Source: http://pleinleeq.blogspot.com/2014_02_01_archive.html
Timestamp: 2017-05-26 09:10:38+00:00
Document Index: 313222223

Matched Legal Cases: ['art.100', 'art.123', 'art.13', 'art.108', 'art.113', 'art.112', 'art.15', 'art.112', 'art.127', 'art.61']

En plein dans l'EEQ !: février 2014
Si, si, c'est nouveau
La décision T 2411/09 n'est pas de celles qui tiennent réveillé toute la nuit. Les deux points relevés par la Chambre sont l'admissibilité du motif de nouveauté, et de celle d'un nouveau document.
L'opposition avait été formée sur la base d'un défaut d'activité inventive (art.100(a) et 56 CBE), sur la base des documents E1 à E6. Par fax envoyé bien après la période de 9 mois pour former opposition, l'opposant a soulevé un problème de défaut de nouveauté de la revendication 1 au regard de E3.
E3 a été considéré comme état de l'art le plus proche. Le défaut de nouveauté a été discuté, même si le motif de nouveauté ne faisait pas partie de ceux soulevés lors de la formation de l’opposition, rejoignant en cela les conclusions de G 7/95 ("il est possible d'examiner le grief selon lequel les revendications sont dépourvues de nouveauté par rapport au document représentant l'état de la technique le plus proche").
L'opposition a été rejetée et un recours formé. L'opposant-requérant a basé son mémoire de recours sur l'absence d'activité inventive au regard de E3, E5 et E7, ce document étant nouvellement produit.
Dans sa lettre de réponse à la convocation orale, l'opposant-requérant a soulevé un défaut de nouveauté au regard de E3 (décidément...).
La Chambre discute donc de l'admissibilité de l'objection de nouveauté, ainsi que de celle du document E7.
2. Admissibility of the novelty objection
A lack of novelty objection was discussed and admitted into the procedure by the opposition division, as indicated in the decision. Nevertheless, in the appeal, lack of novelty was only objected in the appellant's letter dated 10 October 2013, in response to the summons to oral proceedings from the board. It is generally admitted that, based on
the same ground of opposition, an appellant may develop an entirely fresh case based on new arguments (cf. Case Law of the Boards of Appeal of the European Patent Office, 7th edition 2013, IV.E.2.6.5 page 964). The objection of lack of novelty was therefore admitted into the procedure. Finalement, rien de bien spectaculaire. L'objection de nouveauté ayant été admise au stade de l'opposition, rien ne s'oppose à ce qu'elle soit examinée au stade du recours. Vient maintenant le cas du nouveau document : 4. Admissibility of document E7:
Feature 7 aims at reducing the power losses of the inverter switching element when switching on (cf. patent publication, section [0044]).
E7 addresses the same problem (cf. English translation of E7, page 7, lines 2 to 6)[...]. Hence document E7, which proposes a solution according to feature 7 to one of the problems addressed by the patent in suit, is considered as prima facie relevant.
E7 was filed together with the grounds of appeal. The patent proprietor was therefore not taken by surprise and had sufficient time to study the content of the document and prepare for the oral proceedings. Document E7 was therefore admitted into the procedure.
Voilà, c'est propre et net, un comportement de gentleman, et de toute façon, ça n'a servi à rien, le brevet ayant survécu indemne au recours.
Jurisprudence EP
Cette semaine on parle d'EEQ
Eh oui, cette semaine ont lieu les épreuves de l'Examen Européen de Qualification.
Ce lundi, pour la troisième fois de l'Histoire, les candidats ont planché sur le pré-examen. La barre a été relevée, puisqu'il faut maintenant 70/100 pour obtenir un "pass". Le style des questions était sensiblement différent des deux autres années. La partie juridique ne contenait pas de questions relatives au PCT (enfin si, deux propositions parmi 40). En revanche, les questions étaient moins immédiates que les années précédentes.
Grâce à la partie technique, nous savons enfin tout du distributeur de savon.
Et bon courage à tous les candidats du "vrai" examen !
T 493/11 - Remboursement du vol
Le recours fait suite à la révocation du brevet suite à opposition. Autant lever tout mystère, le recours n'y fera rien et le brevet restera révoqué car toutes les requêtes présentées étaient contraires à l'art.123(2) (et ça, c'est mal).
La Chambre a tout de même décidé de revenir sur un point de la décision.
