Source: http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3456-PGP.html?identifiant=BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20-20130709
Timestamp: 2016-08-27 01:07:06+00:00
Document Index: 43219038

Matched Legal Cases: ['§ 30', '§ 40', 'arrêt ', 'arrêt ', "l'article 757", "l'article 990", "l'article 757", "l'article 757", 'art. 1121', "l'article 757", "l'article 757", "l'article 757", "l'article 793", "l'article 757", "l'article 757", "l'article 757", "l'article 108", "l'article 757", '§ 200', "l'article 757", "l'article 990", "l'article 757", "l'article 757", '§ 200', "l'article 757", "l'article 757", "l'article 669", "l'article 669", "l'article 757", "l'article\n779", "l'article 788", "l'article 779", 'art. 757', 'arrêt ', "l'article 779", "l'article 788", "l'article 757", "l'article 757", "l'article 779", "l'article 777", "l'article 292", "l'article 292", "l'article 800", '§ 130', "l'article 990", '§ 210', "l'article 757", "l'article 757", "l'article 990", "l'article 1401"]

ENR – Mutations à titre gratuit – Successions – Champ d'application des droits de mutation par décès - Biens à déclarer - Cas particuliers des contrats d'assurance
ATTENTION: 3456-PGPENR – Mutations à titre gratuit – Successions – Champ d'application des droits de mutation par décès - Biens à déclarer - Cas particuliers des contrats d'assurance3
BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20-20130709
Version en vigueur du 01/07/16 à aujourd'hui. Version en vigueur du 31/05/16 au 01/07/16
Version en vigueur du 09/07/13 au 31/05/16
Version en vigueur du 20/12/12 au 09/07/13
Le droit de mutation par décès atteint tous les biens qui faisaient partie du patrimoine du
défunt au jour de son décès, et qui, par le fait de son décès, sont transmis à ses héritiers, donataires ou légataires.
Ainsi la déclaration de succession doit comprendre tous les biens dont la propriété apparente
reposait sur la tête du défunt au jour de son décès.
Toutefois, les contrats d'assurance sur la vie constituent un cas particulier et sont soumis à
des règles d'imposition spécifiques au regard des droits de mutation par décès.
L'assurance sur la vie est une convention aux termes de laquelle une personne (l'assureur)
s'oblige envers une autre (le contractant, souscripteur ou stipulant), pendant une période déterminée (durée du contrat), moyennant une prestation unique ou périodique (la prime), à verser au
contractant lui-même ou à un tiers désigné dans le contrat ou encore incertain (le bénéficiaire) un capital ou une rente (l'indemnité), sous certaines éventualités dépendant de la vie ou de la mort de
telle personne désignée (l'assuré).
Les assurances sur la vie se divisent en deux catégories :
- l'assurance en cas de vie par laquelle l'indemnité est stipulée n'être exigible que dans le
cas où l'assuré serait vivant au terme du contrat et qui, en principe, n'est donc pas susceptible de donner ouverture aux droits de mutation par décès ;
- l'assurance en cas de décès par laquelle l'indemnité est stipulée n'être exigible qu'en cas de
décès de l'assuré pendant la durée du contrat.
Les développements qui suivent ont pour objet d'exposer les règles applicables à cette seconde
catégorie de contrats.
Les contrats d'assurance décès peuvent être stipulés au profit soit d'un bénéficiaire
indéterminé ou du souscripteur (cf. I § 30), soit d'un bénéficiaire déterminé (cf. II § 40). Ils sont, dans chacune de ces hypothèses, soumis à des règles fiscales
I. Assurance en cas de décès au profit d'un bénéficiaire indéterminé ou faisant l'objet d'une suspension ou au profit du
Lorsque l'indemnité est stipulée au profit d'un bénéficiaire indéterminé ou du contractant,
elle fait partie de la succession de ce dernier et se trouve taxée dans les conditions de droit commun.
Sur cette disposition se reporter au BOI-ENR-DMTG-10-10-20-10.
