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Timestamp: 2016-10-28 20:01:45+00:00
Document Index: 103584522

Matched Legal Cases: ['art. 63', 'art. 64', 'art. 399', 'art. 94', 'art. 106', 'art. 91', 'art. 32', 'art. 91', 'art. 94', 'art. 389', 'art. 343', 'art. 405', 'art. 343', 'art. 343', 'art. 343', 'art. 343', 'art. 80', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 80', 'ATF ', 'in dubio', 'in dubio', 'ATF ', 'ATF ', 'in dubio', 'ATF ', 'in dubio', 'art.\n4', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 106', 'in dubio', 'art. 189', 'art. 190', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 189', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 47', 'art. 47', 'ATF ', 'art. 50', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 47', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 56', 'art. 56', 'art. 59', 'art. 56', 'art. 59', 'art. 56', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 64', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 59', 'art. 64', 'art. 64', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 64', 'art. 64', 'art. 67', 'art. 67', 'art. 67', 'art. 67', 'art. 49', 'art. 49', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ']

6B_970/2013 � � Arr�t du 24 juin 2014
X.________, repr�sent� par Me Aude Bichovsky, avocate,
repr�sent� par Me Mathilde Bessonnet, avocate,
3. B.________, repr�sent� par Me Val�rie M�rinat, avocate,
4. C.________, repr�sent� par Me Beno�t Morzier, avocat,
Actes d'ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle, internement, violation du droit d'�tre entendu, arbitraire, fixation de la peine,
recours contre la d�cision de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 25 juillet 2013.
Par jugement du 26 mars 2013, le Tribunal criminel de l'arrondissement de la C�te a notamment reconnu X.________ coupable d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, de contrainte sexuelle et de pornographie; il l'a condamn� � 9 ans de peine privative de libert� et a ordonn� un traitement psychiatrique au sens de l'art. 63 CP en relation avec les troubles mixtes de la personnalit� et le trouble de la pr�f�rence sexuelle de type p�dophillique pr�sent�s par l'int�ress�. Il a par ailleurs interdit au condamn� d'exercer une profession d'enseignant ou d'�ducateur pour une dur�e de 5 ans. Enfin, il l'a condamn� � verser, � titre de r�paration du tort moral, 20'000 fr. � A.________, 15'000 fr. � B.________ et 8'000 fr. � C.________.
�X.________, ressortissant fran�ais n� en 1954, est enseignant sp�cialis�. Il a enseign� dans l'Oise et en Guyane ainsi qu'au P�rou, aux �tats-Unis, en Colombie, en Egypte et, depuis ao�t 2009, en Suisse. Il a �t� employ� par quatre institutions dans le canton de Vaud et � Fribourg.
�X.________ a �t� employ� de D.________, d'ao�t 2010 � son licenciement en mai 2011.
�En 1993, le Tribunal correctionnel de Cayenne a condamn� X.________ par contumace � 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour � attentat � la pudeur commis avec violence ou surprise par ascendant ou personne ayant autorit� �.
B.a.�Il avait notamment comme �l�ve A.________, n� le *** 2000, enfant psychologiquement fragile, qui pr�sente un trouble envahissant du d�veloppement, des troubles du comportement ainsi que des troubles cognitifs importants. X.________ est rest� plusieurs fois seul avec lui dans la salle de classe apr�s un cours de guitare. Exploitant la fragilit� affective de l'enfant et sa position de professeur, il lui a fait sucer son sexe � une occasion. A quatre autres reprises, il l'a sodomis� en lui faisant croire qu'il s'agissait d'un jeu et en lui promettant de l'emmener � Marseille pour voir le chauffeur du film � Taxi 4 �.
�Apr�s un cours de guitare, X.________ est rest� seul en classe avec B.________, n� le *** 1999, enfant consid�r� comme un peu craintif, discret, manquant de maturit� et demandant le soutien et la pr�sence des adultes. Il a verrouill� la porte; l'enfant a tent� de fuir par la porte-fen�tre du balcon et X.________ l'a rattrap� par le capuchon de son chandail. Il a frott� son sexe en �rection contre le torse d�nud� de l'enfant et a suc� le sexe de celui-ci, qu'il maintenait par les pieds; l'enfant n'est pas parvenu � le repousser avec les mains et X.________ l'a contraint � lui faire une fellation puis l'a sodomis�. Il l'a menac� de ne plus lui donner de bonbons s'il parlait de ces faits aux �ducateurs et lui a dit de ne pas en informer la police.
�A une occasion �galement, X.________ est rest� seul en classe � la fin d'un cours avec C.________, n� le *** 1999, lequel pr�sentait notamment un trouble de la conduite, de l'acquisition du langage et un retard mental l�ger. Mettant � profit la fragilit� de l'enfant et sa position de professeur, il a touch� le sexe de l'enfant par-dessus ses v�tements puis l'a forc� � toucher son propre sexe en �rection � travers ses habits. L'enfant a dit qu'il ne voulait pas et a tent� en vain de repousser la main de X.________. Ce dernier lui a r�pondu que c'�tait obligatoire et a affirm� qu'il � �tait mort � s'il en parlait � son �ducatrice.
B.b.�Au cours de l'ann�e 2011 jusqu'� son arrestation en octobre, X.________ a fr�quent� des r�seaux sociaux. En se faisant passer pour un adolescent de 17 ans, il est entr� en contact avec des dizaines de jeunes gar�ons �g�s de 13 � 22 ans � qui il a fait des propositions � caract�re sexuel. Il a physiquement rencontr� l'un d'eux, qui n'a pas pu �tre identifi�.
�Entre f�vrier et octobre 2011, X.________ a re�u 69 courriels contenant des images ou des vid�os � caract�re p�dopornographique et il a cherch� � en obtenir d'autres. Durant la m�me p�riode, il a t�l�charg� sur son ordinateur et stock� sur un disque dur externe des images montrant des gar�ons de moins de 16 ans m�l�s � des actes sexuels.
�Le carnet d'adresse de X.________, saisi durant l'enqu�te, contenait les noms de plusieurs dizaines de jeunes gar�ons, de divers pays, accompagn�s de leurs adresses postale et �lectronique ainsi que de leur �ge. Parmi eux figuraient six enfants entre 10 et 13 ans domicili�s � Aigle que l'int�ress� a admis avoir rencontr�s alors qu'il r�sidait dans cette localit�.
Par jugement du 25 juillet 2013, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel form� par X.________ contre cette d�cision. Il a en revanche admis l'appel du Minist�re public et modifi� le jugement du Tribunal criminel de l'arrondissement de la C�te dans le sens qu'il a ordonn� l'internement du condamn� au sens de l'art. 64 al. 1 let. a CP en lieu et place du traitement psychiatrique prononc� en premi�re instance.
X.________ forme un recours en mati�re p�nale contre cette d�cision. Il conclut, avec suite de frais et d�pens de toutes les instances, � sa lib�ration des griefs d'actes d'ordre sexuel avec des enfants et de contrainte, � sa condamnation pour pornographie � une peine assortie du sursis, � la lev�e de l'internement ainsi que de l'interdiction d'exercer une profession d'enseignant ou d'�ducateur, � sa lib�ration de tout versement � titre de r�paration du tort moral et � la lev�e du s�questre ordonn� sur un certain nombre d'objets. A titre subsidiaire, il conclut � l'annulation du jugement attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale. Il sollicite par ailleurs l'assistance judiciaire.
Le recourant se plaint en premier lieu d'une violation des art. 399 al. 3, 403 et 94 CPP. Il soutient que la cour cantonale n'aurait pas d� entrer en mati�re sur l'appel du Minist�re public au motif que sa d�claration �tait tardive.
1.1.�La cour cantonale a constat� que la d�claration d'appel avait �t� d�pos�e le 24 avril 2013, soit le dernier jour du d�lai, dans la case mise � la disposition du Minist�re public, dans le b�timent qui abrite ses bureaux, par la Poste suisse. L'enveloppe porte cependant le sceau du 25 avril 2013. Il ressort d'une attestation de la Poste suisse que les cases des clients du b�timent n'avaient pas �t� relev�es en fin de journ�e le 24 avril 2013, mais qu'elles l'avaient �t� de mani�re avanc�e, ce dont le Minist�re public n'avait pas �t� averti.
�Elle a consid�r� que le d�p�t du courrier dans une case pour clients professionnels satisfait � l'exigence de remise � la Poste suisse, de sorte qu'il y avait lieu de consid�rer que la d�claration d'appel avait �t� d�pos�e en temps utile. Elle a ajout� qu'� supposer que l'envoi ait �t� tardif aucune faute n'est imputable au Minist�re public, raison pour laquelle le d�lai lui a �t� restitu� en application de l'art. 94 CPP.
1.2.�Dans la mesure o� le recourant cherche � remettre en question la constatation de la cour cantonale selon laquelle la d�claration d'appel a �t� d�pos�e le dernier jour du d�lai dans la case mise � disposition du Minist�re public par la Poste suisse dans le b�timent o� celui-ci a ses bureaux, son argumentation est de nature appellatoire et insuffisante � fonder conform�ment aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF un grief d'arbitraire, au demeurant pas express�ment invoqu�.
1.3.�Conform�ment � l'art. 91 al. 2 CPP, un d�lai est r�put� respect� si l'acte de proc�dure est remis au plus tard le dernier jour du d�lai � la Poste suisse. Est d�terminant le moment � compter duquel le pli est sous la garde de l'administration postale et ne peut plus �tre restitu� � son exp�diteur ( YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal f�d�ral, Commentaire, 2008, p. 529 s., n� 1236; POUDRET/SANDOZ-MONOD, Commentaire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire, vol. I, 1990, n� 4.3.2 ad art. 32 OJ et les r�f�rences cit�es). Le jugement attaqu� consid�re que le d�p�t du courrier dans une case pour clients professionnels satisfait � l'exigence de remise � la Poste suisse sans toutefois contenir d'indication sur le fait que les cases en question excluaient ou non toute possibilit� pour l'exp�diteur de reprendre possession de son pli. Il n'est donc pas possible sur la base des constatations de l'autorit� cantonale de d�terminer si le pli a �t� remis � la Poste suisse, au sens de l'art. 91 al. 2 CPP, le 24 avril 2013. Cette question peut toutefois demeurer ind�cise.
�Le jugement attaqu� rel�ve que le d�lai de recours a �t� restitu� en application de l'art. 94 CPP au motif qu'� supposer que l'envoi soit tardif aucune faute n'est imputable au Minist�re public. La cour cantonale a constat� que la d�claration d'appel avait �t� d�pos�e le dernier jour du d�lai dans la case mise � sa disposition par la Poste suisse selon un syst�me utilis� de longue date avec des gros clients publics ou priv�s. Dans ces circonstances, le Minist�re public, qui n'avait pas �t� inform� que la lev�e du courrier serait effectu�e plus t�t que d'habitude, pouvait consid�rer comme acquis le fait que son pli d�pos� dans la case avant l'heure usuelle o� celle-ci �tait vid�e par la poste serait en possession de cette derni�re le soir m�me et donc avant l'�ch�ance du d�lai. C'est � juste titre que la cour cantonale a admis qu'aucune faute ne lui �tait imputable. En entrant en mati�re sur l'appel du Minist�re public, elle n'a donc pas viol� les dispositions invoqu�es par le recourant.
Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir viol� les art. 389 al. 2 let. c et al. 3 et 343 al. 3 CPP ainsi que son droit d'�tre entendu en refusant de faire r�entendre les trois victimes et le t�moin E.________.
2.1.�L'invocation du droit d'�tre entendu n'a pas de port�e propre par rapport aux dispositions du CPP.
