Source: http://www.fraap.org/article232.html
Timestamp: 2018-08-21 10:08:59+00:00
Document Index: 295754645

Matched Legal Cases: ['art. 2', 'art. 12', 'art. 3', 'art. 4', 'art. 5', 'art. 6', 'art. 7', 'art. 8', 'art. 9', 'art. 10', 'art. 11']

Décret et circulaire sur l'obligation de décoration des bâtiments publics, dit 1% - FRAAP
Décret et circulaire sur l’obligation de décoration des bâtiments publics, dit 1%
Décret n° 2002-677 du 29 avril 2002 - version consolidée au 6 février 2005
Le texte du décret et la circulaire d’application qui explicite certains points du décret.
Décret n°2002-677 du 29 avril 2002
Décret relatif à l’obligation de décoration des constructions publiques et précisant les conditions de passation des marchés ayant pour objet de satisfaire à cette obligation
version consolidée au 6 février 2005 - version JO initiale
Vu le code de l’éducation, notamment son article L. 211-7 ;
Vu la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 modifiée relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’oeuvre privée ;
_Vu le décret n° 82-390 du 10 mai 1982 modifié relatif aux pouvoirs des préfets de région, à l’action des services et organismes publics de l’Etat dans les régions et aux décisions de l’Etat en matière d’investissement public, notamment son article 36 ;
Chapitre Ier : De l’obligation de décoration des constructions publiques.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 2 (JORF 6 février 2005).
Les opérations immobilières ayant pour objet la construction et l’extension de bâtiments publics ou la réalisation de travaux de réhabilitation dans le cas d’un changement d’affectation, d’usage ou de destination de ces bâtiments donnent lieu à l’achat ou à la commande d’une ou de plusieurs réalisations artistiques destinées à être intégrées dans l’ouvrage ou ses abords.
L’obligation prévue au premier alinéa s’applique aux opérations dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par l’Etat ou par ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, ainsi que par leur mandataire et par toute personne agissant pour leur compte, notamment dans le cas prévu par l’article L. 211-7 du code de l’éducation.
Cette obligation ne s’applique pas aux opérations immobilières de l’Etat et de ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial qui, en raison de leur nature, ne justifient pas la présence d’une réalisation artistique. Un arrêté conjoint du ministre chargé de la culture et du ministre intéressé définit les opérations ou catégories d’opérations exemptes de cette obligation.
La restauration des oeuvres issues des obligations de décoration des constructions publiques incombe au maître de l’ouvrage ou, le cas échéant, à la personne publique responsable de l’entretien de l’ouvrage, qui peut solliciter l’apport financier de partenaires publics et privés.
Nota : Décret 2005-90 2005-04-02 art. 12 : Spécificité d’application.
Le montant, toutes taxes comprises, des sommes affectées au respect de l’obligation mentionnée à l’article 1er est égal à 1 % du montant hors taxes du coût prévisionnel des travaux, tel qu’il est établi par le maître d’oeuvre à la remise de l’avant-projet définitif. Il ne peut excéder deux millions d’euros. Le coût prévisionnel qui sert de base à ce calcul ne comprend pas les dépenses de voirie et réseaux divers ni celles d’équipement mobilier.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 3 (JORF 6 février 2005).
Les dispositions du premier et du dernier alinéas de l’article 1er et de l’article 2 s’appliquent également, dans les limites fixées par l’article L. 1616-1 du code général des collectivités territoriales, aux constructions dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par les collectivités territoriales ou leurs groupements.
Les réalisations artistiques mentionnées à l’article 1er sont des oeuvres plastiques et graphiques entrant dans les catégories définies aux 7° à 10° de l’article L. 112-2 du code de la propriété intellectuelle.
Il peut s’agir en outre d’oeuvres utilisant de nouvelles technologies ou faisant appel à d’autres interventions artistiques, notamment pour l’aménagement d’espaces paysagers, la conception d’un mobilier original ou la mise au point d’une signalétique particulière.
Le montant défini à l’article 2 inclut le coût des prestations nécessaires à la conception, la réalisation, l’acheminement et l’installation des oeuvres et les taxes afférentes ainsi que les indemnités prévues à l’article 13, mais non le coût des études de maîtrise d’oeuvre nécessaires à l’intégration de l’oeuvre artistique dans l’ouvrage.
Lorsque des opérations immobilières relevant de plusieurs des personnes publiques mentionnées à l’article 1er et à l’article 3 sont conduites simultanément sur un même site, le montant affecté à l’achat ou à la commande artistique peut être calculé de façon globale. Si les opérations immobilières relèvent de plusieurs maîtres d’ouvrage, ceux-ci mandatent l’un d’eux pour passer une commande unique.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 4 (JORF 6 février 2005).
Lorsque le montant calculé en application de l’article 2 est inférieur à 30 000 Euros HT, la personne responsable du marché peut, après avis du maître d’oeuvre, de l’utilisateur de l’ouvrage et du directeur régional des affaires culturelles, commander ou acheter une ou plusieurs oeuvres d’art à un ou plusieurs artistes vivants. En cas de commande, les dispositions du deuxième alinéa sont applicables.
Lorsque le même montant est égal ou supérieur à 30 000 Euros HT, la personne responsable du marché arrête son choix dans les conditions prévues à l’article 12 après avis du comité artistique mentionné à l’article 7 et selon la procédure mentionnée aux premier et deuxième alinéas de l’article 8.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 5 (JORF 6 février 2005).
I. - Pour les opérations immobilières relevant de l’article 6 et situées sur le territoire national, le maître de l’ouvrage constitue un comité artistique qui comprend :
1° Le maître de l’ouvrage ou son représentant, qui en assure la présidence ;
2° Le maître d’oeuvre ;
3° Le directeur régional des affaires culturelles ou son représentant ;
4° Un représentant des utilisateurs du bâtiment ;
5° Trois personnalités qualifiées dans le domaine des arts plastiques :
a) Une désignée par le maître de l’ouvrage ;
b) Deux désignées par le directeur régional des affaires culturelles, dont une choisie sur une liste établie par les organisations professionnelles d’artistes.
Le directeur régional des affaires culturelles ou son représentant est rapporteur des projets devant le comité. Le préfet de région peut désigner un rapporteur adjoint au sein des services de l’Etat.
