Source: https://www.travaillersante.fr/Enjeux-et-Obligations-RH/Les-thematiques/absenteisme-comment-agir.html
Timestamp: 2014-03-11 01:28:50+00:00
Document Index: 238495650

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Lutter et réduire l'absentéisme au travail : les solutions possibles | Les thématiques | Enjeux et Obligations RH
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Lutter et réduire l'absentéisme au travail : les solutions possibles
L’absentéisme est un phénomène complexe dont l'origine est multifactorielle. Il est essentiel d’établir les liens existant entre absentéisme, conditions de travail et santé du personnel. Pour traiter le problème de l’absentéisme, il faut tout d’abord détecter, définir et agir sur les causes. Des solutions pour réduire et lutter contre l'absentéisme
L’absentéisme doit permettre une remise en question de l’organisation et des conditions de travail, des parcours professionnels de chaque salarié, de leur implication et de leurs motivations La première étape pour mettre en place une action visant à réduire l’absentéisme dans l’entreprise est la réalisation d’une étude chiffrée des absences. Une analyse statistique permet de faire un bilan chiffré sur lequel s’appuyer pour comprendre et agir.
Les chiffres peuvent être recueillis en interne auprès du service de comptabilité, des payes, des ressources humaines ou à partir du bilan social pour les grandes entreprises, il peut être facile de comparer le nombre d'heures d'absences par rapport au nombre d’heures théoriquement travaillées. Mais l'étude de l'absentéisme ne doit pas se limiter à son taux. Il est nécessaire de croiser les données des absences avec d’autres indicateurs. Les salariés ne sont pas tous concernés de la même manière par l'absentéisme, selon leurs catégories socioprofessionnelles, leur tranche d'âge, leur ancienneté, leur service, etc.
L'exploitation des données comprend donc une analyse et un tri des arrêts de travail enregistrés selon des catégories : différencier les arrêts maladie selon leur durée, leur fréquence ; l'âge ou le sexe du travailleur absent, la situation familiale, le motif invoqué, etc. Dans une optique de lutter contre l'absentéisme, cette démarche permet d’affiner l’analyse et de caractériser les différentes formes d’absentéisme. Il est recommandé de dresser des statistiques séparées selon les services, afin de repérer les équipes les plus touchées par l’absentéisme.
Cette étude permet ensuite de trouver et définir les causes réelles des absences : un diagnostic approfondi vise à identifier les situations de travail favorisant l’absentéisme (surcharge de travail dans une équipe, contraintes physiques plus importantes dans un atelier, horaires inadaptés dans un service, etc).
Réduire contre l'absentéisme : les visites de contrôle
Une entreprise peut essayer de lutter et réduire l’absentéisme au travail en ayant recours à des procédés de vérification et à des contrôles des absences. Les contrôles des salariés absents pour des raisons de santé se multiplient et de nombreuses sociétés spécialisées se développent. Pour lutter contre l’absentéisme, les employeurs peuvent faire effectuer des visites de contrôle pour vérifier le motif invoqué par le salarié. La contre visite médicale permet de vérifier si l'arrêt de travail est justifié ou pas. L’entreprise participe aux indemnités versées lors d’une maladie ou d’un accident de travail. Le médecin contrôleur vérifie le certificat d'arrêt de travail et l’état de santé du salarié absent. La loi du 19 janvier 1978 permet à l’employeur de faire effectuer un contrôle médical des salariés en arrêt de travail dont il complète les indemnités journalières. Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale de 2004, les CPAM doivent prendre en compte le résultat de ces visites de contrôle.
