir de la révélation du projet de loi de finances pour 2013 par le gouvernement, des entrepreneurs exaspérés, et tout particulièrement des créateurs de start-up, décident de dénoncer l’acharnement fiscal dont ils considèrent être l’objet. « Les pigeons, mouvement de défense des entrepreneurs français » venait de voir le jour. L’alignement de la fiscalité du capital sur la fiscalité du travail est la cible principale de la revendication. Les plus-values après la vente d’actions, aujourd’hui taxées à 19%, devraient l’être au barème progressif de l’IR après adoption du budget. Avec la nouvelle tranche d’imposition à 45% et les 15,5% de prélèvements sociaux, on dépasserait les 60%. Il est difficile d’imaginer que des entrepreneurs ou des investisseurs puissent accepter de se risquer à investir dans des PME alors même que 60% de la valeur créée reviendra à l’Etat lors de la revente de l’entreprise. Les financements, tellement nécessaires aux entreprises en croissance et créatrices d’emplois, risquent d’être drainés ailleurs. In fine, le risque est que l’emploi et la croissance se trouvent lourdement pénalisés. Du coté de Bercy, on prétend cependant que ces calculs sont faux et qu’il faut prendre en compte d’autres données. Relayé par des personnalités importantes, ce mouvement a été un succès immédiat. Les médias français, et même certains médias étrangers, se font l’écho de la mobilisation des « pigeons ». Moins d’une semaine après la création du mouvement, le gouvernement acceptait de procéder à des aménagements de son projet et d’aménagement de la taxation des plus-values de cession d’entreprise. A l’heure où nous mettons sous pli ce dix-huitième numéro, nous ne connaissons pas les arbitrages
définitifs sur le projet de loi de finances. Le gouvernement maintient l’alignement de la fiscalité des revenus du capital sur les revenus du travail. Cependant, il a été annoncé la mise en place d’un régime spécifique pour les plus-values réalisées par les entrepreneurs qui cèdent leurs entreprises après une certaine durée de détention courte. Il s’agirait d’une imposition forfaitaire de 19% avec les 15,5% de cotisations sociales. D’autres concessions doivent aussi être accordées, par exemple en ce qui concerne l’exonération proportionnelle de la plusvalue réinvestie dans une autre entreprise, mais ces dispositions restent encore vagues. Si la LFR pour 2012 a partiellement remodelé l’ISF, le retour en arrière est quasi-total avec le projet de loi de finances pour 2013. Le barème qui prévalait avant la réforme Sarkozy de 2001 s’appliquera à nouveau : les taux d’imposition s’échelonneront de 0,55% à 1,8%. Le seuil d’entrée à l’ISF restera fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine cependant. Pour que cet alourdissement ne soit pas jugé confiscatoire par le Conseil constitutionnel, le gouvernement va introduire un plafond, au risque de faire renaître le spectre du bouclier fiscal. La politique familiale sera également impactée, le plafond du quotient familial devrait être abaissé. Les niches fiscales seront touchées, un contribuable ne pourra plus réduire son IR au-delà de 10 000 euros par ans par le jeu de celles-ci, sauf exceptions. En matière d’investissement locatif, le « Duflot » remplacera le « Scellier », les conditions étant plus strictes mais la réduction d’impôt plus intéressante.
ans puis à 75%. Grâce à un dispositif spécifique, les PME échapperont à cette mesure synonyme de hausse de l’IS. D’autres mesures toucheront surtout les grands groupes. Par exemple, la niche Copé, qui permet d’exonérer à 90% les plus-values des entreprises qui cèdent des titres de participation à d’autres sociétés, sera rognée. L’acompte de l’IS, qui est requis dès lors qu’une entreprise est soumise à l’impôt au-delà d’une certaine somme, sera relevé. Cependant, la modulation de l’IS a été repoussée à plus tard. Les bouleversements sont donc bien actés, et la pléthore de nouveaux prélèvements est au rendezvous. Le projet de loi doit maintenant suivre le chemin parlementaire. Il ne nous reste plus qu’à nous retrouver en décembre 2012, lors du vote de la loi, pour constater si les réformes envisagées seront bien prises et pour les détailler.
