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Timestamp: 2016-10-27 01:07:44+00:00
Document Index: 54849627

Matched Legal Cases: ['art. 137', 'art. 72', 'art. 75', 'art. 90', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 113', 'art. 46', 'art. 42', 'art. 76', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 163', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 137', 'art. 179', 'art. 137', 'art. 179', 'ATF ', 'art. 75', 'art. 125', 'art. 163', 'art. 28', 'art. 105', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 66']

5A_522/2011 (18.01.2012)
5A_522/2011
Arr�t du 18 janvier 2012
repr�sent�e par Me Malek Buffat Reymond,
repr�sent� par Me Patricia Michellod, avocate,
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 31 mai 2011.
A.________, n� en 1955, de nationalit� fran�aise, et dame A.________, n�e en 1963, de nationalit� suisse, se sont mari�s le 24 juin 2006. Aucun enfant n'est issu de cette union. Les parties ont cependant chacune des enfants n�s d'une pr�c�dente union: l'�pouse a deux fils, n�s le 23 juin 1993 et le 13 mai 1998, et le mari est le p�re d'une fille majeure.
Le 14 avril 2010, l'�pouse a ouvert action en divorce. Le mari a adh�r� au principe du divorce dans sa r�ponse du 16 juin 2010.
B.a Par ordonnance de mesures provisionnelles du 4 ao�t 2010, ensuite de la requ�te de l'�pouse, le Pr�sident du Tribunal civil de La C�te a notamment astreint le mari � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement, d�s le 1er juin 2010, d'une pension mensuelle de 5'400 fr., sous d�duction des commissions per�ues par celle-ci de la soci�t� de droit fran�ais par action simplifi�e "X.________", dont l'�poux est le pr�sident.
B.b Le 24 d�cembre 2010, le mari a requis la modification des mesures provisionnelles, concluant � la suppression, d�s le 1er janvier 2011, de toute contribution d'entretien en faveur de son �pouse. Celle-ci a conclu au rejet de la requ�te.
Statuant le 20 avril 2011, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de La C�te a condamn� le mari � verser � son �pouse une contribution d'entretien de 2'500 fr. d�s le 1er janvier 2011.
Par arr�t du 30 mai 2011, notifi� en exp�dition compl�te aux parties le 12 juillet 2011, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Juge d�l�gu�) a rejet� l'appel form� par l'�pouse le 2 mai 2011.
Par acte du 12 ao�t 2011, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, "subsidiairement [un] recours constitutionnel subsidiaire". Elle conclut principalement � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que la contribution d'entretien due par le mari s'�l�ve � 5'400 fr. par mois d�s le 1er janvier 2011, subsidiairement, � l'annulation de cet arr�t et au renvoi de la cause devant l'autorit� pr�c�dente. En substance, la recourante se plaint d'arbitraire.
L'arr�t entrepris portant sur des mesures provisionnelles selon l'art. 137 al. 2 aCC est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF, prise sur recours par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF); elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 134 III 426 consid. 2.2 p. 431; 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.). Comme le litige porte uniquement sur la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, le recours a pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2 p. 395), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). La voie du recours en mati�re civile est ouverte, de sorte que le recours constitutionnel subsidiaire est d'embl�e irrecevable (art. 113 LTF).
Par ailleurs, le recours a �t� interjet� dans le d�lai (art. 46 al. 2 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable de ce chef.
La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1 p. 396, 585 consid. 3.3 p. 587), de sorte que la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de ses droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ("principe de l'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s). Par ailleurs, en vertu de l'art. 75 al. 1 LTF, le recours n'est ouvert qu'� l'encontre des d�cisions rendues par une autorit� cantonale de derni�re instance, ce qui suppose que la partie recourante ait �puis� toutes les voies de droit quant aux griefs qu'elle entend soumettre au Tribunal f�d�ral (ATF 135 III 1 consid. 1.2 p. 3 s. et 424 consid. 3.2 p. 429; 134 III 524 consid. 1.3 p. 527).
Lorsque la partie recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), elle ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme elle le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition; elle ne saurait se contenter d'opposer son opinion � celle de la juridiction pr�c�dente, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application du droit manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400). Pour que cette d�cision soit annul�e, il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1 et les r�f�rences cit�es). En mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399). Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis sans raisons objectives de tenir compte des preuves pertinentes ou s'il a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 s. et les arr�ts cit�s).
Le Juge d�l�gu� a admis qu'il y avait lieu d'entrer en mati�re sur la requ�te de modification des mesures provisionnelles du mari, l'�ch�ance du d�lai raisonnable imparti � l'�pouse dans l'ordonnance du 4 ao�t 2010 pour retrouver un travail constituant un fait nouveau, entra�nant le r�examen de la d�cision provisionnelle.
Le Juge d�l�gu� a d'abord retenu que l'�pouse �tait en mesure de retirer un revenu de 400 fr. par mois gr�ce � la location des appartements dont elle est propri�taire � Y.________. Il a ensuite consid�r� que la recourante ne se trouve pas en incapacit� de travail temporaire, en d�pit du certificat m�dical qu'elle a produit. Selon ce document dat� du 4 f�vrier 2011 et sign� par le Dr B.________, m�decin sp�cialiste FMH en m�decine interne, l'�pouse serait sa patiente depuis le 3 d�cembre 2009 et elle l'aurait consult� � trois reprises depuis le printemps 2010; elle souffrirait d'un �tat d�pressif depuis le d�but de la proc�dure de divorce et serait incapable de travailler en tout cas depuis le 1er novembre 2010, pour une dur�e ind�termin�e. Le Juge d�l�gu� a estim� que ce seul certificat n'avait pas une valeur probante suffisante, le Dr B.________ n'ayant pas adress� sa patiente � un sp�cialiste alors que celle-ci souffrirait depuis pr�s d'un an d'une pathologie d'origine psychique n�cessitant un traitement m�dicamenteux. La gravit� de la pathologie de l'�pouse a ainsi �t� relativis�e par le Juge d�l�gu�, compte tenu de la faible fr�quence des consultations et de l'absence de d�marches aupr�s de l'assurance-invalidit�. Le Juge d�l�gu� a par ailleurs relev� que des sommes de plusieurs milliers de francs avaient �t� cr�dit�es sur les comptes bancaires de l'�pouse, subodorant que celle-ci percevrait d'autres revenus justifiant de r�duire le montant de l'entretien d� par son mari. Bien qu'elle ait contest� en appel avoir effectivement exerc� une activit� lucrative au sein de l'entreprise de son �poux, le juge pr�c�dent a retenu que l'�pouse pourrait retrouver un emploi dans le domaine du commerce, celle-ci ayant travaill� comme vendeuse en confection avant d'�tre engag�e en 2004 en qualit� d'agente commerciale pour la soci�t� "X.________"; il a estim� qu'elle pourrait hypoth�tiquement r�aliser un revenu de l'ordre de 2'500 fr., correspondant � l'activit� de vendeuse en confection qu'elle exer�ait avant le mariage. Le Juge d�l�gu� a aussi constat� que le mariage des parties avait �t� de courte dur�e, qu'aucun enfant n'�tait issu de cette union et que l'�pouse n'avait vraisemblablement pas cess� son activit� lucrative durant le mariage, en sorte que cette union n'a pas eu de r�percussion n�gative sur l'autonomie financi�re de l'�pouse. Le Juge d�l�gu� a par ailleurs observ� une progression coh�rente des d�cisions provisionnelles vers l'ind�pendance �conomique de l'�pouse, celle-ci ayant d'abord �t� invit�e par l'ordonnance du 4 ao�t 2010 � rechercher un emploi, sans d�lai, puis l'ordonnance du 20 avril 2011 ayant alors estim� raisonnable de tenir de surcro�t compte de ses revenus locatifs, subsidiairement de sa fortune, afin de r�duire l'obligation d'entretien de l'�poux. Le Juge d�l�gu� a par ailleurs confirm� le minimum vital de l'�pouse, fix� par le premier juge � 2'507 fr. 60, arrondi � 2'500 fr. comprenant 1'350 fr. de montant de base, 700 fr. de part de loyer pour l'appartement qu'elle occupe avec ses deux fils, 357 fr. 60 de prime d'assurance-maladie et 100 fr. de frais de transport. En d�finitive, l'autorit� pr�c�dente a tenu compte d'un revenu hypoth�tique de 2'500 fr., de revenus locatifs de 400 fr. et de la contribution d'entretien de 2'500 fr., permettant ainsi de disposer d'un montant global de 5'400 fr. correspondant, selon le constat du premier juge et les all�gu�s de l'�pouse en appel, � son train de vie.
