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Timestamp: 2016-10-24 18:24:15+00:00
Document Index: 325698552

Matched Legal Cases: ['art. 100', 'art. 42', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 51', 'in fine', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 99', 'in fine', 'art. 179', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 98', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 9', 'art. 66', 'art. 68']

5A_235/2016 (15.08.2016)
5A_235/2016 � � Arr�t du 15 ao�t 2016
repr�sent�e par Me J�r�me Campart, avocat,
recours contre l'arr�t de la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 18 janvier 2016.
A.a.�B.A.________, n� en 1967, et A.A.________, n�e en 1969, tous deux de nationalit� suisse, se sont mari�s le 8 mai 1996 � La Tour-de-Peilz (VD). Quatre enfants sont issus de leur union: C.________, n�e en 1998, D.________, n�e en 2000, ainsi que E.________ et F.________, n�es en 2003.
Les conjoints se sont s�par�s le 19 f�vrier 2012.
Par prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale du 13 septembre 2013, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne (ci-apr�s: Pr�sident du Tribunal) a, entre autres points, confi� la garde des enfants � la m�re, sous r�serve d'un libre et large droit de visite du p�re (r�glement� � d�faut de meilleure entente), mis � la charge de ce dernier, d�s le 1er septembre 2013, une contribution � l'entretien des siens d'un montant de 14'500 fr. par mois, allocations familiales comprises, et dit que les frais extraordinaires des enfants seraient pris en charge par les parties au prorata de leurs revenus.
Statuant par arr�t du 15 janvier 2014 sur l'appel de chacune des parties, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: Juge d�l�gu�) a r�form� ce prononc� en ce qui concerne l'exercice du droit de visite et fix� la pension mensuelle due par le mari � 15'100 fr., allocations familiales non comprises, d�s le 1er mai 2013, les frais extraordinaires des enfants �tant pris en charge par les parents au prorata de leurs revenus respectifs.
B.a.�Le 16 juillet 2014, le mari a d�pos� une demande unilat�rale en divorce. Par requ�te de mesures provisionnelles du 4 f�vrier 2015, il a notamment conclu � une diminution de la contribution d'entretien due pour l'entretien des siens � 9'000 fr. par mois d�s et y compris le 1er janvier 2015. L'�pouse a conclu au rejet des conclusions prises par le mari et reconventionnellement � ce que, notamment, la contribution d'entretien soit port�e � 17'885 fr. 75 par mois d�s le 1er juin 2015, allocations familiales en sus.
Par ordonnance de mesures provisionnelles du 13 octobre 2015, le Pr�sident du Tribunal a, entre autres points, tr�s partiellement admis la requ�te du mari (I), rejet� les conclusions reconventionnelles de l'�pouse (II) et astreint le p�re � acquitter seul les frais d'�cole priv�e de sa fille D.________ pour l'ann�e scolaire 2015-2016 (III). En ce qui concerne l'entretien de la famille, le Pr�sident du Tribunal a retenu que les modifications invoqu�es par les parties dans le budget mensuel de l'�pouse et des enfants, arr�t� � 16'261 fr. 05 par le Juge d�l�gu� dans son arr�t du 15 janvier 2014, ne constituaient pas des modifications substantielles des charges alors retenues, l'augmentation ou l'apparition de nouvelles d�penses �tant compens�e par la diminution ou la disparition d'autres postes et le train de vie men� jusqu'� la cassation de la vie commune constituant la limite sup�rieure du droit � l'entretien. Il y avait d�s lors lieu de confirmer la contribution d'entretien fix�e � un montant arrondi de 15'100 fr. par mois, sur la base du budget pr�cit�, d�duction faite du revenu mensuel net de l'�pouse par 1'150 fr. En contrepartie de l'absence d'augmentation de cette contribution, il se justifiait en outre de mettre � la charge exclusive du mari les frais d'�colage priv� de l'enfant D.________ pour l'ann�e 2015-2016. Le premier juge a par ailleurs estim� qu'il n'y avait pas lieu, � ce stade de la proc�dure, d'imputer un revenu hypoth�tique � l'�pouse.