En opposition, l'opposant a fait appel à des témoins pour établir un usage public antérieur. La division d'opposition avait fixé au 3 mars 2010 la date de la procédure orale, et au 4 janvier 2010 le délai final pour les soumissions.
Le 4 janvier, dernier jour du délai donc, l'opposant a indiqué que des témoins allaient intervenir. Le 22 février, la Division d'Opposition a annulé la procédure orale, indiquant principalement qu'elle invitait l'opposant à fournir les noms et adresses des témoins (ils ont été fournis le 20 avril 2010).
Le breveté avait demandé une répartition différente des frais, justifiée par le report de la procédure orale qui n'était pas de son fait. Il a été débouté de sa demande par la Division d'Opposition au motif que (traduction libre) "Même si les témoins avaient été nommés dans la lettre du 04.01.2010, la Division d'Opposition aurait repoussé la procédure orale, car un délai d'au moins deux mois doit être observé entre la citation des témoins et la procédure orale (R.118(2) CBE)".
Et la Division d'Opposition de conclure "Therefore, there was no abuse of procedure of the Opponent".
Sur ce point, la Chambre s'oppose à l'opposition. En substance, elle montre que l'opposant a largement trainé pour produire les éléments responsables du report de la procédure orale et, qu'à ce titre, une répartition différente des coûts est justifiée.
D'une part, elle établit le lien entre l'appel à témoins et le report de la procédure orale : 3.3.3 When cancelling the oral proceedings by communication of 22 February 2010, the opposition division in substance referred only to the
respondent's last submissions and invited the respondent to indicate the name(s) and address(es) of the witness(es).
It is already evident from the above that the purpose of the cancellation of the oral proceedings was to follow the respondent's submissions and its request for the taking of evidence concerning the alleged public prior use in question and to give the respondent the opportunity to provide the information necessary to enable witnesses to be correctly summoned. It was only then that the respondent filed the names and addresses of two witnesses leading the opposition division to issue the order to take evidence by hearing those two witnesses.
Consequently, the fact as referred to by the respondent, that the appellant itself had submitted new requests quite late in the appeal proceedings, i.e. on the same day as the respondent had submitted its (incomplete) offer of evidence, obviously was not the decisive factor for the opposition division when cancelling the oral proceedings.
La Chambre indique ensuite qu'une répartition différente des coûts se justifie si le comportement d'une partie induit chez l'autre partie des dépenses injustifiées, et qui auraient pu être évitées (les mises en évidence et les soulignés sont de ma part).
3.4.2 These criteria are met in the present case since the respondent introduced important evidence, i.e. a request for a witness hearing on the relevant alleged public prior use, at a late stage of the proceedings, namely only two months before the date of the scheduled oral proceedings, without cogent reasons for the delay and in particular
without submitting all necessary information, i.e. the name(s) and address(es) of the witness(es) in question. The latter was only done after a further delay of one month.
Since the prior use in question was raised and the offer of witnesses was already made with the opposition, the respondent could have come forward with the above-mentioned supporting submissions and the specific
mention of witnesses for the alleged public prior use already at an earlier stage of the opposition proceedings or, at least, directly after
receiving the opposition division's summons and communication. The latter was clear on the issue of the relevance of that prior use for novelty and inventive step.
If it had submitted this material at such a point in time that the two
months time limit of Rule 118(2) EPC could have been complied with in respect of the date originally set for the oral proceedings, no postponement would have been necessary and the appellant's costs would not have been incurred unnecessarily.
Instead, the respondent waited until the final date of 4 January 2010 as set by the opposition division before submitting a "first" portion of
its request pursuant to Article 117(1)(d) EPC which caused the opposition divisions further communication of 22 February 2010 leading to the submission of the "second" portion with the names and addresses of the witnesses as late as on 20 April 2010.
The respondent's argument that it was faced with difficulties in locating the two witnesses, who had changed employment, cannot hold as it had sufficient time between the filing of the opposition and mention of the prior use in July 2006 and the issuance of the summons to oral proceedings in September 2009 to find both persons who were active at that time for Topack GmbH, a company within the same conglomerate as the
opponent, up to the end of 2003. Further, it does not take away the procedural fact that the responsibility for stating its complete case, including all necessary evidence, and the risk for any failure in doing so lie exclusively within the respondents own sphere. As a consequence,
any delay causing the incurring of additional costs by the other party remains within the respondent's sphere and liability.
