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Timestamp: 2016-10-25 15:50:55+00:00
Document Index: 130830589

Matched Legal Cases: ['art. 255', 'art. 392', 'art. 46', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 306', 'art. 256', 'art. 72', 'art. 76', 'art. 274', 'art. 255', 'art. 256', 'art. 256', 'art. 256', 'art. 19', 'art. 392', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 256', 'ATF ', 'art. 256', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 12', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 16', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 392', 'art. 66']

5A_593/2011 (10.02.2012)
5A_593/2011
Arr�t du 10 f�vrier 2012
repr�sent� par Me Alain Berger, avocat,
1. B.Y.________,
repr�sent�e par Me B�n�dict Fontanet, avocat,
curatelle de repr�sentation,
recours contre la d�cision de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Autorit� de surveillance du Tribunal tut�laire, du 28 juin 2011.
A.a.a C.X.________ a �pous� B.Y.________ le 29 janvier 1999.
Celle-ci a donn� naissance � D.________ le 23 septembre 2001 � Gen�ve. Conform�ment � la pr�somption institu�e par l'art. 255 CC, l'enfant a �t� inscrit � l'�tat civil comme �tant le fils de C.X.________.
Entre 1997 et septembre 2003, B.Y.________ a entretenu une relation intime avec A.________. Une expertise ADN, effectu�e le 10 avril 2002, atteste que ce dernier est le p�re de D.________.
Mis au courant, C.X.________ n'a n�anmoins pas d�sir� intenter une action en d�saveu de paternit�. Il a continu� � consid�rer D.________ comme son propre fils et � l'�lever comme tel.
A.a.b Les �poux X.________ se sont s�par�s au mois de janvier 2004. D.________ est rest� vivre aupr�s de sa m�re, C.X.________ le voyant "la moiti� de la semaine" ainsi qu'un week-end sur deux. Malgr� la s�paration, il a continu� � assumer pleinement son r�le de p�re, notamment en participant activement � l'�ducation de D.________ et en se rendant, avec sa m�re, � toutes les r�unions scolaires, consultations m�dicales et entretiens avec les diff�rents professionnels qui l'entouraient.
Le divorce des �poux X.________ a �t� prononc� le 30 octobre 2007.
L'autorit� parentale conjointe sur l'enfant a �t� maintenue et la garde de celui-ci confi�e � sa m�re. Un large droit de visite, s'exer�ant, sauf accord contraire entre les parents, � raison d'un jour par semaine, d'un week-end sur deux et de la moiti� des vacances scolaires, a �t� r�serv� � C.X._________. Ce dernier s'est �galement engag� � verser � titre de contribution � l'entretien de son fils la somme de 910 fr. jusqu'� l'�ge de 6 ans, 1'200 fr. de 6 � 12 ans et de 1'400 fr. de 12 ans jusqu'� la majorit�, voire au-del� si l'enfant suivait une formation professionnelle ou des �tudes s�rieuses et r�guli�res.
C.X.________ n'a jamais manqu� � son droit de visite et s'est toujours r�guli�rement acquitt� de la contribution d'entretien due.
A.b En juin 2005, B.Y.________ a emm�nag� avec D.________ chez E.Y.________, qu'elle a �pous� le 31 juillet 2009, et dont elle porte d�sormais le nom de famille.
Le couple a un fils, F.________, n� le 21 novembre 2006.
A.c Durant sa relation avec la m�re de D.________, A.________, p�re biologique de l'enfant, entretenait des contacts avec ce dernier, qualifi�s de ponctuels par la premi�re et de r�guliers par le second. Ces rapports ont cess� en septembre 2003, lorsque le couple s'est d�finitivement s�par�.
A.________ a repris les contacts avec son fils en ao�t 2004, lui �tant toutefois pr�sent� comme "une sorte de parrain et proche ami", l'enfant ignorant en effet qu'il �tait son p�re biologique.
A.________ a �galement soutenu la m�re de D.________ dans la prise en charge de l'enfant, ce dernier souffrant de troubles du comportement. Il lui est en outre arriv� de participer financi�rement � son entretien, notamment en contribuant aux frais d'�colage de son �cole priv�e.
A.d En mai 2009, A.________ a r�v�l� � D.________ qu'il �tait son p�re biologique. Cette information n'a pas perturb� l'enfant qui, selon les d�clarations de sa m�re, a d�clar� qu'il "�tait content d'avoir deux papas et n'a pas chang� de comportement avec son p�re l�gal et son p�re biologique".