B.b.�Par arr�t du 18 janvier 2016, notifi� le 2 mars suivant, la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: Juge d�l�gu�e) a partiellement admis l'appel interjet� par le mari contre cette ordonnance et l'a r�form�e en ce sens que celui-ci est astreint � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle de 10'500 fr., allocations familiales non comprises, d�s le 1er mars 2015, chacune des parties devant acquitter les frais d'�colage priv� de leur fille D.________ pour l'ann�e 2015-2016 au prorata de leurs revenus respectifs d�coulant de l'exercice d'une activit� lucrative, la participation du p�re se montant d�s lors � 90% desdits frais et le solde �tant pris en charge par la m�re.
Par acte post� le 29 mars 2016, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t pr�cit�. Elle conclut au rejet de l'appel du mari et � la confirmation des chiffres II et III du dispositif de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 13 octobre 2015. Subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision en ce qui concerne la contribution d'entretien.
Par ordonnance du 18 avril 2016, la Juge pr�sidant la Cour de c�ans a refus� l'effet suspensif au recours.
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF) contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF; ATF 133 III 393 consid. 2) par une autorit� cantonale sup�rieure statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 in fine, 74 al. 1 let. b LTF), le recours est recevable au regard de ces dispositions. La recourante a en outre qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 let. a et b LTF). Il y a donc lieu, en principe, d'entrer en mati�re.
1.2.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3), seule peut �tre invoqu�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les r�f�rences). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Il doit exister un lien entre la motivation du recours et la d�cision attaqu�e (ATF 134 II 244 consid. 2.3). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 139 II 404 consid. 10.1 et les r�f�rences).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits constat�s dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Le Tribunal f�d�ral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3 et les r�f�rences); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Le recourant ne peut se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3). Aucun fait nouveau ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Dans la mesure o� la recourante s'�carte des faits retenus par la Juge d�l�gu�e, les compl�te ou les modifie, sans soulever de grief � ce sujet ou sans d�montrer en quoi ces faits auraient �t� arbitrairement constat�s ou omis, son recours est irrecevable.
La contribution d'entretien a �t� fix�e de mani�re globale, sans qu'il ne soit op�r� de distinction entre celle due � l'�pouse et celles destin�es aux enfants. Comme la recourante ne formule aucun grief � ce sujet, il n'y a pas lieu de se pencher sur cette question (cf. supra consid. 1.2). Il sied cependant de rappeler que la possibilit� de fixer une contribution de mani�re globale pour l'ensemble de la famille ne ressort pas de la loi et que le juge doit fixer de mani�re diff�renci�e la pension due � l'�pouse et celles dues aux enfants (arr�ts 5A_745/2015 du 15 juin 2016 consid. 4.5.2.3 in fine; 5A_874/2015 du 2 mars 2016 consid. 3; 5A_743/2012 du 6 mars 2013 consid. 6.2.2).
Sous le titre d' "Arbitraire dans l'appr�ciation des faits", la recourante soul�ve plusieurs griefs en lien avec la diminution du montant de la contribution due par l'intim� pour l'entretien de sa famille.
