Source: http://www.lexcellis-avocats.fr/article-les-liens-d-affiliation-dans-la-grande-distribution-suite-46412501.html
Timestamp: 2013-05-24 10:26:08+00:00
Document Index: 119930391

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Les liens d’affiliation dans la grande distribution (suite) - Actualités de droit économique
Les liens d’affiliation dans la grande distribution (suite)	Les liens d’affiliation dans la grande distribution (suite)
Pour faire suite à un précédent billet sur les liens d’affiliation dans la grande distribution, lui-même en lien
avec une Autopsie d’un puzzle juridique, un arrêt, non publié au bulletin, qui corrobore
l’analyse traditionnelle.
Je renvoie à ces billets et articles pour l’exposé des faits, mais dans cet arrêt, où il était question de la
valorisation des actions d’une société exploitant un point de distribution à l’enseigne Intermarché, et dans les statuts de laquelle on retrouvait la fameuse clause de préférence avec désignation
d’un expert pour fixer le prix selon des critères internes aux cession du groupe ITM, l’expert qui s’en est tenu à des critères « libres », c’est-à-dire à des méthodes traditionnelles
d’évaluation (valorisation de l’actif net, prise en compte d’une année de chiffre d’affaires, etc.), la Cour de cassation valide l’arrêt d’appel qui avait retenu la fixation « libre »
par l’expert sur le fondement de l’article 1843-3 du Code civil : « il résulte des termes mêmes des dispositions impératives de l’article 1843-4 du code civil qu’il appartient à
l’expert de déterminer lui-même, selon les critères qu’il juge appropriés à l’espèce, sans être lié par la convention ou les directives des parties, la valeur des droits sociaux litigieux, la
cour d’appel a pu en déduire que le tiers estimateur désigné en application de cet article n’avait pas commis une erreur grossière en écartant les directives d’évaluation contenues dans les
statuts et le règlement intérieur ».
J’en profite pour joindre les quatre arrêts du 19 décembre 2006, rendus sous l’excellente présidence de Daniel
Je joins également un arrêt du 5 mai 2009 qui montre que la solution est constante : dans une affaire voisine, divers
associés de la SCI Les Mousquetaires sont exclus de celle-ci, ce qui implique le retrait de l’enseigne et la cession des parts, dont le prix doit être fixés par expert, toujours dans les mêmes
conditions (comp. les clauses rapportées dans les arrêts de 2006) et un expert est désigné, le président du TGI compétent indiquant qu’il devait procéder en toute liberté et « écarter
l’application de la méthode de calcul prévue par les statuts ». L’ordonnance est annulée par un arrêt d’appel au motif que : « en précisant dans sa motivation que l’expert
devait procéder en toute liberté et écarter l’application de la méthode de calcul prévue par les statuts, alors, au contraire, que ce sont justement les statuts qui doivent le guider, le
président du tribunal a excédé ses pouvoirs ». Cassation : « en précisant la méthode à suivre par l’expert, la cour d’appel a violé le texte susvisé [l’article 1843-4
du Code civil]».
Reste une question à trancher : que se passe-t-il lorsqu’une évaluation a été faite en application de la
clause, soit par un expert, soit en dehors du recours à celui-ci parce que le propriétaire des actions n’a pas l’envie ou le goût pour se lancer dans une longue procédure et, qu’ensuite, se
ravisant, il envisage d’engager une action indemnitaire contre le groupe de distribution et/ou contre l’acquéreur ?
Je chercher, je fouine, et je reviens donner des éléments de réponse.
Cass. com. 16 février 2010, n°09-11668
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 9 décembre 2008), que M. X..., associé de la société civile des
Mousquetaires (la société), en a été exclu par un vote d’une assemblée des associés ; que, refusant la valeur des parts retenue par la société en application des statuts et du règlement
intérieur, M. X... a saisi le président du tribunal de grande instance qui, sur le fondement de l’article 1843-4 du code civil, a désigné un expert avec mission de déterminer la valeur de ses
droits sociaux ; qu’après le dépôt du rapport de l’expert, M. X... a assigné la société en paiement d’une certaine somme représentant la valeur de ses parts sociales ;
Attendu que la société fait grief à l’arrêt d’avoir accueilli cette demande, alors, selon le moyen, que l’expert désigné
en application de l’article 1843-4 du code civil n’est libre de déterminer la valeur des droits sociaux selon la méthode qu’il juge appropriée qu’en cas de contestation, ce qui exclut l’hypothèse
d’un accord préalable des parties sur un prix, déterminé ou déterminable ; que celui qui manifeste sa volonté de faire partie d’une société en en devenant associé en accepte les statuts qu’il
s’engage à respecter et donne ainsi son accord à la clause d’évaluation des droits sociaux qu’ils contiennent, le cas échéant ; que dès lors, sa volonté ultérieure d’échapper, à l’occasion de la
cession de ses propres droits sociaux, à la méthode d’évaluation contenue dans les statuts à laquelle il a auparavant consenti ne peut s’analyser en une contestation au sens de l’article 1843-4
du code civil, sauf pour la disposition statutaire considérée d’être entachée d’un vice de nature à altérer sa validité ; qu’ainsi, commet une erreur grossière l’expert ainsi désigné qui,
s’affranchissant totalement et délibérément de la volonté des parties fixée dans les statuts de la société dont les parts ou les actions sont cédées, sort du cadre juridique servant de fondement
à la mission à lui dévolue ; qu’ en jugeant le contraire, la cour d’appel a violé l’article 1134 du code civil, ensemble, l’article 1843-4 du code civil ;
Mais attendu qu’ayant exactement retenu qu’il résulte des termes mêmes des dispositions impératives de l’article
1843-4 du code civil qu’il appartient à l’expert de déterminer lui-même, selon les critères qu’il juge appropriés à l’espèce, sans être lié par la convention ou les directives des parties, la
valeur des droits sociaux litigieux, la cour d’appel a pu en déduire que le tiers estimateur désigné en application de cet article n’avait pas commis une erreur grossière en écartant les
directives d’évaluation contenues dans les statuts et le règlement intérieur ; que le moyen n’est pas fondé ;
Condamne la Société civile des Mousquetaires aux dépens ;
Cass. com. 19 décembre 2006 n°05-10197
Statuant tant sur le pourvoi principal formé par les sociétés Coopérative d’approvisionnement Paris Est et Disvalor, MM.
X..., Y..., Z... et de A... que sur le pourvoi incident éventuel relevé par M. B..., Mme C..., épouse B..., les sociétés Tomblaine distribution et Sonedis et M. D... ;
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Nancy, 20 octobre 2004), que M. B... et Mme C..., épouse B... (M. et Mme B...) ont
consenti à la société Coopérative d’approvisionnement Paris Est (la société Scapest), centrale régionale d’achat du groupe Leclerc, une promesse unilatérale de cession des actions qu’ils
détenaient dans le capital de la société Tomblaine distribution (la société Tomblaine) qui exploitait un hypermarché sous l’enseigne Leclerc ; qu’après que la société Scapest eut levé l’option,
cette société ainsi que la société Disvalor, qu’elle s’était substituée, ont demandé en justice que soit constatée la cession d’actions et que M. et Mme B... soient condamnés sous astreinte à
effectuer toutes formalités nécessaires ainsi qu’à leur payer des dommages-intérêts ; que M. et Mme B... ayant ultérieurement cédé ces mêmes actions à la société Distribution de l’Est, les
sociétés Scapest et Disvalor ont demandé que la décision à intervenir soit rendue opposable à cette société ; que le tribunal, également saisi par M. B... d’une demande, dirigée notamment contre
MM. X..., Y..., Z... et de A..., tendant à l’annulation des délibérations d’une assemblée générale des actionnaires de la société Tomblaine, a joint les procédures ;
Attendu que les sociétés Scapest et Disvalor et MM. X..., Y..., Z... et de A... font grief à l’arrêt d’avoir déclaré
nulle la promesse de cession d’actions et d’avoir en conséquence rejeté les demandes des sociétés Scapest et Disvalor, alors, selon le moyen :
1 / que même si aucun document ne recensait les règles en usage dans le mouvement Leclerc pour l’évaluation de fonds de
commerce ou de droits sociaux que les tiers évaluateurs devaient suivre, la clause ne restreignait pas leur faculté de consulter tout document relatif aux cessions de fonds ou de titres
intervenues dans le mouvement ainsi que toute personne ayant été impliquée dans de telles opérations ; qu’en affirmant que la clause ne leur permettait pas de déterminer le prix de façon
indépendante de la volonté du cessionnaire dans la mesure où la consultation des structures créées pour assurer la solidarité du mouvement Leclerc influencerait leur appréciation dans un sens
favorable au cessionnaire, sans expliquer pourquoi les tiers estimateurs ne seraient pas en mesure de rechercher les informations relatives aux cessions intervenues et de les analyser pour en
dégager les règles d’évaluation appliquées, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles 1591 et 1592 du code civil ;
2 / qu’il résulte des constatations de l’arrêt selon lesquelles les pénalités sont applicables aux sociétés quittant
prématurément la centrale nationale de référencement et les coopératives régionales d’approvisionnement du mouvement Leclerc, à la suite d’un retrait anticipé ou d’une exclusion, que ces
pénalités ne sont susceptibles d’affecter que le prix d’un fonds de commerce cédé à un tiers extérieur au mouvement mais ne s’appliquent pas aux cessions réalisées à l’intérieur du mouvement, la
société cédée restant alors, par hypothèse, membre de ces structures ; qu’en décidant cependant que dans la mesure où les tiers estimateurs devraient tenir compte des cessions réalisées par des
adhérents quittant prématurément ces structures et où le prix des actions cédées aurait été injustement minoré du fait de la rétention des ristournes, la cour d’appel n’a pas tiré les
conséquences de ses constatations et a violé les articles 1591 et 1592 du code civil ;
Mais attendu, en premier lieu, que MM. X..., Y..., Z... et de A... ne sont pas recevables à critiquer des dispositions
de l’arrêt qui ne leur font pas grief ;
Et attendu, en second lieu, qu’après avoir relevé que la promesse de cession d’actions stipulait qu’en l’absence
d’accord des parties, le prix de cession serait déterminé par un collège de tiers désignés selon les prévisions des articles 1592 et 1843-4 du code civil et précisait que ceux-ci devraient
respecter les “règles en usage au sein du mouvement Leclerc” et, pour l’évaluation du fonds de commerce, du droit au bail et autres éléments incorporels, faire application des “règles posées par
le mouvement Leclerc”, l’arrêt retient que la seule référence à ces règles est dépourvue de précision suffisante et ne garantit pas que le prix sera estimé en fonction d’éléments extérieurs à la
volonté du cessionnaire dès lors que ni la promesse de cession d’actions ni aucun document existant au plus tard à la date de la promesse, même versé ultérieurement, ne précise la consistance des
règles posées par le mouvement Leclerc en matière d’évaluation des fonds de commerce ou plus généralement d’évaluation de droits sociaux ; qu’en l’état de ces constatations et appréciations,
desquelles il résulte que les tiers chargés de fixer le prix avaient reçu mission de le faire par référence à des règles qui n’étaient pas déterminées, et abstraction faite du motif surabondant
critiqué par la seconde branche, la cour d’appel, qui n’avait pas à procéder à la recherche inopérante visée par la première branche, a légalement justifié sa décision et décidé à bon droit que
le prix n’était pas déterminable ;
D’où il suit que le moyen, irrecevable en ce qu’il est soutenu par MM. X..., Y..., Z... et de A..., n’est pas fondé pour
le surplus ;
Cass. com. 19 décembre 2006 n°05-10198 LA COUR (…): Sur le moyen unique :
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Nancy, 20 octobre 2004), que M. X... et Mme Y..., épouse X... (M. et Mme X...), qui
détenaient la majorité des actions composant le capital de la société Pontadis, exploitant un hypermarché sous l’enseigne Leclerc, ont conclu avec MM. Z..., A..., B..., C... et D..., actionnaires
minoritaires de la société Pontadis et dirigeants d’autres centres Leclerc (les actionnaires minoritaires) un pacte d’actionnaires conférant à chacun des deux groupes d’actionnaires un droit de
préférence réciproque en cas de projet de cession à un tiers des titres de la société Pontadis ; que M. X... a ultérieurement consenti à la Société coopérative d’approvisionnement Paris Est (la
société Scapest), centrale régionale d’achat du groupe Leclerc, un droit de préférence en cas d’échec de la procédure prévue par le pacte d’actionnaires ; que la société ITM entreprises ayant
acquis la totalité des actions de la sociéte Pontadis jusque là détenues par M. et Mme X..., la société Scapest et les actionnaires minoritaires ont demandé l’annulation de la cession et la
condamnation sous astreinte de M. et Mme X... à mettre en oeuvre les procédures prévues par le pacte d’actionnaires et le pacte de préférence ;
Attendu que la société Scapest et les actionnaires minoritaires font grief à l’arrêt d’avoir déclaré nul le pacte
d’actionnaires conclu au sein de la société Pontadis, constaté l’absence d’effet du pacte de préférence et rejeté leurs demandes, alors, selon le moyen :
1 / que les sociétés ITM et Pontadis n’invoquaient pas la nullité du pacte d’actionnaires au regard de la méthode de
détermination du prix des actions et que les autres appelants, les époux X..., soutenaient seulement, dans un paragraphe intitulé “le pacte d’actionnaires est nul en ce qu’il ne comporte aucun
droit de repentir du cédant”, que la méthode de fixation du prix serait une “condition potestative” dans la mesure où, selon eux, les ventes se réalisent, à l’intérieur du mouvement Leclerc, pour
des montants inférieurs à la valeur des entreprises telle qu’elle ressortirait de négociations avec d’autres grands groupes de distribution ; que le moyen tiré de ce que l’obligation faite aux
tiers évaluateurs de rechercher des éléments de comparaison avec des fonds similaires à l’intérieur du mouvement Leclerc et de tenir compte des critères habituellement retenus dans ce mouvement
les mettrait, en l’absence de précision suffisante sur les règles en vigueur dans le mouvement Leclerc en matière d’évaluation des fonds de commerce, dans l’incapacité de déterminer à tout moment
le prix des actions en fonction d’éléments extérieurs à la volonté du cessionnaire, a été soulevé d’office par la cour d’appel ; qu’en procédant ainsi sans avoir préalablement provoqué les
explications des parties, la cour d’appel a méconnu le principe du contradictoire et violé l’article 16 du nouveau code de procédure civile ;
2 / que la clause litigieuse stipulait que les tiers chargés de fixer le prix de cession des titres “devront veiller
plus particulièrement en ce qui concerne l’évaluation du fonds de commerce, à rechercher tous éléments de comparaison avec des fonds similaires plus spécialement à l’intérieur du mouvement
Leclerc” et “tenir compte des critères habituellement retenus dans le mouvement pour d’autres cessions, dans la région ou des régions comparables” ; qu’elle n’imposait donc pas aux tiers
estimateurs d’appliquer des règles ni de respecter des méthodes d’évaluation fixées par le mouvement Leclerc mais seulement de s’inspirer entre autres, et dans une proportion laissée à leur
appréciation, des cessions intervenues à l’intérieur du mouvement Leclerc ; qu’en décidant que, faute pour de telles règles ou méthodes d’être précisées et connues, le prix de cession n’était pas
déterminable, la cour d’appel a violé les articles 1134, 1591, 1592 et 1843-4 du code civil ;
3 / qu’en relevant d’office le moyen tiré de l’incidence éventuelle des pénalités appliquées aux sociétés quittant
prématurément le Galec et les coopératives régionales d’approvisionnement, et en particulier celle de la perte des ristournes, sur l’évaluation des données servant de base à l’établissement du
prix des fonds de commerce cédés à l’intérieur du mouvement Leclerc sans provoquer les explications des parties, la cour d’appel a encore violé l’article 16 du nouveau code de procédure civile
4 / qu’il résulte des constatations de l’arrêt, selon lesquelles les pénalités en cause sont applicables aux sociétés
quittant prématurément la centrale nationale de référencement et les coopératives régionales d’approvisionnement du mouvement Leclerc, à la suite d’un retrait anticipé ou d’une exclusion, que ces
pénalités ne sont susceptibles d’affecter que le prix d’un fonds de commerce cédé à un tiers extérieur au mouvement Leclerc, et qu’elles ne s’appliquent pas aux cessions réalisées à l’intérieur
du mouvement, la société cédée restant alors, par hypothèse, membre de ces structures ; qu’en décidant cependant que dans la mesure où ils devraient tenir compte de cessions pour lesquelles le
prix des actions aurait été minoré du fait de la rétention des ristournes ayant pour effet de fausser les données servant de base à l’établissement du prix des actions, les tiers évaluateurs
seraient empêchés d’accomplir leur mission, la cour d’appel n’a pas tiré les conséquences logiques de ses constatations et a violé les articles 1591, 1592 et 1843-4 du code civil ;
Mais attendu, en premier lieu, qu’après avoir reproduit les termes de la clause précisant que les tiers estimateurs
“devront veiller plus particulièrement, en ce qui concerne l’évaluation du fonds de commerce, à rechercher tous éléments de comparaison avec des fonds similaires plus spécialement à l’intérieur
du mouvement Leclerc” et qu’ils “devront tenir compte des critères habituellement retenus dans le mouvement pour d’autres cessions, dans la région ou des régions comparables”, l’arrêt retient que
cette obligation est dépourvue de précision suffisante et ne garantit pas que le prix sera estimé en fonction d’éléments extérieurs à la volonté du cessionnaire dès lors que ni le pacte
d’actionnaires ni aucun document existant au plus tard à la date de ce pacte, même versé ultérieurement, ne précise la consistance des règles fixées par le mouvement Leclerc en matière
d’évaluation de fonds de commerce ou plus généralement d’évaluation de droits sociaux ; qu’en l’état de ces constatations et appréciations, desquelles il résulte que les tiers chargés de fixer le
prix avaient reçu mission de le faire par référence à des critères qui n’étaient pas déterminés, la cour d’appel, qui n’a pas relevé d’office ce moyen, a décidé à bon droit que le prix n’était
pas déterminable ;
Et attendu, en second lieu, que l’arrêt étant justifié par les motifs que critiquent vainement les deux premières
branches, les griefs des troisième et quatrième branches s’adressent à des motifs surabondants ;
D’où il suit que le moyen, non fondé en ses deux premières branches, ne peut être accueilli pour le surplus
Cass. com. 19 décembre 2006 n°05-10199 LA COUR (…) :
Statuant tant sur le pourvoi principal formé par les Sociétés coopérative d’approvisionnement Paris Est et Lunedis, M.
X... et M. Y... que sur le pourvoi incident éventuel relevé par M. Z..., Mme A..., épouse Z..., et la société Sonedis ;
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Nancy, 20 octobre 2004), que M. Z... et Mme A..., épouse Z... (M. et Mme Z...) ont
détenaient dans le capital de la société Sonedis qui exploitait un hypermarché sous l’enseigne Leclerc ; qu’après que la société Scapest eut levé l’option, cette société, ainsi que la société
Lunedis, qu’elle s’était substituée, ont demandé en justice que soit constatée la cession d’actions et que M. et Mme Z... soient condamnés sous astreinte à effectuer toutes formalités nécessaires
ainsi qu’à leur payer des dommages-intérêts ; que M. et Mme Z... ayant ultérieurement cédé ces mêmes actions à la société ITM Entreprises, les sociétés Lunedis et Scapest ont demandé que la
décision à intervenir soit rendue opposable à cette société ; que le tribunal, également saisi par M. Z... d’une demande, dirigée contre la société Lunedis et MM. X... et Y..., tendant à
l’annulation d’une délibération du conseil d’administration de la société Sonedis, a joint les procédures ;
Attendu que les sociétés Scapest et Lunedis et MM. X... et Y... font grief à l’arrêt d’avoir déclaré nulle la promesse
de cession d’actions et d’avoir en conséquence rejeté les demandes des sociétés Scapest et Lunedis alors, selon le moyen :
Mais attendu, en premier lieu, que MM. X... et Y... ne sont pas recevables à critiquer des dispositions de l’arrêt qui
ne leur font pas grief ;
D’où il suit que le moyen, irrecevable en ce qu’il est soutenu par MM. X... et Y..., n’est pas fondé pour le surplus
Attendu que les sociétés Scapest et Lunedis et MM. X... et Y... font encore le même grief à l’arrêt alors, selon le
