Source: https://www.solidaire.org/articles/la-calomnie-et-l-usurpation-invoquees-par-la-ministre-marghem-pour-baillonner-l-action
Timestamp: 2019-01-21 05:23:08+00:00
Document Index: 150602283

Matched Legal Cases: ['CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'CSC ', 'arrêt ']

La calomnie et l’usurpation invoquées par la ministre Marghem pour bâillonner l’action syndicale | Solidaire
La calomnie et l’usurpation invoquées par la ministre Marghem pour bâillonner l’action syndicale
C'est une première: un permanent syndical se retrouve inculpé de calomnie à l'encontre d'une ministre et d'usurpation d'identité d'un fonctionnaire de l'Onem. Il s’était rendu à l’improviste chez la ministre Marghem (MR) pour dénoncer de manière ludique les contrôles-surprise au domicile des chômeurs. En portant plainte, Marghem instrumentalise la justice pour régler le sort à l’action syndicale.
En juin dernier, la CNE, centrale des employés de la CSC, effectuait une action humoristique à la porte du domicile de quelques responsables politiques. Objectif: dénoncer le retour des visites-surprise chez les chômeurs. La ministre Marie-Christine Marghem (MR) n'a pas apprécié. Elle a porté plainte, et un des syndicalistes se retrouve carrément inculpé. S'il est renvoyé devant le tribunal correctionnel, il risque, outre une lourde amende, jusqu'à 2 ans de prison. Une affaire qui montre clairement la criminalisation de plus en plus grande de l’action collective et des mouvements sociaux.
Fraude à la Une
Petit rappel des faits. En juin dernier, des permanents de la CSC ont tourné des petites vidéos parodiques de 2-3 minutes – titrées Fraude à la Une , clin d'œil à l'émission Questions à la Une de la RTBF – où ils jouent le rôle d'agents de l'Onem qui viennent sonner à l'improviste chez des chômeurs pour détecter d'éventuels indices de fraude. Mais, ici, c'est au domicile d'hommes et femmes politiques siégeant au gouvernement fédéral ou wallon qu'ils se sont rendus. Parmi les responsables politiques « visités », (Jean-Luc Crucke, Maxime Prévot, Jacqueline Galand, Marie-Christine Marghem, Denis Ducarme, Didier Reynders...) il y en a une qui n'a pas du tout apprécié: Marie-Christine Marghem, la ministre fédérale de l'Energie et de l'Environnement (MR). Elle a d'abord réagi par mail et par lettre recommandée et, à la mi-juillet, a envoyé une mise en demeure pour faire supprimer la vidéo sur Youtube, ce que la CSC a fait. Cela ne suffira toutefois pas à la ministre, qui porte plainte à la mi-août auprès de la juge d’instruction de Tournai. Deux des syndicalistes seront auditionnés par la PJ et, le 19 janvier, la juge d’instruction inculpe l'un deux, Frédéric Lefèvre, secrétaire permanent CSC pour la province du Hainaut, pour calomnie et usurpation de fonction.
« Si on peut encore concevoir une réaction épidermique de Marie-Christine Marghem au moment du tournage, voire quelques jours plus tard, il devient vraiment difficile de mettre sa plainte, déposée 11 jours après la suppression de la vidéo et 1 mois et demi après sa diffusion, sur le dos d’une saute d’humeur non maîtrisée », commente la CSC, qui rappelle que les 5 autres élus politiques (dont 4 MR) également interpellés lors de l’action-parodie de la CSC n'ont, eux, pas du tout réagi de la sorte.
L'avocat de Frédéric Lefèvre, Me Alexis Deswaef, ne comprend pas la démarche de Marie-Christine Marghem, ministre et par ailleurs également avocate. Ce 1er mars, il expliquait au JT de la RTBF: « Je suis surpris de voir qu'une personne qui a tant rêvé d'être ministre de la Justice encombre les tribunaux avec ce type de plainte. Et elle instrumentalise à ce point la justice pour, finalement, régler le sort d'une action syndicale qui se voulait tout à fait parodique. » Me Deswaef a par ailleurs introduit une requête demandant le dessaisissement de l’arrondissement judiciaire de Tournai, où Marie-Christine Marghem est avocate depuis 25 ans, pour suspicion légitime, et demandé à la Cour de cassation de renvoyer l'affaire devant une autre juridiction présentant toutes les garanties d'impartialité.
Comment ne pas estimer qu'il s'agit ici d'acharnement ou, à tout le moins, d'une riposte totalement disproportionnée par rapport à une action syndicale qui n'a occasionné comme seul dérangement qu'un coup de sonnette jugé intempestif et intrusif par la ministre? Une ministre qui n'a en outre pas pu croire une seconde que le syndicaliste avait « usurpé » l'identité d'un contrôleur de l'Onem puisqu'il lui a dit d'emblée: « Nous sommes de la CSC.»
« Pour les chômeurs, c’est une vraie perquisition »
Pour la CSC, outre le message de fond – dénoncer la mesure des contrôles-surprise au domicile des chômeurs –, ce dossier révèle clairement une criminalisation de l’action collective et des mouvements sociaux. « Alors qu’une frange de la population et des élus politiques, en premier chef le MR, réclame sans cesse des formes d’action syndicales plus créatives et moins dérangeantes pour les citoyens que les manifestations et les grèves, les poursuites judiciaires lancées par Marie-Christine Marghem, ministre en fonction, démontrent que ce genre d’actions innovantes dérangent tout autant le gouvernement en place. Est-ce donc l’action collective dans son ensemble qui est remise en cause ? », souligne le syndicat.
Michel Renard, ex-permanent CSC, dénonce lui sur Facebook un signe de la volonté de plus en plus grande au sein du MR et du patronat « d'en découdre avec un syndicalisme capable de les démasquer, de contester leurs politiques antisociales et qui ose revendiquer le maintien de vraies négociations sociales ».
Quant à Khadija Khourcha, responsable des Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC, elle déclare : « Mme Marghem démontre par l’absurde que les visites à domicile sont désagréables. La réaction de la ministre à la campagne Fraude à la une de la CSC révèle précisément ce que la parodie voulait démontrer : les contrôles-surprise au domicile des chômeurs sont totalement disproportionnés par rapport à leur objectif. En s’acharnant ainsi, Mme Marghem soutient notre action: si la visite lui a paru si désagréable, que doivent penser les vrais demandeurs d’emploi sans travail, déjà hyper-contrôlés tout le temps, qui reçoivent une visite à 5 heures du matin ? Pour eux, ce n’est pas une parodie, c’est une vraie perquisition. Si la ministre est contre, nous aussi ! »
at jeu, 03/03/2016 - 10:09 from morlanwelz
Il y a plus de 60 ans l'usurpation d'identité des étudiants qui s'étaient fait passer pour le roi Baudoin et sa suite avait déclenché des rires et non des poursuites. Il est vrai que la dame Marghem n'a rien de royal.
at ven, 04/03/2016 - 16:22 from Liège
Je peux être chômeuse, mais le jour ou l'on débarque chez moi, on reste sur le pas de la porte. Le grand banditisme, ce ne sont pas les chômeurs, ce sont ceux qui les empêchent de trouver du travail et qui mettent l'économie du pays à plat. Exemple : electrabel a fraudé le fisc, on lui acquitte sa dette....................................un chômeur on le cloue au pilori!!!! faut pas nous prendre pour des billes quand même.
at sam, 05/03/2016 - 17:45 from 4540 Ampsin
Je n'étais pas au courant de l'action menée par le syndicat, ni de la réaction de Mme Marghem. Évidemment, on fait taire les médias. Cela prouve, une fois de plus, que nous sommes dirigés par des despotes! Non, seulement nous sommes dirigés par des gens pour qui on n'a pas voté, mais ils s'acharnent sans arrêt sur ceux qui n'ont pas vraiment les moyens de se défendre ! Pourquoi de font-ils pas un referendum avant de prendre les grandes décisions ? Cela se fait dans d'autres pays.
Havelange (non vérifié)
at lun, 07/03/2016 - 22:17 from fernelmont
Devenons nous un état totalitaire ? Cette dame je ne la connais pas. Comment est elle arrivée ministre, je n'ai pas voté pour elle. Attention, je dois me taire ... il y a danger.