Le président du comité peut inviter un représentant de la commune du lieu d’implantation de la construction à assister avec voix consultative aux travaux du comité.
II. - Pour les opérations immobilières relevant de l’article 6 et situées hors du territoire national, le maître de l’ouvrage constitue un comité artistique qui comprend :
1° Le maître de l’ouvrage ou son représentant, qui en assure la présidence et a voix prépondérante en cas de partage égal des voix ;
2° L’ambassadeur ou son représentant ;
3° Le maître d’oeuvre ;
4° Le délégué aux arts plastiques ou son représentant ;
5° Deux personnalités qualifiées dans le domaine des arts plastiques, dont l’une est désignée par le maître de l’ouvrage et l’autre par l’ambassadeur.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 6 (JORF 6 février 2005).
Le comité artistique est saisi par le maître de l’ouvrage dès l’approbation de l’avant-projet sommaire. Il élabore, compte tenu du montant calculé conformément à l’article 2, le programme de la commande artistique, qui précise notamment la nature et l’emplacement de la réalisation envisagée et le soumet à l’approbation du maître de l’ouvrage.
Le programme de la commande artistique fait l’objet de la part du maître de l’ouvrage d’une publicité adaptée permettant une information suffisante des artistes, en fonction de la nature et du montant de la commande. Le maître de l’ouvrage indique le nombre d’artistes qu’il consultera. Peut être négociée sans publicité préalable toute commande qui ne peut être confiée qu’à un prestataire déterminé pour des raisons techniques, artistiques ou tenant à la protection des droits d’exclusivité.
Le comité artistique consulte un ou plusieurs artistes qui lui remettent leurs projets. Il les entend, le cas échéant. Il propose un ou plusieurs des projets au maître de l’ouvrage.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 7 (JORF 6 février 2005).
Lorsque l’importance ou le caractère novateur d’un projet le justifie, le maître de l’ouvrage peut décider de faire examiner le projet par la commission artistique nationale à laquelle il transmet les propositions du comité artistique.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 8 (JORF 6 février 2005).
La commission artistique nationale est coprésidée par le ministre chargé de la culture et le ministre dont relève l’opération immobilière ou leurs représentants.
Elle comprend, outre ses coprésidents :
a) Le directeur de l’architecture et du patrimoine au ministère chargé de la culture ou son représentant ;
b) Le délégué aux arts plastiques au ministère chargé de la culture ou son représentant ;
c) Le cas échéant, le maître de l’ouvrage ou son représentant ;
d) Le cas échéant, le chef ou responsable des services du ministère intéressé ou le chef de juridiction territorialement compétents ou un représentant des utilisateurs ;
e) Pour les constructions réalisées sur le territoire national, le maire de la commune du lieu d’implantation, si la commune n’est pas le maître de l’ouvrage ;
2° Des personnalités nommées pour trois ans par le ministre chargé de la culture :
a) Un artiste et un architecte ;
b) Deux personnalités qualifiées dans le domaine des arts plastiques, dont une sur proposition des organisations professionnelles d’artistes.
La commission artistique nationale émet un avis sur les projets proposés par les comités artistiques dans les cas prévus à l’article 9.
La délégation aux arts plastiques assure le secrétariat de la commission.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 9 (JORF 6 février 2005).
La commission artistique nationale entend le maître d’oeuvre de l’opération immobilière et le ou les artistes dont le projet a été proposé. Elle peut en outre entendre, à l’initiative de son président ou de l’un de ses membres, toute personne dont l’audition lui paraît utile.
Elle émet, dans un délai de trois mois à compter de leur saisine, un avis sur les projets qui leur sont soumis. A défaut, le maître de l’ouvrage peut choisir l’un des projets retenus par le comité artistique.
Les avis de la commission artistique nationale sont adressés au maître de l’ouvrage.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 10 (JORF 6 février 2005).
Le maître de l’ouvrage arrête son choix, après avis du comité artistique et, le cas échéant, de la commission artistique nationale, par une décision motivée. Il en informe l’ensemble des candidats. Le maître de l’ouvrage signe la ou les commandes artistiques, au plus tôt dix jours après avoir procédé à cette information.
Lorsque la commande émane d’une des personnes mentionnées à l’article 1er et que son montant total est supérieur à 150 000 euros HT, le maître de l’ouvrage envoie un avis d’attribution du marché ou des marchés à l’Office des publications de l’Union européenne.
Lorsque la commande émane d’une des personnes mentionnées à l’article 3 et que son montant total est supérieur à 230 000 euros HT, le maître de l’ouvrage envoie un avis d’attribution du marché ou des marchés à l’Office des publications de l’Union européenne.
Les artistes ayant présenté au comité artistique un projet non retenu reçoivent une indemnité. Le total des indemnités ne peut dépasser 20 % du montant défini à l’article 2. Le maître de l’ouvrage peut décider, sur proposition du comité artistique, de supprimer ou de réduire le montant de l’indemnité en cas d’insuffisance manifeste du projet présenté par un candidat.
Les dispositions du présent décret s’appliquent aux opérations immobilières pour lesquelles l’avant-projet sommaire n’a pas été approuvé par le maître de l’ouvrage à la date de publication de ce décret.
