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Timestamp: 2020-02-29 09:56:49+00:00
Document Index: 12199078

Matched Legal Cases: ["l'article 28", "l'article 28", "l'article 28", "l'article 2", "l'article 15", 'art_01575505']

Personnages principaux - Constitution
Qui a contribué au débat constitutionnel ?
Le processus qui a mené au rapatriement de la Constitution canadienne a été profondément influencé par les personnalités et les priorités politiques des dirigeants nationaux et provinciaux, ainsi que par collaborateurs clés, de cette période.
Et compte tenu du contexte de cette époque, tous les personnages principaux de ce grand débat constitutionnel étaient des hommes blancs. Les individus et les groupes représentant les femmes, les gais et les lesbiennes, les peuples autochtones, les personnes handicapées ainsi que les communautés multiculturelles ont lutté activement pour exercer leur influence sur la Constitution.
(1919-2000) Premier ministre, libéral, idole de la « Trudeaumanie »
Pierre Trudeau, qu’on l’adore ou qu’on le déteste, a été le moteur du rapatriement de la Constitution canadienne au Canada et de la création d'une Charte des droits et libertés.
Trudeau occupe le poste de premier ministre du Canada de 1968 à 1984 (hormis une brève interruption en 1979-1980). Il est né à Montréal en 1919 et reçoit une éducation jésuite à l’école canadienne-française la plus élitiste du pays. Il hérite de l'argent de l'entreprise pétrolière de son défunt père et passe une bonne part de sa jeunesse à voyager à travers le monde et à étudier le droit et les sciences politiques.
En tant que personnalité publique dans les années 1950 et au début des années 1960, il contribue à promouvoir la Révolution tranquille Terme général désignant les bouleversements sociaux et les réformes qui ont fait évoluer le Québec dans les années 1960. On note principalement une diminution significative du pouvoir de l'Église catholique dans les affaires provinciales et l’arrivée au pouvoir d’une majorité de francophones conscientisés. La Révolution tranquille a engendré des changements considérables et profonds dans l’ordre social et dans la vision du Québec quant à sa place dans le fédéralisme canadien (ou, potentiellement, en dehors de celui-ci). , période marquée par le rejet de la domination de l'Église catholique sur la société québécoise ainsi que de celle des élites anglophones Personne dont l’anglais est la langue maternelle ou la langue principale utilisée pour communiquer; adjectif faisant référence aux personnes « qui parlent anglais ». sur le monde des affaires.
Trudeau en visite à Terre-Neuve, en 1971
Extrait de Les champions: partie 1, 1978 (Office national du film du Canada)
«En voyage aux confins de l’Asie, avec pour seuls bagages des sandales, une chemise et un sac à dos, il passa à travers la famine, les inondations et les incendies aux côtés du peuple.»
«Trudeau… donne gratuitement des conseils juridiques sur des affaires de liberté civile.»
Extrait de Les champions: partie 1, 1978 (Office national du film du Canada).
01_trudeaumania_796087_CP.jpg Trudeau s’échappe d’une foule d’admirateurs, Ottawa, 1968
En 1965, Trudeau se joint au Parti libéral fédéral En référence au parti libéral du Canada, parti politique à la fois fédéral et provincial, formé en 1867. Avec le Parti conservateur (anciennement progressiste-conservateur), le Parti libéral est l’un des deux partis qui ont gouverné le Canada depuis la création de la Confédération. Généralement un parti centriste. . Peu après, il remporte le siège de Mont-Royal au Parlement et l’occupe jusqu'à sa retraite en 1984. En 1967, il est nommé ministre de la Justice par le premier ministre Lester Pearson. La « Trudeaumanie » éclate lorsqu’il remporte la course à la chefferie chez les libéraux et qu’il est ensuite élu premier ministre en 1968.
Les jeunes l’adulent et l'applaudissent où qu’il aille. Tout comme son fils Justin le fera un demi-siècle plus tard, il fascine les gens sur la scène internationale, comptant parmi ses admirateurs des personnalités comme John Lennon, des Beatles.
Trudeau devient un réformateur social qui défend les droits de l’individu, l'égalité des communautés francophones Personne dont le français est la langue maternelle ou la langue principale utilisée pour communiquer; adjectif faisant référence aux personnes « qui parlent français ». et anglophones Personne dont l’anglais est la langue maternelle ou la langue principale utilisée pour communiquer; adjectif faisant référence aux personnes « qui parlent anglais ». , ainsi que la décriminalisation des activités gaies et lesbiennes. Il est considéré comme un genre de « philosophe-homme d’état » qui vise une « société juste ».
John Lennon et Yoko Ono rencontrent Pierre Trudeau, à Ottawa, le 24 décembre 1969
Style et charisme
Trudeau est reconnu pour son style et son charisme, comme l’illustre la pirouette légendaire qu’il fit dans le dos de la reine Elizabeth II en 1977.
Mais il peut aussi être effrontément arrogant. Lorsqu’on le mit au défi de poursuivre son imposition de la Loi sur les mesures de guerre en 1970 (à la suite d’une éruption de violence nationaliste au Québec),il répondit d’un ton sec « Regardez-moi faire ».
Dans les années 1980, Trudeau est affaibli par une série d’affrontements sur l'économie, le bilinguisme officiel Le Canada est un pays officiellement bilingue, ce qui signifie que « le français et l'anglais ont un statut égal et des droits et privilèges égaux quant à leur usage dans toutes les institutions du parlement et du gouvernement du Canada ». Le bilinguisme officiel au Canada a commencé lorsque le parlement a adopté la Loi sur les langues officielles en 1969. La notion de bilinguisme officiel est décrit dans les articles concernant les langues officielles, inscrits dans la Charte des droits et libertés. , le nationalisme québécois (contre René Lévesque, son adversaire de longue date) et la question du contrôle des ressources énergétiques dans l'ouest du Canada. En 1979, il est défait par les progressistes-conservateurs Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. de Joe Clark et, plus tard la même année, il quitte son poste de chef libéral En référence au parti libéral du Canada, parti politique à la fois fédéral et provincial, formé en 1867. Avec le Parti conservateur (anciennement progressiste-conservateur), le Parti libéral est l’un des deux partis qui ont gouverné le Canada depuis la création de la Confédération. Généralement un parti centriste. . Mais il accomplit un retour électoral remarquable en 1980, suite à sa victoire référendaire durement acquise sur la souveraineté du Québec. Il vise alors à laisser un héritage encore plus durable. Il donne au public l’assurance que ce sera son dernier mandat et s’autorise des risques qu’il ne prendrait pas autrement: il se lance dans le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. de la Constitution et l’ajout d’une Charte des droits et libertés La Charte énonce les droits et libertés qui sont officiellement garantis par la Constitution canadienne et « ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ». Il s’agit de la Partie 1, articles 1-34 de la Loi constitutionnelle de 1982. . Il laisse bon nombre de gens sceptiques. Personne ne sait alors jusqu'où ira Trudeau avec ce projet qui constitue aujourd’hui son legs le plus important à la société canadienne.
