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Timestamp: 2018-10-16 16:43:26+00:00
Document Index: 139673648

Matched Legal Cases: ['§ 10', '§ 15', '§ 18', '§ 14', '§ 27', '§ 29', '§ 17', '§ 38', '§ 33', '§ 38', '§ 4', '§ 30', '§ 34', '§ 33', '§ 37', '§ 35', '§ 8', '§ 21', '§ 8', '§ 22', '§ 17', '§ 23']

Togo : Cinquième revue de l’accord triennal au titre de... demande de modification d’un critère de réalisation et demande de...
Rapport du FMI No. 11/10
Togo : Cinquième revue de l’accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit,
demande de modification d’un critère de réalisation et demande de prolongation de
Dans le cadre de la cinquième revue de l’accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit,
demande de modification d’un critère de réalisation et demande de prolongation de l’accord,
les documents ci-après on été diffusés et figurent dans ce dossier :
Rapport des services du FMI relatif à la cinquième revue de l’accord triennal au titre de
la facilité élargie de crédit, demande de modification d’un critère de réalisation et
demande de prolongation de l’accord, établi par une équipe des services du FMI, à l’issue
des entretiens qui ont pris fin le 21 septembre, 2010, avec les autorités togolaises sur
l’évolution et les politiques économiques. La rédaction du rapport des services du FMI, qui
repose sur les informations disponibles au moment de ces entretiens, a été achevée le
22 novembre, 2010. Les opinions exprimées dans ce rapport sont celles de l'équipe des
services du FMI et ne correspondent pas nécessairement aux points de vue du Conseil
d’administration du FMI.
Déclaration des services du FMI, mettant à jour les informations sur l’évolution économique
Communiqué de presse résumant les points de vue du Conseil d’administration tels
qu’exprimés lors de l’examen du rapport des services du FMI le 10 décembre, qui concluait
Déclaration de l’Administrateur pour le Togo.
Le document ci-après a été ou sera diffusé séparément.
Lettre d’intention adressée au FMI par les autorités togolaises.*
* Figure également dans le rapport des services du FMI
La politique de publication des rapports et d’autres documents des services du FMI autorise la suppression
des passages contenant des informations sensibles.
Ce rapport peut être obtenu sur demande à :
700 19 Street, N.W. • Washington, D.C. 20431
Téléphone: (202) 623-7430 • Télécopieur : (202) 623-7201
Adresse électronique : publications@imf.org Internet : http://www.imf.org
Cinquième revue de l’accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit, demande de
modification d’un critère de réalisation et demande de prolongation de l’accord
Préparé par le Département Afrique
(en consultation avec d'autres départements)
Approuvé par Tom Dorsey et Michael Atingi Ego
Accord FEC :
L'accord FEC triennal en faveur du Togo a été approuvé en
avril 2008 pour un montant équivalant à 66,06 millions de DTS
(90 % de la quote-part). Une augmentation du niveau d’accès de
18,35 millions de DTS (25 % de la quote-part) a été approuvée en
septembre 2008. Une augmentation additionnelle du niveau d’accès
de 11 millions de DTS (15 % de la quote-part) a été approuvée en
juin 2010. Le point de décision dans le cadre de l’initiative PPTE a
été atteint en novembre 2008. Les services du FMI appuient la
demande des autorités pour que soit atteint le point d’achèvement
PPTE au même moment que la conclusion de la présente revue.
M. Mills (chef de mission), Mme Ocampos, M. David (tous du
Département Afrique), Mme Gicquel (Département de la stratégie,
des politiques et de l'évaluation) et M. Sarr (Représentant résident).
Lomé, 8-21 septembre 2010. La mission a rencontré le Président
Gnassingbé, le Ministre de l’Économie et des finances, M. Ayassor,
le Directeur national de la BCEAO, M. Tenou, et d’autres hauts
responsables. Elle a également rencontré des parlementaires ainsi que
des représentants de la société civile, des syndicats, des donateurs, du
secteur privé et des médias.
Les autorités ont observé tous les critères de réalisation du
programme appuyé par la FEC et ont enregistré des progrès
satisfaisants sur les repères structurels. Elles ont tenu deux repères,
mèneront à terme les mesures pour un troisième avec un léger retard,
et on révisé le dernier en vue de l’achever en avril 2011. Les services
du FMI recommandent l'achèvement de la revue, conformément à la
demande formulée dans la lettre d'intention.
I. De bons résultats en dépit d’une conjoncture économique difficile ......................................5 A. La croissance reste modeste malgré des politiques anticycliques.............................5 B. Le programme économique se maintient sur la bonne voie ......................................5 C. Des progrès satisfaisants ont été enregistrés au titre des réformes structurelles
mais des difficultés subsistent .............................................................................12
II. Jeter les bases d'une croissance soutenue : perspectives pour 2010 et 2011 ......................14 A. Une reprise graduelle ..............................................................................................14 B. Une politique budgétaire viable et propice à la croissance .....................................14 C. Des réformes structurelles pour une croissance accélérée ......................................16 D. Stratégie d'endettement pour l'après PPTE .............................................................17 E. Risques pour la mise en œuvre du programme .......................................................17 III. Évaluation par les services du FMI ...................................................................................18 Tableaux
1. Principaux indicateurs économiques et financiers, 2009–12 ...............................................20 2. Balance des paiements, 2009–12 .........................................................................................21 3a. Opérations financières de l’administration centrale, 2009–12 ...........................................22 3b. Principaux indicateurs de politique budgétaire, 2008–11 ..................................................24 4. Situation monétaire, 2009–12 ..............................................................................................25 5. Calendrier de décaissement effectif et proposé pour l’accord FEC, 2008–11 .....................26 Graphiques
1. Évolution macroéconomique récente .....................................................................................7 2. Impact négatif modéré d’une conjoncture extérieure défavorable ........................................8 3. Indicateurs du secteur bancaire 2008–10 .............................................................................11 Encadrés
1. Une lente progression de l’apurement des arriérés intérieurs ................................................9 2. Évolution récente du secteur bancaire togolais ....................................................................10 Appendice I : Lettre d'intention ...............................................................................................27
Pièce jointe : Amendements au protocole d'accord technique .....................................43
Banque internationale pour l’Afrique au Togo
Banque togolaise pour le commerce et l’industrie
Communauté Électrique du Benin
Compagnie Énergie Électrique du Togo
Comité national d’apurement de la dette intérieure
Caisse de retraite du Togo
Initiative d'allégement de la dette multilatérale
Système intégré de gestion des finances publiques
Société togolaise de coton
Union Togolaise de Banques
Le Togo a entamé une reprise économique modeste, s’appuyant sur une politique budgétaire
anticyclique et des réformes structurelles. La croissance devrait être de l’ordre de 3½ % en 2010 et
2011, soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2008–09, mais tout de même inférieur au
potentiel estimé à 4 %. La conjoncture extérieure continue de freiner la reprise, la croissance des
exportations et les flux d’investissement demeurant faibles. Le déficit courant devrait rester élevé,
aux alentours de 7½ % du PIB en 2010 et 2011. L’inflation est stable et proche de 2 %, malgré une
hausse de la croissance de la masse monétaire et du crédit à l’économie.
La reprise est entretenue par la solide mise en œuvre du programme économique appuyé par la
FEC. L’exécution du budget de 2010 a été conforme aux objectifs du programme. L’augmentation
de l’investissement public dans le cadre du programme a réussi à étayer l’activité économique. Elle
permet par ailleurs de jeter les bases d’une croissance durable en comblant le déficit d’infrastructures
de base imputable à la longue crise intérieure du Togo. Les autorités ont été en mesure de mener cette
politique budgétaire anticyclique sans compromettre la viabilité de la dette, grâce à une discipline
budgétaire et à un financement extérieur sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles.
Le projet de loi de finances pour 2011 insiste davantage sur l’investissement public pour
alimenter la croissance. Le travail de mobilisation des recettes est appelé à s’intensifier, fort des
réformes entreprises durant le programme. Compte tenu par ailleurs de la croissance maîtrisée des
dépenses courantes, ces ressources permettront aux autorités de financer une autre augmentation des
investissements publics, même en présence d’une compression des concours extérieurs
Les progrès continus du programme de réformes structurelles contribuent à dynamiser la
croissance et les finances publiques. Les réformes destinées à renforcer la gestion des finances
publiques ont avancé comme prévu ; l’apurement des arriérés intérieurs a progressé, certes pas autant
qu’on l’aurait souhaité car nombreux sont les créanciers admissibles qui n’ont pas entrepris de
démarches pour faire valoir leurs créances. La restructuration financière dans le secteur bancaire a
commencé à doper l’activité. Des retards se sont toutefois produits dans la préparation de l’étape
suivante — la privatisation de quatre banques — vu la nécessité de renouveller le cadre légal. En
tout état de cause la promulgation d’une nouvelle loi devrait être suivie d’autres progrès. D’autres
réformes destinées à faciliter les échanges commerciaux et les ajustements de prix dans le secteur
pétrolier devraient favoriser la croissance et renforcer les finances publiques.
Le Togo bénéficiera d’un allégement considérable de sa dette une fois qu’il atteindra le point
d’achèvement de l’initiative PPTE, ce qui devrait en principe coïncider avec l’achèvement de
cette revue. L’amélioration sensible de la situation d’endettement du Togo renforcera son assise
financière ainsi que la confiance dans son économie. Les autorités entendent élaborer une stratégie
d’endettement à moyen terme afin de consolider ces gains.
Les services du FMI appuient la demande présentée par les autorités pour que soit achevée la
cinquième revue, compte tenu des résultats enregistrés dans le cadre du programme et de la
vigueur de leurs engagements.
I. DE BONS RÉSULTATS EN DÉPIT D’UNE CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DIFFICILE
A. La croissance reste modeste malgré des politiques anticycliques
À 3,4 %, la croissance reste modeste en 2010, les mesures budgétaires anticycliques
n’ayant que partiellement compensé les faiblesses de l’environnement extérieur
(graphiques 1 et 2). Ce taux est inférieur aux 4 % initialement envisagés dans le cadre du
programme. Comme les facteurs exogènes continuent de maintenir la croissance en dessous de
son potentiel, l’actuelle orientation axée sur la relance budgétaire demeure appropriée.
L’expansion du secteur minier (notamment le clinker) et du BTP (notamment les travaux
publics) a alimenté le regain de croissance depuis 2009. Les réformes à l’œuvre dans le domaine
de la gouvernance budgétaire, de la restructuration bancaire et dans le secteur réel s’attaquent à
plusieurs contraintes qui pèsent sur la croissance et sont imputables à une crise politique et
sociale persistante.
La balance des paiements continue de subir des pressions liées aux conditions
extérieures défavorables, auxquelles s’ajoute la politique budgétaire anticyclique. La
croissance des exportations est restée timide au premier semestre de 2010, même si les envois de
fonds ont commencé à se redresser, gagnant 13 % au premier semestre 2010 en glissement
annuel. Les importations ont enregistré une progression robuste au premier semestre 2010, avec
en tête les biens d’équipement liés aux investissements publics. Ces facteurs devraient aboutir à
un lourd déficit du compte courant d’environ 7,7 % du PIB en 2010 (tableaux 1 & 2 ;
graphiques 1 & 2).
B. Le programme économique se maintient sur la bonne voie
Globalement, la mise en œuvre du programme des autorités appuyé par la FEC se
maintient sur la bonne voie, l’exécution du budget étant solide et l’application des réformes
structurelles satisfaisante.
L’exécution du budget de 2010 jusqu’à la fin juin a globalement atteint les objectifs
du programme ou les a dépassés, les faiblesses se limitant à l’apurement des arriérés et à
l’exécution des dépenses sociales (lettre d’intention, § 10–13). Le recouvrement des recettes a
dépassé les objectifs de 0,5 % du PIB, principalement grâce aux recettes non fiscales et aux
impôts intérieurs1. Les dépenses courantes ont été nettement inférieures aux prévisions (de 0,8 %
du PIB), tandis que les dépenses d’investissement ont presque atteint les objectifs fixés (doublant
le niveau de l’année dernière pour le premier semestre). L’apurement des arriérés intérieurs, n’a
malheureusement pas été à la hauteur des projections, ce qui s’explique en partie par le fait que
de nombreux créanciers admissibles n’ont pas fait valoir leurs créances (encadré 1). Au vu de ces
résultats, les principaux objectifs du programme à fin juin ont été largement atteints en ce qui
Ce dépassement porte à croire que le niveau de recouvrement des recettes excédera probablement l’objectif fixé ;
cela étant, les projections modérées pour la fin de l’année n’ont pas été révisées par souci de prudence budgétaire.
concerne le solde budgétaire et le financement intérieur (appendice 1, tableau 1). Il ressort des
données préliminaires à fin août 2010 que ces tendances se poursuivent. Le faible taux
d’exécution des dépenses sociales (55 % à fin juin) suscite des inquiétudes. Cependant les
autorités ont signalé une accélération au troisième trimestre, en particulier dans le cas des
Tableau texte 1. Togo : Résultats budgétaires en 2009 et au 1er sem. 2010
2010 1er sem.
Courantes (intérieures primaires)
Solde intérieur primaire
Note : même PIB pour Prog. et Réel 2009
La situation monétaire a continué d'évoluer de façon positive, l'intermédiation
financière s'étant renforcée et les prix à la consommation étant restés stables (tableau 4,
encadré 2). La remise en état des établissements bancaires a continué de produire des résultats,
les dépôts ayant progressé de 9,7 % durant les sept premiers mois de 2010, tandis que le crédit au
secteur privé a progressé de 20 % (graphique 1). Le crédit aux entreprises publiques a augmenté
un peu plus rapidement, d'où la nécessité d'une supervision rapprochée afin de gérer les risques
budgétaires. La croissance de la masse monétaire a continué d'être forte tandis que l'inflation est
restée modérée (2,5 % au premier trimestre 2010 en glissement annuel).
Graphique 1. Togo : Évolution macroéconomique récente 1
Freinée par la récession mondiale, la croissance du
Togo est modeste en dépit des mesures
anticycliques...
... d'où une croissance du revenu par habitant inférieure au
niveau nécessaire pour remonter à la moyenne régionale .
Croissance PIB réel (%)
Croissance PIB réel par habitant (%)
Indicateurs budgétaires (% du PIB)
Solde global, hors dons
La croissance monétaire s'est accélérée avec la reprise du
crédit suite à la restructuration du secteur bancaire.
Une orientation budgétaire souple reste de mise à des
fins anticycliques.
...et le déficit courant s'est accentué, la croissance des
exportations restant timide.
Inf lation annuelle IPC (en glissement annuel)
Les fluctuations des prix du pétrole et des alliments
ont entraîné une hausse de l'inflation en 2008 puis
une baisse en 2009 ...
Source: autorités togolaises et estimations et projections des services du FMI.
1 Estimations pour 2009 et projections pour 2010.
Crédit au secteur
Graphique 2. Togo : Impact négatif modéré d'une conjoncture extérieure défavorable
La récession mondiale a contribué à un net
ralentissement de l'IDE...
IDE/PIB (éch. droite)
...et à une chute des envois de fonds.
Moy. 200007
Ef f ets de la
…tandis que les exportations de ciment et
de clinker ont bien résisté.
