Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F16-01-2013-2C_881-2012
Timestamp: 2016-10-24 10:42:32+00:00
Document Index: 5132153

Matched Legal Cases: ['art. 83', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 86', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 89', 'art. 95', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 64', 'art. 62', 'art. 62', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 63', 'art. 80', 'art. 80', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 117', 'art. 63', 'art. 63', 'art. 96', 'art. 5', 'art. 96', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 8', 'ATF ', 'art. 96', 'art. 96', 'art. 8', 'art. 65', 'art. 68']

2C_881/2012 (16.01.2013)
2C_881/2012
X.________, repr�sent� par Me Filippo Ryter, avocat, Etude LKNR & Associ�s,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, du 16 juillet 2012.
Ressortissant kosovar n� en 1968, X.________ a s�journ� sans autorisation en Suisse � plusieurs reprises et a fait l'objet de deux d�cisions de refoulement. Revenu ill�galement en Suisse en 1996, il y a d�pos� une demande d'asile, qui a �t� rejet�e en janvier 1997. A la suite de son mariage, en f�vrier 1997, avec une Suissesse de 22 ans son a�n�e, dont il a divorc� en 2005, il a obtenu une autorisation de s�jour, puis une autorisation d'�tablissement.
En 2005, X.________ a �pous� une compatriote, qui est venue le rejoindre en Suisse en 2007, au b�n�fice d'une autorisation de s�jour. Trois enfants sont n�s de cette union en 2005, 2007 et 2011.
B.a Durant son s�jour en Suisse, X.________ a r�guli�rement occup� les services de police et a fait l'objet de tr�s nombreuses condamnations p�nales, � savoir:
- En 1992, le Juge d'instruction du 4e ressort de Fribourg l'a condamn� � 200 fr. d'amende, convertie en trois jours d'arr�ts, pour entr�e et s�jour sans autorisation en Suisse, selon l'aLSEE.
- En 1993, le Tribunal de police du district de la Chaux-de-Fonds l'a condamn� � vingt jours d'arr�ts, avec sursis pendant un an, ainsi qu'� une amende de 200 fr. pour conduite sans permis.
- En 1995, le Juge d'instruction du 4e ressort de Fribourg l'a condamn� � une amende de 300 fr. pour entr�e, s�jour et travail sans autorisation en Suisse (aLSEE).
- En 1998, le Juge d'instruction du Jura bernois � Bienne a condamn� l'int�ress� � cinq jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans, ainsi qu'� 1'000 fr. d'amende pour infraction � la LCR.
- En 1999, le Minist�re public du canton de Neuch�tel l'a condamn� � 1'500 fr. d'amende pour exc�s de vitesse.
- En juillet 2000, le Juge d'instruction du district de Bienne-Laufon l'a condamn� � quinze jours d'emprisonnement sans sursis pour infractions � la LCR.
- En ao�t 2000, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � 100 fr. d'amende pour contravention � l'aLSEE.
- En mars et septembre 2003, l'autorit� pr�cit�e a condamn� X.________ � 600 fr., respectivement � 1'200 fr. d'amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2004, le Juge d'instruction � Burgdorf l'a condamn� � trente jours d'emprisonnement et � une amende de 1'500 fr. pour conduite en �tat d'�bri�t�.
- La m�me ann�e, le Juge d'instruction du canton de Fribourg a condamn� l'int�ress� � une peine de vingt jours d'emprisonnement, avec sursis pendant cinq ans, et � une amende de 4'000 fr. pour avoir occup� des �trangers sans autorisation (aLSEE) et violation grave des r�gles de la circulation routi�re.
- En 2005, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � quinze jours d'emprisonnement avec sursis pendant cinq ans, et � 1'500 fr. d'amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2006, le Juge d'instruction de l'arrondissement de La C�te l'a condamn� � quatre mois d'emprisonnement, assorti d'un sursis de cinq ans, ainsi qu'� une amende de 2'000 fr. pour extorsion et chantage, contrainte, s�questration et enl�vement, et pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2007, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 120 jours-amende et � 3'000 fr. d'amende pour avoir c�d� un v�hicule � moteur � un conducteur sans permis de conduire, avoir occup� des �trangers sans autorisation, pour abus de confiance et infractions � la LAVS et � la LIFD.
- En janvier 2008, le Tribunal de district de Lenzbourg a condamn� X.________ � 180 jours-amende pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re.