Invit� par A.________ � l'appeler dor�navant "papa", D.________ a pr�f�r� n�anmoins continuer � l'appeler par son pr�nom.
A.e A la suite d'une altercation survenue le 21 mars 2010 entre B.Y.________ et A.________, les relations entre D.________ et son p�re biologique sont devenues plus espac�es, contre la volont� de ce dernier; elles ont m�me cess� d�s le mois de juin 2010.
A.f La situation personnelle et financi�re de C.X.________ et de A.________ se pr�sente comme suit:
A.f.a C.X.________ n'a pas d'autre enfant. Il est consultant informatique ind�pendant et enseignant dans une �cole de commerce. Au jour de son divorce, ses revenus mensuels nets totalisaient 8'740 fr. Il n'a pas de fortune et son divorce lui a occasionn� quelques dettes.
A.f.b A.________ est le p�re de deux filles majeures, issues d'une pr�c�dente union, qui vivent aupr�s de lui. Il dispose d'une situation financi�re saine: percevant de confortables revenus provenant de ses activit�s d'enseignement et de consultant financier, il est propri�taire d'une villa mitoyenne � G.________ (Vaud). Il va en outre prochainement percevoir un montant de plus de deux millions de francs dans le cadre d'une succession.
B.a Le 23 avril 2010, A.________ a saisi le Tribunal tut�laire du canton de Gen�ve d'une requ�te tendant � ce qu'un curateur soit nomm� � D.________ aux fins d'intenter une action en d�saveu de paternit�, d'�tablir sa paternit�, de mettre sur pied une convention d'entretien avec lui et de r�gler les relations personnelles entre lui-m�me et son fils.
B.Y.________ et C.X.________ se sont oppos�s � cette requ�te.
Le service de protection des mineurs (SPMi) a rendu un rapport d'�valuation sociale le 12 ao�t 2010. D'un point de vue strictement social, le service concluait � la difficult� de pr�aviser en faveur ou en d�faveur de l'ouverture d'une proc�dure en d�saveu d�s lors que l'enfant connaissait d�j� l'existence de son p�re biologique, avec lequel il entretenait de bonnes relations. L'auteur du rapport soulignait que l'enfant paraissait avoir trouv� un �quilibre dans la coexistence entre ses deux p�res, sa r�f�rence paternelle restant cependant son p�re l�gal; compte tenu toutefois du conflit existant entre la m�re et le p�re naturel, il risquait de ne plus faire r�f�rence � son identit� biologique si la proc�dure en d�saveu n'aboutissait pas, ce qui entra�nerait ainsi une confusion autour de la construction de son identit�. Le rapport relevait enfin que le risque d'une perte de contacts avec le p�re biologique semblait plus grand qu'une rupture de contact avec le p�re l�gal, dont l'acc�s �tait favoris� par sa m�re.
Les parties ont �t� entendues le 6 octobre 2010.
Par ordonnance du 20 octobre 2010, le Tribunal tut�laire a fait droit � la requ�te de A.________ et a d�sign� Z.________ aux fonctions de curatrice du mineur D.________ aux fins d'introduire une action en d�saveu de paternit� � l'encontre de C.X.________ et de B.Y._________ (ch. 1). Il a en outre donn� acte � cette derni�re de ce qu'elle s'engageait � faire preuve de tol�rance en permettant des contacts entre D.________ et son p�re biologique, malgr� leurs diff�rends (ch. 2) et d�bout� les parties de toutes autres conclusions (ch. 3).
B.b B.Y.________, de m�me que C.X.________, ont recouru contre ladite ordonnance devant la Cour de justice. A.________ et le SPMi ont conclu � sa confirmation.
La cour cantonale a encore proc�d� � l'audition de la psychoth�rapeute suivant D.________; elle a par ailleurs entendu l'enfant s�par�ment le 7 f�vrier 2011 et les parties ont elles-m�mes �t� entendues � deux reprises.
Statuant le 28 juin 2011, la Cour de justice a joint les recours form�s par la m�re et le p�re l�gal de l'enfant et annul� l'ordonnance entreprise.
Par acte du 31 ao�t 2011, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, concluant principalement � l'annulation de la d�cision cantonale et � la confirmation de l'ordonnance rendue par le Tribunal tut�laire le 20 octobre 2010, subsidiairement au renvoi de la cause � la Cour de justice pour nouvelle d�cision. A l'appui de ses conclusions, le recourant invoque l'�tablissement arbitraire des faits, la violation de son droit d'�tre entendu ainsi que celle de l'art. 392 ch. 2 CC.
