Source: https://fr.greenpeace.ch/fr/communiques/communique-de-presse-malgre-la-decision-du-tribunal-federal-la-centrale-de-muehleberg-doit-etre-mise-a-larret/
Timestamp: 2019-08-20 08:46:00+00:00
Document Index: 125933074

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Communiqué de presse: Malgré la décision du Tribunal Fédéral, la centrale de Mühleberg doit être mise à l'arrêt - Greenpeace Suisse
Communiqué de presse: Malgré la décision du Tribunal Fédéral, la centrale de Mühleberg doit être mise à l'arrêt
Le collectif Mühleberg-Illimité-Non, l’organisation bernoise Fokus Anti-Atom et Greenpeace suisse sont stupéfaits et déçus du verdict rendu aujourd’hui par le Tribunal fédéral qui octroie une autorisation d’exploitation illimitée à la centrale de Mühleberg. Il est inquiétant de constater, que selon le verdict qui est tombé ce matin il ne reste qu’une seule autorité en charge de la sécurité des centrales nucléaire: l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Malgré ce verdict, les riverains de la centrale et les trois organisations continuent d’exiger une mise à l’arrêt immédiate de la centrale.
Le verdict rendu aujourd’hui par le Tribunal fédéral vide de sa substance le jugement rendu par le Tribunal administratif fédéral, dont le point principal était la limitation de la durée d’exploitation de la centrale de Mühleberg, ce qui aurait permis de réduire le danger que représente cette installation vieillissante. Avec cette décision la centrale nucléaire bernoise pourra être exploitée jusqu’à nouvel ordre et dans les mêmes conditions qui prévalaient jusqu’à présent, c’est-à-dire sans lignes directrices de sécurité renforcées. Pour Mühleberg-Illimité-Non, Fokus Anti-Atom et Greenpeace cette décision est incompréhensible. La catastrophe de Fukushima montre clairement les conséquences désastreuses d’un accident nucléaire dans une centrale vétuste et mal entretenue.
Après le verdict de ce matin, il apparaît que seule l’IFSN possède le pouvoir de décision en ce qui concerne la sécurité nucléaire. Elle doit donc se prononcer sur le concept de maintenance présenté l’an dernier par BKW/FMB. Manifestement, maximiser la sécurité de la population n’est pas l’orientation principale de l’activité de l’autorité de surveillance, tant elle a accédé aux demandes des exploitants par le passé. Les délais extrêmement confortables laissés aux exploitants pour réaliser des travaux de sécurité sont la parfaite illustration de cette état de fait. Avec ces délais, la centrale de Mühleberg continuera d’être exploitée en mauvais état, afin de préserver les profits de l’exploitant. « Avec cette décision, le Tribunal fédéral repousse le critère de la sécurité pour un arrêt de la centrale à sa dernière limite », déclare Rainer Weibel, l’avocat des riverains de la centrale de Mühleberg.
Le Tribunal fédéral a aujourd’hui donné une autorisation d’exploitation illimitée à la centrale de Mühleberg, sans tenir compte des différents défauts de sécurité qui ont pourtant été reconnus par BKW/FMB et l’IFSN, à savoir les fissures dans le manteau du réacteur, l’absence d’une seconde source d’approvisionnement pour le système de refroidissement et une résistance sismique insuffisante. « Vouloir continuer à faire fonctionner un réacteur vieillissant du même type et du même âge que ceux ayant échappé à tout contrôle à Fukushima fait courir un risque inacceptable à la population », déclare Jürg Joss, président du comité Mühleberg-Illimité-Non.
Le fait que les deux plus hautes instances juridiques de notre pays n’arrivent pas à s’accorder sur une question d’une telle importance est un très mauvais signe pour la culture de la sécurité. « Il appartient maintenant à BKW/FMB de revenir à la raison et de mettre immédiatement la centrale de Mühleberg à l’arrêt », ajoute Kaspar Schuler de Greenpeace Suisse. « Quel que soient les travaux prévus, et quelle que soient les sommes investies, cette installation vétuste ne pourra jamais correspondre aux standards de sécurités actuels. »
Les deux plus hautes cours de justice de Suisse n’arrivant pas à trouver une position commune, il est dorénavant de la responsabilité du Conseil fédéral et du Parlement de reprendre le dossier en main et d’améliorer la législation en la matière. Ils doivent prendre les décisions qui s’imposent afin que le principe de précaution puisse être appliqué concrètement et ne soit plus seulement une simple déclaration d’intention. Ce qui est particulièrement vrai pour l’IFSN. Les durées d’exploitation des 5 centrales nucléaires suisses doivent impérativement être limitées. Les juges de Mont Repos ayant aujourd’hui décrété que l’IFSN était la seule autorité compétente en matière de sécurité nucléaire, il faut que la mise en œuvre des exigences de sécurité soit mieux surveillée, et le contrôle de l’autorité de surveillance doit être renforcé. Il est dans l’intérêt de la population que la sortie du nucléaire, décidée en 2011, soit rapidement concrétisée.
– Le comité Mühleberg-Illimité-Non s’est constitué en 2011 afin de soutenir les riverains de la centrale dans leurs procédures judiciaires. Parmi les membres de ce comité on trouve de nombreuses organis ations et des communes, dont la ville de Genève.
– Fokus Anti-Atom est une organisation bernoise qui met en lumière depuis de nombreuses années les faiblesses organisationnelles et techniques de la centrale de Mühleberg.
– Greenpeace Suisse lutte depuis des années pour une sortie du nucléaire en Suisse et pour un arrêt rapide de l’activité de la centrale de Mühleberg, au regard du danger qu’elle représente pour la population du pays. L’organisation fait partie du comité directeur du collectif Mühleberg-illimité-non.