Lucile MARAIS, Julien KOCH et Enguerrand MALOISEL Avec la participation de Julien Nouchi et Katia Medjani
POUR EN SAVOIR PLUS : • h t t p : / / w w w. l e s e c h o s . fr / p a t ri m o i n e / i m p o t s / actu/0202155466157-reforme-fiscale-les-trois-mesuresphare-pour-votre-patrimoine-340817.php • Minefi et Min. redressement productif, communiqué, 11 juill. 2012, Axes de réforme fiscale du Gouvernement pour les années 2013 et suivantes, Revue de droit fiscal, Droit fiscal n° 29, 19 Juillet 2012, act. 324. • Cons. min., 12 sept. 2012, Projet de loi de finances pour 2013 : le Gouvernement annonce une grande réforme fiscale, Revue de droit fisacal, Droit fiscal n° 38, 20 Septembre 2012, act. 374. • Impots 2012 : tout ce qui change : http://impots.dispofi.fr/impot-2012. • http://defensepigeons.org/ • Le projet de loi de finances pour 2013 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl0235. asp
• La mise à contribution des entreprises Les entreprises payeront également l’addition. Les intérêts d’emprunt, totalement déductibles actuellement, ne le seront plus qu’à 85% pendant deux
• Le projet de loi de programmation des finances publiques 2012-201 : http://www.economie.gouv.fr/projet-loi-financesp o u r-2 0 1 3 - p roje t - l oi - p ro g ra m m a t io n - fi n a n c e spubliques-2012-2017
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The Castle Doctrine and the selfdefense of a home in America
The American self-defense law for the most part requires that the defendant has the right to retreat to protect his safety in order to avoid harm or injuries before resorting to the use of force. The Castle Doctrine is an exception to this “duty to retreat” rule. It is considered as a justification to commit a felony or any kind of infraction when an intruder enters one’s private property. The defendant is exempt of criminal prosecution and civil suit. It is not an excuse that could be used before a trial but a justification that allows the defendant to use this rule as an affirmative defense during a trial. This doctrine is based on English Common Law which provides that when any unwanted intruder enters one’s home, the land owner is in his Castle and has the right to defend it. It allows the owner or the resident of a home to use up to lethal force against an intruder. The early colonial states agreed that citizens use deadly force in those instances in which they reasonably believe that the force is required to prevent an imminent and unlawful entry. However, the United States gradually abandoned this broad standard and adopted statues that restricted the use of deadly force in defense of the home. Today, there is no uniform approach and each State has different statutes and requirements with regards to using force against an intrusion. The resort to deadly force as a response to an intrusion is admitted by courts; however, following recommendations of the Model Penal Code, deadly force is typically limited to situations where the employment of non-lethal force would expose the occupant to substantial danger of seriously bodily harm. In this article we will see the different conceptions of the Castle Doctrine across the USA divided in 3 major categories.
The Castle doctrine Adopted in most parts of the USA (28), this doctrine is a statement that allows using force (until deadly force) under specific circumstances. This doctrine is the most restrictive statute of the self-defense of home in the United States and required a certain number of certain acts committed by the intruder before the defendant could riposte and defend his home. The general conditions required using the force is limited to an illegal entry into a residence (business building included) or a vehicle. The resident must reasonably believe that the intruder is committing or attempting to commit a burglary, a robbery, to inflict bodily harm or to destruct property. But most part of courts of these states required an act of defense from the defendant such as retreating into his home or calling the police before using force.
Stand-Your-Ground law The concept of standing one’s ground allows people to defend their territory without any required preliminary retreat. This statute is issued from the precedent Beard V. US 1895 and recognized the right for the defendant to protect his property and is “in a good faith to believes
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that the intruder will try to take his life or do him great bodily harm”. This conception is recognized in 12 states. The most important difference between the Castle Doctrine and the Stand-Your-Ground Law stems from the fact that the self-defendant has to accomplish before to use the force. Under the Doctrine Castle one must try to avoid the using of force before shooting (as summons or retreat). Under the Stand-your-Ground Law, one may shoot before any summons every time he or she has a reasonable fear for safety.
The “Make My Day Law”, originating in Colorado, is one of the most controversial laws concerning self-defense in the USA. The name of this law comes from a line spoken by Clint Eastwood in a film called “Dirty Harry” in which he states “Go ahead, make my day!”, and is a good resume of the spirit of this law which is one of the most liberal statutes about self-defense in the USA. This lawstates that “Every citizens of the Colorado is justified in using any degree of physical force, including deadly physical force, against other person that has made an unlawful entry into the dwelling”. By consequence, every trespasser could be killed if he or she enters onto the property of another, even if he or she doesn’t threaten the owner or demonstrate suspicious behavior.
Conférence environnementale : vers un « cap vert »? Transition énergétique, développement durable, énergies renouvelables, autant de concepts dont la récente résonance médiatique témoigne du challenge auquel le nouveau gouvernement va devoir faire face. La conférence environnementale des 14 et 15 septembre devait poser les premiers jalons d’un virage vert. Quel est le bilan ?
Une volonté Premier constat au nom duquel le gouvernement appelle de ses vœux une transition énergétique : le renouveau énergétique aurait un impact économique et social substantiel. Complémentaire à la conférence sociale, la conférence environnementale a été présentée lors du discours d’ouverture comme un axe de « changement », une transition vers un nouveau modèle de développement. L’environnement y était d’ailleurs présenté lors du discours de clôture de Jean-Marc Ayrault comme un «puissant levier de croissance, de compétitivité de nos entreprises et d'amélioration de notre bien-être collectif».
Des actions Pour faire face à ce constat et à cette volonté de changement, la conférence environnementale a prouvé la volonté des pouvoirs publics d’agir, en commençant par le droit international. Le président de la république a affirmé l’urgence d’une diplomatie environnementale dans le but de parvenir à un accord global international en 2015. Pour rappel, les engagements pris par l’Union Européenne dans le « paquet énergie climat » le 12 décembre 2008 imposent toujours aux 27 Etats membres de réduire à l'horizon 2020 les émissions de gaz à effet de serre de 20% ; porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie et réduire cette consommation d'énergie de 20%. Des actions en droit interne sont également de mise, en agissant directement sur l’économie du pays. Le gouvernement s’engage notamment à réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production énergétique française. Projet de campagne du Président de la république, la fermeture de la centrale de Fessenheim à la fin de l’année 2016 est confirmée. Les industries gazière et pétrolière sont également impactées, le Président de la République ayant notamment affirmé son souhait de refuser tout permis de fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste. L’intérêt écologique se trouve ici doublé d’un intérêt financier évident, la France présentant une balance commerciale négative pour ces deux sources d’énergie. Leviers de croissance et énergies renouvelables, le nouveau mix énergétique devra notamment se recentrer sur l’éolien et le solaire. D’un point de vue institutionnel, la conférence sociale a été l’occasion d’annoncer la mise en place d’institutions publiques efficaces. Deux nouvelles entités, l’agence
nationale de la biodiversité et le Conseil de la transition écologique, seront chargées du pilotage de la transition écologique. Une réelle fiscalité verte sera mise en place comme en témoigne la hausse annoncée pour 2013 de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) portant sur les polluants atmosphériques. L’idée est simple : à long terme, taxer moins le travail pour imposer d’avantage les activités polluantes. Autre mesure visant les entreprises, l’obligation de transparence quant à la responsabilité sociale (RSE) pesant sur certaines d’entre elles devrait être élargie. Le critère de cotation de la société serait remplacé pour tenir compte de l’effectif salarial. Les entreprises seront toutefois incitées économiquement à participer à l’effort écologique via la nouvelle Banque Publique d’Investissement financée en partie par des fonds européens. Des prêts leur seront consentis sous réserve pour elles d’investir dans le développement durable (isolation thermique, énergies renouvelables, écotechnologies etc.). Ces projets seront concrétisés dans les semaines à venir par des lettres de cadrage aux ministres concernés. Le premier ministre soulevait lors de la conférence la nécessité, pour les acteurs du développement durable, d'un « un cadre réglementaire stable qui soit en même temps transparent et favorable aux investissements ». L’heure est donc à l’action et à la refonte d’un droit de l’environnement jugé trop complexe. Quelles que soient les orientations prises, espérons que le virage écologique ne nous mène pas droit dans le mur.
POUR EN SAVOIR PLUS : •http://www.developpement-durable.gouv.fr/ -La-conference-environnementale,5900-.html Octobre 2012 -
onseils des professionnels
Y a-t-il trop d’avocats en France ? Depuis cet été, les débats sont lancés en France pour trouver des solutions face au surplus d’avocats. Il est question d’instaurer un numerus clausus, à l’instar des études de médecine, mais également de rallonger la formation. Dans une interview accordée au Figaro, Christiane Féral-Schuhl tire la sonnette d’alarme.
Quelques chiffres L’Observatoire du Conseil National des Barreaux a publié la troisième édition de son cahier statistique « Avocats : évolutions et tendances de la profession ». On y apprend les principaux chiffres clé. En 2011, on recensait en France 54 000 avocats, dont près de la moitié étaient rattachés au barreau de Paris ! Depuis 2000, le nombre d’avocats augmente en moyenne de 3,6% par an. Ces chiffres alarment le bâtonnier de Paris, qui souhaite imposer rapidement des mesures provisoires afin de limiter cette augmentation.
L’instauration d’un numerus clausus ? Selon Christiane Féral-Schuhl, « La profession doit en effet se mobiliser sur cette question. C'est un sujet majeur. Si nous ne faisons rien, dans cinq ans, 10 000 nouveaux avocats seront présents en plus des 24.000 professionnels parisiens. Je ne suis pas favorable au numerus clausus, mais on ne peut pas rester les bras croisés. Plusieurs pistes peuvent être explorées. Comme celle d'un examen national plus sélectif ou la création d'une grande profession du droit. Mais cela ne suffira pas. En attendant, il faut prendre des mesures provisoires limitant l'arrivée de nouveaux avocats sur le marché pendant quelques années. »
Pour le bâtonnier, il ne faudrait donc pas nécessairement instaurer un système de numerus clausus, mais durcir les conditions d’entrée au concours du barreau. Cela aurait donc pour conséquence de réduire considérablement le nombre d’élèves avocats et par extension le nombre d’avocats. Toutefois, il faut prendre en compte le fait que le concours d’entrée à l’école du barreau est déjà assez sélectif puisque les candidats doivent obtenir la note minimum de 10 sur 20. L’instauration d’un numerus clausus peut paraître contestable dans la mesure où les études en droit, et les étudiants dans cette filière ne pourront qu’approuver, sont déjà une sélection en elles-mêmes. En effet, franchir le cap de la première année est déjà difficile, sans compter sur le passage en Master 1 qui, selon les universités, nécessite l’étude approfondie d’un dossier, pour au final ne sélectionner que les meilleurs candidats. Mais la sélection la plus rude est sans doute celle du passage en Master 2, pour lequel certains UFR ne sélectionnent que les étudiants ayant obtenu une mention. Rajouter à tout cela un numerus clausus pour l’entrée à l’école du barreau est sans doute une bonne solution pour effrayer les étudiants et réduire considérablement le nombre d’avocats en France. Encore faut-il se pencher sur la question et savoir ce qu’engendrerait une diminution conséquente d’avocats en France.