La recourante soutient que l'autorit� pr�c�dente a arbitrairement appr�ci� les preuves (art. 9 Cst.) en admettant que l'�pouse pr�sente une "capacit� de travail [alors qu'elle serait] inexistante". Pour le surplus, elle ne soul�ve formellement aucun autre grief, mais se plaint de l'application du "principe du clean break" et de la r�duction de la contribution d'entretien pour d'autres motifs que la prise en consid�ration des revenus qu'elle per�oit de la location de ses appartements � Y.________ � hauteur de 400 fr.; autrement dit, elle reproche au Juge d�l�gu� d'avoir tenu compte d'une capacit� contributive de sa part. Elle conteste aussi avoir exerc� effectivement une activit� lucrative pour le compte de la soci�t� dont son �poux est le pr�sident et affirme que le "salaire" qui lui �tait vers� repr�sentait en r�alit� un montant � sa libre disposition. Enfin, elle reproche � l'autorit� pr�c�dente de ne pas avoir instruit la question des revenus de son �poux, alors que ce point serait n�cessaire pour d�terminer s'il est possible d'appliquer la m�thode du train de vie au cas d'esp�ce.
4.1 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss; 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux (art. 163 al. 2 CC). Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune, le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune, pour l'adapter � ces faits nouveaux (ATF 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss; arr�t 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1). Ainsi, le juge doit examiner si, et dans quelle mesure, au vu de ces faits nouveaux, on peut attendre de l'�poux d�sormais d�charg� de son obligation de tenir le m�nage ant�rieur, en raison de la suspension de la vie commune, qu'il investisse d'une autre mani�re sa force de travail ainsi lib�r�e et reprenne ou �tende son activit� lucrative, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�. Le juge des mesures provisionnelles ne doit cependant pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (arr�t 5A_62/2011 consid. 3, destin� � la publication, pr�cisant l'ATF 128 III 65).
Une fois que des mesures provisoires au sens de l'art. 137 al. 2 aCC ont �t� ordonn�es, elles ne peuvent �tre modifi�es qu'aux conditions de l'art. 179 CC (par renvoi de l'art. 137 al. 2 3e phr. aCC). Aux termes de l'art. 179 al. 1 1�re phr. CC, le juge prononce les modifications command�es par les faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont d�termin�es n'existent plus. Selon la jurisprudence, la modification des mesures provisionnelles ne peut �tre obtenue que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, notamment en mati�re de revenus, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, si les faits qui ont fond� le choix des mesures provisoires dont la modification est sollicit�e se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vus. Une modification peut �galement �tre demand�e si la d�cision de mesures provisoires s'est av�r�e plus tard injustifi�e parce que le juge appel� � statuer n'a pas eu connaissance de faits importants (ATF 129 III 60 consid. 2 p. 61 s.; arr�ts 5P.473/2006 du 19 d�cembre 2006 consid. 3; 5A_730/2008 du 22 d�cembre 2008 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s). La maxime inquisitoire ne dispense pas les parties de collaborer � l'�tablissement des faits (arr�t pr�cit� 5P.473/2006 consid. 3.2).
4.2 La recourante se plaint de ce que le Juge d�l�gu� n'a pas examin� la situation financi�re de l'�poux avant de fixer la contribution d'entretien et d'avoir en outre ignor� l'obligation d'assistance, partant d'avoir appliqu� le principe de l'ind�pendance financi�re des �poux. Elle soutient que le mariage, m�me de courte dur�e, a eu une influence concr�te sur sa vie, d�s lors qu'elle conteste avoir exerc� une activit� lucrative pendant la dur�e du mariage. Elle estime que le Juge d�l�gu� devait tenir compte du principe de solidarit� entre les �poux pour fixer le montant de la contribution d'entretien en sa faveur.
