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Timestamp: 2016-10-24 01:43:18+00:00
Document Index: 237501940

Matched Legal Cases: ['art. 336', 'art. 336', 'art. 335', 'art. 333', 'art. 24', 'art. 71', 'ATF ', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 74', 'art. 76', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 333', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 336', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 336', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 333', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 4', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'art. 333', 'ATF ', 'art. 336', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 324', 'art. 333', 'art. 29', 'art. 336', 'art. 335', 'art. 336', 'art. 335', 'art. 335', 'art. 335', 'art. 335', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 336', 'ATF ', 'art. 335', 'art. 336', 'art. 336', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 336', 'art. 333', 'art. 104', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 321', 'art. 29', 'art. 11', 'art. 66', 'art. 65', 'ATF ']

4A_344/2010 (08.10.2010)
1. X.________ SA, repr�sent�e par
2. Y.________, Ambulances Z.________, repr�sent� par
1. C.________, repr�sent� par Me Jean-Bernard Waeber,
2. Caisse V.________, rue de Montbrillant 40, 1201 Gen�ve,
Sous l'appellation Ambulances Z.________, Y.________ exploitait une entreprise individuelle assurant un service d'ambulances et g�rant un d�p�t de gaz m�dicinaux en gros. Par contrat du 24 juillet 1990, Ambulances Z.________ a engag� C.________ comme chauffeur ambulancier.
Par avenant du 1er mars 2005, C.________ a �t� nomm� assistant de direction, chef d'exploitation; il lui incombait notamment de contr�ler et d'�valuer le personnel, de repr�senter l'entreprise, d'engager et d'accueillir les nouveaux collaborateurs et d'assumer la gestion des plannings.
Le r�glement d'entreprise faisait partie du contrat de travail. Il instituait un d�lai de cong� de deux mois �net� d�s la deuxi�me ann�e de service, quelle que soit la dur�e des rapports de travail.
Le salaire mensuel de base de C.________ s'�levait � 4'900 fr. en 2003, � 5'200 fr. en 2004 et 2005, � 5'250 fr. en 2006, � 5'300 fr. en 2007 et � 5'350 fr. en 2008. Chaque d�compte de salaire comprenait les rubriques �inconv�nients de service�, �prime anciennet�, �prime de conduite� et �prime de responsabilit�. Les inconv�nients de service �taient compens�s chaque mois � raison de 300 fr. de 2003 � 2007 et de 500 fr. d�s 2008. La prime d'anciennet� a augment� de 100 fr. par ann�e, passant de 700 fr. par mois en 2003 � 1'200 fr. de janvier � juillet 2008; elle se montait � 1'600 fr. en ao�t et septembre 2008. Quant � la prime de conduite, elle �tait fix�e � 100 fr. par mois. La prime de responsabilit� a vari�; elle s'�levait mensuellement � 200 fr. jusqu'en f�vrier 2005, � 700 fr. jusqu'en d�cembre 2005, � 900 fr. jusqu'en avril 2006, � 1'600 fr. jusqu'en juillet 2006, � 900 fr. jusqu'en d�cembre 2007 et � 700 fr. en 2008.
La r�mun�ration de C.________ variait chaque mois en fonction des heures suppl�mentaires accomplies; celles-ci �taient pay�es par rapport au salaire de base, sans tenir compte des diff�rentes primes.
A l'instar des 25 autres employ�s d'Ambulances Z.________, C.________ a �t� licenci� pour le 30 septembre 2008 par courrier du 28 juillet 2008 confirmant �les termes de la circulaire concernant la cessation d'activit� de [l']entreprise au 30 septembre 2008.�
Dans une seconde circulaire, dat�e du 7 ao�t 2008 et portant le titre �Transfert de l'entreprise�, Y.________ a inform� l'ensemble du personnel d'Ambulances Z.________ de la cessation des activit�s de l'entreprise. Ce document comprend les passages suivants:
�Cette d�cision est dict�e par des motifs �conomiques. En effet, la structure actuelle est en fonctionnement d�ficitaire depuis plusieurs mois et ne saurait tenir encore longtemps dans ces conditions. De plus, �tant actifs dans cette branche depuis plus de 30 ans, nous ne nous sentons plus l'�nergie et la motivation indispensables au redressement de la situation.
A cette fin, nous avons eu des discussions avec plusieurs partenaires actifs sur la place de Gen�ve, actifs ou non dans le domaine ambulancier.
Nous avons une proposition concr�te de la part de X.________ SA concernant la reprise d'une grande partie des activit�s de l'entreprise, et de 20 des 26 employ�s de celle-ci avec reprise des contrats aux conditions actuelles. Pour une personne restante, une autre activit� pourrait lui �tre propos�e.
Toutefois cette proposition n'est pas, � ce jour, enti�rement certaine, car certains probl�mes � r�soudre restent en suspens. Malgr� ces incertitudes, 21 personnes verront leur cong� annul�.
Vous avez tous re�u votre cong� pour le 30 septembre 2008. Toutefois, les 20 personnes avec qui le repreneur pourrait poursuivre les contrats de travail recevront une lettre d'annulation de leur cong�, tout comme la personne � qui je pourrai proposer une autre activit�.�
Le m�me jour, Y.________ a inform� par �crit 20 des 26 employ�s d'Ambulances Z.________ que le cong� du 28 juillet 2008 �tait �nul et non avenu�, pr�cisant que �dans le cadre de [la] reprise, [leur] contrat de travail sera[it] transf�r� � la nouvelle entit� et poursuivi selon ses termes.� C.________ ne faisait pas partie des collaborateurs dont le cong� �tait retir�.
Le 12 ao�t 2008, lors d'une r�union du personnel, les employ�s ont pu poser des questions et formuler des propositions relatives � la poursuite des activit�s de l'entreprise.
Par courrier du 19 ao�t 2008, les HUG (H�pitaux Universitaires de Gen�ve) ont confirm� � X.________ leur accord pour le transfert � cette soci�t�, d�s le 1er octobre 2008, de deux conventions qui les liaient jusqu'alors � Ambulances Z.________.
Le 27 ao�t 2008, C.________ a �t� victime d'un accident et s'est trouv� en incapacit� de travail jusqu'au 5 septembre 2008.