La valeur des exportations de coton et de
phosphate a fléchi en 2009-2010...
... mais le volume des importations s'est
redressé au second semestre 2009
Le commerce de transit a souffert de la
Traf ic cumulé d'importations de
transit au port de Lomé
Traf ic cumulé des importations à
destination du Togo au port de
Source : autorités togolaises et estimations et projections des services du FMI.
Encadré 1. Togo: une lente progression de l'apurement des arriérés intérieurs
L'an dernier, le Togo a considérablement avancé dans l'apurement des arriérés intérieurs
envers le secteur privé, mais les progrès ont ralenti depuis le début de 2010. Après le
lancement de l'opération en août 2009 et jusqu'à la fin 2009, les autorités ont avancé plus
rapidement que ne le prévoyait le calendrier. À la fin mars 2010, les créances avaient été apurées
pour près de la moitié de leur valeur (l'achèvement du processus était un repère structurel pour
mars). Entre la fin mars et la fin août le Trésor togolais avait remboursé quelque 200 créanciers de
plus, et ainsi couvert prêt de 65 % de la valeur des arriérés et 37 % des créanciers (tableau cidessous).
L'opération d'apurement a été quelque peu ralentie en 2010 car de nombreux créanciers
n'ont pas fait valoir leurs créances, sans doute à cause de la complexité du processus, du
grand nombre de participants et de l’ancienneté des arriérés. Au deuxième trimestre, les
autorités ont lancé une campagne d'information afin de faire connaître la procédure, en ciblant le
grand nombre de petites créances. En outre, les autorités ont réglé les divergences avec un certain
nombre de créanciers de taille grande ou moyenne sur la décote à appliquer. Cependant, quelques
créanciers présentant des engagements nets envers l'État (par exemple, impôt restant à régler ou
créances improductives prises en charge par l'État et d'un montant supérieur aux arriérés) ne se
sont pas soumis au processus d'apurement, préférant attendre l'établissement de procédures de
recouvrement des créances improductives. Compte tenu de l'ancienneté du grand nombre de
créances, il est probable que beaucoup de créanciers aient disparu (par exemple soient passés au
secteur informel, aient fait faillite, ou bien encore aient quitté le pays).
Les autorités redoublent d'efforts pour accélérer l'apurement des arriérés durant les
derniers mois de 2010. Elles ont fait appel à l'association patronale pour contacter les créanciers
potentiels et comprendre les raisons du ralentissement. Elles entendent mettre fin au processus
d'apurement avec les fournisseurs privés à la fin de l'année (lettre d'intention, § 15).
Tableau-encadré 1. Apurement des arriérés envers les fournisseurs privés: montants versés et estimation des montants
restant à verser à la date d'août 2010
(en millions de FCFA)
Coût total estimé 1/
Petit (≤ 13,5)
Nombre 2/
(>13,5)
Payé à la date de
Payé à la date d'août
Restant à payer
Source : autorités togolaises et estimations des services du FMI.
1/ Montant exigible après décote.
2/ le nombre de créanciers a augmenté en 2010 d'environ 600 pour atteindre 5.438 suite à l'inclusion des créances
vérifiées faisant intervenir les biens et services dont la livraison ne pouvait plus être vérifiée par les auditeurs.
Encadré 2. Togo : Évolution récente du secteur bancaire togolais
En 2006, le système bancaire togolais était presque entièrement insolvable. Les prêts
improductifs, notamment aux entreprises publiques, s'étaient accumulés durant la crise
intérieure. Après une recapitalisation bancaire initiale en 2004 (d’un coût de 4,4 % du PIB) qui
s'est révélé être insuffisante, l'État a entièrement recapitalisé les cinq plus grosses banques à la
fin 2008 pour un coût de 6,2 % du PIB, sur les conseils des services du FMI et de la Banque
mondiale. L'État a également pris en charge les créances improductives.
La restructuration financière du secteur bancaire ne s'est pas encore accompagnée d'une
profonde restructuration opérationnelle. La pleine restructuration du secteur bancaire et le
rétablissement d'une intermédiation financière viable constituent un élément fondamental du
programme appuyé par la FEC. Le programme envisageait initialement des progrès
substantiels dans la privatisation des quatre banques publiques, dès décembre 2009.
Cependant, des retards se sont produits en raison de la complexité du processus, et notamment
des difficultés à adapter le cadre légal à la privatisation. La démarche initialement proposée
par les autorités pour moderniser le dispositif a été rejetée par le parlement au début de
l'année. Cependant, au terme de longues concertations celui-ci a adopté une nouvelle loi de
privatisation lors d'une session extraordinaire convoquée par le gouvernement au début
octobre. Le gouvernement a entrepris de mettre sur pied la commission de privatisation ainsi
que l'exige la loi et il entend prendre les grandes décisions stratégiques pour la privatisation
dès que possible (lettre d'intention, § 18).
Malgré la recapitalisation le système bancaire continue d'accuser des faiblesses. À l'heure
actuelle six établissements n'observent pas le niveau minimum nouvellement relevé de fonds
propres de 5 milliards FCFA (10 millions de dollars). En outre, une grande banque ne respecte
pas le ratio fonds propres/actifs de 8 %. Bien que le ratio créances improductives/créances
totales brutes ait considérablement baissé grâce à la recapitalisation, il reste élevé (14,6 %). Le
récent redressement du crédit à l'économie s'est accompagné d'une augmentation des créances
improductives en termes absolus, en particulier dans les banques du secteur privé
(graphique 3), mais non en pourcentage de la totalité des crédits bruts. Ces vulnérabilités
exigent une vigilance continue de la part de la commission bancaire de l'UMOA.
Outre la restructuration bancaire, les faiblesses de l'actuel environnement structurel
doivent être corrigées afin de promouvoir l'intermédiation financière et la solidité du
système financier. L'efficience de l'intermédiation reste faible à en juger par le ratio
crédits/dépôts de 66 % en 2009, encore qu'il ne s'éloigne pas de celui des pays comparables
(graphique 3). Les trois plus grandes banques représentent plus de 60 % du total des actifs.
Les écarts de taux d'intérêt ont continué d'être élevés, en raison notamment de la faiblesse de
l'environnement des affaires qui poussent les cours à la hausse (par exemple, faiblesse des
droits des créanciers).
Pour corriger ces faiblesses, les autorités togolaises entendent préparer une stratégie de
développement du secteur financier avec l’assistance technique des partenaires au
développement. Cette stratégie contiendra des recommandations détaillées sur les moyens à
mettre en œuvre pour surmonter les actuelles barrières au développement.
La restructuration a contribué à une
augmentation des dépôts...
...et à une reprise du crédit.
Miliiards FCFA
Graphique 3. Togo : Indicateurs du secteur bancaire 2008–10
Les écarts de taux d'intérêt sont élevés...
Taux d' Intérêt des Nouveaux Crédits
Taux d' Intérêt des Nouveaux Dépots
...en partie du fait du niveau élevé des
créances improductives.
...freine l'intermédiation financière
La faiblesse des droits des créanciers...
Indice droits légaux 2009
Afrique SS
Ratio crédits/dépôts
Sources : BCEAO, base de données Doing Business Banque mondiale/SFI, données sur la structure financière
Banque mondiale, et calculs des services du FMI.
C. Des progrès satisfaisants ont été enregistrés au titre des réformes structurelles mais des
difficultés subsistent
Les réformes structurelles destinées à renforcer la gouvernance budgétaire et à
promouvoir les conditions de la croissance continuent de progresser (tableau texte 2, lettre
d'intention § 14–22 & tableau 2). Sur les quatre repères structurels à tenir depuis la dernière
revue en juin, deux ont été entièrement observés, un devrait l'être avec un léger retard et enfin le
dernier a été considérablement retardé. Tous les repères structurels pour le reste de cette année
sont en cours de réalisation ou l'ont déjà été (voir section II.C).
Les réformes visant à renforcer la gouvernance budgétaire ont progressé
résolument. Les mesures destinées à accroître l'efficience des dépenses publiques et à renforcer
les opérations du Trésor ont été menées à terme, ce qui a permis d'observer deux repères
structurels à fin juin. En dépit de tous les efforts déployés par les autorités, l'apurement des
arriérés intérieurs (repère structurel à fin mars) a avancé plus lentement que prévu car de
nombreux créanciers admissibles n'ont pas fait valoir leurs créances (encadré 1). En octobre le
Togo a franchi une étape importante en devenant candidat à l'ITIE, initiative liée à un
déclencheur PPTE. Le Togo a également amélioré la gestion des finances publiques liée à
d'autres déclencheurs PPTE, dont le suivi des dépenses prioritaires, les contrôles financiers, la
gestion de la dette et la passation de marchés (cf. Togo: Enhanced Heavily Indebted Poor
Countries Initiative Completion Point Document and Multilateral Debt Relief Initiative).
Les initiatives du programme visant à corriger les contraintes et les risques qui
pèsent sur le secteur réel se poursuivent également ou sont proches du calendrier. Les
autorités ont entrepris de recruter des consultants pour élaborer une feuille de route pour la
création du guichet unique d’importation au Port autonome de Lomé, et elles tiendront
vraisemblablement ce repère avec un léger retard (repère structurel à fin septembre). Cette
initiative est importante pour la compétitivité du Togo ainsi que pour la mobilisation de ses
recettes. Après avoir reçu une assistance technique du Département des finances publiques
(FAD), les autorités sont aussi en bonne voie pour adopter globalement dans les temps un
nouveau mécanisme d'ajustement des prix à la pompe (repère structurel à fin novembre). Elles
ont notamment mis en place un processus de concertation, ce qui revêt une grande importance vu
les manifestations, parfois violentes, qui se sont produites en juin après une augmentation des
prix. En combinant la répercussion automatique des cours mondiaux et une formule de lissage,
ce mécanisme encouragera une adaptation à la tendance des prix, amortira l’impact social et
protégera les finances publiques.
Les préparatifs de privatisation bancaire ont avancé, mais avec d'importants
retards vu la nécessité de moderniser le dispositif légal (encadré 2). L'appel d'offres final,
initialement prévu pour la fin septembre, est désormais prévu pour la fin avril (repère structurel
révisé).
Tableau texte 2. Togo : repères structurels pour 2010
Achever l'exécution de la stratégie de
règlement des arriérés intérieurs certifiés
envers des fournisseurs privés.
Fin mars 2010
Non realisé mais
(voir encadré 1)
Adopter un compte unique du Trésor en
recensant les comptes du Trésor dans les
banques commerciales et la BCEAO;
réduire le nombre de comptes de 30 % au
Realisé : 88% des
comptes de l'État dans
le système bancaire ont
été clos.
Simplifier et réduire les délais dans la
chaîne des dépenses du secteur public en
éliminant les points de contrôle redondants.
Reporté à avril 2011
Mettre en place le système de gestion des
créances improductives et son support
Procéder à un audit financier et structurel
de la CRT et entamer une étude actuarielle
Recruter des consultants pour élaborer un
rapport sur les mesures nécessaires pour
créer un guichet unique au Port autonome
de Lomé.
Non realisé. Sera
probablement tenu
avec léger retard
Approuver en Conseil des ministres un
nouveau mécanisme d'ajustement des prix
Faire avancer la privatisation des banques
publiques en lançant un appel d'offres final.
II. JETER LES BASES D'UNE CROISSANCE SOUTENUE : PERSPECTIVES POUR 2010 ET 2011
A. Une reprise graduelle
La croissance poursuivra vraisemblablement son accélération progressive à la fin
2010 et en 2011. S'appuyant sur un vaste travail de réforme, la croissance du PIB en 2011
devrait se hisser à 3,7 %, principalement grâce aux secteurs secondaire et tertiaire
(essentiellement mines, électricité, télécommunications et banques). L'inflation devrait se
maintenir aux alentours de 2 % durant l'année. La masse monétaire, notamment le crédit au
secteur privé, poursuivra son expansion, alimentée par la croissance de la production et
l'aboutissement de la restructuration du secteur bancaire.
Les tensions extérieures persisteront probablement. D'après les projections, le déficit
courant ne devrait diminuer que légèrement en 2011, pour descendre à 7,4 % du PIB. Le déficit
commercial se creusera vraisemblablement car l'augmentation des importations attribuable à la
reprise de la croissance dépasse la faible progression des exportations. Cependant, l'IDE et les
flux de capitaux privés à moyen et long terme devraient commencer à se redresser en raison d'un
regain de confiance dans l'économie, lui-même attribuable à la détermination économique et
politique des pouvoirs publics.
B. Une politique budgétaire viable et propice à la croissance
Le cadrage budgétaire de 2010 demeure approprié et réalisable (tableaux 3a & 3b,
lettre d'intention § 27–28). La politique budgétaire anticyclique reste de mise au vu des
projections de croissance. Les objectifs de recettes et de dépenses pour la fin de l'année
demeurent valides compte tenu des résultats enregistrés jusqu'à présent. Les objectifs
d'apurement des arriérés intérieurs pour la fin de l'année ont été révisés à la baisse en raison des
difficultés rencontrées (encadré 1), et le plafond du financement intérieur net (critère de
réalisation) a été réduit en conséquence. Le budget est entièrement financé à des conditions
favorables afin d'éviter l'accumulation de dettes, l'Union européenne et la Banque mondiale ayant
fourni des dons additionnels pour compléter l'augmentation de l'accès dans le cadre du
programme appuyé par le FMI.
Le cadre budgétaire des autorités pour 2011 présente une ambitieuse orientation de
soutien à l'investissement afin de promouvoir la croissance à moyen terme, tout en restant
réaliste et conforme à la viabilité de la dette (tableaux 3a & 3b, lettre d'intention § 29–34).
Les dépenses d'investissements financés sur ressources intérieures devraient être
portées à 5 % du PIB, contre 3,3 % en 2010. L'intention des autorités de réduire le
déficit d'infrastructures de base qui s'est accumulé durant la crise intérieure et les
projets qui ont été définis traduisent les priorités énoncées dans le DSRP en
coopération avec les partenaires au développement. La faisabilité de cette
augmentation s'appuie sur les réformes engagées dans le domaine de l'exécution
budgétaire — notamment meilleure planification des projets, rationalisation de la
chaîne de la dépense et mise en place d'un système intégré de gestion des finances
publiques (lettre d'intention, § 17) — et sur le fait que l'exécution des dépenses
d'investissement au premier semestre 2010 a été à la hauteur de l'objectif ambitieux
qui avait été défini (le double du niveau du premier semestre 2009). Les dépenses
courantes resteront stables en proportion du PIB, préservant ainsi l'espace budgétaire
Les mesures engagées pour améliorer la mobilisation des recettes devraient
porter leurs fruits en 2011, contribuant ainsi au financement de cette
augmentation de l'investissement. Les objectifs de recettes seront relevés de
2,2 points de pourcentage du PIB en 2010 pour atteindre 19,3 % du PIB. L'expansion
projetée des recettes fiscales (1,3 point de pourcentage du PIB rapport aux projections
de 2010 et 0,9 point par rapport à 2009) est ambitieuse mais n'en est pas moins
réalisable. Les autorités ont engagé des réformes importantes et continues de politique
de l'administration fiscale, en s'attachant notamment à élargir l'assiette fiscale2 et à
limiter le vaste champ des exonérations douanières3 (lettre d'intention § 38). En outre,
la vente d'une troisième licence de téléphonie mobile, dont le produit devrait
représenter 1,2 % du PIB selon des estimations prudentes, constitue une importante
contribution ponctuelle. Enfin, au cas où les recettes ne seraient pas à la hauteur des
objectifs, les autorités sont déterminées à faire en sorte que l'exécution des dépenses
reste conforme aux ressources disponibles (lettre d'intention § 33).
Au vu de ce qui précède, les soldes budgétaires devraient rester conformes au
souci de viabilité des finances publiques et à l'abandon des politiques
Les taux d'imposition pour les entreprises et les personnes physiques ont été réduits de 6 points de pourcentage sur
la période 2008–10, tandis que la mobilisation des recettes en pourcentage du PIB est restée globalement stable, ce
qui confirme que la stratégie des autorités visant à élargir le champ des activités imposées, grâce à la réduction des
taux, porte ses fruits. Comme les taux seront stables en 2011, pour la première fois en quatre ans, on s'attend à une
amélioration du recouvrement en proportion du PIB. En outre, les experts du FAD ont constaté d'importantes
améliorations dans l'administration fiscale durant ces dernières années et ils ont recommandé plusieurs mesures qui
sont projetées pour 2011 (dont celles énoncées dans la lettre d'intention, § 38). Soulignons notamment que le
transfert des recettes recouvrées est en train d'être renforcé grâce au déploiement d'agents de recouvrement au sein
de l'administration fiscale. En outre, d’après la vigueur des recouvrements fiscaux à ce jour en 2010 (§ 4 et tableau
texte 1) la base devrait être supérieure pour les recouvrements fiscaux en 2011.
Étant donné que les exonérations couvrent une part notable des importations (un tiers en 2009), la mise en
application d'une récente circulaire interministérielle visant à limiter les exonérations discrétionnaires
exceptionnelles et à appliquer strictement les règles d'exonération non discrétionnaires devrait se traduire par une
amélioration sensible des recettes douanières. Les autres mesures relevant du domaine douanier comprennent
l'adoption d'un nouveau dispositif légal, une meilleure évaluation des importations (en faisant appel à une société
d'inspection avant embarquement) et le travail de mise en place d'un guichet unique au Port de Lomé (lettre
d'intention, § 30 & 38).
anticycliques d'expansion, avec le retrait de la relance budgétaire (tableau 3b).
S'agissant de la viabilité budgétaire, le déficit intérieur primaire serait de 0,4 % du
PIB, niveau compatible avec l'ancrage budgétaire d'un quasi équilibre4. Le déficit
base caisse hors dons, indicateur de la relance budgétaire, traduit l'abandon de
l'expansion budgétaire en ce sens que le déficit serait réduit de 1,5 point de PIB.
Au vu de l'expérience passée, la situation de financement est gérable. Il reste
toutefois à identifier un financement à hauteur de 0,3 % du PIB. Les appuis
budgétaires extérieurs devraient diminuer d'au moins deux points de PIB par rapport
aux niveaux exceptionnels de 2010. Les autorités se sont mises en rapport avec les
principaux partenaires et envisagent la possibilité de solliciter un nouveau programme
au titre de la FEC qui prendrait la suite du programme actuel au milieu de 2011 (lettre
d'intention § 34)5. Les autorités sont prêtes à réduire les dépenses si un financement
suffisant ne se matérialise pas (lettre d'intention § 33). Cependant, les services du
FMI estiment qu'il serait plus souhaitable, d'un point de vue tant social que macroéconomique, d'obtenir des ressources supplémentaires à des conditions
concessionnelles ou auprès de sources non génératrices d'endettement (par exemple,
recettes ou privatisation).
C. Des réformes structurelles pour une croissance accélérée
L’important travail de réforme du secteur financier se poursuit comme prévu dans
la perspective de la fin 2010. Outre la restructuration bancaire évoquée plus haut, ce travail
porte principalement sur la mise en place d'une structure de recouvrement des créances
improductives et des études sur la caisse de retraite des agents de l'État (repères structurels à fin
décembre, le second ayant été accompli plus tôt que prévu). En outre, les autorités poursuivent
leurs efforts pour améliorer le climat des affaires en révisant le code des investissements, la
législation des zones franches et le code douanier avec l'assistance technique de la Banque
mondiale et du FMI.
En 2011, les autorités redoubleront d'efforts pour renforcer la gestion des finances
publiques et promouvoir la compétitivité (lettre d'intention § 37–38, tableau 3). Entre autres
initiatives, elles entendent rendre opérationnel le nouveau dispositif de gestion de trésorerie
(nouveau repère structurel à fin janvier) et adopter une stratégie en vue de la mise en place d'un
compte unique du trésor (nouveau repère structurel à fin mars). Les autorités comptent par
À titre de référence, le déficit intérieur primaire retenu dans le cadre macroéconomique à la base de l'AVD
applicable aux pays à faible revenu (cf. Togo: Enhanced Heavily Indebted Poor Countries Initiative Completion
Point Document and Multilateral Debt Relief Initiative) était de 0,3 % du PIB sur la période 2012–30.
Les autorités ont également demandé une prolongation du programme jusqu'à la fin août 2011 afin de prévoir
suffisamment de temps pour achever la sixième revue en cas de difficultés imprévues.
ailleurs déployer le guichet unique du Port de Lomé, en adoptant à cette fin une feuille de route
en Conseil des ministres et en prenant les mesures initiales (nouveau repère structurel à fin
D. Stratégie d'endettement pour l'après PPTE
Une fois atteint le point d'achèvement de l'initiative PPTE l'endettement du Togo
connaîtra une amélioration spectaculaire et les autorités sont déterminées à mener une
stratégie d'endettement viable (lettre d'intention § 35 & 36). Les services du FMI appuient la
demande des autorités pour que le point d'achèvement coïncide avec la conclusion de la présente
revue. L'AVD (applicable aux pays à faible revenu) après le point d'achèvement montre que le
Togo connaîtra un risque modéré de surendettement, en partant d'hypothèses prudentes,
notamment en ce qui concerne la concessionnalité des nouveaux emprunts durant les années
Les principaux volets d'une stratégie d'endettement viable restent un solde
budgétaire primaire proche de zéro, un niveau élevé de concessionnalité des emprunts
extérieurs et une croissance soutenue d'environ 4 % par an. Les autorités comptent élaborer
une stratégie d'endettement à moyen terme l'an prochain. Elles redoublent d'efforts pour assurer
un suivi des emprunts extérieurs des entreprises publiques et la définition de la dette extérieure
dans le PAT du programme FEC (pièce jointe de l'appendice 1) a été révisée pour inclure les
emprunts extérieurs des entreprises publiques6, conformément à la décision adoptée par le
Conseil d'administration du FMI en 2009.
E. Risques pour la mise en œuvre du programme
Les risques pesant sur l'exécution du programme demeurent importants et méritent
une attention soutenue. On citera surtout la vulnérabilité extérieure et les contraintes de
capacités administratives. Cependant, le renforcement du suivi établi lors de la quatrième revue
devrait contribuer à alerter rapidement les autorités face à tout écart par rapport au programme.
S’il convient de saluer les ambitieux objectifs de recettes et d’investissements financés sur
ressources intérieures fixés pour 2011, ils présentent toutefois des risques qui exigeront une
vigilance accrue de la part des autorités pour assurer le financement intégral des dépenses et
Les nouveaux emprunts des entreprises publiques seront asujettis au niveau minimum de concessionnalité de 35 %
comme l’exige le programme appuyé par la FEC. Cependant, conformément à la politique applicable aux limites
d’endettement, des possibilités d’emprunt non concessionnel pourraient être envisagées lors de futures revues au
cas par cas, par exemple pour tenir compte de prêts comme celui négocié de longue date avec la BOAD par le PAL.
Ce crédit à une concessionnalité proche du niveau exigé (25 %); il s’appuie sur un solide argumentaire économique,
vu le rôle important pour le développement du Togo, et le projet sous-jacent présente un bon taux de rendement
(19 %); comme l’emprunt est libellé en FCFA, le risque de change est faible; le montant du prêt est modeste (0,3 %
du PIB); et le PAL, l’emprunteur, est une société financièrement stable exploitée dans des conditions commerciales.
préserver la qualité de la sélection et de l’exécution des projets. Les incertitudes politiques
constituent toujours un risque, des élections locales étant programmées en 2011. S’agissant des
sauvegardes de la BCEAO, la dernière évaluation achevée en mars 2010 a constaté que des
contrôles existaient au niveau opérationnel.
III. ÉVALUATION PAR LES SERVICES DU FMI
La solide mise en œuvre du programme appuyé par la FEC sous-tend une modeste
reprise économique. Les autorités ont observé tous les critères de réalisation du programme et
ont enregistré des progrès satisfaisants sur d’autres objectifs et repères structurels. Le
programme, conformément aux buts fixés, a contribué à consolider la stabilité macroéconomique
et la solidité des finances publiques. La croissance et la confiance dans l'économie connaissent
un rétablissement progressif.
L'orientation anticyclique du budget de 2010 reste appropriée et l'exécution est
conforme au cadre du programme. Conformément aux objectifs visés, la politique budgétaire
anticyclique sous-tend l'activité économique dans une conjoncture extérieure faible et
l'importance accordée à l'investissement public contribue à jeter les bases d'une croissance
soutenue. En outre, les autorités ont pu mener cette politique sans affaiblir le pays sur le plan de
l'endettement. Les services du FMI appuient la révision du critère de réalisation sur le
financement intérieur afin de tenir compte d'une projection inférieure du niveau d'apurement des
Le cadre budgétaire pour 2011 favorise également une croissance plus vigoureuse à
moyen terme en mettant l'accent sur l'investissement public sans compromettre les
perspectives de dette. L'amélioration du recouvrement des recettes et une croissance maîtrisée
des dépenses courantes permettront aux autorités d'accroître davantage les investissements
financés sur ressources intérieures, tout en maintenant les soldes budgétaires à des niveaux
viables. Les services du FMI soutiennent cette politique budgétaire axée sur la croissance et
notent par ailleurs que les ambitieux objectifs de recettes et d’investissement exigeront d'intenses
efforts et un suivi rapproché des risques. En outre, les autorités doivent être prêtes à réduire les
dépenses en cas de déficit des recettes ou si un financement adéquat ne se matérialise pas à des
conditions concessionnelles.
La poursuite des progrès sur le front des réformes structurelles contribue également
à renforcer la croissance et les finances publiques à moyen terme. Les réformes visant à
renforcer la gestion des finances publiques ont été menées comme prévu, et si l'apurement des
arriérés intérieurs a avancé, il n'a pas été à la hauteur des attentes, et ce pour des raisons
indépendantes de la volonté des autorités. Dans le secteur bancaire la restructuration a déjà
commencé à stimuler l'activité. Des retards avaient été rencontrés dans les préparatifs de l’étape
suivante — privatisation de quatre banques — en raison de difficultés d'ordre législatif, mais les
progrès devraient reprendre suite à la promulgation d'une nouvelle loi. Par-delà la restructuration
opérationnelle du secteur bancaire, les autorités entendent s'attaquer à d'autres contraintes
structurelles faisant obstacle au développement du secteur financier.
Le point d'achèvement de l'initiative PPTE, qui devrait être atteint avec la
conclusion de la présente revue, ouvrira de nouvelles perspectives mais posera également
de nouveaux défis. La considérable amélioration de la situation d'endettement du Togo
permettra d'accroître la confiance dans son économie et d'assurer la solidité des finances
publiques. La population attend plus de l'État en matière de dépenses, alors qu’une politique
budgétaire viable nécessite une solide discipline. Aussi, faudra-t-il faire preuve d’une bonne
communication. Pour relever les niveaux de vie et maintenir la viabilité de la dette il faudra une
croissance plus dynamique et veiller tout particulièrement à mener à terme les réformes
structurelles en cours.
Compte tenu des résultats enregistrés par le Togo et de la vigueur du programme,
les services du FMI recommandent l'achèvement de la cinquième revue et la prolongation
Tableau 1. Togo: Principaux indicateurs économiques et financiers, 2009–12 1
Revenu national, prix et taux de change
PIB (en milliards de FCFA)
Taux de change FCFA/USD (niveau moyen annuel)
Taux de change réel effectif
Avoirs extérieurs nets 2
Agrégat monétaire M2
Vitesse de circulation (PIB/M2 en fin de période)
4eme Rev.
4eme Rev. Proj.
(Taux de croissance en pourcentage, sauf indication contraire)
1 558 1 562
1 645,7 1 656
(Variation annuelle en pourcentage de la base monétaire au
début de la période)
Secteur non public
Epargne nationale brute
(En pourcentage du PIB sauf indication contraire)
Solde global (sur la base ordonnancement)
Solde primaire 3
Exportations (biens et services) 4
Importations (biens et services) 4
Dette extérieure 5
Service de la dette extérieure (% des exportations)
Sources: autorités togolaises et estimations et prévisions des services du FMI.
Le cadre macroéconomique s'appuie sur l'hypothèse que le Togo atteindra le point d'achèvement PPTE en 2010.
Variation annuelle en pourcentage de la base monétaire au sens large en début de période. Il est tenu compte de
l'impact de l'allocation de DTS de 2009.
Définie comme recettes totales moins dépenses courantes, non compris le paiement d'intérêts et projets financés sur
ressources extérieures.
Les données d’exportations et d’importations ont été révisées par rapport à celles de la 4ème revue pour tenir compte
de l’amélioration de la collecte de données relatives aux réexportations et importations destinées au transit.
Y compris dette des entreprises publiques.
Tableau 2. Togo : Balance des paiements, 2009-2012 1
-568,9
-639,8
-681,2
-723,8
-496,4
-559,9
-598,6
Services nets
Transferts courants (nets)
Compte de capital et d'opérations financières
Investissement de portefeuille, y compris obligations
Avoirs extérieurs nets des banques 2
Autres flux de capitaux
Balance globale
Dont: Coton
Ciment & clinker
Importations au marché local
Avoirs extérieurs nets de la banque centrale2
Variations des arriérés extérieurs
Rééchelonnement des flux
Apurement de la dette/arriérés
Annulation de la dette/arriérés
Rééchelonnement de la dette/arriérés
Réserves internationales brutes (imputées en milliards de dollars E
Réserves internationales brutes (pourcentage de M2)
Réserves internationales brutes de l'UEMOA (milliards dollars EU)
Réserves internationales brutes de l'UEMOA (pourcentage de M2)
Réserves internationales brutes de l'UEMOA (mois d'importation)
Source: Autorités togolaises et estimations et prévisions des services du FMI.
Le signe négatif indique une croissance. Comprend l'allocation de DTS en 2009.
Tableau 3a - Togo : Opérations financières de l'Etat, 2009–12 1
4e.Rev.
