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Timestamp: 2016-10-26 09:18:43+00:00
Document Index: 121701584

Matched Legal Cases: ['art. 36', 'art. 36', 'art. 48', 'ATF ', 'art. 46', 'art. 54', 'art. 55', 'art. 34', 'art. 63', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 42', 'art. 46', 'art. 62', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 156']

4C.101/2004 (29.06.2004)
4C.101/2004 /mks
Mmes et M. les Juges Klett, juge pr�sidant,
demandeur et recourant, repr�sent� par Me Michel Bergmann,
d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Philippe A. Grumbach, avocat,
responsabilit� du d�tenteur de v�hicule automobile,
recours en r�forme contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 16 janvier 2004.
Le 26 septembre 1983 vers 18h00, A.________, ressortissant espagnol n� le .......... 1961, circulait au guidon de sa motocyclette, rue de la Prulay � Meyrin, en direction de la rue Gilbert, � une vitesse d'environ 80 km/h sur un tron�on limit� � 50 km/h. C'est alors que B.________, qui effectuait, au volant d'une automobile assur�e en responsabilit� civile aupr�s de X.________ Assurances (ci-apr�s: X.________), une manoeuvre en vue de quitter son stationnement sur le c�t� gauche de la rue de la Prulay, est entr� en collision avec A.________, qui b�n�ficiait de la priorit�. La faute concomitante d'A.________ a �t� fix�e � un tiers.
A la suite de cet accident, A.________ a subi un h�mop�ritoine sur d�chirure h�patique, une rupture du rein droit, une br�che s�rieuse de l'angle colique droit, une fracture transverse comminutive du tiers moyen du f�mur droit, une entorse du genou droit et une fracture-luxation scapho-lunaire du poignet droit, avec atteinte partielle du nerf cubital. Ces l�sions ont n�cessit� une intervention d'urgence et plusieurs hospitalisations. Il en est r�sult� diverses complications postop�ratoires.
Au moment des faits, A.________ venait d'obtenir un CFC de m�canicien sur automobiles et travaillait depuis deux ans pour le compte d'une soci�t� dont il a �t� licenci� pour le 31 d�cembre 1984.
A.________ formait le projet de se pr�parer aux examens de ma�trise f�d�rale de m�canicien, titre qu'il aurait �t� objectivement en mesure d'obtenir au bout de trois ans de pr�paration et qui lui aurait permis de r�aliser, d�s 2000, un revenu brut de 100'000 fr. En raison des exigences physiques du m�tier, cet espoir a �t� ruin� par la survenance de l'accident.
Le 1er septembre 1989, A.________ a �t� engag� � temps partiel, soit trente-huit heures par semaine, par la banque Y.________ (ci-apr�s: la banque Y.________) en qualit� de comptable. En 1990, apr�s l'obtention d'un CFC d'employ� de commerce, il a �t� engag� � plein temps au service Disposition titres. Si ses douleurs n'avaient eu aucune incidence � la banque Y.________ ni sur son salaire ni sur ses promotions �ventuelles, elles le g�naient n�anmoins dans son travail quotidien, qui impliquait des d�placements au tr�sor de la banque et la manutention de lingots. A.________ a d�missionn� au 30 juin 1995 et est parti s'installer en Espagne.
Par d�cision liquid�e transactionnellement sur opposition le 26 mars 1993, la CNA/SUVA a fix� � 20 % (au lieu de 15 %) la rente d'invalidit� d'A.________ sur la base d'un gain assur�, en 1989/1990, de 60'000 fr. (au lieu de 57'201 fr.).
Sans activit� de 1996 � 1998, A.________ a per�u le ch�mage en Espagne. Au b�n�fice d'une bourse de travail, il s'est reconverti dans l'informatique gr�ce � des cours subventionn�s par la Communaut� europ�enne.
Depuis le d�but de l'ann�e 1999, A.________ est employ� en qualit� d'administrateur de r�seaux � 80 %, soit sept heures par jour.
Le 27 novembre 1998, A.________ a actionn� X.________ en r�paration de son dommage, � savoir dommage mat�riel, indemnit� pour tort moral, perte de gain, atteinte port�e � son avenir �conomique, frais m�dicaux futurs et honoraires d'avocat avant proc�s.
