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Timestamp: 2016-10-21 20:20:53+00:00
Document Index: 86935524

Matched Legal Cases: ['art. 449', 'art. 63', 'art. 398', 'art. 100', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 76', 'art. 95', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 105', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 390', 'art. 388', 'art. 389', 'art. 389', 'art. 389', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 391', 'art. 390', 'art. 398', 'art. 369', 'art. 390', 'art. 390', 'art. 390', 'art. 390', 'art. 390', 'art. 390', 'art. 446', 'ATF ', 'art. 446', 'art. 446', 'art. 390', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 393', 'art. 397', 'art. 398', 'art. 398', 'in fine', 'art. 390', 'art. 66', 'art. 68']

5A_617/2014 � � �d�cembre 2014
case postale 60, H�tel-de-Ville, rue Davel 9,
institution d'une curatelle de port�e g�n�rale,
recours contre l'arr�t de la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 27 mai 2014.
A.a.�Le 23 ao�t 2012, dans le cadre de l'enqu�te en placement � des fins d'assistance ouverte � l'�gard de A.________, le Juge de paix du district de Lavaux-Oron (ci-apr�s: juge de paix) a ordonn� la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique. Par d�cision subs�quente du 23 mai 2013, le juge de paix a institu� une curatelle ad hoc de repr�sentation au sens de l'art. 449a CC en faveur de l'int�ress�e et nomm� Me Jean Lob en qualit� de curateur ad hoc. Le 8 juillet 2013, l'enqu�te en placement � des fins d'assistance a �t� �tendue � l'instauration d'une �ventuelle mesure de curatelle.
A.b.�Le 9 janvier 2014, le Prof. B.________ et C.________, respectivement m�decin chef et psychologue associ�e aupr�s du Centre d'expertises du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), ont d�pos� leur rapport d'expertise concernant A.________. Ils ont notamment indiqu� que l'int�ress�e souffrait d'un trouble d�lirant, caract�ris� par la pr�sence d'id�es d�lirantes persistantes. Celui-ci se manifestait chez l'expertis�e, depuis plusieurs ann�es, par une id�ation d�lirante de nature pers�cutoire, qui s'�tait d�velopp�e � partir de son licenciement professionnel. A.________ y avait r�agi par des agissements d'abord illicites, puis, plus r�cemment, par le d�p�t de plaintes et l'envoi d'innombrables lettres et courriels. Ils ont ajout� que l'int�ress�e n'avait pas conscience d'�tre psychiquement malade, persuad�e que le probl�me venait de l'ext�rieur, et, plus pr�cis�ment, des personnes et syst�mes pers�cuteurs qui l'agressaient. Son tableau psychopathologique s'accompagnait � l'heure actuelle plus clairement de sympt�mes d�pressifs, A.________ �tant dans une grande d�tresse, tant sociale que psychologique, et � la limite de l'effondrement d�pressif. L'int�ress�e percevait et reconnaissait la pr�sence chez elle d'une souffrance d�pressive, mais n'avait pas de conscience morbide en ce qui concernait son trouble psychotique. Le trouble d�lirant �tait connu pour �tre une pathologie psychiatrique difficile d'acc�s th�rapeutique, en raison des convictions d�lirantes, enkyst�es, qui ne r�pondaient que tr�s partiellement � un traitement m�dicamenteux antipsychotique et de l'absence de conscience de la personne concern�e de sa maladie. Sur les plans administratif et financier, A.