3.5 It, therefore, is equitable to order that the respondent meet part
of the additional costs incurred by the appellant, i.e. those costs caused by the cancellation of the flight and hotel bookings due to the postponement of the oral proceedings foreseen for 3 March 2010.
Bah, au moins, avec le remboursement du vol et de l'hôtel, le breveté aura pu aller boire un coup pour se consoler...
T 493/11
Jurisprudence EP,
T 2265/10 - Eteint ou D-I ?
La décision T 2265/10 n'a, en soit, rien de bien extraordinaire. Enfin si, elle est en français.
Ce qui la rend un petit peu particulière, c'est que la simplicité de la situation et le ton laconique des motifs donnent l'impression de lire un exercice tout droit sortie de l'épreuve DI de l'EQE.
En substance, le brevet a été maintenu tel que modifié à l'issue de l'opposition. L'opposante a formé un recours. Entre temps, il avait été renoncé au brevet européen, ou celui-ci s'était éteint dans tous les états désignés. La requérante voulait-elle poursuivre la procédure, comme l'y autorise la règle 84(1) CBE ? J'ai juste pris la liberté de modifier le format de la partie "exposés des faits et conclusions" pour le mettre sous forme d'énoncé (et pour ce faire, j'ai uniquement retiré la numérotation romaine des paragraphes). L'intégralité de la décision est reproduite ci-après.
Avec la décision intermédiaire postée le 16 septembre 2010 la division d'opposition a décidé que le brevet européen No. 1 796 871 tel que modifié lors de la procédure d'opposition satisfait aux conditions énoncées dans la Convention. Par le téléfax daté du 16 novembre 2010, l'opposante a
formé un recours contre cette décision intermédiaire. La taxe de recours a été payée à la même date et les motifs du recours ont été déposés avec le téléfax du 11 janvier 2011.
Avec la notification visée à la règle 84(1) de la CBE du 13 août 2013, la requérante a été informée qu'il a été renoncé au brevet européen avec effet dans tous les États désignés ou que ledit brevet est
éteint pour ces États. La procédure pourrait être poursuivie si la requérante présentait une requête correspondante dans un délai de deux mois. La procédure serait clôturée, si la requête de reprise de la procédure n'était pas présentée dans ce délai et si l'Office considérait
que dans l'état actuel de la procédure la reprise ne se justifiait pas.La requérante n'a pas répondu à cette notification. Analyse de la situation légale ?
1. Conformément à la règle 100(1) CBE les dispositions régissant la procédure devant la division d'opposition s'appliquent à la procédure de
recours, sauf s'il en est disposé autrement. Dans le cas de la règle 84(1) CBE aucune autre disposition de la CBE ne s'oppose à son application dans la procédure de recours. Par conséquent, la règle 84(1)
CBE s'applique aux procédures de recours.
2. Selon la règle 84(1) CBE, s'il a été renoncé au brevet européen avec effet dans tous les États désignés ou si ledit brevet s'est éteint dans tous ces États, la procédure d'opposition et en l'espèce la procédure de recours peut être poursuivie sur requête de la requérante/opposante.
3. Le registre européen des brevets indique que le brevet européen en litige s'est éteint dans tous les États désignés.
4. La requérante n'a pas répondu à la notification du 13 août 2013, l'informant de l'extinction.
5. La continuation de la procédure de recours sans une telle requête de la requérante n'ayant pas de base légale dans la CBE, la procédure doit être clôturée. Limpide, non ? T 2265/10 Publié par
T 1732/10 - Ne rien dire, c'est abuser !
J'imagine qu'il y a un monde entre ce qui se passe réellement au cours d'une procédure orale, et le ressenti qu'on a en lisant décisions. Pourtant, difficile d'imaginer ici que l'agacement qui transpire dans les commentaires de la Chambre n'ait pas été ressenti pendant l'audience...
L'opposition avait été rejetée et le brevet maintenu tel que délivré. L'opposant 3 a formé un recours. Le breveté est resté muet tout au long de la procédure écrite et ne s'est manifesté que très tard, le 9 septembre 2011, en indiquant simplement que le recours devait être rejeté, le brevet maintenu et, si nécessaire, qu'une procédure orale devrait être tenue. Le tout sans donner de raison.