La critique relative � l'�tablissement de la situation financi�re de l'intim� est d�nu�e de pertinence pour le sort du litige. Le revenu de l'�poux n'est pas d�terminant dans le cas d'esp�ce puisque l'ordonnance de mesures provisionnelles du 4 ao�t 2010 a fix� le train de vie de l'�pouse � 5'400 fr. et que, dans ses conclusions, la recourante - qui all�gue ne pas avoir de revenu d'une activit� lucrative - r�clame une contribution d'entretien d'un montant de 5'400 fr., soit �gal � ce train de vie. Par ailleurs, l'�pouse ne saurait remettre en cause la d�termination de la contribution d'entretien sur la base de son train de vie, en raison de l'exigence de l'�puisement des instances (art. 75 al. 1 LTF, cf. supra consid. 2) d�s lors qu'elle n'a formul� aucun grief � ce sujet en instance d'appel.
S'agissant du moyen tir� de l'application du principe de la solidarit� des �poux en raison du pr�tendu impact du mariage sur la vie de la recourante, ce grief, autant que suffisamment motiv�, doit �tre d'embl�e rejet�, faute de pertinence dans le contexte des mesures provisionnelles. L'argumentation que la recourante pr�sente a trait � l'influence du mariage sur l'octroi d'une contribution d'entretien apr�s divorce (art. 125 CC), aspect qui n'a pas � �tre tranch� dans le cadre de l'organisation de la vie s�par�e durant la proc�dure de divorce (cf. supra consid. 4.1). L'obligation d'entretien demeurant fond�e en l'esp�ce sur l'art. 163 CC, l'assistance mutuelle des �poux dure tant que le lien matrimonial n'est pas dissous.
4.3 La recourante fait ensuite valoir qu'il ne pouvait lui �tre imput� un revenu hypoth�tique sans tomber dans l'arbitraire. A cet �gard, elle reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir m�connu le certificat m�dical d'incapacit� de travail qu'elle a produit, d'avoir retenu qu'elle avait �t� l'employ�e de la soci�t� de son �poux durant le mariage et d'avoir r�duit la contribution d'entretien qu'elle per�oit � 2'500 fr., sans avoir pu "b�n�ficier d'un d�lai d'adaptation appropri�".
4.3.1 La recourante soutient essentiellement que la production d'un certificat m�dical est suffisante pour prouver son incapacit� de travail, de sorte qu'il est arbitraire de lui imputer un revenu hypoth�tique. Elle affirme que le juge pr�c�dent devait s'en tenir au certificat du 4 f�vrier 2011 �tabli par le Dr B.________ et admettre que les troubles psychiques attest�s l'emp�chent d'exercer toute activit� lucrative quelle qu'elle soit. L'autorit� cantonale a, pour sa part, consid�r� que la valeur probante du certificat m�dical du Dr B.________ �tait douteuse � plusieurs �gards (cf. supra consid. 3).
De mani�re g�n�rale, la recourante se limite � substituer sa propre appr�ciation, de mani�re appellatoire, � celle du juge pr�c�dent; partant, elle ne s'en prend pas aux motifs de la d�cision querell�e. Il en est ainsi lorsqu'elle affirme que le certificat m�dical du 4 f�vrier 2011 a �t� �tabli en bonne et due forme par un m�decin, au b�n�fice d'un titre professionnel officiel, qui a pos� un diagnostic au terme de plusieurs consultations, alors que l'autorit� pr�c�dente a consid�r� que la maladie qu'elle all�guait devait �tre relativis�e, vu les qualifications professionnelles du Dr B.________ et la faible fr�quence des consultations (cf. supra consid. 3). Cela �tant, le Juge d�l�gu� n'est pas tomb� dans l'arbitraire en consid�rant que l'absence de demande de prestation de l'assurance-invalidit� (ci-apr�s: AI) constituait un indice que l'�pouse conserve une capacit� de gain r�siduelle (arr�t 5A_248/2011 du 14 novembre 2011 consid. 4.3). Bien qu'elle soutienne d�sormais dans son m�moire de recours attendre le d�lai l�gal d'un an (art. 28 LAI) pour requ�rir le versement d'une rente AI, il ressort toutefois du dossier que la recourante n'envisage pas s�rieusement de proc�der � ces d�marches, dans la mesure o� elle a pr�cis� devant le juge cantonal qu'elle ne sera "plus d�pressive � l'issue de la proc�dure de divorce", constatation qu'elle ne critique d'ailleurs pas dans son recours. En cons�quence, il n'est pas arbitraire de consid�rer que la recourante conserve une capacit� de gain, nonobstant son "�tat d�pressif" attest� par le certificat du 4 f�vrier 2011.