3.1.�Apr�s que l'action en divorce a �t� introduite, les �poux peuvent solliciter la modification de mesures protectrices de l'union conjugale si, depuis l'entr�e en vigueur de celles-ci, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, ou encore si le juge s'est fond� sur des faits qui se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vus (art. 179 al. 1 CC; arr�t 5A_745/2015 du 15 juin 2016 consid. 4.1.1 et la jurisprudence cit�e). Une modification peut �galement �tre demand�e si la d�cision de mesures protectrices est apparue plus tard injustifi�e parce que le juge appel� � statuer n'a pas eu connaissance de faits importants (arr�t 5A_745/2015 du 15 juin 2016 consid. 4.1.1 et les r�f�rences). La proc�dure de modification n'a cependant pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 141 III 376 consid. 3.3.1; 129 III 60 consid. 2 et les r�f�rences; arr�ts 5A_745/2015 du 15 juin 2016 consid. 4.1.1 pr�cit�; 5A_155/2015 du 18 juin 2015 consid. 3.1). Le moment d�terminant pour appr�cier si des circonstances nouvelles se sont produites est la date du d�p�t de la demande de modification (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1 et les r�f�rences; arr�t 5A_917/2015 du 4 mars 2016 consid. 3).
Lorsque la modification de la contribution d'entretien est requise et que le juge admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, il doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent (ATF 138 III 289 consid. 11.1.1; 137 III 604 consid. 4.1.2).
3.2.�En l'esp�ce, il n'est pas contest� que le fait nouveau qui a justifi� d'entrer en mati�re sur la requ�te de modification des mesures protectrices de l'union conjugale est la possibilit� d'imputer � l'�pouse un revenu hypoth�tique net de 5'750 fr. par mois, celui-ci constituant, selon la Juge d�l�gu�e, une modification significative et durable des circonstances ayant pr�valu lors de la fixation de la contribution d'entretien dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale.
La recourante critique la prise en compte d'un revenu hypoth�tique. Elle soutient en substance que l'autorit� cantonale a fait preuve d'arbitraire dans l'appr�ciation des faits en assimilant son statut de psychiatre-psychoth�rapeute ind�pendante � celui de salari�e, ainsi qu'en ce qui concerne le calcul du revenu mensuel d'un psychiatre-psychoth�rapeute ind�pendant travaillant � mi-temps. Elle se plaint en outre d'arbitraire dans l'appr�ciation du d�lai n�cessaire � l'ach�vement de sa formation de psychanalyste.
4.1.�Lorsque le juge entend tenir compte d'un revenu hypoth�tique, il doit examiner successivement deux conditions. Tout d'abord, il doit examiner s'il peut �tre raisonnablement exig� de la personne concern�e qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit. Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se contenter de dire, de mani�re toute g�n�rale, que la personne en cause pourrait obtenir un revenu sup�rieur en travaillant; il doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si la personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit l� d'une question de fait (ATF 137 III 118 consid. 2.3, 102 consid. 4.2.2.2; arr�t 5A_154/2016 du 19 mai 2016 consid. 5.1 et la jurisprudence cit�e). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut �ventuellement se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources, pour autant qu'elles soient pertinentes par rapport aux circonstances de l'esp�ce. Il peut certes aussi se fonder sur l'exp�rience g�n�rale de la vie; toutefois, m�me dans ce dernier cas, les faits qui permettent d'appliquer les r�gles d'exp�rience doivent �tre �tablis (ATF 137 III 118 consid. 3.2; arr�t 5A_154/2016 du 19 mai 2016 consid. 5.1 pr�cit� et les r�f�rences). Si le juge entend exiger d'un conjoint la prise ou la reprise d'une activit� lucrative, il doit g�n�ralement lui accorder un d�lai appropri� pour s'adapter � sa nouvelle situation (ATF 129 III 417 consid. 2.2; arr�t 5A_1008/2015 du 21 avril 2016 consid. 3.3.2).
4.2.�En l'esp�ce, la Juge d�l�gu�e a retenu que l'�pouse avait obtenu son dipl�me de m�decine en 1994. Elle avait travaill� � temps complet pour le compte de divers h�pitaux jusqu'� la naissance du premier enfant du couple, en 1998. Neuf mois apr�s, elle avait recommenc� � travailler � 50%, s'interrompant � la naissance de chacun de ses autres enfants pendant six mois. En mars 2000, elle avait entam�, parall�lement � son activit� professionnelle et avec l'accord du mari, une psychanalyse didactique � raison de quatre s�ances par semaine, visant � lui permettre de devenir elle-m�me psychanalyste. En 2007, elle avait obtenu le titre de sp�cialiste FMH en psychiatrie et psychoth�rapie et avait travaill� � mi-temps comme salari�e pour un revenu annuel net de 68'719 fr., correspondant � un revenu mensuel net de 5'726 fr. En 2009, elle avait d�but� une pratique ind�pendante de psychiatre-psychoth�rapeute, tout en poursuivant ses s�ances de psychanalyse personnelle. Elle exer�ait depuis lors son activit� � temps partiel, afin de pouvoir se consacrer � l'�ducation de ses quatre enfants. Au commencement d�ficitaire, cette activit� avait g�n�r�, en moyenne, des revenus mensuels de 1'150 fr. en 2012, 2'520 fr. en 2013 et 2'690 fr. en 2014. Sa comptabilit� pour l'ann�e 2013 indiquait pour les postes "Formation professionnelle et continue" et "Supervision" des montants de 27'300 fr., respectivement 6'400 fr.
Pour l'autorit� cantonale, s'il apparaissait que les revenus de l'�pouse avaient raisonnablement progress� depuis 2012, il n'en restait pas moins qu'ils demeuraient en chiffres absolus bien inf�rieurs au revenu mensuel moyen de 5'726 fr. qu'elle r�alisait � mi-temps en qualit� de psychiatre salari�e, alors m�me qu'elle exer�ait son activit� ind�pendante depuis 2009, soit depuis plus de six ans. Elle peinait � convaincre lorsqu'elle soutenait qu'elle avait toujours consacr� au maximum 50% de son temps � sa profession, formation comprise, ne rendant pas vraisemblable que son activit� � mi-temps en milieu hospitalier s'entendait s�ances hebdomadaires de psychanalyse et �tudes pour l'obtention du titre FMH comprises; vu le montant du salaire per�u � l'�poque (5'726 fr. net par mois), il �tait au contraire vraisemblable que celui-ci s'entendait d'un travail � 50% effectif. Par ailleurs, � supposer que l'int�ress�e d�ploie actuellement sa pleine capacit� de travail, compte tenu de la garde des enfants et de sa formation en cours, la question du montant des revenus effectivement r�alis�s par celle-ci se posait. En effet, dans sa d�cision de taxation d�finitive du 7 juillet 2015 concernant les p�riodes fiscales 2010 et 2011, l'Office des imp�ts du district de Lausanne et Ouest lausannois n'avait admis la d�duction des frais de psychanalyse des comptes de son activit� ind�pendante qu'� raison d'un tiers. Une r�clamation avait certes �t� d�pos�e contre cette d�cision. Quoi qu'il en soit, la question pouvait rester ouverte: sur le vu de ses qualifications professionnelles et de son exp�rience acquise � titre de th�rapeute ind�pendante, l'�pouse devait �tre d�sormais en mesure de r�aliser, pour une activit� � mi-temps en qualit� de m�decin sp�cialiste en psychiatrie et psychoth�rapie, un revenu qui ne soit pas inf�rieur � celui qu'elle percevait en travaillant en institution, soit un revenu net mensuel de quelque 5'750 fr., ce montant s'av�rant par ailleurs proche de la valeur m�diane du revenu annuel assujetti � l'AVS des m�decins sp�cialistes en psychiatrie et psychoth�rapie (soit 130'100 fr. : 12 : 2), selon l'analyse Medisuisse des donn�es 2009 des revenus des m�decins ind�pendants (Bulletin des m�decins suisses 2012, p. 1374).
Il ne se justifiait pas d'impartir un d�lai d'adaptation de sa capacit� de gain � l'�pouse, qui avait d�j� �t� invit�e � plusieurs reprises � augmenter ses revenus et/ou son taux d'activit� professionnelle, qui avait de fait dispos� de plus de six ans pour d�velopper son activit� ind�pendante et qui n'�tait au demeurant pas entrav�e par des t�ches m�nag�res, celles-ci �tant confi�es � des tiers professionnels � hauteur de plus de 1'700 fr. par mois.
4.3.1.1.�La recourante expose, sans toutefois que cette all�gation ne r�sulte de l'arr�t attaqu�, que sa d�cision de devenir ind�pendante a �t� prise avec l'aval de l'intim�, la souplesse d'une telle activit� correspondant mieux � la prise en charge des quatre enfants du couple. Elle reproche ensuite � l'autorit� cantonale de s'�tre fond�e sur le salaire net qu'elle percevait lorsqu'elle travaillait en institution, sans tenir compte des frais d'acquisition de ce revenu ni des frais de formation professionnelle auxquels elle devait alors d�j� faire face (� savoir ses frais de voiture et de repas pris hors du domicile ainsi que ses frais de supervision et d'analyse). Ainsi, m�me en exer�ant comme salari�e, son "b�n�fice" pour un taux d'activit� � 50% serait presque identique � celui qu'elle r�alise actuellement comme ind�pendante. L'arr�t attaqu� se fonderait ainsi sur une pr�misse manifestement erron�e.
La Juge d�l�gu�e aurait en outre estim� � tort qu'�tant donn� le montant du salaire qu'elle percevait lorsqu'elle �tait salari�e, ce revenu correspondait vraisemblablement � un travail � mi-temps effectif, et non s�ances hebdomadaires de psychanalyse et d'�tudes pour l'obtention du titre FMH comprises: selon la recourante, le salaire d'un m�decin travaillant en institution est fix� dans son contrat ind�pendamment du nombre de patients qui lui sont attribu�s et ne varie en principe pas, alors que le m�decin ind�pendant est confront� aux annulations de rendez-vous de ses patients et au fait que pendant ses vacances, il n'en doit pas moins payer ses charges fixes. Comme la plupart des charges du m�decin ind�pendant sont invariables quel que soit son taux d'activit�, le revenu qu'il peut obtenir en travaillant � mi-temps ne correspondrait du reste pas � la division math�matique du revenu m�dian r�alis� par ses confr�res travaillant � 100%.
Le chiffre d'affaires imput� � la recourante eu �gard � son taux d'activit� professionnelle (50%) serait �galement arbitraire, dans la mesure o� il ne tiendrait pas compte du fait que ledit taux inclut les supervisions auxquelles elle doit se soumettre chaque semaine et les quatre heures hebdomadaires de sa formation de psychanalyste. Exiger qu'elle r�alise un revenu mensuel net de 5'750 fr. la contraindrait ainsi � travailler � un taux nettement sup�rieur � 50%, alors que le chiffre d'affaires qu'elle r�alise actuellement correspond d�j� � celui de ses confr�res travaillant � plus de 60% et qu'elle doit en outre assumer la charge �ducative de quatre enfants, en sorte que, conform�ment � la jurisprudence, on ne saurait exiger d'elle qu'elle travaille plus qu'� mi-temps.
4.3.1.2.�Ces critiques, en grande partie de nature appellatoire, ne permettent pas de retenir que l'autorit� cantonale aurait fait preuve d'arbitraire en consid�rant que, vu ses qualifications professionnelles et son exp�rience de plusieurs ann�es en tant que th�rapeute ind�pendante, l'�pouse devait �tre d�sormais en mesure de r�aliser, en travaillant � mi-temps en qualit� de m�decin sp�cialiste en psychiatrie et psychoth�rapie, un revenu mensuel net de quelque 5'750 fr. Ainsi, lorsque la recourante soutient qu'il conviendrait de d�duire de ce montant ses frais d'acquisition de revenu, afin d'obtenir le "b�n�fice" qui �tait en r�alit� le sien lorsqu'elle �tait salari�e, elle ne d�montre pas encore qu'elle n'aurait pas la possibilit� effective de r�aliser le revenu hypoth�tique qui lui a �t� imput�. Pour autant que cette critique soit d�cisive, il en va de m�me dans la mesure o� elle conteste l'opinion de la Juge d�l�gu�e selon laquelle le mi-temps qu'elle exer�ait en institution ne comprenait vraisemblablement pas les heures consacr�es � sa formation compl�mentaire. Quant � ses all�gations, toutes g�n�rales, relatives aux frais fixes des m�decins ind�pendants, elles ne suffisent pas non plus � �tablir que le r�sultat auquel est parvenue l'autorit� cantonale, en se fondant sur les circonstances de l'esp�ce et sur des indications statistiques, serait arbitraire (sur cette notion, cf. ATF 140 I 201 consid. 6.1; 140 III 16 consid. 2.1; 139 II 404 consid. 10.1).
4.3.2.1.�Selon la recourante, la Juge d�l�gu�e aurait en outre arbitrairement appr�ci� le d�lai n�cessaire � l'ach�vement de sa formation de psychanalyste, laquelle ne prendra fin qu'au terme de l'ann�e 2016, formation qu'elle ne saurait interrompre abruptement et encore moins r�troactivement depuis le 1er mars 2015.
4.3.2.2.�L'arr�t attaqu� ne se prononce pas sur la dur�e admissible de la formation professionnelle compl�mentaire de l'�pouse. Consid�rant que celle-ci avait d�j� �t� rendue plusieurs fois attentive � la n�cessit� d'augmenter ses revenus et qu'elle avait de fait dispos� de plus de six ans pour d�velopper son activit� ind�pendante, l'autorit� cantonale a estim� qu'il ne se justifiait pas de lui accorder un d�lai d'adaptation de sa capacit� de gain. En se bornant � affirmer, en substance, qu'un d�lai suppl�mentaire lui serait n�cessaire pour augmenter son revenu d�s lors qu'elle ne terminera sa psychanalyse, commenc�e pendant la vie commune dans le cadre de sa formation de sp�cialiste FMH, qu'� la fin de l'ann�e 2016, la recourante ne d�montre nullement l'arbitraire de la d�cision attaqu�e.
Par ailleurs, la recourante fait grief � la Juge d�l�gu�e d'avoir arbitrairement m�connu l'augmentation de ses charges mensuelles entre l'arr�t du 15 janvier 2014 et l'ordonnance du 13 octobre 2015, augmentation qu'elle chiffre � 1'168 fr. 96.
5.1.�Selon l'arr�t attaqu�, les d�penses mensuelles de l'�pouse et des enfants, �tablies et reconnues comme correspondant � leur train de vie durant le mariage, ont �t� arr�t�es � 16'261 fr. 05 en mesures protectrices de l'union conjugale. Dans son ordonnance sur mesures provisionnelles du 13 octobre 2015, le Pr�sident du Tribunal a consid�r� que les modifications invoqu�es par les parties concernant ce budget ne constituaient pas des modifications substantielles des charges alors retenues, l'augmentation ou l'apparition de postes nouveaux de d�penses �tant compens�e par la diminution ou la disparition d'autres postes et le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constituant la limite sup�rieure du droit � l'entretien. Statuant sur le grief du mari tendant � une r�duction du budget de l'�pouse, l'autorit� cantonale a �galement consid�r� que les postes composant ce budget, consid�r�s comme �tablis, avaient sans doute connus des variations, pour certains � la hausse, pour d'autres � la baisse, et que si quelques d�penses avaient vraisemblablement disparu, d'autres �taient apparues, les besoins des enfants variant en fonction de l'�ge. En d�finitive, d�s lors que le montant de 16'261 fr. 05 avait �t� reconnu comme "participant au train de vie de l'�pouse et des enfants durant le mariage", il n'y avait pas lieu de revenir sur le budget allou� � ce titre.