Recettes totales et dons
363,7 374,9
292,9 320,2
257,1 269,2
Administration fiscale (DGI)
115,8 118,5
Administration douanière (DGD)
141,3 150,7
Dont dépenses primaires intérieures
398,8 419,3
288,3 326,8
Dépenses courantes primaires intérieures 2
273,7 256,2
242,2 243,3
Dons (projets)
Transferts et subventions
Autres/Dépenses non classifiées
Dépenses courantes financées sur ressources extérieures
125,1 163,1
Financées sur ressources intérieures
Financées sur ressources extérieures
Solde budgétaire primaire intérieur
Solde budgétaire sur base ordonnancement (dons compris)
Hors dons
Solde global, base caisse (dons compris, var. arriérés comprise)
-119,0 -112,3
Financement intérieur (net)
Financement extérieur (net)
Crédit FEC
Autres financements identifiés
Résiduel/écart financement non identif. (+ = besoin de financ.)
Tableau 3a. Togo : Opérations financières de l'Etat, 2009–12 (suite)
1 646 1 656
Résiduel/écart financement non identif. (+ = besoin de financ.) 4
PIB nominal (en milliards de FCFA)
Le cadre macroéconomique s'appuie sur l'hypothèse que le Togo atteindra le point d'achèvement du PPTE en 2010.
En 2009, les dépenses incluent les dépenses sociales et d'investissement engagées en janvier 2009 venant du collectif
budgétaire de 2008.
Les données de 2009 et 2010 incluent le crédit de la BCEAO pour apurer les arriérés intérieurs. En 2010, les arriérés incluent les
arriérés des entités hors administration centrale à la compagnie d'électricité; cette opération peut être enregistrée comme un
Conformément à la pratique dans le cadre du programme, le besoin de financement de 2012 non indentifié est calculé en
supposant aucun appui budgétaire extérieur (financement exceptionnel).
Tableau 3b. Togo : Principaux indicateurs de politique budgétaire, 2008-2011 1
Indicateurs de viabilité financière
Solde primaire intérieur (hors variation des arriérés)
Solde global, base ordonnancements (dons compris, hors var. des arriérés)
Indicateurs de relance budgétaire
Solde global, base caisse (dons et var. des arriérés compris)
dont : financé sur ressources extérieures
(Variation par rapport à année précédente,
pourcentage du PIB)
Indicateurs de viabilité budgétaire
Sources : autorités togolaises et estimations et projections des services du FMI.
Tableau 4. Togo : Situation monétaire, 2009–12
(Milliards de francs CFA)
Crédit à l'État
Crédit au reste de l'économie
Autres (net)
Masse monétaire (M2)
(Variation annuelle en pourcentage de la base
monétaire en début de période)
Vitesse de circulation (PIB/M2 fin de période)
Source: Banque centrale des états de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) et estimations et
prévisions des services du FMI.
Tableau 5. Togo: Calendrier de décaissement effectif et proposé pour l'accord FEC, 2008– 11 1
Condition pour le décaissement
13 260 000 13 260 000 0
17 975 000
Approbation par le Conseil d'administration du programme triennal dans le cadre de la
FEC (23 avril 2008)
22 septembre 2008 Observation des critères de réalisation à fin juin 2008 et autres critères de réalisation
pertinents, et achèvement de la première revue de l'accord FEC
Observation des critères de réalisation à fin décembre 2008 et autres critères de
réalisation pertinents, et achèvement de la deuxième revue de l'accord FEC
11 novembre 2009 Observation des critères de réalisation à fin juin 2009 et autres critères de réalisation
pertinents, et achèvement de la troisième revue de l'accord FEC
Observation des critères de réalisation à fin juin 2010 et autres critères de réalisation
pertinents, et achèvement de la cinquième revue de l'accord FEC
Observation des critères de réalisation à fin décembre 2010 et autres critères de
réalisation pertinents, et achèvement de la sixième revue de l'accord FEC
1 Autre que les conditions généralement applicales à la facilité élargie de crédit (FEC).
Observation des critères de réalisation à fin décembre 2009 et autres critères de
réalisation pertinents, et achèvement de la quatrième revue de l'accord FEC
APPENDICE I––LETTRE D’INTENTION
Lomé, 15 novembre 2010
M. Dominique Strauss-Kahn
Suite à notre correspondance en date du 10 juin 2010 nous avons l'honneur de saisir
l'occasion de la cinquième revue du programme appuyé par la Facilité Élargie de Crédit
(FEC) pour faire le point des progrès réalisés dans sa mise en œuvre. Nous continuons
d’exécuter notre programme économique et les réformes structurelles de façon satisfaisante
afin de maintenir la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance plus forte et
Nous avons également entamé la réflexion et avons défini les axes majeurs de notre
programme économique pour les années à venir qui feront suite à l’atteinte du point
d’achèvement des initiatives PPTE et IADM. Ces grands axes ont été déclinés dans la
déclaration de politique générale du Premier Ministre et donnent corps aux orientations du
Lors de cette cinquième revue, nous avons mené une consultation avec vos services
pour que le budget 2011 soit compatible avec nos objectifs macroéconomiques à moyen
terme et la consolidation des acquis du programme en cours.
Comme vous le savez, le quinquennat passé du Président de la République a été
particulièrement marqué par des réformes politiques qui ont abouti à l’organisation
d’élections législatives et présidentielles dans un climat social apaisé. Le quinquennat entamé
mettra davantage l’accent sur les réformes économiques pour mieux consolider les acquis du
programme appuyé par la FEC, accélérer la croissance économique, et faire en sorte que les
efforts de réforme soient mieux ressentis par les populations à la base. Le gouvernement
compte mettre en œuvre toutes les réformes en son pouvoir pour atteindre ces objectifs.
La mise en œuvre du programme en 2010 intervient dans un contexte difficile marqué
par les effets persistants de la crise économique internationale ainsi que la longue crise
sociopolitique que le Togo a connue. Ces effets se sont traduits par une reprise économique
plus faible que prévue au début du programme. Afin de juguler les effets de cette crise et
maintenir la stabilité macroéconomique, nous avons mené une politique budgétaire contra
cyclique dont le financement a été appuyé par nos partenaires au développement.
Nous avons également renforcé nos réformes structurelles depuis la dernière revue du
programme en juin 2010 afin que le pays puisse tirer le maximum de bénéfice de la reprise
mondiale et du retour attendu de la confiance des investisseurs du fait des réformes en cours.
La croissance économique, bien qu’en hausse, demeure faible dans un contexte de
stabilité macroéconomique. L’inflation moyenne annuelle (de juin 2009 à juin 2010) s’est
située à 2,1% à fin juin 2010 et les indicateurs de l’activité économique laissent augurer une
croissance économique réelle aux alentours de 3,4% en 2010, légèrement en hausse par
rapport à 2009. En effet, la prise en compte de l’information conjoncturelle du premier
semestre suggère que malgré un tassement de l’agriculture du fait d’une pluviométrie moins
bonne cette année, nos prévisions de croissance devraient se matérialiser grâce au secteur
secondaire, notamment les industries extractives, dont les tendances de croissance sont
bonnes. Les performances observées dans ce secteur nous laissent croire que la reprise
économique se poursuivra au Togo mais demeure toutefois modérée en partie à cause des
faiblesses dans l’environnement économique international. Cette reprise modeste se
manifeste également à travers les données conjoncturelles du commerce extérieur, des
finances publiques, et des agrégats monétaires.
Le déficit de la balance courante restera élevé en 2010 malgré l’amélioration attendue
du solde des transferts courants. Le volume des exportations était en modeste hausse alors
que les importations augmentaient significativement, notamment celles des biens
d’équipement. Ces indicateurs suggèrent que la politique budgétaire que nous menons
soutiendra la demande intérieure et la croissance.
La situation monétaire indique une croissance de la masse monétaire de près de
10,9% au cours de la période de décembre 2009 à juillet 2010 et une croissance en
glissement annuel (de juillet 2010 par rapport à juillet 2009) de 25,7%, avec une contribution
significative des concours des banques et établissements financiers et des avoirs extérieurs
nets. Par ailleurs, la progression des crédits à l’économie s’est observée dans un contexte de
croissance des dépôts dans les banques, renforçant ainsi la tendance amorcée en 2009 d’une
confiance accrue dans le système bancaire que nous avons assaini ces dernières années.
La position budgétaire continue de s’améliorer avec des dépenses maîtrisées et une
bonne tenue des recettes qui confortent les indications d’une activité économique en hausse.
Les recettes fiscales se sont accrues de près de 10% durant les 6 premiers mois par rapport à
la même période de l’année dernière, le tout dans un contexte de stabilité des prix. Ces
recettes ont été le fait aussi bien des impôts internes que des revenus des douanes. En effet, la
forte tendance à la hausse des recettes fiscales observées entre 2007 et 2008, atténuée en
2009 du fait de la crise, a repris de plus belle en 2010. Les performances au niveau des
impôts indirects (taxes douanières et TVA) corroborent les données observées au port, alors
que la demande intérieure stimulée par notre politique budgétaire contracyclique a contribué
aux revenus d’impôts indirects à l’intérieur et sur les revenus. Les efforts de réforme et de
recouvrement des administrations fiscales et douanières, la réduction de l’impôt sur les
sociétés et personnes physiques ont également commencé à porter leur fruit. En outre, plus de
80% de nos prévisions de recettes non fiscales ont déjà été réalisées au premier semestre.
L’exécution des dépenses domestiques primaires prévues au budget au premier semestre était
de 42%. Les dépenses des investissements ont été légèrement en dessous des niveaux
programmés jusqu'à juin mais ont doublé par rapport à la même période de l’année
antérieure. Les dépenses sociales courantes et de capital ont été inferieures au programme.
Cependant, nous observons une accélération à partir du mois d’aout surtout due à la reprise
des dépenses en capital. Ces performances au niveau des recettes combinées à une maîtrise
des dépenses, nous permettent d’envisager une bonne tenue des finances publiques pour le
reste de l’année, renforçant ainsi les acquis des années précédentes.
Mise en œuvre du programme économique
Le programme économique et financier appuyé par la FEC a été globalement mis en
œuvre de façon satisfaisante conformément à ses objectifs. Nous n’avons pas accumulé
d’arriérés extérieurs ni contracté ou garanti de dette extérieure non concessionnelle. Par
ailleurs, les performances budgétaires sont à fin juin 2010 conformes aux critères de
réalisation retenus dans le cadre du programme.
En effet, le solde primaire de base à fin juin 2010 est largement respecté. Grâce aux
bonnes performances des régies financières mentionnées précédemment, nous avons
enregistré 148,2 milliards de FCFA de recettes à fin juin 2010 comparé à un repère indicatif
de 140,6 milliards de CFA. Au niveau des dépenses, les dépenses primaires sur financement
intérieur ont été de 113,8 milliards de FCFA, niveau similaire à la même période de l’année
passée mais inferieur à la prévision du programme de 136.9 milliards de FCFA. De ce fait, le
solde budgétaire primaire de base s’est situé à 34,4 milliards de FCFA par rapport à un
plancher prévu de 3,6 milliards de FCFA satisfaisant ce critère.
Ces résultats combinés à l’état actuel de mise en œuvre de la stratégie d’apurement
des arriérés intérieurs ont permis de satisfaire le critère de réalisation sur le financement
intérieur. En effet, reflétant le critère de solde primaire de base satisfait, et des charges
d’intérêt dans les limites des prévisions, le financement net du gouvernement vis-à-vis du
système bancaire n’a été que de 13,3 milliards de FCFA à fin Juin 2010, la moitié de ce qui
était prévu dans le programme. Du fait de la complexité dans l’exécution de la stratégie
d’apurement des arriérés du secteur privé (voir paragraphe 15), et tenant compte des
paiements d’ arriérés au secteur d’électricité et aux pétroliers déjà effectués au premier
trimestre, le niveau net d’apurement d’arriérés s’est situé à 31,8 milliards à fin juin par
rapport à un plafond de 58 milliards de FCFA prévu au programme. De ce fait, le plafond de
financement intérieur de 26,9 milliards de FCFA du programme a été largement satisfait.
Mise en œuvre des réformes structurelles
Nous avons poursuivi nos progrès dans la mise en œuvre des réformes structurelles
envisagés pour atteindre les objectifs du programme soutenu par la FEC. Les progrès réalisés
depuis la dernière revue en juin 2010 sont très sensibles (tableau 2)
Le processus d’apurement des arriérés intérieurs auprès des fournisseurs
privés (repère de fin mars 2010) se poursuit grâce au reliquat du crédit consenti par la
BCEAO dans le cadre de l'allocation de DTS par le FMI. Cependant, après le progrès
significatif jusqu'à a la fin de 2009, le processus s’est ralenti en 2010 et la période des
signatures des conventions entre l’état et les fournisseurs a du être étendue jusqu'à décembre
2010. A fin août 2010, 1984 créanciers toutes catégories confondues ont été payés pour un
montant d’environ 21 milliards de F CFA, soit 65 pourcent du montant initialement prévu
après décote pour cette opération.
La fermeture d’au moins 30% des comptes du trésor à la BCEAO et ceux des
administrations publiques dans les banques commerciales (repère de fin juin 2010) effectué
pour tendre vers un compte unique a été réalisée et le processus se poursuit (voir
paragraphe 38). Suite aux résultats du recensement des comptes du Trésor achevé en avril
dernier, 1117 comptes ont été fermés sur 1259 recensés, soit plus de 88% du total. Il reste à
ce jour 142 comptes dans les banques commerciales et à la BCEAO.
Nous avons également simplifié nos procédures d’exécution du budget afin de réduire
les délais dans la chaîne de dépenses (repère de fin juin 2010). Le contrôle financier a été
renforcé et la mise en place du logiciel SIGFIP a permis de réduire les délais de contrôle de 7
à 5 semaines au maximum. Nous avons pris un arrêté portant modification du circuit de la
dépense le 28 juin 2010 en limitant le traitement de l'engagement à l'Administrateur de
crédits et au Contrôleur Financier. Cette mesure associée à d’autres déjà prises pour accélérer
l’exécution des dépenses d’investissement ont fait presque doubler le niveau des dépenses de
capital financées sur ressources propres par rapport à juin 2009, ce qui représente une
réalisation de 34 % par rapport au niveau programmé pour toute l’année.
Nous restons déterminés à privatiser les banques publiques bien qu’il soit impossible
que nous puissions lancer l’appel d’offres à cet effet d’ici fin septembre 2010 (repère de fin
septembre 2010). Ces délais par rapport aux échéances initialement retenues reflètent les
difficultés que nous avons rencontrées pour renouveler le cadre juridique permettant la
cession de la part de l’État dans ces institutions. Après consultation avec les députés sur la
modalité de l’actualisation du cadre juridique, un projet de loi a été préparé avec l’appui
technique des conseillers en privatisation financés par la Banque mondiale et a été soumis au
vote de l’Assemblée nationale en séance extraordinaire. Cette loi constitue une priorité
législative de premier rang pour le gouvernement. Après vote de la loi le 4 octobre, le
gouvernement est en train de mettre en place la commission de privatisation. Nous avons
comme objectif de franchir cette étape d’ici la fin du mois de novembre. Celle-ci examinera
les différents choix stratégiques liés à la privatisation des banques et transmettra des
recommandations qui feront l’objet d’une adoption en conseil des ministres donnant mandat
au Ministre de l’Économie et des Finances de poursuivre le processus devant aboutir à la
privatisation effective des banques. A ce stade, le processus d'appels d'offre pourra être lancé.
Le lancement d’appels d’offre final, devrait intervenir avant fin avril 2011 (repère révisé).
