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Timestamp: 2017-01-19 09:38:42+00:00
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⭐Services d ambulance terrestre
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1 Chapitre 3 Section 3.04 Ministère de la Santé et des Soins de longue durée Services d ambulance terrestre Contexte RESPONSABILITÉS La prestation des services d ambulance terrestre en Ontario est régie par la Loi sur les ambulances (la Loi). En vertu de cette loi, la ministre de la Santé et des Soins de longue durée doit assurer «l existence dans tout l Ontario d un réseau équilibré et intégré de services d ambulance et de services de communication utilisés pour l expédition d ambulances». La Loi stipule en outre que chaque municipalité doit «veiller à la fourniture satisfaisante des services d ambulance terrestre dans la municipalité, conformément aux besoins des personnes qui s y trouvent». Ainsi, 42 municipalités et huit autres agents de prestation désignés situés principalement dans des régions éloignées (ci-après désignées collectivement les municipalités) ont la responsabilité d assurer la prestation des services d ambulance terrestre en Ontario. Si la plupart des municipalités offrent les services directement, environ 15 % ont choisi d en confier la prestation à un tiers. De manière générale, les services d ambulance terrestre sont dispensés par deux types d ambulanciers paramédicaux, à savoir les ambulanciers de premier niveau (qui exécutent les procédures de base et certaines procédures avancées de maintien des fonctions vitales) et ceux de niveau avancé (qui exécutent les procédures de base et toutes les procédures avancées de maintien des fonctions vitales). En tout, les municipalités comptent environ 830 ambulances et 300 autres véhicules d intervention en cas d urgence (ces véhicules sont dotés d un ambulancier paramédical, mais ils ne peuvent pas transporter de patients). Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (le Ministère) supervise les services d ambulance d après les exigences énoncées dans la Loi. Il lui incombe notamment d établir des normes pour le matériel ambulancier et les soins dispensés aux patients, de surveiller et d assurer la conformité à ces normes et, au moyen de l examen des services, de certifier que les fournisseurs de services d ambulance peuvent exercer leurs activités en Ontario. La fonction d ambulance terrestre du Ministère compte environ 560 équivalents temps plein dont la plupart travaillent dans les centres de répartition administrés par le Ministère. CENTRES DE RÉPARTITION ET BASES HOSPITALIÈRES En Ontario, l expédition des ambulances terrestres relève de 22 centres de répartition dont 11 sont administrés par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée, six par des hôpitaux, quatre par des municipalités et un par un exploitant privé. 1432 144 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario De plus, sept bases hospitalières (dont chacune comprend un groupe de médecins travaillant dans un hôpital) assurent la supervision médicale des ambulanciers paramédicaux en leur offrant, notamment, les conseils requis en matière de soins préhospitaliers ainsi que de la formation continue. Depuis 2008, le nombre d appels pour obtenir le service d une ambulance, le nombre d expéditions d ambulance et le nombre de patients transportés augmentent constamment, comme on peut le voir dans la Figure 1. En 2012, il y a eu environ 1,3 million d expéditions d ambulance en Ontario et environ patients ont été transportés, ce qui représente une augmentation d environ 15 % dans les deux cas depuis FINANCEMENT Au cours des dernières années, le Ministère a financé environ 50 % des coûts engagés par chaque municipalité au cours de l année précédente au Figure 1 : Nombre d appels reçus, d ambulances expédiées 1, 2 et de patients transportés, Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée Nombre d appels reçus Nombre d ambulances expédiées Nombre de patients transportés Bien que ce ne soit pas inclus dans le nombre d ambulances expédiées, le travail de répartition comprend également l expédition des véhicules d intervention en cas d urgence il y a eu expéditions de ces véhicules en 2012 et le repositionnement des ambulances (p. ex. pour les rapprocher de la prochaine demande d intervention prévue repositionnements en 2012). 2. Alors qu on expédie en général une ambulance pour répondre à chaque appel reçu, il arrive dans certains cas (p. ex. un accident de la route) que le nombre d appels reçus est beaucoup plus important que le nombre d ambulances expédiées. Dans d autres cas (p. ex. quand l ambulance la plus proche est expédiée et quand l ambulance la plus proche dotée d un ambulancier paramédical de niveau avancé est expédiée), le nombre d ambulances expédiées sera plus important que le nombre d appels reçus. titre des services d ambulance terrestre municipaux, majorés pour tenir compte de l inflation. Le Ministère finance le coût intégral des services d ambulance terrestre fournis par les 10 services d ambulance des Premières Nations ainsi que de la prestation de ces services dans d autres endroits (principalement des régions éloignées). Il finance également la totalité des coûts approuvés par le Ministère pour les centres de répartition et les bases hospitalières. Pour l exercice , les coûts totaux estimatifs des services d ambulance terrestre s élevaient à 1,1 milliard de dollars, financés à hauteur de 627 millions de dollars par le Ministère (comme indiqué dans la Figure 2) et de 477 millions de dollars par les municipalités. Le financement ministériel comprend un montant de 12 millions de dollars pour le programme des infirmières de déchargement. Dans le cadre de ce programme, du personnel infirmier de l hôpital prend en charge les patients arrivés en ambulance afin de réduire le temps d attente des ambulances dans les hôpitaux achalandés. On trouvera un glossaire à la fin du présent rapport. Figure 2 : Dépenses ministérielles et municipales estimatives consacrées aux services d ambulance terrestre, (en millions de dollars) Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée Répartition (financement ministériel), 103 M$ Administration ministérielle (financement ministériel), 21 M$ Bases hospitalières (financement ministériel), 15 M$ Autre (financement ministériel), 15 M$ Services municipaux d ambulance terrestre (financement municipal), 477 M$ Services municipaux d ambulance terrestre (financement ministériel, y compris pour le programme d infirmières de déchargement), 473 M$3 Services d ambulance terrestre 145 Objectif et portée de l audit Notre audit visait à déterminer si le Ministère avait mis en place des procédures pour s assurer, d une part, que les services d ambulance terrestre municipaux répondent de manière efficiente aux besoins des Ontariens en matière de soin et de transport des patients et, d autre part, qu ils respectent les exigences ministérielles et législatives. La haute direction du Ministère a examiné et accepté notre objectif ainsi que les critères d audit connexes. Notre travail d audit s est effectué principalement à la Direction des services de santé d urgence du Ministère. Nous avons rendu visite également à trois services d ambulance municipaux, soit les Services médicaux d urgence de Toronto (administrés par la Ville de Toronto), les Services médicaux d urgence de Superior North (administrés par la Ville de Thunder Bay) et les Services médicaux d urgence d Essex-Windsor (administrés par le Comté d Essex), pour examiner des registres comptables se rapportant aux subventions ministérielles versées aux municipalités et connaître leur point de vue sur la prestation des services d ambulance terrestre en Ontario. Nous avons aussi rendu visite à deux centres de répartition, l un exploité par le Ministère et l autre par une municipalité, et à une base hospitalière afin d obtenir de plus amples renseignements sur leurs politiques et leurs pratiques en lien avec les services d ambulance terrestre. Nous avons également discuté avec des représentants de l Ontario Association of Paramedic Chiefs un organisme sans but lucratif composé de cadres supérieurs provenant de 46 municipalités et de neuf fournisseurs de services d ambulance à forfait, qui conseille le Ministère sur les services médicaux d urgence et de l Association des hôpitaux de l Ontario pour connaître leur point de vue sur les services d ambulance terrestre. Nous avons aussi rencontré des représentants de l Ontario Stroke Network et du Réseau ontarien de soins cardiaques pour en apprendre davantage sur le transport par ambulance des patients victimes d un accident vasculaire cérébral (AVC) et de ceux victimes d un arrêt cardiaque. Dans le cadre de notre audit, nous avons : examiné les documents pertinents ainsi que les politiques et procédures administratives; analysé des renseignements; interrogé le personnel compétent du Ministère, des services d ambulance terrestre municipaux, des bases hospitalières et des centres de répartition; passé en revue les études pertinentes de l Ontario et d autres administrations. Par ailleurs, nous avons demandé au Ministère d exécuter un certain nombre de rapports informatisés pour nous aider dans l analyse des protocoles de répartition. Nous avons également retenu à titre consultatif les services de deux experts-conseils indépendants ayant une connaissance approfondie des services d ambulance terrestre. Résumé Le financement octroyé par le Ministère aux municipalités a presque doublé entre et Les plus fortes augmentations, enregistrées entre et , reflétaient l engagement du gouvernement à fournir 50 % du coût des services d ambulance terrestre et l accroissement subséquent de la subvention, qui est passée de 241 à 401 millions de dollars. Les hausses annuelles s élèvent à 6 % en moyenne depuis Dans l ensemble, bien que le financement des services d ambulance terrestre ait presque doublé, le nombre de patients transportés durant la même période a augmenté de seulement 18 %. Par ailleurs, il n y a pas de mesure axée sur le patient du temps écoulé entre la réception de l appel et l arrivée de l ambulance auprès du patient. Le Ministère ignore si les fonds supplémentaires versés se sont traduits par une meilleure optimisation des ressources quant aux niveaux de service et aux résultats pour les patients. D après les données du Ministère, on note une certaine amélioration des4 146 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario délais d intervention des services d ambulance depuis 2005; toutefois, durant l année civile 2012, il n y avait toujours qu environ 60 % des 50 municipalités qui répondaient à 90 % des appels d urgence dans un délai de 15 minutes, comme indiqué dans la Figure 5. La formule de financement du Ministère fait en sorte qu il octroie un montant plus élevé aux services d ambulance terrestre dont les dépenses sont plus élevées, sans égard au niveau de service réel fourni. Le Ministère a indiqué qu il fallait s attendre à des niveaux de service différents et qu il n avait pas comparé le financement versé à chaque municipalité avec les services d ambulance fournis. En outre, il n avait pas déterminé la raison des écarts de financement, lesquels pouvaient découler de différences sur le plan des distances parcourues par les ambulances pour le transport des patients (milieu urbain par rapport à milieu rural), de l efficience de l exploitation des services d ambulance, des priorités des municipalités ou du financement municipal provenant de l imposition foncière. D après les données de l Initiative d analyse comparative des services municipaux de l Ontario (IACSM) qui représente certaines municipalités, le coût total par heure de service d ambulance terrestre en 2012, parmi les 13 municipalités déclarantes, se situait entre 156 $ et 247 $; on notait des écarts de coût importants même entre les municipalités urbaines. Le Ministère n a ni consigné ni examiné de renseignements sur les résultats pour les patients, comme le taux de survie des personnes victimes d un arrêt cardiaque ou d un AVC qui ont été transportées à l hôpital, que ce soit globalement ou par service d ambulance. Ce genre de renseignements pourrait lui permettre d améliorer les services d ambulance. Certains aspects des processus d assurance de la qualité ont été améliorés depuis l audit que nous avons effectué en 2005, notamment l exécution en temps plus opportun du suivi de l examen des services. Toutefois, le Ministère devra faire davantage pour s assurer que le personnel de répartition fait l objet d une évaluation uniforme et que sa charge de travail demeure raisonnable afin de prévenir les erreurs dans le processus de répartition. Nous avons également remarqué que des mesures s imposent dans les domaines ci-dessous. Délais d intervention des services d ambulance Bien que le Ministère ait adopté récemment des mesures plus pertinentes à propos des délais d intervention pour les patients pour qui le temps est un facteur déterminant (p. ex. les victimes d un étouffement ou d un arrêt cardiaque), il n a pas fixé d objectif normalisé en matière de délais d intervention pour les autres patients nécessitant des soins très urgents (p. ex. les victimes d un AVC ou la plupart des patients victimes d une crise cardiaque). Chaque municipalité fixe ses propres objectifs en matière de délais d intervention pour le transport de ces patients, et les objectifs varient considérablement en fonction de facteurs tels que les distances à parcourir et le montant du financement municipal provenant de l imposition foncière. Le Ministère doit veiller à ce que les municipalités déclarent les délais d intervention d une façon uniforme et comparable, en tenant compte des différences géographiques, de sorte que les utilisateurs puissent vraiment comparer le rendement des municipalités. En 2006, le Comité permanent des comptes publics (le Comité) a recommandé que des objectifs similaires en matière de délais d intervention soient appliqués à des collectivités similaires. Malgré la recommandation formulée en 2006 par le groupe de travail du Ministère sur les normes en matière de délais d intervention, le Ministère n a toujours pas élaboré de définitions pour établir des délais d intervention cibles différents pour des régions géographiques différentes. Le Ministère prévoit de commencer à rendre compte publiquement en 2014 des délais d intervention des services d ambulance terrestre5 Services d ambulance terrestre 147 municipaux. Selon la nouvelle approche adoptée par le Ministère pour mesurer les délais d intervention des services d ambulance, les municipalités ne rendront plus compte des délais d après l évaluation de l urgence de l appel au moment où l ambulance est expédiée pour aller chercher un patient. Elles rendront plutôt compte de la rapidité avec laquelle le patient a été pris en charge d après l évaluation de son état par les ambulanciers paramédicaux quand l ambulance arrive sur les lieux. Le Ministère n avait pas analysé les problèmes inhérents à l utilisation de cette approche rétrospective pour mesurer les délais d intervention des services d ambulance. D après nos recherches, aucune autre administration n utilisait une telle approche. En général, les autres administrations mesurent les délais d intervention d après l évaluation de l urgence de l appel au moment de la répartition. Répartition En 2012, 20 des 22 centres de répartition consignaient leurs délais d expédition des ambulances pour répondre aux appels urgents. Aucun d entre eux n avait expédié une ambulance dans un délai de deux minutes pour 90 % des appels urgents comme l exige la politique ministérielle. Toutefois, tous les centres de répartition avaient expédié une ambulance dans un délai de trois minutes et demie pour 90 % de ces appels. Bien que la répartition soit une responsabilité législative du Ministère et que celui-ci administre la moitié des centres de répartition, chaque centre peut choisir à compter de 2013 le pourcentage d appels à priorité élevée pour lequel il doit expédier une ambulance dans un délai de deux minutes. Nous avons remarqué que les pourcentages choisis variaient d entre 70 % et 90 %. Cet écart pourrait avoir des répercussions sur les délais d intervention dans le cas des patients nécessitant des soins urgents. En général, les protocoles de répartition sont conçus de manière à surévaluer le degré de priorité des appels quand l état du patient est incertain. Environ 25 % des patients seulement nécessitent réellement une intervention très urgente, mais environ les deux tiers des appels reçoivent le code le plus urgent, lequel nécessite l intervention la plus rapide. Les municipalités avec lesquelles nous avons discuté ont indiqué que la surévaluation du degré de priorité d un aussi grand nombre d appels peut avoir comme conséquence qu il restera peu d ambulances sinon aucune pour répondre à de nouveaux appels vraiment urgents et que des retards pourraient s ensuivre. Dans les deux centres de répartition qui utilisent un système de répartition différent, il n y avait pas eu autant d appels surévalués. Le Ministère n a pas évalué si le nombre actuel de centres de répartition donne un rendement optimal. La centralisation des activités de répartition pourrait permettre de maîtriser les coûts et de garantir que l ambulance la plus proche est expédiée pour répondre à un appel. Parmi les centres de répartition, un seul est en mesure d indiquer aux personnes qui appellent l emplacement des défibrillateurs externes automatisés (DEA) accessibles au public, alors que ces appareils peuvent nettement améliorer le taux de survie des patients victimes d un arrêt cardiaque lorsqu on y a accès en quelques minutes. Les autres centres de répartition sont incapables de dire si un DEA se trouve à proximité d une personne en détresse. Par conséquent, il se peut que la personne qui appelle mette plus de temps à repérer un DEA, ce qui peut mettre en péril la vie du patient. Les véhicules d intervention en cas d urgence autre que les ambulances, à bord desquels on ne peut pas transporter de patients et dont l intervention nécessite également l expédition d une ambulance, représentent environ 25 % du parc d ambulances municipal alors6 148 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario que ces véhicules n interviennent que dans 10 % des cas. Les véhicules d intervention en cas d urgence sont financés par le Ministère à hauteur d environ 50 %, et les municipalités visitées ont indiqué qu ils servaient souvent à des fins administratives au lieu d être déployés pour répondre aux demandes de service d ambulance. Une partie du financement provincial pourrait possiblement être utilisée de façon plus judicieuse afin de servir les personnes qui appellent pour obtenir les services d une ambulance. Transport des patients à l hôpital Le Ministère n a pas adopté de protocole provincial pour faciliter l identification cohérente de certains patients