5.2.�La recourante n'a pas interjet� appel contre l'ordonnance du 13 octobre 2015, arr�tant ses d�penses n�cessaires � son entretien et � celui de ses enfants � 16'261 fr. 05 par mois. Dans le pr�sent recours, elle soutient qu'elle avait "d�cid� de se satisfaire" de dite ordonnance car celle-ci "retenait indirectement que les frais n�cessaires au maintien du train de vie des enfants avaient augment� depuis l'arr�t du 15 janvier 2014"; en effet, le premier juge s'�tant abstenu de d�duire de la contribution l'augmentation de son revenu mensuel, elle aurait en r�alit� dispos� d'un montant de 17'790 fr. 31 par mois.
D�s lors que la recourante ne pr�tend pas (art. 106 al. 2 LTF) avoir pr�sent� cette argumentation dans ses d�terminations sur appel, la critique n'appara�t pas recevable. En effet, sous r�serve d'exceptions non r�alis�es en l'esp�ce, de nouveaux griefs sont en principe exclus dans le recours en mati�re civile au sens de l'art. 98 LTF (ATF 135 III 1 consid. 1.2; 134 III 524 consid. 1.3; 133 III 638 consid. 2; arr�ts 5A_544/2015 du 9 f�vrier 2016 consid. 1.4; 5A_366/2015 du 20octobre 2015 consid. 2.2). Dans un arr�t 2C_655/2015 du 22 juin 2016, destin� � la publication, la IIe Cour de droit public a certes entendu "pr�ciser" la jurisprudence concernant la recevabilit� des nouveaux moyens de droit devant le Tribunal f�d�ral. Elle a ainsi jug� que, sauf lorsque le recourant agit contrairement au principe de la bonne foi, des griefs de violation des droits constitutionnels peuvent �tre soulev�s pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral - en d�rogation � l'exigence de l'�puisement mat�riel des instances - lorsque l'autorit� cantonale de derni�re instance disposait d'un plein pouvoir d'examen et devait appliquer le droit d'office, et cela ind�pendamment de savoir si la d�cision de premi�re instance avait d�j� donn� l'occasion de les soulever (consid. 4.4.6). Sur ce point, cet arr�t ne dit pas autre chose que ce qui avait d�j� �t� formul� avant l'entr�e en vigueur de la LTF. Il omet toutefois de mentionner que, selon la jurisprudence d�velopp�e sous le r�gime de l'OJ - et reprise pour la LTF (cf. ATF 133 III 638 consid. 2) -, l'exception � l'exigence de l'�puisement mat�riel des instances �tait express�ment exclue s'agissant des griefs d'arbitraire (ATF 119 Ia 88 consid. 1: "griefs qui ne se confondent pas avec l'arbitraire"; cf. aussi ATF 117 Ia 491 consid. 2a, parmi beaucoup d'autres).
En l'occurrence, le moyen soulev� pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral consiste � se plaindre d'arbitraire (dans l'appr�ciation des preuves), en sorte que l'arr�t 2C_655/2015 du 22 juin 2016 est sans influence sur la recevabilit� de celui-ci. Quoi qu'il en soit, le grief ne suffit pas � d�montrer que le montant de 16'261 fr. 05 ne permettrait plus de couvrir l'entretien des enfants et de maintenir le niveau de vie de l'�pouse, en sorte que l'arr�t attaqu� n'appara�t pas arbitraire dans son r�sultat (art. 106 al. 2 LTF, art. 9 Cst.).
En conclusion, le recours se r�v�le infond� et ne peut d�s lors qu'�tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable. La recourante supportera par cons�quent les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). L'intim�, qui n'a pas �t� invit� � r�pondre sur le fond mais s'est prononc� sur la requ�te d'effet suspensif, concluant � son rejet, a droit � des d�pens � ce titre (art. 68 al. 1 et 2 LTF).