Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001108-216605
Timestamp: 2017-04-24 07:47:16+00:00
Document Index: 119246358

Matched Legal Cases: ['arrêt ', "l'article 22", "l'article 8", "l'article 12", "l'article 12", 'art. 8', 'art. 75', 'art. 22', 'art. 12', 'art. 12']

France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 08 novembre 2000, 216605
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 216605Numéro NOR : CETATEXT000008035974 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-11-08;216605 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 21 janvier 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Rolando X..., demeurant Le Saint Joseph ... ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 27 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 14 décembre 1999 du préfet des Alpes-Maritimes ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité philippine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 7 mai 1998, de la décision du 17 mars 1998 du préfet des Alpes-Maritimes lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que M. X..., qui invoque par la voie de l'exception l'illégalité de la décision du 17 mars 1998 lui refusant un titre de séjour, soutient qu'il est entré en France le 20 février 1990 et que la durée de son séjour sur le territoire national lui ouvrait la possibilité de bénéficier des dispositions de la circulaire du ministre de l'intérieur du 24 juin 1997, nonobstant ses voyages aux Philippines, accomplis, selon l'intéressé, dans le contexte d'une situation de précarité qui serait imputable à l'administration ; que, toutefois, le moyen tiré de ce que cette circulaire, qui est dépourvue de valeur réglementaire, permettait de lui délivrer un titre de séjour est, à le supposer recevable et en tout état de cause, inopérant ; que, par suite, l'exception d'illégalité soulevée doit être écartée ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir qu'il réside sur le territoire français depuis mars 1990 ; que sa mère et ses cinq frères et soeurs résident régulièrement en France et qu'il n'a conservé aucune attache familiale réelle dans son pays d'origine, il ressort des pièces du dossier que son épouse et ses deux enfants vivent aux Philippines ; qu'il n'est donc pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, même s'il déclare être séparé de son épouse depuis plus de quatre ans ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;Considérant qu'il ressort des propres déclarations de M. X... qu'à la date de l'arrêté attaqué, il ne justifiait pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans ; que par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Alpes-Maritimes ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ne peut qu'être écarté ; qu'il s'ensuit que M. X... n'est pas davantage fondé à soutenir que la commision du titre de séjour aurait dû être consultée en application de l'article 12 quater de l'ordonnance précitée ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 14 décembre 1999 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Rolando X..., au préfet des Alpes-Maritimes et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1999-12-14Circulaire 1997-06-24Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bis, art. 12 quaterPublications :Proposition de citation: CE, 08 novembre 2000, n° 216605Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FouquetRapporteur public : M. TouvetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 08/11/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page