Ainsi, appréciant souverainement les faits de la cause, un tribunal a décidé, à juste
titre, qu'en présence d'une assurance décès ne comportant aucune désignation, même implicite, d'un bénéficiaire quelconque pour l'attribution du capital garanti, celui-ci devait être intégré dans la
succession de l'assuré (Cass. Civ., arrêt du 16
février 1983, n°82-10429).
De la même façon, le nantissement du contrat d'assurance sur la vie et la clause de l'avenant
à ce contrat prévoyant la suspension de la désignation initiale des bénéficiaires au profit du créancier nanti permet de considérer que le contrat a été conclu sans désignation d'un bénéficiaire.
Par suite du gage et pendant la durée de la suspension de la désignation des bénéficiaires,
l'administration fiscale est en droit d'opposer aux héritières [...] les dispositions de l'article L. 132-11 du code des
assurances selon lequel lorsque l'assurance en cas de décès a été conclue sans désignation d'un bénéficiaire, le capital ou la rente garantis font partie du patrimoine ou de la succession du
contractant (Cass. Civ.2ème, arrêt du 9 février
2012, n°11-12109)
II. Assurance en cas de décès au profit d'un bénéficiaire déterminé
Deux dispositifs sont dans cette hypothèse applicables de façon alternative, le régime visé à
l'article 757 B du code général des impôts (CGI), ou à défaut le régime prévu à l'article 990 I du
A. Contrats soumis au régime de l'article 757 B du CGI
En principe, les sommes stipulées payables lors du décès de l'assuré à un bénéficiaire
déterminé autre que l'assuré lui-même ou à ses héritiers ne font pas partie de la succession du souscripteur (Code des assurances,
art. L.132-12).
Est considérée comme faite au profit d'un bénéficiaire déterminé, non seulement la convention
conclue au profit d'une personne nommément désignée, mais encore la stipulation par laquelle le contractant attribue le bénéfice de l'assurance soit à sa femme sans indication de nom, soit à ses
enfants et descendants nés ou à naître, soit à ses héritiers ou à ses ayants droit.
Par exception,
l'article 757 B du CGI prévoit qu'au-delà d'un seuil de 30 500 € en capital les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues
directement ou indirectement par un assureur en raison du décès de l'assuré donnent ouverture, sous certaines conditions, aux droits de mutation à titre gratuit suivant le degré de parenté existant
entre le bénéficiaire et l'assuré.
Ces dispositions s'appliquent, mutatis mutandis, aux sommes versées aux ayants droit
d'un ancien combattant que ce dernier ait cotisé en vue de bénéficier de la seule retraite mutualiste du combattant donnant lieu à majoration de l'État ou pour un montant supérieur.
Le bénéficiaire des sommes stipulées payables lors du décès de l'assuré, quelles que soient la
forme et la date de sa désignation, est réputé y avoir eu seul droit à partir du jour du contrat, même si son acceptation est postérieure à la mort de l'assuré.
Considérées comme recueillies par le bénéficiaire en vertu d'un droit direct et personnel
qu'il puise dans la stipulation pour autrui résultant d'un contrat (code civil, art. 1121), les sommes versées en exécution d'un contrat
d'assurance au profit d'un bénéficiaire déterminé échappent donc aux droits de mutation par décès.
Or, ces règles offrent une possibilité d'évasion fiscale, en permettant notamment à des
personnes âgées de souscrire, moyennant une prime proche du capital, un contrat d'assurance-décès au profit d'un tiers ; les sommes ainsi versées lors du décès de l'assuré, ne faisant pas partie de la
succession, ne sont normalement pas soumises aux droits de mutation).
Pour limiter de telles pratiques,
l'article 757 B du CGI prévoit l'assujettissement aux droits de mutation par décès des sommes versées par un assureur à raison
du décès de l'assuré, sous certaines conditions et au-delà d'un certain seuil.
1. Champ d'application de l'article 757 B
L'exigibilité des droits de mutation par décès suivant le lien de parenté existant entre
l'assuré et le bénéficiaire est subordonnée aux conditions suivantes.
a. Le ou les contrats doivent avoir été souscrits à compter du 20 novembre 1991
Le dispositif de
l'article 757 B du CGI ne concerne que les contrats souscrits à compter du 20 novembre 1991.