Ce qu’il faut comprendre des statistiques Cependant, comme le souligne Arnaud Gossement, avocat, il faut prendre une précaution particulière lorsque l’on s’attarde sur les chiffres. En effet, si le nombre d’avocat augmente, il faut comprendre qu’un étudiant fait souvent le choix de ce diplôme pour intégrer un poste à responsabilités juridiques au sein d’une grande enseigne. Force est de constater, sur les offres d’emploi, que pour les profils de directeurs juridiques, de juristes, il est souvent demandé aux candidats d’avoir obtenu le concours d’avocat. Ainsi, dire qu’il y a trop d’avocats en France est une affirmation à relativiser. D’autant que la crise frappe tous les métiers sans exception. Aujourd’hui, de nombreux avocats fraichement diplômés passent directement par la case Pôle Emploi. Mais ce n’est pas une nouveauté, les employeurs préfèreront toujours les étudiants titulaires du plus grand nombre de diplômes, avec mention de préférence, mais le choix d’un
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Elle propose également de fusionner la profession de conseil en propriété intellectuelle avec celle de l’avocat. En outre, elle se penche sur la question de l’avocat d’entreprise, question qui a fait l’objet d’un rapport remis le 20 février 2012 par la Chancellerie aux instances représentatives des avocats.
candidat se fait aussi en fonction de l’expérience professionnelle qu’il a accomplie au cours de ses études. Il est vrai qu’il est difficile pour un étudiant en droit de conjuguer un stage avec les cours, d’autant que tout au long des études en droit, le stage ne devient obligatoire qu’en cinquième année ! Une solution qui devrait sans doute être envisagée serait celle de proposer davantage de cursus en droit pouvant s’effectuer en alternance, dans le cadre d’un contrat de professionnalisation par exemple. Aujourd’hui en effet, les universités proposant ce type de contrats sont rares, et parmi celles qui le proposent, ces contrats ne concernent que le Master 2.
Une profession unique du droit ? Un rapport sur les professions du droit a été remis en 2009. La commission a rejetée l’idée de mettre en place une profession unique du droit, en se plaçant notamment du côté des usagers et de leurs besoins : « une profession unique du droit répondrait aux attentes de représentants de la profession d'avocat, mais ne répondait pas à un besoin exprimé par les particuliers ou par les entreprises, quel que soit d'ailleurs le domaine d'activité examiné. L’autre raison essentielle vient de la très nette distinction entre les missions relevant de l'autorité publique et les autres activités juridiques ou judiciaires ». Cette idée abandonnée, la commission a orienté sa réflexion vers un élargissement des missions de l'avocat.
Un élargissement des missions de l’avocat est souhaitable La commission réserve dans son rapport un titre I « une profession d’avocat élargie et rénovée », dans lequel elle propose d’élargir les missions de l’avocat. L’une des propositions a abouti puisqu’il s’agit de la suppression totale de la profession d’avoué, missions duquel sont désormais dévolues à l’avocat, qui a pris effet depuis le 1er janvier 2012.
La mesure innovante réside dans la volonté d’instaurer l’acte contresigné par l’avocat. Si les avocats s’opposent vivement à la confusion avec la profession de conseil en propriété intellectuelle, en revanche ils ne s’opposent pas à la possibilité de pouvoir rédiger des actes authentiques. Au contraire, ils la réclament. Cette proposition permettrait aux parties de s’adresser à un avocat en tant que conseil, et celui-ci serait alors habilité à renforcer le pouvoir des actes sous seing privé en les contresignant. Comme le rappelle la commission, il n’existe pas en droit français de moyens pour donner à l’acte sous seing privé une force comparable à l’acte authentique délivré par le notaire : « Le législateur a cherché par le passé à remédier à cette situation mais les solutions imaginées sont insuffisantes : elles ne tiennent pas lieu de conseil juridique et ne concernent pas certains actes pourtant importants (tels la location ou la vente de meubles, les investissements financiers). » La commission propose d’inscrire ces dispositions dans la loi du 31 juillet 1971 portant réforme de certaines réformes judiciaires et juridiques, en la complétant par l’article suivant : « Le contreseing de l’avocat de chacune des parties sur un acte sous seing privé atteste que l’avocat a pleinement éclairé la partie qu’il conseille sur les conséquences juridiques de cet acte. Par son contreseing, l’avocat garantit la pleine validité et la pleine efficacité de l’acte à la partie qu’il conseille sur la base des informations qu’elle lui a communiquées. L’acte sous seing privé contresigné dans les conditions ci-dessus est légalement tenu pour reconnu au sens de l’article 1322 du Code civil. Lorsqu’il intervient comme conseil ou rédacteur unique, le contreseing de l’avocat emporte les conséquences définies ci-dessus à l’égard de toutes les parties à l’acte. Lorsqu’il est apposé dans les conditions ci-dessus, le contreseing de l’avocat se substitue à la mention manuscrite exigée par la loi, sauf disposition légale spécifique. » En définitive, pour les étudiants qui souhaitent devenir avocat ou hésitent encore, il serait préférable de se décider rapidement, avant qu’un numerus clausus ou d’autres mesures restrictives ne soient imposées.
POUR EN SAVOIR PLUS : • h t t p : / / w w w. a r n a u d g o s s e m e n t. c o m / archive/2012/08/26/trop-d-avocats.html •ht tp://w w w.justice.gouv.fr/art_pix/rap_com_ darrois_20090408.pdf •http://www.carrieres-juridiques.com/conseils/60-ladisparition-de-lavoue-des-metiers-du-droit.html Octobre 2012 -
De l’homoparentalité à l’homoparenté...
rop souvent employés l’un pour l’autre, les concepts d’homoparentalité et d’homoparenté recouvrent pourtant des notions distinctes. Si la parenté (du latin pario : engendrer) renvoie directement à la filiation, la parentalité englobe quant à elle une notion plus délicate à appréhender, correspondant d’une certaine manière à la fonction parentale (prise en charge, protection et éducation de l’enfant). Par le biais de la délégation d’autorité parentale et sans jamais franchir le Rubicon de l’adoption, la jurisprudence offre une solution pragmatique aux couples homosexuels avec un enfant, en restant sur le terrain de l’homoparentalité. Souhaitant consacrer l’homoparenté en légalisant l’adoption des couples de même sexe, le législateur semble aujourd’hui vouloir aller plus loin. La refonte du droit de la filiation, vers laquelle il semble inévitablement s’engager, n’est pourtant pas dénuée de risques.
La fin annoncée d’une solution de bon sens Dans l’incapacité de pourvoir seul à ses intérêts, l’enfant mineur bénéficie d’une protection juridique : l’autorité parentale. Définie à l’article 371-1 du code civil comme « un ensemble de droits et devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant » appartenant « aux père et mère », sa délégation est pourtant possible. Classiquement, la délégation d’autorité parentale impliquait que les parents renoncent pleinement à assumer les charges de cette autorité. La loi du 4 mars 2002 apporta une évolution notoire et supprima la condition de remise de l’enfant à un tiers, prévue par les anciennes dispositions du code civil. On admet désormais la délégation-partage, entendue comme un exercice commun du déléguant et du délégataire, si la délégation est conforme à l’intérêt de l’enfant1 et que « les circonstances l’exigent.2 » Ce procédé, originairement destiné aux beauxparents dans les familles recomposées, fut l’objet d’un contentieux important quant à son application en faveur des couples homosexuels avec un enfant. Les juges du Quai de l’Horloge ont répondu, au faible encadrement juridique que connaissaient certains de Civ. 1ère, 16 avril 2008. Article 377 du code civil. 3 Civ. 1ère, 24 février 2006. 4 Civ. 1ère 20 février 2007, n°06-15.647. 5 Civ. 1ère 20 février 2007, n° 04-15.676. 6 Civ. 1ère 7 juin 2012, n°11-30.261 & 11-30.262. 1 2
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ces couples, en admettant la délégation d’autorité parentale3 . Coincée entre le marteau de la lettre du code civil et l’enclume de l’évolution fulgurante des moeurs de notre société, la Cour de cassation apporta donc, sur le terrain de la parentalité, une réponse mesurée et concrète aux revendications des couples homosexuels. Sans surprise, la question de l’adoption pure et simple (et donc de la parenté), fut soulevée. La position de la Haute Cour sur le sujet, fut on ne peut plus explicite. Elle considéra que cet acte juridique - créant entre deux individus un lien juridique de filiation, non fondé sur un lien du sang - qui prive la mère biologique de ses droits d’autorité parentale, est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant4. En outre, elle refusa d’admettre, pour surmonter cette conséquence, une délégation d’autorité parentale de l’adoptante en faveur de la mère biologique, qu’elle jugea « antinomique et contradictoire » avec le principe même de l’adoption5. Les juges du droit ont par ailleurs, récemment confirmé que l’adoption restait un Everest infranchissable. Par deux arrêts du 7 juin 20126, ils ont en effet refusé l’exequatur d’une décision étrangère autorisant une adoption par un couple homosexuel. Affirmant même, au visa de l’article 310 du code civil7, que la reconnaissance d’une telle décision, dont la transcription sur les registres d’état civil impliquerait l’inscription d’un enfant comme né de deux parents du même sexe, était contraire à un principe essentiel du droit de la filiation. « Tous les enfants dont la filiation est légalement établie ont les mêmes droits et les mêmes devoirs dans leurs rapports avec leur père et mère. Ils entrent dans la famille de chacun d’eux. » 8 Cons. const. 6 octobre 2010, n°2010-39 QPC. 9 CEDH, 15 mars 2012, Gas & Dubois c/ France. 10 En ce sens : P.Murat, Revue de Droit de la famille, avril 2006, comm. 89 7
Cette position de la Cour de cassation ne fut jamais remise en cause, ni par le Conseil constitutionnel8, ni par la Cour Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme9. Elle fut par ailleurs saluée par une partie de la doctrine, car elle offrait un statut intermédiaire entre le vide juridique de la situation de fait du partenaire homosexuel du parent et l’excès de droit donné par la reconnaissance du statut de parent10. Insatisfaits de ce trop peu de symbolisme, exaspérés par ce pragmatisme, les lobbys ont rapidement fait valoir que cette technique restait aléatoire, car soumise à l’appréciation du juge. Revendication qui ne restera pas sans réponse...