Apr�s avoir rendu un premier jugement du 13 avril 2000, partiellement annul� par arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 8 d�cembre 2000, le Tribunal de premi�re instance a, par jugement du 10 avril 2003, condamn� X.________ � payer diverses sommes � A.________.
L'expert d�sign� en cours d'instance a �valu� le taux d'invalidit� d'A.________ � 15 % pour le poignet droit, 20 % pour le rein droit, 0 % pour le foie et l'abdomen, enfin 6 % pour le f�mur et le genou droits, soit un taux d'invalidit� total de 41 %, qu'il a pond�r� � 35 % sur la base de l'art. 36 al. 3 de l'ordonnance du 20 d�cembre 1982 sur l'assurance-accidents (ci-apr�s: OLAA). En substance, il a constat� une perte de mobilit� et des troubles neurologiques au niveau du poignet et de la main droits d'A.________ qui, malgr� la g�ne ainsi occasionn�e, utilise normalement son poignet et sa main. Concernant l'abdomen, l'expert a consid�r� que l'examen clinique restait dans les limites de la normale, en d�pit de douleurs � la palpation de la cicatrice. Il a constat� une flexion diminu�e du genou, sans atrophie musculaire. Dans l'ensemble, l'expert s'est dit frapp� par la persistance des plaintes, similaires � celles constat�es � l'�poque, et s'est �tonn� que, dix-huit ans apr�s l'accident, la situation ne se soit pas am�lior�e. Entendu comme t�moin, l'expert a pr�cis� qu'il avait �valu� le taux d'invalidit� en se fondant sur les conditions g�n�rales 1984 de X.________. Il a ajout� qu'en cas de perte du deuxi�me rein, A.________ devrait subir � terme une greffe, ce qui conduirait � une incapacit� de travail totale. Il a confirm� maintenir les pourcentages retenus pour chaque organe, sans pouvoir les r�duire davantage. Par contre, il a appliqu� une r�duction pour l'ensemble d'entre eux. Il a admis avoir proc�d� � cette r�duction sans avoir examin� les conditions g�n�rales en assurances priv�es sur ce point.
Dans son acte d'appel du 22 mai 2000, A.________ a admis que son revenu annuel � la banque Y.________ serait de 75'000 fr. Lors de sa comparution personnelle du 3 d�cembre 2002, il a affirm� qu'il avait "des amis qui exercent des activit�s semblables en informatique � Gen�ve et qui per�oivent entre 7'000 fr. et 8'000 fr. net par mois".
Statuant le 16 janvier 2004 sur appel de X.________ et appel incident d'A.________, la Cour de justice a annul� le jugement du 10 avril 2003 et condamn� X.________ � payer � A.________, sous d�duction d'un acompte de 84'200 fr. qu'elle avait d�j� vers�, les sommes de 33'760 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 26 septembre 1983 pour tort moral, 1'900 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 26 septembre 1983 pour dommage mat�riel, 50'000 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 30 mars 1991 pour honoraires d'avocat avant proc�s, 101'834 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 13 novembre 1993 pour perte de gain et 77'360 fr. avec int�r�t 5 % l'an d�s le 31 d�cembre 2003 pour atteinte � l'avenir �conomique. Elle a en outre fait masse des d�pens de premi�re instance et d'appel et condamn� X.________ au paiement des deux tiers des d�pens d'A.________ comprenant, dans son int�gralit�, une unique indemnit� de proc�dure de 15'000 fr.
S'agissant de la perte de gain actuelle, les juges cantonaux ont retenu que le taux d'invalidit� m�dico-th�orique d'A.________ �tait de 41 %, sur la base de l'expertise judiciaire, en �cartant toutefois la pond�ration effectu�e en application de l'art. 36 al. 3 OLAA, qui n'a pas pour vocation de s'appliquer en mati�re de responsabilit� civile et sert de base pour moduler le montant de l'indemnit� et non pas le taux d'invalidit�. Ils ont par ailleurs relev� que les conditions g�n�rales de X.________, �dition 1984, ne pr�voyaient aucune r�duction du taux d'invalidit� en cas d'atteintes multiples dues � un accident mais pr�cisaient au contraire que les diff�rents degr�s d'invalidit� sont additionn�s, sans toutefois pouvoir d�passer 100 %. Ils ont enfin soulign� que l'expert avait confirm� maintenir les pourcentages retenus pour chaque organe, sans pouvoir les r�duire davantage. Pour calculer la perte de gain concr�te subie par A.________, les juges cantonaux ont retenu que le total des revenus bruts que celui-ci aurait per�us sans l'accident de 1983 � 2003 se serait �lev� � 1'463'390 fr., dont � d�duire 12 % au titre de pourcentage moyen des charges sociales, soit un total net arrondi � 1'287'783 fr. De ce dernier montant, ils ont soustrait les sommes qu'A.________ a per�ues, respectivement aurait per�ues s'il avait poursuivi son activit� lucrative au sein de la banque Y.________. A cet �gard, les juges cantonaux ont notamment retenu qu'A.________ avait admis que son revenu annuel � la banque Y.________ serait de 75'000 fr. en 2000 et all�gu� que sa r�mun�ration annuelle nette serait de l'ordre de 7'500 fr. par mois, soit 90'000 fr. nets ou 102'270 fr. bruts en 2002. Entre le 1er septembre 1989 et 2003, il en serait r�sult� un revenu total brut de 1'001'341 fr. Consid�rant qu'� partir de l'ann�e 2002, A.________ ne subissait plus de perte de gain en raison des revenus plus importants qu'il aurait per�us s'il �tait rest� � la banque ou s'il avait exerc� comme administrateur de r�seaux en Suisse, les juges cantonaux ont op�r� les soustractions y relatives et chiffr� la perte de gain d'A.________ � 410'598 fr. soit, compte tenu de la faute concomitante de celui-ci, 273'732 fr. dont X.________ r�pond. Ils ont ensuite soustrait les sommes per�ues des assureurs sociaux, par 380'764 fr. arrondis, pour aboutir � un d�couvert total de 101'834 fr., portant int�r�t � 5 % l'an d�s le 13 novembre 1993, date moyenne entre l'accident et le 31 d�cembre 2003.
Concernant l'atteinte � l'avenir �conomique, la cour cantonale a admis qu'alors m�me que, par suite de reconversion professionnelle, A.________ r�alisait un gain �quivalent, voire sup�rieur � celui qu'il aurait obtenu dans son m�tier d'origine, son handicap le pr�t�ritait sur le march� du travail (difficult�s accrues pour conserver son emploi, pour obtenir une promotion, risque de ch�mage accru, etc.), de sorte qu'il subissait une atteinte � son avenir �conomique. Consid�rant qu'� la perte d'un rein correspond une invalidit� fix�e entre 15 % pour un employ� de bureau et 25 % pour un agriculteur, la cour cantonale a fix� l'atteinte � l'avenir �conomique d'A.________ � 20 % incluant les autres atteintes (poignet, f�mur et genou droits). Pour d�terminer la perte de gain qu'A.________ subira jusqu'au moment o� il atteindra la retraite, la cour cantonale a capitalis� le salaire annuel net que celui-ci aurait touch� � la date du prononc� de l'arr�t entrepris dans son m�tier d'origine, soit (100'000 fr. - 12 % de charges sociales =) 88'000 fr. Elle a effectu� la capitalisation au moyen de la table 11 de Stauffer/Schaetzle, �dition 2001, pr�voyant un facteur multiplicateur de 14.90 s'agissant d'un homme �g� de quarante-deux ans. L'atteinte port�e � l'avenir �conomique d'A.________ a ainsi �t� fix�e � (20 % de 88'000 fr. = 17'600 fr. arrondis x 14.90 =) 262'240 fr., la responsabilit� de X.________ �tant limit�e � concurrence de 174'827 fr. arrondis compte tenu de la faute concomitante d'A.________. La cour cantonale a ensuite soustrait le montant de la rente annuelle CNA/SUVA de 12'408 fr. en 2003 repr�sentant un capital de (12'408 fr. x 14.90 =) 184'880 fr. arrondis, pour parvenir � un r�sultat de 77'360 fr., portant int�r�t � 5 % l'an d�s le 31 d�cembre 2003, date retenue pour la capitalisation.
Enfin, les juges cantonaux ont ni� l'existence d'un dommage de rente, au motif que si A.________ avait poursuivi son activit� lucrative au sein de la banque Y.________, puis s'�tait reconverti dans l'informatique, il ne subirait aucun dommage de rente d�s l'ann�e 2002, � partir de laquelle il aurait cotis� davantage pour sa retraite que dans son m�tier d'origine.
A.________ (le demandeur) interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � l'annulation de l'arr�t entrepris et � la condamnation de X.________ � lui verser les sommes de 1'900 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 26 septembre 1983, 50'000 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 30 mars 1991, 33'760 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 26 septembre 1983, 101'304 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 13 novembre 1993 et 418'166 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 31 d�cembre 2003, sous imputation de 84'199 fr. 90 vers�s par X.________, avec suite de frais et d�pens.
X.________ (la d�fenderesse) conclut principalement � l'irrecevabilit�, subsidiairement au rejet du recours, avec suite de frais et d�pens.
1.1 Interjet� par le demandeur qui a �t� d�bout� d'une partie de ses conclusions en paiement et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile (cf. ATF 130 III 102 consid. 1.1; 129 III 415 consid. 2.1) dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le pr�sent recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ). Il en va de m�me de la r�ponse, compte tenu des f�ries (art. 34 al. 1 let. a et 59 al. 1 OJ).
1.2 Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement juridique sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu de rectifier des constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents et r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ). Dans la mesure o� une partie recourante pr�sente un �tat de fait qui s'�carte de celui contenu dans la d�cision attaqu�e, sans se pr�valoir avec pr�cision de l'une des exceptions qui viennent d'�tre rappel�es, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 130 III 102 consid. 2.2 p. 106, 136 consid. 1.4). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours en r�forme n'est pas ouvert pour remettre en cause l'appr�ciation des preuves et les constatations de fait qui en d�coulent (ATF 130 III 136 consid. 1.4; 129 III 618 consid. 3).
Les montants allou�s par la Cour de justice pour tort moral, dommage mat�riel, honoraires d'avocat avant proc�s et perte de gain actuelle ne sont pas contest�s. Devant le Tribunal f�d�ral, le litige ne porte plus que sur un �l�ment du dommage, � savoir l'atteinte � l'avenir �conomique, y compris le dommage de rente. Le demandeur estime que la cour cantonale a viol� les art. 42 al. 2 CO et 4 CC ainsi que 46 CO.
Le demandeur formule diff�rentes critiques � l'encontre de la mani�re dont la cour cantonale a calcul� le montant de l'atteinte � son avenir �conomique.
3.1 Premi�rement, le demandeur reproche aux juges cantonaux d'avoir omis d'examiner dans le cas concret quel �tait le revenu qu'il pouvait tirer dans son activit� professionnelle de recyclage, eu notamment �gard � sa capacit� de travail r�duite (diminution de la capacit� de gain) suite aux atteintes dont il souffre. Ce faisant, le demandeur tente de critiquer la mani�re dont les juges cantonaux ont appr�ci� les preuves pertinentes. En effet, ainsi qu'il l'a �galement fait dans le cadre de son recours de droit public, en vain (cf. arr�t 4P.47/2004 consid. 4.2), le demandeur entend contester le chiffre retenu par la cour cantonale au titre du revenu qu'il aurait pu r�aliser en 2002 en restant en Suisse. L'argumentation strictement appellatoire d�velopp�e par le demandeur sur ce point est ainsi irrecevable (cf. consid. 1.2).
3.2 Le demandeur fait ensuite grief � la cour cantonale d'avoir proc�d� � un amalgame entre les cons�quences de l'invalidit� relatives aux atteintes "ordinaires" et celles relatives � la perte du rein en tant qu'organe double. Sur ce dernier point, il invoque un arr�t cantonal, auquel la cour de justice s'est �galement r�f�r�e, selon lequel, en cas de perte d'un rein, l'invalidit� doit �tre fix�e entre 15 % pour un employ� de bureau et 25 % pour un agriculteur. Le demandeur ajoute que, si l'on consid�re que la cour cantonale a fix� le taux � 20 % en analysant, selon le cours ordinaire des choses, quel est l'impact de son invalidit� m�dicale sur son avenir �conomique, celle-ci a manifestement outrepass� son pouvoir d'appr�ciation.