Tous les contrats d'assurance en cas de décès ou en cas de vie demeurent dans le champ
d'application de cet article, quelle que soit leur dénomination (mixte, temporaire décès, vie entière, ...) et indépendamment de la qualité du bénéficiaire (personne physique ou personne morale).
Remarque : En revanche, les réversions de rente viagère entre
parents en ligne directe continuent à bénéficier de l'exonération de droits de mutation à titre gratuit prévue au 5° du 1 de
l'article 793 du CGI.
Les sommes versées à raison du décès d'un assuré intervenu après l'entrée en vigueur du dispositif de
l'article 757 B du CGI, issu de la loi de finances rectificative pour 1991 n° 91-1323, à un bénéficiaire déterminé en vertu
de contrats souscrits avant le 20 novembre 1991, ne donnent pas ouverture aux droits de mutation par décès, quel que soit l'âge de l'assuré à la date de conclusion du contrat ou du versement des
primes, à la condition toutefois, que ces contrats n'aient pas fait l'objet, depuis le 20 novembre 1991, de modifications essentielles résultant de clauses ayant une incidence sur l'économie du
contrat (RM Dutreil n°26186, JO AN du 20 novembre 1995, p. 4926).
La RM Dutreil n°26186, JO AN du
20 novembre 1995 p. 4926 précise que la simple prorogation de la durée d'un contrat d'assurance-vie est sans incidence sur le régime fiscal applicable qui est fonction de la date de souscription
du contrat, à la condition toutefois que ce contrat n'ait pas fait l'objet de modifications substantielles. Cette doctrine est applicable mutatis mutandis à la tacite reconduction avec la
même réserve, à savoir que le contrat n'ait pas fait l'objet de modifications substantielles.
Il est précisé que le seul versement de nouvelles primes non prévues dans le contrat originel
ou le versement de primes disproportionnées par rapport à celles payées avant le 20 novembre 1991 ne peut pas être analysé comme une modification substantielle de l’économie du contrat de nature à
supprimer l’antériorité du contrat pour la détermination du régime fiscal des nouvelles primes versées.
La réalisation d’un transfert d’un PEP « assurance » vers un autre PEP « assurance », géré par
un organisme différent, ne remet pas en cause l’antériorité du contrat initial, si le transfert est réalisé dans les conditions prévues à l’article 11 du
décret n°90-116 du 5 février 1990
relatif au plan d’épargne populaire et que le nouveau contrat souscrit ne contienne pas de nouvelles clauses de nature à entraîner la novation du contrat initial.
A cet égard, il est précisé que le simple transfert d’un PEP « assurance monosupport » vers un
PEP « assurance multisupport », ne constitue pas une novation pour l’application de l'article 757 B du CGI.
La transformation d'un contrat d'assurance-vie ou d'un bon ou contrat de capitalisation en
euros en un bon ou contrat dont une part significative ou l'intégralité des sommes versées est affectée à l'acquisition de droits exprimés en unités de compte (contrats multisupports) ne remet pas en
cause l'antériorité du contrat.
b. Les primes doivent avoir été versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré
L'âge de l'assuré à la date du versement des primes est le critère déterminant de
l'assujettissement aux droits de succession des sommes dues par l'assureur aux bénéficiaires.
À cet égard, il est précisé qu'il convient de retenir l'âge de l'assuré sur la tête duquel le
contrat en cause est souscrit et non l'âge du souscripteur qui peut être une personne différente de l'assuré.
Dès lors, les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues par un assureur à raison du décès de
l'assuré, donnent ouverture aux droits de mutation par décès à concurrence de la fraction des primes qui ont été versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, quel que soit l'âge de
l'assuré au moment de la souscription du contrat.
Autrement dit, toutes les primes versées (sans déduction des frais de gestion) après le
soixante-dixième anniversaire de l'assuré entrent dans le champ d'application des droits de mutation par décès dès lors que le contrat a été souscrit à compter du 20 novembre 1991.
Lors du décès de l'adhérent d'un PERP, la rente viagère doit être, le cas échéant,
expressément stipulée payable à un bénéficiaire déterminé ou, à défaut, à son conjoint ou sous forme de rente temporaire d'éducation à des enfants mineurs. Par conséquent, la rente ne fait jamais
partie de la succession de l'adhérent, sous réserve de l'application de l'article 757 B du CGI.
Remarque : La dénomination « PERP », qui résulte du
décret n°2004-346 du 21 avril 2004, s'est substituée à celle de « plan d'épargne individuel pour la retraite »
(PEIR) sous laquelle ce produit d'épargne retraite avait été créé par l'article 108 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites.
Demeurent donc exonérées de droits de mutation par décès, les sommes versées sur le PERP avant
le soixante-dixième anniversaire de l'adhérent et les primes versées après le soixante-dixième anniversaire de ce dernier dans la limite du seuil fixé par
l'article 757 B du CGI (cf. II-A-2-b au § 200).
2. Détermination de la base taxable
L'assiette taxable est constituée de la fraction des primes versées après le soixante-dixième
anniversaire de l'assuré, qui excède le seuil fixé à l'article 757 B du CGI.
a. Les primes à prendre en compte pour déterminer l'assiette des droits de mutation par décès
Seules les primes versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré sont inclues dans
l'assiette des droits de mutation par décès.
Sont donc exclues de l'assiette les sommes qui correspondent :
- aux primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l'assuré ;
- aux produits attachés au contrat (intérêts, attributions ou participations aux bénéficies,
...) y compris ceux afférents aux primes versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré.
M. X. est âgé de plus de soixante-dix ans lorsqu'il souscrit en janvier 2002 un contrat à prime
unique sur sa tête pour un montant de 90 000 € ; le bénéficiaire désigné au contrat est son fils M. Y.
M. X. décède en septembre 2002.
Le capital dû par l'assureur à raison du décès de l'assuré au profit du bénéficiaire désigné
est de 93 000 €.
Les 3 000 € correspondant aux produits attachés au contrat sont exonérés de droits de mutation
L'assiette imposable des sommes versées par l'assureur est déterminée comme suit :
- prime versée après l'âge de soixante-dix ans : 90 000 € ;
- abattement : 30 500 € ;
Somme imposable à inclure dans la part taxable du fils, M. Y. : 60 500 €.
M. X., né le 25 mars 1938, a souscrit un contrat d'assurance le 15 décembre 2002 et versé le
même jour une prime de 70 000 €.
Le 6 juin 2008 il verse une prime de 76 000 €.
Il décède le 8 septembre 2008.
Le bénéficiaire désigné du contrat, son neveu M. Y., reçoit un capital de 160 000 €.
Les 14 000 € correspondant aux produits attachés au contrat sont exonérés de droits de mutation
par décès, de même que la fraction du capital égale au montant de la prime versée avant l'âge de soixante-dix ans, soit 70 000 € qui est en revanche soumise au régime prévu par
l'article 990 I du CGI .
Sur les 76 000 € de prime payée après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, la fraction
de 45 500 €, qui correspond à la prime en cause déduction faite de l'abattement de 30 500 €, est assujettie aux droits de mutation par décès dans les conditions de droit commun suivant le lien de
parenté existant entre l'assuré et le bénéficiaire désigné.
Lorsque des contrats sont souscrits en unités de compte (parts de SICAV, de SCI etc.), il
convient de retenir la valeur en euros des primes versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, au jour de leur paiement.
Les rachats partiels effectués par les souscripteurs ainsi que les avances accordées par les
assureurs et non remboursées au décès de l'assuré restent sans incidence sur la détermination de l'assiette de la taxation dans le cadre du nouveau dispositif de
l'article 757 B du CGI.
Dans l’hypothèse où les capitaux versés par l’assureur sont inférieurs aux primes versées
après le soixante-dixième anniversaire de l’assuré, l’assiette des droits est limitée aux capitaux versés aux bénéficiaires.
Cet aménagement relatif aux règles d’assiette s’applique non seulement en raison de rachats
partiels et d’avances non remboursées au décès de l’assuré mais aussi dans le cas d’une baisse de la valeur des unités de compte de référence s’agissant de contrats d’assurance dont la garantie est
exprimée en unités de compte.