Par courrier du 2 octobre 2008, X.________ a inform� C.________, qui avait ouvert action contre elle un mois plus t�t, qu'elle contestait le transfert des rapports de travail. Dans une lettre du 31 octobre 2008 re�ue le 10 novembre 2008, X.________ a r�sili� le contrat de travail pour le 31 d�cembre 2008, pour le cas o� le transfert devait �tre admis par jugement.
Comme trois autres employ�s d'Ambulances Z.________ dont le licenciement n'a pas �t� retir� par l'employeur, C.________ a ouvert action contre Y.________ et X.________. Dans sa demande du 3 septembre 2008, il concluait au paiement d'un montant total de 93'750 fr. plus int�r�ts, soit 16'500 fr. � titre d'indemnit� pour licenciement abusif au sens des art. 336 al. 2 let. c et 336a al. 3 CO, 49'500 fr. � titre de licenciement abusif au sens de l'art. 336 al. 1 let. a CO et 27'750 fr. � titre de salaire d'octobre � d�cembre 2008. Lors de l'audience de comparution personnelle du 25 novembre 2008, C.________ a amplifi� sa demande et r�clam� en sus les montants de 82'297 fr.36, 8'764 fr.43 et 272 fr.19 � titre de r�mun�ration compl�mentaire d'heures suppl�mentaires, respectivement de 19 jours f�ri�s et de diff�rence d'heures par rapport au planning.
La Caisse V.________, partie intervenante, a conclu � ce qu'il lui soit allou� 14'896 fr.25 net avec int�r�ts � 5% d�s le 3 f�vrier 2009, pour les indemnit�s vers�es � C.________ d'octobre � d�cembre 2008.
Par jugement du 6 juillet 2009, le Tribunal de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a condamn� Y.________ � payer � C.________, d'une part, la somme brute de 45'697 fr., plus int�r�ts � 5% d�s le 3 septembre 2008, sous d�duction de la somme nette de 4'371 fr.05, plus int�r�ts � 5% d�s le 3 f�vrier 2009, due � la Caisse V.________ et, d'autre part, la somme nette de 13'100 fr., plus int�r�ts � 5% d�s le 3 septembre 2008.
Le tribunal a jug� que le contrat de travail, valablement r�sili� pour le 30 septembre 2008, n'avait pas �t� transf�r� � X.________, envers laquelle C.________ ne disposait d'aucune pr�tention. Cependant, comme le travailleur avait �t� absent pour cause d'accident du 27 ao�t au 6 septembre 2008, le d�lai de cong� avait �t� report� au 31 octobre 2008 de sorte que Y.________ devait � C.________ 6'550 fr. � titre de salaire brut pour octobre 2008, sous r�serve des droits de la caisse de ch�mage. Par ailleurs, le tribunal a consid�r� le cong� comme abusif d�s lors que Y.________ avait proc�d� � un licenciement collectif sans respecter les conditions de l'art. 335f CO; l'employeur devait en cons�quence � C.________ une indemnit� � ce titre de 13'100 fr., repr�sentant deux mois de salaire brut. Enfin, le tribunal a jug� que les heures suppl�mentaires devaient �tre r�mun�r�es sur la base du salaire effectif, qui incluait la prime d'anciennet�, de sorte que C.________ avait droit de ce chef � 39'147 fr.
C.________ et Y.________ ont interjet� appel. Statuant le 5 mai 2010, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a annul� le jugement de premi�re instance, puis condamn� solidairement Y.________ et X.________ � payer � C.________ les sommes brutes suivantes:
- 77'401 fr.07, plus int�r�ts � 5% d�s le 31 d�cembre 2008, � charge pour les d�fendeurs de s'acquitter des prestations sociales; ce montant correspond � la r�mun�ration des heures suppl�mentaires;
- 23'550 fr., plus int�r�ts � 5% d�s le 31 d�cembre 2008, � charge pour les d�fendeurs de s'acquitter des prestations sociales, sous d�duction de la somme nette de 14'896 fr.25, plus int�r�ts � 5% d�s le 3 f�vrier 2009, qui sera vers�e � la Caisse V.________; le montant de 23'550 fr. correspond au salaire d'octobre � d�cembre 2008.
La cour cantonale a jug� qu'il y avait eu transfert d'entreprise et que le licenciement du 28 juillet 2008 avait �t� notifi� pour �luder la protection d�coulant de l'art. 333 al. 1 CO de sorte qu'il �tait nul; en cons�quence, le contrat de travail avait �t� transf�r� � X.________ et C.________ pouvait pr�tendre � son salaire du 1er octobre 2008 au 31 d�cembre 2008. Par ailleurs, les juges genevois ont consid�r� que les diff�rentes primes vers�es syst�matiquement � C.________ faisaient partie du salaire convenu de sorte qu'elles devaient �tre prises en compte pour le paiement des heures suppl�mentaires.
X.________ (la recourante) interjette un recours en mati�re civile. Elle demande que C.________, la Caisse V.________ et tout opposant soient d�bout�s de leurs conclusions.
Y.________ (le recourant) exerce �galement un recours en mati�re civile et prend les m�mes conclusions que X.________.
Les recourants ont tous deux requis l'effet suspensif. Par ordonnances du 12 juillet 2010, la Pr�sidente de la Ire Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral a refus� de faire droit � ces demandes.
Dans ses r�ponses, C.________ (l'intim�) propose le rejet des deux recours dans la mesure o� ils sont recevables.
Dans ses prises de position, la Caisse V.________ (l'intim�e) a maintenu sa subrogation pour un montant de 14'896 fr.25, correspondant aux indemnit�s vers�es � C.________ en octobre 2008 par 4'371 fr.05, en novembre 2008 par 4'880 fr.45 et en d�cembre 2008 par 5'644 fr.75.
1.1 Les recours �manant des deux parties d�fenderesses sont dirig�s contre le m�me arr�t et concernent le m�me complexe de faits. Il se justifie d�s lors de les joindre pour des motifs d'�conomie de proc�dure et de statuer � leur sujet dans un seul arr�t (art. 24 PCF applicable par analogie vu le renvoi de l'art. 71 LTF; cf. ATF 131 V 59 consid. 1 p. 60/61; 124 III 382 consid. 1a p. 385; 123 II 16 consid. 1 p. 20).