________ �tait dans une situation sociale extr�mement compliqu�e et confuse, se retrouvant sans logement fixe - ne souhaitant pas vivre en France, o� sa maison, achet�e sous forme associative dans le cadre d'un projet social, n'avait ni eau ni �lectricit� -, ni ressources financi�res, et aux prises avec des d�marches et d�m�l�s judiciaires nombreux et d'incessants conflits avec les services sociaux. Ces imbroglios �taient g�n�r�s par sa pathologie psychotique, qui l'amenait � se d�battre de mani�re d�sordonn�e pour obtenir raison et faire valoir ses droits et � agir contre ses int�r�ts, alors m�me qu'elle croyait se d�fendre. L'expertis�e avait mentionn� qu'elle avait d'importantes dettes d'imp�ts, d'assurance-maladie et de frais de justice, et qu'elle s'alimentait mal en raison de son manque d'argent. Dans leurs conclusions, les experts ont estim� qu'en raison de son trouble mental, A.________ �tait emp�ch�e d'assurer elle-m�me la sauvegarde de ses int�r�ts, n'�tant en particulier pas en mesure de g�rer ses affaires administratives et financi�res, et elle avait besoin de l'assistance d'un tiers professionnel. Son affection psychiatrique ne lui permettait pas de d�fendre ses int�r�ts patrimoniaux et personnels de mani�re ad�quate et une mesure de curatelle �tait n�cessaire. Sur le plan psychiatrique, l'int�ress�e suivait un traitement ambulatoire � fr�quence r�guli�re, avec une bonne alliance th�rapeutique. Ce traitement, initi� volontairement par A.________, se d�roulait depuis le printemps 2013 dans le cadre d'un traitement ambulatoire au sens de l'art. 63 CP et les experts ne voyaient pas de modification � apporter � cette prise en charge psychoth�rapeutique ambulatoire, qui leur paraissait appropri�e.
A.c.�Par courrier du 26 mars 2014, les Drs D.________ et E.________, respectivement chef de clinique et chef de clinique adjoint aupr�s du Service de psychiatrie de liaison du CHUV, ont indiqu� � l'Office d'ex�cution des peines qu'ils poursuivaient avec A.________ un traitement psychiatrique psychoth�rapeutique ambulatoire � un rythme hebdomadaire, avec un investissement franc de l'int�ress�e, et que l'alliance th�rapeutique demeurait bonne. Dans une lettre du 23 avril 2014, les m�decins pr�cit�s ont confirm� que A.________ se pr�sentait de fa�on r�guli�re � ses rendez-vous, qu'elle se montrait collaborante et qu'elle avait jusqu'� ce jour respect� le cadre impos�. Dans un courrier du 24 avril 2014, le Groupe d'accueil et d'action psychiatrique (GRAAP) a expliqu� qu'il poursuivait l'accompagnement social de A.________ dans la mesure de ses possibilit�s, mais qu'il ne pouvait pas assumer une curatelle, compte tenu de la complexit� de la situation de l'int�ress�e d'un point de vue juridique, social et financier.
A.d.�Par d�cision du 10 mars 2014, la Justice de paix du district de Lavaux-Oron (ci-apr�s: justice de paix) a notamment institu� une curatelle de port�e g�n�rale au sens de l'art. 398 CC en faveur de A.________, dit que cette derni�re est priv�e de l'exercice des droits civils et nomm� en qualit� de curatrice F.________, assistante sociale � l'Office des curatelles et tutelles professionnelles (OCTP).
Le recours interjet� par A.________ contre cette d�cision a �t� rejet� par arr�t de la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal vaudois du 27 mai 2014, notifi� le 5 ao�t 2014.
Par acte post� le 8 ao�t 2014, A.________ forme un recours en mati�re civile contre l'arr�t pr�cit�. Elle conclut � sa r�forme en ce sens que la d�cision rendue le 10 mars 2014 par la Justice de paix est annul�e et, en particulier qu'elle n'est pas priv�e de l'exercice de ses droits civils et qu'aucun curateur ne lui est d�sign�. A.________ sollicite �galement d'�tre mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire pour la proc�dure f�d�rale.
Le recours a �t� d�pos� dans le d�lai l�gal (art. 100 al. 1 LTF) contre une d�cision rendue en mati�re de protection de l'adulte (art. 72 al. 2 let. b ch. 6 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF); la personne concern�e, d�ment repr�sent�e par son curateur ad hoc et dont les conclusions ont �t� rejet�es par la juridiction pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Cela �tant, eu �gard � l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, il n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques pouvant se poser, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4; 134 III 102 consid. 1.1). L'art. 42 al. 2 LTF exige par ailleurs que le recourant discute au moins de mani�re succincte les consid�rants de la d�cision attaqu�e.
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� constat�s de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 134 IV 36 consid. 1.4.1; 133 II 249 consid. 1.2.2), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation (art. 106 al. 2 LTF; " principe d'all�gation "). Le recourant ne saurait se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale. Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 585 consid. 4.1; 130 I 258 consid. 1.3).
3.1.�La cour cantonale a retenu, sur la base des �l�ments mis en exergue par le rapport d'expertise du 9 janvier 2014, que la recourante souffrait d'un trouble d�lirant, qui rendait sa situation extr�mement pr�caire. Cette situation impliquait de proc�der � toutes les d�marches n�cessaires pour assurer � la recourante un cadre de vie minimum et d�cent. A cet �gard, la cause et la condition d'une curatelle de port�e g�n�rale �taient r�alis�es. L'affection diagnostiqu�e constituait � l'�vidence des troubles psychiques au sens de l'art. 390 al. 1 ch. 1 CC et le besoin particulier d'aide de la recourante �tait av�r� sur les plans social et administratif, d�s lors qu'elle n'�tait pas en mesure de g�rer seule ses affaires sans les compromettre ni de d�fendre ses int�r�ts patrimoniaux et personnels de mani�re ad�quate en raison du trouble dont elle souffre. Tout en reconnaissant que la recourante avait entrepris une d�marche th�rapeutique � laquelle elle adh�rait et qu'il s'agissait d'un progr�s ind�niable, d'autant plus qu'une bonne alliance th�rapeutique avait pu �tre d�velopp�e, la cour cantonale a toutefois relev� que, selon les experts, si elle percevait et reconnaissait chez elle la pr�sence d'une souffrance d�pressive, la recourante n'avait pas de conscience morbide s'agissant de son trouble psychotique. De plus, toujours aux dires des experts, le trouble d�lirant �tait connu pour �tre une pathologie psychiatrique difficile d'acc�s th�rapeutique. Enfin, la pl�thore de courriers adress�s par la recourante d�montrait que cette derni�re n'avait pas conscience de sa pathologie et qu'elle n'�tait pas d'accord avec une mesure de soutien, ni capable de collaborer efficacement avec un repr�sentant. De par l'�tendue de l'aide n�cessit�e en l'�tat, seule une mesure de curatelle de port�e g�n�rale �tait susceptible de r�pondre � l'ensemble des besoins de la recourante, une mesure moins incisive paraissant d'embl�e insuffisante pour la prot�ger contre les cons�quences de sa pathologie. En effet, la recourante avait une fausse perception de ses int�r�ts, n�cessitant que l'exercice des droits civils lui soit retir�. Le soutien social apport� par le GRAAP n'�tait pas non plus suffisant, cet organisme soulignant d'ailleurs la difficult� de la situation sur les plans juridique, social et financier et qu'il ne serait pas en mesure d'assumer une curatelle. La cour cantonale a n�anmoins relev� que, si la mesure de curatelle de port�e g�n�rale se r�v�lait dans un premier temps indispensable, la situation de la recourante �tait susceptible d'�voluer favorablement et qu'il appartiendrait alors � l'autorit� de protection de r�examiner la n�cessit� et l'ad�quation de la mesure.
3.2.�La recourante soutient que la mesure de curatelle litigieuse est " manifestement disproportionn�e "et " parfaitement inutile ", d�s lors notamment qu'elle " a eu spontan�ment recours � des personnalit�s comp�tentes, qu'elle contacte r�guli�rement et avec lesquelles l'alliance th�rapeutique est bonne ". Selon elle, la collaboration d'un curateur " risque[rait] (...) d'aboutir � un �chec ". Elle ne changerait en tous les cas rien � ses conditions de vie, qu'elle admet �tre " des plus difficiles ". Elle avait du reste, en l'absence de curateur, tout fait pour obtenir un revenu d'insertion, toutefois sans succ�s; un curateur ne parviendrait pas � un autre r�sultat, dans la mesure o� elle poss�de un bien immobilier en France; un curateur ne l'emp�cherait pas non plus de continuer � envoyer d'innombrables lettres et courriels; enfin, il n'aurait aucune fortune � pr�server, puisqu'elle n'en a pas.
4.1.�L'autorit� de protection de l'adulte prend les mesures indiqu�es pour garantir l'assistance et la protection de la personne qui a besoin d'aide (art. 388 CC), dans le respect des principes de subsidiarit� et de proportionnalit� (art. 389 CC). L'application du principe de la subsidiarit� implique que l'autorit� de protection de l'adulte ne peut prendre des mesures de protection que si l'aide dont n�cessite la personne concern�e ne peut �tre procur�e par sa famille, ses proches ou par les services publics ou priv�s comp�tents (art. 389 al. 1 CC; Message du Conseil f�d�ral du 28 juin 2006 concernant la r�vision du Code civil suisse (protection de l'adulte, droit des personnes et droit de la filiation), FF 2006 6635 [6676]; ci-apr�s: Message). Si l'autorit� de protection de l'adulte constate que l'aide apport�e par ce cercle de personnes ne suffit pas ou qu'elle consid�re d'embl�e qu'elle sera insuffisante, elle doit ordonner une mesure qui respecte le principe de la proportionnalit�, � savoir une mesure n�cessaire et appropri�e (art. 389 al. 2 CC; ATF 140 III 49 consid. 4.3). La mesure ordonn�e doit donc se trouver en ad�quation avec le but fix�, repr�senter l'atteinte la plus faible possible pour �tre compatible avec celui-ci et rester dans un rapport raisonnable entre lui et l'atteinte engendr�e (arr�t 5A_318/2013 du 12 juin 2013 consid. 2.4 et la r�f�rence cit�e; cf. �g. ATF 140 III 49 consid. 4.3.1). Les t�ches � accomplir dans le cadre de la mesure ordonn�e doivent ensuite �tre d�termin�es en fonction des besoins de la personne concern�e (art. 391 al. 1 CC). Le principe de proportionnalit� veut aussi que l'autorit� tienne compte des int�r�ts l�gitimes des tiers et consid�re la charge que la personne concern�e repr�sente pour son entourage (art. 390 al. 2 CC). Ces int�r�ts peuvent justifier l'adoption d'une mesure plus incisive, mais ne peuvent jamais �tre la cause d'une mesure (Paul-Henri Steinauer/Christiana Fountoulakis, Droit des personnes physiques et de la protection de l'adulte, 2014, n� 1141, p. 510).
4.2.�La curatelle de port�e g�n�rale (art. 398 CC) a remplac� l'interdiction pr�vue par l'art. 369 al. 1 aCC, qui avait toujours pour cons�quence l'institution d'une tutelle (Message, FF 2006 6635 [6681]). Selon la jurisprudence rendue sous l'empire de cette disposition - qui conserve sur ce point toute sa pertinence -, pour respecter les principes de subsidiarit� et de proportionnalit�, la mesure tut�laire (soit actuellement la mesure de curatelle de port�e g�n�rale) doit avoir l'efficacit� recherch�e tout en sauvegardant au maximum la sph�re de libert� de l'int�ress�. Son but est de le prot�ger contre lui-m�me et contre l'exploitation par des tiers. Une mesure est disproportionn�e si elle est trop radicale ou trop l�g�re pour parvenir � cette fin. Dans l'hypoth�se o�, compte tenu des conditions l�gales, plusieurs mesures paraissent propres � atteindre le but vis�, il y a lieu de choisir celle qui empi�te le moins sur la sph�re de libert� de l'int�ress�. Le principe de subsidiarit� n'implique toutefois pas que les mesures les plus graves ne puissent �tre ordonn�es qu'apr�s l'application, l'�puisement et l'�chec des mesures plus l�g�res. La mesure ordonn�e doit en tout �tat de cause �tre aussi l�g�re que possible et aussi efficace que n�cessaire (arr�ts 5A_12/2012 du 20 mars 2012 consid. 3.1 et les r�f�rences cit�es; 5A_627/2011 du 16 avril 2012 consid. 3.2; Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 1140, p. 509).
