Source: https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19960612-168154
Timestamp: 2020-02-24 16:46:42+00:00
Document Index: 58628417

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', "l'article 1", "l'article 2", "l'article 4", "l'article 2", "l'article 1", "l'article 75", 'art. 1']

France, Conseil d'État, 9 ss, 12 juin 1996, 168154
Numéro d'arrêt : 168154
Numéro NOR : CETATEXT000007931265
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1996-06-12;168154
Vu l'arrêt du 21 février 1995 de la cour administrative d'appel de Paris, enregistré le 23 mars 1995 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, transmettant au Conseil d'Etat la requête enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel le 20 juillet 1994, présentée par le PREFET DE SEINE-ET-MARNE ; le PREFET DE SEINE-ET-MARNE demande au Conseil d'Etat d'annuler le jugement du 11 avril 1994 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté son déféré tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de Lognes en date du 22 mai 1992 décidant d'allouer une prime informatique aux agents de la commune chargés du traitement de l'information ;
Sur les conclusions du PREFET DE SEINE-ET-MARNE tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Lognes instituant une "prime informatique" :
Considérant qu'aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 1971 dans sa rédaction résultant du décret du 11 août 1989 : "Lorsqu'ils exercent les fonctions définies à l'article 2 et à condition qu'ils appartiennent à des corps ou soient titulaires de grades dont le niveau hiérarchique est précisé à l'article 4, les fonctionnaires de l'Etat qui sont régulièrement affectés au traitement de l'information peuvent percevoir, en sus des primes et indemnités prévues par la réglementation en vigueur pour les grades ou les corps auxquels ils appartiennent, et dans les conditions précisées aux articles ci-après, une prime de fonctions non soumise à retenues pour pension de retraite." ; qu'aux termes de l'article 2 de ce même décret : "La prime prévue à l'article 1er est attribuée aux fonctionnaires qui exercent les fonctions définies ci-après : Dans les centres automatisés de traitement de l'information, le chef de projet participe à l'élaboration du cahier des charges des applications dans le cadre d'un système informatique. Il anime, coordonne et suit les travaux relatifs à sa mise en oeuvre et à son actualisation. Ces fonctions sont exclusives de l'exercice de toute autre qualification informatique. L'analyste détermine et formule le processus de traitement par un ensemble électronique. Il collabore sur le plan technique à l'élaboration de l'organigramme général et à la rédaction du cahier des charges. Le programmeur de système d'exploitation compose, met en oeuvre et tient à jour le système d'exploitation d'un ensemble électronique. Le chef d'exploitation dirige l'ensemble des opérations de production dans le centre automatisé de traitement de l'information. Le chef programmeur encadre et coordonne les équipes composées de programmeurs. Le pupitreur assure la conduite générale d'un ensemble électronique. Le programmeur écrit et met au point les suites d'instructions nécessaires à la mise en oeuvre de l'ensemble électronique. L'agent de traitement assiste le pupitreur pour les opérations simples de commande de l'ordinateur et pour la mise en oeuvre et la surveillance du fonctionnement des périphériques dont il peut être éventuellement seul responsable. Dans les centres automatisés de traitement de l'information et dans les ateliers mécanographiques, le moniteur a la responsabilité d'une équipe de dactylocodeurs. Il contribue à leur formation professionnelle. Le dactylocodeur assure la création des supports de l'information, notamment par voie de perforation de cartes ou d'impression de bandes magnétiques. Cette fonction est exclusive de toute tâche à caractère administratif ou comptable."
Considérant que l'activité du centre informatique mis en place par la commune de Lognes, qui n'emploie ni chef de projet, ni analyste, ni programmeur de système d'exploitation, se limite à l'exploitation de systèmes informatisés de gestion, la conception de ces derniers n'étant pas assurée par les agents de ce centre mais confiée à des entreprises spécialisées sollicitées à cet effet ; que ce centre ne peut dès lors être regardé comme constituant un centre automatisé de traitement de l'information au sens des dispositions précitées du décret du 29 avril 1971 modifié ; que le PREFET DE SEINE-ET-MARNE est par conséquent fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté son déféré tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de Lognes en date du 22 mai 1992 décidant d'allouer aux agents de la commune chargés du traitement de l'information une prime informatique calquée sur celle servie aux agents de l'Etat en application du décret du 29 avril 1971, et à demander l'annulation de cette délibération ;
Sur les conclusions de la commune de Lognes tendant à l'application des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante en la présente instance, soit condamné à verser à la commune de Lognes la somme que cette dernière réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : Le jugement du 11 avril 1994 du tribunal administratif de Versailles et la délibération du conseil municipal de Lognes en date du 22 mai 1992 décidant d'allouer une prime informatique aux agents de la commune chargés du traitement de l'information sont annulés.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Lognes tendant à ce que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 10 000 F au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE SEINE-ET-MARNE, à la commune de Lognes et au ministre de l'intérieur.
Décret 71-343 1971-04-29 art. 1
Décret 89-558 1989-08-11
Proposition de citation: CE, 12 juin 1996, n° 168154