1 / que l’article 20 de la promesse de cession d’actions stipulait que si au moment de la levée d’option, un agrément
par la société était nécessaire, les promettants, s’ils ont le droit de statuer sur cet agrément, s’obligent à formuler un avis favorable et s’engagent à faire tout ce qui sera en leur pouvoir
pour faciliter cet agrément et que “le défaut d’agrément ne peut fonctionner qu’en tant que condition résolutoire de la cession projetée, l’intention des parties étant en effet que la cession
produise tous ses effets dès l’envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception même s’il n’a pas encore été statué sur l’agrément” ;
qu’en décidant cependant que l’obtention de l’agrément du conseil d’administration préalablement à la levée d’option
était une condition de validité de celle-ci, la cour d’appel a fait une fausse application du contrat et ainsi violé l’article 1134 du code civil ;
2 / que, si la cour d’appel a considéré que le bénéficiaire de la promesse devait, à défaut d’avoir obtenu l’agrément
avant la levée de la cession, avoir mis en demeure le promettant d’exécuter son engagement de faciliter l’octroi de l’agrément, elle a relevé d’office ce moyen tiré de la nécessité d’une démarche
du bénéficiaire auprès du promettant antérieurement à la levée d’option, les intimés ayant uniquement soutenu que l’obtention préalable de l’agrément du conseil d’administration était une
condition de validité de la levée d’option ; qu’en s’abstenant de provoquer les explications préalables des parties, la cour d’appel a méconnu le principe du contradictoire et violé l’article 16
du nouveau code de procédure civile ;
Mais attendu que l’arrêt étant justifié par les motifs que critique vainement le premier moyen, les griefs du second
moyen, qui s’adressent à des motifs surabondants, ne peuvent être accueillis ;
Cass. com. 19 décembre 2006 n°03-21042 LA COUR (…) :
Joint les pourvois n° J 03-21.042 formé par les consorts X..., M. Y... et la société Sodix et n° H 03-21.155 formé par
la société ITM Nord F, MM. Z..., A..., B..., C..., D..., qui attaquent le même arrêt ;
Attendu, selon l’arrêt confirmatif attaqué, que les consorts X..., Y..., la société Sodix et la société Sodicamb,
actionnaires de la société Sodimer, qui exploitait un centre Leclerc, ont, le 3 mars 1994, signé un pacte prévoyant que tout projet de cession d’actions devrait faire l’objet d’une offre
préalable de cession aux autres actionnaires moyennant un prix déterminé à l’amiable ou à dire d’experts ; qu’à la suite de la démission, au mois d’avril 1996, de Mme X... de l’Association des
centres distributeurs Edouard Leclerc (ACDLEC) et de la société Sodimer des sociétés coopératives du mouvement Leclerc, les consorts X..., Y... et la société Sodix, ont cédé les 2996 actions sur
les 3000 parts composant le capital social de la société Sodimer qu’ils détenaient à la société ITM Nord (groupe Intermarché) et à M. C..., Weste, D..., Z..., A... et B... ; que la société
Sodicamb, à laquelle ces actions n’avaient pas été proposées et qui entendait se prévaloir du pacte de préférence, a fait assigner les cédants et cessionnaires afin de voir déclarer nulle la
cession ; que ces derniers ont invoqué la nullité dudit pacte ; que le tribunal a accueilli à la demande de la société Sodicamb ; qu’après avoir confirmé le jugement, la cour d’appel a fait
injonction aux cédants de mettre en oeuvre la procédure définie par le pacte de préférence ;
Sur le premier moyen du pourvoi n° H 03-21.155 :
Attendu que la société ITM Nord et MM. Z..., A..., B..., C... et D... font grief à l’arrêt de les avoir déboutés de leur
demande tendant à voir dire la société Sodicamb irrecevable en ses prétentions par application de l’article 31 du nouveau code de procédure civile, alors, selon le moyen, qu’en vertu de l’article
455 du nouveau code de procédure civile, toute décision doit être motivée ; que la cour d’appel n’a absolument pas précisé les motifs pour lesquels elle a écarté le moyen d’irrecevabilité de la
société Sodicamb, violant ainsi le texte susvisé ;
Mais attendu que la cour d’appel ayant implicitement adopté les motifs du jugement constatant l’intérêt à agir de la
société Sodicamb susceptible de se porter acquéreur des actions de la société Sodimer, le moyen n’est pas fondé ;