Le pr�sent recours, d�pos� en temps utile (art. 46 al. 1 let. b et 100 al. 1 LTF), est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue sur recours par la derni�re autorit� cantonale (art. 75 al. 1 LTF). L'instauration d'une curatelle de repr�sentation de l'enfant, fond�e sur les art. 306 al. 2 et 392 ch. 2 CC aux fins d'intenter une action en d�saveu de paternit� (art. 256 al. 1 ch. 2 CC) est une d�cision de nature non p�cuniaire en mati�re de protection de l'enfant, sujette au recours en mati�re civile (art. 72 al. 2 let. b ch. 7 LTF; arr�ts 5A_128/2009 du 22 juin 2009 consid. 1.2 et la r�f�rence; 5A_150/2011 du 29 juin 2011 consid. 1). Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions devant l'instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF; arr�t 5A_150/2011 du 29 juin 2011 consid. 3.4.1), le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
2.1 Par ordonnance du 20 octobre 2010, le tribunal tut�laire a donn� suite � la requ�te adress�e par le p�re biologique de D.________ et nomm� un curateur � ce dernier aux fins d'introduire une action en d�saveu de paternit� � l'encontre des intim�s. Proc�dant � une comparaison entre la situation de l'enfant avec et sans d�saveu, le tribunal est parvenu � la conclusion que l'action allait en effet dans son int�r�t. La juridiction a not� � ce propos que le risque pour D.________ de se retrouver sans p�re l�gal �tait inexistant; que, sur le plan mat�riel, le p�re biologique �tait en mesure d'offrir � l'enfant des perspectives sup�rieures et que les relations de D.________ avec son demi-fr�re F.________ - fils de l'intim�e et de son second mari - ne seraient aucunement affect�es par l'�ventuel changement de p�re l�gal, les relations affectives existant avec les deux filles du recourant �tant quant � elles fortement renforc�es par la reconnaissance officielle du lien consanguin les unissant. D'un point de vue psycho-social, le tribunal tut�laire a en substance consid�r� qu'il �tait important que l'enfant puisse forger pleinement et librement son identit� en r�f�rence � son lien d'origine. Une clarification des r�les, pour un enfant entour� de trois figures paternelles aimantes (son beau-p�re, son p�re l�gal et son p�re biologique), paraissait ainsi indispensable afin de lui permettre cette d�marche, sans contraintes et hors de tout conflit de loyaut�, tandis qu'une rupture de contact avec le p�re biologique serait de nature � entra�ner une confusion � cet �gard: or, en l'absence de d�saveu, ce risque �tait plus important que celui, en cas de d�saveu, d'une perte de contact avec le p�re l�gal, dont l'acc�s �tait favoris� par la m�re. Le tribunal tut�laire a encore remarqu� que laisser le choix � D.________, une fois majeur, d'agir ou non en d�saveu, n'�tait pas convaincant: il �tait en effet dans l'int�r�t du bon d�veloppement psychologique d'un enfant de ne pas grandir dans l'ignorance, le secret, la culpabilit�, voire le mensonge quant � sa filiation paternelle. Le premier juge a par ailleurs estim� que le recourant n'avait pas exprim� tardivement sa volont� de faire �tablir sa paternit� d�s lors que le p�re biologique n'avait pas de droit d'action directe et ne pouvait en cons�quence se voir imposer un d�lai pour agir, contrairement au p�re l�gal et � l'enfant. Quant au changement de nom cons�cutif � l'action en d�saveu, l'autorit� tut�laire a consid�r� qu'il ne constituerait nullement une contrainte perturbante pour l'enfant, encore � l'�cole primaire. La juridiction a enfin motiv� sa position en relevant les d�veloppements r�cents de la doctrine et de la jurisprudence s'agissant du droit de l'enfant � conna�tre son ascendance, consid�r� comme un droit absolu, imprescriptible et inali�nable.