La Chambre a, disons, moyennement apprécié cette attitude, allant même jusqu'à utiliser la police grasse dans les motifs de la décision (passages soulignés ci-dessous car le gras ne ressort pas)...
1.1 The Board establishes that the respondent did not file any reply to the appeals within the time limit of four months from receipt of the statements of grounds of appeal. Instead, it waited about nine months (until 9 September 2011) before filing its very brief reply requesting only that the appeal of appellant I be dismissed (the appeal and opposition of appellant II having by then been withdrawn), the patent be
maintained as granted and, subsidiarily, oral proceedings be held. The respondent did not submit a single argument to substantiate why the grounds of both appeals should be regarded as unfounded.
La chambre rappelle ensuite que la réponse au mémoire de recours, qui doit être fournie dans les 4 mois, (soit le 21 mars 2011) doit contenir l'ensemble des moyens avancés par la défenderesse.
Le 15 octobre 2013, le breveté a soumis un jeu de revendications modifiées, et 5 requêtes auxiliaires, de nouveau sans explications. La motivation de ces requêtes est contenue dans une lettre du 16 décembre 2013.
L'unique soucis du breveté (du moins d'après ce que l'on peut lire dans la décision), et la motivation de son silence sont une économie de procédure. La Chambre n'est pas convaincue, et utilise de nouveau le gras : 1.4 The respondent argues that it has deliberately waited for the preliminary opinion of the Board before reacting as, otherwise, it would
have had to file with its reply to the statements of grounds of appeals, as a precautionary measure, an extremely high number of new requests in view of the numerous new issues raised. This would have led to presenting the Board with an undue, possibly useless, burden. The respondent is of the opinion that it was entitled to wait for the Board's preliminary opinion before filing any reaction, exactly for reasons of procedural economy, because the requests would then be more focused. The Board cannot, however, share this view of the respondent, since, as put forward by appellant I during the oral proceedings, it is totally
contrary to the very meaning of the Rules of Procedure. The Rules of Procedure, as a whole, make it clear that appeal proceedings are primarily written proceedings, with the emphasis on the early stages of such proceedings. Indeed, as set out in Article 12(2) RPBA, the case of the parties shall be complete at a very early stage of
the proceedings, in order to ensure a fair judicial system for all parties involved and to the benefit of the efficiency of the Board, so that it can start its work on a complete case. The position of the respondent does not reflect this at all, unilaterally drawing all procedural advantages into its own sphere. [...]
Le point 1.4 était un festival, mais le point 1.5 n'est pas mal non plus. En plus de rappeler que la lettre contenant la motivation des modifications est arrivé très tard (3 jours avant la procédure orale), la Chambre souligne que tout cela aura du mal à être considéré comme une conduite efficace de la procédure... Extraits :
1.5 The respondent filed its main request and auxiliary requests 1 to 5
with letter dated 15 October 2013, without any substantiation with respect to novelty and inventive step of the claimed subject-matter, the
main issues of both appeals. The corresponding substantiation came only
with the letter of 16 December 2013, i.e. only three days before the oral proceedings.
The respondent argues in this respect that it reacted immediately upon
receiving the Board's negative preliminary opinion. Regarding the even later filing of the substantiation with respect to novelty and inventive
step, the respondent argues that it did not see the need to include any
arguments with these requests since it considered them to be self-explanatory.
Such behaviour of the respondent can hardly be seen as conducive to procedural efficiency for the Board or for appellant I, nor does it take
account of the current state of the proceedings, both being contrary to
Article 13(1) RPBA
La Chambre rappelle ensuite que ce n'est pas parce que l'on a gagné en première instance qu'on part avec un avantage en appel, contrairement à ce que semble croire le breveté...
1.6 In order to justify the late filing of the requests and their subsequent substantiation, the respondent argues further that the impugned decision was in its favour and that such decisions have a general presumption of validity before the Boards of Appeal.[...]
1.8 In light of the preceding discussion it is clear that the present respondent's behaviour is not in compliance with the Rules of Procedure.
It is considered by the Board as an abuse of the appeal procedure. For this reason, the main request and auxiliary requests 1 to 5 cannot be admitted in the proceedings (see T 888/02, not published in OJ EPO, points 5 and 6 of the reasons).
Toutes les requêtes du breveté sont ensuite examinées et rejetées. Faute de requête valide encore en instance, le brevet est révoqué.