1° Le décret n° 93-431 du 23 mars 1993 relatif à la création de commissions régionales de réalisations plastiques au titre du 1 % du ministère de l’éducation nationale ;
2° L’arrêté du 5 janvier 1978 du ministre de la culture et de l’environnement et du secrétaire d’Etat au tourisme relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées ou subventionnées par le ministère de la culture et de l’environnement ;
3° L’arrêté du 24 janvier 1980 du ministre des affaires étrangères et du ministre de la culture et de la communication fixant les dispositions relatives aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées par le ministère des affaires étrangères ;
4° L’arrêté du 1er février 1980 du ministre de l’environnement et du cadre de vie et du ministre de la culture et de la communication fixant les dispositions relatives aux travaux de décoration dans les constructions réalisées ou subventionnées par le ministère de l’environnement et du cadre de vie ;
5° L’arrêté du 5 février 1980 du ministre de la coopération et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées par le ministère de la coopération ;
6° L’arrêté du 15 février 1980 du ministre du travail et de la coopération et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées par le ministère du travail et de la participation ;
7° L’arrêté du 29 février 1980 du ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs et du ministre de la culture et de la communication fixant les dispositions relatives aux travaux de décoration dans les constructions sportives et socio-éducatives réalisées par le ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs, dont l’Etat est propriétaire ;
8° L’arrêté du 28 mars 1980 du ministre de l’industrie et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées ou subventionnées par le ministère de l’industrie ;
9° L’arrêté du 18 juin 1980 du ministre des transports et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées par le ministère des transports ;
10° L’arrêté du 24 juin 1980 du ministre de l’agriculture et du ministre de la culture et de la communication relatif à la réalisation de travaux de décoration dans les constructions du ministère de l’agriculture ;
11° L’arrêté du 24 juin 1980 du ministre de l’économie, du ministre du budget et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions exécutées par le ministère de l’économie et par le ministère du budget ;
12° L’arrêté du 2 juillet 1980 du ministre de la culture et de la communication et du secrétaire d’Etat aux postes et télécommunications et à la télédiffusion relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les constructions réalisées par le secrétariat d’Etat aux postes et télécommunications et à la télédiffusion ;
13° L’arrêté du 11 août 1980 du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration des équipements de la justice à réaliser au titre du 1 % ;
14° L’arrêté du 17 octobre 1980 du ministre de l’intérieur et du ministre de la culture et de la communication relatif aux travaux de décoration au titre du 1 % dans les édifices construits par le ministère de l’intérieur ;
15° L’arrêté du 10 mai 1981 du ministre de l’environnement et du cadre de vie, du ministre du travail et de la participation, du ministre de l’agriculture, du ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, du ministre de la culture et de la Communication et du secrétaire d’Etat aux postes et télécommunications et à la télédiffusion relatif à la Commission nationale des travaux de décoration des édifices publics siégeant auprès du ministère de la culture et de la communication ;
16° L’arrêté du 10 mai 1981 du ministre de l’environnement et du cadre de vie, du ministre du travail et de la participation, du ministre de l’agriculture, du ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, du ministre de la culture et de la communication et du secrétaire d’Etat aux postes et télécommunications et à la télédiffusion relatif aux commissions régionales des travaux de décoration et réalisations plastiques des édifices publics ;
17° L’arrêté du 23 mars 1993 du ministre de l’éducation nationale et de la culture et du ministre de l’intérieur et de la sécurité publique relatif aux réalisations plastiques exécutées pour les constructions relevant du ministère de l’éducation nationale.
Modifié par Décret n°2005-90 du 4 février 2005 art. 11 (JORF 6 février 2005).
Le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, la ministre de l’emploi et de la solidarité, la garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de l’intérieur, le ministre de l’éducation nationale, le ministre des affaires étrangères, le ministre de la défense, le ministre de l’équipement, des transports et du logement, la ministre de la culture et de la communication, le ministre de l’agriculture et de la pêche, le ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, la ministre de la jeunesse et des sports, le ministre de la recherche et le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Circulaire du 16 août 2006 relative à l’application du décret no 2002-677 du 29 avril 2002 relatif à l’obligation de décoration des constructions publiques, modifié par le décret no 2005-90 du 4 février 2005 NOR : MCCB0600594C
code de la propriété intellectuelle, notamment son article L.112-2 ;
code général des collectivités territoriales, notamment son article L.1616-1 ;
décret no 2005-90 du 4 février 2005 modifiant le décret no 2002-677 du 29 avril 2002 relatif à l’obligation
objet de satisfaire à cette obligation ;
code des marchés publics annexé au décret no 2006-975 du 1er août 2006, notamment son article 71.
La procédure d’obligation de décoration des constructions publiques dite « du 1 %», régie par le décret du 29 avril 2002 modifié, consiste à consacrer 1 % du coût d’une construction publique à la réalisation d’une ou de plusieurs œuvres d’art originales d’artistes vivants, destinées à s’insérer dans l’espace public. Le décret du
4 février 2005 a modifié ce régime en poursuivant un double objet :
simplifier les procédures administratives, dans le cadre de la stratégie gouvernementale de simplification et
d’allègement des procédures administratives ;
insérer des dispositions spécifiques relevant du code des marchés publics résultant du décret no 2004-15 du 7 janvier 2004, et notamment de son article 31(1).
Le chapitre II du décret du 29 avril 2002 modifié définit une procédure spécifique de passation des marchés dont le respect s’impose tout autant que celui des principes généraux gouvernant la commande publique. L’un des objectifs a été de réduire le nombre de commissions et le nombre de seuils, ainsi que de responsabiliser les
opérateurs, avec l’ambition d’associer les artistes en amont du projet, en coopération avec l’architecte et les équipes de maîtrise d’ouvrage. L’étendue du champ de l’intervention artistique, prévue par le décret d’avril 2002, est réaffirmée.
(1) Devenu l’article 71 du code des marchés publics résultant du décret no 2006-975 du 1er août 2006.
I. Opérations immobilières relevant de l’obligation du « 1 %»
Les opérations immobilières auxquelles s’applique cette obligation sont celles ayant pour objet :
la construction et l’extension de bâtiments publics ;
la réalisation de travaux de réhabilitation de bâtiments publics lorsque ces travaux se traduisent par un changement d’affectation, d’usage ou de destination desdits bâtiments. Par réhabilitation, il convient d’entendre une profonde remise en état d’un bâtiment existant. Les travaux d’entretien courant et de maintenance du patrimoine public ne sont donc pas à prendre en considération.
Entrent seuls dans le champ d’application du décret les travaux de réhabilitation de bâtiments publics dont la finalité est le déploiement au sein du bâtiment considéré d’une activité totalement différente de celle qui y était, auparavant, exercée (changement d’usage ou de destination).
Enfin, un changement dans l’affectation administrative du bâtiment sur lequel sont entrepris des travaux de réhabilitation oblige également au respect de la procédure du « 1 %».
Les dispositions du décret no 2002-677 du 29 avril 2002 modifié sont à appliquer au regard de l’article 12 du décret no 2005-90 du 4 février 2005.