victimes d une crise cardiaque (appelés patients «STEMI», sigle qui signifie infarctus du myocarde avec élévation du segment ST un type de crise cardiaque causée par l obstruction d une artère). On peut grandement améliorer les résultats pour ces patients si on les transporte rapidement vers des centres de soins spécialisés. D après une enquête menée en juin 2013 par le Réseau ontarien de soins cardiaques, les ambulances ne sont pas toutes dotées du matériel d électrocardiographie approprié ni d ambulanciers paramédicaux ayant reçu la formation nécessaire pour interpréter les résultats de l électrocardiogramme (ECG) et identifier les patients STEMI afin qu ils bénéficient d un traitement rapide produisant de meilleurs résultats. La politique ministérielle exige que tous les patients soient transportés par une ambulance répondant à un appel, sauf si le patient signe un formulaire de refus du transport. Le Ministère n a pas évalué le recours à des stratégies de réacheminement des patients du service des urgences pour réduire le temps d attente des ambulances à l hôpital et leur permettre ainsi de répondre plus rapidement à de nouveaux appels. Entre autres stratégies semblables à celles utilisées avec succès dans d autres administrations, mentionnons l aiguillage des patients à faible risque vers Télésanté Ontario pour qu ils obtiennent les conseils d une infirmière, ou le traitement sur place des patients à faible risque par les ambulanciers paramédicaux sans transport du patient. Nous avons néanmoins remarqué que pour plus de 25 % des expéditions d ambulance (soit environ expéditions) en 2012, il n y a pas eu transport de patient. Le Ministère n a pas évalué les raisons sousjacentes de ces cas pour déterminer, entre autres, combien sont imputables au fait que le patient a refusé le transport, que la demande d intervention a été annulée avant l arrivée de l ambulance ou que les ambulanciers paramédicaux ont pu traiter le patient sur les lieux. Transfert des patients à l hôpital Le Ministère a commencé à financer un programme d infirmières de déchargement en 2008 à titre de mesure temporaire pour réduire le temps que le personnel ambulancier passe dans les hôpitaux à attendre qu un patient soit admis. Il n a pas évalué l efficacité continue de ce programme ni analysé s il existe des solutions plus efficientes pour réduire les délais de déchargement. Entre les exercices et , le financement ministériel total de ce programme s est élevé à 40 millions de dollars. Depuis la mise en oeuvre du programme, nous avons constaté que le temps d attente du personnel ambulancier a en fait augmenté dans 20 % des hôpitaux qui reçoivent du financement à cet égard. Les données du Ministère indiquaient des délais de déchargement de plus de 30 minutes pour environ 80 % des ambulances transportant les patients nécessitant les soins les plus urgents, mais le Ministère ignorait de manière générale si cette situation était due au fait que le patient n était pas admis7 Services d ambulance terrestre 149 à l hôpital ou à d autres raisons (p. ex. le temps passé à nettoyer et à réapprovisionner l ambulance). Dans la province, il n y a qu une seule municipalité où les hôpitaux informent le centre de répartition municipal lorsqu un patient transporté est admis à l hôpital. Par conséquent, c est la seule municipalité qui est en mesure de déterminer le temps que met un hôpital à admettre un patient après l arrivée d une ambulance. Les ambulanciers paramédicaux renseignent verbalement le personnel du service des urgences sur l état du patient. En général, les dossiers des patients ne peuvent pas être communiqués par voie électronique parce que les dossiers électroniques sur les soins prodigués au patient, mis en place par la plupart des services d ambulance terrestre municipaux au cours des dernières années, ne sont pas compatibles avec les systèmes des hôpitaux. Dans certains cas, les services des urgences ne reçoivent ces dossiers que plusieurs jours plus tard et ils ne reçoivent pas du tout les résultats de certains tests, ce qui peut avoir des répercussions sur les décisions relatives aux traitements pour lesquels le temps est un facteur déterminant. Assurance de la qualité des soins prodigués aux patients Le Ministère a confié aux services d ambulance terrestre municipaux la responsabilité de la surveillance de la majorité des activités liées aux soins paramédicaux des patients les «activités liées aux soins de base de maintien des fonctions vitales», y compris la gestion des douleurs thoraciques, des accouchements et des fractures de la hanche. Les médecins des bases hospitalières, qui ont la responsabilité d examiner l exécution par les ambulanciers paramédicaux des procédures médicales plus complexes ou plus délicates, nous ont dit que les services d ambulance terrestre des municipalités n ont pas nécessairement l expertise voulue pour assurer une surveillance médicale appropriée des activités liées aux soins de base de maintien des fonctions vitales exécutées par les ambulanciers paramédicaux. Constatations détaillées de l audit ORDRE DE PRIORITÉ ET DÉLAI D INTERVENTION Un grand nombre d administrations mesurent le délai d intervention global des services d ambulance, c est-à-dire le temps qui s écoule entre la réception d un appel par le centre de répartition et le moment de l arrivée de l ambulance à l endroit où se trouve le patient. Deux mesures distinctes des délais d intervention sont utilisées en Ontario : le délai d expédition des ambulances le temps qui s écoule entre la réception d un appel et le moment où le répartiteur demande à un service d ambulance d envoyer une ambulance et le délai d intervention des services d ambulance le temps qui s écoule entre le moment où le répartiteur avise le service d ambulance et le moment de l arrivée de l ambulance à l endroit où se trouve le patient. D une part, cette approche permet au Ministère, qui exerce un contrôle sur la répartition en vertu de la Loi, de surveiller les délais d expédition des ambulances et, d autre part, elle permet aux municipalités, qui exercent un contrôle sur la prestation des services d ambulance, de surveiller les délais d intervention de ces services. La plupart des appels reçus au 911 pour demander des services d ambulance terrestre sont acheminés au centre de répartition local le plus proche. Sur les 22 centres de répartition, 20 établissent l ordre de priorité des appels à l aide d un protocole de répartition qui a été élaboré par le Ministère avec la participation des médecins; le protocole,8 150 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario appelé Dispatch Priority Card Index II (DPCI II), est décrit dans la colonne A de la Figure 3. Les deux autres centres utilisent plutôt les codes du système international Medical Priority Dispatch System (MPDS), décrits dans la colonne B de la Figure 3. Le code 4 du DPCI II ainsi que les codes Echo et Delta du MPDS sont considérés comme des appels d urgence et les ambulances sont en général expédiées en mode phares et sirène pour répondre à ces appels. À l arrivée sur les lieux, les ambulanciers paramédicaux évaluent dans quelle mesure le patient nécessite des soins urgents à l aide de l échelle utilisée par les services des urgences, c està-dire l Échelle canadienne de triage et de gravité (ÉTG), décrite dans la colonne C de la Figure 3. Jusqu en décembre 2012, la politique ministérielle exigeait de consigner les délais d expédition des ambulances ainsi que les délais d intervention des services d ambulance pour tous les appels d urgence. En 2012, près de (60 %) expéditions d ambulance visaient à répondre à des appels classés comme cas urgents (c est-à-dire le code 4 du DPCI ou les codes Echo ou Delta du MPDS). Des modifications apportées à un règlement pris en application de la Loi sur les ambulances, qui sont entrées en vigueur en janvier 2013, exigent un suivi de certaines mesures relatives aux délais d expédition et aux délais d intervention uniquement pour les patients dont l état est classé au niveau 1 de l ÉTG par les ambulanciers paramédicaux qui arrivent sur les lieux. Le Ministère a indiqué que cette nouvelle exigence reposait sur les recommandations formulées en 2006 par le groupe de travail sur les normes en matière de délais d intervention. Ce groupe était composé de représentants du Ministère, des municipalités et des médecins et relevait du Comité des services d ambulance terrestre, coprésidé par le Ministère et par l Association des municipalités de l Ontario. En vertu de la politique ministérielle, les centres de répartition qui utilisent le DPCI II sont encore tenus de consigner leurs délais d intervention pour tous les appels d urgence. Les études montrent qu une différence de une à deux minutes dans les délais d intervention du personnel médical d urgence peut avoir des répercussions importantes sur la survie des patients de niveau 1 à l ÉTG. En 2012, moins de appels, ou moins de 1 % du nombre total d appels, concernaient cette catégorie de patients. Par conséquent, en vertu du nouveau règlement, la consignation de certains délais d intervention est exigée uniquement pour ce nombre relativement faible d appels d ambulance. La Figure 4 montre les normes en matière de délais d intervention avant et après janvier Mesure des délais d expédition des ambulances En 2012, 20 des 22 centres de répartition consignaient le temps mis à répondre aux appels d urgence. Aucun d entre eux n expédiait une ambulance dans un délai