Pour pouvoir instituer une curatelle de port�e g�n�rale, il faut dans un premier temps que la personne concern�e soit majeure ( PATRICK FASSBIND, Erwachsenenschutz, 2012, p. 228; Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 126, p. 40) et qu'un cas de curatelle au sens de l'art. 390 CC soit donn� (Philippe Meier/Suzana Lukic, Introduction au nouveau droit de la protection de l'adulte, 2011, no 508 p. 230). L'int�ress� doit d�s lors soit �tre dans un �tat de faiblesse personnelle (d�ficience mentale, troubles psychiques ou autre �tat de faiblesse) qui justifie qu'une mesure de protection soit ordonn�e et qui l'emp�che de sauvegarder lui-m�me ses int�r�ts (art. 390 al. 1 ch. 1 CC), soit �tre emp�ch� d'agir lui-m�me, en raison d'une incapacit� de discernement passag�re ou pour cause d'absence, pour des affaires qui doivent �tre r�gl�es et pour lesquelles il n'a pas nomm� de repr�sentant (art. 390 al. 1 ch. 2 CC).
Pour ce qui a trait plus particuli�rement � la condition d' "�tat de faiblesse personnelle", celle-ci se r�f�re aux personnes qui souffrent de "d�ficience mentale", de "troubles psychiques" ou d' "un autre �tat de faiblesse" qui affecte leur condition personnelle. Les deux premi�res notions ont remplac� respectivement celle de "faiblesse d'esprit"et celle de "maladie mentale" utilis�es sous l'ancien droit, de sorte que la jurisprudence appliqu�e sous l'empire de celui-ci peut leur �tre transpos�e (Message, FF 2006 6635 [6676], ch. 2.2.2 ad art. 390 CC; Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 130a, p. 42). Le terme de "d�ficience mentale" se r�f�re aux d�ficiences de l'intelligence, cong�nitales ou acquises, de degr�s divers, alors que l'expression "trouble psychique" englobe toutes les pathologies mentales reconnues en psychiatrie, � savoir les psychoses et les psychopathies ayant des causes physiques ou encores les d�mences, notamment la d�mence s�nile. Enfin, la notion plus large d' "autre �tat de faiblesse qui affecte [la] condition personnelle" permet de prot�ger par le biais d'une telle mesure �galement les personnes �g�es souffrant de d�ficiences similaires, ainsi que celles qui souffrent de graves handicaps physiques ou ne peuvent g�rer leurs affaires conform�ment � leurs int�r�ts en raison d'une faiblesse de caract�re ou d'une profonde inexp�rience (Message, FF 2006 6635 [6676], ch. 2.2.2 ad art. 390 CC; Meier/Lukic, op. cit., no 404 pp. 192-193; Helmut Henkel,�
in:�Basler Kommentar, Erwachsenenschutz, 2012, n�s 12-14�
ad�art. 390 CC).