L’article 12 du décret du 4 février 2005 est une disposition transitoire qui concerne les opérations de « 1 %» pour lesquelles, à la date de son entrée en vigueur (soit le 7 février 2005), soit :
le maître de l’ouvrage n’avait pas encore passé une commande ou acheté une œuvre en application du premier alinéa de l’article 6 du décret du 29 avril 2002 ;
le maître de l’ouvrage n’avait pas encore saisi le comité artistique en application du premier alinéa de l’article 8 du même décret.
3. Les personnes morales de droit public soumises au « 1 %»
Il s’agit de l’Etat et des établissements publics placés sous sa tutelle, autres que ceux présentant un caractère industriel et commercial, lorsqu’ils assurent la maîtrise d’ouvrage d’une construction publique. La même obligation s’impose aux opérations immobilières dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par un mandataire ( Est entendu par ce terme le mandataire investi d’une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage (cf. articles 3 et 4 de la loi du 12 juillet 1985, modifiée, relative à la maîtrise d’ouvrage))
de ces personnes publiques ou par une personne agissant pour leur compte, notamment dans le cas prévu à l’article L.211-7 du code de l’éducation, lequel ouvre à l’Etat la possibilité de confier, par convention, aux collectivités territoriales ou à leurs groupements, la maîtrise d’ouvrage de constructions ou d’extensions d’établissements d’enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l’enseignement supérieur ou du ministre de l’agriculture.
En ce qui concerne les collectivités territoriales et leurs groupements, l’obligation du « 1 %» est limitée aux seules constructions neuves des communes, départements et régions qui faisaient l’objet au 23 juillet 1983 de la même obligation à la charge de l’Etat (3) en vertu de l’article L.1616-1 du CGCT. Cette obligation ne trouve donc à s’appliquer que dans le cadre des compétences « transférées » par les lois de décentralisation.
En dehors du cadre des compétences transférées par la loi, les collectivités territoriales peuvent néanmoins prendre spontanément l’initiative d’une procédure de « 1 %», si elles le souhaitent, comme bon nombre d’entre elles l’ont fait depuis l’existence de ce texte. Il en va de même pour les établissements publics à caractère
industriel ou commercial et les sociétés dépendant des collectivités publiques. Dans ces cas de figure, il est recommandé D’appliquer la procédure prévue par le décret du 29 avril 2002 modifié.
4. Opérations immobilières non soumises à l’obligation du "1 %"
L’article 1er du décret du 29 avril 2002 modifié dispose, dans son dernier alinéa, que certaines des opérations immobilières de l’Etat et de ses établissements publics (autres que ceux à caractère industriel ou commercial) ne justifient pas, en raison de leur nature, la présence d’une réalisation artistique. La définition des opérations
exemptes de cette obligation est renvoyée à un arrêté conjoint du ministre intéressé et du ministre chargé de la culture.
Il s’agit de limiter cette exclusion aux seuls bâtiments militaires ou civils résolument hors du champ public ou tenus secrets, en permettant néanmoins la décoration de bâtiments plus courants, même s’ils ne reçoivent que des agents publics (casernes, etc.).
Ainsi, des arrêtés bilatéraux, conclus avec les ministères de la défense (arrêté du 22 mars 2005) et de l’intérieur (arrêté du 30 septembre 2003) notamment, précisent ces exclusions (cf. annexes I et II). Quant aux établissements pénitentiaires, qui dépendent du ministère de la justice, ils entrent dans le champ d’application du « 1 %».
En matière de santé, les opérations immobilières entrant dans le champ d’application du « 1 %» sont celles réalisées par le ministère chargé de la santé et par ses services déconcentrés pour leurs propres besoins. S’agissant des opérations réalisées par les établissements publics de santé, seuls les trois établissements publics nationaux entrent dans le champ d’application du décret du 29 avril 2002 modifié, à savoir : le centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts, l’établissement public national de Fresnes et l’hôpital national de Saint-Maurice dans le Val-de-Marne.
Les autres établissements publics de santé n’étant pas des établissements publics nationaux et n’étant, en outre, pas expressément mentionnés par le décret, ils ne sont donc pas soumis à l’obligation du « 1 %».
Toutefois, il est possible à un hôpital de se soumettre volontairement au « 1 %». En effet, les deux ministères chargés de la santé et de la culture sont convenus de l’importance d’une politique de la commande publique d’œuvres d’art pour les hôpitaux et leurs abords, dans la mesure des moyens disponibles, même si la somme dégagée pour des interventions artistiques n’atteint pas 1 % du montant des travaux. En cas de
commande artistique, il est recommandé au maître d’ouvrage de s’appuyer sur la procédure existante.
5. Assiette et mode de calcul de l’enveloppe du « 1 %»
Le coût des travaux servant de base au calcul de l’enveloppe consacrée au « 1 %» est celui exprimé, hors taxes, à la remise de l’avant-projet définitif (APD).
Le coût prévisionnel des travaux, hors taxes, figurant à l’APD, exclut les dépenses de voirie et réseaux divers, comme celles d’équipement mobilier (voir, à cet égard, l’article 2 du décret du 29 avril 2002 modifié).
Sont ainsi exclues de l’assiette servant de base de calcul de l’enveloppe du « 1 %» les dépenses relatives aux études de géomètre et de sondage. En revanche, les dépenses relatives aux fondations spéciales sont à prendre en compte.
Le montant toutes taxes comprises des sommes permettant de répondre à l’obligation du « 1 %» est égal à 1 % du montant hors taxes du coût prévisionnel des travaux établis à l’APD. Ce montant ne peut excéder deux millions d’euros.
II. Nature des prestations artistiques susceptibles d’être réalisées
et modalités de mise en œuvre de la procédure du « 1 %»
Les œuvres susceptibles d’être commandées dans le cadre du « 1 %» sont des œuvres d’art originales mentionnées à l’article L.112-2 du code de la propriété intellectuelle. Il convient de permettre l’intervention des artistes dans toute la diversité de la création plastique contemporaine.
Il peut s’agir d’œuvres de dessin, de peinture, de sculpture, de gravure, de lithographie,aussi bien que d’œuvres graphiques et typographiques, d’œuvres photographiques, d’œuvres utilisant la lumière et d’œuvres appartenant à la catégorie des arts appliqués. Le « 1 %» peut aussi concerner des œuvres utilisant les nouvelles
technologies ou faisant appel à d’autres disciplines artistiques, notamment pour le traitement des abords et l’aménagement d’espaces paysagers, la conception d’un mobilier original ou la mise au point d’une signalétique particulière. La combinaison de plusieurs de ces interventions est possible dans le cadre d’une même construction.