Portrait officiel de Trudeau, 1991
Trudeau lors de la Coupe Grey, le 28 novembre 1970
Trudeau pagaye sur le fleuve Amazone, le 16 janvier 1980
Trudeau danse à Montréal, le 21 octobre 1979
Comité Hays-Joyal, 1981
Les comités citoyens et les activistes
Ayant besoin de soutien politique face à l'opposition de la plupart des chefs provinciaux à la proposition de Trudeau de rapatrier unilatéralement la Constitution, les libéraux forment un comité mixte représentant la Chambre des communes et le Sénat pour entendre les points de vue des citoyens, surtout à propos de la Charte des droits et libertés.
Il s’appelle le « Comité Hays-Joyal » Le comité mixte spécial sur la Constitution, présidé par le sénateur Harry Hays et le député Serge Joyal, en 1980 et 1981. Pendant trois mois, ce comité a tenu des audiences publiques (dont certaines ont été retransmises à la télévision) et a reçu les soumissions écrites de plus de 900 individus et organisations portant sur les propositions du gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution. , des noms des deux personnes mandatées, le sénateur libéral Harry Hays et le député libéral Serge Joyal. Le Comité devient particulièrement important quand le gouvernement cède à la pression des partis d’opposition et transmet les audiences à la télévision, donnant aux citoyens canadiens le sentiment de participer au processus. Le comité siège de novembre 1980 à février 1981.
En tout, 914 individus et 294 groupes soumettent des mémoires au comité et 104 individus et groupes interviennent oralement devant le Comité, représentant collectivement des milliers de Canadiens à travers le pays.
Parmi ceux qui témoignent devant le Comité, on trouve des groupes de peuples autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. , des groupes de femmes — dont le Comité canadien d'action sur le statut de la femme et l’Association nationale Femmes et Droit—, des organismes de défense des droits civiques et des droits de la personne, des groupes multiculturels et d'immigrants y compris la Ligue nationale des Noirs du Canada et l'Association Nationale des Canadiens d'origine japonaise, des représentants de personnes handicapées, l'Association canadienne des lesbiennes et des gais, des représentants des églises et des experts en droit constitutionnel. L’absence du Congrès du travail du Canada, qui a boycotté les audiences, ne passe pas inaperçue. À la fin des audiences, Chrétien annonce de nombreux changements importants à l’avant-projet de la Charte.
01_george_manuel_conference_fnc_658_0011_UBCIC.jpg George Manuel en plein discours lors la Conférence constitutionnelle des Premières nations, en 1980
LES ORGANISATIONS AUTOCHTONES ET LEURS CHEFS
Trente-sept groupes de divers peuples autochtones témoignent devant le Comité Hays-Joyal et de nombreux autres envoient des contributions écrites — en plus des nombreux participants à la manifestation pancanadienne de « L’Express de la Constitution » et de ceux qui se sont rendus en Grande-Bretagne pour faire pression en faveur des revendications constitutionnelles autochtones.
Trente-sept groupes de divers peuples autochtone Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. s témoignent devant le Comité Hays-Joyal Le comité mixte spécial sur la Constitution, présidé par le sénateur Harry Hays et le député Serge Joyal, en 1980 et 1981. Pendant trois mois, ce comité a tenu des audiences publiques (dont certaines ont été retransmises à la télévision) et a reçu les soumissions écrites de plus de 900 individus et organisations portant sur les propositions du gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution. et de nombreux autres envoient des contributions écrites — en plus des nombreux participants à la manifestation pancanadienne de « L’Express de la Constitution » et de ceux qui se sont rendus en Grande-Bretagne pour faire pression en faveur des revendications constitutionnelles autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. . Voici quelques-unes des personnalités et organisations clés:
La Fraternité nationale des Indiens (FNI)
Rebaptisée l’Assemblée des Premières Nations (APN) peu de temps après le rapatriement constitutionnel, la FNI est créée en 1961 pour représenter les peuples autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. en tant que coalition de nombreuses organisations régionales et nationales. La FNI lance de grandes campagnes à la fin des années 1960 et au début des années 1970 contre le « livre blanc » sur la politique indienne de 1969 du gouvernement Trudeau, ainsi que contre le système des pensionnats autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. . Ses présidents à la fin des années 1970 et au début des années 1980 sont Noel Starblanket (Cri) et Delbert Riley (Chippewa).
Appelé aujourd’hui le Congrès des peuples autochtones (CPA), le CNAC représente les intérêts avant tout des peuples autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. non inscrits, y compris les Indiens Terme utilisé historiquement pour désigner les premiers peuples de l’Amérique du Nord – Indigènes et Autochtones – mais il est considéré comme irrespectueux ou inexact. Néanmoins, il est toujours utilisé dans l’article 91(24) de la Constitution ainsi que dans la « Loi sur les Indiens ». non inscrits, les Métis et les Inuit du sud. Au cours du processus de rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. , le CNAC est dirigé par Harry Daniels, véritable chef de file dans les négociations pour que les Métis soient inclus explicitement dans la Constitution. Daniels est l'un des fondateurs de l’Association des Métis et des Indiens non inscrits de la Saskatchewan. Les groupes métis régionaux se sépareront plus tard de la CNAC pour former le Ralliement national des Métis.
L’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique
L'UCICB élabore le Aboriginal Rights Position Paper sur les questions constitutionnelles (un document où elle se positionne sur les droits ancestraux) et organise « L’Express de la Constitution », sous la direction du président George Manuel, un ancien président de la FNI et membre de la Nation Secwepemc. « Tant que je serai dirigeant » a dit un jour Manuel, « notre position restera fidèle à celle de nos ancêtres. Je ne veux pas avoir la responsabilité de vendre les droits de nos futurs enfants. »
Le Comité inuit sur les questions nationales
Ce Comité est un groupe de travail axé sur la constitution, formé par le Inuit Tapirisat du Canada (aujourd’hui le Inuit Tapiriit Kanatami). Il est créé par des dirigeants inuit en 1971 pour répondre à des préoccupations communes sur des revendications territoriales et des problèmes de ressources. Il permit aux Inuit de faire entendre leurs préoccupations et revendications lors des négociations constitutionnelles.