Dans ces situations, l’abattement visé à
l'article 757 B du CGI s’applique, dans les conditions de droit commun exposées ci-après (cf.
II-A-2-b au § 200), au montant des capitaux versés.
La même solution s'applique, mutatis mutandis, pour les contrats prévoyant le
versement d'une rente viagère immédiate avec garantie de réserve.
b. Détermination de l'abattement applicable
L'abattement visé à
l'article 757 B du CGI, au delà duquel les primes définies ci-avant sont taxables, est global, quel que soit le nombre de
contrats et de bénéficiaires de ce ou ces contrats.
Lorsque plusieurs contrats sont conclus sur la tête d'un même assuré, il convient de retenir,
pour la taxation aux droits de succession, la fraction des primes versées au titre de ces différents contrats après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré.
L'abattement est donc appliqué en globalisant toutes les primes versées après le
soixante-dixième anniversaire de l'assuré au titre des contrats souscrits sur sa tête par lui-même ou par des tiers.
Remarque : Il y a lieu, le cas échéant, de prendre également en compte les
primes versées au titre du PERP.
1° Répartition de l'abattement en cas de pluralité de bénéficiaires
En cas de pluralité de bénéficiaires, l'abattement est réparti entre les bénéficiaires
concernés au prorata de la part leur revenant dans les primes taxables aux termes du ou des contrats.
M. X., âgé de plus de soixante-dix ans, a souscrit en 2004 plusieurs contrats :
- le 20 janvier, un contrat à prime unique de 90 000 € au profit de M. A. ;
- le 15 juin, un contrat à prime unique de 60 000 € au profit de MM. B et C pour la moitié
chacun ;
- le 10 septembre, un contrat à prime unique de 106 000 € au profit de MM. A et B pour la
moitié chacun.
Il décède en février 2005. Les capitaux dus par les assureurs s'élèvent à :
- 93 000 € au profit de M. A (contrat souscrit en janvier 2004) ;
- 31 500 € au profit de M. B et 31 500 € au profit de M. C (contrat souscrit en juin 2004) ;
- 55 000 € au profit de M. A et 55 000 € au profit de M. B (contrat souscrit en septembre
Pour la liquidation des droits de mutation à titre gratuit, il convient de retenir toutes les
primes versées par M. X. dès lors que les contrats avaient été souscrits après le 20 novembre 1991 et que l'intéressé avait plus de soixante-dix ans lors de leur versement.
Primes imposables : 90 000 + 60 000 + 106 000 = 256 000 €
L'abattement de 30 500 € doit être réparti entre les différents bénéficiaires en fonction du
prorata de leur part dans les primes imposables.
Primes imposables au titre des contrats souscrits les :
Calcul du prorata d'abattement revenant à chaque bénéficiaire
(30 500 x 143 000) / 256 000 = 17 037 €
(30 500 x 83 000) / 256 000 = 9 889 €
(30 500 x 30 000) / 256 000 = 3 574 €
26 526 €
Les personnes exonérées de droits de mutation par décès (conjoint survivant, partenaire lié au
défunt par un PACS et sous certaines conditions les frères et sœurs vivant ensemble), sont également exonérées de droits de mutation par décès sur les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues
directement ou indirectement par un assureur, à raison du décès de l'assuré.
Il en résulte qu'en cas de pluralité de bénéficiaires, il n'est pas tenu compte de la part
revenant aux personnes exonérées de droits de mutation par décès, pour répartir l'abattement visé à l'article 757 B du CGI
entre les différents bénéficiaires.
Cette solution a vocation à s'appliquer dans toutes les situations où un bénéficiaire est exonéré de
droits de mutation par décès (RM Le Nay n°18066, JO AN du 8 juillet 2008, p. 5948).
M. X, âgé de plus de soixante-dix ans, a souscrit en 2004 plusieurs contrats :
- le 20 janvier, un contrat à prime unique de 60 000 € au profit de son fils Paul ;
- le 15 juin, un contrat à prime unique de 40 000 € au profit de sa femme Caroline ;
- le 10 septembre, un contrat à prime unique de 70 000 € au profit de sa fille Marie.