de deux minutes pour 90 % des appels d urgence comme l exigeait la politique ministérielle. Toutefois, tous les centres expédiaient une ambulance dans un délai de trois minutes et demie pour 90 % de ces appels. Conformément aux exigences imposées par les modifications apportées à un règlement pris en application de la Loi sur les ambulances, chaque centre de répartition devait fixer avant octobre 2012 un objectif quant au pourcentage d appels pour lequel une ambulance serait expédiée dans un délai de deux minutes lorsque les appels concernent un patient dont l état, évalué par l ambulancier paramédical lorsque l ambulance arrive sur les lieux, correspond à un arrêt cardiaque ou à tout autre état de niveau 1 à l ÉTG. Autrement dit, une fois que l ambulancier paramédical arrive auprès du patient, il évalue si l ambulance aurait dû être expédiée ou non dans un délai de deux minutes. Par conséquent, c est seulement après l arrivée de l ambulancier paramédical auprès du patient, plutôt qu au moment de la répartition, que l on détermine quels appels nécessitaient l expédition d une ambulance dans le délai normalisé de deux minutes. Bien que la répartition soit une responsabilité législative du Ministère et que la moitié des9 Services d ambulance terrestre 151 Figure 3 : Trois façons d établir l ordre de priorité des affections des patients lorsqu une ambulance est demandée, du niveau le plus urgent au moins urgent Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Services médicaux d urgence de Toronto et Association canadienne des médecins d urgence A. Dispatch Priority Card Index (DPCI) II B. Medical Priority Dispatch System (MPDS) C. Échelle canadienne de triage et de gravité (ÉTG) Utilisé par 20 des 22 centres de répartition de l Ontario pour établir l ordre de priorité des appels reçus Code Description Code Description 4 Appel urgent/urgence : danger de mort ou risque de perte d un membre; la personne a besoin de soins immédiats Exemples : arrêt cardiaque*; accident vasculaire cérébral; traumatisme majeur ou modéré (blessures graves ou fractures); asthme grave ou modéré Utilisé par deux des 22 centres de répartition de l Ontario pour établir l ordre de priorité des appels reçus Echo Appels liés à un danger de mort, habituellement identifié au début de l appel; exclut les appels qui comportent des préoccupations quant à la sécurité des lieux (p. ex. une blessure par balle à la poitrine) Exemples : arrêt cardiaque*; suffocation; asthme grave. 3 Appel immédiat : tous les autres appels Delta Autres appels liés à un danger de mort : Exemples : traumatisme majeur (blessure grave); inconscience; blessure par balle à la poitrine. 2 Appel planifié : transferts entre établissements de santé (p. ex. pour des tests de diagnostic ou des traitements); le retard ne menace pas la sécurité du patient 1 Appel non urgent : transfert non prévu entre établissements ou levage assisté à faible risque (p. ex. une personne est tombée et est incapable de se relever, mais n est pas blessée); le retard ne menace pas la sécurité du patient Charlie Par exemple, appels concernant une douleur à la poitrine accompagnée de symptômes cardiaques ou un accident vasculaire cérébral, ainsi que des affections qui bénéficieraient d une évaluation par un ambulancier paramédical de niveau avancé, comme une personne diabétique nécessitant une injection intraveineuse de glucose; un rythme cardiaque irrégulier nécessitant un électrocardiogramme. Bravo Par exemple, appels concernant un traumatisme modéré (fractures, dislocations) ou les appels pour lesquels on ne connaît pas l état du patient (p. ex. la personne qui appelle est incapable de répondre aux questions). Alpha Appels pour des cas moins graves provenant de la collectivité. Exemples : constipation avec douleur bénigne, douleurs chroniques au dos; traumatisme mineur (lacérations mineures, entorse). Alpha 1, 2 et 3 Appels provenant principalement de foyers de soins de longue durée; l état du patient est moins grave. Omega Aucun transport par ambulance n est requis; la personne qui appelle est aiguillée vers l aide appropriée (p. ex. Télésanté). Utilisée par les ambulanciers paramédicaux quand ils arrivent auprès du patient Niveau ÉTG Description 1 Réanimation Exemples : arrêt cardiaque* et/ou respiratoire; traumatisme majeur (blessures ou brûlures graves); inconscience 2 Très urgent Exemples : douleur à la poitrine accompagnée de symptômes cardiaques; accident vasculaire cérébral; infections graves 3 Urgent Exemples : traumatisme modéré (fractures, dislocations); asthme modéré 4 Moins urgent Exemples : constipation avec douleur bénigne; douleurs chroniques au dos; mal d oreille 5 Non urgent Exemples : traumatisme mineur (entorses, lacérations mineures); demande de médication ou changement de pansement; mal de gorge * Dans un arrêt cardiaque, le coeur cesse de battre. Dans une crise cardiaque, une partie du muscle cardiaque est endommagée à cause de l absence d oxygène causée par l obstruction d une artère.10 152 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario Figure 4 : Normes en matière de délais d intervention, avant et après janvier 2013 Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée et Loi sur les ambulances Avant 2013 À compter de janvier 2013 Répartition Conformément à la politique ministérielle, 90 % des appels de code 4 transmis dans un délai de deux minutes. Les centres de répartition mesurent si 90 % des appels de code 4 sont transmis dans un délai de deux minutes, conformément à la politique ministérielle. Les centres de répartition mesurent le pourcentage d appels de niveau 1 à l ÉTG à la suite desquels une ambulance est expédiée dans un délai de deux minutes, conformément à la Loi. Service d ambulance Répondre à 90 % des appels de code 4 dans le délai réel mis pour répondre à 90 % des appels de code 4 en Les municipalités mesurent le pourcentage de patients victimes d un arrêt cardiaque traités avec un défibrillateur externe automatisé dans un délai de six minutes et le pourcentage de patients de niveau 1 à l ÉTG traités par les ambulanciers paramédicaux dans un délai de huit minutes, conformément à la Loi. Chaque municipalité détermine sa propre norme en matière de délai d intervention pour les appels des niveaux 2 à 5 à l ÉTG et fixe également un objectif pour le pourcentage d appels pour lequel elle vise à être sur les lieux dans le délai d intervention normalisé, conformément à la Loi. 22 centres de répartition de l Ontario soient administrés par le Ministère, chaque centre de répartition peut choisir son propre objectif quant au pourcentage d appels pour lequel une ambulance sera expédiée dans un délai de deux minutes. Il n est pas nécessaire que ces objectifs soient approuvés par le Ministère. Pour l année civile 2013, nous avons remarqué que le taux de conformité visé pour les appels d urgence pour lesquels une ambulance est expédiée dans un délai de deux minutes se situait entre 70 % dans deux centres de répartition et 90 % dans sept autres centres. Mesure des délais d intervention des services d ambulance municipaux Comme indiqué précédemment, les délais d intervention des services d ambulance sont mesurés séparément des délais d expédition des ambulances. D après les données du Ministère, les délais d intervention des services d ambulance se sont améliorés depuis 2005, mais il n y avait toujours qu environ 60 % des 50 municipalités, au cours de l année civile 2012, qui avaient répondu à 90 % des appels d urgence dans un délai de 15 minutes, comme on peut le voir dans la Figure 5. Dans nos rapports annuels de 2000 et de 2005, nous avions recommandé que le Ministère, de concert avec les municipalités, examine les exigences alors en vigueur en matière de délais d intervention du point de vue du caractère raisonnable et de l uniformité. De même, en 2006, le Comité a recommandé que le Ministère lui soumette un rapport sur les moyens qu il prendrait pour mettre à jour les objectifs en matière de délais d intervention. Figure 5 : Pourcentage de municipalités répondant à 90 % des appels de code 4* dans un délai de 15 minutes, Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée * Comprend les appels provenant des centres de répartition qui utilisent le protocole MPDS, d après la détermination par le Ministère des appels classés selon le protocole MPDS qui équivalent aux appels de code 4 du DPCI II.11 Services d ambulance terrestre 153 Jusqu en janvier 2013, les normes établies en vertu de la Loi exigeaient que les services d ambulance terrestre répondent à 90 % des appels urgents dans les délais réellement respectés dans 90 % des appels de code 4 en La Loi a ensuite été modifiée d après les recommandations formulées par le groupe de travail sur les normes en matière de délais d intervention en Les dispositions législatives qui sont entrées en vigueur en janvier 2013 exigent que chaque municipalité fixe un taux cible de conformité pour les mesures suivantes des délais d intervention : Pour tous les patients victimes d un arrêt cardiaque le nombre de fois (en pourcentage) qu une personne munie d un défibrillateur arrive sur les lieux dans un délai de six minutes après que le répartiteur a avisé le service d ambulance. Pour tous les patients de niveau 1 à l ÉTG (selon l évaluation de l état du patient par l ambulancier médical quand l ambulance arrive sur les lieux) le nombre de fois (en pourcentage) qu une ambulance arrive sur les lieux dans un délai de huit minutes après que le répartiteur