Fondée en 1974, l'AFAC s’intéresse surtout aux effets culturels et économiques de la discrimination contre les femmes autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. dans la Loi sur les Indiens. Au cours des débats constitutionnels, l’Association cherche de l’appui autant auprès de la grande communauté autochtone Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. que des groupes de pression féminins. L'AFAC affirme que les lois autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. (qui ont été reniées et discriminées par les lois et les politiques canadiennes) reconnaissent le rôle et l'importance des femmes autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. dans le système des lois et de la gouvernance.
LES ORGANISATIONS FÉMININES ET LEURS DIRIGEANTES
Des milliers de femmes canadiennes s’impliquent dans le militantisme et le lobbyisme pour obtenir le droit à l'égalité dans la Constitution. Un grand nombre d’organismes œuvrent dans l'ensemble du pays pour donner une voix aux femmes:
Le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme
Organisme fédéral autonome créé en 1973 suite à la recommandation de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada. De 1979 à 1981, le Conseil consultatif est dirigé pour la première fois par une femme, Doris Anderson, écrivaine et journaliste de renom. Elle joue un rôle déterminant dans l'organisation d’une conférence constitutionnelle des femmes à Ottawa Capitale du Canada où se trouvent les édifices du Parlement fédéral, de la Chambre des communes et du Sénat. Le nom « Ottawa » est parfois utilisé pour désigner le gouvernement fédéral, comme dans la phrase: « Ottawa a refusé toute négociation supplémentaire ». lorsque qu'il devient évident que les recommandations du comité Hays-Joyal Le comité mixte spécial sur la Constitution, présidé par le sénateur Harry Hays et le député Serge Joyal, en 1980 et 1981. Pendant trois mois, ce comité a tenu des audiences publiques (dont certaines ont été retransmises à la télévision) et a reçu les soumissions écrites de plus de 900 individus et organisations portant sur les propositions du gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution. en faveur de l’égalité dans la Charte ne vont pas assez loin. Cette conférence est annulée par le gouvernement et Doris Anderson démissionne en guise de protestation. Sa remplaçante, Lucie Pépin, utilise également cette plateforme pour soutenir la mobilisation des femmes autour de la réforme constitutionnelle.
Le Comité canadien d'action sur le statut de la femme (CCA)
La plus grande coalition féministe au Canada, fondée en 1971, soumet des mémoires au Comité Hays-Joyal Le comité mixte spécial sur la Constitution, présidé par le sénateur Harry Hays et le député Serge Joyal, en 1980 et 1981. Pendant trois mois, ce comité a tenu des audiences publiques (dont certaines ont été retransmises à la télévision) et a reçu les soumissions écrites de plus de 900 individus et organisations portant sur les propositions du gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution. . Elle est secouée par des divisions internes au début des années 1980 et ne soutient pas officiellement la conférence constitutionnelle organisée par les « Ad Hockers ». Cependant de nombreux membres du CCA y participent.
04_womens_conference_framegrab_10000016_CBC.jpg Les femmes lors de la Conférence constitutionnelle de 1981
Le Ad Hoc Committee of Canadian Women on the Constitution
Formé après l’annulation par le gouvernement de la conférence constitutionnelle des femmes, ce comité spécial (qu’on appellera les « Ad Hockers ») organise une autre conférence le 14 février 1981, à laquelle assistent plus de 1 300 femmes de partout au Canada. Ce groupe réussit à faire insérer l'article 28 dans la Charte des droits et libertés.
Organisation féministe nationale qui propose une « clause de déclaration d'objet » sur l'égalité des sexes aux audiences du Comité Hays-Joyal Le comité mixte spécial sur la Constitution, présidé par le sénateur Harry Hays et le député Serge Joyal, en 1980 et 1981. Pendant trois mois, ce comité a tenu des audiences publiques (dont certaines ont été retransmises à la télévision) et a reçu les soumissions écrites de plus de 900 individus et organisations portant sur les propositions du gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution. . Des représentantes de l'ANFD et des « Ad Hockers » assistent à une dernière réunion avec le ministère de la Justice à Ottawa, afin de négocier le libellé de l'article 28 qui existe aujourd'hui dans la Charte.
05_judy_erola_18403066_CP.jpg Judy Erola lors de la première conférence réunissant les ministres fédéraux et provinciaux sur le statut de la femme, à Ottawa, le 10 mai 1982
Judy Erola, la ministre fédérale responsable de la Condition féminine sous le gouvernement Trudeau en novembre 1981, met son emploi en jeu au nom de la protection de l'article 28 de la Charte contre la clause dérogatoire Également appelée « clause nonobstant », elle permet au parlement ou aux législatures provinciales d’outrepasser ou d'ignorer certains articles de la Charte des droits et libertés lorsqu'ils élaborent des lois. Elle permet à une loi d’exister nonobstant le fait qu’elle est en violation de la Charte des droits et libertés. La clause dérogatoire ne peut être utilisée qu'en référence à l'article 2 (Libertés fondamentales), aux articles 7 à 14 (Garanties juridiques) et à l'article 15 (Droits à l'égalité) et elle ne peut être invoquée que pour une durée de cinq ans. . Elle collabore avec les membres du comité spécial (Ad Hoc Committee) et facilite la coordination des efforts avec les femmes députées de l'opposition, notamment la progressiste-conservatrice Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. Flora McDonald et deux néo-démocrates, Pauline Jewett et Margaret Mitchell, pour mobiliser les femmes de partout au pays et convaincre chaque premier ministre provincial d’apporter des changements à l'accord final.
Elles réussissent en moins de 30 jours.
Le « Cabinet de la cuisine »
Trois politiciens influents de différentes régions du pays – le conseiller constitutionnel principal de Pierre Trudeau (et futur premier ministre du Canada), Jean Chrétien; le procureur général de la Saskatchewan (et futur premier ministre), Roy Romanow; et le procureur général de l'Ontario, Roy McMurtry – participent à l’élaboration de l'accord constitutionnel final.
Les trois hommes deviennent proches durant l'été 1980, lorsqu’ils traversent le pays en caravane, avec d'autres fonctionnaires, lors des négociations ministérielles.