S’agissant du mobilier, il est précisé que seules les créations artistiques originales entrent dans le champ d’application du décret, qu’elles soient réalisées à l’issue d’une commande via le « 1% » ou vendues par un intermédiaire, tel qu’un fabricant de meubles.
L’esprit du décret du 29 avril 2002 modifié, qui souhaite « donner à voir à l’occasion de la réalisation d’une construction publique », doit inciter les responsables du « 1% » à faire coïncider la durée de l’œuvre choisie et celle de la construction considérée. Les œuvres éphémères apparaissent donc à déconseiller dans un tel dispositif.
7. Le comité artistique est l’instance compétente pour l’examen des projets
La simplification du dispositif du « 1% » se traduit par la suppression de la commission artistique régionale. L’instance de droit commun d’examen des dossiers de décoration devient le comité artistiqueétabli par le maître d’ouvrage. Il intervient pour toutes les commandes quel qu’en soit le montant. Seuls les achats inférieurs à 30000 euros hors taxes en sont dispensés.
Le comité artistique est l’instance au sein de laquelle s’exerce la concertation permettant au maître d’ouvrage de choisir au titre du « 1% » une ou plusieurs œuvres d’artistes vivants. Il diffère du « comité de pilotage », tel que le prévoyait le décret du 29 avril 2002, en ce sens qu’il est la seule instance, hormis la commission nationale, qui exprime un avis sur les projets artistiques. Le comité artistique exerce un rôle de conseil auprès du maître d’ouvrage.
La suppression de la commission artistique régionale s’accompagne du renforcement du comité artistique, qui comportera désormais en son sein une personnalité qualifiée supplémentaire.
Le comité artistique, présidé par le maître d’ouvrage, est composé de sept personnes :
quatre personnes représentant le maître d’ouvrage (le maître d’ouvrage, président ; le maître d’œuvre ; un utilisateur du bâtiment et une personnalité qualifiée nommée par le maître d’ouvrage) ;
trois autres membres : le directeur régional des affaires culturelles et deux personnalités qualifiées (dont une choisie sur une liste établie par les organisations professionnelles d’artistes), nommées par ce directeur.
Afin de permettre au directeur régional des affaires culturelles de désigner, pour chaque comité artistique, la personnalité qualifiée représentant les organisations professionnelles, ces dernières proposeront, chacune ou ensemble, le nom de leur(s) représentant(s). Ces propositions s’effectueront, pour chaque région, par écrit auprès du préfet de région, à l’attention du directeur régional des affaires culturelles. De façon à permettre un renouvellement des artistes au sein des comités artistiques, les organisations professionnelles pourront proposer des représentants par période de deux ans. Par « organisations professionnelles d’artistes », on entend les structures dont le seul objet est la défense des intérêts matériels et moraux des artistes relevant du champ des arts graphiques et plastiques.
Les deux autres personnalités qualifiées sont nommées intuitu personae, l’une par le maître d’ouvrage et l’autre par le directeur régional des affaires culturelles parmi des professionnels œuvrant dans le domaine de la création (critique, historien, commissaire d’exposition, directeur artistique, artiste, urbaniste, architecte...) - (En cas de participation au comité artistique d’un agent du maître d’ouvrage qui passe le marché, il est rappelé que l’instruction pour l’application du code des marchés publics du 7 mars 2001 précisait que « les membres intéressés à la conclusion du marché ne peuvent prendre part aux travaux de la commission d’appel d’offres, sous peine de risquer de commettre une infraction pénale relative à la prise illégale d’intérêt et de conduire sur le plan administratif à l’annulation de la décision d’attribution du marché ».)
S’agissant de la personnalité qualifiée désignée par le maître d’ouvrage, ce dernier peut solliciter le directeur régional des affaires culturelles afin qu’il lui propose des professionnels dans le domaine des arts plastiques.
Lorsque l’opération immobilière est réalisée au profit du ministère de la défense, le maître d’ouvrage peut désigner au titre des personnalités qualifiées un représentant des associations des peintres des armées.
Le défraiement des personnalités qualifiées, membres du comité artistique (transports, repas) sera pris en charge par le maître d’ouvrage dans les conditions prévues par la réglementation applicable aux fonctionnaires de l’Etat et aux collectivités territoriales.
La possibilité d’inviter à siéger au sein du comité, à titre consultatif, un conseiller de la commune sur le territoire de laquelle est implantée la construction devrait être largement utilisée.
Il convient que le comité artistique soit constitué par le maître de l’ouvrage dès l’approbation de l’avant- projet sommaire (APS).
Dans un premier temps, le comité artistique est chargé de l’élaboration du programme de la commande artistique, dans lequel sont précisés la nature et l’emplacement de la réalisation envisagée. Il est souhaitable que le programme spécifie également les enjeux et les attentes de la commande. Ce programme, soumis à l’approbation du maître d’ouvrage, est communiqué aux artistes (cf. infra 11,
publicité préalable).
Il est souhaitable que le comité artistique se réunisse et arrête son choix le plus en amont possible de la construction afin, le cas échéant, que les travaux préparatoires à l’installation de l’œuvre soient inclus dans le cadre du programme de travaux du bâtiment. Il importe en outre qu’une concertation entre le maître d’œuvre et
l’artiste retenu se développe tout au long du projet. A cet effet, le maître d’ouvrage pourra dans le règlement de consultation de la maîtrise d’œuvre préciser que la construction fera l’objet d’une procédure de « 1% ».
Il est en outre souhaitable qu’un règlement intérieur du comité artistique soit élaboré afin de préciser les modalités de travail et, au cas par cas, les critères de choix des artistes ou projets, même sommairement. Des éléments pour la rédaction de ce document sont annexés à la présente circulaire. Des informations complémentaires pourront être fournies sur demande adressée au ministère de la culture et de la communication (délégation aux arts plastiques - bureau de l’économie et des professions) ou auprès des directions régionales des affaires culturelles.