a avisé le service d ambulance. Pour les patients des autres niveaux à l ÉTG (selon l évaluation de l état du patient par l ambulancier paramédical quand l ambulance arrive sur les lieux) le nombre de fois (en pourcentage) qu une ambulance arrive sur les lieux, après que le répartiteur a avisé le service d ambulance, dans le délai établi par la municipalité. Pour ces patients, la municipalité fixe les objectifs à atteindre en matière de délais d intervention ainsi que le taux cible de conformité, lesquels peuvent notamment refléter les différences au sujet des distances à parcourir et du financement dont les municipalités disposent grâce à l imposition foncière. Comme le montre la Figure 6, cette approche s est traduite par la fixation d objectifs en matière de délais d intervention et de taux cibles de conformité très variés pour un même code de l ÉTG. En effet, une municipalité peut se donner comme objectif qu une ambulance arrive sur les lieux Figure 6 : Objectifs de taux de conformité aux délais d intervention choisis par les municipalités pour les patients des niveaux 2 à 5 à l ÉTG, 2013 Source des données : Ministère de la Santé et des Soins de longue durée Objectif* de délai d intervention des services d ambulance choisi (en minutes) Nombre de municipalités ayant choisi des objectifs dans cette fourchette Taux de conformité choisi (pourcentage de cas pour lequel l objectif de délai d intervention sera atteint) Le plus bas Le plus élevé Niveau 2 à l ÉTG >30 0 Niveau 3 à l ÉTG >30 0 Niveau 4 à l ÉTG > Niveau 5 à l ÉTG > * Le tableau comprend l objectif de délai d intervention en région urbaine pour les trois municipalités qui ont fixé des objectifs tant pour les régions urbaines que pour les régions rurales.12 154 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario dans un délai de 10 minutes pour 60 % des patients de niveau 2 à l ÉTG tandis qu une autre aura fixé un objectif de 90 % à cet égard. Les municipalités soumettent leurs objectifs dans le plan de rendement annuel en matière de délais d intervention qu elles présentent au Ministère, mais elles peuvent modifier le plan en tout temps en avisant le Ministère. Il n est pas nécessaire que les objectifs soient approuvés par le Ministère, y compris ceux fixés pour les patients de niveau 2 à l ÉTG qui nécessitent une intervention urgente. Le Ministère permet aux municipalités de définir ellesmêmes ce qu elles entendent par région urbaine et par région rurale dans leur plan de rendement. Bien que de nombreuses municipalités de l Ontario incluent des régions rurales et des régions urbaines, seulement trois d entre elles ont fourni des taux de conformité cibles distincts pour les deux types de régions. D après notre examen des taux de conformité cibles fixés par les municipalités pour les patients victimes d un arrêt cardiaque et les patients de niveau 1 à l ÉTG, les taux variaient considérablement, comme on peut le voir dans la Figure 7. En général, les objectifs les plus bas avaient été fixés pour des régions rurales en raison du délai plus long prévu pour se rendre auprès d un patient. Comme pour la répartition, la détermination des appels nécessitant une intervention dans les délais établis a lieu quand l ambulancier paramédical arrive auprès du patient plutôt qu au moment où le répartiteur avise le service d ambulance. Nous avons remarqué que les autres administrations mesurent les délais d intervention des services d ambulance d après le degré d urgence de l appel au moment de la répartition; cette approche permet d ajuster le délai d intervention des services d ambulance d après les renseignements disponibles à ce moment. Selon nos recherches, aucune autre administration n évalue le caractère opportun du délai d intervention des services d ambulance en se fondant sur l évaluation faite par les ambulanciers paramédicaux après leur arrivée auprès du patient. Le Ministère n a pas évalué les problèmes inhérents à cette approche rétrospective dans la pratique. À la suite de notre travail sur place, le Ministère a indiqué qu il avait amorcé des discussions avec les municipalités sur la meilleure façon de consigner et de déclarer les délais d intervention à l aide de l approche rétrospective. Différenciation des délais d intervention en région rurale et en région urbaine En général, les délais d intervention des services d ambulance sont plus longs dans les régions rurales que dans les régions urbaines parce qu il faut normalement parcourir de plus longues distances pour se rendre auprès des patients. Nous avons Figure 7 : Taux de conformité cibles aux délais d intervention établis par 50 municipalités pour deux normes en matière d urgence, 2013 Source des données : Loi sur les ambulances et plans de rendement municipaux en matière de délais d intervention Pourcentage de cas pour lequel la norme sera respectée Taux cible Taux cible Normes le plus bas (%) le plus élevé (%) Une personne munie d un défibrillateur arrive sur les lieux dans les six minutes suivant la répartition pour les patients victimes d un arrêt cardiaque 1, L ambulance arrive sur les lieux dans les huit minutes suivant la répartition pour les patients de niveau 1 à l ÉTG, notamment les patients victimes d un arrêt cardiaque La réglementation fait seulement référence à l arrivée d un premier répondant et non pas nécessairement à l arrivée d une ambulance terrestre muni d un défibrillateur dans un délai de six minutes. Par conséquent, certaines municipalités ont fixé deux cibles : l une pour le premier répondant et l autre pour l ambulance. Le taux cible relatif au premier répondant est indiqué dans le cas des municipalités qui ont fixé deux cibles. 2. Les données excluent quatre municipalités qui n avaient pas fixé de cible pour l arrivée d une personne munie d un défibrillateur dans un délai de six minutes. 3. Les données excluent une municipalité qui n avait pas fixé de cible pour l arrivée de l ambulance dans un délai de huit minutes pour les patients de niveau 1 à l ÉTG.13 Services d ambulance terrestre 155 remarqué que les délais d intervention en Nouvelle- Écosse sont mesurés selon une norme de neuf minutes dans les régions urbaines, de 15 minutes dans les régions suburbaines et de 30 minutes dans les régions rurales. Dans le rapport de 2006 du groupe de travail sur les normes en matière de délais d intervention, le groupe recommandait trois niveaux géographiques pour la déclaration des délais d intervention : région urbaine, région rurale/banlieue et région éloignée. En 2006, le Comité a également recommandé que des délais d intervention similaires soient appliqués à des collectivités similaires pour tenir compte de facteurs locaux comme la densité des populations urbaines et l infrastructure routière. De même, un rapport commandé par le Ministère en 2010 et un rapport publié en 2011 par l Ontario Association of Paramedic Chiefs recommandaient que les municipalités définissent des zones de service urbaines, rurales et éloignées. Toutefois, en mai 2013, ni les municipalités ni le Ministère n avaient adopté des définitions normalisées pour mesurer les délais d intervention. Transport des patients vers des centres de soins spécialisés lequel peut se trouver à l intérieur ou à l extérieur de leur territoire. L Ontario Stroke Network a indiqué que tous les fournisseurs de services d ambulance municipaux ont adopté le protocole pour l ACV aigu de 2011 du Ministère, qui comprend des directives sur le transport de certains patients victimes d un AVC vers des centres spécialisés. Bien que le Ministère reçoive de l information sur les municipalités qui ont adopté un protocole STEMI, il n évalue pas les raisons pour lesquelles les autres municipalités choisissent de ne pas le faire. Dans le cas des municipalités qui ont adopté des protocoles, le Ministère n évalue pas si les patients sont transportés vers des centres de soins spécialisés dans les cas appropriés et dans les délais recommandés pour l état du patient. Les municipalités visitées ont indiqué qu elles examinent ces aspects dans le cadre de l examen de l assurance de la qualité du rendement des ambulanciers paramédicaux. Par ailleurs, le système de répartition DPCI II du Ministère, utilisé par la plupart des centres de répartition en Ontario, n envoie pas d invites électroniques qui garantiraient que les protocoles adoptés par les municipalités sont pris en compte dans les cas pertinents. Par conséquent, les répartiteurs risquent de ne pas diriger l ambulance vers le bon hôpital. Adoption de protocoles de transport Afin d obtenir les meilleurs résultats, les patients ayant certaines affections (comme les victimes d AVC et d un certain type de crise cardiaque appelé STEMI terme technique qui désigne un infarctus du myocarde avec élévation du segment ST, ainsi appelé à cause de son tracé particulier sur l électrocardiogramme (ECG) qui résulte de l obstruction d une artère) devraient être transportés dans des délais précis vers des hôpitaux spécialisés qui disposent du matériel médical nécessaire et de professionnels formés pour dispenser les soins requis. Dans les autres hôpitaux, les patients concernés n ont pas accès rapidement à ce même niveau de soins. Les municipalités peuvent décider de participer ou non à un protocole de transport des patients ayant ces affections vers un hôpital spécialisé, Transport des patients vers les centres STEMI Pour les patients STEMI, le délai maximum recommandé pour transporter la personne vers un hôpital est en général de 60 minutes à partir du moment où l ambulance arrive à l endroit où se trouve le patient, plus 30 autres minutes après l arrivée à l hôpital pour traiter le patient. Le Ministère a indiqué que le Comité consultatif médical de la Direction travaille à un protocole STEMI normalisé. Au moment de l audit, le Ministère n avait pas confirmé de date de mise en oeuvre. Dans le cadre de leur responsabilité qui consiste à évaluer la qualité des soins fournis par les services d ambulance, les bases hospitalières ont exercé une certaine surveillance de la conformité aux protocoles de soins spécialisés. Par exemple, une14 156 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario base hospitalière de la région du Grand Toronto a constaté que 53 patients STEMI, au cours d un mois donné en 2012, n avaient pas été traités dans un délai de 90 minutes à compter du moment où l ambulance arrive à l endroit où se trouve le patient. Toutefois, aucune politique provinciale n a été adoptée pour garantir que tous les patients STEMI reçoivent des soins paramédicaux appropriés. Un rapport publié en juin 2013 par le Réseau ontarien de soins cardiaques indique qu il arrive souvent que les patients STEMI ne soient pas transportés vers les centres de soins spécialisés pertinents, en partie en raison de l absence de protocole provincial. Par exemple, trois des 35 services d ambulance sondés par le Réseau ontarien de soins cardiaques ont dit que leurs ambulances n étaient pas toutes dotées du matériel d ECG approprié, et deux autres ont affirmé qu aucune de leurs ambulances n était dotée de ce matériel. Or, le matériel d ECG est nécessaire pour identifier les patients STEMI. Le fait de soumettre rapidement les patients à un ECG assure également un traitement en temps opportun et de meilleurs résultats pour les patients. Par ailleurs, trois services d ambulance dotés du matériel d ECG approprié ont indiqué qu aucun de leurs ambulanciers paramédicaux n avait reçu la formation nécessaire pour interpréter les résultats des ECG et identifier les patients STEMI. Le Réseau ontarien de soins cardiaques a également souligné qu il lui était impossible d estimer le pourcentage de patients STEMI qui étaient dirigés vers les centres de soins spécialisés, car il n y avait pas de système coordonné pour identifier et traiter ces patients. Nous avons remarqué que les ambulanciers paramédicaux de la Nouvelle-Écosse ont reçu de la formation pour administrer des médicaments aux patients STEMI qui se trouvent à une trop longue distance des centres de soins spécialisés. Cette pratique n est pas appliquée en Ontario bien qu une base hospitalière nous ait dit que cette façon de faire profiterait probablement aux patients qui se trouvent dans des endroits éloignés. En Ontario, aucune estimation n a été faite du nombre de patients qu il est raisonnablement impossible de transporter vers un centre de soins spécialisés parce que le patient se trouve dans un endroit éloigné. Rapports publics Dans notre Rapport annuel 2005, nous avions formulé la recommandation suivante : «[ ] le Ministère doit, de concert avec les municipalités, établir des mesures de rendement pertinentes telles que les délais d intervention et présenter régulièrement des rapports publics sur ces mesures de rendement des services d ambulance terrestre.» Dans son rapport de 2006 sur les services d ambulance terrestre, le Comité recommandait également que le Ministère communique publiquement les délais d intervention. Avant 2013, le Ministère ne publiait aucun rapport sur les délais d intervention et quelques municipalités seulement mettaient ces renseignements à la disposition du public sur leur site Web. Depuis 2013, le Ministère affiche sur son site Web les plans de rendement en matière de délais d intervention pour les 22 centres de répartition et les 50 services d ambulance terrestre municipaux. Également, depuis le début de l année civile 2013, les municipalités ont la responsabilité de calculer et de déclarer au Ministère leur taux de conformité aux normes en matière de délais d intervention des services d ambulance en utilisant soit les renseignements contenus dans le système de répartition du Ministère ou dans leurs propres dossiers électroniques pour les patients, soit une combinaison de ces renseignements. Les municipalités avec lesquelles nous avons discuté ont exprimé plusieurs préoccupations au sujet de l utilisation des données de répartition du Ministère. Voici deux sujets de préoccupation entre autres : Bien que les données préliminaires soient disponibles après 48 heures, le Ministère met environ quatre mois à finaliser ses données; par conséquent, les municipalités peuvent difficilement procéder à des examens en temps opportun de leur rendement.15 Services d ambulance terrestre 157 Le Ministère n a pas de rapports normalisés que les municipalités pourraient utiliser pour déterminer leur conformité aux nouvelles normes législatives. Le Ministère nous a informés qu il élaborerait des rapports normalisés et qu il prévoyait que les municipalités pourraient les utiliser d ici l automne Le Ministère prévoit de publier, au printemps 2014, les taux de conformité aux normes en matière de délais d intervention atteints en 2013 qui lui sont communiqués par les 22 centres de répartition et les 50 services d ambulance terrestre municipaux. Toutefois, il ne prévoit pas de rendre compte publiquement du pourcentage d appels considérés comme des urgences, pour lesquels les centres de répartition ont expédié une ambulance dans un délai de deux minutes. Même si le Ministère dispose de la plupart des données nécessaires pour confirmer l exactitude des renseignements déclarés par les municipalités, il a indiqué qu il n avait pas l intention de le faire, car il s agit d une responsabilité municipale. Nous avons également remarqué que le Ministère recueillait des données concernant chaque appel d ambulance reçu, chaque expédition d ambulance et chaque patient transporté. À notre demande, le Ministère a regroupé ces données par année, comme on peut le voir dans la Figure 1. Toutefois, il n examine pas ces données fondamentales à intervalles réguliers pour y cerner les tendances et il ne les communique pas au public. Nous avons également remarqué que les autres administrations rendent compte publiquement du rendement des services d ambulance, notamment des délais d intervention par région rurale et par région urbaine. De même, les services d ambulance du Royaume-Uni rendent compte publiquement de différentes mesures du rendement, comme le pourcentage de patients transportés vers un centre de traitement des victimes d accidents vasculaires cérébraux dans un délai d une heure après la réception d un appel au 999 (qui équivaut à un appel au 911 en Ontario) et le taux de survie des patients victimes d un arrêt cardiaque depuis leur transport jusqu au moment de leur congé de l hôpital. Evaluation du programme des infirmières de déchargement Les délais d intervention des services d ambulance peuvent se prolonger parce que les ambulanciers doivent attendre que le patient soit pris en charge par l hôpital et qu ils ne sont donc pas disponibles pour répondre à un autre appel. Au moment de l arrivée à l hôpital, le personnel de l ambulance doit renseigner le personnel hospitalier sur l état du patient et attendre que le patient passe au triage et qu il soit admis à l hôpital avant que l ambulance puisse quitter l hôpital pour répondre au prochain appel. Toutefois, il y a parfois des délais de déchargement (que le Ministère définit en général comme le fait pour une ambulance de passer plus de 30 minutes à l hôpital), surtout aux services des urgences achalandés des hôpitaux situés en région urbaine. En comparaison, plusieurs autres administrations, dont la Nouvelle-Écosse, le Royaume- Uni et l Australie-Occidentale, ont des délais de déchargement cibles de moins de 30 minutes entre l arrivée de l ambulance à l hôpital et le moment où elle peut quitter l hôpital. En 2008, le Ministère a instauré le programme des infirmières de déchargement, qui se voulait au départ une initiative provisoire pour réduire les délais de déchargement des ambulances. En vertu de ce programme, le Ministère octroie des fonds pour l embauchage d infirmières qui aident à la prise en charge des patients qui arrivent à l hôpital en ambulance. Comme le Ministère demande que les hôpitaux s occupent immédiatement des patients qui nécessitent des soins urgents (niveaux 1 et 2 à l ÉTG), les infirmières de déchargement s occupent de ceux dont le cas est moins urgent (niveaux 3, 4 et 5 à l ÉTG). Entre les exercices et , le financement ministériel total consacré à ce programme s élevait à 40 millions de dollars.16 158 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario Consignation et surveillance des temps de déchargement Le temps de déchargement est consigné pour chaque patient à partir du moment de l arrivée de l ambulance à l hôpital jusqu au moment où celle-ci peut quitter l hôpital, comme indiqué par les ambulanciers paramédicaux aux centres de répartition. Les municipalités rendent compte au Ministère deux fois par année des délais dans lesquels s effectue le déchargement de 90 % des patients. D après ces renseignements, entre les exercices et , les temps de déchargement pour les patients des niveaux 3, 4 et 5 à l ÉTG ont augmenté dans 20 % des hôpitaux qui participent au programme. À notre demande, le Ministère a produit un rapport sur le nombre de patients pour lesquels