Source: https://tout-droit-en-allemagne.com/category/droit-de-la-distribution/
Timestamp: 2019-07-21 23:39:23+00:00
Document Index: 36635782

Matched Legal Cases: ['§ 242', '§675', '§ 311', '§ 280', '§3', '§ 115', '§ 89', '§ 112', '§ 112', '§ 103', '§ 89', '§ 87', 'arrêt ']

Droit de la distribution Archive - Tout droit en Allemagne!
Tout ce qu’il faut savoir sur la franchise!
15. octobre 2011 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
Aucune disposition législative spécifique
Indications données par la jurisprudence allemande et quelques dispositions législatives plus générales
Application du règlement européen sur les accords verticaux entré en vigueur le 1er juin 2010 → BGH 13.07.2004 (WRP 2004, 1378 Citroen)
Textes non contraignants : Code d’éthique de la franchise européen et les lignes directrices de la fédération allemande de la franchise sur l’obligation d’information précontractuelle.
En France, l’obligation d’information précontractuelle entre le franchisé et le franchiseur est encadrée par des dispositions législatives (L330-3 Code de commerce).
Contrat à longue durée (Dauerschuldverhältnis) : puisque la collaboration entre le franchisé et le franchiseur s’étend sur plusieurs années, les obligations de loyauté et d’assistance technique et commerciale sont renforcées, notamment sur le fondement du principe de bonne foi ( § 242 BGB).
Contrat formulaire (Formularvertrag) : il est conclu tel quel par le franchiseur.
Contrat de gestion d’affaires (Geschäftsbesorgungsvertrag §675 BGB) : le gérant d’affaires est tenu de développer une activité indépendante de nature économique tendant à la sauvegarde des intérêts patrimoniaux de son cocontractant.
Le contenu du contrat ne doit pas désavantager de manière disproportionnée le franchisé.
Le contenu doit faire preuve de transparence, clair et compréhensible.
Le franchiseur doit donner des informations au franchisé pour lui permettre d’évaluer une future collaboration, ainsi que les risques commerciaux.
Nature des informations déterminée par la jurisprudence. Sont par ex. importantes les informations suivantes :
∙ Résultats et expériences des opérations de franchise en cours
∙ Investissements (capital social minimum, emprunts…)
∙ aperçu de rentabilité fondée sur des données exactes et compréhensives
∙ Données sur l’entreprise du franchiseur
La recherche et l’étude du lieu d’établissement de l’entreprise franchisée doivent être faites par le franchisé (OLG 17.08.2005, 4 U 37/05), mais il incombe au franchiseur de donner tous les critères d’un lieu approprié au franchisé.
Sanction de la violation de l’obligation d’information se fonde sur la faute lors de la conclusion du contrat → dommages-intérêts (§§ 311,280 I BGB) : le franchiseur n’a pas d’obligation de donner des explications sur tous les points, ni sur ceux sur lesquels le franchisé ne pose pas de question. Mais il a l’obligation de donner des explications lorsqu’il est clair que le franchisé s’est décidé à conclure le contrat sur un point en particulier même s’il ne demande pas d’informations par lui-même, ou s’il est clair que le franchisé n’a pas bien compris un point fondamental pour la conclusion du contrat.
Si lors de la conclusion du contrat de franchise, le franchiseur sait que la durée du contrat de bail ne correspond pas à la durée du contrat de franchise, il est dans l’obligation de le signaler lors des négociations. Dans le cas contraire, il y a violation de l’obligation précontractuelle d’information pouvant donner lieu à des D-I (§§ 280 I, 311 BGB).
Catégorie(s) : Droit de la distribution
Les seuils de parts de marché en terme d’exemption européenne
29. mai 2011 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
L’ancien règlement n°2790/1999 prévoyait une présomption d’exemption automatique pour les accords dans lesquels uniquement la part de marché du fournisseur ne devait pas dépasser 30%.
Le nouveau règlement sur les accords verticaux n°330/2010 du 20 avril 2010 conditionne plus sévèrement le bénéfice de l’exemption automatique puisqu’il ajoute comme critère que
la part de marché de l’acheteur ne dépasse pas également 30%
En termes chiffrés, le chiffre d’affaires annuel total ne doit pas dépasser 50 millions d’euros.
Ces seuils de part de marché du fournisseur et de l’acheteur sont cumulatifs.
Cela ne signifie pas qu’il y ait une entorse à la concurrence au-delà de 30%. Dans ce cas, ce sont aux autorités de concurrence de prouver que les entreprises sont en infraction. En ce sens, le fournisseur et l’acheteur doivent évaluer eux-mêmes leur part de marché respective, ce qui n’est pas simple en pratique.
Pour calculer cette part de marché, il convient d’abord de déterminer le marché de référence.
Le marché de produit comprend tous les produits et services que le consommateur considère comme interchangeables ou substituables en fonction des caractéristiques, du prix et de l’usage. (Prendre en compte les produits fabriqués par une entreprise en y ajoutant tous les produits substituables à ceux-ci). On ne retient pas chaque produit spécifiquement, mais plutôt une gamme de produits.
Le marché géographique est compris comme le territoire sur lequel les entreprises concernées offrent ou demandent des biens ou des services en cause et où les conditions de concurrence sont assez homogènes se distinguant de territoires voisins où les conditions de concurrence sont différentes. Ainsi l’appréciation de la validité d’un accord de distribution entre un fournisseur allemand et un distributeur français pour le marché français, s’apprécie sur le plan géographique par rapport à ce marché.
Internet comme canal de distribution (accord d’exemption Nr. 330/2010)
11. mars 2011 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
Apport des lignes directrices de la Commission sur les restrictions verticales du 19 mai 2010
Ces nouvelles lignes directrices s’inscrivent dans une politique d’ouverture du réseau internet aux distributeurs.
Tout distributeur agréé ou exclusif est autorisé à utiliser internet pour vendre ses produits même si cette forme de distribution a des répercussion en dehors de son territoire. Cette autorisation est valable et ne peut être interdite par un fournisseur tant qu’il s’agit d’une vente passive.
La forme de concurrence passive signifie que c’est le client qui contacte le distributeur via le site internet du distributeur ou que le client a décidé d’être automatiquement informé par le distributeur. Le choix d’option linguistique pour le client du site internet n’a pas d’incidence. En ce sens, la Commission autorise les distributeurs à conclure des ventes avec des clients hors de leur territoire du moment que ces ventes se sont réalisées par un comportement passif.
La qualification de vente active sera retenue si le distributeur cherche lui-même à atteindre spécifiquement un territoire ou une clientèle exclusive d’autres distributeurs, et justifierait alors une restriction.
Ex : mise en ligne d’une publicité adressée à des clients déterminés ; rémunérer un fournisseur d’espace publicitaire afin qu’il diffuse des bandeaux publicitaires aux usagers d’un territoire déterminé
Quatre restrictions caractérisées retirent le bénéfice de l’exemption prévue à l’article 2 du règlement n°330/2010 de la Commission (par conséquent, inapplicabilité de l’article 101 §3 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) :
– Si un fournisseur s’accorde avec un distributeur pour que ce dernier empêche la clientèle d’un autre territoire exclusif d’accéder à son site internet ou en la renvoyant directement vers les sites des autres distributeurs ou du fabricant. (Mais le fournisseur peut exiger du distributeur qu’il prévoit sur son site des liens renvoyant à ces autres distributeurs ou fabricant)
– Si un fournisseur s’accorde avec le distributeur pour stopper les opérations de vente en ligne lorsque les données de la carte de crédit du client révèlent qu’il n’appartient pas à son territoire exclusif.
– Si un fournisseur exige la limitation des ventes par internet par le distributeur
(Mais le fournisseur est autorisé à exiger du distributeur une certaine quantité de ventes de produits hors ligne en fonction de critères objectifs telle la taille de l’acheteur dans le but d’assurer le bon fonctionnement de son point de vente physique).
– Si un fournisseur fait payer un prix plus élevé au distributeur sur les produits destinés à la vente sur internet.
(Mais le fournisseur peut établir une redevance fixe avec l’acheteur pour soutenir ses ventes hors ligne et en ligne).
Néanmoins, le fournisseur est autorisé à imposer deux conditions aux distributeurs relatives à l’utilisation d’internet:
– Le fournisseur est en droit d’imposer des normes de qualité. En ce sens, il peut imposer à ses distributeurs de disposer obligatoirement de points de vente physique.
– Le fournisseur peut imposer au distributeur que la clientèle n’accède pas au site du distributeur par un site portant le nom ou le logo d’un tiers, lorsque le distributeur est hébergé par une plateforme tiers (eBay, myspace, google etc…)
(blog rédigé en collaboration avec Astrid Reymond)
Que se passe t-il si son distributeur allemand tombe en faillite ?
30. juillet 2010 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
Si un distributeur tombe en faillite, son contrat de distribution ne se termine pas automatiquement (à la différence de la faillite de fabriquant vis à vis de son distributeur, §§ 115, 116 de la loi allemande sur les faillites ou « InsO »).
Dans ce cas, la jurisprudence BGH, Urteil vom 18. 7. 2007 – VIII ZR 267/05 (OLG Koblenz) et la doctrine admettent qu’en application du § 89a HGB (code de commerce allemand) de manière analogue que
« La relation contractuelle peut être résiliée par chaque partie pour une cause grave sans observation de préavis. Ce droit ne peut être exclu, ni limité. »
Ainsi la faillite du distributeur justifie en tant que cause grave (« wichtiger Grund ») une telle résiliation par le fabricant sans préavis et surtout sans indemnité.