Il décède le 1er novembre 2008. Les capitaux dus par les assureurs s'élèvent à :
- 66 000 € au profit de Paul ;
- 42 000 € au profit de Caroline ;
- 72 000 € au profit de Marie.
primes versées par M. X dès lors que les contrats ont été souscrits après le 20 novembre 1991 et que l'intéressé avait plus de soixante-dix ans lors de leur versement. Toutefois, comme l'un des
bénéficiaires est le conjoint-survivant, il convient de retirer les primes versées par M. X au profit de son conjoint. Celui-ci est en effet exonéré de droits de mutation par décès.
Primes imposables : 60 000 € + 70 000 € = 130 000 €.
L'abattement de 30 500 € doit être réparti entre les différents bénéficiaires, en fonction du
Caroline (épouse)
(exonérée de droits de mutation par décès)
30 500 x (60 000 / 130 000) = 14 077 €
30 500 x (70 000 / 130 000) = 16 423 €
45 923 €
53 577 €
2° Répartition de l'abattement en cas de démembrement de la clause bénéficiaire
En cas de démembrement de la clause bénéficiaire, le nu-propriétaire et l'usufruitier sont
considérés comme bénéficiaires au prorata de la part leur revenant dans les sommes, rentes ou valeurs versées, déterminé selon le barème prévu à
l'article 669 du CGI.
L'abattement de 30 500 € (ou une portion de cet abattement, en présence d'autres
bénéficiaires et/ou d'autres contrats) est réparti entre l'usufruitier et le nu-propriétaire selon le même barème de l'article 669 du CGI.
3° Application des abattements de droit commun
L'assujettissement aux droits de mutation par décès, en application des dispositions de
l'article 757 B du CGI, des sommes dues par un assureur dans le cadre de contrats souscrits à compter du 20 novembre 1991 à
un bénéficiaire déterminé, est indépendant du fait que ce dernier a ou non la qualité d'héritier, de légataire ou de donataire de l'assuré décédé. Ces sommes donnent donc, à concurrence de la fraction
qui excède 30 500 euros des primes versées après le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, ouverture aux droits de mutation par décès dans les conditions de droit commun suivant le lien de parenté
existant entre le bénéficiaire à titre gratuit et l'assuré. Par suite, il y a lieu d'appliquer les abattements prévus à l'article
779 du CGI et à l'article 788 du CGI qui constituent un élément du tarif des droits de mutation par décès. Dès lors,
l'abattement prévu au II de l'article 779 du CGI est susceptible de s'appliquer aux sommes reçues par un bénéficiaire non héritier, légataire ou donataire de l'assuré décédé, dès lors qu'il est
incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité, en raison d'une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise
(RM Briand n°22518, JO AN du 12 avril 1999, p. 2208 ).
4° Incidence du mécanisme de la représentation
a° La représentation ne s'applique pas aux sommes transmises dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie
Conformément à l'article
L. 132-12 du code des assurances, les sommes payées en vertu d'un contrat d'assurance-vie à un bénéficiaire déterminé ne font pas partie de la succession de l'assuré. Dans cette situation, les
droits de mutation par décès sont donc calculés suivant le degré de parenté existant entre le bénéficiaire et l'assuré décédé
(CGI, art. 757 B).
L'assurance-vie étant une stipulation pour autrui, lorsque aucun bénéficiaire n'est déterminé,
ou que celui-ci est décédé, les sommes viennent s'ajouter à l'actif successoral. Il n'est donc pas possible d'être bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie par représentation d'un bénéficiaire
prédécédé.
Dans le cas particulier où le bénéficiaire désigné décède après l'assuré, mais sans avoir
déclaré son acceptation, et en l'absence de bénéficiaire en sous-ordre, les sommes reviennent aux héritiers du bénéficiaire
(C.Cass, 1ère chambre civile, arrêt du 9 juin
1998, n° 96-10794).
b° Cas où le représentant est également bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie conclu par le défunt
Dans cette situation, et dès lors que le mécanisme de la représentation ne s'applique pas en
matière d'assurance-vie, il y a lieu de procéder à une « double liquidation ».