le temps de déchargement a été supérieur à 30 minutes durant l année civile Ce rapport indiquait qu environ 80 % des ambulances transportant des patients de niveau 1 à l ÉTG selon l évaluation faite par les ambulanciers paramédicaux, et qui nécessitaient donc des soins urgents, avaient attendu pendant plus de 30 minutes, à l instar d environ 75 % des ambulances transportant des patients de niveau 2 à l ÉTG. Par ailleurs, dans certains hôpitaux, plus de 90 % des patients nécessitant des soins urgents avaient attendu en compagnie des ambulanciers paramédicaux pendant plus de 30 minutes avant d être admis au service des urgences. Même si elles se sont dites préoccupées par les délais actuels dans les hôpitaux, les trois municipalités visitées ont indiqué que le programme des infirmières de déchargement avait permis de réduire le temps que le personnel ambulancier passe à l hôpital et que les délais seraient nettement plus longs ou plus fréquents sans ce programme. Toutefois, comme nous l avions aussi souligné dans notre audit de 2010 des services d urgence des hôpitaux, les municipalités ont indiqué que l embauchage d infirmières de déchargement ne réglait pas tous les problèmes. L une des municipalités estimait qu il vaudrait mieux consacrer une partie du financement de ce programme à l amélioration du roulement des patients au service des urgences, processus qui contribuait, selon elle, aux délais de déchargement à l hôpital. Le Ministère n avait pas évalué le programme actuel pour déterminer s il existait des solutions plus efficientes pour réduire ces délais. Au moyen du Système national d information sur les soins ambulatoires (SNISA), les hôpitaux déclarent aussi les temps de déchargement des patients transportés en ambulance. Pour ce faire, ils utilisent le temps qui s écoule entre le moment de l arrivée de l ambulance à l hôpital (que l hôpital estime d après le moment de l inscription ou du triage initial du patient pour déterminer l urgence de son état) et le moment de l admission du patient. Le Ministère n a jamais comparé les temps de déchargement déclarés par les municipalités avec ceux consignés dans le SNISA. D après notre examen de ces renseignements pour un hôpital, les temps déclarés variaient considérablement. Un centre de répartition avait installé un logiciel qui permettait aux hôpitaux d informer le centre par voie électronique du moment où les patients transportés par ambulance étaient admis à l hôpital. Le personnel du Ministère a fait remarquer que même après l admission du patient, l ambulance ne peut pas nécessairement quitter l endroit surle-champ, par exemple, lorsqu il faut nettoyer ou réapprovisionner l ambulance. Le fait de connaître le moment exact de l admission d un patient à l hôpital et de pouvoir comparer cette donnée aux renseignements sur le moment où l ambulance a réellement quitté l hôpital permettrait aux municipalités et au Ministère de mieux déterminer si les délais sont imputables au fait que l hôpital est incapable d admettre le patient ou si d autres raisons expliquent pourquoi l ambulance ne quitte pas l hôpital après l admission du patient. Aucun autre centre de répartition n avait ce logiciel. RECOMMANDATION 1 Pour mieux s assurer que les patients reçoivent des services d ambulance de qualité en temps17 Services d ambulance terrestre 159 opportun, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée doit : établir des objectifs provinciaux uniformes pour les centres de répartition quant au pourcentage d appels pour lesquels une ambulance doit être expédiée dans les délais d intervention prévus par la Loi pour les patients victimes d un arrêt cardiaque et les autres patients dont les affections correspondent à la plus haute priorité selon l Échelle canadienne de triage et de gravité (ÉTG), c est-à-dire tous les patients de niveau 1; le Ministère doit également établir des délais d intervention cibles et des taux de conformité cibles pour les appels concernant les patients de niveau 2 à l ÉTG (deuxième plus haute priorité), car il s agit de cas urgents pour lesquels le temps est un facteur déterminant; surveiller les délais d intervention des services d ambulance pour tous les appels considérés comme des urgences, en plus de l évaluation des délais d intervention prévue par la Loi et fondée sur l évaluation de l état du patient par les ambulanciers paramédicaux après leur arrivée sur les lieux; mettre au point un protocole provincial pour les crises cardiaques de type STEMI (infarctus du myocarde avec élévation du segment ST) qui garantit, par exemple, que toutes les ambulances sont dotées d appareils d électrocardiographie (ECG) appropriés, que les ambulanciers paramédicaux ont reçu la formation nécessaire pour interpréter les résultats d ECG et qu ils ont l instruction de procéder à ces examens pour tous les patients STEMI potentiels. Le Ministère doit également mettre en oeuvre les invites électroniques dans l ensemble du système de répartition afin de transporter ces patients vers des centres de soins spécialisés; rendre compte dans tous les cas du temps que l ambulance passe à l hôpital jusqu au moment de l admission du patient, d après l urgence de l état du patient, ainsi que de tout temps additionnel que l ambulance passe à l hôpital en attendant d être libérée pour répondre à d autres appels. Pour garantir que les Ontariens ont accès à des renseignements pertinents sur le rendement des centres de répartition et des services d ambulance terrestre municipaux, le Ministère, de concert avec les services d ambulance terrestre municipaux et les bases hospitalières, doit : établir d autres mesures clés (notamment des résultats) du rendement des ambulances terrestres (p. ex. le temps total écoulé entre la réception de l appel et l arrivée de l ambulance auprès du patient et les taux de survie des patients ayant certaines affections telles qu un AVC ou un arrêt cardiaque); rendre compte publiquement de ces indicateurs et des délais d intervention pour chaque municipalité de façon uniforme et comparable (p. ex. ventilés par région urbaine et par région rurale et selon les niveaux d urgence de l état des patients). RÉPONSE DU MINISTÈRE Le Ministère examinera les objectifs actuels en matière de délais d expédition des ambulances en consultation avec les centres de répartition provinciaux et les fournisseurs de services d ambulance terrestre municipaux, et ce, pour déterminer dans quelle mesure il serait possible d uniformiser davantage ces objectifs tout en tenant compte des différences sur le plan de la démographie, des réalités géographiques et des ressources des collectivités locales. Dans le cadre de cet examen, le Ministère prévoit également d élargir les mesures des délais d expédition des ambulances pour y inclure les appels concernant les patients dont l état évalué par les ambulanciers paramédicaux correspond au niveau 2 à l ÉTG.18 160 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario Le Ministère surveillera les délais d expédition en réponse aux appels considérés comme des urgences et en rendra compte, en plus de mesurer les délais d intervention comme l exige actuellement la loi, afin de renforcer la surveillance et la supervision de la prestation des services d ambulance. Le Ministère demandera à son Comité consultatif médical de consulter l Ontario Base Hospital Group, les fournisseurs de services d ambulance terrestre municipaux, le Réseau ontarien de soins cardiaques et les centres de répartition pour examiner et déterminer l approche médicale qui conviendrait le mieux en vue de garantir que des interventions d urgence efficaces basées sur des données probantes, notamment des invites électroniques dans les centres de répartition, sont prévues pour les patients STEMI. Le Ministère entreprendra une évaluation du programme des infirmières de déchargement au cours de l exercice pour examiner la conception du programme, les mesures de rendement, la définition des mesures du temps de déchargement et le mode de financement pour s assurer que le programme s inscrit dans les stratégies et les initiatives générales relatives aux services des urgences. L examen se fondera sur une analyse des processus de déchargement aux services des urgences effectuée récemment par une municipalité. Le Ministère demandera à l Ontario Base Hospital Group d élaborer, en consultation avec les fournisseurs de services d ambulance terrestre municipaux, des indicateurs de rendement clés médicaux fondés sur des données probantes pour la prestation des services d ambulance. Le Ministère collaborera avec les municipalités pour rendre compte publiquement de ces indicateurs. Ces renseignements s ajouteront au compte rendu public actuel des plans sur les délais d expédition des ambulances qui ont été affichés sur le site Web du Ministère en 2013 ainsi qu au compte rendu public des résultats en matière de délais d intervention prévu au début de RÉPARTITION Les préposés aux appels des centres de répartition doivent obtenir rapidement des renseignements cruciaux sur le patient de la part des personnes qui appellent afin d établir correctement l ordre de priorité des demandes d ambulance. Un grand nombre de municipalités, dont celles visitées, ont dit qu elles doivent exercer un contrôle sur la répartition afin d être en mesure d intervenir rapidement dans les cas qui sont vraiment les plus urgents. Toutefois, le Ministère a indiqué que la centralisation des services de répartition assure l expédition de l