3.2.1 En vertu de l'art. 46 al. 1 CO, applicable par renvoi de l'art. 62 al. 1 LCR, la victime de l�sions corporelles a droit � la r�paration du dommage qui r�sulte de son incapacit� de travail totale ou partielle, ainsi que de l'atteinte port�e � son avenir �conomique.
La loi fait ainsi une distinction entre la perte de gain actuelle, qui est �prouv�e au jour de la d�cision de la juridiction cantonale devant laquelle on peut all�guer pour la derni�re fois des faits nouveaux, et la perte de gain future, pour l'�ventualit� o� l'incapacit� de travail dure toujours parce que le l�s� est devenu totalement ou partiellement invalide. Cette distinction n'a pas d'autre fonction que celle de faciliter le travail de calcul du juge, car il s'agit en fait de deux postes du m�me pr�judice. Les principes pr�sidant au calcul de ces deux postes du dommage sont donc les m�mes (arr�t 4C.252/2003 du 23 d�cembre 2003 consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es).
Le pr�judice s'entend au sens �conomique; est d�terminante la diminution de la capacit� de gain. Selon la jurisprudence, le dommage cons�cutif � l'invalidit� doit, autant que possible, �tre �tabli de mani�re concr�te. Le juge partira du taux d'invalidit� m�dicale (ou th�orique) et recherchera ses effets sur la capacit� de gain ou l'avenir �conomique du l�s� (ATF 129 III 135 consid. 2.2 p. 141; arr�t 4C.197/2001 du 12 f�vrier 2002, publi� in: SJ 2002 I p. 414 consid. 3b p. 414 s.; arr�t 4C.388/1992 du 15 d�cembre 1993 publi� in: SJ 1994 p. 275 consid. 3 p. 277; ATF 117 II 609 consid. 9 p. 624).
Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait qui lie le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme. Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si l'autorit� cantonale a m�connu la notion juridique du dommage ou s'est laiss� guider par des crit�res erron�s (arr�t 4C.197/2001 du 12 f�vrier 2002, publi� in: SJ 2002 I p. 414 consid. 3b p. 415; ATF 127 III 73 consid. 3c, 543 consid. 2b).
Le taux d'invalidit� m�dicale (degr� de l'atteinte m�dico-th�orique � l'int�grit� corporelle) rel�ve du fait. En revanche, le Tribunal f�d�ral, statuant sur un recours en r�forme, revoit librement si l'autorit� cantonale est partie de crit�res justifi�s pour appr�cier la diminution de la capacit� de gain, si elle n'a pas �cart� � tort certains facteurs ou, inversement, si elle n'a pas pris en consid�ration des �l�ments d�nu�s de pertinence. Pour appr�cier l'incidence du taux d'invalidit� m�dicale sur la capacit� de gain, le juge doit se fonder sur la situation personnelle de l'int�ress�, son m�tier et son avenir professionnel (arr�t 4C.197/2001 du 12 f�vrier 2002, publi� in: SJ 2002 I p. 414 consid. 3b p. 415; arr�t 4C.278/1999 du 13 juillet 2000, publi� in: SJ 2001 I p. 110 consid. 3a/aa non publi�).
Le fait que la victime d'un accident dispose d'une capacit� de travail totale et r�alise ainsi un gain �quivalent � celui qu'elle aurait obtenu sans l'accident n'exclut pas qu'elle soit atteinte dans son avenir �conomique. En effet, d'autres facteurs que la capacit� de travail sont susceptibles d'influer sur les possibilit�s de gain futures d'une personne invalide. C'est ainsi par exemple qu'une personne handicap�e sera d�savantag�e sur le march� du travail; elle aura plus de difficult�s qu'une personne valide � trouver et � conserver un emploi avec une r�mun�ration identique; le risque de ch�mage se trouve �galement accru. L'infirmit� peut �galement entraver un changement de profession ou r�duire les perspectives de promotion dans l'entreprise ou encore les chances de mariage, pour autant que ce dernier am�liore la situation �conomique de l'int�ress�. La personne invalide doit en outre d�ployer des efforts plus intenses pour conserver son gain, ce qui est de nature notamment � r�duire la dur�e de son activit� lucrative (arr�t 4C.278/1999 du 13 juillet 2000, publi� in: SJ 2001 I p. 110 consid. 3a/bb non publi� et les r�f�rences cit�es; arr�t 4C.318/1990 du 22 mai 1991, publi� in: SJ 1992 p. 4 consid. 2c et les r�f�rences cit�es).
3.2.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a admis que le demandeur �tait atteint dans son avenir �conomique, alors m�me que, par suite de reconversion professionnelle, il per�oit un gain �quivalent, voire sup�rieur � celui qu'il aurait obtenu dans son m�tier d'origine. Pour fixer le taux de l'atteinte, elle s'est ralli�e au raisonnement du Tribunal de premi�re instance qui, compte tenu de la casuistique jurisprudentielle sur la perte d'un organe double et les cons�quences d'une invalidit� m�dicale, r�sultant d'atteintes � l'int�grit� physique comparables � celles subies par le demandeur et sur les capacit�s de gain r�siduelles des employ�s dans le secteur tertiaire, a consid�r� qu'il ressortait, eu �gard � l'invalidit� m�dico-th�orique de 41 %, que l'atteinte � la capacit� de gain d'A.________ pouvait �tre �valu�e, ex aequo et bono, � 20 % incluant les autres atteintes (poignet, f�mur et genou droits) dans sa nouvelle profession d'employ� de commerce.
L'on ne voit pas dans cette motivation que les juges cantonaux aient m�connu la notion juridique de dommage ou se soient laiss�s guider par des crit�res juridiquement erron�s. Ils ont au contraire men� un raisonnement conforme au droit f�d�ral et correctement appliqu� la jurisprudence y relative (cf. consid. 3.2.1).
En effet, il ressort des faits �tablis par l'autorit� cantonale que l'espoir du demandeur de faire carri�re dans le domaine de la m�canique a �t� ruin� par la survenance de l'accident. Apr�s avoir obtenu un CFC d'employ� de commerce puis suivi des cours dans le domaine de l'informatique, le demandeur a pu se r�ins�rer professionnellement et per�oit actuellement un revenu plus �lev� que celui qu'il aurait r�alis� en qualit� de m�canicien.
Toutefois, d'un point de vue m�dical, il r�sulte de l'expertise que le demandeur souffre d'une g�ne et de douleurs li�es � une perte de mobilit� et des troubles neurologiques au niveau du poignet et de la main droits, qu'il utilise toutefois normalement, de douleurs � la palpation de la cicatrice abdominale et d'une flexion diminu�e du genou, sans atrophie musculaire. En cas de perte du deuxi�me rein, le demandeur devrait subir � terme une greffe, ce qui conduirait � une incapacit� de travail totale.
La cour cantonale a correctement tenu compte de ces �l�ments puisqu'elle a admis une atteinte � l'avenir �conomique de demandeur en d�pit du gain plus �lev� qu'il r�alise � ce jour. Partant d'un taux d'invalidit� m�dico-th�orique de 41 %, lequel lie l'autorit� f�d�rale de r�forme (cf. consid. 3.2.1), les juges cantonaux, prenant notamment en compte, quoi qu'en dise le demandeur, la qualit� d'organe double du rein, ont fix� ex aequo et bono le degr� d'atteinte � l'avenir �conomique du demandeur � 20 %. Consid�r� � la lumi�re des circonstances susmentionn�es, ce taux se situe dans les limites du pouvoir d'appr�ciation de l'autorit� cantonale.
L'on pr�cisera encore que la jurisprudence cantonale dont le demandeur se pr�vaut (cf. r�f�rence cit�e par Brehm, La r�paration du dommage corporel en responsabilit� civile, Berne 2002, p. 247 n. 551) ne change rien � ce qui pr�c�de. En effet, non seulement le Tribunal f�d�ral n'est pas li� par des pr�c�dents dont il n'a pas eu � conna�tre (ATF 130 III 28 consid. 4.3 p. 34; 129 III 225 consid. 5.4 et les arr�ts cit�s), mais encore les diff�rentes formes de l'atteinte � l'avenir �conomique peuvent �tre vari�es et d'intensit� diff�rente, de sorte que toute comparaison ne peut qu'�tre relativis�e.