En outre, les recettes obtenues lors de la privatisation des banques seront utilisées pour
rembourser la dette intérieure principalement les titres émis lors du processus de
restructuration bancaire, permettant ainsi une amélioration significative de la dynamique de
la dette publique. En collaboration avec la Commission bancaire de l’UMOA, le
gouvernement reste aussi déterminé à maintenir un contrôle rigoureux de la gestion de ces
banques jusqu’à l’achèvement du processus de privatisation.
Le processus devant mener à la mise sur pied d’une structure de recouvrement des
prêts improductifs acquis par l’État dans le cadre de l’assainissement des banques est en
bonne voie (repère de fin décembre 2010). Le processus est appuyé par une assistance
technique et financière de la Banque mondiale et par une assistance technique du FMI. Les
conseillers techniques ont présenté leur rapport sur les alternatives pour la structure lors d'un
atelier de validation de leur rapport provisoire en juin 2010 et le gouvernement a retenu
l’option proposée de mettre en place une nouvelle société de recouvrement des créances.
Dans ce cadre, les conseillers préparent un business plan de la société et nous pourrons
mettre sur pied la structure à l’échéance prévue. Cependant, il est possible que certaines
mesures juridiques soient prises avant son établissement.
L’audit financier et organisationnel de la CRT a été réalisé et l’étude actuarielle a
démarré en septembre. Le rapport provisoire de l’audit financier et organisationnel est
terminé. Le Cabinet chargé de cet audit attend les observations de la CRT pour finaliser le
rapport définitif. Toujours dans le souci d’améliorer la gestion de la CRT, une autre étude
non prévue dans les termes de références du Cabinet a été demandée et porte sur un manuel
de procédures. S’agissant de l’étude actuarielle, la mission du cabinet a démarré permettant
ainsi de respecter ce repère en avance (repère de fin décembre 2010).
Concernant l’adoption d’un nouveau mécanisme automatique de fixation des prix des
produits pétroliers, pour limiter les risques budgétaires et atténuer l’impact social des
fluctuations brutales en instituant des ajustements automatiques et fréquents avec un lissage
des prix à la pompe, les préparatifs sont en cours pour qu’elle intervienne comme prévu au
plus tard en novembre (repère de fin novembre 2010). Nous avons reçu une assistance
technique du FMI qui nous a permis de considérer plusieurs options de politique pour la
révision des prix. En septembre, une commission nouvellement créée a lancé l’examen du
nouveau mécanisme. Le nouveau mécanisme sera adopté par décret présidentiel une fois que
les différentes alternatives seront considérées par la commission qui transmettra ses
recommandations au gouvernement. De plus, nous continuons nos efforts pour trouver une
solution à la question des passifs générés par l’ancien mécanisme d’ajustement des prix. Pour
ce faire, des termes de référence pour un nouvel audit qui aura comme objectif d’arrêter le
montant total de ces passifs seront élaborés en collaboration avec les pétroliers.
Un rapport précisant les mesures nécessaires pour l’établissement d’un guichet unique
au port autonome de Lomé sera commandité. Avec l’appui de la Banque mondiale, un expert
sera recruté (repère de fin septembre 2010) pour aider le gouvernement à préparer une
feuille de route pour la mise en place du guichet unique. Le processus de recrutement ayant
été plus long que prévu, cela a entrainé un retard dans l’achèvement de cette action. Une fois
que le rapport final du conseiller sera terminé, le document sera examiné en conseil des
La poursuite de l’assainissement de la situation financière de la CEET est une priorité
pour le gouvernement. En conséquence nous sommes engagés à procéder à l’ajustement des
tarifs de l’électricité pour tenir compte des coûts de la CEET et contribuer à préserver sa
viabilité, même si nous avons décidé de reporter l’ajustement des tarifs de l’électricité qui
était prévu pour juillet 2010. Les équipements de Contour Global ont été mise en place et la
production a commencé en octobre, ce qui pourra permettre au pays d’être autosuffisant et de
renforcer la fiabilité de la fourniture améliorant ainsi la compétitivité des entreprises, de ce
Nous avons réalisé des progrès considérables pour satisfaire les critères d’éligibilité à
la candidature à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Le dossier
de demande d’adhésion a été officiellement transmis à l’ITIE pour examen par le conseil
d’administration de l’ITIE lors de sa session d’octobre 2010.
Le gouvernement entend poursuivre les efforts déjà déployés dans les autres secteurs clés de
l’économie avec l’appui de la Banque mondiale afin d’augmenter la contribution de la
productivité à la croissance. Ainsi, le gouvernement est en train de mettre en œuvre la
stratégie qu’il a adoptée pour la relance du secteur des phosphates. Une accélération de
production de phosphate est attendue en 2011. Nous sommes également en train de faire le
point des recommandations de la Banque mondiale pour améliorer le climat des affaires et
moderniser le code des investissements et des textes de la zone franche, et réduire les
obstacles à la croissance au niveau sectoriel. En ce qui concerne le projet de code des
investissements et le projet de loi sur la zone franche, nous sommes en train de revoir ces
deux textes, suite aux commentaires de la Banque mondiale et du FMI, avec l'aide d'un
consultant recruté avec l’appui de la Banque mondiale. Notre objectif est de nous assurer que
les textes reflètent, autant que possible dans le contexte actuel togolais, les meilleures
pratiques internationales. Nous espérons pouvoir présenter la version révisée de ces deux
textes à la session d'octobre 2010 de l'Assemblée nationale.
Cadre macroéconomique
Pour le reste de l’année 2010 et en 2011, le gouvernement compte continuer à mener
des actions visant à maintenir l’économie togolaise sur la voie de la reprise tout en préservant
la stabilité macroéconomique. A cet effet, il entend continuer la mise en œuvre du
programme d’investissement dont l’enveloppe a été augmentée de façon significative en
2009 et 2010 dans le cadre de la politique budgétaire contra cyclique. Le gouvernement
compte également mettre en œuvre les réformes structurelles envisagées pour le reste de
l’année 2010, et a réalisé les déclencheurs pour l’atteinte du point d’achèvement de
l’initiative PPTE en 2010 (voir paragraphe 36 sur ce dernier point).
Politique budgétaire en 2010
Avec l’appui exceptionnel de nos partenaires au développement, le gouvernement
pourra continuer à mettre en œuvre la politique budgétaire arrêtée lors de la dernière revue du
programme pour le reste de l’année 2010. Le total des recettes pour l’année 2010 est projeté
à 267.6 milliards de francs CFA (17,1% du PIB) déjà prévu lors de la quatrième revue. En
tenant compte de l’exécution des dépenses du premier semestre de l’année 2010, nous
prévoyons que les dépenses pour 2010 vont rester dans l’enveloppe budgétaire et les limites
du programme. Nous continuerons à veiller de façon stricte au respect des dépenses prévues
et l’exécution budgétaire restera en ligne avec les financements disponibles. Etant donné les
difficultés rencontrées, nous avons révisé à la baisse le montant prévu pour l’apurement des
arriérés intérieurs audités, et en conséquence le plafond de fin décembre sur le financement
intérieur net, un critère de performance a été réduit.
Avec l’augmentation de l’accès octroyée par le FMI lors de la dernière revue et l’aide
exceptionnelle des autres partenaires, notamment l’Union Européenne (y compris de la
facilité V-Flex) et la Banque mondiale avec leurs appuis additionnels pour contrecarrer les
effets de la crise mondiale, nos besoins de financement pour l’année 2010 devraient être
Politique budgétaire en 2011
En 2011, nous comptons poursuivre la discipline budgétaire et maintenir l’orientation
actuelle des dépenses pour favoriser l’atteinte de nos objectifs déclinés dans le DSRP-C et
continuer d’impulser la croissance. Dans l’orientation actuelle de notre politique budgétaire
les dépenses d’investissement se sont considérablement accrues. Cet accroissement est certes
intervenu dans le contexte de la riposte aux effets de la crise mondiale et des catastrophes
naturelles qui ont frappé notre pays, et a eu l’avantage de soutenir la croissance. Nous
comptons de ce fait maintenir cette orientation du budget afin de rattraper notre déficit en
infrastructure de base dû aux longues années de crise socio-économique. Dans cette lancée,
nous avons également pour objectif de réaliser un taux d’investissement public au-delà de la
moyenne des pays de l’UEMOA qui s’est située à 7% du PIB dans la période 2005-2008.
Notre taux d’investissement public est prévu à 6,7% du PIB en 2010 et nous envisageons
d’atteindre un niveau de 9,9% en 2011. Nous sommes sur le point d’adopter une politique
nationale de l’aide visant à favoriser les approches programmes et appuis budgétaires, dans
l’esprit de la Déclaration de Paris, pour pallier les difficultés liées à la mise en œuvre de
projets spécifiques. Cette politique combinée à notre engagement d’améliorer les recettes
fiscales (voir réformes fiscales aux paragraphes 30 et 38) et de maîtriser la croissance des
dépenses courantes nous permettront d’atteindre nos objectifs d’investissement.
Nous projetons des revenus de l’ordre de 19,3% du PIB, 2,2% au dessus du niveau
prévu pour fin 2010. Cela s’explique surtout par la performance des recettes fiscales
programmées à 16,3% du PIB représentant une augmentation nominale de 15%, reflétant une
perspective économique plus favorable et surtout la continuation des mesures administratives
des régies fiscales dont les efforts sont de plus en plus évidents. L’augmentation des recettes
douanières de 17% s’explique par une hausse des importations mais surtout par la ferme
décision des autorités de limiter le niveau des exonérations fiscales — qui, pour certaines
années, ont représenté (en 2009 33 % des importations mises à la consommation
domestique) une part importante des recettes douanières — à celles strictement permises
(services diplomatiques, importations de l’Etat, etc.) (voir paragraphe 38). Nous prévoyons
aussi une amélioration significative des recettes non fiscales à un niveau de 3,1 % du PIB
venant principalement de la troisième licence de téléphonie cellulaire qui devrait être vendue
en 2011 et des dividendes des entreprises d’état comme la téléphonie cellulaire et les
Au niveau des dépenses courantes primaires, nous envisageons de les maintenir à
environ 15% du PIB, comparable à leur niveau sur la période 2009-2010, enveloppe que nous
comptons respecter rigoureusement pour nous assurer du financement des dépenses
prioritaires d’investissement. Ceci nous permettra d’aligner leur financement sur l’efficacité
de nos réformes économiques et donc de nos performances en matière de croissance.
Globalement, nous avons établi un cadre budgétaire pour 2011 en collaboration avec les
services du FMI compatible avec nos objectifs de croissance et de maintien la viabilité des
finances publiques. Allant dans le sens du maintien de la viabilité de la dette à long terme, le
solde budgétaire domestique primaire sera proche de l’équilibre avec un déficit de
6,6 milliards de FCFA (0,4% du PIB). Nous avons également établi des repères trimestriels
pour suivre l’exécution du budget et nous assurer du financement des dépenses (Tableau 1).
Par ailleurs, les reformes, que nous envisageons en matière de gestion des finances
publiques (voir paragraphe 38), permettront une plus grande efficacité dans la
programmation des dépenses et dans leur exécution avec comme but d’atteindre les objectifs
déclinés dans le DRSP-C. L’assistance technique du FMI en juillet 2010 a déjà permis
d’améliorer le plan d’action que nous avions préparé dans le domaine de la gestion des
finances publiques. L’appui technique de votre institution pour nous accompagner dans la
mise en œuvre de ce plan d’action est attendu suite à notre requête au département des
finances publiques à cet effet.
Le gouvernement compte mettre ces politiques en œuvre dans le contexte d’une
prudence dans la gestion des finances publiques, avec des objectifs de soldes budgétaires
garants du maintien de la viabilité de la dette publique post point d’achèvement (voir
paragraphe 36). Nous continuerons à veiller, de façon stricte, au respect des enveloppes des
dépenses courantes et d’investissement prévues et l’exécution budgétaire restera en ligne
avec les financements disponibles. Nous comptons également poursuivre le renforcement de
nos capacités de gestion de la dette publique tenant en compte les résultats de la mission
d’évaluation de nos capacités dans ce domaine de la banque mondiale en août 2010.
Avec ces objectifs macroéconomiques déclinés, notre pays pourrait continuer à avoir
des besoins de financement extérieur aux taux concessionnels pour assurer le financement du
budget et financer sa balance des paiements. Nous avons un besoin résiduel de financement
de 5,7 milliards de FCFA dans le cadre budgétaire pour 2011. Cette éventualité que nous
avons discutée avec vos services lors de cette revue pourrait éventuellement se traduire en
une relation financière avec le FMI. Dans le cadre de la prochaine revue du programme qui
marquera la fin du programme en cours, nous espérons avoir approfondi la réflexion sur cette
question afin d’arrêter la nature de la relation que nous entretiendrons avec le FMI après
l’expiration du programme en cours appuyé par la FEC.
Progrès vers l’Atteinte du Point d’Achèvement
Nous sommes sur la bonne voie pour espérer atteindre le point d’achèvement de
l’initiative PPTE vers la fin de l’année 2010. Nous sommes confiants que nous avons satisfait
les conditions nécessaires pour cela.
Avec l’atteinte attendue du point d’achèvement de l’initiative PPTE, et après avoir
bénéficié de l’IADM, les niveaux d’endettement du Togo vont chuter. La dette extérieure du
Togo serait de 12,3% du PIB en valeur actuelle, qui combinée à une dette intérieure de
17,9% du PIB —en excluant les arriérés non-audités— nous donne une dette publique totale
en valeur actuelle d’environ 30 pourcent du PIB. Pour davantage conforter notre viabilité
extérieure post point d’achèvement nous privilégierons les prêts concessionnels dans notre
endettement extérieur conformément à nos engagements vis-à-vis de nos partenaires
extérieurs et aux procédures y relatives. De plus, le gouvernement compte mener une
politique budgétaire prudente afin de maintenir la viabilité de la dette à moyen terme et
développer une stratégie d’endettement dans ce sens. Nous apprécions la réduction de la dette
de la part de nos partenaires ce qui nous offre la chance de lancer une stratégie de
développement pour notre pays, libre du fardeau d’une dette extérieure insoutenable. Nous
prenons note que la définition du programme de la dette extérieure est maintenant
explicitement étendue aux entreprises publiques. Par conséquent, les entreprises publiques
seront avisées par voie appropriée de la nécessité de rapporter toute information relative aux
nouveaux prêts à la direction de la dette pour que cette dernière puisse contrôler leur
conformité au programme. De plus, il sera mis en place un système de communication
systématique entre les entreprises publiques et la direction de la dette pour rapporter les
obligations mensuelles du service de la dette. Nous nous réjouissons qu’une équipe de la
Banque mondiale soit venue pour effectuer la mise à jour de l’évaluation de la performance
en matière de gestion de la dette (DeMPA).
Réformes structurelles en 2010 et 2011
Le gouvernement entend continuer la mise en œuvre de son agenda de réformes
structurelles de l’année 2010 comme nous l’avons décrit plus haut tout en le renforçant, et en
poursuivant dans cette lancée en 2011 avec un agenda ambitieux pour atteindre nos objectifs
de croissance. Nous avons de ce fait convenu avec vos services d’inscrire les mesures
suivantes dans notre agenda de réformes structurelles en 2010-2011.