2.2 Statuant sur recours de la m�re et du p�re l�gal de l'enfant, la Cour de justice a en revanche jug� que l'ouverture d'une action en d�saveu de paternit� serait davantage pr�judiciable � l'enfant que le maintien de la situation actuelle et a en cons�quence annul� l'ordonnance du tribunal tut�laire. A l'appui de sa d�cision, l'autorit� de surveillance a expos� tout d'abord que l'enfant avait exprim� le d�sir que les choses restent telles qu'elles sont. Elle a en outre relev� que, si l'action en d�saveu permettrait certes de faire co�ncider la r�alit� biologique avec la situation l�gale, elle entra�nerait n�anmoins un ensemble de changements susceptibles de perturber l'�quilibre trouv� par l'enfant dans la coexistence de ses deux p�res: le p�re l�gal, qui l'�levait comme son fils depuis sa naissance et que l'enfant consid�rait comme son p�re, �tait pr�sent et impliqu� tant sur le plan scolaire, m�dical et psychologique, mais perdrait son autorit� parentale et ne pourrait plus participer dans la m�me mesure qu'auparavant aux prises de d�cisions concernant D.________; son droit de visite risquait en outre d'�tre vraisemblablement alt�r� dans son d�roulement et sa fr�quence alors que l'enfant avait d�montr� qu'il ne souhaitait pas de changements dans les modalit�s des droits de visite de ses deux p�res, sa tol�rance � cet �gard s'�tant r�v�l�e limit�e, � tout le moins actuellement; enfin, l'aboutissement de l'action en d�saveu impliquerait pour l'enfant un changement de nom de famille, ce qui s'opposait pr�cis�ment � son d�sir de maintien des choses en l'�tat. De l'avis des juges cantonaux, ces diff�rents bouleversements, dont le caract�re pr�judiciable �tait au demeurant soulign� par la psychoth�rapeute de D.________, n'�taient pas compens�s par la co�ncidence entre son statut r�el et l�gal, cons�quence entra�n�e par l'action en d�saveu. La perception d'une contribution d'entretien d'un montant possiblement plus �lev� que celui vers� actuellement �tait par ailleurs � elle seule insuffisante pour consid�rer qu'il serait dans l'int�r�t de D.________ d'engager l'action contest�e, tandis que le maintien de relations personnelles avec son p�re biologique pouvait �tre pr�serv� par le biais de l'art. 274a CC, sans qu'il soit n�cessaire de passer par une contestation de la paternit�.
3.1.1 Aux termes de l'art. 255 al. 1 CC, l'enfant n� pendant le mariage a pour p�re le mari. Cette pr�somption de paternit� peut �tre attaqu�e devant le juge par le mari (art. 256 al. 1 ch. 1 CC), respectivement par l'enfant si la vie commune des �poux a pris fin pendant sa minorit� (art. 256 al. 1 ch. 2 CC). L'action de l'enfant est intent�e contre le mari et la m�re (art. 256 al. 2 CC). Pour l'enfant, il s'agit d'un droit strictement personnel, ind�pendant de celui du mari de sa m�re, qu'il peut ainsi exercer seul s'il a la capacit� de discernement (art. 19 al. 2 CC); � d�faut, l'enfant doit pouvoir agir par le minist�re d'un curateur de repr�sentation (art. 392 ch. 2 CC), lequel entreprendra le proc�s en d�saveu au nom de l'enfant (ATF 122 II 289 consid. 1c et les citations; arr�ts 5A_128/2009 du 22 juin 2009 consid. 2.3; 5A_150/2011 du 29 juin 2011 consid. 3.4.2). L'autorit� tut�laire appel�e � nommer un curateur � l'enfant doit d�terminer si l'ouverture d'une action en d�saveu est ou non conforme � l'int�r�t de celui-ci (ATF 121 III 1 consid. 2c p. 4 et les citations; arr�ts 5A_128/2009 du 22 juin 2009 consid. 2.3; 5A_150/2011 du 29 juin 2011 consid. 3.4.). Elle devra d'abord examiner s'il existe des indices permettant de s�rieusement douter de la paternit� du p�re l�galement inscrit (HEGNAUER, Berner Kommentar, 4e �d. 1984, n. 72 ss ad art. 256 CC; Repertorio di giurisprudenza patria [Rep] 1998 179 ss [180]). Dans l'affirmative, elle devra alors proc�der � une pes�e des int�r�ts de l'enfant en comparant sa situation avec et sans le d�saveu (arr�t 5A_128/2009 pr�cit� consid. 2.3 et la r�f�rence). Elle doit tenir compte des cons�quences d'ordre tant psycho-social que mat�riel, par exemple la perte du droit � l'entretien et des expectatives successorales (ATF 121 III 1 consid. 2c p. 5; arr�t 5A_128/2009 pr�cit� consid. 2.3; HEGNAUER, op. cit., n. 74 ad art. 256 CC); il ne sera ainsi pas dans l'int�r�t de l'enfant d'introduire une telle action lorsqu'il est incertain que le mineur puisse avoir un autre p�re l�gal, lorsque la contribution d'entretien serait notablement moindre, lorsque la relation �troite entre l'enfant et ses fr�res et soeurs serait s�rieusement perturb�e et lorsqu'il n'y a pas lieu d'admettre que l'enfant serait en mesure d'entretenir une relation positive sur le plan socio-psychique avec son g�niteur (arr�t 5A_128/2009 pr�cit� consid. 2.3 et la r�f�rence).
3.1.2 D�s lors que la d�cision de nommer un curateur � l'enfant suppose une pes�e d'int�r�ts de la part de l'autorit� cantonale, le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue en revoyant sa d�cision (cf. ATF 136 I 178 consid. 5; 120 II 384 consid. 5b p. 387). Comme pour toute norme qui accorde au juge un large pouvoir d'appr�ciation, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si la d�cision attaqu�e s'�carte des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, si elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le ou, � l'inverse, si elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration. Il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2; 133 III 201 consid. 5.4 p. 211).
3.2 L'audition de l'enfant d�coule directement de l'art. 12 de la Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant (CDE; RS 0.107; sur ce point: ATF 124 III 90). Elle constitue � la fois un droit de participation de l'enfant � la proc�dure qui le concerne et un moyen pour le juge d'�tablir les faits (ATF 133 III 553 consid. 2 non publi�; arr�ts 5A_50/2010 du 6 juillet 2010 consid. 2.1 publi� in FamPra 2010 955; 5A_402/2011 du 5 d�cembre 2011 consid. 5.1). L'audition ne pr�suppose pas que l'enfant ait la capacit� de discernement au sens de l'art. 16 CC. Selon la ligne directrice suivie par le Tribunal de c�ans et d�velopp�e dans le cadre des proc�dures de droit matrimonial, l'audition d'un enfant est possible d�s qu'il a six ans r�volus (ATF 131 III 553 consid. 1.2.3; 133 III 553 consid. 3; arr�t 5A_119/2010 du 12 mars 2010 consid. 2.1.3). Cet �ge minimum est ind�pendant du fait qu'en psychologie enfantine, on consid�re que les activit�s mentales de logique formelle ne sont possibles qu'� partir d'un �ge variant entre onze et treize ans environ et que la capacit� de diff�renciation et d'abstraction orale ne se d�veloppe plus ou moins qu'� partir de cet �ge-l� (arr�t 5A_119/2010 pr�cit� consid. 2.1.3 et les r�f�rences). Auparavant, l'audition de l'enfant vise avant tout � permettre au juge comp�tent de se faire une id�e personnelle et de disposer d'une source de renseignements suppl�mentaires pour �tablir l'�tat de fait et prendre sa d�cision, l'enfant n'�tant pas encore en mesure de s'exprimer sans faire abstraction de facteurs d'influence imm�diats et ext�rieurs, ni de formuler une volont� stable (ATF 133 III 146 consid. 2.6; 131 III 553 consid. 1.2.2 et les r�f�rences: arr�t_119/2010 pr�cit� consid. 2.13).
Reprenant d'abord pour l'essentiel la motivation de la d�cision du tribunal tut�laire pour affirmer l'int�r�t de l'enfant � l'action en d�saveu, le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir examin� cet int�r�t en violation de son pouvoir d'appr�ciation: son refus de nommer un curateur se fondait en effet sur des �l�ments qui n'�taient pas pertinents - l'avis de l'enfant et le t�moignage de la psychoth�rapeute de ce dernier (consid. 4.1 et 4.2) -, alors que des faits essentiels commandaient pr�cis�ment l'institution d'une telle mesure (4.3).
4.1.1 Concernant le d�sir de l'enfant, le recourant observe que ce dernier, dont les propos auraient au demeurant �t� d�form�s par la cour cantonale, ne disposait pas de la capacit� de discernement suffisante pour qu'il soit tenu compte de son �ventuel avis sur l'issue de la cause. Il �tait par ailleurs grotesque de consid�rer la psychoth�rapeute, interrog�e en tant que t�moin, comme le porte-parole de l'enfant.
4.1.2 Il convient d'opposer au recourant que D.________ �tait �g� de 9 ans lors de son audition. Conform�ment aux principes jurisprudentiels sus-expos�s, l'enfant avait une capacit� de discernement suffisante pour pouvoir �tre auditionn� par le juge. Devant ce dernier, l'enfant a indiqu� vouloir continuer � voir son p�re l�gal et son p�re biologique de la m�me mani�re que jusqu'� pr�sent, c'est-�-dire une fois par semaine et un week-end sur deux pour le premier ainsi qu'un jour toutes les deux semaines et un week-end par mois pour le second. Contrairement � ce que para�t soutenir le recourant, la cour cantonale n'en a nullement d�duit qu'il ne souhaiterait pas que son p�re biologique devienne son p�re l�gal: la juridiction a consid�r� que, par cette remarque, l'enfant d�montrait sa volont� que les choses soient maintenues en l'�tat, et, par voie de cons�quence, qu'il n'�tait pas dans son int�r�t actuel d'introduire une action en d�saveu. Que l'enfant n'ait pas r�ellement saisi les enjeux juridiques de la proc�dure en cours n'est en outre pas d�terminant, l'audition de l'enfant, � cet �ge-l�, visant avant tout � permettre au juge comp�tent de se faire une id�e personnelle et de disposer d'une source d'informations compl�mentaires, sans rechercher une d�termination pr�cise de l'enfant quant � l'issue juridique de la proc�dure (consid. 3.2 supra). Enfin, on ne saurait retenir que les juges cantonaux consid�reraient la psychoth�rapeute comme le porte-parole de l'enfant. En indiquant que D.________ avait manifest� le d�sir que les choses restent telles qu'elles �taient, notamment par le biais de sa psychoth�rapeute, la juridiction n'a rien voulu exprimer de plus que la confirmation, par la professionnelle, du sentiment formul� par l'enfant.
4.2.1 A propos de l'opinion �mise par la psychoth�rapeute, le recourant soutient qu'elle devait �tre consid�r�e avec beaucoup de retenue: contrairement � ce que paraissait affirmer la doctoresse, les intim�s n'�taient pas particuli�rement pr�sents et collaborants; le certificat r�dig� � leur demande l'avait �t� sans que son auteur ait eu l'occasion de s'entretenir avec l'enfant sur l'existence de son p�re biologique; elle n'avait en outre jamais rencontr� le recourant et n'avait abord� que le c�t� affectif de la relation de D.________ avec ses parents, � l'exclusion de son aspect officiel; la crainte, d�velopp�e par l'enfant, d'un changement dans sa situation �tait enfin intrins�que � la proc�dure initi�e et, contrairement � ce que paraissait penser la psychoth�rapeute, les liens d'attachement entre D.________ et son p�re l�gal ne seraient pas perturb�s, le recourant rappelant qu'il ne s'opposait nullement au maintien des liens et rencontres entre son fils et l'intim�.
4.2.2 Interrog�e en tant que t�moin par la cour cantonale, la psychoth�rapeute a soulign� que l'enfant souffrait actuellement de la peur que la situation change et constat� qu'il manifestait une inqui�tude quant aux d�marches entreprises aupr�s des autorit�s. Elle en a conclu qu'il serait pr�judiciable, � ce stade de son d�veloppement, d'op�rer un changement dans sa filiation paternelle et qu'il serait d�s lors pr�f�rable d'attendre qu'il soit en mesure d'appr�cier lui-m�me quel �tait son int�r�t. Pour l'essentiel, les critiques du recourant � l'�gard de ce t�moignage se fondent sur des �l�ments qui ne ressortent nullement de celui-ci et sont appellatoires: il en est ainsi, notamment, lorsqu'il affirme que les parents ont pr�f�r� "privil�gier leur r�putation et le secret" en r�v�lant tardivement � leur fils son identit� biologique, quand il interpr�te le terme "soulag�" en ce sens que l'enfant aurait �t� oblig� de cacher son existence � sa psychoth�rapeute ou encore lorsqu'il pr�tend que cette information aurait �t� transmise "opportun�ment" quelques semaines avant l'ouverture de la proc�dure; de m�me, les critiques du recourant se fondent sur sa propre appr�ciation du moyen de preuve contest� quand il soutient que, contrairement � ce qui ressort du t�moignage, les parents ne seraient pas pr�sents ni collaborants. L'id�e que les liens d'attachement entre D.________ et son p�re biologique seraient perturb�s ne r�sulte par ailleurs nullement des d�clarations de la psychoth�rapeute telles que retranscrites par la cour cantonale. Enfin, l'on ne per�oit pas en quoi le fait que la doctoresse se soit entretenue avec l'enfant des relations affectives qu'il entretenait avec ses parents, � l'exclusion des cons�quences officielles de l'action en d�saveu affaiblirait le t�moignage litigieux, ce d'autant plus que le recourant admet lui-m�me que l'enfant ne saisit pas l'enjeu de la proc�dure en cours.