Priv� de tout fondement, le moyen du demandeur doit �tre rejet�.
Le demandeur fait encore grief � la cour cantonale d'avoir ni� � tort l'existence d'un dommage de rente, dans la mesure o� elle a retenu qu'il aurait per�u, depuis 2002, un salaire dans son activit� de recyclage, s'il �tait � Gen�ve, sup�rieur � celui qu'il aurait per�u sans accident, tout en faisant abstraction du fait que le demandeur ne travaille qu'� 80 % en raison des s�quelles de son accident, �tant soulign� que la CNA/SUVA lui a octroy� une rente d'invalidit� - d�termin�e in concreto - de 20 %.
4.1 Selon la jurisprudence, le tiers civilement responsable, qui a l'obligation de r�parer l'int�gralit� du dommage subi par le l�s�, r�pond �galement de la r�duction future des prestations que les assurances sociales accorderont � ce dernier. Un tel pr�judice, d�fini comme le dommage cons�cutif � la r�duction d'une rente (Rentenverk�rzungs-schaden) ou dommage de rente (Rentenschaden), correspond � la perte de rentes de vieillesse, provoqu�e par une r�duction du revenu, qui survient � la suite d'une atteinte � la capacit� de gain (ATF 126 III 41 consid. 3 p. 45). En d'autres termes, ce n'est pas la perte des cotisations de l'employeur au premier pilier et au deuxi�me pilier qui est consid�r�e comme un dommage, mais bien la r�duction des prestations de vieillesse entra�n�e par des lacunes dans les cotisations (arr�t 4C.197/2001 du 12 f�vrier 2002, publi� in: SJ 2002 I p. 414 consid. 4b p. 416).
Pour d�terminer le dommage de rente direct, il convient de comparer les rentes d'invalidit� et de vieillesse vers�es par les assurances sociales (AVS, LAA, LPP) avec les prestations de vieillesse que le l�s� aurait touch�es sans l'accident, le pr�judice cons�cutif � la r�duction d'une rente correspondant donc � la diff�rence entre les prestations de vieillesse hypoth�tiques et les prestations d'invalidit� et de vieillesse d�terminantes (ATF 129 III 135 consid. 2.2 p. 142; arr�t 4C.197/2001 du 12 f�vrier 2002, publi� in: SJ 2002 I p. 414 consid. 4b p. 417). Le calcul de la perte de gain s'effectue sur la base du salaire net, toutes les cotisations aux assurances sociales devant �tre d�duites du salaire brut (ATF 129 III 135 consid. 2.2 p. 143).
4.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a ni� l'existence d'un dommage de rente, consid�rant que si le demandeur avait poursuivi son activit� lucrative au sein de la banque Y.________, puis s'�tait reconverti dans l'informatique, il ne subirait aucun dommage de rente d�s l'ann�e 2002, � partir de laquelle il aurait cotis� davantage pour sa retraite que dans son m�tier d'origine. Pour parvenir � cette conclusion, elle s'est fond�e sur le r�sultat de l'administration des preuves, dont il r�sulte que le salaire brut que le demandeur aurait per�u en 2002 aurait �t� de 100'000 fr. en qualit� de m�canicien et de 102'270 fr. s'il avait continu� � travailler au sein de la banque Y.________.
Dans la mesure o� il se limite � contester ce dernier chiffre avant de pr�senter au Tribunal f�d�ral son propre d�compte, le demandeur entreprend de critiquer les faits, de sorte que son moyen est irrecevable (cf. consid. 1.2). Cela �tant, en niant l'existence d'un dommage de rente au motif que, du fait de l'augmentation du revenu du demandeur, le montant de la prestation d'invalidit� et de vieillesse que celui-ci percevra au moment de la retraite sera plus �lev� que si l'accident ne s'�tait pas produit, les juges cantonaux n'ont pas viol� le droit f�d�ral.
Compte tenu de l'issue du litige, les frais et d�pens seront mis � la charge du demandeur (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
Un �molument judiciaire de 7'000 fr. est mis � la charge du demandeur.
Le demandeur versera � la d�fenderesse une indemnit� de 8'000 fr. � titre de d�pens.