Le renforcement des finances publiques et de leur gestion sont des axes essentiels de
notre programme économique et financier. Nous remercions le FMI pour les missions
d’assistance technique de juin-juillet 2010, notamment en matière de gestion de la trésorerie,
de réforme des administrations fiscale et douanière, et sur le système de gestion des finances
publiques qui nous ont permis de faire des progrès dans ces domaines. Tenant compte de
leurs recommandations qui nous ont également permis de finaliser notre projet de stratégie de
réforme des finances publiques soumis aux partenaires au développement en juillet 2010,
nous avons retenu les actions prioritaires suivantes dans le programme, entre autres, pour les
années 2010 et 2011.
Programmation budgétaire et exécution des dépenses
Élaborer un programme de travail visant à réaliser la transposition des nouvelles
directives de l’UEMOA en matière de gestion des finances publiques (fin octobre
Mettre en place un fichier unique pour la solde de la fonction publique (2011).
Réduire au maximum les exonérations fiscales exceptionnelles notamment celles liées
aux douanes. Mettre en application la note circulaire que nous avons récemment
prise pour un meilleur suivi mensuel des exonérations.
Nommer et installer les receveurs des douanes et des impôts et étendre le SIGFIP aux
Adopter l’avant projet du nouveau code des douanes en Conseil des Ministres (fin
Adopter un système de pilotage mensuelle de la gestion de trésorerie avec des
données complètes et dans les délais appropriés sur la collecte fiscale dans toutes les
régies et des dépenses effectuées par l’Etat.
Adopter les projets de textes portant création d’un nouveau cadre institutionnel de
gestion de la trésorerie au plus tard fin janvier 2011 et l’opérationnalisation de ce
cadre (nouveau repère de fin janvier 2011). Concernant la gestion de la trésorerie,
nous avons bénéficié d’une assistance technique du FMI en juin 2010 et sommes en
train de mettre leurs recommandations en œuvre. Il s’agit notamment de l’élaboration
de tableaux appropriés pour retracer la totalité des revenus reçus des régies
collectrices d’impôts surtout à la Direction générale des douanes (DGD) et à la
Direction générale des impôts (DGI) ainsi que la totalité des dépenses effectuées par
l’Etat. Dans ce sens, nous avons déjà nommé des receveurs à la DGI et est en train de
le faire à la DGD. Par ailleurs, la mise en place notamment d’un secrétariat technique
de prévisions pour assister le comité de trésorerie, sera réalisée, afin de mieux gérer la
trésorerie de l’Etat. L’établissement d’un réseau comptable dans les deux principales
régies va faciliter le transfert des ressources collectées au trésor et ainsi contribuer à
améliorer la gestion de la trésorerie de l’Etat.
Renforcer la gestion de la trésorerie de l’État en adoptant une stratégie (nouveau
repère de fin mars 2011) devant mener à terme à un compte unique du trésor après
consultation des ministères sectoriels et partenaires au développement. L’atteinte de
cet objectif pourrait nécessiter une assistance technique ciblée des partenaires, dont le
FMI, eu égard aux défis auxquels est confrontés l’administration du trésor pour
atteindre l’objectif visé à terme.
Renforcer la gestion de la dette publique en développant une stratégie d’endettement
tenant compte les objectifs budgétaires 2011-2015 (fin mars 2011).
Élaborer une stratégie de développement du secteur financier pour promouvoir
l'expansion de l'intermédiation financière tout en minimisant les risques pour la
stabilité du secteur et de l’économie l’année prochaine. Suivant les recommandations
d’une mission d’assistance technique du FMI en mai 2010, nous avons l’intention
d’entamer le processus pour l’élaboration de cette stratégie de développement du
secteur financier. Nous recherchons des différentes options d’appui technique et
financier de nos partenaires au développement pour cet effort.
Adopter la feuille de route pour l'établissement d'un guichet unique au Port Autonome
de Lomé en conseil des ministres et entamer la mise en œuvre des premières mesures
nécessaires identifiées par les conseillers techniques pour l'établissement d'un guichet
unique au Port Autonome de Lomé (nouveau repère de fin mars 2011).
L’établissement d’un guichet unique au port autonome de Lomé permettra de
favoriser la compétitivité dudit port comme un hub commercial et contribuer à
augmenter les recettes douanières.
Le Togo apprécie le soutien permanent et croissant que ses partenaires au
développement lui apportent dans ses efforts pour faire face aux chocs exogènes et relancer
son économie. Il continue d’avoir des besoins pressants en ressources (sous forme de dons ou
de prêts concessionnels) pour financer son développement économique et social.
Les progrès de notre programme appuyé par la FEC seront suivis sur la base des
critères de réalisation quantitatifs pour la fin du mois de Décembre 2010, d’autres critères
pertinents, et les repères indicatifs de fin septembre 2010 (tableau 1). Nous avons convenu de
tous ces critères de réalisation et objectifs en concertation et en accord avec la mission du
FMI, y compris la modification du critère de performance à fin décembre sur le financement
intérieur net. Nous comptons remplir les conditions requises pour l’activation des
déclencheurs du point d’achèvement flottant afin qu’une décision concernant le point
d’achèvement au titre de l’initiative PPTE puisse être prise avec la conclusion de cette
cinquième revue du programme appuyé par la FEC. Nous souhaitons que la sixième revue du
programme soit achevée aussi tôt que possible après la fin du mois d’avril 2011. Pour
s’assurer qu’il y a assez de temps pour achever la revue et parer aux imprévus, nous
demandons une extension du programme jusqu’à la fin du mois d’août 2011.
Comme nous l’avons déjà indiqué, le programme appuyé par la FEC avance
résolument vers ses objectifs, en dépit des chocs exogènes et des contraintes de capacité
administrative. Nous sollicitons l’achèvement de la cinquième revue du programme appuyé
par la FEC et l’approbation du décaissement de la sixième tranche du prêt. Par ailleurs, nous
sollicitons une décision rendant effective notre atteinte au point d’achèvement de l’initiative
PPTE et aux allègements de dette y afférents.
Le gouvernement réaffirme son engagement à prendre toutes les mesures
complémentaires nécessaires à la bonne mise en œuvre du programme. Les autorités
togolaises consulteront le FMI sur ces éventuelles mesures complémentaires avant de
procéder à des révisions de celles énoncées dans le présent document. Pour faciliter le suivi
et l’évaluation du programme, le gouvernement communiquera régulièrement toutes les
informations aux services du FMI et ce, dans les délais impartis, tels qu’ils figurent dans le
Protocole d’accord technique (PAT). Nous avons également mis à jour le protocole d’accord
technique et l’avons révisé pour clarifier le champ d’application des limites sur la dette
Enfin, le gouvernement consent à la publication de la présente lettre d’intention et ses
annexes, ainsi que le rapport des services du FMI sur la cinquième revue.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’assurance de ma considération distinguée.
Tableau 1. Togo: Repères de Performance Quantitatifs et Objectifs Indicatifs, 2010 - 2011
Juin 30, 2010 —Décembre 31, 2011
Prog.¹
Actuel ²
Prog. Rev. ³
Rev.¹ Prog. Rev.²
Proj.³
Obj. Ind.
Objectifs Indicatifs
(en milliards de francs CFA, cumulés de la fin de l'année précédente)
Critères de performance (pour fin juin et fin décembre 2010; objectifs-cibles indicatifs dans les
autres cas)
Balance fiscale primaire intérieure (niveau minimum)
Total recettes (niveau minimum)
Arriérés de paiements intérieurs, variations de l'encours (niveau maximum)
Dépenses d'investissement sur ressources propres (niveau minimum)
Financement intérieur net (niveau maximum)
Financement intérieur net (niveau maximum ajusté) 5
Dettes extérieures non concessionnelles contractées ou garanties par le gouvernement central
Dépenses sociales courantes et de capital sur ressources propres (niveau minimum)
Financement prévu du programme
¹ Lettre d'intention en date du 10 juin, 2010
² Lettre d'intention en date du 15 novembre 2010.
Critère de Performance continue
D'après le PAT, le niveau maximum de financement intérieur sera ajusté pour compenser les déviations par rapport aux projections de financement extérieur du programme.
Cet ajustement est limité à FCFA 10 milliards.
Non-accumulation d'arriérés extérieurs
Tableau 2. Togo: Conditionnalité structurelle pour le programme de la FEC 2010
Fondement macroéconomique
Rétablir la confiance des
fournisseurs et permettre une
réduction progressive de l'important
encours d'arriérés de paiement
intérieur de l'État. Maintenir la
demande globale pendant la
période de récession économique.
Le progrès a été satisfaisant. En août
2010, plus de 1.900 fournisseurs avaient
déjà été payés. L'achèvement de la mise
en œuvre est retardé par la lente réaction
de certains créanciers. Une nouvelle
phase a démarré le 23 juin 2010 et se
poursuivra jusqu'en fin décembre 2010.
Voir texte paragraphe 15.
Avancer vers l'établissement Repère fin
d'un compte unique du
Trésor en procédant à un
recensement des comptes
du Trésor dans les banques
commerciales et la BCEAO;
comptes de au moins 30%.
Avoir un suivi plus rapproché des
opérations du Trésor, puisque que
ceci est d'un élément clé de la
maitrise des opérations de
trésoreries de l'État.
Effectué. Le recensement des comptes
du Trésor a estimé l'existence
d'approximativement 1259 comptes. Le
nombre de comptes a été réduit à 142,
excédant ainsi le niveau minimum de 30
Simplifier et réduire les
délais dans la chaîne de
par la suppression des
Accélérer à court terme, la
capacité d’implémentation des
projets d'investissements et
accroître la capacité d’absorption
de l’aide extérieure du pays.
Effectué. Le contrôle financier a été
renforcé et la mise en place du logiciel
SIGFIP a permis de réduire les délais de
contrôle de 7 à 5 semaines au maximum.
L'arrêté N°172 /MEF/SP-PRPF du 28 juin
2010 a modifié circuit de la dépense en
limitant le traitement de l'engagement à
l'Administrateur de crédits et au
Avancer dans le processus Repère fin
de privatisation des banques septembre
publiques en lançant un
appel d’offre final.
Rétablir la confiance dans le
secteur financier togolais, réduire
les risques d'une nouvelle
instabilité macroéconomique liée
aux grandes banques publiques
déficitaires, et promouvoir le
et l'expansion de l'intermédiation
Réalisation retardée pour avril 2011. Une
nouvelle loi de privatisation a été votée au
parlement en Octobre 2010. Le
processus d'appels d'offre pourra être
lancé une fois que la commission de
privatisation examinera les différents
choix stratégiques et transmettra des
recommandations au conseil des
Mettre sur pied un
mécanisme ou une
structure et son support
opérationnel chargé de la
improductifs.
Récupérer une partie du coût
budgétaire de la titrisation des
créances improductives et
restaurer des relations financières
solides entre les banques et les
Réalisation en cours. Dans le cadre de
l'approche retenue par le gouvernement,
les conseillers préparent un business
plan de la société de recouvrement des
créances. Cependant, il est possible que
certaines mesures juridiques doivent être
prises avant son établissement.
Réaliser un audit financier et Repère fin
organisationnel de la CRT et décembre
entamer une étude
actuarielle de cette
Etablir une stratégie globale de
l’apurement de la dette sociale de
l’État qui est de l'ordre 7% du PIB.
Effectué. L'audit et l'étude sont prévus
dans le cadre du projet sur le secteur
financier de la Banque Mondiale. Voir
texte paragraphe 20.
Recruter les conseillers
Repère fin
l’élaboration d'un rapport sur
pour l'établissement d'un
guichet unique au Port
Autonome de Lomé.
Favoriser la compétitivité du Togo
comme un hub commercial et
faciliter toutes les procédures
administratives pour l'importation et
l'exportation et contribuer à
Réalisation en cours, il est prévu que la
mesure sera effectuée avec un retard
limité. L'établissement d'un guichet
unique au Port de Lomé est prévu dans
le cadre d'un projet d'intégration régionale
de la Banque Mondiale. Voir texte
paragraphe 21.
Approuver au Conseil des
ministres un nouveau
des prix des produits
Mettre un place un mécanisme que
limite les risques budgétaires en
instituant des ajustements
automatiques et fréquents des prix
`a la pompe.
Réalisation en cours. Un rapport
d'assistance technique du département
des finances publiques du FMI achevé en
août 2010. Une commission a été créé en
septembre pour recommander des
reformes au mécanisme d'ajustement des
prix en s'appuyant sur les
recommandations du rapport.
Compléter la mise en œuvre Repère fin
de la stratégie d'apurement mars 2010
des arriérés intérieurs
validés vis-à-vis des
fournisseurs privés.
Table 3. Togo: Conditionnalité structurelle pour le programme de la FEC 2011
Adopter les projets de textes portant
Repère fin Renforcer la gestion de la trésorerie
création du nouveau cadre institutionnel janvier 2011 de l’Etat.
de gestion de la trésorerie et
l’opérationnalisation de ce cadre.
Adopter une stratégie devant mener à
l’atteinte à terme d’un compte unique du mars 2011 de l’Etat. Avoir un suivi plus
rapproché des opérations du Trésor.
trésor après consultation des ministères
sectoriels et partenaires au
Avancer dans le processus de
privatisation des banques publiques en
lançant un appel d’offre final.
Repère fin Rétablir la confiance dans le secteur
avril 2011 financier togolais, réduire les risques
d'une nouvelle instabilité
macroéconomique liée aux grandes
banques publiques déficitaires, et
promouvoir le développement du
secteur financier et l'expansion de
l'intermédiation financière.
Adopter en conseil des ministres la
feuille de route pour l'établissement d'un mars 2011
guichet unique au Port Autonome de
Lomé et entamer la mise en œuvre des
premières mesures nécessaires
identifiées par les conseillers
techniques pour atteindre cet objectif.
Réalisation en cours. Une
du FMI a fait des
recommandations qui sont en
train d'être mis en œuvre.
Réalisation en cours. L’atteinte
de cet objectif pourrait
nécessiter de l'assistance
technique des partenaires.
Réalisation en cours. Le
processus d'appels d'offre pourra
être lancé une fois que la
commission de privatisation
examinera les différents choix
stratégiques et transmettra des
Réalisation en cours.
L'établissement d'un guichet
unique au Port de Lomé est
prévu dans le cadre d'un projet
d'intégration régionale de la
Pièce jointe à l’appendice I
AMENDEMENTS AU PROTOCOLE D’ACCORD TECHNIQUE
Les paragraphes 1, 3, 5, 11, 13, 19, 20, 21, 22 et 25 du protocole d’accord technique (aidemémoire technique) du 28 mars 2008, amendé le 12 septembre 2008 puis le
18 novembre 2009, ont été amendés pour tenir compte des nouvelles dates de référence
retenues pour les critères de réalisation quantitatifs et objectifs indicatifs jusqu’à la fin 2011
indiqués au tableau 1 ci-dessus et pour préciser les limites applicables aux emprunts
extérieurs non concessionnels. Ces changements sont énoncés ci-dessous.