La direction régionale des affaires culturelles est rapporteur des projets. Son rôle consiste à présenter dans un premier temps les artistes candidats et leurs références et, dans un second temps, les projets artistiques proposés par les artistes consultés. L’organisation des réunions et leur suivi relèvent du maître d’ouvrage.
Le décret du 29 avril 2002 modifié prévoit également la possibilité pour le préfet de région de nommer, en tant que de besoin, un rapporteur adjoint. En concertation avec le maître d’ouvrage, il peut désigner un service de l’Etat territorialement compétent sur le projet de « 1% » considéré pour assurer ce rôle aux côtés de la direction régionale des affaires culturelles.
8. Les dispositions applicables aux projets artistiques dont le coût est inférieur à 30000 euros hors taxes
Dans le cas de projets artistiques d’un coût inférieur à 30000 euros hors taxes, il est prévu que le maître d’ouvrage puisse soit acheter une œuvre, soit commander une œuvre à un
8.1. La procédure d’achat
Si le maître d’ouvrage opte pour la procédure d’achat, il choisit une ou plusieurs œuvres après consultation de trois personnes : le maître d’œuvre, l’utilisateur du bâtiment et le directeur régional des affaires culturelles.
Cette procédure de consultation restreinte prévue pour les achats est préconisée par souci de simplification. Toutefois, l’opérateur conserve la faculté de constituer un comité artistique et d’en suivre les recommandations, même pour un montant inférieur à 30000 euros hors taxes.
Il est recommandé que l’achat se fasse par l’intermédiaire d’une galerie si l’artiste est représenté par une galerie d’art ou directement auprès de l’artiste, si tel n’est pas le cas. Un achat de mobilier original de créateur est également possible. Des visites d’ateliers d’artistes, de galeries, des consultations de dossiers de référence
pourront être organisées afin de procéder au choix de l’œuvre.
Bien que les achats d’œuvres d’art existantes ne soient pas soumis aux dispositions du code des marchés publics (voir à cet égard le 11o de l’article 3 du titre Ier de ce code), le maître d’ouvrage pourra mettre en œuvre des mesures de publicité. Cette publicité pourra être faite par tout moyen approprié, notamment sur le site internet du ministère de la culture et de la communication.
8.2. Commande dont le montant est inférieur à 30000 euros hors taxes
Dans le cas où le maître d’ouvrage opterait pour une commandeet non un achat, il doit arrêter son choix après avis du comité artistique et respecter la procédure décrite à l’article 7.1 de la présente circulaire.
La commission nationale connaît des projets qui lui sont adressés à l’initiative du maître d’ouvrage, en sa qualité de président du comité artistique, lorsque l’importance ou le caractère novateur d’un projet le justifie. L’envergure du projet, les critères financiers et d’innovation esthétique sont ici déterminants. Des grands projets d’aménagements territoriaux, des projets conduits par des établissements publics d’aménagement urbain, sont susceptibles d’être concernés par cette possibilité. Le maître d’ouvrage appréciera, en concertation avec le préfet de région, la pertinence d’un tel renvoi.
10. La procédure du 1% pour les projets sis à l’étranger
Le décret du 29 avril 2002 modifié a complété les dispositions applicables aux projets réalisés à l’étranger. La formule retenue fait également appel au comité artistique, mais dans une composition différente de celle prévue pour les projets situés en France.
Ce comité artistique particulier est composé de six membres : le maître de l’ouvrage, l’ambassadeur du pays concerné, le maître d’œuvre, le délégué aux arts plastiques et deux personnalités qualifiées dans le domaine des arts plastiques, dont l’une désignée par le maître de l’ouvrage et l’autre par l’ambassadeur. En cas de partage des voix, le maître d’ouvrage a voix prépondérante. La présidence de ce comité est assurée par le maître d’ouvrage, à savoir le représentant du ministère des affaires étrangères, qui associe au comité artistique, si besoin est, un représentant des administrations
concernées (Agence pour l’enseignement français à l’étranger, pour les établissements scolaires, direction des relations économiques extérieures, pour les missions économiques financières, par exemple). Dans le cas où un autre ministère est maître d’ouvrage, l’ambassadeur auprès du pays concerné a pouvoir pour le représenter.
Les conditions de saisine et de fonctionnement de ce comité ainsi que les modalités de mise en œuvre des mesures de publicité sont identiques à celles applicables aux opérations situées sur le territoire national. Le maître d’ouvrage peut, s’il le souhaite, confier la mission de rapporteur des projets devant le comité artistique au délégué pour les arts plastiques.
11. L’obligation de publicité préalable
Le nouveau régime, qui fait application de l’article 71 du code des marchés publics, introduit une obligation de publicité préalable pour le maître d’ouvrage quel que soit le montant du « 1 %». Ainsi, après avoir réuni le comité artistique qui élabore le programme de la commande artistique (précisant notamment la nature et l’emplacement de la réalisation envisagée), le maître de l’ouvrage rend public le programme de la commande artistique. Les frais de publicité sont pris en charge sur le budget dévolu au « 1 %».
L’article 8 du décret du 29 avril 2002 modifié prévoit que le maître d’ouvrage doit choisir un type de publicité « adaptée, permettant une information suffisante des artistes, en fonction de la nature et du montant de la commande ».
L’information mise en ligne sur le site internet du maître d’ouvrage ou sur d’autres sites repérés professionnellement (organismes, institutions, associations d’élus, par exemple) est souhaitable mais elle n’est pas toujours suffisante. L’information traditionnelle par voie d’affichage, bulletins divers, journaux est également possible, voire conseillée selon les cas (magazines spécialisés dans les beaux-arts et la culture de
manière générale, presse quotidienne régionale ou nationale et presse étrangère selon l’importance, l’envergure ou le renom du projet).
Le ministère de la culture et de la communication se propose d’accueillir gratuitement, à la demande des maîtres d’ouvrage, toutes les informations relatives aux procédures de « 1 %» en cours. Des avis de publicité, présentés dans une rubrique spécialisée sur le site internet institutionnel du ministère, seront ainsi largement accessibles.
S’agissant des commandes relevant de l’Etat, les avis de publicité seront également disponibles sur le portail interministériel des marchés publics (afin de faciliter la mise des mesures de publicité, des éléments de nature à aider le maître d’ouvrage pour la rédaction des avis annexés à la présente circulaire). Des informations complémentaires pourront être fournies sur demande adressée au ministère de la culture et de la communication (délégation aux arts plastiques, bureau de l’économie et des professions) ou auprès des directions régionales des affaires culturelles.
