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Timestamp: 2016-10-28 14:07:07+00:00
Document Index: 84264048

Matched Legal Cases: ['art. 9', 'art. 125', 'art. 2', 'art. 172', 'art. 72', 'ATF ', 'art. 90', 'ATF ', 'art. 75', 'ATF ', 'art. 51', 'art. 74', 'art. 76', 'ATF ', 'art. 100', 'art. 42', 'art. 98', 'ATF ', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 99', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 163', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 176', 'art. 137', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 125', 'ATF ', 'art. 163', 'art. 125', 'art. 163', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 125', 'art. 9', 'art. 106', 'art. 2', 'art. 98', 'art. 2', 'art. 125', 'art. 66', 'art. 68']

5A_743/2010 (10.02.2011)
A.a A.________, n� en 1975, et dame A.________, de nationalit� tha�landaise, n�e en 1983, se sont mari�s le 26 octobre 2007. Ils ont adopt� le r�gime de la s�paration de biens.
Aucun enfant n'est issu de leur mariage, mais l'�pouse a un enfant de huit ans issu d'une pr�c�dente union.
Les �poux se sont s�par�s en septembre 2009.
A.b A.________ a une formation d'enseignant et a travaill� dans une �cole de commerce de juillet � octobre 2009 pour un salaire net de 4'134 fr., 4'877 fr. 65. 4'458 fr. 45 et 4'458 fr. 45. � la suite d'une d�pression, il a �t� licenci�, hospitalis� et en incapacit� de travail de septembre 2009 au 17 mai 2010, date � laquelle il a retrouv� sa pleine capacit� de travail.
L'�pouse, dont la formation n'est pas connue, n'exerce aucune activit� lucrative, et ne sait ni lire, ni �crire le fran�ais. Son mari le conteste; il all�gue qu'elle travaille dans un restaurant et qu'elle parle l'anglais et le tha�. Elle loge provisoirement chez une amie, car son mari lui aurait interdit l'acc�s au domicile conjugal.
Par d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale du 26 avril 2010, le Tribunal de premi�re instance a notamment condamn� le mari � verser un montant de 1'100 fr. � titre de contribution � l'entretien de son �pouse, montant qui ne couvre pas le minimum vital de celle-ci.
Statuant sur appel du mari par arr�t du 17 septembre 2010, la Cour de justice du canton de Gen�ve a r�form� partiellement cette d�cision sur un point non litigieux devant le Tribunal f�d�ral et confirm� celle-ci en ce qui concerne la contribution � l'entretien de l'�pouse.
Le 22 octobre 2010, le mari interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, concluant � l'annulation de l'arr�t cantonal et, principalement, � ce qu'il soit dit qu'il ne doit aucune contribution � l'entretien de son �pouse et, subsidiairement, � ce que la cause soit renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle instruction et d�cision. Il se plaint d'application arbitraire (art. 9 Cst.) des art. 125, 163 et 176 al. 1 ch. 1 CC, ainsi que d'abus de droit (art. 2 al. 2 CC).
La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF (ATF 133 III 393 consid. 2). Elle est finale selon l'art. 90 LTF, car elle tranche d�finitivement, dans une proc�dure s�par�e, des questions qui ne pourront plus �tre revues avec l'�ventuelle d�cision sur le divorce et les effets accessoires (ATF 133 III 393 consid. 4). La d�cision attaqu�e a �t� rendue par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF).
Comme le litige porte uniquement sur la contribution d'entretien allou�e � la recourante, la d�cision attaqu�e a �t� prise dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2) dont la valeur litigieuse, calcul�e sur la base de l'art. 51 al. 1 let. a et al. 4, premi�re phrase, LTF) d�passe le minimum de 30'000 fr. fix� par la loi pour la recevabilit� du recours en mati�re civile (art. 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF; cf. ATF 133 III 421 consid. 1.1), car il a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t juridique � la modification de la d�cision attaqu�e. Enfin, le recours a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi. Il y a donc lieu d'entrer en mati�re.
Les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5, 585 consid. 3.3 et les r�f�rences cit�es), de sorte que seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation de ces droits que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant (principe d'all�gation de l'art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les r�f�rences cit�es). Le Tribunal f�d�ral ne traite donc pas les questions que le recourant ne remet pas express�ment en cause, conform�ment au principe d'all�gation (ATF 133 IV 286 consid. 1.4; 133 III 393 consid. 6, 638 consid. 2).
Lorsque le recourant invoque l'interdiction de l'arbitraire pr�vue par l'art. 9 Cst., le Tribunal f�d�ral examine si la d�cision querell�e applique le droit civil mat�riel de mani�re insoutenable ou repose sur des constatations de fait �tablies de fa�on manifestement inexacte (FF 2001 p. 4134 s.). En vertu du principe d'all�gation, le recourant qui se plaint d'arbitraire ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables. Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (cf. ATF 133 III 585 consid. 4.1; 130 I 258 consid. 1.3 et les r�f�rences cit�es). Il ne suffit pas qu'une solution diff�rente apparaisse concevable, voire pr�f�rable; la d�cision attaqu�e n'est, de surcro�t, annul�e que si elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1; 132 III 209 consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es).
Quant � l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les r�f�rences cit�es). Sa retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 et les r�f�rences cit�es). Ainsi en va-t-il dans le domaine des mesures protectrices de l'union conjugale, qui sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb et les r�f�rences cit�es).
Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF; ATF 133 III 393 consid. 3).
La cour cantonale a expos� que lorsque la s�paration appara�t d�finitive, les crit�res de l'art. 125 CC sont applicables, mais elle a toutefois consid�r� qu'une application directe et syst�matique de cette disposition n'a pas lieu d'�tre, celle-ci devant s'effacer devant le principe de la solidarit� qui d�coule de l'art. 163 CC. En l'esp�ce, elle a admis qu'il est vraisemblable que la s�paration aboutira � la dissolution du lien conjugal, mais que le principe de solidarit� est toutefois applicable pour les motifs suivants: l'�pouse a quitt� son pays d'origine pour �pouser son mari, ne parle ni ne lit le fran�ais et se trouve donc dans une situation financi�re pr�caire. Au vu des pi�ces produites et de ses d�clarations, elle n'exerce aucune activit� lucrative, l'affirmation contraire du mari n'�tant pas �tablie; il lui sera difficile de trouver une activit� lucrative. Ses charges incompressibles sont de 2'506 fr. 50 (entretien de base: 1'200 fr.; assurance-maladie de base: 236 fr. 50; frais de transport: 70 fr.; loyer hypoth�tique: 1'000 fr.). La cour a tenu compte d'un loyer hypoth�tique car l'�pouse a d� quitter le domicile conjugal et que son h�bergement par une amie appara�t provisoire.
En ce qui concerne la situation du mari, la cour a retenu qu'il n'a pas rendu vraisemblable la diminution de son revenu � la suite de son licenciement, se contentant de produire son inscription � l'office cantonal de l'emploi; aucun document atteste des indemnit�s de ch�mage per�ues. La cour lui a donc imput� une capacit� de gain de 4'800 fr. net, correspondant au salaire moyen per�u ant�rieurement. Ses charges sont de 3'457 fr. 10 (entretien de base: 1'200 fr.; assurance-maladie: 586 fr. 60; imp�ts: 1'201 fr. 10; loyer: 392 fr.; assurance-m�nage: 7 fr. 40; frais de transport: 70 fr.). La cour a refus� de tenir compte d'un loyer de 1'000 fr. puisqu'il loge chez sa soeur pour 392 fr., voire chez sa m�re � bien plaire.
Le disponible du mari �tant de 1'342 fr. 90, la cour a fix� la contribution d'entretien due � l'�pouse � 1'000 fr., montant qui ne couvre pas ses charges incompressibles.
Sous le titre "Application arbitraire des art. 163 et 176 CC", le recourant invoque p�le-m�le l'application arbitraire du droit et la constatation arbitraire de faits.
4.1 Le recourant reproche tout d'abord � l'autorit� cantonale de n'avoir pas appliqu� par anticipation les principes de l'art. 125 CC, alors qu'on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune. Il fait �galement valoir une application arbitraire de l'art. 125 CC; selon lui, le principe du "clean break" devait l'emporter sur celui de la solidarit�.
4.1.1 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisoires (art. 137 al. 2 CC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b et les r�f�rences cit�es). Toutefois, quand on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce de l'art. 125 CC gagnent en importance et doivent �tre pris en consid�ration pour �valuer l'entretien. Cela signifie que le droit � l'entretien doit �tre appr�ci� au regard des crit�res de l'art. 125 al. 1 CC, que le montant de la contribution doit �tre fix� en tenant compte des �l�ments indiqu�s de fa�on non exhaustive par l'art. 125 al. 2 CC et qu'il y a lieu d'appr�cier la prise ou l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux � la lumi�re du principe de l'ind�pendance �conomique des �poux (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Il n'en demeure pas moins que, tant que dure le mariage, l'art. 163 al. 1 CC constitue la cause de l'obligation d'entretien.
4.1.2 Ainsi, l'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien. L'art. 125 al. 1 CC concr�tise en effet deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien (ATF 132 III 598 consid. 9.1 et les r�f�rences cit�es). Selon la jurisprudence, une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�ancier ("lebenspr�gend"). En particulier, un mariage dont la dur�e a �t� inf�rieure � cinq ans est pr�sum� ne pas avoir eu d'influence concr�te sur les conjoints (ATF 135 III 59 consid. 4.1); toutefois, ind�pendamment de sa dur�e, un tel mariage a eu une telle influence lorsque le couple a eu des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1) ou encore s'il y a eu d�racinement culturel du conjoint (arr�ts 5A_275/2009 du 25 novembre 2009 consid. 2.1 publi� in SJ 2010 p. 521; 5A_384/2008 du 21 octobre 2008 consid. 3.1 publi� in FamPra.ch 2009 p. 190; 5C.49/2005 du 23 juin 2005 consid. 2.1 publi� in FamPra.ch 2005 p. 919). Dans ces cas, on admet que la confiance dans la continuation du mariage et dans le maintien de la r�partition des r�les convenue librement par les parties m�rite objectivement d'�tre prot�g�e (arr�ts 5A_384/2008 du 21 octobre 2008 consid. 3.1 publi� in FamPra.ch 2009 p. 190; 5C.169/2006 du 13 septembre 2006, consid. 2.4 publi� in FamPra.ch 2007 p. 147).
4.1.3 L'entretien convenable au sens de l'art. 125 al. 1 CC correspond au niveau de vie que les �poux ont eu pendant le mariage. Lorsque l'union conjugale a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux b�n�ficiaire ("lebenspr�gend"), le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2). Il s'agit de la limite sup�rieure de l'entretien convenable. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier d'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur d'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1).
4.1.4 Conform�ment au principe de l'ind�pendance �conomique des �poux, qui se d�duit �galement de l'art. 125 al. 1 CC, l'�poux demandeur ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable tel qu'�tabli conform�ment aux principes sus-mentionn�s (ATF 134 III 145 consid. 4). Selon les circonstances, il pourra �tre ainsi contraint d'exercer une activit� lucrative ou d'augmenter son taux de travail (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Le juge doit donc examiner dans quelle mesure l'�poux concern� peut exercer une activit� lucrative, compte tenu de son �ge, de son �tat de sant� et de sa formation. S'il entend exiger de lui qu'il reprenne une activit� lucrative, il doit lui accorder un d�lai d'adaptation appropri�: l'�poux doit en effet avoir suffisamment de temps pour s'adapter � sa nouvelle situation, notamment lorsqu'il doit trouver un emploi. Ce d�lai doit par ailleurs �tre fix� en fonction des circonstances concr�tes du cas particulier (cf. ATF 129 III 417 consid. 2.2; 114 II 13 consid. 5).