- En mai 2008, le Tribunal de police de Lausanne l'a condamn� � une peine p�cuniaire de quinze jours-amende et � une amende de 2'000 fr. pour insoumission � une d�cision de l'autorit� et pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En novembre 2008, le Juge d'instruction de Lausanne l'a condamn� � une peine p�cuniaire de quinze jours-amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2010, le Juge d'instruction du canton de Fribourg a condamn� l'int�ress� � une peine p�cuniaire de soixante jours-amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En mars et octobre 2011, le Minist�re public du canton de Fribourg l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 45 jours-amende, respectivement � 240 heures de travail d'int�r�t g�n�ral pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En ao�t 2011, le Minist�re public de l'arrondissement du Nord vaudois l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 130 jours-amende pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re et conduite en �tant dans l'incapacit� de conduire (taux d'alcool�mie qualifi�).
- En 2012, le Minist�re public du canton de Gen�ve a condamn� l'int�ress� � une peine privative de libert� de deux mois et � 30 jours-amende, peines compl�mentaires � celles prononc�es en ao�t et octobre 2011 pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
B.b En outre, les soci�t�s dont X.________ �tait ou est encore associ� g�rant, administrateur ou responsable ont donn� lieu � de nombreuses sommations ou sanctions administratives pour avoir engag� du personnel �tranger d�pourvu d'autorisation de s�jour. Ainsi, A.________ S�rl a fait l'objet de sommations en 2002 et 2004 et de suspensions et sanctions en 2004, 2005 (deux fois) et 2006 (deux fois); B.________ SA de suspensions en 2005, 2006 et 2008; C.________ SA d'une sommation en 2007 et de suspensions et sanctions en 2009 et 2011; et D.________ S�rl d'une sommation en 2011.
En avril 2005, avril 2007, novembre 2007 et mai 2011, le Service de la population et des migrants de l'Etat de Fribourg (ci-apr�s: le Service cantonal) a adress� quatre avertissements � X.________, l'enjoignant de modifier son comportement sous peine d'un r�examen de ses conditions de s�jour.
Apr�s avoir entendu X.________, le Service cantonal a, par d�cision du 29 f�vrier 2012, r�voqu� l'autorisation d'�tablissement de l'int�ress�, en lui impartissant un d�lai de trente jours pour quitter la Suisse. Par arr�t du 16 juillet 2012, la Ie Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a rejet� le recours de X.________ contre la d�cision du 29 f�vrier 2012.
A l'encontre de l'arr�t du Tribunal cantonal du 16 juillet 2012, X.________ d�pose un recours en mati�re de droit public au Tribunal f�d�ral. Il conclut, sous suite de frais et d�pens, principalement, � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que l'autorisation d'�tablissement soit maintenue, respectivement renouvel�e; subsidiairement, au renvoi de la cause � l'autorit� ayant statu� en premi�re instance pour nouvelle d�cision.
Le Service cantonal, le Tribunal cantonal et l'Office f�d�ral des migrations concluent au rejet du recours. Persistant dans ses conclusions, le recourant renonce � r�pliquer.
Le 5 novembre 2012, le Service cantonal a adress� au Tribunal f�d�ral diff�rentes informations de nature p�nale, transmises au recourant.
Par ordonnance pr�sidentielle du 20 septembre 2012, le Tribunal f�d�ral a admis la requ�te d'effet suspensif form�e par X.________.
D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Il est recevable contre les d�cisions r�voquant, comme en l'esp�ce, une autorisation d'�tablissement ou constatant qu'une autorisation de ce type est caduque, parce qu'il existe en principe un droit au maintien de cette autorisation (ATF 135 II 1 consid. 1.2.1 p. 4). Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile compte tenu des f�ries (art. 46 al. 1 let. b et 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
2.1 Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral contr�le librement le respect du droit f�d�ral, qui comprend les droits de nature constitutionnelle (cf. art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Aux termes de cet alin�a, le Tribunal f�d�ral n'examine les droits fondamentaux ainsi que le droit cantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant (ATF 136 II 304 consid. 2.5 p. 314).
2.2 L'examen du Tribunal f�d�ral se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ces faits n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire (cf. ATF 138 I 49 consid. 7.1 p. 51; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (cf. art. 105 al. 2 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut en principe �tre pr�sent� (art. 99 al. 1 LTF). Les faits et les critiques invoqu�s de mani�re appellatoire sont irrecevables (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 104).