4.3.�Les notions de "d�ficience mentale" et de "troubles psychiques" ne se confondent pas avec les notions correspondantes retenues en m�decine. Si la personne concern�e pr�sentera g�n�ralement un trouble au sens m�dical de ces termes, seul est en effet juridiquement d�terminant pour l'institution d'une curatelle la cons�quence que cet �tat m�dicalement reconnu a sur son besoin de protection (Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 131, p. 42). Pour l'aider dans sa prise de position quant � cette question, l'autorit� peut faire proc�der � une expertise m�dicale si elle l'estime n�cessaire (art. 446 al. 2 CC). Elle reste toutefois libre dans son interpr�tation de celle-ci qui ne la lie ni en fait ni en droit. L'opportunit� de solliciter l'avis d'un expert d�pend du type de mesure envisag�e mais une expertise m�dicale s'av�re en principe indispensable lorsqu'il s'agit de limiter l'exercice des droits civils d'une personne en raison d'un trouble psychique ou d'une d�ficience mentale et qu'aucun membre de l'autorit� n'a les comp�tences m�dicales n�cessaires (ATF 140 III 97 consid. 4; arr�t 5A_211/2014 du 14 juillet 2014 consid. 3.2.1; Message, FF 2006 6635 [6711], n� 2.3.1 ad art. 446; Meier/Lukic, op. cit., no 403 p. 192; Christoph Auer/Mich�le Marti,�
in:�Basler Kommentar, Erwachsenenschutz, 2012, n� 19
ad�art. 446 CC; Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 1100,��������� pp. 490-491).
4.4.�Si l'un des deux cas de curatelle de l'art. 390 al. 1 CC est donn�, il faut ensuite dans un deuxi�me temps que la condition sp�cifique � la curatelle de port�e g�n�rale de l'art. 398 al. 1 CC soit remplie, � savoir que la personne concern�e ait "particuli�rement besoin d'aide". D�s lors que le Message rappelle express�ment que la curatelle de port�e g�n�rale est une�
ultima ratio, la condition de l'art. 398 al. 1 CC doit �tre comprise en ce sens qu'aucune des autres formes de curatelle pr�vues aux art. 393 � 396 CC ou combinaison de ces curatelles (art. 397 CC) ne suffise � apporter la protection requise (FF 2006 6635 [6681]; Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 155, p. 52; Henkel, op. cit., n� 5
ad�art. 398 CC; Fassbind, op. cit., p. 245). Cette forme de curatelle doit �tre envisag�e en particulier pour les personnes durablement incapables de discernement comme le rappelle l'art. 398 al. 1
in fine�CC. L'incapacit� de discernement n'est toutefois ni une condition ni, � elle seule, un crit�re suffisant pour le prononc� d'une telle mesure (Steinauer/Fountoulakis, op. cit., n� 155, p. 52; Meier/Lukic, op. cit., nos 510 et 511 pp. 230-231; Fassbind, op. cit., p. 246
in initio�).
En l'esp�ce, la cour cantonale a fond� son argumentation essentiellement sur les �l�ments mis en exergue par le rapport d'expertise du 9 janvier 2014. Compte tenu de la mesure dont le prononc� �tait envisag� et de la nature du trouble de la recourante, le recours � une expertise �tait effectivement indispensable (cf.�
supra�consid 4.3). La recourante ne s'en prend toutefois aucunement au contenu de l'expertise dans son recours. L'autorit� cantonale a ainsi constat� � juste titre que la recourante souffrait d'un trouble d�lirant et que l'affection diagnostiqu�e constituait � l'�vidence un trouble psychique au sens de l'art. 390 al. 1 ch. 1 CC. Le besoin particulier d'aide de la recourante �tait en outre av�r� sur les plans social et administratif, d�s lors qu'elle n'�tait pas en mesure de g�rer seule ses affaires sans les compromettre ni de d�fendre ses int�r�ts patrimoniaux et personnels de mani�re ad�quate en raison du trouble dont elle souffre. La recourante admet d'ailleurs elle-m�me dans son recours que ses conditions de vie sont " des plus difficiles ". La cause et toutes les conditions propres � ordonner une curatelle de port�e g�n�rale � l'�gard de la recourante sont ainsi � l'�vidence r�alis�es. La mesure appara�t en outre appropri�e. En effet, bien que l'autorit� cantonale ait constat� que la recourante per�oit et reconna�t chez elle la pr�sence d'une souffrance d�pressive, ce qui l'a conduite � entreprendre une d�marche th�rapeutique � laquelle elle adh�re, il ressort toutefois du rapport d'expertise qu'elle n'a pas de conscience morbide s'agissant de son trouble psychotique puisqu'elle est persuad�e que le probl�me vient de l'ext�rieur et plus particuli�rement "des personnes et syst�mes pers�cuteurs qui l'agress[ent]". De plus, toujours aux dires des experts, le trouble d�lirant est connu pour �tre une pathologie psychiatrique difficile d'acc�s th�rapeutique. Enfin, la cour cantonale a �galement retenu � juste titre que la pl�thore de courriers envoy�s par la recourante d�montre que cette derni�re n'a pas conscience de sa pathologie et qu'elle n'est pas d'accord avec une mesure de soutien, ni capable de collaborer efficacement avec un repr�sentant. Il importe � cet �gard peu qu'un curateur ne serait pas en mesure de l'emp�cher d'envoyer ces courriers, comme elle le pr�tend. C'est �galement � raison que la cour cantonale a retenu que seule une mesure de curatelle de port�e g�n�rale �tait susceptible de r�pondre � l'ensemble des besoins de la recourante, une mesure moins incisive paraissant d'embl�e insuffisante pour la prot�ger contre les cons�quences de sa pathologie, compte tenu de l'�tendue de l'aide n�cessit�e en l'�tat et de la perception erron�e qu'elle a de ses propres int�r�ts. A cet �gard, le GRAAP a d'ailleurs soulign� la difficult� de la situation de la recourante sur les plans juridique, social et financier et son incapacit� � assumer une curatelle, de sorte que le soutien social apport� par cet organisme appara�t effectivement insuffisant. Le fait qu'un tel organisme se d�clare dans l'incapacit� d'aider efficacement la recourante refl�te de surcro�t la complexit� de la situation de cette derni�re et l'�tendue de son besoin d'assistance. Son incapacit� � sauvegarder elle-m�me ses int�r�ts est �galement illustr�e par le fait que la recourante se retrouve actuellement sans logement fixe ni ressources financi�res puisqu'elle a elle-m�me admis avoir d'importantes dettes d'imp�ts, d'assurance-maladie et de frais de justice et mal s'alimenter en raison de son manque d'argent. Elle est en outre aux prises avec d'innombrables d�marches et d�m�l�s judiciaires ainsi que d'incessants conflits avec les services sociaux, g�n�r�s selon les experts par sa pathologie qui la pousse � se d�battre de mani�re d�sordonn�e pour obtenir raison et � agir ainsi contre ses propres int�r�ts. Il convient cependant de rappeler, � l'instar de la cour cantonale, que la situation de la recourante est susceptible d'�voluer favorablement, de sorte que la n�cessit� et l'ad�quation de la mesure ordonn�e pourront �tre r�examin�s par l'autorit� de protection de l'adulte. En d�finitive, il ressort de ce qui pr�c�de que les conditions n�cessaires au prononc� d'une mesure de curatelle de port�e g�n�rale sont remplies et que seule une telle mesure est, en l'�tat, apte � prot�ger la recourante efficacement. Le grief de violation du principe de proportionnalit� doit par cons�quent �tre rejet�.
Il d�coule de ce qui pr�c�de que le recours est mal fond� et doit �tre rejet� dans la faible mesure de sa recevabilit�. Au vu des circonstances, le pr�sent arr�t peut �tre rendu sans frais (art. 66 al. 1 seconde phr. LTF), ce qui rend la demande d'assistance judiciaire sans objet. Il n'y a pas lieu d'octroyer une indemnit� de d�pens � l'autorit� intim�e, qui n'a au demeurant pas �t� invit�e � se d�terminer (art. 68 al. 1 � 3 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� � la recourante, � la Justice de paix du district de Lavaux-Oron et � la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud.
Lausanne, le 1er d�cembre 2014