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Timestamp: 2016-10-22 11:44:50+00:00
Document Index: 177939089

Matched Legal Cases: ['ATF ', 'art. 42', 'ATF ', 'art. 132', 'art. 81', 'art. 81', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 173', 'ATF ', 'art. 81', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 15', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 15', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 105', 'art. 15', 'art. 16', 'art. 64', 'art. 64', 'art. 66']

6B_82/2013 (24.06.2013)
6B_82/2013 � � Arr�t du 24 juin 2013
2.�Y._________,
3.�Z.________,
L�sions corporelles simples qualifi�es; l�gitime d�fense,
recours contre le jugement de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 2 novembre 2012.
er�juin 2012, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois a condamn� X.________ pour l�sions corporelles simples qualifi�es � une peine privative de libert� de 6 mois, avec sursis pendant 2 ans. Il a acquitt� Y._________ notamment des infractions de tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es et d'injure, l'a condamn� pour menaces, violation de domicile et diverses infractions aux r�gles de la circulation routi�re � une peine p�cuniaire de 60 jours-amende � 30 fr. avec sursis pendant 2 ans. Le tribunal a �galement acquitt� Z.________ de l'infraction de tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es et l'a condamn� pour violation de domicile � une peine p�cuniaire de 10 jours-amende � 30 fr. avec sursis pendant 2 ans.
Le 2 novembre 2012, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel form� par X.________ qui concluait � son acquittement de l'infraction de l�sions corporelles simples qualifi�es et � la condamnation de Y._________ pour injure et tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es, ainsi qu'� celle de Z.________ pour cette derni�re infraction.
X.________, n� en 1971, entretenait, depuis le mois d'avril 2008, une relation affective avec A._________, n�e en 1992, fille unique de Y._________, relation qui perdurait encore au jour de l'audience.
Le 26 mai 2008, Y._________ s'est rendu au domicile de X.________ pour le qualifier de p�dophile et le menacer de tout entreprendre pour qu'il perde son emploi et sa propri�t� immobili�re.
Dans la soir�e du 11 octobre 2008, Y._________, qui �tait en compagnie de Z.________, a constat� que les pneus de sa voiture avaient �t� crev�s. Reconduit � son domicile par Z.________, il a r�alis� que sa porte avait �t� fractur�e et que ses plantations de cannabis avaient �t� vol�es. L'enregistrement de la cam�ra vid�o a permis d'�tablir que le vol avait �t� commis par A._________ qui a avou� avoir remis le butin � X.________. Apr�s s'�tre assur� de la pr�sence de X.________ � son domicile et apr�s avoir renifl� une ligne de coca�ne � pour que son courage soit � la hauteur de son �nervement � et qu'il puisse � faire ce qu'il n'aurait pas fait sobre �, Y._________ s'est rendu au domicile de X.________ accompagn� de Z.________. X.________, qui se trouvait en compagnie d'une amie et de la fille de 4 ans de celle-ci, a entendu arriver la camionnette de Z.________ devant chez lui. Pr�sumant la pr�sence de Y._________ et tenant compte du conflit qui les opposait au sujet de la relation qu'il entretenait avec la fille de ce dernier, X.________ est all� chercher un fusil � pompe calibre 12, charg� de quatre balles en caoutchouc, qu'un ami lui avait confi�. Y._________ s'est approch� de la maison, muni d'une lourde masse pos�e sur l'�paule, suivi de Z.________ qui n'�tait pas arm�. X.________ a entrouvert la porte de sa maison, qui �tait ferm�e � cl�, pour interpeller les intrus. Y._________ a forc� le passage et p�n�tr� dans le vestibule, suivi de Z.________. X.________ les a somm�s de quitter les lieux en effectuant un mouvement de charge. Y._________ a continu� d'avancer en �cartant de la main le canon de l'arme. X.________, accul� contre le mur, a fait feu en visant les jambes de Y._________, avant de r�p�ter le mouvement de charge. Les intrus ont pris peur et ont d�guerpi, toujours mis en joue par X.________. Y._________ a subi une plaie de la cuisse droite qui n'a pas g�n�r� de dommage permanent mais a n�cessit� une intervention chirurgicale d'ablation.
X.________ forme un recours en mati�re p�nale au Tribunal f�d�ral contre ce jugement. Il conclut, sous suite de frais et d�pens, � son acquittement de l'infraction de l�sions corporelles simples qualifi�es, subsidiairement � son exemption de toute peine, plus subsidiairement � sa condamnation � une peine p�cuniaire avec sursis. Il conclut, en outre, sous suite de frais et d�pens, � la condamnation de Y._________ pour injure et pour tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es, subsidiairement contrainte, plus subsidiairement tentative de contrainte, ainsi qu'� la condamnation de Z.________ pour tentative de l�sions corporelles simples, subsidiairement contrainte, menaces et plus subsidiairement tentative de contrainte et � la confirmation de la condamnation des deux pr�nomm�s pour les autres infractions retenues par la cour cantonale. Subsidiairement, il conclut � l'annulation du jugement entrepris et au renvoi du dossier � l'autorit� cantonale pour nouveau jugement. Il requiert par ailleurs l'assistance judiciaire.
Invit�s � d�poser des observations sur le recours, le Minist�re public et la cour cantonale y ont renonc�, cette derni�re se r�f�rant aux consid�rants de son arr�t. L'avis invitant Y._________ � se d�terminer, �galement adress� en copie par courrier recommand� � son conseil d'office en instance cantonale, est venu en retour avec la mention introuvable � l'adresse indiqu�e, sans qu'une nouvelle adresse ait �t� signal�e par le pr�nomm�. Z.________ a, quant � lui, conclu au rejet du recours et sollicit� l'assistance judiciaire.
Le recourant, en qualit� de partie plaignante, reproche � la cour cantonale d'avoir acquitt� l'intim� 2 des infractions d'injure et de tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es, et l'intim� 3 de cette derni�re infraction. Subsidiairement, il soutient que les pr�nomm�s auraient, � tout le moins, d� �tre condamn�s pour contrainte, ou au minimum tentative de contrainte.
1.1.�Le Tribunal f�d�ral examine d'office et librement la recevabilit� des recours qui lui sont soumis (ATF 136 V 141 consid. 1 p. 142). Toutefois, dans la mesure o� elles ne sont pas imm�diatement donn�es, le recourant doit, sous peine d'irrecevabilit�, exposer en quoi les conditions de recevabilit� sont r�unies, en particulier en quoi il a qualit� pour recourir (art. 42 al. 1 et 2 LTF; ATF 135 III 46 consid. 4 p. 47).
1.2.�L'arr�t attaqu� a �t� rendu le 2 novembre 2012. Conform�ment � l'art. 132 al. 1 LTF, la qualit� pour recourir s'examine au regard de l'art. 81 LTF dans sa teneur en vigueur au 1
1.3.�Aux termes de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF, la partie plaignante qui a particip� � la proc�dure de derni�re instance cantonale est habilit�e � recourir au Tribunal f�d�ral, si la d�cision attaqu�e peut avoir des effets sur le jugement de ses pr�tentions civiles. Au 1
er�janvier 2011, le champ d'application de cette disposition, visant auparavant uniquement la victime, a �t� �tendu � la partie plaignante. La condition que la d�cision attaqu�e puisse avoir des effets sur le jugement des pr�tentions civiles a toutefois �t� maintenue. La jurisprudence rendue sous l'ancien droit concernant cette exigence garde donc toute sa port�e (ATF 137 IV 246 consid. 1.3.1 p. 247 s.).
A la lumi�re de cette jurisprudence, la partie plaignante n'est habilit�e � recourir contre un jugement pronon�ant l'acquittement du pr�venu que si elle a, autant que cela pouvait raisonnablement �tre exig� d'elle, exerc� l'action civile, en prenant des conclusions chiffr�es en r�paration de tout ou partie de son dommage mat�riel ou de son tort moral. Lorsqu'elle n'a pas pris de conclusions civiles, il lui incombe d'expliquer quelles pr�tentions elle entend faire valoir, dans quelle mesure la d�cision attaqu�e a une incidence sur elles et pourquoi elle n'a pas �t� en mesure d'agir dans le cadre de la proc�dure p�nale. Le Tribunal f�d�ral n'entre en mati�re que s'il ressort, de fa�on suffisamment pr�cise, de la motivation du recours que les conditions pr�cit�es sont r�alis�es (ATF 131 IV 195 consid. 1.1.1 p. 196; 127 IV 185 consid. 1a p. 187). Si la partie plaignante n'est pas � m�me de chiffrer ses conclusions civiles, notamment parce que son dommage n'est pas encore ou pas suffisamment �tabli, elle doit indiquer quelles sortes de pr�tentions civiles elle entend faire valoir et requ�rir au moins qu'elles lui soient allou�es dans leur principe. Elle ne saurait se limiter � demander la r�serve de ses pr�tentions civiles ou, en d'autres termes, � signaler simplement qu'elle pourrait les faire valoir ult�rieurement, dans une autre proc�dure. Ce faisant, elle ne prend pas de conclusions civiles sur le fond (ATF 127 IV 185 consid. 1b p. 188). Comme il n'appartient pas � la partie plaignante de se substituer au Minist�re public ni d'assouvir une soif de vengeance, la jurisprudence entend se montrer restrictive et stricte, de sorte que le Tribunal f�d�ral n'entre en mati�re que s'il ressort, de fa�on suffisamment pr�cise, de la motivation du recours que les conditions pr�cit�es sont r�alis�es (cf. ATF 127 IV 185 consid. 1a p. 187 et les r�f�rences cit�es).
1.4.�La proc�dure p�nale a �t� men�e jusqu'au stade du jugement, ce qui aurait d� permettre au recourant de faire valoir ses pr�tentions civiles pour les infractions de tentative de l�sions corporelles simples qualifi�es, respectivement de contrainte. Or, il n'a fait que conclure � ce qu'acte lui soit donn� de ses r�serves civiles (cf. jugement premi�re instance p. 7, jugement entrepris p. 6, pi�ce du dossier cantonal 82/1 p. 17). Le recourant n'explique pas en quoi r�siderait son dommage ou le pr�judice moral subi, pas plus qu'il n'expose quelles seraient les pr�tentions civiles qu'il pourrait faire valoir � l'encontre des intim�s 2 et 3. Celles-ci ne ressortent au demeurant pas clairement de son recours ou de l'arr�t entrepris. Le cas �ch�ant, il aurait d� justifier son impossibilit� de chiffrer ses pr�tentions et demander aux autorit�s cantonales qu'elles les lui allouent dans leur principe. Le recourant n'explique pas non plus quel int�r�t juridique actuel il aurait encore � mettre en cause l'acquittement de l'intim� 2 de l'infraction d'injure. Il n'indique en particulier pas qu'il entend obtenir un constat selon l'art. 173 ch. 5 CP. L'absence de toute explication suffit pour exclure sa qualit� pour recourir, quand bien m�me la jurisprudence rendue sous l'�gide de l'ancienne PPF, dont la port�e sous l'�gide de la LTF est r�serv�e, n'exigeait pas forc�ment la prise de conclusions civiles en mati�re de d�lit contre l'honneur (cf. ATF 121 IV 76 consid. 1c p. 80). Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le recourant n'�tablit pas sa qualit� pour recourir au sens de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF. Ses griefs sont irrecevables.
Le recourant conteste sa condamnation pour l�sions corporelles simples qualifi�es. Dans ce cadre, il invoque l'arbitraire dans l'�tablissement de certains faits.
2.1.�Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF). Il n'en va diff�remment que si le fait a �t� �tabli en violation du droit ou de mani�re manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, soit pour l'essentiel de fa�on arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 136 II 304 consid. 2.4 p. 313; sur la notion d'arbitraire, v. ATF 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). L'invocation de ce moyen ainsi que, de mani�re g�n�rale, de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel (art. 106 al. 2 LTF), suppose une argumentation claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88), circonstanci�e (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les r�f�rences cit�es).
2.2.�En tant que l'argumentation du recourant consiste, pour l'essentiel, � opposer sa propre appr�ciation des faits � celle de la cour cantonale, elle est appellatoire, partant irrecevable. Il en va notamment ainsi lorsqu'il all�gue qu'il n'est pas all� chercher le fusil, mais qu'il s'en est saisi sur le chemin de la porte et lorsqu'il pr�tend que l'intim� 2 ne se trouvait pas � deux mais � un m�tre de lui au moment du tir.
Le recourant reproche �galement � la cour cantonale de ne pas avoir mentionn� l'existence d'une expertise de l'Institut de police scientifique (pi�ce 64 du dossier cantonal) qui confirmerait le caract�re non l�tal des munitions utilis�es. Contrairement � ce qu'affirme le recourant, l'expertise technique ne conclut pas formellement au caract�re non l�tal des munitions. Bien plut�t, l'expert rel�ve que la question du caract�re l�tal est une question de m�decine l�gale et non une question technique. Il souligne que, de mani�re g�n�rale, des munitions qualifi�es de � non l�tales �, peuvent causer des blessures graves, voire causer la mort si elles sont utilis�es � des distances non ad�quates (p. 7 du rapport d'expertise). Il conclut qu'� une distance d'environ deux m�tres, les projectiles utilis�s le soir des faits, tir�s par l'arme en question pouvaient p�n�trer la peau et causer des blessures irr�versibles aux yeux. Bien que la cour cantonale ne mentionne pas cette expertise dans son jugement, elle a bien tenu compte du fait que le recourant avait tir� une balle en caoutchouc et non une vraie balle. Sur la base des r�sultats de l'expertise, le recourant ne d�montre pas qu'il �tait insoutenable de ne pas retenir le caract�re non l�tal des munitions et de l'arme utilis�es. Mal fond�, son grief doit �tre rejet�.
Le recourant fait grief � la cour cantonale de ne pas avoir admis qu'il avait agi dans un �tat de l�gitime d�fense.
3.1.�Aux termes de l'art. 15 CP, quiconque, de mani�re contraire au droit, est attaqu� ou menac� d'une attaque imminente a le droit de repousser l'attaque par des moyens proportionn�s aux circonstances.
3.1.1.�La l�gitime d�fense suppose une attaque, c'est-�-dire un comportement visant � porter atteinte � un bien juridiquement prot�g�, ou la menace d'une attaque, soit le risque que l'atteinte se r�alise. Il doit s'agir d'une attaque actuelle ou � tout le moins imminente, ce qui implique que l'atteinte soit effective ou qu'elle menace de se produire incessamment (ATF 106 IV 12 consid. 2a p. 14; 104 IV 232 consid. c p. 236 s.). Une attaque n'est cependant pas achev�e aussi longtemps que le risque d'une nouvelle atteinte ou d'une aggravation de celle-ci par l'assaillant reste imminent (ATF 102 IV 1 consid. 2b p. 4 s.). S'agissant en particulier de la menace d'une attaque imminente contre la vie ou l'int�grit� corporelle, celui qui est vis� n'a �videmment pas � attendre jusqu'� ce qu'il soit trop tard pour se d�fendre; il faut toutefois que des signes concrets annon�ant un danger incitent � la d�fense. La seule perspective qu'une querelle pourrait aboutir � des voies de fait ne suffit pas. Par ailleurs, l'acte de celui qui est attaqu� ou menac� de l'�tre doit tendre � la d�fense. Un comportement visant � se venger ou � punir ne rel�ve pas de la l�gitime d�fense; il en va de m�me du comportement qui tend � pr�venir une attaque certes possible mais encore incertaine, c'est-�-dire � neutraliser l'adversaire selon le principe que la meilleure d�fense est l'attaque (ATF 93 IV 81, p. 83).
3.1.2.�La d�fense doit appara�tre proportionn�e au regard de l'ensemble des circonstances. A cet �gard, on doit notamment examiner la gravit� de l'attaque, les biens juridiques menac�s par celle-ci et par les moyens de d�fense, la nature de ces derniers ainsi que l'usage concret qui en a �t� fait. La proportionnalit� des moyens de d�fense se d�termine d'apr�s la situation de celui qui voulait repousser l'attaque au moment o� il a agi. Les autorit�s judiciaires ne doivent pas se livrer � des raisonnements a posteriori trop subtils pour d�terminer si l'auteur des mesures de d�fense n'aurait pas pu ou d� se contenter d'avoir recours � des moyens diff�rents, moins dommageables. Il est aussi indispensable de mettre en balance les biens juridiquement prot�g�s qui sont menac�s de part et d'autre. Encore faut-il que le r�sultat de cette pes�e des dangers en pr�sence soit reconnaissable sans peine par celui qui veut repousser l'attaque, l'exp�rience enseignant qu'il doit r�agir rapidement (ATF 136 IV 49 consid. 3.2 p. 51 s.; ATF 107 IV 12 consid. 3 p. 15; 102 IV 65 consid. 2a p. 68).
3.1.3.�Celui qui utilise pour se d�fendre un objet dangereux, tel qu'un couteau ou une arme � feu, doit faire preuve d'une retenue particuli�re car sa mise en oeuvre implique toujours le danger de l�sions corporelles graves ou m�me mortelles. On ne peut alors consid�rer la d�fense comme proportionn�e que s'il n'�tait pas possible de repousser l'attaque avec des moyens moins dangereux, si l'auteur de l'attaque a, le cas �ch�ant, re�u une sommation et si la personne attaqu�e n'a utilis� l'instrument dangereux qu'apr�s avoir pris les mesures n�cessaires pour �viter un pr�judice excessif (ATF 136 IV 49 consid. 3.3 p. 52 et les r�f�rences cit�es). S'agissant de l'usage d'une arme � feu, la personne attaqu�e doit, en principe, tirer un ou deux coups de semonce (cf. ATF 79 IV 148 consid. 4 p. 154 ss). Toutefois, lorsque les circonstances ne le permettent pas, c'est-�-dire lorsque le coup de feu d'avertissement, pour autant qu'il reste sans r�sultat, supprimerait en r�alit� la possibilit� pour la personne attaqu�e de tirer encore � temps sur son agresseur pour se d�fendre, il ne peut �tre exig� de celle-ci qu'elle tire un coup de semonce (ATF 102 IV 65 consid. 2b p. 69; cf. aussi 99 IV 187; arr�t 6P.66/2000 du 22 novembre 2000 consid. 2d; 6S.690/2000 du 3 avril 2001 consid. 3c).
3.1.4.�L'art. 15 CP n'accorde pas le droit de se d�fendre simplement � titre subsidiaire, c'est-�-dire pour le cas o� la personne attaqu�e ou menac�e ne peut se mettre sous la protection de la police ou �chapper � l'attaque en fuyant (ATF 79 IV 148 consid. 2 p. 152; 101 IV 119 p. 121).
3.1.5.�La l�gitime d�fense ne peut �tre invoqu�e par le provocateur, soit celui qui fait en sorte d'�tre attaqu� pour pouvoir porter atteinte aux biens juridiques d'autrui sous le couvert de la l�gitime d�fense. Ne constitue pas une provocation, le comportement inconvenant d'une personne prise de boisson, sans attaque ou menace � l'�gard de tiers (ATF 104 IV 53 consid. 2a p. 56), ni le fait de pr�voir l'attaque et de s'y pr�parer, sans toutefois l'inciter (ATF 102 IV 228 consid. 2 p. 230). Dans ce dernier arr�t, le Tribunal f�d�ral a jug� que le fait que la personne agress�e ait pr�vu qu'elle serait peut-�tre attaqu�e ne l'obligeait pas � �viter la confrontation. Comme elle n'avait pas intentionnellement provoqu� son agresseur, il ne pouvait lui �tre reproch� d'avoir pris un couteau, qu'elle n'avait amen� que par pr�caution.
3.2.�La cour cantonale a retenu qu'il y avait eu une attaque des intim�s. Le recourant et l'intim� 2 �taient oppos�s par un litige vivace, articul� autour de la fille de ce dernier. Le recourant savait que le ressentiment du p�re �tait violent. Il l'avait vu d�barquer � son domicile en pleine nuit, accompagn� d'un acolyte. L'intim� 2 �tait arm� d'une lourde masse qu'il tenait sur l'�paule. Les intim�s �taient excit�s, l'intim� 2 ayant notamment pris des drogues pour se donner du courage. Il s'�tait avanc� arm� de la masse en direction du recourant, avait �cart� le canon du fusil braqu� sur lui et l'avait accul� au fond du couloir de l'appartement. Dans ces conditions, la cour cantonale a reconnu, � juste titre, que le recourant s'�tait retrouv�, de mani�re contraire au droit, menac� d'une attaque imminente qu'il �tait en droit de repousser.
3.3.�La cour cantonale a toutefois estim� que le moyen utilis� pour repousser l'attaque �tait disproportionn� et que le recourant avait ainsi exc�d� les limites de la l�gitime d�fense. Il n'avait pas pris les mesures n�cessaires pour �viter un pr�judice excessif. Selon ses propres d�clarations, l'intim� 2 se trouvait � deux m�tres de lui au moment du tir. Si l'intrusion de deux hommes �tait mena�ante, aucun des deux n'avait encore lev� la main sur le recourant ou fait un quelconque signe dans ce sens. Ce dernier aurait donc eu tout le loisir d'abaisser davantage son fusil � pompe et de le diriger vers le sol et non pas en direction du corps et plus pr�cis�ment des cuisses de l'intim� 2 avant de tirer. Le recourant pouvait tirer un coup de feu au sol � titre de semonce, son arme �tant charg�e de quatre balles. Ce moyen aurait d'ailleurs �t� suffisant puisque l'intim� 2 n'avait pas ressenti la br�lure de la blessure, mais s'�tait interrompu et avait d�guerpi au bruit et au vu du second mouvement de charge, effectu� juste apr�s le premier tir. Par ailleurs, le recourant aurait tr�s bien pu appeler les forces de l'ordre pour demander de l'aide et ne pas ouvrir, comme il l'avait fait, la porte de la maison � ses adversaires. Dans ces conditions, on devait admettre que le moyen utilis� �tait disproportionn�.
3.4.�Le raisonnement de la cour cantonale ne peut �tre suivi. Le recourant devait faire face � une attaque grave. L'intim� 2 est arriv� chez lui arm� d'une lourde masse, qu'il portait sur l'�paule, pr�te � �tre abattue. Selon l'exp�rience g�n�rale de la vie, une telle arme abattue depuis l'�paule sur autrui est de nature � causer � tout le moins des l�sions corporelles graves. Le recourant �tait donc fond� � craindre une telle issue. De son c�t�, il �tait arm� d'un fusil charg� avec des balles en caoutchouc susceptibles de causer � tout le moins des l�sions corporelles graves. Les biens juridiques en cause �taient ainsi l'int�grit� corporelle des deux c�t�s. S'agissant de l'usage concret qui a �t� fait de l'arme, il ressort de l'�tat de fait retenu par la cour cantonale qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), que l'intim� 2, suivi de l'intim� 3, a forc� l'entr�e chez le recourant qui les a somm�s de quitter les lieux en effectuant un mouvement de charge de son arme. L'intim� 2 a �cart� le canon du fusil de la main et a continu� � s'avancer de mani�re d�termin�e, la masse sur l'�paule, contre le recourant qui n'a pas eu d'autre choix que de reculer jusqu'� �tre accul� contre le mur. Il appara�t ainsi, au vu des faits retenus, qu'� ce moment, il suffisait � l'intim� 2 de faire un ou deux pas pour abattre sa masse contre le recourant. Ce dernier n'avait pas le temps de tirer un coup de semonce, de recharger son arme et de tirer contre son assaillant pour le cas o� le coup de semonce ne l'aurait pas arr�t�. Contrairement � ce que soutient la cour cantonale, le fait que l'intim� 2 se soit interrompu non pas en raison de la blessure qu'il avait subie mais au bruit et au vu du second mouvement de charge n'est pas d�terminant. Ce n'est pas le fait qu'un coup de semonce aurait pu �tre suffisant dans le cas d'esp�ce qui est d�terminant, mais le fait que la personne attaqu�e ait encore le temps de tirer un coup sur son assaillant pour le cas o� le coup de semonce ne suffirait pas. Cela doit �tre appr�ci� au moment o� la personne attaqu�e tire d�s lors qu'elle ne peut savoir comment son assaillant va r�agir. Le juge ne doit pas proc�der � un raisonnement a posteriori fond� sur la r�action effectivement eue par l'assaillant. Il convient �galement de tenir compte du fait que le recourant a d'abord somm� verbalement les intim�s 2 et 3 de quitter les lieux, a effectu� un