1.2 Dirig�s contre une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire de droit du travail dont la valeur litigieuse atteint manifestement le seuil de 15'000 fr. (art. 74 al. 1 let. a LTF), les recours, d�pos�s par les parties qui ont succomb� en instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF), sont en principe recevables, puisqu'ils ont �t� d�pos�s dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
La cour cantonale a admis, sur la base de l'art. 333 CO, que les rapports de travail liant l'intim� au recourant avaient �t� transf�r�s � la recourante, malgr� le licenciement du 28 juillet 2008. Un tel transfert suppose un transfert de l'entreprise ou d'une partie de celle-ci. Invoquant une violation de l'art. 333 CO, les recourants soutiennent tout d'abord qu'il n'y a pas eu transfert d'entreprise en l'esp�ce. Ils font valoir que seules certaines activit�s d'Ambulances Z.________ ont �t� reprises par X.________, soit plus particuli�rement les contrats relatifs � l'activit� �144� et aux transports inter- et intrahospitaliers. Or, ces contrats ne correspondraient � aucune entit� organis�e qui aurait pu �tre transf�r�e.
2.1 Pour qu'il y ait transfert d'entreprise au sens de l'art. 333 al. 1 CO, il suffit que l'exploitation ou une partie de celle-ci soit effectivement poursuivie par le nouveau chef d'entreprise. L'exploitation est consid�r�e comme poursuivie en tout ou en partie par l'acqu�reur lorsqu'elle conserve son identit�, c'est-�-dire son organisation et son but (ATF 132 III 32 consid. 4.1 p. 37 et les arr�ts cit�s). L'appr�ciation s'effectue sur la base de l'ensemble des faits et circonstances caract�risant l'op�ration. Est d�terminant � cet �gard le fait que l'acqu�reur poursuive ou reprenne effectivement une activit� �conomique identique ou similaire (ATF 129 III 335 consid. 2.1 p. 337 et les r�f�rences).
2.2 Il ressort de l'�tat de fait cantonal que la recourante a repris l'essentiel des activit�s d'Ambulances Z.________, que les deux entreprises d'ambulances exer�aient les m�mes activit�s principales, soit le transport de malades et de bless�s, que les deux conventions liant le recourant aux HUG ont �t� transf�r�es � la recourante et que la plupart des employ�s d'Ambulances Z.________ ont continu� leur travail chez la recourante. Ces �l�ments suffisent amplement � admettre, dans le cas pr�sent, un transfert d'entreprise au sens de l'art. 333 al. 1 CO. Le grief tir� d'une violation de cette disposition est mal fond�.
Le point central du litige porte sur la r�gularit� du licenciement de l'intim�, pour une �ch�ance correspondant � la veille du jour o� l'entreprise a �t� transf�r�e � la recourante.
3.1 Aux termes de l'art. 333 al. 1 CO, si l'employeur transf�re l'entreprise ou une partie de celle-ci � un tiers, les rapports de travail passent � l'acqu�reur avec tous les droits et les obligations qui en d�coulent, au jour du transfert, � moins que le travailleur ne s'y oppose. Il s'agit en particulier de maintenir, pour le travailleur, les droits li�s � l'anciennet� (ATF 129 III 335 consid. 5.4.1 p. 343). Dans sa teneur actuelle, l'art. 333 al. 1 CO est entr� en vigueur le 1er mai 1994; il est le r�sultat de l'harmonisation avec le droit europ�en voulue par le l�gislateur f�d�ral (cf. ATF 132 III 32 consid. consid. 4.1 p. 37 et consid. 4.2.2.1 p. 39; 129 III 335 consid. 6 p. 350). Contrairement � la solution pr�valant sous l'ancien droit, en cas de transfert d'entreprise, les rapports de travail existant au moment du transfert passent automatiquement � l'acqu�reur, m�me contre le gr� de ce dernier (ATF 132 III 32 consid. 4.2.1 p. 38; 127 V 183 consid. 4d p. 187; 123 III 466 consid. 3b p. 468). Une v�ritable obligation de reprise incombe � l'acqu�reur et il n'est pas possible d'�carter cette cons�quence en concluant une convention d�rogatoire entre l'employeur qui transf�re l'entreprise et celui qui la reprend (ATF 132 III 32 consid. 4.2.1 p. 38 et consid. 4.2.2.1 p. 38 ss).
Seuls les rapports de travail existant au moment du transfert de l'entreprise passent � l'acqu�reur. Ce dernier n'a pas � reprendre des contrats de travail n'existant plus au moment du transfert et le b�n�fice de l'art. 333 CO ne peut �tre invoqu� que par les travailleurs dont la relation de travail est en cours � la date du transfert, ce qui sera le cas �galement lorsque le contrat a d�j� �t� r�sili� pour une date post�rieure au transfert (ATF 134 III 102 consid. 3.1.1 p. 106).
Le travailleur dont le contrat a �t� r�sili� pour un terme pr�c�dant le moment du transfert de l'entreprise ne verra donc pas ses rapports de travail transf�r�s au reprenant et ne pourra se pr�valoir de l'art. 333 CO. Lorsque le licenciement intervient � l'occasion du transfert de l'entreprise (�betriebs�bergangsbedingte K�ndigung�), il se pose toutefois la question de savoir si la r�siliation du contrat de travail par l'employeur n'est pas irr�guli�re et, le cas �ch�ant, avec quelles cons�quences.
3.2 En doctrine, les avis sont partag�s. Selon Duc/Subilia, l'art. 333 al. 1 CO n'emp�che pas l'employeur de r�silier le contrat de travail pour un terme pr�c�dant le transfert d'entreprise et en respectant les d�lais de cong�, lorsque l'acqu�reur ne veut pas reprendre les rapports de travail; ces auteurs reconnaissent toutefois que, selon les circonstances, un tel cong� peut se r�v�ler abusif au sens de l'art. 336 CO (Droit du travail - El�ments de droit suisse, 2010, n� 13/14 ad art. 333 CO p. 473 s.). Adrian Staehelin part �galement du principe que l'employeur est libre de r�silier le contrat de travail avant le transfert d'entreprise (Z�rcher Kommentar, 3e �d. 1996, n� 12 ad art. 333 CO). Pour Thomas Geiser, aucune norme n'interdit de licencier un travailleur en vue du transfert, de sorte que le contrat prenne fin avant le transfert d'entreprise, et une telle r�siliation n'est pas abusive; en revanche, si le cong� est donn� pour un terme tombant avant le transfert et que le repreneur conclut un contrat avec le travailleur pour la m�me activit�, il y a fraude � la loi et les rapports de travail selon le contrat initial se poursuivent ind�pendamment du nouveau contrat (Arbeitsrechtliche Fragen bei Sanierungen, in Sanierung der AG, 2e �d. 2003, p. 170). R�my Wyler consid�re qu'un licenciement �pour la veille du transfert� est valable pour autant qu'il corresponde � une r�alit� mat�rielle, en ce sens que le travailleur n'est pas imm�diatement r�embauch� par le cessionnaire; cependant, si l'employeur r�silie le contrat uniquement pour emp�cher le transfert des rapports de travail, le cong� est abusif au sens de l'art. 336 al. 1 let. c CO (Droit du travail, 2e �d. 2008, p. 417 et p. 419; cf. �galement Rachel Genoud, Transfert des rapports de travail lors de transmissions d'entreprises, L'Expert-comptable suisse 2004 p. 523). Endrit Karagjozi d�fend �galement la th�se selon laquelle un licenciement pour cause de transfert est en principe valable, mais doit �tre tenu pour abusif; il admet n�anmoins que le licenciement est inefficace lorsque le travailleur licenci� est repris par le cessionnaire car, dans ce cas, la r�siliation n'a pour but que la modification des conditions de travail et la perte des droits d�coulant de l'anciennet� (Les transferts d'entreprises en droit du travail, 2003, p. 106).
D'autres auteurs sont d'avis que le licenciement notifi� uniquement en raison du transfert est illicite ou nul, voire inefficace, car l'art. 333 al. 1 CO, de droit imp�ratif, interdit implicitement une r�siliation pour ce motif, laquelle constitue ainsi une fraude � la loi (Wolfgang Portmann, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 4e �d. 2007, n� 10 ad art. 333 CO; Streiff/von Kaenel, Arbeitsvertrag, 6e �d. 2006, n� 10 ad art. 333 CO p. 558; Brunner/B�hler/Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3e �d. 2004, p. 209; Gabriel Aubert, in Commentaire romand, Code des obligations I, n� 5/6 ad art. 333 CO; le m�me, Licenciements collectifs et transferts d'entreprises, in Journ�e 1994 de droit du travail et de la s�curit� sociale, p. 111). Ce dernier auteur pr�cise que les licenciements op�r�s, avant ou apr�s le transfert, en vue de restructurer l'entreprise, ne sont pas contraires � l'art. 333 al. 1 CO d�s lors qu'ils r�pondent � un motif autre que le seul transfert (op. cit., Commentaire romand, n� 5 ad art. 333 CO).
Dans le m�me ordre d'id�es, Isabelle Wildhaber soutient qu'un licenciement li� � un transfert d'entreprise, s'il est valable en soi, ne l'est pas en cas de fraude � la loi; il n'y a pas fraude � la loi lorsque la r�siliation repose sur un concept d'entreprise, � savoir qu'elle est justifi�e par des raisons �conomiques, techniques ou organisationnelles; en l'absence d'un tel concept ou d'un autre motif mat�riel, un licenciement li� au transfert ne sortit pas ses effets s'il a �t� notifi� dans l'intention de contourner l'art. 333 al. 1 CO (Die Streitfrage um einen besonderen K�ndigungsschutz bei Betriebs�bergang, RSJ 104/2008 p. 185 ss).
3.3 Dans l'arr�t 4C.333/1998 du 7 janvier 1999, le Tribunal f�d�ral, se r�f�rant aux travaux pr�paratoires relatifs au nouvel art. 333 CO, a pos� que l'employeur ne pouvait pas faire �table rase� des contrats de travail en vue du transfert, � la seule fin d'�luder la protection des salari�s et de se soustraire � la r�gle imp�rative de l'art. 333 al. 1 CO (consid. 1b/bb; cf. �galement ATF 127 V 183 consid. 7 p. 194). Quelques ann�es plus tard, il a r�p�t� qu'un licenciement viole l'art. 333 CO lorsqu'il est notifi� en vue du transfert dans le but de priver le travailleur de la protection l�gale (arr�t 4P.299/2004 du 14 avril 2005 consid. 3.1). Le Tribunal f�d�ral n'a pas eu � se prononcer sur les cons�quences d'un licenciement signifi� pour �luder la protection d�coulant de l'art. 333 al. 1 CO (cf. ATF 134 III 102 consid. 3.1.1 p. 106).
Pour mieux cerner la notion de licenciement contraire � l'art. 333 al. 1 CO, il convient de se r�f�rer au droit europ�en avec lequel la norme f�d�rale a �t� harmonis�e dans le cadre de la proc�dure dite d'adaptation autonome, soit la Directive 77/187/CEE du Conseil, du 14 f�vrier 1977, concernant le rapprochement des l�gislations des �tats membres relatives au maintien des droits des travailleurs en cas de transferts d'entreprises, d'�tablissements ou de parties d'�tablissements, JO L 061 du 5 mars 1977 p. 26 (cf. ATF 132 III 32 consid. 4.2.2.1 p. 39). Selon la Directive, un tiers ne peut pas reprendre une entreprise sans reprendre simultan�ment le personnel de celle-ci (ATF 132 III 32 consid. 4.2.2.1 p. 39). L'art. 4 par. 1 de la Directive pr�cise que le transfert d'entreprise ne constitue pas en lui-m�me un motif de licenciement pour le c�dant ou le cessionnaire, ce qui ne fait pas obstacle � des licenciements intervenant pour des raisons �conomiques, techniques ou d'organisation impliquant des changements sur le plan de l'emploi. C'est dire qu'un licenciement li� au transfert ne constitue pas n�cessairement une fraude � la loi. Celle-ci sera r�alis�e lorsque la r�siliation a uniquement pour but d'emp�cher le transfert des rapports de travail ou ses cons�quences. Par exemple, le c�dant ne peut pas r�silier les contrats de tout ou partie de ses employ�s, afin que ceux-ci concluent ensuite de nouveaux contrats avec le cessionnaire et perdent ainsi les avantages d�coulant de la dur�e des contrats initiaux. De m�me, il n'est pas admissible que le c�dant licencie une ou des personnes d�termin�es uniquement parce que le reprenant n'en veut pas. En revanche, la r�siliation des contrats d'une partie du personnel n'est pas contraire � l'art. 333 al. 1 CO si elle est justifi�e par des raisons �conomiques, par exemple une r�organisation de l'entreprise transf�r�e.