4.1.5 M�me si, dans sa partie juridique (cf. consid. 3 ci-dessus), l'arr�t attaqu� semble vouloir faire pr�valoir le principe de la solidarit� sur celui de l'art. 125 CC, la cour cantonale applique n�anmoins en l'esp�ce les crit�res de l'art. 125 al. 1 CC. En effet, d'une part, l'�pouse a droit � une contribution en vertu du principe de la solidarit� car sa situation financi�re pr�caire est en lien direct avec le mariage: elle a quitt� son travail en Tha�lande pour �pouser son mari et ne parle, ni ne lit le fran�ais. D'autre part, elle n'est pas en mesure de subvenir � son entretien par elle-m�me, puisqu'elle n'exerce aucune activit� lucrative et qu'il lui sera difficile d'en trouver une.
Le grief du recourant est donc sans incidence sur le r�sultat en tant qu'il reproche � la cour cantonale de n'avoir pas appliqu� par anticipation l'art. 125 CC. Le recourant m�conna�t les principes d�coulant de l'art. 125 al. 1 CC lorsqu'il soutient que le principe du "clean break" devrait s'appliquer lorsqu'il n'y a pas de perspectives de r�conciliation.
4.2 Le recourant soutient ensuite que la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire en retenant que la situation pr�caire de son �pouse est en relation directe avec le mariage, qu'elle a quitt� son travail pour l'�pouser.
Lorsqu'il invoque que son �pouse a travaill� dans son pays comme r�ceptionniste, qu'elle subvient � son propre entretien depuis la s�paration, qu'elle est log�e chez un tiers et est autonome financi�rement puisqu'il ne lui a rien pay�, qu'elle voulait quitter son pays pour s'installer � Gen�ve et avoir un meilleur niveau de vie, que c'est cette volont� qui est � l'origine de sa venue en Suisse et non son mariage, qu'elle s'est servie de lui pour obtenir un permis B, le recourant ne fait que pr�senter sa propre th�se, en se basant pour partie sur des faits non constat�s. Celle-ci ne suffit pas � d�montrer l'arbitraire de l'appr�ciation de la cour cantonale, qui a retenu que l'�pouse a �t� d�racin�e du fait qu'elle a quitt� son emploi en Tha�lande pour l'�pouser.
4.3 Le recourant soutient ensuite qu'il est arbitraire de retenir que son �pouse n'exerce aucune activit� lucrative et qu'il lui sera difficile de trouver une telle activit�. Selon lui, elle a travaill� comme r�ceptionniste dans une compagnie d'aviation en Tha�lande, parle couramment le tha�landais et l'anglais, travaille dans un restaurant de la place de Gen�ve et pourrait trouver facilement un emploi � l'a�roport ou dans une organisation internationale.
Par cette critique, le recourant s'en prend d'une part � la question de l'exercice effectif d'une activit� lucrative et d'autre part � la possibilit� pour l'�pouse de trouver un emploi, deux points qui rel�vent de l'appr�ciation des preuves et dont le recourant doit d�montrer l'arbitraire (art. 9 Cst.) conform�ment � l'art. 106 al. 2 LTF.
La cour cantonale a constat� que l'�pouse ne parle, ni ne lit le fran�ais, qu'en d�pit des affirmations du mari et au vu des pi�ces produites et de ses d�clarations, elle n'exerce aucune activit� lucrative; elle en a conclu que, dans ce contexte, il lui sera difficile de trouver une activit� lucrative. Par sa critique appellatoire, le recourant ne d�montre pas en quoi l'appr�ciation de l'autorit� cantonale serait arbitraire.
La cour cantonale ne s'est pas prononc�e sur la dur�e pendant laquelle l'�pouse aurait des difficult�s � trouver un emploi - si la prise d'une telle activit� peut raisonnablement �tre exig�e d'elle -, en d'autres termes sur le d�lai d'adaptation qui lui serait n�cessaire pour s'ins�rer professionnellement. Toutefois, comme la d�cision a �t� prise dans le cadre de mesures protectrices de l'union conjugale, dont la dur�e est limit�e, et que le recourant ne soul�ve pas cette question, elle n'a pas � �tre examin�e par la cour de c�ans.
Le recourant conteste la prise en compte de 2'506 fr. 50 au titre de charges de l'�pouse. Puisque son �pouse vit chez une amie, il estime que son minimum de base LP n'est que de 850 fr. et qu'il n'y a pas de loyer � prendre en consid�ration; si on n'admet pas son point de vue, on devrait aussi admettre un poste de loyer de 1'000 fr. pour lui-m�me, et son indemnit� de ch�mage r�elle. En appr�ciant les charges et revenus des �poux de mani�re diff�rente, la cour serait tomb�e dans l'arbitraire.
La cour cantonale a constat� que l'�pouse a d� quitter le domicile conjugal et que son h�bergement par une amie appara�t provisoire. Le recourant ne s'en prend pas � cette motivation; sa critique est donc irrecevable. Comme sa propre situation est diff�rente, il n'est pas arbitraire de refuser de prendre en compte un poste de loyer de 1'000 fr. pour lui.
Le recourant estime arbitraire de retenir que son revenu net est de 4'800 fr. Puisqu'il est au ch�mage, il ne peut percevoir plus de 70% de son dernier salaire. On ne saurait lui reprocher de n'avoir pas produit le d�compte de ses indemnit�s, puisque son recours cantonal, qui date du 27 mai 2010, est ant�rieur au premier d�compte de ch�mage, �tabli au 30 mai 2010. Selon lui, il est donc arbitraire de retenir qu'il n'a pas rendu vraisemblable la diminution de son revenu � la suite de son licenciement, puisqu'il est admis qu'il est inscrit au ch�mage.
La cour a retenu que le recourant a une capacit� de gain de 4'800 fr. net, comme par le pass�, ne tenant pas compte de son inscription au ch�mage. La motivation de la cour cantonale est tr�s succincte: implicitement, la cour consid�re par l� que la production de son inscription � l'office cantonal de l'emploi ne suffit pas � d�montrer qu'il ne peut trouver un emploi correspondant � sa formation; elle s'est donc fond�e sur un revenu hypoth�tique, comme enseignant, ne tenant pas compte d'une �ventuelle p�riode de ch�mage, non prouv�e, et qui, conform�ment � la jurisprudence, ne serait pas durable (arr�t 5A_352/2010 du 29 octobre 2010 consid. 4.3). Le recourant n'a pas vraiment compris la motivation de l'arr�t attaqu�, de sorte que sa critique ne s'en prend pas � cette motivation; partant, elle est irrecevable.
En ce qui concerne ses charges, le recourant estime arbitraire de retenir qu'il loge chez sa soeur, puisque celle-ci veut reprendre son appartement, et parall�lement d'admettre pour son �pouse, qui loge aussi chez un tiers, un loyer de 1'000 fr.
La cour cantonale a retenu qu'il ne ressort pas des pi�ces � quelle date la soeur va revenir � Gen�ve. Le recourant ne s'en prend pas � cette constatation, se limitant � se r�f�rer aux pi�ces 14 et 15, par lesquelles sa soeur pour la premi�re et lui-m�me pour la deuxi�me, intiment � l'�pouse l'ordre de quitter l'appartement en question. Il ne s'en prend pas non plus � la seconde motivation de la cour, selon laquelle il habite sinon chez sa m�re.
Il s'ensuit qu'en se basant sur la situation actuelle effective du recourant, la cour n'est pas tomb�e dans l'arbitraire. La situation de l'�pouse �tant diff�rente, il n'est pas arbitraire de traiter diff�remment les deux �poux.
En ce qui concerne le montant de 1'400 fr., on peine � comprendre l'argumentation du recourant: si ce montant est payable 10 fois l'an, il ne saurait s'agir d'un montant mensuel.
Le recourant soutient enfin que l'�pouse commet un abus de droit (art. 2 al. 2 CC) en formulant des pr�tentions p�cuniaires.
Outre le fait que, dans un recours en mati�re civile au sens de l'art. 98 LTF, le Tribunal f�d�ral ne corrige l'application des dispositions du droit mat�riel que si celle-ci est arbitraire, le recourant ne d�montre pas en quoi l'art. 2 al. 2 CC aurait une port�e dans le cadre de l'application de l'art. 125 CC. Faute de motivation, son grief est irrecevable.
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable, aux frais de son auteur (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�e qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre (art. 68 al. 1 LTF).