Le présent protocole d’accord technique (PAT) définit les repères quantitatifs, les
repères structurels et les critères de réalisation d’un accord triennal au titre de la Facilité pour
la réduction de la pauvreté et pour la croissance pour la période qui va du 1er janvier 2008 au
31 août 2011. Le tableau 1 de la lettre d’intention ci-dessus présente les critères de réalisation
quantitatifs et les objectifs indicatifs pour fin décembre 2010 (à partir des changements
cumulés depuis le 1er janvier 2010), les objectifs indicatifs à la fin septembre 2010 (à partir
des changements cumulés depuis le 1er janvier 2010) et les objectifs indicatifs à la fin
mars 2011 (à partir des changements cumulés depuis le 1er janvier 2011). Les tableaux 2 et 3
ci-dessus présentent les repères structurels pour 2010 et 2011. Le présent PAT fixe également
les conditions relatives à la transmission aux services du FMI des données permettant le suivi
Le solde budgétaire primaire intérieur est défini comme la différence entre i) les
recettes budgétaires de l’État et ii) les dépenses budgétaires totales, nettes des charges
d’intérêts et nettes des dépenses courantes et d’investissement financées par les bailleurs de
fonds. Le solde des périodes de fin décembre 2009 à fin décembre 2010 (critères de
réalisation), de fin décembre 2009 à fin septembre 2010 et de fin décembre 2010 à fin
mars 2011 et à fin juin 2011 (objectifs indicatifs) doit être égal ou supérieur aux montants
indiqués au tableau 1 ci-dessus. La source des données est le tableau des opérations
financières de l’État (TOFE) préparé à intervalle mensuel par la Direction de l’économie au
Ministère des finances. Les données de la Direction de l’économie font foi aux fins du
Le financement intérieur net de l’État est défini comme la somme i) du crédit net
du secteur bancaire à l’État, et ii) du financement intérieur net non bancaire de l’État.
Le financement intérieur net pour les périodes de fin décembre 2009 à fin décembre 2010
(critères de réalisation), et de fin décembre 2009 à fin septembre 2010 et de fin
décembre 2010 à fin mars 2011 et à fin juin 2011 (objectifs indicatifs) doit être inférieur ou
égal aux montants indiqués au tableau 1 ci-dessus. Le plafond du financement intérieur net
sera ajusté pour compenser les écarts par rapport au niveau de financement extérieur prévu
pour le programme, figurant au tableau 1 ci-dessus, sous réserve d’un plafonnement de
10 milliards de francs CFA.
Le recouvrement des recettes dans les périodes de fin décembre 2009 à fin
décembre 2010 (objectif indicatif) et de fin décembre 2009 à fin septembre 2010 et de fin
décembre 2010 à fin mars 2011 et à fin juin 2011 (objectifs indicatifs) doit être supérieur ou
égal aux montants indiqués au tableau 1 ci-dessus. Le plancher des recettes constituera un
objectif indicatif pour toute la durée du programme.
Les arriérés de paiement intérieurs durant une période donnée comprennent :
i) les reste-à-payer, c’est-à-dire les ordonnancements soumis au Trésor qui n’ont pas été
payés dans le mois suivant la fin de cette période dans le cas des traitements et des salaires
(y compris pensions) et dans les trois mois qui suivent ladite période dans le cas des biens et
des services et des transferts; ii) les arriérés liés à la dette publique intérieure, y compris les
obligations émises en francs CFA sur le marché régional de l’UEMOA. La variation du stock
d’arriérés de paiement intérieurs sur une période donnée comprend à la fois l’accumulation
nette d’arriérés de paiement durant cette période (qui doit être nulle pendant la durée du
programme) et la réduction des arriérés de paiement intérieurs par rapport aux périodes
précédentes. La variation du stock des arriérés de paiement intérieurs pour les périodes allant
de la fin décembre 2009 à la fin décembre 2010 (objectif indicatif), de la fin décembre 2009 à
la fin septembre 2010 (objectif indicatif), et de la fin décembre 2010 à la fin mars 2011 et à la
fin juin 2011 (objectifs indicatifs), doit être inférieure ou égale aux montants indiqués au
tableau 1 ci-dessus. La source des données sur le stock des arriérés de paiement intérieurs est
le Trésor pour l’accumulation d’arriérés durant n’importe quelle période, et la Direction de
l’économie pour les autres arriérés. Les données sont présentées dans le TOFE préparé à
intervalle mensuel par la Direction de l’économie au Ministère des finances. Le plafond de la
variation nette des arriérés de paiement intérieurs constitue un objectif indicatif pour toute la
Dettes extérieures non concessionnelles contractées ou garanties par l’État
L’État s’engage à ne contracter ni garantir financièrement aucun emprunt extérieur
(défini à partir de la résidence du créancier) d’une échéance initiale égale ou supérieure à un
an ayant un élément de libéralité inférieur à 35 % (critère de réalisation continu). La dette
non concessionnelle est par définition l’ensemble des dettes ayant un élément de libéralité
inférieur à 35 %. Le niveau de concessionnalité des emprunts à échéance égale ou supérieure
à 15 ans est calculé en utilisant comme taux d’actualisation la moyenne des taux d’intérêt
commerciaux de référence (TICR) obtenu à partir des taux publiés par l’OCDE; pour les
emprunts à échéance de moins de 15 ans, la moyenne des TICR sur six mois est utilisée.
Ce critère de réalisation s’applique non seulement à la dette telle que définie au
point 9 des Directives sur les critères de réalisation concernant la dette extérieure adoptées
par le Conseil d’administration du FMI le 24 août 2000, et modifiées le 31 août 2009 avec
prise d’effet le 1er décembre 2009, mais aussi à toute obligation contractée ou garantie en
contrepartie de laquelle aucune valeur n’a été reçue. Ce critère ne s’applique toutefois pas
aux rééchelonnements sous forme de nouvelles dettes, ni aux emprunts obligataires et bons
du Trésor émis en francs CFA sur le marché financier régional de l’UEMOA. Aux fins de ce
critère de réalisation, l’État comprend l’État tel que défini au paragraphe 2 ci-dessus, mais
aussi les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), les
établissements publics à caractère administratif (EPA), les institutions publiques à caractère
scientifique et technique, les institutions publiques à caractère professionnel, les institutions
de santé publique, les collectivités locales, les entreprises publiques, les sociétés nationales
(c’est-à-dire les entreprises publiques dotées d’une autonomie financière et dont l’État détient
au moins 50 % du capital), et les organismes publics
Les autorités chercheront à obtenir l’avis des services du FMI en prévision des
révisions aux plans d’emprunt extérieur, lesquelles seront communiquées aux services du
FMI. Les détails concernant tout emprunt extérieur public contracté durant un mois donné
sont communiqués dans les six semaines à compter de la fin de ce mois. La même règle
s’applique aux garanties accordées par l’État.
Dépenses sociales financées sur ressources intérieures
Les dépenses sociales (courantes et en capital) financées sur ressources intérieures
sont définies, pour chaque rubrique du compte courant (salaires, biens et services, transferts
et subventions, autres) et du compte de capital de la manière suivante : 1) dépenses exécutées
par le Ministre de la santé (à la rubrique «Santé»); 2) dépenses exécutées par le Ministre de
l’éducation et de la recherche, l’Institut national de formation professionnelle et le Ministre
de la formation supérieure et de la recherche (à la rubrique «Éducation»; et 3) dépenses
exécutées par 4) le Ministre de l’environnement et des eaux et forêts et le Ministre de
l’agriculture (à la rubrique «Autres dépenses sociales» et limitées aux subventions et
transferts). Les dépenses sociales financées sur ressources intérieures sont classées selon les
rubriques ci-dessus (Santé, Éducation, Autres dépenses sociales) établies à partir d’une
classification de chacun des projets présentés dans les budgets de 2010 et 2011, en dépenses
de santé, d’éducation et autres dépenses sociales. Les dépenses sociales totales courantes et
en capital financées sur ressources intérieures comprennent les dépenses sociales financées à
partir de ressources intérieures, y compris les recettes, financements intérieurs et appuis
budgétaires extérieurs généraux, à l’exclusion de toutes les dépenses sociales financées à
partir de dons ou de crédits extérieurs spécifiques à certains projets. La source des données
est le tableau des opérations financières de l’État (TOFE) préparé à intervalle mensuel par la
Direction de l’économie au Ministère des finances.
Les dépenses sociales totales financées sur ressources intérieures pour les périodes de
fin décembre 2009 à fin décembre 2010 (objectif indicatif), de fin décembre 2009 à fin
septembre 2010 (objectif indicatif) et de fin décembre 2010 à fin mars 2011 et fin juin 2011
(objectifs indicatifs) doivent être égales ou supérieures aux montants indiqués dans le
tableau 1 ci-dessus. Les données fournies par la Direction de l’économie font foi aux fins du
programme. Le plancher des dépenses sociales financées sur ressources intérieures
(courantes et en capital) est un objectif indicatif pendant toute la période du programme.
Total des dépenses en capital financées sur ressources intérieures
Les dépenses en capital totales financées sur ressources intérieures pour les périodes
de fin décembre 2009 à fin septembre 2010 et à fin décembre 2010 et de fin décembre 2010 à
fin mars 2011 et à fin juin 2011 (objectifs indicatifs) doivent être égales ou supérieures aux
montants indiqués au tableau 1 ci-dessus. Les données fournies par la Direction de
l’économie font foi aux fins du programme. Le plancher des dépenses en capital financées
sur ressources intérieures est un objectif indicatif pendant toute la période du programme.
La présente déclaration rend compte d’informations devenues disponibles depuis le
23 novembre 2010, date d’achèvement du rapport des services du FMI. Ces informations ne
changent pas les grandes lignes de l’évaluation faite par les services du FMI.
Le Conseil des ministres a approuvé le 26 novembre un nouveau mécanisme
d'ajustement des prix des produits pétroliers (repère structurel à fin novembre, rapport des
services du FMI, § 8, et lettre d’intention, § 21). Ce mécanisme permet de répercuter
automatiquement les prix d'importation selon une formule de lissage.
Le processus de sélection des consultants qui aideront à mettre en place le guichet
unique du Port de Lomé est bien avancé (repère structurel à fin septembre, rapport des
services du FMI, § 8, et lettre d’intention, § 22) mais n’est pas encore terminé. L’appel
d’offres a été lancé en octobre. Les procédures de la Banque mondiale, laquelle finance les
consultants, exige que la sélection se fasse à partir d’au moins trois soumissions, mais seuls
deux cabinets ont répondu. Les autorités et la Banque mondiale sont en train d’étudier les
prochaines étapes du processus.
Le Port de Lomé a contracté un emprunt programmé de longue date auprès de la
Banque ouest-africaine de développement (BOAD) le 8 décembre (rapport des services du
FMI, § 17). Dans une lettre adressée à la BOAD, les autorités ont précisé que l’appui de
l’État au projet ne constitue pas une garantie publique. Comme les emprunts extérieurs des
entreprises publiques ne sont pas actuellement couverts par la définition de la dette
extérieure, le prêt ne porte pas atteinte à la conditionnalité du programme appuyé par la FEC.
Le 11 novembre, les autorités ont signé, sans le ratifier, un accord de prêt avec
l’Eximbank de Chine d’un montant de 26 millions de dollars EU (0,8 % du PIB) pour la
modernisation des systèmes informatiques et de communication de l’administration publique.
Les autorités ont appris que les conditions de financement manquaient de peu aux exigences
de concessionnalité du programme, et ont décidé de reporter la ratification de l’accord
d’emprunt jusqu’à ce que les conditions en soient renégociées pour respecter le niveau
minimum de concessionnalité dans le cadre du programme appuyé par la FEC.
Le 26 novembre les autorités ont approuvé une augmentation des tarifs d’électricité
devant entrer en vigueur en janvier 2011 (lettre d’intention, § 23). Cette augmentation,
initialement prévue pour juillet, est une mesure importante pour renforcer la situation
financière de la Compagnie Énergie Électrique du Togo.
Communiqué de presse No 10/485
Le Conseil d'administration du FMI achève la cinquième revue dans le cadre
de la facilité élargie de crédit en faveur du Togo
et approuve un décaissement de 22 millions de dollars EU
Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd'hui la
cinquième revue des résultats économiques du Togo dans le cadre d'un programme appuyé
par l'accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Le Conseil d'administration
a approuvé la demande de modification d’un critère de réalisation relatif au financement
intérieur net ainsi qu'une prolongation du programme jusqu'à la fin d'août 2011.
L'achèvement de la revue permet le décaissement immédiat d'un montant équivalant à
14,3 millions de DTS (environ 22 millions de dollars EU), ce qui porte le total des
décaissements au titre de l'accord à 86,61 millions de DTS (soit environ 133,24 millions de
dollars EU).
Le 21 avril 2008, le Conseil d'administration a approuvé un accord triennal au titre de la FEC
pour l’accès à un montant équivalant à 66,06 millions de DTS (environ 101,62 millions de
dollars EU) en faveur du Togo pour appuyer le programme économique du gouvernement
(voir à ce sujet le Communiqué de presse No 08/90). Le Conseil a ultérieurement approuvé
deux augmentations le 22 septembre 2008 et le 25 juin 2010, pour un montant total de 29,35
millions de DTS (environ 45,15 millions de dollars EU).
Le Conseil d'administration a aussi convenu que le Togo avait pris les mesures nécessaires
pour atteindre son point d'achèvement au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE). Cette décision relative au point d'achèvement de l'initiative PPTE est
subordonnée à une décision similaire du Conseil d’administration de la Banque mondiale,
après quoi un communiqué de presse conjoint sera publié.
À l'issue des débats du Conseil d'administration sur le Togo, M. Murilo Portugal, Directeur
général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :
«Il convient de féliciter les autorités togolaises qui ont poursuivi sans interruption la ferme
mise en œuvre de leur programme de réformes économiques dans le cadre de l'accord au titre
de la FEC, ce qui a contribué à renforcer les finances publiques et la stabilité
macroéconomique. La politique budgétaire contracyclique de 2010 a soutenu une modeste
Le budget de 2011 met à juste titre l’accent sur un relèvement des investissements publics
pour appuyer la croissance à moyen terme et la réduction de la pauvreté qui sera
essentiellement financé par une hausse des recettes intérieures. Les autorités sont résolues à
limiter l'augmentation des dépenses courantes et à comprimer les dépenses moins prioritaires
au cas où les recettes ou le financement concessionnel disponible seraient insuffisants. Il sera
essentiel de poursuivre un suivi solide de l’exécution budgétaire, notamment en ce qui
concerne les dépenses sociales prioritaires.
Les perspectives de croissance ne pourront être renforcées que si l’élan des réformes est
maintenu, notamment s'agissant des finances publiques, de la gestion de la dette et du climat
des investissements. L’apurement des arriérés intérieurs devrait être terminé. La mise en
œuvre du mécanisme automatique de fixation des prix récemment adopté pour les produits
pétroliers permettra de minimiser les distorsions, d'amortir l'impact social des chocs des prix
et de sauvegarder les finances publiques. Il sera important de lancer le processus de
privatisation des banques publiques.
Le Togo a pris les mesures nécessaires pour atteindre le point d'achèvement de l'Initiative en
faveur des PPTE. Pour tirer durablement parti de l'allégement substantiel de la dette, il sera
important de saisir judicieusement les opportunités. Les autorités devront accroître les
investissements dans le capital physique et humain et engager des réformes structurelles pour
promouvoir la croissance tout en maintenant des politiques prudentes du budget et de la
dette. Il sera crucial de compter sur le soutien continu des donateurs.»