L’avant-dernier jour des négociations de 1981, ils se rencontrent de façon informelle dans une cuisinette du Centre des congrès d’Ottawa et, sur un bout de papier, dressent une liste des idées qui pourraient, croient-ils, aider à sortir de l'impasse.
Ainsi naît « l’Accord de la cuisine » Proposition de compromis formulée par le ministre fédéral de la Justice, Jean Chrétien, le procureur général et ministre des Affaires intergouvernementales de la Saskatchewan, Roy Romanow, ainsi que le procureur général de l’Ontario, Roy McMurtry, lors du dernier après-midi des pourparlers de la Conférence sur le rapatriement de la Constitution, à Ottawa, en 1981. Il consistait en sept points griffonnés sur un bout de papier dans une petite cuisine du centre des Conférences. qui, avec les négociations qui ont lieu dans la chambre d’hôtel des premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. cette nuit-là, devient la base de l'accord final qui sera présenté le lendemain matin.
01_chretien_applauded_674698_CP.jpg Jean Chrétien dans la Chambre des communes, en 1981
(né en 1934) est un politicien populiste à la fois brillant et ambitieux, issu de la ville industrielle de Shawinigan, au Québec. Il est bien connu pour son sens de l'humour. Membre de longue date du cabinet de Pierre Trudeau (ministre de la Justice en 1981) ainsi que son bras droit en politique, Chrétien est plus disposé que les autres délégués fédéraux à chercher un compromis. Plusieurs de ses homologues sont attirés par son charme, mais Peter Lougheed de l'Alberta craint son influence en faveur de la centralisation du pouvoir fédéral. Chrétien joue un rôle controversé dans les négociations ultérieures pour amener le Québec dans le rang constitutionnel. C'est durant son mandat de premier ministre (1993-2003) que les souverainistes québécois perdent de très peu leur deuxième référendum Vote populaire (civique, provincial ou national) sur une proposition ou une question. Le rapatriement de la Constitution est devenu plus urgent après le référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec. Pierre Trudeau, et d'autres personnalités de l’époque, ont proposé différents référendums nationaux pour résoudre des questions constitutionnelles. en 1995. Il est également l’auteur de l’infâme « livre blanc » que les peuples autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. voient comme un effort visant à éliminer tout statut constitutionnel distinct pour les peuples autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. .
(né en 1939) est fils d'immigrants ukrainiens et très fier de l’être. En 1981, il devient procureur général de la Saskatchewan. Il s’est présenté contre Allan Blakeney dans la course à la direction du NPD Créé pour succéder au FCC (Fédération du Commonwealth coopératif) en 1961, le Nouveau Parti démocratique est le principal parti de gauche, social-démocrate, aussi bien aux niveaux fédéral que provincial, au Canada. Il n'a jamais formé de gouvernement fédéral, mais a souvent été au pouvoir au niveau provincial, surtout dans l’ouest du Canada, mais également en Ontario et en Nouvelle-Écosse. provincial en 1970, mais il est maintenant devenu un allié loyal. En tant que ministre des Affaires intergouvernementales de la Saskatchewan et coprésident du Comité permanent des ministres sur la Constitution, il est l'un des rares ministres clés étroitement impliqués dans les négociations globales sur le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. . Il devient ensuite premier ministre de la Saskatchewan de 1991 à 2001. Son vieux copain du trio de la cuisine, Jean Chrétien, tente plusieurs fois de le convaincre de faire le saut en politique fédérale en tant que libéral, mais Romanow refuse, incapable d'abandonner la tradition néo-démocrate de sa famille. Il accepte cependant de diriger la Commission, créée par Chrétien, sur l'avenir des soins de santé au Canada.
03_romanow_mcmurtry_chretien_in_the_kitchen_624951_CP.jpg Roy McMurtry, Roy Romanow, Jean Chrétien rejouent «l’Accord de la cuisine», 1983
(né en 1932), avocat et puis procureur général de l'Ontario, est plus décontracté que ses confrères du « Cabinet de la cuisine ». Jeune homme, il a appris à peindre des paysages sous la tutelle de A. J. Casson, membre du Groupe des Sept. Tout comme son ancien ami de fraternité, le premier ministre de l'Ontario, Bill Davis, McMurtry est un ancien joueur de football professionnel. Il représente l'Ontario pour appuyer un renvoi constitutionnel de Trudeau devant la Cour suprême. McMurtry poursuit sa carrière en tant que diplomate puis en tant que juge en chef de l'Ontario. En 2003, il préside le tribunal qui tranche en faveur du mariage entre conjoints de même sexe, citant la Charte des droits et libertés La Charte énonce les droits et libertés qui sont officiellement garantis par la Constitution canadienne et « ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ». Il s’agit de la Partie 1, articles 1-34 de la Loi constitutionnelle de 1982. qu’il a aidé à créer.
McMurtry, Chrétien and Romanow se remémorent les événements qui ont permis d’élaborer l’accord constitutionnel final, 1981
Trudeau et Lévesque lors de la Conférence constitutionnelle, en 1981
Un jeu entre rivaux
Pour la majeure partie de leurs vies, Pierre Trudeau et René Lévesque, les deux premiers ministres francophones de la conférence de 1981 sur le rapatriement, ont défendu deux visions très différentes du Québec.