La refonte programmée du droit de la filiation Promesse de campagne de l’actuel Président de la République, la légalisation de l’adoption par les couples homosexuels semble inévitable, eu égard à la majorité parlementaire. Deux propositions de loi allant dans ce sens ont déjà été déposées cet été. L’une, enregistrée à l’Assemblée nationale le 24 juillet dernier, l’autre, enregistrée au Sénat le 27 août. Ces propositions de loi invitent, entre autres, à la réécriture des articles du code civil régissant l’adoption et à la suppression de toute référence aux père et mère, remplacés en l’espèce par le mot « parents. » Les partisans de cette réforme du droit de la filiation, se fondent très largement sur la rhétorique antidiscriminatoire qui prône une parfaite égalité entre couples homosexuels et hétérosexuels. Ne pas discriminer les individus en fonction de leur orientation sexuelle est une chose. Tendre vers un idéal social niant toute dimension sexuée à notre société est en revanche, un projet dangereux11. D’autant qu’il est acquis, qu’une différence de traitement n’est aucunement une discrimination, lorsqu’elle découle de justifications objectives et rationnelles. S’agissant de la faculté de procréation des couples homosexuels, il est évident qu’aucune démonstration scientifique n’est nécessaire... Par ailleurs, si la volonté de légaliser le mariage homosexuel concerne la vie amoureuse d’adultes consentants, l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe pose un problème qu’il est primordial de ne pas négliger. L’adoption engage, au-delà du couple en lui-même, un tiers : un enfant mineur et en pleine construction. Entrer dans le sempiternel débat des risques psychologiques pour l’enfant à être élevé dans un couple de même sexe est un écueil que l’on évitera En ce sens : I.Théry, Couples de même sexe, mariage et filiation : Par-delà la critique des apories de la rhétorique antidiscriminatoire, in H. Fulchiron, Mariage-conjugalité : parenté-parentalité, Dalloz, 2009. 12 En ce sens : H.Fulchiron, Parenté, parentalité, homoparentalité, Receuil Dalloz, 2006, p.876. 13 Ibid. 14 A.Mirkovic, Assistance médicale à la procréation pour les femmes célibataires et les personnes de même sexe : 11
ici. Cependant, l’affirmation des instigateurs de ces propositions de loi, selon laquelle cet environnement familial ne présente aucun risque pour l’enfant est, pour le moins, surprenante. Face aux études « scientifiques » aux résultats contradictoires et aux méthodologies discutables, la prudence s’imposait. Pourtant, le législateur opère donc une appréciation in abstracto de l’intérêt supérieur de l’enfant, et semble faire de quelques « cas positifs », une vérité générale. L’appréciation in concreto de ce même intérêt, qui était l’apanage de la Cour de cassation en la matière, emportait davantage la conviction12. En tout état de cause, la proposition de loi prévoit, de manière regrettable, la privation définitive pour certains enfants, d’un référent parental de sexe opposé. D’aucuns brandiront à ce propos l’étendard de la famille monoparentale, feignant d’ignorer qu’une carence du destin n’équivaudra jamais à une carence que l’on impose à l’enfant d’office... Un enfant qui sera viscéralement amené, un jour, à rechercher ses origines. Enfin, symboliquement, c’est un véritable bouleversement du droit de la filiation qui se profile. En consacrant ainsi le concept de l’homoparenté, il est évident que le législateur ne traite plus de questions d’éducation ou de prise en charge de l’enfant. C’est un « modèle », des « principes » et une « institution sociale fondamentale » traduisant une réalité naturelle qu’il transforme13. L’Homme est issu d’un père et d’une mère et c’est cette réalité naturelle que retranscrit juridiquement la filiation. Après le vote de ces propositions de loi, celle-ci ne fera état que d’un lien juridique quelconque entre l’enfant et un « parent » A ou B, laissant la porte ouverte à de nombreuses dérives, car le « concept de « parent A » et « parent B » est accueillant jusqu’au « parent Z. »14 » La mort symbolique de la parenté, n’a t-elle pas d’ailleurs pousser la Cour d’appel d’Ontario (Canada) à reconnaitre trois « parents » à un enfant ?15 A l’origine, « opération de charité sociale »16, l’adoption se muta subrepticement mais indubitablement, en un élément stratégique de l’édification d’un « droit à l’enfant », que la Cour Européenne des Droits de l’Homme n’a pourtant reconnu, ni dans le droit à la vie privée, ni dans le droit à la vie familiale17. La réforme voulue par le pouvoir en place consacre en quelque sorte ce droit et semble franchir le triste cap de... la « réification » de l’enfant !18
l'implosion de la parenté et la filiation, Revue de Droit de la famille, septembre 2010, étude 21. 15 C.A. Ontario, 2 janvier 2007, A.A. c/ B.B. , ONCA 2. 16 F.Terré & D.Fenouillet, Droit de la famille, Précis Dalloz, 8ème édition. 17 Entre autres : CEDH, 22 janvier 2008, EB c/ France. 18 Y.Lequette, La réification de l’enfant ?, Actualités juridiques tunisiennes n°16, 2003 Octobre 2012 -
Retrouvez dans cette rubrique l’essentiel de l’actualité juridique pas toujours médiatisée, mais bien résumée ! Droit CIVIL
Le 5 septembre 2012, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a précisé les modalités de fixation du tracé d’une servitude de passage en cas d’enclave. Si ce tracé doit être le plus court et le moins dommageable pour le fonds servant, il se doit également d’être compatible avec les contraintes d’urbanisme et environnementales, en vertu de l’article L642-2 du Code du Patrimoine. Sans nul doute, voici un encadrement du pouvoir souverain des juges du fond en la matière (Civ. 3ème, 5 septembre 2012, n°11-22.276).