En l'occurrence, il ne sera pas tenu compte des pi�ces que le Service cantonal a adress�es au Tribunal f�d�ral le 5 novembre 2012, d�s lors qu'il s'agit de moyens nouveaux irrecevables. En outre, il ne sera pas entr� en mati�re sur l'�tat de fait par lequel le recourant tente de r�interpr�ter en sa faveur, de fa�on appellatoire, les faits �tablis par le Tribunal cantonal.
Le Tribunal cantonal a confirm� la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement dont b�n�ficie le recourant. Il a retenu que m�me si, individuellement, chaque infraction commise par le recourant n'atteignait pas le degr� de gravit� exig� par la loi pour r�voquer l'autorisation d'�tablissement, leur constante r�p�tition sur une aussi longue p�riode et le risque de r�cidive �lev� reconnu par les autorit�s p�nales suffisait � admettre que la pr�sence en Suisse du recourant constituait une menace tr�s grave pour l'ordre public. Par ailleurs, l'int�r�t public � son �loignement de Suisse devait pr�valoir sur l'int�r�t du recourant, de son �pouse et de leurs trois enfants � vivre en communaut� familiale dans le pays, d'autant que l'�pouse du recourant risquait elle-m�me de faire l'objet d'un renvoi de Suisse pour d�faut d'int�gration.
4.1 Selon l'art. 63 al. 2 LEtr, l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui, comme le recourant, s�journe en Suisse l�galement et sans interruption depuis plus de quinze ans ne peut �tre r�voqu�e que si celui-ci attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics en Suisse ou � l'�tranger, les met en danger ou repr�sente une menace pour la s�curit� int�rieure ou ext�rieure de la Suisse (cf. art. 63 al. 1 let. b LEtr) ou s'il a �t� condamn� � une peine privative de libert� de longue dur�e ou a fait l'objet d'une mesure p�nale pr�vue aux art. 64 ou 61 CP (cf. art. 62 let. b LEtr). L'�num�ration des cas de r�vocation est alternative, si bien qu'il suffit que l'un soit donn� pour que la condition objective de r�vocation de l'autorisation soit remplie (arr�ts 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 5.1; 2C_242/2011 du 23 septembre 2011 consid. 3.3.1).
4.2 Selon la jurisprudence, la peine privative de libert� dont a �t� frapp� un �tranger est consid�r�e comme de longue dur�e, au sens de l'art. 62 let. b LEtr, lorsqu'elle d�passe un an d'emprisonnement (ATF 135 II 377 consid. 4.5 p. 383; arr�t 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 3.1). Cette dur�e doit imp�rativement r�sulter d'un seul jugement p�nal, l'addition de plusieurs peines plus courtes totalisant plus d'une ann�e n'�tant pas admissible (ATF 137 II 297 consid. 2.3.6 p. 302).
En l'esp�ce, ce motif de r�vocation n'est pas rempli, d�s lors qu'aucune des nombreuses peines p�nales auxquelles le recourant a �t� condamn� ne d�passe � elle seule la dur�e d'un an de privation de libert�.
4.3 Il sied de d�terminer si, tel que l'ont retenu les juges cantonaux, le recourant remplit la condition r�vocatoire pr�vue � l'art. 63 al. 1 let. b LEtr.
4.3.1 Selon l'art. 80 de l'ordonnance f�d�rale du 24 octobre 2007 relative � l'admission, au s�jour et � l'exercice d'une activit� lucrative (OASA; RS 142.201), il y a notamment atteinte � la s�curit� et � l'ordre publics en cas de violation de prescriptions l�gales ou de d�cisions d'autorit�s (cf. art. 80 al. 1 let. a OASA). D'apr�s la jurisprudence, attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics l'�tranger dont les actes l�sent ou compromettent des biens juridiques particuli�rement importants, tels que l'int�grit� physique, psychique ou sexuelle d'une personne (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; arr�ts 2C_242/2011 du 23 septembre 2011 consid. 3.3.3; 2C_722/2010 du 3 mai 2011 consid. 3.2). Le crit�re de la gravit� qualifi�e de l'atteinte peut �galement �tre r�alis� par des actes contrevenant � des prescriptions l�gales ou � des d�cisions de l'autorit� qui pr�sentent un degr� de gravit� comparativement moins �lev�, mais qui, par leur r�p�tition malgr� des avertissements et des condamnations successives, d�montrent que l'�tranger ne se laisse pas impressionner par les mesures de droit p�nal et qu'il ne poss�de ni la volont� ni la capacit� de respecter � l'avenir l'ordre juridique (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; cf. aussi arr�ts 2C_242/2011 pr�cit�, consid. 3.3.3; 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 5.3.1; FF 2002 3469, p. 3565 s.). La question de savoir si l'�tranger en cause est dispos� ou apte � se conformer � l'ordre juridique suisse ne peut �tre r�solue qu'� l'aide d'une appr�ciation globale de son comportement (ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 304; arr�t 2C_310/2011 du 17 novembre 2011 consid. 5.1).