Dans la pratique, les contrats de distribution prévoient de manière expresse que la faillite du distributeur est une cause grave de résiliation du contrat.
Cependant on peut se demander si la résiliation est encore valable si on applique par analogie le § 112 InsO, ce texte interdisant la résiliation du bail commercial du distributeur en faillite. Ce qui vaut pour son contrat de bail devrait valoir aussi pour son contrat de distribution puisque ce contrat est comme son contrat de bail vital pour le distributeur. Une telle interdiction n’est pas reconnue par les commentaires, ni par les tribunaux. § 112 InsO est à interpréter et à appliquer restrictivement.
Reste toutefois comme en France, la continuation des contrats en cours, que l’administrateur judiciaire peut exiger selon le § 103 InsO (à condition d’exécuter lui même le contrat). Ce droit ne peut être remis en cause par le § 89a HGB donc par une résiliation pour cause grave du contrat par le fabriquant.
Mais que se passe t-il si le contrat de distribution contient lui-même, une clause contractuelle prévoyant la résiliation avec effet immédiat du contrat en cas de faillite du distributeur?
Renforcement des droits des agents commerciaux en Allemagne vis à vis de leurs donneurs d’ordre français
24. mai 2010 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
Si un agent commercial allemand représente une entreprise française pas seulement en Allemagne mais aussi dans d’autres pays comme par exemple en Autriche et en Suisse et qu’il est difficile de dire dans quel pays il apporte principalement ses services (Art. 5 1) b) deuxième tiret du règlement CE 44/2001), il pourra assigner son donneur d’ordre devant les tribunaux du siège de son entreprise en Allemagne donc en Allemagne (CJUE du 11.3.2010 – C19/09 Wood Floor Solutions Andreas Domberger GmbH/Silva Trade SA).
L’agent commercial voit son risque procédural réduit puisque par exemple sa demande d’indemnité de fin de contrat ne sera plus soumise à l’alea d’une décision de reconnaissance de compétence du tribunal saisi.
Par ailleurs l’agent commercial allemand qui souhaite faire valoir son droit d’accès aux livres commerciaux de son donneur d’ordre pour faire vérifier par un expert comptable de son choix la facturation de ses commissions (§ 87c (4) Code de commerce allemand) pourra demander au tribunal allemand compétent au fond de fixer une provision pour couvrir les frais d’expertise en France mais aussi de condamner le donneur d’ordre à une astreinte – par exemple € 500,00 par jour de retard – en cas de refus de ce dernier accès de donner accès à l’expert comptable désigné par l’agent commercial (Cour de cassation allemande du 13.08.2009 – I ZB 43/08, IHR 2/2010 page 79 et s.).
Le jugement allemand obtenu – éventuellement après fixation de l’astreinte définitive – pourra faire l’objet d’une exécution en France sans que le donneur d’ordre français puisse faire valoir la compétence exclusive des tribunaux français en matière d’exécution forcée sur son territoire, la demande de provision n’étant qu’accessoire à la demande d’exécution de réaliser l’expertise ordonnée.
La force de contrainte de la décision allemande est donc augmentée de manière considérable et permet à l’agent commercial d’éviter à avoir à assigner en France pour faire valoir son droit d’accès aux livres commerciaux de son donneur d’ordre sur la base du droit allemand applicable.
Plus d’indemnités pour les agents commerciaux allemands en fin de contrat ?
20. avril 2010 par Jean-Gabriel Recq Laisser un commentaire
La Cour de justice de l’Union Européenne vient de remettre en cause une règle importante du droit allemand concernant l’indemnité de fin de contrat due à l’agent commercial (arrêt du 26 mars 2009 C-348/07, « Semen/Tamoil »).
La directive 86/653/CEE du 18 décembre 1986 relative à la coordination des droits des Etats membres concernant les agents commerciaux indépendants a harmonisé les différents droits européens des agents commerciaux. Cette directive est largement inspirée du système allemand.
Le droit allemand accorde aux agents commerciaux en fin de contrat une indemnité de clientèle correspondant en gros à l’apport de clientèle généré par l’agent commercial. Cette indemnité était jusqu’alors calculée en fonction de trois critères : le bénéfice réalisé par le commentant qui peut ainsi continuer de conclure des affaires avec les clients apportés par l’agent, la perte de commissions subie par l’agent commercial ainsi que l’équité.
La jurisprudence allemande limitait toutefois l’indemnité de fin de contrat à la somme correspondant aux commissions perdues par celui-ci du fait de la cessation de la relation contractuelle.
Or la directive européenne, qui a pour but de protéger les agents commerciaux dans leurs relations avec le commettant, n’autorise pas une telle limitation, notamment lorsque le bénéfice du commettant est supérieur aux pertes de l’agent. Tel est le cas par exemple lorsque l’agent a commencé à développer un marché difficile qui devient de plus en plus prometteur pour le commettant qui peut donc avoir intérêt à se séparer de son agent.