4.3.2 La recourante fait ensuite grief � l'autorit� pr�c�dente d'avoir op�r� une appr�ciation "� la louche" de l'activit� qu'elle devrait �tre amen�e � effectuer et du revenu qu'elle pourrait en tirer, ainsi que d'avoir admis qu'elle avait �t� l'employ�e de la soci�t� de son �poux.
Lorsque la recourante conteste avoir exerc� une activit� lucrative pour la soci�t� de l'intim�, autrement dit qu'elle a �t� �cart�e du march� du travail depuis 2004, elle se fonde sur des faits all�gu�s mais non prouv�s en appel et donc non retenus dans l'arr�t du Juge d�l�gu�, qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF). Quoi qu'il en soit, la seule circonstance que l'�pouse ait pr�tendument �t� sans emploi durant le mariage ne saurait exclure d'embl�e l'obligation pour celle-ci de reprendre une activit� lucrative (ATF 137 III 118 consid. 3.1 p. 121). Pour le surplus, en se limitant � observer que la d�termination du revenu hypoth�tique qui lui a �t� imput� est arbitraire, la recourante ne s'en prend pas au raisonnement du juge cantonal consistant � admettre que l'�pouse est capable de r�aliser le revenu qu'elle percevait avant son mariage avec l'intim�, alors qu'elle �tait vendeuse en confection et avait � charge deux enfants en �ge de scolarit�. Par ailleurs, la profession retenue, � savoir vendeuse en confection, et le revenu de 2'500 fr. qu'elle pourrait r�aliser n'apparaissent pas arbitraires compte tenu de son �ge, de sa sant� et de son exp�rience professionnelle; la recourante ne formule quoi qu'il en soit, aucune critique motiv�e � cet �gard, pas plus qu'elle ne remet en cause la possibilit� de trouver un tel emploi sur le march�. L'�pouse ne d�montrant nullement que l'appr�ciation du Juge d�l�gu� de sa capacit� de gain serait arbitraire, sa critique doit �tre rejet�e, autant qu'elle est recevable (art. 106 al. 2 LTF).
4.3.3 La recourante reproche enfin au Juge d�l�gu� de lui avoir imput� un revenu hypoth�tique sans lui avoir laiss� un d�lai raisonnable pour rechercher un emploi. Elle affirme que "m�me si elle n'avait pas �t� en incapacit� de travail, [elle] n'aurait de toute mani�re pas pu disposer d'un temps suffisant pour retrouver un travail", �tant �g�e de 48 ans et ayant deux enfants de 18 et 13 ans � charge.
Dans sa critique, la recourante se borne � affirmer que le laps de temps �coul� entre les mesures provisionnelles et la modification de celles-ci n'est pas suffisant, mais elle ne d�montre nullement l'arbitraire de la d�cision lui imputant un revenu hypoth�tique pr�s d'une demi-ann�e apr�s le prononc� de mesures provisionnelles dans lequel elle avait �t� invit�e � prendre ou reprendre une activit� lucrative sans d�lai. En particulier, elle ne s'en prend pas en tant que telle � la motivation de l'arr�t entrepris selon laquelle la r�duction de la contribution d'entretien en sa faveur s'est faite de mani�re progressive, tenant compte d'abord de ses revenus locatifs - �l�ment qu'elle ne conteste au demeurant pas - puis d'un revenu hypoth�tique, ayant �t� invit�e � chercher un emploi par ordonnance de mesures provisoires du 4 ao�t 2010, lors m�me qu'elle exer�ait d�j� une activit� lucrative avant son mariage, tout en ayant encore � sa charge ses deux enfants en �ge de scolarit�. La recourante ne d�montre pas que la d�cision entreprise serait arbitraire � cet �gard.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires sont mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Aucune indemnit� de d�pens n'est accord�e � l'intim� qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, au Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud, et au Tribunal d'arrondissement de La C�te.
Lausanne, le 18 janvier 2012