Le réveil a dû être difficile...
art.13 RPCR,
T 501/09 - Ca manque de substance !
A l'issue de la procédure d'opposition, le brevet a été maintenu sous forme modifié.
Tant le breveté que l'opposant ont formé un recours contre cette décision.
Petite originalité : les deux recours ont été considérés irrecevables !
Le cas du breveté est rapidement traité : il n'a pas soumis de mémoire exposant les motifs du recours.
Le cas de l'opposant est traité plus en détails par la chambre. En effet, celui-ci a choisi de baser son argumentation sur de nouveaux documents au lieu d'analyser en quoi, selon lui, la décision rendue en première instance sur la base des documents produits alors était erronée. Il convient donc d'analyser si le mémoire du recours est correctement motivé (art.108 CBE et R.99(2) CBE) et si les documents nouvellement produits n'auraient pas pu l'être en première instance.
7. Documents (D11) to (D15) were not part of the first instance opposition proceedings but were filed by the appellant-opponent with its
statement of the grounds of appeal (see section VI above). The appellant-opponent thus chose to base its argumentation on appeal on new
evidence instead of providing reasons why the conclusions of the opposition division as regards Article 100(a) EPC (novelty and inventive
step) vis-à-vis the documents on file in the first instance proceedings
were considered incorrect.
En effet, en aucun cas une procédure de recours ne peut devenir une "deuxième première instance", c'est à dire basée sur des faits nouveaux et des arguments nouveaux.
10. [...] Given that the aim of opposition-appeal proceedings is to obtain a judicial review of the opposition decision, it follows that the board must as a rule take its decision on the basis of the issues in dispute before the opposition division. It can be directly inferred from the above that the parties have only limited scope to amend the subject of the dispute in second-instance proceedings
and this principle is reflected in Article 12(4) RPBA. The appeal proceedings are not about bringing an entirely fresh case [...].
12. [...] Therefore the claims of auxiliary request 2 relate to subject-matter for
which the appellant-opponent could have been expected to substantiate any ground of opposition relied upon within the nine months period referred to in Article 99(1) EPC. Accordingly, the filing of documents (D11) to (D15) cannot be regarded as being justified by the amendments made by the appellant-patentee before the opposition division.
15. If the appellant-opponent was surprised by the decision of the opposition division, such surprise may be an understandable subjective reaction but such subjective surprise cannot change the fact that the line of reasoning relied on by the opposition division was in the proceedings and was known to the appellant-opponent. Indeed, if the decision under appeal had been based on a line of reasoning unknown to the appellant-opponent, it should have argued that its right to be heard
had been violated - which it did not. Moreover, the appellant-opponent did not state that it was surprised by the decision of the opposition division when it filed its grounds of appeal, but only when the admissibility of the documents was challenged by the appellant-patentee.
17. The new documents (D11) to (D15) and arguments based thereon do not address the reasons underlying the impugned decision, in particular the issue that a claim relating to a pharmaceutical composition comprising an antibody that per se was considered not to be inventive, could be considered inventive, but bring about a fresh case, tantamount to a new opposition by attacking subject-matter which was present in the
claims as granted on the basis of new evidence under Article 54 EPC and
56 EPC. [...]
Après analyse, aucun des documents (D11) à (D15) n'est considéré comme étant prima facie très pertinent, ce qui prive le mémoire de recours de sa base factuelle et évidente (ouh, le vilain anglicisme...)
Et au final, ce que l'on sentait arriver arrive :
51. The board notes that appellant-opponent's submission corresponds in essence to its submission made in its notice of opposition (see paragraphs VI.3. and VI.4.) but fails to provide any arguments why the decision under appeal is incorrect on this point, contrary to the provisions of Rule 99(2) EPC.
52. The board concludes from points 45 to 51 above, that none of the passages on pages 2, 12 and 16 of the grounds of appeal, separate or together, explain why the conclusions of the opposition division were wrong.
53. The board concludes that the appellant-opponent's case on appeal is not substantiated contrary to the requirements of Article 108 EPC, third sentence, in conjunction with Rule 99(2) EPC and therefore it has to be rejected as inadmissible (Rule 101(1) EPC).