Déclaration de M. Kossi Assimaidou, Administrateur pour le Togo
Au nom des autorités togolaises, que je représente, je tiens à remercier la Direction et le
Conseil d’administration du FMI de leur soutien constant aux efforts de réforme économique
et structurelle actuellement mis en œuvre par le Togo. Grâce à ce soutien déterminant, les
autorités ont pu accomplir des progrès importants depuis 2006, qui ont culminé avec la
réalisation des conditions requises pour passer au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Je
voudrais aussi remercier les services du FMI de leur dévouement et des efforts qu’ils ont
consentis inlassablement pour fournir aux autorités togolaises des avis pertinents et une
assistance technique tout au long de ces années.
Les profondes réformes politiques et économiques que le Togo a entreprises depuis 2006 ont
aidé le pays à renouer le dialogue avec la communauté internationale et à jeter les bases d'une
croissance économique plus vigoureuse et d’une réduction de la pauvreté. La mise en œuvre
résolue des mesures économiques et des réformes, notamment dans le cadre du programme
actuel appuyé par la FEC, qui a été approuvé en avril 2008, ont aidé le Togo à atteindre le
point de décision en novembre 2008.
Les autorités que je représente ont accompli des efforts remarquables en établissant puis en
préservant la stabilité macroéconomique et en engageant des mesures structurelles. Parmi ces
dernières, je citerais les réformes entreprises dans les domaines de la gestion des finances
publiques, la gouvernance budgétaire (apurement des arriérés intérieurs, adoption d'un
compte unique du Trésor et simplification de la chaîne de la dépense), la restructuration du
secteur financier, de l'énergie et des phosphates, et l’amélioration du fonctionnement du Port
autonome de Lomé (PAL). Ces résultats, qui ont conduit à l'achèvement en temps voulu et de
façon satisfaisante des quatre premières revues de l'accord FEC, y compris la troisième revue
par la procédure du défaut d'opposition, ont été obtenus dans une conjoncture très difficile,
caractérisée par toute une série de chocs exogènes. En effet, le pays a notamment subi les
chocs suivants : la crise alimentaire, la flambée des prix du pétrole, les chocs sur
l’approvisionnement en énergie, les inondations catastrophiques de 2008 qui ont détruit des
routes et des ponts et interrompu la circulation des marchandises entre le PAL et l'arrièrepays, et, dernier choc mais non des moindres, la crise économique mondiale, qui s'est traduite
par un manque de dynamisme persistant de l'économie mondiale. Pendant toutes ces
épreuves, les autorités togolaises ont continué d'appliquer avec détermination les réformes
prévues par le programme.
Les autorités togolaises souscrivent pour l'essentiel aux documents des services du FMI sur la
cinquième revue de l'accord FEC ainsi qu'à leur document sur le point d'achèvement dans le
cadre de l'initiative PPTE renforcée. En nous appuyant sur leur appréciation des bons
résultats que le Togo continue d'enregistrer dans le cadre du programme appuyé par le FMI et
sur la détermination indéfectible des autorités d'appliquer leur politique économique et leur
programme de réformes, nous demandons au Conseil d'administration d’appuyer
l'achèvement de la cinquième revue du programme du Togo dans le cadre de l'accord
En outre, non seulement le Togo a maintenu la stabilité macroéconomique, mais il a aussi
respecté toutes les autres conditions du passage au point d'achèvement de l'initiative PPTE.
Ces conditions étaient les suivantes : mise en œuvre et suivi du document de stratégie pour la
réduction de la pauvreté (DSRP), suivi et transparence des dépenses, fonctionnement de la
Cour des Comptes et de l'Autorité de régulation des marchés publics, déclaration publique
régulière des paiements effectués par l’État au secteur des phosphates et des recettes issues
de ce secteur perçues par l’État, amélioration de la gestion de la dette et communication des
données relatives à la dette publique intérieure et extérieure, adoption de plans de
développement sanitaire, et mise en œuvre du plan relatif à l'éducation nationale. Nous
demandons donc au Conseil de considérer que le Togo a atteint le point d'achèvement et
de soutenir un allégement de dette en faveur du pays dans le cadre de l'initiative PPTE
renforcée et de l’IADM.
ANTÉCÉDENTS EN MATIERE DE POLITIQUE ECONOMIQUE
Les autorités togolaises continuent d'appliquer leur politique économique et leurs réformes
avec détermination. Les objectifs, notamment tous les critères de réalisation budgétaire
inscrits dans le programme appuyé par la FEC depuis la quatrième revue, ont été atteints. En
particulier, malgré une conjoncture extérieure et financière difficile, elles n’ont pas accumulé
d'arriérés extérieurs ni contracté ou garanti d’emprunts extérieurs non concessionnels. Elles
s'emploient à mener à bien la stratégie d'apurement des arriérés de paiement intérieurs, avec
l'aide de l'association des employeurs pour contacter les créanciers potentiels qui n'ont pas
encore demandé l'apurement. En ce qui concerne la dette extérieure, les autorités togolaises
restent déterminées à ne contracter ou garantir des emprunts extérieurs qu’à des conditions
concessionnelles et continueront de consulter les services du FMI en cas d’incertitude à cet
égard. En particulier, ces consultations ont permis de constater qu'un prêt signé récemment
manquait de peu et de façon inattendue à l'exigence minimale de concessionnalité. Ce prêt
n'est pas encore effectif car il doit encore faire l'objet d'un processus de ratification légale et
les autorités togolaises ont la ferme intention de ne pas procéder à la ratification tant qu’elles
n'auront pas obtenu des conditions respectant l'exigence minimale de concessionnalité
conformément aux engagements pris dans le cadre du programme.
En ce qui concerne les réformes structurelles, des progrès sensibles continuent d'être
accomplis depuis la dernière revue, en juin. Comme elles l'indiquent dans leur nouvelle
Lettre d'intention, les autorités ont pris des mesures en vue de l'adoption d'un compte unique
du Trésor, de simplifier les procédures d'exécution du budget et de renforcer le contrôle
Dans le secteur financier, malgré les retards occasionnés par la nécessité inattendue
d'actualiser le cadre juridique en vue de la privatisation des banques publiques, les réformes
prévues avancent. Les membres de la commission de privatisation, qui recommandera les
diverses possibilités de privatisation, ont été choisis et cette instance sera officiellement
instituée sous peu. Les autorités s'attendent maintenant à ce que les offres définitives soient
remises d'ici fin avril 2011. Entre-temps, elles continueront, en collaboration avec la
Commission bancaire régionale, d'exercer un contrôle strict sur la gestion des banques à
privatiser. En outre, la mise en place d'une structure chargée de recouvrer les créances
improductives acquises par l'État, avec l'assistance du FMI et de la Banque mondiale, avance
de façon satisfaisante.
Après avoir bénéficié de l'assistance technique des services du FMI, le Conseil des ministres
a approuvé le 26 novembre 2010 un nouveau mécanisme d'ajustement des prix des produits
pétroliers, qui permet la répercussion automatique des prix d'importation selon une formule
de lissage. Ce mécanisme vise à limiter les risques budgétaires tout en atténuant l'impact
social des fortes fluctuations des prix du pétrole. En même temps, le gouvernement recherche
une solution au problème des engagements engendrés par l'ancien mécanisme d'ajustement
des prix, en collaboration avec les compagnies de distribution de pétrole concernées.
Parmi les autres réformes structurelles lancées récemment par les autorités togolaises figure
la création d'un «guichet unique» au Port autonome de Lomé. Bien que le processus ne soit
pas encore terminé, le processus de sélection des consultants qui aideront à mettre en place ce
guichet unique est bien avancé. Jusqu'à présent, seuls deux cabinets de consultants, au lieu de
trois, se sont manifestés et les autorités ainsi que la Banque mondiale, qui finance les
consultants, réfléchissent aux prochaines étapes du processus. Les réformes entreprises
portent aussi sur l'amélioration de l'approvisionnement en électricité avec la mise en service
d’une nouvelle centrale électrique, étant entendu que l'ajustement des tarifs d'électricité de
CEET se fera selon le principe de la récupération des coûts. À cet égard, les autorités ont
approuvé une hausse des prix de l'électricité pour janvier 2011. Parmi les autres réformes, on
notera la prise en compte des exigences ITIE et la demande d'adhésion du Togo à cette
initiative, ainsi que l'application en cours de la stratégie de revitalisation du secteur des
En outre, les autorités togolaises ont été très réceptives aux recommandations de la Banque
mondiale concernant l'amélioration du climat des affaires et elles s'emploient à moderniser le
code des investissements ainsi que les lois et règlements régissant les zones franches, afin de
se conformer autant que possible aux meilleurs pratiques internationales.
L'APPLICATION DU PROGRAMME DE REFORMES
Les autorités togolaises considèrent le point d'achèvement comme une étape importante de la
création de l'espace nécessaire au développement économique et à la réduction de la
pauvreté. Dans le même esprit, elles ont l'intention de continuer à appliquer, au-delà du point
d'achèvement, leur programme de réformes afin de rehausser la productivité et la
compétitivité de l'économie tout en veillant à ce que les bienfaits de ces réformes bénéficient
davantage à la population. En s'appuyant sur les réformes déjà mises en œuvre et sur le solide
cadre macroéconomique (discipline budgétaire, gestion prudente de la dette et des finances
publiques), les autorités ont l'intention de continuer à appliquer en 2011 et au-delà leur
ambitieuses réformes structurelles, en poursuivant leurs relations avec le FMI. Les autorités
ont, avec les services du FMI, affiné les mesures à prendre dans le contexte du
programme actuel appuyé par la FEC, dont elles sollicitent la prolongation afin de
disposer du délai nécessaire pour atteindre leurs objectifs immédiats de réforme
Le projet de budget pour 2011 préconise d'investir dans les infrastructures pour commencer à
faire face au sous-investissement marqué pendant la crise intérieure prolongée. Néanmoins,
le solde budgétaire reste prudent et pleinement compatible avec la viabilité de la dette. La
hausse de l'investissement est financée dans une large mesure par une meilleure mobilisation
des recettes intérieures, tandis que la croissance des dépenses courantes reste maîtrisée, afin
de préserver une marge de manœuvre budgétaire pour l'investissement. Pour accompagner
cet effort notable d'investissement intérieur, les autorités encouragent les donateurs à soutenir
le développement des infrastructures.
Le renforcement de la gestion des finances publiques reste un élément fondamental du
programme des autorités en 2011. Comme elles l'ont souligné dans leur lettre d'intention, les
autorités mettront en place une base de données unique pour la solde de la fonction publique
afin d'améliorer la programmation du budget et l'exécution des dépenses; accroîtront les
recettes intérieures en rationalisant les exemptions fiscales et douanières, et en améliorant le
recouvrement des impôts et des droits de douane, et s'achemineront vers l'adoption d'un
nouveau code douanier. Elles continueront aussi d'améliorer la gestion de trésorerie,
notamment en adoptant un système de planification mensuelle, en établissant des règlements
et des décisions en vue de créer un nouveau cadre institutionnel pour la gestion de trésorerie,
en adoptant une stratégie visant à mettre en place un compte unique du Trésor et en
incorporant les objectifs budgétaires à moyen terme dans une stratégie d'endettement en vue
d'améliorer la gestion de la dette publique. Les autorités espèrent qu'elles pourront continuer
de faire appel à l'assistance technique du FMI lorsqu'elle s'avérera nécessaire pour avancer
ces réformes budgétaires.
En ce qui concerne le secteur financier, comme noté plus haut, des mesures seront prises en
vue de la privatisation des banques publiques. Par ailleurs, les autorités formuleront une
stratégie visant à développer le secteur et à améliorer l'intermédiation financière tout en
veillant à la stabilité du secteur. Elles comptent sur l'aide technique et financière de leurs
partenaires au développement pour concevoir et mener à bien cette stratégie.
La compétitivité du Togo en tant que centre commercial régional sera renforcée par la mise
en place envisagée du guichet unique au Port autonome de Lomé. Cela contribuera aussi à
accroître les recettes douanières.
Lorsqu'il atteindra le point d'achèvement, le Togo bénéficiera d'un allégement de dette
substantiel de la part de créanciers multilatéraux et bilatéraux représentant presque la totalité
de la dette admissible à l'initiative PPTE. Les autorités cherchent à obtenir la participation
des quelques autres créanciers. Elles attendent aussi avec intérêt les négociations avec le
Club de Paris sur le traitement de la dette togolaise, qui sont prévues en décembre 2010. Le
pays bénéficiera aussi d'un allégement de dette supplémentaire au titre de l'IADM.
L'allégement total au titre de l'initiative PPTE et de l'IADM, ainsi que l'aide supplémentaire
décaissée au point d'achèvement réduiraient substantiellement la charge de la dette extérieure
du Togo, comme noté dans la mise à jour de l'analyse de viabilité de la dette.
Pour encore améliorer la dynamique de la dette, les autorités ont intention d'utiliser le produit
de la privatisation des banques pour rembourser la dette intérieure. Néanmoins, la viabilité de
la dette publique totale à long terme continuera de dépendre de la disponibilité de dons et de
prêts concessionnels en faveur du Togo, car les indicateurs d'endettement font état d'une
sensibilité aux conditions de nouveaux financements extérieurs et à d'autres hypothèses
macroéconomiques telles qu'un fléchissement permanent de la croissance du PIB ou des
exportations. Les autorités continueront de s'appuyer sur des prêts concessionnels pour leur
financement extérieur et consulteront les services du FMI lorsqu'elles ne peuvent trouver un
financement suffisamment concessionnel pour un investissement à haut rendement. Elles
continueront aussi de diversifier l'économie et de s'attaquer aux goulets d'étranglement dans
le secteur privé, afin d'accroître la résilience de l'économie aux chocs exogènes.
Le Togo reste en bonne voie de placer son économie sur une trajectoire durable qui lui
permettra d’accélérer la croissance et la réduction de la pauvreté. Sur la base de ses
antécédents solides en matière d'exécution de la politique économique et des réformes, et
étant donné que les autorités se sont de nouveau engagées à opérer des réformes bien
conçues, nous demandons au Conseil d'administration d'appuyer l'achèvement de la
cinquième revue de l'accord FEC et la demande de prolongation de l'accord introduite par les
Par ailleurs, le Togo ayant satisfait toutes les conditions de passage au point d'achèvement de
l'initiative PPTE, nous demandons au Conseil d'administration de considérer que le Togo a
atteint le point d'achèvement, ce qui permettra au pays de dégager la marge financière
nécessaire pour accélérer son programme de réformes, développer plus rapidement son
économie et atteindre plus vite les OMD.
Déclaration au terme d`une mission du FMI du 22 au
Compte rendu de la Mission du FMI
Communiqué du FMI 2016
Aide Budgétaire Globale 2011 - Apurement des arriérés
Graphiques Le Point extrait Printemps 2013
MISSION FMI-BANQUE MONDIALE-BAD: Des réformes cruciales
COMMUNIQUE DE PRESSE FMI
Devoir surveillé n 8 * Durée 4 h
L`efficacité de la politique budgétaire
Le FMI confirme la morosité économique mondiale Par Alain Faujas