Le motif pour lequel un cong� est donn� rel�ve des constatations de fait (ATF 131 III 535 consid. 4.3 p. 540; 130 III 699 consid. 4.1 p. 702).
Selon l'arr�t attaqu�, les recourants ont manoeuvr� de mani�re � contourner les dispositions l�gales r�gissant le transfert d'entreprise. Le licenciement collectif du 28 juillet 2008 �tait fictif et l'intention r�elle du recourant �tait de permettre � la recourante de choisir ses futurs employ�s. Les juges genevois qualifient le licenciement collectif de fraus legis, car il n'avait pour but que de contourner la loi en offrant au repreneur la possibilit� de limiter le nombre de contrats repris.
4.1 Invoquant l'art. 9 Cst., la recourante se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves sur ce point. Premi�rement, ni les faits �tablis par la cour cantonale, ni aucune pi�ce du dossier ne permettraient de retenir que la recourante a pris part d'une quelconque mani�re � la d�cision de proc�der � un licenciement collectif. Se r�f�rant � plusieurs passages d'un proc�s-verbal du 25 novembre 2008 ainsi qu'� la circulaire du 26 juillet 2008, la recourante s'en prend ensuite � la constatation implicite de la cour cantonale selon laquelle le recourant savait, lors de l'annonce des licenciements, que son entreprise serait transf�r�e � la recourante.
Le recourant critique �galement, sous l'angle de l'arbitraire, la constatation selon laquelle le licenciement collectif a �t� notifi� pour �luder la protection d�coulant de l'art. 333 al. 1 CO. Il fait valoir que le licenciement collectif a �t� annonc� aux employ�s avant que les deux soci�t�s d'ambulances ne se mettent d'accord sur le transfert d'entreprise, contrairement � ce que la cour cantonale a retenu.
4.2 Selon la jurisprudence, l'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait envisageable ou m�me pr�f�rable. Le Tribunal f�d�ral n'annule la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une d�cision soit annul�e au titre de l'arbitraire, il ne suffit pas qu'elle se fonde sur une motivation insoutenable; encore faut-il qu'elle apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148, 263 consid. 3.1 p. 265 s.).
4.3 Le motif du licenciement collectif tel qu'�tabli par la cour cantonale �tait en r�alit� d'emp�cher le transfert des rapports de travail d'un certain nombre d'employ�s, dont l'intim�, et de permettre ainsi � l'entreprise cessionnaire de limiter le nombre de contrats repris. A cet �gard, il ressort de la circulaire du recourant du 26 juillet 2008, annon�ant le licenciement collectif, que des discussions �taient alors en cours sur la possibilit� d'une reprise de la majorit� des employ�s par une entreprise tierce. Il est par ailleurs �tabli que la faisabilit� du transfert a �t� �tudi�e lors de la deuxi�me quinzaine de juillet 2008 et que le transfert d�pendait notamment de l'accord des HUG au transfert de deux conventions, qui est intervenu le 19 ao�t 2008. Sur le vu de cette chronologie, il para�t difficile d'admettre que, lors de l'envoi des lettres de licenciement en date du 28 juillet 2008, le recourant �tait certain que son entreprise allait �tre reprise par la recourante, de sorte que le licenciement collectif rev�tait un caract�re purement fictif.
Cela �tant, la question peut rester ouverte. En effet, m�me si le but premier �tait de mettre un terme aux contrats en raison d'une cessation d'activit�s, il n'en demeure pas moins qu'au moment des licenciements, le recourant menait des n�gociations avec la recourante et qu'il savait que la cessionnaire potentielle n'entendait pas reprendre l'ensemble du personnel, mais seulement une majorit�. En licenciant tout son personnel, il ne pouvait ignorer que cette mesure aurait pour cons�quence, si le transfert d'entreprise avait finalement lieu, que les rapports de travail des employ�s dont le licenciement serait maintenu, ne seraient pas transf�r�s � la recourante. Les licenciements avaient donc pour but, alternatif et accept� par le recourant, d'emp�cher le transfert des rapports de travail de plusieurs collaborateurs et de limiter le nombre de contrats repris. Dans ce sens, la constatation de la cour cantonale selon laquelle le motif du licenciement collectif �tait de permettre � la recourante de ne reprendre qu'une partie des employ�s n'est pas entach�e d'arbitraire.
Il reste � examiner si, en licenciant l'intim� pour ce motif, le recourant a viol� l'art. 333 al. 1 CO. En d'autres termes, il s'agit de rechercher si le fait de vouloir limiter le nombre de contrats repris constitue, dans les circonstances de l'esp�ce, une fraude � la loi. En d�finitive, le cas est analogue � celui qui se pr�senterait si le recourant avait licenci�, pour la veille du transfert d'entreprise, 6 collaborateurs sur 26.
5.1 Invoquant une violation de l'art. 333 al. 1 CO, les parties recourantes reprochent toutes deux � la cour cantonale de n'avoir pas admis que la r�siliation du contrat de travail de l'intim� �tait fond�e sur des motifs �conomiques.
5.2 Il n'est pas contest� que l'entreprise du recourant connaissait des difficult�s financi�res depuis un certain temps. Il r�sulte de la circulaire du 7 ao�t 2008 que la cause des d�ficits �tait structurelle et que l'entreprise ne pouvait encore tenir longtemps dans ces conditions. Dans le m�me document, le recourant explique qu'il n'a plus l'�nergie ni la motivation indispensables pour redresser lui-m�me la situation et qu'� cette fin, il a cherch� un repreneur. Dans ce contexte, il est manifeste qu'une r�duction du personnel constituait une mesure propre � am�liorer la situation sur le plan financier et que la reprise limit�e � environ quatre cinqui�mes des effectifs, telle que propos�e par la recourante, �tait dict�e par des motifs �conomiques. Par cons�quent, les licenciements li�s � ce transfert d'entreprise, dont celui de l'intim�, �taient fond�s sur des raisons �conomiques. L'intention du recourant d'�viter le transfert des rapports de travail de l'intim� � la recourante ne r�v�le, dans ces circonstances, aucune fraude � la loi.