Mais sur le premier moyen du pourvoi n° J 03-21.042, pris en sa quatrième branche :
Attendu que, statuant sur la demande tendant à la nullité du pacte de préférence conclu le 3 mars 1994 en ce qu’il
prévoit des mécanismes illicites de fixation par experts du prix de cession des actions, l’arrêt retient que la référence aux critères habituellement retenus dans le mouvement Leclerc constitue
un élément de fixation du prix de cession des titres qui n’est pas impératif pour les experts ;
Attendu qu’en statuant ainsi, alors que le pacte prévoit que les experts “devront veiller plus particulièrement en ce
qui concerne l’évaluation du fonds de commerce, à rechercher tous éléments de comparaison avec des fonds similaires dans la région ou des régions comparables, mais plus spécialement à l’intérieur
du mouvement Leclerc” et qu’ils “devront s’inspirer des critères habituellement retenus dans le mouvement pour d’autres cessions”, la cour d’appel en a dénaturé les termes clairs et précis
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 9 septembre 2003, entre les parties, par la cour d’appel
d’Amiens ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Nancy
Condamne la société ITM Nord, MM. Z..., A..., B..., C... et D... aux dépens ;
Cass. com. 5 mai 2009, n°08-17465 (Publié au bulletin) LA COUR (…) :
Attendu, selon l’arrêt attaqué, que MM. X..., Y..., Z..., A..., C..., D..., E..., F... et Mme B... (les consorts X...),
associés de la société civile des Mousquetaires (la société des Mousquetaires), en ont été exclus par différentes assemblées générales de 1998 à 2003 ; que le président du Tribunal de grande
instance, statuant en la forme des référés, a, sur le fondement de l’article 1843-4 du code civil, désigné un expert avec pour mission de déterminer la valeur de rachat des parts sociales ; que
la cour d’appel a jugé que le président du tribunal avait excédé ses pouvoirs en précisant dans sa motivation que l’expert devait “ procéder en toute liberté “ et “ écarter l’application de la
méthode de calcul prévue par les statuts “ ; qu’elle a en conséquence annulé l’ordonnance entreprise et, en vertu de l’effet dévolutif, a désigné le même tiers évaluateur ;
Attendu que la société des Mousquetaires soutient que le pourvoi formé par les consorts X... est irrecevable en
application de l’article 1843-4 du code civil qui précise que la décision par laquelle le président du tribunal statue sur la demande de désignation d’un expert en application de ce texte est
sans recours possible ;
Mais attendu que le pourvoi est recevable contre une décision qui constate un excès de pouvoir et en tire les
conséquences qui s’imposent ;
Attendu que la société des Mousquetaires soutient encore que le pourvoi formé par les consorts X... est irrecevable
faute d’intérêt à agir puisque leur demande de désignation d’un expert a été accueillie ;
Mais attendu que l’arrêt qui sanctionne la décision en ce qu’elle se prononce sur la méthode d’évaluation du prix des
parts par le tiers évaluateur fait grief aux consorts X... ;
D’où il suit que le pourvoi dirigé contre l’arrêt en ce qu’il a annulé pour excès de pouvoir la décision désignant
l’expert est recevable ;
Attendu que dans tous les cas où sont prévus la cession des droits sociaux d’un associé, ou le rachat de ceux-ci par la
société, la valeur de ces droits est déterminée, en cas de contestation, par un expert désigné, soit par les parties, soit à défaut d’accord entre elles, par ordonnance du président du tribunal
statuant en la forme des référés ; que seul l’expert détermine les critères qu’il juge les plus appropriés pour fixer la valeur des droits, parmi lesquels peuvent figurer ceux prévus par les
Attendu que pour annuler l’ordonnance désignant l’expert, l’arrêt retient qu’en précisant dans sa motivation que
l’expert devait procéder en toute liberté et écarter l’application de la méthode de calcul prévue par les statuts, alors, au contraire, que ce sont justement les statuts qui doivent le guider, le
président du tribunal a excédé ses pouvoirs ;
Attendu qu’en précisant la méthode à suivre par l’expert, la cour d’appel a violé le texte susvisé
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 14 novembre 2007, entre les parties, par la cour d’appel
de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement
composée ;
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