�Selon l'art. 343 al. 3 CPP, applicable aux d�bats d'appel par le renvoi de l'art. 405 al. 1 CPP, le tribunal r�it�re l'administration des preuves qui, lors de la proc�dure pr�liminaire, ont �t� administr�es en bonne et due forme lorsque la connaissance directe du moyen de preuve appara�t n�cessaire au prononc� du jugement. Seules les preuves essentielles et d�cisives dont la force probante d�pend de l'impression qu'elles donnent doivent �tre r�it�r�es ( MAX HAURI, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, no 19 ad art. 343 CPP; HANS MATHYS, Erstinstanzliches Hauptverfahren - Berufungsverfahren, in Schweizerische Strafprozessordnung, Tag/Hauri (�d.), 2010, p. 119 ss, p. 134; NIKLAUS SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung: Praxiskommentar, 2e �d., 2013, no 7 ad art. 343 CPP; cf. aussi PIERRE-HENRI WINZAP, La proc�dure de premi�re instance (CPP 328 � CPP 351), in La proc�dure p�nale f�d�rale, Renate Pfister-Liechti (�d.), 2010, p. 95 ss, p. 103). S'agissant d'un t�moignage, l'administration de la preuve n'appara�t pas n�cessaire uniquement au regard de son contenu (soit ce que dit le t�moin), mais bien plut�t lorsque le jugement d�pend de mani�re d�cisive du comportement du t�moin (soit comment il le dit) ( MAX HAURI, op. cit., no 21 ad art. 343 CPP). Afin de d�terminer quel moyen de preuve doit �tre r�it�r�, le juge dispose d'un pouvoir d'appr�ciation (cf. NIKLAUS SCHMID, op. cit., no 8 ad art. 343 CPP; arr�t 6B_484/2012 du 11 d�cembre 2012 consid. 1.2).
2.2.�Une seule des personnes que le recourant reproche � la cour cantonale de n'avoir pas r�entendues est un adulte. Il s'agit de E.________, que le recourant se contente de mentionner sans indiquer quels �l�ments il entendait �tablir par cette audition ni pour quelle raison il jugeait celle-ci n�cessaire. Le recours est insuffisamment motiv� sur ce point.
Les autres personnes sont les trois victimes, qui sont toutes des enfants, de surcro�t fragiles sur le plan psychique. L'un d'entre eux a �t� soumis � une expertise de cr�dibilit�, qui a permis d'�tablir que ses d�clarations �taient fiables. Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, par une appr�ciation anticip�e des preuves qui �chappe au grief d'arbitraire, se consid�rer comme l�gitim�e � se fonder sur ses d�clarations sans avoir � proc�der � une nouvelle audition. Il en va de m�me pour les deux autres victimes, dont les d�positions avaient d'embl�e �t� jug�es plus cr�dibles puisqu'aucune expertise n'avait �t� ordonn�e � leur sujet, sans que le recourant ne formule d'ailleurs de contestation recevable � cet �gard. Le recourant se contente d'�mettre des g�n�ralit�s pour justifier l'audition des deux enfants sans sp�cifier en quoi concr�tement elle serait utile en l'esp�ce. Dans ces conditions, son grief doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Le recourant se plaint d'un d�faut de motivation du jugement attaqu� et partant d'une violation de l'art. 80 al. 2 CPP ainsi que du droit d'�tre entendu garanti par les art. 3 al. 2 let. c CPP et 29 al. 2 Cst. Il reproche � la cour cantonale de s'�tre content�e d'indiquer qu'il ne pr�tendait pas que l'autorit� de premi�re instance avait ignor� ses doutes mais qu'il lui reprochait de ne pas en avoir eu.
3.1.�La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu consacr� aux art. 3 al. 2 let. c CPP et 29 al. 2 Cst. le devoir pour l'autorit� de motiver sa d�cision, afin que le destinataire puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le. Ce devoir est �galement consacr� � l'art. 80 al. 2 CPP, qui n'a toutefois pas de port�e diff�rente. Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision. Il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � l'examen des questions d�cisives pour l'issue du litige (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88; 133 III 439 consid. 3.3 p. 445). La motivation peut pour le reste �tre implicite et r�sulter des diff�rents consid�rants de la d�cision (arr�t 6B_1193/2013 du 11 f�vrier 2014 consid. 1.2).
3.2.�Bien que br�ve, la motivation du jugement attaqu� est parfaitement compr�hensible. Alors qu'elle venait d'examiner longuement les griefs formul�s par le recourant contre les constatations de fait, la cour cantonale, abordant celui tir� d'une pr�tendue violation du principe � in dubio pro reo �, a d'abord dit que celle-ci se confondait avec les griefs pr�c�dents d�s lors qu'il s'agissait de contester les faits, ajoutant le passage cit� par le recourant, savoir que ce dernier ne pr�tendait pas que les juges de premi�re instance auraient ignor� leurs doutes, mais qu'il leur reprochait de n'en pas avoir eu. On saisit tr�s bien qu'elle se r�f�re implicitement � la jurisprudence selon laquelle le principe in dubio pro reo concerne tant le fardeau de la preuve que l'appr�ciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40; 120 Ia 31 consid. 2c p. 36 et les r�f�rences cit�es). En lien avec l'appr�ciation des preuves, ce principe est viol� si le juge du fond se d�clare convaincu de faits d�favorables � l'accus� sur lesquels, compte tenu des �l�ments de preuve qui lui sont soumis, il aurait d� �prouver des doutes (ATF 120 Ia 31 consid. 2c p. 37). Dans ce contexte, le grief d�duit de la violation du principe in dubio pro reo n'a pas de port�e propre (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82). La cour cantonale n'avait donc pas � rediscuter les points qu'elle venait d'examiner sous l'angle de l'appr�ciation des preuves. Elle pouvait se limiter � constater que le recourant ne se plaignait pas d'une violation du principe in dubio pro reo en tant que r�gle sur le fardeau de la preuve.
Le recourant se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves, � savoir l'expertise de cr�dibilit� d'une part et les d�positions des victimes d'autre part.
4.1.�La notion d'arbitraire a �t� rappel�e notamment dans l'ATF 138 III 378 consid. 6.1 p. 379, auquel on peut se r�f�rer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait arbitraire, que la d�cision attaqu�e apparaisse discutable ou m�me critiquable. Il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais aussi dans son r�sultat. Le grief d'arbitraire doit �tre invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise (art. 106 al. 2 LTF). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 137 IV 1 consid. 4.3.2 p. 5).
4.2.�S'agissant de l'expertise de cr�dibilit�, le recourant soutient qu'elle ne r�pond pas � certaines questions et que ses conclusions sont contradictoires.
�Son argumentation est largement de nature appellatoire. A la lecture du passage dans le cadre duquel il reproche � l'expert de n'avoir pas donn� sa propre analyse sur la question pos�e, on constate que ce dernier se r�f�re � des points que l'enfant a abord�s avec sa th�rapeute dans le cadre d'une relation investie progressivement avec une personne en qui il a confiance. Il indique qu'il s'agit d'un questionnement fr�quent chez les victimes d'abus sexuel et pr�cise encore que d'autres v�cus d�crits par des auteurs sp�cialistes dans ce domaine se retrouvent chez l'enfant. On comprend ais�ment que l'expert se fonde sur des d�clarations fiables de l'enfant que lui-m�me n'aurait pas �t� en mesure de recueillir faute de temps pour construire une relation suffisante et qui, de l'avis des sp�cialistes, sont fr�quentes chez les victimes d'abus sexuels. Une telle r�ponse indique clairement que pour l'expert il y a chez l'expertis� des signes cliniques compatibles avec une atteinte � son int�grit� sexuelle.
�Pour le surplus, le recourant isole certains passages de l'expertise pour faire appara�tre de pr�tendues contradictions. Ainsi, il cite un extrait dans lequel est not� que les explications de l'enfant sont peu convaincantes, que celui-ci est confus et son r�cit pauvre en d�tails pour dire qu'il n'�tait donc pas possible de consid�rer qu'il �tait cr�dible. Le recourant omet en revanche le passage dans lequel l'expert appr�cie les d�clarations de l'enfant. Il y rel�ve diff�rents �l�ments qui leur conf�rent du cr�dit sans omettre ceux qui ne sont pas pr�sents en pr�cisant toutefois que cela est essentiellement d� au retard mental l�ger de l'expertis� et � ses difficult�s d'expression verbale. Ce n'est qu'� l'issue de cette �valuation que l'expert parvient � la conclusion, qui n'appara�t ni arbitraire ni contradictoire si l'on prend en consid�ration le rapport dans son int�gralit�, que l'enfant n'a pas fait de fausses d�clarations.
4.3.�Dans la mesure o� le recourant s'en prend � l'appr�ciation faite par la cour cantonale des d�positions des victimes, son argumentation se r�duit � une pure critique appellatoire. Il se contente pour l'essentiel de reproduire les griefs pr�sent�s devant l'autorit� pr�c�dente sans d�montrer en quoi l'appr�ciation des preuves effectu�e par celle-ci serait arbitraire. Pour le surplus, il se borne � opposer sa propre appr�ciation � celle de la cour cantonale, toujours sans indiquer en quoi celle-ci serait manifestement insoutenable. Faute de satisfaire aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF, le recours est irrecevable sur ce point.
Le recourant se plaint d'une violation de la pr�somption d'innocence ainsi que du principe � in dubio pro reo �.
Il est renvoy� sur ces principes au consid. 3.2 ci-dessus.
�Le recourant ne pr�tend pas que la cour cantonale aurait retourn� le fardeau de la preuve; il fait uniquement valoir qu'elle aurait d� �prouver des doutes s�rieux quant � sa culpabilit�. Tel qu'il est motiv�, ce grief se confond avec celui d'arbitraire qui a �t� examin� ci-dessus.
Le recourant conteste s'�tre rendu coupable de contrainte sexuelle � l'encontre de C.________ et B.________ au motif que l'�l�ment de contrainte n'est pas r�alis�.
�Le crime de contrainte sexuelle r�prim� par l'art. 189 CP (comme celui de viol sanctionn� par l'art. 190 CP) est une infraction de violence, qui suppose, en r�gle g�n�rale, une agression physique. En introduisant la notion de � pressions psychiques �, le l�gislateur a voulu viser �galement les cas o� la victime se trouve dans une situation sans espoir, sans pour autant que l'auteur ait recouru � la force physique ou � la violence (ATF 131 IV 107 consid. 2.2 p. 109). Il peut ainsi suffire que pour d'autres raisons la victime se soit trouv�e dans une situation telle que sa soumission est compr�hensible eu �gard aux circonstances. Pour d�terminer si on se trouve en pr�sence d'une contrainte sexuelle, il faut proc�der � une appr�ciation globale des circonstances concr�tes d�terminantes (voir ATF 131 IV 107 consid. 2.2 p. 109). Compte tenu du caract�re de d�lit de violence que rev�t la contrainte sexuelle, la pression psychique g�n�r�e par l'auteur doit, pour �tre pertinente, atteindre une intensit� particuli�re (ATF 131 IV 167 consid. 3.1 p. 170 s. et les arr�ts cit�s). L'inf�riorit� cognitive ainsi que la d�pendance �motionnelle et sociale peuvent, particuli�rement chez les enfants et les adolescents, induire une �norme pression qui les rend incapables de s'opposer � des atteintes de nature sexuelle. Toutefois, pour que la contrainte soit r�alis�e, il faut au moins que les circonstances concr�tes rendent la soumission compr�hensible. L'exploitation d'un lien de d�pendance ou d'amiti� ne suffit � elle seule en g�n�ral pas � g�n�rer une pression psychique suffisante au regard de l'art. 189 al. 1 CP (voir ATF 131 IV 107 consid. 2.2 p. 109 et les arr�ts cit�s). On peut attendre d'adultes en pleine possession de leurs facult�s une r�sistance sup�rieure � celle que des enfants sont en mesure d'opposer (ATF 131 IV 167 consid. 3.1 p. 171 et les arr�ts cit�s).
�Dans le cas de B.________, il ressort des constatations de l'autorit� cantonale que le recourant est rest� seul avec lui en classe � l'issue d'un cours et a verrouill� la porte. L'enfant a alors cherch� � fuir par la porte-fen�tre du balcon mais le recourant l'a rattrap� par le capuchon de son chandail. Il a frott� son sexe en �rection contre le torse d�nud� de l'enfant, dont il a ensuite suc� le sexe en le maintenant par les pieds alors qu'il tentait en vain de le repousser. Il l'a encore forc� � lui faire une fellation avant de le sodomiser. La victime se trouvait ainsi seule avec son professeur, qui l'entravait dans ses mouvements, dans une salle ferm�e � cl� et dont elle n'�tait pas parvenue � s'�chapper. Dans ces circonstances, sa soumission appara�t parfaitement compr�hensible, particuli�rement de la part d'un enfant de 11 ans qualifi� de craintif, discret, manquant de maturit� et demandant le soutien et la pr�sence des adultes.
�Il ressort des constatations de la cour cantonale qu'alors qu'il se trouvait seul avec lui le recourant a touch� le sexe de C.________ par-dessus ses v�tements puis a forc� celui-ci � toucher son propre sexe en �rection par-dessus ses habits. L'enfant a dit qu'il ne voulait pas mais le recourant a r�pondu que c'�tait obligatoire; il a n�anmoins tent� de repousser la main du recourant. Ce dernier lui a dit qu'il �tait � mort � s'il parlait de ces faits � son �ducatrice. Dans ce cas �galement, c'est sans violer le droit f�d�ral que la cour cantonale a admis qu'ajout�es � la position de professeur du recourant, la force et la pression exerc�es par celui-ci avaient �t� suffisantes pour induire une situation dans laquelle il est compr�hensible qu'un enfant de 11 ans pr�sentant un l�ger retard mental se soit soumis � son agresseur car il ne voyait aucune autre issue. Mal fond�, ce grief doit �tre rejet�.
Le recourant se plaint d'une violation des art. 47 et 50 CP au motif que la peine qui lui a �t� inflig�e est excessive et que les consid�rants du jugement attaqu� ne permettent pas de justifier une telle s�v�rit�. Il invoque �galement une in�galit� de traitement.
7.1.�Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Le Tribunal f�d�ral n'intervient que lorsque l'autorit� cantonale a fix� une peine en dehors du cadre l�gal, si elle s'est fond�e sur des crit�res �trangers � l'art. 47 CP, si des �l�ments d'appr�ciation importants n'ont pas �t� pris en compte ou, enfin, si la peine prononc�e est exag�r�ment s�v�re ou cl�mente au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 135 IV 130 consid. 5.3.1, p. 134 s.). L'exercice de ce contr�le suppose que le juge exprime, dans sa d�cision, les �l�ments essentiels relatifs � l'acte ou � l'auteur qu'il prend en compte, de mani�re � ce que l'on puisse constater que tous les aspects pertinents ont �t� pris en consid�ration et comment ils ont �t� appr�ci�s, que ce soit dans un sens aggravant ou att�nuant (art. 50 CP; ATF 134 IV 17 consid. 2.1 p. 19 s.). Le juge peut passer sous silence les �l�ments qui, sans abus du pouvoir d'appr�ciation, lui apparaissent non pertinents ou d'une importance mineure. Il n'est �galement nullement tenu d'exprimer en chiffres ou en pourcentages l'importance qu'il accorde � chacun des �l�ments qu'il cite (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 61).
7.2.�Le recourant reproche � l'autorit� cantonale de n'avoir pas tenu compte d'une sensibilit� accrue � la sanction eu �gard au fait qu'il approche de 60 ans.
�Il a d�j� �t� jug� que 59 ans n'est pas un �ge suffisamment avanc� pour qu'il doive �tre pris en consid�ration (arr�t 6B_14/2007 du 17 avril 2007 consid. 6.4).
7.3.�Il soutient par ailleurs que son enfance difficile n'a pas �t� suffisamment prise en compte.
�Cet �l�ment n'a pas �t� m�connu par la cour cantonale, qui l'a pris en consid�ration, mais de mani�re tr�s limit�e au motif notamment que l'impact perturbant de ce pass� sur son d�veloppement a d�j� �t� pris en compte dans le cadre de l'expertise psychiatrique sous l'angle de la diminution de responsabilit� admise par l'expert. Ce raisonnement n'est pas critiquable et c'est � juste titre que la cour cantonale a limit� la mesure dans laquelle elle tenait compte de cet �l�ment afin d'�viter une double prise en consid�ration.
7.4.�La cour cantonale a relev� la culpabilit� du recourant, qu'elle qualifie d'�crasante eu �gard notamment au fait qu'il s'en est pris, en tant qu'enseignant, � ses propres �l�ves, de jeunes enfants dont il connaissait les difficult�s psychiques. Elle a aussi pris en compte son mobile �go�ste, sa mentalit� perverse, son absence totale d'introspection et de prise de conscience ainsi que le concours d'infractions. A d�charge, elle a not� une tr�s l�g�re diminution de responsabilit� ainsi que l'enfance difficile de l'int�ress�. Il appert donc que la motivation du jugement attaqu� est suffisante pour permettre au Tribunal f�d�ral de constater que la cour cantonale s'est fond�e sur des �l�ments d'appr�ciation pertinents, sans en omettre de primordiaux.
�On peut encore souligner l'intensit� de l'activit� d�lictuelle du recourant, qui s'en est pris � trois enfants au sein d'une institution o� il a �t� employ� moins d'une ann�e, commettant plusieurs actes graves � l'encontre de l'un d'eux et fr�quentant simultan�ment assid�ment les r�seaux sociaux � la recherche de contact avec de jeunes gar�ons et recevant ou t�l�chargeant de nombreuses images et vid�os � caract�re p�dopornographique et que seule son arrestation y a mis fin. Au regard de l'ensemble de ces �l�ments, la peine privative de libert� de neuf ans n'appara�t pas s�v�re au point qu'il faille conclure � un abus du large pouvoir d'appr�ciation accord� � la cour cantonale. Le grief de violation des art. 47 et 50 CP doit �tre rejet�. Enfin, dans ce contexte, l'abandon de la qualification de contrainte sexuelle pour les actes commis � l'encontre de l'un des enfants ne suffit pas � faire admettre que la cour cantonale a viol� ces dispositions en pronon�ant une peine par ailleurs justifi�e.
7.5.�Le recourant soutient que le jugement attaqu� ne respecte pas le principe de l'�galit� de traitement.
�Compte tenu des nombreux param�tres qui interviennent dans la fixation de la peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accus�s et des faits diff�rents est d'embl�e d�licate. Il ne suffit pas que le recourant puisse citer un ou deux cas o� une peine particuli�rement cl�mente a �t� fix�e pour pr�tendre � un droit � l'�galit� de traitement (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 142 s. et les arr�ts cit�s; cf. aussi ATF 135 IV 191 consid. 3.1 p. 193 ; 123 IV 49 consid. 2e p. 52 s.). Les disparit�s en cette mati�re s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines, voulu par le l�gislateur. Elles ne suffisent pas en elles-m�mes pour conclure � un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 135 IV 191 consid. 3.1 p. 193; arr�t 6B_793/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.3).
�Le recourant cite trois cas dans lesquels des peines privatives de libert� de 4 ans et 4 ans et demi ont �t� prononc�es. D'une part, il mentionne pour chacun d'eux les infractions imput�es au condamn� mais ne donne aucune indication sur les circonstances personnelles de l'auteur. D'autre part, deux des cas �voqu�s n'ont pas �t� soumis au contr�le du Tribunal f�d�ral et, dans le dernier cas, cette autorit� a �t� amen�e � d�terminer si la peine prononc�e �tait exag�r�ment s�v�re, ce qu'elle a ni�, mais sans examiner la question de savoir si elle �tait excessivement cl�mente.
�Le recourant ne peut en tirer aucun argument pour d�montrer que la peine prononc�e � son encontre serait exag�r�ment s�v�re, alors m�me qu'elle se fonderait sur des circonstances personnelles identiques. Le grief de violation du principe d'�galit� de traitement ne peut dans ces conditions qu'�tre rejet�.
8.�Le recourant soutient que les conditions d'application de l'art. 64 al. 1 let. a CP relatif � l'internement s�curitaire ne sont pas r�alis�es car, selon lui, les experts ne pr�conisent pas l'instauration d'une mesure d'internement et ne sont pas cat�goriques sur la probabilit� du risque de r�cidive, qu'ils qualifient de non n�gligeable. Il fait par ailleurs valoir que l'autorit� cantonale a proc�d� � une appr�ciation arbitraire de l'expertise psychiatrique et a viol� le principe de subsidiarit� de la mesure, institu� par l'art. 56 al. 1 let. a CP.
8.1.�Conform�ment � l'art. 56 al. 1 CP, une mesure doit �tre ordonn�e si une peine seule ne peut �carter le danger que l'auteur commette d'autres infractions (let. a), si l'auteur a besoin d'un traitement ou que la s�curit� publique l'exige (let. b) et si les conditions pr�vues aux art. 59 � 61, 63 ou 64 sont remplies (let. c). La mesure prononc�e doit respecter le principe de la proportionnalit�, c'est-�-dire que l'atteinte aux droits de la personnalit� qui en r�sulte pour l'auteur ne doit pas �tre disproportionn�e au regard de la vraisemblance qu'il commette de nouvelles infractions et de leur gravit� (art. 56 al. 2 CP).
�Pour ordonner une des mesures pr�vues aux art. 59 � 61, 63 et 64 CP, le juge doit se fonder sur une expertise. Celle-ci doit se d�terminer sur la n�cessit� et les chances de succ�s d'un traitement, la vraisemblance que l'auteur commette d'autres infractions et la nature de celles-ci, et sur les possibilit�s de faire ex�cuter la mesure (art. 56 al. 3 CP). Selon la jurisprudence, le juge appr�cie en principe librement une expertise et n'est pas li� par les conclusions de l'expert. Toutefois, il ne peut s'en �carter que lorsque des circonstances ou des indices importants et bien �tablis en �branlent s�rieusement la cr�dibilit� ; il est alors tenu de motiver sa d�cision de ne pas suivre le rapport d'expertise (ATF 133 II 384 consid. 4.2.3 p. 391 ; 129 I 49 consid. 4 p. 57 ; 128 I 81 consid. 2 p. 86). Inversement, si les conclusions d'une expertise judiciaire apparaissent douteuses sur des points essentiels, le juge doit recueillir des preuves compl�mentaires pour tenter de dissiper ses doutes. A d�faut, en se fondant sur une expertise non concluante, il pourrait commettre une appr�ciation arbitraire des preuves et violer l'art. 9 Cst. (ATF 136 II 539 consid. 3.2 p. 547 s.).
�L'internement fond� sur l'art. 64 CP suppose que l'auteur ait commis l'une des infractions �num�r�es � l'alin�a 1 de cette disposition, � savoir un assassinat, un meurtre, une l�sion corporelle grave, un viol, un brigandage, une prise d'otage, un incendie, une mise en danger de la vie d'autrui, ou une autre infraction passible d'une peine privative de libert� de cinq ans au moins et qu'il ait par l� port� ou voulu porter gravement atteinte � l'int�grit� physique, psychique ou sexuelle d'autrui. Cette condition d'atteinte grave port�e ou voulue � l'encontre de la victime vaut autant pour les infractions cit�es dans le catalogue que pour celles vis�es par la clause g�n�rale de l'art. 64 al. 1 CP (ATF 139 IV 57 consid. 1.3.3 p. 61). Il faut en outre que l'une des conditions alternatives pos�es � l'art. 64 al. 1 CP soit r�alis�e, � savoir que, en raison des caract�ristiques de la personnalit� de l'auteur, des circonstances dans lesquelles il a commis l'infraction et de son v�cu, il soit s�rieusement � craindre qu'il ne commette d'autres infractions du m�me genre (let. a) ou que, en raison d'un grave trouble mental chronique ou r�current en relation avec l'infraction, il soit s�rieusement � craindre que l'auteur ne commette d'autres infractions du m�me genre et que la mesure pr�vue � l'art. 59 CP - � savoir une mesure th�rapeutique institutionnelle - apparaisse vou�e � l'�chec (let. b).
8.2.�Selon le recourant, l'interpr�tation faite par l'autorit� cantonale de l'expertise psychiatrique � propos de l'�valuation du risque de r�cidive et de la n�cessit� de prononcer une mesure est arbitraire.
�Sur ce point, son argumentation, qui tend, notamment en jouant sur les mots, � opposer sa propre appr�ciation � celle de la cour cantonale est de nature largement appellatoire et partant irrecevable.
8.3.�Il n'est pas contest� que l'atteinte port�e par les actes imput�s au recourant rev�t la gravit� requise pour justifier une mesure d'internement. La premi�re condition en est donc r�alis�e.
�Comme par ailleurs la cour cantonale a admis que le recourant n'est pas atteint d'un grave trouble mental au sens de l'art. 64 al. 1 let. b CP, la question � trancher est de savoir si, en raison des caract�ristiques de sa personnalit� ou des circonstances dans lesquelles il a agi, il est s�rieusement � craindre qu'il ne commette d'autres infractions du m�me genre (art. 64 al. 1 let. a CP).