D�s lors qu'il n'a pas �t� signifi� en violation de l'art. 333 al. 1 CO, le licenciement de l'intim� ne saurait �tre nul, contrairement � ce que la cour cantonale a admis.
Comme d�j� relev�, le travailleur ne peut se pr�valoir de l'art. 333 CO que si la relation de travail �tait en cours � la date du transfert d'entreprise. Tel sera le cas notamment lorsque le contrat est d�j� r�sili�, mais pour une date post�rieure au transfert (ATF 134 III 102 consid. 3.1.1 p. 106). Il y a �galement transfert des rapports de travail si, au jour du transfert d'entreprise, le d�lai de cong� est suspendu au sens de l'art. 336c al. 2 CO, par exemple parce que la travailleuse est enceinte (ATF 123 III 466 consid. 3b p. 469).
En l'esp�ce, l'intim� a �t� victime d'un accident le 27 ao�t 2008 et a �t� en incapacit� de travail jusqu'au 5 septembre 2008 compris. Cette incapacit� est survenue pendant le d�lai de cong�, expirant le 30 septembre 2008. Conform�ment � l'art. 336c al. 1 let. b et al. 2 CO, ce d�lai a �t� suspendu d�s le 27 ao�t 2008 et a recommenc� � courir le 6 septembre 2008. Le d�lai conventionnel de cong� est de deux mois, soit en l'occurrence ao�t et septembre repr�sentant 61 jours. Lors de l'accident, 26 jours du d�lai s'�taient d�j� �coul�s; il restait ainsi 35 jours � compter du 6 septembre 2008. Comme les parties avaient convenu d'un d�lai de cong� �net� de deux mois, sans terme (cf. art. 336c al. 3 CO), les rapports de travail ont pris fin le 10 octobre 2008, soit post�rieurement au transfert de l'entreprise. Il s'ensuit que les rapports de travail ont bel et bien pass� � la recourante, avec tous les droits et les obligations qui en d�coulent.
Il ressort manifestement des circonstances de l'esp�ce que la recourante n'entendait pas occuper l'intim�. Ce dernier n'avait ainsi pas � offrir ses services pour que l'employeur tombe en demeure et soit tenu de lui verser le salaire sur la base de l'art. 324 al. 1 CO.
En 2008, le salaire mensuel brut de l'intim�, primes comprises, �tait de 7'850 fr. Le tiers de ce montant, repr�sentant le salaire jusqu'au 10 octobre 2008, �quivaut � 2'616 fr.70. Conform�ment � l'art. 333 al. 3 CO, les deux parties recourantes sont d�bitrices solidaires de ce montant. Le point de d�part des int�r�ts, non contest�, restera fix� au 31 d�cembre 2008.
En octobre 2008, l'intim� a re�u une indemnit� de ch�mage de 4'371 fr.05. En vertu de l'art. 29 al. 2 LACI (RS 837.0), la caisse de ch�mage est subrog�e dans les droits de l'intim� � concurrence du tiers de ce montant, soit pour 1'457 fr.
Prenant en consid�ration l'hypoth�se o� le licenciement est valable, la cour cantonale a examin� s'il �tait abusif ou non. Elle est arriv�e � la conclusion que le licenciement collectif ne respectait pas la proc�dure de consultation pr�vue en la mati�re et qu'il �tait ainsi abusif au sens de l'art. 336 al. 2 let. c CO.
7.1 Invoquant une violation de l'art. 335d CO, les recourants reprochent tous deux � la Cour d'appel d'avoir retenu l'existence d'un licenciement collectif. Se fondant sur la jurisprudence selon laquelle un licenciement collectif peut �tre retir�, ils font valoir que 21 licenciements sur 26 ont �t� annul�s en l'esp�ce et qu'ainsi, il n'y a pas eu de licenciement collectif.
7.2 Selon l'art. 336 al. 2 let. c CO, le cong� est abusif lorsqu'il est donn� par l'employeur sans respecter la proc�dure de consultation pr�vue � l'art. 335f CO pour les licenciements collectifs.
Dans les �tablissements employant habituellement plus de 20 mais moins de 100 travailleurs, il y a licenciement collectif lorsque, dans un d�lai de 30 jours, l'employeur notifie au moins 10 cong�s pour des motifs non inh�rents � la personne du travailleur (art. 335d ch. 1 CO). Aux termes de l'art. 335f al. 1 CO, l'employeur qui envisage de proc�der � un licenciement collectif est tenu de consulter la repr�sentation des travailleurs ou, � d�faut, les travailleurs. Il leur donne au moins la possibilit� de formuler des propositions sur les moyens d'�viter les cong�s ou d'en limiter le nombre, ainsi que d'en att�nuer les cons�quences (art. 335f al. 2 CO). La loi ne r�gle pas pr�cis�ment le moment auquel l'employeur doit mettre en oeuvre la proc�dure de consultation, ni la dur�e dont doivent disposer les travailleurs ou leur repr�sentation pour formuler leurs propositions. Sur le premier point, le Tribunal f�d�ral a jug� que la consultation devait avoir lieu avant que l'employeur ne prenne la d�cision d�finitive de r�silier les contrats de travail, puisque le sens de cette mesure est de permettre aux travailleurs d'influer sur le processus d�cisionnel de l'employeur (ATF 123 III 176 consid. 4a p. 180; 130 III 102 consid. 4.2 p. 110). Sur le second point, la jurisprudence n'a pas fix� un d�lai minimal de consultation, mais a pr�cis� que celui-ci d�pendait des circonstances (ATF 123 III 176 consid. 4b p. 181). En tout cas, la consultation doit �tre termin�e avant le prononc� des licenciements (ATF 130 III 102 consid. 4.3 p. 110).