Si le programme de la commande artistique est trop volumineux, le maître d’ouvrage pourra, afin de limiter les frais d’annonce, indiquer dans son avis public les moyens de se le procurer, notamment par messagerie électronique.
Les commandes artistiques passées dans le cadre du « 1 %» répondent à une procédure spécifique mais elles sont également tenues au respect des principes énoncés à l’article 1er du code des marchés publics. Il est donc recommandé au maître d’ouvrage d’indiquer dans son avis public les conditions applicables au dépôt des candidatures : délais, documents devant être remis par les artistes (références, dossier artistique).
Il convient par ailleurs que le maître d’ouvrage précise également le nombre d’artistes qu’il consultera à l’issue de la réception des avis de candidatures. Ces artistes sélectionnés produiront un préprojet pour lequel leur sera versée une indemnité (voir à cet égard, l’article 13 du décret du 29 avril 2002 modifié). Le montant de cette indemnité est fonction de l’esquisse et du préprojet demandé. Il est proposé par le comité artistique. A noter « qu’un projet manifestement insuffisant » peut ne pas donner lieu à rémunération. Il revient au maître d’ouvrage d’apprécier, après avis du comité, cette insuffisance manifeste.
L’avant-dernier alinéa de l’article 8 du décret du 29 avril 2002 modifié dispose que peuvent être passés sans publicité ni mise en concurrence préalable les marchés qui ne peuvent être confiés qu’à un prestataire déterminé pour des raisons techniques, artistiques ou tenant à la protection des droits d’exclusivité. Il convient de souligner que le recours à cette procédure négociée est strictement limité aux marchés qui remplissent les conditions posées par le code des marchés publics et la jurisprudence, qui tiennent aux particularités artistiques de la commande et à la limitation des prestataires possible à une seule personne.
Il est rappelé que ces conditions sont exceptionnelles et difficiles à réunir, la jurisprudence étant dans ce domaine extrêmement restrictive. Les dispositions nationales et européennes, qui garantissent l’égalité d’accès aux commandes publiques, conduisent le plus souvent à mettre en œuvre une publicité préalable.
12. L’obligation d’information et de motivation du choix
L’article 12 du décret du 29 avril 2002 modifié prévoit que la personne responsable du marché arrête son choix après avis du comité artistique par une décision motivée et qu’elle en informe l’ensemble des candidats.
S’agissant des candidats évincés, il convient de préciser que la lettre informant de la décision ne doit pas nécessairement comporter de motivation, celle-ci n’étant obligatoire que si les candidats le demandent expressément. Cette motivation indique que le projet présenté par l’artiste correspond, ou non, aux spécifications du « 1 %» et remplit, ou non, les attentes du maître d’ouvrage, précisées dans le programme
défini par le comité artistique.
Le ou les avis d’attribution doivent ensuite être communiqués à l’office de publication de l’Union européenne pour toutes les commandes dépassant le seuil de 230000 euros hors taxes en application du décret du 20 avril 2002 modifié. Il est cependant préconisé de prévoir la communication d’un avis d’attribution dès que le seuil de 210000 euros hors taxes sera atteint (6).
S’agissant d’une procédure spécifique, il est prévu que l’avis d’attribution puisse comporter une clause précisant que cette information n’a pas à être rendue publique (clause de non-divulgation). Cette clause est notamment prévue pour protéger les informations liées à la commande artistique (le montant des honoraires de
l’artiste ou le montant global de la commande si en sus des honoraires, est compris le coût de la réalisation, dans le cas où le contrat avec l’artiste prévoirait qu’il livre une œuvre « prête à poser »).
(6) Le seuil mentionné dans le décret a été fixé par référence au seuil prévu à l’article 30 du code des marchés publics, qui est fixé à 210000 euros hors taxes dans sa version résultant du décret no 2006-975 du 1er août 2006.
Après la décision d’agrément, un contrat est passé entre le maître d’ouvrage, représenté par la personne responsable du marché, et l’artiste. Ce contrat détermine les modalités de réalisation et d’installation de l’œuvre, ainsi que la rémunération de l’artiste. S’agissant de la cession des droits, elle peut être prévue dans le contrat de commande ou faire l’objet d’un contrat spécifique.
Sur le plan juridique, il est rappelé que, lors de la passation du contrat de commande de l’œuvre choisie, il est vivement conseillé au propriétaire de l’œuvre de négocier avec l’artiste la cession de ses droits (droits de reproduction et de représentation), en conformité avec les dispositions du code de la propriété intellectuelle. Il conviendra toutefois de ne négocier que la cession des droits strictement nécessaires aux utilisations raisonnablement envisageables des œuvres commandées, par exemple dans le cadre d’une communication institutionnelle. Ces utilisations devront être explicitement visées par le contrat de cession des droits.
Dans le cas où le maître d’ouvrage envisagerait une utilisation de l’œuvre à titre commercial (produits dérivés, par exemple), le contrat passé avec l’artiste devra en prévoir explicitement les conditions.
De même, dans le souci de prévenir tout problème à l’occasion de l’évocation du droit moral de l’artiste, la maîtrise d’ouvrage pourra, le cas échéant, dès la rédaction du contrat de commande, faire inscrire toutes stipulations techniques permettant de résoudre les questions d’entretien, de maintenance et de restauration ou de
déplacement de l’œuvre pour l’avenir.
Dans le respect du code de la propriété intellectuelle, le maître d’ouvrage et l’artiste pourront convenir d’une durée minimum de présence de l’œuvre dans l’espace public. Sa destination ultérieure pourra également être prévue à cette occasion.
Faire un point particulier des obligations sociales du diffusequi, de fait, ne relèvent pas du contrat de commande (cf. point 14 ci-après).
14. Les obligations du maître d’ouvrage au regard du régime de protection sociale
Dans le cadre du « 1 %» les maîtres d’ouvrage sont soumis à la contribution dite du « 1 % diffuseur »(Le terme de diffuseur est issu du code de la sécurité sociale (articles R. 382-17 à R. 382-22)).