Ainsi, lorsqu'un petit-fils vient à la succession de son grand-père par représentation de son
père prédécédé et qu'il est par ailleurs également bénéficiaire, à titre personnel, d'un contrat d'assurance-vie souscrit par son grand-père, il y a lieu de procéder à une « double liquidation » :
- application de l'abattement prévu pour les enfants au I de
l'article 779 du CGI sur la part attribuée par succession en représentation du fils prédécédé ;
- application de l'abattement prévu au IV de
l'article 788 du CGI (à défaut d'un autre abattement applicable) sur les sommes versées en raison d'un contrat d'assurance-vie
et imposées en vertu des dispositions de l'article 757 B du CGI.
De même, si un neveu vient à la succession de son oncle par représentation du frère prédécédé et qu'il
est également bénéficiaire, à titre personnel, d'un contrat d'assurance-vie souscrit par son oncle, il y a lieu d'effectuer une « double liquidation » des droits de mutation à titre gratuit
(RM Le Nay n°59852, JO AN 23 février 2010, p 2052 ).
Ainsi, si un neveu vient à la succession de son oncle par représentation du frère prédécédé de
ce dernier, et est également légataire particulier d'un bien et bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie souscrit par son oncle, il y a lieu d'effectuer une distinction entre deux masses taxables.
D'une part, les biens reçus par voie légale pour lesquels le mécanisme de la représentation s'applique : il convient alors d'imposer la transmission selon l'abattement et le tarif prévus pour les
frères et sœurs. D'autre part, les biens reçus par voie de legs ainsi que les sommes reçues au titre de l'assurance-vie qu'il convient de taxer, au-delà de l'abattement spécifique prévu à
l'article 757 B du CGI réparti entre les différents bénéficiaires de contrats d'assurance-vie, selon l'abattement personnel et
le tarif prévus pour les neveux.
En revanche, lorsqu'un petit-fils vient à la succession de son grand-père par représentation
de son père prédécédé, lequel était également unique bénéficiaire désigné d'un contrat d'assurance-vie souscrit par le grand-père, il n'y a pas lieu de procéder à une « double liquidation ».
En effet, dans ce cas de figure, dès lors que le contrat d'assurance-vie ne prévoit pas de
bénéficiaire déterminé autre que le père prédécédé, les sommes viennent de fait s'ajouter à l'actif successoral.
Dans ces conditions, les sommes issues du contrat d'assurance-vie ont pour effet d'augmenter
l'actif héréditaire taxable et sont imposées selon les règles de droit commun applicables aux successions.
Ainsi, sur la part attribuée par succession en représentation du fils prédécédé, les droits
sont liquidés en tenant compte de l'abattement visé au I de l'article 779 du CGI et du barème en ligne directe prévu à
l'article 777 du CGI.
Il est précisé que, lorsque la désignation d'un bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie
est effectuée par la formule « à défaut mes héritiers », ceux-ci sont considérés comme des bénéficiaires déterminés du contrat. Aussi les sommes ne font-elles pas partie de la succession du
contractant, mais constituent un droit de créance direct à l'encontre de l'assureur au profit exclusif des bénéficiaires. Une double liquidation est alors justifiée pour chaque héritier, pris, d'une
part, en qualité de successible par représentation, et, d'autre part, en tant que bénéficiaire direct et personnel du contrat d'assurance-vie.
Enfin, en présence d'un représentant bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie ou d'un legs,
la fraction d'abattement du représenté non utilisée sur la part successorale ne peut être imputée sur les sommes reçues en vertu du contrat d'assurance-vie ou des biens reçus en vertu du legs.
1° Obligations des bénéficiaires
Les obligations des bénéficiaires d'un contrat d'assurance sont précisées à
l'article 292 A de l'annexe II au CGI.
Aux termes de l'article 292 A de l'annexe II au CGI, les bénéficiaires des contrats
d'assurance en cas de vie ou en cas de décès souscrits à compter du 20 novembre 1991 ou assimilés doivent déclarer tous les contrats conclus sur la tête d'un même assuré en vertu desquels des primes
ont été versées après son soixante-dixième anniversaire.