Selon l'art. 336a al. 1 et 3 CO, la partie qui a r�sili� abusivement le contrat doit � l'autre une indemnit�, dont le montant, en cas de licenciement collectif sans consultation pr�alable, s'�l�ve au maximum � deux mois de salaire. Le travailleur qui pr�tend � cette indemnit� doit faire opposition au cong� par �crit aupr�s de l'employeur au plus tard jusqu'� la fin du d�lai de cong� (art. 336b al. 1 CO); si l'opposition est valable et que les parties ne s'entendent pas pour maintenir les rapports de travail, le travailleur peut faire valoir sa pr�tention en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat, sous peine de p�remption (art. 336b al. 2 CO).
7.3 En date du 28 juillet 2008, le recourant a signifi� leur cong� � tous les collaborateurs de son entreprise. Ce faisant, il a manifestement proc�d� � un licenciement collectif. Le fait que l'employeur, environ une semaine plus tard, a retir� 21 cong�s sur 26 ne change rien � la nature du licenciement notifi�, qui consiste en l'exercice d'un droit formateur r�solutoire.
En ce qui concerne le retrait d'un licenciement collectif, le Tribunal f�d�ral a simplement reconnu que les travailleurs pouvaient tacitement accepter un retrait des cong�s en poursuivant les rapports de travail comme si l'employeur ne les avait pas licenci�s, concluant ainsi des contrats ayant pour objet de tenir les cong�s pour non avenus; ce faisant, les parties s'entendent, conform�ment � l'art. 336b al. 2 CO, pour maintenir les rapports de travail, de sorte que les travailleurs concern�s ne peuvent alors pr�tendre � l'indemnit� pour cong� abusif, due en cas de licenciement collectif sans consultation pr�alable (ATF 134 III 67 consid. 5 p. 70). En d'autres termes, le retrait des licenciements est susceptible d'influer sur le droit des travailleurs � une indemnit� pour licenciement collectif non conforme � la proc�dure l�gale, mais non sur la nature m�me du licenciement collectif. Il tombe par ailleurs sous le sens que seuls les travailleurs dont le cong� a �t� retir� peuvent se voir opposer leur acceptation tacite, avec pour cons�quence le refus de toute indemnit�. En conclusion, le moyen fond� sur une pr�tendue absence de licenciement collectif ne peut �tre qu'�cart�.
7.4 Le caract�re abusif ou non de la r�siliation s'appr�cie en fonction des circonstances existant au moment o� l'auteur manifeste sa volont� de mettre un terme au contrat (arr�t 4A_130/2008 du 26 mai 2008 consid. 2.1, in SJ 2008 I p. 461). En l'esp�ce, le recourant a tout d'abord annonc� � ses employ�s que des difficult�s financi�res l'incitaient � cesser ses activit�s (r�union du 17 juillet 2008). Dans la circulaire du 26 juillet 2008, il informait le personnel que tous les contrats seraient r�sili�s pour le 30 septembre 2008. Les lettres de licenciement sont dat�es du 28 juillet 2008. Il est constant qu'avant cette date, l'employeur n'a pas consult� les travailleurs ni leur repr�sentation et, a fortiori, qu'il ne leur a pas fix� un d�lai pour se d�terminer. Ce n'est que post�rieurement � la notification des cong�s, soit lors de la r�union du personnel du 12 ao�t 2008, que les employ�s ont pu poser des questions et formuler des propositions relatives � la poursuite des activit�s de l'entreprise.
Dans ces conditions, le recourant n'a manifestement pas respect� la proc�dure de consultation institu�e � l'art. 335f CO, de sorte que le cong� signifi� � l'intim� dans le cadre du licenciement collectif est abusif au sens de l'art. 336 al. 2 let. c CO.
7.5 Pour le cas o� le licenciement est valable mais abusif, la cour cantonale consid�re que l'indemnit� doit �tre fix�e au maximum de deux mois de salaire eu �gard aux circonstances de l'esp�ce. Elle met en avant le non-respect crasse, par l'employeur, des r�gles l�gales en mati�re de consultation du personnel, le silence oppos� par le recourant � la proposition de l'intim� et une certaine duplicit� � pr�tendre que les n�gociations avec la recourante n'�taient pas encore entam�es courant juillet 2008, voire �taient embryonnaires, alors qu'elles devaient �tre � tout le moins s�rieusement engag�es.
Les recourants ne se prononcent pas sur le montant de l'indemnit�.
Aux termes de l'art. 336a al. 2 CO, l'indemnit� est fix�e par le juge, compte tenu de toutes les circonstances. Usant de son pouvoir d'appr�ciation, le juge la fixera en �quit� (art. 4 CC; ATF 123 III 391 consid. 3c p. 394). Le Tribunal f�d�ral n'intervient que si la d�cision attaqu�e s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, si elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le, ou � l'inverse, si elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 123 III 246 consid. 6a p. 255; cf. �galement ATF 135 III 259 consid. 2.5 p. 264 et les arr�ts cit�s).
En l'esp�ce, l'appr�ciation de la Cour d'appel n'appara�t pas fond�e sur des facteurs d�nu�s de pertinence. Le recourant a mis les travailleurs devant le fait accompli et n'a m�me pas �bauch� une proc�dure de consultation avec ses employ�s; il n'est pas non plus entr� en mati�re sur une proposition de reprise �manant de l'intim�. En outre, il a licenci� tous les collaborateurs alors que les pourparlers de transfert de l'entreprise �taient manifestement bien avanc�s puisque le retrait de 21 licenciements a �t� annonc� environ une semaine plus tard. Au surplus, le r�sultat auquel la cour cantonale a abouti - une indemnit� �quivalente � deux mois de salaire - ne consacre pas une iniquit� choquante.
Le salaire d�terminant est le salaire brut, auquel s'ajoutent les autres prestations de l'employeur rev�tant un caract�re salarial, comme les provisions ou le treizi�me salaire. Il convient de se fonder sur le salaire du dernier mois ou la moyenne des salaires de la derni�re ann�e (arr�t 4A_571/2008 du 5 mars 2009 consid. 5.1).