En qualité de diffuseur de l’œuvre, le maître d’ouvrage doit verser aux organismes agréés de perception des cotisations sociales des artistes auteurs (Maison des artistes ou Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs) une cotisation correspondant à 1 % de toute rémunération brute hors taxe versée à l’artiste, c’est-
à-dire les honoraires ou les droits d’auteurs selon la commande. Cette contribution s’impute sur l’enveloppe du 1 %.
Par ailleurs, il appartient au maître d’ouvrage de prélever sur la rémunération versée à l’artiste au titre du « 1 % artistique » les cotisations maladie, veuvage, CSG, CRDS au taux de droit commun. Ce précompte, retenue à la source des cotisations et obligations sociales dues par l’artiste, est obligatoire, excepté dans le cas où l’artiste est en mesure de produire l’attestation S.2062 (dispense de précompte).
Les documents permettant de s’acquitter de ces obligations sont disponibles auprès des organismes agréés de perception des cotisations sociales des artistes auteurs (Maison des artistes ou Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs).
Il qualifie les acheteurs d’œuvres originales, personnes physiques ou morales, qui achètent une œuvre originale dans le but de la revendre ou qui, moyennant une rémunération à un artiste, acquièrent le droit de reproduire une œuvre originale ou achètent l’œuvre sans but de la revendre.
15. La restauration des œuvres issues du « 1 %»
Le dispositif est complété en ce qui concerne la restauration des œuvres : ces travaux incombent au propriétaire ou à la personne responsable de l’entretien de l’ouvrage(Cf. article L.762-2 du code de l’éducation pour les établissements publics d’enseignement supérieur.)
Il est précisé que ce dernier a la possibilité de solliciter l’aide de partenaires publics ou privés, notamment par le biais du mécénat.
Si un bâtiment a déjà fait l’objet dans le passé d’une procédure de « 1 %» et se trouve de nouveau à répondre à l’obligation de « 1 %» dans le cadre d’un nouveau projet (extension, rénovation avec changement d’affectation), il est rappelé que, si la restauration des œuvres anciennes s’impose, elle ne se substitue en aucune manière à la commande ou à l’achat d’une nouvelle œuvre d’art.
Par ailleurs, la mise en place d’un programme de surveillance régulière et un entretien courant de l’œuvre selon les prescriptions de l’artiste, indiquées dans une fiche technique, sont recommandés dans la mesure où ils permettent d’éviter une dégradation importante de l’œuvre conduisant à une restauration onéreuse. Il est
recommandé à ce titre que les prescriptions de maintenance et d’entretien figurent dans le marché final d’acquisition conclu entre l’artiste et la personne responsable du marché.
Dans un souci de sensibilisation du public à la création contemporaine, les œuvres issues du « 1 %» seront utilement accompagnées d’un cartel ou d’une notice de présentation, indiquant le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre, l’année de réalisation.
Il est recommandé que les maquettes et esquisses élaborées par les artistes retenus soient conservées par le maître d’ouvrage (voir note*). Ces documents constituent en effet la mémoire du projet et sont utiles en cas de restauration de l’œuvre. Le maître d’ouvrage pourra éventuellement solliciter les services d’archives compétents.
Les services de la délégation aux arts plastiques (3, rue de Valois, 75001 Paris) sont disponibles pour répondre aux questions que susciterait l’application de la présente circulaire.
(Note*) La circulaire du 30 décembre 1998 relative à la procédure de passation des marchés publics : durée de conservation des dossiers présentés par les entreprises soumissionnaires qui n’ont pas été retenues (Premier ministre, NOR : PRMX9803123C, JO du 31 décembre 1998, p. 20167) prévoit que les juridictions financières doivent être en mesure d’exercer sur ces dossiers les vérifications prescrites par la loi. Ce délai est fixé à 5 ans à compter de la notification du marché au candidat retenu. Pour alléger le volume des documents à conserver, les administrations peuvent éliminer les pièces qui figurent déjà dans le dossier de définition du marché. Enfin, au terme du délai de 5 ans, l’administration qui souhaite éliminer les documents ne peut le faire qu’après avoir obtenu le visa du fonctionnaire relevant de la direction des Archives de France compétente à cet égard.
Annexe I : Arrêté du 30 septembre 2003 pris en application de l’article 1er du décret no 2002-677 du 29 avril 2002 relatif à l’obligation de décoration des constructions publiques et précisant les conditions de passation des marchés ayant pour objet de satisfaire à cette obligation (voir Journal officiel du 3 octobre 2003).
Annexe II : Arrêté du 22 mars 2005 pris en application de l’article 1er du décret no 2002-677 du 29 avril 2002 relatif à l’obligation de décoration des constructions publiques et précisant les conditions de passation des marchés ayant pour objet de satisfaire à cette obligation (voir Journal officiel du 5 avril 2005).
ÉLÉMENTS POUR LA RÉDACTION DU RÈGLEMENT INTÉRIEUR DU COMITÉ ARTISTIQUE
Rédigé par le maître d’ouvrage, le règlement intérieur a pour objet de déterminer les modalités de sélection des projets artistiques présentés dans le cadre de la procédure de 1 %. Souhaitable mais non obligatoire, il pourra comporter les informations suivantes :
Conditions d’installation et de convocation du comité artistique ;
Critères et modalités d’examen des candidatures ;
Des informations complémentaires pourront être fournies sur demande au ministère de la culture et de la communication (délégation aux arts plastiques, bureau de l’économie et des professions) ou auprès des directions régionales des affaires culturelles.
ÉLÉMENTS POUR LA RÉDACTION DE L’AVIS DE PUBLICITÉ AU TITRE DU « 1 %»
Maître d’ouvrage : dénomination et coordonnées.
Programme de la commande : nature de l’œuvre, emplacement, objectifs attendus.
(Montant du 1 %:... €).
Pour être recevable, le dossier de candidature doit obligatoirement comprendre : ...
Date limite d’envoi des dossiers : La date limite d’envoi des dossiers de candidature est fixée au.... (le cachet de la poste faisant foi).
Circulaire du 16 août 2006
Fichier PDF/96.1 ko. 14/08/2015.
Décret du 29 avril 2002
Fichier PDF/80.8 ko. 14/08/2015.
Comment proposer un projet au titre du "1% artistique"
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