T 501/09
R 14/12 - Faut pas se tamponner de celui qui tamponne
La décision de base ayant donné lieu à la requête en révision était un recours sur opposition s'étant soldé par la révocation du brevet européen. Le requérant soutient que, lors de la procédure orale, la Chambre n'a donnée aucune indication relative à un point crucial sur lequel la décision est basée. De plus, la Chambre n'aurait pas fait savoir au cours de la procédure qu'elle allait suivre un raisonnement s'écartant de la jurisprudence et conduisant à conclure que D1 serait rendu accessible au public avant la date de priorité. Il y aurait donc violation fondamentale de l'art.113 CBE, ce qui est un motif de requête en révision sous art.112bis(2)(c).
La requête est considérée admissible. Un point crucial était de décider si, oui ou non, le bibliothécaire qui reçoit, tamponne les ouvrages (dont le fameux D1), et les indexe au catalogue est un membre du public ou non.
Bien sûr, il se trouve que l'ouvrage tamponné D1 n'est pas pour rien dans la révocation du brevet du requérant...
La Grande Chambre rappelle que la notification prévue à l'art.15(1) RPCR n'est pas une obligation :
2.2 Regarding the petitioner's complaint that the Board did not issue a communication under Article 15(1) RPBA, the Enlarged Board can see no breach of the procedural rules. That provision does not oblige a Board to issue communications drawing attention to matters of special significance; it merely gives it discretion to do so. If the Board decided not to issue a communication, it can be assumed that it regards the whole file  i.e. in particular all points of view present in the appeal proceedings about the requirements for public availability of documents in libraries  as relevant for the discussion at the oral proceedings. Consequently, both the Board and the parties are entitled to stress aspects which in their view require consideration.
Quant au droit d'être entendu, la Grande Chambre estime d'une part que l'opposant avait soulevé ce point, et d'autre part qu'il suffisait de prendre la perche tendue par le membre juriste... D'autant plus, selon elle, que le mandataire a bien compris où ledit membre voulait en venir !
2.4 Furthermore, it is clear from both the grounds of the petition and the observations of the petitioner during the oral proceedings before the Enlarged Board that the crucial question was discussed by the Technical Board. This follows from the specific questions asked by the legal member namely what the reaction would be if the librarian took the
document and filed a patent application and why, if a single consumer could be considered to represent the public, could a librarian not likewise be so considered? For the petitioner's professional representative, it had to be clear that the legal issue addressed by these questions was whether a single individual, in particular a librarian not bound by a secrecy agreement, could be considered as constituting the public? And it is clear that he did indeed understand the reasons for these queries, because he answered that the librarian would not be an end user, that he could neither read nor understand the document, and that he would be bound by an implicit confidentiality agreement. All these arguments were an attempt on his part to refute the
underlying premise that an individual librarian could inherently be considered a member of the public within the meaning of Article 54(2) EPC.
Eh oui... Quant à l'argument selon lequel la Chambre se serait éloignée de la jurisprudence, la Grande Chambre est, disons, dubitative :
2.7 The Enlarged Board is not convinced by the petitioner's assertion that the Technical Board failed to discuss the question of public availability of documents in public libraries in terms of purportedly established and consistent case law. Contrary to the submissions of the petitioner, the Enlarged Board has difficulty to speak of established case law about a notion whose definition depends on the evaluation of factual circumstances and not on the application of a principle of law. [...]
R 14/12
art.112bis,
J 17/12 - Registrez vous, qu'ils disaient...
Quand je travaille sur ma CBE, il y a des choses qui rentrent "relativement" facilement, et d'autres qui n'accrochent pas. Le Registre Européen des Brevets appartient, pour moi, à cette dernière catégorie (avec un paquet d'autres détails, je dois le confesser...).
Pourtant, au départ, la situation semble simple. L'art.127 CBE dispose que l'OEB tient un registre. Aucune mention n'est portée avant que la demande de brevet n'ait été publiée.
Comme les R.22-R.24 CBE ne concernent que les demandes, on en déduit fort logiquement que plus rien n'est inscrit au REB une fois le brevet délivré.
Jusque là, tout va bien. Sauf que... certaines inscriptions qui concernent le brevet européen peuvent tout de même être portées au REB.
La R.85 CBE indique que la R.22 CBE s'applique au transfert du brevet européen pendant la phase d'opposition.
De plus, la rectification/radiation de la désignation d'un inventeur dans le REB peut être faite à tout moment (R.21 CBE et Dir.A-XI.4). Tout comme sont indiquées la date et la nature de décisions de limitations ou de révocations (R.143(1)(x) et (y) CBE et Dir.A-XI.4).
Si l'on en croit la formulation de la R.143(1)(f) et (h) CBE, on devrait également pouvoir modifier les informations concernant le titulaire ou le mandataire à tout moment. Pour le demandeur ou le titulaire, la formulation est confirmée par les Dir.E-XII-4.
Revenons au cas simple, où nous n'avons affaire qu'à une demande de brevet. Est-ce qu'un transfert de cette demande peut être enregistré au REB alors que la procédure est suspendue au titre de la R.14 CBE ?
La réponse n'était pas si simple, puisque qu'il a fallu aller en recours pour trancher... (au final, la réponse est négative).
La décision citée a déjà été fort bien commentée par le blog du droit européen des brevets et K's Law. Je ne vais donc pas m'attarder.
Ce qui est intéressant (entre autre) dans cette décision, c'est le lien qui est fait entre cette inscription au registre, l'art.61(1) CBE, et la protection des tiers.
Et l'on comprend que la CBE doit être prises dans son ensemble, et non morceau par morceau.
Et l'on comprend que le chemin va être long avant de pouvoir se présenter dignement à l'EEQ (ou EQE, comme on dit plus souvent)...
Citations de la décision J 17/12
6.2 The core provision of the EPC so far as entitlement proceedings are concerned is Article 61(1) EPC, which provides various remedies if "by a
final decision it is adjudged that a person other than the applicant is
entitled to the grant of the European patent". In this respect it seems
to the Board that if the EPO is to be required to act on such a decision, it needs to be a decision which establishes that the third party rather than "the applicant" is entitled to the grant. The Board considers that "the applicant" here can only mean the person entered on the register as applicant. The Board considers that a decision establishing that the third party rather than the former applicant, or indeed some other person, was entitled to the grant would not be sufficient for this purpose. It seems to the Board that if Allergan was correctly registered as the applicant, it was indeed necessary for Ferring to bring proceedings against Allergan, with all the increased costs which that involved. There would then also be nothing to prevent the application being subsequently transferred and registered in the name of another applicant. It follows that if the registered applicant can be freely changed while proceedings for grant are stayed, the third party's attempts to obtain the remedies available under Article 61(1) EPC could be repeatedly frustrated.
6.5 [...] Rather, Allergan argued that if a transfer of the application was registered during the national entitlement proceedings, or even after a final decision was obtained, the third party could simply institute fresh entitlement proceedings and obtain a decision against that new applicant. It seems to the Board that this is the opposite of protecting the interests of the third party, given the expense and delay involved, and taking into account the fact that such proceedings would have to be brought in whatever was the appropriate jurisdiction according the Protocol on Recognition. A similar point arose in J 20/05, where it was argued, in the context of a divisional application being filed during suspension of
the parent grant proceedings, that a third party could simply bring entitlement proceedings in respect of such divisional application, and apply to stay grant proceedings on that divisional application. The Board said:
"It has to be noted that it is not possible for the claimant third party to apply to the EPO for an automatic and immediate suspension of the divisional application proceedings by way of an extension of the suspension of the parent application proceedings. On the contrary, in order to have the divisional application proceedings suspended the third
party would first have to bring ("open") new national proceedings against the applicant in which it sought a judgment that it is entitled to the grant of a patent on the divisional application. The third party would then have to provide evidence that it had brought such proceedings
and finally the matter would have to be decided by the EPO. All this would clearly put an additional heavy and undue burden on the third party and would be contrary to the objective of the suspension of the parent application proceedings, which is to protect its interests." See also J 9/12, point 7 of the Reasons
6.6 Allergan argued that it was important in the public interest that the register should reflect the true position so that, for example, if someone wished to acquire a licence in this case they would know that they should apply to Allergan and not Reprise. The Legal division also considered this informational role of the register to be an important factor. However, quite apart from the fact that anyone wishing to obtain
a licence would presumably be re-directed by Reprise to Allergan, there
is nothing to stop the filing, during the suspension of grant proceedings, of a request to transfer the application. The effect of a stay in the light of the Board's decision will simply be that no action will be taken on the request during the suspension. While the fact of the transfer may not be apparent from the register, it will be apparent from an inspection of the public file, as will the decision to stay the grant proceedings itself. The public will therefore be sufficiently informed."
R 14/12 - Faut pas se tamponner de celui qui tampo...