Jusqu'à la Révolution tranquille Terme général désignant les bouleversements sociaux et les réformes qui ont fait évoluer le Québec dans les années 1960. On note principalement une diminution significative du pouvoir de l'Église catholique dans les affaires provinciales et l’arrivée au pouvoir d’une majorité de francophones conscientisés. La Révolution tranquille a engendré des changements considérables et profonds dans l’ordre social et dans la vision du Québec quant à sa place dans le fédéralisme canadien (ou, potentiellement, en dehors de celui-ci). , ils sont dans le même camp – Lévesque a même contribué à la revue de science politique de Trudeau, Cité Libre. Mais leurs chemins se séparent après cela. Les deux hommes cherchent l'égalité, la justice et la prospérité pour le Québec, mais par des voies différentes: Trudeau est résolument fédéraliste, tandis que Lévesque devient le chef du parti séparatiste, le Parti québécois Parti provincial souverainiste, ou indépendantiste, au Québec, fondé en 1968, sous la direction de René Lévesque. Le PQ a remporté plusieurs élections et a initié, en 1980 et en 1995, des référendums sur la place du Québec au sein de la Confédération. . Ils s’affrontent farouchement lors du référendum Vote populaire (civique, provincial ou national) sur une proposition ou une question. Le rapatriement de la Constitution est devenu plus urgent après le référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec. Pierre Trudeau, et d'autres personnalités de l’époque, ont proposé différents référendums nationaux pour résoudre des questions constitutionnelles. québécois de 1980 sur la souveraineté-association Terme créé par le Parti Québécois pour signifier le désir du Québec de devenir un pays souverain mais en « association » politique et économique avec le Canada par le biais, par exemple, d’une union monétaire ou du partage d’un même passeport. avec le reste du Canada. Cependant, ils respectent tous les deux la volonté du peuple et ils lui font confiance. Ils sont disposés à soumettre la question constitutionnelle par voie de référendum Vote populaire (civique, provincial ou national) sur une proposition ou une question. Le rapatriement de la Constitution est devenu plus urgent après le référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec. Pierre Trudeau, et d'autres personnalités de l’époque, ont proposé différents référendums nationaux pour résoudre des questions constitutionnelles. alors que la plupart des chefs provinciaux ne le sont pas.
Trudeau et Lévesque dans This Hour Has Seven Days, en 1964 - extrait de Les champions, 1978 (Office national du film du Canada)
«Mais vous conviendrez que certaines émeutes ne sont que l’expression de droits démocratiques» - René Lévesque
Cependant, ils respectent tous les deux la volonté du peuple et ils lui font confiance. Ils sont disposés à soumettre la question constitutionnelle par voie de référendum alors que la plupart des chefs provinciaux ne le sont pas.
Le Référendum au Québec, en 1980
Hugo Cyr, doyen de la faculté de sciences politiques et de droit de l’Université du Québec à Montréal.
Tout au long de la conférence de 1981, Trudeau et Lévesque se livrent la dernière étape d'une « bataille de titans » qui dure depuis 25 ans. La plupart des autres premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. , politiquement plus à droite, estiment que les deux fils du Québec ne tiennent pas compte de leurs préoccupations. Brian Peckford de Terre-Neuve parlera du « spectacle de Pierre et René ».
(1922-1987) Premier ministre du Québec, figure emblématique du mouvement souverainiste
Chef du parti souverainiste du Québec et fumeur invétéré, le charismatique René Lévesque s'engage à fond dans les négociations constitutionnelles. Finalement, convaincu que le Québec a été trahi par le reste du Canada, il refuse d’adhérer à l'accord sur le rapatriement.
Lévesque grandit dans une petite ville majoritairement anglophone Personne dont l’anglais est la langue maternelle ou la langue principale utilisée pour communiquer; adjectif faisant référence aux personnes « qui parlent anglais ». de la Gaspésie, au Québec. Lors de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée, il est correspondant de guerre à la radio et il devient plus tard célèbre en tant qu’animateur d'une émission d'actualité télévisée à Radio-Canada – il a notamment couvert la libération des camps de concentration nazis.
René Lévesque anime l’émission télévisée Point de mire; extrait de Les champions, 1978.
02_levesque_pq_win_873049_CP.jpg René Lévesque après la victoire du Parti québécois, le 15 novembre 1976
En 1968, Lévesque fonde le Parti québécois Parti provincial souverainiste, ou indépendantiste, au Québec, fondé en 1968, sous la direction de René Lévesque. Le PQ a remporté plusieurs élections et a initié, en 1980 et en 1995, des référendums sur la place du Québec au sein de la Confédération. et en devient le premier chef. Le PQ préconise la souveraineté de la nation québécoise et forme, pour la première fois en 1976, un gouvernement provincial.
Lévesque a été auparavant un puissant ministre des Ressources naturelles au sein du cabinet libéral En référence au parti libéral du Canada, parti politique à la fois fédéral et provincial, formé en 1867. Avec le Parti conservateur (anciennement progressiste-conservateur), le Parti libéral est l’un des deux partis qui ont gouverné le Canada depuis la création de la Confédération. Généralement un parti centriste. de Jean Lesage, à l'époque de la Révolution tranquille Terme général désignant les bouleversements sociaux et les réformes qui ont fait évoluer le Québec dans les années 1960. On note principalement une diminution significative du pouvoir de l'Église catholique dans les affaires provinciales et l’arrivée au pouvoir d’une majorité de francophones conscientisés. La Révolution tranquille a engendré des changements considérables et profonds dans l’ordre social et dans la vision du Québec quant à sa place dans le fédéralisme canadien (ou, potentiellement, en dehors de celui-ci). , mais il a été déçu et en est venu à croire que la souveraineté et une union économique avec le Canada serait le meilleur moyen d’assurer l’avenir de la culture et la langue du Québec. C’est cette proposition que le PQ présente au public québécois lors du référendum Vote populaire (civique, provincial ou national) sur une proposition ou une question. Le rapatriement de la Constitution est devenu plus urgent après le référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec. Pierre Trudeau, et d'autres personnalités de l’époque, ont proposé différents référendums nationaux pour résoudre des questions constitutionnelles. de 1980. Cette proposition est défaite par la campagne fédéraliste de Trudeau.
Lévesque est reconnu pour sa spontanéité, son sens de l'humour et son charme, mais il peut également être impulsif et émotif. On le voit rarement sans une cigarette allumée entre les doigts.
Au moment des négociations constitutionnelles, Lévesque se remet tout juste de sa défaite référendaire, mais il a retrouvé une certaine détermination grâce à sa réélection au printemps de 1981.
Joueur clé au sein de l’association des provinces de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». , qui s’oppose à la résolution sur le rapatriement Plan de rapatriement unilatéral annoncé par Pierre Trudeau à la télévision le 2 octobre 1980 est ultérieurement présenté au Parlement en tant que Projet de loi du Canada. La Résolution proposait d’aller directement demander au Parlement britannique le rapatriement, ainsi que l’inclusion d’une charte des droits, sans l'approbation des législatures provinciales, ce qui devait être suivi, deux ans plus tard, par un référendum national sur une formule d’amendement. Elle invitait également des groupes de citoyens à apporter leur contribution lors des audiences des comités législatifs. La résolution a fait face à l’opposition de six, puis de huit gouvernements provinciaux, ce qui a notamment conduit au dépôt de plusieurs dossiers juridiques, connus sous le nom de « références du rapatriement ». de Trudeau il se donne la mission d’obtenir les meilleures conditions possibles pour le Québec.
Aurait-il pu accepter de renouveler la fédération en tant que dirigeant d'un parti souverainiste? La question n’est toujours pas réglée.
Mais ce qui est certain, c'est qu’il refusa de signer l'accord final du rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. parce qu'il avait été exclus des négociations.
Le Premier ministre du Québec, René Lévesque, en compagnie du Premier ministre de l’Alberta, Peter Lougheed, en 1982
Lévesque hausse les épaules et s’éloigne de Trudeau lors de la Conférence constitutionnelle, en 1980
levesque_holding_signatures_898984_CP.jpg Lévesque brandit l’accord constitutionnel signé sans lui, le 11 novembre 1981
Mais ce qui est certain, c'est qu’il refusa de signer l'accord final du rapatriement parce qu'il avait été exclus des négociations.
(1928-2012) Premier ministre de l’Alberta, progressiste-conservateur, vedette de football
Peter Lougheed s’impose comme chef de file parmi les adversaires de Trudeau. Il est déterminé à défendre les pouvoirs des provinces, et notamment sur leurs ressources naturelles.
Élu en 1971, Peter Lougheed est le premier progressiste-conservateur Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. à devenir premier ministre de l’Alberta. Il joue quelque temps au football avec les Eskimos d'Edmonton avant d'obtenir son diplôme en droit ainsi que son MBA. Il a la réputation d’être un homme de principe, mais entêté. Issu d'une importante famille politique de l'Alberta, il défend ardemment l'autonomie provinciale, notamment en ce qui concerne le contrôle des ressources naturelles.
Lougheed lors de la célébration de sa victoire électorale, le 15 mars 1979
02_lougheed_and_indigenous_leaders_18425212_CP.jpg Joe Crowshoe (à gauche) et le chef Small-Legs, de la nation des Pikunis (à l’extrême droite de l’image), lisent une déclaration commune à l’attention de Lougheed, le 19 novembre 1981
Lougheed croit fermement que l'Alberta et les autres provinces de l'ouest n'ont pas été traitées équitablement depuis leur adhésion à la Confédération et que l'idée que se fait Trudeau du « bien du pays » ne profite qu’au Québec et à l'Ontario.
L’égalité des provinces
Il défend vivement l'égalité des provinces et devient un joueur principal parmi les provinces récalcitrantes de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». lors du conflit constitutionnel. Lougheed et le premier ministre du Québec, René Lévesque, ont les mêmes objectifs en ce qui concerne la lutte pour l'autonomie provinciale.
Quand Lévesque refuse de signer l'accord final sur le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. , Lougheed exprime à Lévesque sa tristesse personnelle et cherche à lui faire changer d’avis.
René Lévesque, Bill Davis et Bill Bennett accueillent Peter Lougheed, 1980
(1927-2010) Premier ministre du Manitoba, surnommé « Red »
Sterling Lyon est capricieux et s’oppose au changement constitutionnel. Il fait aussi campagne pour sa réélection avant et durant la conférence sur le rapatriement.
Sterling Lyon, le premier ministre progressiste-conservateur Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. du Manitoba, est certainement le plus combatif et le plus agressif des premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». . Surnommé « Red » en raison de la couleur de ses cheveux et son style de débat fougueux, Lyon est un conservateur profondément partisan qui croit en la réduction de la taille de l’état ainsi qu’en l'autorité des assemblées législatives élues sur celle des tribunaux. Pour cette raison, il s'oppose farouchement à l'inclusion de la Charte des droits et libertés La Charte énonce les droits et libertés qui sont officiellement garantis par la Constitution canadienne et « ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ». Il s’agit de la Partie 1, articles 1-34 de la Loi constitutionnelle de 1982. dans la Constitution. Tout au long de la dernière séance du rapatriemen Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. t en novembre 1981, Lyon semble vouloir faire dérailler les négociations constitutionnelles.
Le troisième jour de la conférence sur le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. , il quitte Ottawa Capitale du Canada où se trouvent les édifices du Parlement fédéral, de la Chambre des communes et du Sénat. Le nom « Ottawa » est parfois utilisé pour désigner le gouvernement fédéral, comme dans la phrase: « Ottawa a refusé toute négociation supplémentaire ». après le déjeuner pour retourner à sa campagne électorale provinciale musclée (qu’il perdra d’ailleurs) laissant son procureur général, Gerry Mercier, à la tête de la délégation manitobaine.
Lyon imite Trudeau lors d’une conférence constitutionnelle, à Montréal, le 9 février 1981
(1925 - 2011) Premier ministre de la Saskatchewan, ​gauchiste, marginal
Allan Blakeney est le seul dirigeant à la conférence appartenant au parti de gauche, le NPD. C’est dans sa chambre d'hôtel que la proposition finale entre les provinces est négociée, tard dans la nuit.
Premier ministre de la Saskatchewan, Blakeney est souvent considéré avec méfiance comme « socialiste » par ses alliés plus conservateurs Le Parti conservateur du Canada a été créé en 2003 par la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne (l'ancien Parti réformiste du Canada). Il est considéré généralement comme parti de droite et est lié à des partis provinciaux connus sous des noms différents. de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». qui s'opposent aux propositions initiales de Pierre Trudeau.
Né en Nouvelle-Écosse et ancien boursier de Rhodes à l’Université d’Oxford, Blakeney est un individu très cérébral. En tant que ministre de la « Co-operative Commonwealth Federation » (CCF) de la Saskatchewan dans les années 1960, il participe à la lutte pour l'assurance-maladie universelle et défend, au sein de son propre gouvernement, un « nouveau pacte pour le peuple » constitué de programmes novateurs en matière d’aide sociale.
Blakeney s'oppose à la Charte des droits et libertés, considérant les tribunaux trop conservateurs Le Parti conservateur du Canada a été créé en 2003 par la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne (l'ancien Parti réformiste du Canada). Il est considéré généralement comme parti de droite et est lié à des partis provinciaux connus sous des noms différents. ou réactionnaires et doutant qu'ils protégeraient mieux les droits et le bien-être des citoyens que ne le feraient les assemblées législatives.
