Source: http://cgtst2n.over-blog.fr/2015/12/l-employeur-doit-veiller-a-apaiser-les-conflits-dans-l-entreprise-au-titre-de-son-obligation-de-securite.html
Timestamp: 2017-09-21 15:57:32+00:00
Document Index: 230937684

Matched Legal Cases: ['arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ', 'arrêt ']

L’employeur doit veiller à apaiser les conflits dans l’entreprise au titre de son obligation de sécurité - CGT et Juridique
L’employeur doit veiller à apaiser les conflits dans l’entreprise au titre de son obligation de sécurité
Publié le 7 décembre 2015 par cgtrla
L’employeur peut être condamné pour avoir manqué à son obligation de sécurité lorsque des conflits et tensions entre salarié ont entraîné l’hospitalisation de l’un d’entre eux (1).
Obligation de sécurité de résultat pesant sur l’employeur
L’employeur est tenu, à l’égard de chaque salarié, d’une obligation de sécurité de résultat qui lui impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger sa santé.
Il doit en assurer l’effectivité (2).
Il doit en effet prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de chaque salarié (3).
En cas de manquement à cette obligation, l’employeur peut être condamné à verser des dommages et intérêts au salarié concerné (4).
La méconnaissance de l’obligation de sécurité de résultat autorise même le salarié à prendre l’initiative de rompre le contrat de travail s’il apparaît que le comportement de l’employeur rend impossible la poursuite de la relation de travail (5).
L’obligation de sécurité de résultat de l’employeur en matière de violences et/ou harcèlement au travail
L’obligation de sécurité de résultat de l’employeur s’applique en matière de harcèlement moral, de harcèlement sexuel et de violences physiques ou morales.
Dès lors, si un salarié se rend coupable de tels agissements, l’employeur en est également considéré comme responsable même s’il :
n’avait commis aucune faute (6) ;
avait pris des mesures en vue de faire cesser ces agissements (ex. : licenciement pour faute grave de l'auteur des faits) (7).
Dans l’arrêt commenté du 19 novembre 2015, la Cour de Cassation a encore eu l’occasion de rappeler ce principe.
En l’espèce, des tensions avaient eu lieu dans l'entreprise début 2009 en raison de la programmation d'un plan de licenciement.
Un conflit était survenu, les 9 et 10 janvier 2009, entre le salarié, non visé par le plan, et certains de ces collègues, menacés de licenciement.
Ledit salarié se sentant oppressé, avait été hospitalisé le 13 janvier suivant.
Le salarié hospitalisé avait alors recherché la responsabilité de son employeur pour manquement à son obligation de sécurité de résultat.
La situation de conflit, établie par un rapport de l’inspecteur du travail, avait bien mis en danger la santé du salarié puisque celui-ci avait dû être hospitalisé en urgence quelques jours après. En outre, l’employeur ne justifiait pas avoir pris des mesures suffisantes pour tenter d’apaiser ce conflit.
C’est donc de manière très légitime que la Cour de Cassation a confirmé l’indemnisation du salarié au titre de la violation de l’obligation de sécurité de résultat de l’employeur.
(1) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 19 novembre 2015 : RG n°13-26199
(2) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 6 octobre 2015 : RG n°08-45609
(3) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 28 février 2006 : RG n°05-41455
(4) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 6 janvier 2011 : RG n°09-66704
(5) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 11 mars 2015 : RG n°13-18603
(6) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 21 juin 2006 : RG n°05-43914
(7) Cour de Cassation, chambre sociale, arrêt du 3 février 2010 : RG n°08-40144 et 08-40019
« Insuffisance professionnelle,... Contester les PV en ligne... »