Si le bénéficiaire du contrat a la qualité d'héritier, de légataire ou de donataire, ces
indications doivent figurer sur la déclaration qu'il est appelé à souscrire en application des dispositions de l'article 800 du
CGI pour l'ensemble des biens héréditaires qu'il recueille.
Si le bénéficiaire du contrat n'est pas héritier, donataire ou légataire du défunt, il doit
souscrire une déclaration de succession dans les conditions et délai de droit commun.
La déclaration doit préciser, pour chaque contrat, le montant des primes versées après le
soixante-dixième anniversaire de l'assuré.
Les assureurs sont tenus de communiquer ces informations aux bénéficiaires qui en font la
2° Obligations des assureurs : sommes versées en cas de décès
Les obligations des assureurs sont examinées au
BOI-ENR-DMTG-10-70-10 au III-B-1 § 130 à 200.
B. Contrat soumis à l'application de l'article 990 I du CGI
Se reporter au BOI-TCAS-AUT-60 pour le régime fiscal et au
BOI-ENR-DMTG-10-70-10 au III-B-2 § 210 à 250 pour les obligations des assureurs.
M. X. est âgé de soixante-sept ans lorsqu'il souscrit en janvier 2002 un contrat d'assurance
sur la vie ; le bénéficiaire désigné au contrat est son neveu M. Y. ; une prime unique de 90 000 € est versée.
Dès lors que le contrat d'assurance a été souscrit après le 20 novembre 1991,
l'article 757 B du CGI s'applique mais la prime unique ayant été versée avant le soixante-dixième anniversaire de l'assuré, le
capital de 93 000 € qui sera versé au bénéficiaire désigné ne donnera pas ouverture aux droits de mutation par décès.
En revanche, le capital de 93 000 € est soumis au régime prévu par
M. X., âgé de soixante-sept ans, a souscrit un contrat d'assurance en cas de décès en octobre
1991 ; le bénéficiaire désigné au contrat est son neveu M. Y. Une prime unique de 90 000 € est versée.
M. X. décède en juin 2011.
n'est pas imposable.
Dès lors que le contrat d'assurance a été souscrit avant le 20 novembre 1991 et la prime versée
avant le 13 octobre 1998, le capital versé au bénéficiaire désigné n'a donné ouverture à aucun droit de mutation par décès.
C. Contrats non dénoués au décès du souscripteur ou du bénéficiaire
L’article L. 132-12 du
code des assurances dispose que « Le capital ou la rente stipulés payables lors du décès de l'assuré à un bénéficiaire déterminé ou à ses héritiers ne font pas partie de la succession de
l'assuré. Le bénéficiaire, quelles que soient la forme et la date de sa désignation, est réputé y avoir eu seul droit à partir du jour du contrat, même si son acceptation est postérieure à la mort de
l'assuré ». Ces dispositions ne sont applicables qu'en cas de décès de l'assuré entraînant le dénouement du contrat d'assurance vie.
Ainsi lorsque l'assuré n'est pas décédé, le régime fiscal de l'assurance vie prévu à
l'article 757 B du CGI ou à l'article 990 I du CGI ne s'applique pas. Il en résulte que la valeur de rachat de tout contrat non dénoué est soumise aux droits de succession dans les conditions de droit commun.
En particulier, lorsque le contrat a été souscrit avec des fonds communs et que le
souscripteur ou le bénéficiaire est décédé, la valeur du contrat doit être portée à l'actif de la communauté. La masse de la succession est ainsi augmentée de la moitié de la valeur de rachat du
contrat d'assurance-vie.
A cet égard, la RM Bacquet
n°26231, JO AN du 29 juin 2010, p. 7283 précise que conformément à l'article 1401 du code civil, et sous réserve de l'appréciation
souveraine des juges du fond, la valeur de rachat des contrats d'assurance vie souscrits avec des fonds communs fait partie de l'actif de communauté soumis aux droits de succession dans les conditions
de droit commun.
S'agissant d'un contrat souscrit avec des fonds propres du défunt qui n'est pas l'assuré, sa
valeur de rachat doit donc être également portée à l'actif de sa succession. /bofip/3456-PGP.html?identifiant=BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20-20130709