01_allan_blakeney_1975_pointing_at_oil_chart_01575505_CP.jpg Blakeney indique les prix du gaz naturel et du pétrole sur un graphique, 1975
Les relations entre Pierre Trudeau et Blakeney sont tendues. Trudeau ne comprend pas comment un homme de principes et de gauche peut s'opposer à la Charte. Cependant, Blakeney est proche de Peter Lougheed de l'Alberta (ils partagent les mêmes préoccupations quant au contrôle des ressources provinciales) mais aussi de Bill Davis de l’Ontario, le principal allié de Trudeau. C'est à l’initiative de Blakeney qu'un accord est négocié la dernière nuit de la conférence. Il joue un rôle essentiel de conciliateur entre Lougheed et Davis et contribue largement à faire réinsérer dans la Constitution la section sur les droits autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. ancestraux.
(1932-2015) Premier ministre de la Colombie-Britannique, Monsieur « Modération »
Bill Bennett est un dirigeant respecté parmi les premiers ministres et l'un des membres de la « bande des huit » qui s'oppose à Trudeau. Mais il est impatient de trouver un compromis sur la Constitution pour retourner diriger sa province.
Bill Bennett, du Crédit social, parti de droite maintenant défunt, est un homme d'affaires extraverti et sympathique, dont le père, W. A. C. Bennett, a été le premier ministre le plus longtemps au pouvoir en Colombie-Britannique.
La délégation de l'Ontario considère le premier ministre Bennett comme un dirigeant à ne pas sous-estimer. Certains membres de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». (notamment le Québec) ne sont pas de cette opinion. En effet, Bennett a commencé à adoucir son opposition à la proposition de Trudeau dans le but de trouver un accord dans les semaines précédant la conférence.
Bennett appuie en principe la Charte des droits et libertés La Charte énonce les droits et libertés qui sont officiellement garantis par la Constitution canadienne et « ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ». Il s’agit de la Partie 1, articles 1-34 de la Loi constitutionnelle de 1982. mais craint que l'ancrage des droits autochtones Terme générique désignant les premiers peuples de l’Amérique du Nord et leurs descendants qui inclut les Premières nations, les Inuits et les Métis. Voir aussi: Indigène. menace le contrôle unilatéral de la Colombie-Britannique sur les terres et les ressources, compte tenu de l'absence de traités reconnus dans la province. Il s'oppose à toute formule d’amendement Règles servant à modifier la Constitution. La majorité des éléments de la Constitution exigent, pour pouvoir les amender, l’approbation du Sénat et de la Chambre des communes ainsi qu’au moins deux tiers des provinces représentant 50% de la population canadienne. qui placerait la Colombie-Britannique dans le même groupe que les provinces de l'Ouest. Mais sa principale préoccupation est la gestion de l'économie de la Colombie-Britannique: Bennett se trouvera bientôt au centre d'un intense conflit en raison de son programme « modéré », composé de coupures et de mesures d'austérité.
(1942 - ) Premier ministre de Terre-Neuve, ancien enseignant
Brian Peckford, fervent défenseur des intérêts de Terre-Neuve, est celui qui a officiellement présenté la proposition finale des provinces à Pierre Trudeau.
Ancien enseignant d’école secondaire, Brian Peckford est, à 39 ans, le plus jeune premier ministre à la conférence de 1981. Il est vif d'esprit et parfois capricieux.
À l'instar des premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. du Québec, de l'Alberta et du Manitoba, Peckford est considéré comme un intransigeant dans le cadre de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». . Pierre Trudeau lui reproche d'être prêt à « échanger du poisson contre des droits ». Peckford concentre ses efforts sur le contrôle des ressources naturelles de sa province, y compris les pêches et le pétrole extracôtier.
Lors de la dernière nuit de la conférence sur le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. , l'accord final conclu dans la chambre d'hôtel du premier ministre Blakeney est fondé sur la proposition provisoire de la délégation de Peckford. Son contenu ressemble à celui de « l’Accord de la cuisine » Proposition de compromis formulée par le ministre fédéral de la Justice, Jean Chrétien, le procureur général et ministre des Affaires intergouvernementales de la Saskatchewan, Roy Romanow, ainsi que le procureur général de l’Ontario, Roy McMurtry, lors du dernier après-midi des pourparlers de la Conférence sur le rapatriement de la Constitution, à Ottawa, en 1981. Il consistait en sept points griffonnés sur un bout de papier dans une petite cuisine du centre des Conférences. , mais il comporte des dispositions qui le rendent plus acceptable aux premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. . C'est Peckford qui présente la proposition à Trudeau le lendemain matin.
Plus tard, il joue la carte de la fausse modestie devant les médias: « Suis-je un héros ? » dit-il. « Non, je n’ai pas agi seul, bien d’autres personnes étaient impliquées ».
(1914-2000) Premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, sa dernière révérence​
Angus MacLean, le premier ministre de la plus petite province du pays, l'Île-du-Prince-Édouard, en est à la dernière semaine de son mandat de premier ministre lors de la conférence constitutionnelle. Ses interventions sont plutôt rares, mais il est réputé pour sa volonté de travailler à la fois avec Davis et Lougheed.
MacLean, le premier ministre progressiste-conservateur Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. de l'Île-du-Prince-Édouard, s’est autant illustré comme héros de guerre que comme cultivateur de bleuets. Reconnu pour son bon sens, il est un homme conciliant et constructif, dévoué surtout à son île et aux provinces maritimes. Bien que membre de la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». à la conférence de 1981, il n’intervient que ponctuellement.
Le rapatriement Processus visant à amener l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 – la Constitution du Canada – sous le contrôle total du Canada, plutôt que de le conserver comme une loi du Parlement britannique. Après des décennies d'efforts, le rapatriement s'est conclu par l’adoption en 1982 de l’Acte de la Grande-Bretagne au Canada et de la Loi constitutionnelle, qui prévoient notamment un moyen de modifier la Constitution au Canada. La nouvelle Constitution n'a pas été ratifiée par le gouvernement du Québec. est son chant du cygne, c’est-à-dire son œuvre ultime: il est fin prêt à se retirer de la politique à l’issue de la semaine des négociations.
(1931 - ) Premier ministre de la Nouvelle-Écosse, lent mais constant
John Buchanan de la Nouvelle-Écosse participe discrètement au jeu constitutionnel. Il est cependant présent lors des négociations dans la chambre d'hôtel du premier ministre Blakeney. Le soutien de la plus grande province maritime du Canada est crucial pour conclure l'entente finale.
Buchanan, premier ministre progressiste-conservateur Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. de la Nouvelle-Écosse, est un défenseur des droits des Acadiens. Il développe l'éducation et les services en français dans la province.