Référé Alors que le pourvoi soutenait que le trouble manifestement illicite ne pouvait être constitué que par une entorse à une règle de droit, les juges du Quai de l’Horloge ont considéré les choses autrement. En effet, bien que l’adjectif « illicite » oriente vers une appréciation juridique du trouble, la Cour de cassation a considéré, le 12 juillet 2012, qu’il n’est pas indispensable qu’une violation d’une règle de droit soit constatée. Le simple risque de confusion entre deux avocats sur internet est à l’origine d’un trouble manifestement illicite. (Civ. 2ème, 12 juillet 2012, n°1120.687).
La corrida conforme à la Constitution Par décision du 21 septembre 2012, le Conseil constitutionnel s’est prononcé, dans les conditions
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prévues par l’article 61-1 de la Constitution, sur une Question Prioritaire de Constitutionnalité soulevée par deux associations de protection des animaux relative à la conformité de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du Code pénal au regard du principe d’égalité garanti par la Constitution. En effet, si cet article réprime les sévices graves et les actes de cruauté envers les animaux, son alinéa 7 aménage une exception dans l’hypothèse où une tradition locale et ininterrompue est établie. Les sages de la rue Montpensier ont alors estimé qu’en procédant à une exonération limitée de la responsabilité pénale aux seuls cas où il existe une tradition locale ininterrompue, le législateur n’a pas porté atteinte au principe constitutionnel d’égalité. droit européen
Avocats en entreprise A l'occasion d'un recours en annulation, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé le 6 septembre 2012 que « la notion d’indépendance de l’avocat est définie non seulement de manière positive, à savoir par une référence à la discipline professionnelle, mais également de manière négative, c’est-àdire par l’absence d’un rapport d’emploi » (arrêt Prezes Urzędu Komunikacji Elektroniczne C-422/11 et 423/11). C’est ici l’avocat en entreprise qui est visé, comme il l’avait été précédemment dans l’arrêt AKZO de la même Cour (CJUE, Akzo Nobel Chemicals et Akcros Chemicals/Commission, 14 sept. 2010, C-550/07 P). Dans ce dernier arrêt la Cour précisait que le secret des correspondances ne trouvait pas à s'appliquer lorsque l'avocat travaillait pour l'entreprise, qu'il n'avait plus comme simple cliente mais comme employeur. La Cour de
Luxembourg continue dans sa lancée en estimant dans l'arrêt du 6 septembre que l'avocat en entreprise n'est pas suffisamment indépendant pour représenter son employeur devant les juridictions en cas de contentieux. Concrètement, la requête avait été déclarée irrecevable par le Tribunal car signée par un avocat d'entreprise. La Cour rappelle à cet effet que la conception du rôle de l'avocat "est celle d’un collaborateur de la justice appelé à fournir, en toute indépendance et dans l’intérêt supérieur de celleci, l’assistance légale dont le client a besoin".
Mandat d'arrêt européen Le 5 septembre 2012 (Arrêt Jao Pedro Lopes Das Silva Jorge C-42/11), la Cour de justice de l'Union européenne a précisé les possibilités de refuser le transfèrement d'une personne pour l'exécution de sa peine par l'Etat d'exécution d'un mandat d'arrêt européen. En effet, sur renvoi préjudiciel demandé par la Cour d'appel d'Amiens, la CJUE indique que les Etats membres ne peuvent pas limiter la nonexécution du mandat d'arrêt européen aux seuls ressortissants français. Lorsque l'Etat membre d'exécution souhaite faire exécuter la peine prononcée par un autre Etat membre, il doit tenir compte des liens de rattachement de la personne en question avec l'Etat membre d'exécution. En l'espèce, il s'agissait d'un ressortissant portugais installé en France et marié à une ressortissante française. La CJUE rappelle que le principe de non-discrimination fondée sur la nationalité de l'article 18 du TFUE s'applique et qu'ainsi « il ne saurait être exclu de manière absolue et automatique de ce champ d'application les ressortissants d'autres Etats membres qui demeurent ou résident sur son territoire (...)