�Par rapport aux autres mesures, l'internement n'intervient qu'en cas de danger � qualifi� �. Il suppose un risque de r�cidive hautement vraisemblable. Pratiquement, le juge devra admettre un tel risque s'il ne peut gu�re s'imaginer que l'auteur ne commette pas de nouvelles infractions du m�me genre. Une supposition, une vague probabilit�, une possibilit� de r�cidive ou un danger latent ne suffisent pas (ATF 137 IV 59 consid. 6.3 p. 70). Le risque de r�cidive doit concerner des infractions du m�me genre que celles qui exposent le condamn� � l'internement. En d'autres termes, le juge devra tenir compte dans l'�mission de son pronostic uniquement du risque de commission d'infractions graves contre l'int�grit� psychique, physique ou sexuelle (ATF 137 IV 59 consid. 6.3 et les r�f�rences cit�es).
�Il faut �tre conscient qu'il est al�atoire et difficile d'�valuer le degr� de dangerosit� d'un d�linquant et, partant, que tout pronostic de dangerosit� est incertain (ATF 127 IV 1 consid. 2a p. 5). Le taux de fiabilit� est plus faible s'agissant de d�linquants primaires qui ne souffrent d'aucun trouble mental, dans la mesure o� les pr�c�dentes infractions constituent l'indice le plus fiable pour �valuer la dangerosit�. Selon la doctrine, l'internement ne devrait donc �tre ordonn� que dans des cas extr�mes � l'�gard de d�linquants primaires dangereux qui ne pr�sentent pas de trouble au sens de la psychiatrie ( MARIANNE HEER, in Basler Kommentar, Strafrecht I, 3e �d., 2013, n� 51 ad art. 64 CP; SCHWARZENEGGER/HUG/JOSITCH, Strafrecht II, Strafen und Massnahmen, 8e �d. 2007, p. 189; MICHEL DUPUISet al., Petit commentaire CP, 2012, n� 11 ad art. 64).
�D�s lors que les faits imput�s au recourant sont av�r�s, l'expert qualifie de � non n�gligeable � le risque de r�cidive d'actes de m�me nature. Cela signifie, comme l'a admis � juste titre la cour cantonale, que ce danger doit �tre consid�r� comme important. Il l'est d'autant plus que l'expert pr�cise par ailleurs qu'il faut consid�rer les d�n�gations du recourant comme un facteur pr�occupant de risque de r�cidive. Or, on constate que le recourant continue de nier les faits qui lui sont reproch�s, comme il persiste � contester ceux qui sont � l'origine d'une pr�c�dente condamnation qui lui a �t� inflig�e il y a plus de 20 ans, allant m�me dans ce cas jusqu'� nier la condamnation elle-m�me. Il n'y a donc de la part du recourant pas la moindre prise de conscience de la gravit� de ses actes. Celui-ci n'a en outre manifestement aucune intention de modifier sa relation avec les jeunes et de chercher � �viter les situations propres � g�n�rer un risque de r�cidive puisqu'il demande � �tre lib�r� de l'interdiction d'exercer une profession d'enseignant ou d'�ducateur qui lui a �t� impos�e.
�Le recourant se pr�vaut par ailleurs du principe de subsidiarit� de la mesure, reprochant � l'autorit� cantonale d'avoir ignor� l'effet dissuasif de l'ex�cution de la peine privative de libert�. Vu l'inaccessibilit� du recourant � toute prise de conscience, m�me � la suite d'une pr�c�dente condamnation, il n'appert pas que l'ex�cution de la peine privative de libert� soit susceptible de supprimer le risque de r�cidive.
�Il y a, enfin, lieu de relever que l'expert estime qu'une psychoth�rapie serait vaine et son impact sur le risque de r�cidive non d�tectable en raison de l'absence de volont� authentique de l'int�ress� d'adh�rer � une telle d�marche.
�Il r�sulte de ce qui pr�c�de que l'internement prononc� ne viole pas le droit f�d�ral.
Le recourant se plaint d'une violation de l'art. 67 CP par le prononc� d'une interdiction d'exercer une profession d'enseignant ou d'�ducateur pour une dur�e de 5 ans.
�Selon l'art. 67 al. 1 CP, lorsqu'un crime ou un d�lit a �t� commis dans l'exercice d'une profession, d'une industrie ou d'un commerce et que l'auteur a �t� condamn� pour cette infraction � une peine privative de libert� de plus de 6 mois ou � une peine p�cuniaire de plus de 180 jours-amende, le juge peut lui interdire totalement ou partiellement l'exercice de cette activit� ou d'activit�s comparables pour une dur�e de 6 mois � 5 ans s'il y a lieu de craindre de nouveaux abus.
�L'interdiction d'exercer une profession trouve une limite dans le fait qu'elle vise des activit�s comportant un risque d'abus. Le danger de nouveaux abus ne suffit toutefois pas � lui seul pour ordonner l'interdiction, le juge doit examiner si la mesure est n�cessaire, appropri�e et proportionn�e (Message du 21 septembre 1998 concernant la modification du Code p�nal suisse et du Code p�nal militaire ainsi qu'une loi f�d�rale r�gissant la condition p�nale des mineurs, FF 1999 1787 p. 1912). Le crit�re d'appr�ciation li� � la dur�e de l'interdiction tient � la n�cessit� de prot�ger la soci�t� pendant un certain temps, en fonction de la dangerosit� de l'auteur ( AUDE BICHOVSKY, in Commentaire romand, Code P�nal I, 2009, n� 18 ad art. 67 CP). Plus l'activit� de l'auteur dans le domaine soumis � l'interdiction est restreinte moins le dommage qu'il subit est important (cf. NIGGLI/MAEDER in Basler Kommentar, Strafrecht I, 3e �d. 2013, n. 41 ad art. 67).
�Le recourant soutient que cette mesure est disproportionn�e �tant donn� qu'il est �g� de presque 60 ans, de sorte qu'il est probable qu'il ne sortira pas de prison avant d'avoir atteint l'�ge de la retraite. Ainsi, le recourant affirme lui-m�me qu'il ne subira aucune cons�quence de cette interdiction, au point qu'on peut se demander s'il a un int�r�t juridique suffisant pour le l�gitimer � recourir sur ce point. De toute mani�re, la seule motivation de ce grief est que l'effet pr�ventif de la mesure n'a pas lieu d'�tre car il n'y aura plus � craindre qu'il se trouve en contact avec des jeunes dans le cadre de l'exercice de sa profession. Ainsi, soit le recourant ne cherchera plus � exercer une profession vis�e par l'interdiction et il n'en subira aucune cons�quence soit il envisage � nouveau de pratiquer une telle activit� et il se justifie de pr�venir le risque de nouveaux abus. Le principe de proportionnalit� n'est viol� dans aucun des cas.
Invoquant l'art. 49 al. 1 CO, le recourant soutient que les montants allou�s aux victimes � titre d'indemnit�s pour tort moral sont excessifs.
10.1.�L'art. 49 al. 1 CO dispose que celui qui subit une atteinte illicite � sa personnalit� a droit � une somme d'argent � titre de r�paration morale, pour autant que la gravit� de l'atteinte le justifie et que l'auteur ne lui ait pas donn� satisfaction autrement.
�L'ampleur de la r�paration morale d�pend avant tout de la gravit� des souffrances physiques ou psychiques cons�cutives � l'atteinte subie par la victime et de la possibilit� d'adoucir sensiblement, par le versement d'une somme d'argent, la douleur morale qui en r�sulte. En raison de sa nature, l'indemnit� pour tort moral, qui est destin�e � r�parer un dommage qui ne peut que difficilement �tre r�duit � une simple somme d'argent, �chappe � toute fixation selon des crit�res math�matiques, de sorte que son �valuation en chiffres ne saurait exc�der certaines limites. L'indemnit� allou�e doit toutefois �tre �quitable (ATF 130 III 699 consid. 5.1 p. 704/705; 129 IV 22 consid. 7.2 p. 36). Le juge en proportionnera donc le montant � la gravit� de l'atteinte subie et il �vitera que la somme accord�e n'apparaisse d�risoire � la victime. S'il s'inspire de certains pr�c�dents, il veillera � les adapter aux circonstances actuelles pour tenir compte de la d�pr�ciation de la monnaie (ATF 129 IV 22 consid. 7.2 p. 36/37 et les arr�ts cit�s).
�La fixation de l'indemnit� pour tort moral est une question d'application du droit f�d�ral, que le Tribunal f�d�ral examine donc librement. Dans la mesure o� celle-ci rel�ve pour une part importante de l'appr�ciation des circonstances, il fait toutefois preuve de retenue. Il n'intervient que si l'autorit� cantonale s'est fond�e sur des crit�res �trangers � la disposition applicable, a omis de tenir compte d'�l�ments pertinents ou a fix� une indemnit� in�quitable parce que manifestement trop �lev�e ou trop faible. Comme il s'agit d'une question d'�quit�, et non d'une question d'appr�ciation au sens strict, qui limiterait sa cognition � l'abus ou � l'exc�s du pouvoir d'appr�ciation, le Tribunal f�d�ral examine toutefois librement si la somme allou�e tient suffisamment compte de la gravit� de l'atteinte ou si elle est disproportionn�e par rapport � l'intensit� des souffrances morales caus�es � la victime (ATF 138 III 337 consid. 6.3.1 p. 344 s. et les r�f�rences cit�es).
�S'agissant du montant de l'indemnit�, toute comparaison avec d'autres affaires doit intervenir avec prudence, d�s lors que le tort moral touche aux sentiments d'une personne d�termin�e dans une situation donn�e et que chacun r�agit diff�remment face au malheur qui le frappe. Une comparaison avec d'autres cas similaires peut cependant, suivant les circonstances, constituer un �l�ment d'orientation utile (ATF 138 III 337 consid. 6.3.3 p. 345 et l'arr�t cit�).
10.2.�Le recourant a une fois suc� le sexe de A.________, qu'il a par ailleurs sodomis� � quatre reprises. S'agissant de B.________, apr�s avoir verrouill� la porte de la salle dans laquelle ils se trouvaient et avoir rattrap� sa victime qui tentait de fuir par la porte-fen�tre du balcon, il a frott� son sexe contre le torse d�nud� de l'enfant et lui a suc� le sexe, avant de le contraindre � lui faire une fellation et de le sodomiser.
�Par son argumentation, le recourant cherche principalement � minimiser l'atteinte subie par les victimes. Ainsi, il se r�f�re au jugement de premi�re instance, citant un extrait de la d�position de la psychiatre qui suit A.________, selon lequel � dans les grandes lignes, A.________ va plut�t bien quand m�me �. Il isole toutefois cette d�claration de son contexte, duquel il ressort que l'enfant est encore tr�s angoiss�, qu'il est tr�s difficile de faire un pronostic fiable concernant le d�veloppement de la sexualit� d'un petit gar�on ayant subi des actes d'ordre sexuel et que le m�decin ne peut qu'�mettre l'espoir que si la prise en charge th�rapeutique continue et si l'enfant se trouve dans un cadre suffisamment s�curisant celui-ci s'en sortira, mais en pr�cisant que � ce n'est pas gagn� �. La situation r�elle est passablement diff�rente de l'image que cherche � en donner le recourant, qui semble dire que la principale atteinte port�e aux victimes provient moins des actes subis que de la r�v�lation de ceux-ci.
�Dans le cas de B.________, il ressort �galement du jugement de premi�re instance, auquel se r�f�rent tant le recourant que le jugement attaqu�, que cet enfant a d� faire l'objet d'un premier suivi psychologique, qui a d� �tre renouvel� ult�rieurement, et qu'� l'approche de l'audience de jugement il avait pr�sent� des troubles alimentaires. Cela d�montre que dans ce cas �galement c'est en vain que le m�moire cherche � faire accroire que la victime n'a pas souffert des actes subis.
�D�s lors, on ne saurait consid�rer que la cour cantonale a abus� de son pouvoir d'appr�ciation en se fondant sur des consid�rations �trang�res � la disposition applicable ni qu'elle aurait fix� des indemnit�s in�quitables parce que manifestement trop �lev�es. Les sommes allou�es tiennent compte de la gravit� de l'atteinte et n'apparaissent pas disproportionn�es par rapport aux souffrances morales endur�es par les victimes.
�Enfin, sans exposer en quoi le montant en serait excessif, le recourant semble s'en prendre �galement � l'indemnit� allou�e � C.________ dans la mesure o� il pr�tend que l'indemnit� fix�e pour chacun des trois enfants n'est pas proportionn�e � l'atteinte subie. Pas plus que dans les deux autres cas il n'appert que la cour cantonale aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation. Ce grief est donc mal fond�.