Source: https://nanopdf.com/download/recevoir-le-concile-vatican-ii-2_pdf
Timestamp: 2019-01-16 21:19:32+00:00
Document Index: 81926153

Matched Legal Cases: ['§ 1', '§ 2', '§ 3', '§ 4', '§ 5', '§ 7', '§ 8', '§ 9', '§ 10', '§ 11', '§ 12', '§ 13', '§ 14', '§ 19', '§ 24']

[PDF] Recevoir le Concile Vatican II - Free Download PDF
February 21, 2018 | Author: Anonymous | Category: Arts et Lettres, Sciences des religions, Catholicisme
DOWNLOAD PDF (432.8KB)
Download Recevoir le Concile Vatican II...
Recevoir le Concile Vatican II Séquence 6 Décret sur l’œcuménisme Unitatis redintegratio
Rencontre 1 : Préambule et chapitre I Deux manières de procéder sont possibles pour vivre cette rencontre : – Une rencontre commune : une personne (le curé,un membre de l’équipe pastorale ou quelqu’un d’autre) assure l’animation de la rencontre. – Une rencontre en petits groupes : il faut alors désigner un animateur par groupe. 1 – Accueil 2 – Présentation du Décret : voir fiche présentation. 3 – Après avoir lancé le tour de table initial, l’animateur pourra utiliser les éléments ci-après pour rappeler aux participants l’histoire de la séparation des Églises. DE MULTIPLES DECHIRURES Dans son Histoire le Christianisme n’a cessé d’être troublé par des contestations (de nature doctrinale le plus souvent) occasionnant ruptures et dissidences… Les Eglises dites préchalcédoniennes, détachées du tronc commun lorsque les conciles d’Ephèse (431) et de Chalcédoine (451) définirent le Christ comme participant à la fois de la nature divine et de la nature humaine en une unique personne, alors que les nestoriens penchaient en faveur de la dualité de personnes en lui, et les monophysites en faveur d’une unique nature, divine, en lui. Les Eglises orthodoxes, séparées de Rome lors du grand schisme d’Orient en 1054 pour des raisons qui, aggravées par les différences de culture, de mentalités, de traditions, tenaient plus en fait au refus de la prééminence romaine qu’à des divergences doctrinales fondamentales. Les Eglises issues de la Réforme, séparées de Rome au XVIe siècle à l’occasion de la crise suscitée par l’état où se trouvait l’Eglise ; cette crise revêtit tout de suite un caractère doctrinal très fondamental, encore que très diversifié d’une tendance de la Réforme à l’autre , de cette Réforme sont issus trois rameaux très caractérisés : le Luthéranisme, le Calvinisme et l’Anglicanisme ; les principes mêmes de la foi protestante contribuèrent à favoriser l’éclosion d’une multitude de courants donnant euxmêmes naissance à une grande variété d’Eglises [baptistes, quakers, méthodistes, pentecôtistes]. Sources : l’Encyclopédie catholique pour tous, THEO, éditions Droguet Ardent, Fayard, La Vie. 4 – Lecture et approfondissement du préambule et des paragraphes 1 à 4. Pour l’approfondissement, l’animateur pourra utiliser les éléments ci-après établis d’après «Vivre le Concile : l’oecuménisme», par une équipe de laïcs et de prêtres du Centre Œcuménique « Unité chrétienne » de Lyon.
ORIENTATIONS DIOCÉSAINES DIOCÈSE DE QUIMPER ET LÉON
S6-R1
Recevoir le Concile Vatican II § 1 Introduction Le décret commence par mettre en relief le caractère intolérable de la division des chrétiens. L’humble réalisme de ces lignes n’accorde aucune place privilégiée à l’Eglise catholique, mais regarde la situation actuelle, telle qu’elle est, dans le plan du salut : le Christ a fondé l’Eglise une et unique. Or, de fait, il y a plusieurs Communions chrétiennes, et l’Eglise catholique est comptée parmi elles. Toutefois, le fait qu’aujourd’hui les diverses Eglises revendiquent leur lien historique et «communionnel » avec le Christ est un motif d’espérance, car c’est le recentrement sur le Christ qui conduit à l’unité. Mais, contrastant avec cette fondamentale unanimité, les attitudes qui concernent leurs pensées et leurs vies, les chemins sur lesquels les unes et les autres avancent sont tellement divers que l’on pourrait facilement conclure que le Christ est divisé. Le décret retient trois fruits amers de cette division : opposition ouverte à la volonté de Jésus, scandale pour le monde qui ne reconnaît plus l’amour et la vérité qui unissent, obstacle pour la prédication de l’Evangile annoncé si différemment. Le deuxième paragraphe marque en contraste la fidélité patiente de Dieu envers son peuple, et la toute-puissance de sa miséricorde. Il suscite lui-même en nous les mouvements, les sentiments, les énergies qui nous feront pénétrer en son plan d’Amour. Les pères conciliaires soulignent humblement que ce mouvement a débuté en dehors de l’Eglise catholique et qu’il est un mouvement de repentir et de désir d’union qui vient de l’Esprit Saint. Aussi invitent-ils tous les catholiques, pasteurs et fidèles, à s’y engager, au nom même de leur baptême et de leur foi au Christ Sauveur : il faut y entrer sans chercher à faire notre propre œcuménisme selon notre seul point de vue. Le concile voit bien aussi qu’il s’agit d’efforts de groupes chrétiens et pas seulement d’individus ; on a affaire à des communautés, et cela pose le problème de l’unité à son vrai niveau : le niveau ecclésial. La réunion des chrétiens signifie en fait la réunion des Eglises car on ne peut séparer un chrétien de son Eglise. L’expression qu’ils utilisent «leur Eglise et l’Eglise de Dieu» évoque un des traits de l’attitude œcuménique : nous essayons de comprendre notre frère, sans rien minimiser de notre propre foi. La distinction entre leur Eglise et l’Eglise de Dieu marque la conviction qu’ont nos frères séparés que chacune de leurs communautés s’insère dans l’Eglise totale. Bien que toutes ne possèdent pas au même degré des éléments d’Eglise, ou n’en voient pas l’exigence avec la même acuité, le lien de chacune avec l’Eglise de Dieu veut devenir communion parfaite. Afin de donner aux fidèles catholiques la certitude qu’ils entrent bien dans le dessein de Dieu, et de leur communiquer l’élan qui en découle, le concile n’hésite pas à appeler le mouvement vers l’unité : un appel divin, une grâce. § 2 Unité et unicité de l’Eglise L’unité de l’Eglise est saisie en son aspect le plus profond, comme un mystère qui exprime l’être même de l’Eglise. C’est ainsi que l’unité est vue à partir : - Du mystère trinitaire : c’est l’amour du Père qui, dans le Fils, par l’Esprit, réconcilie l’humanité et l’introduit dans l’admirable communion des personnes divines. - Du mystère du Christ : par l’incarnation du Fils unique et par son sacrifice, l’amour du Père et l’unité des hommes sont révélés. L’Eglise une prend naissance au jour de la Pentecôte. Ceux qu’animent l’unique Esprit ne forment qu’un seul Corps du Christ. L’Esprit est donc principe de l’unité de l’Eglise, unité qui n’est pas uniformité.
Recevoir le Concile Vatican II - Du mystère eucharistique : l’Eucharistie est le sacrement qui met à notre portée l’œuvre du Christ ; elle exprime et réalise l’unité de l’Eglise. C’est pourquoi l’effort du mouvement œcuménique est de permettre aux chrétiens de participer à la même Eucharistie. Au terme de ce développement, la hiérarchie intervient, avec son triple ministère, comme service de l’Eglise une. La primauté de Pierre et de ses successeurs n’est pas omise, cependant il est affirmé que Jésus Christ lui-même demeure éternellement la suprême pierre angulaire et le Pasteur de nos âmes. § 3 Des relations entre frères séparés et l’Eglise catholique Le regard porté par le concile sur les chrétiens et les communautés séparées est très positif. Il cherche à mettre en relief les liens d’unité et se garde de verser dans le jugement des positions d’autrui. Il ne rappelle les points de graves désaccords que pour y montrer l’exigence de la foi catholique. La première affirmation est que les grandes ruptures historiques n’ont pas détruit toute forme de communion entre les communautés séparées et l’Eglise catholique. La foi et le baptême créent une appartenance fondamentale au Corps du Christ et à l’Eglise de Dieu. Le concile demande donc aux fidèles catholiques de considérer les autres chrétiens comme des frères dans le Seigneur et de les entourer de respect fraternel et de charité. Dans cette optique, il n’est plus question de suspecter la bonne foi de ces chrétiens. Bien plus, on se refuse à juger les responsabilités des auteurs de ces divisions pour reconnaître seulement qu’elles ont été partagées. La deuxième affirmation est l’existence, dans les Eglises et communautés séparées, d’éléments ou de biens d’Eglise, parfois de grande valeur, tels que l’Ecriture, la liturgie et les sacrements. L’avantage de la doctrine des éléments d’Eglise est qu’elle permet, sans porter atteinte à la foi catholique, qui voit l’Eglise du Christ réalisée pleinement dans l’Eglise catholique, de montrer que la réalité de l’Eglise du Christ déborde les limites visibles de cette Eglise catholique, et donc que les communautés séparées sont vraiment, quoique imparfaitement, de l’Eglise du Christ. Le décret note que ces biens d’Eglise donnent aux communautés séparées signification et valeur dans le mystère du Christ et que l’Esprit Saint peut se servir d’elles comme de moyens de salut. Ces indications ouvrent la voie à la recherche théologique. Les pères conciliaires réaffirment néanmoins qu’à l’Eglise catholique a été confiée la plénitude des moyens du salut et que l’œuvre de grâce accomplie par l’Esprit dans les autres communautés doit trouver par elle son achèvement. Ils rappellent aussi que les richesses d’Eglise qui appartiennent de droit à l’Eglise catholique proviennent du Christ et conduisent à lui, et que l’Eglise demeure un peuple de pécheurs en croissance dans le Christ, qui attend jusqu’au dernier jour la totale plénitude de la gloire. § 4 De l’œcuménisme Ce numéro traite de la nature de l’œcuménisme. Trois aspects sont à relever : - Une description générale du mouvement œcuménique amorce une définition du dialogue où chacun explique plus à fond la doctrine de sa communion, en vue d’une connaissance plus véritable et d’une estime plus juste de l’enseignement et de la vie de chaque communion. -
La notion de dialogue entre chrétiens devra être approfondie.
- Le mouvement œcuménique entraîne pour tous et donc aussi pour les catholiques, un examen de leur fidélité à la volonté du Christ par rapport à l’Eglise.
Recevoir le Concile Vatican II Les pères conciliaires abordent ensuite le cas des chrétiens d’autres confessions qui désireraient entrer dans la pleine communion avec l’Eglise catholique. Il faut que cela vienne de l’Esprit Saint et non des hommes : l’œcuménisme ne saurait être une entreprise de conversion. L’activité œcuménique doit être respectueuse des convictions de foi de chacun. Il est précisé enfin que la division n’est pas seulement préjudiciable à ceux qui se trouvent en dehors de la pleine communion catholique, mais encore à la catholicité de l’Eglise romaine. Dans son expression historique, marquée par les divisions et les péchés des hommes, l’Eglise ne manifeste qu’imparfaitement sa catholicité. Ce n’est que dans l’unité restaurée des expressions de la foi catholique, telles qu’elles sont vécues dans les diverses communions chrétiennes, que pourra se parfaire le visage catholique de l’Eglise. Le décret insiste sur la nécessité de reconnaître et d’apprécier les valeurs chrétiennes, puisées au patrimoine commun, dont la puissance agissante s’exprime, dans les communions séparées, par des œuvres admirables et jusqu’au témoignage du sang. Le concile envisage vraiment l’œcuménisme comme un mouvement qui aura une croissance dont on ne mesure pas l’ampleur ; les catholiques ont à s’y intégrer ; bien plus, le Collège épiscopal a la responsabilité de promouvoir une telle tâche. 5 – Prière : On pourra prier à partir du passage de Saint Jean 17, 20-26 figurant sur la fiche participants
Pour toute remarque et question sur la manière de procéder et sur le contenu des fiches, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : [email protected]
Rencontre 1 Présentation Au cours de la séquence 6, nous étudierons le Décret Unitatis redintegratio sur les principes et les modalités de l’œcuménisme catholique. 1. Présentation du Décret : Unitatis redintegratio fait parti des 9 Décrets publiés dans le cadre du Concile Vatican II. L’adoption de ce texte a constitué un événement important. Dix ans avant l’ouverture de Vatican II personne n’aurait pu imaginer qu’un Concile de l’Église catholique se pencherait sur cette question et le ferait de manière aussi positive. La discussion du schéma préparé par le Secrétariat pour l’unité occupa les dernières séances de travail de la seconde session tenue en 1963. Si les idéaux et le principes contenus dans ce texte paraissent aujourd’hui bien classiques, ils représentaient en 1963 un changement radical d’attitude et de système des valeurs. Les ouvrage de doctrine de l’époque exposaient habituellement sur cette manière cinq arguments:(1) le Christ n’a fondé qu’une seule Église et elle est catholique romaine, (2) les fautes ne sont pas à attribuer à l’Église en tant que telle mais seulement à ses membres, (3) quitter l’Église à cause des péchés en son sein, constitue un péché en soi, (4) la seule vraie Église espère avec ferveur le retour des protestants, (5) le dialogue avec les non-catholique n’est bon que s’il suit les directives du SaintSiège. Nous verrons à travers la lecture des fiches consacrées à Unitatis redintegratio, comment les pères conciliaires tout en restant fidèles à la tradition de l’Église ont abordé la question de l’œcuménisme de façon totalement nouvelle Le décret fut publié par le pape Paul VI le 21 novembre 1964 lors de la clôture de la troisième session du Concile. Un changement radical de comportement : «Durant la première moitié de ma vie je pensais que « les autres », les non-catholiques, « n’avaient rien » ou si peu que rien et qu’au contraire, nous catholiques nous avions « tout ». A présent depuis Vatican II, je sais qu’ils sont mes frères, qu’ils vivent dans des Églises ou des Communautés dont le Concile m’a appris à reconnaître l’écclésialité jusqu’à voir en elles, comme c’est le cas pour les Églises d’Orient des Églises sœurs avec les quelles, selon l’expression de Paul VI, nous sommes en «communion presque parfaite ».» Jacques-Elisée Dessseaux, « L’appel oecuménique », dans le Concile, vingt ans de notre histoire, p. 35- 34 cité par Daniel Moulinet.
Recevoir le Concile Vatican II 2. La séquence comprend une série de trois fiches prévues pour trois rencontres : Rencontre 1 : Préambule et chapitre 1 du Décret ; Rencontre 2 : chapitre 2 du Décret ; Rencontre 3 : chapitre 3 du Décret. Pour chaque rencontre vous disposerez de deux fiches : • Une fiche Animation qui s’adresse aux personnes qui acceptent d’animer les réunions. • Une fiche Participants qui contient les documents à remettre aux participants et notamment les textes à étudier
Bibliographie Vatican II, Décret sur l’oecuménisme Unitatis redintegratio, Editions Tequi ; Jean-Paul II, encyclique Ut unum sint, 2 mai 1995 ; Daniel Moulinet, Le Concile Vatican II, Editions de l’Atelier, 2002; Georges Tavard, L’œcuménisme PUF, collection Que sais-je? N° 2903 Collectif Vivre le Concile Vatican II : L’oecuménisme, Editions Mam, 1965. Pour ceux qui voudraient vraiment approfondir : Peter Neuner, Théologie Œcuménique – La quête de l’unité des Églises chrétiennes, Paris, Cerf, 2005
FICHE PARTICIPANTS
Rencontre 1 : Préambule et chapitre 1 La rencontre peut commencer par un tour de table. Chacun s’exprime sur ce qu’il sait des causes de la séparation des Eglises : historiques, doctrinales... PRÉAMBULE 1. Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des objectifs principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. Une seule et unique Église a été fondée par le Christ Seigneur. Et pourtant plusieurs communions chrétiennes se présentent aux hommes comme le véritable héritage de Jésus Christ. Tous certes confessent qu’ils sont les disciples du Seigneur, mais ils ont des opinions différentes. Ils suivent des chemins divers, comme si le Christ lui-même était divisé. Il est certain qu’une telle division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature. Or, le Maître des siècles, qui poursuit son dessein de grâce avec sagesse et patience à l’égard des pécheurs que nous sommes, a commencé en ces derniers temps de répandre plus abondamment sur les chrétiens divisés entre eux l’esprit de repentance et le désir de l’union. Très nombreux sont partout les hommes qui ont été touchés par cette grâce et, sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint, est né un mouvement qui s’amplifie de jour en jour chez nos frères séparés en vue de rétablir l’unité de tous les chrétiens. À ce mouvement vers l’unité, qu’on appelle le mouvement œcuménique, prennent part ceux qui invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus comme Seigneur et Sauveur, non seulement pris individuellement, mais aussi réunis en communautés dans lesquelles ils ont entendu l’Évangile et qu’ils appellent leur Église et l’Église de Dieu.(...) Questions : – Dans ce préambule, les Pères conciliaires font un acte de foi dans l’unité de l’Église. Sur quoi et sur qui s’appuie cet acte de foi ? – A qui est confié dans l’Église le soin de veiller à l’unité ? – Qui est à l’origine du mouvement oecuménique ? Inspiré par qui ?
Recevoir le Concile Vatican II CHAPITRE PREMIER : Les principes catholiques de l’œcuménisme 2. En ceci est apparu l’amour de Dieu pour nous, que le Fils unique de Dieu a été envoyé au monde par le Père afin que, s’étant fait homme, il régénérât tout le genre humain, en le rachetant, et qu’il le rassemblât pour qu’il devienne un. C’est lui qui, avant de s’offrir sur l’autel de la croix comme offrande immaculée, adressa au Père cette prière pour ceux qui croiraient en lui : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ; qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). Et il a institué dans son Église l’admirable sacrement de l’Eucharistie qui signifie et réalise l’unité de l’Église. À ses disciples il a donné le nouveau commandement de l’amour mutuel et promis l’Esprit Paraclet qui, Seigneur et vivificateur, resterait avec eux à jamais. Élevé sur la croix, puis entré dans la gloire, le Seigneur Jésus a répandu l’Esprit qu’il avait promis. Par lui, il appela et réunit dans l’unité de la foi, de l’espérance et de la charité, le peuple de la Nouvelle Alliance qui est l’Église, selon l’enseignement de l’Apôtre : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 4-5). En effet, « vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ... Vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 27-28). L’Esprit Saint qui habite dans le cœur des croyants, qui remplit et régit toute l’Église, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu’il est le principe de l’unité de l’Église. C’est lui qui réalise la diversité des grâces et des ministères [5], enrichissant de fonctions diverses l’Église de Jésus Christ, « organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ » (Ep 4, 12). Mais pour établir en tout lieu son Église sainte jusqu’à la consommation des siècles, le Christ a confié au collège des Douze la charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier. Parmi eux, il choisit Pierre, sur lequel, après sa profession de foi, il décida d’édifier son Église ; il lui promit les clefs du Royaume et, après que l’apôtre lui eut donné l’attestation de son amour, il lui confia toutes les brebis pour les confirmer dans la foi et pour les paître en unité parfaite, Jésus Christ lui-même demeurant éternellement la suprême pierre angulaire et le Pasteur de nos âmes. Par la fidèle prédication de l’Évangile (par l’administration des sacrements et par le gouvernement dans l’amour), accomplis par les apôtres et leurs successeurs, c’est-à-dire les évêques ayant à leur tête le successeur de Pierre, Jésus Christ veut que son peuple s’accroisse sous l’action du Saint-Esprit, et il accomplit la communion dans l’unité dans la profession d’une seule foi, dans la célébration commune du culte divin, dans la concorde fraternelle de la famille de Dieu. Ainsi l’Église, unique troupeau de Dieu, comme un signe levé à la vue des nations, mettant au service de tout le genre humain l’Évangile de la paix, accomplit dans l’espérance son pèlerinage vers le terme qu’est la patrie céleste. Tel est le mystère sacré de l’unité de l’Église, dans le Christ et par le Christ, sous l’action de l’Esprit Saint qui réalise la variété des ministères. De ce mystère, le modèle suprême et le principe est dans la trinité des personnes, l’unité d’un seul Dieu Père, et Fils, en l’Esprit Saint. 3. Des relations entre les frères séparés et l’Église catholique Dans cette seule et unique Église de Dieu sont apparues dès l’origine certaines scissions, que l’apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus graves, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Église catholique, parfois par la faute des personnes de l’une ou de l’autre partie. Ceux qui naissent aujourd’hui dans de telles communautés et qui vivent de la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division, et l’Église catholique les entoure de respect fraternel et de charité. En effet, ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique. Assurément, des divergences variées entre eux et l’Église catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur
Recevoir le Concile Vatican II la structure de l’Église, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le mouvement œcuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. De plus, parmi les éléments ou les biens par l’ensemble desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique : la Parole de Dieu écrite, la vie de grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles. Tout cela, qui provient du Christ et conduit à lui, appartient de droit à l’unique Église du Christ. De même, chez nos frères séparés s’accomplissent beaucoup d’actions sacrées de la religion chrétienne qui, de manières différentes selon la situation diverse de chaque Église ou communauté, peuvent certainement produire effectivement la vie de grâce, et l’on doit reconnaître qu’elles donnent accès à la communion du salut. En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous croyions qu’elles souffrent de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique. Cependant nos frères séparés, soit eux-mêmes individuellement, soit leurs communautés ou leurs Églises, ne jouissent pas de cette unité que Jésus Christ a voulu dispenser à tous ceux qu’il a régénérés et vivifiés pour former un seul Corps en vue d’une vie nouvelle, et qui est attestée par l’Écriture Sainte et la vénérable Tradition de l’Église. C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est le « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, présidé par Pierre, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au Peuple de Dieu. Durant son pèlerinage terrestre, ce peuple, bien qu’il demeure en ses membres exposé au péché, continue sa croissance dans le Christ, doucement guidé par Dieu selon ses mystérieux desseins, jusqu’à ce que, dans la Jérusalem céleste, il atteigne joyeux la totale plénitude de la gloire éternelle.
Questions : – Pouvons nous énumérer avec les Pères conciliaires ce qui rapproche l’ensemble des disciples du Christ ? – Qu’est-il dit sur l’effet du baptême ? – Pouvons-nous repérer quelques éléments séparateurs ?
Recevoir le Concile Vatican II 4. De l’œcuménisme (…) Par « mouvement œcuménique », on entend les entreprises et les initiatives provoquées et organisées en faveur de l’unité des chrétiens, selon les besoins variés de l’Église et selon les circonstances. Ainsi, en premier lieu, tout effort accompli pour éliminer les paroles, les jugements et les actes qui ne correspondent ni en justice ni en vérité à la situation des frères séparés et contribuent ainsi à rendre plus difficiles les relations avec eux. Ensuite, au cours de réunions de chrétiens de diverses Églises ou communautés, organisées dans un esprit religieux, le « dialogue » mené par des experts bien informés, où chacun explique plus à fond la doctrine de sa communauté et montre de façon claire ce qui la caractérise. Par ce dialogue, tous acquièrent une connaissance plus conforme à la vérité, en même temps qu’une estime plus juste de l’enseignement et de la vie de chaque communauté. De la même manière, ces communautés viennent à collaborer plus largement à toutes sortes d’entreprises qui, répondant aux exigences de toute conscience chrétienne, contribuent au bien commun. On peut aussi, là où c’est permis, se réunir pour une prière unanime. Enfin tous examinent leur fidélité à la volonté du Christ par rapport à l’Église, et entreprennent, comme il le faut, un effort soutenu de rénovation et de réforme. Tout cela, s’il est accompli avec prudence et patience par les fidèles de l’Église catholique sous la vigilance de leurs pasteurs, contribue au progrès de la justice et de la vérité, de la concorde et de la collaboration, de l’amour fraternel et de l’union. Par cette voie, peu à peu, après avoir surmonté les obstacles qui empêchent la parfaite communion ecclésiale, se trouveront rassemblés par une célébration eucharistique unique, dans l’unité d’une seule et unique Église, tous les chrétiens. Cette unité, le Christ l’a accordée à son Église dès le commencement. Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible dans l’Église catholique et nous espérons qu’elle s’accroîtra de jour en jour jusqu’à la consommation des siècles.(...) Dans l’action œcuménique, les fidèles de l’Église catholique, sans hésitation, se montreront pleins de sollicitude envers leurs frères séparés ; ils prieront pour eux, parleront avec eux des choses de l’Église, feront vers eux les premiers pas. Ils considéreront surtout avec loyauté et attention tout ce qui, dans la famille catholique elle-même, a besoin d’être rénové et d’être réalisé, de telle manière que sa vie rende un témoignage plus fidèle et plus clair de la doctrine et des institutions que le Christ a transmises par ses Apôtres. (...) Conservant l’unité dans ce qui est nécessaire, que tous, dans l’Église, chacun selon la charge qui lui est confiée, gardent la liberté qui leur est due, qu’il s’agisse des formes diverses de la vie spirituelle et de la discipline, de la variété des rites liturgiques, et même de l’élaboration théologique de la vérité révélée ; et qu’en tout ils pratiquent la charité. De la sorte, ils manifesteront toujours plus pleinement la véritable catholicité et apostolicité de l’Église.(...) Il ne faut pas non plus oublier que tout ce qui est accompli par la grâce de l’Esprit Saint chez nos frères séparés peut contribuer à notre édification. Rien de ce qui est réellement chrétien ne s’oppose jamais aux vraies valeurs de la foi, mais tout cela peut contribuer à pénétrer toujours plus parfaitement le mystère du Christ et de l’Église. Pourtant les divisions entre chrétiens empêchent l’Église de réaliser la plénitude de catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion. Bien plus, pour l’Église elle-même, il devient plus difficile d’exprimer sous tous ses aspects la plénitude de la catholicité dans la réalité même de la vie. Le saint Concile constate avec joie l’accroissement de la participation des fidèles catholiques à la tâche œcuménique. Il confie celle-ci aux évêques de toute la terre pour qu’ils veillent à la promouvoir et qu’ils l’orientent avec discernement.
Recevoir le Concile Vatican II Questions : – Que pouvez-vous dire du mouvement œcuménique ? – Quelle expérience concrète en avez-vous ? Prière : Jean 17, 20-26 : «Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »
Rencontre 2 : chapitre II Deux manières de procéder sont possibles pour vivre cette rencontre : – Une rencontre commune : une personne (le curé,un membre de l’équipe pastorale ou quelqu’un d’autre) assure l’animation de la rencontre. – Une rencontre en petits groupes : il faut alors désigner un animateur par groupe. 1 – Accueil 2 – Lecture et approfondissement du préambule et des paragraphes 5 à 12. Pour l’approfondissement, l’animateur pourra utiliser les éléments ci-après établis d’après Vivre le Concile : l’oecuménisme, par une équipe de laïcs et de prêtres du Centre Œcuménique « Unité chrétienne » de Lyon. § 5-6 Rénovation de l’Eglise Puisque l’Unité des Chrétiens a été l’objet de la dernière prière que le Christ a adressée à son Père pour son Eglise, il est bien évident que le souci de parvenir à l’union concerne l’Eglise tout entière. Chaque baptisé est responsable à l’égard de la restauration de l’Unité. Puisque notre incorporation au Christ est réelle, notre Unité existe déjà. La souffrance des chrétiens, prenant conscience de ce que leur division est contre nature, manifeste que l’Unité est présente fondamentalement. Elle sera pleine et parfaite quand Dieu le voudra. Nous avons seulement à préparer les voies du Seigneur et à nous tenir prêts à recevoir ce don. Cette préparation réside d’abord dans la rénovation de l’Eglise qui consiste en une fidélité grandissante à sa vocation. C’est l’Eglise en marche, contemplant le Christ, cherchant à s’ouvrir toujours plus à la vie du Seigneur, qui peut tendre à la plénitude de l’Unité. La vocation de l’Eglise est d’être missionnaire, de témoigner du Christ parmi les nations ; or, les divisions empêchent l’Eglise de porter son témoignage, elles sont un scandale. L’Eglise doit sans cesse confronter ses attitudes et ses manières de vivre avec le message qu’elle porte. Elle doit se renouveler tant dans le domaine de la présentation de la doctrine que dans celui de la vie spirituelle et communautaire, afin de se dégager de tout enlisement et des formes périmées ou des attitudes peu évangéliques. Plus les Eglises chrétiennes grandiront dans leur fidélité au Christ, leur commun Seigneur, plus elles se rapprocheront les unes des autres. Les différents domaines dans lesquels l’Eglise est conduite à ce renouveau, sont les signes et les gages des progrès de l’œcuménisme, à la fois terrains de rencontre entre chrétiens et redécouverte de valeurs souvent mises en lumière par d’autres confessions chrétiennes.
S6-R2
Recevoir le Concile Vatican II § 7 La conversion du cœur La rénovation de l’Eglise n’aurait pas de sens sans le renouveau intérieur des pasteurs et des fidèles : dans le Christ, tous les baptisés sont des hommes nouveaux (cf. 2 Co 5,17). Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure, c’est-à-dire que nous devons sans cesse dépouiller « le vieil homme avec ses agissements » (Col 3,1) pour revêtir sans cesse le nouveau. C’est le renoncement à soi-même qui aboutira à une libre effusion de charité et au renouveau de l’âme. Le décret cite le début du chapitre 4 de l’épître aux Ephésiens. L’action de l’Esprit Saint, Esprit d’unité, se traduit par les termes employés ici : d’abnégation sincère, d’humilité et de douceur dans le service, de fraternelle générosité à l’égard des autres. L’accent est mis sur l’humilité. Elle permet l’accueil de toutes les richesses des autres ; elle saura faire les premiers pas, ne pas revendiquer son droit, dépasser toute susceptibilité. L’Esprit de service concerne tous les chrétiens, mais ceux qui ont reçu le ministère sacré sont invités à bien voir que toute autorité, toute fonction dans l’Eglise est un service. L’Esprit Saint encore inspirera l’humble et généreuse demande de pardon. Qui peut se croire exempt de faute contre l’Unité ? Tout péché est ferment de division. Vivre de plus en plus de cet esprit évangélique, non seulement favorisera l’union des chrétiens, mais déjà la réalisera. Car c’est dans la vie spirituelle qu’elle se construit. § 8 La prière en commun Il est important que la prière pour l’Unité – prière publique et privée – passe avant toute autre activité. La plénitude de l’Unité est un don de Dieu. Aussi, la tâche du théologien, du chercheur, du pasteur doit être réalisée dans une dimension spirituelle, priante, contemplative. Entrer dans la prière du Christ, c’est le laisser redire en nous sa prière suprême : « Qu’ils soient un » (Jn 17,21). Prier ensemble pour l’Unité, c’est traduire les liens fraternels créés par le baptême, c’est témoigner de l’Unité radicale qui existe déjà, c’est surmonter toutes les divergences pour se placer dans la volonté de Dieu, ne demandant que l’accomplissement de cette volonté. C’est donc déjà réaliser l’Unité. C’est en tout temps que la prière pour l’unité doit marquer la vie des chrétiens. Cependant il convient de la renouveler à certains moments privilégiés de l’année (par exemple la semaine de janvier appelée « Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens » durant laquelle toutes les Eglises prient pour l’Unité ; le Jeudi saint où sont rappelées l’institution de l’Eucharistie, sacrement de l’Unité, et la prière de Jésus pour l’Eglise et son unité ; le Vendredi saint où est commémoré le mystère de la Croix qui doit rassembler dans l’unité les fils de Dieu dispersés ; la fête de Pâques qui unit tous les chrétiens dans la joie de la Résurrection du Seigneur ; les jours entre l’Ascension et la Pentecôte où sont commémorées la prière de la communauté de Jérusalem et son attente du Saint esprit qui l’affermit dans l’unité et l’ouvrit à sa mission…) Le décret ne limite pas la prière commune des chrétiens à l’intention de l’Unité : son libellé vise d’autres réunions œcuméniques qui porteraient sur d’autres thèmes comme la paix, la justice sociale, la liberté… Le sommet de la communion dans la prière, c’est la communion dans le culte divin. Or, à ce propos, le décret rappelle les limites à ne pas franchir et en donne les raisons. Malgré la souffrance de ne pouvoir aller jusqu’au bout ensemble, dans la prière, il nous est bon que surtout l’Eucharistie, qui est le signe de l’unité dans sa plénitude, fasse apparaître dans sa profondeur la séparation des chrétiens : participer à la même Eucharistie entre chrétiens séparés serait confesser une unité qui n’existe pas encore. C’est pourquoi le décret note un premier principe : la communicatio in sacris n’est possible que dans l’expression de l’unité de l’Eglise.
Recevoir le Concile Vatican II Cependant, le décret énonce un deuxième principe positif : la communicatio in sacris, n’est pas seulement expression de l’Unité de l’Eglise, elle est participation aux moyens de grâce. Dès lors, en certains cas, elle peut être recommandée par le Saint Siège, des Conférences épiscopales, ou même l’autorité épiscopale locale. § 9 Connaissance réciproque fraternelle Loin de persister dans les habitudes de crainte pour la foi de ses fidèles, l’Eglise catholique affirme la nécessité de connaître les frères séparés, leur état d’esprit ; dans ce but, une étude est nécessaire, qu’il faut mener avec objectivité et bienveillance. Le décret encourage les réunions interconfessionnelles de personnes ainsi averties et ne les réserve pas aux théologiens. § 10
Le décret demande que toutes les disciplines – et non seulement la théologie – soient enseignées sous l’aspect œcuménique afin de mieux répondre à la réalité véritable car tout esprit partisan fausse la vision des réalités et l’interprétation des faits. L’esprit polémique est banni de la formation théologique des prêtres. Quant aux missionnaires, leur formation œcuménique est urgente à proportion du scandale que créent les divisions auprès des peuples à évangéliser. Comment le Christ pourrait-il être annoncé dans un climat de rivalités, d’hostilité, d’accusations réciproques. § 11
La manière d’exprimer et d’exposer la doctrine de la foi
Il n’est pas question, sous prétexte d’un œcuménisme mal compris, de concessions sur la doctrine ou de la réduction à un minimum doctrinal ; de fait, dans le dialogue, nos frères veulent que nous ne les trompions pas par des « habiletés ». L’Unité ne peut se réalise que dans la fidélité et dans l’amour loyal de la vérité. Mais cette foi catholique dont il n’est pas question d’altérer le contenu, il faut en rénover la présentation. Le Pape lui-même a dit dans son discours-programme de l’ouverture du concile : « Autre est le dépôt lui-même de la foi… et autre est la forme sous laquelle ces vérités sont énoncées. » Les fidèles de l’Eglise catholique, comme nos frères séparés ont besoin d’une explication plus profonde, plus juste de la foi catholique, d’un enseignement religieux et d’une prédication de la parole de Dieu qui aille à l’essentiel. Dans le dialogue œcuménique, les théologiens catholiques doivent avancer, en conduisant leurs recherches sur les divins mystères, avec charité et humilité. Le mystère de Dieu est insondable, et il fait toujours l’objet de recherches : « Chercher pour trouver et trouver pour chercher encore » (saint Augustin). Il ne s’agira pas de discussions où chaque partenaire essayera de convaincre l’autre de la justesse de ses thèses, mais de recherches menées en commun. D’autre part, les vérités de la doctrine catholique ne sont pas moins assurées les unes que les autres ; mais elles sont dans des situations diverses les unes par rapport aux autres. Leur hiérarchie découle de leur rapport avec le mystère fondamental, celui du Christ.
Recevoir le Concile Vatican II § 12
La collaboration entre chrétiens séparés peut se faire tout d’abord par l’affirmation d’une foi commune en Dieu Trinité tel qu’il s’est manifesté en Jésus Christ. Si tous les hommes sont appelés à collaborer dans le domaine social, à plus forte raison les chrétiens peuvent-ils par-là, se mettre ensemble au service de tous, manifester le visage du Christ Serviteur, et exprimer dans des actes concrets ce qui les unit déjà. En ce domaine, les applications peuvent être très nombreuses. Cette action caritative ou sociale commune, facile à entreprendre et encourageante, peut faire oublier les problèmes de fond de l’œcuménisme. Le décret a prévu cet écueil et précise que cette activité commune des chrétiens est réalisée à cause même du nom du Christ dont ils sont marqués ; il faut qu’elle mette en plus lumineuse évidence le visage du Christ Serviteur et exprime cette union qui existe déjà entre les baptisés. Il convie donc par-là à découvrir et à approfondir le fondement spirituel de cette collaboration et à réfléchir ensemble sur les bases évangéliques qui la fondent. Prière : Nous pouvons conclure la réunion en disant le «Notre Père».
Rencontre 2 : chapitre 2 CHAPITRE II : Exercice de l’œcuménisme 5. Le souci de réaliser l’union concerne l’Église tout entière, fidèles autant que pasteurs, et touche chacun selon ses capacités propres, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les recherches théologiques et historiques. Un souci de cette sorte manifeste déjà, d’une certaine façon, les liens fraternels qui existent déjà entre tous les chrétiens et conduit vers l’unité pleine et parfaite, selon la bienveillance de Dieu. Question : – De quels soucis parlent les Pères conciliaires ? 6. Rénovation de l’Église Toute rénovation de l’Église consistant essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation, c’est dans cette rénovation que se trouve certainement le ressort du mouvement vers l’unité. L’Église, au cours de son pèlerinage, est appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a continuellement besoin en tant qu’institution humaine et terrestre. Si donc, par suite des circonstances, en matière morale, dans la discipline ecclésiastique, ou même dans la formulation de la doctrine, qu’il faut distinguer avec soin du dépôt de la foi, il est arrivé que, sur certains points, on se soit montré trop peu attentif, il faut y remédier en temps opportun d’une façon appropriée. Cette rénovation revêt donc une insigne valeur œcuménique. Les différentes formes de vie de l’Église par lesquelles s’accomplit la rénovation en cause (mouvement biblique et liturgique, prédication de la Parole de Dieu, catéchèse, apostolat des laïcs, nouvelles formes de vie religieuse, spiritualité du mariage, doctrine et activité de l’Église en matière sociale) sont à considérer comme autant de gages et de signes qui annoncent favorablement les futurs progrès de l’œcuménisme. 7. La conversion du cœur Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure. En effet, c’est du renouveau de l’esprit [24], du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que naissent et mûrissent les désirs de l’unité. Il nous faut par conséquent demander à l’Esprit Saint la grâce d’une abnégation sincère, celle de l’humilité et de la douceur dans le service, d’une fraternelle générosité à l’égard des autres. « Je vous conjure, dit l’Apôtre des nations, moi qui suis enchaîné dans le Seigneur, de marcher de façon digne de la vocation qui vous a été départie, en toute humilité et douceur, vous supportant les uns les autres avec patience et charité, attentifs à conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4, 1-3).(...) Aux fautes contre l’unité peut aussi s’appliquer le témoignage de saint Jean : « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous faisons de Dieu un menteur et sa parole n’est pas en nous » (1 Jn 1, 10). Par une humble prière, nous devons donc demander pardon à Dieu et aux frères séparés, de même que nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. (...)
Recevoir le Concile Vatican II Question : – Quel lien le Concile fait-il entre la rénovation de l’Église et la conversion de notre cœur ? – Comment comprenez-vous la phrase : « Si donc, par suite des circonstances... d’une façon appropriée » ? 8. La prière en commun Cette conversion du cœur et cette sainteté de vie, ensemble avec les prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout l’œcuménisme et peuvent à bon droit être appelées œcuménisme spirituel. C’est un usage cher aux catholiques que de se réunir souvent pour renouveler la prière demandant l’unité de l’Église, celle que le Sauveur lui-même, la veille de sa mort, a élevée de façon suppliante vers son Père : « Qu’ils soient tous un » (Jn 17, 21). En certaines circonstances particulières, par exemple lors des prières prévues « pour l’unité », et lors des réunions œcuméniques, il est permis, bien plus il est souhaitable, que les catholiques s’associent pour prier avec les frères séparés. De telles supplications communes sont assurément un moyen efficace de demander la grâce de l’unité, et elles constituent une expression authentique des liens par lesquels les catholiques demeurent unis avec les frères séparés : « Là, en effet, où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Cependant, il n’est pas permis de considérer la communicatio in sacris comme un moyen à utiliser sans discernement pour restaurer l’unité des chrétiens. Deux principes règlent principalement cette communicatio : exprimer l’unité de l’Église ; faire participer aux moyens de grâce. Elle est, la plupart du temps, interdite du point de vue de l’expression de l’unité ; la grâce à procurer la recommande quelquefois. Quant à la façon pratique d’agir, eu égard aux circonstances de temps, de lieux et de personnes, c’est l’autorité épiscopale locale qui doit prudemment donner des instructions, à moins qu’il n’y ait eu d’autres dispositions de la Conférence épiscopale, selon ses propres statuts, ou du Saint-Siège. Lexique : Communicatio in sacris: participation d’un chrétien aux actes du culte d’une Eglise ou d’une communauté chrétienne à laquelle il n’appartient pas. Question : – Quels sont les trois piliers de l’œcuménisme spirituel ? – La prière en commun avec les frères séparés est-elle souhaitable ? – Quelles sont cependant ses limites ? 9. Connaissance réciproque fraternelle Il faut connaître la mentalité des frères séparés. Pour cela, une étude est nécessaire, et il faut la mener avec esprit de vérité et bienveillance. Il est nécessaire que des catholiques bien préparés acquièrent une meilleure connaissance de la doctrine et de l’histoire, de la vie spirituelle et cultuelle, de la mentalité religieuse et de la culture propre à leurs frères (séparés). Peuvent y contribuer beaucoup de réunions mixtes, où, d’égal à égal, on traite en particulier de questions théologiques, pourvu que ceux qui y prennent part, sous la vigilance de leurs supérieurs, soient vraiment compétents. De ce genre de dialogue ressort plus clairement aussi la véritable position de l’Église catholique. De cette manière, on connaîtra mieux la pensée des frères séparés, et notre foi leur sera présentée de façon plus convenable.
Recevoir le Concile Vatican II 10. Formation œcuménique (...)Il est, en effet, très important que les futurs pasteurs et les prêtres possèdent une théologie ainsi exactement élaborée, et non pas en termes de polémique, surtout pour les questions concernant les relations des frères séparés avec l’Église catholique.(...) 11. La manière d’exprimer et d’exposer la doctrine de la foi La méthode et la manière d’exprimer la foi catholique ne doivent nullement faire obstacle au dialogue avec les frères. Il faut absolument exposer clairement la doctrine intégrale. Rien n’est plus étranger à l’œcuménisme que ce faux irénisme qui altère la pureté de la doctrine catholique et obscurcit son sens authentique et assuré. En même temps, il faut expliquer la foi catholique de façon plus profonde et plus juste, utilisant une manière de parler et un langage qui soient facilement accessibles même aux frères séparés. En outre, dans le dialogue œcuménique, les théologiens catholiques, fidèles à la doctrine de l’Église, en conduisant ensemble avec les frères séparés leurs recherches sur les divins mystères, doivent procéder avec amour de la vérité, charité et humilité. En comparant les doctrines entre elles, ils se rappelleront qu’il y a un ordre ou une « hiérarchie » des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. Ainsi sera tracée la voie qui les incitera tous, dans cette émulation fraternelle, à une connaissance plus profonde et une manifestation plus évidente des insondables richesses du Christ. Lexique : Irénisme : attitude de celui qui fait de la recherche de la paix et de la concorde son objectif premier. 12. Collaboration avec les frères séparés Que tous les chrétiens, face à l’ensemble des nations, confessent leur foi dans le Dieu un et trine, dans le Fils de Dieu incarné, notre Rédempteur et Seigneur, et par un commun effort, dans l’estime mutuelle, qu’ils rendent témoignage de notre espérance qui ne sera pas confondue. Aujourd’hui qu’une très large collaboration s’est instaurée dans le domaine social, tous les hommes sans exception sont appelés à cette œuvre commune, mais surtout ceux qui croient en Dieu, et, en tout premier lieu, tous les chrétiens, à cause même du nom du Christ dont ils sont parés. La collaboration de tous les chrétiens exprime vivement l’union déjà existante entre eux, et elle met en plus lumineuse évidence le visage du Christ serviteur. Cette collaboration, déjà établie en beaucoup de pays, doit être sans cesse accentuée, là surtout où l’évolution sociale et technique est en cours, soit en faisant estimer à sa juste valeur la personne humaine, soit en travaillant à promouvoir la paix, soit en poursuivant l’application sociale de l’Évangile, soit par le développement des sciences et des arts dans une atmosphère chrétienne, ou encore par l’apport de remèdes de toutes sortes contre les misères de notre temps, telles la faim et les calamités, l’analphabétisme et la pauvreté, la crise du logement et l’inégale distribution des richesses. Par cette collaboration, tous ceux qui croient au Christ peuvent facilement apprendre comment on peut mieux se connaître les uns les autres, s’estimer davantage et préparer la voie à l’unité des chrétiens. Questions : – Foi et doctrine sont aujourd’hui souvent séparées. Que nous dit le Concile de leurs rapports ? – Quel est le rôle des théologiens catholiques dans le dialogue œcuménique ? – Connaissons-nous des expériences de « collaboration avec des frères séparés » ? – Que nous est-il possible de faire en ce sens ? Prière : Seigneur, apprends-nous à prier. Disons ensemble le «Notre Père».