». L'article 695-24 du code de procédure pénal français, qui prévoit le refus d'exécution d'un mandat d'arrêt européen lorsque la personne est de nationalité française seulement, doit donc être écarté et le juge français est invité à observer in concreto si la personne demeurant en France a des liens d'attachement suffisants avec l'Etat français.
Le droit à l’emploi est une liberté fondamentale Par ordonnance du 11 septembre 2012, le juge des référés libertés du Tribunal administratif de Paris a enjoint à Pôle emploi de recevoir le requérant, chômeur de longue durée, dans les huit jours et de respecter son obligation légale
de moyens en vue d’assurer au mieux son accès à l’emploi. Cette ordonnance est audacieuse et lourde de conséquence mais reste isolée. Si traditionnellement le Conseil d’Etat refuse de conférer au « droit au travail » le statut de liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du Code de justice administrative, le Tribunal administratif de Paris a franchis le pas. En se fondant, d’une part, sur l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et, d’autre part, sur le 5ème alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, le juge des référés a admis le recours en estimant que Pôle Emploi avait porté une atteinte grave et manifestement illégal à la liberté fondamentale qu’est le «droit à l’emploi».
Hausse du plafonnement du livret A Du nouveau pour le Livret A, placement préféré des français. Le 1er octobre dernier, son plafond a été porté de 15 300 euros à 19 125 euros. Une nouvelle hausse de 25% est prévue au mois de décembre.Le relèvement progressif des plafonds de ce livret d’épargne défiscalisé, utilisé par environ 46 millions de français, s’inscrit dans la volonté du gouvernement de financer la construction de logements sociaux en France. Le Livret de Développement Durable, pour sa part, a été doublé le 1er octobre, passant de 6 000 euros à 12 000 euros. Ce livret est destiné à financer les investissements de certaines PME et certains aménagements des collectivités en soutien aux PME.
Après le droit, un peu de travers ! Citation du mois « Bien connaître pour mieux défendre », Gérard Haas, avocat, La sécurité juridique.
Le film juridique du mois : La série Suits Acteurs : Patrick J. Adams, Gabriel Macht, Gina Torres Réalisateur : Aaron Korsh en 2011 Synopsis : Harvey Specter, avocat au sein d’un des plus prestigieux cabinet d’avocat de Manhattan, recrute un collaborateur. C’est Mike Ross, qui va retenir tout son intérêt grâce à son talent et son incroyable mémoire visuelle. Cette collaboration semble idéale. Néanmoins, Mike va devoir recourir à de nombreuses stratégies afin que son avenir professionnel ne soit pas mis en péril. En effet, il n’a jamais passé l’examen du barreau. Intérêt : Une très belle promesse pour cette nouvelle série TV qui fait déjà parler d’elle. Baigné dans le monde juridique, elle reprend brillamment la vie au sein d’un cabinet d’avocat laissée pour compte depuis la fin de la série Ally Mc Beal. Tout ceci, sur fond de justice américaine et de l’insertion d’un homme brillant dans le milieu juridique avec ses doutes, ses premières plaidoiries, ses premiers dossiers, ses réussites mais aussi la difficulté de dissimuler son secret.
Le bon plan du mois : Les cours numériques En ce numéro de rentrée, notre intérêt se porte plus particulièrement sur les cours numériques disponibles aux étudiants. De plus en plus de plateformes vous proposent des cours écrits comme en vidéo conférence. Tout d’abord, le site de l’UNJF qui vous permet d’accéder à de nombreux cours, fiches mises à jour régulièrement. L’app store dispose également d’une application, nommée iTunesU, vous permettant de télécharger en vidéo conférence certains cours de droit dispensé dans les facultés. Ou encore, le site de certaines facultés comme celles de Lyon 3 met à disposition leurs conférences, cours, et colloques en streaming sur leur site suel.univ-lyon3.fr Vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas tenir vos bonnes résolutions de rentrée !
LE PETIT J URISTE Publication – Edition F A I T P–ARédaction R LES ETUDIANTS POUR LES ETUDIANTS
8 rue Rembrandt - 75008 Paris Directeur de la publication : Adrien CHALTIEL Rédacteur en chef : Geoffrey GURY Responsable Internet : Etienne FICHAUX Maquettiste - Communication : Paul MAILLARD Responsable partenariats : Antoine BOUZANQUET Dépôt légal : Novembre 2008 Le Petit Juriste - Association culturelle loi 1901
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Avec la participation de : l’ensemble des membres du Petit Juriste et ses rédacteurs. Remerciements particuliers : L'irremplaçable Alexis Vaudoyer, l'innénarable Antoine Faye, le MBA de Paris II, Lauranne Pari, Damir Bezdrob, Sarah Khediri, le site www.carrieres-juridiques.com et l’UNEDESEP.
Le Petit Juriste n°18
Le renouvellement des institutions nous a poussé à consacrer le dossier du mois aux réformes fiscales en cours et à venir. Outil indispensab...