En 2008, le salaire brut de base de l'intim� se montait � 5'350 fr. par mois et les diff�rentes primes mensuelles s'�levaient � 2'500 fr. Le salaire mensuel d�terminant est ainsi de 7'850 fr., de sorte que l'indemnit� due sur la base des art. 336 al. 2 let. c et 336a al. 3 CO est fix�e � 15'700 fr. L'indemnit� pour licenciement abusif entre dans les cr�ances du travailleur �chues avant le transfert, dont l'acqu�reur r�pond solidairement avec l'ancien employeur (art. 333 al. 3 CO). Par cons�quent, les deux parties recourantes sont d�bitrices solidaires du montant de 15'700 fr., lequel portera int�r�ts � 5% (cf. art. 104 al. 1 CO) d�s le 1er octobre 2008 (cf. arr�t 4C.414/2005 du 29 mars 2006 consid. 6 et les r�f�rences).
Invoquant l'art. 321c al. 3 CO, le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir inclus, dans le salaire d�terminant pour la r�tribution des heures suppl�mentaires, la prime d'anciennet�, la prime de conduite, la prime li�e aux inconv�nients de service et la prime de responsabilit�. A son sens, il r�sulte du r�glement d'entreprise faisant partie int�grante du contrat de travail que ces primes ne sont pas comprises dans le salaire de base.
8.1 Aux termes de l'art. 321c al. 3 CO, l'employeur est tenu de r�tribuer les heures de travail suppl�mentaires qui ne sont pas compens�es par un cong� en versant le salaire normal major� d'un quart au moins, sauf clause contraire d'un accord �crit, d'un contrat-type de travail ou d'une convention collective. Le salaire normal comprend tous les �l�ments composant la r�mun�ration obligatoirement due par l'employeur, y compris le treizi�me salaire et les diverses indemnit�s pr�vues contractuellement en relation avec le travail (arr�t 4C.414/2005 du 29 mars 2006 consid. 5.2), comme, par exemple, la prime de risque (Streiff/von Kaenel, op. cit., n� 12 ad art. 321d CO p. 164) ou un suppl�ment de salaire vers� en compensation du travail de nuit ou effectu� en �quipes (Philippe Carruzzo, La r�mun�ration du travailleur et le remboursement des frais, 2007, p. 94).
8.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a constat� que les quatre primes litigieuses, allou�es syst�matiquement, faisaient partie du salaire convenu. Le recourant ne remet pas en cause cette constatation en tant que telle, mais pr�tend que, selon le contrat liant les parties, les heures suppl�mentaires �taient calcul�es exclusivement sur le salaire de base, � l'exclusion des primes susmentionn�es.
En r�sum�, les deux recours sont partiellement admis. La pr�tention de salaire de l'intim� au-del� du 1er octobre 2008 passe de 23'550 fr. � 2'616 fr.70; le montant � verser � l'intim�e est r�duit de 14'896 fr.25 � 1'457 fr. Par ailleurs, les recourants devront payer solidairement � l'intim� une indemnit� pour licenciement abusif de 15'700 fr. La subrogation de la caisse de ch�mage sur la base de l'art. 29 al. 2 LACI ne porte que sur le salaire ou une cr�ance assimil�e au sens de l'art. 11 al. 3 LACI; ces pr�tentions ne comprennent pas l'indemnit� pour cong� abusif (Charles Munoz, La fin du contrat individuel de travail et le droit aux indemnit�s de l'assurance-ch�mage, 1992, p. 105 et p. 199). L'intim�e n'est ainsi pas subrog�e dans les droits de l'intim� � une indemnit� pour licenciement abusif. Enfin, comme il y a eu transfert des rapports de travail, la recourante reste, solidairement avec le recourant, d�bitrice de la somme brute de 77'401 fr.07 � titre de r�mun�ration des heures suppl�mentaires.
Devant le Tribunal f�d�ral, les recourants contestaient devoir quoi que ce soit � l'intim�. Ils obtiennent finalement que la pr�tention globale du travailleur passe de pr�s de 101'000 fr. � environ 95'700 fr., soit une r�duction de l'ordre de 5%. Dans ces conditions, il se justifie de mettre les frais judiciaires aff�rents � chacun des recours � raison de 9/10�mes � la charge de chaque recourant et 1/10�me � la charge de l'intim� (art. 66 al. 1 LTF). Comme, � l'ouverture de l'action, les conclusions de la demande d�passaient 30'000 fr., l'�molument judiciaire ne sera pas r�duit (cf. art. 65 al. 4 let. c LTF; ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41). En outre, les recourants verseront � l'intim� des d�pens r�duits dans la m�me proportion que celle appliqu�e aux frais.
Aucun �molument judiciaire ni d�pens ne seront mis � la charge de l'intim�e.
Les recours sont partiellement admis et l'arr�t attaqu� est r�form� dans le sens suivant:
X.________ SA et Y.________ sont condamn�s, solidairement entre eux, � payer � C.________ la somme brute de 2'616 fr.70, plus int�r�ts � 5% d�s le 31 d�cembre 2008, � charge pour eux de s'acquitter des prestations sociales, sous d�duction de la somme nette de 1'457 fr., plus int�r�ts � 5% d�s le 3 f�vrier 2009, qui sera vers�e � la Caisse V.________.
X.________ SA et Y.________ sont condamn�s, solidairement entre eux, � payer � C.________ la somme nette de 15'700 fr., plus int�r�ts � 5% d�s le 1er octobre 2008.
L'arr�t attaqu� est confirm� en tant que X.________ SA et Y.________ sont condamn�s � payer � C.________ la somme brute de 77'401 fr.07, plus int�r�ts � 5% d�s le 31 d�cembre 2008, � charge pour eux de s'acquitter des prestations sociales.
Les frais judiciaires aff�rents au recours interjet� par X.________ SA, arr�t�s � 4'000 fr., sont mis � raison de 3'600 fr. � la charge de la recourante et � raison de 400 fr. � la charge de l'intim� C.________.
Les frais judiciaires aff�rents au recours interjet� par Y.________, arr�t�s � 4'500 fr., sont mis � raison de 4'050 fr. � la charge du recourant et � raison de 450 fr. � la charge de l'intim� C.________.
Une indemnit� de 4'000 fr., � payer � titre de d�pens r�duits � l'intim� C.________, est mise � la charge de la recourante X.________ SA.
Une indemnit� de 4'400 fr., � payer � titre de d�pens r�duits � l'intim� C.________, est mise � la charge du recourant Y.________.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties, � la Caisse V.________ et � la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve.