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Timestamp: 2017-07-28 12:51:54+00:00
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Parcours de femmes » SPÉCIFICITÉS DES FEMMES INCARCÉRÉES
On sait peu de choses sur la vie dans les prisons. Encore moins dans les prisons de femmes, monde trop souvent ignoré, méconnu, caricaturé… Comme s’il n’existait pas ou dérangeait trop. Alors, on généralise, on catégorise, on fantasme. On condamne parfois plus sévèrement que les juges : tout est trop beau pour ces délinquantes qui ne méritent pas qu’on gaspille à leur profit l’argent des contribuables. Les rares ex-détenues qui s’expriment publiquement sont écoutées avec une certaine méfiance : mauvaise graine tu as été, mauvaise graine tu resteras… Des femmes purgeant leur peine ne parvient quasiment aucun témoignage, sauf par l’intermédiaire d’associations qui se sont fixé pour objectif de créer ce lien.
Etre détenue n’est pourtant pas une vocation. Aucune femme n’a jamais rêvé de se retrouver dans une cellule de 9m2. « Payer » pour ses erreurs, cela peut donner l’impulsion d’un nouveau départ… A condition qu’il y ait une place dans nos sociétés pour les ex-détenues.
Le très grand isolement des femmes incarcérées
La détention des femmes est une réalité méconnue, souvent tue. Il est surprenant de constater le nombre restreint de travaux et de recherches d’universitaires ou d’experts de la question pénitentiaire sur ce sujet.
Les femmes représentent une minorité de la population carcérale en France : au 1er juin 2013, 2386 femmes étaient écrouées au sein des établissements pénitentiaires sur un total de 68 544 détenus (soit 3,5 % environ de la population pénale). Un chiffre stable mais un nombre d’incarcérations en augmentation. Les femmes en prison sont certes moins nombreuses que les hommes, mais en y regardant de plus près on s’aperçoit qu’elles sont plus nombreuses qu’elles ne l’ont jamais été. En effet, leur effectif a plus que doublé depuis 1980 qui comptabilisait 1159 femmes incarcérées.
Ces femmes vivent très marginalisées dans des quartiers ou des établissements qui n’ont pas véritablement été conçus pour elles, même si leurs conditions matérielles de détention sont souvent meilleures que celles des hommes, essentiellement parce que la surpopulation y est moins fréquente (sans être inexistante pour autant).
Mais ce n’est pas parce que les femmes constituent une large minorité en prison qu’il faut ignorer leur situation. Au contraire, la faible proportion des femmes est, en elle-même, une source de difficultés pour celles qui sont incarcérées, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, le nombre restreint d’établissements pour peine accueillant les femmes, de surcroit mal répartis sur le territoire, entraînent soit un éloignement géographique de leur foyer compliquant considérablement le maintien des liens familiaux, soit une incarcération dans des quartiers pour femmes exigus, enclavés dans des établissements essentiellement masculins où elles pâtissent de la fréquente vétusté des locaux.
En effet, il existe peu d’établissements accueillant les femmes : soixante-trois établissements pénitentiaires sur cent quatre-vingt-six peuvent recevoir un public féminin : quatre maisons d’arrêt (Fleury-Mérogis, Fresnes, Rennes et Versailles) et cinq centres de détention (Rennes, Bapaume, Joux-la-Ville, Roanne et Marseille). Les autres établissements possèdent des annexes au sein d’établissements pour hommes, où le faible nombre de femmes autorise toutes les absences de formations, de services et d’activités.
De plus, la plupart des établissements accueillant des femmes se situent dans la moitié nord de la France, ce qui pose de considérables problèmes de maintien des liens avec les proches dans la mesure où l’éloignement géographique des détenues de leur région d’origine, et donc de leur famille, est fréquent.
Cette situation a naturellement des conséquences en termes de possibilités de visites et de maintien des relations notamment avec les enfants alors que les femmes incarcérées sont majoritairement des mères de famille.
Cela a aussi pour effet que les femmes condamnées à des peines de plus de trois ans sont maintenues plus longtemps que les hommes en maisons d’arrêt (souvent entre douze et dix-huit mois) avant d’obtenir une place en centre de détention, alors même que le régime de détention et le travail de réinsertion qui peut y être effectué n’est pas comparable.
Enfin, se posent un certain nombre de problèmes proprement féminins : celui des femmes enceintes et celui des femmes ayant de jeunes enfants : seulement vingt-cinq établissements sont équipés pour recevoir les mères et leurs enfants qu’elles peuvent garder avec elles jusqu’à dix-huit mois.
Les personnes détenues restent titulaires de l’autorité parentale pour leurs enfants ; elle ne leur est retirée que lorsque l’infraction commise l’a été à l’encontre du mineur, en application de l’article 378 du code civil (1982). L’exercice effectif de l’autorité parentale est rendu cependant très délicat et dépend largement du bon vouloir de l’autre parent. En effet, l’article 372-2 du code civil prévoit qu’ « à l’égard des tiers, chacun des parents est réputé agir avec l’accord de l’autre quand il fait seul un acte usuel de l’autorité parentale relativement à la personne de l’enfant ».
Faisant référence aux articles D.400 à D.401-2 du code de procédure pénale, ainsi qu’à la circulaire du 18 aout 1999 sur les conditions d’accueil des enfants laissés auprès de leur mère incarcérée, M. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, évoquait, le 14 mai 2009, dans une audition publique du Sénat par la Délégation aux droits des femmes sur Les femmes dans les lieux privatifs de liberté, le régime particulier applicable aux femmes détenues enceintes ou ayant accouché, en définissant les caractéristiques particulières imposées aux cellules hébergeant les jeunes mères avec leur enfant. Il précisait, notamment, que l’exigence d’une superficie minimale de quinze mètres carrés et de deux parties bien distinctes était, en général, satisfaite. Il a également indiqué que les mères détenues pouvaient, par exception, être autorisées à garder leur enfant auprès d’elles au-delà de l’âge de dix-huit mois, en particulier lorsque leur détention touchait à sa fin. Il a cependant douté que la séparation qui intervient alors et qui constitue un moment pénible, avec tous ses aléas, soit toujours bien préparée. Ainsi, si les conditions matérielles d’accueil de ces jeunes enfants paraissent satisfaisantes, des progrès restent à faire pour leur assurer une socialisation aussi proche que possible de celle des enfants ne vivant pas en détention
Puis il a évoqué la souffrance lancinante et quotidienne que représente, pour les femmes incarcérées, la séparation d’avec leurs enfants et regretté que les parloirs ne soient, dans l’ensemble, guère adaptés à la visite des enfants.
Des ruptures familiales souvent profondes
La rupture avec la famille et l’isolement consécutif des femmes détenues sont bien plus intenses que celui des hommes qui continuent plus souvent à recevoir le soutien moral et matériel de leurs proches. Cet élément doit être pris en compte dans tous les aspects de la vie carcérale.
La difficulté que connaissent les détenues pour maintenir des liens avec leur famille s’explique en partie, comme cela a été dit, par la localisation géographique des établissements pour peine recevant des femmes - les coûts de transports et parfois d’hébergement rendant souvent les visites inaccessibles aux familles – mais aussi par la nature des crimes et délits commis quand il s’agit d’homicides intrafamiliaux et en particulier d’infanticides.
Très peu de femmes détenues continuent à avoir des contacts avec leur conjoint après l’incarcération, surtout après quelques années ; de fait, elles reçoivent peu de courriers, peu de visites et peu d’argent. De même, très peu des femmes incarcérées avec leur nouveau-né reçoivent des visites de la part du père de leur enfant.
Cette différence importante avec la situation des hommes a des conséquences sur la vie en détention, mais aussi sur les possibilités de réinsertion à la sortie.
Ceci rend d’abord plus difficile les permissions de sortie, dans la mesure où les détenues ne seront pas hébergées par leur famille et ne sauront où aller.
Le même problème se pose à la sortie de détention quand elles n’ont pas de logement, ni même de possibilité d’hébergement alors que les hommes retrouvent le plus souvent un conjoint et un logement lorsqu’ils sont libérés.
En outre, la sortie de détention est le moment où va se poser une question essentielle qui a été mise entre parenthèses pendant l’incarcération : les relations avec la famille, et en particulier avec les enfants et le retour dans la vie sociale. Une femme qui va supporter, pendant qu’elle est emprisonnée, l’éloignement de son enfant, va avoir du mal à accepter qu’après sa libération, celui-ci refuse de la voir.
La préparation à la sortie et à la réinsertion, indispensable, n’en est que plus incontournable pour ces femmes. Ceci passe aussi par la préservation maximale des liens familiaux pendant la détention.
Une marginalisation des petits quartiers de femmes
Le Code de procédure pénale ne prévoit pas de régime de détention spécifique pour les femmes détenues. Celles-ci sont donc soumises au régime de la catégorie pénale à laquelle elles appartiennent, à l’exception de trois dispositions qui posent le principe de non-mixité et apportent des garanties à la prise en charge des mères incarcérées avec leur enfant :
- les femmes sont hébergées dans des établissements ou dans des quartiers distincts de ceux des hommes en application du principe de séparation posé par l’article D. 248 du code de procédure pénale. Elles n’ont pas de contact avec ceux-ci dans le cadre des activités, des loisirs, de la formation ou du travail ;
- le personnel masculin n’a accès au quartier des femmes que sur autorisation du chef de l’établissement (article D. 222 du code de procédure pénale). Les femmes détenues sont surveillées par des femmes (mais les gradés des quartiers femmes peuvent être des hommes et le sont fréquemment) ;
- les mères détenues peuvent conserver auprès d’elles leur enfant âgé de moins de dix-huit mois (articles D. 400 à D. 401-2 du code de procédure pénale).
Les femmes détenues se voient ainsi appliquer la même réglementation que les hommes. Leur prise en charge se confond dans un dispositif essentiellement conçu pour eux ; toute spécificité leur est déniée dans l’enceinte des prisons. Seule la Pologne possède dans ses lois un article recommandant de tenir compte des spécificités psychologiques et physiques des femmes (avec des dispositifs de semi-liberté pour les peines courtes).
Le faible nombre de femmes incarcérées et l’existence de petits quartiers de femmes dans les maisons d’arrêt ont d’importantes répercussions sur l’organisation de leur vie en détention.
En effet, ce qui peut être organisé dans un grand centre de détention c’est-à-dire l’accessibilité de certains lieux de l’établissement en fonction d’horaires préétablis – qui sont d’ailleurs plus réduits pour les femmes – va être extrêmement difficile dans les petits établissements.
En dehors de la région parisienne et des grandes métropoles régionales, ces quartiers sont de très petite taille, souvent de quelques places. Par exemple, le quartier de femmes de la maison d’arrêt de Saintes compte cinq places, celui de Laon six et celui de Grenoble seulement quatre.