Tout comme Allan Blakeney de la Saskatchewan, il met un certain temps à se joindre à la « bande des huit » Les huit premiers ministres provinciaux qui se sont opposés, aussi bien politiquement que légalement, au projet de rapatriement de la Constitution canadienne de Pierre Trudeau en 1980-81. Ce groupe réunit toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan seront les dernières à se joindre à ce qui était initialement la « Bande des six ». . En tant qu'ingénieur diplômé et avocat, il démontre une volonté de juger pour lui-même les mérites de la résolution de Trudeau et de ne pas simplement adopter le raisonnement des autres premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. conservateurs Le Parti conservateur du Canada a été créé en 2003 par la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne (l'ancien Parti réformiste du Canada). Il est considéré généralement comme parti de droite et est lié à des partis provinciaux connus sous des noms différents. . Buchanan s’absente pour assister aux funérailles de son beau-père et donc n'est pas présent lors des discussions matinales qui ont lieu le dernier jour de la conférence sur le rapatriement. Cependant, son soutien à la proposition des provinces, la veille, s’avère essentiel. En 1990, Buchanan démissionne de son poste de premier ministre de la Nouvelle-Écosse pour devenir sénateur.
(1929 - ) Premier ministre de l’Ontario, médiateur.
Bill Davis, homme influent de l'Ontario, est l'un des deux seuls premiers ministres à soutenir le programme de Pierre Trudeau dès le début. Il cherche constamment à rallier les autres provinces aux propositions du premier ministre fédéral.
Le premier ministre de l'Ontario, Bill Davis, est un Red Tory (un conservateur Le Parti conservateur du Canada a été créé en 2003 par la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne (l'ancien Parti réformiste du Canada). Il est considéré généralement comme parti de droite et est lié à des partis provinciaux connus sous des noms différents. centriste) et fait partie de l'ère de la « grande machine bleue » où le parti reste au pouvoir en Ontario pendant quatre décennies consécutives.
Inséparable de sa pipe, il est un vétéran des négociations constitutionnelles. Avec Richard Hatfield du Nouveau-Brunswick, ils sont les deux premiers ministres à appuyer la résolution constitutionnelle de Pierre Trudeau dès le début. Même s'il est souvent préoccupé par l’attitude de confrontation de Trudeau, Davis considère le rapatriement et la Charte des droits et libertés comme essentiels à l'unité nationale. Il en persuade sa province dans l’espoir de voir le Canada « devenir une nation souveraine ».
John Buchanan, Premier ministre de Nouvelle-Écosse (1978-1990)
Comme la plupart des premiers ministres Dirigeants des partis au pouvoir au sein des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux et territoriaux. Le Canada compte quatorze premiers ministres. de l'Ontario, Davis tient au principe d’un gouvernement central fort. Et comme il est ami avec ses homologues Lougheed et Blakeney, il se voit comme un lien entre Ottawa et les autres provinces. Il estime important que Trudeau tienne sa promesse référendaire de 1980 envers le Québec et il est fier de jouer un rôle historique en participant à la création d’un accord constitutionnel positif.
Certains maintiennent que c'est sa volonté de dire à Trudeau qu'il accepterait « l'entente de nuit », même si Trudeau la rejetait, qui a permis de conclure l’affaire.
(1931-1991) Premier ministre du Nouveau-Brunswick, défenseur des francophones​
Richard Hatfield du Nouveau-Brunswick est un personnage coloré et l'un des deux seuls alliés provinciaux de Pierre Trudeau. Sa priorité est de promouvoir le statut des francophones partout au Canada et de décourager le séparatisme au Québec.
Hatfield est un grand voyageur, un homme enjoué et élégant, réputé pour son tempérament instable. Au grand regret de plusieurs de ses collègues progressistes-conservateurs Nom du principal parti fédéral de centre-droit, entre 1942 et 2003. Il est né de l’alliance du Parti conservateur et du Parti progressiste. Le Parti conservateur du Canada d’aujourd’hui lui a succédé. Plusieurs partis provinciaux ont conservé le nom de progressiste-conservateur. Ce parti a été, au fédéral, le parti de l’opposition officielle pendant la plupart des débats constitutionnels des années 70 et du début des années 80. En revanche, il a été au pouvoir dans la majorité des provinces au cours de cette même période. , Hatfield se joint à Bill Davis, de l'Ontario, pour appuyer la résolution constitutionnelle de Pierre Trudeau.
Bien que sa province ait été fondée par des Loyalistes, elle partage une frontière avec le Québec et une forte minorité canadienne-française y vit. Hatfield est un Red Tory (un conservateur Le Parti conservateur du Canada a été créé en 2003 par la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne (l'ancien Parti réformiste du Canada). Il est considéré généralement comme parti de droite et est lié à des partis provinciaux connus sous des noms différents. centriste) qui embrasse l’idée d'un Canada pluraliste. Enthousiasmé par la Révolution tranquille Terme général désignant les bouleversements sociaux et les réformes qui ont fait évoluer le Québec dans les années 1960. On note principalement une diminution significative du pouvoir de l'Église catholique dans les affaires provinciales et l’arrivée au pouvoir d’une majorité de francophones conscientisés. La Révolution tranquille a engendré des changements considérables et profonds dans l’ordre social et dans la vision du Québec quant à sa place dans le fédéralisme canadien (ou, potentiellement, en dehors de celui-ci). , il a même eu une carte de membre du Parti québécois Parti provincial souverainiste, ou indépendantiste, au Québec, fondé en 1968, sous la direction de René Lévesque. Le PQ a remporté plusieurs élections et a initié, en 1980 et en 1995, des référendums sur la place du Québec au sein de la Confédération. pendant un certain temps. Cependant, il s’est battu au sein du camp du « non » au référendum Vote populaire (civique, provincial ou national) sur une proposition ou une question. Le rapatriement de la Constitution est devenu plus urgent après le référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec. Pierre Trudeau, et d'autres personnalités de l’époque, ont proposé différents référendums nationaux pour résoudre des questions constitutionnelles. de 1980 dans l’espoir que Trudeau réalise sa promesse d’apporter une réforme constitutionnelle significative au Québec. Hatfield contribue également à faire du Nouveau-Brunswick la seule province officiellement bilingue pour aider à corriger les injustices historiques contre la population acadienne.
Le processus qui a mené au rapatriement de la Constitution canadienne a été profondément influencé par les personnalités et les priorités politiques des dirigeants nationaux et provinciaux, ainsi que par des collaborateurs clés.