mouvement de charge, ces avertissements restant toutefois sans r�sultat. Il a, en outre, vis� les jambes de l'intim� 2 et non pas une partie vitale de son corps. Dans ces circonstances, apr�s une sommation verbale et un mouvement de charge rest�s sans effet, accul� contre un mur face � la menace d'une lourde masse pr�te � �tre abattue, sans possibilit� temporelle d'effectuer un tir de semonce, en tirant dans les jambes de son assaillant au moyen d'une arme charg�e de balles en caoutchouc, le recourant a fait un usage proportionn� de son moyen de d�fense. Contrairement � ce qu'a retenu la cour cantonale, il ne peut �tre reproch� au recourant de ne pas avoir appel� la police, la l�gitime d�fense n'�tant pas subsidiaire (cf. supra consid. 3.1.4). Il ne peut pas non plus lui �tre tenu rigueur d'avoir ouvert la porte. A cet �gard, il faut relever qu'il n'a fait qu'entreb�iller la porte afin d'interpeler les intim�s 2 et 3. Il ne ressort pas de l'�tat de fait qu'il les aurait provoqu�s d'une quelconque mani�re et, selon la jurisprudence, rien ne l'obligeait � �viter la confrontation du moment qu'il ne l'avait pas provoqu�e (cf. supra consid. 3.1.5). Au regard de cette jurisprudence, il ne peut pas non plus lui �tre reproch� de s'�tre muni de son arme, le fait de pr�voir une attaque et de s'y pr�parer, sans l'inciter, n'�tant pas consid�r� comme une provocation. Par cons�quent, le recourant a agi en �tat de l�gitime d�fense et, au vu de l'ensemble des circonstances du cas d'esp�ce, cette d�fense �tait proportionn�e. La cour cantonale a ainsi viol� le droit f�d�ral en ne mettant pas le recourant au b�n�fice de l'art. 15 CP.
Au vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre admis dans la mesure o� il est recevable, sans qu'il soit n�cessaire d'examiner les autres griefs soulev�s par le recourant relatifs � la violation de l'art. 16 CP et � la fixation de la peine. L'arr�t attaqu� est annul� en ce qui concerne la condamnation du recourant pour l�sions corporelles simples qualifi�es. La cause est renvoy�e � l'autorit� pr�c�dente pour qu'elle prononce l'acquittement du recourant et pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Le recourant a requis l'assistance judiciaire. Cette requ�te est sans objet dans la mesure o� il obtient gain de cause et peut, � ce titre, pr�tendre � des d�pens r�duits de la part du canton (art. 64 al. 2 et 68 al. 1 LTF). Le recours �tait, pour le surplus, d�nu� de chance de succ�s, si bien que l'assistance judiciaire doit �tre refus�e dans cette mesure (art. 64 al. 1 LTF). Le recourant a chang� d'avocat apr�s le d�p�t de son recours. Les d�pens seront � verser � son premier conseil, Me Osojnak, d�s lors que son conseil actuel, Me Tabet, n'a d�pos� aucune �criture dans le cadre du pr�sent recours. Une partie des frais sera support�e par le recourant (art. 66 al. 1 LTF), dont le montant sera toutefois fix� en tenant compte de sa situation financi�re. L'intim� 3, dont les d�terminations ne concernaient que son propre acquittement et n'�taient pas vou�es � l'�chec, est mis au b�n�fice de l'assistance judiciaire. Me Antoine Eigenmann est d�sign� comme avocat d'office et la caisse du Tribunal f�d�ral lui versera une indemnit� � titre d'honoraires pour son �criture.
Le recours est admis dans la mesure o� il est recevable, le jugement attaqu� annul� et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision.
Une indemnit� de 2000 fr., � verser � Me Sandrine Osojnak, � titre de d�pens, est mise � la charge du canton de Vaud.
La demande d'assistance judiciaire de Z.________ est admise et Me Antoine Eigenmann est d�sign� comme d�fenseur d'office. Une indemnit� de 1000 fr. lui est allou�e � titre d'honoraires, � verser par la caisse du Tribunal f�d�ral.