4.3.2 Force est de relever que, depuis la premi�re d�couverte par les autorit�s de son s�jour ill�gal en Suisse, en 1992, soit durant une p�riode de plus de vingt ans, le recourant n'a eu cesse de perp�trer des infractions p�nales dans notre pays et d'occuper les autorit�s p�nales et administratives, faisant en particulier l'objet de condamnations � un rythme presque annuel, parfois m�me plus soutenu.
Ind�pendamment de la cat�gorie dont font partie les infractions commises, celles-ci, contrairement � ce que laisse entendre le recourant, ne sauraient �tre consid�r�es comme de simples bagatelles. En-dehors des sanctions li�es � la pr�sence ill�gale en Suisse du recourant (en 1992 et 1995), de nombreuses condamnations portant sur la violation des r�gles en mati�re de circulation routi�re, parmi lesquelles la conduite en �tat d'ivresse (notamment en 2004 et 2011 [taux d'alcool�mie qualifi�]), des exc�s de vitesse lourdement sanctionn�s (notamment en 1999 et 2004) et les autres violations graves retenues (en 1998, 2000 et 2008) �taient susceptibles de mettre en danger la s�curit� et la vie des usagers de la route. En 2006, le recourant a de plus �t� condamn� pour crimes d'extorsion et chantage, ainsi que de s�questration et enl�vement, et pour d�lit de contrainte. A cela s'ajoute sa condamnation en 2008 notamment pour crime d'abus de confiance et d�lits contre la LIFD et la LAVS. On est donc loin de la r�p�tition d'actes anodins, mais en pr�sence d'un comportement qui traduit une �nergie criminelle importante propre � nuire aux int�r�ts de tiers et de la collectivit�.
Durant cette p�riode, le recourant a fait l'objet de quatre avertissements sous l'angle du droit des �trangers (en 2005, 2007 [deux fois] et 2011) qui n'ont eu aucun effet dissuasif.
A cela s'ajoute que les entreprises exploit�es par le recourant ont elles aussi fait l'objet de nombreuses sommations et sanctions administratives en relation avec l'occupation d'�trangers d�munis d'autorisation. Ces mesures n'ont jamais �t� suivies d'effet, le recourant continuant d'engager du personnel au noir (cf. condamnations en 2003 [deux fois], 2004, 2005, 2006, 2008 [deux fois], 2010, 2011 [deux fois], 2012). Partant, l'appr�ciation du Tribunal cantonal, selon laquelle le recourant "a maintenu sa mani�re d'agir ill�gale, �rig�e en mod�le �conomique", faisant appel de "mani�re quasi-syst�matique � des travailleurs immigr�s clandestins" ne saurait �tre qualifi�e d'arbitraire. Or, comme l'ont retenu � juste titre les juges cantonaux, l'emploi de travailleurs en violation du droit des �trangers, qui plus est sur pr�s de dix ans et sans interruption notable en d�pit de condamnations p�nales r�guli�res, est loin d'�tre une infraction mineure (cf. art. 117 LEtr; FF 2002 3469, p. 3587). Tel que l'a en effet rappel� le Conseil f�d�ral dans son Message concernant la loi f�d�rale contre le travail au noir du 16 janvier 2002, le travail au noir "est � l'origine de nombreux probl�mes (notamment pertes de recettes pour le secteur public, menace pour la protection des travailleurs, distorsions de la concurrence et de la p�r�quation financi�re", outre la perte de cr�dibilit� de l'Etat en cas de non-respect de ses lois; FF 2002 3371, p. 3372). De plus, "les peines prononc�es sont souvent d'un niveau sans rapport avec la gravit� r�elle des infractions constat�es" (idem, p. 3402).
L'ensemble de ces �l�ments d�montre que le recourant se moque �perdument de l'ordre juridique suisse, de sorte � ne poss�der ni la volont� ni la capacit� de respecter � l'avenir les r�gles �tablies dans notre pays.
4.3.3 En cons�quence, quand bien m�me les infractions commises par le recourant n'ont pas, prises individuellement, l'intensit� suffisante pour constituer une atteinte tr�s grave � la s�curit� et � l'ordre public, leur r�it�ration durant environ vingt ann�es, malgr� les condamnations p�nales, les sanctions administratives et les avertissements dont a fait l'objet en vain le recourant, ainsi que les soci�t�s qu'il exploitait, permet, si l'on envisage l'ensemble de ces �l�ments, de retenir la r�alisation du motif figurant � l'art. 63 al. 1 let. b LEtr. Partant, on ne voit pas que le Tribunal cantonal ait viol� le droit f�d�ral en faisant application de cette disposition, par renvoi de l'art. 63 al. 2 LEtr, pour fonder la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement du recourant.
Le recourant s'en prend, sous l'angle des art. 96 LEtr et 8 CEDH, � la pes�e des int�r�ts effectu�e par les juges cantonaux. Il reproche � l'arr�t attaqu� d'avoir donn� � ses condamnations p�nales un poids d�cisif, sans avoir suffisamment tenu compte de son int�gration et de ses liens profonds avec la Suisse, de son absence d'attaches particuli�res avec son pays d'origine et de son statut d'�poux et de p�re �tabli avec sa famille en Suisse.
5.1 La r�vocation de l'autorisation d'�tablissement ne se justifie que si la pes�e des int�r�ts � effectuer dans le cas d'esp�ce fait appara�tre la mesure comme proportionn�e (arr�t 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 6.1). Exprim� de mani�re g�n�rale � l'art. 5 al. 2 Cst. et d�coulant �galement de l'art. 96 LEtr, ce principe exige que la mesure prise par l'autorit� soit raisonnable et n�cessaire pour atteindre le but d'int�r�t public ou priv� poursuivi (cf. ATF 136 I 87 consid. 3.2 p. 91 s.; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380). C'est au regard de toutes les circonstances de l'esp�ce qu'il convient de trancher la question de la proportionnalit� de la mesure de r�vocation. Lors de cet examen, il y a lieu de prendre en consid�ration la gravit� de la faute commise, le degr� d'int�gration, la dur�e du s�jour en Suisse, ainsi que le pr�judice que l'int�ress� et sa famille auraient � subir du fait de la mesure (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; arr�t 2C_432/2011 du 13 octobre 2011 consid. 3.1). La peine inflig�e par le juge p�nal est le premier crit�re servant � �valuer la gravit� de la faute et � proc�der � la pes�e des int�r�ts (arr�t 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 6.1.1). La dur�e de pr�sence en Suisse d'un �tranger constitue un autre crit�re tr�s important. Plus cette dur�e est longue, plus les conditions pour prononcer l'expulsion administrative doivent �tre appr�ci�es restrictivement (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5 p. 382 s.; arr�t 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 6.1.1).
5.2 L'on peut se demander si le recourant est en droit de se pr�valoir de la protection offerte par l'art. 8 par. 1 CEDH, dans la mesure o� son �pouse kosovare, avec laquelle il vit en communaut� familiale en Suisse depuis 2007, et leurs trois enfants n�s en 2005, 2007 et 2011, ne disposent eux-m�mes pas d'un droit de pr�sence stable en Suisse (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146; 130 II 281 consid. 3.1 p. 285 s.).
Cette question souffre cependant de rester ind�cise d�s lors qu'une ing�rence dans l'exercice du droit au respect de la vie priv�e et familiale est possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, � certaines conditions pr�cises (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381). La pes�e globale des int�r�ts command�e par cette disposition est � cet �gard analogue � celle requise par l'art. 96 al. 1 LEtr, si bien qu'il y sera proc�d� conjointement (arr�ts 2C_141/2012 du 30 juillet 2012 consid. 3.2; 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 6.1.2).
5.3 Pour �valuer le degr� d'int�gration du recourant, les juges cantonaux ont pris en compte en faveur de l'int�ress�, le fait qu'il a v�cu l�galement en Suisse depuis plus de quinze ans et y a d�ploy� une activit� �conomique ind�pendante; ils n'ont en outre pas remis en cause sa ma�trise du fran�ais et soulign� l'absence de dette sociale, hormis une poursuite de 9'164 fr. r�sultant, selon les dires du recourant, d'une taxation d'office exag�r�e. Les juges cantonaux ont cependant relativis� ces �l�ments favorables, compte tenu de la d�linquance chronique affich�e par le recourant et du fait que les soci�t�s qu'il g�rait sont successivement tomb�es en faillite et reposaient sur le recours permanent � des compatriotes engag�s au noir. Comme le retient � juste titre l'arr�t attaqu�, le recourant ne peut donc se pr�valoir d'une int�gration particuli�rement r�ussie, malgr� la dur�e de son s�jour en Suisse.