4.3.1 Apr�s avoir reproch� aux juges cantonaux d'avoir conclu, en se fondant sur l'avis de l'enfant et le t�moignage de sa psychoth�rapeute, qu'il convenait de ne pas perturber l'�quilibre de D.________, le recourant rel�ve une s�rie d'arguments permettant � son sens de d�montrer que la cour cantonale aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation. Il se plaint ainsi de ce que la juridiction n'aurait pas retenu qu'il entretenait d'excellents rapports avec son fils, qu'il avait toujours �t� pr�sent, qu'il �tait intervenu dans l'�ducation et le suivi scolaire de l'enfant, que ses comp�tences parentales n'�taient pas contest�es et pr�cise �galement que D.________ ne vit plus avec son p�re l�gal depuis plus de sept ans. Pr�tendant reprendre les crit�res retenus par la jurisprudence � propos de l'art. 392 ch. 2 CC, le recourant souligne aussi que, financi�rement, l'int�r�t de l'enfant � l'action en d�saveu �tait �tabli et que la proc�dure lui permettrait de renforcer ses liens avec ses deux demi-soeurs. Invoquant encore les tentatives d'instrumentalisation de D.________ par ses parents, le recourant rappelle enfin l'avis du SPMi selon lequel l'absence de d�saveu risquait d'entra�ner pour l'enfant la perte de son identit� biologique ainsi qu'une confusion dans la construction de son identit�, consid�rations qui auraient �galement d� �tre retenues par la cour cantonale dans sa pes�e d'int�r�ts.
4.3.2 Par la d�cision attaqu�e, il n'appara�t pas que la Cour de justice ait abus� de son pouvoir d'appr�ciation. Non seulement le recourant n'est pas parvenu � d�montrer, par ses critiques, la contrari�t� au droit f�d�ral des crit�res sur lesquels la juridiction s'est fond�e (consid. 4.1 et 4.2 supra), mais � supposer �galement, comme il le pr�tend (consid. 5 infra), que les autres �l�ments qu'il invoque soient int�gralement constat�s en fait, ceux-ci ne suffisent pas � retenir une �ventuelle violation du pouvoir d'appr�ciation de l'autorit� cantonale telle que la d�finit la jurisprudence f�d�rale (consid. 3.1.2 supra). Au demeurant, si le recourant reprend les crit�res que la doctrine et la jurisprudence ont �tablis � titre exemplatif pour d�finir l'absence d'int�r�t de l'enfant � l'action en d�saveu, il ne saurait toutefois d�duire de leur existence un int�r�t inconditionnel � l'ouverture de cette proc�dure.
Le recourant soutient que la d�cision attaqu�e r�sulterait non seulement d'une appr�ciation arbitraire des preuves et d'un �tablissement manifestement inexact des faits, mais qu'elle violerait �galement son droit d'�tre entendu, la juridiction cantonale ayant en effet refus� la nomination du curateur sans tenir compte de nombreux �l�ments de fait, qu'il avait pourtant d�ment all�gu�s et �tablis devant elle, � savoir, principalement: son investissement dans l'�ducation de son fils, le "sabotage" syst�matique de son droit de visite et l'instrumentalisation de l'enfant par sa m�re et son p�re l�gal.
Sous couvert de critiques d'ordre factuel, le recourant s'en prend � nouveau � l'appr�ciation juridique effectu�e par la cour cantonale, critique dont le sort est toutefois scell� par le consid�rant pr�c�dent.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires sont mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Les intim�s, qui n'ont pas �t� invit�s � r�pondre, n'ont pas droit � une indemnit� de d�pens.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 1'500 fr. sont mis � la charge du recourant.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et � la Cour de justice du canton de Gen�ve, Autorit� de surveillance du Tribunal tut�laire.
Lausanne, le 10 f�vrier 2012