Le principe de séparation entre les hommes et les femmes conduit, particulièrement dans les établissements où elles sont accueillies dans un quartier spécifique, à ne leur donner accès qu’aux équipements qui leur sont réservés et qui sont conçus en fonction de l’effectif théorique assez faible du quartier pour femmes. Le nombre de femmes détenues étant habituellement beaucoup plus réduit que celui des hommes détenus dans le même établissement pénitentiaire, il en résulte souvent que seuls ces derniers bénéficient de locaux conçus pour les activités collectives (gymnase, ateliers…). Cela peut entraîner une certaine limitation de l’offre d’activités ou de travail d’autant qu’outre le nombre limité d’équipements, le nombre de femmes peut se révéler insuffisant pour permettre la constitution de groupes cohérents.
Le principe de stricte séparation entre les hommes et les femmes rend donc plus difficile la prise en charge de ces dernières : il faut intercaler les mouvements de femmes (comme l’a souligné le Contrôleur général des lieux de privation de liberté) et leur réserver des créneaux horaires ce qui, de fait, limite leur accès aux services communs comme la bibliothèque, le gymnase, voire l’unité médicale.
Cette même difficulté retentit sur l’organisation du travail pénal. Rappelons que depuis 1987, le travail n’est plus obligatoire en détention. Il reste cependant incontournable pour toutes celles qui ne perçoivent pas de ressources de la part de leur entourage. Car contrairement aux idées reçues, il faut de l’argent pour vivre en prison (notamment pour « cantiner » les compléments de nourriture et les produits de première nécessité). Et la prison reproduit la division du travail en vigueur dans la société : aux femmes, les travaux de couture, de ménage, de cuisine, d’intendance ou de petite manufacture (pliage de cartons, conditionnements divers…) pour des salaires dérisoires et extrêmement élastiques selon les tâches et les lieux (entre 3€ et 6€ bruts de l’heure), sur lesquels seront encore décomptés par l’administration pénitentiaire les parties civiles ainsi que le pécule de sortie. Notons que la législation du travail ne s’applique pas aux détenues, qui n’ont aucune garantie sociale et aucun recours en cas de perte de leur activité.
Pour un certain nombre de détenues il n’est pas toujours possible de mettre en place des ateliers.
Ceci trouve une illustration dans l’installation de centres d’appels téléphoniques. Un tel centre a été installé à Rennes en mars 2009 ; il offre douze postes de travail. Le Centre de détention de Bapaume vient également d’en mettre un en place dans le quartier des hommes. Cependant, en raison du petit nombre des candidates potentiellement désireuses ou susceptibles d’y travailler, la direction de l’établissement a considéré qu’il n’était pas opportun d’ouvrir un tel centre dans le quartier de femmes (qui accueille une centaine de détenues). De fait, les femmes qui auraient pu effectuer ce travail s’en voient finalement privées.
On retrouve les mêmes conséquences sur l’offre existante en matière de formation professionnelle.
Les possibilités sont moindres en quantité et en diversité. Ce constat n’est d’ailleurs pas limité aux petits établissements
Par exemple, au Centre de Détention de Bapaume où sont incarcérés cent femmes et cinq cents hommes, une seule formation est proposée aux femmes, une « entreprise pédagogique virtuelle » alors qu’il y en a quatre pour les hommes : peinture, télé-conseil, cuisine et bureautique auxquelles ces dernières pourraient tout à fait aspirer.
La non-mixité oblige également à organiser, avec des horaires décalés, donc avec un coût supérieur, des activités comme la formation au permis de conduire pour que les femmes comme les hommes puissent en bénéficier.
S’y ajoute le fait que les formations proposées aux femmes restent trop souvent fondées sur des stéréotypes. Le Centre de détention de Rennes propose ainsi des formations, certes axées sur la réinsertion, mais qui se résument, en plus des ateliers pédagogiques, à une formation d’agents de restauration, une autre d’agents de propreté et une troisième de bureautique.
Dans son audition publique du 14 mai 2009, Jean-Marie Delarue a regretté la persistance des stéréotypes sexués qui conduisent, par exemple, à proposer plus volontiers aux femmes des cours de broderie et aux hommes des enseignements de conduite de véhicules. En revanche, il s’est montré favorable au maintien des ateliers de coiffure et de maquillage, qui permettent aux détenues de soigner leur apparence et ainsi de retrouver un peu de fierté.
La petite dimension des quartiers femmes aboutit également à la coexistence entre des femmes condamnées à des peines très lourdes pour des faits d’homicide et des condamnées pour des faits de délinquance moindres.
De même, la séparation des prévenues et des condamnées, si elle peut être effectivement mise en place dans des grands établissements comme Fleury-Mérogis, reste théorique dans les petits quartiers de femmes qui n’ont pas non plus, généralement, de « quartier arrivant ».
La personne privée de liberté subit ce qui est désormais appelé le « choc de l’incarcération » lors de son écrou. Etre assimilé à un numéro, subir sa première fouille à nu, découvrir l’enfermement… sont autant d’épreuves pour les « arrivants ». Ils vont suivre les formalités de la mise sous écrou, être placés en cellule d’attente et rencontrer plusieurs personnes dont le médecin et le directeur de l’établissement. Ils vont se voir retirer la plupart des objets qu’ils ont sur eux, à l’exception de leur alliance et de leur montre. Les « quartier arrivant » permettent aux détenus entrant en prison d’avoir, pendant une durée de huit à dix jours, des informations sur les conditions de fonctionnement de la maison d’arrêt, les différents intervenants en milieu pénitentiaire comme les services d’insertion et de probation, les visiteurs de prison ou encore les aumôniers, et de se familiariser avec le règlement intérieur de l’établissement. Il s’agit d’une « cellule d’attente » avant l’affectation dans une cellule ordinaire qui permet d’assimiler le fonctionnement de l’établissement. « Avant, c’était la terreur. Tu arrivais au bâtiment B et tu recevais un choc terrible », raconte en 2008 un détenu de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône) équipée d’un quartier arrivant récent. C’était tout noir, des cellules (…) au rez-de-chaussée d’un bâtiment où les mecs balancent tout par les fenêtres. Ça puait. Un gardien te mettait dans une cellule et personne ne t’expliquait rien. Tu découvrais tout seul en te demandant ce qui allait t’arriver. Ça n’a plus rien à voir.» Dans les « quartiers arrivant » tout doit être conçu pour diminuer le choc carcéral, éviter le risque de suicides et entamer un parcours visant à la réinsertion. Cette expérience s’appuie sur les règles pénitentiaires européennes révisées en 2006. Ces 108 règles, qui n’ont aucune valeur contraignante, visent à harmoniser les politiques carcérales communautaires. L’administration pénitentiaire française a décidé, en octobre 2006, de faire de leur mise en œuvre une priorité.
Les centres de semi-liberté offrant des places pour les femmes sont aussi très peu nombreux. Ce qui constitue un frein aux aménagements de peine. Au total, selon les informations fournies par l’administration pénitentiaire, 24 femmes seulement bénéficiaient d’un régime de semi-liberté au 1er mars 2009 sur 1500 condamnées.
Nature des crimes et délits Le caractère de la délinquance et le profil type des femmes incarcérées restent assez différents de ceux des hommes. Il faut toutefois regretter le peu d’études existant sur ce sujet. Les informations fournies par l’administration pénitentiaire font apparaître une surreprésentation des femmes dans le trafic de stupéfiants et dans les crimes de sang – notamment les crimes intrafamiliaux, en particulier contre les enfants. Rappelons, à cet égard, la distinction entre infractions « nobles » et « ignobles » qui sévit en prison et la hiérarchie entre les détenus qui en résulte… Nous pouvons ainsi souligner que l’infanticide déclenche des comportements de haine, de mépris et de harcèlement. A ce sujet, le témoignage de Mme Christiane de Beaurepaire, médecin-chef du service médico-psychologique régional (SMPR) de la prison de Fresnes met en évidence, dans son livre « Non lieu – Un psychiatre en prison » (paru en janvier 2009) que ce sont les mères souffrant d’une situation d’abandon qui sont amenées à commettre de tels crimes.
Cependant, il serait de moins en moins justifié de parler d’une délinquance féminine spécifique. On note, en effet, une évolution des faits de délinquance chez les jeunes filles. Cette évolution a également été soulignée en 2009 par les responsables des établissements de Fleury-Mérogis et de Rennes qui font état de l’apparition, depuis quelques années, de phénomènes de bandes, de caïdat et de trafic dans les quartiers pour femmes. Comportements très perturbateurs de la détention qui posent d’importantes difficultés au personnel pénitentiaire.
Pour Me Benoît Dietsch, si les femmes sont moins délinquantes que les hommes, elles sont aussi moins sanctionnées, ce qui, à l’heure de la revendication de la parité, fait figure d’anachronisme : « Mais, si l’ensemble de la population pénale est avant tout caractérisé par la pauvreté, la précarité et l’exclusion, c’est encore plus vrai pour les femmes, dont la détresse est toujours plus patente. » Cette fragilité sociale et psychologique serait donc prise en compte. Elles seraient, la plupart du temps, considérées comme des complices, entraînées par des hommes plus que par leur propre volonté. Sur cette approche juridique se greffe aussi la question de la maternité, qui va inciter les juges à une plus grande clémence. A l’inverse, constate un autre avocat, Me Jean-Louis Chalanset, « lorsqu’elles sont vraiment tenues pour responsables, pour trafic de stupéfiants, proxénétisme aggravé ou dans les affaires politiques et de terrorisme, elles reçoivent des sanctions plus lourdes et sont traitées plus durement ». A Fleury, « les prisonnières politiques sont toujours stigmatisées par des étiquettes rouges », rapporte aussi Fabienne Maestracci (in Les murs de vos prisons, Abiana, 2002) qui fut emprisonnée treize mois dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac, et « leurs déplacements relèvent de stratégies élaborées afin qu’elles ne se croisent pas et ne communiquent pas entre elles ». Mmes Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon, les deux prisonnières d’Action directe, classées « détenues particulièrement surveillées », y sont restées incarcérées sous un régime d’isolement très strict entre février 1987 et octobre 1999 (Edgar Roskis, « Les prisons françaises, d’Action directe aux droits communs », Le Monde diplomatique, juillet 2001), alors que leurs condamnations, prononcées en 1994, auraient dû leur permettre d’être affectées dans un établissement pour longues peines et de bénéficier ainsi de conditions de détention améliorées.
Un milieu défavorisé surreprésenté Les femmes incarcérées sont, pour la plupart, issues d’une classe sociale défavorisée : selon l’Observatoire International des Prisons, 20% d’entre elles sont illettrées et 50 % ont un niveau d’instruction primaire. 30% sont de niveau secondaire ou supérieur.
De façon générale, les détenues proviennent de milieux très défavorisés et sont très désocialisées lors de leur incarcération.
Rares sont celles qui arrivent en prison après un parcours de vie sans nuages ; ce fait est encore plus sensible que chez les hommes. Beaucoup ont subi des violences, dans l’enfance et/ou dans la vie conjugale. Elles ont souvent été très marquées par des bouleversements dans leur milieu d’origine : décès, séparations, divorces, placements ou situations d’alcoolisme et de violence. Un grand nombre a été suivi pour troubles psychiatriques avant l’incarcération.
Dans un article paru en septembre 2003 dans le Monde Diplomatique, une surveillante-chef de Fleury-Mérogis qui a auparavant travaillé dans des établissements pour hommes déclarait que ce qui singularise la population carcérale féminine, c’est sa très grande vulnérabilité. « Les femmes sont peu nombreuses à exercer la violence, mais elles l’ont en général toujours subie ».
En animant un atelier d’arts plastiques à Fleury-Mérogis, Marie-Paule, qui rencontre quelque 60 détenues par an, les plus structurées, « l’élite » qui garde des capacités de sociabilité, est aussi frappée par cette grande misère – sociale, affective et intellectuelle – mais aussi par l’hétérogénéité des personnes. « Lorsqu’il y a des parcours de vie difficiles, n’importe qui peut se retrouver en prison. Or, la méconnaissance et les préjugés restent forts. La prison consiste à se débarrasser des problèmes. Cela protège la société et on ne veut pas savoir ce qui s’y passe. »
Des maux liés à l’enfermement
Si les femmes souffrent des mêmes maux liés à l’enfermement que les hommes, d’autres détresses viennent s’y ajouter.
En rentrant en prison, outre la liberté, les femmes ont le sentiment de perdre leur identité. «J’entendais mon nom prononcé comme s’il était devenu un autre. Peut-être parce qu’il était amputé de son prénom » confie une détenue de Fleury Mérogis. Les femmes souffriraient plus que les hommes d’une absence de civilité. M. Jean-Marie Delarue, dans son audition publique du 14 mai 2009, soulignait les effets bénéfiques des pratiques, malheureusement peu répandues, tendant à appeler une femme détenue « madame » plutôt que par son seul patronyme. Il a souligné que la généralisation d’une telle pratique à l’ensemble des détenues constituerait une réforme qui ne coûterait rien aux finances publiques.
De plus, la relation spécifique que les femmes ont à leur intimité les rend plus sensibles que les hommes à certaines pratiques comme les fouilles à corps qui sont ressenties comme particulièrement humiliantes.
Enfin, les sentiments de honte et de culpabilité liés à la détention sont plus intenses chez les femmes et le corps devient le premier lieu d’expression de la plainte : elles somatisent, tombent malades, connaissent des troubles alimentaires ou digestifs. Elles n’ont plus de règles, parfois durant toute leur détention.
M. Jean-Marie Delarue, dans son audition publique du 14 mai 2009 a également relevé que la violence était présente partout en prison mais qu’elle s’exprimait de façon moins visible dans les quartiers réservés aux femmes. En effet, la question de la violence se pose davantage pour les femmes elles-mêmes que pour les autres (les statistiques montrent que les femmes s’inscriraient moins dans des attitudes protestataires et que la violence serait exprimée sur la personne elle-même) : états de prostration ou de dépression grave, auto agressions, suicides et tentatives, mutilations, grèves de la faim.
Plus d’une centaine de suicides, hommes et femmes confondus, est annuellement répertoriée par l’administration pénitentiaire : un taux sept fois plus important qu’à l’extérieur, un chiffre en augmentation constante, deux fois plus important qu’il y a quinze ans. Dans certains établissements, les tentatives de suicide sont sanctionnées de mises au mitard, provoquant désespoir et récidives, amplifiant ce qui est déjà vécu comme une véritable torture mentale.
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à prendre – et se voir proposer – des psychotropes : 45 % contre 18 % (cette prise apparaît comme une réaction à l’incarcération et un moyen de supporter l’enfermement, de ne plus penser, de tromper le temps par le sommeil et d’éviter les nuits d’insomnies).
A cela s’ajoute des problèmes de soins et de santé publique. En France, le VIH/sida, qui touche 3 à 4 fois plus les détenu(e)s que les autres, progresse particulièrement parmi les femmes.
Comment, dans ces conditions, conserver la conscience et l’estime de soi ?
Lors de son audition publique du 14 mai 2009, M. Jean-Marie Delarue a conclu son propos en estimant que « les femmes souffrent plus que les hommes en prison » et que ce constat justifie un traitement différencié entre femmes et hommes dans les lieux de détention afin de préserver leur dignité et de prendre en considération leur rôle de mère. En même temps, il a estimé souhaitable de combattre les stéréotypes de genre afin de donner aux femmes et aux hommes les mêmes chances de réinsertion…
Préparer sa sortie s’avère donc extrêmement difficile. Une fois « dehors », la réinsertion pose encore davantage de problèmes que pour les hommes parce qu’elle a été moins préparée « dedans ». Outre la blessure intérieure qui tarde à se refermer (quand elle se referme), la stigmatisation (aujourd’hui encore les femmes incarcérées sont plus mal perçues par la société que les hommes), parfois le rejet des proches, il y a l’avalanche des démarches à entreprendre pour (re)trouver un logement, une formation, un emploi (le plus souvent sans qualification). Pour beaucoup d’ex-détenues, du succès de cette réinsertion dépend les retrouvailles avec un (des) enfant(s) dont la garde leur a été retirée.
Alors, après l’euphorie de la liberté, vient l’angoisse, le doute, la peur de retomber dans la délinquance…
45 Réponses à SPÉCIFICITÉS DES FEMMES INCARCÉRÉES Alain Mayembe
6 janvier 2012 à 0:23 Nous sommes une association des personnes vivant avec le VIH, Organisation des Parents et Enfants Concernés de Kinshasa en RDC nous sommes à présent face à un problème qui fait que beaucoup de nos membres à tord ou à raison, hommes ou femmes, enfants ou adultes se trouvent incarcérés. Le droit aux soins adhéquats ne sont -ils plus valables pour les PVVIH? Et ce traitement à vie, la trithérapie, n’est-il plus de mise pour eux? La prison c’est la privation des droits ou des soin? Nous venons de lancer une enquête dans certaines prisons du pays pour évaluer le niveau de connaissance des pentionnaires sur le VIH, les prtiques et la prise en charge des personnes séropo incarcérées. Nous aurons besoin de votre assistance , appui et concours
13 janvier 2012 à 18:25 je vais commencer des ateliers d’arts-plastiques avec des femmes en maison d’arrêt et cela m’a bien renseigné sur la différene incroyable entre le quartier hommes et femmes…J’ai constaté ce que vous dîtes rien qu’en y allant une fois…Jevais tout faire pour leur apporter un peu de liberté d’expression.
Aissatou Diop Tall
30 janvier 2013 à 14:52 Je suis une étudiante au CESTI et je veux faire mes recherches du mémoire de fin d’études sur la réinsertion sociale des ex-détenues. J’aimerais bien avoir votre aide si possible.
13 mai 2013 à 11:43 Bonjour, je suis actuellement en formation d’éducateur spécialisé et je travaille avec 3 autres personnes sur le sujet des femmes enceintes en milieu carcéral. Nous aurions aimé avoir des renseignements sur le parcours de ces femmes et si possible des témoignages de personnes l’ayant vécue ou des membre de la famille d’une femme qui se trouve/s’est trouvée dans cette situation.
10 juin 2013 à 12:10 bonjour je me permet de vous ecrire pour vous demandés les coordonnées pour avoir une chambre pour 2 personnes pour que mon mari puise avoir ses permitions car a mon domicile cela n’es pas possible je vous remercies d’avance et attent votres reponce cordialement mme allaire
17 novembre 2013 à 19:00 Les femmes détenues méritent une attention particulière; elles sont souvent triplement condamnée: délinquante, femme et souvent mère.
Leur corps est un vrai langage…Enseignante à la faculté du sport, nous allons , avec des étudiants, faire de l’activité physique….afin de ré-injecter de la vie, là où elle a tendance à disparaître. La pratique corporelle permet de re-trouver de l’estime de soi….facteur essentiel pour survivre en milieu clos.
27 novembre 2013 à 12:01 Je voudrais tout d’abord dire que les femmes en prisons en plus de mal que les hommes car une femme en prison c’est quelque choses de grave alors qu’un homme en prison c’est banale . les hommes recoivent plus d’attention , plus de soutient moral et plus de visite, de mandat ect.. tandis que la plupart des femmes ne voient plus familles, leurs conjoint les ont quittés.
Il faut aider les femmes en prison , elles sont besoin de soutient.
5 décembre 2013 à 22:32 Bonjour, je suis entrain de préparer mon mémoire de fin de formation, au sein du Master « Genre, Société et Développement Humain » à la fac des lettres et sciences humaines à Oujda/Maroc, intitulé « Réinsertion des ex-détenues de l’Oriental, réalité et horizons ». Bref, j’ai besoin d’ouvrages récents portant sur ce sujet. Comment pourriez-vous m’être utile?
Fatiha ADDA
Nadège-Coordinatrice Parcours de Femmes
9 décembre 2013 à 15:04 Bonjour
Pour toute demande merci de vous adresser directement à l’association via son adresse mail assoparcoursdefemmes@free.fr ou par courrier 70 rue d’Arcole BP 211 59018 Lille cedex.
Parcours de Femmes vous remercie pour vos messages de soutien et votre intérêt pour son public.
25 janvier 2014 à 22:42 Bonjour,
Je suis une étudiante en Master « Genre, Société et Développement Humain » à la fac des lettres et des sciences humaines à Oujda/Maroc. J’ambitionne travailler sur La réinsertion des ex-détenues. J’ai besoin d’ouvrages portant sur cette thématique. Pourriez-vous m’aider à en avoir?
14 mars 2014 à 15:17 Fatiha bonjour je veux aussi travailler pour mon mémoire sur la réinsertion pro et social des ex détenues en faisant une étude comparer en.France et au Sénégal peut on échanger sur les ouvrages ??
28 avril 2014 à 10:27 J’ai perdu l’adresse d’une association qui demandait des tricots pour les enfants nés en prison. je serai bénévole pour participer à ces ouvrages. Pourriez vous me donner des infos. Merci d’avance D. Krecke
16 mai 2014 à 18:11 je suis un controleur des services pénitentiaires au Mali ,j’aimerai approfondir mes connaissances en droits (pénitentiaire , civil ) ,avoir aussi des formations…
Pourriez-vous me faciliter à avoir vos experiences ?
F.DABO
19 mai 2014 à 10:09 Bonjour
Il s’agit certainement du Relais Enfants Parents.
1 septembre 2014 à 12:09 bonjour je désire correspondre avec femme de 30 à 45 ans détenue
par lettre ou internet afin de contribué apport amical
victorianolujan@gmail.com
1 novembre 2014 à 17:01 Bonjour.
Je souhaiterais commencer vous remercier pour votre contribution très juste et importante, me semble-t-il pour les femmes détenues.
Comme le dit très justement Samantha, les femmes sont effectivement celles qui sont le moins visitées, même si elles sont en général, celles qui visitent le plus…
Il y aurait un très gros travail à faire pour améliorer leur quotidien en prison, notamment, me semble-t-il, par davantage de travail et un travail vraiment valorisant, de même que la création artistique.
Merci pour elles de continuer vos actions de sensibilisation, elles sont un jaillissement de vie et de créativité que l’administration pénitentiaire semble peiner à reconnaître en 2014!
3 novembre 2014 à 10:51 @lapomme:
29 janvier 2015 à 13:50 Merci lapomme. votre contribution est excellente et mérite d’etre considérées davantage et leurs condition de détention améliorées.
4 mars 2015 à 21:24 je suis une femme qui métrise beaucoup de métiers concernant la femme comme couture près a porté la couture spéciale chora fetla pèrlages et aussi coté culinaire vrai cordent bleu cuisinière pâtissière et mon souhait c’est donner mon savoir a toutes les femmes détenues incarcérer merci pour votre attention
13 août 2015 à 10:18 Je suis coordinatrice de FPRN /ONG et défenseure des droits de l’homme particulièrement ceux des personnes vulnérables notamment la femme .Je suis entrain de faire un état des lieux sur des conditions des femmes dans les milieux carcéraux en République Démocratique du Congo. Car les femmes bien que auteures des certaines infractions ont droits au respect de leurs droits fondamentaux ,elle ont droits au traitement humain
25 décembre 2015 à 15:41 Bonjour ,
Je cherche en entrer en contacte avec une F/JF qui est en prison pour l’accueillir chez moi à sa sortie , car je cherche une compagne pour vivre avec moi en couple.
Je suis à la retraite depuis le : premier mai 2014
Je suis né le : 01 mai 1949 à Neuvic-Entier (Haute-Vienne 87)
6 square du Périgord
Merci de m’indiquer comment je peux contacter/communiquer avec une ou des personnes , car je ne sais pas du tout où m’adresser.
adresse é-mail : rpopof@laposte.net
Cordialement et Meilleures Salutations.
7 janvier 2016 à 8:07 je suis responsable dún centre qui accueille les ex detenues pour une courte duree. jaimerais entrer en contact avec des gens qui font le meme travail pour echanger et partager afin d’aider du mieux que je peux ses femmes lors de leur sejour
mon email pam.kinouete@gmail.com
19 janvier 2016 à 22:29 bonjour ,
Je m’appelle Julie, je suis étudiante en sociologie et bénévole au genepi depuis 2 ans. je fais un mémoire sur les femmes detenues – anciennes détenues et je souhaite travailler dans la réinsertion une fois mon master terminé du coup je me permets de poster ce message: si vous même êtes disponible ou une de vos connaissance afin de me consacrer une heure je serais ravie de pouvoir discuter et écouter vos témoignages. Bien sur l’entretien sera anonyme.
N’hésitez vraiment pas à m’envoyer un e-mail !
julieut2j@outlook.fr
24 mars 2016 à 16:06 bonjour, je m’appelle huoda , je suis étudiante en doctorat en sociologie du sport ; je fais ma thèse sur le sport en prison sur les femmes détenues , j’ai besoin d’ aide SVB pour savoir plus sur les formations de la prison en France .
mon email ; atia.huda@yahoo.com
Carroue Jean-Paul
16 mai 2016 à 10:12 Bonjour,je souhaiterais correspondre avec une détenue du centre de joux la ville 89 une détenue qui pourraid partager ma maison à sa sortie et ma vie si elle le désire,en campagne et granactifd air en Morvan .j’ai 60 ans.bonne santé et actif , souhaiterais entre 40 et50ans .merci de me conduire dans cette démarche sosiabiliante et amicale.Mon adresse…Carroue jean Paul le fou de Verdun 58230 lavault de Fretoy..
Bendaouadji Murielle
28 septembre 2016 à 20:36 Bonjour,
Je souhaiterais correspondre avec une détenue femme afin de l’aider à garder un lien social, à la sortir de son isolement. Il s’agit d’un soutien bienveillant et citoyen. Merci
18 novembre 2016 à 14:03 bonjour, je suis plasticienne (peintre sculpteur), depuis trente ans j’expose, installe partage et enseigne mes pratiques à des publics divers et variés, je souhaiterais aujourd’hui intervenir auprès des femmes mineurs et majeures incarcérées.
J’habite dans les Hautes Corbières, l’Aude (11).
Furgé
24 janvier 2017 à 17:26 Bonjour,
Je fais actuellement un TPE sur » La place des femmes en prison, en France aujourd’hui » pour mon bac en fin d’année 2017 avec une autre camarade de Première ES, et si l’une d’entre vous a la possibilité et le temps de répondre à certaines de nos questions par téléphone ou par mail, ou au mieux par rendez-vous à Paris ou à Reims, selon vos disponibilités cela nous aiderait fortement !
Valentine et Marguerite – 1ère ES
13 février 2017 à 16:50 Bonjour,
Je suis une ex-détenue de la Maison d’Arrêt de Rennes.
J’aimerai témoigner, et peut-être briser certaines idées reçues.
Je n’ai fais « que » trois ans de prison, mais cela est largement suffisant pour pouvoir vous parler de ce qu’on ne sait pas, à l’extérieur, ou ce que l’on ne veut pas savoir.
Je précise que je n’étais pas incarcérée pour une affaire en rapport avec des enfants, et que nous ne sommes pas toutes en « grande misère sociale, sexuelle,… », nous sommes des femmes comme tout le monde, et malheureusement car c’est cela qui dérange. Plus que l’incarcération d’une femme borderline, en marge de la sociéte, ayant fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique…
Voilà, je me tiens à votre disposition, j’aimerai en parler car je ne peux pas aborder ce sujet dans ma » vraie » vie et « raconter ».
13 février 2017 à 17:00 konstantinova.ilana@mail.ru
Mirabsl
19 février 2017 à 12:16 Bonjour, je suis concubin d’une detenue de la Maf de Nantes
Elle vit son incarceration tres difficilement, car le juge nous interdit de se voir, seulement il authorise les courriers. De plus ma compagne n’est pas Francaise, elle prend des cours fe francais, elle travaille a la boulangerie. Je suis tres preoccupe pour elle, car elle est.frágile, sensible. Elle a beaucoup.de probleme due aux mauvais comportement de la part de certaines detenues. Tous,les jours c’est des insultes, menaces, qui sont jalouses selon les propós de ma compagne, car elle travaille, elle partícipe a l’aumonerie, elle etudie, et est une detenue exemplaire selon les responsables.
Je ressent qu’il.y a des choses dont elle ne peut me confier, des choses terribles qu’elle rencontre et subie.
La loi du silence, mais elle souffre et a peur.
Est ce quelqu’un, peux m’aider a eclaircir ses differentes interrogations, je souhaite entrer en contact avec une ex detenues de Nantes Ou de Rennes.
J’espere que vous pourrez m’aider afin que je puisse mieux comprendre la situation de ma compagne.
25 février 2017 à 23:33 Bonjour à tous,
Je suis danseuse interprète, et j’anime des ateliers et donnent des cours de danse dans des cadres particuliers( notamment aupres de personnes en situation de handicap, ou encore d’enfants et adolescents placés par protection de l’enfance…)
Je connais le milieu carcéral pour avoir été correspondante avec plusieurs déténus.
Aujourd’hui je souhaite franchir les murs pour proposer aux femmes qui le souhaiteraient, des espaces de danse pour exprimer, pour sortir tout ce qu’elles ont envie d’extérioriser, pour se réconcilier avec leur corps et réapprendre à l’aimer et accepter de lui faire du bien… Enfin pour de nombreuses raisons donc je crois dans mon projet mais j’aimerais des conseils si quelqu’un pouvait m’en donner( notamment Hélène, plasticienne peut être…?)
1 mars 2017 à 20:03 Après avoir lu attentivement tous ses propos sur les femmes en prison ,,cela ne m a pas laissé indifférent .
Je me propose de franchir le pas et de bien vouloir correspondre avec des femmes incarcérés qui le souhaite qui se retrouve dans la situation d’abandon ,seul,isolé .
Loulou.phil04@gmail.com
8 mars 2017 à 9:05 Hey very nice web site!! Guy .. Beautiful .. Superb ..
1 avril 2017 à 11:54 Bonjour souhaite correspondre avec femme incarcérée !! didier je vit dans un petit village proche de dijon . à bientôt !! bodi44@laposte.net Biz Dî …
baki bousmaha
23 avril 2017 à 9:29 Bonjour, je souhaite correspondre avec des femmes incarcérés qui se retrouve isolée. Je souhaite être une oreille attentive et les encourager afin qu’elles ne sombrent pas dans la déprime. Comment dois-je faire ? Peut être avez vous des adresses d’associations. Merci
4 mai 2017 à 13:13 Merci de vos commentaires,
Comme nous le regrettons, depuis janvier 2017, nous n’avons plus de salariées pour assurer le suivi du site, nous sommes en pleine réflexion sur l’avenir de l’association
pour nous contacter merci d’écrire à
4 mai 2017 à 13:28 suite …. l’adresse mail n’apparait pas ci dessus
donc remontez jusqu’au commentaire de Nadège-Coordinatrice Parcours de Femmes
21 mai 2017 à 15:26 Bonjour, j’ai regardé le reportage ce dimanche sur la prison de Rennes, des jeunes femmes sont incarcérées et j’espère que leur peine sera réduite.
Néanmoins, j’aimerais correspondre avec des détenues séniors, est-ce possible ? Merci
Nicolas Lavoine
26 mai 2017 à 3:50 Bonsoir je me prenomne nicolas es j aimerez coresspondre avec drs femme et jeune femme detenue
Merci d avancd
2 juin 2017 à 12:31 I am extremely impressed with your writing skills as well as with the layout on your blog.
21 juin 2017 à 17:28 Just what I was looking for, thank you for putting up.
labelle-egger
30 juin 2017 à 15:44 Bonjour à toutes et à tous, j’ai regardé le reportable sur les femmes en prison à RENNES et j ‘ai été touchée par leur envie de prendre soin d’elles, bien qu’elles soient enfermées elles ont ce désir de rester belles ça m’a surprise, je n’aurai jamais imaginé comme quoi ce reportage a été très utile et ça leur permet de garder espoir, dans le Val d’Oise j’étais chargée d’apporter des livres et de faire des ateliers d’écriture mais à Osny il n’y a que des hommes. Je suis à la retraite, j’ai quitté la région parisienne, et je vais faire un net rangement chez moi vêtements accessoires bijoux livres , comment pourrais je faire pour donner à ces femmes je suis sûre que ça égaillerait leurs longues journées, bien à vous, je peux tout préparer il faudrait un transporteur et surtout les remettre à qui? y a t il une association adéquate ? Merci pour la réponse
Raskin alain
3 juillet 2017 à 22:29 Bonjour,
Je souhaite correspondre avec une ou plusieurs détenues. Peu importe leur ages ou leurs croyances. Je me suis souvent demandé comment être utile concrètement. Je crois que serait un bon moyen désintéressé.
Je suis marié et j’ai cinq Enfants, j’habite en région parisienne mais cela ne me dérangerait pas de correspondre avec une femme detenue en province.
Cordier W.
23 juillet 2017 à 18:16 Je me propose depuis pas mal de temps comme » écrivain public « , auprès d’ une population qui ressent le besoin de correspondre dans un bon français, notamment administratif, mais aussi privé (famille, ou pour d’éventuelles rencontres à posteriori…)
Il me semble important, en vue de la sortie, de proposer une fenêtre d’avec l’extérieur…
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