ambulance la plus proche pour répondre à un appel et permet également de maîtriser les coûts. Nous avons remarqué que la Colombie-Britannique compte trois centres de répartition et que l Alberta prévoit de regrouper les activités de ses 14 centres de manière à ne compter que trois centres de répartition d ici la fin de Le Ministère n a pas évalué si les 22 centres de répartition actuels correspondent à un nombre optimal pour l Ontario. Sur les 22 centres de répartition de l Ontario, 20 utilisent un protocole de répartition informatisé pour établir l ordre de priorité des demandes d ambulance. (Le Ministère a indiqué que les deux autres centres, situés dans des régions éloignées, mettront en oeuvre des processus informatisés d ici l automne 2013.) Comme indiqué précédemment, 20 centres de répartition utilisent le protocole DPCI (Dispatch Priority Card Index) II, qui a été élaboré par le Ministère avec la participation des médecins. Ce protocole a été mis en oeuvre en 2009 pour remplacer le DPCI I, à propos duquel nous avions soulevé des préoccupations dans notre Rapport annuel Comme énoncé précédemment (voir la colonne A de la Figure 3), le DPCI II comporte19 Services d ambulance terrestre 161 quatre codes de priorité : le code 4 (pour les appels très urgents), le code 3 (pour les appels qui nécessitent une intervention rapide), le code 2 (pour les appels planifiés) et le code 1 (pour les appels non urgents). En 2012, les 20 centres de répartition qui utilisaient le protocole DPCI II ont classé les appels de la façon suivante : 93 % ont reçu un code 3 ou 4, 3 % un code 2 et 4 % un code 1. Dans les deux autres centres de répartition de l Ontario, les municipalités qui administrent ces centres utilisent le Medical Priority Dispatch System (MPDS), un protocole de répartition utilisé au niveau international. Comme énoncé précédemment (voir la colonne B de la Figure 3), le MPDS classe les patients selon cinq codes allant du plus urgent au moins urgent, soit Echo, Delta, Charlie, Bravo et Alpha et le mode d intervention pour chaque code (p. ex. si l ambulance est autorisée à utiliser le mode phares et sirène) est déterminé par le centre de répartition. En 2012, les deux centres de répartition qui utilisent le MPDS ont classé leurs appels de la façon suivante : environ 40 % ont reçu un code Echo ou Delta, 17 % un code Charlie, 26 % un code Bravo et 17 % un code Alpha. Priorités et responsabilité relatives à la répartition Étant donné qu il est difficile d identifier de façon rapide et concluante au téléphone tous les patients dont l état est urgent, les protocoles de répartition sont conçus de manière générale pour surévaluer le degré de priorité des appels c est-à-dire qu ils traitent les appels comme plus urgents plutôt que moins urgents lorsque l urgence de l état du patient est incertaine. Toutefois, lorsqu un protocole surévalue le degré de priorité d un trop grand nombre d appels, il risque de compromettre la disponibilité des ambulances pour répondre aux appels vraiment urgents. Les municipalités visitées ont confirmé que le fait de devoir expédier des ambulances pour répondre simultanément à de nombreux appels de code 4 peut réduire la capacité de leur parc d ambulances en ne laissant que peu d ambulances sinon aucune pour répondre à de nouveaux appels. Le Ministère ne consigne pas ce genre de cas de façon régulière. En 2010, une municipalité a examiné les données de ses rapports d appel d ambulance (le dossier médical qu utilisent les ambulanciers paramédicaux pour documenter chaque appel) et a relevé plus de cas où toutes les ambulances disponibles avaient été expédiées pour répondre à des appels. Dans 75 % de ces cas, il avait fallu retarder les réponses aux nouvelles demandes de service d ambulance. Entre 2006 et 2012, 67 % des appels ont été transmis comme étant des appels de code 4 (le niveau de priorité le plus élevé). Une étude commandée par le Ministère en 2011 indiquait que le protocole DPCI II était efficace pour identifier les patients nécessitant des soins très urgents, mais les taux de surévaluation du degré de priorité étaient élevés. En nous fondant sur les données de l étude, nous avons remarqué que la priorité d environ les deux tiers des appels classés par le DPCI II comme étant des appels de code 4 était surévaluée. De plus, notre analyse des données sur les niveaux de l ÉTG assignés aux patients en 2012 indiquait que seulement 1 % des patients évalués par les ambulanciers paramédicaux sur les lieux avaient reçu une assignation de niveau 1 et 24 % une assignation de niveau 2, soit 25 % des patients en tout. L écart important entre les deux pourcentages 67 % des appels transmis comme étant des appels de code 4 et 25 % des patients dont l état réel était suffisamment urgent pour justifier l expédition d une ambulance en réponse à un appel de code 4 indique un niveau élevé de surévaluation du degré de priorité. Il se pourrait donc que les ambulances ne soient pas disponibles pour répondre aux appels vraiment urgents. En comparaison, en 2012, les deux municipalités qui utilisent le protocole MPDS ont classé environ 40 % des appels comme étant des appels de niveau Echo ou Delta (c est-à-dire correspondant à une intervention en mode phares et sirène); de 2 % à 3 % des appels ont reçu le code Echo.20 162 Rapport annuel 2013 du Bureau du vérificateur général de l Ontario En réponse à une demande formulée par le Comité en 2006, le Ministère a indiqué qu il évaluerait le protocole MPDS dans le cadre d un projet pilote auquel participeraient des centres de répartition administrés par des municipalités. Le rapport issu du projet en 2010 indiquait, entre autres, qu un moins grand nombre d appels étaient transmis comme une urgence avec le protocole MPDS par rapport au DPCI II, ce qui pourrait favoriser une gestion plus efficiente des ressources pour les services d ambulance. Bien que le Ministère puisse demander au groupe des bases hospitalières d examiner les données probantes médicales pour s assurer que le protocole DPCI II reflète les pratiques exemplaires actuelles, aucun examen du genre, autre que pour les accidents vasculaires cérébraux, n avait été effectué par le groupe des bases hospitalières depuis 2009, année de la mise en oeuvre du protocole DPCI II. Nous avons remarqué, par exemple, que le protocole MPDS (qui est mis à jour plus souvent pour tenir compte des nouvelles études médicales sur les pratiques exemplaires dans le domaine des services médicaux d urgence) prévoit que les préposés aux appels donnent pour instruction à leurs interlocuteurs (après l expédition de l ambulance mais avant son arrivée sur les lieux) de donner de l aspirine aux patients qui présentent les symptômes d une crise cardiaque, tandis que le protocole DPCI II n a pas été mis à jour pour donner ce genre de directives. Sélection des ambulances Chaque municipalité doit élaborer un plan de déploiement des ambulances qui indique, entre autres, l endroit où les ambulances attendent les demandes d intervention, le nombre d ambulances et d autres véhicules d intervention en cas d urgence c est-à-dire, des véhicules dotés en général d un ambulancier paramédical et du matériel nécessaire pour traiter les patients, mais non pour les transporter disponibles en tout temps, et précise les types d appels qui ne sont pas urgents. Il s ensuit que le nombre d ambulances disponibles pour répondre à un appel varie d une municipalité à l autre. Des systèmes électroniques aident les répartiteurs à sélectionner l ambulance convenant le mieux à la situation. Pour les appels d urgence principalement les appels de code 4 du protocole DPCI II et les appels de code Echo ou Delta du protocole MPDS, ces systèmes identifient l ambulance la plus proche de l endroit où se trouve le patient en tenant compte des ambulances disponibles ainsi que de celles auxquelles ont été assignés précédemment des appels de priorité moindre. Les répartiteurs peuvent également exercer leur jugement pour sélectionner l ambulance à expédier d après une carte électronique montrant l emplacement de chaque ambulance dans une région donnée. D après nos discussions avec les répartiteurs d un centre qui reçoit un grand nombre d appels, il arrive souvent qu ils ne suivent pas la recommandation du système électronique parce qu il sélectionne, par exemple, l ambulance qui est la plus proche «à vol d oiseau» plutôt que celle qui est la plus proche d après l itinéraire possible et les limites de vitesse. De plus, l utilisation des systèmes électroniques dans les centres de répartition demande trop de temps. Le personnel a également indiqué qu il est difficile pour les répartiteurs qui travaillent dans les centres dont le volume d appels est élevé de sélectionner le véhicule convenant le mieux à la situation selon leur jugement à cause du grand nombre de demandes. Une ambulance peut être appelée à répondre à un appel à l extérieur de la municipalité à laquelle elle est assignée, par exemple, s il s agit de l ambulance la plus proche pour répondre à un appel d urgence ou si l ambulance est sur le chemin du retour après avoir transporté un patient à un hôpital dans une autre municipalité. En raison de l utilisation de systèmes de répartition différents, les véhicules de Toronto n apparaissent pas en même temps que les autres ambulances sur les cartes électroniques des centres de répartition qui utilisent le DPCI II, pas plus que les ambulances Montrer encore
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