5.4 Dans la pes�e globale des int�r�ts, on ne peut faire grief au Tribunal cantonal d'avoir tenu compte du crit�re primordial du comportement fautif du recourant. Il convient de rappeler qu'en l'espace de vingt ans, l'int�ress� s'est vu condamn� plus de vingt fois, pour des infractions qui ne sont pas des bagatelles (cf. supra consid. 4.3.2). Ni les sursis prononc�s, ni les avertissements sous l'angle du droit des �trangers, pas plus que les mesures administratives qui ont p�nalis� ses entreprises n'ont eu le moindre effet dissuasif sur le recourant. Dans un tel contexte, il confine � la t�m�rit�, de la part de l'int�ress�, d'�voquer une �ventuelle commutation de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement en un nouvel avertissement, alors que les quatre avertissements pr�c�dents dont il a b�n�fici� n'ont eu aucun effet sur son comportement.
5.5 L'int�r�t de l'�pouse kosovare du recourant et de leurs trois enfants, n�s en Suisse, au maintien d'une vie familiale stable ne doit certes pas �tre n�glig�. A cet �gard, les pr�c�dents juges ont rappel� que le renvoi de Suisse du recourant aurait probablement pour effet de faire perdre � son �pouse et � leurs enfants leur autorisation de s�jour, d�s lors que les enqu�tes effectu�es par les autorit�s avaient mis en �vidence une "absence totale d'int�gration de l'�pouse" laquelle, apr�s cinq ans pass�s dans notre pays, ne ma�trisait toujours pas le fran�ais.
Ind�pendamment de la probl�matique susmentionn�e, qui n'a pas � �tre examin�e plus avant dans la pr�sente proc�dure, l'appr�ciation du Tribunal cantonal, selon laquelle l'int�r�t de l'�pouse et des trois enfants du recourant � mener leur vie familiale en Suisse � ses c�t�s devait c�der le pas � l'int�r�t public � voir le recourant quitter la Suisse, ne pr�te pas le flanc � la critique. En effet, les trois enfants sont encore en bas �ge (soit cinq, sept et un an(s), et pourraient ainsi, quoi qu'en dise le recourant, s'adapter sans trop de difficult�s � une vie au Kosovo; selon les faits constat�s, l'�pouse du recourant, arriv�e en Suisse au titre du regroupement familial en mars 2007, ne jouit pas d'une bonne int�gration. Les deux premi�res ann�es de leur mariage, l'�pouse a continu� de vivre au Kosovo, o� elle a ses racines; contrairement � ses contestations appellatoires, le recourant dispose d'un r�seau social et familial au Kosovo, o� r�sident notamment sa belle-m�re, son beau-fr�re et deux de ses belles-soeurs et leur famille respective. Au demeurant, si l'�pouse du recourant et leurs enfants restaient en Suisse, l'�loignement du recourant n'emp�cherait pas que la famille maintienne des contacts r�guliers par t�l�phone, lettres ou messagerie �lectronique, ni que le recourant puisse venir voir sa famille, ou sa famille lui rendre visite, lors de s�jours touristiques et durant les vacances.
5.6 Compte tenu de l'ensemble des circonstances, il n'appara�t pas qu'en faisant primer l'int�r�t public � �loigner le recourant sur l'int�r�t priv� de celui-ci et de sa famille � pouvoir vivre ensemble en Suisse, le Tribunal cantonal ait m�connu l'art. 96 LEtr et, en tant qu'applicable, l'art. 8 CEDH.
Bien que la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger ayant l�galement s�journ� en Suisse durant plus de quinze ans pr�sente une mesure s�v�re qui doit demeurer l'exception, l'appr�ciation des autorit�s cantonales, �tant en particulier donn� le m�pris total dont a fait preuve le recourant vis-�-vis de l'ordre juridique suisse pendant vingt ann�es, reste dans les limites admises par le droit f�d�ral et la Convention europ�enne des droits de l'Homme.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours. Les frais seront mis � la charge du recourant, qui succombe (art. 65 al. 2 et 3 et 66 al. 1 LTF). Il ne sera pas allou� de d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).