Rencontre 3 1 – Accueil L’animateur pourra utilement faire un bref rappel de ce qui a été étudié lors des deux premières rencontres. 2 – Lecture et approfondissement : Pour approfondir les paragraphes 13 à 24, l’animateur pourra utiliser les éléments ci-après tirés d’un document inittulé « Vivre le Concile : l’oecuménisme », élaboré par une équipe de laïcs et de prêtres du centre oecuménique « Unité chrétienne » de Lyon. § 13 Eglises et communautés ecclésiales séparées du siège apostolique romain Un regard global peut distinguer deux grandes sortes de ruptures dans ce que beaucoup de Pères de l’Eglise appelèrent « la tunique sans couture du Christ ». Dans l’Eglise une et unique, des scissions se produisirent entre Orient et Occident – et à l’intérieur de l’Orient – puis d’autres scissions brisèrent l’unité chrétienne de l’Occident. Aujourd’hui, les situations ecclésiales sont fort diverses et il n’est pas possible de les saisir toutes. Le Concile ne les juge pas, pas plus qu’il ne veut oublier les liens qui subsistent entre ces Eglises ou Communautés ecclésiales et l’Eglise catholique. § 14-18 Les Eglises orientales Le texte parle tantôt de « l’Eglise d’Orient » (comme il parle de l’Eglise d’Occident), tantôt « des Eglises d’Orient ». Lorsqu’il s’agit de l’unité pleine espérée, le texte emploie le singulier ; en effet, il y a une Eglise en Occident et une en Orient dont les liens de communion profonde demeurent. L’usage du pluriel : « les Eglises d’Orient », n’est pas un jugement défavorable qui signifierait qu’il y a chez nos frères manque d’unité. En Orient, l’Eglise est d’abord regardée comme la communauté croyante locale unifiée par l’Eucharistie célébrée par l’évêque, auquel sont unis les fidèles. L’Eglise est la communauté eucharistique en laquelle s’exprime l’Eglise universelle, si bien qu’entre les Eglises locales doivent exister des relations fraternelles. Organisation Pour comprendre la situation de l’Eglise d’Orient, il est indispensable de connaître un peu ce que signifient les Eglises patriarcales. Trois sièges épiscopaux ont joui très tôt d’une autorité morale ainsi que d’une juridiction sur un certain nombre d’autres Eglises de leur région administrative. Ce sont : Rome, Alexandrie et Antioche. Puis viennent s’ajouter Constantinople et Jérusalem. Au fil du temps, certaines Eglises nationales deviennent autonomes : Athènes, Chypre, Moscou… certaines sont même érigées en patriarcats (Moscou, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Géorgie).
S6-R3
Recevoir le Concile Vatican II Si les Eglises d’Orient reconnaissent à l’évêque de Rome une primauté d’honneur, elles lui contestent la primauté d’autorité ou de responsabilité. Histoire Tous les premiers conciles œcuméniques du premier millénaire de la vie de l’Eglise se sont tenus en Orient. Les évêques d’Occident y étaient fort peu nombreux. Ce fait témoigne de la prépondérance, à cette époque, de l’Orient sur l’Occident. Prépondérance politique : c’est l’empereur qui convoque les conciles. Prépondérance intellectuelle dans la recherche doctrinale et théologique. Les Pères grecs ont exercé une influence capitale dans le développement de la doctrine au cours des premiers siècles : c’est en Orient que s’est forgée la doctrine de l’Eglise sur le mystère de la Trinité, le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption, ainsi que la conséquence qui découle, pour nous de l’Incarnation : la Maternité divine de la sainte Vierge. Liturgie, sacrements Les diverses liturgies orientales sont très caractéristiques des peuples qui les ont créées et développées, tout spécialement la liturgie eucharistique. Les Eglises orientales ont eu le souci de s’adapter à chaque peuple en adoptant les langues nationales. Entre les chrétiens des Eglises d’Orient et les catholiques, il y a identité de foi sur les sacrements et sur le ministère nécessaire pour les célébrer ; par conséquent, il est des situations où les catholiques peuvent demander ces sacrements aux prêtres orthodoxes. Vie monastique C’est en Orient que sont apparues les premières organisations de vie religieuse, cela dès la seconde moitié du IIIe siècle. La spiritualité monastique de l’Orient est devenue « la source de l’organisation religieuse latine ». Les Eglises orientales unies au siège romain Elles sont souvent fort petites mais représentent toutes les traditions liturgiques et organisations hiérarchiques de l’Orient orthodoxe ; seule l’Eglise maronite n’a pas d’Eglise correspondante non catholique. § 19-23 Les Eglises et communautés ecclésiales séparées en Occident Regardant la chrétienté qui a pris racine en Occident (l’Eglise latine) et les séparations survenues depuis la fin du Moyen Age, le Concile tient à affirmer tout d’abord la permanence et la réalité des liens qui subsistent entre l’Eglise catholique et chacune des Eglises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec elle. Les scissions ont des causes diverses que le concile ne prétend pas apprécier. Il retient que ces communautés ont d’une part une valeur dans le mystère du Salut et de l’Eglise, et d’autre part une union avec l’Eglise catholique. Il ne faut pas perdre de vue que c’est tout un ensemble de « Communions » chrétiennes qui est devant nos yeux. Certaines gardent en partie les traditions et les structures catholiques, (anglicanisme). D’autres sont issues des Réformateurs (Luther, Calvin…) ou bien de mouvements religieux (baptiste, méthodiste, pentecôtiste, évangélique…) Devant une situation aussi variée, nuancée et en constante évolution, le Concile s’attache à « mettre en évidence avant tout ce que nous avons en commun » (Paul VI) et à retenir les questions fondamentales susceptibles de se prêter à l’ouverture d’un dialogue fécond, établi en toute clarté, ayant pour but de « surmonter » les facteurs de division et non pas de les sous-estimer.
Recevoir le Concile Vatican II Le concile propose donc aux catholiques un énoncé de points fondamentaux susceptibles de servir de base à l’ouverture d’un premier dialogue. La liste n’en est pas limitative : -
La confession de la seigneurie de Jésus-Christ et de sa place au sein de la Trinité est fondamentale. Elle exprime la relation étroite, unique du Chrétien avec lui, dans un acte de confiance et d’amour exclusif et total. La joie et l’espérance que nous éprouvons dans cette communion de foi en Jésus-Christ demeurent entières, même lorsqu’on considère les différences de doctrine. -
L’étude de l’Ecriture
Nos frères chrétiens d’Occident fondent, pour la plupart, sur la seule autorité de la Parole de Dieu écrite, leur foi et leur ecclésiologie, de même qu’ils y puisent leur nourriture spirituelle de chaque jour. Comme les fidèles de toute l’Eglise, ils se placent sous la motion du Saint Esprit et dans l’attente de la grâce, chaque fois qu’ils se penchent sur les Saintes Ecritures, en quête du Christ, le Verbe incarné. Cependant, les positions varient des uns aux autres quant au rôle de l’Eglise dans l’interprétation des Ecritures. L’Ecriture sainte est et devra être de plus en plus l’instrument du dialogue et de la progression commune en vue de l’unité. -
Le baptême trinitaire incorpore le baptisé au Christ, l’introduit dans l’organisme vivant de son Corps. Exprimant et résumant toute l’œuvre du Salut, dans le Christ mort et ressuscité, le baptême fonde sacramentellement notre unité ecclésiale. Il est un point de départ qui suppose et exige la foi dont les baptisés sont appelés à faire profession et, tel le grain de sénevé, il déploie dans le chrétien et dans sa Communauté une vertu qui les entraîne dans un mouvement de « christification » toujours plus parfaite. Ce mouvement est nourri par l’influx vital du Christ se communiquant par le moyen des sacrements. L’Eucharistie en particulier qui devrait unir autour de la même Table tous les baptisés, constitue l’écharde la plus douloureuse. Il ne s’agit pas d’un désaccord de forme ; ce qui est en cause, c’est la réalité plénière et propre du mystère eucharistique. Il ne faudrait pas toutefois minimiser la valeur ecclésiale certaine de la Sainte Cène célébrée dans les Communions chrétiennes où n’est pas reçu le sacrement de l’Ordre. Leurs cultes revêtent bien la valeur d’un mémorial : nos frères posent le signe dans la référence au geste du Jeudi saint avec cette foi chargée d’amour ; leur geste n’est donc pas vain. -
Indépendamment de la communion sacramentelle, la vie de nos frères des Communions occidentales est alimentée aux sources essentielles de la foi au Christ, du baptême et de l’écoute de la Parole de Dieu. Ils en témoignent dans leur piété personnelle nourrie de prière, de lecture des Saintes Ecritures ; dans leur vie familiale ; enfin par le culte dominical. Ainsi, la foi et la vie intérieure de beaucoup de ces frères baignent dans un climat habituel – très paulinien – de louange et d’action de grâces. L’ascèse chrétienne, en usage dans la plupart de ces Eglises et Communautés ecclésiales d’Occident, s’oriente vers des formes de service, de charité
Recevoir le Concile Vatican II et d’apostolat, sans exclure une discipline morale et humaine de vie. « Il s’y joint un vif sens de la justice et une sincère charité à l’égard du prochain ». Cependant des divergences de pensée sérieuses avec la conception catholique peuvent se rencontrer dans les solutions préconisées pour l’organisation de la société ou le contrôle des naissances. Cela ne peut ni ne doit faire oublier tout ce qui nous unit dans la vie et l’action. Sur tous ces points de divergence, il s’agit de faire mûrir les conditions d’un rapprochement permettant un abord nouveau des questions encore discutées. § 24 Conclusion du décret Le décret sur l’œcuménisme se présente comme un point de départ, car il regarde l’œcuménisme comme un mouvement. A cause de cela, il s’achève en soulignant trois idées : - Dans la ligne du dialogue, le Concile tourne avec confiance le regard vers l’avenir, et souhaite que « les initiatives des enfants de l’Eglise catholique progressent, unies à celles des frères séparés.» - La dimension de liberté du Saint Esprit, donc celle de la disponibilité pour y obéir, conduit à rappeler aux catholiques qu’ils ne doivent « ni mettre un obstacle quelconque aux voies de la Providence, ni préjuger des impulsions futures de l’Esprit Saint. » - Nous sommes en plein mystère de Dieu, et le concile a conscience que tout cela dépasse nos capacités. « C’est pourquoi il met entièrement son espoir dans la prière du Christ pour l’Eglise, dans l’amour du Père à notre égard et dans la puissance du Saint Esprit. » Dès lors, un dialogue entre l’Eglise catholique et les autres Eglises peut et doit s’instaurer. Le concile ne pose aucun préalable à la rencontre. Il affirme même que ce dialogue entraînera l’Eglise catholique à réexaminer sa fidélité à la volonté du Christ et, par là, à entreprendre un effort de rénovation et de réforme. 3 – Prière : On pourra terminer la réunion avec la prière du père Couturier, voir fiche participants
