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Timestamp: 2017-04-29 05:28:39+00:00
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DROITS FONDAMENTAUX > Relations extérieures Les deux arrêts rendus le 7 juillet par la Grande Chambre de la Cour des Droits de l’homme (CEDH) doivent être marqués au rang des grands jugements. On peut s’attendre à de nombreux commentaires non seulement dans les cercles juridiques mais également dans les enceintes militaires et chancelleries politiques. La Cour s’est montrée en la circonstance audacieuse dans son arrêt et indépendante, à l’évidence. Les juges européens se sont en effet reconnus compétents pour juger des faits qui se sont déroulés hors Europe, dans une zone de conflit de haute intensité, où intervenait l’armée britannique : Bassorah en Irak en 2003. L’un concerne des civils tués par les forces britanniques (arrêt Al Skeini) ; l’autre concerne la détention d’un ancien joueur de basket soupçonné d’avoir versé dans le recrutement de terroristes (arrêt Al-Jedda). Les deux arrêts rendus le 7 juillet par la Grande Chambre de la Cour des Droits de l’homme (CEDH) doivent être marqués au rang des grands jugements. On peut s’attendre à de nombreux commentaires non seulement dans les cercles juridiques mais également dans les enceintes militaires et chancelleries politiques. La Cour s’est montrée en la circonstance audacieuse dans son arrêt et indépendante, à l’évidence. Les juges européens se sont en effet reconnus compétents pour juger des faits qui se sont déroulés hors Europe, dans une zone de conflit de haute intensité, où intervenait l’armée britannique : Bassorah en Irak en 2003. L’un concerne des civils tués par les forces britanniques (arrêt Al Skeini) ; l’autre concerne la détention d’un ancien joueur de basket soupçonné d’avoir versé dans le recrutement de terroristes (arrêt Al-Jedda). L’affaire concerne les décès de six personnes à Bassorah entre mars et novembre 2003, tuées par les forces britanniques dans des circonstances assez floues. Selon la Cour, « trois furent tués ou mortellement blessés par balles par des soldats britanniques ; une autre victime reçut une blessure mortelle au cours d’une fusillade entre une patrouille britannique et des tireurs non identifiés ; un autre fut battu par des soldats, un autre fut battu par des soldats britanniques, puis contraint de se jeter dans une rivière, où il se noya ». Sur le corps de la dernière victime, « décédée dans une base militaire britannique, on dénombra 93 blessures » (Nb : le fils du colonel de la police de Bassorah) ! Dans plusieurs de ces cas, « aucune sommation verbale » n’a été effectuée, les soldats pensant – sur la foi d’informations reçues au préalable que leur vie était en danger. Dans d’autres, il s’agit de « balles perdues ». Le ministère de la défense décida de ne pas ouvrir d’enquête indépendante, ni d’accepter la responsabilité des décès ou de verser une « satisfaction équitable ».
Deuxième question, compte tenu des circonstances tout à fait exceptionnelles, où est le manquement à la Convention ? Certes la Cour estime que dans un contexte comme l’Irak et Bassorah en 2003 – guerre, région étrangère et hostile, effondrement de l’infrastructure civile, graves malentendus culturels et linguistiques entre occupants et population locale, etc… – l’obligation procédurale découlant de la CEDH doit être « appliquée de manière réaliste » . Elle n’en estime pas moins que le Royaume-Uni a « manqué à (son obligation) de mener une enquête indépendante et effective sur les décès des proches de cinq des six requérants, et a violé l’article 2 de la CEDH (droit à la vie) ». Elle oblige au versement de 17.000 euros pour les dommages moraux à cinq plaignants sur six. Dans son argumentaire, la Cour fixe en fait une ligne de conduite aux autorités militaires d’une puissance occupante pour définir ce qu’est une enquête effective et indépendante. - savoir si, dans chacun de ces cas, les soldats auteurs des coups de feu mortels avaient tiré conformément aux règles d’ouverture du feu » ;
- en cas de fusillade, « déterminer si des mesures adéquates avaient été prises pour protéger les civils à proximité » ;
- faire interroger, « dès que possible après les incidents, les témoins militaires, et en particulier les auteurs allégués des faits, par un investigateur spécialisé totalement indépendant » ;
- déployer « les efforts nécessaires pour identifier des témoins oculaires irakiens et les persuader que se présenter et déposer en cette qualité ne leur aurait fait courir aucun risque, que leurs déclarations seraient traitées avec sérieux et que des suites y seraient rapidement données » .
-. Communiqué de presse de la Cour européenne des droits de l’homme : affaires Al-Skeini et autres (obligation d’enquêter) http://www.echr.coe.int/ECHR/homepage_fr<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />