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Timestamp: 2016-10-26 15:33:19+00:00
Document Index: 7986006

Matched Legal Cases: ['art. 3', 'art. 397', 'art. 400', 'art. 398', 'art. 16', 'art. 20', 'art. 44', 'art. 100', 'art. 76', 'art. 90', 'art. 75', 'art. 72', 'art. 105', 'art. 9', 'art. 95', 'art. 105', 'art. 97', 'art. 106', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 9', 'ATF ', 'art. 106', 'art. 42', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 95', 'ATF ', 'art. 99', 'art. 55', 'ATF ', 'art. 41', 'art. 394', 'art. 2', 'art. 2', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 3', 'ATF ', 'art. 40', 'art. 718', 'art. 718', 'art. 718', 'art. 718', 'art. 3', 'art. 3', 'ATF ', 'art. 3', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 3', 'ATF ', 'art. 3', 'art. 4', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 62', 'art. 38', 'ATF ', 'art. 62', 'ATF ', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 397', 'art. 398', 'art. 321', 'art. 398', 'art. 398', 'art. 397', 'art. 397', 'art. 397', 'ATF ', 'art. 397', 'art. 397', 'art. 397', 'art. 397', 'ATF ', 'art. 9', 'art. 3', 'art. 3', 'art. 2', 'art. 55', 'art. 2', 'art. 42', 'art. 2', 'art. 42', 'art. 475', 'art. 475', 'art. 400', 'ATF ', 'art. 398', 'ATF ', 'art. 394', 'ATF ', 'ATF ', 'art. 398', 'art. 20', 'art. 97', 'art. 95', 'art. 42', 'art. 16', 'ATF ', 'art. 62', 'art. 67', 'art. 717', 'art. 67', 'ATF ', 'art. 718', 'art. 97', 'art. 106']

4A_474/2014 (09.07.2015)
4A_474/2014 � � Arr�t du 9 juillet 2015
1. A.________ Limited, en liquidation,
toutes les deux repr�sent�es par Me Olivier Wehrli et Me Philippe Neyroud,
C.________ SA, (anciennement A.C.________ AG), repr�sent�e par Me Bernard Lachenal et Me Carole van de Sandt,
mandat et pr�t fiduciaires, virements bancaires, mandat et contrat de vente fiduciaires;
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, du 30 mai 2014.
A.a.�A compter des ann�es 1980, l'�tat de X.________ a proc�d� � des investissements � l'�tranger, tant aux �tats-Unis qu'en Europe, pour des montants globaux estim�s � quelque 100 milliards de dollars. Ces investissements ont �t� effectu�s par D.________, agence officielle xxx bas�e � Londres, rattach�e � E.________, organisme public d�pendant du minist�re des finances de l'�tat de X.________.
D�s le milieu des ann�es 1980, D.________ a proc�d� � des investissements massifs en Espagne, essentiellement au travers de B.________ SA (ci-apr�s: B.________), soci�t� holding espagnole ayant son si�ge en Espagne et d�tenant des filiales actives dans diff�rents secteurs industriels espagnols.
A.b.�Durant la p�riode litigieuse, au d�but des ann�es 1990, D.________ �tait principalement dirig�e par A.F.________, B.F.________, tous deux membres de la famille royale, et par G.________. Pendant l'occupation de X.________ par Y.________, entre ao�t 1990 et f�vrier 1991, les deux premiers se sont vu conf�rer les pleins pouvoirs pour g�rer et disposer des actifs de X.________ � l'�tranger, notamment ceux d�tenus par D.________.
D.________ contr�lait et d�tenait, au travers de soci�t�s offshore, environ 80% du capital-actions de B.________.
A.________ Limited, en liquidation (ci-apr�s: A.________), soci�t� dont le si�ge est � Londres, �tait une filiale � 100% de B.________, cr��e en 1988 pour des motifs d'optimisation fiscale de B.________.
H.________ g�rait � titre principal les affaires de D.________ en Espagne, dirigeait B.________, dont il �tait administrateur vice-pr�sident et actionnaire minoritaire, d�tenant directement ou au travers de soci�t�s offshore 20 % de son capital-actions et, de facto, dirigeait et contr�lait A.________.
A.F.________, B.F.________ et G.________ faisaient partie du conseil d'administration de B.________.
I.________, qui �tait un proche de H.________, et par ailleurs avocat de D.________ et de B.________ en Espagne et ancien ministre des finances du gouvernent catalan, �tait membre du conseil d'administration de A.________.
A.c.�D�s 1989, H.________, � titre personnel et pour D.________ et B.________, avait initi� des relations d'affaires avec le groupe bancaire A.C.________, bas� aux �tats-Unis, en particulier avec ses filiales de Miami, Madrid, Londres et Zurich. Ainsi en juillet 1989, H.________ a ouvert un compte personnel " vvv " et I.________ un compte personnel " www " aupr�s de A.C.________ AG, � Zurich, banque dont la raison sociale a �t� modifi�e en 2000 en C.________ AG (ci-apr�s: C.________ ou la banque). Celle-ci dispose d'une succursale � Gen�ve.
A.d.�Entre 1988 et 1992, et tout particuli�rement pendant l'occupation de X.________ par Y.________ entre ao�t 1990 et f�vrier 1991, les organes et dirigeants de D.________, B.________ et A.________, agissant de concert, ont d�tourn� � leur profit des centaines de millions de dollars au d�triment de B.________ et A.________, par le moyen d'une succession de transactions frauduleuses, men�es au travers d'une n�buleuse de soci�t�s offshore et de comptes bancaires, proc�dant d'une ing�nierie financi�re et comptable complexe. H.________ a �t� l'un des principaux organisateurs de ces d�tournements, mais pas le seul b�n�ficiaire. Ces d�tournements auraient �t� l'une des causes de la mise sous redressement judiciaire et d'un assainissement de B.________ et de la liquidation volontaire de A.________.
A.e.�Sont pr�sentement litigieuses trois affaires, pour lesquelles les organes de D.________, B.________ et A.________ ont utilis� les services bancaires de C.________, en particulier de sa succursale de Gen�ve, une partie des montants d�tourn�s ayant transit� par des comptes ouverts dans cette banque, soit:
1) les mandat et pr�t fiduciaires Z.________ de 300'000'000 USD;
2) les trois bonifications de 1'000'000 USD, 1'576'707 USD et 40'426'952 USD sur le compte personnel " vvv " appartenant � H.________, et
3) la vente fiduciaire d'actions J.________ SA pour 73'700'000 USD.
Les circonstances de fait de ces trois affaires seront expos�es dans les consid�rants de droit.
A.f.�A la suite d'une proc�dure civile ouverte en Grande-Bretagne, les juridictions anglaises ont condamn� A.F.________, G.________, H.________ et I.________ � rembourser � B.________ les montants d�tourn�s � hauteur de quelque 445'000'000 USD en capital. B.________ a pu recouvrer 220'977'038 USD.
Les pr�nomm�s ont �galement �t� condamn�s p�nalement, respectivement en Espagne et au X.________.
Des plaintes p�nales ont �t� d�pos�es � Gen�ve en 1993 et 1998 contre l'employ� de C.________, K.________. Par arr�t du 11 avril 2006, il a �t� constat� que les faits de complicit� d'escroquerie sont p�nalement prescrits et il a �t� acquitt� du chef de faux dans les titres en relation avec la confirmation de la relation d'affaires de C.________ au 31 d�cembre 1990 concernant A.________ et adress�e aux r�viseurs; il a �t� reconnu coupable de faux dans les titres en ce qui concerne l'attestation de M.________ SA du 9 d�cembre 1991 et exempt� de toute peine, au motif que, sortie du contexte de la gigantesque fraude initi�e par H.________, I.________ et consorts, la faute de K.________ �tait toute relative.
A.F.________ a �t� d�clar� en faillite par les juridictions bahamiennes le 29 juin 2001. B.________ et A.________, ainsi que la banque ont produit leurs cr�ances dans cette faillite, la production de la banque faisant l'objet d'un litige.
A.g.�Le 30 mars 1999, B.________ et A.________ ont indiqu� � la maison-m�re de C.________ � New York qu'elles estimaient que C.________ avait engag� sa responsabilit� dans le cadre de ces d�tournements. Parall�lement, elles ont introduit trois poursuites contre la banque pour une somme totale de 1'623'883'596 fr. avec int�r�ts, qui ont �t� frapp�es d'opposition.
B.�Le 26 septembre 2000, B.________ et A.________ ont ouvert une action en responsabilit� - contractuelle et d�lictuelle - contre C.________ devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve. Elles ont conclu, dans leurs conclusions apr�s enqu�tes, au paiement de cinq postes principaux d'un montant total en capital de 757'874'824 USD, sous d�duction de sommes totalisant en capital 220'977'038 USD et 40'428'707 EUR, et � la lev�e de l'opposition aux commandements de payer.
La banque d�fenderesse a conclu au rejet de la demande et, subsidiairement, � titre r�cursoire, a appel� en cause B.F.________ et A.F.________ et G.________, dont seuls les deux derniers le sont demeur�s, concluant � ce que ceux-ci la rel�vent de toute condamnation en paiement qui pourrait �tre mise � sa charge dans le cadre de l'affaire Z.________. Elle a contest� toute responsabilit� contractuelle et d�lictuelle, les transactions litigieuses proc�dant toutes de malversations commises par les propres organes de B.________ et A.________. G.________ n'a pas r�pondu � l'appel en cause et A.F.________ ne s'est pas pr�sent� � l'audience.
Le Tribunal de premi�re instance a, par jugement du 28 juin 2013, rejet� la demande de A.________ en liquidation et de B.________ et a constat� que les appels en cause form�s par C.________ contre G.________ et A.F.________ �taient devenus sans objet. Quant � la responsabilit� contractuelle de la banque, demeurant seule litigieuse devant le Tribunal f�d�ral, le tribunal a retenu que la banque n'encourait aucune responsabilit� eu �gard aux trois affaires.
Statuant le 30 mai 2014, la Cour de justice du canton de Gen�ve a rejet� l'appel de A.________ et de B.________ et confirm� le jugement de premi�re instance.
C.�Le 25 ao�t 2014, B.________ et A.________ en liquidation ont interjet� un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant en substance � ce que C.________ soit condamn�e � leur payer les cinq postes suivants, correspondant essentiellement aux montants auxquels elles avaient conclu dans leur demande r�duite apr�s enqu�tes:
1) le montant de 300'000'000 USD, auquel s'ajoute un montant d'int�r�ts capitalis�s de 285'063'255 USD (pour la p�riode du 4 octobre 1990 au 30 mars 1999) avec int�r�ts � 8 3/16 % l'an d�s le 31 mars 1999, sous d�duction de 22 remboursements totalisant plus de 220'000'000 USD, en relation avec l'affaire Z.________;
2) le montant de 40'426'952 USD, auquel s'ajoute un montant d'int�r�ts capitalis�s de 19'891'056 USD (pour la p�riode du 15 f�vrier 1991 au 30 mars 1999) avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 31 mars 1999 en relation avec le compte " vvv ";
3) le montant de 1'000'000 USD avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 9 novembre 1989 en relation avec le compte " vvv ";
4) le montant de 1'576'707 USD avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 13 novembre 1989 en relation avec le compte " vvv ";
5) le montant de 73'700'000 USD, auquel s'ajoute un montant d'int�r�ts capitalis�s de 36'216'584 USD, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 31 mars 1999, sous imputation de 40'428'707 euros, en relation avec la vente des actions " J.________ ".
Elles demandent �galement la mainlev�e d�finitive des oppositions aux commandements de payer n��
s�1 et 2 du 3 mai 2000. Subsidiairement, elles concluent au renvoi de la cause � la Cour de justice pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Ne se pr�valant plus que de la responsabilit� contractuelle de C.________, elles invoquent, en relation avec l'affaire Z.________, la violation des art. 3 CC, 33 CO et 718a CO, la violation des art. 397 et 398 CO, des art. 400 CO et 475 CO, s'agissant de l'affaire " vvv " la violation des art. 398, 400 et 466 ss CO et, en ce qui concerne le contrat de vente des actions " J.________ ", une constatation de fait inexacte, la violation de l'art. 16 LDIP et la violation des art. 20, 68 et 718 CO. Elles se plaignent enfin tout g�n�ralement de violation du droit f�d�ral en ce qui concerne le lien de causalit� (art. 44 CO), la faute et le dommage.
La banque intim�e conclut � l'irrecevabilit�, subsidiairement au rejet du recours.
Dans sa r�plique, A.________ se borne � lister des faits sous forme d'extraits de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu�, lesquels sont cens�s fournir des �l�ments de solution au Tribunal f�d�ral.
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 et 46 al. 1 let. c LTF) par les soci�t�s demanderesses qui ont succomb� dans leurs conclusions (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise sur recours par le tribunal sup�rieur du canton (art. 75 LTF) dans une contestation civile dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 72 al. 1 et 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.2.�Le tribunal de premi�re instance ayant d�bout� les demanderesses de leur action, il a constat� que les appels en cause que la banque avait form�s contre G.________ et A.F.________ �taient devenus sans objet. La Cour de justice ayant rejet� l'appel des demanderesses et confirm� le jugement attaqu�, il y a lieu de consid�rer que les appel�s en cause A.F.________ et B.F.________ et G.________ demeurent en l'�tat partie � la proc�dure.
2.1.�Lorsqu'il est saisi d'un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte, c'est-�-dire arbitraire (art. 9 Cst.) ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
�Le recourant qui soutient que les faits ont �t� constat�s d'une mani�re arbitraire doit satisfaire au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire soulever express�ment ce grief et exposer celui-ci de fa�on claire et d�taill�e (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Il ne peut pas se contenter de critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� la juridiction sup�rieure jouit d'une libre cognition; en particulier, il ne saurait se limiter � opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, mais il doit d�montrer par une argumentation pr�cise que cette d�cision se fonde sur une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (cf. ATF 129 I 113 consid. 2.1 p. 120). Pour chaque constatation de fait incrimin�e, il doit ainsi d�montrer comment les preuves administr�es auraient d�, selon lui, �tre correctement appr�ci�es et en quoi leur appr�ciation par l'autorit� cantonale est insoutenable (arr�t 5A_621/2013 du 20 novembre 2014 consid. 2.1; 5A_129/2007 du 28 juin 2007 consid. 1.4). Le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (cf. ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261/262; 125 I 492 consid. 1b p. 495).
�Lorsque le recourant soutient ainsi que les faits et les preuves ont �t� constat�s et appr�ci�s de mani�re arbitraire, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� dans son contr�le, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte des preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 III 226 consid. 4.2; 136 III 552 consid. 4.2).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit (art. 106 al. 1 LTF) � l'�tat de fait constat� dans l'arr�t cantonal (ou � l'�tat de fait qu'il aura rectifi� apr�s examen des griefs du recours). Cela ne signifie pas que le Tribunal f�d�ral examine, comme le ferait un juge de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser. Compte tenu de l'obligation de motiver (�
Begr�ndungspflicht;�
obbligo di motivare�) impos�e par l'art. 42 al. 2 LTF, il ne traite que les questions qui sont soulev�es devant lui par les parties. Celles-ci peuvent toujours soulever de nouveaux moyens de droit mat�riel, pour autant que l'argumentation juridique nouvelle repose sur les constatations de fait de l'arr�t attaqu�, et non sur des faits nouveaux (arr�ts 4A_28/2007 du 30 mai 2007 consid. 1.3 non publi� in ATF 133 III 421; 4A_188/2007 du 13 septembre 2007 consid. 4.3.5; 4A_223/2007 du 30 ao�t 2007 consid. 3.2). Elles ne peuvent par contre s'en prendre qu'� elles-m�mes si elles abandonnent un grief (ATF 140 III 86 consid. 2; arr�ts 5F_1/2014 du 18 f�vrier 2014 consid. 3.3 et 4A_132/2014 du 2 juin 2014 consid. 1). Le Tribunal f�d�ral n'examine donc que les questions qui sont discut�es devant lui, � moins que la violation du droit ne soit manifeste (arr�t 4A_399/2008 du 12 novembre 2011 consid. 2.1 non publi� in ATF 135 III 112). Il n'est en revanche pas li� par l'argumentation juridique d�velopp�e par les parties ou par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre le recours, comme il peut le rejeter, en proc�dant � une substitution de motifs (ATF 133 III 545 consid. 2.2).
Si le recourant entend invoquer que l'�tat de fait est incomplet - ce qui est une violation du droit au sens de l'art. 95 let. a LTF (ATF 133 IV 293 consid. 3.4.1) - et ne permet pas au Tribunal f�d�ral de statuer, il lui incombe de d�signer ces faits avec pr�cision en se r�f�rant aux pi�ces du dossier; le compl�tement suppose en effet que les all�gations de fait correspondantes aient �t� introduites r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, qu'elles aient �t� consid�r�es � tort comme d�pourvues de pertinence ou aient �t� simplement ignor�es; si ces exigences ne sont pas respect�es, les faits invoqu�s sont r�put�s nouveaux (art. 99 al. 1 LTF), partant irrecevables (arr�t 5A_436/2011 du 12 avril 2012 consid. 3.2; 5A_338/2010 du 4 octobre 2010 consid. 3 publi� in SJ 2011 I p. 185; cf. � propos de l'art. 55 al. 1 let. c OJ: ATF 115 II 484 consid. 2a et la jurisprudence cit�e).
3.1.�La cour cantonale a trait� ensemble les trois affaires, alors m�me que la qualification juridique des actes pass�s n'est pas la m�me, et elle l'a fait essentiellement en traitant les griefs formul�s par les demanderesses, de sorte que la lecture de son arr�t n'est pas ais�e. Elle a ainsi examin� tout d'abord la question de la repr�sentation de la personne morale, les demanderesses ayant invoqu� que leurs propres organes ont abus� de leurs pouvoirs de repr�sentation, respectivement ont conclu un contrat avec soi-m�me ou en �tant dans un conflit d'int�r�ts, ce qui exclurait une ratification des actes des organes par elles-m�mes et leurs actionnaires. Elle a trait� ensuite de la responsabilit� d�lictuelle de la banque (art. 41 CO), les demanderesses soutenant que celle-ci se serait rendue coupable de blanchiment, d'escroquerie, de faux dans les titres, de violation des prescriptions du Conseil f�d�ral sur l'embargo et d'abus de confiance. Enfin, elle a abord� la question de la responsabilit� contractuelle de la banque, les demanderesses invoquant que celle-ci aurait viol� ses obligations de fid�lit�, de conseil et d'avis.
Le recours de 58 pages des demanderesses n'est pas d'une lecture plus facile, m�me s'il est accompagn� d'un plan, dont on peine d'ailleurs � discerner la logique. De plus, alors m�me que le tribunal - et � sa suite la cour cantonale - a retenu que les deux soci�t�s B.________ et A.________ n'�taient pas li�es contractuellement � la banque en rapport avec les trois affaires, puisque A.________ a entretenu une relation contractuelle avec la banque en ce qui concerne l'affaire Z.________ et le compte " vvv " et que B.________ a nou� avec celle-ci une relation contractuelle dans le contexte de la vente des actions " J.________ ", les demanderesses persistent � agir ensemble pour les trois affaires et � prendre des conclusions en paiement solidaire alors qu'elles ne critiquent pas l'appr�ciation de la cour cantonale.
3.2.�Il s'impose donc de rappeler ici que si une partie peut former un cumul d'actions et que des parties peuvent agir ensemble comme consorts simples, chaque action (et la pr�tention qui y est r�clam�e) doit �tre examin�e pour elle-m�me et en tant qu'elle oppose le titulaire du droit invoqu� � son oblig�. Chaque action doit �galement �tre qualifi�e s�par�ment, et non pas comme l'a fait la cour cantonale en retenant que les relations contractuelles entre A.________ et la banque sont "soit des contrats tels que le contrat de d�p�t, de giro bancaire, de pr�t � la consommation, de commission et relevant surtout du mandat selon les art. 394 ss CO ".
En cons�quence, le Tribunal f�d�ral examinera successivement l'action de A.________ contre la banque en ce qui concerne l'affaire Z.________ (I; consid. 4 ss), l'action de A.________ contre la banque concernant le compte " vvv " (II; consid. 13) et enfin l'action de B.________ contre la banque s'agissant de la vente fiduciaire des actions " J.________ " (consid. 14 ss ).
En outre, comme les demanderesses d�clarent concentrer " leurs critiques sur la responsabilit� contractuelle [de la banque] uniquement afin d'�viter de donner l'impression erron�e de 'refaire la proc�dure p�nale' " et n'invoquent que la violation de dispositions du CC, du CO et de la LDIP et, en relation avec cette derni�re loi, se plaignent d'une constatation de fait inexacte, il sera retenu qu'elles ont renonc� � invoquer la responsabilit� d�lictuelle de la banque (cf. supra consid. 2.2). Seule sera donc examin�e la responsabilit� contractuelle de la banque.
I. Pr�tention contractuelle de A.________ contre la banque en relation avec les mandat et pr�t fiduciaires Z.________
4.1.�S'agissant de la mise en place de cette affaire Z.________, il ressort de l'arr�t attaqu� les faits suivants:
4.1.1.�Pendant l'occupation de X.________, entre le 6 septembre et le 1er octobre 1990, � l'initiative des organes de D.________, B.________ et A.________, D.________ a avanc� � B.________ des sommes totales �quivalant � 1'230'000'000 USD. Au moyen de ces fonds, B.________ a accord� un pr�t de 300'000'000 USD � A.________, lib�r� le 2 octobre 1990 sur un compte de celle-ci aupr�s de N.________ SA � Gen�ve.
A fin septembre 1990, H.________ a demand� � C.________ d'accorder, sur la base d'un pr�t fiduciaire, contre r�mun�ration, au nom de la banque, mais pour le compte et aux risques exclusifs de A.________ un pr�t de 300'000'000 USD � une soci�t� anglo-normande. Selon C.________, H.________ lui aurait expliqu� que les fonds mis � disposition de cette soci�t� seraient destin�s � permettre � celle-ci de financer des investissements en Espagne, en particulier d'acqu�rir le solde du capital-actions d'une soci�t� espagnole, O.________ SA, dont B.________ d�tenait d�j� le 40%. La transaction a �t� accept�e par la banque avec l'aval de sa maison-m�re, sise aux �tats-Unis.
4.1.2.�Le 2 octobre 1990, les documents n�cessaires � la mise en place et � l'ex�cution de ces mandat et pr�t fiduciaires, y compris les instructions de transfert de Z.________ en faveur de huit b�n�ficiaires, ont tous �t� sign�s au cours d'une r�union dans les locaux de la banque � Gen�ve, organis�e � l'initiative de H.________ et � laquelle ont particip� R.________ et K.________ pour le compte de la banque, I.________ pour celui de A.________, dont il avait �t� nomm� la veille administrateur � cette fin, sa secr�taire Q.________ (qui serait formellement la b�n�ficiaire du trust auquel appartient Z.________, mais en fait le peuple de X.________), et S.________, mis en oeuvre par I.________ et agissant comme procurataire autoris� de Z.________.
Ainsi, A.________, repr�sent�e par I.________, a sign� avec la banque (pour laquelle ont sign� U.________ et R.________) un contrat de mandat fiduciaire (Fiduciary Agreement) par lequel celle-ci s'est engag�e � octroyer � Z.________, en son nom, mais pour le compte et aux risques exclusifs de A.________, un pr�t de 300'000'000 USD; la banque n'assumait aucune responsabilit� pour le remboursement. Le contrat de pr�t fiduciaire (Loan Agreement) sign� le m�me jour par la banque (U.________ et R.________) et Z.________ (S.________), pour une dur�e de 360 jours, fait partie int�grante et est annex� au contrat de mandat fiduciaire.
A.________ (I.________) a ouvert un compte aupr�s de la banque, destin� � recevoir le montant de 300'000'000 USD, et a sign� notamment un formulaire A d�signant B.________ comme l'ayant droit �conomique du compte.
Z.________ (S.________) a �galement ouvert un compte aupr�s de la banque destin�, � recevoir le pr�t fiduciaire de 300'000'000 USD. La d�signation de l'ayant droit �conomique a donn� lieu � des difficult�s.
Enfin, Z.________ (S.________) a sign� � l'intention de la banque des instructions de paiement par le d�bit de son compte, r�dig�es � l'avance par la banque sur instructions de H.________, contresign�es par A.________ (I.________) et ordonnant � la banque d'affecter le pr�t de 300'000'000 USD � des transferts de fonds en faveur de huit b�n�ficiaires, dont 100'000'000 USD et 450'000'000 ESP en faveur du compte personnel " vvv " de H.________.
4.1.3.�Le 4 octobre 1990, le compte de A.________ aupr�s de la banque a �t� cr�dit� du montant de 300'000'000 USD provenant du compte de celle-ci aupr�s de N.________.
En ex�cution du mandat et pr�t fiduciaires, ce compte a �t� d�bit� de ce m�me montant en faveur d'un compte nostro de la banque. Celle-ci l'a ensuite transf�r� sur le compte de Z.________.
Elle a ensuite d�bit� ce compte conform�ment aux instructions de paiement sign�es, puis amend�es par S.________ sur deux points mineurs le 4 octobre 1990, � raison de huit transferts totalisant quelque 285'000'000 USD, dont notamment, 105'900'000 USD ont �t� vers�s sur le compte personnel " vvv " de H.________ le 4 octobre 1990 et 1'567'500 USD en plusieurs transferts sur le compte personnel " www " de I.________ entre le 10 et le 24 octobre 1990.
La banque a pr�lev� sa commission de 0,7%, soit 2'100'000 USD.
Au 31 d�cembre 1990, apr�s quelques autres virements, la quasi-totalit� du montant de 300'000'000 USD avait �t� transf�r�e en faveur des organes et dirigeants de D.________, B.________ et A.________ ou de leurs proches, qui ont tous dispos� � des fins personnelles des fonds ainsi d�tourn�s. Ainsi, notamment, H.________ a utilis� le montant transf�r� sur son compte pour rembourser une avance de 4'913'000 USD consentie par la banque, pour payer une facture de 582'000 fr. pour l'achat de montres de luxe, et pour payer 7'115'000 fr. � K.________ et L.________. Quant � I.________, il a pay� le prix d'achat d'une villa en Espagne, des objets d'art acquis dans une vente aux ench�res et un s�jour de vacances de sports d'hiver.
4.1.4.�Durant la p�riode litigieuse, � la suite d'une r�solution du Conseil de s�curit� des Nations Unies d�cr�tant un embargo aux fins de prot�ger les avoirs de l'Etat de X.________, le Conseil f�d�ral avait adopt� une ordonnance du 10 ao�t 1990 pour assurer la protection des valeurs patrimoniales appartenant � l'�tat de X.________ ou � des entreprises, fondations ou institutions analogues qui sont la propri�t� de cet �tat ou qui sont domin�es par lui (ayants droit), qui se trouvaient en Suisse ou qui �taient g�r�es depuis la Suisse. Il s'agissait, dans le contexte de l'occupation de X.________ par Y.________, d'emp�cher que l'argent de X.________ ne parvienne en mains yyy.
Ces valeurs ne pouvaient notamment pas �tre transf�r�es � d'autres personnes juridiques (art. 2 al. 1). Il �tait toutefois permis de disposer des valeurs patrimoniales lorsque celles-ci demeureraient enti�rement sous le contr�le des m�mes ayants droit et lorsqu'il n'existerait aucun indice donnant � penser que la R�publique de Y.________ ou un r�gime xxx contr�l� par Y.________ pourrait disposer desdites valeurs (art. 2 al. 2).
4.2.�La cour cantonale a examin� la " responsabilit� " de la banque sous deux aspects.
4.2.1.�Sous le titre de " Repr�sentation de la personne morale ", la cour cantonale semble avoir examin� si le mandat (convention de fiducie) et le pr�t fiduciaire sont valables ou si, comme le soutenait A.________, ses organes ont commis un abus de pouvoirs, de sorte que ces contrats ne seraient pas valables (parce que la banque ne serait pas et ne saurait �tre de bonne foi).
Apr�s un expos� de la jurisprudence, confus et difficile � suivre, la cour cantonale consid�re que la situation de l'esp�ce diff�re de tous les cas envisag�s par la jurisprudence. Elle retient qu'il est �tabli et non contest� qu'entre 1988 et 1992 et tout particuli�rement pendant la p�riode de l'occupation de X.________ par Y.________, les organes de D.________, B.________ et A.________, agissant de concert, ont d�tourn� � leur profit, au moyen d'une succession de transactions frauduleuses men�es sur une �chelle internationale et proc�dant d'une ing�nierie financi�re et comptable complexe, des centaines de millions de dollars au d�triment de B.________ et de A.________. Partant, les actes illicites commis par les organes de celles-ci, qui ont agi dans le cadre de leurs fonctions et ont �t� les chevilles ouvri�res de ces fraudes leur sont imputables, ind�pendamment de la question de l'effet de repr�sentation. La cour cantonale a ajout� que, cela �tant, ces circonstances n'emp�cheraient pas une �ventuelle responsabilit� contractuelle de la banque pour autant que les conditions d'une telle responsabilit� soient r�unies. Or, dans le contexte de cette succession de fraudes, exceptionnelles par leur ampleur, leur dur�e, leur complexit� et le nombre d'organes dirigeants impliqu�s, il n'appara�t pas, selon elle, que ces conditions soient r�alis�es.
4.2.2.�Sous le titre de " Responsabilit� contractuelle ", la cour cantonale a retenu que la banque n'assumait aucun devoir de contr�le et de mise en garde concernant les transactions que ses clientes effectuaient puisque A.________ fait partie d'un groupe de soci�t�s domin� par D.________, disposant de ressources financi�res importantes et apparaissant comme un investisseur majeur � l'�chelle europ�enne, voire mondiale, et que les organes, H.________ et I.________, �taient des hommes d'affaires hautement exp�riment�s, plus exp�riment�s que la banque elle-m�me.
La cour cantonale a �galement constat� que A.________ admet elle-m�me que les op�rations �conomiques mises en place par les organes donnaient l'apparence de la l�galit� et n'apparaissaient en soi pas illicites et, partant, elle a consid�r� qu'il n'appartenait pas � la banque de v�rifier de mani�re approfondie et dans les moindres d�tails le but ou l'opportunit� de la transaction et qu'il est d'ailleurs douteux qu'elle aurait pu d�jouer les plans des organes f�lons de sa cliente, dans la mesure o� les organes dirigeants de A.________, de B.________ et de D.________ �taient tous impliqu�s dans ces d�tournements.
Enfin, la cour cantonale a jug� qu'il n'est pas �tabli que la banque aurait eu conscience du but ultime de la transaction, savoir de d�tourner les fonds en faveur des organes de A.________, B.________ et D.________; au contraire, la banque a �t� tromp�e gr�ce � l'ing�niosit� des op�rations mises sur pied et � l'implication de nombreuses personnes � diff�rents �chelons.
Puis, examinant le grief formul� en appel devant elle, selon lequel la banque s'est fi�e aux indications de H.________ et de I.________ en ce qui concerne le but de l'op�ration et n'a pas effectu� de v�rifications s�rieuses, la cour cantonale a consid�r� que la banque pourrait avoir contrevenu � ses obligations selon la Convention de diligence des banques, mais qu'il ne s'agit pas l� d'un devoir contractuel, le but de l'identification de l'arri�re-plan �conomique n'�tant pas de prot�ger le client contre ses propres organes. La cour a en outre estim� que m�me si elle avait proc�d� � des v�rifications compl�mentaires, il est douteux que la banque aurait pu d�couvrir le v�ritable but de l'op�ration. En effet, la transaction Z.________ donnait, lors de sa mise en place, l'apparence de la l�galit� et n'avait rien de fictif. Le seul fait que la banque ait re�u de H.________ des instructions de paiement en faveur de diff�rents b�n�ficiaires ne lui permettait pas de remettre en cause le but de la transaction tel qu'il lui avait �t� expliqu�, �tant rappel� que les instructions de paiement avaient �t� encore contresign�es par I.________ pour le compte et pour accord de A.________, ainsi que par S.________, procurataire autoris� de Z.________ et signataire autoris� du compte de celle-ci. Dans ces circonstances, un �ventuel manquement de la banque en ce qui concerne ses devoirs de v�rification ne serait de toute mani�re pas en lien de causalit� naturelle avec les diminutions de patrimoine subies par A.________; en effet, on ne peut pas retenir que les d�tournements r�sultent de mani�re pr�pond�rante d'un manquement de la banque au niveau des v�rifications de l'arri�re-plan �conomique de la transaction.
La cour a enfin consid�r� que la banque n'avait pas le devoir de conseiller sa cliente, puisqu'il s'agissait d'investisseurs hautement exp�riment�s et que la transaction donnait l'apparence de la l�galit�. Au demeurant, l'op�ration �tant voulue, organis�e et ex�cut�e par les organes f�lons � trois niveaux, toute tentative de la banque de les mettre en garde contre un risque hypoth�tique aurait �t� superflue, la banque n'ayant pour le surplus pas de motif de se douter des intentions d�lictuelles des organes.
4.3.�La cour cantonale a examin� la question de l'embargo en traitant de la responsabilit� d�lictuelle. Elle a consid�r� que les pr�tentions fond�es sur l'�ventuelle violation de l'ordonnance du Conseil f�d�ral du 10 ao�t 1990 sont prescrites. Elle a ajout� en outre qu'il est douteux que cette ordonnance ait eu pour but de prot�ger les int�r�ts patrimoniaux individuels de A.________ et qu'une autorisation aurait �t� n�cessaire pour le pr�t fiduciaire - ce qui n'est pas manifeste -; en effet, le comportement des organes dirigeants, qui ont organis� la fraude en trompant d�lib�r�ment la banque sur le but de la transaction Z.________, aurait pour effet de rompre le lien de causalit� entre un �ventuel acte illicite de la banque et les diminutions de patrimoine subies. Enfin, les op�rations frauduleuses ont dur� de 1988 � 1992, soit avant et apr�s l'ordonnance de 1990, de sorte qu'il est vraisemblable que le dommage se serait de toute mani�re produit, ind�pendamment du comportement de la banque, de sorte qu'on ne peut retenir de lien de causalit�.
5.�Avant toute chose, il s'impose de qualifier la relation juridique nou�e entre A.________ et la banque.
5.1.�Dans la convention de fiducie-gestion, le fiduciant transf�re au fiduciaire les droits sur les biens ou les cr�ances qui lui appartiennent; le fiduciaire devient propri�taire de l'objet qui lui est remis ou titulaire de la cr�ance qui lui est transf�r�e. Ainsi, la banque se voit transf�rer une somme d'argent par son client. Toutefois, le transfert des droits s'accompagne d'un accord entre les parties qui d�termine l'usage que le fiduciaire doit faire de ces droits (ATF 119 II 326 consid. 2b; 99 II 393 consid. 6; arr�t 5A_189/2010 du 12 mai 2010 consid. 4.1). La convention de fiducie oblige le fiduciaire � conformer son activit�, dans l'exercice de ces droits, au but fix� par le fiduciant; elle d�termine dans quelle mesure le fiduciaire est li� � des instructions ou agit de mani�re ind�pendante (ATF 85 II 97 consid. 1).
Le contrat de pr�t fiduciaire est le contrat par lequel la banque pr�te en son propre nom la somme d'argent, que lui a remise le fiduciant, � un emprunteur tiers, d�sign� par le fiduciant ou librement choisi par elle, mais pour le compte, selon les instructions et aux risques exclusifs du fiduciant (ATF 112 III 90 consid. 4a; GUGGENHEIM/GUGGENHEIM, Les contrats de la pratique bancaire suisse, 5e �d. 2014, n. 1875). Ainsi, la banque appara�t � l'�gard du tiers comme agissant en son propre nom, mais elle agit en r�alit� pour le compte de son client, qui supporte le risque de l'op�ration ( GUGGENHEIM/GUGGENHEIM, op. cit., n. 1873). L'octroi du pr�t fiduciaire par la banque consiste donc dans l'ex�cution de la convention de fiducie. En vertu de cette convention, conform�ment � la volont� des parties, la banque assume le r�le de repr�sentant indirect pour contracter avec l'emprunteur, aux yeux duquel elle appara�t seule comme pr�teur (ATF 112 III 90 consid. 4a et les arr�ts cit�s).
Les r�gles qui r�gissent le mandat s'appliquent � la convention de fiducie (ATF 112 III 90 consid. 4b; 99 II 396 consid. 6).
5.2.�En l'esp�ce, le 2 octobre 1990, A.________ (I.________) a sign� avec la banque (U.________ et R.________) une convention de fiducie (Fiduciary Agreement) dont fait partie int�grante le contrat de pr�t fiduciaire sign� le m�me jour par la banque (U.________ et R.________) avec Z.________ (S.________l) (Loan Agreement), soit comme l'a retenu la cour cantonale un " mandat et pr�t fiduciaires ". En vertu de la convention de fiducie, le pr�t a �t� accord� par la banque en son propre nom (� titre fiduciaire) selon les instructions, pour le compte et aux risques de A.________.
En ex�cution de la convention de fiducie, A.________ a transf�r� � la banque le montant de 300'000'000 USD et, en ex�cution de cette convention et du pr�t fiduciaire, la banque a accord�, en son propre nom, un pr�t de 300'000'000 USD � la soci�t� tierce Z.________, pour le compte et aux risques exclusifs de A.________.
La recourante A.________ ne conteste pas cette qualification du contrat.
Toutefois, elle reproche � la cour cantonale de n'avoir pas tenu compte, au titre de la responsabilit� contractuelle de la banque, de l'abus de pouvoirs commis par ses organes (cf. infra consid. 6) et du fait qu'ils se trouvaient en conflits d'int�r�ts avec elle (cf. infra consid. 7), puis de n'avoir pas retenu que la banque a viol� ses obligations contractuelles en pr�tant le montant de 300'000'000 USD � Z.________ et en proc�dant aux virements en faveur de huit b�n�ficiaires (cf. infra consid. 8). Subsidiairement, elle estime que la cour a eu tort de ne pas admettre l'application de l'ordonnance sur l'embargo (cf. infra consid. 9). Elle reproche encore � la cour cantonale de n'avoir pas retenu une violation par la banque de son obligation de fid�lit� (cf. infra consid. 10 � 12).
6.�Il s'impose d'examiner tout d'abord le grief d'abus de pouvoirs soulev� par la recourante A.________.
6.1.�A.________ reproche � la cour cantonale d'avoir viol� les art. 3 CC, 33 CO et 718a CO en ne retenant pas, sur la base des faits constat�s, un abus du pouvoir de repr�sentation de ses organes (I.________ et H.________) faisant obstacle � l'ex�cution des instructions re�ues. Motivant ce grief sous le titre d'" abus de pouvoir et conflit d'int�r�ts " et de " faits constat�s par la cour qui d�montrent un abus de pouvoir et un conflit d'int�r�ts ", elle consid�re que la cour cantonale a m�connu les principes des ATF 119 II 23, 126 III 361 et de l'arr�t 4A_122/2013. Elle estime que la banque aurait d� examiner si les instructions qu'elle avait re�ues de ces organes �taient valables, v�rifier si elles �taient couvertes par leur procuration et proc�der � des v�rifications compl�mentaires et, implicitement, qu'elle n'aurait pas d� les ex�cuter puisque ses repr�sentants agissaient � son d�triment. Selon elle, le fait que les instructions de paiement �taient en faveur de diff�rents b�n�ficiaires, dont H.________ et I.________, " �talait sous les yeux de la banque la nature abusive de l'op�ration ". Elle reproche � la cour cantonale de s'�tre content�e de l'existence formelle des pouvoirs des organes et de n'avoir pas examin� la question de l'abus de pouvoirs et les conflits d'int�r�ts de ceux-ci: s'il n'y a pas seulement d�passement de ses pouvoirs par l'organe, mais abus de pouvoirs de celui-ci, la banque ne pourrait plus �tre de bonne foi en se fiant aux pouvoirs formels.
En bref et en r�sum�, A.________ soutient que la banque a accept� de participer � une transaction aussi inhabituelle qu'importante, sur des avoirs du peuple de X.________, alors occup� militairement par Y.________ et sous embargo, sans effectuer aucune v�rification s�rieuse, alors que plus du tiers du montant total �tait transf�r� sur les comptes des organes, qui l'ont utilis� � des fins personnelles, un montant de sept millions finissant m�me dans la poche des repr�sentants de la banque, MM. L.________ et K.________.
De son c�t�, la banque intim�e soutient en bref qu'elle a �t� tromp�e comme d'autres banques, les r�viseurs et les autres intervenants par les organes de A.________ et de B.________ et qu'elle n'avait pas de motifs de se douter des intentions d�lictuelles desdits organes. Elle rel�ve que, par appr�ciation des preuves, la cour cantonale a retenu que la transaction Z.________ donnait l'apparence de la l�galit�, n'indiquait pas de but illicite et ne paraissait pas absurde d'un point de vue �conomique, qu'elle n'a pas eu conscience du but ultime de la transaction, mais a �t� tromp�e, que la transaction a �t� voulue par les organes des soci�t�s et qu'elle n'avait pas de motif de se douter de leurs intentions d�lictuelles. En ce qui concerne l'embargo, elle rel�ve tout d'abord que A.________ a renonc� � toute pr�tention d�lictuelle et donc � invoquer le d�faut d'autorisation n�cessit�e par l'embargo; elle invoque ensuite que la violation d'une obligation contractuelle � cet �gard n'a �t� invoqu�e par A.________ ni en premi�re instance, ni en appel. Puisqu'elle a �t� tromp�e, il n'y aurait pas non plus de lien de causalit� avec le dommage.
6.2.�La " repr�sentation " de la personne morale par ses organes est r�serv�e par l'art. 40 CO. L'organe qui agit au nom de la personne morale n'agit pas � la place de la personne morale, mais pour elle, et ses actes sont attribu�s � celle-ci. Lorsque la personne morale est une soci�t� anonyme, elle est engag�e � l'�gard des tiers par les personnes autoris�es � la repr�senter (art. 718a al. 1 CO); une limitation des pouvoirs de celles-ci n'a aucun effet envers les tiers de bonne foi (art. 718a al. 2 CO).
Pour engager la soci�t�, l'acte du repr�sentant doit �tre conforme au but social, au moins abstraitement et objectivement. La restriction des pouvoirs de celui-ci au sens de l'art. 718a al. 2 CO peut intervenir tacitement, lorsque l'acte envisag� est contraire � la volont� pr�sumable de la soci�t� (Peter/Cavadini, in Commentaire romand, Code des obligations II, 2008, no 10 ad art. 718a CO et les r�f�rences cit�es). En ce cas, la bonne ou la mauvaise foi du tiers qui traite avec le repr�sentant doit �tre prise en compte pour juger si l'acte lie ou non la soci�t�.
6.2.1.�La bonne foi �tant pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC), celui (en l'occurrence A.________) qui soutient que le tiers (la banque) est de mauvaise foi doit �tablir (preuve du contraire) que celui-ci connaissait le vice juridique.
6.2.2.�A d�faut de pouvoir d�montrer la mauvaise foi, il (en l'occurrence A.________) doit �tablir que l'ignorance du tiers (la banque) est incompatible avec l'attention que les circonstances permettaient d'exiger de lui (art. 3 al. 2 CC). Il ne s'agit pas de d�duire de cette derni�re disposition un devoir g�n�ral de se renseigner pour toute personne qui est en relation juridique avec un tiers (Paul-Henri Steinauer, Le Titre pr�liminaire du Code civil, in TDPS II/1, 2009, n. 835 p. 315). Ce n'est que s'il existe " des motifs concrets propres � soulever le doute " qu'il faut y pr�ter attention (ATF 131 III 418 consid. 2.3.2 p. 422). L'art. 3 al. 2 CC s'applique sans restriction lorsque l'organe de la soci�t� a abus� de son pouvoir de repr�sentation, ce qui se traduit par des exigences �lev�es quant � l'attention requise du tiers; une n�gligence m�me l�g�re peut d�j� emp�cher le tiers de se pr�valoir de sa bonne foi (ATF 121 III 176 consid. 3a; 119 II 23 consid. 3b; cf. ATF 77 II 138 consid. 2 p. 141 ss; adoptant une position trop restrictive sous l'angle de l'art. 3 al. 2 CC: Carlo Lombardini, Droit bancaire suisse, 2e �d. 2008, n. 146 p. 364, cit� dans l'arr�t 4A_122/2013 du 31 octobre 2013 consid. 3.2.2; cf. �galement von Tuhr/Peter, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, 3e �d. 1979, p. 362 s. et les auteurs cit�s).
�L'attention exig�e du tiers s'�value selon un crit�re objectif. Elle doit �tre conforme � celle qu'aurait adopt�e un honn�te homme ou un homme moyen plac� dans une situation analogue. Elle d�pend, d'une part, des connaissances moyennes des gens de la profession ou du milieu social concern�; pour les affaires commerciales en particulier, plus l'exp�rience du tiers est importante, plus les exigences sont grandes. D'autre part, elle se d�termine selon la nature et le d�veloppement de l'affaire; les offres extraordinairement avantageuses requi�rent une prudence accrue, notamment lorsque, dans la branche d'activit� consid�r�e, des conditions inhabituelles sont propos�es. En d�finitive, le juge doit appr�cier le degr� d'attention requis dans chaque cas particulier, en tenant compte de l'ensemble des circonstances. La disproportion entre les prestations de chaque partie est un �l�ment propre � attirer l'attention et � faire soup�onner un abus de pouvoirs de repr�sentation de la part des repr�sentants. Elle doit amener le cocontractant � prendre des renseignements suppl�mentaires aupr�s des instances sup�rieures de la soci�t� (ATF 121 III 176 consid. 3d; 119 II 23 consid. 3c/aa et les r�f�rences).
�A noter que si une attention ad�quate n'aurait de toute fa�on pas permis d'�viter l'irr�gularit� qui s'est produite, le manque d'attention reste sans effet sur la protection de la bonne foi de la personne concern�e (Steinauer, op. cit., n. 833 p. 314 et les r�f�rences).
�D�terminer la mesure de l'attention exig�e par les circonstances, au sens de l'art. 3 al. 2 CC, est une question de droit. Il s'agit d'une notion soumise � l'appr�ciation du juge (cf. art. 4 CC). Pour trancher cette question, le juge doit se fonder sur les circonstances de l'esp�ce (d�roulement de l'op�ration, contenu des instructions, renseignements pris par la banque, investigations men�es), dont la constatation rel�ve du fait (arr�t 5C.50/2003 du 13 ao�t 2003 consid. 3.4 publi� in SJ 2004 I p. 85)
La d�cision prise en �quit� n'est en principe revue qu'avec r�serve par le Tribunal f�d�ral (ATF 129 III 380 consid. 2 p. 382). Celui-ci n'intervient que si le juge a exc�d� ou abus� de son pouvoir d'appr�ciation; tel est notamment le cas si la d�cision attaqu�e s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le ou lorsqu'elle ignore des �l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; le Tribunal f�d�ral redresse en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 132 III 49 consid. 2.1 p. 51, 109 consid. 2 p. 111 s. et les arr�ts cit�s).
6.2.3.�Lorsque le repr�sentant agit sans pouvoirs, l'acte juridique est sans effet: le contrat n'est donc pas conclu. Dans l'hypoth�se o� l'une des parties aurait d�j� fait une prestation vis�e par le contrat, elle peut en demander le remboursement ou la restitution conform�ment aux r�gles sur l'enrichissement ill�gitime (art. 62 ss CO; cf. Tercier/Pichonnaz, Le droit des obligations, 5e �d. 2012, n. 434).
La ratification post�rieure d'actes juridiques qui ont �t� pass�s par une personne sans pouvoirs est possible conform�ment � l'art. 38 al. 1 CO, applicable par analogie (ATF 128 III 129 consid. 2b p. 135 s.).
6.3.�En l'occurrence, la question de savoir si la banque �tait de mauvaise foi ou n'aurait pas pr�t� l'attention que les circonstances exigeaient d'elle pour pouvoir se pr�valoir de sa bonne foi ne peut pas �tre examin�e par le Tribunal f�d�ral, faute de motivation et faute d'all�gu�s de la demanderesse � propos de la nullit� du mandat et de la restitution des prestations effectu�es. En effet, A.________ ne remet pas en cause la validit� du mandat donn� � la banque. Elle ne conclut jamais � ce qu'il soit constat� que le contrat de fiducie et le pr�t fiduciaire sont nuls ou sans effet, qu'ils ne la lient pas, ni d'ailleurs n'indique avoir all�gu� cette nullit� et les faits pertinents fondant la restitution des prestations effectu�es, n�cessaires au regard des art. 62 ss et 67 CO (cf. supra consid. 2.2). Comme l'invoque l'intim�e, elle ne s'en prend pas � la constatation de la cour cantonale qui a retenu qu'elle n'avait pas all�gu� qu'elle ne serait contractuellement pas li�e, sous r�serve de la vente des actions J.________. C'est ainsi � mauvais escient que A.________ se plaint d'une violation des principes de l'ATF 119 II 23, repris dans l'ATF 121 III 176.
A.________ reproche uniquement � la banque d'avoir viol� ses obligations de mandataire en accordant le pr�t � une soci�t� offshore - Z.________ - au capital de � 9 et en ex�cutant les instructions de virement en faveur de b�n�ficiaires dont deux �taient ses organes pour plus de 100 millions USD, ayant d'ailleurs d�clar� concentrer ses critiques sur la responsabilit� contractuelle de la banque. Par cons�quent, seul ce dernier type de responsabilit� devra �tre examin� (cf. consid. 8).
7.�A.________ se plaint encore de la violation des r�gles sur le conflit d'int�r�ts des organes.
7.1.�Selon la jurisprudence, lorsque l'organe se trouve dans un conflit d'int�r�ts avec la personne morale au nom de laquelle il agit, le contrat pass� avec le tiers demeure sans effet pour celle-ci si le tiers connaissait ce conflit d'int�r�ts ou s'il pouvait le conna�tre en pr�tant l'attention que les circonstances permettaient d'exiger de lui. En principe, selon la volont� pr�sum�e de la personne morale, les pouvoirs de repr�sentation excluent implicitement les op�rations qui r�v�lent un comportement du repr�sentant contraire � ses devoirs ou aux int�r�ts de la soci�t�. Toutefois, une limitation tacite des pouvoirs ne saurait �tre oppos�e au tiers de bonne foi. Contrairement � ce qui vaut pour le contrat avec soi-m�me ou de double repr�sentation dans lequel les pouvoirs font en principe d�faut et n'existent qu'exceptionnellement en raison de circonstances particuli�res, en cas de conflits d'int�r�ts, pour des motifs de s�curit� dans les relations commerciales, le conflit d'int�r�ts n'exclut en principe pas les pouvoirs, sauf si le tiers le connaissait ou aurait d� le conna�tre.
Le conflit d'int�r�ts a pour cons�quence que la volont� de faire un acte juridique ne peut pas se former correctement et que cet acte demeure sans effet pour le repr�sent� (nullit�; ATF 126 III 361 consid. 3a).
7.2.�En l'esp�ce, lorsque A.________ reproche � la banque d'avoir d�bit� le compte de Z.________ sur ordre de S.________, selon les instructions de H.________, contresign�es par I.________, de 105'900'000 USD en faveur du compte " "vvv" de H.________, qui a servi entre autres � rembourser un pr�t personnel � l'�gard de la banque et � payer 7 millions � des organes de la banque, soit MM. L.________ et K.________, et de 1'567'500 USD en faveur du compte " www " de I.________, elle n'invoque pas la nullit� des versements, mais se plaint seulement de ce que la banque n'aurait pas agi diligemment et aurait engag� sa responsabilit� contractuelle en ex�cutant les instructions qui lui avaient �t� donn�es.
La question de savoir si la banque connaissait ou aurait d� conna�tre ce conflit d'int�r�ts ne peut donc pas �tre examin�e, faute de motivation et faute d'all�gu�s en ce qui concerne la nullit� et ses cons�quences.
Il faut donc examiner maintenant si, sans violer ses obligations contractuelles, la banque pouvait, premi�rement, pr�ter le montant de 300'000'000 USD � Z.________ (cf. infra consid. 8.2) et si, deuxi�mement, elle pouvait effectuer les virements du compte de Z.________ en faveur des b�n�ficiaires conform�ment aux instructions qu'elle avait re�ues (cf. infra consid. 8.3), questions que la recourante A.________ soul�ve sous le titre " Violations contractuelles lors de la mise en place de la transaction Z.________ ", en invoquant la violation des art. 397 et 398 CO.
8.1.�Lorsque les parties sont li�es par une convention de fiducie, la responsabilit� de la banque dans l'ex�cution de celle-ci est r�gie par l'art. 398 al. 1 et 2 CO. Elle doit ex�cuter avec soin la mission qui lui est confi�e et sauvegarder fid�lement les int�r�ts l�gitimes de son client (art. 321a al. 1 CO applicable par le renvoi de l'art. 398 al. 1 CO). Elle est responsable envers lui de la bonne et fid�le ex�cution de son mandat (art. 398 al. 2 CO).
Comme on l'a vu, l'octroi du pr�t fiduciaire est l'ex�cution du contrat de fiducie. La banque consent le pr�t � un tiers, en son propre nom, mais selon les instructions, pour le compte et aux risques exclusifs du fiduciant. C'est le contrat de fiducie qui d�termine dans quelle mesure la banque doit agir sur la base d'instructions ou � titre ind�pendant (cf. supra consid. 5.1).
Les instructions donn�es par le fiduciant sont en principe contraignantes (art. 397 al. 1 CO; cf. Franz Werro, Commentaire romand, Code des obligations I, nos 3 ss ad art. 397 CO; Rolf H. Weber, Basler Kommentar, Obligationenrecht I, nos 4 ss ad art. 397 CO; Tercier/Favre, Les contrats sp�ciaux, 4e �d. 2009, ch. 4676 ss, p. 675). Le mandataire, qui ne se conforme pas aux instructions qu'il a re�ues, viole le contrat et est tenu � r�paration � l'�gard du mandant (arr�t 4C.295/2006 du 30 novembre 2006 consid. 4.2; ATF 107 II 238 consid. 5b; Werro, op. cit., no 12 ad art. 397 CO; Weber, op. cit., no 10 ad art. 397 CO).
�Le mandataire ne peut s'�carter des instructions de son mandant que lorsque celles-ci sont illicites ou contraires aux moeurs ou lorsqu'elles sont d�raisonnables (arr�t 4C.295/2006 du 30 novembre 2006 consid. 4.2; cf. Werro, op. cit., nos 3 ss ad art. 397 CO; Weber, op. cit., nos 4 ss ad art. 397 CO; Tercier/Favre, op. cit., ch. 4676 ss, p. 675).
�Ainsi, lorsque la banque re�oit de son client des instructions contraires au but projet�, elle doit, dans la mesure du possible, le renseigner sur l'effet de ces instructions (par exemple en indiquant que les actions qu'il doit acqu�rir pr�sentent de mauvais pronostics pour l'avenir). Mais si le client persiste dans ses instructions, il ne pourra pas reprocher au fiduciaire d'avoir failli � son obligation de diligence (Guggenheim/Guggenheim, op. cit., n. 1924).
�Lorsqu'elle re�oit des instructions de l'organe de la personne morale, la banque doit s'assurer que celles-ci sont couvertes par la procuration de cet organe. Pour le surplus, il incombe au client de surveiller son repr�sentant et, le cas �ch�ant, de restreindre ses pouvoirs. La banque n'a pas d'obligation contractuelle allant au-del�. Il n'entre en effet pas dans ses obligations contractuelles de devoir prot�ger la personne morale contre ses propres organes (arr�t 4A_122/2013 du 31 octobre 2013 consid. 3.2.2 et l'auteur cit�).
Toutefois, on reprochera � la banque de ne pas �tre intervenue (en raison de son devoir de diligence et de fid�lit�) - soit en principe de ne pas avoir v�rifi� aupr�s de la soci�t� si les repr�sentants abusent de leurs pouvoirs (cf. ATF 119 II 23 consid. 3c p. 26 s.) -, si elle �tait de mauvaise foi (cf. supra consid. 6.2.1) ou si elle a perdu le droit � la protection de sa bonne foi (cf. supra consid. 6.2.2).
8.2.�En ce qui concerne tout d'abord le pr�t de 300'000'000 USD � Z.________, la recourante ne soutient pas explicitement que la banque avait connaissance des agissements irr�guliers des repr�sentants de A.________ et qu'elle entendrait apporter la preuve de la mauvaise foi de la banque. La recourante n'invoque d'ailleurs pas, dans ce contexte, une violation de l'art. 9 Cst. (interdiction de l'arbitraire).
�Seul doit donc �tre examin� le droit � la protection de la bonne foi de la banque sous l'angle de l'art. 3 al. 2 CC.
�Force est de constater que A.________ a elle-m�me d�sign� le tiers (Z.________) auquel la banque �tait charg�e d'accorder le pr�t de 300'000'000 USD et, conform�ment � la volont� des parties, le pr�t � cette soci�t� a �t� effectu� pour le compte et aux risques exclusifs de A.________ (cf. convention de fiducie [Fiduciary Agreement], dont fait partie int�grante le contrat de pr�t fiduciaire [Loan agreement]).
�Le fait que cette soci�t� tierce soit une soci�t� offshore au capital de � 9 et dont l'ayant droit �tait un trust, dont b�n�ficiait Q.________ et en d�finitive le peuple de X.________, ne permet en soi pas de d�duire, en droit, que la banque n'aurait pas exerc� toute l'attention requise et qu'elle aurait ainsi viol� ses obligations contractuelles.
�La cour cantonale a en effet consid�r�, au vu des circonstances de l'esp�ce, que la banque s'�tait fi�e aux indications de H.________ et de I.________ quant au but de l'op�ration Z.________, que celle-ci donnait l'apparence de la l�galit� et n'avait rien de fictif. Elle a retenu que la banque n'a pas eu conscience du but ultime de la transaction, � savoir d�tourner les fonds, qu'avec d'autres, elle a �t� tromp�e par l'ing�niosit� des op�rations mises sur pied et l'implication de nombreuses personnes � diff�rents �chelons et elle n'avait pas de motif de se douter des intentions d�lictuelles desdits organes. Cela �tant, comme le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue la d�cision cantonale prise sur la base d'un pouvoir d'appr�ciation, on ne saurait consid�rer que la cour cantonale aurait proc�d� � une appr�ciation in�quitable en affirmant qu'on ne pouvait reprocher � la banque un manque d'attention.
�Quoi qu'il en soit, comme la cour cantonale l'a encore retenu, la banque aurait-elle demand�, aupr�s de la soci�t� A.________ (repr�sent�e), des explications sur les instructions re�ues ainsi que sur le pouvoir des repr�sentants � ce sujet, que celles-ci auraient �t� sans effet puisque tous les organes dirigeants de A.________, de B.________ et de D.________ �taient impliqu�s dans ces d�tournements. En outre, comme la banque traitait avec un investisseur majeur disposant de ressources financi�res importantes et avec des hommes d'affaires hautement exp�riment�s, elle n'assumait aucun devoir de conseil, de contr�le et de mise en garde.
�Enfin, lorsque A.________ soutient que la Convention de diligence des banques constitue la mesure du respect de l'obligation de diligence des banquiers et que ce standard n'a pas �t� respect�, et qu'elle fait valoir que les administrateurs abusaient de fa�on reconnaissable de leurs pouvoirs, que, tout en admettant que le tiers a �t� choisi par elle, la banque n'aurait pas d� l'accepter puisqu'elle savait d'avance que le d�biteur Z.________ �tait une soci�t� d�nu�e de toute substance et manifestement insolvable, qui ne pourrait jamais la rembourser et qu'elle savait quel usage les dirigeants f�lons allaient faire de l'argent, � savoir le verser � H.________ et � I.________, la recourante ne s'en prend pas � la motivation de la cour cantonale et se base essentiellement sur des faits non constat�s dans l'arr�t attaqu�, ce qui n'est pas admissible (cf. supra consid. 2.1).
�Il s'ensuit que la banque a pu de bonne foi suivre les instructions donn�es par les repr�sentants de A.________. Elle n'a donc pas viol� ses obligations contractuelles au sens o� l'entend la jurisprudence.
8.3.�S'agissant des virements du compte de Z.________ en faveur de huit b�n�ficiaires, la banque s'est conform�e aux instructions donn�es par l'organe de fait de A.________, soit H.________, contresign�es par l'organe formel de A.________, soit I.________, et par l'organe formel de Z.________, soit S.________. Sous le titre " conflits d'int�r�ts ", A.________ rel�ve que le m�me 2 octobre 1990, ordre a �t� donn� que le compte de Z.________ soit d�bit� de plus du tiers du montant du pr�t (300'000'000 USD), � savoir de 105'900'000 USD en faveur du compte "vvv" de H.________ et que, entre le 10 et le 24 octobre 1990, ordre a �t� donn� de verser 1'567'500 USD en faveur du compte " www " de I.________.
�Comme on l'a vu pour le pr�t � Z.________, la cour cantonale a consid�r� que la banque s'est fi�e aux indications de H.________ et I.________ quant au but de l'op�ration Z.________, que celle-ci donnait l'apparence de la l�galit� et n'avait rien de fictif. Elle a retenu que la banque n'a pas eu conscience du but ultime de la transaction, qu'elle a �t� tromp�e, qu'elle n'avait pas de motif de se douter des intentions d�lictuelles desdits organes et que m�me des v�rifications compl�mentaires ne lui auraient pas permis de d�couvrir les intentions d�lictuelles desdits organes. Le seul fait que la banque ait re�u de H.________ des instructions de paiement en faveur de diff�rents b�n�ficiaires ne lui permettaient pas de remettre en cause le but de la transaction tel qu'il lui avait �t� expliqu�.
8.3.1.�Or, dans son recours, la recourante A.________ n'indique pas en quoi les circonstances �tablies par la cour cantonale l'auraient �t� de mani�re arbitraire. Elle ne d�montre en particulier pas - sous l'angle factuel - que la banque savait que les organes commettaient des d�tournements � son d�triment (ce qui d�montrerait sa mauvaise foi). Lorsqu'elle soutient que la banque " savait " l'usage que les dirigeants f�lons allaient faire de l'argent pr�t� � Z.________, elle se limite � une affirmation, sans l'embryon d'une d�monstration, ce qui n'est pas admissible (cf. supra consid. 2.1).
8.3.2.�La recourante ne d�montre pas non plus que la cour cantonale aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation en jugeant (question de droit), sur la base des circonstances retenues en l'esp�ce, que la banque n'a pas fait preuve d'un manque d'attention au sens de l'art. 3 al. 2 CC. Lorsqu'elle liste les b�n�ficiaires des virements de Z.________, elle sous-entend que du fait que les b�n�ficiaires sont des tiers, des soci�t�s offshores, ainsi que H.________ et I.________, la banque aurait d� le savoir. Mais, comme d�j� indiqu� (cf. supra consid. 8.2) ce simple constat ne suffit pas � asseoir la th�se de la recourante. Certes, lors de la pr�sentation du projet, qui avait �t� soumis � la maison-m�re de la banque aux �tats-Unis, il �tait pr�vu que le pr�t serve � l'achat d'actions " O.________ ". Ce constat ne permet pas non plus de d�montrer que la cour cantonale aurait proc�d� � une appr�ciation in�quitable, ce d'autant plus que A.________ ne soutient pas ni ne d�montre que la convention de fiducie aurait fait obligation � la banque de surveiller l'utilisation des fonds par Z.________, de s'assurer qu'ils soient utilis�s pour l'achat desdites actions. En outre, comme l'a retenu la cour cantonale, sans que la recourante n'en d�montre l'arbitraire, m�me si la banque a r�dig� � l'avance les ordres de virement sur instructions de H.________, cela ne lui permettait pas de remettre en cause le but de la transaction tel qu'il lui avait �t� expliqu�.
Dans sa r�plique, A.________ liste certes des faits, dont elle d�duit que la banque n'a pas v�rifi� alors qu'elle savait que plus du tiers du montant total finirait sur les comptes de I.________ et H.________ et 7'115'000 USD sur ceux d'employ�s de la banque, � savoir K.________ et L.________, de sorte qu'il ne serait pas possible d'affirmer qu'elle a �t� tromp�e sur le but r�el de la transaction. Force est toutefois d'admettre qu'une v�rification n'aurait pas permis � la banque d'en savoir plus. En effet, et comme d�j� vu plus haut (cf. supra consid. 8.2) la banque aurait-elle demand�, aupr�s de la soci�t� A.________ (repr�sent�e), des explications sur les instructions re�ues ainsi que sur le pouvoir des repr�sentants � ce sujet, que celles-ci auraient �t� sans effet puisque tous les organes dirigeants de A.________, de B.________ et de D.________ �taient impliqu�s dans ces d�tournements.
Il s'ensuit que le grief de la recourante A.________ doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Subsidiairement, pour le cas o� le Tribunal f�d�ral estimerait que la banque pouvait admettre que les instructions qu'elle avait re�ues �taient valables, A.________ estime que la banque a viol� son obligation contractuelle de diligence en les ex�cutant sans avoir requis au pr�alable, comme elle aurait d� le faire, une autorisation sp�cifique du D�partement f�d�ral des finances (DFF) pour disposer des avoirs tombant sous l'embargo du Conseil f�d�ral d�cr�t� par ordonnance du 10 ao�t 1990.
9.1.�Apr�s que le Conseil de s�curit� des Nations Unies a d�cr�t� un embargo sur l'Irak et invit� les �tats membres de l'ONU � prendre toutes mesures utiles � la protection des avoirs de l'�tat de X.________, le Conseil f�d�ral a adopt� le 10 ao�t 1990 l'Ordonnance sur la protection des valeurs patrimoniales de l'�tat de X.________ en Suisse.
L'art. 2 de cette ordonnance a la teneur suivante:
" 1�
Les valeurs patrimoniales, qui se trouvent en Suisse ou qui sont g�r�es � partir de la Suisse, appartenant � l'�tat de X.________ ou � des entreprises, fondations ou institutions analogues qui sont la propri�t� de l'�tat de X.________ ou qui sont domin�es par lui (ayants droit), ne peuvent pas �tre transf�r�es � d'autres personnes juridiques, ni transf�r�es en R�publique de Y.________ ou dans l'�tat de X.________.
Il est permis de disposer des valeurs patrimoniales lorsque celles-ci demeurent enti�rement sous le contr�le des m�mes ayants droit et lorsqu'il n'existe aucun indice donnant � penser que la R�publique de Y.________ ou un r�gime xxx contr�l� par Y.________ pourrait disposer desdites valeurs. "
9.2.�La banque intim�e soutient que ce moyen est nouveau et, partant, irrecevable. Selon elle, A.________ n'a jamais all�gu� devant les instances cantonales les faits sur lesquels elle fonde que la banque aurait viol� ses obligations contractuelles en ex�cutant les instructions des organes sans autorisation sp�cifique du DFF.
Ce grief est infond�. En effet, en premi�re instance, A.________ a all�gu� que l'ordonnance avait pour but d'assurer la protection des valeurs patrimoniales de l'�tat de X.________ en Suisse. Elle a aussi pr�cis� qu'un transfert d'actifs �tait possible lorsque les valeurs patrimoniales demeuraient enti�rement sous le contr�le des m�mes ayants droit et lorsqu'il n'existait aucun indice donnant � penser que la R�publique de Y.________ ou un r�gime xxx contr�l� par Y.________ pourrait disposer desdites valeurs, que la banque avait conscience du fait que la transaction �tait soumise � l'embargo et que les valeurs �taient transmises � des entit�s non xxx (H.________, I.________, V.________) et que, malgr� tout, la banque n'a pas requis d'autorisation. Dans ses propres conclusions apr�s enqu�tes, la banque conc�de d'ailleurs express�ment que A.________ a all�gu� que le transfert de fonds a contrevenu � l'ordonnance f�d�rale ou, tout au moins, aurait n�cessit� une autorisation du DFF.
Dans son appel, sous le chapitre de la repr�sentation de la personne morale, A.________ a repris une partie de ces all�gu�s, � savoir que l'embargo avait pour but d'assurer la protection des valeurs de l'�tat de X.________ qui se trouvaient en Suisse et qu'un transfert d'actifs �tait possible lorsque les valeurs patrimoniales demeuraient enti�rement sous le contr�le des m�mes ayants droit et lorsqu'il n'existait aucun indice donnant � penser que la R�publique de Y.________ ou un r�gime xxx contr�l� par Y.________ pourrait disposer desdites valeurs. Elle en d�duisait qu'une autorisation �tait n�cessaire, � condition qu'il n'exist�t aucun indice que des valeurs passeraient illicitement en mains priv�es; aucune autorisation n'ayant �t� demand�e, il y aurait eu violation de l'ordonnance.
On ne saurait donc dire que A.________ n'a pas all�gu� ou invoqu� en instance cantonale que la transaction �tait soumise � l'autorisation du DFF. Il faut toutefois conc�der � la banque que A.________ n'a pas invoqu� la violation de l'embargo et l'absence d'autorisation au titre de la responsabilit� contractuelle de la banque. Toutefois, une argumentation juridique nouvelle peut toujours �tre pr�sent�e, si les faits n�cessaires � son examen ont �t� constat�s (cf. supra consid. 2.2).
9.3.�De son c�t�, A.________ reproche tout d'abord � la cour cantonale d'avoir viol� son droit d'�tre entendu et constat� inexactement les faits, indiquant qu'elle a r�guli�rement all�gu� cet embargo, �tabli par pi�ces, mais que la cour n'en a malgr� tout pas tenu compte. La question en mati�re contractuelle �tait de savoir si la banque pouvait violer l'embargo, avec le risque de mettre en danger les int�r�ts de sa cliente.
Comme on vient de le voir, A.________ n'a pas soulev� la question de l'embargo en relation avec la responsabilit� contractuelle de la banque. Elle ne saurait donc invoquer une violation de son droit d'�tre entendu � cet �gard.
9.4.�Reste � examiner si, sur le vu des faits constat�s dans l'arr�t cantonal, il y a lieu d'admettre ou non une violation par la banque de ses obligations contractuelles.
9.4.1.�A.________ soutient que la banque a agi sans se poser de questions alors qu'elle ne pouvait ex�cuter les instructions sans l'accord du DFF. Selon elle, une prudence toute particuli�re s'imposait s'agissant d'avoirs appartenant � des entit�s contr�l�es par l'�tat de X.________ et plac�es sous embargo par l'Ordonnance du Conseil f�d�ral du 10 ao�t 1990. Elle consid�re que la cour cantonale a tort lorsqu'elle estime qu'il est douteux que cette ordonnance prot�ge les int�r�ts patrimoniaux individuels. A son avis, l'embargo avait pr�cis�ment pour but de prot�ger les avoirs de l'�tat de X.________ - et donc les siens - et des transferts ne pouvaient �tre effectu�s que sur autorisation du DFF, les instructions de ses organes, soit des personnes habituellement autoris�es, �tant insuffisantes. En faisant fi de l'embargo, la banque a permis aux organes de d�tourner ses avoirs.
De son c�t�, la banque fait valoir qu'elle a �t� victime d'une erreur, que, selon les informations qui lui ont �t� donn�es par les organes de A.________ (qui r�pondent � son �gard des fausses informations qu'ils lui ont donn�es en vertu des art. 55 al. 2 et 41 CO), les soci�t�s concern�es par les transferts appartenaient aux m�mes ayants droit �conomiques -- Z.________ appartenant � A.________ - et agissaient pour D.________, soit en fait le peuple de X.________, de sorte que les conditions de l'art. 2 al. 2 de l'ordonnance �taient remplies et qu'une autorisation n'�tait pas n�cessaire.
9.4.2.�La question de savoir si la banque viole son obligation de diligence lorsqu'elle ne respecte pas ces dispositions de droit public suisse, n'a pas � �tre examin�e plus avant.
En effet, l'argumentation de la recourante ne satisfait pas aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF. A.________ soutient que l'ordonnance �tait applicable, qu'il �tait interdit � la banque de suivre les instructions de ses propres organes sans l'autorisation du DFF, mais que la banque ne s'est pas pos�e de questions. Or, non seulement la recourante se fonde sur des faits non constat�s, notamment sur le fait que la banque aurait su que l'op�ration visait � d�tourner les fonds de X.________, mais elle ne s'en prend pas � l'appr�ciation de la cour cantonale qui a consid�r� qu'il �tait douteux qu'une autorisation aurait �t� n�cessaire pour le pr�t fiduciaire - ce qui n'est pas manifeste -, le comportement des organes dirigeants ayant tromp� d�lib�r�ment la banque.
On rel�ve d'ailleurs que, comme la cour cantonale l'a retenu, toute l'op�ration �tait destin�e � permettre � Z.________ d'acqu�rir le solde du capital-actions d'une soci�t� espagnole, O.________ SA, dont B.________ d�tenait d�j� le 40%, que Z.________ avait pour ayant droit �conomique P.________ Ltd as trustee of the zzz Trust, dont le b�n�ficiaire est Q.________ et en fait le peuple de X.________. D�s lors que la cour cantonale a retenu, sans que A.________ ne parvienne � en d�montrer l'arbitraire, que l'op�ration paraissait l�gale et non fictive et que la banque a �t� tromp�e par les propres organes des soci�t�s, qui �taient impliqu�s � tous les niveaux, et n'avait pas de motifs de se douter des intentions d�lictuelles des organes, il y a lieu de consid�rer que la banque qui se pr�vaut de l'art. 2 al. 2 de l'ordonnance n'a pas viol� ses obligations contractuelles.
10.�A.________ reproche encore � la banque d'avoir viol� son obligation de fid�lit�, en ce sens qu'elle aurait d� se renseigner sur le but r�el de la transaction Z.________ pour ne pas l'engager dans une op�ration illicite.
Selon elle, la banque devait �lucider l'arri�re-plan de l'op�ration fiduciaire, qui �tait une op�ration risqu�e et hautement inhabituelle, boucl�e en quelques jours sans aucune v�rification s�rieuse. Elle aurait d� proc�der aux v�rifications command�es par les circonstances et ne pas se contenter de suivre sans autres des instructions d�nu�es de validit�. La personne morale n'est pas li�e par les agissements de ses organes lorsque ceux-ci l�sent ses int�r�ts en leur propre faveur. La banque doit informer son client qui ne se rend pas compte des risques auxquels il s'expose.
A supposer qu'une telle argumentation satisfasse aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF, force est de constater que A.________ ne s'en prend pas � la motivation de la cour cantonale, laquelle a consid�r� que, m�me si elle avait proc�d� � des v�rifications compl�mentaires, il est douteux que la banque e�t pu d�couvrir le v�ritable but de l'op�ration. En effet, la transaction Z.________ donnait, lors de sa mise en place, l'apparence de la l�galit� et n'avait rien de fictif; il n'appartenait donc pas � la banque de v�rifier de mani�re approfondie et dans les moindres d�tails le but ou l'opportunit� de la transaction; il est d'ailleurs douteux qu'elle e�t pu d�jouer les plans des organes f�lons de sa cliente, dans la mesure o� les organes dirigeants de A.________, de B.________ et de D.________ �taient tous impliqu�s dans ces d�tournements, de sorte qu'un �ventuel manquement de la banque en ce qui concerne ses devoirs de v�rification ne serait de toute mani�re pas en lien de causalit� naturelle avec les diminutions de patrimoine subies par A.________; en effet, on ne peut pas retenir que les d�tournements r�sultent de mani�re pr�pond�rante d'un manquement de la banque au niveau des v�rifications de l'arri�re-plan �conomique de la transaction.
Le grief de la recourante doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
11.�Pr�s d'un an plus tard, en �t� 1991, alors que l'occupation de X.________ avait pris fin et que les autorit�s avaient repris le contr�le des affaires de l'�tat, les organes f�lons de D.________, B.________ et A.________ ont entrepris de dissimuler le d�tournement de 300'000'000 USD, pour �viter qu'il ne soit d�couvert par l'organe de r�vision.
11.1.�Pour ce faire, apr�s avoir obtenu un pr�t de la banque N.________, ils en ont fait circuler le montant en boucle entre les diff�rentes soci�t�s, toutes les transactions devant �tre effectu�es simultan�ment le 16 juillet 1991: ainsi A.________ a accord� � T.________ BV un pr�t de 319'445'312.50 USD qu'elle lui a mis � disposition au moyen d'un " cr�dit-relais " consenti par la banque N.________; T.________ a fait virer ce montant de N.________ sur le compte de C.________ en remboursement du pr�t fiduciaire Z.________, qui a vir� ce montant � A.________ en r�trocession, laquelle l'a vir� � T.________ en lib�ration du pr�t qui venait de lui �tre accord�. Le cr�dit-relais a ainsi �t� rembours� en m�me temps qu'il a �t� lib�r�. A l'issue de cette op�ration de remboursement circulaire, le pr�t de A.________ � Z.________ �tait remplac� par un pr�t de A.________ � T.________. Par la suite les organes f�lons ont mis au point et ex�cut� une s�rie d'op�rations destin�es � �teindre la dette de T.________ envers A.________, de m�me que la dette de A.________ envers B.________: en bref, ils ont fait �mettre de nouvelles actions de B.________, que B.________ elle-m�me a ensuite rachet�es 17 fois plus cher.
Le 18 juillet 1991, I.________ a indiqu� � la banque que les r�viseurs de A.________ allaient prochainement lui demander une confirmation de relation bancaire et lui a demand� de lui soumettre le contenu de l'attestation avant de l'envoyer aux r�viseurs. La banque a refus� de ne pas mentionner le Fiduciary Agreement. N�anmoins, telle que libell�e, en fran�ais, non accompagn�e du relev� de compte de A.________, � des r�viseurs anglophones peu familiers des op�rations fiduciaires, la confirmation de relation bancaire �tait susceptible de leur faire croire que A.________ �tait au b�n�fice aupr�s de la banque d'un d�p�t fiduciaire de 300'000'000 USD, et non pas des mandat et pr�t fiduciaires de 300'000'000 USD � Z.________.
11.2.�En ce qui concerne " le remboursement du d�p�t fiduciaire ", la cour cantonale a consid�r� que la banque n'a pas viol� ses obligations contractuelles en acceptant les modalit�s de l'op�ration de remboursement mise au point par I.________, apr�s consultation de ses avocats et de sa maison-m�re, �tant relev� qu'elle a exig� un remboursement par un paiement effectif; elle s'est conform�e aux instructions re�ues de A.________ et lui a r�troc�d� le montant par une op�ration en soi licite.
A.________, qui fait �tat d'une transgression de l'art. 475 CO, reproche � la banque d'avoir " viol� son obligation de rembourser le d�p�t fiduciaire ". Elle estime que le fait que cette op�ration ait �t� effectu�e sur la base d'instructions de I.________ et ait obtenu l'aval de ses avocats et de sa maison-m�re n'est pas d�terminant, le remboursement fictif n'ayant pas d'effet lib�ratoire et la banque demeurant tenue de lui rembourser cette somme.
Par cette critique, la recourante entend seulement faire admettre que le pr�t Z.________ ne lui a toujours pas �t� rembours�, ce qui, implicitement, ne rendrait pas sans objet ses critiques pr�c�dentes en relation avec la mise en place des mandat et pr�t fiduciaires. Or, il a d�j� �t� statu� sur le sort de ces critiques, de sorte que le grief de violation de l'art. 475 CO est irrecevable.
11.3.�En ce qui concerne l'attestation trompeuse remise aux r�viseurs, la cour cantonale a constat� que la banque avait refus� de ne pas mentionner le pr�t fiduciaire, apr�s consultation de ses avocats, et que le fait que cette attestation ait pu induire en erreur les r�viseurs ne peut engager la responsabilit� contractuelle, de la banque. Au demeurant, la remise de cette attestation n'est pas en lien de causalit� avec la diminution de patrimoine subie par A.________ puisque le dommage �tait d�j� survenu.
La recourante soutient que cette attestation �tait d�lib�r�ment trompeuse et qu'elle ne faisait pas �tat de l'existence d'un acte de nantissement, ce que la cour a omis de constater. Elle estime qu'elle a viol� son obligation de rendre compte au sens de l'art. 400 CO. L'attestation trompeuse aurait permis aux fraudeurs de continuer leurs m�faits et de dissimuler les d�tournements qui n'ont �t� d�couverts que des ann�es plus tard.
Par cette critique, la recourante ne s'en prend pas � la double motivation de la cour cantonale, puisqu'elle ne discute pas l'absence de causalit� avec le dommage. Lorsqu'elle en fait mention sous le titre " Lien de causalit� ", c'est uniquement pour affirmer que la banque a voulu dissimuler la fraude et que les r�viseurs ont �t� confort�s dans la croyance erron�e d'un d�p�t en banque. Or, la jurisprudence exige, sous peine d'irrecevabilit�, d'argumenter sur tous les motifs de l'arr�t attaqu� dans la mesure o� chacun d'eux suffit � sceller le sort de la cause (ATF 133 IV 119 consid. 6.3; 138 III 728 consid. 3.4). La critique est donc irrecevable.
12.�Il s'ensuit que, vu l'absence de violation de ses devoirs de diligence et de fid�lit� par la banque, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant les d�veloppements que la recourante consacre au lien de causalit�, essentiellement en relation avec l'embargo, la faute et le dommage.
II. Pr�tentions contractuelles de A.________ contre la banque en relation avec le compte "vvv"
13.�En ce qui concerne le compte vvv, A.________ r�clame � la banque le paiement de 1'000'000 USD avec int�r�ts, de 1'576'707 USD avec int�r�ts et le montant de 40'426'952 USD avec int�r�ts, auquel s'ajoute un montant d'int�r�ts capitalis�s de 19'891'056 USD. La cour cantonale a confirm� le rejet de ces pr�tentions. La recourante invoque la violation des art. 398, 400 et 466 ss CO.
13.1.�Il r�sulte des constatations de fait de l'arr�t attaqu� que le compte "vvv" est un compte personnel ouvert par H.________ aupr�s de la banque C.________ � Zurich en juillet 1989, sur lequel Z.________ a d'ailleurs vir� le montant d�tourn� de 105'900'000 USD, qui a fait l'objet des consid�rants pr�c�dents. Trois autres op�rations en relation avec ce compte sont litigieuses.
En ce qui concerne les deux premi�res, les 9 et 13 novembre 1989, sous la signature de l'un de ses administrateurs (L.L.________, qui n'a pas �t� condamn� dans les fraudes et d�tournements commis par les organes dirigeants de D.________, B.________ et A.________), A.________ a ordonn� � une banque � Londres, aupr�s de laquelle elle avait un compte, de virer 1'000'000 USD et 1'576'707 USD sur le compte "vvv" aupr�s de la banque C.________. Le nom et le num�ro du compte donn�s par A.________ �tant impr�cis (n� ... vvv au lieu du n� ... vvv), la banque qui avait re�u ces montants sur son compte de clearing les a cr�dit�s sur le compte "vvv" de H.________, � qui ces montants �taient effectivement destin�s.
Quant � la troisi�me op�ration, le 13 f�vrier 1991, sous la signature de l'un de ses directeurs, �galement directeur de B.________ (M.M.________, qui n'a pas �t� condamn� dans le cadre des d�tournements commis par les organes), A.________ a ordonn� � une banque en Espagne, aupr�s de laquelle elle avait un compte, de virer 40'426'952.05 USD en faveur de A.________ aupr�s de la banque C.________, � l'intention de K.________. Sur instructions t�l�phoniques de H.________ et I.________, la banque a cr�dit� cette somme non pas sur le compte de A.________, mais sur le compte "vvv" de H.________. Ce transfert faisait suite � une op�ration frauduleuse ant�rieure commise en juin 1990 - qui ne fait pas l'objet du pr�sent litige -, qu'il visait � dissimuler.
13.2.�L'ouverture d'un compte dans une banque s'accompagne g�n�ralement d'un contrat de giro bancaire par lequel le client charge la banque d'effectuer des paiements � sa place, de recevoir des virements pour lui et de compenser leurs cr�ances r�ciproques (ATF 111 II 447 consid. 1; 124 III 253 consid. 3b; arr�t 4A_301/2007 du 31 octobre 2007 consid. 2.1, publi� in SJ 2008 I p. 149). Le contrat de giro bancaire est un contrat de mandat au sens des art. 394 ss (arr�ts pr�cit�s). La banque r�pond de la bonne et fid�le ex�cution des virements. En particulier, lorsqu'elle est charg�e d'ex�cuter un ordre de paiement, elle doit ex�cuter les instructions du client avec diligence et fid�lit�, notamment en v�rifiant la l�gitimation de celui qui se fait passer pour le donneur d'ordre. En revanche, elle n'a en principe pas � se pr�occuper des rapports juridiques de base entre le donneur d'ordre et le b�n�ficiaire, d'autant qu'elle n'a habituellement pas une connaissance suffisante des intentions et des dispositions du mandant (ATF 124 III 253 consid. 3c p. 257; arr�t 4A_301/2007 d�j� cit� consid. 2.1).
Les paiements et virements s'effectuent sans versement de num�raires. Lorsque le virement est effectu� au sein de la m�me banque, il s'agit d'une authentique assignation (ATF 132 III 609; cf. Tercier/Favre, op. cit., n. 6266). Lorsqu'il est interbancaire, entre deux banques au moins, il a souvent lieu par un syst�me de clearing, soit un syst�me de compensation interbancaire int�gr� (Tercier/Favre, op. cit., n. 6268 ss); qu'on y voie deux ou plusieurs assignations ou une seule assignation ou une substitution de la banque du b�n�ficiaire � celle du donneur d'ordre (art. 398 al. 3 CO), le rapport de valeur est toujours entre le donneur d'ordre et le b�n�ficiaire (Tercier/Favre, op. cit., n. 6269 ss).
13.3.�En ce qui concerne les deux premi�res bonifications, la cour cantonale a retenu que la banque a agi sur instructions de sa cliente A.________. Vu que le compte indiqu� n� ... vvv " �tait inexistant, la banque �tait fond�e � interpr�ter l'instruction re�ue et � en d�duire que le versement �tait destin� au compte "vvv" de H.________, ce qui �tait effectivement le cas. La cour rel�ve en outre que la recourante n'all�gue pas que ce virement avait en r�alit� un autre destinataire.
La recourante A.________ ne s'en prend pas � cette interpr�tation, ni n'indique quel �tait l'�ventuel autre destinataire. Elle se borne en effet � soutenir que, puisque le compte �tait inexistant, la banque ne devait pas l'ex�cuter, mais solliciter des instructions compl�mentaires de la banque anglaise. En tant qu'elle ne d�montre pas que le compte destinataire des virements n'�tait pas le compte " vvv " de H.________, sa critique est ainsi irrecevable.
13.4.�En ce qui concerne le troisi�me virement, la cour cantonale a constat� que A.________ a ordonn� � sa banque espagnole de d�biter son compte du montant de 40'426'952.05 USD et de transf�rer ce montant aupr�s de la banque C.________, en sa faveur, � l'attention de K.________. La banque espagnole a cr�dit� le compte de clearing de C.________ de ce montant en faveur du compte de A.________ aupr�s de celle-ci. Puis, sur instructions de H.________ et de I.________, la banque C.________ a bonifi� le montant, non pas sur le compte de A.________, mais sur le compte "vvv" de H.________. La cour cantonale a jug� que la banque n'a pas viol� les r�gles en mati�re d'assignation puisqu'elle s'est conform�e aux instructions de sa cliente.
Dans une motivation subsidiaire, la cour cantonale a retenu que le transfert de ce montant visait � dissimuler une fraude ant�rieure et que, m�me si la banque avait viol� ses obligations, cette violation ne serait pas en lien de causalit� avec la diminution de patrimoine subie, puisque la fraude avait d�j� �t� commise et que ce virement ne visait qu'� la dissimuler.
La recourante ne soutient pas que H.________ qui, de fait, dirigeait A.________ et I.________, qui en �tait administrateur, n'auraient pas eu le pouvoir de disposer de ce montant. Simplement, elle estime que ce montant aurait d'abord d� �tre cr�dit� sur le compte de A.________ avant que la banque ne puisse le transf�rer sur le compte " vvv " (p. 33 n. 107-114). Outre qu'elle ne s'en prend pas � la seconde motivation subsidiaire, ce qui rend d'embl�e son grief irrecevable, la recourante m�conna�t que dans les rapports entre la banque et sa cliente, c'est le rapport de valeur qui est d�cisif. Or, le montant litigieux a bien �t� vers� sur le compte auquel il �tait destin� selon la volont� des organes de la recourante.
III. Pr�tention contractuelle de B.________ contre la banque en relation avec la vente fiduciaire des actions "J.________"
14.�En ce qui concerne la vente des actions " J.________ " qui appartenaient � H.________ et qui lui ont �t� vendues par l'interm�diaire de la banque, B.________ r�clame un montant de 73'700'000 USD avec int�r�ts, correspondant au prix qu'elle a pay�, � quoi elle ajoute un montant d'int�r�ts capitalis�s de 36'216'854 USD (pour la p�riode de 1991 � 1999), et dont elle d�duit le montant de 40'428'707 Euros, correspondant au prix auquel elle a revendu ces actions. La cour cantonale a confirm� le rejet de cette pr�tention. La recourante B.________ invoque la violation des art. 20, 67 et 718 CO.
14.1.�Il ressort des constatations de fait qu'au moyen du montant de 105'000'000 USD (recte: 105'900'000 USD) vir� sur son compte "vvv" par Z.________ en octobre 1990 (provenant du pr�t fiduciaire de 300'000'000 USD), H.________ a achet� en d�cembre 1990 des actions d'une soci�t� espagnole "J.________", cot�e en bourse. Le 15 janvier 1991, il a donn� mandat � la banque de vendre � titre fiduciaire, c'est-�-dire en son nom � elle, mais pour son compte � lui, ses actions "J.________" � B.________ pour un montant correspondant � environ 73'700'000 USD (3'300 Esp par action alors que le cours variait entre 2'240 et 2'500 Esp l'action).
Avant l'ex�cution de la vente, le prix de vente a �t� express�ment confirm� par un tiers administrateur de B.________ (O.O.________), �tant pr�cis� que les actions �taient cot�es � la bourse de Madrid et que leur cours �tait ainsi ais�ment v�rifiable.
La banque a ensuite vendu les actions et vers� le prix de vente sur le compte " vvv " le 25 janvier 1991, apr�s avoir pr�lev� sa commission et des frais divers de 481'000 USD.
Pour r�gulariser cette transaction (orale), la banque (R.________) a, � une date ind�termin�e, mais post�rieure � la mi-avril 1991, sign� avec B.________, repr�sent�e par un de ses directeurs (M.M.________, qui n'a pas �t� condamn� dans le cadre des d�tournements commis par les organes) et un administrateur (N.N.________), un contrat de vente, soumis au droit espagnol, qui a �t� antidat� au 18 janvier 1991; la banque l'a sign� apr�s consultation de ses avocats et avec l'aval de sa maison-m�re sise aux �tats-Unis car il s'agissait de formaliser la transaction intervenue en janvier 1991. A cette �poque, le cours de l'action variait entre 3'510 Esp et 3'175 Esp, soit un cours comparable au prix effectivement pay� par B.________. Puis le 3 juin 1991, H.________ et la banque (L.________ et K.________) ont sign� un mandat fiduciaire (Fiduciary Agreement) par lequel le premier chargeait la seconde de vendre � titre fiduciaire les actions litigieuses, au nom de la banque, mais pour le compte du client, conform�ment aux conditions du contrat de vente antidat�, lequel faisait partie int�grante du mandat fiduciaire. A fin 1997, lors de son assainissement, B.________ a revendu ses actions � un tiers pour un prix correspondant � 40'428'707 Euros (3'043 Esp par action).
15.�La recourante B.________ soutient tout d'abord que ce n'est pas le droit suisse, appliqu� par la cour cantonale, mais le droit espagnol qui serait applicable.
15.1.�La cour cantonale a consid�r� en substance que, dans la demande et la r�ponse, les parties se sont express�ment r�f�r�es au droit suisse, tant en ce qui concerne le fondement contractuel que le fondement d�lictuel de la demande et donc que les parties ont, par leur attitude en proc�dure, accept� une �lection de droit tacite, mais consciente, ce que le Tribunal f�d�ral a d'ailleurs admis dans son arr�t 4A_132/2013 consid. 2. En outre, la cour cantonale a estim� que, puisque ce n'est que dans ses conclusions apr�s enqu�tes que la recourante a invoqu� pour la premi�re fois un fondement contractuel pour son action et l'application du droit espagnol, alors que les parties avaient d�j� express�ment choisi de soumettre leur litige au droit suisse, cette invocation �tait tardive et impropre � remettre en cause l'�lection de droit tacite et consciente.
15.2.�Il y a lieu de relever tout d'abord que la recourante confond les griefs de fait - soumis aux art. 97 al. 1 LTF, 9 Cst. et 106 al. 2 LTF - et les griefs de droit - relevant de l'art. 95 LTF et soumis � l'art. 42 al. 2 LTF - lorsqu'elle invoque une constatation inexacte de la volont� des parties quant � une �lection de droit, tout en se r�f�rant exclusivement � l'interpr�tation objective des �critures judiciaires.
En tant que B.________ soutient qu'elle a plaid� l'application du droit espagnol, respectivement n'a pas renonc� � l'application du droit espagnol pr�vu par le contrat, ainsi que cela r�sulte des ch. 323 et 325 de sa demande, elle m�conna�t que dans ces chiffres 323 et 325, elle invoquait que la transaction n'�tait pas valable aussi bien en droit espagnol qu'en droit suisse en vertu des r�gles sur la double repr�sentation. On ne voit d�s lors pas en quoi ces chiffres d�montreraient l'arbitraire de l'appr�ciation de la cour cantonale.
Lorsqu'elle soutient que, m�me si elle avait admis une �lection de droit en mati�re d�lictuelle, celle-ci ne s'�tendrait pas au domaine contractuel, elle fait mine d'ignorer qu'aux chiffres pr�cit�s, elle fait r�f�rence � la validit� de la transaction, soit pr�cis�ment � l'aspect contractuel des choses.
Enfin, en tant qu'elle pr�tend que la d�fenderesse n'aurait pas contest� l'application du droit espagnol, elle m�conna�t que, puisque dans ses �critures elle n'invoquait que la responsabilit� d�lictuelle, la d�fenderesse ne s'est d�termin�e qu'� cet �gard. Quant aux conclusions apr�s enqu�tes sur cette question, si elles sont tardives pour la demanderesse, elles le sont �galement pour la d�fenderesse. Il en va de m�me de la pr�tendue r�f�rence faite au droit espagnol par la banque dans la proc�dure d'appel.
Il est ainsi superflu d'examiner le grief de violation de l'art. 16 LDIP, la motivation cantonale � ce propos �tant subsidiaire.
16.�Sur le fond, B.________ soutient en substance que la vente des actions s'est faite � un prix plus �lev� que le prix du march� et que la banque a viol� les r�gles en mati�re de contrat avec soi-m�me.
16.1.�Comme on l'a vu plus haut, le contrat par lequel le propri�taire transf�re des actions � la banque et la charge de les vendre � un tiers en son propre nom, mais pour son compte � lui, est une convention de fiducie-gestion. Le contrat de vente fiduciaire est pass� en ex�cution de la convention de fiducie-gestion (cf. supra consid. 5.1). La convention de fiducie n'emp�che pas que le contrat de vente fiduciaire pass� par la banque soit qualifi� de contrat avec soi-m�me, d�s lors que la banque agit en r�alit� pour le compte de son client qui supporte le risque de l'op�ration.
Or, selon la jurisprudence, le contrat que le repr�sentant passe avec lui-m�me est en principe illicite parce qu'il aboutit d'ordinaire � un conflit d'int�r�ts et n'entre ainsi pas dans le but de la soci�t�. Le contrat avec soi-m�me est invalide, � moins qu'en raison de la nature de l'affaire, le repr�sent� ne courre pas le risque d'�tre d�savantag� ou qu'il n'ait autoris� sp�cialement le repr�sentant � conclure le contrat avec lui-m�me ou encore qu'il n'ait ratifi� l'acte apr�s coup (ATF 126 III 361 consid. 3a et les arr�ts cit�s).
Lorsque le contrat est ainsi invalide ou nul, les prestations effectu�es sans cause doivent �tre restitu�es conform�ment aux r�gles de l'enrichissement ill�gitime (art. 62 ss CO). L'action pour cause d'enrichissement ill�gitime se prescrit par un an � compter du jour o� le l�s� a eu connaissance de son droit de r�p�tition et, dans tous les cas, par dix ans d�s la naissance de ce droit, conform�ment � l'art. 67 al. 1 CO.
16.2.�H.________ a pass� une convention de fiducie avec la banque et lui a remis ses actions " J.________ ". En ex�cution de cette convention de fiducie, la banque a pass� avec B.________ un contrat de vente fiduciaire des actions. La cour cantonale a constat� que H.________ a ainsi vendu � B.________, dont il �tait le principal organe dirigeant et l'actionnaire minoritaire, par l'interm�diaire de la banque, des actions � un prix sup�rieur � celui du march� au moment de la vente. La seule relation contractuelle existant entre la banque et B.________ est le contrat de vente fiduciaire.
Par une triple motivation, la cour a toutefois rejet� les pr�tentions de B.________.
Tout d'abord, la cour a consid�r� que cette transaction s'apparente � un contrat de vente avec soi-m�me ou, � tout le moins, � une transaction sujette � conflits d'int�r�ts. Elle a toutefois estim� que cette transaction �tait valable puisque le prix de vente avait �t� express�ment confirm� par un tiers administrateur de B.________ (i.e. O.O.________) ant�rieurement � l'ex�cution de la transaction, et ce alors que les actions sont cot�es � la bourse de Madrid et que leur cours �tait ainsi ais�ment v�rifiable, et que, par la suite, � une date post�rieure � la mi-avril 1991, un directeur et un tiers administrateur de B.________ (i.e. M.M.________ et N.N.________), non sujets � conflits d'int�r�ts, ont encore sign� un contrat pour formaliser l'op�ration et donc ratifi� celle-ci en toute connaissance de cause.
Subsidiairement, la cour cantonale a examin� quelle serait la situation si le contrat n'avait pas pu �tre valablement ratifi� selon l'ancienne teneur des art. 717 al. 3 et 718 CO (qui exigeait la ratification par tous les membres du conseil d'administration). Elle a consid�r� que la vente des actions par B.________ � un tiers lors de son assainissement en d�cembre 1997, et le temps qu'a mis B.________ pour remettre en cause l'op�ration permettent de retenir, selon les r�gles de la bonne foi, que la ratification est intervenue par actes concluants, voire tacitement.
Enfin, elle a estim� que, m�me si l'on devait suivre l'argumentation de B.________ et consid�rer que la vente serait nulle, sa pr�tention en restitution du prix �tait prescrite au moment du premier acte interruptif de prescription, soit au moment de la r�quisition de poursuite du 30 mars 1999 (art. 67 al. 1 CO).
16.3.�La recourante soutient que la vente est nulle, parce qu'elle viole les dispositions sur le contrat avec soi-m�me, que la nullit� doit �tre relev�e d'office et qu'elle peut �tre invoqu�e en tout temps, qu'une ratification n'aurait pu �tre admise que par une d�cision de l'assembl�e g�n�rale ou par le conseil d'administration in corpore, mais pas par un seul coadministrateur, l'ATF 123 (recte: 127) III 332, lequel a modifi� la jurisprudence � la suite de l'entr�e en vigueur de l'art. 718 CO modifi� le 1er juillet 1992, modification qui est post�rieure � la transaction, n'�tant pas applicable. Quant � la prescription, elle se borne � soutenir que la nullit� entra�ne la restitution des prestations sur la base de l'enrichissement et de la revendication, que les actions ayant �t� vendues, la banque doit �tre condamn�e � lui restituer le prix d'achat sous d�duction du prix de revente des actions et que la prescription selon les r�gles de l'enrichissement ill�gitime n'est pas atteinte, car le d�lai relatif court d�s la d�couverte du mandat (de vente) fiduciaire obtenue suite � l'inculpation de K.________ le 13 novembre 1997 et qu'il a ensuite �t� interrompu par des poursuites (et que le d�lai de prescription absolu ne court pas avant le paiement du prix de vente le 12 janvier 1991).
16.4.�Or, comme le rel�ve l'intim�e, la recourante n'a pas remis en cause conform�ment aux exigences des art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF, le moment auquel elle aurait eu connaissance du mandat de vente fiduciaire des actions. A cet �gard, la cour cantonale a constat� que la recourante ne le pr�cise pas, mais que, compte tenu des circonstances, elle pouvait estimer �tabli qu'elle en avait eu connaissance, ainsi que du r�le de la banque, en 1993 au plus tard. Cette transaction n'�tait d'ailleurs pas vis�e par les plaintes p�nales d�pos�es en Suisse contre K.________, de sorte que l'inculpation de K.________ ne lui aurait pas permis de d�couvrir des informations � ce sujet. Or, la recourante se borne � affirmer le contraire, � savoir que les enqu�teurs de B.________ et A.________ n'ont pu obtenir aucune information sur l'existence du mandat de vente fiduciaire et qu'elle n'en a eu connaissance qu'apr�s l'inculpation de K.________ en novembre 1998, ce qui n'est pas suffisant pour d�montrer l'arbitraire conform�ment aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF.
Il s'ensuit que le recours des deux recourantes doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable, aux frais de celles-ci. D�s lors qu'elles ont persist� � pr�senter des griefs communs et que A.________ est une filiale � 100% de B.________, les frais et d�pens seront mis � leur charge solidairement.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 200'000 fr., sont mis solidairement � la charge des recourantes.
Les recourantes verseront solidairement � l'intim�e une indemnit� de 300'000 fr. � titre de d�pens.