Rencontre 3 CHAPITRE III : Églises et communautés ecclésiales séparées du Siège apostolique romain 13. Nous examinons maintenant deux sortes de scissions principales, qui ont affecté la tunique sans couture du Christ. Les premières eurent lieu en Orient, soit du fait de la contestation des formules dogmatiques des Conciles d’Éphèse et de Chalcédoine, soit, plus tard, du fait de la rupture de la communion ecclésiale entre les patriarcats orientaux et le Siège romain. D’autres ensuite, plus de quatre siècles plus tard, se produisirent en Occident, à la suite d’événements que l’on a coutume d’appeler la Réforme. Il en résulta que plusieurs Communions, soit nationales, soit confessionnelles, furent séparées du Siège romain. Parmi celles qui gardent en partie les traditions et les structures catholiques, la Communion anglicane occupe une place particulière. Mais ces diverses séparations diffèrent beaucoup entre elles, non seulement en raison de leur origine et des circonstances de lieu et de temps, mais surtout par la nature et la gravité des questions relatives à la foi et à la structure ecclésiale. C’est pourquoi le saint Concile, désireux de ne pas sous-estimer les conditions diverses des différentes communautés chrétiennes et de ne pas passer sous silence les liens qui subsistent entre elles malgré la division, juge opportun de présenter les considérations suivantes, afin de procéder à une action œcuménique menée avec discernement. I. Considérations particulières relatives aux Églises orientales 14. Esprit et histoire propres des Orientaux Pendant plusieurs siècles, les Églises d’Orient et d’Occident ont suivi chacune leur propre voie, unies cependant par la communion fraternelle dans la foi et la vie sacramentelle, le Siège romain intervenant d’un commun accord, lorsque surgissaient entre elles des différends en matière de foi ou de discipline. Le saint Concile se plaît à rappeler à tous, entre autres faits d’importance, qu’il y a en Orient plusieurs Églises particulières ou locales, au premier rang desquelles sont les Églises patriarcales dont plusieurs se glorifient d’avoir été fondées par les Apôtres eux-mêmes. C’est pourquoi prévalut et prévaut encore, parmi les Orientaux, le souci particulier de conserver dans une communion de foi et de charité les relations fraternelles qui doivent exister entre les Églises locales, comme entre des sœurs. Il ne faut pas non plus oublier que les Églises d’Orient possèdent depuis leur origine un trésor auquel l’Église d’Occident a puisé beaucoup d’éléments de la liturgie, de la tradition spirituelle et du droit. On doit aussi estimer à sa juste valeur le fait que les dogmes fondamentaux de la foi chrétienne sur la Trinité, le Verbe de Dieu, qui a pris chair de la Vierge Marie, ont été définis dans des Conciles œcuméniques tenus en Orient. Pour conserver la foi, ces Églises ont beaucoup souffert et souffrent encore beaucoup. L’héritage transmis par les Apôtres a été reçu de manières diverses et, depuis les origines mêmes de l’Église, il a été expliqué de façon différente selon la diversité du génie et des conditions de vie. Ce sont toutes ces raisons, sans parler des motifs d’ordre extérieur, par suite encore du manque de compréhension mutuelle et de charité, qui donnèrent occasion aux séparations.
Recevoir le Concile Vatican II C’est pourquoi le Concile exhorte tout le monde, mais surtout ceux qui se proposent de travailler à l’instauration de la pleine communion souhaitée entre les Églises orientales et l’Église catholique, à bien considérer cette condition particulière des Églises d’Orient, à leur naissance et dans leur croissance, et la nature des relations qui étaient en vigueur entre elles et le Siège romain avant la scission, et à se former sur tous ces points un jugement équitable. Cette règle, bien observée, sera extrêmement profitable pour le dialogue que l’on recherche. 15. Tradition liturgique et spirituelle des Orientaux Tous savent aussi avec quel amour les chrétiens orientaux célèbrent la sainte liturgie, surtout l’Eucharistie, source de vie pour l’Église et gage de la gloire céleste. Par là, les fidèles, unis à leur évêque, ont accès auprès de Dieu le Père par son Fils, Verbe incarné, mort et glorifié, dans l’effusion de l’Esprit Saint. Ils entrent de la sorte en communion avec la Très Sainte Trinité et deviennent « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). Ainsi donc, par la célébration de l’Eucharistie du Seigneur dans ces Églises particulières, l’Église de Dieu s’édifie et grandit [26], la communion entre elles se manifestant par la concélébration. Dans ce culte liturgique, Marie toujours Vierge que le Concile œcuménique d’Éphèse a proclamée solennellement Très Sainte Mère de Dieu, pour que le Christ fût reconnu vraiment et proprement Fils de Dieu et Fils de l’homme, selon les Écritures, est célébrée par les Orientaux en des hymnes magnifiques ; pareillement beaucoup de saints, au nombre desquels les Pères de l’Église universelle, reçoivent une grande vénération. Puisque ces Églises, bien que séparées, ont de vrais sacrements – principalement, en vertu de la succession apostolique : le sacerdoce et l’Eucharistie –, qui les unissent intimement à nous, une certaine communicatio in sacris, dans des circonstances opportunes et avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique, est non seulement possible, mais même recommandée. En Orient, aussi, on trouve les richesses de ces traditions spirituelles, qui s’expriment surtout par le monachisme. Là, depuis le temps glorieux des saints Pères, en effet, a fleuri la spiritualité monastique, qui s’est répandue ensuite en Occident, devenant pour ainsi dire la source de l’organisation de la vie monastique des Latins et lui conférant par la suite une vigueur toujours nouvelle. C’est pourquoi il est instamment recommandé aux catholiques d’accéder plus fréquemment à ces richesses spirituelles des Pères orientaux, qui élèvent l’homme tout entier à la contemplation des mystères divins. Tout le monde doit savoir qu’il est très important de connaître, vénérer, conserver, développer, le si riche patrimoine liturgique et spirituel de l’Orient pour conserver fidèlement la plénitude de la tradition chrétienne et pour réaliser la réconciliation des chrétiens orientaux et occidentaux. 16. Discipline particulière des Orientaux En outre, depuis les origines, les Églises d’Orient ont suivi une discipline propre sanctionnée par les saints Pères et par des Conciles, même œcuméniques. Il n’est pas du tout contraire à l’unité de l’Église qu’il y ait diversité des mœurs et des coutumes, ainsi qu’il vient d’être mentionné ; une telle diversité ajoute même à sa beauté et est une aide précieuse pour l’accomplissement de sa mission ; aussi le saint Concile, déclare-t-il, pour lever tout doute possible, que les Églises d’Orient, conscientes de la nécessaire unité de toute l’Église, ont la faculté de se régir selon leurs propres disciplines, parce que plus conformes à la sensibilité de leurs fidèles et plus aptes à promouvoir le bien des âmes. L’observance parfaite de ce principe traditionnel qui, à vrai dire, ne fut pas toujours respectée, est l’une des conditions préalables absolument nécessaires pour rétablir l’union. 17. Caractère particulier des Orientaux au regard des questions doctrinales Ce qui a été dit plus haut de la légitime diversité en matière de culte et de discipline doit s’appliquer aussi à la formulation théologique des doctrines. Effectivement, dans l’effort d’approfondissement de la vérité révélée, les méthodes et les moyens de connaître et d’exprimer les choses divines ont été différents en Orient et en Occident. Il n’est donc pas étonnant que certains aspects du mystère révélé aient été parfois mieux saisis et mieux exposés par l’un que par l’autre, si bien
Recevoir le Concile Vatican II que ces diverses formulations théologiques doivent souvent être considérées comme plus complémentaires qu’opposées. Quant aux traditions théologiques authentiques des Orientaux, on doit le reconnaître, elles sont enracinées de façon excellente dans les Saintes Écritures ; développées et exprimées dans la vie liturgique, elles se nourrissent de la tradition vivante des apôtres, des écrits des Pères orientaux et des auteurs spirituels ; elles portent à une juste façon de vivre, voire à la pleine contemplation de la vérité chrétienne. Rendant grâce à Dieu de ce que beaucoup d’Orientaux, fils de l’Église catholique, qui gardent ce patrimoine et désirent en vivre plus purement et pleinement, vivent déjà en pleine communion avec leurs frères qui observent la tradition occidentale, le saint Concile déclare que tout ce patrimoine spirituel et liturgique, disciplinaire et théologique, dans ses diverses traditions, fait pleinement partie de la catholicité et de l’apostolicité de l’Église. 18. Conclusion Tout cela étant bien examiné, le saint Concile renouvelle ce qui a été déclaré par les saints Conciles antérieurs, ainsi que par les Pontifes romains : pour rétablir ou garder la communion et l’unité, il ne faut « rien imposer qui ne soit nécessaire » (Ac 15, 28). Il souhaite vivement que tous les efforts dorénavant tendent à réaliser peu à peu cette unité aux divers niveaux et dans les diverses formes de la vie de l’Église, surtout par la prière et le dialogue fraternel concernant la doctrine et les nécessités les plus urgentes du ministère pastoral de notre temps. Pareillement, il recommande aux pasteurs et aux fidèles de l’Église catholique d’établir des relations avec ceux qui ne sont plus en Orient, mais vivent loin de leur patrie. De cette façon grandira entre eux une fraternelle collaboration : l’esprit de charité exclura toute forme de rivalité. Si l’on s’applique à cette œuvre de toute son âme, le saint Concile en a l’espoir, le mur qui sépare l’Église d’Orient de celle d’Occident étant abattu, il n’y aura plus qu’une seule demeure, solidement établie sur la pierre angulaire, le Christ Jésus qui fera l’unité de l’une et de l’autre [27]. Questions : Après la lecture des paragraphes 14 à 18 : qu’est ce qui rapproche l’Église catholique des églises orientales Qu’est-ce qui les sépare encore ? II. Les Églises et communautés ecclésiales séparées en Occident 19. Condition spéciale de ces communautés Les Églises et Communautés ecclésiales qui, à l’époque de la grande crise commencée en Occident à la fin du Moyen Âge, ou dans la suite, furent séparées du Siège apostolique romain, demeurent unies à l’Église catholique par une affinité particulière et par des relations dues à la longue durée de vie que le peuple chrétien a passée dans la communion ecclésiastique au cours des siècles antérieurs. Étant donné que ces Églises et Communautés ecclésiales, à cause de leur diversité d’origine, de doctrine et de vie spirituelle, se distinguent notablement, non seulement de nous-mêmes, mais aussi entre elles, il est très difficile de bien les définir, et nous n’en avons pas ici l’intention. Bien que le mouvement œcuménique et le désir de paix avec l’Église catholique n’aient pas encore prévalu partout, nous avons l’espoir néanmoins que tous finiront par avoir ce sens de l’œcuménisme et que l’estime mutuelle ne fera que grandir. Cependant, il faut reconnaître qu’entre ces Églises et Communautés et l’Église catholique il y a des différences considérables, non seulement de caractère historique, sociologique, psychologique et
Recevoir le Concile Vatican II culturel, mais surtout dans l’interprétation de la vérité révélée. Pour rendre plus facile, malgré ces différences, l’instauration du dialogue œcuménique, nous voulons souligner certains points qui peuvent et doivent servir de fondement et de stimulant à ce dialogue. 20. La foi au Christ Nous avons en vue surtout les chrétiens qui confessent ouvertement Jésus Christ comme Dieu et Seigneur, unique Médiateur entre Dieu et les hommes, pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Certes, nous savons qu’elles ne sont pas légères les différences qui existent par rapport à la doctrine de l’Église catholique, même au sujet du Christ, Verbe incarné, et de l’œuvre rédemptrice, et par suite au sujet du mystère et du ministère de l’Église, ainsi que du rôle de Marie dans l’œuvre du salut. Ce nous est une joie cependant de voir nos frères séparés regarder vers le Christ comme la source et le centre de la communion ecclésiale. Touchés du désir d’union avec le Christ, ils sont poussés de plus en plus à chercher l’unité et à rendre partout témoignage de leur foi parmi les nations. 21. Étude de l’Écriture L’amour et la vénération – presque le culte – de nos frères pour les Saintes Écritures les portent à l’étude constante et diligente du texte sacré : l’Évangile « est en effet la force de Dieu opérant le salut pour tout croyant, pour le Juif d’abord et puis pour le Grec » (cf. Rm 1, 16). Invoquant l’Esprit Saint, c’est dans les Saintes Écritures mêmes qu’ils cherchent Dieu comme celui qui leur parle dans le Christ qu’avaient annoncé les prophètes et qui est le Verbe de Dieu incarné pour nous. Ils y contemplent la vie du Christ, ainsi que les enseignements et les faits accomplis par le divin Maître pour le salut des hommes, surtout les mystères de sa mort et de sa résurrection. Mais, si les chrétiens séparés de nous affirment l’autorité divine des Saints Livres, ils ont une opinion différente de la nôtre (et différente aussi entre eux), au sujet de la relation entre Écritures et Église. Dans celle-ci, selon la foi catholique, le magistère authentique occupe une place particulière pour l’explication et la proclamation de la Parole de Dieu écrite. Cependant, les paroles sacrées sont, dans le dialogue lui-même, des instruments insignes dans la main puissante de Dieu pour atteindre cette unité que le Sauveur offre à tous les hommes. 22. La vie sacramentelle Par le sacrement de baptême, toutes les fois qu’il est conféré comme il convient selon l’institution du Seigneur et reçu avec les dispositions intérieures requises, l’homme est incorporé vraiment au Christ crucifié et glorifié, il est régénéré pour participer à la vie divine, selon le mot de l’Apôtre : « Vous êtes ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes ressuscités avec lui parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Col 2, 12) [28]. Le baptême constitue donc le lien sacramentel d’unité existant entre tous ceux qui ont été régénérés par lui. Cependant, le baptême, de soi, n’est que le commencement et le point de départ, car il tend tout entier à l’acquisition de la plénitude de la vie dans le Christ. Il est donc ordonné à la profession de foi intégrale, à la totale intégration dans l’économie du salut, telle que le Christ l’a voulue, et enfin à la totale insertion dans la communion eucharistique. Bien qu’elles n’aient pas avec nous la pleine unité dont le baptême est la source et bien que nous croyions que, en raison surtout de la déficience du sacrement de l’Ordre, elles n’ont pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique, cependant les communautés ecclésiales séparées de nous, lorsqu’elles célèbrent à la sainte Cène le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, professent que la vie consiste dans la communion au Christ et attendent son avènement glorieux. Il faut donc que la doctrine sur la Cène du Seigneur, les autres sacrements, le culte et les ministères de l’Église, fasse l’objet du dialogue.
Recevoir le Concile Vatican II 23. La vie dans le Christ La vie chrétienne de ces frères se nourrit de la foi au Christ, elle bénéficie de la grâce du baptême et de l’écoute de la Parole de Dieu. Elle se manifeste dans la prière privée, la méditation biblique, la vie de famille chrétienne, le culte de la communauté rassemblée pour la louange de Dieu. Par ailleurs, leur culte comporte plus d’une fois des éléments remarquables de l’antique liturgie commune. La foi au Christ produit des fruits de louange et d’action de grâces pour les bienfaits reçus de Dieu. À cela s’ajoute un sens très vif de la justice et une sincère charité à l’égard du prochain. Cette foi agissante a même suscité l’institution de beaucoup d’œuvres pour le soulagement de la misère spirituelle et corporelle, pour l’éducation de la jeunesse, pour l’amélioration des conditions sociales de vie, pour l’établissement partout d’une paix stable. Même si, parmi les chrétiens, beaucoup ne comprennent pas de la même manière que les catholiques l’Évangile dans le domaine des questions morales et n’admettent pas les mêmes solutions pour les bien difficiles problèmes de la société d’aujourd’hui, néanmoins, ils veulent, comme nous, s’attacher à la parole du Christ comme à la source de la vertu chrétienne et obéir au précepte apostolique : « Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père » (Col 3, 17). C’est ici que le dialogue œcuménique sur l’application morale de l’Évangile peut commencer. 24. Conclusion Après avoir exposé brièvement les conditions d’exercice de l’action œcuménique et indiqué les principes qui doivent la diriger, nous tournons maintenant avec confiance nos regards vers l’avenir. Le saint Concile exhorte les fidèles à s’abstenir de toute légèreté, de tout zèle imprudent, qui pourraient nuire au progrès de l’unité. Leur activité œcuménique ne peut être, en effet, que pleinement et sincèrement catholique, c’est-à-dire fidèle à la vérité reçue des Apôtres et des Pères, et conforme à la foi que l’Église catholique a toujours professée : elle tend à cette plénitude vers laquelle, au cours des âges, le Seigneur veut que son Corps grandisse. Le saint Concile souhaite instamment que les initiatives des fils de l’Église catholique progressent unies à celles des frères séparés, sans mettre un obstacle quelconque aux voies de la Providence et sans préjuger des impulsions futures de l’Esprit Saint. Au surplus, le saint Concile déclare avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Église du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines. C’est pourquoi il met entièrement son espoir dans la prière du Christ pour l’Église, dans l’amour du Père à notre égard, et dans la puissance du Saint-Esprit : « L’espérance ne déçoit point : car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans ce décret ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu. Rome, à Saint-Pierre, le 21 novembre 1964. Moi, Paul, évêque de l’Église catholique Questions Après la lecture des paragraphes 19 à 23 : à plusieurs reprises le Concile emploie le mot« dialogue » pour caractériser les rapports entre les Églises chrétiennes. Qu’est-ce que, selon vous, le dialogue oecuménique ?
Recevoir le Concile Vatican II Prière pour l’unité des chrétiens de l’abbé Couturier Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi, Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion. Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle. Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi, afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux. En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité.
Report "Recevoir le Concile Vatican II"
Download "Recevoir le Concile Vatican II"
Share & Embed "Recevoir le Concile Vatican II"