La visite de contrôle intervient pendant l'arrêt maladie de l'employé. Elle est réalisée par un médecin, sur demande d'une société mandatée par l'employeur. Le contrôle de l'arrêt maladie est effectué en dehors des heures de sortie, au domicile du salarié. Si l’examen du médecin contredit le certificat d’arrêt de travail, si le salarié est absent de son domicile (pendant les heures de présence obligatoires), si l’adresse fournie par le salarié n'est pas valide ou si le salarié refuse le contrôle, la visite peut aboutir à la suspension du versement de la compensation de salaire. Le salarié dispose d’un délai de dix jours pour contester la décision. Mais le recours aux visites de contrôle pour lutter contre l'absentéisme peut entraîner un climat de suspicion dans l'entreprise et nuire au climat social. Il est recommandé de proposer une rencontre entre le directeur des ressources humaines ou un supérieur hiérarchique et le salarié absent revenant d'un arrêt de travail. Cet entretien permet d’évoquer le problème voire de le résoudre, tout en maintenant le dialogue avec le personnel.
La visite de contrôle peut diminuer l’absentéisme à court terme, mais ne résout pas forcément le problème en profondeur. Il est donc préférable d’analyser les causes réelles de l’absentéisme. Agir sur les causes pour lutter contre l'absentéisme
Une action visant la réduction de l’absentéisme est centrée sur l’amélioration du management et nécessite la mise en œuvre d’une démarche participative : il est essentiel d’impliquer les principaux intéressés, à savoir les salariés et les instances représentatives dans l’entreprise. Communiquer sur les effets de l’absentéisme, ses conséquences économiques et organisationnelles sur l’entreprise peut être une première étape. Prévenir l’absentéisme implique d’analyser et d’agir sur les causes. En effet, un absentéisme de masse est davantage révélateur de dysfonctionnements au sein de l’entreprise, que lié à des raisons individuelles (même si celles-ci peuvent exister). Après avoir mesuré l’absentéisme, il convient donc de repérer et d’agir sur les causes possibles. L’absentéisme est propre à chaque entreprise, les causes peuvent donc être différentes selon le secteur d’activité et le personnel concerné. L’ensemble du personnel de l’entreprise, associé aux supérieurs hiérarchiques et aux responsables des ressources humaines, peut émettre des hypothèses ou suggérer des causes probables de l'absentéisme dans chacun des services ou des équipes concernés.
A titre d’exemples, les causes peuvent être issues ou liées à : - un manque de management et de communication interne - des accidents et des maladies favorisés par un environnement professionnel ne répondant pas aux normes d’hygiène, de sécurité et de santé
- des conditions de travail difficiles ou dégradées (pression accrue, poste de travail inadapté, etc.)
- des horaires rigides, qui empêchent souvent de concilier les obligations professionnelles et personnelles (familiales, etc.)
- une inadaptation des rythmes de travail : les refus de journées de repos compensateur augmentent le risque d’absences.
- un manque de motivation du personnel (manque de responsabilités, absence de perspectives professionnelles, tâches répétitives et inintéressantes, manque de polyvalence dans les missions confiées)
- un mauvais climat social et des relations problématiques avec la hiérarchie ou les collègues de travail, qui génèrent un stress professionnel
- un avenir professionnel incertain, source de démotivation et de désinvestissement
- une inadaptation des emplois proposés aux salariés seniors, favorisant des troubles physiques et psychologiques (notamment des troubles musculo-squelettiques et des troubles psycho-sociaux)
- un contexte économique défavorable à l’entreprise (difficultés financières, risques de licenciements, etc.). Agir sur les causes permet de mettre en place une action de prévention et des mesures plus efficaces, afin de réduire l’absentéisme durablement.
Ils jouent également un rôle dans la lutte contre l’absentéisme. Assurés par un ou plusieurs médecins du travail, leur rôle est exclusivement préventif. Il consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Le médecin du travail est le conseiller de l'employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux (articles L4622-2 et suivants du Code du travail) . Il peut intervenir notamment lors de la visite de reprise du travail du salarié absent, en délivrant des conseils préventifs (article R4624-21, article R4624-22 et suivants du Code du travail relatifs aux examens de reprise).
Écrit par Docteur Vincent Bonniol Créé le Jeudi, 22 Janvier 2009 00:00 Mis à jour le Vendredi, 20 Juillet 2012 18:56 ActualitésSanté au travail